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1
p. 93-111
LE PERROQUET ET LA GUENUCHE. FABLE. A MADEMOISELLE DE M**
Début :
Il nous arriva hier de Lisbonne une Barque chargée de [...]
Mots clefs :
Perroquet, Guenuche, Amour, Animaux, Galanterie, Berger, Conversation, Belle, Laide, Inconstance, Métamorphose, Portugal, Histoire, Morale
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texteReconnaissance textuelle : LE PERROQUET ET LA GUENUCHE. FABLE. A MADEMOISELLE DE M**
LE
PERROQUET
ET LA GUENUCHE.
7
FABLE.
A MADEMOISELLE DE M**
1
Lnous arriva hier de Lisbonneune
Barque chargéedeSinges &de Per- roquets. Vousjugezbien, Mademoiselle,
GALANT 61
que je n'ay pas perduune si belle occa- fion devous tenirparole. F'aychoisipar- my cegrand nombre un Perroquet d'un plumage tres particulier , &une Gue- nuche d'une petiteſſefort rare. Ce qu'il yade fâcheux , c'est que le Perroquet
neparle point François , que la Guenu- che ne sçait point danser , &que mesme elle est encore habillée à la Portugaise;
mais vous serez peut-estre bien aise d'estre leur Maiſtreſſe en toutes façons.
Vos Leçons leur apprendront la belle maniere. Tous les autres Perroquets ne Sçavent prononcerque des injures grof- fieres , & quand vous aurezinſtruit le voſtre , il sçaura dire des malices inge- nieuses. A voſtre Ecole la Guenuche
apprendra bien- toft la Bourrée & le
Menuët ; &fi vous avezſoin de l'ha biller à la mode & de voſtremain ,je
gage qu'on la trouvera plus propre &
demeilleur air que vostre petite laide Voisine. Cependant comme vous n'en- tendrez point d'abord le jargon ny de la Guenuche ny du Perroquet , je me crois obligé en vous les envoyant, d'estre aupres de vous leur Interprete. SansSça-
62 LE MERCVRE
voir la Langue de leur Pays, j'ay bien- toft compris leurs discours, parce qu'ils estoient tendres &amoureux..
Entendre àdemymotfut toûjoursmon
partage;
Si- toſt que l'on parle d'amour ,
Iln'eſt point pour moy de langage Qui ne foit clair comme le jour.
Pour vous ma , jeune Demoiselle,
Quand memes en François l'amour fertd'entretien ,
Malgré tout voſtre Eſprit , vous ne ré- pondez rien Et vousn'entendez pas la langue ma- ternelle;
Vous voila cependant dans la belle ſaiſon ,
Vous avez quatorze ans, à cet âge, ma Belle,
N'entendre pas l'Amour , mafoy cela s'appelle N'entendre pas raiſon.
Jeveux aujourd'huy tâcher devous rendre raisonnable , en vous faisant comprendre l'Histoire amoureuse de
GALAN T. 63 vostre Guenuche & de vostre Perroquet.
Aufſi- toft que ces deux petits Animauxfurent entre mes mains , ils parle- rent entr'eux certain jargon Moresque,
&j'entendis quele Perroquet reprochoit àla Guenucheſes ſingeries , & la Gue- nuche luy reprochoitſon caquet. Comme leursdiscours meſemblerent aſſez plai- Sans, j'entray dans leur conversation.
Ils enfurent d'abordsurpris , mais en- fin nous devinſmes familiers &fûmes bien toſt ſi grands Amis , que je les obligeay àme conter leurHistoire. Le Perroquet , comme le plus grand Cau- feur , voulut estre l'Historien ; &vo cy en François àpeu pres comme il pliqua en Moresque.. *
LYON
1893-
MaMere me donna le jour
Dans un Climat de la Guinée ,
Où le Soleil joint à l'Amour ,
Enflame tout toute l'année.
L'on n'y voit point de Cœur glacé,
N'yde Bergere indiferente;
Quand unBerger eſt empreſſé LaBergere ſe montre ardente.
64 LE MERCVRE
Là je vivois jadis enBerger fort coquet,
Aujourd'huyje ſuis Perroquet,
Car , helas ! ma Coqueterie ,
Queje nommois Galanterie ,
Choqua le cruel Cupidon ,
Qui ſans m'accorder de pardon ,
Fit de moy la Métamorphoſe ,
Queje vais vous conter en Profe.
Sur les bords du Fleuve Niger on ne fait pas l'amour ainſi que fur les bords de la Seine on du Rhône. On m'a dit
qu'icyla constance paſſe pour une vertu,
là elle paſſeroit pour un vice : En France un Amant bien reglé n'a beſoin que d'une Amante , &ſouvent en ayant une , il en a trop ; mais en Ethiopie les Galans ont beſoin de diverſes Maiſtref.
Ses , &nostre miserable Roy qui mourut ilyaquelque temps dans ce Royaume,
pourroit estre un témoin de cette verité.
Estant Berger je voyois ſuivant noftre coustume diverſesBergeres , &je témoi gnois à toutes beaucoup d'amour,mais àlaveritéje n'en reſſentois queres. Dans ma conversation, dans mes Chansons
GALANT. 65 dans mes Billets , je paroiſſois l' Amant du monde leplus ardent , &dans mon cœur ie mesentois fort tranquille; enfin tout mon amour n'estoit que du caquet.
Mais,helas ! depuis ce temps j'ay bien appris que Cupidon est un Dieu qui pu- nit cruellement le mensonge. Pour com.
mencer àse vanger demoy , il me fit devenir trop veritablement amoureux d'une petite Laide , plus volage &plus.
coquette que je n'estois , &c'est iuste.
ment Dame Guenuche que vous voyez là , qui a esté Bergere dans le temps que i'estois Berger. Apresavoir trompé tant de Perſonnes parmesfaux Sermens , ie ne pûs pas mesine perfuader mapetite Laide par des veritez tres- constantes.
Cependantpour mefaire mieux enrager,
au commencement elle fit mine de m'aimer, elle affecta toutes les petites ma- nieres d'une Perſonnefort paſſionnée, &
quand elle me vit bien ſenſiblement tou- ché , elle me fit cent malices & mequit- ta enfin pour un autre Bergerauffi laid qu'un vieux Singe.
Dieux ! qu'un Berger vivroit content
66 LE MERCVRE
Silchangeoit auffi-toft que changeſon Amante !
Mais,helas ! que de maux nous cauſe
une Inconftante,
Quandon ne peut être inconſtant !
L'amourque ieſentois pour mapetite Ingrate , & la haine que i'avois pour mon laid Rival , me mirent dans untel
deſeſpoir , que ie quitay mes Moutons,
&laſocietédes autres Bergers. Je m'en allay comme un furieux ,errant dans lesDeserts : ie déchiray mes habits , ie me couvris defeüilles d'arbres , &enfin
icdevins tout-à-fait infensé. L'Amour alors me voyantdans une Forest en estat demourir ,voulut meſauver la vie , &
ie nesçay si cefutparpitiéouparven- geance. Il changea mapeau &monha- bit en plumesde la couteur des feüilles
qui me couvroient , ma bouche en bec ,
mes bras en cuiſſes , &ainfi du reſte de
mon Corps. Voila comme ie me trouvay Perroquet , &ie vousiureque ien'en ay point confervé de regret.
