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1
p. 237-238
« L'Illustre Duc qui a fait ces Vers, est retourné [...] »
Début :
L'Illustre Duc qui a fait ces Vers, est retourné [...]
Mots clefs :
Gouvernement, Service, Éloignement
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texteReconnaissance textuelle : « L'Illustre Duc qui a fait ces Vers, est retourné [...] »
L'illustre Duc , qui a fait ces Vers, eft retourné,depuis peu dans ſonGouvernement, pour appliquer ſes foins à ce qui re- garde le ſervice duRoy avec le meſme zele qu'il a fait les an nées dernieres. Cen'eſt pasqu'il ne donne de fi bons ordres en fon abſence qu'il ne ſoit diffis cile que des Ennemis tirent a- vantage de fon éloignement; &
vousl'allez voir , Madame , par Article qui fuit.ny và mìn
vousl'allez voir , Madame , par Article qui fuit.ny và mìn
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2
p. 81-88
SENTIMENS SUR LES QUESTIONS DU DERNIER EXTRAORDINAIRE.
Début :
Je réserve la suite de ce Traité pour le prochain Extraordinaire, / Quelle fortune est la plus satisfaisante en Amour, [...]
Mots clefs :
Questions, Réponses, Fortune, Amour, Amant, Service, Loisirs, Liberté, Obstacle, Honnête homme, Mort, Autel, Ami, Générosité
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texteReconnaissance textuelle : SENTIMENS SUR LES QUESTIONS DU DERNIER EXTRAORDINAIRE.
Le réferve lafuite de ce Traitépour
$2 Extraordinaire
Le prochain Extraordinaire , afin de
donner place aux autres Ouvrages qui
m'ont efté envoyez . Les Réponses que
vous allez lire aux dernieres Queftios.
qu'on a proposées , font de M Bouchet,
ancien Curé de Nogent- le- Roy.
SENTIMENS
SUR LES QUESTIONS
DU DERNIER EXTRAORDINAIRE
Quelle fortune eft la plus fatisfaifante
en Amour , celle d'un Amant dont
les foins font d'abord receus agreablement,
& prefque auffi - toft récompenfez
; ou le bonheur de celuy , qui,
apres avoir aimé quelque temps fans
efpérance , trouve enfin le coeur de fa
Maiftrelle fenfible:
UN
N Amant de plein faut qui reçoit
fonfalaire,
Et qui rencontre un coeur fenfible à fon
amour,
du Mercure Galant. 83.
A veritablement, & dés le premier jour,
Dequoyfe contenter, dequoy fefatisfaire ..
3
Il n'eft point aufilet, on l'écoute d'abord,
On calculefes pas, on comptefes fervices ;
Ileft payécomptant de l'innocent trafport
Qu'il marque envers l'objet de fes ch.res.
délices.
•
Là-deffus on l'eftime heureux,
Parce qu'en cet état tout répond à fes
voeux.
$3
Maisplus heureux dans ma pensée
Eft celuy qui n'y pensant pas,
Par celle dont fon coeur adore les appas
Voit fa flame récompensée,
Apres avoir long-temps vainementfoùpiré,
Fainement attendu, vainement efperé..
83
Certes on fait par la Science,
Quand on la confulte à loifir,
Comme auffi par l'expérience,
Qu'unplaifir qui furprend eft un doubleplaifir..
84
Extraordinaire
Si l'entiere liberté de fe voir , peur
long- temps entretenir l'amour
dans toute fa force.
O
Na beaufaire, on a beau dire,
Le Monde va toûjours fon trains
Tel aujourd'huy pleure & foûpire,
Quifans doute rira demain.
Nous endurons mille traverses
Par le flus & reflus des paſſions diverſes
Qui nous agitent chaque jour;
Deschofes d'icy-bas inconftante eft laface;
La tempefte fuit la bonace,
Labainefuccede à l'amour,
Si la difficultéfait naistre des miracles,
Et des coupsde Héros, qui charment les
Efprits,
De lafacilité de fe voirfans obftacles,
L'indiférence vient , on mefme le méprisi
ax
Du moins un Amant dans fa tâches .
AvecLesfoins & ſes hélas,
du Mercure Galant. $5
Infenfiblementfe relâche ,
Et nefait plus voir qu'un Hilas.
03
D'ailleurs, quandde la riche idée
D'un objet tout nouveau qui brille de
beauté,
L'amefe trouvepoffedée,
On tient rarement bon contre la nou
veauté;
Et ce qui paroiftfort étrange,
C'est qu'iln'eft rien qui foit baftant
De fixer un coeur inconſtant
Qui fefait un plaifirdu change.
Je veux cependant qu'un Amant
S'appligne à captiver la Beauté qu'il
adore,
Qu'il nommefon Soleil, qu'il nommefon
Aurore,
Son Aftre & fon contentement.
+3
Toutefois encor qu'il s'efforce
Demarquerfon amourjusqu'à l'empreffement,
86- Extraordinaire
Je dis qu'ilne peut nullement
Aimer toujours d'égaleforce
L'objet defon enteftement,
C'est une maxime averée,
Qu'un état violent n'eftjamais de durée.
Si un honnefte Homme eſt excufable
, d'eftre affez esclave
de fa paffion , pour aimer une
Perfonne qui le pouffe à faire
une lâcheté .
AImons jufqu'aux Autels en ce mortel
féjour,
N'entreprenons jamais que des faits légitimes,
On trouve des raisons pour excufer l'amour,
Mais l'on n'en trouve point pour excufer
des crimes.
83
Ainfi l'Homme eft inexcusable,
Qui pourflater la paffion
Qui fait fon inclination,
Devient lâche, & ſe rend coupable.
du Mercure Galant.
87
**
La complaifance eft juste, il est bon d'en
avoir;
Mais qui veut vivre avèque bienfeace,
Doit borner cette complaisance
Par les regles defondevoir.
83
Ainfi dans cette conjoncture
Que nous propofe le Mercure,
Qui travaille à noftre bonheur,
Ilfaut pour éviter tout reproche de vice,
Que l'Amour le cede à l'honneur,
Comme il le doit ceder à la Justice .
Un Homme en mourant a deux
Amis auprés de luy , il en fait
retirer un , parce que la préſence
l'afflige, & il fait demeurer l'autre
, parce que fa préfence le
confole . On demande lequel il
aime davantage .
Et Homme vers la mort quiporte fes
regards,
CE
(que,
Et quife voit bien- toft le butin de la Par
$8 Extraordinaire
A pour ses deux Amis de genéreux
égards,
Dont il donne à tous deux unefenfible
marque;
Maisfelon mon avis il a plus d'amitié
Pour celuy dont il vent l'abſence,
Puis qu'il ménage fa pitié,
En l'éloignant defa préſence.
$2 Extraordinaire
Le prochain Extraordinaire , afin de
donner place aux autres Ouvrages qui
m'ont efté envoyez . Les Réponses que
vous allez lire aux dernieres Queftios.
qu'on a proposées , font de M Bouchet,
ancien Curé de Nogent- le- Roy.
SENTIMENS
SUR LES QUESTIONS
DU DERNIER EXTRAORDINAIRE
Quelle fortune eft la plus fatisfaifante
en Amour , celle d'un Amant dont
les foins font d'abord receus agreablement,
& prefque auffi - toft récompenfez
; ou le bonheur de celuy , qui,
apres avoir aimé quelque temps fans
efpérance , trouve enfin le coeur de fa
Maiftrelle fenfible:
UN
N Amant de plein faut qui reçoit
fonfalaire,
Et qui rencontre un coeur fenfible à fon
amour,
du Mercure Galant. 83.
A veritablement, & dés le premier jour,
Dequoyfe contenter, dequoy fefatisfaire ..
3
Il n'eft point aufilet, on l'écoute d'abord,
On calculefes pas, on comptefes fervices ;
Ileft payécomptant de l'innocent trafport
Qu'il marque envers l'objet de fes ch.res.
délices.
•
Là-deffus on l'eftime heureux,
Parce qu'en cet état tout répond à fes
voeux.
$3
Maisplus heureux dans ma pensée
Eft celuy qui n'y pensant pas,
Par celle dont fon coeur adore les appas
Voit fa flame récompensée,
Apres avoir long-temps vainementfoùpiré,
Fainement attendu, vainement efperé..
83
Certes on fait par la Science,
Quand on la confulte à loifir,
Comme auffi par l'expérience,
Qu'unplaifir qui furprend eft un doubleplaifir..
84
Extraordinaire
Si l'entiere liberté de fe voir , peur
long- temps entretenir l'amour
dans toute fa force.
O
Na beaufaire, on a beau dire,
Le Monde va toûjours fon trains
Tel aujourd'huy pleure & foûpire,
Quifans doute rira demain.
Nous endurons mille traverses
Par le flus & reflus des paſſions diverſes
Qui nous agitent chaque jour;
Deschofes d'icy-bas inconftante eft laface;
La tempefte fuit la bonace,
Labainefuccede à l'amour,
Si la difficultéfait naistre des miracles,
Et des coupsde Héros, qui charment les
Efprits,
De lafacilité de fe voirfans obftacles,
L'indiférence vient , on mefme le méprisi
ax
Du moins un Amant dans fa tâches .
AvecLesfoins & ſes hélas,
du Mercure Galant. $5
Infenfiblementfe relâche ,
Et nefait plus voir qu'un Hilas.
03
D'ailleurs, quandde la riche idée
D'un objet tout nouveau qui brille de
beauté,
L'amefe trouvepoffedée,
On tient rarement bon contre la nou
veauté;
Et ce qui paroiftfort étrange,
C'est qu'iln'eft rien qui foit baftant
De fixer un coeur inconſtant
Qui fefait un plaifirdu change.
Je veux cependant qu'un Amant
S'appligne à captiver la Beauté qu'il
adore,
Qu'il nommefon Soleil, qu'il nommefon
Aurore,
Son Aftre & fon contentement.
+3
Toutefois encor qu'il s'efforce
Demarquerfon amourjusqu'à l'empreffement,
86- Extraordinaire
Je dis qu'ilne peut nullement
Aimer toujours d'égaleforce
L'objet defon enteftement,
C'est une maxime averée,
Qu'un état violent n'eftjamais de durée.
Si un honnefte Homme eſt excufable
, d'eftre affez esclave
de fa paffion , pour aimer une
Perfonne qui le pouffe à faire
une lâcheté .
AImons jufqu'aux Autels en ce mortel
féjour,
N'entreprenons jamais que des faits légitimes,
On trouve des raisons pour excufer l'amour,
Mais l'on n'en trouve point pour excufer
des crimes.
83
Ainfi l'Homme eft inexcusable,
Qui pourflater la paffion
Qui fait fon inclination,
Devient lâche, & ſe rend coupable.
du Mercure Galant.
87
**
La complaifance eft juste, il est bon d'en
avoir;
Mais qui veut vivre avèque bienfeace,
Doit borner cette complaisance
Par les regles defondevoir.
83
Ainfi dans cette conjoncture
Que nous propofe le Mercure,
Qui travaille à noftre bonheur,
Ilfaut pour éviter tout reproche de vice,
Que l'Amour le cede à l'honneur,
Comme il le doit ceder à la Justice .
Un Homme en mourant a deux
Amis auprés de luy , il en fait
retirer un , parce que la préſence
l'afflige, & il fait demeurer l'autre
, parce que fa préfence le
confole . On demande lequel il
aime davantage .
Et Homme vers la mort quiporte fes
regards,
CE
(que,
Et quife voit bien- toft le butin de la Par
$8 Extraordinaire
A pour ses deux Amis de genéreux
égards,
Dont il donne à tous deux unefenfible
marque;
Maisfelon mon avis il a plus d'amitié
Pour celuy dont il vent l'abſence,
Puis qu'il ménage fa pitié,
En l'éloignant defa préſence.
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Résumé : SENTIMENS SUR LES QUESTIONS DU DERNIER EXTRAORDINAIRE.
Le texte extrait du 'Mercure Galant' explore les sentiments amoureux à travers une série de questions et de réponses. Il compare deux types de bonheur en amour : celui d'un amant dont les sentiments sont immédiatement reçus et récompensés, et celui d'un amant qui, après une longue attente, voit enfin son amour réciproque. Le texte soutient que le second type de bonheur est plus satisfaisant, car un plaisir surprenant est un double plaisir. Le texte examine également l'impact de la liberté et des obstacles dans une relation amoureuse. La facilité de se voir fréquemment peut entraîner l'indifférence ou même le mépris, tandis que les difficultés peuvent renforcer l'amour. Il met en garde contre l'inconstance du cœur humain, qui peut être facilement attiré par la nouveauté. Le texte aborde aussi la question de la moralité en amour. Il affirme qu'il est excusable d'être esclave de sa passion, mais inacceptable de commettre des lâchetés ou des crimes pour elle. Il souligne l'importance de la complaisance dans les relations, tout en la bornant par les règles du devoir et de l'honneur. Enfin, le texte relate une anecdote sur un homme mourant qui montre plus d'amitié pour l'ami dont il éloigne la présence pour éviter de l'affliger. Cette anecdote illustre la profondeur des sentiments et la considération pour autrui, même dans les moments les plus difficiles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 296-316
« Ce Concert finy, le Roy sortit par la grande Porte qui est [...] »
Début :
Ce Concert finy, le Roy sortit par la grande Porte qui est [...]
Mots clefs :
Concert, Orangerie, Lumières, Table, Bassin, Amphithéâtre, Décors, Plafonds, Orfèvrerie, Duchesse, Princesse, Service, Roi, Couverts, Château
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Ce Concert finy, le Roy sortit par la grande Porte qui est [...] »
Ce Concert finy , le Roy
fortit par la grande Porte
qui eft au milieu de l'Orangerie
, & vit à main droite
un grand nombre d'Orangers
qui formoient des Allées
fort éclairées par un
grand nombre de Lumieres,
qui eftoient derriere les
Caiffes. Aprés avoir marché
environ trente pas dans
l'une de ces Allées , Sa MajeGALANT.
297
la
fté découvrit d'un feul coup
d'oeil toute la Feüillée ,
Table , & l'Illumination qui
eftoient dans le Boulin
grain. Le Baffin qui eft au
milieu de ce Boulingrain , &
à qui l'on peut donner le
nom de Canal à caufe de fa
grandeur , a trente- quatre
pieds & demy de large fur
quarante-huit de long, en y
comprenant les pleins Ceintres
, qui font aux deux bouts
du Baffin fur fa longueur.
La Table eftoit de quatre
pieds trois
ouces de large,
pouces
& régnoit tout autour du
298 MERCURE
Canal fuivant fon plan; mais
il n'y avoit de couverts qu '
deux endroits aux qui
étoient fous les Feüillées , &
qui occupoient les bouts du
Canal jufques aux Angles ,
& les deux parties des flancs
ou coftez eftoient en Amphitheatre
à trois gradins
defcendans du cofté de l'eau,
ce qui donnoit lieu à tous
ceux qui estoient à Table,
de voir tous les riches & galans
ornemens dont ces deux
coftez eftoient remplis . Le
Roy eftoit à Table fous le
milieu d'une Feüillée qui
GALANT. 299.
eftoit à l'un des bouts du
Canal , & Monfeigneur le
Dauphin eftoit fous le milieu
de la Feüillée qui luy
eftoit oppofé , dè maniere
qu'ils avoient quarante-huit
pieds d'eau entr'eux, & trente-
quatre & demy de large,
& deux coftez de Table de
quarante-huit pieds chacun
, garnis d'un cordon de
Corbeilles , & de Vazes de
Porcelaines remplis de
Fleurs , entre des Girandoles
, & d'autres machines.
d'Orfévrerie. L'Invention
en eftoit nouvelle . Elles
300 MERCURE
portoient jufqu'à vingt- cinq
Bougies chacune , il y en
avoit d'autres moins élevées.
Ces machines de lumieres
eftoient toutes differentes,
& les Figures Allegoriques
quelles reprefentoiét avoiét
du rapport au Roy. Les
deux autres Gradins jufqu'à
la Tablette du Baffin, étoient
tous garnis de mefine. Ileft
difficile de bien concevoir
le plaifir qu'avoient ceux
qui eftoient à Table. Il n'y
avoit perfonne au devant
qui les incommodaſt en les
regardant manger, Ils ne
GALANT. 301
voyoient que l'eau , des
Fleurs , de brillants Buffets,
& l'Illumination des Berceaux
, & toutes ces chofes
refléchiffant
dans l'eau , la
faifoient briller , & y paroiffoient
flotantes .
La Feüillée qui eſtoit à
chaque bout du Canal , &
qui couvroit les deux endroits
de la Table où l'on
mangea , eftoit de dix- huit
pieds de haut , & toute par
Arcades & formoit une
maniere de Veftibule. Ces
deux Feuillées eftoient fi ar-
>
riftement pofées , que les
302 MERCURE
Corniches & les autres parties
de l'Architecture
s'y diftinguoient
parfaitement
bien.
L'endroit où eftoit le
Roy, formoit un milieu dont
le plafond eftoit ceintré.
Les Plafonds des deux Aifles
eſtoient plats , tous les Por
tiques eftoient en Arcades ,
ornées des Armes & des
Chiffres de Sa Majeſté dans
le milieu . Plufieurs Luftres
& des Feftons de Fleurs
pendoient auſſi au milieu
des mefmes Arcades , & des
Feftons de Fleurs , ornoient
GALANT. 303
celle au milieu de laquelle
mangeoit leRoy . Toutes ces
Corniches eftoient bordées
de cent cinquante Girandoles
portant chacune fix Bougies
, & entre chaque Girandole
, il y avoit une Corbeille
d'argent remplie de
Fleurs . On avoit mis des
Rideaux de Damas blanc à
toutes les Arcades , afin
qu'on ne fuft pas furpris par
la pluye , & ces Rideaux
eftoient renoüez à chacun
desPilaftres ; de forte que fi le
mauvais temps fuft furvenu ,
on fe feroit trouvé enfermé
1
304 MERCURE
fous ces Feuillées , comme
dans des Tentes , & l'on n'y
auroit fouffert aucune incommodité.
Il y avoit deux
Buffets de parade vis à vis
les flancs de la Table , ils
cftoient appuyez chacun
contre une grande Arcade
de Berceaux du Boulingrain,
& ces Arcades formoient un
couronnement à chaque
Buffet . Ils eftoient de vingt
pieds de face, & avoient trois
Gradins . Chaque Gradin
eftoit de Glaces de Miroir,
& ces Glaces en faifant refléchir
l'Orfévrerie qui remGALANT.
305
pliffoit les Buffets , fembloient
la multiplier . Elle
eftoit compoſée de pluſieurs :
pieces curieufes de Vermeil
doré , d'argent & d'or , entre
lefquelles il y avoit un grand
nombre de Girandoles qui
portoient plufieurs Bougies
, & dont les lumieres :
multipliées dans les Glaces,,
faifoient doublement bril-
Ter l'Orfévrerie , puis qu'elles
donnoient auffide l'éclat
aux pieces qu'elles en reprefentoient.
Les coftez de ces
deux Buffets eftoient ornez”.
de plufieurs Orangers . Tout
Fuillet 1685. € c
206 MERCURE
le Berceau qui faifoit le
pourtour du Boulingrain,
eftoit illuminé depuis la Corniche
jufqu'au bas , & il y
avoit une lumiere à chaque
Maille du Treillage . Tous
les Ceintres des Portiques
& des Pillaſtres du Treillage
eftoient auffi ornez de luinieres
, & il y avoit une Girandole
de Criſtal au deffus
de chaque Pillaftre . Les Domes
qui font dans les Angles
, & qui s'élevent au deffus
des Berceaux eſtoient
entierement illuminez , & il
y avoit dans les fonds de ces
GALANT. 307
Berceaux quantité de Lumieres
qui formoient des
Soleils , & des Chiffres du
Roy avec des Couronnes
.
Il y eut cinq Services de
tout ce qu'il y avoit de plus
rare pour la Saiſon , à l'égard
des Viandes & des Fruits.
Ceux qui eurent l'honneur
de manger à la Table de Sa
Majeftéfurent,
Madame la Dauphine ..
Monfieur.
Madame la Ducheffe ..
Mademoiſelle de Nantes..
Cc ij
208 MERCURE
Madame la Ducheffe d'Arpajon.
Madame la Marefchale de
Rochefort.
Madame de Maintenon .
Madame la Princeffe d'Harcourt.
si amab.l
Madame la Ducheffe d'Uzés
.
Mademoiſelle d'Uzés.
Madame la Ducheffe de Villeroy.
Madame la Princeffe de
Montauban.
Madame la Ducheffe de
Sully.
Madame la Ducheffe de
GALANT. 309
Rocquelaure.
Madame la Marquiſe de
Thianges.
Madame la Comteffe de
Grainont.
Madame de Grancey .
Madame la Marquiſe de
Medavy.
Mademoiſelle
d'Arpajon .
Les fix Filles d'honneur
de
Madame la Dauphine ..
Le Roy fut fervy par M. le
Marquis de Seignelay , Madame
la Dauphine par M. le
Bailly Colbert, & Monfieur,
: par M. le Marquis de Blainville
.
310 MERCURE
Voicy les noms des perfonnes
qui remplirent les
places de la Table qui fut
fervie pour Monfeigneur le
Dauphin.
Madame .
Madame la Princeffet de
Conty.
"
Mademoiſelle de Bourbon.
Madame la Ducheffe de
Vantadour.
Madame de Duras Fort.
Madame la Princeffe de Lillebonne.
Mefdemoiſelles de Lillebonne.
Madame la Ducheffe de Gramont.
GALANT. 311
Madame la Ducheffe de
Foix.
Madame la Princeffe de Tingry
.
Madame la marefchalle de
Humieres.
Mademoiſelle de Humieres .
Madame la Ducheffe de la
Ferté.
Madame la Comteffe de
Roye.
Mademoiſelle de Rouffy.
Madame de Coafquin.
Madame la marquife de Beringuen.
Madame la Marquise de
Maré.
312 MERCURE
Madame la Comteffe dev
Bury.
Madame la Marquife de la.
Fare ..
Les quatre Filles d'honneur
de Madame.
Monfeigneur
le Dauphin
fut fervy par M. le Marquis
de Maulevrier , qui fervit
auffi Madame
. Quelques
Dames dont les noms me
font échapez , eurent encore
place à ces deux Tables .
Les Trompettes & les Timbales
, les Violons , les Flutes
douces , & les Haut -bois , fe
firent entendre alternativement
GALANT 313
ment pendant le repas . Je
vous envoye une Figure gravée.
Elle eft veuë d'un des
coftez des Buffets , & fait
voir la Feüillée entiere , de
maniere qu'il n'y manque
qu'un des coftez du Boulingrain
, un des Buffets , & les
deux Gradins qui estoient
fur le bord de l'eau de l'un
des flancs de la Table . S'il
euft efté poffible que la graveure
euft fait voir le tout,
il ne manqueroit rien à cette
Planche . Dans le temps
que le Roy fe mit à Table,
on fervit dans le Chafteau
Dd
Juillet 1685.
314 MERCURE
1
&
deux Tables de vingt àtrente
Couverts , chacune pour
les Perfonnes diftinguées de
la Cour , qui voulurent y
prendre place. Il y en avoit
encore plufieurs autres le
long du deffous des Berceaux
du Boulingrain
quantité de Buffets où l'on
ne refufoit pas à boire à tous
ceux qui en fouhaitoient,
non plus que des Plats de la
defferte du Roy , qui furent
prefque tous donnez à ceux
qui en demanderent. Il y
avoit auffi des Tables le long
des Murailles des Courts du
GALANT. 315
Chafteau où
mangerent les
Valets. Sa Majesté en ſe levant
de Table ſe tourna vers
M. le Marquis de Seignelay ,
& luy marqua
avec cet air
tout engageant , & qui luy
eft fi naturel , la fatisfaction
qu'Elle avoit de la maniere
dont Elle avoit efté receuë.
Ce Prince fit enfuite le tour
du Boulingrain. Il examina
les Buffets , les Berceaux &
la Feüillée , puis eſtant ſorty
du Jardin pour
monter en
Caroffe , il trouva les mefmes
Perfonnes qui l'avoient
receu à fon arrivée , & les
Ddij
316 MERCURE
falua avec le mefme air de
bonté qu'il avoit fait en entrant
: aprés quoy il monta
en Caroffe , & trouva les
Cours , la Porte & l'avenue
du Chafteau , bordées de
groffes lumieres. On peut
dire que M. de Seignelay
n'a rien oublié pour recevoir
un ſi grand monarque
,
& que M. Berrin a parfaite.
ment bien répondu à l'intention
de ce marquis.
fortit par la grande Porte
qui eft au milieu de l'Orangerie
, & vit à main droite
un grand nombre d'Orangers
qui formoient des Allées
fort éclairées par un
grand nombre de Lumieres,
qui eftoient derriere les
Caiffes. Aprés avoir marché
environ trente pas dans
l'une de ces Allées , Sa MajeGALANT.
