Résultats : 21932 texte(s)
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Liste
7251
p. 239-240
Maison de Carnavalet. [titre d'après la table]
Début :
Vous me demandez pourquoy je ne vous dis rien de [...]
Mots clefs :
Maison Carnavalet, Mort, Famille, Illustre, Duchesse
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texteReconnaissance textuelle : Maison de Carnavalet. [titre d'après la table]
Vous me demandez pourquoy
je ne vous dis rien de
particulier le mois passé de
Mr de Carnavalet, en vous
apprenant sa mort; ainsij'ajoûteray
aujourd'huy qu'il
estoit Fils de Messire Jean
d'Acigné,Baron de la Touche,
& de Dame Marguerite
Fluriot, heritiere de Carnavalet,&
Cadet dela Maison
d'Acigné, l'une des plusillustres
de Bretagne, & qui tire
son originedes anciens Comtes
de Rennes, que l'on croit
estre une branche des premiers
Rois de Bretagne.Mr leComted'Acigné Pere de
Madame la Duchesse de Richelieu
,est presentement le
Chef du Nom & des Armes
de cette Maison. Mr de Carnavalet
n'a laissé aucuns Ensans
de son Mariage.
je ne vous dis rien de
particulier le mois passé de
Mr de Carnavalet, en vous
apprenant sa mort; ainsij'ajoûteray
aujourd'huy qu'il
estoit Fils de Messire Jean
d'Acigné,Baron de la Touche,
& de Dame Marguerite
Fluriot, heritiere de Carnavalet,&
Cadet dela Maison
d'Acigné, l'une des plusillustres
de Bretagne, & qui tire
son originedes anciens Comtes
de Rennes, que l'on croit
estre une branche des premiers
Rois de Bretagne.Mr leComted'Acigné Pere de
Madame la Duchesse de Richelieu
,est presentement le
Chef du Nom & des Armes
de cette Maison. Mr de Carnavalet
n'a laissé aucuns Ensans
de son Mariage.
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Résumé : Maison de Carnavalet. [titre d'après la table]
Le texte demande des explications sur l'absence d'informations concernant M. de Carnavalet après son décès. Il était le fils de Messire Jean d'Acigné et de Dame Marguerite Fluriot. Issu de la Maison d'Acigné, une famille illustre de Bretagne, il n'a pas eu d'enfants. Le Comte d'Acigné, père de la Duchesse de Richelieu, dirige cette maison.
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7252
p. 29-32
AUTRE réponse à la même lettre.
Début :
J'IGNORE, Monsieur, ce que l'esprit décidera sur la question proposée, page [...]
Mots clefs :
Malheur, Malheureux, Tendresse, Coeur
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE réponse à la même lettre.
AUTRE réponse à la même lettre.
J'IGNORE , Monfieur , ce que l'efprit
décidera fur la question propofée , page
17 du Mercure de ce mois : files malheurs
d'autrui font un motif de confolation pour
les malheureux ? mais je puis vous affurer
que cette queſtion n'en eft pas une pour
mon coeur.
Quelques faits vrais & fimples , & ma
façon de penfer rapprochée de ces faite
déterminent mon jugement fur la thèfe
dont il s'agit.
J'ai été , Monfieur , pendant fix ans
un des plus heureux de tous les hommes.
Je vivois au milieu d'une famille qui
m'étoit bien chère , & dont j'étois tendrement
aimé.
Mon père , vieillard aimable , & qui
fembloit ne defirer la vie que pour faire
notre bonheur , eft mort entre mes bras
au moment où j'efpérois fa convalefcence.
Ses dernières paroles furent des expreffions
de fa tendreffe pour moi.
Il y avoit alors cinq ans que j'avois
époufé une jeune perfonne que j'aimois
depuis long - temps ; elle étoit ma pre-
B iij
30 MERCURE DE FRANCE.
mière & mon unique inclination : mon
amour pour elle , loin de s'affoiblir par
la jouiffance , fembloit s'accroître de jour
en jour. Mon père étoit pour cette jeune
& aimable femme , l'objet du plus vif
attachement ; fa douleur fut extrême , &
je n'étois pas en fituation de la calmer.
Elle prit fur elle ; & m'abandonnant
pour ainfi dire à la force de mon fexe
de mon âge & de mon tempérament , elle
ellaya de me conferver ma mère , qui étoie
inconfolable , & qui exigeoit les foins les
plus tendres & les plus affidus.
J'ai été affez malheureux pour perdre
ma femme avant que le deuil de mon
père fût fini . Mes regrets ne font point
l'objet de cette lettre , je l'aimois , Monfieur
, ce mot dit tout. Il y a fix ans que
je la regrette , & que l'idée de tout autre
engagement m'eft odieufe & fa réalité
impoffible.
Ma mère me reftoit ; elle n'a pu
furvivre à cette feconde perte : les foins
de fes enfans , leur tendreffe , rien n'a
pu foulager fa douleur ; & nous avons
eu celle de ne pouvoir nous diffimuler à
nous - mêmes , quoiqu'elle nous le cachât
foigneufement , que le chagrin étoit le
poifon qui terminoit les jours de la meil
leure & de la plus aimée des mères .
41
JUIN 1768 . jt
En moins de trois ans j'ai effuyé tous
ces malheurs. Je les regarde comme les
plus réels , & parce qu'ils touchent directement
le coeur , & parce qu'ils font fans
remèdes.
Voilà , Monfieur , ce que j'ai éprouvé.
Voici ce que j'ai ſenti.
Lorfque depuis ces événemens j'ai vu
de mes amis perdre des parens dont ils
étoient chéris , des époufes dignes de leur
tendreffe , loin d'éprouver de la confolation
, j'ai frémi , mes plaies ont faigné ,
mon coeur a été déchiré .
Lorfqu'au contraire je vois un père
inftruire avec tendreſſe fon enfant ; lorfque
fa mère vient le preffer contre fon
fein ; lorfque je vois des époux heureux
fe regarder avec une tendreffe naïve ;
quand je vois dans leurs yeux humides
cette douce langueur qui annonce l'amourhonnête
& fatisfait , je me rappelle les
momens de mon bonheur... Ah , Mon
fieur ! ce fouvenir et une jouiffance précieufe
aux malheureux .
Voilà ce que mon coeur me dicte. Jé
finis pour aller féliciter un jeune parent
qui eft fur le point de fe marier avec uné
Demoiſelle aimable . Je ne lui fouhaiterai
autre chofe que d'être auffi heureux que
Biv
32 MERCURE DE FRANCE.
je l'ai été moi - même , & de l'être plus
long- temps.
Če fouhait , Monfieur , vous annonce
ma façon de penfer fur la queftion propofée
Je ne fuis point auteur , je n'ai
pas les talens néceffaires pour tenter avec
fuccès de le devenir.
Les faits dont je viens d'avoir l'honneur
de vous rendre compte font fi exactement
vrais que , quoique je garde l'anonyme
, fi vous trouvez ma lettre digne
d'être inférée dans le Mercure , je ferai
vraisemblablement reconnu par toutes les
perfonnes de ma connoiffance qui le liront.
Au refte , Monfieur , je vous prie de
ne la rendre publique qu'autant que vous
la croirez capable de faire revenir du préjugé
peu honorable pour l'humanité , que
c'est une confolation pour les malheureux
d'avoir des femblables. Je crois ce proverbe
aufli peu fondé en françois qu'en
latin ; & je ne pense pas que fon ancienneté
foit un titre affez refpectable pour
le mettre à l'abri de la cenfure des âmes
honnêtes & des coeurs fenfibles.
J'ai l'honneur d'être avec les fentimens
les plus diftingués , Monfieur , votre , &c.
Paris , 27 avril 1768.
D.
J'IGNORE , Monfieur , ce que l'efprit
décidera fur la question propofée , page
17 du Mercure de ce mois : files malheurs
d'autrui font un motif de confolation pour
les malheureux ? mais je puis vous affurer
que cette queſtion n'en eft pas une pour
mon coeur.
Quelques faits vrais & fimples , & ma
façon de penfer rapprochée de ces faite
déterminent mon jugement fur la thèfe
dont il s'agit.
J'ai été , Monfieur , pendant fix ans
un des plus heureux de tous les hommes.
Je vivois au milieu d'une famille qui
m'étoit bien chère , & dont j'étois tendrement
aimé.
Mon père , vieillard aimable , & qui
fembloit ne defirer la vie que pour faire
notre bonheur , eft mort entre mes bras
au moment où j'efpérois fa convalefcence.
Ses dernières paroles furent des expreffions
de fa tendreffe pour moi.
Il y avoit alors cinq ans que j'avois
époufé une jeune perfonne que j'aimois
depuis long - temps ; elle étoit ma pre-
B iij
30 MERCURE DE FRANCE.
mière & mon unique inclination : mon
amour pour elle , loin de s'affoiblir par
la jouiffance , fembloit s'accroître de jour
en jour. Mon père étoit pour cette jeune
& aimable femme , l'objet du plus vif
attachement ; fa douleur fut extrême , &
je n'étois pas en fituation de la calmer.
Elle prit fur elle ; & m'abandonnant
pour ainfi dire à la force de mon fexe
de mon âge & de mon tempérament , elle
ellaya de me conferver ma mère , qui étoie
inconfolable , & qui exigeoit les foins les
plus tendres & les plus affidus.
J'ai été affez malheureux pour perdre
ma femme avant que le deuil de mon
père fût fini . Mes regrets ne font point
l'objet de cette lettre , je l'aimois , Monfieur
, ce mot dit tout. Il y a fix ans que
je la regrette , & que l'idée de tout autre
engagement m'eft odieufe & fa réalité
impoffible.
Ma mère me reftoit ; elle n'a pu
furvivre à cette feconde perte : les foins
de fes enfans , leur tendreffe , rien n'a
pu foulager fa douleur ; & nous avons
eu celle de ne pouvoir nous diffimuler à
nous - mêmes , quoiqu'elle nous le cachât
foigneufement , que le chagrin étoit le
poifon qui terminoit les jours de la meil
leure & de la plus aimée des mères .
41
JUIN 1768 . jt
En moins de trois ans j'ai effuyé tous
ces malheurs. Je les regarde comme les
plus réels , & parce qu'ils touchent directement
le coeur , & parce qu'ils font fans
remèdes.
Voilà , Monfieur , ce que j'ai éprouvé.
Voici ce que j'ai ſenti.
Lorfque depuis ces événemens j'ai vu
de mes amis perdre des parens dont ils
étoient chéris , des époufes dignes de leur
tendreffe , loin d'éprouver de la confolation
, j'ai frémi , mes plaies ont faigné ,
mon coeur a été déchiré .
Lorfqu'au contraire je vois un père
inftruire avec tendreſſe fon enfant ; lorfque
fa mère vient le preffer contre fon
fein ; lorfque je vois des époux heureux
fe regarder avec une tendreffe naïve ;
quand je vois dans leurs yeux humides
cette douce langueur qui annonce l'amourhonnête
& fatisfait , je me rappelle les
momens de mon bonheur... Ah , Mon
fieur ! ce fouvenir et une jouiffance précieufe
aux malheureux .
Voilà ce que mon coeur me dicte. Jé
finis pour aller féliciter un jeune parent
qui eft fur le point de fe marier avec uné
Demoiſelle aimable . Je ne lui fouhaiterai
autre chofe que d'être auffi heureux que
Biv
32 MERCURE DE FRANCE.
je l'ai été moi - même , & de l'être plus
long- temps.
Če fouhait , Monfieur , vous annonce
ma façon de penfer fur la queftion propofée
Je ne fuis point auteur , je n'ai
pas les talens néceffaires pour tenter avec
fuccès de le devenir.
Les faits dont je viens d'avoir l'honneur
de vous rendre compte font fi exactement
vrais que , quoique je garde l'anonyme
, fi vous trouvez ma lettre digne
d'être inférée dans le Mercure , je ferai
vraisemblablement reconnu par toutes les
perfonnes de ma connoiffance qui le liront.
Au refte , Monfieur , je vous prie de
ne la rendre publique qu'autant que vous
la croirez capable de faire revenir du préjugé
peu honorable pour l'humanité , que
c'est une confolation pour les malheureux
d'avoir des femblables. Je crois ce proverbe
aufli peu fondé en françois qu'en
latin ; & je ne pense pas que fon ancienneté
foit un titre affez refpectable pour
le mettre à l'abri de la cenfure des âmes
honnêtes & des coeurs fenfibles.
J'ai l'honneur d'être avec les fentimens
les plus diftingués , Monfieur , votre , &c.
Paris , 27 avril 1768.
D.
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Résumé : AUTRE réponse à la même lettre.
Dans une lettre publiée dans le Mercure de France, l'auteur répond à une question sur la possibilité que les malheurs d'autrui consolent les malheureux. Il commence par déclarer que cette question ne le concerne pas personnellement. Il partage ensuite ses expériences tragiques : la mort de son père après six années de bonheur familial, suivie du décès de sa femme et de sa mère en l'espace de trois ans. Ces pertes l'ont profondément marqué et il n'a trouvé aucune consolation dans les malheurs des autres. Au contraire, voir des amis ou des proches souffrir ravive sa douleur. Cependant, assister à des scènes de bonheur familial lui rappelle ses moments heureux passés. L'auteur exprime ensuite son souhait pour un jeune parent sur le point de se marier, espérant qu'il connaisse un bonheur durable. Il conclut en exprimant son désir de voir le préjugé selon lequel les malheurs d'autrui consolent les malheureux être réfuté. La lettre est datée du 27 avril 1768 et signée 'D.
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7253
p. 251-256
Nouvelles d'Allemagne.
Début :
L'Archiduc a fait Conseillers d'Estat le Comte Erdedi, [...]
Mots clefs :
Allemagne, Archiduc, Hongrie, Constantinople, Roi de Suède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Allemagne.
Nouvelles d'Allemagne.
L'Archiduc a fait Confeillers d'Eftat le Comte
Erdedi, Chef de la Juftice;
le Comte Jean Palfi , Ban
ou Viceroy de Croatie ; &
le Comte Emeric Czacki ,
Archeveſque de Colocza.
Il a fait cinq Seigneurs
Hongrois, Gentilshommes
de la Clef d'or. On mande
de Prefbourg que l'Archiduc y fejournera quelque
temps , fuivant la priere
que les Eftats d'Hongrie
luy ont faite de differer fon
départ , afin de terminer les
252 MERCURE
affaires du Royaume. On
travaille fortement à celles
de la Religion , à la diſtribution des Charges du
Royaume en faveur des
Hongrois , & à examiner
les plaintes des Eſtats contre les Commiffaires Imperiaux, les Generaux , & les
autres Officiers qui ont
causé la derniere revolu
tion.
Les Lettres de Conftantinople du 27. Avril affurent
que les Min ftres du GrandSeigneur deliberoient pour
regler l'efcorte qu'on doit
GALANT. 253
le
donner au Roy de Suede ,
qui fera de douze mille
Spahis commandez par
Bacha de Bender , qui a
éfté créé Seraskier , & fera
accompagné par AchmetAga , qui portera les ordres
du Grand Seigneur & du
Grand Vizir. On a laiffé
la difpofition de la maniere
& du temps du départ de fa
Majefté Suedoiſe au Kan
des Tartares , & au Bacha
de Bender. Les Ambaffadeurs du Czar ont fait tous
leurs efforts pour engager
la Cour Othomane à faire
254 MERCURE
prendre à ce Prince un au
tre route que celle de Pologne pour retourner dans
fes Eftats , mais fort inutilement. Le Divan n'a rien
voulu changer des refolutions prifesfur ce fujet. Les
Plenipotentiaires du Czar
infifterent fortement à ce
qu'on leur accordaſt une
écrit tou- declaration par
chant la maniere avec laquelle le Roy de Suede &
fon eſcorte pafferoit par la
Pologne. Le Grand Vizir
nevoulut point s'expliquer
fur ce qui regarde la Polo-
GALANT. 255
gne. Tout ce qu'ils purent
obtenir fut qu'il déclara
verbalement que l'efcorte
du Royde Suede pafferoit
paiſiblement , fans caufer
aucun dommage aux Polonois , & qu'elle payeroit
exactementauprix courant
les provifions , & les autres
chofes dont elle auroit be
foin.
Onattendoit inceffammentun Courier defa Ma
jefté Suedoife pour apprendre les refolutions & les
mefures qu'il auroit prifes
pour fon départ. Les Bas
256 MERCURE
chas qui commandent les
troupes enRomelie ontordre de faire avancer douze
mille Spahis vers Bender.
L'Archiduc a fait Confeillers d'Eftat le Comte
Erdedi, Chef de la Juftice;
le Comte Jean Palfi , Ban
ou Viceroy de Croatie ; &
le Comte Emeric Czacki ,
Archeveſque de Colocza.
Il a fait cinq Seigneurs
Hongrois, Gentilshommes
de la Clef d'or. On mande
de Prefbourg que l'Archiduc y fejournera quelque
temps , fuivant la priere
que les Eftats d'Hongrie
luy ont faite de differer fon
départ , afin de terminer les
252 MERCURE
affaires du Royaume. On
travaille fortement à celles
de la Religion , à la diſtribution des Charges du
Royaume en faveur des
Hongrois , & à examiner
les plaintes des Eſtats contre les Commiffaires Imperiaux, les Generaux , & les
autres Officiers qui ont
causé la derniere revolu
tion.
Les Lettres de Conftantinople du 27. Avril affurent
que les Min ftres du GrandSeigneur deliberoient pour
regler l'efcorte qu'on doit
GALANT. 253
le
donner au Roy de Suede ,
qui fera de douze mille
Spahis commandez par
Bacha de Bender , qui a
éfté créé Seraskier , & fera
accompagné par AchmetAga , qui portera les ordres
du Grand Seigneur & du
Grand Vizir. On a laiffé
la difpofition de la maniere
& du temps du départ de fa
Majefté Suedoiſe au Kan
des Tartares , & au Bacha
de Bender. Les Ambaffadeurs du Czar ont fait tous
leurs efforts pour engager
la Cour Othomane à faire
254 MERCURE
prendre à ce Prince un au
tre route que celle de Pologne pour retourner dans
fes Eftats , mais fort inutilement. Le Divan n'a rien
voulu changer des refolutions prifesfur ce fujet. Les
Plenipotentiaires du Czar
infifterent fortement à ce
qu'on leur accordaſt une
écrit tou- declaration par
chant la maniere avec laquelle le Roy de Suede &
fon eſcorte pafferoit par la
Pologne. Le Grand Vizir
nevoulut point s'expliquer
fur ce qui regarde la Polo-
GALANT. 255
gne. Tout ce qu'ils purent
obtenir fut qu'il déclara
verbalement que l'efcorte
du Royde Suede pafferoit
paiſiblement , fans caufer
aucun dommage aux Polonois , & qu'elle payeroit
exactementauprix courant
les provifions , & les autres
chofes dont elle auroit be
foin.
Onattendoit inceffammentun Courier defa Ma
jefté Suedoife pour apprendre les refolutions & les
mefures qu'il auroit prifes
pour fon départ. Les Bas
256 MERCURE
chas qui commandent les
troupes enRomelie ontordre de faire avancer douze
mille Spahis vers Bender.
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Résumé : Nouvelles d'Allemagne.
Le texte décrit des événements politiques en Allemagne et en Turquie. En Allemagne, l'Archiduc a nommé plusieurs dignitaires hongrois à des postes importants : le Comte Erdedi comme Chef de la Justice, le Comte Jean Palfi comme Ban ou Viceroy de Croatie, et le Comte Emeric Czacki comme Archevêque de Colocza. Cinq seigneurs hongrois ont été désignés Gentilshommes de la Clef d'or. L'Archiduc séjournera à Presbourg pour régler les affaires du Royaume, notamment les questions religieuses, la distribution des charges et l'examen des plaintes contre les commissaires impériaux et autres officiers impliqués dans la dernière révolution. En Turquie, les ministres du Grand-Seigneur discutent de l'escorte à fournir au Roi de Suède, qui comptera douze mille Spahis commandés par le Bacha de Bender, promu Seraskier. L'escorte sera accompagnée par Achmet-Aga, porteur des ordres du Grand Seigneur et du Grand Vizir. Les ambassadeurs du Czar ont échoué dans leur tentative de convaincre la Cour ottomane de faire changer d'itinéraire au Roi de Suède pour éviter la Pologne. Le Grand Vizir a déclaré que l'escorte traverserait paisiblement la Pologne et paierait les provisions nécessaires. Les Bachtchas en Romélie ont reçu l'ordre de faire avancer douze mille Spahis vers Bender.
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7254
p. 248-254
Article des plus curieux que je vous aye encore envoyé, & dont je ne puis vous faire part sans vous l'envoyer entier, [titre d'après la table]
Début :
Les Princes ne peuvent acquerir la naissance que leur Auguste [...]
Mots clefs :
Avocats, Article curieux, Discours, Monsieur Euffroy
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Article des plus curieux que je vous aye encore envoyé, & dont je ne puis vous faire part sans vous l'envoyer entier, [titre d'après la table]
Les Princes ne peuvent acquérir la naissance que leur
AugusteSang leur donne; mais
ils peuvent faire voir qu'ils en
sont nez dignes par les grandes
avions & les vertus qui font
distinguer la plûpart de ceux à
qui la nature a
donné cette
naissance. Mais il se trouve de
simples particuliers qui n'étant
point favorisez de leur naissance
,
parviennent que lques
-
fois jusques au premier poste
du Monde, & mesmejusqu'a
la premiere dignité. Rienne le
prouve mieux que ce qui cil:
souvent arrivé à plusieurs Avocats, & ce qui peut encore leur
arriver tous les jours comme
l'on a
pu voir par le Discours
que Monsieur Euffroy Avocat,
& ancien Bastonnier de sa
Compagnie a
fait depuis quelques jours, en sortant d'exercice
,
dans lequel il a
fait connoître que plusieurs grands;
hommes, & mesmeduClergé,
ont esté tirez de ce Corps,duquel on en a
souvent tiré pour
remplir les places de Chanccliers, de Gardes des Sceaux, de
Premiers Prefidcns, de Cardinaux,&même de Papes. 1
,
Mr Euffroy a
fait voir dans
ce Discours qui s'estattiré les
applaudissemens & l'attention
de toute rAucmblec, que Guy
Foucault, François de Nation,
après avoir cité long-temps
Avocat au Parlement, s'estant
fait d'Eglise avoit esté premierement Evesque du Puy, enfuite Archevêque de Narbonne, Cardinal, & ensuite créé
Pape fous le nom de Clement
IV. le 5eFévrier1625. d'un
consentement unanime de tous
les Cardinaux, quoy qu'il fût
absent
Qu'en1383. Pierre deFessigny, sans avoir passé dans aucune dignité Ecclesiastique,
étant Avocat, c'est-à-dire, en
en faisant les fonctions, tu
élevé au Cardinalat,
Qu'en1308. Guillaume d
Nogarer
e * Qu'en1389. Arnaud de
Corbie,
Qu'en1418.Robert le
Masson,
Q^'en1538. Guillaume
Poyet,
Qu'en 1371. Guillaume de
Dormans,
Er qu'en 154r. François
Olivieravoientesté élevez à la
dignité de Chancelier de France.
Qu'en 1J4L. &en 1588.
Mrs de MontholonAvocats au
Parlement de Paris furent faits
Gardes des Sceaux de France,
sans compter les Premiers Presidens & autres grands Officiers de Justice qui ont esté tirez de ce Corps. |Mr de la Marliere, ancien
Avocat, a
esté élu à la place
ne
Mr Euffroy. Il a tout le
mérité necessaire pour luy fuc- *
seder.
t Vou
ong-temps que vous n'avez
jû d'Articles aussi curieux, &
aussi singuliers dans mes Lettres
y
& peut-estre même que
vous n'y en ayez jamais vû.
Ainsi l'on ne peut dire que
c
soient des Articlesrépétés,&
qui ressemblent en rien 4 au
cun de ceux dont je vous
ay,
jusqu'icy fait part
AugusteSang leur donne; mais
ils peuvent faire voir qu'ils en
sont nez dignes par les grandes
avions & les vertus qui font
distinguer la plûpart de ceux à
qui la nature a
donné cette
naissance. Mais il se trouve de
simples particuliers qui n'étant
point favorisez de leur naissance
,
parviennent que lques
-
fois jusques au premier poste
du Monde, & mesmejusqu'a
la premiere dignité. Rienne le
prouve mieux que ce qui cil:
souvent arrivé à plusieurs Avocats, & ce qui peut encore leur
arriver tous les jours comme
l'on a
pu voir par le Discours
que Monsieur Euffroy Avocat,
& ancien Bastonnier de sa
Compagnie a
fait depuis quelques jours, en sortant d'exercice
,
dans lequel il a
fait connoître que plusieurs grands;
hommes, & mesmeduClergé,
ont esté tirez de ce Corps,duquel on en a
souvent tiré pour
remplir les places de Chanccliers, de Gardes des Sceaux, de
Premiers Prefidcns, de Cardinaux,&même de Papes. 1
,
Mr Euffroy a
fait voir dans
ce Discours qui s'estattiré les
applaudissemens & l'attention
de toute rAucmblec, que Guy
Foucault, François de Nation,
après avoir cité long-temps
Avocat au Parlement, s'estant
fait d'Eglise avoit esté premierement Evesque du Puy, enfuite Archevêque de Narbonne, Cardinal, & ensuite créé
Pape fous le nom de Clement
IV. le 5eFévrier1625. d'un
consentement unanime de tous
les Cardinaux, quoy qu'il fût
absent
Qu'en1383. Pierre deFessigny, sans avoir passé dans aucune dignité Ecclesiastique,
étant Avocat, c'est-à-dire, en
en faisant les fonctions, tu
élevé au Cardinalat,
Qu'en1308. Guillaume d
Nogarer
e * Qu'en1389. Arnaud de
Corbie,
Qu'en1418.Robert le
Masson,
Q^'en1538. Guillaume
Poyet,
Qu'en 1371. Guillaume de
Dormans,
Er qu'en 154r. François
Olivieravoientesté élevez à la
dignité de Chancelier de France.
Qu'en 1J4L. &en 1588.
Mrs de MontholonAvocats au
Parlement de Paris furent faits
Gardes des Sceaux de France,
sans compter les Premiers Presidens & autres grands Officiers de Justice qui ont esté tirez de ce Corps. |Mr de la Marliere, ancien
Avocat, a
esté élu à la place
ne
Mr Euffroy. Il a tout le
mérité necessaire pour luy fuc- *
seder.
t Vou
ong-temps que vous n'avez
jû d'Articles aussi curieux, &
aussi singuliers dans mes Lettres
y
& peut-estre même que
vous n'y en ayez jamais vû.
Ainsi l'on ne peut dire que
c
soient des Articlesrépétés,&
qui ressemblent en rien 4 au
cun de ceux dont je vous
ay,
jusqu'icy fait part
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Résumé : Article des plus curieux que je vous aye encore envoyé, & dont je ne puis vous faire part sans vous l'envoyer entier, [titre d'après la table]
Le texte explore la possibilité pour des individus, qu'ils soient princes ou simples particuliers, d'accéder à des postes élevés grâce à leurs mérites et vertus. Il met en lumière le cas des avocats, qui ont souvent atteint des positions prestigieuses. Monsieur Euffroy, ancien bâtonnier, a illustré ce phénomène dans un discours récent, citant plusieurs exemples historiques. Parmi eux, Guy Foucault devint pape sous le nom de Clément IV, et Pierre de Fessigny fut élevé au cardinalat en 1383. D'autres avocats, comme Guillaume d'Nogaret, Arnaud de Corbie, et François Olivier, accédèrent à la dignité de chancelier de France. Le texte mentionne également que des avocats comme les sieurs de Montholon furent nommés Gardes des Sceaux. Monsieur de la Marlière, ancien avocat, a récemment été élu pour succéder à Monsieur Euffroy. Le discours d'Euffroy a suscité l'admiration et l'attention de l'assemblée.
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7255
p. 229-238
REPONSE DE LA RAISON. A M. Rousseau.
Début :
Toi, qui d'une brillante Rime, [...]
Mots clefs :
Homme, Âme, Raison, Mérite, Philosophe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPONSE DE LA RAISON. A M. Rousseau.
REPONSE
DELA RAISON,
A M. Roujseau.
Toi , qui d'une brillante Rime ,
Suivant l'homme en fes actions,
Soutiens dans un discours sublime a
Que je flatte ses passions j
Revien de cette erreur extrême,
Reconnois que toujours la même*
Je leur résiste avec vigueur ,
Mais que soumis â leur empire,
l'homme insensé me laisse dire,
ics fuit & leur livre son coeur.
Pour empêcher qu'il ne s'égare ;
Sans «flè j'observe ses pa», ..
B i) Et
2io MERCURE DE FRANCE;
Et je lui sers comme de Phare,
Sur la Mer qu'il court ici bas :
Rayon de la splendeur divine »
Je réchauffe , je l'illumine.
Je lui montre le droit chemin ;
Je lui dicte ce qu'il doit faire ,
Far plus d'un avis salutaire ,
<^u'U ne reçoit qu'avec dédain,
Ce Grec fameux par fa prudence 3
Ulysse, souvent m' écouta,
Par cette heureuse déférence t
Combien d'écueils il évita !
De rifle * où Calipso charmée,
Tenoit sa gloire renfermée»
Je le tirai , je le sauvai i
Si de Circé , si des Sirènes ,
II rendit les e«buches vaines,
Ce fut moi qui l'en préservai.
Mais quel écart , quelle foibleflë !
Et peut-on le lui pardonner ?
II reste chez l'Enchanterefle ,
Qui le vouloir empoisonner.
Dans le Palais d'une perfide,
Ulysse abandonnant son Guide ,
S'endort dans un indigne amour,
& ce n'est qu'aptçt nue année ,
FEVRIER. 1730. »}i
(Qu'auprès de lui plus fortunée >
Je l'arrache deLcc séjour.
Pour íës Mortels je fais encore*
Ce que pour Ulysse je fis ;
Ma voix du Couchant à l' Aurore,
Se fait entendre; à tous je dis ,
Fuyez ces Sirènes flatteuses ,
Dont les voix douces âc trompeuses ,
Vous attirent dans leurs filets ;
Des Circés galantes , volages ,
Craignez les dangereux breuvages »
Craignez les séduisants attraits.
- V ■
Mais ces avis font inutiles ,
Tous serment l'oreille à ma voix ,
Tous rebelles , tous indociles ,
Refusent de suivre mes loix.
Les passions impérieuses ,
Aveugles , mais audacieuses ,
Ont le dessus fur la raison :
Par une étonnante manie ,
On en aime ía tyrannie ,
On en savoure le poison.
! ; ' .•■ . :
Réprime enf» ta folle verve i
í)is-je à cet esprit de travers i
Tu travailles malgré Minerve , '
B iij Lorsque
ifi MERCURE DE FRANCE.
Lorsque tu tomposes des Vtrs,,
Tu manques de feu i de génie ,
Tes Fers fans sel, fans harmonie %
Sont sifflez au sacre' Vallon.
Mais four moi sourd & sans estime ,
11 va m'immoler k la Rime ,
Et faire jurer Apollon,
Je m'adresse à ce Philosophe*!
Par qui tout paroîc éclairci»
Et par une vive apostrophe ,
Je le picque & lui parle ainsi* :
Tu mesures le Ciel , la Terre ,
Tout ce que l'Univers enserre ,
Dans ton esprit efi renfermés
De ce sf avoir voyons C usage \
E» cs-tu f lus ferme l plus fagt ?•
A la vertu plus animé t
Non , 8c de sa science vaine,
11 ne remporte pour tout fruit»
Qu'une vanité souveraine ,
Dont son coeur vuide se nourrit..
De la vertu , de la sagesse ,
Il sçait parler avec justesse ,,
Il sçait fort bien les définir ;
Mais de passer à la pratique,
Pour lui c'est un cercle excentrique ,
M ne sçauroit y parvenir.
FEVRIER. 1730. 15 J
Je dis à ce Censeur severe ,
Qui , voluptueux & mondain ,
Ose reprendre dans la Chaire ,
La volupté dans son prochain :
Faux imitateur des foires ,
Toi , qui -veux réformer les autres t .
Commence par te réformer •
Ministre pieux & fidèle »
Epure tes motifs , ton zèle >
Plein du feu qui doit t' enflammes.
Quelle est ton audace efrenSe ,
De t'a-taqutr au Dieu jaloux}
Dis-j; à ce nouveau Capanée >
Digne du poids de son couroux.
JE» vain par un brillant fophìfmt ,
Tu veux soutenir l'jithtîfme ,
Êt pajftr pour un esprit fort t
Tes jírgumens vagîtes , frivoles,
Êt tes Dissertations folles ,
~Q'un coeur corrompu font t'effort'
II me sait taire , & chez des femmes ,
Dont ce Docteur est écouté ,
Il s'en va fièrement de* ames »
Combattre l'immortalité.
L'une en rit 5 une autre l'admirei
Mais ce Fanfaron a beau dire , ^
âj4 MERCURE Í>E FRA&CÉ*
Quelque jour tremblant il croira.
Un Dieu touc- puissant , invisible,
Et que l'ame est incorruptible,
Quand la fièvre le pressera»
En vaîn je crie à cet avareV
Joiiii de tes biens am/ijfe^,
Etouffe cette ardeur bizare ,
g«í ne dit jamais , c'est affett
II méprise ma remontrance »
Et pour aller à l'opulence >
II va redoubler ses effort* s
Par la faim , la soif, qu'il endure.
Et par la détestable usure ,
11 accumule des trésors.
A ce Joueur je dis fans cesse j
Use mieux d'un rare métal t
Je lui repete » qui te presse r
D'aller loger à t'Hôpital ?
Sa passion est la plus forte;
Elle l'obsede, elle Temporte, i
H s'en va jouer un Hôtel ;
Et bien-tô t l'aífreuse ruine ,
La have & hideuse famine ,
Vont saisir l'imprudent mortel. •
StHlient mieux ta hnutt naiffance ,
FEVRIER. 1730
Dïs-je à ce Marquis fainéant ;
"Par une honteuse indolence >
Tu retombes dans le néant ,
Tu ne fais voir d'un Tronc illustre ,
Qu'une branche morte fans lustre,
Et qui n'a qu'un freste soutiens
Mais je l'offense & }e le blesse ,
En lui montrant cette noblesse,
Sans qui celle du sang n'est rien.
"D'où te vient cet air d'importance
Dis-ie à cet homme tout nouveau ,
Dont le mérite est la science .
De calculer dans un Bureau/
Le fort, qui des hommes se joue 3
Te trouve enfoncé dans la lotie ,
T'en tire , quel sujet d'orgueil !
II me répond que la richesse ,
Lui donne mérite, noblesse ,
Et vertu ; voila son écueiU
A ce Mortel criârmé du monde «
Et qui court apiès la grandeur »
Je dis : Âme endestrs féconde,
jlmoureuse de la sfUr.it.ur ,
§luoi 1 n'as-tu donc été formée ,
Que four aimer une fumée ,
,Vnt ombre qui s'évanouit f
MERCURE DE FRANCE.'-
Songe du moins que cette pompe,
2V« rien de fixe & qu'on se trompe ,
Si l'on croit que l'on en jouit.
Ce discours fi vrai, si solide,.
N'émeut point cet Ambitieux ;
D'un faux éclat toûjours avide,.
U n'en détourne point ses yeux.
Pour la fortune qu'il médite,
Toûjours inquiet il s'agite ,
II veille & fait tout ce qu'il fautî.
U trouve une place brillante i
Son ame en est-elle contente?
Non, il prétend monter plu; haut;.
Blâmant d'une Coquette antique^,
le fard & les ajustemens»
Avec elle ainsi je m'explique j .
Sur ces frivoles ornemens.
A quoi te sert cette parure t,
Dont pour embellir tu figure ,,
Tu scait te servir avet art ?• 1 - -
En vain tu te peins le visage , „
Tes rides découvrent ton âge ,
Malgré tes atours & *•»
Maïs cet avis est trop sincère,
©n n'aime point la,, vérité,.
FEVRIER. 17 30
Cette folle a juré de plaire»
Avec un masque de beauté.
Elle suit avec soin la mode .
Comme les jeunes s'accommode,
En prends les habits , & les airs ;
Ec cròit par ses afféteries $ '
Et ses fades minauderies ,
Mettre tous les coeurs dans ses fers.
A certe autre, à qui la jeunesse,
Ún teint & des traits enchanteurs ,
Atcirent la brillante presse
Dis profanes > adorateurs >
Jë dis : & ces Lys & ces Roses,
Ces fleurs fur ton visage écloses -,
Avte le temps fi faneront :
Dans la déroute de tes charmes ,
Xîn jour tu verseras ttes larmes
Et tes Esclaves s'enfuiront»
Prévien' Vtnévitable fuite ,
Jiu temps fi prompt à tout faucher,
Pais provision d'un- mérite ,
Où fa faux ne puijfe touchers
Arrête ton esprit volage ;
A la beauté , faible avantage ,
Unis le lustre des vertus.
Mais >'i<uportune cette Belle,
23 8 MERCURE DE FRANCE^
Par un jeune étourdi chez elle >
Tous mes coríscils font combattus.
Bouchât , Chanoine de Sens.
DELA RAISON,
A M. Roujseau.
Toi , qui d'une brillante Rime ,
Suivant l'homme en fes actions,
Soutiens dans un discours sublime a
Que je flatte ses passions j
Revien de cette erreur extrême,
Reconnois que toujours la même*
Je leur résiste avec vigueur ,
Mais que soumis â leur empire,
l'homme insensé me laisse dire,
ics fuit & leur livre son coeur.
Pour empêcher qu'il ne s'égare ;
Sans «flè j'observe ses pa», ..
B i) Et
2io MERCURE DE FRANCE;
Et je lui sers comme de Phare,
Sur la Mer qu'il court ici bas :
Rayon de la splendeur divine »
Je réchauffe , je l'illumine.
Je lui montre le droit chemin ;
Je lui dicte ce qu'il doit faire ,
Far plus d'un avis salutaire ,
<^u'U ne reçoit qu'avec dédain,
Ce Grec fameux par fa prudence 3
Ulysse, souvent m' écouta,
Par cette heureuse déférence t
Combien d'écueils il évita !
De rifle * où Calipso charmée,
Tenoit sa gloire renfermée»
Je le tirai , je le sauvai i
Si de Circé , si des Sirènes ,
II rendit les e«buches vaines,
Ce fut moi qui l'en préservai.
Mais quel écart , quelle foibleflë !
Et peut-on le lui pardonner ?
II reste chez l'Enchanterefle ,
Qui le vouloir empoisonner.
Dans le Palais d'une perfide,
Ulysse abandonnant son Guide ,
S'endort dans un indigne amour,
& ce n'est qu'aptçt nue année ,
FEVRIER. 1730. »}i
(Qu'auprès de lui plus fortunée >
Je l'arrache deLcc séjour.
Pour íës Mortels je fais encore*
Ce que pour Ulysse je fis ;
Ma voix du Couchant à l' Aurore,
Se fait entendre; à tous je dis ,
Fuyez ces Sirènes flatteuses ,
Dont les voix douces âc trompeuses ,
Vous attirent dans leurs filets ;
Des Circés galantes , volages ,
Craignez les dangereux breuvages »
Craignez les séduisants attraits.
- V ■
Mais ces avis font inutiles ,
Tous serment l'oreille à ma voix ,
Tous rebelles , tous indociles ,
Refusent de suivre mes loix.
Les passions impérieuses ,
Aveugles , mais audacieuses ,
Ont le dessus fur la raison :
Par une étonnante manie ,
On en aime ía tyrannie ,
On en savoure le poison.
! ; ' .•■ . :
Réprime enf» ta folle verve i
í)is-je à cet esprit de travers i
Tu travailles malgré Minerve , '
B iij Lorsque
ifi MERCURE DE FRANCE.
Lorsque tu tomposes des Vtrs,,
Tu manques de feu i de génie ,
Tes Fers fans sel, fans harmonie %
Sont sifflez au sacre' Vallon.
Mais four moi sourd & sans estime ,
11 va m'immoler k la Rime ,
Et faire jurer Apollon,
Je m'adresse à ce Philosophe*!
Par qui tout paroîc éclairci»
Et par une vive apostrophe ,
Je le picque & lui parle ainsi* :
Tu mesures le Ciel , la Terre ,
Tout ce que l'Univers enserre ,
Dans ton esprit efi renfermés
De ce sf avoir voyons C usage \
E» cs-tu f lus ferme l plus fagt ?•
A la vertu plus animé t
Non , 8c de sa science vaine,
11 ne remporte pour tout fruit»
Qu'une vanité souveraine ,
Dont son coeur vuide se nourrit..
De la vertu , de la sagesse ,
Il sçait parler avec justesse ,,
Il sçait fort bien les définir ;
Mais de passer à la pratique,
Pour lui c'est un cercle excentrique ,
M ne sçauroit y parvenir.
FEVRIER. 1730. 15 J
Je dis à ce Censeur severe ,
Qui , voluptueux & mondain ,
Ose reprendre dans la Chaire ,
La volupté dans son prochain :
Faux imitateur des foires ,
Toi , qui -veux réformer les autres t .
Commence par te réformer •
Ministre pieux & fidèle »
Epure tes motifs , ton zèle >
Plein du feu qui doit t' enflammes.
Quelle est ton audace efrenSe ,
De t'a-taqutr au Dieu jaloux}
Dis-j; à ce nouveau Capanée >
Digne du poids de son couroux.
JE» vain par un brillant fophìfmt ,
Tu veux soutenir l'jithtîfme ,
Êt pajftr pour un esprit fort t
Tes jírgumens vagîtes , frivoles,
Êt tes Dissertations folles ,
~Q'un coeur corrompu font t'effort'
II me sait taire , & chez des femmes ,
Dont ce Docteur est écouté ,
Il s'en va fièrement de* ames »
Combattre l'immortalité.
L'une en rit 5 une autre l'admirei
Mais ce Fanfaron a beau dire , ^
âj4 MERCURE Í>E FRA&CÉ*
Quelque jour tremblant il croira.
Un Dieu touc- puissant , invisible,
Et que l'ame est incorruptible,
Quand la fièvre le pressera»
En vaîn je crie à cet avareV
Joiiii de tes biens am/ijfe^,
Etouffe cette ardeur bizare ,
g«í ne dit jamais , c'est affett
II méprise ma remontrance »
Et pour aller à l'opulence >
II va redoubler ses effort* s
Par la faim , la soif, qu'il endure.
Et par la détestable usure ,
11 accumule des trésors.
A ce Joueur je dis fans cesse j
Use mieux d'un rare métal t
Je lui repete » qui te presse r
D'aller loger à t'Hôpital ?
Sa passion est la plus forte;
Elle l'obsede, elle Temporte, i
H s'en va jouer un Hôtel ;
Et bien-tô t l'aífreuse ruine ,
La have & hideuse famine ,
Vont saisir l'imprudent mortel. •
StHlient mieux ta hnutt naiffance ,
FEVRIER. 1730
Dïs-je à ce Marquis fainéant ;
"Par une honteuse indolence >
Tu retombes dans le néant ,
Tu ne fais voir d'un Tronc illustre ,
Qu'une branche morte fans lustre,
Et qui n'a qu'un freste soutiens
Mais je l'offense & }e le blesse ,
En lui montrant cette noblesse,
Sans qui celle du sang n'est rien.
"D'où te vient cet air d'importance
Dis-ie à cet homme tout nouveau ,
Dont le mérite est la science .
De calculer dans un Bureau/
Le fort, qui des hommes se joue 3
Te trouve enfoncé dans la lotie ,
T'en tire , quel sujet d'orgueil !
II me répond que la richesse ,
Lui donne mérite, noblesse ,
Et vertu ; voila son écueiU
A ce Mortel criârmé du monde «
Et qui court apiès la grandeur »
Je dis : Âme endestrs féconde,
jlmoureuse de la sfUr.it.ur ,
§luoi 1 n'as-tu donc été formée ,
Que four aimer une fumée ,
,Vnt ombre qui s'évanouit f
MERCURE DE FRANCE.'-
Songe du moins que cette pompe,
2V« rien de fixe & qu'on se trompe ,
Si l'on croit que l'on en jouit.
Ce discours fi vrai, si solide,.
N'émeut point cet Ambitieux ;
D'un faux éclat toûjours avide,.
U n'en détourne point ses yeux.
Pour la fortune qu'il médite,
Toûjours inquiet il s'agite ,
II veille & fait tout ce qu'il fautî.
U trouve une place brillante i
Son ame en est-elle contente?
Non, il prétend monter plu; haut;.
Blâmant d'une Coquette antique^,
le fard & les ajustemens»
Avec elle ainsi je m'explique j .
Sur ces frivoles ornemens.
A quoi te sert cette parure t,
Dont pour embellir tu figure ,,
Tu scait te servir avet art ?• 1 - -
En vain tu te peins le visage , „
Tes rides découvrent ton âge ,
Malgré tes atours & *•»
Maïs cet avis est trop sincère,
©n n'aime point la,, vérité,.
FEVRIER. 17 30
Cette folle a juré de plaire»
Avec un masque de beauté.
Elle suit avec soin la mode .
Comme les jeunes s'accommode,
En prends les habits , & les airs ;
Ec cròit par ses afféteries $ '
Et ses fades minauderies ,
Mettre tous les coeurs dans ses fers.
A certe autre, à qui la jeunesse,
Ún teint & des traits enchanteurs ,
Atcirent la brillante presse
Dis profanes > adorateurs >
Jë dis : & ces Lys & ces Roses,
Ces fleurs fur ton visage écloses -,
Avte le temps fi faneront :
Dans la déroute de tes charmes ,
Xîn jour tu verseras ttes larmes
Et tes Esclaves s'enfuiront»
Prévien' Vtnévitable fuite ,
Jiu temps fi prompt à tout faucher,
Pais provision d'un- mérite ,
Où fa faux ne puijfe touchers
Arrête ton esprit volage ;
A la beauté , faible avantage ,
Unis le lustre des vertus.
Mais >'i<uportune cette Belle,
23 8 MERCURE DE FRANCE^
Par un jeune étourdi chez elle >
Tous mes coríscils font combattus.
Bouchât , Chanoine de Sens.
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Résumé : REPONSE DE LA RAISON. A M. Rousseau.
Le texte est une réponse adressée à M. Rousseau, abordant la raison et les passions humaines. La raison, personnifiée, exprime son désarroi face à l'indifférence des hommes, qui privilégient leurs passions à ses conseils. Elle se compare à un phare, guidant les hommes à travers les périls de la vie, comme elle l'a fait pour Ulysse en l'aidant à éviter les écueils et les tentations. Cependant, elle déplore que les hommes, malgré ses avertissements, restent souvent aveugles à ses conseils et succombent à leurs passions. La raison critique également un philosophe qui, bien qu'il parle avec justesse de la vertu et de la sagesse, ne parvient pas à les mettre en pratique. Elle s'adresse ensuite à divers individus, tels qu'un voluptueux mondain, un athée, un avare, un joueur, un fainéant, un ambitieux, une coquette et une jeune femme séduisante, leur reprochant leurs comportements et leurs erreurs. Elle les exhorte à suivre ses conseils pour éviter les dangers et les malheurs qui les guettent. Néanmoins, elle constate que ses avis sont souvent ignorés et que les hommes préfèrent suivre leurs passions destructrices.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7256
p. 250-259
Festes de Mr le Duc d'Albe.
Début :
Mr le Duc d'Albe donne tous les ans une belle Feste, [...]
Mots clefs :
Fêtes, Bal, Duc d'Albe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Festes de Mr le Duc d'Albe.
Festes deMr le Ducd'Albe.
Mr le Duc d'Albe donne
tous lesansunebelleFeste,
selon l'usage de son Pays , le jour de la Naissance du
Roy d'Espagne. Les Efpagnols
appellent ce jour,
Dia de Anos, jour d'Années.
Son Excellence a du
grand & du magnifique
dans tout ce qu'Elle faicj
mais la nouvelledusuccez
de Brihuega,quElle reçût
lematin
, augmenta bien
la joye & l'éclat de cette
Feste, ce qui lafait differer
de quelques jours. Les
personnes dedistinction
qui y furent invitées en
grand nombre, & le Public
qui en peut juger par le dehors
, furent dans une égale
surprise, qu'à l'occasion
d'une nouvelle qui estoit
arrivée le mesme jour, Ôc
qui ne pouvoit pas estre
prévûë
, on put donner
deux repas decette magnificence,
des divertissements
publics & particuliers. &
le soir une grande illumination,
& un beau de joye, ,
qui fut suivi d'un bal qui 1
ddurua jumsqu'àacitnqinlie.uâ,es *
,- » Son Excellence eut un
peu plus detempsà donnerses
ordres & a.&preparer à";
la rejoiüssance que meritoit
la victoire complete de
Villaviciofa qui assure le
- thrône au Roy son Maistre
,
dont il a si fort à
coeur laPersonne, la gloire.,
& les interests, a ewncoçre
donné à cette occasion
une Feste qui n'a pû estre
c*omparéequ'à celles , qu a ce lCS qU.1
Elle a déjàdonné à Paris
*
sur tout à la Naissance du
Prince des Asturies. Cellecy
s'est donnée Dimanche
28. Decembre.Ellecommença
dés le midy. Il y eut
un grand dîner,&un grand
jeu l'aprés-midy. Sur le
soir trois ou quatre cens
personnes des plus qualifiées
&duplus haut rang,
qui y avoientesté invitées,
s'y rendirent. Le jeu continua
; il y eut des concerts
de musque au dehors &
au dedans de l'Hostel. A
l'entrée de la nuit. Il y eut
une illumination qui dura
toute le reste de la nuit, en
gros flambeaux de cire
blanche. Madame la Duchesse
de Vendosme s'y
renditsur les 9. heures.Entre
neuf & dix on servit un
des plus somptueux souper
qui se soit encore donné.
La premiere table où estoit
Madame de Vendosme avec
des Princesses & des
Duchessesinvitées, &des
Seigneurs du premier rang.
estoit de quarante couverts.
Cette Table estoit en
feràCheval, Il y fut servi
plus de trois cens pLus,
portez & rapportez par des
Suissesavecdes habits uniformes.
Trois ou quatre
autresTables furentservies
en mesme temps. Les plus
excellents mets y furent
servis avec autant d'ordre
que de profusion. Les Liqueurs
les
plus rares y furent
prodiguées.Dés qu'on
sortit de table entre onze
heures &minuit, ilpartit
un grand nombre de fufées
que le feu d'artifice
suivit de prés. Le Bal mencaimmédiatemecntoma-- ainimediatement a_.
prés. Il fut ouvert par Mr
le Prince d'Espinoy & par
Me la Marquise deTorcy.
J A minuit les Masques en-
, trerent,& le concours du
plus beau monde,masque
la pluspart magniifquement,
y fut si prodigieux
que l'on compte qu'il est
entré cette nuit-là chez
Son Excellence environ
douze mille personnes
masquées, & qu'ellea donnéàsouperce
soir-lààplus
de
de cinq cens personnes. Les
Appartements estoient ornez
& éclairez magnifiquement.
Le Jeu continua
toute la nuit dans une Galerie.
Le Bal dura jusqu'a
neuf heures dumatin. Les
rafraichissements y furent
prodiguez sans inierruption.
On dança en six endroits
differents. Il ne s'est
gueres vû ensemble un plus
grand nombre de belles
personnes & d'hommes de
meilleur air, ni masquez
d'un plus grand goust. Les
concerts au dehors & au
dedans de l'Hostel, ne finirene
qu'à l'ouverture du
Bal. Les ordres y furent
donnez si à propos qu'il
BY eut ni contretemps ni
accident fâcheux. Quelqu'un
vint dire à Mr le
Duc d'Albequel'affluence
des Masques quise pressoient
contre lesTremeaux
avoienc cassé plusieurs glacesde
grand prix, a quoy
Son Excellence répondit
en riant, les verres cassez
font des marqués de joye.
Le 4. de ce mois, Son
Excellence fit de nouvelles,
rejouissances pour la victoire
de Villaviciofa. Il
donna un magnifique repas
sur trois Tables differences.
La premiere estoit
de quarante-six couverts,&
les deux autres de douze ôc
de treize seulement. Ce regal
fut suivi d'un Bal, &
d'une collation abondante,
d'illuminations & de feux
d'artifice. Ces réjoüissances
durerentjusqu'au matin.
Mr le Duc d'Albe donne
tous lesansunebelleFeste,
selon l'usage de son Pays , le jour de la Naissance du
Roy d'Espagne. Les Efpagnols
appellent ce jour,
Dia de Anos, jour d'Années.
Son Excellence a du
grand & du magnifique
dans tout ce qu'Elle faicj
mais la nouvelledusuccez
de Brihuega,quElle reçût
lematin
, augmenta bien
la joye & l'éclat de cette
Feste, ce qui lafait differer
de quelques jours. Les
personnes dedistinction
qui y furent invitées en
grand nombre, & le Public
qui en peut juger par le dehors
, furent dans une égale
surprise, qu'à l'occasion
d'une nouvelle qui estoit
arrivée le mesme jour, Ôc
qui ne pouvoit pas estre
prévûë
, on put donner
deux repas decette magnificence,
des divertissements
publics & particuliers. &
le soir une grande illumination,
& un beau de joye, ,
qui fut suivi d'un bal qui 1
ddurua jumsqu'àacitnqinlie.uâ,es *
,- » Son Excellence eut un
peu plus detempsà donnerses
ordres & a.&preparer à";
la rejoiüssance que meritoit
la victoire complete de
Villaviciofa qui assure le
- thrône au Roy son Maistre
,
dont il a si fort à
coeur laPersonne, la gloire.,
& les interests, a ewncoçre
donné à cette occasion
une Feste qui n'a pû estre
c*omparéequ'à celles , qu a ce lCS qU.1
Elle a déjàdonné à Paris
*
sur tout à la Naissance du
Prince des Asturies. Cellecy
s'est donnée Dimanche
28. Decembre.Ellecommença
dés le midy. Il y eut
un grand dîner,&un grand
jeu l'aprés-midy. Sur le
soir trois ou quatre cens
personnes des plus qualifiées
&duplus haut rang,
qui y avoientesté invitées,
s'y rendirent. Le jeu continua
; il y eut des concerts
de musque au dehors &
au dedans de l'Hostel. A
l'entrée de la nuit. Il y eut
une illumination qui dura
toute le reste de la nuit, en
gros flambeaux de cire
blanche. Madame la Duchesse
de Vendosme s'y
renditsur les 9. heures.Entre
neuf & dix on servit un
des plus somptueux souper
qui se soit encore donné.
La premiere table où estoit
Madame de Vendosme avec
des Princesses & des
Duchessesinvitées, &des
Seigneurs du premier rang.
estoit de quarante couverts.
Cette Table estoit en
feràCheval, Il y fut servi
plus de trois cens pLus,
portez & rapportez par des
Suissesavecdes habits uniformes.
Trois ou quatre
autresTables furentservies
en mesme temps. Les plus
excellents mets y furent
servis avec autant d'ordre
que de profusion. Les Liqueurs
les
plus rares y furent
prodiguées.Dés qu'on
sortit de table entre onze
heures &minuit, ilpartit
un grand nombre de fufées
que le feu d'artifice
suivit de prés. Le Bal mencaimmédiatemecntoma-- ainimediatement a_.
prés. Il fut ouvert par Mr
le Prince d'Espinoy & par
Me la Marquise deTorcy.
J A minuit les Masques en-
, trerent,& le concours du
plus beau monde,masque
la pluspart magniifquement,
y fut si prodigieux
que l'on compte qu'il est
entré cette nuit-là chez
Son Excellence environ
douze mille personnes
masquées, & qu'ellea donnéàsouperce
soir-lààplus
de
de cinq cens personnes. Les
Appartements estoient ornez
& éclairez magnifiquement.
Le Jeu continua
toute la nuit dans une Galerie.
Le Bal dura jusqu'a
neuf heures dumatin. Les
rafraichissements y furent
prodiguez sans inierruption.
On dança en six endroits
differents. Il ne s'est
gueres vû ensemble un plus
grand nombre de belles
personnes & d'hommes de
meilleur air, ni masquez
d'un plus grand goust. Les
concerts au dehors & au
dedans de l'Hostel, ne finirene
qu'à l'ouverture du
Bal. Les ordres y furent
donnez si à propos qu'il
BY eut ni contretemps ni
accident fâcheux. Quelqu'un
vint dire à Mr le
Duc d'Albequel'affluence
des Masques quise pressoient
contre lesTremeaux
avoienc cassé plusieurs glacesde
grand prix, a quoy
Son Excellence répondit
en riant, les verres cassez
font des marqués de joye.
Le 4. de ce mois, Son
Excellence fit de nouvelles,
rejouissances pour la victoire
de Villaviciofa. Il
donna un magnifique repas
sur trois Tables differences.
La premiere estoit
de quarante-six couverts,&
les deux autres de douze ôc
de treize seulement. Ce regal
fut suivi d'un Bal, &
d'une collation abondante,
d'illuminations & de feux
d'artifice. Ces réjoüissances
durerentjusqu'au matin.
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Résumé : Festes de Mr le Duc d'Albe.
Le Duc d'Albe organisait chaque année une grande fête en l'honneur de la naissance du roi d'Espagne, appelée 'Dia de Anos'. En 1610, cette célébration fut particulièrement somptueuse en raison de la récente victoire de Brihuega, dont la nouvelle fut annoncée le matin même du 28 décembre. La fête débuta à midi par un grand dîner et des jeux, suivis le soir par un souper somptueux à neuf heures. Environ quatre cents personnes de haut rang furent invitées, et une illumination avec des flambeaux de cire blanche éclaira la nuit. La première table comptait quarante couverts, et plusieurs autres tables furent également servies. Après le souper, des feux d'artifice et un bal furent organisés, ouverts par le Prince d'Espinoy et la Marquise de Torcy. Environ douze mille personnes masquées assistèrent à la fête, et plus de cinq cents personnes furent invitées à souper. Les appartements étaient magnifiquement ornés et éclairés, et le jeu et le bal se poursuivirent toute la nuit dans différents endroits. Le 4 janvier, de nouvelles réjouissances furent organisées pour célébrer la victoire de Villaviciosa, incluant un repas somptueux, un bal, une collation abondante, des illuminations et des feux d'artifice.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7257
p. 253-266
RÉPONSE DU P. DUC. à une piece faite par un inconnu, qu'on lui attribuoit.
Début :
Maître Clement de Cahors en Querci [...]
Mots clefs :
Zèle, Cahors en Quercy, Clément Marot
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE DU P. DUC. à une piece faite par un inconnu, qu'on lui attribuoit.
REʼPONSE DU P. DUC .
à une piece faite par un inconnu
, qu'on lui attribuoit .
M Aître Clement de Cahors
en Querci
N'eſt le Clement qui vous
met en fouci.
Froid rimailleur , quand
m'imputez l'Epître
Où l'on a pris le texte que
4
voici
254 MERCURE
Maître Clement de Cahors
en Querci ,
Oncques ne fut faite fur
mon pupitre ,
Et lourdement vous errez
en ceci :
Mais n'êtes pas grand Clerc
fur ce chapitre.
Trop bien je veux vous
faire celle- ci ,
Afin qu'au moins puiffiez
dire à bon titre
Qu'en ai fait une où l'on
debute ainſi ,
Maître Clement de Cahors
en Querci..
GALANT. 255
En quelque lieu qu'il giſe
le pauvre homme ,
Je le croy mal : mais fort
peu vous en chaut
Que dans ſon gîte il ait
froid , il air chaud ,
Pour ce fouci n'en perdrez
vôtre ſomme.
↑ Quel Clement donc vous
: fait crier ſi haut ?
Bien le voyons, c'eſt leClement
de Rome ,
Le vrai Clement , Vicaire
du Trés-haut.
Il a parlé , ſa Bulle vous affomme
,
Eftes encore étourdi de
l'aſſaut ;
256 MERCURE
Crieztoûjours, cela foulage
en ſomme :
En pareil cas crioit bien
fort auffi
Maître Clement de Cahors
enQuerci.
Il a grand tort pourtant ,
& c'eſt dommage
Qu'il ait frapé fur vous
rudement ; ...
fi
Plus il n'aura le Pontife
८ Clement
Aprés tel coup vos voeux
ni vôtre hommage.
Si le teniez le mettriez en
cages
Du
GALANT. 257
Du moins faut- il impitoyablement
Contre ſon nom déployer
vôtre rage ,
Le tout par zele. On ſçait
aflez comment
Dans votre argot s'appelle
cet uſage :
A
C'eſt ſoûtenir l'Egliſe avec
courage.
Tel en ſon temps la ſoûtenoit
auffi
Maître Clement de Cahors
enQuerci.
Mais ce grand zele , & l'i
gnorez peut être ,
May 1714 Y
238 MERCURE
Grands zelateurs , eſt ſujet
à retour ;
En maint pays maintefois
à ſon maître
Zele pareil a joüé mauvais
tour;
Il ſent par trop le foufre &
le falpêtre.
Maudit celui qui maudit
le Grand Prêtre ,
C'eſtſe jetterdans la gueule
du four.
Or quand bien même il
pourroit quelque jour
De vôtre corps quelque
phenix renaî re ,
Il eſt toûjours fâcheux d'ê
GALANT. 159
tre rouſſi,
Comme pour fait ſemblable
penſa l'être 1.
Maître Clement de Cahors
en Querci.
Comme un Docteur il ci .
toit les ſaints Peres ,
Et déchiroit l'Egliſe àbelles
dents.
Vous l'imitez , dangereuſes
viperes ,
Dans vos écrits aigredoux
&mordans :
N'en ſuis ſurpris , vous êtes
tous comperes ,
Vrais Pharifiens , reſte de
Yij
260 MERCURE
Proteftans ,
Blancs au dehors , & tout
noirs au dedans.
Onn'eſt plus dupes ,& vos
mines auſteres
Ne peuvent plus nous voiler
vos myſteres.
Levez le maſque , & fauvez-
vous d'ici
,
Comme le fit allantjoindre
fes freres
MaîtreClement de Cahors
enQuerci.
Où nous fauver ? Et faut-il
vous le dire
Droit à Geneve , on vous y
GALANT. 261
tend les bras ;
Des gens de bien là vous
pourrez médire
En liberté , Cardinaux &
Prelats,
Papes & Rois , Princes &
Potentats ,
Tous paſſeront par vôtre
aigre fatire ,
Même les Saints ne s'en ſauveront
pas.
Partez ſans plus , la palme
du martyre ,
Saints Confeſſeurs à vingtquatre
carats ,
N'eſt pas la gloire où vôtre
coeur afpire ,
4
262 MERCURE
Comme en ſon temps n'y
pretendoit auſſi
MaítreClement de Cahors
enQuerci.
Aqui parlai-je ? A gens de
vôtre clique.ne
Vile canaille ,&l'égout du
parti ,
C'eſt à vous ſeuls que va
cette replique.
Les gens d'honneur de vôtre
République ,
Loin d'approuver (bien en
fuis averti )
De vosécrits la rage frenetique
,
GALANT. 263
A vos fureurs donnent le
: démenti
Je parle à vous , rimailleur
apprenti ,
Vuide de ſens comme de
poëtique
Vous ſuivez mal vôtre maî
tre en ceci ,
Et ce n'eſt pas fur ce ton
que s'explique
Maître Clement de Cahors
Fen Querci.
17
Mais à quoy bon fur ce
propos m'étendre ?
Si quelque auteur vous a
fait la leçon ,
264 MERCURE 1
Etoit- ce à moy qu'il faloit
vous en prendre?
Vous me direz : A la ca
dence ', au ton
Nous avons crû vous voir
* & vous entendre ;
Maître Clement a fondé le
foupçon.
Fort bien , Meſſieurs , vous
vouliez vous défendre,
Et cependant j'en paye la
façon.
Or n'allez pas vous y laiſſer
ſurprendre ,
Et notez bien comme j'habille
ici ,
Pour
GALANT. 265
Pour vous payer comptant
& vous le rendre ,
Maître Clement de Cahors
en Querci.
Saints partiſans de la grace
nouvelle ,
Vivons en paix , je ſuis de
11.07 3. bon accord ,
Et je ne veux ni noiſe , ni
querelle ;
Il ne faut point éveiller
A
chat qui dort ,
Quand on l'éveille il égratigne
ou mord.
Juſqu'à preſent j'ai moderé
mon zcle :
May1714.
Z
266
MERCURE
Mais
qui
viendra
mattal
Y
laiſſera
quelque
plume
quer
dans
mon
fort
Au
Je
ne
vous
crains
vous
ni
premier
coup
crierai
de
l'aîle;
haro
d'abord,
Et
m'en
ſera
gerant
pour
votre
ſequelle
Maître
Clement
de
Cahors
ce
coup.ci
en
Querci
.
Jem'imagine
que
tout
ce
qui
s'appelle
ceremo
nie
dans
le
monde
à une piece faite par un inconnu
, qu'on lui attribuoit .
M Aître Clement de Cahors
en Querci
N'eſt le Clement qui vous
met en fouci.
Froid rimailleur , quand
m'imputez l'Epître
Où l'on a pris le texte que
4
voici
254 MERCURE
Maître Clement de Cahors
en Querci ,
Oncques ne fut faite fur
mon pupitre ,
Et lourdement vous errez
en ceci :
Mais n'êtes pas grand Clerc
fur ce chapitre.
Trop bien je veux vous
faire celle- ci ,
Afin qu'au moins puiffiez
dire à bon titre
Qu'en ai fait une où l'on
debute ainſi ,
Maître Clement de Cahors
en Querci..
GALANT. 255
En quelque lieu qu'il giſe
le pauvre homme ,
Je le croy mal : mais fort
peu vous en chaut
Que dans ſon gîte il ait
froid , il air chaud ,
Pour ce fouci n'en perdrez
vôtre ſomme.
↑ Quel Clement donc vous
: fait crier ſi haut ?
Bien le voyons, c'eſt leClement
de Rome ,
Le vrai Clement , Vicaire
du Trés-haut.
Il a parlé , ſa Bulle vous affomme
,
Eftes encore étourdi de
l'aſſaut ;
256 MERCURE
Crieztoûjours, cela foulage
en ſomme :
En pareil cas crioit bien
fort auffi
Maître Clement de Cahors
enQuerci.
Il a grand tort pourtant ,
& c'eſt dommage
Qu'il ait frapé fur vous
rudement ; ...
fi
Plus il n'aura le Pontife
८ Clement
Aprés tel coup vos voeux
ni vôtre hommage.
Si le teniez le mettriez en
cages
Du
GALANT. 257
Du moins faut- il impitoyablement
Contre ſon nom déployer
vôtre rage ,
Le tout par zele. On ſçait
aflez comment
Dans votre argot s'appelle
cet uſage :
A
C'eſt ſoûtenir l'Egliſe avec
courage.
Tel en ſon temps la ſoûtenoit
auffi
Maître Clement de Cahors
enQuerci.
Mais ce grand zele , & l'i
gnorez peut être ,
May 1714 Y
238 MERCURE
Grands zelateurs , eſt ſujet
à retour ;
En maint pays maintefois
à ſon maître
Zele pareil a joüé mauvais
tour;
Il ſent par trop le foufre &
le falpêtre.
Maudit celui qui maudit
le Grand Prêtre ,
C'eſtſe jetterdans la gueule
du four.
Or quand bien même il
pourroit quelque jour
De vôtre corps quelque
phenix renaî re ,
Il eſt toûjours fâcheux d'ê
GALANT. 159
tre rouſſi,
Comme pour fait ſemblable
penſa l'être 1.
Maître Clement de Cahors
en Querci.
Comme un Docteur il ci .
toit les ſaints Peres ,
Et déchiroit l'Egliſe àbelles
dents.
Vous l'imitez , dangereuſes
viperes ,
Dans vos écrits aigredoux
&mordans :
N'en ſuis ſurpris , vous êtes
tous comperes ,
Vrais Pharifiens , reſte de
Yij
260 MERCURE
Proteftans ,
Blancs au dehors , & tout
noirs au dedans.
Onn'eſt plus dupes ,& vos
mines auſteres
Ne peuvent plus nous voiler
vos myſteres.
Levez le maſque , & fauvez-
vous d'ici
,
Comme le fit allantjoindre
fes freres
MaîtreClement de Cahors
enQuerci.
Où nous fauver ? Et faut-il
vous le dire
Droit à Geneve , on vous y
GALANT. 261
tend les bras ;
Des gens de bien là vous
pourrez médire
En liberté , Cardinaux &
Prelats,
Papes & Rois , Princes &
Potentats ,
Tous paſſeront par vôtre
aigre fatire ,
Même les Saints ne s'en ſauveront
pas.
Partez ſans plus , la palme
du martyre ,
Saints Confeſſeurs à vingtquatre
carats ,
N'eſt pas la gloire où vôtre
coeur afpire ,
4
262 MERCURE
Comme en ſon temps n'y
pretendoit auſſi
MaítreClement de Cahors
enQuerci.
Aqui parlai-je ? A gens de
vôtre clique.ne
Vile canaille ,&l'égout du
parti ,
C'eſt à vous ſeuls que va
cette replique.
Les gens d'honneur de vôtre
République ,
Loin d'approuver (bien en
fuis averti )
De vosécrits la rage frenetique
,
GALANT. 263
A vos fureurs donnent le
: démenti
Je parle à vous , rimailleur
apprenti ,
Vuide de ſens comme de
poëtique
Vous ſuivez mal vôtre maî
tre en ceci ,
Et ce n'eſt pas fur ce ton
que s'explique
Maître Clement de Cahors
Fen Querci.
17
Mais à quoy bon fur ce
propos m'étendre ?
Si quelque auteur vous a
fait la leçon ,
264 MERCURE 1
Etoit- ce à moy qu'il faloit
vous en prendre?
Vous me direz : A la ca
dence ', au ton
Nous avons crû vous voir
* & vous entendre ;
Maître Clement a fondé le
foupçon.
Fort bien , Meſſieurs , vous
vouliez vous défendre,
Et cependant j'en paye la
façon.
Or n'allez pas vous y laiſſer
ſurprendre ,
Et notez bien comme j'habille
ici ,
Pour
GALANT. 265
Pour vous payer comptant
& vous le rendre ,
Maître Clement de Cahors
en Querci.
Saints partiſans de la grace
nouvelle ,
Vivons en paix , je ſuis de
11.07 3. bon accord ,
Et je ne veux ni noiſe , ni
querelle ;
Il ne faut point éveiller
A
chat qui dort ,
Quand on l'éveille il égratigne
ou mord.
Juſqu'à preſent j'ai moderé
mon zcle :
May1714.
Z
266
MERCURE
Mais
qui
viendra
mattal
Y
laiſſera
quelque
plume
quer
dans
mon
fort
Au
Je
ne
vous
crains
vous
ni
premier
coup
crierai
de
l'aîle;
haro
d'abord,
Et
m'en
ſera
gerant
pour
votre
ſequelle
Maître
Clement
de
Cahors
ce
coup.ci
en
Querci
.
Jem'imagine
que
tout
ce
qui
s'appelle
ceremo
nie
dans
le
monde
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Résumé : RÉPONSE DU P. DUC. à une piece faite par un inconnu, qu'on lui attribuoit.
Le Père Duc répond à une pièce anonyme qui lui est attribuée. Il nie en être l'auteur et critique l'inconnu qui lui impute cette œuvre. Pour illustrer son point, il mentionne Maître Clément de Cahors en Quercy, une figure historique impliquée dans des controverses similaires. Le Père Duc souhaite clarifier la situation afin de mettre fin aux accusations injustes. Il accuse l'inconnu de mal interpréter les événements et de manquer de clarté. Il souligne que Maître Clément de Cahors a soutenu l'Église avec zèle, mais que ce zèle peut parfois se retourner contre celui qui l'exerce. Le Père Duc met en garde contre les dangers de maudire les autorités religieuses et compare les écrits de l'inconnu à ceux de Maître Clément, qu'il décrit comme aigres et mordants. Le Père Duc invite l'inconnu à se rendre à Genève, où il pourra critiquer librement les autorités religieuses sans crainte. Il exprime son souhait de vivre en paix et d'éviter les querelles, tout en se réservant le droit de réagir si nécessaire. Il mentionne à nouveau Maître Clément de Cahors pour illustrer son point et exprime sa volonté de modérer son zèle, tout en se tenant prêt à défendre ses positions si besoin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7258
p. 247-266
Morts de gens distinguez par leur naissance. [titre d'après la table]
Début :
Mre Joachim Trotti de la Chetardie, Docteur en Theologie [...]
Mots clefs :
Seigneur, Mort, Abbé, Dame, Maison, Parlement, Roi, Parlement, Chevalier, Gentilhomme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts de gens distinguez par leur naissance. [titre d'après la table]
m1rd Joachim Trotti de la
Chetardie, Docteur en Theologic,
Curé de Saint Sulpice,
mourut le 29.Juinàsix heutes
& demie du soir. Il avoit
pris possessionde cette Cure
Je 13 Fevrier 1696. & fut
nommé à l'Evêché dePoitiers
le15. Avril 1702.mais il ne
l'accepta point. Il estoit filsde
CharlesTrotri de la Chetardie,
Ecuyer, Seigneur du Bureau
de la Chetardie & de k
Guyonnie,& de Charlotte de
Nesmond,& arrierepetite
si's de Joseph Trotri, Seigneur
de la Cherardie
,
l'un
des Cent Gentilshommes de
la Maison du Roy, fait Chevalierde
l'Ordre de S Michel
J. par Lettres du Roy
Charles IX. le 17. Octobre
1568.dans un temps que cet
Ordre né se donnoir qu'à la
Noblesse. Il estoitcousin germain
de feu Joachm Trotri
de la Chetardie,Seigneur de
Pavieres
,
Gouverneur de Brifak
puis de Landrecies
,
Brigadier
des Armées du Roy, Be
Inspecteur gencral d'Infanterie,
mort le 14 Juin 1705 ne
-Iàiffa,n-c qu'un fils de son mariage
avec Marie Claire-Colette
deBerarddeVillebreül,
à present femmede Ferdinand
- Auguste de Solarre;
Comte deMonastetolles, EnvoyéExtraordinaire
de Mont
seigneur l'Electeur de Bavière,
en France, & Lieutenant general
de ses Armées, dont elle
a aussi des enfans. Feu M. de
la Chetardie, Curé de S. Sulpice
,
s'estoit démis de cette
Cure peu de jours avant sa
mort entre les mains de Mr le
Cardinal d'Estrées,qui ,comme
Abbé de l'AbbayeRoyale
de S. Germain des Prez, y
nomma Mre Jean -
Baptiste-
Joseph Languet de Gcrgy,
Docteur en Theologie de la
Faculté de Paris, & Vicaire de
la même Paroisse, qui en prit
possessionle21dumêmemois
de Juin. Ce nouveau Curé est
frere de Guillaume Languet
,
Seigneur de Rochefort, Conseillerau
Parlement de Dijon,
de Jacques- Vincent Languer,
Seigneur de Gergy , Gentilhomme
ordinaire de la Maison
du Roy,à present Envoyé
à Florence,de Pierre-Bénigne
LanguetdeMonrigny
,
Colonel
d'un Regunenr de Cuirasfiers
pour M. l Electeur de
Baviere, de Lazare Languer,
Religieux de l'Ordre de Cifteaux,
Abbé Regulier de S.
Sulpicc au Diocese de Bellay,
de Jean Joseph Languetde la
Villeneuve,Aumônier de feuë
Madame la Dauphine dern,icw
re morre,Abbé de Goetmaloen
, Grand-Vicaire d'Authun
resident à Moulins,&
de Therese-Odette Languet,
femme de François Rigoley j
pr emier PresidentdelàChambre
des Comptesde Dijon,
tousenfans de Denis Languer,
Seigneur de Rochefort,, de
Soffre&deGergy,Procureuf
général au Parlement de Dijon
,
& de MarieRobclin*, u
petits enfansde M* Langucc
Secrctaire du Roy.,forci du*
tic bonne famille originaire
f du lieu de Viteaux en Bourf
gogne. K
l-.
l, Dame MarieMollet,veuf
VC Je BernardMartineau,cut
du Pont- Herault,& Roy
d'Armes des Ordres du Roy,
mourut le 2.9 Juillet,lailïkit
': de son mariage Anne-prani
çoifc Martineau , femme de
: François-Anroine Ferrand
î Mailtre des Requcfics) & Intendant
cn.Bretagnc.;>:
MlPGabriel dOrléans Ror:
thelin;AbbédeNôtre-Dame
de Josaphat, au Diocese de
i Ghamcs,&Pueur de Gournay,
mourut le 31.Juillet. II
efioit grand oncle de MIS les
MarquIs, Chevalier & Abbé
de Rothelin, & petit-fils de.
François d'Orleans, Baron de
Waranguebec & de Neaufle,
Chevalier de 1Ordre du Roy,
Gentilhomme ordinaire de sa
Chambre , Lieutenant des
Gendarmes du Duc de Longueville
son frère,&Gouverneur
de la Ville de Vernciiil,
mort l'an 1600.filsnaturel de
FrançoisdOrléans, Marquis
de Rorhclin, &de Françoise
Blaflct,Dame de Colombietés
& du Picflîs-Pâté, d'une
J
Maison des plus distinguées
de Normandie.
Mr Leon de Font le bon,
Chevalier,Comte de Vitrac,
ci-devant LieutenantauRegi-
; ment des Gardes Françoises
t
mourut le Aoust 1714. Il
citoic d'une bonne noblesse de
Poitou, & avoit épousé en
1708. Marie JeanneCharlotte
de Maupeou,fille de Mr
d'Ablege, Maistre des Rcquêtes.
';
Mre Antoine Hardy, Sei-
: gneurdcS.Georges,Conseiller
> au Parlement de Paris,Commissaire
aux Requestes du PÑ
lais,oùil avoit estereçu le
Mars 1673.mourutjc-5.de.
ce mois sansalliance. Ilestoit
fils de François Hardy ,Conseiller
au Parlement reçuen
1668. mort aussi sans alliance,
& de Marguerite
,
Hardy,
femmede François Briçonnet,
Seigneur de la Chaussée,
Maistredes Comptes à Piriçl,
& fils de Claude Hardy Secrétaire
du Roy, puis Miiftre
des Comptes, motten 1649.
& de Suzanne Picot, &petitfils
de Charles Hardy Secrétaire
du Roy , reçu en iy.9S,
& Tresorier de l'Extraordi- *naire
nairc des Guerres en Touraine,
mort en itf5 3. & d'Anne
Pingré. Cette famille est originaire
dulieu d'Angervillela
Gaste sur le chemin deParis
àOrleans. iwt*
Dame Annede Masparault,
veuve en premieres nopces
d'Adriend'Arnoul, Seigneur
d'Arescouet
,
Lieutenant atf
Régiment des Gardes Françoises,
morten1672. & en
secondes deMrc Hubert Duiandde
Villegagnor,Chevalier,
Seigneur d'Ernon en
Bourgogne, prés Joigny,Vi
comtedePrémarun,&Colonelde
Dragons,qu'elle avoir
épouséle 4. M~ 1667.mourut
le 6.Aoust. Elle estoit fille
dePierre de Masparault,Seigneur
de Castelmer& de S.
Louis, Colonel de Cavalerie,
Gentilhomme ordinaire de la
Chambre du Roy,&d'Anne
Labbé. La famille de Masparault
descend de Pierre deMasparault,
Greffierdela Sénéchaussée
de Guyene;elleadonné
plusieurs Maistres des Requêtes,
des Prefidensde laCour
des Aides,&desConseillersau
Par lement. Elle s'est alliéeaux
familles de Mesmes,Dargou[
ges, de Chabot, de Portail , de la Briffe, & à la Maison
> de Rochechoüart
-
Montmoreau.
Feu Mr de Villegagnon
cftoit filsde Nicolas Durand,
l|Seigneur de Villegagnon, d'Ernon,dePrémarun,&de
tBois leVicomte, & de LeonoreGrimrlGroffore,
petitfils
de Pierre Durand
, Seigneur
de Villegagnon, Capitaine
dans le Regiment de
Picardie, Gentilhomme ordinaire
de la Chambre du Roy,
lx. d'Elisabeth Courtin de la
Grange,&arriere-petit fils
deLucas Durand, Seigneur
deKonceaux & deVillagagnon
, Conseiller au grand
Conseil& President au Presidiatde
Provins en iJ74.puis
Mustre des Requestesordinaire
del'Hosteldu Royen
1585. & de Marie Bruflirc-
Sillery, tédic Loüis Durand
, fils de Philippes Dutand, Seigrteur
de Villegagnon
,
Avo.
cat au Parlement, puis-Lieu.
tenant général a Provins, d'où
cette familleest originaire.
Dame Henriette d'Harcourt,
femme de Mre Louis-
Marie Victoire de Bethune^
& le Comte Bethume )Mtfir,1
<lc Camp de Cavalerie,est decedéed
le 6,laissantdesenfana
- Elle estoit soeur de Mr le Maréchal
dHarcourc,& fille dé^
le Marquis de, Beu,. : seuMrleMarquis de Beuvron
,
Chevalier des Ordres
du Roy, & de Dame-Ang-elique
Fabert sa séconde femme;
Mr le Comte de Bethuneest
-
fils de seu Mr le Marquisde
Bethune,ChevalierdesOrdres
,..du Roy,& de Dame Louise
de la Grange d'Arquia;
soeur de la Reine de Pologne.
veuve du RoyJeanSobieski t
voyez/ pour la connoissance
}?tQf:. cesdeuxilluArcb Maisons,
l'Histoire de la Mailon de
Harcourt en quatre Volumes
infolio du lieur de la Roque;
& l'Histoire de la Maison de
Bethune en un Volume in folio,
parJe sieur André Duchesne,
voyez aussi l'Histoire
des grands Officiers de la Gouronne,
nouvelle édition.
Mre Charles du Tronchay
, Prestre, Chanoine de la Sainte
Chapelle, mourut le 7.Aoust.
Il estoit frere de Dame Marie-
Elisabeth du Tronchray semme
de François Mouster, Secrétaire
du Roy,& Resident
pourSaMajeité versles Galb
tons Suides, & fils deGuillaume
du Tronchay
,
Conseiller
au Parlement, & petit fils de
François du Tronchay; Seigneur
de Martigné, Secrétaire
du Roy, &grand Audiancier
de France, d'une famille
originaire d'Anjou, alliée à
celles de Compain
,
de le
Boulez, de Brehaultde l'Iflc>
de Huault
- Vaires,& à la Maison
de Pouget, de Nadaillac.
Mrc Antoine de laFontaine-,
Chevalier, Seigneur
de Villeprielle, Lieutenant de
Vaifliau, mourut le15. Ilétoit
d'une maison originaire
*
dé Picardie, distinguée par fort;'
ancienneté &,- par fésalliances jv
&quiadonné plusieurs Chevaliers
de l'Ordre de S. Jean.
de Jerusalem& dé Malthe,
entre-autres Pierre de la Fontaine,
grand Prieur en France
en1570&elle aassez de no-t
blesse sans emprunterune oui
gine étrangère en se faisant
descendre de lamaifbndeSo^j
sara en Piémont, avec laquelle^
certainement elle n'a lien dé
commun que les Armes.
MreJulesde Clerambaulr,
Abbé de S. Taurin d'EvreurJ
au
Chartrouve 1
Chartreuve , de l'Academic
Françoise, mourut le 17. Il
Reçoit fils de Philippes de Clerambault
Comte de Palluau,
Maréchal de France, Chevalier
des Ordres du Roy, Goucveorunreuurt
& Bailly du Berry, le 24 Juillet 1665.
& de Loüise-Françoise Bouthilier
deChavigny, feu Me
le Marquis de Clerambault,
Lieutenant General des Arces
duRoy,qui senoyaàla
bataille d'Hoctest en 1704.
étoit aussifils de ce Maréchal,
'.& par sa mort la Maison de
Clerambault, l'une des plus
ancienne de la Province c'Anjou,
est entièrement finie.
Chetardie, Docteur en Theologic,
Curé de Saint Sulpice,
mourut le 29.Juinàsix heutes
& demie du soir. Il avoit
pris possessionde cette Cure
Je 13 Fevrier 1696. & fut
nommé à l'Evêché dePoitiers
le15. Avril 1702.mais il ne
l'accepta point. Il estoit filsde
CharlesTrotri de la Chetardie,
Ecuyer, Seigneur du Bureau
de la Chetardie & de k
Guyonnie,& de Charlotte de
Nesmond,& arrierepetite
si's de Joseph Trotri, Seigneur
de la Cherardie
,
l'un
des Cent Gentilshommes de
la Maison du Roy, fait Chevalierde
l'Ordre de S Michel
J. par Lettres du Roy
Charles IX. le 17. Octobre
1568.dans un temps que cet
Ordre né se donnoir qu'à la
Noblesse. Il estoitcousin germain
de feu Joachm Trotri
de la Chetardie,Seigneur de
Pavieres
,
Gouverneur de Brifak
puis de Landrecies
,
Brigadier
des Armées du Roy, Be
Inspecteur gencral d'Infanterie,
mort le 14 Juin 1705 ne
-Iàiffa,n-c qu'un fils de son mariage
avec Marie Claire-Colette
deBerarddeVillebreül,
à present femmede Ferdinand
- Auguste de Solarre;
Comte deMonastetolles, EnvoyéExtraordinaire
de Mont
seigneur l'Electeur de Bavière,
en France, & Lieutenant general
de ses Armées, dont elle
a aussi des enfans. Feu M. de
la Chetardie, Curé de S. Sulpice
,
s'estoit démis de cette
Cure peu de jours avant sa
mort entre les mains de Mr le
Cardinal d'Estrées,qui ,comme
Abbé de l'AbbayeRoyale
de S. Germain des Prez, y
nomma Mre Jean -
Baptiste-
Joseph Languet de Gcrgy,
Docteur en Theologie de la
Faculté de Paris, & Vicaire de
la même Paroisse, qui en prit
possessionle21dumêmemois
de Juin. Ce nouveau Curé est
frere de Guillaume Languet
,
Seigneur de Rochefort, Conseillerau
Parlement de Dijon,
de Jacques- Vincent Languer,
Seigneur de Gergy , Gentilhomme
ordinaire de la Maison
du Roy,à present Envoyé
à Florence,de Pierre-Bénigne
LanguetdeMonrigny
,
Colonel
d'un Regunenr de Cuirasfiers
pour M. l Electeur de
Baviere, de Lazare Languer,
Religieux de l'Ordre de Cifteaux,
Abbé Regulier de S.
Sulpicc au Diocese de Bellay,
de Jean Joseph Languetde la
Villeneuve,Aumônier de feuë
Madame la Dauphine dern,icw
re morre,Abbé de Goetmaloen
, Grand-Vicaire d'Authun
resident à Moulins,&
de Therese-Odette Languet,
femme de François Rigoley j
pr emier PresidentdelàChambre
des Comptesde Dijon,
tousenfans de Denis Languer,
Seigneur de Rochefort,, de
Soffre&deGergy,Procureuf
général au Parlement de Dijon
,
& de MarieRobclin*, u
petits enfansde M* Langucc
Secrctaire du Roy.,forci du*
tic bonne famille originaire
f du lieu de Viteaux en Bourf
gogne. K
l-.
l, Dame MarieMollet,veuf
VC Je BernardMartineau,cut
du Pont- Herault,& Roy
d'Armes des Ordres du Roy,
mourut le 2.9 Juillet,lailïkit
': de son mariage Anne-prani
çoifc Martineau , femme de
: François-Anroine Ferrand
î Mailtre des Requcfics) & Intendant
cn.Bretagnc.;>:
MlPGabriel dOrléans Ror:
thelin;AbbédeNôtre-Dame
de Josaphat, au Diocese de
i Ghamcs,&Pueur de Gournay,
mourut le 31.Juillet. II
efioit grand oncle de MIS les
MarquIs, Chevalier & Abbé
de Rothelin, & petit-fils de.
François d'Orleans, Baron de
Waranguebec & de Neaufle,
Chevalier de 1Ordre du Roy,
Gentilhomme ordinaire de sa
Chambre , Lieutenant des
Gendarmes du Duc de Longueville
son frère,&Gouverneur
de la Ville de Vernciiil,
mort l'an 1600.filsnaturel de
FrançoisdOrléans, Marquis
de Rorhclin, &de Françoise
Blaflct,Dame de Colombietés
& du Picflîs-Pâté, d'une
J
Maison des plus distinguées
de Normandie.
Mr Leon de Font le bon,
Chevalier,Comte de Vitrac,
ci-devant LieutenantauRegi-
; ment des Gardes Françoises
t
mourut le Aoust 1714. Il
citoic d'une bonne noblesse de
Poitou, & avoit épousé en
1708. Marie JeanneCharlotte
de Maupeou,fille de Mr
d'Ablege, Maistre des Rcquêtes.
';
Mre Antoine Hardy, Sei-
: gneurdcS.Georges,Conseiller
> au Parlement de Paris,Commissaire
aux Requestes du PÑ
lais,oùil avoit estereçu le
Mars 1673.mourutjc-5.de.
ce mois sansalliance. Ilestoit
fils de François Hardy ,Conseiller
au Parlement reçuen
1668. mort aussi sans alliance,
& de Marguerite
,
Hardy,
femmede François Briçonnet,
Seigneur de la Chaussée,
Maistredes Comptes à Piriçl,
& fils de Claude Hardy Secrétaire
du Roy, puis Miiftre
des Comptes, motten 1649.
& de Suzanne Picot, &petitfils
de Charles Hardy Secrétaire
du Roy , reçu en iy.9S,
& Tresorier de l'Extraordi- *naire
nairc des Guerres en Touraine,
mort en itf5 3. & d'Anne
Pingré. Cette famille est originaire
dulieu d'Angervillela
Gaste sur le chemin deParis
àOrleans. iwt*
Dame Annede Masparault,
veuve en premieres nopces
d'Adriend'Arnoul, Seigneur
d'Arescouet
,
Lieutenant atf
Régiment des Gardes Françoises,
morten1672. & en
secondes deMrc Hubert Duiandde
Villegagnor,Chevalier,
Seigneur d'Ernon en
Bourgogne, prés Joigny,Vi
comtedePrémarun,&Colonelde
Dragons,qu'elle avoir
épouséle 4. M~ 1667.mourut
le 6.Aoust. Elle estoit fille
dePierre de Masparault,Seigneur
de Castelmer& de S.
Louis, Colonel de Cavalerie,
Gentilhomme ordinaire de la
Chambre du Roy,&d'Anne
Labbé. La famille de Masparault
descend de Pierre deMasparault,
Greffierdela Sénéchaussée
de Guyene;elleadonné
plusieurs Maistres des Requêtes,
des Prefidensde laCour
des Aides,&desConseillersau
Par lement. Elle s'est alliéeaux
familles de Mesmes,Dargou[
ges, de Chabot, de Portail , de la Briffe, & à la Maison
> de Rochechoüart
-
Montmoreau.
Feu Mr de Villegagnon
cftoit filsde Nicolas Durand,
l|Seigneur de Villegagnon, d'Ernon,dePrémarun,&de
tBois leVicomte, & de LeonoreGrimrlGroffore,
petitfils
de Pierre Durand
, Seigneur
de Villegagnon, Capitaine
dans le Regiment de
Picardie, Gentilhomme ordinaire
de la Chambre du Roy,
lx. d'Elisabeth Courtin de la
Grange,&arriere-petit fils
deLucas Durand, Seigneur
deKonceaux & deVillagagnon
, Conseiller au grand
Conseil& President au Presidiatde
Provins en iJ74.puis
Mustre des Requestesordinaire
del'Hosteldu Royen
1585. & de Marie Bruflirc-
Sillery, tédic Loüis Durand
, fils de Philippes Dutand, Seigrteur
de Villegagnon
,
Avo.
cat au Parlement, puis-Lieu.
tenant général a Provins, d'où
cette familleest originaire.
Dame Henriette d'Harcourt,
femme de Mre Louis-
Marie Victoire de Bethune^
& le Comte Bethume )Mtfir,1
<lc Camp de Cavalerie,est decedéed
le 6,laissantdesenfana
- Elle estoit soeur de Mr le Maréchal
dHarcourc,& fille dé^
le Marquis de, Beu,. : seuMrleMarquis de Beuvron
,
Chevalier des Ordres
du Roy, & de Dame-Ang-elique
Fabert sa séconde femme;
Mr le Comte de Bethuneest
-
fils de seu Mr le Marquisde
Bethune,ChevalierdesOrdres
,..du Roy,& de Dame Louise
de la Grange d'Arquia;
soeur de la Reine de Pologne.
veuve du RoyJeanSobieski t
voyez/ pour la connoissance
}?tQf:. cesdeuxilluArcb Maisons,
l'Histoire de la Mailon de
Harcourt en quatre Volumes
infolio du lieur de la Roque;
& l'Histoire de la Maison de
Bethune en un Volume in folio,
parJe sieur André Duchesne,
voyez aussi l'Histoire
des grands Officiers de la Gouronne,
nouvelle édition.
Mre Charles du Tronchay
, Prestre, Chanoine de la Sainte
Chapelle, mourut le 7.Aoust.
Il estoit frere de Dame Marie-
Elisabeth du Tronchray semme
de François Mouster, Secrétaire
du Roy,& Resident
pourSaMajeité versles Galb
tons Suides, & fils deGuillaume
du Tronchay
,
Conseiller
au Parlement, & petit fils de
François du Tronchay; Seigneur
de Martigné, Secrétaire
du Roy, &grand Audiancier
de France, d'une famille
originaire d'Anjou, alliée à
celles de Compain
,
de le
Boulez, de Brehaultde l'Iflc>
de Huault
- Vaires,& à la Maison
de Pouget, de Nadaillac.
Mrc Antoine de laFontaine-,
Chevalier, Seigneur
de Villeprielle, Lieutenant de
Vaifliau, mourut le15. Ilétoit
d'une maison originaire
*
dé Picardie, distinguée par fort;'
ancienneté &,- par fésalliances jv
&quiadonné plusieurs Chevaliers
de l'Ordre de S. Jean.
de Jerusalem& dé Malthe,
entre-autres Pierre de la Fontaine,
grand Prieur en France
en1570&elle aassez de no-t
blesse sans emprunterune oui
gine étrangère en se faisant
descendre de lamaifbndeSo^j
sara en Piémont, avec laquelle^
certainement elle n'a lien dé
commun que les Armes.
MreJulesde Clerambaulr,
Abbé de S. Taurin d'EvreurJ
au
Chartrouve 1
Chartreuve , de l'Academic
Françoise, mourut le 17. Il
Reçoit fils de Philippes de Clerambault
Comte de Palluau,
Maréchal de France, Chevalier
des Ordres du Roy, Goucveorunreuurt
& Bailly du Berry, le 24 Juillet 1665.
& de Loüise-Françoise Bouthilier
deChavigny, feu Me
le Marquis de Clerambault,
Lieutenant General des Arces
duRoy,qui senoyaàla
bataille d'Hoctest en 1704.
étoit aussifils de ce Maréchal,
'.& par sa mort la Maison de
Clerambault, l'une des plus
ancienne de la Province c'Anjou,
est entièrement finie.
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Résumé : Morts de gens distinguez par leur naissance. [titre d'après la table]
Le document présente le décès et les détails biographiques de plusieurs personnalités. Joachim Trotti de la Chetardie, docteur en théologie et curé de Saint-Sulpice, est décédé le 29 juin. Il avait pris possession de cette cure le 13 février 1696 et avait été nommé à l'évêché de Poitiers le 15 avril 1702, mais n'avait pas accepté cette nomination. Fils de Charles Trotti de la Chetardie et de Charlotte de Nesmond, il était également arrière-petit-fils de Joseph Trotti, seigneur de la Cherardie et chevalier de l'Ordre de Saint-Michel. Avant sa mort, il s'était démis de sa cure au profit de Jean-Baptiste-Joseph Languet de Gergy, nommé par le cardinal d'Estrées. Le texte mentionne également Rand, Seigneur de Konceaux et de Villagagnon, Conseiller au grand Conseil et Président au Présidial de Provins en 1574, puis Maître des Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roi en 1585. Marie Bruflirc-Sillery est liée à Louis Durand, fils de Philippe Durand, Seigneur de Villegagnon. Dame Henriette d'Harcourt est la femme de Monsieur Louis-Marie Victoire de Béthune, Comte de Béthune, Seigneur de Huault, Vaires, et de la Maison de Pouget, de Nadaillac. Monsieur Antoine de la Fontaine, Chevalier et Seigneur de Villeprielle, Lieutenant de Vaulx, est décédé le 15. Sa famille, originaire de Picardie, est distinguée par son ancienneté et ses alliances. Monsieur Jules de Clerambault, Abbé de Saint-Taurin d'Évreux et membre de l'Académie Française, est décédé le 17. Fils de Philippe de Clerambault, Comte de Palluau, Maréchal de France, et de Louise-Françoise Bouthillier de Chavigny, sa mort marque la fin de la Maison de Clerambault, l'une des plus anciennes de la province d'Anjou.
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7259
p. 224
AUTRE.
Début :
J'ay deux pieds opposés, [...]
Mots clefs :
Échelle
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Ay deux pieds oppofés
Et point de tête.
Les plus ofex,
Etantfur moi prés de la béte
Quiporte crête ,
Tremblent un peu .
Lejoli jeu ,
Que defairefur moy l'Anguille !
Tel quifur moifit bon butin ,
Sur moifait chanter en Latin
Garçon & Fille,
De par le Roy
Devinez moy.
Ay deux pieds oppofés
Et point de tête.
Les plus ofex,
Etantfur moi prés de la béte
Quiporte crête ,
Tremblent un peu .
Lejoli jeu ,
Que defairefur moy l'Anguille !
Tel quifur moifit bon butin ,
Sur moifait chanter en Latin
Garçon & Fille,
De par le Roy
Devinez moy.
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7261
p. 39
Epitaphe sur la mort de Mr le Duc d'Albe.
Début :
Grand d'Espagne, aussi grand par haute naissance, [...]
Mots clefs :
Duc d'Albe, Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Epitaphe sur la mort de Mr le Duc d'Albe.
Epitaphesur la mort
de Mr le Duc d'Elbe.
Grand à'Espagne
,
aussi
gf"od par ma haute naislancc,
QJC par mon grand courage
& par mon ralc cfprir,
Sous ce marbre enfermé je
te paroispetit;
Lcdteur? vas t'informer de
mes grandeursenFrance,
Où le cruel destinquivouloitm'abaisser,
N'ypouvantreussir, me les
a fait laisser.
de Mr le Duc d'Elbe.
Grand à'Espagne
,
aussi
gf"od par ma haute naislancc,
QJC par mon grand courage
& par mon ralc cfprir,
Sous ce marbre enfermé je
te paroispetit;
Lcdteur? vas t'informer de
mes grandeursenFrance,
Où le cruel destinquivouloitm'abaisser,
N'ypouvantreussir, me les
a fait laisser.
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7262
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Page 910. ligne 18. Agamenon, lisez Agamemnon. Même page, lignes [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Page 910. ligne 18. Agamenon, lisez Agamemnon.
Même page, lignes
29. et 30 ui , lisez lui. Maz
adie , lisez Maladie.
Page 910. ligne 18. Agamenon, lisez Agamemnon.
Même page, lignes
29. et 30 ui , lisez lui. Maz
adie , lisez Maladie.
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7263
s. p.
« La Chanson notée doit regarder la page 1001 [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 1001 [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 1001 [...] »
La Chanson notée doit regarder la page
1001
1001
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7264
p. 252-253
AUTRE.
Début :
En mariage, amy, toûjours quelque fer . . cloche, [...]
Mots clefs :
Mariage, Épouse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
En mariage , amy , toûjours quelque
fer : cloche ,
Ariste est bon mary ,mais il fent le
いfapin ,
Le riche , & jeune Oronte est un
archi- vilain,
Son Epouse gemit d'avoir pris that
en poche.
L'hymen veut qu'on y pense , &
Souvent on le broche ,
On voit souvent unir la chate , &
le Lapin ,
Tels nes'étoientpas veus, avantla
GALANT. 253
terpas
Saint Martin,
Qu'en rentrant au Palais un noeud
fatal J
accroche.
Ce principe produit I from teplus
L'Epouse nepriſe le talent,
Elle n'ecouterpas même la voix
১
fanglant ,
divine.
! que lefort d'Eraste est unfort
malheureux ,
Il est de plus en plus de safemme
amoureux .
Safemme est pour tout autre amu-
Sante& . coquine.
En mariage , amy , toûjours quelque
fer : cloche ,
Ariste est bon mary ,mais il fent le
いfapin ,
Le riche , & jeune Oronte est un
archi- vilain,
Son Epouse gemit d'avoir pris that
en poche.
L'hymen veut qu'on y pense , &
Souvent on le broche ,
On voit souvent unir la chate , &
le Lapin ,
Tels nes'étoientpas veus, avantla
GALANT. 253
terpas
Saint Martin,
Qu'en rentrant au Palais un noeud
fatal J
accroche.
Ce principe produit I from teplus
L'Epouse nepriſe le talent,
Elle n'ecouterpas même la voix
১
fanglant ,
divine.
! que lefort d'Eraste est unfort
malheureux ,
Il est de plus en plus de safemme
amoureux .
Safemme est pour tout autre amu-
Sante& . coquine.
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7265
p. 30-33
A SON EXCELLENCE Mgr DE LA ROCHE-AYMON, le jour qu'il prit possession de l'Archevêché de Reims. Talis decebat ut nobis esset Pontifex. Heb. 7. 26. Ode
Début :
DANS ces murs quels chants d'allégresse [...]
Mots clefs :
Pontife, Église, Dieu, Sage, Audace, Fermeté , Génie, Bonté puissante, Augure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A SON EXCELLENCE Mgr DE LA ROCHE-AYMON, le jour qu'il prit possession de l'Archevêché de Reims. Talis decebat ut nobis esset Pontifex. Heb. 7. 26. Ode
Sous ce Pontife qui t'anime ,
Libre & Sage vange la Foi :
Qu'à ta voix , l'erreur & le crime
Redoutent l'Égliſe & la Loi ;
Et vous Titans , dont les ſyſtèmes ,
Les impiétés , les blafphemes
Provoquent Dieu dans ſon repos ;
Voyez votre ligue impuiſſante ,
Et la vérité triomphante
De l'audace de vos complots.
Des moeurs auguſte ſouveraine ,
Vertu , fais revivre tes loix ;
Montre-toi , parle, agis en Reine ;
Un Sage vient vanger tes droits.
A ces côtés voi la décence ,
L'ordre ennemi de la licence ,
Et la prudente fermeté.
Fille du Ciel , à ce cortége,
Du Pontife qui te protége ,
Tu reconnois ta ſainteté.
Muſes , Beaux- Arts , que l'harmonie
De vos plus fublimes concerts
Célébre à l'envi le Génie
Par qui ces biens nous font offerts.
Par ſon goût , ſa délicateſſe ,
Si du Dieu brillant du Permeſſe
JUIN. 1763 . 33
Il vous repréſente les traits ;
Du mérite eſtimateur juſte ,
Il ſera pour vous un Auguste
Par ſon fuffrage & ſes bienfaits.
Quel augure plus favorable
Du bonheur qu'appellent nos voeux ?
Devant lui la Paix adorable
Vole & vient embellir ces lieux.
Que l'époque de ſon Entrée
Reſte parmi nous conſacrée ,
Ainſi que celle des Vainqueurs :
Le jour marqué par ſa préſence
Eſt le jour de la bienfaiſance
Et de la paix dans tous les coeurs.
Grand Dieu , dont la bonté puiſſante
Surpaſſe aujourd'hui nos ſouhaits ,
Prêre une oreille bienveillante
A ce dernier voeu que je fais :
Immortaliſe ton ouvrage ;
Que pour l'objet de notre hommage
Brule l'encens de nos neveux !
L'amour à cet eſpoir me livre ;
Il me dit qu'on ne peut trop vivre,
Quand on doit faire des heureux.
DE SAULX , Chan. de l'Egl. de Reims , Chancelier
de l'Univ . Aſſocié de l' Acad. Royale
des Sciences & Belles - Lettres de Nanci & de
La Société Littér . de Châlons.
Libre & Sage vange la Foi :
Qu'à ta voix , l'erreur & le crime
Redoutent l'Égliſe & la Loi ;
Et vous Titans , dont les ſyſtèmes ,
Les impiétés , les blafphemes
Provoquent Dieu dans ſon repos ;
Voyez votre ligue impuiſſante ,
Et la vérité triomphante
De l'audace de vos complots.
Des moeurs auguſte ſouveraine ,
Vertu , fais revivre tes loix ;
Montre-toi , parle, agis en Reine ;
Un Sage vient vanger tes droits.
A ces côtés voi la décence ,
L'ordre ennemi de la licence ,
Et la prudente fermeté.
Fille du Ciel , à ce cortége,
Du Pontife qui te protége ,
Tu reconnois ta ſainteté.
Muſes , Beaux- Arts , que l'harmonie
De vos plus fublimes concerts
Célébre à l'envi le Génie
Par qui ces biens nous font offerts.
Par ſon goût , ſa délicateſſe ,
Si du Dieu brillant du Permeſſe
JUIN. 1763 . 33
Il vous repréſente les traits ;
Du mérite eſtimateur juſte ,
Il ſera pour vous un Auguste
Par ſon fuffrage & ſes bienfaits.
Quel augure plus favorable
Du bonheur qu'appellent nos voeux ?
Devant lui la Paix adorable
Vole & vient embellir ces lieux.
Que l'époque de ſon Entrée
Reſte parmi nous conſacrée ,
Ainſi que celle des Vainqueurs :
Le jour marqué par ſa préſence
Eſt le jour de la bienfaiſance
Et de la paix dans tous les coeurs.
Grand Dieu , dont la bonté puiſſante
Surpaſſe aujourd'hui nos ſouhaits ,
Prêre une oreille bienveillante
A ce dernier voeu que je fais :
Immortaliſe ton ouvrage ;
Que pour l'objet de notre hommage
Brule l'encens de nos neveux !
L'amour à cet eſpoir me livre ;
Il me dit qu'on ne peut trop vivre,
Quand on doit faire des heureux.
DE SAULX , Chan. de l'Egl. de Reims , Chancelier
de l'Univ . Aſſocié de l' Acad. Royale
des Sciences & Belles - Lettres de Nanci & de
La Société Littér . de Châlons.
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Résumé : A SON EXCELLENCE Mgr DE LA ROCHE-AYMON, le jour qu'il prit possession de l'Archevêché de Reims. Talis decebat ut nobis esset Pontifex. Heb. 7. 26. Ode
Le poème célèbre un pontife, probablement un évêque ou un pape, pour sa foi et sa sagesse qui triomphent de l'erreur et du crime. Il met en garde les Titans, symbolisant les systèmes impies, contre leur impuissance face à la vérité. Le texte appelle à la restauration des lois morales et à la vertu, personnifiée comme une reine. Il loue la décence, l'ordre et la prudence, et reconnaît la sainteté protégée par le pontife. Les Muses et les Beaux-Arts sont invités à célébrer le génie apportant ces bienfaits. Le pontife est décrit comme un juge juste et un bienfaiteur, apportant la paix et la bienfaisance. Le poème se conclut par une prière à Dieu pour immortaliser cette œuvre et exprime l'espoir de continuer à faire le bien. L'auteur est DE SAULX, chancelier de l'Église de Reims et membre de plusieurs académies littéraires et scientifiques.
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7266
p. 258-260
AUTRE ENIGME.
Début :
N ayez point peur de moy, je ne mords ny ne ruë. [...]
Mots clefs :
Chimère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME.
N
AAJARGAT 1803 304 305
Ayez point peur de moy,jene
mords ny neruë .
Parma Merejefua congue
T
GALANT 279
Au milieu desjeux & des ris
Préfens deux de fos pavatis.
52
Admirez mesoppar, Fay larestotor-
Urminoir de Guenonfurpe grand
conde Grihe
Desaitende Chaura-Soaring
Qui ſovient d'un des deTortue,
Un efomachd Auftruche , up ventre
Unepean d'Hexing
Honneftement pointuc
Des cuiffes d'our's , des jambes de
ip Grifon
Une queiüe enfimdaDragom n
Cen'estpas tout. Monchant, ou ma
voix lapluspein
Estun cry de Chouette,
f'ay t'oreille d'anfin Renard,
Yij
1260 MERCURE
La coulantd'un Serpent, le vold'uns
Allonette
1
Etlamarched'une Belette;
Et mon plus dous regard
Estceluyd'unfierCrocodille
Prestàdevover Femme on Fille.
Se
Ainfifontjoliment compofez mes des
hors,
Etmon ame est comme mon corps.
N
AAJARGAT 1803 304 305
Ayez point peur de moy,jene
mords ny neruë .
Parma Merejefua congue
T
GALANT 279
Au milieu desjeux & des ris
Préfens deux de fos pavatis.
52
Admirez mesoppar, Fay larestotor-
Urminoir de Guenonfurpe grand
conde Grihe
Desaitende Chaura-Soaring
Qui ſovient d'un des deTortue,
Un efomachd Auftruche , up ventre
Unepean d'Hexing
Honneftement pointuc
Des cuiffes d'our's , des jambes de
ip Grifon
Une queiüe enfimdaDragom n
Cen'estpas tout. Monchant, ou ma
voix lapluspein
Estun cry de Chouette,
f'ay t'oreille d'anfin Renard,
Yij
1260 MERCURE
La coulantd'un Serpent, le vold'uns
Allonette
1
Etlamarched'une Belette;
Et mon plus dous regard
Estceluyd'unfierCrocodille
Prestàdevover Femme on Fille.
Se
Ainfifontjoliment compofez mes des
hors,
Etmon ame est comme mon corps.
Fermer
7267
p. 228-230
ODE. Imitée de la XIX. du premier Livre d'Horace, par M. Des-Forges Maillard. A. A. P. D. B.
Début :
Que vois-je ? des Amours c'est la Mere cruelle, [...]
Mots clefs :
Dieux, Vénus, Coeur, Horace, Amour, Glicère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE. Imitée de la XIX. du premier Livre d'Horace, par M. Des-Forges Maillard. A. A. P. D. B.
OD E.
Imitée de la XIX. du premier Livre
d'Horace, par M. Des-Forges Maillard .
A. A. P. D. B.
Ue vois je des Amours c'est la Mere
cruelle ,
Q
Qui d'un tranquile coeur vient troubler le re
pos ;
Ses perfiles Enfans attachez auprès d'elle ,
Pour voler à ma perte , abandonnent Paphos.
Faut-il encore aimer ? quoi donc Bacchus luis
même ,
Qui m'offroit autrefois un azile en´ses bras,
Conspire avec l'Amour ces Dieux veulent que
j'aime !
A ces Dieux réunis peut- on ne ceder pas?
JA
FEVRIER. 1733. 229
Je l'avois dit cent fois , l'infidele Glicere
M'a trop long - tems joüé , je ne l'aimerai
plus.
Je l'avois dit cent fois , et malgré ma colere
Mes sermens, à sa vûë , ont été superflus.
Peut-on lui disputer P'honneur de la vic
toire ?
Peut-on quand on la voit lui refuser son'
coeur !
,
Plus vermeil que la Rose , et plus blanc que
l'ivoire ,
Son teint porte en tous lieux une vive splen
deur.
Son petit air badin qui m'irrite , et m'enflamme
,
L'étincelant éclat de ses regards perçans ,
L'un et l'autre ébranlant le siége de mon ame ;
Une douce fureur coule dans tous mes sens.
Venus m'a tout entier soumis à son em
pire ;
C'est en vain qu'animé d'un dessein géne
reux ,
Sur d'héroïques tons je croi monter ma Lyre ;
Je n'en sçaurois tirer que des sons amoureux .
B v A
230 MERCURE DE FRANCE
A mes voeux , ô Venus , rends Glicere prod
pice ;
Si de mes soins ardens tu m'accordes ce prix ,
Ton Autel fumera du tendre Sacrifice
D'un Agneau premier fruit d'une jeune brebis.
Imitée de la XIX. du premier Livre
d'Horace, par M. Des-Forges Maillard .
A. A. P. D. B.
Ue vois je des Amours c'est la Mere
cruelle ,
Q
Qui d'un tranquile coeur vient troubler le re
pos ;
Ses perfiles Enfans attachez auprès d'elle ,
Pour voler à ma perte , abandonnent Paphos.
Faut-il encore aimer ? quoi donc Bacchus luis
même ,
Qui m'offroit autrefois un azile en´ses bras,
Conspire avec l'Amour ces Dieux veulent que
j'aime !
A ces Dieux réunis peut- on ne ceder pas?
JA
FEVRIER. 1733. 229
Je l'avois dit cent fois , l'infidele Glicere
M'a trop long - tems joüé , je ne l'aimerai
plus.
Je l'avois dit cent fois , et malgré ma colere
Mes sermens, à sa vûë , ont été superflus.
Peut-on lui disputer P'honneur de la vic
toire ?
Peut-on quand on la voit lui refuser son'
coeur !
,
Plus vermeil que la Rose , et plus blanc que
l'ivoire ,
Son teint porte en tous lieux une vive splen
deur.
Son petit air badin qui m'irrite , et m'enflamme
,
L'étincelant éclat de ses regards perçans ,
L'un et l'autre ébranlant le siége de mon ame ;
Une douce fureur coule dans tous mes sens.
Venus m'a tout entier soumis à son em
pire ;
C'est en vain qu'animé d'un dessein géne
reux ,
Sur d'héroïques tons je croi monter ma Lyre ;
Je n'en sçaurois tirer que des sons amoureux .
B v A
230 MERCURE DE FRANCE
A mes voeux , ô Venus , rends Glicere prod
pice ;
Si de mes soins ardens tu m'accordes ce prix ,
Ton Autel fumera du tendre Sacrifice
D'un Agneau premier fruit d'une jeune brebis.
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Résumé : ODE. Imitée de la XIX. du premier Livre d'Horace, par M. Des-Forges Maillard. A. A. P. D. B.
Le poème 'OD E.' de M. Des-Forges Maillard s'inspire de la XIXème ode du premier livre d'Horace. Le narrateur y exprime son conflit intérieur face à l'amour, qu'il décrit comme une force cruelle perturbant sa tranquillité. Il mentionne que même Bacchus, autrefois son refuge, semble s'allier à l'amour pour le faire succomber. Le narrateur reconnaît l'inutilité de lutter contre ces dieux réunis. Il évoque ensuite son amour pour Glicère, une femme infidèle qui l'a trompé. Malgré ses serments de ne plus l'aimer, il se rend compte que sa beauté et son charme le subjuguent à nouveau. Glicère est décrite avec un teint plus vermeil que la rose et plus blanc que l'ivoire, et un air badin qui l'irrite et l'enflamme. Ses regards perçants et sa douce fureur ébranlent son âme, le rendant incapable de résister. Le narrateur conclut en suppliant Vénus de lui rendre Glicère favorable, promettant un sacrifice sous la forme d'un agneau, premier fruit d'une jeune brebis, s'il obtient son amour.
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7268
p. 9-12
« Les Lettres de Hambourg du 16. Octobre, portent qu'un [...] »
Début :
Les Lettres de Hambourg du 16. Octobre, portent qu'un [...]
Mots clefs :
Roi Auguste, Troupes, Hambourg, Roi du Danemark
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Lettres de Hambourg du 16. Octobre, portent qu'un [...] »
Hambourg
du 1 6. Octobre ,
portent qu'un Officier venant
deNorwege pour aller
trouver le Roy de Dannemarck
de la parc du General
Lewendal ,en passant Icu,
en cette Ville-là; avoit rapportéque
ce General s'étoit
retiréàChristiania avec les
Troupes qu'il commandoir,
après avoir étably les contributions
dans une partie du
Gouvernementde Bahus, &
avoircampé pendant quinze
jours dans un poste avantageux
à la vue de l'Armée
Suedoise
, quoy que plus
nombreuse que la sienne.
On a appris par d'autres
Lettres que les Troupes
Suedoises destinées pour la
Pomeranieétoientembarquées
; que la grosse Artillerie
que le Roy de DanneimrcK
faisoit venir pour
battre la Ville de Stralzund
étoit encore à Fridericfort
prés de Kiel, & que celle du
.Roy Auguste étoit arrivée
en Pomeranie
,
mais qu'elle
ne pouroit estre au Camp
que dans dix jours, au plûtost
: que la Flotte Danoise
continuoit de croiser dansla
Mer Baltique; que quelques
deserteurs de la garnison
de Stralzund avoit aflur&'
qu'il y étoit entré deux barques
chargées de munitions;
que les Troupes qui y étoient
avoient des provisions
de bouche en grande
quantité,ainsi que celles qui
étoientdans TlflcdeRngen,"
quele General Meyerfeld &
folliciroit la Noblesse de
cette Province de se rendre
à Stetin
, pour avec lesTroupesqui
y sont, former
un Corps suffisantpour enlever
las Convois des Assiegeans,
ou faire une assez
grande diversion pour les
obliger deseretirer,àquoy
il y avoit beaucoup d'apparence
de pouvoir réüssir,
parce qu'outre que cette
Ville étoitbien munie,la.
faison étoit fortavancée,&
l'Armée Danoise & Saxonnen'avoit
point demaga
sinsni dePlace fortes dans Ic.
Pays, pour pouvoir y prendre
des quartiers d'hiver.
du 1 6. Octobre ,
portent qu'un Officier venant
deNorwege pour aller
trouver le Roy de Dannemarck
de la parc du General
Lewendal ,en passant Icu,
en cette Ville-là; avoit rapportéque
ce General s'étoit
retiréàChristiania avec les
Troupes qu'il commandoir,
après avoir étably les contributions
dans une partie du
Gouvernementde Bahus, &
avoircampé pendant quinze
jours dans un poste avantageux
à la vue de l'Armée
Suedoise
, quoy que plus
nombreuse que la sienne.
On a appris par d'autres
Lettres que les Troupes
Suedoises destinées pour la
Pomeranieétoientembarquées
; que la grosse Artillerie
que le Roy de DanneimrcK
faisoit venir pour
battre la Ville de Stralzund
étoit encore à Fridericfort
prés de Kiel, & que celle du
.Roy Auguste étoit arrivée
en Pomeranie
,
mais qu'elle
ne pouroit estre au Camp
que dans dix jours, au plûtost
: que la Flotte Danoise
continuoit de croiser dansla
Mer Baltique; que quelques
deserteurs de la garnison
de Stralzund avoit aflur&'
qu'il y étoit entré deux barques
chargées de munitions;
que les Troupes qui y étoient
avoient des provisions
de bouche en grande
quantité,ainsi que celles qui
étoientdans TlflcdeRngen,"
quele General Meyerfeld &
folliciroit la Noblesse de
cette Province de se rendre
à Stetin
, pour avec lesTroupesqui
y sont, former
un Corps suffisantpour enlever
las Convois des Assiegeans,
ou faire une assez
grande diversion pour les
obliger deseretirer,àquoy
il y avoit beaucoup d'apparence
de pouvoir réüssir,
parce qu'outre que cette
Ville étoitbien munie,la.
faison étoit fortavancée,&
l'Armée Danoise & Saxonnen'avoit
point demaga
sinsni dePlace fortes dans Ic.
Pays, pour pouvoir y prendre
des quartiers d'hiver.
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Résumé : « Les Lettres de Hambourg du 16. Octobre, portent qu'un [...] »
Au XVIIIe siècle, dans la région de la Baltique, un officier danois rapporte que le général Lewendal s'est retiré à Christiania avec ses troupes après avoir prélevé des contributions dans le gouvernement de Bahus. Il a campé quinze jours dans une position stratégique face à l'armée suédoise, malgré sa moindre nombre. Les troupes suédoises destinées à la Poméranie ont été embarquées. L'artillerie danoise pour attaquer Stralsund est à Fridericfort près de Kiel, tandis que celle du roi Auguste est en Poméranie mais ne pourra rejoindre le camp avant dix jours. La flotte danoise patrouille en mer Baltique. Des déserteurs de Stralsund signalent l'arrivée de munitions. Les troupes de Stralsund et de l'île de Rügen disposent de grandes quantités de provisions. Le général Meyerfeld appelle la noblesse de la province à se rendre à Stettin pour former un corps capable de perturber les assiégeants ou de créer une diversion. Cette opération semble prometteuse, Stralsund étant bien approvisionnée et la saison avancée empêchant les armées danoise et saxonne de prendre des quartiers d'hiver.
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7269
p. 6-9
FABLE A un Ami qui veut se reléguer en Province, & prendre le parti du Couvent. L'ARBRISSEAU.
Début :
Tu vas quitter Paris, cher D***, & le cloître [...]
Mots clefs :
Arbrisseau, Couvent, Bonheur
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texteReconnaissance textuelle : FABLE A un Ami qui veut se reléguer en Province, & prendre le parti du Couvent. L'ARBRISSEAU.
FABLE
A un Ami qui veut fe reléguer en Province ;
prendre le parti du Couvent .
L'AR BRISSE A U.
Tuvas quitter Paris , cher D*** , & le cloftre U
A pour toi des appas que je ne puis connoître à
NOVEMBRE. 1755 7
Oui , pour t'en détourner mes foins font fuperflus.
Mais tu te flattes donc qu'en ton couvent reclus ,
Tu goûteras en paix les douceurs de la vie ;
Qu'un bonheur fans mêlange , exemt de toute
envie ,
Contentera tes voeux , remplira tes deffeins ,
Et fera fur toi feul lever des jours fereins ?
Cependant on le dit : la raifon d'ordinaire
N'habite pas longtems chez la gent folitaire.
Tel qui trop tôt du monde veut fortir ,
Souvent trop tard pourra s'en repentir.
J'avance pour preuve une fable ,
Rends- là pour toi moins applicable.
Un arbriffeau planté par la nature ,
Déja fort , & riche en verdure ,
Voyoit dans un jardin d'autres arbres rangés ,
Elagués avec art , très-bien fymétriſés :
Pourquoi , dit-il , fous les yeux d'un bon maître,
D'être foigné comme eux , n'ai-je pas le bonheur ?
Profiterois-je moins ? que fçait -on è mieux peutêtre.
Hélas ! un tronc touffu , des branches fans honneur
,
De la feve qui m'a fait naître
Vont épuifer tout le meilleur.
En lieu bien clos , à l'abri des tempêtes ,
Sans crainte ils élevent leurs têtes.
Sont-ils trop altérés ; on leur rend la fraîcheur :
Bref, à chaque maladie
A iv
8 MERCURE DE FRANCE.
En tout tems on rémédie.
Pour moi , je languis de maigreur ;
Les faifons , les vents , les chaleurs ,
Cent & cent maux me font à craindre ;
Oui , toujours le pauvre arbre alloit encor fe .....
plaindre ,
Des pores de l'écorce il couloit quelques pleurs :"
Le fort trompa bien ſon attente.
Chemin faifant , le voifin jardinier
Le voit , l'admire , & le tranfplante ,
L'arrofe , comme il faut , l'engraiffe de fumier.
Quinze jours écoulés , notre arbre avoit pris terre,
S'eftimant fort heureux . Il fallut le tailler.
De fes rameaux fourchus il ſe voit dépouiller ;
Et pour le redreffer , on lui livre la guerre :
Bientôt ce n'est plus qu'un tronc nu .
Il avoit defiré de tous fes maux le pire ;
Plein de regret il gémit , il foupire ,
Et maudit un bonheur qu'il n'avoit point connu .
Ami , tu fçais à quoi mon recit fe termine.
Le Monaftere eft ce verger charmant ,
Ou , fous la fage difcipline ,
Un béat vit tranquillement.
Il eft content , dis- tu : certes , je le veux croire ;
Dans fa condition on a mille agrémens.
Mais s'il l'a pris fans choix , la robe blanche ou
noire
Ne change point les fentimens.
Le tendre arbriffeau , c'eft toi- même ;
NOVEMBRE . 1755 .
Tu hais le monde , & tu fuis fes plaifirs :
Le froc te femble un bien fuprême.
Ah ! je t'arrête trop ; cours , vole à tes défirs.
Mais quand fous un dur eſclavage
Tu fentiras enfin gémir ta liberté ;
Quand une obéiffance aveugle & fans partage ,
Condamnera ta moindre volonté ;
Alors ..... mais je veux taire un trifte & vain préfage
;
Suis ta vocation : c'eft l'avis le plus fage.
Si Dieu te parle , il veut être écouté ;
Mais il ne parle pas , s'il n'eft bien confulté.
L'Abbé BOUCHE .
A un Ami qui veut fe reléguer en Province ;
prendre le parti du Couvent .
L'AR BRISSE A U.
Tuvas quitter Paris , cher D*** , & le cloftre U
A pour toi des appas que je ne puis connoître à
NOVEMBRE. 1755 7
Oui , pour t'en détourner mes foins font fuperflus.
Mais tu te flattes donc qu'en ton couvent reclus ,
Tu goûteras en paix les douceurs de la vie ;
Qu'un bonheur fans mêlange , exemt de toute
envie ,
Contentera tes voeux , remplira tes deffeins ,
Et fera fur toi feul lever des jours fereins ?
Cependant on le dit : la raifon d'ordinaire
N'habite pas longtems chez la gent folitaire.
Tel qui trop tôt du monde veut fortir ,
Souvent trop tard pourra s'en repentir.
J'avance pour preuve une fable ,
Rends- là pour toi moins applicable.
Un arbriffeau planté par la nature ,
Déja fort , & riche en verdure ,
Voyoit dans un jardin d'autres arbres rangés ,
Elagués avec art , très-bien fymétriſés :
Pourquoi , dit-il , fous les yeux d'un bon maître,
D'être foigné comme eux , n'ai-je pas le bonheur ?
Profiterois-je moins ? que fçait -on è mieux peutêtre.
Hélas ! un tronc touffu , des branches fans honneur
,
De la feve qui m'a fait naître
Vont épuifer tout le meilleur.
En lieu bien clos , à l'abri des tempêtes ,
Sans crainte ils élevent leurs têtes.
Sont-ils trop altérés ; on leur rend la fraîcheur :
Bref, à chaque maladie
A iv
8 MERCURE DE FRANCE.
En tout tems on rémédie.
Pour moi , je languis de maigreur ;
Les faifons , les vents , les chaleurs ,
Cent & cent maux me font à craindre ;
Oui , toujours le pauvre arbre alloit encor fe .....
plaindre ,
Des pores de l'écorce il couloit quelques pleurs :"
Le fort trompa bien ſon attente.
Chemin faifant , le voifin jardinier
Le voit , l'admire , & le tranfplante ,
L'arrofe , comme il faut , l'engraiffe de fumier.
Quinze jours écoulés , notre arbre avoit pris terre,
S'eftimant fort heureux . Il fallut le tailler.
De fes rameaux fourchus il ſe voit dépouiller ;
Et pour le redreffer , on lui livre la guerre :
Bientôt ce n'est plus qu'un tronc nu .
Il avoit defiré de tous fes maux le pire ;
Plein de regret il gémit , il foupire ,
Et maudit un bonheur qu'il n'avoit point connu .
Ami , tu fçais à quoi mon recit fe termine.
Le Monaftere eft ce verger charmant ,
Ou , fous la fage difcipline ,
Un béat vit tranquillement.
Il eft content , dis- tu : certes , je le veux croire ;
Dans fa condition on a mille agrémens.
Mais s'il l'a pris fans choix , la robe blanche ou
noire
Ne change point les fentimens.
Le tendre arbriffeau , c'eft toi- même ;
NOVEMBRE . 1755 .
Tu hais le monde , & tu fuis fes plaifirs :
Le froc te femble un bien fuprême.
Ah ! je t'arrête trop ; cours , vole à tes défirs.
Mais quand fous un dur eſclavage
Tu fentiras enfin gémir ta liberté ;
Quand une obéiffance aveugle & fans partage ,
Condamnera ta moindre volonté ;
Alors ..... mais je veux taire un trifte & vain préfage
;
Suis ta vocation : c'eft l'avis le plus fage.
Si Dieu te parle , il veut être écouté ;
Mais il ne parle pas , s'il n'eft bien confulté.
L'Abbé BOUCHE .
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Résumé : FABLE A un Ami qui veut se reléguer en Province, & prendre le parti du Couvent. L'ARBRISSEAU.
L'Abbé Bouche adresse une fable à un ami envisageant de quitter Paris pour entrer dans un couvent. Il utilise l'allégorie d'un arbrisseau envieux des arbres bien soignés dans un jardin voisin. Cet arbrisseau, après avoir été transplanté et taillé, regrette son sort. L'auteur compare cette situation à celle de son ami, qui pourrait regretter sa décision de rejoindre un couvent. Il souligne que la vie monastique, bien que paisible, ne modifie pas les sentiments et les aspirations d'une personne. L'auteur conseille à son ami de suivre sa véritable vocation, mais de bien réfléchir avant de prendre une telle décision.
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7270
p. 2354-2357
MORTS.
Début :
Dame Jeanne Casimire de Bethune, Palatine Doüairiere de Russie, mourut à Leopold le [...]
Mots clefs :
Jeanne Casimire de Béthune, Palatine de Russie, Comte de Béthune, Pologne, Roi, Antoine de La Roque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Ame Jeanne Caſimire de Bethune , Palatine
Doüairiere de Ruffie , mourut à Leopold le
to Avril dernier. Elle étoit fille de François Gafton
, Marquis de Bethune , Comte de Selles , &c.
Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant Général
de ſes Armées , & fon Ambaſfadeur Extraordinaire
en Pologne , auprès du Roi Jean Sobieski ,
fon Beau frere , & enſuite en Suede , où il eſt mort
en 1692 , & de Dame Marie- Louiſe de la Grange
d'Arquien , fille de Henri de la Grange , Marquis
d'Arquien , mort Chevalier des Ordres du Roi , &
Cardinal ; & foeur de Marie Cafimire , Reine de
Pologne , Epouſe de Jean Sobieski .
Jeanne-Caſimire de Bethune , qui donne lieu à
cet article , avoit épousé Jean Jablonouſki Palatin
de Ruffie , dont elle a eu pluſieurs Enfans.
1º Staniſlas , Palatin de Rava. 2. Jean-Cajetan ,
Staroſte de Czchrin. 3º. Démétrius , Staroſte de
Swick . 4° . Marie Louiſe , mariée à Charles Frederic
de la Trimoirille , Duc de Châtelleraut , aujourd'hui
Prince de Talmond. 5º. Catherine , mariée
au Duc Maximilien Oſſolinſki , Chevalier de l'Ordre
du S. Eſprit , Grand-Maitre de la Maiſon du Roi
de Pologne , Duc de Lorraine, Stanislas I ,& cidevantGrand-
Tréſorier de la Couronne de Pologne.
6. Louiſe , Religieuſe du S. Sacrement à Leopold .
La Palatine de Ruſſie , par ſon Mariage avec
Je Comte Jablonouſki , étoit devenue tante maternelle
du Roi de Pologne Staniſlas I , qui eſt fils de
la foeur de ſon Mari , & ainſi grande Tante de Mazic
Leczinſka , Reine de France.
File
ОСТОBRE . 1744. 2355
Elle avoit pour Freres , 1º. Louis , Marquis de
Bethune , Mestre de Camp de Cavalerie,tué à la
Bataille d'Hocketer, en 1704.
2°. Louis-Marie- Victoire , Comte de Bethune ,
Maréchal des Camps & Armées du Roi , Grand
Chambellan du Roi de Pologne , Duc de Lorraine,
Il a été marié 2 fois. La premiere , avec Henriette
d'Harcourt de Beuvron,fille de François,Marquis de
Beuvron , Chevalier des Ordres du Roi , & foeur du
Maréchal d'Harcourt. De pluſieurs Enfans fortis de
ceMariage , il ne reſte aujourd'hui que Marie-Ca
fimire- Théreſe Geneviève-Emmanuelle de Bethu
ne , laquelle avoit épousé en premieresNoces Fran
çois Rouxel de Medavi, Marquis de Grancey, Lieutenant
Général des Armées du Roi, Gouverneur de
Dunquerque , frere du Maréchal de Medavi , &
à préſent épouſe de Louis Auguſte Fouquet, Comte
de Bellifle , Duc de Gifors , Maréchal de France ,
Chevalier desOrdres du Roi & de la Toiſon d'Or ,
Prince de l'Empire, & Gouverneur de Metz , Commandant
dans les trois Evêchés , & Lieutenant Gé
néral de la Province de Lorraine.
Le Comte de Bethune avoit encore eu de
fon premier Mariage , Céſar , Marquis de Bethune,
mort fur le Rhin en 1736 , à la tête d'un Régiment
de Cavalerie de fon nom .
Il a épousé en ſecondes Noces Marie-Françoiſe
Fotier de Gêvres , fille de Bernard-François Potier ,
Duc de Treſmes , Pair de France, Chevalier des
Ordres du Roi , Gouverneur de Paris , de laquelle
ila eu , 1º. Armand- Louis- François , tué ſur un
Vaiſſeau du Koi,attaqué par une Eſcadre Angloiſe
en 1741 , 2º. Joachim-Cafimir- Leon , Marquisde
Bethune , Comte des Bordes, actuellement Capitaine
de Cavalerie dans le Régiment Royal Pologne.
3.Marie-Eleonore-Auguste , non encore mariée..
Le
1356 MERCURE DE FRANCE.
!
!
Le Comte de Bethune, comme il a été obſervé au
commencement de ce Mémoire , eſt neveu de la
feue Reine de Pologne , Epouſe de Jean Sobieski.
Du Mariagede cette Princefle avec le Roi Jean
Sobieſki , font nés le Prince Jacques , le Prince
Conftantin , le Prince Alexandre ,& la Princeffe
Théreſe-Cunegonde-Cafimire Sobieska.
Le Prince Jacques épouſa Elizabeth Amelie de Ba
viere-Neubourg , ſoeur de l'Impératrice , Epouſe de
l'Empereur Léopold I , de la Reine d'Eſpagne , veuve
de Charles II , de la Reine de Portugal , de la
Ducheffe de Parme , des Electeurs Palatin & de
Tréves , & de l'Evêque d'Auſbourg .
Le Prince Jacques a eu de ſon Mariage , 1º. Marie-
Charlotte Sobieſta , Epouſe du Duc de Bouillon ,
Grand-Chambellan de France. Après la mort , le
Comte de Bethune, comme ſon plus proche parent,
⚫s'eſt chargé de la tutelle de ſes Enfans. Marie-Clémentine
, ſeconde fille du Prince Jacques , a épousé
Jacques Stuart , fils de Jacques II , Roi d'Angleterre
, connû ſous le nom de Chevalier de S. George,
&a laiflé pour Enfans les deux Princes, appellés à
Romele Prince de Galles , & le Duc d'York .
LePrince Conftantin & le Prince Alexandre ,
font morts ſans pofterité.
La Princeſſe, leur ſoeur, épouſa le feu Electeur de
Baviere.De leur Mariage ſont nés l'Empereur Charles
VII , actuellement regnant , l'Electeur de Co
logne , & l'Evêque de Ratisbonne & de Liége Par
ledétail qu'on vient de faire , on voit que le Comte
de Bethune a l'honneur d'être Oncle , à la mode
de Bretagne , de l'Empereur & des Princes ſes Freres
, & grand Oncle des Princes Stuart , & que la
Palatine de Ruſſie , ſa ſoeur , partageoit avec lui les
mêmes Alliances.
Antoine
OCTOBRE, 1744 2357
Antoine de la Roque, ancien Gendarme de la Gar
de ordinaire du Roi , Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , de l'Académie Royale des Belles-
Lettres de Marſeille , mourut à Paris le trois Octobre
, dans la 72 année de ſon âge. Il étoit Auteur
duMercure de France , dédié au Roi , depuis l'année
1721. Il en a donné en tout , juſques & compris celui
du mois d'Octobre 1744 , fans aucune interruption
, 321 Volumes , avec la ſatisfaction de la Coun
&du Public.
Ame Jeanne Caſimire de Bethune , Palatine
Doüairiere de Ruffie , mourut à Leopold le
to Avril dernier. Elle étoit fille de François Gafton
, Marquis de Bethune , Comte de Selles , &c.
Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant Général
de ſes Armées , & fon Ambaſfadeur Extraordinaire
en Pologne , auprès du Roi Jean Sobieski ,
fon Beau frere , & enſuite en Suede , où il eſt mort
en 1692 , & de Dame Marie- Louiſe de la Grange
d'Arquien , fille de Henri de la Grange , Marquis
d'Arquien , mort Chevalier des Ordres du Roi , &
Cardinal ; & foeur de Marie Cafimire , Reine de
Pologne , Epouſe de Jean Sobieski .
Jeanne-Caſimire de Bethune , qui donne lieu à
cet article , avoit épousé Jean Jablonouſki Palatin
de Ruffie , dont elle a eu pluſieurs Enfans.
1º Staniſlas , Palatin de Rava. 2. Jean-Cajetan ,
Staroſte de Czchrin. 3º. Démétrius , Staroſte de
Swick . 4° . Marie Louiſe , mariée à Charles Frederic
de la Trimoirille , Duc de Châtelleraut , aujourd'hui
Prince de Talmond. 5º. Catherine , mariée
au Duc Maximilien Oſſolinſki , Chevalier de l'Ordre
du S. Eſprit , Grand-Maitre de la Maiſon du Roi
de Pologne , Duc de Lorraine, Stanislas I ,& cidevantGrand-
Tréſorier de la Couronne de Pologne.
6. Louiſe , Religieuſe du S. Sacrement à Leopold .
La Palatine de Ruſſie , par ſon Mariage avec
Je Comte Jablonouſki , étoit devenue tante maternelle
du Roi de Pologne Staniſlas I , qui eſt fils de
la foeur de ſon Mari , & ainſi grande Tante de Mazic
Leczinſka , Reine de France.
File
ОСТОBRE . 1744. 2355
Elle avoit pour Freres , 1º. Louis , Marquis de
Bethune , Mestre de Camp de Cavalerie,tué à la
Bataille d'Hocketer, en 1704.
2°. Louis-Marie- Victoire , Comte de Bethune ,
Maréchal des Camps & Armées du Roi , Grand
Chambellan du Roi de Pologne , Duc de Lorraine,
Il a été marié 2 fois. La premiere , avec Henriette
d'Harcourt de Beuvron,fille de François,Marquis de
Beuvron , Chevalier des Ordres du Roi , & foeur du
Maréchal d'Harcourt. De pluſieurs Enfans fortis de
ceMariage , il ne reſte aujourd'hui que Marie-Ca
fimire- Théreſe Geneviève-Emmanuelle de Bethu
ne , laquelle avoit épousé en premieresNoces Fran
çois Rouxel de Medavi, Marquis de Grancey, Lieutenant
Général des Armées du Roi, Gouverneur de
Dunquerque , frere du Maréchal de Medavi , &
à préſent épouſe de Louis Auguſte Fouquet, Comte
de Bellifle , Duc de Gifors , Maréchal de France ,
Chevalier desOrdres du Roi & de la Toiſon d'Or ,
Prince de l'Empire, & Gouverneur de Metz , Commandant
dans les trois Evêchés , & Lieutenant Gé
néral de la Province de Lorraine.
Le Comte de Bethune avoit encore eu de
fon premier Mariage , Céſar , Marquis de Bethune,
mort fur le Rhin en 1736 , à la tête d'un Régiment
de Cavalerie de fon nom .
Il a épousé en ſecondes Noces Marie-Françoiſe
Fotier de Gêvres , fille de Bernard-François Potier ,
Duc de Treſmes , Pair de France, Chevalier des
Ordres du Roi , Gouverneur de Paris , de laquelle
ila eu , 1º. Armand- Louis- François , tué ſur un
Vaiſſeau du Koi,attaqué par une Eſcadre Angloiſe
en 1741 , 2º. Joachim-Cafimir- Leon , Marquisde
Bethune , Comte des Bordes, actuellement Capitaine
de Cavalerie dans le Régiment Royal Pologne.
3.Marie-Eleonore-Auguste , non encore mariée..
Le
1356 MERCURE DE FRANCE.
!
!
Le Comte de Bethune, comme il a été obſervé au
commencement de ce Mémoire , eſt neveu de la
feue Reine de Pologne , Epouſe de Jean Sobieski.
Du Mariagede cette Princefle avec le Roi Jean
Sobieſki , font nés le Prince Jacques , le Prince
Conftantin , le Prince Alexandre ,& la Princeffe
Théreſe-Cunegonde-Cafimire Sobieska.
Le Prince Jacques épouſa Elizabeth Amelie de Ba
viere-Neubourg , ſoeur de l'Impératrice , Epouſe de
l'Empereur Léopold I , de la Reine d'Eſpagne , veuve
de Charles II , de la Reine de Portugal , de la
Ducheffe de Parme , des Electeurs Palatin & de
Tréves , & de l'Evêque d'Auſbourg .
Le Prince Jacques a eu de ſon Mariage , 1º. Marie-
Charlotte Sobieſta , Epouſe du Duc de Bouillon ,
Grand-Chambellan de France. Après la mort , le
Comte de Bethune, comme ſon plus proche parent,
⚫s'eſt chargé de la tutelle de ſes Enfans. Marie-Clémentine
, ſeconde fille du Prince Jacques , a épousé
Jacques Stuart , fils de Jacques II , Roi d'Angleterre
, connû ſous le nom de Chevalier de S. George,
&a laiflé pour Enfans les deux Princes, appellés à
Romele Prince de Galles , & le Duc d'York .
LePrince Conftantin & le Prince Alexandre ,
font morts ſans pofterité.
La Princeſſe, leur ſoeur, épouſa le feu Electeur de
Baviere.De leur Mariage ſont nés l'Empereur Charles
VII , actuellement regnant , l'Electeur de Co
logne , & l'Evêque de Ratisbonne & de Liége Par
ledétail qu'on vient de faire , on voit que le Comte
de Bethune a l'honneur d'être Oncle , à la mode
de Bretagne , de l'Empereur & des Princes ſes Freres
, & grand Oncle des Princes Stuart , & que la
Palatine de Ruſſie , ſa ſoeur , partageoit avec lui les
mêmes Alliances.
Antoine
OCTOBRE, 1744 2357
Antoine de la Roque, ancien Gendarme de la Gar
de ordinaire du Roi , Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , de l'Académie Royale des Belles-
Lettres de Marſeille , mourut à Paris le trois Octobre
, dans la 72 année de ſon âge. Il étoit Auteur
duMercure de France , dédié au Roi , depuis l'année
1721. Il en a donné en tout , juſques & compris celui
du mois d'Octobre 1744 , fans aucune interruption
, 321 Volumes , avec la ſatisfaction de la Coun
&du Public.
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7271
p. 2140-2143
A M. DUBOURG, COMTE DE SAINT POLGUE. ODE. Contre le Duel.
Début :
Quelle grande et vaste matiere ! [...]
Mots clefs :
Duel, Honneur, Courage, Enfers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A M. DUBOURG, COMTE DE SAINT POLGUE. ODE. Contre le Duel.
A M. DU BOURG ,
COMTE DE SAINT POLGUE
Qu
O DE.
Contre le Duel.
Uelle grande et vaste matiere !
Quels transports viennent m'effrayer ?
Je marche dans une carriere ,
Qu'il
OCTOBRE.1733 :
2141
Qu'il est dangereux de frayer.
Faux Point d'honneur , Tyran des ames ;
Des Guerriers , maximes infàmes ,
Nous captiverez- vous toujours ?
Contre des fureurs Germaniques *
Des Rois les Arrêts authentiques ,
Ne seront-ils d'aucun secours à
A quel Démon se livre l'homme
Une telle corruption ,
Inconnuë à l'ancienne Rome ,
Des enfers fut l'invention.
Quoi ! le plus terrible courage ,
Se change en la funeste rage ,
D'aller ensanglanter ses mains !
Tout cede à la fureur Guerriere ;
La vertu devient meurtriere ,
Et rend les hommes inhumains.
M
Pour paroître à l'honneur sensible ;
L'on engage ce même honneur
Le courage n'est infléxible ,
Que pour causer notre malheur .
Cent fois nous vîmes dans nos Plaines
Revivre les morts inhumaines
!
( a ) Le Duel est venu d'Allemagne où il étoie
beaucoup pratiqué.
B iij Des
2142
MERCURE DE FRANCE
Des indignes Gladiateurs .
Quel revers ! La noble sagesse ,
Que jadis admira la Grece ,
Ne trouve plus d'Imitateurs.
Envain le devoir nous rapelle ;
Envain veut-il nous arrêter
A sa voix , notre coeur rebelle ,
Ne veut pas même l'écouter ;
La passion toujours plus forte ,
Sur la foible raison l'emporte ;
Nous n'aspirons qu'à nous venger ;
Nul respect ne peut nous distraire ;
Je vois dans le sang de son frere ,
Un frere inhumain se plonger.
& swit
Va , fui , cruelle barbarie ;
Cesse d'infecter l'Univers ;
De la terre à jamais bannie ,
Rentre dans le fond des Enfers.
Mais quels progrès fait ce délire ?
Bien-tôt fous son funeste Empire ,
Il enchaîne tous les François ,
Qui l'eut dit ? Qu'un peuple si sage ,
Feroit lui- même aussi naufrage ,
Et subiroit de telles Loix ?
Mais
OCTOBRE .
1733 2143
Mais comment , malheureuse France ',
Tirer tes Enfans de l'erreur ?
Avec le lait , dès leur enfance ,
Ils ont succé cette fureur.
Je vois ta fougueuse jeunesse ,
Trop jalouse de sa noblesse ,
Suivre l'impétueux torrent ;
Le plus sage en est la victime ,
Et si l'on se refuse au crime ,
On croit n'être plus innocent.
Toi , qu'éveille le bruit des Armes ;
DU BOURG , pour qui les Champs de Mars ,
Ont déja d'invincibles charmes >
Toy , qui veux braver les hazards ,
Que ton courage héréditaire ,
D'une valeur imaginaire ,
N'authorise jamais la Loy ;
Verse ton sang pour ta Patrie ;
Et que chaque instant de ta vie ,
Ne soit consacré qu'à ton Roy.
J. JAVARY
COMTE DE SAINT POLGUE
Qu
O DE.
Contre le Duel.
Uelle grande et vaste matiere !
Quels transports viennent m'effrayer ?
Je marche dans une carriere ,
Qu'il
OCTOBRE.1733 :
2141
Qu'il est dangereux de frayer.
Faux Point d'honneur , Tyran des ames ;
Des Guerriers , maximes infàmes ,
Nous captiverez- vous toujours ?
Contre des fureurs Germaniques *
Des Rois les Arrêts authentiques ,
Ne seront-ils d'aucun secours à
A quel Démon se livre l'homme
Une telle corruption ,
Inconnuë à l'ancienne Rome ,
Des enfers fut l'invention.
Quoi ! le plus terrible courage ,
Se change en la funeste rage ,
D'aller ensanglanter ses mains !
Tout cede à la fureur Guerriere ;
La vertu devient meurtriere ,
Et rend les hommes inhumains.
M
Pour paroître à l'honneur sensible ;
L'on engage ce même honneur
Le courage n'est infléxible ,
Que pour causer notre malheur .
Cent fois nous vîmes dans nos Plaines
Revivre les morts inhumaines
!
( a ) Le Duel est venu d'Allemagne où il étoie
beaucoup pratiqué.
B iij Des
2142
MERCURE DE FRANCE
Des indignes Gladiateurs .
Quel revers ! La noble sagesse ,
Que jadis admira la Grece ,
Ne trouve plus d'Imitateurs.
Envain le devoir nous rapelle ;
Envain veut-il nous arrêter
A sa voix , notre coeur rebelle ,
Ne veut pas même l'écouter ;
La passion toujours plus forte ,
Sur la foible raison l'emporte ;
Nous n'aspirons qu'à nous venger ;
Nul respect ne peut nous distraire ;
Je vois dans le sang de son frere ,
Un frere inhumain se plonger.
& swit
Va , fui , cruelle barbarie ;
Cesse d'infecter l'Univers ;
De la terre à jamais bannie ,
Rentre dans le fond des Enfers.
Mais quels progrès fait ce délire ?
Bien-tôt fous son funeste Empire ,
Il enchaîne tous les François ,
Qui l'eut dit ? Qu'un peuple si sage ,
Feroit lui- même aussi naufrage ,
Et subiroit de telles Loix ?
Mais
OCTOBRE .
1733 2143
Mais comment , malheureuse France ',
Tirer tes Enfans de l'erreur ?
Avec le lait , dès leur enfance ,
Ils ont succé cette fureur.
Je vois ta fougueuse jeunesse ,
Trop jalouse de sa noblesse ,
Suivre l'impétueux torrent ;
Le plus sage en est la victime ,
Et si l'on se refuse au crime ,
On croit n'être plus innocent.
Toi , qu'éveille le bruit des Armes ;
DU BOURG , pour qui les Champs de Mars ,
Ont déja d'invincibles charmes >
Toy , qui veux braver les hazards ,
Que ton courage héréditaire ,
D'une valeur imaginaire ,
N'authorise jamais la Loy ;
Verse ton sang pour ta Patrie ;
Et que chaque instant de ta vie ,
Ne soit consacré qu'à ton Roy.
J. JAVARY
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Résumé : A M. DUBOURG, COMTE DE SAINT POLGUE. ODE. Contre le Duel.
En octobre 1733, une lettre adressée à M. du Bourg, comte de Saint Polgue, dénonce le duel, qualifié de 'faux point d'honneur' et de 'tyran des âmes'. L'auteur critique cette pratique dangereuse et tyrannique, issue d'Allemagne, qui transforme le courage en rage meurtrière. Il déplore que même les Français, réputés sages, soient tombés dans ce délire. Cette passion pour le duel est inculquée dès l'enfance, poussant la jeunesse à suivre ce torrent impétueux. L'auteur appelle le comte à utiliser son courage pour servir la patrie et le roi, plutôt que pour des valeurs imaginaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7272
p. 246-250
« Messire ... de Pardaillan de Gondrin, Marquis de Belle-garde, fils [...] »
Début :
Messire ... de Pardaillan de Gondrin, Marquis de Belle-garde, fils [...]
Mots clefs :
Dame, Marquis, Fille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Messire ... de Pardaillan de Gondrin, Marquis de Belle-garde, fils [...] »
Meffire ... de Pardaillan
deGondrin, Marquis deBellegarde,
fils puiſné de Meffire
Loüis Antoine de Pardaillan
de Gondrin , Duc d'Antin ,
Pair de France , Marquis de
Monteſpan & de Gondrin ,
Seigneur des Duchez d'Epernon
& de Bellegarde , Lieutenant
General des Armées du
Roy ,Gouverneur & Lieutenant
General pour Sa Majeſté
GALANT. 247
des Ville & Duché d'Orleans
&Pays Orleannois , & Surintendant
des Bâtiments , Arts
& Manufactures de France ,
&ChefduConfeil établi pour
les affaires du dedans du
Royaume , &de Dame Julie-
Françoiſe deCruffol d'Uzés , a
épouſéle... DamoiſelleN...
de Verthamon , filleunique&
heritiere de Meffire François
de Verthamon , Marquis de
ManoeuvresSeigneur de Breau
&Confeiller du Roy en ſes
Conſeils , premier Preſident
du GrandConſeil , & de Dame
Marie-Françoiſe Bignon. La
Xinj
248 MERCURE
Maiſon de Pardaillan eft originaire
du Comté d'Armagnac ,
& l'une des plus illuftres du
Royaume, par ſonancienneté,
par ſes alliances , & par les
honneurs dont elle a eſté décorée
de tout temps. Pour la
famille de Verthamon elle eſt
originaire de Savoye , & pour
vous prouver qu'elle eſt des
premieres de la robe, il ſuffira
icyde vous dire que Mademoiſelle
de Verthamoneſt petite
fille de Meffire Michel de Verthamon
, Seigneur de Breau ,
Marquis de Manoeuvres
Maistre des Requeſtes ordinai.
re de l'Hôtel du Roy , & de
৮
GALANT. 249
DameMarie d'Aligre,remariée
depuis à Godefroy Comte
d'Eſtrade , Maréchal de France
, & fille & petite fille de
Meffire d'Aligre , Chancelier
&GardedesSceaux de France,
& arriere petite fille de François
de Vetthamon , Maiſtre
des Requêtes, puis Conſeiller
d'Etat ordinaire , & de Marie
Boucher d'Orçay Dame de
Breau , & ledit François de
Verthamon, fils d'autre François
de Verthamon , lequel
vint le premier de fon nom de
la Villede Limoges , s'établir
en celle de Paris , oùil fut receu
Conſeiller au Parlement le 17.
250 MERCURE
A
Aouſt 1588. Dame Elisabeth
de Verthamon , tante de Madame
la Marquiſe deBellegarde,
avoit épousé Meffire HenryAlbert
deCoffé de Briffac ,
Pair de France , & outre cette
grande alliance ſa famille s'eſt
alliée avec les Maiſons d'Aubuffon
, & d'Eſcart , de Perchyton
, de Comminges &
de Lambertier , & avec les
Familles de le Févre de Caumartin
, le Fevre d'Eaubonne ,
de Voiſin , la Noraye , deGoury
, & du Maitz.
deGondrin, Marquis deBellegarde,
fils puiſné de Meffire
Loüis Antoine de Pardaillan
de Gondrin , Duc d'Antin ,
Pair de France , Marquis de
Monteſpan & de Gondrin ,
Seigneur des Duchez d'Epernon
& de Bellegarde , Lieutenant
General des Armées du
Roy ,Gouverneur & Lieutenant
General pour Sa Majeſté
GALANT. 247
des Ville & Duché d'Orleans
&Pays Orleannois , & Surintendant
des Bâtiments , Arts
& Manufactures de France ,
&ChefduConfeil établi pour
les affaires du dedans du
Royaume , &de Dame Julie-
Françoiſe deCruffol d'Uzés , a
épouſéle... DamoiſelleN...
de Verthamon , filleunique&
heritiere de Meffire François
de Verthamon , Marquis de
ManoeuvresSeigneur de Breau
&Confeiller du Roy en ſes
Conſeils , premier Preſident
du GrandConſeil , & de Dame
Marie-Françoiſe Bignon. La
Xinj
248 MERCURE
Maiſon de Pardaillan eft originaire
du Comté d'Armagnac ,
& l'une des plus illuftres du
Royaume, par ſonancienneté,
par ſes alliances , & par les
honneurs dont elle a eſté décorée
de tout temps. Pour la
famille de Verthamon elle eſt
originaire de Savoye , & pour
vous prouver qu'elle eſt des
premieres de la robe, il ſuffira
icyde vous dire que Mademoiſelle
de Verthamoneſt petite
fille de Meffire Michel de Verthamon
, Seigneur de Breau ,
Marquis de Manoeuvres
Maistre des Requeſtes ordinai.
re de l'Hôtel du Roy , & de
৮
GALANT. 249
DameMarie d'Aligre,remariée
depuis à Godefroy Comte
d'Eſtrade , Maréchal de France
, & fille & petite fille de
Meffire d'Aligre , Chancelier
&GardedesSceaux de France,
& arriere petite fille de François
de Vetthamon , Maiſtre
des Requêtes, puis Conſeiller
d'Etat ordinaire , & de Marie
Boucher d'Orçay Dame de
Breau , & ledit François de
Verthamon, fils d'autre François
de Verthamon , lequel
vint le premier de fon nom de
la Villede Limoges , s'établir
en celle de Paris , oùil fut receu
Conſeiller au Parlement le 17.
250 MERCURE
A
Aouſt 1588. Dame Elisabeth
de Verthamon , tante de Madame
la Marquiſe deBellegarde,
avoit épousé Meffire HenryAlbert
deCoffé de Briffac ,
Pair de France , & outre cette
grande alliance ſa famille s'eſt
alliée avec les Maiſons d'Aubuffon
, & d'Eſcart , de Perchyton
, de Comminges &
de Lambertier , & avec les
Familles de le Févre de Caumartin
, le Fevre d'Eaubonne ,
de Voiſin , la Noraye , deGoury
, & du Maitz.
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7273
p. 224-230
Lettre Anonime, écrite à l'Auteur, [titre d'après la table]
Début :
Dans le tems que j'étois le plus intrigué pour découvrir des nouvelles [...]
Mots clefs :
Pitié , Embarras, Pièces littéraires, Public, Gazettes, Histoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre Anonime, écrite à l'Auteur, [titre d'après la table]
Dans le tems que j'étois le
plus intrigué pour découvrir des
nouvelles, dont les Gazettes ne
fe
MERCURE. 225
fe fuffent pas encore emparées ,
j'ai été affez heureux que de recevoir
un pacquet d'une main
étrangere, qui m'a tout- à- fait tiré
de l'inquiétude où j'étois fur
cet article. Aprés avoir parcouru
tout ce qu'il contenoit , il
m'a paru, que l'obligeant incon
nu étoit au fait de tout ce qui fe
paffoit de plus nouveau ; &
que le choix qu'il en a fait , ne
déplairoit pas. C'est ce qui m'a
fixé à rendre public ce qu'il m'à
adreffé .
Vous me faites pitié , mon
pauvre Mercure , & cette pitié
fait que quelque inconnu que je
vous fois, j'entre cependant dans
l'embarras où je foupçonne que
Fanvier 1717.
X
226 LE NOUVEAU
de
vous vous trouvez par rapport
au peu de tems qui vous refte
pour la compofition de votre
Recueil. Je fuppoſe par avance
que vous ne manquez pas
Pieces Litteraires,mais je crains
fort qu'il n'en foit pas de même
de ce que l'on appelle Nouvelles.
Il faudroit pour cela s'être
preparé de longuemain des correfpondances
& s'être deftiné
en quelque façon à un commerce
mutuel de Relations dans
toutes les Cours de l'Europe ;
ç'aura étéaparemmentvôtre premiere
attention , enattendant que
ces fources coulent jufqu'à vous ;
nevous tiendricz vous pas obligé
envers une perfonne qui vous
délivreroit en partie de cette
MERCURE . 227
rech erche . Sans doute , me direz-
vous . Eh bien , voilà votre
Nouvelifte tout trouvé ? puifque
c'eft moi- même qui veut vous
épargner ce travail & vous dégager
envers le Public de la né
ceffité où vous êtes de le fatis
faire fur ce point.
J'avois d'abord eu deffein de
rapporter les faits dans l'ordre
qu'ils fe préfenteroient à ma
memoire , mais j'ai jugé à pro
pos de féparer les évenemens étrangers
d'avec ceux de la Cour
& de la Ville . J'ai même divifé
chaque matiere par autant d'arricles
, afin que l'on pût cho fir
celle qui agréeroit davantage.
J'ai été tenté plufieurs fois d appliquerdes
Reflexions à l'Hifto-
Xij
228 LE NOUVEAU
rique ; cependant tout bien examiné
, j'ai cru qu'il valloit
mieux abandonner cette partie
à fon Lecteurs que ce feroit gêner
fes vûës fur les conféquences
qu'il pourroit tirer lui même
; contentés vous de lui préfenter
nettement , tout ce que
vous lui décrirés en détail ; il
fera bien le refte fans vous .
Il me reste préfentement une
petite difficulté fur le triage
que vous ferés des nouvelles ,
Car quelque bien informé que
vous foyés , il vous fera prefqu'
impoffible de ne point répeter
les Gazettes en bien des endroits
; les faits ne'varient point,
cela est vrai , mais par où vo- eſt
vre Livre doit primer ſur elles ;
MERCURE. 229
>
c'eft que les Gazettes ne donnans
les nouvelles que par parties
interrompuës , il vous eft
permis de lier ces parties les
unes aux autres -& d'en faire
un tout qui enchaîné par
de nouvelles circonftances , ne
fera pas indifférent; femblable à
ces Hiftoires du tems
quoique formées fur différents
Mémoires que l'on a lû , ne
laiffent pas de faire un nouveau
plaifir par le mérite de l'arangement
que l'Auteur y a
mis .
qui
Voilà Mr bien des libertés pour
un inconnu ; j'efpére que vous
me les pafferés en faveur de mes
bonnes intentions ; d'ailleurs
n'êtes- vous pas le maître d'y
Xiij
230 LE NOUVEAU
apporter telle modification que
-vous le jugerés à propos , c'eft
votre affaire , & la mienne de
tenir ma parole.
plus intrigué pour découvrir des
nouvelles, dont les Gazettes ne
fe
MERCURE. 225
fe fuffent pas encore emparées ,
j'ai été affez heureux que de recevoir
un pacquet d'une main
étrangere, qui m'a tout- à- fait tiré
de l'inquiétude où j'étois fur
cet article. Aprés avoir parcouru
tout ce qu'il contenoit , il
m'a paru, que l'obligeant incon
nu étoit au fait de tout ce qui fe
paffoit de plus nouveau ; &
que le choix qu'il en a fait , ne
déplairoit pas. C'est ce qui m'a
fixé à rendre public ce qu'il m'à
adreffé .
Vous me faites pitié , mon
pauvre Mercure , & cette pitié
fait que quelque inconnu que je
vous fois, j'entre cependant dans
l'embarras où je foupçonne que
Fanvier 1717.
X
226 LE NOUVEAU
de
vous vous trouvez par rapport
au peu de tems qui vous refte
pour la compofition de votre
Recueil. Je fuppoſe par avance
que vous ne manquez pas
Pieces Litteraires,mais je crains
fort qu'il n'en foit pas de même
de ce que l'on appelle Nouvelles.
Il faudroit pour cela s'être
preparé de longuemain des correfpondances
& s'être deftiné
en quelque façon à un commerce
mutuel de Relations dans
toutes les Cours de l'Europe ;
ç'aura étéaparemmentvôtre premiere
attention , enattendant que
ces fources coulent jufqu'à vous ;
nevous tiendricz vous pas obligé
envers une perfonne qui vous
délivreroit en partie de cette
MERCURE . 227
rech erche . Sans doute , me direz-
vous . Eh bien , voilà votre
Nouvelifte tout trouvé ? puifque
c'eft moi- même qui veut vous
épargner ce travail & vous dégager
envers le Public de la né
ceffité où vous êtes de le fatis
faire fur ce point.
J'avois d'abord eu deffein de
rapporter les faits dans l'ordre
qu'ils fe préfenteroient à ma
memoire , mais j'ai jugé à pro
pos de féparer les évenemens étrangers
d'avec ceux de la Cour
& de la Ville . J'ai même divifé
chaque matiere par autant d'arricles
, afin que l'on pût cho fir
celle qui agréeroit davantage.
J'ai été tenté plufieurs fois d appliquerdes
Reflexions à l'Hifto-
Xij
228 LE NOUVEAU
rique ; cependant tout bien examiné
, j'ai cru qu'il valloit
mieux abandonner cette partie
à fon Lecteurs que ce feroit gêner
fes vûës fur les conféquences
qu'il pourroit tirer lui même
; contentés vous de lui préfenter
nettement , tout ce que
vous lui décrirés en détail ; il
fera bien le refte fans vous .
Il me reste préfentement une
petite difficulté fur le triage
que vous ferés des nouvelles ,
Car quelque bien informé que
vous foyés , il vous fera prefqu'
impoffible de ne point répeter
les Gazettes en bien des endroits
; les faits ne'varient point,
cela est vrai , mais par où vo- eſt
vre Livre doit primer ſur elles ;
MERCURE. 229
>
c'eft que les Gazettes ne donnans
les nouvelles que par parties
interrompuës , il vous eft
permis de lier ces parties les
unes aux autres -& d'en faire
un tout qui enchaîné par
de nouvelles circonftances , ne
fera pas indifférent; femblable à
ces Hiftoires du tems
quoique formées fur différents
Mémoires que l'on a lû , ne
laiffent pas de faire un nouveau
plaifir par le mérite de l'arangement
que l'Auteur y a
mis .
qui
Voilà Mr bien des libertés pour
un inconnu ; j'efpére que vous
me les pafferés en faveur de mes
bonnes intentions ; d'ailleurs
n'êtes- vous pas le maître d'y
Xiij
230 LE NOUVEAU
apporter telle modification que
-vous le jugerés à propos , c'eft
votre affaire , & la mienne de
tenir ma parole.
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7274
p. 254-260
NOUVELLES d'Espagne.
Début :
Le Roy a donné le Regiment d'Infanterie de Piémont [...]
Mots clefs :
Espagne, Régiment d'infanterie, Madrid, Estrémadure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES d'Espagne.
NOUVELLES
d'Espagne.
Le Roy a donné le Regiment d'Infanterie de Piémont à Dom Pedre de Vargas Maldonado de Grenade: la Clefde Gentilhom
me de fa Chambre à Dom
Carlos Uffel de Guimbarda , Chevalier de l'Ordre
de faint Jacques , & l'un des
GALANT. 255
vinge quatre Regidors de
Cordoue , en recompenfe
de fes fervices.
1
On attend à Madrid Milord Lexington Ambaffadeur d'Angleterre. Le Roy
a chargé le Duc de Popoli ,
l'un des quatre Capitaines
des Gardes du Corps , du
foin de le recevoir , & de le
faire traiter & défrayer aux
defpens de Sa Majeſté. On
luy prépare le Palais du
Marquis de Manfera. Le
Royaenvoyéordre auMar.
quis de Monteleon d'aller
en Angleterre, & au Com-
256 MERCURE
te de Bergeik de retourner
à Madrid.
On efcrit d'Eftremadure
du 20. Septembre que le
Marquis de Bay ayant appris que les Portugais envoyoient un convoy à Elvas , fit partir un détachement de cavalerie qui en
enleva une partie &fit quelques pritonniers , entre Ef
tremos & la Fuente de los
Zapateros.
Les Lettres d'Eftremadure portent que le Marquis
de Bay, après avoir fait un
detachement de quatre
mille
GALANT. 257
•
mille chevaux jufqu'à la
Fuente de los Zapateros ,
s'eftoit mis en marche avec
l'armée , paffa la Caya &la
Cayola , & fut camper le
22. Septembre aux environs
d'Elvas , ce qui fit croire
aux Portugais qu'il avoit
deſſein d'aſſieger cette place , il fut mefme la reconnoistre avec quelques Officiers &Ingenieurs. Les Portugais travaillerent à reparer les fortifications , & y
firent entrer deux bataillons qu'ils tirerent de la
garnifon deCampo Mayor.
Octobre. 1712. Y
258 MERCURE
Le 28. le Marquis de Bay
fit avancer l'armée vers cette derniere place , qui fut
inveftie ayant la nuit. Les
Portugais dans le deffein de
faire diverfion , allerent attaquer Carvajalez dans le
Royaume de Leon , la garnifon fe défendit avec tant
de vigueur qu'elle les repouffa , & leur tua plus de
quatre cents hommes. On
mande d'Estremadure du
7. Octobre que le fiege de
Campo Mayor continuë
avec vigueur , que les Portugais affembloient leurs
GALANT. 259
troupes aux environs d'Ef
tremos ; mais ne pouvant
pas former une armée affez
forte pour faire lever le
fiege , brufloient les fourrages de leur propre pays
afin d'incommoder les af
fiegeans , qui neanmoins
en recevoient une quantité luffifante d'ailleurs. Les
lettres de Catalogne portent que l'armée du Roy
eftoit allée camper au delà de la Segre , & que le
General Staremberg avoit
abandonné Cervera. Le
26. Septembre la Flote defY ij
260 MERCURE
tinée pour la nouvelle Ef
pagne , qui avoit relaſché
trois fois a Cadiz , à cauſe
des Vaiffeaux Anglois &
Algeriens qui croifoient
de ce coſté là , mit à la
voile avec un vent favorable. Le Comte d'Atalaya
a receu ordre de Liſbonne
de retourner en Portugal
avec les troupes Portugaifes qui restent en Catalogne , & les Anglois ont
receu ordre de la Reine
de la grande Bretagne de
s'embarque
d'Espagne.
Le Roy a donné le Regiment d'Infanterie de Piémont à Dom Pedre de Vargas Maldonado de Grenade: la Clefde Gentilhom
me de fa Chambre à Dom
Carlos Uffel de Guimbarda , Chevalier de l'Ordre
de faint Jacques , & l'un des
GALANT. 255
vinge quatre Regidors de
Cordoue , en recompenfe
de fes fervices.
1
On attend à Madrid Milord Lexington Ambaffadeur d'Angleterre. Le Roy
a chargé le Duc de Popoli ,
l'un des quatre Capitaines
des Gardes du Corps , du
foin de le recevoir , & de le
faire traiter & défrayer aux
defpens de Sa Majeſté. On
luy prépare le Palais du
Marquis de Manfera. Le
Royaenvoyéordre auMar.
quis de Monteleon d'aller
en Angleterre, & au Com-
256 MERCURE
te de Bergeik de retourner
à Madrid.
On efcrit d'Eftremadure
du 20. Septembre que le
Marquis de Bay ayant appris que les Portugais envoyoient un convoy à Elvas , fit partir un détachement de cavalerie qui en
enleva une partie &fit quelques pritonniers , entre Ef
tremos & la Fuente de los
Zapateros.
Les Lettres d'Eftremadure portent que le Marquis
de Bay, après avoir fait un
detachement de quatre
mille
GALANT. 257
•
mille chevaux jufqu'à la
Fuente de los Zapateros ,
s'eftoit mis en marche avec
l'armée , paffa la Caya &la
Cayola , & fut camper le
22. Septembre aux environs
d'Elvas , ce qui fit croire
aux Portugais qu'il avoit
deſſein d'aſſieger cette place , il fut mefme la reconnoistre avec quelques Officiers &Ingenieurs. Les Portugais travaillerent à reparer les fortifications , & y
firent entrer deux bataillons qu'ils tirerent de la
garnifon deCampo Mayor.
Octobre. 1712. Y
258 MERCURE
Le 28. le Marquis de Bay
fit avancer l'armée vers cette derniere place , qui fut
inveftie ayant la nuit. Les
Portugais dans le deffein de
faire diverfion , allerent attaquer Carvajalez dans le
Royaume de Leon , la garnifon fe défendit avec tant
de vigueur qu'elle les repouffa , & leur tua plus de
quatre cents hommes. On
mande d'Estremadure du
7. Octobre que le fiege de
Campo Mayor continuë
avec vigueur , que les Portugais affembloient leurs
GALANT. 259
troupes aux environs d'Ef
tremos ; mais ne pouvant
pas former une armée affez
forte pour faire lever le
fiege , brufloient les fourrages de leur propre pays
afin d'incommoder les af
fiegeans , qui neanmoins
en recevoient une quantité luffifante d'ailleurs. Les
lettres de Catalogne portent que l'armée du Roy
eftoit allée camper au delà de la Segre , & que le
General Staremberg avoit
abandonné Cervera. Le
26. Septembre la Flote defY ij
260 MERCURE
tinée pour la nouvelle Ef
pagne , qui avoit relaſché
trois fois a Cadiz , à cauſe
des Vaiffeaux Anglois &
Algeriens qui croifoient
de ce coſté là , mit à la
voile avec un vent favorable. Le Comte d'Atalaya
a receu ordre de Liſbonne
de retourner en Portugal
avec les troupes Portugaifes qui restent en Catalogne , & les Anglois ont
receu ordre de la Reine
de la grande Bretagne de
s'embarque
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Résumé : NOUVELLES d'Espagne.
Le roi d'Espagne a attribué le Régiment d'Infanterie de Piémont à Dom Pedro de Vargas Maldonado de Grenade et la Clef de Gentilhomme de sa Chambre à Dom Carlos Uffel de Guimbarde, Chevalier de l'Ordre de Saint-Jacques. Il a également récompensé vingt-quatre Regidors de Cordoue. À Madrid, l'arrivée de Milord Lexington, ambassadeur d'Angleterre, est attendue. Le Duc de Popoli est chargé de le recevoir et de le loger aux frais de la couronne. Le Marquis de Monteleon doit se rendre en Angleterre et le Comte de Bergeik retourner à Madrid. En Estrémadure, le Marquis de Bay a intercepté un convoi portugais à Elvas, capturant des troupes et faisant des prisonniers. Il a ensuite avancé vers Campo Mayor, où il a lancé une attaque le 28 octobre, tandis que les Portugais tentaient une diversion à Carvajales. En Catalogne, l'armée royale a traversé la Segre et le Général Staremberg a abandonné Cervera. La flotte pour la Nouvelle-Espagne a quitté Cadix le 26 septembre après plusieurs tentatives avortées. Le Comte d'Atalaya doit retourner au Portugal avec les troupes portugaises restées en Catalogne, et les Anglais doivent s'embarquer sur ordre de la Reine de Grande-Bretagne.
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7275
p. 251-257
LES DEUX FORTUNES. FABLE.
Début :
Deux hommes voyageants un jour, [...]
Mots clefs :
Fortune, Savoir
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texteReconnaissance textuelle : LES DEUX FORTUNES. FABLE.
LES DEUX FORTUNES.
FABLE.
DEux hommes voyageants
un jour,
- Enchemintrouvèrent Mercure,
Ce Dieu les attendoit au
bout d'un carrefour,
Sous son immortelle figure.
Les voiladevant luy dans
une humble posture:
Levez-vous, leur dit il,&
me faites sçavoir
En quel lieu vous allez, quel
desseinestlevostre?
Nous allons
,
dirent ils, à
Preneste pour voir
Quel doit estre le fort & de
l'un, & de l'autre.
Vous pouvez, leur répond
leDieu,
Le sçavoir aisement sans aller
à Preneste,
Sans partir mesme de ce
lieu.
Car je fuis envoyé de la
voute celeste
Par le maistre absolu du deC.
tin des humains,
Pour vous faire sçavoir que
de vostre fortune
Il remet le choix dans vos
mains.
Mais comme la race morcelle.,
Connoist deux fortunes
pour elle,
Et que les deux differents
noms,
Dont parmi vous on les appelle,
Ne sont pas ceux dont nous
usons.
Pour choisir avec connoifsance
,
Ecoutez de toutes les deux
La veritable difference.
La mauvaise fortune a des
dehors fascheux,
Aux méprix elle est exposée,
Et la vie avec elle est dure ôc
mal aisée;
Mais ce quelle a d'avance
geux
C'est qu'elle forme à lafa-,
gesse
;
Que pour la temperance, &I
pour la fermeté
C'efl: une excellente mai-f
trefle,
Qu'elle est contraire à lamolesTe,
Etquelle aime la vérité.
Quant à l'autre fortune à
qui lemonde donne
Le nom favorable de bon*
ne,
Elle a d'agreables dehors.
Elle dispose des trésors
,
Et l'abondancel'environne.
A sa fuite font les plaisirs,
Rien ne s'oppose à ses desirs>
Par tout elle a la préseance,
Autour d'elle tout est fournis;
Mais par malheur en recompense,
Elle est sujette à l'arrogance
, Elle n'a point de vrais amis,
D'ordinaire enfin pour tout
dire,
EUe n'a point de favoris
Dont le coeur ne devienne
pire.
Je n'en veux point estre à
ce prix
Dit l'un des voyageurs; l'autre dit au contraire,
J'en veux bien courir le hasard
, ---
Et des biens, & des maux du
choix qu'ils sçavent faire:
Ils eurent chacun d'eux
dans la suite leur part.
Mercure de leur choixchargéde
rendre compte,
,
Fend lesairs, & d'une aile
prompte
Enporte la nouvelle aux
Çieux,
deux,
Le bruit en mesmetemps
s'en répandentous lieux,
Et divers jugements des
choix divers se firent.
A l'un les Mortels applaudirent,
L'autre sur approuvé des
Dieux.
Laine.
FABLE.
DEux hommes voyageants
un jour,
- Enchemintrouvèrent Mercure,
Ce Dieu les attendoit au
bout d'un carrefour,
Sous son immortelle figure.
Les voiladevant luy dans
une humble posture:
Levez-vous, leur dit il,&
me faites sçavoir
En quel lieu vous allez, quel
desseinestlevostre?
Nous allons
,
dirent ils, à
Preneste pour voir
Quel doit estre le fort & de
l'un, & de l'autre.
Vous pouvez, leur répond
leDieu,
Le sçavoir aisement sans aller
à Preneste,
Sans partir mesme de ce
lieu.
Car je fuis envoyé de la
voute celeste
Par le maistre absolu du deC.
tin des humains,
Pour vous faire sçavoir que
de vostre fortune
Il remet le choix dans vos
mains.
Mais comme la race morcelle.,
Connoist deux fortunes
pour elle,
Et que les deux differents
noms,
Dont parmi vous on les appelle,
Ne sont pas ceux dont nous
usons.
Pour choisir avec connoifsance
,
Ecoutez de toutes les deux
La veritable difference.
La mauvaise fortune a des
dehors fascheux,
Aux méprix elle est exposée,
Et la vie avec elle est dure ôc
mal aisée;
Mais ce quelle a d'avance
geux
C'est qu'elle forme à lafa-,
gesse
;
Que pour la temperance, &I
pour la fermeté
C'efl: une excellente mai-f
trefle,
Qu'elle est contraire à lamolesTe,
Etquelle aime la vérité.
Quant à l'autre fortune à
qui lemonde donne
Le nom favorable de bon*
ne,
Elle a d'agreables dehors.
Elle dispose des trésors
,
Et l'abondancel'environne.
A sa fuite font les plaisirs,
Rien ne s'oppose à ses desirs>
Par tout elle a la préseance,
Autour d'elle tout est fournis;
Mais par malheur en recompense,
Elle est sujette à l'arrogance
, Elle n'a point de vrais amis,
D'ordinaire enfin pour tout
dire,
EUe n'a point de favoris
Dont le coeur ne devienne
pire.
Je n'en veux point estre à
ce prix
Dit l'un des voyageurs; l'autre dit au contraire,
J'en veux bien courir le hasard
, ---
Et des biens, & des maux du
choix qu'ils sçavent faire:
Ils eurent chacun d'eux
dans la suite leur part.
Mercure de leur choixchargéde
rendre compte,
,
Fend lesairs, & d'une aile
prompte
Enporte la nouvelle aux
Çieux,
deux,
Le bruit en mesmetemps
s'en répandentous lieux,
Et divers jugements des
choix divers se firent.
A l'un les Mortels applaudirent,
L'autre sur approuvé des
Dieux.
Laine.
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Résumé : LES DEUX FORTUNES. FABLE.
Dans la fable 'Les Deux Fortunes', deux voyageurs rencontrent Mercure, qui leur offre de choisir leur fortune sans se rendre à Preneste. Mercure distingue deux types de fortunes : la mauvaise, qui, bien que difficile, enseigne la patience, la fermeté et la vérité, et la bonne, qui procure des plaisirs et des richesses mais peut mener à l'arrogance et à l'absence d'amis sincères. Le premier voyageur refuse la bonne fortune, tandis que le second l'accepte. Mercure rapporte leurs choix aux cieux, où les avis divergent : les mortels approuvent le premier choix, tandis que les dieux approuvent le second.
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7276
p. 251-258
DONS DU ROY.
Début :
Le premier Novembre le Roy donna l'Abbaye de Guitres [...]
Mots clefs :
Dons, Roi, France, Abbayes
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texteReconnaissance textuelle : DONS DU ROY.
DONS DU ROT.
Le premier Novembre
le Roy donna l'Abbaye de
Guitres Ordre de saintBe-
noît fous l'invocationdela
Vierge, Diocese de Bordeaux, à N. de la Goguée.
Cette Abbaye estsiuee sur
la rivière de l'isle trois
lieuesau-dessusde Libourne dans la Guyenne.
L'Abbaye de TonnayCharente, Ordre de laine
Benoît, Diocese de Xaintes, vacante par la mort
du Sieur Maupoinr, à N.
du Solier. Tonnay
-
Charente est une petite ville de
France dans la Saintonge,
en Latin TonneA. On l'ap-
pelle ainsi à causequ'elle
est sur la Charence, & on ladistinguepar là d'une autre ville de cette même Pro- -
vince nommée TonnayBoutonne, qui en est éloignée de trois lieues, & qui
est à la mêmedistance de
saint Jean d'Angely. TonMay-Bouronnea pris son
nom de sa situation sur la
riviere de Boutonne.
L'Abbave de S. Michel
de Dourlans, Ordre de saint
Benoît,Diocele d'Amiens,
la. Dame de Sericourt
d'Efclainvilliers,Religieuse
de laditre Abbaye.
Dourlans est une villede
Picardiedans l'Amienois,
en Latin Dulendium elle est
située sur la riviere d'An..
thie, vers les frontières de
l'Artois, à cinq ou six lieuës
d'Amiens, & un peu moins
de saint Riquier. C'est une
ville assez forte que l'on
divise en haute & basles
& qui appartenoit autrefois aux Comtes de Ponthieu.
: L'Abbaye de la Caigno.
", te Ordredefaine Benoir,
Diocesed'Acqs à N. du
Vigier.
r
L'Abbaye de Villersde
Canivet, Ordre deCîteaux.,
Diocese de Séez
?
à N. de
Montgommery
,
Abbesse
deMoncé.
L'Abbaye de Moncé,
Ordre de Cîteaux) Diocese
de Tours, à la Dame des
Espinez, Religieuse du même Ordre.
L'Abbaye des Prez,dans
la ville de Doiiay, à la Da.
me de Los, Religieuse de
ladite Abbaye.
Etl'Abbayedesaintjust,
Ordre de saint François,
Diocese de Beauvais,àDa-1
meN.deMailly,Religieuse;
à Longchamps
,
sœur de
l'Archevêque de Reims.
La Mailon de Mailly est
une des plus anciennes Maifons de la Province de Picardie. Elleatire sonnom
de la Terre de Mailly, prés
d'Amiens,&n'est pas moins
illustre par les grandshommes
mes qui font sortis de ces
branches differentes
,
que
par ses grandes alliances.
Anselme de Mailly est le
premier de ce nomdont
parlent les Historiens, vers
le milieuduonzième siecle: mais le rangdistingué
qu'ils lui attribuent dans
sa Province, & la grande
part qu'il eut aux affaires
de son temps, prouvent
incontestablement qu'il n'y
avoit point de ce temps-là
même detablissement en
Picardie plus ancien que ce.
lui des Seigneurs de Mailly.
- Malbrancq, en faisant
mention d'Anselme de
MaiIly, & du Seigneur de
Coucy, témoigne qu'ils étoient tous deux Picardici
Janguinis Procerc
Le premier Novembre
le Roy donna l'Abbaye de
Guitres Ordre de saintBe-
noît fous l'invocationdela
Vierge, Diocese de Bordeaux, à N. de la Goguée.
Cette Abbaye estsiuee sur
la rivière de l'isle trois
lieuesau-dessusde Libourne dans la Guyenne.
L'Abbaye de TonnayCharente, Ordre de laine
Benoît, Diocese de Xaintes, vacante par la mort
du Sieur Maupoinr, à N.
du Solier. Tonnay
-
Charente est une petite ville de
France dans la Saintonge,
en Latin TonneA. On l'ap-
pelle ainsi à causequ'elle
est sur la Charence, & on ladistinguepar là d'une autre ville de cette même Pro- -
vince nommée TonnayBoutonne, qui en est éloignée de trois lieues, & qui
est à la mêmedistance de
saint Jean d'Angely. TonMay-Bouronnea pris son
nom de sa situation sur la
riviere de Boutonne.
L'Abbave de S. Michel
de Dourlans, Ordre de saint
Benoît,Diocele d'Amiens,
la. Dame de Sericourt
d'Efclainvilliers,Religieuse
de laditre Abbaye.
Dourlans est une villede
Picardiedans l'Amienois,
en Latin Dulendium elle est
située sur la riviere d'An..
thie, vers les frontières de
l'Artois, à cinq ou six lieuës
d'Amiens, & un peu moins
de saint Riquier. C'est une
ville assez forte que l'on
divise en haute & basles
& qui appartenoit autrefois aux Comtes de Ponthieu.
: L'Abbaye de la Caigno.
", te Ordredefaine Benoir,
Diocesed'Acqs à N. du
Vigier.
r
L'Abbaye de Villersde
Canivet, Ordre deCîteaux.,
Diocese de Séez
?
à N. de
Montgommery
,
Abbesse
deMoncé.
L'Abbaye de Moncé,
Ordre de Cîteaux) Diocese
de Tours, à la Dame des
Espinez, Religieuse du même Ordre.
L'Abbaye des Prez,dans
la ville de Doiiay, à la Da.
me de Los, Religieuse de
ladite Abbaye.
Etl'Abbayedesaintjust,
Ordre de saint François,
Diocese de Beauvais,àDa-1
meN.deMailly,Religieuse;
à Longchamps
,
sœur de
l'Archevêque de Reims.
La Mailon de Mailly est
une des plus anciennes Maifons de la Province de Picardie. Elleatire sonnom
de la Terre de Mailly, prés
d'Amiens,&n'est pas moins
illustre par les grandshommes
mes qui font sortis de ces
branches differentes
,
que
par ses grandes alliances.
Anselme de Mailly est le
premier de ce nomdont
parlent les Historiens, vers
le milieuduonzième siecle: mais le rangdistingué
qu'ils lui attribuent dans
sa Province, & la grande
part qu'il eut aux affaires
de son temps, prouvent
incontestablement qu'il n'y
avoit point de ce temps-là
même detablissement en
Picardie plus ancien que ce.
lui des Seigneurs de Mailly.
- Malbrancq, en faisant
mention d'Anselme de
MaiIly, & du Seigneur de
Coucy, témoigne qu'ils étoient tous deux Picardici
Janguinis Procerc
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Résumé : DONS DU ROY.
Le 1er novembre, le roi fit plusieurs donations d'abbayes. L'abbaye de Guitres, dédiée à la Vierge et située sur la rivière de l'Isle en Guyenne, fut donnée à N. de la Goguée. L'abbaye de Tonnay-Charente, en Saintonge, fut attribuée à N. du Solier. L'abbaye de Saint-Michel de Dourlans, en Picardie, fut donnée à la Dame de Sericourt d'Éclainvilliers. L'abbaye de la Caignotte fut attribuée à N. du Vigier. L'abbaye de Villers-de-Canivet, de l'ordre de Cîteaux, fut donnée à N. de Montgomery. L'abbaye de Moncé, également de l'ordre de Cîteaux, fut attribuée à la Dame des Espinez. L'abbaye des Prez, située à Douai, fut donnée à la Dame de Los. Enfin, l'abbaye de Saint-Just, de l'ordre de Saint-François, fut attribuée à la Dame N. de Mailly, religieuse à Longchamps et sœur de l'archevêque de Reims. La Maison de Mailly est une des plus anciennes familles de Picardie, mentionnée au milieu du onzième siècle par Anselme de Mailly.
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7277
p. 252-260
ODE A Messieurs de l'Académie Françoise, prononcée dans l'Académie le jour de la distribution des Prix. Par M. ROY.
Début :
Quel jour ! mon bonheur m'étonne [...]
Mots clefs :
Académie française, Gloire, Dieux, Roi, Louis
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texteReconnaissance textuelle : ODE A Messieurs de l'Académie Françoise, prononcée dans l'Académie le jour de la distribution des Prix. Par M. ROY.
ODE
A Meſſieurs de l'Académie
Françoile , prononcée dans
l'Académie le jour de la
diſtribution des Prix.
Par M. ROY.
Quel jour! mon bonheur m'é-
•tonne
L'espoir m'en paroiffoit vain.
Quoy! Minerve me couronne
Del'une ,&de l'autre main.
Voicy le champ de la gloire
GALANT. 253
Oùjadis une victoire
elles:
Marqua mes premiers eſſais. *
Minerve tu m'y rappelles :
Dans tes Annales fidelles
Efcri mes nouveaux fuccez.
Attens .. Il est unfilence
Enfant d'un orgueil ingrat.
Laiffe ma reconnoiſſance
Se monstrer avec éclat.
MesJuges furent mes guides ;
Déslongtems mesyeux avides
S'ouvrirentfur leurs Efcrits :
* Prix d'Eloquence en 1711 .
254 MERCURE
FaySurpris quelque éuncelle
De la lumiere immortelle ,
Qu'ils verfent dans les efprits.
ॐ
L'Eloquence à Demosthenes
Mitles foudres à la main ,
Elle tranſporta d'Athenes
Son throne chez le Romain.
Mais la Raifon ny les Graces
Neſuivirent pointſes traces
Cheznos rustiques ayeux :
Elleyparut derangée
Ou trop nue,ou trop chargée,
D'un fard qui bleſſoit lesyeux.
GALANT. 255
Quels nobles Efprits oferent
Luyprefenter lemiroir ?
Tousfes défauts s'éclipferent ,
Si toft qu'elle putles voir
La voix d'ARMAND
qu'elle implore
Ou rassemble , oufait éclore
Des Demofthenes nouveaux:
L'Art de parler,&d'écrire
Devint digne de l'Empire
Aggrandi parſes travaux.
AuxVertus,chafteEloquence,
Donned'illuftres amants
Touche,plais,àta puiſſance
256 MERCURE
Joins defacrez ornements.
Que les Cieux t'en applaudißent;
Quede tes foins retentißent
Les Thrones les Autels :
Rend nous les divins oracles ,
Ou nous vante les miracles
D'unRoy, l'honneur des mortels.
Mais la Muſe de lalyre ,
Qui des chants donne le prix ,
S'offre àmesyeux , &m'attire
Aux pieds de ſes favoris.
Enchantereße nouvelle
Parquel art évoque- telle
Les premiers fils d' Apollon ?
Icy
GALANT. 257
Icy reparoist Catulle ;
Pindare , Horace , Tibulle
N'ontfait que changer de nom.
C'est l'Auguste de la Seine
Qu'ils celebrent. Quels accords!
Autour d'eux plus d'un Mecene
Eſchauffe encor leurs tranſports.
Je vois ceux , que la naiſſance ,
La dignité,la puiſſance
Approchent de ſes regards :
Je vois ceux,qui dans la guerre ,
Firentà toute la Terre
Respecterſes Etendards.
Octobre 1715 . Y
158 MERCURE
Zele ardent , inépuisable !
Tribut qu'on doit aux bons Rois
Ace concert refpectable
On invite d'autres voix.
Fobéïs ... Paix renaiſſante
C'est ta Feste que je chante ,
Quelpouvoir brifa tes fers ?
Répons ,nomme en aßeurance
Le Bienfaicteur de la France ,
Et celuy de l'Univers.
C'est lay.Voilàson image
Quels traits ! quelleMajesté!
Que j'aime ce fier courage
Temperéparlabonté!
1
GALANT. 259
Autrefois , vainqueur rapide ,
Infatigable, intrepide ,
C'étoit Achille à nosyeux :
C'est Neftor,dont la vicilleſſe
N'est qu'une longue jeuneße ,
Egate à celle des Dieux.
Qu'ay-je dit ? Icy mon zele
Defoibles couleurs le peint.
LOUIS prend pourfon modele
Deſes ayeux le plus faint. *
Rois de noftrefang avares ,
deux, des duels barbares
4
Tous
* S. Louis.
Y ij
260 MERCURE
Defarmerent lafureur.
De leur peuple tendres Peres
Dela Foy vangeursfeveres
Tous deux chaßerent l'erreur.
3
Princes , mes Dieux tutelaires
Vos Portraitsfont mes threſors : *
Et desfignesfalutaires
Pour enbardir mes efforts.
Unjour..mais l'ofay je croire,
Que desFuges de la gloire
Vous m'attiriez les regards ?
Ainsi Romefortunée
Attachoitsa destinée
Aux Images des Cefars.
*Medailles du Roy &de S. Loüis.
A Meſſieurs de l'Académie
Françoile , prononcée dans
l'Académie le jour de la
diſtribution des Prix.
Par M. ROY.
Quel jour! mon bonheur m'é-
•tonne
L'espoir m'en paroiffoit vain.
Quoy! Minerve me couronne
Del'une ,&de l'autre main.
Voicy le champ de la gloire
GALANT. 253
Oùjadis une victoire
elles:
Marqua mes premiers eſſais. *
Minerve tu m'y rappelles :
Dans tes Annales fidelles
Efcri mes nouveaux fuccez.
Attens .. Il est unfilence
Enfant d'un orgueil ingrat.
Laiffe ma reconnoiſſance
Se monstrer avec éclat.
MesJuges furent mes guides ;
Déslongtems mesyeux avides
S'ouvrirentfur leurs Efcrits :
* Prix d'Eloquence en 1711 .
254 MERCURE
FaySurpris quelque éuncelle
De la lumiere immortelle ,
Qu'ils verfent dans les efprits.
ॐ
L'Eloquence à Demosthenes
Mitles foudres à la main ,
Elle tranſporta d'Athenes
Son throne chez le Romain.
Mais la Raifon ny les Graces
Neſuivirent pointſes traces
Cheznos rustiques ayeux :
Elleyparut derangée
Ou trop nue,ou trop chargée,
D'un fard qui bleſſoit lesyeux.
GALANT. 255
Quels nobles Efprits oferent
Luyprefenter lemiroir ?
Tousfes défauts s'éclipferent ,
Si toft qu'elle putles voir
La voix d'ARMAND
qu'elle implore
Ou rassemble , oufait éclore
Des Demofthenes nouveaux:
L'Art de parler,&d'écrire
Devint digne de l'Empire
Aggrandi parſes travaux.
AuxVertus,chafteEloquence,
Donned'illuftres amants
Touche,plais,àta puiſſance
256 MERCURE
Joins defacrez ornements.
Que les Cieux t'en applaudißent;
Quede tes foins retentißent
Les Thrones les Autels :
Rend nous les divins oracles ,
Ou nous vante les miracles
D'unRoy, l'honneur des mortels.
Mais la Muſe de lalyre ,
Qui des chants donne le prix ,
S'offre àmesyeux , &m'attire
Aux pieds de ſes favoris.
Enchantereße nouvelle
Parquel art évoque- telle
Les premiers fils d' Apollon ?
Icy
GALANT. 257
Icy reparoist Catulle ;
Pindare , Horace , Tibulle
N'ontfait que changer de nom.
C'est l'Auguste de la Seine
Qu'ils celebrent. Quels accords!
Autour d'eux plus d'un Mecene
Eſchauffe encor leurs tranſports.
Je vois ceux , que la naiſſance ,
La dignité,la puiſſance
Approchent de ſes regards :
Je vois ceux,qui dans la guerre ,
Firentà toute la Terre
Respecterſes Etendards.
Octobre 1715 . Y
158 MERCURE
Zele ardent , inépuisable !
Tribut qu'on doit aux bons Rois
Ace concert refpectable
On invite d'autres voix.
Fobéïs ... Paix renaiſſante
C'est ta Feste que je chante ,
Quelpouvoir brifa tes fers ?
Répons ,nomme en aßeurance
Le Bienfaicteur de la France ,
Et celuy de l'Univers.
C'est lay.Voilàson image
Quels traits ! quelleMajesté!
Que j'aime ce fier courage
Temperéparlabonté!
1
GALANT. 259
Autrefois , vainqueur rapide ,
Infatigable, intrepide ,
C'étoit Achille à nosyeux :
C'est Neftor,dont la vicilleſſe
N'est qu'une longue jeuneße ,
Egate à celle des Dieux.
Qu'ay-je dit ? Icy mon zele
Defoibles couleurs le peint.
LOUIS prend pourfon modele
Deſes ayeux le plus faint. *
Rois de noftrefang avares ,
deux, des duels barbares
4
Tous
* S. Louis.
Y ij
260 MERCURE
Defarmerent lafureur.
De leur peuple tendres Peres
Dela Foy vangeursfeveres
Tous deux chaßerent l'erreur.
3
Princes , mes Dieux tutelaires
Vos Portraitsfont mes threſors : *
Et desfignesfalutaires
Pour enbardir mes efforts.
Unjour..mais l'ofay je croire,
Que desFuges de la gloire
Vous m'attiriez les regards ?
Ainsi Romefortunée
Attachoitsa destinée
Aux Images des Cefars.
*Medailles du Roy &de S. Loüis.
Fermer
7278
p. 240-251
Morts. [titre d'après la table]
Début :
J'oubliay de vous parler dans le mesme mois de la mort [...]
Mots clefs :
Décès, Marquis, Maitre de camp, Colonel, Duc, Conseiller, Abbé, Cardinal, Dame, Régiment de la cavalerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
J'oubliay de vous parler
dans le mesme mois de la
mort de Mrle Marquis de
Graveline. C'estoitunhomme
d'un très- grand merite
qui dés sa jeunessefut fait
Mestre
Mestre de Camp d'un Regimentd'Infanterie.
En 1642.
le feu Roy l'envoya en Portugal
,en qualité de Colonel
Generaldes François, pour
secourir le Duc de Bragance
qu'on venoit de mettre sur le
Trône. Il fit là de si belles actions
, que Sa Majesté luy
donna le titre de Marquis. Il
se signala encore en Catalogne,
& à laBataille de Lens
sous Mrle Prince.Quoy qu'il
ne fust que Cadet de sa Maison,
qui est l'ancienne& illustreMaison
de la Roque BudosdeGuyenne
,sa valeur&
ion mente l'éleverent aux
plus grands emplois,&le firent
entrer dans des alliances
tres -
considerables. Il époufa
en premieres Noces Judith
de Clermont, dont il eut
de tres -
grands biens; & en
secondes, Mademoiselle de
Bussi Paquier, C'est une personne
fort jeune, bienfaite &
spirituelle, &qui s'est acquis
par sa sagesse &par l'exacte régularité
de sa conduite beaucoup
d'effinie & de réputation.
Aussi Mrle Marquis de
Graveline luy a-t-il fait tous
les avantagesqu'il a pu. Ilest
mortâgé de 75 ans, &a laissé
une Fille qui n'en a que quatre.
MessireOmer-LouisVoisin,
Seigneur du Plessisaux
Bois, Conseiller au Chastelet,
est mort de la petite verole
au commencement de
ce mois. Il estoit Fils de Mr
Voisin Conseiller d'Estat,
dont presenrement Madame
de Lamoignon
,
Femme de
Mrl'AvocatGeneral,est Fille
unique.
Cette mort a esté suivie
de celle de Mrl'AbbéSiri,
- Historiographe du Roy. Il
avoit elle de la confidence
de feu Mrle Cardinal Mazarin,
& employé par luy en
beaucoup d'Affaires, auiIibien
que Mr l'Abbé Ondedei,
qui est mort Evesque de
Frejus. Il pouédoicFAbbayc
de Valmagne,qu'il resigna
il y a quelques années à Mr
le Cardinal de Bonzi
, avec
l'agrément du Roy,s'en estant
conservé le revenu. Il
avoit une grande connoissance
des Affaires generales
de l'Europe; aussi venoit-il
peu d'Etrangers de marque
en France, qui ne luyrendit
sent visite
; ce quiestoitcause
qu'on en voyoit souvent
famaifon remplie,aussi-bien
que d'Ambassadeurs & d'Envoyez.
Il est mort âgé de 77.
ans, après avoir donne au Public
plusieurs Volumes de
l'Histoirede ce Siecle
,
qu'il
a composez en Italien.
Madame Marin, Femme
de Messire Pierre Marin,Seigneur
dela Trousserie, Maître
des Requestes, est morte
environ dans le même tem ps*
Elle s'appelloit Catherine
Bouhier
,
& estoitveuve en
premieres Noces de Messire
BenigneJolly,Seigneurd'Escutigny,
Greffier en Chef du
Parlement, & des Etats de
Bourgogne.
J'ayaussi à vous apprendre
la mort de Dame Catherine
le Boullanger, Femme
de Messire Anne Pinon, Seigneur
Vicomte deQuincy,
Conseiller au Grand Conseil.
J'apprens tout presentement,
que Mr le Comte de
la Fare-la Salle, dontje vous
ay parlé dans quelqu'une de
mes Lettres, mourut le 20.
du mois palfé^d^ns une de ses
Maisons près de la Ville d'Alés,
Capitale des Cevenes,
après avoircité vingt jours
malade d'une retention d'urine
causée par la pierre. Il
souffrit pendant ce temps-là
d'extrêmes douleurs, avec
une patience presque incroyable,
&fit paroistreune
entiere fermeté quand on luy
vint dire qu'il falloit mourir.
Aussiavoit-il souvent affronté
la mort,pendant qu'il avoit
servy le Roy dans ses
Armées. Il y alla à l'âge de
treize ans; & ayant esté fait
ensuite Cornete de la Mettre
de Camp du Regiment de
Cavalerie de Mrle Maréchal
,e,le laMeilleraye,ilne fut long pas -temps sans se distinguer
; ce qui luy fit obtenir
une Compagnie, tirée dece
-Regiment par ordre du Roy
en 1647. pour estre incorporée
dans le Regiment de M'
le Cardinal de SainteCecile.
Sa Majesté voulant récompenser
son merite & ses services,
luy donna en 1653. un
Regiment de Cavalerie, vacant
par la mort de Mrle Baron
d'Alais, dont il épousa la
Fille. Ils'acquitbeaucoup de
reputation à la teste de ce
Régiment, qui fut reformé
en 1664. le Roy n'ayant pas
voulu conserverun si grand
nombre deTroupes entemps
de Paix. Il est mort dans sa
57. année, après avoir receu
tous sesSacremés avec beaucoup
de resignation, & a
laisse une Veuve avec treize
Enfans. L'Aisné qui a esté
Page chez le Roy, eH: à present
Capitaine de Cavalerie
reformé dans le Regiment
tie Villeneuve. Le second est
Capitaine d'Infanterie dans
le Regiment d'Enguien. Il y
en a un troisiémequi a esté
Cornete de son Frere, & un
quatrième Abbé; les autres
sont en bas âge. Mr le Comte
de la Fare de la Salle,estoit
OOnncclleeddeeMrv1rrllee Mlvlaarrqquuiissde - la Fare, Capitaine des Gardes
de Monsieur. Il portoit pour
Armesdeuxécusjoints&
accollez
ensemble
> au premier d'azurà
trois Flambeaux ou Farel;
d'orallumez degueule mis enpal ;
& pour brizeure de Cadet, un
lambel d'argent à trois pendans;
dqu'oirest de la Fare; ausecond
deux lyons affrontez desable
élewz ou rampans contre un
pin definopleJ qui est de Carru
-')
bis Baron d'Alais,Maison de
sa Femme
, avec la Couronne
de Comte, & deux palmes pour
supports.
dans le mesme mois de la
mort de Mrle Marquis de
Graveline. C'estoitunhomme
d'un très- grand merite
qui dés sa jeunessefut fait
Mestre
Mestre de Camp d'un Regimentd'Infanterie.
En 1642.
le feu Roy l'envoya en Portugal
,en qualité de Colonel
Generaldes François, pour
secourir le Duc de Bragance
qu'on venoit de mettre sur le
Trône. Il fit là de si belles actions
, que Sa Majesté luy
donna le titre de Marquis. Il
se signala encore en Catalogne,
& à laBataille de Lens
sous Mrle Prince.Quoy qu'il
ne fust que Cadet de sa Maison,
qui est l'ancienne& illustreMaison
de la Roque BudosdeGuyenne
,sa valeur&
ion mente l'éleverent aux
plus grands emplois,&le firent
entrer dans des alliances
tres -
considerables. Il époufa
en premieres Noces Judith
de Clermont, dont il eut
de tres -
grands biens; & en
secondes, Mademoiselle de
Bussi Paquier, C'est une personne
fort jeune, bienfaite &
spirituelle, &qui s'est acquis
par sa sagesse &par l'exacte régularité
de sa conduite beaucoup
d'effinie & de réputation.
Aussi Mrle Marquis de
Graveline luy a-t-il fait tous
les avantagesqu'il a pu. Ilest
mortâgé de 75 ans, &a laissé
une Fille qui n'en a que quatre.
MessireOmer-LouisVoisin,
Seigneur du Plessisaux
Bois, Conseiller au Chastelet,
est mort de la petite verole
au commencement de
ce mois. Il estoit Fils de Mr
Voisin Conseiller d'Estat,
dont presenrement Madame
de Lamoignon
,
Femme de
Mrl'AvocatGeneral,est Fille
unique.
Cette mort a esté suivie
de celle de Mrl'AbbéSiri,
- Historiographe du Roy. Il
avoit elle de la confidence
de feu Mrle Cardinal Mazarin,
& employé par luy en
beaucoup d'Affaires, auiIibien
que Mr l'Abbé Ondedei,
qui est mort Evesque de
Frejus. Il pouédoicFAbbayc
de Valmagne,qu'il resigna
il y a quelques années à Mr
le Cardinal de Bonzi
, avec
l'agrément du Roy,s'en estant
conservé le revenu. Il
avoit une grande connoissance
des Affaires generales
de l'Europe; aussi venoit-il
peu d'Etrangers de marque
en France, qui ne luyrendit
sent visite
; ce quiestoitcause
qu'on en voyoit souvent
famaifon remplie,aussi-bien
que d'Ambassadeurs & d'Envoyez.
Il est mort âgé de 77.
ans, après avoir donne au Public
plusieurs Volumes de
l'Histoirede ce Siecle
,
qu'il
a composez en Italien.
Madame Marin, Femme
de Messire Pierre Marin,Seigneur
dela Trousserie, Maître
des Requestes, est morte
environ dans le même tem ps*
Elle s'appelloit Catherine
Bouhier
,
& estoitveuve en
premieres Noces de Messire
BenigneJolly,Seigneurd'Escutigny,
Greffier en Chef du
Parlement, & des Etats de
Bourgogne.
J'ayaussi à vous apprendre
la mort de Dame Catherine
le Boullanger, Femme
de Messire Anne Pinon, Seigneur
Vicomte deQuincy,
Conseiller au Grand Conseil.
J'apprens tout presentement,
que Mr le Comte de
la Fare-la Salle, dontje vous
ay parlé dans quelqu'une de
mes Lettres, mourut le 20.
du mois palfé^d^ns une de ses
Maisons près de la Ville d'Alés,
Capitale des Cevenes,
après avoircité vingt jours
malade d'une retention d'urine
causée par la pierre. Il
souffrit pendant ce temps-là
d'extrêmes douleurs, avec
une patience presque incroyable,
&fit paroistreune
entiere fermeté quand on luy
vint dire qu'il falloit mourir.
Aussiavoit-il souvent affronté
la mort,pendant qu'il avoit
servy le Roy dans ses
Armées. Il y alla à l'âge de
treize ans; & ayant esté fait
ensuite Cornete de la Mettre
de Camp du Regiment de
Cavalerie de Mrle Maréchal
,e,le laMeilleraye,ilne fut long pas -temps sans se distinguer
; ce qui luy fit obtenir
une Compagnie, tirée dece
-Regiment par ordre du Roy
en 1647. pour estre incorporée
dans le Regiment de M'
le Cardinal de SainteCecile.
Sa Majesté voulant récompenser
son merite & ses services,
luy donna en 1653. un
Regiment de Cavalerie, vacant
par la mort de Mrle Baron
d'Alais, dont il épousa la
Fille. Ils'acquitbeaucoup de
reputation à la teste de ce
Régiment, qui fut reformé
en 1664. le Roy n'ayant pas
voulu conserverun si grand
nombre deTroupes entemps
de Paix. Il est mort dans sa
57. année, après avoir receu
tous sesSacremés avec beaucoup
de resignation, & a
laisse une Veuve avec treize
Enfans. L'Aisné qui a esté
Page chez le Roy, eH: à present
Capitaine de Cavalerie
reformé dans le Regiment
tie Villeneuve. Le second est
Capitaine d'Infanterie dans
le Regiment d'Enguien. Il y
en a un troisiémequi a esté
Cornete de son Frere, & un
quatrième Abbé; les autres
sont en bas âge. Mr le Comte
de la Fare de la Salle,estoit
OOnncclleeddeeMrv1rrllee Mlvlaarrqquuiissde - la Fare, Capitaine des Gardes
de Monsieur. Il portoit pour
Armesdeuxécusjoints&
accollez
ensemble
> au premier d'azurà
trois Flambeaux ou Farel;
d'orallumez degueule mis enpal ;
& pour brizeure de Cadet, un
lambel d'argent à trois pendans;
dqu'oirest de la Fare; ausecond
deux lyons affrontez desable
élewz ou rampans contre un
pin definopleJ qui est de Carru
-')
bis Baron d'Alais,Maison de
sa Femme
, avec la Couronne
de Comte, & deux palmes pour
supports.
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Résumé : Morts. [titre d'après la table]
Le texte mentionne plusieurs décès notables. Le Marquis de Graveline, issu de la maison de La Roque Budos de Guyenne, fut envoyé en Portugal en 1642 comme Colonel Général des Français pour soutenir le Duc de Bragance. Il se distingua également en Catalogne et à la Bataille de Lens. Il épousa successivement Judith de Clermont et Mademoiselle de Bussi Paquier, et décéda à l'âge de 75 ans, laissant une fille de quatre ans. Messire Omer-Louis Voisin, Seigneur du Plessis-aux-Bois et Conseiller au Châtelet, mourut de la petite vérole. Son père était Monsieur Voisin, Conseiller d'État, et sa petite-fille est Madame de Lamoignon, femme de l'Avocat Général. L'Abbé Siri, historiographe du Roi et confident du Cardinal Mazarin, décéda à l'âge de 77 ans, laissant plusieurs volumes d'histoire du siècle écrits en italien. Madame Marin, épouse de Messire Pierre Marin, Maître des Requestes, décéda également. Elle était veuve en premières noces de Messire Benigne Jolly. Dame Catherine Le Boullanger, femme de Messire Anne Pinon, Vicomte de Quincy, mourut également. Enfin, Monsieur le Comte de la Fare-la Salle décéda à 57 ans après une maladie de vingt jours causée par la pierre. Il servit le Roi dès l'âge de treize ans et obtint plusieurs distinctions militaires, laissant une veuve et treize enfants.
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7279
p. 250-261
ORDRE DE BATAILLE. de l'Armée des Allez, commandée par Mr le Duc d'Ormont, en 1712.
Début :
Generaux. Duc de Wirtemberg. Orkenay, Lumlay. Lieutenants Generaux. Cheuse, Gersdorff, [...]
Mots clefs :
Ordre de bataille, Armée des Alliés, Duc d'Ormond, Généraux, Première ligne, Seconde ligne, Lieutenants, Brigadiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ORDRE DE BATAILLE. de l'Armée des Allez, commandée par Mr le Duc d'Ormont, en 1712.
ORDRE DE BATAILLE.
de l'Armée des Alliez ,
commandée par Mr le
Duc d'Ormont,
en 1712.
Generaux.
Duc de Wirtemberg.
Orkenay ,
Lumlay.
Lieutenants Generaux.
Cheufe , Gersdorff
Schwertzel, Wilke, North,
GALANT. 25t
Wirhers , Row , Stair
Cadogan, Wood.
Generaux Majors.
Schmettau Milkan
Boiffer , Stocken , Prince de
Heffe, Seckendorf, Sabine,
Evans, Primrole , Barner ,
Schmettau ,
Kellum.
Sibourg
Brigadiers.
Preſton , Panton , Napper,
Waleff, Sutton , Durel ,
Ruffel, Moriffon , Corbel,
Bonnard , Romling, Pre-
252 MERCURE
torius , Pleffe , Oeles
wirtemberg, Kaneyl.
PREMIERE LIGNE.
Colonitz Houffards ,Mos
Stairs Dragons ,
Ker Dragons,
Roffe,
Lumley
Cadogan,
Palmes ,
Hatwick ,
Wood;
Waleff Dragons ,
Schmettau Dragons ,
Vandernath ,
40
CALANT. 253
Gardes Britanniques ,
Royal ,
Sabine ,
Neulon ,
Hertford ,
Royal ,
Primroſe ,
Evans ,
Durel ,
Selwin ,
Preſton,
Lée ,
Stern ,
Web ,
Silbourg,
Procok ,
Sutten,
#54 MERCURE
Nort,
Hamilthon,
Whyn,
I
Orrery,
Barner ,
2
Erp. Prince wolfenbutel , 1
Beveren Wolfenbutel ,
Gardes ,
Craons Pirius ,
I
Seckendorff ,
Goltz ,
I
Weiffenfels ,
r
Koningine ,
Schwertzel ,
I
Pleffe ,
Fichnen ,
Bonnard,
I
GALANT. 245
Pretorius ,
Dapremont,
Boiffet ,
Romling,
I
Gardes Danoifes ,
I
I
42
Leib Regiment Saxe Dragons ,
Milkau ,
4
4
Winkel,
4
Ranzau,
2
Cheufe ,
2.
Schmettau , 2
Wirtemberg,
[ 2
Kneyl ,
2
Grabo ,
Leutego ,
256 MERGURE
Leib Regiment Danois , 2
Wirtemberg Goels Dragons ,
33
Bulow ,
Generaux.
Prince Dhanalt Deffaw.
Lieutenants Generaux.
Fehoulembourg , Saint
Laurent , Rantzaw , Natzmar.
GALANT. 257
Generaux Majors.
Bothmar, Pentz , Gatani ,
Troffel , Borck , du Portail ,
Pannewitz,
Brigadiers.
Voutteno , Vauderable ,
Lobert, Reeden , Raders ,
Montagnes Cofovitz
Dubreuil ,
Breitenbach ,
Icahn
,
Septembre 1712. X
158 MERCURE
SECONDE - LIGNE.
2
LeibRegiment Dragons , 4
Prince Alberche Dragons, 4
Dorflng Dragons ,
4
Pannewitz Dragons , 4
Wanderalbe Dragons , 4
Leib Regiment Cavalerie, 3
Croon Prius ,
Prince Frederick ,
Henden ,
Duportail ,
Catte ,
3
3
36
Leib Regiment Infanterie, 2
Prince Alberche ,
GALANT 259
Erp. Prius ,
Alt Dhona,
Varenne ,
Hanalt Zerbet ,
Heydent,
Trofelle ,
Groumlkow ,
Anspach ,
Cavanach,
Ottingen,
Gavain ,
Cofortz
Recke ,
Melleville ,
I
I
I
I
Delver , I
Boldenin , :I
Merneger,
Yij
1260 MERCURE
Diepenbrouck ,
Staatmeiſter ,
Beling ,
Tecklembourg,
·
Dubreuil ,
Rantzau ,
Bothmar Dragons ,
Ghele Dragons ,
Saint Laurent ,
Vorghl,
Schuyter
Grote,
I
I
I
I
28
4
3
2.
2
2
3 Pentz ,
Schoulembourg ,
Leib Regiment
Icahn,
3
42
12
2
GALANT.261
Bulow ,
4
29
Bat. Efc.
Premiere ligne 42-73
Seconde ligne 28 65
Total 70 138
de l'Armée des Alliez ,
commandée par Mr le
Duc d'Ormont,
en 1712.
Generaux.
Duc de Wirtemberg.
Orkenay ,
Lumlay.
Lieutenants Generaux.
Cheufe , Gersdorff
Schwertzel, Wilke, North,
GALANT. 25t
Wirhers , Row , Stair
Cadogan, Wood.
Generaux Majors.
Schmettau Milkan
Boiffer , Stocken , Prince de
Heffe, Seckendorf, Sabine,
Evans, Primrole , Barner ,
Schmettau ,
Kellum.
Sibourg
Brigadiers.
Preſton , Panton , Napper,
Waleff, Sutton , Durel ,
Ruffel, Moriffon , Corbel,
Bonnard , Romling, Pre-
252 MERCURE
torius , Pleffe , Oeles
wirtemberg, Kaneyl.
PREMIERE LIGNE.
Colonitz Houffards ,Mos
Stairs Dragons ,
Ker Dragons,
Roffe,
Lumley
Cadogan,
Palmes ,
Hatwick ,
Wood;
Waleff Dragons ,
Schmettau Dragons ,
Vandernath ,
40
CALANT. 253
Gardes Britanniques ,
Royal ,
Sabine ,
Neulon ,
Hertford ,
Royal ,
Primroſe ,
Evans ,
Durel ,
Selwin ,
Preſton,
Lée ,
Stern ,
Web ,
Silbourg,
Procok ,
Sutten,
#54 MERCURE
Nort,
Hamilthon,
Whyn,
I
Orrery,
Barner ,
2
Erp. Prince wolfenbutel , 1
Beveren Wolfenbutel ,
Gardes ,
Craons Pirius ,
I
Seckendorff ,
Goltz ,
I
Weiffenfels ,
r
Koningine ,
Schwertzel ,
I
Pleffe ,
Fichnen ,
Bonnard,
I
GALANT. 245
Pretorius ,
Dapremont,
Boiffet ,
Romling,
I
Gardes Danoifes ,
I
I
42
Leib Regiment Saxe Dragons ,
Milkau ,
4
4
Winkel,
4
Ranzau,
2
Cheufe ,
2.
Schmettau , 2
Wirtemberg,
[ 2
Kneyl ,
2
Grabo ,
Leutego ,
256 MERGURE
Leib Regiment Danois , 2
Wirtemberg Goels Dragons ,
33
Bulow ,
Generaux.
Prince Dhanalt Deffaw.
Lieutenants Generaux.
Fehoulembourg , Saint
Laurent , Rantzaw , Natzmar.
GALANT. 257
Generaux Majors.
Bothmar, Pentz , Gatani ,
Troffel , Borck , du Portail ,
Pannewitz,
Brigadiers.
Voutteno , Vauderable ,
Lobert, Reeden , Raders ,
Montagnes Cofovitz
Dubreuil ,
Breitenbach ,
Icahn
,
Septembre 1712. X
158 MERCURE
SECONDE - LIGNE.
2
LeibRegiment Dragons , 4
Prince Alberche Dragons, 4
Dorflng Dragons ,
4
Pannewitz Dragons , 4
Wanderalbe Dragons , 4
Leib Regiment Cavalerie, 3
Croon Prius ,
Prince Frederick ,
Henden ,
Duportail ,
Catte ,
3
3
36
Leib Regiment Infanterie, 2
Prince Alberche ,
GALANT 259
Erp. Prius ,
Alt Dhona,
Varenne ,
Hanalt Zerbet ,
Heydent,
Trofelle ,
Groumlkow ,
Anspach ,
Cavanach,
Ottingen,
Gavain ,
Cofortz
Recke ,
Melleville ,
I
I
I
I
Delver , I
Boldenin , :I
Merneger,
Yij
1260 MERCURE
Diepenbrouck ,
Staatmeiſter ,
Beling ,
Tecklembourg,
·
Dubreuil ,
Rantzau ,
Bothmar Dragons ,
Ghele Dragons ,
Saint Laurent ,
Vorghl,
Schuyter
Grote,
I
I
I
I
28
4
3
2.
2
2
3 Pentz ,
Schoulembourg ,
Leib Regiment
Icahn,
3
42
12
2
GALANT.261
Bulow ,
4
29
Bat. Efc.
Premiere ligne 42-73
Seconde ligne 28 65
Total 70 138
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Résumé : ORDRE DE BATAILLE. de l'Armée des Allez, commandée par Mr le Duc d'Ormont, en 1712.
En 1712, l'Armée des Alliés, dirigée par le Duc d'Ormont, est structurée en divers grades et unités militaires. Les généraux incluent le Duc de Wirtemberg, Orkenay et Lumlay. Les lieutenants généraux sont Cheufe, Gersdorff, Schwertzel, Wilke, North, Galant, Wirhers, Row, Stair, Cadogan et Wood. Les généraux majors comprennent Schmettau, Milkan, Boiffer, Stocken, Prince de Heffe, Seckendorf, Sabine, Evans, Primrole, Barner, Kellum et Sibourg. Les brigadiers incluent Preston, Panton, Napper, Waleff, Sutton, Durel, Ruffel, Moriffon, Corbel, Bonnard, Romling, Pretorius, Pleffe, Oeleswirtemberg et Kaneyl. L'ordre de bataille comprend deux lignes. La première ligne inclut des unités de cavalerie et d'infanterie telles que les Colonitz Houffards, les Stairs Dragons, les Ker Dragons, les Gardes Britanniques, et plusieurs régiments de dragons et d'infanterie. La seconde ligne comprend le Leib Regiment Dragons, le Prince Alberche Dragons, le Dorfling Dragons, et d'autres régiments de cavalerie et d'infanterie. Des unités spécifiques comme le Leib Regiment Saxe Dragons, le Leib Regiment Danois, et les Gardes Danoises sont également mentionnées. Les effectifs totaux sont de 70 bataillons et 138 escadrons.
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7280
p. 239-252
Morts. [titre d'après la table]
Début :
Messire Henry Jules de Mazarin, Duc de Mayene, dont l'esprit [...]
Mots clefs :
Lieutenant, Roi, Chevalier, Duc, Armées, Marquis, Normandie, Lieutenant général
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
MessireHenry Julesde Maz,.
ui, Duc de Mayenne, donc
l'esprit répondant à toutes les
belles qualitésque l'on peut
voir dans un jeune homme,
donnoit déjàa de grandes esperances,
mourut de la petite
verole le x8,Juin dernier, âgé
de 12. ans : il estoit fils de
MessirePaulJules Duc de Mazarin,
de la Meilleraye & de
Mayenne,Pair de France
Gouverneur de Blavet, Port-
Louis, &c. & de Fdlcc Armande
Charlote de Durfort
de Duras, filleaînée de Mesre
Jacques Henry deDurfort
Duc de Duras, Pair &Maréchal
de France , & petit fils de.
Messire Armand Charles Duc
de Mazarin, PairdeFrance,
& Chevalier des Ordres du,
Roy. La Maisonde Mazarin
ra- originaire de la Ville de
Rome, & est non seulement
connue en France depuis lé,
Cardinal Mazarin qui enétoit
premier Ministre, mais encore
eHètfeft pas moins illustre par
son
son ancienneté que par ses
grandes alliances. La Genealogie
en cO: rapportée tout au
long dans l'Histoire des Ma- Pl réchaux de France, au même
chapitre.
M.jean-Baptiste Ducasse,
âgé de 63. ans,Lieutenant General
des Armées navales,
Commandeur de l'Ordre de
S. Loüis, Chevalier de la Toisond'or,
Capitaine General
du Roy d'Espagne, & que S.
M. C. avoit honoré en dernier
lieu de la commission de Commandant
de ses Armées navales
au Siege de Barcelone
est mort auxeaux de Bourbon
fort regrettéde toute sa famille.
On peut dire en deux
mots que par tour où sou service
l'a appellé, il a donné des
marques d'une prudence consommée
par la conduire, &
d'une grande valeur pour le
fervtce des Rois,dont il a reçtk
en differentes fois des marques
de bienveillance;
:-, Dame Marie Françoise Berthaut
de Freauville, Dame
d'honneur de Madame la Duebefle
de Berry, mourut le 16.
Juin dernier :elle estoit femme
de Mtflue FrançoisTouffaiût
deGuerhoent, Marquis de
Coëtenfao, Comte dePenhont
,
&c. Lieutenant General
des Armées du Roy,Sous-
Lieutenant des chevaux Legers
de sa Garde, & Chevalier
d honneur de Madame la Duçhesse
de Berry. Madame de
Freauville estoitfille de Messire
FrançoisBerthaut deFreauville,
Conseiller au Parlement de
Paris, mort le
1 4. Décembre
1713. & de Dame Marie de
la Garde. Pour Monsieur le
Marquis de Coëtenfao ilest
frere de Monsieurl'Evêque
d'Avranches,dont le zel e pour
le bien de l'Eglise luy attire l'esrime,
nonseulement de son
Diocese, mais encore de tous
ceux qui le connoissent. La
famille de Freauville est originaire
de Normandie: pour
celle de Coëtenfao, elleest une
des plus illustres de laBretagne.
-
Messire Henry Pidoude S.
Olon, Chevalier de l'Ordre de
NostreDame de MontCar
mel & deS. Lazare de Jerusalem
,
Gentilhomme ordinaire
du Roy, cy- devant Sous-
Lieutenant aux Gardes, mourut
le 13. Juindernier ;ilétoit
fils deM. Pidou deS.Olon,
cy-devant Envoyé extraordinaire
du Roy à Genes, & son
Ambassadeur auprés du Roy
de Maroc, Commandeur de
l'Ordre du Mont-Carmel &
de S. Lazare, Gentilhomme
ordinaire de la Maison du
Roy.
Dans le Mercure du mois
passé j'ay mis un article cjuiregarde
Madame la Marquise de
Nonant
,
sur des Mémoires
qu'on m'avoit donnez
,
j'ay
appris depuis qu'ils n'estoient
pas veritables; les preuves de
faussetéqu'onm'en a données,
m'obligent par rcfpeû pour la
venté à changer cet article
dans le present Mcrcurc à
vous dire que l ';,
La Maison des Fradets est
establie dans la Province de
Berry depuis si longtemps qu'il
n'estmemoire de soncommencement
:l'ancien Armorial des
Heros de l'an 1320. & celuy
de la Bannicre de Berry du
temps du Roy Charles VII.
la mettent au nombre des nobles
familles du Berry.
-, Au temps des Croisades
pourla Terre Sainte,il cfl: rapporté
par Aubert de Poitiers
dans son livre imprimé en
J162,. que JeanFradeten
combattant contre les Turcs
y sur percé de trois dards ou
javelots :ce que l'Empereur
Alexis ayant rû, il ordonna
que pour marque de la valeur
de ce fidele Chrêtien, luy & sa
famille les porteroient dans
leurs armes, ce qui s'est continué
jurqt/à pre sent; ses descendans
ont eû des emplois
honorables à la guerre où ils
se sont toujours signalez.
Alexandre Fradet fut un des
trente Gentilshommesqui se
battirent en duel contre trente
autresGentils hommes Partisans
de Jean IV.Duc de
: Bretagne, fous le regne du
Roy Jean en 1350. il com-
; battit avec Jean de Beaumanoir,
Chevalier Partisan de la
Maison de Blois.
Jicquelin Fradet, Gouverneur
de Falaise en Normandie,
fat envoyé par le Roy Charges
V. en Angleterre pour traiter
de la rançon du Roy Jean
:
son pere, d'où retournant il
mourut à Boulogne, & fut
enterré dans l'Eglise Cathédrale
en 1361.
JeanFradet fut Gouverneur
de la Ville du Pont de l'Arche
en Normandie en 1371. fous
les Regnes des Rois Charles V-
& CharlesVI.
Pierre Fradet fat Gouverneur
de la Charité, & ensuite
de la grosseTour de Bourges.
Armand Fradet fut Evêque
de Rieux en 1400.
Nicolas Fradet fut envoyé
à Rome par le Roy Charles
VII. le 14. May1448. pour
les affaires du Clergé de France
où il mourut après avoir
fondé une Chapelle dans l'E-.
gliseCathedralede S.Estienne
de Bourges, & une Mciïe à
perpétuité, moyennant jopï
écus d'or,à laquelleChapelie
font ses Armes en dedans &
en dehors; elle est entre celles
de M ssieurs les Maréchaux de
Montigny & de la Chjastre.
, Durand Fradet fut grand
Prévoit de 1 Hostel du Roy
LouisXI. en 1480.
Antoine Fradet fut Commandant
pour le Roy à Sancerre
durant la L'uc en 11Sc.
Jean son fil,;
,
Chevalier Seigneur
de S. Aoust, fut Gouverneur
de la grosse Tour de
Bour ges, & Lieutenant de
Monseigneur le Prince de
Condé, Gouverneur de Berry.
( M. Jean Fradet de Saint
Aoust
,
Comte de Châteaumeillan,
Conseiller du Royen
tous ses ConseilsMarêchal
de ses Camps & Armées,Lieutenant
General de l'Artillerie
de France, qui ensuite a exercé
la Charge de Grand Maître de
l'Artillerie par commission du
Roy Lciiis XIII.épousaDame
Jeanne Marie de S Gelais
de Lusignan,qui lui apporta
200000. liv. en dot;duquel
mariage est issu.
., M. Armand Antoine Fradct
de Saine Aoust
, Lieutenant
de Roy de la Province de
Berry
,
Mestre de Campd'un
Regiment de Cavalerie,&
Brigadier des Armées du Roi,
tuéenFlandresen1675.
EtDame JeanneMarie Frader
de Saint Aoust, veuve de
M. Jacques Duplessis Châtil-
Ion
,
Marquis dudit lieu &de
Nonant.
ui, Duc de Mayenne, donc
l'esprit répondant à toutes les
belles qualitésque l'on peut
voir dans un jeune homme,
donnoit déjàa de grandes esperances,
mourut de la petite
verole le x8,Juin dernier, âgé
de 12. ans : il estoit fils de
MessirePaulJules Duc de Mazarin,
de la Meilleraye & de
Mayenne,Pair de France
Gouverneur de Blavet, Port-
Louis, &c. & de Fdlcc Armande
Charlote de Durfort
de Duras, filleaînée de Mesre
Jacques Henry deDurfort
Duc de Duras, Pair &Maréchal
de France , & petit fils de.
Messire Armand Charles Duc
de Mazarin, PairdeFrance,
& Chevalier des Ordres du,
Roy. La Maisonde Mazarin
ra- originaire de la Ville de
Rome, & est non seulement
connue en France depuis lé,
Cardinal Mazarin qui enétoit
premier Ministre, mais encore
eHètfeft pas moins illustre par
son
son ancienneté que par ses
grandes alliances. La Genealogie
en cO: rapportée tout au
long dans l'Histoire des Ma- Pl réchaux de France, au même
chapitre.
M.jean-Baptiste Ducasse,
âgé de 63. ans,Lieutenant General
des Armées navales,
Commandeur de l'Ordre de
S. Loüis, Chevalier de la Toisond'or,
Capitaine General
du Roy d'Espagne, & que S.
M. C. avoit honoré en dernier
lieu de la commission de Commandant
de ses Armées navales
au Siege de Barcelone
est mort auxeaux de Bourbon
fort regrettéde toute sa famille.
On peut dire en deux
mots que par tour où sou service
l'a appellé, il a donné des
marques d'une prudence consommée
par la conduire, &
d'une grande valeur pour le
fervtce des Rois,dont il a reçtk
en differentes fois des marques
de bienveillance;
:-, Dame Marie Françoise Berthaut
de Freauville, Dame
d'honneur de Madame la Duebefle
de Berry, mourut le 16.
Juin dernier :elle estoit femme
de Mtflue FrançoisTouffaiût
deGuerhoent, Marquis de
Coëtenfao, Comte dePenhont
,
&c. Lieutenant General
des Armées du Roy,Sous-
Lieutenant des chevaux Legers
de sa Garde, & Chevalier
d honneur de Madame la Duçhesse
de Berry. Madame de
Freauville estoitfille de Messire
FrançoisBerthaut deFreauville,
Conseiller au Parlement de
Paris, mort le
1 4. Décembre
1713. & de Dame Marie de
la Garde. Pour Monsieur le
Marquis de Coëtenfao ilest
frere de Monsieurl'Evêque
d'Avranches,dont le zel e pour
le bien de l'Eglise luy attire l'esrime,
nonseulement de son
Diocese, mais encore de tous
ceux qui le connoissent. La
famille de Freauville est originaire
de Normandie: pour
celle de Coëtenfao, elleest une
des plus illustres de laBretagne.
-
Messire Henry Pidoude S.
Olon, Chevalier de l'Ordre de
NostreDame de MontCar
mel & deS. Lazare de Jerusalem
,
Gentilhomme ordinaire
du Roy, cy- devant Sous-
Lieutenant aux Gardes, mourut
le 13. Juindernier ;ilétoit
fils deM. Pidou deS.Olon,
cy-devant Envoyé extraordinaire
du Roy à Genes, & son
Ambassadeur auprés du Roy
de Maroc, Commandeur de
l'Ordre du Mont-Carmel &
de S. Lazare, Gentilhomme
ordinaire de la Maison du
Roy.
Dans le Mercure du mois
passé j'ay mis un article cjuiregarde
Madame la Marquise de
Nonant
,
sur des Mémoires
qu'on m'avoit donnez
,
j'ay
appris depuis qu'ils n'estoient
pas veritables; les preuves de
faussetéqu'onm'en a données,
m'obligent par rcfpeû pour la
venté à changer cet article
dans le present Mcrcurc à
vous dire que l ';,
La Maison des Fradets est
establie dans la Province de
Berry depuis si longtemps qu'il
n'estmemoire de soncommencement
:l'ancien Armorial des
Heros de l'an 1320. & celuy
de la Bannicre de Berry du
temps du Roy Charles VII.
la mettent au nombre des nobles
familles du Berry.
-, Au temps des Croisades
pourla Terre Sainte,il cfl: rapporté
par Aubert de Poitiers
dans son livre imprimé en
J162,. que JeanFradeten
combattant contre les Turcs
y sur percé de trois dards ou
javelots :ce que l'Empereur
Alexis ayant rû, il ordonna
que pour marque de la valeur
de ce fidele Chrêtien, luy & sa
famille les porteroient dans
leurs armes, ce qui s'est continué
jurqt/à pre sent; ses descendans
ont eû des emplois
honorables à la guerre où ils
se sont toujours signalez.
Alexandre Fradet fut un des
trente Gentilshommesqui se
battirent en duel contre trente
autresGentils hommes Partisans
de Jean IV.Duc de
: Bretagne, fous le regne du
Roy Jean en 1350. il com-
; battit avec Jean de Beaumanoir,
Chevalier Partisan de la
Maison de Blois.
Jicquelin Fradet, Gouverneur
de Falaise en Normandie,
fat envoyé par le Roy Charges
V. en Angleterre pour traiter
de la rançon du Roy Jean
:
son pere, d'où retournant il
mourut à Boulogne, & fut
enterré dans l'Eglise Cathédrale
en 1361.
JeanFradet fut Gouverneur
de la Ville du Pont de l'Arche
en Normandie en 1371. fous
les Regnes des Rois Charles V-
& CharlesVI.
Pierre Fradet fat Gouverneur
de la Charité, & ensuite
de la grosseTour de Bourges.
Armand Fradet fut Evêque
de Rieux en 1400.
Nicolas Fradet fut envoyé
à Rome par le Roy Charles
VII. le 14. May1448. pour
les affaires du Clergé de France
où il mourut après avoir
fondé une Chapelle dans l'E-.
gliseCathedralede S.Estienne
de Bourges, & une Mciïe à
perpétuité, moyennant jopï
écus d'or,à laquelleChapelie
font ses Armes en dedans &
en dehors; elle est entre celles
de M ssieurs les Maréchaux de
Montigny & de la Chjastre.
, Durand Fradet fut grand
Prévoit de 1 Hostel du Roy
LouisXI. en 1480.
Antoine Fradet fut Commandant
pour le Roy à Sancerre
durant la L'uc en 11Sc.
Jean son fil,;
,
Chevalier Seigneur
de S. Aoust, fut Gouverneur
de la grosse Tour de
Bour ges, & Lieutenant de
Monseigneur le Prince de
Condé, Gouverneur de Berry.
( M. Jean Fradet de Saint
Aoust
,
Comte de Châteaumeillan,
Conseiller du Royen
tous ses ConseilsMarêchal
de ses Camps & Armées,Lieutenant
General de l'Artillerie
de France, qui ensuite a exercé
la Charge de Grand Maître de
l'Artillerie par commission du
Roy Lciiis XIII.épousaDame
Jeanne Marie de S Gelais
de Lusignan,qui lui apporta
200000. liv. en dot;duquel
mariage est issu.
., M. Armand Antoine Fradct
de Saine Aoust
, Lieutenant
de Roy de la Province de
Berry
,
Mestre de Campd'un
Regiment de Cavalerie,&
Brigadier des Armées du Roi,
tuéenFlandresen1675.
EtDame JeanneMarie Frader
de Saint Aoust, veuve de
M. Jacques Duplessis Châtil-
Ion
,
Marquis dudit lieu &de
Nonant.
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7281
p. 251-265
Traité de Suspension d'Armes entre la France & l'Angleterre.
Début :
Comme il y a lieu d'esperere un heureux succes [...]
Mots clefs :
Traite, Suspension d'armes, Actes d'hostilité, Garnisons, Gens de guerre, Vaisseaux, Marchandises, Reine de la grande Bretagne, Ratifications
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Traité de Suspension d'Armes entre la France & l'Angleterre.
Traite de Suspensionà'Armes
entre i. France (p* l'Aiu
gleterre*
Ommc il ya
lieu d'er.
perere un heureux
succes des Conférences établies à Urechr par les soins
de leurs M. T.Chrétienne
& Britannique pour lerérablissement de la Paix generale
,
& quelles ont jugé
necessaire de prévenir tous
les évenemens de Guerre,capables de troubler l'état ou.
la Négociation le trouve
prefentemenc ;
- leurdités
Majestez,atrentives au bonheur de la Chrétienté, font
convenues d'une Suspension
d'armes, comme du moyen
le plus sûrpourparvenir au
bien général qu'Elles se pro..
posent. Et quoique jusqua
present Sa Majesté Britannique, n'ait pu persuader
ses Alliez d'entier dans ces
mêmes sentimens, le refus
qu'ils font de les suivre n'étant pas uneraisonsuffisante pour empêcher Sa Maje«
(té Trés-Chrétienne de mar-
quer par des preuves effecti-
,
ves, le désir qu'Elle a
de rétablir au plutôt une parfaite
amitié, & une sincere correspondance entre Elle &la
Reine de la Grande Bretagne, les Royaumes, Etats
&Sujetsdeleurs Majeftez.
Sadite-Majesté Trçs Chrétienne après avoir confié aux
Troupes Angloises la garde
des Ville,Citadelle&Forts
de Dunkerque
,
pour marque de sa bonne foy, consent & promet, comme la
Reine de la Grande BretaI
gne promet aussi de sa parc.
I.
Qu'il y aura uneSuspension generale de
- toutes eiv
treprises & faits d'Armes,
& generalement de tous
a£tes d'hostlitez entre les ,-
Armées, Troupes, FJotcs,
Escadres& Navires de leurs
Majestez Très-Chrétienne
& Britannique, pendant le
terme de quatre mois, à
commencer du vingt deuxième du present mois
d'Aoust, jusqu'au vingtdeuxiéme du mois de Decembre prochain.
IL
LamêmeSuspension fera
établie entre les garnisons&
Gens de Guerre,que leursM.
tiennent pour la défense &
garde de leurs Places, dans
tousles Lieux où leurs Armes agissent, ou peuvent
agir, tant par Terre que par
Mer, ou autres Eaux, en
forte que s'il arrivoit que
pendant le tems de la Suspension,on y
contrevint de
part ou d'autre, par la prise
d'une ou de plusieurs Places,
soit par attaque, surprise,
ou intelligence iccreie, en.
quelque endroit du monde
que ce fust, qu'on fist des
Prisonniers, ou quelques
autres Actesd'hostilité,par
quelque accident imprévû
dé la nature de ceuxqu'on
ne peut prévenir
,
contraires à la presenteCessation
d'armes, cette contravention se reparera de part &
d'autre, de bonne foy, sans
délay ni difficulté, icftituant sans aucune diminution, ce qui aura été pris, &
mettant les Prisonniers en
liberté,
liberté, sans demander aucune chose pour leur rançon, ni pourleur dépense.
III,
Pour prévenir pareillement tous sujets de plaintes
& contractionsqui pourroient naîstre à l'occasion
des' Vaisseaux, Marchandises,puautreseffets qui se-
,
, , stoient pris parMer, T pendant le tems de laSuspension voiv est convenu reciptoquehrerrr qtiè;: lefdite
"yài-ffcauxV Marchandises &£
effets qui seroient pris dans
la Manche, & dans les Mers
du Nord, après l'espace de
douze jours, a compter depuis la signature de la susdite Suspension,seront de part
& d'autre restituez réciproquement.
Que le terme fera desix
semaines pour les prisesfaites depuis la Manche, les
Mers Britanniques, & les
Mers du Nord, jusqu'au
CapSaint Vincent.
Et pareillement de six lèmaines,depuis & au- delà de
~c Capjusqu'àlaLigne
>
foie
dans l'Ocean, soit dans la
Mer Méditerranée.
Enfin, de six mois au<
delà de la Ligne, & dans
tous les auttes endroits du
monde, sansaucuneexception ni autre distinction
plus particulière de temps
& delieu.
IV.
Comme lamêmeSuspension fera observée entre
les Royaumes de la Grande
Bretagne & d'Espagne; Sa
MajestéBritanniquepromet
qu'aucun de ses Navires de
Guerre ou Marchands, Barques ou autres Bastimens appartenais à Sa Majesté Britannique ou àses Sujets, ne
feront desormais employez
à transporterou envoyer en
Portugal, en Catalogne, ni
dans aucun des lieux où la
Guerre se fait presentement
des Troupes, Chevaux, Armes, Habits, lX en general
routes munitions de guerre
:&de bouche.
.< V.
: ',',Toutefois il sera libre à
Sa Majesté Britannique, de
faire transporter des Troupes, des munitions de guerre & de bouche, & autres
provisions dans les Places de
Gibraltar, & dePort-Mahon, actuellement occupées par ses Armes,&donc
la possessionluidoitdemeurer par le Traitéde Paix qui
interviendra, comme aussi
de retirer d'Espagne les
Troupes Angloises
,
& gçneralement tous les
e
ffets
qui luy appartiennent dans
ce Royaume, soit pour les
faire passer dans ilflcde Mi-
norque, soit pour les conduire dans la Grande Bretagne, sans que lefdicsTransports soient censez contraires à la Suspension.
Vl.
La Reine de la Grande
Bretagne pourra pareillement sans y
contrevenir,
prêcer ses Vaisseaux pour
transporrer en Portugal les
Troupes de cette Nation
qui font actuellement en
Catalogne, & pour [rane.
porter en Italie les Troupes
Allemandes qui sont aussi
dansla même Province.
VIL
Immédiatement après que
le present Traire de Suspension aura été déclaré en
Espagne, le Roy se fait
fort que le blocus de Gibraltar fera levé, & que la Garnison Angloise aussi- bien
que les Marchandsqui Ce
trouveront dans cette Place,
pourront en toute liberté
vivre, traiter & négocier
fLYcc les Espagnols.
,
VIII.
Les Ratifications du present. Traité seront échangées de part& d'autre dans
le terme de quinze jours,
pq plûtôt si fairese peut.
Enfoydequoy, &en
vertu des Ordres & pouvoirs
que Nous soussignez avons reçûduRoyTrés-Ghréticn,
& delàl^èine delaGrande
Bretagne, nos1 Maître&
Presentes, Maîtresse, apposeslesavons &'Sc^aux^ yavons ligné détiefcles Armes,
stïc
Armes. Fait à Paris le dixneuviéme Aoust mil sept
cens douze.
(L.S.)COLBERT DE TORCY.
(L.S.) BOLINGBROKE
entre i. France (p* l'Aiu
gleterre*
Ommc il ya
lieu d'er.
perere un heureux
succes des Conférences établies à Urechr par les soins
de leurs M. T.Chrétienne
& Britannique pour lerérablissement de la Paix generale
,
& quelles ont jugé
necessaire de prévenir tous
les évenemens de Guerre,capables de troubler l'état ou.
la Négociation le trouve
prefentemenc ;
- leurdités
Majestez,atrentives au bonheur de la Chrétienté, font
convenues d'une Suspension
d'armes, comme du moyen
le plus sûrpourparvenir au
bien général qu'Elles se pro..
posent. Et quoique jusqua
present Sa Majesté Britannique, n'ait pu persuader
ses Alliez d'entier dans ces
mêmes sentimens, le refus
qu'ils font de les suivre n'étant pas uneraisonsuffisante pour empêcher Sa Maje«
(té Trés-Chrétienne de mar-
quer par des preuves effecti-
,
ves, le désir qu'Elle a
de rétablir au plutôt une parfaite
amitié, & une sincere correspondance entre Elle &la
Reine de la Grande Bretagne, les Royaumes, Etats
&Sujetsdeleurs Majeftez.
Sadite-Majesté Trçs Chrétienne après avoir confié aux
Troupes Angloises la garde
des Ville,Citadelle&Forts
de Dunkerque
,
pour marque de sa bonne foy, consent & promet, comme la
Reine de la Grande BretaI
gne promet aussi de sa parc.
I.
Qu'il y aura uneSuspension generale de
- toutes eiv
treprises & faits d'Armes,
& generalement de tous
a£tes d'hostlitez entre les ,-
Armées, Troupes, FJotcs,
Escadres& Navires de leurs
Majestez Très-Chrétienne
& Britannique, pendant le
terme de quatre mois, à
commencer du vingt deuxième du present mois
d'Aoust, jusqu'au vingtdeuxiéme du mois de Decembre prochain.
IL
LamêmeSuspension fera
établie entre les garnisons&
Gens de Guerre,que leursM.
tiennent pour la défense &
garde de leurs Places, dans
tousles Lieux où leurs Armes agissent, ou peuvent
agir, tant par Terre que par
Mer, ou autres Eaux, en
forte que s'il arrivoit que
pendant le tems de la Suspension,on y
contrevint de
part ou d'autre, par la prise
d'une ou de plusieurs Places,
soit par attaque, surprise,
ou intelligence iccreie, en.
quelque endroit du monde
que ce fust, qu'on fist des
Prisonniers, ou quelques
autres Actesd'hostilité,par
quelque accident imprévû
dé la nature de ceuxqu'on
ne peut prévenir
,
contraires à la presenteCessation
d'armes, cette contravention se reparera de part &
d'autre, de bonne foy, sans
délay ni difficulté, icftituant sans aucune diminution, ce qui aura été pris, &
mettant les Prisonniers en
liberté,
liberté, sans demander aucune chose pour leur rançon, ni pourleur dépense.
III,
Pour prévenir pareillement tous sujets de plaintes
& contractionsqui pourroient naîstre à l'occasion
des' Vaisseaux, Marchandises,puautreseffets qui se-
,
, , stoient pris parMer, T pendant le tems de laSuspension voiv est convenu reciptoquehrerrr qtiè;: lefdite
"yài-ffcauxV Marchandises &£
effets qui seroient pris dans
la Manche, & dans les Mers
du Nord, après l'espace de
douze jours, a compter depuis la signature de la susdite Suspension,seront de part
& d'autre restituez réciproquement.
Que le terme fera desix
semaines pour les prisesfaites depuis la Manche, les
Mers Britanniques, & les
Mers du Nord, jusqu'au
CapSaint Vincent.
Et pareillement de six lèmaines,depuis & au- delà de
~c Capjusqu'àlaLigne
>
foie
dans l'Ocean, soit dans la
Mer Méditerranée.
Enfin, de six mois au<
delà de la Ligne, & dans
tous les auttes endroits du
monde, sansaucuneexception ni autre distinction
plus particulière de temps
& delieu.
IV.
Comme lamêmeSuspension fera observée entre
les Royaumes de la Grande
Bretagne & d'Espagne; Sa
MajestéBritanniquepromet
qu'aucun de ses Navires de
Guerre ou Marchands, Barques ou autres Bastimens appartenais à Sa Majesté Britannique ou àses Sujets, ne
feront desormais employez
à transporterou envoyer en
Portugal, en Catalogne, ni
dans aucun des lieux où la
Guerre se fait presentement
des Troupes, Chevaux, Armes, Habits, lX en general
routes munitions de guerre
:&de bouche.
.< V.
: ',',Toutefois il sera libre à
Sa Majesté Britannique, de
faire transporter des Troupes, des munitions de guerre & de bouche, & autres
provisions dans les Places de
Gibraltar, & dePort-Mahon, actuellement occupées par ses Armes,&donc
la possessionluidoitdemeurer par le Traitéde Paix qui
interviendra, comme aussi
de retirer d'Espagne les
Troupes Angloises
,
& gçneralement tous les
e
ffets
qui luy appartiennent dans
ce Royaume, soit pour les
faire passer dans ilflcde Mi-
norque, soit pour les conduire dans la Grande Bretagne, sans que lefdicsTransports soient censez contraires à la Suspension.
Vl.
La Reine de la Grande
Bretagne pourra pareillement sans y
contrevenir,
prêcer ses Vaisseaux pour
transporrer en Portugal les
Troupes de cette Nation
qui font actuellement en
Catalogne, & pour [rane.
porter en Italie les Troupes
Allemandes qui sont aussi
dansla même Province.
VIL
Immédiatement après que
le present Traire de Suspension aura été déclaré en
Espagne, le Roy se fait
fort que le blocus de Gibraltar fera levé, & que la Garnison Angloise aussi- bien
que les Marchandsqui Ce
trouveront dans cette Place,
pourront en toute liberté
vivre, traiter & négocier
fLYcc les Espagnols.
,
VIII.
Les Ratifications du present. Traité seront échangées de part& d'autre dans
le terme de quinze jours,
pq plûtôt si fairese peut.
Enfoydequoy, &en
vertu des Ordres & pouvoirs
que Nous soussignez avons reçûduRoyTrés-Ghréticn,
& delàl^èine delaGrande
Bretagne, nos1 Maître&
Presentes, Maîtresse, apposeslesavons &'Sc^aux^ yavons ligné détiefcles Armes,
stïc
Armes. Fait à Paris le dixneuviéme Aoust mil sept
cens douze.
(L.S.)COLBERT DE TORCY.
(L.S.) BOLINGBROKE
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Résumé : Traité de Suspension d'Armes entre la France & l'Angleterre.
Le traité de suspension d'armes entre la France et la Grande-Bretagne, signé à Paris le 19 août 1712, a pour objectif de rétablir la paix générale après les conférences de Utrecht. Les monarques des deux nations, la Majesté Très-Chrétienne et la Reine de Grande-Bretagne, ont convenu de suspendre les hostilités pour faciliter les négociations en cours. Cette suspension d'armes est en vigueur du 22 août au 22 décembre 1712 et s'applique à toutes les actions militaires entre les armées, troupes, forts, escadres et navires des deux pays. En cas de violation de cet accord, les parties s'engagent à réparer les dommages de bonne foi, sans délai ni difficulté. Le traité stipule également la restitution des vaisseaux, marchandises et effets capturés en mer, avec des délais de restitution variant de douze jours à six mois, selon la localisation. De plus, la suspension d'armes est également observée entre la Grande-Bretagne et l'Espagne, avec des clauses spécifiques concernant le transport de troupes et de munitions. Les ratifications du traité doivent être échangées dans un délai de quinze jours. Le document est signé par Colbert de Torcy pour la France et Bolingbroke pour la Grande-Bretagne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7282
p. 251-267
HISTOIRE de Bichon, Chienne favorite de Madame de P... presentée par Bichon mesme à sa belle Maistresse pour son Bouquet, le 21. de Janvier jour de sa Feste.
Début :
Vostre Bichon, vostre chere Maman [...]
Mots clefs :
Chien, Chienne, Amour, Jupiter, Yeux, Bichon
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texteReconnaissance textuelle : HISTOIRE de Bichon, Chienne favorite de Madame de P... presentée par Bichon mesme à sa belle Maistresse pour son Bouquet, le 21. de Janvier jour de sa Feste.
HISTO IRE
de BichonyChienne
favorite de Madame
deP.presèntée par
Bichonmejmeasa belle
Maistressepourfin
Bouquet) lezi. dejanrrjierjour
de sa Fesie.
Ostre Bichon, vostre
chere Maman *
Pour son Bouquet vous
donne son Histoire,
Qui passeroit pour Fable
ou pour Roman
S'il estrien dedisette
à croire.
Quand il s'agit du pouvoir
de vos yeux; Mais puisqu'enfin je les
prefere aux Cieux
Que deformaisnul égard
ne m'arreste,
Je doisl'aveu, mesme en
dépit des Dieux , De vostregloire au jour
de vostre feste.
Gonnoissez-moy iàu$
la peau de Bichoa*
Vous possedez une
Chienne immortelle
Qui , vous adore, & qui
veut fous ce nom
Fuïr le sejour des enfans
de Cibelle
Pourvous servir,pour
vous suivreen tous
lieux;
Pour moy ce fort a d'autant
plus de charmes ,
Que vous pouvez m'aimer
sans qu'à vos yeux
Jamais ma mort puisse
couster des larmes :
Or lisez donc la suite
sansallarmes.
Ce chien fameux, ce
chien de si haut prix
Qui fut donné par Diane
à Procris
y Et par Procrisàson Epoux
Cephale,
Qui s'en feroit heureusement
servi
Si ce beau chien de bonté
sans égale,
Du Dard fataln'avoitestésuivi.
Lelape enfin, c'est son
nom,fut mon pere :
S'il s'affranchit de la dent
de Cerbere
Ovideassez vous en in
formera,
Et comme chien, de tout
ce qu'il sçut faire;
Venons àmoy. Sous le
nom deMoera
Je fus jadiscelebre da,. ns
la Grece,
Chienne n'aima jamais,
ny n'aimera,
Comme j'aimay * ma
! Erigone. 1
premiere Maistresse:
Je la perdis. Quel fut
mon desarroy ?
Jevalus seule un funebre
convoy; J'étourdis tant VQurJe,
v
le Crepuscule,
-
Des jours, des nuits, par
maint perçant abboy,
Mes cris des airs par le
perpendicule
Frappent si fort les oreilles
du Roy,
Qui sur l'Olympe aux
autres fait la loy,
-. Que
Que Jupiter au Ciel
m'immatricule:
Ma loyauté fit un Astre
de moy
Que les Mortels nommerent
Canicule.
Tout l'U nivers sçaitquel
fut mon employ ;
Embraser tout. Mais
certaines années
Je vis pourtant que malgré
tous mes soins
Soit par malin vouloir
des Destinés, Soit autrement,je réüC
fïflois moins.
On frissonnoit quelquefois
fous mon regne >
Quoy de baiser est-il.
temps que je craigne,
M'imaginois-je ? un foir
a Í/"ïl'e::'rt':.[l
( Quand ces pensées me
rendoient triste&
sombre)
Pour mon bonheur vos.
beaux yeux par hazard
Comme un éclair tout
autravers de l'ombre,
Jusques à moy lancerent
un regard.
J'en vis ~paslir les naifsaintes
estoiles,
Et de leurs feux ses flammes
triompher,
Quoiqu'un nuage eut
opposé ses voiles
Je m'en sentis moi-filer.
-- me rechauffer.
Ho! ho! pensai-jeÏlefl
une Mortelle
--
Qui d'un regard peut
mettre tout en feu
Allons la , voir, allons
apprendre un peu
A raffiner nostre metier
prés d'elle.
Voilà comment (jevous
en fais l'aveu)
Je vins chez vous, où
fous cette figure
De
-
me cacher j'eus la
précaution,
Laissant le foin à la Vierge,
au Lion
Pour quelques jours
d'embraser la nature.
Je crus d'abord dans
chacun de vos traits-
Revoir ce Dard du malheureux.
Cephale
Seur de ses coups, Se
dont le but jamais
Ne fut soustrait à sa
pointe fatale..
Vos traits font plus, &C
par leur grand fracas
Dans tous les coeurs il y
doit bien paroistre.
Dessein
,
hazard
, tout
fert à vos appas, Et vous portez bien fouventle
trépas
Où vous n'avez jamais
visé-peut-e.stre1.
Meres tremblez pour
vos adolescens;
Sagesvieillards malgré
vostre bon sens
Dans vos glaçons craignez
de voiréclore
-
Folles ardeurs. Et vous
jeune Procris,
A qui l'hymen paroist
l'amour encore
De ma!Maistresse.efloi.
gnez vos Maris,
Elleestautant à craindre
que taurorer
Dés qu'on la voit pour
tousjours on l'adore:
Telest enfin son empire
charmant
Qu'elle pourroit (chose
impossible à Flore)
Fixer le coeur de son
volage Amant.
De tous vos traitsquand
je fus bien instruite
Un beau matin je meditois
ma fuite
Au Diable zot. Sortir
d'auprés de vous
Qui le pourroit? j'en ai
trouvé le giste
Sibon pourmoy, si commode
)
si doux,
De ses honneurs que je
tiens le Ciel quitte.
Si Jupiter voyoit ce que
je voy , Pour partager vostre lit
comme moy , Jupiter mesme en descendroit
plus viste,
Qu'il ne fit pour Alemene
& Leda j
Jamais l'amour si bien ne
le guida.
Quoyque l'amour fait sa
grande
grande Marotte,
Il paroistroitchez vous *
tel que la Motte
Vient de le peindre au
haut du mont Ida.
Pour moy , mon Ciel
n'est qu'aux lieux où
vous estes,
Aux plus huppez j'y dame
le pion,
Et mets au rang des plus
vilaines bestes
* La Cynosure avec le
Scorpion.
Dans son Iliade,l.7.
PetiteOurse.
Prés de ma Reine orgueilleuxSagittaire
Je ne vous croy qu'un
Archer mal adroit
Prenez chacun quelque
trait de Cithere
Et nous verrons qui tirera
plus droit.
Je vous verrai briller
sans jalousie,
Adieu vous dis Ecrevis-
-
jeyPoissons,
Je mangeicy * soyes gras
Sç Pigeons
* J'en mstémoin le premier del'an,
Qui valent mieux que
la maigre Ambrozie.
de BichonyChienne
favorite de Madame
deP.presèntée par
Bichonmejmeasa belle
Maistressepourfin
Bouquet) lezi. dejanrrjierjour
de sa Fesie.
Ostre Bichon, vostre
chere Maman *
Pour son Bouquet vous
donne son Histoire,
Qui passeroit pour Fable
ou pour Roman
S'il estrien dedisette
à croire.
Quand il s'agit du pouvoir
de vos yeux; Mais puisqu'enfin je les
prefere aux Cieux
Que deformaisnul égard
ne m'arreste,
Je doisl'aveu, mesme en
dépit des Dieux , De vostregloire au jour
de vostre feste.
Gonnoissez-moy iàu$
la peau de Bichoa*
Vous possedez une
Chienne immortelle
Qui , vous adore, & qui
veut fous ce nom
Fuïr le sejour des enfans
de Cibelle
Pourvous servir,pour
vous suivreen tous
lieux;
Pour moy ce fort a d'autant
plus de charmes ,
Que vous pouvez m'aimer
sans qu'à vos yeux
Jamais ma mort puisse
couster des larmes :
Or lisez donc la suite
sansallarmes.
Ce chien fameux, ce
chien de si haut prix
Qui fut donné par Diane
à Procris
y Et par Procrisàson Epoux
Cephale,
Qui s'en feroit heureusement
servi
Si ce beau chien de bonté
sans égale,
Du Dard fataln'avoitestésuivi.
Lelape enfin, c'est son
nom,fut mon pere :
S'il s'affranchit de la dent
de Cerbere
Ovideassez vous en in
formera,
Et comme chien, de tout
ce qu'il sçut faire;
Venons àmoy. Sous le
nom deMoera
Je fus jadiscelebre da,. ns
la Grece,
Chienne n'aima jamais,
ny n'aimera,
Comme j'aimay * ma
! Erigone. 1
premiere Maistresse:
Je la perdis. Quel fut
mon desarroy ?
Jevalus seule un funebre
convoy; J'étourdis tant VQurJe,
v
le Crepuscule,
-
Des jours, des nuits, par
maint perçant abboy,
Mes cris des airs par le
perpendicule
Frappent si fort les oreilles
du Roy,
Qui sur l'Olympe aux
autres fait la loy,
-. Que
Que Jupiter au Ciel
m'immatricule:
Ma loyauté fit un Astre
de moy
Que les Mortels nommerent
Canicule.
Tout l'U nivers sçaitquel
fut mon employ ;
Embraser tout. Mais
certaines années
Je vis pourtant que malgré
tous mes soins
Soit par malin vouloir
des Destinés, Soit autrement,je réüC
fïflois moins.
On frissonnoit quelquefois
fous mon regne >
Quoy de baiser est-il.
temps que je craigne,
M'imaginois-je ? un foir
a Í/"ïl'e::'rt':.[l
( Quand ces pensées me
rendoient triste&
sombre)
Pour mon bonheur vos.
beaux yeux par hazard
Comme un éclair tout
autravers de l'ombre,
Jusques à moy lancerent
un regard.
J'en vis ~paslir les naifsaintes
estoiles,
Et de leurs feux ses flammes
triompher,
Quoiqu'un nuage eut
opposé ses voiles
Je m'en sentis moi-filer.
-- me rechauffer.
Ho! ho! pensai-jeÏlefl
une Mortelle
--
Qui d'un regard peut
mettre tout en feu
Allons la , voir, allons
apprendre un peu
A raffiner nostre metier
prés d'elle.
Voilà comment (jevous
en fais l'aveu)
Je vins chez vous, où
fous cette figure
De
-
me cacher j'eus la
précaution,
Laissant le foin à la Vierge,
au Lion
Pour quelques jours
d'embraser la nature.
Je crus d'abord dans
chacun de vos traits-
Revoir ce Dard du malheureux.
Cephale
Seur de ses coups, Se
dont le but jamais
Ne fut soustrait à sa
pointe fatale..
Vos traits font plus, &C
par leur grand fracas
Dans tous les coeurs il y
doit bien paroistre.
Dessein
,
hazard
, tout
fert à vos appas, Et vous portez bien fouventle
trépas
Où vous n'avez jamais
visé-peut-e.stre1.
Meres tremblez pour
vos adolescens;
Sagesvieillards malgré
vostre bon sens
Dans vos glaçons craignez
de voiréclore
-
Folles ardeurs. Et vous
jeune Procris,
A qui l'hymen paroist
l'amour encore
De ma!Maistresse.efloi.
gnez vos Maris,
Elleestautant à craindre
que taurorer
Dés qu'on la voit pour
tousjours on l'adore:
Telest enfin son empire
charmant
Qu'elle pourroit (chose
impossible à Flore)
Fixer le coeur de son
volage Amant.
De tous vos traitsquand
je fus bien instruite
Un beau matin je meditois
ma fuite
Au Diable zot. Sortir
d'auprés de vous
Qui le pourroit? j'en ai
trouvé le giste
Sibon pourmoy, si commode
)
si doux,
De ses honneurs que je
tiens le Ciel quitte.
Si Jupiter voyoit ce que
je voy , Pour partager vostre lit
comme moy , Jupiter mesme en descendroit
plus viste,
Qu'il ne fit pour Alemene
& Leda j
Jamais l'amour si bien ne
le guida.
Quoyque l'amour fait sa
grande
grande Marotte,
Il paroistroitchez vous *
tel que la Motte
Vient de le peindre au
haut du mont Ida.
Pour moy , mon Ciel
n'est qu'aux lieux où
vous estes,
Aux plus huppez j'y dame
le pion,
Et mets au rang des plus
vilaines bestes
* La Cynosure avec le
Scorpion.
Dans son Iliade,l.7.
PetiteOurse.
Prés de ma Reine orgueilleuxSagittaire
Je ne vous croy qu'un
Archer mal adroit
Prenez chacun quelque
trait de Cithere
Et nous verrons qui tirera
plus droit.
Je vous verrai briller
sans jalousie,
Adieu vous dis Ecrevis-
-
jeyPoissons,
Je mangeicy * soyes gras
Sç Pigeons
* J'en mstémoin le premier del'an,
Qui valent mieux que
la maigre Ambrozie.
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Résumé : HISTOIRE de Bichon, Chienne favorite de Madame de P... presentée par Bichon mesme à sa belle Maistresse pour son Bouquet, le 21. de Janvier jour de sa Feste.
Le poème narratif relate l'histoire de Bichon, une chienne immortelle et favorite de Madame de P., présentée lors de la fête de sa maîtresse. Bichon exprime son amour et sa dévotion envers Madame de P., comparant son histoire à celle de chiens célèbres de la mythologie grecque, tels que Lélaps, le chien de Diane et Procris, et Moéra, la chienne d'Érigone. Moéra, après la perte de sa maîtresse, fut transformée en astre par Jupiter et devint la Canicule, responsable de la chaleur estivale. Bichon raconte comment elle fut attirée par la beauté de Madame de P. et comment elle a choisi de la servir fidèlement. Le poème souligne la puissance des regards et des traits de la maîtresse, capables de séduire et de conquérir les cœurs. Bichon exprime également son désir de rester auprès de sa maîtresse, trouvant en elle un amour et une beauté sans pareil. Elle conclut en affirmant sa loyauté et son amour, prêtant à se comparer aux astres et aux constellations pour exalter la beauté et le pouvoir de sa maîtresse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7283
p. 23-48
MORTS.
Début :
Loüis François de Boufflers, Pair & Maréchal de France [...]
Mots clefs :
Roi, Maréchal, Régiment, Maison de Boufflers, Gouverneur, Comte, Armée, Province, Luxembourg, Allemagne, France, Seigneur, Paris, Ville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Loüis François de Bouf-
Hers) Pair & Maréchal de
France, Chevalier Ordres
du Roy & de la Toison
d'Or, Capitaine des Gardes
du Corps,cydevant Colonel
du Regiment des Gardes
Françoises, Grand Bailly ôô
Gouverneur hereduaire de
la Ville de Beauvais & du
Beauvoisis
,
Gouverneur &
LieutenantGeneral des Provinces
de Flandres & de
Haynault, Gouverneur particulier
& Souverain Bailly
des Villes,Citadelle&Châ.
tellenie de Lille de General
desArmées du Roy,mourut
à Fontainebleau le 22. )âgé de Ci. ans sepe
-
mois. Son Corps a este
apporté à Saint Paul où il a
estéinhumé Il estoit né le
dix Janvier 1644. &il commença
à porter les Armes en
qualité de Cadet, dans le
Regiment
Regiment des Gardes o en
1662.. En 1663. &1664.,
il le trouva aux expéditions
de Marsal &deGigery. En
1 666. il fut fait Sous Lieutenant
dans le mêmeRégiment,
& il se distingua l'année
suivante au Sièges de
Tournay
,
de Douay
,
de
Lille ,&de pluficurs autres
Places. En 1668. il servit
d Aide Major au Regiment
des Gardes en 1669 il fut
fait Colonel du Regiment
Royal de Dragons, & l'annéesuivante
il Cervi[:'là: la
teste de ce Regiment à la
Conqueste de la Lorraine
fous Mr le Maréchal de
Crequy. A la mort de Mr
le Comte de Boufflers son
frere aine
,
il eut la Charge
- de Lieutenant General de la
Province de l'Isle de France,
& celle de grand Bailly de
Beauvais donc ce Comte é- toit pourvû. Il servit dans la
guerre de Hollande fous Mr
de Turenne & fous Mr le
Maréchal de Luxembourg
, s'y distingua en plusieurs
occasions, & entrautres au
Combat deWoerden où il
fut bleuet passa en AHeWr
gne sur la fin de l'année
1673. ilfutblessé en1674.
à la Batailled'Ensheim. En
1675.il fut fait Brigadier
de Dragons,&soutint les
efforts des Ennemis à la teste
de l'arriere Garde de l'Armée
lors qu'elle se retira
aprés la mort de Mr de
Turenne. En 1676.ilservit
en Allemagne fous Mr le
Maréchal de Luxembourg.
En 1677. il fut fait Maréchal
de Camp&servit fous
Mr le Maréchal deCrequy.
En 1678. il se trouva aux
Combats de Rhinsfeld ,dç
Seckaigen,6id
bourg, & suc pourvû la
même année de la Charge
de Colonel general de Dragons.
Ilalla l'annéesuivante
en Dauphiné avec un corps
d'armée, & en 1681. il prit
possession de Casal, & la
mêmeannéeilfut faitLieutenant
general. En J68z.
il marcha avec un corps
d'armée vers les Pyrenées
pour obliger la Ville de Fontarabie
defaireauRoy satisfaébon
que Sa Majesté luy
- demandoit.En1683. ilrejpafla
enFlandre ou il servit
sousMr le Miréchal d'Humieres.
En 1684. aprés la
reduction de Luxembourg
il campa surl' Escautavecun
corps de troupes jusques à
laconclusion de la Trêve.
En1685.il passaàBayonne,
& de là dans la Guyenne
pour y commander en
Chef En 1686. il eut le
Gouvernement de la Ville
& Province de Luxembourg - &du Comté de Chini. En
1687.il fut pourvû de celuy
de Lorraine &de la Province
de la Sarre & du Commandement
en Chef des
trois Evêchez & de Sedan,
En 1688. il Commanda
l'Armée d' Allemagne en Chef, prit Keiserloutre
Krutznac J'
,
Worms
,
Oppeinl-
ieini reduisit tout le
Palatinat à l'obeissance du
Roy,& fitentrer des Troupes
dans Mayence. Cette
même année Sa Majesté
l'honora du Collier de ses
Ordres. Il fit plusieurs autres
expeditions les deux
années suivantes
,
& Commanda
l'Armée de la Motets
le. En 1690. il eut lecommandement
en Chef du
Paysd'entre Sambre & la
Mer. Enr6sn.il fut blessé
au Siege de Mons, bombarda
la Ville de Liége ,& fut
fait Colonel des Gardes
Françoises. En 1691. il
investit la Ville de Namur
s'opposa t au Prince d'Orangequi
voulut secourircette
place, se distingua à la
BailledeSteinkerke
,
bombarda
Charleroy & reprit
Furnes que les Ennemis
avoient fortifié. Au commencement
du mois deMars
1693. le Roy l'honora du
Baston deMaréchal de France
,
& de l'Ordre de Saint
Loüis au mois d'Avril suivant.
Il servit cette même
annéeen Allemagne fous
Monseigneur le Dauphin,
& en Flandres l'année suivante
où il fut fait Gouverneur
& Lieutenant general
decette Province & du
Pays conquis. En 1695. il
deffendit la Ville de Namur
pendant plus de deux mois
assi'gée par le Prince d'Orange,
autte sir conduire
à Mastrick, ouil resta15.
jours. A son retour le Roy
érigea sa tetre de Cagny en
Duché fous le nom de Boufflers
en 1695.Il Commanda
l'Armée: du Roy enrre
Sambre& Meuse en 1696.
& en 1697.Le 4. Septembre
1701. il fit élever dans son
Chasteau de Boufflers en
Beauvoisis, la Statuëéquestre
du Roy, la même année
il eut ordre de se re-ndre à Bruxelles pour commander
dans tous les Pays Bas
Espagnols conjointement
avec Mr le Marquis de
Bedmar. En1702.il servit
fous Monseisneur le Duc
de Bourgogne. En 1703. il
commandal'Arméedu Roy
en Flandreconjointement
avec Mr le Maréchal de
Villeroy,& dessit les Hollandois
avec Mrle Marquis
de Bedmar
, au combat
d'Eckeren
; ce sur pour le
recompenser de cette action
que le Roy d'Espagne luy
envoya l'Ordre de la Toison
d'or. Cette même année
le Roy le fit Capitaine
des Gardes du Corps, & il
se démit de celle deColonel
des Gardes Françoises. En
1708. ildeffendit la Ville,
& la Citadelle de Lille d'une
maniere qui luy fit beaucoup
d'honneur, & ce qui
luy fit meriter la dignité de
Pair de France que le Roy
luy donna par Lettres Patentes
registrées le 1 9.
Mars1709. S. M.luy accordaaussi
les grandes entrées
de premier Gentilhomme
de la Chambre,& la survivance
du Gouvernement
de Flandre pour Mr le
Comte de Boufflerssonfils
aîné. La derniere a£tionou
feu Mr le Maréchal de
Boufflers s'est diliinguéa
esté la Bataille de Mdlplaquet
,
où il commandoic
l'aile droire ; il y renver sa
tour ce qui s'opposa à luy ;
mais Mr le Maréchal de
Villars qui commandoic
Jt:e gauch e ayant elle
blesse dangereusement
,
&
ayant en plusieurs de les Of.,
ficiers generaux tuez ,
Mr
le Maréchal de BoufH:rs,
soutintencore long temps
les efforts des ennemis
nonosbtant leur grande fuperiorité,
jusqu'à ce qu'il
jugeait à propos de faire sa
retraitequ'il fit en si bon
ordre que les ennemis n'ose
rent le suivre.
-
La Maison de Boufflers
est des plus anciennes de la
Province de Picardie. Elle
a pris son nom de la Terre
de Boufflers qui est dans le
Ponthieu, & qui a été possedéefans
interruption depuis
1200 ans jusqu'àcejour par
ceux de cette Maison.
JeanBaptisteleFévre de
la Barre, Commandeur, PLC.
vost & Mairre des Ceremonies
de l'Ordre Royal, Militaire
ez Hôpitalier de N0
tre-Damedu Mont Carmel
& deS. Lazare de Jerusslem,
mourut le 17. Aoust âgé de
71. ans. Antoine le Févre
,
Seigneur de la Barre Conseillerau
Parlement; son pere
avoit esté Prevost des Marchands.
Marie de Ligny, qui avoit
épouséle 1 3 Janvier 1677.
Antoine Egon, Prince de
Furstemberg mourut à Paris
le
1 8.Aoust âgé de 55.ans.
EllelaissaN.de Furstemberg
qui épousa le
1 3. Mars
1704. N.. Comte de Lannoy,
& Marie Loüise Maunce,
quiépousa le 10. Janvier
1708. Jean Baptiste
Colbert, Marquis de Seignelay.
Jean Guillemin, Seigneur
de Courchamp,Maistre
des Requestes, mourut le
18. Aoust. Il avoit épouse
Marthe-Clemence de Bailleul
fille & soeeur de Picfi"
dents au Par lement,
Jean Phelypeaux, Conseiller
d'Erat Ordinaire, cidevant
Intendant de Paris,
mourut le 19. Aoust âgé de
6S ans. Il étoit frere de Mr
le Chancclhcjr.
Le P. Charlesde RocllC"
blanche
,
Cordelier
,
Doctenr
de Soi bonne, L(d. ur
en Theologie& ancien Gardien
des Cordelters de Paris
y mourut le 17. Août en sa
6 7 année & en sa 5 o. de
Religion en reputation
d'une grane verru.
Anne
-
Elisabeth
-
David
de Vaux, épouze de François
Joseph de Sevré,Conseiller
au Parlement, mourut le 11.
Aoust âgée de 3 Y. ans.
Marie- Anne- Charlote de
Bourbon,Demoiselle d'Estouteville,
fille de feu Louis
Henry legitimé deBourbon,
Prince de Neufchastel ert
Suisse, & d'Angelique Cunegonde
de Montmorency-
Luxembourg
,
qui étoitnée
le
2. 6. Septembre 1 70 1.
mourut le 23.Aoust. Elle
laisse pour heritiere sa soeur
unique, épouse de Mr le
Duc de Luines.
JeanAubery
,
Marquis de
Vatan
y
Baron de Serricres
&c. Lieutenant de Roy au
Gouvernement d'Orleanois
& Blaisois, mourut le 28.
Aoust âgéde55.ans. Illaisse
des enfans de N. de Bailleut,
soeur de MC de Courchamp
dont on vient de parler.
Elisabeth Sophie Cheron,
de l'Academie Royale de
Peinture & Seul pture, & de
celle des Ricovrati de Padouë,
épouse de Mr le Gay,
Ingénieur ordin aire duRoy,
mourut le 4. Septembre.
Marie - Madelaine du
Moncel de Martinrast, veuve
de Georges de Scudery
,
Gouverneur de N. Dame de
la Garde, mourut le 6. Septembre
,
âgé de 90. ans. J.:rofme de Sainte Beuve,
Prieur de S Jean de Moncoriolo
, mourut aussi le 6.
Septembre. Il étoit frere de
feu Mr de S. Beuve, Docteur
de Sorbonne
,
& fort
connu de tous lesSçavans.
Marie du Clos, mourut
à Falaise
,
sur la fin du
mois d'Aoust dans sa centneuviéme
année.
Henry Colbert de Maulevrier
,Chevalier de Malthe,
Lieutenant General des
Armées du Roy,mourut à
Cambray le 15.Aoust âgé
de 34 ans. Il y avoir17 ans
qu'il servoit avec cette francjiç,
yalc fitnalurejle au1
sang des Colberts. Il fut
blessé dangereusement i en 7 1695. au siege de Namur,
où Mr le Marquis de Maulevrier
son frere aîné fut
tué. Le Roy luy donna son
Regiment, qui suc envoyé
en Italie en 170 1. où il son:
signalétantque la guerre y
a duré. Il passa ensuite en
Espagne où il servit fous
Monsieur le Ducd'Or leans;
il se distingua particulierement
au siege de Lcrida. Il
a exercé la Charged'Inspecteur
general d'Infanterie
pendant sixannéesavectougc
l'exactitude & la probité
que demande cet employé
Aussi Mr le Chevalier de
Maulevrier possedoit il toutes
les qualitez du plus excellent
Officier general & celles
du plus parfait honnestehomme
Ilest generalement
regretté des gens de guetre
& de tous ceux qui le connoissoient.
Il estoit fils de
feu Mr le Comte de Maulevrier
,
Lieutenant general o des Armées du Roy ,Chelier
de se, Ordres, Gouverneur
de Tournay
)
frere de
feu MrColbert.
Guillaume de Bautru ,, Comte de Serrant, ci- devant
Chancelier de feuëSon
A. R. Monsieur, Frere unique
du Roy,estmort à Serrant
en Anjou, âgé de 9y.
ans. Il estoit filsdeGuillaume
Bautru, Introducteur
des Ambassadeurs, Envoyé
du Royen diverses Cours,
& de l'Academie Françoise.
Mylord Jean Caryll, Baron
de Dunford en Angleterre,
Ministre & Secretaire
d'Etat du Roy de la grande
Bretagne
,
&Secretaire des
Commandemens de la Reine,
est mort à S. Germain
en Laye âgé de 94. ans. Il
s'estoit. toujoursdistingué
par sa pieté, par sa capacité,
par son attachement à fOQ
legitime Souverain, & par
sa charité envers les Pauvres.
Anne GeneviéveMartineau
épouse de François-
Fcrrand
,
Seigneur de Villemilan
,Maistre des Requêtes
&. Intendant en Bretagne,
mourut le 15. Septembre
âgée de 4 5. ans,laissant
unefille unique.
Marie-Reinede Monc.
chal, veuve de Charles- Honoré
Barentin, Seigneur
d'Hardivillers,&c.Maistre
des Requestes
, mourut le
16. Septembre âgée de 27
ans, laissant posterité.
Loüis François de Bouf-
Hers) Pair & Maréchal de
France, Chevalier Ordres
du Roy & de la Toison
d'Or, Capitaine des Gardes
du Corps,cydevant Colonel
du Regiment des Gardes
Françoises, Grand Bailly ôô
Gouverneur hereduaire de
la Ville de Beauvais & du
Beauvoisis
,
Gouverneur &
LieutenantGeneral des Provinces
de Flandres & de
Haynault, Gouverneur particulier
& Souverain Bailly
des Villes,Citadelle&Châ.
tellenie de Lille de General
desArmées du Roy,mourut
à Fontainebleau le 22. )âgé de Ci. ans sepe
-
mois. Son Corps a este
apporté à Saint Paul où il a
estéinhumé Il estoit né le
dix Janvier 1644. &il commença
à porter les Armes en
qualité de Cadet, dans le
Regiment
Regiment des Gardes o en
1662.. En 1663. &1664.,
il le trouva aux expéditions
de Marsal &deGigery. En
1 666. il fut fait Sous Lieutenant
dans le mêmeRégiment,
& il se distingua l'année
suivante au Sièges de
Tournay
,
de Douay
,
de
Lille ,&de pluficurs autres
Places. En 1668. il servit
d Aide Major au Regiment
des Gardes en 1669 il fut
fait Colonel du Regiment
Royal de Dragons, & l'annéesuivante
il Cervi[:'là: la
teste de ce Regiment à la
Conqueste de la Lorraine
fous Mr le Maréchal de
Crequy. A la mort de Mr
le Comte de Boufflers son
frere aine
,
il eut la Charge
- de Lieutenant General de la
Province de l'Isle de France,
& celle de grand Bailly de
Beauvais donc ce Comte é- toit pourvû. Il servit dans la
guerre de Hollande fous Mr
de Turenne & fous Mr le
Maréchal de Luxembourg
, s'y distingua en plusieurs
occasions, & entrautres au
Combat deWoerden où il
fut bleuet passa en AHeWr
gne sur la fin de l'année
1673. ilfutblessé en1674.
à la Batailled'Ensheim. En
1675.il fut fait Brigadier
de Dragons,&soutint les
efforts des Ennemis à la teste
de l'arriere Garde de l'Armée
lors qu'elle se retira
aprés la mort de Mr de
Turenne. En 1676.ilservit
en Allemagne fous Mr le
Maréchal de Luxembourg.
En 1677. il fut fait Maréchal
de Camp&servit fous
Mr le Maréchal deCrequy.
En 1678. il se trouva aux
Combats de Rhinsfeld ,dç
Seckaigen,6id
bourg, & suc pourvû la
même année de la Charge
de Colonel general de Dragons.
Ilalla l'annéesuivante
en Dauphiné avec un corps
d'armée, & en 1681. il prit
possession de Casal, & la
mêmeannéeilfut faitLieutenant
general. En J68z.
il marcha avec un corps
d'armée vers les Pyrenées
pour obliger la Ville de Fontarabie
defaireauRoy satisfaébon
que Sa Majesté luy
- demandoit.En1683. ilrejpafla
enFlandre ou il servit
sousMr le Miréchal d'Humieres.
En 1684. aprés la
reduction de Luxembourg
il campa surl' Escautavecun
corps de troupes jusques à
laconclusion de la Trêve.
En1685.il passaàBayonne,
& de là dans la Guyenne
pour y commander en
Chef En 1686. il eut le
Gouvernement de la Ville
& Province de Luxembourg - &du Comté de Chini. En
1687.il fut pourvû de celuy
de Lorraine &de la Province
de la Sarre & du Commandement
en Chef des
trois Evêchez & de Sedan,
En 1688. il Commanda
l'Armée d' Allemagne en Chef, prit Keiserloutre
Krutznac J'
,
Worms
,
Oppeinl-
ieini reduisit tout le
Palatinat à l'obeissance du
Roy,& fitentrer des Troupes
dans Mayence. Cette
même année Sa Majesté
l'honora du Collier de ses
Ordres. Il fit plusieurs autres
expeditions les deux
années suivantes
,
& Commanda
l'Armée de la Motets
le. En 1690. il eut lecommandement
en Chef du
Paysd'entre Sambre & la
Mer. Enr6sn.il fut blessé
au Siege de Mons, bombarda
la Ville de Liége ,& fut
fait Colonel des Gardes
Françoises. En 1691. il
investit la Ville de Namur
s'opposa t au Prince d'Orangequi
voulut secourircette
place, se distingua à la
BailledeSteinkerke
,
bombarda
Charleroy & reprit
Furnes que les Ennemis
avoient fortifié. Au commencement
du mois deMars
1693. le Roy l'honora du
Baston deMaréchal de France
,
& de l'Ordre de Saint
Loüis au mois d'Avril suivant.
Il servit cette même
annéeen Allemagne fous
Monseigneur le Dauphin,
& en Flandres l'année suivante
où il fut fait Gouverneur
& Lieutenant general
decette Province & du
Pays conquis. En 1695. il
deffendit la Ville de Namur
pendant plus de deux mois
assi'gée par le Prince d'Orange,
autte sir conduire
à Mastrick, ouil resta15.
jours. A son retour le Roy
érigea sa tetre de Cagny en
Duché fous le nom de Boufflers
en 1695.Il Commanda
l'Armée: du Roy enrre
Sambre& Meuse en 1696.
& en 1697.Le 4. Septembre
1701. il fit élever dans son
Chasteau de Boufflers en
Beauvoisis, la Statuëéquestre
du Roy, la même année
il eut ordre de se re-ndre à Bruxelles pour commander
dans tous les Pays Bas
Espagnols conjointement
avec Mr le Marquis de
Bedmar. En1702.il servit
fous Monseisneur le Duc
de Bourgogne. En 1703. il
commandal'Arméedu Roy
en Flandreconjointement
avec Mr le Maréchal de
Villeroy,& dessit les Hollandois
avec Mrle Marquis
de Bedmar
, au combat
d'Eckeren
; ce sur pour le
recompenser de cette action
que le Roy d'Espagne luy
envoya l'Ordre de la Toison
d'or. Cette même année
le Roy le fit Capitaine
des Gardes du Corps, & il
se démit de celle deColonel
des Gardes Françoises. En
1708. ildeffendit la Ville,
& la Citadelle de Lille d'une
maniere qui luy fit beaucoup
d'honneur, & ce qui
luy fit meriter la dignité de
Pair de France que le Roy
luy donna par Lettres Patentes
registrées le 1 9.
Mars1709. S. M.luy accordaaussi
les grandes entrées
de premier Gentilhomme
de la Chambre,& la survivance
du Gouvernement
de Flandre pour Mr le
Comte de Boufflerssonfils
aîné. La derniere a£tionou
feu Mr le Maréchal de
Boufflers s'est diliinguéa
esté la Bataille de Mdlplaquet
,
où il commandoic
l'aile droire ; il y renver sa
tour ce qui s'opposa à luy ;
mais Mr le Maréchal de
Villars qui commandoic
Jt:e gauch e ayant elle
blesse dangereusement
,
&
ayant en plusieurs de les Of.,
ficiers generaux tuez ,
Mr
le Maréchal de BoufH:rs,
soutintencore long temps
les efforts des ennemis
nonosbtant leur grande fuperiorité,
jusqu'à ce qu'il
jugeait à propos de faire sa
retraitequ'il fit en si bon
ordre que les ennemis n'ose
rent le suivre.
-
La Maison de Boufflers
est des plus anciennes de la
Province de Picardie. Elle
a pris son nom de la Terre
de Boufflers qui est dans le
Ponthieu, & qui a été possedéefans
interruption depuis
1200 ans jusqu'àcejour par
ceux de cette Maison.
JeanBaptisteleFévre de
la Barre, Commandeur, PLC.
vost & Mairre des Ceremonies
de l'Ordre Royal, Militaire
ez Hôpitalier de N0
tre-Damedu Mont Carmel
& deS. Lazare de Jerusslem,
mourut le 17. Aoust âgé de
71. ans. Antoine le Févre
,
Seigneur de la Barre Conseillerau
Parlement; son pere
avoit esté Prevost des Marchands.
Marie de Ligny, qui avoit
épouséle 1 3 Janvier 1677.
Antoine Egon, Prince de
Furstemberg mourut à Paris
le
1 8.Aoust âgé de 55.ans.
EllelaissaN.de Furstemberg
qui épousa le
1 3. Mars
1704. N.. Comte de Lannoy,
& Marie Loüise Maunce,
quiépousa le 10. Janvier
1708. Jean Baptiste
Colbert, Marquis de Seignelay.
Jean Guillemin, Seigneur
de Courchamp,Maistre
des Requestes, mourut le
18. Aoust. Il avoit épouse
Marthe-Clemence de Bailleul
fille & soeeur de Picfi"
dents au Par lement,
Jean Phelypeaux, Conseiller
d'Erat Ordinaire, cidevant
Intendant de Paris,
mourut le 19. Aoust âgé de
6S ans. Il étoit frere de Mr
le Chancclhcjr.
Le P. Charlesde RocllC"
blanche
,
Cordelier
,
Doctenr
de Soi bonne, L(d. ur
en Theologie& ancien Gardien
des Cordelters de Paris
y mourut le 17. Août en sa
6 7 année & en sa 5 o. de
Religion en reputation
d'une grane verru.
Anne
-
Elisabeth
-
David
de Vaux, épouze de François
Joseph de Sevré,Conseiller
au Parlement, mourut le 11.
Aoust âgée de 3 Y. ans.
Marie- Anne- Charlote de
Bourbon,Demoiselle d'Estouteville,
fille de feu Louis
Henry legitimé deBourbon,
Prince de Neufchastel ert
Suisse, & d'Angelique Cunegonde
de Montmorency-
Luxembourg
,
qui étoitnée
le
2. 6. Septembre 1 70 1.
mourut le 23.Aoust. Elle
laisse pour heritiere sa soeur
unique, épouse de Mr le
Duc de Luines.
JeanAubery
,
Marquis de
Vatan
y
Baron de Serricres
&c. Lieutenant de Roy au
Gouvernement d'Orleanois
& Blaisois, mourut le 28.
Aoust âgéde55.ans. Illaisse
des enfans de N. de Bailleut,
soeur de MC de Courchamp
dont on vient de parler.
Elisabeth Sophie Cheron,
de l'Academie Royale de
Peinture & Seul pture, & de
celle des Ricovrati de Padouë,
épouse de Mr le Gay,
Ingénieur ordin aire duRoy,
mourut le 4. Septembre.
Marie - Madelaine du
Moncel de Martinrast, veuve
de Georges de Scudery
,
Gouverneur de N. Dame de
la Garde, mourut le 6. Septembre
,
âgé de 90. ans. J.:rofme de Sainte Beuve,
Prieur de S Jean de Moncoriolo
, mourut aussi le 6.
Septembre. Il étoit frere de
feu Mr de S. Beuve, Docteur
de Sorbonne
,
& fort
connu de tous lesSçavans.
Marie du Clos, mourut
à Falaise
,
sur la fin du
mois d'Aoust dans sa centneuviéme
année.
Henry Colbert de Maulevrier
,Chevalier de Malthe,
Lieutenant General des
Armées du Roy,mourut à
Cambray le 15.Aoust âgé
de 34 ans. Il y avoir17 ans
qu'il servoit avec cette francjiç,
yalc fitnalurejle au1
sang des Colberts. Il fut
blessé dangereusement i en 7 1695. au siege de Namur,
où Mr le Marquis de Maulevrier
son frere aîné fut
tué. Le Roy luy donna son
Regiment, qui suc envoyé
en Italie en 170 1. où il son:
signalétantque la guerre y
a duré. Il passa ensuite en
Espagne où il servit fous
Monsieur le Ducd'Or leans;
il se distingua particulierement
au siege de Lcrida. Il
a exercé la Charged'Inspecteur
general d'Infanterie
pendant sixannéesavectougc
l'exactitude & la probité
que demande cet employé
Aussi Mr le Chevalier de
Maulevrier possedoit il toutes
les qualitez du plus excellent
Officier general & celles
du plus parfait honnestehomme
Ilest generalement
regretté des gens de guetre
& de tous ceux qui le connoissoient.
Il estoit fils de
feu Mr le Comte de Maulevrier
,
Lieutenant general o des Armées du Roy ,Chelier
de se, Ordres, Gouverneur
de Tournay
)
frere de
feu MrColbert.
Guillaume de Bautru ,, Comte de Serrant, ci- devant
Chancelier de feuëSon
A. R. Monsieur, Frere unique
du Roy,estmort à Serrant
en Anjou, âgé de 9y.
ans. Il estoit filsdeGuillaume
Bautru, Introducteur
des Ambassadeurs, Envoyé
du Royen diverses Cours,
& de l'Academie Françoise.
Mylord Jean Caryll, Baron
de Dunford en Angleterre,
Ministre & Secretaire
d'Etat du Roy de la grande
Bretagne
,
&Secretaire des
Commandemens de la Reine,
est mort à S. Germain
en Laye âgé de 94. ans. Il
s'estoit. toujoursdistingué
par sa pieté, par sa capacité,
par son attachement à fOQ
legitime Souverain, & par
sa charité envers les Pauvres.
Anne GeneviéveMartineau
épouse de François-
Fcrrand
,
Seigneur de Villemilan
,Maistre des Requêtes
&. Intendant en Bretagne,
mourut le 15. Septembre
âgée de 4 5. ans,laissant
unefille unique.
Marie-Reinede Monc.
chal, veuve de Charles- Honoré
Barentin, Seigneur
d'Hardivillers,&c.Maistre
des Requestes
, mourut le
16. Septembre âgée de 27
ans, laissant posterité.
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Résumé : MORTS.
Louis François de Boufflers, Pair et Maréchal de France, naquit le 10 janvier 1644. Il débuta sa carrière militaire en 1662 au sein du Régiment des Gardes Françaises et se distingua lors des sièges de Tournay, Douay et Lille en 1667. En 1668, il fut nommé Aide-Major et, en 1669, Colonel du Régiment Royal de Dragons. Il servit sous divers maréchaux, tels que Turenne et Luxembourg, et fut blessé à plusieurs reprises, notamment à la bataille d'Ensheim en 1674. Sa carrière ascensionnelle se poursuivit avec les promotions de Brigadier de Dragons en 1675, Maréchal de Camp en 1677 et Lieutenant Général en 1681. Il participa à de nombreuses campagnes en Allemagne, Flandre et Dauphiné. En 1690, il reçut le commandement en chef du Pays d'entre Sambre et Meuse et fut promu Maréchal de France en 1693. Il continua de servir dans diverses provinces et fut récompensé par le roi d'Espagne avec l'Ordre de la Toison d'Or en 1703. En 1708, il défendit Lille avec honneur et reçut la dignité de Pair de France en 1709. Sa dernière action notable fut la bataille de Malplaquet en 1709, où il commanda l'aile droite. La Maison de Boufflers est l'une des plus anciennes de Picardie, possédant la Terre de Boufflers depuis 1200 ans. Le texte mentionne également le décès de plusieurs autres personnalités, dont Jean-Baptiste Le Fèvre de la Barre, Antoine Le Fèvre, Antoine Egon, Prince de Furstemberg, et plusieurs autres nobles et ecclésiastiques.
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7284
p. 35
VERS A Mademoiselle *** caressant un CHAT, & lui mettant en forme de laisse un ruban couleur de feu.
Début :
Eh ! quoi, l'animal le plus traître, [...]
Mots clefs :
Chat, Ruban
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS A Mademoiselle *** caressant un CHAT, & lui mettant en forme de laisse un ruban couleur de feu.
VERS
A Mademoiselle *** careſſant un CHAT ,
& lui mettant en forme de laiffe un ruban
couleur de feu.
EH ! quoi , l'animal le plus traître 2
Un chat , par vous , Themire , eft careffé !
De vous voir abuſer des attraits qu'il fit naître ,
L'amour jaloux eft offenfé.
Le moyen d'échapper à fa jufte vengeance ,
C'eft de lui réſerve: deformais vos faveurs :
Songez , pour vous punir de tant de complaifance,
Qu'il peut pouffer ce chat à de noires fureurs.
Lorsque vous l'avez pris , il a levé la patte :
C
J'ai craint , j'ai frémi , belle ingrate !
Dangereux fentiment de moi- même vainqueur !
Qu'on doit redouter ce qui flate ....
Ah ! ce noeud de ruban , dont la vive couleur ,
Au naturel peint l'amoureufe ardeur ,
Et dont ornoit fon cou votre main délicate ,
Eft le noeud qui lia mon coeur t
J. F. G.
De Chartrait , près de Melun.
A Mademoiselle *** careſſant un CHAT ,
& lui mettant en forme de laiffe un ruban
couleur de feu.
EH ! quoi , l'animal le plus traître 2
Un chat , par vous , Themire , eft careffé !
De vous voir abuſer des attraits qu'il fit naître ,
L'amour jaloux eft offenfé.
Le moyen d'échapper à fa jufte vengeance ,
C'eft de lui réſerve: deformais vos faveurs :
Songez , pour vous punir de tant de complaifance,
Qu'il peut pouffer ce chat à de noires fureurs.
Lorsque vous l'avez pris , il a levé la patte :
C
J'ai craint , j'ai frémi , belle ingrate !
Dangereux fentiment de moi- même vainqueur !
Qu'on doit redouter ce qui flate ....
Ah ! ce noeud de ruban , dont la vive couleur ,
Au naturel peint l'amoureufe ardeur ,
Et dont ornoit fon cou votre main délicate ,
Eft le noeud qui lia mon coeur t
J. F. G.
De Chartrait , près de Melun.
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Résumé : VERS A Mademoiselle *** caressant un CHAT, & lui mettant en forme de laisse un ruban couleur de feu.
Un poème de J. F. G. de Chartrait près de Melun exprime la jalousie d'un poète envers une demoiselle caressant un chat. Il voit dans l'animal un traître et craint sa vengeance. Le ruban rouge sur le chat symbolise l'amour ardent et a lié son cœur. Le poète conseille à la demoiselle de ne plus montrer de complaisance envers le chat.
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7286
p. 40
SUITE DE LA BULLE d'Or.
Début :
On a esté bien-aise de voir le commencement de la Bulle [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE DE LA BULLE d'Or.
Epitaphesur la mort
de Mr le Duc d'Elbe.
Grand à'Espagne
,
aussi
gf"od par ma haute naislancc,
QJC par mon grand courage
& par mon ralc cfprir,
Sous ce marbre enfermé je
te paroispetit;
Lcdteur? vas t'informer de
mes grandeursenFrance,
Où le cruel destinquivouloitm'abaisser,
N'ypouvantreussir, me les
a fait laisser.
de Mr le Duc d'Elbe.
Grand à'Espagne
,
aussi
gf"od par ma haute naislancc,
QJC par mon grand courage
& par mon ralc cfprir,
Sous ce marbre enfermé je
te paroispetit;
Lcdteur? vas t'informer de
mes grandeursenFrance,
Où le cruel destinquivouloitm'abaisser,
N'ypouvantreussir, me les
a fait laisser.
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7287
p. 245-246
Autres Morts, [titre d'après la table]
Début :
Mr Commeau, fameux & ancien Avocat au Parlement, mourut le 6. [...]
Mots clefs :
Avocat au parlement, Décès, Affaires, Dame, Veuve, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autres Morts, [titre d'après la table]
M' Commeau , fameux
& ancien Avocat au Parlement
, mourut le 6. de ce
mois. Il eſtoit fort eſtimé , &
les grandes Affaires qu'on luy
confioit , faifoient affez voir
combien on eſtoit perfuadé
de ſeslumieres.
J'ay encore à vous apprendre
la mort de Dame Marguerite
Potdevin , arrivée le
19. de ce mois. Elle estoit
veuve de Meſſire Jean Louys
de Gondrin , Marquis de Sa
X. iij
246 MERCURE
vignac , Frere du défunt Archevefque
de Sens.
& ancien Avocat au Parlement
, mourut le 6. de ce
mois. Il eſtoit fort eſtimé , &
les grandes Affaires qu'on luy
confioit , faifoient affez voir
combien on eſtoit perfuadé
de ſeslumieres.
J'ay encore à vous apprendre
la mort de Dame Marguerite
Potdevin , arrivée le
19. de ce mois. Elle estoit
veuve de Meſſire Jean Louys
de Gondrin , Marquis de Sa
X. iij
246 MERCURE
vignac , Frere du défunt Archevefque
de Sens.
Fermer
7288
p. 35-36
LOGOGRYPHE.
Début :
Sept pieds, mon cher Lecteur, composent ma structure, [...]
Mots clefs :
Soulier
7289
p. 657-659
LES DOUCEURS DU PRINTEMS.
Début :
Quand te reverrons-nous, Printems délicieux, [...]
Mots clefs :
Printemps, Voeux, Temps délicieux, Plaine, Yeux, Foule
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES DOUCEURS DU PRINTEMS.
LES DOUCEURS DU PRINTEMS .
Uand te reverrons - nous , Printems déli-
Q
cieux ,
Qui depuis tant de jours es l'objet de nos voeux
Badin zéphir de cette plaine
Chasse l'Aquilon furieux ;
Et qu'on n'entende dans ces lieux
Que le doux bruit de ton haleine .
Toi , Soleil , dissous les Glaçons
Qui couvrent ces Montagnes :
Du brillant feu de tes rayons ,
Décore nos Campagnes ;
Et ramène au plutôt ce temps plutôt ce temps délicieux
?
Qui depuis tant de jours est l'objet de nos voeux.
Mais que vois- je ! à ces voeux le Ciel est faverable
,
L'air
658 MERCURE DE FRANCE
L'air tout-à- coup devient serein ;
Et la Terre quitte soudain ;
Pour prendre un dehors agréable ,
Ce qu'elle avoit de plus hideux ,
Quelle foule d'objets se présente à mes yeux !
Ici paroît une verdure ;
Là, ce sont des Jardins tout émaillez de fleurs ;
Quel mélange charmant des plus vives couleurs
!
Oui , l'on diroit que la nature ,
Pour nous offrir un spectacle si beau ;
A mis au jour quelque secret nouveau.
Tous les Arbres de nos bocages.
80
Se parent de tendres feuillages ;
On voit en de gros Pâturages ,
Bondir les Boeufs et les Agneaux s
Une Troupe volage
De jeunes Oyseaux ,
Font répéter aux Echos
Les accens de leur doux ramage ;
Et par ces Airs mélodieux ,
Semblent nous annoncer le temps délicieux
Qui depuis tant de jours est l'objet de nos voeux
D'autre part j'apperçois une claire Fontaine
Qui roulant ses paisibles eaux
Au travers d'une vaste Plaine ,
Forme à nos yeux mille canaux.
C'est
AVRIL. 1734. 659
C'est - à-présent , Bergers , que laissant vos Hameaux
,
Vous viendrez tous en foule admirer ces Ruisseaux
>
Ce Gazon parsemé de pâles Violettes :
C'est à présent qu'épris du changement heureux
Qui vient de se faire en ces Lieux ,
Vous chanterez sur vos Musettes ,
Il est enfin venu ce temps délicieux
Qui depuis tant de jours est l'objet de nos voeux,
A. X. H.
Uand te reverrons - nous , Printems déli-
Q
cieux ,
Qui depuis tant de jours es l'objet de nos voeux
Badin zéphir de cette plaine
Chasse l'Aquilon furieux ;
Et qu'on n'entende dans ces lieux
Que le doux bruit de ton haleine .
Toi , Soleil , dissous les Glaçons
Qui couvrent ces Montagnes :
Du brillant feu de tes rayons ,
Décore nos Campagnes ;
Et ramène au plutôt ce temps plutôt ce temps délicieux
?
Qui depuis tant de jours est l'objet de nos voeux.
Mais que vois- je ! à ces voeux le Ciel est faverable
,
L'air
658 MERCURE DE FRANCE
L'air tout-à- coup devient serein ;
Et la Terre quitte soudain ;
Pour prendre un dehors agréable ,
Ce qu'elle avoit de plus hideux ,
Quelle foule d'objets se présente à mes yeux !
Ici paroît une verdure ;
Là, ce sont des Jardins tout émaillez de fleurs ;
Quel mélange charmant des plus vives couleurs
!
Oui , l'on diroit que la nature ,
Pour nous offrir un spectacle si beau ;
A mis au jour quelque secret nouveau.
Tous les Arbres de nos bocages.
80
Se parent de tendres feuillages ;
On voit en de gros Pâturages ,
Bondir les Boeufs et les Agneaux s
Une Troupe volage
De jeunes Oyseaux ,
Font répéter aux Echos
Les accens de leur doux ramage ;
Et par ces Airs mélodieux ,
Semblent nous annoncer le temps délicieux
Qui depuis tant de jours est l'objet de nos voeux
D'autre part j'apperçois une claire Fontaine
Qui roulant ses paisibles eaux
Au travers d'une vaste Plaine ,
Forme à nos yeux mille canaux.
C'est
AVRIL. 1734. 659
C'est - à-présent , Bergers , que laissant vos Hameaux
,
Vous viendrez tous en foule admirer ces Ruisseaux
>
Ce Gazon parsemé de pâles Violettes :
C'est à présent qu'épris du changement heureux
Qui vient de se faire en ces Lieux ,
Vous chanterez sur vos Musettes ,
Il est enfin venu ce temps délicieux
Qui depuis tant de jours est l'objet de nos voeux,
A. X. H.
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Résumé : LES DOUCEURS DU PRINTEMS.
Le texte 'Les Douceurs du Printemps' décrit l'attente et l'arrivée du printemps, présenté comme un vœu longtemps désiré. Le poème invite le printemps à chasser les vents furieux et à faire fondre les glaces grâce à la chaleur du soleil. L'auteur observe une transformation soudaine de l'air et de la terre, qui devient agréable et se pare de verdure et de fleurs. La nature révèle une palette de couleurs vives, les arbres se couvrent de feuilles tendres, et les animaux manifestent leur joie. Une fontaine claire roule ses eaux paisibles à travers une vaste plaine, formant de nombreux canaux. Les bergers sont invités à quitter leurs hameaux pour admirer les ruisseaux et le gazon parsemé de violettes, et à célébrer l'arrivée du printemps tant attendu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7290
p. 253-255
AUTRE.
Début :
Faire de ses amours sonner la grosse cloche, [...]
Mots clefs :
Amants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE .
Fairedeses amours Sonner la groſſe
1
cloche ,
1
254 MERCURE
Sans fonger qu'il faudra tomber
dans le ſapin,
Filonter le Bourgeois , l'Ecolier ,le
vilain ,
En tirant to douzain de l'une&
l'autre poche.
Tourner an prenier vent plus vite
qu'uxt
broche,
Ne jonger qu'à manger Fai ,
rerdrix , Lapis,
battre unpauvre mary, comme l'âne
à Martin ,
Quand il trouve mauvais que le
Galant s' accroche.
Les engager tous deux dans un
combat
1
ſanglant ,
Faire d'un coeur pourryfonplus riche
talent,
Et mépriser Souvent la parole
GALANT . 255
3
divine.
Faire de Ses Amans autant de
malheureux ,
Ne refuser jamais de billets
amoureux ,
Voilà le beau métier que fait une
Fairedeses amours Sonner la groſſe
1
cloche ,
1
254 MERCURE
Sans fonger qu'il faudra tomber
dans le ſapin,
Filonter le Bourgeois , l'Ecolier ,le
vilain ,
En tirant to douzain de l'une&
l'autre poche.
Tourner an prenier vent plus vite
qu'uxt
broche,
Ne jonger qu'à manger Fai ,
rerdrix , Lapis,
battre unpauvre mary, comme l'âne
à Martin ,
Quand il trouve mauvais que le
Galant s' accroche.
Les engager tous deux dans un
combat
1
ſanglant ,
Faire d'un coeur pourryfonplus riche
talent,
Et mépriser Souvent la parole
GALANT . 255
3
divine.
Faire de Ses Amans autant de
malheureux ,
Ne refuser jamais de billets
amoureux ,
Voilà le beau métier que fait une
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7291
p. 252-254
« Le Comte de Froullay presta ces jours passez serment entre [...] »
Début :
Le Comte de Froullay presta ces jours passez serment entre [...]
Mots clefs :
Roi, Bas-Maine, Gendarmes, Comte de Froulay
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texteReconnaissance textuelle : « Le Comte de Froullay presta ces jours passez serment entre [...] »
Le Comte de Froullay
prests ces jours passez ferment
entre les mains du Roy
pour la Charge de Lieutenant
de Roy du Bas-
Maine & Comté de Laval..
: Il estsiss de "EnfèÍgne des
Gendarmes de la Garde du
Roy, dont le Pere étoit
LieutenantGeneral des ArméesduRoy
:
grand Muéchai
des Logis de sa Maison,
& Chevalier de Ces Ordres.
, Il est Colonel d'Infanterie
depuis dix ans, il y en a
trois qu'il est à la teste du
Régiment Royal Comtois,
qui emporta avec tantde
vivacité le chemin couvert
& la demilune du Forr de
l'Escarpe, & s'est trouvé au
combat de Stokrm,assiegé
dans Awh/ aux Sièges de
Hombourg
,
de Douay &
du Quesnoy.
Il a épousédepuis peu
la filleunique du Marquis
du Clos,Brigadier des Armées
du Roy, Commandant
la Cavalerie en Italie, qui
fut tué à Turin.
prests ces jours passez ferment
entre les mains du Roy
pour la Charge de Lieutenant
de Roy du Bas-
Maine & Comté de Laval..
: Il estsiss de "EnfèÍgne des
Gendarmes de la Garde du
Roy, dont le Pere étoit
LieutenantGeneral des ArméesduRoy
:
grand Muéchai
des Logis de sa Maison,
& Chevalier de Ces Ordres.
, Il est Colonel d'Infanterie
depuis dix ans, il y en a
trois qu'il est à la teste du
Régiment Royal Comtois,
qui emporta avec tantde
vivacité le chemin couvert
& la demilune du Forr de
l'Escarpe, & s'est trouvé au
combat de Stokrm,assiegé
dans Awh/ aux Sièges de
Hombourg
,
de Douay &
du Quesnoy.
Il a épousédepuis peu
la filleunique du Marquis
du Clos,Brigadier des Armées
du Roy, Commandant
la Cavalerie en Italie, qui
fut tué à Turin.
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Résumé : « Le Comte de Froullay presta ces jours passez serment entre [...] »
Le Comte de Froullay est nommé Lieutenant du Roi du Bas-Maine et du Comté de Laval. Colonel d'Infanterie depuis dix ans, il commande le Régiment Royal Comtois. Ce régiment s'est illustré lors de plusieurs sièges, dont ceux d'Awh, Hombourg, Douay et du Quesnoy. Le Comte a récemment épousé la fille du Marquis du Clos, Brigadier des Armées du Roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7292
p. 1705-1708
EPITHALAME, De Madlle de la Briffe, fille de M. l'Intendant de Bourgogne, et de M. le Comte de Morges, Chevalier d'Honneur au Parlement de Dauphiné.
Début :
Pour ce beau jour, mon aimable Cousine, [...]
Mots clefs :
Hymen, De la Briffe, Amour, Époux
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texteReconnaissance textuelle : EPITHALAME, De Madlle de la Briffe, fille de M. l'Intendant de Bourgogne, et de M. le Comte de Morges, Chevalier d'Honneur au Parlement de Dauphiné.
EPITH ALAME,
De Madle de la Briffe , fille de M. l'Intendant de Bourgogne , et de M. le Comte
de Morges, Chevalier d'Honneur au Parlement de Dauphiné.
PourOur ce beau jour , mon aimable Cousine ,
Il faut des Vers , vous l'avez souhaité ,
Et le bonheur charmant , où l'hymen vous d'estine,
Merite bien d'être chanté ,
Mais ce sujet voudroit être traité ,
Par une main plus galante et plus fine ;
Car enfin quand je m'examine ,
Je n'ai point cette humeur badine ,
Qu'on voit briller dans les écrits ,
B v De
1706 MERCURE DE FRANCE
De ceux que l'aimable Cyprine ,
Bien mieux que Phoebus endoctrine
Et telles gens auront toujours leur prix.
A m'excuser plus ne m'obstine ,
Je vois bien que c'est vainement ,
Votre ordre enfin me détermine ,
Puisqu'il vous faut des Vers , sur la double Ce line ,
Je vais en chercher promptement,
Je vois Hymen , vers vous il s'achemine ;
Qu'il a bon air de Mirthes couronné ?
Vive allegresse en ses doux yeux domine ,
Et son flambeau de rares fleurs orné ,
Répand au loin une clarté divine ;
De cet Augure aisément je devine ,
Qu'aurez toujours parfait contentement ;
Amour le suit , la pudeur enfantine
Fait de son front le naïf ornement :
Mais que dit-il ? Car tout bas il rumine ,
C'est contre Hymen, au moins je l'imagine ,
Ces deux rivaux d'accord ne sont jamais ;
De lui ceder si gente Chérubine,
Il est dolent , voudroit que tels attraits.
Du Dieu goulu ne fussent la rapine ,
Desireroit en faire tous les frais.
Gentil
AOUST. 1732 1707
Gentil Amour , n'ayez l'ame chagrine ,
Rassurez-vous , hymen , avec vos traits ,
Prétend blesser la charmante Dorine ,
Et dans vos mains il met ses interêts ,
Amis , enfin soyez donc desormais ,
Et chassez loin toute haine intestine.
L'accord se fait , sous galante Courtine ,
Jà ces deux Dieux brillent de vous tenir ;
Or de ceci ne perdez souvenir,
Gardez-vous bien de faire la mutine ,
Quand ils voudront se servir de leurs droits
Depuis long temps on ne fait plus la mine ,
Qu'en pareil cas on faisoit autrefois ,
( D'où pouvez voir que sur tout on rafine. )
Ne la ferez , je crois ; de votre Epoux ,
L'air engageant , l'amour qu'il a pour vous,
M'en sont garants ; de tant bonne doctrine ,
Docilement profiter aimerez ,
Et plus que lui bien-tôt vous en sçaurezg
Car ce n'est rien enfin qu'une routine.
Que de plaisirs je lui vois préparez !
Il trouve en vous un maintien d'Héroïne ,
Esprit charmant , air doux et plein d'attraits
Pour tel Epoux , avec raison j'opine,
Que la nature aussi vous fit exprès ,
De m'y tromper bien-fort m'étonnerois ,
De licu trop bon , tirez votre origine.
B vi Que
1708 MERCURE DE FRANCE
Que de vertus vos illustres ayeux ,
N'ont-ils pas fait éclater en tous lieux !
De l'injustice ils furent la ruine ,
Pour en juger , n'en croions que nos yeux?
D'aimable Mere aussi la discipline,
Sçait vous former et les mœurs et l'esprit ;
Dans votre cœur vertus ont pris racine ,
De son exemple en vous on voit le fruit.
Pas ne me sens assez bonne poitrine ,
Pour dignement pouvoir chanter leur los
Quand même aurois l'éloquence de Pline ;
Or de m'en taire , il est plus à propos.
Qu'hymen pour vous , soit bonne Médecine
Jeune beauté , goutez un sort heureux.
Puissiez avoir rose , sans nulle épine ,
Puissiez enfin avant un an ou deux ,
Avoir besoin du secours de Lucine.
Mais ja l'hymen vous prenant par la main
Au benoit lit , veut vous mener soudain ;
Adieu vous dis , gentille pellerine ,
Vous m'en direz des nouvelles demain.
Par M. DE RUFFIX.
De Madle de la Briffe , fille de M. l'Intendant de Bourgogne , et de M. le Comte
de Morges, Chevalier d'Honneur au Parlement de Dauphiné.
PourOur ce beau jour , mon aimable Cousine ,
Il faut des Vers , vous l'avez souhaité ,
Et le bonheur charmant , où l'hymen vous d'estine,
Merite bien d'être chanté ,
Mais ce sujet voudroit être traité ,
Par une main plus galante et plus fine ;
Car enfin quand je m'examine ,
Je n'ai point cette humeur badine ,
Qu'on voit briller dans les écrits ,
B v De
1706 MERCURE DE FRANCE
De ceux que l'aimable Cyprine ,
Bien mieux que Phoebus endoctrine
Et telles gens auront toujours leur prix.
A m'excuser plus ne m'obstine ,
Je vois bien que c'est vainement ,
Votre ordre enfin me détermine ,
Puisqu'il vous faut des Vers , sur la double Ce line ,
Je vais en chercher promptement,
Je vois Hymen , vers vous il s'achemine ;
Qu'il a bon air de Mirthes couronné ?
Vive allegresse en ses doux yeux domine ,
Et son flambeau de rares fleurs orné ,
Répand au loin une clarté divine ;
De cet Augure aisément je devine ,
Qu'aurez toujours parfait contentement ;
Amour le suit , la pudeur enfantine
Fait de son front le naïf ornement :
Mais que dit-il ? Car tout bas il rumine ,
C'est contre Hymen, au moins je l'imagine ,
Ces deux rivaux d'accord ne sont jamais ;
De lui ceder si gente Chérubine,
Il est dolent , voudroit que tels attraits.
Du Dieu goulu ne fussent la rapine ,
Desireroit en faire tous les frais.
Gentil
AOUST. 1732 1707
Gentil Amour , n'ayez l'ame chagrine ,
Rassurez-vous , hymen , avec vos traits ,
Prétend blesser la charmante Dorine ,
Et dans vos mains il met ses interêts ,
Amis , enfin soyez donc desormais ,
Et chassez loin toute haine intestine.
L'accord se fait , sous galante Courtine ,
Jà ces deux Dieux brillent de vous tenir ;
Or de ceci ne perdez souvenir,
Gardez-vous bien de faire la mutine ,
Quand ils voudront se servir de leurs droits
Depuis long temps on ne fait plus la mine ,
Qu'en pareil cas on faisoit autrefois ,
( D'où pouvez voir que sur tout on rafine. )
Ne la ferez , je crois ; de votre Epoux ,
L'air engageant , l'amour qu'il a pour vous,
M'en sont garants ; de tant bonne doctrine ,
Docilement profiter aimerez ,
Et plus que lui bien-tôt vous en sçaurezg
Car ce n'est rien enfin qu'une routine.
Que de plaisirs je lui vois préparez !
Il trouve en vous un maintien d'Héroïne ,
Esprit charmant , air doux et plein d'attraits
Pour tel Epoux , avec raison j'opine,
Que la nature aussi vous fit exprès ,
De m'y tromper bien-fort m'étonnerois ,
De licu trop bon , tirez votre origine.
B vi Que
1708 MERCURE DE FRANCE
Que de vertus vos illustres ayeux ,
N'ont-ils pas fait éclater en tous lieux !
De l'injustice ils furent la ruine ,
Pour en juger , n'en croions que nos yeux?
D'aimable Mere aussi la discipline,
Sçait vous former et les mœurs et l'esprit ;
Dans votre cœur vertus ont pris racine ,
De son exemple en vous on voit le fruit.
Pas ne me sens assez bonne poitrine ,
Pour dignement pouvoir chanter leur los
Quand même aurois l'éloquence de Pline ;
Or de m'en taire , il est plus à propos.
Qu'hymen pour vous , soit bonne Médecine
Jeune beauté , goutez un sort heureux.
Puissiez avoir rose , sans nulle épine ,
Puissiez enfin avant un an ou deux ,
Avoir besoin du secours de Lucine.
Mais ja l'hymen vous prenant par la main
Au benoit lit , veut vous mener soudain ;
Adieu vous dis , gentille pellerine ,
Vous m'en direz des nouvelles demain.
Par M. DE RUFFIX.
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Résumé : EPITHALAME, De Madlle de la Briffe, fille de M. l'Intendant de Bourgogne, et de M. le Comte de Morges, Chevalier d'Honneur au Parlement de Dauphiné.
Le poème célèbre le mariage de Madle de la Briffe, fille de l'Intendant de Bourgogne, avec le Comte de Morges, Chevalier d'Honneur au Parlement de Dauphiné. L'auteur exprime sa joie pour cette union et reconnaît la valeur du sujet, bien qu'il se considère moins habile pour les vers galants. Il décrit l'arrivée de l'Hymen, symbolisant le mariage, accompagné d'allégresse et de clarté divine, suivi par Amour et pudeur. Le poème évoque la rivalité entre Amour et Hymen, mais conclut à leur accord et à l'harmonie future du couple. L'auteur loue les qualités de la jeune femme, son maintien héroïque, son esprit charmant et ses attraits, soulignant l'influence positive de ses illustres ancêtres et de sa mère. Il souhaite à la jeune mariée un mariage heureux et fécond, espérant qu'elle aura bientôt besoin de l'aide de Lucine, la déesse des accouchements. Le poème se termine par des vœux de bonheur et l'attente des nouvelles du lendemain.
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7293
p. 5-7
PORTRAITS DE CINQ FAMEUX PEINTRES D'ITALIE.
Début :
Cest sans doute des mains des graces [...]
Mots clefs :
Peintres d'Italie, Peintres, Goût, Le Parmesan, Philippe Lauri, Le Primatice, Polidore de Caravage, Luigi Garzi
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texteReconnaissance textuelle : PORTRAITS DE CINQ FAMEUX PEINTRES D'ITALIE.
PORTRAITS
DE CINQ FAMEUX PEINTRES
D'ITALIE.
Le Parmesan.
CEft fans doute des mains des graces
Que cet artiſte a reçu les pinceaux ,
A 11)
6 MERCURE DE FRANCE.
L'élégance , l'efprit , ſuivent par - tout ſes traces,
A cette riche empreinte on connoît ſes tableaux.
Le vent femble jouer avec fes draperies ,
La belle touche : Ah ! Dieux , quel contour immortel!
Peut-on trop admirer ces figures cheries? -
Tout y fent le Correge & le grand Raphaël .
Philippe Lauri.
Ce Peintre fait l'hiftoire avec goût & fineffe ,
Mais ce n'eft qu'en petit ; il dégénere en grand.
Ses fonds payfagés font frais , pleins de vagueffe ,
Leur fite eft embelli du fard qu'il y répand .
Quel aimable crayon ! que d'efprit il diftille !
A créer de l'efpace il fe montre fçavant ,
Si Lauri des Romains n'eft pas le plus habile ,
11 eft l'honneur du fecond fang.
Le Primatice.
>
Les charmes du pinceau remain
Furent chez les François tranfplantés par ce Maîtré.
L'on vit Fontainebleau décoré de fa main.
Le Roffo le craignit dès qu'il put le connoître.
Quelle gloire il parut au-deffus des bienfaits , !
Dont quatre de nos Rois à l'envi le comblerent.
On crut du Parmeſan revoir en lui les traits :
Du mauvais goût enfin fes talens triompherent.
}
AOUST. 17551 7
Polidore.
De vil manoeuvre il devint Peintre habile ,
En voyant les beautés qu'enfantoit Raphaël.
Que de correction ! que de goût dans fon ftyle !
La nature y confacre à l'antique un autel.
S'il peint de clair-obfcur des frifes ou des armes ;
L'oeil par le feul toucher peut être détrompé .
Son payfage auffi féduit par mille charmes ,
Le connoiffeur s'oublie en étant occupé.
Louis Garzi.
Dans ces grouppes d'enfans , quels ragoût de cou
leur.
Quel tendre dans leur chair ! oui , le fang y circule.
Cet ange me ravit par fa douce fplendeur ;
Mon oeil d'un jour divin croit voir le crépuscule .
Je reconnois Garzi , frais , correct , & fçavant ,
Traitant bien payſage , hiftoire , architecture.
L'âge fur fa vigueur lance un trait impuiſſant.
Frêt à payer tribut à la nature *
Un chef-d'oeuvre nouveau couronna fon talent.
* Il s'engagea à l'âge de quatre-vingt ans , par
ordre de Clement XI , à peindre la voûte de l'Eglife
desftigmates , qu'il termina beureufement. Rien n'y
fent la vieilleffe , & l'on regarde ce morceau comme
le triomphe de ce grand maître.
A inj
6 MERCURE DE FRANCE.
L'élégance , l'efprit , fuivent par -tout ſes traces.
A cette riche empreinte on connoît ſes tableaux.
Le vent femble jouer avec fes draperies ,
La belle touche : Ah ! Dieux , quel contour immortel!
Peut-on trop admirer ces figures cheries?
Tout y fent le Correge & le grand Raphaël.
Philippe Lauri.
Ce Peintre fait l'hiftoire avec goût & fineffe ,
Mais ce n'eft qu'en petit ; il dégénere en grand.
Ses fonds payfagés font frais , pleins de vagueffe ,
Leur fite eft embelli du fard qu'il y répand .
Quel aimable crayon ! que d'efprit il diftille !
A créer de l'efpace il fe montre fçavant ,
Si Lauri des Romains n'eft pas le plus habile ,
11 eft l'honneur du fecond fang.
Le Primatice.
Les charmes du pinceau remain
Furent chez les François tranfplantés par ce Maftre
.
L'on vit Fontainebleau décoré de fa main.
Le Roffo le craignit dès qu'il put le connoître.
Quelle gloire il parut au - deffus des bienfaits ,
Dont quatre
de nos Rois à l'envi le comblerent .
On crut du Parmeſan revoir en lui les traits :
Du mauvais goût enfin fes talens triompherent.
AOUST. 7 1755
Polidore.
De vil manoeuvre il devint Peintre habile ,
En voyant les beautés qu'enfantoit Raphaël .
Que de correction ! que de goût dans ſon ſtyle !
La nature Y confacre à l'antique un autel .
S'il peint de clair-obfcur des frifes ou des armes ;
L'oeil par le feul toucher peut être détrompé.
Son payſage auffi féduit par mille charmes ,
Le connoiffeur s'oublie en étant occupé.
Louis Garzi.
Dans ces grouppes d'enfans , quels ragoût de cou
leur.
Quel tendre dans leur chair ! oui , le fang y circule.
Cet ange me ravit par fa douce fplendeur ;
Mon oeil d'un jour divin croit voir le crépuscule .
Je reconnois Garzi , frais , correct , & fçavant ,
Traitant bien payſage , hiftoire , architecture.
L'age fur fa vigueur lance un trait impuiſſant.
Frêt à payer tribut à la nature *
Un chef- d'oeuvre nouveau couronna fon talent.
* Il s'engagea à l'âge de quatre-vingt ans , par
ordre de Clement XI , à peindre la voûte de l'Eglife
desftigmates , qu'il termina heureusement . Rien n'y
fent la vieilleffe , & l'on regarde ce morceau comme
le triomphe de ce grand maître.
DE CINQ FAMEUX PEINTRES
D'ITALIE.
Le Parmesan.
CEft fans doute des mains des graces
Que cet artiſte a reçu les pinceaux ,
A 11)
6 MERCURE DE FRANCE.
L'élégance , l'efprit , ſuivent par - tout ſes traces,
A cette riche empreinte on connoît ſes tableaux.
Le vent femble jouer avec fes draperies ,
La belle touche : Ah ! Dieux , quel contour immortel!
Peut-on trop admirer ces figures cheries? -
Tout y fent le Correge & le grand Raphaël .
Philippe Lauri.
Ce Peintre fait l'hiftoire avec goût & fineffe ,
Mais ce n'eft qu'en petit ; il dégénere en grand.
Ses fonds payfagés font frais , pleins de vagueffe ,
Leur fite eft embelli du fard qu'il y répand .
Quel aimable crayon ! que d'efprit il diftille !
A créer de l'efpace il fe montre fçavant ,
Si Lauri des Romains n'eft pas le plus habile ,
11 eft l'honneur du fecond fang.
Le Primatice.
>
Les charmes du pinceau remain
Furent chez les François tranfplantés par ce Maîtré.
L'on vit Fontainebleau décoré de fa main.
Le Roffo le craignit dès qu'il put le connoître.
Quelle gloire il parut au-deffus des bienfaits , !
Dont quatre de nos Rois à l'envi le comblerent.
On crut du Parmeſan revoir en lui les traits :
Du mauvais goût enfin fes talens triompherent.
}
AOUST. 17551 7
Polidore.
De vil manoeuvre il devint Peintre habile ,
En voyant les beautés qu'enfantoit Raphaël.
Que de correction ! que de goût dans fon ftyle !
La nature y confacre à l'antique un autel.
S'il peint de clair-obfcur des frifes ou des armes ;
L'oeil par le feul toucher peut être détrompé .
Son payfage auffi féduit par mille charmes ,
Le connoiffeur s'oublie en étant occupé.
Louis Garzi.
Dans ces grouppes d'enfans , quels ragoût de cou
leur.
Quel tendre dans leur chair ! oui , le fang y circule.
Cet ange me ravit par fa douce fplendeur ;
Mon oeil d'un jour divin croit voir le crépuscule .
Je reconnois Garzi , frais , correct , & fçavant ,
Traitant bien payſage , hiftoire , architecture.
L'âge fur fa vigueur lance un trait impuiſſant.
Frêt à payer tribut à la nature *
Un chef-d'oeuvre nouveau couronna fon talent.
* Il s'engagea à l'âge de quatre-vingt ans , par
ordre de Clement XI , à peindre la voûte de l'Eglife
desftigmates , qu'il termina beureufement. Rien n'y
fent la vieilleffe , & l'on regarde ce morceau comme
le triomphe de ce grand maître.
A inj
6 MERCURE DE FRANCE.
L'élégance , l'efprit , fuivent par -tout ſes traces.
A cette riche empreinte on connoît ſes tableaux.
Le vent femble jouer avec fes draperies ,
La belle touche : Ah ! Dieux , quel contour immortel!
Peut-on trop admirer ces figures cheries?
Tout y fent le Correge & le grand Raphaël.
Philippe Lauri.
Ce Peintre fait l'hiftoire avec goût & fineffe ,
Mais ce n'eft qu'en petit ; il dégénere en grand.
Ses fonds payfagés font frais , pleins de vagueffe ,
Leur fite eft embelli du fard qu'il y répand .
Quel aimable crayon ! que d'efprit il diftille !
A créer de l'efpace il fe montre fçavant ,
Si Lauri des Romains n'eft pas le plus habile ,
11 eft l'honneur du fecond fang.
Le Primatice.
Les charmes du pinceau remain
Furent chez les François tranfplantés par ce Maftre
.
L'on vit Fontainebleau décoré de fa main.
Le Roffo le craignit dès qu'il put le connoître.
Quelle gloire il parut au - deffus des bienfaits ,
Dont quatre
de nos Rois à l'envi le comblerent .
On crut du Parmeſan revoir en lui les traits :
Du mauvais goût enfin fes talens triompherent.
AOUST. 7 1755
Polidore.
De vil manoeuvre il devint Peintre habile ,
En voyant les beautés qu'enfantoit Raphaël .
Que de correction ! que de goût dans ſon ſtyle !
La nature Y confacre à l'antique un autel .
S'il peint de clair-obfcur des frifes ou des armes ;
L'oeil par le feul toucher peut être détrompé.
Son payſage auffi féduit par mille charmes ,
Le connoiffeur s'oublie en étant occupé.
Louis Garzi.
Dans ces grouppes d'enfans , quels ragoût de cou
leur.
Quel tendre dans leur chair ! oui , le fang y circule.
Cet ange me ravit par fa douce fplendeur ;
Mon oeil d'un jour divin croit voir le crépuscule .
Je reconnois Garzi , frais , correct , & fçavant ,
Traitant bien payſage , hiftoire , architecture.
L'age fur fa vigueur lance un trait impuiſſant.
Frêt à payer tribut à la nature *
Un chef- d'oeuvre nouveau couronna fon talent.
* Il s'engagea à l'âge de quatre-vingt ans , par
ordre de Clement XI , à peindre la voûte de l'Eglife
desftigmates , qu'il termina heureusement . Rien n'y
fent la vieilleffe , & l'on regarde ce morceau comme
le triomphe de ce grand maître.
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Résumé : PORTRAITS DE CINQ FAMEUX PEINTRES D'ITALIE.
Le texte présente des portraits de cinq célèbres peintres italiens. Le Parmesan est décrit comme un artiste gracieux, dont les œuvres se distinguent par leur élégance et leur esprit. Ses tableaux sont marqués par une belle touche et des contours immortels, rappelant les styles de Correge et Raphaël. Philippe Lauri excelle dans la peinture d'histoire avec goût et finesse, mais ses grandes œuvres sont moins réussies. Ses paysages sont frais et pleins de vague, et il est considéré comme un honneur pour le second sang romain. Le Primatice a transplanté les charmes de son pinceau en France, décorant notamment Fontainebleau. Il a été craint par Rosso et comblé de bienfaits par quatre rois. Ses talents ont triomphé du mauvais goût, et il est comparé au Parmesan. Polidore, initialement manoeuvre, est devenu un peintre habile après avoir vu les beautés de Raphaël. Son style est marqué par la correction et le goût, et ses paysages séduisent par mille charmes. Louis Garzi est reconnu pour ses groupes d'enfants aux couleurs ragoûtantes et à la chair tendre. Il traite bien le paysage, l'histoire et l'architecture. À l'âge de quatre-vingts ans, il a peint la voûte de l'église des Stigmates sur ordre de Clément XI, réalisant un chef-d'œuvre qui ne montre aucun signe de vieillesse.
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7294
p. 253-257
A MADEMOISELLE Maximilienne Emmanuelle Marie-Anne de Tavannes. Sur l'Air : Tout cela m'est indifferent, ou vostre jeu fait icy grand bruit.
Début :
Que de regrets va remporter [...]
Mots clefs :
Mademoiselle de Tavannes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADEMOISELLE Maximilienne Emmanuelle Marie-Anne de Tavannes. Sur l'Air : Tout cela m'est indifferent, ou vostre jeu fait icy grand bruit.
A MADEMOISELLE
Maxinulienne Emmanuelle
Marie-Anne de Tavannes .
Sur l'Air : Tout cela m'eſt indifferent ,
ou voſtre jen fait icy grand brait.
Que de regrets waremporter
LePrince preſt à nous quitter !
Pour confoler un peu la France
Il veut bienylaiſſerſon nom ,
Tavannes a cette preference :
Quel nouveau lustre enfa Mai-
4 fon!
ॐ
Digne filleulle d'un Cefar
Aquels honneur n'as tu point
part ?
254 MERCURE
De Vendofme le coeur confpire
A te faire un fort plein d'attraits?
Puiſſe-tujuſques dans l'Empire
Publier un jour ſes bien-faits.
Si tu peux du moins l'imiter
Je te prédis fans beziter ,
Autant de vertu , de fazeſſe
De bonté, de charmes divers
Que le nomde cette Princeffe
Ade gloire en tout l'Univers.
Baviere aime trop lesHeros
Pournepas cherirceux de Saulx,
Ilſcait qu'ils brillent dans l'Hif
toire :
GALANT. 255
h
1
Déja ton afrerefou fesyeux ,
Promet de voler à la gloire
Deſes plus triomphants ayeux.
Dans ton Parrain quel protecteur
Qu'unſimagnanime Electeur !
Pourfuivrefon Auguste trace
Tonfangse retrouve igermain :
b Le jeume Marquis de Tavannes,
frere de la nouvelle Baptifée ſçait l'Aflemand
quoy qu'il n'ait pas encore 9.
ans ; & il eût l'honneur de parler fibiencette
Langue à S. A. E. au furet de
ce Baptefme , qu'elle en a témoigné
beaucoup de fatisfaction .
iCe fût la mere du Maréchal de
Tavannes,duquel font iffus tous lesMrs
de Tavannes d'aujourd'huy ; laquelle
eſtant Allemande , & ſe nommant
256 MERCURE
Iln'est de cadet dans ta race
Qui n'ait l'ame d'un vieuxRomain.
J'ay appris que ces Couplets
que ces Couplets
font de M.de Solleyne , Subdelegué
de M. l'Intendant de
Bourgogne au département
Marguerite de Tavannes , vint époufer
en Bourgogue Jean de Saulx ,& commença
à faire prendre , il y a plus de
deux Siecles , le far-nom de Tavannes
àſesdeſcendans,qui l'ont toûjours porté
depuis qu'Elle & fon frere Jean de
Tavannes , Chevalier Seigneur de
Dello , natif du Comté de Ferrette
en Allemagne , qui en amena pour
lors les bandes noires au ſervice de la
France , & duquel elle fût heritiere ,
eurent apporté d'Allemagne le ſurnom
de Tavannes en la Maiſon de
Saulx.
d'Auxerre ,
GALANT. 257
d'Auxerre , & fils de M. Mar- .
tineau , cy-devant Seigneurde
Marnay , quatriéme Préſident
de pere en fils en cette Ville.
Maxinulienne Emmanuelle
Marie-Anne de Tavannes .
Sur l'Air : Tout cela m'eſt indifferent ,
ou voſtre jen fait icy grand brait.
Que de regrets waremporter
LePrince preſt à nous quitter !
Pour confoler un peu la France
Il veut bienylaiſſerſon nom ,
Tavannes a cette preference :
Quel nouveau lustre enfa Mai-
4 fon!
ॐ
Digne filleulle d'un Cefar
Aquels honneur n'as tu point
part ?
254 MERCURE
De Vendofme le coeur confpire
A te faire un fort plein d'attraits?
Puiſſe-tujuſques dans l'Empire
Publier un jour ſes bien-faits.
Si tu peux du moins l'imiter
Je te prédis fans beziter ,
Autant de vertu , de fazeſſe
De bonté, de charmes divers
Que le nomde cette Princeffe
Ade gloire en tout l'Univers.
Baviere aime trop lesHeros
Pournepas cherirceux de Saulx,
Ilſcait qu'ils brillent dans l'Hif
toire :
GALANT. 255
h
1
Déja ton afrerefou fesyeux ,
Promet de voler à la gloire
Deſes plus triomphants ayeux.
Dans ton Parrain quel protecteur
Qu'unſimagnanime Electeur !
Pourfuivrefon Auguste trace
Tonfangse retrouve igermain :
b Le jeume Marquis de Tavannes,
frere de la nouvelle Baptifée ſçait l'Aflemand
quoy qu'il n'ait pas encore 9.
ans ; & il eût l'honneur de parler fibiencette
Langue à S. A. E. au furet de
ce Baptefme , qu'elle en a témoigné
beaucoup de fatisfaction .
iCe fût la mere du Maréchal de
Tavannes,duquel font iffus tous lesMrs
de Tavannes d'aujourd'huy ; laquelle
eſtant Allemande , & ſe nommant
256 MERCURE
Iln'est de cadet dans ta race
Qui n'ait l'ame d'un vieuxRomain.
J'ay appris que ces Couplets
que ces Couplets
font de M.de Solleyne , Subdelegué
de M. l'Intendant de
Bourgogne au département
Marguerite de Tavannes , vint époufer
en Bourgogue Jean de Saulx ,& commença
à faire prendre , il y a plus de
deux Siecles , le far-nom de Tavannes
àſesdeſcendans,qui l'ont toûjours porté
depuis qu'Elle & fon frere Jean de
Tavannes , Chevalier Seigneur de
Dello , natif du Comté de Ferrette
en Allemagne , qui en amena pour
lors les bandes noires au ſervice de la
France , & duquel elle fût heritiere ,
eurent apporté d'Allemagne le ſurnom
de Tavannes en la Maiſon de
Saulx.
d'Auxerre ,
GALANT. 257
d'Auxerre , & fils de M. Mar- .
tineau , cy-devant Seigneurde
Marnay , quatriéme Préſident
de pere en fils en cette Ville.
Fermer
7295
p. 9-14
ODE A LA PEINTURE. Omnia transformat sese in miracula rerum. Virg. Georg. Lib. 4.
Début :
TOI que la main de l'industrie [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE A LA PEINTURE. Omnia transformat sese in miracula rerum. Virg. Georg. Lib. 4.
ODE A LA PEINTURE.
Omnia transformat sese in miracula rerum.
Virg. Georg. Lib. 4.
TOI que la main de l'industrie
Grava ſur l'aîle du hazard ,
2.
Peinture , heureux fruit du génie ,
Éclatante fille de l'art ,
Que ton temple s'ouvre à ma vue !
Mon eſprit parcourt l'étendue
Où brillent tes traits créateurs ;
Peins-moi ce que je dois décrire ,
Et ſurtout répands ſur ma lyre
L'éclat pompeux de tes couleurs.
V
10 MERCURE DE FRANCE .
Sous tes pinceaux que voit-je éclore
Quel feu , quelle rapidité !
L'ombre s'imprime , ſe colore ,
Et ſe change en réalité.
Quel prodige anime la toile ?
L'Univers entier ſe dévoile ,
Tout ſe renouvelle à mes yeux :
Ton crayon avec énergie
Crée, raſſemble , vivifie :
J'embraſſe les temps & les lieux.
L'éclat, la force, l'élégance ,
La douceur , les grâces ,l'amour,
Par une heureuſe concurrence
Décorent ton front tour- à-tour.
Hs vont par ton ordre ſuprême
Au ſein de la Nature même ,
Ravir le germe des couleurs
Dont le précieux aſſemblage
Nous préſente une vive image-
De ſes traits les plus enchanteurs.
Ton crayon enchaîne l'efpace,
Et par ſes fublimes effets ,
Sur une légére furface,
Trace & réunit les objets.
Mais que vois-je ? tamainhardie
Porte les couleurs & la vie
Dans le fombre abîme du Temps
MARS.. 1764.
Arbitrede la Renommée ,
Tu viens , à la Terre étonnée ,
Montrer ſes anciens Habitans.
Par le charme de tes images ,
Les lieux , les Peuples & les arts ,
Perpétués dans tes Ouvrages ,
Se ſuccédent à mes regards:
Tout renaît , & , par toi , les hommes ,
Retraçant au temps où nous ſommes ,
Leurs Loix , leurs uſages , leurs mœurs ,
Ont fur tes aîles fortunées ,
Franchi le torrent des années ,
Pour revivre dans tes couleurs..
Que la plus profonde ignorance
S'éclaire de ton feu divin ::
Le langage de l'évidence
Frappe, inſtruit , tout le genre humains
Qu'à tes progrès tout s'intéreſſe.
Ah! qu'à juſte titre la Gréce
Voulut ennoblir tes pinceaux ,
Quand,vainqueurdes bornes de l'âge ,
Ton art , honorant le courage ,
Immortaliſoit ſes Héros !
C'eſt luidont le ſouffle rapide,
Raſſemblant les mânes épars ,
Ranime une Armée intrépide ,
Avi
II
12 MERCURE DE FRANCE.
A l'ombre de ſes étendarts :
Qui nous peint le Dieu des batailles ,
Le fer, le ſang , les funérailles ,
Que ſuit le char de la terreur ;
Là des ruines entaſſées,
Plus loin des Cités embraſées ,
Le feu , le carnage & l'horreur.
Maisquoi , le ſpectacle du monde
N'eſt-il que celui de nos maux ?
Opeinture ! ô ſource féconde ,
N'as-tu pas des plus doux pinceaux ?
Quand, par une amoureuſe adreſſe ,
La main même de la tendreſſe
Eut ébauché tes premiers traits ,
Ne vit-on pas celles des grâces ,
Colorant ſes aimables trâces ,
Hâter le cours de tes progrès ?
Rivale en tout de la Nature ,
Cequ'elle enfante de plus beau
Comme par une glace pure ,
Eſt répété par ton pinceau :
Ton art , comme elle inépuiſable ,.
Me trace une figure aimable ,
Et des objets moins incertains :
La reſſemblance eſt conſommées .
Mon œil dans leur ombre animée
Voit & diftingue les humains.
MARS. 1764.
Partout tes couleurs adoucies
Arrêtent mon cœur & mes yeux
Paroiffez , images chéries ,
Qui me retracez mes ayeux..
C'eſt à toi , divine Peinture ,
A m'en conſerver la figure ,
L'air , l'abord& les propres traits :
Ils revivent dans tes ouvrages
Quand le cours rapide des âges
Nous les a ravis pour jamais.
Un nouvel éclat t'environne ,
L'agrément prépare tes fleurs ;
L'amour , pour former ta couronne
S'éxerce à broyer tes couleurs ,
Nous peint les champs & la fougère
Etdans les yeux d'une Bergère ,
Gravant l'empreintedes plaiſirs ,
Trace avec un crayon de flâme ,
Le cœur , les mouvemens de l'âme
Et l'image de ſes deſirs.
Tu mepeins un ſéjour champêtre
La fraîcheur & l'émail des Prés :
Le jour qui me ſemble renaître ,
En développe les beautés:
J'entrevois les grâces de Flore;
Le pinceau vermeil de l'Aurore
Trace la route du Soleil.....
13
14 MERCURE DE FRANCE.
Non , ce n'eſt plus une peinture ;
C'eſt l'air , la terre , la Nature
Dans leur plus brillant appareil.
Un objet frapant , mais funébre ,
Vient encore s'offrir à nous .
Quel pinceau , quelle main célébre
Peint les élémens en courroux ?
La mer , entr'ouvrant ſes abîmes ,
Engloutit ſes pâles victimes ......
Je tremble à l'aſpect de leur fort.
Jecrois voir... je vois leur naufrage ,
Les vents ,les vagues , le rivage ,
L'orage, la foudre & la mort !
C'eſt ainſi que ton art fublime ,
Sous un coloris enchanteur ,
Aton gré me frappe & m'imprime
L'amour , la crainte ou la terreur.
Partout le feu de tes ouvrages
Me réaliſe tes images ;
Je me tranſporte en tous les lieux :-
Ont pris la place de mes yeux.
:
Ton flambeau m'éclaire & m'enflame ;
Mon eſprit , mon cœur & mon âme :
Par M. B.
Omnia transformat sese in miracula rerum.
Virg. Georg. Lib. 4.
TOI que la main de l'industrie
Grava ſur l'aîle du hazard ,
2.
Peinture , heureux fruit du génie ,
Éclatante fille de l'art ,
Que ton temple s'ouvre à ma vue !
Mon eſprit parcourt l'étendue
Où brillent tes traits créateurs ;
Peins-moi ce que je dois décrire ,
Et ſurtout répands ſur ma lyre
L'éclat pompeux de tes couleurs.
V
10 MERCURE DE FRANCE .
Sous tes pinceaux que voit-je éclore
Quel feu , quelle rapidité !
L'ombre s'imprime , ſe colore ,
Et ſe change en réalité.
Quel prodige anime la toile ?
L'Univers entier ſe dévoile ,
Tout ſe renouvelle à mes yeux :
Ton crayon avec énergie
Crée, raſſemble , vivifie :
J'embraſſe les temps & les lieux.
L'éclat, la force, l'élégance ,
La douceur , les grâces ,l'amour,
Par une heureuſe concurrence
Décorent ton front tour- à-tour.
Hs vont par ton ordre ſuprême
Au ſein de la Nature même ,
Ravir le germe des couleurs
Dont le précieux aſſemblage
Nous préſente une vive image-
De ſes traits les plus enchanteurs.
Ton crayon enchaîne l'efpace,
Et par ſes fublimes effets ,
Sur une légére furface,
Trace & réunit les objets.
Mais que vois-je ? tamainhardie
Porte les couleurs & la vie
Dans le fombre abîme du Temps
MARS.. 1764.
Arbitrede la Renommée ,
Tu viens , à la Terre étonnée ,
Montrer ſes anciens Habitans.
Par le charme de tes images ,
Les lieux , les Peuples & les arts ,
Perpétués dans tes Ouvrages ,
Se ſuccédent à mes regards:
Tout renaît , & , par toi , les hommes ,
Retraçant au temps où nous ſommes ,
Leurs Loix , leurs uſages , leurs mœurs ,
Ont fur tes aîles fortunées ,
Franchi le torrent des années ,
Pour revivre dans tes couleurs..
Que la plus profonde ignorance
S'éclaire de ton feu divin ::
Le langage de l'évidence
Frappe, inſtruit , tout le genre humains
Qu'à tes progrès tout s'intéreſſe.
Ah! qu'à juſte titre la Gréce
Voulut ennoblir tes pinceaux ,
Quand,vainqueurdes bornes de l'âge ,
Ton art , honorant le courage ,
Immortaliſoit ſes Héros !
C'eſt luidont le ſouffle rapide,
Raſſemblant les mânes épars ,
Ranime une Armée intrépide ,
Avi
II
12 MERCURE DE FRANCE.
A l'ombre de ſes étendarts :
Qui nous peint le Dieu des batailles ,
Le fer, le ſang , les funérailles ,
Que ſuit le char de la terreur ;
Là des ruines entaſſées,
Plus loin des Cités embraſées ,
Le feu , le carnage & l'horreur.
Maisquoi , le ſpectacle du monde
N'eſt-il que celui de nos maux ?
Opeinture ! ô ſource féconde ,
N'as-tu pas des plus doux pinceaux ?
Quand, par une amoureuſe adreſſe ,
La main même de la tendreſſe
Eut ébauché tes premiers traits ,
Ne vit-on pas celles des grâces ,
Colorant ſes aimables trâces ,
Hâter le cours de tes progrès ?
Rivale en tout de la Nature ,
Cequ'elle enfante de plus beau
Comme par une glace pure ,
Eſt répété par ton pinceau :
Ton art , comme elle inépuiſable ,.
Me trace une figure aimable ,
Et des objets moins incertains :
La reſſemblance eſt conſommées .
Mon œil dans leur ombre animée
Voit & diftingue les humains.
MARS. 1764.
Partout tes couleurs adoucies
Arrêtent mon cœur & mes yeux
Paroiffez , images chéries ,
Qui me retracez mes ayeux..
C'eſt à toi , divine Peinture ,
A m'en conſerver la figure ,
L'air , l'abord& les propres traits :
Ils revivent dans tes ouvrages
Quand le cours rapide des âges
Nous les a ravis pour jamais.
Un nouvel éclat t'environne ,
L'agrément prépare tes fleurs ;
L'amour , pour former ta couronne
S'éxerce à broyer tes couleurs ,
Nous peint les champs & la fougère
Etdans les yeux d'une Bergère ,
Gravant l'empreintedes plaiſirs ,
Trace avec un crayon de flâme ,
Le cœur , les mouvemens de l'âme
Et l'image de ſes deſirs.
Tu mepeins un ſéjour champêtre
La fraîcheur & l'émail des Prés :
Le jour qui me ſemble renaître ,
En développe les beautés:
J'entrevois les grâces de Flore;
Le pinceau vermeil de l'Aurore
Trace la route du Soleil.....
13
14 MERCURE DE FRANCE.
Non , ce n'eſt plus une peinture ;
C'eſt l'air , la terre , la Nature
Dans leur plus brillant appareil.
Un objet frapant , mais funébre ,
Vient encore s'offrir à nous .
Quel pinceau , quelle main célébre
Peint les élémens en courroux ?
La mer , entr'ouvrant ſes abîmes ,
Engloutit ſes pâles victimes ......
Je tremble à l'aſpect de leur fort.
Jecrois voir... je vois leur naufrage ,
Les vents ,les vagues , le rivage ,
L'orage, la foudre & la mort !
C'eſt ainſi que ton art fublime ,
Sous un coloris enchanteur ,
Aton gré me frappe & m'imprime
L'amour , la crainte ou la terreur.
Partout le feu de tes ouvrages
Me réaliſe tes images ;
Je me tranſporte en tous les lieux :-
Ont pris la place de mes yeux.
:
Ton flambeau m'éclaire & m'enflame ;
Mon eſprit , mon cœur & mon âme :
Par M. B.
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7296
p. 252-264
MORT.
Début :
Messire Charles de Gaucourt, Seigneur de Cluys, de Bouesses [...]
Mots clefs :
Seigneur, Gaucourt, Alliance, Picardie, Chambellan, Gouverneur, Mort, Bataille, Héritage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORT.
M0R71
Messire Charles de Gaucourt,
Seigneur deCluys;
de Boueffes, &c. Lieutenant
du Roy en Berry, mourut
lc 30 May. Il avoit épousé
Marguerite de Tiercel in de
Rancé, Fille de Jean, Seigneur
de la Chapelle - Barion
5c de Jeanne Marie
Turpin aprés la more de laquelle
sans enfans en 1G%6.\
il a pris une seconde Alliance
1687. avec Albertine
kigide de la Beaume, fillc
1c Charles, Marquis de S,
Martin & de Therese Anne-
Françoise de Trafignys, sa
seconde femme; de laquelle
l a eu un fils qui luy succede
en sa Charge. La Maison
de Gaucourt est une des
plus considerables de Picariic;
elle a donné de grands
Officiers à la Couronne;elle
tire son origine de Raoul
, Seigneur de Gaucourt&
d'Argicourt qui vivoic en
12.70. Jean de Gaucourt,
Seigneur de Maisons sur
Seine. de Viry & de Villiers
a esté Maistre d'Hostel du
Roy,ilmourut le22. Février
1393.laissant de Jeanne de
Farinaille sa femme, Jeanne
de Gaucourt, mariée à Robert,
Seigneur de Vaurin-
Lillers &c. Raoul. Jean Ar-;
chidiacre de Joinville en
l'Eglise de Châalons, Eustache,
Seigneur de Viry,
grand Fauconnier de France
mort vers l'an 1415. sans
postetité de Jeanne de Mommorency,
veuve de Gautier
de Thorore, Seigneur
de Chastellier, &, fille de
pufll^unie de Monmorency
Seigneur de S. Luc
,
& Jean
le Gaucourt Seigneur de
Maison sur SeinedeVilliers
:Gus S. Leu, &c. qui fut insitué
Maistre des Eaux &
Forests deFrance, Champagne&
Brie en 1 398.
Raoul Seigneurde Gauatur$,
ChevalierChambelan
du Roy, Bailly de
Roüen
,
où il fut tué lors
l'une seditionqui arriva en
417. aptés avoir rendu des
Services considerables àl'Eat;
il avoit épousé Mar gue.
rite de Beaumont, veuve dr
Charles deHanget,Senechal
de Beaucaire & avoir pris
une seconde Alliance avec
Aleaume deBerghes
,
veuve
de Jean de Roye
,
Seigneur
Daunois; du premier sortirent
Guillaume deGaucourt
vivant 1402. &Raoul Sei
gneurde Gaucourt, &c.
Premier Chambellandu Roy
CharlesVII.Gouverneur
du Dauphiné & Bailly dOrleans,
puis grand Maistre
de France, se trouvaàla de.(
faite des Anglois devant
Montargisen 1427, contribua
à la reprise de Chartres
en 1429. & ayant esté établis
Gouverneur de Dauphiné;
ildéfiten 1430 au combat
d'Anthon le Prince d'Orange
qui tenoit le parti du
Duc de Bourgogne.L'an
14M il se signala au Siege
de Montereau & servit beaucoup
à la Conqueste de la
Normandie. Il assista en qualité
de premier Chambellan
du Roy à la magnifique Entrée
que Charles VII. fit
dans la Ville de Roüen, &
en 1456.ilreçût de la part
du Roy en qualité de grand
Maistre de son Hostel les
Ambassadeurs envoyez par
le Roy de Hongrie pour
demander la Princesse Magdaleine
en mariage; il avoir
épousé Jeanne de Preuilly,
fille de Gilles Seigneur de
Preuilly & de Marguerite de
Naillac dont il eut Charles,
Jean, Evêque & Duc e
Laon, mort le 10. Juin 1468.1
Raoul Seigneur de Lufarchflu
8c Marie de Gaucourt quiJ
épousale 5. Juin i4j£.J
Charles de Tournon -
gneur de Belcastel, Charles
Seigneur de Gaucourt, Argicourt
&c. Vicomted'Acy
Lieutenant General Gouverneur
de la Ville de Paris &
Isle de France, Conseiller &
Chambellan duRoy,rendit
des servicesconsiderables
aux Rois Charles V II. &
Loüis XI. mourut à Paris
en 1482. futenterréenl'Eglise
de S. Jean en Gréve.
Il avoir épousé le 8Octobre
1454. Agnés de Vaux, dire
Collette, fille de Jean Seigneur
de S. Jues & de
Jeanne Bouteiller, Dame de
Saintines dontil eut Charles
Jean,Evêque d' Amiens,
Loüis, Evêque d'Amiens,
aprés son frere,François
Chevalier de Rhodes, Annemariée
le 23.OctobreàJean
de Cullan, Seigneur de
Chasteau-neuf. Catherine:
alliée le 10. Mars 1480. àj
loüis d'Aubusson. Seigneur
de Villeneuve, & Marguerite
de Gaucourt femme de
Pierre du Puy, Seigneur de
Vatan, Bailly & Gouverneur
de Berry.
Charles , Seigneur de
Gaucourt de Boëfes, Cluys,
&c.venditen 145)8 leFief
de Gaucourt.
Loüis de Gaucourt,Seigneur
de Cluys de Boesses,
&c, Chevalier de l'Ordre du
Roy, Chambellan du Duc
d'Alençon, mouruc lc 3.
Aoust Ij89. de la blessure
qu'il reçût en commandant
pour la Ligue; il avoit épousé
en 1564. Jeanned'Escoubleau,
fille de Jean, Seigneur
de Sourdis Maistre de la
Garde Robe du Roy, il eut
Charles; Jean Abbé de
Maubec; Jacques qui a fait
la branche de Cluys & Aymée
de Gaucourt, femme de
Gabriel de Mallesu,Seigneur
de Chastelus,Charles de
Gaucourc, Seigneur de Ville-
Dîeu & de Boesses, épousa
lc ip. Septem bre 1604.
Charlotte de Rochefort,
fille d'Imbert, Seigneur de
Beauvais & de Ville-Dieu.
Branche des Seigneurs de-
Cltijs.
Jacques de Gaucourt ,Seigneur
de Cluys, &c. fils
puisné de Loüis de Cluys &
de Françoise d'Escoubleau,
fut Capitaine de Chevaux
Legers & Senechal de la
Marches il épousa en J£O?.
Jeanne d'Elbene, fille de
Guillaume, Seigneur de l'EG.
pinoux, Conseiller au grand
Conseil&d'Aysieux Chamarre
dont il eut Loüis
& Char les, morts jeunes.
Charles Guillaume, Prieur
de Cluys,Aimée, femme
de Frederic de Gamaches,
Vicomte de Chasteau Me-
Hand) Esther & Magdelaine.
de Gaucourt, Rehgieuses.
Charles de Gaucourr, Seigneur
de Cluys,mourut en
Juin 1692. il avoit épousé
en 1656.Gilberred'Assy,
,ycuve de Claude deTroussebois,
Seigneur de Champaigre,
& fille de Hugues,
Seigneur de Rochefolle, &
de Marguerite de Morette,
dont il laissa Charles de
Gaucourt, qui mourut le
30. May, comme nous (tavons
dit ci-dessus, & Silvain
Chevalier de Malthe. N. &
Nde Gaucourc.
Extrait d'une Lettre dt
Gironne le 7. Jmilet 171 3. V.
Messire Charles de Gaucourt,
Seigneur deCluys;
de Boueffes, &c. Lieutenant
du Roy en Berry, mourut
lc 30 May. Il avoit épousé
Marguerite de Tiercel in de
Rancé, Fille de Jean, Seigneur
de la Chapelle - Barion
5c de Jeanne Marie
Turpin aprés la more de laquelle
sans enfans en 1G%6.\
il a pris une seconde Alliance
1687. avec Albertine
kigide de la Beaume, fillc
1c Charles, Marquis de S,
Martin & de Therese Anne-
Françoise de Trafignys, sa
seconde femme; de laquelle
l a eu un fils qui luy succede
en sa Charge. La Maison
de Gaucourt est une des
plus considerables de Picariic;
elle a donné de grands
Officiers à la Couronne;elle
tire son origine de Raoul
, Seigneur de Gaucourt&
d'Argicourt qui vivoic en
12.70. Jean de Gaucourt,
Seigneur de Maisons sur
Seine. de Viry & de Villiers
a esté Maistre d'Hostel du
Roy,ilmourut le22. Février
1393.laissant de Jeanne de
Farinaille sa femme, Jeanne
de Gaucourt, mariée à Robert,
Seigneur de Vaurin-
Lillers &c. Raoul. Jean Ar-;
chidiacre de Joinville en
l'Eglise de Châalons, Eustache,
Seigneur de Viry,
grand Fauconnier de France
mort vers l'an 1415. sans
postetité de Jeanne de Mommorency,
veuve de Gautier
de Thorore, Seigneur
de Chastellier, &, fille de
pufll^unie de Monmorency
Seigneur de S. Luc
,
& Jean
le Gaucourt Seigneur de
Maison sur SeinedeVilliers
:Gus S. Leu, &c. qui fut insitué
Maistre des Eaux &
Forests deFrance, Champagne&
Brie en 1 398.
Raoul Seigneurde Gauatur$,
ChevalierChambelan
du Roy, Bailly de
Roüen
,
où il fut tué lors
l'une seditionqui arriva en
417. aptés avoir rendu des
Services considerables àl'Eat;
il avoit épousé Mar gue.
rite de Beaumont, veuve dr
Charles deHanget,Senechal
de Beaucaire & avoir pris
une seconde Alliance avec
Aleaume deBerghes
,
veuve
de Jean de Roye
,
Seigneur
Daunois; du premier sortirent
Guillaume deGaucourt
vivant 1402. &Raoul Sei
gneurde Gaucourt, &c.
Premier Chambellandu Roy
CharlesVII.Gouverneur
du Dauphiné & Bailly dOrleans,
puis grand Maistre
de France, se trouvaàla de.(
faite des Anglois devant
Montargisen 1427, contribua
à la reprise de Chartres
en 1429. & ayant esté établis
Gouverneur de Dauphiné;
ildéfiten 1430 au combat
d'Anthon le Prince d'Orange
qui tenoit le parti du
Duc de Bourgogne.L'an
14M il se signala au Siege
de Montereau & servit beaucoup
à la Conqueste de la
Normandie. Il assista en qualité
de premier Chambellan
du Roy à la magnifique Entrée
que Charles VII. fit
dans la Ville de Roüen, &
en 1456.ilreçût de la part
du Roy en qualité de grand
Maistre de son Hostel les
Ambassadeurs envoyez par
le Roy de Hongrie pour
demander la Princesse Magdaleine
en mariage; il avoir
épousé Jeanne de Preuilly,
fille de Gilles Seigneur de
Preuilly & de Marguerite de
Naillac dont il eut Charles,
Jean, Evêque & Duc e
Laon, mort le 10. Juin 1468.1
Raoul Seigneur de Lufarchflu
8c Marie de Gaucourt quiJ
épousale 5. Juin i4j£.J
Charles de Tournon -
gneur de Belcastel, Charles
Seigneur de Gaucourt, Argicourt
&c. Vicomted'Acy
Lieutenant General Gouverneur
de la Ville de Paris &
Isle de France, Conseiller &
Chambellan duRoy,rendit
des servicesconsiderables
aux Rois Charles V II. &
Loüis XI. mourut à Paris
en 1482. futenterréenl'Eglise
de S. Jean en Gréve.
Il avoir épousé le 8Octobre
1454. Agnés de Vaux, dire
Collette, fille de Jean Seigneur
de S. Jues & de
Jeanne Bouteiller, Dame de
Saintines dontil eut Charles
Jean,Evêque d' Amiens,
Loüis, Evêque d'Amiens,
aprés son frere,François
Chevalier de Rhodes, Annemariée
le 23.OctobreàJean
de Cullan, Seigneur de
Chasteau-neuf. Catherine:
alliée le 10. Mars 1480. àj
loüis d'Aubusson. Seigneur
de Villeneuve, & Marguerite
de Gaucourt femme de
Pierre du Puy, Seigneur de
Vatan, Bailly & Gouverneur
de Berry.
Charles , Seigneur de
Gaucourt de Boëfes, Cluys,
&c.venditen 145)8 leFief
de Gaucourt.
Loüis de Gaucourt,Seigneur
de Cluys de Boesses,
&c, Chevalier de l'Ordre du
Roy, Chambellan du Duc
d'Alençon, mouruc lc 3.
Aoust Ij89. de la blessure
qu'il reçût en commandant
pour la Ligue; il avoit épousé
en 1564. Jeanned'Escoubleau,
fille de Jean, Seigneur
de Sourdis Maistre de la
Garde Robe du Roy, il eut
Charles; Jean Abbé de
Maubec; Jacques qui a fait
la branche de Cluys & Aymée
de Gaucourt, femme de
Gabriel de Mallesu,Seigneur
de Chastelus,Charles de
Gaucourc, Seigneur de Ville-
Dîeu & de Boesses, épousa
lc ip. Septem bre 1604.
Charlotte de Rochefort,
fille d'Imbert, Seigneur de
Beauvais & de Ville-Dieu.
Branche des Seigneurs de-
Cltijs.
Jacques de Gaucourt ,Seigneur
de Cluys, &c. fils
puisné de Loüis de Cluys &
de Françoise d'Escoubleau,
fut Capitaine de Chevaux
Legers & Senechal de la
Marches il épousa en J£O?.
Jeanne d'Elbene, fille de
Guillaume, Seigneur de l'EG.
pinoux, Conseiller au grand
Conseil&d'Aysieux Chamarre
dont il eut Loüis
& Char les, morts jeunes.
Charles Guillaume, Prieur
de Cluys,Aimée, femme
de Frederic de Gamaches,
Vicomte de Chasteau Me-
Hand) Esther & Magdelaine.
de Gaucourt, Rehgieuses.
Charles de Gaucourr, Seigneur
de Cluys,mourut en
Juin 1692. il avoit épousé
en 1656.Gilberred'Assy,
,ycuve de Claude deTroussebois,
Seigneur de Champaigre,
& fille de Hugues,
Seigneur de Rochefolle, &
de Marguerite de Morette,
dont il laissa Charles de
Gaucourt, qui mourut le
30. May, comme nous (tavons
dit ci-dessus, & Silvain
Chevalier de Malthe. N. &
Nde Gaucourc.
Extrait d'une Lettre dt
Gironne le 7. Jmilet 171 3. V.
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Résumé : MORT.
Le texte relate l'histoire de la famille de Gaucourt, une des plus influentes de Picardie, connue pour avoir fourni de nombreux officiers à la Couronne. Messire Charles de Gaucourt, Seigneur de Cluys, de Boueffes, et Lieutenant du Roy en Berry, est décédé le 30 mai. Il avait épousé Marguerite de Tiercelin de Rancé en 1686, puis Albertine Rigide de la Beaume en 1687, avec qui il eut un fils qui lui succéda. La famille de Gaucourt tire son origine de Raoul, Seigneur de Gaucourt et d'Argicourt, vivant en 1270. Plusieurs membres de la famille ont occupé des postes importants. Jean de Gaucourt, Maître d'Hôtel du Roy, est mort en 1393, et Raoul de Gaucourt, Chevalier et Chambellan du Roy, a été tué en 1417. Raoul de Gaucourt, Premier Chambellan du Roy Charles VII, Gouverneur du Dauphiné et Bailly d'Orléans, a joué un rôle crucial dans la reprise de Chartres en 1429 et la conquête de la Normandie. Il est décédé en 1482. Charles de Gaucourt, Seigneur de Gaucourt, Argicourt, et Vicomte d'Acy, a servi les Rois Charles VIII et Louis XI et est également mort en 1482. Louis de Gaucourt, Seigneur de Cluys et Chevalier de l'Ordre du Roy, a été blessé en commandant pour la Ligue et est décédé le 3 août 1589. Charles de Gaucourt, Seigneur de Cluys, est mort en juin 1692. Il avait épousé Gilberte d'Assy en 1656, avec qui il eut Charles de Gaucourt, décédé le 30 mai, et Sylvain, Chevalier de Malte.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7297
p. 31-44
« D'autres Lettres portent que le Czar avoit quitté son [...] »
Début :
D'autres Lettres portent que le Czar avoit quitté son [...]
Mots clefs :
Grand vizir, Moscovites, Traité de paix, Tsar, Roi de Suède, Prince, Seigneur, Tartares, Ambassadeur
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texteReconnaissance textuelle : « D'autres Lettres portent que le Czar avoit quitté son [...] »
D'autres Lettres portent
que le Czar avoit quitté son
Armée, &avoir passé à Carelsbade
en Boheme
,
où le
Prince de Mofcovic son fils
devoit l'aller joindre; que
le Grand Visir avoit ordonné
à Hassan Bacha, Gouverneur
de Romelie d'escorter
le Roy de Suede avec plus
de quarante mille hommes,
non-seulement jusqu'enPologne,
mais jusqu'en Pomcranie
en cas de besoin, &
cela sans compter un grand
nombre de Tartares
,
les
Troupes du Palatin de Kiovie,
& celles de Sa Majesté
Suedoise ; que ce Prince
estoit parti de Bender avec
cette puissante Escortes que
l'Ambassadeur de Hollande
avoit remontréau Kiaïa du
grand Vizir, que l'Armée
destinée à maintenir la neutralité
du Nord de l'Allemagne
s'y oppoferoit ainsi
que les Polonois, les Moscovites
& les Saxons; mais
que cet Officier luy avoit
répondu que l'on verroit
qui auroit la hardiesse de
disputer lepassage auxTroupes
Otomanes, & qu'en cas
de resistance,Hassan Bacha
avoit ordre ex prés de l'ouvrir
à force d'armes.
Par celles de Moscou du
3. on apprend qu'on y avoit
fait trois décharges de canon
en réjoüissance de la
conclusion de la Paix perpetuelle
avec les Turcs.
CellesdeWarsovie du
29. disent que le Czar estoit
arrivé le 19. à Zolkiew à
troislieuës de Limberg ;
qu'il devoit arriver à Warsovie
le 3 1. pour se rendre
en Prusse & en Pomeranie ;
que le Roy de Suede estoit
en chemin pour retourner
dans ses Etats
, prenant sa
route par la Hongrie, mais
que cette derniere nouvelle
meritoit confirmation.
Voici la Copie du traité
de Paix concl u entre les
Turcs & les Moscovites,
que l'on a reçuë à Vienne.
I.
Qu'Asaph serarenduaux
Turcs dans l'étatoùil estoit
lors que leCzar s'enestempare.
II.
Que Taignaron,Kamenk,
& les Forteresses nouvellement
con struites sur lariviere
de Saman serontrasées.
-l"
IlL
Que le Czar ne se meslera
en aucune maniere des Po-
.lonois ny CosaquesBarabais
& Potkili, & qu'il fortira
de leur Pays avectoutes
ses forces.
- IV.
Que les Marchands avec
leurs Marchandises pourront
venir sur les Frontieres
des Turcs, & que le
Czarne pourra avoir d'Ambassadeur
ny d'Envoyé à la
Porte.
V.
Que tous les Turcs faits
prisonniers par les Moscovites,
feront remis en liberté.
VI.
Que le Roy de Suede sera
renvoyé dans ses Etats li- vbrement & sans empêchement
de la part des Moscovites.
VII.
Que tout Acre d'hostilité
cessera de part & d'autre;
& que pour seureté de cc
Traité leCzar donnera pour
otages le Chancelier Schafsiros,
& le Prince Czeremetof;
moyennant quoy l'on
permettroit aux Moscovites
de se retirer dans leur
pays. Les Turcs leur 'ont
donné du pain pour onze
jours, & une Èscorte de
douze mille hommes pour
lesgarentir des insultesdes
Tartares.
VIII.
.,: Que le Czar n'aura aucuns!
Vaisseaux sur la Mer noirs
&qu'il payera auCham des
Tartares le tribut devingt
mille Ducats qu'illuypayoit
autrefois.
IX.
Que S. M. Czarienne livrera
aux Turcs lé Prince de
Moldavie.
Les mêmes Lettres de
Vienne disent que ce Traité
ayant esté envoyé à Constantinople
il avoir estératifié
par le Grand Seigneur le
4. Aoust
,
& renvoyé au
grand Visir; mais que sur
les remontrances du MiniC
tre de Suede à la Porte, l'on
avoit envoyé ordre au grand
Visird'entreren negociation
avec le Czar au sujet du Roy
de Suede avant d'échanger
laratification.
D'autres Lettres portent
que le grand Seigneur a nommé
des Commissaires pour
travailler à la Paix avec la Pologne
; que la Republique
doit envoyer des Députez
pour conferer avec eux;que
les Tarrares continuoient
leurs courses le long du
Niester, ne voulant point
estre compris dans le Traité
de Paix conclu par le grand
Visir.
Que le Czar refusoit de
l'executer, quant à la restitution
d'Asaph & à la démolition
de ses nouvelles
Foiteresses sur la Mernoire,
jusqu'à ce que le Roy de
Suede fust sorti des Etats
duGrand Seigneur, se plaignant
d'ailleurs que l'escorte
qu'onprétendoit donner
à Sa Majesté Suedoisealloit
beaucoup au-delà de ce
qu'on estoit convenu; voicy
ce que portent celles de
Wbarloyrie deii n..Septem- Les Tartares ont saccagé
un grand nombre de Villages
au- delàdu Bog
,
& emmerié
en esclavage tous les
Moscovites&les Cosaqnes
deleurpartiqu'ils y ont
trouvez,&continuënt leurs
hostilitez le long du Niester.
Une partie de I/Armec
Ottomaneestencore le
long du Prut,&le reste du
costé de Bender. Un Ambassadeur
du Grand Seigneur
est arrivé sur, les Frontieres
duRoyaume;il a envoyé demander
des Passeports pour
venir conferer avec quelques
Senateurs touchant le
renouvellement de la Trêve
concluëàCarlowitz&d'affermir
la Paix avec la Republique.
Cet Amb.uadcur
est accompagné de deux Députez;
l'un du Roy de Suede
,
& l'autre du Palatin de
Klovic. Ce dernier a fait publier
des Lettres circulaires
par lesquelles il declarc qu'il
travaille à faire sortir tous
les Moscovites de la Pologne,
à procurer une Paix
avantageuse à la Republique,&
entr'autreàluy faire
restituer toute l'Ukraine.
On doit nommer plusieurs
personnes distinguées, pour
aller conferer avec cet Ambassadeur
qui eflaussichargé
de s'informer du nombre
de Moscovites qui ont
repassé le Niester
,
& s'ils
avoient évacué la Pologne
suivant le Traité conclu
avec le Czar, & dont l'Armée
du Grand Seigneur attendoit
lexecution. Néanmoins
les Moscovites, ont
pris des Quartiers dans la
Volhinie. Le General Szeremetoff
a établi le sien à
à Ostrog ; le Prince Galiczen
à Dubno ; le General
Weisbach à Brody;le General
Bonne à Sokal sur le
Boug
,
Frontière du Palatinat
de BeIzJ & le General Baver
en Lithuanie. Toutes ces
parcicularitez donnent lieu
de croire qu'on n'a pas esté
bien informé des conditions
du Traité conclu entre
le Czar & le grand Vizir
, ou que si elles sont
telles qu'on l'a publié,
la Paix ne fera pas de longue
durée, à moins que le
grand Vizir n'oblige les
Moscovites à executer le
Traité.
que le Czar avoit quitté son
Armée, &avoir passé à Carelsbade
en Boheme
,
où le
Prince de Mofcovic son fils
devoit l'aller joindre; que
le Grand Visir avoit ordonné
à Hassan Bacha, Gouverneur
de Romelie d'escorter
le Roy de Suede avec plus
de quarante mille hommes,
non-seulement jusqu'enPologne,
mais jusqu'en Pomcranie
en cas de besoin, &
cela sans compter un grand
nombre de Tartares
,
les
Troupes du Palatin de Kiovie,
& celles de Sa Majesté
Suedoise ; que ce Prince
estoit parti de Bender avec
cette puissante Escortes que
l'Ambassadeur de Hollande
avoit remontréau Kiaïa du
grand Vizir, que l'Armée
destinée à maintenir la neutralité
du Nord de l'Allemagne
s'y oppoferoit ainsi
que les Polonois, les Moscovites
& les Saxons; mais
que cet Officier luy avoit
répondu que l'on verroit
qui auroit la hardiesse de
disputer lepassage auxTroupes
Otomanes, & qu'en cas
de resistance,Hassan Bacha
avoit ordre ex prés de l'ouvrir
à force d'armes.
Par celles de Moscou du
3. on apprend qu'on y avoit
fait trois décharges de canon
en réjoüissance de la
conclusion de la Paix perpetuelle
avec les Turcs.
CellesdeWarsovie du
29. disent que le Czar estoit
arrivé le 19. à Zolkiew à
troislieuës de Limberg ;
qu'il devoit arriver à Warsovie
le 3 1. pour se rendre
en Prusse & en Pomeranie ;
que le Roy de Suede estoit
en chemin pour retourner
dans ses Etats
, prenant sa
route par la Hongrie, mais
que cette derniere nouvelle
meritoit confirmation.
Voici la Copie du traité
de Paix concl u entre les
Turcs & les Moscovites,
que l'on a reçuë à Vienne.
I.
Qu'Asaph serarenduaux
Turcs dans l'étatoùil estoit
lors que leCzar s'enestempare.
II.
Que Taignaron,Kamenk,
& les Forteresses nouvellement
con struites sur lariviere
de Saman serontrasées.
-l"
IlL
Que le Czar ne se meslera
en aucune maniere des Po-
.lonois ny CosaquesBarabais
& Potkili, & qu'il fortira
de leur Pays avectoutes
ses forces.
- IV.
Que les Marchands avec
leurs Marchandises pourront
venir sur les Frontieres
des Turcs, & que le
Czarne pourra avoir d'Ambassadeur
ny d'Envoyé à la
Porte.
V.
Que tous les Turcs faits
prisonniers par les Moscovites,
feront remis en liberté.
VI.
Que le Roy de Suede sera
renvoyé dans ses Etats li- vbrement & sans empêchement
de la part des Moscovites.
VII.
Que tout Acre d'hostilité
cessera de part & d'autre;
& que pour seureté de cc
Traité leCzar donnera pour
otages le Chancelier Schafsiros,
& le Prince Czeremetof;
moyennant quoy l'on
permettroit aux Moscovites
de se retirer dans leur
pays. Les Turcs leur 'ont
donné du pain pour onze
jours, & une Èscorte de
douze mille hommes pour
lesgarentir des insultesdes
Tartares.
VIII.
.,: Que le Czar n'aura aucuns!
Vaisseaux sur la Mer noirs
&qu'il payera auCham des
Tartares le tribut devingt
mille Ducats qu'illuypayoit
autrefois.
IX.
Que S. M. Czarienne livrera
aux Turcs lé Prince de
Moldavie.
Les mêmes Lettres de
Vienne disent que ce Traité
ayant esté envoyé à Constantinople
il avoir estératifié
par le Grand Seigneur le
4. Aoust
,
& renvoyé au
grand Visir; mais que sur
les remontrances du MiniC
tre de Suede à la Porte, l'on
avoit envoyé ordre au grand
Visird'entreren negociation
avec le Czar au sujet du Roy
de Suede avant d'échanger
laratification.
D'autres Lettres portent
que le grand Seigneur a nommé
des Commissaires pour
travailler à la Paix avec la Pologne
; que la Republique
doit envoyer des Députez
pour conferer avec eux;que
les Tarrares continuoient
leurs courses le long du
Niester, ne voulant point
estre compris dans le Traité
de Paix conclu par le grand
Visir.
Que le Czar refusoit de
l'executer, quant à la restitution
d'Asaph & à la démolition
de ses nouvelles
Foiteresses sur la Mernoire,
jusqu'à ce que le Roy de
Suede fust sorti des Etats
duGrand Seigneur, se plaignant
d'ailleurs que l'escorte
qu'onprétendoit donner
à Sa Majesté Suedoisealloit
beaucoup au-delà de ce
qu'on estoit convenu; voicy
ce que portent celles de
Wbarloyrie deii n..Septem- Les Tartares ont saccagé
un grand nombre de Villages
au- delàdu Bog
,
& emmerié
en esclavage tous les
Moscovites&les Cosaqnes
deleurpartiqu'ils y ont
trouvez,&continuënt leurs
hostilitez le long du Niester.
Une partie de I/Armec
Ottomaneestencore le
long du Prut,&le reste du
costé de Bender. Un Ambassadeur
du Grand Seigneur
est arrivé sur, les Frontieres
duRoyaume;il a envoyé demander
des Passeports pour
venir conferer avec quelques
Senateurs touchant le
renouvellement de la Trêve
concluëàCarlowitz&d'affermir
la Paix avec la Republique.
Cet Amb.uadcur
est accompagné de deux Députez;
l'un du Roy de Suede
,
& l'autre du Palatin de
Klovic. Ce dernier a fait publier
des Lettres circulaires
par lesquelles il declarc qu'il
travaille à faire sortir tous
les Moscovites de la Pologne,
à procurer une Paix
avantageuse à la Republique,&
entr'autreàluy faire
restituer toute l'Ukraine.
On doit nommer plusieurs
personnes distinguées, pour
aller conferer avec cet Ambassadeur
qui eflaussichargé
de s'informer du nombre
de Moscovites qui ont
repassé le Niester
,
& s'ils
avoient évacué la Pologne
suivant le Traité conclu
avec le Czar, & dont l'Armée
du Grand Seigneur attendoit
lexecution. Néanmoins
les Moscovites, ont
pris des Quartiers dans la
Volhinie. Le General Szeremetoff
a établi le sien à
à Ostrog ; le Prince Galiczen
à Dubno ; le General
Weisbach à Brody;le General
Bonne à Sokal sur le
Boug
,
Frontière du Palatinat
de BeIzJ & le General Baver
en Lithuanie. Toutes ces
parcicularitez donnent lieu
de croire qu'on n'a pas esté
bien informé des conditions
du Traité conclu entre
le Czar & le grand Vizir
, ou que si elles sont
telles qu'on l'a publié,
la Paix ne fera pas de longue
durée, à moins que le
grand Vizir n'oblige les
Moscovites à executer le
Traité.
Fermer
Résumé : « D'autres Lettres portent que le Czar avoit quitté son [...] »
Le texte décrit plusieurs événements diplomatiques et militaires impliquant le Czar, le Grand Visir, le Roi de Suède et d'autres acteurs. Le Czar a quitté son armée pour se rendre à Carlsbad en Bohême afin de rejoindre son fils, le Prince de Moscovie. Le Grand Visir a ordonné à Hassan Bacha, Gouverneur de Romélie, d'escorter le Roi de Suède avec une armée de plus de quarante mille hommes, renforcée par des Tartares et des troupes polonaises et suédoises. Cette escorte doit accompagner le Roi de Suède jusqu'en Pologne et en Poméranie si nécessaire. L'ambassadeur de Hollande a informé le Kiaïa du Grand Vizir que cette escorte pourrait rencontrer des résistances, notamment de l'armée destinée à maintenir la neutralité du Nord de l'Allemagne. Hassan Bacha a reçu l'ordre d'ouvrir le passage par la force si besoin. Des lettres de Moscou rapportent des salves de canon célébrant la conclusion d'une paix perpétuelle avec les Turcs. À Varsovie, il est signalé que le Czar est arrivé à Zolkiew et doit se rendre en Prusse et en Poméranie, tandis que le Roi de Suède est en route pour retourner dans ses États via la Hongrie. Un traité de paix entre les Turcs et les Moscovites est présenté, incluant des clauses telles que la restitution d'Asaph, la démolition de nouvelles forteresses, la neutralité du Czar dans les affaires polonaises, la liberté des marchands, la libération des prisonniers turcs, le retour du Roi de Suède dans ses États, et la cessation des hostilités. Le Czar doit fournir des otages et payer un tribut aux Tartares. Le traité a été ratifié par le Grand Seigneur et renvoyé au Grand Visir, mais des négociations supplémentaires sont en cours concernant le Roi de Suède. Les Tartares continuent leurs raids le long du Niester, et le Czar refuse d'exécuter certaines parties du traité jusqu'à ce que le Roi de Suède quitte les États du Grand Seigneur. Un ambassadeur du Grand Seigneur est arrivé pour discuter du renouvellement de la trêve et de la paix avec la République, accompagné de députés du Roi de Suède et du Palatin de Kiovie. Les Moscovites ont pris des quartiers en Volhynie, malgré les conditions du traité, suggérant des incertitudes quant à la durabilité de la paix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7298
p. 253-270
Dons faits par le Roy, tant à Mr de Barillon qu'à Mr d'Albaret, & à Mr le Chevalier de S. Olon. [titre d'après la table]
Début :
Comme le Roy fait tous les jours des dons de toutes manieres, [...]
Mots clefs :
Dons, Roi, Mr de Barillon, Mr d'Albaret, Chevalier de S. Olon, Ambassadeur, Commissions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons faits par le Roy, tant à Mr de Barillon qu'à Mr d'Albaret, & à Mr le Chevalier de S. Olon. [titre d'après la table]
Comme le Roy fait tous
les jours des dons de toutes
manieres , Sa Majefté a donné
à Mr de Barillon, M° des Requeftes, l'Intendance de la Province de Rouffillon, & de l'Armée que commande Mr le
Duc de Noailles. Mr d'Albaret
Piemontois , & d'une Maifon
confiderable , cy devant
mier Prefident à
voit cet employ avec la
preapremiere Prefidence du Confeil
Souverain du Rouffillon. Mais
comme chacun de ces deux
emplois demande un homme
254 MERCURE
tout entier , S. M. a laiffé à
Mr d'Albaret la place de Pre-`
mier Preſident , &luy a donné
une penfion de 2000. écus
pour marquer la fatisfaction
qu'Elle a de fes fervices. Mr
de Barillon eft d'une des meilleures familles de la Robe. Je
vous en ay parlé tant de fois,
qu'il eft inutile que je repete
ce que je vous en ay dit. Il eft
fils de Mr de Barillon Confeiller d'Eftat ordinaire, qui avoit
efté pendant 12. ans Ambaffadeur en Angleterre , Plenipotentiaire au Congrez de Colo.
GALANT 255
gne , & fucceffivement Intendant de Paris , de Picardie , &
des Armées du Roy , & Commiffaire pour les limites , en
execution du Traité d'Aix-laChapelle. Ce dernier eftoit fils
de Mr le Prefident Barillon,
Magiftrat d'une vertuſi diſtinguée , que fa memoire eft encore honorée dans le Parlement , & neveu de Mr de Morangis , qui avoit cfté Directeur des Finances , & qui eft
mort tres - ancien Confeiller
d'Eftat , avec une reputation
auffi grande dans le Confeil,
8
256 MERCURE
que
celle
Mr fon frere a- que
voit dans le Parlement. Mr
de Barillon l'Ambaffadeur , avoit épousé Marie Magdeleine
Mangot , petite fille du Garde
des Sceaux Mangot , &fille de
Mr Mangot, grand Doyen de
Mrs les Maiftres des Requeſtes,
& de Marie Phelipeaux fa femme, fœur de Mr le Preſident
Pontchartrain , pere de Mr
le Chancelier. On ne doit pas
s'eftonner fi Mr de Barillon,
forty de tels parens paternels
& maternels , & aprés avoir
fervy avecdiftinction pendant
de
GALANT 257
huit années , en qualité de
Confeiller, tant aux Requeſtes
du Palais, qu'au Parlement , &
pendant dix autres au Confeil,
a efté choisi pour un employ
d'autant plus beau que la victoire a toûjours paru attachéc
à cette Armée, ou plûtoſt enchaînée par la capacité du General auquel le Roy en confic
la conduite.
Le Roy a donné au fils de
Mr le Chevalier de Saint Olon,
la furvivance de la Charge qu'il
poffede de Gentilhomme ordinaire de fa Maifon. Ceux
qui font pourvûs de ces CharFanvier 1710.
Y
258 MERCURE
ges doivent avoir un efprit
univerfel , beaucoup de politeffe , fçavoir s'énoncer agreablement , & fur tout fçavoir
le monde , fans quoy ils ne
pouroient remplir dignement
Ies Commiffions dont le Roy
les honore tous les jours. Ils
font deſtinez à une infinité de
differens emplois, &Sa Majeſté
en doit toûjours avoir quelqu'un auprés de fa Perfonne,
afin que felon les évenemens
qu'Elle apprend , Elle les envoye, felon qu'Elle le juge à
propos , faire des complimens
de congratulation fur la naif-
GALANT
259
&
fance des Princes & autres perfonnes d'une grande diftinction , ainfi que fur leur mariage , & fur quantité d'incidens
qui leur peuvent arriver ,
des complimens de condoleance fur les morts qui arrivent
dans leurs familles . Ils vont
auffi recevoir des Princes étrangers, qui paffent dans le Royaume , ou qui viennent pour y
demeurer ; & quand le Roy a
connu qu'ils fe font bien acquittez de toutes ces chofes,
& qu'ils ont un genie élevé,
penetrant & propre aux
affaires il les employe à
Y ij
260 MERCURE
des chofes plus importantes ;
à des negociations épineu
fes , & leur donne quelquefois le titre d'Envoyez Extraordinaires , & mefme d'Ambaffadeurs.
Je ne puis mieux vous faire
voir à quoy ces Meffieurs font
employez , qu'en vous faifant
un détail de la plus grande
partie des Commiffions dont
Mr. de S. Olon a etté honoré,
puifqu'il paroift conftant que
jamais Gentilhomme ordinaire
n'a eu le bonheur d'en avoir
un fi grand nombre.
Aprés avoir fait connoiſtre
GALANT 261
}
par fes premieres Commiffions
dequoy il eftoit capable, & les
fervices qu'il pouvoit rendre
au Roy & à l'Etat ; & aprés
avoir accompagné S. M. dans
plufieurs de fes Campagnes ,
pendant lefquelles il s'acquitta
toûjours au gré de S. M. des
Commiffions dont il fut honoré, il eut en 1673. celle de
conduire Mr le Comte de Molina Ambaffadeur d'Espagne,
jufqu'à la frontiere, & de faire
à l'Ile de la Conference l'échange de ce Comte avec Mr
de Villars Ambaffadeur , de
France en Espagne.
262 MERCURE
En 1681. il fut envoyé à
Genes , & il n'en revint qu'en
1684.
En 1688. il fut mis par le
Roy auprés de Mr le Cardinal
Ranuzzi Nonce du Pape, & il
demeura neuf mois avec luy
dans S. Lazare , où il avoit jugé à propos de ſe retirer .
Il fut chargé en 1690. de
la conduite de Mr le Marquis
de Dogliani Ambaffadeur de
Savoye jufqu'à Antibes , & de
l'échanger fur le Var avec Mr
le Comte deRebenac, Ambaffadeur de France en Savoye.
Il fut nommé en 1692.
GALANT 263
2
Ambaffadeur auprés du Roy
de Maroc , d'où il ne revint
qu'à la fin de 1693. & il donna auPublic à fon retour , un
Volume tres curieux , & qui
contenoit la Relation de cette
Ambaſſade.
En 1698. il fut envoyé à
Breft avec un plein pouvoir du
Roypour y conclure unTraité de Paix & de Commerce avec le General Ben- Arſche
Ambaffadeur du Roy de Maroc & conjointement avec
Mr le Comte de Chafteau Renault , qui à eſté fait depuis
Vice-Amiral & Maréchal de
264 MERCURE
France. Mais à peine fut- il arrivé à Breſt , qu'il y reçut l'ordre d'amener cet Ambaffadeur
à la Cour , de l'accompagner
par tout , & de demeurer auprés de luy jufqu'à fon retour.
Le Roy le miten 1703. auprés de Mr le Comte de Valdftein Ambaffadeur de l'Empereur en Portugal , & pris fur
Mer par
le conduifit de Vincennes à
Bourges , où il demeura dix
mois avec luy , à la fin defquels S. M. luy ayant accordé
fa liberté , Elle luy ordonna
de le mener jufqu'à Geneve.
Mr de Coëtlogon. Il
Il
GALANT 265
Il fut envoyé à Bayonne
fur la fin de 1709. pour faire
au nom du Roy le compliment de condoleance à la Reine Doüairiere d'Eſpagne , ſur
la mort de l'Electrice Douairiere Palatine fa Mere.
Il a eu quantité d'autres
Commiffions auprés de rous
les Princes , Princeffes , & Seigneurs & Dames de la Cour ;
auprés du Roy & de la Reine
d'Angleterre ; auprés de Mr
de Strafbourg ; de M° de Mekelbourg ; de Mr le Cardinal
de Coiflin , & de Mes les Princeffes de Baden , de Carignan,
Fanvier 1710.
Ꮓ
266 MERCURE
& de Soubize. Il reçut pour
le Roy , les dernieres paroles
du Grand Condé agonifant à
Fontainebleau , & celles de Mr
de Montaufier à Paris.
Il alla vifieer trois fois par
ordre du Roy en 1675. &
1676. feu Mr de Longueville
à Chezal Benoift & à Bourgueil , à l'occafion des differens que ce Prince avoit avec
Mes de Longueville & de Nemours.
En 1672. il fut chargé des
Ordres du Roy pour Mr le
Chevalier de Rohan , au fujet
du démêlé qu'il y eût pour
GALANT 267
lors entre luy & Mr le Chevalier de Lorraine.
En 1664. le Roy ayant permis à Mr le Prince d'enyoyer
Mr de S. Olon en Espagne
pour des interefts particuliers
qu'il avoit à y traiter , la Reine le chargea à cette occafion
de faire des complimens de la
part de Monfeigneur le Dauphin , à l'Infant d'Espagne,
qui a efté depuis Charles II.
Il fut admis à fon Audiance
avec tout le ceremonial qu'on
a coûtume d'obſerver dans ces
fortes de fonctions , & il
fe glorifier d'avoir efté le prepeut
Z ij
268 MERCURE
mier des Envoyez que Monfei
gneur le Dauphin a cus
pourra avoir. Il demeura fix
mois à la Cour d'Espagne , &
il
y
&
eut trois Audiances de
Philippes IV.
*
Je n'ay pas tout- à fait fuivy
l'ordre des temps , en vous
parlant de la plus grande partie des Commiffions attachées
à fa Charge , dont il a efté
honoré , lors qu'il ne s'eft
point agy de negociations
dont je vous ay marqué exactement les temps. Mr de S.
Olon fils , qui a eſté reçu en
furvivance , a fait quatre cam-
GALANT 269
pagnes dans les Moufquetaires , & cinq en qualité d Officier aux Gardes. Il a efté d'abord Enſeigne , &depuis quatre mois , le Roy l'a fait SousLieutenant. Il a efté eftropié
de la main droite, à l'affaire de
Ramillies. Il ya lieu de croire
que le Roy luy a donné la furvivance que S. M. luy vienr
d'accorder › parce qu'eftant
inftruit par l'exemple & par
les Memoires d'un pere qui
s'eft fi bien acquitté de toutes
les fonctions d'une Charge
dont l'exercice n'eft pas facile,
ayant les mefmes lumieres que
Z iij
270 MERCURE
fon pere, y fervira de mefme,
& avec autant de zele & de
fidelité , le Roy & l'Etat
les jours des dons de toutes
manieres , Sa Majefté a donné
à Mr de Barillon, M° des Requeftes, l'Intendance de la Province de Rouffillon, & de l'Armée que commande Mr le
Duc de Noailles. Mr d'Albaret
Piemontois , & d'une Maifon
confiderable , cy devant
mier Prefident à
voit cet employ avec la
preapremiere Prefidence du Confeil
Souverain du Rouffillon. Mais
comme chacun de ces deux
emplois demande un homme
254 MERCURE
tout entier , S. M. a laiffé à
Mr d'Albaret la place de Pre-`
mier Preſident , &luy a donné
une penfion de 2000. écus
pour marquer la fatisfaction
qu'Elle a de fes fervices. Mr
de Barillon eft d'une des meilleures familles de la Robe. Je
vous en ay parlé tant de fois,
qu'il eft inutile que je repete
ce que je vous en ay dit. Il eft
fils de Mr de Barillon Confeiller d'Eftat ordinaire, qui avoit
efté pendant 12. ans Ambaffadeur en Angleterre , Plenipotentiaire au Congrez de Colo.
GALANT 255
gne , & fucceffivement Intendant de Paris , de Picardie , &
des Armées du Roy , & Commiffaire pour les limites , en
execution du Traité d'Aix-laChapelle. Ce dernier eftoit fils
de Mr le Prefident Barillon,
Magiftrat d'une vertuſi diſtinguée , que fa memoire eft encore honorée dans le Parlement , & neveu de Mr de Morangis , qui avoit cfté Directeur des Finances , & qui eft
mort tres - ancien Confeiller
d'Eftat , avec une reputation
auffi grande dans le Confeil,
8
256 MERCURE
que
celle
Mr fon frere a- que
voit dans le Parlement. Mr
de Barillon l'Ambaffadeur , avoit épousé Marie Magdeleine
Mangot , petite fille du Garde
des Sceaux Mangot , &fille de
Mr Mangot, grand Doyen de
Mrs les Maiftres des Requeſtes,
& de Marie Phelipeaux fa femme, fœur de Mr le Preſident
Pontchartrain , pere de Mr
le Chancelier. On ne doit pas
s'eftonner fi Mr de Barillon,
forty de tels parens paternels
& maternels , & aprés avoir
fervy avecdiftinction pendant
de
GALANT 257
huit années , en qualité de
Confeiller, tant aux Requeſtes
du Palais, qu'au Parlement , &
pendant dix autres au Confeil,
a efté choisi pour un employ
d'autant plus beau que la victoire a toûjours paru attachéc
à cette Armée, ou plûtoſt enchaînée par la capacité du General auquel le Roy en confic
la conduite.
Le Roy a donné au fils de
Mr le Chevalier de Saint Olon,
la furvivance de la Charge qu'il
poffede de Gentilhomme ordinaire de fa Maifon. Ceux
qui font pourvûs de ces CharFanvier 1710.
Y
258 MERCURE
ges doivent avoir un efprit
univerfel , beaucoup de politeffe , fçavoir s'énoncer agreablement , & fur tout fçavoir
le monde , fans quoy ils ne
pouroient remplir dignement
Ies Commiffions dont le Roy
les honore tous les jours. Ils
font deſtinez à une infinité de
differens emplois, &Sa Majeſté
en doit toûjours avoir quelqu'un auprés de fa Perfonne,
afin que felon les évenemens
qu'Elle apprend , Elle les envoye, felon qu'Elle le juge à
propos , faire des complimens
de congratulation fur la naif-
GALANT
259
&
fance des Princes & autres perfonnes d'une grande diftinction , ainfi que fur leur mariage , & fur quantité d'incidens
qui leur peuvent arriver ,
des complimens de condoleance fur les morts qui arrivent
dans leurs familles . Ils vont
auffi recevoir des Princes étrangers, qui paffent dans le Royaume , ou qui viennent pour y
demeurer ; & quand le Roy a
connu qu'ils fe font bien acquittez de toutes ces chofes,
& qu'ils ont un genie élevé,
penetrant & propre aux
affaires il les employe à
Y ij
260 MERCURE
des chofes plus importantes ;
à des negociations épineu
fes , & leur donne quelquefois le titre d'Envoyez Extraordinaires , & mefme d'Ambaffadeurs.
Je ne puis mieux vous faire
voir à quoy ces Meffieurs font
employez , qu'en vous faifant
un détail de la plus grande
partie des Commiffions dont
Mr. de S. Olon a etté honoré,
puifqu'il paroift conftant que
jamais Gentilhomme ordinaire
n'a eu le bonheur d'en avoir
un fi grand nombre.
Aprés avoir fait connoiſtre
GALANT 261
}
par fes premieres Commiffions
dequoy il eftoit capable, & les
fervices qu'il pouvoit rendre
au Roy & à l'Etat ; & aprés
avoir accompagné S. M. dans
plufieurs de fes Campagnes ,
pendant lefquelles il s'acquitta
toûjours au gré de S. M. des
Commiffions dont il fut honoré, il eut en 1673. celle de
conduire Mr le Comte de Molina Ambaffadeur d'Espagne,
jufqu'à la frontiere, & de faire
à l'Ile de la Conference l'échange de ce Comte avec Mr
de Villars Ambaffadeur , de
France en Espagne.
262 MERCURE
En 1681. il fut envoyé à
Genes , & il n'en revint qu'en
1684.
En 1688. il fut mis par le
Roy auprés de Mr le Cardinal
Ranuzzi Nonce du Pape, & il
demeura neuf mois avec luy
dans S. Lazare , où il avoit jugé à propos de ſe retirer .
Il fut chargé en 1690. de
la conduite de Mr le Marquis
de Dogliani Ambaffadeur de
Savoye jufqu'à Antibes , & de
l'échanger fur le Var avec Mr
le Comte deRebenac, Ambaffadeur de France en Savoye.
Il fut nommé en 1692.
GALANT 263
2
Ambaffadeur auprés du Roy
de Maroc , d'où il ne revint
qu'à la fin de 1693. & il donna auPublic à fon retour , un
Volume tres curieux , & qui
contenoit la Relation de cette
Ambaſſade.
En 1698. il fut envoyé à
Breft avec un plein pouvoir du
Roypour y conclure unTraité de Paix & de Commerce avec le General Ben- Arſche
Ambaffadeur du Roy de Maroc & conjointement avec
Mr le Comte de Chafteau Renault , qui à eſté fait depuis
Vice-Amiral & Maréchal de
264 MERCURE
France. Mais à peine fut- il arrivé à Breſt , qu'il y reçut l'ordre d'amener cet Ambaffadeur
à la Cour , de l'accompagner
par tout , & de demeurer auprés de luy jufqu'à fon retour.
Le Roy le miten 1703. auprés de Mr le Comte de Valdftein Ambaffadeur de l'Empereur en Portugal , & pris fur
Mer par
le conduifit de Vincennes à
Bourges , où il demeura dix
mois avec luy , à la fin defquels S. M. luy ayant accordé
fa liberté , Elle luy ordonna
de le mener jufqu'à Geneve.
Mr de Coëtlogon. Il
Il
GALANT 265
Il fut envoyé à Bayonne
fur la fin de 1709. pour faire
au nom du Roy le compliment de condoleance à la Reine Doüairiere d'Eſpagne , ſur
la mort de l'Electrice Douairiere Palatine fa Mere.
Il a eu quantité d'autres
Commiffions auprés de rous
les Princes , Princeffes , & Seigneurs & Dames de la Cour ;
auprés du Roy & de la Reine
d'Angleterre ; auprés de Mr
de Strafbourg ; de M° de Mekelbourg ; de Mr le Cardinal
de Coiflin , & de Mes les Princeffes de Baden , de Carignan,
Fanvier 1710.
Ꮓ
266 MERCURE
& de Soubize. Il reçut pour
le Roy , les dernieres paroles
du Grand Condé agonifant à
Fontainebleau , & celles de Mr
de Montaufier à Paris.
Il alla vifieer trois fois par
ordre du Roy en 1675. &
1676. feu Mr de Longueville
à Chezal Benoift & à Bourgueil , à l'occafion des differens que ce Prince avoit avec
Mes de Longueville & de Nemours.
En 1672. il fut chargé des
Ordres du Roy pour Mr le
Chevalier de Rohan , au fujet
du démêlé qu'il y eût pour
GALANT 267
lors entre luy & Mr le Chevalier de Lorraine.
En 1664. le Roy ayant permis à Mr le Prince d'enyoyer
Mr de S. Olon en Espagne
pour des interefts particuliers
qu'il avoit à y traiter , la Reine le chargea à cette occafion
de faire des complimens de la
part de Monfeigneur le Dauphin , à l'Infant d'Espagne,
qui a efté depuis Charles II.
Il fut admis à fon Audiance
avec tout le ceremonial qu'on
a coûtume d'obſerver dans ces
fortes de fonctions , & il
fe glorifier d'avoir efté le prepeut
Z ij
268 MERCURE
mier des Envoyez que Monfei
gneur le Dauphin a cus
pourra avoir. Il demeura fix
mois à la Cour d'Espagne , &
il
y
&
eut trois Audiances de
Philippes IV.
*
Je n'ay pas tout- à fait fuivy
l'ordre des temps , en vous
parlant de la plus grande partie des Commiffions attachées
à fa Charge , dont il a efté
honoré , lors qu'il ne s'eft
point agy de negociations
dont je vous ay marqué exactement les temps. Mr de S.
Olon fils , qui a eſté reçu en
furvivance , a fait quatre cam-
GALANT 269
pagnes dans les Moufquetaires , & cinq en qualité d Officier aux Gardes. Il a efté d'abord Enſeigne , &depuis quatre mois , le Roy l'a fait SousLieutenant. Il a efté eftropié
de la main droite, à l'affaire de
Ramillies. Il ya lieu de croire
que le Roy luy a donné la furvivance que S. M. luy vienr
d'accorder › parce qu'eftant
inftruit par l'exemple & par
les Memoires d'un pere qui
s'eft fi bien acquitté de toutes
les fonctions d'une Charge
dont l'exercice n'eft pas facile,
ayant les mefmes lumieres que
Z iij
270 MERCURE
fon pere, y fervira de mefme,
& avec autant de zele & de
fidelité , le Roy & l'Etat
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Résumé : Dons faits par le Roy, tant à Mr de Barillon qu'à Mr d'Albaret, & à Mr le Chevalier de S. Olon. [titre d'après la table]
Le texte relate plusieurs nominations et distinctions accordées par le roi. Monsieur de Barillon, Maître des Requêtes, a été nommé Intendant de la Province de Roussillon et de l'armée dirigée par le Duc de Noailles. Monsieur d'Albaret, ancien Premier Président, a conservé sa charge avec une pension de 2000 écus en reconnaissance de ses services. Monsieur de Barillon provient d'une famille distinguée de la robe, son père ayant été ambassadeur en Angleterre et intendant de plusieurs régions et armées. Le roi a également accordé la survivance de la charge de Gentilhomme ordinaire de sa maison au fils du Chevalier de Saint Olon. Cette charge exige un esprit universel, beaucoup de politesse et une connaissance approfondie du monde. Les titulaires de cette charge sont souvent envoyés en missions diplomatiques, pour des compliments de congratulation ou de condoléances, et peuvent être promus à des rôles plus importants comme envoyés extraordinaires ou ambassadeurs. Le Chevalier de Saint Olon a effectué de nombreuses missions diplomatiques, incluant des échanges d'ambassadeurs, des négociations de traités et des missions auprès de diverses cours européennes et non européennes. Son fils, également nommé Gentilhomme ordinaire, a servi dans les Mousquetaires et les Gardes et a été blessé à la bataille de Ramillies.
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7299
p. 650
RONDEAU De Mlle de Malcrais de la Vigne, pour répondre à celui de M. F. M. F. inseré dans le Mercure de Février dernier et qui commence, Pour un Normand.
Début :
Pour un Normand, témoins Jean, Pierre, Isac, [...]
Mots clefs :
Normand
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texteReconnaissance textuelle : RONDEAU De Mlle de Malcrais de la Vigne, pour répondre à celui de M. F. M. F. inseré dans le Mercure de Février dernier et qui commence, Pour un Normand.
RONDEAU
De Me de Malcrais de la Vigne , pour
répondre à celui de M. F. M. F. inseré
dans le Mercure de Février dernier et
qui commence , Pour un Normand.
Our un Normand , témoins * Jean, Pierre ,
Isac , pour
Onc Apollon de l'eau du docte Lac ,
Ne fut échars ; ains il vous indemnise ,
De n'avoir vin , et par tant il vous grise ,
De sa fine eau , valant du Cotignac.
En avez bû , beau Rimeur , un plein bac ,
Mais me loüant , pensez -vous qu'en son Lac ,
Orgueil me happe , et qu'il me dévalise ,
Pour un Normand ?
Bien moins courtois est le Prestol d'Iac ;
Lequel broyant Barthole et Bergerac ,
Prétend qu'à tort mes Vers on préconise ;
Défendez moi , Chevalier que je prise ,
Mais , non , trop foible est ce tireur de crac
Pour un Normand.
* Sarrasin , Corneille , Benserade.
De Me de Malcrais de la Vigne , pour
répondre à celui de M. F. M. F. inseré
dans le Mercure de Février dernier et
qui commence , Pour un Normand.
Our un Normand , témoins * Jean, Pierre ,
Isac , pour
Onc Apollon de l'eau du docte Lac ,
Ne fut échars ; ains il vous indemnise ,
De n'avoir vin , et par tant il vous grise ,
De sa fine eau , valant du Cotignac.
En avez bû , beau Rimeur , un plein bac ,
Mais me loüant , pensez -vous qu'en son Lac ,
Orgueil me happe , et qu'il me dévalise ,
Pour un Normand ?
Bien moins courtois est le Prestol d'Iac ;
Lequel broyant Barthole et Bergerac ,
Prétend qu'à tort mes Vers on préconise ;
Défendez moi , Chevalier que je prise ,
Mais , non , trop foible est ce tireur de crac
Pour un Normand.
* Sarrasin , Corneille , Benserade.
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Résumé : RONDEAU De Mlle de Malcrais de la Vigne, pour répondre à celui de M. F. M. F. inseré dans le Mercure de Février dernier et qui commence, Pour un Normand.
Me de Malcrais de la Vigne répond à un poème de M. F. M. F. en défendant la qualité de l'eau normande. Il cite des témoins comme Jean, Pierre et Isaac, ainsi que des figures littéraires telles Apollon, Sarrasin, Corneille et Benserade. Il critique l'orgueil et le manque de courtoisie de son adversaire, qu'il qualifie de 'tireur de crac'.
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7300
p. 252
« Je remets au mois prochain à vous parler de tous les Benefices [...] »
Début :
Je remets au mois prochain à vous parler de tous les Benefices [...]
Mots clefs :
Bénéfices, Mois prochain
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texteReconnaissance textuelle : « Je remets au mois prochain à vous parler de tous les Benefices [...] »
Je remers au mois prochain
à vous parler de tous les Benefices que le Roy a donnez
dans la derniere promotion ,
n'ayant pas le temps de m'étendre ce mois-cy autant qu'il
feroit neceffaire , fur tout ce
qui regarde cette promotion
à vous parler de tous les Benefices que le Roy a donnez
dans la derniere promotion ,
n'ayant pas le temps de m'étendre ce mois-cy autant qu'il
feroit neceffaire , fur tout ce
qui regarde cette promotion
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