Résultats : 5 texte(s)
Accéder à la liste des mots clefs.
Détail
Liste
1
p. 2017-206
Mariages, [titre d'après la table]
Début :
Le 20e May, Mr le Marquis de Mont-rond chef de la maison [...]
Mots clefs :
Époux, Contrat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariages, [titre d'après la table]
Le i,oc May, Mr le Marquis
de Monc-rond chef de la
Maison Saint Germain d'Apchon, épousa à Lyon Mlle de
Corgenon fille du Baron dece
nom, Gentilhomme de Bresse.
Ce Marquis descend d'une
sœur du Maréchal de S. André,
tué à la Bataille de Dreux,
& S. André belle Terre, est
dans leur Maison depuis ce
temps-là.
En 1302. l'un des Ancêtres
du nouvel Epoux fit une transaction avec le Comte de Fores,
dans laquelle il prenoit la ^sa-ilire de haut ôc puissant Seigneur qui dans ces tempsne se
d onnoit qu'aux perfonne^tresillustrées
,
ou par l'ancienneté
de leur Noblesse ou par, 1élévation de leur dignnité. Ces
nouveaux Epoux font universellement estimez
,
le jeune
Cavalier ayant beaucoup de
poliressfe & de sage conduite,
/>{. la Dlle ayant tous les agremens du corps & dePcfprit,<5c
une régularité qui la fait prttposer pour exemple dans ces
Provinces. La lecture de tous
les ouvragesd'esprit dit tcinps,
n'afaitquecultiver k. sien sans
le faflcr comme il arriveà
quelques personnes de son
sexe. On ne connoist point
qu'elle soit remplie de cette
lecture, que lorsque la corrtptaitanccia force d'en faire
part aux autres.
Mr le Baron de Corgenon
pere de la Dlle a
esté longtempsSyndic de la Noblesse de
Srcfle. Il estde l'ancienne Mai-
-
sondes Chappuis,originaires
de Çoindrieu,& qui jounToient
de le qualité de Nobles dés le
•14°fiect, comme on le justifie -
par Le contrat, de Mariagede
1
Noble Loüis de Chappuis, fils
de Noble Pierre de Chappuls,
en datte du 14. Janvier 1395"
d'eux sortirent diverses branches) celle de Mr le Baron deCorgenon établie en Bresse,
celle de Mr de la Foy, &celle
de Mrde Magniola. Il y en a
une autre en Dauphiné, d'où
Mrs de Bionas, dePassins,de
Bienaffis & de Pommier font
sortis. Thomas de Chappuis
laissa par[Qn Testament fait en
Jfl7. des pensions viagèresà
deux de ses filles Religieuses à
Montfleury prés de Grenoble
où il n'entre que des Demoi-
selles. Pierre de Chappuisde
Bionas épousaen 1606. Marguerite de Difimieu, fille de
haut & puissant Seigneur Ccsar, Chevalier Seigneur de Difilnicl:1, &c. Gouverneur de
Vienne. Une autre branche de
cette Maison s'etf établie à
Toulouse.Le Commandant
de la Citadelle de Perpignan,
un des plus honnêtes hommes
du Royaume en est sorti.
Mr le Comte de Gaffé, fils
de Mr le Maréchal de Matignon, a
épousé Mlle de Château renault fille du Maréchal
de ce nom. Mr de Matignon a
prié le Roy de trouver bon
qu'il donnast au Marquis de
Gaffé son fils, le Gouvernement qu'il avoir dans le Pays
,
d'Artois. Sa Majesté l'a agréé,
& luy a
confirmé le même
Brevet de retenuë qu'il avoit
defliis.
de Monc-rond chef de la
Maison Saint Germain d'Apchon, épousa à Lyon Mlle de
Corgenon fille du Baron dece
nom, Gentilhomme de Bresse.
Ce Marquis descend d'une
sœur du Maréchal de S. André,
tué à la Bataille de Dreux,
& S. André belle Terre, est
dans leur Maison depuis ce
temps-là.
En 1302. l'un des Ancêtres
du nouvel Epoux fit une transaction avec le Comte de Fores,
dans laquelle il prenoit la ^sa-ilire de haut ôc puissant Seigneur qui dans ces tempsne se
d onnoit qu'aux perfonne^tresillustrées
,
ou par l'ancienneté
de leur Noblesse ou par, 1élévation de leur dignnité. Ces
nouveaux Epoux font universellement estimez
,
le jeune
Cavalier ayant beaucoup de
poliressfe & de sage conduite,
/>{. la Dlle ayant tous les agremens du corps & dePcfprit,<5c
une régularité qui la fait prttposer pour exemple dans ces
Provinces. La lecture de tous
les ouvragesd'esprit dit tcinps,
n'afaitquecultiver k. sien sans
le faflcr comme il arriveà
quelques personnes de son
sexe. On ne connoist point
qu'elle soit remplie de cette
lecture, que lorsque la corrtptaitanccia force d'en faire
part aux autres.
Mr le Baron de Corgenon
pere de la Dlle a
esté longtempsSyndic de la Noblesse de
Srcfle. Il estde l'ancienne Mai-
-
sondes Chappuis,originaires
de Çoindrieu,& qui jounToient
de le qualité de Nobles dés le
•14°fiect, comme on le justifie -
par Le contrat, de Mariagede
1
Noble Loüis de Chappuis, fils
de Noble Pierre de Chappuls,
en datte du 14. Janvier 1395"
d'eux sortirent diverses branches) celle de Mr le Baron deCorgenon établie en Bresse,
celle de Mr de la Foy, &celle
de Mrde Magniola. Il y en a
une autre en Dauphiné, d'où
Mrs de Bionas, dePassins,de
Bienaffis & de Pommier font
sortis. Thomas de Chappuis
laissa par[Qn Testament fait en
Jfl7. des pensions viagèresà
deux de ses filles Religieuses à
Montfleury prés de Grenoble
où il n'entre que des Demoi-
selles. Pierre de Chappuisde
Bionas épousaen 1606. Marguerite de Difimieu, fille de
haut & puissant Seigneur Ccsar, Chevalier Seigneur de Difilnicl:1, &c. Gouverneur de
Vienne. Une autre branche de
cette Maison s'etf établie à
Toulouse.Le Commandant
de la Citadelle de Perpignan,
un des plus honnêtes hommes
du Royaume en est sorti.
Mr le Comte de Gaffé, fils
de Mr le Maréchal de Matignon, a
épousé Mlle de Château renault fille du Maréchal
de ce nom. Mr de Matignon a
prié le Roy de trouver bon
qu'il donnast au Marquis de
Gaffé son fils, le Gouvernement qu'il avoir dans le Pays
,
d'Artois. Sa Majesté l'a agréé,
& luy a
confirmé le même
Brevet de retenuë qu'il avoit
defliis.
Fermer
Résumé : Mariages, [titre d'après la table]
Le 1er mai, le Marquis de Monc-rond, chef de la Maison Saint-Germain d'Apchon, épousa à Lyon Mademoiselle de Corgenon, fille du Baron de Corgenon, Gentilhomme de Bresse. Le Marquis descend d'une sœur du Maréchal de Saint-André, tué à Dreux. En 1302, un ancêtre du Marquis conclut une transaction avec le Comte de Fores, obtenant le titre de haut et puissant Seigneur. Les époux sont universellement estimés pour leur politesse, sagesse et agréments. Le Baron de Corgenon, syndic de la noblesse de Serfle, appartient à la Maison des Chappuis, nobles depuis le 14e siècle. Cette Maison a plusieurs branches, dont celle de Monsieur de Corgenon en Bresse et celle de Monsieur de la Foy. Le Comte de Gaffé, fils du Maréchal de Matignon, épousa Mademoiselle de Château-Renault, fille du Maréchal de ce nom. Le Maréchal de Matignon obtint du Roi la confirmation du gouvernement du Pays d'Artois pour son fils, le Marquis de Gaffé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2
p. 156-166
EXTRAIT de la Gazette de Cithere, le 4. Decembre 1713.
Début :
Un Envoyé du brillant Hymenée [...]
Mots clefs :
Hyménée , Vénus, Plaisirs, Beauté, Jeunesse, Flore, Amour, Mariée , Contrat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT de la Gazette de Cithere, le 4. Decembre 1713.
EXTRAIT
dela Gazette de Cithere,
le4. Decembre 1713.
Un Envoyédu brillant
Hymenèe
Paré defleurs, ût audiance
icy,
Venus étantdes Ris environnée
Ilfuat adlmnisàjileu.r.parler
Depuisl'Hymen de cel-
,
le dontla coupe
Fait l'enjouëment de la
table des Dieux;
PourcaJ pareil,sijamais
<vojlretroupe
SçûsanimerlesPlaisirs&
lesJeux,
Quelle y travaille avec tinfoinextreme3
Un jeune objet dans nos
rets efl tombé'
Aux yeux d'Hercule il
paroistroit Hebé,
Et je l'ay pris pour la
Jeunesse même;
Il a l'éclat de Flore au renouveau
Et de l' Aurore en ouvrant
sa Cariere,
Beauténaissante& reçue
au berceau
Ensurvivance auxappas
delaMere:
Sa Merefçutl'artdefer*
petuer
Ses traits charmans dans
sa bellefamille,
Lorsqu'ellefit bonne part à
safille
De les attraits sans les
diminuer:
Ainsi des mois l'inégale
Courriere
Et de ses feux, les autres
feux témoins
Du blond Phoebus em«.
prunte la lumiere
Tant que jamais Phoebus
en brille moins.
Le jeune objet que l'Hy.
1 "llnCe engage
Sous nul empire encore n'a
flechi,
Et cent beautez., fesoient
un douxpartage
De centtresorsdontilest
enrichi;
Il estluiseul plus maistre
en l'art de plaire
Que vostroisSoeurs, les
JHufes toutes neuf,
Pour dire plus, cejl trait
pour traitfa Mere.