297
la
fté découvrit d'un feul coup
d'oeil toute la Feüillée ,
Table , & l'Illumination qui
eftoient dans le Boulin
grain. Le Baffin qui eft au
milieu de ce Boulingrain , &
à qui l'on peut donner le
nom de Canal à caufe de fa
grandeur , a trente- quatre
pieds & demy de large fur
quarante-huit de long, en y
comprenant les pleins Ceintres
, qui font aux deux bouts
du Baffin fur fa longueur.
La Table eftoit de quatre
pieds trois
ouces de large,
pouces
& régnoit tout autour du
298 MERCURE
Canal fuivant fon plan; mais
il n'y avoit de couverts qu '
deux endroits aux qui
étoient fous les Feüillées , &
qui occupoient les bouts du
Canal jufques aux Angles ,
& les deux parties des flancs
ou coftez eftoient en Amphitheatre
à trois gradins
defcendans du cofté de l'eau,
ce qui donnoit lieu à tous
ceux qui estoient à Table,
de voir tous les riches & galans
ornemens dont ces deux
coftez eftoient remplis . Le
Roy eftoit à Table fous le
milieu d'une Feüillée qui
GALANT. 299.
eftoit à l'un des bouts du
Canal , & Monfeigneur le
Dauphin eftoit fous le milieu
de la Feüillée qui luy
eftoit oppofé , dè maniere
qu'ils avoient quarante-huit
pieds d'eau entr'eux, & trente-
quatre & demy de large,
& deux coftez de Table de
quarante-huit pieds chacun
, garnis d'un cordon de
Corbeilles , & de Vazes de
Porcelaines remplis de
Fleurs , entre des Girandoles
, & d'autres machines.
d'Orfévrerie. L'Invention
en eftoit nouvelle . Elles
300 MERCURE
portoient jufqu'à vingt- cinq
Bougies chacune , il y en
avoit d'autres moins élevées.
Ces machines de lumieres
eftoient toutes differentes,
& les Figures Allegoriques
quelles reprefentoiét avoiét
du rapport au Roy. Les
deux autres Gradins jufqu'à
la Tablette du Baffin, étoient
tous garnis de mefine. Ileft
difficile de bien concevoir
le plaifir qu'avoient ceux
qui eftoient à Table. Il n'y
avoit perfonne au devant
qui les incommodaſt en les
regardant manger, Ils ne
GALANT. 301
voyoient que l'eau , des
Fleurs , de brillants Buffets,
& l'Illumination des Berceaux
, & toutes ces chofes
refléchiffant
dans l'eau , la
faifoient briller , & y paroiffoient
flotantes .
La Feüillée qui eſtoit à
chaque bout du Canal , &
qui couvroit les deux endroits
de la Table où l'on
mangea , eftoit de dix- huit
pieds de haut , & toute par
Arcades & formoit une
maniere de Veftibule. Ces
deux Feuillées eftoient fi ar-
>
riftement pofées , que les
302 MERCURE
Corniches & les autres parties
de l'Architecture
s'y diftinguoient
parfaitement
bien.
L'endroit où eftoit le
Roy, formoit un milieu dont
le plafond eftoit ceintré.
Les Plafonds des deux Aifles
eſtoient plats , tous les Por
tiques eftoient en Arcades ,
ornées des Armes & des
Chiffres de Sa Majeſté dans
le milieu . Plufieurs Luftres
& des Feftons de Fleurs
pendoient auſſi au milieu
des mefmes Arcades , & des
Feftons de Fleurs , ornoient
GALANT. 303
celle au milieu de laquelle
mangeoit leRoy . Toutes ces
Corniches eftoient bordées
de cent cinquante Girandoles
portant chacune fix Bougies
, & entre chaque Girandole
, il y avoit une Corbeille
d'argent remplie de
Fleurs . On avoit mis des
Rideaux de Damas blanc à
toutes les Arcades , afin
qu'on ne fuft pas furpris par
la pluye , & ces Rideaux
eftoient renoüez à chacun
desPilaftres ; de forte que fi le
mauvais temps fuft furvenu ,
on fe feroit trouvé enfermé
1
304 MERCURE
fous ces Feuillées , comme
dans des Tentes , & l'on n'y
auroit fouffert aucune incommodité.
Il y avoit deux
Buffets de parade vis à vis
les flancs de la Table , ils
cftoient appuyez chacun
contre une grande Arcade
de Berceaux du Boulingrain,
& ces Arcades formoient un
couronnement à chaque
Buffet . Ils eftoient de vingt
pieds de face, & avoient trois
Gradins . Chaque Gradin
eftoit de Glaces de Miroir,
& ces Glaces en faifant refléchir
l'Orfévrerie qui remGALANT.
305
pliffoit les Buffets , fembloient
la multiplier . Elle
eftoit compoſée de pluſieurs :
pieces curieufes de Vermeil
doré , d'argent & d'or , entre
lefquelles il y avoit un grand
nombre de Girandoles qui
portoient plufieurs Bougies
, & dont les lumieres :
multipliées dans les Glaces,,
faifoient doublement bril-
Ter l'Orfévrerie , puis qu'elles
donnoient auffide l'éclat
aux pieces qu'elles en reprefentoient.
Les coftez de ces
deux Buffets eftoient ornez”.
de plufieurs Orangers . Tout
Fuillet 1685. € c
206 MERCURE
le Berceau qui faifoit le
pourtour du Boulingrain,
eftoit illuminé depuis la Corniche
jufqu'au bas , & il y
avoit une lumiere à chaque
Maille du Treillage . Tous
les Ceintres des Portiques
& des Pillaſtres du Treillage
eftoient auffi ornez de luinieres
, & il y avoit une Girandole
de Criſtal au deffus
de chaque Pillaftre . Les Domes
qui font dans les Angles
, & qui s'élevent au deffus
des Berceaux eſtoient
entierement illuminez , & il
y avoit dans les fonds de ces
GALANT. 307
Berceaux quantité de Lumieres
qui formoient des
Soleils , & des Chiffres du
Roy avec des Couronnes
.
Il y eut cinq Services de
tout ce qu'il y avoit de plus
rare pour la Saiſon , à l'égard
des Viandes & des Fruits.
Ceux qui eurent l'honneur
de manger à la Table de Sa
Majeftéfurent,
Madame la Dauphine ..
Monfieur.
Madame la Ducheffe ..
Mademoiſelle de Nantes..
Cc ij
208 MERCURE
Madame la Ducheffe d'Arpajon.
Madame la Marefchale de
Rochefort.
Madame de Maintenon .
Madame la Princeffe d'Harcourt.
si amab.l
Madame la Ducheffe d'Uzés
.
Mademoiſelle d'Uzés.
Madame la Ducheffe de Villeroy.
Madame la Princeffe de
Montauban.
Madame la Ducheffe de
Sully.
Madame la Ducheffe de
GALANT. 309
Rocquelaure.
Madame la Marquiſe de
Thianges.
Madame la Comteffe de
Grainont.
Madame de Grancey .
Madame la Marquiſe de
Medavy.
Mademoiſelle
d'Arpajon .
Les fix Filles d'honneur
de
Madame la Dauphine ..
Le Roy fut fervy par M. le
Marquis de Seignelay , Madame
la Dauphine par M. le
Bailly Colbert, & Monfieur,
: par M. le Marquis de Blainville
.
310 MERCURE
Voicy les noms des perfonnes
qui remplirent les
places de la Table qui fut
fervie pour Monfeigneur le
Dauphin.
Madame .
Madame la Princeffet de
Conty.
"
Mademoiſelle de Bourbon.
Madame la Ducheffe de
Vantadour.
Madame de Duras Fort.
Madame la Princeffe de Lillebonne.
Mefdemoiſelles de Lillebonne.
Madame la Ducheffe de Gramont.
GALANT. 311
Madame la Ducheffe de
Foix.
Madame la Princeffe de Tingry
.
Madame la marefchalle de
Humieres.
Mademoiſelle de Humieres .
Madame la Ducheffe de la
Ferté.
Madame la Comteffe de
Roye.
Mademoiſelle de Rouffy.
Madame de Coafquin.
Madame la marquife de Beringuen.
Madame la Marquise de
Maré.
312 MERCURE
Madame la Comteffe dev
Bury.
Madame la Marquife de la.
Fare ..
Les quatre Filles d'honneur
de Madame.
Monfeigneur
le Dauphin
fut fervy par M. le Marquis
de Maulevrier , qui fervit
auffi Madame
. Quelques
Dames dont les noms me
font échapez , eurent encore
place à ces deux Tables .
Les Trompettes & les Timbales
, les Violons , les Flutes
douces , & les Haut -bois , fe
firent entendre alternativement
GALANT 313
ment pendant le repas . Je
vous envoye une Figure gravée.
Elle eft veuë d'un des
coftez des Buffets , & fait
voir la Feüillée entiere , de
maniere qu'il n'y manque
qu'un des coftez du Boulingrain
, un des Buffets , & les
deux Gradins qui estoient
fur le bord de l'eau de l'un
des flancs de la Table . S'il
euft efté poffible que la graveure
euft fait voir le tout,
il ne manqueroit rien à cette
Planche . Dans le temps
que le Roy fe mit à Table,
on fervit dans le Chafteau
Dd
Juillet 1685.
314 MERCURE
1
&
deux Tables de vingt àtrente
Couverts , chacune pour
les Perfonnes diftinguées de
la Cour , qui voulurent y
prendre place. Il y en avoit
encore plufieurs autres le
long du deffous des Berceaux
du Boulingrain
quantité de Buffets où l'on
ne refufoit pas à boire à tous
ceux qui en fouhaitoient,
non plus que des Plats de la
defferte du Roy , qui furent
prefque tous donnez à ceux
qui en demanderent. Il y
avoit auffi des Tables le long
des Murailles des Courts du
GALANT. 315
Chafteau où
mangerent les
Valets. Sa Majesté en ſe levant
de Table ſe tourna vers
M. le Marquis de Seignelay ,
& luy marqua
avec cet air
tout engageant , & qui luy
eft fi naturel , la fatisfaction
qu'Elle avoit de la maniere
dont Elle avoit efté receuë.
Ce Prince fit enfuite le tour
du Boulingrain. Il examina
les Buffets , les Berceaux &
la Feüillée , puis eſtant ſorty
du Jardin pour
monter en
Caroffe , il trouva les mefmes
Perfonnes qui l'avoient
receu à fon arrivée , & les
Ddij
316 MERCURE
falua avec le mefme air de
bonté qu'il avoit fait en entrant
: aprés quoy il monta
en Caroffe , & trouva les
Cours , la Porte & l'avenue
du Chafteau , bordées de
groffes lumieres. On peut
dire que M. de Seignelay
n'a rien oublié pour recevoir
un ſi grand monarque
,
& que M. Berrin a parfaite.
ment bien répondu à l'intention
de ce marquis.
Fermer
Résumé : « Ce Concert finy, le Roy sortit par la grande Porte qui est [...] »
En juillet 1685, un événement festif se déroula au château de Juillet. Après un concert, le roi quitta l'Orangerie pour se rendre dans le boulingrin, un bassin de 34,5 pieds de large sur 48 pieds de long. Autour de ce bassin, une table de 4 pieds 3 pouces de large était disposée, avec des couverts à ses extrémités sous des feuillages. Le roi et le dauphin étaient placés à chaque extrémité, séparés par 48 pieds d'eau et 34,5 pieds de terre. La table était ornée de corbeilles et de vases de porcelaine remplis de fleurs, ainsi que de girandoles et d'autres décorations en orfèvrerie. Des gradins permettaient aux convives de voir les ornements sans être dérangés. Les feuillées à chaque bout du canal mesuraient 18 pieds de haut et étaient décorées d'arcades. Le plafond de la section du roi était cintré, tandis que ceux des ailes étaient plats, tous ornés des armes et des chiffres du roi. Des lustres et des festons de fleurs pendaient des arcades, et des corniches étaient bordées de girandoles et de corbeilles d'argent remplies de fleurs. Des rideaux de damas blanc protégeaient contre la pluie. Deux buffets de parade étaient placés face aux flancs de la table, ornés de glaces et d'orfèvrerie. Le berceau entourant le boulingrin était entièrement illuminé, avec des lumières à chaque maille du treillage et des girandoles de cristal au-dessus des piliers. Les angles étaient décorés de soleils et de chiffres du roi couronnés. Le roi fut servi par le marquis de Seignelay, la dauphine par le bailli Colbert, et Monsieur par le marquis de Blainville. Diverses duchesses, princesses, marquises, comtesses et demoiselles d'honneur étaient présentes. Deux tables de vingt à trente couverts furent préparées pour les personnes distinguées de la cour. Des buffets offraient boissons et plats aux invités. Des musiciens jouèrent des trompettes, timbales, violons, flûtes douces et hautbois pendant le repas. Après le dîner, le roi exprima sa satisfaction au marquis de Seignelay et inspecta les installations avant de quitter le château, escorté par des lumières.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 136-137
Repas magnifiques donnez entre plusieurs Ambassadeurs. [titre d'après la table]
Début :
Mr le Nonce du Pape & Mrs les Ambassadeurs de Pologne [...]
Mots clefs :
Nonce du Pape, Ambassadeurs, Repas, Magnificence, Table, Service, Mets
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Repas magnifiques donnez entre plusieurs Ambassadeurs. [titre d'après la table]
M' le Nonce du Pape , &
M's les Ambaffadeurs de Pologne
& de Veniſe , ſe font
icy regalez tour à tour ,
autant de magnificence que
de galanterie . On fut extremément
furpris du premier
fervice de Ml'Ambaffadeur
de Venife . La Table ne parut
d'abord couverte que de
Galeres , & de Galeaffes ; il
y avoit des Potages dans
GALANT. 137
toutes les Nefs , & lors qu'on
en eut mangé , on les leva
toutes , & il fe trouva qu'elles
ne fervoient que de couvercle
à ce qui faifoit le ſecond
Service. Les Italiens
font fort ingenieux pour ces
fortes de chofes , & l'on voit
fouvent chez eux des Def
ferts compofez de Pates de
Sucre contenant plufieurs .
Chafteaux , Palais , Figures
& autres Ouvrages galans
& élevez , ce qui donne
un grand relief à leurs Repas.
M's les Ambaffadeurs de Pologne
& de Veniſe , ſe font
icy regalez tour à tour ,
autant de magnificence que
de galanterie . On fut extremément
furpris du premier
fervice de Ml'Ambaffadeur
de Venife . La Table ne parut
d'abord couverte que de
Galeres , & de Galeaffes ; il
y avoit des Potages dans
GALANT. 137
toutes les Nefs , & lors qu'on
en eut mangé , on les leva
toutes , & il fe trouva qu'elles
ne fervoient que de couvercle
à ce qui faifoit le ſecond
Service. Les Italiens
font fort ingenieux pour ces
fortes de chofes , & l'on voit
fouvent chez eux des Def
ferts compofez de Pates de
Sucre contenant plufieurs .
Chafteaux , Palais , Figures
& autres Ouvrages galans
& élevez , ce qui donne
un grand relief à leurs Repas.
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5
p. 85-103
Service pour feu Monseigneur le Dauphin.
Début :
Le 18. Juin on fit dans l'Eglise de l'Abbaye Royale [...]
Mots clefs :
Dauphin, Duc, Princes, Écussons, Musique, Service, Oraison funèbre, Choeur, Religieux, Autel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Service pour feu Monseigneur le Dauphin.
Service pour feu Mon-
Seigneur ledaepl-lyn.
Le 18. Juin on fit dans
l'Eglise de l'Abbaye Royale
deS. Denis le Service
solemnel pour le repos de
l'Ame de feu Monfeigcur
le Dauphin.
Toutes les Portes de la
Ville estoienttenduës de
noir sans Ecussons ; celle
de l'entrée du Parvis estoit
ornée deCartouches & de
petitsEcussons, entre lesquelsil
y en avoit de
grands aux Armes de
Monseigneur. Les trois
grandes Portes de l'Eglise
estoient renduës,ainsi que
toute la largeur du Portail
jusques aux petites Tourelles.
La Nefestoit couverte
jusqu'à dix ou douze
pieds de la voute, ainsi
que les bas costez,&ornée
de plusieurs rangs de Car
touches & d'Ecussons.
Audessus delaGrille
ou des Jubez, pendoit depuis
la voute un grand
Tapis noir qui garnissoit
tout l'espace d'entre les
piliers. Au dessous de ce
Tapis on avoit appliqué à
la grille un Jubé de menuiserie
qui avançoit d'environvingt
pieds dans la
Nef, & dans lequel la Musique
fut placée. De chaque
cofté du Choeur au..
dessus des hautes Chaises,
regnoient jusqu'à l'Autel,
six grandes pieces quarrées
de drap noir bordées
d'Hermine, & ornées
dans le haut & dans le bas
d'une Bande de trois
rangs enQuinconge semée
de Larmes d'argent
de Dauphins,& de Fleursde-
Lys d'or. Entre chacun
de ces grands quarrez
estoient des bandes en forme
de pilastres aussisemer
de Larmes, de Dauphins,
& deFleurs de-lys. Dans
le milieu de ces pilastres
estoient de grands Ecussons
aux Armes & aux
, Chiffres de Monseigneur
alternativement,ainsi que
sur les Corniches qui estoient
surmonrées d'un
grand Luminaire qui regnoit
tout autour du
Choeur. Vis- à-vis des
Ecussons
Ecussons qui eftoienc au
dessous de la Cornic he
d'enhaut,onavoir attaché
des Girandoles garnies
de Cierges.
La Representationestoit
élevée de huit degrez
sur un Champ quarré de
deux, pieds & demi de
haut, sousun Dais soufie.
nu de quatre Colomnes.
Au dessus deceDaisestoit
uneCouronne fermée de
dix Dauphins herissez de
pointes où l'on avoit mis
desCierges qui formoient
unGroupe de Luminaire
dont l'effet estoit fort
beau. Du milieu de ce
Groupe sortoit unCierge
qui estoit beaucoup plus
élevé que les autres, &les
degrez de la Representation
estoient tout couverts
deChandeliers.
Il n'yen avoir que six
sur le Grand Autel ,&six
au dessus du Contre-Table,
à la hauteur duquel
partoic des deux costez,
desCourtines de velours
garnies de franges d'argent
& d'Ecussons,& il y
avoit des Rideauxde satin
qui estoient attachez aux
Colonnes de l'Autel.
Au dessous du Contre,
Table estoit une grande
Croix de Moire avec quatre
grands Ecussonssur du
velours,surmontée d'un
Dais avec ses Rideaux ar
restez,qui cachoit entierement
l'espacedepuisle
ContreTable jusques à1$
hauteur du Luminaire
d'enhaut, lyavoità costé
de ce Dais deuxespecesde
Pilastres semez deLarmé$
d'argent,de Dauphins ôc
de Fleurs-de-lys d'or
,
ôç
accotez de deux Consoles
sur lesquelles il y avoit des
Cierges.
On commença à allumer
le Luminaire à dix
heures & un quart.
Monseigneur le Dauphin
estant arrivé avec
Monseigneur le Duc de
Berry & S. AR. Monsieur
le Duc d'Orleansces Princes
furent conduits dans
l'Appartement qui leur
aVoic£&e préparé au bouc
de la premiere partie de
l'ancien Cloistre. L'Escalier
estoit tout tendu de
Drap noir, ainsi que le
passage jusqu'à l'Appartement
où il y avoit un Dais.
Aprés que ces Princes y
eurent esté habillez,ils
allerent prendre leurs places
dans les trois Chaises
hautes du Choeur les plus
proches de celle qui est
destinée pourl'Abbé,&c
qui est tousjours vacante
lorsqu'il n'y en a point.
Le Requiem fut entonné
par les cinq Chantres,&
continué parla Musique
du Roy, & ensuiteKyrie
eleison; & les Prélats en
entrant dans le Choeur,
saluerent la Representation
,
les Princes, la
Representation de Loüis
XIII.&l'Autel. LeCelebrant
estoit M. l'Archevesque
de Reims; ôc les
Assistans, M.l'Evesque de
Quebec ; M. l'Evesque
d'Auxerre; M. l'Evesque
de Séez
,
& M.l'Evesque
d'Autun.
Dans le Sanctuaire à
droite ,du costé de l'Evangile,
estoitunAmphithéâtre
garni de Bancs
pour les Religieux de
1
la
Maison, qui avoient psalmodié
Prime,Tierce, &
None dés six heures & demie,
dans la Chapelle du
Chevet derrière le Grand
Autel,du costé de l'Epistre
il y avoit des Bancs
pour le Clergé, vis-à-vis
desquels estoient cinq sauteüils
de velours, pour
l'Archevesque& pour les
quatre Evesques assistans.
L'Epistre fut chantée par
Dom Taveroles
,
Religieux,
Sous-Diacre,&l'Evangile
parDomQuenet,
Religieux, Diacre, deux
des Evesques alIifianseL:
dantDiacre,&SousDiacre
d'honneur. Le Graduel
fut chanté pirie's
cinq ChantresReligieux.
& la Prose par la Musique.
L'Offertoire estant finie,
Monseigneur leDauphin
allaà l'Offrande précede
du Maistre desCeremonies,
qui fit les Reverences
àl'Autel du bas des degrez
du Sanctuaire, aux Princes,
aux Cours Supérieures
,& au Clergé,&il alla
baiser l'Anneau du Celebrant
aprèsavoirpresenté
le
le Cierge. Il y avoit dix
pieces d'or à celuy de
Monseigneur le Dauphin,
huit à celuy deMonseigneur
le Duc de Berry,
& six à celuy deMonsieur
le Duc d'Orleans.
L'Oraison Funebre fut
prononcée par Mr l'Evesque
d'Angers. Ilprit pour
Texteles 13 & 17. Versets
du 3. Chapitre des Proverbes
dont il ne fit qu'un,
pour l'apliquer à Monseigneur.
Beatus homo qui inrectæ
, omnes semitæ ejus
pacificæ. Heureux l'homme
rempli de sagesse & de
prudence,ses voyes sont
toujours droires &ne tendent
qu'à Ja paix,
On ne donnera, point les
Extraits des Oraisons Fune-
Ines, parce qu'elles sontimpri
mées Cm aujji parce qu'ilyen
aura troppourentreprendre de
les donner toutes , que de
donnerseulement les plus belles
ce feroit marquer qu'on
llime moins les autres.
Monseigneur le Dauphin,
Monseigneur leDuc
deBerry,& Monsieur le
Duc d'Orleans sortirent;
del'Eglileun peu avant
quatre heures pour aller
se deshabiller, & ils sortirent
de leurs Apartements
à quatre heures trois
quarts par la grande porte
de l'Eglise,suivis du
Prieur,de plusieursReligieux
& de leurs Officiers
; & ces Princesmonterent
tous trois dans le
mesine Carosse pour retourner
à Marly,.Il y avoit
plusieurs Compagnies
des Gardes rangées obli-.
quement en haye depuis
1,2 premiere porte du parvis
jusques danslarue qui
conduir hors de Saint Denis
par le chemin dePa*.
ris.
Il y eut de si vives contestations
entre les Cent-
Suisses & les Gardes du
Corps au sujet de la barriere,
qu'il fallut, envoyer
un exprés à Marly pour
sçavoit à qui elle devoit
appartenir. La question
futdecidée en faveur des
Gardes du Corps qui la
îirent enlever.
Le 3. Juillet on fit aufll un
Service solemnel pour le reposdeL'Ame
de feu Monseigneur
leDauphin, dans l'Eglise
de Notre Dame. Mon.
sieur le Cardinal de Noailles
y officia pontificalement; &
lePeredelaRue Jesuite y prononça
l'Oraison Funebre.
