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101
p. 320-331
MARIAGES.
Début :
J'aurais esté bien fâché de n'avoir point de Mariages ce / Messire Loüis-Vincent de Goesbriand, Marquis de [...]
Mots clefs :
Chevalier, Roi, Alliances, Seigneur, Marquis, Comte, Armées, Chevalier de l'ordre du roi, Fils
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
J'aurois eſté bien fâché de
n'avoir point de Mariages co
mois- cy , mais on vient heu
GALANT. 321
reuſement de m'en apporter
deux trop confiderables pour
n'en pas faire honneur à mon
Journal.
MARIAGES.
Meſſire Loüis - Vincent
de Goefbriand , Marquis de
Goëfbriand , a épouſé le ...
Damoiſelle Marie Roſalie de
Chaſtillon , focur puînée de
Mademoiselle de Chaſtillon ;
dont je vous appris il ya quelques
mois le mariage avec M.
le Comte de Bacqueville du
nom de Boyvin , & fille de
/
322 MERCURE
Meffire Alexis Henry , Marquis
de Chaftillon , Chevalier
des Ordres du Roy, cy-devant
Premier Gentilhomme
de la Chambre de S.A. R. M.
Duc d'Orleans , & de Dame
Marie Roſalie de Broüilly de
Piennes , foeur de Madame
la Ducheffe d'Aumont.
L'Hiftoire Genealogique de
laMaiſon de Chaftillon ayant
efté donnée au Public par le
celebre André du Cheſne , en
un Volume in folio , & fe
trouvant encore rapportée
dans la nouvelle Hiſtoire des
grands Officiers de la Cou-
1
GALANT. 323
ronne par le ſieur du Fourny ,
on ſe contentera de dire icy
que cette Maiſon & celle de
Montmorency ne le cedent à
aucuneMaiſon du Royaume
pourl'ancienneté, la grandeur
des alliances ,&qu'elles les furpaffent
toutes fans contredit
par le luſtre & grandes Charges
de la Couronne qu'elles
ont poſſedées de tout temps.
Meffire Alexis Magdelaine
Rofalie de Chaſtillon, Comte
de Chaſtillon , Colonel d'un
Regiment de Dragons , de
fon nom , Brigadier General
des Armées du Roy , Grand
324 MERCURE
Bailly de Haguenau , & CommiſſaireGeneral
de laCavalcric
Legere de France , Gendre de
Monfieur le Chancelier Voifin
, & couſin germain de
Mesdames de Bacqueville &
de Goefbriand , eft le ſeul
mafle reſtant de cette Illuſtre
Maiſon.
M. le Marquis de Goëfbriand
qui vient de ſe marier,
eſt fils de Meſſire Loüis Vincent
, Marquis de Goëfbriand
en Bretagne , Chevalier des
Ordres du Roy , & Lieutenant
General de ſes Armées ; & de
Dame Marie-MagdelaineD.f
GALANT. 325
maretz , fiile de M. Deſmaretz,
Controlleur General des Finances
de France , & Miniſtre
d'Etat ,, petit fils d Yves de
Goësbriand , Seigneur dudit
lieu , Chevalier de l'Ordre du
Roy , Gouverneur du Château
Toro en Bretagne , encore
vivant , & de Dame Françoiſe
Gabriele de Kerguelay
Dame de Erodon , de Kergoumar
, de Kermorvan , de
Belle- Ifle , & Vicomtefle de
Troboder , & arriere petit fils
de Pierre de Goësbriand , Seigneur
deKergrech , &de Maric
Simon Dame de Penen
326 MERCURE
quer, lequel Pierre citon fils
puîné de François de Goësbriand
, Seigneur de Goefbriand
,Chevalier de l'Ordre
du Roy , Gentilhomme ordi
naire de ſa Chambre , & de
Renée de la Marzeliere , &
petit fils d'Yves , Seigneur de
Goesbriand , Chevalier de
l'Ordre du Roy , inſtituéCa,
pitaine & Gouverneur de la
Ville de Morlaix par Lettres
du 11. Août 155 8. forti d'une
Maiſon connuë en Bretagne
depuis plus de 400. ans ,
& diftinguée par ſes alliances
&par ſes ſervices,
GALANT . 327
-François - Emmanuel de
Cruffol , Comte de Lettrange
& Baron de Privas , &c. a
époulé le 17 Decembre Damoiſelle
Marguerite Colbert
de Villacerf ſa coufine , fille
de Meffire Pierre Gilbert Colbert
,Marquis de Villacerf ,
Premier Maiſtre d'Hoſtel de
Madame la Dauphine , &de
Damoiſelle Marie Magdelaine
de S. Nectaire de Brinon.
La Famille de Colbert eſt originaire
de la Ville deRheims';
elle eſt diſtinguée par ſes grandes
alliances ,par quatre grands
Miniſtres qu'elle a donné à la
328 MERCURE
France ,&par un grandnombre
d'Officiers Generaux des
Armées du Roy dont plufieurs
ont eſté tuez pour le
ſervice de Sa Majefté.
M. le Comte de Leftrange
qui vient de ſe marier , eft
couſin germain de Meffire
Jean Charles de Cruffol , Duc
dUzés, Premier Pair de France
,& fils de Meffire Loüis de
Crufſol , Marquis de Florenfac
, Maréchal des Camps &
Armées du Roy , & Menin
de feu Morſeigneur le Dauphin&
de feuë Marie-Loüiſe
Thereſe de Saint Nectaire
GALANT. 329
1
re Leſtrange. La Maiſon de
Crufſol l'une des plus anciennes
& des plus illuftres
du Royaume , tant par ſes alliances
avec les premieresMaiſons
du Royaume , que par
les grandes Charges & les
grandes Terres qu'elle a pofſedées
, a pris fon nom de la
Terre de Cruſſol ſituée ſur le
Rhône en Vivarais , qu'elle
poſſede de tems immemorial :
le Vicomté d'Uzés fut érigé
enDuché l'an 1565.& en Pairie
en 1572. en faveur d'Antoine
Comte de Crufſol, Scigneur
deLevis &de Florenfac,
Decembre 1714. Ec
330 MERCURE
Chevalier del Ordre du Roy ,
Confeiller au Conſeil Privé
Capitaine de so. Hommes
d'Armes des Ordres du Roy ,
Chevalier d'Honneur de la
Reine Catherine de Medicis
par la mort duquel fans enfans
il paſſa à Jacques deCruffol
ſon frere puîné renommé
alors ſous le nomdu Seigneur
d'Affier , & il eft le trifayeul
de M.le Duc d'Uzés d'à prefent
, & de M. le Comte de
Florenfac , qui a donné heu à
cetArticle. Voyez pour laGenealogie
de cette Maifon,
'Histoire des grands Officiers
GALANT
de la Couronne par M. du
Fourny.
n'avoir point de Mariages co
mois- cy , mais on vient heu
GALANT. 321
reuſement de m'en apporter
deux trop confiderables pour
n'en pas faire honneur à mon
Journal.
MARIAGES.
Meſſire Loüis - Vincent
de Goefbriand , Marquis de
Goëfbriand , a épouſé le ...
Damoiſelle Marie Roſalie de
Chaſtillon , focur puînée de
Mademoiselle de Chaſtillon ;
dont je vous appris il ya quelques
mois le mariage avec M.
le Comte de Bacqueville du
nom de Boyvin , & fille de
/
322 MERCURE
Meffire Alexis Henry , Marquis
de Chaftillon , Chevalier
des Ordres du Roy, cy-devant
Premier Gentilhomme
de la Chambre de S.A. R. M.
Duc d'Orleans , & de Dame
Marie Roſalie de Broüilly de
Piennes , foeur de Madame
la Ducheffe d'Aumont.
L'Hiftoire Genealogique de
laMaiſon de Chaftillon ayant
efté donnée au Public par le
celebre André du Cheſne , en
un Volume in folio , & fe
trouvant encore rapportée
dans la nouvelle Hiſtoire des
grands Officiers de la Cou-
1
GALANT. 323
ronne par le ſieur du Fourny ,
on ſe contentera de dire icy
que cette Maiſon & celle de
Montmorency ne le cedent à
aucuneMaiſon du Royaume
pourl'ancienneté, la grandeur
des alliances ,&qu'elles les furpaffent
toutes fans contredit
par le luſtre & grandes Charges
de la Couronne qu'elles
ont poſſedées de tout temps.
Meffire Alexis Magdelaine
Rofalie de Chaſtillon, Comte
de Chaſtillon , Colonel d'un
Regiment de Dragons , de
fon nom , Brigadier General
des Armées du Roy , Grand
324 MERCURE
Bailly de Haguenau , & CommiſſaireGeneral
de laCavalcric
Legere de France , Gendre de
Monfieur le Chancelier Voifin
, & couſin germain de
Mesdames de Bacqueville &
de Goefbriand , eft le ſeul
mafle reſtant de cette Illuſtre
Maiſon.
M. le Marquis de Goëfbriand
qui vient de ſe marier,
eſt fils de Meſſire Loüis Vincent
, Marquis de Goëfbriand
en Bretagne , Chevalier des
Ordres du Roy , & Lieutenant
General de ſes Armées ; & de
Dame Marie-MagdelaineD.f
GALANT. 325
maretz , fiile de M. Deſmaretz,
Controlleur General des Finances
de France , & Miniſtre
d'Etat ,, petit fils d Yves de
Goësbriand , Seigneur dudit
lieu , Chevalier de l'Ordre du
Roy , Gouverneur du Château
Toro en Bretagne , encore
vivant , & de Dame Françoiſe
Gabriele de Kerguelay
Dame de Erodon , de Kergoumar
, de Kermorvan , de
Belle- Ifle , & Vicomtefle de
Troboder , & arriere petit fils
de Pierre de Goësbriand , Seigneur
deKergrech , &de Maric
Simon Dame de Penen
326 MERCURE
quer, lequel Pierre citon fils
puîné de François de Goësbriand
, Seigneur de Goefbriand
,Chevalier de l'Ordre
du Roy , Gentilhomme ordi
naire de ſa Chambre , & de
Renée de la Marzeliere , &
petit fils d'Yves , Seigneur de
Goesbriand , Chevalier de
l'Ordre du Roy , inſtituéCa,
pitaine & Gouverneur de la
Ville de Morlaix par Lettres
du 11. Août 155 8. forti d'une
Maiſon connuë en Bretagne
depuis plus de 400. ans ,
& diftinguée par ſes alliances
&par ſes ſervices,
GALANT . 327
-François - Emmanuel de
Cruffol , Comte de Lettrange
& Baron de Privas , &c. a
époulé le 17 Decembre Damoiſelle
Marguerite Colbert
de Villacerf ſa coufine , fille
de Meffire Pierre Gilbert Colbert
,Marquis de Villacerf ,
Premier Maiſtre d'Hoſtel de
Madame la Dauphine , &de
Damoiſelle Marie Magdelaine
de S. Nectaire de Brinon.
La Famille de Colbert eſt originaire
de la Ville deRheims';
elle eſt diſtinguée par ſes grandes
alliances ,par quatre grands
Miniſtres qu'elle a donné à la
328 MERCURE
France ,&par un grandnombre
d'Officiers Generaux des
Armées du Roy dont plufieurs
ont eſté tuez pour le
ſervice de Sa Majefté.
M. le Comte de Leftrange
qui vient de ſe marier , eft
couſin germain de Meffire
Jean Charles de Cruffol , Duc
dUzés, Premier Pair de France
,& fils de Meffire Loüis de
Crufſol , Marquis de Florenfac
, Maréchal des Camps &
Armées du Roy , & Menin
de feu Morſeigneur le Dauphin&
de feuë Marie-Loüiſe
Thereſe de Saint Nectaire
GALANT. 329
1
re Leſtrange. La Maiſon de
Crufſol l'une des plus anciennes
& des plus illuftres
du Royaume , tant par ſes alliances
avec les premieresMaiſons
du Royaume , que par
les grandes Charges & les
grandes Terres qu'elle a pofſedées
, a pris fon nom de la
Terre de Cruſſol ſituée ſur le
Rhône en Vivarais , qu'elle
poſſede de tems immemorial :
le Vicomté d'Uzés fut érigé
enDuché l'an 1565.& en Pairie
en 1572. en faveur d'Antoine
Comte de Crufſol, Scigneur
deLevis &de Florenfac,
Decembre 1714. Ec
330 MERCURE
Chevalier del Ordre du Roy ,
Confeiller au Conſeil Privé
Capitaine de so. Hommes
d'Armes des Ordres du Roy ,
Chevalier d'Honneur de la
Reine Catherine de Medicis
par la mort duquel fans enfans
il paſſa à Jacques deCruffol
ſon frere puîné renommé
alors ſous le nomdu Seigneur
d'Affier , & il eft le trifayeul
de M.le Duc d'Uzés d'à prefent
, & de M. le Comte de
Florenfac , qui a donné heu à
cetArticle. Voyez pour laGenealogie
de cette Maifon,
'Histoire des grands Officiers
GALANT
de la Couronne par M. du
Fourny.
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Résumé : MARIAGES.
Le texte décrit deux mariages notables au sein de la noblesse française. Le premier mariage unit Messire Louis-Vincent de Goëfbriand, Marquis de Goëfbriand, et Damoiselle Marie Rosalie de Chastillon, fille cadette de Mademoiselle de Chastillon. La famille de Chastillon est renommée pour son ancienneté et son prestige, comparable à celui de la maison de Montmorency. Le marié est le fils de Messire Louis Vincent, Chevalier des Ordres du Roy et Lieutenant Général des Armées, et de Dame Marie-Magdelaine Desmaretz, fille du Contrôleur Général des Finances de France. Le second mariage concerne François-Emmanuel de Cruffol, Comte de Lettrange et Baron de Privas, et Damoiselle Marguerite Colbert de Villacerf, sa cousine. La famille Colbert, originaire de Reims, est distinguée par ses grandes alliances et ses ministres. Le marié est cousin germain du Duc d'Uzés et fils de Loüis de Crufsol, Marquis de Florenfac et Maréchal des Camps et Armées du Roy. La Maison de Crufsol est l'une des plus anciennes et illustres du Royaume, reconnue pour ses alliances prestigieuses et ses possessions territoriales.
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102
p. 103-107
Noms des Presidens & Officiers des Finances d'Espagne. [titre d'après la table]
Début :
Les bontez de Sa Majesté Catholique, toûjours attentive à tout [...]
Mots clefs :
Roi d'Espagne, Avocats, Conseillers, Marquis, Finances, Présidents des finances d'Espagne, Officiers des finances d'Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Noms des Presidens & Officiers des Finances d'Espagne. [titre d'après la table]
Les bontez de Sa Majesté
Catholique,toujours at.
tentive à tout ce qui peut
contribuer au repos, au
profit & à l'instruction de
ses sujets, n'éclatent pas
feulement dans le choix
qu'Elle fait d'hommes il.
lustres & sçavans pour conserver
la pureté, ôc augmenter,
s'il est possible,les
beautez d'une des principales
& des plus énergi
ques Langues de l'Europe,
telle quel'est la LangueEspagnole
:maisencoredans
les soins qu'Elle prend de
choisir des sujets dignes tk
capables d'administrer avec
toute l'intégrité qu'ils lui
doivent les finances de ses
Royaumes.
Ceux qu'Elle a preposez
à cette administration, sont.
Presidens de Caflille. -
D. Michel François Guerra.
Le Marquis d'Arenda.
D. François Portel.
D. Sebastien Romero.
D. Manuel de Azevedo.
Avocats Generaux.
D. Juan Rozillo.
D. François de Harriara.
Nouveaux Conseillers de Cc
tille.
D. Alphonse Castellanos.
D. Pedre Gomez de la Cava.
D. André Gonzales de Bar-
Zia.*
D. François Ycolano.
D. Jerôme Pardo.
Ajjejjeurs d'Etat.
D. Garcia de Haraziel.
Le Marquis de Handia.
Ajjejjcur Militaire.
Le Comte de Valdé de Aguilao.
Nouveaux Presidens des Finances.
D. François Rimol Qui-»
ro ga.
D. Balchazard de Hazevedo.
Avocats Généraux des Fi.
nances.
D. Manuel de Tolede.
D. François de Hetera.
Avocats Generaux du Conseil
des Indes.
D. François la Chica.
D. Diegue Valdez.
L'on a ordonné à D. François
de Harana, & à D. Pedro
de la Grava, tous deux
Conseillers de Castille, de
• ne point paroître à la Junte
jusqu'à nouvel ordre.
Catholique,toujours at.
tentive à tout ce qui peut
contribuer au repos, au
profit & à l'instruction de
ses sujets, n'éclatent pas
feulement dans le choix
qu'Elle fait d'hommes il.
lustres & sçavans pour conserver
la pureté, ôc augmenter,
s'il est possible,les
beautez d'une des principales
& des plus énergi
ques Langues de l'Europe,
telle quel'est la LangueEspagnole
:maisencoredans
les soins qu'Elle prend de
choisir des sujets dignes tk
capables d'administrer avec
toute l'intégrité qu'ils lui
doivent les finances de ses
Royaumes.
Ceux qu'Elle a preposez
à cette administration, sont.
Presidens de Caflille. -
D. Michel François Guerra.
Le Marquis d'Arenda.
D. François Portel.
D. Sebastien Romero.
D. Manuel de Azevedo.
Avocats Generaux.
D. Juan Rozillo.
D. François de Harriara.
Nouveaux Conseillers de Cc
tille.
D. Alphonse Castellanos.
D. Pedre Gomez de la Cava.
D. André Gonzales de Bar-
Zia.*
D. François Ycolano.
D. Jerôme Pardo.
Ajjejjeurs d'Etat.
D. Garcia de Haraziel.
Le Marquis de Handia.
Ajjejjcur Militaire.
Le Comte de Valdé de Aguilao.
Nouveaux Presidens des Finances.
D. François Rimol Qui-»
ro ga.
D. Balchazard de Hazevedo.
Avocats Généraux des Fi.
nances.
D. Manuel de Tolede.
D. François de Hetera.
Avocats Generaux du Conseil
des Indes.
D. François la Chica.
D. Diegue Valdez.
L'on a ordonné à D. François
de Harana, & à D. Pedro
de la Grava, tous deux
Conseillers de Castille, de
• ne point paroître à la Junte
jusqu'à nouvel ordre.
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Résumé : Noms des Presidens & Officiers des Finances d'Espagne. [titre d'après la table]
Le texte souligne les initiatives de Sa Majesté Catholique pour le bien-être, le profit et l'instruction de ses sujets. Cette attention se traduit par la sélection d'hommes illustres et savants pour préserver et enrichir la langue espagnole, reconnue comme l'une des principales et plus énergiques langues d'Europe. De plus, Sa Majesté s'assure de choisir des individus dignes et capables pour gérer avec intégrité les finances de ses royaumes. Plusieurs personnalités sont nommées à divers postes administratifs et judiciaires, tels que Présidents de Castille, Avocats Généraux, Conseillers de Castille, Ajjejjeurs d'État, Ajjejjcurs Militaires, Présidents des Finances, et Avocats Généraux des Finances et du Conseil des Indes. Parmi ces noms figurent D. Michel François Guerra, le Marquis d'Arenda, D. François Portel, et d'autres. Enfin, il est précisé que D. François de Harana et D. Pedro de la Grava, Conseillers de Castille, ont reçu l'ordre de ne pas se présenter à la Junte jusqu'à nouvel ordre.
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103
p. 108-132
Morts. [titre d'après la table]
Début :
Il vaudroit mieux ne point se mêler du Mercure Galant [...]
Mots clefs :
Marquis, Roi, Seigneur, Parlement de Paris, Conseiller au Parlement, Marquis de Sailly, Baron, Fille, Femme, Dame, Comte, Veuve, Familles, Branche
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texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
Il vaudroit mieux ne
point se mêler du Mercure
Galant, que se dispenser
d'y mettre au moins un artic
le demorts & de mariages
: ces chapitres font regardez
comme les plus necessaires
de ce Livre; tela
été: l'esprit du fondateur,
& je ne fuis point venu pour
abolir les loix. Ainsi,quoiqueje
ne fois pas esclave
des modes, il y a pourtant
des occasions où je suis obligé
de l'être de lacoutume;
Cela crâne,Menieurs, je
vous laisselesmaîtres de
lire, ou de ne lire pas que
Dame Marie-Marguerite
Baron de Cortinville
veuve de Messire Loüis le
Fevre de Caumartin, Marquis
de Cailly, dont elle
étoit la troisiéme femme
mourut sans posterité le 17*
Janvier 1715. Elle étaie fille
d'Antoine Baron, Seigneur
de Cottinville& dePussay,
ôc d'Adrienne de Maupeou
d'Ableges ; petite-fille de
Pierre Baron, Chevalier
Seigneur de Cottinville, de
Châtenay
,
de Pussay&de
Frêne,Maître d'Hôtel de
la Reine,grand Maître des
Eaux &Forets des Provinces
d'Anjou, de Touraine
& du Maine;&arriere- petite-
fille de Claude Baron,
Seigneur de CorcnviIIe,
Correcteurdes Comptes, fils de Pierre Baron, Procureurau
Parlement, nommé
en cette qualité dans le
procès verbal de redaction
de la Coutume de Paris
l'an 1580. & de Marguerite
le Bossu, fille de Claude
le Bossu & de Genevicve
Fraguier. La famille de Baron
a donné plusieurs Conseillersau
Parlement de Paris,
& elle s'est alliée aux
familles de Heere, Bauyn,
Pommereu, Servien,Maupeou.
Et feu M. de Cailly
avoit épousé lU Anne de Sevigné,
morte sans enfans;
iK le Septembre 1681..
Françoise- Elisabeth de
Brion de Hautefontaine,
dont il avoir eu le Marquis
de Cailly,Capitaine decavalerie
dans le regiment
royal Roussillon cavalerie,
tué au siege de Turin sans
être marié; & Mademoi.
selle de Cailly, mariée depuispeu
d'années avec M.
Delpech,Avocat General
de la Cour des Aydes. Il
croit petit-fils de Messire
Louisle Fevre
,
Baron de
saintPort,Seigneur de Caumartin
& de Boissy, Garde
des Sceaux de France,bis
- ayeul
ayeul de M. de Caumartin
Intendant des Finances &
Conseillerd'Etat, &de M.
de Boissy Maître des Requêtes.
Et la famille de le
Fevre deCaumartinestoriginaire
de Picardie, &: une
des plus illustresde la Robe
, tant par les premieres
Charges dont elleest decorée
depuis long -temps ;
que par. ses alliance avec
les plus considerables familles
de Paris. Et la genealogie
en est rapportée dans
l'histoire des grandsOfficiers
de la Couronne ,au
chapitre des Chanceliers.
DameMarie Rolland,
veuve de Messire Jean- Baptiste
Coquebert, Seigneur
de Montbret, Maître des
Comptes, mourut le 31. Janvier
1715laissant des ensans
&. petits-enfans. Les familles
de Rolland & de Coquebert
sont originaires de la
villedeRheims, & celle de
Coquebert s'eit alliée plusieurs
fois à celle deColbert.
Dame Charlotte.Louise
delaLoë,veuve deMessire
Charles de saint Gelais&
de Lusignan, Marquis de
saini Gelais, Seigneur de
Cherveux,le Coudray, &c
mourur le 2.. de ce mois âgée de89 , ans. Elle n)avoit
eu qu'un fils, nommé
le Marquis desaint Gelais,
qui suc tué à Valcourt [an
être marié.Elleétoit d'une,
maison noble de laville dei
Bourges en Berry r & biffe
des biens assez considera- deshéritiers de dit
tinction qui auront à parrageravec
d'autresheritiers
sansnom quiavoientgrand
besoin de cette fticcefl-lon.
Lamaison de saint Gelais
où elle s'étoit alliée,estoriginaire
de Poitou, & une
vieille traduction veut qu.oÓo
elle forte de l'illustre maison
de Lusignan:maiscomme
il ny en a point de preuves
certaines, il suffira de
la
-
regarder comme une
maison considerable par
son ancienneté, parses alliances
)
& par son attachement
au service de nos Rois
& de l'Etat. ,¡;
', Messire Alponse-Denys
Huguer, Conseiller au Parlement
,où il avoir éréreçt1
le
13. Mars 1671. mourut le
laissant de son rna
riage avec Marguerite de
Turmenies,soeur de M. de
Nointel, Garde du Tresor
Royal, une fille unique,ri che heritiere, - mariée depuis
peu avec M. le Comte
de Roucy, fils aîné de M.
le Comte de Roucy, dela
maison de la Rochefoucaud
, Lieutenant general
des rméesduRoy. Feu M.
Hugue: étoit fils de Simon
Huguet,Secretaire duRoy,
sorti d'une famille de la
ville d'Orleans, où elle subsiste
encore à present, de
même qu'à Paris en la personne
de M. Huguet de
Semonville, Conseiller au
Parlement.
Messire François de Sens,
Marquisde Morfan, Conseiller
au Grand Conseil
mourut le laissant de
son mariage avec Dame
Genevieve Amyot, soeur de
Messieurs Amyot,Conseiller
de la Cour des Aydes
& Payeur des Rentes, .cn.&
tr'autres enfans un fils, qui
suit le parti de l'Epée. Feu
M. de Morsan était fils de
Jean -François de Sens Marquis de Morsan , ,Ayde
de Camp des armées du
Roy,& Capitaine de Chevaux
-
Légers, sorti d'une
Noblesse distinguée dela
Province deNormandie,
où elle subsiste encore en
plusieurs branches.
Madame Charlotte de
Crequy,Baronne d'Estiembecq
& de Rossignol,ComtessedeDourier,
femme de
MessireAymard Louis Sire
Marquis de Sailly, Lieutenant
generaldesarmées du
Roy,Commandeur de l'Ordre
de saint Louis,est morte
le 2. & M le Marquis de
Sailly a eu l'honneur le 11.
de saluer le RoyàVersaisles
& Monseigneur le Dauphin
en long manteau,
comme il convient aux personnes
de la premiere distinction.
• Elle étoit fille de Messire
François de Crequy,Comte
de Frohens
,
& de Dame
Louise-Elisabeth de Sailly.
La
La trèsillustre&très ancienne
maison de Crequy
estrapportée par une d'auteurs
,entr'autres par le P.
Anselme, qu'il clt1 inutile
d'en rapporter ici lagenealogie.
Bien des auteurs parlent
différemment sur l'origine
de celle deSailly:les
uns la sontsortir des'anciens
Comtes d'Oisy, descendus
des Ducs d'Aquitaine
, dont la branche aînée
est rombée par la mai-
[on de Châtillon dans celle"
de France. -
D'autres, avec
plus de vraisemblance,des
anciens Ducs de Luxembourg,
portant les mêmes
armes, & pour device(Du
plus haut Sailly.) Sa grande
ancienneté se prouve sans
trouver de commencement
, par plusieurs titres
& Chartres d'Abbayes. En
l'an iioz. Baudoin Sire de
Saillyparoît entre les Chevaliers
de hautes marques, selon la chartre de ladite
annéenoi. de l'Abbaye de
Bornhem, (infra Milites
primates. ) En 1106. Bernardin
Sire de Sailly qualifié
Miles en une chartre de la
Dedicace de l'Abbaye d'Aroüaise,
voisine du château
de Sailly, & dont les Sei-
, gneurs sont bienfaicteurs.
Ce château relevant du
Roy à cause de celui de Peronne,
étoit anciennement
très-fort, ses fossez revêtus,
un ancien donjon, quantiré
de tours. M. ôc Me de
Saillyfaisant ensemble cent
vingt huit quartiers, par où
l'un lX l'autre font voir leurs
descendances & alliances
de beaucoup de Têtes couronnées,
ôc entr'autres de
celle de France,des Empereurs
d'Allemagne, des
Rois d'Angleterre, des
Ducs de Bretagne, des
Comtes de Flandres, de
Champagne, de Bar, des
Maisons deCraon, de Châtillon,
de Montmorency,
de Laval, de Crequy, de
Clermont Neele, de Roucy
,
de Sarrebruche, de
Coucy, Bethune, de la Trimoüille,
de Roye, de Ponthieux,
de Dampmartin,
de Dacigné,de Rohan, de
Hainault, de Bourbon ancien
3
de Thoüars, & de
quantité d'autres Maisons
très-illustres.
M. le Marquis de Sailly
descend aussi deJean Sire
de Croy
,
grand Bouteiller
de France, & de Marguerite
de Craon par la maison
d'Aveluys
; ce qui lui
donne l'honneur de toucher
de parenté au septiéme
degré à toutesles branches
de la mai son de Croy, Ducs
d'Havré, de Ligne, Arremberg,
aux Maisons Palatine,
de Baviere & de
Neubourg, dont le Roy de
Suede descend ;
à !Empereur;
au Roy deSicile Duc'
de Savoye, au Roy d'Espagne
par feue la Reine son
cpoufe
;
à Monseigneur le
Dauphin par feuë Madame
la Dauphine sa mere ;
à la
maison deMedicis, grand
Duc de Toscane
;
à plusieurs
branches de la maison
de Lorraine, àcelles
d'Estrées, de Vendôme,
Melun Epinoy, Durfort,
Durras, Rohan, Luxembourg
, Monchy, Mailly,
Roussel
,
de Medavy, la
Marck, Boüillon, Noailles,
Villeroy,Boufflers, Launoy
,
Levy
,
Venradour,
Brissac, &une si grande
quantité d'autres de la plus
grande illustration
)
qu'il
seroit impossible de les rapporter
coûtes dans un discours.
* 4 i
1 Gilbert de Sailly
,
grand
Maître de l'Ordre de saint
Jean de Jerusalem en rannée
11 (7 étoit de cette mai-
Ion. Jean Sire de Sailly son
neveu donna à la Commanderie
d'Eterpigny trois
muids de bled sur la Terre
de Sailly en 1I70. Il avoit
épousé Fredescende du
Breüil, d'une trés ancienne
maison de Flandres, donc
se prouvelafiliation avec
de trés. grandes alliances,
jusqu'à Charles Sire Marquis
de Sailly, qui avoit
épousé Marie- Claude de
Monchyfille de Charles de
Monchy, de la branche de
Monrcaurel,&du Maréchal
d'Hocquincourt. Charles
de Monchy a eu pour femme
Madelaine de Bournonville,
descendant parIsabelle
de Flandres, fille de
Guy Comte de Flandres,
& d'Isabeau de Luxembourg
, du Roy Louis VU.
descendant encore de la
grande. tante d'Eleonore Ôc
de Charlorte de Roye;Eleonore,
femme de Loüis de
Bourbon, Prince de Coudé
;
Charlotte de Roye, femmede François111.
Comte de la Rochefoucault.
1
i'
M. le Marquis de Sailly
dont les services sont assez,
connus, sert dés l'age de
douze ans, ayant suivi Sa
Majesté à-la guerre de Hollande,
étant Page de sa
grande Ecurie.. 1 a reçû
onze blessures en
-
differentes
occasions
: la premiere,
à la vue du Roy, à l'attaque
du chemin couvert & de la
demi-lune de Maftrick;la
derniere au siege de Doüay
en l'année 1711. y comman.
dant la tranchée. Il a commande
en plusieurs Provinces
& beaucoupdeçorps
derachezy entr'autres en
Provence en l'an 1707. s'étant
poilé sur le Vart,quoy
qu'avec forr peu de coupes
, il y arrêta pendant
qquuaatrrree jJoouurrss l'aarrmneéee commandée
par le Duc de Savoye
& le Prince Eugene
3 & donna le temps, par le
retardement de leur marche,
aux troupes du Roy
d'arriver & se poster fous
Toulon; ce qui contribua
au salut de la Provence. Les
Seigneurs de Sailly ont
dans tous les temps possedé
des emplois confiderablg;
plusieurs ont été
Gouverneurs de;Peronne
fous les Rois Louis XI.ôc
Charles VIIL
M. Germain le Lay de
Villemaré5 Conseiller au
Parlement de Paris, est
mort à Milan le 31. Decem
bre dernier, en faifanc le
voyage d'Ita lie, oùil éroit
allé il y a plus de deux ans
avec perrniffion du Roy.
Ce'toit une personne de merité
qui avoit beaucoup
d'esprit & de science. Son
origine est d'une ancienne
Noblessè de Bretagne. Il
n'avoit pas encore2.6. ans.
point se mêler du Mercure
Galant, que se dispenser
d'y mettre au moins un artic
le demorts & de mariages
: ces chapitres font regardez
comme les plus necessaires
de ce Livre; tela
été: l'esprit du fondateur,
& je ne fuis point venu pour
abolir les loix. Ainsi,quoiqueje
ne fois pas esclave
des modes, il y a pourtant
des occasions où je suis obligé
de l'être de lacoutume;
Cela crâne,Menieurs, je
vous laisselesmaîtres de
lire, ou de ne lire pas que
Dame Marie-Marguerite
Baron de Cortinville
veuve de Messire Loüis le
Fevre de Caumartin, Marquis
de Cailly, dont elle
étoit la troisiéme femme
mourut sans posterité le 17*
Janvier 1715. Elle étaie fille
d'Antoine Baron, Seigneur
de Cottinville& dePussay,
ôc d'Adrienne de Maupeou
d'Ableges ; petite-fille de
Pierre Baron, Chevalier
Seigneur de Cottinville, de
Châtenay
,
de Pussay&de
Frêne,Maître d'Hôtel de
la Reine,grand Maître des
Eaux &Forets des Provinces
d'Anjou, de Touraine
& du Maine;&arriere- petite-
fille de Claude Baron,
Seigneur de CorcnviIIe,
Correcteurdes Comptes, fils de Pierre Baron, Procureurau
Parlement, nommé
en cette qualité dans le
procès verbal de redaction
de la Coutume de Paris
l'an 1580. & de Marguerite
le Bossu, fille de Claude
le Bossu & de Genevicve
Fraguier. La famille de Baron
a donné plusieurs Conseillersau
Parlement de Paris,
& elle s'est alliée aux
familles de Heere, Bauyn,
Pommereu, Servien,Maupeou.
Et feu M. de Cailly
avoit épousé lU Anne de Sevigné,
morte sans enfans;
iK le Septembre 1681..
Françoise- Elisabeth de
Brion de Hautefontaine,
dont il avoir eu le Marquis
de Cailly,Capitaine decavalerie
dans le regiment
royal Roussillon cavalerie,
tué au siege de Turin sans
être marié; & Mademoi.
selle de Cailly, mariée depuispeu
d'années avec M.
Delpech,Avocat General
de la Cour des Aydes. Il
croit petit-fils de Messire
Louisle Fevre
,
Baron de
saintPort,Seigneur de Caumartin
& de Boissy, Garde
des Sceaux de France,bis
- ayeul
ayeul de M. de Caumartin
Intendant des Finances &
Conseillerd'Etat, &de M.
de Boissy Maître des Requêtes.
Et la famille de le
Fevre deCaumartinestoriginaire
de Picardie, &: une
des plus illustresde la Robe
, tant par les premieres
Charges dont elleest decorée
depuis long -temps ;
que par. ses alliance avec
les plus considerables familles
de Paris. Et la genealogie
en est rapportée dans
l'histoire des grandsOfficiers
de la Couronne ,au
chapitre des Chanceliers.
DameMarie Rolland,
veuve de Messire Jean- Baptiste
Coquebert, Seigneur
de Montbret, Maître des
Comptes, mourut le 31. Janvier
1715laissant des ensans
&. petits-enfans. Les familles
de Rolland & de Coquebert
sont originaires de la
villedeRheims, & celle de
Coquebert s'eit alliée plusieurs
fois à celle deColbert.
Dame Charlotte.Louise
delaLoë,veuve deMessire
Charles de saint Gelais&
de Lusignan, Marquis de
saini Gelais, Seigneur de
Cherveux,le Coudray, &c
mourur le 2.. de ce mois âgée de89 , ans. Elle n)avoit
eu qu'un fils, nommé
le Marquis desaint Gelais,
qui suc tué à Valcourt [an
être marié.Elleétoit d'une,
maison noble de laville dei
Bourges en Berry r & biffe
des biens assez considera- deshéritiers de dit
tinction qui auront à parrageravec
d'autresheritiers
sansnom quiavoientgrand
besoin de cette fticcefl-lon.
Lamaison de saint Gelais
où elle s'étoit alliée,estoriginaire
de Poitou, & une
vieille traduction veut qu.oÓo
elle forte de l'illustre maison
de Lusignan:maiscomme
il ny en a point de preuves
certaines, il suffira de
la
-
regarder comme une
maison considerable par
son ancienneté, parses alliances
)
& par son attachement
au service de nos Rois
& de l'Etat. ,¡;
', Messire Alponse-Denys
Huguer, Conseiller au Parlement
,où il avoir éréreçt1
le
13. Mars 1671. mourut le
laissant de son rna
riage avec Marguerite de
Turmenies,soeur de M. de
Nointel, Garde du Tresor
Royal, une fille unique,ri che heritiere, - mariée depuis
peu avec M. le Comte
de Roucy, fils aîné de M.
le Comte de Roucy, dela
maison de la Rochefoucaud
, Lieutenant general
des rméesduRoy. Feu M.
Hugue: étoit fils de Simon
Huguet,Secretaire duRoy,
sorti d'une famille de la
ville d'Orleans, où elle subsiste
encore à present, de
même qu'à Paris en la personne
de M. Huguet de
Semonville, Conseiller au
Parlement.
Messire François de Sens,
Marquisde Morfan, Conseiller
au Grand Conseil
mourut le laissant de
son mariage avec Dame
Genevieve Amyot, soeur de
Messieurs Amyot,Conseiller
de la Cour des Aydes
& Payeur des Rentes, .cn.&
tr'autres enfans un fils, qui
suit le parti de l'Epée. Feu
M. de Morsan était fils de
Jean -François de Sens Marquis de Morsan , ,Ayde
de Camp des armées du
Roy,& Capitaine de Chevaux
-
Légers, sorti d'une
Noblesse distinguée dela
Province deNormandie,
où elle subsiste encore en
plusieurs branches.
Madame Charlotte de
Crequy,Baronne d'Estiembecq
& de Rossignol,ComtessedeDourier,
femme de
MessireAymard Louis Sire
Marquis de Sailly, Lieutenant
generaldesarmées du
Roy,Commandeur de l'Ordre
de saint Louis,est morte
le 2. & M le Marquis de
Sailly a eu l'honneur le 11.
de saluer le RoyàVersaisles
& Monseigneur le Dauphin
en long manteau,
comme il convient aux personnes
de la premiere distinction.
• Elle étoit fille de Messire
François de Crequy,Comte
de Frohens
,
& de Dame
Louise-Elisabeth de Sailly.
La
La trèsillustre&très ancienne
maison de Crequy
estrapportée par une d'auteurs
,entr'autres par le P.
Anselme, qu'il clt1 inutile
d'en rapporter ici lagenealogie.
Bien des auteurs parlent
différemment sur l'origine
de celle deSailly:les
uns la sontsortir des'anciens
Comtes d'Oisy, descendus
des Ducs d'Aquitaine
, dont la branche aînée
est rombée par la mai-
[on de Châtillon dans celle"
de France. -
D'autres, avec
plus de vraisemblance,des
anciens Ducs de Luxembourg,
portant les mêmes
armes, & pour device(Du
plus haut Sailly.) Sa grande
ancienneté se prouve sans
trouver de commencement
, par plusieurs titres
& Chartres d'Abbayes. En
l'an iioz. Baudoin Sire de
Saillyparoît entre les Chevaliers
de hautes marques, selon la chartre de ladite
annéenoi. de l'Abbaye de
Bornhem, (infra Milites
primates. ) En 1106. Bernardin
Sire de Sailly qualifié
Miles en une chartre de la
Dedicace de l'Abbaye d'Aroüaise,
voisine du château
de Sailly, & dont les Sei-
, gneurs sont bienfaicteurs.
Ce château relevant du
Roy à cause de celui de Peronne,
étoit anciennement
très-fort, ses fossez revêtus,
un ancien donjon, quantiré
de tours. M. ôc Me de
Saillyfaisant ensemble cent
vingt huit quartiers, par où
l'un lX l'autre font voir leurs
descendances & alliances
de beaucoup de Têtes couronnées,
ôc entr'autres de
celle de France,des Empereurs
d'Allemagne, des
Rois d'Angleterre, des
Ducs de Bretagne, des
Comtes de Flandres, de
Champagne, de Bar, des
Maisons deCraon, de Châtillon,
de Montmorency,
de Laval, de Crequy, de
Clermont Neele, de Roucy
,
de Sarrebruche, de
Coucy, Bethune, de la Trimoüille,
de Roye, de Ponthieux,
de Dampmartin,
de Dacigné,de Rohan, de
Hainault, de Bourbon ancien
3
de Thoüars, & de
quantité d'autres Maisons
très-illustres.
M. le Marquis de Sailly
descend aussi deJean Sire
de Croy
,
grand Bouteiller
de France, & de Marguerite
de Craon par la maison
d'Aveluys
; ce qui lui
donne l'honneur de toucher
de parenté au septiéme
degré à toutesles branches
de la mai son de Croy, Ducs
d'Havré, de Ligne, Arremberg,
aux Maisons Palatine,
de Baviere & de
Neubourg, dont le Roy de
Suede descend ;
à !Empereur;
au Roy deSicile Duc'
de Savoye, au Roy d'Espagne
par feue la Reine son
cpoufe
;
à Monseigneur le
Dauphin par feuë Madame
la Dauphine sa mere ;
à la
maison deMedicis, grand
Duc de Toscane
;
à plusieurs
branches de la maison
de Lorraine, àcelles
d'Estrées, de Vendôme,
Melun Epinoy, Durfort,
Durras, Rohan, Luxembourg
, Monchy, Mailly,
Roussel
,
de Medavy, la
Marck, Boüillon, Noailles,
Villeroy,Boufflers, Launoy
,
Levy
,
Venradour,
Brissac, &une si grande
quantité d'autres de la plus
grande illustration
)
qu'il
seroit impossible de les rapporter
coûtes dans un discours.
* 4 i
1 Gilbert de Sailly
,
grand
Maître de l'Ordre de saint
Jean de Jerusalem en rannée
11 (7 étoit de cette mai-
Ion. Jean Sire de Sailly son
neveu donna à la Commanderie
d'Eterpigny trois
muids de bled sur la Terre
de Sailly en 1I70. Il avoit
épousé Fredescende du
Breüil, d'une trés ancienne
maison de Flandres, donc
se prouvelafiliation avec
de trés. grandes alliances,
jusqu'à Charles Sire Marquis
de Sailly, qui avoit
épousé Marie- Claude de
Monchyfille de Charles de
Monchy, de la branche de
Monrcaurel,&du Maréchal
d'Hocquincourt. Charles
de Monchy a eu pour femme
Madelaine de Bournonville,
descendant parIsabelle
de Flandres, fille de
Guy Comte de Flandres,
& d'Isabeau de Luxembourg
, du Roy Louis VU.
descendant encore de la
grande. tante d'Eleonore Ôc
de Charlorte de Roye;Eleonore,
femme de Loüis de
Bourbon, Prince de Coudé
;
Charlotte de Roye, femmede François111.
Comte de la Rochefoucault.
1
i'
M. le Marquis de Sailly
dont les services sont assez,
connus, sert dés l'age de
douze ans, ayant suivi Sa
Majesté à-la guerre de Hollande,
étant Page de sa
grande Ecurie.. 1 a reçû
onze blessures en
-
differentes
occasions
: la premiere,
à la vue du Roy, à l'attaque
du chemin couvert & de la
demi-lune de Maftrick;la
derniere au siege de Doüay
en l'année 1711. y comman.
dant la tranchée. Il a commande
en plusieurs Provinces
& beaucoupdeçorps
derachezy entr'autres en
Provence en l'an 1707. s'étant
poilé sur le Vart,quoy
qu'avec forr peu de coupes
, il y arrêta pendant
qquuaatrrree jJoouurrss l'aarrmneéee commandée
par le Duc de Savoye
& le Prince Eugene
3 & donna le temps, par le
retardement de leur marche,
aux troupes du Roy
d'arriver & se poster fous
Toulon; ce qui contribua
au salut de la Provence. Les
Seigneurs de Sailly ont
dans tous les temps possedé
des emplois confiderablg;
plusieurs ont été
Gouverneurs de;Peronne
fous les Rois Louis XI.ôc
Charles VIIL
M. Germain le Lay de
Villemaré5 Conseiller au
Parlement de Paris, est
mort à Milan le 31. Decem
bre dernier, en faifanc le
voyage d'Ita lie, oùil éroit
allé il y a plus de deux ans
avec perrniffion du Roy.
Ce'toit une personne de merité
qui avoit beaucoup
d'esprit & de science. Son
origine est d'une ancienne
Noblessè de Bretagne. Il
n'avoit pas encore2.6. ans.
Fermer
Résumé : Morts. [titre d'après la table]
Le texte relate plusieurs annonces de décès et de mariages conformément aux traditions et aux lois en vigueur. Parmi les décès notables, on compte Dame Marie-Marguerite Baron de Cortinville, veuve de Louis Le Fèvre de Caumartin, Marquis de Cailly, décédée le 17 janvier 1715. Elle appartenait à une famille illustre alliée à des maisons prestigieuses telles que Heere, Bauyn, Pommereu, Servien et Maupeou. Dame Marie Rolland, veuve de Jean-Baptiste Coquebert, Maître des Comptes, est décédée le 31 janvier 1715. Les familles Rolland et Coquebert sont originaires de Reims et liées à la famille Colbert. Dame Charlotte-Louise de La Loë, veuve de Charles de Saint Gelais et de Lusignan, Marquis de Saint Gelais, est décédée à l'âge de 89 ans. Elle appartenait à une maison noble de Bourges. Messire Alphonse-Denys Huguer, Conseiller au Parlement, et Messire François de Sens, Marquis de Morsan, Conseiller au Grand Conseil, sont également décédés, laissant respectivement une fille mariée au Comte de Roucy et un fils dans la carrière militaire. Madame Charlotte de Crequy, Baronne d'Estiembecq et de Rossignol, Comtesse de Dourier, est également mentionnée. Le texte évoque également l'histoire et les alliances de la famille de Sailly, une lignée noble avec une longue ascendance. Cette famille est mentionnée dans des documents anciens, tels que des chartes des abbayes de Bornhem et d'Aroüaise du XIIe siècle. Le château de Sailly, relevant du roi de France, était fortifié. La famille de Sailly a des liens avec de nombreuses maisons royales et nobles européennes, incluant les rois de France, les empereurs d'Allemagne, les rois d'Angleterre et les ducs de Bretagne. Le marquis de Sailly descend de Jean Sire de Croy et Marguerite de Craon, et est lié à des maisons illustres comme celles de Croy, de Lorraine, de Vendôme et de Rohan. Gilbert de Sailly fut grand maître de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1171. Charles Sire marquis de Sailly épousa Marie-Claude de Monchy et servit militairement dès l'âge de douze ans, participant à diverses batailles. La famille a occupé des postes importants, comme gouverneurs de Péronne sous les rois Louis XI et Charles VIII. Le texte mentionne également la mort de M. Germain le Lay de Villemaré, conseiller au Parlement de Paris, décédé à Milan en décembre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
104
p. 133-144
Mariages. [titre d'après la table]
Début :
M. le Comte de Poitiers a épousé Mademoiselle de Malause [...]
Mots clefs :
Roi, Branche, Bourbon, Aïeul, Comte, Fille, Duc, Marquis, Histoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariages. [titre d'après la table]
M. le Comie de Poitiers
a épouseMademoiiette de
Malaufe, fille de feu Messire
Guy Henry de Bourbon
,Marquis de Malaufe,
mort en 1706. issu par divers
degrez de Charles de Bour
bon,fils naturel de Jean II.
du nom, Duc de Bourbon,
Pair, Connétable & Chambrier
de France, mort en
1487. & de Louise d'Albret.
On ne doic rien dire ici de
la naissance de Mademoifelle
de Malaule
;
le nom
de Boui bon qu'elle a l'honneur
de porter, étant celui
de la plus ancienne, de la
plus illustre & la plus puis,
tante Maison du monde.
Pour M. de Poitiers, il est
de la maison de Poitiers,
vue des plus anciennes &
des plus illustres du Royaume
, tant par les grandes
Terres quelle a possedées.
que par les grandes alliances;&
la branche de Vadans
dont il fort est établie
depuis longtemps en Franche-
Comté. Diane de PoU
tiers, Duchesse de Valentinois
,
maîtresse du Roy
HenryII. étoit de cette
maison & de la branche de
saint Valier, eteince depuis
long-temps.
M. le Marquis d'O,fils
deleilirc René-Claude
d'O, Marquis de Francon.
ville, Lieutenant général
des armées navales du Roy,
& premier Gentilhomme
de la chambre de M. le
Comte de Toulouse, & de
DameElisabeth Madelaine
de la Vergne- Guilleragues,
a epouse Anne-Louise de
Madaillan, Damoiselle de
Lassay,fille de M. Armand
de Madaillan de l'Esparre,
Marquis de Lassay au Maine
,
ci- devant Enleigne des
Gendarmes de la Garde du
Roy, puis Lieutenant gérerai
pour Sa Majesté au
GouverGouvernement
de Bresse,
de Bugey,de Valromey ôc
deGex;& deJulielégitimée
de Bourb'on) fille naturelle
de Henry-Jules de
Bourbon, Prince de Condé
,
ayeul de Monseigneur
le Duc.
La maison d'O prend son
nom de la Terre d'O, ficuee
prés Argentan en Normandie.
Elle eIl: connuë depuis
plus de cinq cens ans, &
elle s'estalliée aux maisons
d'Harcourt, de Villiers
l'Isle-Adam,Lhospital. Vi,.
try Clermont,Tallard>
Angennes, Roucherollesy
ÔCC.
Pour celle de fadaillan;
elle est originaire deGuyenne3
& d'une Noblesse trés.
distinguée. Elle [e pretend
sortie de l'ancienne maisôn
des Madaillan, Sires del'Efparre,
de laquelle éraie Guillaume
de Madaillan
)
Sire
de l'Esparre, marié vers
Tan 1145. avec Marguerite
de Rochchoüard, fille
d'Aimery VIII. du nom,Vi.
comte de Rochechouard
Jo & de Marguerite de Limooges.
Messire Jean- Maurice
de la Tour d'A pcher,Com.
te de la Tour5 Baron de
Murat, ancien Capiraine
au regiment de Limolîn,
& Chevalrer de l'Ordre militaire
de saint Louisy a
époule DamoiselleClaude-
Catherine Sainror, fille de
Messire Nicolas Saintot,
Seigneur de Vemars, Inrroduéteur
des Ambassadeurs
,
Sc avant Maîtredes
Cérémonies de France
>
6c
de Dame Claudedel'Hle;,.
& petite-fille de Nicolas
Saintot
s
aussi Maicre des
Cérémonies de France. M.
le Comre dela Tour joinc
à son nom celui d'A pcher,
dont il elt obligé d'écarte-
1er les armes, en execution
du testament de Henry-
Louis Comre d'A pcher, son
oncle marernel, qui lui a
laisse des biens confiderables
à cette condidon. Il
porte des marques glorieuses
de son zele pour le fervice
du Roy,& il soûtienr
* avec honneur sa naissance,
qui est sans contredit une
des plus illustres, puis qu'il
prouve par des titres incorv;
testables
,
qu'Antoine Raimond
de la Tour, dit le
jeune, SeigneurdeMurât,
ion quatrième ayeul
,
étoit
frert pUloé d'Antoine dela
Toui dit l'aîné, Vicomte ,
de Turenne, aussiquatrième
ayeul de M. le Duc de
Bouillon & de feu M. le
Comte d'Auvergne,& né
commelui du mariage contracté
le 2.1. Octobre 1445.
par Agnes de la Tour, Seigneur
d'Oliergues, avec
Anne Roger, dite de Beaufort,
Comtesse de Beaufort,
& Vicomtesse de Turenne.
La maison de la Tour prend
sonnom de la Terre de la
Tour, située à cinq ou six
lieuës de la ville de Clermont
en Auvergne.
-
L'histoire
généalogique en a
été donnée premierement
par le Sieur Juste,qui,quoy
qu'arraché à la maison de
Bouillon, ne laisse pas d'y
rapporter la branche des
Seigneurs de Murat, donc
est sorti M. le Comte de la
Tourqui donne lieu à cet
article. Le Sieur Baluze
qui depuis quelques années
nous a donné une nouvelle
histoire de cette maison , s'est dispensé d'y mettre
cette branche de Murât:
mais feu M.de Fourny étant
entierement convaincu de
la vérité de ce qui est ici
avancé, l'a deduite tout
au long avec les extraits
des tirres, dans son histoire
des grands Officiers de la
Couronne, au chapitre des
Maréchaux de France.
MonsieurdeFourquieux,
Conseiller au Parlement
de Paris, & fils de Monsieur
le Procureur Gencral
de la Chambre des
Comptes, épousa ces
jours partez Mademoiselle
Hallé, qui est une
licheheritiere.
Monsieur Orseau des
Portes épousa derniere,
ment la troisiéme fille de
Monsieur de Vienne,
premier Valet de Chambre
du Roy,
a épouseMademoiiette de
Malaufe, fille de feu Messire
Guy Henry de Bourbon
,Marquis de Malaufe,
mort en 1706. issu par divers
degrez de Charles de Bour
bon,fils naturel de Jean II.
du nom, Duc de Bourbon,
Pair, Connétable & Chambrier
de France, mort en
1487. & de Louise d'Albret.
On ne doic rien dire ici de
la naissance de Mademoifelle
de Malaule
;
le nom
de Boui bon qu'elle a l'honneur
de porter, étant celui
de la plus ancienne, de la
plus illustre & la plus puis,
tante Maison du monde.
Pour M. de Poitiers, il est
de la maison de Poitiers,
vue des plus anciennes &
des plus illustres du Royaume
, tant par les grandes
Terres quelle a possedées.
que par les grandes alliances;&
la branche de Vadans
dont il fort est établie
depuis longtemps en Franche-
Comté. Diane de PoU
tiers, Duchesse de Valentinois
,
maîtresse du Roy
HenryII. étoit de cette
maison & de la branche de
saint Valier, eteince depuis
long-temps.
M. le Marquis d'O,fils
deleilirc René-Claude
d'O, Marquis de Francon.
ville, Lieutenant général
des armées navales du Roy,
& premier Gentilhomme
de la chambre de M. le
Comte de Toulouse, & de
DameElisabeth Madelaine
de la Vergne- Guilleragues,
a epouse Anne-Louise de
Madaillan, Damoiselle de
Lassay,fille de M. Armand
de Madaillan de l'Esparre,
Marquis de Lassay au Maine
,
ci- devant Enleigne des
Gendarmes de la Garde du
Roy, puis Lieutenant gérerai
pour Sa Majesté au
GouverGouvernement
de Bresse,
de Bugey,de Valromey ôc
deGex;& deJulielégitimée
de Bourb'on) fille naturelle
de Henry-Jules de
Bourbon, Prince de Condé
,
ayeul de Monseigneur
le Duc.
La maison d'O prend son
nom de la Terre d'O, ficuee
prés Argentan en Normandie.
Elle eIl: connuë depuis
plus de cinq cens ans, &
elle s'estalliée aux maisons
d'Harcourt, de Villiers
l'Isle-Adam,Lhospital. Vi,.
try Clermont,Tallard>
Angennes, Roucherollesy
ÔCC.
Pour celle de fadaillan;
elle est originaire deGuyenne3
& d'une Noblesse trés.
distinguée. Elle [e pretend
sortie de l'ancienne maisôn
des Madaillan, Sires del'Efparre,
de laquelle éraie Guillaume
de Madaillan
)
Sire
de l'Esparre, marié vers
Tan 1145. avec Marguerite
de Rochchoüard, fille
d'Aimery VIII. du nom,Vi.
comte de Rochechouard
Jo & de Marguerite de Limooges.
Messire Jean- Maurice
de la Tour d'A pcher,Com.
te de la Tour5 Baron de
Murat, ancien Capiraine
au regiment de Limolîn,
& Chevalrer de l'Ordre militaire
de saint Louisy a
époule DamoiselleClaude-
Catherine Sainror, fille de
Messire Nicolas Saintot,
Seigneur de Vemars, Inrroduéteur
des Ambassadeurs
,
Sc avant Maîtredes
Cérémonies de France
>
6c
de Dame Claudedel'Hle;,.
& petite-fille de Nicolas
Saintot
s
aussi Maicre des
Cérémonies de France. M.
le Comre dela Tour joinc
à son nom celui d'A pcher,
dont il elt obligé d'écarte-
1er les armes, en execution
du testament de Henry-
Louis Comre d'A pcher, son
oncle marernel, qui lui a
laisse des biens confiderables
à cette condidon. Il
porte des marques glorieuses
de son zele pour le fervice
du Roy,& il soûtienr
* avec honneur sa naissance,
qui est sans contredit une
des plus illustres, puis qu'il
prouve par des titres incorv;
testables
,
qu'Antoine Raimond
de la Tour, dit le
jeune, SeigneurdeMurât,
ion quatrième ayeul
,
étoit
frert pUloé d'Antoine dela
Toui dit l'aîné, Vicomte ,
de Turenne, aussiquatrième
ayeul de M. le Duc de
Bouillon & de feu M. le
Comte d'Auvergne,& né
commelui du mariage contracté
le 2.1. Octobre 1445.
par Agnes de la Tour, Seigneur
d'Oliergues, avec
Anne Roger, dite de Beaufort,
Comtesse de Beaufort,
& Vicomtesse de Turenne.
La maison de la Tour prend
sonnom de la Terre de la
Tour, située à cinq ou six
lieuës de la ville de Clermont
en Auvergne.
-
L'histoire
généalogique en a
été donnée premierement
par le Sieur Juste,qui,quoy
qu'arraché à la maison de
Bouillon, ne laisse pas d'y
rapporter la branche des
Seigneurs de Murat, donc
est sorti M. le Comte de la
Tourqui donne lieu à cet
article. Le Sieur Baluze
qui depuis quelques années
nous a donné une nouvelle
histoire de cette maison , s'est dispensé d'y mettre
cette branche de Murât:
mais feu M.de Fourny étant
entierement convaincu de
la vérité de ce qui est ici
avancé, l'a deduite tout
au long avec les extraits
des tirres, dans son histoire
des grands Officiers de la
Couronne, au chapitre des
Maréchaux de France.
MonsieurdeFourquieux,
Conseiller au Parlement
de Paris, & fils de Monsieur
le Procureur Gencral
de la Chambre des
Comptes, épousa ces
jours partez Mademoiselle
Hallé, qui est une
licheheritiere.
Monsieur Orseau des
Portes épousa derniere,
ment la troisiéme fille de
Monsieur de Vienne,
premier Valet de Chambre
du Roy,
Fermer
Résumé : Mariages. [titre d'après la table]
Le texte décrit plusieurs unions et lignées nobles françaises. Le Comte de Poitiers a épousé Mademoiselle de Malaufe, fille de feu Messire Guy Henry de Bourbon, Marquis de Malaufe, décédé en 1706. La famille de Malaufe descend de Charles de Bourbon, fils naturel de Jean II, Duc de Bourbon, et de Louise d'Albret. La maison de Poitiers est l'une des plus anciennes et illustres du royaume, possédant de grandes terres et des alliances prestigieuses. Diane de Poitiers, Duchesse de Valentinois et maîtresse du roi Henri II, appartenait à cette maison. Le Marquis d'O, fils de René-Claude d'O, Marquis de Franconville, a épousé Anne-Louise de Madaillan, Damoiselle de Lassay. Elle est la fille de M. Armand de Madaillan de l'Esparre, Marquis de Lassay, et de Julie, fille naturelle de Henry-Jules de Bourbon, Prince de Condé. La maison d'O, originaire de Normandie, est alliée à plusieurs familles nobles comme Harcourt et Villiers-l'Isle-Adam. La maison de Madaillan, originaire de Guyenne, revendique une noblesse distinguée et remonte à Guillaume de Madaillan, marié en 1145. Messire Jean-Maurice de la Tour d'Auvergne, Comte de la Tour et Baron de Murat, a épousé Damoiselle Claude-Catherine Sainctot. La maison de la Tour, située en Auvergne, est documentée par le Sieur Juste et le Sieur Baluze. Monsieur de Fourquieux, Conseiller au Parlement de Paris, a épousé Mademoiselle Hallé, héritière. Monsieur Orseau des Portes a récemment épousé la troisième fille de Monsieur de Vienne, premier Valet de Chambre du Roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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105
p. 165-184
De Madrid ce 26 Février 1715.
Début :
Sa Majesté a nommé M. le Cardinal del Judice pour Ministre [...]
Mots clefs :
Madrid, Marquis, Roi, Gouvernement, Brigadier, Gouverneur, Province, Barcelone, Maréchaux, Lieutenant, Castille, Grenade, Andalousie, Valence, Murcie, Aragon, Catalogne, Galice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Madrid ce 26 Février 1715.
DeMadridce 26 Février 1715.
Sa Majesté a nommé M. le
Cardinal del Judice pourMiniſtre
d'Etat avec ordre des af
fairesEtrangeres: pour laGuer
re,le Marquis de Bedmar: pour
les Indes , le Comte de Frigiliana
: pour la Marine , & le
Commerce , le Duc de Veraguas
: & pour fon Ambaffadeur
à la Cour de France , le
Prince de Chelamar , Grand
Ecuyer de la Reine noſtre
Maîtreffe .
Sa Majesté tres -Chrétien166
MERCURE
1
ne a auſſi nommé pour fon
Ambaffadeur en cette Cour
le Duc de S. Aignan .
LeRoynôtre Sire a accordé
aux Lieutenans Generaux ,
Marêchaux de Camp , & autres
Chefs , les emplois fuivans.
1
EnCatalogne.
LeGouvernement de Tarragone
au Lieutenant GeneralDom
Joſeph Armendarix:
la Lieutenance de Roy de la
même Province , au Brigadier
& Colonci Dom Martin
Bonco: la Lieutenance deRoy
de Barcelone au Brigadier
GALANT. 167
Dom Pedro Rubio , leGouvernement
de Montjoü , au
Colonel Dom Juan de Leon ,
leGouvernement de Gironne
au Lieutenant General le Baron
de Capres : la Lieutenance
de Roy de Gironne au Brigadier
Dom Antonio Manſo :
le Gouvernement de Laleu de
Urgel&CaſtelCiudad auLieutenant
General Dom Profper
Borboom : celuy de Puycerda
au Maréchal de Camp Dom
Melchior Mendieta : celuy de
Cardonne au Brigadier Dom
Fernando Pinacho : celuy de
Oſtalric au Brigadier Dom
168 MERCURE
Manuel Maldonado .
C En Arragon .
Le Gouvernement de Jaca
au Maréchal de Camp Marquis
de Villa Fuerte : la Licutenance
de Roy de Xaca au
Colonel Dom Francifco Ruix
de la Torre : celuy de Venafque
au Sergent Major Dom
Juan Prieto : celuy de Muella
au Lieutenant Colonel Dom
Sebastien Ninpho de Nuix
deUribé : 1 Employ de Sergent
Major de Sarragoſſe au
LieutenantColonel Dom Guilen
Clou de Gufman,
En
GALANT. 169
1
En Valence.
Le Gouvernement d'Ali.
cante au Maréchal de Camp
Dom Joſeph de Chaves : la
Lieutenance de Roy de Denia
au Meſtre de Camp Dom
Francifco Antonio Morales.
Dans le Royaume de Murcie.
La Lieutenance de Roy de
Cartagene au Colonel Martin
Prompt de Madrid.
CoftedeGrenade.
Le Gouvernement de Malaga
au Lieutenant General
Dom Horaclo Copola.
Cofte d'Andaloufie.
LeGouvernement de Cadis
Mars 1715 . P
170 MERCURE
au Lieutenant General Marquis
deCeva Grimaldi.
Eftramadure Caſtille.
LeGouvernement de BadajozauLieutenantGeneralDom
Diego Iſturiz : le Gouvernement
d'Alcantara auMaréchal
de Camp Dom Thomas Vicentelo:
celuy de Ciudad Rodrigo
au Maréchal de Camp
Dom Blas Dragonet : celuy de
la Moralija au Capitaine de
Cavalerie Dom Ignacio Capacho.
Galice.
Le Gouvernement de la
Corogne au Meſtre de Camp
GALANT. 171.
Dom Joſeph Azuara : celuy
de Vigo au ColonelDom Joſeph
de los Herreros, & ils ont
ordre de commander en la
maniere ſuivante.
Catalogne.
Pour le commandementdes
Vigueries de Barcelone & de
Vich , le Lieutenant General
&Gouverneur de Barcelone
- Marquis de Lede :pour celuy
des Vigueries de Tarragone ,
Monblanc& Panades, le Lieutenant
General Dom Joſeph
de Armendariz , Gouverneur
de Tarragone : pour celuy de
la Viguerie de Tortoſe , le
Pij
172 MERCURE
Gouverneur de la Place , &
Lieutenant General Chevalier
de Croye , & en fon abfence
le Lieutenant General Dom
Tiberio Caraffa : pour celuy
des Vigueries de Gironne , &
Campredon , le Lieutenant
General Baron de Capres , &
en ſon abſence Dom Feliciano
Bracamonte : pour celuy
des Vigueries de Puicerda,Cervera&
Mantela, le Lieutenant
General & Gouverneur d'Urgel,
DomGeorge Profpera de
Borbofna : pour le comman-
•dement des Vigueries deBalaguer
, Lerida , Agramont , &
GALANT. 173
Tarraga,avec refidence enBa
laguer , au Lieutenant General
Dom DiegoAlarçon : pour
commander dans la Ville &
Viguerie de Vich , le Marechal
de Camp Dom Feliciano
Bracamonte : pour le commandement
de Balaguer , le
Maréchal de Camp Dom Pablo
Magno: pour commander
en Villa Franca , le Maréchal
de Camp Comte de Mongeorge
: pour commander
dans Igualada , le Maréchal de
Camp Dom Henrique Graffeton
: pour commander dans
Mataro, le Maréchal deCamp
1
Piij
174 MERCURE
Chevalier de Lede: pour commander
dans Campredon , le
Marechal deCamp Dom An
toniodel Caftillo : pour commander
dans Manresa , leMa
rechalde Camp Comtede Le
cheren:pour commander dans
laConcade Tremp , leBrigadier
Dom Loüis deAponte.
Arragon.
Pour commander dans le
territoire de Catalayud , Tarragone
Tervel , Alcanis , &
autres lieux , à la droite de l'Ebre
, avec reſidence dans Catalayud
, le Lieutenant Gene.
ral Dom Nicolas de Angulo :
GALANT. 175
pour commander dansTatra.
gone , le Maréchal de Camp
Dom Dominge du Luques :
pour commander dans Tervel,
le Maréchal deCampDom
Fernando Hipolito de laFaille:
pour commander dans Benavarre
y Ribargoça , le Marêchal
de Camp Dom Francifco
Fernandez de Ribadeo.
Valence.
Pour commander depuis el
Jucar , juſques à la Raya de
Murcie , le Lieutenant General
Dom Lucas Spinola.
: Murcie. 5
Pour commander dans le
Piiij
176 MERCURE
Royaume de Murcie , le Lieus
tenant General Marquis de
Mirabel.
Cofte de Grenade.
Pour commander ſur la côte
aux ordres duCapitaine Ge.
neral de Coſte , le Lieutenant
General Dom Gonçalo
Cegny , &le Maréchal de
CampComte de Louvigny..
Coſte d' Andaloufie.
Pour commander fur la côte
aux ordres du Capitaine General
Garde Côtes , le Licutenant
General Dom Domingo
Reco , & les Maréchaux de
Camp Dom Rafael Diars de
1
GALANT . 177
Mendivil , & Dom Gabriël
Cano.
Eftramadure.
Pour commander ſur la
Frontiere aux ordres du Capitaine
General de la Province ,
le Marquis de Kailus , Lieutenant
General,& Dom Miguel
Pontde Mendoza ,& les Marêchaux
de Camp Dom Loüis
de Cordoüa,&DomAntonio
Pignatelly.
Frontiere de Caſtille.
Pour commander ſur la
Frontiere aux ordres du Capiz
taine General de la Province
d'Eſtramadure , le Lieutenant
178 MERCURE
General Dom Alonzo de Ef
cobar,& le Maréchal deCamp
Marquis de San Vicente.
Galice.
Pour commander aux ordres
du Capitaine General du
Royaume , les LieutenansGeneraux
Dom Thomas de los
Cobos , & Dom Antoine de
Zuniga.
:
7.
De Madrid ce 12. Mars.
2. Le Duc de S. Aignan a
receu des Lettres de creance
du Roy tres - Chrétien pour
refider en cette Cour , en quaGALANT
179
lité de fon Ambaſſadeur ; l'on
a auſſi nommé il y a environ
huitjours le Prince de Chelamar
pour aller en celle de
France , avec le même caracte
re , fans cependant quitter fa
Charge de Grand Ecuyer de
• la Reine : il a ordre de partir
promptement , & les politi
ques affurent que l'on a fait
choix de ce Seigneur , comme
mieux informé qu'un autre
des cauſes de la diſgrace de la
Princeſſe des Urfins & de M.
Orry,& plus en érat par confequent
d'en rendre taiſon à
la Courde France.
180 MERCURE
Le Roy a declaré que le
pouvoir qu'il adonné au Duc
de Veraguas , regarde le
Commercedes Indes, comme
celuy d'Eſpagne , ce qui n'a
pas peu mortifié le Comte de
Frigiliana à qui cette declaration
ôte une bonnepartie de
l'autorité qu'il avoit comme
Preſident , bien loin de l'augmenter
, comme il avoit tou
jours penſé que cela dût
arriver.
Il ya trois jours que M.
Martinet Commandant de
trois Navires François , arriva
de Cadis : il avoit refuſé de
1
GALANT. 181
paſſer avec eux à l'expedition
de Mayorque , il s'y eſt enfin
reſolu , moyennant quelque
argent qu'on luy a donné ,
conformement à ce dont on
eſtoit convenu.
Le Comte de Las Torres
Commiſſaire general de l'Infanterie&
de laCavalerie d'Efpagne
, ayant vû que lanominationdu
Marquis de Bedmar
au miniſtere de la guerre , luy
ôtoit l'autorité que ſon employ
de Commiſſaire general
luy donnoir ; s'eſt reſolu à le
quitter , auſſi bien quele Confeil
de guerre , touché d'ail
182 MERCURE
leurs du peu de compte que
l'on a fait de ſes longs ſervices
, & de ce que dans le nombredes
Gouvernemens qui ſe
font donnez la ſemaineprecedente
, on ne s'eſt pas ſouvenu
du Marquis de Navalbalcuencas
fon fils , qui eſt Lieutenant
General.
L'on a donné l'Evêché de
Cadis à l'Evêque de Gironde ,
qui a actuellement le départe
ment desFinances ;& pour celuy
d'Ofma , on l'a donné à
Dom PhelippeTabuadaCommiſſaire
general de la Croiſade
; mais on n'a pas appris jufGALANT.
183
ques icy qu'il l'ast accepté.
Cet Eccleſiaſtique ayant repreſenté
au Roy qu'il étoit de
la derniere conſequence de défendre
les maſcarades & les
bals qui ſe font introduits depuis
quelques années , à cauſe
des defordres qui en refultoient
frequemment;l'on donna
ordre au Préſident de Caftille
d'expedier des proviſions,
ce qui ayant été rapporté au
Duc de S. Aignan qui avoit
donné un feſtin magnifique le
Jeudy precedent , il reprefenta
à Sa Majesté ,qu'ayant refolu
d'en donner un la nuit & le
184 MERCURE
lendemain, ceque l'on nepouvoit
l'empêcher de faire comme
Ambaſladeur , il demandoit
que l'on permit aux conviez
d'y aſſiſter comme cela
s'étoit juſques alors pratiqué ,
ce qui luy fût accordé , & que
quiconque voudroit donner
de pareilles Feſtes endemanderoft
auparavant permiffion .
Par le Courrier d'Utrecht
on a receu le Traité de Paix
ſigné par les Plenipotentiaires
des Couronnes d'Eſpagne &
de Portugal , & l'on travaille
actuellement à la ratification.
Sa Majesté a nommé M. le
Cardinal del Judice pourMiniſtre
d'Etat avec ordre des af
fairesEtrangeres: pour laGuer
re,le Marquis de Bedmar: pour
les Indes , le Comte de Frigiliana
: pour la Marine , & le
Commerce , le Duc de Veraguas
: & pour fon Ambaffadeur
à la Cour de France , le
Prince de Chelamar , Grand
Ecuyer de la Reine noſtre
Maîtreffe .
Sa Majesté tres -Chrétien166
MERCURE
1
ne a auſſi nommé pour fon
Ambaffadeur en cette Cour
le Duc de S. Aignan .
LeRoynôtre Sire a accordé
aux Lieutenans Generaux ,
Marêchaux de Camp , & autres
Chefs , les emplois fuivans.
1
EnCatalogne.
LeGouvernement de Tarragone
au Lieutenant GeneralDom
Joſeph Armendarix:
la Lieutenance de Roy de la
même Province , au Brigadier
& Colonci Dom Martin
Bonco: la Lieutenance deRoy
de Barcelone au Brigadier
GALANT. 167
Dom Pedro Rubio , leGouvernement
de Montjoü , au
Colonel Dom Juan de Leon ,
leGouvernement de Gironne
au Lieutenant General le Baron
de Capres : la Lieutenance
de Roy de Gironne au Brigadier
Dom Antonio Manſo :
le Gouvernement de Laleu de
Urgel&CaſtelCiudad auLieutenant
General Dom Profper
Borboom : celuy de Puycerda
au Maréchal de Camp Dom
Melchior Mendieta : celuy de
Cardonne au Brigadier Dom
Fernando Pinacho : celuy de
Oſtalric au Brigadier Dom
168 MERCURE
Manuel Maldonado .
C En Arragon .
Le Gouvernement de Jaca
au Maréchal de Camp Marquis
de Villa Fuerte : la Licutenance
de Roy de Xaca au
Colonel Dom Francifco Ruix
de la Torre : celuy de Venafque
au Sergent Major Dom
Juan Prieto : celuy de Muella
au Lieutenant Colonel Dom
Sebastien Ninpho de Nuix
deUribé : 1 Employ de Sergent
Major de Sarragoſſe au
LieutenantColonel Dom Guilen
Clou de Gufman,
En
GALANT. 169
1
En Valence.
Le Gouvernement d'Ali.
cante au Maréchal de Camp
Dom Joſeph de Chaves : la
Lieutenance de Roy de Denia
au Meſtre de Camp Dom
Francifco Antonio Morales.
Dans le Royaume de Murcie.
La Lieutenance de Roy de
Cartagene au Colonel Martin
Prompt de Madrid.
CoftedeGrenade.
Le Gouvernement de Malaga
au Lieutenant General
Dom Horaclo Copola.
Cofte d'Andaloufie.
LeGouvernement de Cadis
Mars 1715 . P
170 MERCURE
au Lieutenant General Marquis
deCeva Grimaldi.
Eftramadure Caſtille.
LeGouvernement de BadajozauLieutenantGeneralDom
Diego Iſturiz : le Gouvernement
d'Alcantara auMaréchal
de Camp Dom Thomas Vicentelo:
celuy de Ciudad Rodrigo
au Maréchal de Camp
Dom Blas Dragonet : celuy de
la Moralija au Capitaine de
Cavalerie Dom Ignacio Capacho.
Galice.
Le Gouvernement de la
Corogne au Meſtre de Camp
GALANT. 171.
Dom Joſeph Azuara : celuy
de Vigo au ColonelDom Joſeph
de los Herreros, & ils ont
ordre de commander en la
maniere ſuivante.
Catalogne.
Pour le commandementdes
Vigueries de Barcelone & de
Vich , le Lieutenant General
&Gouverneur de Barcelone
- Marquis de Lede :pour celuy
des Vigueries de Tarragone ,
Monblanc& Panades, le Lieutenant
General Dom Joſeph
de Armendariz , Gouverneur
de Tarragone : pour celuy de
la Viguerie de Tortoſe , le
Pij
172 MERCURE
Gouverneur de la Place , &
Lieutenant General Chevalier
de Croye , & en fon abfence
le Lieutenant General Dom
Tiberio Caraffa : pour celuy
des Vigueries de Gironne , &
Campredon , le Lieutenant
General Baron de Capres , &
en ſon abſence Dom Feliciano
Bracamonte : pour celuy
des Vigueries de Puicerda,Cervera&
Mantela, le Lieutenant
General & Gouverneur d'Urgel,
DomGeorge Profpera de
Borbofna : pour le comman-
•dement des Vigueries deBalaguer
, Lerida , Agramont , &
GALANT. 173
Tarraga,avec refidence enBa
laguer , au Lieutenant General
Dom DiegoAlarçon : pour
commander dans la Ville &
Viguerie de Vich , le Marechal
de Camp Dom Feliciano
Bracamonte : pour le commandement
de Balaguer , le
Maréchal de Camp Dom Pablo
Magno: pour commander
en Villa Franca , le Maréchal
de Camp Comte de Mongeorge
: pour commander
dans Igualada , le Maréchal de
Camp Dom Henrique Graffeton
: pour commander dans
Mataro, le Maréchal deCamp
1
Piij
174 MERCURE
Chevalier de Lede: pour commander
dans Campredon , le
Marechal deCamp Dom An
toniodel Caftillo : pour commander
dans Manresa , leMa
rechalde Camp Comtede Le
cheren:pour commander dans
laConcade Tremp , leBrigadier
Dom Loüis deAponte.
Arragon.
Pour commander dans le
territoire de Catalayud , Tarragone
Tervel , Alcanis , &
autres lieux , à la droite de l'Ebre
, avec reſidence dans Catalayud
, le Lieutenant Gene.
ral Dom Nicolas de Angulo :
GALANT. 175
pour commander dansTatra.
gone , le Maréchal de Camp
Dom Dominge du Luques :
pour commander dans Tervel,
le Maréchal deCampDom
Fernando Hipolito de laFaille:
pour commander dans Benavarre
y Ribargoça , le Marêchal
de Camp Dom Francifco
Fernandez de Ribadeo.
Valence.
Pour commander depuis el
Jucar , juſques à la Raya de
Murcie , le Lieutenant General
Dom Lucas Spinola.
: Murcie. 5
Pour commander dans le
Piiij
176 MERCURE
Royaume de Murcie , le Lieus
tenant General Marquis de
Mirabel.
Cofte de Grenade.
Pour commander ſur la côte
aux ordres duCapitaine Ge.
neral de Coſte , le Lieutenant
General Dom Gonçalo
Cegny , &le Maréchal de
CampComte de Louvigny..
Coſte d' Andaloufie.
Pour commander fur la côte
aux ordres du Capitaine General
Garde Côtes , le Licutenant
General Dom Domingo
Reco , & les Maréchaux de
Camp Dom Rafael Diars de
1
GALANT . 177
Mendivil , & Dom Gabriël
Cano.
Eftramadure.
Pour commander ſur la
Frontiere aux ordres du Capitaine
General de la Province ,
le Marquis de Kailus , Lieutenant
General,& Dom Miguel
Pontde Mendoza ,& les Marêchaux
de Camp Dom Loüis
de Cordoüa,&DomAntonio
Pignatelly.
Frontiere de Caſtille.
Pour commander ſur la
Frontiere aux ordres du Capiz
taine General de la Province
d'Eſtramadure , le Lieutenant
178 MERCURE
General Dom Alonzo de Ef
cobar,& le Maréchal deCamp
Marquis de San Vicente.
Galice.
Pour commander aux ordres
du Capitaine General du
Royaume , les LieutenansGeneraux
Dom Thomas de los
Cobos , & Dom Antoine de
Zuniga.
:
7.
De Madrid ce 12. Mars.
2. Le Duc de S. Aignan a
receu des Lettres de creance
du Roy tres - Chrétien pour
refider en cette Cour , en quaGALANT
179
lité de fon Ambaſſadeur ; l'on
a auſſi nommé il y a environ
huitjours le Prince de Chelamar
pour aller en celle de
France , avec le même caracte
re , fans cependant quitter fa
Charge de Grand Ecuyer de
• la Reine : il a ordre de partir
promptement , & les politi
ques affurent que l'on a fait
choix de ce Seigneur , comme
mieux informé qu'un autre
des cauſes de la diſgrace de la
Princeſſe des Urfins & de M.
Orry,& plus en érat par confequent
d'en rendre taiſon à
la Courde France.
180 MERCURE
Le Roy a declaré que le
pouvoir qu'il adonné au Duc
de Veraguas , regarde le
Commercedes Indes, comme
celuy d'Eſpagne , ce qui n'a
pas peu mortifié le Comte de
Frigiliana à qui cette declaration
ôte une bonnepartie de
l'autorité qu'il avoit comme
Preſident , bien loin de l'augmenter
, comme il avoit tou
jours penſé que cela dût
arriver.
Il ya trois jours que M.
Martinet Commandant de
trois Navires François , arriva
de Cadis : il avoit refuſé de
1
GALANT. 181
paſſer avec eux à l'expedition
de Mayorque , il s'y eſt enfin
reſolu , moyennant quelque
argent qu'on luy a donné ,
conformement à ce dont on
eſtoit convenu.
Le Comte de Las Torres
Commiſſaire general de l'Infanterie&
de laCavalerie d'Efpagne
, ayant vû que lanominationdu
Marquis de Bedmar
au miniſtere de la guerre , luy
ôtoit l'autorité que ſon employ
de Commiſſaire general
luy donnoir ; s'eſt reſolu à le
quitter , auſſi bien quele Confeil
de guerre , touché d'ail
182 MERCURE
leurs du peu de compte que
l'on a fait de ſes longs ſervices
, & de ce que dans le nombredes
Gouvernemens qui ſe
font donnez la ſemaineprecedente
, on ne s'eſt pas ſouvenu
du Marquis de Navalbalcuencas
fon fils , qui eſt Lieutenant
General.
L'on a donné l'Evêché de
Cadis à l'Evêque de Gironde ,
qui a actuellement le départe
ment desFinances ;& pour celuy
d'Ofma , on l'a donné à
Dom PhelippeTabuadaCommiſſaire
general de la Croiſade
; mais on n'a pas appris jufGALANT.
183
ques icy qu'il l'ast accepté.
Cet Eccleſiaſtique ayant repreſenté
au Roy qu'il étoit de
la derniere conſequence de défendre
les maſcarades & les
bals qui ſe font introduits depuis
quelques années , à cauſe
des defordres qui en refultoient
frequemment;l'on donna
ordre au Préſident de Caftille
d'expedier des proviſions,
ce qui ayant été rapporté au
Duc de S. Aignan qui avoit
donné un feſtin magnifique le
Jeudy precedent , il reprefenta
à Sa Majesté ,qu'ayant refolu
d'en donner un la nuit & le
184 MERCURE
lendemain, ceque l'on nepouvoit
l'empêcher de faire comme
Ambaſladeur , il demandoit
que l'on permit aux conviez
d'y aſſiſter comme cela
s'étoit juſques alors pratiqué ,
ce qui luy fût accordé , & que
quiconque voudroit donner
de pareilles Feſtes endemanderoft
auparavant permiffion .
Par le Courrier d'Utrecht
on a receu le Traité de Paix
ſigné par les Plenipotentiaires
des Couronnes d'Eſpagne &
de Portugal , & l'on travaille
actuellement à la ratification.
Fermer
106
p. 195-207
MARIAGES.
Début :
Messire Guillaume de Lamoignon, Seigneur de Blancmesnil, Avocat au Parlement [...]
Mots clefs :
Parlement de Paris, Mariage, Fille, Marquis, Seigneur, Seigneur, Chevalier, Duc, Dame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Meffire Guillaume de Lamoignon
, Seigneur de Blancmeſnil
, Avocat au Parlement
de Paris , veuf de Dame Marie
Loüiſe d'Aligre , fille de
M. d'Aligre , Preſident àMor-
1
Rij
196 MERCURE
tier , époufa le quatre de ce
mois Anne Elifabeth Roujault
, fille de Meffire Nicolas
Roujault , Seigneur de Villeneuve
, Maistre des Requeſtes
ordinaire del Hoſtel du Roy,
& Intendant de Juſtice à
Roüen , & de Dame Barbe-
Magdelaine Maynon , petite
filled'Eſtienne Roujault , Auditeur
des Comptes , mort
en 1682. & arriere petite fille
d'Eſtienne Roujault Secretaire
du Roy , receu le 26. Mars
1607. & mort le 8. Septem
bre 1630. &d'Anne Feydeau :
M. de Blancmeſnil eſt frete
GALANT . 197
,
de Meffire Chrétien de Lamoignon
, Chevalier Marquis
de Baſville , Preſident à
Mortier au Parlement de Paris
Secretaire & Commandeur
des Ordres du Roy ,&
fils de Meffire Chretien François
de Lamoignon , Chevalier
Marquis de Baſville , Baron
deBouffi & des.Yon, Préfident
à Mortier du Parlement
de Paris , mort le 7. Aouſt
1709. & de Dame Marie-
Jeanne Voyfin , coufine germaine
de Meffire Daniel-François
Voyfin , Seigneur de la
Noraye , à preſent Chancelier
Riij
198 MERCURE
de France , & Commandeur
des Ordres du Roy , petit fils
de Guillaume de Lamoignon
Marquis de Baſville , Premier
Preſident du Parlement de
Paris , mort le 10. Octobre
1677.&de DameMagdelaine
Potier,Dame de Blancmeſnil ,
&arriere petit fils de Chrétien
de Lamoignon Seigneur de
Baſville , receu Preſident au
même Parlement en 16 33. &
mort le 18. Janvier 1636. lequel
eſtoit fils de Charles de
Lamoignon Seigneur deBaf
ville , Maiſtre des Requeſtes
ordinaire de l'Hoſtel du Roy , SHEQUE DELA
LYON
1893
VILL
THEQUE
S
GALANTE
&Conſeiller
d'Etat , mov
1573. La famille de Lamorgnon,
l'une des plus illuftres de
la Robe , eſt originaire de la
Province de Nivernois
, & la
Genealogie s'en trouve amplement
déduite dans l'Hiſtoire
du Parlement de Paris par le
fieur Blanchard
.
Meffire Chaſſepot de Beaumont
, Conſeiller en la Cour
des Aydes de Paris , fils de
Charles Chaſſepot de Beaumont
, Maistre des Comptes,
&de Loüife-Thomas de l'Ifle,
& petit fils de FrançoisChaffepot
Seigneurde Beaumont,&
Riiij
200 MERCURE
deMenucourt , TreforierGeneral
de la Maiſon du Roy ,
& Receveur des Revenus Cafuels
de Sa Majesté , mort en
1665. &de Charlote Langrac,
épouſa le 4. de Mars ....
de laMichodiere , foeur deM.
de la Michodiere , Conſeiller
au Parlement de Paris , & fille
de Jean de la Michodiere ,
Maiſtre des Comptes à Paris,
& deMagdelaine Graffeteau ,
& petite fille d'Henry de la
Michodiere Treſorier de
France à Dijon , & d'Anne de
Berbily.
,
Meffire Loüis - Joſeph d'Al-
1
GALANT. 201
bert de Luynes , Comred'Albert,
épouſa le 17. de ce mois
dans la Chapelle du Château
de Compiegne , Marie Honorine
de Berghes deMontigny,
Chanoineſſe de Mons ,
fooeur d'Alphonse - François
Prince de Berghes , Grand
d'Eſpagne , Chevalier de la
Toiſon d'Or , & Commandant
les Gardes à cheval du
Royd'Eſpagne , marié depuis
quelques années avec Mademoiſelle
de Rohan Chabot ,
fille de M. le Duc de Rohan ,
&fille de Philippes François
Prince de Berghes , & de Jac202
MERCURE
1
queline de Lalain L Electeur
de Baviere a donné la Charge
de Grand Ecuyer de fa Maifon
à M. le Comte d'Albert.
Il eſt fils de Lois- Charles
d'Albert , Duc de Luynes &
-de Chevreuſe , Pair & Grand
Fauconnier de France , ChevalierdesOrdres
du Roy , &
d'Anne de Rohan Monbazon
ſa ſeconde femme , & petitfils
de Charles d'Albert , Duc
de Luynes , Pair ,Connêtable,
&Grand Fauconnier de France
, Chevalier des Ordres du
Roy , Premier Gentilhomme
de fa Chambre , Gouverneur
1
GALANT. 203
de Picardie , & de Marie de
RohanMonbazon. Il eſt frere
de M. le Chevalier deLuynes,
de feu Madame la Marquiſe
de Lavardin , de feu Meſdames
les Princeſſes de Guemené
& de Bournonville , & de
Mesdames les Marquifes de
Gouffier , de Veruë ,&de Seffac
, & oncle de M. le Duc de
Chaulnes , & grand oncle de
M. le Ducde Luynes d'aujourd'huy.
Il a longtemps ſervyà
la tête du Regiment deDragons
de Monſeigneur ,dont il
fur fait Colonel en 1692.
Voyez pour la génealogie de
1
204 MERCURE
la Maiſon d'Albert , qui eſt
_ une des plus illuftres duRoïaume
, l'hiſtoire des Chanceliers
par le ſieur Duchêne , & la
nouvelle hiſtoire des grands
Officiers de la Couronne au
chapitre des Connêtables , &
desMarêchaux deFrance. Pour
la Maiſon de Berghes dont eft
Mademoiselle de Montigny ,
elle eſt une des plus illuftres
des Pays Bas ; elle a toûjours
eu entrée dans les Chapitres
dans lesquels on ne reçoit que
la plus haute Nobleff ; elle a
donné pluſieurs Chevaliers de
la Toiſon d'or , & toutes fes
GALANT. 205
alliances font confiderables.
Meſſire Louis d'Arpajon ,
Marquis d'Arpajon , Lieutenant
General des Armées du
Roy , & Chevalier de 1Ordre
de la Toiſon , fils de Jean
Loüis d'Arpajon , Marquis de
Severac , & de Charlote de
Vernou de Bonneil , & petitfils
de Loüis Duc d'Arpajon ,
Marquis de Severac , Lieutenant
General des Armées du
Roy & au Gouvernement de
Languedoc , & Chevalier de
ſes Ordres , & de Gloriande
de Lauzieres de Themines ſa
premiere femme , filleduMa
206 MERCURE
rêchal de Themines, a épousé
Charlote Anne le Bas , foeur
deDame Catherine le Bas de
Montargis , femme de Jean-
François Henault , Préſident
desEnquestes du Parlement de
Paris ,& fille de Claude leBas
de Montargis , Garde du Trefor
Royal , & d'Henriette-
Hardoüin Manfart , fille aînée
de feu M. Manfart , Surintendant
des Bâtimens du Roy ,
& petite fille de François le
Bas , Secretaire du Roy , originaire
de Berry. La Maiſon
d'Arpajon en Roüergue eft
une des plus illuftres & des
GALANT. 207
plus anciennes du Royaume ,
&elle s'eſt alliée aux Maiſons
deNarbonne , de Roquefcüil ,
Gaucourt , Harcourt,Aubuffon
, Efcars, Bourbon , Rouf.
fillon, Castelnau , Loubensde
Verdalle , &c .
Meffire Guillaume de Lamoignon
, Seigneur de Blancmeſnil
, Avocat au Parlement
de Paris , veuf de Dame Marie
Loüiſe d'Aligre , fille de
M. d'Aligre , Preſident àMor-
1
Rij
196 MERCURE
tier , époufa le quatre de ce
mois Anne Elifabeth Roujault
, fille de Meffire Nicolas
Roujault , Seigneur de Villeneuve
, Maistre des Requeſtes
ordinaire del Hoſtel du Roy,
& Intendant de Juſtice à
Roüen , & de Dame Barbe-
Magdelaine Maynon , petite
filled'Eſtienne Roujault , Auditeur
des Comptes , mort
en 1682. & arriere petite fille
d'Eſtienne Roujault Secretaire
du Roy , receu le 26. Mars
1607. & mort le 8. Septem
bre 1630. &d'Anne Feydeau :
M. de Blancmeſnil eſt frete
GALANT . 197
,
de Meffire Chrétien de Lamoignon
, Chevalier Marquis
de Baſville , Preſident à
Mortier au Parlement de Paris
Secretaire & Commandeur
des Ordres du Roy ,&
fils de Meffire Chretien François
de Lamoignon , Chevalier
Marquis de Baſville , Baron
deBouffi & des.Yon, Préfident
à Mortier du Parlement
de Paris , mort le 7. Aouſt
1709. & de Dame Marie-
Jeanne Voyfin , coufine germaine
de Meffire Daniel-François
Voyfin , Seigneur de la
Noraye , à preſent Chancelier
Riij
198 MERCURE
de France , & Commandeur
des Ordres du Roy , petit fils
de Guillaume de Lamoignon
Marquis de Baſville , Premier
Preſident du Parlement de
Paris , mort le 10. Octobre
1677.&de DameMagdelaine
Potier,Dame de Blancmeſnil ,
&arriere petit fils de Chrétien
de Lamoignon Seigneur de
Baſville , receu Preſident au
même Parlement en 16 33. &
mort le 18. Janvier 1636. lequel
eſtoit fils de Charles de
Lamoignon Seigneur deBaf
ville , Maiſtre des Requeſtes
ordinaire de l'Hoſtel du Roy , SHEQUE DELA
LYON
1893
VILL
THEQUE
S
GALANTE
&Conſeiller
d'Etat , mov
1573. La famille de Lamorgnon,
l'une des plus illuftres de
la Robe , eſt originaire de la
Province de Nivernois
, & la
Genealogie s'en trouve amplement
déduite dans l'Hiſtoire
du Parlement de Paris par le
fieur Blanchard
.
Meffire Chaſſepot de Beaumont
, Conſeiller en la Cour
des Aydes de Paris , fils de
Charles Chaſſepot de Beaumont
, Maistre des Comptes,
&de Loüife-Thomas de l'Ifle,
& petit fils de FrançoisChaffepot
Seigneurde Beaumont,&
Riiij
200 MERCURE
deMenucourt , TreforierGeneral
de la Maiſon du Roy ,
& Receveur des Revenus Cafuels
de Sa Majesté , mort en
1665. &de Charlote Langrac,
épouſa le 4. de Mars ....
de laMichodiere , foeur deM.
de la Michodiere , Conſeiller
au Parlement de Paris , & fille
de Jean de la Michodiere ,
Maiſtre des Comptes à Paris,
& deMagdelaine Graffeteau ,
& petite fille d'Henry de la
Michodiere Treſorier de
France à Dijon , & d'Anne de
Berbily.
,
Meffire Loüis - Joſeph d'Al-
1
GALANT. 201
bert de Luynes , Comred'Albert,
épouſa le 17. de ce mois
dans la Chapelle du Château
de Compiegne , Marie Honorine
de Berghes deMontigny,
Chanoineſſe de Mons ,
fooeur d'Alphonse - François
Prince de Berghes , Grand
d'Eſpagne , Chevalier de la
Toiſon d'Or , & Commandant
les Gardes à cheval du
Royd'Eſpagne , marié depuis
quelques années avec Mademoiſelle
de Rohan Chabot ,
fille de M. le Duc de Rohan ,
&fille de Philippes François
Prince de Berghes , & de Jac202
MERCURE
1
queline de Lalain L Electeur
de Baviere a donné la Charge
de Grand Ecuyer de fa Maifon
à M. le Comte d'Albert.
Il eſt fils de Lois- Charles
d'Albert , Duc de Luynes &
-de Chevreuſe , Pair & Grand
Fauconnier de France , ChevalierdesOrdres
du Roy , &
d'Anne de Rohan Monbazon
ſa ſeconde femme , & petitfils
de Charles d'Albert , Duc
de Luynes , Pair ,Connêtable,
&Grand Fauconnier de France
, Chevalier des Ordres du
Roy , Premier Gentilhomme
de fa Chambre , Gouverneur
1
GALANT. 203
de Picardie , & de Marie de
RohanMonbazon. Il eſt frere
de M. le Chevalier deLuynes,
de feu Madame la Marquiſe
de Lavardin , de feu Meſdames
les Princeſſes de Guemené
& de Bournonville , & de
Mesdames les Marquifes de
Gouffier , de Veruë ,&de Seffac
, & oncle de M. le Duc de
Chaulnes , & grand oncle de
M. le Ducde Luynes d'aujourd'huy.
Il a longtemps ſervyà
la tête du Regiment deDragons
de Monſeigneur ,dont il
fur fait Colonel en 1692.
Voyez pour la génealogie de
1
204 MERCURE
la Maiſon d'Albert , qui eſt
_ une des plus illuftres duRoïaume
, l'hiſtoire des Chanceliers
par le ſieur Duchêne , & la
nouvelle hiſtoire des grands
Officiers de la Couronne au
chapitre des Connêtables , &
desMarêchaux deFrance. Pour
la Maiſon de Berghes dont eft
Mademoiselle de Montigny ,
elle eſt une des plus illuftres
des Pays Bas ; elle a toûjours
eu entrée dans les Chapitres
dans lesquels on ne reçoit que
la plus haute Nobleff ; elle a
donné pluſieurs Chevaliers de
la Toiſon d'or , & toutes fes
GALANT. 205
alliances font confiderables.
Meſſire Louis d'Arpajon ,
Marquis d'Arpajon , Lieutenant
General des Armées du
Roy , & Chevalier de 1Ordre
de la Toiſon , fils de Jean
Loüis d'Arpajon , Marquis de
Severac , & de Charlote de
Vernou de Bonneil , & petitfils
de Loüis Duc d'Arpajon ,
Marquis de Severac , Lieutenant
General des Armées du
Roy & au Gouvernement de
Languedoc , & Chevalier de
ſes Ordres , & de Gloriande
de Lauzieres de Themines ſa
premiere femme , filleduMa
206 MERCURE
rêchal de Themines, a épousé
Charlote Anne le Bas , foeur
deDame Catherine le Bas de
Montargis , femme de Jean-
François Henault , Préſident
desEnquestes du Parlement de
Paris ,& fille de Claude leBas
de Montargis , Garde du Trefor
Royal , & d'Henriette-
Hardoüin Manfart , fille aînée
de feu M. Manfart , Surintendant
des Bâtimens du Roy ,
& petite fille de François le
Bas , Secretaire du Roy , originaire
de Berry. La Maiſon
d'Arpajon en Roüergue eft
une des plus illuftres & des
GALANT. 207
plus anciennes du Royaume ,
&elle s'eſt alliée aux Maiſons
deNarbonne , de Roquefcüil ,
Gaucourt , Harcourt,Aubuffon
, Efcars, Bourbon , Rouf.
fillon, Castelnau , Loubensde
Verdalle , &c .
Fermer
107
p. 179-190
De Madrid le premier Avril 1715.
Début :
Mardy passé l'on publia la résolution du Roy de confier [...]
Mots clefs :
Marquis, Cardinal, Lettres, Madrid, Conseil d'État, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Madrid le premier Avril 1715.
De Madrid le premier Avril |*7lS>
Mardy passé l'on publia la
résolution du Roy de confier
dorénavant à des hommes
l'éducation du Prince & pour
ne point charger le Trésor
Royalde frais, l'on a nommé
les mêmes Officiers qui fervent
le Roy actuellement ; les
principaux sont le Marquis
de Valera & de Solera pour
Gentils hommes de la chambre,
les Marquis deVilla Garcia
,& deValouze pour Maître
d'Hôtel de semaine
, on luya
donné pour Confesseur le Perc
Marin homme de Lettres
& d'un merite distingué;la
Marquise de Salsedo sa Gouvernante
a fait paroistre beaucoup
de tendresseàcetteséparation
; &le foin que jusques
icy elle a prisedu Prince, a été
fecompenfée d'une place de
Dame d'Honneur de la Reine.
1- Le Roys'affermissantdejour
en jour dans ses desseins
, a
écrit aux Evêques, Archevêques
de son Royaume ,des
Lettres Circulaires, par lesquellesil
leur ordonne qu'a-
Vec une liberté vrayement
Chrétien-ne) ils luy marquent
les moyens qu'ils imagineront
•
les plus propres à maintenir la
JufiLCC dans ses Etats
J
& sL
procurer le repos à Ces peuples;
Le Cardinal del Judice a
pris possession de son appartement
au Retiro sans permettre
cependant que les Dames en
sortissent, aimant mieux se loger
plus étroitement; illuy
- cil depuis venu un ordre d'exercer
comme auparavant sa
Charge de Grand Inquisiteur;
c'est une satisfaction que l'on
donne à la Cour de Rome.
A la recommandation de
son Eminence, l'on a ordonné
de rétablir dans leurs places
de ConseillersdeCastilleDon
Loüis Curiel, exilé à Leon
, Don Francisco de Avana,&
Don Pedro de la Grava ,
dépossedez
de leurs emplois tous
trois pour avoir soutenu les
interdis du Cardinal.
Le jour de l'Incarnation la
Reine servant des pauvres à
dîner, elle se trouva un peu
indisposée, sur quoy les Medecins
ayant esté consultez,
ils jugerent à propos de la saignerau
bras comme l'on fit
sans qu'il y ait eu de fuite fâcheuse.
| Le voyage d'Aranjuez ayant
étérésolu l'onaaverty les Dames
qu'ellesn'avoient qu'às'y
disposer, ce qui fait croire que
ce fera bien tost.
Le Mardy apresdîner on
- assembla le Conseil extraordinaire
deCastille, pour examiner
la Bullequi supprime la
Monarchie de Sicile, comme
avoir déjà fait le Conseil dEtat.
Voyant la lenteur avec
laquellel'Assemblée procedoit
au Règlement des Tribunaux
il vint un nouvel ordre pour
accelerer cette affaire,& Vendredy
l'on la remit entre les
mains de Sa Majesté
, non
sans inquiétude de plusieurs
Ministres.
Dans une autre Assemblée
particulière du Conseil de la
Marine,
Marine, il fut résolu de renvoyer
tout à fait le Duc de
Tursis,à son Escadre appellée
l'Escadre de Genes, & d'ordonner
au Contrôleur qui se
trouve dans cette Ville, de
livrer tous lesForçats qu'on y
trouvera du compte du Roy.
Cette résolution a étésignifiée
ley à celuy qui fait ses affaires.
SaMajestéanommé de son
Conseil d'Etat, le Marquis de
los Balbafez
iqui
demandoit
la permission de se retirer en
Italie, & l'on a eû en veuë de
s'arrêter icy par ce moyen.
( Par des Lettres de Barcelone
du 23. du passé ,il paroist
qu'on a differé l'expédition
de Majorque, parce que l'on
a résolu d'embarquer plus de
Cavalerie qu'on avoit d'abord
eû dessein d'en embarquer
, &
de garder pour la remplacer
celle que l'on fait marcher de
Valence, & d'Arragon,pour
tenir en bride les Catalans qui
paroissoient avoir quelque
desseinde rcmüer du cofté de1
Salens & de Manreza
)
dequoy
le Gouverneur ayantété
averty ,
il s'est asseuré de Mo-j
ragas, chefdes rebelles & de
quelques autres sédicieux comme
luy ausquels on fait actuellement
le procés.
, Et par les nouvelles du 30.
on a eu avis que le procès dudit
Moragas examiné,il a
été convaincu du crime de
rcbellion, & condamnéà être
attaché tout vif& traîné à la
queuë d'un cheval furieux dans
les places,& dans les ruës de
Barcelone ),& ses camarades à1
ètre pendus;cette Sentence 9
été executée le 2.9. On ne doute
point que ces chastiments
exemplaires nereduisent enfin
les esprits inquiets des Catalans.
(
Il y a trois jours que Mj
Metwin, Ambassadeur d'Angleterre
,
est arrivé en cette
Ville avec une grande suite ;
le lendemain il fut rendre visite
au Cardinal del Judice qui cO:
chargé de traiter avec les mi1
nistres Etrangers, & hieril eût
une Audiance particuliere du
Roy,on ne sçait s'il prendra
le caractere public,à cause
des difficultez qui se rencontrent
sur le ceremonial des
Ambassadeurs.
Le Roy a donne au Prince 1
de Chélamarre vingt quatre
mille piastres de revenu annuel
à prendre sur les biens
du Marquis de Vallé
,
confisîquez
dans la nouvelle Espagne,
avec pouvoir de nommer
qui bon luy semblera pour la
levée de cette rente que le
Roy luy accorde non-seulement
pour le dédommager
des pertes qu'il a faites dans le
Royaume de Naples,maisencore
pour survenir à une partie
des frais de son Ambassade
en France. S.M. C. a ajoûté
à. cette récompense vingt-un
mille piastresd'appointement
qui joints aux vingt- quatre
mille de confiscation luy font
plus de quarante cinq mille
écus de revenu.
Mardy passé l'on publia la
résolution du Roy de confier
dorénavant à des hommes
l'éducation du Prince & pour
ne point charger le Trésor
Royalde frais, l'on a nommé
les mêmes Officiers qui fervent
le Roy actuellement ; les
principaux sont le Marquis
de Valera & de Solera pour
Gentils hommes de la chambre,
les Marquis deVilla Garcia
,& deValouze pour Maître
d'Hôtel de semaine
, on luya
donné pour Confesseur le Perc
Marin homme de Lettres
& d'un merite distingué;la
Marquise de Salsedo sa Gouvernante
a fait paroistre beaucoup
de tendresseàcetteséparation
; &le foin que jusques
icy elle a prisedu Prince, a été
fecompenfée d'une place de
Dame d'Honneur de la Reine.
1- Le Roys'affermissantdejour
en jour dans ses desseins
, a
écrit aux Evêques, Archevêques
de son Royaume ,des
Lettres Circulaires, par lesquellesil
leur ordonne qu'a-
Vec une liberté vrayement
Chrétien-ne) ils luy marquent
les moyens qu'ils imagineront
•
les plus propres à maintenir la
JufiLCC dans ses Etats
J
& sL
procurer le repos à Ces peuples;
Le Cardinal del Judice a
pris possession de son appartement
au Retiro sans permettre
cependant que les Dames en
sortissent, aimant mieux se loger
plus étroitement; illuy
- cil depuis venu un ordre d'exercer
comme auparavant sa
Charge de Grand Inquisiteur;
c'est une satisfaction que l'on
donne à la Cour de Rome.
A la recommandation de
son Eminence, l'on a ordonné
de rétablir dans leurs places
de ConseillersdeCastilleDon
Loüis Curiel, exilé à Leon
, Don Francisco de Avana,&
Don Pedro de la Grava ,
dépossedez
de leurs emplois tous
trois pour avoir soutenu les
interdis du Cardinal.
Le jour de l'Incarnation la
Reine servant des pauvres à
dîner, elle se trouva un peu
indisposée, sur quoy les Medecins
ayant esté consultez,
ils jugerent à propos de la saignerau
bras comme l'on fit
sans qu'il y ait eu de fuite fâcheuse.
| Le voyage d'Aranjuez ayant
étérésolu l'onaaverty les Dames
qu'ellesn'avoient qu'às'y
disposer, ce qui fait croire que
ce fera bien tost.
Le Mardy apresdîner on
- assembla le Conseil extraordinaire
deCastille, pour examiner
la Bullequi supprime la
Monarchie de Sicile, comme
avoir déjà fait le Conseil dEtat.
Voyant la lenteur avec
laquellel'Assemblée procedoit
au Règlement des Tribunaux
il vint un nouvel ordre pour
accelerer cette affaire,& Vendredy
l'on la remit entre les
mains de Sa Majesté
, non
sans inquiétude de plusieurs
Ministres.
Dans une autre Assemblée
particulière du Conseil de la
Marine,
Marine, il fut résolu de renvoyer
tout à fait le Duc de
Tursis,à son Escadre appellée
l'Escadre de Genes, & d'ordonner
au Contrôleur qui se
trouve dans cette Ville, de
livrer tous lesForçats qu'on y
trouvera du compte du Roy.
Cette résolution a étésignifiée
ley à celuy qui fait ses affaires.
SaMajestéanommé de son
Conseil d'Etat, le Marquis de
los Balbafez
iqui
demandoit
la permission de se retirer en
Italie, & l'on a eû en veuë de
s'arrêter icy par ce moyen.
( Par des Lettres de Barcelone
du 23. du passé ,il paroist
qu'on a differé l'expédition
de Majorque, parce que l'on
a résolu d'embarquer plus de
Cavalerie qu'on avoit d'abord
eû dessein d'en embarquer
, &
de garder pour la remplacer
celle que l'on fait marcher de
Valence, & d'Arragon,pour
tenir en bride les Catalans qui
paroissoient avoir quelque
desseinde rcmüer du cofté de1
Salens & de Manreza
)
dequoy
le Gouverneur ayantété
averty ,
il s'est asseuré de Mo-j
ragas, chefdes rebelles & de
quelques autres sédicieux comme
luy ausquels on fait actuellement
le procés.
, Et par les nouvelles du 30.
on a eu avis que le procès dudit
Moragas examiné,il a
été convaincu du crime de
rcbellion, & condamnéà être
attaché tout vif& traîné à la
queuë d'un cheval furieux dans
les places,& dans les ruës de
Barcelone ),& ses camarades à1
ètre pendus;cette Sentence 9
été executée le 2.9. On ne doute
point que ces chastiments
exemplaires nereduisent enfin
les esprits inquiets des Catalans.
(
Il y a trois jours que Mj
Metwin, Ambassadeur d'Angleterre
,
est arrivé en cette
Ville avec une grande suite ;
le lendemain il fut rendre visite
au Cardinal del Judice qui cO:
chargé de traiter avec les mi1
nistres Etrangers, & hieril eût
une Audiance particuliere du
Roy,on ne sçait s'il prendra
le caractere public,à cause
des difficultez qui se rencontrent
sur le ceremonial des
Ambassadeurs.
Le Roy a donne au Prince 1
de Chélamarre vingt quatre
mille piastres de revenu annuel
à prendre sur les biens
du Marquis de Vallé
,
confisîquez
dans la nouvelle Espagne,
avec pouvoir de nommer
qui bon luy semblera pour la
levée de cette rente que le
Roy luy accorde non-seulement
pour le dédommager
des pertes qu'il a faites dans le
Royaume de Naples,maisencore
pour survenir à une partie
des frais de son Ambassade
en France. S.M. C. a ajoûté
à. cette récompense vingt-un
mille piastresd'appointement
qui joints aux vingt- quatre
mille de confiscation luy font
plus de quarante cinq mille
écus de revenu.
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108
p. 230-232
Mariages. [titre d'après la table]
Début :
Cependant raillerie à part, son deffaut me jette dans la [...]
Mots clefs :
Marquis, Fille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariages. [titre d'après la table]
Cependant raillerieà part,
son deffaut me jette dans la
necessité de vous apprendre,
tres- fuccintcment que le
-' de ce mois M. le Marquis de
Cadcrouilt) filsde M.leDuc
de Caderousse , a épousé
Mademoiselle de Torcy, fille
de M. le Marquis de Torcy
Ministre, Secreraire d'Etat
de Chevalier desOrdres du
Roy.
Que M.leMarquis deSailiydonr
je vousay entretenu
assez au longdans leMercure
deFévriera épousé le. de
ce mois Mademoiselle de Sainte-
Hermine.
• Qoe M le Presidentde la
| Garde a epouséde 1 2.,de ce
mois Mademoiselle Ravat
fille de M. de RavatPrevost
-.i
des Marchands& Commandant
pourle Roy à Lyon.
son deffaut me jette dans la
necessité de vous apprendre,
tres- fuccintcment que le
-' de ce mois M. le Marquis de
Cadcrouilt) filsde M.leDuc
de Caderousse , a épousé
Mademoiselle de Torcy, fille
de M. le Marquis de Torcy
Ministre, Secreraire d'Etat
de Chevalier desOrdres du
Roy.
Que M.leMarquis deSailiydonr
je vousay entretenu
assez au longdans leMercure
deFévriera épousé le. de
ce mois Mademoiselle de Sainte-
Hermine.
• Qoe M le Presidentde la
| Garde a epouséde 1 2.,de ce
mois Mademoiselle Ravat
fille de M. de RavatPrevost
-.i
des Marchands& Commandant
pourle Roy à Lyon.
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109
p. 232-233
Morts. [titre d'après la table]
Début :
Dame Françoise de Brancas, Epouse de Messire Alphonse Henri Charles [...]
Mots clefs :
Marquis, Général, Roi
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texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
DameFrançoise de Brancas
, Epouse de Messire AI,
phonse-Henri-Charles deLorraine,
Prince d'Harcourt
mourut le.. decemois.
Messire JeanRené Basan,
Marquis de Flamanville, Lieutenant
General des Armées du
Roy, mourut le. de cc mois.
M. Carlier, Tresorier Ge-
<
neral des Maisons & Finances
de feu Monseigneur le Duc de
Berry,
Berry, mourut le.. de ce mois.
M. deGorillon,EcuyerSeigneur
de Courgousson,mourut
le*8.i M. le Marquis Dugart, ancien
Colonel de Cavalerie,
mourut le même jour.
r:, M. le Chevalier Benoiîl"
frere duConseillerdecenom,
fut inhumé à S. Sulpice avec
grandes ceremonies; I
M. Aubry
,
fils, Ecuyer
Conseillerdu Roy, Treforicr
General de l'Argenterie de S.
M. mourutle de ce mois.
, Epouse de Messire AI,
phonse-Henri-Charles deLorraine,
Prince d'Harcourt
mourut le.. decemois.
Messire JeanRené Basan,
Marquis de Flamanville, Lieutenant
General des Armées du
Roy, mourut le. de cc mois.
M. Carlier, Tresorier Ge-
<
neral des Maisons & Finances
de feu Monseigneur le Duc de
Berry,
Berry, mourut le.. de ce mois.
M. deGorillon,EcuyerSeigneur
de Courgousson,mourut
le*8.i M. le Marquis Dugart, ancien
Colonel de Cavalerie,
mourut le même jour.
r:, M. le Chevalier Benoiîl"
frere duConseillerdecenom,
fut inhumé à S. Sulpice avec
grandes ceremonies; I
M. Aubry
,
fils, Ecuyer
Conseillerdu Roy, Treforicr
General de l'Argenterie de S.
M. mourutle de ce mois.
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110
p. 241-265
L'AMANT INTERESSÉ dupé par l'Amour
Début :
Tant que les honestes-gens qui se meslent d'écrire m'engageront / L'Histoire peut passer pour un Poisson d'Avril. Il est [...]
Mots clefs :
Amant, Baron, Mariage, Marquis, Qualité, Femme, Amour, Contrat, Rapporteur, Mère, Tante, Argent, Épouse, Écus, Laquais
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texteReconnaissance textuelle : L'AMANT INTERESSÉ dupé par l'Amour
Tant que les honeftesgens
qui Ce meflenc d'écri- ice, m'engageront par la
qualité des pieces' qu'ils
m'envoyeront., à suspendre
l'éxecution des mettes pro- que je fais tous les
mois, je leur, en sçauray
bon gré, leurs ouvrages marèheront toujours devant
les miens.nous y trou.
verons tous nostrecornpte,*
& se fera autant de peine
epargnee pour moy.Monifeur
de L..tires-fameux
& tres habile faiseur d'hif.
toires,&quej'ay à bon
compte remercié du préfent
qu'il ma fait de celle
que vous allez lire
,
peut
répondre pourmoy parexperience,
de l'usage queje
feray doresnavant de cou-j
tes celles qu'on m'envoira.I
rAMANT INTERESSE'
dupé par l'Amour.
L'Histoire peut passer pour un
Poisson d'Ayfil.
1L est - tres dangereux d'avoir
aucun commerce avec
l'Amour, tout luiest
bon, & il
,
semble mesme
qu'il se plaistà ranger sous
les loix les plus sauvages
& les moins dilposés à aimer
;un homme agé de
cinquante ans, petit, cagneux
, fort laid, farouche3
& tres interessé fait la en preuve,& le por- trait du corps & de lame
de M. le Baron deSuras; son Pere né à Paris y époufa
parinclination une Languedociene à qui Ces
agrémens&sonesprit fervirent
de dot; son Epoux
pour lui plaire fit des dé1pences
conifderables qui obligèrent de se retirer à
laRochelle, oùil semit
en societé avec des parens
de sa femme qui lui firent
valoir si heureufemét rois
mille pistoles qu'il ramassa
du débris de sa fortune,
qu'en moins de dix
âns il se trouva riche de
plus de cent mille écus; il
en employa la moitié dans
l'acquisition qu'il fit de la
Baronie de Suras ; cette
terre est située dans le
fond du Languedoc, est
biea bastie, a de beaux
droits de pesche & de chafsequi
rendent son sejour
agréable
, & le nouveau
Baron crut qu'ilpourroty
joüir impunemént de la
qualité d'Ecuïer qu'il avoit
prirepourla premiere fois
dans son Contrat de Mariage
,
& qu'il a continué
de prendre dans tous les
Aaes qu'il a signés pendant
sa vie; Madame son
Epouse a tousjours figuré
avec les Dames les plus
qualifiées de son canton, & a vefeuaussi heureuse
que si elleeufteftéla femme
d'un veritable Gentilhomme
; cette qualité qui
est belle & desirable ne se
fent apparemment que par
ceux qui l'ont, & qui font
assez vains pour croire
qu'ils peuvent,&doivent
la faire sentir à ceux qui ne
l'ont pas; Mr le Baron de
Suras leur Fils joüiroit encore
de ce beau droit sans
des traitans inexorables
qui rechercherent exactement
sur la fin du dernier
siecle tous les faux Nobles
de ce Royaume; le Conseil
du Baron l'engagea à
prendre bien viste des Lettres
de Noblesse,où l'on
fit un long & magnifique
détail des prétendus services
de ses ayeuls, & de son
Frere aisné qui a eu l'honneur
de servir long-tems
en qualité de Capitaine
d'Infanterie, & d'estre tue
à la bataille de Fleurus;
ladépense que Mr de Suras
fit pour ses Lettres de
Noblesse acheva de l'incommoder
, car il estoit
desjainquiété pour beaucoup
d'arrérages de som-.
mes considerables qu'il
avoit prisa rente pour marier
deux soeurs qu'il a. Nos
guerres avoient rendu le
commerce de la Mer imprariquable,
& il touchoic
peu de choses des fonds
que son Pere avoitacquis
dans la Martinique,tant
de malheurs & de contre-j
temps donnèrent occasion
il y a trois ans à Ces Créanciers
de saisir en decret la
terre de Suras
,
le decret
en fut porré au Parlement
de Toulouse, où le Baron
se défendit autant que les
délais & la chicane d'un
habile Procureur le permirent
; mais las & accablé
par ses infortunes, il
devint insupportable à
tout le monde; Mr son
Rapporteur en fut averci,
& il lui vint dans l'esprit,
autant pour se défaire d'une
parente qu'il avoir, que
pour amuser le plaideur,
de lui proposer en mariage
une très noble & tres aimable
Demoiselle
,
qui,
après la mort de son Pere
estoit demeurée fous la
conduite d'une mere trop
facile qui avoit souffert à
la campagne où elles vivoient
les fréquentes via
tes d'un jeune Marquis
que sa famille; empefchoic
d'époufer, la Demoiselle
en question - ; Mr
le Rapporteur s'expliqua
assez pour faire entendre
au Baron que les fréquentes
vifires du Marquis
avoient fait tort à la personnequ'ilproposoit
; il
lui dit mesme qu'une tante
du Marquis faisoit offrir
ving mille francs à la
Demoiselle si elle vouloit
bien songer a un autre
mariage qu'à celui de son
Neveu;il lui dit encore,-
que la Demoiselle joüissoit
desja d'une terre de
deux mille livres derente,
& que Madame sa Mere
luy en assureroit du moins
autant a près sa mort;une
aimable personne avec
centmille francs valoit
certainement mieux que
le Baron,ilremercia bien
aussi son Rapporteur qui
Jui demanda huit jours
pour s'informer si sa parente
étoitresolue de tenir - quitte pour si peu dechose
un parjure qui lui proteftoit
depuis prés de qija*
tre ans qu'il n'en épouse,
roit jamais d'autre. Le Baron
peu curieux d'aprofondir
le sens de ce ditcours,
ou ne sentant que
le besoin qu'ilavoic de
trouver de l'argent pour
payer ses, dettes, seretira
sans autre explication, ôc
avant que les huit jours
fussent passes il revint chez
son Raporteur qu'il pria de
faire venir incessamment
a Toulouse la Demoiselle
dont il étoit question, ôc,
un moment avant que de
se quitter le Conseiller die
a M. de Suras qu'il esperoit
faire donnerà sa parente
jusqu'àdixmille écus
d'argent, qui ne la desinterelferoien
t pas même
suffisamment de lamauvaiise
foy du Marquis & des
fuites fâcheuses quavoit eu
son intrigue avec la Demoiselle
qu'il lui propofoit,
ces dernieres paroles
n'augmenterent pas la peine
que son Raporteur lui
avoit dû causer dés leur -
première conference, &
ce fut chez lui que se fit
peu de jours après l'entre-.
vûë des deux nouveaux
amans; tous les sens du
pauvre Baron en furent
émus
,
il n'avoir jamais
-
vu rien de si beau ni de si
touchant, la bel!e y affeéla
un air modeste, & n' y parut
qu'en déshabillé, & Ici
vilage a demi couvert
d'une coëfe fous laquelle
brilloient ses yeux & beaucoup
de rouge qu'elle avoit
mis ce jour là; le Raporteur
prit dans cette,
premiere entrevûë le Baron
à l'écart, & lui dit,
qu'il n'écoit pas surprenant
que tant de beauté
eût touché le Marquis
dontil lui avoir parlé, mais
que sa tante étoit fort en
état de desinteresser la
Demoiselle, à qui elle faisoit
offrirjusqu'àdix mille
écus depuis qu'on l'avoit
plus amplement informée
de l'intrigue de tous les engagemens
qu'avoit contracté
son Neveu avec sa
Parente; le Raporteur dit.
alors au Baron que la terre
de Suras étant fort éloignée
du lieu où ces choses
s'étoient passées, il n'en
auroit jamais de reproches
, & que mettant tout
au pis, ce feroit de prendrè
des mesures pour ne
se point attirer des railleries
que bien d'autres que
lui meritoient sans avoir
le bonheur d'en être informés,
&qu'il pourroit
évirer par la connoissance
qu'il avoit des malheurs
arrivés à une pupille feduite
par.un jeune débauché
: le Baron qui étoit
prévenu, prit son parti,
& demanda instamment
que le mariage se fît bientôt
tôt & sans éclat, le Raporteur
pria la Demoielle
de souffrir que le Gentilhomme
qu'il lui presentoit
la visitât rous les jours
dans l'auberge où elle étoit
descenduë avec Madame
sa mere; ce fut là que le
Laquais de M. de Suras, à
qui son Maître avoir dit
qu'ilsemarieroit bientôt,
apprit d'une vieille femme
,\
de chambre de laMaîtresse
du Baron qu'elle avoir des
engagemens avec un Marquis
qui nepourroit finir
qu'avec un mariage
,
la
femme de chambre avoit
pris une ayersion extrême
pour la personne & pour
les manieres de M. de Su..
ras, & elle n'eût jamais
pu se resoudre à devenir
sa domestique:le Laquais
qui auroit juré que son
Maistre ignoroit tout ce
qui lui avoit été confié lui
en fie bien-tôt le rapport;
mais le Baron le gronda
d'avoir écouté des calomnies
que la femme de
chambre inventoit, parce
quelle écoit d'intelligence
avec le Marquis qui avoit
dessein d'épouier sa Ma-
tresse, & M. de Suras ennemi
des explications n'en
voulut plus qu'au sujet des
trente mille frans d'argent
qui lui avoient été
proposés;car la tante du
Marquis n'en voulant plus
donner que vingt mille,
on eut besoin d'adresse
pour y faire consentir le
'-, Baron qui avoit pris tant
d'amour pour la belle
Languedocienne,que malgré
l'importun dérail que
lui fit de sa vie son curieux
& très-informé Laquais
,,
il se resolut à conclure,Ôc
toucha vingt mille francs
qui suffirent pour faire cesfer
le decret ; la Demoiselle
qui étoit habile & persuadante,
fit agréer à son
ornant une separation de
biens stipulée dans unmodele
de contrat qu'elle lui
presenta; M. de Suras qui
n'avoit aucune connoissance
des affaires, consul
taun Avocat qui l'assura
que les conditions qu'on
lui proposoit étoient fort
extraordinaires;mais qu'il
en falloit proposer de pas
reilles pour lui, qu'il dictar,
& qui furent acceptées par
la Demoiselle; un pareil
contrat pourra servir de
modele à bien des gens, en
voici la copie.