A ce portrait ceji la jeune
Pleneuf
1 Dîtsurlechamp la Reine
D'*dmathonte9
C'estse moquer,c'est If-.
vant lasaison
Allerunir les jeuxà la
raison,
Et l'Hymenêe en devroit
avoir honte;
Dans mon couroux qu'estce
qui me retient
L'Ingrat qu'ilest, que je
ne le querelle;
Ravirsi-tost a. mais
il me souvient
Qu'encor sa Mereétoit
plus jeune qu'elle
Quand par l'amour son
contratfut signe,
Contrat si bon au bien de
nos affaires
Qj£à cet Hymen, ma samilleagagné
Une recrue deSoeurs
de freres,
Lajeune Iris ne m'en promet
pas moins;
Cherche l' Amour, q'iit
s'aime qu'ilj'apprëte,
Arelever l'Hymen de
tous ses soins,
Qu'il aide seulse mêler de
laseste,
Sur-tout au cas que la première
nuit
Le même toit mere &
fillerassemble;
jiti grand raport qu'ont
leurs attraits ensemble
L'Hymenpourroitse méprendrede
lit; -
Il passeroit pour d'autant
moinscoupable,
En commetant cette erreur
auflambeau
Qu'en pleinmidy duSoleil
le plus beau
Qui laseroit,seroitfort
pardonable;
On ne devroit qu'après
mûr examen
Marierfille ayantsijeune
mere
Etsans le soin que je
prend du mistere
Quel qui pro quo pouroit
faire l'Hymen.
jîllezj, mon fils, réglée
bien toutes choses,
Die- Citheréeàl'enfantamtiiïreux,
Venezcueillir sur mes le~
rvres de roses
Un doux basser pour ces
époux heureux;
Que ce baiser les remplisse
deflame,
Qui'l soit suivi du plus
fort de vos traits,
Et que portant jufyuau
fondde leurame
Ily demeure &m'enforte
jamais;
Et vous Seigneur,ditesà
l'Hymenee
Que s'il formoit toujours
depareils noeuds
Saplace ici luiseroit dcfi*
gné,e/
Avecles Ris, les Graces(7
lesFeux..
dela Gazette de Cithere,
le4. Decembre 1713.
Un Envoyédu brillant
Hymenèe
Paré defleurs, ût audiance
icy,
Venus étantdes Ris environnée
Ilfuat adlmnisàjileu.r.parler
Depuisl'Hymen de cel-
,
le dontla coupe
Fait l'enjouëment de la
table des Dieux;
PourcaJ pareil,sijamais
<vojlretroupe
SçûsanimerlesPlaisirs&
lesJeux,
Quelle y travaille avec tinfoinextreme3
Un jeune objet dans nos
rets efl tombé'
Aux yeux d'Hercule il
paroistroit Hebé,
Et je l'ay pris pour la
Jeunesse même;
Il a l'éclat de Flore au renouveau
Et de l' Aurore en ouvrant
sa Cariere,
Beauténaissante& reçue
au berceau
Ensurvivance auxappas
delaMere:
Sa Merefçutl'artdefer*
petuer
Ses traits charmans dans
sa bellefamille,
Lorsqu'ellefit bonne part à
safille
De les attraits sans les
diminuer:
Ainsi des mois l'inégale
Courriere
Et de ses feux, les autres
feux témoins
Du blond Phoebus em«.
prunte la lumiere
Tant que jamais Phoebus
en brille moins.
Le jeune objet que l'Hy.
1 "llnCe engage
Sous nul empire encore n'a
flechi,
Et cent beautez., fesoient
un douxpartage
De centtresorsdontilest
enrichi;
Il estluiseul plus maistre
en l'art de plaire
Que vostroisSoeurs, les
JHufes toutes neuf,
Pour dire plus, cejl trait
pour traitfa Mere.
A ce portrait ceji la jeune
Pleneuf
1 Dîtsurlechamp la Reine
D'*dmathonte9
C'estse moquer,c'est If-.
vant lasaison
Allerunir les jeuxà la
raison,
Et l'Hymenêe en devroit
avoir honte;
Dans mon couroux qu'estce
qui me retient
L'Ingrat qu'ilest, que je
ne le querelle;
Ravirsi-tost a. mais
il me souvient
Qu'encor sa Mereétoit
plus jeune qu'elle
Quand par l'amour son
contratfut signe,
Contrat si bon au bien de
nos affaires
Qj£à cet Hymen, ma samilleagagné
Une recrue deSoeurs
de freres,
Lajeune Iris ne m'en promet
pas moins;
Cherche l' Amour, q'iit
s'aime qu'ilj'apprëte,
Arelever l'Hymen de
tous ses soins,
Qu'il aide seulse mêler de
laseste,
Sur-tout au cas que la première
nuit
Le même toit mere &
fillerassemble;
jiti grand raport qu'ont
leurs attraits ensemble
L'Hymenpourroitse méprendrede
lit; -
Il passeroit pour d'autant
moinscoupable,
En commetant cette erreur
auflambeau
Qu'en pleinmidy duSoleil
le plus beau
Qui laseroit,seroitfort
pardonable;
On ne devroit qu'après
mûr examen
Marierfille ayantsijeune
mere
Etsans le soin que je
prend du mistere
Quel qui pro quo pouroit
faire l'Hymen.
jîllezj, mon fils, réglée
bien toutes choses,
Die- Citheréeàl'enfantamtiiïreux,
Venezcueillir sur mes le~
rvres de roses
Un doux basser pour ces
époux heureux;
Que ce baiser les remplisse
deflame,
Qui'l soit suivi du plus
fort de vos traits,
Et que portant jufyuau
fondde leurame
Ily demeure &m'enforte
jamais;
Et vous Seigneur,ditesà
l'Hymenee
Que s'il formoit toujours
depareils noeuds
Saplace ici luiseroit dcfi*
gné,e/
Avecles Ris, les Graces(7
lesFeux..
Fermer
Résumé : EXTRAIT de la Gazette de Cithere, le 4. Decembre 1713.
La Gazette de Cithère du 4 décembre 1713 relate une scène où l'Hyménée, dieu du mariage, est accueilli par Vénus et les Rires. L'Hyménée évoque une coupe qui réjouit la table des Dieux et exprime le désir de retrouver les plaisirs et les jeux. Il mentionne un jeune individu comparé à Hébé et à la jeunesse, avec la beauté de Flore et de l'Aurore, et des attraits hérités de sa mère. Ce jeune individu, non encore soumis à un quelconque empire, possède cent beautés et est comparé à la jeune Pleneuf, reconnue par la Reine d'Amathonte. L'Hyménée exprime son courroux mais se souvient que la mère du jeune individu était plus jeune lorsqu'elle s'est mariée par amour, ce qui a bénéficié à sa famille. Il appelle l'Amour à l'aider, surtout dans les cas où la première nuit assemble mère et fille sous le même toit, pour éviter toute erreur. Il conseille de bien examiner avant de marier une fille ayant une mère jeune. Enfin, il invite l'enfant amoureux à cueillir un baiser sur les lèvres de Cithérée pour les époux heureux, afin que ce baiser les remplisse de flamme et demeure à jamais dans leur âme.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3
p. 225-249
LA BELLE LAIDE ou la Duperie de Bretagne, Avanture de l'an passé.
Début :
En une Ville de basse Bretagne brilloit, malgré sa laideur [...]
Mots clefs :
Bretagne, Marquis, Baron, Magistrat, Mariage, Duperie, Dot, Laideur, Amour, Stratagème, Sincérité, Contrat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA BELLE LAIDE ou la Duperie de Bretagne, Avanture de l'an passé.
LABELLEL.AIDE
ou la Duperie de Bretagne
,
Avanture de
l'an passé. -
ENuneVille de basse
Bretagne brilloit, malgré
sa laideur,une fille
de condition, c'estoit un
prodige; car avec des
traits, dont la description
auroit donnél'idée
d'une très-laide personne,
elle avoit desja fait
de très-fortes passions.
Elle avoit les yeux petits,
le _fi.ont étroit, le nez
court & relevé, la bouche
fort grande, mais de
belles dents, un rire agréable,
un air de vivacité
répandu dans tous
les traits, la rendoient la
plus piquante personne
du la Province, en forte
qu'on la nommoit par
singularité la belle laide.
UnMarquis passionnément
amoureux d'elle,
mais qui n'avoit pas aiIèz
de bien pour l'épouser,
elle qui n'en avoit point
du tout, fit une campagne
dans la marine, Se
rencontra en plusieurs
endroits un Baron negociantqui
avoit fait plusieurs
voyages sur mer
moitié guerre,moitié
marchandise, &C n'avoit
réüssi ny à l'un ny a.rau"
tre,estant tres-pesant de
genie.Ayant fort peu de
sens& de hardiesse il perdit
par avarice beaucoup
d'occasions de gagner. Il
avoit mis sur un vaisseau
quelque argent, ce vaisseau
ayant peri, il se dégoutta
du negoce, & resolut
de revenir sur son
pallier où il vivoit dans
une de fès terres fort engagée
par les pertes qu'il
avoit faites. Ce Barcn
devenu très-mal aisé,pria
fès amis de luy chercher
quelque femme jeune ou
vieille, belle ou laide,
vertueuse ou non >
pourvû
qu'elle luyapportast
de l'argent comptant. Il
ne luy importoit
, cette
espece d'aviscirculaire
qu'il donnoit à la Province
du besoin qu'il avoit
de se marier
,
vint aux
oreilles du Marquis, qui
trouva dans la bourse de
ses amis dix mille écus
d'argent comptant, avec
lesquels il medita de faire
la fortune de sa belle laide
& la sienne en la maoiere
que vous allez voir,
& à l'occasiond'une Lettre
qu'il receut de Cadis
en ce temps-là.
Un amy du Marquis
qui l'avoit veu à Cadis
avec le Baron, & qui estoit
alors à Cadis où un
ancien associé du Baron
estoit en peine de sçavoir
ce qu'il estoit devenu,
écrivit au Marquis de
luy faire sçavoir si le Baron
estoit en Bretagne,
& luy manda par occailon
que c'estoit pour luy
donner avis que son ancien
associé avoit recouvert
depuis peu sur les
debris de ce Vaisseau qui
avoit pery, plusieurs effets,
qui pour la part du
Baron se montoient à peu
présàcinquante mille
écus. Sur cette Lettred'avis)
ce Marquis qui eût
esté assez passablement
honneste homme s'il eût
esté riche
, &C s'iln'eût
point esté amoureux, oublia
en ce moment l'exade
probité pour le rendre
legitimemaistre de
cescinquante mille écus,
en profitant de la betise
&dela paressedu Baron.