Monseigneur le Dauphin, accompagné de Monseigneur
le Duc de Berry & de Monsieur
le Ducd'Orleans )efioit'
à la relte du Deuil ainsiqu'à
celuy de S. Denis; & le Clergé,
le Parlement, la Chambre
des Comptes, la Cour des Aides,
l'U niverfité & le Corps
de Villeyaissisterent. Ils y avoient
esté invitez de la tirt
du Roy par Mr. des Granges
Maistre des Ceremonies. Monsieurle
Cardinal de Noailles
donna à disneraux trois Princes
après le Service.
On ne parlera point de laCeremonie de Notre-
Dame
,
ni de la Sainte
Chapelle
,
ni par consequent
desautresquisesont
faites par route la France.
!i Ces Ceremonies n'tfl
tant presque que des repetitions
les unes des autres
, & de plus il faudroit
des Volumes entiers pour
bien marquer jusqu'où
les François ont porté
leur zele pour honorer
la memoire du grand
Prince qu'ils ont perdu..,)
Seigneur ledaepl-lyn.
Le 18. Juin on fit dans
l'Eglise de l'Abbaye Royale
deS. Denis le Service
solemnel pour le repos de
l'Ame de feu Monfeigcur
le Dauphin.
Toutes les Portes de la
Ville estoienttenduës de
noir sans Ecussons ; celle
de l'entrée du Parvis estoit
ornée deCartouches & de
petitsEcussons, entre lesquelsil
y en avoit de
grands aux Armes de
Monseigneur. Les trois
grandes Portes de l'Eglise
estoient renduës,ainsi que
toute la largeur du Portail
jusques aux petites Tourelles.
La Nefestoit couverte
jusqu'à dix ou douze
pieds de la voute, ainsi
que les bas costez,&ornée
de plusieurs rangs de Car
touches & d'Ecussons.
Audessus delaGrille
ou des Jubez, pendoit depuis
la voute un grand
Tapis noir qui garnissoit
tout l'espace d'entre les
piliers. Au dessous de ce
Tapis on avoit appliqué à
la grille un Jubé de menuiserie
qui avançoit d'environvingt
pieds dans la
Nef, & dans lequel la Musique
fut placée. De chaque
cofté du Choeur au..
dessus des hautes Chaises,
regnoient jusqu'à l'Autel,
six grandes pieces quarrées
de drap noir bordées
d'Hermine, & ornées
dans le haut & dans le bas
d'une Bande de trois
rangs enQuinconge semée
de Larmes d'argent
de Dauphins,& de Fleursde-
Lys d'or. Entre chacun
de ces grands quarrez
estoient des bandes en forme
de pilastres aussisemer
de Larmes, de Dauphins,
& deFleurs de-lys. Dans
le milieu de ces pilastres
estoient de grands Ecussons
aux Armes & aux
, Chiffres de Monseigneur
alternativement,ainsi que
sur les Corniches qui estoient
surmonrées d'un
grand Luminaire qui regnoit
tout autour du
Choeur. Vis- à-vis des
Ecussons
Ecussons qui eftoienc au
dessous de la Cornic he
d'enhaut,onavoir attaché
des Girandoles garnies
de Cierges.
La Representationestoit
élevée de huit degrez
sur un Champ quarré de
deux, pieds & demi de
haut, sousun Dais soufie.
nu de quatre Colomnes.
Au dessus deceDaisestoit
uneCouronne fermée de
dix Dauphins herissez de
pointes où l'on avoit mis
desCierges qui formoient
unGroupe de Luminaire
dont l'effet estoit fort
beau. Du milieu de ce
Groupe sortoit unCierge
qui estoit beaucoup plus
élevé que les autres, &les
degrez de la Representation
estoient tout couverts
deChandeliers.
Il n'yen avoir que six
sur le Grand Autel ,&six
au dessus du Contre-Table,
à la hauteur duquel
partoic des deux costez,
desCourtines de velours
garnies de franges d'argent
& d'Ecussons,& il y
avoit des Rideauxde satin
qui estoient attachez aux
Colonnes de l'Autel.
Au dessous du Contre,
Table estoit une grande
Croix de Moire avec quatre
grands Ecussonssur du
velours,surmontée d'un
Dais avec ses Rideaux ar
restez,qui cachoit entierement
l'espacedepuisle
ContreTable jusques à1$
hauteur du Luminaire
d'enhaut, lyavoità costé
de ce Dais deuxespecesde
Pilastres semez deLarmé$
d'argent,de Dauphins ôc
de Fleurs-de-lys d'or
,
ôç
accotez de deux Consoles
sur lesquelles il y avoit des
Cierges.
On commença à allumer
le Luminaire à dix
heures & un quart.
Monseigneur le Dauphin
estant arrivé avec
Monseigneur le Duc de
Berry & S. AR. Monsieur
le Duc d'Orleansces Princes
furent conduits dans
l'Appartement qui leur
aVoic£&e préparé au bouc
de la premiere partie de
l'ancien Cloistre. L'Escalier
estoit tout tendu de
Drap noir, ainsi que le
passage jusqu'à l'Appartement
où il y avoit un Dais.
Aprés que ces Princes y
eurent esté habillez,ils
allerent prendre leurs places
dans les trois Chaises
hautes du Choeur les plus
proches de celle qui est
destinée pourl'Abbé,&c
qui est tousjours vacante
lorsqu'il n'y en a point.
Le Requiem fut entonné
par les cinq Chantres,&
continué parla Musique
du Roy, & ensuiteKyrie
eleison; & les Prélats en
entrant dans le Choeur,
saluerent la Representation
,
les Princes, la
Representation de Loüis
XIII.&l'Autel. LeCelebrant
estoit M. l'Archevesque
de Reims; ôc les
Assistans, M.l'Evesque de
Quebec ; M. l'Evesque
d'Auxerre; M. l'Evesque
de Séez
,
& M.l'Evesque
d'Autun.
Dans le Sanctuaire à
droite ,du costé de l'Evangile,
estoitunAmphithéâtre
garni de Bancs
pour les Religieux de
1
la
Maison, qui avoient psalmodié
Prime,Tierce, &
None dés six heures & demie,
dans la Chapelle du
Chevet derrière le Grand
Autel,du costé de l'Epistre
il y avoit des Bancs
pour le Clergé, vis-à-vis
desquels estoient cinq sauteüils
de velours, pour
l'Archevesque& pour les
quatre Evesques assistans.
L'Epistre fut chantée par
Dom Taveroles
,
Religieux,
Sous-Diacre,&l'Evangile
parDomQuenet,
Religieux, Diacre, deux
des Evesques alIifianseL:
dantDiacre,&SousDiacre
d'honneur. Le Graduel
fut chanté pirie's
cinq ChantresReligieux.
& la Prose par la Musique.
L'Offertoire estant finie,
Monseigneur leDauphin
allaà l'Offrande précede
du Maistre desCeremonies,
qui fit les Reverences
àl'Autel du bas des degrez
du Sanctuaire, aux Princes,
aux Cours Supérieures
,& au Clergé,&il alla
baiser l'Anneau du Celebrant
aprèsavoirpresenté
le
le Cierge. Il y avoit dix
pieces d'or à celuy de
Monseigneur le Dauphin,
huit à celuy deMonseigneur
le Duc de Berry,
& six à celuy deMonsieur
le Duc d'Orleans.
L'Oraison Funebre fut
prononcée par Mr l'Evesque
d'Angers. Ilprit pour
Texteles 13 & 17. Versets
du 3. Chapitre des Proverbes
dont il ne fit qu'un,
pour l'apliquer à Monseigneur.
Beatus homo qui inrectæ
, omnes semitæ ejus
pacificæ. Heureux l'homme
rempli de sagesse & de
prudence,ses voyes sont
toujours droires &ne tendent
qu'à Ja paix,
On ne donnera, point les
Extraits des Oraisons Fune-
Ines, parce qu'elles sontimpri
mées Cm aujji parce qu'ilyen
aura troppourentreprendre de
les donner toutes , que de
donnerseulement les plus belles
ce feroit marquer qu'on
llime moins les autres.
Monseigneur le Dauphin,
Monseigneur leDuc
deBerry,& Monsieur le
Duc d'Orleans sortirent;
del'Eglileun peu avant
quatre heures pour aller
se deshabiller, & ils sortirent
de leurs Apartements
à quatre heures trois
quarts par la grande porte
de l'Eglise,suivis du
Prieur,de plusieursReligieux
& de leurs Officiers
; & ces Princesmonterent
tous trois dans le
mesine Carosse pour retourner
à Marly,.Il y avoit
plusieurs Compagnies
des Gardes rangées obli-.
quement en haye depuis
1,2 premiere porte du parvis
jusques danslarue qui
conduir hors de Saint Denis
par le chemin dePa*.
ris.
Il y eut de si vives contestations
entre les Cent-
Suisses & les Gardes du
Corps au sujet de la barriere,
qu'il fallut, envoyer
un exprés à Marly pour
sçavoit à qui elle devoit
appartenir. La question
futdecidée en faveur des
Gardes du Corps qui la
îirent enlever.
Le 3. Juillet on fit aufll un
Service solemnel pour le reposdeL'Ame
de feu Monseigneur
leDauphin, dans l'Eglise
de Notre Dame. Mon.
sieur le Cardinal de Noailles
y officia pontificalement; &
lePeredelaRue Jesuite y prononça
l'Oraison Funebre.
Monseigneur le Dauphin, accompagné de Monseigneur
le Duc de Berry & de Monsieur
le Ducd'Orleans )efioit'
à la relte du Deuil ainsiqu'à
celuy de S. Denis; & le Clergé,
le Parlement, la Chambre
des Comptes, la Cour des Aides,
l'U niverfité & le Corps
de Villeyaissisterent. Ils y avoient
esté invitez de la tirt
du Roy par Mr. des Granges
Maistre des Ceremonies. Monsieurle
Cardinal de Noailles
donna à disneraux trois Princes
après le Service.
On ne parlera point de laCeremonie de Notre-
Dame
,
ni de la Sainte
Chapelle
,
ni par consequent
desautresquisesont
faites par route la France.
!i Ces Ceremonies n'tfl
tant presque que des repetitions
les unes des autres
, & de plus il faudroit
des Volumes entiers pour
bien marquer jusqu'où
les François ont porté
leur zele pour honorer
la memoire du grand
Prince qu'ils ont perdu..,)
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Résumé : Service pour feu Monseigneur le Dauphin.
Le 18 juin, un service solennel fut organisé à l'Abbaye Royale de Saint-Denis pour le repos de l'âme du défunt Dauphin. La ville était en deuil, avec toutes les portes tendues de noir, sauf celle de l'entrée du parvis, ornée de cartouches et d'écussons, certains aux armes du Dauphin. L'église était également décorée de noir, avec des cartouches et des écussons sur la nef et le chœur. Un grand tapis noir couvrait l'espace entre les piliers, et un jubé de menuiserie abritait la musique. Le chœur était orné de pièces de drap noir bordées d'hermine et décorées de larmes d'argent, de dauphins et de fleurs-de-lis d'or. Des girandoles garnies de cierges étaient suspendues au-dessus des écussons. La représentation du Dauphin était élevée sur un champ carré, sous un dais soutenu par quatre colonnes, surmonté d'une couronne de dauphins et de cierges. Le service commença à dix heures et un quart, avec l'arrivée du Dauphin, du Duc de Berry et du Duc d'Orléans, conduits dans un appartement préparé pour eux. Le requiem fut entonné par les chantres et continué par la musique du roi. L'archevêque de Reims célébra la messe, assisté de plusieurs évêques. L'oraison funèbre fut prononcée par l'évêque d'Angers, qui cita les Proverbes. Après la messe, les princes sortirent de l'église pour se déshabiller et quittèrent Saint-Denis vers quatre heures et demie, escortés par des compagnies de gardes. Le 3 juillet, un autre service solennel eut lieu à l'église Notre-Dame, officié par le cardinal de Noailles, avec la présence des mêmes princes et de diverses autorités invitées par le roi. Le cardinal de Noailles offrit ensuite un dîner aux princes. Les cérémonies dans d'autres lieux de France ne sont pas détaillées, car elles étaient similaires et nécessiteraient des volumes entiers pour être décrites en détail.
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6
p. 10-19
MARIAGE.
Début :
Le 31. Juillet 1713. le Comte de Pontchartrain, Secretaire d'Etat [...]
Mots clefs :
Mariage, Noblesse, Héritage, Titres, Alliances, Service, Généalogie, Chancellerie, Cérémonie, Patrimoine
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
Le 31. Juillet 1713. le Comte
de Ponrchartrain, Secretaice
d'Etat, & Commandeur
des Ordres du
Roy, épousa à Pontchartrain
Mademoifclle deLau
befpine de Verderonne;
M. l'Evêque de Chartres
les a mariez.
M. de Pontcharrrain est
fils unique de M. le Chancelier-
Garde des Sceaux de
France, Commandeur des
Ordres du Roy, Ministre
d'Etat
; & de Madame la
Chanceliere, qui est de la
Maison de Maupeou.
M. leChancelier est
fils de Louis Phelypeaux,
Seigneur de Pontchartrain
, Conseiller d'Ecir^
& President des Comités
, qui ccoic fils de
Paul Phelypeaux, Seigneur
de Pontchartrain
y
fait Secretaire
d'Etat par Henry:
le Grand.
PaulPhielypeaux fut en..
voyé à Londres, y traita ôc
conc lut la paix avec les
Prices. & sur Plenipotentiaire
du Ray au Trai-té de
Lou dun.
Il ya eu dans cette Maison
huit Secrétaires dera-t.
& cinq Commandeurs des
Ordres du Roy.
Leur genealogie se trouve
dans tant d'ouvrages &
d'archives de differens Orr
-
dres de Chevalerie
,
& est
si connue aussi bien que
leurs grandes alliances de
les services qu'ils ont rendus
à l'Etat, qu'il est inutile
d'en parler ici: de plus en
leur donnant les éloges qui
leur dont dûs, je craindrois
de blesser la modedtie attachée
à leur Maidon.
Mademoiselle de Verderonne
s'appelle Helene Angélique-
Rosalie de Laubedpine.
Elle est fille de
Claude-Estienne de Laubespine,
Comte de Verderonne,
tué à labataille de
Fleurus;& de Marie-Anne
de Festard
,
heritiere de
Beaucourt, d'une ancienne
noblesse de Picardie, qui a
pris des alliances dans les
Maisons de Rubempré, de
Rivery, de Carvoisin-d'Achy,
ôc plusieurs autres des
plus anciennes de cette
Province.
Quant à la Maison de
Laubespine, elle est fort
ancienne
J
ôc illustrée depuis
prés de deux cens ans
des premieres & principales
dignitez de l'Etat. Elle
a donné à l'Eglise plusieurs
v
Prelats considerables, un
Garde des Sceaux de France
)
deux Chanceliers des
Ordres du Roy, quatre
Commandeurs des mêmes
Ordres, deux Secretaires
d'Etat sous les Rois FrançoisPremier,
Henry II. &
sous François II. & Charles
IX. plusieurs Conseillers
d'Etat,& des Ambassadeurs
dans les principales Cours
de l'Europe : & sans encrer
dans le détail des degrez au
dessus de l'an r> 1500. on remarquera
feulement que
Claude de Laubespine, Seigneur
d'Erouville, épousa
l'an 1507. Marguerite le Ber
ruyer, Dame de la Corbiliere,
& que de cette alliance
sortirent, entr'autres
enfans, Claude de Laubespine,
Baron deChâteauneuf,
premier Secretaire
d'Etat, qui a fait la branche
des Marquis de Châteauneuf-
Surcher, alliée dans
les Maisons de la Châtre,
de Neufville-Villeroy, de
S. Chaumont, de Volvire,
Russec, de Cochesilet-Vaucelas
J
de Rouvroy-faint-
Simone de Beauvillier; ôc
se Gilles de Laubespine,
qui a faitla branche des
Marquis de Verderonne. Il
fut pere de Claude de Laubespine,
Seigneur de Verderonne
,
Commandeur &
Secretaire des Ordres du
Roy,marié l'an 1593. avec
Loüise Pot, fille de Claude
Seigneur de Rodes & de
Chemaut, Commandeur ôc
Prevôt des Ordres du Roy,
Grand Maîtredes Ceremonies
de France; 6c de Jacqueline
de la Châtre, de
laquelle il eut Loüise de
Laubespine, mariée à Jean
de Montberon, Comte de
Fontaines-Chalendray
; &
Charles de Laubespine,
Seigneur de Verderonne,
Ambassadeur en Suisse,
Chancelier de Gaston Duc
d'Orleans, & marié avec
Marie le Bray de Flacourt.
Il en eut Claude de Laubespine,
Marquis de Verderonne
, qui épousa Helene
d'Aligre, fille d'Etienne
d'Aligre Chancelier de
France, & petite-fille d'autre
Etienne d'Aligre, aussï
Chancelier de France. De
ce mariage sortit lepere de
Madame la Comtesse de
Pontchartrain, comme il
aété remarqué ci-devant.
Ceux qui voudront en
être instruits plus amplement,
pourront avoir recours
à l'histoire des Chanceliers
&Gardes des Sceaux
de France, par Antoine du
Chesne
; & à l'histoire des
grands Officiers de la Couronne
& de la Maison du
Roy, par le Pere Anselme
de l'édition de 1712.
Le 31. Juillet 1713. le Comte
de Ponrchartrain, Secretaice
d'Etat, & Commandeur
des Ordres du
Roy, épousa à Pontchartrain
Mademoifclle deLau
befpine de Verderonne;
M. l'Evêque de Chartres
les a mariez.
M. de Pontcharrrain est
fils unique de M. le Chancelier-
Garde des Sceaux de
France, Commandeur des
Ordres du Roy, Ministre
d'Etat
; & de Madame la
Chanceliere, qui est de la
Maison de Maupeou.
M. leChancelier est
fils de Louis Phelypeaux,
Seigneur de Pontchartrain
, Conseiller d'Ecir^
& President des Comités
, qui ccoic fils de
Paul Phelypeaux, Seigneur
de Pontchartrain
y
fait Secretaire
d'Etat par Henry:
le Grand.
PaulPhielypeaux fut en..
voyé à Londres, y traita ôc
conc lut la paix avec les
Prices. & sur Plenipotentiaire
du Ray au Trai-té de
Lou dun.
Il ya eu dans cette Maison
huit Secrétaires dera-t.
& cinq Commandeurs des
Ordres du Roy.
Leur genealogie se trouve
dans tant d'ouvrages &
d'archives de differens Orr
-
dres de Chevalerie
,
& est
si connue aussi bien que
leurs grandes alliances de
les services qu'ils ont rendus
à l'Etat, qu'il est inutile
d'en parler ici: de plus en
leur donnant les éloges qui
leur dont dûs, je craindrois
de blesser la modedtie attachée
à leur Maidon.
Mademoiselle de Verderonne
s'appelle Helene Angélique-
Rosalie de Laubedpine.
Elle est fille de
Claude-Estienne de Laubespine,
Comte de Verderonne,
tué à labataille de
Fleurus;& de Marie-Anne
de Festard
,
heritiere de
Beaucourt, d'une ancienne
noblesse de Picardie, qui a
pris des alliances dans les
Maisons de Rubempré, de
Rivery, de Carvoisin-d'Achy,
ôc plusieurs autres des
plus anciennes de cette
Province.
Quant à la Maison de
Laubespine, elle est fort
ancienne
J
ôc illustrée depuis
prés de deux cens ans
des premieres & principales
dignitez de l'Etat. Elle
a donné à l'Eglise plusieurs
v
Prelats considerables, un
Garde des Sceaux de France
)
deux Chanceliers des
Ordres du Roy, quatre
Commandeurs des mêmes
Ordres, deux Secretaires
d'Etat sous les Rois FrançoisPremier,
Henry II. &
sous François II. & Charles
IX. plusieurs Conseillers
d'Etat,& des Ambassadeurs
dans les principales Cours
de l'Europe : & sans encrer
dans le détail des degrez au
dessus de l'an r> 1500. on remarquera
feulement que
Claude de Laubespine, Seigneur
d'Erouville, épousa
l'an 1507. Marguerite le Ber
ruyer, Dame de la Corbiliere,
& que de cette alliance
sortirent, entr'autres
enfans, Claude de Laubespine,
Baron deChâteauneuf,
premier Secretaire
d'Etat, qui a fait la branche
des Marquis de Châteauneuf-
Surcher, alliée dans
les Maisons de la Châtre,
de Neufville-Villeroy, de
S. Chaumont, de Volvire,
Russec, de Cochesilet-Vaucelas
J
de Rouvroy-faint-
Simone de Beauvillier; ôc
se Gilles de Laubespine,
qui a faitla branche des
Marquis de Verderonne. Il
fut pere de Claude de Laubespine,
Seigneur de Verderonne
,
Commandeur &
Secretaire des Ordres du
Roy,marié l'an 1593. avec
Loüise Pot, fille de Claude
Seigneur de Rodes & de
Chemaut, Commandeur ôc
Prevôt des Ordres du Roy,
Grand Maîtredes Ceremonies
de France; 6c de Jacqueline
de la Châtre, de
laquelle il eut Loüise de
Laubespine, mariée à Jean
de Montberon, Comte de
Fontaines-Chalendray
; &
Charles de Laubespine,
Seigneur de Verderonne,
Ambassadeur en Suisse,
Chancelier de Gaston Duc
d'Orleans, & marié avec
Marie le Bray de Flacourt.
Il en eut Claude de Laubespine,
Marquis de Verderonne
, qui épousa Helene
d'Aligre, fille d'Etienne
d'Aligre Chancelier de
France, & petite-fille d'autre
Etienne d'Aligre, aussï
Chancelier de France. De
ce mariage sortit lepere de
Madame la Comtesse de
Pontchartrain, comme il
aété remarqué ci-devant.
Ceux qui voudront en
être instruits plus amplement,
pourront avoir recours
à l'histoire des Chanceliers
&Gardes des Sceaux
de France, par Antoine du
Chesne
; & à l'histoire des
grands Officiers de la Couronne
& de la Maison du
Roy, par le Pere Anselme
de l'édition de 1712.
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Résumé : MARIAGE.
Le 31 juillet 1713, le Comte de Pontchartrain, Secrétaire d'État et Commandeur des Ordres du Roi, épousa Mademoiselle de Laubespine de Verderonne. La cérémonie fut dirigée par l'Évêque de Chartres. Le Comte de Pontchartrain est le fils unique de M. le Chancelier-Garde des Sceaux de France et de Madame la Chancelière, issue de la Maison de Maupeou. La famille Pontchartrain compte huit Secrétaires d'État et cinq Commandeurs des Ordres du Roi, et leur généalogie est bien documentée dans divers ouvrages et archives. Mademoiselle de Verderonne, de son nom complet Hélène Angélique-Rosalie de Laubespine, est la fille de Claude-Estienne de Laubespine, Comte de Verderonne, tué à la bataille de Fleurus, et de Marie-Anne de Festard, héritière de Beaucourt, issue d'une ancienne noblesse de Picardie. La Maison de Laubespine est illustre depuis près de deux cents ans et a occupé de hautes fonctions dans l'État, notamment des prélats, des Gardes des Sceaux, des Chanceliers des Ordres du Roi, des Secrétaires d'État, et des ambassadeurs dans les principales cours d'Europe. La généalogie détaillée de la famille peut être trouvée dans des ouvrages tels que l'histoire des Chanceliers et Gardes des Sceaux de France par Antoine du Chesne et l'histoire des grands Officiers de la Couronne et de la Maison du Roi par le Père Anselme.
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7
p. 603-606
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le Jeudi Saint, le Roi entendit le Sermon de la [...]
Mots clefs :
Sermons de l'Avent, Roi, Reine, Musique, Loterie, Concert, Service, Cour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour, de Paris , & c.
L
E Jeudi Saint le Roi entendit le
Sermon de la Cêne de l'Abbé Segui ;
après quoi l'Evêque deLescar'fit l'Absoute,
Ensuite le Roi lava les pieds à douze pauvres
, et S. M. les servit à table. Le Duc
de Bourbon , Grand- Maître de la Maison
du Roi , à la tête des Maîtres d'Hôtel
précedoit le service , dont les plats étoient
portés par le Duc d'Orleans , le Comte
de Charolois , le Comte de Clermont , le
Prince de Dombes , le Comte d'Eu , le
Comte de Toulouse , et par les principaux
Officiers de S.M. Après cette Cerémonie ,
le Roi se rendit à la Chapelle du Château,
où S. M. entendit la grande Messe , et
assista à la Procession et ensuite aux Vêpres.
La Reine assista dans sa Tribune à
tout l'Office.
