Résultats : 21932 texte(s)
Détail
Liste
6151
p. 190-191
SONNET Sur un Pécheur Pénitent.
Début :
Dans l'excés des maux que j'endure, [...]
Mots clefs :
Seigneur, Pénitent, Pécheur
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texteReconnaissance textuelle : SONNET Sur un Pécheur Pénitent.
SONNET
Sur un Pécheur Pénitent.
Dans l'excés des maux que j'endure
Jay souvent prié le Seigneur 9"
D'agir avec moins de rigueur ,
A l'égard de sa Créature.
Kay
JANVIER . 1732. 191
Fay dit : Auteur de la Nature ,
Grand Dieu , voi ma triste langueur ;.
Infirme , je perds ma vigueur ,
Comme une fleur perd sa parure .
Mais , Seigneur , rejette ces voeux ;
Le soulagement que je veux
Est d'un ordre bien plus sublime.
Releve mon coeur abattu ;
Et d'un vil Esclave du crime ,
Fais un Enfant de la Vertu.
Liberati autem à peccato servi facti estis jussitin..
Rom. 6. 18. 22.
Sur un Pécheur Pénitent.
Dans l'excés des maux que j'endure
Jay souvent prié le Seigneur 9"
D'agir avec moins de rigueur ,
A l'égard de sa Créature.
Kay
JANVIER . 1732. 191
Fay dit : Auteur de la Nature ,
Grand Dieu , voi ma triste langueur ;.
Infirme , je perds ma vigueur ,
Comme une fleur perd sa parure .
Mais , Seigneur , rejette ces voeux ;
Le soulagement que je veux
Est d'un ordre bien plus sublime.
Releve mon coeur abattu ;
Et d'un vil Esclave du crime ,
Fais un Enfant de la Vertu.
Liberati autem à peccato servi facti estis jussitin..
Rom. 6. 18. 22.
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Résumé : SONNET Sur un Pécheur Pénitent.
Le sonnet 'Sur un Pécheur Pénitent' décrit la souffrance et la repentance d'un individu. En janvier 1732, l'auteur prie Dieu de lui accorder une délivrance spirituelle. Il souhaite passer d'esclave du crime à enfant de la vertu, évoquant la libération du péché et la servitude de la justice.
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6152
p. 634-635
ADDITION.
Début :
Le Roi a accordé au Marquis de Berenghen, Premier Ecuyer de S. M. la Charge de Lieutenant [...]
Mots clefs :
Roi
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texteReconnaissance textuelle : ADDITION.
ADDITION. '
É Roi a accordé au Marquis de Berenghen
Premier Ecuyer de S. M. la Charge de Lieurenant
General au Gouvernement de Bourgogne ,
& le Gouvernement des Villes & Citadelle de
Châlons fur Saone , dont le Maréchal d'Huxelles
a donné fa démiffion .
Jacques de Caflagnet- Tilladet , Marquis de
Firmacon , Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant
General des Armées de S. M. Lieutenant'
General de la Province de Rouffillon , où il commandoit
, & Oouverneur de Mont -Louis , mourut
à Leictoure vers le milieu de Mars ,
71. ans.
âgée
de
M. Pierre-Paul de Riquer , Comte de Caraman, "
LienMARS.
173.0
635
Lieutenant General des Armées du Roi , Grand-
Croix de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis,
cy-devant Lieutenant - Colonel du Regiment des
Gardes Françoifes , &
Gouverneur de Courtray ,
mourut à Paris le 25. de Mars ; âgé de 84. ans.
É Roi a accordé au Marquis de Berenghen
Premier Ecuyer de S. M. la Charge de Lieurenant
General au Gouvernement de Bourgogne ,
& le Gouvernement des Villes & Citadelle de
Châlons fur Saone , dont le Maréchal d'Huxelles
a donné fa démiffion .
Jacques de Caflagnet- Tilladet , Marquis de
Firmacon , Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant
General des Armées de S. M. Lieutenant'
General de la Province de Rouffillon , où il commandoit
, & Oouverneur de Mont -Louis , mourut
à Leictoure vers le milieu de Mars ,
71. ans.
âgée
de
M. Pierre-Paul de Riquer , Comte de Caraman, "
LienMARS.
173.0
635
Lieutenant General des Armées du Roi , Grand-
Croix de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis,
cy-devant Lieutenant - Colonel du Regiment des
Gardes Françoifes , &
Gouverneur de Courtray ,
mourut à Paris le 25. de Mars ; âgé de 84. ans.
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Résumé : ADDITION.
Le roi a nommé le Marquis de Berenghen Lieutenant Général en Bourgogne et Gouverneur de Châlons-sur-Saône, succédant au Maréchal d'Huxelles. Jacques de Caslagnet-Tilladet, Marquis de Firmacon, est décédé à Lectoure à 71 ans. Pierre-Paul de Riquer, Comte de Caraman, est décédé à Paris à 84 ans.