Au gré des deux parties
cyaprès desnommées,
& à la premiere requisition
de l'une d'icelles, se
celebrera le Mariage entre
Messire Michel de Va.
lencour
,
Chevalier Seigneur
de la Terre & Baronnie
de Suras d'une
part, &c. Et de Damoifelle
Lucrece de Brcboc
Fille majeure, usante déses
droits, de l'autre parc,
&c. ( clause de la Future)
en consideration duquel
mariage & de l'inégalité
de leurs âges,chacun aura
son Appartement, où
il demeurera. s'il n'est appellépar
l'une des parties
pour cause de maladie ou
infirmité considerable ;
aura la Future, par une
séparation de biens stipuléc
,
liberté de donnerà
ses dépens tels repas & cadaux
que bon luyfemblera
(clauses du Futur) promet
au surplus le Futur la
nourrir & entrerenir honorablement,
& luy fournir
jusqu'à quinze aulnes
d'écotè pour chaque habit.
dont elle auroit raisonnablement
besoin; ne fera
fait aucune mention de
douaire dans le present
Contrat, d'autant que le
Futur sèreferye le droit&
le pouvoir d'assigner à la
Future par promette fous
seing privé telle récompense
que mériteront les
bons ou indifferens traitemens
qu'il en recevra; let
ditesclauses &stipulations
acceptées par les deux Parties
, qui les ont desirées
telles pour former & entretenir
une societé plus heureuse
qu'aucune dont on
ait enrendu par lerjusqu'à
present.
Les incrédules qui ont
nié la possibilité & la validité
de ce Contract en
penseront & diront tout
ce qu'il leur plàira; mais
le mariage de Mr de Suras
ne s'en fit pas moins
surla fin de l'Automne dernier,
&ils'embarqua peu
de
de temps après avec Madame
son Epouse pour la
Martinique,d'où ils esperent
apporter avant deux
ans beaucoup de bons effets
en France, où l'on a
souvent des Scenés nouvelles
; on aura alors oublié
les circon stances du
mariage de Mr le Baron
de Suras, & tous ceux qui
l, auront esté après luy les
dupes de l'Amour ne s'en
vanteront pas.
qui Ce meflenc d'écri- ice, m'engageront par la
qualité des pieces' qu'ils
m'envoyeront., à suspendre
l'éxecution des mettes pro- que je fais tous les
mois, je leur, en sçauray
bon gré, leurs ouvrages marèheront toujours devant
les miens.nous y trou.
verons tous nostrecornpte,*
& se fera autant de peine
epargnee pour moy.Monifeur
de L..tires-fameux
& tres habile faiseur d'hif.
toires,&quej'ay à bon
compte remercié du préfent
qu'il ma fait de celle
que vous allez lire
,
peut
répondre pourmoy parexperience,
de l'usage queje
feray doresnavant de cou-j
tes celles qu'on m'envoira.I
rAMANT INTERESSE'
dupé par l'Amour.
L'Histoire peut passer pour un
Poisson d'Ayfil.
1L est - tres dangereux d'avoir
aucun commerce avec
l'Amour, tout luiest
bon, & il
,
semble mesme
qu'il se plaistà ranger sous
les loix les plus sauvages
& les moins dilposés à aimer
;un homme agé de
cinquante ans, petit, cagneux
, fort laid, farouche3
& tres interessé fait la en preuve,& le por- trait du corps & de lame
de M. le Baron deSuras; son Pere né à Paris y époufa
parinclination une Languedociene à qui Ces
agrémens&sonesprit fervirent
de dot; son Epoux
pour lui plaire fit des dé1pences
conifderables qui obligèrent de se retirer à
laRochelle, oùil semit
en societé avec des parens
de sa femme qui lui firent
valoir si heureufemét rois
mille pistoles qu'il ramassa
du débris de sa fortune,
qu'en moins de dix
âns il se trouva riche de
plus de cent mille écus; il
en employa la moitié dans
l'acquisition qu'il fit de la
Baronie de Suras ; cette
terre est située dans le
fond du Languedoc, est
biea bastie, a de beaux
droits de pesche & de chafsequi
rendent son sejour
agréable
, & le nouveau
Baron crut qu'ilpourroty
joüir impunemént de la
qualité d'Ecuïer qu'il avoit
prirepourla premiere fois
dans son Contrat de Mariage
,
& qu'il a continué
de prendre dans tous les
Aaes qu'il a signés pendant
sa vie; Madame son
Epouse a tousjours figuré
avec les Dames les plus
qualifiées de son canton, & a vefeuaussi heureuse
que si elleeufteftéla femme
d'un veritable Gentilhomme
; cette qualité qui
est belle & desirable ne se
fent apparemment que par
ceux qui l'ont, & qui font
assez vains pour croire
qu'ils peuvent,&doivent
la faire sentir à ceux qui ne
l'ont pas; Mr le Baron de
Suras leur Fils joüiroit encore
de ce beau droit sans
des traitans inexorables
qui rechercherent exactement
sur la fin du dernier
siecle tous les faux Nobles
de ce Royaume; le Conseil
du Baron l'engagea à
prendre bien viste des Lettres
de Noblesse,où l'on
fit un long & magnifique
détail des prétendus services
de ses ayeuls, & de son
Frere aisné qui a eu l'honneur
de servir long-tems
en qualité de Capitaine
d'Infanterie, & d'estre tue
à la bataille de Fleurus;
ladépense que Mr de Suras
fit pour ses Lettres de
Noblesse acheva de l'incommoder
, car il estoit
desjainquiété pour beaucoup
d'arrérages de som-.
mes considerables qu'il
avoit prisa rente pour marier
deux soeurs qu'il a. Nos
guerres avoient rendu le
commerce de la Mer imprariquable,
& il touchoic
peu de choses des fonds
que son Pere avoitacquis
dans la Martinique,tant
de malheurs & de contre-j
temps donnèrent occasion
il y a trois ans à Ces Créanciers
de saisir en decret la
terre de Suras
,
le decret
en fut porré au Parlement
de Toulouse, où le Baron
se défendit autant que les
délais & la chicane d'un
habile Procureur le permirent
; mais las & accablé
par ses infortunes, il
devint insupportable à
tout le monde; Mr son
Rapporteur en fut averci,
& il lui vint dans l'esprit,
autant pour se défaire d'une
parente qu'il avoir, que
pour amuser le plaideur,
de lui proposer en mariage
une très noble & tres aimable
Demoiselle
,
qui,
après la mort de son Pere
estoit demeurée fous la
conduite d'une mere trop
facile qui avoit souffert à
la campagne où elles vivoient
les fréquentes via
tes d'un jeune Marquis
que sa famille; empefchoic
d'époufer, la Demoiselle
en question - ; Mr
le Rapporteur s'expliqua
assez pour faire entendre
au Baron que les fréquentes
vifires du Marquis
avoient fait tort à la personnequ'ilproposoit
; il
lui dit mesme qu'une tante
du Marquis faisoit offrir
ving mille francs à la
Demoiselle si elle vouloit
bien songer a un autre
mariage qu'à celui de son
Neveu;il lui dit encore,-
que la Demoiselle joüissoit
desja d'une terre de
deux mille livres derente,
& que Madame sa Mere
luy en assureroit du moins
autant a près sa mort;une
aimable personne avec
centmille francs valoit
certainement mieux que
le Baron,ilremercia bien
aussi son Rapporteur qui
Jui demanda huit jours
pour s'informer si sa parente
étoitresolue de tenir - quitte pour si peu dechose
un parjure qui lui proteftoit
depuis prés de qija*
tre ans qu'il n'en épouse,
roit jamais d'autre. Le Baron
peu curieux d'aprofondir
le sens de ce ditcours,
ou ne sentant que
le besoin qu'ilavoic de
trouver de l'argent pour
payer ses, dettes, seretira
sans autre explication, ôc
avant que les huit jours
fussent passes il revint chez
son Raporteur qu'il pria de
faire venir incessamment
a Toulouse la Demoiselle
dont il étoit question, ôc,
un moment avant que de
se quitter le Conseiller die
a M. de Suras qu'il esperoit
faire donnerà sa parente
jusqu'àdixmille écus
d'argent, qui ne la desinterelferoien
t pas même
suffisamment de lamauvaiise
foy du Marquis & des
fuites fâcheuses quavoit eu
son intrigue avec la Demoiselle
qu'il lui propofoit,
ces dernieres paroles
n'augmenterent pas la peine
que son Raporteur lui
avoit dû causer dés leur -
première conference, &
ce fut chez lui que se fit
peu de jours après l'entre-.
vûë des deux nouveaux
amans; tous les sens du
pauvre Baron en furent
émus
,
il n'avoir jamais
-
vu rien de si beau ni de si
touchant, la bel!e y affeéla
un air modeste, & n' y parut
qu'en déshabillé, & Ici
vilage a demi couvert
d'une coëfe fous laquelle
brilloient ses yeux & beaucoup
de rouge qu'elle avoit
mis ce jour là; le Raporteur
prit dans cette,
premiere entrevûë le Baron
à l'écart, & lui dit,
qu'il n'écoit pas surprenant
que tant de beauté
eût touché le Marquis
dontil lui avoir parlé, mais
que sa tante étoit fort en
état de desinteresser la
Demoiselle, à qui elle faisoit
offrirjusqu'àdix mille
écus depuis qu'on l'avoit
plus amplement informée
de l'intrigue de tous les engagemens
qu'avoit contracté
son Neveu avec sa
Parente; le Raporteur dit.
alors au Baron que la terre
de Suras étant fort éloignée
du lieu où ces choses
s'étoient passées, il n'en
auroit jamais de reproches
, & que mettant tout
au pis, ce feroit de prendrè
des mesures pour ne
se point attirer des railleries
que bien d'autres que
lui meritoient sans avoir
le bonheur d'en être informés,
&qu'il pourroit
évirer par la connoissance
qu'il avoit des malheurs
arrivés à une pupille feduite
par.un jeune débauché
: le Baron qui étoit
prévenu, prit son parti,
& demanda instamment
que le mariage se fît bientôt
tôt & sans éclat, le Raporteur
pria la Demoielle
de souffrir que le Gentilhomme
qu'il lui presentoit
la visitât rous les jours
dans l'auberge où elle étoit
descenduë avec Madame
sa mere; ce fut là que le
Laquais de M. de Suras, à
qui son Maître avoir dit
qu'ilsemarieroit bientôt,
apprit d'une vieille femme
,\
de chambre de laMaîtresse
du Baron qu'elle avoir des
engagemens avec un Marquis
qui nepourroit finir
qu'avec un mariage
,
la
femme de chambre avoit
pris une ayersion extrême
pour la personne & pour
les manieres de M. de Su..
ras, & elle n'eût jamais
pu se resoudre à devenir
sa domestique:le Laquais
qui auroit juré que son
Maistre ignoroit tout ce
qui lui avoit été confié lui
en fie bien-tôt le rapport;
mais le Baron le gronda
d'avoir écouté des calomnies
que la femme de
chambre inventoit, parce
quelle écoit d'intelligence
avec le Marquis qui avoit
dessein d'épouier sa Ma-
tresse, & M. de Suras ennemi
des explications n'en
voulut plus qu'au sujet des
trente mille frans d'argent
qui lui avoient été
proposés;car la tante du
Marquis n'en voulant plus
donner que vingt mille,
on eut besoin d'adresse
pour y faire consentir le
'-, Baron qui avoit pris tant
d'amour pour la belle
Languedocienne,que malgré
l'importun dérail que
lui fit de sa vie son curieux
& très-informé Laquais
,,
il se resolut à conclure,Ôc
toucha vingt mille francs
qui suffirent pour faire cesfer
le decret ; la Demoiselle
qui étoit habile & persuadante,
fit agréer à son
ornant une separation de
biens stipulée dans unmodele
de contrat qu'elle lui
presenta; M. de Suras qui
n'avoit aucune connoissance
des affaires, consul
taun Avocat qui l'assura
que les conditions qu'on
lui proposoit étoient fort
extraordinaires;mais qu'il
en falloit proposer de pas
reilles pour lui, qu'il dictar,
& qui furent acceptées par
la Demoiselle; un pareil
contrat pourra servir de
modele à bien des gens, en
voici la copie.
Au gré des deux parties
cyaprès desnommées,
& à la premiere requisition
de l'une d'icelles, se
celebrera le Mariage entre
Messire Michel de Va.
lencour
,
Chevalier Seigneur
de la Terre & Baronnie
de Suras d'une
part, &c. Et de Damoifelle
Lucrece de Brcboc
Fille majeure, usante déses
droits, de l'autre parc,
&c. ( clause de la Future)
en consideration duquel
mariage & de l'inégalité
de leurs âges,chacun aura
son Appartement, où
il demeurera. s'il n'est appellépar
l'une des parties
pour cause de maladie ou
infirmité considerable ;
aura la Future, par une
séparation de biens stipuléc
,
liberté de donnerà
ses dépens tels repas & cadaux
que bon luyfemblera
(clauses du Futur) promet
au surplus le Futur la
nourrir & entrerenir honorablement,
& luy fournir
jusqu'à quinze aulnes
d'écotè pour chaque habit.
dont elle auroit raisonnablement
besoin; ne fera
fait aucune mention de
douaire dans le present
Contrat, d'autant que le
Futur sèreferye le droit&
le pouvoir d'assigner à la
Future par promette fous
seing privé telle récompense
que mériteront les
bons ou indifferens traitemens
qu'il en recevra; let
ditesclauses &stipulations
acceptées par les deux Parties
, qui les ont desirées
telles pour former & entretenir
une societé plus heureuse
qu'aucune dont on
ait enrendu par lerjusqu'à
present.
Les incrédules qui ont
nié la possibilité & la validité
de ce Contract en
penseront & diront tout
ce qu'il leur plàira; mais
le mariage de Mr de Suras
ne s'en fit pas moins
surla fin de l'Automne dernier,
&ils'embarqua peu
de
de temps après avec Madame
son Epouse pour la
Martinique,d'où ils esperent
apporter avant deux
ans beaucoup de bons effets
en France, où l'on a
souvent des Scenés nouvelles
; on aura alors oublié
les circon stances du
mariage de Mr le Baron
de Suras, & tous ceux qui
l, auront esté après luy les
dupes de l'Amour ne s'en
vanteront pas.
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p. 315-320
MARIAGE.
Début :
Je me dedis avec éclat Messieurs, de la moitié du moins / Messire Joseph-André d'Ancezune, Marquis d'Anzecune [...]
Mots clefs :
Marquis, Commandeur, Roi, Ministre, Secrétaire
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
Je me dedis avec éclat Messieurs
,de la moitié du moins
des choses que je vous ay dites
de mon Genealogiste, il vient
deressusciter, &dem'apporter
l'article du Mariage que
vous allez lire.
MARIAGE.
Messire Joseph-André
d'Ancezune
,
Marquisd'An
zecune ,fils de MessireJacques
Louis d'Ancezune,Marquis
de Caderousse & du Tort, &
de Dame Magdeleine d'Oraison,
Marquise dudit lieu &
de Cadence, & petit fils de
Juste François d'Ancezune
,
Duc de Caderousse au Comtat
Venaissin,aépousé le4 Avril
Damoiselle Françoise Félicité
Colbert, fille de M~ilireJcan-
-Bl'P*tlflc Colbert, Marquis de
Torcy, de Croissy, de Sablé,
& de Boisdaufin, Ministre &
Secretaire d'Etat,Commandeur
& Chancelier des Ordres
du Roy,Sur Intendant General
des Postes& Relais deFrance,&
de Darne Cat herine Felicité
Arnauld d: Pomponne,
filledefeu M de Pomponne,
Ministre d'Etat, petit fille de
Charles Colbert, Marquis de
Croissy & deTorcy, Ministre
& Secretaire d'Etat, Commandeur
& Grand Tresorier de&
Or dres du Roy, & Président à
Morcierau Parlement deParis,
petre niece de Jean-Baptiste
Colbert, Marquis de Seigne.
by>Mmirtrc &, Secretaire d'Et~
,
Controlleur General des
Finances
,
Commandeur U
GrandTreforier des Ordres du
Roy, l'undes plus grands Ministres
que laFrance ait jamais
eu, & d'Edouard FrançoisColbert,
Comte de Maulevrier
, -
Chevalier des Ordres du Roy,
LieutenantGeneral de ses Armées
,Gouverneur des Ville&
Citadelle de Tournay & du
Pays Tournesis, & niece à la
mode de Bretagne de Jean Baptiste
Colbert, Marquis de Seignelay
,
Ministre& Secretaire
d'Etat,Commandeur & Grand
Tresorier des Ordres du Roy,
mort a 1 age de 39. ans en réputation
d'un des plus grands
Ministres de son tems, & de
Mesdames les Duchesses de
Chevreuse,de BeauvïtJtcr
deMortemar LaMaison d'Ancezune
possede de tems immemorialla
Terre deCaderousse
au Comtat Venaissin érigée en
Duché par le Pape en faveur
de M. le Duc de Caderousse,
ayeul du Marquis d'Ancezunc
qui donne lieu à cet article.
Elle s'est alliée aux Maisons de
Baux
,
de Crussol
,
Uzés, de
Brancas, de Lastic, de Pontevez
,
de Sassenage
,
de Cler»*
mont Tonnerre,deCastellane
Grignan, de Tournon, de
Grimoard du Roure, de Montaigu
Bouzols, de Simiane &i
de Rambures,&c.
,de la moitié du moins
des choses que je vous ay dites
de mon Genealogiste, il vient
deressusciter, &dem'apporter
l'article du Mariage que
vous allez lire.
MARIAGE.
Messire Joseph-André
d'Ancezune
,
Marquisd'An
zecune ,fils de MessireJacques
Louis d'Ancezune,Marquis
de Caderousse & du Tort, &
de Dame Magdeleine d'Oraison,
Marquise dudit lieu &
de Cadence, & petit fils de
Juste François d'Ancezune
,
Duc de Caderousse au Comtat
Venaissin,aépousé le4 Avril
Damoiselle Françoise Félicité
Colbert, fille de M~ilireJcan-
-Bl'P*tlflc Colbert, Marquis de
Torcy, de Croissy, de Sablé,
& de Boisdaufin, Ministre &
Secretaire d'Etat,Commandeur
& Chancelier des Ordres
du Roy,Sur Intendant General
des Postes& Relais deFrance,&
de Darne Cat herine Felicité
Arnauld d: Pomponne,
filledefeu M de Pomponne,
Ministre d'Etat, petit fille de
Charles Colbert, Marquis de
Croissy & deTorcy, Ministre
& Secretaire d'Etat, Commandeur
& Grand Tresorier de&
Or dres du Roy, & Président à
Morcierau Parlement deParis,
petre niece de Jean-Baptiste
Colbert, Marquis de Seigne.
by>Mmirtrc &, Secretaire d'Et~
,
Controlleur General des
Finances
,
Commandeur U
GrandTreforier des Ordres du
Roy, l'undes plus grands Ministres
que laFrance ait jamais
eu, & d'Edouard FrançoisColbert,
Comte de Maulevrier
, -
Chevalier des Ordres du Roy,
LieutenantGeneral de ses Armées
,Gouverneur des Ville&
Citadelle de Tournay & du
Pays Tournesis, & niece à la
mode de Bretagne de Jean Baptiste
Colbert, Marquis de Seignelay
,
Ministre& Secretaire
d'Etat,Commandeur & Grand
Tresorier des Ordres du Roy,
mort a 1 age de 39. ans en réputation
d'un des plus grands
Ministres de son tems, & de
Mesdames les Duchesses de
Chevreuse,de BeauvïtJtcr
deMortemar LaMaison d'Ancezune
possede de tems immemorialla
Terre deCaderousse
au Comtat Venaissin érigée en
Duché par le Pape en faveur
de M. le Duc de Caderousse,
ayeul du Marquis d'Ancezunc
qui donne lieu à cet article.
Elle s'est alliée aux Maisons de
Baux
,
de Crussol
,
Uzés, de
Brancas, de Lastic, de Pontevez
,
de Sassenage
,
de Cler»*
mont Tonnerre,deCastellane
Grignan, de Tournon, de
Grimoard du Roure, de Montaigu
Bouzols, de Simiane &i
de Rambures,&c.
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112
p. 100-104
A Palma, Capitale de Mayorque, ce 15. Avril. Situation des affaires de Mayorque.
Début :
Le Marquis de Rubis Commandant de Mayorque a caché tant [...]
Mots clefs :
Marquis, Roi, Majorque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Palma, Capitale de Mayorque, ce 15. Avril. Situation des affaires de Mayorque.
APalma,Capitale deMayorque,
ce 15. Avril vod
1
Situation des affaires deMayortant
que.
Le Marquis de Rubis CommandantdeMayorque
acaché
ant qu'il a pû au peuplele projet
que S. M. C. a fait pour réduire
cette Iſle à fon obéillance:
le peuple en ayant été informé
a fait des cabales pour
traverſer ce deſſein ; il a exilé
divers Mayorquins du party
du Roy d'Eſpagne. La No
GALANT. 101
bleſſe& tous les habitans des
Villages ſuivent le party du
Roy , il n'y a que la Ville de
Palmaoù ſont tous les principaux
Rebelles , & Refugiez
depuis la priſe de Barcelone ;
les bons ſujets du Roy , &
ceux qui craignent les malsheurs
de la guerre& la perte
de leurs biens , n'attendent
que la vue de l'Armée de M.
d'Asfelds , ou le débarque-
-ment des Troupes , pour con .
tribuer à la réduction de l'ifle .
La Garniſon de Palma
confifte en 700. chevaux du
pays ,montez par des Mique-
I inj
101 MERCURE
lets fugitifs de Catalogne
750. Allemands , & quelques
Religionnaires François ,un
Regiment de 400. hommes
Mayorquins,&un autreRegi
ment depluſieurs Nations qui
contient 750. hommes , &
So. hommes de la Colonelle,
faifant en tout deux mille
deux cent à deux mille trois
cent hommes.
On a apporté de Naples
vingt-deux pieces d'artillerie ,
de la poudre , des grenades ,
que les Mayorquins ont payez
deleur argent.
Le Marquis de Rubis a fait
GALANT. 103
i
faire des retranchemens avec
des fafcines par tous les endroits
où l'on peut débarquer ,
&il a fait mettre quatre pieces
de canon à chaque endroit.
On a fortifié la Ville de
Palma , & fait une Redoute
ou Fortereffe auCap blanc.02
On a tiré du Château d'Alcudia
, Don Joſeph Pons de
Leon ,& on a mis un Catalan
enfa place, ДНО
Le Marquis de Rubis aprés
avoir tiré des Negotians &
des Juifs Chrétiens qui font
dans la place , vingt- huit mille
piſtoles en diverſes occafions ,
I iiij
104 MERCURE
demande au commun de la
Ville ſoixante mille écus pour
le beſoin de la guerre, ce qui
cauſebiendumurmure parmy
le peuple , qui fait cependant
courir lebruit qu'il attendde
Naples un convoy tres - confiderable:
inq olalob
LeGouverneur d'Yvice Don
Domingo Canales a eſtéchangé,
&l'on a mis en ſa place le
nommé Vailly , frere du Marquis
d'Elpual , Chef des Volontaires
de Barcelone.
ce 15. Avril vod
1
Situation des affaires deMayortant
que.
Le Marquis de Rubis CommandantdeMayorque
acaché
ant qu'il a pû au peuplele projet
que S. M. C. a fait pour réduire
cette Iſle à fon obéillance:
le peuple en ayant été informé
a fait des cabales pour
traverſer ce deſſein ; il a exilé
divers Mayorquins du party
du Roy d'Eſpagne. La No
GALANT. 101
bleſſe& tous les habitans des
Villages ſuivent le party du
Roy , il n'y a que la Ville de
Palmaoù ſont tous les principaux
Rebelles , & Refugiez
depuis la priſe de Barcelone ;
les bons ſujets du Roy , &
ceux qui craignent les malsheurs
de la guerre& la perte
de leurs biens , n'attendent
que la vue de l'Armée de M.
d'Asfelds , ou le débarque-
-ment des Troupes , pour con .
tribuer à la réduction de l'ifle .
La Garniſon de Palma
confifte en 700. chevaux du
pays ,montez par des Mique-
I inj
101 MERCURE
lets fugitifs de Catalogne
750. Allemands , & quelques
Religionnaires François ,un
Regiment de 400. hommes
Mayorquins,&un autreRegi
ment depluſieurs Nations qui
contient 750. hommes , &
So. hommes de la Colonelle,
faifant en tout deux mille
deux cent à deux mille trois
cent hommes.
On a apporté de Naples
vingt-deux pieces d'artillerie ,
de la poudre , des grenades ,
que les Mayorquins ont payez
deleur argent.
Le Marquis de Rubis a fait
GALANT. 103
i
faire des retranchemens avec
des fafcines par tous les endroits
où l'on peut débarquer ,
&il a fait mettre quatre pieces
de canon à chaque endroit.
On a fortifié la Ville de
Palma , & fait une Redoute
ou Fortereffe auCap blanc.02
On a tiré du Château d'Alcudia
, Don Joſeph Pons de
Leon ,& on a mis un Catalan
enfa place, ДНО
Le Marquis de Rubis aprés
avoir tiré des Negotians &
des Juifs Chrétiens qui font
dans la place , vingt- huit mille
piſtoles en diverſes occafions ,
I iiij
104 MERCURE
demande au commun de la
Ville ſoixante mille écus pour
le beſoin de la guerre, ce qui
cauſebiendumurmure parmy
le peuple , qui fait cependant
courir lebruit qu'il attendde
Naples un convoy tres - confiderable:
inq olalob
LeGouverneur d'Yvice Don
Domingo Canales a eſtéchangé,
&l'on a mis en ſa place le
nommé Vailly , frere du Marquis
d'Elpual , Chef des Volontaires
de Barcelone.
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113
p. 118-148
Nouvelles de Versailles, ou plûtôt, Journal historique de ce qui s'est passé à la Cour ce mois-cy & l'autre. [titre d'après la table]
Début :
L'abondance de la matiere ne me permit pas ce mois dernier [...]
Mots clefs :
Duchesse, Roi, Duchesse de Berry, Duc d'Orléans, Cardinal, Aumônier, Abbé, Chapelle, Musique, Sermon, Dauphin, Évêque, Princes, Marquis, Cardinal de Rohan, Prince de Dombes, Dames, Versailles, Cour
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Versailles, ou plûtôt, Journal historique de ce qui s'est passé à la Cour ce mois-cy & l'autre. [titre d'après la table]
L'abondance de la matiere
1
GALANT. tig
-
ne mepermitpaste mois der
nier de vous faire le détail de
cequi s'eſt pafféàla Courpendant
la Semaine Sainte ; c'eft
neanmoins undes plus importanschapitres
qui puifle jamais
entrer dans un Journal ,&le
zele, & la picté du Roy qui
font toûjours l'admiration de
tout lemonde , feront certai
nement auſſi l'article le plus
intereſſantde ce volume.
S.Moa entendu tous lesDi
manches,lesMercredis,&Vendredis
de Carême, les Sermons
deM. l'Evêque d'Angers ; les
Lundys& les Jeudys elle a été
?
120 MERCURE
àla chaffe din Cerf , accompa
gnéede Madame la Ducheffe
de Berry , des Princeffes ,&
des autres Dames de faCour
Le 6. d'Avril , le Roy fit la
revue des Gardes Françoiſes ,
&Suifles , M. le Duc de Gui
che marchoit à la têtedes premiers
, & M. le Duc du Mai
ne&M. le Prince de Dombes
àla tête des ſeconds. On for
ma de chaque Regiment un
Bataillon compoſé de mille
hommes chacun , choiſis fur
le tout. M. le Prince Royal de
Pologne ,& M. le Prince Ra-
* gotzki ſe trouverent à cette
revûë.. Lc
GALANTI
Le 10. M. l'Ambaſſadeur
de Sicile cut AudianceduRoy
à qui il annonça la mort deM.
lePrince de Piedmont , il l'eut
enfuite deM. le Dauphin ,de
Madame la DuchefledeBerry,
Le 11. l'Envoyé de Tripoly
cut Audiance de congé du
Roy; c'eſtun homme grand ,
bien fait,&tres poly pour un
Afriquain, voicy endeux mots
fon Compliment que l'Interprete
expliqua au Roy. Je
fouhaite , Sire ,que vous viviez
long temps ;&que chaque jour
qui vous reste à vivre ,ſe multi-
May 1715 . L
122 MERCURE
pliepar mille. Il étoit venu pour
faire des excuſes au Roy , de
ce qu'un Pirate de Tripoly
avoit pris un Vaiſſeau François
que le Bey a renvoyé à Tou
lon , aprés avoir fait couper
la tête auCapitaine qui l'avoir
pris い
Le 12. la Cour prit le deüil
dela mort du Prince de Pied
mont.
On a expoſé dans les Appattements
deux pieces de
Tapiſſeries faites aux Gobelins
dontl'unerepreſente N. Sau
Feſtin de Simon le Pharifien ,
& la Magdelaine proſternée à
GALANT. 123
fes pieds; cette piece eft copiéc
fur l'original de Jouvener.
L'autre picce repreſente la
conſternation d'Athalie, lorf
que le Grand Prêtre rétablic
Joas fur le Trône de ſes peres ,
M. Coypel en a fait l'original.
CesTapiſſeries ont preſqu'au
tant de force que la Peinture ,
tous les perſonnages en font
parlans. anom
Le Dimanche des Rameaux
leRoyſe rendit à laChapelle,
accompagné de Madame la
Ducheſſe de Berry ; de M. la
Duc d'Orleans , de Madame
la Ducheffe , & de tous les
1
Lij
124 MERCURE
Princes& Princeffes , pour y
entendre la grande Meffe. S.
M. y retourna à deux heures
&demie accompagnée demê
me pour le Sermon , & les
Veſpres qui furent chantées
par la Muſique. Le Roy étoit
affis fur ſon fauteüil , ayant
d'un côtéMadamela Ducheffe
de Berry , Madame la Ducheffe
, Mademoiselle deCharollois
; de l'autre côté étoit
MileDuc d'Orleans,M.leDuc,
M. le Comte de Charollois ,
M. lePrince de Dombes,M. le
Comte d'Eu ,& M. le Comte
de Toulouze. Sur la droite
7
GALANT 125
Sur
du Roy auprés du Prié Dieu ,
étoit M. le Cardinal de Rohan
Grand Aumônier , M l'Abbé
de Sourches , & M. l'Abbé
d'Argentré ,Aumoniers.
la gauche M. le Cardinal
de Polignac , M. l'Abbé de
Caftres , & M. l'Abbé deRougetAumôniers
de Madame la
Duchefle de Berry ; Madame
laMarquiſedeMontſoreau fit
cojour-là la queſte. Le Vendredy
Saint le Roy ſe rendir à
la Tribune de laChapelle pour
y entendre les Tenebres , accompagné
de Madame la Duchefle
deBerry, de Madame ,
Liij
726 MERCURE
1
L
de M. le Duc , & de Madame
la Duchefle d'Orleans. Voicy
ceux qui eurent l'honneur d'y
être affis. Sur ladroite du Roy
M. le Cardinal de Rohan ,
Grand Aumônier , M. l'Abbé
de Sourches , Ml'Abbéd'Argentré,
Aumôniers. Sur la gauche
, M. le Cardinal de Polignac
, M. l'Abbé de Caftres , &
M. l'Abbé de Rouget , Aumôniers
de Madame la Du
cheſſe de Berry. M. l'Abbé de
Magnas ,Aumônier de Madame.
Derriere le fauteüil du
RoyM. le Duc de Charoſt ,
CapitainedesGardes duCorps.
GALANT 127
Derriere Madame la Ducheffe
de Berry M. le Marquis de
Coëtenfau , fon Chevalier
d'Honneur. Derriere Madame
M. le Marquis deMortagne ,
fon premier Eſcuyer. Derriere
M. le Duc d'Orleans M. le
Marquis d'Estampes , fon CapitainedesGardes/
da
LeJeudy Saint leRoyallaà
neut heures & demie du mal
tin,accompagné deM. leDau
phin, de M. le Duc d Orleans,
&de tous les Princes , dans la
Salle des Gardes , où l'on avoit
dreſſe une Chaire pour le Prel
dicatuur . Ily trouva 13. petits
Liiij
128 MERCURE
enfants couverts d'un drap
rougeavecun grand linge qui
leurs pendoit au col M. le
Cardinal de Rohan , Grand
Aumônier , en Habits Pontificaux.
La Scene fut prêchée par
M. l'Abbé Foiſſard , dont le
Sermon fut tres - applaudy ,
fur tout le compliment qu'il
fit à S. M. qui convenoit fort
à la ceremonie du jour , & àce
qu'il venoit de prêcher ; ayant
prouvé dans les deux parties de
fon Diſcours l'abaiſlement
de J C. combattu par la rair
fon humaine , & la raiſon humaine
confondue par l'abauſeCALANT.
129
ment de J. C. dans cette cere
monic. A la fin du Sermon M.
le Cardinal monta en Chaire ,
ayant la Mitre ſur la tête & la
Croſſe à la main. Les Chantres
commencerent d'entonner
l'Antienne Intret.M. leGrand
Aumônier ayant dit les Orai
ſons accoûtumées , donna
l'Abfoute ,& le Roy alla incontinent
laver les pieds des
Apoſtres , ayant verſé de l'eau
deffus,& effuyé avecunlinge,
il les leur baiſa. Cette ceremo
nie finie, on fervit les pauvres
dans cet ordre. M. Defgran
gest Maistre des Ceremonies,
$30 MERCURE
precedé d'un Huiffier , ſuivy
de M. le Marquis deDreux
Grand Maistre des Ceremo
nies , de 3.Maistres d'Hôtel
chacun avec leur Bâton de
7
Commandement , de M. le
Marquis de Livry , Premier
Maistre d'Hôtel , qui portoit
aufli ſon Bâton , de M. le Duc,
grand Maiſtre de la Maiſondu
Roy, portant un Bâton parfe
mé de fleurs de lys d'or avec
uneCouronne d'or au bout.Ils
marchoient les premiers,& en
paffant devant S. M. farfoient
une reverence ; enſuitevenoit
M. le Dauphin , portant un
GALANT. 131
plat debois ſur lequel étoient
trois petits pains avec une galette
; M. le Duc d'Orleans
portant un platde même ſur
lequel eſtoitune cruche pleine
de vin avecune coupe par deffus
, le tout de bois ; M. le
Comte de Charollois , M. le
Prince de Conty , M le Prince
de Dombes , M. le Comte
d'Eu , & M. le Comte de Toulouſe
portant chacun un plat
de poiſſon , de legumes , de
confitures , oude fruits , ſuivis
dugrand Echanſon , du grand
Pannetier ,&des Gentilshommes
ſervans qui faifoient en
1
32 MERCURE
tout treize qui portoient auffi
des plats de bois ornez de
Acurs. En arrivantdevant S.M.
ils failoient une reverence en
luy preſentant le plat que le
Roy donnoit en même tems
auxpauvres. Cette ceremonie
commença juſqu'à 13. fois
dans le même ordre , parce
qu'on ſert 13. plats à chaque
pauvre qui estoient treize. Il
faut remarquer qu'on alloit
prendre ces plats dans une autre
Salle affez floignée , & que
M. le Dauphin fit 13. fois le
voyage , comme les autres
Princes , matchant avec beau-
プラ
GALANT. 135
coup de fermeté , & portant
fon plat avec beaucoup d'adieſſe,
ſuivy toûjours de Madame
de Ventadour ſa Gou
vernante. La ceremonie finie ,
leRoyalla unmoment dans ſa
chambre ,& ſe rendit enſuite
à la Chapelle accompagné de
Madame laDucheffedeBerry,
de M. le Duc d'Orleans , de
M. le Duc , de Madame laDucheſſe
, de tous les Princes &
Princeſſes , pour y entendre la
Meſſe qui fut chantée par la
Muſique , à la fin de laquelle
on diſtribua les Cierges ,&
la Proceffion commença : cn
134 MERCURE
Voicy l'ordre : M l'Abbé de
Juliac qui avoit dit la Melle ,
portoit le S. Sacrement , M.le
Comte de Toulouſe , M. le
Comte d'Eu , M. le Prince de
Dombes , M. le Prince deConty
, M. le Comte de Charollois
, M le Duc , M le Duc
d'Orleans , ayant à ſa droite
M. l'Abbé de Tristan fon premier
Aumônier , marchoient
devant le Roy , qui avoit à ſa
droite M. le Cardinal de Rop
han, grand Aumônier , &à la
gauche M. l'Abbé de Sour
ches Aumônier auſſi , avec M.
le Cardinal de Polignac ; imGALANT
13
mediatement apres le Roy ,
marchoit Madame la Ducheffe
de Berry.Madame la Duchefſe
, Madame la Duchefle du
Maine , & Mademoiſelle de
Charollois venoient enſuite.
On pofa le S. Sacrement dans
la Chapelle de ſaint Loüis qui
avoit eſté preparée pour cela
cette ceremonie ne finit qu'à
uneheure. Madame d'Eſpinay
fit la queſte ce jour- là ; & à
deux heures &demie S. M. ſe
rendit à la Tribune de la Chapelle
accompagnée de même
quele jour precedent , poury
entendre les Tenebres , où
436 MERCURE
1
L'on chantale Pfeaume Quare
fremuerunt Gentes , & leMifefere
en Muſique. A onzeheures
aprés ſoupé , le Roy retourna
à la Chapelle vis à vis
celle de faint Louis , pour y
Jadorer le Saint Sacrement. Le
Vendrcay
Vendredy Saint le Roy alla à
la Chapelle à 10. heures du
matin , accompagné de même
que les jours precedents ,
pour y entendre le Sermon
de la Paſſion que M. l'Evêque
d'Angers prêcha avec
fon éloquence ordinaire. Il
fit voir dans les trois parties
de ſon discours , que le Sau
yeur
IGALANT. 137
veur avoir été une Victime
de l'ingratitude qui l'a fait
gemir , une Victime de la
cruauté qui l'a fait ſouffrir ,
&une Victime de l'injuftice
qui l'a fait mourir. On dit
enfuite l'Office pendant lequel
on fit l'Adoration de la Croix.
Adeux heures &demie, S. M.
ſe renditàlaTribune , accompagnée
comme les jours precedents
pour y entendre les
Tenebres.On chantale Pleaume
Exaltabo te Domine ,& le
Benedictus en Muſique. Le
Samedy Saint le Roy alla à la
Paroffe à onze heures ,où il
May1715. M
138 MERCURE
communiau par les mains de
M. le Cardinal Grand Aumônier.
Les coins de la nappe
furent tenusdu coſté de l'Autel
par M. l'Abbéde Sourches
& par M. l'Abbé d'Argentré
Aumoſniers ,du coſté duRoy
par M. le Prince de Dombes.
A fon retour de la Paroiſſe
il toucha prés de 1400. malades
,& le ſoir à fix heures il
entendit les Complies. Le Dimanche
jour de Paſques le
Roy fitrendre à la Paroſſe de
Verfailles le Pain Beny , par
M. l'Abbé d'Argentré fon
Aumoſnier ,precedé de douze
JGALANT. 135
des cent Suilles qui portoient
fix Pains Benisavec des Banderolles
aux Armes de France
precedez des Tambours , Fi
fres&Trompettes. Le même
jour S. M. accompagnée de
tous les Princes alla à la Chapelle
entendre la grande Meffe
celebrée par M. l'Evêque de,
Senlis; àdeux heures &demie
le Roy y retourna pour entendre
le Sermon de M. l'Evêque
d'Angers , qui fit voir que la
Reſurection de J C. étoit le
Triomphe de l'incredulité ,
pour nous faire connoiſtre la
foy , & le triomphe de l'ini
Mij
140 MERCURE
quité pour nous apprendre à
nous reffufciter nous-mêmes.
CePrelatprie congé , & fit un
compliment à S. M. dans la
quel il fit un abregé de l'hiſtoire
de ſavie ,& finit en fou,
haitant que le Seigneur pro
longeât ſes jours pour le con.
duireſeurement, mais lentement
àla gloire éternelle ; il parla auſſi
de M. le Dauphin qui y étoit
venu pour la premiere fois.
On dit enſuite les Veſpres qui
furent chantées par la Mufi.
que , M.la Marquiſe de Chatillon
fit la queſte ce jour là ,
le Roy donne chaque fois
CADANT.
vingt Louis d'or ; fe reno
dit enfuite à fix heures du ſoir
à la Tribune , pour y enten
dre to Salut! mmtigmap
Le Lundy de Paſques Ma
dame la Ducheffe de Berry
communia par les mains de
M. l'AbbédeCaſtres ſon Premier
Aumoſnier ; les coins
de la nappe furent tenus d'un
cofté par Monfieur l'Abbé
de Rouget , & par Madame
la Ducheffe de S. Aignan ; de
l'autre par le R. P. Confef
feur & par Madame la Dus
cheffe de Chautnes.ld nolly
ar Le Dimanche de Quafimo
142 MERCURE
doM le Dauphin fit rendre
le PainBeni à la Parole de
Verſailles , par M. l'Abbé
de Sourches Aumoſnier du
Roy , nommé à l'Evêché de
Dol. Cet Abbé étoit precedé
dedouze des cent Suiſſes dela
Garde qui portoient les fix
Pains Benis ornez deBanderolles
auxArmes duDauphin, des
Tambours , Timbales , Fifres,
Hautbois , & Trompettes
des plaiſirs du Roy. Madame
preſenta le ſoir aprés foupé
M. le PrincedeHeſſeDarmſtat
à SoMa akob ofte h
Le premier de May , les
CALANT. 143
ام
Hautbois& Baffons joüerent
dans l'antichambre pendant
le levé du Roy , & pendant
le diné les 24 Violons avec
les Buffes de Viole firent une
Simphonie des plus charmantes.
A trois heures S. M. alla
à Marly , &trouva auprés du
ParcM leGrand qui luy preſentales
fix Chevaux d'Eſpagne
qu'elle envoye au Roy de
Pologne , qui font d'une
beauté extraordinaire . Ils ont
chacunune belle houffe, &des
faux foureaux depiſtolets couvetts
d'une double broderie
d'or ou d'argent , avec une
2444 MERCURE
frange de même ſur du ve
lours ; chaque harnois eſtant
de differente couleur. Les pif.
tolets font d'un tres bel acier
incrusté d'or & d'argent ils
coûtent mille écus la paire ; los
mords , & les étriers ne font
pas d'une moindre beauté. Le
même jour Madame la Ducheffe
de Berry alla à Marly ,
Madame la Ducheſſe de S. Simon
, Meſdames les Ducheffes
de Chaulnes , & Louvigny
eſtoient fur le devant dans ſon
Carroffe , & Mesdames les
Marquiſes de S. Germain& de
Clermont aux deux portieres.
&
GADANILNAS
S
GeCarroffe eſtoit ſuivide deux
Jautres de cette Princeffe remplis
des Dames de laCour. Le
jour de l'Eclipse ,le Roy &
toutes les Dames eſtoient levées
avant huit heures pour la
voir. M. Caffiny , de l'Obfervatoire
, s'y eſtoit rendu avec
des Lunettes d'approche , &
des miroirs , pour la faire obſerver
à S. M. plus commodement;
elle dura plus de deux
heures ,& on voyoit les Etoiles
ſans le ſecours des Lunettes
. On a expoſée pendant 15.
joursdans les Appartemensun
Tableau deM. Coypel qui re-
May 1715 . N
146 MERCURE
preſente l'hiſtoire de Tobie ;
c'eſt une des plus belles pieces
que l'on puiffe voir ; la tête de
Tobie & de ſa femme ſont
impayables ; les attitudes en
font d'une juſteſle admirable :
on doit porter ce Tableau
aux Gobelins pour eſtre copié
entapilferie. Le cinq de ce mois
Madame la Duchefl'e de Berry
fit rendre lePain Beny à la Patoffe
de Versailles par M.
l'Abbé de Rouget , un de ſes
Aumôniers ; cet Abbé eſtoit
precedé de douze des Cent-
Suiffes de la Garde de cetre
Princeffe qui portoient fix
T
GALANT. 47
S
1
Pains Benis , ornez de Banderolles
aux Armes de Berry ,
&d'Orleans , les Tambours ,
Fifres , Timbales , Hautbois ,
& Trompettes des plaifirs
marchoient à la teſte ; Madame
la Ducheffe d'Orleans , &
Madame la Duchefſe , ſont
reſtées toutes les deux à Verfailles
, eftant indiſpoſées.
Le 4. de ce mois fut celebré
l'Anniverſaire de M. le
Duc de Berry , à S. Denis . Et
le 14. l'Anniverſaire du Roy
Louis XIII . dans la même
Eglife
L'Evêque de Marseille y
Nij
148 MERCURE
celebra le Meſſe qui fut chantée
par la Muſique du Roy.
1
GALANT. tig
-
ne mepermitpaste mois der
nier de vous faire le détail de
cequi s'eſt pafféàla Courpendant
la Semaine Sainte ; c'eft
neanmoins undes plus importanschapitres
qui puifle jamais
entrer dans un Journal ,&le
zele, & la picté du Roy qui
font toûjours l'admiration de
tout lemonde , feront certai
nement auſſi l'article le plus
intereſſantde ce volume.
S.Moa entendu tous lesDi
manches,lesMercredis,&Vendredis
de Carême, les Sermons
deM. l'Evêque d'Angers ; les
Lundys& les Jeudys elle a été
?
120 MERCURE
àla chaffe din Cerf , accompa
gnéede Madame la Ducheffe
de Berry , des Princeffes ,&
des autres Dames de faCour
Le 6. d'Avril , le Roy fit la
revue des Gardes Françoiſes ,
&Suifles , M. le Duc de Gui
che marchoit à la têtedes premiers
, & M. le Duc du Mai
ne&M. le Prince de Dombes
àla tête des ſeconds. On for
ma de chaque Regiment un
Bataillon compoſé de mille
hommes chacun , choiſis fur
le tout. M. le Prince Royal de
Pologne ,& M. le Prince Ra-
* gotzki ſe trouverent à cette
revûë.. Lc
GALANTI
Le 10. M. l'Ambaſſadeur
de Sicile cut AudianceduRoy
à qui il annonça la mort deM.
lePrince de Piedmont , il l'eut
enfuite deM. le Dauphin ,de
Madame la DuchefledeBerry,
Le 11. l'Envoyé de Tripoly
cut Audiance de congé du
Roy; c'eſtun homme grand ,
bien fait,&tres poly pour un
Afriquain, voicy endeux mots
fon Compliment que l'Interprete
expliqua au Roy. Je
fouhaite , Sire ,que vous viviez
long temps ;&que chaque jour
qui vous reste à vivre ,ſe multi-
May 1715 . L
122 MERCURE
pliepar mille. Il étoit venu pour
faire des excuſes au Roy , de
ce qu'un Pirate de Tripoly
avoit pris un Vaiſſeau François
que le Bey a renvoyé à Tou
lon , aprés avoir fait couper
la tête auCapitaine qui l'avoir
pris い
Le 12. la Cour prit le deüil
dela mort du Prince de Pied
mont.
On a expoſé dans les Appattements
deux pieces de
Tapiſſeries faites aux Gobelins
dontl'unerepreſente N. Sau
Feſtin de Simon le Pharifien ,
& la Magdelaine proſternée à
GALANT. 123
fes pieds; cette piece eft copiéc
fur l'original de Jouvener.
L'autre picce repreſente la
conſternation d'Athalie, lorf
que le Grand Prêtre rétablic
Joas fur le Trône de ſes peres ,
M. Coypel en a fait l'original.
CesTapiſſeries ont preſqu'au
tant de force que la Peinture ,
tous les perſonnages en font
parlans. anom
Le Dimanche des Rameaux
leRoyſe rendit à laChapelle,
accompagné de Madame la
Ducheſſe de Berry ; de M. la
Duc d'Orleans , de Madame
la Ducheffe , & de tous les
1
Lij
124 MERCURE
Princes& Princeffes , pour y
entendre la grande Meffe. S.
M. y retourna à deux heures
&demie accompagnée demê
me pour le Sermon , & les
Veſpres qui furent chantées
par la Muſique. Le Roy étoit
affis fur ſon fauteüil , ayant
d'un côtéMadamela Ducheffe
de Berry , Madame la Ducheffe
, Mademoiselle deCharollois
; de l'autre côté étoit
MileDuc d'Orleans,M.leDuc,
M. le Comte de Charollois ,
M. lePrince de Dombes,M. le
Comte d'Eu ,& M. le Comte
de Toulouze. Sur la droite
7
GALANT 125
Sur
du Roy auprés du Prié Dieu ,
étoit M. le Cardinal de Rohan
Grand Aumônier , M l'Abbé
de Sourches , & M. l'Abbé
d'Argentré ,Aumoniers.
la gauche M. le Cardinal
de Polignac , M. l'Abbé de
Caftres , & M. l'Abbé deRougetAumôniers
de Madame la
Duchefle de Berry ; Madame
laMarquiſedeMontſoreau fit
cojour-là la queſte. Le Vendredy
Saint le Roy ſe rendir à
la Tribune de laChapelle pour
y entendre les Tenebres , accompagné
de Madame la Duchefle
deBerry, de Madame ,
Liij
726 MERCURE
1
L
de M. le Duc , & de Madame
la Duchefle d'Orleans. Voicy
ceux qui eurent l'honneur d'y
être affis. Sur ladroite du Roy
M. le Cardinal de Rohan ,
Grand Aumônier , M. l'Abbé
de Sourches , Ml'Abbéd'Argentré,
Aumôniers. Sur la gauche
, M. le Cardinal de Polignac
, M. l'Abbé de Caftres , &
M. l'Abbé de Rouget , Aumôniers
de Madame la Du
cheſſe de Berry. M. l'Abbé de
Magnas ,Aumônier de Madame.
Derriere le fauteüil du
RoyM. le Duc de Charoſt ,
CapitainedesGardes duCorps.
GALANT 127
Derriere Madame la Ducheffe
de Berry M. le Marquis de
Coëtenfau , fon Chevalier
d'Honneur. Derriere Madame
M. le Marquis deMortagne ,
fon premier Eſcuyer. Derriere
M. le Duc d'Orleans M. le
Marquis d'Estampes , fon CapitainedesGardes/
da
LeJeudy Saint leRoyallaà
neut heures & demie du mal
tin,accompagné deM. leDau
phin, de M. le Duc d Orleans,
&de tous les Princes , dans la
Salle des Gardes , où l'on avoit
dreſſe une Chaire pour le Prel
dicatuur . Ily trouva 13. petits
Liiij
128 MERCURE
enfants couverts d'un drap
rougeavecun grand linge qui
leurs pendoit au col M. le
Cardinal de Rohan , Grand
Aumônier , en Habits Pontificaux.
La Scene fut prêchée par
M. l'Abbé Foiſſard , dont le
Sermon fut tres - applaudy ,
fur tout le compliment qu'il
fit à S. M. qui convenoit fort
à la ceremonie du jour , & àce
qu'il venoit de prêcher ; ayant
prouvé dans les deux parties de
fon Diſcours l'abaiſlement
de J C. combattu par la rair
fon humaine , & la raiſon humaine
confondue par l'abauſeCALANT.
129
ment de J. C. dans cette cere
monic. A la fin du Sermon M.
le Cardinal monta en Chaire ,
ayant la Mitre ſur la tête & la
Croſſe à la main. Les Chantres
commencerent d'entonner
l'Antienne Intret.M. leGrand
Aumônier ayant dit les Orai
ſons accoûtumées , donna
l'Abfoute ,& le Roy alla incontinent
laver les pieds des
Apoſtres , ayant verſé de l'eau
deffus,& effuyé avecunlinge,
il les leur baiſa. Cette ceremo
nie finie, on fervit les pauvres
dans cet ordre. M. Defgran
gest Maistre des Ceremonies,
$30 MERCURE
precedé d'un Huiffier , ſuivy
de M. le Marquis deDreux
Grand Maistre des Ceremo
nies , de 3.Maistres d'Hôtel
chacun avec leur Bâton de
7
Commandement , de M. le
Marquis de Livry , Premier
Maistre d'Hôtel , qui portoit
aufli ſon Bâton , de M. le Duc,
grand Maiſtre de la Maiſondu
Roy, portant un Bâton parfe
mé de fleurs de lys d'or avec
uneCouronne d'or au bout.Ils
marchoient les premiers,& en
paffant devant S. M. farfoient
une reverence ; enſuitevenoit
M. le Dauphin , portant un
GALANT. 131
plat debois ſur lequel étoient
trois petits pains avec une galette
; M. le Duc d'Orleans
portant un platde même ſur
lequel eſtoitune cruche pleine
de vin avecune coupe par deffus
, le tout de bois ; M. le
Comte de Charollois , M. le
Prince de Conty , M le Prince
de Dombes , M. le Comte
d'Eu , & M. le Comte de Toulouſe
portant chacun un plat
de poiſſon , de legumes , de
confitures , oude fruits , ſuivis
dugrand Echanſon , du grand
Pannetier ,&des Gentilshommes
ſervans qui faifoient en
1
32 MERCURE
tout treize qui portoient auffi
des plats de bois ornez de
Acurs. En arrivantdevant S.M.
ils failoient une reverence en
luy preſentant le plat que le
Roy donnoit en même tems
auxpauvres. Cette ceremonie
commença juſqu'à 13. fois
dans le même ordre , parce
qu'on ſert 13. plats à chaque
pauvre qui estoient treize. Il
faut remarquer qu'on alloit
prendre ces plats dans une autre
Salle affez floignée , & que
M. le Dauphin fit 13. fois le
voyage , comme les autres
Princes , matchant avec beau-
プラ
GALANT. 135
coup de fermeté , & portant
fon plat avec beaucoup d'adieſſe,
ſuivy toûjours de Madame
de Ventadour ſa Gou
vernante. La ceremonie finie ,
leRoyalla unmoment dans ſa
chambre ,& ſe rendit enſuite
à la Chapelle accompagné de
Madame laDucheffedeBerry,
de M. le Duc d'Orleans , de
M. le Duc , de Madame laDucheſſe
, de tous les Princes &
Princeſſes , pour y entendre la
Meſſe qui fut chantée par la
Muſique , à la fin de laquelle
on diſtribua les Cierges ,&
la Proceffion commença : cn
134 MERCURE
Voicy l'ordre : M l'Abbé de
Juliac qui avoit dit la Melle ,
portoit le S. Sacrement , M.le
Comte de Toulouſe , M. le
Comte d'Eu , M. le Prince de
Dombes , M. le Prince deConty
, M. le Comte de Charollois
, M le Duc , M le Duc
d'Orleans , ayant à ſa droite
M. l'Abbé de Tristan fon premier
Aumônier , marchoient
devant le Roy , qui avoit à ſa
droite M. le Cardinal de Rop
han, grand Aumônier , &à la
gauche M. l'Abbé de Sour
ches Aumônier auſſi , avec M.
le Cardinal de Polignac ; imGALANT
13
mediatement apres le Roy ,
marchoit Madame la Ducheffe
de Berry.Madame la Duchefſe
, Madame la Duchefle du
Maine , & Mademoiſelle de
Charollois venoient enſuite.
On pofa le S. Sacrement dans
la Chapelle de ſaint Loüis qui
avoit eſté preparée pour cela
cette ceremonie ne finit qu'à
uneheure. Madame d'Eſpinay
fit la queſte ce jour- là ; & à
deux heures &demie S. M. ſe
rendit à la Tribune de la Chapelle
accompagnée de même
quele jour precedent , poury
entendre les Tenebres , où
436 MERCURE
1
L'on chantale Pfeaume Quare
fremuerunt Gentes , & leMifefere
en Muſique. A onzeheures
aprés ſoupé , le Roy retourna
à la Chapelle vis à vis
celle de faint Louis , pour y
Jadorer le Saint Sacrement. Le
Vendrcay
Vendredy Saint le Roy alla à
la Chapelle à 10. heures du
matin , accompagné de même
que les jours precedents ,
pour y entendre le Sermon
de la Paſſion que M. l'Evêque
d'Angers prêcha avec
fon éloquence ordinaire. Il
fit voir dans les trois parties
de ſon discours , que le Sau
yeur
IGALANT. 137
veur avoir été une Victime
de l'ingratitude qui l'a fait
gemir , une Victime de la
cruauté qui l'a fait ſouffrir ,
&une Victime de l'injuftice
qui l'a fait mourir. On dit
enfuite l'Office pendant lequel
on fit l'Adoration de la Croix.
Adeux heures &demie, S. M.
ſe renditàlaTribune , accompagnée
comme les jours precedents
pour y entendre les
Tenebres.On chantale Pleaume
Exaltabo te Domine ,& le
Benedictus en Muſique. Le
Samedy Saint le Roy alla à la
Paroffe à onze heures ,où il
May1715. M
138 MERCURE
communiau par les mains de
M. le Cardinal Grand Aumônier.
Les coins de la nappe
furent tenusdu coſté de l'Autel
par M. l'Abbéde Sourches
& par M. l'Abbé d'Argentré
Aumoſniers ,du coſté duRoy
par M. le Prince de Dombes.
A fon retour de la Paroiſſe
il toucha prés de 1400. malades
,& le ſoir à fix heures il
entendit les Complies. Le Dimanche
jour de Paſques le
Roy fitrendre à la Paroſſe de
Verfailles le Pain Beny , par
M. l'Abbé d'Argentré fon
Aumoſnier ,precedé de douze
JGALANT. 135
des cent Suilles qui portoient
fix Pains Benisavec des Banderolles
aux Armes de France
precedez des Tambours , Fi
fres&Trompettes. Le même
jour S. M. accompagnée de
tous les Princes alla à la Chapelle
entendre la grande Meffe
celebrée par M. l'Evêque de,
Senlis; àdeux heures &demie
le Roy y retourna pour entendre
le Sermon de M. l'Evêque
d'Angers , qui fit voir que la
Reſurection de J C. étoit le
Triomphe de l'incredulité ,
pour nous faire connoiſtre la
foy , & le triomphe de l'ini
Mij
140 MERCURE
quité pour nous apprendre à
nous reffufciter nous-mêmes.
CePrelatprie congé , & fit un
compliment à S. M. dans la
quel il fit un abregé de l'hiſtoire
de ſavie ,& finit en fou,
haitant que le Seigneur pro
longeât ſes jours pour le con.
duireſeurement, mais lentement
àla gloire éternelle ; il parla auſſi
de M. le Dauphin qui y étoit
venu pour la premiere fois.
On dit enſuite les Veſpres qui
furent chantées par la Mufi.
que , M.la Marquiſe de Chatillon
fit la queſte ce jour là ,
le Roy donne chaque fois
CADANT.
vingt Louis d'or ; fe reno
dit enfuite à fix heures du ſoir
à la Tribune , pour y enten
dre to Salut! mmtigmap
Le Lundy de Paſques Ma
dame la Ducheffe de Berry
communia par les mains de
M. l'AbbédeCaſtres ſon Premier
Aumoſnier ; les coins
de la nappe furent tenus d'un
cofté par Monfieur l'Abbé
de Rouget , & par Madame
la Ducheffe de S. Aignan ; de
l'autre par le R. P. Confef
feur & par Madame la Dus
cheffe de Chautnes.ld nolly
ar Le Dimanche de Quafimo
142 MERCURE
doM le Dauphin fit rendre
le PainBeni à la Parole de
Verſailles , par M. l'Abbé
de Sourches Aumoſnier du
Roy , nommé à l'Evêché de
Dol. Cet Abbé étoit precedé
dedouze des cent Suiſſes dela
Garde qui portoient les fix
Pains Benis ornez deBanderolles
auxArmes duDauphin, des
Tambours , Timbales , Fifres,
Hautbois , & Trompettes
des plaiſirs du Roy. Madame
preſenta le ſoir aprés foupé
M. le PrincedeHeſſeDarmſtat
à SoMa akob ofte h
Le premier de May , les
CALANT. 143
ام
Hautbois& Baffons joüerent
dans l'antichambre pendant
le levé du Roy , & pendant
le diné les 24 Violons avec
les Buffes de Viole firent une
Simphonie des plus charmantes.
A trois heures S. M. alla
à Marly , &trouva auprés du
ParcM leGrand qui luy preſentales
fix Chevaux d'Eſpagne
qu'elle envoye au Roy de
Pologne , qui font d'une
beauté extraordinaire . Ils ont
chacunune belle houffe, &des
faux foureaux depiſtolets couvetts
d'une double broderie
d'or ou d'argent , avec une
2444 MERCURE
frange de même ſur du ve
lours ; chaque harnois eſtant
de differente couleur. Les pif.
tolets font d'un tres bel acier
incrusté d'or & d'argent ils
coûtent mille écus la paire ; los
mords , & les étriers ne font
pas d'une moindre beauté. Le
même jour Madame la Ducheffe
de Berry alla à Marly ,
Madame la Ducheſſe de S. Simon
, Meſdames les Ducheffes
de Chaulnes , & Louvigny
eſtoient fur le devant dans ſon
Carroffe , & Mesdames les
Marquiſes de S. Germain& de
Clermont aux deux portieres.
&
GADANILNAS
S
GeCarroffe eſtoit ſuivide deux
Jautres de cette Princeffe remplis
des Dames de laCour. Le
jour de l'Eclipse ,le Roy &
toutes les Dames eſtoient levées
avant huit heures pour la
voir. M. Caffiny , de l'Obfervatoire
, s'y eſtoit rendu avec
des Lunettes d'approche , &
des miroirs , pour la faire obſerver
à S. M. plus commodement;
elle dura plus de deux
heures ,& on voyoit les Etoiles
ſans le ſecours des Lunettes
. On a expoſée pendant 15.
joursdans les Appartemensun
Tableau deM. Coypel qui re-
May 1715 . N
146 MERCURE
preſente l'hiſtoire de Tobie ;
c'eſt une des plus belles pieces
que l'on puiffe voir ; la tête de
Tobie & de ſa femme ſont
impayables ; les attitudes en
font d'une juſteſle admirable :
on doit porter ce Tableau
aux Gobelins pour eſtre copié
entapilferie. Le cinq de ce mois
Madame la Duchefl'e de Berry
fit rendre lePain Beny à la Patoffe
de Versailles par M.
l'Abbé de Rouget , un de ſes
Aumôniers ; cet Abbé eſtoit
precedé de douze des Cent-
Suiffes de la Garde de cetre
Princeffe qui portoient fix
T
GALANT. 47
S
1
Pains Benis , ornez de Banderolles
aux Armes de Berry ,
&d'Orleans , les Tambours ,
Fifres , Timbales , Hautbois ,
& Trompettes des plaifirs
marchoient à la teſte ; Madame
la Ducheffe d'Orleans , &
Madame la Duchefſe , ſont
reſtées toutes les deux à Verfailles
, eftant indiſpoſées.
Le 4. de ce mois fut celebré
l'Anniverſaire de M. le
Duc de Berry , à S. Denis . Et
le 14. l'Anniverſaire du Roy
Louis XIII . dans la même
Eglife
L'Evêque de Marseille y
Nij
148 MERCURE
celebra le Meſſe qui fut chantée
par la Muſique du Roy.
Fermer
114
p. 186-197
Premier Article des Morts. [titre d'après la table]
Début :
Dame Marguerite Janvier du Maineblanc, veuve de Jean Pepin, Maistres [...]
Mots clefs :
Dame, Fils, Enfants, Chevalier, Femme, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Premier Article des Morts. [titre d'après la table]
186 MERCURE
Dame Marguerite Janvier
duMaineblanc , veuve de Jean
Pepin, Maiſtres des Comptes,
mourut le 30. Janvier 1715.
âgée de 80. ans , laiffant entr'-
autres enfans Madame de
Chamouſtf, emme de Mr de
Chamoutt,ci -devant Enſeigne
des Gendarmes de la Reine:
Elle étoit foeur de feu Meſfire
Pierre Janvier , Seigneur du
Maineblanc , Vicomte du
Boisherpin , mort fans enfans
de Claude- Marie d'Elbeuf ,
de la Maiſon de Lorraine ; &
ils estoient tous deux enfans
de PierreJanvier , Seigneur du
GALANC. 187
4
Maineblanc , Vicomte du
Boisherpin , Conſeiller au
Parlementde Paris ,& de Miz
chelle de la Barre...ong
Dame Marie- Anne d'Acigné
, veuve de Meffire Jean
Leonard d'Acigné , Comte de
Grandbois &de la Rochejagu,
Chevalier de l'Ordre du Roy,
mourut le 2. Avril , âgée de
80. ans,ayant eu pour fille afnée
Anne-Marguerite d'Acigné
, ſeconde femme d'Armand
Jean du Pleſſis , Duc
de Richelieu , Pair de France,
Chevalier des Ordres du Roy,
& morte le 19. Aoust 1698 .
Qij
188 MERCURE
lainfant entr'autres enfans Mr
le Duc de Fronſac : feuë Madame
la Comteffe d'Acigné
avoit épousé ſon oncle ; & la
Maiſon d'Acigné dont elle
fortoit , eſt une des plus illuftres
& des plus anciennes de
Bretagne;tous les Auteurs qui
en ont parlé ont prétendu
qu'elle eſtoit une branche de
celledes anciens Seigneurs de
Vitré , puînez des anciens
Comtes de Rennes & Ducs de
Bretagne , avant l'an 992. &
elle s'eſt alliée aux premieres
Maiſons de cette Province
commeMontfort, Maletroit,
GALANO. 189
1
Maure , Coërquen , Roftret
nan , Coëtment , Montejan,
du Chaſtel , & à celles de
Coffe, de Laval Sezay de
Buelin&c. At nolioM
Meffire Michel Larcher ,
Seigneur de Baye, Préſident en
la Chambre des Comptes de
Paris , & ci-devant Conſeiller
au grand Confeil , puis Maître
des Requeſtes , mourut le 9.
Avril;laiſſant pluſieurs enfans
de Dame Gabrielle Rioult de
Doüilly ſa premiere femme ,
fille de Pierre Rioult , Fermier
General& Secretaire duRoy,
& foeur, du ſieur de Curzay.
190 MERCURE
a
Feu.M. le Préſident Larcher
eſtoit fils de Pierre Larcher ,
Préfident des Comptes , petitfils
de Michel Larcher , auffi
Préſidentdes Comptes, arriere
petit fils de Pierre Larcher
Maiſtredes Comptes en1587.
lequel eſtoit fils de Michel
Larcher , Conſeiller au Parlement
en 1546. & petit fils de
Benoît Larcher , Conſeiller en
laCour des Aydes de Paris dés
l'an 1 508. La famille de Larcher
, l'une des plus anciennes
de Paris , s'eft alliée à celles de
Gilbert Villaroy , Courtin ,
Batillon , Allegrin le Picart ,
GALANT. 191
Texier de Hautefcüille, Foullé
, Lotin de Charny , Mangot
, le Clerc d'Aunay ,
Gourgues,&c.
de
Meffire ClaudeGalland , receu
Maistre des Comptes en
16.81 . mourut le 11. Avril. Il
eſtoit fils deClaude Galland ,
Auditeur desComptes.
Dame Françoiſe de Bran
cas , Epouſe d'Alfonſe Hen
ryCharlesde Lorraine , Prince
d'Harcourt , mourut le treize
Avril , laiſſant pour fils Anne
Marie Joſeph de Lorraine
Prince d'Harcourt , marié
avecMaric Loüife Chreſtienne
:
,
192 MERCURE
1,
de Caſtille , fille de feu M. de
Montjeu ,Conſeiller auParlement
de Metz. Feuë Madame
la Princeffe d'Harcourt eſtoic
foeur de Marie de Brancas
femme de Loüis de Brancas
Duc de Villars , pere de M. le
Duc de Brancas Villars qui a
épousé en 1709. Mademoiſelle
Fremin de Moras , fillede
M.de Moras , Préſident à
Mortier au Parlement de
Metz , & elles eſtoient toutes
deux filles deCharles de Brancas
,Marquis de Maubet , dit
leComte de Brancas , Cheva-1
lier d'Honneur de la Reine
Amere
GALAN 193
'
1
J
mere du Roy , & de Suſanne
Garnier La Maiſon de Brancas
, l'une des plus illuftres du
Royaume , eſt originaire du
Royaume de Naples , & je
vous en ay parlé amplement
lorſque M. l'Abbé de Brancas,
frere deM. le Marquis deBrancas
, Lieutenant General des
Armées du Roy , Chevalier de
la Toiſon d'or , & ci devant
Ambaſſadeur enEſpagne , qui
en eſt le chef , fut nommé à
l'Evêché de Lisieux.
Meffire Jean René Bafan ,
Marquis de Flamanville , Scigneur
de Baubigny , de faint
May 1715 . R
194 MERCURE
Paul de Creſſanville , & Licutenant
General des Armées
du Roy ,mourut le 14. Avril,
laiſſant un fils uniquede Dame
Marie Anne le Camus qu'il
avoit épousé en 1690. fille de
Meffire Nicolas le Camus, Scigneur
de laGrange deBligny,
Premier Préſident de la Cour
des Aydes de Paris , dont je
vous appris la mort dans mon
dernier Journal. Il eſtoit fils
d'Hervieu Bafan , Marquis de
Flamanville, Bailly de Coſtentin
, & d'Agnés Molé. Il avoit
pour freres Meffire Jean Bafan
de Flamanville , Evêque dePer
GALANT. اور
lal
pignan ; Edoüard Nicolas Bafande
Flamanville , Chevalier
deMalthe; & feu CharlesMathieu
Bafan , dit le Comte de
Flamanville , Capitaine Sous-
Lieutenant des Chevaux-Legers
de Berry, tué à la bataille
de la Marſaille l'an 1693. laif
fant pluſieurs enfans de Dame
Elifabeth Bonnedu Noyer ſa
d femme.LaMaiſon de Baſan eft
unedes plus anciennes du païs
deCaux où elle ſubſiſteencore
en pluſieurs branches ; elle
poffede depuis prés de 300.
ans la Terre de Flamanville,
& elle s'eft alliée aux Maiſons
1
Rij
„„ MERCURE
de Renty , d'Argouges , &c.
Dame Susanne Loyſeau ,
femme de Henry Selvois, Aur
diteur des Comptes , mourut
le 14. Avril , laiſſant pluſieurs
enfans mariez. 7
Dame Marguerite deMonchy
, Abbeſſe de l'Abbaye de
N. D. au Bois à Paris , Ordre
de Citeaux , mourut le 21 .
Avril âgée de 83. ans ; elle
eftoit Abbeſſe depuis 28. ans ,
& Religieuſe depuis 52. ans.
Elle estoit fille du Marquis, de
Montcauzel & de Madame de
Mailly. La Maiſon de Monchy
dont elle fortoit eſt une
A
Y
GALANT. 197 .
des plus anciennes & des plus
illuftres de Picardie où eſt fituée
la Terre de Monchy , &
la Genealogie en eſt amplement
rapportée par le ſieur de
la Morliere en ſes antiquitez
d'Amiens , & par feu M. du
Fourny en fon hiſtoire des
Grands Officiers de la Cou - S
ronne au chapitre des Marechaux
de France.
Dame Marguerite Janvier
duMaineblanc , veuve de Jean
Pepin, Maiſtres des Comptes,
mourut le 30. Janvier 1715.
âgée de 80. ans , laiffant entr'-
autres enfans Madame de
Chamouſtf, emme de Mr de
Chamoutt,ci -devant Enſeigne
des Gendarmes de la Reine:
Elle étoit foeur de feu Meſfire
Pierre Janvier , Seigneur du
Maineblanc , Vicomte du
Boisherpin , mort fans enfans
de Claude- Marie d'Elbeuf ,
de la Maiſon de Lorraine ; &
ils estoient tous deux enfans
de PierreJanvier , Seigneur du
GALANC. 187
4
Maineblanc , Vicomte du
Boisherpin , Conſeiller au
Parlementde Paris ,& de Miz
chelle de la Barre...ong
Dame Marie- Anne d'Acigné
, veuve de Meffire Jean
Leonard d'Acigné , Comte de
Grandbois &de la Rochejagu,
Chevalier de l'Ordre du Roy,
mourut le 2. Avril , âgée de
80. ans,ayant eu pour fille afnée
Anne-Marguerite d'Acigné
, ſeconde femme d'Armand
Jean du Pleſſis , Duc
de Richelieu , Pair de France,
Chevalier des Ordres du Roy,
& morte le 19. Aoust 1698 .
Qij
188 MERCURE
lainfant entr'autres enfans Mr
le Duc de Fronſac : feuë Madame
la Comteffe d'Acigné
avoit épousé ſon oncle ; & la
Maiſon d'Acigné dont elle
fortoit , eſt une des plus illuftres
& des plus anciennes de
Bretagne;tous les Auteurs qui
en ont parlé ont prétendu
qu'elle eſtoit une branche de
celledes anciens Seigneurs de
Vitré , puînez des anciens
Comtes de Rennes & Ducs de
Bretagne , avant l'an 992. &
elle s'eſt alliée aux premieres
Maiſons de cette Province
commeMontfort, Maletroit,
GALANO. 189
1
Maure , Coërquen , Roftret
nan , Coëtment , Montejan,
du Chaſtel , & à celles de
Coffe, de Laval Sezay de
Buelin&c. At nolioM
Meffire Michel Larcher ,
Seigneur de Baye, Préſident en
la Chambre des Comptes de
Paris , & ci-devant Conſeiller
au grand Confeil , puis Maître
des Requeſtes , mourut le 9.
Avril;laiſſant pluſieurs enfans
de Dame Gabrielle Rioult de
Doüilly ſa premiere femme ,
fille de Pierre Rioult , Fermier
General& Secretaire duRoy,
& foeur, du ſieur de Curzay.
190 MERCURE
a
Feu.M. le Préſident Larcher
eſtoit fils de Pierre Larcher ,
Préfident des Comptes , petitfils
de Michel Larcher , auffi
Préſidentdes Comptes, arriere
petit fils de Pierre Larcher
Maiſtredes Comptes en1587.
lequel eſtoit fils de Michel
Larcher , Conſeiller au Parlement
en 1546. & petit fils de
Benoît Larcher , Conſeiller en
laCour des Aydes de Paris dés
l'an 1 508. La famille de Larcher
, l'une des plus anciennes
de Paris , s'eft alliée à celles de
Gilbert Villaroy , Courtin ,
Batillon , Allegrin le Picart ,
GALANT. 191
Texier de Hautefcüille, Foullé
, Lotin de Charny , Mangot
, le Clerc d'Aunay ,
Gourgues,&c.
de
Meffire ClaudeGalland , receu
Maistre des Comptes en
16.81 . mourut le 11. Avril. Il
eſtoit fils deClaude Galland ,
Auditeur desComptes.
Dame Françoiſe de Bran
cas , Epouſe d'Alfonſe Hen
ryCharlesde Lorraine , Prince
d'Harcourt , mourut le treize
Avril , laiſſant pour fils Anne
Marie Joſeph de Lorraine
Prince d'Harcourt , marié
avecMaric Loüife Chreſtienne
:
,
192 MERCURE
1,
de Caſtille , fille de feu M. de
Montjeu ,Conſeiller auParlement
de Metz. Feuë Madame
la Princeffe d'Harcourt eſtoic
foeur de Marie de Brancas
femme de Loüis de Brancas
Duc de Villars , pere de M. le
Duc de Brancas Villars qui a
épousé en 1709. Mademoiſelle
Fremin de Moras , fillede
M.de Moras , Préſident à
Mortier au Parlement de
Metz , & elles eſtoient toutes
deux filles deCharles de Brancas
,Marquis de Maubet , dit
leComte de Brancas , Cheva-1
lier d'Honneur de la Reine
Amere
GALAN 193
'
1
J
mere du Roy , & de Suſanne
Garnier La Maiſon de Brancas
, l'une des plus illuftres du
Royaume , eſt originaire du
Royaume de Naples , & je
vous en ay parlé amplement
lorſque M. l'Abbé de Brancas,
frere deM. le Marquis deBrancas
, Lieutenant General des
Armées du Roy , Chevalier de
la Toiſon d'or , & ci devant
Ambaſſadeur enEſpagne , qui
en eſt le chef , fut nommé à
l'Evêché de Lisieux.
Meffire Jean René Bafan ,
Marquis de Flamanville , Scigneur
de Baubigny , de faint
May 1715 . R
194 MERCURE
Paul de Creſſanville , & Licutenant
General des Armées
du Roy ,mourut le 14. Avril,
laiſſant un fils uniquede Dame
Marie Anne le Camus qu'il
avoit épousé en 1690. fille de
Meffire Nicolas le Camus, Scigneur
de laGrange deBligny,
Premier Préſident de la Cour
des Aydes de Paris , dont je
vous appris la mort dans mon
dernier Journal. Il eſtoit fils
d'Hervieu Bafan , Marquis de
Flamanville, Bailly de Coſtentin
, & d'Agnés Molé. Il avoit
pour freres Meffire Jean Bafan
de Flamanville , Evêque dePer
GALANT. اور
lal
pignan ; Edoüard Nicolas Bafande
Flamanville , Chevalier
deMalthe; & feu CharlesMathieu
Bafan , dit le Comte de
Flamanville , Capitaine Sous-
Lieutenant des Chevaux-Legers
de Berry, tué à la bataille
de la Marſaille l'an 1693. laif
fant pluſieurs enfans de Dame
Elifabeth Bonnedu Noyer ſa
d femme.LaMaiſon de Baſan eft
unedes plus anciennes du païs
deCaux où elle ſubſiſteencore
en pluſieurs branches ; elle
poffede depuis prés de 300.
ans la Terre de Flamanville,
& elle s'eft alliée aux Maiſons
1
Rij
„„ MERCURE
de Renty , d'Argouges , &c.
Dame Susanne Loyſeau ,
femme de Henry Selvois, Aur
diteur des Comptes , mourut
le 14. Avril , laiſſant pluſieurs
enfans mariez. 7
Dame Marguerite deMonchy
, Abbeſſe de l'Abbaye de
N. D. au Bois à Paris , Ordre
de Citeaux , mourut le 21 .
Avril âgée de 83. ans ; elle
eftoit Abbeſſe depuis 28. ans ,
& Religieuſe depuis 52. ans.
Elle estoit fille du Marquis, de
Montcauzel & de Madame de
Mailly. La Maiſon de Monchy
dont elle fortoit eſt une
A
Y
GALANT. 197 .
des plus anciennes & des plus
illuftres de Picardie où eſt fituée
la Terre de Monchy , &
la Genealogie en eſt amplement
rapportée par le ſieur de
la Morliere en ſes antiquitez
d'Amiens , & par feu M. du
Fourny en fon hiſtoire des
Grands Officiers de la Cou - S
ronne au chapitre des Marechaux
de France.
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115
p. 198-218
Mariages. [titre d'après la table]
Début :
M. le Marquis de Castelmoron, petit fils des Marêchaux de [...]
Mots clefs :
Roi, Marquis, Fils, Mariage, Seigneur, Fille, Seigneur, Régiment, Duc, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariages. [titre d'après la table]
M. leMarquis deCaſtelmoron
, petite fils des Marêchaux
deBiron &dela Force , ci de
vant Colonel duRegimentde
Belſunce& à preſentCapitaine
des Gensdarmes Bourguinons,
épouſa la nuit du derniet
d'Avril au premier de
May , Mademoiselle de Fontanicux
; l'Evêque de Marseil
le , frere aîné du Marquis de
Caſtelmoron , fit dans la Par
roiſſe de ſaintRochla ceremo
nie du mariage en prefenceda
leurs plus proches parens qui
faifoient une afſfemblée nomGALANT
breuſe de Ducs , de Derchefs
fes & de perſonnes desti
qualifiées du Royaume. Le
Roy , Monseigneur le Dauphin
, & tous les Princes &
Princeſſes de laMaifonRoyale,
peu de jours auparavant
avoient fait l'honneur aux
Mariez de ſigner leur contrap
de Mariage. Le Marquis de
Caſtelmoron , quoyque jeune,
a donné des preuves de fal
valeur en quantité d'occaſions
où il s'eſt trouvé. On le vic
fur tout au Fauxbourg d'Arrasen
1712: arrefter prefquc
foul l'effort des Ennemis , il y
Riiij
200 MERCURE
fut pris l'épée à la main, il portoit
alors le nom de Chevalier
de Belſunce. Il eſt le dernier
des fils de Meffire Armand
Marquis de Belſunce & de
Caftelmoron , Baron de Gavaudun
& de Born , Seigneur
de Vieilleville , &c. Grand
Senechal & Gouverneur des
Provinces d'Agenois & du
Condomois ; & de Dame
Anne Nompar de Caumont
de Lauſun , ſoeur du Duc de
Lauſun. La derniere Marêchale
Ducheſſe de la Force
eſtoit foeur du Marquis de
Belſunce ; il a cû pluſieurs
GALANT. 201
1
enfans : l'aîné connu ſous le
nom deMarquis de Caſtelmoron,
fut fait Colonel du Regiment
de Nivernois ,enſuite
Capitaine des Gensdarmes de
Monſeigneur le Duc deBourgogne
, Brigadier des Armées
du Roy ,& Chevalier de S.
Loüis , enfin Commandant
la Gendarmerie de France ,
sen appaiſant une émeute de
nos Troupes , ſelon le devoir
de la Charge , il reçût une
bleſſure dont il mourut le
le 28. Juillet 1712. Il avoit
eſté marié avec l'heritiere du
Marquis de Bournazel , Gou20.
MERCURE
verneur de Roüergue ,morte
avant luy& fans enfans. Le
ſecondeſtEvêque de Marſeille
dont la vigilence & le zele
pour le bien & le bon ordre
de fon Diocefe , & dont la
pureté de la Doctrine & des
moeurs ont eſté plus d'une
fois loüez dans les deux Brefs
que Nottre S. Pere le Pape
Clement XI. luy a adreffez
aprés luy vient l'Abbeſſe du
Ronceray d'Angers ,dont la
regularité & la pieté font le
plus bel ornement de cette
illuſtre Abbaye; le troifiéme,
Capitaine de Fregate , tresGALANT,
203
1
eſtimé & aimé dans le corps
de la Marine , mourut le 28 .
Octobre de l'an 1712. trois
mois aprés ſon aîné ; enfin le
quatriéme eſt celuy dont je
vous apprens le mariage.
Sans entrer dans le détail
de la Genealogie de la Maiton
de Belſunce , ce qui feroic
trop long , je me contenteray
de dire qu'il en eft peu de
plus ancienne , de mieux alliée,
& de plus illuſtrée dans la
Baffe Navarre dont elle eft
originaire. Ily a prés de fix
cens ans que les Seigneurs do
cetteMaiſon portent le titre
104 MERCURE
de Vicomte auquel il n'y en
avoit point de fuperieur en
Navarre ; ils ont eſté honorez
des premieres Charges de ce
Royaume , y ayant eu des Premiers
& des Grands Ecuyers,
& pluſieurs grands Chambellans
des Rois de Navarre :un
Seigneur de cette Maiſon a
efté revêtu de la dignité de
Ricombe,quirépondoità celle
de Conneftable de France ;
le Gouvernement du Pays de
Soule a eſté plus de cent ans
de ſuite dans cette Maiſon
qui a poffedé auffi ceux de
Maulcon & de Dax. La MaiJAUSARM
L
GALANT. 205
ſonde Belſunce a eu des alliances
avec celles de Foix & de
Navarre; celles de Grammond
de Luxe , de Gontaud Biron
S. Geniez , de Caumont de
Lauſun , luy donnent de la
parenté avec preſque tout ce
qu'il y a de Grand en France.
Les Armes de cette Maiſon
ont eſté de tous les tems celles
de Bearn ſans aucune brifure
ou distinction , juſques à ce
qu'un Vicomte de Belſunce
ayant delivré Bayonne & fa
Patrie , d'un monftre qui défoloit
tout le Pays , le Roy de
Navarre ordonna que la Mai-
1
206 MERCURE
fonde BBeellſluunnccee,,eennmemoire
d'une figlorieuſe action,ajoutât
aux Vaches de Bearn un
Dragon à trois teſtes , dont
Tune ſeroit coupée , ce qui a
toûjours eſté obfervé depuis.
m. Mademoiselle de Fontanieux
eft fille de M. de Fontanieux
,ci- devant TreſorierGe
neral dela Marine , enfuite Intendant
de Marine , & à prefent
Intendantdes Meubles &
Argenterie de la Couronne ;
&de Dame N. Dodun , fille de
M. Dodun , Conſeiller au Parlement
de Paris . M. de Fontanicux
n'a qu'un fils , aîné de
GALANT. 207
&
1
la nouvelle mariée ; il eſt Avocat
du Roy au Chaſtelet où il
ſe diftingue par ſon application&
la capacité audeſſus de
fon âge , n'ayant encore que
vingt ans...
Meſſire Aymard Loüis de
Sailly , Sire & Marquis de Sailly,
Lieutenant Generaldes Armées
du Roy&Commandeur
de l'Ordre Militaire de ſaint
Louis , veuf de Dame Char .
lote de Crequi , dont je vous
appris la mortdansmonJournal
du mois de Février, a épouſé
en ſecondes nôces le 11. de
ce mois Damoiselle Françoiſe
208 MERCURE
3
Adelaide de Sainte Hermine,
fille de Meffire Henry Louis
de Sainte Hermine , Seigneur
de la Leigne& du Rozcau ,Ca-s
pitaine d'un des Vaiſſeaux du
Roy ,& de Dame Maric-Marguerite
Genevieve Morel de
Putanges,&petite fille d'He
liedeSainteHermine, Seigneur
de la Leigne & du Rozeau ,&
deMagdelaine le Valois ,fille
de Benjamin le Valois , Se
gneur de Villette ,& de Loüife
d'Aubigné , tante de Dame
Françoiſed'Aubigné Dame de
Maintenon. La Maiſon de
SainteHermine eſtablie enAngoumois
GALANT 209
goumois & en Poitou , eſt dif
tinguée par l'ancienneté de fa
Nobleffe , & par fes alliances
avec les Maiſons de Luzignan,
de Polignac Efcoyeux , &c.
M. le Marquis de Sailly eſt né
le 27. Decembre 1655. du
mariage de Charles , Sire &
Marquis deSailly , avec Dame
Marie Claude de Monchy de
Carcron , &il a eſté elevé Page
de la grande Ecurie du Roy.
La Maiſon de Sailly , dont il
defcend , prend fon nom de
la Terre deSailly en Aroüaiſe
en Picardie qu'elle poſſede de
tems immemorial ,& elles'eſt
May1715. S
210 MERCURE
alliée aux Maiſons d'Eſtourmel
,de Longueval , de Bour
nelThiembrune, de Mouchy,
daCrequi , &c.х бол тол
Meffire Michel de Goüy ,
Seigneur d'Arcy , Meftre de
Camp d'un Regiment de Cavalerie
, a épousé le 15. Avril
Damoiſelle FrançoiſeMelanie
de Salomonde la Lande , fille
de deSalomonde la
Lande & de Dame de Biodos
de Galicja, Sous Gouvernante
des enfans de France: le nom
deGoüy eft connu en Picardie
depuis l'an 1480. quc Loüis
de Goüy, que les memoires
GALANT. 214
domestiques font fortir des
anciens Seigneurs deGoüy en
Artois, pafla au ſervice du
Roy Loüis X I. aprés la mort
de Charles , dernier Duc de
Bourgogne.
Meffire Loüis - Claude de
Roffignac , Comte d'Apremont
, fils de feu Meffire François
-Roch-Maric de Roffignac
, Comte d'Apremont ,
& de Dame Maric Anne da
Morogues du Sauvage, a épouſé
le 13. Aouſt Anne Loüife
leCoigneux , fille de feuCharles
le Coigneux , Seigneur de
Bezonville , Conſeiller au
Sij
212 MERCURE
Chalteletde Paris , & de Marie-
Loüife de Courtenay, Dame
de Changy , petite fille de
Jacques leCoigneux, Seigneur
de Bezonville, Conſeiller au
Parlement de Roüen , arriere
petite fille d'Edoüard le Coigneux
, Conſeiller au Parle-
*ment de Paris en 162 3. fils de
Jacques leCoigneux, Seigneur
de Sandricourt, Confeiller au
*Parlement de Paris , & potit
fils deGilles leCoigneux,mort
le 18. Juin 568. enterré
dans l'Egliſe de S. Germain
l'Auxerrois, prés l'oeuvre, avec
Genevieve le Gendre ſa fem-
3
GALANT. 213
me. La famille des le Coigneuxa
donné deux Préſidens
à Mortiers au Parlement de
Paris , & pluſieurs Maiſtres des
Requeſtes ; & elle s'eſt alliée
aux familles de Monthelon de
Longuëil , de Bourdin , de Biraut,
deThumery, de Hurault-
Vibraye , & aux Maiſons de
Chaumont , d'Alogny - Roachefort
,& de Montaut Na
vailles ; M.le Comte d'Apre
mont a eſté Page de la petite
Ecurie du Roy ; & la Maiſon
de Roffignac dont il fort , eſt
également diftinguée par fon
ancienneté & par ſes alliances ;
*14 MERCURE
elle eſt diviſée en plufieurs
branches,établies enPerigord,
Limoſin, Saintonge, Angou
mois &Nivernois.
Philippes - Emmanuel de
Cruffol , Marquis de S. Sulpi
ec,aépouséle s.decomois
Damoiſelle Louiſe Antoinette
d'Eſteing. L'Epoux eft fils
d'Emmanuelde Crufſol ,Marquis
de S. Sulpice ,&deCharlote
de Biron , petit-fils de
Jacques de Crufſol , Marquis
de S. Sulpice , & de Loüife
d'Amboiſe , ſoeur de feu M. le
Comte d'Aubijoux , &d'Eli
fabeth d'Amboise , Marquiſe
GALANT
deThoiras. Il eſt arriere petitfils
d'Emmanuel de Cruffol ,
Duc d'Uzés , Premier Pair de
France , & de N. Ebrard da
S. Sulpice. Le nouveau marié ,
quoique tout jeune , cût le Regiment
de M. le Marquis de
S. Sulpice ſonaîné , qui fut tué
àKeiſervert , où il donna pendant
le ſiege des marques d'une
fi grande valeur , que la
Roydonna le Regiment à celui-
ci qui estoit Chevalier de
Malthe,& fi jeune , qu'il fallut
qu'il fervit un an dans les
Mouſqueraires , avant de com
mander ce Regiment ; on le
216 MERCURE
- vit auffi à la bataille de Ras
milly ſoutenir à la tête de forma
Regiment le choc des Enneab
mis avec beaucoup d'intrepi-sl
dité. Je ne m'étendray pas fur
ſa naiſſance , il ſuffit de dire
qu'il eſt de la Maiſon d'Uzés ,
lapremiered'entre les Gentils
hommes du Royaume , honos I
rée de la dignité de Duc n
Pair. A l'égard de la Maiſon
d'Eftcing toute la France ſçait b
que c'eſt une des plus ancien -M
nes; & les meilleures Maiſons !
du Royaume tiennent àhonneur
de luy appartenir ; elle eft
la ſeule qui a le privilege de
4
porter
GALANT 217
porfer Hes Armes de France
avec les livrées , depuis qu'un
de la Maiſon d'Eſteing ſauva
la vie au Roy de France à la
bataille de Bovines ; cette Maiſon
eſt originaire de Roüergue.
La nouvelle mariée eft
fille de M. le Comte d'Eſteing,
Lieutenant General des Ar
mées du Roy , &de Marie de
Nettancourt , d'Hauſſonville
de Vaubecourt , foeur de feu
MaleComte de Vaubecourt ,
Lieutenant General , de M.
l'Evêque de Montauban , de
Madame la Marquiſe de Thuify
, & de feue Madame la
May 1715.
(
T
1
218 MERCURE
Comteffe de Laubeſpin. La
nouvelle mariée eſt encore niece
de M. l'Evêquede S. Flour,
&petite niece de M. l'Archevêquede
Narbonne. Leur contrat
de mariage fut ſigné le
25. Avril par le Roy , toute la
Famille Royale , & tous les
Princes & Princeſſes du Sang.
, petite fils des Marêchaux
deBiron &dela Force , ci de
vant Colonel duRegimentde
Belſunce& à preſentCapitaine
des Gensdarmes Bourguinons,
épouſa la nuit du derniet
d'Avril au premier de
May , Mademoiselle de Fontanicux
; l'Evêque de Marseil
le , frere aîné du Marquis de
Caſtelmoron , fit dans la Par
roiſſe de ſaintRochla ceremo
nie du mariage en prefenceda
leurs plus proches parens qui
faifoient une afſfemblée nomGALANT
breuſe de Ducs , de Derchefs
fes & de perſonnes desti
qualifiées du Royaume. Le
Roy , Monseigneur le Dauphin
, & tous les Princes &
Princeſſes de laMaifonRoyale,
peu de jours auparavant
avoient fait l'honneur aux
Mariez de ſigner leur contrap
de Mariage. Le Marquis de
Caſtelmoron , quoyque jeune,
a donné des preuves de fal
valeur en quantité d'occaſions
où il s'eſt trouvé. On le vic
fur tout au Fauxbourg d'Arrasen
1712: arrefter prefquc
foul l'effort des Ennemis , il y
Riiij
200 MERCURE
fut pris l'épée à la main, il portoit
alors le nom de Chevalier
de Belſunce. Il eſt le dernier
des fils de Meffire Armand
Marquis de Belſunce & de
Caftelmoron , Baron de Gavaudun
& de Born , Seigneur
de Vieilleville , &c. Grand
Senechal & Gouverneur des
Provinces d'Agenois & du
Condomois ; & de Dame
Anne Nompar de Caumont
de Lauſun , ſoeur du Duc de
Lauſun. La derniere Marêchale
Ducheſſe de la Force
eſtoit foeur du Marquis de
Belſunce ; il a cû pluſieurs
GALANT. 201
1
enfans : l'aîné connu ſous le
nom deMarquis de Caſtelmoron,
fut fait Colonel du Regiment
de Nivernois ,enſuite
Capitaine des Gensdarmes de
Monſeigneur le Duc deBourgogne
, Brigadier des Armées
du Roy ,& Chevalier de S.
Loüis , enfin Commandant
la Gendarmerie de France ,
sen appaiſant une émeute de
nos Troupes , ſelon le devoir
de la Charge , il reçût une
bleſſure dont il mourut le
le 28. Juillet 1712. Il avoit
eſté marié avec l'heritiere du
Marquis de Bournazel , Gou20.
MERCURE
verneur de Roüergue ,morte
avant luy& fans enfans. Le
ſecondeſtEvêque de Marſeille
dont la vigilence & le zele
pour le bien & le bon ordre
de fon Diocefe , & dont la
pureté de la Doctrine & des
moeurs ont eſté plus d'une
fois loüez dans les deux Brefs
que Nottre S. Pere le Pape
Clement XI. luy a adreffez
aprés luy vient l'Abbeſſe du
Ronceray d'Angers ,dont la
regularité & la pieté font le
plus bel ornement de cette
illuſtre Abbaye; le troifiéme,
Capitaine de Fregate , tresGALANT,
203
1
eſtimé & aimé dans le corps
de la Marine , mourut le 28 .
Octobre de l'an 1712. trois
mois aprés ſon aîné ; enfin le
quatriéme eſt celuy dont je
vous apprens le mariage.
Sans entrer dans le détail
de la Genealogie de la Maiton
de Belſunce , ce qui feroic
trop long , je me contenteray
de dire qu'il en eft peu de
plus ancienne , de mieux alliée,
& de plus illuſtrée dans la
Baffe Navarre dont elle eft
originaire. Ily a prés de fix
cens ans que les Seigneurs do
cetteMaiſon portent le titre
104 MERCURE
de Vicomte auquel il n'y en
avoit point de fuperieur en
Navarre ; ils ont eſté honorez
des premieres Charges de ce
Royaume , y ayant eu des Premiers
& des Grands Ecuyers,
& pluſieurs grands Chambellans
des Rois de Navarre :un
Seigneur de cette Maiſon a
efté revêtu de la dignité de
Ricombe,quirépondoità celle
de Conneftable de France ;
le Gouvernement du Pays de
Soule a eſté plus de cent ans
de ſuite dans cette Maiſon
qui a poffedé auffi ceux de
Maulcon & de Dax. La MaiJAUSARM
L
GALANT. 205
ſonde Belſunce a eu des alliances
avec celles de Foix & de
Navarre; celles de Grammond
de Luxe , de Gontaud Biron
S. Geniez , de Caumont de
Lauſun , luy donnent de la
parenté avec preſque tout ce
qu'il y a de Grand en France.
Les Armes de cette Maiſon
ont eſté de tous les tems celles
de Bearn ſans aucune brifure
ou distinction , juſques à ce
qu'un Vicomte de Belſunce
ayant delivré Bayonne & fa
Patrie , d'un monftre qui défoloit
tout le Pays , le Roy de
Navarre ordonna que la Mai-
1
206 MERCURE
fonde BBeellſluunnccee,,eennmemoire
d'une figlorieuſe action,ajoutât
aux Vaches de Bearn un
Dragon à trois teſtes , dont
Tune ſeroit coupée , ce qui a
toûjours eſté obfervé depuis.
m. Mademoiselle de Fontanieux
eft fille de M. de Fontanieux
,ci- devant TreſorierGe
neral dela Marine , enfuite Intendant
de Marine , & à prefent
Intendantdes Meubles &
Argenterie de la Couronne ;
&de Dame N. Dodun , fille de
M. Dodun , Conſeiller au Parlement
de Paris . M. de Fontanicux
n'a qu'un fils , aîné de
GALANT. 207
&
1
la nouvelle mariée ; il eſt Avocat
du Roy au Chaſtelet où il
ſe diftingue par ſon application&
la capacité audeſſus de
fon âge , n'ayant encore que
vingt ans...
Meſſire Aymard Loüis de
Sailly , Sire & Marquis de Sailly,
Lieutenant Generaldes Armées
du Roy&Commandeur
de l'Ordre Militaire de ſaint
Louis , veuf de Dame Char .
lote de Crequi , dont je vous
appris la mortdansmonJournal
du mois de Février, a épouſé
en ſecondes nôces le 11. de
ce mois Damoiselle Françoiſe
208 MERCURE
3
Adelaide de Sainte Hermine,
fille de Meffire Henry Louis
de Sainte Hermine , Seigneur
de la Leigne& du Rozcau ,Ca-s
pitaine d'un des Vaiſſeaux du
Roy ,& de Dame Maric-Marguerite
Genevieve Morel de
Putanges,&petite fille d'He
liedeSainteHermine, Seigneur
de la Leigne & du Rozeau ,&
deMagdelaine le Valois ,fille
de Benjamin le Valois , Se
gneur de Villette ,& de Loüife
d'Aubigné , tante de Dame
Françoiſed'Aubigné Dame de
Maintenon. La Maiſon de
SainteHermine eſtablie enAngoumois
GALANT 209
goumois & en Poitou , eſt dif
tinguée par l'ancienneté de fa
Nobleffe , & par fes alliances
avec les Maiſons de Luzignan,
de Polignac Efcoyeux , &c.
M. le Marquis de Sailly eſt né
le 27. Decembre 1655. du
mariage de Charles , Sire &
Marquis deSailly , avec Dame
Marie Claude de Monchy de
Carcron , &il a eſté elevé Page
de la grande Ecurie du Roy.
La Maiſon de Sailly , dont il
defcend , prend fon nom de
la Terre deSailly en Aroüaiſe
en Picardie qu'elle poſſede de
tems immemorial ,& elles'eſt
May1715. S
210 MERCURE
alliée aux Maiſons d'Eſtourmel
,de Longueval , de Bour
nelThiembrune, de Mouchy,
daCrequi , &c.х бол тол
Meffire Michel de Goüy ,
Seigneur d'Arcy , Meftre de
Camp d'un Regiment de Cavalerie
, a épousé le 15. Avril
Damoiſelle FrançoiſeMelanie
de Salomonde la Lande , fille
de deSalomonde la
Lande & de Dame de Biodos
de Galicja, Sous Gouvernante
des enfans de France: le nom
deGoüy eft connu en Picardie
depuis l'an 1480. quc Loüis
de Goüy, que les memoires
GALANT. 214
domestiques font fortir des
anciens Seigneurs deGoüy en
Artois, pafla au ſervice du
Roy Loüis X I. aprés la mort
de Charles , dernier Duc de
Bourgogne.
Meffire Loüis - Claude de
Roffignac , Comte d'Apremont
, fils de feu Meffire François
-Roch-Maric de Roffignac
, Comte d'Apremont ,
& de Dame Maric Anne da
Morogues du Sauvage, a épouſé
le 13. Aouſt Anne Loüife
leCoigneux , fille de feuCharles
le Coigneux , Seigneur de
Bezonville , Conſeiller au
Sij
212 MERCURE
Chalteletde Paris , & de Marie-
Loüife de Courtenay, Dame
de Changy , petite fille de
Jacques leCoigneux, Seigneur
de Bezonville, Conſeiller au
Parlement de Roüen , arriere
petite fille d'Edoüard le Coigneux
, Conſeiller au Parle-
*ment de Paris en 162 3. fils de
Jacques leCoigneux, Seigneur
de Sandricourt, Confeiller au
*Parlement de Paris , & potit
fils deGilles leCoigneux,mort
le 18. Juin 568. enterré
dans l'Egliſe de S. Germain
l'Auxerrois, prés l'oeuvre, avec
Genevieve le Gendre ſa fem-
3
GALANT. 213
me. La famille des le Coigneuxa
donné deux Préſidens
à Mortiers au Parlement de
Paris , & pluſieurs Maiſtres des
Requeſtes ; & elle s'eſt alliée
aux familles de Monthelon de
Longuëil , de Bourdin , de Biraut,
deThumery, de Hurault-
Vibraye , & aux Maiſons de
Chaumont , d'Alogny - Roachefort
,& de Montaut Na
vailles ; M.le Comte d'Apre
mont a eſté Page de la petite
Ecurie du Roy ; & la Maiſon
de Roffignac dont il fort , eſt
également diftinguée par fon
ancienneté & par ſes alliances ;
*14 MERCURE
elle eſt diviſée en plufieurs
branches,établies enPerigord,
Limoſin, Saintonge, Angou
mois &Nivernois.
Philippes - Emmanuel de
Cruffol , Marquis de S. Sulpi
ec,aépouséle s.decomois
Damoiſelle Louiſe Antoinette
d'Eſteing. L'Epoux eft fils
d'Emmanuelde Crufſol ,Marquis
de S. Sulpice ,&deCharlote
de Biron , petit-fils de
Jacques de Crufſol , Marquis
de S. Sulpice , & de Loüife
d'Amboiſe , ſoeur de feu M. le
Comte d'Aubijoux , &d'Eli
fabeth d'Amboise , Marquiſe
GALANT
deThoiras. Il eſt arriere petitfils
d'Emmanuel de Cruffol ,
Duc d'Uzés , Premier Pair de
France , & de N. Ebrard da
S. Sulpice. Le nouveau marié ,
quoique tout jeune , cût le Regiment
de M. le Marquis de
S. Sulpice ſonaîné , qui fut tué
àKeiſervert , où il donna pendant
le ſiege des marques d'une
fi grande valeur , que la
Roydonna le Regiment à celui-
ci qui estoit Chevalier de
Malthe,& fi jeune , qu'il fallut
qu'il fervit un an dans les
Mouſqueraires , avant de com
mander ce Regiment ; on le
216 MERCURE
- vit auffi à la bataille de Ras
milly ſoutenir à la tête de forma
Regiment le choc des Enneab
mis avec beaucoup d'intrepi-sl
dité. Je ne m'étendray pas fur
ſa naiſſance , il ſuffit de dire
qu'il eſt de la Maiſon d'Uzés ,
lapremiered'entre les Gentils
hommes du Royaume , honos I
rée de la dignité de Duc n
Pair. A l'égard de la Maiſon
d'Eftcing toute la France ſçait b
que c'eſt une des plus ancien -M
nes; & les meilleures Maiſons !
du Royaume tiennent àhonneur
de luy appartenir ; elle eft
la ſeule qui a le privilege de
4
porter
GALANT 217
porfer Hes Armes de France
avec les livrées , depuis qu'un
de la Maiſon d'Eſteing ſauva
la vie au Roy de France à la
bataille de Bovines ; cette Maiſon
eſt originaire de Roüergue.
La nouvelle mariée eft
fille de M. le Comte d'Eſteing,
Lieutenant General des Ar
mées du Roy , &de Marie de
Nettancourt , d'Hauſſonville
de Vaubecourt , foeur de feu
MaleComte de Vaubecourt ,
Lieutenant General , de M.
l'Evêque de Montauban , de
Madame la Marquiſe de Thuify
, & de feue Madame la
May 1715.
(
T
1
218 MERCURE
Comteffe de Laubeſpin. La
nouvelle mariée eſt encore niece
de M. l'Evêquede S. Flour,
&petite niece de M. l'Archevêquede
Narbonne. Leur contrat
de mariage fut ſigné le
25. Avril par le Roy , toute la
Famille Royale , & tous les
Princes & Princeſſes du Sang.
Fermer
116
p. 280-293
Second Article des Morts. [titre d'après la table]
Début :
Messire Armand Jean Duplessis Duc de Richelieu, Pair [...]
Mots clefs :
Seigneur, Femme, Roi, Marquis, Chevalier, Dame, Duc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Second Article des Morts. [titre d'après la table]
Meſſire Armand Jean Dupleſſis
Ducde Richelieu , Pair
de France , Chevalier des
Ordres du Roy , cy-devant
General des Galeres de France,
& Chevalier d'honneur de
Madame
GALANT 281
Madame la Dauphine , mourut
le 10.de cemois enſa 84.
année. Il avoit épousé en premieres
nôces , Dame Anne
Pouffart , premiere Dame
d'honneur de la Reine , puis
deMadame la Dauphine. En
ſecondes , Dame Anne d'Acigné
, & en troiſiémes , Dame
Marguerite-Thereſe Roüillé,
yeuve de Meffire Jean- François
Marquis de Noailles ,
Lieutenant General au Gouvernement
d'Auvergne , &
n'a cu des enfans que de fa
ſeconde femme , qui font
Meffire François Armand
May1715. Aa
282 MERCURE
Louis Dupleſfis Duc de Fron
facà preſentDucde Richelieu,
qui a époufé DamenAnne
Catherinede Noailles , fille de
Meffire Jean François Marquis
deNoailles ,&de Dame Marguerite
Thereſe. Roüille fa
belle mere ,& Dame N. Dupreffis
, mariée le 24. Avril
1714. àMeffireN. duChaftelet
, Marquis de Clefmont.
M. le Duc de Richelieu avoit
quitté le nom &les armes de
Vignerot ,qui estoient ceux
de la maifon , pour prendre
les noms & les armes de la
Maiſon Dupleſſis Richelieu ,
CADAN 283
en execution du Testament
donJean Armando Dupleffis
Cardinal Ducde Richelieu
&de Fronfac, Pait& Premier
Miniſtre de France , fongrand
oncle, qui le fit fon heritier à
cette condition. Il eſtoit fils
deFrançoisde Vignerot Che
valier Seigneur du Pint de
Courlay , Gouverneur des
Villes , &Citadelles du Havre
de Grace, & Pays de Caux,
Chevalier des Ordres du Roy
en 1633. &de Françoiſe de
Coërmadeu , & petit- fils de
Rene de Vignerot Seigneur
du Pint de Courlay & de
Aa ij
284 MERCURE
Françoiſe Dupleſſis de Riche
lieu foeur du Cardinal Duc de
Richelieu , cy deſſus nommé.
La Maiſonde Vignerot connuë
en Poitou depuis un temps
affez confiderable , ſe pretend
originaire d'Angleterre , d'où
elle paffa en France ſous les
Regnes des Rois Charles VI
&Charles VII. La Genealo
gie en eſtrapportée dansl'Hif
toire des grands Officiers de
laCouronne , par M. du Fourny,
auChapitre des Generaux
des Galeres . Les armes de
Vignerot font d'ormà trois
hures de Sanglier de fable
GALANT. 285
pofé 2.& 1. & celles Dupleſſis
Richelieu font d'argent à 3 .
chevrons de gucule.oriona
Meffire Jean - François
d'Eſtrades , Abbé de Moiſſac ,
&de S. Melaine de Rennes
cy devant Ambaſſadeur à
Veniſe , & en Savoye , mourut
le de ce mois âgé de 73 .
ans. Il eſtoir fils deGeoffroy ,
d'Eſtrades ,Maréchal de France
, Chevalier des Ordres du
Roy,Gouverneur deDunkerque
, Maire perpetuel de la
Ville de Bordeaux , Viceroy
de l'Amerique , & Gouverneur
deM. le DucdeChartres
286 MERCURE
-
mort en 1686. & de Marie
du Pin de l'Allié. La Maiſon
d'Eſtrades dont il fortoit et
originaire de la Ville d'Agen.
Meffire Thomas Bailly,qui
avoit eſté reçû Maiſtre des
Comptes en 1659. mourut
fans poſterité lepremier de ce
mois, des Dames Anne leMai
rat,&N.Petit d'Eſtiny ſes deux
femmes: il eſtoit frere puîné
deCharles Bailly , Seigneur du
Sejour & de S. Mars , Maître
des Comptes, peredeCharles-
Guillaume Bailly , à preſent
Préſident au Grand Confeil;
&il étoit fils deCharles Bailly,
GALANT. 287
Seigneur du Sejour & de S.
Mars, Maistre des Comptes ,
& Conſeiller d'Etat , & de
Françoiſe Mareſcot , petit fils
de Charles Bailly , Seigneur
du Sejour , Préfident des
Comptes ; & arriere petit fils
de Guillaume Bailly, Seigneur
de la Motte du Sejour, Conſeiller
du Roy en ſes Conſeils,
&d'honneur au Parlement de
Paris , au Grand Confeil &
autres Cours Souveraines de
France , Préſident en la Cham
bre des Comptes de Paris
Chancelier de Monſeigneur
le Duc d'Alençon; puis aprés
288 MERCURE
la mort de Magdelaine Harel
ſa femme, Abbé Commandataire
de l'Abbaye de Bourgücil
enAnjou , mort au mois
d'Avril 1582. & enterré dans
l'Eglife de cette Abbaye. La
famille de Bailly , l'une des
premieres de Paris , s'eſt alliéc
à celles de de Meſmes ,
Loyſel, de Bautru , de Vaffan,
de Bitault , de Bullion , & à la
Maiſon de Longueval. e
da
Meffire BenoistBidal,Baron
d'Asfeld,Maréchal des Camps
& Armées du Roy , mourut
le 29. du mois paſſé , âgé
de 57. ans , ne laiſſant qu'une
fille
GALANT. 289
fille de fon mariage , avec Anne
Pucelle , fille de feu Pierre
Pucelle , Premier Préſident au
Parlement de Grenoble , &
d'Anne Roujault , & petite
niece de feu M. le Maréchal
de Catinar. Mr d'Asfeld qui
vient de mourir , eſtoit frere
de François Bidal , dit le Che
valier d'Asfeld , Lieutenant
General des Armées du Roy,
& fils de Pierre Bidal , Baron
d'Asfeld , Reſident pour
Roy en baſſe Allemagne , &
de Catherine Baſtonneau.
Ic
Dame Marie-Anne de S.
Lerry de Bellegarde, veuve de
May 1715. Bb
2
290 MERCURE
Meffire Jean Antoine de Pardaillan
de Gondrin , Marquis
de Monteſpan , puis Duc de
Bellegarde par elle , Mantre
de la Garde robe du Roy ,
mourut le tri de ce mois , en
fa 94. année : elle eftoir fille
deCæfar Auguſte de S. Lary ,
Marquis de Termes , grand
Ecuyer de France , premier
Gentilhomme de la Chambre
du Roy, Maréchal de ſes
Camps & Armées , Chevalier
de ſes Ordres , & de CatherineChabot
de Mirebeau . M.
le Marquis de Monteſpan fon •
mary eſtoitgrand oncle deM.
GALANT. 291
1
Le Duc d'Antin. Voyez la
Genealogie de la Maiſon de S.
Larry, originaire deGascogne
dans l'Histoire des grands Officiers
de la Couronne par M.
du Fourny , au Chapitre des
Maréchaux , & des grands
Ecuyers de France. Pour celle
de Pardaillan que l'on croit
fortie de celle de Pardaillan au
Comté d'Armagnac , elle s'eſt
de tout temps alliée aux premieres
Maiſons du Royaume.
Meffire Claude Boſc, Seigneur
d'Ivry ſur Seine, Confeiller
d'Etat , & ancien Prevoſt
des Marchands , mourut
Bb ij
292 MERCURE
lers. de ce mois en ſa 74.
année , laiſſant de fon ma
riage avec Marie Catherine
Jacques Jean Baptiste Boſc
Procureur General de la Cour
des Aydes , marie à N.
de Gendre , foeur puinée de
Marguerite le Gendre, femme
d'AntoineCroſat, pere& me
re de Dame Marie- AnneCrofat,
femme de Loüsdela Tour
deBoüillon, Comte d'Evreux,
Colonel de la Cavaleric legere
de France. M. Boſc qui vient
de mourir eſtoit ifrere de
Claude &Marguerite Boſc
femme de feu Alexandre BonGALANT.
293
temps , premier Valet- de-
Chambre du Roy , pere de
M Bontemps, auffi à preſent
premier Valer -de- Chambre
du Roy , & il eſtoit fils de
Claude Boſc , premier Commis
du Trefor Royal , mort
en 1678. & de Marie Brof
fier.
Ducde Richelieu , Pair
de France , Chevalier des
Ordres du Roy , cy-devant
General des Galeres de France,
& Chevalier d'honneur de
Madame
GALANT 281
Madame la Dauphine , mourut
le 10.de cemois enſa 84.
année. Il avoit épousé en premieres
nôces , Dame Anne
Pouffart , premiere Dame
d'honneur de la Reine , puis
deMadame la Dauphine. En
ſecondes , Dame Anne d'Acigné
, & en troiſiémes , Dame
Marguerite-Thereſe Roüillé,
yeuve de Meffire Jean- François
Marquis de Noailles ,
Lieutenant General au Gouvernement
d'Auvergne , &
n'a cu des enfans que de fa
ſeconde femme , qui font
Meffire François Armand
May1715. Aa
282 MERCURE
Louis Dupleſfis Duc de Fron
facà preſentDucde Richelieu,
qui a époufé DamenAnne
Catherinede Noailles , fille de
Meffire Jean François Marquis
deNoailles ,&de Dame Marguerite
Thereſe. Roüille fa
belle mere ,& Dame N. Dupreffis
, mariée le 24. Avril
1714. àMeffireN. duChaftelet
, Marquis de Clefmont.
M. le Duc de Richelieu avoit
quitté le nom &les armes de
Vignerot ,qui estoient ceux
de la maifon , pour prendre
les noms & les armes de la
Maiſon Dupleſſis Richelieu ,
CADAN 283
en execution du Testament
donJean Armando Dupleffis
Cardinal Ducde Richelieu
&de Fronfac, Pait& Premier
Miniſtre de France , fongrand
oncle, qui le fit fon heritier à
cette condition. Il eſtoit fils
deFrançoisde Vignerot Che
valier Seigneur du Pint de
Courlay , Gouverneur des
Villes , &Citadelles du Havre
de Grace, & Pays de Caux,
Chevalier des Ordres du Roy
en 1633. &de Françoiſe de
Coërmadeu , & petit- fils de
Rene de Vignerot Seigneur
du Pint de Courlay & de
Aa ij
284 MERCURE
Françoiſe Dupleſſis de Riche
lieu foeur du Cardinal Duc de
Richelieu , cy deſſus nommé.
La Maiſonde Vignerot connuë
en Poitou depuis un temps
affez confiderable , ſe pretend
originaire d'Angleterre , d'où
elle paffa en France ſous les
Regnes des Rois Charles VI
&Charles VII. La Genealo
gie en eſtrapportée dansl'Hif
toire des grands Officiers de
laCouronne , par M. du Fourny,
auChapitre des Generaux
des Galeres . Les armes de
Vignerot font d'ormà trois
hures de Sanglier de fable
GALANT. 285
pofé 2.& 1. & celles Dupleſſis
Richelieu font d'argent à 3 .
chevrons de gucule.oriona
Meffire Jean - François
d'Eſtrades , Abbé de Moiſſac ,
&de S. Melaine de Rennes
cy devant Ambaſſadeur à
Veniſe , & en Savoye , mourut
le de ce mois âgé de 73 .
ans. Il eſtoir fils deGeoffroy ,
d'Eſtrades ,Maréchal de France
, Chevalier des Ordres du
Roy,Gouverneur deDunkerque
, Maire perpetuel de la
Ville de Bordeaux , Viceroy
de l'Amerique , & Gouverneur
deM. le DucdeChartres
286 MERCURE
-
mort en 1686. & de Marie
du Pin de l'Allié. La Maiſon
d'Eſtrades dont il fortoit et
originaire de la Ville d'Agen.
Meffire Thomas Bailly,qui
avoit eſté reçû Maiſtre des
Comptes en 1659. mourut
fans poſterité lepremier de ce
mois, des Dames Anne leMai
rat,&N.Petit d'Eſtiny ſes deux
femmes: il eſtoit frere puîné
deCharles Bailly , Seigneur du
Sejour & de S. Mars , Maître
des Comptes, peredeCharles-
Guillaume Bailly , à preſent
Préſident au Grand Confeil;
&il étoit fils deCharles Bailly,
GALANT. 287
Seigneur du Sejour & de S.