L'après-midi la Reine entendit le Sermon
de la Cêne de l'Abbé de Ciceri
Prédicateur Ordinaire de S. M. après quoi
l'Evêque de Grasse ayant fait l'Absoute
S. M. lava les pieds à douze pauvres filles,
et
04 MERCURE DE FRANCE
et les servit à table. Le Marquis de Villa
cerf , Premier Maître d'Hôtel de la Rei
ne , à la tête des autres Maîtres d'Hô
de S. M. précedoit le service , dont
plats étoient portés par Mademoiselle
Charolois , Mademoiselle de Clermont
Mademoiselle de la Roche sur - Yon , par
les Dames du Palais de S. M. et par d'autres
Dames de la Cour. Après cette Cerémonie
, le Roi et la Reine entendirent
dans la Chapelle du Château l'Office des
Tenébres , qui fut chanté par la Musique,
Le Duc de Valentinois , à présent Prince
de Monaco , eut l'honneur de saluer le
Roi le 4. de ce mois ; il remit à S. M. le
Collier de l'Ordre du S. Esprit , qu'avoit
le feu Prince de Monaco , son Beau - Pere.
On travaille à abattre et à arracher les
Arbres du Bois de Vincennes ; on n'y
laissera aucun des vieux pieds d'Aubespines
, pour y planter de nouveaux Arbres
en Allées . On dit que ce Parc sera
agrandi de toutes les terres qui sont entre
la vieille enceinte et le Village de
Saint Maur.
Le 11. Mars , Dimanche de la Passion
il y eut Concert Spirituel au Château des
Thuilleries , avec un très grand concours;
OR
MARS. 1731. 605
1
036
on a continué tous les jours de la Semaine
Sainte, et jusques à la fin du mois. M. Mouret
y a fait executer les plus beaux Mobets
à grand choeur de M. de la Lande ,
er quelques autres . On y a chanté aussi
avec succès differens petits Motets nouveaux
, convenables au tems de Pâques ,
à une , à deux et à trois voix , de la composition
des Sieurs Campra , Mouret , Le
Maire et Dubousset , qui ont été chantés
par la Dle Lenner , de la Musique du
Roi , et par les Diles Erremens , Le Maure
et Petitpas , de l'Académie Royale de
Musique. Tous ces morceaux de Musique
ont fait beaucoup de plaisir , ayant été
parfaitement bien executés.
Le 13. et le 21. on chanta deux Motets
à grand choeur , de la composition
de l'Abbé Gaveau , qui furent trouvés
deux excellens morceaux de Musique
aussi furent-ils très- goûtés et très- applau
dis .
On a aussi executé tous les jours differens
Concerto sur le Violon , la Flute et
le Basson, avec autant de vivacité que de
précision .
:: Le 24, la Loterie de la Compagnie des
Indes pour le remboursement des Actions;
fut tirée en la maniere accoutumée à
l'Hôtel de la Compagnie . La liste des nu
Ι mere
656 MERCURE DE FRANCE
meros des Actions et Dixiémes d'Actions
qui doivent être remboursées , a été rendue
publique , faisant en tout le nombre
de 300. Actions.
L
E Jeudi Saint le Roi entendit le
Sermon de la Cêne de l'Abbé Segui ;
après quoi l'Evêque deLescar'fit l'Absoute,
Ensuite le Roi lava les pieds à douze pauvres
, et S. M. les servit à table. Le Duc
de Bourbon , Grand- Maître de la Maison
du Roi , à la tête des Maîtres d'Hôtel
précedoit le service , dont les plats étoient
portés par le Duc d'Orleans , le Comte
de Charolois , le Comte de Clermont , le
Prince de Dombes , le Comte d'Eu , le
Comte de Toulouse , et par les principaux
Officiers de S.M. Après cette Cerémonie ,
le Roi se rendit à la Chapelle du Château,
où S. M. entendit la grande Messe , et
assista à la Procession et ensuite aux Vêpres.
La Reine assista dans sa Tribune à
tout l'Office.
L'après-midi la Reine entendit le Sermon
de la Cêne de l'Abbé de Ciceri
Prédicateur Ordinaire de S. M. après quoi
l'Evêque de Grasse ayant fait l'Absoute
S. M. lava les pieds à douze pauvres filles,
et
04 MERCURE DE FRANCE
et les servit à table. Le Marquis de Villa
cerf , Premier Maître d'Hôtel de la Rei
ne , à la tête des autres Maîtres d'Hô
de S. M. précedoit le service , dont
plats étoient portés par Mademoiselle
Charolois , Mademoiselle de Clermont
Mademoiselle de la Roche sur - Yon , par
les Dames du Palais de S. M. et par d'autres
Dames de la Cour. Après cette Cerémonie
, le Roi et la Reine entendirent
dans la Chapelle du Château l'Office des
Tenébres , qui fut chanté par la Musique,
Le Duc de Valentinois , à présent Prince
de Monaco , eut l'honneur de saluer le
Roi le 4. de ce mois ; il remit à S. M. le
Collier de l'Ordre du S. Esprit , qu'avoit
le feu Prince de Monaco , son Beau - Pere.
On travaille à abattre et à arracher les
Arbres du Bois de Vincennes ; on n'y
laissera aucun des vieux pieds d'Aubespines
, pour y planter de nouveaux Arbres
en Allées . On dit que ce Parc sera
agrandi de toutes les terres qui sont entre
la vieille enceinte et le Village de
Saint Maur.
Le 11. Mars , Dimanche de la Passion
il y eut Concert Spirituel au Château des
Thuilleries , avec un très grand concours;
OR
MARS. 1731. 605
1
036
on a continué tous les jours de la Semaine
Sainte, et jusques à la fin du mois. M. Mouret
y a fait executer les plus beaux Mobets
à grand choeur de M. de la Lande ,
er quelques autres . On y a chanté aussi
avec succès differens petits Motets nouveaux
, convenables au tems de Pâques ,
à une , à deux et à trois voix , de la composition
des Sieurs Campra , Mouret , Le
Maire et Dubousset , qui ont été chantés
par la Dle Lenner , de la Musique du
Roi , et par les Diles Erremens , Le Maure
et Petitpas , de l'Académie Royale de
Musique. Tous ces morceaux de Musique
ont fait beaucoup de plaisir , ayant été
parfaitement bien executés.
Le 13. et le 21. on chanta deux Motets
à grand choeur , de la composition
de l'Abbé Gaveau , qui furent trouvés
deux excellens morceaux de Musique
aussi furent-ils très- goûtés et très- applau
dis .
On a aussi executé tous les jours differens
Concerto sur le Violon , la Flute et
le Basson, avec autant de vivacité que de
précision .
:: Le 24, la Loterie de la Compagnie des
Indes pour le remboursement des Actions;
fut tirée en la maniere accoutumée à
l'Hôtel de la Compagnie . La liste des nu
Ι mere
656 MERCURE DE FRANCE
meros des Actions et Dixiémes d'Actions
qui doivent être remboursées , a été rendue
publique , faisant en tout le nombre
de 300. Actions.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En 1731, durant la Semaine Sainte, plusieurs événements marquants eurent lieu à la Cour de France. Le Jeudi Saint, le Roi écouta le sermon de l'Abbé Segui et reçut l'absoute de l'Évêque de Lescar. Il lava ensuite les pieds de douze pauvres, assisté par des nobles, avant de participer à la messe, à la procession et aux vêpres. La Reine suivit ces offices depuis sa tribune. L'après-midi, elle écouta le sermon de l'Abbé de Ciceri et lava les pieds de douze pauvres filles, aidée par des dames de la cour. Le Duc de Valentinois, devenu Prince de Monaco, salua le Roi et lui remit le collier de l'Ordre du Saint-Esprit. Parallèlement, des travaux d'aménagement étaient en cours dans le Bois de Vincennes pour planter de nouveaux arbres et agrandir le parc. Du 11 au 24 mars, des concerts spirituels furent organisés au Château des Tuileries, avec des œuvres de Mouret, Campra, Le Maire et Dubousset, interprétées par des musiciens renommés. Le 24 mars, la loterie de la Compagnie des Indes pour le remboursement de 300 actions fut tirée.
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8
p. 2864-2868
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Paris, le 10 Décembre 1733. au sujet d'un Livre, intitulé : Les Privileges des Suisses, &c.
Début :
Vous avez annoncé au public Monsieur, dans le Mercure de [...]
Mots clefs :
Nation, Privilèges, Suisses, Lettres, Service, Mots, Jouir, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Paris, le 10 Décembre 1733. au sujet d'un Livre, intitulé : Les Privileges des Suisses, &c.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Pa
ris , le 10 Decembre 1733. au sujet d'un
Livre , intitulé Les Privileges des
Suisses , & c. :
Vsieur ,dans le Mercure de
Ous avez annoncé au public Mondernier
, un Livre qui a pour titre , les
Privileges des Suisses , & c. avec un Traité
Historique et Politique, & c. on vous prie
de vouloir bien aussi lui annoncer les faur
tes qu'on y a remarquées , entres autres
celles qui suivent :
Premierement, Partie premiere, Traité
II. Vol. hisDECEMBRE.
1733. 2865.
historique , pag. 6. lorsque parlant des
Lettres Patentes , dont Louis XI . gratifia
la Nation Suisse en 1481. L'Auteur de ce
Livre parle ainsi : Elles renferment tout le
fondement des Privileges dont les Militaires
Suisses sont en droit de jouir en France.
Ce mot Militaire , semble exclure tout
le reste de la Nation , contre l'esprit et la
teneur de ces Lettres qui accordent les
inêmes Privileges à tous ceux de cette Nation
habituez dans leRoyaume . Il suffisoit de
dire , dont les Suisses sont en droit de jouir
en France ; ou bien , dont les Militaires et
tous autres Suisses sont en droit de joüir
en France , suivant l'esprit des Lettres Patentes.
Deux lignes après , l'Auteur continuë
ainsi : Ceux de cette Nation qui sont an
service du Roy , croiroient n'avoir rien à
desirer , & c. Quoique ces mots' : Qui sont
au service du Roy , ne puissent porter aucun
préjudice aux droits de ceux qui n'y
sont pas ; néanmoins on peut dire que
c'est une erreur, attendu qu'ils suivent de
près la remarqué cy - dessus , outre les suivantes.
Page 6. dans la substance de ces mêmes
Lettres , l'Auteur y a omis ces mots :
Et tous autres de ladite Nation , qui doivent
être à la suite de ceux- cy : Gages
II. Vol. et
2866 MERCURE DE FRANCE
et Solde ; ce qui ne peut être fait que dans
le dessein de soutenir les idées de soR
Traité historique.
Page 40 , lig 10 , et suivantes , on se
persuade que les personnes bien instruites ne
seront point étonnées de voir les Privileges
don jouit cette Nation , et ceux en particu-
Lier qui se sont dévouez au service du Roy
d'une maniere plus spéciale . C'est icy encore
une erreur , car l'Auteur fait toujours
entendre que ce n'est que ceux
qui se sont dévou z au service du Roy ,
qui ont droit de jouir de ces Privil ges ,
et ceux en particulier qui s'y sont dévoüez
d'une maniere plus spéciale .
On passe sous silence ce qu'il dit des
differens Acres qu'il rapporte dans son
Recueil , rendus pour et contre ces Privileges
; mais on peut remarquer en passant
qu'il n'a pas manqué d'omettre ou
de retrancher ces mots : Et tous autres de
la lite Nation , en tous les Actes et en
tous les endroits où ils devoient être.
蒙
L'Esprit équitable , dit encore l'Auteur
, de ceux qui gouvernent cette Netion,
ne les portera jamais à prétendre au delà des
articles stipulez entre les Parties . En cela
il a raison , mais il n'oseroit soutenir que
ces contestations dont il fait mention ,
l'on ne voit que trop souvent naître
que
II. Vol.
DECEMBR E. 1733. 2867.
à l'occasion de ces Privileges , soient arrivées
pour avoir voulu prétendre au delà
des articles stipulez , sur quoi l'on auroit
bien des choses à dire.
Seconde Partie , pag. 2 et 3. dans le
corps des Lettres de Louis XI.on y a aussi
retranché ces mots : Et tous autres de ladi
Nation , et cela en deux endroits.
On a fait la même chose dans les Lettres
Patentes d'Henry IV. de 1602. pag.
62,63,64 et 65. et c'est particulierement
icy où l'omission est grande , puisqu'on
y a retranché cinq fois ces mots :
Et tous autres de ladite Nation . Cependant
voicy un Extrait des propres termes
de ces Lettres Patentes , où ces mots sont
tapporrez cinq fois , collationnées aux
Originaux , par Carpor , Conseiller , Secretaire
du Roy , signez de lui , avec pa
taphe.
» ... auroit été ... octroyé et accordé
à tous de ladite Nation qui étoient alors
» et seroient pour le temps à v nir à son
» service , et à ses gages et solde , et tous
autres de ladite Nation , mariez èt ha-
» bituez , & c,
» .
•
et en outre , afin que les sus-
» dits Gens de Guerre , et tous autres de
» ladite Nation , & c.
•
..
à ceux de la susdite Nation ·
11. Vol.
qui
2868 MERCURE DE FRANCE
" qui sont employez à leurdit service et
» à leurs gages et solde ; à tous autres de
» la susdite Nation , comme dit est , & c.
» . • avons à iceuxdits Suisses , étant
>> en nos gages et solde , et à tous autres de
» ladite Nation , mariez et habituez en
» notre Royaume , et leurs Veuves , du-
>> rant leur viduité , continuez et confir
» mez , &c. . Si donnons en Man-
» dement à nos Amez , &c.
» de nos présentes confirmations , et du
» contenu cy- dessus ils fassent , souffrent
net laissent lesdits Suisses , étant en no-
» tredit service , gage et soide , et tous
•
•
que
autres de ladite Nation , mariez et ha-
» bituez en notre Royaume et leurs Veu-
» ves durant leur viduité , joüir et user
» pleinement et paisiblement , &c.
,
Le Livre sur lequel on a fait ces Remarques
, intitulé : les Privileges des Suis
ses , cst imprimé à Paris , chez la veuve
Saugrain et Pierre Prault. 1731 .
ris , le 10 Decembre 1733. au sujet d'un
Livre , intitulé Les Privileges des
Suisses , & c. :
Vsieur ,dans le Mercure de
Ous avez annoncé au public Mondernier
, un Livre qui a pour titre , les
Privileges des Suisses , & c. avec un Traité
Historique et Politique, & c. on vous prie
de vouloir bien aussi lui annoncer les faur
tes qu'on y a remarquées , entres autres
celles qui suivent :
Premierement, Partie premiere, Traité
II. Vol. hisDECEMBRE.
1733. 2865.
historique , pag. 6. lorsque parlant des
Lettres Patentes , dont Louis XI . gratifia
la Nation Suisse en 1481. L'Auteur de ce
Livre parle ainsi : Elles renferment tout le
fondement des Privileges dont les Militaires
Suisses sont en droit de jouir en France.
Ce mot Militaire , semble exclure tout
le reste de la Nation , contre l'esprit et la
teneur de ces Lettres qui accordent les
inêmes Privileges à tous ceux de cette Nation
habituez dans leRoyaume . Il suffisoit de
dire , dont les Suisses sont en droit de jouir
en France ; ou bien , dont les Militaires et
tous autres Suisses sont en droit de joüir
en France , suivant l'esprit des Lettres Patentes.
Deux lignes après , l'Auteur continuë
ainsi : Ceux de cette Nation qui sont an
service du Roy , croiroient n'avoir rien à
desirer , & c. Quoique ces mots' : Qui sont
au service du Roy , ne puissent porter aucun
préjudice aux droits de ceux qui n'y
sont pas ; néanmoins on peut dire que
c'est une erreur, attendu qu'ils suivent de
près la remarqué cy - dessus , outre les suivantes.
Page 6. dans la substance de ces mêmes
Lettres , l'Auteur y a omis ces mots :
Et tous autres de ladite Nation , qui doivent
être à la suite de ceux- cy : Gages
II. Vol. et
2866 MERCURE DE FRANCE
et Solde ; ce qui ne peut être fait que dans
le dessein de soutenir les idées de soR
Traité historique.
Page 40 , lig 10 , et suivantes , on se
persuade que les personnes bien instruites ne
seront point étonnées de voir les Privileges
don jouit cette Nation , et ceux en particu-
Lier qui se sont dévouez au service du Roy
d'une maniere plus spéciale . C'est icy encore
une erreur , car l'Auteur fait toujours
entendre que ce n'est que ceux
qui se sont dévou z au service du Roy ,
qui ont droit de jouir de ces Privil ges ,
et ceux en particulier qui s'y sont dévoüez
d'une maniere plus spéciale .
On passe sous silence ce qu'il dit des
differens Acres qu'il rapporte dans son
Recueil , rendus pour et contre ces Privileges
; mais on peut remarquer en passant
qu'il n'a pas manqué d'omettre ou
de retrancher ces mots : Et tous autres de
la lite Nation , en tous les Actes et en
tous les endroits où ils devoient être.
蒙
L'Esprit équitable , dit encore l'Auteur
, de ceux qui gouvernent cette Netion,
ne les portera jamais à prétendre au delà des
articles stipulez entre les Parties . En cela
il a raison , mais il n'oseroit soutenir que
ces contestations dont il fait mention ,
l'on ne voit que trop souvent naître
que
II. Vol.
DECEMBR E. 1733. 2867.
à l'occasion de ces Privileges , soient arrivées
pour avoir voulu prétendre au delà
des articles stipulez , sur quoi l'on auroit
bien des choses à dire.
Seconde Partie , pag. 2 et 3. dans le
corps des Lettres de Louis XI.on y a aussi
retranché ces mots : Et tous autres de ladi
Nation , et cela en deux endroits.
On a fait la même chose dans les Lettres
Patentes d'Henry IV. de 1602. pag.
62,63,64 et 65. et c'est particulierement
icy où l'omission est grande , puisqu'on
y a retranché cinq fois ces mots :
Et tous autres de ladite Nation . Cependant
voicy un Extrait des propres termes
de ces Lettres Patentes , où ces mots sont
tapporrez cinq fois , collationnées aux
Originaux , par Carpor , Conseiller , Secretaire
du Roy , signez de lui , avec pa
taphe.
» ... auroit été ... octroyé et accordé
à tous de ladite Nation qui étoient alors
» et seroient pour le temps à v nir à son
» service , et à ses gages et solde , et tous
autres de ladite Nation , mariez èt ha-
» bituez , & c,
» .
•
et en outre , afin que les sus-
» dits Gens de Guerre , et tous autres de
» ladite Nation , & c.
•
..
à ceux de la susdite Nation ·
11. Vol.
qui
2868 MERCURE DE FRANCE
" qui sont employez à leurdit service et
» à leurs gages et solde ; à tous autres de
» la susdite Nation , comme dit est , & c.
» . • avons à iceuxdits Suisses , étant
>> en nos gages et solde , et à tous autres de
» ladite Nation , mariez et habituez en
» notre Royaume , et leurs Veuves , du-
>> rant leur viduité , continuez et confir
» mez , &c. . Si donnons en Man-
» dement à nos Amez , &c.
» de nos présentes confirmations , et du
» contenu cy- dessus ils fassent , souffrent
net laissent lesdits Suisses , étant en no-
» tredit service , gage et soide , et tous
•
•
que
autres de ladite Nation , mariez et ha-
» bituez en notre Royaume et leurs Veu-
» ves durant leur viduité , joüir et user
» pleinement et paisiblement , &c.
,
Le Livre sur lequel on a fait ces Remarques
, intitulé : les Privileges des Suis
ses , cst imprimé à Paris , chez la veuve
Saugrain et Pierre Prault. 1731 .
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Paris, le 10 Décembre 1733. au sujet d'un Livre, intitulé : Les Privileges des Suisses, &c.
La lettre datée du 10 décembre 1733 critique un ouvrage intitulé 'Les Privileges des Suisses'. L'auteur de la lettre met en lumière plusieurs erreurs et omissions présentes dans le livre. Tout d'abord, l'auteur du livre utilise le terme 'Militaire' de manière restrictive, excluant ainsi le reste de la nation suisse. Cette utilisation est contraire à l'esprit des Lettres Patentes de Louis XI en 1481, qui accordent des privilèges à tous les Suisses résidant en France. L'auteur du livre omet également les mots 'Et tous autres de ladite Nation' dans divers passages, ce qui altère la portée des privilèges accordés. Cette omission est particulièrement notable dans les Lettres Patentes de Louis XI et d'Henri IV en 1602, où ces mots apparaissent plusieurs fois dans les originaux. La lettre souligne que l'auteur du livre ignore certaines contestations relatives à ces privilèges. Le livre critiqué a été imprimé à Paris chez la veuve Saugrain et Pierre Prault en 1731.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 54-68
CONSIDERATIONS Sur la reconnoissance & sur l'ingratitude.
Début :
On n'entend parler que d'ingrats, & l'on rencontre peu de bienfaicteurs ; il [...]
Mots clefs :
Ingratitude, Service, Bienfaiteur, Orgueil, Devoirs, Sentiment, Devoir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONSIDERATIONS Sur la reconnoissance & sur l'ingratitude.
CONSIDERATIONS
Sur la reconnoiffance & fur l'ingratitude.
N n'entend parler que d'ingrats , &
ONl'on rencontre peu de bienfaicteurs ; il
femble que les uns devroient être auffi com- ,
muns que les autres. Il faut donc de néceffité
, ou que le petit nombre de bienfaicteurs
qui fe trouvent , multiplient prodigieufement
leurs bienfaits , ou que la plupart des
accufations d'ingratitude foient mal fondées...
Pour éclaircir cette queftion , il fuffira de
fixer les idées qu'on doit attacher aux termes
de bienfaicteur & d'ingrat.
Bienfaicteur eft un de ces mots compo-"
fés qui portent avec eux leur définition .
Le bienfaicteur eft celui qui fait du bien ,
& les actes qu'il produit peuvent fe confidérer
fous trois afpects ; les bienfaits ,
les graces , & les fervices.
Le bienfait eſt un acte libre de la part
FEVRIER . 1755. 55
de fon auteur , quoique celui qui en eft
l'objet puiffe en être digne.
Une grace eſt un bien auquel celui qui
le reçoit , n'avoit aucun droit , ou la rémiffion
qu'on lui fait d'une peine méritée,
Un fervice eft un fecours par lequel on´
contribue à faire obtenir quelque bien.
Les principes qui font agir le bienfaicteur
font , où la bonté , ou l'orgueil , ou
même l'intérêt.
Le vrai bienfaicteur céde à fon penchant
naturel qui le porte à obliger , & il trouve
dans le bien qu'il fait une fatisfaction, qui
eft à la fois , & le premier mérite & la premiere
récompenfe de fon action ; mais tous
les bienfaits ne partent pas de la bienfaifance.
Le bienfaiteur eft quelquefois auffi
éloigné de la bienfaifance que le prodigue
l'eft de la générofité ; la prodigalité n'eft
que trop fouvent unie avec l'avarice , &
un bienfait peut n'avoir d'autre principe.
que l'orgueil. Le bienfaicteur faftueux cherche
à prouver aux autres & à lui- même
fa fupériorité fur celui qu'il oblige . Infenfible
à l'état des malheureux , incapable
de vertu , on ne doit attribuer les apparences
qu'il en montre qu'aux témoins.
qu'il en peut avoir . Il y a une troiſieme
efpece de bienfait , qui fans avoir la vertu
ni l'orgueil pour principes , ne partent que
C iiij
$6 MERCURE DE FRANCE,
"
d'un efpoir intéreffé. On cherche à cap
tiver d'avance ceux dont on prévoit qu'on
aura befoin . Rien n'eft plus commun que
ces échanges intéreffés , rien de plus rare
que les fervices.
Sans affecter ici de divifions paralleles
& fymmétriques , on peut envifager les
ingrats , comme les bienfaicteurs, fous trois,
afpects différens.
L'ingratitude confifte à oublier , à méconnoître
, ou à reconnoître mal les bienfaits
, & elle a fa fource dans l'infenfibilité
, dans l'orgueil ou dans l'intérêt.
La premiere efpece d'ingratitude eft celle
de ces ames foibles , légeres , fans confiftance.
Affligées par le befoin préfent , fans.
vûe fur l'avenir , elles ne gardent aucune
idée du paffé ; elles demandent fans peine
, reçoivent fans pudeur , & oublient
fans remords. Dignes de mépris , ou tout
au plus de compaffion , on peut les obliger
par pitié , & l'on ne doit . pas les eftimer
affez pour les hair.