Voicyce qu'ilfitdeconcert
avec sa belle laide.
Une fille plus vieille
que jeune,& réellement
trés
-
laide, les seconda
dans cette intrigue:elle
alla trouverun Magistrat
de la Ville de homme
aisé à tromper, parce
qu'il estoit bon & charitable
table, elle luy dit qu'estant
de famille delicate
sur l' honneur, elle seroit
assomée par deux brutaux
de freres qu'elle avoit,
si elle ne se marioit
au plus viste, parce que,
disoit-elle
, pour sauver
son honneur elle n'avoit
point de temps à perdre;
& pour faire croire qu'elle
avoitraison de se presser,
elle avoit un peu outré
son deshabillé&
garni son corset. Le Magiftrat
eutpeine à estre
desabusé de la sagesse de
lafille, parce qu'elle estoit
d'une laideur à rester
fage toute sa viemalgré
qu'elle en eust. Enfin le
Magistrat luy promit de
proposer au Baron les dix
mille écus qu'elle offrit,
& de disposer adroitement
le Baron à la prendre
en deshabillé en faveur
des dix mille écus;
& il fut resolu, qu'on
addresseroit leBaronchez
une Dame avec qui elle
logeoit, & qu'on luy
diroit d'y aller incognito
fous quelqueprétexte,
pour voir si la laideur ne
le rebuteroit point.
Deux jours aprés le
Baronalla de la part du
Magistrat chez l'hofleffe
intrigantedecette entreveuë
qui l'entretint un
moment de la laideur singuliere
de la fille à marier
,luy disant qu'elle ne
laissoit pas d'avoir quelque
agrément. Enfin, elle
luy fit voir la belle laide
au lieu de la laide laide:
d'abord le Baron en
fut charmé
,
& il en devint
passionnément amoureux.
A la seconde
visite il fit confidence de
son amour au Magistrat
qui avoit entendu quelquefois
parler de la belle
laide, & qui estant un
bon homme fort retiré,
la confondit avec la laide
laide qu'il avoit vue. Il
ne pouvoit pourtant
s'empescher d'admirer
comment le Baron en estoit
devenu amoureux ;
& le Baron luy répondoit
qu'en effet elle n'avoit
pas les traits beaux,
mais qu'elle l'avoit charmé.
Le Magistrat n'ayant
nul interest d'approfondir
d'avantage ce qui
pro quo, luy dit que
puisqu'il estoit content
il n'avoitqu'à convenir
de ses faits, & qu'il iroit
signer le contrat, mais
que puifqu'il s'estoitentremis
pour ce mariage,
qu'il prit bien garde à ne
luy pas donner parole
mal - à- propos, & à ne
luy point faire de reproches
dans la suite; qu'il
ne luy garantiffoit la fille
qu'à l'égard des dix mille
écus. LeBaron protesta
qu'il estoit dans une impatience
extrême
,
Se que
dés le lendemain on termineroit.
- Le Magistrat qui set
toit informé à quelqu'un
qui estoitla belle laide,
avoit esté instruit qu'un
Marquis en estoit devenu
fort amoureux; & sans
sortir de son erreur l'a
crut tousjours la mesme
qui l'estoit venu trouver.
Le jour fut pris enfin
pour le - lendemain
, &
enprenant ce dernierrendez
vous la laide belle
qui avoittousjours imité
le deshabiller dontl'autre
avoit dit la cause au Magistrat,
affectasurtout ce
jour-là del'estaller encore
davantage, en mesme
temps que ses charmes
achevoient de déterminer
le Baron à supporter les
malheurs qu'on luyavoit
fait pressentir
,
& qu'il
avoit à demy preveu,
comme nous l'avons dit.
Il estoit donc passionnément
amoureux, & n'avoit
sur l'amour qu'une
delicatesse basseBretonne.
Vous
Vdousoavezveu Gi;3 le bonne &>y;*
qui la donnoit au^Bai'ard
avoit estétrompé luymesme
par le manege de
la laide, &qu'il ne s'étoit
point trouveauxieh-f>
trevuësde la belle laide
&C du Baron, ce qui causace
qui pro quo que
vous verrez dans lafuite;l
La belle laide cruë enceinte
par le Baron, signa,
lapremièreune promessè
de mariage fous sein privé,
&C feignant après
avoir écrit son nom, une
honte subite 6C un remors
d'avoir à se reprocher
de ne pas avouer
franchementàson époux
qu'elle n'avoir pas un
coeur tout neuf, le tira à
quartier dans un coin de
la chambre, & luy avoüa
les yeux en pleurs, qu'il
feroit obligé de fairedans
troismoisladépensed'un
Baptême. Le Breton enchanté
de la beauté & de
la sinceritéde sa nouvelle
épouse
,
pleura aussi de
son costé, & enfuitevint
signer la promesse qu'ils
avoient quittée de vûë.
On attendoit avec impatience
,
disoit on,le Magistrat
qui devoit signer
comme témoin. Dans
cette impatiencel'épouse
monta en carrosse pour
eller au devant de luy, &C
quelque temps après on
vit revenir avec le Magistrat
la laide laide, qui
du plus loin qu'elle vit le
Baron courut l'embrasser
comme époux. M.le Baron
voyant cet épouvantail,
s'éstonna
,
setroubla,
& jura bas Breton que ce
n'estoit point la celle qui
avaitsigné : ceux qui estoient
du complot luy dirent
qu'il extravaquoit,
& le Magistrat qui n'avoit
jamaisveu que celle-
là, le crut réellement
extravagant,quandilluy
jura que celle à qui il setoit
mariéestoitcharmante.
Voicy commenton la
voit escamotée pour luy
substituer la laide affreuse.
La belle après avoir
signé un papier, avoit
occupé les yeux 6c le
coe) ur du Baron, pendant
qu'on substitua un
Wrc papier où celle-cy
avoit réellement
-
signé,
-&cestoit ce dernier que
le Baronavoit signéaussi,
ensortequ'il estoit rnai'ié
avec la laide qui luy apportoit
à ce qu'il crut ui*
enfanten mariage.D'ailleurs
les dix mille écus estoient
réellement sur table
,
& c'est ce qui tenoit
au coeur du Baron à qui
on proposa que si ce mariage
ne luy convenoit
pas qu'on pouvoitannullex
l'affaire. Comme on
vit qu'ilnepouvoit se refoudre
ny à lascher les
trente mille francs ny à fè
charger de la laide enceinte,
le Marquis qui
-èftOlt present luy fit une
proposition en ces termesf
Rien n'est plus vray- ,
Monsieur, que tout ce
qu'on vous 3. dit, &je
fuis passionnément amoureux
de cette belle
laide,& si amoureux ,
que j'avaisdessein de
l'emmener à Cadis. Vous
avez euautrefois quelque
actionsurun vaisseau qui
apery, si vous voulezme
ceder la part que vous y
av ez, j'iray denleÍlcI: làies
cequ'onpourroit en
civo r sauvé, & à tout hazard
je vous lâisse ces dix
mille écus d'argent com-
-ptspt& jcod"a& charge
.ducciitràti'j Letraité fut
conclu, &cequele Baron,
ceda au Marquis se
trouva assez considerable
pour servir de dor à» sa
bcitc maistresse oui n'avoit
jamais commis aucui-
ie faute contre sr*on honneur, mais bien contre
la sincerité en trompant
le Magistrat& le
Baron.
ou la Duperie de Bretagne
,
Avanture de
l'an passé. -
ENuneVille de basse
Bretagne brilloit, malgré
sa laideur,une fille
de condition, c'estoit un
prodige; car avec des
traits, dont la description
auroit donnél'idée
d'une très-laide personne,
elle avoit desja fait
de très-fortes passions.
Elle avoit les yeux petits,
le _fi.ont étroit, le nez
court & relevé, la bouche
fort grande, mais de
belles dents, un rire agréable,
un air de vivacité
répandu dans tous
les traits, la rendoient la
plus piquante personne
du la Province, en forte
qu'on la nommoit par
singularité la belle laide.
UnMarquis passionnément
amoureux d'elle,
mais qui n'avoit pas aiIèz
de bien pour l'épouser,
elle qui n'en avoit point
du tout, fit une campagne
dans la marine, Se
rencontra en plusieurs
endroits un Baron negociantqui
avoit fait plusieurs
voyages sur mer
moitié guerre,moitié
marchandise, &C n'avoit
réüssi ny à l'un ny a.rau"
tre,estant tres-pesant de
genie.Ayant fort peu de
sens& de hardiesse il perdit
par avarice beaucoup
d'occasions de gagner. Il
avoit mis sur un vaisseau
quelque argent, ce vaisseau
ayant peri, il se dégoutta
du negoce, & resolut
de revenir sur son
pallier où il vivoit dans
une de fès terres fort engagée
par les pertes qu'il
avoit faites. Ce Barcn
devenu très-mal aisé,pria
fès amis de luy chercher
quelque femme jeune ou
vieille, belle ou laide,
vertueuse ou non >
pourvû
qu'elle luyapportast
de l'argent comptant. Il
ne luy importoit
, cette
espece d'aviscirculaire
qu'il donnoit à la Province
du besoin qu'il avoit
de se marier
,
vint aux
oreilles du Marquis, qui
trouva dans la bourse de
ses amis dix mille écus
d'argent comptant, avec
lesquels il medita de faire
la fortune de sa belle laide
& la sienne en la maoiere
que vous allez voir,
& à l'occasiond'une Lettre
qu'il receut de Cadis
en ce temps-là.
Un amy du Marquis
qui l'avoit veu à Cadis
avec le Baron, & qui estoit
alors à Cadis où un
ancien associé du Baron
estoit en peine de sçavoir
ce qu'il estoit devenu,
écrivit au Marquis de
luy faire sçavoir si le Baron
estoit en Bretagne,
& luy manda par occailon
que c'estoit pour luy
donner avis que son ancien
associé avoit recouvert
depuis peu sur les
debris de ce Vaisseau qui
avoit pery, plusieurs effets,
qui pour la part du
Baron se montoient à peu
présàcinquante mille
écus. Sur cette Lettred'avis)
ce Marquis qui eût
esté assez passablement
honneste homme s'il eût
esté riche
, &C s'iln'eût
point esté amoureux, oublia
en ce moment l'exade
probité pour le rendre
legitimemaistre de
cescinquante mille écus,
en profitant de la betise
&dela paressedu Baron.