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6153
p. 204-205
Pour le mesme, sur le mesme sujet.
Début :
DEja son nom fait à la Cour [...]
Mots clefs :
Cour, Noble
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texteReconnaissance textuelle : Pour le mesme, sur le mesme sujet.
Pour le mefme , fur le mefme
fujet.
D
à la Cour
Eja fon nom fait
Bien plus de bruit que fon
Tambour }
Plein d'un beaufiu , que le bon
fins feconde,
;
Il avance fort dans le monde ;
Mais s'il fe preffe aint , peut- on s'en
étonner ?
A cette noble ardeur il doit s'abandonner
,
Sa diligence eft neceffaire ,
GALANT. 203
Il fait bien de doubler le pass
Pour arriver au merite d'un Pere
Que toute la France revere
Il eft fort à propos qu'il ne s'endorme
pas,
Il a bien du chemin à faire.
fujet.
D
à la Cour
Eja fon nom fait
Bien plus de bruit que fon
Tambour }
Plein d'un beaufiu , que le bon
fins feconde,
;
Il avance fort dans le monde ;
Mais s'il fe preffe aint , peut- on s'en
étonner ?
A cette noble ardeur il doit s'abandonner
,
Sa diligence eft neceffaire ,
GALANT. 203
Il fait bien de doubler le pass
Pour arriver au merite d'un Pere
Que toute la France revere
Il eft fort à propos qu'il ne s'endorme
pas,
Il a bien du chemin à faire.
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6154
p. 208-209
De LIVOURNE, le 15 Août.
Début :
Le paquebot le Berborough, qui a été canonné en revenant de Minorque par une frégate Françoise, [...]
Mots clefs :
Livourne, Île de Minorque, Constantinople, Corses
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texteReconnaissance textuelle : De LIVOURNE, le 15 Août.
De LIVOURNE , le 15 Août.
LE paquebot le Berborough , qui a été canonné en
revenant de Minorque par une frégate Françoife ,
qui s'en feroit emparé fi elle n'avoit pas préféré de
ne point s'écarter de fon convoi , a été tellement endommagé
, qu'il eft hors d'état de remettre en mer ;
on travaille actuellement à le réparer .
On mande de Majorque que l'on y équipe en guerre
plufieurs petits bâtimens , & qu'on y enrôle tous les
matelots pour le fervice de la marine Eſpagnole ; il
fe confirme auffi que les Anglois femblent craindre
pour l'ifle de Minorque , car ils y font paller journellement
de Gibraltar & même de Londres , des troupes
& toutes fortes de munitions de guerre .
Nos lettres du Levant portent que la peſte ſembloit
diminuer à Conftantinople ; mais que la mortalité
règne toujours dans les environs , d'où elle peut y
repaffer de nouveau . C'eſt par cette raison que le
noble André Memmo , Ambaffadeur de la République
de Venife , refte dans l'ifle de Tenedos , où il attend
la ceffation entière de ce fléau , pour ſe rendre à Conftantinople
fans danger.
On mande de Baſtia , qu'on y a publié à la fin du
mois dernier des lettres - patentes du Roi de France ,
par lesquelles S. M. voulant traiter fes fujets de l'ifle
de Corfe , comme fes fujets François , envers lefquels
, à l'occafion de fon avènement au trône , elle
avoit ufé d'indulgence pour des crimes dont le pardon
auroit été refufé en d'autres circonftances , permet
à ceux des Corfes actuellement hors de l'ifle , qui ne
s'étant rendu coupables d'aucun crime contre leſquels
la Juftice auroit févi , & qui fe préfenteront pour
y rentrer dans le délai de fix mois , de jouir de
T'amniftie générale accordée en 1769 & 1772. Les
( 209 )
Corfes fugitifs , coupables des troubles furvenus en
1774 dans la partie du Niolo , ceux même qui pour
raifon de ces troubles feroient détenus fur les galères
ou dans la groffe tour de Toulon , jouiront de cette
amniftie. S. M. remet & pardonne auffi le crime de
conjuration formée contre fes troupes & leurs Officiers
en 1769 au village d'Oletta.
LE paquebot le Berborough , qui a été canonné en
revenant de Minorque par une frégate Françoife ,
qui s'en feroit emparé fi elle n'avoit pas préféré de
ne point s'écarter de fon convoi , a été tellement endommagé
, qu'il eft hors d'état de remettre en mer ;
on travaille actuellement à le réparer .
On mande de Majorque que l'on y équipe en guerre
plufieurs petits bâtimens , & qu'on y enrôle tous les
matelots pour le fervice de la marine Eſpagnole ; il
fe confirme auffi que les Anglois femblent craindre
pour l'ifle de Minorque , car ils y font paller journellement
de Gibraltar & même de Londres , des troupes
& toutes fortes de munitions de guerre .