Mais rien ne peut fauver de l'indignation
celui qui ne pouvant fe diffimuler les
bienfaits qu'il a reçus , cherche cependant
à méconnoître fon bienfaicteur . Souvent
après avoir réclamé les fecours avec baffeffe
, fon orgueil fe révolte contre tous
les actes de reconnoiffance qui peuvent lui
FEVRIER. 1755
57
rappeller une fituation humiliante ; il rougit
du malheur & jamais du vice. Par une
fuite du même caractere , s'il parvient à la
profpérité , il eft capable d'offrir par oftentation
ce qu'il refuſe à la juſtice ; il tâche
d'ufurper la gloire de la vertu , & manque
aux devoirs les plus facrés.
A l'égard de ces hommes moins haïffables
que ceux que l'orgueil rend injuftes
& plus méprifables encore que les ames
légeres & fans principes , dont j'ai parlé
d'abord , ils font de la reconnoiffance un
commerce intéreffé ; ils croyent pouvoir
Loumettre à un calcul arithmétique les fervices
qu'ils ont reçus. Ils ignorent , parce
que pour le fçavoir il faudroit fentir , ils
ignorent , dis- je , qu'il n'y a point d'équation
pour les fentimens ; que l'avantage du
bienfaicteur,fur celui qu'il a prévenu par
Les fervices eft inappréciable ; qu'il faudroit
pour rétablir l'égalité , fans détruire l'obligation
, que le public fût frappé par des
actes de reconnoiffance fi éclatans , qu'il
regardât comme un bonheur pour le bienfaicteur
les fervices qu'il auroit rendus ;
fans cela fes droits feront toujours inprefcriptibles
, il ne peut les perdre que par
l'abus qu'il en feroit lui -même .
En confidérant les différens caracteres
de l'ingratitude , on voit en quoi confifte
CY
3S MERCURE DE FRANCE.
celui de la reconnoiffance. C'eft un fentiment
qui attache au bienfaicteur avec le defir
de lui prouver ce fentiment par des -
effets , ou du moins par un aveu du bienfait
qu'on publie avec plaifir dans les occafions
qu'on fait naître avec candeur , &
qu'on faifit avec foin. Je ne confonds point
avec ce fentiment noble une oftentation
vive & fans chaleur , une adulation fervile,
qui paroît & qui eft en effet une nouvelle
demande plutôt qu'un remerciment.
J'ai vu de ces adulateurs vils , toujours
avides & jamais honteux de recevoir , exagérant
les fervices , prodiguant les éloges
pour exciter , encourager les bienfaicteurs,
& non pour les récompenfer. lls feignent
de fe paffionner , & ne fentent rien ; mais
is louent. Il n'y a point d'homme en place
qui ne puiffe voir autour de lui quelquesuns
de ces froids enthouſiaſtes , dont il eft
importané & flaté.
Je fçais qu'on doit cacher les fervices &
non pás la reconnoiffance ; elle admet , elle
exige quelquefois une forte d'éclat noble ,
libre & flateur ; mais les tranfports outrés ,
les élans déplacés font toujours fufpects
de faufferé ou de fottife , à moins qu'ils ne
partent du premier mouvement d'un coeur
chaud , d'une imagination vive , ou qu'ils
ne s'adreffent à un bienfaiteur donton n'a
plus rien à prétendre.
FEVRI E R. 1755. 59
Je dirai plus , & je le dirai librement : je
veuxque la reconnoiffance coûte à un coeur,
c'est-à- dire qu'il fe l'impofe avec peine ,
quoiqu'il la reffente avec plaifir quand
il s'en eft une fois chargé . Il n'y a point
d'hommes plus reconnoiffans que ceux qui
ne fe laiffent pas obliger par tout le monde
; ils fçavent les engagemens qu'ils prennent
, & ne veulent s'y foumettre qu'à l'égard
de ceux qu'ils eftiment. On n'eft jamais
plus empreffé à payer une dette que
lorfqu'on l'a contractée avec répugnance ,
& celui qui n'emprunte que par néceffité
gémiroit d'être infolvable.
J'ajoûterai qu'il n'eft pas néceffaire d'éprouver
un fentiment vif de reconnoiffance
, pour en avoir les procédés les plus
exacts & les plus éclatans. On peut par un
certain caractere de hauteur , fort différent
de l'orgueil , chercher à force de fervices
à faire perdre à fon bienfaicteur , ou da
moins à diminuer la fupériorité qu'il s'eft
acquife.
En vain objecteroit- on que les actions
fans les fentimens , ne fuffifent pas pour la
vertu. Je répondrai que les hommes doivent
fonger d'abord à rendre leurs actions
honnêtes , leurs fentimens y feront bientôt
conformes ; il leur eft plus ordinaire de
penferd'après leurs actions , que d'agir d'a-
Cvj
60 MERCURE DE FRANCE.
près leurs principes . D'ailleurs cet amour
propre , bien entendu , eft la fource des
vertus morales & le premier lien de la
fociété.
Mais puifque les principes des bienfaits.
font fi différens , la reconnoiffance doitelle
toujours être de la même nature ? Quels
fentimens dois - je à celui qui par un
mouvement d'une pitié paffagere aura accordé
une parcelle de fon fuperflu à un
befoin preffant ; à celui qui par oftentation
ou foibleffe exerce fa prodigalité , fans
acception de perfonne , fans diftinction de
mérite ou de befoin ; à celui qui par inquiétude
, par un befoin machinal d'agir ,
d'intriguer , de s'entremettre , offre à tout
le monde indifféremment fes démarches ,
fes foins , fes follicitations ?
Je confens à faire des diſtinctions entre
ceux que je viens de repréfenter ; mais
enfin leur devrai - je les mêmes fentimens
qu'à un bienfaicteur éclairé , compatiffant ,
réglant même fa compaffion fur l'eftime
le befoin & les effets qu'il prévoit que fes
fervices pourront avoir ; qui prend fur
lui-même , qui reftreint de plus en plus
fon néceffaire pour fournir à une néceffité
plus urgente , quoiqu'étrangere pour lui a
On doit plus eftimer les vertus par leurs
principes que par leurs effets. Les fervices
FEVRIER . 1755. 61
doivent donc fe juger moins par l'avantage
qu'en retire celui qui eft obligé , que
par le facrifice que fait celui qui oblige .
On fe tromperoit fort de penfer qu'on
favorife les ingrats en laiflant la liberté
d'examiner les vrais motifs des bienfaits.
Un tel examen ne peut jamais être favorable
à l'ingratitude , & ajoûte quelquefois
du mérite à la reconnoiffance . En effet
quelque jugement qu'on foit en droit de
porter d'un fervice , à quelque prix qu'on
puifle le mettre du côté des motifs , on
n'en eft pas moins obligé aux mêmes devoirs
pratiques du côté de la reconnoiffance
, & il en coûte moins pour les remfentiment
que par l'honneur feul .
plir par
Il n'eft pas difficile de connoître quels
font ces devoirs , les occafions les indiquent
, on ne s'y trompe gueres , & l'on
n'eft jamais mieux jugé que par foi- même ;
mais il y a des circonftances délicates où l'on
doit être d'autant plus attentif , qu'on,
pourroit manquer à l'honneur en croyant
fatisfaire à la juftice. C'eft lorfqu'un bien- ,
faicteur abufant des fervices qu'il a rendus,
s'érige en tyran , & par l'orgueil & l'injuftice
de fes procédés , va jufqu'à perdre
Les droits . Quels font alors les devoirs de
l'obligé les mêmes.
J'avoue que ce jugement eft dur , mais
62 MERCURE DE FRANCE.
je n'en fuis pas moins perfuadé que le
bienfaiteur peut perdre fes droits , fans,
que l'obligé foit affranchi de fes devoirs ,
quoiqu'il foit libre de fes fentimens . Je
comprens qu'il n'aura plus d'attachement
de coeur , qu'il paffera peut-être juſqu'à la
haine , mais il n'en fera pas moins afſujetti
aux obligations qu'il a contractées . Un
homme humilié par fon bienfaicteur eft
bien plus à plaindre qu'un bienfaicteur
qui ne trouve que des ingrats.
L'ingratitude afflige plus les coeurs généreux
qu'elle ne les ulcere ; ils reffentent
plus de compaffion que de haine , le
fentiment de leur fupériorité les confole .
Mais il n'en eft pas ainfi dans l'état d'humiliation
où l'on eft réduit par un bienfaicteur
orgueilleux ; comme il faut alors
fouffrir fans fe plaindre , méprifer & honorer
fon tyran , une ame haute eft inté
rieurement déchirée , & devient d'autant
plus fufceptible de haine , qu'elle ne trouve
point de confolation dans l'amour propre
; elle fera donc plus capable de hair
que ne le feroit un coeur bas & fait pour
l'aviliffement. Je ne parle ici qué du caractere
général de l'homme , & non fuivant
les principes d'une morale purifiée
par la religion.
On refte donc toujours à l'égard d'un
FEVRIER. 1755 . 63
bienfaiteur , dans une dépendance dont
on ne peut être affranchi que par le public.
Il y a ,
dira-t-on ,
, peu
d'hommes
qui
foient
une objet
d'intérêt
ou même
d'at◄
tention
pour
le public
. Mais
il n'y a perfonne
qui n'ait fon public
, c'eſt-à- dire une
portion
de la fociété
commune
, dont
on
fait foi- même
partie
. Voilà
le public
dont
on doit
attendre
le jugement
fans le prévenir
, ni même
le folliciter
.
Les réclamations ont été imaginées par
les ames foibles ; les ames fortes y renoncent,
& la prudence doit faire craindre
de les entreprendre. L'apologie en fait de
procédés qui n'eft pas forcée , n'eft dans
l'efprit du public que la précaution d'un
coupable ; elle fert quelquefois de conviction
, il en réfulte tout au plus une excuſe
, rarement une juftification.
Tel homme qui par une prudence hon
nête fe tait fur fes fujets de plaintes , fe
trouveroit heureux d'être forcé de fe juftifier
; fouvent d'accufé il deviendroit accufateur
, & confondroit fon tyran . Le fi
lence ne feroit plus alors qu'un infenfi .
bilité méprifable. Une défenfe ferme &
décente contre un reproche injufte d'ingratitude
, eft un devoir auffi facré que la
reconnoiffance pour un bienfait.
64 MERCURE DE FRANCE.
Il faut cependant avouer qu'il eft toujours
malheureux de fe trouver dans de
telles circonftances ; la plus cruelle fituation
eft d'avoir à fe plaindre de ceux à qui
l'on doit.
Mais on n'eft pas obligé à la même referve
à l'égard des faux bienfaicteurs : j'entens
de ces prétendus protecteurs qui pour
en ufurper le titre , fe prévalent de leur rang.
Sans bienfaifance , peut-être fans crédit ,
fans avoir rendu de fervices , ils cherchent à
force d'oftentation , à fe faire des cliens qui
leur font quelquefois utiles , & ne leur font
jamais à charge. Un orgueil naïf leur fait
croire qu'une liaiſon avec eux eft un bienfait
de leur part. Si l'on eft obligé par honneur
& par raifon de renoncer à leur commerce
, ils crient à l'ingratitude , pour en
éviter le reproche . Il eft vrai qu'il y a des
fervices de plus d'une efpéce ; une fimple
parole , un mot dit à propos avec intelligence
ou avec courage , eft quelquefois
un fervice fignalé , qui exige plus de reconnoiffance
que beaucoup de bienfaits
matériels , comme un aveu public de l'obligation
eft quelquefois auffi l'acte de la
reconnoiffance la plus noble.
On diftingue aifément le bienfaiteur
réel du protecteur imaginaire : une forte
de décence peut empêcher de contredire
FEVRIER. 1755.
65
ouvertement l'oftentation de ce dernier ;
il y a même des occafions où l'on doit une
reconnoiffance de politeffe aux démonftrations
d'un zele qui n'eft qu'extérieur . Mais
fi l'on ne peut remplir ces devoirs d'ufage
qu'en ne rendant pas pleinement la juftice ,
c'est-à dire l'aveu qu'on doit au vrai bienfaicteur
, cette reconnoiffance fauffement
appliquée ou partagée , eft une véritable ingratitude
, qui n'eft pas rare , & qui a fa
fource dans la lâcheté , l'intérêt ou la fottife.
C'est une lâcheté que de ne pas défendre
les droits de fon vrai bienfaiteur. Ce
ne peut être que par un vil intérêt qu'on
foufcrit à une obligation ufurpée ; on fe
fatte par là d'engager un homme vain à
la réalifer un jour : enfin c'eft une étrange.
fottife que de fe mettre gratuitement dans.
la dépe dance.
En effet ces prétendus protecteurs , après
avoir fait illufion au public , fe la font enfuite
à eux- mêmes, & en prennent avantage.
pour exercer leur empire fur de timides.
complaifans ; la fupériorité du rang favorife
l'erreur à cet égard , & l'exercice
de la tyrannie la confirme . On ne doit pas
s'attendre que leur amitié foit le retour
d'un dévouement fervile. Il n'eft pas rare.
qu'un fupérieur fe laiffe fubjuguer & avilir
par fon inférieur ; mais il l'eft beau66
MERCURE DE FRANCE.
coup plus qu'il le prête à l'égalité , même
privée ; je dis l'égalité privée , car je fuis
très-éloigné de chercher à profcrire par
une humeur cynique les égards que la fubordination
exige. C'eft une loi néceffaire
de la fociété, qui ne révolte que l'orgueil ,
& qui ne gêne point les ames faites pour
Fordre . Je voudrois feulement que la différence
des rangs ne fût pas la regle de
l'eftime comme elle doit l'être des refpects
, & que la reconnoiffance fût un lien
précieux , qui unît , & non pas une chaîne
humiliante qui ne fit fentir que fon poids.
Tous les hommes ont leurs devoirs refpectifs
; mais tous n'ont pas la même difpofition
à les remplir : il y en a de plusreconnoiffans
les uns que les autres , &
j'ai plufieurs fois entendu avancer à ce fujet
une opinion qui ne me paroît ni jufte
ni décente. Le caractere vindicatif part ,
dit-on , du même principe que le caractere
reconnoiffant , parce qu'il eft également
naturel de fe reffouvenir des bons & des
mauvais fervices.
Si le fimple fouvenir du bien & du mal
qu'on a éprouvé étoit la régle du reffentiment
qu'on en garde , on auroit raifon
mais il n'y a rien de fi différent , & même
de fi peu dépendant l'un de l'autre . L'efprit
vindicatif part de l'orgueil fouventFEVRIER
. 1755 : 67.
úni au fentiment de fa propre foibleffe ;
on s'eftime trop , & l'on craint beaucoup..
La reconnoiffance marque d'abord un ef
prit de juftice , mais elle fuppofe encore:
une ame difpofée à aimer , pour qui la
haine feroit un tourment , & qui s'en af-.
franchit plus encore par fentiment que par
réflexion. Il y a certainement des caracteres
plus aimans que d'autres , & ceux- là
font reconnoiffans par le principe même
qui les empêche d'être vindicatifs . Les
coeurs nobles pardonnent à leurs inférieurs
par pitié , à leurs égaux par générofité .
C'eft contre leurs fupérieurs , c'est-à- dire
contre les hommes plus puiffans qu'eux ,
qu'ils peuvent quelquefois garder leur reffentiment
, & chercher à le fatisfaire ; le
péril qu'il y a dans la vengeance leur fait
illufion , ils croyent y voir de la gloire.
Mais ce qui prouve qu'il n'y a point de
haine dans leur coeur , c'eft que la moindre
fatisfaction les defarme , les touche &
les attendrit.
Pour réfumer en peu de mots les principes
que j'ai voulu établir. Les bienfaicteurs
doivent des égards à ceux qu'ils ont
obligés ; & ceux- ci contractent des devoirs
indifpenfables . On ne devroit donc
placer les bienfaits qu'avec difcernement ;
mais du moins on court peu de rifque à
3
68 MERCURE DE FRANCE.
les répandre fans choix : au lieu que ceux
qui les reçoivent prennent des engagemens
fi facrés , qu'ils ne fçauroient être trop attentifs
à ne les contracter qu'à l'égard de
ceux qu'ils pourront eftimer toujours . Si
cela étoit , les obligations feroient plus rares
qu'elles ne le font ; mais toutes feroient
remplies.
M. Duclos eft l'auteur de ces Confidérations.
Sur la reconnoiffance & fur l'ingratitude.
N n'entend parler que d'ingrats , &
ONl'on rencontre peu de bienfaicteurs ; il
femble que les uns devroient être auffi com- ,
muns que les autres. Il faut donc de néceffité
, ou que le petit nombre de bienfaicteurs
qui fe trouvent , multiplient prodigieufement
leurs bienfaits , ou que la plupart des
accufations d'ingratitude foient mal fondées...
Pour éclaircir cette queftion , il fuffira de
fixer les idées qu'on doit attacher aux termes
de bienfaicteur & d'ingrat.
Bienfaicteur eft un de ces mots compo-"
fés qui portent avec eux leur définition .
Le bienfaicteur eft celui qui fait du bien ,
& les actes qu'il produit peuvent fe confidérer
fous trois afpects ; les bienfaits ,
les graces , & les fervices.
Le bienfait eſt un acte libre de la part
FEVRIER . 1755. 55
de fon auteur , quoique celui qui en eft
l'objet puiffe en être digne.
Une grace eſt un bien auquel celui qui
le reçoit , n'avoit aucun droit , ou la rémiffion
qu'on lui fait d'une peine méritée,
Un fervice eft un fecours par lequel on´
contribue à faire obtenir quelque bien.
Les principes qui font agir le bienfaicteur
font , où la bonté , ou l'orgueil , ou
même l'intérêt.
Le vrai bienfaicteur céde à fon penchant
naturel qui le porte à obliger , & il trouve
dans le bien qu'il fait une fatisfaction, qui
eft à la fois , & le premier mérite & la premiere
récompenfe de fon action ; mais tous
les bienfaits ne partent pas de la bienfaifance.
Le bienfaiteur eft quelquefois auffi
éloigné de la bienfaifance que le prodigue
l'eft de la générofité ; la prodigalité n'eft
que trop fouvent unie avec l'avarice , &
un bienfait peut n'avoir d'autre principe.
que l'orgueil. Le bienfaicteur faftueux cherche
à prouver aux autres & à lui- même
fa fupériorité fur celui qu'il oblige . Infenfible
à l'état des malheureux , incapable
de vertu , on ne doit attribuer les apparences
qu'il en montre qu'aux témoins.
qu'il en peut avoir . Il y a une troiſieme
efpece de bienfait , qui fans avoir la vertu
ni l'orgueil pour principes , ne partent que
C iiij
$6 MERCURE DE FRANCE,
"
d'un efpoir intéreffé. On cherche à cap
tiver d'avance ceux dont on prévoit qu'on
aura befoin . Rien n'eft plus commun que
ces échanges intéreffés , rien de plus rare
que les fervices.
Sans affecter ici de divifions paralleles
& fymmétriques , on peut envifager les
ingrats , comme les bienfaicteurs, fous trois,
afpects différens.
L'ingratitude confifte à oublier , à méconnoître
, ou à reconnoître mal les bienfaits
, & elle a fa fource dans l'infenfibilité
, dans l'orgueil ou dans l'intérêt.
La premiere efpece d'ingratitude eft celle
de ces ames foibles , légeres , fans confiftance.
Affligées par le befoin préfent , fans.
vûe fur l'avenir , elles ne gardent aucune
idée du paffé ; elles demandent fans peine
, reçoivent fans pudeur , & oublient
fans remords. Dignes de mépris , ou tout
au plus de compaffion , on peut les obliger
par pitié , & l'on ne doit . pas les eftimer
affez pour les hair.
Mais rien ne peut fauver de l'indignation
celui qui ne pouvant fe diffimuler les
bienfaits qu'il a reçus , cherche cependant
à méconnoître fon bienfaicteur . Souvent
après avoir réclamé les fecours avec baffeffe
, fon orgueil fe révolte contre tous
les actes de reconnoiffance qui peuvent lui
FEVRIER. 1755
57
rappeller une fituation humiliante ; il rougit
du malheur & jamais du vice. Par une
fuite du même caractere , s'il parvient à la
profpérité , il eft capable d'offrir par oftentation
ce qu'il refuſe à la juſtice ; il tâche
d'ufurper la gloire de la vertu , & manque
aux devoirs les plus facrés.
A l'égard de ces hommes moins haïffables
que ceux que l'orgueil rend injuftes
& plus méprifables encore que les ames
légeres & fans principes , dont j'ai parlé
d'abord , ils font de la reconnoiffance un
commerce intéreffé ; ils croyent pouvoir
Loumettre à un calcul arithmétique les fervices
qu'ils ont reçus. Ils ignorent , parce
que pour le fçavoir il faudroit fentir , ils
ignorent , dis- je , qu'il n'y a point d'équation
pour les fentimens ; que l'avantage du
bienfaicteur,fur celui qu'il a prévenu par
Les fervices eft inappréciable ; qu'il faudroit
pour rétablir l'égalité , fans détruire l'obligation
, que le public fût frappé par des
actes de reconnoiffance fi éclatans , qu'il
regardât comme un bonheur pour le bienfaicteur
les fervices qu'il auroit rendus ;
fans cela fes droits feront toujours inprefcriptibles
, il ne peut les perdre que par
l'abus qu'il en feroit lui -même .
En confidérant les différens caracteres
de l'ingratitude , on voit en quoi confifte
CY
3S MERCURE DE FRANCE.
celui de la reconnoiffance. C'eft un fentiment
qui attache au bienfaicteur avec le defir
de lui prouver ce fentiment par des -
effets , ou du moins par un aveu du bienfait
qu'on publie avec plaifir dans les occafions
qu'on fait naître avec candeur , &
qu'on faifit avec foin. Je ne confonds point
avec ce fentiment noble une oftentation
vive & fans chaleur , une adulation fervile,
qui paroît & qui eft en effet une nouvelle
demande plutôt qu'un remerciment.
J'ai vu de ces adulateurs vils , toujours
avides & jamais honteux de recevoir , exagérant
les fervices , prodiguant les éloges
pour exciter , encourager les bienfaicteurs,
& non pour les récompenfer. lls feignent
de fe paffionner , & ne fentent rien ; mais
is louent. Il n'y a point d'homme en place
qui ne puiffe voir autour de lui quelquesuns
de ces froids enthouſiaſtes , dont il eft
importané & flaté.
Je fçais qu'on doit cacher les fervices &
non pás la reconnoiffance ; elle admet , elle
exige quelquefois une forte d'éclat noble ,
libre & flateur ; mais les tranfports outrés ,
les élans déplacés font toujours fufpects
de faufferé ou de fottife , à moins qu'ils ne
partent du premier mouvement d'un coeur
chaud , d'une imagination vive , ou qu'ils
ne s'adreffent à un bienfaiteur donton n'a
plus rien à prétendre.
FEVRI E R. 1755. 59
Je dirai plus , & je le dirai librement : je
veuxque la reconnoiffance coûte à un coeur,
c'est-à- dire qu'il fe l'impofe avec peine ,
quoiqu'il la reffente avec plaifir quand
il s'en eft une fois chargé . Il n'y a point
d'hommes plus reconnoiffans que ceux qui
ne fe laiffent pas obliger par tout le monde
; ils fçavent les engagemens qu'ils prennent
, & ne veulent s'y foumettre qu'à l'égard
de ceux qu'ils eftiment. On n'eft jamais
plus empreffé à payer une dette que
lorfqu'on l'a contractée avec répugnance ,
& celui qui n'emprunte que par néceffité
gémiroit d'être infolvable.
J'ajoûterai qu'il n'eft pas néceffaire d'éprouver
un fentiment vif de reconnoiffance
, pour en avoir les procédés les plus
exacts & les plus éclatans. On peut par un
certain caractere de hauteur , fort différent
de l'orgueil , chercher à force de fervices
à faire perdre à fon bienfaicteur , ou da
moins à diminuer la fupériorité qu'il s'eft
acquife.
En vain objecteroit- on que les actions
fans les fentimens , ne fuffifent pas pour la
vertu. Je répondrai que les hommes doivent
fonger d'abord à rendre leurs actions
honnêtes , leurs fentimens y feront bientôt
conformes ; il leur eft plus ordinaire de
penferd'après leurs actions , que d'agir d'a-
Cvj
60 MERCURE DE FRANCE.
près leurs principes . D'ailleurs cet amour
propre , bien entendu , eft la fource des
vertus morales & le premier lien de la
fociété.
Mais puifque les principes des bienfaits.
font fi différens , la reconnoiffance doitelle
toujours être de la même nature ? Quels
fentimens dois - je à celui qui par un
mouvement d'une pitié paffagere aura accordé
une parcelle de fon fuperflu à un
befoin preffant ; à celui qui par oftentation
ou foibleffe exerce fa prodigalité , fans
acception de perfonne , fans diftinction de
mérite ou de befoin ; à celui qui par inquiétude
, par un befoin machinal d'agir ,
d'intriguer , de s'entremettre , offre à tout
le monde indifféremment fes démarches ,
fes foins , fes follicitations ?
Je confens à faire des diſtinctions entre
ceux que je viens de repréfenter ; mais
enfin leur devrai - je les mêmes fentimens
qu'à un bienfaicteur éclairé , compatiffant ,
réglant même fa compaffion fur l'eftime
le befoin & les effets qu'il prévoit que fes
fervices pourront avoir ; qui prend fur
lui-même , qui reftreint de plus en plus
fon néceffaire pour fournir à une néceffité
plus urgente , quoiqu'étrangere pour lui a
On doit plus eftimer les vertus par leurs
principes que par leurs effets. Les fervices
FEVRIER . 1755. 61
doivent donc fe juger moins par l'avantage
qu'en retire celui qui eft obligé , que
par le facrifice que fait celui qui oblige .
On fe tromperoit fort de penfer qu'on
favorife les ingrats en laiflant la liberté
d'examiner les vrais motifs des bienfaits.
Un tel examen ne peut jamais être favorable
à l'ingratitude , & ajoûte quelquefois
du mérite à la reconnoiffance . En effet
quelque jugement qu'on foit en droit de
porter d'un fervice , à quelque prix qu'on
puifle le mettre du côté des motifs , on
n'en eft pas moins obligé aux mêmes devoirs
pratiques du côté de la reconnoiffance
, & il en coûte moins pour les remfentiment
que par l'honneur feul .
plir par
Il n'eft pas difficile de connoître quels
font ces devoirs , les occafions les indiquent
, on ne s'y trompe gueres , & l'on
n'eft jamais mieux jugé que par foi- même ;
mais il y a des circonftances délicates où l'on
doit être d'autant plus attentif , qu'on,
pourroit manquer à l'honneur en croyant
fatisfaire à la juftice. C'eft lorfqu'un bien- ,
faicteur abufant des fervices qu'il a rendus,
s'érige en tyran , & par l'orgueil & l'injuftice
de fes procédés , va jufqu'à perdre
Les droits . Quels font alors les devoirs de
l'obligé les mêmes.
J'avoue que ce jugement eft dur , mais
62 MERCURE DE FRANCE.
je n'en fuis pas moins perfuadé que le
bienfaiteur peut perdre fes droits , fans,
que l'obligé foit affranchi de fes devoirs ,
quoiqu'il foit libre de fes fentimens . Je
comprens qu'il n'aura plus d'attachement
de coeur , qu'il paffera peut-être juſqu'à la
haine , mais il n'en fera pas moins afſujetti
aux obligations qu'il a contractées . Un
homme humilié par fon bienfaicteur eft
bien plus à plaindre qu'un bienfaicteur
qui ne trouve que des ingrats.
L'ingratitude afflige plus les coeurs généreux
qu'elle ne les ulcere ; ils reffentent
plus de compaffion que de haine , le
fentiment de leur fupériorité les confole .
Mais il n'en eft pas ainfi dans l'état d'humiliation
où l'on eft réduit par un bienfaicteur
orgueilleux ; comme il faut alors
fouffrir fans fe plaindre , méprifer & honorer
fon tyran , une ame haute eft inté
rieurement déchirée , & devient d'autant
plus fufceptible de haine , qu'elle ne trouve
point de confolation dans l'amour propre
; elle fera donc plus capable de hair
que ne le feroit un coeur bas & fait pour
l'aviliffement. Je ne parle ici qué du caractere
général de l'homme , & non fuivant
les principes d'une morale purifiée
par la religion.
On refte donc toujours à l'égard d'un
FEVRIER. 1755 . 63
bienfaiteur , dans une dépendance dont
on ne peut être affranchi que par le public.
Il y a ,
dira-t-on ,
, peu
d'hommes
qui
foient
une objet
d'intérêt
ou même
d'at◄
tention
pour
le public
. Mais
il n'y a perfonne
qui n'ait fon public
, c'eſt-à- dire une
portion
de la fociété
commune
, dont
on
fait foi- même
partie
. Voilà
le public
dont
on doit
attendre
le jugement
fans le prévenir
, ni même
le folliciter
.
Les réclamations ont été imaginées par
les ames foibles ; les ames fortes y renoncent,
& la prudence doit faire craindre
de les entreprendre. L'apologie en fait de
procédés qui n'eft pas forcée , n'eft dans
l'efprit du public que la précaution d'un
coupable ; elle fert quelquefois de conviction
, il en réfulte tout au plus une excuſe
, rarement une juftification.
Tel homme qui par une prudence hon
nête fe tait fur fes fujets de plaintes , fe
trouveroit heureux d'être forcé de fe juftifier
; fouvent d'accufé il deviendroit accufateur
, & confondroit fon tyran . Le fi
lence ne feroit plus alors qu'un infenfi .
bilité méprifable. Une défenfe ferme &
décente contre un reproche injufte d'ingratitude
, eft un devoir auffi facré que la
reconnoiffance pour un bienfait.
64 MERCURE DE FRANCE.
Il faut cependant avouer qu'il eft toujours
malheureux de fe trouver dans de
telles circonftances ; la plus cruelle fituation
eft d'avoir à fe plaindre de ceux à qui
l'on doit.
Mais on n'eft pas obligé à la même referve
à l'égard des faux bienfaicteurs : j'entens
de ces prétendus protecteurs qui pour
en ufurper le titre , fe prévalent de leur rang.
Sans bienfaifance , peut-être fans crédit ,
fans avoir rendu de fervices , ils cherchent à
force d'oftentation , à fe faire des cliens qui
leur font quelquefois utiles , & ne leur font
jamais à charge. Un orgueil naïf leur fait
croire qu'une liaiſon avec eux eft un bienfait
de leur part. Si l'on eft obligé par honneur
& par raifon de renoncer à leur commerce
, ils crient à l'ingratitude , pour en
éviter le reproche . Il eft vrai qu'il y a des
fervices de plus d'une efpéce ; une fimple
parole , un mot dit à propos avec intelligence
ou avec courage , eft quelquefois
un fervice fignalé , qui exige plus de reconnoiffance
que beaucoup de bienfaits
matériels , comme un aveu public de l'obligation
eft quelquefois auffi l'acte de la
reconnoiffance la plus noble.
On diftingue aifément le bienfaiteur
réel du protecteur imaginaire : une forte
de décence peut empêcher de contredire
FEVRIER. 1755.
65
ouvertement l'oftentation de ce dernier ;
il y a même des occafions où l'on doit une
reconnoiffance de politeffe aux démonftrations
d'un zele qui n'eft qu'extérieur . Mais
fi l'on ne peut remplir ces devoirs d'ufage
qu'en ne rendant pas pleinement la juftice ,
c'est-à dire l'aveu qu'on doit au vrai bienfaicteur
, cette reconnoiffance fauffement
appliquée ou partagée , eft une véritable ingratitude
, qui n'eft pas rare , & qui a fa
fource dans la lâcheté , l'intérêt ou la fottife.
C'est une lâcheté que de ne pas défendre
les droits de fon vrai bienfaiteur. Ce
ne peut être que par un vil intérêt qu'on
foufcrit à une obligation ufurpée ; on fe
fatte par là d'engager un homme vain à
la réalifer un jour : enfin c'eft une étrange.
fottife que de fe mettre gratuitement dans.
la dépe dance.
En effet ces prétendus protecteurs , après
avoir fait illufion au public , fe la font enfuite
à eux- mêmes, & en prennent avantage.
pour exercer leur empire fur de timides.
complaifans ; la fupériorité du rang favorife
l'erreur à cet égard , & l'exercice
de la tyrannie la confirme . On ne doit pas
s'attendre que leur amitié foit le retour
d'un dévouement fervile. Il n'eft pas rare.
qu'un fupérieur fe laiffe fubjuguer & avilir
par fon inférieur ; mais il l'eft beau66
MERCURE DE FRANCE.
coup plus qu'il le prête à l'égalité , même
privée ; je dis l'égalité privée , car je fuis
très-éloigné de chercher à profcrire par
une humeur cynique les égards que la fubordination
exige. C'eft une loi néceffaire
de la fociété, qui ne révolte que l'orgueil ,
& qui ne gêne point les ames faites pour
Fordre . Je voudrois feulement que la différence
des rangs ne fût pas la regle de
l'eftime comme elle doit l'être des refpects
, & que la reconnoiffance fût un lien
précieux , qui unît , & non pas une chaîne
humiliante qui ne fit fentir que fon poids.
Tous les hommes ont leurs devoirs refpectifs
; mais tous n'ont pas la même difpofition
à les remplir : il y en a de plusreconnoiffans
les uns que les autres , &
j'ai plufieurs fois entendu avancer à ce fujet
une opinion qui ne me paroît ni jufte
ni décente. Le caractere vindicatif part ,
dit-on , du même principe que le caractere
reconnoiffant , parce qu'il eft également
naturel de fe reffouvenir des bons & des
mauvais fervices.
Si le fimple fouvenir du bien & du mal
qu'on a éprouvé étoit la régle du reffentiment
qu'on en garde , on auroit raifon
mais il n'y a rien de fi différent , & même
de fi peu dépendant l'un de l'autre . L'efprit
vindicatif part de l'orgueil fouventFEVRIER
. 1755 : 67.
úni au fentiment de fa propre foibleffe ;
on s'eftime trop , & l'on craint beaucoup..
La reconnoiffance marque d'abord un ef
prit de juftice , mais elle fuppofe encore:
une ame difpofée à aimer , pour qui la
haine feroit un tourment , & qui s'en af-.
franchit plus encore par fentiment que par
réflexion. Il y a certainement des caracteres
plus aimans que d'autres , & ceux- là
font reconnoiffans par le principe même
qui les empêche d'être vindicatifs . Les
coeurs nobles pardonnent à leurs inférieurs
par pitié , à leurs égaux par générofité .
C'eft contre leurs fupérieurs , c'est-à- dire
contre les hommes plus puiffans qu'eux ,
qu'ils peuvent quelquefois garder leur reffentiment
, & chercher à le fatisfaire ; le
péril qu'il y a dans la vengeance leur fait
illufion , ils croyent y voir de la gloire.
Mais ce qui prouve qu'il n'y a point de
haine dans leur coeur , c'eft que la moindre
fatisfaction les defarme , les touche &
les attendrit.
Pour réfumer en peu de mots les principes
que j'ai voulu établir. Les bienfaicteurs
doivent des égards à ceux qu'ils ont
obligés ; & ceux- ci contractent des devoirs
indifpenfables . On ne devroit donc
placer les bienfaits qu'avec difcernement ;
mais du moins on court peu de rifque à
3
68 MERCURE DE FRANCE.
les répandre fans choix : au lieu que ceux
qui les reçoivent prennent des engagemens
fi facrés , qu'ils ne fçauroient être trop attentifs
à ne les contracter qu'à l'égard de
ceux qu'ils pourront eftimer toujours . Si
cela étoit , les obligations feroient plus rares
qu'elles ne le font ; mais toutes feroient
remplies.
M. Duclos eft l'auteur de ces Confidérations.
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Résumé : CONSIDERATIONS Sur la reconnoissance & sur l'ingratitude.
Le texte 'Sur la reconnaissance et l'ingratitude' examine les notions de bienfaiteurs et d'ingrats. Il observe que les ingrats sont fréquemment mentionnés, tandis que les bienfaiteurs sont rares. Le texte définit un bienfaiteur comme quelqu'un qui fait du bien, motivé par la bonté, l'orgueil ou l'intérêt. Les ingrats, en revanche, oublient, méconnaissent ou reconnaissent mal les bienfaits reçus, souvent par insensibilité, orgueil ou intérêt. Trois types d'ingratitude sont distingués : celle des âmes faibles et légères, celle des orgueilleux qui méconnaissent leurs bienfaiteurs, et celle des intéressés qui voient les services comme un commerce. La véritable reconnaissance est un sentiment noble qui lie au bienfaiteur avec le désir de prouver ce sentiment par des effets ou des aveux sincères. Le texte explore également les motivations des bienfaiteurs et les devoirs de reconnaissance. Il souligne que même si un bienfaiteur abuse de ses services, l'obligé reste soumis à ses devoirs, bien que libre de ses sentiments. La reconnaissance doit être sincère et peut nécessiter des actes éclatants, mais elle ne doit pas être ostentatoire ou intéressée. Le texte aborde aussi la distinction entre les vrais bienfaiteurs et les protecteurs imaginaires. Un mot intelligent ou courageux peut parfois être plus apprécié que des bienfaits matériels. La reconnaissance authentique est essentielle et ne pas la rendre pleinement est une ingratitude souvent motivée par la lâcheté, l'intérêt ou la sottise. Les faux protecteurs exploitent les timides et utilisent leur rang pour tyranniser. La reconnaissance doit être un lien précieux et non une chaîne humiliante. Les devoirs respectifs des hommes varient, et la reconnaissance implique un esprit de justice et une disposition à aimer. Les cœurs nobles pardonnent par pitié ou générosité mais peuvent garder du ressentiment envers les supérieurs. Le texte conclut en soulignant que les bienfaiteurs doivent faire preuve de discernement dans leurs bienfaits, tandis que ceux qui les reçoivent doivent être attentifs à ne contracter des obligations qu'envers ceux qu'ils estiment.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 212-213
DE PARIS, le 5 Mai.
Début :
La Compagnie des Intéressés au Canal de Provence, est obligée d'avertir tous les [...]
Mots clefs :
Actions, Canal de Provence, Arrêts, Ordonnance du roi, Corps royal d'artillerie, Service, Bataillons, Provence, Milice, Maréchal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 5 Mai.
De PARIS , le Mai.
La Compagnie des Intéreffés au Canal de Proeft
obligée d'avertir tous les Porteurs d'acvence
,
越
1
213
JUIN. 1759.
tions établies fur l'entreprise de ce Canal , que conformément
aux Arrêts rendus le 23 Janvier & le
Avril de cette année , dans la Chambre des
Eaux & Forêts du Parlement d'Aix , ils doivent
avant le 9 du prochain mois deJuin , dépofer leurs
actions à Paris chez le fieur Therese , Notaire, rue
du Roule , & à Aix chez le fieur Pontier ; toutes
les actions qui ne feront pas déposées avant ce
terme , feront réduites à la moitié de leur valeur.
Du 12.
On vient de publier une Ordonnance du Roi ,
en date du 2 du mois dernier , portant Réglement
pour le fervice du Corps Royal de l'Artillerie. Cette
Ordonnance eft divifée en trois parties. La premiere
traite du ſervice en général , la feconde régle
le fervice dans les places , & la troiſiéme a
pour objet le fervice en campagne. 3
On écrit de Marfeille que les fix Bataillons.des
troupes du Roi , qui étoient en Corfe , doivent arriver
inceffamment en Provence . Ce renfort, joint
aux autres troupes qui font dans cette Province ,
formera un corps de dix-huit Bataillons. Il y a de
plus , quatre mille Gardes- Côtes , & une Milice
Bourgeoife de cinq mille hommes , que la Ville
'de Marfeille vient de lever. Le Maréchal de Thomond
a fait mettre en bon état toutes les batteries
qui font fur les côtes de la Méditerrannée. Il a
en Languedoc vingt - cinq Bataillons , & il a fait
un choix parmi les Milices du pays , d'un corps de
cinq mille hommes , qui fe porteront avec promp
titude par- tout où la néceſſité l'exigèra .
La Compagnie des Intéreffés au Canal de Proeft
obligée d'avertir tous les Porteurs d'acvence
,
越
1
213
JUIN. 1759.
tions établies fur l'entreprise de ce Canal , que conformément
aux Arrêts rendus le 23 Janvier & le
Avril de cette année , dans la Chambre des
Eaux & Forêts du Parlement d'Aix , ils doivent
avant le 9 du prochain mois deJuin , dépofer leurs
actions à Paris chez le fieur Therese , Notaire, rue
du Roule , & à Aix chez le fieur Pontier ; toutes
les actions qui ne feront pas déposées avant ce
terme , feront réduites à la moitié de leur valeur.
Du 12.
On vient de publier une Ordonnance du Roi ,
en date du 2 du mois dernier , portant Réglement
pour le fervice du Corps Royal de l'Artillerie. Cette
Ordonnance eft divifée en trois parties. La premiere
traite du ſervice en général , la feconde régle
le fervice dans les places , & la troiſiéme a
pour objet le fervice en campagne. 3
On écrit de Marfeille que les fix Bataillons.des
troupes du Roi , qui étoient en Corfe , doivent arriver
inceffamment en Provence . Ce renfort, joint
aux autres troupes qui font dans cette Province ,
formera un corps de dix-huit Bataillons. Il y a de
plus , quatre mille Gardes- Côtes , & une Milice
Bourgeoife de cinq mille hommes , que la Ville
'de Marfeille vient de lever. Le Maréchal de Thomond
a fait mettre en bon état toutes les batteries
qui font fur les côtes de la Méditerrannée. Il a
en Languedoc vingt - cinq Bataillons , & il a fait
un choix parmi les Milices du pays , d'un corps de
cinq mille hommes , qui fe porteront avec promp
titude par- tout où la néceſſité l'exigèra .
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Résumé : DE PARIS, le 5 Mai.
L'avis de la Compagnie des Intérêffés au Canal de Proeft, daté du 21 juin 1759, informe les porteurs d'actions qu'ils doivent déposer leurs titres avant le 9 juin suivant chez le notaire Therese à Paris ou Pontier à Aix, conformément aux arrêts du Parlement d'Aix de janvier et avril 1759. Les actions non déposées seront réduites de moitié. Par ailleurs, une ordonnance royale du 2 mai 1759 régit le service du Corps Royal de l'Artillerie, divisé en trois parties : le service en général, le service dans les places et le service en campagne. Des nouvelles de Marseille rapportent l'arrivée de six bataillons du roi en Provence, portant le total des troupes à dix-huit bataillons. De plus, quatre mille Gardes-Côtes et une milice bourgeoise de cinq mille hommes ont été levés. Le maréchal de Thomond a préparé des batteries sur les côtes méditerranéennes et rassemblé vingt-cinq bataillons en Languedoc, ainsi qu'une milice de cinq mille hommes prête à intervenir.
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11
p. 203-206
DE PARIS, le 14 Juin.
Début :
Le 18 du mois dernier, le Prince Louis de Rohan, Evêque de Canope, [...]
Mots clefs :
Évêque, Sacre, Ordre, Service, Bénédiction, Paix, Alliés, Défense, Prières publiques, Campagne militaire, Conseil, Magistrats, Arrêts, Martinique, Capitaine, Ennemis, Loterie, Médecin, Lettres de noblesse
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texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 14 Juin.
De PARIS , le 14 Juin.
1
-Le 18 du mois dernier , le Prince Louis de
Rohan, Evêque de Canope, Coadjuteur de l'Evêché
de Strasbourg , fut facré dans l'Eglife Métropolisaine
, par l'Archevêque de Paris , affifté des
Evêques du Puy & de Blois. Un grand nombre .
d'Archevêques , d'Evêques , & de perfonnes du
premier rang, affiftèrent à cette cérémonie.
Le 19 , l'Ordre Royal , Militaire & Hofpitalier ,
de Notre-Dame du Mont- Carmel,& de S. Lazare ,
de Jérufalem , fit célébrer dans la Chapelle du
Louvre,l'Anniverfaire duRoi Henri IVde glorieufe .
mémoire , Fondateur de l'Ordre. Le Service a été
célébré par l'Abbé de Sainte Hermine , Aumônier ,
de la Reine Gommandeur Eccléfiaftique de.
l'Ordre. LeComte de Saint-Florentin , les grands
Officiers , & plufieurs Chevaliers de cet Ordre y
oar affifté. the
Sa Majefté ; conduite par l'efprit de piété qui a
1 vj
204 MERCURE DE FRANCE
tonjours caractérisé les Rois Très - Chrétiens , a
voulu , au commencement de cette Campagne ',
implorer la bénédiction du Ciel fur les armes.
Elle a écrit à l'Archevêque de Paris , ainfi qu'à
tous les Archevêques & Evêques de fon Royaume ,
la Lettre fuivante.
» MON COUSIN, le maintien de la tranquillité
» de l'Europe a toujours été le principal objet de
» mes voeux & de mes démarches : ce fentiment
» s'eft fortifié par le defir que j'ai de contribuer
>> au bonheur de mes Peuples , & de diminuer les
>> charges qu'ils fupportent d'une manière digne
» de leur zéle pour la gloire de mon régne , &
>> de l'amour que j'ai pour eux. C'eft pour leur
> en faire reffentir les effets , que je n'ai négligé
>> aucun des moyens capables de déterminer les
>> Puiffances qui m'ont forcé à reprendre les ar-- ·
» mes , à concourir au rétabliſſement d'une paix
dont on pût affurer la duréc.Mais avant quel'on
ait pû parvenir définitivement au but defirable
> de la paix générale , la continuation des hofti-
» lités des Ennemis de la France m'oblige à de
> nouveaux efforts pour la défenſe de mes propres
» Etats , & pour foutenir les Engagemens que j'ai
» pris avec mes fidéles Alliés . Quelque confiance
que j'aye dans la volonté de mes Troupes , dans
leur zéle pour mon fervice , je n'en dois pass
moins implorer le Dieu des Armées ; & je vous
» fais cette Lettre pour vous dire , que je ſouhaiter
»que vous ordonniez des prieres particulieres
» dans toutes les Eglifes de votre Diocéfe , pour
» obtenir du Tout- puillant qu'il daigne répandre
fa bénédiction fur mes armes , & favorifer le
fuccès de mes juftes entrepriſes. Sur ce &c.
L'Archevêque de Paris a donné, en conféquence
de cette Lettre , fon Mandement , par lequel il
indique des prieres publiques dans toutes les
JUILLET. 1760. 205
Eglifes de fon Diocèle . Ce Mandement eft ter
miné par une priere fervente & pathétique pour
leurs Majeftés & la Famille Royale , & en particulier
pour le jeune Prince dont l'état chancelants
excite notre inquiétude. » Attendriſſons - nous
» dit le Prélat , fur les dangers qui ont menacé les
>>-jours d'un jeune Prince , déja l'amour de la Na-
»-tion , en attendant qu'il foit la terreur des En-
>>>nemis. Qu'un rejetton fi précieux n'ait pas le
fort des fleurs de la Campagne qui , felon le
langage de l'Ecriture , naiſſent & périffent prèf-
»>que dans le même temps. Que le fils de tant de
» Rois , nous faffe recueillir en fa perfonne les
»fruits de l'éducation Chrétienne qu'il reçoit des
» mains de la Vertu ; éducation toute propre à
>>fervir de baſe & de principe aux leçons qui for
» ment le grand homme:
Sa Majesté s'étant fait rendre compte , enfon
Confeil , des différentes plaintes qui lui ont été
faites de la conduite que les Magiftrats & Habitans
de la Ville de Hambourg ont tenue au
préjudice de la France & de fes Alliés , en favo
rifant les enrôlemens que les Ennemis font continuellement
dans leus Ville , & ne voulantpoint
faire éprouver à cette Ville tous les effets de fon
reffentiment ; elle s'eft contentée d'ordonner , par
um Arre de fon Confeil d'Etat , qu'à l'avenir &
à commencer du jour de la publication de cer
Arrêt , cette Ville ceffera de jouir , dans tous les
Ports & Villes du Royaume & de la domination
de Sa Majefté , de tous les avantages accordés
aux Villes Anféatiques , par le traité de Com
merce , fait à Versailles le 28 Septembre 1716,
entre elle & lefdites Villes. 1 .
On a appris,de la Martinique, que le Capitaine
Mares, de Bordeaux , Commandant un Corfaire
de cette life de douze canons , a pris un Senaw
206 MERCURE DE FRANCE
7.
Anglois , richement chargé, & armé de quatorze
canons. Ce Capitaine , étant venu à l'abordage ,
& s'étant jetté dans le Vaiffeau Anglois , s'y trouva
feul. Il ne perdit point courage ; après avoir
tué le Capitaine ennemi & un autre homme ,
il- remonta fur le pont , & il fondit l'épée à la ‹
main fur l'équipage Anglois , qui , le croyante
fuivi d'une troupe nombreule , s'enfuit par les
écoutilles, Il les ferma , & ayant eu bientôt après
du fecours , il conduifit fa prife à la Martinique .
Sa cargaifon eft eftimée trois cens mille livres.
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Militaire,
s'eft fait , en la manière accoutumée , le
6 de ce mois. Les numéros qui font fortis de :
la roue de fortune font , 71 , 58 , 30 , 35 & 64
Le prochain tirage , fe fera le 8 du mois de .
Juillet
•
Le fieur Richard, premier Médecin des Camps
& Armées du Roi , à qui Sa Majeſté , en confidération
de fes Services , avoit accordé des Let- :
tres de Nobleffe , l'année derniere , vient d'avoir
l'inſpection des Hôpitaux Militaires du Royaume ,
aux appoinsements de 3000 liv. Sa Majesté l'a ..
nommé , en même temps , Chevalier de fon Or- ·
dre de Saint Michel , & l'un de fes, Médecins
confultans
1
-Le 18 du mois dernier , le Prince Louis de
Rohan, Evêque de Canope, Coadjuteur de l'Evêché
de Strasbourg , fut facré dans l'Eglife Métropolisaine
, par l'Archevêque de Paris , affifté des
Evêques du Puy & de Blois. Un grand nombre .
d'Archevêques , d'Evêques , & de perfonnes du
premier rang, affiftèrent à cette cérémonie.
Le 19 , l'Ordre Royal , Militaire & Hofpitalier ,
de Notre-Dame du Mont- Carmel,& de S. Lazare ,
de Jérufalem , fit célébrer dans la Chapelle du
Louvre,l'Anniverfaire duRoi Henri IVde glorieufe .
mémoire , Fondateur de l'Ordre. Le Service a été
célébré par l'Abbé de Sainte Hermine , Aumônier ,
de la Reine Gommandeur Eccléfiaftique de.
l'Ordre. LeComte de Saint-Florentin , les grands
Officiers , & plufieurs Chevaliers de cet Ordre y
oar affifté. the
Sa Majefté ; conduite par l'efprit de piété qui a
1 vj
204 MERCURE DE FRANCE
tonjours caractérisé les Rois Très - Chrétiens , a
voulu , au commencement de cette Campagne ',
implorer la bénédiction du Ciel fur les armes.
Elle a écrit à l'Archevêque de Paris , ainfi qu'à
tous les Archevêques & Evêques de fon Royaume ,
la Lettre fuivante.
» MON COUSIN, le maintien de la tranquillité
» de l'Europe a toujours été le principal objet de
» mes voeux & de mes démarches : ce fentiment
» s'eft fortifié par le defir que j'ai de contribuer
>> au bonheur de mes Peuples , & de diminuer les
>> charges qu'ils fupportent d'une manière digne
» de leur zéle pour la gloire de mon régne , &
>> de l'amour que j'ai pour eux. C'eft pour leur
> en faire reffentir les effets , que je n'ai négligé
>> aucun des moyens capables de déterminer les
>> Puiffances qui m'ont forcé à reprendre les ar-- ·
» mes , à concourir au rétabliſſement d'une paix
dont on pût affurer la duréc.Mais avant quel'on
ait pû parvenir définitivement au but defirable
> de la paix générale , la continuation des hofti-
» lités des Ennemis de la France m'oblige à de
> nouveaux efforts pour la défenſe de mes propres
» Etats , & pour foutenir les Engagemens que j'ai
» pris avec mes fidéles Alliés . Quelque confiance
que j'aye dans la volonté de mes Troupes , dans
leur zéle pour mon fervice , je n'en dois pass
moins implorer le Dieu des Armées ; & je vous
» fais cette Lettre pour vous dire , que je ſouhaiter
»que vous ordonniez des prieres particulieres
» dans toutes les Eglifes de votre Diocéfe , pour
» obtenir du Tout- puillant qu'il daigne répandre
fa bénédiction fur mes armes , & favorifer le
fuccès de mes juftes entrepriſes. Sur ce &c.
L'Archevêque de Paris a donné, en conféquence
de cette Lettre , fon Mandement , par lequel il
indique des prieres publiques dans toutes les
JUILLET. 1760. 205
Eglifes de fon Diocèle . Ce Mandement eft ter
miné par une priere fervente & pathétique pour
leurs Majeftés & la Famille Royale , & en particulier
pour le jeune Prince dont l'état chancelants
excite notre inquiétude. » Attendriſſons - nous
» dit le Prélat , fur les dangers qui ont menacé les
>>-jours d'un jeune Prince , déja l'amour de la Na-
»-tion , en attendant qu'il foit la terreur des En-
>>>nemis. Qu'un rejetton fi précieux n'ait pas le
fort des fleurs de la Campagne qui , felon le
langage de l'Ecriture , naiſſent & périffent prèf-
»>que dans le même temps. Que le fils de tant de
» Rois , nous faffe recueillir en fa perfonne les
»fruits de l'éducation Chrétienne qu'il reçoit des
» mains de la Vertu ; éducation toute propre à
>>fervir de baſe & de principe aux leçons qui for
» ment le grand homme:
Sa Majesté s'étant fait rendre compte , enfon
Confeil , des différentes plaintes qui lui ont été
faites de la conduite que les Magiftrats & Habitans
de la Ville de Hambourg ont tenue au
préjudice de la France & de fes Alliés , en favo
rifant les enrôlemens que les Ennemis font continuellement
dans leus Ville , & ne voulantpoint
faire éprouver à cette Ville tous les effets de fon
reffentiment ; elle s'eft contentée d'ordonner , par
um Arre de fon Confeil d'Etat , qu'à l'avenir &
à commencer du jour de la publication de cer
Arrêt , cette Ville ceffera de jouir , dans tous les
Ports & Villes du Royaume & de la domination
de Sa Majefté , de tous les avantages accordés
aux Villes Anféatiques , par le traité de Com
merce , fait à Versailles le 28 Septembre 1716,
entre elle & lefdites Villes. 1 .
On a appris,de la Martinique, que le Capitaine
Mares, de Bordeaux , Commandant un Corfaire
de cette life de douze canons , a pris un Senaw
206 MERCURE DE FRANCE
7.
Anglois , richement chargé, & armé de quatorze
canons. Ce Capitaine , étant venu à l'abordage ,
& s'étant jetté dans le Vaiffeau Anglois , s'y trouva
feul. Il ne perdit point courage ; après avoir
tué le Capitaine ennemi & un autre homme ,
il- remonta fur le pont , & il fondit l'épée à la ‹
main fur l'équipage Anglois , qui , le croyante
fuivi d'une troupe nombreule , s'enfuit par les
écoutilles, Il les ferma , & ayant eu bientôt après
du fecours , il conduifit fa prife à la Martinique .
Sa cargaifon eft eftimée trois cens mille livres.
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Militaire,
s'eft fait , en la manière accoutumée , le
6 de ce mois. Les numéros qui font fortis de :
la roue de fortune font , 71 , 58 , 30 , 35 & 64
Le prochain tirage , fe fera le 8 du mois de .
Juillet
•
Le fieur Richard, premier Médecin des Camps
& Armées du Roi , à qui Sa Majeſté , en confidération
de fes Services , avoit accordé des Let- :
tres de Nobleffe , l'année derniere , vient d'avoir
l'inſpection des Hôpitaux Militaires du Royaume ,
aux appoinsements de 3000 liv. Sa Majesté l'a ..
nommé , en même temps , Chevalier de fon Or- ·
dre de Saint Michel , & l'un de fes, Médecins
confultans
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Résumé : DE PARIS, le 14 Juin.
Le 18 mai, le Prince Louis de Rohan, Évêque de Canope et Coadjuteur de l'Évêché de Strasbourg, a été sacré dans l'Église Métropolitaine de Paris par l'Archevêque de Paris, en présence des Évêques du Puy et de Blois ainsi que de nombreuses personnalités de haut rang. Le 19 mai, l'Ordre Royal, Militaire et Hospitalier de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem a célébré l'anniversaire du Roi Henri IV au Louvre, sous la direction de l'Abbé de Sainte Hermine, Aumônier de la Reine et Commandeur Ecclésiastique de l'Ordre. Le Roi, motivé par la piété et le désir de maintenir la tranquillité en Europe, a demandé aux Archevêques et Évêques de son royaume d'organiser des prières publiques pour obtenir la bénédiction divine sur les armes françaises. L'Archevêque de Paris a répondu en ordonnant des prières dans toutes les églises de son diocèse, incluant une prière pour la santé du jeune Prince. Le Roi a également réagi aux plaintes concernant la conduite des Magistrats et habitants de Hambourg, qui favorisaient les enrôlements ennemis, en ordonnant que Hambourg cesse de bénéficier des avantages accordés par le traité de commerce de 1716. En Martinique, le Capitaine Mares a capturé un navire anglais richement chargé après un combat à l'abordage. Le tirage de la Loterie de l'École Royale Militaire a eu lieu le 6 juin, avec les numéros gagnants 71, 58, 30, 35 et 64. Le prochain tirage est prévu pour le 8 juillet. Le sieur Richard, premier Médecin des Camps et Armées du Roi, a été nommé inspecteur des Hôpitaux Militaires avec un appointement de 3000 livres et a été fait Chevalier de l'Ordre de Saint-Michel.
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12
p. 195-197
« Les RR. Péres Bénédictins de l'Abbaye de Saint Laumer, de la Congrégation [...] »
Début :
Les RR. Péres Bénédictins de l'Abbaye de Saint Laumer, de la Congrégation [...]
Mots clefs :
Abbaye, Congrégation, Messe, Soldats morts à la guerre, Service, Sanctuaire, Grand-messe, Diacres, Religieux
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texteReconnaissance textuelle : « Les RR. Péres Bénédictins de l'Abbaye de Saint Laumer, de la Congrégation [...] »
Les RR. Péres Bénédictins de l'Abbaye de Saint
Laumer , de la Congrégation de Saint Maur ,
Ville & Diocèfe de Blois , pour fatisfaire aux Réglemens
de leur dernier Chapitre , ont fait , le
du préfent mois de Novembre , le Service folem
nel pour le repos de l'âme de Meffieurs les Offi
ciers & Soldats, tués dans la guerre actuelle . Ces
Religieux , pour témoigner leur zéle à s'acquitter
I ij
196 MERCURE DE FRANCE
de ce qu'ils peuvent , felon leur état , ont fait
ce Service avec toute la folemnité poffible . Comme
tous les grands & les petits font intéreſſés aux
pertes inféparables d'une action , y ayant des parens
ou amis , ils ont fait inviter par billets imprimés
tous les Habitans de la Ville . Ce Service
a été annoncé le 4 par le fon des cloches , qui
ont fonné à midi , à fept heures du foir , &
le lendemain à fix du matin , pendant une heure
à chaque fois ; le Choeur & le Sanctuaire de leur
Eglife étoient tendus en noir de la hauteur de douze
pieds au milieu s'élevoit un Catafalque haut de
quinze pieds , illuminé de plus de cent cierges.
La Grand'- Meffe a été célébrée par le Prieur de
l'Abbaye , avec les Diacre & Soûdiacre. Elle a
été entonnée par le premier Chantre , avec fon
bâton de dignité , accompagné de les deux Sous-
Chantres , & a été pourfuivie par les Religieux du
Choeur , avec deux Serpents que Meſſieurs de la
Cathédrale de Blois fe font fait un plaifir d'accor--
der à la demande des Religieux. La Profe Dies
ira , &c. a été chantée , à l'alternative avec le
Choeur , par le Sous - Chantre avec fon bâton de
dignité , accompagné de deux autres Religieux
tous trois en chappe de velours noir , A la fin de
la Melle , quatre Religieux Prêtres , y compris le
Prieur , tous revêtus d'aube , étole & chappes de
velours noir , ont fait les quatre Abfoutes qui ,
feules , ont duré près d'une heure.
On peut dire qu'on ne peut pas afſiſter à un
Office qui puille fe faire , de la part de ces Religieux
, avec plus de fageffe , de modeſție & de
gravité de chant ; comme également on doit ajoûter
que la piété , la dévotion & le recueillement
des affiftans , étoient capables d'en infpirer aux
plus indifférens. Tout s'eft paflé avec ordre , décence
& fans trouble. Meffieurs de l'Hôtel- deDECEMBRE
1760. 107
Ville ont eu la politeffe d'accorder aux Religieux
des Soldats de leur garde , pour empêcher la cokue
& maintenir le bon ordre.
Tout ce qu'il y a de grands & petits à Blois y ont
affifté. On y a vu des Chanoines de la Cathédrale ,
des Curés , Vicaires , & beaucoup d'autres Ecclé .
fiaftiques ; comme aufli Chanoines Réguliers , Jacobins
, Cordeliers , Minimes , Capucins. M. le
Premier Président de la Chambre des Comptes ,
& d'autres Membres de cette Cour , s'y font trouvés
; comme auffi des Membres du Préfidial
de la Cour des Aydes & de la Chambre de Ville ;
il y avoit beaucoup de Nobleffe , anciens Officiers ,
quantité de Meffieurs & Dames de diftinction , &
un nombre très-grand de tout état. Nifi enim eos refurecturos fperaret , fuperfluum
Videretur & vanum orare pro mortuiss
Laumer , de la Congrégation de Saint Maur ,
Ville & Diocèfe de Blois , pour fatisfaire aux Réglemens
de leur dernier Chapitre , ont fait , le
du préfent mois de Novembre , le Service folem
nel pour le repos de l'âme de Meffieurs les Offi
ciers & Soldats, tués dans la guerre actuelle . Ces
Religieux , pour témoigner leur zéle à s'acquitter
I ij
196 MERCURE DE FRANCE
de ce qu'ils peuvent , felon leur état , ont fait
ce Service avec toute la folemnité poffible . Comme
tous les grands & les petits font intéreſſés aux
pertes inféparables d'une action , y ayant des parens
ou amis , ils ont fait inviter par billets imprimés
tous les Habitans de la Ville . Ce Service
a été annoncé le 4 par le fon des cloches , qui
ont fonné à midi , à fept heures du foir , &
le lendemain à fix du matin , pendant une heure
à chaque fois ; le Choeur & le Sanctuaire de leur
Eglife étoient tendus en noir de la hauteur de douze
pieds au milieu s'élevoit un Catafalque haut de
quinze pieds , illuminé de plus de cent cierges.
La Grand'- Meffe a été célébrée par le Prieur de
l'Abbaye , avec les Diacre & Soûdiacre. Elle a
été entonnée par le premier Chantre , avec fon
bâton de dignité , accompagné de les deux Sous-
Chantres , & a été pourfuivie par les Religieux du
Choeur , avec deux Serpents que Meſſieurs de la
Cathédrale de Blois fe font fait un plaifir d'accor--
der à la demande des Religieux. La Profe Dies
ira , &c. a été chantée , à l'alternative avec le
Choeur , par le Sous - Chantre avec fon bâton de
dignité , accompagné de deux autres Religieux
tous trois en chappe de velours noir , A la fin de
la Melle , quatre Religieux Prêtres , y compris le
Prieur , tous revêtus d'aube , étole & chappes de
velours noir , ont fait les quatre Abfoutes qui ,
feules , ont duré près d'une heure.
On peut dire qu'on ne peut pas afſiſter à un
Office qui puille fe faire , de la part de ces Religieux
, avec plus de fageffe , de modeſție & de
gravité de chant ; comme également on doit ajoûter
que la piété , la dévotion & le recueillement
des affiftans , étoient capables d'en infpirer aux
plus indifférens. Tout s'eft paflé avec ordre , décence
& fans trouble. Meffieurs de l'Hôtel- deDECEMBRE
1760. 107
Ville ont eu la politeffe d'accorder aux Religieux
des Soldats de leur garde , pour empêcher la cokue
& maintenir le bon ordre.
Tout ce qu'il y a de grands & petits à Blois y ont
affifté. On y a vu des Chanoines de la Cathédrale ,
des Curés , Vicaires , & beaucoup d'autres Ecclé .
fiaftiques ; comme aufli Chanoines Réguliers , Jacobins
, Cordeliers , Minimes , Capucins. M. le
Premier Président de la Chambre des Comptes ,
& d'autres Membres de cette Cour , s'y font trouvés
; comme auffi des Membres du Préfidial
de la Cour des Aydes & de la Chambre de Ville ;
il y avoit beaucoup de Nobleffe , anciens Officiers ,
quantité de Meffieurs & Dames de diftinction , &
un nombre très-grand de tout état. Nifi enim eos refurecturos fperaret , fuperfluum
Videretur & vanum orare pro mortuiss
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Résumé : « Les RR. Péres Bénédictins de l'Abbaye de Saint Laumer, de la Congrégation [...] »
Les Révérends Pères Bénédictins de l'Abbaye de Saint-Laumer, de la Congrégation de Saint-Maur, à Blois, ont célébré un service solennel en novembre pour honorer les officiers et soldats tués lors de la guerre actuelle. Conforme aux règlements de leur dernier chapitre, ce service a été réalisé avec toute la solennité possible. Les religieux ont invité tous les habitants de la ville par des billets imprimés, soulignant l'impact des pertes de la guerre sur chacun. Le service a été annoncé par le son des cloches à des heures précises. L'église était tendue de noir, avec un catafalque illuminé de plus de cent cierges. La grand-messe a été célébrée par le Prieur, assisté du Diacre et du Sous-Diacre, et chantée par les religieux du chœur avec des instruments prêtés par la cathédrale de Blois. La prière Dies irae a été chantée alternativement par le Sous-Chantre et le chœur. Quatre prêtres ont prononcé les absoutes, qui ont duré près d'une heure. L'office a été marqué par la sagesse, la modestie et la gravité du chant des religieux, ainsi que par la piété et la dévotion des assistants. L'ordre et la décence ont été maintenus grâce à la présence de soldats de la garde de l'Hôtel de Ville. De nombreux dignitaires, ecclésiastiques et laïcs, y compris des membres de la noblesse et des officiers, ont assisté à ce service.
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13
p. 169-174
Suite des Nouvelles de VERSAILLES.
Début :
Le Roi ayant reconnu que la constitution solide qu'il veut donner à ses Troupes, [...]
Mots clefs :
Constitution, Ordonnance, Provinces, Régiments, Royaume, Compagnies, Capitaine, Paix, Commandant, Service, Duc, Commissaire, Incendie, Opéra, Académie royale, Église, Village, Loterie, Tirage
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texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles de VERSAILLES.
Suite des Nouvelles de VERSAILLES.
L. Roi ayant reconnu que la conftitution ſolide
qu'il veut donner à fes Troupes , dépend
du premier choix des hommes qui la compoſent ,
a rendu une Ordonnance , datée du premier
Fevrier 1763 , par laquelle Sa Majesté établit
trente & un Régimens de recrue d'un Bataillon
, dans les Provinces de Picardie , de Champagne
, de Rouen , de Caen , d'Alençon , de
Moulins , d'Auvergne , de Flandre & d'Artois ,
de Montauban , d'Auch , de Bordeaux , de Poitiers
, de Lyonnois , de la Rochelle , de Tours,
du Dauphiné , de Paris , de Soiffons , de Limoges
, d'Orléans , de Bretagne , du Pays Melfin
, de Bourges , du Haynaut , d'Alface , de
Rouffillon , du Duché de Bourgogne , de Languedoc
, du Comté de Bourgogne , de la Provence
& de la Lorraine ; & un Régiment de
deux Bataillons de la Ville de Paris ; ces Régimens
feront défignés fous les noms des principales
Villes ou Généralités , & marcheront
entre eux fuivant le rang dans lequel ils font
infcrits ci-après : fçavoir , Régime nt d'Abbeville ,
de Châlons , de Rouen , de Caen , d'Alençon
de Moulins , de Riom , de Lille , de Montauban
, d'Auch , de Bordeaux , de Poitiers , de
Lyon , de la Rochelle , de Tours , de Gre noble
II. Vol.
H
170 MERCURE DE FRANCE .
de Sens , de Soiffons , de Limoges , de Blois ,
de Rennes , de Metz , de Bourges , de Valen
ciennes de Strasbourg , de Perpignan , de Dijon
, de Toulouſe de Befançon , d'Aiz , de
Nancy , & de la Ville de Paris . Chaque Régiment
fera compofé de huit Compagnies , lefquelles
feront commandées chacune , en temps de
paix , par un Capitaine & un Lieutenant , &
compofées de deux Sergens , quatre Caporaux ,
quatre Appointés & un Tambour , & d'un nombre
égal d'hommes proportionnément à celui
dont Sa Majefté aura ordonné chaque année
la levée dans chaque Département ; lefquels
feront exercés dans des quartiers particuliers ,
& mis par-là en état de remplacer les hommes
qui manqueront dans les Troupes de Sa Majefté.
En temps de guerre , chaque Compagnie
fera commandée par un Capitaine , un Lieutenant
& un Sous-Lieutenant , & compofé de quatre
Sergens , d'un Fourrier , de huit Caporaux , de
huit Appointés , un Tambour & d'autant d'hom❤
mes que les circonftances les requerront. Les
Officiers de ces Régimens feront choifis parmi
ceux qui viennent d'être réformés à l'occaſion
de la Paix , lefquels , en ce cas , & du jour
qu'ils recevront les appointemens , cefferont de
jouir des penfions de réforme qu'ils pourroient
avoir obtenues. Chaque Compagnie fera payée,
fur le pied fuivant ; à chaque Capitaine , 1080
1. par an ; à chaque Lieutenant , 450 1. à chaque,
Sous-Lieutenant , 360 1. à chaque Fourrier , 162 l.,
à chaque Caporal , 138 1. à chaque Appointé, 120.
1. à chaque homme , 102 l. au Tambour, 138.
1. ETAT-MAJOR. Au Commandant de chaque ,
Régiment , 1800 1. à l'Aide- Major , 1080l . au
Sous-Aide-Major, 450 1. au Chirurgien, 300 1. Le
JUILLET. 1763. 171
Lieutenant Général de Police de la Ville de Paris,
pour ce qui rgarde le Régiment de cette Ville ,
& les Intendans des Provinces , feront chargés fupérieurement
de la levée detdits Régimens , de
laquelle ils rendront compte au Secrétaire d'Etat
ayant le Département de la Guerre : ils établiront
à cet effet , un dépôt particulier dans leur Département.
Il y aura dans chaque Ville , Bourg
ou Village dépendant de chaque Généralité , des
prépofés à l'enrôlement & un prépofé principal
dans le chef- lieu où fera établi le dépôt parti
culier. Ces préposés n'employeront , pour les
enrôlemens , ni féduction , ni violence , ni fu
percherie , & n'admettront que des hommes de
dix-fept ans accomplis jufqu'à quarante pendant
la paix , & de l'âge de dix - huit jufqu'à quarante
cinq ans pendant la guerre , de la taille de
cinq pieds un pouce au moins en temps de guer
re , & de cinq pieds deux pouces en temps de
paix. Le temps de fervice fera de huit années ,
pendant lefquelles ils ne pourront s'abfenter fans
congé de leur troupe , à peine d'être pourful
vis & punis comme déferteurs ; & à l'expiration
deſdites huit années , ils auront leurs congés abfolus
en temps de guerre comme en temps de
paix. Si quelqu'un d'entr'eux eft admis à renouveller
fon engagement , il aura pour prix de ce
fecond engagement , fçavoir , 30 liv. à l'expiration
du premier, & 30 1. au commencement de
la cinquième année du fecond. Ces Régimen's fe
conformeront en tout aux Ordonnances concernant
l'Infanterie , mais ils ne feront alujettis ,
en temps de paix , à d'autre fervice qu'à celui
de fournir une garde de Police dans l'intérieur de
leur quartier. Lorfque des hommes de recrue
feront envoyés aux Régimens qui en auront be- ›
€
3
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
foin , il fera adreffé au Commandant du REgiment
de recrue les routes néceffaires pour
conduire lefdits hommes à leur deſtination . Cette
Ordonnance contient plufieurs autres difpofitions
particulieres , concernant le fervice , la dif
cipline , l'habillement , &c. de ces nouveaux Régimens.
Le Duc de Bedfort eft parti d'ici le 9 de ce
mois , pour le rendre en Angleterre. La commiflion
établie au Châtelet pour l'affaire du Canada
, a commencé fes Séances le 7 , pour le
jugement de cette affaire , au rapport du fieur
Dupont , Confeiller au Châtelet , Commiffaire-
Rapporteur de ce Procès.
Le 6 , entre les onze heures & midi , le feu prit
à la falle de l'Opéra & fe communiqua avec une
violence extrême à la partie du bâtiment qui tient
au Palais Royal. L'incendie fit en peu de temps
les plus terribles progrès , & la falle fut prèfque
confumée avant nême qu'il eût été poffible d'apporter
aucun fecours. Bientôt l'aîle de la première
Cour du Palais fut embrafée. Le feu fe communiquoit
au corps du bâtiment neuf & à celui qui
partage les deux cours ; & ce nefut que vers les
quatre heures qu'on parvint à arrêter le progrès
des flammes en mettant bas la charpente par laquelle
l'incendie eût infailliblement gagné l'appartement
du Duc d'Orléans, Le premier foin
dont on s'eft occupé à été d'enlever les Archives
& de mettre en fûreté la collection précieufe
des Tableaux du Palais Royal . Les Cours
& les Jardins de ce Palais étoient remplis de
meubles & d'effets tant du Duc d'Orléans que
des perfonnes qui lui font attachées & dont les
logemens étoient menacés d'embrâſement. Le
comble du grand efcaljer s'eft écroulé vers une
JUILLET. 1763. 173
:
heure & demie heureufement perfonne n'y a
péri. A neuf heures & demie du foir , toure
communication du feu a été coupée . Le foyer
n'étoit plus que dans les machines du Théâtre
de l'Opéra . Le Maréchal Duc de Biron , le
Duc de Chevreufe , le Prévôt des Marchands ,
le Lieutenant de Police , fe font tranfportés fur
le lieu , & ont donné tous les ordres néceffaires.
Les Gardes Françoifes & Suiffes , les Gens de
Police , des Religieux de différens Ordies , &
furtout les Peres Capucins fe font diftingués
par le zèle le plus courageux , par le travail
le plus infatigable. On ne tardera pas à conſtruire
une nouvelle Salle pour l'Opéra ; mais en attendant
, il paroît décidé que l'Académie Royale de
Mufique donnera fes repréſentations au Palais des
Thuilleries fur le Théâtre des machines qu'on
va difpofer pour cet objet.
Le 12 du mois dernier , il y eut à Effoyes
fur l'Ourſe , en Champagne , un incendie confidérable
qui , en moins de cinq heures , réduifit
en cendres deux cens foixante- dix maiſons .
Meubles , effets , denrées , proviſions , près de
de quatorze mille muids , tant de vin que d'eau
de vie , deux troupeaux confidérables de bêtes
à cornes , tour a été confumé : l'Eglife & le
Clocher ont été entiérement détruits , & les Cloches
fondues. Il ne refte fur pied dans tout le
Village que trente & une maiſons. Quatre perfonnes
ont péri dans les flâmes , & quatre autres
font mortes des impreffions du feu. Cet
accident réduit à la dernière mifère douze cens
perfonnes.
Dans la nuit du 12 au 13 , le feu a pris auffi
à une maison du Fauxbourg de Vervins en Thiéraches
, & le progrès des flammes a été fi rapide
H iij
174 MERCURE DE FRANCE .
qu'en quatre heures de temps elles ont confumé
tout ce Fauxbourg & un autre adjacent. Soixantedix
Maifons , neuf Granges pleines , fix Ecuries
particulières , & cinq Tanneries ont été détruites
, ainsi que les Meubles , Grains , Fourages ,
Beftiaux , Marchandifes , & autres effets qui y
étoient renfermés , & quatre perfonnes ont péri
dans les flammes.
Le 12 encore , le feu a pris au Village de Ste
Marie à Py , Election de Retel - Mazarin. Les
flammes étant excitées par la violence du Vent ,
confumèrent en peu de tems vingt - fept Maifons ,
trente & une Granges , & quatre-vingt- trois autres
petits Bâtimens, avec les meubles , les grains
& les provifions qui s'y trouvoient. Trente- cinq
Familles , dont treize de Laboureurs , le trouvent
par cet affreux événement fans habitation &
fans pain.
-
Le vingt - feptiéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel de Ville s'eft fait le 24 Mars , en la
manière accoutumée . Le Lot de cinquante-mille
livres eft échu au numero 98886 , celui de
vingt mille livres au numéro 98 09 , & les
deux de dix mille livres aux numéros 85968 &
97960.
Le 6 de ce mois , on a tiré la Loterie de l'École-
Royale-Militaire. Les numéros fortis de la roue
de fortune , font , 86 , 61 , 2 , 14.7. Le prom
chain tirage fe fera les Mai .
L. Roi ayant reconnu que la conftitution ſolide
qu'il veut donner à fes Troupes , dépend
du premier choix des hommes qui la compoſent ,
a rendu une Ordonnance , datée du premier
Fevrier 1763 , par laquelle Sa Majesté établit
trente & un Régimens de recrue d'un Bataillon
, dans les Provinces de Picardie , de Champagne
, de Rouen , de Caen , d'Alençon , de
Moulins , d'Auvergne , de Flandre & d'Artois ,
de Montauban , d'Auch , de Bordeaux , de Poitiers
, de Lyonnois , de la Rochelle , de Tours,
du Dauphiné , de Paris , de Soiffons , de Limoges
, d'Orléans , de Bretagne , du Pays Melfin
, de Bourges , du Haynaut , d'Alface , de
Rouffillon , du Duché de Bourgogne , de Languedoc
, du Comté de Bourgogne , de la Provence
& de la Lorraine ; & un Régiment de
deux Bataillons de la Ville de Paris ; ces Régimens
feront défignés fous les noms des principales
Villes ou Généralités , & marcheront
entre eux fuivant le rang dans lequel ils font
infcrits ci-après : fçavoir , Régime nt d'Abbeville ,
de Châlons , de Rouen , de Caen , d'Alençon
de Moulins , de Riom , de Lille , de Montauban
, d'Auch , de Bordeaux , de Poitiers , de
Lyon , de la Rochelle , de Tours , de Gre noble
II. Vol.
H
170 MERCURE DE FRANCE .
de Sens , de Soiffons , de Limoges , de Blois ,
de Rennes , de Metz , de Bourges , de Valen
ciennes de Strasbourg , de Perpignan , de Dijon
, de Toulouſe de Befançon , d'Aiz , de
Nancy , & de la Ville de Paris . Chaque Régiment
fera compofé de huit Compagnies , lefquelles
feront commandées chacune , en temps de
paix , par un Capitaine & un Lieutenant , &
compofées de deux Sergens , quatre Caporaux ,
quatre Appointés & un Tambour , & d'un nombre
égal d'hommes proportionnément à celui
dont Sa Majefté aura ordonné chaque année
la levée dans chaque Département ; lefquels
feront exercés dans des quartiers particuliers ,
& mis par-là en état de remplacer les hommes
qui manqueront dans les Troupes de Sa Majefté.
En temps de guerre , chaque Compagnie
fera commandée par un Capitaine , un Lieutenant
& un Sous-Lieutenant , & compofé de quatre
Sergens , d'un Fourrier , de huit Caporaux , de
huit Appointés , un Tambour & d'autant d'hom❤
mes que les circonftances les requerront. Les
Officiers de ces Régimens feront choifis parmi
ceux qui viennent d'être réformés à l'occaſion
de la Paix , lefquels , en ce cas , & du jour
qu'ils recevront les appointemens , cefferont de
jouir des penfions de réforme qu'ils pourroient
avoir obtenues. Chaque Compagnie fera payée,
fur le pied fuivant ; à chaque Capitaine , 1080
1. par an ; à chaque Lieutenant , 450 1. à chaque,
Sous-Lieutenant , 360 1. à chaque Fourrier , 162 l.,
à chaque Caporal , 138 1. à chaque Appointé, 120.
1. à chaque homme , 102 l. au Tambour, 138.
1. ETAT-MAJOR. Au Commandant de chaque ,
Régiment , 1800 1. à l'Aide- Major , 1080l . au
Sous-Aide-Major, 450 1. au Chirurgien, 300 1. Le
JUILLET. 1763. 171
Lieutenant Général de Police de la Ville de Paris,
pour ce qui rgarde le Régiment de cette Ville ,
& les Intendans des Provinces , feront chargés fupérieurement
de la levée detdits Régimens , de
laquelle ils rendront compte au Secrétaire d'Etat
ayant le Département de la Guerre : ils établiront
à cet effet , un dépôt particulier dans leur Département.
Il y aura dans chaque Ville , Bourg
ou Village dépendant de chaque Généralité , des
prépofés à l'enrôlement & un prépofé principal
dans le chef- lieu où fera établi le dépôt parti
culier. Ces préposés n'employeront , pour les
enrôlemens , ni féduction , ni violence , ni fu
percherie , & n'admettront que des hommes de
dix-fept ans accomplis jufqu'à quarante pendant
la paix , & de l'âge de dix - huit jufqu'à quarante
cinq ans pendant la guerre , de la taille de
cinq pieds un pouce au moins en temps de guer
re , & de cinq pieds deux pouces en temps de
paix. Le temps de fervice fera de huit années ,
pendant lefquelles ils ne pourront s'abfenter fans
congé de leur troupe , à peine d'être pourful
vis & punis comme déferteurs ; & à l'expiration
deſdites huit années , ils auront leurs congés abfolus
en temps de guerre comme en temps de
paix. Si quelqu'un d'entr'eux eft admis à renouveller
fon engagement , il aura pour prix de ce
fecond engagement , fçavoir , 30 liv. à l'expiration
du premier, & 30 1. au commencement de
la cinquième année du fecond. Ces Régimen's fe
conformeront en tout aux Ordonnances concernant
l'Infanterie , mais ils ne feront alujettis ,
en temps de paix , à d'autre fervice qu'à celui
de fournir une garde de Police dans l'intérieur de
leur quartier. Lorfque des hommes de recrue
feront envoyés aux Régimens qui en auront be- ›
€
3
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172 MERCURE DE FRANCE.
foin , il fera adreffé au Commandant du REgiment
de recrue les routes néceffaires pour
conduire lefdits hommes à leur deſtination . Cette
Ordonnance contient plufieurs autres difpofitions
particulieres , concernant le fervice , la dif
cipline , l'habillement , &c. de ces nouveaux Régimens.
Le Duc de Bedfort eft parti d'ici le 9 de ce
mois , pour le rendre en Angleterre. La commiflion
établie au Châtelet pour l'affaire du Canada
, a commencé fes Séances le 7 , pour le
jugement de cette affaire , au rapport du fieur
Dupont , Confeiller au Châtelet , Commiffaire-
Rapporteur de ce Procès.
Le 6 , entre les onze heures & midi , le feu prit
à la falle de l'Opéra & fe communiqua avec une
violence extrême à la partie du bâtiment qui tient
au Palais Royal. L'incendie fit en peu de temps
les plus terribles progrès , & la falle fut prèfque
confumée avant nême qu'il eût été poffible d'apporter
aucun fecours. Bientôt l'aîle de la première
Cour du Palais fut embrafée. Le feu fe communiquoit
au corps du bâtiment neuf & à celui qui
partage les deux cours ; & ce nefut que vers les
quatre heures qu'on parvint à arrêter le progrès
des flammes en mettant bas la charpente par laquelle
l'incendie eût infailliblement gagné l'appartement
du Duc d'Orléans, Le premier foin
dont on s'eft occupé à été d'enlever les Archives
& de mettre en fûreté la collection précieufe
des Tableaux du Palais Royal . Les Cours
& les Jardins de ce Palais étoient remplis de
meubles & d'effets tant du Duc d'Orléans que
des perfonnes qui lui font attachées & dont les
logemens étoient menacés d'embrâſement. Le
comble du grand efcaljer s'eft écroulé vers une
JUILLET. 1763. 173
:
heure & demie heureufement perfonne n'y a
péri. A neuf heures & demie du foir , toure
communication du feu a été coupée . Le foyer
n'étoit plus que dans les machines du Théâtre
de l'Opéra . Le Maréchal Duc de Biron , le
Duc de Chevreufe , le Prévôt des Marchands ,
le Lieutenant de Police , fe font tranfportés fur
le lieu , & ont donné tous les ordres néceffaires.
Les Gardes Françoifes & Suiffes , les Gens de
Police , des Religieux de différens Ordies , &
furtout les Peres Capucins fe font diftingués
par le zèle le plus courageux , par le travail
le plus infatigable. On ne tardera pas à conſtruire
une nouvelle Salle pour l'Opéra ; mais en attendant
, il paroît décidé que l'Académie Royale de
Mufique donnera fes repréſentations au Palais des
Thuilleries fur le Théâtre des machines qu'on
va difpofer pour cet objet.
Le 12 du mois dernier , il y eut à Effoyes
fur l'Ourſe , en Champagne , un incendie confidérable
qui , en moins de cinq heures , réduifit
en cendres deux cens foixante- dix maiſons .
Meubles , effets , denrées , proviſions , près de
de quatorze mille muids , tant de vin que d'eau
de vie , deux troupeaux confidérables de bêtes
à cornes , tour a été confumé : l'Eglife & le
Clocher ont été entiérement détruits , & les Cloches
fondues. Il ne refte fur pied dans tout le
Village que trente & une maiſons. Quatre perfonnes
ont péri dans les flâmes , & quatre autres
font mortes des impreffions du feu. Cet
accident réduit à la dernière mifère douze cens
perfonnes.
Dans la nuit du 12 au 13 , le feu a pris auffi
à une maison du Fauxbourg de Vervins en Thiéraches
, & le progrès des flammes a été fi rapide
H iij
174 MERCURE DE FRANCE .
qu'en quatre heures de temps elles ont confumé
tout ce Fauxbourg & un autre adjacent. Soixantedix
Maifons , neuf Granges pleines , fix Ecuries
particulières , & cinq Tanneries ont été détruites
, ainsi que les Meubles , Grains , Fourages ,
Beftiaux , Marchandifes , & autres effets qui y
étoient renfermés , & quatre perfonnes ont péri
dans les flammes.
Le 12 encore , le feu a pris au Village de Ste
Marie à Py , Election de Retel - Mazarin. Les
flammes étant excitées par la violence du Vent ,
confumèrent en peu de tems vingt - fept Maifons ,
trente & une Granges , & quatre-vingt- trois autres
petits Bâtimens, avec les meubles , les grains
& les provifions qui s'y trouvoient. Trente- cinq
Familles , dont treize de Laboureurs , le trouvent
par cet affreux événement fans habitation &
fans pain.
-
Le vingt - feptiéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel de Ville s'eft fait le 24 Mars , en la
manière accoutumée . Le Lot de cinquante-mille
livres eft échu au numero 98886 , celui de
vingt mille livres au numéro 98 09 , & les
deux de dix mille livres aux numéros 85968 &
97960.
Le 6 de ce mois , on a tiré la Loterie de l'École-
Royale-Militaire. Les numéros fortis de la roue
de fortune , font , 86 , 61 , 2 , 14.7. Le prom
chain tirage fe fera les Mai .
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Résumé : Suite des Nouvelles de VERSAILLES.
En février 1763, le roi de France a émis une ordonnance visant à renforcer les troupes en créant trente-et-un nouveaux régiments de recrues, chacun composé d'un bataillon. Ces régiments portent les noms des principales villes ou généralités et sont organisés par ordre de rang. Chaque régiment est structuré en huit compagnies, dirigées par des officiers et des sous-officiers. Les effectifs varient selon les périodes de paix ou de guerre. Les officiers sont sélectionnés parmi ceux récemment réformés, ce qui entraîne la perte de leurs pensions de réforme. Les soldats doivent avoir entre 17 et 40 ans en temps de paix, et entre 18 et 45 ans en temps de guerre, avec une taille minimale de cinq pieds un pouce en temps de guerre et de cinq pieds deux pouces en temps de paix. Le service militaire dure huit ans, avec des congés absolus à l'expiration de cette période. Des dispositions spécifiques concernent le service, la discipline et l'habillement de ces nouveaux régiments. Par ailleurs, plusieurs incidents notables ont été rapportés. Le 6 juillet, un incendie a détruit une partie de l'Opéra et menacé le Palais Royal à Paris. Les secours ont permis de sauver les archives et les tableaux précieux. Le même mois, des incendies ont ravagé les villages d'Effoyes en Champagne, de Vervins en Thiérache, et de Sainte-Marie à Py, causant des destructions massives et des pertes humaines. Enfin, les résultats des tirages de la loterie de l'Hôtel de Ville et de l'École Royale Militaire ont été annoncés, avec des gains allant jusqu'à cinquante mille livres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14
p. 191-192
De COPPENHAGUE, le 3 Décembre 1763.
Début :
Le Président Ogier, Ambassadeur de France en cette Cour, remit, le 20 du mois [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, Majesté très chrétienne, Épée d'or, Capitaine, Service, Distinction, Valeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De COPPENHAGUE, le 3 Décembre 1763.
De COPPENHAGUE , le 3 Décembre 1763 .
Le Préfident Ogier , Ambaffadeur de France.
en cette Cour , remit , le 20 du mois dernier ,
au nom de Sa Majefté Très- Chrétienne , une
épée d'or au fieur Laub , Capitaine- Lieutenant
de la Marine Danoife , lequel a fervi avec diftination
pendant la derniere guerre dans la Marine
de France . Des fept Officiers Danois qui ont
été admis à fervir conjointement avec les Offi192
MERCURE DE FRANCE .
ciers François , le fieur Laub eft le quatrième qui
air reçu des marques diftinguées de la bienveillance
de Sa Majesté Très- Chrétienne ; deux autres
ont été tués en combattant avec vvaleur fur
les Vailleaux François , & un troifiéme eft mort
ici peu de temps après fon retour en cette Ca- cette Capitale.
Le Préfident Ogier , Ambaffadeur de France.
en cette Cour , remit , le 20 du mois dernier ,
au nom de Sa Majefté Très- Chrétienne , une
épée d'or au fieur Laub , Capitaine- Lieutenant
de la Marine Danoife , lequel a fervi avec diftination
pendant la derniere guerre dans la Marine
de France . Des fept Officiers Danois qui ont
été admis à fervir conjointement avec les Offi192
MERCURE DE FRANCE .
ciers François , le fieur Laub eft le quatrième qui
air reçu des marques diftinguées de la bienveillance
de Sa Majesté Très- Chrétienne ; deux autres
ont été tués en combattant avec vvaleur fur
les Vailleaux François , & un troifiéme eft mort
ici peu de temps après fon retour en cette Ca- cette Capitale.
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Résumé : De COPPENHAGUE, le 3 Décembre 1763.
Le 3 décembre 1763, à Copenhague, l'ambassadeur de France Ogier remit une épée d'or au capitaine danois Laub pour ses services distingués dans la Marine française. Sept officiers danois avaient servi avec les Français, deux étaient morts au combat, et un autre après son retour.
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15
p. 207-208
SERVICES.
Début :
Le 10 Février, on célébra dans l'Eglise Paroissiale de Notre-Dame à Versailles, [...]
Mots clefs :
Célébration, Église paroissiale, Versailles, Service, Famille royale, Cérémonies, Évêque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SERVICES.
S E R V I C E S.
Le 1o Février, on célébra dans l'Egliſe Paroiſ- .
ſiale de Notre-Dame à Verſailles, un Service pour
feue Madame Henriette de France; la Reine y aſſiſ
ta, ainſi que Monſeigneur le Dauphin , Madame
Adélaïde , & Meſdames Sophie & Louiſe.
Le 11 , on célébra, avec les cérémonies accou
mées, le Service annuel fondé par le Roi dans
l'Abbaye Royale de S.Denis en France , pour feue
Madame Henriette L'Evêque de Meaux, premier
Aumônier de cette Princeſſe, y aſſiſta, ainſi que la
Ducheſſe de Beauvilliers, Dame d'Honneur, le
Baron de Montmorency, Chevalier d'Honneur,
le Marquis de Lhôpital, premier Ecuyer, & les au- -
2o8 MERCURE DE FRANCE.
tres Dames & Officiers de la Maiſon de feue Ma
dame.
Le 1o Février, on célébra dans l'Egliſe Paroiſ- .
ſiale de Notre-Dame à Verſailles, un Service pour
feue Madame Henriette de France; la Reine y aſſiſ
ta, ainſi que Monſeigneur le Dauphin , Madame
Adélaïde , & Meſdames Sophie & Louiſe.
Le 11 , on célébra, avec les cérémonies accou
mées, le Service annuel fondé par le Roi dans
l'Abbaye Royale de S.Denis en France , pour feue
Madame Henriette L'Evêque de Meaux, premier
Aumônier de cette Princeſſe, y aſſiſta, ainſi que la
Ducheſſe de Beauvilliers, Dame d'Honneur, le
Baron de Montmorency, Chevalier d'Honneur,
le Marquis de Lhôpital, premier Ecuyer, & les au- -
2o8 MERCURE DE FRANCE.
tres Dames & Officiers de la Maiſon de feue Ma
dame.
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Résumé : SERVICES.
Le 1er février, un service religieux en mémoire de Madame Henriette de France eut lieu à l'église paroissiale de Notre-Dame à Versailles. La Reine, le Dauphin, Madame Adélaïde et Mesdames Sophie et Louise y assistèrent. Le 11 février, un service annuel fut célébré à l'Abbaye Royale de Saint-Denis. L'évêque de Meaux, la Duchesse de Beauvilliers et d'autres personnalités y participèrent.
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16
p. 149-150
De NAPLES, le 11 Août 1764.
Début :
Le Supérieur du Couvent de la Trinité des Espagnols a été assassiné [...]
Mots clefs :
Couvent de la Trinité, Assassinat, Religieux, Service, Coupables, Soupçons, Coups de couteau, Criminels
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De NAPLES, le 11 Août 1764.
De NAPLES , le 11 Août 17640
Le Supérieur du Convent de la Trinité des Epagnols
a été affaffiné la nuit du 8 au 9 de ce
mois par quatre Religieux qui compofcient avec
lui ce Monaftere. Le lendemain , à la pointe du
jour , ces fcélérats defcendirent le corps dans
l'Eglife , préparerent fon Catafalque & commencerent
le Service . Des Gens du voifinage qui avoient
entendu pendant la nuit dés cris venans de la
Chambre du Supérieur , ayant our dire le matin
que ce Religieux étoit mort d'un coup de fang ,
conçurent des foupçons & allerent faire leurs
dépofitions chez le Nonce . On envoya des Gardes
& un Médecin au Couvent ; le Cadavre fut découvert
, & l'on trouva qu'il avoit reçu vingtfix
coups de couteau , & que les plaies avoient
été bouchées avec de la cire . Les quatre Criminels
furent conduits dans les prifons de la Non-
Giij..
150 MERCURE DE FRANCE.
ciature , & l'on inftruit actuellement leur procès.
Le Supérieur du Convent de la Trinité des Epagnols
a été affaffiné la nuit du 8 au 9 de ce
mois par quatre Religieux qui compofcient avec
lui ce Monaftere. Le lendemain , à la pointe du
jour , ces fcélérats defcendirent le corps dans
l'Eglife , préparerent fon Catafalque & commencerent
le Service . Des Gens du voifinage qui avoient
entendu pendant la nuit dés cris venans de la
Chambre du Supérieur , ayant our dire le matin
que ce Religieux étoit mort d'un coup de fang ,
conçurent des foupçons & allerent faire leurs
dépofitions chez le Nonce . On envoya des Gardes
& un Médecin au Couvent ; le Cadavre fut découvert
, & l'on trouva qu'il avoit reçu vingtfix
coups de couteau , & que les plaies avoient
été bouchées avec de la cire . Les quatre Criminels
furent conduits dans les prifons de la Non-
Giij..
150 MERCURE DE FRANCE.
ciature , & l'on inftruit actuellement leur procès.
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Résumé : De NAPLES, le 11 Août 1764.
Le 9 août 1764, le supérieur du couvent de la Trinité des Espagnols à Naples a été assassiné par quatre religieux. La nuit précédente, ils l'ont tué avant de préparer les funérailles. Des voisins ont alerté le nonce après avoir entendu des cris. Le médecin a découvert vingt-six coups de couteau sur le cadavre. Les coupables sont incarcérés et leur procès est en cours.
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