Mars, Maistre des Comptes ,
& Conſeiller d'Etat , & de
Françoiſe Mareſcot , petit fils
de Charles Bailly , Seigneur
du Sejour , Préfident des
Comptes ; & arriere petit fils
de Guillaume Bailly, Seigneur
de la Motte du Sejour, Conſeiller
du Roy en ſes Conſeils,
&d'honneur au Parlement de
Paris , au Grand Confeil &
autres Cours Souveraines de
France , Préſident en la Cham
bre des Comptes de Paris
Chancelier de Monſeigneur
le Duc d'Alençon; puis aprés
288 MERCURE
la mort de Magdelaine Harel
ſa femme, Abbé Commandataire
de l'Abbaye de Bourgücil
enAnjou , mort au mois
d'Avril 1582. & enterré dans
l'Eglife de cette Abbaye. La
famille de Bailly , l'une des
premieres de Paris , s'eſt alliéc
à celles de de Meſmes ,
Loyſel, de Bautru , de Vaffan,
de Bitault , de Bullion , & à la
Maiſon de Longueval. e
da
Meffire BenoistBidal,Baron
d'Asfeld,Maréchal des Camps
& Armées du Roy , mourut
le 29. du mois paſſé , âgé
de 57. ans , ne laiſſant qu'une
fille
GALANT. 289
fille de fon mariage , avec Anne
Pucelle , fille de feu Pierre
Pucelle , Premier Préſident au
Parlement de Grenoble , &
d'Anne Roujault , & petite
niece de feu M. le Maréchal
de Catinar. Mr d'Asfeld qui
vient de mourir , eſtoit frere
de François Bidal , dit le Che
valier d'Asfeld , Lieutenant
General des Armées du Roy,
& fils de Pierre Bidal , Baron
d'Asfeld , Reſident pour
Roy en baſſe Allemagne , &
de Catherine Baſtonneau.
Ic
Dame Marie-Anne de S.
Lerry de Bellegarde, veuve de
May 1715. Bb
2
290 MERCURE
Meffire Jean Antoine de Pardaillan
de Gondrin , Marquis
de Monteſpan , puis Duc de
Bellegarde par elle , Mantre
de la Garde robe du Roy ,
mourut le tri de ce mois , en
fa 94. année : elle eftoir fille
deCæfar Auguſte de S. Lary ,
Marquis de Termes , grand
Ecuyer de France , premier
Gentilhomme de la Chambre
du Roy, Maréchal de ſes
Camps & Armées , Chevalier
de ſes Ordres , & de CatherineChabot
de Mirebeau . M.
le Marquis de Monteſpan fon •
mary eſtoitgrand oncle deM.
GALANT. 291
1
Le Duc d'Antin. Voyez la
Genealogie de la Maiſon de S.
Larry, originaire deGascogne
dans l'Histoire des grands Officiers
de la Couronne par M.
du Fourny , au Chapitre des
Maréchaux , & des grands
Ecuyers de France. Pour celle
de Pardaillan que l'on croit
fortie de celle de Pardaillan au
Comté d'Armagnac , elle s'eſt
de tout temps alliée aux premieres
Maiſons du Royaume.
Meffire Claude Boſc, Seigneur
d'Ivry ſur Seine, Confeiller
d'Etat , & ancien Prevoſt
des Marchands , mourut
Bb ij
292 MERCURE
lers. de ce mois en ſa 74.
année , laiſſant de fon ma
riage avec Marie Catherine
Jacques Jean Baptiste Boſc
Procureur General de la Cour
des Aydes , marie à N.
de Gendre , foeur puinée de
Marguerite le Gendre, femme
d'AntoineCroſat, pere& me
re de Dame Marie- AnneCrofat,
femme de Loüsdela Tour
deBoüillon, Comte d'Evreux,
Colonel de la Cavaleric legere
de France. M. Boſc qui vient
de mourir eſtoit ifrere de
Claude &Marguerite Boſc
femme de feu Alexandre BonGALANT.
293
temps , premier Valet- de-
Chambre du Roy , pere de
M Bontemps, auffi à preſent
premier Valer -de- Chambre
du Roy , & il eſtoit fils de
Claude Boſc , premier Commis
du Trefor Royal , mort
en 1678. & de Marie Brof
fier.
Fermer
117
p. 293-298
Dons du Roy. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a donné la Charge de Conseiller d'Etat, vacante [...]
Mots clefs :
Dame, Marquis, Roi, Abbaye, Duc de Berry
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons du Roy. [titre d'après la table]
Le Roy a donné laCharge
de Conſeiller d'Etat , vacante
pat la mort de M. Bofe , àM.
dela Berchere de la Rochepor,
devantMaiſtre des Requê
tes del Hoſtel , Chancelier de
Monſeigneur leDuc de Berry,
&gendre de M. leChancelier,
Bb iij
294 MERCURE
Le mois s'avance & la matiere
me preſſe, c'eſt pourquoy
je ſuis d'avis dene plus preluder
juſqu'à la fin du Livre , &
de vous donner le reſte des
articles qui doivent ſervir à le
remplir , comme ils me tomberont
ſous la main ; ainſi je
vous annonce ſans preambule
que le 20. du mois paflé , le
Roy donna fur lapreſentation
deM. leDucd'Orleans , l'Ab
baye de Longpont Ordre de
Citeaux, Dioceſe de Soiffons ,
àM. de la Vergne Montenar
de Treffant Comte de Lyon ,
premier Aumônier de M. le
GALANT 295
Duc d'Orleans. Ce nouvel
Abbé eſt,neveu de Meſfire
Loüis de laVergne deTreffans
Evêque du Mans , & forty
d'une nobleſſe distinguée de
Languedoc.
L'Abbaye de Polengey
Ordre de S. Benoist , Diocele
deLangres à la Dame de Pezeux
, fortie de la Maiſon de
Pras ,en Franche Comté , &
niéce de feu M. le Maréchal
de Choiſeul.
L'Abbaye de Blefle , Ordre
de Citeaux , Dioceſe de S.
Flour , à la Dame de Chava .
.gnac , d'une nobleſſe diſtin-
Bb iiij
296 MERCURE
guée d'Auvergne..
L'Abbaye de Charenton
Ordre des. Benoist,Diocese de
Bourges à la Dame deMontgon
, de la Maiſon de Beauverger
, l'une des plus diſtinguées
de la Province d'Auver
gne par fon ancienneté& par
fes alliances.
Le Lundy 20. le Roy declara
qu'il avoit nommé qua.
tre Dames du Palais à Madame
la Ducheffe de Berry à qui il
avoit fait quitter le grand
deüil ſçavoir , Madame la
Marquiſe de Coëtenfao, femmedeM.
leMarquis de Coë
GALANT 297
tenfao , Chevalier d'Honneur
de cette Princeſſe , Lieutenant
Generaldes Armées du Roy.
Madame la Marquiſe de Bran
cas , femme de M. le Marquis
deBrancas , LieutenantGeneral
des Armées du Roy , Gouver
neur deGironne,Chevalier de
la Toiſon d'or & Ambaffadeur
en Eſpagne. Madame la
MarquisedeClermont,femme
M. le Marquis de Clermont ,.
Capitaine des Gardes du
Corps de feu Monſeigneur le
Duc de Berry. Et Madame la
Marquile de Pons, femme de
M. le Marquis de Pons Mar
298 MERCURE
tre de la Garderobe de feu
Monſeigneur leDuc de Berry.
de Conſeiller d'Etat , vacante
pat la mort de M. Bofe , àM.
dela Berchere de la Rochepor,
devantMaiſtre des Requê
tes del Hoſtel , Chancelier de
Monſeigneur leDuc de Berry,
&gendre de M. leChancelier,
Bb iij
294 MERCURE
Le mois s'avance & la matiere
me preſſe, c'eſt pourquoy
je ſuis d'avis dene plus preluder
juſqu'à la fin du Livre , &
de vous donner le reſte des
articles qui doivent ſervir à le
remplir , comme ils me tomberont
ſous la main ; ainſi je
vous annonce ſans preambule
que le 20. du mois paflé , le
Roy donna fur lapreſentation
deM. leDucd'Orleans , l'Ab
baye de Longpont Ordre de
Citeaux, Dioceſe de Soiffons ,
àM. de la Vergne Montenar
de Treffant Comte de Lyon ,
premier Aumônier de M. le
GALANT 295
Duc d'Orleans. Ce nouvel
Abbé eſt,neveu de Meſfire
Loüis de laVergne deTreffans
Evêque du Mans , & forty
d'une nobleſſe distinguée de
Languedoc.
L'Abbaye de Polengey
Ordre de S. Benoist , Diocele
deLangres à la Dame de Pezeux
, fortie de la Maiſon de
Pras ,en Franche Comté , &
niéce de feu M. le Maréchal
de Choiſeul.
L'Abbaye de Blefle , Ordre
de Citeaux , Dioceſe de S.
Flour , à la Dame de Chava .
.gnac , d'une nobleſſe diſtin-
Bb iiij
296 MERCURE
guée d'Auvergne..
L'Abbaye de Charenton
Ordre des. Benoist,Diocese de
Bourges à la Dame deMontgon
, de la Maiſon de Beauverger
, l'une des plus diſtinguées
de la Province d'Auver
gne par fon ancienneté& par
fes alliances.
Le Lundy 20. le Roy declara
qu'il avoit nommé qua.
tre Dames du Palais à Madame
la Ducheffe de Berry à qui il
avoit fait quitter le grand
deüil ſçavoir , Madame la
Marquiſe de Coëtenfao, femmedeM.
leMarquis de Coë
GALANT 297
tenfao , Chevalier d'Honneur
de cette Princeſſe , Lieutenant
Generaldes Armées du Roy.
Madame la Marquiſe de Bran
cas , femme de M. le Marquis
deBrancas , LieutenantGeneral
des Armées du Roy , Gouver
neur deGironne,Chevalier de
la Toiſon d'or & Ambaffadeur
en Eſpagne. Madame la
MarquisedeClermont,femme
M. le Marquis de Clermont ,.
Capitaine des Gardes du
Corps de feu Monſeigneur le
Duc de Berry. Et Madame la
Marquile de Pons, femme de
M. le Marquis de Pons Mar
298 MERCURE
tre de la Garderobe de feu
Monſeigneur leDuc de Berry.
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118
p. 196-215
Morts. [titre d'après la table]
Début :
Messire Jean-Baptiste Roüillé, Comte de Meslay le Vidame, ancien [...]
Mots clefs :
Fils, Paris, Dame, Armées du roi, Parlement de Paris, Marquise , Veuve, Seigneur, Femme, Marquis, Conseiller
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
Meffire Jean-Baptiste Roüil
4
GALANT. 197
1
lé , Comte de Meſlay le Vidame
, ancien Conſeiller au Parlement
de Paris , où il fut receu
le 28. Juillet 1679. mourut
en ſon Chaſteau de Meflay en
Beaucele... Mai , laiſſant un
fils unique fres-riche de fon
mariage avec fenë Dame Anne
1 Catherine de la Briffe morte
11 le 22 Février 1701. filled Armand
de la Be, Marquis de
| Ferrieres , Focureur General
au Parlement de Paris , & de
Marthe-Agnés Potier de Novion
ſa premiere femme. M.
de Meſlay eſtoit frere de feuë
Dame Marie- Anne Roüillé ,
Riij
198 MERCURE
femme de Meffire Charles-
Denis de Bullion , Marquis de
Gallardon , Prevoft de Paris ,
&Gouverneur des Provinces
du Maine , Perche & Comté
de Laval, mourusle 29. Sep.
tembre 1714 lamant entre
autres enfans M. le Marquis de
Fervacques , Madame la Ducheſſe
d'Uzés , & Madame la
Princefle de Tatmond, deDa
meMarguerite ThereseRoüillé
, femme de Meflire Jean-
Baptifte François ,Marquis de
Noailles , puis de feu Meffire
Jan Armand du Pleflis deWignerot,
Duc de Richelieu,Pair
CALANT. 199
1
de France , Chevalier des Ordres
du Roy ,& mere de Madame
la Ducheffe de Fronfac
d'à preſent , & de Dame Elifabeth
Roüillé , femme de Meffire
Etienne JeanBouchu,Mar--
quis de Leſſart, Conſeiller d'EdeMadame
laComi
tat , mere
teffe de Teflé , Grande d'Eſpagne
, belle fille de M. leMarêchal
de Teffé. Il eſtoit fils de
feuMeſſire JeanRoüillé,Comte
deMeſlay le Vidame , Confeiller
d'Etat ordinaire mort
en 1698. & de Dame Marie
de Comans d'Aftrie ſa veuve.
Il eſt peu de familles à Paris
Riny
LYON
*1893 *
E
200 MERCURE
plus étenduës & auffi bien alliées
que celle de Roüillé le
fieur Roüillé de la Grandcour
là preſent vivant ſans Charge
&fansêtremarié en eſt lechef,
&il a pour cadets M. Roüillé
de Meſlay, fils de celui qui a
donné lieu à cet article, M.
Roüillédu Coudray ,Confeiller
d'Etat ordinaire , & ci- devant
Directeur general des Finances
, & M. Roüillé de Marbeuf,
Préſident augrand.Conſeil,
fils de feu M. Roüillé de
Marbeuf , Ambaſſadeur Extraordinaire
en Portugal.
DameGabrielledeGaribal,
GALANT. 201
veuve de Meſſire Gabriël Niscolas
, Seigneur de la Reynie ,
du Trelaye&de Vicen Limoafin,
ancien Lieutenantgenetal
de Police à Paris , mort Doïen.
des Conſeillers d'Etat le 14.
Mai 17093 mourutle . Mai
&fut/enterrée auprés de fon
| -mari dans leCimetiere de ſaint
Joſeph dépendant de la Paroiffe
S. Eustache ,ſans aucune
ceremonic , comme elle l'avoit
ordonné. Elle a laiſſe entre autres
enfans Dame Gabrielle
Nicolasde la Reynic,mariée en
1700. avec Jean Loüis Habert
202 MERCURE
deMontmort, Maiſtredes Re
queſtes ordinaire de l'Hoſtel
du Roi , & Intendant des Galeres
à Marseille. Elle étoit fille
'de Jean de Garibal , Baron de
S. Sulpice, Maiſtre des Requê.
tes,& Préſident au grandConfeil
, &de Jeanne Berthier de
Montrave. La Famille de Garibal
étoit autrefois confiderable
dans Toulouſe , & elle eft
à preſent éteinte ; pour celle
deNicolas elle est originaire de
Limoges.
Meſſire Antoine de Montlezun,
Baron deBuſca, Lieute-
J
GALANT . 203
nant General des Armées du
Roy , & Gouverneur d'Aiguemortes
, mourut le 27 .
May , aprés plus de 70. années
de ſervice : il eſtoit fils de François
de Montlezun , Baron de
Busca en Condomois & de
Liances en Boulonois , & de
Marie de Tuſtal: il avoit époufé
Marie Magdelaine Hamar
femme de chambre de S. A. R.
Madame,& fille de Jean Hamar
Gentilhomme ordinaire
de Monfieur le Duc d'Orleans
& Marie Bourde premiere
Nourrice de Monfieur , &
204 MERCURE
premiereFemme deChambre
de Madame , & il en laiſſe entre
autres enfans M. l'Abbé
de Buſca Abbé de Longuilliers
: Meffieursde Bufca font
enpoſſeſſion depuis un temps
affez confiderable, deporter le
nom& les armes de laMaiſon
de Montlezun , l'une des plus
puiſſantes de la Guyenne , &
fortie ſelon le témoignage de
pluſieurs bons Auteurs, des
anciens Rois de Navarre. 10
M Jean Faure Baron de
Dampmart & de Brumieres ,
Conſeiller au Parlement de PaGALANT.
205
S
ris , où il avoit été reçû le 20.
Juin 1685. mourut le 1. Juin ; il
avoit épousé Françoiſe de la
Dehors d'une ancienne famille
de Paris, & il étoit fils de Loüis
Faure Baron de Dampmart &
de Brumieres auſſi Conſeiller
auParlement mort en 168 5.&
de Maric Heiffin,&petit fils de
Jean Faure Sicur deBrumieres,
chaufecire de laChancellerie
de France,& de Peronne Targer.
shahang
Dame Anne Voillaud ,Damede
Meaucede Barge&& des
Granges, Veuve deM. Jean206
MERCURE
Baptiste de Merigot , Cheval
lier des Ordres Royaux &Militaires
de Nôtre Dame de
Mont Carmel & de Saint Lazare
mourut le 3. Meſſicurs
de Merigot établis dans la
Marche & dans le Bourbonnois
font d'une Nobleſſe diftingués.
All this toob
DameAnne Neyret de laRavoye
, femme de Meſſire Loüis
duPleſſis - Chaſtillon Marquis,
dudit lieu & de Nonant , Colonel
auRegiment deProvence
& Brigadier des Armées du
Roi , mourut le s. agée de21 .
GALANT. 207.
ans , laiſſant un fils unique :
elle a eſté generalement regret.
tée , & fur tout de Madame la
Marquiſe de Nonant ſa belle
mere quia donné hautement
degrandes éloges aux diſpoſitions
qu'elle avoit faites par fon
- Teſtament en faveur de fes
domeſtiques ;quoiqu'il n'y cut
que trois ans qu'ils étoient à
ſon ſervice. Elle estoit ſoeur de
Madamela Marquiſe de Lanmary
, femme du Marquis de
- ce nom , Grand Echançon de
France , & de Mademoiſelle
de la Ravoye mariée depuis
peu avec M'le Coigneux de
208 MERCURE
ai-
Belarbre Colonel d'un Regiment
de fon nom . La Mai
fon du Pleſſis Chaſtillonde laquelle
fort M' le Marquis du
Pleſſis Chaſtillon eſt originairedu
Mans, oùeſt ſituée la terre
de ce nom , & elle eſt du
nombre de celles qui ſans être
decoréed'aucunegrande charge
ne laiſſent pas par leur ancienneté
& leurs alliances d'ê .
tres miſes dans un rang confiderable.
Madame la Marquiſe de
Nonant ſa Mere eſt de la famille
de Fradet une des plus riches
&d spremieres delaVil-
2
Ic
GALANT. 209
1
コ
i
1
le de Bourgesen Berry , &par
le mariage que Jean Fradet ſon
pere Seigneur de S. Aouft Lieutenant
General de l'Artilleric
de France , cut l'honneur de
contracter avec Jeanne Maric
de S. Gelais , dite de Luzignan,
de l'ancienne Maiſonde S. Ge
lais en Poitou , elle a l'honneur
de même que Monfieur
fon fils d'être alliée à tout
Ice qu'il y a de grand &de plus
bbrriillllaanntt àlaCour.
Dame Deniſe Renée de la
Croix Veuve de Meffire Arnous
Marin , Seigneur de la
Chafteigneraye premier Prefi
Juin 1715. S
210 MERCURE
dent au Parlement de Provence
mort le 20. Avril 1699 .
mourut le 15. clle étoir fille de
Pierre de la Croix , Secretaire
du Roy & Receveur General
desFinances à Paris & de Jeanne
Guyon. Feu M². Marin fon
fon mary , avoit épousé en
premieres nocesDame.
de Fourbin , fille de Meſſire
•
Henry de Maynier de Fourbin
Baron d'Oppede , Premier
PrefidentaauuPPaarrlleemmeennttde Provence
& de Dame Marie
Thereſe de Pontevez ; & il en
avoir eu entre autres enfans le
د
S'.Matinde laChafteigneraye,
•
GALANT. 211
L
à preſent ſous Brigadier de la
premiere Compagnie des
Mouſquetaires & Chevalier
de l'Ordre Militaire de Saint
Loüis : il eſtoit fils de Denis
Marin St. de laChateigneraye
de Moulleron& d'Antigni , Intendant
des Finances & Confeiller
d'Etat ordinaire , mort
en 1678. il étoit natifd'Auxonne
en Bourgogne , & le
premierde ſa famille.
Meffire François de NefmondEvêque
de Bayeux, Ab
bédeS Pierre deChezy ,Prieur
rut le
de la Voute & de Rully , moude
ce mois , il avoir
Sij
212 MERCURE
eſté nommé à cet Evêché dés
l'an 1661. & eſtoit frere de
feu Guillaume de Neſmond
Seigneur de S. Dizan Preſident
àMortier au Parlementde Paris
, mort ſans enfans de Marguerite
de Beauharnois , &de
Henry de Neſmond Seigneur
de S. Dizan Maiſtre des Requeſtes
mort auſſi ſans enfans
de Catherine Boucherat ſa
femme , fille de Loüis Boucherat
mort Chancelier de
France. Ils eſtoient tous trois
fils de François Theodore de
Neſmond Seigneur de S. Di
zan Preſident à Mortier au
GALANT . 213
Parlement de Paris , & d'Anlement
d
ne de Lamoignon , petits fils
d'AndrédeNefmondSeigneur
deS. Dizan premier Preſident
au Parlement de Bordeaux ,&
arriere petit fils de François
de Neſmond pourvû d'un
Office de Prefident à Mortier
au Parlement de Bordeaux le
27. Aouſt 1572. roceolhoo
Feu M. l'Evêque de Bayeux
étoit oncle à la mode de Bre
ragne ,de Dame Marie Loüife
Catherine de Neſmond veuve
depuis peu de Meffire Louis
François d'Harcourt Comte
deSezanne, LieutenantGene**
4 MERCURE
ral des Armées du Roy &
Chevalier de la Toiſon d'or
frere puiſné de Mole Maréchal
Ducd'Harcourt, fille d'André
deNeſmond , fi connu fous
le nom du Marquis de Nefmond
Lieutenant General des
Armées Navalles , & Com.
mandeur de l'Ordre Militaire
de S. Louis.
La Famille de Neſmond
eſt originairede la Ville d'An
gouleſme , où elle ſubſiſte encore
dans les Seigneurs des
Etangs , de la Paignerie , & de
Brie-Neſmond , & outre les
alliances qu'elle a faites à Paris
1
GALANT. 215
$
S$
avec les familles de Lamoi
gnon &deBoucherat , elle en
a priſes dans l'Angoumois
avec les Maiſons de Rochechouart
de Voluire , de Lambertre
, de Chaſtaigner , &
dans celles de Montalambert,
de Caumont , Dadou , de la
Chetardie , & de Beaumont
Gibaut , &c.
4
GALANT. 197
1
lé , Comte de Meſlay le Vidame
, ancien Conſeiller au Parlement
de Paris , où il fut receu
le 28. Juillet 1679. mourut
en ſon Chaſteau de Meflay en
Beaucele... Mai , laiſſant un
fils unique fres-riche de fon
mariage avec fenë Dame Anne
1 Catherine de la Briffe morte
11 le 22 Février 1701. filled Armand
de la Be, Marquis de
| Ferrieres , Focureur General
au Parlement de Paris , & de
Marthe-Agnés Potier de Novion
ſa premiere femme. M.
de Meſlay eſtoit frere de feuë
Dame Marie- Anne Roüillé ,
Riij
198 MERCURE
femme de Meffire Charles-
Denis de Bullion , Marquis de
Gallardon , Prevoft de Paris ,
&Gouverneur des Provinces
du Maine , Perche & Comté
de Laval, mourusle 29. Sep.
tembre 1714 lamant entre
autres enfans M. le Marquis de
Fervacques , Madame la Ducheſſe
d'Uzés , & Madame la
Princefle de Tatmond, deDa
meMarguerite ThereseRoüillé
, femme de Meflire Jean-
Baptifte François ,Marquis de
Noailles , puis de feu Meffire
Jan Armand du Pleflis deWignerot,
Duc de Richelieu,Pair
CALANT. 199
1
de France , Chevalier des Ordres
du Roy ,& mere de Madame
la Ducheffe de Fronfac
d'à preſent , & de Dame Elifabeth
Roüillé , femme de Meffire
Etienne JeanBouchu,Mar--
quis de Leſſart, Conſeiller d'EdeMadame
laComi
tat , mere
teffe de Teflé , Grande d'Eſpagne
, belle fille de M. leMarêchal
de Teffé. Il eſtoit fils de
feuMeſſire JeanRoüillé,Comte
deMeſlay le Vidame , Confeiller
d'Etat ordinaire mort
en 1698. & de Dame Marie
de Comans d'Aftrie ſa veuve.
Il eſt peu de familles à Paris
Riny
LYON
*1893 *
E
200 MERCURE
plus étenduës & auffi bien alliées
que celle de Roüillé le
fieur Roüillé de la Grandcour
là preſent vivant ſans Charge
&fansêtremarié en eſt lechef,
&il a pour cadets M. Roüillé
de Meſlay, fils de celui qui a
donné lieu à cet article, M.
Roüillédu Coudray ,Confeiller
d'Etat ordinaire , & ci- devant
Directeur general des Finances
, & M. Roüillé de Marbeuf,
Préſident augrand.Conſeil,
fils de feu M. Roüillé de
Marbeuf , Ambaſſadeur Extraordinaire
en Portugal.
DameGabrielledeGaribal,
GALANT. 201
veuve de Meſſire Gabriël Niscolas
, Seigneur de la Reynie ,
du Trelaye&de Vicen Limoafin,
ancien Lieutenantgenetal
de Police à Paris , mort Doïen.
des Conſeillers d'Etat le 14.
Mai 17093 mourutle . Mai
&fut/enterrée auprés de fon
| -mari dans leCimetiere de ſaint
Joſeph dépendant de la Paroiffe
S. Eustache ,ſans aucune
ceremonic , comme elle l'avoit
ordonné. Elle a laiſſe entre autres
enfans Dame Gabrielle
Nicolasde la Reynic,mariée en
1700. avec Jean Loüis Habert
202 MERCURE
deMontmort, Maiſtredes Re
queſtes ordinaire de l'Hoſtel
du Roi , & Intendant des Galeres
à Marseille. Elle étoit fille
'de Jean de Garibal , Baron de
S. Sulpice, Maiſtre des Requê.
tes,& Préſident au grandConfeil
, &de Jeanne Berthier de
Montrave. La Famille de Garibal
étoit autrefois confiderable
dans Toulouſe , & elle eft
à preſent éteinte ; pour celle
deNicolas elle est originaire de
Limoges.
Meſſire Antoine de Montlezun,
Baron deBuſca, Lieute-
J
GALANT . 203
nant General des Armées du
Roy , & Gouverneur d'Aiguemortes
, mourut le 27 .
May , aprés plus de 70. années
de ſervice : il eſtoit fils de François
de Montlezun , Baron de
Busca en Condomois & de
Liances en Boulonois , & de
Marie de Tuſtal: il avoit époufé
Marie Magdelaine Hamar
femme de chambre de S. A. R.
Madame,& fille de Jean Hamar
Gentilhomme ordinaire
de Monfieur le Duc d'Orleans
& Marie Bourde premiere
Nourrice de Monfieur , &
204 MERCURE
premiereFemme deChambre
de Madame , & il en laiſſe entre
autres enfans M. l'Abbé
de Buſca Abbé de Longuilliers
: Meffieursde Bufca font
enpoſſeſſion depuis un temps
affez confiderable, deporter le
nom& les armes de laMaiſon
de Montlezun , l'une des plus
puiſſantes de la Guyenne , &
fortie ſelon le témoignage de
pluſieurs bons Auteurs, des
anciens Rois de Navarre. 10
M Jean Faure Baron de
Dampmart & de Brumieres ,
Conſeiller au Parlement de PaGALANT.
205
S
ris , où il avoit été reçû le 20.
Juin 1685. mourut le 1. Juin ; il
avoit épousé Françoiſe de la
Dehors d'une ancienne famille
de Paris, & il étoit fils de Loüis
Faure Baron de Dampmart &
de Brumieres auſſi Conſeiller
auParlement mort en 168 5.&
de Maric Heiffin,&petit fils de
Jean Faure Sicur deBrumieres,
chaufecire de laChancellerie
de France,& de Peronne Targer.
shahang
Dame Anne Voillaud ,Damede
Meaucede Barge&& des
Granges, Veuve deM. Jean206
MERCURE
Baptiste de Merigot , Cheval
lier des Ordres Royaux &Militaires
de Nôtre Dame de
Mont Carmel & de Saint Lazare
mourut le 3. Meſſicurs
de Merigot établis dans la
Marche & dans le Bourbonnois
font d'une Nobleſſe diftingués.
All this toob
DameAnne Neyret de laRavoye
, femme de Meſſire Loüis
duPleſſis - Chaſtillon Marquis,
dudit lieu & de Nonant , Colonel
auRegiment deProvence
& Brigadier des Armées du
Roi , mourut le s. agée de21 .
GALANT. 207.
ans , laiſſant un fils unique :
elle a eſté generalement regret.
tée , & fur tout de Madame la
Marquiſe de Nonant ſa belle
mere quia donné hautement
degrandes éloges aux diſpoſitions
qu'elle avoit faites par fon
- Teſtament en faveur de fes
domeſtiques ;quoiqu'il n'y cut
que trois ans qu'ils étoient à
ſon ſervice. Elle estoit ſoeur de
Madamela Marquiſe de Lanmary
, femme du Marquis de
- ce nom , Grand Echançon de
France , & de Mademoiſelle
de la Ravoye mariée depuis
peu avec M'le Coigneux de
208 MERCURE
ai-
Belarbre Colonel d'un Regiment
de fon nom . La Mai
fon du Pleſſis Chaſtillonde laquelle
fort M' le Marquis du
Pleſſis Chaſtillon eſt originairedu
Mans, oùeſt ſituée la terre
de ce nom , & elle eſt du
nombre de celles qui ſans être
decoréed'aucunegrande charge
ne laiſſent pas par leur ancienneté
& leurs alliances d'ê .
tres miſes dans un rang confiderable.
Madame la Marquiſe de
Nonant ſa Mere eſt de la famille
de Fradet une des plus riches
&d spremieres delaVil-
2
Ic
GALANT. 209
1
コ
i
1
le de Bourgesen Berry , &par
le mariage que Jean Fradet ſon
pere Seigneur de S. Aouft Lieutenant
General de l'Artilleric
de France , cut l'honneur de
contracter avec Jeanne Maric
de S. Gelais , dite de Luzignan,
de l'ancienne Maiſonde S. Ge
lais en Poitou , elle a l'honneur
de même que Monfieur
fon fils d'être alliée à tout
Ice qu'il y a de grand &de plus
bbrriillllaanntt àlaCour.
Dame Deniſe Renée de la
Croix Veuve de Meffire Arnous
Marin , Seigneur de la
Chafteigneraye premier Prefi
Juin 1715. S
210 MERCURE
dent au Parlement de Provence
mort le 20. Avril 1699 .
mourut le 15. clle étoir fille de
Pierre de la Croix , Secretaire
du Roy & Receveur General
desFinances à Paris & de Jeanne
Guyon. Feu M². Marin fon
fon mary , avoit épousé en
premieres nocesDame.
de Fourbin , fille de Meſſire
•
Henry de Maynier de Fourbin
Baron d'Oppede , Premier
PrefidentaauuPPaarrlleemmeennttde Provence
& de Dame Marie
Thereſe de Pontevez ; & il en
avoir eu entre autres enfans le
د
S'.Matinde laChafteigneraye,
•
GALANT. 211
L
à preſent ſous Brigadier de la
premiere Compagnie des
Mouſquetaires & Chevalier
de l'Ordre Militaire de Saint
Loüis : il eſtoit fils de Denis
Marin St. de laChateigneraye
de Moulleron& d'Antigni , Intendant
des Finances & Confeiller
d'Etat ordinaire , mort
en 1678. il étoit natifd'Auxonne
en Bourgogne , & le
premierde ſa famille.
Meffire François de NefmondEvêque
de Bayeux, Ab
bédeS Pierre deChezy ,Prieur
rut le
de la Voute & de Rully , moude
ce mois , il avoir
Sij
212 MERCURE
eſté nommé à cet Evêché dés
l'an 1661. & eſtoit frere de
feu Guillaume de Neſmond
Seigneur de S. Dizan Preſident
àMortier au Parlementde Paris
, mort ſans enfans de Marguerite
de Beauharnois , &de
Henry de Neſmond Seigneur
de S. Dizan Maiſtre des Requeſtes
mort auſſi ſans enfans
de Catherine Boucherat ſa
femme , fille de Loüis Boucherat
mort Chancelier de
France. Ils eſtoient tous trois
fils de François Theodore de
Neſmond Seigneur de S. Di
zan Preſident à Mortier au
GALANT . 213
Parlement de Paris , & d'Anlement
d
ne de Lamoignon , petits fils
d'AndrédeNefmondSeigneur
deS. Dizan premier Preſident
au Parlement de Bordeaux ,&
arriere petit fils de François
de Neſmond pourvû d'un
Office de Prefident à Mortier
au Parlement de Bordeaux le
27. Aouſt 1572. roceolhoo
Feu M. l'Evêque de Bayeux
étoit oncle à la mode de Bre
ragne ,de Dame Marie Loüife
Catherine de Neſmond veuve
depuis peu de Meffire Louis
François d'Harcourt Comte
deSezanne, LieutenantGene**
4 MERCURE
ral des Armées du Roy &
Chevalier de la Toiſon d'or
frere puiſné de Mole Maréchal
Ducd'Harcourt, fille d'André
deNeſmond , fi connu fous
le nom du Marquis de Nefmond
Lieutenant General des
Armées Navalles , & Com.
mandeur de l'Ordre Militaire
de S. Louis.
La Famille de Neſmond
eſt originairede la Ville d'An
gouleſme , où elle ſubſiſte encore
dans les Seigneurs des
Etangs , de la Paignerie , & de
Brie-Neſmond , & outre les
alliances qu'elle a faites à Paris
1
GALANT. 215
$
S$
avec les familles de Lamoi
gnon &deBoucherat , elle en
a priſes dans l'Angoumois
avec les Maiſons de Rochechouart
de Voluire , de Lambertre
, de Chaſtaigner , &
dans celles de Montalambert,
de Caumont , Dadou , de la
Chetardie , & de Beaumont
Gibaut , &c.
Fermer
119
p. 217-224
Mariages. [titre d'après la table]
Début :
Messire Loüis Alexandre de Crussol, Comte de Montsalez a épousé [...]
Mots clefs :
Marquis, Roi, Chevalier, Dame, Seigneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariages. [titre d'après la table]
Meffire Loüis Alexandrede
Cruflol , Comte de Montſalez
a époufé Damoiſelle N.
de Gouvernet , de la Maiſon
de la Tour de Dauphiné. L'époux
eft fils d'Emmanuel de
Cruffol , Marquis de Montſalez
& de Magdelaine de Fouquet
, fille de feu M. Fouquet ,
Sur Intendant des Finances ,&
de N..... Caſtille , petit- fils
d'Alexandre de Crufſol , & de
N.... Deſcars Merville , arriere
petit fils d'Emmanuël de
Cruſſol Duc d'Uzés , Premier
Juin 1715 . T
218 ) MERCURE
Pair de France , & de Claude
Hebrard de S. Sulpice, Jay
parlé de cette Maiſon le mois
paffé , au ſujet du mariage de
M. le Marquisde S. Sulpice. Il
y a déja cu neuf Ducs & Pairs
du nom de Cruffol . Les Ducs
d'Uzés ont l'avantage de marcher
les premiers dans toutes
les ceremonies aprés lesPrinces
du Sang. LaDemoiselle ett fille
Ide,Nubala Tour du Pin ,
Marquis deGouvernet enDauphine
, & de Senevions en
Quercy; & de N. la Roche-
Jart qui a l'honneur d'appartenit
à Madame de Maintenon .
T
GALANT. 219
(
La Maiſon de la Tour eſt une
des plus anciennes & des plus
illuftres duRoyaume. Le mariage
s'eft fait au Château de
Senevions , qui eſt un ancien
Marquiſat prés du Marquiſat
de Montſalez , Dioceſende
-Cahors gearevelano risub
M. le Marquis d'Heudicourt,
Meſtre de Camp d'un
Regiment deCavalerie ,&Bri-
⚫gadier des Armées du Roy, fils
de Michel Sublet , Marquis
d'Heudicourt,MeſtredeCamp
d'un Regiment deCavaleric ,
&grand Louvetier de France ,
&de Bonne de Pons ,de l'illuf-
Tij
220 MERCURE
le
tre Maiſon de Pons , a épousé
May ..... de Hautefort
, Damoiſelle de Surville,
fille de Meffire Loüis Charles
de Hautefort, Marquis deSurville
, Lieutenant general des
Armées du Roy , & de Dame
Anne Loüife de Crevant d'Hu.
mieres , fille puînée de Loüis de
Crevant , Duc d'Humieres ,
Marechal & grand Maître de
l'Artillerie de France , Capitaine
des CentGentilshommes
de la Maiſon du Roy , Chevalier
de ſes Ordres , Lieutenant
general pour S. M. de la Province
de Flandres ; &de Dame
d
GALANT. 221
1
Loüiſe Antoinette de la Chatre.
La Maiſon de Hautefort
dont eſt la nouvelle mariée,eft
unç des plus anciennes du
Royaume. Elle prend ſonnom
de la Terre de Hautefort en
Perigord , & elle s'eſt de tour
tems alliée aux plus grandes
Maiſons , comme Comborn ,
la Tour d'Auvergne , Chabannes,
Bonneval, Eſcars , Aubuſſon,
du Bellay, Schomberg,
Choiſeul , Pompadour , Laval,
Crevant , S. Notaire , &c.
Pour la famille de Sublet dont
A
eſt Male Marquis d'Heudicourt
, elle eſt originaire de la
Tiij
MERCURE
Ville de Blois , & elle s'eſt alliée
aux Maiſons dePons,de
Roncherolles, deLenoncourt,
de Beauverger Montgon ,&
aux familles deBochartCham
pigny , le Picart de Perigny ,
Horault de S. Dans leBret
deFlacourry& wo& sh mang
isMemné ob wirede Beryg
Chevalier Seigneur d'Effer
teaux, fils de Mare Philippes
de Bery , Chevalier Seigneur
d'Efforteaux , & Magdelaine
Ancelin, fille d'Eſtienne Anco
lin , & de Perrette da Four,
nourrice des Enfansde France,
avépousé lode abDemoiselle
GALANDO 2.2.3
1
-It froes Moret de Bournon
ville, fille de Louis Morer
Seigneur de Bournonville,cy
devant Colonel du Colonel
General des Dragrons de France,
& deCatherine Durer, petite
fille de Lotüis Moret , Seit
gneur de Bournonville , Fer
mier General , & de Magdelaine
Berbier du Metz , arriere
petite fille de Nicolas Moret
Secretaite du Roy , Maiſtre
d'Hoſtel ordinaire de Sa Ma
jeſté, mort le 6. Aouſt 1646.
& niece de feuë Dame Anne
Thereſe Moret ,femme deMr
le Comte de Chaſtillon , cy
Tiiij
224 MERCURE
devant premier Gentil homme
de la Chambre de S. A. R. M.
Ic.Dus d'Orleansongge,amab
Le nouveau marié eft frere
de Marie Thereſe demBery
d'Efferteaux , femme de Me
Chopin, Chevalier duGuet de
In Ville de Paris , & la famille
dont il eſt forti , eſt originai
re de Picardie , où elle est cons
nuë depuis plus de 200. ans,
qu'elle y poſſede la Terred'El
ferteaux , & elle s'eſt alliée aux
Maiſons de Saveuſe deBroülly,
&c.
Cruflol , Comte de Montſalez
a époufé Damoiſelle N.
de Gouvernet , de la Maiſon
de la Tour de Dauphiné. L'époux
eft fils d'Emmanuel de
Cruffol , Marquis de Montſalez
& de Magdelaine de Fouquet
, fille de feu M. Fouquet ,
Sur Intendant des Finances ,&
de N..... Caſtille , petit- fils
d'Alexandre de Crufſol , & de
N.... Deſcars Merville , arriere
petit fils d'Emmanuël de
Cruſſol Duc d'Uzés , Premier
Juin 1715 . T
218 ) MERCURE
Pair de France , & de Claude
Hebrard de S. Sulpice, Jay
parlé de cette Maiſon le mois
paffé , au ſujet du mariage de
M. le Marquisde S. Sulpice. Il
y a déja cu neuf Ducs & Pairs
du nom de Cruffol . Les Ducs
d'Uzés ont l'avantage de marcher
les premiers dans toutes
les ceremonies aprés lesPrinces
du Sang. LaDemoiselle ett fille
Ide,Nubala Tour du Pin ,
Marquis deGouvernet enDauphine
, & de Senevions en
Quercy; & de N. la Roche-
Jart qui a l'honneur d'appartenit
à Madame de Maintenon .
T
GALANT. 219
(
La Maiſon de la Tour eſt une
des plus anciennes & des plus
illuftres duRoyaume. Le mariage
s'eft fait au Château de
Senevions , qui eſt un ancien
Marquiſat prés du Marquiſat
de Montſalez , Dioceſende
-Cahors gearevelano risub
M. le Marquis d'Heudicourt,
Meſtre de Camp d'un
Regiment deCavalerie ,&Bri-
⚫gadier des Armées du Roy, fils
de Michel Sublet , Marquis
d'Heudicourt,MeſtredeCamp
d'un Regiment deCavaleric ,
&grand Louvetier de France ,
&de Bonne de Pons ,de l'illuf-
Tij
220 MERCURE
le
tre Maiſon de Pons , a épousé
May ..... de Hautefort
, Damoiſelle de Surville,
fille de Meffire Loüis Charles
de Hautefort, Marquis deSurville
, Lieutenant general des
Armées du Roy , & de Dame
Anne Loüife de Crevant d'Hu.
mieres , fille puînée de Loüis de
Crevant , Duc d'Humieres ,
Marechal & grand Maître de
l'Artillerie de France , Capitaine
des CentGentilshommes
de la Maiſon du Roy , Chevalier
de ſes Ordres , Lieutenant
general pour S. M. de la Province
de Flandres ; &de Dame
d
GALANT. 221
1
Loüiſe Antoinette de la Chatre.
La Maiſon de Hautefort
dont eſt la nouvelle mariée,eft
unç des plus anciennes du
Royaume. Elle prend ſonnom
de la Terre de Hautefort en
Perigord , & elle s'eſt de tour
tems alliée aux plus grandes
Maiſons , comme Comborn ,
la Tour d'Auvergne , Chabannes,
Bonneval, Eſcars , Aubuſſon,
du Bellay, Schomberg,
Choiſeul , Pompadour , Laval,
Crevant , S. Notaire , &c.
Pour la famille de Sublet dont
A
eſt Male Marquis d'Heudicourt
, elle eſt originaire de la
Tiij
MERCURE
Ville de Blois , & elle s'eſt alliée
aux Maiſons dePons,de
Roncherolles, deLenoncourt,
de Beauverger Montgon ,&
aux familles deBochartCham
pigny , le Picart de Perigny ,
Horault de S. Dans leBret
deFlacourry& wo& sh mang
isMemné ob wirede Beryg
Chevalier Seigneur d'Effer
teaux, fils de Mare Philippes
de Bery , Chevalier Seigneur
d'Efforteaux , & Magdelaine
Ancelin, fille d'Eſtienne Anco
lin , & de Perrette da Four,
nourrice des Enfansde France,
avépousé lode abDemoiselle
GALANDO 2.2.3
1
-It froes Moret de Bournon
ville, fille de Louis Morer
Seigneur de Bournonville,cy
devant Colonel du Colonel
General des Dragrons de France,
& deCatherine Durer, petite
fille de Lotüis Moret , Seit
gneur de Bournonville , Fer
mier General , & de Magdelaine
Berbier du Metz , arriere
petite fille de Nicolas Moret
Secretaite du Roy , Maiſtre
d'Hoſtel ordinaire de Sa Ma
jeſté, mort le 6. Aouſt 1646.
& niece de feuë Dame Anne
Thereſe Moret ,femme deMr
le Comte de Chaſtillon , cy
Tiiij
224 MERCURE
devant premier Gentil homme
de la Chambre de S. A. R. M.
Ic.Dus d'Orleansongge,amab
Le nouveau marié eft frere
de Marie Thereſe demBery
d'Efferteaux , femme de Me
Chopin, Chevalier duGuet de
In Ville de Paris , & la famille
dont il eſt forti , eſt originai
re de Picardie , où elle est cons
nuë depuis plus de 200. ans,
qu'elle y poſſede la Terred'El
ferteaux , & elle s'eſt alliée aux
Maiſons de Saveuſe deBroülly,
&c.
Fermer
120
p. 8-49
Lettre d'un Gentilhomme Piémontois, à l'Auteur du Mercure Galant.
Début :
Trouvez bon, Monsieur, qu'en retour de ces nouvelles écrites [...]
Mots clefs :
Prince, Ambassadeur, Roi, Marquis, Gentilshommes, Ministre, Carosse, Princes, Prince du Piémont, Honneur, Audience, Palais, Armes, Dame, Comte, Maître des cérémonies, Chevaux, Turin, Gouverneur, Sang, Ambassadrice, Ministre, Reine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre d'un Gentilhomme Piémontois, à l'Auteur du Mercure Galant.
Lettre d'unGentilhomme
Piémoncoisjà l'Auteur
du Mercure Galant. -:,
Trouvezbon
,
Monsieur ,
cjuen retour de ces nouvelles
écritesavec tant d'agrément
,
~gr dont vous nous rt'gale"o\, tous
les mois ,je vousfejjt part de ce
qui vient de fepajjerà nosjeux
dans la Capitale du Piémont;
je v&txparkr de.Fenaéed&^Mï
4lrquis de Prie, jémbajfii-
>ieur duRoy Tres- Chrestien auïjrréï
du Roy de Sicile, notre Souiverain
, & de la premitre
diense publiéeque ce Princea
-
donnée à ce Ministre,
-
L'onziémede ce mois jourJeftinépour
l'Entréedel'Ambassa-
Jtur-de F"lc'nce" ce Seigneurenvoyadésle
matinsescarrosses &
sa tivre": à la cense du Tresorier
Ferrero
,
éloignéedeTurind'env
ironunedemie lieuësituéesur le
grand chemin de Rivoles, d'où
ildevoit commencersamarche.
L'Ambassadeur s'y rendit
incognito sur les deux heutts
&demie aprèsmidy. Ungrand
nombre de personnes de qualité
malgré la pluye qui suivant ,
s'étoit avancé en carrosses jujl
qu'à cette cense, pourvoirlecommencement
de la marche. J'étoit
du nombre cm j'observay avec
":/f'{ de soin tout ce qui se passi)
pour pouvoir me' flatter de vous
enenvoyer unerelationexacte.
Nous vîmes arriver d'abord
un grand nombre de carrojjes asîx
chevaux
,
à la tête deje^uels
étoient les carrosses du Roy
,
dela
Reine
,
de Madame Royale, de
M. le Prince de Piémont, des
Princes de la Aiaijon de Cartgnanceux
de l'Ambassadeur.
Ce Ministre fut complimenté en
même temps de la part des Princes
,
des Princesses, des Ministres
, (si desprincipaux Seigneurs
de cette Cour, auxquels il avait
donnépart de son arrivée ~(y* du
jourdeson entrée.
• A quatre heures & demie,
arriva le Marquis de Carail
Gouverneur de Turin
,
l'un des
anciens Chevaliers de l'O dre de
l'Annonciade
, & nommé parle
Roy pouraccompagnerl*Amb*f$adeurd;
Franceyajon Entrée éi à
son Audiance; il étoit dans le
carrosse du Corps,&ilji avoit
dansle mêmecarrosseleMarquis
Dangrone,Maître des CeremO*f'
nies,ou Introducteur de, Ambajpt*
deurs, quatre Valet de pied du
Roy marchoientà coté desportéeles
3
le carrossede laReine suivoit
celuy du Roy
,
le Comte
Verdire qui faisoit la fonction
de Sous Introducteur,était dans
cefcend carrojje; ces Mclfieurs,
arrivant trouvèrentunenombreux
se&magniifquelivrée de t'Am-.
baBidiur
, ~e ils furent reçus
à la descente deson carosseparla
samilianobile; c'est- à-direpar
lesEcuyers,les Gentilshommes.,
les Sertiaires. & lesprincipaux
Officiers de la Maison de l'Am..
bassadeur.
CeMinistre receut le Marqui»s
deCarail à la moitié du vefiibule>
ille conduisit dans sonAppartement
qui étoit à rez de chaujJér
& en entrant,comme il étoit censé
estre danssamaison
,
il lui donna
le pas & la main yf>ry appris
qu'ilyavoit danscette chambre
trois chaises égales
, que le Marquis
de Carailse plaça sur la premiere
, l'Ambassadeur surune
autre, dans lamême ligne cm, le
Maître des Cérémonies sur la
troisiéme, mais qui étoit un peu
reculée ; ils nefurent qu'un moment
dans cet appartement, &
après les Complimensordinaires,
ils en sortirent pour monter en
carroBe: j'observay qu'ensortant
le Marquis de Carail donna le
pas ~ey la main à l'Ambassadeur:
ce Ministre monta lepremier dans
le carosse du Corps, ilse mit dans
le fond à la droite )& à la premiereplace
,le Marquis lesuivit
&se mitsurlemêmefondàsa
gauche, & à la seconde place,
leMaistre des Ceremoniessemit
surlesécondfond,àlatroisieme
place cm vis-à vis tArnbajJadeur,
~& le Comte de Buciloccupa
3la quatrième ~& vis-à-vis du
Marquis de Carail.
LI'$ Gentilshommes de l'Amhajjadeur
ses Secrétaires
,
son
Aumosnier Ë7 les principaux
Officiers desamaisons placerent
dansles carojjes de la Reine,de
MadameRoyale du Prince
de Piémont, ~e la marche commença
dans l'ordresuivant.
On vit d'abord le carrojje du
Marquis de Carail
, qui étoit
charge,comme j'ay eu l'honneur
de vous dire, de la conduite de
UmbaJJadeur:venaient enfuite
dix. huit Valets de pied de ce Ministre.
,
qui marchaient à pied
deuxàJeux
,
f*ijôkntunetrésgrandefile,
cette livréeétoitparse
detous lesplus riches ajustemens
~&qui pouvoient donnerplusd'éclat
dans unepareille Ceremonie.
Un des Ecuyers de i'.Ambalfi.
deurveslu magnifiquement&fur
untrès beau cheval dont le bar.
nois étoit riche
,
paroijjoitala
têtedesixPages iaujjtàcheval,
{ouverts de'la livréede .t¿mbaBadeur,
quiétoit hhàuffé.e°'&
toute couverte de galons d'or. Ils
Imarcb.ok-mtemtnt,,devâyt
letarrejjs dft Corps
,
dans
lequel (tditdeur ,
les
carrosses de laReine, de Adadame
Repaie yi(l#.J?ïmedePktmoiu ~er
~& trois autres des Princes du
Sang , suivoientlecarrosse dll,
C9lfs je remarquay que ceux du
Prince de Piémont, (if des Princes
de Carignan,étoient drapr:(
, ctlui du Prince de Piemond avoit
des clous, ~& les autressans clous;
le carrosse du Marquis de S.Thomaspremier
Ministre ~& Secretaire
d'Etatpour les affaires étrangeres,
marchoit immédiatement
après ceux des Princes du Sang.
A quelque distance
, on vit
paroistre le Suisse de l'Ambassadeur
à cheval quiprecedoit les
carrosses de son Maistre ,les uns
attelezde huit ~& les autres desix
chevaux,tous richement barnachez;
ces carrossès étoient ornez
tantpour la sculpture,peinture,
dorute, & broderie
,
de tout ce
que l'Art avoit pû imaginer de
plus beau, de plus riche
, & de
plusrehercbé ,ils étoient suivis
d'un grandnombred'autrescarrosses
à six chevaux,que les Ministres&
lesprincipauxSeigneurs
delaCouravoientenvoyezpour
grossir le cortege de l' AmAaSâdeur.
Enarrivant à la Porte SusinnrJ
la Gardepresenta les Armes,
les Officiers àla tête saluërent du
chapeau
, & les Tambours battirent
aux champs, on entra dans
la Ville par la ruë de la grande
d'Oire, d'où on se rendit au Palais
de l' Ambassadeur,par la Place
S. Charles. Les ruës & les
placesymalgré la pluye
,
étoient
remplies d'un concours extraordinaire
de peuple que la curiosité
y avoit attzre ; & on voyoit
aux fenestres des maisons qui
étoient sur le passage
, un grand
nombre de Seigneurs& de Dames
que la mesme raisony anoit
conduits.
L*Ambafjadeurétant arrivé
enson Hôtel descendit de carrosse
accompagné du Marquis de Ca
rail qui le conduisit dansson ap
partement ,
l'Ambassadeur lui
donna le pas&la main ils étoient
précédé parle Maistre des Cere
montes, &parle Sous.Introducteur
qui marchoient immédiatement
devant eux ,
ils entrerent
dansla chambre d'Audiance où
deParade, & ilsy trouverent
les chaises disposées comme ellt,
l'avoient été à la CenseFerrero.
Le Sous-Introducteur des .Am.:.
bassadeurs
,
les Gentilshommes
& les Secrétaires de ÏAmbaJfar*
deurresterentdansl'anti-chambre
la plus proche de la chambre de
Parade
: le Marquissortitpour
unmomentaprès estreentré, l'Améaijjadeur
lecondusit ^fcjuatt
~tarrosse du Roy
, &le vitpartit,
leMaistre des Ceremonies monta
dans le même carrosse
, pour accompagner&
reconduire le Mar:..
quis de Carail chez luyt
Le Maistredes Ceremonies&
le SousIntroducteur
,
se rendirent.
peu de temps "PrEstbe
l'jémbaffadettr
, pour ajjîficr aux
Complimens que ce Minièrealloit
recevoir de lapartduRoy., de la
Reine, Cm de toute la Cour.
Le Comte de Colignopremier
Gentilhomme de- la Chambre
vintlepremier de la , part du Roy,
faireCompliment à 1'.drmbags4lr
deursurson arrivée:iljutfuiyi
de lapart de la Reine
, par le
Comte de Gouvon Chevalier
d'Honneur decette Princesse. De
la part de Madame Royale, par
le Baron de Chevronson premier
Ecuyer, & de la part de Ai.le
Prince dePiémont, parle Marquis
de Cortangeson Sous-Gouverneur.
Le lendemain 12. du moisà
onze heures du matin, le MarquisdeCarail,
accompagnecomme
laveille du Maistre des Ceremonies
, & du Sous-Introducteur
, tous en deiiil, (!J' en habit
à marteau,se renditffllÀ l'Hôtel
de l*j4mbaJ$adeur,dans lesmêmes
carrosses du Roy
, & avec ceux
de la Reine, de Madame Royale,
£7* du Prince de Piémont. Les
Gentilshommes del'Ambassadeur
receurent le Marquis de Carail,
& l'Ambassadeurhabillécejourlà
enpourpoint, garni decrespes ,
tsr en long manteau noir, le receut
au bas del'escalier. Tout se papa
pour le ceremonial, comme lejour
precedent.Ils entrerent dans l'appartement
de l'Ambassadeur &
après s'estreassis, ils en sortirent
un moment après pour aller à
l'Audience ; l'.AmbAffideur monta
le premier dans le carrosse du
dansle mêmecarrosseleMarquis.
DangroneMaître des Cremonies,
ou Introducteurdes Ambassadeurs
, quatre Valet, de pied du
Roy marchoienta côtédesportieres
, le carrosse de laReine sui,
l!)oÙ celuy du Roy
,
le Comte
Verdire qui saisoit la fonftwn
de SousIntroduéîeur, étoit dans
ce pcondearrojje ; ces MelJieurs.
arrivant trouvèrentunenombreux
se &magnifique livrée de l'Ambassadeur
, & ilsfurentreçûs
à la descente deson carosseparsa
familia nobile; c'est-à-direpar
lesEcuyers, les Gentilshommes
,
les Secretaires. & lesprincipaux'
Officiers de la Maison de l'Ambassadeur.
, Ce Miniflreteceut le Marquis
decarail, à la moitié du vestibule,
ille conduisit dans fort Appartement
qui étoit à rez de chaussée ,
~& en entrant,comme il étoit censé
estre danssamaison
,
il luy donna
le pas & la main, f>iy appris
qu'ilyavoit danscette chambre
trois chaises égales
, que le Marquis
de Carailse plaça sur la premiere
, Vjimbafjadeur sur une
autre, dans lamême ligne,~£$r le
Maître des Ceremonies sur la
troisiéme
,
mais qui étoit un peu
recuise ; ils nefurent qu'un mograndefile,
cette livréeétoit parte
detous lesplus riches ajustemens
~&qui pouvaientdonnerplusd'éçlat
dans unepareille Ceremonie.
Un des Ecuyers de l'Ambalfi.'
deurveflumagniifquementomr,
untrès beau cheval dont le harnois
était riche
,
paroissoità la
têtedesixPages ,attjfià cheval,
bafîadeurmi qui étaithhauJJe/&
toute couverte degalons d'or. Ils
marcho .'tmmedlattment0'cle. , immédiatement;dewâyt
letarrefjsdu Corps
,
doits
lequelétàit 7ï}4mbaff<zdeur, les
cafrosses de 14eine-de Madame
Repaie duPrincedePÀémv/x'
:,. ~a
f£1I.' trois autres des Princes du
Sang
,
suivoient le carrosse du
Corps je remarquay que ceux du
Prince de Piémont, ~& des Princes
de Carignan
,
étoient drape;c
ctlui , du Princede Piémond avoit
des clous~x&les autressans clous;
le earrojje du Marquis de S.Thomaspremier
Ministre ~& Secretaire
d'Etatpour les affaires étrangeres,
marchoit immédiatement
après ceux des Princes du Sang.
A quelque distance
, on vit
paroistre le Suiste de l'Ambassadeur
à cheval qui precedoit les
carrosses de son Maitre ,les uns
attele%, de huit ~& les autres desix
chevaux,tous richement harnachez;
ces carrosses étoient orne
tant pour lasculpture ypeinture9
dorute, ~& broderie, de tout ce
que l'Art avoit pû imaginer de
plus beau, de plus riche
, ~& de
plusrecherché ,ils étoient suivis
d'ungrandnombred'autrescarrosses
à six chevaux,que les Ministres
~(y lesprincipauxSeigneurs
delaCouravoientenvoyezpour
grossir le cortege de l' Ambassadeur.
En arrivant à la Porte Sufinne>
la Gardepresenta les Armes,
lesOfficiers àla tête saluërent du
chapeau
, & les Tambours battirent
aux champs, on entra dans
la Ville par la rue de la grande
d'Oire, d'où on se rendit au Palais
de l'Ambassadeur,par la Place
S. Charles. Les ruës ~& les
places, malgré la pluye
,
etoient
remplies d'un concours extraordinaire
de peuple que la curiosité
y ai/oit attiré; Cm on voyoit
aux fenestres des maisons qui
étoient sur le passage , un grand
nombre de Seigneurs ~& de Dames
que la mesme raisonyavoit
conduits.
Lt.Amba/Jàdeur étant arrive
enson Hôteldescendit de carrosse
accompagné du Marquis de Carail
qui le conduisit danssonap%-
partement ,
l'Ambassadeurlui
donna le pas ~& la main ils étoient
precedez parle Maistre des Ceremonies
,
~&parle Sous.Introducteur
qui marchoient immédiatement
devant eux, ils entrerent
dansla chambre d'Audiance ,ou
deParade, ~& ilsy trouverent
les chaises disposées comme elles
l'avoientété à la Cense Ferrero.
Le Sous-Introducteur des Amhajjadeurs
,
les Gentilshommes
~& les Secrétaires de l'Ambassadeurresterentdansl'anti-
chambre
la plus proche de la chambre de
Parade: le Marquissortitpour
unmomentaprès eflreentré,l'Am*
~éujjadeur leconduisit fufcjuatt
tarrojp du Roy,&le vitpartir,
leMaistre des Ceremonies monta
dans le même carrojje
, pour accompagner&
reconduire le Mar.,
quis de Carail che^luy*
Le MaistredesCeremonies ~&
le Sous-Introducteur
,
se rendirent.
peu de temps après chez
l'udmbajjadeur
, pour assister aux
Complimensque ce Ministrealloit
recevoirdelapartduRoy, de la
Reine, Cm de toute la Cour.
LeComtede Colignopremier
Gentilhomme de la< Chambre
, vintle premier de la part du Roy,
faireCompliment*l'An^Mf*-
deursurson arrivée:itfutfuiyi
de la part de la Reine
, par le
Comte de Gouvon Chevalier
d'Honneur decette Princesse. De
la part de Madame RoyaleJ par
le Baron de Chevronson premier
Ecuyer,& dela part de M. le
Prince dePiémont,par le Alar*
quis de Cortangeson Sous- Gouverneur.
Le lendemain 12.. du moisà
on=\.e heures du matin, le Marquisde
Carail, accompagnécomme
la veille du Maistre desCeremonies
,
du Sous-Introducteur
, tous en deiiil,& en habit
à manteau ,se rendirent à l'Hôtel
de L'Ambassadeur,dans lesmêmes
carrosses du Roy
, & avec ceux
de la Reine, de MadameRoyale,
& du Prince de Piémont. Les
Gentilshommes de l'Ambassadeur
receurent le Marquis de Carail,
& l*Ambassadeur habillécejourlà
enpourpoint, garnidecrespes ,
&en long manteau noir, lereceut
au bas de l'escalier. Tout se pafet
pour le ceremonial, comme lejour
precedent.Ils entrerent dans l'appartement
de Ambassadeur,&
aptess'ejlrc ajjis, ils en sortirent
un moment aprés pour aller à
l'Audience ; L'.AmbAffideur monta
le premier dans le carrosse du
Roy ,&se mitàla premiereplaoey
le Marquis de Carail à l&s
ficDnJe, & le Comte de Bucil
& le Maistre des Ceremonies,
surle secondfond, dix-huitValets
de pied de l'Ambassadeur , marchoient dans le mêmeordre
que le jour precedent , & à la
tête des chevaux du carrosse du
Roy,six Pages de ce Mwtjlrcg
êtoientcejour-lààpied& auprès
des portieres, & ses Ecuyers,
fii' Gentilshommes, sesSecrétaires
, C~ son Aumosnier remplissoient
lescarrosses de laReine,
de Madame Royale, & du
Prince de Piémont, tous, les
carrosses.
carrosses de l'Ambassadeursuivoient
immédiatement celui de ce
Prince & fermoient la marche.
L'Ambassadeur en arrivant
au Palais trouva la Garde sous
les armes,Drapeau déployé, presentant
les armes ,
les Tambours
ont rappellé
, & les Officiers à la
tête ont saluédu chapeau.
LesGardes de la Porte étoient
pareillement fous les armes, la
Officiers à la tête, qui ontsalué
du chapeau de la même maniere.
L'Ambassadeur est descendu de
carrosse cm sans s'arrêter en AUcun
endroit il a marché entre le
Marquis de Carail, se le Maître
des Ceremonies. Ses Valets de
pied,ses Ptges,ses Gentilshommes
, & le SousIntroducteur le
precedoient ;les Valets de piedse
sont arrêtez dans l'anti-chambre
qui 1ft immédiatementaprès la
Salle des Gardes du Corps, les
Pages dans celle quisuit
,&qui
estplus, avancée, & les Gentilshommessontentrez
jusques dans
la Chambre de l'audience.
La Garde Suisse&lesGardes
du Corps étoientfous les armes,
leurs Officiers à la tejle.
Le Marquis de S. Georges.
GrandMaître de la Maisondu
Roy,enhabit de dciiilj (7 à mA..
teau, a receu l'Ambassadeur a la
porte de l'anti-chambre
, & prés,
la place du Maître des Cérémonies
qui s'estavancé.Ainsi et
Jidinijlre efi entré dans la Salle
d'Audiance ayant le Marquis de
Carailàsadroite le Marquis
de S. Georgesàsa gauche; il a
fait trois reverences ,
la première
enntrant ,
lasecondeau milieu
de la chambre , la troisiéme au bas
de l'estrade qui étoit élevée de
deux marches
,
&fHr laquelle le
Roy étoit assis dans un
fautciiil,
un Capitaine des Gardes derrière
luy, le Prince de Piémont à sa,
droite, les Princes de Carignan
proche du fauteüil, mais un peu
en arriere ,plusieurs Chevaliers
de l'Annonciade
, & beaucoup
d'autrespersonnes de qualitéau
bas de l'eflrade.
Le Roy s'estlève au moment
que l*AmbaJJadeufÈ paru ,&
ltjl découvert à chacune de ses
reverences ; l'Ambassadeurayant
montesurl'estrade
,
le Rpfs'est
couvert ,& l'Amb¡tjJAJerileJ!
couvert en même tems , & en
commençantson Compliment. Fe
voudrois bien, Monsteur, pour
votre satisfaction pouvoir vous
rapporter icy le Discours que ce
Ministre afait au Roy &*larfponse
de notre Souverain ; mais
j'étois si éloigné, que j'en perdis
beaucoup. Ceux qui étoient plus
prés de l'estrade, disent que l'Ambassadeur
parla avec beaucoup de
dignité,& avec cejustetemperament
de liberté & de respectsi
difficile à trouver;& que le Roy
luy répondit avec son éloquence
naturelle &safacilité ordinaire.
Le Roy ayantfini saréponse,
se découvrit
,
l'Ambassadeur se
découvrit en même tems,& aprés
avoirfait trois reverences de la
même maniert qu'illesavoitfaites
en arrivant ,ilse retira,ayant
àsadroite le Marquis deCarail
le Grand-Maîtreàgauche
,&
il étotprécédé comme en entrant,
par le Maître des Ceremonies>
par le Sous Introducteur, &par
ses Gentilshommes.
Cefut dans cet ordre qu'ilse
rendit à l'appartement de la Rei-r
ne; cette PrinceJJectoitsur fin
Trône, un Capitaine des Gardes
étoit derrieresonfauteuil
t
Ic
Prince dePiémontauprés d'elle, ;Ince",c.lemontaupre(;(,tl ) & les deux Princes& laPrint
çijp d-Carignanfttr ïtftrade , 14
Reins se leva aJJitôt que Amb-
assad:ur parut à let. porte djt.si
l'hamrr, ilfit trois revefencts^gX
monta ensuite sur ïijltade i U
Reine l'invita
, & le pressa mê.
me ,
à ce qu'il parât, dese couvrir.
Il en fit seulement une /f*
gere demonstration
, pour conserver
la dignité de fin caractere,
mais il luy fit son Compliment
découvert,queje ne vous rendrai
point, pour m'être trouve ,com±
me dans l'Audiance du Roy, trop
éloigné de l'estrade ; la Reine,à
ce qu'on dit, luy répondit en des
termes gracieux &pleins de po-
/juffi,& après avoir répondu à
son Discours, cette Princesse arrêta
un moment lambaeàdeur,
pours'informerde la fantéduRoy
son Maistre,&de celle du Da",
phin, &elletémoigna apprendre
avec un sensible plaisir
, que ces
Jeux Princes, dans des âgesfidifserons
,
joüeoie;u d'une égale
santé.
L'ArnbaSâdeur se retira enfuite
de l'Audience de la Reine de
la même maniere
, & dans le
même ordre qu'ily étoit entré; le
Grand Maître après l'avoir accompagnéjusques
à la Salle des
Gardes du Corps, le quitta: ce
Ministrecontinuaensuite samarche
entre le Chevalier de l'Annonciade,
&le Maître desCetemonies
,
jnfcjues au carrosse du
Ray ; ily entra le premier, &
prit à l'ordinaire
,
la premiere
place dans lefond & à droite, le
Marquis de Carail
,
Chevalier
de l*jénnonciade,semitasagauche,
& ïjémba[fadeurse rendit
au Palais de Madame Royale,
dans le même ordre, & avec le
mesme cortege qu'il étoit venu
chimieRoy.
La Gardeétoitsous les armes,
& les tambours ont appelle ;
l*Amhajfadeur montaal'appartement
de cette Princec , entre le
Marquis de Carail C, le Maîire
des Ceremonies:ilfut receu à
la porte de l'antichambre la plus
proche de la Salle des Gardes par
le Comte de Cumiane
,
premier
Maître siHôtel de Madame
Royale ; il faisoit en cette occa-
Jton la fonction du Comte de 1.
Roque, GrandMaître de la Maison
de Madame Royale,qu'une
longue maladiea mis hors d'état
defaireaucunservice.
Les Gardes de la Porte, les
Suies & les Gardes du Corps
étoientsousles armes ,
de la mêmemanièreque
l'Ambassadeurles
avoittrouvezchezleRoy.
MadameRoyale étoit sur Peftradeassise
dans un ~fautüil,son
Capitaine des Gardes du Corps
derniere elle
, (7 le Prince CM la
PrinceJJ; de Carignan procheson
fauteuil; tUelest levéefi- tost que
l'Ambassadeur a paru, ila fait
ses trois reverences dontla derniere
S'est terminée au bas du marchepied:
a^jJiiotfquiljy iflmont"
Madame Royale l'a pi.fié dese
couvrir
, ce Minière en a fait
feulement une demonfixationycom~
me il en avoitusé chez, laReine,
mais ladémonstration a paru un
peuplus marquée ïl'jémbafijideur
lui afait ensuite soncompliment.
Madame Royale
, quoyque inçommodé
,
s'estlevée pour luy répondre,
(9" pendantsonDiscourc
quia étéaBez long
,
elles'efitenuè'debout
, &sans estrefodter
nue:après qu'elleaeufini,tAm..
basadeurs'est retiré de la même
maniere qu'il étoit entré & il a
été reconduitjusqucs dans la Salle
desGardes duCorpsparle Comte
de Cumiane.Ils'eftrenduensuite
danssonHostel,toujours accompagné
du Marquis de Carail&
du Maître des Cérémonies qu'il
a retenus à dîneraprès le dï
né,CM vers les trois heures après
midy
, ce Ministreestmontédans
le caTrope duRoy,accompagné à
l'ordinaire de ces deux Mcjjleurc9
pour se rendre à l'audience du
Prince dePiémont.C'aététoû~
jours le me(me cortege& la mesme
marché, rien de changédans le
êrtmonial;l'Ambassadeura trouvéla
Garde sousles armes ,
les
tamboursrappellants, les Gardes
de la Porte
,
les Suisses les
Gardes du Corpssous les armes;
en entrant dans l'anti chambre du
Prince ,il a été receu par le Chevalierde
la Roque l'un desMA2
tres d'Hostel du Roy,&quifaisoit
la sonthondepremier Maître
d'Hostel du Prince de Piémont.
Cejeune Prince étoitsur un
marchepied, &sous le dais, le
Prince de Carignan sur l'eflrade
a sa droite
, e- le Marquis du
Coudre, Chevalier de l'Annonciade,
son Gouverneur derriere
son fauteuil;tjuelcjkesCbevaliers
de l'Annonciade étoientautourdu
marchepied: l'Ambassadeur après
les rêverences ordinaires rftmont;
sur l'estrade, le Prince lest couvert,
C7 Ambassadeurpareillement;
il a fait son compliment ,
Auquel ce jeune Prince a répondu
étjfx bas & en peu de paroles.
L'Ambassadeur s'est retiré de
son audience dans le mesme ordre
qu'ily estentré. LepremierMaître
d'Hosteldu Prince l'areconduit
jusques à la SalledesGardes
du Corps, ou il L-awit reten en
arrivant; il est descendu ensuite
entre le Marquis de Carail, &
le Maistre des Ceremonies. Il eji
rentré dans le carfojje du Roy, a
étéreconduit danssonPalais
jusques dans sa chambre d'Audience,
par ces Messieurspreposez
à sa conduite, dans la manière
que je 'OUS l'ay déjà marqué
& J-AnJbafJàdeur pareillement
quand le Marquisde Carail s'ejt
retiré, la conduitjusquau carrosse
&la veu partir.
Peut-estretrouverezvous , Monsieur
, cette relation un pett
trop étendue
, maisje ne pouvois
l'abregersans vous priver du détail
d'un cérémonial, dont la con
noissance peut n'estre pas indifferenteà
ceux quiferoient cbarl/
de parels emplois en cette Cour,
& c'estpar rapport au mesme cewmoni,
zi que je mous rapporterai
encore ici ce qui s'estpassélemesme
jour dans une audience publique
quela Reine & Madame
Royale donnerentàla Marquise
dePriefemme de ïdmbajïadeun
LeRoy &la Reineayantsouhaitéde
recevoir cetteAmbassadrice
avec. tous les honneurs qui
font dutau caractere deson mari ,
lui envoyerent la Comtesse de
Non femme d'un des Capital
nés
nés des Gardes du Corps,&l'unt
des Dames d'bonneur de la Reine:
eette Comtesse se renditau Palais
de f.Amba.DJeur) dans un des
mrrofJe-s du Royy&* accompagnée
du Matftre des Ceremonies;elle
futrecette à la descente du carrojje
par les Gentilshommes de l'Am-
Ira[fadeur ; l'Ambassadrice 'Vint
la recevoir au haut de l'escalier la conduisît dans son Apparte,-
ment-, & lui donna le pas ,
lA
porte, la main, (if lachaifeégalé.
Un moment aprèsl'AmbaJfachw
& la Dame d'honneurfortirentpourmonterencarrossè;
CM prit la première place dansle
fond & à la droite; la Dame
ahonneurse mit à lagauche,&
le maistre des Ceremonies sur le
devant: les Gentilshommes &
l'Ecuyer de i'Arnba/Jadrice suivoient
dans un de ses cartosses à
six chevaux : ÏAmlwJfidrice en
Arrivant au Palais a trouve les
Gardes de la Porte, les SuiJJes,
££• Gardes du Corps en haye; la
Pr;'nL'iJP dt la Ciflerne premiers
Liante d'honneur de la Reine a
receu l'aùbasadroce dans le cahinetquiprécédé
la chambredans
-
laquelleétait la Reine.L'Ambasadrice
en entrant dansrttlt
cbAmbre, a trouve lA Reine debout,
qui lui afait l'honneur de
I,tsalüer; le Roi est entré un moment
après
,
suivi du Prince de
Premont, l'un ~çr l'autre ontsalué
Ïj4mbaf$adnce : leRoy,après
lui avoir dit quelques paroles
obligeantes
, ~& pleines de politrDe"
,
s'est retiré suivi comme il
étoit entré du Prince de Piémont.
L'ambassadrice en sortantde la
chambre de la Reine
, a estéaccompagnée
par la premiere Dame
d'honneur
,
jusqua l'endroit ou
elle l'avoit recue.
Ausortir de j'appartement de
la Reine
,
l'ambassadricetoujours
accompagnée de Madame
la Comtesse de Non
,
Dame
d'Honneur, & du Maistree des
Ceremonies, a été dans le même
carrosse
, & dans le même ordre3
chez Madame Royale son correge
nejïoit pas si nombreux que
celuy de l'ambassadeurson milrV,
mais l'emprejpment des fpeïiateurs
nefut pas moins remarquable
, tous les endroits par où elle
passi étoient borde% d'unefoule
de personnes de toutes conditions
que l'éclat de sa beauté ,un air
noble, & ces graces naissantes
d'une premierejeunes, attiroient
àsonpassage. Hommes Cm fémmes,
tout le monde vouloit là
voir quoyque peut-estepar des
sentimens dijferens.Ellefutreçut
ebek Madame Royale
,
de la
même manierequ'elle l'avoit été
cbe;C la Reine,ensortant de l'appartement
de cette Princesse
,
elle
fut reconduite à son Palais,&
jusques dans son appartement
par la Dame d'Honneur, cm par
le Maistre des Ceremonies, l'Ambassadrice
donnaacette Dame le
pas ~ula main danssamaison
la reconduisitjusqu'au carrosedu
Roy ~&la vit partiravantque
de se retirer.
Si la Reine n'étaitpas rttur.
née le me(me jour à la Vannerie
l'Ambassadrice auroit été au cercle
de Sa Majesté, £$r auroit été
IlJliJe sur un pliant semblable à
Celui des Prineses du Sang.,
dans le milieu du cercle &nJiS-à~
vis Sa Majcfté.
Trouvez bon, Monsieur,
que je vousfaJSj remarquerqu'on
fatt icy difference entre tabouret
çp* pliant, les Princes du Sang
ont un pliant, les autres Dames
quiont droit de s'assoir cbt la
Reine , comme Grandes d-Espa.
gne n'ont quun tabouret carré.
Le 14 du mois l'Ambasadrice
fut au cercle che7, Madame
Royale,(freût un pliantplacé
dans le milieu du cercle,vis a-vis
JfMadame Royale.
Si cette Relation n'étoitpasdéjà
troplongue, je vous rendrois
compte de l'Audience que l'Amhapadeureût
de M. le Prince ~&
de Madame la Princese de Cari.
gnan , CT du PrinceThomas;
maispourabregerje mecontenterai
devousdire que le Prince de Carignan
descendit quatre ou cinq
marches de son escalier pour le
recevoir, ~& quildonnapartout
àce Ministre le pas, la main, la
portey~& la première chaise sur
l'estrade. Que la Princesse dans
son Audience,rient pas ~plufiit
apperceu l'Ambassadeur entrer
danssa chambre ,quelle descendit
deson estrade, &fit quelquespas
en avant. pourrecevoir ce Ministre
,qui de son côté pressa si
marche, afin quelle en fit moins.
Lecérémonial dans l'Audience du
Prince Thomas se paiJa à peupres
comme cbez le Prince de Carignansonfrere
Il n'y eut rien de
particulier dans l'Audience que le
jAzrquiî de S.Thomas premier
Ministre du Roy ,donna à lAmbassadeur,
sinon qu'ildescendit
presquejusquau bas desonescaiier,
pour recevoir cetAmbajjadeur.
Jkhr.Ceseroit ici l'endroit devous
entretenir des visites que -l'Am,.
bassadeurareceus des deux Priitces
de Garignan
,
du Marquis de
S.Thomas
,
&desprincipaux
Seigneurs decette Cour; mais il
fautremettrecediscours à unt,
nouvelle Relation, que je vous
envairay pour peu que vous me
paroissiez lesouhaiter.J'ay l'honneur
d\flreparfaitement, Monsieur
,
Vostre
, Crc. -
- JATurince10.May iyïy.
Piémoncoisjà l'Auteur
du Mercure Galant. -:,
Trouvezbon
,
Monsieur ,
cjuen retour de ces nouvelles
écritesavec tant d'agrément
,
~gr dont vous nous rt'gale"o\, tous
les mois ,je vousfejjt part de ce
qui vient de fepajjerà nosjeux
dans la Capitale du Piémont;
je v&txparkr de.Fenaéed&^Mï
4lrquis de Prie, jémbajfii-
>ieur duRoy Tres- Chrestien auïjrréï
du Roy de Sicile, notre Souiverain
, & de la premitre
diense publiéeque ce Princea
-
donnée à ce Ministre,
-
L'onziémede ce mois jourJeftinépour
l'Entréedel'Ambassa-
Jtur-de F"lc'nce" ce Seigneurenvoyadésle
matinsescarrosses &
sa tivre": à la cense du Tresorier
Ferrero
,
éloignéedeTurind'env
ironunedemie lieuësituéesur le
grand chemin de Rivoles, d'où
ildevoit commencersamarche.
L'Ambassadeur s'y rendit
incognito sur les deux heutts
&demie aprèsmidy. Ungrand
nombre de personnes de qualité
malgré la pluye qui suivant ,
s'étoit avancé en carrosses jujl
qu'à cette cense, pourvoirlecommencement
de la marche. J'étoit
du nombre cm j'observay avec
":/f'{ de soin tout ce qui se passi)
pour pouvoir me' flatter de vous
enenvoyer unerelationexacte.
Nous vîmes arriver d'abord
un grand nombre de carrojjes asîx
chevaux
,
à la tête deje^uels
étoient les carrosses du Roy
,
dela
Reine
,
de Madame Royale, de
M. le Prince de Piémont, des
Princes de la Aiaijon de Cartgnanceux
de l'Ambassadeur.
Ce Ministre fut complimenté en
même temps de la part des Princes
,
des Princesses, des Ministres
, (si desprincipaux Seigneurs
de cette Cour, auxquels il avait
donnépart de son arrivée ~(y* du
jourdeson entrée.
• A quatre heures & demie,
arriva le Marquis de Carail
Gouverneur de Turin
,
l'un des
anciens Chevaliers de l'O dre de
l'Annonciade
, & nommé parle
Roy pouraccompagnerl*Amb*f$adeurd;
Franceyajon Entrée éi à
son Audiance; il étoit dans le
carrosse du Corps,&ilji avoit
dansle mêmecarrosseleMarquis
Dangrone,Maître des CeremO*f'
nies,ou Introducteur de, Ambajpt*
deurs, quatre Valet de pied du
Roy marchoientà coté desportéeles
3
le carrossede laReine suivoit
celuy du Roy
,
le Comte
Verdire qui faisoit la fonction
de Sous Introducteur,était dans
cefcend carrojje; ces Mclfieurs,
arrivant trouvèrentunenombreux
se&magniifquelivrée de t'Am-.
baBidiur
, ~e ils furent reçus
à la descente deson carosseparla
samilianobile; c'est- à-direpar
lesEcuyers,les Gentilshommes.,
les Sertiaires. & lesprincipaux
Officiers de la Maison de l'Am..
bassadeur.
CeMinistre receut le Marqui»s
deCarail à la moitié du vefiibule>
ille conduisit dans sonAppartement
qui étoit à rez de chaujJér
& en entrant,comme il étoit censé
estre danssamaison
,
il lui donna
le pas & la main yf>ry appris
qu'ilyavoit danscette chambre
trois chaises égales
, que le Marquis
de Carailse plaça sur la premiere
, l'Ambassadeur surune
autre, dans lamême ligne cm, le
Maître des Cérémonies sur la
troisiéme, mais qui étoit un peu
reculée ; ils nefurent qu'un moment
dans cet appartement, &
après les Complimensordinaires,
ils en sortirent pour monter en
carroBe: j'observay qu'ensortant
le Marquis de Carail donna le
pas ~ey la main à l'Ambassadeur:
ce Ministre monta lepremier dans
le carosse du Corps, ilse mit dans
le fond à la droite )& à la premiereplace
,le Marquis lesuivit
&se mitsurlemêmefondàsa
gauche, & à la seconde place,
leMaistre des Ceremoniessemit
surlesécondfond,àlatroisieme
place cm vis-à vis tArnbajJadeur,
~& le Comte de Buciloccupa
3la quatrième ~& vis-à-vis du
Marquis de Carail.
LI'$ Gentilshommes de l'Amhajjadeur
ses Secrétaires
,
son
Aumosnier Ë7 les principaux
Officiers desamaisons placerent
dansles carojjes de la Reine,de
MadameRoyale du Prince
de Piémont, ~e la marche commença
dans l'ordresuivant.
On vit d'abord le carrojje du
Marquis de Carail
, qui étoit
charge,comme j'ay eu l'honneur
de vous dire, de la conduite de
UmbaJJadeur:venaient enfuite
dix. huit Valets de pied de ce Ministre.
,
qui marchaient à pied
deuxàJeux
,
f*ijôkntunetrésgrandefile,
cette livréeétoitparse
detous lesplus riches ajustemens
~&qui pouvoient donnerplusd'éclat
dans unepareille Ceremonie.
Un des Ecuyers de i'.Ambalfi.
deurveslu magnifiquement&fur
untrès beau cheval dont le bar.
nois étoit riche
,
paroijjoitala
têtedesixPages iaujjtàcheval,
{ouverts de'la livréede .t¿mbaBadeur,
quiétoit hhàuffé.e°'&
toute couverte de galons d'or. Ils
Imarcb.ok-mtemtnt,,devâyt
letarrejjs dft Corps
,
dans
lequel (tditdeur ,
les
carrosses de laReine, de Adadame
Repaie yi(l#.J?ïmedePktmoiu ~er
~& trois autres des Princes du
Sang , suivoientlecarrosse dll,
C9lfs je remarquay que ceux du
Prince de Piémont, (if des Princes
de Carignan,étoient drapr:(
, ctlui du Prince de Piemond avoit
des clous, ~& les autressans clous;
le carrosse du Marquis de S.Thomaspremier
Ministre ~& Secretaire
d'Etatpour les affaires étrangeres,
marchoit immédiatement
après ceux des Princes du Sang.
A quelque distance
, on vit
paroistre le Suisse de l'Ambassadeur
à cheval quiprecedoit les
carrosses de son Maistre ,les uns
attelezde huit ~& les autres desix
chevaux,tous richement barnachez;
ces carrossès étoient ornez
tantpour la sculpture,peinture,
dorute, & broderie
,
de tout ce
que l'Art avoit pû imaginer de
plus beau, de plus riche
, & de
plusrehercbé ,ils étoient suivis
d'un grandnombred'autrescarrosses
à six chevaux,que les Ministres&
lesprincipauxSeigneurs
delaCouravoientenvoyezpour
grossir le cortege de l' AmAaSâdeur.
Enarrivant à la Porte SusinnrJ
la Gardepresenta les Armes,
les Officiers àla tête saluërent du
chapeau
, & les Tambours battirent
aux champs, on entra dans
la Ville par la ruë de la grande
d'Oire, d'où on se rendit au Palais
de l' Ambassadeur,par la Place
S. Charles. Les ruës & les
placesymalgré la pluye
,
étoient
remplies d'un concours extraordinaire
de peuple que la curiosité
y avoit attzre ; & on voyoit
aux fenestres des maisons qui
étoient sur le passage
, un grand
nombre de Seigneurs& de Dames
que la mesme raisony anoit
conduits.
L*Ambafjadeurétant arrivé
enson Hôtel descendit de carrosse
accompagné du Marquis de Ca
rail qui le conduisit dansson ap
partement ,
l'Ambassadeur lui
donna le pas&la main ils étoient
précédé parle Maistre des Cere
montes, &parle Sous.Introducteur
qui marchoient immédiatement
devant eux ,
ils entrerent
dansla chambre d'Audiance où
deParade, & ilsy trouverent
les chaises disposées comme ellt,
l'avoient été à la CenseFerrero.
Le Sous-Introducteur des .Am.:.
bassadeurs
,
les Gentilshommes
& les Secrétaires de ÏAmbaJfar*
deurresterentdansl'anti-chambre
la plus proche de la chambre de
Parade
: le Marquissortitpour
unmomentaprès estreentré, l'Améaijjadeur
lecondusit ^fcjuatt
~tarrosse du Roy
, &le vitpartit,
leMaistre des Ceremonies monta
dans le même carrosse
, pour accompagner&
reconduire le Mar:..
quis de Carail chez luyt
Le Maistredes Ceremonies&
le SousIntroducteur
,
se rendirent.
peu de temps "PrEstbe
l'jémbaffadettr
, pour ajjîficr aux
Complimens que ce Minièrealloit
recevoir de lapartduRoy., de la
Reine, Cm de toute la Cour.
Le Comte de Colignopremier
Gentilhomme de- la Chambre
vintlepremier de la , part du Roy,
faireCompliment à 1'.drmbags4lr
deursurson arrivée:iljutfuiyi
de lapart de la Reine
, par le
Comte de Gouvon Chevalier
d'Honneur decette Princesse. De
la part de Madame Royale, par
le Baron de Chevronson premier
Ecuyer, & de la part de Ai.le
Prince dePiémont, parle Marquis
de Cortangeson Sous-Gouverneur.
Le lendemain 12. du moisà
onze heures du matin, le MarquisdeCarail,
accompagnecomme
laveille du Maistre des Ceremonies
, & du Sous-Introducteur
, tous en deiiil, (!J' en habit
à marteau,se renditffllÀ l'Hôtel
de l*j4mbaJ$adeur,dans lesmêmes
carrosses du Roy
, & avec ceux
de la Reine, de Madame Royale,
£7* du Prince de Piémont. Les
Gentilshommes del'Ambassadeur
receurent le Marquis de Carail,
& l'Ambassadeurhabillécejourlà
enpourpoint, garni decrespes ,
tsr en long manteau noir, le receut
au bas del'escalier. Tout se papa
pour le ceremonial, comme lejour
precedent.Ils entrerent dans l'appartement
de l'Ambassadeur &
après s'estreassis, ils en sortirent
un moment après pour aller à
l'Audience ; l'.AmbAffideur monta
le premier dans le carrosse du
dansle mêmecarrosseleMarquis.
DangroneMaître des Cremonies,
ou Introducteurdes Ambassadeurs
, quatre Valet, de pied du
Roy marchoienta côtédesportieres
, le carrosse de laReine sui,
l!)oÙ celuy du Roy
,
le Comte
Verdire qui saisoit la fonftwn
de SousIntroduéîeur, étoit dans
ce pcondearrojje ; ces MelJieurs.
arrivant trouvèrentunenombreux
se &magnifique livrée de l'Ambassadeur
, & ilsfurentreçûs
à la descente deson carosseparsa
familia nobile; c'est-à-direpar
lesEcuyers, les Gentilshommes
,
les Secretaires. & lesprincipaux'
Officiers de la Maison de l'Ambassadeur.
, Ce Miniflreteceut le Marquis
decarail, à la moitié du vestibule,
ille conduisit dans fort Appartement
qui étoit à rez de chaussée ,
~& en entrant,comme il étoit censé
estre danssamaison
,
il luy donna
le pas & la main, f>iy appris
qu'ilyavoit danscette chambre
trois chaises égales
, que le Marquis
de Carailse plaça sur la premiere
, Vjimbafjadeur sur une
autre, dans lamême ligne,~£$r le
Maître des Ceremonies sur la
troisiéme
,
mais qui étoit un peu
recuise ; ils nefurent qu'un mograndefile,
cette livréeétoit parte
detous lesplus riches ajustemens
~&qui pouvaientdonnerplusd'éçlat
dans unepareille Ceremonie.
Un des Ecuyers de l'Ambalfi.'
deurveflumagniifquementomr,
untrès beau cheval dont le harnois
était riche
,
paroissoità la
têtedesixPages ,attjfià cheval,
bafîadeurmi qui étaithhauJJe/&
toute couverte degalons d'or. Ils
marcho .'tmmedlattment0'cle. , immédiatement;dewâyt
letarrefjsdu Corps
,
doits
lequelétàit 7ï}4mbaff<zdeur, les
cafrosses de 14eine-de Madame
Repaie duPrincedePÀémv/x'
:,. ~a
f£1I.' trois autres des Princes du
Sang
,
suivoient le carrosse du
Corps je remarquay que ceux du
Prince de Piémont, ~& des Princes
de Carignan
,
étoient drape;c
ctlui , du Princede Piémond avoit
des clous~x&les autressans clous;
le earrojje du Marquis de S.Thomaspremier
Ministre ~& Secretaire
d'Etatpour les affaires étrangeres,
marchoit immédiatement
après ceux des Princes du Sang.
A quelque distance
, on vit
paroistre le Suiste de l'Ambassadeur
à cheval qui precedoit les
carrosses de son Maitre ,les uns
attele%, de huit ~& les autres desix
chevaux,tous richement harnachez;
ces carrosses étoient orne
tant pour lasculpture ypeinture9
dorute, ~& broderie, de tout ce
que l'Art avoit pû imaginer de
plus beau, de plus riche
, ~& de
plusrecherché ,ils étoient suivis
d'ungrandnombred'autrescarrosses
à six chevaux,que les Ministres
~(y lesprincipauxSeigneurs
delaCouravoientenvoyezpour
grossir le cortege de l' Ambassadeur.
En arrivant à la Porte Sufinne>
la Gardepresenta les Armes,
lesOfficiers àla tête saluërent du
chapeau
, & les Tambours battirent
aux champs, on entra dans
la Ville par la rue de la grande
d'Oire, d'où on se rendit au Palais
de l'Ambassadeur,par la Place
S. Charles. Les ruës ~& les
places, malgré la pluye
,
etoient
remplies d'un concours extraordinaire
de peuple que la curiosité
y ai/oit attiré; Cm on voyoit
aux fenestres des maisons qui
étoient sur le passage , un grand
nombre de Seigneurs ~& de Dames
que la mesme raisonyavoit
conduits.
Lt.Amba/Jàdeur étant arrive
enson Hôteldescendit de carrosse
accompagné du Marquis de Carail
qui le conduisit danssonap%-
partement ,
l'Ambassadeurlui
donna le pas ~& la main ils étoient
precedez parle Maistre des Ceremonies
,
~&parle Sous.Introducteur
qui marchoient immédiatement
devant eux, ils entrerent
dansla chambre d'Audiance ,ou
deParade, ~& ilsy trouverent
les chaises disposées comme elles
l'avoientété à la Cense Ferrero.
Le Sous-Introducteur des Amhajjadeurs
,
les Gentilshommes
~& les Secrétaires de l'Ambassadeurresterentdansl'anti-
chambre
la plus proche de la chambre de
Parade: le Marquissortitpour
unmomentaprès eflreentré,l'Am*
~éujjadeur leconduisit fufcjuatt
tarrojp du Roy,&le vitpartir,
leMaistre des Ceremonies monta
dans le même carrojje
, pour accompagner&
reconduire le Mar.,
quis de Carail che^luy*
Le MaistredesCeremonies ~&
le Sous-Introducteur
,
se rendirent.
peu de temps après chez
l'udmbajjadeur
, pour assister aux
Complimensque ce Ministrealloit
recevoirdelapartduRoy, de la
Reine, Cm de toute la Cour.
LeComtede Colignopremier
Gentilhomme de la< Chambre
, vintle premier de la part du Roy,
faireCompliment*l'An^Mf*-
deursurson arrivée:itfutfuiyi
de la part de la Reine
, par le
Comte de Gouvon Chevalier
d'Honneur decette Princesse. De
la part de Madame RoyaleJ par
le Baron de Chevronson premier
Ecuyer,& dela part de M. le
Prince dePiémont,par le Alar*
quis de Cortangeson Sous- Gouverneur.
Le lendemain 12.. du moisà
on=\.e heures du matin, le Marquisde
Carail, accompagnécomme
la veille du Maistre desCeremonies
,
du Sous-Introducteur
, tous en deiiil,& en habit
à manteau ,se rendirent à l'Hôtel
de L'Ambassadeur,dans lesmêmes
carrosses du Roy
, & avec ceux
de la Reine, de MadameRoyale,
& du Prince de Piémont. Les
Gentilshommes de l'Ambassadeur
receurent le Marquis de Carail,
& l*Ambassadeur habillécejourlà
enpourpoint, garnidecrespes ,
&en long manteau noir, lereceut
au bas de l'escalier. Tout se pafet
pour le ceremonial, comme lejour
precedent.Ils entrerent dans l'appartement
de Ambassadeur,&
aptess'ejlrc ajjis, ils en sortirent
un moment aprés pour aller à
l'Audience ; L'.AmbAffideur monta
le premier dans le carrosse du
Roy ,&se mitàla premiereplaoey
le Marquis de Carail à l&s
ficDnJe, & le Comte de Bucil
& le Maistre des Ceremonies,
surle secondfond, dix-huitValets
de pied de l'Ambassadeur , marchoient dans le mêmeordre
que le jour precedent , & à la
tête des chevaux du carrosse du
Roy,six Pages de ce Mwtjlrcg
êtoientcejour-lààpied& auprès
des portieres, & ses Ecuyers,
fii' Gentilshommes, sesSecrétaires
, C~ son Aumosnier remplissoient
lescarrosses de laReine,
de Madame Royale, & du
Prince de Piémont, tous, les
carrosses.
carrosses de l'Ambassadeursuivoient
immédiatement celui de ce
Prince & fermoient la marche.
L'Ambassadeur en arrivant
au Palais trouva la Garde sous
les armes,Drapeau déployé, presentant
les armes ,
les Tambours
ont rappellé
, & les Officiers à la
tête ont saluédu chapeau.
LesGardes de la Porte étoient
pareillement fous les armes, la
Officiers à la tête, qui ontsalué
du chapeau de la même maniere.
L'Ambassadeur est descendu de
carrosse cm sans s'arrêter en AUcun
endroit il a marché entre le
Marquis de Carail, se le Maître
des Ceremonies. Ses Valets de
pied,ses Ptges,ses Gentilshommes
, & le SousIntroducteur le
precedoient ;les Valets de piedse
sont arrêtez dans l'anti-chambre
qui 1ft immédiatementaprès la
Salle des Gardes du Corps, les
Pages dans celle quisuit
,&qui
estplus, avancée, & les Gentilshommessontentrez
jusques dans
la Chambre de l'audience.
La Garde Suisse&lesGardes
du Corps étoientfous les armes,
leurs Officiers à la tejle.
Le Marquis de S. Georges.
GrandMaître de la Maisondu
Roy,enhabit de dciiilj (7 à mA..
teau, a receu l'Ambassadeur a la
porte de l'anti-chambre
, & prés,
la place du Maître des Cérémonies
qui s'estavancé.Ainsi et
Jidinijlre efi entré dans la Salle
d'Audiance ayant le Marquis de
Carailàsadroite le Marquis
de S. Georgesàsa gauche; il a
fait trois reverences ,
la première
enntrant ,
lasecondeau milieu
de la chambre , la troisiéme au bas
de l'estrade qui étoit élevée de
deux marches
,
&fHr laquelle le
Roy étoit assis dans un
fautciiil,
un Capitaine des Gardes derrière
luy, le Prince de Piémont à sa,
droite, les Princes de Carignan
proche du fauteüil, mais un peu
en arriere ,plusieurs Chevaliers
de l'Annonciade
, & beaucoup
d'autrespersonnes de qualitéau
bas de l'eflrade.
Le Roy s'estlève au moment
que l*AmbaJJadeufÈ paru ,&
ltjl découvert à chacune de ses
reverences ; l'Ambassadeurayant
montesurl'estrade
,
le Rpfs'est
couvert ,& l'Amb¡tjJAJerileJ!
couvert en même tems , & en
commençantson Compliment. Fe
voudrois bien, Monsteur, pour
votre satisfaction pouvoir vous
rapporter icy le Discours que ce
Ministre afait au Roy &*larfponse
de notre Souverain ; mais
j'étois si éloigné, que j'en perdis
beaucoup. Ceux qui étoient plus
prés de l'estrade, disent que l'Ambassadeur
parla avec beaucoup de
dignité,& avec cejustetemperament
de liberté & de respectsi
difficile à trouver;& que le Roy
luy répondit avec son éloquence
naturelle &safacilité ordinaire.
Le Roy ayantfini saréponse,
se découvrit
,
l'Ambassadeur se
découvrit en même tems,& aprés
avoirfait trois reverences de la
même maniert qu'illesavoitfaites
en arrivant ,ilse retira,ayant
àsadroite le Marquis deCarail
le Grand-Maîtreàgauche
,&
il étotprécédé comme en entrant,
par le Maître des Ceremonies>
par le Sous Introducteur, &par
ses Gentilshommes.
Cefut dans cet ordre qu'ilse
rendit à l'appartement de la Rei-r
ne; cette PrinceJJectoitsur fin
Trône, un Capitaine des Gardes
étoit derrieresonfauteuil
t
Ic
Prince dePiémontauprés d'elle, ;Ince",c.lemontaupre(;(,tl ) & les deux Princes& laPrint
çijp d-Carignanfttr ïtftrade , 14
Reins se leva aJJitôt que Amb-
assad:ur parut à let. porte djt.si
l'hamrr, ilfit trois revefencts^gX
monta ensuite sur ïijltade i U
Reine l'invita
, & le pressa mê.
me ,
à ce qu'il parât, dese couvrir.
Il en fit seulement une /f*
gere demonstration
, pour conserver
la dignité de fin caractere,
mais il luy fit son Compliment
découvert,queje ne vous rendrai
point, pour m'être trouve ,com±
me dans l'Audiance du Roy, trop
éloigné de l'estrade ; la Reine,à
ce qu'on dit, luy répondit en des
termes gracieux &pleins de po-
/juffi,& après avoir répondu à
son Discours, cette Princesse arrêta
un moment lambaeàdeur,
pours'informerde la fantéduRoy
son Maistre,&de celle du Da",
phin, &elletémoigna apprendre
avec un sensible plaisir
, que ces
Jeux Princes, dans des âgesfidifserons
,
joüeoie;u d'une égale
santé.
L'ArnbaSâdeur se retira enfuite
de l'Audience de la Reine de
la même maniere
, & dans le
même ordre qu'ily étoit entré; le
Grand Maître après l'avoir accompagnéjusques
à la Salle des
Gardes du Corps, le quitta: ce
Ministrecontinuaensuite samarche
entre le Chevalier de l'Annonciade,
&le Maître desCetemonies
,
jnfcjues au carrosse du
Ray ; ily entra le premier, &
prit à l'ordinaire
,
la premiere
place dans lefond & à droite, le
Marquis de Carail
,
Chevalier
de l*jénnonciade,semitasagauche,
& ïjémba[fadeurse rendit
au Palais de Madame Royale,
dans le même ordre, & avec le
mesme cortege qu'il étoit venu
chimieRoy.
La Gardeétoitsous les armes,
& les tambours ont appelle ;
l*Amhajfadeur montaal'appartement
de cette Princec , entre le
Marquis de Carail C, le Maîire
des Ceremonies:ilfut receu à
la porte de l'antichambre la plus
proche de la Salle des Gardes par
le Comte de Cumiane
,
premier
Maître siHôtel de Madame
Royale ; il faisoit en cette occa-
Jton la fonction du Comte de 1.
Roque, GrandMaître de la Maison
de Madame Royale,qu'une
longue maladiea mis hors d'état
defaireaucunservice.
Les Gardes de la Porte, les
Suies & les Gardes du Corps
étoientsousles armes ,
de la mêmemanièreque
l'Ambassadeurles
avoittrouvezchezleRoy.
MadameRoyale étoit sur Peftradeassise
dans un ~fautüil,son
Capitaine des Gardes du Corps
derniere elle
, (7 le Prince CM la
PrinceJJ; de Carignan procheson
fauteuil; tUelest levéefi- tost que
l'Ambassadeur a paru, ila fait
ses trois reverences dontla derniere
S'est terminée au bas du marchepied:
a^jJiiotfquiljy iflmont"
Madame Royale l'a pi.fié dese
couvrir
, ce Minière en a fait
feulement une demonfixationycom~
me il en avoitusé chez, laReine,
mais ladémonstration a paru un
peuplus marquée ïl'jémbafijideur
lui afait ensuite soncompliment.
Madame Royale
, quoyque inçommodé
,
s'estlevée pour luy répondre,
(9" pendantsonDiscourc
quia étéaBez long
,
elles'efitenuè'debout
, &sans estrefodter
nue:après qu'elleaeufini,tAm..
basadeurs'est retiré de la même
maniere qu'il étoit entré & il a
été reconduitjusqucs dans la Salle
desGardes duCorpsparle Comte
de Cumiane.Ils'eftrenduensuite
danssonHostel,toujours accompagné
du Marquis de Carail&
du Maître des Cérémonies qu'il
a retenus à dîneraprès le dï
né,CM vers les trois heures après
midy
, ce Ministreestmontédans
le caTrope duRoy,accompagné à
l'ordinaire de ces deux Mcjjleurc9
pour se rendre à l'audience du
Prince dePiémont.C'aététoû~
jours le me(me cortege& la mesme
marché, rien de changédans le
êrtmonial;l'Ambassadeura trouvéla
Garde sousles armes ,
les
tamboursrappellants, les Gardes
de la Porte
,
les Suisses les
Gardes du Corpssous les armes;
en entrant dans l'anti chambre du
Prince ,il a été receu par le Chevalierde
la Roque l'un desMA2
tres d'Hostel du Roy,&quifaisoit
la sonthondepremier Maître
d'Hostel du Prince de Piémont.
Cejeune Prince étoitsur un
marchepied, &sous le dais, le
Prince de Carignan sur l'eflrade
a sa droite
, e- le Marquis du
Coudre, Chevalier de l'Annonciade,
son Gouverneur derriere
son fauteuil;tjuelcjkesCbevaliers
de l'Annonciade étoientautourdu
marchepied: l'Ambassadeur après
les rêverences ordinaires rftmont;
sur l'estrade, le Prince lest couvert,
C7 Ambassadeurpareillement;
il a fait son compliment ,
Auquel ce jeune Prince a répondu
étjfx bas & en peu de paroles.
L'Ambassadeur s'est retiré de
son audience dans le mesme ordre
qu'ily estentré. LepremierMaître
d'Hosteldu Prince l'areconduit
jusques à la SalledesGardes
du Corps, ou il L-awit reten en
arrivant; il est descendu ensuite
entre le Marquis de Carail, &
le Maistre des Ceremonies. Il eji
rentré dans le carfojje du Roy, a
étéreconduit danssonPalais
jusques dans sa chambre d'Audience,
par ces Messieurspreposez
à sa conduite, dans la manière
que je 'OUS l'ay déjà marqué
& J-AnJbafJàdeur pareillement
quand le Marquisde Carail s'ejt
retiré, la conduitjusquau carrosse
&la veu partir.
Peut-estretrouverezvous , Monsieur
, cette relation un pett
trop étendue
, maisje ne pouvois
l'abregersans vous priver du détail
d'un cérémonial, dont la con
noissance peut n'estre pas indifferenteà
ceux quiferoient cbarl/
de parels emplois en cette Cour,
& c'estpar rapport au mesme cewmoni,
zi que je mous rapporterai
encore ici ce qui s'estpassélemesme
jour dans une audience publique
quela Reine & Madame
Royale donnerentàla Marquise
dePriefemme de ïdmbajïadeun
LeRoy &la Reineayantsouhaitéde
recevoir cetteAmbassadrice
avec. tous les honneurs qui
font dutau caractere deson mari ,
lui envoyerent la Comtesse de
Non femme d'un des Capital
nés
nés des Gardes du Corps,&l'unt
des Dames d'bonneur de la Reine:
eette Comtesse se renditau Palais
de f.Amba.DJeur) dans un des
mrrofJe-s du Royy&* accompagnée
du Matftre des Ceremonies;elle
futrecette à la descente du carrojje
par les Gentilshommes de l'Am-
Ira[fadeur ; l'Ambassadrice 'Vint
la recevoir au haut de l'escalier la conduisît dans son Apparte,-
ment-, & lui donna le pas ,
lA
porte, la main, (if lachaifeégalé.
Un moment aprèsl'AmbaJfachw
& la Dame d'honneurfortirentpourmonterencarrossè;
CM prit la première place dansle
fond & à la droite; la Dame
ahonneurse mit à lagauche,&
le maistre des Ceremonies sur le
devant: les Gentilshommes &
l'Ecuyer de i'Arnba/Jadrice suivoient
dans un de ses cartosses à
six chevaux : ÏAmlwJfidrice en
Arrivant au Palais a trouve les
Gardes de la Porte, les SuiJJes,
££• Gardes du Corps en haye; la
Pr;'nL'iJP dt la Ciflerne premiers
Liante d'honneur de la Reine a
receu l'aùbasadroce dans le cahinetquiprécédé
la chambredans
-
laquelleétait la Reine.L'Ambasadrice
en entrant dansrttlt
cbAmbre, a trouve lA Reine debout,
qui lui afait l'honneur de
I,tsalüer; le Roi est entré un moment
après
,
suivi du Prince de
Premont, l'un ~çr l'autre ontsalué
Ïj4mbaf$adnce : leRoy,après
lui avoir dit quelques paroles
obligeantes
, ~& pleines de politrDe"
,
s'est retiré suivi comme il
étoit entré du Prince de Piémont.
L'ambassadrice en sortantde la
chambre de la Reine
, a estéaccompagnée
par la premiere Dame
d'honneur
,
jusqua l'endroit ou
elle l'avoit recue.
Ausortir de j'appartement de
la Reine
,
l'ambassadricetoujours
accompagnée de Madame
la Comtesse de Non
,
Dame
d'Honneur, & du Maistree des
Ceremonies, a été dans le même
carrosse
, & dans le même ordre3
chez Madame Royale son correge
nejïoit pas si nombreux que
celuy de l'ambassadeurson milrV,
mais l'emprejpment des fpeïiateurs
nefut pas moins remarquable
, tous les endroits par où elle
passi étoient borde% d'unefoule
de personnes de toutes conditions
que l'éclat de sa beauté ,un air
noble, & ces graces naissantes
d'une premierejeunes, attiroient
àsonpassage. Hommes Cm fémmes,
tout le monde vouloit là
voir quoyque peut-estepar des
sentimens dijferens.Ellefutreçut
ebek Madame Royale
,
de la
même manierequ'elle l'avoit été
cbe;C la Reine,ensortant de l'appartement
de cette Princesse
,
elle
fut reconduite à son Palais,&
jusques dans son appartement
par la Dame d'Honneur, cm par
le Maistre des Ceremonies, l'Ambassadrice
donnaacette Dame le
pas ~ula main danssamaison
la reconduisitjusqu'au carrosedu
Roy ~&la vit partiravantque
de se retirer.
Si la Reine n'étaitpas rttur.
née le me(me jour à la Vannerie
l'Ambassadrice auroit été au cercle
de Sa Majesté, £$r auroit été
IlJliJe sur un pliant semblable à
Celui des Prineses du Sang.,
dans le milieu du cercle &nJiS-à~
vis Sa Majcfté.
Trouvez bon, Monsieur,
que je vousfaJSj remarquerqu'on
fatt icy difference entre tabouret
çp* pliant, les Princes du Sang
ont un pliant, les autres Dames
quiont droit de s'assoir cbt la
Reine , comme Grandes d-Espa.
gne n'ont quun tabouret carré.
Le 14 du mois l'Ambasadrice
fut au cercle che7, Madame
Royale,(freût un pliantplacé
dans le milieu du cercle,vis a-vis
JfMadame Royale.
Si cette Relation n'étoitpasdéjà
troplongue, je vous rendrois
compte de l'Audience que l'Amhapadeureût
de M. le Prince ~&
de Madame la Princese de Cari.
gnan , CT du PrinceThomas;
maispourabregerje mecontenterai
devousdire que le Prince de Carignan
descendit quatre ou cinq
marches de son escalier pour le
recevoir, ~& quildonnapartout
àce Ministre le pas, la main, la
portey~& la première chaise sur
l'estrade. Que la Princesse dans
son Audience,rient pas ~plufiit
apperceu l'Ambassadeur entrer
danssa chambre ,quelle descendit
deson estrade, &fit quelquespas
en avant. pourrecevoir ce Ministre
,qui de son côté pressa si
marche, afin quelle en fit moins.
Lecérémonial dans l'Audience du
Prince Thomas se paiJa à peupres
comme cbez le Prince de Carignansonfrere
Il n'y eut rien de
particulier dans l'Audience que le
jAzrquiî de S.Thomas premier
Ministre du Roy ,donna à lAmbassadeur,
sinon qu'ildescendit
presquejusquau bas desonescaiier,
pour recevoir cetAmbajjadeur.
Jkhr.Ceseroit ici l'endroit devous
entretenir des visites que -l'Am,.
bassadeurareceus des deux Priitces
de Garignan
,
du Marquis de
S.Thomas
,
&desprincipaux
Seigneurs decette Cour; mais il
fautremettrecediscours à unt,
nouvelle Relation, que je vous
envairay pour peu que vous me
paroissiez lesouhaiter.J'ay l'honneur
d\flreparfaitement, Monsieur
,
Vostre
, Crc. -
- JATurince10.May iyïy.
Fermer
121
p. 134-156
Route de la Navigation faite par l'Armée Navale du Roy C. pour l'expedition de Maillorque, depuis qu'elle est partie de Barcelone, le 11 Juin 1715.
Début :
Le matin dudit jour 11. Juin on tira le coup de partance [...]
Mots clefs :
Majorque, Barcelone, Armée, Troupes, Chevalier, Guerre, Galères, Hommes, Marquis, Matin, Vaisseaux, Officiers, Débarquement, Transport, Grenadiers, Régiments, Cavalerie, Munitions, Empereur, Expédition, Roi d'Espagne, Navigation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Route de la Navigation faite par l'Armée Navale du Roy C. pour l'expedition de Maillorque, depuis qu'elle est partie de Barcelone, le 11 Juin 1715.
Route de la Navigation faite
par l'Armée Navale du Roy
C.pourl'expédition de Maillorque,
depuis qu'elle estpartie
de Barcelone, le Il Juin 171 5.
Le matin dudit jour JI.'
Juin on tira lecoup de partance
, &tous les Vaisseaux de
guerre se mirent à la voile restant
en panne & sur les bords
jusqu'au soir
,
auquel tems
tous les autres Bâtimens leverent
l'ancre, au nombre de
280. tant ceux de transport,
que de guerre ,avec les Galeres
; & l'on commença à faire
voyage vers le Sud avec un
vent Est Nord Està une lieuë
par heure, ce qui dura jusqu'à
minuit.
Le 12. nous nous trouvâmes
distans de 9. licuës de Barcelone,
que nous laissâmes au
Nord- Oiicttv , le vent
-
C'ii
trouvant Est Nord-Est tres-îj
favorable qui,) dura jusqu ?
midy. f;IN"
Sur le foir il yeût grande
variation de vents legers
, ce
quifutcause qu'on fit peu de^
chemin. La nuit du même
jour, nous trouvant 1av 14.
lieuës de Barcelone, le Ciel se
couvrit de nuages, & tôt aprés
il s'éleva une bourasque d'un
vent fort deNord-Oüest, avec
pluye,ce qui fit presqueperdre
toutes les Barquettes que,
l'on conduisoit pour facihtcl;
le débarquement. Cette nuitlà
làon fit peu de force devoiles,
>
pour donner le tems aux aures
Bâtimens de suivre,& se.
tenir autant qu'il étoit possi-
Weau Corps d'Armée.
Le 13. au matin à la diftatl*
ce de 17. lieuës de Barcelone,
lamer se maintenant grosse
d'un vent d'Est Nord Est, le
Giel toujours couvert, l'on
découvrit la Côte de Solaryen
Maillorque sur lemidy.
L'on navigea le reste ditjour
à force de voiles du côté
des Dragoneres,&l'on se détermina
àjetterl'ancre sur les
septheuresdu soir ,àlacalle
de saintePosee,&l'on se tint
en ce parage, jusques sur les
4. heures du foir du jour 14
Durant cetteintervallel'on
tintConseil de guerre,oùassistetent
les Officiers Généraux
seulement
, pour deliberer si
l'ony feroitle débarquement,
àJ'tff;;t de quoi l'on dépêcha
deux logenieurs dans uneChaloupe
, pour reconnoître la si.
tuation & le terrain:à l'approche
de la Chaloupe les Ennemis
tirerent quelques coups
de Canon de cinq Batteries;
on reconnut qu'ils étoient bien
retranchez avec bon nombre
dePaysans, ce quifit prendre
lâ resolutionde se mettre le
même jour à la voile, ce qui
né ffc pût faire que vers les 6.
heures du soir,& alors tous les
ni,:rments,:ilcverent l'ancre
avec unventSud Sud Est.Vers
lafitortÏOO. hommes du Regiment
de la Marine passerent
d'un petit Bâtiment François
qui faisoit beaucoup d'eau, sur
le Royal, & toute la nuit on fit
route au large pour éviter les
Côtes dont on a pAarlé. Le 15. nous nous trouvâmes
à deux lieuës de distance des
Dragoneres quinousrestoient
au Nord avec un vent fort de
SudSud Oüest,&grosseMer,
ce qui fit que les Galères&les
Vaisseaux de Meilleurs de la
Roche & de la Fayette , avec
quelques autres Bastiments de
transport arrivèrent sous le
vent des mêmesDragoneres,
&nous autres avec lereste de
l'Armée, navigâmes jusqu'a
cinq heures du fair, faisant
route par Sud-Est quart aiy
Sud, nous joignant pour donner
fond sur les CallesFerrera
& Longa
,
à une lieuë à 1Est
du Port Pedra, distant de terre
environ une portée de Canon;
-& d'abord on dépêcha une
Lance avec le ComtedeLecherene
pour reconnoître cc
Port.
Lequel ayant été trouvé fort
à propos, on commanda à
M. le Marquis de Cany,de
faire le débarquement , qu'il
commença avec huit Lances
& 150.Grenadiers des Regimens
de Gastille & de la Marine;
Ce qui se fitheureuse-
me'j[ & les autres troupes par
émulation se débarquèrent au
nombre de six mil Fantassins
& immédiatement on continua
de meure la Cavalerie à
Terre,des trois coltzdesdites
calles,où l'on pût entrer avec
tous les Bâtimens. Ce qui
acheva de s'execucer sur lesdix
heures du foir. M. le Marquis
de Cany executa ce commandementdonc
il étoitchargé
avec toute la valeur,
,
la prudence
& les précautionspossi-
bles;il merite des loüanges
infiniescar un vieux General
n'auroit pû mieux faire. Et le
16. du courant, on dépêcha
le Marquis de Mary,pour en
informer Sa Majesté,il arriva
à Aranjuez le 21 à neuf heures
du foir & eût encore 10i
temps de luy b.ure[ la maïa:
avant son coucher.
La Flote doit retourner
deux voyages,prendre lercHe;
des troupes ,
des équipages &
& munitions de Guerre & de
bouche,
Il y a pour cette entTprise
cent pieces de Canon. - - .,
Douze Mortiers.
Cinq mil Bombes.
QuarantequatreBataillons.
Trois Regimens de Cavalerie.
Trois Regimens de Dragons
démontez.
Pour cinq mois de munitions
, & tous les Officiers
payez.
L'Armée de S. M. C. efl;
composéede146.voiles ,tant
en Vaisseaux de guerre que de
transport, Fregates legeres,
Flottes, Barques, & Tartannes,
&sixGaleres. Elle efteonamandée
par Don Pedro de Los-
Rios, qui asous luy Don Jofeph
de Los Rios son frere
Commandant , des Galeres,les
Marquis de Gabaret&de Mary
Chefs d'Escadre.
Elle porte 24. Bataillons ;
sçavoir12 deFrançois,&12.
d'Espagnols,mil chevaux
,
avec
avecartillerie munitions de
guerre & de bouche pour faire
un siege.
Les Troupes de terre font
commandées par M. le Chevalier
d'Asfeld,qui a fous luy
M. leComtede Lecheraine,
M.le Marquis de Guerchois,
M.le Marquis de Caylus,&
M. Ribadeo
,
Espagnol, Maréchaux
de Camp.
o'
L'on a commencé le 8. Juin
à embarquer les Troupes
, & leonzeaumatin rout fut prêt
à marcher. Le même jour à
deux heures aprés midy, l'on
appareilla & tout fut sorti du
Port de Barcelone à sept heures
du foir : le douzeau matin
l'Armée (e trouvarassemblée,
les Galeres au vent ,
les Vais
seaux de guerre fous le vent,
& les Bastimens de transport
aumilieu.
,
La nuir du douze au treize
nous souffrîmes un grostems.
Le desseinétoit devenir mouiller
devant Alcudia, mais nous
ne pûmes pas doubler leCap
ce qui fit que nous continuâmes
nôtre route jusqu'à Santa
Ponfa
,
où M. de Los Ris
s'arrêta pour rassembler foç
Armée que le mauvais temps
avoit dispersée : nous nous
trouvâmes sur lestrois heures
après midy avec moins desoixante
Voiles& des Galeres qui
s'étoient mises à l'abri de Tlflç
deDragonnera;maisle lendemain
14. à midy tout joignit)
& il ne se trouva de plus qu'-
environ 50. Bateaux &une
- Tarranne.
- Santa Ponfa étoitunePlace
très propre à debarquer, mais
nous reconnûmes qu'elle étoit
coupée par un retranchement
au bout duquel, de chaque
côté, il y avoit une Tourayçç,
du canon , tous les Rebelles
noussaluërent aussitost qu'ils
nous virent mouiller. L'on découvrit
aussiquelque Cavalerie
avec de l'Infanterie,ce qui
sit juger que cet endroit étoit
trop bien gardé pour y pouvoir
descendreaussifacilement
que l'on pouvoit d'un autre
côté. Cela sir prendre le parti
a ncs Généraux de Mer & de
-
Terre de lever l'ancre & de
chercher du costé du Sud une
plage plus propre.
Le 14 à quatre heures du
soit toute l'Armée mit à la
Wlfc*, & sur les onze heures le
véht rafraîchit si fore) que le
quinze au matin nous nous
trouvâmes encore abandonné
desGaleres & de plus de quatre-
vingt voiles. Cependant
M.deLos Riosayant apperçû
sur les cinq heures du soir que
CM Ferrera & la Cala Loriot
prés le Porto Pedro étoient
commodes pour y jetter les
Troupes
,
d'autant plus qu'il
ne paroissoit personne pour
s'y opposer
,
il moüllaen cet
endroit, & M. le Chevalier
dAsfeld envoya M. le Comte
de Lecheraine avec 2 5. Grenadiers
du R giment de Castille
& de la Marine, qui se mirent
dans une Chaloupe, & furent
reconnoître le terrain; sur le
rapport que vint faire M. le
Comte de Lecheraine que l'on
pouvoit debarquer
,
& qu'il
n'y avoit point de tems à per.
dre
,
M. de Los Rios fit le signal
à toutes les Chaloupes,
Barques& Bateaux de venir à
son bord avec le plus de Soldats
qu'ils pourroient porter,
& de là furent envoyées incontinent
à CalaFerrera où
les Chaloupes & Canot del'A
miral avoient déja de fLendus
les Troupes qu'ils portoient
Le débarquement commença
à six heures dusoir,&fut fait
avec tant de diligence
,
qu'à
huit heures il y avoit à terre
deux mil hommes, & à rleu*
heures a prés minuit toute l'Infanterie
embarquée dans les
Bâtimens qui avoient suivi l'Affinai
se trouva à terre au nombre
de six mil hommes. :>u&
-
Le16. à la pointe du jour
l'on débarqua environ 500.
chevaux. '8
A mesure que les troupes
débarquoient, elles travaillerent
à se couvrir d'une ligne
de la hauteur de quatre pieds
faitede branches , d'ar bres &
de terre, seulement du costé
du Nord, car au Sud l'endroit
estoit couvert par la Mer, &
à l'Est ou Qücfi.) de deux
petits Golfes appellez Cala
Ferrera & Cala Longa.