Voicyce qu'ilfitdeconcert
avec sa belle laide.
Une fille plus vieille
que jeune,& réellement
trés
-
laide, les seconda
dans cette intrigue:elle
alla trouverun Magistrat
de la Ville de homme
aisé à tromper, parce
qu'il estoit bon & charitable
table, elle luy dit qu'estant
de famille delicate
sur l' honneur, elle seroit
assomée par deux brutaux
de freres qu'elle avoit,
si elle ne se marioit
au plus viste, parce que,
disoit-elle
, pour sauver
son honneur elle n'avoit
point de temps à perdre;
& pour faire croire qu'elle
avoitraison de se presser,
elle avoit un peu outré
son deshabillé&
garni son corset. Le Magiftrat
eutpeine à estre
desabusé de la sagesse de
lafille, parce qu'elle estoit
d'une laideur à rester
fage toute sa viemalgré
qu'elle en eust. Enfin le
Magistrat luy promit de
proposer au Baron les dix
mille écus qu'elle offrit,
& de disposer adroitement
le Baron à la prendre
en deshabillé en faveur
des dix mille écus;
& il fut resolu, qu'on
addresseroit leBaronchez
une Dame avec qui elle
logeoit, & qu'on luy
diroit d'y aller incognito
fous quelqueprétexte,
pour voir si la laideur ne
le rebuteroit point.
Deux jours aprés le
Baronalla de la part du
Magistrat chez l'hofleffe
intrigantedecette entreveuë
qui l'entretint un
moment de la laideur singuliere
de la fille à marier
,luy disant qu'elle ne
laissoit pas d'avoir quelque
agrément. Enfin, elle
luy fit voir la belle laide
au lieu de la laide laide:
d'abord le Baron en
fut charmé
,
& il en devint
passionnément amoureux.
A la seconde
visite il fit confidence de
son amour au Magistrat
qui avoit entendu quelquefois
parler de la belle
laide, & qui estant un
bon homme fort retiré,
la confondit avec la laide
laide qu'il avoit vue. Il
ne pouvoit pourtant
s'empescher d'admirer
comment le Baron en estoit
devenu amoureux ;
& le Baron luy répondoit
qu'en effet elle n'avoit
pas les traits beaux,
mais qu'elle l'avoit charmé.
Le Magistrat n'ayant
nul interest d'approfondir
d'avantage ce qui
pro quo, luy dit que
puisqu'il estoit content
il n'avoitqu'à convenir
de ses faits, & qu'il iroit
signer le contrat, mais
que puifqu'il s'estoitentremis
pour ce mariage,
qu'il prit bien garde à ne
luy pas donner parole
mal - à- propos, & à ne
luy point faire de reproches
dans la suite; qu'il
ne luy garantiffoit la fille
qu'à l'égard des dix mille
écus. LeBaron protesta
qu'il estoit dans une impatience
extrême
,
Se que
dés le lendemain on termineroit.
- Le Magistrat qui set
toit informé à quelqu'un
qui estoitla belle laide,
avoit esté instruit qu'un
Marquis en estoit devenu
fort amoureux; & sans
sortir de son erreur l'a
crut tousjours la mesme
qui l'estoit venu trouver.
Le jour fut pris enfin
pour le - lendemain
, &
enprenant ce dernierrendez
vous la laide belle
qui avoittousjours imité
le deshabiller dontl'autre
avoit dit la cause au Magistrat,
affectasurtout ce
jour-là del'estaller encore
davantage, en mesme
temps que ses charmes
achevoient de déterminer
le Baron à supporter les
malheurs qu'on luyavoit
fait pressentir
,
& qu'il
avoit à demy preveu,
comme nous l'avons dit.
Il estoit donc passionnément
amoureux, & n'avoit
sur l'amour qu'une
delicatesse basseBretonne.
Vous
Vdousoavezveu Gi;3 le bonne &>y;*
qui la donnoit au^Bai'ard
avoit estétrompé luymesme
par le manege de
la laide, &qu'il ne s'étoit
point trouveauxieh-f>
trevuësde la belle laide
&C du Baron, ce qui causace
qui pro quo que
vous verrez dans lafuite;l
La belle laide cruë enceinte
par le Baron, signa,
lapremièreune promessè
de mariage fous sein privé,
&C feignant après
avoir écrit son nom, une
honte subite 6C un remors
d'avoir à se reprocher
de ne pas avouer
franchementàson époux
qu'elle n'avoir pas un
coeur tout neuf, le tira à
quartier dans un coin de
la chambre, & luy avoüa
les yeux en pleurs, qu'il
feroit obligé de fairedans
troismoisladépensed'un
Baptême. Le Breton enchanté
de la beauté & de
la sinceritéde sa nouvelle
épouse
,
pleura aussi de
son costé, & enfuitevint
signer la promesse qu'ils
avoient quittée de vûë.
On attendoit avec impatience
,
disoit on,le Magistrat
qui devoit signer
comme témoin. Dans
cette impatiencel'épouse
monta en carrosse pour
eller au devant de luy, &C
quelque temps après on
vit revenir avec le Magistrat
la laide laide, qui
du plus loin qu'elle vit le
Baron courut l'embrasser
comme époux. M.le Baron
voyant cet épouvantail,
s'éstonna
,
setroubla,
& jura bas Breton que ce
n'estoit point la celle qui
avaitsigné : ceux qui estoient
du complot luy dirent
qu'il extravaquoit,
& le Magistrat qui n'avoit
jamaisveu que celle-
là, le crut réellement
extravagant,quandilluy
jura que celle à qui il setoit
mariéestoitcharmante.
Voicy commenton la
voit escamotée pour luy
substituer la laide affreuse.
La belle après avoir
signé un papier, avoit
occupé les yeux 6c le
coe) ur du Baron, pendant
qu'on substitua un
Wrc papier où celle-cy
avoit réellement
-
signé,
-&cestoit ce dernier que
le Baronavoit signéaussi,
ensortequ'il estoit rnai'ié
avec la laide qui luy apportoit
à ce qu'il crut ui*
enfanten mariage.D'ailleurs
les dix mille écus estoient
réellement sur table
,
& c'est ce qui tenoit
au coeur du Baron à qui
on proposa que si ce mariage
ne luy convenoit
pas qu'on pouvoitannullex
l'affaire. Comme on
vit qu'ilnepouvoit se refoudre
ny à lascher les
trente mille francs ny à fè
charger de la laide enceinte,
le Marquis qui
-èftOlt present luy fit une
proposition en ces termesf
Rien n'est plus vray- ,
Monsieur, que tout ce
qu'on vous 3. dit, &je
fuis passionnément amoureux
de cette belle
laide,& si amoureux ,
que j'avaisdessein de
l'emmener à Cadis. Vous
avez euautrefois quelque
actionsurun vaisseau qui
apery, si vous voulezme
ceder la part que vous y
av ez, j'iray denleÍlcI: làies
cequ'onpourroit en
civo r sauvé, & à tout hazard
je vous lâisse ces dix
mille écus d'argent com-
-ptspt& jcod"a& charge
.ducciitràti'j Letraité fut
conclu, &cequele Baron,
ceda au Marquis se
trouva assez considerable
pour servir de dor à» sa
bcitc maistresse oui n'avoit
jamais commis aucui-
ie faute contre sr*on honneur, mais bien contre
la sincerité en trompant
le Magistrat& le
Baron.
Fermer
Résumé : LA BELLE LAIDE ou la Duperie de Bretagne, Avanture de l'an passé.
Le texte décrit une intrigue en Bretagne impliquant une jeune femme surnommée 'la belle laide' en raison de ses traits ingrats mais de son charme. Un Marquis amoureux mais sans fortune apprend qu'un Baron ruiné cherche une épouse fortunée. Le Marquis, aidé par la 'belle laide' et une complice plus âgée et réellement laide, élabore un plan. La complice persuade un magistrat de proposer le mariage au Baron en se faisant passer pour une jeune femme en détresse. Le magistrat, trompé par son apparence, accepte de faciliter le mariage. Le Baron, charmé par la 'belle laide' qu'il prend pour la complice, accepte de l'épouser. Lors de la signature du contrat de mariage, une substitution est effectuée : la 'belle laide' signe un faux document, remplacé par celui de la complice laide. Le Baron découvre la supercherie après la signature mais est contraint d'accepter en raison des dix mille écus promis. Le Marquis révèle alors son amour pour la 'belle laide' et propose au Baron de racheter sa part dans un vaisseau naufragé en échange des écus et de la charge de la laide. Le Baron accepte, permettant ainsi au Marquis et à la 'belle laide' de vivre ensemble avec la fortune récupérée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4
p. 241-265
L'AMANT INTERESSÉ dupé par l'Amour
Début :
Tant que les honestes-gens qui se meslent d'écrire m'engageront / L'Histoire peut passer pour un Poisson d'Avril. Il est [...]
Mots clefs :
Amant, Baron, Mariage, Marquis, Qualité, Femme, Amour, Contrat, Rapporteur, Mère, Tante, Argent, Épouse, Écus, Laquais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'AMANT INTERESSÉ dupé par l'Amour
Tant que les honeftesgens
qui Ce meflenc d'écri- ice, m'engageront par la
qualité des pieces' qu'ils
m'envoyeront., à suspendre
l'éxecution des mettes pro- que je fais tous les
mois, je leur, en sçauray
bon gré, leurs ouvrages marèheront toujours devant
les miens.nous y trou.
verons tous nostrecornpte,*
& se fera autant de peine
epargnee pour moy.Monifeur
de L..tires-fameux
& tres habile faiseur d'hif.
toires,&quej'ay à bon
compte remercié du préfent
qu'il ma fait de celle
que vous allez lire
,
peut
répondre pourmoy parexperience,
de l'usage queje
feray doresnavant de cou-j
tes celles qu'on m'envoira.I
rAMANT INTERESSE'
dupé par l'Amour.
L'Histoire peut passer pour un
Poisson d'Ayfil.
