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1
s. p.
A SON ALTESSE SERENISSIME MONSEIGNEUR LE DUC.
Début :
MONSEIGNEUR, Quoy que l'usage soit de renfermer toutes les [...]
Mots clefs :
Monseigneur, Altesse sérénissime, Roi, Siam
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texteReconnaissance textuelle : A SON ALTESSE SERENISSIME MONSEIGNEUR LE DUC.
A SON ALTESSE
SERENISSIME
MONSEIGNEUR
LE DUC
ONSEIGNEUR,
Quy que l'usage foit
de renfermer toutes les plus
a ij
EPISTRE.
belles Actions des Princes
à qui on dédie un Livre,
dans l'Epiſtre qu'on met à
la teſte , il me seroit impoßible
en vous offrant cette
Relation, d'imiter ceux
qui ont fait de ces Eloges,
puisqu'ilfaudroit que l'Epiſtre
fust plus longue que
l'Ouvrage ; außi ne me
fuis- je proposé de prendre
pourſuj't de celle- cy , que
la Conve fation que Vos-
TRE ALTESSE SERENISSIME
a eue avec les Ambaf
EPISTR E.
fadeurs du Roy de Siam.
Elle n'a pas duré une heure,
&fi je voulois m'éten
dreſur tout ce que vous avez
dit enſi peu de temps,
J'aurois dequoy faire un
Panegyrique entier. Fay
eu l'avantage , MONSEIGNEUR,
d'en eftre
témoin, avec cent Per-
Sonnes de marque , qui ne
pouvant retenir les loüanges
qui vous estoient deuës,
les firent éclater pendant
l'Audience. F'entendis
EPISTRE .
mesme une voix qui dit,
Que les Ambaſſadeurs ,
quijuſque - là ne vous avoient
crû qu'unHomme ,
me,
ppoouurrrrooiieenntt vous prendre
pour quelque choſe de
plus , tant vous leur faifiez
paroiſtre d'efprit.
Vostre A. S. a fait voir
en moins d'une heure la
parfaiteintelligencequ Elle
a dans le mſter de la
Guerre, & qui eft herediditaire
à la Maifon de
Condé. Vous avez apris
EPISTRE.
'à ceux qui ont eu l'honneur
de vous écouter, comment
des Armées doivent
Secamper pour vaincre, 5
pour Soutenir les plus vigoureuſes
Attaques. Vous
avez marqué les inconveniens
qu'il y avoit à ſe
mettre en batailleSelon l'ordre
qu' obfervent les Siamois,
& vous avezpar là
donné des leçons aux Indiens
, à qui de Siecle en
Siecle leurs Ancestres doivent
avoir apris de quelle
EPISTRE .
maniere Alexandre combattoit.
Ainsi , ΜΟΝ-
SEIGNEUR, vous avez
montré par cette Converſation
, non ſeulement
que l' Art de la Guerre n'a
rien d'inconnu pour vous,
mais encore que vous ne
Sçavez pas moins bien la
Situation es les Coustumes
des Païs les plus éloignez ;
que dans les Histoires étrangeres
rien n'échape aux
vives lumieres de vostre
esprit ; que cet esprit est
EPISTRE.
univerſel , es qu' il n'y a
que vos bontez qui l'égalent.
Apres cela, MONSEIGNEVR,
ne peutan
pas dire qu' en moins
d'une heure de temps , V
A S. a fait bonneur à la
Francepar tous les endroits
qui font le grand & l'hon
neste Homme, puisque tou
tes ces choses estant rap--
portées au Royde Siam,
luy feront concevoir la plus
haute idée de tous les Prin
ces du Sang de Bourbon ?
EPISTRE.
Le bruit s'en répandra dans
les Indes, & vous n'yferez
pas moins connu que vous
l'estes dans toute l'Europe.
Pendant que ceux qui ont
eſté témoins de toutes ces
chofes , comme moy,les ont
publiées, j'ay crû, MONSEIGNEUR
, non seulement
les devoir écrire,
mais außi que c'estoit pour
moy une obligation indifpensable
de vous dédier un
Livre auquel l'entretien
que vous avez eu avec les
EPISTRE .
Ambaſſadeurs du Roy de
Siam, vous donne une part
fi glorieuse. Fe l'offre à V.