Nos lettres du Levant portent que la peſte ſembloit
diminuer à Conftantinople ; mais que la mortalité
règne toujours dans les environs , d'où elle peut y
repaffer de nouveau . C'eſt par cette raison que le
noble André Memmo , Ambaffadeur de la République
de Venife , refte dans l'ifle de Tenedos , où il attend
la ceffation entière de ce fléau , pour ſe rendre à Conftantinople
fans danger.
On mande de Baſtia , qu'on y a publié à la fin du
mois dernier des lettres - patentes du Roi de France ,
par lesquelles S. M. voulant traiter fes fujets de l'ifle
de Corfe , comme fes fujets François , envers lefquels
, à l'occafion de fon avènement au trône , elle
avoit ufé d'indulgence pour des crimes dont le pardon
auroit été refufé en d'autres circonftances , permet
à ceux des Corfes actuellement hors de l'ifle , qui ne
s'étant rendu coupables d'aucun crime contre leſquels
la Juftice auroit févi , & qui fe préfenteront pour
y rentrer dans le délai de fix mois , de jouir de
T'amniftie générale accordée en 1769 & 1772. Les
( 209 )
Corfes fugitifs , coupables des troubles furvenus en
1774 dans la partie du Niolo , ceux même qui pour
raifon de ces troubles feroient détenus fur les galères
ou dans la groffe tour de Toulon , jouiront de cette
amniftie. S. M. remet & pardonne auffi le crime de
conjuration formée contre fes troupes & leurs Officiers
en 1769 au village d'Oletta.
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Résumé : De LIVOURNE, le 15 Août.
Le 15 août, à Livourne, le paquebot Berborough, attaqué par une frégate française lors de son retour de Minorque, est trop endommagé pour reprendre la mer et des réparations sont en cours. À Majorque, des petits bâtiments sont équipés pour la guerre et des matelots sont enrôlés pour la marine espagnole. Les Britanniques renforcent les troupes et les munitions à Minorque, craignant pour la sécurité de l'île. En Turquie, la peste diminue à Constantinople, mais la mortalité persiste dans les environs, poussant l'ambassadeur vénitien André Memmo à rester à Ténédos. À Bastia, des lettres patentes du roi de France offrent une amnistie aux Corses hors de l'île, à condition qu'ils n'aient pas commis de crimes punissables et qu'ils reviennent dans un délai de six mois. Cette amnistie concerne aussi les Corses impliqués dans les troubles de 1774 et ceux détenus pour des troubles en 1769, y compris la conjuration d'Oletta.
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6155
p. 208-210
COMÉDIE ITALIENNE.
Début :
ON a repris sur ce Théâtre Sancho-Pança dans fon Isle, Opéra bouffon [...]
Mots clefs :
Comédie, Acte, Succès
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texteReconnaissance textuelle : COMÉDIE ITALIENNE.
COMÉDIE ITALIENNE..
ONa Na repris fur ce Théâtre Sancho-
Pança dans fon Ifle , Opéra bouffon
dont la Mufique admirable de M. Philidor
avoit fait le fuccès.
On a continué pendant le mois précédent
les repréfentations de la jolie
Comédie , mêlée d'Ariettes intitulée
Te Guy de Chêne , dont nous avons déja
parlé.
,
Le 4 Février on donna la première
repréſentation de l'Amour Paternel, ou
la Suivante reconnoiſſante, Comédie Italienne
en 3 Actes en profe de M. GOLDONI.
C'eft la première que ce célebre
Auteur ait compofée & fait repréſenter
depuis fon féjour en France . Elle a été
très-applaudie par les Spectateurs en état
de fentir les beautés de la langue Italienne,&
le genre caractériſtique de ce théâtre
, on pourroit dire même en général
celui de la vraie Comédie , que l'illuftre
M. GOLDONI a rétabli dans fa Patrie.
Cette Piéce a été interrompue après la
deuxiéme repréfentation par l'indifpofition
fucceffive de plufieurs Acteurs
qui ne pouvoient y être remplacés.
MARS. 1763. 209
Le 10 on donna la première & l'unique
repréfentation de la Bagarre ,
Comédie en un Acte , mêlée d'Ariettes.
Dans quelque indulgence que le goût
du Public l'eût entraîné jufqu'alors pour
certains Drames de quelques Opéra-
Comiques du nouveau genre , il n'a pas
jugé apparemment devoir faire grace à
celui-ci , qui a éprouvé toute la justice
de fes jugemens & la févérité de fes
cenfures. Il n'a pas réparu fur le théâtre.
Cette Piéce a été le premier Opéra-
Comique qui ait éprouvé ce fort ,
depuis la réunion au théâtre Italien.
Par une jufte prévoyance , l'Auteur
des paroles les avoit fait imprimer
avant la repréſentation . Il y a joint
une Préface , où en fe plaignant
de ce qu'il appelle les petits chagrins
qu'il a reçus du Public , il lui laiffe entrevoir
trop clairement l'opinion qu'il a
de fon goût & de fes jugemens. Il ménage
encore moins ( par la même prévoyance
) les Journaliſtes forcés par
état de rendre compte des petits chagrins
de certains Auteurs .