1L est - tres dangereux d'avoir
aucun commerce avec
l'Amour, tout luiest
bon, & il
,
semble mesme
qu'il se plaistà ranger sous
les loix les plus sauvages
& les moins dilposés à aimer
;un homme agé de
cinquante ans, petit, cagneux
, fort laid, farouche3
& tres interessé fait la en preuve,& le por- trait du corps & de lame
de M. le Baron deSuras; son Pere né à Paris y époufa
parinclination une Languedociene à qui Ces
agrémens&sonesprit fervirent
de dot; son Epoux
pour lui plaire fit des dé1pences
conifderables qui obligèrent de se retirer à
laRochelle, oùil semit
en societé avec des parens
de sa femme qui lui firent
valoir si heureufemét rois
mille pistoles qu'il ramassa
du débris de sa fortune,
qu'en moins de dix
âns il se trouva riche de
plus de cent mille écus; il
en employa la moitié dans
l'acquisition qu'il fit de la
Baronie de Suras ; cette
terre est située dans le
fond du Languedoc, est
biea bastie, a de beaux
droits de pesche & de chafsequi
rendent son sejour
agréable
, & le nouveau
Baron crut qu'ilpourroty
joüir impunemént de la
qualité d'Ecuïer qu'il avoit
prirepourla premiere fois
dans son Contrat de Mariage
,
& qu'il a continué
de prendre dans tous les
Aaes qu'il a signés pendant
sa vie; Madame son
Epouse a tousjours figuré
avec les Dames les plus
qualifiées de son canton, & a vefeuaussi heureuse
que si elleeufteftéla femme
d'un veritable Gentilhomme
; cette qualité qui
est belle & desirable ne se
fent apparemment que par
ceux qui l'ont, & qui font
assez vains pour croire
qu'ils peuvent,&doivent
la faire sentir à ceux qui ne
l'ont pas; Mr le Baron de
Suras leur Fils joüiroit encore
de ce beau droit sans
des traitans inexorables
qui rechercherent exactement
sur la fin du dernier
siecle tous les faux Nobles
de ce Royaume; le Conseil
du Baron l'engagea à
prendre bien viste des Lettres
de Noblesse,où l'on
fit un long & magnifique
détail des prétendus services
de ses ayeuls, & de son
Frere aisné qui a eu l'honneur
de servir long-tems
en qualité de Capitaine
d'Infanterie, & d'estre tue
à la bataille de Fleurus;
ladépense que Mr de Suras
fit pour ses Lettres de
Noblesse acheva de l'incommoder
, car il estoit
desjainquiété pour beaucoup
d'arrérages de som-.
mes considerables qu'il
avoit prisa rente pour marier
deux soeurs qu'il a. Nos
guerres avoient rendu le
commerce de la Mer imprariquable,
& il touchoic
peu de choses des fonds
que son Pere avoitacquis
dans la Martinique,tant
de malheurs & de contre-j
temps donnèrent occasion
il y a trois ans à Ces Créanciers
de saisir en decret la
terre de Suras
,
le decret
en fut porré au Parlement
de Toulouse, où le Baron
se défendit autant que les
délais & la chicane d'un
habile Procureur le permirent
; mais las & accablé
par ses infortunes, il
devint insupportable à
tout le monde; Mr son
Rapporteur en fut averci,
& il lui vint dans l'esprit,
autant pour se défaire d'une
parente qu'il avoir, que
pour amuser le plaideur,
de lui proposer en mariage
une très noble & tres aimable
Demoiselle
,
qui,
après la mort de son Pere
estoit demeurée fous la
conduite d'une mere trop
facile qui avoit souffert à
la campagne où elles vivoient
les fréquentes via
tes d'un jeune Marquis
que sa famille; empefchoic
d'époufer, la Demoiselle
en question - ; Mr
le Rapporteur s'expliqua
assez pour faire entendre
au Baron que les fréquentes
vifires du Marquis
avoient fait tort à la personnequ'ilproposoit
; il
lui dit mesme qu'une tante
du Marquis faisoit offrir
ving mille francs à la
Demoiselle si elle vouloit
bien songer a un autre
mariage qu'à celui de son
Neveu;il lui dit encore,-
que la Demoiselle joüissoit
desja d'une terre de
deux mille livres derente,
& que Madame sa Mere
luy en assureroit du moins
autant a près sa mort;une
aimable personne avec
centmille francs valoit
certainement mieux que
le Baron,ilremercia bien
aussi son Rapporteur qui
Jui demanda huit jours
pour s'informer si sa parente
étoitresolue de tenir - quitte pour si peu dechose
un parjure qui lui proteftoit
depuis prés de qija*
tre ans qu'il n'en épouse,
roit jamais d'autre. Le Baron
peu curieux d'aprofondir
le sens de ce ditcours,
ou ne sentant que
le besoin qu'ilavoic de
trouver de l'argent pour
payer ses, dettes, seretira
sans autre explication, ôc
avant que les huit jours
fussent passes il revint chez
son Raporteur qu'il pria de
faire venir incessamment
a Toulouse la Demoiselle
dont il étoit question, ôc,
un moment avant que de
se quitter le Conseiller die
a M. de Suras qu'il esperoit
faire donnerà sa parente
jusqu'àdixmille écus
d'argent, qui ne la desinterelferoien
t pas même
suffisamment de lamauvaiise
foy du Marquis & des
fuites fâcheuses quavoit eu
son intrigue avec la Demoiselle
qu'il lui propofoit,
ces dernieres paroles
n'augmenterent pas la peine
que son Raporteur lui
avoit dû causer dés leur -
première conference, &
ce fut chez lui que se fit
peu de jours après l'entre-.
vûë des deux nouveaux
amans; tous les sens du
pauvre Baron en furent
émus
,
il n'avoir jamais
-
vu rien de si beau ni de si
touchant, la bel!e y affeéla
un air modeste, & n' y parut
qu'en déshabillé, & Ici
vilage a demi couvert
d'une coëfe fous laquelle
brilloient ses yeux & beaucoup
de rouge qu'elle avoit
mis ce jour là; le Raporteur
prit dans cette,
premiere entrevûë le Baron
à l'écart, & lui dit,
qu'il n'écoit pas surprenant
que tant de beauté
eût touché le Marquis
dontil lui avoir parlé, mais
que sa tante étoit fort en
état de desinteresser la
Demoiselle, à qui elle faisoit
offrirjusqu'àdix mille
écus depuis qu'on l'avoit
plus amplement informée
de l'intrigue de tous les engagemens
qu'avoit contracté
son Neveu avec sa
Parente; le Raporteur dit.
alors au Baron que la terre
de Suras étant fort éloignée
du lieu où ces choses
s'étoient passées, il n'en
auroit jamais de reproches
, & que mettant tout
au pis, ce feroit de prendrè
des mesures pour ne
se point attirer des railleries
que bien d'autres que
lui meritoient sans avoir
le bonheur d'en être informés,
&qu'il pourroit
évirer par la connoissance
qu'il avoit des malheurs
arrivés à une pupille feduite
par.un jeune débauché
: le Baron qui étoit
prévenu, prit son parti,
& demanda instamment
que le mariage se fît bientôt
tôt & sans éclat, le Raporteur
pria la Demoielle
de souffrir que le Gentilhomme
qu'il lui presentoit
la visitât rous les jours
dans l'auberge où elle étoit
descenduë avec Madame
sa mere; ce fut là que le
Laquais de M. de Suras, à
qui son Maître avoir dit
qu'ilsemarieroit bientôt,
apprit d'une vieille femme
,\
de chambre de laMaîtresse
du Baron qu'elle avoir des
engagemens avec un Marquis
qui nepourroit finir
qu'avec un mariage
,
la
femme de chambre avoit
pris une ayersion extrême
pour la personne & pour
les manieres de M. de Su..
ras, & elle n'eût jamais
pu se resoudre à devenir
sa domestique:le Laquais
qui auroit juré que son
Maistre ignoroit tout ce
qui lui avoit été confié lui
en fie bien-tôt le rapport;
mais le Baron le gronda
d'avoir écouté des calomnies
que la femme de
chambre inventoit, parce
quelle écoit d'intelligence
avec le Marquis qui avoit
dessein d'épouier sa Ma-
tresse, & M. de Suras ennemi
des explications n'en
voulut plus qu'au sujet des
trente mille frans d'argent
qui lui avoient été
proposés;car la tante du
Marquis n'en voulant plus
donner que vingt mille,
on eut besoin d'adresse
pour y faire consentir le
'-, Baron qui avoit pris tant
d'amour pour la belle
Languedocienne,que malgré
l'importun dérail que
lui fit de sa vie son curieux
& très-informé Laquais
,,
il se resolut à conclure,Ôc
toucha vingt mille francs
qui suffirent pour faire cesfer
le decret ; la Demoiselle
qui étoit habile & persuadante,
fit agréer à son
ornant une separation de
biens stipulée dans unmodele
de contrat qu'elle lui
presenta; M. de Suras qui
n'avoit aucune connoissance
des affaires, consul
taun Avocat qui l'assura
que les conditions qu'on
lui proposoit étoient fort
extraordinaires;mais qu'il
en falloit proposer de pas
reilles pour lui, qu'il dictar,
& qui furent acceptées par
la Demoiselle; un pareil
contrat pourra servir de
modele à bien des gens, en
voici la copie.
Au gré des deux parties
cyaprès desnommées,
& à la premiere requisition
de l'une d'icelles, se
celebrera le Mariage entre
Messire Michel de Va.
lencour
,
Chevalier Seigneur
de la Terre & Baronnie
de Suras d'une
part, &c. Et de Damoifelle
Lucrece de Brcboc
Fille majeure, usante déses
droits, de l'autre parc,
&c. ( clause de la Future)
en consideration duquel
mariage & de l'inégalité
de leurs âges,chacun aura
son Appartement, où
il demeurera. s'il n'est appellépar
l'une des parties
pour cause de maladie ou
infirmité considerable ;
aura la Future, par une
séparation de biens stipuléc
,
liberté de donnerà
ses dépens tels repas & cadaux
que bon luyfemblera
(clauses du Futur) promet
au surplus le Futur la
nourrir & entrerenir honorablement,
& luy fournir
jusqu'à quinze aulnes
d'écotè pour chaque habit.
dont elle auroit raisonnablement
besoin; ne fera
fait aucune mention de
douaire dans le present
Contrat, d'autant que le
Futur sèreferye le droit&
le pouvoir d'assigner à la
Future par promette fous
seing privé telle récompense
que mériteront les
bons ou indifferens traitemens
qu'il en recevra; let
ditesclauses &stipulations
acceptées par les deux Parties
, qui les ont desirées
telles pour former & entretenir
une societé plus heureuse
qu'aucune dont on
ait enrendu par lerjusqu'à
present.