A. S. avec d'autant plus
de zele & de plasfir, que
jesçay que le Mercure &
les Ouvrages qui en dépendent
font traduits en plufieurs
Langues , & imprimez
chez les Nations étrangeres
, & que plusieurs
Relations dignes defoy af-
Seurent qu'ils se sont ou
vert un paffage , juſques
aux Indes poury aprendre
EPISTRE.
Xes merveilles de la Vie dis
Roy. Amfij auray l'avantage
de faire connoistre
dans les Païs les plus reculez
, le profond respect
avec lequel je ſuis,
MONSEIGNEUR,
De Vostre Altesse Seren ſſime,
Le tres-humble, tres- obeiſſant
& tres-fidele Serviteur ,
DEVIZE.
SERENISSIME
MONSEIGNEUR
LE DUC
ONSEIGNEUR,
Quy que l'usage foit
de renfermer toutes les plus
a ij
EPISTRE.
belles Actions des Princes
à qui on dédie un Livre,
dans l'Epiſtre qu'on met à
la teſte , il me seroit impoßible
en vous offrant cette
Relation, d'imiter ceux
qui ont fait de ces Eloges,
puisqu'ilfaudroit que l'Epiſtre
fust plus longue que
l'Ouvrage ; außi ne me
fuis- je proposé de prendre
pourſuj't de celle- cy , que
la Conve fation que Vos-
TRE ALTESSE SERENISSIME
a eue avec les Ambaf
EPISTR E.
fadeurs du Roy de Siam.
Elle n'a pas duré une heure,
&fi je voulois m'éten
dreſur tout ce que vous avez
dit enſi peu de temps,
J'aurois dequoy faire un
Panegyrique entier. Fay
eu l'avantage , MONSEIGNEUR,
d'en eftre
témoin, avec cent Per-
Sonnes de marque , qui ne
pouvant retenir les loüanges
qui vous estoient deuës,
les firent éclater pendant
l'Audience. F'entendis
EPISTRE .
mesme une voix qui dit,
Que les Ambaſſadeurs ,
quijuſque - là ne vous avoient
crû qu'unHomme ,
me,
ppoouurrrrooiieenntt vous prendre
pour quelque choſe de
plus , tant vous leur faifiez
paroiſtre d'efprit.
Vostre A. S. a fait voir
en moins d'une heure la
parfaiteintelligencequ Elle
a dans le mſter de la
Guerre, & qui eft herediditaire
à la Maifon de
Condé. Vous avez apris
EPISTRE.
'à ceux qui ont eu l'honneur
de vous écouter, comment
des Armées doivent
Secamper pour vaincre, 5
pour Soutenir les plus vigoureuſes
Attaques. Vous
avez marqué les inconveniens
qu'il y avoit à ſe
mettre en batailleSelon l'ordre
qu' obfervent les Siamois,
& vous avezpar là
donné des leçons aux Indiens
, à qui de Siecle en
Siecle leurs Ancestres doivent
avoir apris de quelle
EPISTRE .
maniere Alexandre combattoit.
Ainsi , ΜΟΝ-
SEIGNEUR, vous avez
montré par cette Converſation
, non ſeulement
que l' Art de la Guerre n'a
rien d'inconnu pour vous,
mais encore que vous ne
Sçavez pas moins bien la
Situation es les Coustumes
des Païs les plus éloignez ;
que dans les Histoires étrangeres
rien n'échape aux
vives lumieres de vostre
esprit ; que cet esprit est
EPISTRE.
univerſel , es qu' il n'y a
que vos bontez qui l'égalent.
Apres cela, MONSEIGNEVR,
ne peutan
pas dire qu' en moins
d'une heure de temps , V
A S. a fait bonneur à la
Francepar tous les endroits
qui font le grand & l'hon
neste Homme, puisque tou
tes ces choses estant rap--
portées au Royde Siam,
luy feront concevoir la plus
haute idée de tous les Prin
ces du Sang de Bourbon ?
EPISTRE.
Le bruit s'en répandra dans
les Indes, & vous n'yferez
pas moins connu que vous
l'estes dans toute l'Europe.
Pendant que ceux qui ont
eſté témoins de toutes ces
chofes , comme moy,les ont
publiées, j'ay crû, MONSEIGNEUR
, non seulement
les devoir écrire,
mais außi que c'estoit pour
moy une obligation indifpensable
de vous dédier un
Livre auquel l'entretien
que vous avez eu avec les
EPISTRE .
Ambaſſadeurs du Roy de
Siam, vous donne une part
fi glorieuse. Fe l'offre à V.
A. S. avec d'autant plus
de zele & de plasfir, que
jesçay que le Mercure &
les Ouvrages qui en dépendent
font traduits en plufieurs
Langues , & imprimez
chez les Nations étrangeres
, & que plusieurs
Relations dignes defoy af-
Seurent qu'ils se sont ou
vert un paffage , juſques
aux Indes poury aprendre
EPISTRE.
Xes merveilles de la Vie dis
Roy. Amfij auray l'avantage
de faire connoistre
dans les Païs les plus reculez
, le profond respect
avec lequel je ſuis,
MONSEIGNEUR,
De Vostre Altesse Seren ſſime,
Le tres-humble, tres- obeiſſant
& tres-fidele Serviteur ,
DEVIZE.
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Résumé : A SON ALTESSE SERENISSIME MONSEIGNEUR LE DUC.
L'auteur adresse une épître à un duc, louant une conversation d'une heure entre le duc et les ambassadeurs du roi de Siam. Cette discussion a impressionné les témoins par la maîtrise du duc en art de la guerre et en stratégies militaires, comparant même les tactiques des Siamois à celles d'Alexandre le Grand. Le duc a également démontré une connaissance des coutumes et des situations des pays éloignés, ainsi qu'une intelligence des histoires étrangères. Cette performance a honoré la France et renforcé la réputation du duc en Europe et dans les Indes. L'épître se conclut par l'offrande d'un livre à Sa Sérénissime Altesse, destiné à être traduit et lu dans diverses langues et nations, contribuant ainsi à la renommée du duc.
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2
p. 89-94
Extrait du Traite d'Alliance entre la France, l'Angleterre & la Hollande. [titre d'après la table]
Début :
Le Traité d'Alliance Deffensive entre la France, l'Angleterre, & la Hollande, [...]
Mots clefs :
Traité d'alliance, France, Angleterre, Hollande, Roi très chrétien, Décès, Altesse sérénissime, Rebelles, Peuples, Bâtiments, Marées, Ratification, Démolition, Digues, Alliances, Royaumes, Puissances, Soldats, États généraux
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texteReconnaissance textuelle : Extrait du Traite d'Alliance entre la France, l'Angleterre & la Hollande. [titre d'après la table]
Le Traité d'Alliance Deffenfive
entre la France , l'Angleterre,
& la Hollande , conclu à la Haye
le 4 Janvier 1717 , a été rendu
public. Il est divifé en huit Articles
, & un ge féparé. Il contient
en fubftance , que le Roy Très-
Chrêtien s'oblige d'engager celui
qui a pris le Titre de Prince
de Galles , pendant la vie du feu
Roy Jacques II. & après la mort
dudit Roy , celui de Roy de la
Grande Bretagne , de fortir du
Comtat d'Avignon , & d'aller faire
fon féjour au delà des Alpes , immé
Hiij
90 LE NOUVEAU
diatement après la fignature du préfent
Traité , & avant l'échange des
Ratifications. De plus , que le Roy
Très - Chrêtien promet de ne permettre
en aucun tems à l'avenir ,
à la perfonne ci -deffus défignée
de revenir à Avignon , ou de paffer®
par les Terres dépendantes de la
Couronne de France , fous prétexte
de retourner où à Avignon ,
où en Lorraine, ou même de mettre
le pied en aucun lieu de la Domination
de S. M. T. C.
>
Que lefdits Séréniffimes Rois ,
& lefdits Seigneurs Etats Generaux
s'engagent réciproquement de
refuſer toute forte d'azile , & deretraite
aux sujets de l'un d'entr'
eux , qui auront été , ou pouront
être déclarez Rebelles , auffi - tôt
que la requifition en aura été faite
par celui des Contractans , dont
ces rebelles auront été reconnus fujets
, & même de contraindre lef
dits rebelles de fortir des Terres
de leur obéiffance dans l'efpace de
huit jours , après que le Miniftre:
MERCURE. gr
dudit Allié en aura fait la requifition
, au nom de fon Maître.
Que le Roy Très - Chrêtien confent
, que le nouveau Canal de
MARDICK ne fervira à autreufage
, qu'à l'écoulement des eaux ,
& au Commerce néceffaire pour
la fubfiſtance & l'entretien des Peuples
de cette partie des Païs Bas.
Ce Commerce ne fera fait qu'avec
des Bâtimens , qui ne pour-
- ront avoir plus de 16 pieds de largeur
; pour cet effet , le grand paffage
de la nouvelle Eclufe de
Mardick ; qui a 40 pieds de largeur
, fera détruit de fond en
comble , & les matériaux détruits
ne pourront fervir pour aucun
Port , Havre , ou Éclufe à Dunkerque
, ou à Mardick , ou en
quelque endroit que ce foit , à 2
lieues de distance d'aucune de
ces deux Places .
2°. Que la petite Eclufe reftera
à l'égard de fa profondeur comme
elle eft à préfent , pourvû que:
fa largeur foit réduite , à 16..
pieds ..
92 LE NOUVEAU
3°. Que les jettées & les fafcinages
depuis les DUNES , où la Marée
monte fur LESTRAN , quand elle
est la plus haute , jufques à la
plus baffe Mer , feront rafés des
deux côtés , le long du nouveau
CHENAL par tout , au niveau de
Leftran.
4. Qu'aprés la Ratification du
préfent Traité , on eft convenu
qu'on employera un nombre ſuffifant
d'Ouvriers à la deftruction des
jettées le long du nouveau Chénal.
La démolition fera commencée le
se Avril , & achevée , s'il fe peut ,
à la fin du mois de Juin 1717.
s° . Que la démolition des Digues
ou jettées des deux côtez du vieux
CHENAL , ou Port de Dunkerque ,
fera mife par tout au niveau de
Leftran , depuis la plus baffe Mer,
jufques en dedans de la Ville de
Dunkerque.
Comme l'objet & le véritable
but de cette Alliance , entre lef
dits Seigneurs Rois , & Etats Geneaux
, eft de conferver , & mainMERCURE.
98.
tenir réciproquement la Paix , & la
tranquilité de leurs Royaumes , &
Etats. Ces Puiffances font convenuës
, que fi quelqu'un defdits Alliés
étoit attaqué par quelque Prince
, ou Etat que ce fut , les autres
Alliés interpoferont leurs Offices
auprès de l'aggréffeur ,pour procurer
fatisfaction à la partie lézée , & l'engager
à s'abftenir entierement de
routes fortes d'hoftilités . Mais que
fi ces bons offices n'avoient pas
l'effet que l'on fe promet , pour
concilier l'efprit des deux Parties ;
Alors ceux des Contractans , qui
n'auront point été attaqués , feront
tenus de fecourir fans retardement ,
leur Allié , & fourniront ; fçavoir.
+
Le Roy Très- Chrétien huit mille
hommes de pied , & deux mille
de Cavalerie.
Le Roy de la Grande Bretagne ,
huit mille hommes de pied , &
deux mille de Cavalerie.
Les Etats Generaux , quatre
94 LE NOUVEAU
mille hommes de pied , & mille
de Cavalerie.
Que fi l'Allié qui fera engagé dans
la Guerre , veut plûtôt avoir du fecours
par Mer , ou même préfere
de l'argent aux Troupes de Terre ,
ou de Mer , on lui en laiffera le
choix. Pour cela , on eft convenu ,
que mille hommes de pied feront
évalués à la fomme de dix mille
livres par mois , & mille hommes
de Cavalerie à celle de 30. mille livres.
Les fecours par Mer , feront
évalués , fuivant la même proportion.
Il a été ftipulé pareillement ,
que fi les Royaumes , ou Etats de
quelqu'un des Alliés , font traverfés
par des diffentions inteltines , celui
qui fe trouvera dans ces troubles
, fera en droit de demander ,
que ces Alliez lui fourniffent les
fecours ci - deffus exprimés : bien
entendu que cette garantie reciproque
ne regarde que les Etats &
Poffeffions que ces Puillances ont
refpectivement en Europe.
entre la France , l'Angleterre,
& la Hollande , conclu à la Haye
le 4 Janvier 1717 , a été rendu
public. Il est divifé en huit Articles
, & un ge féparé. Il contient
en fubftance , que le Roy Très-
Chrêtien s'oblige d'engager celui
qui a pris le Titre de Prince
de Galles , pendant la vie du feu
Roy Jacques II. & après la mort
dudit Roy , celui de Roy de la
Grande Bretagne , de fortir du
Comtat d'Avignon , & d'aller faire
fon féjour au delà des Alpes , immé
Hiij
90 LE NOUVEAU
diatement après la fignature du préfent
Traité , & avant l'échange des
Ratifications. De plus , que le Roy
Très - Chrêtien promet de ne permettre
en aucun tems à l'avenir ,
à la perfonne ci -deffus défignée
de revenir à Avignon , ou de paffer®
par les Terres dépendantes de la
Couronne de France , fous prétexte
de retourner où à Avignon ,
où en Lorraine, ou même de mettre
le pied en aucun lieu de la Domination
de S. M. T. C.
>
Que lefdits Séréniffimes Rois ,
& lefdits Seigneurs Etats Generaux
s'engagent réciproquement de
refuſer toute forte d'azile , & deretraite
aux sujets de l'un d'entr'
eux , qui auront été , ou pouront
être déclarez Rebelles , auffi - tôt
que la requifition en aura été faite
par celui des Contractans , dont
ces rebelles auront été reconnus fujets
, & même de contraindre lef
dits rebelles de fortir des Terres
de leur obéiffance dans l'efpace de
huit jours , après que le Miniftre:
MERCURE. gr
dudit Allié en aura fait la requifition
, au nom de fon Maître.
Que le Roy Très - Chrêtien confent
, que le nouveau Canal de
MARDICK ne fervira à autreufage
, qu'à l'écoulement des eaux ,
& au Commerce néceffaire pour
la fubfiſtance & l'entretien des Peuples
de cette partie des Païs Bas.
Ce Commerce ne fera fait qu'avec
des Bâtimens , qui ne pour-
- ront avoir plus de 16 pieds de largeur
; pour cet effet , le grand paffage
de la nouvelle Eclufe de
Mardick ; qui a 40 pieds de largeur
, fera détruit de fond en
comble , & les matériaux détruits
ne pourront fervir pour aucun
Port , Havre , ou Éclufe à Dunkerque
, ou à Mardick , ou en
quelque endroit que ce foit , à 2
lieues de distance d'aucune de
ces deux Places .
2°. Que la petite Eclufe reftera
à l'égard de fa profondeur comme
elle eft à préfent , pourvû que:
fa largeur foit réduite , à 16..
pieds ..
92 LE NOUVEAU
3°. Que les jettées & les fafcinages
depuis les DUNES , où la Marée
monte fur LESTRAN , quand elle
est la plus haute , jufques à la
plus baffe Mer , feront rafés des
deux côtés , le long du nouveau
CHENAL par tout , au niveau de
Leftran.
4. Qu'aprés la Ratification du
préfent Traité , on eft convenu
qu'on employera un nombre ſuffifant
d'Ouvriers à la deftruction des
jettées le long du nouveau Chénal.
La démolition fera commencée le
se Avril , & achevée , s'il fe peut ,
à la fin du mois de Juin 1717.
s° . Que la démolition des Digues
ou jettées des deux côtez du vieux
CHENAL , ou Port de Dunkerque ,
fera mife par tout au niveau de
Leftran , depuis la plus baffe Mer,
jufques en dedans de la Ville de
Dunkerque.
Comme l'objet & le véritable
but de cette Alliance , entre lef
dits Seigneurs Rois , & Etats Geneaux
, eft de conferver , & mainMERCURE.
98.
tenir réciproquement la Paix , & la
tranquilité de leurs Royaumes , &
Etats. Ces Puiffances font convenuës
, que fi quelqu'un defdits Alliés
étoit attaqué par quelque Prince
, ou Etat que ce fut , les autres
Alliés interpoferont leurs Offices
auprès de l'aggréffeur ,pour procurer
fatisfaction à la partie lézée , & l'engager
à s'abftenir entierement de
routes fortes d'hoftilités . Mais que
fi ces bons offices n'avoient pas
l'effet que l'on fe promet , pour
concilier l'efprit des deux Parties ;
Alors ceux des Contractans , qui
n'auront point été attaqués , feront
tenus de fecourir fans retardement ,
leur Allié , & fourniront ; fçavoir.
+
Le Roy Très- Chrétien huit mille
hommes de pied , & deux mille
de Cavalerie.
Le Roy de la Grande Bretagne ,
huit mille hommes de pied , &
deux mille de Cavalerie.
Les Etats Generaux , quatre
94 LE NOUVEAU
mille hommes de pied , & mille
de Cavalerie.
Que fi l'Allié qui fera engagé dans
la Guerre , veut plûtôt avoir du fecours
par Mer , ou même préfere
de l'argent aux Troupes de Terre ,
ou de Mer , on lui en laiffera le
choix. Pour cela , on eft convenu ,
que mille hommes de pied feront
évalués à la fomme de dix mille
livres par mois , & mille hommes
de Cavalerie à celle de 30. mille livres.
Les fecours par Mer , feront
évalués , fuivant la même proportion.
Il a été ftipulé pareillement ,
que fi les Royaumes , ou Etats de
quelqu'un des Alliés , font traverfés
par des diffentions inteltines , celui
qui fe trouvera dans ces troubles
, fera en droit de demander ,
que ces Alliez lui fourniffent les
fecours ci - deffus exprimés : bien
entendu que cette garantie reciproque
ne regarde que les Etats &
Poffeffions que ces Puillances ont
refpectivement en Europe.
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Résumé : Extrait du Traite d'Alliance entre la France, l'Angleterre & la Hollande. [titre d'après la table]
Le Traité d'Alliance Défensive entre la France, l'Angleterre et la Hollande, signé à La Haye le 4 janvier 1717, se compose de huit articles et d'un acte séparé. Les points clés incluent l'engagement du roi Louis XV à expulser Jacques Stuart du Comtat d'Avignon et à l'empêcher de revenir en France ou dans ses territoires. Les signataires s'engagent à refuser tout asile aux sujets rebelles de l'un d'eux et à les expulser dans les huit jours suivant la demande. Le traité régule l'utilisation du nouveau canal de Mardick, qui doit servir uniquement à l'écoulement des eaux et au commerce local, avec des restrictions sur la taille des bateaux. Des travaux de démolition des jetées et des digues doivent être effectués pour modifier les accès aux ports de Dunkerque et de Mardick. L'objectif principal de cette alliance est de maintenir la paix et la tranquillité entre les royaumes. En cas d'attaque contre un allié, les autres doivent intervenir diplomatiquement ou militairement, fournissant des troupes ou des fonds équivalents. Les contributions militaires prévues sont de huit mille hommes de pied et deux mille de cavalerie pour la France et la Grande-Bretagne, et quatre mille hommes de pied et mille de cavalerie pour les Pays-Bas.
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3
p. 139-141
A Rome ce 3 Mars 1717
Début :
Le Carnaval nous a fourni des amusemens de toute espece, [...]
Mots clefs :
Carnaval, Opéras, Réjouissances, Princes, Altesse sérénissime, Gouverneur, Comtesse, Curiosité, Marquis, Chevalier, Bal
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texteReconnaissance textuelle : A Rome ce 3 Mars 1717
A Rome ce 3 Mars 1717
Le Carnaval nous a fourni des
amuſemens de toute elpece , jamais
le Cours n'a été plus brillant , nos
Dames Romaines plus magnifiques,
les Comedies , Operas plus fre- .
quents , les Réjoüiffances plus uniLE
NOUVEAU
140
*
verfelles , ce fera bien autre chofe
l'année prochaine , fi l'on vient à
bout de rembarer le Turc. Les Prin-
Clement & Philippe de Baviere
font arrivez ici affez à tems,
pour jouïr des divertiffemens du
Carnaval , leurs Altele s Sereniffimes
fe firent voir Lundy incognito
au Cours , & virent enfuite d'un
Balcon du Comte de Bolognetti
la courfe des Chevaux ; Mr Santini
leur Gouverneur , qui avoit
accompagné l'an paffé le Prince
Electoral leur frere, a régalé de la
part de ce Prince , d'un Diamant
de prix , la Comteffe Bolognetti ,
en reconnoiffance du bon accueil
qu'il en a reçû pendant fon féjour
à Rome .
Il faut convenir que le Carnaval
de Rome mérite la curiofité des
Etrangers , & que c'eft fans contredit
le plus beau & le plus galant
de toute la Chrêtienté.
Le Marquis de Saint Pieri eft aux
Arrêts dans fa maifon & condamécus
d'amande , pour avoir né à
500
MERCURE. 141
fait jouer chez lui une Comedie
& donné le Bal enfuite un Vendredy
, ce jour étant le feul de la
femaine où les fpectacles font interdits
, cela s'apelle payer les violons
bien cher.
Le Chevalier de S. Georges ne
vient plus à Rome , & les prépa-.
paratifs qu'avoit fait le Cardinal
Gualterio pour le recevoir, devienent
inutils , l'apartement étoit difpofé
à la Royale: en y changeant peu de
chofe , il conviendra à Mr le Duc
de la Feüillade. S. S. a eû avis
qué ce Prince étoit forti d'Avignon
le 6 de Février , qu'il a paffé par le
Piémond , où il a reçû tous les honneurs
imaginables du Roy de Sicile ,
par le Parmefan & le Boulonois ,
pour fe rendre à Pefaro. Dom Carlo
Albani Neveu du Pape eft nommé
pour aller audevant de lui & le
conduire jufqu'au lieu deſtiné à fa
retraite .
Le Carnaval nous a fourni des
amuſemens de toute elpece , jamais
le Cours n'a été plus brillant , nos
Dames Romaines plus magnifiques,
les Comedies , Operas plus fre- .
quents , les Réjoüiffances plus uniLE
NOUVEAU
140
*
verfelles , ce fera bien autre chofe
l'année prochaine , fi l'on vient à
bout de rembarer le Turc. Les Prin-
Clement & Philippe de Baviere
font arrivez ici affez à tems,
pour jouïr des divertiffemens du
Carnaval , leurs Altele s Sereniffimes
fe firent voir Lundy incognito
au Cours , & virent enfuite d'un
Balcon du Comte de Bolognetti
la courfe des Chevaux ; Mr Santini
leur Gouverneur , qui avoit
accompagné l'an paffé le Prince
Electoral leur frere, a régalé de la
part de ce Prince , d'un Diamant
de prix , la Comteffe Bolognetti ,
en reconnoiffance du bon accueil
qu'il en a reçû pendant fon féjour
à Rome .
Il faut convenir que le Carnaval
de Rome mérite la curiofité des
Etrangers , & que c'eft fans contredit
le plus beau & le plus galant
de toute la Chrêtienté.
Le Marquis de Saint Pieri eft aux
Arrêts dans fa maifon & condamécus
d'amande , pour avoir né à
500
MERCURE. 141
fait jouer chez lui une Comedie
& donné le Bal enfuite un Vendredy
, ce jour étant le feul de la
femaine où les fpectacles font interdits
, cela s'apelle payer les violons
bien cher.
Le Chevalier de S. Georges ne
vient plus à Rome , & les prépa-.
paratifs qu'avoit fait le Cardinal
Gualterio pour le recevoir, devienent
inutils , l'apartement étoit difpofé
à la Royale: en y changeant peu de
chofe , il conviendra à Mr le Duc
de la Feüillade. S. S. a eû avis
qué ce Prince étoit forti d'Avignon
le 6 de Février , qu'il a paffé par le
Piémond , où il a reçû tous les honneurs
imaginables du Roy de Sicile ,
par le Parmefan & le Boulonois ,
pour fe rendre à Pefaro. Dom Carlo
Albani Neveu du Pape eft nommé
pour aller audevant de lui & le
conduire jufqu'au lieu deſtiné à fa
retraite .
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Résumé : A Rome ce 3 Mars 1717
Le document du 3 mars 1717 relate le Carnaval romain, décrit comme particulièrement brillant et festif, avec divers divertissements, des dames romaines magnifiques et des représentations fréquentes de comédies et d'opéras. Les festivités étaient exceptionnelles cette année, mais pourraient être surpassées l'année suivante en cas de victoire contre les Turcs. Les princes Clément et Philippe de Bavière ont assisté aux réjouissances incognito, participant notamment à une course de chevaux. Le gouverneur des princes, Monsieur Santini, a offert un diamant à la Comtesse Bolognetti en remerciement pour l'accueil de l'année précédente. Le Carnaval romain est considéré comme le plus beau et le plus élégant de la chrétienté. Le Marquis de Saint-Pieri est sous arrestation domiciliaire et condamné à une amende pour avoir organisé des spectacles un vendredi, jour interdit. Le Chevalier de Saint-Georges n'a pas fait le déplacement à Rome, rendant inutiles les préparatifs du Cardinal Gualterio. L'appartement prévu pour lui sera adapté pour le Duc de la Feuillade, arrivé à Pesaro après un voyage passant par Avignon, le Piémont, le Parmesan et le Boulonnais. Dom Carlo Albani, neveu du Pape, est chargé d'accueillir le Duc et de le conduire à sa retraite.
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