Nehaïſſant plus monRival,
GALANT. 67 Etn'aimantplus mon Inconſtante Je ſens monAme plus contente ,
D'animer pour toûjours le Corps d'un Animal ,
Que celuy d'un Berger ,quand l'A- mour le tourmente.
Mapetite Laide ne demeura pas auſſiſans châtiment , parce qu'elle n'a- voit aiméqu'en apparence, & que toute fa tendreſſe n'avoit esté que fingerie ;
l'Amour n'ayant point esté trompépar ſes grimaces , voulut punirfonhipocri fie ,comme il avoit puny mon liberti- nage. Il la changea donc en Guenuche ; &comme c'estoit unepetite Berge- re fort laide &fort malicieuse , il n'eut
pas beaucoup depeine àfaire ce changement.
Depuis cette double Metamorphose nousavons vescu, maMaiſtreſſe &moy,
dans les Solitudes & dans les Forests.
Cependant nous n'eſtions pas tout -à-fait Sauvages , & cela est si vray que nous noussommes laislé prendre aux premiers Hommes qui ſeſont preſentez. D'abord onnous mena en Portugal , où l'humeur
68 LE MERCVRE
de la Nation ne nous plaiſoit gueres,
parcequele caquet &les fingeriesn'y ont pas tant de coursqu'en France , ou i'ap- prens que nous sommes auiourd'huy.
Nous nousyplaifons ſans doute ,parce que nous avons encoreconfervéquelque choſe de nostre premier caractere. Pour moy quipendantque i'estois Berger di- fois centfleurettesfans penser àce queie difois,iedis encore eftant Perroquet cent parolesfanssçavoir ce que ie dis. Pour ma Maistreffe , qui estant Bergerecon- trefaisoit l' Amante ſansſentird'amour,
&qui de plusfaisoit tous les jours mil- temalices , estant Guenuche elle enfait
encore, & contrefait mille choſesqu'elle voit faire.
Voila , me dit le Perroquet , noſtre Histoireiusques icy : c'est àvous, Mon- fieur, ànous apprendre le reſte. Dites- nous pourquoy nous sommes entre vos mains , &àquoy nousſommes deſtinez,
puis que vous nousfaitespartirpourun SecondVoyage. Acette question i'ay ré- pondude cettemaniere.
Allez trop heureux Animaux ,
GALAN T. 69
Voicy la fin de tous vos maux :
Aprenez que l'on vous deſtine Pour aller faire les plaiſirs D'une belle & jeune Blondine ,
Quidonne mille ardens defirs,
Etqui cauſe mille ſoûpirs Amille Amans qui n'oſent dire ,
Belle, c'est pour vous qu'on ſoûpire;
Vous, Peroquet , & nuit &jour ,
Vous luy pourrez parler d'amour ;
Vous pourrez dire , ie vous aime,
Sans vous attirer ſon courroux.
Que mon bonheur ſeroit extrême
Si j'ofois parler comme vous !
Vous Guenuche, VOS fingeries LYON
Loin de luy donnerdu chagrin,
La charmeront ſoir & matin ;
ODieux ! que'mes Galanteries N'ont-elles le meſmedeſtin !
C'est ainsi , Mademoiselle , que finit la conversation que i'ay cue avecvostre Perroquet & vostre Guenuche. L'ay crû que ie devois vous enfaire part,
quevousferiez bien aiſe deſçavoir leurs
Avantures, le pourrois bien tirer de cette Hiftoire une belle Morale en faveur de
70 LE MERCVRE l'Amour; mais belas ,je n'oferoisavec vous moraliſerſur cette matiere.
De Marſeille.
PERROQUET
ET LA GUENUCHE.
7
FABLE.
A MADEMOISELLE DE M**
1
Lnous arriva hier de Lisbonneune
Barque chargéedeSinges &de Per- roquets. Vousjugezbien, Mademoiselle,
GALANT 61
que je n'ay pas perduune si belle occa- fion devous tenirparole. F'aychoisipar- my cegrand nombre un Perroquet d'un plumage tres particulier , &une Gue- nuche d'une petiteſſefort rare. Ce qu'il yade fâcheux , c'est que le Perroquet
neparle point François , que la Guenu- che ne sçait point danser , &que mesme elle est encore habillée à la Portugaise;
mais vous serez peut-estre bien aise d'estre leur Maiſtreſſe en toutes façons.
Vos Leçons leur apprendront la belle maniere. Tous les autres Perroquets ne Sçavent prononcerque des injures grof- fieres , & quand vous aurezinſtruit le voſtre , il sçaura dire des malices inge- nieuses. A voſtre Ecole la Guenuche
apprendra bien- toft la Bourrée & le
Menuët ; &fi vous avezſoin de l'ha biller à la mode & de voſtremain ,je
gage qu'on la trouvera plus propre &
demeilleur air que vostre petite laide Voisine. Cependant comme vous n'en- tendrez point d'abord le jargon ny de la Guenuche ny du Perroquet , je me crois obligé en vous les envoyant, d'estre aupres de vous leur Interprete. SansSça-
62 LE MERCVRE
voir la Langue de leur Pays, j'ay bien- toft compris leurs discours, parce qu'ils estoient tendres &amoureux..
Entendre àdemymotfut toûjoursmon
partage;
Si- toſt que l'on parle d'amour ,
Iln'eſt point pour moy de langage Qui ne foit clair comme le jour.
Pour vous ma , jeune Demoiselle,
Quand memes en François l'amour fertd'entretien ,
Malgré tout voſtre Eſprit , vous ne ré- pondez rien Et vousn'entendez pas la langue ma- ternelle;
Vous voila cependant dans la belle ſaiſon ,
Vous avez quatorze ans, à cet âge, ma Belle,
N'entendre pas l'Amour , mafoy cela s'appelle N'entendre pas raiſon.
Jeveux aujourd'huy tâcher devous rendre raisonnable , en vous faisant comprendre l'Histoire amoureuse de
GALAN T. 63 vostre Guenuche & de vostre Perroquet.
Aufſi- toft que ces deux petits Animauxfurent entre mes mains , ils parle- rent entr'eux certain jargon Moresque,
&j'entendis quele Perroquet reprochoit àla Guenucheſes ſingeries , & la Gue- nuche luy reprochoitſon caquet. Comme leursdiscours meſemblerent aſſez plai- Sans, j'entray dans leur conversation.
Ils enfurent d'abordsurpris , mais en- fin nous devinſmes familiers &fûmes bien toſt ſi grands Amis , que je les obligeay àme conter leurHistoire. Le Perroquet , comme le plus grand Cau- feur , voulut estre l'Historien ; &vo cy en François àpeu pres comme il pliqua en Moresque.. *
LYON
1893-
MaMere me donna le jour
Dans un Climat de la Guinée ,
Où le Soleil joint à l'Amour ,
Enflame tout toute l'année.
L'on n'y voit point de Cœur glacé,
N'yde Bergere indiferente;
Quand unBerger eſt empreſſé LaBergere ſe montre ardente.