Les incrédules qui ont
nié la possibilité & la validité
de ce Contract en
penseront & diront tout
ce qu'il leur plàira; mais
le mariage de Mr de Suras
ne s'en fit pas moins
surla fin de l'Automne dernier,
&ils'embarqua peu
de
de temps après avec Madame
son Epouse pour la
Martinique,d'où ils esperent
apporter avant deux
ans beaucoup de bons effets
en France, où l'on a
souvent des Scenés nouvelles
; on aura alors oublié
les circon stances du
mariage de Mr le Baron
de Suras, & tous ceux qui
l, auront esté après luy les
dupes de l'Amour ne s'en
vanteront pas.
qui Ce meflenc d'écri- ice, m'engageront par la
qualité des pieces' qu'ils
m'envoyeront., à suspendre
l'éxecution des mettes pro- que je fais tous les
mois, je leur, en sçauray
bon gré, leurs ouvrages marèheront toujours devant
les miens.nous y trou.
verons tous nostrecornpte,*
& se fera autant de peine
epargnee pour moy.Monifeur
de L..tires-fameux
& tres habile faiseur d'hif.
toires,&quej'ay à bon
compte remercié du préfent
qu'il ma fait de celle
que vous allez lire
,
peut
répondre pourmoy parexperience,
de l'usage queje
feray doresnavant de cou-j
tes celles qu'on m'envoira.I
rAMANT INTERESSE'
dupé par l'Amour.
L'Histoire peut passer pour un
Poisson d'Ayfil.
1L est - tres dangereux d'avoir
aucun commerce avec
l'Amour, tout luiest
bon, & il
,
semble mesme
qu'il se plaistà ranger sous
les loix les plus sauvages
& les moins dilposés à aimer
;un homme agé de
cinquante ans, petit, cagneux
, fort laid, farouche3
& tres interessé fait la en preuve,& le por- trait du corps & de lame
de M. le Baron deSuras; son Pere né à Paris y époufa
parinclination une Languedociene à qui Ces
agrémens&sonesprit fervirent
de dot; son Epoux
pour lui plaire fit des dé1pences
conifderables qui obligèrent de se retirer à
laRochelle, oùil semit
en societé avec des parens
de sa femme qui lui firent
valoir si heureufemét rois
mille pistoles qu'il ramassa
du débris de sa fortune,
qu'en moins de dix
âns il se trouva riche de
plus de cent mille écus; il
en employa la moitié dans
l'acquisition qu'il fit de la
Baronie de Suras ; cette
terre est située dans le
fond du Languedoc, est
biea bastie, a de beaux
droits de pesche & de chafsequi
rendent son sejour
agréable
, & le nouveau
Baron crut qu'ilpourroty
joüir impunemént de la
qualité d'Ecuïer qu'il avoit
prirepourla premiere fois
dans son Contrat de Mariage
,
& qu'il a continué
de prendre dans tous les
Aaes qu'il a signés pendant
sa vie; Madame son
Epouse a tousjours figuré
avec les Dames les plus
qualifiées de son canton, & a vefeuaussi heureuse
que si elleeufteftéla femme
d'un veritable Gentilhomme
; cette qualité qui
est belle & desirable ne se
fent apparemment que par
ceux qui l'ont, & qui font
assez vains pour croire
qu'ils peuvent,&doivent
la faire sentir à ceux qui ne
l'ont pas; Mr le Baron de
Suras leur Fils joüiroit encore
de ce beau droit sans
des traitans inexorables
qui rechercherent exactement
sur la fin du dernier
siecle tous les faux Nobles
de ce Royaume; le Conseil
du Baron l'engagea à
prendre bien viste des Lettres
de Noblesse,où l'on
fit un long & magnifique
détail des prétendus services
de ses ayeuls, & de son
Frere aisné qui a eu l'honneur
de servir long-tems
en qualité de Capitaine
d'Infanterie, & d'estre tue
à la bataille de Fleurus;
ladépense que Mr de Suras
fit pour ses Lettres de
Noblesse acheva de l'incommoder
, car il estoit
desjainquiété pour beaucoup
d'arrérages de som-.
mes considerables qu'il
avoit prisa rente pour marier
deux soeurs qu'il a. Nos
guerres avoient rendu le
commerce de la Mer imprariquable,
& il touchoic
peu de choses des fonds
que son Pere avoitacquis
dans la Martinique,tant
de malheurs & de contre-j
temps donnèrent occasion
il y a trois ans à Ces Créanciers
de saisir en decret la
terre de Suras
,
le decret
en fut porré au Parlement
de Toulouse, où le Baron
se défendit autant que les
délais & la chicane d'un
habile Procureur le permirent
; mais las & accablé
par ses infortunes, il
devint insupportable à
tout le monde; Mr son
Rapporteur en fut averci,
& il lui vint dans l'esprit,
autant pour se défaire d'une
parente qu'il avoir, que
pour amuser le plaideur,
de lui proposer en mariage
une très noble & tres aimable
Demoiselle
,
qui,
après la mort de son Pere
estoit demeurée fous la
conduite d'une mere trop
facile qui avoit souffert à
la campagne où elles vivoient
les fréquentes via
tes d'un jeune Marquis
que sa famille; empefchoic
d'époufer, la Demoiselle
en question - ; Mr
le Rapporteur s'expliqua
assez pour faire entendre
au Baron que les fréquentes
vifires du Marquis
avoient fait tort à la personnequ'ilproposoit
; il
lui dit mesme qu'une tante
du Marquis faisoit offrir
ving mille francs à la
Demoiselle si elle vouloit
bien songer a un autre
mariage qu'à celui de son
Neveu;il lui dit encore,-
que la Demoiselle joüissoit
desja d'une terre de
deux mille livres derente,
& que Madame sa Mere
luy en assureroit du moins
autant a près sa mort;une
aimable personne avec
centmille francs valoit
certainement mieux que
le Baron,ilremercia bien
aussi son Rapporteur qui
Jui demanda huit jours
pour s'informer si sa parente
étoitresolue de tenir - quitte pour si peu dechose
un parjure qui lui proteftoit
depuis prés de qija*
tre ans qu'il n'en épouse,
roit jamais d'autre. Le Baron
peu curieux d'aprofondir
le sens de ce ditcours,
ou ne sentant que
le besoin qu'ilavoic de
trouver de l'argent pour
payer ses, dettes, seretira
sans autre explication, ôc
avant que les huit jours
fussent passes il revint chez
son Raporteur qu'il pria de
faire venir incessamment
a Toulouse la Demoiselle
dont il étoit question, ôc,
un moment avant que de
se quitter le Conseiller die
a M. de Suras qu'il esperoit
faire donnerà sa parente
jusqu'àdixmille écus
d'argent, qui ne la desinterelferoien
t pas même
suffisamment de lamauvaiise
foy du Marquis & des
fuites fâcheuses quavoit eu
son intrigue avec la Demoiselle
qu'il lui propofoit,
ces dernieres paroles
n'augmenterent pas la peine
que son Raporteur lui
avoit dû causer dés leur -
première conference, &
ce fut chez lui que se fit
peu de jours après l'entre-.
vûë des deux nouveaux
amans; tous les sens du
pauvre Baron en furent
émus
,
il n'avoir jamais
-
vu rien de si beau ni de si
touchant, la bel!e y affeéla
un air modeste, & n' y parut
qu'en déshabillé, & Ici
vilage a demi couvert
d'une coëfe fous laquelle
brilloient ses yeux & beaucoup
de rouge qu'elle avoit
mis ce jour là; le Raporteur
prit dans cette,
premiere entrevûë le Baron
à l'écart, & lui dit,
qu'il n'écoit pas surprenant
que tant de beauté
eût touché le Marquis
dontil lui avoir parlé, mais
que sa tante étoit fort en
état de desinteresser la
Demoiselle, à qui elle faisoit
offrirjusqu'àdix mille
écus depuis qu'on l'avoit
plus amplement informée
de l'intrigue de tous les engagemens
qu'avoit contracté
son Neveu avec sa
Parente; le Raporteur dit.
alors au Baron que la terre
de Suras étant fort éloignée
du lieu où ces choses
s'étoient passées, il n'en
auroit jamais de reproches
, & que mettant tout
au pis, ce feroit de prendrè
des mesures pour ne
se point attirer des railleries
que bien d'autres que
lui meritoient sans avoir
le bonheur d'en être informés,
&qu'il pourroit
évirer par la connoissance
qu'il avoit des malheurs
arrivés à une pupille feduite
par.un jeune débauché
: le Baron qui étoit
prévenu, prit son parti,
& demanda instamment
que le mariage se fît bientôt
tôt & sans éclat, le Raporteur
pria la Demoielle
de souffrir que le Gentilhomme
qu'il lui presentoit
la visitât rous les jours
dans l'auberge où elle étoit
descenduë avec Madame
sa mere; ce fut là que le
Laquais de M. de Suras, à
qui son Maître avoir dit
qu'ilsemarieroit bientôt,
apprit d'une vieille femme
,\
de chambre de laMaîtresse
du Baron qu'elle avoir des
engagemens avec un Marquis
qui nepourroit finir
qu'avec un mariage
,
la
femme de chambre avoit
pris une ayersion extrême
pour la personne & pour
les manieres de M. de Su..
ras, & elle n'eût jamais
pu se resoudre à devenir
sa domestique:le Laquais
qui auroit juré que son
Maistre ignoroit tout ce
qui lui avoit été confié lui
en fie bien-tôt le rapport;
mais le Baron le gronda
d'avoir écouté des calomnies
que la femme de
chambre inventoit, parce
quelle écoit d'intelligence
avec le Marquis qui avoit
dessein d'épouier sa Ma-
tresse, & M. de Suras ennemi
des explications n'en
voulut plus qu'au sujet des
trente mille frans d'argent
qui lui avoient été
proposés;car la tante du
Marquis n'en voulant plus
donner que vingt mille,
on eut besoin d'adresse
pour y faire consentir le
'-, Baron qui avoit pris tant
d'amour pour la belle
Languedocienne,que malgré
l'importun dérail que
lui fit de sa vie son curieux
& très-informé Laquais
,,
il se resolut à conclure,Ôc
toucha vingt mille francs
qui suffirent pour faire cesfer
le decret ; la Demoiselle
qui étoit habile & persuadante,
fit agréer à son
ornant une separation de
biens stipulée dans unmodele
de contrat qu'elle lui
presenta; M. de Suras qui
n'avoit aucune connoissance
des affaires, consul
taun Avocat qui l'assura
que les conditions qu'on
lui proposoit étoient fort
extraordinaires;mais qu'il
en falloit proposer de pas
reilles pour lui, qu'il dictar,
& qui furent acceptées par
la Demoiselle; un pareil
contrat pourra servir de
modele à bien des gens, en
voici la copie.