Le 17 à quatre heures du
matin, M. leChevalier d'Asfeld
a fait marcher ses troupes
du coftéd'Alcudia ; &
nous autres avons mis à la
voile le mêmejour à dix heures
du matin.
- Le 20 au soir nous doublâmes
le Cap Farrax.
Le 21.nousennâmes dans
la BJYc d'Alcudia, où nous
moüillâmesàdemie portéede
Canon de Terre. r, - NousapprîmesqueM. d'Asfeld
étoit arrivé le 19. à une
lieue-d'Alcudia,qu'ilavoit fait
un détachement de Grenadiers
& de Cavalerie , pour
aller sommer la Place, &que
le lendemain 20 à huit heures
du matin, il y étoit entré,
ayant pris la Garnison au nombre
de 1300. hommes à discretion
dont la plus grande
parties'est engagée dans nos
troupes, & les Officiersdétenus
jusqu'à ce qu'ilsayent déclaré
le lieu où ilsveulent se
retirer, pourvcu que ce ne soit
point sur aucunes Terres dela
domination d'Espagne. Alcudia
est située à un quart de
lieuë de laMer
,
son terrain &
les environs sont des roches
,
ce qui auroitrendu la tranchée
difficile à faire au cas de
Siege) il a double murailles
quiontchacuneun fossede10.
à12 piedsdeprofondeur sur
8. de I.1rge
,
de la premiere
muraille torrent 8. Bastions
soutenus chacun de deux
petites tours saillantes de la
seconde muraille qui sont
àTrenaux.
L'on y a trouve 2. 2.. petites
pieces de Canon de fonte,&
30. de fer, pour 20. jours
de vivres &de poudre.
Le 11. M.le Chevalier d'Asfeld
fit marcher2000. hommes
à Palma qui est la Capitale
fous les ordres de M. le Marquisde
Guerchois ,il fut suivi
deM.leComte de Lecheraine
qui marcha avec un autre
détachement, pour le soutenir.
M. d'Asfeld ,après avoir
laissé un Bataillon Espagnol
dans AJcul.ia
,
marcha avec
le reste de son Armée;le 23.
tous le p.,ys jusqu'à àeux luuës
de Palma
,
rendit l'obéïssance
&tout yest fort tranquille.
Les six Galeres & plus de
60. voiles del'Armée Navale
,qtic le mauvais temps avoir séparée
du corps nous rejoignirent
le 11. & aussi tost l'on fit
débarquer 1liifanterle & la
Cavalerie qu'ils portoient:
l'Armée Navale leva l'ancre le
25. pouraller devant Palma.
par l'Armée Navale du Roy
C.pourl'expédition de Maillorque,
depuis qu'elle estpartie
de Barcelone, le Il Juin 171 5.
Le matin dudit jour JI.'
Juin on tira lecoup de partance
, &tous les Vaisseaux de
guerre se mirent à la voile restant
en panne & sur les bords
jusqu'au soir
,
auquel tems
tous les autres Bâtimens leverent
l'ancre, au nombre de
280. tant ceux de transport,
que de guerre ,avec les Galeres
; & l'on commença à faire
voyage vers le Sud avec un
vent Est Nord Està une lieuë
par heure, ce qui dura jusqu'à
minuit.
Le 12. nous nous trouvâmes
distans de 9. licuës de Barcelone,
que nous laissâmes au
Nord- Oiicttv , le vent
-
C'ii
trouvant Est Nord-Est tres-îj
favorable qui,) dura jusqu ?
midy. f;IN"
Sur le foir il yeût grande
variation de vents legers
, ce
quifutcause qu'on fit peu de^
chemin. La nuit du même
jour, nous trouvant 1av 14.
lieuës de Barcelone, le Ciel se
couvrit de nuages, & tôt aprés
il s'éleva une bourasque d'un
vent fort deNord-Oüest, avec
pluye,ce qui fit presqueperdre
toutes les Barquettes que,
l'on conduisoit pour facihtcl;
le débarquement. Cette nuitlà
làon fit peu de force devoiles,
>
pour donner le tems aux aures
Bâtimens de suivre,& se.
tenir autant qu'il étoit possi-
Weau Corps d'Armée.
Le 13. au matin à la diftatl*
ce de 17. lieuës de Barcelone,
lamer se maintenant grosse
d'un vent d'Est Nord Est, le
Giel toujours couvert, l'on
découvrit la Côte de Solaryen
Maillorque sur lemidy.
L'on navigea le reste ditjour
à force de voiles du côté
des Dragoneres,&l'on se détermina
àjetterl'ancre sur les
septheuresdu soir ,àlacalle
de saintePosee,&l'on se tint
en ce parage, jusques sur les
4. heures du foir du jour 14
Durant cetteintervallel'on
tintConseil de guerre,oùassistetent
les Officiers Généraux
seulement
, pour deliberer si
l'ony feroitle débarquement,
àJ'tff;;t de quoi l'on dépêcha
deux logenieurs dans uneChaloupe
, pour reconnoître la si.
tuation & le terrain:à l'approche
de la Chaloupe les Ennemis
tirerent quelques coups
de Canon de cinq Batteries;
on reconnut qu'ils étoient bien
retranchez avec bon nombre
dePaysans, ce quifit prendre
lâ resolutionde se mettre le
même jour à la voile, ce qui
né ffc pût faire que vers les 6.
heures du soir,& alors tous les
ni,:rments,:ilcverent l'ancre
avec unventSud Sud Est.Vers
lafitortÏOO. hommes du Regiment
de la Marine passerent
d'un petit Bâtiment François
qui faisoit beaucoup d'eau, sur
le Royal, & toute la nuit on fit
route au large pour éviter les
Côtes dont on a pAarlé. Le 15. nous nous trouvâmes
à deux lieuës de distance des
Dragoneres quinousrestoient
au Nord avec un vent fort de
SudSud Oüest,&grosseMer,
ce qui fit que les Galères&les
Vaisseaux de Meilleurs de la
Roche & de la Fayette , avec
quelques autres Bastiments de
transport arrivèrent sous le
vent des mêmesDragoneres,
&nous autres avec lereste de
l'Armée, navigâmes jusqu'a
cinq heures du fair, faisant
route par Sud-Est quart aiy
Sud, nous joignant pour donner
fond sur les CallesFerrera
& Longa
,
à une lieuë à 1Est
du Port Pedra, distant de terre
environ une portée de Canon;
-& d'abord on dépêcha une
Lance avec le ComtedeLecherene
pour reconnoître cc
Port.
Lequel ayant été trouvé fort
à propos, on commanda à
M. le Marquis de Cany,de
faire le débarquement , qu'il
commença avec huit Lances
& 150.Grenadiers des Regimens
de Gastille & de la Marine;
Ce qui se fitheureuse-
me'j[ & les autres troupes par
émulation se débarquèrent au
nombre de six mil Fantassins
& immédiatement on continua
de meure la Cavalerie à
Terre,des trois coltzdesdites
calles,où l'on pût entrer avec
tous les Bâtimens. Ce qui
acheva de s'execucer sur lesdix
heures du foir. M. le Marquis
de Cany executa ce commandementdonc
il étoitchargé
avec toute la valeur,
,
la prudence
& les précautionspossi-
bles;il merite des loüanges
infiniescar un vieux General
n'auroit pû mieux faire. Et le
16. du courant, on dépêcha
le Marquis de Mary,pour en
informer Sa Majesté,il arriva
à Aranjuez le 21 à neuf heures
du foir & eût encore 10i
temps de luy b.ure[ la maïa:
avant son coucher.
La Flote doit retourner
deux voyages,prendre lercHe;
des troupes ,
des équipages &
& munitions de Guerre & de
bouche,
Il y a pour cette entTprise
cent pieces de Canon. - - .,
Douze Mortiers.
Cinq mil Bombes.
QuarantequatreBataillons.
Trois Regimens de Cavalerie.
Trois Regimens de Dragons
démontez.
Pour cinq mois de munitions
, & tous les Officiers
payez.
L'Armée de S. M. C. efl;
composéede146.voiles ,tant
en Vaisseaux de guerre que de
transport, Fregates legeres,
Flottes, Barques, & Tartannes,
&sixGaleres. Elle efteonamandée
par Don Pedro de Los-
Rios, qui asous luy Don Jofeph
de Los Rios son frere
Commandant , des Galeres,les
Marquis de Gabaret&de Mary
Chefs d'Escadre.
Elle porte 24. Bataillons ;
sçavoir12 deFrançois,&12.
d'Espagnols,mil chevaux
,
avec
avecartillerie munitions de
guerre & de bouche pour faire
un siege.
Les Troupes de terre font
commandées par M. le Chevalier
d'Asfeld,qui a fous luy
M. leComtede Lecheraine,
M.le Marquis de Guerchois,
M.le Marquis de Caylus,&
M. Ribadeo
,
Espagnol, Maréchaux
de Camp.
o'
L'on a commencé le 8. Juin
à embarquer les Troupes
, & leonzeaumatin rout fut prêt
à marcher. Le même jour à
deux heures aprés midy, l'on
appareilla & tout fut sorti du
Port de Barcelone à sept heures
du foir : le douzeau matin
l'Armée (e trouvarassemblée,
les Galeres au vent ,
les Vais
seaux de guerre fous le vent,
& les Bastimens de transport
aumilieu.
,
La nuir du douze au treize
nous souffrîmes un grostems.
Le desseinétoit devenir mouiller
devant Alcudia, mais nous
ne pûmes pas doubler leCap
ce qui fit que nous continuâmes
nôtre route jusqu'à Santa
Ponfa
,
où M. de Los Ris
s'arrêta pour rassembler foç
Armée que le mauvais temps
avoit dispersée : nous nous
trouvâmes sur lestrois heures
après midy avec moins desoixante
Voiles& des Galeres qui
s'étoient mises à l'abri de Tlflç
deDragonnera;maisle lendemain
14. à midy tout joignit)
& il ne se trouva de plus qu'-
environ 50. Bateaux &une
- Tarranne.
- Santa Ponfa étoitunePlace
très propre à debarquer, mais
nous reconnûmes qu'elle étoit
coupée par un retranchement
au bout duquel, de chaque
côté, il y avoit une Tourayçç,
du canon , tous les Rebelles
noussaluërent aussitost qu'ils
nous virent mouiller. L'on découvrit
aussiquelque Cavalerie
avec de l'Infanterie,ce qui
sit juger que cet endroit étoit
trop bien gardé pour y pouvoir
descendreaussifacilement
que l'on pouvoit d'un autre
côté. Cela sir prendre le parti
a ncs Généraux de Mer & de
-
Terre de lever l'ancre & de
chercher du costé du Sud une
plage plus propre.
Le 14 à quatre heures du
soit toute l'Armée mit à la
Wlfc*, & sur les onze heures le
véht rafraîchit si fore) que le
quinze au matin nous nous
trouvâmes encore abandonné
desGaleres & de plus de quatre-
vingt voiles. Cependant
M.deLos Riosayant apperçû
sur les cinq heures du soir que
CM Ferrera & la Cala Loriot
prés le Porto Pedro étoient
commodes pour y jetter les
Troupes
,
d'autant plus qu'il
ne paroissoit personne pour
s'y opposer
,
il moüllaen cet
endroit, & M. le Chevalier
dAsfeld envoya M. le Comte
de Lecheraine avec 2 5. Grenadiers
du R giment de Castille
& de la Marine, qui se mirent
dans une Chaloupe, & furent
reconnoître le terrain; sur le
rapport que vint faire M. le
Comte de Lecheraine que l'on
pouvoit debarquer
,
& qu'il
n'y avoit point de tems à per.
dre
,
M. de Los Rios fit le signal
à toutes les Chaloupes,
Barques& Bateaux de venir à
son bord avec le plus de Soldats
qu'ils pourroient porter,
& de là furent envoyées incontinent
à CalaFerrera où
les Chaloupes & Canot del'A
miral avoient déja de fLendus
les Troupes qu'ils portoient
Le débarquement commença
à six heures dusoir,&fut fait
avec tant de diligence
,
qu'à
huit heures il y avoit à terre
deux mil hommes, & à rleu*
heures a prés minuit toute l'Infanterie
embarquée dans les
Bâtimens qui avoient suivi l'Affinai
se trouva à terre au nombre
de six mil hommes. :>u&
-
Le16. à la pointe du jour
l'on débarqua environ 500.
chevaux. '8
A mesure que les troupes
débarquoient, elles travaillerent
à se couvrir d'une ligne
de la hauteur de quatre pieds
faitede branches , d'ar bres &
de terre, seulement du costé
du Nord, car au Sud l'endroit
estoit couvert par la Mer, &
à l'Est ou Qücfi.) de deux
petits Golfes appellez Cala
Ferrera & Cala Longa.
Le 17 à quatre heures du
matin, M. leChevalier d'Asfeld
a fait marcher ses troupes
du coftéd'Alcudia ; &
nous autres avons mis à la
voile le mêmejour à dix heures
du matin.
- Le 20 au soir nous doublâmes
le Cap Farrax.
Le 21.nousennâmes dans
la BJYc d'Alcudia, où nous
moüillâmesàdemie portéede
Canon de Terre. r, - NousapprîmesqueM. d'Asfeld
étoit arrivé le 19. à une
lieue-d'Alcudia,qu'ilavoit fait
un détachement de Grenadiers
& de Cavalerie , pour
aller sommer la Place, &que
le lendemain 20 à huit heures
du matin, il y étoit entré,
ayant pris la Garnison au nombre
de 1300. hommes à discretion
dont la plus grande
parties'est engagée dans nos
troupes, & les Officiersdétenus
jusqu'à ce qu'ilsayent déclaré
le lieu où ilsveulent se
retirer, pourvcu que ce ne soit
point sur aucunes Terres dela
domination d'Espagne. Alcudia
est située à un quart de
lieuë de laMer
,
son terrain &
les environs sont des roches
,
ce qui auroitrendu la tranchée
difficile à faire au cas de
Siege) il a double murailles
quiontchacuneun fossede10.
à12 piedsdeprofondeur sur
8. de I.1rge
,
de la premiere
muraille torrent 8. Bastions
soutenus chacun de deux
petites tours saillantes de la
seconde muraille qui sont
àTrenaux.
L'on y a trouve 2. 2.. petites
pieces de Canon de fonte,&
30. de fer, pour 20. jours
de vivres &de poudre.
Le 11. M.le Chevalier d'Asfeld
fit marcher2000. hommes
à Palma qui est la Capitale
fous les ordres de M. le Marquisde
Guerchois ,il fut suivi
deM.leComte de Lecheraine
qui marcha avec un autre
détachement, pour le soutenir.
M. d'Asfeld ,après avoir
laissé un Bataillon Espagnol
dans AJcul.ia
,
marcha avec
le reste de son Armée;le 23.
tous le p.,ys jusqu'à àeux luuës
de Palma
,
rendit l'obéïssance
&tout yest fort tranquille.
Les six Galeres & plus de
60. voiles del'Armée Navale
,qtic le mauvais temps avoir séparée
du corps nous rejoignirent
le 11. & aussi tost l'on fit
débarquer 1liifanterle & la
Cavalerie qu'ils portoient:
l'Armée Navale leva l'ancre le
25. pouraller devant Palma.
Fermer
122
p. 239-252
Morts. [titre d'après la table]
Début :
Messire Henry Jules de Mazarin, Duc de Mayene, dont l'esprit [...]
Mots clefs :
Lieutenant, Roi, Chevalier, Duc, Armées, Marquis, Normandie, Lieutenant général
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
MessireHenry Julesde Maz,.
ui, Duc de Mayenne, donc
l'esprit répondant à toutes les
belles qualitésque l'on peut
voir dans un jeune homme,
donnoit déjàa de grandes esperances,
mourut de la petite
verole le x8,Juin dernier, âgé
de 12. ans : il estoit fils de
MessirePaulJules Duc de Mazarin,
de la Meilleraye & de
Mayenne,Pair de France
Gouverneur de Blavet, Port-
Louis, &c. & de Fdlcc Armande
Charlote de Durfort
de Duras, filleaînée de Mesre
Jacques Henry deDurfort
Duc de Duras, Pair &Maréchal
de France , & petit fils de.
Messire Armand Charles Duc
de Mazarin, PairdeFrance,
& Chevalier des Ordres du,
Roy. La Maisonde Mazarin
ra- originaire de la Ville de
Rome, & est non seulement
connue en France depuis lé,
Cardinal Mazarin qui enétoit
premier Ministre, mais encore
eHètfeft pas moins illustre par
son
son ancienneté que par ses
grandes alliances. La Genealogie
en cO: rapportée tout au
long dans l'Histoire des Ma- Pl réchaux de France, au même
chapitre.
M.jean-Baptiste Ducasse,
âgé de 63. ans,Lieutenant General
des Armées navales,
Commandeur de l'Ordre de
S. Loüis, Chevalier de la Toisond'or,
Capitaine General
du Roy d'Espagne, & que S.
M. C. avoit honoré en dernier
lieu de la commission de Commandant
de ses Armées navales
au Siege de Barcelone
est mort auxeaux de Bourbon
fort regrettéde toute sa famille.
On peut dire en deux
mots que par tour où sou service
l'a appellé, il a donné des
marques d'une prudence consommée
par la conduire, &
d'une grande valeur pour le
fervtce des Rois,dont il a reçtk
en differentes fois des marques
de bienveillance;
:-, Dame Marie Françoise Berthaut
de Freauville, Dame
d'honneur de Madame la Duebefle
de Berry, mourut le 16.
Juin dernier :elle estoit femme
de Mtflue FrançoisTouffaiût
deGuerhoent, Marquis de
Coëtenfao, Comte dePenhont
,
&c. Lieutenant General
des Armées du Roy,Sous-
Lieutenant des chevaux Legers
de sa Garde, & Chevalier
d honneur de Madame la Duçhesse
de Berry. Madame de
Freauville estoitfille de Messire
FrançoisBerthaut deFreauville,
Conseiller au Parlement de
Paris, mort le
1 4. Décembre
1713. & de Dame Marie de
la Garde. Pour Monsieur le
Marquis de Coëtenfao ilest
frere de Monsieurl'Evêque
d'Avranches,dont le zel e pour
le bien de l'Eglise luy attire l'esrime,
nonseulement de son
Diocese, mais encore de tous
ceux qui le connoissent. La
famille de Freauville est originaire
de Normandie: pour
celle de Coëtenfao, elleest une
des plus illustres de laBretagne.
-
Messire Henry Pidoude S.
Olon, Chevalier de l'Ordre de
NostreDame de MontCar
mel & deS. Lazare de Jerusalem
,
Gentilhomme ordinaire
du Roy, cy- devant Sous-
Lieutenant aux Gardes, mourut
le 13. Juindernier ;ilétoit
fils deM. Pidou deS.Olon,
cy-devant Envoyé extraordinaire
du Roy à Genes, & son
Ambassadeur auprés du Roy
de Maroc, Commandeur de
l'Ordre du Mont-Carmel &
de S. Lazare, Gentilhomme
ordinaire de la Maison du
Roy.
Dans le Mercure du mois
passé j'ay mis un article cjuiregarde
Madame la Marquise de
Nonant
,
sur des Mémoires
qu'on m'avoit donnez
,
j'ay
appris depuis qu'ils n'estoient
pas veritables; les preuves de
faussetéqu'onm'en a données,
m'obligent par rcfpeû pour la
venté à changer cet article
dans le present Mcrcurc à
vous dire que l ';,
La Maison des Fradets est
establie dans la Province de
Berry depuis si longtemps qu'il
n'estmemoire de soncommencement
:l'ancien Armorial des
Heros de l'an 1320. & celuy
de la Bannicre de Berry du
temps du Roy Charles VII.
la mettent au nombre des nobles
familles du Berry.
-, Au temps des Croisades
pourla Terre Sainte,il cfl: rapporté
par Aubert de Poitiers
dans son livre imprimé en
J162,. que JeanFradeten
combattant contre les Turcs
y sur percé de trois dards ou
javelots :ce que l'Empereur
Alexis ayant rû, il ordonna
que pour marque de la valeur
de ce fidele Chrêtien, luy & sa
famille les porteroient dans
leurs armes, ce qui s'est continué
jurqt/à pre sent; ses descendans
ont eû des emplois
honorables à la guerre où ils
se sont toujours signalez.
Alexandre Fradet fut un des
trente Gentilshommesqui se
battirent en duel contre trente
autresGentils hommes Partisans
de Jean IV.Duc de
: Bretagne, fous le regne du
Roy Jean en 1350. il com-
; battit avec Jean de Beaumanoir,
Chevalier Partisan de la
Maison de Blois.
Jicquelin Fradet, Gouverneur
de Falaise en Normandie,
fat envoyé par le Roy Charges
V. en Angleterre pour traiter
de la rançon du Roy Jean
:
son pere, d'où retournant il
mourut à Boulogne, & fut
enterré dans l'Eglise Cathédrale
en 1361.
JeanFradet fut Gouverneur
de la Ville du Pont de l'Arche
en Normandie en 1371. fous
les Regnes des Rois Charles V-
& CharlesVI.
Pierre Fradet fat Gouverneur
de la Charité, & ensuite
de la grosseTour de Bourges.
Armand Fradet fut Evêque
de Rieux en 1400.
Nicolas Fradet fut envoyé
à Rome par le Roy Charles
VII. le 14. May1448. pour
les affaires du Clergé de France
où il mourut après avoir
fondé une Chapelle dans l'E-.
gliseCathedralede S.Estienne
de Bourges, & une Mciïe à
perpétuité, moyennant jopï
écus d'or,à laquelleChapelie
font ses Armes en dedans &
en dehors; elle est entre celles
de M ssieurs les Maréchaux de
Montigny & de la Chjastre.
, Durand Fradet fut grand
Prévoit de 1 Hostel du Roy
LouisXI. en 1480.
Antoine Fradet fut Commandant
pour le Roy à Sancerre
durant la L'uc en 11Sc.
Jean son fil,;
,
Chevalier Seigneur
de S. Aoust, fut Gouverneur
de la grosse Tour de
Bour ges, & Lieutenant de
Monseigneur le Prince de
Condé, Gouverneur de Berry.
( M. Jean Fradet de Saint
Aoust
,
Comte de Châteaumeillan,
Conseiller du Royen
tous ses ConseilsMarêchal
de ses Camps & Armées,Lieutenant
General de l'Artillerie
de France, qui ensuite a exercé
la Charge de Grand Maître de
l'Artillerie par commission du
Roy Lciiis XIII.épousaDame
Jeanne Marie de S Gelais
de Lusignan,qui lui apporta
200000. liv. en dot;duquel
mariage est issu.
., M. Armand Antoine Fradct
de Saine Aoust
, Lieutenant
de Roy de la Province de
Berry
,
Mestre de Campd'un
Regiment de Cavalerie,&
Brigadier des Armées du Roi,
tuéenFlandresen1675.
EtDame JeanneMarie Frader
de Saint Aoust, veuve de
M. Jacques Duplessis Châtil-
Ion
,
Marquis dudit lieu &de
Nonant.
ui, Duc de Mayenne, donc
l'esprit répondant à toutes les
belles qualitésque l'on peut
voir dans un jeune homme,
donnoit déjàa de grandes esperances,
mourut de la petite
verole le x8,Juin dernier, âgé
de 12. ans : il estoit fils de
MessirePaulJules Duc de Mazarin,
de la Meilleraye & de
Mayenne,Pair de France
Gouverneur de Blavet, Port-
Louis, &c. & de Fdlcc Armande
Charlote de Durfort
de Duras, filleaînée de Mesre
Jacques Henry deDurfort
Duc de Duras, Pair &Maréchal
de France , & petit fils de.
Messire Armand Charles Duc
de Mazarin, PairdeFrance,
& Chevalier des Ordres du,
Roy. La Maisonde Mazarin
ra- originaire de la Ville de
Rome, & est non seulement
connue en France depuis lé,
Cardinal Mazarin qui enétoit
premier Ministre, mais encore
eHètfeft pas moins illustre par
son
son ancienneté que par ses
grandes alliances. La Genealogie
en cO: rapportée tout au
long dans l'Histoire des Ma- Pl réchaux de France, au même
chapitre.
M.jean-Baptiste Ducasse,
âgé de 63. ans,Lieutenant General
des Armées navales,
Commandeur de l'Ordre de
S. Loüis, Chevalier de la Toisond'or,
Capitaine General
du Roy d'Espagne, & que S.
M. C. avoit honoré en dernier
lieu de la commission de Commandant
de ses Armées navales
au Siege de Barcelone
est mort auxeaux de Bourbon
fort regrettéde toute sa famille.
On peut dire en deux
mots que par tour où sou service
l'a appellé, il a donné des
marques d'une prudence consommée
par la conduire, &
d'une grande valeur pour le
fervtce des Rois,dont il a reçtk
en differentes fois des marques
de bienveillance;
:-, Dame Marie Françoise Berthaut
de Freauville, Dame
d'honneur de Madame la Duebefle
de Berry, mourut le 16.
Juin dernier :elle estoit femme
de Mtflue FrançoisTouffaiût
deGuerhoent, Marquis de
Coëtenfao, Comte dePenhont
,
&c. Lieutenant General
des Armées du Roy,Sous-
Lieutenant des chevaux Legers
de sa Garde, & Chevalier
d honneur de Madame la Duçhesse
de Berry. Madame de
Freauville estoitfille de Messire
FrançoisBerthaut deFreauville,
Conseiller au Parlement de
Paris, mort le
1 4. Décembre
1713. & de Dame Marie de
la Garde. Pour Monsieur le
Marquis de Coëtenfao ilest
frere de Monsieurl'Evêque
d'Avranches,dont le zel e pour
le bien de l'Eglise luy attire l'esrime,
nonseulement de son
Diocese, mais encore de tous
ceux qui le connoissent. La
famille de Freauville est originaire
de Normandie: pour
celle de Coëtenfao, elleest une
des plus illustres de laBretagne.
-
Messire Henry Pidoude S.
Olon, Chevalier de l'Ordre de
NostreDame de MontCar
mel & deS. Lazare de Jerusalem
,
Gentilhomme ordinaire
du Roy, cy- devant Sous-
Lieutenant aux Gardes, mourut
le 13. Juindernier ;ilétoit
fils deM. Pidou deS.Olon,
cy-devant Envoyé extraordinaire
du Roy à Genes, & son
Ambassadeur auprés du Roy
de Maroc, Commandeur de
l'Ordre du Mont-Carmel &
de S. Lazare, Gentilhomme
ordinaire de la Maison du
Roy.
Dans le Mercure du mois
passé j'ay mis un article cjuiregarde
Madame la Marquise de
Nonant
,
sur des Mémoires
qu'on m'avoit donnez
,
j'ay
appris depuis qu'ils n'estoient
pas veritables; les preuves de
faussetéqu'onm'en a données,
m'obligent par rcfpeû pour la
venté à changer cet article
dans le present Mcrcurc à
vous dire que l ';,
La Maison des Fradets est
establie dans la Province de
Berry depuis si longtemps qu'il
n'estmemoire de soncommencement
:l'ancien Armorial des
Heros de l'an 1320. & celuy
de la Bannicre de Berry du
temps du Roy Charles VII.
la mettent au nombre des nobles
familles du Berry.
-, Au temps des Croisades
pourla Terre Sainte,il cfl: rapporté
par Aubert de Poitiers
dans son livre imprimé en
J162,. que JeanFradeten
combattant contre les Turcs
y sur percé de trois dards ou
javelots :ce que l'Empereur
Alexis ayant rû, il ordonna
que pour marque de la valeur
de ce fidele Chrêtien, luy & sa
famille les porteroient dans
leurs armes, ce qui s'est continué
jurqt/à pre sent; ses descendans
ont eû des emplois
honorables à la guerre où ils
se sont toujours signalez.
Alexandre Fradet fut un des
trente Gentilshommesqui se
battirent en duel contre trente
autresGentils hommes Partisans
de Jean IV.Duc de
: Bretagne, fous le regne du
Roy Jean en 1350. il com-
; battit avec Jean de Beaumanoir,
Chevalier Partisan de la
Maison de Blois.
Jicquelin Fradet, Gouverneur
de Falaise en Normandie,
fat envoyé par le Roy Charges
V. en Angleterre pour traiter
de la rançon du Roy Jean
:
son pere, d'où retournant il
mourut à Boulogne, & fut
enterré dans l'Eglise Cathédrale
en 1361.
JeanFradet fut Gouverneur
de la Ville du Pont de l'Arche
en Normandie en 1371. fous
les Regnes des Rois Charles V-
& CharlesVI.
Pierre Fradet fat Gouverneur
de la Charité, & ensuite
de la grosseTour de Bourges.
Armand Fradet fut Evêque
de Rieux en 1400.
Nicolas Fradet fut envoyé
à Rome par le Roy Charles
VII. le 14. May1448. pour
les affaires du Clergé de France
où il mourut après avoir
fondé une Chapelle dans l'E-.
gliseCathedralede S.Estienne
de Bourges, & une Mciïe à
perpétuité, moyennant jopï
écus d'or,à laquelleChapelie
font ses Armes en dedans &
en dehors; elle est entre celles
de M ssieurs les Maréchaux de
Montigny & de la Chjastre.
, Durand Fradet fut grand
Prévoit de 1 Hostel du Roy
LouisXI. en 1480.
Antoine Fradet fut Commandant
pour le Roy à Sancerre
durant la L'uc en 11Sc.
Jean son fil,;
,
Chevalier Seigneur
de S. Aoust, fut Gouverneur
de la grosse Tour de
Bour ges, & Lieutenant de
Monseigneur le Prince de
Condé, Gouverneur de Berry.
( M. Jean Fradet de Saint
Aoust
,
Comte de Châteaumeillan,
Conseiller du Royen
tous ses ConseilsMarêchal
de ses Camps & Armées,Lieutenant
General de l'Artillerie
de France, qui ensuite a exercé
la Charge de Grand Maître de
l'Artillerie par commission du
Roy Lciiis XIII.épousaDame
Jeanne Marie de S Gelais
de Lusignan,qui lui apporta
200000. liv. en dot;duquel
mariage est issu.
., M. Armand Antoine Fradct
de Saine Aoust
, Lieutenant
de Roy de la Province de
Berry
,
Mestre de Campd'un
Regiment de Cavalerie,&
Brigadier des Armées du Roi,
tuéenFlandresen1675.
EtDame JeanneMarie Frader
de Saint Aoust, veuve de
M. Jacques Duplessis Châtil-
Ion
,
Marquis dudit lieu &de
Nonant.
Fermer
123
p. 13-35
Relation historique du Siege, [titre d'après la table]
Début :
Commençons, si vous voulez, par les affaires du monde, ce [...]
Mots clefs :
Siège, Capitulation, Troupes, Armée, Débarquement, Hommes, Majorque, Général, Officiers, Roi d'Espagne, Marquis, Levant, Marquis de Rubi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Relation historique du Siege, [titre d'après la table]
Commençons , fi vousvoulez
, par les affaires du monde
, ce fera tant & plus de
gagné ſur le nombre des pages
que j'ay à vous écrire.
Je ne fis lemois paffé qu'un
extraitdes Nouvelles de Maillorque
parce que n'ayant pas
encore receu la Capitulation
dePalma , que j'attendois ,je
n'en pouvois faire qu'un Article
informe; & j'ay mieux aimé
differer juſqu'à preſent àvous
en parler d'une maniere plus
étenduë , pour vous en donner
unabregé Hiſtorique & complet.
14 MERCURE
Le ſuccés du débarquement
des Troupes des deux
Couronnes à l'Ile de Maillorque
,dans la côte du Levant
entre Puerto Petro , & Puerto
Colonb dans un petit Havre
'qu'on appelle Calla Longa ,
P
en fit bientoſt efperer la conquêre.
Quelque oppoſition qu'on
cût mis a l'execution de ce projetpar
la fufpenfion , que les
negotiations avoient donné
lieu de faire , & qui naturellement
par la furcharge des dépenfes
immenfes, le devoient
faire manquer dans ſon tout.
:
GALANT. 15
L'Intendant Patino qui a cydevant
fi bien maintenû l'Armée
devant Barcelone , pendantquatorze
mois , dans toute
l'abondance , ne s'eſt point
rebuté,&connoiffant l'importance
d'un ſi grand projet,&
pour fon maître l'avantagedu
fuccés&de l'execution ; il ena
foutenutous les contre temps
&les dépenfes ; & en un mot
mis l'Armée en état d'appareil
ler de Barcelone le onziéme
Juin au nombre de 2801
Voiles : la Flotte fit une navi
gation allez heureuſe, quoy
que d'un vent un peu forcé
16 MERCURE
&arriva le troiſième jour. Le
15. nous cûmes connoiffance
de la Dragonera , vis à vis
Dindrache , à la Côte du Ponant&
proche de Puerto Ponſé
, où l'Armée moüilla & pris
ancrage ; Puerto Ponſé forme
une eſpece de Baye en croifſant
, où la plage bordée de
ſable preſente un débarquement
affez favorable ; mais
comme iln'eſt qu'àdeux lieuës.
de Palma , il eſt couvert de retranchemens
& de batteries ;
le douze fur le rapport qui
fût fait àM. le Chevalier d'As
feld de l'état de ſa Cavalerie
qui
GALANT 17
qui manquoit d'cau , & que
toutes les cengles & apparcils
fabriquez dans les Tattannes
pour touſtenir les chevaux
étoient rompus & brifez , il
mit ſa confiance fur la valeur
des Troupes, &prit la refolution
de faire là ſon debarque
ment; les Chaloupes étoient
déja affemblées & armées
lorſque le Marquis de Gabaret
, ſous les ordres du GeneralRios
, reprefenta vivement
que l'Armée étoit perduë , le
projet détruit,& tous les avantages
qu'on en attendoit , ff
on perfeveroit dans le deſſein
Aoust 1715 .
B
18 MERCURE
de tenter là la defcente ; au
contraire , qu'il étoit certain
qu'à la Coſte deCampos dans
la partie du Levant , le débarquement
ſe feroit par furprife
, & fans perdre un homme
s'il étoit bien conduit , étant
impoſſible aux Ennemis de
border la Colte de leurs Malices
, ni de ſuivre les mouvemonts
rapides des Vaiſſeaux.
Le zele de ce General pour le
ſervice eſt ſi connu , la capacité
& ſon experience fi approuvées
particulierement àla
Mer , où il a fervi 25. ans ſous
les meilleurs Maîtres dans la
GALANT 19
Marine de France, &veu toutes
les occafions , que leChevalier
d'Asfeld ſe laiſſa aller à
ſes remontrances ; la Flotte fit
voile à l'heure même , on mit
la pointe au Levant , & le
lendemain matin l'Amiral
Rios prit fi bien ſon tems ,
que fur les quatre heures le
General d'Asteld détacha le
Comte de Lecheren , Maréchal
de Camp , avec 25.hommes
pour fonder le Pays, iln'y
trouva perfonne dont il donna
auſſicôt avis : M. de Rios fit
le ſignal du débarquement ,
auquel ſe porterent avec rapi-
Bij
20 MERCURE
dité les Marquis de Cany , de
Gabaret&Mary, qui dans une
heure & demie , à la prefence
du General Don Pedro deRios
qui avoit auſſi debarqué , mirent
trois mille hommes àterre
par l'ordre du General de la
Mer ,& par ſes foins la Cavalerie
ſe débarqua la même
nuit des trois coſtez des Calles
où l'on pût entrer avec tous
les Baſtimens. M le Marquis
deCany executa ( comme on
l'a dit le mois paffe ) ce commandement
avec toute la valeur
& la prudence imaginables.
Le 16. on dépêcha le
GALANT. 25
Marquis de Mary pour informer
S. M. C du ſuccés du
debarquement ; cet honneur
appartenoit à M.de Gabaret
par droit d'ancienneté ; mais
Les indiſpoſitions ne luy permettant
pas d'entreprendre
cette courſe , ils'eſt ſervyd'un
congé duRoy d Elpagne pour
aller rétablır ſa ſanté à Alicante
M. le Chevalier d'Asfeld ,
aprés avoir fait débarquer une
partie de ſes Troupes au nombre
de cinq mille hommes
d'Infanterie,&quatre censchevaux,
la tempête qui avoit dif
麻
22 MERCURE
perfé le reste de la Flotte
l'ayant empêché d'en mettre
d'avantage a Ferre , ſe mit
en marche dés le lendemain
à la pointe du jour ; & alla
droit à un Village dans lequel
eflorent fix mille Payfans
aff mblez , & foutenus
par deux cens chevaux du
Marquis de Ruby ; il fit dire à
fes Payfans de le retirer dans
leurs maisons , & de ne pas
attendre l'arrivée de ſesTroupes,
illeur fit entendre qu'on
les avoit trompez juſqu'à
preſent&qu'ils devoient enfin
reconnoiſtre le Roy PhiGALANT.
23
S
لا
lippes V pour leur veritable
Maître qui leur pardonnoit
tout ; mais que s'ils ne profitoient
pas de la clemence &de
l'amniſtie que S. M. C. leurs
accordoit , il n'y auroit point
de quartier pour eux. Ces
repreſentations curent tout
l'efft imaginable , & firent
prendre à cette Milice le parti
de ſe retirer. L'Armée marcha
enfuite fans aucun obitacle
juſqu'à des bois dans lef
quels l'avant garde défit une
nouvelle Troupe de Payſans
qui avoient tiré ſurelle ;& on
amena cent prifonniers àM.
i
24 MERCURE
le Chevalier d'Asfeld qui les
renvoya chacun chez eux ,
aprés leurs avoir bien repre
ſentéletort qu'ils avoient d'avoir
pris les armes contre leur
Roy. Son indulgence donna
lieuau Village de Falonich de
venir ſe loumettre àlay: L'Armée
y campa le 17. & les c
xemples que Male Chevalier
d'Asfeld y donna , en faiſant
caffer la tête à deux foldats qui
avoient contrevenu au ban en
allant en maraude, raffeurerent
tellement ce pays , que les
Habitans offrirent de prendre
les armes pour luy ; ce qu'il
n'accepta
T
GALANT. 25
n'accepta point ; il leur ordonna
ſeulement de demeurer
tranquilles chez eux , & ilenvoyade
Falonich dans tous les
BBoouurrggss, Villes ,& Villages de
l'Ifle des bans imprimez qui
produifirent un ſi bon effet ,
joint à la difcipline avec laquelle
il fit vivre ſes troupes ,
que dés le lendemain les peuples
vinrent de tous coſtez
ſe mettre à l'obéifſſance. La
bonté avec laquelle il les re
çût acheva entierement de les
gagner , & pour profiter de
Cetheureux commencement ,
il envoya dans Alcudia des
Aoust 1715. C
26 MERCURE
gens affidez qui répandirent le
bruit des bons traitemens
qu'ils avoient receus de luy.
L'Armée ne pouvant pas s'y
rendre àcauſe que la marche
étoit trop grande , il s'avança
avec un detachement de dix
Compagnies de Grenadiers ;
&deux centchevaux , & arriva
le 19. à 8. heures du matin
devant cette Place , où il fut
receu à grands coups de canons
; cependant ſur les avis
qu'il eût que les habitans de
ladite Ville , eſtoient portez
à ſe rendre , il fit ſommer la
Garniſonqui fit quelque diffi
GALANT. 27
culté ; mais voyant que les
habitans ne vouloient point
foutenir un Siege ,& ne trouvoient
pas en elle affez de reffource
, elle ſe rendit lemême
jour à diſcretion , elle étoit
compoſée de quatre cens
hommes d'Infanterie. On a
trouvé dans la place 52. pieces
de canon. Cette Ville a
marqué ſa joye par beaucoup
d'acclamations à l'entrée
des troupes ; une grande
partie de l'Ifle fut auffi-toft
prêter l'obéiſſance , & fc
foumettre à la clemence du
Roy , en vertu de l'amniſtic
Cij
28 MERCURE
que M. le Chevalier d'Asfeld
yavoit fait publier.
Trois jours aprés le départ
de M. de Mary , M. le Chevalier
d'Asfeld dépêcha M. de
Saint Pê , pour aller rendre
compte à la Cour de la priſe
d'Alcudia,qui avoit bien voulu
épargner aux troupes du Roi la
peine d'en faire le Siege;ce fut
unbonheur infini ; car la place
eſtoit des meilleures& auroit ,
fur le temoignage des Officiers
occupé l'Armée pendant plus
de fix ſemaines ; elle a depuis
ſervi de Port fort commode
pour débarquer toutes les pro--
(
GALANT. 29
vifions & les troupes dont la
Flotte étoit compoſée , qui
avoient eſté diſperſées par
deuxgrands orages qui étoient
furvenus avant la deſcente ; &
on avoit eſté fix jours fans
avoir pû apprendre ce qu'étoient
devenus ceux qui n'avoient
pas été du premier dé.
barquement ; enfin le 22. &le
23. le reſte des Vaiſſeaux de la
Flotte arriva dans la Baye d'Alcudia
dont ils virent la réduction
avec beaucoup de joye ;
car ils avoientde leur coſté la
mêmeinquiétude, ne ſçachant
pas ce qu'étoient devenus les
Ciij
30 MERCURE
Navires que le mauvais
temps avoit écarté ; enfin
aprés la priſe d'Alcudia , il ne
reſtoit plus que la Ville de Palmaà
foumettre ; & M. le Marquis
de Ruby qui en étoit le
Commandant , & qui avoit à
ſes ordres deux mille,Volon
taires , ſept à huit cent hommes
de troupes Allemandes ,
& environ quatre cent chevaux
, fit toutes les ceremonies
d'un homme qui veut fe
deffendre ; on travailla auflitôt
aux arrangemens neceſſaires
pour en faire l'attaque ,s'il
en étoit beſoin .
GALANT. 31
Dés que les Ennemis virent
les Troupes de M. d'Asfeld à
une lieuë & demie de Palma ,
travailler à des Poſtes & les
fortifier àmeſure qu'elles arrivoient,
ils parurent avoir grande
peur , &Milord Forbus en
fortit avec un Colonel Allemand
pour aller parlementer
avec M. le Chevalier d'Asfeld,
dont l'Armée étoit compoféc
de 100. pieces deCanon.
12. Mortiers.
:
sooo . Bombes .
44.Bataillons.
3. Regiments deCavalerie.
3. Regimens de Dragons
démontez. Cij
32 MERCURE
Pour cinq mois de munitions
& tous les Officiers
payez.
M. le Chevalier d'Asfeld
avoit ſous luy M. le Marquis
de Caylus , Lieutenant General
, homme d'une grande valeur
& d'un vrai merite , M. le
Comte de Lecheren , M. le
Marquis de Guerchois , & M.
Ribadeo , Eſpagnol, tous trois
Maréchaux de Camp.
Le Marquis de Ruby voyant
cette Arméedevant Palma,envoya
auſſitoſt un Trompette
à M. le Chevalier d'Asfeld
pour luy témoigner l'étonne
GALANT. 33
ment où il étoit de ſe voir faire
laguerre , veu qu'on étoit
ennegotiation dePaix LeChevalier
d'Asfeld luy envoya dire
qu'il venoit luy en apprendre
la rupture , & qu'il falloit ſe
foumettre dans vingt- quatre
heures. Le Marquis de Ruby
luy fit répondre fur le champ
qu'il ne demandoit qu'uneSufpenſiond'Armesde
fix ſemaines
, pour avoir réponſe des
deuxCourriers qu'il alloit dépêcher
, l'un à Vienne à l'Empereur,&
l'autre au RoyGeorges
enAngleterre , pour enre
cevoir les ordres . Le Cheva-
-
34 MERCURE
lier d'Asfeld luy répondit qu'il
feroit ce qu'il voudroit ; mais
qu'il falloit abſolument qu'il
ſe rendit dans vingt- quatre
heures. 59
Sur ces preffantes réponſes
JeClergé , la Noblefle , & les
Magistrats obligerent le Marquis
de Ruby à prendre ſon
parti ,& luy dirent qu'il pour.
roit ſe retirer où bon luy fembleroit
; mais que pour eux ils
étoient refolus de ſe ſoumertre
au Roy leur Maître , enforte
que la choſe fut reglée
ainſi. Dans l'inſtant les Depu
tez l'étant venu témoigner au
GALANT . 35
Chevalier d'Asfeld , il confentit
que lo Marquis de Ruby ſe
retirât en Sardaigne ,& luy fit
donner des Bâtiments pour
embarquer ſes Troupes qui
avoient des Patentes de l'Empereur
, & quelques Officiers
Anglois qu'on cût retenu Prifonniers
de guerre fans leurs
Patentes. Le Chevalier d'Asfeld
entra enfuite dans la Place
aux acclamations du peuple
qui crioit , Vive Philippes V.
&vive la Reine.
, par les affaires du monde
, ce fera tant & plus de
gagné ſur le nombre des pages
que j'ay à vous écrire.
Je ne fis lemois paffé qu'un
extraitdes Nouvelles de Maillorque
parce que n'ayant pas
encore receu la Capitulation
dePalma , que j'attendois ,je
n'en pouvois faire qu'un Article
informe; & j'ay mieux aimé
differer juſqu'à preſent àvous
en parler d'une maniere plus
étenduë , pour vous en donner
unabregé Hiſtorique & complet.
14 MERCURE
Le ſuccés du débarquement
des Troupes des deux
Couronnes à l'Ile de Maillorque
,dans la côte du Levant
entre Puerto Petro , & Puerto
Colonb dans un petit Havre
'qu'on appelle Calla Longa ,
P
en fit bientoſt efperer la conquêre.
Quelque oppoſition qu'on
cût mis a l'execution de ce projetpar
la fufpenfion , que les
negotiations avoient donné
lieu de faire , & qui naturellement
par la furcharge des dépenfes
immenfes, le devoient
faire manquer dans ſon tout.
:
GALANT. 15
L'Intendant Patino qui a cydevant
fi bien maintenû l'Armée
devant Barcelone , pendantquatorze
mois , dans toute
l'abondance , ne s'eſt point
rebuté,&connoiffant l'importance
d'un ſi grand projet,&
pour fon maître l'avantagedu
fuccés&de l'execution ; il ena
foutenutous les contre temps
&les dépenfes ; & en un mot
mis l'Armée en état d'appareil
ler de Barcelone le onziéme
Juin au nombre de 2801
Voiles : la Flotte fit une navi
gation allez heureuſe, quoy
que d'un vent un peu forcé
16 MERCURE
&arriva le troiſième jour. Le
15. nous cûmes connoiffance
de la Dragonera , vis à vis
Dindrache , à la Côte du Ponant&
proche de Puerto Ponſé
, où l'Armée moüilla & pris
ancrage ; Puerto Ponſé forme
une eſpece de Baye en croifſant
, où la plage bordée de
ſable preſente un débarquement
affez favorable ; mais
comme iln'eſt qu'àdeux lieuës.
de Palma , il eſt couvert de retranchemens
& de batteries ;
le douze fur le rapport qui
fût fait àM. le Chevalier d'As
feld de l'état de ſa Cavalerie
qui
GALANT 17
qui manquoit d'cau , & que
toutes les cengles & apparcils
fabriquez dans les Tattannes
pour touſtenir les chevaux
étoient rompus & brifez , il
mit ſa confiance fur la valeur
des Troupes, &prit la refolution
de faire là ſon debarque
ment; les Chaloupes étoient
déja affemblées & armées
lorſque le Marquis de Gabaret
, ſous les ordres du GeneralRios
, reprefenta vivement
que l'Armée étoit perduë , le
projet détruit,& tous les avantages
qu'on en attendoit , ff
on perfeveroit dans le deſſein
Aoust 1715 .
B
18 MERCURE
de tenter là la defcente ; au
contraire , qu'il étoit certain
qu'à la Coſte deCampos dans
la partie du Levant , le débarquement
ſe feroit par furprife
, & fans perdre un homme
s'il étoit bien conduit , étant
impoſſible aux Ennemis de
border la Colte de leurs Malices
, ni de ſuivre les mouvemonts
rapides des Vaiſſeaux.
Le zele de ce General pour le
ſervice eſt ſi connu , la capacité
& ſon experience fi approuvées
particulierement àla
Mer , où il a fervi 25. ans ſous
les meilleurs Maîtres dans la
GALANT 19
Marine de France, &veu toutes
les occafions , que leChevalier
d'Asfeld ſe laiſſa aller à
ſes remontrances ; la Flotte fit
voile à l'heure même , on mit
la pointe au Levant , & le
lendemain matin l'Amiral
Rios prit fi bien ſon tems ,
que fur les quatre heures le
General d'Asteld détacha le
Comte de Lecheren , Maréchal
de Camp , avec 25.hommes
pour fonder le Pays, iln'y
trouva perfonne dont il donna
auſſicôt avis : M. de Rios fit
le ſignal du débarquement ,
auquel ſe porterent avec rapi-
Bij
20 MERCURE
dité les Marquis de Cany , de
Gabaret&Mary, qui dans une
heure & demie , à la prefence
du General Don Pedro deRios
qui avoit auſſi debarqué , mirent
trois mille hommes àterre
par l'ordre du General de la
Mer ,& par ſes foins la Cavalerie
ſe débarqua la même
nuit des trois coſtez des Calles
où l'on pût entrer avec tous
les Baſtimens. M le Marquis
deCany executa ( comme on
l'a dit le mois paffe ) ce commandement
avec toute la valeur
& la prudence imaginables.
Le 16. on dépêcha le
GALANT. 25
Marquis de Mary pour informer
S. M. C du ſuccés du
debarquement ; cet honneur
appartenoit à M.de Gabaret
par droit d'ancienneté ; mais
Les indiſpoſitions ne luy permettant
pas d'entreprendre
cette courſe , ils'eſt ſervyd'un
congé duRoy d Elpagne pour
aller rétablır ſa ſanté à Alicante
M. le Chevalier d'Asfeld ,
aprés avoir fait débarquer une
partie de ſes Troupes au nombre
de cinq mille hommes
d'Infanterie,&quatre censchevaux,
la tempête qui avoit dif
麻
22 MERCURE
perfé le reste de la Flotte
l'ayant empêché d'en mettre
d'avantage a Ferre , ſe mit
en marche dés le lendemain
à la pointe du jour ; & alla
droit à un Village dans lequel
eflorent fix mille Payfans
aff mblez , & foutenus
par deux cens chevaux du
Marquis de Ruby ; il fit dire à
fes Payfans de le retirer dans
leurs maisons , & de ne pas
attendre l'arrivée de ſesTroupes,
illeur fit entendre qu'on
les avoit trompez juſqu'à
preſent&qu'ils devoient enfin
reconnoiſtre le Roy PhiGALANT.
23
S
لا
lippes V pour leur veritable
Maître qui leur pardonnoit
tout ; mais que s'ils ne profitoient
pas de la clemence &de
l'amniſtie que S. M. C. leurs
accordoit , il n'y auroit point
de quartier pour eux. Ces
repreſentations curent tout
l'efft imaginable , & firent
prendre à cette Milice le parti
de ſe retirer. L'Armée marcha
enfuite fans aucun obitacle
juſqu'à des bois dans lef
quels l'avant garde défit une
nouvelle Troupe de Payſans
qui avoient tiré ſurelle ;& on
amena cent prifonniers àM.
i
24 MERCURE
le Chevalier d'Asfeld qui les
renvoya chacun chez eux ,
aprés leurs avoir bien repre
ſentéletort qu'ils avoient d'avoir
pris les armes contre leur
Roy. Son indulgence donna
lieuau Village de Falonich de
venir ſe loumettre àlay: L'Armée
y campa le 17. & les c
xemples que Male Chevalier
d'Asfeld y donna , en faiſant
caffer la tête à deux foldats qui
avoient contrevenu au ban en
allant en maraude, raffeurerent
tellement ce pays , que les
Habitans offrirent de prendre
les armes pour luy ; ce qu'il
n'accepta
T
GALANT. 25
n'accepta point ; il leur ordonna
ſeulement de demeurer
tranquilles chez eux , & ilenvoyade
Falonich dans tous les
BBoouurrggss, Villes ,& Villages de
l'Ifle des bans imprimez qui
produifirent un ſi bon effet ,
joint à la difcipline avec laquelle
il fit vivre ſes troupes ,
que dés le lendemain les peuples
vinrent de tous coſtez
ſe mettre à l'obéifſſance. La
bonté avec laquelle il les re
çût acheva entierement de les
gagner , & pour profiter de
Cetheureux commencement ,
il envoya dans Alcudia des
Aoust 1715. C
26 MERCURE
gens affidez qui répandirent le
bruit des bons traitemens
qu'ils avoient receus de luy.
L'Armée ne pouvant pas s'y
rendre àcauſe que la marche
étoit trop grande , il s'avança
avec un detachement de dix
Compagnies de Grenadiers ;
&deux centchevaux , & arriva
le 19. à 8. heures du matin
devant cette Place , où il fut
receu à grands coups de canons
; cependant ſur les avis
qu'il eût que les habitans de
ladite Ville , eſtoient portez
à ſe rendre , il fit ſommer la
Garniſonqui fit quelque diffi
GALANT. 27
culté ; mais voyant que les
habitans ne vouloient point
foutenir un Siege ,& ne trouvoient
pas en elle affez de reffource
, elle ſe rendit lemême
jour à diſcretion , elle étoit
compoſée de quatre cens
hommes d'Infanterie. On a
trouvé dans la place 52. pieces
de canon. Cette Ville a
marqué ſa joye par beaucoup
d'acclamations à l'entrée
des troupes ; une grande
partie de l'Ifle fut auffi-toft
prêter l'obéiſſance , & fc
foumettre à la clemence du
Roy , en vertu de l'amniſtic
Cij
28 MERCURE
que M. le Chevalier d'Asfeld
yavoit fait publier.
Trois jours aprés le départ
de M. de Mary , M. le Chevalier
d'Asfeld dépêcha M. de
Saint Pê , pour aller rendre
compte à la Cour de la priſe
d'Alcudia,qui avoit bien voulu
épargner aux troupes du Roi la
peine d'en faire le Siege;ce fut
unbonheur infini ; car la place
eſtoit des meilleures& auroit ,
fur le temoignage des Officiers
occupé l'Armée pendant plus
de fix ſemaines ; elle a depuis
ſervi de Port fort commode
pour débarquer toutes les pro--
(
GALANT. 29
vifions & les troupes dont la
Flotte étoit compoſée , qui
avoient eſté diſperſées par
deuxgrands orages qui étoient
furvenus avant la deſcente ; &
on avoit eſté fix jours fans
avoir pû apprendre ce qu'étoient
devenus ceux qui n'avoient
pas été du premier dé.
barquement ; enfin le 22. &le
23. le reſte des Vaiſſeaux de la
Flotte arriva dans la Baye d'Alcudia
dont ils virent la réduction
avec beaucoup de joye ;
car ils avoientde leur coſté la
mêmeinquiétude, ne ſçachant
pas ce qu'étoient devenus les
Ciij
30 MERCURE
Navires que le mauvais
temps avoit écarté ; enfin
aprés la priſe d'Alcudia , il ne
reſtoit plus que la Ville de Palmaà
foumettre ; & M. le Marquis
de Ruby qui en étoit le
Commandant , & qui avoit à
ſes ordres deux mille,Volon
taires , ſept à huit cent hommes
de troupes Allemandes ,
& environ quatre cent chevaux
, fit toutes les ceremonies
d'un homme qui veut fe
deffendre ; on travailla auflitôt
aux arrangemens neceſſaires
pour en faire l'attaque ,s'il
en étoit beſoin .
GALANT. 31
Dés que les Ennemis virent
les Troupes de M. d'Asfeld à
une lieuë & demie de Palma ,
travailler à des Poſtes & les
fortifier àmeſure qu'elles arrivoient,
ils parurent avoir grande
peur , &Milord Forbus en
fortit avec un Colonel Allemand
pour aller parlementer
avec M. le Chevalier d'Asfeld,
dont l'Armée étoit compoféc
de 100. pieces deCanon.
12. Mortiers.
:
sooo . Bombes .
44.Bataillons.
3. Regiments deCavalerie.
3. Regimens de Dragons
démontez. Cij
32 MERCURE
Pour cinq mois de munitions
& tous les Officiers
payez.
M. le Chevalier d'Asfeld
avoit ſous luy M. le Marquis
de Caylus , Lieutenant General
, homme d'une grande valeur
& d'un vrai merite , M. le
Comte de Lecheren , M. le
Marquis de Guerchois , & M.
Ribadeo , Eſpagnol, tous trois
Maréchaux de Camp.
Le Marquis de Ruby voyant
cette Arméedevant Palma,envoya
auſſitoſt un Trompette
à M. le Chevalier d'Asfeld
pour luy témoigner l'étonne
GALANT. 33
ment où il étoit de ſe voir faire
laguerre , veu qu'on étoit
ennegotiation dePaix LeChevalier
d'Asfeld luy envoya dire
qu'il venoit luy en apprendre
la rupture , & qu'il falloit ſe
foumettre dans vingt- quatre
heures. Le Marquis de Ruby
luy fit répondre fur le champ
qu'il ne demandoit qu'uneSufpenſiond'Armesde
fix ſemaines
, pour avoir réponſe des
deuxCourriers qu'il alloit dépêcher
, l'un à Vienne à l'Empereur,&
l'autre au RoyGeorges
enAngleterre , pour enre
cevoir les ordres . Le Cheva-
-
34 MERCURE
lier d'Asfeld luy répondit qu'il
feroit ce qu'il voudroit ; mais
qu'il falloit abſolument qu'il
ſe rendit dans vingt- quatre
heures. 59
Sur ces preffantes réponſes
JeClergé , la Noblefle , & les
Magistrats obligerent le Marquis
de Ruby à prendre ſon
parti ,& luy dirent qu'il pour.
roit ſe retirer où bon luy fembleroit
; mais que pour eux ils
étoient refolus de ſe ſoumertre
au Roy leur Maître , enforte
que la choſe fut reglée
ainſi. Dans l'inſtant les Depu
tez l'étant venu témoigner au
GALANT . 35
Chevalier d'Asfeld , il confentit
que lo Marquis de Ruby ſe
retirât en Sardaigne ,& luy fit
donner des Bâtiments pour
embarquer ſes Troupes qui
avoient des Patentes de l'Empereur
, & quelques Officiers
Anglois qu'on cût retenu Prifonniers
de guerre fans leurs
Patentes. Le Chevalier d'Asfeld
entra enfuite dans la Place
aux acclamations du peuple
qui crioit , Vive Philippes V.
&vive la Reine.
Fermer
124
p. 217-236
MARIAGES.
Début :
Jean-Joachim Roüault, Comte de Cayeu, Mestre de Camp de [...]
Mots clefs :
Marquis, Roi, Épouse, Chevalier, Maison de Pomponne, Régiment, Lieutenant, Gouverneur, Fille, Mariages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Jean - Joachim Roüault ,
Acust 1715 . T
218 MERCURE
Comte de Cayeu , Mettre de
Camp de Cavalerie , a épousé
Mademoiselle de Pomponne
le 25 Juin 1715. Il eſt filsde
Claude Jean Baptifte HyacintheJoachin
Rouault , Marquis
de Gamaches , Lieutenant General
des Armées du Roy , Seigneur&
Gouverneur de ſaint
Vallery ſur Somme & du Païs
& Rocq de Cayeu , &c . & de
Loüife Magdelaine de Lomenie
de Brienne , fille, petite fille
& arriere petite fille de Secretaire
d'Etat.
Je ne donneray point la Genealogie
de la Maiſon de
GALANT. 219
1
A
Rouault qui eſt tres-connue ,
& ſe trouve dans pluſieursAuteurs.
Je diray ſeulement que
cette Maiſon eſt ſi ancienne ,
que l'origine en eſt inconnuë :
elle a paru en France avec éclat
ſous les Regnes deCharles V.
& de Charles VI. Triſtan
Rouault épouſa en 1376. Peronnelle
Vicomteſſe de
د
Thoüars , fille aînée de Loüis ,
Vicomte de Thoüars , & de
Jeanne II . du nom , Comteffe
de Dreux. Il fut un des
grands Seigneursdu Royaume
&tint le rang de Prince à la
Cour & dans les Armées. Il
plus
Tij
220 MERCURE
mourut fans pofterité & fit
épouſer à ſon frere André
Rouault Anne de Châteaubriand
, cadete des Ducs de
Bourgogne ; & Peronnelle de
Thoüars donna par ſon Teftament
aux enfans d'André
Rouault ſes neveux , la Terre
de Gamaches ſituée en Picardie
, que cette Maiſon poffede
encore aujourd'huy. Le même
André Rouault rendit de
grands ſervices au Roy dans la
guerre de Guïenne contre les
Anglois,
En l'année 1379. il fut fait
Gouverneur de Charles deBer.
GALANT. 221
ry , petit fils du RoyJean. Joachin
Rouault , Seigneur de
Boifmenard ,de Gamaches ,
Fronſac & Helicourt , Chevalier
de l'Ordre du Roy , grand
Ecuïer de France , Connêtable
de Guïenne & Maréchal de
France , deffendit la Ville de
Paris à la guerre du bien public
contre leComtedeCharollois,
& en fut fait Gouverneur en
1465. Il fut un des Seigneurs
qui deffendirent la Ville de
Beauvais en 1472. & en cût le
Gouvernement. Ilacquit beaucoup
de gloire à la conqueſte
de laNormandie en 1449. &
Tij
222 MERCURE
de
principalement à la priſe des
Villes deS. James, de Beuvro
Coutance , S. Lo , Carentan ,
& de Caën , & à la Bataille
Fourmigny. Il ſe ſignala auſſi
àla conqueſte de la Guïenne&
au ſiege qu'il fir de Castillon
en Perigort , où il défit le fameux
Talbot en 1453 Nicolas
Rouault premier du nom ,
Chevalier de l'Ordre du Roy ,
embraſſa le parti des Hugue-.
nots où il ſe ſignala & s'y
rendit recommandable : il fut
un des quatre Seigneurs à qui
le Roy Charles IX ſauva la
vie à la faint Barthelemy en
,
GALANT. 223
1572. Il étoit ayeul de Nicolas
Joachin Rouault , Marquis
de Gamaches , Chevalier des
Ordres du Roy& Lieutenant
General de ſes Armées , qui
avoit eſté Vice-Amiral
avoit épousé en 1642. Marie
Antoinette de Lomenie de
Brienne , fille , petite fille &
foeur de Secretaire d'Etat.
,
&
Le Marquis de Gamaches
d'aujourd'hui , pour lorsComte
de Cayeu aprés la mort du
Marquis d'Arcy , fut choifien
1695. par le Roy pour eftre
auprés deS. A. R. Monfeigneur
le Duc de Chartres , à preſent
Tinj
224 MERCURE
Duc d'Orleans , & apres le de.
cés de Monfieur , Frere unique
du Roy en 1702. Sa Majesté le
mit auprés deMonſeigneur le
DucdeBourgogne depuisDau
phin , où il eſt reſté juſqu'à la
mort de ce Prince.
Mademoiselle de Pomponne
Catherine Conſtance Emilie
Arnauld eft fille de Melfire
Nicolas Simon Arnauld
dePomponne, Chevalier Mar
quis de Pomponne & de Palloiſeau
, Sire & Baron de Ferrierres
,&Chambroys en Normandie
, Lieutenant General
د
pour le Roy au Gourverne-
:
مه
GALANT 225
:
mentdes Provinces de l'Ile de
France , & Soiffonnois, Brigadier
des Armées de Sa Majefté.
Mademoiselle la Marquiſe
de Pomponne ſa mere ſe nom.
me Conſtance de Harville de
Palloiſeau , & eft fille dedeffunt
Meffire François deHarville
des Uiſins , Marquis de
Palloiſeau & de Treſnel , Seigneur
de Douë, Marefchaldes
Camps & Armées du Roy ,
Gouverneur des Ville & Citadelle
de Charleville , &
Mont Oympe,morteen 1701
Mademoiselle de Pomponne ,
aujourd'hui Madamela Com226
MERCURE
teffe de Caycu , eſt fille unique
, n'étant reſté qu'elle ſeule
d'enfans à Monfieur ſon
pere, de ceux qu'il a eu deMadame
ſa femme ; elle eſtpetite
fille de Meſſire Simon Arnauld
Marquis de Pomponne
Miniftre & Secretaire d'Etar ,
Sur Intendant General desPoſtes
& Relais de France , mort
à Fontainebleau le 26. Septembre
1699. & par confequent
niece de Madame la
Marquiſe de Torcy,femme de
Monfieur le Marquis de Torcy
, aujourd'hui Miniſtre &
Secretaire d'Etat , &de Mon-
(
GALANT . 227
ſieur l'Abbé de Pomponne ,
Conſeiller d'Etat, cy - devant
1 Aumônier du Roy , & Ambaſladeur
à Veniſe .
Monfieur le Marquis de
Pomponne , pere de Madame
laComteſſe de Cayeu, avoit
un frere puiſné , Antoine Joſeph
Arnauld nommé le Chevalier
de Pomponne, mort à
Mons en 1693. étant Mestre
de Camp du Regiment deCavalerie
de Monfeigneur le Duc
de Bourgogne , & Inspecteur
General de la Cavalerie : il
avoit commandé auparavant
un Regiment de Dragons qui
portoit ſon nom.
1
228 MERCURE
4 La Maiſon de Pomponne
eſt ſi connuë , & il en eſt parlé
dans tantdedifferens Livres,&
de Dictionnaires , qu'il feroit
inutile d'en parler ici plus au
long. Je me contenterai dedire
qu'elle eſt ancienne par la
nobleſſe originaire d'Auvergne
& illuftre par les gens diſtinguez
en merite qu'elle a
produits qui ont fervi fidelle
ment nos Rois , & l'Etat dans
differens employs, tant d'Ambaffades
queMilitaires, yayant
cû pluſieurs LieutenantsGeneraux
des Armées , dont deux
Generaux des Carabins,Pierre
GALANT. 229
Arnauld & Ifaac Arnauld , le
premier , Pierre Arnauld étoit
auſſi Meſtre de Camp du Regiment
de Champagne , &
Gouverneur du Fort Louis, de
la Rochelle, ſous le Roy Loüis
XIII . lequel Pierre Arnauld
mourut en 1622. avant la reduction
de la Rochelle , qu'il
tenoit ferrée par ſon Fort.
Le ſecond Ifaac auffi General
des Carabins , Gouverneur
de Philſbourg , Dijon ,
& faint Jean de Laune, &Colonel
d'un Regiment d'Infanterie.
1
La Maiſon de Harville de
230 MERCURE
laquelle Madame la Marquiſe
de Pomponne eſt fortie , eſt
trés ancienne & illuftre, ayant
- pluſieursChevaliers desordres
du Roy , Gouverneurs de Calais
, de Compienne , & Vice-
Amiraux de la Manche: elle eft
continuée par Monfieur le
Marquis de Treſnel , frere de
Madame de Pomponne, LieutenantGeneral
des Armées du
Roy, & premier Sous Lieutenant
desGendarmes de la Garde
de Sa Majeſté ; il joint au
nom de Harville , celui des
Urſins , à cauſe de la ſubſtitution
faite par François desUrGALANT.
231
1
2
fins dernier du nom, àFrançois
de Harville Ma quis de Palloiſeau
fon petit neveu, pere
de Monfieur le Marquis de
Treſnel d'aujourd hui.
Achille Baltazard de Fourcy
Confeiller auParlement,fils de
MeffireHenry deFourcyChevalierComte
deCheffy,ancien
Preſident des Enquêtes , Prevoſt
des Marchands, Conſeiller
d'Etat ordinaire & d'honneur
au Parlement de Paris , &
de Dame Magdelaine Boucherat,
fille de Monfieur le ChancelierBoucherat
; a épouſéle...
Damoiſelle Marie Françoiſe
232 MERCURE
Thereſe Langlois , fille de
Meffire Pierre Langlois, Preſidentde
laChambre des Comptes
deParis , & de DameMarie
Loü ſe Thereſe Humbert.
Il reſte à M. de Fourcy
une belle foeur , dont la fille
aiſnée a épousé le Marquis de-
Puyſegur ; un frere Abbé ,
Chanoine de Noſtre - Dame
deParis , Conſeiller honoraire
au Parlement de Paris : un
autre Docteur de laMaiſon de
Sorbonne , Abbé de Saint
Vandrille ; & une ſoeur qui a
épousé M. de Fieubet , Maitre
des Requêtes , dont le fils
aifné
GALANT. 233
-aiſné a épousé Mademoiſelle
du Moulin , & la fille a époufé
le fils de M. le Préſident Gilbert
Voifin.
-
Les Alliances de Fourcy du
coſté de M fon pere , font;
Madame la Preſidente de
Menars , Meſſicurs de laGrange
, M. le Marquis de la
Vrilliere , Secretaire d'Eftat ,
Meſſieurs Molé , Meſſieurs de
de Bailleul , Monfieur le Marquis
d'Effiat , Monfieur le
Duc de Mazarin, Meſſieurs de
Salins & autres.
Et celles du coſté de Madame
fa mere, font: Madame de
Août 1715 . V
C
234 MERCURE
Morangis , Madame de Harlay
ſes foeurs toutesdeux auſſi
filles de Monfieur le Chancelier
Boucherat , Meſſieurs de
Machault , Meffieurs Pajot &
autres.
Meffire Thomas le Gendre
deCollande , ancien Brigadier
des Armées du Roy , & Colonel
du Regiment Royal des
Vaiſſeaux , a épousé le 12. de
cemois Damoiselle Marguerite
Catharine Magdelaine de
Voyer dePoulmyd'Argenfon,
fille de M. fire Marc R né de
Voyer de Paulmyd'Argenſon,
Confeiller d'Etat ,& deDame
GALANT. 235
Marguerite le Febvre de Gaumartin.
,
M. Bernard , Maistre des
Requeſtes , fils aîné de M. Bernard
, Chevalier de l'Ordre
de Saint Michel a épousé
le 12. de ce mois dans l Eglile
de ſaint Sulpice , Mademoiſelle
de laCofte , fille aînée
de M. leMarquis de la Coſte ,
d'une trés bonne & ancienne
- Maiſon du Poitou , alliée aux
meilleures Maiſons de France ;
la noce s'est faite chez M Bernard
, Chevalier de l'Ordre de
S Michel , avec beaucoup de
magnificence, tant par la gran-
Vij
236 MERCURE
deur du repas que par l'illuſtré
Compagnie qui étoit compo--
fée de parens & d'amis du plus
hautrang.
Jean - Joachim Roüault ,
Acust 1715 . T
218 MERCURE
Comte de Cayeu , Mettre de
Camp de Cavalerie , a épousé
Mademoiselle de Pomponne
le 25 Juin 1715. Il eſt filsde
Claude Jean Baptifte HyacintheJoachin
Rouault , Marquis
de Gamaches , Lieutenant General
des Armées du Roy , Seigneur&
Gouverneur de ſaint
Vallery ſur Somme & du Païs
& Rocq de Cayeu , &c . & de
Loüife Magdelaine de Lomenie
de Brienne , fille, petite fille
& arriere petite fille de Secretaire
d'Etat.
Je ne donneray point la Genealogie
de la Maiſon de
GALANT. 219
1
A
Rouault qui eſt tres-connue ,
& ſe trouve dans pluſieursAuteurs.
Je diray ſeulement que
cette Maiſon eſt ſi ancienne ,
que l'origine en eſt inconnuë :
elle a paru en France avec éclat
ſous les Regnes deCharles V.
& de Charles VI. Triſtan
Rouault épouſa en 1376. Peronnelle
Vicomteſſe de
د
Thoüars , fille aînée de Loüis ,
Vicomte de Thoüars , & de
Jeanne II . du nom , Comteffe
de Dreux. Il fut un des
grands Seigneursdu Royaume
&tint le rang de Prince à la
Cour & dans les Armées. Il
plus
Tij
220 MERCURE
mourut fans pofterité & fit
épouſer à ſon frere André
Rouault Anne de Châteaubriand
, cadete des Ducs de
Bourgogne ; & Peronnelle de
Thoüars donna par ſon Teftament
aux enfans d'André
Rouault ſes neveux , la Terre
de Gamaches ſituée en Picardie
, que cette Maiſon poffede
encore aujourd'huy. Le même
André Rouault rendit de
grands ſervices au Roy dans la
guerre de Guïenne contre les
Anglois,
En l'année 1379. il fut fait
Gouverneur de Charles deBer.
GALANT. 221
ry , petit fils du RoyJean. Joachin
Rouault , Seigneur de
Boifmenard ,de Gamaches ,
Fronſac & Helicourt , Chevalier
de l'Ordre du Roy , grand
Ecuïer de France , Connêtable
de Guïenne & Maréchal de
France , deffendit la Ville de
Paris à la guerre du bien public
contre leComtedeCharollois,
& en fut fait Gouverneur en
1465. Il fut un des Seigneurs
qui deffendirent la Ville de
Beauvais en 1472. & en cût le
Gouvernement. Ilacquit beaucoup
de gloire à la conqueſte
de laNormandie en 1449. &
Tij
222 MERCURE
de
principalement à la priſe des
Villes deS. James, de Beuvro
Coutance , S. Lo , Carentan ,
& de Caën , & à la Bataille
Fourmigny. Il ſe ſignala auſſi
àla conqueſte de la Guïenne&
au ſiege qu'il fir de Castillon
en Perigort , où il défit le fameux
Talbot en 1453 Nicolas
Rouault premier du nom ,
Chevalier de l'Ordre du Roy ,
embraſſa le parti des Hugue-.
nots où il ſe ſignala & s'y
rendit recommandable : il fut
un des quatre Seigneurs à qui
le Roy Charles IX ſauva la
vie à la faint Barthelemy en
,
GALANT. 223
1572. Il étoit ayeul de Nicolas
Joachin Rouault , Marquis
de Gamaches , Chevalier des
Ordres du Roy& Lieutenant
General de ſes Armées , qui
avoit eſté Vice-Amiral
avoit épousé en 1642. Marie
Antoinette de Lomenie de
Brienne , fille , petite fille &
foeur de Secretaire d'Etat.
,
&
Le Marquis de Gamaches
d'aujourd'hui , pour lorsComte
de Cayeu aprés la mort du
Marquis d'Arcy , fut choifien
1695. par le Roy pour eftre
auprés deS. A. R. Monfeigneur
le Duc de Chartres , à preſent
Tinj
224 MERCURE
Duc d'Orleans , & apres le de.
cés de Monfieur , Frere unique
du Roy en 1702. Sa Majesté le
mit auprés deMonſeigneur le
DucdeBourgogne depuisDau
phin , où il eſt reſté juſqu'à la
mort de ce Prince.
Mademoiselle de Pomponne
Catherine Conſtance Emilie
Arnauld eft fille de Melfire
Nicolas Simon Arnauld
dePomponne, Chevalier Mar
quis de Pomponne & de Palloiſeau
, Sire & Baron de Ferrierres
,&Chambroys en Normandie
, Lieutenant General
د
pour le Roy au Gourverne-
:
مه
GALANT 225
:
mentdes Provinces de l'Ile de
France , & Soiffonnois, Brigadier
des Armées de Sa Majefté.
Mademoiselle la Marquiſe
de Pomponne ſa mere ſe nom.
me Conſtance de Harville de
Palloiſeau , & eft fille dedeffunt
Meffire François deHarville
des Uiſins , Marquis de
Palloiſeau & de Treſnel , Seigneur
de Douë, Marefchaldes
Camps & Armées du Roy ,
Gouverneur des Ville & Citadelle
de Charleville , &
Mont Oympe,morteen 1701
Mademoiselle de Pomponne ,
aujourd'hui Madamela Com226
MERCURE
teffe de Caycu , eſt fille unique
, n'étant reſté qu'elle ſeule
d'enfans à Monfieur ſon
pere, de ceux qu'il a eu deMadame
ſa femme ; elle eſtpetite
fille de Meſſire Simon Arnauld
Marquis de Pomponne
Miniftre & Secretaire d'Etar ,
Sur Intendant General desPoſtes
& Relais de France , mort
à Fontainebleau le 26. Septembre
1699. & par confequent
niece de Madame la
Marquiſe de Torcy,femme de
Monfieur le Marquis de Torcy
, aujourd'hui Miniſtre &
Secretaire d'Etat , &de Mon-
(
GALANT . 227
ſieur l'Abbé de Pomponne ,
Conſeiller d'Etat, cy - devant
1 Aumônier du Roy , & Ambaſladeur
à Veniſe .
Monfieur le Marquis de
Pomponne , pere de Madame
laComteſſe de Cayeu, avoit
un frere puiſné , Antoine Joſeph
Arnauld nommé le Chevalier
de Pomponne, mort à
Mons en 1693. étant Mestre
de Camp du Regiment deCavalerie
de Monfeigneur le Duc
de Bourgogne , & Inspecteur
General de la Cavalerie : il
avoit commandé auparavant
un Regiment de Dragons qui
portoit ſon nom.
1
228 MERCURE
4 La Maiſon de Pomponne
eſt ſi connuë , & il en eſt parlé
dans tantdedifferens Livres,&
de Dictionnaires , qu'il feroit
inutile d'en parler ici plus au
long. Je me contenterai dedire
qu'elle eſt ancienne par la
nobleſſe originaire d'Auvergne
& illuftre par les gens diſtinguez
en merite qu'elle a
produits qui ont fervi fidelle
ment nos Rois , & l'Etat dans
differens employs, tant d'Ambaffades
queMilitaires, yayant
cû pluſieurs LieutenantsGeneraux
des Armées , dont deux
Generaux des Carabins,Pierre
GALANT. 229
Arnauld & Ifaac Arnauld , le
premier , Pierre Arnauld étoit
auſſi Meſtre de Camp du Regiment
de Champagne , &
Gouverneur du Fort Louis, de
la Rochelle, ſous le Roy Loüis
XIII . lequel Pierre Arnauld
mourut en 1622. avant la reduction
de la Rochelle , qu'il
tenoit ferrée par ſon Fort.
Le ſecond Ifaac auffi General
des Carabins , Gouverneur
de Philſbourg , Dijon ,
& faint Jean de Laune, &Colonel
d'un Regiment d'Infanterie.
1
La Maiſon de Harville de
230 MERCURE
laquelle Madame la Marquiſe
de Pomponne eſt fortie , eſt
trés ancienne & illuftre, ayant
- pluſieursChevaliers desordres
du Roy , Gouverneurs de Calais
, de Compienne , & Vice-
Amiraux de la Manche: elle eft
continuée par Monfieur le
Marquis de Treſnel , frere de
Madame de Pomponne, LieutenantGeneral
des Armées du
Roy, & premier Sous Lieutenant
desGendarmes de la Garde
de Sa Majeſté ; il joint au
nom de Harville , celui des
Urſins , à cauſe de la ſubſtitution
faite par François desUrGALANT.
231
1
2
fins dernier du nom, àFrançois
de Harville Ma quis de Palloiſeau
fon petit neveu, pere
de Monfieur le Marquis de
Treſnel d'aujourd hui.
Achille Baltazard de Fourcy
Confeiller auParlement,fils de
MeffireHenry deFourcyChevalierComte
deCheffy,ancien
Preſident des Enquêtes , Prevoſt
des Marchands, Conſeiller
d'Etat ordinaire & d'honneur
au Parlement de Paris , &
de Dame Magdelaine Boucherat,
fille de Monfieur le ChancelierBoucherat
; a épouſéle...
Damoiſelle Marie Françoiſe
232 MERCURE
Thereſe Langlois , fille de
Meffire Pierre Langlois, Preſidentde
laChambre des Comptes
deParis , & de DameMarie
Loü ſe Thereſe Humbert.
Il reſte à M. de Fourcy
une belle foeur , dont la fille
aiſnée a épousé le Marquis de-
Puyſegur ; un frere Abbé ,
Chanoine de Noſtre - Dame
deParis , Conſeiller honoraire
au Parlement de Paris : un
autre Docteur de laMaiſon de
Sorbonne , Abbé de Saint
Vandrille ; & une ſoeur qui a
épousé M. de Fieubet , Maitre
des Requêtes , dont le fils
aifné
GALANT. 233
-aiſné a épousé Mademoiſelle
du Moulin , & la fille a époufé
le fils de M. le Préſident Gilbert
Voifin.
-
Les Alliances de Fourcy du
coſté de M fon pere , font;
Madame la Preſidente de
Menars , Meſſicurs de laGrange
, M. le Marquis de la
Vrilliere , Secretaire d'Eftat ,
Meſſieurs Molé , Meſſieurs de
de Bailleul , Monfieur le Marquis
d'Effiat , Monfieur le
Duc de Mazarin, Meſſieurs de
Salins & autres.
Et celles du coſté de Madame
fa mere, font: Madame de
Août 1715 . V
C
234 MERCURE
Morangis , Madame de Harlay
ſes foeurs toutesdeux auſſi
filles de Monfieur le Chancelier
Boucherat , Meſſieurs de
Machault , Meffieurs Pajot &
autres.
Meffire Thomas le Gendre
deCollande , ancien Brigadier
des Armées du Roy , & Colonel
du Regiment Royal des
Vaiſſeaux , a épousé le 12. de
cemois Damoiselle Marguerite
Catharine Magdelaine de
Voyer dePoulmyd'Argenfon,
fille de M. fire Marc R né de
Voyer de Paulmyd'Argenſon,
Confeiller d'Etat ,& deDame
GALANT. 235
Marguerite le Febvre de Gaumartin.
,
M. Bernard , Maistre des
Requeſtes , fils aîné de M. Bernard
, Chevalier de l'Ordre
de Saint Michel a épousé
le 12. de ce mois dans l Eglile
de ſaint Sulpice , Mademoiſelle
de laCofte , fille aînée
de M. leMarquis de la Coſte ,
d'une trés bonne & ancienne
- Maiſon du Poitou , alliée aux
meilleures Maiſons de France ;
la noce s'est faite chez M Bernard
, Chevalier de l'Ordre de
S Michel , avec beaucoup de
magnificence, tant par la gran-
Vij
236 MERCURE
deur du repas que par l'illuſtré
Compagnie qui étoit compo--
fée de parens & d'amis du plus
hautrang.
Fermer
125
p. 289-306
Entrée de M. le Comte de Ribeira, Ambassadeur Extraordinaire de Portugal en France. [titre d'après la table]
Début :
Le 18. M. le Comte de Ribeira, Lieutenant General, [...]
Mots clefs :
Ambassadeur extraordinaire, Portugal, Carosse, Chevaux, Ambassadeur, Étoffe, Marquis, Broderie, Duc, Argent, Écuyer, Velours, Duchesse, Sculpture, Comte de Ribeira
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Entrée de M. le Comte de Ribeira, Ambassadeur Extraordinaire de Portugal en France. [titre d'après la table]
Lc 18. M. le Comte de Ribeira
, Lieutenant General
Grand Maiſtre de l'Artillerie
&AmbaſladeurExtraordinaire
de Portugal , fit ſon Entrée publique
en cette Ville. M. le
Maréchal de Tallard & M. le
Aoust 1715. Bb
290 MERCURE
Chevalier de Sainctor , Introducteur
des Ambaſſadeurs, furent
le prendredans lecarroffe
du Roy au Monastere de Picpus
, d'où la marche ſe fitdans
l'ordre ſuivant :
Le carroſſe de l'Introducteur
, celuy de M. le Marêchal
deTallard, vingtquatreValets
de pied de l'Ambaſſadeur , fon
Ecuyer & fix Pages à cheval
le carroffe du Roy , ceux de
Madamela Ducheſſe de Berry,
de Madame , de M. le Duc
d'Orleans , de Madame la Ducheſſe
d'Orleans , de Madame
laPrinceſſe deCondé, deMaGALANT.
19
1
dame la Ducheſſe Doüairiere ,
de M. le Duc & de Madame la
Ducheffe ,de Madamela Princeffe
de Conti Doüairiere , de
M. le Prince & de Madame la
Princeſſe de Conti , de M. le
Duc&deMadame laDucheffe
du Maine , de M. le Prince de
Dombes , de M. le Comte de
Toulouſe , deMadame laDuchelle
de Vendoſme , & celuy
du Marquis de Torcy , Mınıftre
& Secretaire d'Etat pour
les affaires étrangeres. A la
diſtance de trente à quarante
pas marchoient les cinq carroffes
de l'Ambaſſadeur prece-
A
F
Bbij
292 MERCURE
dez de ſes deux Suiſſes à cheval.
Nulle des plus ſuperbes
Entrées qu'on ait veuës depuis
longtemps en France, n'a étalé
tant d'éclat & tant de magnificence
que celle- ci . Voici un
abregé de cette brillante ceremonic.
M
La ſuite de M. l'Ambaſſadeur
conſiſtoit en un Ecuyer ,
deux Secretaires , dix Gentilshommes
, fix Pages, quatreValets
de Chambre,deux Suiffes ,
cingCochers , cinq Poſtillons,
&vingt quatre Valets de pied.
Leshabits des Gentilshommes
étoient de la derniere magnifi
GALANT. 223
cence , celui de M. l'Ambaffadeur
étoit enrichi de boutons
de diamans. Les habits
des Pages étoient d'un velours
autore avec les veſtes & paremens
de tiſſu d'or , le tout
brodé d'argent fur toutes
les coûtures . Ils avoient des
noeuds d'épaule d'or brodez
d'argent , des plumets blancs ,
des bas aurore à coins brodez
d'argent , & manchettes &
cravates de belles dentelles . La
livrée étoitd'un drap vert pâle,
#font fin, couvert partout d'un
galon d'or large de trois
doigts , au milieu de deux ga-
Bbiij
294 MERCURE
*
lons d'argent , qui , enſemble ,
faifoient à peu prés la même
largeur. Les paremens de leurs
habits étoit d'une belle étoffe
d'or de même que leursveſtes.
Les noeuds d'épaule étoient
d'argent avec des petits Acurons
de vertenbroderie. Leurs
bas étoient de ſoye aurore , &
les plumets de la même couleur:
Leurs cocardes étoient aurore&
blanches.
Il y avoit cinq carroffes
tirez par huit chevaux de
differentes couleurs: Le premier
étoit un carroffe à huit
glaces doublé d'une étoffed'or
GALANT•
295
des plus riches ,&des plus à la
mode , enrichie d'une grande
frange à graine d'épinart , ornée
de jaſmins & d'autres varietez
, avec une tête de carti-
- ſane relevée de la largeur d'environ
un pied. Dans le fondde
l'imperial fait en dôme il y
avoit un artichaut en broderie
entouré d'une cartiſane. Les
rideaux étoient de gros de
Tours vert brodé d'or en plein
ſans envers , & autour regnoit
une frange d'or haute de deux
doigts. Le marchepied eſtoit
de marqueterie , d'écaille & de
cuivre doré d'un deſſein ex-
Bb iiij
296 MERCURE
quis. Le dehors eſtoit de velours
vert tout couvert de broderie
d'or en relief fait par les
meilleurs ouvriers de Paris .
L'imperial eſtoit du même velours
& couvert de broderic
également comme le reſte du
carroffe.Autour de la goutiere
regnoit une cartiſane à laquelle
étoit attachée une frange,&
de distance en diſtance des
gros glands d'or de differentes
façons ,&c.
Les pomes étoient de bronze
doré d'or moulu ,reprefentant
un Dragon avec les aîles
ouvertes , qui eſt le blazon de
GALANT. 297
Portugal couronné par deux
Anges , & de la tête du Dra-
* gon ſortoit par le milieu de la
Couronne une gerbe d'or.
La broderie repreſentoit
dans les panneaux des portieres
lesArmes de l'Ambaſſadeur
& dans les autres panneaux
differentes idées au ſujet de la
Paix.
Les quatre montants des
coins du carrofile reprefentoient
en tres belle ſculpture
dorée les quatre parties du
monde duns lesquelles le
Portugal a des Domaines.
La ferrure de ce carroffe en
298 MERCURE
و
general eſt de bronze dorée
d'or moulu , cizelé & fini par
les meilleurs ouvriers tant
dans le train &dans le carroffe
que dans tous les harnois qui
étoientde velours vert couvert
d'un galon d'or . Le train étoit
generalement ſculpté & doré ,
les rouës d'une ſi nouvelle invention
qu'il ne s'en eſt encore
point vû de pareilles. L'arte.
lage étoitde huit chevaux couleur
d'ardoiſe à crin blanc ,
portant fur leurs têtes des toques
de plumes vertes &blanches
mouchetées d'aurore , &
de chaſle- mouches vert & or.
GALANT .
-
Les guides ,glands des cheviYON 5
*
& tous les cordons étoient de
foye verte , & or..
• Le ſecond carroffe étoit auſſi
doublé d'une étoffe d'or avec
une frange & une riche tête
de cartiſane. Le dehors de tresexcellente
peinture. Les bordures
, les extremitez , & les
montans étoit de belle ſculpture.
Le deffus eftoit couvert
de plaques cizelées & dorées.
Le train d'une belle fculpture
& tout doré. Les harnois de
maroquin jaune bordé de rouge.
Les guides rouges & or , &
les chevaux pies blancs tachetez
de noir.
300 MERCURE
Le troiſième étoit une cale
che doublée d'étoffe d'argent
avec une frange & belle carti
lane d'argent. Le dehors d'une
peinture tres belle ſur argent.
Toutes les bordures & montans
de belle ſculpture argen
tée. Le deffus couvert de pla
ques argentées. Le train de
ſculpture argenté & les rouës
peintes en vert & argent. H
eſtoit tiré par huit chevaux
cap de more à crin noir.....
Le quatrième carroffe doublé
de velours cramoiſi avec
une frange d'or & une broderie
des plus belles , eſtoit tiré
2
r
GALANT. 301
:
par huit chevaux Bays à crin
bbllaanncc.
* Le cinquiéme doublé d'un
velours rouge à fond d'argent
avec ſes franges d'argent , le
reſte bien doré comme le qua.
triéme, eſtoît tiré par huitches
vaux noirs. QUIDE
Le fiege du premier carroſſe
eſtoit de velours vert avec des
franges & des broderies d'or.
Lelſecondd'étoffe d'or avec
des franges & cartilanes d'or.
Le troiſième d'étoffe à fond
d'argent and som min
Pendant la marche M. de
Meryhomme de condition &
:
302 MERCURE
de merite ,& qui a fervi longtemps
avec diftinction en
France, qui eſt ſa Patrie, &
d'où la fortune l'a arraché
pour le conduire en Portugal,
où il a l honneur d'eſtre attaché
au ſervice du Roy , faiſant
dans la Ceremonie de l'Entrée
de M. le Comte de Ribeira
la fonction de ſon premier
Ecuyer ,jetta dans les places
publiques& carrefours de cette
Ville une prodigieuſe quantité
de Medailles d'or & d'argent
que le peuple avoit ſoin
deramaffer avecavidité,enbeniſſant
la Nobleffe & la geneGALANT.
303
- roſité d'un ſi magnifique Ambatfadeur
. Ces Medailles repreſentent
d'un coſté le Portrait
du Roy de Portugal , &
de l'autre un Olivier dont les
rameaux embraſſent deux
• Couronnes qui ſont celles de
- Portugal & de France réünies
par la Paix d'Utrecht. Avec
cette deviſe : Nectit &firmat .
La marche finie , en arrivant
à l'Hoſtel des Ambaſſadeurs ,
- M. le Comte de Ribeira fut
- complimenté de la part du
Roy, par M. le Duc de Trefmes
premier Gentilhomme de
- la Chambre ; de la part de
304 MERCURE
Madame la Ducheſſe , par M.
leChevalier de Hautefort, fon
premier Ecuyer ; de la part de
Madame , par M. le Marquis
de Mortagne , ſon premier
Ecuyer ; de la part de Monfieur
le Duc d'Orleans , par M. le
Marquis de Simiane , ſon premier
Gentilhomme de la
Chambre ; & de la part de
Madame la Ducheffle d'Orleans
, par Male Marquis de S.
Pierre , ſon premier Ecuyer .
Il a eſté logè & traité les trois
jours ſuivans à la maniere accoûtuméc.
M. le Comte de Ribeira qui
vient
GALANT. 305
vient de faire cette pompeuſe
Entrée eſt du coſté de M. fon
Pere d'une des plus illuſtres ,
des plus riches & des plus
grandes Maiſons de Portugal
&deM . fa mere,foeur deM. le
Cardinal de Rohan , & de Mrs
les Princes de Soubiſe & de
Rohan , parent & allié aux
plus anciennes & aux plus Nobles
Maiſons de France. Je ne
vous feray point icy l'éloge de
M. le Comte de Ribeira , il
n'y a qu'une voix pour luy ;
& tout Paris ſemble s'eftre
donné le mot pour luy rendre
la justice qui eſt dûë à ſes
Aoust 1715 .
Cc
306 MERCURE
grandes qualitez .
, Lieutenant General
Grand Maiſtre de l'Artillerie
&AmbaſladeurExtraordinaire
de Portugal , fit ſon Entrée publique
en cette Ville. M. le
Maréchal de Tallard & M. le
Aoust 1715. Bb
290 MERCURE
Chevalier de Sainctor , Introducteur
des Ambaſſadeurs, furent
le prendredans lecarroffe
du Roy au Monastere de Picpus
, d'où la marche ſe fitdans
l'ordre ſuivant :
Le carroſſe de l'Introducteur
, celuy de M. le Marêchal
deTallard, vingtquatreValets
de pied de l'Ambaſſadeur , fon
Ecuyer & fix Pages à cheval
le carroffe du Roy , ceux de
Madamela Ducheſſe de Berry,
de Madame , de M. le Duc
d'Orleans , de Madame la Ducheſſe
d'Orleans , de Madame
laPrinceſſe deCondé, deMaGALANT.
19
1
dame la Ducheſſe Doüairiere ,
de M. le Duc & de Madame la
Ducheffe ,de Madamela Princeffe
de Conti Doüairiere , de
M. le Prince & de Madame la
Princeſſe de Conti , de M. le
Duc&deMadame laDucheffe
du Maine , de M. le Prince de
Dombes , de M. le Comte de
Toulouſe , deMadame laDuchelle
de Vendoſme , & celuy
du Marquis de Torcy , Mınıftre
& Secretaire d'Etat pour
les affaires étrangeres. A la
diſtance de trente à quarante
pas marchoient les cinq carroffes
de l'Ambaſſadeur prece-
A
F
Bbij
292 MERCURE
dez de ſes deux Suiſſes à cheval.
Nulle des plus ſuperbes
Entrées qu'on ait veuës depuis
longtemps en France, n'a étalé
tant d'éclat & tant de magnificence
que celle- ci . Voici un
abregé de cette brillante ceremonic.
M
La ſuite de M. l'Ambaſſadeur
conſiſtoit en un Ecuyer ,
deux Secretaires , dix Gentilshommes
, fix Pages, quatreValets
de Chambre,deux Suiffes ,
cingCochers , cinq Poſtillons,
&vingt quatre Valets de pied.
Leshabits des Gentilshommes
étoient de la derniere magnifi
GALANT. 223
cence , celui de M. l'Ambaffadeur
étoit enrichi de boutons
de diamans. Les habits
des Pages étoient d'un velours
autore avec les veſtes & paremens
de tiſſu d'or , le tout
brodé d'argent fur toutes
les coûtures . Ils avoient des
noeuds d'épaule d'or brodez
d'argent , des plumets blancs ,
des bas aurore à coins brodez
d'argent , & manchettes &
cravates de belles dentelles . La
livrée étoitd'un drap vert pâle,
#font fin, couvert partout d'un
galon d'or large de trois
doigts , au milieu de deux ga-
Bbiij
294 MERCURE
*
lons d'argent , qui , enſemble ,
faifoient à peu prés la même
largeur. Les paremens de leurs
habits étoit d'une belle étoffe
d'or de même que leursveſtes.
Les noeuds d'épaule étoient
d'argent avec des petits Acurons
de vertenbroderie. Leurs
bas étoient de ſoye aurore , &
les plumets de la même couleur:
Leurs cocardes étoient aurore&
blanches.
Il y avoit cinq carroffes
tirez par huit chevaux de
differentes couleurs: Le premier
étoit un carroffe à huit
glaces doublé d'une étoffed'or
GALANT•
295
des plus riches ,&des plus à la
mode , enrichie d'une grande
frange à graine d'épinart , ornée
de jaſmins & d'autres varietez
, avec une tête de carti-
- ſane relevée de la largeur d'environ
un pied. Dans le fondde
l'imperial fait en dôme il y
avoit un artichaut en broderie
entouré d'une cartiſane. Les
rideaux étoient de gros de
Tours vert brodé d'or en plein
ſans envers , & autour regnoit
une frange d'or haute de deux
doigts. Le marchepied eſtoit
de marqueterie , d'écaille & de
cuivre doré d'un deſſein ex-
Bb iiij
296 MERCURE
quis. Le dehors eſtoit de velours
vert tout couvert de broderie
d'or en relief fait par les
meilleurs ouvriers de Paris .
L'imperial eſtoit du même velours
& couvert de broderic
également comme le reſte du
carroffe.Autour de la goutiere
regnoit une cartiſane à laquelle
étoit attachée une frange,&
de distance en diſtance des
gros glands d'or de differentes
façons ,&c.
Les pomes étoient de bronze
doré d'or moulu ,reprefentant
un Dragon avec les aîles
ouvertes , qui eſt le blazon de
GALANT. 297
Portugal couronné par deux
Anges , & de la tête du Dra-
* gon ſortoit par le milieu de la
Couronne une gerbe d'or.
La broderie repreſentoit
dans les panneaux des portieres
lesArmes de l'Ambaſſadeur
& dans les autres panneaux
differentes idées au ſujet de la
Paix.
Les quatre montants des
coins du carrofile reprefentoient
en tres belle ſculpture
dorée les quatre parties du
monde duns lesquelles le
Portugal a des Domaines.
La ferrure de ce carroffe en
298 MERCURE
و
general eſt de bronze dorée
d'or moulu , cizelé & fini par
les meilleurs ouvriers tant
dans le train &dans le carroffe
que dans tous les harnois qui
étoientde velours vert couvert
d'un galon d'or . Le train étoit
generalement ſculpté & doré ,
les rouës d'une ſi nouvelle invention
qu'il ne s'en eſt encore
point vû de pareilles. L'arte.
lage étoitde huit chevaux couleur
d'ardoiſe à crin blanc ,
portant fur leurs têtes des toques
de plumes vertes &blanches
mouchetées d'aurore , &
de chaſle- mouches vert & or.
GALANT .
-
Les guides ,glands des cheviYON 5
*
& tous les cordons étoient de
foye verte , & or..
• Le ſecond carroffe étoit auſſi
doublé d'une étoffe d'or avec
une frange & une riche tête
de cartiſane. Le dehors de tresexcellente
peinture. Les bordures
, les extremitez , & les
montans étoit de belle ſculpture.
Le deffus eftoit couvert
de plaques cizelées & dorées.
Le train d'une belle fculpture
& tout doré. Les harnois de
maroquin jaune bordé de rouge.
Les guides rouges & or , &
les chevaux pies blancs tachetez
de noir.
300 MERCURE
Le troiſième étoit une cale
che doublée d'étoffe d'argent
avec une frange & belle carti
lane d'argent. Le dehors d'une
peinture tres belle ſur argent.
Toutes les bordures & montans
de belle ſculpture argen
tée. Le deffus couvert de pla
ques argentées. Le train de
ſculpture argenté & les rouës
peintes en vert & argent. H
eſtoit tiré par huit chevaux
cap de more à crin noir.....
Le quatrième carroffe doublé
de velours cramoiſi avec
une frange d'or & une broderie
des plus belles , eſtoit tiré
2
r
GALANT. 301
:
par huit chevaux Bays à crin
bbllaanncc.
* Le cinquiéme doublé d'un
velours rouge à fond d'argent
avec ſes franges d'argent , le
reſte bien doré comme le qua.
triéme, eſtoît tiré par huitches
vaux noirs. QUIDE
Le fiege du premier carroſſe
eſtoit de velours vert avec des
franges & des broderies d'or.
Lelſecondd'étoffe d'or avec
des franges & cartilanes d'or.
Le troiſième d'étoffe à fond
d'argent and som min
Pendant la marche M. de
Meryhomme de condition &
:
302 MERCURE
de merite ,& qui a fervi longtemps
avec diftinction en
France, qui eſt ſa Patrie, &
d'où la fortune l'a arraché
pour le conduire en Portugal,
où il a l honneur d'eſtre attaché
au ſervice du Roy , faiſant
dans la Ceremonie de l'Entrée
de M. le Comte de Ribeira
la fonction de ſon premier
Ecuyer ,jetta dans les places
publiques& carrefours de cette
Ville une prodigieuſe quantité
de Medailles d'or & d'argent
que le peuple avoit ſoin
deramaffer avecavidité,enbeniſſant
la Nobleffe & la geneGALANT.
303
- roſité d'un ſi magnifique Ambatfadeur
. Ces Medailles repreſentent
d'un coſté le Portrait
du Roy de Portugal , &
de l'autre un Olivier dont les
rameaux embraſſent deux
• Couronnes qui ſont celles de
- Portugal & de France réünies
par la Paix d'Utrecht. Avec
cette deviſe : Nectit &firmat .
La marche finie , en arrivant
à l'Hoſtel des Ambaſſadeurs ,
- M. le Comte de Ribeira fut
- complimenté de la part du
Roy, par M. le Duc de Trefmes
premier Gentilhomme de
- la Chambre ; de la part de
304 MERCURE
Madame la Ducheſſe , par M.
leChevalier de Hautefort, fon
premier Ecuyer ; de la part de
Madame , par M. le Marquis
de Mortagne , ſon premier
Ecuyer ; de la part de Monfieur
le Duc d'Orleans , par M. le
Marquis de Simiane , ſon premier
Gentilhomme de la
Chambre ; & de la part de
Madame la Ducheffle d'Orleans
, par Male Marquis de S.
Pierre , ſon premier Ecuyer .
Il a eſté logè & traité les trois
jours ſuivans à la maniere accoûtuméc.
M. le Comte de Ribeira qui
vient
GALANT. 305
vient de faire cette pompeuſe
Entrée eſt du coſté de M. fon
Pere d'une des plus illuſtres ,
des plus riches & des plus
grandes Maiſons de Portugal
&deM . fa mere,foeur deM. le
Cardinal de Rohan , & de Mrs
les Princes de Soubiſe & de
Rohan , parent & allié aux
plus anciennes & aux plus Nobles
Maiſons de France. Je ne
vous feray point icy l'éloge de
M. le Comte de Ribeira , il
n'y a qu'une voix pour luy ;
& tout Paris ſemble s'eftre
donné le mot pour luy rendre
la justice qui eſt dûë à ſes
Aoust 1715 .
Cc
306 MERCURE
grandes qualitez .
Fermer
126
p. 308-327
Morts. [titre d'après la table]
Début :
Dame Marie de Grimouville Epouse de Messire Henry de Saulx [...]
Mots clefs :
Dame, Maréchal, Général, Seigneur, Comte, Grimouville, Marquis, Mort, Régiment, Chevaliers, Chevalier, Maladie, Mérite, Service, Livonie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
Dame Mariede Grimouville
Epouſe de Meffire Henry de
Saulx , Comte de Tavannes
&auparavant veuve deMeſſire
René Potier,SeigneurdeBlancmeſnil
, mourut le 25. du mois
GALANT. 309
Y
paſſé dans la cour du Val-de-
Grace. Elle étoit ſoeur de feu
Madame la Marquise d'Illiers
d Entragues , & de feu de M.
le Marquis de la Mailleraye ,
Colonel du Regiment de Piémont
, enfans de feu Meffire
Loüis de Grimouville , Marquis
de la Mailleraye , Marêchal
desCamps & Armées du
Roy, qui estoit fils de Meffire
Jacques de Grimouville , Scigneur
des Maretz, & de Dame
Charlote de Moüy la Mailleraye
, heritiere de la Branche
. de cette maiſon de Moüy , qui
eft tres illuſtre, & qui a eu plu-
1
310 MERCURE
fieurs Chevaliers du Saint Efprit,&
Lieutenants Generaux
pour le Roy en Normandie.
Meſſieurs deGrimouville,dont
la Nobleſſe eſt tres ancienne ,
font originaires de Balle Normandie
, où eſt la Terre qui
porte ſon nom ; il y en a cu
deux Chevaliers du S. Eſprit ,
qui font morts ſans enfans ;
les Armes de la maiſon de Grimouville
font à trois molettes
d'éperon d'argent , en champ
de. gueule , & non des étoiles ,
comme on les blazonne quelquefois
mal.
Quant à la maiſon de M. de
GALANT . 311.
ㅓ
Saulx , il en eſt cadet , & il ne
faut pas confondre les branches
; il eſt fils de Meffire Jacques
de Saulx , Comte de Tavannes
, & de Dame Lonſe
Henriette Potier de Treſmes.
Lamaiſon de Saulx eſt ſilluf
tre , & on en a parlé fi amplement
dansdifferentsMercures,
> que je crois qu'il eſt inutilede
repeter ce qu'on en a dit. Madame
de Saulx eſt morte âgée
de 67.ans 4. mois , aprés une
longue maladie où elle a toûjours
conſervé une entiere
connoiſſance dont elle a fait
unbon uſage par ſa picté , &
par ſa patience.
312 MERCURE
Dame Catherine de Pommereu
, veuve de MeffirePierre
Bouter, Seigneur deMarivatz ,
& autres lieux , Chevalier des
O dresRoyaux & Militaires de
Noſtre Dame du Mont-Carmel
, & de S. Lazare , Premier
Gentilhomme ordinaire de feu
Monfieur , Grand Bailly de la
Ville & Duché d'Etampes ,
Gouverneur & Capitaine de
ladite Ville , mourut le 11. de
ce mois âgée de 80. ans. Elle
eſtoit foeur de feu M. dePommereu
, Conſeiller d'Etat ordinaire
& au Conſeil Royal ,&
laiſſe un fils qui a fuccedé à fon
:
pere
GALANT. 313
:
-pere en la Charge de Premier
Gentilhomme Y ordinaire.
Meffire Nicolas du Bois , Seigneur
deBailler , Préfident au
GrandConfeil , mourut de la
petite verole le 27. du mois
paffe.On ferale mois prochain
un plus ample détail de cette
Famille.
>
Melfire Loüis Chauvelin
ConſeillerduRoy en ſesConſeils
, Maître des Requêtes honoraire
, Avocat General du
Parlement , Commandeur &
grand Treforier desordresdu
Roy, mourut de la même maladie
le 2. de ce mois . Il eſtoit
Aoust 1715.
Dd
(
314 MERCURE
fils aîné de Meſlire Loüis Chauvelin
, Seigneur de Grifenoire,
Conſeiller d'Etat ordinaire ,&
de Dame N. deBillart , & petit-
fils de Meffire Loüis Chauvelin
, Maistre des Requêtes,&
de Dame Claude Bonneau , &
laiſſe des enfans de Dame N.
de Grouchy fon Epouſe. Il eſt
mort âgé de 32. ans , regretté
generalement de tout lemonde.
S. M. a donné la Charge
d'Avocat General vacante par
ſa mort , à M. Chauvelin de
Griſenoire ſon frere.
Meſſire Louis de Longuëil,
Marquis de Maiſons & dePoif-
Y
GALANT. 1315
ſy , Préſident à Mortier duParlement
, mourut le 22. âgé de
48. ans. Le Roy a donné ſa
Charge à M. fon fils. On s'étendra
davantage fur cet article
le mois prochain.
:
Dame Anne Racine , veuve
de M. Arnaud de S. Amant,
Fermier general , mourut le 2 .
de ce mois, laiſſant entre autres
enfans N. de S. Amant , veuve
de Loüis Provence Adhemard
de Monteil , Marquis de Grignan
.
2.
Meſſire Conradde Roſen,
Comte de Bolleviller , Marêchal
de France&Chevalier des
Ddij
316 MERCURE
trois Ordres du Roy , mourut
Ic 3. de ce mois dans ſon Château
de Bolleviller en hauteAlface
âgé de 87. ans , aprés une
maladie de quinze jours qu'il
a uniquement employé à recevoir
les Sacremens de l'Egliſe
& à exprimer les ſentimens de
Religion & de Pieté qui faifoient
ſa ſeule occupation depuis
pluſieurs années qu'il s'étoit
retiré de laCour & des embarras
dumonde. Il eſtoit originaire
de Livonie de la plus
ancienne Nobleſſe &d'unedes
meilleures Maiſons de cette
Province : il vint en France fer;
GALANT. 317
vir ſous fon parent le General
de Roſen, ſiconnu dans les fameuſes
expeditions du Duc de
Saxe Weymar ; & le dévoua
comme luy au ſervice du Roy.
Depuis s'étant toûjours diſtinguédans
tous les emplois Militaires
où il a paffé , & ayant
donné l'eſpace de plus de so.
ans des marques de capacité ,
de zele&d'une entiere fidelité
pour Sa Majefté & pour l'Etat ,
il merita ce ſuprême degré
d'honneur auquel il plût au
Royde l'élever en 1703.
Les commencemens des
ſervices de ce General accom-
1
Ddij
-318 MERCURE
pagnez d'une circonftance afſez
particuliere, avoient donné
à pluſieurs perſonnes de fi
grandes préventions fur l'obfcurité
de fa naiſſance , qu'ils le
regardoient comme un homme
de fortune que ſon ſeul
merite avoit élevé aux premiers
honneurs : occupé uniquementdu
ſervice du Roy &
de la gloire , il n'avoit pas fongé
luy-même à détruire cette
idée dans les eſprits , juſqu'au
tems qu'il fallut faire ſes preuves
pour eſtre receu dans les
plus illuſtresOrdres du Royaume;
ce fut alors qu'il s'adreſſa
GALANT . 319
,
au Roy de Suede ſon premier
Maiſtre , qui luy envoya des
Lettres Patentes & des Certifi
cats de fa Genealogie tirez de
laChancellerie& des Archives
de la Province de Livonie,avec
tous les témoignages les plus
aurentiques de l'ancienneté &
de l'illuſtration de ſa Maiſon .
Ceux qu'il receut en même
tems de l'état de la Nobleffe
deLivonie au ſujet de fon extraction
, font auſſi forts , &
outre qu'ils marquent la ſuite
de ſes Anceſtres & leurs Alliances
avec les premieres Maifons
de Suede & de Livonic ,
Dd iiij
320 MERCURE
telles que font celles des Thieſenhauſen
, Patkul , Haftfer ,
Butler & quantité d'autres du
premier rang ; ils ajoûtent encore
fondez ſur les Annales de
Livonie , que dés l'an 1238 ,
que cetteProvince fut conquifſee
ſur les Payens par lesChevaliers
de l'Ordre Teutonique,
cette Maiſon avoit fourni d'illuſtres
Chevaliers à cetOrdre ,
dont les Armes étoient d'or à
trois roſes de gueule deux &
une , comme on le voit encore
aux anciens Tombeaux &Mo
numens dans les endroits qui
ont eſté poffedez par les Sci
GALANT. 322
gneurs de cette Maiſon qui a
toûjours paffé pour une des
plus anciennes& des plus diftinguées
par les grands emplois
que les Seigneurs de cette
Maiſon ont poffedez & poffe.
dent encore,Otto JeandeRofen
, Seigneur de Kleinropp ,
neveu, du Maréchal de Rofen
dont nous parlons , eſtant aujourd'huy
Grand Maréchal de
laNobleſſe de Livonie.
Male Maréchal de Rofen
dontnous annonçons la mort,
quatriéme fils de Fabian deRoſen
, Seigneur de Kleinropp ,
ſe trouvaà l'âge de 16. ansCa
322 MERCURE
det dans les Gardes du Corps
de la Reine Chriſtine : au bout
de quelques années il eut le
malheur de ſe battre en duet
avec un jeune Seigneur de la
Cour&de le tuer ; il futarrêté
pendant quatre mois , enfin
ayant trouvé le moyen de s'échapper
de la priſon , il ne vit
d'autre reffource à ſon ſalut&
à ſa fortune que de venir en
France ſe jetter entre les bras
du General Rofen , qui eſtoir
iſſu de germain de fon pere ; il
pafla à Francfort où il joua&
perdit tout ce qu'il avoit ; au
deſeſpoir de ſe voir dans cet
GALANT. 323
-
-
eftat , & craignant les reproches
de fon parent , il n'oſa
l'aller joindre , & aima mieux
s'engager pour Cavalier dans
le Regiment de Brinon dont
des Officiers y faifoient pour
lors emplettede chevaux pour
les mener en France ; il ſervit
dans cette Troupe trois ans
fans ſe faire connoiſtre ; il fut
même affez malheureux que
d'être arreſté avecd'autres Cavaliers
par le Grand Prevoſt
de l'Armée au retour d'une
maraude,&contraint de jouer
avec eux pour la vie; quoiqu'il
gagna , il fit reflexion fur fon
324 MERCURE
eſtat , & le découvrit pour ce
qu'il eſtoit au Comte deBrinon
ſon Colonel , qui le fit Cornette
peu de jours aprés , Licutenant
dans la même Compa.
gnie & Capitaine l'année ſuivante.
Quelques années aprés
il ſe preſenta au General de
Roſen,qui le fit paſſer dans ſon
Regiment ; il connut bien-tôt
fon merite , & le regarda dés
lors comme ſon gendre& fon
heritier ; en effet il luy donna
ſa fille aînée que les Comtes de
Gallas & d'Helmſtadt luy
avoient fait demander , & le
fit fon Lieutenant Colonel.
GALANT. 325
La mort de fon beau- pere le
mit peu de temps aprés en poffeffion
de fonRegiment &des
Terres qu'il avoit acquiſes en
Alface. En 1684 il fut fait
Brigadier , en 1677. Maréchal
de Camp , en 1688. Lieutenant
General , en 1689. Maréchal
d'Irlande , en 1670.
Mestre de Camp, Generalde la
Cavalerie de France , en 1693 .
Grand Croix de l'Ordre Militaire
de S. Loüis , en 1703 .
Maréchal de France , & en
1705. il fut reçû Chevalier de
l'Ordre du S. Eſprit à Verfailles
le 2. Février de la même
326 MERCURE
année. Son habileté , la vigilance
& fon exactitude infinic
pour le ſervice , dans les differens
commandemens dont le
Roy l'a honoré &dans les occaſions
les plus confiderables
où il s'eſt trouvé , luy ont
merité la confiance & l'eſtime
de ſon Prince & des plus
grands Capitaines; ſes ſentimens
nobles & élevez , & fes
actions pleines de raiſon , de
folidité & de circonſpection .
l'ont fait admirer de tous ceux
qui l'ont connu particulierement.
Il laiſſe un fils qui eſt MaréGALANT.
327
F
chal de Camp , & que le Roy
vient de faire Commandeur
del'Ordre de S. Loüis , & cinq
filles , dont trois ſont Religieuſes
, & les deux autres
mariées , l'une au Comte de
Rottembourg , & l'autre au
Baron de Planta.
Epouſe de Meffire Henry de
Saulx , Comte de Tavannes
&auparavant veuve deMeſſire
René Potier,SeigneurdeBlancmeſnil
, mourut le 25. du mois
GALANT. 309
Y
paſſé dans la cour du Val-de-
Grace. Elle étoit ſoeur de feu
Madame la Marquise d'Illiers
d Entragues , & de feu de M.
le Marquis de la Mailleraye ,
Colonel du Regiment de Piémont
, enfans de feu Meffire
Loüis de Grimouville , Marquis
de la Mailleraye , Marêchal
desCamps & Armées du
Roy, qui estoit fils de Meffire
Jacques de Grimouville , Scigneur
des Maretz, & de Dame
Charlote de Moüy la Mailleraye
, heritiere de la Branche
. de cette maiſon de Moüy , qui
eft tres illuſtre, & qui a eu plu-
1
310 MERCURE
fieurs Chevaliers du Saint Efprit,&
Lieutenants Generaux
pour le Roy en Normandie.
Meſſieurs deGrimouville,dont
la Nobleſſe eſt tres ancienne ,
font originaires de Balle Normandie
, où eſt la Terre qui
porte ſon nom ; il y en a cu
deux Chevaliers du S. Eſprit ,
qui font morts ſans enfans ;
les Armes de la maiſon de Grimouville
font à trois molettes
d'éperon d'argent , en champ
de. gueule , & non des étoiles ,
comme on les blazonne quelquefois
mal.
Quant à la maiſon de M. de
GALANT . 311.
ㅓ
Saulx , il en eſt cadet , & il ne
faut pas confondre les branches
; il eſt fils de Meffire Jacques
de Saulx , Comte de Tavannes
, & de Dame Lonſe
Henriette Potier de Treſmes.
Lamaiſon de Saulx eſt ſilluf
tre , & on en a parlé fi amplement
dansdifferentsMercures,
> que je crois qu'il eſt inutilede
repeter ce qu'on en a dit. Madame
de Saulx eſt morte âgée
de 67.ans 4. mois , aprés une
longue maladie où elle a toûjours
conſervé une entiere
connoiſſance dont elle a fait
unbon uſage par ſa picté , &
par ſa patience.
312 MERCURE
Dame Catherine de Pommereu
, veuve de MeffirePierre
Bouter, Seigneur deMarivatz ,
& autres lieux , Chevalier des
O dresRoyaux & Militaires de
Noſtre Dame du Mont-Carmel
, & de S. Lazare , Premier
Gentilhomme ordinaire de feu
Monfieur , Grand Bailly de la
Ville & Duché d'Etampes ,
Gouverneur & Capitaine de
ladite Ville , mourut le 11. de
ce mois âgée de 80. ans. Elle
eſtoit foeur de feu M. dePommereu
, Conſeiller d'Etat ordinaire
& au Conſeil Royal ,&
laiſſe un fils qui a fuccedé à fon
:
pere
GALANT. 313
:
-pere en la Charge de Premier
Gentilhomme Y ordinaire.
Meffire Nicolas du Bois , Seigneur
deBailler , Préfident au
GrandConfeil , mourut de la
petite verole le 27. du mois
paffe.On ferale mois prochain
un plus ample détail de cette
Famille.
>
Melfire Loüis Chauvelin
ConſeillerduRoy en ſesConſeils
, Maître des Requêtes honoraire
, Avocat General du
Parlement , Commandeur &
grand Treforier desordresdu
Roy, mourut de la même maladie
le 2. de ce mois . Il eſtoit
Aoust 1715.
Dd
(
314 MERCURE
fils aîné de Meſlire Loüis Chauvelin
, Seigneur de Grifenoire,
Conſeiller d'Etat ordinaire ,&
de Dame N. deBillart , & petit-
fils de Meffire Loüis Chauvelin
, Maistre des Requêtes,&
de Dame Claude Bonneau , &
laiſſe des enfans de Dame N.
de Grouchy fon Epouſe. Il eſt
mort âgé de 32. ans , regretté
generalement de tout lemonde.
S. M. a donné la Charge
d'Avocat General vacante par
ſa mort , à M. Chauvelin de
Griſenoire ſon frere.
Meſſire Louis de Longuëil,
Marquis de Maiſons & dePoif-
Y
GALANT. 1315
ſy , Préſident à Mortier duParlement
, mourut le 22. âgé de
48. ans. Le Roy a donné ſa
Charge à M. fon fils. On s'étendra
davantage fur cet article
le mois prochain.
:
Dame Anne Racine , veuve
de M. Arnaud de S. Amant,
Fermier general , mourut le 2 .
de ce mois, laiſſant entre autres
enfans N. de S. Amant , veuve
de Loüis Provence Adhemard
de Monteil , Marquis de Grignan
.
2.
Meſſire Conradde Roſen,
Comte de Bolleviller , Marêchal
de France&Chevalier des
Ddij
316 MERCURE
trois Ordres du Roy , mourut
Ic 3. de ce mois dans ſon Château
de Bolleviller en hauteAlface
âgé de 87. ans , aprés une
maladie de quinze jours qu'il
a uniquement employé à recevoir
les Sacremens de l'Egliſe
& à exprimer les ſentimens de
Religion & de Pieté qui faifoient
ſa ſeule occupation depuis
pluſieurs années qu'il s'étoit
retiré de laCour & des embarras
dumonde. Il eſtoit originaire
de Livonie de la plus
ancienne Nobleſſe &d'unedes
meilleures Maiſons de cette
Province : il vint en France fer;
GALANT. 317
vir ſous fon parent le General
de Roſen, ſiconnu dans les fameuſes
expeditions du Duc de
Saxe Weymar ; & le dévoua
comme luy au ſervice du Roy.
Depuis s'étant toûjours diſtinguédans
tous les emplois Militaires
où il a paffé , & ayant
donné l'eſpace de plus de so.
ans des marques de capacité ,
de zele&d'une entiere fidelité
pour Sa Majefté & pour l'Etat ,
il merita ce ſuprême degré
d'honneur auquel il plût au
Royde l'élever en 1703.
Les commencemens des
ſervices de ce General accom-
1
Ddij
-318 MERCURE
pagnez d'une circonftance afſez
particuliere, avoient donné
à pluſieurs perſonnes de fi
grandes préventions fur l'obfcurité
de fa naiſſance , qu'ils le
regardoient comme un homme
de fortune que ſon ſeul
merite avoit élevé aux premiers
honneurs : occupé uniquementdu
ſervice du Roy &
de la gloire , il n'avoit pas fongé
luy-même à détruire cette
idée dans les eſprits , juſqu'au
tems qu'il fallut faire ſes preuves
pour eſtre receu dans les
plus illuſtresOrdres du Royaume;
ce fut alors qu'il s'adreſſa
GALANT . 319
,
au Roy de Suede ſon premier
Maiſtre , qui luy envoya des
Lettres Patentes & des Certifi
cats de fa Genealogie tirez de
laChancellerie& des Archives
de la Province de Livonie,avec
tous les témoignages les plus
aurentiques de l'ancienneté &
de l'illuſtration de ſa Maiſon .
Ceux qu'il receut en même
tems de l'état de la Nobleffe
deLivonie au ſujet de fon extraction
, font auſſi forts , &
outre qu'ils marquent la ſuite
de ſes Anceſtres & leurs Alliances
avec les premieres Maifons
de Suede & de Livonic ,
Dd iiij
320 MERCURE
telles que font celles des Thieſenhauſen
, Patkul , Haftfer ,
Butler & quantité d'autres du
premier rang ; ils ajoûtent encore
fondez ſur les Annales de
Livonie , que dés l'an 1238 ,
que cetteProvince fut conquifſee
ſur les Payens par lesChevaliers
de l'Ordre Teutonique,
cette Maiſon avoit fourni d'illuſtres
Chevaliers à cetOrdre ,
dont les Armes étoient d'or à
trois roſes de gueule deux &
une , comme on le voit encore
aux anciens Tombeaux &Mo
numens dans les endroits qui
ont eſté poffedez par les Sci
GALANT. 322
gneurs de cette Maiſon qui a
toûjours paffé pour une des
plus anciennes& des plus diftinguées
par les grands emplois
que les Seigneurs de cette
Maiſon ont poffedez & poffe.
dent encore,Otto JeandeRofen
, Seigneur de Kleinropp ,
neveu, du Maréchal de Rofen
dont nous parlons , eſtant aujourd'huy
Grand Maréchal de
laNobleſſe de Livonie.
Male Maréchal de Rofen
dontnous annonçons la mort,
quatriéme fils de Fabian deRoſen
, Seigneur de Kleinropp ,
ſe trouvaà l'âge de 16. ansCa
322 MERCURE
det dans les Gardes du Corps
de la Reine Chriſtine : au bout
de quelques années il eut le
malheur de ſe battre en duet
avec un jeune Seigneur de la
Cour&de le tuer ; il futarrêté
pendant quatre mois , enfin
ayant trouvé le moyen de s'échapper
de la priſon , il ne vit
d'autre reffource à ſon ſalut&
à ſa fortune que de venir en
France ſe jetter entre les bras
du General Rofen , qui eſtoir
iſſu de germain de fon pere ; il
pafla à Francfort où il joua&
perdit tout ce qu'il avoit ; au
deſeſpoir de ſe voir dans cet
GALANT. 323
-
-
eftat , & craignant les reproches
de fon parent , il n'oſa
l'aller joindre , & aima mieux
s'engager pour Cavalier dans
le Regiment de Brinon dont
des Officiers y faifoient pour
lors emplettede chevaux pour
les mener en France ; il ſervit
dans cette Troupe trois ans
fans ſe faire connoiſtre ; il fut
même affez malheureux que
d'être arreſté avecd'autres Cavaliers
par le Grand Prevoſt
de l'Armée au retour d'une
maraude,&contraint de jouer
avec eux pour la vie; quoiqu'il
gagna , il fit reflexion fur fon
324 MERCURE
eſtat , & le découvrit pour ce
qu'il eſtoit au Comte deBrinon
ſon Colonel , qui le fit Cornette
peu de jours aprés , Licutenant
dans la même Compa.
gnie & Capitaine l'année ſuivante.
Quelques années aprés
il ſe preſenta au General de
Roſen,qui le fit paſſer dans ſon
Regiment ; il connut bien-tôt
fon merite , & le regarda dés
lors comme ſon gendre& fon
heritier ; en effet il luy donna
ſa fille aînée que les Comtes de
Gallas & d'Helmſtadt luy
avoient fait demander , & le
fit fon Lieutenant Colonel.
GALANT. 325
La mort de fon beau- pere le
mit peu de temps aprés en poffeffion
de fonRegiment &des
Terres qu'il avoit acquiſes en
Alface. En 1684 il fut fait
Brigadier , en 1677. Maréchal
de Camp , en 1688. Lieutenant
General , en 1689. Maréchal
d'Irlande , en 1670.
Mestre de Camp, Generalde la
Cavalerie de France , en 1693 .
Grand Croix de l'Ordre Militaire
de S. Loüis , en 1703 .
Maréchal de France , & en
1705. il fut reçû Chevalier de
l'Ordre du S. Eſprit à Verfailles
le 2. Février de la même
326 MERCURE
année. Son habileté , la vigilance
& fon exactitude infinic
pour le ſervice , dans les differens
commandemens dont le
Roy l'a honoré &dans les occaſions
les plus confiderables
où il s'eſt trouvé , luy ont
merité la confiance & l'eſtime
de ſon Prince & des plus
grands Capitaines; ſes ſentimens
nobles & élevez , & fes
actions pleines de raiſon , de
folidité & de circonſpection .
l'ont fait admirer de tous ceux
qui l'ont connu particulierement.
Il laiſſe un fils qui eſt MaréGALANT.
327
F
chal de Camp , & que le Roy
vient de faire Commandeur
del'Ordre de S. Loüis , & cinq
filles , dont trois ſont Religieuſes
, & les deux autres
mariées , l'une au Comte de
Rottembourg , & l'autre au
Baron de Planta.
Fermer
127
p. 201-203
De Paris.
Début :
Le Roy a accordé à M. le Baron de Breteüil la permission [...]
Mots clefs :
Roi, Marquis, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris.
De Paris con
Le Roy a accordé à M. le
BarondeBreteil la permiffion
de ſe défaire de ſa Charge
d'Introducteur des Ambaſladeurs
, & en a donné l'agrément
à M. le Marquis de Magny
, fils de M. Foucault
Confeiller d'Etat .
1. M. le Marquis de Simiane ,
premier Gentilhomme de la
Chambre de Monfieur le Duc
202 MERCURE
d'Orleans , a elté pourveu de
laCharge de Lieutenant General
de Provence, vacante par
le decés du Comte deGrignan,
avec un brevet de retenuë de
deux cent mille livres , pareilà
celuy qu'avoit le Comte de
Gribhan
M. le Comte de Simiane ,
Meſtre de Camp de Cavale
rie , & Brigadier des Armées
du Roy , prêta ces jours paf
fez le ferment entre les mains
de Madame pour la Charge
de fon premiet Ecuyer .
M. Bontemps , Gouverneur
des Tuilleries,& Capitainedes
Chaffes de la Garenne duLou
GALANT. 203
!
vre , a obtenu du Roy la furvivance
de ſa Charge de premier
Valet de Chambre de Sa
Majesté ,pour fon fils.
Madame la Comteſſe de Ri
beira,EpouſedeM. le Comte
de Ribeira , Ambaſladeur de
Portugal en France, accoucha
le 12. du mois paſſe d'un fils
qui fut tenu ſur les Fonds de
Baptême par M. le Cardinal de
Rohan fon grand oncle.
Le Roy a accordé à M. le
BarondeBreteil la permiffion
de ſe défaire de ſa Charge
d'Introducteur des Ambaſladeurs
, & en a donné l'agrément
à M. le Marquis de Magny
, fils de M. Foucault
Confeiller d'Etat .
1. M. le Marquis de Simiane ,
premier Gentilhomme de la
Chambre de Monfieur le Duc
202 MERCURE
d'Orleans , a elté pourveu de
laCharge de Lieutenant General
de Provence, vacante par
le decés du Comte deGrignan,
avec un brevet de retenuë de
deux cent mille livres , pareilà
celuy qu'avoit le Comte de
Gribhan
M. le Comte de Simiane ,
Meſtre de Camp de Cavale
rie , & Brigadier des Armées
du Roy , prêta ces jours paf
fez le ferment entre les mains
de Madame pour la Charge
de fon premiet Ecuyer .
M. Bontemps , Gouverneur
des Tuilleries,& Capitainedes
Chaffes de la Garenne duLou
GALANT. 203
!
vre , a obtenu du Roy la furvivance
de ſa Charge de premier
Valet de Chambre de Sa
Majesté ,pour fon fils.
Madame la Comteſſe de Ri
beira,EpouſedeM. le Comte
de Ribeira , Ambaſladeur de
Portugal en France, accoucha
le 12. du mois paſſe d'un fils
qui fut tenu ſur les Fonds de
Baptême par M. le Cardinal de
Rohan fon grand oncle.
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128
p. 221-227
Mariages. [titre d'après la table]
Début :
Le ... de ce mois, M le Marquis de Vallançay épousa [...]
Mots clefs :
Marquis, Fille, Chevalier, Seigneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariages. [titre d'après la table]
Le ... de ce mois , M. le
Marquis de Vallançay épouta
Midemoiselle Amelot. Il eſt
filsdeJeanHyppolite d'Eſtampes
, Marquis de Vallançay ,
&deGabrielle Loüiſe Malodu
Bofquet ; & petit fils de Dominique
d'Eltampes , lequel
étoit frere dugrand Prieur de
France , & neveu du Cardinal
de Vallançay....
Dominique d'Estampes ,
Tij
2122 MERCURE
Marquis de Vallançay , avoit
épousé en 1641. Loüife Thereſe
de Montmorency , foeur
aînée du Maréchal de Luxem
bourg & d'Elifabeth deMont
morency , Princeſſe de Mekelbourg
Dece mariage font iſſus plufieurs
enfans , & entr'autres
trois enfans mâles.
Henry Dominique , fils ainé,
qui de fon mariage n'a laifſé
que deux garçons , tous
deux morts fans alliance.FrançoisHenry
qui n'a laiſſe qu'une
fille ; &le troifiéme JeanHyppolite,
pere de Henry Hubert
GALANT. 223
:
qui eſt celuy qui vient de ſe
marier.
Le pere de Dominiqued'Eltampes
étoit Jacques d'Eſtampes,
Chevalier des Ordres du
Roy , grandMaréchal des Logis
, Lieutenant Colonel de la
Cavalerie Legere.Meffieurs de
Vallançay defcendent deLoüis
dEstampes , Seigneur de Vallançay
, lequel environ l'an
1480. a commencé la branche
des Seigneurs de Vallançay :
ceux qui en voudront ſçavoir
davantage , verront Whiſtoire
de Sainte Marthe , & l'histoire
genealogique des grands Offi-
T iiij
224 MERCURE
ciers de la Couronne par le
Pere Anfelme , qui eſt exact
dans toute la genealogie , excepré
qu'il donne pour filles à
Jean Hyppolite d'Estampes ,
fes deux foeurs , & ne parle
point de ſon fils qui eſt celuy
qui donne lieu à cet article.
Mademoiselle Ame'ot eft
fille de M. Amelot de Chaillou
, Maiſtre des Requeſtes &
Intendant du Commerce , &
de Dame Philberthe de Barril
lon ſon Epouſe , qui eſt fille
de feu M. de Barrillon , Confeillerd'Etat
ordinaire, & Ambaſſadeur
en Angleterre. Je
GALANT. 225
vous ay ſi ſouvent parlé de
Meffieurs Amelot , dont les
filles ſe ſont toûjours alliées
dans les plus grandes Maiſons,
telles que celles d'Aumont , de
Luxembourg , de Beon , de
Nicolai, deTavannes , deVaubecourt
, &autres , qu'il feroit
inutile d'en reparler ici .
Herard du Caufé Chevalier
Seigneur de Nazelle , Lieute
nant des Maréchaux de France
en la Province de Guïenne ,
époufale 7 Oct Mademoiselle
7
Cath.JuliedeBefanne deProuvay,
fille deCharles deBeſanne
Chevalier Seigneur Vicomte
1
1
226 MERCURE
de Prouvay& Poulandon...
La Maiſon de Beſanne eſt
une des anciennes Maiſons de
Champagne Jean de Beſanne
un de les anceſtres , qui avoit
un Employ de distinction auprés
de faint Loüis , lorſqu'il
fuſt en Terre Sainte faire la
guerre aux Sarrafins ,à laBataille
de Damiere , où l'Armée
du Roy fut vigoureuſement
chargée , ledit de Befanne par
ſa valeur contint les troupes
avec tant de fermeté , que le
Roy luy donna la deviſe nec
fugit, nec metuit.
La Ceremonie de ce MariaGALANT.
227
gefut faite par M. l'Evêque de
Lavaur , dans l'Eglife Paroiffiale
de faint Mederic.
Marquis de Vallançay épouta
Midemoiselle Amelot. Il eſt
filsdeJeanHyppolite d'Eſtampes
, Marquis de Vallançay ,
&deGabrielle Loüiſe Malodu
Bofquet ; & petit fils de Dominique
d'Eltampes , lequel
étoit frere dugrand Prieur de
France , & neveu du Cardinal
de Vallançay....
Dominique d'Estampes ,
Tij
2122 MERCURE
Marquis de Vallançay , avoit
épousé en 1641. Loüife Thereſe
de Montmorency , foeur
aînée du Maréchal de Luxem
bourg & d'Elifabeth deMont
morency , Princeſſe de Mekelbourg
Dece mariage font iſſus plufieurs
enfans , & entr'autres
trois enfans mâles.
Henry Dominique , fils ainé,
qui de fon mariage n'a laifſé
que deux garçons , tous
deux morts fans alliance.FrançoisHenry
qui n'a laiſſe qu'une
fille ; &le troifiéme JeanHyppolite,
pere de Henry Hubert
GALANT. 223
:
qui eſt celuy qui vient de ſe
marier.
Le pere de Dominiqued'Eltampes
étoit Jacques d'Eſtampes,
Chevalier des Ordres du
Roy , grandMaréchal des Logis
, Lieutenant Colonel de la
Cavalerie Legere.Meffieurs de
Vallançay defcendent deLoüis
dEstampes , Seigneur de Vallançay
, lequel environ l'an
1480. a commencé la branche
des Seigneurs de Vallançay :
ceux qui en voudront ſçavoir
davantage , verront Whiſtoire
de Sainte Marthe , & l'histoire
genealogique des grands Offi-
T iiij
224 MERCURE
ciers de la Couronne par le
Pere Anfelme , qui eſt exact
dans toute la genealogie , excepré
qu'il donne pour filles à
Jean Hyppolite d'Estampes ,
fes deux foeurs , & ne parle
point de ſon fils qui eſt celuy
qui donne lieu à cet article.
Mademoiselle Ame'ot eft
fille de M. Amelot de Chaillou
, Maiſtre des Requeſtes &
Intendant du Commerce , &
de Dame Philberthe de Barril
lon ſon Epouſe , qui eſt fille
de feu M. de Barrillon , Confeillerd'Etat
ordinaire, & Ambaſſadeur
en Angleterre. Je
GALANT. 225
vous ay ſi ſouvent parlé de
Meffieurs Amelot , dont les
filles ſe ſont toûjours alliées
dans les plus grandes Maiſons,
telles que celles d'Aumont , de
Luxembourg , de Beon , de
Nicolai, deTavannes , deVaubecourt
, &autres , qu'il feroit
inutile d'en reparler ici .
Herard du Caufé Chevalier
Seigneur de Nazelle , Lieute
nant des Maréchaux de France
en la Province de Guïenne ,
époufale 7 Oct Mademoiselle
7
Cath.JuliedeBefanne deProuvay,
fille deCharles deBeſanne
Chevalier Seigneur Vicomte
1
1
226 MERCURE
de Prouvay& Poulandon...
La Maiſon de Beſanne eſt
une des anciennes Maiſons de
Champagne Jean de Beſanne
un de les anceſtres , qui avoit
un Employ de distinction auprés
de faint Loüis , lorſqu'il
fuſt en Terre Sainte faire la
guerre aux Sarrafins ,à laBataille
de Damiere , où l'Armée
du Roy fut vigoureuſement
chargée , ledit de Befanne par
ſa valeur contint les troupes
avec tant de fermeté , que le
Roy luy donna la deviſe nec
fugit, nec metuit.
La Ceremonie de ce MariaGALANT.
227
gefut faite par M. l'Evêque de
Lavaur , dans l'Eglife Paroiffiale
de faint Mederic.
Fermer
129
p. 186-194
Mariage. [titre d'après la table]
Début :
Loüis François Bouschet Comte de Sourches qui a épousé le [...]
Mots clefs :
Seigneur, Chevalier, Mariage, Dame, Comte, Province, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariage. [titre d'après la table]
Mariage de
Louis François de Bouſcher
Comte deSourches qui a épou
fé le 23. du mois paffé Hilaire
Urfule de Thierfault , fille de
Meffire Pierre de Thier fault.
Le Comte de Sourches eft
fils de Loüis François de Boufchet
Marquis de Sourches
cy- devant Grand Prevost de
France. Et de Dame Marie:
G neviève de Chambe, Comteffe
de Montforcay.
GALANT. 187
La Maiſon de Bouschet eft
originaire du Maine auprésd'Alençon
, & une des meilleures
de cette Province , la bran
cheaînée tomba en quenoüille
, l'heritiere épousa Robert
Comte d'Alençon ſous le Regne
de Philippes Augufte ,
& Robert Comte d'Alençon
donna fon nom à Robert de
Boufchet qui étoit en 12 50.
Seigneur des Terres de la Ferté
Maffé & de Saint Leonard
des Bois ,fituées auprés d'Alençon
.
Ce Robert de Boufchet
époufa Gabrielle de Lonvay ,
Qij
188
MERCURE
duquel mariage cft forti Pierre
de Boufchet .
Pierre de Bouschet épousa
en 1301. Leonard de Hertré
fille du Seigneur de Hertré ,
dont eft venu Baudouin de
Boufchet , Chevalier Seigneur
de la Tournerie , de la Ferté,
Maffé & de Saint Leonard des
Bois , qui fut marié à Dame
Charlotte de Clinchamps en
Fan 1355. fous le regne de
Jean Roy de France , duquel
mariage eft venu Hardoüin de
Boufchet Chevalier Seigneur
de Saint Leonard des Bois &
plufieurs autres lieux , & Jean
GALANT. 189
de Boufchet qui a fait la branche
des Seigneurs de Malesfre,
& pour lors Lieutenants &
Senechaux de la Province du
Maine. Ce Jean'eût pour fils
Gilles de Boufchet auffi Seigneur
de Malesfre , & qui a
fait la branche des cadets de
cecofté là : il fur premier Ma
tre d'Holtel de M. le Duc de
Montpenfier freredu Roy.
Hardouin de Boulchet
Chevalier deSaint Leonard des
Bois & autres lieux , épouſa Dae
Jacqueline de Longaunay
d'une tres- bonne & tres ancienne
nobleffe de Norman190
MERCURE
die , d'où eft forti Jean de
Bouschet 11. du nom , Chevalier
Seigneur de Saint Leonard
des Bois & de la Ferriere , qui
fut marié à Dame Charlotte
d'Affé en l'an 1415. fous le
regne de Charles VI. De ce
mariage eft venu Guillaume de
Boufchet , Chevalier Seigneur
de S. Leonard des Bois , qui fut
Lieutenant & Connêtable de
la Ville & Chaſtel du Mans ; il
époufa en l'an 1470 Dame
Jeanne de Vaffé , fille de Jean
de Vaffé , dit Grognet , fous le
regne de Louis XI. Ce Jean de
Vaffé donna en faveur de ce
GALANT. 199
mariage à la fille Jeanne , la
Terre & Seigneurie de Sourches.
De ce mariage eft venu Baudoüin
II . du nom , qui époufa
Dame Marguerite de Berenger
en l'an 1522. d'où eft forti
René de Boulcher , Chevalier
Seigneur Baron de Bernay &
de Sourches, qui époufa Dame
Loüife de Thevalle , une des
plus anciennes Maiſons du
Royaume.
De ce mariage eft venu
Mellire François de Boufchet,
Chevalier , Seigneur de Sourches
, Chevalier de l'Ordre du
192 MERCURE
Roy , qui fut Enfeigne , & enfuite
Lieutenant de la Compagnie
de Monfieur le Duc de
Montpenfier : il fut fait depuis
Capitaine de jo . hommes
d'Armes, & enfuiteLieutenane
General des Armées du Roy :
il époula Dame Sidoine du
Plefis de Liancourt. zuvla
De ce mariage eft forti Mcffire
Honorat de Boufeher
Chevalier Seigneur Marquis
de Sourches & de S. Leonard
des Bois : cet Honorat deBoufchet
époufa Dame Catherine
Hurault de Chiverny.
$
De ce mariage eft venu Jean
de
CALANT. 193
de Boufcher , Chevalier Seigneur
Marquis de Sourches .
Chevalier des Ordres du Roy ,
grand Prevoft de France , &
Gouverneur de la Province du
Maine , qui fut marié à Dame
Marie de Nevelet , dont eſt
forti Meffire Loüis François de
Boufcher , Marquis de Sourches
, Comte de Montforeau ,
grand Prevolt de France , &
Gouverneur de la Province du
Maine qui épousa Marie Geneviève
de Chambes , Comreffe
de Montforeau.
La Maifon de Thierfault
eft originaire de Bretagne &
Novembre 1715. R
194 MERCURE
eft d'one tres-banne & tresancienne
Nobleffe de cette
Province.
Louis François de Bouſcher
Comte deSourches qui a épou
fé le 23. du mois paffé Hilaire
Urfule de Thierfault , fille de
Meffire Pierre de Thier fault.
Le Comte de Sourches eft
fils de Loüis François de Boufchet
Marquis de Sourches
cy- devant Grand Prevost de
France. Et de Dame Marie:
G neviève de Chambe, Comteffe
de Montforcay.
GALANT. 187
La Maiſon de Bouschet eft
originaire du Maine auprésd'Alençon
, & une des meilleures
de cette Province , la bran
cheaînée tomba en quenoüille
, l'heritiere épousa Robert
Comte d'Alençon ſous le Regne
de Philippes Augufte ,
& Robert Comte d'Alençon
donna fon nom à Robert de
Boufchet qui étoit en 12 50.
Seigneur des Terres de la Ferté
Maffé & de Saint Leonard
des Bois ,fituées auprés d'Alençon
.
Ce Robert de Boufchet
époufa Gabrielle de Lonvay ,
Qij
188
MERCURE
duquel mariage cft forti Pierre
de Boufchet .
Pierre de Bouschet épousa
en 1301. Leonard de Hertré
fille du Seigneur de Hertré ,
dont eft venu Baudouin de
Boufchet , Chevalier Seigneur
de la Tournerie , de la Ferté,
Maffé & de Saint Leonard des
Bois , qui fut marié à Dame
Charlotte de Clinchamps en
Fan 1355. fous le regne de
Jean Roy de France , duquel
mariage eft venu Hardoüin de
Boufchet Chevalier Seigneur
de Saint Leonard des Bois &
plufieurs autres lieux , & Jean
GALANT. 189
de Boufchet qui a fait la branche
des Seigneurs de Malesfre,
& pour lors Lieutenants &
Senechaux de la Province du
Maine. Ce Jean'eût pour fils
Gilles de Boufchet auffi Seigneur
de Malesfre , & qui a
fait la branche des cadets de
cecofté là : il fur premier Ma
tre d'Holtel de M. le Duc de
Montpenfier freredu Roy.
Hardouin de Boulchet
Chevalier deSaint Leonard des
Bois & autres lieux , épouſa Dae
Jacqueline de Longaunay
d'une tres- bonne & tres ancienne
nobleffe de Norman190
MERCURE
die , d'où eft forti Jean de
Bouschet 11. du nom , Chevalier
Seigneur de Saint Leonard
des Bois & de la Ferriere , qui
fut marié à Dame Charlotte
d'Affé en l'an 1415. fous le
regne de Charles VI. De ce
mariage eft venu Guillaume de
Boufchet , Chevalier Seigneur
de S. Leonard des Bois , qui fut
Lieutenant & Connêtable de
la Ville & Chaſtel du Mans ; il
époufa en l'an 1470 Dame
Jeanne de Vaffé , fille de Jean
de Vaffé , dit Grognet , fous le
regne de Louis XI. Ce Jean de
Vaffé donna en faveur de ce
GALANT. 199
mariage à la fille Jeanne , la
Terre & Seigneurie de Sourches.
De ce mariage eft venu Baudoüin
II . du nom , qui époufa
Dame Marguerite de Berenger
en l'an 1522. d'où eft forti
René de Boulcher , Chevalier
Seigneur Baron de Bernay &
de Sourches, qui époufa Dame
Loüife de Thevalle , une des
plus anciennes Maiſons du
Royaume.
De ce mariage eft venu
Mellire François de Boufchet,
Chevalier , Seigneur de Sourches
, Chevalier de l'Ordre du
192 MERCURE
Roy , qui fut Enfeigne , & enfuite
Lieutenant de la Compagnie
de Monfieur le Duc de
Montpenfier : il fut fait depuis
Capitaine de jo . hommes
d'Armes, & enfuiteLieutenane
General des Armées du Roy :
il époula Dame Sidoine du
Plefis de Liancourt. zuvla
De ce mariage eft forti Mcffire
Honorat de Boufeher
Chevalier Seigneur Marquis
de Sourches & de S. Leonard
des Bois : cet Honorat deBoufchet
époufa Dame Catherine
Hurault de Chiverny.
$
De ce mariage eft venu Jean
de
CALANT. 193
de Boufcher , Chevalier Seigneur
Marquis de Sourches .
Chevalier des Ordres du Roy ,
grand Prevoft de France , &
Gouverneur de la Province du
Maine , qui fut marié à Dame
Marie de Nevelet , dont eſt
forti Meffire Loüis François de
Boufcher , Marquis de Sourches
, Comte de Montforeau ,
grand Prevolt de France , &
Gouverneur de la Province du
Maine qui épousa Marie Geneviève
de Chambes , Comreffe
de Montforeau.
La Maifon de Thierfault
eft originaire de Bretagne &
Novembre 1715. R
194 MERCURE
eft d'one tres-banne & tresancienne
Nobleffe de cette
Province.
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130
p. 131-175
ETAT contenant les noms des Officiers de la Maison du Roy LOUIS XV. à present regnant ; ceux de Madame, Fille de France Duchesse de Berry, de Madame, de M. le Duc d'Orleans, Regent du Royaume, & de Madame la Duchesse d'Orleans.
Début :
La Chapelle du Roy est composée du grand Aumônier de France. [...]
Mots clefs :
Louis XV, Duc d'Orléans, Régent du Royaume, Duchesse de Berry, Officiers de la Maison du roi Louis XV, Officiers de la Maison du roi, Roi, Abbé, Marquis, Chanoine, Chapelle, Aumônier, Chevalier, Écuyers, Gouverneur, Gentilshommes, Prince, Clercs, Chapelain, Écurie, Marquise , Duchesse, Chirurgien, Médecin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ETAT contenant les noms des Officiers de la Maison du Roy LOUIS XV. à present regnant ; ceux de Madame, Fille de France Duchesse de Berry, de Madame, de M. le Duc d'Orleans, Regent du Royaume, & de Madame la Duchesse d'Orleans.
ETAT contenant les noms
des Officiers de la Maiſon
du Roy Louis XV. à
preſent regnant ; ceux de
Madame , Fille de France
Ducheffe de Berry , de Madame
, de M. le Duc d'Orleans,
Regentdu Royaume,
&de Madame la Ducheſſe
d'Orleans.
La Chapelle du Roy est compofée
-du grandAumônier de France.
M. le Cardinal de Rohan
Commandeur né des Ordres
du Roy , Evêque &Prince de
Strasbourg.
132 MERCURE
Du premier Aumônier , &
autres Aumôniers de quartier.
Le premier Aumonier.
M.le Duc de Coiflin, Evêque
&Prince de Metz , Commandeur
de l'Ordre du S. Efprit ,
Le Maistre del'Oratoire.
M. l'Evêque de S Omer.
Le Confeffeur duRoy.
: Ily a buit Aumoniers , deux
àchaque Quartier.
M. l'Abbé Morel , Chanoi
ne de l'Eglise de Paris &Confeiller
au Parlement......
Mal'Abbé de Maulevrier,
Chanoine& Comte de Lyon.
pandane
GALANT
M'Abbéd Entragues ,
Abbé de Valence, couro sb
M.l'Abbé du Cambour,
M. l'Abbé d'Argentre, Abbéde
Sainte CROIXIM
M. l'Abbé de Choiſeul
M. l'Abbé de Rochebonne,
Grand Vicaire de Lyon
M. l'Abbé de Froulay ,
Grand Vicairede Toulouſe.
Ily a huit Chapelains dequartier
un ordinaire .
M Salomongod of M
M. Henrion.
M. Fauvel ; Chanoine de S.
Quentin& Abbé deClairfay.
M. de la Croix , Docteur
deSorbonne.
134 MERCURE
M. de Varcanes Docteur
de Sorbonne.
M. Traboüiller , Chanoine
deMeaux.I
M. Poiffon ,Abbé deBournet
.
MGoüault.
Un Chapelain ordinaire
&Sacristain.
M. Archon , Abbé de S.
Gilbert.
Ily a huit Clercs deChapelle.
M. Pothonier , Docteur en
Theologie
M. Pelliffier .
M. Buffon, Chanoined'Or-
Jeansd
:
1
GALANT. 135
M. Pernoſt , Prieur d'Ef-
い
pointed
2010
Ob MoHazon J.M
M. Bezançon, Chanoine de
Methonian M
M. Maupoint.
M. Johor 1 1
Le Maistre de la Chapelle-
Musique.
M. leCardinal de Polignac.
Cette Chapelle est composée des
Chapelains pour les grandes Meffes,
quifont:
M. Jouilhac
Dubais . 2.
NG
136 MERCURE
Quatre Clercs de Chapelle.
M. Bourgain ,Chanoine de
Reims papa sud.M
M. Caillet , Principal du
College des Craffins.
M. Tiſſu , Chanoine de S.
Nicolas du Louvre.
M. Poitevin Chanoine de
Reims.
Un Clerc ordinaire.
1
M. Favart , Chanoine de
Reims.
Cette Chapelle comprend tous
les Muſiciens & Symphonistes ,
quifont en tres-grand nombre.
Du
1
GALANT. 137
DuGrandMaistre de laMaiſon
du Roy
M. le Duc, Princedu Sang.
Surintendant à l'éducation
du Roy.
M. le Duc du Maine , Prince
Souverain de Dombes .
Le Gouverneur du Roy
M. le Maréchal de Villeroy.
Le Sous-Gouverneur.
M. le Comte de Ruffey.
Trois. Gentilshommes de la
Manche.
M. Dauffi .
M. Darcis .
M. de Pezé.
Decembre 1715. M
٤
138 MERCURE
4 Une Gouvernante...
Me la Ducheffe de Ventadour.
2
Une Sous-Gouvernante.
Me de la Lande .
7
Le premier Maistre d'Hostel.
M. le Marquis de Livry.
900
Douze Maistres d'Hostelfervantsparquartiers
, unMaiftre
d'Hoftel ordinaire. Mol 24
M. leComte d'Igny.
M.Dappoigny.
M. de la Godiniere.20
M. de Francine.
Mde laMeſangere.
M.Dumans.
M. Darzilliers.
GALANT 139
MadeMalegre M
Maade Cambraya
Ma de Montman l
-M.D'Herouvillo
N.... andmed
VaAdaifore d'Hostelordinaire.
M. de Vauvré , Intendant,
&du Conſeil de laRegence.
Du grand RannetierANT
-Mille Duc de Briffac.
Trente fix Gentilshommes
Servants / T
LG Le grandChambellan )
M. le Duc d'Albret
Quatre premiers Gentilshommes
de la Chambre.
M. le Duc de Threſmes.
4
Mij
140 MERCURE
M. le Duc d'Aumohrl
M. le Duc delaTremoille-
M. le DucdeMordemalt.
Quatre premiers Valers-de-
Chambre.....
M leMarquis deGambais,
Gouverneur de LimogesM
M.Bontemps
Mile Marquis de Chance-
?
Trente - deux Valets - de-
Chambre , fervans hoit par
quartierend Ahsulot M
Grand Maistre de la Garde-robe
M. lo Duc de la Rochefoucaatmida
ob sul sl .M
M
GALANT. 141
Deux Mailtresde la Garderobe:
salepМ М
M. le Marquis de la Salle
M. le Marquis de Mailleboisparovi
of of M
1 Premier Medecin.IM
M. Poirier. 71023
Huit Medecins fervans par
quartiersbou
Sous PremierChirurgien.
M. Maréchal.
M
M
Huit Chirurgiens forvans
par quartier, ashxis
Un Apotiquaire & quatre
aides , mob M
Un Directeur General des Ba
timensupig
M. le DuodAntid...
142 MERCURE
Le grand Maréchal des Logis.
M. le Marquis de Cany
Quatre Capitaines des Gardes
du Corps.
M. le Duc de Noaillesand
M. le Maréchal Duc d'Harcourt
.
M. le Duc de Villeroy.
4
M. le Duc de Charroft
M.fonFils reccuen ſurvivance.
Un Major. 11
MDavignono H
DeuxAydes Majorso q
CM. deBruzac.iroga att
M. de Parıfontaine.
12. Lieutenants fervants
par quartier.
12. Enfeignos
GALANT. 143
Capitaine des Cent- Suiffes .
M. le Marquis de Courtanvaux.
MO
Le Capitaine des Gardes
dela Porde
M. leMarquis de laChaife.
Le Capitaine des Gardos de la
Prevofté de l'Hostel.
M.leComtede Montſoreaus
Le Capitaine- Lieutenanti11
desGendarmes.
M. le Prince deRohana
Le Capitaine Litutenam
des Chevaux- Legers
M le Duc deChaulnes.
T
-LeColoneldesGardes Françoises.
M. le Duc de Guiche.
...11
144 MERCURE
Le Colonel General des Suiffes.
M.leDucduMaine,Prince
Souverain de Dombes.v
Le Colonel du Regiment
des Gardes Swiffes .
Mide Raynold.
Le GrandEcuyer.
M. le Comte d'Armagnac,
Chevalier de l'Ordre du Saint
Efpritai
Trois Ecuyers Cavalcadours.
Mode Vaux
M.de Romance.DA
M. de la Magdelaine.
Frois Ordinaires . LI
M. de Neuville.
MdAvricourt.1 M
Ν... Le
GALANT 145
Le Premier Ecuyer.
M. de Beringhen ,Chevalier
de l'Ordre du Roy.
Vingt Ecuyers ſervants par
quartier.
د. Ilyagrand nombre desPages
de la grande&petite Ecurie
, fans compter ceux de la
Chambre.
AMLe Grand Fauconnier.
Male Comte des Marets,
Le Grand Louvetier.
M. leMarquisd'Heudicourt.
LeJuge de la Cour.
LeGrand Prevoſt de France.
LeGrand-Maître desCeremonies.
M. le Marquis de Dreux.
Decembre 1715. N
146 MERCURE
Un Maître desCeremonies.
M. Deſgranges. " sh.M
Deux Introducteurs des Ambaf
Sadeurs .
M.le Marquis de Magni .
M. le Chevalier deSanctor,
MAISON DE MADAME ,
Fille de France , Duchéſſe
de Berry.
Officiers Ecclefiaftiques.
Un premier Aumônier.
M. l'AbbédeCaſtriez,Abbé
deValmagne ,& deMonaftier.
GALANT . 147
i
Quatre Aumoniers.
M. l'Abbé de Berny.
M. l'Abbé de Rouget ,
GrandVicaire d'Alby.
M. l'Abbé du Tremblay.
• M. l'Abbé Danglade.
Un Aumônier ordinaire.
M. l'Abbé d'Avejan, Prieur
du Vigan.
Quatre Chapelains.
M. Dupleffis , Chanoine de
S. Quentin.
M. Levouë , Chanoine du
Mans .
M. Girard , Chanoine de
Clermont.
Nij
148 MERCURE
M. Rafy , Chanoine d'Auxerre.
Un Chapelain ordinaire.
M. Capet.
Quatre Clercs de Chapelle.
M. Rabeuf , Principal du
Prin
College de Preſſes.
M. Francfort,
M Lucas .
M. Guinot , Chanoine de
Beaun
Un Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Bayo.
The Un Copfefleur. L
Ν...
Un Confeffeur du commun.
M. Avenel.
८
GALANT. 149
Un Sommier de Chapelle.
M. Dupuis.
CHAMBRE.
DAMES.
Une Dame d'Honneur.
Me la Duchefſſe de S. Simon.
Une Dame d'Atour.
Me la Marquifede Pons
S. Maurice.
131 Dames du Palais
&
MelaMarquiſe de Brancas.
Me la Comteſſe de Clermont.
Me la Marquiſe d'Armen
tieres.
Niij
150 MERCURE
Me la Marquiſe deBeauvau.
Une premiere Femme de
Chambre.
Mlic. Davaiſe... d
Douze Femmes de Chambre.
Quatre Huifiers de la
Chambre.
Un ordinaire .
Quatre Huiffiers du Cabinet.
Quatre Huiffiers de l'Antichambres
HUuDp M.M
Huit Valets deChambre.
Unordinaire.
Officiers de Santé.
Un premier Medecinis
M. Douté.
GALANT 151
Un Chirurgien du Corps .
M. Lardy.
Un Apoticaire du Corps.
M. Imbert.
Garderobe.
Quatre Valets de Garde-
Qua
robe.
Un ordinaire.
UnPorte- Manteau .
M. Jolly.
Chambre aux Deniers.
Un Chevalier d'Honneur.
M. le Marquis de Goëtenfao
, Lieutenant general des
Armées du Roy...M
Un premier Maistre d'Hostel.
M. le Comte de Saumery.
Niij
152 MERCURE
QuatreMaistres d'Hostel.
M. de la Marc..
M. Tourole. BRO
M. Juffan . admi.M
M. de la Valette.
1
Un Maistre d'Hostel ordinaire.
M. Bertin.
Doux Controlleurs generaux.
M. Levesque.
IN
M. le Baſtier.T.M
Huit Gentilshommesfervants.
M. Champion.S
M.Pingré.
Mol M
MdeCourcelles.pilo
M. Deſenelos.chsmA
M.de Bertun.
M.Larconcau.M
GALANT. 153
M. Porot.
M. de la Girardiere.
Un Gentilhomme ſervant
simordinaire M
M. deLaverdina LŨ
Un Controlleur Clercd'Office.
M. Pezier.
QuatreControlleursClercs
2000
Ecurie.
Un premier Ecuyer.
M. le Chevalier d'Hautefort
, Maréchal des Camps &
Armées du Roy.
ໂຄວ
Quatre Ecuyers.
M. de Makan
M. Boubée , Capitaine de
Cavalcric.
154 MERCURE
2 M. de Suzanges .
M. du Faure.05.11
Un Ecuyer Cavalcadour.
M. de la Vaſſorerie .
Un Maréchal des Logis
Un Fourier.RODU
Un Controlleur generaldes
Un Secretaire des Commandemens,
Maison, Finances.
M. deMontgelas
Un Surintendant des Maiſons
Finances, 1101 t
M. de Maynon.
Un Intendant des Maiſons
Finances. M
th Mi Paulmier, deng.M
A
رک
GALANT. ISS
Six Secretaires de Finances.
Un Secretaire ordinaire.
Un Treforier General de la
maison.
M. de Merandon .
UnGouverneur & un ſous-
Gouverneur des Pages.
Un Chapelain & Precepteur.
M. Stephanel , Chanoine
dePignetol.
Do Gardes duCorps François.
M. de Roye,Marquis dela
Rochefoucault, Maréchal des
Camps & Armées du Roy ,
Capitaine LieutenantdesGen
darmes Flamands.
156 MERCURE
:
Vn Lieutenant.
M. le Comte de Rion.
Vn Enseigne.
M. le Chevalier deCourtemer.
DeuxExempts.
M. le Marquis de Sabran.
M. le Marquis deBriquemaure.
Doux Maréchaux de Logis.
M. du Coudray.
N.
Un Officier des Gardes du
Corps Suiffes.ов М
CinquanteGardesduCorps.
UnTrompette.
Un Tymbalieriσμο
Vn Treforier
M. de S. Bonet.
GALANT. 157
********
MAISON DE MADAME ,
Ducheffe d Orleans .
Un premier Aumônier,
M. l'Abbé de Magnas.
Quatre Aumonters, M
M. l'Abbé Berthet , Prieur
de S. Leonard de Dreux!
M.I Abbé de Verthamont,
Grand Vicaire de Nantes.
A M. l'Abbé de Belle Fontaine.
M. l'Abbé Dubuc
Un Aumônier ordinaire.
M ! Abbé de Lagors,Chanoine
de Metz. ;
158 MERCURE
Quaire Chapelains..
M. Mouchet.
M Cornuo.
M. Roblattre.
Ν....
Un Chapelain ordinaire.
M. Refſeguier.
Quatre Clercs de Chapelle.
M. de Lamothe Vilbray.
M. de Maumonet.
M. Bloüin .
M. de S. Martin , Archidiacre
de S. Brieuc.
Un Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Maillard.
Confeßeur ordinaire.
Le R. P. de Linieres,Jeſuite.
GALANT 139
- Un Aumômerdu Commun.
M Coſtel , Chanoine de
SainteOpportuni
Un Confeßeur du Commun.
M.Morlet .
Un Sommier de Chapelle.
M Prevons dou
CHAMBRE.
DA ME
Dame d'Honneur
Madame la Ducheffe de
- Brancas.
Dame d'Atour.
Madame de Chaſteautiers.
12. Femmes de Chambre.
160 MERCURE)
Premier Medecin.
MoTered biob M
Un Chirurgien du Corps.2
M. Carrere.
Vn Apoticairedu Corps.M
M. Bolduc. eine 2
Un Chevalier d'Honneur.
M. le Marquis de Soliers.
DeuxpremiersMaistres d'Hôtel.
M. de Collins,Seigneur de
Lucante.
M. Leauthier ,Capitaine de
Vaificau .
Quatre Maistres d'Hostel
M. Boüillerot.
M. Chapotin.
M. Aubert.
Μ.
1
GALANT. 161
M. Dazy.
Un Maistre d'Hostel ordinaire.
M. Hardy.
Deux Controlleurs Generaux.
M. de la Fonſtiere.
M. Le Grand..
Huit Gentilshommes fervants.
Quatre Controlleurs.
Un Controlleur ordinaire.
Ecurie.
Un premier Ecuyer.
M. le Comte de Simianes.
Quatres Ecuyers..
M. le Roy
M. de Leſcure.
Decembre 17.15.
:
A
162 MERCURE
M. Moët.
N. !
Vn Ecuyer ordinaire.
M. de Balenne.
Deux Ecuyers Cavalcadours.
M. de Vaux..
- M. Sevin.
Un Secretaire des Comman
licdemens.
M. de Baudry , Maître des
Requeſtes , & du Conſeil de
Regence.
Vn Treforier de la maison.
MidaPigisaree of M
Vn Gouverneur des Pages.
M. de Grandchamp.
Vn Precepteur &Aumônier.
M. Baſtide.
GALANT. 163
MAISON DE MONSIEUR
le Duc d'Orleans , Petit Fils
de France , Regent du
Royaume.
Officiers Ecclefiaftiques.
Un premier Aumônier.
M. l'Abbé de Treſſan ,
Comte de Lyon , Abbé de
Longpont & de Lepau.
Le R. P. Confeffeur.
Le R. P. du Trevou, Jeſuite.
Vn Maistre de l'Oratoire,
M. l'Abbé de Simiane.
Vn Maistre de la Chapelle &
Mufique.
M. l'Abbé Pajot. Oij
164 MERCURE
Quatre Aumôniers.
M. Abbé Mallet
M. l'Abbé Dionis .......
M. l'Abbé Sonning , Abbé
deBaugency.
M'Abbé de Ruaudě.
Vn Aumônier ordinaire.
M. l'Abbé de Rabines, Abbé
de S. Jean en Vallée &
Chanoine du Mans
Quatre Chapelains.nod
M. Larcher , Chanoine de
Clery.c
4
M. de Bremond
M. Caper.
M. Bayo.
AM
Quatre Clercs de Chapelle.
M.Domino.CATM
GALANT. 165
M. Gervais , Chanoine de
Clery.
Ν. Ν.
Vn Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Harcourt! TO
Vn Aumônier & Confeffeur de
laMaison.
* M. Seiguenor.
LaChambre.
Deux premiers Gentilshommes
de la Chambre.
M. le Marquis d'Armentieres.
M. le Marquis de Simiane.
Quatre Chambellans.
M. le Marquis de la Guierthe
intent o
166 MERCURE
M. Cabre.
M. Fargis.
M. Maſparo.
Vn Chambellan ordinaire.
M. de Turmenyes.
Plufieurs Gentilshommes
de la Chambre.
Vn Introducteur des Ambaſladeurs
.
M Marpre scars Cl
Vn Gouverneur des Pages.
لا
Officiers de Santé.
.201
Vn premier Medecin .
M. de Chirac , Profeſſeur
en l'Univerſité de Montpellier
& de l'Académie des
Sciences.
د
GALANT. 167
Quatre Medecins.
M. Helvetius.
M. Vignon.
M. Seignette.
M Imbert .
Vn premier Chirurgien.
M. Hardy.
Quatre Chirurgiens.
M.Batıffier.
M. Franchet.
M. Lemoine.
M. Creſpin.
2
Vn Chirurgien ordinaire.
M. Dumont...
QuatrepremiersValetsde-Chambres
ordinaires...
M. Coche.
168 MERCURE
M. de S. Leger.
M. Imbert.
M. Deſnots.
Pluſieurs Huiffiers pour la
Chambre ,, anti Chambre &
Cabinet.
Huit Valetsde Chambre.
Un ordinaire..
Garderobe.
10
Deux Maistres de la Garderobe..
M. le Marquis de Pluvaut.
M. le Comte deBreauté.
Vn premier Maistre d'Hoſtel.
M. de Matarel. JM
Quatre Maistres d'Hostel
' M. Gaillard.
M. lc Febvre.
M
GALANT .. 169
M. Maupoint.
M. Coufin
Deux Controlleurs Generaux.
M. de Lurel.
M. de Freſquiere. M
Huit Gentilshommesfervans.
Ecurie.
1
Un premier Ecuyer.
M. leMarquis Deffiat, Chevalier
de l'Ordre du S. Eſprit.
Quatre Ecuyers.
M. le Caron.
M. Dombrer.de
M. Duchefne.
Ν. TM
Decembre 1715 . P
170 MERCURE
Un Capitaine des Gardes de la
Porte.
A
M. de Longeville.
Un Lieutenant.
M. Torfe. A
Gens du Confeil.
Un Chancelier & garde des
Sceaux.
M. Terat , Marquis de
Chantôme , Officier de l'Ordre
du S. Eíprit.
Deux Secretaires des Commandemens.
M. l'Abbé de Theſut .
M. Doublet.
Un Sur- Intendant des Finances.
M. Terat.
GALANT. 171
Deux Intendans.
M. de S. Jorry.
M. Baille.
Un Aumônier pour l'Ecurie.
M. Boüillerot
Un premier Veneur.
M. le Marquis d'Effiar .
Gardes du Corps Francois.
Deux Capitaines.
M. le Marquis d'Etampes ,
Chevalier de l'Ordre du S.
Eſprit .
M. le Marquis de la Fare.
Deux Lieutenans.
M. de Lagni .
M. de Marolles.
Pij
172 MERCURE
Deux Enseignes .
M. de S. Germain,
M. de la Bachelerie.
Gardes du Corps Suißes.
Un Capitaine .
M. le Marquis de Nancré.
Deux Lieutenans.
M. de Chevry.
M. de Filtz .
Un Sur-Intendant des Bastimens.
M. de Terat...
Un Intendant.
M. Girard.
GALANT. 173
********
MAISON DE MADAME
la Ducheſſe d'Orleans .
Officiers Ecclefiaftiques.
M. l'Abbé Genais de l'Académie
Françoiſe .
M. l'Abbé Boulanger.
Un Chapelain.
M. le Page.
-Un Clerc de Chapelle .
M. le Page.
DAMES .
La Dame d'Honneur.
Madame la Maréchale de
Rochefort.
Piij
174 MERCURE
La Dame d'Atour.
Madame la Marquiſe de
Caftriez .
1
Dames du Palais.
Madame la Marquiſe de
Conflans . :
Madame la Comteffe de
Tonnerre.
Madame la Comteſſe de
Poitiers .
Madame la Marquiſe d'Epinay.
Premiere Femme de Chambre.
Madame Imbert .
Onze Femmes de Chambre.
•Le Chevalier d'Honneur.
M le Marquis deCaſtriez.
GALANT. 175
e
Maistres d'Hostel.c
Un ControlleurGeneral.
11
M. Fronton de Vaugelas.
ном за Есuries DO 2109
Premier Ecuyer
1: Male Comte de S. Pierre.
Dlux Ecuyers.
Ma de la Serre Panat
MaGirautis
Eruyers Cavalcadours.
Made Buffe
LM.xDurand vanaiol !
Un Secretaire des Commande;
ios mensol sh 1
M. de S. Preſtros
des Officiers de la Maiſon
du Roy Louis XV. à
preſent regnant ; ceux de
Madame , Fille de France
Ducheffe de Berry , de Madame
, de M. le Duc d'Orleans,
Regentdu Royaume,
&de Madame la Ducheſſe
d'Orleans.
La Chapelle du Roy est compofée
-du grandAumônier de France.
M. le Cardinal de Rohan
Commandeur né des Ordres
du Roy , Evêque &Prince de
Strasbourg.
132 MERCURE
Du premier Aumônier , &
autres Aumôniers de quartier.
Le premier Aumonier.
M.le Duc de Coiflin, Evêque
&Prince de Metz , Commandeur
de l'Ordre du S. Efprit ,
Le Maistre del'Oratoire.
M. l'Evêque de S Omer.
Le Confeffeur duRoy.
: Ily a buit Aumoniers , deux
àchaque Quartier.
M. l'Abbé Morel , Chanoi
ne de l'Eglise de Paris &Confeiller
au Parlement......
Mal'Abbé de Maulevrier,
Chanoine& Comte de Lyon.
pandane
GALANT
M'Abbéd Entragues ,
Abbé de Valence, couro sb
M.l'Abbé du Cambour,
M. l'Abbé d'Argentre, Abbéde
Sainte CROIXIM
M. l'Abbé de Choiſeul
M. l'Abbé de Rochebonne,
Grand Vicaire de Lyon
M. l'Abbé de Froulay ,
Grand Vicairede Toulouſe.
Ily a huit Chapelains dequartier
un ordinaire .
M Salomongod of M
M. Henrion.
M. Fauvel ; Chanoine de S.
Quentin& Abbé deClairfay.
M. de la Croix , Docteur
deSorbonne.
134 MERCURE
M. de Varcanes Docteur
de Sorbonne.
M. Traboüiller , Chanoine
deMeaux.I
M. Poiffon ,Abbé deBournet
.
MGoüault.
Un Chapelain ordinaire
&Sacristain.
M. Archon , Abbé de S.
Gilbert.
Ily a huit Clercs deChapelle.
M. Pothonier , Docteur en
Theologie
M. Pelliffier .
M. Buffon, Chanoined'Or-
Jeansd
:
1
GALANT. 135
M. Pernoſt , Prieur d'Ef-
い
pointed
2010
Ob MoHazon J.M
M. Bezançon, Chanoine de
Methonian M
M. Maupoint.
M. Johor 1 1
Le Maistre de la Chapelle-
Musique.
M. leCardinal de Polignac.
Cette Chapelle est composée des
Chapelains pour les grandes Meffes,
quifont:
M. Jouilhac
Dubais . 2.
NG
136 MERCURE
Quatre Clercs de Chapelle.
M. Bourgain ,Chanoine de
Reims papa sud.M
M. Caillet , Principal du
College des Craffins.
M. Tiſſu , Chanoine de S.
Nicolas du Louvre.
M. Poitevin Chanoine de
Reims.
Un Clerc ordinaire.
1
M. Favart , Chanoine de
Reims.
Cette Chapelle comprend tous
les Muſiciens & Symphonistes ,
quifont en tres-grand nombre.
Du
1
GALANT. 137
DuGrandMaistre de laMaiſon
du Roy
M. le Duc, Princedu Sang.
Surintendant à l'éducation
du Roy.
M. le Duc du Maine , Prince
Souverain de Dombes .
Le Gouverneur du Roy
M. le Maréchal de Villeroy.
Le Sous-Gouverneur.
M. le Comte de Ruffey.
Trois. Gentilshommes de la
Manche.
M. Dauffi .
M. Darcis .
M. de Pezé.
Decembre 1715. M
٤
138 MERCURE
4 Une Gouvernante...
Me la Ducheffe de Ventadour.
2
Une Sous-Gouvernante.
Me de la Lande .
7
Le premier Maistre d'Hostel.
M. le Marquis de Livry.
900
Douze Maistres d'Hostelfervantsparquartiers
, unMaiftre
d'Hoftel ordinaire. Mol 24
M. leComte d'Igny.
M.Dappoigny.
M. de la Godiniere.20
M. de Francine.
Mde laMeſangere.
M.Dumans.
M. Darzilliers.
GALANT 139
MadeMalegre M
Maade Cambraya
Ma de Montman l
-M.D'Herouvillo
N.... andmed
VaAdaifore d'Hostelordinaire.
M. de Vauvré , Intendant,
&du Conſeil de laRegence.
Du grand RannetierANT
-Mille Duc de Briffac.
Trente fix Gentilshommes
Servants / T
LG Le grandChambellan )
M. le Duc d'Albret
Quatre premiers Gentilshommes
de la Chambre.
M. le Duc de Threſmes.
4
Mij
140 MERCURE
M. le Duc d'Aumohrl
M. le Duc delaTremoille-
M. le DucdeMordemalt.
Quatre premiers Valers-de-
Chambre.....
M leMarquis deGambais,
Gouverneur de LimogesM
M.Bontemps
Mile Marquis de Chance-
?
Trente - deux Valets - de-
Chambre , fervans hoit par
quartierend Ahsulot M
Grand Maistre de la Garde-robe
M. lo Duc de la Rochefoucaatmida
ob sul sl .M
M
GALANT. 141
Deux Mailtresde la Garderobe:
salepМ М
M. le Marquis de la Salle
M. le Marquis de Mailleboisparovi
of of M
1 Premier Medecin.IM
M. Poirier. 71023
Huit Medecins fervans par
quartiersbou
Sous PremierChirurgien.
M. Maréchal.
M
M
Huit Chirurgiens forvans
par quartier, ashxis
Un Apotiquaire & quatre
aides , mob M
Un Directeur General des Ba
timensupig
M. le DuodAntid...
142 MERCURE
Le grand Maréchal des Logis.
M. le Marquis de Cany
Quatre Capitaines des Gardes
du Corps.
M. le Duc de Noaillesand
M. le Maréchal Duc d'Harcourt
.
M. le Duc de Villeroy.
4
M. le Duc de Charroft
M.fonFils reccuen ſurvivance.
Un Major. 11
MDavignono H
DeuxAydes Majorso q
CM. deBruzac.iroga att
M. de Parıfontaine.
12. Lieutenants fervants
par quartier.
12. Enfeignos
GALANT. 143
Capitaine des Cent- Suiffes .
M. le Marquis de Courtanvaux.
MO
Le Capitaine des Gardes
dela Porde
M. leMarquis de laChaife.
Le Capitaine des Gardos de la
Prevofté de l'Hostel.
M.leComtede Montſoreaus
Le Capitaine- Lieutenanti11
desGendarmes.
M. le Prince deRohana
Le Capitaine Litutenam
des Chevaux- Legers
M le Duc deChaulnes.
T
-LeColoneldesGardes Françoises.
M. le Duc de Guiche.
...11
144 MERCURE
Le Colonel General des Suiffes.
M.leDucduMaine,Prince
Souverain de Dombes.v
Le Colonel du Regiment
des Gardes Swiffes .
Mide Raynold.
Le GrandEcuyer.
M. le Comte d'Armagnac,
Chevalier de l'Ordre du Saint
Efpritai
Trois Ecuyers Cavalcadours.
Mode Vaux
M.de Romance.DA
M. de la Magdelaine.
Frois Ordinaires . LI
M. de Neuville.
MdAvricourt.1 M
Ν... Le
GALANT 145
Le Premier Ecuyer.
M. de Beringhen ,Chevalier
de l'Ordre du Roy.
Vingt Ecuyers ſervants par
quartier.
د. Ilyagrand nombre desPages
de la grande&petite Ecurie
, fans compter ceux de la
Chambre.
AMLe Grand Fauconnier.
Male Comte des Marets,
Le Grand Louvetier.
M. leMarquisd'Heudicourt.
LeJuge de la Cour.
LeGrand Prevoſt de France.
LeGrand-Maître desCeremonies.
M. le Marquis de Dreux.
Decembre 1715. N
146 MERCURE
Un Maître desCeremonies.
M. Deſgranges. " sh.M
Deux Introducteurs des Ambaf
Sadeurs .
M.le Marquis de Magni .
M. le Chevalier deSanctor,
MAISON DE MADAME ,
Fille de France , Duchéſſe
de Berry.
Officiers Ecclefiaftiques.
Un premier Aumônier.
M. l'AbbédeCaſtriez,Abbé
deValmagne ,& deMonaftier.
GALANT . 147
i
Quatre Aumoniers.
M. l'Abbé de Berny.
M. l'Abbé de Rouget ,
GrandVicaire d'Alby.
M. l'Abbé du Tremblay.
• M. l'Abbé Danglade.
Un Aumônier ordinaire.
M. l'Abbé d'Avejan, Prieur
du Vigan.
Quatre Chapelains.
M. Dupleffis , Chanoine de
S. Quentin.
M. Levouë , Chanoine du
Mans .
M. Girard , Chanoine de
Clermont.
Nij
148 MERCURE
M. Rafy , Chanoine d'Auxerre.
Un Chapelain ordinaire.
M. Capet.
Quatre Clercs de Chapelle.
M. Rabeuf , Principal du
Prin
College de Preſſes.
M. Francfort,
M Lucas .
M. Guinot , Chanoine de
Beaun
Un Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Bayo.
The Un Copfefleur. L
Ν...
Un Confeffeur du commun.
M. Avenel.
८
GALANT. 149
Un Sommier de Chapelle.
M. Dupuis.
CHAMBRE.
DAMES.
Une Dame d'Honneur.
Me la Duchefſſe de S. Simon.
Une Dame d'Atour.
Me la Marquifede Pons
S. Maurice.
131 Dames du Palais
&
MelaMarquiſe de Brancas.
Me la Comteſſe de Clermont.
Me la Marquiſe d'Armen
tieres.
Niij
150 MERCURE
Me la Marquiſe deBeauvau.
Une premiere Femme de
Chambre.
Mlic. Davaiſe... d
Douze Femmes de Chambre.
Quatre Huifiers de la
Chambre.
Un ordinaire .
Quatre Huiffiers du Cabinet.
Quatre Huiffiers de l'Antichambres
HUuDp M.M
Huit Valets deChambre.
Unordinaire.
Officiers de Santé.
Un premier Medecinis
M. Douté.
GALANT 151
Un Chirurgien du Corps .
M. Lardy.
Un Apoticaire du Corps.
M. Imbert.
Garderobe.
Quatre Valets de Garde-
Qua
robe.
Un ordinaire.
UnPorte- Manteau .
M. Jolly.
Chambre aux Deniers.
Un Chevalier d'Honneur.
M. le Marquis de Goëtenfao
, Lieutenant general des
Armées du Roy...M
Un premier Maistre d'Hostel.
M. le Comte de Saumery.
Niij
152 MERCURE
QuatreMaistres d'Hostel.
M. de la Marc..
M. Tourole. BRO
M. Juffan . admi.M
M. de la Valette.
1
Un Maistre d'Hostel ordinaire.
M. Bertin.
Doux Controlleurs generaux.
M. Levesque.
IN
M. le Baſtier.T.M
Huit Gentilshommesfervants.
M. Champion.S
M.Pingré.
Mol M
MdeCourcelles.pilo
M. Deſenelos.chsmA
M.de Bertun.
M.Larconcau.M
GALANT. 153
M. Porot.
M. de la Girardiere.
Un Gentilhomme ſervant
simordinaire M
M. deLaverdina LŨ
Un Controlleur Clercd'Office.
M. Pezier.
QuatreControlleursClercs
2000
Ecurie.
Un premier Ecuyer.
M. le Chevalier d'Hautefort
, Maréchal des Camps &
Armées du Roy.
ໂຄວ
Quatre Ecuyers.
M. de Makan
M. Boubée , Capitaine de
Cavalcric.
154 MERCURE
2 M. de Suzanges .
M. du Faure.05.11
Un Ecuyer Cavalcadour.
M. de la Vaſſorerie .
Un Maréchal des Logis
Un Fourier.RODU
Un Controlleur generaldes
Un Secretaire des Commandemens,
Maison, Finances.
M. deMontgelas
Un Surintendant des Maiſons
Finances, 1101 t
M. de Maynon.
Un Intendant des Maiſons
Finances. M
th Mi Paulmier, deng.M
A
رک
GALANT. ISS
Six Secretaires de Finances.
Un Secretaire ordinaire.
Un Treforier General de la
maison.
M. de Merandon .
UnGouverneur & un ſous-
Gouverneur des Pages.
Un Chapelain & Precepteur.
M. Stephanel , Chanoine
dePignetol.
Do Gardes duCorps François.
M. de Roye,Marquis dela
Rochefoucault, Maréchal des
Camps & Armées du Roy ,
Capitaine LieutenantdesGen
darmes Flamands.
156 MERCURE
:
Vn Lieutenant.
M. le Comte de Rion.
Vn Enseigne.
M. le Chevalier deCourtemer.
DeuxExempts.
M. le Marquis de Sabran.
M. le Marquis deBriquemaure.
Doux Maréchaux de Logis.
M. du Coudray.
N.
Un Officier des Gardes du
Corps Suiffes.ов М
CinquanteGardesduCorps.
UnTrompette.
Un Tymbalieriσμο
Vn Treforier
M. de S. Bonet.
GALANT. 157
********
MAISON DE MADAME ,
Ducheffe d Orleans .
Un premier Aumônier,
M. l'Abbé de Magnas.
Quatre Aumonters, M
M. l'Abbé Berthet , Prieur
de S. Leonard de Dreux!
M.I Abbé de Verthamont,
Grand Vicaire de Nantes.
A M. l'Abbé de Belle Fontaine.
M. l'Abbé Dubuc
Un Aumônier ordinaire.
M ! Abbé de Lagors,Chanoine
de Metz. ;
158 MERCURE
Quaire Chapelains..
M. Mouchet.
M Cornuo.
M. Roblattre.
Ν....
Un Chapelain ordinaire.
M. Refſeguier.
Quatre Clercs de Chapelle.
M. de Lamothe Vilbray.
M. de Maumonet.
M. Bloüin .
M. de S. Martin , Archidiacre
de S. Brieuc.
Un Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Maillard.
Confeßeur ordinaire.
Le R. P. de Linieres,Jeſuite.
GALANT 139
- Un Aumômerdu Commun.
M Coſtel , Chanoine de
SainteOpportuni
Un Confeßeur du Commun.
M.Morlet .
Un Sommier de Chapelle.
M Prevons dou
CHAMBRE.
DA ME
Dame d'Honneur
Madame la Ducheffe de
- Brancas.
Dame d'Atour.
Madame de Chaſteautiers.
12. Femmes de Chambre.
160 MERCURE)
Premier Medecin.
MoTered biob M
Un Chirurgien du Corps.2
M. Carrere.
Vn Apoticairedu Corps.M
M. Bolduc. eine 2
Un Chevalier d'Honneur.
M. le Marquis de Soliers.
DeuxpremiersMaistres d'Hôtel.
M. de Collins,Seigneur de
Lucante.
M. Leauthier ,Capitaine de
Vaificau .
Quatre Maistres d'Hostel
M. Boüillerot.
M. Chapotin.
M. Aubert.
Μ.
1
GALANT. 161
M. Dazy.
Un Maistre d'Hostel ordinaire.
M. Hardy.
Deux Controlleurs Generaux.
M. de la Fonſtiere.
M. Le Grand..
Huit Gentilshommes fervants.
Quatre Controlleurs.
Un Controlleur ordinaire.
Ecurie.
Un premier Ecuyer.
M. le Comte de Simianes.
Quatres Ecuyers..
M. le Roy
M. de Leſcure.
Decembre 17.15.
:
A
162 MERCURE
M. Moët.
N. !
Vn Ecuyer ordinaire.
M. de Balenne.
Deux Ecuyers Cavalcadours.
M. de Vaux..
- M. Sevin.
Un Secretaire des Comman
licdemens.
M. de Baudry , Maître des
Requeſtes , & du Conſeil de
Regence.
Vn Treforier de la maison.
MidaPigisaree of M
Vn Gouverneur des Pages.
M. de Grandchamp.
Vn Precepteur &Aumônier.
M. Baſtide.
GALANT. 163
MAISON DE MONSIEUR
le Duc d'Orleans , Petit Fils
de France , Regent du
Royaume.
Officiers Ecclefiaftiques.
Un premier Aumônier.
M. l'Abbé de Treſſan ,
Comte de Lyon , Abbé de
Longpont & de Lepau.
Le R. P. Confeffeur.
Le R. P. du Trevou, Jeſuite.
Vn Maistre de l'Oratoire,
M. l'Abbé de Simiane.
Vn Maistre de la Chapelle &
Mufique.
M. l'Abbé Pajot. Oij
164 MERCURE
Quatre Aumôniers.
M. Abbé Mallet
M. l'Abbé Dionis .......
M. l'Abbé Sonning , Abbé
deBaugency.
M'Abbé de Ruaudě.
Vn Aumônier ordinaire.
M. l'Abbé de Rabines, Abbé
de S. Jean en Vallée &
Chanoine du Mans
Quatre Chapelains.nod
M. Larcher , Chanoine de
Clery.c
4
M. de Bremond
M. Caper.
M. Bayo.
AM
Quatre Clercs de Chapelle.
M.Domino.CATM
GALANT. 165
M. Gervais , Chanoine de
Clery.
Ν. Ν.
Vn Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Harcourt! TO
Vn Aumônier & Confeffeur de
laMaison.
* M. Seiguenor.
LaChambre.
Deux premiers Gentilshommes
de la Chambre.
M. le Marquis d'Armentieres.
M. le Marquis de Simiane.
Quatre Chambellans.
M. le Marquis de la Guierthe
intent o
166 MERCURE
M. Cabre.
M. Fargis.
M. Maſparo.
Vn Chambellan ordinaire.
M. de Turmenyes.
Plufieurs Gentilshommes
de la Chambre.
Vn Introducteur des Ambaſladeurs
.
M Marpre scars Cl
Vn Gouverneur des Pages.
لا
Officiers de Santé.
.201
Vn premier Medecin .
M. de Chirac , Profeſſeur
en l'Univerſité de Montpellier
& de l'Académie des
Sciences.
د
GALANT. 167
Quatre Medecins.
M. Helvetius.
M. Vignon.
M. Seignette.
M Imbert .
Vn premier Chirurgien.
M. Hardy.
Quatre Chirurgiens.
M.Batıffier.
M. Franchet.
M. Lemoine.
M. Creſpin.
2
Vn Chirurgien ordinaire.
M. Dumont...
QuatrepremiersValetsde-Chambres
ordinaires...
M. Coche.
168 MERCURE
M. de S. Leger.
M. Imbert.
M. Deſnots.
Pluſieurs Huiffiers pour la
Chambre ,, anti Chambre &
Cabinet.
Huit Valetsde Chambre.
Un ordinaire..
Garderobe.
10
Deux Maistres de la Garderobe..
M. le Marquis de Pluvaut.
M. le Comte deBreauté.
Vn premier Maistre d'Hoſtel.
M. de Matarel. JM
Quatre Maistres d'Hostel
' M. Gaillard.
M. lc Febvre.
M
GALANT .. 169
M. Maupoint.
M. Coufin
Deux Controlleurs Generaux.
M. de Lurel.
M. de Freſquiere. M
Huit Gentilshommesfervans.
Ecurie.
1
Un premier Ecuyer.
M. leMarquis Deffiat, Chevalier
de l'Ordre du S. Eſprit.
Quatre Ecuyers.
M. le Caron.
M. Dombrer.de
M. Duchefne.
Ν. TM
Decembre 1715 . P
170 MERCURE
Un Capitaine des Gardes de la
Porte.
A
M. de Longeville.
Un Lieutenant.
M. Torfe. A
Gens du Confeil.
Un Chancelier & garde des
Sceaux.
M. Terat , Marquis de
Chantôme , Officier de l'Ordre
du S. Eíprit.
Deux Secretaires des Commandemens.
M. l'Abbé de Theſut .
M. Doublet.
Un Sur- Intendant des Finances.
M. Terat.
GALANT. 171
Deux Intendans.
M. de S. Jorry.
M. Baille.
Un Aumônier pour l'Ecurie.
M. Boüillerot
Un premier Veneur.
M. le Marquis d'Effiar .
Gardes du Corps Francois.
Deux Capitaines.
M. le Marquis d'Etampes ,
Chevalier de l'Ordre du S.
Eſprit .
M. le Marquis de la Fare.
Deux Lieutenans.
M. de Lagni .
M. de Marolles.
Pij
172 MERCURE
Deux Enseignes .
M. de S. Germain,
M. de la Bachelerie.
Gardes du Corps Suißes.
Un Capitaine .
M. le Marquis de Nancré.
Deux Lieutenans.
M. de Chevry.
M. de Filtz .
Un Sur-Intendant des Bastimens.
M. de Terat...
Un Intendant.
M. Girard.
GALANT. 173
********
MAISON DE MADAME
la Ducheſſe d'Orleans .
Officiers Ecclefiaftiques.
M. l'Abbé Genais de l'Académie
Françoiſe .
M. l'Abbé Boulanger.
Un Chapelain.
M. le Page.
-Un Clerc de Chapelle .
M. le Page.
DAMES .
La Dame d'Honneur.
Madame la Maréchale de
Rochefort.
Piij
174 MERCURE
La Dame d'Atour.
Madame la Marquiſe de
Caftriez .
1
Dames du Palais.
Madame la Marquiſe de
Conflans . :
Madame la Comteffe de
Tonnerre.
Madame la Comteſſe de
Poitiers .
Madame la Marquiſe d'Epinay.
Premiere Femme de Chambre.
Madame Imbert .
Onze Femmes de Chambre.
•Le Chevalier d'Honneur.
M le Marquis deCaſtriez.
GALANT. 175
e
Maistres d'Hostel.c
Un ControlleurGeneral.
11
M. Fronton de Vaugelas.
ном за Есuries DO 2109
Premier Ecuyer
1: Male Comte de S. Pierre.
Dlux Ecuyers.
Ma de la Serre Panat
MaGirautis
Eruyers Cavalcadours.
Made Buffe
LM.xDurand vanaiol !
Un Secretaire des Commande;
ios mensol sh 1
M. de S. Preſtros
Fermer
131
p. 220-234
AUTRES NOUVELLES. MORTS.
Début :
Messire de Poitiers, Comte de Poitiers, mourut le ..... Novembre [...]
Mots clefs :
Marquis, Comte, Gouverneur, Roi, Fille, Chevalier, Mariage, Lieutenant, Commandeur, Chancelier, Seigneur, Enfants, Archevêque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRES NOUVELLES. MORTS.
AUTRES NOUVELLES.
MORTS.
2
Meffire de Poitiers,
Comte de Poitiers , mourut
le ..... Novembre. Il étoit
d'une des plus anciennes &
GALANT. 221
des plus illuftres Maiſons du
Royaume , & fur laquelle je
vous ay entretenu affez au
long dans mon Journal du
mois de Février dernier à
l'occafion de fonMariage avec
MademoiselledeBourbonMalaufe.
د
Meffire Michel Chauvin ,
Conſeiller au Parlement , &
Commiſſaire aux Requeſtes du
Palais , où il fut reçû le 1.
Juillet , 1705. mourut le 20.
Novembre : laiſſant une fille
unique de ſon Mariage ,avec
feuë Dame Marie-Catherine
de Bragelogne , morte le 7.
Tiij
222 MERCURE
Janvier 1711. fille de Pierre
de Bragelogne , Préſident és
Enquestes du Parlement de
Bretagne , & de Marie de
Gaumont : il eſtoit fils unique
d'Antoine Chauvin , Maiſtre
des Comptes , & d'Elifabeth
Charlote Guillois , & petit fils
de Simon Chauvin , ſieur de
Meridou , reçû Secretaire du
Roy en 1633. d'Anne - MargueriteRoujault:
Cette famille
de Chauvin eft originaire de
la Ville d'Estampes , où elle eſt
connuë depuis longtemps entre
les premieres. ھت
DameMaric Genevieve de
:
GALANT. 223
Chambes,Comteſſe de Montforeau
en Anjou , épouſe de
Meffire François Loüis du
Boucher ,Marquis de Sourches
, ancien Prevoſt de l'Hôtel
du Roy , grand Prevoſt de
France ,& cy- devant Gouverneur
des Provinces du Maine
&Perche , & Comte de Laval,
mourut le ... Novembre, laiffant
pour enfans Loüis du
Boucher , Comte de Montforeau
, Lieutenant General des
Armées du Roy , & grand
Prevoſt de l'Hoſtel du Roy
&de France; Jean Loüis du
Bouchet , Eveſque de Dol ;
Tiiij
224 MERCURE
Loüis - François du Bouchet ,
Comte de Sourches ; Vincent-
Loüis duBouchet,Chevalier de
Malthe , dit le Chevalier de
Montſoreau; Marie- Louſe du
Bouchet, femme de Loüis Colbert,
Marquis deLinieres ; Marie.
Loü ſe Genevieve du Bouchet
, femme de Jean Baptiste
NicolasDeſméde laChefnaye,
Comte de Rougemont, grand
Trenchant & Porte- Cornette
blanche de France , & Gouverneur
deMeulant : Madame
de Sourches eſtoit fille de Bernard
de Chambes , Seigneur
de la Frelonniere ,&de Geneviéve
Boyvin , & petite fille
GALANT. 225
de René de Chambes , Comte
de Montſoreau Marquis
d'Avoir &de Marie de Fortia.
5
/
La Maiſon de Chambes eft
une des plus anciennes du
Royaume , & elle s'eſt alliée
aux Maiſons de Chabot ,
d'Amboiſe, de Polignac, d'Aftarac
, de Commez , de Chafteau
Briant , de la Rochefoucault&
de Laval , &c. Pour
la Maiſon du Bouchet je vous
en ay parlé le mois paflé , à
Poccafion du Mariage de M.
de Comte de Sourches , avec
Mademoiselle de Thierfault.
Meffire Hardoüin Fortin
1
226 MERCURE
de laHoguette ,Docteurdela
Maiſon & Société de Sorbonne
, Abbé de Samblanceaux &
Archevêque de Sens , mourut
àSens le 28. Novembre : il
avoit eſtéChanoine de l'Egliſe
de Paris , & Archidiacre de
Johas ,Agent du Clergé de
France , nommé Evêque de
faint Brien en 1675. facré en
1676. transferé à Poitiers en
1680, nommé Archevêque
de Sens en 1685. & Confeiller
d'Etatd'Eglife en 1704. Il
étoit fils de Philippes Fortin
Seigneur de la Hoguette,&
de Loüife de Perefixe , foeur
GALANT. 227
de M. Hardoüin de Perefixe ,
Archevêque de Paris , Commandeur&
Chancelier desOrdres
du Roy , mort en 1671 .
&il étoit frere de feu Meffice
Charles Fortin Seigneur dela
Hoguette , Sous Lieutenant
de la premiere Compagnie
des Mouſquetaires du Roy,
Lieutenant General de fes Armées
, Gouverneur des Villes
& Chasteaux de Mezieres &
-de Niort , tué à la bataille de
la Marſaille en 1693. laiſſant
de Dame Marie Bonneau de
Rubelles ,une fille unique mariée
à M. le Marquis deNan228
MERCURE
gis de la Maiſon de Brichanteau.
MadameCatherine deNeufville
deVilleroy,Superieure des
Religieuſes du Calvaire au
Marais , mourut de da petite
verole le 30. Novembre , âgée
de 4r. ans , elle étoit fille de
M. le Maréchal Duc de Villeroy.
Dame Anne de Souvré ,
veuve de Meffire François Michel
le Tellier , Marquis de
Louvois& de Barbezieux , Miniftre
& Secretaire d'Etat ,
Commandeur & Chancelier
desOrdres du Roy , mourut
/
GALANT. 229
le deux Decembre 1715. âgée
de 69. ans un jour , ayant cû
pour enfans Michel- François
leTellier,Marquis de Courten-
Vaux
, Capitaine des Cent
Suiſſes de la Garde du Roy ,
marié avec Marie- Anne Catherine
d'Eſtrées , ſoeur de M.
le Maréchal d'Eſtrées , de laquelle
il a des enfans ; Louis
Nicolas le Tellier , Marquis
de Souvré , Maître de la Garderobe
du Roy , marié avec
.... de Pas Feuquieres Dame
de Rebenac ; Louis François
Marie le Tellier Marquis de
Barbezieux, Miniftre & Secre230
MERCURE
taire d'Etat , Commandeur &
Chancelier des Ordres duRoy,
marié enpremieres noces avec
Catherine Loüiſe de Cruſſfol
d'Uzés , & en ſecondes avec
Marie- Thereſe - Dauphine-
Eustache d'Alegre , mort le .
5. Janvier 1701. laiſſantde ſon
premier mariage , une fille
unique mariée avec le Duc
d'Olonne , de la Maiſon de
Montmorency, la plus illuſtre
du Royaume; Camille le Tellier,
Abbé de Vauluifant & de
Bourgueil,Garde de la Bibliotheque
duRoi;Charlote Magdelaine
le Tellier , femmede
GALANT. 231
François de la Rochefoucault
Duc de la Rocheguyon , puis
della Rochefoucauld, Pair de
France , Grand Maître de la
Garderobedu Roy , & ci -devantgrand
Veneurde France,
& fenë Marguerite leTollier ,
femme de François de Neufville
Duc de Villeroy ,Pair de
France, LieutenantGeneraldes
Armées du Roy ,& Capitaine
d'une Compagnie des Gardes
du Corps de Sa Majeſté. Feuë
Madame de Louvois étoit fille
unique& heritiere de Charles
deSouvré ,Marquis de Courrenvaux
, premier Gentilhom
232 MERCURE
mede laChambre du Roy , &
deMarguerite Barentin,petite
fille de Jean de Souvré Marquis
deCourtenvaux , premier
Gentilhomme de la Chambre
du Roy , Chevalier de ſes Ordres&
Gouverneur de Touraine&
deCatherine de Neufville
Villeroy , &artiere petite
fille de Gilles de Souvré Marquis
de Courtenvaux , Gouverneur
de Touraine , Grand
Maiſtre de la Garderobe du
Roy, depuis Gouverneur du
Roy Loüis XIII . premier
Gentilhomme de ſa Chambre,
Chevalier de ſes Ordres,
&
GALANT. 233
& Maréchal de France , ſortie
d'une Maiſon originaire du
Maine , également diftinguée
par ſon ancienneté & par ſes
alliances comme on le peut
voir par la Genealogie qui en
eſt rapportée dans l'Histoire
des grands Officiers de la
Couronne , au Chapitre des
Maréchaux de France.
M. Jacques Holdier , Scigneur
deBloffiere& de la Varenne
,premier Préſident dela
Cour des Monnoyes , mourut
le 25. Novembre : il étoit fils
de feu M. Hoſdier , Secretaire
du Roy ,& il laiſſe entr'autres
Decembre 1715 . V
234 MERCURE
enfants , un fils qui luy fuccededans
ſa Charge de premier
Préfident de la Cour des
Monnoyes.
M. Jacques de Moras , ori
ginaire de Lisbonne , l'un des
plus integres & des plus renommez
Banquiers de l'Europe
, & établi depuis ungrand
nombre d'années à Paris , y
mourut le 9. de ce mois.
MORTS.
2
Meffire de Poitiers,
Comte de Poitiers , mourut
le ..... Novembre. Il étoit
d'une des plus anciennes &
GALANT. 221
des plus illuftres Maiſons du
Royaume , & fur laquelle je
vous ay entretenu affez au
long dans mon Journal du
mois de Février dernier à
l'occafion de fonMariage avec
MademoiselledeBourbonMalaufe.
د
Meffire Michel Chauvin ,
Conſeiller au Parlement , &
Commiſſaire aux Requeſtes du
Palais , où il fut reçû le 1.
Juillet , 1705. mourut le 20.
Novembre : laiſſant une fille
unique de ſon Mariage ,avec
feuë Dame Marie-Catherine
de Bragelogne , morte le 7.
Tiij
222 MERCURE
Janvier 1711. fille de Pierre
de Bragelogne , Préſident és
Enquestes du Parlement de
Bretagne , & de Marie de
Gaumont : il eſtoit fils unique
d'Antoine Chauvin , Maiſtre
des Comptes , & d'Elifabeth
Charlote Guillois , & petit fils
de Simon Chauvin , ſieur de
Meridou , reçû Secretaire du
Roy en 1633. d'Anne - MargueriteRoujault:
Cette famille
de Chauvin eft originaire de
la Ville d'Estampes , où elle eſt
connuë depuis longtemps entre
les premieres. ھت
DameMaric Genevieve de
:
GALANT. 223
Chambes,Comteſſe de Montforeau
en Anjou , épouſe de
Meffire François Loüis du
Boucher ,Marquis de Sourches
, ancien Prevoſt de l'Hôtel
du Roy , grand Prevoſt de
France ,& cy- devant Gouverneur
des Provinces du Maine
&Perche , & Comte de Laval,
mourut le ... Novembre, laiffant
pour enfans Loüis du
Boucher , Comte de Montforeau
, Lieutenant General des
Armées du Roy , & grand
Prevoſt de l'Hoſtel du Roy
&de France; Jean Loüis du
Bouchet , Eveſque de Dol ;
Tiiij
224 MERCURE
Loüis - François du Bouchet ,
Comte de Sourches ; Vincent-
Loüis duBouchet,Chevalier de
Malthe , dit le Chevalier de
Montſoreau; Marie- Louſe du
Bouchet, femme de Loüis Colbert,
Marquis deLinieres ; Marie.
Loü ſe Genevieve du Bouchet
, femme de Jean Baptiste
NicolasDeſméde laChefnaye,
Comte de Rougemont, grand
Trenchant & Porte- Cornette
blanche de France , & Gouverneur
deMeulant : Madame
de Sourches eſtoit fille de Bernard
de Chambes , Seigneur
de la Frelonniere ,&de Geneviéve
Boyvin , & petite fille
GALANT. 225
de René de Chambes , Comte
de Montſoreau Marquis
d'Avoir &de Marie de Fortia.
5
/
La Maiſon de Chambes eft
une des plus anciennes du
Royaume , & elle s'eſt alliée
aux Maiſons de Chabot ,
d'Amboiſe, de Polignac, d'Aftarac
, de Commez , de Chafteau
Briant , de la Rochefoucault&
de Laval , &c. Pour
la Maiſon du Bouchet je vous
en ay parlé le mois paflé , à
Poccafion du Mariage de M.
de Comte de Sourches , avec
Mademoiselle de Thierfault.
Meffire Hardoüin Fortin
1
226 MERCURE
de laHoguette ,Docteurdela
Maiſon & Société de Sorbonne
, Abbé de Samblanceaux &
Archevêque de Sens , mourut
àSens le 28. Novembre : il
avoit eſtéChanoine de l'Egliſe
de Paris , & Archidiacre de
Johas ,Agent du Clergé de
France , nommé Evêque de
faint Brien en 1675. facré en
1676. transferé à Poitiers en
1680, nommé Archevêque
de Sens en 1685. & Confeiller
d'Etatd'Eglife en 1704. Il
étoit fils de Philippes Fortin
Seigneur de la Hoguette,&
de Loüife de Perefixe , foeur
GALANT. 227
de M. Hardoüin de Perefixe ,
Archevêque de Paris , Commandeur&
Chancelier desOrdres
du Roy , mort en 1671 .
&il étoit frere de feu Meffice
Charles Fortin Seigneur dela
Hoguette , Sous Lieutenant
de la premiere Compagnie
des Mouſquetaires du Roy,
Lieutenant General de fes Armées
, Gouverneur des Villes
& Chasteaux de Mezieres &
-de Niort , tué à la bataille de
la Marſaille en 1693. laiſſant
de Dame Marie Bonneau de
Rubelles ,une fille unique mariée
à M. le Marquis deNan228
MERCURE
gis de la Maiſon de Brichanteau.
MadameCatherine deNeufville
deVilleroy,Superieure des
Religieuſes du Calvaire au
Marais , mourut de da petite
verole le 30. Novembre , âgée
de 4r. ans , elle étoit fille de
M. le Maréchal Duc de Villeroy.
Dame Anne de Souvré ,
veuve de Meffire François Michel
le Tellier , Marquis de
Louvois& de Barbezieux , Miniftre
& Secretaire d'Etat ,
Commandeur & Chancelier
desOrdres du Roy , mourut
/
GALANT. 229
le deux Decembre 1715. âgée
de 69. ans un jour , ayant cû
pour enfans Michel- François
leTellier,Marquis de Courten-
Vaux
, Capitaine des Cent
Suiſſes de la Garde du Roy ,
marié avec Marie- Anne Catherine
d'Eſtrées , ſoeur de M.
le Maréchal d'Eſtrées , de laquelle
il a des enfans ; Louis
Nicolas le Tellier , Marquis
de Souvré , Maître de la Garderobe
du Roy , marié avec
.... de Pas Feuquieres Dame
de Rebenac ; Louis François
Marie le Tellier Marquis de
Barbezieux, Miniftre & Secre230
MERCURE
taire d'Etat , Commandeur &
Chancelier des Ordres duRoy,
marié enpremieres noces avec
Catherine Loüiſe de Cruſſfol
d'Uzés , & en ſecondes avec
Marie- Thereſe - Dauphine-
Eustache d'Alegre , mort le .
5. Janvier 1701. laiſſantde ſon
premier mariage , une fille
unique mariée avec le Duc
d'Olonne , de la Maiſon de
Montmorency, la plus illuſtre
du Royaume; Camille le Tellier,
Abbé de Vauluifant & de
Bourgueil,Garde de la Bibliotheque
duRoi;Charlote Magdelaine
le Tellier , femmede
GALANT. 231
François de la Rochefoucault
Duc de la Rocheguyon , puis
della Rochefoucauld, Pair de
France , Grand Maître de la
Garderobedu Roy , & ci -devantgrand
Veneurde France,
& fenë Marguerite leTollier ,
femme de François de Neufville
Duc de Villeroy ,Pair de
France, LieutenantGeneraldes
Armées du Roy ,& Capitaine
d'une Compagnie des Gardes
du Corps de Sa Majeſté. Feuë
Madame de Louvois étoit fille
unique& heritiere de Charles
deSouvré ,Marquis de Courrenvaux
, premier Gentilhom
232 MERCURE
mede laChambre du Roy , &
deMarguerite Barentin,petite
fille de Jean de Souvré Marquis
deCourtenvaux , premier
Gentilhomme de la Chambre
du Roy , Chevalier de ſes Ordres&
Gouverneur de Touraine&
deCatherine de Neufville
Villeroy , &artiere petite
fille de Gilles de Souvré Marquis
de Courtenvaux , Gouverneur
de Touraine , Grand
Maiſtre de la Garderobe du
Roy, depuis Gouverneur du
Roy Loüis XIII . premier
Gentilhomme de ſa Chambre,
Chevalier de ſes Ordres,
&
GALANT. 233
& Maréchal de France , ſortie
d'une Maiſon originaire du
Maine , également diftinguée
par ſon ancienneté & par ſes
alliances comme on le peut
voir par la Genealogie qui en
eſt rapportée dans l'Histoire
des grands Officiers de la
Couronne , au Chapitre des
Maréchaux de France.
M. Jacques Holdier , Scigneur
deBloffiere& de la Varenne
,premier Préſident dela
Cour des Monnoyes , mourut
le 25. Novembre : il étoit fils
de feu M. Hoſdier , Secretaire
du Roy ,& il laiſſe entr'autres
Decembre 1715 . V
234 MERCURE
enfants , un fils qui luy fuccededans
ſa Charge de premier
Préfident de la Cour des
Monnoyes.
M. Jacques de Moras , ori
ginaire de Lisbonne , l'un des
plus integres & des plus renommez
Banquiers de l'Europe
, & établi depuis ungrand
nombre d'années à Paris , y
mourut le 9. de ce mois.
Fermer
132
p. 248-269
MARIAGES.
Début :
Messire Jean, Comte de Polastron, Brigadier des Armées du Roy [...]
Mots clefs :
Marquis, Lieutenant, Dame, Chevalier, Armées du roi, Fils, Fille, Roi, Mariage, Régiment, Comte, Régiment, Lieutenant général, Duc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Meffire Jean , Comte de
Polaftron , Brigadier des Armées
du Roy , & Colonel du
Regiment de la Couronne ,
épouſa le 26. Novembre
Dame Françoiſe Jeanne de
Violan de Miraman , veuve
de François d'Arennes , Lieutenant
General des Armées
du Roy : Mr de Polaſtron eft
d'une des plus nobles & des
plus anciennes Maiſons de
Guyenne : Elle prend ſon nom
de la Terre de Poláſtron, dans
GALANT. 249
leDioceſe de Lombez,laquelle
eſt encore poffedée en partie
par les aînez de cette Maiſon.
Meffire deMatignon
, Comte de Thorigny ,
fils de Meffire Jacques deMa--
tignon,Marquis deMatignon,
Chevalier des Ordres du Roy,
Lieutenant General au Gouvernement
de Baſſe Norman
die,&de Dame Charlotte de
Matignon,Comteſſe de Tho
rigny , a époufé le Novembre
Damoiſeile Grimaldi
, fille unique & heritiere
d'Antoine Grimaldi , Prince
ſouverain de Monaco , Duc
250 MERCURE
deValentinois, Pair de France;
&de Marie de Lorraine Armagnac:
par ce Mariage Mr
le Comte de Thorigny a pris
le titre de Ducde Valentinois
avec les Armesde la Maiſonde
Grimaldi , l'une des plus an.
ciennes, des plusilluftres&des
plus puiſſantes Maiſons de
Genes: Pour celle de Matignon
, dont le veritable nom
eſt Goyon, elle eſt une des
plus anciennes & des plus illuftres
du Royaume , & elle
s'eſt de tout temps alliée aux
plus grandes Maiſons,comme
on le peut voir dans laGeneaGALANT.
251
logiequi en eitrapportée dans
l'Histoire des grands Officiers
delaCouronne, auxChapitres
des Maréchaux de France &
des grands Ecuyers a
Meffire deMaulde,
Marquis de la Buiffiere , Capitaine
de Carabiniers , & Chevalier
de l'Ordre Militaire de
S. Loüis , a épousé le Damoiselle
Anne de Monceaux
d'Auxi , fi'e de Meffire François,
de Monceaux d'Auxis
Marquis d'Auxi , & de Dame
Marie Magdelaine Jubert du
Thal : La Maiſon de Maulde ,
dont eſt Mr de la Buifliere, eft
252 MERCURE
originaire de Haynault; elle
eft également diftinguée par
fon ancienneté & par ſes alliances
, & elle s'elt diviſée en
pluſieurs branches établies en
Artois & en Picardie : pour la
Maiſon d'Auxi de Monceaux
je vous en aydonné un filong
détail dans l'un de mes pre
iniers Journaux , à l'occafion
du Mariage de Mr le Marquis
d'Auxi , frere deMadamedela
Buiffiere , ci-devant Capitaine
du Regiment des GardesFrançoiſes
, puis Colonel du Regiment
Royal Comtois , avec
Mademoiselle de la Grange
GALANT. 253
:
Trianon , que je me contenteray
icy de vous dire qu'elle tire
fon origine des anciens Sires &
Barons d'Auxi , connus il y a
plus de soo . ans , & qu'elle
s'eſt toûjours alliée aux Maifons
les plus illuftres duRoyaume,
comme Meleun , Pecquigny,
la Tremoille , Ailly , Ef.
toutteville , Rambures , Crevecoeur
, Trafigny , Hallwin
Saveuſe , Mailly , Hangeſt , la
¡Vicuville , la Chaſtre , Vieux-
Pont , d'O , Rochechouard ,
Tiercelin de Broſſe , Breauté ,
Etendart Bully , Boufflers د
Rouvroy, S. Simon,Crequy ,
&c.
254 MERCURE
Le 4. de Novembre 1715.
M.le Marquis de Pleumartin
épouſa Mademoiſfelle de Villemaré
, le Mariage fut celebré
par M. l'Archevêque de Tours
à Gouffainville chez M. de
Nicolaï, premier Preſident de
la Chambre des Comptes ,
parent de M. de Pleumartin,
&qui avoit eſté fon Tuteur
honoraire ; il eft fils de Meffire
Georges Yſoré d'Hervault ,
Marquis de Pleumartin , qui
gagnât le prix auCarroufel de
Madame la Dauphine
1682. & de Geneviève Rol-
د
en
Jand ſon époufc. Et George
この
GALANT. 255
Yſoré étoit fils de René Yſoré
d'Hervault Marquis de Pleumartin
, Lieutenant de Roy
de Touraine , Poitou , Pays
d'Aulnis & Chaſtelleraudois
qui avoit épousé en 1662.
Marie -Gabrielle Chataignier
de la Rochepozay , de l'ancienne
Maiſon de Chataignier
dont Ducheſne a fait une
hiſtoire particuliere ; elle étoit
fille de Charles deChataignier
Marquis de la Rochepozay ,
auffi Lieutenant de Roy du
Haut Poitou : René Yforé
étoit fils de Georges Yſoré
Marquis d'Hervault & de
J
د
256 MERCURE
,
Pleumartın , Chevalier des Ordres
du Roy& fon Lieutenant
en Touraine , qui avoit épouſé
Marie de Roncherolles , file
de Pierre de Roncherolles Baron
du Pont S. Pierre , premier
Baton de Normandie
duquel mariage étoit venu
RenéYſoré cy-deſſus nommé,
&pluſieurs autres enfans , entr'autresGeorgesYſoré
d'Hervault
, Chevalier de Malthe ,
Major general des Armées
Navalles , & Mathieu Yſoré
d'Hervault, à preſent Archevêque
de Tours , M. le Marquis
de Pleumartın qui vient
de
GALANT. 257
de ſe marier a cû deux freres
tuez au ſervice , l'un en Italie ,
P'autre àla bataille de Ramilli,
ce dernier avoit eſté Page de
laChambre du Roy ,& farfoit
ſa premiere campagne dans
lès Mouſquetaires , & par
leur morts il eſt devenu feul
heritier de cette Maiſon ; ce
qui luy a fait quitter l'état Eccleſiaſtique
auquel on l'avoit
deſtiné pour la foûtenir. H
feroit inutile pour faire cont
noître l'ancienneté de la Mais
fon d'Yforé d'Hervault , d'ınferer
icyune longue genealo
gie, ceux qui en voudront ſça
Decembre 1715 . Y
258 MERCURE
voir davantage auront recours
au Pere Anfelme dans ſon
Palais d'honneur , il ſuffira de
dire qu'elle eſt connuë depuis
la fin du dixiéme fiecle, qu'elle
efttres illuftre par ſes grandes
alliances , fa fidelité & ſes fervices
rendus aux Rois de France;
un Honorat Yloré fut Vice-
Amiral de Guienne , Aulnis
& Poitou ; René Yſoré
fon pere Chevalier des Ordres
du Roy , Commandant les Enfans
perdus à la bataille de
Moncontour , où il perdit une
jambe ; Jean Yſoré fut fait
Chevalier avec le Comte de
GALANT. 259
Nevers au fiége de Rouen l'an
1449. par Charles VII. puis
en 1476. fait Chambellan de
Louis XI . Leon Yſoré ſon pe.
tit. fils fut Chambellan duRoy
Charles VIII . & le ſuivit à la
conqueſte de Naples en 1494.
La Maiſon d'Yſoré eſt alliée
par celle des Chaſtaigner de la
Rochepozay à celles de laRochefoucault
Mortemart
Chamberg ; par celle de Pont
S. Pierre à celles de Luxembourg
, Clermont Tonnerre,
Gouffier&Nicolaï, & par ellemême
à celles de Montaufier ,
Bethune , Rohan Chabot , &
Richelieu.
Yij
260 MERCURE
Mademoiselle de Villemaré
eſt fille de Meſſire Jean Bonaventure
Lelay , Seigneur de
Villemaré, Lieutenant de Mef
fieurs les Maréchaux de France
en Bretagne. Les Lelay font
fort anciens Gentilshommes
de Bretagne, l'Histoire de cette
Province par le Pere Lobineau
en parle en differens endroits ,
&fur tout elle dit qu'en 1380 .
Alain Lelay figna à la ratification
de la Paix entre Jean Duc
de Bretagne &le Roy de France
; elle en parle encore enplufieurs
occafions comme reveuës
de Troupes & voyages
GALANT. 261
des Ducs de Bretagne au fervice
deſquels ils ont toûjours
eſté:
Meffire Jean - Loüis d'Uffon
, Marquis de Bonac a
épousé le 22. Damoiſelle ...
Magdelaine - Françoiſe de
Gontaut de Biron , fille aînée
de Mr le Marquis de Biron ,
Lieutenant General des Armées
du Roy , & Conſeiller
au Conſeil de Guerre. Le ſeul
nom de Biron fuffit pour faire
l'éloge de la Maiſon delaDamoiselle
Il y a longtemps que celuy
d'Uffon que le Marquis de
262 MERCURE
Bonac porte eſt connu dans
le Comté de Foix & dans le
Royaume d'Arragon. Il s'eſt
foûtenu anciennement par diverſes
alliances avec la Maifon
de Foix , & de nos jours
par les ſervices de Mrs de Bonrepaus
&d'Uffon ſes oncles, le
dernier mort Lieutenant General
des Armées du Roy , &
le premier connu par divers
emplois , tant audedans qu'au
dehors du Royaume, & actuellement
par la place que le
Regent luy a donné dans le
Conſeil de Marine : pour le
Marquis de Bonac qui vient de
GALANT. 263
ſe marier , quoyque jeune encore
, il a ſervi le Roy à la
guerre ,& dans preſque toutes
les Cours del'Europe. J'ay,&
j'auray toure ma vie une fi
parfaite reconnoiffance,des
bontez qu'il a cûës pourmoy,
en Eſpagne , où j'ay cû l'honneur
d'eſtre fon Gentilhomme
pendant le ſéjour qu'il ya
fait en qualité d'Envoyé Extraordinaire
de France , qu'il
faut que j'aye une confideration
extrême pour l'Auteur de
la Gazette d'Hollande , pour
luy pardonner ſon obftination
à vouloir l'envoyer à Conftan264
MERCURE
tinople avec le titre d'Ambaf
fadeur dont le feu Roy l'avoit
honoré , pendant que le Regent
qui ne peut rien faire
qu'avec grande connoiffance
de cauſe , a bien plus prés-
Beſoinde ſes ſervices . J'aurois
fait affürément ſur ſon Ma
riage , le plus bel Epithalame
du monde , fi pendant plus de
deux ans , il n'avoir pas cû là
bonté de me guetir de la
rage que j'avois de faire des
Vers .
M. leMarquis de Gontaut,
fils de M. le Marquis deBiron ,
Lieutenant General des Ar
mées
GALANT . 265
mées du Roy , & de Dame
.... Bautru de Vaubrun , a
épouséMademoiselle.deGrammont
, fille de M. le Duc de
Guiche , Lieutenant General
des Armées du Roy , & de
Dame Marie - Chriſtine de
Noailles : Les Maiſons deGon.
taut & de Grammont ſont ſi
generalement connuës pour
eſtre des premieres & des plus
illuftres du Royaume que je
me contenteray icy de renvoyer
les curieux à la derniere
Hiſtoire des grands Officiers
de la Couronne , dans laquelle
au Chapitre des Maréchaux
Decembre 1715. Z
266 MERCURE
1
de France , ils en trouveront
les Genealogies amplement
déduites.
1
M. le Chevalier de Royede
laMaiſon de laRochefoucault ,
une des plus anciennes & des
plus illuſtres du Royaume ,
Capitaine Lieutenant des
Gendarmes Flamans , Maréchal
des Camps & Armées du
Roy & Capitaine de la Compagnie
des Gardes du Corps
de Madame la Ducheſſe de
Berry , a époufé Mademoiselle
Prondre,fille deMeffire Paulin
Prondre ,Conſeiller du Roy
en fesConfcils, Préſident de la
GALANT. 267
Chambre des Comptes de Paris
,& de Dame Anne Marguerite
Petit de Ravannes.
Meffire Hilaire Roüillé du
Coudray , Conſeiller au Parlement
de Paris , fils de Meffire
Hilaire Roüillé , Seigneur du
Coudray , Conſeiller d'Etat
ordinaire , & Confeiller du
Conſeil Royal des Finances, &
de Dame Deniſe Coquille , a
épousé le Novembre Damoiſellele
Feron, fille
de Meffire Jean Baptiste de
•Feron , Conſeiller du Ropien
ſes Conſeils , Grand Maifire
des Eaux & ForenAu Dépar-
ג
Zij
268 MERCURE
tement de l'Ifle de France , &
de Dame Geneviève Titon ,
&fortie d'une des premieres
familles de la Robe : pour
celle de Roüillé de laquelle
font encore Mrs de la Grandcour
, de Meſlay & de Marbeuf,
elle eſt auſſi une des plus
grandes , des plus étenduës &
des mieux alliées de la Robe ,
& n'a rien de commun que le
nom avecla famille de Roüillé,
Seigneurs de Fontaines , de
Joüy , de Beauvoir & de Fillerieres
, originaire de la Ville de
Tours & de laquelle estoit
Dame Anne Roüillé , femme
S
GALANT . 269
de Meſſire Lacques Olivian Ja
OME DE
LYON
268 MERCURE
Nevi
GALANT . 269
de Meſſire Jacques Olivier de
Vigny, Seigneur de Courquetaine
, de Cervoles & de Villepayen
, Maistre des Comptes ,
morte le de ce mois.
Meffire Jean , Comte de
Polaftron , Brigadier des Armées
du Roy , & Colonel du
Regiment de la Couronne ,
épouſa le 26. Novembre
Dame Françoiſe Jeanne de
Violan de Miraman , veuve
de François d'Arennes , Lieutenant
General des Armées
du Roy : Mr de Polaſtron eft
d'une des plus nobles & des
plus anciennes Maiſons de
Guyenne : Elle prend ſon nom
de la Terre de Poláſtron, dans
GALANT. 249
leDioceſe de Lombez,laquelle
eſt encore poffedée en partie
par les aînez de cette Maiſon.
Meffire deMatignon
, Comte de Thorigny ,
fils de Meffire Jacques deMa--
tignon,Marquis deMatignon,
Chevalier des Ordres du Roy,
Lieutenant General au Gouvernement
de Baſſe Norman
die,&de Dame Charlotte de
Matignon,Comteſſe de Tho
rigny , a époufé le Novembre
Damoiſeile Grimaldi
, fille unique & heritiere
d'Antoine Grimaldi , Prince
ſouverain de Monaco , Duc
250 MERCURE
deValentinois, Pair de France;
&de Marie de Lorraine Armagnac:
par ce Mariage Mr
le Comte de Thorigny a pris
le titre de Ducde Valentinois
avec les Armesde la Maiſonde
Grimaldi , l'une des plus an.
ciennes, des plusilluftres&des
plus puiſſantes Maiſons de
Genes: Pour celle de Matignon
, dont le veritable nom
eſt Goyon, elle eſt une des
plus anciennes & des plus illuftres
du Royaume , & elle
s'eſt de tout temps alliée aux
plus grandes Maiſons,comme
on le peut voir dans laGeneaGALANT.
251
logiequi en eitrapportée dans
l'Histoire des grands Officiers
delaCouronne, auxChapitres
des Maréchaux de France &
des grands Ecuyers a
Meffire deMaulde,
Marquis de la Buiffiere , Capitaine
de Carabiniers , & Chevalier
de l'Ordre Militaire de
S. Loüis , a épousé le Damoiselle
Anne de Monceaux
d'Auxi , fi'e de Meffire François,
de Monceaux d'Auxis
Marquis d'Auxi , & de Dame
Marie Magdelaine Jubert du
Thal : La Maiſon de Maulde ,
dont eſt Mr de la Buifliere, eft
252 MERCURE
originaire de Haynault; elle
eft également diftinguée par
fon ancienneté & par ſes alliances
, & elle s'elt diviſée en
pluſieurs branches établies en
Artois & en Picardie : pour la
Maiſon d'Auxi de Monceaux
je vous en aydonné un filong
détail dans l'un de mes pre
iniers Journaux , à l'occafion
du Mariage de Mr le Marquis
d'Auxi , frere deMadamedela
Buiffiere , ci-devant Capitaine
du Regiment des GardesFrançoiſes
, puis Colonel du Regiment
Royal Comtois , avec
Mademoiselle de la Grange
GALANT. 253
:
Trianon , que je me contenteray
icy de vous dire qu'elle tire
fon origine des anciens Sires &
Barons d'Auxi , connus il y a
plus de soo . ans , & qu'elle
s'eſt toûjours alliée aux Maifons
les plus illuftres duRoyaume,
comme Meleun , Pecquigny,
la Tremoille , Ailly , Ef.
toutteville , Rambures , Crevecoeur
, Trafigny , Hallwin
Saveuſe , Mailly , Hangeſt , la
¡Vicuville , la Chaſtre , Vieux-
Pont , d'O , Rochechouard ,
Tiercelin de Broſſe , Breauté ,
Etendart Bully , Boufflers د
Rouvroy, S. Simon,Crequy ,
&c.
254 MERCURE
Le 4. de Novembre 1715.
M.le Marquis de Pleumartin
épouſa Mademoiſfelle de Villemaré
, le Mariage fut celebré
par M. l'Archevêque de Tours
à Gouffainville chez M. de
Nicolaï, premier Preſident de
la Chambre des Comptes ,
parent de M. de Pleumartin,
&qui avoit eſté fon Tuteur
honoraire ; il eft fils de Meffire
Georges Yſoré d'Hervault ,
Marquis de Pleumartin , qui
gagnât le prix auCarroufel de
Madame la Dauphine
1682. & de Geneviève Rol-
د
en
Jand ſon époufc. Et George
この
GALANT. 255
Yſoré étoit fils de René Yſoré
d'Hervault Marquis de Pleumartin
, Lieutenant de Roy
de Touraine , Poitou , Pays
d'Aulnis & Chaſtelleraudois
qui avoit épousé en 1662.
Marie -Gabrielle Chataignier
de la Rochepozay , de l'ancienne
Maiſon de Chataignier
dont Ducheſne a fait une
hiſtoire particuliere ; elle étoit
fille de Charles deChataignier
Marquis de la Rochepozay ,
auffi Lieutenant de Roy du
Haut Poitou : René Yforé
étoit fils de Georges Yſoré
Marquis d'Hervault & de
J
د
256 MERCURE
,
Pleumartın , Chevalier des Ordres
du Roy& fon Lieutenant
en Touraine , qui avoit épouſé
Marie de Roncherolles , file
de Pierre de Roncherolles Baron
du Pont S. Pierre , premier
Baton de Normandie
duquel mariage étoit venu
RenéYſoré cy-deſſus nommé,
&pluſieurs autres enfans , entr'autresGeorgesYſoré
d'Hervault
, Chevalier de Malthe ,
Major general des Armées
Navalles , & Mathieu Yſoré
d'Hervault, à preſent Archevêque
de Tours , M. le Marquis
de Pleumartın qui vient
de
GALANT. 257
de ſe marier a cû deux freres
tuez au ſervice , l'un en Italie ,
P'autre àla bataille de Ramilli,
ce dernier avoit eſté Page de
laChambre du Roy ,& farfoit
ſa premiere campagne dans
lès Mouſquetaires , & par
leur morts il eſt devenu feul
heritier de cette Maiſon ; ce
qui luy a fait quitter l'état Eccleſiaſtique
auquel on l'avoit
deſtiné pour la foûtenir. H
feroit inutile pour faire cont
noître l'ancienneté de la Mais
fon d'Yforé d'Hervault , d'ınferer
icyune longue genealo
gie, ceux qui en voudront ſça
Decembre 1715 . Y
258 MERCURE
voir davantage auront recours
au Pere Anfelme dans ſon
Palais d'honneur , il ſuffira de
dire qu'elle eſt connuë depuis
la fin du dixiéme fiecle, qu'elle
efttres illuftre par ſes grandes
alliances , fa fidelité & ſes fervices
rendus aux Rois de France;
un Honorat Yloré fut Vice-
Amiral de Guienne , Aulnis
& Poitou ; René Yſoré
fon pere Chevalier des Ordres
du Roy , Commandant les Enfans
perdus à la bataille de
Moncontour , où il perdit une
jambe ; Jean Yſoré fut fait
Chevalier avec le Comte de
GALANT. 259
Nevers au fiége de Rouen l'an
1449. par Charles VII. puis
en 1476. fait Chambellan de
Louis XI . Leon Yſoré ſon pe.
tit. fils fut Chambellan duRoy
Charles VIII . & le ſuivit à la
conqueſte de Naples en 1494.
La Maiſon d'Yſoré eſt alliée
par celle des Chaſtaigner de la
Rochepozay à celles de laRochefoucault
Mortemart
Chamberg ; par celle de Pont
S. Pierre à celles de Luxembourg
, Clermont Tonnerre,
Gouffier&Nicolaï, & par ellemême
à celles de Montaufier ,
Bethune , Rohan Chabot , &
Richelieu.
Yij
260 MERCURE
Mademoiselle de Villemaré
eſt fille de Meſſire Jean Bonaventure
Lelay , Seigneur de
Villemaré, Lieutenant de Mef
fieurs les Maréchaux de France
en Bretagne. Les Lelay font
fort anciens Gentilshommes
de Bretagne, l'Histoire de cette
Province par le Pere Lobineau
en parle en differens endroits ,
&fur tout elle dit qu'en 1380 .
Alain Lelay figna à la ratification
de la Paix entre Jean Duc
de Bretagne &le Roy de France
; elle en parle encore enplufieurs
occafions comme reveuës
de Troupes & voyages
GALANT. 261
des Ducs de Bretagne au fervice
deſquels ils ont toûjours
eſté:
Meffire Jean - Loüis d'Uffon
, Marquis de Bonac a
épousé le 22. Damoiſelle ...
Magdelaine - Françoiſe de
Gontaut de Biron , fille aînée
de Mr le Marquis de Biron ,
Lieutenant General des Armées
du Roy , & Conſeiller
au Conſeil de Guerre. Le ſeul
nom de Biron fuffit pour faire
l'éloge de la Maiſon delaDamoiselle
Il y a longtemps que celuy
d'Uffon que le Marquis de
262 MERCURE
Bonac porte eſt connu dans
le Comté de Foix & dans le
Royaume d'Arragon. Il s'eſt
foûtenu anciennement par diverſes
alliances avec la Maifon
de Foix , & de nos jours
par les ſervices de Mrs de Bonrepaus
&d'Uffon ſes oncles, le
dernier mort Lieutenant General
des Armées du Roy , &
le premier connu par divers
emplois , tant audedans qu'au
dehors du Royaume, & actuellement
par la place que le
Regent luy a donné dans le
Conſeil de Marine : pour le
Marquis de Bonac qui vient de
GALANT. 263
ſe marier , quoyque jeune encore
, il a ſervi le Roy à la
guerre ,& dans preſque toutes
les Cours del'Europe. J'ay,&
j'auray toure ma vie une fi
parfaite reconnoiffance,des
bontez qu'il a cûës pourmoy,
en Eſpagne , où j'ay cû l'honneur
d'eſtre fon Gentilhomme
pendant le ſéjour qu'il ya
fait en qualité d'Envoyé Extraordinaire
de France , qu'il
faut que j'aye une confideration
extrême pour l'Auteur de
la Gazette d'Hollande , pour
luy pardonner ſon obftination
à vouloir l'envoyer à Conftan264
MERCURE
tinople avec le titre d'Ambaf
fadeur dont le feu Roy l'avoit
honoré , pendant que le Regent
qui ne peut rien faire
qu'avec grande connoiffance
de cauſe , a bien plus prés-
Beſoinde ſes ſervices . J'aurois
fait affürément ſur ſon Ma
riage , le plus bel Epithalame
du monde , fi pendant plus de
deux ans , il n'avoir pas cû là
bonté de me guetir de la
rage que j'avois de faire des
Vers .
M. leMarquis de Gontaut,
fils de M. le Marquis deBiron ,
Lieutenant General des Ar
mées
GALANT . 265
mées du Roy , & de Dame
.... Bautru de Vaubrun , a
épouséMademoiselle.deGrammont
, fille de M. le Duc de
Guiche , Lieutenant General
des Armées du Roy , & de
Dame Marie - Chriſtine de
Noailles : Les Maiſons deGon.
taut & de Grammont ſont ſi
generalement connuës pour
eſtre des premieres & des plus
illuftres du Royaume que je
me contenteray icy de renvoyer
les curieux à la derniere
Hiſtoire des grands Officiers
de la Couronne , dans laquelle
au Chapitre des Maréchaux
Decembre 1715. Z
266 MERCURE
1
de France , ils en trouveront
les Genealogies amplement
déduites.
1
M. le Chevalier de Royede
laMaiſon de laRochefoucault ,
une des plus anciennes & des
plus illuſtres du Royaume ,
Capitaine Lieutenant des
Gendarmes Flamans , Maréchal
des Camps & Armées du
Roy & Capitaine de la Compagnie
des Gardes du Corps
de Madame la Ducheſſe de
Berry , a époufé Mademoiselle
Prondre,fille deMeffire Paulin
Prondre ,Conſeiller du Roy
en fesConfcils, Préſident de la
GALANT. 267
Chambre des Comptes de Paris
,& de Dame Anne Marguerite
Petit de Ravannes.
Meffire Hilaire Roüillé du
Coudray , Conſeiller au Parlement
de Paris , fils de Meffire
Hilaire Roüillé , Seigneur du
Coudray , Conſeiller d'Etat
ordinaire , & Confeiller du
Conſeil Royal des Finances, &
de Dame Deniſe Coquille , a
épousé le Novembre Damoiſellele
Feron, fille
de Meffire Jean Baptiste de
•Feron , Conſeiller du Ropien
ſes Conſeils , Grand Maifire
des Eaux & ForenAu Dépar-
ג
Zij
268 MERCURE
tement de l'Ifle de France , &
de Dame Geneviève Titon ,
&fortie d'une des premieres
familles de la Robe : pour
celle de Roüillé de laquelle
font encore Mrs de la Grandcour
, de Meſlay & de Marbeuf,
elle eſt auſſi une des plus
grandes , des plus étenduës &
des mieux alliées de la Robe ,
& n'a rien de commun que le
nom avecla famille de Roüillé,
Seigneurs de Fontaines , de
Joüy , de Beauvoir & de Fillerieres
, originaire de la Ville de
Tours & de laquelle estoit
Dame Anne Roüillé , femme
S
GALANT . 269
de Meſſire Lacques Olivian Ja
OME DE
LYON
268 MERCURE
Nevi
GALANT . 269
de Meſſire Jacques Olivier de
Vigny, Seigneur de Courquetaine
, de Cervoles & de Villepayen
, Maistre des Comptes ,
morte le de ce mois.
Fermer
133
p. 93-104
De Paris.
Début :
Le 24. du mois passé, veille de Noël, Madame la Duchesse [...]
Mots clefs :
Abbé, Duc d'Orléans, Corps, Marquis, Gouverneur, Chevalier, Roi, Palais, Province, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris.
De Paris.
Le 24. du mois paffé , veille
de Noël , Madame laDucheſſe
de Berry ſe rendit à l'Egliſe
de S. Sulpice , fa- Paroiffe , pour
y entendre les Matines & la
grand Meffe. On avoit placé
ſon Prie- Dieu au milieu du
Choeur , où 40. de ſes Gardes
du Corps eſtoient rangez en
94 MERCURE
haye : au devantdu Prié Dieu
fur la droite eſtoient M. l'Abbé
de Caſtres , M. l'Abbé de
Rouger , M.l'Abbé du Tremblay
, & M. l'Abbéd'Avejan ,
ſes Aumôniers, tous en rochet:
derriere ſon fauteüil eſtoit M.
le Marquis de la Rochefoucault
ſonCapitaine desGardes
du Corps: à la droite Madame
la Duchefſe de S. Simon ſa Dame
d'Honneur avec M. le
Chevalier d'Hautefort fon
premier Ecuyer: fur la gauche
M. le Marquis de Coëtenfao
fon Chevalier d'Honneur , &
Madame la Marquiſe de Pons
,
1
GALANT.
1
:
ſa Dame d'Atour ; Madame la
ComteſſedeClermont,&Madame
la Comteſſe de Beauvau
ſes Dames du Palais.CettePrinceſſe
alla à l'Offrande & donna
dix loüis d'or . Madame la Princeffe
fit rendre à cette Meſſe de
minuit les Pains Benits qui furent
portez avec beaucoup de
folemnité : M. de Harlay,Conſeiller
d'Etat , premier Marguillier
,preſenta un de ces
Pains à Madame la Ducheſſe
de Berry. La Grand Mefle &
Laudes finies , cette Princeſſe
s'en retourna à fon Palais du
Luxembourg , eſcortée de ſes
7
6 MERCURE
Gardes du Corps & de fes
Gardes Suifles . Cette Princeſſe
allale jour de Noel entendre
Vefpres &leSalut auxCarmelites
de la rue de Grenelle. Le
meſme jour Mr le Duc d'Orleans
alla entendre Matines ,
&les trois Meſſes aux Peres de
l'Oratoire de la rue S. Honoré
, accompagné de Mr. l'Abbé
de Treffan , fon premier
Aumônier en Rochet , deMr.
le Marquis de la Fare ſonCapitaine
des Gardes , de Mr. le
Marquis de Nancré Capitaine
de ſes Gardes Suiffes , &du
reſte de ſa Maiſon : ce Prince
fe
1
1
GALANT. 97
ſe rendit le jour de Noel à
l'Egliſe de Saint Eustache ſa
Parouffe pour y entendre la
grand' Meffe ; Madame l'y entendit
auffi , y ayant communié
auparavant par les mains
de M. l'Abbé de Magnas ſon
premierAumônier. Le meſme
jour ce Prince avec Madame,
allerent auſſi à la meſme Egliſe
y entendre les Complies &
le Salut..
Le 30, le Roy arriva icy de
incennes, accompagné deM.
le Duc d'Orleans , qui le condurfit
au Palais des Tuilleries.
S. M. eſtoit eſcortée par les
Janvier 1716.
I
, MERCURE
Gendarmes , les Chevaux- legers
deſa Garde,trois Officiers
àleur tefte , par ſes Gardes
du Corps , & par les deux
Compagnies des Moufquetaires
, & par les Regiments
aux Gardes Françoiſes& Suifſes.
Le Roy fut complimenté
enarrivant par le Prevôt des
Marchands, à la teſte des Officiers
de la Ville. Le lendemain
par M. l'Abbé Bignon à la
teſte duClergé de ſaint Germain
l'Auxerrois , & le premier
de l'an par leParlement,
laChambre des Comptes , le
GrandConfeil,Cour desAyGALANT.
وو
des & les autres Corps ,
ayant à leur teſte M. le Marquis
de Dreux Grand Maiſtre
des Ceremonies , & M. Def.
granges Maiſtre desCeremo
nies: tous ces mêmes Corps
allerent ſouhaiter une heureuſe
année à Madame la Ducheffe
de Berry , au Palais du
Luxembourg , & au Palais
Royal à Madame , à M. le
Duc d'Orleans & à Madame
la Ducheſſe d'Orleans .
Le premier de l'an , M. le
Duc d'Orleans nomma M.
l'Abbé Dubois , cy devant
fon Precepteur , à la Charge
I ij
100 MERCURE
de Conſeiller d'Eſtar, vacante
par la mort de M. l'Archeveſque
de Sens. Le s . de ce
mois le premier Preſident du
Parlement de Toulouſe , à la
teſte des Deputez dumeſme
Corps ,harangua Sa Majefté ,
il fur preſenté par M. le Duc
du Maine Gouverneur de la
Province : le meſme jour M.
le premier Preſident de laCour
des Monnoyes de Lyon harangua
aufli Sa Majesté , il fut
preſenté par M. le Marechal
de Villeroy Gouverneur de la
Province. Le 6. l'Envoyé de
l'Electeur Palatin eut audiance
1.