64 LE MERCVRE
Là je vivois jadis enBerger fort coquet,
Aujourd'huyje ſuis Perroquet,
Car , helas ! ma Coqueterie ,
Queje nommois Galanterie ,
Choqua le cruel Cupidon ,
Qui ſans m'accorder de pardon ,
Fit de moy la Métamorphoſe ,
Queje vais vous conter en Profe.
Sur les bords du Fleuve Niger on ne fait pas l'amour ainſi que fur les bords de la Seine on du Rhône. On m'a dit
qu'icyla constance paſſe pour une vertu,
là elle paſſeroit pour un vice : En France un Amant bien reglé n'a beſoin que d'une Amante , &ſouvent en ayant une , il en a trop ; mais en Ethiopie les Galans ont beſoin de diverſes Maiſtref.
Ses , &nostre miserable Roy qui mourut ilyaquelque temps dans ce Royaume,
pourroit estre un témoin de cette verité.
Estant Berger je voyois ſuivant noftre coustume diverſesBergeres , &je témoi gnois à toutes beaucoup d'amour,mais àlaveritéje n'en reſſentois queres. Dans ma conversation, dans mes Chansons
GALANT. 65 dans mes Billets , je paroiſſois l' Amant du monde leplus ardent , &dans mon cœur ie mesentois fort tranquille; enfin tout mon amour n'estoit que du caquet.
Mais,helas ! depuis ce temps j'ay bien appris que Cupidon est un Dieu qui pu- nit cruellement le mensonge. Pour com.
mencer àse vanger demoy , il me fit devenir trop veritablement amoureux d'une petite Laide , plus volage &plus.
coquette que je n'estois , &c'est iuste.
ment Dame Guenuche que vous voyez là , qui a esté Bergere dans le temps que i'estois Berger. Apresavoir trompé tant de Perſonnes parmesfaux Sermens , ie ne pûs pas mesine perfuader mapetite Laide par des veritez tres- constantes.
Cependantpour mefaire mieux enrager,
au commencement elle fit mine de m'aimer, elle affecta toutes les petites ma- nieres d'une Perſonnefort paſſionnée, &
quand elle me vit bien ſenſiblement tou- ché , elle me fit cent malices & mequit- ta enfin pour un autre Bergerauffi laid qu'un vieux Singe.
Dieux ! qu'un Berger vivroit content
66 LE MERCVRE
Silchangeoit auffi-toft que changeſon Amante !
Mais,helas ! que de maux nous cauſe
une Inconftante,
Quandon ne peut être inconſtant !
L'amourque ieſentois pour mapetite Ingrate , & la haine que i'avois pour mon laid Rival , me mirent dans untel
deſeſpoir , que ie quitay mes Moutons,
&laſocietédes autres Bergers. Je m'en allay comme un furieux ,errant dans lesDeserts : ie déchiray mes habits , ie me couvris defeüilles d'arbres , &enfin
icdevins tout-à-fait infensé. L'Amour alors me voyantdans une Forest en estat demourir ,voulut meſauver la vie , &
ie nesçay si cefutparpitiéouparven- geance. Il changea mapeau &monha- bit en plumesde la couteur des feüilles
qui me couvroient , ma bouche en bec ,
mes bras en cuiſſes , &ainfi du reſte de
mon Corps. Voila comme ie me trouvay Perroquet , &ie vousiureque ien'en ay point confervé de regret.
Nehaïſſant plus monRival,
GALANT. 67 Etn'aimantplus mon Inconſtante Je ſens monAme plus contente ,
D'animer pour toûjours le Corps d'un Animal ,
Que celuy d'un Berger ,quand l'A- mour le tourmente.
Mapetite Laide ne demeura pas auſſiſans châtiment , parce qu'elle n'a- voit aiméqu'en apparence, & que toute fa tendreſſe n'avoit esté que fingerie ;
l'Amour n'ayant point esté trompépar ſes grimaces , voulut punirfonhipocri fie ,comme il avoit puny mon liberti- nage. Il la changea donc en Guenuche ; &comme c'estoit unepetite Berge- re fort laide &fort malicieuse , il n'eut
pas beaucoup depeine àfaire ce changement.
Depuis cette double Metamorphose nousavons vescu, maMaiſtreſſe &moy,
dans les Solitudes & dans les Forests.
Cependant nous n'eſtions pas tout -à-fait Sauvages , & cela est si vray que nous noussommes laislé prendre aux premiers Hommes qui ſeſont preſentez. D'abord onnous mena en Portugal , où l'humeur
68 LE MERCVRE
de la Nation ne nous plaiſoit gueres,
parcequele caquet &les fingeriesn'y ont pas tant de coursqu'en France , ou i'ap- prens que nous sommes auiourd'huy.
Nous nousyplaifons ſans doute ,parce que nous avons encoreconfervéquelque choſe de nostre premier caractere. Pour moy quipendantque i'estois Berger di- fois centfleurettesfans penser àce queie difois,iedis encore eftant Perroquet cent parolesfanssçavoir ce que ie dis. Pour ma Maistreffe , qui estant Bergerecon- trefaisoit l' Amante ſansſentird'amour,
&qui de plusfaisoit tous les jours mil- temalices , estant Guenuche elle enfait
encore, & contrefait mille choſesqu'elle voit faire.
Voila , me dit le Perroquet , noſtre Histoireiusques icy : c'est àvous, Mon- fieur, ànous apprendre le reſte. Dites- nous pourquoy nous sommes entre vos mains , &àquoy nousſommes deſtinez,
puis que vous nousfaitespartirpourun SecondVoyage. Acette question i'ay ré- pondude cettemaniere.
Allez trop heureux Animaux ,
GALAN T. 69
Voicy la fin de tous vos maux :
Aprenez que l'on vous deſtine Pour aller faire les plaiſirs D'une belle & jeune Blondine ,
Quidonne mille ardens defirs,
Etqui cauſe mille ſoûpirs Amille Amans qui n'oſent dire ,
Belle, c'est pour vous qu'on ſoûpire;
Vous, Peroquet , & nuit &jour ,
Vous luy pourrez parler d'amour ;
Vous pourrez dire , ie vous aime,
Sans vous attirer ſon courroux.
Que mon bonheur ſeroit extrême
Si j'ofois parler comme vous !
Vous Guenuche, VOS fingeries LYON
Loin de luy donnerdu chagrin,
La charmeront ſoir & matin ;
ODieux ! que'mes Galanteries N'ont-elles le meſmedeſtin !
C'est ainsi , Mademoiselle , que finit la conversation que i'ay cue avecvostre Perroquet & vostre Guenuche. L'ay crû que ie devois vous enfaire part,
quevousferiez bien aiſe deſçavoir leurs
Avantures, le pourrois bien tirer de cette Hiftoire une belle Morale en faveur de
70 LE MERCVRE l'Amour; mais belas ,je n'oferoisavec vous moraliſerſur cette matiere.
De Marſeille.