Au gré des deux parties
cyaprès desnommées,
& à la premiere requisition
de l'une d'icelles, se
celebrera le Mariage entre
Messire Michel de Va.
lencour
,
Chevalier Seigneur
de la Terre & Baronnie
de Suras d'une
part, &c. Et de Damoifelle
Lucrece de Brcboc
Fille majeure, usante déses
droits, de l'autre parc,
&c. ( clause de la Future)
en consideration duquel
mariage & de l'inégalité
de leurs âges,chacun aura
son Appartement, où
il demeurera. s'il n'est appellépar
l'une des parties
pour cause de maladie ou
infirmité considerable ;
aura la Future, par une
séparation de biens stipuléc
,
liberté de donnerà
ses dépens tels repas & cadaux
que bon luyfemblera
(clauses du Futur) promet
au surplus le Futur la
nourrir & entrerenir honorablement,
& luy fournir
jusqu'à quinze aulnes
d'écotè pour chaque habit.
dont elle auroit raisonnablement
besoin; ne fera
fait aucune mention de
douaire dans le present
Contrat, d'autant que le
Futur sèreferye le droit&
le pouvoir d'assigner à la
Future par promette fous
seing privé telle récompense
que mériteront les
bons ou indifferens traitemens
qu'il en recevra; let
ditesclauses &stipulations
acceptées par les deux Parties
, qui les ont desirées
telles pour former & entretenir
une societé plus heureuse
qu'aucune dont on
ait enrendu par lerjusqu'à
present.
Les incrédules qui ont
nié la possibilité & la validité
de ce Contract en
penseront & diront tout
ce qu'il leur plàira; mais
le mariage de Mr de Suras
ne s'en fit pas moins
surla fin de l'Automne dernier,
&ils'embarqua peu
de
de temps après avec Madame
son Epouse pour la
Martinique,d'où ils esperent
apporter avant deux
ans beaucoup de bons effets
en France, où l'on a
souvent des Scenés nouvelles
; on aura alors oublié
les circon stances du
mariage de Mr le Baron
de Suras, & tous ceux qui
l, auront esté après luy les
dupes de l'Amour ne s'en
vanteront pas.
Fermer
5
p. 221-225
MARIAGES ET MORTS.
Début :
François, Vicomte de Rochechouart-Pontville, épousa le 23 Juin Mademoiselle [...]
Mots clefs :
Mariages, Morts, Vicomte, Maison de Rochechouart, Contrat, Comtes, Comtesses, Dame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES ET MORTS.
MARIAGES ET MORTS.
FRANÇOIS , Vicomte de Rochechouart- Pontville,
épousa le 23 Juin Mademoiſelle Boucher. Le Roi
avoit figné le Contrat de leur mariage.
Le Vicomte de Rochechouart- Pontville , porte
le nom & les armes de Rochechouart , en qualité
de feul & unique héritier de Jean de Pontville ,
Vicomte de Breuilhé , Chambellan du Duc de
Guyenne , Sénéchal de Xaintonges , Gouverneur
de Saint-Jean d'Angely , lequel époufa l'an 1470 ,
par la volonté de Louis XI , & par les dons du Duc
de Guyenne , Anne de Rochechouart , fille unique
, & héritiere de Foucault , Vicomte de Roche
chouart , à condition d'en porter le nom & les
armes pleines , lui & fes defcendans , & ledit Foucault
, Vicomte de Rochechouart , a donné audit
de Pontville la terre & feigneurie de Tonnaycharante
, pour en difpofer à fon bon plaifir , &
en cas qu'il fût refufant d'exécuter les conditions
faites entr'eux , il rendroit ladite terre de Tonnaycharante
, & foco liv . de rente du fien .
Ce contrat fut paffé fous le fcel de Saint - Jean
d'Angely , le 20 Août 1470 , entre noble & puiffant
Seigneur Meffire Foucault , Vicomte de Ro-
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
chechouart , Seigneur de Tonnay- charante & de
Mauzé , & noble & puiffant Seigneur Jean de
Pontville , Vicomte de Breuilhé , Confeiller &
Chambellan de Mgr le Duc de Guyenne d'autre
part , fur le mariage traité par plufieurs grands
Seigneurs entre ledit de Pontville & Demoifelle
Anne , fille de Meffire Foucault , Vicomte de Rochechouart
, fous les conventions ci - deſſus énoncées
.
De ce mariage celébré le 21 Août 1470 , naquirent
François de Pontville , dit de Rochechouart
, & Jeanne de Pontville , laquelle fut mariée
en 1494 avec Aimery- de Rochechouart , Scigneur
de Mortemart.
François de Pontville , dit de Rochechouart
époufa en premiere noce Renée d'Anjou , dont il
eut Bonaventure , Vicomte de Rochechouart , &.
Françoife , qui fut mariée à Airant - de la Touche ,
Seigneur de la Touche- Limofiniere.
Bonaventure mourut fans enfans , & fit donation
de fes biens à fon frere Claude , Vicomte
de Rochechouart , né du fecond mariage de
François de Pontville , dit de Rochechouart , avec
Jacquette de la Rochefoucault , fille de François
de la Rochefoucault.
Louiſe , foeur de Claude , époufa Guillaume de
Dinteville , Seigneur de Chenon .
Claude , Vicomte de Rochechouart , époufa
Blanche de Tournon , dont il eut Louis , Vicomte
de Rochechouart , Baron de Mauzé , & Jeanne ,
mariée à Aimery- de Rochechouart , Seigneur de
Mortemart , tiges des Rochechouart , Comtes de
Saint-Auvent & de Montmoreau.
Louis , Vicomte de Rochechouart , épouſa en
premiere noce Louiſe Clérambaut , dont il n'eut
point d'enfans , & en ſeconde noces Magdeleine
de Bouillé.
SEPTEMBRE. 1757. 223
1
F
Il eut de ce mariage Jean de Rochechouart ,
Baron du Bâtiment , lequel épousa Anne Tiercelin-
de la Chapelle - Ballon , & en eut Jean de Rochechouart
, Baron du Bâtiment , & Marie , morte
fans enfans.
Jean de Rochechouart , époufa Marie de Boulimbrocq.
Il eut de ce mariage Jean de Rochechouart
, mort fans enfans ; Louife de Rochechouart
, Religieufe ; Louis- Jofeph - Victor de
Rochechouart , Baron du Bâtiment , Lieutenant
de la premiere Compagnie des Gardes - du- corps ,
Marie de Rochechouart , & Françoise de Rochechouare
, Religieufes.
Louis -Jofeph- Victor de Rochechouart , époufa
Marie d'Efcart ; il eut de ce mariage François de
Rochechouart , Baron du Bâtiment , & Bertrand
Vicomte de Rochechouart.
€ François de Rochechouart époufa en premieres
noces Marie d'Epinay- de Saint- Luc , dont il n'eut
point d'enfans , & en fecondes noces Marie Sainte-
Geflin de Tremergat.
Il eut de ce mariage François- Louis - Marie-
Honorine , Vicomte de Rochechouart- Pontville
Baron du Bâtiment , feul héritier de la maiſon.
Bertrand , Vicomte de Rechechouart , épouſa
Julie-Sophie de Rochechouart- Jars .
Il n'y a aujourd'hui d'autres enfans de ce mariage
, que Louiſe . Alexandrine de Rochechouart,
mariée à Armand-Jacques Dupin- de Chenonceaux.
2
Le Vicomte de Rochechouart-Pontville , qui
vient d'épouſer Mademoiſelle Boucher , ne croit
pas manquer aux conditions faites par fes ayeux
en ajoutant au nom de Rochechouart , qu'il porte
le nom de Pontville , qui eft celui de ſa maiſon.
Le 21 Juin , Meffire Charles François , Vi-
Kiv
124 MERCURE DE FRANCE.
comte de Vienne , a épousé au château de la
Louptiere , en Champagne , Demoiſelle Anne-
Catherine de Relongue. Voyez pour la Maiſon de
Vienne le Dictionnaire de Moreri , & pour la
Maifon de Relongue l'Armorial de France.
La Comteffe de Befuchef, époufe du Comte
Michel- Petrowitz de Befuchef- Rumin , Chevalier
des Ordres de l'Impératrice de Ruffie , Grand
Maréchal de la Cour de cette Princeffe , un de fes
Confeillers d'Etat Intimes , & fon Ambaſſadeur
Extraordinaire & Plénipotentiaire auprès du Roi ,
mourut à Paris le 12 Juillet , âgée de trente - huit
ans. Elle fe nommoit Jeanne- Andriette-Louiſe ,
& elle étoit de la Maiſon de Carlovitz , Maifon
diftinguée en Saxe.
Le 16 du même mois eft morte à la terre de Maffveaux
, Haute-Alface , haute & puiffante Dame
Anne-Louife -Claire , Comteffe de Rottembourg ,
Dame de Remiremont , dans fa 69° année.