GALANT . 101
du Roy , eſtant conduit par
M. le Chevalier de Saintot ,
& rendit à Sa Majeſté une
Lettre de l'Electeur Palatin
fon Maiſtre .
Le dernier du mois paffé,
M. l'Envoyé de Dannemark
apprit la nouvelle de la priſe
de Stralzund , & qu'on avoit
accordé à mille Suedois denationde
ſe retiter avec leurs armes
où ils voudroient : on
ſqut auſſi que le Roi de Suede
eſtoit paffé à Stokolm , ce Miniftre
fit part de cette nouvelle
au Regent le premier de
l'an .
I iij
102 MERCURE
Le 12. le premier Prefident
de la Cour des Aydes deMontauban
, complimenta Sa Majeſté
à la teſte des Deputez de
fon Corps , il fut preſentépar
M. le Comte d'Eu , Gouverneur
de la Province. 1
Je manquay le mois paflfé
àvousdire que le onzedumême
mois les Députez du Parlement
de Rouen , compli
menterent le Roy ſur ſon ave.
nement àlaCouronne , ayant
le premier Preſident à leur tête,
ils furent conduits par leMarquis
de Dreux , Grand Maître
GALANT . 103
des Ceremonies;& par le Sieur
Deſgranges Maître des Ceremonics
; ils furent preſentez
parM. le Duc de Luxembourg
Gouverneur de la Province.
M. de S. Olon a vendu ſa
Charge de Gentilhomme ordinaire
du Roy à M. Lombard
Vicomte d'Ermenonville, fon
neveu , S. A. R. Monſeigneur
le Ducd'Orleans, luy en avoit
donné l'agrément l'annéederniere,
Si les differens emplois que
le feu Roya confiez à M. de
S. Olon , & dont il s'eſt toûjours
tres dignement acquitté,
I iiij
104 MERCURE
le font regretter dans fon
Corps , les preuves que M.
d'Ermenonville a données de
ſa capacité en pluſieurs occaſions
donnent lieu d'eſperer
qu'il le remplacera avec ſuccés.
Le 24. du mois paffé , veille
de Noël , Madame laDucheſſe
de Berry ſe rendit à l'Egliſe
de S. Sulpice , fa- Paroiffe , pour
y entendre les Matines & la
grand Meffe. On avoit placé
ſon Prie- Dieu au milieu du
Choeur , où 40. de ſes Gardes
du Corps eſtoient rangez en
94 MERCURE
haye : au devantdu Prié Dieu
fur la droite eſtoient M. l'Abbé
de Caſtres , M. l'Abbé de
Rouger , M.l'Abbé du Tremblay
, & M. l'Abbéd'Avejan ,
ſes Aumôniers, tous en rochet:
derriere ſon fauteüil eſtoit M.
le Marquis de la Rochefoucault
ſonCapitaine desGardes
du Corps: à la droite Madame
la Duchefſe de S. Simon ſa Dame
d'Honneur avec M. le
Chevalier d'Hautefort fon
premier Ecuyer: fur la gauche
M. le Marquis de Coëtenfao
fon Chevalier d'Honneur , &
Madame la Marquiſe de Pons
,
1
GALANT.
1
:
ſa Dame d'Atour ; Madame la
ComteſſedeClermont,&Madame
la Comteſſe de Beauvau
ſes Dames du Palais.CettePrinceſſe
alla à l'Offrande & donna
dix loüis d'or . Madame la Princeffe
fit rendre à cette Meſſe de
minuit les Pains Benits qui furent
portez avec beaucoup de
folemnité : M. de Harlay,Conſeiller
d'Etat , premier Marguillier
,preſenta un de ces
Pains à Madame la Ducheſſe
de Berry. La Grand Mefle &
Laudes finies , cette Princeſſe
s'en retourna à fon Palais du
Luxembourg , eſcortée de ſes
7
6 MERCURE
Gardes du Corps & de fes
Gardes Suifles . Cette Princeſſe
allale jour de Noel entendre
Vefpres &leSalut auxCarmelites
de la rue de Grenelle. Le
meſme jour Mr le Duc d'Orleans
alla entendre Matines ,
&les trois Meſſes aux Peres de
l'Oratoire de la rue S. Honoré
, accompagné de Mr. l'Abbé
de Treffan , fon premier
Aumônier en Rochet , deMr.
le Marquis de la Fare ſonCapitaine
des Gardes , de Mr. le
Marquis de Nancré Capitaine
de ſes Gardes Suiffes , &du
reſte de ſa Maiſon : ce Prince
fe
1
1
GALANT. 97
ſe rendit le jour de Noel à
l'Egliſe de Saint Eustache ſa
Parouffe pour y entendre la
grand' Meffe ; Madame l'y entendit
auffi , y ayant communié
auparavant par les mains
de M. l'Abbé de Magnas ſon
premierAumônier. Le meſme
jour ce Prince avec Madame,
allerent auſſi à la meſme Egliſe
y entendre les Complies &
le Salut..
Le 30, le Roy arriva icy de
incennes, accompagné deM.
le Duc d'Orleans , qui le condurfit
au Palais des Tuilleries.
S. M. eſtoit eſcortée par les
Janvier 1716.
I
, MERCURE
Gendarmes , les Chevaux- legers
deſa Garde,trois Officiers
àleur tefte , par ſes Gardes
du Corps , & par les deux
Compagnies des Moufquetaires
, & par les Regiments
aux Gardes Françoiſes& Suifſes.
Le Roy fut complimenté
enarrivant par le Prevôt des
Marchands, à la teſte des Officiers
de la Ville. Le lendemain
par M. l'Abbé Bignon à la
teſte duClergé de ſaint Germain
l'Auxerrois , & le premier
de l'an par leParlement,
laChambre des Comptes , le
GrandConfeil,Cour desAyGALANT.
وو
des & les autres Corps ,
ayant à leur teſte M. le Marquis
de Dreux Grand Maiſtre
des Ceremonies , & M. Def.
granges Maiſtre desCeremo
nies: tous ces mêmes Corps
allerent ſouhaiter une heureuſe
année à Madame la Ducheffe
de Berry , au Palais du
Luxembourg , & au Palais
Royal à Madame , à M. le
Duc d'Orleans & à Madame
la Ducheſſe d'Orleans .
Le premier de l'an , M. le
Duc d'Orleans nomma M.
l'Abbé Dubois , cy devant
fon Precepteur , à la Charge
I ij
100 MERCURE
de Conſeiller d'Eſtar, vacante
par la mort de M. l'Archeveſque
de Sens. Le s . de ce
mois le premier Preſident du
Parlement de Toulouſe , à la
teſte des Deputez dumeſme
Corps ,harangua Sa Majefté ,
il fur preſenté par M. le Duc
du Maine Gouverneur de la
Province : le meſme jour M.
le premier Preſident de laCour
des Monnoyes de Lyon harangua
aufli Sa Majesté , il fut
preſenté par M. le Marechal
de Villeroy Gouverneur de la
Province. Le 6. l'Envoyé de
l'Electeur Palatin eut audiance
1.
GALANT . 101
du Roy , eſtant conduit par
M. le Chevalier de Saintot ,
& rendit à Sa Majeſté une
Lettre de l'Electeur Palatin
fon Maiſtre .
Le dernier du mois paffé,
M. l'Envoyé de Dannemark
apprit la nouvelle de la priſe
de Stralzund , & qu'on avoit
accordé à mille Suedois denationde
ſe retiter avec leurs armes
où ils voudroient : on
ſqut auſſi que le Roi de Suede
eſtoit paffé à Stokolm , ce Miniftre
fit part de cette nouvelle
au Regent le premier de
l'an .
I iij
102 MERCURE
Le 12. le premier Prefident
de la Cour des Aydes deMontauban
, complimenta Sa Majeſté
à la teſte des Deputez de
fon Corps , il fut preſentépar
M. le Comte d'Eu , Gouverneur
de la Province. 1
Je manquay le mois paflfé
àvousdire que le onzedumême
mois les Députez du Parlement
de Rouen , compli
menterent le Roy ſur ſon ave.
nement àlaCouronne , ayant
le premier Preſident à leur tête,
ils furent conduits par leMarquis
de Dreux , Grand Maître
GALANT . 103
des Ceremonies;& par le Sieur
Deſgranges Maître des Ceremonics
; ils furent preſentez
parM. le Duc de Luxembourg
Gouverneur de la Province.
M. de S. Olon a vendu ſa
Charge de Gentilhomme ordinaire
du Roy à M. Lombard
Vicomte d'Ermenonville, fon
neveu , S. A. R. Monſeigneur
le Ducd'Orleans, luy en avoit
donné l'agrément l'annéederniere,
Si les differens emplois que
le feu Roya confiez à M. de
S. Olon , & dont il s'eſt toûjours
tres dignement acquitté,
I iiij
104 MERCURE
le font regretter dans fon
Corps , les preuves que M.
d'Ermenonville a données de
ſa capacité en pluſieurs occaſions
donnent lieu d'eſperer
qu'il le remplacera avec ſuccés.
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134
p. 246-250
« Messire ... de Pardaillan de Gondrin, Marquis de Belle-garde, fils [...] »
Début :
Messire ... de Pardaillan de Gondrin, Marquis de Belle-garde, fils [...]
Mots clefs :
Dame, Marquis, Fille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Messire ... de Pardaillan de Gondrin, Marquis de Belle-garde, fils [...] »
Meffire ... de Pardaillan
deGondrin, Marquis deBellegarde,
fils puiſné de Meffire
Loüis Antoine de Pardaillan
de Gondrin , Duc d'Antin ,
Pair de France , Marquis de
Monteſpan & de Gondrin ,
Seigneur des Duchez d'Epernon
& de Bellegarde , Lieutenant
General des Armées du
Roy ,Gouverneur & Lieutenant
General pour Sa Majeſté
GALANT. 247
des Ville & Duché d'Orleans
&Pays Orleannois , & Surintendant
des Bâtiments , Arts
& Manufactures de France ,
&ChefduConfeil établi pour
les affaires du dedans du
Royaume , &de Dame Julie-
Françoiſe deCruffol d'Uzés , a
épouſéle... DamoiſelleN...
de Verthamon , filleunique&
heritiere de Meffire François
de Verthamon , Marquis de
ManoeuvresSeigneur de Breau
&Confeiller du Roy en ſes
Conſeils , premier Preſident
du GrandConſeil , & de Dame
Marie-Françoiſe Bignon. La
Xinj
248 MERCURE
Maiſon de Pardaillan eft originaire
du Comté d'Armagnac ,
& l'une des plus illuftres du
Royaume, par ſonancienneté,
par ſes alliances , & par les
honneurs dont elle a eſté décorée
de tout temps. Pour la
famille de Verthamon elle eſt
originaire de Savoye , & pour
vous prouver qu'elle eſt des
premieres de la robe, il ſuffira
icyde vous dire que Mademoiſelle
de Verthamoneſt petite
fille de Meffire Michel de Verthamon
, Seigneur de Breau ,
Marquis de Manoeuvres
Maistre des Requeſtes ordinai.
re de l'Hôtel du Roy , & de
৮
GALANT. 249
DameMarie d'Aligre,remariée
depuis à Godefroy Comte
d'Eſtrade , Maréchal de France
, & fille & petite fille de
Meffire d'Aligre , Chancelier
&GardedesSceaux de France,
& arriere petite fille de François
de Vetthamon , Maiſtre
des Requêtes, puis Conſeiller
d'Etat ordinaire , & de Marie
Boucher d'Orçay Dame de
Breau , & ledit François de
Verthamon, fils d'autre François
de Verthamon , lequel
vint le premier de fon nom de
la Villede Limoges , s'établir
en celle de Paris , oùil fut receu
Conſeiller au Parlement le 17.
250 MERCURE
A
Aouſt 1588. Dame Elisabeth
de Verthamon , tante de Madame
la Marquiſe deBellegarde,
avoit épousé Meffire HenryAlbert
deCoffé de Briffac ,
Pair de France , & outre cette
grande alliance ſa famille s'eſt
alliée avec les Maiſons d'Aubuffon
, & d'Eſcart , de Perchyton
, de Comminges &
de Lambertier , & avec les
Familles de le Févre de Caumartin
, le Fevre d'Eaubonne ,
de Voiſin , la Noraye , deGoury
, & du Maitz.
deGondrin, Marquis deBellegarde,
fils puiſné de Meffire
Loüis Antoine de Pardaillan
de Gondrin , Duc d'Antin ,
Pair de France , Marquis de
Monteſpan & de Gondrin ,
Seigneur des Duchez d'Epernon
& de Bellegarde , Lieutenant
General des Armées du
Roy ,Gouverneur & Lieutenant
General pour Sa Majeſté
GALANT. 247
des Ville & Duché d'Orleans
&Pays Orleannois , & Surintendant
des Bâtiments , Arts
& Manufactures de France ,
&ChefduConfeil établi pour
les affaires du dedans du
Royaume , &de Dame Julie-
Françoiſe deCruffol d'Uzés , a
épouſéle... DamoiſelleN...
de Verthamon , filleunique&
heritiere de Meffire François
de Verthamon , Marquis de
ManoeuvresSeigneur de Breau
&Confeiller du Roy en ſes
Conſeils , premier Preſident
du GrandConſeil , & de Dame
Marie-Françoiſe Bignon. La
Xinj
248 MERCURE
Maiſon de Pardaillan eft originaire
du Comté d'Armagnac ,
& l'une des plus illuftres du
Royaume, par ſonancienneté,
par ſes alliances , & par les
honneurs dont elle a eſté décorée
de tout temps. Pour la
famille de Verthamon elle eſt
originaire de Savoye , & pour
vous prouver qu'elle eſt des
premieres de la robe, il ſuffira
icyde vous dire que Mademoiſelle
de Verthamoneſt petite
fille de Meffire Michel de Verthamon
, Seigneur de Breau ,
Marquis de Manoeuvres
Maistre des Requeſtes ordinai.
re de l'Hôtel du Roy , & de
৮
GALANT. 249
DameMarie d'Aligre,remariée
depuis à Godefroy Comte
d'Eſtrade , Maréchal de France
, & fille & petite fille de
Meffire d'Aligre , Chancelier
&GardedesSceaux de France,
& arriere petite fille de François
de Vetthamon , Maiſtre
des Requêtes, puis Conſeiller
d'Etat ordinaire , & de Marie
Boucher d'Orçay Dame de
Breau , & ledit François de
Verthamon, fils d'autre François
de Verthamon , lequel
vint le premier de fon nom de
la Villede Limoges , s'établir
en celle de Paris , oùil fut receu
Conſeiller au Parlement le 17.
250 MERCURE
A
Aouſt 1588. Dame Elisabeth
de Verthamon , tante de Madame
la Marquiſe deBellegarde,
avoit épousé Meffire HenryAlbert
deCoffé de Briffac ,
Pair de France , & outre cette
grande alliance ſa famille s'eſt
alliée avec les Maiſons d'Aubuffon
, & d'Eſcart , de Perchyton
, de Comminges &
de Lambertier , & avec les
Familles de le Févre de Caumartin
, le Fevre d'Eaubonne ,
de Voiſin , la Noraye , deGoury
, & du Maitz.
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135
p. 12-32
MORTS.
Début :
Dame Paule-Marguerite-Françoise de Gondi, Veuve de Messire François-Emmanuël [...]
Mots clefs :
Roi, Seigneur, Fils, Dame, Chevalier, Fille, Parlement, Marquis, Épouse, Gouverneur, Armées du roi, Femme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Dame Paule- Marguerite-
FrançoisedeGondi,Veuve
de M-fifoe François-Emmanuel
de Bonne de Crequi d'Agout,
de Vese, de Montlaur
& de Monrauban, Duc de
Lesdiguieres, Pair de France
& Gouverneur de Diuphiné,
mortle3.May 16%1.&qu'-
elle avoit épouséle 11. May
,ifc75. mourut le ii. Janvier
r.gt-c de61. ans sans lai sser de
,poftsrite;J-an* François Paul
de Bonne de Crequi son fils
unique, Duc de Lesdiguieres,
Pair de France, estant mort à
ModeneenItalieoùil servoit,
le 6.Octobre 1703. âgé de
,
25.ansmoins16.jours,sans
laisserd'enfans de Dame
Loiiife- Bernardine de Durfort
Duras sa femme, qu'il
avoit épousé le 17. Janvier
1C96 filledeM.leMaréchal
Duc de Duras. Madame de
Lesdiguieres quivient de moarir
cfioit fille de Pierrede
Gondi., Duc de Rets, Pair U
-General des Galères deFrance,
Chevalier des Ordres du Roy,
& de Catherine de Gondi,
Duchesse de Retz, petite fille
de Phillippes-Emmanuel de
.Gondi, Comte de Joigny &
Chevalier des Ordres du Roy,
Lieutenant General des Mers
du Levant, Capitaine de cent
hommes darmes, & de Françoic-
Marguerite de Silly, &
arricre petite-filled'Albert de
Gondi, Duc de Retz, Pair,
Maréchal& Genci^l des Ga*
lercs de France,Colonel de la
Cavalerie Frarusolfe, Premier
Gentilhomme de la Chambre
du Roy, Chcvaherdeses Ordres,
General des Armées de
SaMajesté
,
Gouverneur de
Provence, de Mets, du Pays
Messin, & de Nantes, & CapitainedeCent
Hommesd'armes.
La Maison de Gondy efl:
originaire deFlorence, ou elle
subsiste encore en quelques
branches ; celle qui sétabliren
France dans le temps du mariage
de Catherine de Medicis
avec le Roy HenryII. ÔC qui
vicnc des'éteindreen la personne
de Madame de Lefdi
guiercs, a, tant qu'elle a duré,
par son crédit, par ses grandes
aUiàntes, & par les premières
Dignircz de iEcac dont elle a
esté decorée,égale les prernie.
res&les plus illustres Maisons
du Royâume) comme on le
peur voir dans la généalogie
qui s'en trouve dans J'H,cloire
des grands Officiers de la Couronne
: !s Curieux pourront
encore confulrcrl'Histoire gcnéalogique
qui en a esté donnée
auPublic, & en attendant
les
les preuves, aux frais de feue
Madame de Lefdiguiercs.
DameAnne- MargueriteAuzanct,
veuve de MIC Antoine le
Févre de laMalraaifon & deBiffy,
Doyen desConfeillers dela
Cour des Aides de ParismourutIr.
2.3. Janvier, laissant pour
çnfans François le Févre Seigneur
de la Mahnaifon) Conseiller
au Parlement & Commissàire
aux Requestes du Palais;
Antoine le Févre Chevalier
de Mahhe,& Catherine-
Charlotte le Févre, femme de
Michel Chabenat Seigneur de
Çonneiiil ,ci devantInt[.Óduc
teur des Ambalffadeurs. Elle
estoie fille de Jean Auzanct.
Auditeur des Comptes, & petite
fillede Barthélémy Auzaner
célèbre Avocat au Parlement.
Feu M. de la Malmatson
son mary estait fils de
François le Févre, reccu lvla).
tre des Comptes en 1638. &
petit?filsd'AntoineleFévrc
Secretaire du Roy & Greffier
du Bureau des Finances à Paris,.
& d'Anne Vivien.
1 Dame Victoire Rouxel de
Médavy de Grancey
,
femme
de MreFrançois Rouxcl Marquis
de Grancey son oncle
>
Maréchal des Camps & Armées
du Roy, quelle avait
epousé en 1713. mourut le 13.
Janvier âgée de vingt six ans
sans laisser d'enfans.Ellcétoit
fille de Mrc Jacques
- Leonor
Rouxel Comte de Médavy &
Grancey
,
Chevalierdes Orches.
du Roy
,
Lieutenant général
dlcses Armées, &tGouverneur
des Province & Du.
ché deNivemois ;.& de Dama
MiriicTfyaxfe Colbexndc
fcéaraîcvTicr -petite;.. fillede
Mie Picetre Rouxel Comte de
<5ra,ncey.& de Médavy)Maré
ébat 'Camps & Armées du
Roy
, & de O,.ole Henriette
de la Palu de Bouligneux sa
premiere femme
,
& arrierc.
petite fille.de Jacques Rouxcl
Comte de Grancey Ôcdc Médavy
, Maréchi! de France;
Chevalier des Ordrci-dii Roy,
& Gouverneur de Thionville,
mortle20Novembre xascu
DaipeCatherinedeMon-j
chid'Hacquincourt sa premicu
re femme.Ucil peudeMaifons
en France dansle/quelles lava4
leur feroblceftrç héréditaire
comme dans celledcRoûxel dé
Médavy, & depuis Jean Rottxcl
(qui en cftleChef)5ck
gnefr du rPlcffis- Mory?nt->
Ecuyer du Duc de Brctagn.
dont il quitta leservicepour
passer à celuyduRoyQharles
VII qui luy fitdon de plusieurs
Terres dant les Bailliages
d'Alençon& de Caen en
reçompenfc de ses services
par ses Lettres dopnées à Berbayle
1 4. Juin1430.Tous
ceux dece nom. n'ont Iaifle
passèr aucune occasion de fc
iîgoalcï M* d# rep^ndrsleur
fang ,pourlagloire denos
Rôis & le bien dcl'Etat, comme
les Curiçux.lejourrons
Noirjca
est rapportéedansl'Htftoirc
desgrands Officiers de laCow
lOt11JC)u Chapitre des Mare*
chaux de France. ,-.
MreCharles-Ga(pard Dodun,
Seigneur du Boulay, Conseiller
honoraire au Parlement,.
où il avoir cHé reçu le 7. Février
1676. mourut le 14*
Janvier. Il estoit fiisdeGaspard
Dodun
)
Secretaire du Roy ,
mort le 14. May 1701. & de
Marguerite le Riche. Il avoit
epousé Anne- Marie Gayardon,
filleefejcan Baptiste Gayardon
Receveur gêneral des
Financés!SoiflpnsSe il etfà
laissé entre autresenfans Mre
Charles Gaspard Dodun,reçu
Conseiller au Parlement le 4.
Janvier 1702.puis President,
nommé au Conseil des Finances
en 1717.
Mre Jean de Morillon,Confciller
au Parlement & Commissaire
aux Requestes du Palais,
receu le 2.. May 1667.
mourut le 19. Janvier. Il estoit
fils de Jean de Morillon Conseillerau
Parlement de Mets,
&d'Antoinette Rochereau, &
il sortoit d'une ancienne samille
de la Ville de Rheims,
dont la gencalogie est imprimée
dans le Nobiliaire dcî
Champagne.
Mre Henry- Nicolas de la.
Michodiere,Seigneur de Ro:
mene ,
Confciller au Parlement,
mourut le 29. Janvier.
Ilestoit fils de Jean
,-
Bertrand
de la Michodiere,Maistre des
Comptes à Paris,&deMagdelaine
Grassereau
,
& sortoit
d'une famille distinguée de la
Ville de Dijon.
Mre Philippes Eman,uel de
Colanges,Maistre des Requêtes
honoraire
,
si celebre par seChansonnettes, mourut le i.japyicr sans laisser d'en-
-
- sans
sans de feuë Dame Marie Angelique
du GMC sa femme. Il
àvoit deux soeurs, l'une mariée
à Mr le Comte de Sanzay de
l'ancienne Maison de Turpin
Cressé en Poitou; & l'autre à
feu Mrde Harrouys,Tresorier
des Etats de Bretagne, &
mere de Mr de Harrouys de
la Scilleraye,Maistre des Rcquelles,
& il estoit fils de Philippes
de Colanges Maistre des
ComptesàParis, &de Marie
le Févre d'Ormesson.
DameBonne- Marie Bachelier
de Beaubourg, femme de
Mrc Denis NoëlBrulart,Marquis
de Rouvres ,mourut le
15.Février. Ellpestoiefille de
Simon Bachelier, Seigneur de
Beaubourg & de Clotomont,
Receveur general des Finances
à Orleans; & de Dame Marier
Magdetaine Broç de laGuerre
& petite-fille de Simon Bachelier
aussiReceveurgeneral des
Financesà,Qrlcans9sortid'une
ancienne famille de la Ville de
Rheimsde laquelleest encore
à pçfnr Mi; Bachelier du
Moncel, UepwnantCriminel
de Robe-courte au Chastelet
de Paris.LenomdeBrulartest
si illustre & tL vousdoit estre
si connu que je me contenteray
pour le present de vous
renvoyer à l'histoire des grands
Officiers de la Couronne, dans
laquelle,au chapitre des Chanceliers,
vousen trouverez la
genealogie amplementdéduite.
MreCesar- Alexandre de
Baudeau, Comte de Paraberc
& dePardhaillan, Brigadier
des Armées du Roy, mourut le13Février1716.âgéde45.
anslaissant2.enfans de Dame
MarieMagdelaine de la Vieuville,
qu'il avoit épousé le 8.
Juin 17 11.fille deMreRenéFrançois,
Marquis de la Vieuville;
&de DameMarieLouisedela
ChausséeDarrestsa premiere
femme. Il estoit fils de Mre
Alexandre de Baudeau Comte
de Pardhaillan, Lieutenant general
des Armées du Roy , &
Gouverneur du Haut Poitou;
& de Jeanne Therese Mayaud,
petit fils de Henry de Baudeau
Comtede Parabere, Marquis
de la Motte Saint
- Heraye
Conseiller du , Royen ses Conseils,
Capitaine de centHommes-
d'Aimes des Ordonnances
de Sa Majefle ; Gouverneur
du haut&basPoitou, 5ç
Chevalier des Ordres; & de
Dame Catherine de Pardhaillan
VicomtessedePardhaillan;
&arriere petit-fils de Jean de
Baudeau Seigneur de Paraberc,
Lieutenant general du haut &
bas Poitou, Lieutenant gc-ncral
des Armées du Roy Henry
IV. Gouverneur de la Ville
de Niort, mort honoré du Brevet
de Maréchal de France &
de celuy de Chevalier des Ordres
du Roy. La Maison de
Baudcau prend sonnom de la
Vallée de Baudeau en Bigorre,
& elle est également distinguée
par son ancienneté & par ses
alliances. C iij ,
Dame Louise Goret épouse
de Mrz Melchior
- François
Courten
,
Chevalier de l'Or
dre de Saint Louis, Colonel
Suisse &BrigadierdesArmées
du Roy, mourut le IJ. Janvierdernier.
Mrs Courtensont
de Suisse,&d'une familleatta-
(bée depuis longtemps avec
dcistienct.ion au service de Fran
Mre Charles Paryot, Chevalier
Seigneur de Mussegros,
&c. Procureur general de la *
Cour des Comptes, Aides &
Finances de Normandie, mourut
à Paris le.Janvier dernier.
Ilestoit d'une famille distinguée
dela Ville de Rouen,
& avoit toujours rempli sa
Charge avec la reputation
d'un parfaitement honneste
homme.
Damoiselle Lucie de Cottentin
de Tourville
, mourut
le 14. Janvier dernier. Elle
estoit fille de feu Mre Nicolas-
Charles-Cesar de Cotrentin,
Seigneur de Tourville, Marquis
de Cortentin, Mestrede
Camp du Regiment Dauphin
Cavalerie;& de Dame Charlotte
Huguet de Semonville.
Lamaison de Cottcntin est originaire
de Normandie,ou elle
subsiste encore en plusieurs
branches. Celle de Tourville
s'etf plus distinguée par ses
services & par ses alliances. Feu
Mre Anne Hilarion de Cortentin
Comte de Tourville,
Maréchal & Vice- Amiral de
France, en estoit sorti; & c'està
son chapitre que les Curieux
pourront voir ce qui est rapporté
de cette Maison dans
histoire des grands Officiers
de la Couronne.
Dame Paule- Marguerite-
FrançoisedeGondi,Veuve
de M-fifoe François-Emmanuel
de Bonne de Crequi d'Agout,
de Vese, de Montlaur
& de Monrauban, Duc de
Lesdiguieres, Pair de France
& Gouverneur de Diuphiné,
mortle3.May 16%1.&qu'-
elle avoit épouséle 11. May
,ifc75. mourut le ii. Janvier
r.gt-c de61. ans sans lai sser de
,poftsrite;J-an* François Paul
de Bonne de Crequi son fils
unique, Duc de Lesdiguieres,
Pair de France, estant mort à
ModeneenItalieoùil servoit,
le 6.Octobre 1703. âgé de
,
25.ansmoins16.jours,sans
laisserd'enfans de Dame
Loiiife- Bernardine de Durfort
Duras sa femme, qu'il
avoit épousé le 17. Janvier
1C96 filledeM.leMaréchal
Duc de Duras. Madame de
Lesdiguieres quivient de moarir
cfioit fille de Pierrede
Gondi., Duc de Rets, Pair U
-General des Galères deFrance,
Chevalier des Ordres du Roy,
& de Catherine de Gondi,
Duchesse de Retz, petite fille
de Phillippes-Emmanuel de
.Gondi, Comte de Joigny &
Chevalier des Ordres du Roy,
Lieutenant General des Mers
du Levant, Capitaine de cent
hommes darmes, & de Françoic-
Marguerite de Silly, &
arricre petite-filled'Albert de
Gondi, Duc de Retz, Pair,
Maréchal& Genci^l des Ga*
lercs de France,Colonel de la
Cavalerie Frarusolfe, Premier
Gentilhomme de la Chambre
du Roy, Chcvaherdeses Ordres,
General des Armées de
SaMajesté
,
Gouverneur de
Provence, de Mets, du Pays
Messin, & de Nantes, & CapitainedeCent
Hommesd'armes.
La Maison de Gondy efl:
originaire deFlorence, ou elle
subsiste encore en quelques
branches ; celle qui sétabliren
France dans le temps du mariage
de Catherine de Medicis
avec le Roy HenryII. ÔC qui
vicnc des'éteindreen la personne
de Madame de Lefdi
guiercs, a, tant qu'elle a duré,
par son crédit, par ses grandes
aUiàntes, & par les premières
Dignircz de iEcac dont elle a
esté decorée,égale les prernie.
res&les plus illustres Maisons
du Royâume) comme on le
peur voir dans la généalogie
qui s'en trouve dans J'H,cloire
des grands Officiers de la Couronne
: !s Curieux pourront
encore confulrcrl'Histoire gcnéalogique
qui en a esté donnée
auPublic, & en attendant
les
les preuves, aux frais de feue
Madame de Lefdiguiercs.
DameAnne- MargueriteAuzanct,
veuve de MIC Antoine le
Févre de laMalraaifon & deBiffy,
Doyen desConfeillers dela
Cour des Aides de ParismourutIr.
2.3. Janvier, laissant pour
çnfans François le Févre Seigneur
de la Mahnaifon) Conseiller
au Parlement & Commissàire
aux Requestes du Palais;
Antoine le Févre Chevalier
de Mahhe,& Catherine-
Charlotte le Févre, femme de
Michel Chabenat Seigneur de
Çonneiiil ,ci devantInt[.Óduc
teur des Ambalffadeurs. Elle
estoie fille de Jean Auzanct.
Auditeur des Comptes, & petite
fillede Barthélémy Auzaner
célèbre Avocat au Parlement.
Feu M. de la Malmatson
son mary estait fils de
François le Févre, reccu lvla).
tre des Comptes en 1638. &
petit?filsd'AntoineleFévrc
Secretaire du Roy & Greffier
du Bureau des Finances à Paris,.
& d'Anne Vivien.
1 Dame Victoire Rouxel de
Médavy de Grancey
,
femme
de MreFrançois Rouxcl Marquis
de Grancey son oncle
>
Maréchal des Camps & Armées
du Roy, quelle avait
epousé en 1713. mourut le 13.
Janvier âgée de vingt six ans
sans laisser d'enfans.Ellcétoit
fille de Mrc Jacques
- Leonor
Rouxel Comte de Médavy &
Grancey
,
Chevalierdes Orches.
du Roy
,
Lieutenant général
dlcses Armées, &tGouverneur
des Province & Du.
ché deNivemois ;.& de Dama
MiriicTfyaxfe Colbexndc
fcéaraîcvTicr -petite;.. fillede
Mie Picetre Rouxel Comte de
<5ra,ncey.& de Médavy)Maré
ébat 'Camps & Armées du
Roy
, & de O,.ole Henriette
de la Palu de Bouligneux sa
premiere femme
,
& arrierc.
petite fille.de Jacques Rouxcl
Comte de Grancey Ôcdc Médavy
, Maréchi! de France;
Chevalier des Ordrci-dii Roy,
& Gouverneur de Thionville,
mortle20Novembre xascu
DaipeCatherinedeMon-j
chid'Hacquincourt sa premicu
re femme.Ucil peudeMaifons
en France dansle/quelles lava4
leur feroblceftrç héréditaire
comme dans celledcRoûxel dé
Médavy, & depuis Jean Rottxcl
(qui en cftleChef)5ck
gnefr du rPlcffis- Mory?nt->
Ecuyer du Duc de Brctagn.
dont il quitta leservicepour
passer à celuyduRoyQharles
VII qui luy fitdon de plusieurs
Terres dant les Bailliages
d'Alençon& de Caen en
reçompenfc de ses services
par ses Lettres dopnées à Berbayle
1 4. Juin1430.Tous
ceux dece nom. n'ont Iaifle
passèr aucune occasion de fc
iîgoalcï M* d# rep^ndrsleur
fang ,pourlagloire denos
Rôis & le bien dcl'Etat, comme
les Curiçux.lejourrons
Noirjca
est rapportéedansl'Htftoirc
desgrands Officiers de laCow
lOt11JC)u Chapitre des Mare*
chaux de France. ,-.
MreCharles-Ga(pard Dodun,
Seigneur du Boulay, Conseiller
honoraire au Parlement,.
où il avoir cHé reçu le 7. Février
1676. mourut le 14*
Janvier. Il estoit fiisdeGaspard
Dodun
)
Secretaire du Roy ,
mort le 14. May 1701. & de
Marguerite le Riche. Il avoit
epousé Anne- Marie Gayardon,
filleefejcan Baptiste Gayardon
Receveur gêneral des
Financés!SoiflpnsSe il etfà
laissé entre autresenfans Mre
Charles Gaspard Dodun,reçu
Conseiller au Parlement le 4.
Janvier 1702.puis President,
nommé au Conseil des Finances
en 1717.
Mre Jean de Morillon,Confciller
au Parlement & Commissaire
aux Requestes du Palais,
receu le 2.. May 1667.
mourut le 19. Janvier. Il estoit
fils de Jean de Morillon Conseillerau
Parlement de Mets,
&d'Antoinette Rochereau, &
il sortoit d'une ancienne samille
de la Ville de Rheims,
dont la gencalogie est imprimée
dans le Nobiliaire dcî
Champagne.
Mre Henry- Nicolas de la.
Michodiere,Seigneur de Ro:
mene ,
Confciller au Parlement,
mourut le 29. Janvier.
Ilestoit fils de Jean
,-
Bertrand
de la Michodiere,Maistre des
Comptes à Paris,&deMagdelaine
Grassereau
,
& sortoit
d'une famille distinguée de la
Ville de Dijon.
Mre Philippes Eman,uel de
Colanges,Maistre des Requêtes
honoraire
,
si celebre par seChansonnettes, mourut le i.japyicr sans laisser d'en-
-
- sans
sans de feuë Dame Marie Angelique
du GMC sa femme. Il
àvoit deux soeurs, l'une mariée
à Mr le Comte de Sanzay de
l'ancienne Maison de Turpin
Cressé en Poitou; & l'autre à
feu Mrde Harrouys,Tresorier
des Etats de Bretagne, &
mere de Mr de Harrouys de
la Scilleraye,Maistre des Rcquelles,
& il estoit fils de Philippes
de Colanges Maistre des
ComptesàParis, &de Marie
le Févre d'Ormesson.
DameBonne- Marie Bachelier
de Beaubourg, femme de
Mrc Denis NoëlBrulart,Marquis
de Rouvres ,mourut le
15.Février. Ellpestoiefille de
Simon Bachelier, Seigneur de
Beaubourg & de Clotomont,
Receveur general des Finances
à Orleans; & de Dame Marier
Magdetaine Broç de laGuerre
& petite-fille de Simon Bachelier
aussiReceveurgeneral des
Financesà,Qrlcans9sortid'une
ancienne famille de la Ville de
Rheimsde laquelleest encore
à pçfnr Mi; Bachelier du
Moncel, UepwnantCriminel
de Robe-courte au Chastelet
de Paris.LenomdeBrulartest
si illustre & tL vousdoit estre
si connu que je me contenteray
pour le present de vous
renvoyer à l'histoire des grands
Officiers de la Couronne, dans
laquelle,au chapitre des Chanceliers,
vousen trouverez la
genealogie amplementdéduite.
MreCesar- Alexandre de
Baudeau, Comte de Paraberc
& dePardhaillan, Brigadier
des Armées du Roy, mourut le13Février1716.âgéde45.
anslaissant2.enfans de Dame
MarieMagdelaine de la Vieuville,
qu'il avoit épousé le 8.
Juin 17 11.fille deMreRenéFrançois,
Marquis de la Vieuville;
&de DameMarieLouisedela
ChausséeDarrestsa premiere
femme. Il estoit fils de Mre
Alexandre de Baudeau Comte
de Pardhaillan, Lieutenant general
des Armées du Roy , &
Gouverneur du Haut Poitou;
& de Jeanne Therese Mayaud,
petit fils de Henry de Baudeau
Comtede Parabere, Marquis
de la Motte Saint
- Heraye
Conseiller du , Royen ses Conseils,
Capitaine de centHommes-
d'Aimes des Ordonnances
de Sa Majefle ; Gouverneur
du haut&basPoitou, 5ç
Chevalier des Ordres; & de
Dame Catherine de Pardhaillan
VicomtessedePardhaillan;
&arriere petit-fils de Jean de
Baudeau Seigneur de Paraberc,
Lieutenant general du haut &
bas Poitou, Lieutenant gc-ncral
des Armées du Roy Henry
IV. Gouverneur de la Ville
de Niort, mort honoré du Brevet
de Maréchal de France &
de celuy de Chevalier des Ordres
du Roy. La Maison de
Baudcau prend sonnom de la
Vallée de Baudeau en Bigorre,
& elle est également distinguée
par son ancienneté & par ses
alliances. C iij ,
Dame Louise Goret épouse
de Mrz Melchior
- François
Courten
,
Chevalier de l'Or
dre de Saint Louis, Colonel
Suisse &BrigadierdesArmées
du Roy, mourut le IJ. Janvierdernier.
Mrs Courtensont
de Suisse,&d'une familleatta-
(bée depuis longtemps avec
dcistienct.ion au service de Fran
Mre Charles Paryot, Chevalier
Seigneur de Mussegros,
&c. Procureur general de la *
Cour des Comptes, Aides &
Finances de Normandie, mourut
à Paris le.Janvier dernier.
Ilestoit d'une famille distinguée
dela Ville de Rouen,
& avoit toujours rempli sa
Charge avec la reputation
d'un parfaitement honneste
homme.
Damoiselle Lucie de Cottentin
de Tourville
, mourut
le 14. Janvier dernier. Elle
estoit fille de feu Mre Nicolas-
Charles-Cesar de Cotrentin,
Seigneur de Tourville, Marquis
de Cortentin, Mestrede
Camp du Regiment Dauphin
Cavalerie;& de Dame Charlotte
Huguet de Semonville.
Lamaison de Cottcntin est originaire
de Normandie,ou elle
subsiste encore en plusieurs
branches. Celle de Tourville
s'etf plus distinguée par ses
services & par ses alliances. Feu
Mre Anne Hilarion de Cortentin
Comte de Tourville,
Maréchal & Vice- Amiral de
France, en estoit sorti; & c'està
son chapitre que les Curieux
pourront voir ce qui est rapporté
de cette Maison dans
histoire des grands Officiers
de la Couronne.
Fermer
136
p. 170-174
De Paris.
Début :
Le premier Dimanche de Carême, premier jour de ce mois [...]
Mots clefs :
Duchesse, Marquis, Palais, Gardes, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris.
De Paris.
Le premier Dimanche de
Carême, premier jour de ce
mois, Madame la Duchesse de
Berry se rendit à l'Eglise de S.
Sulpice sa Paroisse à trois heures,
escortée de ses Gardes du
Corps & detoute sa maison.
Vingt. quatre de ses Gardes
s'estoient emparez du Choeur
où ils resterent pendant le Sermon,
Vêpres, & le Salut, ran- -
gez enhaye. Cette Princesse se
flaça au milieu du Choeur,
ayant devant son Prie-Dieu à
sa droite M. l'Abbé de Castres
,
M. 1.Abbl de Rouget,
M. l'AbbédeParthenay,M.
:rAbbé d'Avejan ses Aumôniers.
Derriere son Prie-Dieu
çessoit M. le Marquis de Coëtenfao,
son Chevalier d'honneur
,M le Marquis de la Rochefoucauld
,
son Capitaine
ttks Gardes, M. le Chevalier
d'Hautefort son premier, Ecuyer.
Sur sa droite Madame
la Duchesse de S. Simonsa
Dame d'honneur,MelaMarquise
dePonssa Dame d'atour.
Sur sa gauche Me la
ComtessedeClermont,&M
la Marquise de Beauveau, se
Dames du Palais.A l'.cOt,réc.
sortie de cette Princesse les si
fres & tambours de (es Cent-
Suisses battirent au champ.
Le il* de ce mois M. le Marquis
de Montsoreau accompagne
de M. l'Abbé de Sourches
son frere
,
Aumônierdu
Roy & Evêque de Dol
,,
allerent
chez le Roy luy apprendre
la mort de M. le Marquis
deSourches leur pere. Ilsallerent
ensuite au Palais du Lu?
xembourg chez Madame la
Duchesse deBerry
,
& au Palais
Royal chez Madame, chez
Monfiear le Duc & chez Madame
la Duchesse d'Orléans.
Le mêmejourl'Envoyé Extraordinaire
de Parme eut Audiance
de congé du Roy,de
Madame la Duchesse de Berry,
de Madame
)
de Monsieur le
Duc & de Madame la Duchesse-
d'Orleans.
Le 12.Madame la Duchcfse
deBerry sortit de sonPalais
de Luxembourgà neuf heure
du matin pouraller à laChasse,
accompagnée desPrincesses&
Dames de la Cour, toutes vé
tues en Amazones.
Le premier Dimanche de
Carême, premier jour de ce
mois, Madame la Duchesse de
Berry se rendit à l'Eglise de S.
Sulpice sa Paroisse à trois heures,
escortée de ses Gardes du
Corps & detoute sa maison.
Vingt. quatre de ses Gardes
s'estoient emparez du Choeur
où ils resterent pendant le Sermon,
Vêpres, & le Salut, ran- -
gez enhaye. Cette Princesse se
flaça au milieu du Choeur,
ayant devant son Prie-Dieu à
sa droite M. l'Abbé de Castres
,
M. 1.Abbl de Rouget,
M. l'AbbédeParthenay,M.
:rAbbé d'Avejan ses Aumôniers.
Derriere son Prie-Dieu
çessoit M. le Marquis de Coëtenfao,
son Chevalier d'honneur
,M le Marquis de la Rochefoucauld
,
son Capitaine
ttks Gardes, M. le Chevalier
d'Hautefort son premier, Ecuyer.
Sur sa droite Madame
la Duchesse de S. Simonsa
Dame d'honneur,MelaMarquise
dePonssa Dame d'atour.
Sur sa gauche Me la
ComtessedeClermont,&M
la Marquise de Beauveau, se
Dames du Palais.A l'.cOt,réc.
sortie de cette Princesse les si
fres & tambours de (es Cent-
Suisses battirent au champ.
Le il* de ce mois M. le Marquis
de Montsoreau accompagne
de M. l'Abbé de Sourches
son frere
,
Aumônierdu
Roy & Evêque de Dol
,,
allerent
chez le Roy luy apprendre
la mort de M. le Marquis
deSourches leur pere. Ilsallerent
ensuite au Palais du Lu?
xembourg chez Madame la
Duchesse deBerry
,
& au Palais
Royal chez Madame, chez
Monfiear le Duc & chez Madame
la Duchesse d'Orléans.
Le mêmejourl'Envoyé Extraordinaire
de Parme eut Audiance
de congé du Roy,de
Madame la Duchesse de Berry,
de Madame
)
de Monsieur le
Duc & de Madame la Duchesse-
d'Orleans.
Le 12.Madame la Duchcfse
deBerry sortit de sonPalais
de Luxembourgà neuf heure
du matin pouraller à laChasse,
accompagnée desPrincesses&
Dames de la Cour, toutes vé
tues en Amazones.
Fermer
137
p. 174-179
Dons du Roy, [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a donné l'Evêché de Troyes à M. l'Abbé Bossuet, [...]
Mots clefs :
Roi, Cérémonies, Marquis, Abbé, Gardes du corps
138
p. 237-242
Audience donnée aux Députez de Bretagne.
Début :
Le 18. les Députés des Etats de Bretagne eût [...]
Mots clefs :
Duchesse, Bretagne, Comte, Évêque, Cérémonie, Marquis, Gardes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Audience donnée aux Députez de Bretagne.
Audience donnée aux Députez
de Bretagne.
Le 18. les Députés des Etats
de Bretagnecûrentu Adiance du
138 LE NOUVEAU
Roy à midy. Ils furent prefentez
par M. le Comte de Touloufe,
Gouverneur de la Province .
La Députation étoit compofée
de l'Evêque de S. Brieux pour le
Clergé, du Duc de la Tremoille
pour la Nobleffe , du Sieur de
la Gacherie Sénéchal de Nantes
pour le Tiers état.
Le 21 de ce mois , le Roy
alla au Palais du Luxembourg ,
rendre vifite à Madame Ducheffe
de Berry. S. M. étoit
accompagnée de Mr le Duc
du Maine , de Mr le Prince de-
Dombes de Mr le Comte
d'Eu , du Prince Charles , de
Mde la Ducheffe de Vantadour
La Gouvernante , & du refte de
MERCURE. 239
fa Maiſon. Elle avoit été précédée
d'un détachement de fes
Gardes du Corps & de les Cent-
Suiffes. A fon arrivée , S. M.
trouva Mr le Marquis de la
Rochefoucault Capitaine des
Gardes , qui la reçût à l'entrée
de la Salle des Gardes ; Mdẹ
la Marquise de Pons Dame
d'Atour à l'entrée de l'Anti
Chambre & M Ducheffe
de Berry à l'entrée de fa Cham,
bre. La vifite fe paſſa de bout ,
& S M. fut reconduite de
même qu'Elle avoit été reçûë.
le même jour à fix heures du
foir , les Etats de Bretagne fe
rendirent aufli au Palais du
Luxembourg , ayant à leur tête
Mr.l'Evêque de S. Brieu , qui
•
240 LE NOUVEAU
harangua cette Princeffe avec
beaucoup d'éloquence . Son difcours
fut trés applaudi : Mr le
Duc de la Tremoille étoit
auffi à la tête des Etats qui
furent préfentez par Mr le Marquis
de Dreux Grand Maître
des Cérémonies & > par Mr
Defgranges Maître des Cérémonies.
Le 27 , on fut tout à coup
furprit de voir une Belande ,
qui remontoit la riviere de Seine
à pleines voiles , ayant toutes
fes banderoles au vent. Elle jetta
l'ancre fur les onze heures
du matin , vis-à-vis le gros Pavillon
des Thuilleries . En arrivant
, elle fit trois décharges
confécutives de fon Artillerie .
C'eft
MERCURE. 241
C'est le fieur Pierre Rhofnay ,
Marchand négociant à Rouen ,
qui l'a conduite à Paris . Elle
porte deux petites piéces de canon
, & quatre pierriers , avec
cinq hommes d'Equipage . Elle
eft chargée de huit milliers de
morue & de quelques fromages.
Elle eft partie de Honfleur le
dix -fept de Janvier , a paffé à
Rouen le vingt - un , & eft
arrivée à Paris le vingt - fept .
Elle n'a qu'un mas & une vergue
, portant Pavillon de differentes
Nations , pour la décoration
feulement.
Belande ou Belandre cft un
petit Batiment de Mer , qui eſt
fort plat de varangue , qui a
fou appareil de mats & de voi-
Fanvier 1717.
Y
242 LE NOUVEAU
#
les ,femblable à celui d'un Heu-
& dont la couverte ou le Tillac
s'élève de prouë à poupe
d'un demi pied plufque le plat
bord. Les plus grandes qui
font de So tonneaux , fe peuvent
conduire par trois ou quatre
hommes. On s'en fert principalement
dans la baffe Flandre
, pour aller fur les canaux
& fur les rivieres,
de Bretagne.
Le 18. les Députés des Etats
de Bretagnecûrentu Adiance du
138 LE NOUVEAU
Roy à midy. Ils furent prefentez
par M. le Comte de Touloufe,
Gouverneur de la Province .
La Députation étoit compofée
de l'Evêque de S. Brieux pour le
Clergé, du Duc de la Tremoille
pour la Nobleffe , du Sieur de
la Gacherie Sénéchal de Nantes
pour le Tiers état.
Le 21 de ce mois , le Roy
alla au Palais du Luxembourg ,
rendre vifite à Madame Ducheffe
de Berry. S. M. étoit
accompagnée de Mr le Duc
du Maine , de Mr le Prince de-
Dombes de Mr le Comte
d'Eu , du Prince Charles , de
Mde la Ducheffe de Vantadour
La Gouvernante , & du refte de
MERCURE. 239
fa Maiſon. Elle avoit été précédée
d'un détachement de fes
Gardes du Corps & de les Cent-
Suiffes. A fon arrivée , S. M.
trouva Mr le Marquis de la
Rochefoucault Capitaine des
Gardes , qui la reçût à l'entrée
de la Salle des Gardes ; Mdẹ
la Marquise de Pons Dame
d'Atour à l'entrée de l'Anti
Chambre & M Ducheffe
de Berry à l'entrée de fa Cham,
bre. La vifite fe paſſa de bout ,
& S M. fut reconduite de
même qu'Elle avoit été reçûë.
le même jour à fix heures du
foir , les Etats de Bretagne fe
rendirent aufli au Palais du
Luxembourg , ayant à leur tête
Mr.l'Evêque de S. Brieu , qui
•
240 LE NOUVEAU
harangua cette Princeffe avec
beaucoup d'éloquence . Son difcours
fut trés applaudi : Mr le
Duc de la Tremoille étoit
auffi à la tête des Etats qui
furent préfentez par Mr le Marquis
de Dreux Grand Maître
des Cérémonies & > par Mr
Defgranges Maître des Cérémonies.
Le 27 , on fut tout à coup
furprit de voir une Belande ,
qui remontoit la riviere de Seine
à pleines voiles , ayant toutes
fes banderoles au vent. Elle jetta
l'ancre fur les onze heures
du matin , vis-à-vis le gros Pavillon
des Thuilleries . En arrivant
, elle fit trois décharges
confécutives de fon Artillerie .
C'eft
MERCURE. 241
C'est le fieur Pierre Rhofnay ,
Marchand négociant à Rouen ,
qui l'a conduite à Paris . Elle
porte deux petites piéces de canon
, & quatre pierriers , avec
cinq hommes d'Equipage . Elle
eft chargée de huit milliers de
morue & de quelques fromages.
Elle eft partie de Honfleur le
dix -fept de Janvier , a paffé à
Rouen le vingt - un , & eft
arrivée à Paris le vingt - fept .
Elle n'a qu'un mas & une vergue
, portant Pavillon de differentes
Nations , pour la décoration
feulement.
Belande ou Belandre cft un
petit Batiment de Mer , qui eſt
fort plat de varangue , qui a
fou appareil de mats & de voi-
Fanvier 1717.
Y
242 LE NOUVEAU
#
les ,femblable à celui d'un Heu-
& dont la couverte ou le Tillac
s'élève de prouë à poupe
d'un demi pied plufque le plat
bord. Les plus grandes qui
font de So tonneaux , fe peuvent
conduire par trois ou quatre
hommes. On s'en fert principalement
dans la baffe Flandre
, pour aller fur les canaux
& fur les rivieres,
Fermer
139
p. 92-111
HISTORIETTE DEDIEE A MADAME LA COMTESSE DE ***
Début :
J'AY suivi vos conseils, Madame, J'ay été au bal de la Comedie, [...]
Mots clefs :
Chevalier, Cléonice, Amour, Marquis, Bal, Sentiments, Conversation, Coeur, Tendresse, Sincérité, Rivaux, Désirs, Amitié, Perfidie, Esprit, Jalousie, Femmes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HISTORIETTE DEDIEE A MADAME LA COMTESSE DE ***
HISTORIETTE
DEDIE E A MADAME
LA COMTESSE
D.E
***
JAY
AY fuivi vos confeils , Madame ,
J'ay éé au bal de la Comedie
mais je ne ferai point flatteur au point
de vous avouer , que j'y ay reffenti
tout le plaifir que vous m'aviez fair
efperer.Je n'examine point fi la faute
en eft a la nature du fpectacle ou à
mon caractère ; qu'importe quand on
s'ennuye , je prévois que cet aveu e
m'attiera pas beaucoup d'éloges de
la part des petits Mautres, & des o
quettes ; à les en croire , rien de plus
charmant que le bal . C'eft la qu'a
l'ayde d'un iafque , on fe dérobe aux
MERCURE. 25
yeux des jalouz , fans le bal , que d'a
mans favorisés gémiroient encor dans
leurs chaines , que de foupirs pouffés
qui n'eullent jamais ofés naiftre à vi«
fage découvert ; enfin on peut définir
le bal , le veritable Temple de l'Amour
: il y lance fes traits de toutes
parts , & fa puiflance y paroift d'autant
plus grande , qu'il n'y a pas be
foin , comme dans le refte du monde ,
du fecours des appas pour faire de
nouveaux fujets , les maximes ordinaires
y font peu d'uſage , on s'y aime
fans fe connoiftre ,& fans s'être vûs ,
on diroit que tout l'air de ce lieu n'eft
formé que defoupirs , ce portrait peut
être fidele , mais pour peu que je
vouluffe entrer en difpure , que je
trouverois de chofes capables de balancer
ces avantages ! combien de
Maris à l'ayde du mafque ont appris
ce qu'ils enragent de fçavoir , combiende
confpirations amoureuſes dé .
couvertes ! combien d'indifcretions !
combien d'infidelités ! enfin combien
de femmes ont eû le dépit mortel de
perdre le jour, ces conquêtes qu'elles
94 LE NOUVEAU
ne devoient qu'à leur déguiſement .
Frappé de ces contradictions , Madame,
croiriez -vous , que je n'ai été
touché que des malheureux ,fans prendre
la moindre part à la joye des autres
; il ne vous eft pas difficile de juger
qu'avec ces fentimens , je me fuis
fort ennuyé ; cependant j'ai tenu bon ,
j'ai refté jufqu'à cinq heures , &
comme vous m'aviez ordonné ďêtre
toûjours, alerte pour apprendre
quelque hiftoire ;l'envie de vous fatisfaire
m'a déterminé de me mettre dans
une loge à côté de deux Cavaliers , qui
ne faifoient que d'y entrer ; ils avoient
beaucoup danſé à l'envi l'un de l'autre,
avec une Dame fort bien faite qui
venoit de leur faire entendre qu'il
étoit de la bienfeance qu'elle rejoignit
la compagnie , & qu'ils ne la fui
villent pas d'avantage . Je crû dabord
que la jalouſe aſſembloit nos rivaux
, & que leur converfation feroit
des plus vives. Je m'approchay fans
affecter de curiofité , je feignis d'être
fatigué, & de m'endormir. Voici Madame
, ce que j'entendis ; le recit de
MER CURE.
25
leur converfation va commencer
mon hiſtoire ; afin que vous ne foyez
point furprife , que je nomme d'abord
mes deux heros ; vous fçaurez que j'en
reconnus un à ſa voix qu'il déguifoit
mal , & qu'apiés avoir appris ce que
je voulois fçavoir , je me fis connoître
à eux , & eux à moy ; & c'est du
Chevalier mon amy, que j'ay'appris
toute l'intrigue .
Nous fommes amis depuis longtemps
, difoit le Marquis de Polygni
au Chevalier de Lefclache ; ou je me
trompe , ou nous fommes rivaux ,
parlez -moy de bonne foy , eft- ce avec
fincerité que vous avez exprimé vos
défirs à l'aimable inconnuë : je vous
confefle , reprit le Chevalier , que
je n'ay jamais été féduit fi agréablement
, & cependant vous fçavez que
nous n'avons fait qu'entrevoir fon vifage
; ce que j'en ay vû, ne fuffit que
trop, je ferois bien fâché que vous fufiez
auffi enchanté que je le fuis, j'au
rois un Concurrent trop dangereux ,
& ce ne feroit que par mes fentimens
que je pourois difputer le prix , d'un
96 LE NOUVEAU
le
coeur d'où dépend ma felici é , & qui
n'est peut-être pas refervé au plus fincere;
Poligni ne manqua pas à fon tour
de tendres expreffions , il parut auffi
amoureux que fon ami , le Chevalier
l'en auroit cru a moins , la jaloufie
qui accompagne l'amour par tout ,
lui avoit déja perfuadé ; dans ce moment,
il regarda le Marquis avec des
yeux de Rival, il eût peine à fe deffendre
d'un mouvement de dépit , ce qu'il
pût faire , fut de garder un exterieur
tranquille tandis qu'il étoit fi troublé
audedans. La fituation de Poligni
étoit à peu-prés la même , il craignit
que cette égalité de fentimens ne refroidit
leur union , il en parla au Chevalier
, ils fe donnerent de mutuelles
aflurances de s'aimer toûjours , & de
facrifierplûtoft leurs plus tendres défirs
, que de fouffrir dans leur cout ,
la moindre alteration l'un pour l'autre
.
Ces nouvelles proteftations finies,
ils quitterent la loge , ce fut alors
que je me fis reconnoiftre mais
comme je fuis icy un perfonnage peu
neceflaire
>
MERCUR E. 97
neceffaire à la fcene ;je reprends mon
recit , ils parcoururent de nouveau la
fale du bal , re, oignirent leur aima
ble inconnue qu'ils n'avoient point
perdu des yeux , la fuivirent quand
elle forti , & apprirent par un de fes
domestiques qu'ils gratifierent , qui
elle étoit & où elle demeuroit . C'étoit
la belle Cleonice , que l'abfence
d'un mary jaloux rendoit
d'un abord facile ; la nouvelle pouvoit
- elle être plus favorable à
nos ainans , ils s'embrafferent en fe
feparant , Poligni gagna la place des
victoites ,& Lelclache,le taux -bourg
faint Germain .
Je ne vous diray point , Madame, G
no deux amis dormi ent tranquillement
, d'un côté ils étoient amoureux
; de l'autre ils étoient fatigués
par plufieures veilles, ce qui rend leur
repos contr dictoire : ce que je fçais
pofitivement , c'eft que Pol gny s'é.
tant levé à quatre heures du foir , i .
fut beaucoup moins à la toilette q
l'ordinaire, tant il avoit d'impauence
d'aller voir l'objet de fon nouvel a
98 LE NOUVEA
U
mour , il y fut donc à cinq heures ,
& voici comme il debuta ; N'y a t'il'
point d'indifcretion , Madame , à venir
voir de fi prés des appas qui ont
produit cette nuit, de fi tendres effets,
malgré le foin que vous aviez pris
de les cacher , on lui répondit avec'
beaucoup d'efprit & de politefle . J'ef-'
pere , Madame , que vous me fçaurez
bon gré de ne pas charger mon hiftoire
de toute leur converfation ,
Mademoiſelle Scudery ne vous en
tiendroit pas quitte à fi bon marché
pour moy j'aime mieux laiffer à mon
Lecteur, le foin de deviner tout ce qui
peut le dire en pareille occafion , je
m'en fie mieux à fes fentinens qu'à
mes expreffions ; mais voici une circonftance
que je ne puis taire ; dans
le temps que Poligny tâchoit d'exprimer
tout ce qu'il reflentoit ' autant
que la modeftie de Cleonice le pouvoit
permettre , on apporta une Lettre
qu'un Laquais venoit de laif.
fer, lans dire de quelle part , & qui
foudain avoit difparu ; la femme
de chambre fut un peu gronMERCUR
E. 96
99
dée , & on luy défendit felon la coutume,
de fe charger jamais des Lettres
d'un inconnu ; Cleonice la lut cependant
d'abord tout bas , & enfuite à
Poligny; voici ce qu'elle contenoit .
Mon coeur népour aimer fe voyoit
en partage,
Tant de délicateffe , & defineerité ,
Que craignant d'éprouver quelqu'infidelité,
Il cherchoit fon pareil pour fixerfon
hommage:
Dans un nombre infini j'ay trouvé
quelques belles ,
Queje croyois d'abord avoir feduit
fes voeux ,
Mais fur leur peu defoy, bien- toft
ouvrant les yeux,
Fe connoiffois aßez qu'il n'eftoit pas
pour elles.
Je (oupirois toujours apres une avanture
Quim'offrit cet objet que je m'eftois
Forme ;
Cet objet fi charmant of feroir ren
fermé
Tij.
$36007
100
NOUVEAU LE
Le coeur le plus parfait qu'eut produit
la nature ;
Quand vos premiers regardsfont venusmefurprendre,
Sous leurs aimables coups interdit
enchanté ,
Fav vû que mon malheur , ou ma
felicité
Dépendait de la part que vous y
voudrez prendre.
Le Chevalier qui s'attendoit de
voir Cleonice le lendemain , n'avoit
point figné , mais Poligny reconnut
dans le moment, fon file, & fon écriture
, ille nomma pour l'Auteur de
ces vers , & tournant la converfation
fur les Poëtes , il faut avouer , ditil
, que ces Meffieurs là font bien
heureux , ils font de leur imagination
ce qu'ils veulent , ils rellentent des
peines ou des plaifits à leur gré , ils
font aujourdhui une elegie , demain
le caprice qui
un Madrigal, fuiva
les gouverne , je veux croire que mon
ami le Chevalier n'eft point du nombre
de ces Poëtes ; & lors qu'il nous
MERCURE 101
écrit fi tendrement , il faut qu'il reffente
quelque chofe , Cleonice comprit
facilement la fin de ce difcours,
& fans vouloir s'inftruire des fentiméns
du Chevalier , elle repartit
fimplement , qu'il feroit à fouhaiter
que chacun fut Poëte ; puifqu'il n'y
auroit plus de maux réels , & qu'elle
étoit bien perfuadée que tous les Amans
étoient Poëtes en ce lens . Poligni
voulut répliquer , mais quelquesperfonnes
qu'on vint annoncer ,
l'obligerent à garder fa réponſe , &
même à prendre congé de la compagnie
, ce qu'il fit dans le moment.
Un redoublement de tendrefle fur
l'effet de fon entre- vûë , la declaration
du Chevalier ne laifloit pas de
l'inquieter , fon procedé, difoit-il , eſt
plus refpectueux que le mien , il n'a
pas même mis fon nom , l'amour aime
tous ces petits myfteres , & moy
j'ay ofé me prefenter tout d'un coup ;
il eft vray que mon bonheur dépend
du caractere de la perfonne que j'ai
me , prefque tout fon fexe appelle vi
vacité , ardeur , empreffement , ce qui
I iij
102 LE NOUVEAU
il
me paroift une temerité ; un air firetenu
n'eft pas toujours de faifon.
Aprés ces reflexions que j'affure que
fit le Marquis , ou qu'il dût faire ,
alla trouver le Chevalier qui fçavoit
déja fa vifite ; ne me demandez point
Madame , qui l'avoit ſi bien inſtruit ,
fi on vouloit expliquer tous les par
où , & tous les comment des amoureux
, ou n'auroit jamais fait ; il fuffic
de fçavoir une fois, que le Dieu qui
les infpire, eft le plus fubtil, & le plus
ingenieux de tous ; il endort les Ĉerberes
, adoucit les Megeres , c'eft à
dire, en ftyle commun , qu'il gagne les
Suiffes les plus intraitables , & les
femmes de chambre les plus revêches.
Bon jour,mon cher Chevalier, dit
le Marquis, en l'embrallant, fi j'avois
efté auffi pareffeux que toy , tes affaires
ne feroient pas en fi bon train ,
& on ne fçauroit pas que Lefelache
eft un des amans le plus poli qui foit
au monde , & qui s'exprime avec le
plus de délicatelle ; tu ne te ferois jamais
attendu de m'avoir cette obliga.
MERCURE
203
tion; mais quelqu'amoureux que je
fois, mon amitié l'emporte. Que je
m'eſtimerai heureux fi le Chevalier
en agit ainfi avec moy , Lefclache
l'en aflura avec les termes les plus
perfuafifs , il s'informa plus exactement
de l'obligation pretenduë , que
Poligni vouloit qu'il luy eat , il ne fit
nul myftere de fa declaration en vers,
il s'habilla & fortit avec luy , il n'y
eut rien de particulier le refte du
jour .
Le lendemain ils fe trouverent tous
deux chez Cleonice , Poligni qui entra
le dernier, ne pût cacher un peu
de rougeur , tant il eft vray que les
premiers mouvemens de l'amour
font de nous porter à la vengeance,
indiftin&tement contre tout rival , il fe
remit pourtant , & aprés avoir badiné
agréablement fur leur tête à
tête , fur l'Auteur des vers , il examina
en lay même , fi quelques regards
favorables ou quelques réponfes
de la partde Cleonice ,ne marqueroit
point dés ce jour une préference,
car felon luy; l'amour eftoit prompt
104 LE NOUVEAU
às
s'expliquer ; mais qu'il eft difficile
de trouver la verité par un-femblable
examen ; la jaloufie qui eft toujours
de la partie nous tourne l'efprit de
façon, que nous croyons fouvent le
contraire de ce qui eft : ce que je puis
vous affurer, Madame, c'eft que pendant
les cinq ou fix premieres vifites
que firent nos amis rivaux , il eut
efté difficile à un tiers non intereffé ,
de deviner lequel des deux eftoit le
mieux traité .
Les choles en eftoient là ; lorſque
Poligni fongeant à rendre fes petits ,
foins utiles , chercha quelque moyen
pour cela , il ne doutoit point que
l'efprit & le merite du Chevalier ne
fuflent capable defaire diverfion dans
le coeur de Cleonice ; mais il ne vouloit
pas fe brouiller ouvertement, & voici
ce qu'il inventa. Ce trait va vous
donner, Madame,une idée bien deſavantageufe
de nos amans , & je fuis .
für que dés ce moment, ils vont perdre
vostre eftime ; voici donc ce que
Je Marquis propofa auChevalier , &c
comme il s'expliq ua.
MER CURE.
105
Nous nous fommes promis que notre
amitié triompheroit de notre amour
; ce n'eft pas atfez , mon cher,
pour des amis comme nous , il faut
encore que ce qui fert à brociller les
autres , ferve à forufier notre union .
Je vois bien qu'il n'étoit pas poffible
de vivre fans voir Cleonice , j'ai tout
fait pour te faire un facrifice de mes
defirs, fans y pouvoir réullir. Jamais
nous n'avancerons , tant que nous
nous trouverons enfemble chez elle ,
nous nous détrui - ons l'un l'autre , je
te donne le choix .
Le Chevalier fentit la verité de ces
taifons , & s'y rendit .
Ce n'eft pas le tout mon Cher, reprit
Poligni , les femmes font artificieufes
, & l'on peut , fans crime
ufer d'artifices avec elles , il faut que
nous nous diſions reciproquement les
progrès que nous ferons ; devenons,
s'il eft ií
Die , heureux
tous les
deux ; & crainte que notre intelligence
ne parut fufpecte ; rompons - là
ën apparence
; trouvons- nous encore
une fois enfemble
chez Cleonice
;
106 LE NOUVEAU
nous nous y dirons des chofes vives,
& nous finirons , s'il le faut , par un
combat fimulé ; quand ces feintes ne
ferviroient qu'à lui prouver la puiffance
de les attraits ; c'eft toûjours
beaucoup , & je t'aflure que les Dames
aiment mieux voir regner une
petite guerre entre leurs amans, qu'-
une fi parfaite tranquillité ; le Chevalier
eut quelque peine à fe rendre
à ces dernieres propofitions , la delicateffe
de fon amour s'y oppofoit ,
& fon amitié étoit fi fincere , que
l'ombre même de la perfidie , lui faìfoit
horreur ; cependant il les adopta
à la fin. Telle eft , Madame , la raifon
de l'homme , elle ne manque
prefque iamais de lui montrer le vrai ;
mais rarement elle a affez de force
pour l'engager à le prendre , & fa refittance
ne fert, pour l'ordinaire , qu à
rendre plus éclatant , le triomphe de
nos paffions .
Aprés une convention fi étonnante
entre deux perfonnes, qu'on pouvoit
foupçonner d'abord de veritable amour
, ils fongerent à agir en conMERCURE
107 .
>
fequence, ils fe trouverent chez la da
me , le querellerent , fe battirent ,
& la feinte fut fi bien conduite, que
Cleonice les crût irreconciliables, tur
tout quand elle euft éprouvé , que
l'interpofition de les charmes & de
fes difcours n'avoit pû calmer leur tu
reur , ils ne fe trouverent plus chez
elle , ils affecterent même d'y venir
un quart d'heure , l'un aprés l'autre,
afin que celui qui viendroit le dernier,
eut occafion de prouver la continuation
de fon reffentiment , en nevoulant
pas entrer .
La fincerité ne fut pas fi égale dans
les rapports qu'ils fe firent de l -urs
progrez , le Chevalier difoit bonnement
les chofes comme elles fe paffoient
, mais Poligni luy faifoit des
aveux tels qu'il lu plaifoit ; car ils
n'étoient pas d'aprés le vrar , le Chevalier
qui croyoit le Marquis de bon .
ne foy , s'imaginoit qu'il eftoit plus
favorifé que lui , ces jugemens les en
hardilloient , il en devenont plus entreprenant
, Cleonice s'en appercevoit
& reptimoit fon audace ; cela
108 LE NOUVEAU
le defefperoit, dans l'idée qu'il avoit,
que le Marquis eftoit mieux traité
il n'ofoit en faire fes plaintes , crainre
d'indifcretion ; en un mot , il étoit
la dupe de fa franchife: car Poligni en
profitoit , & pour faire la cour a fes
dépens , il rapportoit à Cléonice
tout ce qui fe paffoit entre elle & le
Chevalier , difant , qu'il le faifoit
par vanité. Cela ne pouvoit
manquer de rendre Lefelache odieux ;
il s'en app rçût avec douleur, & fans
penetrer les veritables raifons de la
haine de fa maiftreffe , il s'en prit à
fon étoile , & comme il eft fage jufques
dans le defefpoir , voici ce qu'il
écrivit.
BILLET.
Fe fuis plus perfuadé que ja- .
mais , Madame , qu'il y a une
Dé‹ffe aveugle qui décide ici bas
de notre bonheur , puisqu'avec
les plus tendres fentimens du
monde,je n'aipu meriter le moindre
MERCURE.
189
dre retour de vous ; il y a dans
ma deftinée , je ne fçais quelle
malignité, que je ne conçois pas,
ilfaut lafuivre , Madame , & ne
vous point ennuyer d'avantage ;
c'est le parti que j'ai pris.
Voilà peut eftre, Madame , le premier
Amant qui ait tenu parole en
pareille occafion , il cefla de la voir
en effet ; Poligni triomphoit de fon
fuccès , mais comme la perfidie ne
peut eftre long-tems victorieule. Le
Chevalier fut bien- tôt vangé .
La fatisfaction eft ordinairement enamour
, la fource de l'inconftance ;
Poligny fut beaucoup moins affidu ;
la Dame qui étoit déja prévenuë
contre le Chevalier , foupçonna d'abord
qu'il avoit quelque part dans
ce refroidiffement , fon foupçon` fe
confirma , parce qu'il lui fut rapport
té, qu'ils fe voyoient dans ces idées ;
le dépit luy fit faire ce que l'amour
n'avoit pû exiger , elle luy écrivit en
ces termes.
K
110 LE NOUVEAU
Billet de Cleonice.
Fe fçavois bien , Monfieur ,
que vous eftiezun indifcret , mais
je nefçavoispas que vous euffiez
raffemble en vous, toutes les mauvaifes
qualitez ; je mefouviendrai
long- tems du bal , &je me
garderai des nouvelles connoiffan
ces.
Jamais homme ne fut fi furpris que
le Chevalier , à la lecture de ce
Billet , il fit pour la probité, ce qu'il
avoit refolu de ne plus faire pour
fon amour ; il ne pût fouffrir qu'on
l'outrageat fi injuftement , il fut chez
Cleonice , & aprés une converfation
de trois heures , il ſe juſtifia ſi bien ,
qu'enfin Cleonice lui avoua tout ce
que Poligny avoit dit contre lui , cet
aveu le troubla fi fort qu'il fut un
demi- quart d'heure fans parler ; en
MER CURE. 111
fin ayant rappellé fes fens , il decouvrit
à fon tour toute l'intrigue ; il ne
crût plus rien devoir à un ami fi indigne
, il devint celui de Cleonice , &
l'eft encore aux conditions de part &
d'autre , de ne plus jamais revoir
Poligny ; voici mon hiftoire , Madame,
vous n'y avez point vû de ces
faits furprenants qui étonnent l'efprit
, ni de ces circonftances variées
qui le flatent ; c'est un recit des plus
fimples,tiré d'aprés nature ; mais auffi
vous y voyez la fincerité reconnue
, triompher à la fin de la perfidie.
C'eft voftre vertu favorite que
j'ai voulu couronner , pouvois- je
mieux m'acquiter de l'emploi que
vous m'aviez donné : Je fuis , Madame
,
Voftre trés -humble &
trés-obéiffant ferviteur,
DE BONNEVAL.
DEDIE E A MADAME
LA COMTESSE
D.E
***
JAY
AY fuivi vos confeils , Madame ,
J'ay éé au bal de la Comedie
mais je ne ferai point flatteur au point
de vous avouer , que j'y ay reffenti
tout le plaifir que vous m'aviez fair
efperer.Je n'examine point fi la faute
en eft a la nature du fpectacle ou à
mon caractère ; qu'importe quand on
s'ennuye , je prévois que cet aveu e
m'attiera pas beaucoup d'éloges de
la part des petits Mautres, & des o
quettes ; à les en croire , rien de plus
charmant que le bal . C'eft la qu'a
l'ayde d'un iafque , on fe dérobe aux
MERCURE. 25
yeux des jalouz , fans le bal , que d'a
mans favorisés gémiroient encor dans
leurs chaines , que de foupirs pouffés
qui n'eullent jamais ofés naiftre à vi«
fage découvert ; enfin on peut définir
le bal , le veritable Temple de l'Amour
: il y lance fes traits de toutes
parts , & fa puiflance y paroift d'autant
plus grande , qu'il n'y a pas be
foin , comme dans le refte du monde ,
du fecours des appas pour faire de
nouveaux fujets , les maximes ordinaires
y font peu d'uſage , on s'y aime
fans fe connoiftre ,& fans s'être vûs ,
on diroit que tout l'air de ce lieu n'eft
formé que defoupirs , ce portrait peut
être fidele , mais pour peu que je
vouluffe entrer en difpure , que je
trouverois de chofes capables de balancer
ces avantages ! combien de
Maris à l'ayde du mafque ont appris
ce qu'ils enragent de fçavoir , combiende
confpirations amoureuſes dé .
couvertes ! combien d'indifcretions !
combien d'infidelités ! enfin combien
de femmes ont eû le dépit mortel de
perdre le jour, ces conquêtes qu'elles
94 LE NOUVEAU
ne devoient qu'à leur déguiſement .
Frappé de ces contradictions , Madame,
croiriez -vous , que je n'ai été
touché que des malheureux ,fans prendre
la moindre part à la joye des autres
; il ne vous eft pas difficile de juger
qu'avec ces fentimens , je me fuis
fort ennuyé ; cependant j'ai tenu bon ,
j'ai refté jufqu'à cinq heures , &
comme vous m'aviez ordonné ďêtre
toûjours, alerte pour apprendre
quelque hiftoire ;l'envie de vous fatisfaire
m'a déterminé de me mettre dans
une loge à côté de deux Cavaliers , qui
ne faifoient que d'y entrer ; ils avoient
beaucoup danſé à l'envi l'un de l'autre,
avec une Dame fort bien faite qui
venoit de leur faire entendre qu'il
étoit de la bienfeance qu'elle rejoignit
la compagnie , & qu'ils ne la fui
villent pas d'avantage . Je crû dabord
que la jalouſe aſſembloit nos rivaux
, & que leur converfation feroit
des plus vives. Je m'approchay fans
affecter de curiofité , je feignis d'être
fatigué, & de m'endormir. Voici Madame
, ce que j'entendis ; le recit de
MER CURE.
25
leur converfation va commencer
mon hiſtoire ; afin que vous ne foyez
point furprife , que je nomme d'abord
mes deux heros ; vous fçaurez que j'en
reconnus un à ſa voix qu'il déguifoit
mal , & qu'apiés avoir appris ce que
je voulois fçavoir , je me fis connoître
à eux , & eux à moy ; & c'est du
Chevalier mon amy, que j'ay'appris
toute l'intrigue .
Nous fommes amis depuis longtemps
, difoit le Marquis de Polygni
au Chevalier de Lefclache ; ou je me
trompe , ou nous fommes rivaux ,
parlez -moy de bonne foy , eft- ce avec
fincerité que vous avez exprimé vos
défirs à l'aimable inconnuë : je vous
confefle , reprit le Chevalier , que
je n'ay jamais été féduit fi agréablement
, & cependant vous fçavez que
nous n'avons fait qu'entrevoir fon vifage
; ce que j'en ay vû, ne fuffit que
trop, je ferois bien fâché que vous fufiez
auffi enchanté que je le fuis, j'au
rois un Concurrent trop dangereux ,
& ce ne feroit que par mes fentimens
que je pourois difputer le prix , d'un
96 LE NOUVEAU
le
coeur d'où dépend ma felici é , & qui
n'est peut-être pas refervé au plus fincere;
Poligni ne manqua pas à fon tour
de tendres expreffions , il parut auffi
amoureux que fon ami , le Chevalier
l'en auroit cru a moins , la jaloufie
qui accompagne l'amour par tout ,
lui avoit déja perfuadé ; dans ce moment,
il regarda le Marquis avec des
yeux de Rival, il eût peine à fe deffendre
d'un mouvement de dépit , ce qu'il
pût faire , fut de garder un exterieur
tranquille tandis qu'il étoit fi troublé
audedans. La fituation de Poligni
étoit à peu-prés la même , il craignit
que cette égalité de fentimens ne refroidit
leur union , il en parla au Chevalier
, ils fe donnerent de mutuelles
aflurances de s'aimer toûjours , & de
facrifierplûtoft leurs plus tendres défirs
, que de fouffrir dans leur cout ,
la moindre alteration l'un pour l'autre
.
Ces nouvelles proteftations finies,
ils quitterent la loge , ce fut alors
que je me fis reconnoiftre mais
comme je fuis icy un perfonnage peu
neceflaire
>
MERCUR E. 97
neceffaire à la fcene ;je reprends mon
recit , ils parcoururent de nouveau la
fale du bal , re, oignirent leur aima
ble inconnue qu'ils n'avoient point
perdu des yeux , la fuivirent quand
elle forti , & apprirent par un de fes
domestiques qu'ils gratifierent , qui
elle étoit & où elle demeuroit . C'étoit
la belle Cleonice , que l'abfence
d'un mary jaloux rendoit
d'un abord facile ; la nouvelle pouvoit
- elle être plus favorable à
nos ainans , ils s'embrafferent en fe
feparant , Poligni gagna la place des
victoites ,& Lelclache,le taux -bourg
faint Germain .
Je ne vous diray point , Madame, G
no deux amis dormi ent tranquillement
, d'un côté ils étoient amoureux
; de l'autre ils étoient fatigués
par plufieures veilles, ce qui rend leur
repos contr dictoire : ce que je fçais
pofitivement , c'eft que Pol gny s'é.
tant levé à quatre heures du foir , i .
fut beaucoup moins à la toilette q
l'ordinaire, tant il avoit d'impauence
d'aller voir l'objet de fon nouvel a
98 LE NOUVEA
U
mour , il y fut donc à cinq heures ,
& voici comme il debuta ; N'y a t'il'
point d'indifcretion , Madame , à venir
voir de fi prés des appas qui ont
produit cette nuit, de fi tendres effets,
malgré le foin que vous aviez pris
de les cacher , on lui répondit avec'
beaucoup d'efprit & de politefle . J'ef-'
pere , Madame , que vous me fçaurez
bon gré de ne pas charger mon hiftoire
de toute leur converfation ,
Mademoiſelle Scudery ne vous en
tiendroit pas quitte à fi bon marché
pour moy j'aime mieux laiffer à mon
Lecteur, le foin de deviner tout ce qui
peut le dire en pareille occafion , je
m'en fie mieux à fes fentinens qu'à
mes expreffions ; mais voici une circonftance
que je ne puis taire ; dans
le temps que Poligny tâchoit d'exprimer
tout ce qu'il reflentoit ' autant
que la modeftie de Cleonice le pouvoit
permettre , on apporta une Lettre
qu'un Laquais venoit de laif.
fer, lans dire de quelle part , & qui
foudain avoit difparu ; la femme
de chambre fut un peu gronMERCUR
E. 96
99
dée , & on luy défendit felon la coutume,
de fe charger jamais des Lettres
d'un inconnu ; Cleonice la lut cependant
d'abord tout bas , & enfuite à
Poligny; voici ce qu'elle contenoit .
Mon coeur népour aimer fe voyoit
en partage,
Tant de délicateffe , & defineerité ,
Que craignant d'éprouver quelqu'infidelité,
Il cherchoit fon pareil pour fixerfon
hommage:
Dans un nombre infini j'ay trouvé
quelques belles ,
Queje croyois d'abord avoir feduit
fes voeux ,
Mais fur leur peu defoy, bien- toft
ouvrant les yeux,
Fe connoiffois aßez qu'il n'eftoit pas
pour elles.
Je (oupirois toujours apres une avanture
Quim'offrit cet objet que je m'eftois
Forme ;
Cet objet fi charmant of feroir ren
fermé
Tij.
$36007
100
NOUVEAU LE
Le coeur le plus parfait qu'eut produit
la nature ;
Quand vos premiers regardsfont venusmefurprendre,
Sous leurs aimables coups interdit
enchanté ,
Fav vû que mon malheur , ou ma
felicité
Dépendait de la part que vous y
voudrez prendre.
Le Chevalier qui s'attendoit de
voir Cleonice le lendemain , n'avoit
point figné , mais Poligny reconnut
dans le moment, fon file, & fon écriture
, ille nomma pour l'Auteur de
ces vers , & tournant la converfation
fur les Poëtes , il faut avouer , ditil
, que ces Meffieurs là font bien
heureux , ils font de leur imagination
ce qu'ils veulent , ils rellentent des
peines ou des plaifits à leur gré , ils
font aujourdhui une elegie , demain
le caprice qui
un Madrigal, fuiva
les gouverne , je veux croire que mon
ami le Chevalier n'eft point du nombre
de ces Poëtes ; & lors qu'il nous
MERCURE 101
écrit fi tendrement , il faut qu'il reffente
quelque chofe , Cleonice comprit
facilement la fin de ce difcours,
& fans vouloir s'inftruire des fentiméns
du Chevalier , elle repartit
fimplement , qu'il feroit à fouhaiter
que chacun fut Poëte ; puifqu'il n'y
auroit plus de maux réels , & qu'elle
étoit bien perfuadée que tous les Amans
étoient Poëtes en ce lens . Poligni
voulut répliquer , mais quelquesperfonnes
qu'on vint annoncer ,
l'obligerent à garder fa réponſe , &
même à prendre congé de la compagnie
, ce qu'il fit dans le moment.
Un redoublement de tendrefle fur
l'effet de fon entre- vûë , la declaration
du Chevalier ne laifloit pas de
l'inquieter , fon procedé, difoit-il , eſt
plus refpectueux que le mien , il n'a
pas même mis fon nom , l'amour aime
tous ces petits myfteres , & moy
j'ay ofé me prefenter tout d'un coup ;
il eft vray que mon bonheur dépend
du caractere de la perfonne que j'ai
me , prefque tout fon fexe appelle vi
vacité , ardeur , empreffement , ce qui
I iij
102 LE NOUVEAU
il
me paroift une temerité ; un air firetenu
n'eft pas toujours de faifon.
Aprés ces reflexions que j'affure que
fit le Marquis , ou qu'il dût faire ,
alla trouver le Chevalier qui fçavoit
déja fa vifite ; ne me demandez point
Madame , qui l'avoit ſi bien inſtruit ,
fi on vouloit expliquer tous les par
où , & tous les comment des amoureux
, ou n'auroit jamais fait ; il fuffic
de fçavoir une fois, que le Dieu qui
les infpire, eft le plus fubtil, & le plus
ingenieux de tous ; il endort les Ĉerberes
, adoucit les Megeres , c'eft à
dire, en ftyle commun , qu'il gagne les
Suiffes les plus intraitables , & les
femmes de chambre les plus revêches.
Bon jour,mon cher Chevalier, dit
le Marquis, en l'embrallant, fi j'avois
efté auffi pareffeux que toy , tes affaires
ne feroient pas en fi bon train ,
& on ne fçauroit pas que Lefelache
eft un des amans le plus poli qui foit
au monde , & qui s'exprime avec le
plus de délicatelle ; tu ne te ferois jamais
attendu de m'avoir cette obliga.
MERCURE
203
tion; mais quelqu'amoureux que je
fois, mon amitié l'emporte. Que je
m'eſtimerai heureux fi le Chevalier
en agit ainfi avec moy , Lefclache
l'en aflura avec les termes les plus
perfuafifs , il s'informa plus exactement
de l'obligation pretenduë , que
Poligni vouloit qu'il luy eat , il ne fit
nul myftere de fa declaration en vers,
il s'habilla & fortit avec luy , il n'y
eut rien de particulier le refte du
jour .
Le lendemain ils fe trouverent tous
deux chez Cleonice , Poligni qui entra
le dernier, ne pût cacher un peu
de rougeur , tant il eft vray que les
premiers mouvemens de l'amour
font de nous porter à la vengeance,
indiftin&tement contre tout rival , il fe
remit pourtant , & aprés avoir badiné
agréablement fur leur tête à
tête , fur l'Auteur des vers , il examina
en lay même , fi quelques regards
favorables ou quelques réponfes
de la partde Cleonice ,ne marqueroit
point dés ce jour une préference,
car felon luy; l'amour eftoit prompt
104 LE NOUVEAU
às
s'expliquer ; mais qu'il eft difficile
de trouver la verité par un-femblable
examen ; la jaloufie qui eft toujours
de la partie nous tourne l'efprit de
façon, que nous croyons fouvent le
contraire de ce qui eft : ce que je puis
vous affurer, Madame, c'eft que pendant
les cinq ou fix premieres vifites
que firent nos amis rivaux , il eut
efté difficile à un tiers non intereffé ,
de deviner lequel des deux eftoit le
mieux traité .
Les choles en eftoient là ; lorſque
Poligni fongeant à rendre fes petits ,
foins utiles , chercha quelque moyen
pour cela , il ne doutoit point que
l'efprit & le merite du Chevalier ne
fuflent capable defaire diverfion dans
le coeur de Cleonice ; mais il ne vouloit
pas fe brouiller ouvertement, & voici
ce qu'il inventa. Ce trait va vous
donner, Madame,une idée bien deſavantageufe
de nos amans , & je fuis .
für que dés ce moment, ils vont perdre
vostre eftime ; voici donc ce que
Je Marquis propofa auChevalier , &c
comme il s'expliq ua.
MER CURE.
105
Nous nous fommes promis que notre
amitié triompheroit de notre amour
; ce n'eft pas atfez , mon cher,
pour des amis comme nous , il faut
encore que ce qui fert à brociller les
autres , ferve à forufier notre union .
Je vois bien qu'il n'étoit pas poffible
de vivre fans voir Cleonice , j'ai tout
fait pour te faire un facrifice de mes
defirs, fans y pouvoir réullir. Jamais
nous n'avancerons , tant que nous
nous trouverons enfemble chez elle ,
nous nous détrui - ons l'un l'autre , je
te donne le choix .
Le Chevalier fentit la verité de ces
taifons , & s'y rendit .
Ce n'eft pas le tout mon Cher, reprit
Poligni , les femmes font artificieufes
, & l'on peut , fans crime
ufer d'artifices avec elles , il faut que
nous nous diſions reciproquement les
progrès que nous ferons ; devenons,
s'il eft ií
Die , heureux
tous les
deux ; & crainte que notre intelligence
ne parut fufpecte ; rompons - là
ën apparence
; trouvons- nous encore
une fois enfemble
chez Cleonice
;
106 LE NOUVEAU
nous nous y dirons des chofes vives,
& nous finirons , s'il le faut , par un
combat fimulé ; quand ces feintes ne
ferviroient qu'à lui prouver la puiffance
de les attraits ; c'eft toûjours
beaucoup , & je t'aflure que les Dames
aiment mieux voir regner une
petite guerre entre leurs amans, qu'-
une fi parfaite tranquillité ; le Chevalier
eut quelque peine à fe rendre
à ces dernieres propofitions , la delicateffe
de fon amour s'y oppofoit ,
& fon amitié étoit fi fincere , que
l'ombre même de la perfidie , lui faìfoit
horreur ; cependant il les adopta
à la fin. Telle eft , Madame , la raifon
de l'homme , elle ne manque
prefque iamais de lui montrer le vrai ;
mais rarement elle a affez de force
pour l'engager à le prendre , & fa refittance
ne fert, pour l'ordinaire , qu à
rendre plus éclatant , le triomphe de
nos paffions .
Aprés une convention fi étonnante
entre deux perfonnes, qu'on pouvoit
foupçonner d'abord de veritable amour
, ils fongerent à agir en conMERCURE
107 .
>
fequence, ils fe trouverent chez la da
me , le querellerent , fe battirent ,
& la feinte fut fi bien conduite, que
Cleonice les crût irreconciliables, tur
tout quand elle euft éprouvé , que
l'interpofition de les charmes & de
fes difcours n'avoit pû calmer leur tu
reur , ils ne fe trouverent plus chez
elle , ils affecterent même d'y venir
un quart d'heure , l'un aprés l'autre,
afin que celui qui viendroit le dernier,
eut occafion de prouver la continuation
de fon reffentiment , en nevoulant
pas entrer .
La fincerité ne fut pas fi égale dans
les rapports qu'ils fe firent de l -urs
progrez , le Chevalier difoit bonnement
les chofes comme elles fe paffoient
, mais Poligni luy faifoit des
aveux tels qu'il lu plaifoit ; car ils
n'étoient pas d'aprés le vrar , le Chevalier
qui croyoit le Marquis de bon .
ne foy , s'imaginoit qu'il eftoit plus
favorifé que lui , ces jugemens les en
hardilloient , il en devenont plus entreprenant
, Cleonice s'en appercevoit
& reptimoit fon audace ; cela
108 LE NOUVEAU
le defefperoit, dans l'idée qu'il avoit,
que le Marquis eftoit mieux traité
il n'ofoit en faire fes plaintes , crainre
d'indifcretion ; en un mot , il étoit
la dupe de fa franchife: car Poligni en
profitoit , & pour faire la cour a fes
dépens , il rapportoit à Cléonice
tout ce qui fe paffoit entre elle & le
Chevalier , difant , qu'il le faifoit
par vanité. Cela ne pouvoit
manquer de rendre Lefelache odieux ;
il s'en app rçût avec douleur, & fans
penetrer les veritables raifons de la
haine de fa maiftreffe , il s'en prit à
fon étoile , & comme il eft fage jufques
dans le defefpoir , voici ce qu'il
écrivit.
BILLET.
Fe fuis plus perfuadé que ja- .
mais , Madame , qu'il y a une
Dé‹ffe aveugle qui décide ici bas
de notre bonheur , puisqu'avec
les plus tendres fentimens du
monde,je n'aipu meriter le moindre
MERCURE.
189
dre retour de vous ; il y a dans
ma deftinée , je ne fçais quelle
malignité, que je ne conçois pas,
ilfaut lafuivre , Madame , & ne
vous point ennuyer d'avantage ;
c'est le parti que j'ai pris.
Voilà peut eftre, Madame , le premier
Amant qui ait tenu parole en
pareille occafion , il cefla de la voir
en effet ; Poligni triomphoit de fon
fuccès , mais comme la perfidie ne
peut eftre long-tems victorieule. Le
Chevalier fut bien- tôt vangé .
La fatisfaction eft ordinairement enamour
, la fource de l'inconftance ;
Poligny fut beaucoup moins affidu ;
la Dame qui étoit déja prévenuë
contre le Chevalier , foupçonna d'abord
qu'il avoit quelque part dans
ce refroidiffement , fon foupçon` fe
confirma , parce qu'il lui fut rapport
té, qu'ils fe voyoient dans ces idées ;
le dépit luy fit faire ce que l'amour
n'avoit pû exiger , elle luy écrivit en
ces termes.
K
110 LE NOUVEAU
Billet de Cleonice.
Fe fçavois bien , Monfieur ,
que vous eftiezun indifcret , mais
je nefçavoispas que vous euffiez
raffemble en vous, toutes les mauvaifes
qualitez ; je mefouviendrai
long- tems du bal , &je me
garderai des nouvelles connoiffan
ces.
Jamais homme ne fut fi furpris que
le Chevalier , à la lecture de ce
Billet , il fit pour la probité, ce qu'il
avoit refolu de ne plus faire pour
fon amour ; il ne pût fouffrir qu'on
l'outrageat fi injuftement , il fut chez
Cleonice , & aprés une converfation
de trois heures , il ſe juſtifia ſi bien ,
qu'enfin Cleonice lui avoua tout ce
que Poligny avoit dit contre lui , cet
aveu le troubla fi fort qu'il fut un
demi- quart d'heure fans parler ; en
MER CURE. 111
fin ayant rappellé fes fens , il decouvrit
à fon tour toute l'intrigue ; il ne
crût plus rien devoir à un ami fi indigne
, il devint celui de Cleonice , &
l'eft encore aux conditions de part &
d'autre , de ne plus jamais revoir
Poligny ; voici mon hiftoire , Madame,
vous n'y avez point vû de ces
faits furprenants qui étonnent l'efprit
, ni de ces circonftances variées
qui le flatent ; c'est un recit des plus
fimples,tiré d'aprés nature ; mais auffi
vous y voyez la fincerité reconnue
, triompher à la fin de la perfidie.
C'eft voftre vertu favorite que
j'ai voulu couronner , pouvois- je
mieux m'acquiter de l'emploi que
vous m'aviez donné : Je fuis , Madame
,
Voftre trés -humble &
trés-obéiffant ferviteur,
DE BONNEVAL.
Fermer
140
p. 95-98
« Le 5. Mr le Cardinal de Noailles eût l'honneur de saluer Le [...] »
Début :
Le 5. Mr le Cardinal de Noailles eût l'honneur de saluer Le [...]
Mots clefs :
Cardinal, Officier, Décès, Opération, Huissier, Envoyé extraordinaire, Marquis, Nièce, Nomination, Chancelier, Cérémonie, Naissance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 5. Mr le Cardinal de Noailles eût l'honneur de saluer Le [...] »
Le s. Mr le Cardinal de Noailles
eût l'honneur de faluer LE ROY ,
après deux mois d'abfence caufée
par la petite verole de Mr l'Abbé
de Gontault. CetteEminence témoigna
à S. M. combien ce terme lui
avoit parû long.
Le 7. Mr Cantin ancien Officier
du Roy , Barbier , Perruquier , Me
d'Hôtel , Premier Valet de Chambre
& de Garde - Robe , mourut
d'une Paralyfie , dont il avoit efté
attaqué il y a environ cinq ans.
Le 3. le S LODUMIER arracha
deux dents au Roy, l'une qui branloit
, & l'autre qui étoit mal placée .
Le Royfouffrit cette opération douloureuſe
avec beaucoup de fermeté
& de patience ; il garda la chambre
par précaution.
Le 9. Mr Caterby, Chef du Goblet
vin du Roy , eut l'agrément de
la Charge de Mr Vaſſal , Huiffier
duCabinet du Roy , du Semestre de
Janvier à 55000. livres. S. M. en
memoire des anciens fervices de fa
famille lui a accordé un Brevet de
96 LE NOUVEAU
retenuë de 30000 livres .
M. le Baron de SCHUмk Envoyé
extraordinaire du Duc de VIRTEMBERG
, eut le matin fa premiere Au
dience du Roy , dans laquelle il
complimenta S. M. fur fon Avenement
à la Couronnes
Le to Mr le Marquis de la VRILLIERE
, accompagné de Mr de
SEIGNELAY , & de plufieurs autres
Seigneurs est entré chez le Roy , qui
a figné le Contrat de Mariage deMr
le Comte de Seignelay cy - devant
Abbé , avec Mlle de Valfafine , originaire
d'Allemagne , & Niéce du
Prince de la Tour , General des
Poftes de l'Empire.
Mr le Marquis de Theſut , à qui
on avoit ôté il y a quelques années
un Regiment de fon nom , levé à
fes dépens, ayant préfenté un Placet
à Msi le Duc Regent , fur le raport
de Mr le Maréchal de Villars
à S. A. R. on lui a fait la justice
de le rétablir dans la Charge de Colonel.
Ce Marquis eft forti d'une
des plus anciennes Maifons de Bourgogne.
L'on
MERCURE
97
L'on écrit de Limoges que fur la
nouvelle de la
nomination de Mr
DAGUESSEAU à la dignité de
Chancelier & Garde des Seaux de
France , les Habitans avoient don
nés des marques
éclatantes de leur
zele & de leur joye pour cette Promotion.
Puifque le
Dimanche 14
Février , le Corps de l'Hôtel de
Ville fit éxécuter un beauFeu d'Artifice
, aux
acclamations
publiques ,
accompagnées
de plufieures décharges
d'artillerie
.
Cette cérémonie fut fuivie d'un
grand repas que donna la Cour Préfidiale
, où les Confuls de l'Hôtel
de Ville affifterent .
Cette Capitale a raiſon de ſe féliciter
d'avoir donné le jour à ce prémier
chef de la Juftice ; elle conferve
avec foin dans fes Regiftres,
la réponſe flâteufe que feu Mr Da
gueffeau Confeiller d'Etat , pour
lors Intendant de cette Province ,
fit aux Officiers de l'Hôtel de Ville :
étant allez en Corps le complimenter
fur la naiffance de fon fils
Mars
1717. I
98*
LE
NOUVEAUpremier
né , qui eft Mr le Chancecelier
d'aujourd'huy
, il leur répondit
avec bonté , Meffieurs , le Ciel
m'a donné un Succeffeur
& à votre
Ville , un Protecteur
.
eût l'honneur de faluer LE ROY ,
après deux mois d'abfence caufée
par la petite verole de Mr l'Abbé
de Gontault. CetteEminence témoigna
à S. M. combien ce terme lui
avoit parû long.
Le 7. Mr Cantin ancien Officier
du Roy , Barbier , Perruquier , Me
d'Hôtel , Premier Valet de Chambre
& de Garde - Robe , mourut
d'une Paralyfie , dont il avoit efté
attaqué il y a environ cinq ans.
Le 3. le S LODUMIER arracha
deux dents au Roy, l'une qui branloit
, & l'autre qui étoit mal placée .
Le Royfouffrit cette opération douloureuſe
avec beaucoup de fermeté
& de patience ; il garda la chambre
par précaution.
Le 9. Mr Caterby, Chef du Goblet
vin du Roy , eut l'agrément de
la Charge de Mr Vaſſal , Huiffier
duCabinet du Roy , du Semestre de
Janvier à 55000. livres. S. M. en
memoire des anciens fervices de fa
famille lui a accordé un Brevet de
96 LE NOUVEAU
retenuë de 30000 livres .
M. le Baron de SCHUмk Envoyé
extraordinaire du Duc de VIRTEMBERG
, eut le matin fa premiere Au
dience du Roy , dans laquelle il
complimenta S. M. fur fon Avenement
à la Couronnes
Le to Mr le Marquis de la VRILLIERE
, accompagné de Mr de
SEIGNELAY , & de plufieurs autres
Seigneurs est entré chez le Roy , qui
a figné le Contrat de Mariage deMr
le Comte de Seignelay cy - devant
Abbé , avec Mlle de Valfafine , originaire
d'Allemagne , & Niéce du
Prince de la Tour , General des
Poftes de l'Empire.
Mr le Marquis de Theſut , à qui
on avoit ôté il y a quelques années
un Regiment de fon nom , levé à
fes dépens, ayant préfenté un Placet
à Msi le Duc Regent , fur le raport
de Mr le Maréchal de Villars
à S. A. R. on lui a fait la justice
de le rétablir dans la Charge de Colonel.
Ce Marquis eft forti d'une
des plus anciennes Maifons de Bourgogne.
L'on
MERCURE
97
L'on écrit de Limoges que fur la
nouvelle de la
nomination de Mr
DAGUESSEAU à la dignité de
Chancelier & Garde des Seaux de
France , les Habitans avoient don
nés des marques
éclatantes de leur
zele & de leur joye pour cette Promotion.
Puifque le
Dimanche 14
Février , le Corps de l'Hôtel de
Ville fit éxécuter un beauFeu d'Artifice
, aux
acclamations
publiques ,
accompagnées
de plufieures décharges
d'artillerie
.
Cette cérémonie fut fuivie d'un
grand repas que donna la Cour Préfidiale
, où les Confuls de l'Hôtel
de Ville affifterent .
Cette Capitale a raiſon de ſe féliciter
d'avoir donné le jour à ce prémier
chef de la Juftice ; elle conferve
avec foin dans fes Regiftres,
la réponſe flâteufe que feu Mr Da
gueffeau Confeiller d'Etat , pour
lors Intendant de cette Province ,
fit aux Officiers de l'Hôtel de Ville :
étant allez en Corps le complimenter
fur la naiffance de fon fils
Mars
1717. I
98*
LE
NOUVEAUpremier
né , qui eft Mr le Chancecelier
d'aujourd'huy
, il leur répondit
avec bonté , Meffieurs , le Ciel
m'a donné un Succeffeur
& à votre
Ville , un Protecteur
.
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141
p. 139-141
A Rome ce 3 Mars 1717
Début :
Le Carnaval nous a fourni des amusemens de toute espece, [...]
Mots clefs :
Carnaval, Opéras, Réjouissances, Princes, Altesse sérénissime, Gouverneur, Comtesse, Curiosité, Marquis, Chevalier, Bal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Rome ce 3 Mars 1717
A Rome ce 3 Mars 1717
Le Carnaval nous a fourni des
amuſemens de toute elpece , jamais
le Cours n'a été plus brillant , nos
Dames Romaines plus magnifiques,
les Comedies , Operas plus fre- .
quents , les Réjoüiffances plus uniLE
NOUVEAU
140
*
verfelles , ce fera bien autre chofe
l'année prochaine , fi l'on vient à
bout de rembarer le Turc. Les Prin-
Clement & Philippe de Baviere
font arrivez ici affez à tems,
pour jouïr des divertiffemens du
Carnaval , leurs Altele s Sereniffimes
fe firent voir Lundy incognito
au Cours , & virent enfuite d'un
Balcon du Comte de Bolognetti
la courfe des Chevaux ; Mr Santini
leur Gouverneur , qui avoit
accompagné l'an paffé le Prince
Electoral leur frere, a régalé de la
part de ce Prince , d'un Diamant
de prix , la Comteffe Bolognetti ,
en reconnoiffance du bon accueil
qu'il en a reçû pendant fon féjour
à Rome .
Il faut convenir que le Carnaval
de Rome mérite la curiofité des
Etrangers , & que c'eft fans contredit
le plus beau & le plus galant
de toute la Chrêtienté.
Le Marquis de Saint Pieri eft aux
Arrêts dans fa maifon & condamécus
d'amande , pour avoir né à
500
MERCURE. 141
fait jouer chez lui une Comedie
& donné le Bal enfuite un Vendredy
, ce jour étant le feul de la
femaine où les fpectacles font interdits
, cela s'apelle payer les violons
bien cher.
Le Chevalier de S. Georges ne
vient plus à Rome , & les prépa-.
paratifs qu'avoit fait le Cardinal
Gualterio pour le recevoir, devienent
inutils , l'apartement étoit difpofé
à la Royale: en y changeant peu de
chofe , il conviendra à Mr le Duc
de la Feüillade. S. S. a eû avis
qué ce Prince étoit forti d'Avignon
le 6 de Février , qu'il a paffé par le
Piémond , où il a reçû tous les honneurs
imaginables du Roy de Sicile ,
par le Parmefan & le Boulonois ,
pour fe rendre à Pefaro. Dom Carlo
Albani Neveu du Pape eft nommé
pour aller audevant de lui & le
conduire jufqu'au lieu deſtiné à fa
retraite .
Le Carnaval nous a fourni des
amuſemens de toute elpece , jamais
le Cours n'a été plus brillant , nos
Dames Romaines plus magnifiques,
les Comedies , Operas plus fre- .
quents , les Réjoüiffances plus uniLE
NOUVEAU
140
*
verfelles , ce fera bien autre chofe
l'année prochaine , fi l'on vient à
bout de rembarer le Turc. Les Prin-
Clement & Philippe de Baviere
font arrivez ici affez à tems,
pour jouïr des divertiffemens du
Carnaval , leurs Altele s Sereniffimes
fe firent voir Lundy incognito
au Cours , & virent enfuite d'un
Balcon du Comte de Bolognetti
la courfe des Chevaux ; Mr Santini
leur Gouverneur , qui avoit
accompagné l'an paffé le Prince
Electoral leur frere, a régalé de la
part de ce Prince , d'un Diamant
de prix , la Comteffe Bolognetti ,
en reconnoiffance du bon accueil
qu'il en a reçû pendant fon féjour
à Rome .
Il faut convenir que le Carnaval
de Rome mérite la curiofité des
Etrangers , & que c'eft fans contredit
le plus beau & le plus galant
de toute la Chrêtienté.
Le Marquis de Saint Pieri eft aux
Arrêts dans fa maifon & condamécus
d'amande , pour avoir né à
500
MERCURE. 141
fait jouer chez lui une Comedie
& donné le Bal enfuite un Vendredy
, ce jour étant le feul de la
femaine où les fpectacles font interdits
, cela s'apelle payer les violons
bien cher.
Le Chevalier de S. Georges ne
vient plus à Rome , & les prépa-.
paratifs qu'avoit fait le Cardinal
Gualterio pour le recevoir, devienent
inutils , l'apartement étoit difpofé
à la Royale: en y changeant peu de
chofe , il conviendra à Mr le Duc
de la Feüillade. S. S. a eû avis
qué ce Prince étoit forti d'Avignon
le 6 de Février , qu'il a paffé par le
Piémond , où il a reçû tous les honneurs
imaginables du Roy de Sicile ,
par le Parmefan & le Boulonois ,
pour fe rendre à Pefaro. Dom Carlo
Albani Neveu du Pape eft nommé
pour aller audevant de lui & le
conduire jufqu'au lieu deſtiné à fa
retraite .
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142
p. 189-191
MARIAGES.
Début :
Mre Antoine Gaspard de Colins Comte de Mortagne, cy-devant Premier Ecuyer [...]
Mots clefs :
Mariages, Duchesse, Comte, Dame, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIA GES.
Mre Antoine Gafpard de Colins
Comte de Mortagne , cy- levan :
Premier Ecuyer de S.A. R. Ma-
Qüij
190 LE NOUVEAU
dame Ducheffe d'Orleans , & auf
fi Capitaine Lieutenant des Gendirmes
de Bourgogne a épousé
le.. Mars. Dlle Charlotte deRohau ,
fille aînée de Mre Charles de Rohan
, Prince de Guemené Duc de
мntbazon , Pair de France & de
Dame Charlotte Elizabeth de Cochefilet
de Vaurineux ; мr le
Comte de Mortagne fort d'une famille
originaire des Païs - Bas , où
elle tient rang entre les plus diftinguées
, il eft veuf de deux femmes.
La premiere étoit de la mai
fon de Montgommerriy , & la feconde
étoit de celle de Baufremont.
ia paffé de ces Alliances à celle:
de la Maifon de Rohan , dont tout
le monde connoît la grandeur &
l'ancienneté .
Mre Charles Eleonor Colbert ,
Comte de Seignelay , Epoufa le 11
Mars 1717. Dlle Anne de la Tour
Taxis , fille de мre François - Sigifmond
de la Tour Taxis , Comte
de Valfaffine , & du S. Empire ,
Lieutenant General des Armées
de l'Empereur & Gouverneur des
Villes & Duché de Limbourg ; &:
MERCURE. * 197
de feüe Dame - Anne du Val. Sans :
entrer ici dans aucun détail généalogique
fur la naiffance de m ' le
Comte de Seignelay ; je vous dirai
feulement , qu'il eft fils & petit
fils de deux des plus grands Miniftres
, que la France ait encore
eûs ; que feu м le marquis de
Seignelay fon frere aîné avoit époufé
mle de Furftemberg , fille du
Prince de Furftemberg , d'une des
plus anciennes , & des plus illutres
Maifons d'Allemagne ; & que m' le
Comte de Creuilly auffi fon frere
aîné , eft marié depuis environ trois
ans avec мle Spinola , fille du
Prince Spinola , Prince de Vergagne
, & de l'Empire , & Grand
d'Espagne , pour la naiffance de la
nouvelle mariée , elle eft auffi desplus
illuftres je remers à vous en
inftruire amplement dans mon
premierJournal.
Mre Antoine Gafpard de Colins
Comte de Mortagne , cy- levan :
Premier Ecuyer de S.A. R. Ma-
Qüij
190 LE NOUVEAU
dame Ducheffe d'Orleans , & auf
fi Capitaine Lieutenant des Gendirmes
de Bourgogne a épousé
le.. Mars. Dlle Charlotte deRohau ,
fille aînée de Mre Charles de Rohan
, Prince de Guemené Duc de
мntbazon , Pair de France & de
Dame Charlotte Elizabeth de Cochefilet
de Vaurineux ; мr le
Comte de Mortagne fort d'une famille
originaire des Païs - Bas , où
elle tient rang entre les plus diftinguées
, il eft veuf de deux femmes.
La premiere étoit de la mai
fon de Montgommerriy , & la feconde
étoit de celle de Baufremont.
ia paffé de ces Alliances à celle:
de la Maifon de Rohan , dont tout
le monde connoît la grandeur &
l'ancienneté .
Mre Charles Eleonor Colbert ,
Comte de Seignelay , Epoufa le 11
Mars 1717. Dlle Anne de la Tour
Taxis , fille de мre François - Sigifmond
de la Tour Taxis , Comte
de Valfaffine , & du S. Empire ,
Lieutenant General des Armées
de l'Empereur & Gouverneur des
Villes & Duché de Limbourg ; &:
MERCURE. * 197
de feüe Dame - Anne du Val. Sans :
entrer ici dans aucun détail généalogique
fur la naiffance de m ' le
Comte de Seignelay ; je vous dirai
feulement , qu'il eft fils & petit
fils de deux des plus grands Miniftres
, que la France ait encore
eûs ; que feu м le marquis de
Seignelay fon frere aîné avoit époufé
mle de Furftemberg , fille du
Prince de Furftemberg , d'une des
plus anciennes , & des plus illutres
Maifons d'Allemagne ; & que m' le
Comte de Creuilly auffi fon frere
aîné , eft marié depuis environ trois
ans avec мle Spinola , fille du
Prince Spinola , Prince de Vergagne
, & de l'Empire , & Grand
d'Espagne , pour la naiffance de la
nouvelle mariée , elle eft auffi desplus
illuftres je remers à vous en
inftruire amplement dans mon
premierJournal.
Fermer
143
p. 191-192
Fragment d'une Lettre à l'Auteur du Mercure, repris d'une faute considerable d'impression, qui s'est glissée dans le Mercure de Février.
Début :
Vous n'ignorez pas M. que dans la distribution des graces, il [...]
Mots clefs :
Grâces, Régent, Marquis, Maréchal, Régiment, Compagnie, Mousquetaires, Corrections
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fragment d'une Lettre à l'Auteur du Mercure, repris d'une faute considerable d'impression, qui s'est glissée dans le Mercure de Février.
Fragment d'une Lettre à l'Auteur
du Mercure , repris d'une faute
confiderable d'impreffion , qui s'eft
gliffée dans le Mercure de Février:
Vous n'ignorez pas M. que dans
192 LE NOUVEAU
•
la diftribution des graces , il eit des
regles que Mer le Regent, à l'exemple
du feu Roy, s'est prefcrites : il n'y
a certainement pas manqué à l'égard
de M. le Marquis de Montefquiour
fils du Maréchal de ce nom ; puifqu'outre
que ce jeune Seigneur,à qui
M. fon pere a acheté le Regiment
d'Ifenghien , eft dans fa 17. année
& non dans fa 8e. comme il eſt marqué
dans voftre Journal de Février;
il a encore fatisfait à ces regles , en
fervant le Roy dans fa premiere
Compagnie des Moufquetaires commandée
par M. d'Artagnan fon oncle
à la mode de Bretagne , & forti
comme lui, de la maifon de Montelquiou
, l'une des plus anciennes &
des plus illuftres du Royaume. Ayez
pour agréable de corriger cette erreur.
Je fuis , &c.
du Mercure , repris d'une faute
confiderable d'impreffion , qui s'eft
gliffée dans le Mercure de Février:
Vous n'ignorez pas M. que dans
192 LE NOUVEAU
•
la diftribution des graces , il eit des
regles que Mer le Regent, à l'exemple
du feu Roy, s'est prefcrites : il n'y
a certainement pas manqué à l'égard
de M. le Marquis de Montefquiour
fils du Maréchal de ce nom ; puifqu'outre
que ce jeune Seigneur,à qui
M. fon pere a acheté le Regiment
d'Ifenghien , eft dans fa 17. année
& non dans fa 8e. comme il eſt marqué
dans voftre Journal de Février;
il a encore fatisfait à ces regles , en
fervant le Roy dans fa premiere
Compagnie des Moufquetaires commandée
par M. d'Artagnan fon oncle
à la mode de Bretagne , & forti
comme lui, de la maifon de Montelquiou
, l'une des plus anciennes &
des plus illuftres du Royaume. Ayez
pour agréable de corriger cette erreur.
Je fuis , &c.
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144
p. 87-103
NOUVELLE DE PARIS.
Début :
Le 28. jour de Pâques, le Roy ayant été préparé la [...]
Mots clefs :
Duc, Marquis, Prince, Roi de France, Régent, Maréchal, Charges, Nominations, Gouvernement, Pensions, Compagnie, Chambre, Cérémonie, Magnificence, Gentilhommes, Ambassadeurs, Princesses, Paroisse, Garde du corps, Pâques, Aumônier, Honneur, Rentes, Cour, Conseils
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLE DE PARIS.
NOUVELLES DE PARIS.
L
E 28.jour de Pâques , le Roy
ayant été préparé la veille
par Mr l'Abbé Fleury fon Confeffeur
, fe confeffa à lui pour la premiere
fois . Il rempliten Roy Tres-
Hji
88 LE MERCURE
*
CHRETIEN , ce devoir de Religion
, avec tout le recueillement ,
& l'édification poffible.
Le même jour , le Roy fit rendre
les Pains- benis à l'Eglife de Saint
Germain l'Auxerrois fa Paroiffe
par M l'Abbé du Cambou l'un
de fes Aumôniers , en Rochet : S.
M. voulut voir de fon Balcon la
marche de cette Cérémonie , qui
étoit tres - magnifique ; il y avoit
huit Pains ornés de Banderoles aux
Armes de France & de Navarre ,
portés par 16 Suiffes de la Garde ,
précédés des Trompetes , Timbales ,
Haut- bois & Tambours , accompagnés
de plufieurs Officiers du Roy.
Mr du Cambou alla à l'Offrande
avec un Cierge garni de Louisd'Or
Il fit plufieures libéralités
aux Quéteufes .
Mde Ducheffe de Berry le fit
rendre auffi le même jour , à l'Eglife
de Saint Sulpice fa Paroiffe ,
par M l'Abbé de Partenai l'un
de fes Aumôniers , en Rochet . Il y
avoit pareillement huit Pains-benis
D'AVRIL. 89
ornés des Banderoles aux Armes de
Berry & d'Orleans , portés par 16
Suiffes , précédés de 12 valets -de-
Pied , 8 Haut-bois , 8 Trompettes ,
des Tambours & Timbales : Cet
Aumônier alla à l'Offrande , avec
un Cierge tout piqué de Louis :
Il fit beaucoup de charités aux
Quéteufes & aux Pauvres. Cette
Princeffe entendit ce jour - là la
Meffe & les Vêpres aux Carmelites
de la rue de Grenelle.
Merle Duc d'Orleans fit rendre auifi
8 Pains - benis , avec les mêmes
Cérémonies à S. Euftache fa Paroiffe.
On annonça le matin à la Cour ,
la mort de M de Briffac Lieutenant
des Gardes du Corps , de la
Compagnie de Villeroy , & Gouverneur
de Guife , arrivée à minuit.
J'oubliai de vous informer , que
M. le Duc Régent avoit accordé ces
jours paffés , trois Brevets de Confeillerd'Etat
, l'un à Ml'Archevêque
de. Cambrai , les deux autres à
Mr le Comte de Chiverni , & à
•
H jii
༡༠ LE MERCURE
Mr le Marquis de Canillac.
Le 29 , M Binet le Cadet
Perruquier & Barbier du Roy
mourut âgé de
35 ans .
Le Lundy de Pâques , Mde
Sallo Abbelle des Cordelieres ,
rentra dans fon Convent , fuivant
l'Arrêt du Parlement rendu en fa,
faveur ; toutes les Religieufes de ſa
Communauté
vinrent au devant
d'elle , pour la recevoir.
Le 30 , Mile Cardinal Archevêque
de Paris , s'étant rendu à l'Abbaye
Royale de Chelles , donna
le Voile blanc à la Princeffe Louïfe-
Adelaïde . d'Orleans Cadette de
Madame Ducheffe de Berry : Cette
Cérémonie fe fit à huis clos , en
préſence de Madame la Ducheffe
d'Orleans .
Ce matin avant la Meffe , le Roy
a donné la premiere Audience à
Mr le Comte de Kinigſegg Ambaſfadeur
de l'Empereur , étant conduit
par M le Marquis de Magny
* Née le 13 Aouft , 1698.
D'AVRIL. ' 91
Introducteur des Ambaffadeurs ;
Mr le Maréchal d'Uxelles y étoit
préfent , comme Sécrétaire des
Affaires Etrangères. Aprés la Meffe ,
tous les Miniftres Etrangers s'y font
trouvés. Mt le Nonce en fortit le
dernier.
MB le Duc Régent a écrit une
Lettre Circulaire à tous les Prélats
du Royaume , pour les éxhorter à
la Paix.
Le 31 , Mr le Duc de Villeroy
ayant vû S. A. R. à 11 heures &
demie , on fçût un moment aprés ,
que Mr de la Boulaye le plus ancien
des Enfeignes de la Compagnie
de Villeroy , étoit monté à la
Lieutenance de feu M'de Briffac,
& que la Brigade du défunt avoit
été accordée au Marquis du Palais
Colonel de Cavalerie réformé , à
la fuite du Régiment du Mayne.
Le Roy allant à ſon Diner , reçûr
l'avis , que la Reine d'Eſpagne
étoit hûreufement accouchée le 21
d'un fecond Prince. A trois heures,
le Prince de Cellamaré Ambaffa-
A jiii
92
LE MERCURE
deur d'Efpagne en vint apporter la
confirmation à S. M. On fçût que
cet Infant , qui eft le cinquième de
la Maiſon Royale , avoit été ondoyé,&
nommé Don Francifco . Au
départ du Courier , le Prince &
la Reine fe portoient bien. Le
Prince Cellamaré prépare une
Fête magnifique pour la Naiffance
de cet Infant.
On a eu avis que M. Burlet premier
Medecin de S. M. C. revenoit
d'Espagne.
Le premier Avril , on a vû
relever les Quartiers des Gardes
du Corps & des Chevaux LEGERS .
M. le Duc de Chaulnes Capitaine
Lieutenant de la Compagnie des
Chevaux LEGERS , accompagné de
fept ou huit Maréchaux des Logis ,
vint faire fa Cour au Roy.
Le 2 , MADAME fe fit feigner ,
pour rémédier à une efpéce d'affoupiffement
, dont elle fe fent incommodée.
S. M. y envoya M. Roland
un de fes Gentils - Hommes ordilui
faire fes Compli- . pour
naires
mens .
D'AVRIL .
93
•
M. le Marquis d'Albergotti a laiffé
par fa mort , une riche Succeffion ;
il joüiffoit de 80000 livres de Rentes
, Sçavoir le Gouvernement de
Sar-Louis de 20000 livres , une
Penfion de 10000 livres , comme
Lieutenant General , fon Regiment
Royal Italien de 30000 livres , &
de biens confidérables en Italie.
Il a inftitué M. le Marquis d'Albergotti
fon Neveu , héritier de tout
ce qu'il poffedoir en France ; pour
fes biens d'Italie , il les a abandonné
à fes Neveux qui font restés
au delà des Monts.
Mr le Prince de Talmont de la
Tremouille , Coufin Germain de
Madame , Oncle à la mode de Bretagne
de MB LE DUC REGENT , a
obtenu le Gouvernement de Sar-
Louis de 20 mille livres de rentes;
en fuivant les difpofitions de la Régence
, il a abandonné une Penfion
de 12 mille livres fur l'Etat,
parce que on prétend éteindre toutes
les Penfionsjufqu'à ce qu'elles
foient réduites àla fomme de deux
94
LE MERCURE
millions.
Le Roy a donné ce matin le
Gouvernement de Guife follicité
par tous les Lieutenants Généraux
& Maréchaux de Camp , à Mr le
Marquis de Hautefort , le plus ancien
des Lieutenants Généraux, qui
n'avoit que 6000 mille livres de
Penfion , comme Lieutenant Général
. Elle demeure éreinre au profit
du Roy , fuivant le Réglement
de la Régence , qui porte que ,
quand on fera des Graces aux Penfionnaires
qui excéderont leurs
Penfions , elles feront . fupprimées ..
M8 le Duc Régent a fait l'Eloge
de Mr le Marquis de Hautefort ,
en difant aux Perfonnes qui l'en font
venuës remercier , que c'étoit une
juftice , & non une grace , qui étoit
due aux Services de cet Officier.
Mr Pelletier de Souzy , Ancien.
Confeiller du Confeil Royal des
Finances , qui n'entroit au Confeil
de Régence que lorfqu'il y étoit appellé
, a reçû aujourd'hui l'honneur
de l'entrée à tous les Confeils de
- Régence .
D'AVRIL
55
Le 4. jour de Quasimodo , Mi
le Duc du Maine fit offrir fix
Pains Benis à Saint Germain de
l'Auxerrois fa Parroiffe , avec les
Cérémonies ordinaires .
Madame vint voir le Roy , qui
avoit voulû prévenir certe Princeffe
; mais Elle pria S. M. de ne
lui point faire cet honneur , parce
qu'Elle ne fe trouvoit pas en affez
bon état pour la rçevoir.
Mr l'Evêque de Fréjus , Précepteur
du Roy , a été défigné par
l'Académie Françoife , pour remplacer
feu M de Callieres .
A deux heures & demie , on vit en
trer dans lesŢuilleries Mile Duc de
Chaulnes , & Mr le Vidame d'Amiens
fon fils,à la tête desChevaux-
Legers de Quartier. Mr le Maréchal
de Villeroy étant monté à Cheval
, vint recevoir le Serment de
fidelité de M le Vidame , pour
la Charge de Capitaine Lieutenant
de cette Compagnie , recû
en furvivance de M le Duc de
95 LE MERCURE
Chaulnes fon pere ; il en a prêté
Serment de fidélité entre les mains
du Roy, en prefence de Mer le
Duc Regent. S. M. étant fur le Balcon
de la Salle des Cent Suiffes,
a eû la confidération de ne faire fai-.
re aucun mouvement à cette Brigade
, à caufe de la pluye .
M. le Duc d'Orleans eft entré
enfuite au Cenfeil de Régence , le
premier qui s'eft tenu depuis les
Fêtes.
M. le Prince de Conty ût féance
pour la premiere fois dans ce Confeil
, où il fut inftalé par S. A. R.
Les , M. du Liboys Gentil-Homme
seront fort diftingué par
fon mérite , a été choiſi pour aller
recevoir le CZAR fur la Frontiere
& l'accompagner jufques à Paris.
Il y a un ordre du Roy , de traiter
ce Prince par tout avec Cérémonie.
Le Sieur Bocquet Maître
d'Hôtel de M. le Marquis de
de Livry , a été chargé de faire la
dépenfe de la Table : ce Prince
fera défrayé aux dépens du Roy ,
dés
D'AVRIL. 97
dés le moment qu'il mettra le pied
fur les Terres de France.
د
Mr le Commandeur de Belle-
Fontaine ancien Officier de confidération
, a été nommé General
des Galeres du Pape avec l'agrément
du Grand Maître qui lui a
témoigné par une Lettre fort obligeante
, la part qu'il prénoit de le
voir dans un Pofte où il ne lui
laifferoit manquer de rien.
Le 6 , on préfenta à S. M. dix
Oifeaux pour la Fauconerie , que
le Roy de DANEMARC a envoyé
; ils font des plus forts &
des plus beaux que l'on ait vû en
France .
Le même jour , M. l'Abbé Landy
Envoyé Extraordinaire de M. le
Duc de Parme , ût fa premiere
Audience publique du Roy ; il fut
reçû dans le grand Cabinet , le Roy
étant debout ; ce qui ne fe pratiquoit
pas fous le Gouvernement des
Femmes. S. M.recevant pour lors indifferemment
, Ambaffadeurs & Envoyez
dans fon Fauteuil , fur fon
Avril 1717. I
98 LE MERCURE
Trône ; mais M. le Maréchal de
Villeroy a remis les chofes en régle .
Mr de Conflans Marquis d'Armentieres
, premier Gentil - Homme
de la Chambre de M. le Duc
d'Orleans mourut le
dans une
de fes Terres : Sa Charge a paffé
fur la tête de Mr le Marquis de
Conflans fon frere , qui payera
vingt mille écus à la Veuve , dont
le fils qui n'a que huit ans , aura la
Charge en furvivance , aprés la
mort de Monfieur fon Oncle.
La Charge de Maître de la Garde-
Robe de S. A. R. , qui vaquoit
depuis près d'un an , par la mort
de Mr le Marquis de Breauté , a
été accordée gratis à Mr le Comte
de Nocé ; c'eft un Préfent de 50000
écus.
Mr le Marquis de Pluvaut qui
eft auffi revêtu d'une femblable
Charge , a été honoré d'un Brevet
de Premier Gentil-Homme de la
Chambre de M. le Duc Regent ,
avec l'agrément de vendre la premiere.
D'AVRIL. 99
Sur les 3. heures S. M. alla faire
vifite au Palais Royal : le Roy s'étant
mis proche la glace d'une des
portieres , pour mieux voir , M.
le Duc du Maine fe plaça immédiatement
auprès du Roy, & M. le
Maréchal de Villeroy à côté de
M. le Duc du Maine . M. le Duc
de Villeroy , comme Capitaine
des Gardes , étoit fur le devant ,
avec M. le Premier.
Le 7 , M. le .Cardinal de
Noailles vint voir le Roy .
Le8 , M. le Premier Préfident
de Mefnars préfenta au Roy M. de
Maupoux à qui il a vendu fa Char
ge de Préfident à Mortier , fept
cens mille livres , dont l'Acquereur
ne jouira cependant qu'après la
mort du Vendeur , à qui il donne
a préfent deux cens mille livres
comptant ; & le jour qu'il l'exercera
, foit par la inort de M. de Mefnars
, où par celle d'un Préfident
à Mortier , il payera les 500 autres
mille livres.
Le 9 , M. Grillet Chef de Bri-
Lij
100 LE MERCURE
gade dans les Gardes du Corps ,
frere de feu M. de Briffac , a obtenu
une gratification de deux mille
livres par chacun an.
Hier , on fit un Service folemnel
& magnifique dans la Paroiffe
de S. Euftache , pour feu Mr le
Marquis d'Albergotti.
M. le Marquis de Silly s'étant excufé
de fuivre M. le Prince de
Dombes en Hongrie , M. le Marquis
d'Eftrades s'eft préfenté en fa
place avec fon fils ; S. M. en confidération
de cette démarche , lui
a accordé un Brevet de retenuë
de 100000 livres fur la mairie de
Bourdeaux , dont il avoit été gratifié
à la mort de M. le Maréchal de
Montrevel , & qui avoit été poffedée
précédemment par le feu
Maréchal d'Eftrades.
M. l'Evêque de Soiffons s'eft préfenté
le 10 , devant le maître Autel
de la Catédrale de Reims , pour
faire fon Serment , en qualité de
premier Suffragant de cet Archevêché
.
D'AVRIL . 101
Le 10 , M. le Marquis d'Alincour
fils de Mr le Duc de Villeroy ,
partit pour aller fervir en Hongrie.
Le 12 , M de Sommery fous-
Gouverneur de S. M. , ût l'honneur
de faire manger le Roy , à
la place de M. le Maréchal de
Villeroy , qui avoit pris ce jour- là,
médecine .
M. le Comte du Luc arrivales ,
de fon Ambaffade de Vienne en
Autriche ; il a été obligé de garder
la Chambre à caufe de fes incommodités,
il a été vifité de toute
la Cour.
Le 14 , on ût avis que le feu
ayant pris dans une Hôtellerie de
Châlons en Champagne , où étoient
les Equipages de M. le Prince de
Dombes , il y avoit perdu feize
Chevaux , huit de Maitre , &
huit de Palfreniers. M. le Duc
du Maine a donné ordre qu'on réparat
promptement le dommage
caufé par le feu , il a renvoyé quatre
beaux Chevaux Anglois , & M.
le Comte de Toulouze a fuplée au
refte.
Iiij
102 LE MERCURE
pour
M. le Duc de la Force & M.
Pelletier des Forts font nommez ,
entendre les raiſons de ceux
qui fe plaignent d'avoit été furtaxés
à la Chambre de Juftice . Le
premier examinera les Rolles Impairs
, & le fecond les Pairs. C'eſtà-
dire qu'ils ont partagé l'Ouvrage .
M. le Duc de la Force ayant le 1,
le 3: le s , le e Rôlle &c. Et
Mr des Forts ayant le 2 , 4. 6.8 .
ainfi jufqu'au 19e.
Mgr le Duc Régent a gratifié
M. Coepel fameux Peintre, de toutes
les prérogatives accordées à feu
M. Jouvenet ; outre la qualité de
Gentil- homme qui lui a été conférée
; ce Prince a ajouté une Penfion
de 2500 livres , & une autre
de soo livres à fon fils , qui fuit de 500
fort prés м. fon pere dans fon Art .
3
Il y a tous les Dimanches & Fêtes,
Toillette chez Madame Ducheffe
de Berry à midy ; M le Nonce
les Ambaffadeurs & Minifttes Etrangers
s'y trouvent régulièrement avec
quantité de Seigneurs & de Dames;
D'AVRIL. 103 •
ce qui forme la Cour la plus nom
breuſe & la plus brillante de l'Eu
rope .
L
E 28.jour de Pâques , le Roy
ayant été préparé la veille
par Mr l'Abbé Fleury fon Confeffeur
, fe confeffa à lui pour la premiere
fois . Il rempliten Roy Tres-
Hji
88 LE MERCURE
*
CHRETIEN , ce devoir de Religion
, avec tout le recueillement ,
& l'édification poffible.
Le même jour , le Roy fit rendre
les Pains- benis à l'Eglife de Saint
Germain l'Auxerrois fa Paroiffe
par M l'Abbé du Cambou l'un
de fes Aumôniers , en Rochet : S.
M. voulut voir de fon Balcon la
marche de cette Cérémonie , qui
étoit tres - magnifique ; il y avoit
huit Pains ornés de Banderoles aux
Armes de France & de Navarre ,
portés par 16 Suiffes de la Garde ,
précédés des Trompetes , Timbales ,
Haut- bois & Tambours , accompagnés
de plufieurs Officiers du Roy.
Mr du Cambou alla à l'Offrande
avec un Cierge garni de Louisd'Or
Il fit plufieures libéralités
aux Quéteufes .
Mde Ducheffe de Berry le fit
rendre auffi le même jour , à l'Eglife
de Saint Sulpice fa Paroiffe ,
par M l'Abbé de Partenai l'un
de fes Aumôniers , en Rochet . Il y
avoit pareillement huit Pains-benis
D'AVRIL. 89
ornés des Banderoles aux Armes de
Berry & d'Orleans , portés par 16
Suiffes , précédés de 12 valets -de-
Pied , 8 Haut-bois , 8 Trompettes ,
des Tambours & Timbales : Cet
Aumônier alla à l'Offrande , avec
un Cierge tout piqué de Louis :
Il fit beaucoup de charités aux
Quéteufes & aux Pauvres. Cette
Princeffe entendit ce jour - là la
Meffe & les Vêpres aux Carmelites
de la rue de Grenelle.
Merle Duc d'Orleans fit rendre auifi
8 Pains - benis , avec les mêmes
Cérémonies à S. Euftache fa Paroiffe.
On annonça le matin à la Cour ,
la mort de M de Briffac Lieutenant
des Gardes du Corps , de la
Compagnie de Villeroy , & Gouverneur
de Guife , arrivée à minuit.
J'oubliai de vous informer , que
M. le Duc Régent avoit accordé ces
jours paffés , trois Brevets de Confeillerd'Etat
, l'un à Ml'Archevêque
de. Cambrai , les deux autres à
Mr le Comte de Chiverni , & à
•
H jii
༡༠ LE MERCURE
Mr le Marquis de Canillac.
Le 29 , M Binet le Cadet
Perruquier & Barbier du Roy
mourut âgé de
35 ans .
Le Lundy de Pâques , Mde
Sallo Abbelle des Cordelieres ,
rentra dans fon Convent , fuivant
l'Arrêt du Parlement rendu en fa,
faveur ; toutes les Religieufes de ſa
Communauté
vinrent au devant
d'elle , pour la recevoir.
Le 30 , Mile Cardinal Archevêque
de Paris , s'étant rendu à l'Abbaye
Royale de Chelles , donna
le Voile blanc à la Princeffe Louïfe-
Adelaïde . d'Orleans Cadette de
Madame Ducheffe de Berry : Cette
Cérémonie fe fit à huis clos , en
préſence de Madame la Ducheffe
d'Orleans .
Ce matin avant la Meffe , le Roy
a donné la premiere Audience à
Mr le Comte de Kinigſegg Ambaſfadeur
de l'Empereur , étant conduit
par M le Marquis de Magny
* Née le 13 Aouft , 1698.
D'AVRIL. ' 91
Introducteur des Ambaffadeurs ;
Mr le Maréchal d'Uxelles y étoit
préfent , comme Sécrétaire des
Affaires Etrangères. Aprés la Meffe ,
tous les Miniftres Etrangers s'y font
trouvés. Mt le Nonce en fortit le
dernier.
MB le Duc Régent a écrit une
Lettre Circulaire à tous les Prélats
du Royaume , pour les éxhorter à
la Paix.
Le 31 , Mr le Duc de Villeroy
ayant vû S. A. R. à 11 heures &
demie , on fçût un moment aprés ,
que Mr de la Boulaye le plus ancien
des Enfeignes de la Compagnie
de Villeroy , étoit monté à la
Lieutenance de feu M'de Briffac,
& que la Brigade du défunt avoit
été accordée au Marquis du Palais
Colonel de Cavalerie réformé , à
la fuite du Régiment du Mayne.
Le Roy allant à ſon Diner , reçûr
l'avis , que la Reine d'Eſpagne
étoit hûreufement accouchée le 21
d'un fecond Prince. A trois heures,
le Prince de Cellamaré Ambaffa-
A jiii
92
LE MERCURE
deur d'Efpagne en vint apporter la
confirmation à S. M. On fçût que
cet Infant , qui eft le cinquième de
la Maiſon Royale , avoit été ondoyé,&
nommé Don Francifco . Au
départ du Courier , le Prince &
la Reine fe portoient bien. Le
Prince Cellamaré prépare une
Fête magnifique pour la Naiffance
de cet Infant.
On a eu avis que M. Burlet premier
Medecin de S. M. C. revenoit
d'Espagne.
Le premier Avril , on a vû
relever les Quartiers des Gardes
du Corps & des Chevaux LEGERS .
M. le Duc de Chaulnes Capitaine
Lieutenant de la Compagnie des
Chevaux LEGERS , accompagné de
fept ou huit Maréchaux des Logis ,
vint faire fa Cour au Roy.
Le 2 , MADAME fe fit feigner ,
pour rémédier à une efpéce d'affoupiffement
, dont elle fe fent incommodée.
S. M. y envoya M. Roland
un de fes Gentils - Hommes ordilui
faire fes Compli- . pour
naires
mens .
D'AVRIL .
93
•
M. le Marquis d'Albergotti a laiffé
par fa mort , une riche Succeffion ;
il joüiffoit de 80000 livres de Rentes
, Sçavoir le Gouvernement de
Sar-Louis de 20000 livres , une
Penfion de 10000 livres , comme
Lieutenant General , fon Regiment
Royal Italien de 30000 livres , &
de biens confidérables en Italie.
Il a inftitué M. le Marquis d'Albergotti
fon Neveu , héritier de tout
ce qu'il poffedoir en France ; pour
fes biens d'Italie , il les a abandonné
à fes Neveux qui font restés
au delà des Monts.
Mr le Prince de Talmont de la
Tremouille , Coufin Germain de
Madame , Oncle à la mode de Bretagne
de MB LE DUC REGENT , a
obtenu le Gouvernement de Sar-
Louis de 20 mille livres de rentes;
en fuivant les difpofitions de la Régence
, il a abandonné une Penfion
de 12 mille livres fur l'Etat,
parce que on prétend éteindre toutes
les Penfionsjufqu'à ce qu'elles
foient réduites àla fomme de deux
94
LE MERCURE
millions.
Le Roy a donné ce matin le
Gouvernement de Guife follicité
par tous les Lieutenants Généraux
& Maréchaux de Camp , à Mr le
Marquis de Hautefort , le plus ancien
des Lieutenants Généraux, qui
n'avoit que 6000 mille livres de
Penfion , comme Lieutenant Général
. Elle demeure éreinre au profit
du Roy , fuivant le Réglement
de la Régence , qui porte que ,
quand on fera des Graces aux Penfionnaires
qui excéderont leurs
Penfions , elles feront . fupprimées ..
M8 le Duc Régent a fait l'Eloge
de Mr le Marquis de Hautefort ,
en difant aux Perfonnes qui l'en font
venuës remercier , que c'étoit une
juftice , & non une grace , qui étoit
due aux Services de cet Officier.
Mr Pelletier de Souzy , Ancien.
Confeiller du Confeil Royal des
Finances , qui n'entroit au Confeil
de Régence que lorfqu'il y étoit appellé
, a reçû aujourd'hui l'honneur
de l'entrée à tous les Confeils de
- Régence .
D'AVRIL
55
Le 4. jour de Quasimodo , Mi
le Duc du Maine fit offrir fix
Pains Benis à Saint Germain de
l'Auxerrois fa Parroiffe , avec les
Cérémonies ordinaires .
Madame vint voir le Roy , qui
avoit voulû prévenir certe Princeffe
; mais Elle pria S. M. de ne
lui point faire cet honneur , parce
qu'Elle ne fe trouvoit pas en affez
bon état pour la rçevoir.
Mr l'Evêque de Fréjus , Précepteur
du Roy , a été défigné par
l'Académie Françoife , pour remplacer
feu M de Callieres .
A deux heures & demie , on vit en
trer dans lesŢuilleries Mile Duc de
Chaulnes , & Mr le Vidame d'Amiens
fon fils,à la tête desChevaux-
Legers de Quartier. Mr le Maréchal
de Villeroy étant monté à Cheval
, vint recevoir le Serment de
fidelité de M le Vidame , pour
la Charge de Capitaine Lieutenant
de cette Compagnie , recû
en furvivance de M le Duc de
95 LE MERCURE
Chaulnes fon pere ; il en a prêté
Serment de fidélité entre les mains
du Roy, en prefence de Mer le
Duc Regent. S. M. étant fur le Balcon
de la Salle des Cent Suiffes,
a eû la confidération de ne faire fai-.
re aucun mouvement à cette Brigade
, à caufe de la pluye .
M. le Duc d'Orleans eft entré
enfuite au Cenfeil de Régence , le
premier qui s'eft tenu depuis les
Fêtes.
M. le Prince de Conty ût féance
pour la premiere fois dans ce Confeil
, où il fut inftalé par S. A. R.
Les , M. du Liboys Gentil-Homme
seront fort diftingué par
fon mérite , a été choiſi pour aller
recevoir le CZAR fur la Frontiere
& l'accompagner jufques à Paris.
Il y a un ordre du Roy , de traiter
ce Prince par tout avec Cérémonie.
Le Sieur Bocquet Maître
d'Hôtel de M. le Marquis de
de Livry , a été chargé de faire la
dépenfe de la Table : ce Prince
fera défrayé aux dépens du Roy ,
dés
D'AVRIL. 97
dés le moment qu'il mettra le pied
fur les Terres de France.
د
Mr le Commandeur de Belle-
Fontaine ancien Officier de confidération
, a été nommé General
des Galeres du Pape avec l'agrément
du Grand Maître qui lui a
témoigné par une Lettre fort obligeante
, la part qu'il prénoit de le
voir dans un Pofte où il ne lui
laifferoit manquer de rien.
Le 6 , on préfenta à S. M. dix
Oifeaux pour la Fauconerie , que
le Roy de DANEMARC a envoyé
; ils font des plus forts &
des plus beaux que l'on ait vû en
France .
Le même jour , M. l'Abbé Landy
Envoyé Extraordinaire de M. le
Duc de Parme , ût fa premiere
Audience publique du Roy ; il fut
reçû dans le grand Cabinet , le Roy
étant debout ; ce qui ne fe pratiquoit
pas fous le Gouvernement des
Femmes. S. M.recevant pour lors indifferemment
, Ambaffadeurs & Envoyez
dans fon Fauteuil , fur fon
Avril 1717. I
98 LE MERCURE
Trône ; mais M. le Maréchal de
Villeroy a remis les chofes en régle .
Mr de Conflans Marquis d'Armentieres
, premier Gentil - Homme
de la Chambre de M. le Duc
d'Orleans mourut le
dans une
de fes Terres : Sa Charge a paffé
fur la tête de Mr le Marquis de
Conflans fon frere , qui payera
vingt mille écus à la Veuve , dont
le fils qui n'a que huit ans , aura la
Charge en furvivance , aprés la
mort de Monfieur fon Oncle.
La Charge de Maître de la Garde-
Robe de S. A. R. , qui vaquoit
depuis près d'un an , par la mort
de Mr le Marquis de Breauté , a
été accordée gratis à Mr le Comte
de Nocé ; c'eft un Préfent de 50000
écus.
Mr le Marquis de Pluvaut qui
eft auffi revêtu d'une femblable
Charge , a été honoré d'un Brevet
de Premier Gentil-Homme de la
Chambre de M. le Duc Regent ,
avec l'agrément de vendre la premiere.
D'AVRIL. 99
Sur les 3. heures S. M. alla faire
vifite au Palais Royal : le Roy s'étant
mis proche la glace d'une des
portieres , pour mieux voir , M.
le Duc du Maine fe plaça immédiatement
auprès du Roy, & M. le
Maréchal de Villeroy à côté de
M. le Duc du Maine . M. le Duc
de Villeroy , comme Capitaine
des Gardes , étoit fur le devant ,
avec M. le Premier.
Le 7 , M. le .Cardinal de
Noailles vint voir le Roy .
Le8 , M. le Premier Préfident
de Mefnars préfenta au Roy M. de
Maupoux à qui il a vendu fa Char
ge de Préfident à Mortier , fept
cens mille livres , dont l'Acquereur
ne jouira cependant qu'après la
mort du Vendeur , à qui il donne
a préfent deux cens mille livres
comptant ; & le jour qu'il l'exercera
, foit par la inort de M. de Mefnars
, où par celle d'un Préfident
à Mortier , il payera les 500 autres
mille livres.
Le 9 , M. Grillet Chef de Bri-
Lij
100 LE MERCURE
gade dans les Gardes du Corps ,
frere de feu M. de Briffac , a obtenu
une gratification de deux mille
livres par chacun an.
Hier , on fit un Service folemnel
& magnifique dans la Paroiffe
de S. Euftache , pour feu Mr le
Marquis d'Albergotti.
M. le Marquis de Silly s'étant excufé
de fuivre M. le Prince de
Dombes en Hongrie , M. le Marquis
d'Eftrades s'eft préfenté en fa
place avec fon fils ; S. M. en confidération
de cette démarche , lui
a accordé un Brevet de retenuë
de 100000 livres fur la mairie de
Bourdeaux , dont il avoit été gratifié
à la mort de M. le Maréchal de
Montrevel , & qui avoit été poffedée
précédemment par le feu
Maréchal d'Eftrades.
M. l'Evêque de Soiffons s'eft préfenté
le 10 , devant le maître Autel
de la Catédrale de Reims , pour
faire fon Serment , en qualité de
premier Suffragant de cet Archevêché
.
D'AVRIL . 101
Le 10 , M. le Marquis d'Alincour
fils de Mr le Duc de Villeroy ,
partit pour aller fervir en Hongrie.
Le 12 , M de Sommery fous-
Gouverneur de S. M. , ût l'honneur
de faire manger le Roy , à
la place de M. le Maréchal de
Villeroy , qui avoit pris ce jour- là,
médecine .
M. le Comte du Luc arrivales ,
de fon Ambaffade de Vienne en
Autriche ; il a été obligé de garder
la Chambre à caufe de fes incommodités,
il a été vifité de toute
la Cour.
Le 14 , on ût avis que le feu
ayant pris dans une Hôtellerie de
Châlons en Champagne , où étoient
les Equipages de M. le Prince de
Dombes , il y avoit perdu feize
Chevaux , huit de Maitre , &
huit de Palfreniers. M. le Duc
du Maine a donné ordre qu'on réparat
promptement le dommage
caufé par le feu , il a renvoyé quatre
beaux Chevaux Anglois , & M.
le Comte de Toulouze a fuplée au
refte.
Iiij
102 LE MERCURE
pour
M. le Duc de la Force & M.
Pelletier des Forts font nommez ,
entendre les raiſons de ceux
qui fe plaignent d'avoit été furtaxés
à la Chambre de Juftice . Le
premier examinera les Rolles Impairs
, & le fecond les Pairs. C'eſtà-
dire qu'ils ont partagé l'Ouvrage .
M. le Duc de la Force ayant le 1,
le 3: le s , le e Rôlle &c. Et
Mr des Forts ayant le 2 , 4. 6.8 .
ainfi jufqu'au 19e.
Mgr le Duc Régent a gratifié
M. Coepel fameux Peintre, de toutes
les prérogatives accordées à feu
M. Jouvenet ; outre la qualité de
Gentil- homme qui lui a été conférée
; ce Prince a ajouté une Penfion
de 2500 livres , & une autre
de soo livres à fon fils , qui fuit de 500
fort prés м. fon pere dans fon Art .
3
Il y a tous les Dimanches & Fêtes,
Toillette chez Madame Ducheffe
de Berry à midy ; M le Nonce
les Ambaffadeurs & Minifttes Etrangers
s'y trouvent régulièrement avec
quantité de Seigneurs & de Dames;
D'AVRIL. 103 •
ce qui forme la Cour la plus nom
breuſe & la plus brillante de l'Eu
rope .
Fermer
145
p. 200-207
SUITE DES NOUVELLES DE PARIS.
Début :
Le Commissaire la Minois ayant apposé le Scellé dans le Palais [...]
Mots clefs :
Commissaire, Marquis, Duc d'Orléans, Charge, Maisons royales, Arrêts, Grands officiers, Roi de France, Princesse, Maréchal, Reine mère, Vieux Louvre, Gardes françaises, Études, Conseils, Oratoire, Éloquence, Contrat de mariage, Nominations, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE DES NOUVELLES DE PARIS.
SUITE DES NOUVELLES
DE PARIS ..
Le Commiffaire la Minois ayant
appofé le Scellé dans le Palais
Royal à l'Appartement de M le
Marquis d'Armentieres , mort à fa
Maifon de Campagne. Mr le Grand
Prévôt en alla porter fes plaintes
àM. le Duc d'Orleans , prétendant
qu'il avoit le pouvoir par fa Charge
de mettre le Scellé dans toutes les
Maifons Royales . Ainfi , qu'il prioit
S. A. R. de ne point permettre
qu'on contrevint à tous les Arrêts
qui lui adjugeoient ce Droit . Sur ces
remontrances , le Commiffire eut
ordre de fe retirer , & les Officiers
de la Grande Prévôté firent leur
fonction , tant pour le Scellé , que
que pour l'Inventaire .
{
D'AVRIL. 201
Le 17 , le Roy figna le Contrat
de Mile Duc d'Olonne , avec Mlle
de Harlus de Vertilly.
Le Roy a donné la furvivance
de la Charge de Maître de la Garde-
Robe à M. de Maillebois
. S. M. a
fait une grace bien plus éclatante ,
en accordant au Prince de Bouillon
âgé de treize ans , la furvivance
de
la Charge de Grand Chambellan
de France.
Mde qui s'étoit trouvée incommodée
d'un Rhume , Le porte
beaucoup mieux , cette Princeffe
va paffer l'Eté à Saint Cloud.
On difpofe, ici l'Appartement de
la Reine Mere dans le Louvre . Mr
Coëpelle a été chargé de faire nétoyer
toutes les Peintures & lés
Dorures .
il
M. Nerot eft occupé de le faire
meubler magnifiquement
, y a
toute apparence que tous ces préparatifs
font deſtinés pour le Czar.
Les Maréchaux des Logis ont reçû
l'ordre de chercher aux environs
du Louvre , des Maifons garnies ,
202
LE MERCURE
qu'ils marquent à la craye , pour
loger les Officiers de S. M. Ĉzarienne.
On fait en même tems préparer
l'Hôtel de Lefdiguiéres , au
cas que ce Prince refufe de loger
dans une Maifon Royale.
Le 19 , on a appris que Madame
Royale avoit été dangereufement
malade , mais que cette Princeffe
étoit hors de danger.
Les Réparations & Ameuble.
mens que l'on fait dans le Vieux
Louvre om difperfé les Confeils;
qui fe tiendront chez les Chefs .
La Revue des Gardes Françoifes
& Suifles , fe fit dans la Grande
Allée des Tuilleries , en préfence
du Roy , qui tenoit le Rôle entre
fes mains ; il l'examinoit à mefure
qu'il paffoit des Compagnies avec
une application qui excita autant
de furprife que de plaifir.
Il a la même attention dans fes Etudes
, & il fait tous fes Exercices avec
une grace & une envie de s'inftruire
qui charme toutes les perfonnes qui
D'AVRIL. 203
.ont
l'honneur d'être
propofées à fon
Education. Il eft
tellement reglé
qu'Il regarde lui même à fa Pendule
quel Maître il doit faire appeller.
Mr le Maréchal de Villeroy
doit fe féliciter de trouver des
difpofitions fi
vertueufes dans un
Prince , qui par des
préfages fi
heureux , doit faire le bonheur de
fes
Sujets.
"
Le 21 & le 22 , on tint le Confeil
des Finances & le Confeil de
Commerce , chez Mr le Maréchal
de
Villeroy
Le 23 , le R. Terraffon de l'Oratoire
a été
demandé par M.le
Duc de
Lorraine , pour prêcher le
Carême prochain. Ce Prince étant
curieux
d'entendre
fucceflivement
nos plus célébres
Prédicateurs .
Le même jourfe fit
l'Election
d'un
Profeffeur en Droit en la place
de feu M ,
l'Ecuyer. Les fuffrages
fe réunirent
unanimement dans
la
perfonne de M. Lorry.
Cechoix
a été
applaudi de tous ceux qui
connoiffent le mérite du
nouvean
204 LE MERCURE
Profeffeur , dont l'Efprit , le bon
Goût , l'Erudition , & l'Application
continuelle annonçent depuis longtemps
au Public la capacité avec
laquelle il remplira cette Chaire.
M. Dargouges Lieutenant Civil ,
Doyen d'Honneur de la Faculté ,
qui avoit adifté tres exactement à
toutes les actions de la difpute ,
opina dans l'Election avec un difcernement
& une Eloquence qui
firent l'admiration de toute l'Af
femblée.
Le 24. le Roy figna le Contrat
de Mariage de M. le Marquis de
Bretonvilliers
Lieutenant
de Roy
de Paris , avec Mlle de Cornillon
riche héritière
de Provence . Mr
le Marquis de la Vrilliere
à la
tête de tous les Parens , ût l'honneur
de préfenter la plume à S. M.
Mr le Préfident Nicolaï a obrenu
la Survivance de la Charge de
premier Préfident en la Chambre
des Comptes pour M. fon fils ,
Confeiller au Parlement , c'eſt le
8. de cette famille qui aura fuccédé
de
D'AVRI L.
205
de pere en fils à cette Charge importante
, en remontant à Jean Nicolaï
fieur de S. Victor Maître des
Requêtes , qui a vêcu fous les Régnes
de Charles VIII & Louis XII.
Le 21 le Roy a receu ce matin
le Serment de fidelité de M. le
Marquis d'Argenteuil pour la Charge
de Lieutenant Général au Gouvernement
de Champagne , dont
Mr de Lefville Lieutenant des Gardes
du Corps , s'eft défait en fa faveur.
Mrsles Maréchaux de Harcour, de
Villeroy & Mr le Marquis de
Louvois font allés demander à
Me le Duc Régent l'agrèment du
Roy , pour le Mariage de Mr le
Marquis de Harcour , avec Mlle de
Louvois fille de M. le Marquis
de Barbezieux . on fçait que ce jeune
Se neur eft veuf depuis peu de
Mlle de Villery.
Le 25 , on fut informé que le
Czar avoit débarqué à Dunkerque ,
il eft accompagné de plufieurs Princes
& Seigneurs : Il tient une Table
de 12 Couverts pour lui & une
autre de 17 pour les Perfonnes
qualifiées de fa fuite . Il fit l'hon-
Avril 1717. S
206 LE MERCURE
neur à M. du Lybois Gentil-homme
ordinaire , qui s'étoit rendu à Dun-
Kerque pour le recevoir , & à M.
d'Herouville Colonel fils & furvivancier
de M. d'Herouville ancien
Maître d'Hôtel du Roy , de
les faire manger avec lui. Ce Prince
a prié le Roy , & M. le Regent
de lui accorder 20 Places de Garde
de Marine , pour autant de Ġentils
- hommes qu'il fait venir de
Mofcovie , afin qu'ils s'inftruiſent
dans la Marine.
La quantité de Troupes qui filent
dans les Païs de Cleves & de
Gueldres appartenants
au Roy
de Pruffe , qu'on dit devoir venir
en France femble porter quelque
ombrage à une Puiffance voiline ,
qui, par precaution,a donné des ordres
de faire fortifier les Places de
la frontiere ; on ne fçait point d'autres
raifons de ces mouvemens , finon
, que les Miniftres du Roy de
Pruffe fe plaignent que l'on a arrêté
un des Vaiffeaux de leur Maître
fur les Cô es d'Affrique .
Le 27 , Mst le Prince de Dombe s
eft parti à fix heures du matin en
pofte pour la Hongrie . M. le MarD'AVRIL
207
quis d'Eftrades , & M. fon fils courrent
avec ce Prince , qui a pris le
nom du Comte de Tehalmont.
Le 30 du mois paffé S. M. à
honnoré du Cordon de Comman
deur de l'Ordre de S. Loüis , M.
Forteffon Maréchal des Logis, Ayde
Major de la Compagnie des Chevaux
Legers de fa Garde & ancien
Meftre de Camp de Cavalerie.
M. du Bois refté feul de 218 Rentiers
qui compofoient la 14° Claffe
de la premiére Tontine établie en
1689 & qui touchoit en cette
qualité 29125 liv. de rentes , depuis
le 23 Janvier 1716 , pour deux Actions
de 300 liv. chacune , jouïf.
foit encore de prés de 4000 liv.
de rentes dans la premiere Claffe
de la 2e Tontine , où il avoit un
feptième , & qui par fa mort arrivée
le 27 du mois dernier , âgé de
93 ans , eft réduite à fix Rentiers.
DE PARIS ..
Le Commiffaire la Minois ayant
appofé le Scellé dans le Palais
Royal à l'Appartement de M le
Marquis d'Armentieres , mort à fa
Maifon de Campagne. Mr le Grand
Prévôt en alla porter fes plaintes
àM. le Duc d'Orleans , prétendant
qu'il avoit le pouvoir par fa Charge
de mettre le Scellé dans toutes les
Maifons Royales . Ainfi , qu'il prioit
S. A. R. de ne point permettre
qu'on contrevint à tous les Arrêts
qui lui adjugeoient ce Droit . Sur ces
remontrances , le Commiffire eut
ordre de fe retirer , & les Officiers
de la Grande Prévôté firent leur
fonction , tant pour le Scellé , que
que pour l'Inventaire .
{
D'AVRIL. 201
Le 17 , le Roy figna le Contrat
de Mile Duc d'Olonne , avec Mlle
de Harlus de Vertilly.
Le Roy a donné la furvivance
de la Charge de Maître de la Garde-
Robe à M. de Maillebois
. S. M. a
fait une grace bien plus éclatante ,
en accordant au Prince de Bouillon
âgé de treize ans , la furvivance
de
la Charge de Grand Chambellan
de France.
Mde qui s'étoit trouvée incommodée
d'un Rhume , Le porte
beaucoup mieux , cette Princeffe
va paffer l'Eté à Saint Cloud.
On difpofe, ici l'Appartement de
la Reine Mere dans le Louvre . Mr
Coëpelle a été chargé de faire nétoyer
toutes les Peintures & lés
Dorures .
il
M. Nerot eft occupé de le faire
meubler magnifiquement
, y a
toute apparence que tous ces préparatifs
font deſtinés pour le Czar.
Les Maréchaux des Logis ont reçû
l'ordre de chercher aux environs
du Louvre , des Maifons garnies ,
202
LE MERCURE
qu'ils marquent à la craye , pour
loger les Officiers de S. M. Ĉzarienne.
On fait en même tems préparer
l'Hôtel de Lefdiguiéres , au
cas que ce Prince refufe de loger
dans une Maifon Royale.
Le 19 , on a appris que Madame
Royale avoit été dangereufement
malade , mais que cette Princeffe
étoit hors de danger.
Les Réparations & Ameuble.
mens que l'on fait dans le Vieux
Louvre om difperfé les Confeils;
qui fe tiendront chez les Chefs .
La Revue des Gardes Françoifes
& Suifles , fe fit dans la Grande
Allée des Tuilleries , en préfence
du Roy , qui tenoit le Rôle entre
fes mains ; il l'examinoit à mefure
qu'il paffoit des Compagnies avec
une application qui excita autant
de furprife que de plaifir.
Il a la même attention dans fes Etudes
, & il fait tous fes Exercices avec
une grace & une envie de s'inftruire
qui charme toutes les perfonnes qui
D'AVRIL. 203
.ont
l'honneur d'être
propofées à fon
Education. Il eft
tellement reglé
qu'Il regarde lui même à fa Pendule
quel Maître il doit faire appeller.
Mr le Maréchal de Villeroy
doit fe féliciter de trouver des
difpofitions fi
vertueufes dans un
Prince , qui par des
préfages fi
heureux , doit faire le bonheur de
fes
Sujets.
"
Le 21 & le 22 , on tint le Confeil
des Finances & le Confeil de
Commerce , chez Mr le Maréchal
de
Villeroy
Le 23 , le R. Terraffon de l'Oratoire
a été
demandé par M.le
Duc de
Lorraine , pour prêcher le
Carême prochain. Ce Prince étant
curieux
d'entendre
fucceflivement
nos plus célébres
Prédicateurs .
Le même jourfe fit
l'Election
d'un
Profeffeur en Droit en la place
de feu M ,
l'Ecuyer. Les fuffrages
fe réunirent
unanimement dans
la
perfonne de M. Lorry.
Cechoix
a été
applaudi de tous ceux qui
connoiffent le mérite du
nouvean
204 LE MERCURE
Profeffeur , dont l'Efprit , le bon
Goût , l'Erudition , & l'Application
continuelle annonçent depuis longtemps
au Public la capacité avec
laquelle il remplira cette Chaire.
M. Dargouges Lieutenant Civil ,
Doyen d'Honneur de la Faculté ,
qui avoit adifté tres exactement à
toutes les actions de la difpute ,
opina dans l'Election avec un difcernement
& une Eloquence qui
firent l'admiration de toute l'Af
femblée.
Le 24. le Roy figna le Contrat
de Mariage de M. le Marquis de
Bretonvilliers
Lieutenant
de Roy
de Paris , avec Mlle de Cornillon
riche héritière
de Provence . Mr
le Marquis de la Vrilliere
à la
tête de tous les Parens , ût l'honneur
de préfenter la plume à S. M.
Mr le Préfident Nicolaï a obrenu
la Survivance de la Charge de
premier Préfident en la Chambre
des Comptes pour M. fon fils ,
Confeiller au Parlement , c'eſt le
8. de cette famille qui aura fuccédé
de
D'AVRI L.
205
de pere en fils à cette Charge importante
, en remontant à Jean Nicolaï
fieur de S. Victor Maître des
Requêtes , qui a vêcu fous les Régnes
de Charles VIII & Louis XII.
Le 21 le Roy a receu ce matin
le Serment de fidelité de M. le
Marquis d'Argenteuil pour la Charge
de Lieutenant Général au Gouvernement
de Champagne , dont
Mr de Lefville Lieutenant des Gardes
du Corps , s'eft défait en fa faveur.
Mrsles Maréchaux de Harcour, de
Villeroy & Mr le Marquis de
Louvois font allés demander à
Me le Duc Régent l'agrèment du
Roy , pour le Mariage de Mr le
Marquis de Harcour , avec Mlle de
Louvois fille de M. le Marquis
de Barbezieux . on fçait que ce jeune
Se neur eft veuf depuis peu de
Mlle de Villery.
Le 25 , on fut informé que le
Czar avoit débarqué à Dunkerque ,
il eft accompagné de plufieurs Princes
& Seigneurs : Il tient une Table
de 12 Couverts pour lui & une
autre de 17 pour les Perfonnes
qualifiées de fa fuite . Il fit l'hon-
Avril 1717. S
206 LE MERCURE
neur à M. du Lybois Gentil-homme
ordinaire , qui s'étoit rendu à Dun-
Kerque pour le recevoir , & à M.
d'Herouville Colonel fils & furvivancier
de M. d'Herouville ancien
Maître d'Hôtel du Roy , de
les faire manger avec lui. Ce Prince
a prié le Roy , & M. le Regent
de lui accorder 20 Places de Garde
de Marine , pour autant de Ġentils
- hommes qu'il fait venir de
Mofcovie , afin qu'ils s'inftruiſent
dans la Marine.
La quantité de Troupes qui filent
dans les Païs de Cleves & de
Gueldres appartenants
au Roy
de Pruffe , qu'on dit devoir venir
en France femble porter quelque
ombrage à une Puiffance voiline ,
qui, par precaution,a donné des ordres
de faire fortifier les Places de
la frontiere ; on ne fçait point d'autres
raifons de ces mouvemens , finon
, que les Miniftres du Roy de
Pruffe fe plaignent que l'on a arrêté
un des Vaiffeaux de leur Maître
fur les Cô es d'Affrique .
Le 27 , Mst le Prince de Dombe s
eft parti à fix heures du matin en
pofte pour la Hongrie . M. le MarD'AVRIL
207
quis d'Eftrades , & M. fon fils courrent
avec ce Prince , qui a pris le
nom du Comte de Tehalmont.
Le 30 du mois paffé S. M. à
honnoré du Cordon de Comman
deur de l'Ordre de S. Loüis , M.
Forteffon Maréchal des Logis, Ayde
Major de la Compagnie des Chevaux
Legers de fa Garde & ancien
Meftre de Camp de Cavalerie.
M. du Bois refté feul de 218 Rentiers
qui compofoient la 14° Claffe
de la premiére Tontine établie en
1689 & qui touchoit en cette
qualité 29125 liv. de rentes , depuis
le 23 Janvier 1716 , pour deux Actions
de 300 liv. chacune , jouïf.
foit encore de prés de 4000 liv.
de rentes dans la premiere Claffe
de la 2e Tontine , où il avoit un
feptième , & qui par fa mort arrivée
le 27 du mois dernier , âgé de
93 ans , eft réduite à fix Rentiers.
Fermer
146
p. 181-182
MARIAGES.
Début :
Mr le Marquis d'Harcourt fils aîné de Mr le Maréchal [...]
Mots clefs :
Marquis, Maréchal, Dame, Famille, Mariage, Secrétaire, Archevêque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Mr le Marquis d'Harcourtfils
aîné de Mrle MaréchalDuc d'Harcourt,
a épousé la nuit du30 au 31
du passe, D'IL-.-.. le Tellier de
Barbesieux,fille de feu Mre Louis
François le Tellier, Marquis de
Barbesieux
, Ministre & Secretaire
, d'Etat, Commandeur, Chancelier
& Garde des Sceaux des Ordres
-du Roy, &de Dame Marie Therese
Dauphine d'Alegre sa deuxiéme
femme. La Maison d'Harcour
est si ancienne, si grande&
,siilltiftre
,
qu'il seroit inutile de
vous en donner ici, aucun détail
Généalogique. Pour la Famille de
leTellier, elle est sans contredit,
une des premieres de la Robe.
Mre de Grossolles Marquis de
Flamarens , a épousé le 3. Juin
Dlle de Beauveau
Niéce de Mr l'Archevêque de
Toulouse. La Maison de Grossoles
est originaire de Gascogne
, &
fort distinguée par son ancienneté
& par ses Alliances; pour celle de
Beauveau ,
elleest originaire de
la Province d'Anjou,& l'une des
plus anciennes de cette Province ,
comme on le peut voir dans la
Généalogie qui en a étédonnée
au Public, par le sieur de Sainte
Marche.
Mr de Laistre Secretaire du
Conseil,a épousé le6. de ce mois
Mlle de Bullion, fille du Conseiller
au Parlement de ce nom.
Mr le Marquis d'Harcourtfils
aîné de Mrle MaréchalDuc d'Harcourt,
a épousé la nuit du30 au 31
du passe, D'IL-.-.. le Tellier de
Barbesieux,fille de feu Mre Louis
François le Tellier, Marquis de
Barbesieux
, Ministre & Secretaire
, d'Etat, Commandeur, Chancelier
& Garde des Sceaux des Ordres
-du Roy, &de Dame Marie Therese
Dauphine d'Alegre sa deuxiéme
femme. La Maison d'Harcour
est si ancienne, si grande&
,siilltiftre
,
qu'il seroit inutile de
vous en donner ici, aucun détail
Généalogique. Pour la Famille de
leTellier, elle est sans contredit,
une des premieres de la Robe.
Mre de Grossolles Marquis de
Flamarens , a épousé le 3. Juin
Dlle de Beauveau
Niéce de Mr l'Archevêque de
Toulouse. La Maison de Grossoles
est originaire de Gascogne
, &
fort distinguée par son ancienneté
& par ses Alliances; pour celle de
Beauveau ,
elleest originaire de
la Province d'Anjou,& l'une des
plus anciennes de cette Province ,
comme on le peut voir dans la
Généalogie qui en a étédonnée
au Public, par le sieur de Sainte
Marche.
Mr de Laistre Secretaire du
Conseil,a épousé le6. de ce mois
Mlle de Bullion, fille du Conseiller
au Parlement de ce nom.
Fermer
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p. 182-205
Seconde Partie du Journal de Historique, ou de la Relation imprimée le mois passé, concernant le Czar. [titre d'après la table]
Début :
Dans la Relation que je fis imprimer à part, le mois passé, touchant [...]
Mots clefs :
Tsar, Prince, Dîner, Chasse, Duc, Remparts, Abbaye, Monarque, Jardins, Sérénade, Marquis, Versailles, Médailles, Visites, Cortège, Cavalerie, Duc, Infanterie, Invalides, Audience, Académie, Messe, Mousquetaires, Officiers
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texteReconnaissance textuelle : Seconde Partie du Journal de Historique, ou de la Relation imprimée le mois passé, concernant le Czar. [titre d'après la table]
DAnJlaRelarion quejefis imprimer
a part, le mois passét
touchant le Czar, le laissai ce Prince
à Pult-bcurt; : Il eji présentement
de
de mon devoir, que je reprene la'fate de ceJournal
, en condui-
,
sant ce Monarque jusqu'aux Eaux
de Spaa, où il va joindre la Clarine
son Epouse.
Le Dimanche30. du passé, le
Czar arriva de bonneheure àPetit-
Bourg, où M. le Duc d'Antin lui
fit servir un dîner magnifique;
après lequel il alla coucher à Fontainebleau.
Le lendemain, il courut
le Cerf avec l'Equipage du
Roy; il monta les Chevaux de
lÆgr le <3bmte de Toulonfe
,
qui
se trouva à cetteChasse ; elle fut
sivive que le Cerf fut forcé en
moins d'une heure & demie. Le
Czar qui n'avoir jamais pris ce
-
plaisir Royal, en parutfort content
,.<')[ fit à M. le Comte de
Toulousetoutes les honnêtetés
imaginables. Après la ChasTe
, ce
Prince dîna dans le Pavillon qui
est au milieu de la grande piéce
d'eau, où il resta fort long-tems à
;table. Comme on s'étoit flaté qu'il féjourneroitpluslon^-temsài-oatainebleau
, on avoir tout disposé
pour cet effet; cependant il en
partit ce jour là même
,
après s'être
promené quelque tems le long
du Tibre. Il revint coucherà
Petit-Bourg ,
ou M. le Ducd'Antin
le recut aussi magnifiquement
que la veilles quoique ce retour
fut imprévû. Après avoir parcouru
les Jardins, & laTerrassequi
sert de barriere àla Seine, il entra
le premier Juin, dans une Gondole
, qui le ramena àParis
, avec
toutesa Cour qui lesuivit dans
d'autresBateaux,il s'arrêtaàChoisi,
où il fut accueilli par Madame la
Princesse de Conty Doüairiere ,
qui doit y séjourner tout l'Eté;il
vit les Jardins & les Appartemens:
S'yétantrafraîchi, il continua son
chemin en Gondole
,
& ayant
traverfe^ous 4cs Ponts de Paris,
il vint descendieà l'A breuvoir , audefloas dela Porte de la Conférence
; il monta en Carosse
,
&- D.-flart surles Rempàrts de
la Ville
,
il allachez unArtificier
oùil acheta une grande quantité
de Fusées & de Pétards qu'il voulut
tirer lui-même, dans le Jardin
de l'Hôtel de Lesdiguiéres.
Le 2 ,
il alla l'aprés midy à
l'Abbayede S. Denis, où on lui
fit voir l'Eglise, le Trésor
,
les
Tombeaux
, & lesuperbe Bâtiment
que lesReligieux ont élevé
depuis quelquesannées, & qui
n'est pas encore achevé : la solidité
des Murs & des Voutes lui
plût extremement. Les Benedictins
lui avoient préparéunetrés
grande col lation, qu'il se fit apporter
dans une Cellule qui est
au bout du Dortoir
,
& dont la
vue est charmante; il revint de
S. Denis par S, Quen. où M.
le Duc deTresmes avec route sa
famille, l'attendoit. On lui servitunemagnifique
collation.
Le 3 ce Monarque partir d'ici,
accompagnéde toute sa Cour, de
M. le Maréchal de Tessé, & de
M. le Marquis de Bellegarde
fécond fils de , INI. leDucd'Antin;
ce jeune Seigneur ayant été pré
posé pour faire les honneurs des
Maisons Royales à la place de
M. son pète) qui comme -
Chef.
du Conseil du dedans du Royaume
,
n'avoit pu suivre S. M.
Czarienne ,à cause de quelques
affaires importantes. Le Czar
avoitcompté passer quelques jours
à Versailles, & même on s'étoit
préparé à l'y recevoir; mais il ne
s' y arrêtaqu'un moment , étant
allé coucher à Trianon, où il a
occupé avec toute sa suite, les
Appartemens duCorridor qui donne
sur
-
les Goulottes. Pendant le ,féjotfL"qu'il a fait à Trianon, il
prenoit surtout le plaisirdela promenade
dansles Jardins en Calesche,
& sur le Canal en Gondolle
; il a visitétous les endroits
les plus remarquables des environs.
Le 6, il partit de Trianon,
pour aller au Château de Clagny;
il monta au grand Aqueduc, &
de là se rendit à Af/trly. Il a eiij
[
ployé le tems qu'il y a demeuré,
à peu prés comme à Trianon,se
-- promenant presque tout le jour, &examinant les Jets d'eau, les
Cascades &les Statuës, avê..,cunc
attention surprenante;ilalloit surtout
à chaque instant, voir la Cascade
j4grij>pwne.
Le 10
,
M. deVerton,Maître;
d'Hôteldu Roy ,
qui est chargcf.
par ordre de la Cour ,de servirle
Czar,ayant ordonné un rres-benir
feu d'Artifice, avoirplacé dans
le Bosquet de Marly, unegrande
quantité de Haut-bois&detoutes
fortes d'instrumens qui préluderent
& donnerent une Serenade
qui dura prés d'une heure;
aprés quoi on tira le feu d'artifice
lequel fut suivi d'une tres belle
illumination, que M. le Marquis
, de Bellegarde avoit faitprepararer
dans les Bosquets desBains
d'Agrippinne, & dans celui de la
Cascade;lafête finit par une cfc
pece de Bal: Toutes les Dames
que la curiosité avoit attirée 1«
Marly, danserentdans le Sallort;-
bienavant dans la nuit. Le Czar
fut si content de cette galanterie,
qu'il se coucha trés tard, contre
son ordinaire.
Le II, étant alléle matin- à
Saint Germain en Laye; il examina
le Château vieux &: la neuf,
& resta fort long-temssurlaTerrafle.
Il descendit au Val, &delà
au Monastere de S. Cyr, où
a.-tt Madame de Maintenon qui
reçût sa visite sur son lict; il demanda
à voir les cinq Classes &
routes les Demoiselles, chacune
dans leur place;le Prince sist sort
édifié del'utilité &de la magnificence
de l'établissement de cette
Maison, & de la maniere dont les
Filles y étoient élevées.Aprés
s'estre beaucouppromené, il remonta
en Carosse -ex; revint coucher
à Trianon,
Le 12. il quitta avec regret ces
lieux enchantez, pour revenir à
Paris, il passa par Versailles, où
:-l dîna; avant que de se mettre à
table, il vit tous les Appartemens
~L: le Cabinet, des Curiositez
,
qui
cft auprès de la Piece de la Chapelle
;on lui montra les Medailles
Ȑc les Coquillages.LesLivrescurieux
& les Estampes magnifiques
r
des Anciens Balers du Roy,l'occuperent
plus agréablement, que
toute autrechose.Ildescendità
la Grande & àla Petite Ecurie; il
vit travailler dans l'une & dans
l'autre,plusieurs Chevaux que les
Ecuyers monterenten sa presence. Ilmonta en Carosse sur les cinq
heures, & vint à Chaillot, rendre
visite à la Reine d'Angleterre;Il
traversa, sans s'arrêter, le Cours la
r. Reine, où l'on se promenoit: Il
àvint descendre chez Mr deLaunai la Monoye des Medailles, où
Mr le Duc d'Antin l'attendoit ; ce
Seigneur fit fraper en la presence
de cePrince, une -
Medaille
d'Or, qu'il lui presenta : Le Czar
fat surpris de trouver d'un côté
son Portrait en Buste, ayant
- pour Legende,Petrus Alexievvitz.
T\ar, Mag. Russ. Im(J'eratol; ôî
au revers une Renomméedans les
airs , avec deux Trompettes ; autour
étoient ces mots, Vires aLgo'.
fit eundo. Cequifaitallusion aux
differens voyages que ce Souverain
a faitdepuis vingt ans :8c dans
l'Exergue;Lutet. Paris, 1717. Ilmonta
ensuitepour voir-leCabinet
des Medailles,où il trouva un Medailler
remplidetrente Médaillésd'Argent,
& de quarante Médailles
de Bronze, pareilles à celle qui
luiavoirétépresentéeenOr.Ilen
fut surpris, & encore plus, lorsqu'il
vit qu'elles furent distribuées aux
Personnes. qui l'accompagnoient
Après qu'il ût consideré avec attention
lOUt
ce qu'il y -avoit-diansla
MonoyedesMedailles,ilpna
dans l'Orphevrerie, oùil trouva
i?n grand nombre de beaux Ouvrages
de ce Metail , dont la plus
grande partie étoit pour le Roy,
&quelques uns aussi pour le Roy
de Portugal & à ses Armes ; il les
examina avec itn- discernement
lui marque son bon goût pour TOUtes
sortes de choses. Lorsqu'il s'en
alla
, en lui presenta de rechefune
pareilleMedaille de son Portrait,
quivenoitd'être achevée,dont
les fondsétoient de Bronze brune,
& tous les reliefs en Or.
Le 13. au matin, il reçût la Visîte
du Nonce, qui lui fit un com- pliment en Italien, auquel le Vice-
Chancellier Schaffirauu répondit.
Il sortitseull'aprés-midi, & se
rendit le soir chez Mr le Duc
d'Antin, où il soupa avec Mgr le
Comte deToulouses le repas fut
superbe.
Le15.aumatin, ilallaàl'ImprimerieRoyale
? on tira devant
lui plusieurs Epreuves:ll passa ensuite
au Collége des Quatre Nations,
fondé par le Cardinal de-
Mazarin; Il viGta l'Eglise&la Biblioteque,
& fit amitié à M Varignon,
le plus fameux Géometre
du Royaume; il s'infirma des
fonds destinez à entretenir un pareilEtabli(
Ternent*, il parut content
du détail qu'on luien fit, ~f~
ce qu'outre deux Colléges qu'il (li fondez dans ses Etats,l'un à Mor:
covu, & l'autre à Peterbourg ,il
a encore dessein d'en ériger de
nouveaux. Au sortir de cette Mai.
son,il passa chez le sieurPigeon,
Auteurd'une Sphere mouvante
très curieuse, suivant le Systéme
de Copernic; illa trouva parfaitement
executée; elle lui PZC si
fort, qu'il donna ordre
, en parrant,
del'acheter deux «mille ~écusa.
Ilalla ensuiteen Sorbonne,où-il
fMuat isrôençû,qup'ialr^lpeasciDeoucftaebuerasudcoeupa^
il admira le Tombeau du Cardinal
de Richelieu
, que l'on regôritr
comme un des Chefs d'Oeuvre de
Girardon. L'après-midi, ce Prince
monta sur les Tours de Nôtre-Dame
, pour découvrir d'un coup d'oeil, toute l'étenduëde cette
Capitale; il trouva , en rentrant à
l'Hôtelde Lesdiguieres, lesAmbassadeurs
de Portugal & de Malte
» qui vinrent en grand Cortége-,
lui rendre-visite.
-Le lS. au matin, étant retourne
aux Gobelins, il prit plaisiràvoir
r travailler: Entre plusieurs pieces
deTapisseriequ'on lui exposa, il
il fut Epris de l'Histoire de Don
Guichotte
,
dont les desseins sont
du jeune M,. Coëpel: LeRay lui
en a fait present du depuis, avec
quelques autres. L'après-diné, il
monta dans une Caleche,en forme
de Gondole
, ouverte de tous côtez,
appartenant à M. le Maréchal
deTeflé: Ce Monarque étoit accompagné
de ce Seigneur
,
de son
Chambellan ordinaire & de M.
de Verron ; il visita enpassant dans
la ruë des Bernardins,la Maison
de M. de Torpane, que lui aven-
,
du M. l'Abbé Bignon: Ensuite
celle de Madame la Duchesse de
.- la Ferté, qui donne sur lePalais
Royal; il sur charmédu gouc &
de la magnificencedontelleétoit
ornée: Il passarte làl'Hôtel de
MS- le Conre de Tou-ouïe*, après
quoi
,
CLlf le soir, il aiii (e promener
au Cours
,
où il fit plufîeucs
SOULS.
Le 16. le Czar ayant témoigné
quelque envie de voirles Troupes
de la Maison du Roy, Msr le-Duc
Regent donna ordre aux Gensdarmes
, aux Chevaux-Legers.,
aux deux Compagnies des Mousquetaires,
& aux Gardes Fran--
çoises& Suiffes, de se tenir prêts
le 16. aprés midi. On choisit, pour
enfail-e la revûë, la grande Allée
des Champs Elifées. Les Gardes
Françoises & Suisses étoient
rangées sur cinq Lignes, depuis le
commencementdecette Allée,jusqu'à
la Barriere qui la separe des
Allées du Roule. La Cavalerie se
plJça sur quatre Lignes, depuis
cette Barriere, juqu'aiideffiis-de la
grande Etoile. Le Prince deRohan
& lePrincedeSoubise reçû en survivance
de laChaige de M.son pere,
étoit à la tête de la Compagnie
des Cens-darmes. M. le Duc de
<.h2uLLesé[()ir au tri avec M. son
Fils -
,
à la tête des Chevaux Legers
:M.d'Arcagnancommandoit
les Mousquetaires Gris-, & M. de
Caullhc
i Canillac, les Noirs. Mgr le Duc du
'r Maine & M. le Duc de Guiche
* étoien à cheval:Le Czar arri va à
- trois heures & demie, au bas des -Allées
-
des Champs Elizées; il
monta sur un Cheval du Roy; on
en avoir aussiamené pour toute sa
Suite. Mgr le Duc d'Orleans étoit à
L cheval, suivi de plusieurs Seigneurs
de la Cour. Le Czar accompagné
de S. A. R. palTa fort
1. vîte devant le premier Rang ,
jusi
qu'au bout dela Ligne, &revint
t au petit galop : Etant parvenu à
,
l'entrée de l'Allée des Champs
Elifées, il vit faire l'exercice r à toute l'lnfanterie; mais s'étant
élevé des tourbillons épais de
-
poussiere,par la quantité des caros- | ses
,
des chevaux,& d'une multitude
infinie de Peuples qui s'y
rrouvetent; ce Prince en fut si fort
incommodé, qu'il fut obligé de se
retirer, sans avoir û la satisfaction
de voir défiler de si belles
Troupes: Il descendit avec Mgr
le Duc d'Orléans, pour viiiter le
nouveau Pont tournant des Tuilleries.
Ces deux Princes se retire- Jj
rent ensemble dans un endroit separé,
& ûrent une Conference
d'une demie heure, en présence
du Prince Kurakin qui servoit 1
d'Interprete à S. M. Cz. Après
s'être promené un moment dans
les Tuilleries, il monta enCarosse,
accompagné de Messieurs les Marêchaux
de Tdlè, d'Estrées -
,
de
Matignon,& autres Seigneurs. Il
allasouperàS.Ouen,chezM.le
Duc de Tresmes, Gouverneur de
Paris : Il y fut traité splendidement
; il s'entretint prèsque toujours
, pendant le repas qui dura
près de trois heures, avec M. le
Comte de Bethune
, qui parle
Polonois&Allemand. Ce Prince
ayant sçû que Madame la Comtesse
de Bethune
,
fille de M.le Duc
de Tresmes étoit feulement
spectatrice
,
illa pria tres-gracieusement
de se mettre à table, ce
qu'elle fit.
Le 17. Mgrle Comte deToulouse,
fit presenter à ce Prince une grande
Carte Marine, avec plusieurs
Ecrans magnifigniques. Il retourna
encor à l'observatoire,où
il fut prés de deux heureàfaire
des observations, & de là il se
rendit chez Mr le Maréchal de
Villars qui le reçût avec tout l'appareil
possible; le souper se passa
enjoye,&àchaquesanté on tia
plusieurs boëtes.
Le 18 au matin,le Czar qui
avoir mandé MrDelisle le Géographe
,l'entretint fort longtems
par Interprète, sur la situation &
l'étendue de son Empire, dont
ce Prince est mieux instruit que
personne. Pour lui en donner une
connoissance plus exacte ; il ordonna
qu'on aporta deux Cartes
Manuscrites qu'il avoir fait faire
d'une partie de ses Etats, il fit
remarquer à M. Delisle la situation
d'une nouvelle Fortersse
qu'il avoir fait bâtir en Tartart,
& lui fit part de ses nouvelles
acquisitions dans ces quartiers-là,
par la soumission d'un Roy T*r±
tare, qui s'est rendu son Vassal, ÔÊ
par la jonction de cent mille Calmoucs,
avec les autres Tartares
quisont déja fous sa domination.
CePrincealla voir enfuitc
plusieurs experiences Chimiques
que Mr Geosroi. lui avoit prépa- rées. Le iS- leCzar vint à cinq heures
incognito,prendre congé du Roy ;il
entra par l'apparrement deM. le
Maréchal de Villeroy, il fit present
à S.M. du Plan dePeterbourg-
On peut juger del'importance &
de la grandeur de cette Place,
par les32Battions qui doivent U-.
deffendre. S. - M. l'a placé dansle
Cabinet du Conseil. Après
avoirreçûlavisite de Mgr. le
Duc Regent; il alla au Palais
Royal, où il salua Monseigneur&
MadamelaDuchene d'Orleans.
Le même jour,le Czar curieux de
- voir rendre la vue à un Aveugle,
donna ordre à M. Areskin son
premier Medecin, de lui decouVIrr
un habile Oculiste; s'étant
,
adressé à M. du Vernay Professeur
Royal d"Anatomie au Iardin des
Plantes ,
il lui indiqua M. de
VvolhouseGentil-hommeAnglois,
qui ayant amené à l'Hôtel de Lesdiguieres,
un Invalide Aveugledepuis
la Bataille d'Hochsteet, âgé
de65 ans, prépara tout pour cette
opération difficile. Le Czar voyant
planterl'éguille dans l'oeil de
l'Invalide, se détourna un moment:
mais la curiosité l'ayant
emporté, il le vit travailler &
illia preuve que la Cararacte étoit.
abatuë ;car ce Prince ayant motitré
sa main à l'Invalide, celui-ci
la distingua. Un succés si hûreux -
• a engagé S. M. Cz.a promettre
, ausieurde Woolhouse un Elève,
pour le former fous un si habil
Homme
,
à l'imitation du Grand
- Duc de Toscane, & du Roy de
Sicile qui lui en ont envoyée&qu'il
a perfectionnés dans cet Art.
Le 19. le Czar semit dans son
Bain,suivant la coûtume qu'il
a de le baigner tous les Samedis.
Le même jour, ce Prince voulant
setrouv et à une Audiencedu
: Parlement,s'y rendit. Il entra d'abord
chez MrPremier Président,
d'où il sur conduit par le Bailly du - Palais, à la Grand-Chambre. On
leplaça dans une des Lanternes
que l'on avoit décorée, d'où il vit
MESSIEURSSiégeantssurles
hauts Bancs. On appela une Cause
; après que les deux Avocars
Mres Milchault & Guerin ûrent
plaidé, M.,de Lamoignon Avocat
General
,
se leva; & après avoir
résumé l'affaire qu'on plaidoit
alors, dit qu'il y avoit plusieurs
exemples, où la Couravoir
été consultée par des Souverains,
dans les affaires 'es plus importantes
de leurs Etats, mais qu'un
• Monarque si éloigné dela France
, également puissant en Europe
fleen Asie. ût voulu être témoin
de. son Auguste Séance, c'étoirunexemple
rare: il ajouta
qu'un tel événement méritoir d'êne
conservé dans les Registres du
Parlement,& d'être transmis à la
Postérité.L'Académie finie, le
- Czar salüen sortant,cet Auguste
Sénat, qui étoit en Robes Rouges,
& les Présidens avec leurs FOUÏrures
; ce qui ne s'étoit pratiqué
en pareil cas,quepour l'Empereur
Charles-^wnt.
Le même jour, l'après-midi, le
Roy alla àl'Hôtel delesdiguieres,
rendrevisite au Czar, qui, après
l'avoir reçû,vint à l'Academie
des Sciences,où M,l'Abbé Bignon
présidoit:*Mr de la Faye lui montra
un modéle de laMachine qu'on
a imaginée fort ingenieusément pourélever l'eau , avec la moindre
force qu'il est possible,fondé sur les
Proportions les plus difficiles de
-
Geometrie. Le Czar confirma par
son approbation, le jugement du
Public & del'Academie. M.Lemery
lui fit observer l'effet de deux
vegetations chimiques fort singulieres,
& Monsieur de Reaumnr,
les desseins de la Defcrip-
* Capitaine aux Gardes Françoises,
tion des Arts, prêts à imprimer:
Enfin M. Dalesme lui fit voir l'esset
d'un nouveau Cric à Cremail---
lere
, qui,avec moins de force, fait
plus d'effet que les Crics. S. M.Cz.
a prêté beaucoup d'attention à
toutes ces Nouveautez
, & a bien
voulu prendre séance,permettant
à la Compagnie de s'asseoir, pour,
voir l'ordre de l'Academie & le
rang des Academiciens. Il a vû
pareillement celle des belles Lettres
, où on lui montra l'Histoire
de LouisXIV. en Medailles.
Le Dimanche 20. à deux heures
après midi., il envoya demander,
s'ilpouvoit revenir voir les
Medailles desRois de France, & - la suitte de l'Histoire de Loüis-
Quatorze,dont une grande partieétoit
de même que celle qu'on lui
avoit presentée de Bronze ,& les
reliefsd'Or. Il y arriva une heure - après
,
& examina tout avec encore
pLs d'attention quelapremiere
fois. Et comme il s'arrêta beaucoup
à considerer la Medaille de
LOUIS XV,qui a pour revers un Soleillevant,vec ces mots, Iubet
sperare; qui étoitaussi deBronze&
les reliefs d'Or.Le Directeur de la
Monoye crut devoir la lui offrir. Il
la recût trés-gracieusement, marquant
,en touchant sur sa Poitrine,
qu'il la garderoit éternellemenr.
Sur les 6. heures, il retourna à
l'Hôtel de Lesdiguieres, pour assilier
aux Vigillesde la Pentecôte,
dans la Chapelle; elles furent
chantées parce Prince &par les
Musiciens
,
quiavoient chacun, un
Livre de Plain-Chant à la main.
Le Czar,après avoir entendu
la Messe de la Pentecôte, selon
l'ancien stile & la Liturgie des
Grecs, partit enfinle it.au soir,
pour les Eaux de Spaa.; il étoit escorté
par dix Mousquetaires
,
qui
devoient se relayer successivement
enpareil nombre, jusqu'à Soissons. Ilsoupa &coucha à Livrv, chez
le Marquisde ce Nom; il bût à la
Santé du Roy&àcelledeMgr le
Régent.
Il a fait plusieurs largesses avant
son départ; il a donné son Portrait
enrichi de Diamans à M. le Duc
d'Antin,àM.leMarechal deTessé,,
à M. le Maréchal d'Estrées à
M. le Marquis deLivry, &à
& à M, de Verton, pour lequel
il a û des egards particuliers, qu'il
s'est attiré par les manières polies
& engageantes, & par une attention
continuelle au service de ce
Monarque
, qui l'a toujours fait
mangeravec lui pendant son sejour
à Paris. Ce Monarque a faitlpulius
en sa faveur,il ademandépour
à M.le DucRegent une pension
- de 6000 liv. sur
des
Benefices ;
ayant sçû que comme Chevalier
de S. Lazare
,
il pouvoit posseder
des Pensionsjusqu'àcettesomme
ce qui lui a c~ accordé. Il n'a pas
oublié M. de Cresmes. Contrôlleur
de la Maison du Roy, à qui
il a fait présent d'une trésbelle
Montre d'or; il a distribué plusieurs
grandes Médailles d'or du
poids de sept Louis d'or neufs, à. -
quelqu'autres,Officiers; 1500Ducats
pour lesOfficiers de la bouche
du Roy, & autant pourles
officiersde Versailles,deMarly,
deTrianon,dela Ménagerie,de
Meudon & de Fonrtainebleau ;
c'est M. de Verton qirc le Czar
achargé de toutes ses libéralités-
Le Lundy matinxi cePrin.-
ce, après s'estre promené dans les
Jardins de Livry, monta dans
une Chaise de Poste avec M. de
son Chambellan, alla
dîneràNanteuil, ensuite coucher
àSoissons. Il s'embarquera àCharleville
sur la Meuse, afin de se
-
tendre à Liege, où il se reposera
quelques loiirs,,dans un Palais que
l'EleB:e\11 de Cologne lui a fait
préparer. S. A.E. lui.afaitoffre
par M. Vvaldor son Envoyé en
France, de 100 de ses Gardes &
200 Hommes de sesTroupes pour
lui servir d'escorté.
,LeC-Laradittfi,mé àM-leDucd'Antin
&àplu/ïeu'sSeig-î«iTsdelaCour,uce
fuitedeMédaillesfrapées enHollandeà
son coin, où sontreprésentées les Aâions
les plus éclatants de ion lÚgde.
a part, le mois passét
touchant le Czar, le laissai ce Prince
à Pult-bcurt; : Il eji présentement
de
de mon devoir, que je reprene la'fate de ceJournal
, en condui-
,
sant ce Monarque jusqu'aux Eaux
de Spaa, où il va joindre la Clarine
son Epouse.
Le Dimanche30. du passé, le
Czar arriva de bonneheure àPetit-
Bourg, où M. le Duc d'Antin lui
fit servir un dîner magnifique;
après lequel il alla coucher à Fontainebleau.
Le lendemain, il courut
le Cerf avec l'Equipage du
Roy; il monta les Chevaux de
lÆgr le <3bmte de Toulonfe
,
qui
se trouva à cetteChasse ; elle fut
sivive que le Cerf fut forcé en
moins d'une heure & demie. Le
Czar qui n'avoir jamais pris ce
-
plaisir Royal, en parutfort content
,.<')[ fit à M. le Comte de
Toulousetoutes les honnêtetés
imaginables. Après la ChasTe
, ce
Prince dîna dans le Pavillon qui
est au milieu de la grande piéce
d'eau, où il resta fort long-tems à
;table. Comme on s'étoit flaté qu'il féjourneroitpluslon^-temsài-oatainebleau
, on avoir tout disposé
pour cet effet; cependant il en
partit ce jour là même
,
après s'être
promené quelque tems le long
du Tibre. Il revint coucherà
Petit-Bourg ,
ou M. le Ducd'Antin
le recut aussi magnifiquement
que la veilles quoique ce retour
fut imprévû. Après avoir parcouru
les Jardins, & laTerrassequi
sert de barriere àla Seine, il entra
le premier Juin, dans une Gondole
, qui le ramena àParis
, avec
toutesa Cour qui lesuivit dans
d'autresBateaux,il s'arrêtaàChoisi,
où il fut accueilli par Madame la
Princesse de Conty Doüairiere ,
qui doit y séjourner tout l'Eté;il
vit les Jardins & les Appartemens:
S'yétantrafraîchi, il continua son
chemin en Gondole
,
& ayant
traverfe^ous 4cs Ponts de Paris,
il vint descendieà l'A breuvoir , audefloas dela Porte de la Conférence
; il monta en Carosse
,
&- D.-flart surles Rempàrts de
la Ville
,
il allachez unArtificier
oùil acheta une grande quantité
de Fusées & de Pétards qu'il voulut
tirer lui-même, dans le Jardin
de l'Hôtel de Lesdiguiéres.
Le 2 ,
il alla l'aprés midy à
l'Abbayede S. Denis, où on lui
fit voir l'Eglise, le Trésor
,
les
Tombeaux
, & lesuperbe Bâtiment
que lesReligieux ont élevé
depuis quelquesannées, & qui
n'est pas encore achevé : la solidité
des Murs & des Voutes lui
plût extremement. Les Benedictins
lui avoient préparéunetrés
grande col lation, qu'il se fit apporter
dans une Cellule qui est
au bout du Dortoir
,
& dont la
vue est charmante; il revint de
S. Denis par S, Quen. où M.
le Duc deTresmes avec route sa
famille, l'attendoit. On lui servitunemagnifique
collation.
Le 3 ce Monarque partir d'ici,
accompagnéde toute sa Cour, de
M. le Maréchal de Tessé, & de
M. le Marquis de Bellegarde
fécond fils de , INI. leDucd'Antin;
ce jeune Seigneur ayant été pré
posé pour faire les honneurs des
Maisons Royales à la place de
M. son pète) qui comme -
Chef.
du Conseil du dedans du Royaume
,
n'avoit pu suivre S. M.
Czarienne ,à cause de quelques
affaires importantes. Le Czar
avoitcompté passer quelques jours
à Versailles, & même on s'étoit
préparé à l'y recevoir; mais il ne
s' y arrêtaqu'un moment , étant
allé coucher à Trianon, où il a
occupé avec toute sa suite, les
Appartemens duCorridor qui donne
sur
-
les Goulottes. Pendant le ,féjotfL"qu'il a fait à Trianon, il
prenoit surtout le plaisirdela promenade
dansles Jardins en Calesche,
& sur le Canal en Gondolle
; il a visitétous les endroits
les plus remarquables des environs.
Le 6, il partit de Trianon,
pour aller au Château de Clagny;
il monta au grand Aqueduc, &
de là se rendit à Af/trly. Il a eiij
[
ployé le tems qu'il y a demeuré,
à peu prés comme à Trianon,se
-- promenant presque tout le jour, &examinant les Jets d'eau, les
Cascades &les Statuës, avê..,cunc
attention surprenante;ilalloit surtout
à chaque instant, voir la Cascade
j4grij>pwne.
Le 10
,
M. deVerton,Maître;
d'Hôteldu Roy ,
qui est chargcf.
par ordre de la Cour ,de servirle
Czar,ayant ordonné un rres-benir
feu d'Artifice, avoirplacé dans
le Bosquet de Marly, unegrande
quantité de Haut-bois&detoutes
fortes d'instrumens qui préluderent
& donnerent une Serenade
qui dura prés d'une heure;
aprés quoi on tira le feu d'artifice
lequel fut suivi d'une tres belle
illumination, que M. le Marquis
, de Bellegarde avoit faitprepararer
dans les Bosquets desBains
d'Agrippinne, & dans celui de la
Cascade;lafête finit par une cfc
pece de Bal: Toutes les Dames
que la curiosité avoit attirée 1«
Marly, danserentdans le Sallort;-
bienavant dans la nuit. Le Czar
fut si content de cette galanterie,
qu'il se coucha trés tard, contre
son ordinaire.
Le II, étant alléle matin- à
Saint Germain en Laye; il examina
le Château vieux &: la neuf,
& resta fort long-temssurlaTerrafle.
Il descendit au Val, &delà
au Monastere de S. Cyr, où
a.-tt Madame de Maintenon qui
reçût sa visite sur son lict; il demanda
à voir les cinq Classes &
routes les Demoiselles, chacune
dans leur place;le Prince sist sort
édifié del'utilité &de la magnificence
de l'établissement de cette
Maison, & de la maniere dont les
Filles y étoient élevées.Aprés
s'estre beaucouppromené, il remonta
en Carosse -ex; revint coucher
à Trianon,
Le 12. il quitta avec regret ces
lieux enchantez, pour revenir à
Paris, il passa par Versailles, où
:-l dîna; avant que de se mettre à
table, il vit tous les Appartemens
~L: le Cabinet, des Curiositez
,
qui
cft auprès de la Piece de la Chapelle
;on lui montra les Medailles
Ȑc les Coquillages.LesLivrescurieux
& les Estampes magnifiques
r
des Anciens Balers du Roy,l'occuperent
plus agréablement, que
toute autrechose.Ildescendità
la Grande & àla Petite Ecurie; il
vit travailler dans l'une & dans
l'autre,plusieurs Chevaux que les
Ecuyers monterenten sa presence. Ilmonta en Carosse sur les cinq
heures, & vint à Chaillot, rendre
visite à la Reine d'Angleterre;Il
traversa, sans s'arrêter, le Cours la
r. Reine, où l'on se promenoit: Il
àvint descendre chez Mr deLaunai la Monoye des Medailles, où
Mr le Duc d'Antin l'attendoit ; ce
Seigneur fit fraper en la presence
de cePrince, une -
Medaille
d'Or, qu'il lui presenta : Le Czar
fat surpris de trouver d'un côté
son Portrait en Buste, ayant
- pour Legende,Petrus Alexievvitz.
T\ar, Mag. Russ. Im(J'eratol; ôî
au revers une Renomméedans les
airs , avec deux Trompettes ; autour
étoient ces mots, Vires aLgo'.
fit eundo. Cequifaitallusion aux
differens voyages que ce Souverain
a faitdepuis vingt ans :8c dans
l'Exergue;Lutet. Paris, 1717. Ilmonta
ensuitepour voir-leCabinet
des Medailles,où il trouva un Medailler
remplidetrente Médaillésd'Argent,
& de quarante Médailles
de Bronze, pareilles à celle qui
luiavoirétépresentéeenOr.Ilen
fut surpris, & encore plus, lorsqu'il
vit qu'elles furent distribuées aux
Personnes. qui l'accompagnoient
Après qu'il ût consideré avec attention
lOUt
ce qu'il y -avoit-diansla
MonoyedesMedailles,ilpna
dans l'Orphevrerie, oùil trouva
i?n grand nombre de beaux Ouvrages
de ce Metail , dont la plus
grande partie étoit pour le Roy,
&quelques uns aussi pour le Roy
de Portugal & à ses Armes ; il les
examina avec itn- discernement
lui marque son bon goût pour TOUtes
sortes de choses. Lorsqu'il s'en
alla
, en lui presenta de rechefune
pareilleMedaille de son Portrait,
quivenoitd'être achevée,dont
les fondsétoient de Bronze brune,
& tous les reliefs en Or.
Le 13. au matin, il reçût la Visîte
du Nonce, qui lui fit un com- pliment en Italien, auquel le Vice-
Chancellier Schaffirauu répondit.
Il sortitseull'aprés-midi, & se
rendit le soir chez Mr le Duc
d'Antin, où il soupa avec Mgr le
Comte deToulouses le repas fut
superbe.
Le15.aumatin, ilallaàl'ImprimerieRoyale
? on tira devant
lui plusieurs Epreuves:ll passa ensuite
au Collége des Quatre Nations,
fondé par le Cardinal de-
Mazarin; Il viGta l'Eglise&la Biblioteque,
& fit amitié à M Varignon,
le plus fameux Géometre
du Royaume; il s'infirma des
fonds destinez à entretenir un pareilEtabli(
Ternent*, il parut content
du détail qu'on luien fit, ~f~
ce qu'outre deux Colléges qu'il (li fondez dans ses Etats,l'un à Mor:
covu, & l'autre à Peterbourg ,il
a encore dessein d'en ériger de
nouveaux. Au sortir de cette Mai.
son,il passa chez le sieurPigeon,
Auteurd'une Sphere mouvante
très curieuse, suivant le Systéme
de Copernic; illa trouva parfaitement
executée; elle lui PZC si
fort, qu'il donna ordre
, en parrant,
del'acheter deux «mille ~écusa.
Ilalla ensuiteen Sorbonne,où-il
fMuat isrôençû,qup'ialr^lpeasciDeoucftaebuerasudcoeupa^
il admira le Tombeau du Cardinal
de Richelieu
, que l'on regôritr
comme un des Chefs d'Oeuvre de
Girardon. L'après-midi, ce Prince
monta sur les Tours de Nôtre-Dame
, pour découvrir d'un coup d'oeil, toute l'étenduëde cette
Capitale; il trouva , en rentrant à
l'Hôtelde Lesdiguieres, lesAmbassadeurs
de Portugal & de Malte
» qui vinrent en grand Cortége-,
lui rendre-visite.
-Le lS. au matin, étant retourne
aux Gobelins, il prit plaisiràvoir
r travailler: Entre plusieurs pieces
deTapisseriequ'on lui exposa, il
il fut Epris de l'Histoire de Don
Guichotte
,
dont les desseins sont
du jeune M,. Coëpel: LeRay lui
en a fait present du depuis, avec
quelques autres. L'après-diné, il
monta dans une Caleche,en forme
de Gondole
, ouverte de tous côtez,
appartenant à M. le Maréchal
deTeflé: Ce Monarque étoit accompagné
de ce Seigneur
,
de son
Chambellan ordinaire & de M.
de Verron ; il visita enpassant dans
la ruë des Bernardins,la Maison
de M. de Torpane, que lui aven-
,
du M. l'Abbé Bignon: Ensuite
celle de Madame la Duchesse de
.- la Ferté, qui donne sur lePalais
Royal; il sur charmédu gouc &
de la magnificencedontelleétoit
ornée: Il passarte làl'Hôtel de
MS- le Conre de Tou-ouïe*, après
quoi
,
CLlf le soir, il aiii (e promener
au Cours
,
où il fit plufîeucs
SOULS.
Le 16. le Czar ayant témoigné
quelque envie de voirles Troupes
de la Maison du Roy, Msr le-Duc
Regent donna ordre aux Gensdarmes
, aux Chevaux-Legers.,
aux deux Compagnies des Mousquetaires,
& aux Gardes Fran--
çoises& Suiffes, de se tenir prêts
le 16. aprés midi. On choisit, pour
enfail-e la revûë, la grande Allée
des Champs Elifées. Les Gardes
Françoises & Suisses étoient
rangées sur cinq Lignes, depuis le
commencementdecette Allée,jusqu'à
la Barriere qui la separe des
Allées du Roule. La Cavalerie se
plJça sur quatre Lignes, depuis
cette Barriere, juqu'aiideffiis-de la
grande Etoile. Le Prince deRohan
& lePrincedeSoubise reçû en survivance
de laChaige de M.son pere,
étoit à la tête de la Compagnie
des Cens-darmes. M. le Duc de
<.h2uLLesé[()ir au tri avec M. son
Fils -
,
à la tête des Chevaux Legers
:M.d'Arcagnancommandoit
les Mousquetaires Gris-, & M. de
Caullhc
i Canillac, les Noirs. Mgr le Duc du
'r Maine & M. le Duc de Guiche
* étoien à cheval:Le Czar arri va à
- trois heures & demie, au bas des -Allées
-
des Champs Elizées; il
monta sur un Cheval du Roy; on
en avoir aussiamené pour toute sa
Suite. Mgr le Duc d'Orleans étoit à
L cheval, suivi de plusieurs Seigneurs
de la Cour. Le Czar accompagné
de S. A. R. palTa fort
1. vîte devant le premier Rang ,
jusi
qu'au bout dela Ligne, &revint
t au petit galop : Etant parvenu à
,
l'entrée de l'Allée des Champs
Elifées, il vit faire l'exercice r à toute l'lnfanterie; mais s'étant
élevé des tourbillons épais de
-
poussiere,par la quantité des caros- | ses
,
des chevaux,& d'une multitude
infinie de Peuples qui s'y
rrouvetent; ce Prince en fut si fort
incommodé, qu'il fut obligé de se
retirer, sans avoir û la satisfaction
de voir défiler de si belles
Troupes: Il descendit avec Mgr
le Duc d'Orléans, pour viiiter le
nouveau Pont tournant des Tuilleries.
Ces deux Princes se retire- Jj
rent ensemble dans un endroit separé,
& ûrent une Conference
d'une demie heure, en présence
du Prince Kurakin qui servoit 1
d'Interprete à S. M. Cz. Après
s'être promené un moment dans
les Tuilleries, il monta enCarosse,
accompagné de Messieurs les Marêchaux
de Tdlè, d'Estrées -
,
de
Matignon,& autres Seigneurs. Il
allasouperàS.Ouen,chezM.le
Duc de Tresmes, Gouverneur de
Paris : Il y fut traité splendidement
; il s'entretint prèsque toujours
, pendant le repas qui dura
près de trois heures, avec M. le
Comte de Bethune
, qui parle
Polonois&Allemand. Ce Prince
ayant sçû que Madame la Comtesse
de Bethune
,
fille de M.le Duc
de Tresmes étoit feulement
spectatrice
,
illa pria tres-gracieusement
de se mettre à table, ce
qu'elle fit.
Le 17. Mgrle Comte deToulouse,
fit presenter à ce Prince une grande
Carte Marine, avec plusieurs
Ecrans magnifigniques. Il retourna
encor à l'observatoire,où
il fut prés de deux heureàfaire
des observations, & de là il se
rendit chez Mr le Maréchal de
Villars qui le reçût avec tout l'appareil
possible; le souper se passa
enjoye,&àchaquesanté on tia
plusieurs boëtes.
Le 18 au matin,le Czar qui
avoir mandé MrDelisle le Géographe
,l'entretint fort longtems
par Interprète, sur la situation &
l'étendue de son Empire, dont
ce Prince est mieux instruit que
personne. Pour lui en donner une
connoissance plus exacte ; il ordonna
qu'on aporta deux Cartes
Manuscrites qu'il avoir fait faire
d'une partie de ses Etats, il fit
remarquer à M. Delisle la situation
d'une nouvelle Fortersse
qu'il avoir fait bâtir en Tartart,
& lui fit part de ses nouvelles
acquisitions dans ces quartiers-là,
par la soumission d'un Roy T*r±
tare, qui s'est rendu son Vassal, ÔÊ
par la jonction de cent mille Calmoucs,
avec les autres Tartares
quisont déja fous sa domination.
CePrincealla voir enfuitc
plusieurs experiences Chimiques
que Mr Geosroi. lui avoit prépa- rées. Le iS- leCzar vint à cinq heures
incognito,prendre congé du Roy ;il
entra par l'apparrement deM. le
Maréchal de Villeroy, il fit present
à S.M. du Plan dePeterbourg-
On peut juger del'importance &
de la grandeur de cette Place,
par les32Battions qui doivent U-.
deffendre. S. - M. l'a placé dansle
Cabinet du Conseil. Après
avoirreçûlavisite de Mgr. le
Duc Regent; il alla au Palais
Royal, où il salua Monseigneur&
MadamelaDuchene d'Orleans.
Le même jour,le Czar curieux de
- voir rendre la vue à un Aveugle,
donna ordre à M. Areskin son
premier Medecin, de lui decouVIrr
un habile Oculiste; s'étant
,
adressé à M. du Vernay Professeur
Royal d"Anatomie au Iardin des
Plantes ,
il lui indiqua M. de
VvolhouseGentil-hommeAnglois,
qui ayant amené à l'Hôtel de Lesdiguieres,
un Invalide Aveugledepuis
la Bataille d'Hochsteet, âgé
de65 ans, prépara tout pour cette
opération difficile. Le Czar voyant
planterl'éguille dans l'oeil de
l'Invalide, se détourna un moment:
mais la curiosité l'ayant
emporté, il le vit travailler &
illia preuve que la Cararacte étoit.
abatuë ;car ce Prince ayant motitré
sa main à l'Invalide, celui-ci
la distingua. Un succés si hûreux -
• a engagé S. M. Cz.a promettre
, ausieurde Woolhouse un Elève,
pour le former fous un si habil
Homme
,
à l'imitation du Grand
- Duc de Toscane, & du Roy de
Sicile qui lui en ont envoyée&qu'il
a perfectionnés dans cet Art.
Le 19. le Czar semit dans son
Bain,suivant la coûtume qu'il
a de le baigner tous les Samedis.
Le même jour, ce Prince voulant
setrouv et à une Audiencedu
: Parlement,s'y rendit. Il entra d'abord
chez MrPremier Président,
d'où il sur conduit par le Bailly du - Palais, à la Grand-Chambre. On
leplaça dans une des Lanternes
que l'on avoit décorée, d'où il vit
MESSIEURSSiégeantssurles
hauts Bancs. On appela une Cause
; après que les deux Avocars
Mres Milchault & Guerin ûrent
plaidé, M.,de Lamoignon Avocat
General
,
se leva; & après avoir
résumé l'affaire qu'on plaidoit
alors, dit qu'il y avoit plusieurs
exemples, où la Couravoir
été consultée par des Souverains,
dans les affaires 'es plus importantes
de leurs Etats, mais qu'un
• Monarque si éloigné dela France
, également puissant en Europe
fleen Asie. ût voulu être témoin
de. son Auguste Séance, c'étoirunexemple
rare: il ajouta
qu'un tel événement méritoir d'êne
conservé dans les Registres du
Parlement,& d'être transmis à la
Postérité.L'Académie finie, le
- Czar salüen sortant,cet Auguste
Sénat, qui étoit en Robes Rouges,
& les Présidens avec leurs FOUÏrures
; ce qui ne s'étoit pratiqué
en pareil cas,quepour l'Empereur
Charles-^wnt.
Le même jour, l'après-midi, le
Roy alla àl'Hôtel delesdiguieres,
rendrevisite au Czar, qui, après
l'avoir reçû,vint à l'Academie
des Sciences,où M,l'Abbé Bignon
présidoit:*Mr de la Faye lui montra
un modéle de laMachine qu'on
a imaginée fort ingenieusément pourélever l'eau , avec la moindre
force qu'il est possible,fondé sur les
Proportions les plus difficiles de
-
Geometrie. Le Czar confirma par
son approbation, le jugement du
Public & del'Academie. M.Lemery
lui fit observer l'effet de deux
vegetations chimiques fort singulieres,
& Monsieur de Reaumnr,
les desseins de la Defcrip-
* Capitaine aux Gardes Françoises,
tion des Arts, prêts à imprimer:
Enfin M. Dalesme lui fit voir l'esset
d'un nouveau Cric à Cremail---
lere
, qui,avec moins de force, fait
plus d'effet que les Crics. S. M.Cz.
a prêté beaucoup d'attention à
toutes ces Nouveautez
, & a bien
voulu prendre séance,permettant
à la Compagnie de s'asseoir, pour,
voir l'ordre de l'Academie & le
rang des Academiciens. Il a vû
pareillement celle des belles Lettres
, où on lui montra l'Histoire
de LouisXIV. en Medailles.
Le Dimanche 20. à deux heures
après midi., il envoya demander,
s'ilpouvoit revenir voir les
Medailles desRois de France, & - la suitte de l'Histoire de Loüis-
Quatorze,dont une grande partieétoit
de même que celle qu'on lui
avoit presentée de Bronze ,& les
reliefsd'Or. Il y arriva une heure - après
,
& examina tout avec encore
pLs d'attention quelapremiere
fois. Et comme il s'arrêta beaucoup
à considerer la Medaille de
LOUIS XV,qui a pour revers un Soleillevant,vec ces mots, Iubet
sperare; qui étoitaussi deBronze&
les reliefs d'Or.Le Directeur de la
Monoye crut devoir la lui offrir. Il
la recût trés-gracieusement, marquant
,en touchant sur sa Poitrine,
qu'il la garderoit éternellemenr.
Sur les 6. heures, il retourna à
l'Hôtel de Lesdiguieres, pour assilier
aux Vigillesde la Pentecôte,
dans la Chapelle; elles furent
chantées parce Prince &par les
Musiciens
,
quiavoient chacun, un
Livre de Plain-Chant à la main.
Le Czar,après avoir entendu
la Messe de la Pentecôte, selon
l'ancien stile & la Liturgie des
Grecs, partit enfinle it.au soir,
pour les Eaux de Spaa.; il étoit escorté
par dix Mousquetaires
,
qui
devoient se relayer successivement
enpareil nombre, jusqu'à Soissons. Ilsoupa &coucha à Livrv, chez
le Marquisde ce Nom; il bût à la
Santé du Roy&àcelledeMgr le
Régent.
Il a fait plusieurs largesses avant
son départ; il a donné son Portrait
enrichi de Diamans à M. le Duc
d'Antin,àM.leMarechal deTessé,,
à M. le Maréchal d'Estrées à
M. le Marquis deLivry, &à
& à M, de Verton, pour lequel
il a û des egards particuliers, qu'il
s'est attiré par les manières polies
& engageantes, & par une attention
continuelle au service de ce
Monarque
, qui l'a toujours fait
mangeravec lui pendant son sejour
à Paris. Ce Monarque a faitlpulius
en sa faveur,il ademandépour
à M.le DucRegent une pension
- de 6000 liv. sur
des
Benefices ;
ayant sçû que comme Chevalier
de S. Lazare
,
il pouvoit posseder
des Pensionsjusqu'àcettesomme
ce qui lui a c~ accordé. Il n'a pas
oublié M. de Cresmes. Contrôlleur
de la Maison du Roy, à qui
il a fait présent d'une trésbelle
Montre d'or; il a distribué plusieurs
grandes Médailles d'or du
poids de sept Louis d'or neufs, à. -
quelqu'autres,Officiers; 1500Ducats
pour lesOfficiers de la bouche
du Roy, & autant pourles
officiersde Versailles,deMarly,
deTrianon,dela Ménagerie,de
Meudon & de Fonrtainebleau ;
c'est M. de Verton qirc le Czar
achargé de toutes ses libéralités-
Le Lundy matinxi cePrin.-
ce, après s'estre promené dans les
Jardins de Livry, monta dans
une Chaise de Poste avec M. de
son Chambellan, alla
dîneràNanteuil, ensuite coucher
àSoissons. Il s'embarquera àCharleville
sur la Meuse, afin de se
-
tendre à Liege, où il se reposera
quelques loiirs,,dans un Palais que
l'EleB:e\11 de Cologne lui a fait
préparer. S. A.E. lui.afaitoffre
par M. Vvaldor son Envoyé en
France, de 100 de ses Gardes &
200 Hommes de sesTroupes pour
lui servir d'escorté.
,LeC-Laradittfi,mé àM-leDucd'Antin
&àplu/ïeu'sSeig-î«iTsdelaCour,uce
fuitedeMédaillesfrapées enHollandeà
son coin, où sontreprésentées les Aâions
les plus éclatants de ion lÚgde.
Fermer
148
p. 200-208
ARTICLE DES MORTS.
Début :
Mre François-Armand de Rohan Prince de Montbazon, Colonel [...]
Mots clefs :
Décès, Colonel, Petite vérole, Seigneur, Docteur en théologie, Cardinal de Noailles, Noblesse, Marquis, Épouse, Greffier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE DES MORTS.
ARTICLE DES MORTS.
Mie François-Armand de Rohan
Prince de Montbazon , Colonel :
du Regiment de Picardie ,& Brigadieracs-
Armées du Roy , mouDE
JUILLET. 201
rutde la petite vérolle le 26. Juin
1717. âgé de 35 ans. Il étoit fils
Aîné de Charles de Rohan , Prince
de Guemené , Duc de Monbazon
, Pair de France & de Charlotte
- Elizabeth Cochefilet de
Vauvineux. Il ne laiſſe point d'enfans
de ſon Mariage avec Louife-
Julie de la Tour d'Auvergne ,
qu'il avoit épousée au mois de
Juin 1698. Elle étoit fille de Godefroy-
Maurice de la Tour , Dục
de Boüillon, Pair & Grand Chambelant
de France , &de feuë Marie-
Anne Mancini , Niece du Cardinal
Mazarin. La Maiſon de Rohan
vous doit être ſi connûë qu'il
ſuſfira de vous dire icy , qu'elle
eſt unedes plus anciennes, des puls
puiſſantes &des plus illuſtres du
Royaume. Le Regimentde Picardie
qu'il avoit , a été donné à M. le
Duc de Rohan : Ce Seigneur l'a
cedéàM. le Prince de Montauban
Guidon des Genſdarmes de la Garde
, qui de ſon côté a remis ſa
Charge de Guidon, entre les mains
de M. le Duc de Rohan , pour en
1
i
202 LEMERCURE
diſpoſer comme il le jugera à propos.
Mre Jean-Baptiste-Charles des
Friches de Braſſeuſe de Preſſigny ,.
Docteur en Théologie , Chanoine
&Doyen de l'Egliſe de Paris , depuis
le 12. Decembre 1702. &
Prieur de Conflans, Sainte Honorine
& de Mello, mourut le 28. Juin
1717.âgé de 55 ans après une maladie
trés douloureuſe caufée par
une fortgroffe Pierre , qu'on lui a
trouvée dans les Reins. Il fortoit
d'une Famille Noble , originaire
de la Ville de Melun ,de laquelle
il y a eu pluſieurs Chevaliers de
l'Ordre de Malte , dont le premier
reçû , mourut l'an 1565. La Biſayeule
de feu M. l'Abbé de Preſſigny
étoit de la Maiſonde la Fayette.
Il y avoit près de cent ans, que le
Doyenéd eNotre-Dame n'étoitforde
la Famille de Preſſigny.
M. le Cardinal de Noailles a
donné le Canonicat vacant par
certe Mort,à M. de Gomer de Lufancy
Chonoine de Meaux , d'une
Nobleſſe ancienne &diftinguée de
DE JUILLET . 203
la Province de Picardie. Et le s .
Juillet , le Chapitre a élû pour
Doyen Mre Jacques Alain de Gontaut
, Chanoine & Chantre de la
même Eglife : Il eſt de l'Illußre
Maiſon de Gontaut, & de la Branchedes
Seigneurs de Cabrérés , de
laquelle étoit Jeanne de Gontaut
Trif- ayeule de M. le Cardinal de
Noailles.
Dame Marie- Magdeleine de la
Fayette Epouſe de Me Charles
Bretagne Duc de la Tremoille &
deThoüars, Baron de Vitré, Com
te de Laval , Marquis d'Eſpinay ,
Prince de Tarente , Pair de France,
premierGentilhomme de laChambre
du Roy& Brigadier de ſes Armées
, qu'elle avoit épousé le 1;.
Avril 1706,mourut le 6 Juillet âgée
de 25 ans & huit mois , laiſſantun
fils unique : Elle étoit fille unique
d'Armand Renaud , Comte de la
Fayette,ColonelduRegiment de la
Fere , & Brigadier Général des Armées
du Roy , mort le 12 Aouft
1694 , &de Dame Jeanne Marie
Magdeleine de Marillac , fille de
204 LE MERCURE
M. de Marillac aujourd'hui Doyen
des Conſeillers d'Etat ; la Maiſon
de la Fayette eſt originaire & une
des plus anciennes & des plus Illuftresde
la Province d'Auvergner
Antoine Seigneur de le Fayette ,
cinquième Ayeul de Mde la Ducheſſede
la Tremoille , étoit Maître
de l'Artillerie ſous Louis XII.
&Gilbert Mottier Seigneur de la
Fayette ſon VII . Ayeul, fut fait
Maréchal de Francedés l'an 1421.
Ses Alliances ſont avec les Maifons
de Joyeuſe ,de Montboiffier,
de Polignac,de Jaucours , de Silly,
d'Eſcars , de Vienne , Daillon du
Lude , de la Tour d'Auvergne ,
de Rivoire , de Montmorin , d'Alégre
, d'Apcher , de Bourbon-
Charlus , Bourbon Buffet , Dreux
Morinville , de Chaumont, de Paffeuquieres
de Broüilly , &c. &
Elle ſubſiſte encore dans la Branche
des Seigneurs de Champeſticres
en Auvergne , connus de tout
temps ſous le nom de Motrier , auquel
ilsort joint celui de la Fayette
depuis l'extinction de la Branche
د
DE JUILLET 205
the des Comtes de la Fayette .
Mre Louis Marquis deMontefquiou
, fils unique de Me le Maréchal
de Monteſquiou ,& Colonel
* du Regiment d'Iſenghien, mourur
de la petite verole les Juillet azé
de dix-ſept àdix-huit ans , c'étoit
un jeune Seigneur de grande eſperance
,je vous inftruifis ſuffiſament
de ſa Maiſon , qui eſt une des plus
anciennes& des plus Illuſtres du
Royaume, lorſqu'il eût l'agrément
de ce Régiment. Le Régiment a été
accordé àM. fon pere, pour endifpoſeràſavolonté.
L'on a cû avis que Mre Roger de
la Roche- Foucault, Prince de Marfillac
, Abbé du Bec & de Font-
Froide , étoit mort de la petite
verole à Bude le 23 May dernier ,
âgé de 30 ans , il étoit fils aîné de
Mre François de la Roche- Foucault
VIII du nom , Duc de la Roche-
Foucault ,&de Dame Magdeléne
Charlotte le Tellier de Louvoy.
Il laiſſe pour plus de 60000 liv. de
rentes de Benefices vacants. Le
Prieuréde Conflans Sainte Honori-
Juillet 1717.
S
206 LE MERCURE
*
ne , qui étoit à ſa nomination , &
dont étoit pourvû M. de Preſſigny,
a été donné à M. l'Abbé Tambonneau
Chanoine de Notre-Dame ,
&Parentde ſon Eminence.
Dame Madeléne Emilie de
Maſcranni Epouſe de Mue François
Joachim Bernard Potier , Marquis
de Gefyres , Premier Gentil-hommede
la Chambre du Roy , Meftre
de Camp d'un Regiment de Cavalerie
, mourût ſans poſterité le 9
Juillet âgée de 25 ans&neufmois.
Elle étoit fille unique de feu Mre
Barthelemy de Maſcranny , Maître
des Requêtes , &de Dame Jeanne
Baptiste le Fevre de Caumartin.
La Famille de Maſcranny eſt une
des plus anciennes du Païs des
Grifons , elle fut attirée en Fran--
ce ,tant par la follicitation deMefſieurs
de Gondy , dont ils étoient
Parens, qu'à cauſe des Guerres qui
défoloient tout le Païs. Les Terres
& les grands biens qu'elle y poffedoit
, joins à pluſieurs Eglifes
que ſes Ancêtres y ont fondées
paroiffent autant de monumens de
fon ancienneré .
,
DE JUILLET. 207
Louis XIII . Thonnora d'une
Fleur de Lys dans ſes Armoiries .
Il ya près de 100 ans qu'elle a
entrée dans l'Ordre de Malthe .
Les Auteurs qui ont écrit de la
Ville de Chavannes , font mention
de cette Maifon comme de
l'une des plus diſtinguées dans le
Païs des Grifons : Voyez le grand
Atlas de Bleu d'Avity & c .
,
M. de Buzanval ci-devant
Lieutenant des Gendarmes mourut
le .... de Juillet , âgéde plus
de80. ans.
Mre Achille de Harlay Comte
de Beaumont , Conſeiller d'Etar
Ordinaire,fils dufeuPremierPrefi
dentde ce nom,décéda le 23.après
une trés longue maladie , en fa
49. année. Ilne laiſſe qu'une fille
mariée depuis quelques années ,
avec M. le Prince de Tingry ,
fils puiſné de M. le Maréchal de
Luxembourg.
1
Mte Nicolas Dongois Greffier
en Chef du Parlement , mourut
le 23. Juillet , âgé de 83. ans.
Sa Charge eſt poſlédée préſentes
Sij
208 LE MERCUR E
iment par M. Gilbert de Voiſin
qui en avoit la ſurvivance. Il eſt
fecond fils de Mr Gilbert , Prédent
de la Chambre des Enquêtes.
qui avoit épousé la fille unique
de M. Dongois .
Mie François-Armand de Rohan
Prince de Montbazon , Colonel :
du Regiment de Picardie ,& Brigadieracs-
Armées du Roy , mouDE
JUILLET. 201
rutde la petite vérolle le 26. Juin
1717. âgé de 35 ans. Il étoit fils
Aîné de Charles de Rohan , Prince
de Guemené , Duc de Monbazon
, Pair de France & de Charlotte
- Elizabeth Cochefilet de
Vauvineux. Il ne laiſſe point d'enfans
de ſon Mariage avec Louife-
Julie de la Tour d'Auvergne ,
qu'il avoit épousée au mois de
Juin 1698. Elle étoit fille de Godefroy-
Maurice de la Tour , Dục
de Boüillon, Pair & Grand Chambelant
de France , &de feuë Marie-
Anne Mancini , Niece du Cardinal
Mazarin. La Maiſon de Rohan
vous doit être ſi connûë qu'il
ſuſfira de vous dire icy , qu'elle
eſt unedes plus anciennes, des puls
puiſſantes &des plus illuſtres du
Royaume. Le Regimentde Picardie
qu'il avoit , a été donné à M. le
Duc de Rohan : Ce Seigneur l'a
cedéàM. le Prince de Montauban
Guidon des Genſdarmes de la Garde
, qui de ſon côté a remis ſa
Charge de Guidon, entre les mains
de M. le Duc de Rohan , pour en
1
i
202 LEMERCURE
diſpoſer comme il le jugera à propos.
Mre Jean-Baptiste-Charles des
Friches de Braſſeuſe de Preſſigny ,.
Docteur en Théologie , Chanoine
&Doyen de l'Egliſe de Paris , depuis
le 12. Decembre 1702. &
Prieur de Conflans, Sainte Honorine
& de Mello, mourut le 28. Juin
1717.âgé de 55 ans après une maladie
trés douloureuſe caufée par
une fortgroffe Pierre , qu'on lui a
trouvée dans les Reins. Il fortoit
d'une Famille Noble , originaire
de la Ville de Melun ,de laquelle
il y a eu pluſieurs Chevaliers de
l'Ordre de Malte , dont le premier
reçû , mourut l'an 1565. La Biſayeule
de feu M. l'Abbé de Preſſigny
étoit de la Maiſonde la Fayette.
Il y avoit près de cent ans, que le
Doyenéd eNotre-Dame n'étoitforde
la Famille de Preſſigny.
M. le Cardinal de Noailles a
donné le Canonicat vacant par
certe Mort,à M. de Gomer de Lufancy
Chonoine de Meaux , d'une
Nobleſſe ancienne &diftinguée de
DE JUILLET . 203
la Province de Picardie. Et le s .
Juillet , le Chapitre a élû pour
Doyen Mre Jacques Alain de Gontaut
, Chanoine & Chantre de la
même Eglife : Il eſt de l'Illußre
Maiſon de Gontaut, & de la Branchedes
Seigneurs de Cabrérés , de
laquelle étoit Jeanne de Gontaut
Trif- ayeule de M. le Cardinal de
Noailles.
Dame Marie- Magdeleine de la
Fayette Epouſe de Me Charles
Bretagne Duc de la Tremoille &
deThoüars, Baron de Vitré, Com
te de Laval , Marquis d'Eſpinay ,
Prince de Tarente , Pair de France,
premierGentilhomme de laChambre
du Roy& Brigadier de ſes Armées
, qu'elle avoit épousé le 1;.
Avril 1706,mourut le 6 Juillet âgée
de 25 ans & huit mois , laiſſantun
fils unique : Elle étoit fille unique
d'Armand Renaud , Comte de la
Fayette,ColonelduRegiment de la
Fere , & Brigadier Général des Armées
du Roy , mort le 12 Aouft
1694 , &de Dame Jeanne Marie
Magdeleine de Marillac , fille de
204 LE MERCURE
M. de Marillac aujourd'hui Doyen
des Conſeillers d'Etat ; la Maiſon
de la Fayette eſt originaire & une
des plus anciennes & des plus Illuftresde
la Province d'Auvergner
Antoine Seigneur de le Fayette ,
cinquième Ayeul de Mde la Ducheſſede
la Tremoille , étoit Maître
de l'Artillerie ſous Louis XII.
&Gilbert Mottier Seigneur de la
Fayette ſon VII . Ayeul, fut fait
Maréchal de Francedés l'an 1421.
Ses Alliances ſont avec les Maifons
de Joyeuſe ,de Montboiffier,
de Polignac,de Jaucours , de Silly,
d'Eſcars , de Vienne , Daillon du
Lude , de la Tour d'Auvergne ,
de Rivoire , de Montmorin , d'Alégre
, d'Apcher , de Bourbon-
Charlus , Bourbon Buffet , Dreux
Morinville , de Chaumont, de Paffeuquieres
de Broüilly , &c. &
Elle ſubſiſte encore dans la Branche
des Seigneurs de Champeſticres
en Auvergne , connus de tout
temps ſous le nom de Motrier , auquel
ilsort joint celui de la Fayette
depuis l'extinction de la Branche
د
DE JUILLET 205
the des Comtes de la Fayette .
Mre Louis Marquis deMontefquiou
, fils unique de Me le Maréchal
de Monteſquiou ,& Colonel
* du Regiment d'Iſenghien, mourur
de la petite verole les Juillet azé
de dix-ſept àdix-huit ans , c'étoit
un jeune Seigneur de grande eſperance
,je vous inftruifis ſuffiſament
de ſa Maiſon , qui eſt une des plus
anciennes& des plus Illuſtres du
Royaume, lorſqu'il eût l'agrément
de ce Régiment. Le Régiment a été
accordé àM. fon pere, pour endifpoſeràſavolonté.
L'on a cû avis que Mre Roger de
la Roche- Foucault, Prince de Marfillac
, Abbé du Bec & de Font-
Froide , étoit mort de la petite
verole à Bude le 23 May dernier ,
âgé de 30 ans , il étoit fils aîné de
Mre François de la Roche- Foucault
VIII du nom , Duc de la Roche-
Foucault ,&de Dame Magdeléne
Charlotte le Tellier de Louvoy.
Il laiſſe pour plus de 60000 liv. de
rentes de Benefices vacants. Le
Prieuréde Conflans Sainte Honori-
Juillet 1717.
S
206 LE MERCURE
*
ne , qui étoit à ſa nomination , &
dont étoit pourvû M. de Preſſigny,
a été donné à M. l'Abbé Tambonneau
Chanoine de Notre-Dame ,
&Parentde ſon Eminence.
Dame Madeléne Emilie de
Maſcranni Epouſe de Mue François
Joachim Bernard Potier , Marquis
de Gefyres , Premier Gentil-hommede
la Chambre du Roy , Meftre
de Camp d'un Regiment de Cavalerie
, mourût ſans poſterité le 9
Juillet âgée de 25 ans&neufmois.
Elle étoit fille unique de feu Mre
Barthelemy de Maſcranny , Maître
des Requêtes , &de Dame Jeanne
Baptiste le Fevre de Caumartin.
La Famille de Maſcranny eſt une
des plus anciennes du Païs des
Grifons , elle fut attirée en Fran--
ce ,tant par la follicitation deMefſieurs
de Gondy , dont ils étoient
Parens, qu'à cauſe des Guerres qui
défoloient tout le Païs. Les Terres
& les grands biens qu'elle y poffedoit
, joins à pluſieurs Eglifes
que ſes Ancêtres y ont fondées
paroiffent autant de monumens de
fon ancienneré .
,
DE JUILLET. 207
Louis XIII . Thonnora d'une
Fleur de Lys dans ſes Armoiries .
Il ya près de 100 ans qu'elle a
entrée dans l'Ordre de Malthe .
Les Auteurs qui ont écrit de la
Ville de Chavannes , font mention
de cette Maifon comme de
l'une des plus diſtinguées dans le
Païs des Grifons : Voyez le grand
Atlas de Bleu d'Avity & c .
,
M. de Buzanval ci-devant
Lieutenant des Gendarmes mourut
le .... de Juillet , âgéde plus
de80. ans.
Mre Achille de Harlay Comte
de Beaumont , Conſeiller d'Etar
Ordinaire,fils dufeuPremierPrefi
dentde ce nom,décéda le 23.après
une trés longue maladie , en fa
49. année. Ilne laiſſe qu'une fille
mariée depuis quelques années ,
avec M. le Prince de Tingry ,
fils puiſné de M. le Maréchal de
Luxembourg.
1
Mte Nicolas Dongois Greffier
en Chef du Parlement , mourut
le 23. Juillet , âgé de 83. ans.
Sa Charge eſt poſlédée préſentes
Sij
208 LE MERCUR E
iment par M. Gilbert de Voiſin
qui en avoit la ſurvivance. Il eſt
fecond fils de Mr Gilbert , Prédent
de la Chambre des Enquêtes.
qui avoit épousé la fille unique
de M. Dongois .
Fermer
149
p. 5-45
Histoire du Conclave dans lequel fut Elû Alexandre VII. [titre d'après la table]
Début :
Le Pape Innoncent (X) qui étoit un grand Homme, avoit û une [...]
Mots clefs :
Pape, Innocent X, Cardinaux, Couronne, Princesse, Nonce extraordinaire, Ambassadeur, Déclaration, Conclave, Reconnaissance, Négociation, Vérité, Théâtre, Ennemis, Maximes, Pontificat, Escadron, Abbé, Espagne, Marquis, Duchesse, Morale, Créatures, Conscience, Nomination, Alexandre VII
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire du Conclave dans lequel fut Elû Alexandre VII. [titre d'après la table]
E Pape Innocent ( X) qui
étoit un grand Homme ,
avoit û une application
particulière au choix qu'il
avoit fait des Sujets , pour les Promotions
des Cardinaux ; & il eſt conftant
qu'il ne s'y étoitque fort peu trompé.
La Signora Olimpia le força en
quelque façon , par l'aſcendant qu'elle
avoit fur fon eſprit , à honorer de cette
Dignité Maldachin ſon neven , qui
n'étoit encore qu'un enfant : Mais on
peut dire , qu'à la réſervede celui-là ,
tous les autres choix furent ou bons ,
ou foûtenus par des conſidérations qui
les juſtifiérent : Il eſt même vrai qu'en
la plupart , le Mérite & la Nalffance
concoururent à les rendre illuftres."
Aij i
6 LE MERCURE
Ceux de ce nombre , qui ne ſe trouvérent
pas attachez aux Couronnes par
la nomination , ou la Faction , ſe trouvérent
tout-à-fait libres à la mort du
Pape;parcequeleCardinalPamphilefon
neveu ayant remis ſon Chapeau , pour
épouſer Mde la Princeſſe de Rofſſane;
il n'y avoit perſonne qui pût ſe mettre
à la tête de cette Faction dans le Conclave
: Ceux qui ſe rencontrérent en
cet état , que l'on peut appeller de
Liberté , étoient Mrs les Cardinaux
Chigi , Lomelin , Ottoboni , Imperiali,
Aquaviva , Pio , Borromeo , Albizzi ,
Gualtieri , Azolini , Omodei , Cibo
Odescalchi , Aldobrandin . Dix de
ceux-là ,qui furent Lomelin,Ottobon ,
Imperiale , Borromée , Aquaviva, Pio ,
Gualtieri , Albizzi , Omodei , Azolini ,
ſe mirent dans l'eſprit de ſe ſervir de
leur liberté , pour affranchir le SACRE
COLLEGE de cette coûtume qui affujettit
à la reconnoiſſance , des Voix
qui ne devroient reconnoître que les
mouvemens du S. ESPRIT . Ils réſolurent
de ne s'attacher qu'à leur devoir ,
&de faire une profeſſion publique , en
entrant dans le Conclave , de toute
forte d'Indépendance, de Faction& de
D'AOUST. 7
Couronne : Comme celle d'Eſpagne
étoit en ce tems-làla plus forte à Rome,
& par le nombre des Cardinaux , &
par la jonction des Sujets qui étoient
aſſujettis à la Maiſon de Medicis ; ce
fut celle auffi qui éclata le plus contre
cette indépendance de l'Escadron
Volant ; c'eſt le nom que l'on donna
à ces dix Cardinaux que je viens de
vous nommer ; & je pris le moment
de l'éclat que le Cardinal Jean-Charles
deMedicis fit au nomde l'Eſpagne contre
cette union , pour entrer moi-même
dans leur Corps , à quoi je mis toutefois
, le préalable qui étoit néceſſaireà
l'égardde la France ; car , je priai Mgor
Scotti qui avoit été Nonce Extraordi
naire , &qui étoit agréable à la Cour ,
d'aller chez tous les Cardinaux de la
Faction , leur dire que je les ſuppliois
de me marquer ce que j'avois à faire
pour le ſerviceduRoi:Que je nedemandois
pas le ſecret , & qu'il me ſuffifoit
que l'on me dit jour à jour mon devoir.
M le C. Grimaldi fit une réponſe
fort civile , & même fort obligeante
à Mgnor Scotti ; mais Mrsles C.
d'Eſt , Bichi & Urfin me traitérent de
haut enbas , &même avec mépris. Je
$ LE MERCURE
déclarai publiquement dés le lende
main , que come on ne me vouloit donner
aucun moyende ſervir laFrance; je
croyois que je ne pouvois rien faire de
mieuxque de me mettre au moins,dans
la faction la plus indépendante de celle
d'Eſpagne : J'y fus reçû avec toutes
les honnêtetez imaginables ; & l'événement
fit voir que j'avois cu raiſon.
Jen'en eu pas tant dans la conduite
que j'eû au même moment avec M.
de Lionne : Il s'étoit raccommodé avec
M. le C. Mazarin , qui l'envoya à
Rome pour agir contre moi , & qui ,
pour l'y tenir avec plus de dignité , lui
donna la qualité d'Ambaſſadeur Extraordinaire
vers les Princes d'Italie :
Comme il étoit affez ami de Montréfor
, il le vit devant qu'il partit ,
il le pria de m'écrire qu'il n'oublieroit
rien pour adoucir les chofes , & que je
connoîtrois par les effets , qu'il parloit
fincérement. Son intention pour moi
étoit bonne , je n'y répondis pas comme
je devois , & cette faute n'eſt pas la
moindre de celles que j'ai commifes
durant ma vie. Je reviens au Conclave.
Lepremier pas que fit l'Eſcadron volant
, dans l'intervale des neuf jours
&
D'AQUST.
qui font employez aux Obſeques du
Pape , fut de s'unir avec le C. Barberin
, qui avoit dans l'eſprit de porter
au Pontificat le C. Sachetti , Homme
d'une répréſentation ſemblable à celle
du feu Préſident Bailleul , de qui
Ménage diſoit , qu'il n'étoit bon qu'à
peindre. Le C. Sachetti n'avoit effecti
vement qu'un médiocre talent , mais ,
comme il étoit Créature du Pape Urbain
,& qu'il avoit été fidellement attaché
à ſa Maiſon , Barberin l'avoit en
rête , avec d'autant plus de fermeté ,
que ſon exaltation paroiſſoit impoffi
ble. M. le Card. Barberin , dont la
vie eft Angelique , a un travers dans
l'humeur qui le rend , comme ils difent
en Italie, Inamorato del' impoffibilo.
Il ne s'en falloit guéres que l'exaltation
de Sachetti ne fut de ce genre :
L'amitié étroite entre lui & le C. Mazarin
qui avoit éré autrefois commenſal
de mon frere , n'étoit pas
une bonne récommandation pour lui
vers l'Eſpagne ; mais , ce qui l'éloignoit
encore plus de la Chaire de
S. PIERRE , étoit la déclaration publique
que la Maiſon de Medicis , qui
étoit d'ailleurs à la tête de la faction
10 LE MERCURE
tous
d'Eſpagne , avoit faite contre lui dés
le précédent Conclave. Ceux de l'Ef
cadron qui avoient en vûë de faire Pape,
le Card. Chigi , crûrent que l'unique
moyen pour engager M. le C.
Barberin à le ſervir , ſeroit de l'y engager
par réconnoiffance , & de faire
fancérement & de bonne foy
leurs efforts,pour porter au Pontificat
Sachetti , voyans qu'ils ſeroient pour
tant inutiles par l'événement , ou du
moins qu'ils ne ſeroient utiles qu'à les
lier ſi étroitement , & fi intimément
avec le Card. Barberin , qu'il ne pourroit
s'empêcher lui-même de concou
rir dans la ſuite à ce qu'ils déſiroient.
Voilà l'unique ſécret du Conclave ,
fur lequel tous ceux à qui il a plû d'en
écrire,ont dit mille&mille impertinen .
ces ,je ſoûtiens que le raiſonnementde
l'Eſcadron étoit fort jufte : Le voici .
Nous fommes perfuadez queChigi eft
le Sujet du plus grand mérite qui foit
dans le College , & nous ne le ſommes
pas moins , qu'on ne le peut faireFape,
qu'en faiſan: tous nos efforts pour réüffir
à Sachetti. Le pis du pis eſt que
nous réüſſiffions à Sachetti qui n'eſt pas
tropbon , mais qui eſt toûjours undes
t
C
C
0
S
C
t
C
H
F
T
n
D'AOUST. 11
moins mauvais. Selon toutes les apparencesdu
mondenous n'y réuſſirons
pas, auquel cas nous ferons tomberBarberin
à Chigi , par réconnoiffance &
par l'intereſt de nous conferver : Nous
yferons venir l'Eſpagne & Medicis ,
par l'appréhenſion que nous n'empor.
tions à la fin, le plus de voix pour Sachetti
;& la France , par l'impoffibilité
où elle ſe trouvéra de l'empêcher.
Ce raiſonnement beau & profond , auquel
il faut avoüer que M. le Cardinal
Azolini cût plus de part que perſonne,
fut aprouvé tout d'une voix dans la
Tranſpontine , où l'Eſcadron volant
s'affembla dans les premiers jours des
Obfeques , aprés même que l'on y ût
éxaminé mûrement les difficultez de
cePlan, qui euffent paruës inſurmontables
àdes eſprits médiocres. Les grands
Noms font toûjours de grandesRaiſons
aux petits Génies. FRANCE ,
ESPAGNE , EMPIRE
TOSCANE , étoient des mots tour
propres à épouvanter les gens. Il
n'y avoit aucune apparence que leCardinal
Mazarin pût agréer Chigi
qui avoit été Nonce à Munſter , dans
Je tems de la Négociation de la Paix ,
1
12 LE MERCURE
& qui s'étoit déclaré ouvertement en
plus d'une occafion, contre Servien qui
y étoit Plénipotentiaire de France. Il
n'y avoit pas de vrai- ſemblance que
l'Eſpagne lui dût être favorable. Le C.
Trivulce le plus capable Sujet de ſa
faction , & peut-être de tout le Sacré
College , déclamoit publiquement
contre lui ,,comme contre un Bigot ,
& il appréhendoit dans le fond, extremément
ſon exaltation, par la crainte
qu'il avoit de ſa ſévérité peu propre
à ſouffrir la licence de ſes débauches
, qui à la vérité , étoient ſcandaleuſes
: Il n'étoit pas croyable que le
C. Jean- Charles de Medicis pût être
bien intentionné pour lui , & par la
même raiſon & par celle de la naifſance
; car il étoit Siennois , & connu
pour aimer paffionément ſa Patrie,
qui eſt pareillement connue pour n'aimer
pas la domination de Florence.
Toutes ces Conſidérations furent examinées,
l'on peſa l'Apparent le Douteux
&le Poffible , & l'on ſe fixa à la ré
ſolution que je viens de vous marquer,
avec une ſageſſe qui est d'autant plus
profonde, qu'elle paroiſſoit hazardeuſe.
Il faut avoüer qu'il n'y a peut-être
jamais
D'AOUST.
-13
jamais eu de concert , où l'harmonie
ait été ſi juſte qu'en celui-ci , & il
ſembloit que tous ceux-ci qui y entrerent
, ne fuſſent nés que pour agir
les uns avec les autres. L'activité
d'Imperiali y étoit temperée par le
Aegme de Lomelin;la profondeur d'Ottobon
ſe ſervoit utilement de la hauteur
d'Aquaviva ; la candeur d'Omodei , &
la froideur de Gualtieri y couvroient,
quand il étoit néceſſaire,l'impétuoſité
de Pio , & la duplicité d'Albizzi.
Azolin qui eſt un des plus beaux & des
plus faciles eſprits du monde , veilloit
avec une application continuelle ,
au mouvement de ces différens Refforts
; & l'inclination que Mrs les Ca
de Medicis & Barberin Chefs desdeux
Factions les plus oppoſées , prirent
pour moi d'abord , fuppléa dans les
rencontres en ma perſonne , au défaut
des qualirez qui m'étoient néceſſaires
pour y tenir mon coin. Tous les Acteurs
firent bien , le Theatre fut toûjours
rempli , les Scénes ne furent pas
beaucoup diverfifiées , mais la Piéce
fut belle ,&d'autant plus , qu'elle fut
ſimple. Quoi qu'ayent écrit les Compilateurs
de ce Conclave , il n'y eut
Aoust 1717. B
14 LE MERCURE
de myſtere que celui que je vous ai
expliqué ci -devant. Il eſt vrai que les
Epiſodes en furent curieuſes : Je m'explique.
د
Če Conclave fut, ſi je ne me trompe,
de 80. jours . Nous donnions tous les
matins & toutes les après-dínés, 32 ou
33 voix à Sachetti ; & les voix étoient
celles de la Faction de France des
Créatures du Pape Urbain , Oncle de
Mr le C. Barberin & de l'Eſcadron
volant : Celles des Espagnols , des
Allemands , & des Medicis , ſe répandoient
fur différents Sujets dans tous
les Scrutins ; & ils affectoient d'en
ufer ainſi pour donner à leur
conduite , un air plus Eccleſiaſtique ,
&plus épuré d'Intrigue & de Cabale,
que le notre n'avoit. Ils ne réüffirent
pas dans leur Projet , parce que les
Moeurs très déréglées de M. le Card.
Jean-Charles de Medicis & de M. le
C. Trivulce , qui étoient proprement
les ames de leur Faction , donnoient
plus de luftre à la piété exemplaire
de M. le C. Barberin , qu'ils ne lui en
pouvoient ôter par leur artifice. Et le
C. Ceſy Penſionnaire d'Eſpagne , &
'Homme le plus finge , en tout ſens ,
D'AOUST . 15
que j'aye jamais connu , me diſoit un
jour à ce propos , fort plaiſamment .
Vous nous batterez à la fin , car, nous
nous décréditons , en ce que nous voulons
nous faire paſſer pour Gens de bien .
Cela paroît ridicule , & cela eſt pourtant
vrai. Le faux trompe quelquefois
; mais il ne trompe pas long-tems ,
quand ileſt relevé par d'habiles gens :
Leur Faction perdit en peu de jours
le Concetto,qu'ils appellent en ce Païs
là,de vouloir le bien. Nous gagnâmes
de bonne-heure cette réputation , &
parce que dans la verité Sachetti ,
qui étoit aimé à cauſe de ſa douceur ,
paffoit pour Homme de bonne &
droite intention ; & parce que le ménagement
que la Maiſon de Medicis
étoit obligé d'avoir pour le C. Capponi
, quoi qu'elle ne l'ût pas vou
lu en effet pour Pape , nous donna lieu
de faire croire dans le monde, qu'elle
vouloit inſtaler dans la Chaire de S.
Pierre , la Volpé ; c'eſt ainſi que l'on
appelloit le C. Capponi , parce qu'il
paſſoit pour un fourbe : Ces difpofitions
jointes à pluſieurs autres,qui ſeroient
trop longues à déduire , firent
que la Faction d'Eſpagne s'apperçût
Bij
16 LE MERCURE
qu'elle perdoit du terrain ; & quoique
cette perte n'allât pas juſqu'à lui
faire croire , que nous penſions faire
le Pape ſans elle , elle ne laiſſa pas
d'appréhender que ſon parti ayant
beaucoup de Vieillards , & le nôtre,
beaucoup deJeunes gens;le tems ne pût
être facilement pour nous. Nous furprímes
une Lettre de l'Ambaſladeur
d'Eſpagne au C. Sforze , qui faiſoit
voir cette crainte en termes exprés ;
& nous comprimes même par l'air
de cette Lettre , encore plus que par
les paroles , que cet Ambaffadeur n'étoit
pas trop content de la maniére
d'agir des Medicis. Je ſuis trompé, ou
ce fût Mgnor Febei qui ſurprit cette
Lettre. Cette Sémence fut cultivée
avec beaucoup de ſoin, dés qu'elle cut
paru ; & l'Efcadron , qui par le canal
de Borromée Milanois , &d'Aquaviva
Napolitain , gardoit toujours beaucoup
de meſures & d'honnêtetez avec
l'Ambaſledeur d'Eſpagne n'oublia
pas de lui faire pénétrer qu'il étoit
du ſervice du Roy fon maître , & de
fon interrêt particulier de lui Ambaffadeur
, de ne ſe pas fi fort abandonner
aux Florentins , qu'il aſſujétît à
,
D'AOUST... 17
leurs Maximes & à leurs Caprices ,
la conduite d'une grande Couronne ,
pour laquelle tout le monde avoit
du reſpect. Cette poudre s'échauffa
peu à peu , & elle prit feu dans ſon
tems. Je vous ai déja dit que la Faction
de France donnoit de toute ſa
force à Sachetti avec nous ; la différence
eſt,qu'elle y donnoit à l'aveugle
, croyant qu'elle y pourroit réüffit
, & que nous y donnions avec une
lumiere preſque certaine , que nous
ne le pourrions pas emporter ; ce qui
faifoit ,qu'elle ne prenoit pointde mefures
pathétiques , ſi l'on peut parler
ainſi ; c'est - à-dire , qu'elle ne fongeoit
pas à ſe réſoudre , quel parti elle
prendroit , en cas qu'elle ne pût réüffir
à Sachetti : Comine le nôtre étoit
pris ſelon cette diſpoſition que nous
tenions preſque pour conſtante , nous
nous appliquions par avance à affoiblir
celle de France , pour le tems dans
lequel nous jugions qu'elle nous feroit
oppoſée. Je donnai , par un hazard
l'ouverture à Jean-Charles , de débaucher
le C. Urfin, qu'il eut à bon marché
: Ainfi , dans le moment que la
Faction d'Eſpagne ne fongeoit qu'à fe
د
<
Biij
LE MERCURE
défendre de Sachetti , & que celle
de France ne penſoit qu'à le porter ;
nous travaillions pour une fin , fur laquelle
ni l'un ni l'autre ne faiſoit aucune
réflexion , à diviſer Celle - là ,&
affoiblir Celle - ci . L'avantage de ſe
trouver en cet état eſt grand , mais
il eſt rare ; il falloit pour cela une
rencontre pareille à celle dans laquelle
nous étions , qui ne ſe verra peutêtre
pas en dix mille ans. Nous voulions
Chigi , & nous ne le pouvions
avoir , qu'en faiſant tout ce qui étoit
en nôtre pouvoir , pour l'éxaltation de
Sachetti qui ne pouvoir réiffir : De
forte que la bonne conduite nous portoit
à ce à quoi nous étions obligés par
labonnefoi. Cette utilité n'étoit pas la
feule ; nôtre Manoeuvre couvroit notre
marche , & nos Ennemis tiroient à
faux, parcequ'ils viſoient toûjours , où
nous n'étions pas. Vous verrez le ſuccés
de cette conduite , aprés que je
vous aurai expliqué celle de Chigi , &
la raiſon pour laquelle nous avions
jettésles yeux ſur lui .
Il étoit Créaturedu Pape Innocent ,
& le troifiéme de la Promotion , de
Jaquelle j'avois éré le premier. Il avoit
D'AOUST.
19
été Inquifiteur à Malte , & Nonce à
Munſter ; & il avoit acquis en tous ces
lieux,la réputation d'une Intégrité ſans
tache. Ses moeurs avoient été fans reproche
dés ſon enfance. Il ſçavoit
aſſes d'Humanités pour faire paroître
au moins une teinture ſuffifante des
autres Sciences. Sa Sévérité paroiſſoit
douce, ſes Maximes paroiſſoient droites
; il ſe communiquoit peu , mais ce
peuqu'il ſe communiquoit , étoit mefuré
& ſage. Tous les dehors d'une
piété ſolide & véritable rélevoient
imerveilleuſement toutes ces qualités ,
ou plûtôt toutes ces apparences : Ce
qui leur donnoit un corps au moins fantaſtique
, c'étoit ce qui s'étoit paflé à
Munſter, entre N. & Lui. Celui-là
qui étoit connu & reconnu pour le
Démon exterminateur de la Paix , s'y
étoit cruellement broüillé avec le
Contarin Ambaſſadeur de Veniſe,
Homme ſage & de probitè . Chigi ſe
ſignala pour le Contarin , ſçachant
qu'il faiſoit fort bien ſa Cour à
Innocent. L'oppoſition de N.....
qui étoit dans l'éxécration des peuples
lui concilia l'amour public , & lui
donna de l'éclat. La conduite qu'il
..
20 LE MERCURE
garda avec le Card. Mazarin , lorſqu'il
ſe trouva à Aix la Chapelle , où à
Bruxelles , en revenant de Munſter
plût à ſa Sainteté: Elle le rapella à
Rome , & le fit Sécrétaire d'Etat &
Card. On ne le connoiſſoit que par
les endroits que je vous viens de marquer.
Comme Innocent étoit un génie
fort & perçant , il découvrit bientôt
que le fondde celui de Chigi n'ètoit
ni bon,ni ſi profond qu'il ſe l'étoit ima -
giné ; mais , cette pénétration du Pape
ne nuiſit pas à la fortune de Chigi ,
qui,par la même raiſon , ne craignoit le
Pape que médiocrement. Il ſe fit un
honneur de ſe faire paſſer dans le monde
pour un Homme d'une Vertu inébranlable,
& d'une Rigidité infléxible.
Il ne faiſoit point ſa Cour à la Signora
Olimpia , qui étoit abhorrée dans Rome;
il blamoit affez ouvertement tout
ce que le Public n'approuvoit pas de
cette Cour- là ; & tout le monde qui
eſt & qui feraéternellement duppe,
en ce qui flatte ſon averſion , admiroit
ſa fermeté& ſa vertu , ſur un Sujet fur
lequel on ne devoit tout au plus,loüer
que ſon bon ſens , qui lui faiſoit voir
qu'il ſemoit de la gloire & de la graine
D'AOUST. 21
pour le Pontificat futur , dans un
champ où il n'avoit plus rien àciüeillir
pour le préſent. Le Card. Azolin qui
avoit été Sécrétaire des Brefs , dans le
même tems que l'autre avoit été Sécrétaire
d'Etat , avoit remarqué dans
fes manieres de certaines finoteries
qui n'avoient pas de raport à la Candeur
, de laquelle il faiſoit profeſſion.
Ilme le dit avant que d'entrer dans
leConclave; mais il ajouta , en me le
diſant , que ſur le Tout , il n'en voyoir
point de meilleur , & que de plus , fa
réputation étoit ſi bien établie , même
dans l'eſprit de nos amis de l'Eſcadron ,
que ce qu'il leur en pouvoit dire , ne
paſſeroit auprès d'eux,que comme un
reſte dequelques petits démeſlez qu'ils
avoient eus enſemble , par la compétance
de leurs Charges. Je fis d'autant
moins de réflexion à ce qu'Azolin me
diſoit,que j'étois moi-même tout-à- fait
préoccupé en faveur de Chigi. Il avoit
ménagé avec ſoin l'Abbé Charier dans
le tems de ma prifon : Il lui avoit
fait croire qu'il faifoit des efforts incroyables
pour moi auprès du Pape .
Il étoit contre lui avec l'Abbé Charier,
& avec plus d'emportement même
22 LE MERCURE
د
que l'Abbé Charier de ce qu'il ne
pouſſoit pas avec affés de vigueur le
C. Mazarin ſur mon ſujet. L'Abbé
avoit chez lui toutes les entrées , comme
s'il avoit été ſon domeſtique , & il
étoit perfuadé qu'il étoit mieux intentionné
& plus échauffé pour moi , que
moi - même. Je n'û pas ſujet d'en
douter dans tout le cours du Conclave.
J'étois aſſis au Scrutin, immédiatement
audeſſus de lui , & tant qu'il duroit
j'avois licu de l'entretenir. Ce fut ,
je crois , par cette raifon , qu'il affecta
de ne vouloir écouter que moi,
fur ce qui régardoit fon Pontificat. II
répondit à quelques - uns de ceux de
l'Eſcadron qui s'ouvrirent à lui de
leur deſſein , d'une maniere fi def- intereſſée
, qu'il les édifia. Il ne ſe trouvoit
ni aux Fenêtres où on va prendre
l'air , ni dans les Corridors où on
ſe promene enſemble. Il eſtoit toûjours
enfermé dans ſa Celule
il ne recevoit même aucune viſite ; il
recevoit de moi quelques avis que je
lui donnois au Scrutin ; mais il les recevoit
toujours d'une maniere fi éloignée
du défir de la Thiare, qu'il attiroit
mon admiration, ou tout au moins
où
۱
D'AOUST. 23
avec des circonstances ſi remplies de
l'eſprit Eccleſiaſtique , que la malignité
la plus noire n'eut pas pu s'imaginer
d'autres déſirs , que celui dont
parle Saint Paul , quand il dit que :
Qui Epifcopatum defiderat,bonum opus
defiderat. Tous les diſcours qu'il me
faiſoit,n'étoient pleins que de zele pour
l'Eglife, & de regret , de ce qu'à Rome
onn'étudioit pas aflés l'Ecriture , les
Conciles , & la Tradition. Il ne pouvoit
ſe laffer de m'entendre parler des
Maximes de la Sorbonne. Comme
l'on ne ſe peut jamais ſi bien contraindre,
qu'il n'échape quelque choſe
du naturel , il ne put fi bien ſe couvrir
, que je ne m'apperçûtſe qu'il
étoit homme de minuties ; ce qui eſt
toûjours ſigne, non pas feulement d'un
petit génie , mais encore d'une ame
bafle. Il me parloit un jour des Etudes
de fa jeuneſſe,&il me diſoit qu'il avoit
été deux ans, à écrire d'une même plume.
Cela n'est qu'une bagatelle ; mais,
comme j'ai remarqué plus d'une
fois , que les plus petites choſes ſont
ſouvent de meilleures marques que
les plus grandes cela ne me
plût pas. Je le dis à l'Abbé Charier
د
24 LE MERCURE
5
qui étoit unde mes Conclaviſtes ; Je
me ſouviens qu'il m'en gronda , en me
diſant que j'étois un Maudit qui ne
ſçavoit pas eſtimer la ſimplicité Chrêtienne.
Pour abréger , Chigi fit fi bien
par ſa diffimulation profonde , que
nonobſtant ſa petiteſſe qu'il ne pouvoit
cacher, à l'égard de beaucoup de petites
chofes , ſa phiſionomie qui étoit baffe
& fa mine qui tenoit beaucoup du
Medecin quoi qu'il fut de bonne
Naiſſance, il fit fi bien , dis-je,que nous
crûmes que nous renouvellerions en ſa
perſonne , ſi nous le pouvions porter
au Pontificat , la gloire , & la vertu
des Sts Gregoires & des Sts Leons.
Nous nous trompâmes dans cette efpérance
: Nous réiüffîmes à l'égard de
fon Exaltation,parce que les Eſpagnols
appréhendérent par les raiſons que je
vous ai marquées ci-deſſus , que l'opiniatreté
des Jeunes ne l'emportât à
Ia fin fur celle des Vieux ;& que Barberin
nedéſeſpérât à la finde pouvoir réüffir
pour Sachetti ; veu l'engagement
& la déclaration publique des Eſpagnols
& des Medicis. Nous noustélolûmes
de prendre, quand il ſeroit rems,
cedéfautpour infinuer aux deux Partis,
l'avantage
D'AOUST.
25
l'avantage que ce leur ſeroit à l'un
& à l'autre , de penser à Chigi. Nous
fîmes état que Borromée feroit voir
aux Eſpagnols , qu'ils ne pouvoient
mieux faire;veu l'averſion que la France
avoit pour lui ;&que je ferois voir à
M. leC. Barberin , que n'ayant perſonne
dans ſes Créatures qu'il lui fut
poſſible de porter au Pontificat , il
acquéreroit un mérite infini envers
toute l'Eglife , de le faire tomber
fans aucune apparence d'intereſt , au
meilleur Sujet . Nous crûmes que nous
trouvérions du ſecours pour notre
deſſein ,dans les diſpoſitions des Particuliers
des Factions ; & voici ſurquoi
nous nous fondions . Le C. Montalte
qui étoit de celle d'Eſpagne , Homme
d'un petit talent , mais bon , de grande
dépenſe,&qui avoit un airde fort grand
Seigneur, avoit une grande frayeur
que le C. Fiorenzola Jacobin& eſprit
vigoureux , ne fut proposé par M. le
C. Grimaldi , qui étoit ſon ami intime
&dont les travers avoient affés de
rapport à ceux de Fiorenzola. Nous
réſolumes de nous ſervir de l'oppolition
de Montalte pour lui donner prefqu'inſenſiblementde
l'inclination pour
Aoust 1717. C
26 LE MERCURE
Chigi ; & le vieux C. de Medicis ,
qui étoit l'eſprit du monde le plus
doux , étoit la moitié du jour fatigué
, & de la longueur du Conclave,
& de l'impétuoſité du C. Jean-Charles
ſon Neveu,qui ne l'épargnoit pas quelquefois
lui - même. J'étois très -bien
avec lui , & au point de donner même
de la jaloufie à M. le C. Jean-Charles :
Ce qui m'avoit particulierement procuré
l'honneur de ſon amitié , étoit
ſa Candeur naturelle qui avoit fait ,
qu'il avoit pris plaifir à ma maniére
d'agir avec lui. Je faifois profeſſion
publique de l'honorer , & je lui rendois
même avec ſoin mes devoirs ;
mais je n'avois pas laiſſe de m'expliquer
clairement avec lui, ſur mes engagemens
avec M. le C. Barberin &
avec l'Efcadron: Ma Sincérité lui avoit
plû , & il ſe trouva par l'événement ,
qu'elle me futplus utile que ne m'euft
été l'Artifice. Je ménageai avec application
fon eſprit , & je jugeai que je
me trouvérois bien en état de le difpoſer
peu à peu , à ſe radoucir pour
M. le C. Barberin qui étoit brouillé
avec toute ſa Maiſon , & à ne pas regarder
M. le C. Chigi , comine us
D'AOUST .
27
Homme auffi dangereux que l'on lui
avoit voulu faire croire. L'on ne s'endormit
pas , comme vous voyez , à
l'égard de l'Eſpagne & de la Toscane ,
quoiqu'on y parut àelles-mêmes ſans
action ; parce qu'il n'étoit pas encore
tems de ſe découvrir. L'on n'ût
pas moins d'attention vers la France,
dont l'oppoſition à Chigi étoit encore
plus publique & plusdéclarée que celle
des autres . M.de Lionne Neveu de
M. Servien en parloit , à qui le vouloit
entendre , comme d'un Pédant , & il
ne préfumoit pas que l'on le pût ſeulement
mettre fur les rangs. M. le C.
Grimaldi , qui dans le tems de leur
Prélature , avoit û , je ne ſçai quel
mal - entendu avec lui , diſoit publiquement
qu'il n'avoit qu'un mérite
d'imagination : Il ne ſe pouvoit que
M. le C. d'Eit n'appréhenda , comme
frere du Duc de Modéne , l'Exaltation
d'un Sujet dés-intereſle & ferme ,
qui font les deux qualitez , que les
Princes d'Italie craignent uniquement
dans un Pape .
Vous avez vû ci-devant , qu'il y
avoit eu même du perfonnel entre lui
-&M.deCard. Mazarin,en Allemagne ;
Cij
29 LE MERCURE
& nous jugeâmes , qu'il étoit à propos
par toutes ces confidérations ,d'adoucir
les choſes, autant que nous le pourtions
de ce côté-là , qui , quoique foibles
, nous pourroient peut- être , faire '
obſtacle: Je dis quoique foibles &peutétre;
parce que dans la vérité,la Faction
de France ne faifoit pas une figure fi
conſidérable dans ce Conclave , que
nous ne puſtions prétendre,&que nous
ne prétendiſſions en effet , de pouvoir
faire un Pape malgré elle. Ce n'est pas
qu'elle manquât de Sujets , & même
capables . Eft qui étoit Protecteur, ſuppleoit
par ſa qualité , par ſa dépendance&
par fonccoourage, àceque l'obfcuritéde
ſon eſprit & l'ambiguité de fes
expreffions diminuoient de ſa conGdération.
Grimaldi joignoit à la réputation
de rigueur qu'il a toujours cuë ,
un air de fupériorité aux maniéres ferviles
des autres Cardinaux de ſa Faction
; & il élevoit par là au-deſſus
d'eux ſa réputation. Bichi habile &
rompu dans les affaires , y devoit tenir
naturellement un grand poſte. M.
le Card. Antoine brilloit par ſa libéralité
, &M. le Card. Urfin par fon nom.
Voilà bien des Circonstances qui deD'AQUST.
29
voient faire qu'une Faction ne fut pas
méprifable. Il s'en falloit fort peu que
celle de France ne le fut avec toutes
ces circonstances , parce qu'elles ſe
trouvérent compliquées avec d'autres
qui les empoifonnérent. Grimaldi qui
haïffoit Mazarin aurant qu'il en étoit
haï , n'agiſſoit preſqu'en rien , d'autant
moins qu'il croyoit , & avec raifon
, que Lionne qui avoit au déhors
le ſecret de la Cour , ne le lui confioit
pas. Eft , qui trembloit avec tout
foncourage, parce que le Marquis de
Caracene entra juſtement en ce temslàdansleModénois,
avec toute l'Armée
des Milanois , faifoit qu'il n'oſoit s'étendre
de toute ſa force contre l'Efpagne.
t
Je vous ai déja dit que les Medicis
n'étoient point broüillez avec Urfin.
Antoine n'étoit ni intelligent , ni actif;
&deplus l'on n'ignoroit pas que dans
le fond du coeur , & à coup près , le
C. Barberin , qui étoit très mal à la
Courde France,ne l'emportât : Lionne
ne pouvoit pas y prendre une entiere
confiance , parce qu'il ne ſe pouvoit
pas affûrer que le C. Barberin , qui
vouloit aujourd'huy Sachetti qui étoit
Ciij
30
LE MERCURE
agréable à la France , n'en voulût pas
demain un autre qui lui fut dés-agreable
: Cette même conſidération diminuoit
encore beaucoup la confiance
que Lionne eut pû prendre au Card.
d'Eit ; parce que l'on ſçavoit qu'il
gardoit toujours beaucoup d'égards
avec le C. Barberin,& par l'amitié qui
avoit été depuis long-tems entr'eux ,
&par la raiſon de la Ducheſſe de
Modéne qui étoit ſa Niece. Bichi
n'étoit pas felon le coeur de Mazarin,
qui le croyoit trop fin & trés mal difpoſé
pour lui , comme il étoit vray.
Voilà, comme vous voyez , un détail
qui vous peut empêcher de vous étonner,
de ce que la Faction d'une Couronne
puiffante & heureuſe , n'étoit
pas auſſi conſiderée qu'elle le devoit
être dans une conjoncture pareille.
Vous en ferez encore moins ſurpris ,
quand il vous plaira de aire réflexion,
fur le premier mobile qui donnoit le
mouvement à des reſſorts auſſi mal
aſſortis , ou plûtôt auſſi dérangez que
ceux que je viens de vous montrer.
n'étoit connu à Rome Ν. ... ..
que pour un petit Sécrétaire de M. le
C. Mazarin ; on l'y avoit vû dans le
D'AOUST.
31
tems du Miniſtére de M. le C. de
Richelieu , Particulier d'un aſſes bas
étage & de plus , Brélandier& Concubinaire
public. Il eut depuis ,
quelque eſpèce d'emploi en Italie
touchant les affaires de Parme ;
mais cet Emploi n'avoir pas été aflés
grand,pour le devoir porter d'un ſaut,à
celui de Rome ; ni ſon Expérience afſez
conſommée,pour lui confier ladirection
d'un Conclave , qui est inconreſtablement
de toutes les affaires , la
plus aiguë . Les fautes de ce genre ,
font affez communes dans les Etats
qui font dans la proſpérité , parce que
P'incapacité de ceux qu'ils employent,
s'y trouve ſouvent ſupplée par le refpect
que l'on a pour les Maîtres.
Jamais Royaume ne s'eſt plus confié
en ce reſpect que la France , dans le
tems du Miniſtére de M. le C. Mazarin
; ce n'eſt pas jeu ſeur ; il l'éprouva
dans l'occaſion dont il s'agit.
M. de N.... n'y eut ni aſſés de dignité,
ni affés de capacité , pour renir
l'équilibre entre tous ces refforts .
Nous le reconnûmes en peu de jours,
&nous nous en ſervîmes trés utilement
pour notre fin. Je vous ai déja
32 LE MERCURE
encore
dit , ce me ſemble , qu'ayant étéaverti
, que N.... avoit mécontentéM.
le Card. des Urſins , ſur unreſte de
penſion qui n'étoitque de mille écus ,
j'en informai M. le C. de Medicis
affez à tems , pour lui donner lieu de
le gagner à une condition fi petite,que
pour l'honneur de la Pourpre je
crois que je ferai mieux de ne
la point dire. Vous verrez dans la ſuite
quenous nous ſervîmes encore avec
plus de fruit,de l'indiſpoſition que M.
le C. Bichy avoit pour lui , pour diviſer
& pour déconcerter
la Faction de France , plus qu'elle
ne létoit. Mais , comme ce n'étoit
pas celle que nous appréhendions le
plus , quoique ce fut celle qui nous
fut la plus oppoſée , nous n'avancions
nôtre travaildu côté qui la regardoit,
que fubordinément aux progrés que
nous faiſionsdes deux autres, d'où
nous craignions & avec raiſon , de
trouver plus dedifficultés. Vons avez
déja vû les Raiſons pour lesquelles
nous ne pouvions pas ignorer , que
l'Eſpagne & les Me licis donnéroient
mal-aifément leurs voix à Chigi ; &
vous avez außi vû la Manoeuvre que
D'AOUST.
33
nous faiſions pour lever peu à peu ,
&même imperceptiblement, cette difficulté.
Ce fut là nôtre plus grand embaras
; car , fi Barberin ſe fut ſeulement ,
apperçu lemoins dumonde , que nous
eullions û la moindre vûë pour
Chigi , il nous auroit échappé infailliblement
; parce qu'avec toute la
vertu imaginable , il a tout le caprice
poſſible ; & qu'on ne l'eût jamais
empêché de s'imaginer , que nous le
trompions ſur le ſujet de Sachetti.
Ce fut proprement en cet endroit où
j'admirai la bonne-foi , la prévoyan
ce, la pénétration , & l'activité de
l'Eſcadron , & particulierement d'Azolin
, qui fut celui qui ſe donna le
plus de mouvement. Il ne ſe fit pas
un pas à l'égard de Barberin , qui
n'eût pû être avoüé par l'homme de
la Morale du monde la plus ſévére.
Comme l'on voyoit clairement que
tout ce que l'on faiſoit pour lui , feroit
inutile par l'événement , on n'oublia
aucunes démarches,de celles que
l'on jugea être utiles à lever les indiſpoſitions
, que l'on prévoyoit ſe devoir
trouver de la part de France ..
d'Eſpagne , de Florence , & même
34 LE MERCURE
de Barberin , à l'exaltation de Chigi ,
lorſqu'elle ſeroit en état d'être propoſée.
Comme l'on ne pouvoit donter
, que pour peu que Barberin s'apperçût
de nôtre deſſein , il n'entrât en
défiancede nous mêmes , nous couvrîmes
avecune application ſi grande & fi
hûreuſe , nôtre marche , qu'il ne la
connût lui - même , que par nous , &
quand nous crûmes qu'il étoit néceffaire
qu'il la connût ; ce qui étoit de
plus embarraſſant pour nous , étoit que
comme nous avions plus beſoin
encore de lui que des autres , parce
qu'enfin nous en tirions nôtre principale
force ; il falloit que préalablement
même à tout le reſte , nous travaillaſſions
à lever des obſtacles que
nous prévoyons même très grands à
nôtre deſſein , dans la Faction. Nous
ſcavions que l'unique & journaliere
application des vieux Cardinaux qui
en étoient , & qui voyoient , comme
nous , l'impoffibilité de réſiſſir à l'éxaltation
de Sachetti , étoit de faire
comprendre à Barberin qu'il lui
ſeroit d'une extrême honte que l'on
prit un Pape qui ne fut pas de ſes
Créatures. Chacun prétendoit de ſe
د
D'AOUST. 35
l'appliquer en ſon particulier. Ginetti
ne doutoit pas que l'attachement qu'il
avoit û de tout tems à ſa Maiſon,ne lui
eût dû donner la préférence. Licchini
étoit perfuadé qu'elle étoit dûë à ſon
mérite. Rapacioli , qui n'avoit pourtant
que 46. ans,ou un peu plus , je ne m'en
reſſouviens pas précisément , s'imaginoit
que ſa piété ,ſa capacité &ſon peu
de ſanté l'y pouvoient porter , même
avec facilité. Fiorenzola ſe laiſſoit
chatoüiller par les imaginations de
Grimaldi , dont le naturel eſt de croire
aifément tout ce qu'il défire. Ceux qui
n'ont pas vû les Conclaves ne fe
peuvent figurer les illuſions des Hommes
, en ce qui regarde la Papauté.
Cette illufion toutefois,étoit toute propre
à nous faire manquer notre coup ;
parceque la clameur de toute la Faction
du Pape Urbain , étoit toute propre
àfaire appréhender à Barberin, de perdre
enunmoment toutes ſes Créatures,
s'il choiſiſſoit un Pape hors d'elle. Cet
inconvénient , comme vous voyez ,
étoit fort grand ; mais nous trouvâmes
le remededansle même lieu d'où nous
appréhendions le mal ; car , la jaloufie
qui étoit entr'eux , les obligea par
د
36 LE MERCURE
avance,à faire tant depas les uns contre
les autres , qu'ils facherent Barberin ;
parce qu'ils n'ûrent pas la même circonſpection
que nous , à cacher leur
ſentiment, ſur l'impoſſibilité de l'Exaltation
de Sachetti. Il crutqu'il feignoit
cette impoſſibilité pour leur propre interêt:
Il les conſidera au commencement
, comme des Ingrats & comme
des Ambitieux ; & cette indiſpoſition
fit que , quand il vint lui-même à connoître
qu'il ne pouvoit en effet réüffir
à Sachetti , il ſe reſolut plus facilement
à fortir de ſa Faction ,& à ſe perfuader
qu'il hazarderoit moins de perdre
ſes Créatures , en leur faiſant voir
qu'il étoit emporté dans une autre par
les Alliez , que de l'aiguir toute entiere
parla préférence de l'une à l'autre; car ,
il faut remarquer qu'elles cédoient
routes à Sachetti , à cauſe de ſon âge
&de ſes maniéres , qui dans la vérité,
étoient aimables. Ce n'eſt pas qu'à
mon opinion , il n'eut été de lui , comme
de Galba , digne de l'Empire , s'il
n'eut point été Empereur. Mais enfin ,
l'on n'en étoit pas là ; les autres Créatures
de Barberin s'étoient réglées ſur
cepoint ; mais, comme ils ne croyoient
pas
D'AOUST.
37
pas ſon Exaltation poffible , cette déference
ne faifoit qu'augmenter la ja
louſie enragée qu'ils avoient par avance,
les uns contre les autres. Le vieux
Spada rompu & corrompu dans les
affaires , ſe déclara contre Rapacioli ,
juſqu'à faire un Libelle contre lui ,
par lequel il l'accuſoit d'avoir cru, que
le Diable pouvoit être recû à pénitence.
Montalte dit publiquement, qu'il avoit
de quoi s'oppoſer en forme à l'Exaltationde
Fiorenzola . Ceſi fit une Def
cription affez plaiſante de la beauté
du Carnaval , que la Signora Bafti ,
belle & galante , Niéce de Serafini ,
donneroit au Public , fi fon Oncle étoit
Pape. Toutes ces aigreurs , toutes ces
1 iaiſeties , peu dignes à la vérité
d'un Conclave , déplúrent au der
nier point à Barberin , eſprit pieux
&ferieux; & ne nuifirent pas à notre
deſſeindans la ſuite, comme vous Tallez
voir.
Il me ſemble que je vous ai déja dit
que ceConclave dura 30 jours , un peu
plus, ou un peu moins. Il y en eut plus
des deux tiers'employez , comme je
vous l'ai déja dit ci-devant; parce que
M. le Card. Barberin ne ſe pouvoit
Aoust 1717. D
38 LE MERCURE
ôrer de l'eſprit, que nous emporterions
enfin Sachetti par notre opiniatreré.
Nous pouvions moins que perſonne , le
deſabuſer par la raiſon que vous avez
déja vûë ;& je ne ſçai , ſi la choſe n'ût
pas eſté encore bien plus loin , fi Sachetti
même , qui ſe laſſoit deſe voir
balotté réglément quatre fois par jour ,
ſans aucune apparence de réiffir , ne
lui eut lui-même ouvert les yeux : Ce
ne fut pas toutefois fans beaucoup
de peine. Il y reüflit enfin , & après
que nous eûmes obfervé toutes les
Bréves& les Longues, pour ne lui laifſer
aucun lieu de ſoupçonner que nous
cûffions part à cette démarche de
Sachetti , à la quelle dans le vrai ,
nous n'en avons aucune , Nous difcutâmes
avez lui la poſſibilité des
Sujets de la Faction. Nous nous
apperçûmes d'abord qu'il s'y trouvoit
lui-même fort embarrafle , & même
avec beaucoup de raiſon. Nous n'en
fumes pas fâchez , parce que cet en
baras nous donnant lieu de tomber
fur les Sujets des autres Factions
nous porta inſenſiblement juſqu'à
Chig: M. le C. Barberin qui a dés
fon enfance , aimé juſqu'à la paffion
.la Piété , & qui eftimoit beaucoup
د
,
,
D'AOUST.
39
,
celle qu'il croyoit en Chigi , ſe ren.
dit avec affez de facilite , & il n'y eût
à vrai dire , qu'un ſcrupule qui fut
que Chigi , qui étoit fort ami des Jeſuites
, pourroit peut - être donner atteinte
à la Doctrine de S. Augustin ,
pour laquelle Barberin a plus de refpect
que de connoiſlance. Je fus chargé
de m'en éclaircir avec lui , & je
m'acquittai de ma commiſſion d'une
manière qui ne bleſla ni mon devoir,
ni la prétenduë tendreſſe deConſcience
de Chigi. Comme dans les grandes
Converſations que j'avois euës avec
lui dans les Scrutins , il m'avoit pénétré
, ce qui lui étoit fort aiſé , parce
que je ne me couvrois pas auprès de
lui ; il avoit connu que je n'approuvois
pas qu'on s'entêrat pour les perfonnes
, & qu'il ſuffiſoit d'éclaircir
la vérité ; il me témoigna entrer luiméme
dans ces ſentimens & jû
ſujer de croire qu'il étoit tout propre
par ces Maximes , à rendre la Paix
àl'Eglife. Il s'en expliquá à lui-même
affez publiquement & raifonnablement
; car Albizzi Penſionnaire des
Jeſuites , s'étant emporté méme avec
brutalité , contre l'extrémité , ( ce di-
Dij
40 LE MERCURE
foit - il , ) de l'Eſprit de S. Auguſtin,
Chigi prit la parole avec vigueur ,
& il parla , comme le reſpect que l'on
doit au Docteur de la Grace , le requiert
. Cette rencontre aflüra abfolument
Barberin & beaucoup plus encore
, que tout ce queje lui en avois
dit. Dès qu'il eut pris fon parti , nous
commençâmes à mettre en oeuvre les
Matériaux , que nous n'avions fait jufques-
là que diſpoſer. Nous agîmes
chacun de nôtre côté , ſelon que nous
l'avions projettés. Nous nous expliquâmes
de ce que nous avions le plus
fouvent caché avec foin , ou que nous
n'avions tout au plus qu'infinué. Borromée
& Aquaviva ſe développérent
plus pleinement vers l'Ambaſſadeur
d'Eſpagne ; Azolin brilla dans les diverſes
Factions avec plus de liberté.
Je m'étendis de toute ma force auprès
du Cardinal Doyen; il prit confiance
en moi , ſur le déſir qu'il avoit
d'adoucir le grand Duc pour les Barberins
. Le C. Barberin l'y eut toute
entiere par la joye qu'il en avoit.
Azolin ou Lomelin , je ne me fouviens
pas précisément lequel ce fut
découvrit que Bichi , qui étoit Allié
D'AOUST.
41
,
de Chigi , étoit très bien intentionné
pour lui dans le fond. Il entra dans
ce Commerce habilement & adroitement
, & fi bien , que Bichi , qui ne
crût pas que le Mazarin cut affez de
confiance en lui , pour concourir ſur ſa
parole , à l'exaltation de Chigi , employa
pour le perfuader Sachetti
qui lafle , comme il me ſemble que
je vous l'ai déja dit , de ſe voir balotté
inutillement tous les ſoirs & tous
les matins , lui dépêcha un Courier
pour l'avertir , que Chigi ſeroit Pape
endépitde la France, ſi elle faiſoittant
que de lui donner l'exclufion , comme
l'on diſoit : car , auſſitôt qu'on le vit
fur les Rangs , tous les Subalternes,ſelon
le ſtile de la Nation , publiérent
que le Roy ne le ſouffriroit jamais .
Mazarin ne fut pas de leur ſentiment ,
& il renvoya par le même Courier,
ordre à Lionne de ne le point exclure.
Il ût raiſon , car je ſuis perfuadé ,
que ſi l'excluſion fat arrivée , Chigi
ût été Pape ,trois jours plûtôt qu'il ne
le fût. Les Couronnes ne doivent jamais
hazarder facilement les Exclufions
: Il y a des Conclaves , où elles
peuvent réüffir ; il y en a d'autres où
Diij
42 LE MERCURE
le ſuccès en ſeroit impoſſible : Celuilà
étoit du nombre. Le Sacré College
étoit fort , & de plus , il ſentoit
fa force . Les choſes étant enl'état que
je viens de poſer , Mrs les Cardinaux
de Medicis & Barberin qui avoient
pris & reçû par moi , leur parole , me
chargérent fur les neuf heures du foir ,
d'en aller porter la nouvelle à Mr le
C. Chigi. Je le trouvai au lit , je lui
baifai la main , il m'entendit , & il
il me dit en m'embraflant ecco l'effetto
della buona viananza.
,
Je vous ai déja dit que j'étois au
Scrutin auprès de lui. Tout le College
yaccourut enfuite ; il m'envoya chercher
ſur les onze heures , aprés que
tout le monde fut forti de ſa Celulle ;
&je ne vous puis exprimer les bonrez
avec leſquelles il me traita. Nous l'allâmes
tous prendre , le lendemain au
matin dans ſa Cellule , & nous l'accompagnâmes
à la Chapelle du Seru--
tin , où il eur, ceme ſemble , toutes
les Voix , à la reſerve d'une ou tout au
plus deux. Le foupçon tomba fur le
vieux Spada , Grimaldi & Rofferti ,
leſquels à la vérité, furent les ſeuls , qui
improuvérent au moins publiquement,
D'AOUST. 43
fonExaltation. Grimaldi me dit àmoimême
, que j'avois fait un choix dont
je me repentirois en mon particulier ,
&il fe trouva par l'évenement , qu'il
eut raiſon . J'attribuai fon diſcours à fon
Travers, l'Averfion de Spada ,à l'Envie
qui lui étoit naturelle , & celle deRofſetti,
à l'Appréhenſion qu'il avoit de la
féverité de Chigi. Je crois encore que
jene me trompois pas dans ce jugement
; quoique j'avoie qu'ils ne ſe
trompoient pas eux-mêmes pour le
fond. Ce qui est conſtant , eſt que jamais
Election de Pape n'a été plus univerſellement
applaudie. Il ne ſe défaillit
pas à lui-même dans les premiers
moments , qui , par une imper--
fection afſés bizarre de la Nature humaine
, ſurprennent d'avantage les
Gens qui les attendent avec le plus
d'impatience. La ſuite a fait voir qu'-
il n'étoit pas aſſes homme de bien ,
pour n'en avoir pas eu beaucoup en
ce rencontre. Il fut fi éloigné d'en donner
aucune marque , que nous ûmes
Sujet de croire qu'il en avoit même,de
la douleur. Il pleura amérement , au
moment que l'on réliſoit le Scrutin
qui le faifoit Pape :Et comme il vit que
44 LEMERCURE
je le remarquois , il m'embraſſa d'un
bras , & prit de l'autre Lomelin , qui
étoit au-deſſus de lui. Il nous dit à
l'un & à l'autre : Pardonnez cette foibleſſe
à unhomme qui a toûjours aimé
ſes Proches avec tendrefle , & qui s'en
voit ſéparé pour jamais. Nous defcendîmes
aprés les Cérémonies accoûtumées
, à Saint Pierre : Il affecta de ne
s'affleoir que ſur le Coin de l'Autel ;
quoique les Maiſtres des Cérémonies
lui diffent , que la Coutume étoit que
les Papes ſe miſſent justement fur le
milieu . Il y reçeut l'Adoration du Sacré
Collége, avec beaucoup plus de modeftie
que de grandeur, avecbeaucoup plus
d'abaiffement que de joye ; & lorſque
je m'aprochai àmon tour. pour lui bai.
fer les Pieds, il me dit en m'embraffant
, fi haut que les Ambaſfadeurs
d'Eſpagne , & de Venise , & le Connêtable
Colonne l'entendirent , Signor
Cardinal de Retz : Ecce opus manuum
tuarum. Vous pouvez juger de l'effer
que fit cette parole; les Ambaſfadeurs
la dirent à ceux qui étoient auprés
d'eux: Elle ſe répandit en moins de
rien dans toute l'Eglife. Morangis
frere de Barillon , qu'on appelloit en
1
D'AOUST.
45
ce tems-là , Chatillon , me la rédit une
heure aprés , en me rencontrant ,
commeje ſortois ; & je retournai chez
moi,accompagné de plus de fix vingt
Caroſſes qui étoient pleins de gens
trés perfuadez que j'allois gouverner
le Pontificat.
Cet Extrait ne ferapas sans doute ,
moins souhaiter l'Edition complette de
ces Mémoires , que les précédens.
étoit un grand Homme ,
avoit û une application
particulière au choix qu'il
avoit fait des Sujets , pour les Promotions
des Cardinaux ; & il eſt conftant
qu'il ne s'y étoitque fort peu trompé.
La Signora Olimpia le força en
quelque façon , par l'aſcendant qu'elle
avoit fur fon eſprit , à honorer de cette
Dignité Maldachin ſon neven , qui
n'étoit encore qu'un enfant : Mais on
peut dire , qu'à la réſervede celui-là ,
tous les autres choix furent ou bons ,
ou foûtenus par des conſidérations qui
les juſtifiérent : Il eſt même vrai qu'en
la plupart , le Mérite & la Nalffance
concoururent à les rendre illuftres."
Aij i
6 LE MERCURE
Ceux de ce nombre , qui ne ſe trouvérent
pas attachez aux Couronnes par
la nomination , ou la Faction , ſe trouvérent
tout-à-fait libres à la mort du
Pape;parcequeleCardinalPamphilefon
neveu ayant remis ſon Chapeau , pour
épouſer Mde la Princeſſe de Rofſſane;
il n'y avoit perſonne qui pût ſe mettre
à la tête de cette Faction dans le Conclave
: Ceux qui ſe rencontrérent en
cet état , que l'on peut appeller de
Liberté , étoient Mrs les Cardinaux
Chigi , Lomelin , Ottoboni , Imperiali,
Aquaviva , Pio , Borromeo , Albizzi ,
Gualtieri , Azolini , Omodei , Cibo
Odescalchi , Aldobrandin . Dix de
ceux-là ,qui furent Lomelin,Ottobon ,
Imperiale , Borromée , Aquaviva, Pio ,
Gualtieri , Albizzi , Omodei , Azolini ,
ſe mirent dans l'eſprit de ſe ſervir de
leur liberté , pour affranchir le SACRE
COLLEGE de cette coûtume qui affujettit
à la reconnoiſſance , des Voix
qui ne devroient reconnoître que les
mouvemens du S. ESPRIT . Ils réſolurent
de ne s'attacher qu'à leur devoir ,
&de faire une profeſſion publique , en
entrant dans le Conclave , de toute
forte d'Indépendance, de Faction& de
D'AOUST. 7
Couronne : Comme celle d'Eſpagne
étoit en ce tems-làla plus forte à Rome,
& par le nombre des Cardinaux , &
par la jonction des Sujets qui étoient
aſſujettis à la Maiſon de Medicis ; ce
fut celle auffi qui éclata le plus contre
cette indépendance de l'Escadron
Volant ; c'eſt le nom que l'on donna
à ces dix Cardinaux que je viens de
vous nommer ; & je pris le moment
de l'éclat que le Cardinal Jean-Charles
deMedicis fit au nomde l'Eſpagne contre
cette union , pour entrer moi-même
dans leur Corps , à quoi je mis toutefois
, le préalable qui étoit néceſſaireà
l'égardde la France ; car , je priai Mgor
Scotti qui avoit été Nonce Extraordi
naire , &qui étoit agréable à la Cour ,
d'aller chez tous les Cardinaux de la
Faction , leur dire que je les ſuppliois
de me marquer ce que j'avois à faire
pour le ſerviceduRoi:Que je nedemandois
pas le ſecret , & qu'il me ſuffifoit
que l'on me dit jour à jour mon devoir.
M le C. Grimaldi fit une réponſe
fort civile , & même fort obligeante
à Mgnor Scotti ; mais Mrsles C.
d'Eſt , Bichi & Urfin me traitérent de
haut enbas , &même avec mépris. Je
$ LE MERCURE
déclarai publiquement dés le lende
main , que come on ne me vouloit donner
aucun moyende ſervir laFrance; je
croyois que je ne pouvois rien faire de
mieuxque de me mettre au moins,dans
la faction la plus indépendante de celle
d'Eſpagne : J'y fus reçû avec toutes
les honnêtetez imaginables ; & l'événement
fit voir que j'avois cu raiſon.
Jen'en eu pas tant dans la conduite
que j'eû au même moment avec M.
de Lionne : Il s'étoit raccommodé avec
M. le C. Mazarin , qui l'envoya à
Rome pour agir contre moi , & qui ,
pour l'y tenir avec plus de dignité , lui
donna la qualité d'Ambaſſadeur Extraordinaire
vers les Princes d'Italie :
Comme il étoit affez ami de Montréfor
, il le vit devant qu'il partit ,
il le pria de m'écrire qu'il n'oublieroit
rien pour adoucir les chofes , & que je
connoîtrois par les effets , qu'il parloit
fincérement. Son intention pour moi
étoit bonne , je n'y répondis pas comme
je devois , & cette faute n'eſt pas la
moindre de celles que j'ai commifes
durant ma vie. Je reviens au Conclave.
Lepremier pas que fit l'Eſcadron volant
, dans l'intervale des neuf jours
&
D'AQUST.
qui font employez aux Obſeques du
Pape , fut de s'unir avec le C. Barberin
, qui avoit dans l'eſprit de porter
au Pontificat le C. Sachetti , Homme
d'une répréſentation ſemblable à celle
du feu Préſident Bailleul , de qui
Ménage diſoit , qu'il n'étoit bon qu'à
peindre. Le C. Sachetti n'avoit effecti
vement qu'un médiocre talent , mais ,
comme il étoit Créature du Pape Urbain
,& qu'il avoit été fidellement attaché
à ſa Maiſon , Barberin l'avoit en
rête , avec d'autant plus de fermeté ,
que ſon exaltation paroiſſoit impoffi
ble. M. le Card. Barberin , dont la
vie eft Angelique , a un travers dans
l'humeur qui le rend , comme ils difent
en Italie, Inamorato del' impoffibilo.
Il ne s'en falloit guéres que l'exaltation
de Sachetti ne fut de ce genre :
L'amitié étroite entre lui & le C. Mazarin
qui avoit éré autrefois commenſal
de mon frere , n'étoit pas
une bonne récommandation pour lui
vers l'Eſpagne ; mais , ce qui l'éloignoit
encore plus de la Chaire de
S. PIERRE , étoit la déclaration publique
que la Maiſon de Medicis , qui
étoit d'ailleurs à la tête de la faction
10 LE MERCURE
tous
d'Eſpagne , avoit faite contre lui dés
le précédent Conclave. Ceux de l'Ef
cadron qui avoient en vûë de faire Pape,
le Card. Chigi , crûrent que l'unique
moyen pour engager M. le C.
Barberin à le ſervir , ſeroit de l'y engager
par réconnoiffance , & de faire
fancérement & de bonne foy
leurs efforts,pour porter au Pontificat
Sachetti , voyans qu'ils ſeroient pour
tant inutiles par l'événement , ou du
moins qu'ils ne ſeroient utiles qu'à les
lier ſi étroitement , & fi intimément
avec le Card. Barberin , qu'il ne pourroit
s'empêcher lui-même de concou
rir dans la ſuite à ce qu'ils déſiroient.
Voilà l'unique ſécret du Conclave ,
fur lequel tous ceux à qui il a plû d'en
écrire,ont dit mille&mille impertinen .
ces ,je ſoûtiens que le raiſonnementde
l'Eſcadron étoit fort jufte : Le voici .
Nous fommes perfuadez queChigi eft
le Sujet du plus grand mérite qui foit
dans le College , & nous ne le ſommes
pas moins , qu'on ne le peut faireFape,
qu'en faiſan: tous nos efforts pour réüffir
à Sachetti. Le pis du pis eſt que
nous réüſſiffions à Sachetti qui n'eſt pas
tropbon , mais qui eſt toûjours undes
t
C
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C
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n
D'AOUST. 11
moins mauvais. Selon toutes les apparencesdu
mondenous n'y réuſſirons
pas, auquel cas nous ferons tomberBarberin
à Chigi , par réconnoiffance &
par l'intereſt de nous conferver : Nous
yferons venir l'Eſpagne & Medicis ,
par l'appréhenſion que nous n'empor.
tions à la fin, le plus de voix pour Sachetti
;& la France , par l'impoffibilité
où elle ſe trouvéra de l'empêcher.
Ce raiſonnement beau & profond , auquel
il faut avoüer que M. le Cardinal
Azolini cût plus de part que perſonne,
fut aprouvé tout d'une voix dans la
Tranſpontine , où l'Eſcadron volant
s'affembla dans les premiers jours des
Obfeques , aprés même que l'on y ût
éxaminé mûrement les difficultez de
cePlan, qui euffent paruës inſurmontables
àdes eſprits médiocres. Les grands
Noms font toûjours de grandesRaiſons
aux petits Génies. FRANCE ,
ESPAGNE , EMPIRE
TOSCANE , étoient des mots tour
propres à épouvanter les gens. Il
n'y avoit aucune apparence que leCardinal
Mazarin pût agréer Chigi
qui avoit été Nonce à Munſter , dans
Je tems de la Négociation de la Paix ,
1
12 LE MERCURE
& qui s'étoit déclaré ouvertement en
plus d'une occafion, contre Servien qui
y étoit Plénipotentiaire de France. Il
n'y avoit pas de vrai- ſemblance que
l'Eſpagne lui dût être favorable. Le C.
Trivulce le plus capable Sujet de ſa
faction , & peut-être de tout le Sacré
College , déclamoit publiquement
contre lui ,,comme contre un Bigot ,
& il appréhendoit dans le fond, extremément
ſon exaltation, par la crainte
qu'il avoit de ſa ſévérité peu propre
à ſouffrir la licence de ſes débauches
, qui à la vérité , étoient ſcandaleuſes
: Il n'étoit pas croyable que le
C. Jean- Charles de Medicis pût être
bien intentionné pour lui , & par la
même raiſon & par celle de la naifſance
; car il étoit Siennois , & connu
pour aimer paffionément ſa Patrie,
qui eſt pareillement connue pour n'aimer
pas la domination de Florence.
Toutes ces Conſidérations furent examinées,
l'on peſa l'Apparent le Douteux
&le Poffible , & l'on ſe fixa à la ré
ſolution que je viens de vous marquer,
avec une ſageſſe qui est d'autant plus
profonde, qu'elle paroiſſoit hazardeuſe.
Il faut avoüer qu'il n'y a peut-être
jamais
D'AOUST.
-13
jamais eu de concert , où l'harmonie
ait été ſi juſte qu'en celui-ci , & il
ſembloit que tous ceux-ci qui y entrerent
, ne fuſſent nés que pour agir
les uns avec les autres. L'activité
d'Imperiali y étoit temperée par le
Aegme de Lomelin;la profondeur d'Ottobon
ſe ſervoit utilement de la hauteur
d'Aquaviva ; la candeur d'Omodei , &
la froideur de Gualtieri y couvroient,
quand il étoit néceſſaire,l'impétuoſité
de Pio , & la duplicité d'Albizzi.
Azolin qui eſt un des plus beaux & des
plus faciles eſprits du monde , veilloit
avec une application continuelle ,
au mouvement de ces différens Refforts
; & l'inclination que Mrs les Ca
de Medicis & Barberin Chefs desdeux
Factions les plus oppoſées , prirent
pour moi d'abord , fuppléa dans les
rencontres en ma perſonne , au défaut
des qualirez qui m'étoient néceſſaires
pour y tenir mon coin. Tous les Acteurs
firent bien , le Theatre fut toûjours
rempli , les Scénes ne furent pas
beaucoup diverfifiées , mais la Piéce
fut belle ,&d'autant plus , qu'elle fut
ſimple. Quoi qu'ayent écrit les Compilateurs
de ce Conclave , il n'y eut
Aoust 1717. B
14 LE MERCURE
de myſtere que celui que je vous ai
expliqué ci -devant. Il eſt vrai que les
Epiſodes en furent curieuſes : Je m'explique.
د
Če Conclave fut, ſi je ne me trompe,
de 80. jours . Nous donnions tous les
matins & toutes les après-dínés, 32 ou
33 voix à Sachetti ; & les voix étoient
celles de la Faction de France des
Créatures du Pape Urbain , Oncle de
Mr le C. Barberin & de l'Eſcadron
volant : Celles des Espagnols , des
Allemands , & des Medicis , ſe répandoient
fur différents Sujets dans tous
les Scrutins ; & ils affectoient d'en
ufer ainſi pour donner à leur
conduite , un air plus Eccleſiaſtique ,
&plus épuré d'Intrigue & de Cabale,
que le notre n'avoit. Ils ne réüffirent
pas dans leur Projet , parce que les
Moeurs très déréglées de M. le Card.
Jean-Charles de Medicis & de M. le
C. Trivulce , qui étoient proprement
les ames de leur Faction , donnoient
plus de luftre à la piété exemplaire
de M. le C. Barberin , qu'ils ne lui en
pouvoient ôter par leur artifice. Et le
C. Ceſy Penſionnaire d'Eſpagne , &
'Homme le plus finge , en tout ſens ,
D'AOUST . 15
que j'aye jamais connu , me diſoit un
jour à ce propos , fort plaiſamment .
Vous nous batterez à la fin , car, nous
nous décréditons , en ce que nous voulons
nous faire paſſer pour Gens de bien .
Cela paroît ridicule , & cela eſt pourtant
vrai. Le faux trompe quelquefois
; mais il ne trompe pas long-tems ,
quand ileſt relevé par d'habiles gens :
Leur Faction perdit en peu de jours
le Concetto,qu'ils appellent en ce Païs
là,de vouloir le bien. Nous gagnâmes
de bonne-heure cette réputation , &
parce que dans la verité Sachetti ,
qui étoit aimé à cauſe de ſa douceur ,
paffoit pour Homme de bonne &
droite intention ; & parce que le ménagement
que la Maiſon de Medicis
étoit obligé d'avoir pour le C. Capponi
, quoi qu'elle ne l'ût pas vou
lu en effet pour Pape , nous donna lieu
de faire croire dans le monde, qu'elle
vouloit inſtaler dans la Chaire de S.
Pierre , la Volpé ; c'eſt ainſi que l'on
appelloit le C. Capponi , parce qu'il
paſſoit pour un fourbe : Ces difpofitions
jointes à pluſieurs autres,qui ſeroient
trop longues à déduire , firent
que la Faction d'Eſpagne s'apperçût
Bij
16 LE MERCURE
qu'elle perdoit du terrain ; & quoique
cette perte n'allât pas juſqu'à lui
faire croire , que nous penſions faire
le Pape ſans elle , elle ne laiſſa pas
d'appréhender que ſon parti ayant
beaucoup de Vieillards , & le nôtre,
beaucoup deJeunes gens;le tems ne pût
être facilement pour nous. Nous furprímes
une Lettre de l'Ambaſladeur
d'Eſpagne au C. Sforze , qui faiſoit
voir cette crainte en termes exprés ;
& nous comprimes même par l'air
de cette Lettre , encore plus que par
les paroles , que cet Ambaffadeur n'étoit
pas trop content de la maniére
d'agir des Medicis. Je ſuis trompé, ou
ce fût Mgnor Febei qui ſurprit cette
Lettre. Cette Sémence fut cultivée
avec beaucoup de ſoin, dés qu'elle cut
paru ; & l'Efcadron , qui par le canal
de Borromée Milanois , &d'Aquaviva
Napolitain , gardoit toujours beaucoup
de meſures & d'honnêtetez avec
l'Ambaſledeur d'Eſpagne n'oublia
pas de lui faire pénétrer qu'il étoit
du ſervice du Roy fon maître , & de
fon interrêt particulier de lui Ambaffadeur
, de ne ſe pas fi fort abandonner
aux Florentins , qu'il aſſujétît à
,
D'AOUST... 17
leurs Maximes & à leurs Caprices ,
la conduite d'une grande Couronne ,
pour laquelle tout le monde avoit
du reſpect. Cette poudre s'échauffa
peu à peu , & elle prit feu dans ſon
tems. Je vous ai déja dit que la Faction
de France donnoit de toute ſa
force à Sachetti avec nous ; la différence
eſt,qu'elle y donnoit à l'aveugle
, croyant qu'elle y pourroit réüffit
, & que nous y donnions avec une
lumiere preſque certaine , que nous
ne le pourrions pas emporter ; ce qui
faifoit ,qu'elle ne prenoit pointde mefures
pathétiques , ſi l'on peut parler
ainſi ; c'est - à-dire , qu'elle ne fongeoit
pas à ſe réſoudre , quel parti elle
prendroit , en cas qu'elle ne pût réüffir
à Sachetti : Comine le nôtre étoit
pris ſelon cette diſpoſition que nous
tenions preſque pour conſtante , nous
nous appliquions par avance à affoiblir
celle de France , pour le tems dans
lequel nous jugions qu'elle nous feroit
oppoſée. Je donnai , par un hazard
l'ouverture à Jean-Charles , de débaucher
le C. Urfin, qu'il eut à bon marché
: Ainfi , dans le moment que la
Faction d'Eſpagne ne fongeoit qu'à fe
د
<
Biij
LE MERCURE
défendre de Sachetti , & que celle
de France ne penſoit qu'à le porter ;
nous travaillions pour une fin , fur laquelle
ni l'un ni l'autre ne faiſoit aucune
réflexion , à diviſer Celle - là ,&
affoiblir Celle - ci . L'avantage de ſe
trouver en cet état eſt grand , mais
il eſt rare ; il falloit pour cela une
rencontre pareille à celle dans laquelle
nous étions , qui ne ſe verra peutêtre
pas en dix mille ans. Nous voulions
Chigi , & nous ne le pouvions
avoir , qu'en faiſant tout ce qui étoit
en nôtre pouvoir , pour l'éxaltation de
Sachetti qui ne pouvoir réiffir : De
forte que la bonne conduite nous portoit
à ce à quoi nous étions obligés par
labonnefoi. Cette utilité n'étoit pas la
feule ; nôtre Manoeuvre couvroit notre
marche , & nos Ennemis tiroient à
faux, parcequ'ils viſoient toûjours , où
nous n'étions pas. Vous verrez le ſuccés
de cette conduite , aprés que je
vous aurai expliqué celle de Chigi , &
la raiſon pour laquelle nous avions
jettésles yeux ſur lui .
Il étoit Créaturedu Pape Innocent ,
& le troifiéme de la Promotion , de
Jaquelle j'avois éré le premier. Il avoit
D'AOUST.
19
été Inquifiteur à Malte , & Nonce à
Munſter ; & il avoit acquis en tous ces
lieux,la réputation d'une Intégrité ſans
tache. Ses moeurs avoient été fans reproche
dés ſon enfance. Il ſçavoit
aſſes d'Humanités pour faire paroître
au moins une teinture ſuffifante des
autres Sciences. Sa Sévérité paroiſſoit
douce, ſes Maximes paroiſſoient droites
; il ſe communiquoit peu , mais ce
peuqu'il ſe communiquoit , étoit mefuré
& ſage. Tous les dehors d'une
piété ſolide & véritable rélevoient
imerveilleuſement toutes ces qualités ,
ou plûtôt toutes ces apparences : Ce
qui leur donnoit un corps au moins fantaſtique
, c'étoit ce qui s'étoit paflé à
Munſter, entre N. & Lui. Celui-là
qui étoit connu & reconnu pour le
Démon exterminateur de la Paix , s'y
étoit cruellement broüillé avec le
Contarin Ambaſſadeur de Veniſe,
Homme ſage & de probitè . Chigi ſe
ſignala pour le Contarin , ſçachant
qu'il faiſoit fort bien ſa Cour à
Innocent. L'oppoſition de N.....
qui étoit dans l'éxécration des peuples
lui concilia l'amour public , & lui
donna de l'éclat. La conduite qu'il
..
20 LE MERCURE
garda avec le Card. Mazarin , lorſqu'il
ſe trouva à Aix la Chapelle , où à
Bruxelles , en revenant de Munſter
plût à ſa Sainteté: Elle le rapella à
Rome , & le fit Sécrétaire d'Etat &
Card. On ne le connoiſſoit que par
les endroits que je vous viens de marquer.
Comme Innocent étoit un génie
fort & perçant , il découvrit bientôt
que le fondde celui de Chigi n'ètoit
ni bon,ni ſi profond qu'il ſe l'étoit ima -
giné ; mais , cette pénétration du Pape
ne nuiſit pas à la fortune de Chigi ,
qui,par la même raiſon , ne craignoit le
Pape que médiocrement. Il ſe fit un
honneur de ſe faire paſſer dans le monde
pour un Homme d'une Vertu inébranlable,
& d'une Rigidité infléxible.
Il ne faiſoit point ſa Cour à la Signora
Olimpia , qui étoit abhorrée dans Rome;
il blamoit affez ouvertement tout
ce que le Public n'approuvoit pas de
cette Cour- là ; & tout le monde qui
eſt & qui feraéternellement duppe,
en ce qui flatte ſon averſion , admiroit
ſa fermeté& ſa vertu , ſur un Sujet fur
lequel on ne devoit tout au plus,loüer
que ſon bon ſens , qui lui faiſoit voir
qu'il ſemoit de la gloire & de la graine
D'AOUST. 21
pour le Pontificat futur , dans un
champ où il n'avoit plus rien àciüeillir
pour le préſent. Le Card. Azolin qui
avoit été Sécrétaire des Brefs , dans le
même tems que l'autre avoit été Sécrétaire
d'Etat , avoit remarqué dans
fes manieres de certaines finoteries
qui n'avoient pas de raport à la Candeur
, de laquelle il faiſoit profeſſion.
Ilme le dit avant que d'entrer dans
leConclave; mais il ajouta , en me le
diſant , que ſur le Tout , il n'en voyoir
point de meilleur , & que de plus , fa
réputation étoit ſi bien établie , même
dans l'eſprit de nos amis de l'Eſcadron ,
que ce qu'il leur en pouvoit dire , ne
paſſeroit auprès d'eux,que comme un
reſte dequelques petits démeſlez qu'ils
avoient eus enſemble , par la compétance
de leurs Charges. Je fis d'autant
moins de réflexion à ce qu'Azolin me
diſoit,que j'étois moi-même tout-à- fait
préoccupé en faveur de Chigi. Il avoit
ménagé avec ſoin l'Abbé Charier dans
le tems de ma prifon : Il lui avoit
fait croire qu'il faifoit des efforts incroyables
pour moi auprès du Pape .
Il étoit contre lui avec l'Abbé Charier,
& avec plus d'emportement même
22 LE MERCURE
د
que l'Abbé Charier de ce qu'il ne
pouſſoit pas avec affés de vigueur le
C. Mazarin ſur mon ſujet. L'Abbé
avoit chez lui toutes les entrées , comme
s'il avoit été ſon domeſtique , & il
étoit perfuadé qu'il étoit mieux intentionné
& plus échauffé pour moi , que
moi - même. Je n'û pas ſujet d'en
douter dans tout le cours du Conclave.
J'étois aſſis au Scrutin, immédiatement
audeſſus de lui , & tant qu'il duroit
j'avois licu de l'entretenir. Ce fut ,
je crois , par cette raifon , qu'il affecta
de ne vouloir écouter que moi,
fur ce qui régardoit fon Pontificat. II
répondit à quelques - uns de ceux de
l'Eſcadron qui s'ouvrirent à lui de
leur deſſein , d'une maniere fi def- intereſſée
, qu'il les édifia. Il ne ſe trouvoit
ni aux Fenêtres où on va prendre
l'air , ni dans les Corridors où on
ſe promene enſemble. Il eſtoit toûjours
enfermé dans ſa Celule
il ne recevoit même aucune viſite ; il
recevoit de moi quelques avis que je
lui donnois au Scrutin ; mais il les recevoit
toujours d'une maniere fi éloignée
du défir de la Thiare, qu'il attiroit
mon admiration, ou tout au moins
où
۱
D'AOUST. 23
avec des circonstances ſi remplies de
l'eſprit Eccleſiaſtique , que la malignité
la plus noire n'eut pas pu s'imaginer
d'autres déſirs , que celui dont
parle Saint Paul , quand il dit que :
Qui Epifcopatum defiderat,bonum opus
defiderat. Tous les diſcours qu'il me
faiſoit,n'étoient pleins que de zele pour
l'Eglife, & de regret , de ce qu'à Rome
onn'étudioit pas aflés l'Ecriture , les
Conciles , & la Tradition. Il ne pouvoit
ſe laffer de m'entendre parler des
Maximes de la Sorbonne. Comme
l'on ne ſe peut jamais ſi bien contraindre,
qu'il n'échape quelque choſe
du naturel , il ne put fi bien ſe couvrir
, que je ne m'apperçûtſe qu'il
étoit homme de minuties ; ce qui eſt
toûjours ſigne, non pas feulement d'un
petit génie , mais encore d'une ame
bafle. Il me parloit un jour des Etudes
de fa jeuneſſe,&il me diſoit qu'il avoit
été deux ans, à écrire d'une même plume.
Cela n'est qu'une bagatelle ; mais,
comme j'ai remarqué plus d'une
fois , que les plus petites choſes ſont
ſouvent de meilleures marques que
les plus grandes cela ne me
plût pas. Je le dis à l'Abbé Charier
د
24 LE MERCURE
5
qui étoit unde mes Conclaviſtes ; Je
me ſouviens qu'il m'en gronda , en me
diſant que j'étois un Maudit qui ne
ſçavoit pas eſtimer la ſimplicité Chrêtienne.
Pour abréger , Chigi fit fi bien
par ſa diffimulation profonde , que
nonobſtant ſa petiteſſe qu'il ne pouvoit
cacher, à l'égard de beaucoup de petites
chofes , ſa phiſionomie qui étoit baffe
& fa mine qui tenoit beaucoup du
Medecin quoi qu'il fut de bonne
Naiſſance, il fit fi bien , dis-je,que nous
crûmes que nous renouvellerions en ſa
perſonne , ſi nous le pouvions porter
au Pontificat , la gloire , & la vertu
des Sts Gregoires & des Sts Leons.
Nous nous trompâmes dans cette efpérance
: Nous réiüffîmes à l'égard de
fon Exaltation,parce que les Eſpagnols
appréhendérent par les raiſons que je
vous ai marquées ci-deſſus , que l'opiniatreté
des Jeunes ne l'emportât à
Ia fin fur celle des Vieux ;& que Barberin
nedéſeſpérât à la finde pouvoir réüffir
pour Sachetti ; veu l'engagement
& la déclaration publique des Eſpagnols
& des Medicis. Nous noustélolûmes
de prendre, quand il ſeroit rems,
cedéfautpour infinuer aux deux Partis,
l'avantage
D'AOUST.
25
l'avantage que ce leur ſeroit à l'un
& à l'autre , de penser à Chigi. Nous
fîmes état que Borromée feroit voir
aux Eſpagnols , qu'ils ne pouvoient
mieux faire;veu l'averſion que la France
avoit pour lui ;&que je ferois voir à
M. leC. Barberin , que n'ayant perſonne
dans ſes Créatures qu'il lui fut
poſſible de porter au Pontificat , il
acquéreroit un mérite infini envers
toute l'Eglife , de le faire tomber
fans aucune apparence d'intereſt , au
meilleur Sujet . Nous crûmes que nous
trouvérions du ſecours pour notre
deſſein ,dans les diſpoſitions des Particuliers
des Factions ; & voici ſurquoi
nous nous fondions . Le C. Montalte
qui étoit de celle d'Eſpagne , Homme
d'un petit talent , mais bon , de grande
dépenſe,&qui avoit un airde fort grand
Seigneur, avoit une grande frayeur
que le C. Fiorenzola Jacobin& eſprit
vigoureux , ne fut proposé par M. le
C. Grimaldi , qui étoit ſon ami intime
&dont les travers avoient affés de
rapport à ceux de Fiorenzola. Nous
réſolumes de nous ſervir de l'oppolition
de Montalte pour lui donner prefqu'inſenſiblementde
l'inclination pour
Aoust 1717. C
26 LE MERCURE
Chigi ; & le vieux C. de Medicis ,
qui étoit l'eſprit du monde le plus
doux , étoit la moitié du jour fatigué
, & de la longueur du Conclave,
& de l'impétuoſité du C. Jean-Charles
ſon Neveu,qui ne l'épargnoit pas quelquefois
lui - même. J'étois très -bien
avec lui , & au point de donner même
de la jaloufie à M. le C. Jean-Charles :
Ce qui m'avoit particulierement procuré
l'honneur de ſon amitié , étoit
ſa Candeur naturelle qui avoit fait ,
qu'il avoit pris plaifir à ma maniére
d'agir avec lui. Je faifois profeſſion
publique de l'honorer , & je lui rendois
même avec ſoin mes devoirs ;
mais je n'avois pas laiſſe de m'expliquer
clairement avec lui, ſur mes engagemens
avec M. le C. Barberin &
avec l'Efcadron: Ma Sincérité lui avoit
plû , & il ſe trouva par l'événement ,
qu'elle me futplus utile que ne m'euft
été l'Artifice. Je ménageai avec application
fon eſprit , & je jugeai que je
me trouvérois bien en état de le difpoſer
peu à peu , à ſe radoucir pour
M. le C. Barberin qui étoit brouillé
avec toute ſa Maiſon , & à ne pas regarder
M. le C. Chigi , comine us
D'AOUST .
27
Homme auffi dangereux que l'on lui
avoit voulu faire croire. L'on ne s'endormit
pas , comme vous voyez , à
l'égard de l'Eſpagne & de la Toscane ,
quoiqu'on y parut àelles-mêmes ſans
action ; parce qu'il n'étoit pas encore
tems de ſe découvrir. L'on n'ût
pas moins d'attention vers la France,
dont l'oppoſition à Chigi étoit encore
plus publique & plusdéclarée que celle
des autres . M.de Lionne Neveu de
M. Servien en parloit , à qui le vouloit
entendre , comme d'un Pédant , & il
ne préfumoit pas que l'on le pût ſeulement
mettre fur les rangs. M. le C.
Grimaldi , qui dans le tems de leur
Prélature , avoit û , je ne ſçai quel
mal - entendu avec lui , diſoit publiquement
qu'il n'avoit qu'un mérite
d'imagination : Il ne ſe pouvoit que
M. le C. d'Eit n'appréhenda , comme
frere du Duc de Modéne , l'Exaltation
d'un Sujet dés-intereſle & ferme ,
qui font les deux qualitez , que les
Princes d'Italie craignent uniquement
dans un Pape .
Vous avez vû ci-devant , qu'il y
avoit eu même du perfonnel entre lui
-&M.deCard. Mazarin,en Allemagne ;
Cij
29 LE MERCURE
& nous jugeâmes , qu'il étoit à propos
par toutes ces confidérations ,d'adoucir
les choſes, autant que nous le pourtions
de ce côté-là , qui , quoique foibles
, nous pourroient peut- être , faire '
obſtacle: Je dis quoique foibles &peutétre;
parce que dans la vérité,la Faction
de France ne faifoit pas une figure fi
conſidérable dans ce Conclave , que
nous ne puſtions prétendre,&que nous
ne prétendiſſions en effet , de pouvoir
faire un Pape malgré elle. Ce n'est pas
qu'elle manquât de Sujets , & même
capables . Eft qui étoit Protecteur, ſuppleoit
par ſa qualité , par ſa dépendance&
par fonccoourage, àceque l'obfcuritéde
ſon eſprit & l'ambiguité de fes
expreffions diminuoient de ſa conGdération.
Grimaldi joignoit à la réputation
de rigueur qu'il a toujours cuë ,
un air de fupériorité aux maniéres ferviles
des autres Cardinaux de ſa Faction
; & il élevoit par là au-deſſus
d'eux ſa réputation. Bichi habile &
rompu dans les affaires , y devoit tenir
naturellement un grand poſte. M.
le Card. Antoine brilloit par ſa libéralité
, &M. le Card. Urfin par fon nom.
Voilà bien des Circonstances qui deD'AQUST.
29
voient faire qu'une Faction ne fut pas
méprifable. Il s'en falloit fort peu que
celle de France ne le fut avec toutes
ces circonstances , parce qu'elles ſe
trouvérent compliquées avec d'autres
qui les empoifonnérent. Grimaldi qui
haïffoit Mazarin aurant qu'il en étoit
haï , n'agiſſoit preſqu'en rien , d'autant
moins qu'il croyoit , & avec raifon
, que Lionne qui avoit au déhors
le ſecret de la Cour , ne le lui confioit
pas. Eft , qui trembloit avec tout
foncourage, parce que le Marquis de
Caracene entra juſtement en ce temslàdansleModénois,
avec toute l'Armée
des Milanois , faifoit qu'il n'oſoit s'étendre
de toute ſa force contre l'Efpagne.
t
Je vous ai déja dit que les Medicis
n'étoient point broüillez avec Urfin.
Antoine n'étoit ni intelligent , ni actif;
&deplus l'on n'ignoroit pas que dans
le fond du coeur , & à coup près , le
C. Barberin , qui étoit très mal à la
Courde France,ne l'emportât : Lionne
ne pouvoit pas y prendre une entiere
confiance , parce qu'il ne ſe pouvoit
pas affûrer que le C. Barberin , qui
vouloit aujourd'huy Sachetti qui étoit
Ciij
30
LE MERCURE
agréable à la France , n'en voulût pas
demain un autre qui lui fut dés-agreable
: Cette même conſidération diminuoit
encore beaucoup la confiance
que Lionne eut pû prendre au Card.
d'Eit ; parce que l'on ſçavoit qu'il
gardoit toujours beaucoup d'égards
avec le C. Barberin,& par l'amitié qui
avoit été depuis long-tems entr'eux ,
&par la raiſon de la Ducheſſe de
Modéne qui étoit ſa Niece. Bichi
n'étoit pas felon le coeur de Mazarin,
qui le croyoit trop fin & trés mal difpoſé
pour lui , comme il étoit vray.
Voilà, comme vous voyez , un détail
qui vous peut empêcher de vous étonner,
de ce que la Faction d'une Couronne
puiffante & heureuſe , n'étoit
pas auſſi conſiderée qu'elle le devoit
être dans une conjoncture pareille.
Vous en ferez encore moins ſurpris ,
quand il vous plaira de aire réflexion,
fur le premier mobile qui donnoit le
mouvement à des reſſorts auſſi mal
aſſortis , ou plûtôt auſſi dérangez que
ceux que je viens de vous montrer.
n'étoit connu à Rome Ν. ... ..
que pour un petit Sécrétaire de M. le
C. Mazarin ; on l'y avoit vû dans le
D'AOUST.
31
tems du Miniſtére de M. le C. de
Richelieu , Particulier d'un aſſes bas
étage & de plus , Brélandier& Concubinaire
public. Il eut depuis ,
quelque eſpèce d'emploi en Italie
touchant les affaires de Parme ;
mais cet Emploi n'avoir pas été aflés
grand,pour le devoir porter d'un ſaut,à
celui de Rome ; ni ſon Expérience afſez
conſommée,pour lui confier ladirection
d'un Conclave , qui est inconreſtablement
de toutes les affaires , la
plus aiguë . Les fautes de ce genre ,
font affez communes dans les Etats
qui font dans la proſpérité , parce que
P'incapacité de ceux qu'ils employent,
s'y trouve ſouvent ſupplée par le refpect
que l'on a pour les Maîtres.
Jamais Royaume ne s'eſt plus confié
en ce reſpect que la France , dans le
tems du Miniſtére de M. le C. Mazarin
; ce n'eſt pas jeu ſeur ; il l'éprouva
dans l'occaſion dont il s'agit.
M. de N.... n'y eut ni aſſés de dignité,
ni affés de capacité , pour renir
l'équilibre entre tous ces refforts .
Nous le reconnûmes en peu de jours,
&nous nous en ſervîmes trés utilement
pour notre fin. Je vous ai déja
32 LE MERCURE
encore
dit , ce me ſemble , qu'ayant étéaverti
, que N.... avoit mécontentéM.
le Card. des Urſins , ſur unreſte de
penſion qui n'étoitque de mille écus ,
j'en informai M. le C. de Medicis
affez à tems , pour lui donner lieu de
le gagner à une condition fi petite,que
pour l'honneur de la Pourpre je
crois que je ferai mieux de ne
la point dire. Vous verrez dans la ſuite
quenous nous ſervîmes encore avec
plus de fruit,de l'indiſpoſition que M.
le C. Bichy avoit pour lui , pour diviſer
& pour déconcerter
la Faction de France , plus qu'elle
ne létoit. Mais , comme ce n'étoit
pas celle que nous appréhendions le
plus , quoique ce fut celle qui nous
fut la plus oppoſée , nous n'avancions
nôtre travaildu côté qui la regardoit,
que fubordinément aux progrés que
nous faiſionsdes deux autres, d'où
nous craignions & avec raiſon , de
trouver plus dedifficultés. Vons avez
déja vû les Raiſons pour lesquelles
nous ne pouvions pas ignorer , que
l'Eſpagne & les Me licis donnéroient
mal-aifément leurs voix à Chigi ; &
vous avez außi vû la Manoeuvre que
D'AOUST.
33
nous faiſions pour lever peu à peu ,
&même imperceptiblement, cette difficulté.
Ce fut là nôtre plus grand embaras
; car , fi Barberin ſe fut ſeulement ,
apperçu lemoins dumonde , que nous
eullions û la moindre vûë pour
Chigi , il nous auroit échappé infailliblement
; parce qu'avec toute la
vertu imaginable , il a tout le caprice
poſſible ; & qu'on ne l'eût jamais
empêché de s'imaginer , que nous le
trompions ſur le ſujet de Sachetti.
Ce fut proprement en cet endroit où
j'admirai la bonne-foi , la prévoyan
ce, la pénétration , & l'activité de
l'Eſcadron , & particulierement d'Azolin
, qui fut celui qui ſe donna le
plus de mouvement. Il ne ſe fit pas
un pas à l'égard de Barberin , qui
n'eût pû être avoüé par l'homme de
la Morale du monde la plus ſévére.
Comme l'on voyoit clairement que
tout ce que l'on faiſoit pour lui , feroit
inutile par l'événement , on n'oublia
aucunes démarches,de celles que
l'on jugea être utiles à lever les indiſpoſitions
, que l'on prévoyoit ſe devoir
trouver de la part de France ..
d'Eſpagne , de Florence , & même
34 LE MERCURE
de Barberin , à l'exaltation de Chigi ,
lorſqu'elle ſeroit en état d'être propoſée.
Comme l'on ne pouvoit donter
, que pour peu que Barberin s'apperçût
de nôtre deſſein , il n'entrât en
défiancede nous mêmes , nous couvrîmes
avecune application ſi grande & fi
hûreuſe , nôtre marche , qu'il ne la
connût lui - même , que par nous , &
quand nous crûmes qu'il étoit néceffaire
qu'il la connût ; ce qui étoit de
plus embarraſſant pour nous , étoit que
comme nous avions plus beſoin
encore de lui que des autres , parce
qu'enfin nous en tirions nôtre principale
force ; il falloit que préalablement
même à tout le reſte , nous travaillaſſions
à lever des obſtacles que
nous prévoyons même très grands à
nôtre deſſein , dans la Faction. Nous
ſcavions que l'unique & journaliere
application des vieux Cardinaux qui
en étoient , & qui voyoient , comme
nous , l'impoffibilité de réſiſſir à l'éxaltation
de Sachetti , étoit de faire
comprendre à Barberin qu'il lui
ſeroit d'une extrême honte que l'on
prit un Pape qui ne fut pas de ſes
Créatures. Chacun prétendoit de ſe
د
D'AOUST. 35
l'appliquer en ſon particulier. Ginetti
ne doutoit pas que l'attachement qu'il
avoit û de tout tems à ſa Maiſon,ne lui
eût dû donner la préférence. Licchini
étoit perfuadé qu'elle étoit dûë à ſon
mérite. Rapacioli , qui n'avoit pourtant
que 46. ans,ou un peu plus , je ne m'en
reſſouviens pas précisément , s'imaginoit
que ſa piété ,ſa capacité &ſon peu
de ſanté l'y pouvoient porter , même
avec facilité. Fiorenzola ſe laiſſoit
chatoüiller par les imaginations de
Grimaldi , dont le naturel eſt de croire
aifément tout ce qu'il défire. Ceux qui
n'ont pas vû les Conclaves ne fe
peuvent figurer les illuſions des Hommes
, en ce qui regarde la Papauté.
Cette illufion toutefois,étoit toute propre
à nous faire manquer notre coup ;
parceque la clameur de toute la Faction
du Pape Urbain , étoit toute propre
àfaire appréhender à Barberin, de perdre
enunmoment toutes ſes Créatures,
s'il choiſiſſoit un Pape hors d'elle. Cet
inconvénient , comme vous voyez ,
étoit fort grand ; mais nous trouvâmes
le remededansle même lieu d'où nous
appréhendions le mal ; car , la jaloufie
qui étoit entr'eux , les obligea par
د
36 LE MERCURE
avance,à faire tant depas les uns contre
les autres , qu'ils facherent Barberin ;
parce qu'ils n'ûrent pas la même circonſpection
que nous , à cacher leur
ſentiment, ſur l'impoſſibilité de l'Exaltation
de Sachetti. Il crutqu'il feignoit
cette impoſſibilité pour leur propre interêt:
Il les conſidera au commencement
, comme des Ingrats & comme
des Ambitieux ; & cette indiſpoſition
fit que , quand il vint lui-même à connoître
qu'il ne pouvoit en effet réüffir
à Sachetti , il ſe reſolut plus facilement
à fortir de ſa Faction ,& à ſe perfuader
qu'il hazarderoit moins de perdre
ſes Créatures , en leur faiſant voir
qu'il étoit emporté dans une autre par
les Alliez , que de l'aiguir toute entiere
parla préférence de l'une à l'autre; car ,
il faut remarquer qu'elles cédoient
routes à Sachetti , à cauſe de ſon âge
&de ſes maniéres , qui dans la vérité,
étoient aimables. Ce n'eſt pas qu'à
mon opinion , il n'eut été de lui , comme
de Galba , digne de l'Empire , s'il
n'eut point été Empereur. Mais enfin ,
l'on n'en étoit pas là ; les autres Créatures
de Barberin s'étoient réglées ſur
cepoint ; mais, comme ils ne croyoient
pas
D'AOUST.
37
pas ſon Exaltation poffible , cette déference
ne faifoit qu'augmenter la ja
louſie enragée qu'ils avoient par avance,
les uns contre les autres. Le vieux
Spada rompu & corrompu dans les
affaires , ſe déclara contre Rapacioli ,
juſqu'à faire un Libelle contre lui ,
par lequel il l'accuſoit d'avoir cru, que
le Diable pouvoit être recû à pénitence.
Montalte dit publiquement, qu'il avoit
de quoi s'oppoſer en forme à l'Exaltationde
Fiorenzola . Ceſi fit une Def
cription affez plaiſante de la beauté
du Carnaval , que la Signora Bafti ,
belle & galante , Niéce de Serafini ,
donneroit au Public , fi fon Oncle étoit
Pape. Toutes ces aigreurs , toutes ces
1 iaiſeties , peu dignes à la vérité
d'un Conclave , déplúrent au der
nier point à Barberin , eſprit pieux
&ferieux; & ne nuifirent pas à notre
deſſeindans la ſuite, comme vous Tallez
voir.
Il me ſemble que je vous ai déja dit
que ceConclave dura 30 jours , un peu
plus, ou un peu moins. Il y en eut plus
des deux tiers'employez , comme je
vous l'ai déja dit ci-devant; parce que
M. le Card. Barberin ne ſe pouvoit
Aoust 1717. D
38 LE MERCURE
ôrer de l'eſprit, que nous emporterions
enfin Sachetti par notre opiniatreré.
Nous pouvions moins que perſonne , le
deſabuſer par la raiſon que vous avez
déja vûë ;& je ne ſçai , ſi la choſe n'ût
pas eſté encore bien plus loin , fi Sachetti
même , qui ſe laſſoit deſe voir
balotté réglément quatre fois par jour ,
ſans aucune apparence de réiffir , ne
lui eut lui-même ouvert les yeux : Ce
ne fut pas toutefois fans beaucoup
de peine. Il y reüflit enfin , & après
que nous eûmes obfervé toutes les
Bréves& les Longues, pour ne lui laifſer
aucun lieu de ſoupçonner que nous
cûffions part à cette démarche de
Sachetti , à la quelle dans le vrai ,
nous n'en avons aucune , Nous difcutâmes
avez lui la poſſibilité des
Sujets de la Faction. Nous nous
apperçûmes d'abord qu'il s'y trouvoit
lui-même fort embarrafle , & même
avec beaucoup de raiſon. Nous n'en
fumes pas fâchez , parce que cet en
baras nous donnant lieu de tomber
fur les Sujets des autres Factions
nous porta inſenſiblement juſqu'à
Chig: M. le C. Barberin qui a dés
fon enfance , aimé juſqu'à la paffion
.la Piété , & qui eftimoit beaucoup
د
,
,
D'AOUST.
39
,
celle qu'il croyoit en Chigi , ſe ren.
dit avec affez de facilite , & il n'y eût
à vrai dire , qu'un ſcrupule qui fut
que Chigi , qui étoit fort ami des Jeſuites
, pourroit peut - être donner atteinte
à la Doctrine de S. Augustin ,
pour laquelle Barberin a plus de refpect
que de connoiſlance. Je fus chargé
de m'en éclaircir avec lui , & je
m'acquittai de ma commiſſion d'une
manière qui ne bleſla ni mon devoir,
ni la prétenduë tendreſſe deConſcience
de Chigi. Comme dans les grandes
Converſations que j'avois euës avec
lui dans les Scrutins , il m'avoit pénétré
, ce qui lui étoit fort aiſé , parce
que je ne me couvrois pas auprès de
lui ; il avoit connu que je n'approuvois
pas qu'on s'entêrat pour les perfonnes
, & qu'il ſuffiſoit d'éclaircir
la vérité ; il me témoigna entrer luiméme
dans ces ſentimens & jû
ſujer de croire qu'il étoit tout propre
par ces Maximes , à rendre la Paix
àl'Eglife. Il s'en expliquá à lui-même
affez publiquement & raifonnablement
; car Albizzi Penſionnaire des
Jeſuites , s'étant emporté méme avec
brutalité , contre l'extrémité , ( ce di-
Dij
40 LE MERCURE
foit - il , ) de l'Eſprit de S. Auguſtin,
Chigi prit la parole avec vigueur ,
& il parla , comme le reſpect que l'on
doit au Docteur de la Grace , le requiert
. Cette rencontre aflüra abfolument
Barberin & beaucoup plus encore
, que tout ce queje lui en avois
dit. Dès qu'il eut pris fon parti , nous
commençâmes à mettre en oeuvre les
Matériaux , que nous n'avions fait jufques-
là que diſpoſer. Nous agîmes
chacun de nôtre côté , ſelon que nous
l'avions projettés. Nous nous expliquâmes
de ce que nous avions le plus
fouvent caché avec foin , ou que nous
n'avions tout au plus qu'infinué. Borromée
& Aquaviva ſe développérent
plus pleinement vers l'Ambaſſadeur
d'Eſpagne ; Azolin brilla dans les diverſes
Factions avec plus de liberté.
Je m'étendis de toute ma force auprès
du Cardinal Doyen; il prit confiance
en moi , ſur le déſir qu'il avoit
d'adoucir le grand Duc pour les Barberins
. Le C. Barberin l'y eut toute
entiere par la joye qu'il en avoit.
Azolin ou Lomelin , je ne me fouviens
pas précisément lequel ce fut
découvrit que Bichi , qui étoit Allié
D'AOUST.
41
,
de Chigi , étoit très bien intentionné
pour lui dans le fond. Il entra dans
ce Commerce habilement & adroitement
, & fi bien , que Bichi , qui ne
crût pas que le Mazarin cut affez de
confiance en lui , pour concourir ſur ſa
parole , à l'exaltation de Chigi , employa
pour le perfuader Sachetti
qui lafle , comme il me ſemble que
je vous l'ai déja dit , de ſe voir balotté
inutillement tous les ſoirs & tous
les matins , lui dépêcha un Courier
pour l'avertir , que Chigi ſeroit Pape
endépitde la France, ſi elle faiſoittant
que de lui donner l'exclufion , comme
l'on diſoit : car , auſſitôt qu'on le vit
fur les Rangs , tous les Subalternes,ſelon
le ſtile de la Nation , publiérent
que le Roy ne le ſouffriroit jamais .
Mazarin ne fut pas de leur ſentiment ,
& il renvoya par le même Courier,
ordre à Lionne de ne le point exclure.
Il ût raiſon , car je ſuis perfuadé ,
que ſi l'excluſion fat arrivée , Chigi
ût été Pape ,trois jours plûtôt qu'il ne
le fût. Les Couronnes ne doivent jamais
hazarder facilement les Exclufions
: Il y a des Conclaves , où elles
peuvent réüffir ; il y en a d'autres où
Diij
42 LE MERCURE
le ſuccès en ſeroit impoſſible : Celuilà
étoit du nombre. Le Sacré College
étoit fort , & de plus , il ſentoit
fa force . Les choſes étant enl'état que
je viens de poſer , Mrs les Cardinaux
de Medicis & Barberin qui avoient
pris & reçû par moi , leur parole , me
chargérent fur les neuf heures du foir ,
d'en aller porter la nouvelle à Mr le
C. Chigi. Je le trouvai au lit , je lui
baifai la main , il m'entendit , & il
il me dit en m'embraflant ecco l'effetto
della buona viananza.
,
Je vous ai déja dit que j'étois au
Scrutin auprès de lui. Tout le College
yaccourut enfuite ; il m'envoya chercher
ſur les onze heures , aprés que
tout le monde fut forti de ſa Celulle ;
&je ne vous puis exprimer les bonrez
avec leſquelles il me traita. Nous l'allâmes
tous prendre , le lendemain au
matin dans ſa Cellule , & nous l'accompagnâmes
à la Chapelle du Seru--
tin , où il eur, ceme ſemble , toutes
les Voix , à la reſerve d'une ou tout au
plus deux. Le foupçon tomba fur le
vieux Spada , Grimaldi & Rofferti ,
leſquels à la vérité, furent les ſeuls , qui
improuvérent au moins publiquement,
D'AOUST. 43
fonExaltation. Grimaldi me dit àmoimême
, que j'avois fait un choix dont
je me repentirois en mon particulier ,
&il fe trouva par l'évenement , qu'il
eut raiſon . J'attribuai fon diſcours à fon
Travers, l'Averfion de Spada ,à l'Envie
qui lui étoit naturelle , & celle deRofſetti,
à l'Appréhenſion qu'il avoit de la
féverité de Chigi. Je crois encore que
jene me trompois pas dans ce jugement
; quoique j'avoie qu'ils ne ſe
trompoient pas eux-mêmes pour le
fond. Ce qui est conſtant , eſt que jamais
Election de Pape n'a été plus univerſellement
applaudie. Il ne ſe défaillit
pas à lui-même dans les premiers
moments , qui , par une imper--
fection afſés bizarre de la Nature humaine
, ſurprennent d'avantage les
Gens qui les attendent avec le plus
d'impatience. La ſuite a fait voir qu'-
il n'étoit pas aſſes homme de bien ,
pour n'en avoir pas eu beaucoup en
ce rencontre. Il fut fi éloigné d'en donner
aucune marque , que nous ûmes
Sujet de croire qu'il en avoit même,de
la douleur. Il pleura amérement , au
moment que l'on réliſoit le Scrutin
qui le faifoit Pape :Et comme il vit que
44 LEMERCURE
je le remarquois , il m'embraſſa d'un
bras , & prit de l'autre Lomelin , qui
étoit au-deſſus de lui. Il nous dit à
l'un & à l'autre : Pardonnez cette foibleſſe
à unhomme qui a toûjours aimé
ſes Proches avec tendrefle , & qui s'en
voit ſéparé pour jamais. Nous defcendîmes
aprés les Cérémonies accoûtumées
, à Saint Pierre : Il affecta de ne
s'affleoir que ſur le Coin de l'Autel ;
quoique les Maiſtres des Cérémonies
lui diffent , que la Coutume étoit que
les Papes ſe miſſent justement fur le
milieu . Il y reçeut l'Adoration du Sacré
Collége, avec beaucoup plus de modeftie
que de grandeur, avecbeaucoup plus
d'abaiffement que de joye ; & lorſque
je m'aprochai àmon tour. pour lui bai.
fer les Pieds, il me dit en m'embraffant
, fi haut que les Ambaſfadeurs
d'Eſpagne , & de Venise , & le Connêtable
Colonne l'entendirent , Signor
Cardinal de Retz : Ecce opus manuum
tuarum. Vous pouvez juger de l'effer
que fit cette parole; les Ambaſfadeurs
la dirent à ceux qui étoient auprés
d'eux: Elle ſe répandit en moins de
rien dans toute l'Eglife. Morangis
frere de Barillon , qu'on appelloit en
1
D'AOUST.
45
ce tems-là , Chatillon , me la rédit une
heure aprés , en me rencontrant ,
commeje ſortois ; & je retournai chez
moi,accompagné de plus de fix vingt
Caroſſes qui étoient pleins de gens
trés perfuadez que j'allois gouverner
le Pontificat.
Cet Extrait ne ferapas sans doute ,
moins souhaiter l'Edition complette de
ces Mémoires , que les précédens.
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150
p. 157-165
SUITE DU JOURNAL de Paris.
Début :
Le 16. Mrs les Aumoniers du Roy ont fait leur plainte, pour [...]
Mots clefs :
Aumônier du roi, Plainte, Cérémonies, Procession, Nominations, Abbé, Marquis, Ambassadrice, Députés, Cardinal
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texteReconnaissance textuelle : SUITE DU JOURNAL de Paris.
SUÍTE
DUJOURNAL
de Paris.
IE16. Mieles Aumoniers du Roy
ont fait leur plainte,pour n'avoir
pas été invité par M. Deſgranges Me
des Ceremonies , à la Proceſſion de
Aoust 1717.
158
LE MERCURE
Notre-Dame. M. le Grand Prevêt a
fait de ſon côté une Proteftation dans
les formes , pour le même ſujer , &
l'a envoyée ſignifier au Me des Céré.
monies. Nous avons déjà dit que M.
le Duc Regent y répreſenta la Perſonne
du Roy ;ce n'eſt pas le premier
exemple où un Prince du Sang
aété traité en Roy, en pareille occa-,
fion. Ily en a un entr'autres ſous Charles
I X. tout ſemblable , en 1570. Ce;
Monarque étant à Monceaux &ne .
pouvant revenir pour ſe trouver à cette,
même Proceffion , y envoya le Duc
de Montpenſier, pour y tenir la place
&y recevoir tous les honneurs dûs
àlaM. R.
Le 17. M. de Fontanieux qui a l'In
tendance des Meubles de la Couronne
, a obtenu pour fon fils la ſurvivance
de cette Charge.
Le 18. M.l'Abbé de Simiane d'Arouere
eſt venu remercier S. A. R. pour
l'Evéché de Saint Paul 3-Châteaux,
auquel il a été nommé par le Roy.
Le 19. M. le Marquis de Mailly
achette le Regiment d'Iſenghien vacant
par la mort de M le Marquis
deMonteſquiou:Ilen a obtenu l'agré
ment.
D'AOUST..
159
:
i
*
Le 20. Mgr le Duc donne une Fête
fuperbe à Chantilly , dont les divertiſſemens
doivent ſe ſuccéder pendant
15.jours : Il s'y eſt rendu un grand
nombre de Seigneurs & de Dames
de la premiere diſtinction.
Le Roy ſe fit tirer le 21. deux
Dents,&il fouffrit conſtamment cette
opération.
M. de S. Aulaire vient de prendre
poſſeſſion du Bailliage de Lyon ,
par un accommodement fait avec M.
de Junnillac ; ce qui détruit tous les
bruits auſquels une Lettre anonime
inferte dans le Mercure d'Octobre
17:56, avoit donné lieu.
Madame l'Ambaſſadrice de Portugal
accoucha le 12 de ce mois dans
fon Hôtel d'un fils qui ſe porte
bien , de même que Madame ſa
mere.
د
Le même jour , les NouveauxEchevins
vinrent apporter le Scrutin au
Roy & lui préterent le ſerment de
fideliré. :
Le 22. ily ût un mouvement dans
les Intendances. M. de Baſville Intendant
de Languedoc , ne pouvant
plus s'appliquer aux affaires à cauſe de
O ij
160 LE MERCURE
:
fon grand âge , a demandé àſe repoſer.
-On envoye en ſa place M. Bouynd'Angervilliers
Intendant de Strasbourg :
Et M. de Harlay de Cely Intendant
de Metz , doit être ſubſtitué à ce dernier
qui ſeraremplacé par M. de Bernages
Intendant d'Amiens : On ne fait
pas encore qui occupera ce dernier
Porte.
MADAME vint le même jour à Paris ;
elle alla l'aprés midi aux Carmelites ;
elle vit la repreſentation de l'Opera
de Venus & d'Adonis, qu'on a remis au
Theâtre depuis huit jours. Les Comédien:
s François qui avoient annoncé
une nouvelle Piece, ne joierent point ;
parce que le feu ayant pris furlesquaite
heures&demie à une maiſon qui
joint leur Hôtel , les épouventa fi fort,
qu'ils ne fongerent qu'à ſe ſauver aufſi
promtement que ceux qui estoient déja
placez , dont l'empreſſement pour
fortir fut fi grand ,qu'il y eut pluſieurs
perſonnes qui coururent riſque d'eſtre
écraſées: Le feu ne dura pas longtems ,
parce que le ſecours des pompes arriva
fort à propos. L'Hôtel des
Comédiens n'a point eſté endommagé
D'AOUST. 161
La Noce de M. Bernard fils de M.
Samuel Bernard , ſe fit le 22 , avec une
magnificence ſurprenante : Il a épousé
Mile de S. Chamant fille du Lieutenant
Général de ce nom , & Niéce de
M. de la Briffe .
Le 23. les Députez des Etats de Languedoc
qui font M. l'Evêque de Commenges
pour le Clergé , M. le Marquis
de S. Suplie pour la Noblefle ,
&M. Rével pour leTiers- Erat , ûrent
à une heure , Audiance du Roy á qui
ils préſenterent le Cahier. Mgt le Ditc
du Maine Gouverneur de la Province ,
& M. le Marquis de la Vrilliere Secretaire
de la même Province , les preſenterent
au Roy. M. l'Evêque de
Commenges porta la parole & fon
difcours fut trés applaudi .
Le 25 , la Fête de S. Loüis , a eſté
célébrée dans la Chapelle, par une
Meſſe baffe & une grande Meſſe enfuite.
Les Peres Carmes , ſuivant la
coûtume,vinrent enProceſſion avec plufieurs
Pains benis : Elle estoit précédée
par 30 des Cent-Suiſſes avec un
Fourier & 30 Gardes du Corps avec
unExempt. La Cour fut trés nombreuſe
te jour là : Les Ambaſſadeurs , Cardi
O iij
162 LE MERCURE
raux & Grands Seigneurs ûrent l'honneur
de ſe preſenter devant le Roy.
Il y ût grande ſimphonie le matin &
àdîner : Sur le ſoir , le Concert annuel
que donne l'Opera pour la Fête du
Roy , fur exécuté dans le jardin des
Tuilleries , avec une grande illumination.
Sur les huit heures & demie du
foir , on tira à l'entrée de la grande
Allée ,un très beau Feu d'Artifice qui
dura prés de trois quarts d'heures ;
le Roy en voyoit l'effet de la Terraſſe,
ſous un Dais.
Le matin , M. l'Abbé Prevoſt Aumonier
de M. le Cardinal de- Noailles
, prêcha au Louvre dans la Chajelle
de l'Académie Françoiſe : II
fatisfit pleinement ſon Auditoire; aprés
quoy l'Academie des Sciences & celle
des Belles - Lettres célébrerent la même
Fête, dans l'Egliſe de l'Oratoire de
S. Honoré : L'aprés midi , l'Académie
Françoiſe fit la diſtribution des Prix
ordinaires : Celui de Proſe fut donné
à M. l'Abbé Colin & celui de Poëfie
à M. Gacon qui avoit preparé un remerciement
en Vers ; mais M. l'Abbé
:de Choiſi le pria de la part de la Compagnie
,de s'en diſpenſer , parce que
رط
D'AOUST.
163
ces ſortes de remerciemens ſont d'un
uſage nouveau que l'on ne veut pas
continuer : On lut enſuite un Diſours
fur l'utilité des Sciences , compofé
par M. de Charé Directeur de l'Académie
de Soiffons, laquelle eſt obligée par
ſes Statuts, d'envoyer aux 40 un tribut
annuel de quelque piece d'éloquence.
L'Inépuiſable M. de la Motte ( felon
l'expreſſion de M. l'Abbé de Choifi)
régala l'Aſſemblée du recit de trois fables
nouvelles , qui furent ſuivies des
applaudiſſemens qu'il s'attire , toutes
les fois qu'il y parle.
Le même jour M. l'Abbé le Vaſſeur
prononça en Latin dans l'Egliſe des
Quinze - Vingts , le Panégerique de S.
Loüis : Il ût pluſieurs Evêques pour
Auditeurs.
Le28 , l'Ouverture du Prix de l'Arquebuze
ſe fit à Meaux Capitale de
la Brie; la Ville de Laon lui ayant
préſenté le Bouquet , il y a cent
ans , jour pour jour. Monfieur de la
Nouë de Rutel Gentil - homme &
Maire de la Ville , eſt Capitaine de
la Compagnie de Meaux , autrement
laColonelle:Elle est compoſée d'environ
120 Chevaliers avec les Offi-
د
164 LE MERCURE -
ciers. Ils font tous en Habits uniformes,
d'un gris blanc bordé d'argent & les
boutonnieres de même ; leurs chapeaux
relevez de Plumets blancs &
de Caucardes de la même couleur.
Ily a auſſi 20 autres Compagnies de
Chevaliers des Villes circonvoifines ,
en Habit d'Ordonnance , chacune étant
diftinguée par une couleur différente.
Meſſieurs de Meaux ont envoyé
des Députez au devant de chaque
Compagnie , pour les complimenter&
leur marquer les Logemens qui
leur ſont deſtinez. La Compagnie Colonelle
leur a préſenté toutes fortes de
rafraichiſſemens & le Vin n'y a pas
été épargné. Le 29 , toutes les Compagnies
ſe trouvérent ſous les Armes ,
pour aller en Cérémonie entendre la
Meſſe , où M. le Cardinal de Biffi officiera
Solémnellement. M. le Prince de
Soubize ſera à leur Têre , le fils deM.
Bignon Intendant de Paris commandera
la Colonelle & M. le Chevalierde
Bavière celle de Compiegne :
Enſortant de la Métropole , ils feront
un tour de Ville & ſe rendront au
Jeu d'Arquebuze , où M. le Prince de
Soubize tirera le premier coup. ComD'AO
UST.
165
:
me les Prix conſiſtent en pluſieurs
belles Piéces d'argenterie & que le
nombre des Chevaliers eſt conſidérable
, on compte qu'il s'écoulera au
moins quinze jours , avant que d'avoir
emporté le dernier : Il s'y rend de
routes parts une infinité de Curieux &
furtout de Paris . Cette affluence a en.
gagé beaucoup de Marchands étrangers
à loiier des Maiſons, pour y étaller
leur Quincaillerie. Il y aura Comédie
, Bal , Simphonie &c. M. de
la Nouë & ſon Lieutenant - Major
tiendront Tables ouvertes , tant que
durera cette Fête • ... L'Auteur
daMercure prie quelqu'un de Mefſieurs
les Chevaliers, d'avoir la bonté
de lui envo envoyer un Journal de ce qui
s'y ſera palle , avec le nom des Compagnies
qui auront gagné le Prix , & il
ſe fera un plaiſir de l'inférer dans le
mois prochain.
DUJOURNAL
de Paris.
IE16. Mieles Aumoniers du Roy
ont fait leur plainte,pour n'avoir
pas été invité par M. Deſgranges Me
des Ceremonies , à la Proceſſion de
Aoust 1717.
158
LE MERCURE
Notre-Dame. M. le Grand Prevêt a
fait de ſon côté une Proteftation dans
les formes , pour le même ſujer , &
l'a envoyée ſignifier au Me des Céré.
monies. Nous avons déjà dit que M.
le Duc Regent y répreſenta la Perſonne
du Roy ;ce n'eſt pas le premier
exemple où un Prince du Sang
aété traité en Roy, en pareille occa-,
fion. Ily en a un entr'autres ſous Charles
I X. tout ſemblable , en 1570. Ce;
Monarque étant à Monceaux &ne .
pouvant revenir pour ſe trouver à cette,
même Proceffion , y envoya le Duc
de Montpenſier, pour y tenir la place
&y recevoir tous les honneurs dûs
àlaM. R.
Le 17. M. de Fontanieux qui a l'In
tendance des Meubles de la Couronne
, a obtenu pour fon fils la ſurvivance
de cette Charge.
Le 18. M.l'Abbé de Simiane d'Arouere
eſt venu remercier S. A. R. pour
l'Evéché de Saint Paul 3-Châteaux,
auquel il a été nommé par le Roy.
Le 19. M. le Marquis de Mailly
achette le Regiment d'Iſenghien vacant
par la mort de M le Marquis
deMonteſquiou:Ilen a obtenu l'agré
ment.
D'AOUST..
159
:
i
*
Le 20. Mgr le Duc donne une Fête
fuperbe à Chantilly , dont les divertiſſemens
doivent ſe ſuccéder pendant
15.jours : Il s'y eſt rendu un grand
nombre de Seigneurs & de Dames
de la premiere diſtinction.
Le Roy ſe fit tirer le 21. deux
Dents,&il fouffrit conſtamment cette
opération.
M. de S. Aulaire vient de prendre
poſſeſſion du Bailliage de Lyon ,
par un accommodement fait avec M.
de Junnillac ; ce qui détruit tous les
bruits auſquels une Lettre anonime
inferte dans le Mercure d'Octobre
17:56, avoit donné lieu.
Madame l'Ambaſſadrice de Portugal
accoucha le 12 de ce mois dans
fon Hôtel d'un fils qui ſe porte
bien , de même que Madame ſa
mere.
د
Le même jour , les NouveauxEchevins
vinrent apporter le Scrutin au
Roy & lui préterent le ſerment de
fideliré. :
Le 22. ily ût un mouvement dans
les Intendances. M. de Baſville Intendant
de Languedoc , ne pouvant
plus s'appliquer aux affaires à cauſe de
O ij
160 LE MERCURE
:
fon grand âge , a demandé àſe repoſer.
-On envoye en ſa place M. Bouynd'Angervilliers
Intendant de Strasbourg :
Et M. de Harlay de Cely Intendant
de Metz , doit être ſubſtitué à ce dernier
qui ſeraremplacé par M. de Bernages
Intendant d'Amiens : On ne fait
pas encore qui occupera ce dernier
Porte.
MADAME vint le même jour à Paris ;
elle alla l'aprés midi aux Carmelites ;
elle vit la repreſentation de l'Opera
de Venus & d'Adonis, qu'on a remis au
Theâtre depuis huit jours. Les Comédien:
s François qui avoient annoncé
une nouvelle Piece, ne joierent point ;
parce que le feu ayant pris furlesquaite
heures&demie à une maiſon qui
joint leur Hôtel , les épouventa fi fort,
qu'ils ne fongerent qu'à ſe ſauver aufſi
promtement que ceux qui estoient déja
placez , dont l'empreſſement pour
fortir fut fi grand ,qu'il y eut pluſieurs
perſonnes qui coururent riſque d'eſtre
écraſées: Le feu ne dura pas longtems ,
parce que le ſecours des pompes arriva
fort à propos. L'Hôtel des
Comédiens n'a point eſté endommagé
D'AOUST. 161
La Noce de M. Bernard fils de M.
Samuel Bernard , ſe fit le 22 , avec une
magnificence ſurprenante : Il a épousé
Mile de S. Chamant fille du Lieutenant
Général de ce nom , & Niéce de
M. de la Briffe .
Le 23. les Députez des Etats de Languedoc
qui font M. l'Evêque de Commenges
pour le Clergé , M. le Marquis
de S. Suplie pour la Noblefle ,
&M. Rével pour leTiers- Erat , ûrent
à une heure , Audiance du Roy á qui
ils préſenterent le Cahier. Mgt le Ditc
du Maine Gouverneur de la Province ,
& M. le Marquis de la Vrilliere Secretaire
de la même Province , les preſenterent
au Roy. M. l'Evêque de
Commenges porta la parole & fon
difcours fut trés applaudi .
Le 25 , la Fête de S. Loüis , a eſté
célébrée dans la Chapelle, par une
Meſſe baffe & une grande Meſſe enfuite.
Les Peres Carmes , ſuivant la
coûtume,vinrent enProceſſion avec plufieurs
Pains benis : Elle estoit précédée
par 30 des Cent-Suiſſes avec un
Fourier & 30 Gardes du Corps avec
unExempt. La Cour fut trés nombreuſe
te jour là : Les Ambaſſadeurs , Cardi
O iij
162 LE MERCURE
raux & Grands Seigneurs ûrent l'honneur
de ſe preſenter devant le Roy.
Il y ût grande ſimphonie le matin &
àdîner : Sur le ſoir , le Concert annuel
que donne l'Opera pour la Fête du
Roy , fur exécuté dans le jardin des
Tuilleries , avec une grande illumination.
Sur les huit heures & demie du
foir , on tira à l'entrée de la grande
Allée ,un très beau Feu d'Artifice qui
dura prés de trois quarts d'heures ;
le Roy en voyoit l'effet de la Terraſſe,
ſous un Dais.
Le matin , M. l'Abbé Prevoſt Aumonier
de M. le Cardinal de- Noailles
, prêcha au Louvre dans la Chajelle
de l'Académie Françoiſe : II
fatisfit pleinement ſon Auditoire; aprés
quoy l'Academie des Sciences & celle
des Belles - Lettres célébrerent la même
Fête, dans l'Egliſe de l'Oratoire de
S. Honoré : L'aprés midi , l'Académie
Françoiſe fit la diſtribution des Prix
ordinaires : Celui de Proſe fut donné
à M. l'Abbé Colin & celui de Poëfie
à M. Gacon qui avoit preparé un remerciement
en Vers ; mais M. l'Abbé
:de Choiſi le pria de la part de la Compagnie
,de s'en diſpenſer , parce que
رط
D'AOUST.
163
ces ſortes de remerciemens ſont d'un
uſage nouveau que l'on ne veut pas
continuer : On lut enſuite un Diſours
fur l'utilité des Sciences , compofé
par M. de Charé Directeur de l'Académie
de Soiffons, laquelle eſt obligée par
ſes Statuts, d'envoyer aux 40 un tribut
annuel de quelque piece d'éloquence.
L'Inépuiſable M. de la Motte ( felon
l'expreſſion de M. l'Abbé de Choifi)
régala l'Aſſemblée du recit de trois fables
nouvelles , qui furent ſuivies des
applaudiſſemens qu'il s'attire , toutes
les fois qu'il y parle.
Le même jour M. l'Abbé le Vaſſeur
prononça en Latin dans l'Egliſe des
Quinze - Vingts , le Panégerique de S.
Loüis : Il ût pluſieurs Evêques pour
Auditeurs.
Le28 , l'Ouverture du Prix de l'Arquebuze
ſe fit à Meaux Capitale de
la Brie; la Ville de Laon lui ayant
préſenté le Bouquet , il y a cent
ans , jour pour jour. Monfieur de la
Nouë de Rutel Gentil - homme &
Maire de la Ville , eſt Capitaine de
la Compagnie de Meaux , autrement
laColonelle:Elle est compoſée d'environ
120 Chevaliers avec les Offi-
د
164 LE MERCURE -
ciers. Ils font tous en Habits uniformes,
d'un gris blanc bordé d'argent & les
boutonnieres de même ; leurs chapeaux
relevez de Plumets blancs &
de Caucardes de la même couleur.
Ily a auſſi 20 autres Compagnies de
Chevaliers des Villes circonvoifines ,
en Habit d'Ordonnance , chacune étant
diftinguée par une couleur différente.
Meſſieurs de Meaux ont envoyé
des Députez au devant de chaque
Compagnie , pour les complimenter&
leur marquer les Logemens qui
leur ſont deſtinez. La Compagnie Colonelle
leur a préſenté toutes fortes de
rafraichiſſemens & le Vin n'y a pas
été épargné. Le 29 , toutes les Compagnies
ſe trouvérent ſous les Armes ,
pour aller en Cérémonie entendre la
Meſſe , où M. le Cardinal de Biffi officiera
Solémnellement. M. le Prince de
Soubize ſera à leur Têre , le fils deM.
Bignon Intendant de Paris commandera
la Colonelle & M. le Chevalierde
Bavière celle de Compiegne :
Enſortant de la Métropole , ils feront
un tour de Ville & ſe rendront au
Jeu d'Arquebuze , où M. le Prince de
Soubize tirera le premier coup. ComD'AO
UST.
165
:
me les Prix conſiſtent en pluſieurs
belles Piéces d'argenterie & que le
nombre des Chevaliers eſt conſidérable
, on compte qu'il s'écoulera au
moins quinze jours , avant que d'avoir
emporté le dernier : Il s'y rend de
routes parts une infinité de Curieux &
furtout de Paris . Cette affluence a en.
gagé beaucoup de Marchands étrangers
à loiier des Maiſons, pour y étaller
leur Quincaillerie. Il y aura Comédie
, Bal , Simphonie &c. M. de
la Nouë & ſon Lieutenant - Major
tiendront Tables ouvertes , tant que
durera cette Fête • ... L'Auteur
daMercure prie quelqu'un de Mefſieurs
les Chevaliers, d'avoir la bonté
de lui envo envoyer un Journal de ce qui
s'y ſera palle , avec le nom des Compagnies
qui auront gagné le Prix , & il
ſe fera un plaiſir de l'inférer dans le
mois prochain.
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