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Résumé : LE PERROQUET ET LA GUENUCHE. FABLE. A MADEMOISELLE DE M**
La fable 'Le Perroquet et la Guenuche' est adressée à Mademoiselle de M**. L'auteur décrit l'arrivée d'une barque de Lisbonne transportant des singes et des perroquets. Parmi eux, il choisit un perroquet au plumage particulier et une guenuche de petite taille. Cependant, le perroquet ne parle pas français et la guenuche ne sait pas danser, étant encore vêtue à la portugaise. L'auteur espère que la demoiselle pourra leur apprendre les bonnes manières, la danse et les habits à la mode. L'auteur raconte ensuite l'histoire amoureuse du perroquet et de la guenuche. Originaires de Guinée, ils vivaient autrefois comme bergers. Le perroquet, coquet et galant, séduisait plusieurs bergères sans ressentir de véritable amour. Cupidon le punit en le rendant amoureux d'une laide et volage bergère, la guenuche. Après avoir été trompé, le perroquet tomba dans le désespoir et fut transformé en perroquet. La guenuche, punie pour son hypocrisie, fut transformée en guenuche. Les deux animaux vécurent ensuite dans les solitudes et les forêts avant d'être capturés et emmenés au Portugal, puis en France. L'auteur les destine à la demoiselle, espérant qu'ils pourront lui parler d'amour et la charmer par leurs danses et leurs grimaces.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 240-241
EPITAPHE D'UN PERROQUET.
Début :
Cy gist un fort beau Perroquet, [...]
Mots clefs :
Perroquet, Parole, Mémoire, Mignon, Mort
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITAPHE D'UN PERROQUET.
EPITAPHE D'UN PERROQUET.
Y gift unfort beau Perroquet,
une C gravitéfansfeconde;
Il n'avoit point ce for caquet-
Qui ne fait qu'étourdir le monde..
Ilparloit agréablement,
On prenoit plaifir à l'entendre:
Et ce qu'on nefçauroit comprendre,
C'est qu'il retenoit aisément
Tout ce qu'on luy vouloit apprendre .
Il ne luy faloit qu'un moment.
Il n'eftoit point de tours d'adreffe
Qu'on ne luy viftfaire fans ceffe :
Souvent ce beau petit Mignon tr
Entroit en converfation,
a
Ett
du Mercure Galant. 241
1
Et parloit de tout à merveille;
Mais dés qu'il voyoit la Bouteille,
Ilne vouloit plus tant jaſer.
Toft, toft, difoit-il, que j'en goufte.
On nepouvoit le refufer,
Et le Drôle à tremper la croufte
Prenoit plaifir à s'amuser.
Quand il en avoit dans le cafque,
Ilreprenoitfon tonplus haut :
Iljouoit du Tambourde Bafque,
Et s'en acquitoit comme ilfaut.
Aux Belles il contoit fleurette,
Et leurdifoit la Chansonnette
Sansprendre jamais un tonfaux.
S'il entendoit la Symphonie,
Ilfoûtenoit bienfa Partie
Avec les Inftrumens d'accord.
Mais ce n'eftpoint là, quoy qu'on die,
Lesplus beaux endroits de fonfort.
Philis le chériffoit fifort,
Que je n'aurois point d'autre envie
Que de me voir apresfa mort
Ce qu'il eftoit pendantfavie.
Q. deFanvier 1685.
DIEREVILLE.
Y gift unfort beau Perroquet,
une C gravitéfansfeconde;
Il n'avoit point ce for caquet-
Qui ne fait qu'étourdir le monde..
Ilparloit agréablement,
On prenoit plaifir à l'entendre:
Et ce qu'on nefçauroit comprendre,
C'est qu'il retenoit aisément
Tout ce qu'on luy vouloit apprendre .
Il ne luy faloit qu'un moment.
Il n'eftoit point de tours d'adreffe
Qu'on ne luy viftfaire fans ceffe :
Souvent ce beau petit Mignon tr
Entroit en converfation,
a
Ett
du Mercure Galant. 241
1
Et parloit de tout à merveille;
Mais dés qu'il voyoit la Bouteille,
Ilne vouloit plus tant jaſer.
Toft, toft, difoit-il, que j'en goufte.
On nepouvoit le refufer,
Et le Drôle à tremper la croufte
Prenoit plaifir à s'amuser.
Quand il en avoit dans le cafque,
Ilreprenoitfon tonplus haut :
Iljouoit du Tambourde Bafque,
Et s'en acquitoit comme ilfaut.
Aux Belles il contoit fleurette,
Et leurdifoit la Chansonnette
Sansprendre jamais un tonfaux.
S'il entendoit la Symphonie,
Ilfoûtenoit bienfa Partie
Avec les Inftrumens d'accord.
Mais ce n'eftpoint là, quoy qu'on die,
Lesplus beaux endroits de fonfort.
Philis le chériffoit fifort,
Que je n'aurois point d'autre envie
Que de me voir apresfa mort
Ce qu'il eftoit pendantfavie.
Q. deFanvier 1685.
DIEREVILLE.
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Résumé : EPITAPHE D'UN PERROQUET.
En janvier 1685, Diereville rédigea une épitaphe pour un perroquet exceptionnel. Cet oiseau se distinguait par sa capacité à parler agréablement et à retenir facilement ce qu'on lui enseignait. Il maîtrisait divers tours et pouvait converser sur divers sujets, comme le rapportait le Mercure Galant. Cependant, à la vue d'une bouteille, il préférait boire plutôt que de parler. Après avoir bu, il reprenait la parole avec enthousiasme, jouait du tambour et chantait des chansons aux femmes sans jamais fausser une note. Il accompagnait également les symphonies avec les instruments. Malgré ces talents, Diereville exprimait son désir de posséder un perroquet aussi remarquable après sa mort, soulignant ainsi l'admiration et l'affection qu'il portait à l'oiseau.
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3
s. p.
LA METEMPSICOSE, FABLE.
Début :
Qui du monde connoît la Carte, [...]
Mots clefs :
Métempsycose, Singe, Âne, Roi du ténébreux séjour, Perroquet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA METEMPSICOSE, FABLE.
LA METEMPSICOSE ,
FABLE.
Ui du monde connoit la Carte,
Spait qu'il abonde en prestiges
divers ;
De la droite raison plus ou moins on s'écarte ,
Et les Humains ont chacun leurtravers.
Il est sur tout certaine engeance ,
Qui
994 MERCURE
3
DE FRANCE
Qui défigure l'homme et qui pullula en France .
Que l'on fuit dans tous les climats ,
Lt que ces Vers ne corrigeront
pas.
Un vieux Singe étant mort , son ombre Calotine,
Sollicita l'Epoux de Proserpine ,
Pour revoir la clarté du jour“ ;
Le Roi du tenebreux séjour,
Lui voulant ôter sa souplesse ,
Sa malice sur tour , et sa vivacité ,
Du corps d'un Asne alloit la faire hôtesse ;
Ainsi l'avoit -il arrêté :
Mais l'Ombre après quelques gambades
Et deux ou trois Pantalonades ,
Dont le bon Pluton rit bien fort ,
Obtient du Dieu de se choisir un sort
Et lui demande avec instance ,
La faveur de passer au corps d'un Perroquet .
C'est , disoit- elle , mon paquet ;
Carje pourrai du moins dans cette résidence ;
Conserver avec l'homme un peu de ressemblance
On sçait qu'étant Singe autrefois ,
J'imitois son air et son geste ;
Et joiiant ici de mon reste ,
Je le copierai de la voix.
L'ame du Singe à peine anime un verd plumage;
Qu'une vieille Fachette et le met dans la cage.
Bayard comme elle , il charmoit son ennui
Au
AMAY. 1731.998.
Aux Passans il chantoit leur game ,
Causoit le long du jour avec la bonne femme,,
Qui ne parloit plus sensément que lui.
Le Sire en fit aisément la conquête...
A son nouveau talent d'étourdir le quartier ,
Il joint , je ne sçai quoi , de son premier métier:
En Arlequin il remuoit la tête ,
Faisoit craquer son bec , formoit differens sons
Il agitoit sa queue en cent et cent façons ,
Et joüoit les Marionnettes.
La vieille mettant ses Lunettes ,
Ne se lassoit de l'admirer ,
Triste d'être un peu sourde ,et souvent d'ignorer,
Ce qu'avoit dit son Peroquet fertile.
Au demeurant , suivant son stile
Le drôle aimoit à sirotter >
La vieille aussi ; l'âge de radotter
Est assez la saison de boire;
L'une tint bon , l'autre s'en trouva mal .
Notre emplumé pour n'être assez frugal ,
Se vit encor contraint de passer l'Onde noire .
Il reparut devant Pluton ,
Qui le privant de la parole ,
Vouloit le renvoyer dans le corps d'une Sole.
L'autre craignant sur tout de devenir Poisson ,
Eut recours à son Protocole ,
Vous fit nouvelle cabriole ,
Joia sa farce, et plut. On sçait que quelquefois ,
A iij
Peu
996 MERCURE DE FRANCE
Peu de chose amuse les Rois.
Selon son goût , enfin le Dieu le fit renaître ,
Et de l'homme lui donna l'être :
> Mais n'osant pas en faire un Mortel vertueux
Un sage , il le destine au corps d'un petit Maître,
D'un brouillon , d'un présomptueux ,
Portant la tête au vent , de soi-même idolâtre ,
Importun , fanfaron , d'ennuyeux entretien ,
Parlant beaucoup , ne disant rien ;
Vrai personnage de Théatre ,
It d'ordinaire aussi personnage de Cour."
Mercure , en cet état , le rencontrant un jour ;
Je t'ai vû n'aguere au Tenare ,
S'écria -t'il , tu n'es qu'un composé bizarre ,
Et du Singe , et du Perroquet.
Grace à ton geste , ainsi qu'à ton caquet ,
Ton ridicule se consomme.
D'un semblable mêlange on ne fait qu'un so
homme ,
Et nul n'est pris à cet appas .
Ainsi le Dieu traita la chose.
O ! combien de gens ici bas ,
Me feroient croire à la Métempsicose.
M. Tanevot..
FABLE.
Ui du monde connoit la Carte,
Spait qu'il abonde en prestiges
divers ;
De la droite raison plus ou moins on s'écarte ,
Et les Humains ont chacun leurtravers.
Il est sur tout certaine engeance ,
Qui
994 MERCURE
3
DE FRANCE
Qui défigure l'homme et qui pullula en France .
Que l'on fuit dans tous les climats ,
Lt que ces Vers ne corrigeront
pas.
Un vieux Singe étant mort , son ombre Calotine,
Sollicita l'Epoux de Proserpine ,
Pour revoir la clarté du jour“ ;
Le Roi du tenebreux séjour,
Lui voulant ôter sa souplesse ,
Sa malice sur tour , et sa vivacité ,
Du corps d'un Asne alloit la faire hôtesse ;
Ainsi l'avoit -il arrêté :
Mais l'Ombre après quelques gambades
Et deux ou trois Pantalonades ,
Dont le bon Pluton rit bien fort ,
Obtient du Dieu de se choisir un sort
Et lui demande avec instance ,
La faveur de passer au corps d'un Perroquet .
C'est , disoit- elle , mon paquet ;
Carje pourrai du moins dans cette résidence ;
Conserver avec l'homme un peu de ressemblance
On sçait qu'étant Singe autrefois ,
J'imitois son air et son geste ;
Et joiiant ici de mon reste ,
Je le copierai de la voix.
L'ame du Singe à peine anime un verd plumage;
Qu'une vieille Fachette et le met dans la cage.
Bayard comme elle , il charmoit son ennui
Au
AMAY. 1731.998.
Aux Passans il chantoit leur game ,
Causoit le long du jour avec la bonne femme,,
Qui ne parloit plus sensément que lui.
Le Sire en fit aisément la conquête...
A son nouveau talent d'étourdir le quartier ,
Il joint , je ne sçai quoi , de son premier métier:
En Arlequin il remuoit la tête ,
Faisoit craquer son bec , formoit differens sons
Il agitoit sa queue en cent et cent façons ,
Et joüoit les Marionnettes.
La vieille mettant ses Lunettes ,
Ne se lassoit de l'admirer ,
Triste d'être un peu sourde ,et souvent d'ignorer,
Ce qu'avoit dit son Peroquet fertile.
Au demeurant , suivant son stile
Le drôle aimoit à sirotter >
La vieille aussi ; l'âge de radotter
Est assez la saison de boire;
L'une tint bon , l'autre s'en trouva mal .
Notre emplumé pour n'être assez frugal ,
Se vit encor contraint de passer l'Onde noire .
Il reparut devant Pluton ,
Qui le privant de la parole ,
Vouloit le renvoyer dans le corps d'une Sole.
L'autre craignant sur tout de devenir Poisson ,
Eut recours à son Protocole ,
Vous fit nouvelle cabriole ,
Joia sa farce, et plut. On sçait que quelquefois ,
A iij
Peu
996 MERCURE DE FRANCE
Peu de chose amuse les Rois.
Selon son goût , enfin le Dieu le fit renaître ,
Et de l'homme lui donna l'être :
> Mais n'osant pas en faire un Mortel vertueux
Un sage , il le destine au corps d'un petit Maître,
D'un brouillon , d'un présomptueux ,
Portant la tête au vent , de soi-même idolâtre ,
Importun , fanfaron , d'ennuyeux entretien ,
Parlant beaucoup , ne disant rien ;
Vrai personnage de Théatre ,
It d'ordinaire aussi personnage de Cour."
Mercure , en cet état , le rencontrant un jour ;
Je t'ai vû n'aguere au Tenare ,
S'écria -t'il , tu n'es qu'un composé bizarre ,
Et du Singe , et du Perroquet.
Grace à ton geste , ainsi qu'à ton caquet ,
Ton ridicule se consomme.
D'un semblable mêlange on ne fait qu'un so
homme ,
Et nul n'est pris à cet appas .
Ainsi le Dieu traita la chose.
O ! combien de gens ici bas ,
Me feroient croire à la Métempsicose.
M. Tanevot..
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Résumé : LA METEMPSICOSE, FABLE.
La fable 'La Métempsycose' relate les aventures de l'âme d'un singe après sa mort. L'âme, sous forme d'ombre, demande à Pluton de revoir la lumière. Pluton, voulant la punir, décide de la réincarner en âne, mais l'âme choisit de devenir un perroquet. Adoptée par une vieille femme, le perroquet meurt après avoir trop mangé et reparaît devant Pluton, qui envisage de le réincarner en poisson. L'âme, par une cabriole, plaît à Pluton, qui la réincarne alors en homme, un 'petit maître' présomptueux. Mercure reconnaît en cet homme un mélange de singe et de perroquet, soulignant son ridicule. La fable se conclut par une réflexion sur la métempsycose et les comportements humains qui pourraient y faire croire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 97-103
L'OMBRE DE VER-VERT, pour servir de suite au Poëme de Gresset.
Début :
Ver-Vert, bourré de sucre & de prâlines, [...]
Mots clefs :
Ver-Vert, Coeur, Perroquet, Oiseau, Air, Moi, Minois, Pluton, Doux, Proserpine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'OMBRE DE VER-VERT, pour servir de suite au Poëme de Gresset.
L'OMBRE DE VER-VERT , pourfervir
defuite au Poëme de Greffet.
VER-VERT , bourré de fucre & de prâlinés ,
1.20
ころどり
N'eut pas plutôt , chez les Vifitandines , as
Rendu fon âme & fon dernier, foupir ,
Qu'il defcendit dans la nuit infernale.
Il voltigeoit ainfi que le Zéphyr.
Il gazouilloit , caquetoit à loifir ;
Car , cher Lecteur , fur la rive fatale ,
3 .
S
Que deviendroient Nones & Perroquers.
S'ils ne pouvoient défiler leurs caquets ?
Quoique Ver-Vert ne fut plus rien qu'une ombre ,
Dame Vénus , & fon fils Cupidon ,
Qui chériffoient le Perroquet mignon,
Firent fi bien que , dans l'empire fombre ,
No. 51 , 21 Decembre 1782.
2.2017
:5
E
Sb 11
498
MERCURE
Il conferva ce plumage joli
Dont fur la terre il étoit embelli ,
Et qui , dit-on , tourna ſouvent la têtevi nol
A Mère Agnès , ainfi qu'aux jeunes Soeurs
Qui , de l'oifeau méditant la conquête, 12 any
Lui prodiguoient bifcuits , bonbons , liqueurs,
Fin chocolat & mille autres douceurs.
Car , notez, bien que fur la terre entière
Il paroîtra plutôt feu fans lumière ,
Femme fans langue & Moine fans cordons ,
Qu'une Nonain fans fucre & fans bonbons.
21
CARON connut Ver-Vert à fon plumage , a
Il le voyoit planer fur le rivage.
Il l'entendoit fiffler fi joliment ,
Roffignoler avec tant d'agrément ,
Que , tranſporté par un fi beau ramage li
Il fut long- temps dans ce raviffement.
Enfin , forti de cette douce extâle :
Parbleu , dit- il , que Jupiter m'écrâſe
Si je ne tiens ce petit fripon là !
Son gofier fin vaut feul un Opéra.
L'efprit charmant que dans lui je remarque,
Pourra fervir à notre noir Monarque.
Çà, pourfuivit le Batelier du Styx ,
Approchez- vous , bel oiſeau , grand phénix,
Vous qui faviez , par vos façons brillantes ,"
Votre air aimable & vos caquets divers ,
Flatter le coeur des Nones de Nevers ; C
DE FRANCE. 99
Et , tranfporté chez les Mères de Nantes , la
Avez d'horreur fait dreffer leur chignon
Pour avoir - là juré comme un démon.
Malgré le flux de ces ombres errantes
PN .
&
Venez franchir ces ondes écumantes. 93 199
Dans mon bateau venez , beau compagnon. 1
Depuis long-temps le Dieu de cet Empire
Pour foulager fa peine & fon martyre ,
Grille de voir votre minois fripon.
SIRE Ver-Vert , rempli de gentilleffe ,
Par ce difcours fe fentit allécher.
Sur Mons Caron il alla fe percher ,
Battit de l'aîle , & par mainte careffe ,
Lui déploya fa joie & fa tendreffe ,
Puis , caquetant mieux que None au parloir ,
Il lui conta les gaudés & vérilles que ))
Que chaque Seeur débitoit dans l'ouvroir ;
Comment alors , avec façons gentilles ,
Il becquetoit Pouvrage dans leur main ,
Bouquet , tableau , chapelet , reliquaire ;
Comment , femblable à l'abeille légère ,
Qu'on voit voler de la roſe au jaſmin ,
Il voltigeoit fur chacune Ouvrière,
Qu'il agaçoit avec un air malio.ung 20
Le Batelier , charmé de la manière
Dont raiſonnoit le Perroquet leurron ,
Dans fon bateau l'emporta chez Pluton.
sausą
V
E ij
100 MERCURE
DU PERROQUET Pluton lorgnant la mine ,
Le reconnut pour le Seigneur Ver-Vert .
Aimable oifeau , dit- il à coeur ouvert ,
Puifque la mort , qui jour & nuit chemine ,
D'un coup de faulx vient de vous moiffonner ,
Dans mon palais vous aurez votre gîte .
A vos yeux fins , votre air , votre mérite ,
Je vois que None a l'art de façonner
Et d'embellir le coeur d'un Néophite.
A tous vos foins je vais m'abandonner.
Écoutez - moi . J'ai cru prendre pour femme
Un doux mouton , un ange , une fainte âme ;
Et , grâce au fort qui , tout Dieu que je fuis ,
Me fait crever de douleurs & d'ennuis ,
Je n'ai chez moi qu'un monftre , une diableffe ,
Qui fans pitié me tourmente fans ceffe ;
Car , bei oifeau , les ménages divins
Vont à peu-près comme ceux des humains.
Des deux côtés ce n'eft que brouillerie ,
Qu'emportement & que tracafferic.
Je voudrois donc que par votre enjoûment ,
Votre air badin , votre minois charmant ,
Vous domptafiez le coeur de ma tygreffe ;
Depuis long-temps elle a votre portrait.
Elle vous aime ; & rarement maîtreffe
Nargue un galant qui l'amufe & lui plaît.
De mes beaux jours commencez donc l'aurore.
En étouffant l'orgueil qui la dévore ,
DE ΙΘΙ FRANCE.
Procurez -moi ce calme , cette paix ,
Ce charme, doux que mon coeur n'eut jamais.
Ici Ver-Vert lui fit la révérence ,
Et lui promit avec tant d'éloquence
De travailler à fa félicité ,
Qu'il confola le Monarque attristé.
DE chez Pluton le vieux Caron le mène
Dans un boudoir où repofoit la Reine.
Charmart Greffet , donne-moi ton pinceau.
Viens échauffer mon efprit & ma veine
Pour retracer dignement le tableau
Du vifplaifir que fentit Proferpine
En contemplant le minois de l'oifeau ,
Son beau plumage & fa taille divine.
Ojufte ciel ! quoi ? c'eſt l'ami Ver-Vert !
S'écria-t'elle avec des pleurs de joie.
Eh quoi ? c'est lui que la Parque m'envoie !
C'eft cet oifeau , ce Perroquet difert ,
Qui dans Nevers faifoit tant les délices
De la Soeur Thècle & des jeunes Novices !
Viens , cher ami , feconder mes tranſports.
Amour ! Vénus ! Dieux ! foyez-moi propices.
Comme en bouillant le lait gagnoit les bords ,
Le Batelier fe retira fur l'heure.
Il fit très-bien , prudence a toujours foin
De laiffer -là les Amours fans témoin.
Oui , pourfuit- elle , oui , cher Ver- Vert , demeure.
Viens , mon mignon , viens goûter dans mes bras
E iij
102 MERCURE
D'un vrai plaifir les chatouillans appas. 90 320
J'ai mille fois embraſſé ton image ; › * 1 *
Mais , quelque doux qu'ait été cet attrait ,
L'original éclipſe le portrait . 12 15hod xzobuti
Difant ces mots , Proferpine péu fage , vou sí ti
Sur Ton minois fit voler maint baifer ,
Dont le pauvret fe fentit embrâfer.
Il prend l'effor , voltige , caracolle
Sur les genoux , & de- là fur fon ſein ,
Siffle , gazouille avec un air badin ,
Si bien enfin que la Dame en fut folle.
DES que Ver-Vert fut sûr d'être adoré ,
Il maîtrifa Proferpine à fon gré.
Il la mena de fi bonnes manières ,
Qu'il lui tailla , comme on dit , des croupières.
Lorfqu'il voyoit que , d'un eſprit aigri ,
Elle vouloit quereller fon mariyil ann
Deffus fon nez il appliquoit fa griffe,
Et , lui donnant coups de dents & de bec ,
Mettoit bientôt fon infolence à fec.
Ce trait , Lecteur , n'eft du tout apocriffe :
Je l'ai tiré de deux Livres Normands ,
Que j'achetai dans la halle du Mans.
En vain la Dame, à crier toujours prête ,
Vouloit parfois lever encor la crête ,
Dès que Ver-Vert , les yeux tout rencognés ,
Lui répétoit : GARE , GARE LE NEZ ,
On la voyoit devenir auffi douce
&
DE FRANCE. 101
Que des brebis qui paiffent fur la mouffe,
Puis notre oiſeau , content de fa façon ,
L'alloit baifer; & c'étoit bien raiſon. 2
Un doux baifer eft fine récompenfe. Thi
Il le devoit Honni qui mal y penfe.00 ded
Bref, Proferpine , en changeant fon humeur,
De fon époux fit enfin le bonheur.
De Dom Ver-Vert , pour célébrer la gloise
Pluton voulut que cet exploit fameux ,
En lettres d'or fut gravé dans l'Hiſtoire , 12
Et fut tranfmis , du manoir ténébreux ,
Aux faints Couvens des Nones de la Loire.
On dit tout bas que ce fait merveilleux ,
Qu'a mis en vers un Champenois joyeux ,
Chatouilla plus le coeur de ces Veſtales
AM! que le Ciel , fans doute , auroit bien fait
De régalerd'un pareil Perroquet
Chaque mari dont l'infolente femme ⠀⠀⠀
Va, poings levés , lui chanter pouille & game
Qu'on auroit vû de toupets mal peignés ,
De nez meurtris , de fronts égratignés !
Mais en revanche , au fein de leurs ménages ,
On auroit vû toutes les femmes fages.
C'eſt un prodige attendu dès-long- temps.
Quand viendra- t'il ? quand merles feront blancs.
defuite au Poëme de Greffet.
VER-VERT , bourré de fucre & de prâlinés ,
1.20
ころどり
N'eut pas plutôt , chez les Vifitandines , as
Rendu fon âme & fon dernier, foupir ,
Qu'il defcendit dans la nuit infernale.
Il voltigeoit ainfi que le Zéphyr.
Il gazouilloit , caquetoit à loifir ;
Car , cher Lecteur , fur la rive fatale ,
3 .
S
Que deviendroient Nones & Perroquers.
S'ils ne pouvoient défiler leurs caquets ?
Quoique Ver-Vert ne fut plus rien qu'une ombre ,
Dame Vénus , & fon fils Cupidon ,
Qui chériffoient le Perroquet mignon,
Firent fi bien que , dans l'empire fombre ,
No. 51 , 21 Decembre 1782.
2.2017
:5
E
Sb 11
498
MERCURE
Il conferva ce plumage joli
Dont fur la terre il étoit embelli ,
Et qui , dit-on , tourna ſouvent la têtevi nol
A Mère Agnès , ainfi qu'aux jeunes Soeurs
Qui , de l'oifeau méditant la conquête, 12 any
Lui prodiguoient bifcuits , bonbons , liqueurs,
Fin chocolat & mille autres douceurs.
Car , notez, bien que fur la terre entière
Il paroîtra plutôt feu fans lumière ,
Femme fans langue & Moine fans cordons ,
Qu'une Nonain fans fucre & fans bonbons.
21
CARON connut Ver-Vert à fon plumage , a
Il le voyoit planer fur le rivage.
Il l'entendoit fiffler fi joliment ,
Roffignoler avec tant d'agrément ,
Que , tranſporté par un fi beau ramage li
Il fut long- temps dans ce raviffement.
Enfin , forti de cette douce extâle :
Parbleu , dit- il , que Jupiter m'écrâſe
Si je ne tiens ce petit fripon là !
Son gofier fin vaut feul un Opéra.
L'efprit charmant que dans lui je remarque,
Pourra fervir à notre noir Monarque.
Çà, pourfuivit le Batelier du Styx ,
Approchez- vous , bel oiſeau , grand phénix,
Vous qui faviez , par vos façons brillantes ,"
Votre air aimable & vos caquets divers ,
Flatter le coeur des Nones de Nevers ; C
DE FRANCE. 99
Et , tranfporté chez les Mères de Nantes , la
Avez d'horreur fait dreffer leur chignon
Pour avoir - là juré comme un démon.
Malgré le flux de ces ombres errantes
PN .
&
Venez franchir ces ondes écumantes. 93 199
Dans mon bateau venez , beau compagnon. 1
Depuis long-temps le Dieu de cet Empire
Pour foulager fa peine & fon martyre ,
Grille de voir votre minois fripon.
SIRE Ver-Vert , rempli de gentilleffe ,
Par ce difcours fe fentit allécher.
Sur Mons Caron il alla fe percher ,
Battit de l'aîle , & par mainte careffe ,
Lui déploya fa joie & fa tendreffe ,
Puis , caquetant mieux que None au parloir ,
Il lui conta les gaudés & vérilles que ))
Que chaque Seeur débitoit dans l'ouvroir ;
Comment alors , avec façons gentilles ,
Il becquetoit Pouvrage dans leur main ,
Bouquet , tableau , chapelet , reliquaire ;
Comment , femblable à l'abeille légère ,
Qu'on voit voler de la roſe au jaſmin ,
Il voltigeoit fur chacune Ouvrière,
Qu'il agaçoit avec un air malio.ung 20
Le Batelier , charmé de la manière
Dont raiſonnoit le Perroquet leurron ,
Dans fon bateau l'emporta chez Pluton.
sausą
V
E ij
100 MERCURE
DU PERROQUET Pluton lorgnant la mine ,
Le reconnut pour le Seigneur Ver-Vert .
Aimable oifeau , dit- il à coeur ouvert ,
Puifque la mort , qui jour & nuit chemine ,
D'un coup de faulx vient de vous moiffonner ,
Dans mon palais vous aurez votre gîte .
A vos yeux fins , votre air , votre mérite ,
Je vois que None a l'art de façonner
Et d'embellir le coeur d'un Néophite.
A tous vos foins je vais m'abandonner.
Écoutez - moi . J'ai cru prendre pour femme
Un doux mouton , un ange , une fainte âme ;
Et , grâce au fort qui , tout Dieu que je fuis ,
Me fait crever de douleurs & d'ennuis ,
Je n'ai chez moi qu'un monftre , une diableffe ,
Qui fans pitié me tourmente fans ceffe ;
Car , bei oifeau , les ménages divins
Vont à peu-près comme ceux des humains.
Des deux côtés ce n'eft que brouillerie ,
Qu'emportement & que tracafferic.
Je voudrois donc que par votre enjoûment ,
Votre air badin , votre minois charmant ,
Vous domptafiez le coeur de ma tygreffe ;
Depuis long-temps elle a votre portrait.
Elle vous aime ; & rarement maîtreffe
Nargue un galant qui l'amufe & lui plaît.
De mes beaux jours commencez donc l'aurore.
En étouffant l'orgueil qui la dévore ,
DE ΙΘΙ FRANCE.
Procurez -moi ce calme , cette paix ,
Ce charme, doux que mon coeur n'eut jamais.
Ici Ver-Vert lui fit la révérence ,
Et lui promit avec tant d'éloquence
De travailler à fa félicité ,
Qu'il confola le Monarque attristé.
DE chez Pluton le vieux Caron le mène
Dans un boudoir où repofoit la Reine.
Charmart Greffet , donne-moi ton pinceau.
Viens échauffer mon efprit & ma veine
Pour retracer dignement le tableau
Du vifplaifir que fentit Proferpine
En contemplant le minois de l'oifeau ,
Son beau plumage & fa taille divine.
Ojufte ciel ! quoi ? c'eſt l'ami Ver-Vert !
S'écria-t'elle avec des pleurs de joie.
Eh quoi ? c'est lui que la Parque m'envoie !
C'eft cet oifeau , ce Perroquet difert ,
Qui dans Nevers faifoit tant les délices
De la Soeur Thècle & des jeunes Novices !
Viens , cher ami , feconder mes tranſports.
Amour ! Vénus ! Dieux ! foyez-moi propices.
Comme en bouillant le lait gagnoit les bords ,
Le Batelier fe retira fur l'heure.
Il fit très-bien , prudence a toujours foin
De laiffer -là les Amours fans témoin.
Oui , pourfuit- elle , oui , cher Ver- Vert , demeure.
Viens , mon mignon , viens goûter dans mes bras
E iij
102 MERCURE
D'un vrai plaifir les chatouillans appas. 90 320
J'ai mille fois embraſſé ton image ; › * 1 *
Mais , quelque doux qu'ait été cet attrait ,
L'original éclipſe le portrait . 12 15hod xzobuti
Difant ces mots , Proferpine péu fage , vou sí ti
Sur Ton minois fit voler maint baifer ,
Dont le pauvret fe fentit embrâfer.
Il prend l'effor , voltige , caracolle
Sur les genoux , & de- là fur fon ſein ,
Siffle , gazouille avec un air badin ,
Si bien enfin que la Dame en fut folle.
DES que Ver-Vert fut sûr d'être adoré ,
Il maîtrifa Proferpine à fon gré.
Il la mena de fi bonnes manières ,
Qu'il lui tailla , comme on dit , des croupières.
Lorfqu'il voyoit que , d'un eſprit aigri ,
Elle vouloit quereller fon mariyil ann
Deffus fon nez il appliquoit fa griffe,
Et , lui donnant coups de dents & de bec ,
Mettoit bientôt fon infolence à fec.
Ce trait , Lecteur , n'eft du tout apocriffe :
Je l'ai tiré de deux Livres Normands ,
Que j'achetai dans la halle du Mans.
En vain la Dame, à crier toujours prête ,
Vouloit parfois lever encor la crête ,
Dès que Ver-Vert , les yeux tout rencognés ,
Lui répétoit : GARE , GARE LE NEZ ,
On la voyoit devenir auffi douce
&
DE FRANCE. 101
Que des brebis qui paiffent fur la mouffe,
Puis notre oiſeau , content de fa façon ,
L'alloit baifer; & c'étoit bien raiſon. 2
Un doux baifer eft fine récompenfe. Thi
Il le devoit Honni qui mal y penfe.00 ded
Bref, Proferpine , en changeant fon humeur,
De fon époux fit enfin le bonheur.
De Dom Ver-Vert , pour célébrer la gloise
Pluton voulut que cet exploit fameux ,
En lettres d'or fut gravé dans l'Hiſtoire , 12
Et fut tranfmis , du manoir ténébreux ,
Aux faints Couvens des Nones de la Loire.
On dit tout bas que ce fait merveilleux ,
Qu'a mis en vers un Champenois joyeux ,
Chatouilla plus le coeur de ces Veſtales
AM! que le Ciel , fans doute , auroit bien fait
De régalerd'un pareil Perroquet
Chaque mari dont l'infolente femme ⠀⠀⠀
Va, poings levés , lui chanter pouille & game
Qu'on auroit vû de toupets mal peignés ,
De nez meurtris , de fronts égratignés !
Mais en revanche , au fein de leurs ménages ,
On auroit vû toutes les femmes fages.
C'eſt un prodige attendu dès-long- temps.
Quand viendra- t'il ? quand merles feront blancs.
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Résumé : L'OMBRE DE VER-VERT, pour servir de suite au Poëme de Gresset.
Le poème 'L'Ombre de Ver-Vert' raconte l'histoire d'un perroquet nommé Ver-Vert qui, après sa mort, conserve son plumage et ses talents de chant en descendant aux enfers. Charmé par Ver-Vert, Caron, le batelier du Styx, le conduit auprès de Pluton, le roi des enfers. Pluton, accablé par la tyrannie de son épouse Proserpine, espère que Ver-Vert pourra adoucir son cœur. Proserpine reconnaît et accueille joyeusement Ver-Vert, qu'elle admire déjà. Grâce à ses manières charmantes et ses gazouillis, Ver-Vert séduit Proserpine, qui tombe éperdument amoureuse de lui. Ses talents permettent à Ver-Vert de gagner l'affection de Proserpine et de mettre fin à ses querelles avec Pluton. Le texte décrit ensuite comment Ver-Vert, sous forme humaine, parvient à dompter Proserpine en lui enseignant de bonnes manières et en la corrigeant fermement lors de ses disputes avec son mari. Proserpine devient alors douce et obéissante. Cette histoire, tirée de deux livres normands achetés au Mans, souligne que les femmes, une fois corrigées, deviennent sages et que les maris évitent les conflits. L'exploit de Ver-Vert est célébré et transmis aux nonnes de la Loire. Le texte, mis en vers par un Champenois, imagine un monde idéal où les maris ne subissent plus les colères de leurs épouses et où les femmes sont toujours sages, comparant cet idéal à un prodige aussi improbable que des merles blancs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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