Elle étoit fille de Fréderic - Nicolas , Comte de
Rottembourg , Lieutenant Général des Armées
du Roi , & de Dame Anne-Jeanne de Rozen ,
fille du feu Maréchal Comte de Rofen , Chevalier
des Ordres du Roi , & foeur du feu Comte de
Rottembourg , Chevalier des Ordres du Roi 2
fon Ambaffadeur en Espagne.
fille de Gabrielle-Sophie de Rohan- Chabot
Louis - Marie Bretagne Dominique de Roban-
Chabot , Duc de Rohan , Pair de France , & de
feue Charlotte-Rofalie de Châtillon , mourut à
Paris le 24 du même mois , dans la quinzieme
année de fon âge.
1
Dame Catherine Pinet , veuve de Meffire Claude
de Ceberet , Intendant Général de la Marine ,
eft morte le 4 Août en l'Abbaye de Port - Royal ,
dans la cent deuxieme année de ſon âge.
SEPTEMBRE. 1757. 225
Dame Catherine Shelden , veuve de Meffire
Arthur Dillon , Lieutenant Général des Armées
du Roi , & Colonel du Régiment Irlandois de
fon nom , mourut à Paris les de ce mois , âgée
de foixante-dix-sept ans.
FRANÇOIS , Vicomte de Rochechouart- Pontville,
épousa le 23 Juin Mademoiſelle Boucher. Le Roi
avoit figné le Contrat de leur mariage.
Le Vicomte de Rochechouart- Pontville , porte
le nom & les armes de Rochechouart , en qualité
de feul & unique héritier de Jean de Pontville ,
Vicomte de Breuilhé , Chambellan du Duc de
Guyenne , Sénéchal de Xaintonges , Gouverneur
de Saint-Jean d'Angely , lequel époufa l'an 1470 ,
par la volonté de Louis XI , & par les dons du Duc
de Guyenne , Anne de Rochechouart , fille unique
, & héritiere de Foucault , Vicomte de Roche
chouart , à condition d'en porter le nom & les
armes pleines , lui & fes defcendans , & ledit Foucault
, Vicomte de Rochechouart , a donné audit
de Pontville la terre & feigneurie de Tonnaycharante
, pour en difpofer à fon bon plaifir , &
en cas qu'il fût refufant d'exécuter les conditions
faites entr'eux , il rendroit ladite terre de Tonnaycharante
, & foco liv . de rente du fien .
Ce contrat fut paffé fous le fcel de Saint - Jean
d'Angely , le 20 Août 1470 , entre noble & puiffant
Seigneur Meffire Foucault , Vicomte de Ro-
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
chechouart , Seigneur de Tonnay- charante & de
Mauzé , & noble & puiffant Seigneur Jean de
Pontville , Vicomte de Breuilhé , Confeiller &
Chambellan de Mgr le Duc de Guyenne d'autre
part , fur le mariage traité par plufieurs grands
Seigneurs entre ledit de Pontville & Demoifelle
Anne , fille de Meffire Foucault , Vicomte de Rochechouart
, fous les conventions ci - deſſus énoncées
.
De ce mariage celébré le 21 Août 1470 , naquirent
François de Pontville , dit de Rochechouart
, & Jeanne de Pontville , laquelle fut mariée
en 1494 avec Aimery- de Rochechouart , Scigneur
de Mortemart.
François de Pontville , dit de Rochechouart
époufa en premiere noce Renée d'Anjou , dont il
eut Bonaventure , Vicomte de Rochechouart , &.
Françoife , qui fut mariée à Airant - de la Touche ,
Seigneur de la Touche- Limofiniere.
Bonaventure mourut fans enfans , & fit donation
de fes biens à fon frere Claude , Vicomte
de Rochechouart , né du fecond mariage de
François de Pontville , dit de Rochechouart , avec
Jacquette de la Rochefoucault , fille de François
de la Rochefoucault.
Louiſe , foeur de Claude , époufa Guillaume de
Dinteville , Seigneur de Chenon .
Claude , Vicomte de Rochechouart , époufa
Blanche de Tournon , dont il eut Louis , Vicomte
de Rochechouart , Baron de Mauzé , & Jeanne ,
mariée à Aimery- de Rochechouart , Seigneur de
Mortemart , tiges des Rochechouart , Comtes de
Saint-Auvent & de Montmoreau.
Louis , Vicomte de Rochechouart , épouſa en
premiere noce Louiſe Clérambaut , dont il n'eut
point d'enfans , & en ſeconde noces Magdeleine
de Bouillé.
SEPTEMBRE. 1757. 223
1
F
Il eut de ce mariage Jean de Rochechouart ,
Baron du Bâtiment , lequel épousa Anne Tiercelin-
de la Chapelle - Ballon , & en eut Jean de Rochechouart
, Baron du Bâtiment , & Marie , morte
fans enfans.
Jean de Rochechouart , époufa Marie de Boulimbrocq.
Il eut de ce mariage Jean de Rochechouart
, mort fans enfans ; Louife de Rochechouart
, Religieufe ; Louis- Jofeph - Victor de
Rochechouart , Baron du Bâtiment , Lieutenant
de la premiere Compagnie des Gardes - du- corps ,
Marie de Rochechouart , & Françoise de Rochechouare
, Religieufes.
Louis -Jofeph- Victor de Rochechouart , époufa
Marie d'Efcart ; il eut de ce mariage François de
Rochechouart , Baron du Bâtiment , & Bertrand
Vicomte de Rochechouart.
€ François de Rochechouart époufa en premieres
noces Marie d'Epinay- de Saint- Luc , dont il n'eut
point d'enfans , & en fecondes noces Marie Sainte-
Geflin de Tremergat.
Il eut de ce mariage François- Louis - Marie-
Honorine , Vicomte de Rochechouart- Pontville
Baron du Bâtiment , feul héritier de la maiſon.
Bertrand , Vicomte de Rechechouart , épouſa
Julie-Sophie de Rochechouart- Jars .
Il n'y a aujourd'hui d'autres enfans de ce mariage
, que Louiſe . Alexandrine de Rochechouart,
mariée à Armand-Jacques Dupin- de Chenonceaux.
2
Le Vicomte de Rochechouart-Pontville , qui
vient d'épouſer Mademoiſelle Boucher , ne croit
pas manquer aux conditions faites par fes ayeux
en ajoutant au nom de Rochechouart , qu'il porte
le nom de Pontville , qui eft celui de ſa maiſon.
Le 21 Juin , Meffire Charles François , Vi-
Kiv
124 MERCURE DE FRANCE.
comte de Vienne , a épousé au château de la
Louptiere , en Champagne , Demoiſelle Anne-
Catherine de Relongue. Voyez pour la Maiſon de
Vienne le Dictionnaire de Moreri , & pour la
Maifon de Relongue l'Armorial de France.
La Comteffe de Befuchef, époufe du Comte
Michel- Petrowitz de Befuchef- Rumin , Chevalier
des Ordres de l'Impératrice de Ruffie , Grand
Maréchal de la Cour de cette Princeffe , un de fes
Confeillers d'Etat Intimes , & fon Ambaſſadeur
Extraordinaire & Plénipotentiaire auprès du Roi ,
mourut à Paris le 12 Juillet , âgée de trente - huit
ans. Elle fe nommoit Jeanne- Andriette-Louiſe ,
& elle étoit de la Maiſon de Carlovitz , Maifon
diftinguée en Saxe.
Le 16 du même mois eft morte à la terre de Maffveaux
, Haute-Alface , haute & puiffante Dame
Anne-Louife -Claire , Comteffe de Rottembourg ,
Dame de Remiremont , dans fa 69° année.
Elle étoit fille de Fréderic - Nicolas , Comte de
Rottembourg , Lieutenant Général des Armées
du Roi , & de Dame Anne-Jeanne de Rozen ,
fille du feu Maréchal Comte de Rofen , Chevalier
des Ordres du Roi , & foeur du feu Comte de
Rottembourg , Chevalier des Ordres du Roi 2
fon Ambaffadeur en Espagne.
fille de Gabrielle-Sophie de Rohan- Chabot
Louis - Marie Bretagne Dominique de Roban-
Chabot , Duc de Rohan , Pair de France , & de
feue Charlotte-Rofalie de Châtillon , mourut à
Paris le 24 du même mois , dans la quinzieme
année de fon âge.
1
Dame Catherine Pinet , veuve de Meffire Claude
de Ceberet , Intendant Général de la Marine ,
eft morte le 4 Août en l'Abbaye de Port - Royal ,
dans la cent deuxieme année de ſon âge.
SEPTEMBRE. 1757. 225
Dame Catherine Shelden , veuve de Meffire
Arthur Dillon , Lieutenant Général des Armées
du Roi , & Colonel du Régiment Irlandois de
fon nom , mourut à Paris les de ce mois , âgée
de foixante-dix-sept ans.
Fermer
Résumé : MARIAGES ET MORTS.
Le texte relate plusieurs mariages et décès au sein de la famille Rochechouart et d'autres familles nobles. Le Vicomte de Rochechouart-Pontville, François, a épousé Mademoiselle Boucher le 23 juin avec l'approbation du Roi. La lignée des Rochechouart remonte à Jean de Pontville, qui épousa Anne de Rochechouart en 1470 sous la volonté de Louis XI. De ce mariage naquirent François de Pontville et Jeanne de Pontville, mariée en 1494 à Aimery de Rochechouart. François de Pontville eut plusieurs enfants, dont Bonaventure, mort sans descendance, et Claude, Vicomte de Rochechouart, qui épousa Blanche de Tournon. Claude eut Louis, Vicomte de Rochechouart, et Jeanne, mariée à Aimery de Rochechouart. Louis épousa Magdeleine de Bouillé, et ils eurent Jean de Rochechouart, Baron du Bâtiment, qui épousa Marie de Boulimbrocq. Leur fils, Louis-Joseph-Victor de Rochechouart, épousa Marie d'Escart et eut François de Rochechouart, Baron du Bâtiment, et Bertrand, Vicomte de Rochechouart. Le texte mentionne également d'autres mariages et décès, tels que celui de la Comtesse de Besuchef, Jeanne-Andriette-Louise de Carlovitz, morte à Paris à l'âge de trente-huit ans, et de la Comtesse de Rottembourg, Anne-Louise-Claire, morte à l'âge de soixante-neuf ans. D'autres décès notables incluent ceux de Louis-Marie-Bretagne Dominique de Rohan-Chabot, Duc de Rohan, et de Dame Catherine Pinet, veuve de Claude de Cèberet, morte à l'âge de cent deux ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer