Résultats : 21932 texte(s)
Détail
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7201
p. 247
ENIGME.
Début :
Voyez la plaisante Famille. [...]
Mots clefs :
Adam et Ève
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIG ME.
OYEZ la plaifante Fa-
Vor
mille.
Il s'agit de fçavoir qui peut eftre
la Fille ,
( Le recit n'eſt point fabuleux )
Qu'on a veuë époufer (a mere ,
Dont la mere eftoit male , & qui
n'eut point de pere..
Devine àprefent fi tu peux.
OYEZ la plaifante Fa-
Vor
mille.
Il s'agit de fçavoir qui peut eftre
la Fille ,
( Le recit n'eſt point fabuleux )
Qu'on a veuë époufer (a mere ,
Dont la mere eftoit male , & qui
n'eut point de pere..
Devine àprefent fi tu peux.
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7204
p. 2351
CANTATILLE Sur l'heureux retour de la Reine à Versailles.
Début :
QUEL éclat vient frapper nos yeux ! [...]
Mots clefs :
Reine, Retour, Éclat, Concert, Marie Antier
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texteReconnaissance textuelle : CANTATILLE Sur l'heureux retour de la Reine à Versailles.
CANTATILLE
Sur l'heureux retour de la Reine à Versailles.
QUel éclat vient frapper nos yeux !
Muſes, raſſemblez -vous, c'eſt notre aimable Reine,
Un trop funeſte ſort lui fit quitter ces Lieux ;
Unheureux deſtin l'y ramene .
Chantons; livrons nos coeurs aux tranſports les plus
doux;
C'eſt ici qu'elle vient attendre
Le retour fortuné de ſon Auguſte Epoux ;
Malgré ſes ennemis, de ſa Grandeur jaloux,
La Victoire va nous le rendre .
Que ſur la Terre & ſur les flots
Afes plus chers déſirs à l'envi tout réponde;
Le Ciel nous donna ce Héros
Pour la félicité du Monde..
Les Vers de cette Cantatille ſont de M. l'Abb
Pellegrin, miſe en Muſique par M. de Blamont ,
Sur- Intendant de la Muſique du Roi. Elle a été
exécutée à Verſailles au Concert de la Reine , &
chantée par Mile Antier le 23 de ce mois. Gette
célebre Actrice,dont on a eu occafion pluſieurs fois
de parler avec éloge , n'a rien perdu de l'éclat de ſa
voix, quoique retirée du Théatre. Elle a été honorée
des éloges de la Reine& de ceux de toute la
Cour,
Sur l'heureux retour de la Reine à Versailles.
QUel éclat vient frapper nos yeux !
Muſes, raſſemblez -vous, c'eſt notre aimable Reine,
Un trop funeſte ſort lui fit quitter ces Lieux ;
Unheureux deſtin l'y ramene .
Chantons; livrons nos coeurs aux tranſports les plus
doux;
C'eſt ici qu'elle vient attendre
Le retour fortuné de ſon Auguſte Epoux ;
Malgré ſes ennemis, de ſa Grandeur jaloux,
La Victoire va nous le rendre .
Que ſur la Terre & ſur les flots
Afes plus chers déſirs à l'envi tout réponde;
Le Ciel nous donna ce Héros
Pour la félicité du Monde..
Les Vers de cette Cantatille ſont de M. l'Abb
Pellegrin, miſe en Muſique par M. de Blamont ,
Sur- Intendant de la Muſique du Roi. Elle a été
exécutée à Verſailles au Concert de la Reine , &
chantée par Mile Antier le 23 de ce mois. Gette
célebre Actrice,dont on a eu occafion pluſieurs fois
de parler avec éloge , n'a rien perdu de l'éclat de ſa
voix, quoique retirée du Théatre. Elle a été honorée
des éloges de la Reine& de ceux de toute la
Cour,
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7205
p. 239-240
SUR LA FAVORABLE audience que Le Roy a donnée à Mademoiselle de Scudery.
Début :
Les Sages, ce dit-on, n'admirent jamais rien ; [...]
Mots clefs :
Sapho, Audience, Roi
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texteReconnaissance textuelle : SUR LA FAVORABLE audience que Le Roy a donnée à Mademoiselle de Scudery.
SUR LA FAVORABLE
audience que le Roy adonnée
à Mademoiselle de Scudery.
Es Sages, ce dit-on, n'admirent
Maisla ſage Sapho, qui voit &Sçait
:
Sibien
240 MERCURE
Jusques où peut monter lavertu con-
Sommée,
N'a pûfoutenir l'entretien
Duplus grand de nos Roys, dont la
gloire eftfemée
Iusqu'aux derniers Climats où va
la Renomméc,
Sans admirer l'éclat de tant de majesté;
Ny voir tant de lumiere auce tant
debonté,
Sans en estre charmée.
Princes, queſavaleur a vaincus &
Soumis
Etqu'unjaloux dépit afaitſes Ennemis;
Venez voirde plus pres tantde vertus
firares;
Et s'il vous parle un jour, vousferez
bien barbares,
Sivous n'estesdeses amis .
audience que le Roy adonnée
à Mademoiselle de Scudery.
Es Sages, ce dit-on, n'admirent
Maisla ſage Sapho, qui voit &Sçait
:
Sibien
240 MERCURE
Jusques où peut monter lavertu con-
Sommée,
N'a pûfoutenir l'entretien
Duplus grand de nos Roys, dont la
gloire eftfemée
Iusqu'aux derniers Climats où va
la Renomméc,
Sans admirer l'éclat de tant de majesté;
Ny voir tant de lumiere auce tant
debonté,
Sans en estre charmée.
Princes, queſavaleur a vaincus &
Soumis
Etqu'unjaloux dépit afaitſes Ennemis;
Venez voirde plus pres tantde vertus
firares;
Et s'il vous parle un jour, vousferez
bien barbares,
Sivous n'estesdeses amis .
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7206
s. p.
AVERTISSEMENT.
Début :
Le Bureau du Mercure est chez M. LUTTON, Avocat, & Greffier-Commis [...]
Mots clefs :
Bureau du Mercure, Abonnés
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texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
6.
LE Bureau du Mercure eft chez M.
LUTTON , Avocat , & Greffier- Commis
au Greffe Civil du Parlement , Commis au
recouvrement du Mercure , rue Sainte Anne ,
Butte Saint Roch , entre deux Selliers.
C'est à lui qu'on prie d'adreſſer , francs
de port , les paquets & lettres , pour remettre ,
quant à la partie littéraire , à M. de Boiſſy ›
Auteur du Mercure .
Le prix eft de 36 fols , mais l'on ne payera
d'avance , en s'abonnant , que 21 livres pour
l'année , à raifon de quatorze volumes . Les
volumes d'extraordinaire feront également de
30fols pour les Abonnés , & fe payeront avec
l'année qui les fuivra.
Les perfonnes de province auxquelles on
lenverra par la pofte , payeront 31 livres
10 fols d'avance en s'abonnant , & elles le
recevront franc de port.
Celles qui auront des occafions pour le faire
venir , ou qui prendront les frais du port fur
leur compte , ne payeront qu'à raison de 30
fols par volume , c'eft- à- dire 21 livres d'avance
, en s'abonnant pour l'année , fans les
extraordinaires .
Les Libraires des provinces ou des
A ij
pays
étrangers, qui voudront faire venir le Mercure
, écriront à l'adreffe ci- deffus.
On Supplie les perfonnes des provinces d'envoyerpar
la pofte , en payant le droit , le prix
deleur abonnement , ou de donner leurs ordres,
afin que le payement en foit fait d'avance au
Bureau .
Les paquets qui ne feront pas affranchis ,
resteront au rebut .
L'on trouvera toujours quelqu'un en état
de répondre chez le fieur Lutton ; & il obfervera
de rester à fon Bureau les Mardi ,
Mercredi & Jeudi de chaque femaine , aprèsmidi.
On peut fe procurer par la voie du Merles
autres Journaux , ainfi que les Livres
, Estampes & Mufique qu'ils annoncent,
6.
LE Bureau du Mercure eft chez M.
LUTTON , Avocat , & Greffier- Commis
au Greffe Civil du Parlement , Commis au
recouvrement du Mercure , rue Sainte Anne ,
Butte Saint Roch , entre deux Selliers.
C'est à lui qu'on prie d'adreſſer , francs
de port , les paquets & lettres , pour remettre ,
quant à la partie littéraire , à M. de Boiſſy ›
Auteur du Mercure .
Le prix eft de 36 fols , mais l'on ne payera
d'avance , en s'abonnant , que 21 livres pour
l'année , à raifon de quatorze volumes . Les
volumes d'extraordinaire feront également de
30fols pour les Abonnés , & fe payeront avec
l'année qui les fuivra.
Les perfonnes de province auxquelles on
lenverra par la pofte , payeront 31 livres
10 fols d'avance en s'abonnant , & elles le
recevront franc de port.
Celles qui auront des occafions pour le faire
venir , ou qui prendront les frais du port fur
leur compte , ne payeront qu'à raison de 30
fols par volume , c'eft- à- dire 21 livres d'avance
, en s'abonnant pour l'année , fans les
extraordinaires .
Les Libraires des provinces ou des
A ij
pays
étrangers, qui voudront faire venir le Mercure
, écriront à l'adreffe ci- deffus.
On Supplie les perfonnes des provinces d'envoyerpar
la pofte , en payant le droit , le prix
deleur abonnement , ou de donner leurs ordres,
afin que le payement en foit fait d'avance au
Bureau .
Les paquets qui ne feront pas affranchis ,
resteront au rebut .
L'on trouvera toujours quelqu'un en état
de répondre chez le fieur Lutton ; & il obfervera
de rester à fon Bureau les Mardi ,
Mercredi & Jeudi de chaque femaine , aprèsmidi.
On peut fe procurer par la voie du Merles
autres Journaux , ainfi que les Livres
, Estampes & Mufique qu'ils annoncent,
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Résumé : AVERTISSEMENT.
Le Mercure est une publication périodique dont l'abonnement et la distribution sont organisés par M. Lutton, avocat et greffier-commis au Greffe Civil du Parlement, situé rue Sainte Anne, Butte Saint Roch. Les abonnés paient 21 livres d'avance pour l'année, couvrant quatorze volumes, et 36 sols par volume. Les volumes extraordinaires coûtent 30 sols et sont payés avec l'année suivante. Les résidents de province paient 31 livres 10 sols d'avance et reçoivent le Mercure franc de port. Ceux qui prennent en charge les frais de port paient 30 sols par volume, soit 21 livres d'avance pour l'année, sans les extraordinaires. Les libraires des provinces ou des pays étrangers doivent contacter le Bureau pour obtenir le Mercure. Les paiements doivent être envoyés par la poste ou ordonnés à l'avance. Les paquets non affranchis seront rejetés. M. Lutton est disponible les mardi, mercredi et jeudi après-midi. D'autres journaux, livres, estampes et musique annoncés dans le Mercure sont également disponibles.
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7207
p. 249-250
Nouvelles de Flandres.
Début :
On écrit de l'Armée de Flandres du 19. Juin [...]
Mots clefs :
Flandre, Dragons, Fantassins, Ennemis
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Flandres.
Nouvelles de Flandres.
On écrit de l'Armée de
Flandres du 19. Juin que
lebruit avoit couru que la
250 MERCURE
tranchée avoit efté ouverte
le devant le Quefnoy.
13.
On a appris qu'elle ne l'eftoit pas encore le dix- huit;
que la garnifon avoit fait
une fortie du cofté de la
porte de Valenciennes
aveccent Dragons & mille
fantaffins ; qu'ils avoient
ruiné un épaulement des
Ennemis , défait deux cens
hommes qui le gardoient ,
& après un rude combat
avec les piquets qui s'avancerent pour les foutenir
ils s'eftoient retirez fans
autre perte que de trente hommes.
On écrit de l'Armée de
Flandres du 19. Juin que
lebruit avoit couru que la
250 MERCURE
tranchée avoit efté ouverte
le devant le Quefnoy.
13.
On a appris qu'elle ne l'eftoit pas encore le dix- huit;
que la garnifon avoit fait
une fortie du cofté de la
porte de Valenciennes
aveccent Dragons & mille
fantaffins ; qu'ils avoient
ruiné un épaulement des
Ennemis , défait deux cens
hommes qui le gardoient ,
& après un rude combat
avec les piquets qui s'avancerent pour les foutenir
ils s'eftoient retirez fans
autre perte que de trente hommes.
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Résumé : Nouvelles de Flandres.
Le 19 juin, des rumeurs évoquent une tranchée devant Le Quesnoy. Le 18 juin, la garnison, composée de cent dragons et mille fantassins, détruit un épaulement ennemi et vainc deux cents hommes. Après un combat intense, elle se retire avec une perte de trente hommes.
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7208
p. 231-232
Conversion de Mr Desmahy, Ministre d'Orleans, [titre d'après la table]
Début :
Le 27. du mesme Mois, jour de l'Ascension, Mr Desmahy, [...]
Mots clefs :
Ministre d'Orléans, Abjurations, Piété
7210
p. 27-28
RÉPONSE à la lettre insérée dans le Mercure du mois d'avril 1768, page 16. « Savoir si les malheurs d'autrui sont » un motif de consolation pour les » malheureux » ?
Début :
Il y a long-temps que l'on a fait la réponse ci-jointe à la présente question [...]
Mots clefs :
Malheureux, Malheur, Consolation
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à la lettre insérée dans le Mercure du mois d'avril 1768, page 16. « Savoir si les malheurs d'autrui sont » un motif de consolation pour les » malheureux » ?
RÉPONSE à la lettre inférée dans le Mercure
du mois d'avril 1768 , page 16,
« Savoir fi les
malheurs d'autrui font
» un motif de
confolation pour les
»
malheureux » ?
Il y a long - temps que l'on a fait la
réponſe ci-jointe à la préfente queſtion
que l'on demande , & qui a paffé en proverbe
: « la
confolation des
malheureux eft
Bij
MERCURE DE FRANCE.
» d'avoir des femblables ». Il femble que
les malheurs d'autrui adouciffent les nôtres
lorfqu'on les enviſage avec les fentimens
de la religion chrétienne , & que l'on peut
apporter quelque fecours aux malheureux ,
foit par fes confeils , ou par fes largeffes.
La fituation des malheureux nous touche ,
& nous fommes heureux dans nos malheurs
en penfant que nous pouvons les
adoucir , ce qui eft pour nous une grande
confolation. Les malheureux peuvent fe
confoler enſemble par les rapports que
leurs âmes ont entre elles. L'on croit qu'il
eft inutile d'en dire davantage à ce fujet ,
parce que l'on ne feroit que répéter ce
qui a déja été dit.
D. D. N. abonné au Mercure.
du mois d'avril 1768 , page 16,
« Savoir fi les
malheurs d'autrui font
» un motif de
confolation pour les
»
malheureux » ?
Il y a long - temps que l'on a fait la
réponſe ci-jointe à la préfente queſtion
que l'on demande , & qui a paffé en proverbe
: « la
confolation des
malheureux eft
Bij
MERCURE DE FRANCE.
» d'avoir des femblables ». Il femble que
les malheurs d'autrui adouciffent les nôtres
lorfqu'on les enviſage avec les fentimens
de la religion chrétienne , & que l'on peut
apporter quelque fecours aux malheureux ,
foit par fes confeils , ou par fes largeffes.
La fituation des malheureux nous touche ,
& nous fommes heureux dans nos malheurs
en penfant que nous pouvons les
adoucir , ce qui eft pour nous une grande
confolation. Les malheureux peuvent fe
confoler enſemble par les rapports que
leurs âmes ont entre elles. L'on croit qu'il
eft inutile d'en dire davantage à ce fujet ,
parce que l'on ne feroit que répéter ce
qui a déja été dit.
D. D. N. abonné au Mercure.
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Résumé : RÉPONSE à la lettre insérée dans le Mercure du mois d'avril 1768, page 16. « Savoir si les malheurs d'autrui sont » un motif de consolation pour les » malheureux » ?
Dans une réponse publiée dans le *Mercure* d'avril 1768, on aborde la question de savoir si les malheurs d'autrui peuvent apporter une consolation aux malheureux. La réponse, désormais proverbiale, est que 'la consolation des malheureux est d'avoir des semblables'. Les malheurs des autres peuvent effectivement adoucir les nôtres lorsqu'ils sont considérés avec des sentiments chrétiens et que l'on apporte une aide, que ce soit par des conseils ou des largesses. La vue des souffrances des malheureux nous émeut et nous console à l'idée que nous pouvons atténuer leurs maux. De plus, les malheureux trouvent une consolation mutuelle grâce aux affinités entre leurs âmes. Le texte conclut en estimant qu'il est superflu d'ajouter quoi que ce soit, car tout a déjà été dit sur le sujet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7211
p. 248-250
ERUDITIONS sur le second mois de l'année.
Début :
Fevrier est le second mois de l'année que Numa [...]
Mots clefs :
Mois, Février, Numa, Année, Fête, Éruditions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ERUDITIONS sur le second mois de l'année.
ERVDITIONS
sur le fécond mois de
1'année.
FEvrier
est le second
mois de l'année que Numa
ajoustaau Calendrier
de Romulus
,
dont l'annéenestoit
que de dix
mois. On l'appella ainll
du nom de Februus
Dieu des Purifications,J
parce que le peuple se
~puriioit en ce mois; ou
du nom de Junon, Februata,
dont on faisoit
la - Feste en ce mois appellée
la Feste des Lupercales
, dans laquelle les
femmesestoientpurifiées
par les Prestres d_Pall'
de Lycie, appellez Luperques..
C'estoit dans le
,
commencement le dernier
moischez les Romains.
LeVs DC ecemvirs
en firent le second Numa
,
dédia ce second
mois de l'année au Dieu
fcornus,qu'oncroit le
Dieu des Denombremens.
Il falloit dans ce
mois fairele denombrement
de la Republique,
& fairedes sacrifices aux
Dieux des Enfers.
sur le fécond mois de
1'année.
FEvrier
est le second
mois de l'année que Numa
ajoustaau Calendrier
de Romulus
,
dont l'annéenestoit
que de dix
mois. On l'appella ainll
du nom de Februus
Dieu des Purifications,J
parce que le peuple se
~puriioit en ce mois; ou
du nom de Junon, Februata,
dont on faisoit
la - Feste en ce mois appellée
la Feste des Lupercales
, dans laquelle les
femmesestoientpurifiées
par les Prestres d_Pall'
de Lycie, appellez Luperques..
C'estoit dans le
,
commencement le dernier
moischez les Romains.
LeVs DC ecemvirs
en firent le second Numa
,
dédia ce second
mois de l'année au Dieu
fcornus,qu'oncroit le
Dieu des Denombremens.
Il falloit dans ce
mois fairele denombrement
de la Republique,
& fairedes sacrifices aux
Dieux des Enfers.
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Résumé : ERUDITIONS sur le second mois de l'année.
Février, second mois du calendrier romain, fut ajouté par Numa au calendrier de Romulus. Il tire son nom de Februus, dieu des purifications, ou de Junon, dont la fête des Lupercales était célébrée en février. À l'origine, février était le dernier mois de l'année. Les décemvirs le dédièrent à Féronie, dieu des dénombrements, et y procédaient au dénombrement de la République et à des sacrifices aux dieux des Enfers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7212
p. 5-9
SUITE de l'Histoire raisonnée des Discours de CICÉRON. Premier, second & troisième Discours contre la LOI AGRAIRE, proposée par SERVILIUS RULLUS, Tribun du Peuple.
Début :
LES entreprises des mauvais Citoyens contre l'Etat ne sont jamais plus dangereuses, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de l'Histoire raisonnée des Discours de CICÉRON. Premier, second & troisième Discours contre la LOI AGRAIRE, proposée par SERVILIUS RULLUS, Tribun du Peuple.
SUITE de l'Histoire raisonnée des
Discours de CICÉRON.
Premier, second & troisième Discours
contre la LOI AGRAIRE, proposée
par SERVILIUS RULLUS, Tribun
du Peuple.
LES entreprises des mauvais Citoyens
contre l'Etat ne sont jamais plus dangereuses,
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
que quand ils ont l'adreffe de
les couvrir du prétexte ſpécieux du bien
public. Le Peuple toujours eſclave de
quiconque ſçait le flatter , ſe prévient
en leur faveur; il adore en eux les pères
de la Patrie ; & les vrais patriotes qui
voient le mal, qui voudroient l'empê-
cher , font toujours arrêtés quand ils
veulent y apporter reméde. L'Hif-
toire des trois Difcours de Cicéron con-
tre la LoiAgraire , prononcés, le pre-
mier dans le Sénat , les deux autres
devant le Peuple , eſt une preuve des
difficultés que trouvent les plus grands
hommes à ramener les eſprits prévenus.
Ceux à qui l'Histoire Romaine eſt
un peu familière , ſçavent que la pro-
pofition de cette Loi fameuſe fut fou-
vent une cauſe & prèſque toujours un
prétexte de divifion entre le Sénat &le
Corps des Patriciens qui ne voulurentja-
mais y entendre , & le Peuple animé
par ſes Tribuns qui n'avoit rien tant à
cœur que de la faire recevoir.
Le premier des Magiftrats qui en con-
çut le projet , Servilius Rullus,étoitun
de ces hommes hardis & entreprenans,
qui avec un génie médiocre , des vues
fuperficielles & un fond inépuiſable de
témérité , ſe croient capables de faire
MARS. 1764.
7
de grandes choſes. Né dans une famille
Plébéienne,il fut élevé dans les principes
de cette haine ordinaire à tous les Mem-
bres de ce Corps contre l'autre.La puif-
fance du Peuple n'éclatoit jamais da-
vantageque lorſqu'un ſeul mot (a) pro-
noncé par ſes Tribuns , arrêtoit ou fuf-
pendoit les arrêts & les délibérations du
Sénat. Jaloux de jouir de cette préro-
gative unique dans l'Etat , Rullus n'ou-
blia rien pour parvenir à cette dignité.
Revêtu de l'emploi de Tribundu Peuple,
l'objet , de tous ſes vœux , il ne tarda
pas à éprouver juſqu'où pouvoit aller
fon pouvoir.
Chaque fiécle a produit ſes foux &
fes folies. Eh combien le nôtre n'en a-
t-il pas fourni de preuves ! ... Quoi-
qu'il en foit , Rullus embraſſa avec
ardeur la propoſition de partager éga-
lement les fonds de terre entre tous
les Membres de la République ; idée
ridicule & dangereuſe , qui en ruinant
les fortunes des Citoyens , détruiſoit
leCommerce ,affoibliſſoit les reſſources
de l'Etat , & l'anéantiſſoit lui-même.
Cicéron , & avec lui tous les gens
ſenſés , fentirent bientôt toutes les ſuites
(a) VETO.
A iv
8 MERCURE DE FRANCE .
fâcheuſes qu'alloit avoir la loi propoſée
par Rullus ſi on l'acceptoit. Les Magif-
trats obfervoient alors la coutume d'al-
ler en grande pompe & ſuivis d'un
cortége nombreux facrifier au Capitole
le premier jour de Janvier de chaque
année. Cette cérémonie religieuſe ache-
vée , le Sénat s'aſſembloit , & ceux qui
avoient quelque nouveauté à propoſer
au Peuple , venoient en faire part aux
Pères Confcripts , comme on les-appel-
loit alors. Rullus s'y trouva : ſon pro-
jet excita l'indignation publique. Cha-
cun jetta les yeux fur Cicéron , l'inter-
prête ordinaire de tous les ſentimens
dans les grandes occaſions. Ce fut alors
qu'il prononça ſon premier difcours
contre la Loi Agraire , chef-d'œuvre
d'élégance& de philoſophie,où il prouve
avec autantd'éloquence que de folidité,
que recevoir le projet du Tribun c'é-
toit épuiſer le tréſor public , abolir les
tributs , bouleverſer les fortunes des
particuliers , enlever en un mot à l'Em-
pire Romain tous les moyens de faire
la guerre avec gloire , & de jouir avec
tranquillité des fruits de la paix.
Terraffé par les raiſons convaincantes
de notre Orateur , Rullus ne renonça
pourtant pas à l'eſpérance de faire re-
MARS. 1764.
cevoir ſa Loi ;
9
il crut que l'im-
pudence & l'opiniâtreté ſuppléroient
aux raiſons. Le Peuple fut aſſemblé
pluſieurs fois ; & l'affaire miſe en dé-
libération : Cicéron ne crut pas devoir
ſe taire. C'eſt dans ces circonstances qu'il
prononça devant le peuple ſes deux
autres difcours. La gloire dont il ſe
couvrit en ramenant à ſon avis une
multitude prévenue & aveuglée , fait
mieux l'éloge de ces deux piéces &de
leur illustre Auteur que tout ce quej'en
pourrois dire ici..
Discours de CICÉRON.
Premier, second & troisième Discours
contre la LOI AGRAIRE, proposée
par SERVILIUS RULLUS, Tribun
du Peuple.
LES entreprises des mauvais Citoyens
contre l'Etat ne sont jamais plus dangereuses,
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
que quand ils ont l'adreffe de
les couvrir du prétexte ſpécieux du bien
public. Le Peuple toujours eſclave de
quiconque ſçait le flatter , ſe prévient
en leur faveur; il adore en eux les pères
de la Patrie ; & les vrais patriotes qui
voient le mal, qui voudroient l'empê-
cher , font toujours arrêtés quand ils
veulent y apporter reméde. L'Hif-
toire des trois Difcours de Cicéron con-
tre la LoiAgraire , prononcés, le pre-
mier dans le Sénat , les deux autres
devant le Peuple , eſt une preuve des
difficultés que trouvent les plus grands
hommes à ramener les eſprits prévenus.
Ceux à qui l'Histoire Romaine eſt
un peu familière , ſçavent que la pro-
pofition de cette Loi fameuſe fut fou-
vent une cauſe & prèſque toujours un
prétexte de divifion entre le Sénat &le
Corps des Patriciens qui ne voulurentja-
mais y entendre , & le Peuple animé
par ſes Tribuns qui n'avoit rien tant à
cœur que de la faire recevoir.
Le premier des Magiftrats qui en con-
çut le projet , Servilius Rullus,étoitun
de ces hommes hardis & entreprenans,
qui avec un génie médiocre , des vues
fuperficielles & un fond inépuiſable de
témérité , ſe croient capables de faire
MARS. 1764.
7
de grandes choſes. Né dans une famille
Plébéienne,il fut élevé dans les principes
de cette haine ordinaire à tous les Mem-
bres de ce Corps contre l'autre.La puif-
fance du Peuple n'éclatoit jamais da-
vantageque lorſqu'un ſeul mot (a) pro-
noncé par ſes Tribuns , arrêtoit ou fuf-
pendoit les arrêts & les délibérations du
Sénat. Jaloux de jouir de cette préro-
gative unique dans l'Etat , Rullus n'ou-
blia rien pour parvenir à cette dignité.
Revêtu de l'emploi de Tribundu Peuple,
l'objet , de tous ſes vœux , il ne tarda
pas à éprouver juſqu'où pouvoit aller
fon pouvoir.
Chaque fiécle a produit ſes foux &
fes folies. Eh combien le nôtre n'en a-
t-il pas fourni de preuves ! ... Quoi-
qu'il en foit , Rullus embraſſa avec
ardeur la propoſition de partager éga-
lement les fonds de terre entre tous
les Membres de la République ; idée
ridicule & dangereuſe , qui en ruinant
les fortunes des Citoyens , détruiſoit
leCommerce ,affoibliſſoit les reſſources
de l'Etat , & l'anéantiſſoit lui-même.
Cicéron , & avec lui tous les gens
ſenſés , fentirent bientôt toutes les ſuites
(a) VETO.
A iv
8 MERCURE DE FRANCE .
fâcheuſes qu'alloit avoir la loi propoſée
par Rullus ſi on l'acceptoit. Les Magif-
trats obfervoient alors la coutume d'al-
ler en grande pompe & ſuivis d'un
cortége nombreux facrifier au Capitole
le premier jour de Janvier de chaque
année. Cette cérémonie religieuſe ache-
vée , le Sénat s'aſſembloit , & ceux qui
avoient quelque nouveauté à propoſer
au Peuple , venoient en faire part aux
Pères Confcripts , comme on les-appel-
loit alors. Rullus s'y trouva : ſon pro-
jet excita l'indignation publique. Cha-
cun jetta les yeux fur Cicéron , l'inter-
prête ordinaire de tous les ſentimens
dans les grandes occaſions. Ce fut alors
qu'il prononça ſon premier difcours
contre la Loi Agraire , chef-d'œuvre
d'élégance& de philoſophie,où il prouve
avec autantd'éloquence que de folidité,
que recevoir le projet du Tribun c'é-
toit épuiſer le tréſor public , abolir les
tributs , bouleverſer les fortunes des
particuliers , enlever en un mot à l'Em-
pire Romain tous les moyens de faire
la guerre avec gloire , & de jouir avec
tranquillité des fruits de la paix.
Terraffé par les raiſons convaincantes
de notre Orateur , Rullus ne renonça
pourtant pas à l'eſpérance de faire re-
MARS. 1764.
cevoir ſa Loi ;
9
il crut que l'im-
pudence & l'opiniâtreté ſuppléroient
aux raiſons. Le Peuple fut aſſemblé
pluſieurs fois ; & l'affaire miſe en dé-
libération : Cicéron ne crut pas devoir
ſe taire. C'eſt dans ces circonstances qu'il
prononça devant le peuple ſes deux
autres difcours. La gloire dont il ſe
couvrit en ramenant à ſon avis une
multitude prévenue & aveuglée , fait
mieux l'éloge de ces deux piéces &de
leur illustre Auteur que tout ce quej'en
pourrois dire ici..
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7213
p. 241-245
Mort de Mademoiselle de Goth d'Epernon, [titre d'après la table]
Début :
Quoy que je vous aye déja parlé de quelques Morts, [...]
Mots clefs :
Mademoiselle , Décès, Marie Louise de Goth, Fille, Maison de Goth, Marquis, Baron, Succession, Mariage, Alliance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mort de Mademoiselle de Goth d'Epernon, [titre d'après la table]
Quoy que je vous aye déja
parlé de quelques Morts, j'ay
oublié de vous dire que Marie
Louyſe de Goth, eftoit morte
icy le Lundy ſecond de ce
mois , n'eſtant encore que
dans ſa ſeiziéme année . Elle
eftoit Fille deMeffire Jean Baptiſte
de Goth , Duc d'Eper-
Avril 1685. X
242 MERCURE
non , & de Dame Marie d'Eſtampes
de Valencé. M le
Duc d'Epernon de la Maiſon
de Goth en Gascogne , eft
Fils de Mele Marquis de
Roüillac , qui fut envoyé en
Portugal à la mort de Louys
XIII. en qualité d'Ambaſſa
deur Extraordinaire . Ce Marquis
eſtoit Fils du Baron de
Roüillac , & de l'une des quatre
Soeurs du Duc d'Epernon
de la Maiſon de Nogaret,
Colonel de l'Infanterie Fran
çoiſe , & Favory de trois de
nos Roys. Par la mort de
Louys Charles Gaston ,
GALANT. 243
connu ſous le nom de Duc
del Candale , M'le Duc d'Epernon
d'aujourd'huy , du
nom de Goth , a eu droit à la
ſucceſſion de cette Maiſon,
ce qui luy a fait prendre le
nom de Duc d'Epernon,
comme repreſentant fon
Ayeul paternel. Ce Duc de
Candale , mort à Lyon le 28.
Janvier 1658. eſtoit Fils de
Bernard Duc d'Epernon &
de Candale , &c. & de Gabrielle
Angelique , legitimée
de France, Fille naturelle de
Henry IV. & petit Fils de
Jean Louys de la Valette ,A
1
X ij
244 MERCURE
miral de France , & de Mar
guerite de Foix Candale, Fille
unique de Henry de Foix
Cádale & de Marie deMontmorency.
Vous remarquerez
par ce nom de Foix Candale,
quela Maiſon de Cádale étoit
une branche de celle de Foix.
Elle ſe fit par le Mariage de
Jean de Foix I. du nom qui
épouſa Marguerite de Suffolc
, heritiere du Comté de
Candale en Angleterre. Il
laiſſa d'elle entr'autres Enfans,
Jean de Foix Candale II. du
nom , qui prit alliance avec
Catherine de Foix ſa Coufi
GALANT. 245
ne , Fille de Gaſton IV. Comte
de Foix ,& d'Eleonor,Reyne
de Navarre.
parlé de quelques Morts, j'ay
oublié de vous dire que Marie
Louyſe de Goth, eftoit morte
icy le Lundy ſecond de ce
mois , n'eſtant encore que
dans ſa ſeiziéme année . Elle
eftoit Fille deMeffire Jean Baptiſte
de Goth , Duc d'Eper-
Avril 1685. X
242 MERCURE
non , & de Dame Marie d'Eſtampes
de Valencé. M le
Duc d'Epernon de la Maiſon
de Goth en Gascogne , eft
Fils de Mele Marquis de
Roüillac , qui fut envoyé en
Portugal à la mort de Louys
XIII. en qualité d'Ambaſſa
deur Extraordinaire . Ce Marquis
eſtoit Fils du Baron de
Roüillac , & de l'une des quatre
Soeurs du Duc d'Epernon
de la Maiſon de Nogaret,
Colonel de l'Infanterie Fran
çoiſe , & Favory de trois de
nos Roys. Par la mort de
Louys Charles Gaston ,
GALANT. 243
connu ſous le nom de Duc
del Candale , M'le Duc d'Epernon
d'aujourd'huy , du
nom de Goth , a eu droit à la
ſucceſſion de cette Maiſon,
ce qui luy a fait prendre le
nom de Duc d'Epernon,
comme repreſentant fon
Ayeul paternel. Ce Duc de
Candale , mort à Lyon le 28.
Janvier 1658. eſtoit Fils de
Bernard Duc d'Epernon &
de Candale , &c. & de Gabrielle
Angelique , legitimée
de France, Fille naturelle de
Henry IV. & petit Fils de
Jean Louys de la Valette ,A
1
X ij
244 MERCURE
miral de France , & de Mar
guerite de Foix Candale, Fille
unique de Henry de Foix
Cádale & de Marie deMontmorency.
Vous remarquerez
par ce nom de Foix Candale,
quela Maiſon de Cádale étoit
une branche de celle de Foix.
Elle ſe fit par le Mariage de
Jean de Foix I. du nom qui
épouſa Marguerite de Suffolc
, heritiere du Comté de
Candale en Angleterre. Il
laiſſa d'elle entr'autres Enfans,
Jean de Foix Candale II. du
nom , qui prit alliance avec
Catherine de Foix ſa Coufi
GALANT. 245
ne , Fille de Gaſton IV. Comte
de Foix ,& d'Eleonor,Reyne
de Navarre.
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Résumé : Mort de Mademoiselle de Goth d'Epernon, [titre d'après la table]
Le texte évoque plusieurs décès et successions au sein de la noblesse française. Marie Louise de Goth, âgée de seize ans, est décédée le 2 avril 1685. Elle était la fille de Jean-Baptiste de Goth, Duc d'Épernon, et de Marie d'Estampes de Valencé. Le Duc d'Épernon actuel, issu de la maison de Goth en Gascogne, est le fils du Marquis de Rouillac, ambassadeur extraordinaire en Portugal après la mort de Louis XIII. Ce Marquis était le fils du Baron de Rouillac et d'une sœur du Duc d'Épernon, colonel de l'infanterie française et favori de trois rois de France. À la mort de Louis Charles Gaston, Duc de Candale, le Duc d'Épernon a hérité de cette succession et adopté le nom de Duc d'Épernon. Le Duc de Candale est décédé à Lyon le 28 janvier 1658. Il était le fils de Bernard Duc d'Épernon et de Candale, et de Gabrielle Angélique, fille naturelle d'Henri IV. Il était aussi petit-fils de Jean Louis de La Valette, amiral de France, et de Marguerite de Foix-Candale, fille unique d'Henri de Foix-Candale et de Marie de Montmorency. La maison de Candale est une branche de la maison de Foix, issue du mariage de Jean de Foix avec Marguerite de Suffolk, héritière du comté de Candale en Angleterre.
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7214
p. 253-259
Adresse de la ville d'Oxfort à la Reine.
Début :
Madame, Nous le Maire, les Baillifs & la Communauté de [...]
Mots clefs :
Oxford, Reine, Adresse, Parlement, Paix, Angleterre, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Adresse de la ville d'Oxfort à la Reine.
Adreße de la ville d'Oxfort
à la Reine.
Madame ,
Nous le Maire , les Baillifs & la Communauté de
la ville d'Oxford , de Vôtre
Majefté , au Comté d'Oxford , avons lû avec beaucoup de fatisfaction la trésfavorableharangue deV.M.
aux deux Chambres du Parlement. Nous reconnoiffons trés humblement le
droit inconteſtable que V.
254 MERCURE
M. a de faire la paix & la
guerre; &nous nesçaurions
tropadmirer la grande condefcendance , les tendres
égards & le foin que V.M.
prend de vôtre peuple , en
communiquantàvôtre Parlement les conditions fur
lefquelles on peut fi heu_
reulement conclure la paix
generale.
Nous fçavons trés- bien
•quels obftacles ont été artificieufement inventez pour
ôter à V. M. l'honneur de
ce grand & glorieux ouvrage.
GALANT. 255
Nous fouhaitons qu'on
n'ait encouragé perfonne
hors du pays à traverſer ces
heureufes negociations ,
quand il paroît que des efprits factieux fe font efforcez d'exciter des jaloufies
dans le Royaume , & de
femer , s'il eſt poſſible , la
mefintelligence entre V.M.
& vos alliez. Mais Dieufoit
beni , que tous ces efforts
ayent été vains, & resteront
un monument durable de
reproche à ceux qui fouhaiteroient de voir la Grande
Bretagne abîmée fous le
256 MERCURE
trés- inégal poids de la
guerre.
Nous fommes perfuadez
que la fucceffion dans l'illuftre Maiſon d'Hanover
vous a été toûjours trés-particulierement à cœur &
que c'a été le principal ſoin
de V. M. de faire obtenir à
vosalliez des conditions de
paix fûres & honorables.
,
Nous venons maintenant
reïterer à V. M. les affurances de nôtre entiere confiance en la ſageſſe de V.
M. & dans le foin que vous
avez de vôtre peuple : &
com-
GALANT. 257
comme la portion dont la
Grande Bretagne a été
chargée dans la guerre a été
trés-inégale , auffi nous ne
doutons pas qu'on ne faſſe
une telle diftinction en fa
faveur dans les conditions
de paix , qu'elles ne feront
pas feulement un reproche
aux precedentes negociations , mais qu'elles y refteront auffi un témoignage
à la pofterité du choix
dent que V. M. a fait d'un
Miniſtere qui a eu le courage & la refolution de confulter premierement l'honJuillet 1712.
Y
pru-
258 MERCURE
neur de V. M. la fûreté de
la fucceffion , le commerce
& l'interêt de vos fujets &
celui de vos alliez . Nousef
perons que les confederez
n'envieront jamais à la
Grande Bretagne ſa part de
la gloire & des avantages
d'une paix honorable , puis
qu'elle a tant contribué à
les foûtenir.
afin
Puiffe le grand Dieu be
nir V. M. & vos Confeils ,
que cette paix foit ame
née àune heureufe & prompre conclufion , & puiffe
V. M. vivre long - temps.
GALANT. 259
afin de jouir des fes avantages , & de regner fur les
cœurs de tous vos fujets.
à la Reine.
Madame ,
Nous le Maire , les Baillifs & la Communauté de
la ville d'Oxford , de Vôtre
Majefté , au Comté d'Oxford , avons lû avec beaucoup de fatisfaction la trésfavorableharangue deV.M.
aux deux Chambres du Parlement. Nous reconnoiffons trés humblement le
droit inconteſtable que V.
254 MERCURE
M. a de faire la paix & la
guerre; &nous nesçaurions
tropadmirer la grande condefcendance , les tendres
égards & le foin que V.M.
prend de vôtre peuple , en
communiquantàvôtre Parlement les conditions fur
lefquelles on peut fi heu_
reulement conclure la paix
generale.
Nous fçavons trés- bien
•quels obftacles ont été artificieufement inventez pour
ôter à V. M. l'honneur de
ce grand & glorieux ouvrage.
GALANT. 255
Nous fouhaitons qu'on
n'ait encouragé perfonne
hors du pays à traverſer ces
heureufes negociations ,
quand il paroît que des efprits factieux fe font efforcez d'exciter des jaloufies
dans le Royaume , & de
femer , s'il eſt poſſible , la
mefintelligence entre V.M.
& vos alliez. Mais Dieufoit
beni , que tous ces efforts
ayent été vains, & resteront
un monument durable de
reproche à ceux qui fouhaiteroient de voir la Grande
Bretagne abîmée fous le
256 MERCURE
trés- inégal poids de la
guerre.
Nous fommes perfuadez
que la fucceffion dans l'illuftre Maiſon d'Hanover
vous a été toûjours trés-particulierement à cœur &
que c'a été le principal ſoin
de V. M. de faire obtenir à
vosalliez des conditions de
paix fûres & honorables.
,
Nous venons maintenant
reïterer à V. M. les affurances de nôtre entiere confiance en la ſageſſe de V.
M. & dans le foin que vous
avez de vôtre peuple : &
com-
GALANT. 257
comme la portion dont la
Grande Bretagne a été
chargée dans la guerre a été
trés-inégale , auffi nous ne
doutons pas qu'on ne faſſe
une telle diftinction en fa
faveur dans les conditions
de paix , qu'elles ne feront
pas feulement un reproche
aux precedentes negociations , mais qu'elles y refteront auffi un témoignage
à la pofterité du choix
dent que V. M. a fait d'un
Miniſtere qui a eu le courage & la refolution de confulter premierement l'honJuillet 1712.
Y
pru-
258 MERCURE
neur de V. M. la fûreté de
la fucceffion , le commerce
& l'interêt de vos fujets &
celui de vos alliez . Nousef
perons que les confederez
n'envieront jamais à la
Grande Bretagne ſa part de
la gloire & des avantages
d'une paix honorable , puis
qu'elle a tant contribué à
les foûtenir.
afin
Puiffe le grand Dieu be
nir V. M. & vos Confeils ,
que cette paix foit ame
née àune heureufe & prompre conclufion , & puiffe
V. M. vivre long - temps.
GALANT. 259
afin de jouir des fes avantages , & de regner fur les
cœurs de tous vos fujets.
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Résumé : Adresse de la ville d'Oxfort à la Reine.
La ville d'Oxford adresse une lettre à la Reine pour exprimer sa satisfaction après la lecture de la harangue royale aux Chambres du Parlement. Les habitants reconnaissent le droit de la Reine de faire la paix et la guerre, et admirent sa confiance, ses égards et son souci pour le peuple. Ils soulignent les obstacles artificiels créés pour empêcher la paix et espèrent que les négociations ne seront pas perturbées par des esprits factieux. Oxford exprime sa confiance dans la sagesse de la Reine et son désir de voir la Grande-Bretagne obtenir des conditions de paix justes et honorables, en reconnaissance de ses efforts durant la guerre. Ils espèrent que la paix sera bénéfique et durable, et que la Reine et ses conseillers seront bénis pour leurs efforts.
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7215
p. 272-280
RELATION d'une Feste donnée par Le Roy de Pologne, le 6. Janvier 1715. à Varsovie.
Début :
Les quatre lignes que j'ay mises au frontispice de la precedente / Le Roy de Pologne voulant ouvrir les divertissemens [...]
Mots clefs :
Roi de Pologne, Prince, Musique, Fête, Varsovie, Cour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION d'une Feste donnée par Le Roy de Pologne, le 6. Janvier 1715. à Varsovie.
Ls quatre lignesejuefaj mises
au frontijpice de la precedtnte
piece font bon pour celle cy. En
voicy ta preuve.
R ELA T I O N.
d'unr Feste donnéepar leRoy
de Pologne 3le 6. Janvier
J7'1J. a Varfovis
Le Roy de Pologne voulant
ouvrir les divertissemens
du Carnaval par uneFeste aussi
magnifique que singuliere, s'étoit
proposé de donner àsa,
Cour une idée de celle de l Empereur
des Turcs. Il avoit fait
meubler pour cela, un Palais
de riches étoffes de Turquie;
les parquets étoient couverts
de tapis, les tableaux representoient
le Grand Seigneur
J les Sultanes, dans leur. divers
.,
amufemens & les Officiersde
la Porte Ottomane. Les
cheminées les corniches
étoient ornées de vases d'or
d'argent, d'agathe,& de , Porcélaine.
Des miroirs ,
placez
à l'opposite des portes, multiplioient
unesymmetrie merveilleuse.
Tous ltfs autresornemens
avoientété recherchez
avecsoin pour marquer
liems ituesarg.JePsluqsudee-^1-o-odf!ptveorufoloni-r
'Des de
-
la maison du Roy
étoienthabillez sur lemodele
deceux qui serventleGrand
•Seigneur. Les Pages- enétoffesric
hes,lesHuissiersen sitin3
les Officiersde l'à bouche en
écarlare
,
& chacun à propor.
tion de son employ avec des
Tur bans qui lcsdiltinguoienr.
Une Compagnie des Gardes
à pied repre sentoit les janiffaires
, par l'habillement & par
les armes avec une Musique
semblable àcelle decette Milice.
1
Les avenuës &- le jardin
étoient attistement illuminez,
& par tout où la lumiere lalC",
soit distinguer les objets,
c'estoient ou des ouvrages
Turques, ou des representations
des manieres de cePayslà.
Tout étant ainsi disposé
, la Cour & les Ministres Etran.
gers furent invitez de se trouver
à cette sesteànuit clause.
La compagnie y fut receuë
au son de la Musique des janissaires.
On trouvoit à chaque
porte des Appartemens,
deux Huissiers armez d'une
demie Hallebarde ; à l'entrée
un Maître de Ceremonie avec
six Turcs, dont deux prenoient
la personne qui arrivoit.
pardessous les bras, &
la conduisoient au travers de
quatre pieces; dans un appartement
qui representoit le
Serrait,il n'yavoirny chaises,
ny tables, il regnoit autour
une Eltrade large de trois
pieds sur huit pouces de haut,
assortissante au reste de l'emmeublement.
De grands coussins
de velours ciselé à fond
d'or, servoient à appuyer ceux
qu'on faisoit asseoir ; & la Garde
n'y étoitque deMores&
de Moresses
,
dont ihabittcmrne
& lescoëffures étoient
ornées de perles & de pierres
precieuses. Lorsque toute la
compagnie fut assemblée ,des
Eiclaves vinrent luy presenter
du Ce,flfé, duSotbel ,desParfums,
& des eaux de Senteur
pour les mains.Vers les huit
heures la Cour passa dans la
seconde Salle, ou un balcon
servoit de fondement à un
Theatre, qu'on avoic élevé
en dehors devant les fenêtres.
Des rideaux Pavoient caché à
tousles spectateurs,quiéranc.
rangez sur deux rangs de
tabourets, furent agreablementsur
prisdevoirau premier
signal une rcrfpcaivc.
bienilluminée &magnifiquement
decorée. Des per sonnes
dela Cour representerent le
Medecin malgré luy
,
qui fut
exécuté avec tout l'art qu'on
auroit l'û attendre de gens
familiers dans cet exercice.
Cette Piece fut accompagnée
deChants dans lesentre Actes
& de dan les d'Arlequins & de
Pay sans. L'assemblée passa
ensuite dansune Salleoù l'on
avoic dresséunetable en forme
de croi flant
,
d'où sortoient
de distance en distance
des Orangers chargez de
fruits. Elle fut magnifiquement
fcrvie. Les differens
habillemens des Domestiques
y donnèrent un nouveau spec.
tacle. On y but toutes les santez
au bruit de plusieurs pieces
de Canon & au son de la Mufjque
des Janissaires.
Apres avoir resté trois heures
àtable, on rentra dans
la chambre, où la Comedie
avoit estéjoüée.Le Thearre
fervic d'orquestre à la Musique
, & on y dan sa à la Polonoire,.&
à la Françoise
,
jur.
qu'à cinq heures du nJJtin.,
quechacun feretira comblé
des bontez du -Roy de Pologne
,
charmé de la délicatesse
de ce Prince dans le choix de
ses divertissemens ,& admirant
samagnificence dans leur
execution.
au frontijpice de la precedtnte
piece font bon pour celle cy. En
voicy ta preuve.
R ELA T I O N.
d'unr Feste donnéepar leRoy
de Pologne 3le 6. Janvier
J7'1J. a Varfovis
Le Roy de Pologne voulant
ouvrir les divertissemens
du Carnaval par uneFeste aussi
magnifique que singuliere, s'étoit
proposé de donner àsa,
Cour une idée de celle de l Empereur
des Turcs. Il avoit fait
meubler pour cela, un Palais
de riches étoffes de Turquie;
les parquets étoient couverts
de tapis, les tableaux representoient
le Grand Seigneur
J les Sultanes, dans leur. divers
.,
amufemens & les Officiersde
la Porte Ottomane. Les
cheminées les corniches
étoient ornées de vases d'or
d'argent, d'agathe,& de , Porcélaine.
Des miroirs ,
placez
à l'opposite des portes, multiplioient
unesymmetrie merveilleuse.
Tous ltfs autresornemens
avoientété recherchez
avecsoin pour marquer
liems ituesarg.JePsluqsudee-^1-o-odf!ptveorufoloni-r
'Des de
-
la maison du Roy
étoienthabillez sur lemodele
deceux qui serventleGrand
•Seigneur. Les Pages- enétoffesric
hes,lesHuissiersen sitin3
les Officiersde l'à bouche en
écarlare
,
& chacun à propor.
tion de son employ avec des
Tur bans qui lcsdiltinguoienr.
Une Compagnie des Gardes
à pied repre sentoit les janiffaires
, par l'habillement & par
les armes avec une Musique
semblable àcelle decette Milice.
1
Les avenuës &- le jardin
étoient attistement illuminez,
& par tout où la lumiere lalC",
soit distinguer les objets,
c'estoient ou des ouvrages
Turques, ou des representations
des manieres de cePayslà.
Tout étant ainsi disposé
, la Cour & les Ministres Etran.
gers furent invitez de se trouver
à cette sesteànuit clause.
La compagnie y fut receuë
au son de la Musique des janissaires.
On trouvoit à chaque
porte des Appartemens,
deux Huissiers armez d'une
demie Hallebarde ; à l'entrée
un Maître de Ceremonie avec
six Turcs, dont deux prenoient
la personne qui arrivoit.
pardessous les bras, &
la conduisoient au travers de
quatre pieces; dans un appartement
qui representoit le
Serrait,il n'yavoirny chaises,
ny tables, il regnoit autour
une Eltrade large de trois
pieds sur huit pouces de haut,
assortissante au reste de l'emmeublement.
De grands coussins
de velours ciselé à fond
d'or, servoient à appuyer ceux
qu'on faisoit asseoir ; & la Garde
n'y étoitque deMores&
de Moresses
,
dont ihabittcmrne
& lescoëffures étoient
ornées de perles & de pierres
precieuses. Lorsque toute la
compagnie fut assemblée ,des
Eiclaves vinrent luy presenter
du Ce,flfé, duSotbel ,desParfums,
& des eaux de Senteur
pour les mains.Vers les huit
heures la Cour passa dans la
seconde Salle, ou un balcon
servoit de fondement à un
Theatre, qu'on avoic élevé
en dehors devant les fenêtres.
Des rideaux Pavoient caché à
tousles spectateurs,quiéranc.
rangez sur deux rangs de
tabourets, furent agreablementsur
prisdevoirau premier
signal une rcrfpcaivc.
bienilluminée &magnifiquement
decorée. Des per sonnes
dela Cour representerent le
Medecin malgré luy
,
qui fut
exécuté avec tout l'art qu'on
auroit l'û attendre de gens
familiers dans cet exercice.
Cette Piece fut accompagnée
deChants dans lesentre Actes
& de dan les d'Arlequins & de
Pay sans. L'assemblée passa
ensuite dansune Salleoù l'on
avoic dresséunetable en forme
de croi flant
,
d'où sortoient
de distance en distance
des Orangers chargez de
fruits. Elle fut magnifiquement
fcrvie. Les differens
habillemens des Domestiques
y donnèrent un nouveau spec.
tacle. On y but toutes les santez
au bruit de plusieurs pieces
de Canon & au son de la Mufjque
des Janissaires.
Apres avoir resté trois heures
àtable, on rentra dans
la chambre, où la Comedie
avoit estéjoüée.Le Thearre
fervic d'orquestre à la Musique
, & on y dan sa à la Polonoire,.&
à la Françoise
,
jur.
qu'à cinq heures du nJJtin.,
quechacun feretira comblé
des bontez du -Roy de Pologne
,
charmé de la délicatesse
de ce Prince dans le choix de
ses divertissemens ,& admirant
samagnificence dans leur
execution.
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7216
s. p.
Avis pour placer les Figures.
Début :
Le Plan de Sainte Maure, & de la Prevesa, doit regarder [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis pour placer les Figures.
Avis
LE
la
pour placer les Figures.
E Plan de Sainte Maure , &
de la Prevefa , doit regarder
page 37
L'Air qui commence par vos
cris mes petits Moutons , doit regarder
la page 66
L'Air qui commence par Sila
Féve par un heureux destin , doit
regarder la page 151
LE
la
pour placer les Figures.
E Plan de Sainte Maure , &
de la Prevefa , doit regarder
page 37
L'Air qui commence par vos
cris mes petits Moutons , doit regarder
la page 66
L'Air qui commence par Sila
Féve par un heureux destin , doit
regarder la page 151
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7217
p. 1044
« On donnera deux Volumes du Mercure le mois prochain, pour pouvoir employer [...] »
Début :
On donnera deux Volumes du Mercure le mois prochain, pour pouvoir employer [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On donnera deux Volumes du Mercure le mois prochain, pour pouvoir employer [...] »
On donnera deux Volumes du Mercure
le mois prochain, pour pouvoir employer
plusieurs Pieces que nous croyons dignes
d'interesser le Lecteur.
le mois prochain, pour pouvoir employer
plusieurs Pieces que nous croyons dignes
d'interesser le Lecteur.
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7218
p. 2352
« Le 19, le 21, le 24 & le 25 Octobre, M. de Blamont, Sur-Intendant de la Musique du Roi en [...] »
Début :
Le 19, le 21, le 24 & le 25 Octobre, M. de Blamont, Sur-Intendant de la Musique du Roi en [...]
Mots clefs :
Reine, Rôles
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texteReconnaissance textuelle : « Le 19, le 21, le 24 & le 25 Octobre, M. de Blamont, Sur-Intendant de la Musique du Roi en [...] »
Le 19 , le 21 , le 24 & le 25 Octobre , M. de
Blamont , Sur - Intendant de la Muſique du Roi en
ſemeſtre , fit concerter chés la Reine , ſa Pastorate
Héroïque d'Endymion, en cinq Actes, dont les principaux
rôles furent parfaitement bien remplis par
les Dlles Lalande . Mathieu & Deschamps , & par
Jes Srs Poirier , Dubourg , Jelyot & Benoit , &dont
l'exécution ne laiſſa rien à défirer.
Blamont , Sur - Intendant de la Muſique du Roi en
ſemeſtre , fit concerter chés la Reine , ſa Pastorate
Héroïque d'Endymion, en cinq Actes, dont les principaux
rôles furent parfaitement bien remplis par
les Dlles Lalande . Mathieu & Deschamps , & par
Jes Srs Poirier , Dubourg , Jelyot & Benoit , &dont
l'exécution ne laiſſa rien à défirer.
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7219
p. 2352
OEuvres de Théâtre de M. Destouches, nouvelle Edition, [titre d'après la table]
Début :
OEUVRES DE THEATRE de M. Néricault Destouches, de l'Académie Françoise. Nouvelle [...]
Mots clefs :
Ouvrages lyriques, Comédie
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texteReconnaissance textuelle : OEuvres de Théâtre de M. Destouches, nouvelle Edition, [titre d'après la table]
OEUVRES DE THEATRE de M. Néricaulé
Deſtouches , de l'Académie Françoiſe. Nouvelle
Edition ,,revûë, corrigée & augmentée par l'Auteur.
Cinq Volumes in - 12 , dont le dernier contient les
Amours de Ragonde , Comédie-Ballet , repréſentée à
l'Opera ; pluſieurs autres Ouvrages Lyriques ; neuf
Lettres écrites à des Amis , en leur envoyant des
ſujets & des fragmens de Comédie , & l'Homme fingulier,
Comédie en Vers & en cinq Actes. Ce Tome
finit par l'Epitre de l'Auteur au Roi ſur ſa Convalefcence
, à Paris , chés Prault , le pere , Quai de
Gévres , à Penfeigne du Paradis , 1744 .
Le mérite & la réputation de l'Auteur ,& le favorable
accueil qui a toujours été fait à la publication
de fes Ouvrages , font préſumer que ce Corps
entier fera très-agréablement reçû .
Deſtouches , de l'Académie Françoiſe. Nouvelle
Edition ,,revûë, corrigée & augmentée par l'Auteur.
Cinq Volumes in - 12 , dont le dernier contient les
Amours de Ragonde , Comédie-Ballet , repréſentée à
l'Opera ; pluſieurs autres Ouvrages Lyriques ; neuf
Lettres écrites à des Amis , en leur envoyant des
ſujets & des fragmens de Comédie , & l'Homme fingulier,
Comédie en Vers & en cinq Actes. Ce Tome
finit par l'Epitre de l'Auteur au Roi ſur ſa Convalefcence
, à Paris , chés Prault , le pere , Quai de
Gévres , à Penfeigne du Paradis , 1744 .
Le mérite & la réputation de l'Auteur ,& le favorable
accueil qui a toujours été fait à la publication
de fes Ouvrages , font préſumer que ce Corps
entier fera très-agréablement reçû .
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7220
p. 222-223
ENIGME.
Début :
Figurément je parle ici. [...]
Mots clefs :
Estomac
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
1gurément je parle ici,
Du Magiftrat j'ai quelques
vices ,
en ai quelques vertus auſſi ;
Fai,comme un Magiftrat , me's humears
, mes caprices ,
Jefoiblis , quandjefuis beaucoup
follicité's
MERCURE.
223
Je fuis laborieux , j'ai de la vigilance
,
Dufeu , de la capacité ,
Maisje n'ai point d'intelligenee.
La routinefouvent fait mon habileté
,
J'ajuste à la loipofitive
La justice diftributive ,
Suivant la plus ancienne loi.
Quelquefois de monfac ,quelques
pieces forties
Me démontent, & malgré
moi ,
En rapportant fort mal , je fais
tort aux parties ,
Et j'éprouve le triftefort
Du malheureux mortél queje condamne
à mort.
1gurément je parle ici,
Du Magiftrat j'ai quelques
vices ,
en ai quelques vertus auſſi ;
Fai,comme un Magiftrat , me's humears
, mes caprices ,
Jefoiblis , quandjefuis beaucoup
follicité's
MERCURE.
223
Je fuis laborieux , j'ai de la vigilance
,
Dufeu , de la capacité ,
Maisje n'ai point d'intelligenee.
La routinefouvent fait mon habileté
,
J'ajuste à la loipofitive
La justice diftributive ,
Suivant la plus ancienne loi.
Quelquefois de monfac ,quelques
pieces forties
Me démontent, & malgré
moi ,
En rapportant fort mal , je fais
tort aux parties ,
Et j'éprouve le triftefort
Du malheureux mortél queje condamne
à mort.
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7221
p. 2352-2353
ALLEGORIE.
Début :
UN jour la Reine de Cithére [...]
Mots clefs :
Dieu, Figure, Mars, Beau, Belle
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texteReconnaissance textuelle : ALLEGORIE.
ALLEGORIE.
U
N jour la Reine de Cithére
Se plaignantdu Dieu de la Guerre ,
Applaudiffoit d'autant à ſes appas :
Il fuit , dit elle; il me néglige ;
Trop de bonté fait des ingrats ;
Ellayons par quelque preſtige
OCTOBRE. 1744. 2353
Achâtier ſes mépris ſcélérats ;
Je veux auprès de moi que ſans ceſſe il voltige ,
Et ne me reconnoiffe pas :
Transformons-nous ; je vais être vengée ,
Elle dit , & déja ſa figure eft changée.
Ce n'eſt plus ce majestueux ,
:
Ce beau complet , fait pour les yeux ;
Ce beau , qui n'offre rien à dire ,
Qu'après un tems, en baillant , on admire ,
C'eſt du piquant, de l'agaçant, du fin ,
Du gracieux , du fripon , du lutin ;
:
1
১
}
Pour l'exprimer il n'eſt point de langage,
C'eſt l'amour, en un mot& tout ſon appanage ;
Ce Dieu ſoûrit ; Mars vient enfin :
Quel Amant'a jamais méconnu ſon Amante ?
Ah ! vous n'étiez que belle,& vous voila charmante,
S'écria- t'il , tombant à ſes genoux ;
De graces quel amas fertile !
Vous n'en aviez que trois , & vous en avez mille ,
Qui vont éternifer mes tranſports les plus doux.
Mars eft abfent , aimable Dangeville ;
Cet amas d'agrémens devenoit inutile
A la Déeffe des Amours ;
Contente de n'être que belle
Elle vous a cedé ſa figure nouvelle;
Poſſedez la ; plaiſez toujours ;
On la reſpecte , on l'admire ſous l'autre ,
Mais on l'adore , on l'aime ſous la vôtre.
U
N jour la Reine de Cithére
Se plaignantdu Dieu de la Guerre ,
Applaudiffoit d'autant à ſes appas :
Il fuit , dit elle; il me néglige ;
Trop de bonté fait des ingrats ;
Ellayons par quelque preſtige
OCTOBRE. 1744. 2353
Achâtier ſes mépris ſcélérats ;
Je veux auprès de moi que ſans ceſſe il voltige ,
Et ne me reconnoiffe pas :
Transformons-nous ; je vais être vengée ,
Elle dit , & déja ſa figure eft changée.
Ce n'eſt plus ce majestueux ,
:
Ce beau complet , fait pour les yeux ;
Ce beau , qui n'offre rien à dire ,
Qu'après un tems, en baillant , on admire ,
C'eſt du piquant, de l'agaçant, du fin ,
Du gracieux , du fripon , du lutin ;
:
1
১
}
Pour l'exprimer il n'eſt point de langage,
C'eſt l'amour, en un mot& tout ſon appanage ;
Ce Dieu ſoûrit ; Mars vient enfin :
Quel Amant'a jamais méconnu ſon Amante ?
Ah ! vous n'étiez que belle,& vous voila charmante,
S'écria- t'il , tombant à ſes genoux ;
De graces quel amas fertile !
Vous n'en aviez que trois , & vous en avez mille ,
Qui vont éternifer mes tranſports les plus doux.
Mars eft abfent , aimable Dangeville ;
Cet amas d'agrémens devenoit inutile
A la Déeffe des Amours ;
Contente de n'être que belle
Elle vous a cedé ſa figure nouvelle;
Poſſedez la ; plaiſez toujours ;
On la reſpecte , on l'admire ſous l'autre ,
Mais on l'adore , on l'aime ſous la vôtre.
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7222
p. 28-29
INVECTIVE contre la Rime.
Début :
C est donc en vain, fatale Rime, [...]
Mots clefs :
Vers, Rime, Sectateurs, Prose
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texteReconnaissance textuelle : INVECTIVE contre la Rime.
INVECTIVE contre la Riine.
C
Eft donc en vain , fatale Rime ,
Qu'à te placer au bout d'un vers
Depuis plus d'un mois je m'eſcrime ,
Je me mets la tête à l'envers ;
Je romps l'accord que cette année
J'avois paffé de me livrer à toi ;
Je maudis ton caprice & méconnois la loi,
Si tu me rends ma Verve fortunée.
Quoi! tume vois de tes ſots ſectateurs
MAI و . 1746
Vanter , cherir , embraſſer l'indigence
Demes tendres ſecrets te faire confidence ,
Et tu me fais refus de tes moindres faveurs !
Ingrate , va , je renonceà te ſuivre ;
J'abhorre de ton Art les ſéduiſans attraits;
De la Proſe en ces mots reconnois-tu les traits ?
Eh bien! elle est ma Reine ; à ſes ſoins je me
livre.
C
Eft donc en vain , fatale Rime ,
Qu'à te placer au bout d'un vers
Depuis plus d'un mois je m'eſcrime ,
Je me mets la tête à l'envers ;
Je romps l'accord que cette année
J'avois paffé de me livrer à toi ;
Je maudis ton caprice & méconnois la loi,
Si tu me rends ma Verve fortunée.
Quoi! tume vois de tes ſots ſectateurs
MAI و . 1746
Vanter , cherir , embraſſer l'indigence
Demes tendres ſecrets te faire confidence ,
Et tu me fais refus de tes moindres faveurs !
Ingrate , va , je renonceà te ſuivre ;
J'abhorre de ton Art les ſéduiſans attraits;
De la Proſe en ces mots reconnois-tu les traits ?
Eh bien! elle est ma Reine ; à ſes ſoins je me
livre.
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7223
p. 250-252
SONNET MODERNE.
Début :
L'un pasme sur Homere, & l'autre veut qu'il . cloche, [...]
Mots clefs :
Homère, Poésie
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texteReconnaissance textuelle : SONNET MODERNE.
SONNET MODERNE.
L'un pasmefurHomere ,& l'autre
veut qu'il cloche ,
L'autre dit qu'il raisonne ainsi
qu'un vieux • fapin ,
Ceſſons tous ces débats , n'est-il pas
fort vilain
GALANT. 251
Qu'à ſonſujet ainsi l'onsepeigne,
onse poche.
Quant àmoy de bon coeur je confens
qu'on l' embroche ,
Etqu'on l'écorche ainsi qu'on écorche
un Lapin ,
انا
Qu'on se chauffe àSon feu quand
vient la S. Martin
Ou que du moins au croc pour cent
anson l' accroche.
N
On aura beau crier n'est-il pas bien
fanglant
De voir traiter ainsi , Heros d'un
tel talent
ch Et dont la Poësie est si noble ,&
divine.
D'accord ; maisjesoutiens qu'il est
bien malheureux
252 MERCURE
Que pour un vieux Payen dont on
eft amoureux
Afe chanter injure ainſi l'on s'ac-
: coquine.
L'un pasmefurHomere ,& l'autre
veut qu'il cloche ,
L'autre dit qu'il raisonne ainsi
qu'un vieux • fapin ,
Ceſſons tous ces débats , n'est-il pas
fort vilain
GALANT. 251
Qu'à ſonſujet ainsi l'onsepeigne,
onse poche.
Quant àmoy de bon coeur je confens
qu'on l' embroche ,
Etqu'on l'écorche ainsi qu'on écorche
un Lapin ,
انا
Qu'on se chauffe àSon feu quand
vient la S. Martin
Ou que du moins au croc pour cent
anson l' accroche.
N
On aura beau crier n'est-il pas bien
fanglant
De voir traiter ainsi , Heros d'un
tel talent
ch Et dont la Poësie est si noble ,&
divine.
D'accord ; maisjesoutiens qu'il est
bien malheureux
252 MERCURE
Que pour un vieux Payen dont on
eft amoureux
Afe chanter injure ainſi l'on s'ac-
: coquine.
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7224
p. 249-251
AUTRE ENIGME Du fidele Berger de la Nymphe insulaire.
Début :
A deux choses inanimées [...]
Mots clefs :
Bière
7225
p. 246-248
Abjurations, [titre d'après la table]
Début :
Mr le Comte de Roucy, Fils aîné de Mr le Comte de Roye, [...]
Mots clefs :
Comte, Abjuration, Hérésie, Calvin, Marquis, Religion catholique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Abjurations, [titre d'après la table]
M le Comte de Roucy,
Fils aîné de M' le Comte de
Roye , ayant eſté inftruit des
veritez de la Religion Ca
tholique par M l'Evefque dé
Meaux , fi fçavant dans ces
matieres , a fait depuis pou
abjuration de l'Héréfie de
Calvin , entre les mains de ce
grand Prélatongy sumha
La mefme abjuratión a eſté
faite par M le Marquis de
GALANT 247
Vaufheux , & Mademoiselle
de Vauffieux fa Soeur. L'exemple
de Madame la Marquifelde
Vauffieux leur Mere ,
qui fit profeffion de la Religion
Catholique il y a un an ,
ayant commencé à les ébran
ler , Sa Majesté ordonna par
Lettres de Cachet à M' de
Morangis, Intendant en Normandie
, de les faire venir
auprès de M' de Beringhen,
fon Premier Ecuyer , & leur
Grand-Oncle , pour les faire
inftruire pendant ſix mois,
& leur laiffer enfuite le choix
du party qu'ils voudroient
X iiij
248 MERCURE
prendre:Apres plufieurs conférences
qu'ils ont euës avec
Ml'Abbé du Pin ils fe
font trouvez perfuadez , &
ont abjuré entre les mains
de M' l'Archevefque de Paris
, en préſence de M le
Curé de S. Germain l'Auxerrois
, leur Paroiffe . M' le
Marquis de Vauffieux eft de
Normandie.
Fils aîné de M' le Comte de
Roye , ayant eſté inftruit des
veritez de la Religion Ca
tholique par M l'Evefque dé
Meaux , fi fçavant dans ces
matieres , a fait depuis pou
abjuration de l'Héréfie de
Calvin , entre les mains de ce
grand Prélatongy sumha
La mefme abjuratión a eſté
faite par M le Marquis de
GALANT 247
Vaufheux , & Mademoiselle
de Vauffieux fa Soeur. L'exemple
de Madame la Marquifelde
Vauffieux leur Mere ,
qui fit profeffion de la Religion
Catholique il y a un an ,
ayant commencé à les ébran
ler , Sa Majesté ordonna par
Lettres de Cachet à M' de
Morangis, Intendant en Normandie
, de les faire venir
auprès de M' de Beringhen,
fon Premier Ecuyer , & leur
Grand-Oncle , pour les faire
inftruire pendant ſix mois,
& leur laiffer enfuite le choix
du party qu'ils voudroient
X iiij
248 MERCURE
prendre:Apres plufieurs conférences
qu'ils ont euës avec
Ml'Abbé du Pin ils fe
font trouvez perfuadez , &
ont abjuré entre les mains
de M' l'Archevefque de Paris
, en préſence de M le
Curé de S. Germain l'Auxerrois
, leur Paroiffe . M' le
Marquis de Vauffieux eft de
Normandie.
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Résumé : Abjurations, [titre d'après la table]
Plusieurs membres de la famille de Vauffieux se sont convertis au catholicisme. Le Comte de Roucy, fils aîné du Comte de Roye, a été instruit par l'évêque de Meaux et a abjuré l'hérésie calviniste sous sa supervision. Le Marquis de Vauffieux et Mademoiselle de Vauffieux, sa sœur, ont également abjuré. Leur mère, Madame la Marquise de Vauffieux, avait déjà adopté la religion catholique un an plus tôt. À la demande du roi, M. de Morangis, Intendant en Normandie, a fait venir les deux jeunes gens auprès de M. de Beringhen, Premier Écuyer et leur grand-oncle, pour une instruction de six mois. Après plusieurs conférences avec l'abbé du Pin, ils ont été convaincus et ont abjuré entre les mains de l'archevêque de Paris, en présence du curé de Saint-Germain-l'Auxerrois, leur paroisse. Le Marquis de Vauffieux est originaire de Normandie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7226
p. 247-251
LAIS.
Début :
Lais nâquit à Hicara en Sicile, elle fut prise dans [...]
Mots clefs :
Laïs, Courtisanes, Belles Grecques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LAIS.
LAIS. L Ais naquit à Hicara
en Sicile, elle fut
prise dans cette Ville par
Nicias, General des Atheniens) il la mena en Grece
à l'âge de lept ans, elle s'é-
tablit eniuiteaChorinte-,
Appelles fut le premier qui
rendit hommage à sa beauté, qui étoit si rare,qu'elle
attira les plus grandshommes de son temps. Le haut
prix qu'elle mit à Tes faveurs donna lieu au proverbe, il n'est pis permisi
tout le monde d'alter à Chorinte. Demosthene aima
mieux avoir fait un voyage inutile, que de luy donner quatre cent pistoles
quelle luy demanda. Diogene n'eut pas la peine de
les luy refuser, elle le reçut
pour quelques leçons
de Philosophie, & le
congédia pour Eubates
quelle aima, jusques-à le
vouloir époufer: mais cet
amant qui étoit déjà marié, la quitta fous pretexte
qu'il étoit obligé d'aller aux
jeux olimpiques. Lais pour
se venger de ton infidelelui
sir autant d'infidelitez qu'il
s'en presenta d'occasions.
Le (eulXenocrate Philofophe avoit jusques là. méprisé ses charmes. Lais piquée
de sa froideur luy fit faire
un défi, où elle esperoit en
triolllpher, le Philosophe
l'accepta, & triompha luy
même, comme la pluspart
de nos Philosophes,moins
par force d'elprit que par
infcnfibilité de coe-ur., mais
il n'importe comment, ce ble. triomphe eit toujours louaApres s'êrre si fort vengée de l'infidélité d'Arbattes,quiauroitcrû que Lais
pût s'attacher à Paulanias?
Elle aima ce Thtflalien
avec tant d'ardeur qu'elle
(e retira ieule avec luy à la
campagne, & qu'après
qu'il l'eut abandonnée elle
le fuiviten Thessalie:mais
n'ayant puleramener, elle
pouffa cette fécondé vengeance encor plus loin que
la premiere,& fut enfin at
sommée dans un Temple
de Venus, par des femmes
jalouses de sa beauté.
en Sicile, elle fut
prise dans cette Ville par
Nicias, General des Atheniens) il la mena en Grece
à l'âge de lept ans, elle s'é-
tablit eniuiteaChorinte-,
Appelles fut le premier qui
rendit hommage à sa beauté, qui étoit si rare,qu'elle
attira les plus grandshommes de son temps. Le haut
prix qu'elle mit à Tes faveurs donna lieu au proverbe, il n'est pis permisi
tout le monde d'alter à Chorinte. Demosthene aima
mieux avoir fait un voyage inutile, que de luy donner quatre cent pistoles
quelle luy demanda. Diogene n'eut pas la peine de
les luy refuser, elle le reçut
pour quelques leçons
de Philosophie, & le
congédia pour Eubates
quelle aima, jusques-à le
vouloir époufer: mais cet
amant qui étoit déjà marié, la quitta fous pretexte
qu'il étoit obligé d'aller aux
jeux olimpiques. Lais pour
se venger de ton infidelelui
sir autant d'infidelitez qu'il
s'en presenta d'occasions.
Le (eulXenocrate Philofophe avoit jusques là. méprisé ses charmes. Lais piquée
de sa froideur luy fit faire
un défi, où elle esperoit en
triolllpher, le Philosophe
l'accepta, & triompha luy
même, comme la pluspart
de nos Philosophes,moins
par force d'elprit que par
infcnfibilité de coe-ur., mais
il n'importe comment, ce ble. triomphe eit toujours louaApres s'êrre si fort vengée de l'infidélité d'Arbattes,quiauroitcrû que Lais
pût s'attacher à Paulanias?
Elle aima ce Thtflalien
avec tant d'ardeur qu'elle
(e retira ieule avec luy à la
campagne, & qu'après
qu'il l'eut abandonnée elle
le fuiviten Thessalie:mais
n'ayant puleramener, elle
pouffa cette fécondé vengeance encor plus loin que
la premiere,& fut enfin at
sommée dans un Temple
de Venus, par des femmes
jalouses de sa beauté.
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Résumé : LAIS.
Lais naquit à Hicara en Sicile et fut capturée par Nicias, général athénien, qui l'emmena en Grèce à l'âge de sept ans. Elle s'établit ensuite à Corinthe, où sa beauté exceptionnelle attira de nombreux hommes illustres. Le prix élevé de ses faveurs donna lieu au proverbe : 'Il n'est pas permis à tout le monde d'aller à Corinthe.' Démosthène préféra faire un voyage inutile plutôt que de lui donner les quatre cents pistoles qu'elle demandait. Diogène, quant à lui, reçut ses faveurs en échange de leçons de philosophie. Lais aima Éubate au point de vouloir l'épouser, mais celui-ci la quitta sous prétexte de se rendre aux Jeux olympiques. Pour se venger, elle multiplia les infidélités. Le philosophe Xenocrate, qui avait jusqu'alors méprisé ses charmes, accepta un défi lancé par Lais et triompha grâce à son insensibilité. Après avoir été abandonnée par Paulianias, un Thébain qu'elle aimait ardemment, Lais le suivit en Thessalie. Ne pouvant le ramener, elle se vengea en se livrant à d'autres amants. Finalement, des femmes jalouses de sa beauté la sommèrent dans un temple de Vénus.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7227
p. 248-250
CHANSON dont les paroles sont de .. & la Musique de M. Dubreuïl Vignancourt.
Début :
Un prélude pour annoncer une Chanson faite sur une / Le changement, Iris, vous est si doux, [...]
Mots clefs :
Coquette, Savants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON dont les paroles sont de .. & la Musique de M. Dubreuïl Vignancourt.
Un prélude pour annoncer
uneChanſon faite ſur une
coquette doit-il être bien ſerieux.
Non : Il n'en faut pas
même là deſſus , difent les
connoiffeurs ; comme les coquettes
ne gardent aucune
meſure avec leurs Amants , il
ne faut ni ſcrupule , ni ceremonie
pour les chanter.
۱
on
ane t
as
es
C
7
GALANT. 249
CHANSON
dont les paroles ſont de ..
& la Muſique de M. Dubreüil
de Vignancourt .
Le changement , Iris ,
vous eftfi doux
Que lorsqu'on est bienavec
vous,
ی
On n'ofe s'en donner la
gloire :
Celisy qui ſçait vous arrefter
,
Asi peu de temps pour le
croire ,
250 MERCURE
Qu'il n'en a pas pour s'en
venter.
Voicy bien d'autres nouvelles
, Mefficurs ,
Sçavants contre Sçavants , Ercteurs
contre Lecteurs
Combattent à l'envy pour le
choix des Autheurs .
uneChanſon faite ſur une
coquette doit-il être bien ſerieux.
Non : Il n'en faut pas
même là deſſus , difent les
connoiffeurs ; comme les coquettes
ne gardent aucune
meſure avec leurs Amants , il
ne faut ni ſcrupule , ni ceremonie
pour les chanter.
۱
on
ane t
as
es
C
7
GALANT. 249
CHANSON
dont les paroles ſont de ..
& la Muſique de M. Dubreüil
de Vignancourt .
Le changement , Iris ,
vous eftfi doux
Que lorsqu'on est bienavec
vous,
ی
On n'ofe s'en donner la
gloire :
Celisy qui ſçait vous arrefter
,
Asi peu de temps pour le
croire ,
250 MERCURE
Qu'il n'en a pas pour s'en
venter.
Voicy bien d'autres nouvelles
, Mefficurs ,
Sçavants contre Sçavants , Ercteurs
contre Lecteurs
Combattent à l'envy pour le
choix des Autheurs .
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Résumé : CHANSON dont les paroles sont de .. & la Musique de M. Dubreuïl Vignancourt.
Le texte discute de la composition d'une chanson dédiée à une coquette, estimant qu'un prélude sérieux est inutile. Il mentionne une chanson de M. Dubreüil de Vignancourt, vantant la douceur d'être avec Iris et critiquant Celisy. Des disputes entre savants et érudits concernent le choix des auteurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7228
p. 2142-2147
EPITRE A M. l'Evêque de Grenoble.
Début :
De tout encens ennemi declaré, [...]
Mots clefs :
Mortels, Vertu, Innocence, Fleurs, Yeux, Plaisirs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE A M. l'Evêque de Grenoble.
EPITRE
A M. l'Evêque de Grenoble.
E tout encens ennemi declaré ,
Si le bon goût ne l'a pas préparé ;
Digne Prélat , à ce timide ouvrage
Je te verrois refuſer ton fuffrage ,
Si le devoir qui me force d'agir
De tes vertus t'alloit faire rougir .
Non la loüange au mérite affortie :
Doit , confultant toujours la modeftie ,
Malgré les loix de la fincerité ,
Sous quelques traits cacher la verité.
Pourquoi faut-il de ma Mufe naiffante
Calmer pour toi l'ardeur impatiente ,
Et taire ici les éloges fans art
Que du public t'offre la voix fans fard ?
Je te dirois que le foible pupille
Trouve à tes pieds un fecourable azile ,
Et que le pauvre a dans ta charité
Un fur -recours contre fa pauvreté ;
Que la fageffe elle -même te guide
Dans les fentiers de la vertu rigide ;
Je dépeindrois , par fes puiffans appas ,
Un peuple entier entraîné fur tes pas.
Pour
OCTOBRE. 1730. 2143
Pour la vertu vif, fans condefcendance ,
On te verroit , conduit par la prudence ,
L'orner de fleurs , dignes de nous charmer ,
Et par cet art nous forcer à l'aimer.
Ainfi jadis une augufte Déeffe
Sçut aux mortels faire aimer la fageffe .'
Aveugle , lâche , efclave de fon coeur ,
Des paffions coupable adorateur ,
L'homme afſoupi dans les bras des délices ,
Trifte jouet des crimes & des vices ,
Se repaiffoit du funeſte poiſon ,
Et de la Fraude & de la Trahifon.
Alors regnoient l'indigne Flaterie ,
L'Ambition , que fuivoient l'Induſtrie ,
La Politique , avec tous leurs refforts ,
Monftres vomis de l'empire des morts.
Au front craintif , la pâle défiance ,
Dictoit les loix de fa fourde fcience ;
La Haine enfin , compagne de ſes pas
Ne laiffoit plus que l'horreur ici bas.
A cet afpect le Maître du Tonnerre
Fut prêt vingt fois d'anéantir la terre ;
» Mais non , laiffons agir notre bonté ;
» Faiſons , dit - il , deſcendre l'Equité
» Chez les Mortels ; la Vertu toute nuë ,
L'Integrité , la Candeur ingenuë
» Vont ſe montrer par mon ordre à leurs yeux.
» Cheriffez-les ; j'en jure par les lieux
B iiij
Où
2144 MERCURE DE FRANCE
» Où fous vos pas rencontrant mille abîmes
» Vous recevrez le prix de tous vos crimes ,
Humains pervers . . . mon pere ,
dit Pallas ,
» Permettez moi de revoir ces ingrats.
En vain , en vain la vertu les éclaire ;
Ses feuls appas ne pourront point leur plaire ;
>> Tous ces mortels & ftupides & lourds
» A ma voix même infenfibles & fourds ,
Trouveront- ils quelque agréable amorce
» Dans la Vertu qui leur paroît fans force ?
» L'Equité feule , au gré de fon flambeau ,
Efpere en 33 vain écarter le bandeau
» Dont l'injuſtice a couvert leur paupiere
» Pour les fouftraire aux traits de fa lumiere.
» Souffrez , grand Dieu , que je fois le témoin
De leurs travaux , & remettez le foin
>>Aux faints détours que m'apprend mon adreff
De rappeller en leur coeur la ſageſſe.
Pallas defcend , & fon char lumineux
Eft foutenu fur les aîles des Jeux ;
D'un doux fourire elle aſſemble les Graces ;
Dit aux Vertus de marcher fur leurs traces.
L'une déja fe couronne de fleurs ;
L'autre des Ris emprunte les douceurs ;
Les Plaifirs nés dans la voute azurée
Suivent auffi cette troupe épurée.
Pallas arrive , & des plus doux Concerts
Déja fa voix fait retentir les airs ;
OCTOBRE. 1730. 2145
Du Dieu du Pinde elle avoit pris la Lyre ;
De Jupiter commençant à décrire
Le grand pouvoir , les exploits , les vertus ,
Elle dépeint les Titans abbatus
Et l'innocence ici bas offenfée ,
De l'ambrofie au Ciel récompenfée ,
Et fous les loix du rigoureux Pluton
Elle décrit l'horreur du Phlégéton.
A ces accens & féduite & captive ,
La Terre prête une oreille attentive.
Pallas fe taît , tend les mains , & fes yeux
Chargés de pleurs fe tournent vers les Cieur
Suis- je , dit- elle , un monftre fi barbare ,
» Et de plaifirs me trouvez- vous avare è
» Voyez , Mortels , la troupe qui me ſuit ,
» Et banniffez l'erreur qui vous féduit.
" La Foi , la Paix , la Candeur , l'Innocence ,
» Filles du Ciel , dignes qu'on les encenſe ,
Que le menfonge & le vice trompeur 30
Vous déguifoient fous de noires couleurs :
» Sont-ce , Mortels , de triftes Eumenides ?
» Où font leurs feux leurs ferpens parricides ?
30 Ouvrez les yeux , & voyez ces plaifirs
» Prêts à combler vos innocens defirs ;
Ces fleurs , ces jeux & ces danfes legeres ,
Sont-ce des pleurs les tristes caracteres ?
L'efprit encor de craintes combattu
L'homme héfitoit à fuivre la vertu ,
B v
>
Quand
2146 MERCURE DE FRANCE
Quand fur le front de l'aimable Déeffe
Un calme heureux fait briller l'allegreffe,
Ainfi l'on voit une douce gayeté
Du Roi des Dieux voiler la Majefté ,
Quand d'un regard arrêtant les orages
Son bras vainqueur diffipe les nuages.
A cet afpect , quel changement heureux !
L'homme furpris le trouve vertueux ;
Il fuit l'éclat d'une vive lumiere ;
Offre à Pallas un hommage fincere ;
Elle l'embraffe , & lui tendant les bras ,
» Relevez-vous , dit - elle , & fur mes pas
» Soyez heureux ; que jamais les allarmes.
» De vos plaiſirs n'empoifonnent les charmes :
» Mais renverfez ces coupables Autels
» Dont les parfums bleffent les Immortels .
A Jupiter offrez vos facrifices ;
» Brulez l'encens , égorgez les Geniffes :
» Voilà l'honneur ; executez fes loix
» De l'innocence il maintiendra les droits ;
» Son bras armé fera fuir l'impoſture ;
» Et des foupçons , l'amitié tendre & pure
› Diſſipera les malignes vapeurs ;
ככ
» Avec la Paix , avec la Foi fes foeurs.
" La Défiance errante & confternée
Se reverra déformais condamnée
» A retourner dans le féjour affreux ,
Où l'Acheron roule fes flots fangeux,
OCTOBRE. 1730. 2147.
» Adieu ... Prélat , à ce portrait fidele
Tu vois Pallas , tu reconnois fon zele ;
Et fous ce trait de la Fable emprunté ,
Qui te connoît , voit une verité.
L'Abbé Bonnot.
A M. l'Evêque de Grenoble.
E tout encens ennemi declaré ,
Si le bon goût ne l'a pas préparé ;
Digne Prélat , à ce timide ouvrage
Je te verrois refuſer ton fuffrage ,
Si le devoir qui me force d'agir
De tes vertus t'alloit faire rougir .
Non la loüange au mérite affortie :
Doit , confultant toujours la modeftie ,
Malgré les loix de la fincerité ,
Sous quelques traits cacher la verité.
Pourquoi faut-il de ma Mufe naiffante
Calmer pour toi l'ardeur impatiente ,
Et taire ici les éloges fans art
Que du public t'offre la voix fans fard ?
Je te dirois que le foible pupille
Trouve à tes pieds un fecourable azile ,
Et que le pauvre a dans ta charité
Un fur -recours contre fa pauvreté ;
Que la fageffe elle -même te guide
Dans les fentiers de la vertu rigide ;
Je dépeindrois , par fes puiffans appas ,
Un peuple entier entraîné fur tes pas.
Pour
OCTOBRE. 1730. 2143
Pour la vertu vif, fans condefcendance ,
On te verroit , conduit par la prudence ,
L'orner de fleurs , dignes de nous charmer ,
Et par cet art nous forcer à l'aimer.
Ainfi jadis une augufte Déeffe
Sçut aux mortels faire aimer la fageffe .'
Aveugle , lâche , efclave de fon coeur ,
Des paffions coupable adorateur ,
L'homme afſoupi dans les bras des délices ,
Trifte jouet des crimes & des vices ,
Se repaiffoit du funeſte poiſon ,
Et de la Fraude & de la Trahifon.
Alors regnoient l'indigne Flaterie ,
L'Ambition , que fuivoient l'Induſtrie ,
La Politique , avec tous leurs refforts ,
Monftres vomis de l'empire des morts.
Au front craintif , la pâle défiance ,
Dictoit les loix de fa fourde fcience ;
La Haine enfin , compagne de ſes pas
Ne laiffoit plus que l'horreur ici bas.
A cet afpect le Maître du Tonnerre
Fut prêt vingt fois d'anéantir la terre ;
» Mais non , laiffons agir notre bonté ;
» Faiſons , dit - il , deſcendre l'Equité
» Chez les Mortels ; la Vertu toute nuë ,
L'Integrité , la Candeur ingenuë
» Vont ſe montrer par mon ordre à leurs yeux.
» Cheriffez-les ; j'en jure par les lieux
B iiij
Où
2144 MERCURE DE FRANCE
» Où fous vos pas rencontrant mille abîmes
» Vous recevrez le prix de tous vos crimes ,
Humains pervers . . . mon pere ,
dit Pallas ,
» Permettez moi de revoir ces ingrats.
En vain , en vain la vertu les éclaire ;
Ses feuls appas ne pourront point leur plaire ;
>> Tous ces mortels & ftupides & lourds
» A ma voix même infenfibles & fourds ,
Trouveront- ils quelque agréable amorce
» Dans la Vertu qui leur paroît fans force ?
» L'Equité feule , au gré de fon flambeau ,
Efpere en 33 vain écarter le bandeau
» Dont l'injuſtice a couvert leur paupiere
» Pour les fouftraire aux traits de fa lumiere.
» Souffrez , grand Dieu , que je fois le témoin
De leurs travaux , & remettez le foin
>>Aux faints détours que m'apprend mon adreff
De rappeller en leur coeur la ſageſſe.
Pallas defcend , & fon char lumineux
Eft foutenu fur les aîles des Jeux ;
D'un doux fourire elle aſſemble les Graces ;
Dit aux Vertus de marcher fur leurs traces.
L'une déja fe couronne de fleurs ;
L'autre des Ris emprunte les douceurs ;
Les Plaifirs nés dans la voute azurée
Suivent auffi cette troupe épurée.
Pallas arrive , & des plus doux Concerts
Déja fa voix fait retentir les airs ;
OCTOBRE. 1730. 2145
Du Dieu du Pinde elle avoit pris la Lyre ;
De Jupiter commençant à décrire
Le grand pouvoir , les exploits , les vertus ,
Elle dépeint les Titans abbatus
Et l'innocence ici bas offenfée ,
De l'ambrofie au Ciel récompenfée ,
Et fous les loix du rigoureux Pluton
Elle décrit l'horreur du Phlégéton.
A ces accens & féduite & captive ,
La Terre prête une oreille attentive.
Pallas fe taît , tend les mains , & fes yeux
Chargés de pleurs fe tournent vers les Cieur
Suis- je , dit- elle , un monftre fi barbare ,
» Et de plaifirs me trouvez- vous avare è
» Voyez , Mortels , la troupe qui me ſuit ,
» Et banniffez l'erreur qui vous féduit.
" La Foi , la Paix , la Candeur , l'Innocence ,
» Filles du Ciel , dignes qu'on les encenſe ,
Que le menfonge & le vice trompeur 30
Vous déguifoient fous de noires couleurs :
» Sont-ce , Mortels , de triftes Eumenides ?
» Où font leurs feux leurs ferpens parricides ?
30 Ouvrez les yeux , & voyez ces plaifirs
» Prêts à combler vos innocens defirs ;
Ces fleurs , ces jeux & ces danfes legeres ,
Sont-ce des pleurs les tristes caracteres ?
L'efprit encor de craintes combattu
L'homme héfitoit à fuivre la vertu ,
B v
>
Quand
2146 MERCURE DE FRANCE
Quand fur le front de l'aimable Déeffe
Un calme heureux fait briller l'allegreffe,
Ainfi l'on voit une douce gayeté
Du Roi des Dieux voiler la Majefté ,
Quand d'un regard arrêtant les orages
Son bras vainqueur diffipe les nuages.
A cet afpect , quel changement heureux !
L'homme furpris le trouve vertueux ;
Il fuit l'éclat d'une vive lumiere ;
Offre à Pallas un hommage fincere ;
Elle l'embraffe , & lui tendant les bras ,
» Relevez-vous , dit - elle , & fur mes pas
» Soyez heureux ; que jamais les allarmes.
» De vos plaiſirs n'empoifonnent les charmes :
» Mais renverfez ces coupables Autels
» Dont les parfums bleffent les Immortels .
A Jupiter offrez vos facrifices ;
» Brulez l'encens , égorgez les Geniffes :
» Voilà l'honneur ; executez fes loix
» De l'innocence il maintiendra les droits ;
» Son bras armé fera fuir l'impoſture ;
» Et des foupçons , l'amitié tendre & pure
› Diſſipera les malignes vapeurs ;
ככ
» Avec la Paix , avec la Foi fes foeurs.
" La Défiance errante & confternée
Se reverra déformais condamnée
» A retourner dans le féjour affreux ,
Où l'Acheron roule fes flots fangeux,
OCTOBRE. 1730. 2147.
» Adieu ... Prélat , à ce portrait fidele
Tu vois Pallas , tu reconnois fon zele ;
Et fous ce trait de la Fable emprunté ,
Qui te connoît , voit une verité.
L'Abbé Bonnot.
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Résumé : EPITRE A M. l'Evêque de Grenoble.
L'épître est destinée à l'Évêque de Grenoble et commence par l'expression de la réticence de l'auteur à louer le prélat, motivée par la modestie et le respect. L'auteur reconnaît les nombreuses vertus de l'évêque, notamment sa charité envers les pauvres et les faibles, sa sagesse, et son influence bénéfique sur le peuple. Pour illustrer ces qualités, l'auteur compare l'évêque à Pallas (Athéna), la déesse de la sagesse et de la vertu, qui descend sur terre pour enseigner la vertu aux hommes. Pallas est accompagnée des Grâces, des Vertus, des Plaisirs et des Muses, symbolisant respectivement la beauté, la joie et l'harmonie. L'épître met en avant les bienfaits de la vertu et condamne les vices tels que la flatterie, l'ambition et la haine. En conclusion, l'auteur établit une comparaison directe entre l'évêque et Pallas, soulignant que le prélat incarne la vérité et la vertu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7229
p. 232-238
Conversion de Mr Gilly, Ministre de Baugé, & de Mr Courdil, Ministre de Pinperdu, [titre d'après la table]
Début :
Il avoit eu plusieurs conférences sur ses doutes avec [...]
Mots clefs :
Ministre, Paroisse, Prétendus réformés, Assemblée, Temple, Consistoire, Difficultés, Réformateurs, Église catholique, Erreur, Discours, Lumière, Religion
7230
p. 250-256
Nouvelles d'Allemagne.
Début :
Le Prince Eugene de Savoye arriva à Vienne des Pays-Bas [...]
Mots clefs :
Allemagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Allemagne.
Nouvelles
d'Allemagne.
Le Prince Eugene de Savoye
arriva à Vienne des
Pays - bas le 9 Decembre
aprés avoit falué l'Archiduc,
il alla rendre viſite au Comte
de Wratiflau fon ami , qui
eft reduit à la derniere extremité
par une longue
maladie...
Le Comre de Thaun ,
accompagné du Comte de
Thiersheim , y arriva de
Milan le 19 .
Le 21 le Comte de Gal
GALANT . 25t
-
latch , préta ferment pour
la Charge de grand Mailtre
de la maifon de l'Archiducheffe
Marie Elifabeth ,
four aînée de l'Archiduc.
Le Comte Jean Venceflas.
de Wratiflau , Confeiller
d'Etat & Grand Prieur de
l'Ordre de Malthe , mourut
le 21. Decembre âgé de
quarante ans. Le mefme
jour fon Corps fut mis en
depoft dans l'Eglife Cathedrale
de S. Eftienne pour
eftre tranſporté en Boheme
, & enfeveli dans le
Tombeau de ces Anceftres.
252 MERCURE
"
L'Archiduc a fait écrire
aux Princes de la Bafle Allemagne
d'employer tous
leurs foins pour terminer à
l'amiable la guerie dans la
Baffe Saxe . Le Comte de
Schonborn Vice Chancelier
de l'Empire a reprefenté
fortement au Refident de
Suede
que les contributions
que
les
Suedois
exigeoient
dans
le Duché
de Mekelbourg
étoient
contraires
aux
conſtitutions
de l'Empire
, auffi- bien que le pro
cedé du Comte de Steir
bock, qui avoit declaré qu
GALANT. 253
attaqueroit
les ennemis du
Roy fon Maitre , par
tout où il les trouveroit
, ce
qui pourroit avoir de fâcheufes
fuites. Le Refident
de Suede lui repondit
que
les ennemis du Roy fon
Maiftre , avoient ruiné la
Pomeranie
& occupé le Duché
de Bremen
, au prejudice
des mefmes conftitutions
,
fans que l'Empire fe fut mis
en devoir de l'empefcher
que la deffenſe étoit de
droit naturel , & que fa M.
S. avoit raifon de continuer
la guerre jufqu'à ce qu'on
254 MERCURE
luy cut fait fatisfaction , que
ſes ennemis avoient les premiers
exigé des contributions
du Pays de Mekelbourg
, & avoient contraint
les Suedois par la ruine de
la Pomeranie , à incommoder
leurs voisins qui ne s'y
étoient point oppofez . Les
Lettres de Conftantinople
du mois de Novembre
écrites par les Miniftres
Etrangers portent que le
grand Seigneur a de nouveau
declaré la guerre au Czar ,
que fes Ambaffadeurs ont
cité mis aux fept Tours , &
GALANT . 255
que le grand Vifir a eſté depofé
, ce qui allarme fort la
Cour de Vienne .'
Plufieurs Lettres
portent
que les Tartares
font déja
en marche pour faire une
incurfion
en Mofcovic
&
en Ukraine
On mande
de
Hongrie
que plufieurs
perfonnes
de confideration
y
tramoient
un nouveau
foulevement
, & que quelqu'uns
avoient efté arreltez , ce qui
oblige la Cour de changer
de refolution & de rappeller
de ce Pays - là huit
Regiments pour les envoyer
256 MERCURE
fur le haut Rhin , on a même
envoyé ordre de remplir les
Magafins des places de
Hongrie de vivres & de
munition de guerre , & de
le mettre en état de
deffenſe.
d'Allemagne.
Le Prince Eugene de Savoye
arriva à Vienne des
Pays - bas le 9 Decembre
aprés avoit falué l'Archiduc,
il alla rendre viſite au Comte
de Wratiflau fon ami , qui
eft reduit à la derniere extremité
par une longue
maladie...
Le Comre de Thaun ,
accompagné du Comte de
Thiersheim , y arriva de
Milan le 19 .
Le 21 le Comte de Gal
GALANT . 25t
-
latch , préta ferment pour
la Charge de grand Mailtre
de la maifon de l'Archiducheffe
Marie Elifabeth ,
four aînée de l'Archiduc.
Le Comte Jean Venceflas.
de Wratiflau , Confeiller
d'Etat & Grand Prieur de
l'Ordre de Malthe , mourut
le 21. Decembre âgé de
quarante ans. Le mefme
jour fon Corps fut mis en
depoft dans l'Eglife Cathedrale
de S. Eftienne pour
eftre tranſporté en Boheme
, & enfeveli dans le
Tombeau de ces Anceftres.
252 MERCURE
"
L'Archiduc a fait écrire
aux Princes de la Bafle Allemagne
d'employer tous
leurs foins pour terminer à
l'amiable la guerie dans la
Baffe Saxe . Le Comte de
Schonborn Vice Chancelier
de l'Empire a reprefenté
fortement au Refident de
Suede
que les contributions
que
les
Suedois
exigeoient
dans
le Duché
de Mekelbourg
étoient
contraires
aux
conſtitutions
de l'Empire
, auffi- bien que le pro
cedé du Comte de Steir
bock, qui avoit declaré qu
GALANT. 253
attaqueroit
les ennemis du
Roy fon Maitre , par
tout où il les trouveroit
, ce
qui pourroit avoir de fâcheufes
fuites. Le Refident
de Suede lui repondit
que
les ennemis du Roy fon
Maiftre , avoient ruiné la
Pomeranie
& occupé le Duché
de Bremen
, au prejudice
des mefmes conftitutions
,
fans que l'Empire fe fut mis
en devoir de l'empefcher
que la deffenſe étoit de
droit naturel , & que fa M.
S. avoit raifon de continuer
la guerre jufqu'à ce qu'on
254 MERCURE
luy cut fait fatisfaction , que
ſes ennemis avoient les premiers
exigé des contributions
du Pays de Mekelbourg
, & avoient contraint
les Suedois par la ruine de
la Pomeranie , à incommoder
leurs voisins qui ne s'y
étoient point oppofez . Les
Lettres de Conftantinople
du mois de Novembre
écrites par les Miniftres
Etrangers portent que le
grand Seigneur a de nouveau
declaré la guerre au Czar ,
que fes Ambaffadeurs ont
cité mis aux fept Tours , &
GALANT . 255
que le grand Vifir a eſté depofé
, ce qui allarme fort la
Cour de Vienne .'
Plufieurs Lettres
portent
que les Tartares
font déja
en marche pour faire une
incurfion
en Mofcovic
&
en Ukraine
On mande
de
Hongrie
que plufieurs
perfonnes
de confideration
y
tramoient
un nouveau
foulevement
, & que quelqu'uns
avoient efté arreltez , ce qui
oblige la Cour de changer
de refolution & de rappeller
de ce Pays - là huit
Regiments pour les envoyer
256 MERCURE
fur le haut Rhin , on a même
envoyé ordre de remplir les
Magafins des places de
Hongrie de vivres & de
munition de guerre , & de
le mettre en état de
deffenſe.
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Résumé : Nouvelles d'Allemagne.
Le texte décrit plusieurs événements politiques et militaires en Allemagne et dans les régions voisines. Le Prince Eugène de Savoie est arrivé à Vienne le 9 décembre et a visité le Comte de Wratiflau, gravement malade. Les Comtes de Thaun et de Thiersheim sont arrivés de Milan le 19 décembre. Le 21 décembre, le Comte de Galant a prêté serment pour la charge de grand maître de la maison de l'Archiduchesse Marie Élisabeth. Le même jour, le Comte Jean Venceslas de Wratiflau est décédé à l'âge de quarante ans et a été inhumé en Bohême. L'Archiduc a encouragé les Princes de la Basse-Allemagne à terminer pacifiquement la guerre en Basse-Saxe. Le Comte de Schönborn a protesté contre les contributions suédoises dans le Duché de Mecklembourg. Le Comte de Steirbock a annoncé son intention d'attaquer les ennemis du Roi. Le Résident de Suède a justifié les actions suédoises en Poméranie et dans le Duché de Brême. Les nouvelles de Constantinople rapportent la déclaration de guerre du grand Seigneur au Czar, l'emprisonnement des ambassadeurs et la destitution du grand Vizir, alarmant la Cour de Vienne. Les Tartares se préparent à envahir la Moscovie et l'Ukraine. En Hongrie, un soulèvement est en préparation, nécessitant le rappel de huit régiments pour renforcer les défenses.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7231
p. 1864-1870
ECLAIRCISSEMENT sur le nouveau Paradoxe proposé aux Géometres Infinitaires, par le P. C. J. dans le Mercure de Juin 1731. page 1280.
Début :
Il est vrai, que comme le dit le P. C. le quarré des unitez 1. 1. 1. &c, en nombre [...]
Mots clefs :
Géomètres infinitaires, Paradoxe, Nombres impaires, Quarré des unités, Manière complexe
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texteReconnaissance textuelle : ECLAIRCISSEMENT sur le nouveau Paradoxe proposé aux Géometres Infinitaires, par le P. C. J. dans le Mercure de Juin 1731. page 1280.
ECLAIRCISSEMENT sur le nouveau
Paradoxe proposé aux Géometres Infinitaires
, par le P. C. J. dans le Mercure
de Juin 1731. page 1280.
L est vrai, que comme le dit le P. C. le
quarré des unitez 1. 1. 1. &c. en nombre
infini , est 1. 3. 5. &c. en nombre
infini , c'est- à - dire, tous les nombres impairs.
Il est vrai aussi , ce que dit M. Cheyne,
que les mêmes nombres impairs , 1. 3. 5 .
&c. sont les quarrez , non des unitez
mais des demi unitez ,,,, &c. en
nombre infini .
D'où il suit que le quarré des unitez
qui selon le P. C. et M. Cheyne , est la
même suite des impairs , est égal en mê~
me temps au quarré des démi unitez,
Et je puis encore augmenter la merveille,
çar la suite infinie des impairs , 1. 3. S .,.
A OU S T. 1731. 1865
étant très - certainement , et par
consequent égale au quarré des unitez ,
ce quarré ne laisse pas d'être aussi co .
Le P. C. dit qu'il differe en un point
d'avec M. Cheyne , et que sur ce point
il faut que l'un des deux ait tort. C'est
que selon le P. C. le quarré des unitez
est toûjours 1. 3. 5. &c . et qu'il est , selon
M. Cheyne , égal à la somme des nombres
naturels , 1. 2. 3. 4. & c . ce qui est
effectivement très- different , puisque la
somme des impairs 1. 3. 5. &c . n'est que
la moitié de celle des nombres naturels.
Pour moi je trouve qu'ils n'auront tort
ni l'un ni l'autre , mais à une étrange condition
, c'est qu'ils differeront encore davantage,
et qu'on supposera que M.Cheyne
, au lieu de dire que le quarré des unitez
est égal à la somme des nombres naturels
, aura dit ou oublié de dire qu'il est
égal au double de cette somme. Comme
je n'ai point lû , et queje ne puis lire le
Livre de M. Cheyne , qui est en Anglois,
je ne puis sçavoir ce que porte son Texte,
ou s'il ne manque point un mot dans la
Traduction.
Voici le dénouement de toutes ces contradictions
apparentes , et il est presque
honteux qu'il ne consiste qu'à démêler
des équivoques de mots.
Bij Une
1866 MERCURE DE FRANCE
Une suite quelconque , finie ou infinic,
a , b , c , d , &c. étant proposée , prendre
le quarré de ces termes , c'est dans le sens
naturel et ordinaire , poser a², b², c², &c.
si cette suite est la suite des unitez , 1 .
I. 1. &c. en nombre , auquel cas
a=1 , b1 , &c. les quarrez sont 12
= 1 , 1²=1 , &c. d'où il suit que
leur somme est co la même pour les
,
quarrez
quarrez que pour les racines.
On peut dire que prendre les
de a et de b , ce n'est pas seulement poser
a² et b² , mais poser aba²+ 2 a b
➜b² , ce qui outre a² et b² pose 2 a b . il
est visible qu'en ce sens- là ce n'est pas
quarrer a et b comme détachez l'un de
l'autre , mais comme liez , et faisant une
somme , et c'est proprement quarrer leur
somme. J'appelle incomplexes la premiere
maniere de quarrer a et b , et complexes
la seconde. Ši a et b étant 1 , je les.
quarre de la maniere incomplexe
, j'aurai
I et I ou 1 + 12 , Mais si je les quarre
de la maniere complexe , j'aurai 1+1
1 +2 +14. Si je quarre de la premiere
maniere 1. 1. et 1. leur somme sera 3 .
mais de la seconde maniere 14+1+ 1² , on
aura une somme 9 , et comme cela se
soûtiendra toûjours , si l'on compare I. I.
>
2
A O UST. 1731. * 1867
2
I. et 1. quarrez de la premiere maniere
a I +I+ I+ I , &c. c'est- à- dire que l'on
trouvera toûjours d'un côté une somme
égale au nombre des unitez, et de l'autre
une somme égale au quarré de ce même
nombre , il s'ensuit que la proposition
est generale , et que la somme des quarrez
des unitez prises en nombre 6
est de la premiere maniere ∞ et de
la seconde . Puisque dans l'infini
la somme des quarrez faits de la maniere
complexe , est infiniment plus grande que
la somme des quarrez faits de la maniere
incomplexe , ce rapport des deux sommes
dans le fini a toûjours dû être croissant à
mesure qu'on a pris un plus grand nom
bre d'unitez.
&
c.∞o s
La somme des nombres naturels 1. 2. 3 .
étant , celle de la somme
des quarrez complexes des unitez en est
double , puisqu'elle est∞ , c'est
ce que je croi que M. Cheyne a dit , ou
Yvoouulu dire.
Si l'on quarre de la maniere incomplexe
la suite infinie ,
le nombre des termes est
la que somme sera
00
1
,
&c . dont
00 il est
›
Mais si on la quarre de la maniere complexe
, il faut observer que
B. iiij
2
➤
est
868 MERCURE DE FRANCE
4 4
2
c'est
anb #—1 + 1 + 1 +
, c'est-à- dire que si l'on quarre
de la maniere complexe deux de ces
on aura un nombre de qui sera 4 .
quarré du nombre des , que si on quarre
trois , on aura neuf , et toujours
ainsi de suite d'où il suit que si on
quarre des en nombre
4
,
7
on aura
un nombre de , qui sera² , ou une
somme de , qui sera 2,ce qui est
parfaitement analogue , comme il doit
l'être , à ce qu'on vient de trouver pour
les unitcz . Or on sçait que la somme des
pairs ou des impairs , pris jusqu'au dernier
terme de la suite naturelle , qui est
donc , & c .
∞
4
2
C 2
CO 2
Delà il suit que si l'on quarre de la
maniere incomplexe des , pris en nombre
, leur somme est . et
que si on les quarre de la maniere complexe
, leur somme est 1. L'analogie
se soutient toûjours , et ce seroit encore
un Paradoxe , si l'explication n'avoit
précedé que des quarrez , quoiqu'en
nombre infini , pussent faire une
somme finie , et — I.
On peut encore quarrer une suite d'une
A OUS T. 1731. 1869
prene
maniere qui ne sera ni absolument incomplexe
, ni absolument complexe ; mais
mixte. On prendra , 1 ° . le quarré du
mier terme , 2. le quarré des deux premiers
, et on en retranchera le quarré du
premier, 30. le quarré des trois premiers et
on en retranchera le quarré des deux premiers
, et toûjours ainsi de suite. Ce seront
des quarrez complexes , mais mis en
une somme d'une maniere incomplexe ,
puisqu'on les sépare les uns des autres à
mesure qu'on les forme.
1.
Si l'on quarre de cette maniere mixte
la suite infinie , F. 1. 1. &c . on aura pour
premier quarré 1. pour second 4-1
3 , pour troisiéme 9
,
5 , pour
quatrième , 16- I 3 S=7 , &c.
c'est-à -dire , la suite des impairs , dont la
somme est , et c'est ce que le P. C. a dit.
Si l'on quarre de la maniere complexe
la moitié de ia suite infinie des unitcz ,
dont le nombre sera par consequent
2 9 on trouvera , selon ce qui a été dit ,
la somme , la même que celle des
unitez en nombre quarrez de la
maniere mixte , d'où il suit que par
rapport à la grandeur de la somme ,
maniere, complexe a un grand avantage
sur la mixte , puisque la moitié de la suite
B v infinie
la
1870 MERCURE DE FRANCE
infinie des unitez quarrées par la maniere
complexe a la même somme que la suite:
entiere quarrée par la maniere mixte.
On pourra comparer les trois manietes
ensemble , en considerant que les som→
mes de la suite infinie des unitez quar
rées sont par la maniere incomplexe ∞ ,
la mixte , par la complexe∞ 2.
Paradoxe proposé aux Géometres Infinitaires
, par le P. C. J. dans le Mercure
de Juin 1731. page 1280.
L est vrai, que comme le dit le P. C. le
quarré des unitez 1. 1. 1. &c. en nombre
infini , est 1. 3. 5. &c. en nombre
infini , c'est- à - dire, tous les nombres impairs.
Il est vrai aussi , ce que dit M. Cheyne,
que les mêmes nombres impairs , 1. 3. 5 .
&c. sont les quarrez , non des unitez
mais des demi unitez ,,,, &c. en
nombre infini .
D'où il suit que le quarré des unitez
qui selon le P. C. et M. Cheyne , est la
même suite des impairs , est égal en mê~
me temps au quarré des démi unitez,
Et je puis encore augmenter la merveille,
çar la suite infinie des impairs , 1. 3. S .,.
A OU S T. 1731. 1865
étant très - certainement , et par
consequent égale au quarré des unitez ,
ce quarré ne laisse pas d'être aussi co .
Le P. C. dit qu'il differe en un point
d'avec M. Cheyne , et que sur ce point
il faut que l'un des deux ait tort. C'est
que selon le P. C. le quarré des unitez
est toûjours 1. 3. 5. &c . et qu'il est , selon
M. Cheyne , égal à la somme des nombres
naturels , 1. 2. 3. 4. & c . ce qui est
effectivement très- different , puisque la
somme des impairs 1. 3. 5. &c . n'est que
la moitié de celle des nombres naturels.
Pour moi je trouve qu'ils n'auront tort
ni l'un ni l'autre , mais à une étrange condition
, c'est qu'ils differeront encore davantage,
et qu'on supposera que M.Cheyne
, au lieu de dire que le quarré des unitez
est égal à la somme des nombres naturels
, aura dit ou oublié de dire qu'il est
égal au double de cette somme. Comme
je n'ai point lû , et queje ne puis lire le
Livre de M. Cheyne , qui est en Anglois,
je ne puis sçavoir ce que porte son Texte,
ou s'il ne manque point un mot dans la
Traduction.
Voici le dénouement de toutes ces contradictions
apparentes , et il est presque
honteux qu'il ne consiste qu'à démêler
des équivoques de mots.
Bij Une
1866 MERCURE DE FRANCE
Une suite quelconque , finie ou infinic,
a , b , c , d , &c. étant proposée , prendre
le quarré de ces termes , c'est dans le sens
naturel et ordinaire , poser a², b², c², &c.
si cette suite est la suite des unitez , 1 .
I. 1. &c. en nombre , auquel cas
a=1 , b1 , &c. les quarrez sont 12
= 1 , 1²=1 , &c. d'où il suit que
leur somme est co la même pour les
,
quarrez
quarrez que pour les racines.
On peut dire que prendre les
de a et de b , ce n'est pas seulement poser
a² et b² , mais poser aba²+ 2 a b
➜b² , ce qui outre a² et b² pose 2 a b . il
est visible qu'en ce sens- là ce n'est pas
quarrer a et b comme détachez l'un de
l'autre , mais comme liez , et faisant une
somme , et c'est proprement quarrer leur
somme. J'appelle incomplexes la premiere
maniere de quarrer a et b , et complexes
la seconde. Ši a et b étant 1 , je les.
quarre de la maniere incomplexe
, j'aurai
I et I ou 1 + 12 , Mais si je les quarre
de la maniere complexe , j'aurai 1+1
1 +2 +14. Si je quarre de la premiere
maniere 1. 1. et 1. leur somme sera 3 .
mais de la seconde maniere 14+1+ 1² , on
aura une somme 9 , et comme cela se
soûtiendra toûjours , si l'on compare I. I.
>
2
A O UST. 1731. * 1867
2
I. et 1. quarrez de la premiere maniere
a I +I+ I+ I , &c. c'est- à- dire que l'on
trouvera toûjours d'un côté une somme
égale au nombre des unitez, et de l'autre
une somme égale au quarré de ce même
nombre , il s'ensuit que la proposition
est generale , et que la somme des quarrez
des unitez prises en nombre 6
est de la premiere maniere ∞ et de
la seconde . Puisque dans l'infini
la somme des quarrez faits de la maniere
complexe , est infiniment plus grande que
la somme des quarrez faits de la maniere
incomplexe , ce rapport des deux sommes
dans le fini a toûjours dû être croissant à
mesure qu'on a pris un plus grand nom
bre d'unitez.
&
c.∞o s
La somme des nombres naturels 1. 2. 3 .
étant , celle de la somme
des quarrez complexes des unitez en est
double , puisqu'elle est∞ , c'est
ce que je croi que M. Cheyne a dit , ou
Yvoouulu dire.
Si l'on quarre de la maniere incomplexe
la suite infinie ,
le nombre des termes est
la que somme sera
00
1
,
&c . dont
00 il est
›
Mais si on la quarre de la maniere complexe
, il faut observer que
B. iiij
2
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est
868 MERCURE DE FRANCE
4 4
2
c'est
anb #—1 + 1 + 1 +
, c'est-à- dire que si l'on quarre
de la maniere complexe deux de ces
on aura un nombre de qui sera 4 .
quarré du nombre des , que si on quarre
trois , on aura neuf , et toujours
ainsi de suite d'où il suit que si on
quarre des en nombre
4
,
7
on aura
un nombre de , qui sera² , ou une
somme de , qui sera 2,ce qui est
parfaitement analogue , comme il doit
l'être , à ce qu'on vient de trouver pour
les unitcz . Or on sçait que la somme des
pairs ou des impairs , pris jusqu'au dernier
terme de la suite naturelle , qui est
donc , & c .
∞
4
2
C 2
CO 2
Delà il suit que si l'on quarre de la
maniere incomplexe des , pris en nombre
, leur somme est . et
que si on les quarre de la maniere complexe
, leur somme est 1. L'analogie
se soutient toûjours , et ce seroit encore
un Paradoxe , si l'explication n'avoit
précedé que des quarrez , quoiqu'en
nombre infini , pussent faire une
somme finie , et — I.
On peut encore quarrer une suite d'une
A OUS T. 1731. 1869
prene
maniere qui ne sera ni absolument incomplexe
, ni absolument complexe ; mais
mixte. On prendra , 1 ° . le quarré du
mier terme , 2. le quarré des deux premiers
, et on en retranchera le quarré du
premier, 30. le quarré des trois premiers et
on en retranchera le quarré des deux premiers
, et toûjours ainsi de suite. Ce seront
des quarrez complexes , mais mis en
une somme d'une maniere incomplexe ,
puisqu'on les sépare les uns des autres à
mesure qu'on les forme.
1.
Si l'on quarre de cette maniere mixte
la suite infinie , F. 1. 1. &c . on aura pour
premier quarré 1. pour second 4-1
3 , pour troisiéme 9
,
5 , pour
quatrième , 16- I 3 S=7 , &c.
c'est-à -dire , la suite des impairs , dont la
somme est , et c'est ce que le P. C. a dit.
Si l'on quarre de la maniere complexe
la moitié de ia suite infinie des unitcz ,
dont le nombre sera par consequent
2 9 on trouvera , selon ce qui a été dit ,
la somme , la même que celle des
unitez en nombre quarrez de la
maniere mixte , d'où il suit que par
rapport à la grandeur de la somme ,
maniere, complexe a un grand avantage
sur la mixte , puisque la moitié de la suite
B v infinie
la
1870 MERCURE DE FRANCE
infinie des unitez quarrées par la maniere
complexe a la même somme que la suite:
entiere quarrée par la maniere mixte.
On pourra comparer les trois manietes
ensemble , en considerant que les som→
mes de la suite infinie des unitez quar
rées sont par la maniere incomplexe ∞ ,
la mixte , par la complexe∞ 2.
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Résumé : ECLAIRCISSEMENT sur le nouveau Paradoxe proposé aux Géometres Infinitaires, par le P. C. J. dans le Mercure de Juin 1731. page 1280.
Le texte traite d'un paradoxe mathématique présenté par le P. C. et contesté par M. Cheyne dans le Mercure de Juin 1731. Ce paradoxe concerne la somme des carrés des unités et des demi-unités dans une suite infinie. Le P. C. affirme que le carré des unités (1, 1, 1, etc.) est égal à la suite des nombres impairs (1, 3, 5, etc.). En revanche, M. Cheyne soutient que ces mêmes nombres impairs représentent les carrés des demi-unités. L'apparente contradiction entre les deux points de vue résulte d'une équivoque dans l'interprétation des termes. Le texte distingue deux méthodes pour calculer les carrés d'une suite : la manière incomplexe, où chaque terme est carré individuellement, et la manière complexe, où les termes sont carrés en tant que somme. Le P. C. et M. Cheyne divergent sur la somme des carrés des unités. Le premier la voit comme la suite des impairs, tandis que le second la considère comme le double de la somme des nombres naturels. Le texte conclut que ni le P. C. ni M. Cheyne n'ont tort, mais qu'ils utilisent des méthodes différentes pour calculer les carrés. Selon la manière complexe, la somme des carrés des unités est double de celle des nombres naturels, ce qui résout le paradoxe.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7232
p. 248-255
Audiance de congé de l'Ambassadeur de Perse. [titre d'après la table]
Début :
Le 13. le Mareschal de Besons, & le Chevalier de Sainctot [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, Cérémonies, Gardes françaises, Gardes suisses, Roi, Ambassadeur de Perse, Chevaux, Trompettes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Audiance de congé de l'Ambassadeur de Perse. [titre d'après la table]
Le 13. le Mareſchal de Befons
, & le Chevalier de Sain-
Etot , allerent dans le carroſſe
duRoy,prendreMehemetRiza
GALANT . 249
Beg , Ambafladeur Extraordinaire
de Perſe , à la maiſon
du ſieur Bontemps , Premier
Valet de Chambre du Roy
& Gouverneur du Palais des
Tuilleries : le cheval que
l'Ambaſſadeur devoit monter
l'y attendoit , avec des chevaux
pour toute ſa ſuite de la
grande& de la petite eſcurie ,
ainſi que les Trompettes du
Roy deſtinez pour accompagner
fa marche , qui ſe fit en
cet ordre juſqu'au Chaftcau..
Le carroffe du Chevalier de
Sainctot , celui du Mareſchal
de Belons , douze chevaux de
250 MERCURE
| -
main des deux Efcuties du
Roy, magnifiquement harnachez
& menez par des palfreniers
de Sa Majefté : quatre
chevaux du Roy avec des har.
nois à laPerfienne,&menez en
main par desPerfans, les domeſtiques
de l'Ambaſſfadeur à che
val,leMoula de l'Ambaſfadeur
ouDocteur de ſaLoy, fonTre
forier ,le Page qui porte ſa pipe
, les 8.Trompettes du Roy
le Maistre des Ceremonies de
l'Ambaſladeur & l'Interprete
à coſté de luy , l'Ambaſladeur
fur un cheval du Roy harnaché
à la Perfienne , le Maref.
GALANT. 251
chal de Betons à la droite &
le Chevalier de Sainctot à ſa
gauche , marchant tous trois
defront , les Valets de pied
Perfans &Armeniens de l'Ambaffadeur
au tour de fon cheval
, la livrée du Marefchal ,
&celle du Chevalier de Sain-
Etot à coſté de leurs chevaux ,
l'Eſcuyer de l'Ambafladeur à
cheval , marchant immediatement
derrière lui , avec un Page
qui portoit le fabre de
l'Ambaffadeur appuyé ſur ſa
cuiffe. Le carrofle du Roy fermoit
la marche . L'Ambaſfadeur
trouva dans l'avant cour
1
252 MERCURE
les Gardes Françoiles & Suiffes
ſous les armes , les tambours
appellant, les Gardes de la Porte
& de la Prevoſté auſſi en
haye & fous les armes.
Aonze heures , l'Ambaffadeur
accompagnéduMaréchal
de Befons & du Chevalier de
Sainctot , traverſa la cour à
pied , pour aller à l'Audience
du Roy , par le degré qui conduit
au grand Appartementde
Sa Majetté. L'Ambaffadeur
avant que d'y aller , mit fon
fabre à ſon coſté : il portoit
outre cela un grand poignard
dans un étuyd'or à fa ceintuGALANT.
253
re: le fieur de Merlin Secretaire
ordinaire à la conduite , marchoit
à la tête du Cortege, les
Trompettes du Roy marchoient
immediatement devant
l'Ambaladeur. Il fut receu
au bas de l'eſcalier par le
Marquis de Dreux , Grand-
- Maistre des Ceremonies., &
par le ſieur desGranges , Maitre
des Ceremonies , les Cent
Suiſſes étant ſur l'eſcalier en
habit de ceremonie , la hallebarde
à la main. A la porte de
la ſalle des Gardes en dedans, il
fut receu par le Ducde Ville-
- roy ,Capitaine des Gardes du
254 MERCURE
Corps , qui étoient en haye &
ſous les armes. Sa Majeſté af.
file fur fon Throſne élevé de
deux marches , ayant auprés
d'elle tous les Princes de la
MaiſonRoyale, le receutdans
le grand Appartement.L'Ambaſſadeur
ayant fait le premier
falut , Sa Majesté ſeleva &oſta
ſon chapeau , & fe couvrit
aprés le dernier ſalut: & aprés
que l'Interprete lui eut expliqué
ce quel'Ambaffadeur luy
diſoit , & qu'il eut expliqué à
l'Ambaſſadeur la réponſe de
Sa Majesté , le Roy ſe découvrit
: l'Ambaſſadeur ſe retira ,
GALANT. 255
&fut enfuite conduità l'Audience
deMonſeigneur leDauphin.
Il fut traité & toute fa
fuite , par les Officiersdu Roy.
Je m'étendray davantage fur
cet article dans la nouvelle
- Hiltoire que je vais donner de
cet Ambafladeur.
, & le Chevalier de Sain-
Etot , allerent dans le carroſſe
duRoy,prendreMehemetRiza
GALANT . 249
Beg , Ambafladeur Extraordinaire
de Perſe , à la maiſon
du ſieur Bontemps , Premier
Valet de Chambre du Roy
& Gouverneur du Palais des
Tuilleries : le cheval que
l'Ambaſſadeur devoit monter
l'y attendoit , avec des chevaux
pour toute ſa ſuite de la
grande& de la petite eſcurie ,
ainſi que les Trompettes du
Roy deſtinez pour accompagner
fa marche , qui ſe fit en
cet ordre juſqu'au Chaftcau..
Le carroffe du Chevalier de
Sainctot , celui du Mareſchal
de Belons , douze chevaux de
250 MERCURE
| -
main des deux Efcuties du
Roy, magnifiquement harnachez
& menez par des palfreniers
de Sa Majefté : quatre
chevaux du Roy avec des har.
nois à laPerfienne,&menez en
main par desPerfans, les domeſtiques
de l'Ambaſſfadeur à che
val,leMoula de l'Ambaſfadeur
ouDocteur de ſaLoy, fonTre
forier ,le Page qui porte ſa pipe
, les 8.Trompettes du Roy
le Maistre des Ceremonies de
l'Ambaſladeur & l'Interprete
à coſté de luy , l'Ambaſladeur
fur un cheval du Roy harnaché
à la Perfienne , le Maref.
GALANT. 251
chal de Betons à la droite &
le Chevalier de Sainctot à ſa
gauche , marchant tous trois
defront , les Valets de pied
Perfans &Armeniens de l'Ambaffadeur
au tour de fon cheval
, la livrée du Marefchal ,
&celle du Chevalier de Sain-
Etot à coſté de leurs chevaux ,
l'Eſcuyer de l'Ambafladeur à
cheval , marchant immediatement
derrière lui , avec un Page
qui portoit le fabre de
l'Ambaffadeur appuyé ſur ſa
cuiffe. Le carrofle du Roy fermoit
la marche . L'Ambaſfadeur
trouva dans l'avant cour
1
252 MERCURE
les Gardes Françoiles & Suiffes
ſous les armes , les tambours
appellant, les Gardes de la Porte
& de la Prevoſté auſſi en
haye & fous les armes.
Aonze heures , l'Ambaffadeur
accompagnéduMaréchal
de Befons & du Chevalier de
Sainctot , traverſa la cour à
pied , pour aller à l'Audience
du Roy , par le degré qui conduit
au grand Appartementde
Sa Majetté. L'Ambaffadeur
avant que d'y aller , mit fon
fabre à ſon coſté : il portoit
outre cela un grand poignard
dans un étuyd'or à fa ceintuGALANT.
253
re: le fieur de Merlin Secretaire
ordinaire à la conduite , marchoit
à la tête du Cortege, les
Trompettes du Roy marchoient
immediatement devant
l'Ambaladeur. Il fut receu
au bas de l'eſcalier par le
Marquis de Dreux , Grand-
- Maistre des Ceremonies., &
par le ſieur desGranges , Maitre
des Ceremonies , les Cent
Suiſſes étant ſur l'eſcalier en
habit de ceremonie , la hallebarde
à la main. A la porte de
la ſalle des Gardes en dedans, il
fut receu par le Ducde Ville-
- roy ,Capitaine des Gardes du
254 MERCURE
Corps , qui étoient en haye &
ſous les armes. Sa Majeſté af.
file fur fon Throſne élevé de
deux marches , ayant auprés
d'elle tous les Princes de la
MaiſonRoyale, le receutdans
le grand Appartement.L'Ambaſſadeur
ayant fait le premier
falut , Sa Majesté ſeleva &oſta
ſon chapeau , & fe couvrit
aprés le dernier ſalut: & aprés
que l'Interprete lui eut expliqué
ce quel'Ambaffadeur luy
diſoit , & qu'il eut expliqué à
l'Ambaſſadeur la réponſe de
Sa Majesté , le Roy ſe découvrit
: l'Ambaſſadeur ſe retira ,
GALANT. 255
&fut enfuite conduità l'Audience
deMonſeigneur leDauphin.
Il fut traité & toute fa
fuite , par les Officiersdu Roy.
Je m'étendray davantage fur
cet article dans la nouvelle
- Hiltoire que je vais donner de
cet Ambafladeur.
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7233
p. 236-243
LES OYSEAUX. IDILLE DE MADAME des Houlieres.
Début :
Je n'ay pû encor recouvrer les Vers qu'a faits Mr / L'Air n'est plus obscurcy par des broüillars épais, [...]
Mots clefs :
Oiseaux, Nature, Hiver, Dieu, Humains, Contrainte, Indifférence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES OYSEAUX. IDILLE DE MADAME des Houlieres.
Je n'ay pû encor recouvrer les Vers qu'a faits M
de Fontenelle , fur ce que
Monfieur le Prince ne vit
que de Lait. Ils méritent
fort l'empreffement que
vous me témoignez de les
voir. On me les promer
GALANT. 237.
dans quelques jours , &
vous les aurez la premiere
fois que je vous écriray. II
en eft échapé fi peu de Copies , que quoy qu'il y ait
déja longtemps qu'ils font
faits, ils pourront eſtre nou
veaux pour la plupart de
ceux qui lifent mes Lettres
Cependant je vous envoye
ce que vous m'avez fi expreffément demandé pour
vos Amies. C'eft le dernier
Idille de Madamedes Houlieres. Comme vous me
fiftes fçavoir que vous l'aviez veu dés qu'il fut fait,
238 MERCVRE
je négligeay de vous en
faire un Article encetemps
là. Lifez de nouveau, & admirez. Les Ouvrages de
cette Illuftre ont des beautez fiparticulieres, qu'ils ne
peuvent eftre ny leûs trop
fouvent, myconſervez avec
trop de foin.
5252552225222SES
LES OYSEAVX.
IDILLE DE MADAME
des Houlieres...
L
"Air n'eftplus obfcurcypardes
brouillans épais,
Los Prezfont éclarer leurs caulem's:
les plus vives,
GALANT. 239
Etdans leurs humides Palais
L'Hyverneretientplus lesNayadess
captives..
Les Bergers accordant leur Mufete
àleur voix,
D'un pied legerfoulent l'herbe
naiffante;
Les Troupeaux nefontplusfousleurs
ruftiques toits;
Mille & mille Oyfeaux àlafois
Ranimant leur voix languiſſante,
Réveillent les Echos endormis dans
ces Bois.
Où brilloient les Glaçons, on voit
naiftre les Rofes.
Quel Dieuchaffe l'horreur qui régnoit dans ceslieux?
Quel Dieu les embellit ? Leplus
petit desDieux
Faitfeul tantde métamorphofes;
Ilfournitau Printempɛ tout cequ'il
a d'appass
240 MERCVKE
Si l'Amour ne s'en mefloitpas,
On verroitpérirtoutes chofes
Il est l'amede l'Univers.
Comme iltriomphe des Hyvers
Qui defolent nos Champs parune
rude guerre,
D'un cœurindiferentil bannit les
froideurs.
L'indiference eft pour les cœurs
Ce que l' Hyver eftpourla terre.
Que nousfervet, helas! defi douces
leçons?
1
Tousles ans là Nature en vain les
renouvelle;
Loin de la croire , àpeine nous
naiffons,
Qu'on nous apprend à combatre
contre elle.
Nousaimonsmieuxpar unbizarre
choix,
IngratsEfelavesque nousfommes,
Suivre
GALANT.
241
Suivre ce qu'inventa le caprice des
Hommes,
Que d'obeïr à nos premieres
Loix.
Que vostreført eft diférentdu
noftre,
Petits Oyfeaux qui me charmez!
Voulez- vousaimer?vous aimez;
Unlieuvous déplaiſt-il? vouspaffez
dans un autre.
Onne connoit chez vous ny vertus,
ny defauts,
Vousparoiffeztoujoursfousle mefme
plumage,
Etjamais dansles Bois on n'aven
les Corbeaux
Des Roffignols emprunter le ramage.
Iln'eft defincére langage,
Iln'eft de liberté que chezles Animaux.
May1679. X
242 MERCVRE
L'ufage, le devoir, l'austere bienSéance,
Tout éxige de nous des droits dont
je meplains,
Et tout enfin, du cœurdesperfides
Humains,
Nelaiffe voir que l'apparence.
Contre nos trahifons la Nature en
couroux
Nenous doneplusrienfanspeine;
Nous cultivonsles Vergers &la
Plaine,
Tandis, petits Oyfeaux, qu'ellefait
toutpour vous.
Lesfilets qu'on vous tendfont là
feule infortune Que vous avezà redouter;
Cette crainte nous eft commune,
Sur noftre liberté chacun veut attenter,
Par des dehors trompeurs on tâche
ànousfurprendre.
GALANT. 243
Helas,pauvrespetits Oyfeaux,
Des rufes duChaffeurfongez à vous
défendre,
Vivredans la contrainte eft leplus
granddesmaux
de Fontenelle , fur ce que
Monfieur le Prince ne vit
que de Lait. Ils méritent
fort l'empreffement que
vous me témoignez de les
voir. On me les promer
GALANT. 237.
dans quelques jours , &
vous les aurez la premiere
fois que je vous écriray. II
en eft échapé fi peu de Copies , que quoy qu'il y ait
déja longtemps qu'ils font
faits, ils pourront eſtre nou
veaux pour la plupart de
ceux qui lifent mes Lettres
Cependant je vous envoye
ce que vous m'avez fi expreffément demandé pour
vos Amies. C'eft le dernier
Idille de Madamedes Houlieres. Comme vous me
fiftes fçavoir que vous l'aviez veu dés qu'il fut fait,
238 MERCVRE
je négligeay de vous en
faire un Article encetemps
là. Lifez de nouveau, & admirez. Les Ouvrages de
cette Illuftre ont des beautez fiparticulieres, qu'ils ne
peuvent eftre ny leûs trop
fouvent, myconſervez avec
trop de foin.
5252552225222SES
LES OYSEAVX.
IDILLE DE MADAME
des Houlieres...
L
"Air n'eftplus obfcurcypardes
brouillans épais,
Los Prezfont éclarer leurs caulem's:
les plus vives,
GALANT. 239
Etdans leurs humides Palais
L'Hyverneretientplus lesNayadess
captives..
Les Bergers accordant leur Mufete
àleur voix,
D'un pied legerfoulent l'herbe
naiffante;
Les Troupeaux nefontplusfousleurs
ruftiques toits;
Mille & mille Oyfeaux àlafois
Ranimant leur voix languiſſante,
Réveillent les Echos endormis dans
ces Bois.
Où brilloient les Glaçons, on voit
naiftre les Rofes.
Quel Dieuchaffe l'horreur qui régnoit dans ceslieux?
Quel Dieu les embellit ? Leplus
petit desDieux
Faitfeul tantde métamorphofes;
Ilfournitau Printempɛ tout cequ'il
a d'appass
240 MERCVKE
Si l'Amour ne s'en mefloitpas,
On verroitpérirtoutes chofes
Il est l'amede l'Univers.
Comme iltriomphe des Hyvers
Qui defolent nos Champs parune
rude guerre,
D'un cœurindiferentil bannit les
froideurs.
L'indiference eft pour les cœurs
Ce que l' Hyver eftpourla terre.
Que nousfervet, helas! defi douces
leçons?
1
Tousles ans là Nature en vain les
renouvelle;
Loin de la croire , àpeine nous
naiffons,
Qu'on nous apprend à combatre
contre elle.
Nousaimonsmieuxpar unbizarre
choix,
IngratsEfelavesque nousfommes,
Suivre
GALANT.
241
Suivre ce qu'inventa le caprice des
Hommes,
Que d'obeïr à nos premieres
Loix.
Que vostreført eft diférentdu
noftre,
Petits Oyfeaux qui me charmez!
Voulez- vousaimer?vous aimez;
Unlieuvous déplaiſt-il? vouspaffez
dans un autre.
Onne connoit chez vous ny vertus,
ny defauts,
Vousparoiffeztoujoursfousle mefme
plumage,
Etjamais dansles Bois on n'aven
les Corbeaux
Des Roffignols emprunter le ramage.
Iln'eft defincére langage,
Iln'eft de liberté que chezles Animaux.
May1679. X
242 MERCVRE
L'ufage, le devoir, l'austere bienSéance,
Tout éxige de nous des droits dont
je meplains,
Et tout enfin, du cœurdesperfides
Humains,
Nelaiffe voir que l'apparence.
Contre nos trahifons la Nature en
couroux
Nenous doneplusrienfanspeine;
Nous cultivonsles Vergers &la
Plaine,
Tandis, petits Oyfeaux, qu'ellefait
toutpour vous.
Lesfilets qu'on vous tendfont là
feule infortune Que vous avezà redouter;
Cette crainte nous eft commune,
Sur noftre liberté chacun veut attenter,
Par des dehors trompeurs on tâche
ànousfurprendre.
GALANT. 243
Helas,pauvrespetits Oyfeaux,
Des rufes duChaffeurfongez à vous
défendre,
Vivredans la contrainte eft leplus
granddesmaux
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Résumé : LES OYSEAUX. IDILLE DE MADAME des Houlieres.
L'auteur d'une lettre mentionne qu'il n'a pas encore récupéré les vers de Monsieur de Fontenelle, car Monsieur le Prince ne consomme que du lait. Ces vers, rares et potentiellement nouveaux pour la plupart des lecteurs, seront envoyés dès qu'ils seront disponibles. En attendant, l'auteur envoie l'Idylle de Madame des Houlières intitulée 'Les Oyseaux', demandée par le destinataire pour ses amies. Cette œuvre, bien que belle, ne doit pas être lue trop souvent ni conservée avec trop de soin. L'Idylle décrit le retour du printemps, avec les prés qui s'éclaircissent, les bergers qui accordent leur musette, et les oiseaux qui chantent, réveillant les échos dans les bois. Le texte évoque l'Amour qui triomphe des hivers et bannit les froideurs. Il contraste la liberté des oiseaux avec les contraintes humaines, soulignant que les oiseaux ne connaissent ni vertus ni défauts et changent facilement de lieu. La lettre se termine par une réflexion sur les tracas humains, opposés à la simplicité et à la liberté des oiseaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7234
p. 250-258
Quart de critique. [titre d'après la table]
Début :
Tous les évenemens dont le Journal de ce mois est rempli [...]
Mots clefs :
Comédie, Historien, Poète, Critique, Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Quart de critique. [titre d'après la table]
Tous les évenemens dont
GALANT. 251
De Journal de ce mois eſt remli
, ne preſentent heureuſement
aux Lecteurs que des
Tableaux agreables , & j'eſpee
les mener juſqu'à la fin du
Mercure de ſpectacles en ſpectacles
: celuy dont je vais parder
maintenant , eftd'un genre
fortdifferent des autres .
Je me garderay bien d'entreprendre
icy une Critique
que tout lemonde a negligée.
Je parleray ſeulement en Hiftorien
, du fort de la Comedie
des Captifs que M. R.
vient de donner au Theatre.
Cette Piece fut repreſentée
252 MERCURE
1
pour lapremiere fois un Vendredy
, vingt - huitiéme du
mois paffé , la Salle de la Comedie
auffi pleine de ſpectateurs
qu'elle pouvoit l'eſtre;
les luftres furent enfin levez ,
& le Prologue commença.
M. de la Thorilliere , qui
ale talent d'embellir tous les
rôles qu'il jouë , de tout ce
qu'un bon Acteur peut leur
donner de grace & d'ornement
, parut d'abord ſous le
nom de Mercure dans les
Champs Elifées , & ayant à fa
ceinture une douzaine de Placets
, que quelques ombres
GALANT. 253
plaintives luy avoient preſentez
. Celuy de Promethée ,
entre autres donne occafion à
une ſaillie du Poëte; il ſe plaint
que Pluton ait changé ſon
fupplice ,& qu'il ait ſubſtitué
un jeune Procureur , pour luy
ronger le coeur , à la place du
Vautour qui eſtoit deſtiné à
cecruel employ.
Pendant que Mercure fait
la reveuë des ces placets ,Plaute
arrive , la converſation de
ce Poëte avec Mercure eſt fort
animée , & plaiſt beaucoup.
Plaute ſe plaint de la licence
avec laquelle les Modernes
254 MERCURE
pillent dans les ouvrages des
Anciens ; Mercure luy repro
che les larcins qu'il a faits luy
même , & luy demande s'il
deſapprouve que Moliere ait
tiré de luy le ſujet de ſonAm
phitrion. Le Poëte répond à
ces objections des choſes fort
ſenſées. Mercure luy apprend
enfin que ſa Comedie des Ca.
ptifs qui fit autrefois tant de
bruit à Rome , a fourni à un
Poëte moderne , l'idée de la
Piece qu'on va joüer. Les exclamations
de Plaute ſont icy
comiques & pleines d'eſprit.
Il dit qu'il a ſeul enfanté ce ſu
GALANT. 255
jet ; qu'il en eſt le premier
pere , & qu'il eſt en un mot
fort inquiet du fort de ſesCaptifs.
Mercure luy répond à
cela , ce Vers qui finit le
Prologue.
Lesecond est encor plus inquiet
quevous.
J'avois formé le deſſein de
ſuivre l'Hiſtoire de cette Comedie
; mais j'en confidere
trop l'Auteur , pour ne pas
croire de bonne foy que j'ay
pû me tromper dans l'idée
que j'en ay conceuë . J'en diray
ſeulement en paffant ce
que j'en ay entendu dire.
2
256 MERCURE
On prétend que M. R. a
eu le malheur de ne pas pren
dre , comme il le pouvoit ; ce
qu'il y a de meilleur dans les
Captifs de Plaute ,& on foutient
que fon Ariftophon eft
un Auteur qui tombe des
nuës , & qu'il n'a aucun rapport
avec le Clitophon de
Plaute qui eſt un des plus intereffants
perſonnages de ſa
Comedie. Pour l'intrigue, on
ajoûte qu'elle eſt tirée de
'Heureux Esclave, ou duPrince
Esclave , & qu'elle en eft
mal tirée. Ce qu'il y a de vrai,
c'eſt que ſes Chanfons , dont
la
GALANT 257
1
la Muſique eſt de M. Quinaut
, font fort goutées , &
que les divertiſſements de cette
Comedie ſont extraordinaires
, beaux , & bien caracteriſez
.
: On a beaucoup crié contre
les Feſtes de Thalie , il y a cependant
plus de deux mois
qu'on jouë ce Ballet ſur le
Theâtre de l'Opera. Je m'étendrois
davantage ſur les Pieces
nouvelles , fi je ne craignois
pas de ſoulever contre
moy le Public & les Auteurs.
Il faut pourtant que j'en parle
, puiſque c'eſt un des Arti-
Octobre 1714 . Y
1
258 MERCURE
د
cles qui font le plus de bruit
dans le monde. Mais files Au.
teurs veulent m'en croire
qu'il me donnent , par écrit ,
ce qu'il leur plaira que je diſe
de leurs Ouvrages. S'ils font
équitables , ils confulteront
les fuffrages du Public , pour
ſe rendre juſtice ; s'ils ne le
ſont pas , je ne feray pas un
ridicule uſage des Memoires
qu'ils m'enverront.
GALANT. 251
De Journal de ce mois eſt remli
, ne preſentent heureuſement
aux Lecteurs que des
Tableaux agreables , & j'eſpee
les mener juſqu'à la fin du
Mercure de ſpectacles en ſpectacles
: celuy dont je vais parder
maintenant , eftd'un genre
fortdifferent des autres .
Je me garderay bien d'entreprendre
icy une Critique
que tout lemonde a negligée.
Je parleray ſeulement en Hiftorien
, du fort de la Comedie
des Captifs que M. R.
vient de donner au Theatre.
Cette Piece fut repreſentée
252 MERCURE
1
pour lapremiere fois un Vendredy
, vingt - huitiéme du
mois paffé , la Salle de la Comedie
auffi pleine de ſpectateurs
qu'elle pouvoit l'eſtre;
les luftres furent enfin levez ,
& le Prologue commença.
M. de la Thorilliere , qui
ale talent d'embellir tous les
rôles qu'il jouë , de tout ce
qu'un bon Acteur peut leur
donner de grace & d'ornement
, parut d'abord ſous le
nom de Mercure dans les
Champs Elifées , & ayant à fa
ceinture une douzaine de Placets
, que quelques ombres
GALANT. 253
plaintives luy avoient preſentez
. Celuy de Promethée ,
entre autres donne occafion à
une ſaillie du Poëte; il ſe plaint
que Pluton ait changé ſon
fupplice ,& qu'il ait ſubſtitué
un jeune Procureur , pour luy
ronger le coeur , à la place du
Vautour qui eſtoit deſtiné à
cecruel employ.
Pendant que Mercure fait
la reveuë des ces placets ,Plaute
arrive , la converſation de
ce Poëte avec Mercure eſt fort
animée , & plaiſt beaucoup.
Plaute ſe plaint de la licence
avec laquelle les Modernes
254 MERCURE
pillent dans les ouvrages des
Anciens ; Mercure luy repro
che les larcins qu'il a faits luy
même , & luy demande s'il
deſapprouve que Moliere ait
tiré de luy le ſujet de ſonAm
phitrion. Le Poëte répond à
ces objections des choſes fort
ſenſées. Mercure luy apprend
enfin que ſa Comedie des Ca.
ptifs qui fit autrefois tant de
bruit à Rome , a fourni à un
Poëte moderne , l'idée de la
Piece qu'on va joüer. Les exclamations
de Plaute ſont icy
comiques & pleines d'eſprit.
Il dit qu'il a ſeul enfanté ce ſu
GALANT. 255
jet ; qu'il en eſt le premier
pere , & qu'il eſt en un mot
fort inquiet du fort de ſesCaptifs.
Mercure luy répond à
cela , ce Vers qui finit le
Prologue.
Lesecond est encor plus inquiet
quevous.
J'avois formé le deſſein de
ſuivre l'Hiſtoire de cette Comedie
; mais j'en confidere
trop l'Auteur , pour ne pas
croire de bonne foy que j'ay
pû me tromper dans l'idée
que j'en ay conceuë . J'en diray
ſeulement en paffant ce
que j'en ay entendu dire.
2
256 MERCURE
On prétend que M. R. a
eu le malheur de ne pas pren
dre , comme il le pouvoit ; ce
qu'il y a de meilleur dans les
Captifs de Plaute ,& on foutient
que fon Ariftophon eft
un Auteur qui tombe des
nuës , & qu'il n'a aucun rapport
avec le Clitophon de
Plaute qui eſt un des plus intereffants
perſonnages de ſa
Comedie. Pour l'intrigue, on
ajoûte qu'elle eſt tirée de
'Heureux Esclave, ou duPrince
Esclave , & qu'elle en eft
mal tirée. Ce qu'il y a de vrai,
c'eſt que ſes Chanfons , dont
la
GALANT 257
1
la Muſique eſt de M. Quinaut
, font fort goutées , &
que les divertiſſements de cette
Comedie ſont extraordinaires
, beaux , & bien caracteriſez
.
: On a beaucoup crié contre
les Feſtes de Thalie , il y a cependant
plus de deux mois
qu'on jouë ce Ballet ſur le
Theâtre de l'Opera. Je m'étendrois
davantage ſur les Pieces
nouvelles , fi je ne craignois
pas de ſoulever contre
moy le Public & les Auteurs.
Il faut pourtant que j'en parle
, puiſque c'eſt un des Arti-
Octobre 1714 . Y
1
258 MERCURE
د
cles qui font le plus de bruit
dans le monde. Mais files Au.
teurs veulent m'en croire
qu'il me donnent , par écrit ,
ce qu'il leur plaira que je diſe
de leurs Ouvrages. S'ils font
équitables , ils confulteront
les fuffrages du Public , pour
ſe rendre juſtice ; s'ils ne le
ſont pas , je ne feray pas un
ridicule uſage des Memoires
qu'ils m'enverront.
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Résumé : Quart de critique. [titre d'après la table]
Le texte relate la première représentation de la comédie 'Les Captifs' de M. R., qui a eu lieu le vendredi 28 du mois précédent dans une salle comble. Le prologue, joué par M. de la Thorilliere dans le rôle de Mercure, montre Mercure recevant des suppliques d'âmes en peine, dont celle de Prométhée. Plaute apparaît ensuite et discute avec Mercure, critiquant la manière dont les modernes s'inspirent des œuvres anciennes. Mercure révèle que 'Les Captifs' de Plaute a servi d'inspiration à la pièce moderne. Le critique apprécie les chants et les divertissements, composés par M. Quinaut, mais émet des réserves sur l'adaptation de l'intrigue et des personnages. Pour éviter de froisser le public et les auteurs, il préfère laisser le jugement final aux spectateurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7235
p. 222-232
SUITE de la Lettre de M. D. B.*** contenant l'Analyse de la Dissertation sur la Circulation de la Séve dans les Plantes, &c.
Début :
ART. 4. / pag. 24 / Mr de la Baïsse avoit résolu de suivre, s'il étoit possible, [...]
Mots clefs :
Circulation de la sève dans les plantes, Suc, Écorce, Plantes, Sève, Fibres ligneuses, Feuilles, Canaux, Parties, Utricules
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Lettre de M. D. B.*** contenant l'Analyse de la Dissertation sur la Circulation de la Séve dans les Plantes, &c.
SUITE de la Lettre de M. D. B. ***
contenant l'Analyse de la Dissertation
sur la Circulation de la Séve dans les
Plantes , &c.
ART. 4.
pag. 24
R de la Baïsse avoit résolu
Mde suivre, s'il étoit
possible,
dans les Plantes le cours de la Séve d'une
maniere
FEVRIER 1734. 223
>
maniere aussi précise qu'on fait le cours
du Chyle dans les animaux , il vouloit en
déterminer les visieres , les veines , les ar--
teres , les glandes , et les vaisseaux , parce
qu'il avoit cru les voir distinctement
dans quelques Plantes ; il entreprit pour
executer ce projet plusieurs dissections ;
mais comme il ne retiroit de ce travail
aucun fruit , il jugea l'entreprise impossible
, du moins de la maniere dont il avoit
arrangé son plan , c'est pourquoi il l'abandonna
entierement , et il se contenta
d'examiner en general comment et ent
quelles parties de la Plante se dégorgent
les premiers tuyaux par lesquels monte
d'abord le suc nourricier ; notre Auteur
a toûjours mis tremper dans une liqueur.
colorée les parties des Plantes qu'il a voulu
examiner , et cette voye lui a paru suffisante
pour découvrir la route de la
séve.
La premiere partie de la Plante dans laquelle
il a observé le cours de la liqueur, a
été les fleurs ; il a jugé par ses observations
que le suc monte fort vîte et fort aisément
jusqu'au sommet des tiges , mais qu'il se
trouve ensuite arrêté aux plis et extrê
mitez des fleurs ; il pense que c'est peutêtre
en ces Endroits que le suc dépose ce
qu'il a de plus grossier ; il a aussi remar-
Bij qué
224 MERCURE DE FRANCE.
qué que le suc passe de ces premiers canaux
dans les parties charnues de la fleur
comme au travers d'un filtre , ce qui fait
qu'il n'y a que la portion du suc la plus
subtile qui y puisse être ; il prétend que les
sacs , ( il entend par sacs les utricules de
Malpighi ) tirent le suc immédiatement
de ces vaisseaux le long desquels ils sont
apparemment attachez ; peut- être bien ,
ajoûte-t'il , le suc nourricier se filtre par
côté , et passe dans de petits canaux collateraux
qui servent de communication
pour le porter dans les Kistes charnus , les
mêmes que ce qui vient d'être appellez
sacs. M. de la Baïsse seroit fort embarrassé
de trouver ces vaisseaux de communication
, même avec le secours du microscope.
.ART. 5. p. 30. Art . 6. ibid. Notre Auteur
n'ayant pû observer la route du suc
dans les fruits , passa la distribution de la
liqueur dans les feuilles , il a découvert
que les canaux destinez à porter la premiere
nourriture dans les feuilles sont situez
dans les nervures , que ces canaux ne
sont qu'une continuation des fibres de la
portion Higneuse , que le suc passe de
ces tuyaux dans les parties charnuës des
feuilles de la même maniere que dans celles
des fleurs , enfin qu'à mesure que le
Suc
FEVRIER. 1734. 225
suc monte dans les nervures , il s'y débarasse
de sa portion la plus grossiere. Pour
ne rien avancer gratis , voici la preuve de
cette derniere proposition , mettant une
feuille tremper par le pidicale dans une liqueur
colorée , la teinture devenoit moins
chargée à proportion qu'elle montoit plus
haut dans les tuyaux de la feiiille ; il falloit
donc qu'elle se dépoüillât de ses parties
heterogenes , par consequent la même
députation doit arriver à la seve qui
se meut dans ces canaux . Il faut avouer
qu'il est impossible de se refuser à de telles
preuves
.
ART. 7. p. 34. M. de la Baïsse mit pendant
deux ou trois jours en experience
dans la liqueur colorée l'écorce de quelques
Plantes , il observa que dans la partie
superieure et inferieure de l'écorce , la
teinture s'étoit répandue , et que la couleur
étoit très- visible vers le bas environ
jusqu'à la hauteur où s'élevoient en dedans
de la Plante des veines sensiblement rouges
, et vers le haut dans l'endroit où le suc
continuellement poussé avoit eu le loisir
de se ramasser jusqu'à répandre une couleur
rougeâtre dans presque tout l'interieur
de la plante ; il n'apperçût aucune
alteration de couleur au milieu de la tige,
et il conclut que ce n'est que quand la
B iij partie
226 MERCURE DE FRANCE
partie ligneuse de la plante a été imbuë de
la couleur du suc dont elle s'est nourrie ,
que l'écorce s'en est aussi trouvée colorée
quelque temps après , et par consequent
que c'est immédiatement du bois que l'écorce
tire sa premiere nourriture ; enfin
comme notre Auteur n'a pû distinguer
de rameaux rouges dans la substance de
l'écorce comme dans celle du bois , quoique
la teinture se répandit dans l'écorce toujours
assez uniformement , il lui a paru démontré
que la seve qui nourrit l'écorce passe immédiatement
des fibres de la portion ligneuse
dans les utricules de l'écorce.
Ordinairement le signe caracteriastique
d'un systême vrai est la facilité qu'il donne
pour expliquer tous les faits qui se présentent
, c'est pourquoi M. de la Baïsse
tâchá de rendre raison selon ses principes
de plusieurs phénomenes qui appartiennent
à la Physique des Plantes. Comme
je crois , Monsieur , que vous ne serez pas
fâché de voir un essai des applications de
son systême à differens cas particuliers , je
vais vous en rendre compte en peu de
mots.
P. 35. M. de la Baïsse se propose d'abord
d'examiner d'où vient cette abondance
de suc qu'on trouve au Printems
entre l'écorce et le bois des Arbres , et
l'explication
FEVRIER 1734 227
l'explication de ce fait lui paroît plutôt
une consequence qu'une nouvelle preuve
de son sentiment , tant elle est ( selon
lui ) naturelle ; au renouvellement de la saison
les premiers canaux situez dans la portion
ligneuse de l'arbre abondent en sucs,
dont ils se déchargent par tous leurs dégorgemens
; bientôt les vessicules de l'écorce
en sont remplies ; et ne pouvant plus
contenir celui qui survient , il faut de necessité
qu'il sorte hors de ses vaisseaux , et
qu'il se jette entre l'écorce et le bois dans
les endroits où l'écorce est trop adhérente
au bois , les fibres ligneuses se replient sur
elles -mêmes, et poussées au dehors par l'effort
continuel des sucs nouveaux , elles
fendent l'écorce et forment de nouveaux
jes. Notre auteur ajoûte que s'il est permis
de se livrer aux conjectures , il dira
encore que cet excès de séve venant à
rompre , les petites attaches qui lioient
les utricules de l'écorce aux fibres les plus
voisines de l'écorce , presse par dehors
ces letricules et les force à s'étendre suivant
la direction la plus facile , c'est- à dire
, selon la longueur de l'Arbre , bientôt
ces utricules ainsi pressez et étendus
en longueur s'ouvrent les uns dans les autres
et deviennent par - là des canaux
longs et contigus ; en un mot , de vrayes
و
B iiij
fibres
228 MERCURE DE FRANCE
fibres ligneuses , c'est aux approches de
l'hyver que le froid doit le presser ,
assez pour les faire coller au corps de
l'Arbre.
et
M. de la Baïsse après cette explication
qui est certainement toute neuve , employe
encore une preuve de fait qui lui
paroît décisive pour démontrer que le
nouveau bois se forme de l'écorce , et il
termine cet article par une question qu'il
se propose , et qu'il résout ensuite ; on lui
demandera peut être , dit-il , comment
l'écorce répare la perte qu'elle fait chaque
année de la portion de substance qui devient
partie ligneuse , il répond qu'il se
travaille dans l'interieur même de l'écorce
une substance propre à reparer ses pertes
et il appuye cette réponse par une obser
vation à peu près aussi juste et aussi concluante
que la réponse elle -même est instructive.
ART. 8. p. 41. La moëlle , selon notre
Auteur , tire sa nourriture de la partie
superieure de la portion ligneuse , et un
de ses usages lui paroît être de filtrer et de
préparer les sucs qui doivent nourrir l'embryon
, parce que dans la dissection des
fruits de plusieurs Arbres on voit une
communication sensible du coeur du jeune
fruit avec la moëlle du nouveau jet.
ART.
FEVRIER. 1734. 229
ART. 9. p. 43. ART. 10. p. 44. Il ne
suffit pas de connoître que la séve monte
jusqu'aux extrêmitez des Plantes , il faut
sçavoir encore si cette séve redescend , les
Plantes poussent des racines de la même
maniere qu'elles poussent des feuilles et
des branches ; ainsi comme il y a un suc
•qui en montant fait rejetter les plantes par
le haut , il doit y en avoir un autre qui en
descendant les fasse croître par le bas . M.
de la Baïsse n'a regardé ce Phénomene que
.comme une simple indication , et afin de
découvrir la verité il s'est engagé dans
plusieurs experiences que je vais rappor
ter dans le même ordre qu'il les a exposées.
1 °. Dans les fleurs et branches opposées
qui ont trempé dans la liqueur de
Phytolaus par une de leurs extrêmitez superieures
et dans une situation renversée
le premier suc ne s'est élevé que très- peu ,
quoique les parties inferieures , les bran
ches et les fleurs collaterales se soient bien
conservées , ce qui fait penser à M. de la
Baisse( et qui peut le penser que lui ? )qu'il
faut qu'il se fasse dans les feuilles et
sommitez où s'arrête ce premier suc une
digestion qui donne naissance à un suc - secondaire
, propre à porter en descendant
la fraîcheur dans les parties inferieures et
collaterales de la fleur ou de la branche
By
230 MERCURE DE FRANCE
-2 ° . Il monte du suc des racines des jeunes
Plantes aux feuilles seminales , et il en
descend des feuilles seminales aux racines,
comme il est facile de le prouver par les
experiences de Malpighi qui démontrent
la nécessité de ses feuilles seminales pour
la vegetation de la tige et des racines naissantes.
3 ° . Si on fait une ligature à une
tige de titrimale , il se forme un bourelet
au dessus de la ligature. Preuve sensible .
d'un suc descendant , et de la verité de
cette experience faite par M. Perrault. 4° .
Dans un gros tronc de noyer vers le couronnement
, sous une des plus considerables
branches , M. de la Baïsse a vû une
grande carité du milieu de laquelle sortoit
une racine de quatre lignes de diametre
à sa naissance , et longue de huit
ces , cette racine n'a pû être formée que
par un suc descendant . 5 ° . Dans les Greffes
la direction des fibres ligneuses est irréguliere
, du moins suivant notre Auteur ,
et à la pluspart il se forme des bourelets ,
les fibres du sujet au contraire ne sont
que peu ou point dérangées , ce qui lut
paroît prouver qu'il descend de la greffe
au sujet un suc qui ne pouvant passer alsement
dans le sujet est repoussé dans la
greffe , où il se replie sur lui même . M. Du
amel a avancé dans les Memoires de l'A
poucadémi
FEVRIER. 1734. 231
cadémie Royale des Sciences 1728. que la
qualité des fruits se perfectionne par la
greffe , parce que le suc se travaille dans
les plis et replis qui se forment au-dessus
de la jonction , M. de la Baïsse pensant
que les observations de cet Academicien
pourroient faire contre son sentiment une
obection assez forte , du moins en apparence
, a jugé à propos pour y répondre
de faire observer que le premier suc montant
se façonne très peu dans les tuyaux
par lesquels il passe et qu'il faut de necessité
que ce suc ait fait plusieurs circulations
dans la Plante , ce qui est alors supposer
un suc descendant. M. de la Bisse
pour prouver que ce n'est pas sans fondement
qu'il prétend qu'il y a des fibres voisines
, dont les unes portent le suc montant
, et les autres le descendant , se sert
de l'experience suivante qu'il croit bien
écisive dans le cas present ; il mit au
Printemps dans la teinture de Phytolacca
une branche de Tilleul longue d'environ
trois pieds la cinture s' leva jusqu'au
haut de la branche , il coupa cette bran
che obliquement en differens endroits , il
en regard less ctions avec une loupe , et
il distingua dans toutes des cercles concentriques
alternativement rouges et
blancs. 6. Si on coupe l'éclaire,le suc jau-
B vj
ne
232 MERCURE DE FRANCE
ne , suivant notre Auteur , sort en plus
grande abondance de la partie superieure
que
de l'inferieure , souvent même il n'en
découle pas une seule goutte de la section
inferieure , ce qui lui semble prouver que
ce suc vient des parties superieures de la
Plante , et par consequent que c'est au suc
descendant . M. de la Baïsse avoue que cette
experience ne lui a pas toujours également
réussi. 7. Enfin notre Auteur a fait
les mêmes observations sur le suc des tithimales
que sur celui de l'éclaire .
ART. II . p. 55. Il s'agit présentement
de déterminer d'où vient ce suc descendant
, et de découvrir si c'est la séve de
la Plante , ou un suc fourni par l'air , M.
de la Baïsse adopte le premier sentiment
et dit que le dernier ne mérite pas qu'on
s'arrête à le refuter par de longs raisonnemens
, et en consequence il conclut qu'il
ya dans les Plantes une vraye circulatio
de la séve ; au reste , s'il entre à rebours
par les extrêmitez des fibres ligneuses des
feuilles ou des tiges , quelques sucs étrangers
, notre Auteur pense qu'ils y reçoivent
bientôt une digestion, qui en les faisant
passer dans d'autres canaux , les réduit
au cours naturel des liquides ordinaires.
contenant l'Analyse de la Dissertation
sur la Circulation de la Séve dans les
Plantes , &c.
ART. 4.
pag. 24
R de la Baïsse avoit résolu
Mde suivre, s'il étoit
possible,
dans les Plantes le cours de la Séve d'une
maniere
FEVRIER 1734. 223
>
maniere aussi précise qu'on fait le cours
du Chyle dans les animaux , il vouloit en
déterminer les visieres , les veines , les ar--
teres , les glandes , et les vaisseaux , parce
qu'il avoit cru les voir distinctement
dans quelques Plantes ; il entreprit pour
executer ce projet plusieurs dissections ;
mais comme il ne retiroit de ce travail
aucun fruit , il jugea l'entreprise impossible
, du moins de la maniere dont il avoit
arrangé son plan , c'est pourquoi il l'abandonna
entierement , et il se contenta
d'examiner en general comment et ent
quelles parties de la Plante se dégorgent
les premiers tuyaux par lesquels monte
d'abord le suc nourricier ; notre Auteur
a toûjours mis tremper dans une liqueur.
colorée les parties des Plantes qu'il a voulu
examiner , et cette voye lui a paru suffisante
pour découvrir la route de la
séve.
La premiere partie de la Plante dans laquelle
il a observé le cours de la liqueur, a
été les fleurs ; il a jugé par ses observations
que le suc monte fort vîte et fort aisément
jusqu'au sommet des tiges , mais qu'il se
trouve ensuite arrêté aux plis et extrê
mitez des fleurs ; il pense que c'est peutêtre
en ces Endroits que le suc dépose ce
qu'il a de plus grossier ; il a aussi remar-
Bij qué
224 MERCURE DE FRANCE.
qué que le suc passe de ces premiers canaux
dans les parties charnues de la fleur
comme au travers d'un filtre , ce qui fait
qu'il n'y a que la portion du suc la plus
subtile qui y puisse être ; il prétend que les
sacs , ( il entend par sacs les utricules de
Malpighi ) tirent le suc immédiatement
de ces vaisseaux le long desquels ils sont
apparemment attachez ; peut- être bien ,
ajoûte-t'il , le suc nourricier se filtre par
côté , et passe dans de petits canaux collateraux
qui servent de communication
pour le porter dans les Kistes charnus , les
mêmes que ce qui vient d'être appellez
sacs. M. de la Baïsse seroit fort embarrassé
de trouver ces vaisseaux de communication
, même avec le secours du microscope.
.ART. 5. p. 30. Art . 6. ibid. Notre Auteur
n'ayant pû observer la route du suc
dans les fruits , passa la distribution de la
liqueur dans les feuilles , il a découvert
que les canaux destinez à porter la premiere
nourriture dans les feuilles sont situez
dans les nervures , que ces canaux ne
sont qu'une continuation des fibres de la
portion Higneuse , que le suc passe de
ces tuyaux dans les parties charnuës des
feuilles de la même maniere que dans celles
des fleurs , enfin qu'à mesure que le
Suc
FEVRIER. 1734. 225
suc monte dans les nervures , il s'y débarasse
de sa portion la plus grossiere. Pour
ne rien avancer gratis , voici la preuve de
cette derniere proposition , mettant une
feuille tremper par le pidicale dans une liqueur
colorée , la teinture devenoit moins
chargée à proportion qu'elle montoit plus
haut dans les tuyaux de la feiiille ; il falloit
donc qu'elle se dépoüillât de ses parties
heterogenes , par consequent la même
députation doit arriver à la seve qui
se meut dans ces canaux . Il faut avouer
qu'il est impossible de se refuser à de telles
preuves
.
ART. 7. p. 34. M. de la Baïsse mit pendant
deux ou trois jours en experience
dans la liqueur colorée l'écorce de quelques
Plantes , il observa que dans la partie
superieure et inferieure de l'écorce , la
teinture s'étoit répandue , et que la couleur
étoit très- visible vers le bas environ
jusqu'à la hauteur où s'élevoient en dedans
de la Plante des veines sensiblement rouges
, et vers le haut dans l'endroit où le suc
continuellement poussé avoit eu le loisir
de se ramasser jusqu'à répandre une couleur
rougeâtre dans presque tout l'interieur
de la plante ; il n'apperçût aucune
alteration de couleur au milieu de la tige,
et il conclut que ce n'est que quand la
B iij partie
226 MERCURE DE FRANCE
partie ligneuse de la plante a été imbuë de
la couleur du suc dont elle s'est nourrie ,
que l'écorce s'en est aussi trouvée colorée
quelque temps après , et par consequent
que c'est immédiatement du bois que l'écorce
tire sa premiere nourriture ; enfin
comme notre Auteur n'a pû distinguer
de rameaux rouges dans la substance de
l'écorce comme dans celle du bois , quoique
la teinture se répandit dans l'écorce toujours
assez uniformement , il lui a paru démontré
que la seve qui nourrit l'écorce passe immédiatement
des fibres de la portion ligneuse
dans les utricules de l'écorce.
Ordinairement le signe caracteriastique
d'un systême vrai est la facilité qu'il donne
pour expliquer tous les faits qui se présentent
, c'est pourquoi M. de la Baïsse
tâchá de rendre raison selon ses principes
de plusieurs phénomenes qui appartiennent
à la Physique des Plantes. Comme
je crois , Monsieur , que vous ne serez pas
fâché de voir un essai des applications de
son systême à differens cas particuliers , je
vais vous en rendre compte en peu de
mots.
P. 35. M. de la Baïsse se propose d'abord
d'examiner d'où vient cette abondance
de suc qu'on trouve au Printems
entre l'écorce et le bois des Arbres , et
l'explication
FEVRIER 1734 227
l'explication de ce fait lui paroît plutôt
une consequence qu'une nouvelle preuve
de son sentiment , tant elle est ( selon
lui ) naturelle ; au renouvellement de la saison
les premiers canaux situez dans la portion
ligneuse de l'arbre abondent en sucs,
dont ils se déchargent par tous leurs dégorgemens
; bientôt les vessicules de l'écorce
en sont remplies ; et ne pouvant plus
contenir celui qui survient , il faut de necessité
qu'il sorte hors de ses vaisseaux , et
qu'il se jette entre l'écorce et le bois dans
les endroits où l'écorce est trop adhérente
au bois , les fibres ligneuses se replient sur
elles -mêmes, et poussées au dehors par l'effort
continuel des sucs nouveaux , elles
fendent l'écorce et forment de nouveaux
jes. Notre auteur ajoûte que s'il est permis
de se livrer aux conjectures , il dira
encore que cet excès de séve venant à
rompre , les petites attaches qui lioient
les utricules de l'écorce aux fibres les plus
voisines de l'écorce , presse par dehors
ces letricules et les force à s'étendre suivant
la direction la plus facile , c'est- à dire
, selon la longueur de l'Arbre , bientôt
ces utricules ainsi pressez et étendus
en longueur s'ouvrent les uns dans les autres
et deviennent par - là des canaux
longs et contigus ; en un mot , de vrayes
و
B iiij
fibres
228 MERCURE DE FRANCE
fibres ligneuses , c'est aux approches de
l'hyver que le froid doit le presser ,
assez pour les faire coller au corps de
l'Arbre.
et
M. de la Baïsse après cette explication
qui est certainement toute neuve , employe
encore une preuve de fait qui lui
paroît décisive pour démontrer que le
nouveau bois se forme de l'écorce , et il
termine cet article par une question qu'il
se propose , et qu'il résout ensuite ; on lui
demandera peut être , dit-il , comment
l'écorce répare la perte qu'elle fait chaque
année de la portion de substance qui devient
partie ligneuse , il répond qu'il se
travaille dans l'interieur même de l'écorce
une substance propre à reparer ses pertes
et il appuye cette réponse par une obser
vation à peu près aussi juste et aussi concluante
que la réponse elle -même est instructive.
ART. 8. p. 41. La moëlle , selon notre
Auteur , tire sa nourriture de la partie
superieure de la portion ligneuse , et un
de ses usages lui paroît être de filtrer et de
préparer les sucs qui doivent nourrir l'embryon
, parce que dans la dissection des
fruits de plusieurs Arbres on voit une
communication sensible du coeur du jeune
fruit avec la moëlle du nouveau jet.
ART.
FEVRIER. 1734. 229
ART. 9. p. 43. ART. 10. p. 44. Il ne
suffit pas de connoître que la séve monte
jusqu'aux extrêmitez des Plantes , il faut
sçavoir encore si cette séve redescend , les
Plantes poussent des racines de la même
maniere qu'elles poussent des feuilles et
des branches ; ainsi comme il y a un suc
•qui en montant fait rejetter les plantes par
le haut , il doit y en avoir un autre qui en
descendant les fasse croître par le bas . M.
de la Baïsse n'a regardé ce Phénomene que
.comme une simple indication , et afin de
découvrir la verité il s'est engagé dans
plusieurs experiences que je vais rappor
ter dans le même ordre qu'il les a exposées.
1 °. Dans les fleurs et branches opposées
qui ont trempé dans la liqueur de
Phytolaus par une de leurs extrêmitez superieures
et dans une situation renversée
le premier suc ne s'est élevé que très- peu ,
quoique les parties inferieures , les bran
ches et les fleurs collaterales se soient bien
conservées , ce qui fait penser à M. de la
Baisse( et qui peut le penser que lui ? )qu'il
faut qu'il se fasse dans les feuilles et
sommitez où s'arrête ce premier suc une
digestion qui donne naissance à un suc - secondaire
, propre à porter en descendant
la fraîcheur dans les parties inferieures et
collaterales de la fleur ou de la branche
By
230 MERCURE DE FRANCE
-2 ° . Il monte du suc des racines des jeunes
Plantes aux feuilles seminales , et il en
descend des feuilles seminales aux racines,
comme il est facile de le prouver par les
experiences de Malpighi qui démontrent
la nécessité de ses feuilles seminales pour
la vegetation de la tige et des racines naissantes.
3 ° . Si on fait une ligature à une
tige de titrimale , il se forme un bourelet
au dessus de la ligature. Preuve sensible .
d'un suc descendant , et de la verité de
cette experience faite par M. Perrault. 4° .
Dans un gros tronc de noyer vers le couronnement
, sous une des plus considerables
branches , M. de la Baïsse a vû une
grande carité du milieu de laquelle sortoit
une racine de quatre lignes de diametre
à sa naissance , et longue de huit
ces , cette racine n'a pû être formée que
par un suc descendant . 5 ° . Dans les Greffes
la direction des fibres ligneuses est irréguliere
, du moins suivant notre Auteur ,
et à la pluspart il se forme des bourelets ,
les fibres du sujet au contraire ne sont
que peu ou point dérangées , ce qui lut
paroît prouver qu'il descend de la greffe
au sujet un suc qui ne pouvant passer alsement
dans le sujet est repoussé dans la
greffe , où il se replie sur lui même . M. Du
amel a avancé dans les Memoires de l'A
poucadémi
FEVRIER. 1734. 231
cadémie Royale des Sciences 1728. que la
qualité des fruits se perfectionne par la
greffe , parce que le suc se travaille dans
les plis et replis qui se forment au-dessus
de la jonction , M. de la Baïsse pensant
que les observations de cet Academicien
pourroient faire contre son sentiment une
obection assez forte , du moins en apparence
, a jugé à propos pour y répondre
de faire observer que le premier suc montant
se façonne très peu dans les tuyaux
par lesquels il passe et qu'il faut de necessité
que ce suc ait fait plusieurs circulations
dans la Plante , ce qui est alors supposer
un suc descendant. M. de la Bisse
pour prouver que ce n'est pas sans fondement
qu'il prétend qu'il y a des fibres voisines
, dont les unes portent le suc montant
, et les autres le descendant , se sert
de l'experience suivante qu'il croit bien
écisive dans le cas present ; il mit au
Printemps dans la teinture de Phytolacca
une branche de Tilleul longue d'environ
trois pieds la cinture s' leva jusqu'au
haut de la branche , il coupa cette bran
che obliquement en differens endroits , il
en regard less ctions avec une loupe , et
il distingua dans toutes des cercles concentriques
alternativement rouges et
blancs. 6. Si on coupe l'éclaire,le suc jau-
B vj
ne
232 MERCURE DE FRANCE
ne , suivant notre Auteur , sort en plus
grande abondance de la partie superieure
que
de l'inferieure , souvent même il n'en
découle pas une seule goutte de la section
inferieure , ce qui lui semble prouver que
ce suc vient des parties superieures de la
Plante , et par consequent que c'est au suc
descendant . M. de la Baïsse avoue que cette
experience ne lui a pas toujours également
réussi. 7. Enfin notre Auteur a fait
les mêmes observations sur le suc des tithimales
que sur celui de l'éclaire .
ART. II . p. 55. Il s'agit présentement
de déterminer d'où vient ce suc descendant
, et de découvrir si c'est la séve de
la Plante , ou un suc fourni par l'air , M.
de la Baïsse adopte le premier sentiment
et dit que le dernier ne mérite pas qu'on
s'arrête à le refuter par de longs raisonnemens
, et en consequence il conclut qu'il
ya dans les Plantes une vraye circulatio
de la séve ; au reste , s'il entre à rebours
par les extrêmitez des fibres ligneuses des
feuilles ou des tiges , quelques sucs étrangers
, notre Auteur pense qu'ils y reçoivent
bientôt une digestion, qui en les faisant
passer dans d'autres canaux , les réduit
au cours naturel des liquides ordinaires.
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Résumé : SUITE de la Lettre de M. D. B.*** contenant l'Analyse de la Dissertation sur la Circulation de la Séve dans les Plantes, &c.
Le texte relate les travaux de M. de la Baïsse sur la circulation de la sève dans les plantes, initiés en février 1734. Initialement, il visait à tracer le parcours de la sève avec la même précision que celle du chyle chez les animaux, mais il abandonna cette approche après plusieurs dissections infructueuses. Il se concentra alors sur l'observation générale du parcours de la sève nourricière. M. de la Baïsse utilisa des liquides colorés pour suivre la sève dans différentes parties des plantes. Il observa que la sève monte rapidement dans les tiges et se dépose dans les fleurs, où elle se filtre dans les parties charnues. Il nota également que les utricules de Malpighi tirent directement le suc des vaisseaux. Dans les feuilles, la sève circule dans les nervures et se débarrasse de ses parties grossières au fur et à mesure de son ascension. Lorsqu'il trempa l'écorce de certaines plantes dans des liquides colorés, il constata que la teinture se répandait dans les parties supérieure et inférieure de l'écorce, confirmant que l'écorce tire sa nourriture directement du bois. Il expliqua l'abondance de sève au printemps par le débordement des sucs dans les canaux ligneux, qui finissent par se répandre entre l'écorce et le bois. M. de la Baïsse examina également la moelle, qui tire sa nourriture de la partie supérieure ligneuse et filtre les sucs pour nourrir l'embryon. Il s'intéressa aussi à la descente de la sève, notant que les plantes poussent des racines de manière similaire aux feuilles et branches. Il réalisa plusieurs expériences pour prouver l'existence d'un suc descendant, notamment en observant la formation de bourrelets après des ligatures ou des greffes. Enfin, il conclut qu'il existe une véritable circulation de la sève dans les plantes, bien que des sucs étrangers puissent entrer par les extrémités des fibres et être digérés pour suivre le cours naturel des liquides.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7236
p. 251-264
Memoire qu'on a promis dans le Mercure précedent.
Début :
La Maison d'Harcourt tire son origine de Bernard, surnommé le Danois [...]
Mots clefs :
Harcourt, Jeanne, Richard, Guillaume, Normandie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Memoire qu'on a promis dans le Mercure précedent.
Mémoire qu'on a promis
dans le Mercure
précedent.
La Maison d'Harcourt tire
son origine de Bernard, surnommé
le Danois, Prince de
Dannemar k, Gouverneur &
Regent en Normandie, pour
Bolie Duc de Normandie,
lequel sur baptisé à Roüen
en 612. par l'Archevesque
Franegues avec ses compagnons,&
entr'autresBernard
le Danois le fut avec luy;
Bernard eue pour filsde S.
Protte de Bourgogne, son
épouse, Torf, Seigneur de
Vorville, qui épousa Ertembergh
de Briqucbec,pere &
mere de deux fils 18. Thouroude,
Sire du Ponteaudemer,
z°. Turchetil, Seigneur
deTurguetilc,derhouroude,
du Ponceaudemer;
& de Duceline de Crcfpon,
cfi: descendu les Comtes de
de lvieulanr & de Beaumont
qui ont fini à Jeanne de
Meulant, Baronne de S.
Paer, femme de Jean Dauray
en 1485. & à Perrine de
Méfiant, sa soeur, Dame de
Courseu lles, femme de
Guillaume Bossenivien, Seigneur
de Champerin.
Des Comtes de Meulantest
aussi forti les Comtes de
Leicestre & les Comtes de
Warvick en Angleterre, &
de Meulant, Baron de Neubourg
en Normandie.
De Turchetil
,
Seigneur
de Turquetil, est descendu
toute la Maison d'Harcourt.,
qui sest divisee en quantité
de branches, Anchetil son.
filsest qualifié,Sire de Harcourt,
&: il épousa Eve de
iBolesfsauylteChastelen 1027. peredeRobert
mier Baron de Harcourr, die
le Fort,qui épousa vers Pan
1°94. Colede d'Argouges,
d'une tres-noble & rres ancienne
famille de Normandie,
& de laquelle font encore
aujourdhuy Messieurs
d'Argouges de Renés, donc
Mr d'Argouges de Renes,
Maistre des Reque stes i&:"
Lieutenant Civil au Chastelet
deParis: de Robert Baron
de Harcourc &,- de Colede
d'Argouges;ils eurent pour
petitfils Robert deuxième
du nom, Sire de Harcourr,
1f qui épousa Jeanne de Meu.
lant la parente; il en ont
16 enfans, onze garçons
& cinq filles, des onze gar.
çons il y eut quatre qui ont.
fait branches. Sçavoir,1°..
Richard, 1.°. Guillaume, 3 °.
Olivier, 4e. Vautier;la branche
d'Olivier ne subsistaque
pendant trois générations;
celle de Vautierpendant 6
générations, il n'y a eu que
celle de Richard ,.& celle de
Guillaume qui sesont multipliez,
comme je le vais
dire.
s. :-',
!
La branche de Richard cft
celle qui:sJtH le plus multi.
pliée & qui iubMc encore
aujourd huy, comme je le
diray ci-aprés: Celle de Guillaume,
Seigneur de Bosworts,
a fait les branches de
Borsworts &de Stevart : celle
de Bosworts est finie en
i 231. à Guillaume de Harcourt,
Baron de Bosworrs,
& celle de Stevart finit aussi
à Pierre de Harcourr, Seigneur
de Stevart, donc le
perc Pierre de Harcourt
vivoiten 1596.
Quand à la Branche de
Richard,Seigneur de Harcourt,
qui vivoitenmo.
est la louche de toutes les.
branches qui ont subsisté
avec grandeur, & qui subsistent
encoreaujourdhuy ; il
eur nombre d'enfans, donc
trois laisserent posterité, i
Jean 1r Sire de Harcourr;
1Q. Raoul qui fie la branché
d'Avrillyfinie après qu.itra
generationsàJeanne deHarcourt,
Dame d'Avrilly, qui
epousa eu 1387. Amaury
de Meulanr, Baron deNeubourg;
le troisiéme fut Robert
deHarcourt, sixiéme
du nom, Çaaoni,dc Beaumes.
nil,quisut tue sansalliance
à la batailled'Azincourt en
M*SJean
IrSire de Harcourt
&d'Elbeuf,fils de Richard,
fut au voyage de la Terre-
Sainte en 1248. avec le
Roy S. Louis; il épousa Alix
de Beaumont, de laquelle il
eut nombre d'enfans, Se
entr'autres Jean, deuxiéme
du nom, Sire de Harcourt,
Maréchal & Amiral de France,
qui épousa Jeanne,
Vicomtesse de Chastelleraud
,
Damede Eslebonne,
de laquelle il eut Jean troisiéme
du nom, Sire de Harcourt,
Vicomte de Chastelleraud
,&c. Pere de Jean,
quatriéme, quieut d'Isabeau
de Parthenay,Jean, cinquiéme
du nom, Comte de
Harcourt, Vicomre de Chastelleraud,
Seigneur d'Elbeuf,
lequelépousa Jeanne de
Ponthieu, Comtesse d'Aumale,
& de Montgommery,
de laquelle il eut nombre
d'enfans, & entr'autres trois,
i°. Jean sixiéme du nom,
Comte de Harcourt & d'Aumale,
1°. Jacques, Seigneur
de Montgommery. y
Philippe, Baron de Bonne t
table. Yij
Jean, sixiéme du nom,
Comte de Harcourt, &
d'Aumale, épousa Catherine
de Bourbon, & ils eurent dix
enfans; entr'autres, Jean
septiéme du nom, Comte de
Harcourt & d'Aumale, Vicomte
de Chastelleraud, Sire
d'Elbeuf, &c. qui mourut en
1452. qui laissa trois enfans,
JO. Jean huitiéme, Sire de
Harcourt, mort sans posterité
légitime.2°. Mariede
Harcourt, Comtesse d'Aumale,
frcre de Henry de
Lorraine, Comte de Vaudemont,
à qui elle porta les
plus belles terres de la Maison
de Harcourt;sçavoir, le
Comté de Harcourt, d'Aumale,
Elbeuf, Lislebonne,
&c. qui font aujourdhuy les
plus beaux appanages des
Cadets de la Maison de Lorraine
établis en France.
3 °. Jeanne de Harcourt
fut femme de Jean,troisiéme
Sire de Rieux en 1414. puis
de Bertrand de Dinan, Scigneur
de Beaumanoir&de
Chasteau Briant. l
De Jacques de Harcourt
Seigneur de Montgommery;
secondfilsde Jean cinquiéme
Comte de Harcourt, & de
Jeanne de Ponthieu, il en
descendu une nombreuse
posterité en plusieurs branches,
& ent'autres celle de
Bcuvron dont est aujourd'huy
Monsieur le Maréchal
Duc de Harcourt, Pair de
France, Monsieur le Comte
de Sesanne, Chevalier de la
Toison d'or, &c.
DePhilippe de Har.court
SeigneurdeBonnestable,3e
fils de Jean cinquiéme, &
de Jeanne de Ponthieu, est
aussi descendu aprés huit
dégrez de generations,Jacques
de Harcourt, Baron
d'Olonde, qui épousa en
1648.Françoise de S. Oüen,
D(&nlC de Parfouru, de laquelle
il a eu des enfans.
On peu dire que le peu que
l'ona dir ci dessus, faitjuger
quelaMaison de Harcourt est
unetres grande Maison,qu'il
faut des volumes entiers,
comme a fait Monsieur de
la Bocque,quienafaitl'Histoire
en quatre volumes infolio,
pouren découvrir la
beauté, ou du moins il fau- une.qirtç d'une prodigieuse
grandeur pour voir
tout d'un coup les grandeurs
& les alliances de cette Maison.
On f<pit qu'il y a du temps
que MonsieurChevillard,
Genealogiste du Roy, &
Histonographe de France,
travaille sur cette Maison
pour en disposer une parillc
carte que celle de la Maison
de Montmorency, qui est
cb<-t. Monsieur le Duc de
Luxembourg, au vieux Palais
de Roüen. Il faut esperer
qu'il achevera cetravail qui
fera d'une treegr-ainde
**T'f*
dans le Mercure
précedent.
La Maison d'Harcourt tire
son origine de Bernard, surnommé
le Danois, Prince de
Dannemar k, Gouverneur &
Regent en Normandie, pour
Bolie Duc de Normandie,
lequel sur baptisé à Roüen
en 612. par l'Archevesque
Franegues avec ses compagnons,&
entr'autresBernard
le Danois le fut avec luy;
Bernard eue pour filsde S.
Protte de Bourgogne, son
épouse, Torf, Seigneur de
Vorville, qui épousa Ertembergh
de Briqucbec,pere &
mere de deux fils 18. Thouroude,
Sire du Ponteaudemer,
z°. Turchetil, Seigneur
deTurguetilc,derhouroude,
du Ponceaudemer;
& de Duceline de Crcfpon,
cfi: descendu les Comtes de
de lvieulanr & de Beaumont
qui ont fini à Jeanne de
Meulant, Baronne de S.
Paer, femme de Jean Dauray
en 1485. & à Perrine de
Méfiant, sa soeur, Dame de
Courseu lles, femme de
Guillaume Bossenivien, Seigneur
de Champerin.
Des Comtes de Meulantest
aussi forti les Comtes de
Leicestre & les Comtes de
Warvick en Angleterre, &
de Meulant, Baron de Neubourg
en Normandie.
De Turchetil
,
Seigneur
de Turquetil, est descendu
toute la Maison d'Harcourt.,
qui sest divisee en quantité
de branches, Anchetil son.
filsest qualifié,Sire de Harcourt,
&: il épousa Eve de
iBolesfsauylteChastelen 1027. peredeRobert
mier Baron de Harcourr, die
le Fort,qui épousa vers Pan
1°94. Colede d'Argouges,
d'une tres-noble & rres ancienne
famille de Normandie,
& de laquelle font encore
aujourdhuy Messieurs
d'Argouges de Renés, donc
Mr d'Argouges de Renes,
Maistre des Reque stes i&:"
Lieutenant Civil au Chastelet
deParis: de Robert Baron
de Harcourc &,- de Colede
d'Argouges;ils eurent pour
petitfils Robert deuxième
du nom, Sire de Harcourr,
1f qui épousa Jeanne de Meu.
lant la parente; il en ont
16 enfans, onze garçons
& cinq filles, des onze gar.
çons il y eut quatre qui ont.
fait branches. Sçavoir,1°..
Richard, 1.°. Guillaume, 3 °.
Olivier, 4e. Vautier;la branche
d'Olivier ne subsistaque
pendant trois générations;
celle de Vautierpendant 6
générations, il n'y a eu que
celle de Richard ,.& celle de
Guillaume qui sesont multipliez,
comme je le vais
dire.
s. :-',
!
La branche de Richard cft
celle qui:sJtH le plus multi.
pliée & qui iubMc encore
aujourd huy, comme je le
diray ci-aprés: Celle de Guillaume,
Seigneur de Bosworts,
a fait les branches de
Borsworts &de Stevart : celle
de Bosworts est finie en
i 231. à Guillaume de Harcourt,
Baron de Bosworrs,
& celle de Stevart finit aussi
à Pierre de Harcourr, Seigneur
de Stevart, donc le
perc Pierre de Harcourt
vivoiten 1596.
Quand à la Branche de
Richard,Seigneur de Harcourt,
qui vivoitenmo.
est la louche de toutes les.
branches qui ont subsisté
avec grandeur, & qui subsistent
encoreaujourdhuy ; il
eur nombre d'enfans, donc
trois laisserent posterité, i
Jean 1r Sire de Harcourr;
1Q. Raoul qui fie la branché
d'Avrillyfinie après qu.itra
generationsàJeanne deHarcourt,
Dame d'Avrilly, qui
epousa eu 1387. Amaury
de Meulanr, Baron deNeubourg;
le troisiéme fut Robert
deHarcourt, sixiéme
du nom, Çaaoni,dc Beaumes.
nil,quisut tue sansalliance
à la batailled'Azincourt en
M*SJean
IrSire de Harcourt
&d'Elbeuf,fils de Richard,
fut au voyage de la Terre-
Sainte en 1248. avec le
Roy S. Louis; il épousa Alix
de Beaumont, de laquelle il
eut nombre d'enfans, Se
entr'autres Jean, deuxiéme
du nom, Sire de Harcourt,
Maréchal & Amiral de France,
qui épousa Jeanne,
Vicomtesse de Chastelleraud
,
Damede Eslebonne,
de laquelle il eut Jean troisiéme
du nom, Sire de Harcourt,
Vicomte de Chastelleraud
,&c. Pere de Jean,
quatriéme, quieut d'Isabeau
de Parthenay,Jean, cinquiéme
du nom, Comte de
Harcourt, Vicomre de Chastelleraud,
Seigneur d'Elbeuf,
lequelépousa Jeanne de
Ponthieu, Comtesse d'Aumale,
& de Montgommery,
de laquelle il eut nombre
d'enfans, & entr'autres trois,
i°. Jean sixiéme du nom,
Comte de Harcourt & d'Aumale,
1°. Jacques, Seigneur
de Montgommery. y
Philippe, Baron de Bonne t
table. Yij
Jean, sixiéme du nom,
Comte de Harcourt, &
d'Aumale, épousa Catherine
de Bourbon, & ils eurent dix
enfans; entr'autres, Jean
septiéme du nom, Comte de
Harcourt & d'Aumale, Vicomte
de Chastelleraud, Sire
d'Elbeuf, &c. qui mourut en
1452. qui laissa trois enfans,
JO. Jean huitiéme, Sire de
Harcourt, mort sans posterité
légitime.2°. Mariede
Harcourt, Comtesse d'Aumale,
frcre de Henry de
Lorraine, Comte de Vaudemont,
à qui elle porta les
plus belles terres de la Maison
de Harcourt;sçavoir, le
Comté de Harcourt, d'Aumale,
Elbeuf, Lislebonne,
&c. qui font aujourdhuy les
plus beaux appanages des
Cadets de la Maison de Lorraine
établis en France.
3 °. Jeanne de Harcourt
fut femme de Jean,troisiéme
Sire de Rieux en 1414. puis
de Bertrand de Dinan, Scigneur
de Beaumanoir&de
Chasteau Briant. l
De Jacques de Harcourt
Seigneur de Montgommery;
secondfilsde Jean cinquiéme
Comte de Harcourt, & de
Jeanne de Ponthieu, il en
descendu une nombreuse
posterité en plusieurs branches,
& ent'autres celle de
Bcuvron dont est aujourd'huy
Monsieur le Maréchal
Duc de Harcourt, Pair de
France, Monsieur le Comte
de Sesanne, Chevalier de la
Toison d'or, &c.
DePhilippe de Har.court
SeigneurdeBonnestable,3e
fils de Jean cinquiéme, &
de Jeanne de Ponthieu, est
aussi descendu aprés huit
dégrez de generations,Jacques
de Harcourt, Baron
d'Olonde, qui épousa en
1648.Françoise de S. Oüen,
D(&nlC de Parfouru, de laquelle
il a eu des enfans.
On peu dire que le peu que
l'ona dir ci dessus, faitjuger
quelaMaison de Harcourt est
unetres grande Maison,qu'il
faut des volumes entiers,
comme a fait Monsieur de
la Bocque,quienafaitl'Histoire
en quatre volumes infolio,
pouren découvrir la
beauté, ou du moins il fau- une.qirtç d'une prodigieuse
grandeur pour voir
tout d'un coup les grandeurs
& les alliances de cette Maison.
On f<pit qu'il y a du temps
que MonsieurChevillard,
Genealogiste du Roy, &
Histonographe de France,
travaille sur cette Maison
pour en disposer une parillc
carte que celle de la Maison
de Montmorency, qui est
cb<-t. Monsieur le Duc de
Luxembourg, au vieux Palais
de Roüen. Il faut esperer
qu'il achevera cetravail qui
fera d'une treegr-ainde
**T'f*
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Résumé : Memoire qu'on a promis dans le Mercure précedent.
Le texte relate l'histoire de la Maison d'Harcourt, une famille noble d'origine normande. La lignée commence avec Bernard le Danois, prince de Dannemarck, qui fut gouverneur et régent en Normandie au début du VIIe siècle. Bernard eut un fils nommé Torf, seigneur de Vorville, dont les descendants incluent les comtes de Meulan et de Beaumont. La Maison d'Harcourt se divise en plusieurs branches, notamment celles de Richard et de Guillaume. La branche de Richard est la plus prolifique et subsiste encore aujourd'hui. Parmi les membres notables, Jean Ier, seigneur de Harcourt, participa à la croisade en 1248 aux côtés du roi Louis IX. La famille compte également des maréchaux et amiraux de France, ainsi que des comtes d'Aumale et de Montgommery. La Maison d'Harcourt est réputée pour ses alliances prestigieuses et sa grande descendance, nécessitant des volumes entiers pour en détailler l'histoire. Le généalogiste Chevillard travaille sur une carte généalogique de cette maison, comparable à celle de la Maison de Montmorency.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7237
p. 249-264
Le Printemps glacé Idille.
Début :
Le Printemps suivi de Flore Des beaux jours & des Zephirs [...]
Mots clefs :
Printemps, Flore, Zéphyrs, Nature, Oiseaux, Plaisirs, Hiver, Rivages, Bergers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Printemps glacé Idille.
Le Printemps glacé
Idille.
Le Printemps fnivi de
Flore
Des beaux jours & des
Zepbirs
Avmt dela fait êclore
Dans nos Champs mille
plaisirs
Deja par de doux ramages
Les Oisèaux dans les
Boccazcs
Cha?ttoiern leurs tendres
langueurs
Et cejfmtd'e/trecaptives
Les Mayades sur leurs
rives
Voyoient naître mille
fleurs.
Déjà far ces fleurs
natfiantes
Les Bergers à leurs
Amantes
Racontoient le long du
jour
Combien la faison des
glaces
Avott couté de disgraces
Et de maux à leur
amour;
Enfin toute la nature
Pleine d'un ejpoir charmant
Du retour de la verdure
Marquoit joii ravtjfc*
ment.
Mais thyver impitoyable
Rend ce plaisir peu durable
Pour hanir le Printemps
il revientsurses pas
Par Us barbares outrages
On revoit sur nos rivages
Lesglaçons& lesfrimats
UAepsilonsur& terrible
ChaJJe le Zephir patjible
Et ravit à nos champs
leurs renaijjans Afpas.
Depuis que sa froide
haleine ji trihomphé des beaux
jours
Les plaisirs & les amours
Sont dt[parus dans la
Plysine
En retournant dans le
Hameau
Chaque Bergersedesespere
De s'y voir arraché dJ/auprés
desa Btrgere
PPaarrunchangement si t%,-i chaî2
nouveau.
Tandis que le Berger
pleure
Des rigeurs de la faison3
Le Laboureur à tonte
heure
En tremble poursamots
son
Voyant les écrits ell furie
Exercer le..r barbarie
Dans [es ftnilts Cuorcts
Troublé,rerrpli d'epouvanté
Il riofe plus compter la
recolte abondante
Qui l'avoit tantflate par
jes riches aprejh.
Eij7n par Vhorrible
Guerre
Que le fr. id fait sur la
Terre
Tout languit dans l'Univers
Et les Coteaux deja
verds
Quittant leur riante face
pour ceder à Ion horreur
On ne voitplus que la
trace
Des Autans pleins de
fureur.
Helas!ce triste ravage
Qui nous defoie sifort
hlt unefuneste Image
Des rigueurs de nojlre
fort
Lors'quâpres mille travtrfes
Et mille panes dtvtrfes
Nouscroyons n'avoirplus
àformerdefoubaits
Loin de voir couronner
nostre perseverance
J!~~ * Rend nos chagrins plus
vifs qu'ils ne furent
jamais.
Tel. que l'ambition
fate
Courant après les honneurs
Quelque foisalafin en
goûte les douceurs
Dans un rang éminent
ouon pouvoir éclate
Possedantyeu(onbonheur,
La fortune qui le joué
D'uninconjlant tour de
roue
Faitrincerfersa grandeur.
Vn autre dans le
Commerce
Faitsagloireblanchir
Sur teJfolr de s'enrichir
Il ness Mer qu'il ne
tratver(e
Maivgreamuillxe affreux tra-
Bravantles Vents &les
Ondes
Ilvif!telesdeux Mondes s(~ Sur ae frajjus l^atjî/')eaux
Et !orfanet'à main avare
Jîad,. } -1-", '1 ;,' 'f. rJ~ 14 i nomlr, u* amas
De ce quinaît defias rare
Da-ns tmes baarbartessCli-
Rempuaune douce a:ten-
- te
Qui h frite & qui l'enchante
Ilse remet sur la Ader
Alors un fougueux orage
A ses riches Vaisseaux
saif,ntfaire naoffrage
Il voit an fond des flots
f/oanep/poliiracbîemesr.
-
Vncoeur
Vncoeur- eexxeemmpptt des
De lamorne avarice &
de L'ambition
Oui fait toutesses delices
DJlt:ne tendrepuffion
N*apas plus de repos en
juvvatJt la tendreté
Que l'Avare craintif ny
que lt'ambitieux
ji peine sesfoins &ses
voeux
Ont touchéé ll''oobbjet qui le
blesle
Que de cet état charmant
Ilpajfe au malheur extreme
Devoir l'Ingrate quil
aime
En irJtj/ffant ses feux
courir au changernent.
C'est ainsi qu'en mille
maniérés
&aveugle& bigarre def
tin
Fait tourner nos plaisirs
en des douleurs ameres
Changeant tout eamoin
d'un matin
Mais sinos coeurs étoient
sans vices
Si nous nesuivionspoint - lesfollespajjions
Il neferoitfar nous malgrétous
(es caprices
Que defaiblesimprejfwns.
Ces Arbres dépouilleZ,
De leurs ch.r/muns feml- /:'f:S Ó, Ces fJ¡eZ.oÙ l'herbemeurt
& cceess'iriu-,:@[jea!vxgrrs',-i.c'~ee\'"f
JSïû'is donnent des leCOliS
en lt ..-,>( ?n:icts Unçaçet
r ~8 r,J 1-
¿, 3O1.- Ils Otit veufansfrémir j
1,.'JiJ ,",..- l. (.. ", l JJ
leurss^psisefpacez>
Quoique le rrintemps se
retire
Que l'hyver en comroux
reprenant Ion empire
Ravisse tonte* leurs beautés
Ils nefptccombent point
Jons tant de cruaute;:."
,DDan,zsnisci ceiiaattttoouûjjo0u14rrss
jCftitt-tii/ié?
Ces Cljcfncs reJifl-ant
aux Autels irrite^
~., .,,' ,J t L-~ ylîtendent desZcphirs le
J~ {/. f.. u 1 H~' ¿t. fJ ¡ J t¡;
retourfavorable.
,,,It J ".-J.I t.,/ .,., ,.,'.,¡Ie
Si co'mr.e eux cLins
1n'Is les revers
Dont lafjrtme nous ac-
c."v;;;e
Nousgardions un esprit
conjtant, inébranlable
Attendant en repos fil
changements divers
Notts v.-i-roris COHUrnotre vie Dans un état plus doux
& plus digne d'envie
Q^e si Con nous rendoit
jMaijïres de ÏVnivtrs.
Idille.
Le Printemps fnivi de
Flore
Des beaux jours & des
Zepbirs
Avmt dela fait êclore
Dans nos Champs mille
plaisirs
Deja par de doux ramages
Les Oisèaux dans les
Boccazcs
Cha?ttoiern leurs tendres
langueurs
Et cejfmtd'e/trecaptives
Les Mayades sur leurs
rives
Voyoient naître mille
fleurs.
Déjà far ces fleurs
natfiantes
Les Bergers à leurs
Amantes
Racontoient le long du
jour
Combien la faison des
glaces
Avott couté de disgraces
Et de maux à leur
amour;
Enfin toute la nature
Pleine d'un ejpoir charmant
Du retour de la verdure
Marquoit joii ravtjfc*
ment.
Mais thyver impitoyable
Rend ce plaisir peu durable
Pour hanir le Printemps
il revientsurses pas
Par Us barbares outrages
On revoit sur nos rivages
Lesglaçons& lesfrimats
UAepsilonsur& terrible
ChaJJe le Zephir patjible
Et ravit à nos champs
leurs renaijjans Afpas.
Depuis que sa froide
haleine ji trihomphé des beaux
jours
Les plaisirs & les amours
Sont dt[parus dans la
Plysine
En retournant dans le
Hameau
Chaque Bergersedesespere
De s'y voir arraché dJ/auprés
desa Btrgere
PPaarrunchangement si t%,-i chaî2
nouveau.
Tandis que le Berger
pleure
Des rigeurs de la faison3
Le Laboureur à tonte
heure
En tremble poursamots
son
Voyant les écrits ell furie
Exercer le..r barbarie
Dans [es ftnilts Cuorcts
Troublé,rerrpli d'epouvanté
Il riofe plus compter la
recolte abondante
Qui l'avoit tantflate par
jes riches aprejh.
Eij7n par Vhorrible
Guerre
Que le fr. id fait sur la
Terre
Tout languit dans l'Univers
Et les Coteaux deja
verds
Quittant leur riante face
pour ceder à Ion horreur
On ne voitplus que la
trace
Des Autans pleins de
fureur.
Helas!ce triste ravage
Qui nous defoie sifort
hlt unefuneste Image
Des rigueurs de nojlre
fort
Lors'quâpres mille travtrfes
Et mille panes dtvtrfes
Nouscroyons n'avoirplus
àformerdefoubaits
Loin de voir couronner
nostre perseverance
J!~~ * Rend nos chagrins plus
vifs qu'ils ne furent
jamais.
Tel. que l'ambition
fate
Courant après les honneurs
Quelque foisalafin en
goûte les douceurs
Dans un rang éminent
ouon pouvoir éclate
Possedantyeu(onbonheur,
La fortune qui le joué
D'uninconjlant tour de
roue
Faitrincerfersa grandeur.
Vn autre dans le
Commerce
Faitsagloireblanchir
Sur teJfolr de s'enrichir
Il ness Mer qu'il ne
tratver(e
Maivgreamuillxe affreux tra-
Bravantles Vents &les
Ondes
Ilvif!telesdeux Mondes s(~ Sur ae frajjus l^atjî/')eaux
Et !orfanet'à main avare
Jîad,. } -1-", '1 ;,' 'f. rJ~ 14 i nomlr, u* amas
De ce quinaît defias rare
Da-ns tmes baarbartessCli-
Rempuaune douce a:ten-
- te
Qui h frite & qui l'enchante
Ilse remet sur la Ader
Alors un fougueux orage
A ses riches Vaisseaux
saif,ntfaire naoffrage
Il voit an fond des flots
f/oanep/poliiracbîemesr.
-
Vncoeur
Vncoeur- eexxeemmpptt des
De lamorne avarice &
de L'ambition
Oui fait toutesses delices
DJlt:ne tendrepuffion
N*apas plus de repos en
juvvatJt la tendreté
Que l'Avare craintif ny
que lt'ambitieux
ji peine sesfoins &ses
voeux
Ont touchéé ll''oobbjet qui le
blesle
Que de cet état charmant
Ilpajfe au malheur extreme
Devoir l'Ingrate quil
aime
En irJtj/ffant ses feux
courir au changernent.
C'est ainsi qu'en mille
maniérés
&aveugle& bigarre def
tin
Fait tourner nos plaisirs
en des douleurs ameres
Changeant tout eamoin
d'un matin
Mais sinos coeurs étoient
sans vices
Si nous nesuivionspoint - lesfollespajjions
Il neferoitfar nous malgrétous
(es caprices
Que defaiblesimprejfwns.
Ces Arbres dépouilleZ,
De leurs ch.r/muns feml- /:'f:S Ó, Ces fJ¡eZ.oÙ l'herbemeurt
& cceess'iriu-,:@[jea!vxgrrs',-i.c'~ee\'"f
JSïû'is donnent des leCOliS
en lt ..-,>( ?n:icts Unçaçet
r ~8 r,J 1-
¿, 3O1.- Ils Otit veufansfrémir j
1,.'JiJ ,",..- l. (.. ", l JJ
leurss^psisefpacez>
Quoique le rrintemps se
retire
Que l'hyver en comroux
reprenant Ion empire
Ravisse tonte* leurs beautés
Ils nefptccombent point
Jons tant de cruaute;:."
,DDan,zsnisci ceiiaattttoouûjjo0u14rrss
jCftitt-tii/ié?
Ces Cljcfncs reJifl-ant
aux Autels irrite^
~., .,,' ,J t L-~ ylîtendent desZcphirs le
J~ {/. f.. u 1 H~' ¿t. fJ ¡ J t¡;
retourfavorable.
,,,It J ".-J.I t.,/ .,., ,.,'.,¡Ie
Si co'mr.e eux cLins
1n'Is les revers
Dont lafjrtme nous ac-
c."v;;;e
Nousgardions un esprit
conjtant, inébranlable
Attendant en repos fil
changements divers
Notts v.-i-roris COHUrnotre vie Dans un état plus doux
& plus digne d'envie
Q^e si Con nous rendoit
jMaijïres de ÏVnivtrs.
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Résumé : Le Printemps glacé Idille.
Le texte 'Le Printemps glacé' explore les effets destructeurs de l'hiver sur la nature et les êtres humains. Le printemps, initialement porteur de plaisirs et de fleurs, voit ses promesses anéanties par le retour brutal de l'hiver. Les bergers et les laboureurs, désespérés, craignent pour leurs récoltes et leurs amours. La guerre et les rigueurs de la saison exacerbent cette détresse, transformant les paysages verdoyants en scènes de désolation. Le texte établit une comparaison entre cette situation et la fortune capricieuse, capable de renverser les honneurs et la richesse. Un commerçant, après avoir accumulé des richesses, peut voir ses navires sombrer. De même, un cœur amoureux peut passer des délices au malheur extrême en étant rejeté. Ces exemples illustrent comment les plaisirs peuvent se transformer en douleurs amères. Le texte conclut en soulignant que les cœurs sans vices, ne suivant pas les passions folles, ne seraient pas soumis aux caprices de la fortune. Les arbres et les fleuves, bien que dépouillés, résistent aux cruautés de l'hiver et attendent patiemment le retour du printemps, symbolisant une résilience et une constance face aux revers de la fortune.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7238
p. 29-48
POLLICHON. Poëme par M. de N*** Directeur de l'Hôtel-Dieu de Vienne en Dauphiné.
Début :
Les Dieux sont pour César, & Caton pour Pompée. [...]
Mots clefs :
Dieux, Jugement, Muse, République, Caton, Rome
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLLICHON. Poëme par M. de N*** Directeur de l'Hôtel-Dieu de Vienne en Dauphiné.
POLLICHON.
Poëme par M. de N it -il: * Directeur
de l'Hôtel-Dita
de Vienne en Dauphiné.
Lesujetest tiré d'une Echop,
f) souslaporte d'entrée
de tHôtcLDteu, demandéeàl'Auteur
par une infinitédepersonnesstes
unes
pour Pollichon, & les
autres pour Henriette.
LES Dieux sontpour
César, & Caton pour
Pompée.
Bon jadis, mais les
Dieux, les Catons
1 de ce temps
Ont de plus grands
soucis la cervelle
occupée,
Et se partagent bien
pour d'autres combattans,
-0 Pollichon d'une part,
& de loutre Henriette.
Quelle verve vous préd
Poëte,
Et quel debut? qu'ont
de commun entr'eux
Deux inconnus & ces
Romains fameux? -
Je le dirai: c'est que
l'un & l'autre homme
Veut estre seul maître
absolu dans Rome,
En leur faveur il se fait
des partis,
Adolescens, hommes
faits, cheveux gris,
Sages & fols
,
chacun
pour euxs'engage;
Les dieux contre les
dieux l'Olimpe se
partage
Tout comme à Troye,
Apollon d'un côté,
Et d'autre part quelque
autre Deïté.
Rome voit une guerre
en cruauté feconde;
Ilse verse du fang sur
la terre& surl'onde,
Ettoutcela pourquoi ?
seulemet pour sçavoir
Qui sur la République
, aura le plein pouir
Du fier Beau- pere ou
de l'obstiné Gendre;
Ces deux Maîtres d'escrime
en pouffant
tout à bout A
Firent tantqu'ils gâterent
tout.
Catule en fut témoin
, il pourra vous rapprend
re;
Or, ce fait entendu,le
mien se peutcom-
1
prendre,
Ilne fauttout au plus
que changer quelque
nom:
Par exemple au mot
Republique,
Substituez le mot boutique:
A PompéeHenriette,à
CesarPollichon,
Au fonds voustrouverez
que lachoseest
égale;
Au fang prés répandu
c'est un autre Pharsale,
Dans les esprits même
chaleur,
Même espoirdu succés,
même amour dela
gloire,
Même attente de la
Vctoire,
Même bruit, & même
fureur,
Mêmes détours,&mêmes
ruses.
OLucain!ôBreboeuf!
j'invoque ici vos
Mu[es,
Venez entousiasme, hyperbole,
grands
mots;
Je ne sçaurois sans vous
celebrer mes Héros,
Dire de leurs desirs l'ardeur
impatiente,
Et dans cous leurs projets
l'audace triomphante;
Prêtez-moy vôtreemphase
&: vos plus
vifs crayons.
Encor pourrai je à peine
entreprendre;
essayons.
Sous un portiqueétroit
dont l'antiq ue ftruétUfC
Nlo"qfe-aux yeux des
passans qu'une caverne
obscure,
HabitePollichon l'honneur
de son quartlert
Demi porteur de chaise
& demi savetier:
Non, loin de là se montre
une jeune Amphibie,
Et Fille & femme.ô£
veuve , engageante
& hardie
Henriette, en un mot
qui de dessein
formé
Veut ravir au vieillard
fou Palais enfumé.
Muse , raconte-moy
quelles furent ses
brigues,
Que! art ou quel demon
a noüé cette
intrigue:
Mais je le prens trop
haut; parlons plus
simplement :
La verité s'explique
avec moins d'ornement.
Mes gens en veulent
donc à la même demeure,
On m'en romptlatête
à toute heure ;
Dés que pour l'un des
deux je vais me déclarer,
A quoy dois-je me preparer?
Les Pollichons vont
direrage,
Est- ce là ce Juge si
sage?
Etles Henrietsd'autre
part
Me le revaudront tôt
ou tard
Cruel relfeét humain,
quelles loixtum'imposes!
1
Mais non, c'est par le
fond qu'il fautregler
les choses;
Quiconque aura raisonchez
moy l'em-
- portera,
Aprés grondera qui
voudra:
GronGronder
est chose juridique;
Ca, parlez donc
, on
vous écoutera.
Commencez, Pollichon,
vous aurez la
replique,
Henriette elle durera
Autant de temps qu'il
luy plaira;
LairtezàPollichon ensser
sa Rhetorique,
Aprés luy la vôtre viendra,
Qui ne. fera pas laconique;
Car tout vieux Avocat
se pique
De ne pas s'expliquer
par un & cætera.
Quoy tous deux àla
fois? O bruit diabolique!
Un Huissier pour crier,
paix là.
Je m'enfuis, je n'ai pas
laeste assez stoïque
Pour supporter cette
musique:
Finissons ; à tous deux
j'adjuge la boutique;
A tous deux! Mais
voyons si cela se
pourra:
Tous deux insolidum!
nenny, la chose
implique;
Faisons donc mieux,
hé bien!on la partagera.
Salomon, Prince Pacifique,
D'un semblable procès
de même se tira.
Voila mon Jugement,
on l'executera.
L'executer
,
répond la
Nymphecolérique,
Quoy l'on m'enpollichonnera!
Moy Dres de Pollichon!
oh la belle repliquéi
Surelle le vieillard jette
un regard oblique,
Et qui te dit, qu'on le
voudra?
Les passans me feroient
la nique,
Moy vivre auprés de
toy? plûtôt dans
l'Amérique,
Pollichon plein d'honneurira,
VIvra,
mourra.
Quefaire donc?en vain
mon e sprit s a llambique.
T hemis, sage Themis,
toy ma ressource
unique,
Inspire-moy ce qu'on
se1a;
Quel nouveau jugement
faut-il que je
fabrique?
Le voici, nuls des deux
la boutiquen'aura :
Donner tout, partager,
ôter tout: la sottise
N'est pas où l'on la
croit; maint Juge
comme moy
Donne, ôteou fait partage
en dépit de
la loy ;
Nul par ce Jugement,
donné vaille que
vaille
N'aura ni l'huïtre ni
l'écaille.
Belle Leçon, pour tous
grands, petitsMagistrats,
Ne tombez jamais dans
1.. mon cas.
Mais j'entens des cenfeurs,
qui d'un ton
pedantesque,
S'acharnent sur mes
vers, & disent, quel
grotesque?
Cest justement celuy
dont Horace a parlé:
Sur une tére humaine
uncheval est colé;
Plumes, membres divers,
assemblage
bizare,
Au dessus belle femme
-
au dessous monstre
affreux;
Messieurs qui ne riroit
duncontraste sirare?
Qui ne riroir? riez, c'est
tout ce que je veux.
Poëme par M. de N it -il: * Directeur
de l'Hôtel-Dita
de Vienne en Dauphiné.
Lesujetest tiré d'une Echop,
f) souslaporte d'entrée
de tHôtcLDteu, demandéeàl'Auteur
par une infinitédepersonnesstes
unes
pour Pollichon, & les
autres pour Henriette.
LES Dieux sontpour
César, & Caton pour
Pompée.
Bon jadis, mais les
Dieux, les Catons
1 de ce temps
Ont de plus grands
soucis la cervelle
occupée,
Et se partagent bien
pour d'autres combattans,
-0 Pollichon d'une part,
& de loutre Henriette.
Quelle verve vous préd
Poëte,
Et quel debut? qu'ont
de commun entr'eux
Deux inconnus & ces
Romains fameux? -
Je le dirai: c'est que
l'un & l'autre homme
Veut estre seul maître
absolu dans Rome,
En leur faveur il se fait
des partis,
Adolescens, hommes
faits, cheveux gris,
Sages & fols
,
chacun
pour euxs'engage;
Les dieux contre les
dieux l'Olimpe se
partage
Tout comme à Troye,
Apollon d'un côté,
Et d'autre part quelque
autre Deïté.
Rome voit une guerre
en cruauté feconde;
Ilse verse du fang sur
la terre& surl'onde,
Ettoutcela pourquoi ?
seulemet pour sçavoir
Qui sur la République
, aura le plein pouir
Du fier Beau- pere ou
de l'obstiné Gendre;
Ces deux Maîtres d'escrime
en pouffant
tout à bout A
Firent tantqu'ils gâterent
tout.
Catule en fut témoin
, il pourra vous rapprend
re;
Or, ce fait entendu,le
mien se peutcom-
1
prendre,
Ilne fauttout au plus
que changer quelque
nom:
Par exemple au mot
Republique,
Substituez le mot boutique:
A PompéeHenriette,à
CesarPollichon,
Au fonds voustrouverez
que lachoseest
égale;
Au fang prés répandu
c'est un autre Pharsale,
Dans les esprits même
chaleur,
Même espoirdu succés,
même amour dela
gloire,
Même attente de la
Vctoire,
Même bruit, & même
fureur,
Mêmes détours,&mêmes
ruses.
OLucain!ôBreboeuf!
j'invoque ici vos
Mu[es,
Venez entousiasme, hyperbole,
grands
mots;
Je ne sçaurois sans vous
celebrer mes Héros,
Dire de leurs desirs l'ardeur
impatiente,
Et dans cous leurs projets
l'audace triomphante;
Prêtez-moy vôtreemphase
&: vos plus
vifs crayons.
Encor pourrai je à peine
entreprendre;
essayons.
Sous un portiqueétroit
dont l'antiq ue ftruétUfC
Nlo"qfe-aux yeux des
passans qu'une caverne
obscure,
HabitePollichon l'honneur
de son quartlert
Demi porteur de chaise
& demi savetier:
Non, loin de là se montre
une jeune Amphibie,
Et Fille & femme.ô£
veuve , engageante
& hardie
Henriette, en un mot
qui de dessein
formé
Veut ravir au vieillard
fou Palais enfumé.
Muse , raconte-moy
quelles furent ses
brigues,
Que! art ou quel demon
a noüé cette
intrigue:
Mais je le prens trop
haut; parlons plus
simplement :
La verité s'explique
avec moins d'ornement.
Mes gens en veulent
donc à la même demeure,
On m'en romptlatête
à toute heure ;
Dés que pour l'un des
deux je vais me déclarer,
A quoy dois-je me preparer?
Les Pollichons vont
direrage,
Est- ce là ce Juge si
sage?
Etles Henrietsd'autre
part
Me le revaudront tôt
ou tard
Cruel relfeét humain,
quelles loixtum'imposes!
1
Mais non, c'est par le
fond qu'il fautregler
les choses;
Quiconque aura raisonchez
moy l'em-
- portera,
Aprés grondera qui
voudra:
GronGronder
est chose juridique;
Ca, parlez donc
, on
vous écoutera.
Commencez, Pollichon,
vous aurez la
replique,
Henriette elle durera
Autant de temps qu'il
luy plaira;
LairtezàPollichon ensser
sa Rhetorique,
Aprés luy la vôtre viendra,
Qui ne. fera pas laconique;
Car tout vieux Avocat
se pique
De ne pas s'expliquer
par un & cætera.
Quoy tous deux àla
fois? O bruit diabolique!
Un Huissier pour crier,
paix là.
Je m'enfuis, je n'ai pas
laeste assez stoïque
Pour supporter cette
musique:
Finissons ; à tous deux
j'adjuge la boutique;
A tous deux! Mais
voyons si cela se
pourra:
Tous deux insolidum!
nenny, la chose
implique;
Faisons donc mieux,
hé bien!on la partagera.
Salomon, Prince Pacifique,
D'un semblable procès
de même se tira.
Voila mon Jugement,
on l'executera.
L'executer
,
répond la
Nymphecolérique,
Quoy l'on m'enpollichonnera!
Moy Dres de Pollichon!
oh la belle repliquéi
Surelle le vieillard jette
un regard oblique,
Et qui te dit, qu'on le
voudra?
Les passans me feroient
la nique,
Moy vivre auprés de
toy? plûtôt dans
l'Amérique,
Pollichon plein d'honneurira,
VIvra,
mourra.
Quefaire donc?en vain
mon e sprit s a llambique.
T hemis, sage Themis,
toy ma ressource
unique,
Inspire-moy ce qu'on
se1a;
Quel nouveau jugement
faut-il que je
fabrique?
Le voici, nuls des deux
la boutiquen'aura :
Donner tout, partager,
ôter tout: la sottise
N'est pas où l'on la
croit; maint Juge
comme moy
Donne, ôteou fait partage
en dépit de
la loy ;
Nul par ce Jugement,
donné vaille que
vaille
N'aura ni l'huïtre ni
l'écaille.
Belle Leçon, pour tous
grands, petitsMagistrats,
Ne tombez jamais dans
1.. mon cas.
Mais j'entens des cenfeurs,
qui d'un ton
pedantesque,
S'acharnent sur mes
vers, & disent, quel
grotesque?
Cest justement celuy
dont Horace a parlé:
Sur une tére humaine
uncheval est colé;
Plumes, membres divers,
assemblage
bizare,
Au dessus belle femme
-
au dessous monstre
affreux;
Messieurs qui ne riroit
duncontraste sirare?
Qui ne riroir? riez, c'est
tout ce que je veux.
Fermer
Résumé : POLLICHON. Poëme par M. de N*** Directeur de l'Hôtel-Dieu de Vienne en Dauphiné.
Le texte présente un poème intitulé 'Pollichon' écrit par M. de N, directeur de l'Hôtel-Dieu de Vienne en Dauphiné. L'auteur explique que l'idée du poème lui a été suggérée par des personnes demandant des histoires sur Pollichon ou Henriette, deux personnages en conflit. Le poème compare cette situation à des conflits historiques, comme celui entre César et Pompée, où des factions se forment pour soutenir l'un ou l'autre. Dans le poème, Pollichon et Henriette se disputent la maîtrise d'une boutique, chacun cherchant à être le seul maître absolu. Cette rivalité divise les habitants, y compris les dieux, et entraîne des conflits similaires à ceux de l'Antiquité. L'auteur décrit Pollichon comme un demi-porteur de chaise et demi-savetier, tandis qu'Henriette est une jeune veuve ambitieuse. L'auteur, jouant le rôle de juge, doit trancher entre les deux protagonistes. Après avoir écouté leurs arguments, il décide de ne donner la boutique à aucun des deux, soulignant la sottise de certains jugements. Il conclut en invitant les critiques à rire de ce contraste grotesque, faisant référence à une métaphore d'Horace sur un cheval à tête humaine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7239
p. 249-271
DONS DU ROY.
Début :
Le 24. Decembre veille de Noël sa Majesté donna l'Abbaye [...]
Mots clefs :
Abbayes, Réforme , Austérité , Monastique , Paroisses, Rivière de Marne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DONS DU ROY.
DONS DU ROY:
-
LE24. Décembre veille
de Noël. sa Majesté donna
l'Abbaye de Landevenech
Ordre de Saint Benoist,
Diocése de Qiuiji percorentin
à l'Abbé de Varennes
,
Chapelain du Roy.
,
Landevenech
,
cil,un
Bourg de France dans la
Bretagne
, en latinLandenjencwm*
Il est situé sur la
Baye de Brest, de l'autre
casté&vis-à visdelaVille
de ce nom dont il est éloigné
de rrois lieux; on dit
quel'Abbaye de Landevenech
a esté fondée par
Grallon Royde Bretagne.
L'Abbaye d'Herivauxà
l'Abbé de Puismartin.
L'Abbaye de Sully, Ordre
de Saint Benoist ,Diocése
de Bourges, à l'Abbé
du Vallon.
L'Abbaye de la Trappe
Ordre de Cîceaux Diocése
de Séez, à Don Isidore
Dannetier, Religieux du
mesme Ordre.
La Trappe, ou Nostre-
Dame de la Maison-Dieu,
est située vers les Confins
de la Normandie , dans le
Perche, entre les Villes
de Seez
,
Mortagne
,
&
Laigle. Elle est dans un
grand Vallon, les Collines
& la Forest qui l'environnent
font disposées
de telle sorte qu'elles semblent
la vouloir cac her ju
reste de la terre. Elles enferment
des terres labourables
, des plants d'Arbres
fruitiers, des paturages,
& neuf Estangs qui
sont autour de l'Abbaye.
Elle fut fondéel'an 1140.
par - Rorrou Comte du
Perche, & consacrée fous
le nom de la Sainte Vierge
l' an 1214. par Robert
Archevesque deRoüen
Raoul Evesque d'Evreux,
& Silvestre Evesque de
Séez. Le relaschement ou
elle estoit tombé depuis
un grand nombre d'années,
porta Messire Armand
Jean Bouthilier de
Rancé, qui en estoit
Abbé Commandataire, &
qui se sentoit vivement
touché del'amour de Dieu,
à exhorter les Religieux de
demander eux- mesmes
qu'elle fust mise entre les
mains de l'estroite Observance
de l'Ordre de Cîteaux
pour y restablir la
premiere & la veritable
pratique de la Regle
, ce
qui fut fait par un Concordat
passé avec l'Abbe
& les Anciens Religieux
de la Trappe le 17. d'Aoust
1662. Ce fut en vertu de
ce Concordat, que ceux
de l'estroite Observance
entrerent dans ce Monastere
& en prirent possession.
Lorsqu'ils commençoient
à y faire revivre le
premier esprit des Peres
& des Saints qui en ont
estéles Fondateurs,l'Abbé
deRancé qui s'estoit retiré
du monde depuis quelque
tems, obtint du Roy
la permission de tenir cette
Abbaye en Regle, &
prit l'Habit Regulier en
j66$. dans le Convent de
Nostre-Dame de Perfeigne
, où il fut admis au
Noviciat, & où il fit Prosession
le 26 Juin 1664.
Lorsqu'il eut receu de la
Cour de Rome ses Expeditions
pour tenir l'Abbaye
dela Trappe enRegle
,
il s'y rendit le 14.
Juillet suivant
,
& ne son- -
gea plus qu'à inspirer par
son exemple aux Religieux
dont il estoit devenu
le Pere & le Pasteur le desirde reprendre , toutes
les austeritez & les penirences
qui estoient en
usage dans L'establissement
de cette Sainte Regle. Il
n'y eut aucun des Religieux
qui ne voulut imiter
la conduite toute édifianre
de ce Saint Abbé, &
ne voulut s'abstenir comme
lui de boire du vin,
de manger des oeufs &
du poisson, ajoûtant à cela
le travail des mains
chaque jour pendant trois
heures. Toutes les actions
de ces saints Anachorettes
font des prieres
continuelles à Dieu: en
Esté ils se couchent à huit
heures,& en Hyver à fepr:
ils se levent la nuit à deux
heures pour aller a Matines
qui durent jufquà
quatre
quatre heures & demie,
ils disentoutre ce grand
Office celuy de la Vierge,
les jours où l'Eglise ne fo-,
lemnife la Feste d'aucun
Saint: ils recitent encore
l'Office des Morts, au sortir
de Marines, si c'esten
Esié
,
ils peuvent s'aller reposer
dans leurs Cellules
jusqu'à Prime
,
l'Hyver ils
vont dans une Chambre
Commune proche du
Chauffoir où chacun lie
en particulier, les Prestres
prennent dordinaire ce
temslapour dire la Messe:
àcinq heures & demie ils
disent Prime & vont enfuite
- au Chapitre où ils
entendent les predications
que leur fait l'Abbé ou le
Prieur: sur les sept heures
ils vont travailler, ils se
mettent les uns à labourer
la terre, les autres à la cribler,
d'autres à porter des
pierres, chacun recevant
sa tâche sans choisir ce
travail L'Abbé luy-mesme
est le premier au travail
,
& s'employe souvent à ce
qu'il y a de plus abjeâ.
Quand le tems ne permet <
pas de sortir, ilsnettoyent
l'Eglise , balayent les
Cloistres, écurent la vaisselle,
font des lessives ;
souventils font plusieurs
assis contre terre les uns
aupres des autres à ratisser
des racines sans jamais
parler ensemble, plusieurs
travaUlenHdes ouvrages
de menuiserie, d'aurres à
tourner ,
n'y ayant - guere
-de shosesnecessaires à la
Maison,à leur usage
qu'ils ne fassent eux-mesmes,
aprés quoy ilsretour- -
nent à l'Office : vers les
onze heures ils entrent au
Refectoire qui est fort
grand,où ilya un long
rang de Tables dechaque
côté; celledel'Abbé est
en face au milieu desautres
,
& contient les places
de six ou septs personnes.
Il se met àun bouc, ayant
à sa gauche le Prieur, Se
à sa droite les Etrangers,
lorsqu'il yen a quimansi.[
êluReftétoire, ce
qtii arrive tfcs rarement.
Ces tables sont nuës Ôc
sans nappes , mais fore
propres.:Chaque B^elilÍ
Y
gieux a sa serviette, sa tasse
de faïence, son cousteau
, sa cuëillere
, & sa fourchette
de buis. Ils ont devant
eux du pain plus qu'ils
n'en peuvent manger, un
pot d'eau, un autre pot
d'environ chopine de Paris
plein de cidre. Leur pain
est fort bis & gros, à cause
qu'on ne sasse point la farine
,& qu'elle est seulement
passée par le crible. On leur
sertun potage quelquefois
aux herbes, d'autres fois
aux pois & aux lentilles,
& ainsi différemment
-
d'herbes & de legumes
,
mais tousjours sans beurre
& sans huile, avec deux
petit plats de legumes, ou
de boulie, ou de gruau, se-
Ion lasaison. Leurs sauces
ordinaires sont faites avec
du sel & de l'eau épaissie
avec un peu de gruau, ÔC
quelquefois un peu de lait.
A une heure ils retournent
au travail qui dure encore
une heure & demie; après
le travail ils font quelques
méditations ou lecture
spirituellejusqu'àVêpres
qu'ils chantent àquatre
heures. Les jours qu'ils ne
jeûnent pas on leur donne
pour leur souper un peu de
cidre, une portion de racines
,
& du pain comme à
diner avec quelque pomme
ou poire pour dessert:
pour les jeûnes de la Regle
on leur donne quatre onces
de pain, un peu de cidre,
avec deux pommes ou poires
; mais pour les jeûnes
de l'Eglise ils nont que
deux onces de pain & une
fois à boire. Les mets ordinaires
pour les Etrangers
font un potage, deux ou
trois plats de legumes; on
ne leur fert point de poisson
quoique les étangs en
soient remplis. Ils ont un
appartement particulier,
& n'entrent dans les Clois-
J, tres que pour aller à l'Eglise
aux heures de l'Office.
Cette Eglise n'a rien,
de considerable que la sainteté
du lieu. Elle est bastie
d'une maniere Gothique,
& le bout du costé du
Choeursemble representer,
la pouppe d'un vaisseau.
Tout l'ouvrage en estgrosÍjer,
&mesme contre le
Aréglés 1
regles de l'Architecture, Sa
grandeur estde vingt-deux
toises de Long, sur neuf de
large ou environ.
Le nombre de ses Solitaires
s'est tellement augmenté
depuis la Reforme
, que laréputation de
leur sainteté ayant inspiré
auGrandDuc deTolcanne
l'envie d'establir, une Maiton
de cette mesme. Reforme
dansl'Abbaye de
Buon Solaffo, qui est dans
sesEtats
,
&qui luy aesté
accordé par le Pape, il a
fait demander au Roy dix.
nuit Religieux de la Trappe
,
qui en partirent au
mois de Février 1705. avec
la permission de SaMajesté
pour se rendre en Italie.
Un de ces Religieux connu
dans le monde fous le nom
du Comte d'Aria Piémon
tois de naissance
,
& qui a
fait autrefois une grande
figure à la Cour de Savoye,
a eilé nomméAbbéde
cette Million. Le frere Arsene,
frere aîné duMarquis
de Janson ôc de l'Abbé
de Janson, & qui a porté
dans le monde le nom
de Comte de Rosemberg,
est du nombre des dix huit
Religieux.
L'Abbaye d'Epagne à la
Dame Lambert de Torigny.
L'Abbaye de Laval, Ordre
de S.Benoist,Diocése
du Mans, à la Dame de
Bossosel. Laval estune Ville
de France dans le Bas
Mayne. Elle est située sur
la riviere de Mayenne,à
six lieuës de la Ville de ce
nom. Cette Ville que l'on
appelle autrement LavaL
Guyon, a titre de Comte
Puirie, & s'est renduë recommandable
par le grand
traficdetoilles que l'on y
fait. On y voit un College,
deux Eglises Paroissiales,
qui sont la Trinité ôc S. Venerand
,
& deux Collegiales.
La premiere qui est
aussiParoissiale est dediée
à Saine Thugal & l'autre à
S. Michel. La ville de Laval
appartient aux Seigneurs
de la Tremoille. Il
ya une Chambre des Comptes
pour les Terres dépendantes
de ce Comté;
un Siege Royal; Siege des
Traitez; Election; Grenier
à Sel; & Département de
Gabelles.
L'Abbaye de Noftre-
Dame de Meaux, Ordre
de S. Augustin, Diocése
de Meaux
,
à la Dame le
Pilleur, Prieure du Prieuré
d'Andely. Meaux, Ville de
France
,
Capitale de la
Brie, avec Evêché Suffragant
de Paris, est située
sur la Riviere de Marne.
L'Eglise Cathédrale dediée
à S. Etienneestmagnifique
dans ses ornemens
& dans sa structure. Cet
édifice passoit pour un ouvage
achevé avant que
lesAnglois eussent ruiné
l'une de les Tours. Celle
qui est demeurée en forv
entier est admirable dans
sa grosseur,& dans les miniatures
dont elle est embellie.
LeChapitre decetteEglise,
quicom pte faine
Santin parmi ses Evêques
est composé d'un Doyen >
d'un Grand Archidiacre d'un Chantre, d'un Thre-,
sorier, de l'Archidiacre de
Brie, & de vingt quatre
Chanoines. Le Diocesen'a
que no. Paroisses. Il comprend
quatre Abbayes
d'hommes, & quatre de
filles.Ily aBailliage,Juge
Présidial, Prévosté
, Marechaussée,
Election,&Grenier
àSel. Elle atitre de
Comté
, & un asser grand
nombre d'habitans.
-
LE24. Décembre veille
de Noël. sa Majesté donna
l'Abbaye de Landevenech
Ordre de Saint Benoist,
Diocése de Qiuiji percorentin
à l'Abbé de Varennes
,
Chapelain du Roy.
,
Landevenech
,
cil,un
Bourg de France dans la
Bretagne
, en latinLandenjencwm*
Il est situé sur la
Baye de Brest, de l'autre
casté&vis-à visdelaVille
de ce nom dont il est éloigné
de rrois lieux; on dit
quel'Abbaye de Landevenech
a esté fondée par
Grallon Royde Bretagne.
L'Abbaye d'Herivauxà
l'Abbé de Puismartin.
L'Abbaye de Sully, Ordre
de Saint Benoist ,Diocése
de Bourges, à l'Abbé
du Vallon.
L'Abbaye de la Trappe
Ordre de Cîceaux Diocése
de Séez, à Don Isidore
Dannetier, Religieux du
mesme Ordre.
La Trappe, ou Nostre-
Dame de la Maison-Dieu,
est située vers les Confins
de la Normandie , dans le
Perche, entre les Villes
de Seez
,
Mortagne
,
&
Laigle. Elle est dans un
grand Vallon, les Collines
& la Forest qui l'environnent
font disposées
de telle sorte qu'elles semblent
la vouloir cac her ju
reste de la terre. Elles enferment
des terres labourables
, des plants d'Arbres
fruitiers, des paturages,
& neuf Estangs qui
sont autour de l'Abbaye.
Elle fut fondéel'an 1140.
par - Rorrou Comte du
Perche, & consacrée fous
le nom de la Sainte Vierge
l' an 1214. par Robert
Archevesque deRoüen
Raoul Evesque d'Evreux,
& Silvestre Evesque de
Séez. Le relaschement ou
elle estoit tombé depuis
un grand nombre d'années,
porta Messire Armand
Jean Bouthilier de
Rancé, qui en estoit
Abbé Commandataire, &
qui se sentoit vivement
touché del'amour de Dieu,
à exhorter les Religieux de
demander eux- mesmes
qu'elle fust mise entre les
mains de l'estroite Observance
de l'Ordre de Cîteaux
pour y restablir la
premiere & la veritable
pratique de la Regle
, ce
qui fut fait par un Concordat
passé avec l'Abbe
& les Anciens Religieux
de la Trappe le 17. d'Aoust
1662. Ce fut en vertu de
ce Concordat, que ceux
de l'estroite Observance
entrerent dans ce Monastere
& en prirent possession.
Lorsqu'ils commençoient
à y faire revivre le
premier esprit des Peres
& des Saints qui en ont
estéles Fondateurs,l'Abbé
deRancé qui s'estoit retiré
du monde depuis quelque
tems, obtint du Roy
la permission de tenir cette
Abbaye en Regle, &
prit l'Habit Regulier en
j66$. dans le Convent de
Nostre-Dame de Perfeigne
, où il fut admis au
Noviciat, & où il fit Prosession
le 26 Juin 1664.
Lorsqu'il eut receu de la
Cour de Rome ses Expeditions
pour tenir l'Abbaye
dela Trappe enRegle
,
il s'y rendit le 14.
Juillet suivant
,
& ne son- -
gea plus qu'à inspirer par
son exemple aux Religieux
dont il estoit devenu
le Pere & le Pasteur le desirde reprendre , toutes
les austeritez & les penirences
qui estoient en
usage dans L'establissement
de cette Sainte Regle. Il
n'y eut aucun des Religieux
qui ne voulut imiter
la conduite toute édifianre
de ce Saint Abbé, &
ne voulut s'abstenir comme
lui de boire du vin,
de manger des oeufs &
du poisson, ajoûtant à cela
le travail des mains
chaque jour pendant trois
heures. Toutes les actions
de ces saints Anachorettes
font des prieres
continuelles à Dieu: en
Esté ils se couchent à huit
heures,& en Hyver à fepr:
ils se levent la nuit à deux
heures pour aller a Matines
qui durent jufquà
quatre
quatre heures & demie,
ils disentoutre ce grand
Office celuy de la Vierge,
les jours où l'Eglise ne fo-,
lemnife la Feste d'aucun
Saint: ils recitent encore
l'Office des Morts, au sortir
de Marines, si c'esten
Esié
,
ils peuvent s'aller reposer
dans leurs Cellules
jusqu'à Prime
,
l'Hyver ils
vont dans une Chambre
Commune proche du
Chauffoir où chacun lie
en particulier, les Prestres
prennent dordinaire ce
temslapour dire la Messe:
àcinq heures & demie ils
disent Prime & vont enfuite
- au Chapitre où ils
entendent les predications
que leur fait l'Abbé ou le
Prieur: sur les sept heures
ils vont travailler, ils se
mettent les uns à labourer
la terre, les autres à la cribler,
d'autres à porter des
pierres, chacun recevant
sa tâche sans choisir ce
travail L'Abbé luy-mesme
est le premier au travail
,
& s'employe souvent à ce
qu'il y a de plus abjeâ.
Quand le tems ne permet <
pas de sortir, ilsnettoyent
l'Eglise , balayent les
Cloistres, écurent la vaisselle,
font des lessives ;
souventils font plusieurs
assis contre terre les uns
aupres des autres à ratisser
des racines sans jamais
parler ensemble, plusieurs
travaUlenHdes ouvrages
de menuiserie, d'aurres à
tourner ,
n'y ayant - guere
-de shosesnecessaires à la
Maison,à leur usage
qu'ils ne fassent eux-mesmes,
aprés quoy ilsretour- -
nent à l'Office : vers les
onze heures ils entrent au
Refectoire qui est fort
grand,où ilya un long
rang de Tables dechaque
côté; celledel'Abbé est
en face au milieu desautres
,
& contient les places
de six ou septs personnes.
Il se met àun bouc, ayant
à sa gauche le Prieur, Se
à sa droite les Etrangers,
lorsqu'il yen a quimansi.[
êluReftétoire, ce
qtii arrive tfcs rarement.
Ces tables sont nuës Ôc
sans nappes , mais fore
propres.:Chaque B^elilÍ
Y
gieux a sa serviette, sa tasse
de faïence, son cousteau
, sa cuëillere
, & sa fourchette
de buis. Ils ont devant
eux du pain plus qu'ils
n'en peuvent manger, un
pot d'eau, un autre pot
d'environ chopine de Paris
plein de cidre. Leur pain
est fort bis & gros, à cause
qu'on ne sasse point la farine
,& qu'elle est seulement
passée par le crible. On leur
sertun potage quelquefois
aux herbes, d'autres fois
aux pois & aux lentilles,
& ainsi différemment
-
d'herbes & de legumes
,
mais tousjours sans beurre
& sans huile, avec deux
petit plats de legumes, ou
de boulie, ou de gruau, se-
Ion lasaison. Leurs sauces
ordinaires sont faites avec
du sel & de l'eau épaissie
avec un peu de gruau, ÔC
quelquefois un peu de lait.
A une heure ils retournent
au travail qui dure encore
une heure & demie; après
le travail ils font quelques
méditations ou lecture
spirituellejusqu'àVêpres
qu'ils chantent àquatre
heures. Les jours qu'ils ne
jeûnent pas on leur donne
pour leur souper un peu de
cidre, une portion de racines
,
& du pain comme à
diner avec quelque pomme
ou poire pour dessert:
pour les jeûnes de la Regle
on leur donne quatre onces
de pain, un peu de cidre,
avec deux pommes ou poires
; mais pour les jeûnes
de l'Eglise ils nont que
deux onces de pain & une
fois à boire. Les mets ordinaires
pour les Etrangers
font un potage, deux ou
trois plats de legumes; on
ne leur fert point de poisson
quoique les étangs en
soient remplis. Ils ont un
appartement particulier,
& n'entrent dans les Clois-
J, tres que pour aller à l'Eglise
aux heures de l'Office.
Cette Eglise n'a rien,
de considerable que la sainteté
du lieu. Elle est bastie
d'une maniere Gothique,
& le bout du costé du
Choeursemble representer,
la pouppe d'un vaisseau.
Tout l'ouvrage en estgrosÍjer,
&mesme contre le
Aréglés 1
regles de l'Architecture, Sa
grandeur estde vingt-deux
toises de Long, sur neuf de
large ou environ.
Le nombre de ses Solitaires
s'est tellement augmenté
depuis la Reforme
, que laréputation de
leur sainteté ayant inspiré
auGrandDuc deTolcanne
l'envie d'establir, une Maiton
de cette mesme. Reforme
dansl'Abbaye de
Buon Solaffo, qui est dans
sesEtats
,
&qui luy aesté
accordé par le Pape, il a
fait demander au Roy dix.
nuit Religieux de la Trappe
,
qui en partirent au
mois de Février 1705. avec
la permission de SaMajesté
pour se rendre en Italie.
Un de ces Religieux connu
dans le monde fous le nom
du Comte d'Aria Piémon
tois de naissance
,
& qui a
fait autrefois une grande
figure à la Cour de Savoye,
a eilé nomméAbbéde
cette Million. Le frere Arsene,
frere aîné duMarquis
de Janson ôc de l'Abbé
de Janson, & qui a porté
dans le monde le nom
de Comte de Rosemberg,
est du nombre des dix huit
Religieux.
L'Abbaye d'Epagne à la
Dame Lambert de Torigny.
L'Abbaye de Laval, Ordre
de S.Benoist,Diocése
du Mans, à la Dame de
Bossosel. Laval estune Ville
de France dans le Bas
Mayne. Elle est située sur
la riviere de Mayenne,à
six lieuës de la Ville de ce
nom. Cette Ville que l'on
appelle autrement LavaL
Guyon, a titre de Comte
Puirie, & s'est renduë recommandable
par le grand
traficdetoilles que l'on y
fait. On y voit un College,
deux Eglises Paroissiales,
qui sont la Trinité ôc S. Venerand
,
& deux Collegiales.
La premiere qui est
aussiParoissiale est dediée
à Saine Thugal & l'autre à
S. Michel. La ville de Laval
appartient aux Seigneurs
de la Tremoille. Il
ya une Chambre des Comptes
pour les Terres dépendantes
de ce Comté;
un Siege Royal; Siege des
Traitez; Election; Grenier
à Sel; & Département de
Gabelles.
L'Abbaye de Noftre-
Dame de Meaux, Ordre
de S. Augustin, Diocése
de Meaux
,
à la Dame le
Pilleur, Prieure du Prieuré
d'Andely. Meaux, Ville de
France
,
Capitale de la
Brie, avec Evêché Suffragant
de Paris, est située
sur la Riviere de Marne.
L'Eglise Cathédrale dediée
à S. Etienneestmagnifique
dans ses ornemens
& dans sa structure. Cet
édifice passoit pour un ouvage
achevé avant que
lesAnglois eussent ruiné
l'une de les Tours. Celle
qui est demeurée en forv
entier est admirable dans
sa grosseur,& dans les miniatures
dont elle est embellie.
LeChapitre decetteEglise,
quicom pte faine
Santin parmi ses Evêques
est composé d'un Doyen >
d'un Grand Archidiacre d'un Chantre, d'un Thre-,
sorier, de l'Archidiacre de
Brie, & de vingt quatre
Chanoines. Le Diocesen'a
que no. Paroisses. Il comprend
quatre Abbayes
d'hommes, & quatre de
filles.Ily aBailliage,Juge
Présidial, Prévosté
, Marechaussée,
Election,&Grenier
àSel. Elle atitre de
Comté
, & un asser grand
nombre d'habitans.
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Résumé : DONS DU ROY.
Le document relate plusieurs donations d'abbayes effectuées par le roi le 24 décembre, veille de Noël. Parmi ces donations, l'abbaye de Landevenech, située en Bretagne près de la baie de Brest, est attribuée à l'abbé de Varennes. L'abbaye de Sully, dans le diocèse de Bourges, est donnée à l'abbé du Vallon. L'abbaye de la Trappe, située dans le Perche entre les villes de Séez, Mortagne et L'Aigle, est confiée à Don Isidore Dannetier. Fondée en 1140 par le comte du Perche et consacrée en 1214, la Trappe a été réformée en 1662 sous la direction de l'abbé de Rancé, qui a introduit une observance stricte de la règle de l'ordre de Cîteaux. Les moines de la Trappe mènent une vie austère, travaillant manuellement, priant continuellement et suivant un régime alimentaire très simple. Leur réputation de sainteté a conduit à l'établissement d'une maison similaire en Italie, avec des moines de la Trappe envoyés en 1705. D'autres donations incluent l'abbaye d'Epagne à la dame Lambert de Torigny, l'abbaye de Laval à la dame de Bossosel, et l'abbaye de Notre-Dame de Meaux à la dame le Pilleur.
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7241
p. 241
Sur la Pension donnée à Mademoiselle de Scudery.
Début :
Sapho, depuis que de tes jours [...]
Mots clefs :
Pension, Sapho
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sur la Pension donnée à Mademoiselle de Scudery.
Sur la Penſion donnée à Mademoiſelle
de Scudery.
SApho, depuis que de tesjours Commença l'admirable cours,
En vain pour toy centfois cetteAvengle
chagrine,
Qui dufier Occeantirefon origine,
Avoulu s'accorder avecque la vertus
Ilfalloit un Soleil de ſplendeur
revestu,
Pourfurmonter ton Eloile maline.
de Scudery.
SApho, depuis que de tesjours Commença l'admirable cours,
En vain pour toy centfois cetteAvengle
chagrine,
Qui dufier Occeantirefon origine,
Avoulu s'accorder avecque la vertus
Ilfalloit un Soleil de ſplendeur
revestu,
Pourfurmonter ton Eloile maline.
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7242
p. 251
« Aprés vous avoir donné le mois passé & celuy cy deux [...] »
Début :
Aprés vous avoir donné le mois passé & celuy cy deux [...]
Mots clefs :
Ode
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Aprés vous avoir donné le mois passé & celuy cy deux [...] »
Aprés vous avoir donné le
mois paflé & celuy cy deux
Odes qui ont dilputé le Prix
de Poëfie à M. Roy , il eſt
bien juſte de vous donner
maintenant le remerciement
qu'il fit à Meſſieurs de l'Académie
Françoiſe : cette Ode ,
au gré des connoiffeurs , meritoit
un troifiéme Prix.
mois paflé & celuy cy deux
Odes qui ont dilputé le Prix
de Poëfie à M. Roy , il eſt
bien juſte de vous donner
maintenant le remerciement
qu'il fit à Meſſieurs de l'Académie
Françoiſe : cette Ode ,
au gré des connoiffeurs , meritoit
un troifiéme Prix.
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7243
s. p.
AVERTISSEMENT.
Début :
Le Bureau du Mercure est chez M. LUTTON, Avocat, Greffier-Commis [...]
Mots clefs :
Abonnés, Bureau du Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
LE Bureau du Mercure eft chez M.
1
LUTION , Avocat , & Greffier - Commis
au Greffe Civil du Parlement , Commis au
recouvrement du Mercure , rue Sainte Anne ,
Butte Saint Roch , entre deux Selliers .
C'eſt à lui qu'on prie d'adreſſer , francs
de port , les paquets & lettres , pour remettre ,
quant à la partie littéraire , à M. de Boiſſy ,
Auteur du Mercure.
Le prix eft de 36 fols , mais l'on ne payera
d'avance , en s'abonnant , que 21 livres pour
l'année , à raison de quatorze volumes . Les
volumes d'extraordinaire feront également de
30fols pour les Abonnés , & fe payeront avec
l'année qui les fuivra.
Les perfonnes de province auxquelles on
l'enverra par la pofte , payeront 31 livres
10 fols d'avance en s'abonnant , & elles le
recevrontfranc de port.
Celles qui auront des occafions pour lefaire
venir , ou qui prendront les frais du portfur
leur compte , ne payeront qu'à raison de 30
fols par volume, c'est à dire 21 livres d'avance
, en s'abonnant pour l'année , fans les
extraordinaires.
Les Libraires des provinces on des pays
A ij
étrangers, qui voudront faire venir le Mer
cure , écriront à l'adreffe ci- deffus.
On fupplie les perfonnes des provinces d'envoyerpar
la poſte , en payant le droit , le prix
deleur abonnement , ou de donner leurs ordres,
afin que le payement en foit fait d'avance au
Bureau.
Les paquets qui ne feront pas affranehis ,
refteroni au rebut.
L'on trouvera toujours quelqu'un en état
de répondre chez le fieur Lutton ; & il obſervera
de rester à fon Bureau les Mardi ,
Mercredi & Jeudi de chaque ſemaine , aprèsmidi.
On peut se procurer par la voie du Mercure
, les autres Journaux , ainfi que les Livres
. Estampes & Mufique qu'ils annoncent.
LE Bureau du Mercure eft chez M.
1
LUTION , Avocat , & Greffier - Commis
au Greffe Civil du Parlement , Commis au
recouvrement du Mercure , rue Sainte Anne ,
Butte Saint Roch , entre deux Selliers .
C'eſt à lui qu'on prie d'adreſſer , francs
de port , les paquets & lettres , pour remettre ,
quant à la partie littéraire , à M. de Boiſſy ,
Auteur du Mercure.
Le prix eft de 36 fols , mais l'on ne payera
d'avance , en s'abonnant , que 21 livres pour
l'année , à raison de quatorze volumes . Les
volumes d'extraordinaire feront également de
30fols pour les Abonnés , & fe payeront avec
l'année qui les fuivra.
Les perfonnes de province auxquelles on
l'enverra par la pofte , payeront 31 livres
10 fols d'avance en s'abonnant , & elles le
recevrontfranc de port.
Celles qui auront des occafions pour lefaire
venir , ou qui prendront les frais du portfur
leur compte , ne payeront qu'à raison de 30
fols par volume, c'est à dire 21 livres d'avance
, en s'abonnant pour l'année , fans les
extraordinaires.
Les Libraires des provinces on des pays
A ij
étrangers, qui voudront faire venir le Mer
cure , écriront à l'adreffe ci- deffus.
On fupplie les perfonnes des provinces d'envoyerpar
la poſte , en payant le droit , le prix
deleur abonnement , ou de donner leurs ordres,
afin que le payement en foit fait d'avance au
Bureau.
Les paquets qui ne feront pas affranehis ,
refteroni au rebut.
L'on trouvera toujours quelqu'un en état
de répondre chez le fieur Lutton ; & il obſervera
de rester à fon Bureau les Mardi ,
Mercredi & Jeudi de chaque ſemaine , aprèsmidi.
On peut se procurer par la voie du Mercure
, les autres Journaux , ainfi que les Livres
. Estampes & Mufique qu'ils annoncent.
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Résumé : AVERTISSEMENT.
Le document est un avertissement concernant la distribution du Mercure, une publication périodique. Le Bureau du Mercure est situé chez M. Lutton, avocat et greffier, rue Sainte Anne, Butte Saint Roch. Les abonnés doivent envoyer leurs paquets et lettres à cette adresse sans frais de port. Le prix de l'abonnement est de 36 sols par volume, avec un paiement annuel de 21 livres couvrant quatorze volumes. Les volumes extraordinaires coûtent 30 sols et sont payés avec l'année suivante. Les personnes de province paient 31 livres 10 sols d'avance et reçoivent le Mercure franc de port. Ceux qui prennent en charge les frais de port paient 30 sols par volume. Les libraires des provinces et des pays étrangers doivent écrire à l'adresse indiquée pour obtenir le Mercure. Les paiements doivent être effectués à l'avance au Bureau. Les paquets non affranchis seront rejetés. M. Lutton est disponible les mardi, mercredi et jeudi après-midi pour répondre aux demandes. Le Mercure permet également de se procurer d'autres journaux, livres, estampes et musique.
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7244
p. 241-242
Sur le mesme Sujet.
Début :
LOUIS, Monarque incomparable, [...]
Mots clefs :
Sapho, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sur le mesme Sujet.
OVIS, Monarque incompa-
LOrable,
Sur Sapho répandſes bienfaits,
Et cette Fille admirable
Chante du Grand LOVIS les vertus
&lesfaits,
Avril1683. X
T
242 MERCURE
Que l'un& l'autre est équitable
Dans cettejustice qu'il rend!
Sapho ne peut lover un Hérosplus
loüable,
Ny LOVIS reconnoistre un mérite
plus grand.
LOrable,
Sur Sapho répandſes bienfaits,
Et cette Fille admirable
Chante du Grand LOVIS les vertus
&lesfaits,
Avril1683. X
T
242 MERCURE
Que l'un& l'autre est équitable
Dans cettejustice qu'il rend!
Sapho ne peut lover un Hérosplus
loüable,
Ny LOVIS reconnoistre un mérite
plus grand.
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7245
p. 253-254
PROMOTION de Conseillers d'Estat.
Début :
Monsieur Bechameil, Marquis de Nointel, Conseiller d'Estat semestre:, a [...]
Mots clefs :
Promotion de Conseillers d'État
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROMOTION de Conseillers d'Estat.
PROMOTION
de Confeillers d'Eftat.
Monfieur Bechameil ,
Marquis de Nointel , Confeiller d'Eftat femeftre , a
efté nommé Confeiller
d'Eftat ordinaire , &
Mr. de la Bourdonnaye
Maiftre des Requeftes &
234 MERCURE
Intendant d'Orleans , qui
avoit épousé la fille de Mr
de Ribeyre , a efté nommé
Confeiller d'Eftat de femeftre.
de Confeillers d'Eftat.
Monfieur Bechameil ,
Marquis de Nointel , Confeiller d'Eftat femeftre , a
efté nommé Confeiller
d'Eftat ordinaire , &
Mr. de la Bourdonnaye
Maiftre des Requeftes &
234 MERCURE
Intendant d'Orleans , qui
avoit épousé la fille de Mr
de Ribeyre , a efté nommé
Confeiller d'Eftat de femeftre.
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7246
p. 257-258
ENIGME.
Début :
Je vous envoye deux Enigmes nouvelles, en attendant l'explication / Je suis ce qu'on aime le mieux [...]
Mots clefs :
Argent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Je vous envoye deuxEnig
mes nouvelles , en attendant
l'explication de celles du dernier
mois , que vous trouverez
dans ma XXVL Lettre.
Extraordinaire , que je vous
prépare pour le 15. de Juillet.
La premiere de ces Enigmes
eft de la Dame Solitaire;&
la ſeconde de Rofelinde,
Nymphe enjoüée , autrefois
de l'Empire des Fleurs.1
Juin1684- Y
ENIGME
Efuis cequ'on aimetomteambu
Presqueen tous les lieux de la
Etſouventionse faitla guerre,
Pour nowwolr-commeunbien&vare
Mais quandon afaitmaconquestes
Celuy qui me poffede a le coeurfileger,
Qu'àma poſſeſſionjamaisilesar-
Etnome gardepas long-scopsfans
me changer.
mes nouvelles , en attendant
l'explication de celles du dernier
mois , que vous trouverez
dans ma XXVL Lettre.
Extraordinaire , que je vous
prépare pour le 15. de Juillet.
La premiere de ces Enigmes
eft de la Dame Solitaire;&
la ſeconde de Rofelinde,
Nymphe enjoüée , autrefois
de l'Empire des Fleurs.1
Juin1684- Y
ENIGME
Efuis cequ'on aimetomteambu
Presqueen tous les lieux de la
Etſouventionse faitla guerre,
Pour nowwolr-commeunbien&vare
Mais quandon afaitmaconquestes
Celuy qui me poffede a le coeurfileger,
Qu'àma poſſeſſionjamaisilesar-
Etnome gardepas long-scopsfans
me changer.
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7247
p. 239-240
Maison de Carnavalet. [titre d'après la table]
Début :
Vous me demandez pourquoy je ne vous dis rien de [...]
Mots clefs :
Maison Carnavalet, Mort, Famille, Illustre, Duchesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Maison de Carnavalet. [titre d'après la table]
Vous me demandez pourquoy
je ne vous dis rien de
particulier le mois passé de
Mr de Carnavalet, en vous
apprenant sa mort; ainsij'ajoûteray
aujourd'huy qu'il
estoit Fils de Messire Jean
d'Acigné,Baron de la Touche,
& de Dame Marguerite
Fluriot, heritiere de Carnavalet,&
Cadet dela Maison
d'Acigné, l'une des plusillustres
de Bretagne, & qui tire
son originedes anciens Comtes
de Rennes, que l'on croit
estre une branche des premiers
Rois de Bretagne.Mr leComted'Acigné Pere de
Madame la Duchesse de Richelieu
,est presentement le
Chef du Nom & des Armes
de cette Maison. Mr de Carnavalet
n'a laissé aucuns Ensans
de son Mariage.
je ne vous dis rien de
particulier le mois passé de
Mr de Carnavalet, en vous
apprenant sa mort; ainsij'ajoûteray
aujourd'huy qu'il
estoit Fils de Messire Jean
d'Acigné,Baron de la Touche,
& de Dame Marguerite
Fluriot, heritiere de Carnavalet,&
Cadet dela Maison
d'Acigné, l'une des plusillustres
de Bretagne, & qui tire
son originedes anciens Comtes
de Rennes, que l'on croit
estre une branche des premiers
Rois de Bretagne.Mr leComted'Acigné Pere de
Madame la Duchesse de Richelieu
,est presentement le
Chef du Nom & des Armes
de cette Maison. Mr de Carnavalet
n'a laissé aucuns Ensans
de son Mariage.
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Résumé : Maison de Carnavalet. [titre d'après la table]
Le texte demande des explications sur l'absence d'informations concernant M. de Carnavalet après son décès. Il était le fils de Messire Jean d'Acigné et de Dame Marguerite Fluriot. Issu de la Maison d'Acigné, une famille illustre de Bretagne, il n'a pas eu d'enfants. Le Comte d'Acigné, père de la Duchesse de Richelieu, dirige cette maison.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7249
s. p.
TABLE.
Début :
PIECES FUGITIVES. Ode sur la Paix, 833 Lettre au sujet des Auteurs des Annales de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
PIECES FUGITIVES. Ode sur la Paix, 833
Lettre au sujet des Auteurs des Annales de
S. Bertin ,
837
849
La Gloire des Bergers , Eglogue •
Nouvelles Objections contre l'Ame des Bêtes ,
852
Ode à Bacchus ,
870
874
Eloge de M. de Senecé ,
Fable ,
894
Questions diverses sur des Sujets d'Economie
>
896
Epithalame de M. ***
900
Lettre de M. d'Arnaud , à M. PAbbé Philippe ,
au sujet du Tasse , & c.
905
Lettre de M. le Beuf à M. Clerot , sur l'Hitoire
de la Ville de Rouen , & c.
916
929
Elegie ,
Enigme , Logogryphes, &c.
933
NOUVELLES LITTERAIRES , DES BEAUX- ARTS,
&c.
936
Memoires pour servir à l'Histoire des Hommes
Illustres ,
937
Elemens de Mathématiques , &c.
945
Les Vies des plus celebres Jurisconsultes , 949
Principes de l'Histoire ,
955
Histoire Universelle de Diodore de Sicile, &c.959
Imitation de N. S. J. Ch.
962
Memoires concernant le Droit de Tiers et Dan-
ger , &c.
967
Reine de
Lettre sur le Passage du Roy et de la
970
Pologne , par la Champagne ,
Prix pour l'Académie des Sciences établie à Pau,
984
&C.
Académic
Académie Royale de Soissons , &c.
985
Séance publique de l'Académie Royale des Ins
ibid.
criptions et Belles -Lettres , &c.
Prix pour l'Académie Royale des Sciences , 986
Assemblée publique de la même Académie , et
Memoires lûs , &c.
991
L'Académie Royale de Peinture , Discours pro-
noncé , & c.
996
Estampes nouvelles , & c.
997
Estampe représentant un Combat selon le Poë-
999
me Macaronique de R. Belleau , & c.
1001
Duo , mis en Musique par M. N.
ibid.
Spectacles. L'Ecole des Amis , &c.
Nouvelles Etrangeres , de Russie et Allemagne ,
1019
Italie et Espagne , Grande- Bretagne ,
1022
Lorraine. Discours prononcés sur la Prise de
Possession , &c.
1027
France. Nouvelles de la Cour, de Paris,&c. 1031
1037
Morts , Naissances & Mariages ,
PIECES FUGITIVES. Ode sur la Paix, 833
Lettre au sujet des Auteurs des Annales de
S. Bertin ,
837
849
La Gloire des Bergers , Eglogue •
Nouvelles Objections contre l'Ame des Bêtes ,
852
Ode à Bacchus ,
870
874
Eloge de M. de Senecé ,
Fable ,
894
Questions diverses sur des Sujets d'Economie
>
896
Epithalame de M. ***
900
Lettre de M. d'Arnaud , à M. PAbbé Philippe ,
au sujet du Tasse , & c.
905
Lettre de M. le Beuf à M. Clerot , sur l'Hitoire
de la Ville de Rouen , & c.
916
929
Elegie ,
Enigme , Logogryphes, &c.
933
NOUVELLES LITTERAIRES , DES BEAUX- ARTS,
&c.
936
Memoires pour servir à l'Histoire des Hommes
Illustres ,
937
Elemens de Mathématiques , &c.
945
Les Vies des plus celebres Jurisconsultes , 949
Principes de l'Histoire ,
955
Histoire Universelle de Diodore de Sicile, &c.959
Imitation de N. S. J. Ch.
962
Memoires concernant le Droit de Tiers et Dan-
ger , &c.
967
Reine de
Lettre sur le Passage du Roy et de la
970
Pologne , par la Champagne ,
Prix pour l'Académie des Sciences établie à Pau,
984
&C.
Académic
Académie Royale de Soissons , &c.
985
Séance publique de l'Académie Royale des Ins
ibid.
criptions et Belles -Lettres , &c.
Prix pour l'Académie Royale des Sciences , 986
Assemblée publique de la même Académie , et
Memoires lûs , &c.
991
L'Académie Royale de Peinture , Discours pro-
noncé , & c.
996
Estampes nouvelles , & c.
997
Estampe représentant un Combat selon le Poë-
999
me Macaronique de R. Belleau , & c.
1001
Duo , mis en Musique par M. N.
ibid.
Spectacles. L'Ecole des Amis , &c.
Nouvelles Etrangeres , de Russie et Allemagne ,
1019
Italie et Espagne , Grande- Bretagne ,
1022
Lorraine. Discours prononcés sur la Prise de
Possession , &c.
1027
France. Nouvelles de la Cour, de Paris,&c. 1031
1037
Morts , Naissances & Mariages ,
Fermer
7250
p. 255-256
LOGOGRYPHE.
Début :
Amants infortunés, que d'inutiles larmes [...]
Mots clefs :
Sacrifice