Il faut bien remarquer à l'égard de
cette Piéce , que la Mufique , dont il
refte une idée favorable , ne doit pas
être confondue dans la chûte.
210 MERCURE DE FRANCE .
Le 19 le Bon Seigneur , Comédie
nouvelle en un Acte en profe , mêlée
d'Ariettes , fut donnée pour la première
fois fur ce théâtre , & n'eut pas un fuccès
heureux mais il eft jufte d'obferver
que cette Piéce a éprouvé en cela,
le fort commun à tous les ouvrages faits
pour une fociété & pour une circonftance
particulière. Tout le mérite qu'ils
avoient eft perdu auprès du Public , qui
ne peut y être fenfible. C'eft une erreur
dans laquelle font tombés tant d'Auteurs
, dont la réputation même étoit
conftatée , qu'elle ne doit ni ne peut porter
atteinte à celle des Auteurs de cet
ouvrage , ni prévenir déſavantageuſement
fur leurs talens.
On a donné le 22 la troifiéme repréfentation
de l'Amour paternel , que l'on
continue depuis avec fuccès , ainfi que
celles d'Arlequin cru mort , Comédie
Italienne en un Acte de M. GOLDONI
repréſentée pour la première fois, le 24,
avec beaucoup d'applaudiffemens . L'abondance
des matières nous contraint à
remettre au Mercure prochain le plaifir
de parler avec plus d'étendue des ouvrages
& du génie de cet Auteur.
ONa Na repris fur ce Théâtre Sancho-
Pança dans fon Ifle , Opéra bouffon
dont la Mufique admirable de M. Philidor
avoit fait le fuccès.
On a continué pendant le mois précédent
les repréfentations de la jolie
Comédie , mêlée d'Ariettes intitulée
Te Guy de Chêne , dont nous avons déja
parlé.
,
Le 4 Février on donna la première
repréſentation de l'Amour Paternel, ou
la Suivante reconnoiſſante, Comédie Italienne
en 3 Actes en profe de M. GOLDONI.
C'eft la première que ce célebre
Auteur ait compofée & fait repréſenter
depuis fon féjour en France . Elle a été
très-applaudie par les Spectateurs en état
de fentir les beautés de la langue Italienne,&
le genre caractériſtique de ce théâtre
, on pourroit dire même en général
celui de la vraie Comédie , que l'illuftre
M. GOLDONI a rétabli dans fa Patrie.
Cette Piéce a été interrompue après la
deuxiéme repréfentation par l'indifpofition
fucceffive de plufieurs Acteurs
qui ne pouvoient y être remplacés.
MARS. 1763. 209
Le 10 on donna la première & l'unique
repréfentation de la Bagarre ,
Comédie en un Acte , mêlée d'Ariettes.
Dans quelque indulgence que le goût
du Public l'eût entraîné jufqu'alors pour
certains Drames de quelques Opéra-
Comiques du nouveau genre , il n'a pas
jugé apparemment devoir faire grace à
celui-ci , qui a éprouvé toute la justice
de fes jugemens & la févérité de fes
cenfures. Il n'a pas réparu fur le théâtre.
Cette Piéce a été le premier Opéra-
Comique qui ait éprouvé ce fort ,
depuis la réunion au théâtre Italien.
Par une jufte prévoyance , l'Auteur
des paroles les avoit fait imprimer
avant la repréſentation . Il y a joint
une Préface , où en fe plaignant
de ce qu'il appelle les petits chagrins
qu'il a reçus du Public , il lui laiffe entrevoir
trop clairement l'opinion qu'il a
de fon goût & de fes jugemens. Il ménage
encore moins ( par la même prévoyance
) les Journaliſtes forcés par
état de rendre compte des petits chagrins
de certains Auteurs .
Il faut bien remarquer à l'égard de
cette Piéce , que la Mufique , dont il
refte une idée favorable , ne doit pas
être confondue dans la chûte.
210 MERCURE DE FRANCE .
Le 19 le Bon Seigneur , Comédie
nouvelle en un Acte en profe , mêlée
d'Ariettes , fut donnée pour la première
fois fur ce théâtre , & n'eut pas un fuccès
heureux mais il eft jufte d'obferver
que cette Piéce a éprouvé en cela,
le fort commun à tous les ouvrages faits
pour une fociété & pour une circonftance
particulière. Tout le mérite qu'ils
avoient eft perdu auprès du Public , qui
ne peut y être fenfible. C'eft une erreur
dans laquelle font tombés tant d'Auteurs
, dont la réputation même étoit
conftatée , qu'elle ne doit ni ne peut porter
atteinte à celle des Auteurs de cet
ouvrage , ni prévenir déſavantageuſement
fur leurs talens.
On a donné le 22 la troifiéme repréfentation
de l'Amour paternel , que l'on
continue depuis avec fuccès , ainfi que
celles d'Arlequin cru mort , Comédie
Italienne en un Acte de M. GOLDONI
repréſentée pour la première fois, le 24,
avec beaucoup d'applaudiffemens . L'abondance
des matières nous contraint à
remettre au Mercure prochain le plaifir
de parler avec plus d'étendue des ouvrages
& du génie de cet Auteur.
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Résumé : COMÉDIE ITALIENNE.
En février 1763, plusieurs œuvres théâtrales ont été présentées. Le 4 février, la comédie italienne 'L'Amour Paternel, ou la Suivante reconnaissante' de Carlo Goldoni a été jouée pour la première fois et a été très applaudie. Cependant, elle a été interrompue après la deuxième représentation en raison de l'indisposition de plusieurs acteurs. Le 10 mars, 'La Bagarre', une comédie en un acte mêlée d'ariettes, a été représentée une seule fois et n'a pas été bien accueillie par le public, bien que la musique ait été jugée favorablement. Le 19 mars, 'Le Bon Seigneur', une comédie nouvelle en un acte en prose mêlée d'ariettes, a été donnée sans succès notable. Le 22 mars, 'L'Amour Paternel' a été rejoué avec succès. Le 24 mars, 'Arlequin cru mort', une comédie italienne en un acte de Goldoni, a été représentée pour la première fois avec beaucoup d'applaudissements.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6156
p. 204-206
« LE Sr ALIAMET, habile Graveur, vient de donner au Public deux estampes qu'il a [...] »
Début :
LE Sr ALIAMET, habile Graveur, vient de donner au Public deux estampes qu'il a [...]
Mots clefs :
Estampes, Graveur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LE Sr ALIAMET, habile Graveur, vient de donner au Public deux estampes qu'il a [...] »
LE SI ALTAMET , habile Graveur , vient
de donner au Public deux eftampes qu'il a
gravées d'aprèsTeniers.Elles ont pour titre ,
OCTOBRE . 1755 205
l'une le départ pour le Sabbat , & l'autre
l'arrivée au Sabbat . Les deux tableaux tirés
du cabinet de M. le Comte de Vence ,
palfent pour les plus ingénieux que ce
Peintre Flamand ait compofes. Comme
tout y eft fiction , il y a donné l'eſſor à
fon génie , il en a fait deux fujets de nuit ,
parce que les fcènes magiques qui y font
dépeintes , s'affortiffent mieux avec les ténebres
qu'avec la trop grande lumiere .
Dans le premier , on voit une Magicienne
occupée à préparer des onguents
pour frotter ceux qu'elle envoie au Sabbat .
Autour d'elle font fous les formes les plus
grotéfques , les fuppots du royaume Infernal
, qui applaudiffent à fon travail .
L'un d'eux tient une efpece de flute à bec
pour fonner le départ , d'autres paroiffent
l'accompagner de leurs cris lugubres. Sur
le devant du fujet font tous les attributs de
l'art de la divination . Têtes & offemens de
morts , caracteres écrits en cercle fur le
carreau , cartes difperfées , couteau fiché
en terre , & c. Dans le fond est une femme
qui tient le livre des paroles magiques
, & fait partir par la cheminée à
l'aide de la fumée d'un grand feu , ceux
qui font prêts , & qui ont en main le balet
chargé d'une torche ardente qui doit les
éclairer dans leur route,
206 MERCURE DE FRANCE.
Le fecond fujet repréfente l'arrivée au
Sabbat. On y voit la forciere & fa fervante
accompagnées de toute la cohorte ténébreufe
, occupées à chercher des trafors à la
lueur du flambeau déja décrit . L'une fouille
la terre , l'autre apporte des herbes & des
racines magiques parmi lesquelles eft une
mandragore : la Scene eft en pleine campagne
au pied d'un gibet en ruine , dont
il ne refte qu'un poteau. Les oiſeaux de
nuit voltigeant ça & là , accompagnent de
leurs cris les inftrumens de mufique qui
annoncent d'une façon comique la joie de
toute la troupe.
Ces deux eftampes expriment parfaitement
les beautés & les fineffes des deux
tableaux & rendent très-bien les effets du
clair-obfcur. Elles fe vendent chez l'Auteur
rue des Mathurins , la quatrieme porte
cochere à gauche en entrant par la rue de
la Harpe , à Paris , 1755 .
de donner au Public deux eftampes qu'il a
gravées d'aprèsTeniers.Elles ont pour titre ,
OCTOBRE . 1755 205
l'une le départ pour le Sabbat , & l'autre
l'arrivée au Sabbat . Les deux tableaux tirés
du cabinet de M. le Comte de Vence ,
palfent pour les plus ingénieux que ce
Peintre Flamand ait compofes. Comme
tout y eft fiction , il y a donné l'eſſor à
fon génie , il en a fait deux fujets de nuit ,
parce que les fcènes magiques qui y font
dépeintes , s'affortiffent mieux avec les ténebres
qu'avec la trop grande lumiere .
Dans le premier , on voit une Magicienne
occupée à préparer des onguents
pour frotter ceux qu'elle envoie au Sabbat .
Autour d'elle font fous les formes les plus
grotéfques , les fuppots du royaume Infernal
, qui applaudiffent à fon travail .
L'un d'eux tient une efpece de flute à bec
pour fonner le départ , d'autres paroiffent
l'accompagner de leurs cris lugubres. Sur
le devant du fujet font tous les attributs de
l'art de la divination . Têtes & offemens de
morts , caracteres écrits en cercle fur le
carreau , cartes difperfées , couteau fiché
en terre , & c. Dans le fond est une femme
qui tient le livre des paroles magiques
, & fait partir par la cheminée à
l'aide de la fumée d'un grand feu , ceux
qui font prêts , & qui ont en main le balet
chargé d'une torche ardente qui doit les
éclairer dans leur route,
206 MERCURE DE FRANCE.
Le fecond fujet repréfente l'arrivée au
Sabbat. On y voit la forciere & fa fervante
accompagnées de toute la cohorte ténébreufe
, occupées à chercher des trafors à la
lueur du flambeau déja décrit . L'une fouille
la terre , l'autre apporte des herbes & des
racines magiques parmi lesquelles eft une
mandragore : la Scene eft en pleine campagne
au pied d'un gibet en ruine , dont
il ne refte qu'un poteau. Les oiſeaux de
nuit voltigeant ça & là , accompagnent de
leurs cris les inftrumens de mufique qui
annoncent d'une façon comique la joie de
toute la troupe.
Ces deux eftampes expriment parfaitement
les beautés & les fineffes des deux
tableaux & rendent très-bien les effets du
clair-obfcur. Elles fe vendent chez l'Auteur
rue des Mathurins , la quatrieme porte
cochere à gauche en entrant par la rue de
la Harpe , à Paris , 1755 .
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Résumé : « LE Sr ALIAMET, habile Graveur, vient de donner au Public deux estampes qu'il a [...] »
Le graveur Si Altamet a récemment publié deux estampes inspirées des œuvres de Teniers : 'Le départ pour le Sabbat' et 'L'arrivée au Sabbat'. Ces tableaux, provenant du cabinet du Comte de Vence, sont parmi les plus remarquables du peintre flamand Teniers. Les scènes, fictives et nocturnes, mettent en valeur des éléments magiques. Dans la première estampe, une magicienne prépare des onguents pour envoyer des personnes au Sabbat. Autour d'elle, des formes grotesques et des suppôts infernaux applaudissent. Un d'eux joue de la flûte à bec, tandis que d'autres émettent des cris lugubres. Des attributs de divination, comme des têtes de morts et des cartes, sont présents. Une femme tient un livre de paroles magiques et fait partir les participants par la cheminée, éclairés par une torche. La seconde estampe montre l'arrivée au Sabbat. Une sorcière et sa servante, accompagnées de créatures ténébreuses, cherchent des trésors à la lueur d'un flambeau. Elles fouillent la terre et ramassent des herbes magiques, dont une mandragore. La scène se déroule en pleine campagne au pied d'un gibet en ruine. Des oiseaux de nuit et des instruments de musique comique annoncent la joie de la troupe. Ces estampes sont disponibles à la vente chez l'auteur, rue des Mathurins à Paris, en 1755.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6157
p. 210-213
« On écrit de Bayeux, que le 16 de ce mois [...] »
Début :
On écrit de Bayeux, que le 16 de ce mois [...]
Mots clefs :
Bayeux, Chancelier, Chanoine, Procession, Paroisse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On écrit de Bayeux, que le 16 de ce mois [...] »
On écrit de Bayeux , que
le 16 de ce mois il s'y eft
fait une ceremonie publique , par une Meffe qui fut
celebrée folemnellement
par un Chanoine en femaine, & l'apréfmidy par une
Proceffion generale de tout
le Clergé de la Ville , où
l'Evêque , âgé de quatrevingt trois ans , officia , fuivi des Corps de Juftice ,
Maire , & Officiers de la
Ville & de l'Election , la
GALANT. 211
Bourgeoifie étant fous les
armes, avec un grand concours de monde du lieu &
de tous les environs , qui y
étoient venus pour voir
cette ceremonie , faite pour
renouveller la memoire de
cinquante années , où en
ཝཱུ pareil jour le même Evêque
fit fa premiere entrée foSemnelle dans cette Ville ,.
&prit poffeffion de fon Evêché. Aprés cette Proceffion
T'Evêque étant fous le portail de la principale entrée lap
de l'Eglife Cathedrale, y regut les complimens de fon
212 MERCURE
Chapitre, le Chancelier d'i
celui portant la parole avec
beaucoup d'éloquence , de
netteté, d'érudition, & d'applaudiffemens, aufquels l'Evêque répondit avec toute
la grace , la force , la juſ
teffe & la facilité poffibles ;
& de retour en fon Palais
yreçut auffi les complimens
du Clergé , de la Ville , &
des autres Corps de Juſtice,
les principaux Officiers portant la parole ; à tous lef
quels l'Evêque fit réponſe
avec une grande prefence
d'efprit , beaucoup de bon-
GALANT 2131
té , & une fatisfaction ge
nerale , & fit enfuite diftrio
buerplufieurs aumônes aux
pauvres des Paroiffes de la
Ville.
le 16 de ce mois il s'y eft
fait une ceremonie publique , par une Meffe qui fut
celebrée folemnellement
par un Chanoine en femaine, & l'apréfmidy par une
Proceffion generale de tout
le Clergé de la Ville , où
l'Evêque , âgé de quatrevingt trois ans , officia , fuivi des Corps de Juftice ,
Maire , & Officiers de la
Ville & de l'Election , la
GALANT. 211
Bourgeoifie étant fous les
armes, avec un grand concours de monde du lieu &
de tous les environs , qui y
étoient venus pour voir
cette ceremonie , faite pour
renouveller la memoire de
cinquante années , où en
ཝཱུ pareil jour le même Evêque
fit fa premiere entrée foSemnelle dans cette Ville ,.
&prit poffeffion de fon Evêché. Aprés cette Proceffion
T'Evêque étant fous le portail de la principale entrée lap
de l'Eglife Cathedrale, y regut les complimens de fon
212 MERCURE
Chapitre, le Chancelier d'i
celui portant la parole avec
beaucoup d'éloquence , de
netteté, d'érudition, & d'applaudiffemens, aufquels l'Evêque répondit avec toute
la grace , la force , la juſ
teffe & la facilité poffibles ;
& de retour en fon Palais
yreçut auffi les complimens
du Clergé , de la Ville , &
des autres Corps de Juſtice,
les principaux Officiers portant la parole ; à tous lef
quels l'Evêque fit réponſe
avec une grande prefence
d'efprit , beaucoup de bon-
GALANT 2131
té , & une fatisfaction ge
nerale , & fit enfuite diftrio
buerplufieurs aumônes aux
pauvres des Paroiffes de la
Ville.
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Résumé : « On écrit de Bayeux, que le 16 de ce mois [...] »
Le 16 du mois, une cérémonie publique a été organisée à Bayeux pour commémorer l'entrée solennelle de l'évêque dans la ville cinquante années auparavant. La cérémonie a débuté par une messe célébrée par un chanoine, suivie d'une procession générale du clergé de la ville. L'évêque, âgé de quatre-vingt-trois ans, a officié en présence des corps de justice, du maire, des officiers de la ville et de l'élection. La bourgeoisie était sous les armes et une grande foule des environs était présente. Après la procession, l'évêque a reçu les compliments de son chapitre à l'entrée de la cathédrale. Le chancelier a prononcé un discours élogieux, auquel l'évêque a répondu avec grâce et justesse. De retour à son palais, l'évêque a également reçu les compliments du clergé, de la ville et des autres corps de justice. Les principaux officiers ont pris la parole et l'évêque a répondu avec bonté et satisfaction générale. Il a ensuite distribué des aumônes aux pauvres des paroisses de la ville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6158
p. 208-211
NAISSANCES, MARIAGES & Morts.
Début :
LE 9 Janvier, Gabrielle-Lidie d'Harcourt Beuvron, épouse de Claude-Louis-François Regnier, [...]
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texteReconnaissance textuelle : NAISSANCES, MARIAGES & Morts.
NAISSANCES, MARIAGES
& Morts.
LE 9 Janvier, Gabrielle-Lidie d'Harcourt Beuvron,
épouse de Claude-Louis-François Regnier,
Comte de Guerchi, Marquis de Nangis,
Baton de la Guerche, Lieutenant Général des
Armées du Roi, Colonel Licutenant de son Ré-
giment d'Infanterie, Gouverneur d'Huningue,
est accouchée d'une fille qui a été nommée au
baptême, Angelique-Louise, & a eu pour Parrain
M. le Duc d'Aumont, & pour Maraine, Made-
moiselle de Beuvion. Voyez sur la Maison d'Har-
gourt, l'fiistoire des Grauds Officiers, Tom. V.
page 14 & sur celle du Comre de Guerchi les
Tablettes Historiques, quatrieme partie, page 41.
Le 18 Dame Victoire-Alexandrine Damas
289
AVRIL.
1752.
d'Antigny épouse du Comte de Taleyran, est ac-
couchée d'un fils qui a été baptisé le même jour
à S. Sulpice & nommé François Jacques: il a eu
pour Parrain M. le Marquis d'Antigny son oncle
maternel, &. pour maraine Madame la Comtesse de
Taleyran son ayeule, voyez sur la Maison de
Damas, l'Histoire des Grands Officiers Tome 8.
page 327. Et sur la Maison de Taleyran les Tablet-
tes Historiques cent onzième partie page soixante-
dix-sept, & quatrième Partie page 44. & 299.
Le 7 Août dernier Messire Charles-Jeau de
Choisi Marquis de Mogneville, épousa à Nancy
Damoiselle Anne-Marguerite d'Ourches, fille du
feu Comte d'Ourches, Lieutenant Général des
Armées du Roi.
Le 10 de Janvier, fut célébré dans la Chapelle
de l'Hôtel de Mortemart le Mariage, entre Messire
Pierre-Armand-Claude du Vivier, Chevalier Ba-
ron du Vigier, Baron de S. Marrin, Seigneur de
Fontenailles, Vauvre, Bourgneuf-Bacalan, & au-
tres lieux, &c. Et Damoiselle Hieronime-Rozalie-
Félicité Phelippeaux, sille de Messire Georges Phe-
lippeaux, Chevalier Seigneur d'Herbault-Neuvy,
Brassieux, Bauzy & autres licux, Lieutenant pour
le Roi dans la Province d'Orléannois au départe-
ment du Blaisois, & de Danie Mariane-Louise de
Kerouartz. Mademoiselle Phelippeaus a pour tri-
sayeul Baltazard Phelippeaux Seigneur d'Herbault,
fils aîné de Raymond Phelippeaux Secretaire d'E-
tat, & dont la famille célebre & illustre, a produit
un Chancelier de France, onze Secrétaires d'Etat
& plusieurs Grands Officiers Commandeurs des
Ordres du Roi.
Monsieur du Vigier est fils de Messire Jacques-
Armand du Vigier, Procureur General du Parle-
ment de Bordeaux, charge dont le Roi vient de
Les VOO
210 MERCURE DE FRANCE.
lui accorder la furvivance, & de Dame Suzane
du Vigier. Il sort d'une ancienne famille noble du
Perigord, dont étoit Robert du Vigier, Chevalier
de Rhodes, & Henry du Vigier son petit neveu
out entr'autres enfans Jean Vigier, Notaire Apos-
tolique Conseiller au Parlement de Paris & Cha-
noine de Lavaur, qui fut fait Treforier de la Sainte
Chapelle de Bourges par Louis XI. le 12. Janvier
1468. & Evêque de Lavaur au mois de Juin 1469.
en conservant la Trésorerie de la Sainte Chapelle.
Voyez le nouveau Gallia Christiana, tom. 2. col.
116. Henri du Vigier, frere de cet Evêque fut bi-
sayeul de Jean du Vigier, nommé par le Roi
Henri IV. Conseiller à la Chambre de l'Edit, dont
le fils Conseiller au Parlement de Bordeaux
fut pere de Jean du Vigier, qui ayant été chargé
par le feu Roi, de glorieuse mémoire, de faire
démolir les Temples des Huguenois, eut de ce
Prince une pension considérable, & plusieurs mar-
ques de faveurs, parmi lesquelles fut le choix que
le Roi fit de sa personne pour remplir la charge de
Procureur Général qui vint à vaquer peu de tems
aprés, ce qui le détermina à retirer du service son
sils unique, Jacques Armand du Vigier, qui ser-
voit dans le Regiment du Marquis de Lisse du
Vigier son frere, & qui après la mort de son pere
fut nommé à la place de Procureur Général, qu'il
remplit actuellement.
Le 11 Janvier 1752, Messire Jean de Vion,
Exempt des Gardes du Corps de Sa Majesté, Che-
valier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint Louis,
a épousé à Mantes fur Seine, Mademoiselle de Fil-
ze, âgée de 26 ans, fille d'un Officier Suisse & sout
de M. Filze Commandant de Bataillon dans le Re-
giment de Saxe.
M. de Vion s'étant trouré à Malthe, à la Cita-
tized by Goo-
AVRIL. 1752.
211
tion de 1713, a eû du Crand-Maître la permission
de porter sa vie durant, la Croix de Malthe,
quoique marié.
Mademoiselle de Vion sa cousine, fille aînée de
Messire Paul de Vion Seigneut de Gaillon, Che-
valier de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis
s'est faite Religieuse le 25 Janvier, dans le Cou-
vent Royal des Dames Annonciades de Meulan
sur Seine: elle a 3autres sœurs Pensionnaires dans
le même Couvent; & 2 fieres, sçavoir, Antoi-
ne de Gaillon Capitaine réformé dans le Regiment
de Taleyian, & Paul de Vion Chevalier de Mal-
the, actuellement à Malthe.
Le 2 Fevrier 1752. Messire Pierre-Augustin de
Cramesel, Chevalier Seigneur de la Haye, de
Meulin & de Kergerault epousa Demoiselle Fran-
çoise Le Prieur, fille de Jacques le Ptieur, Ecuyer
fieur du Frossay, Paroisse de S. Hilaire de Romain-
villiers en Beauce, originaire de Falaise en Nor-
mandie, dans l'Eglise Paroissiale de Saint Germain-
le-Vieil à Paris. Plusieurs Seigneurs & autres per-
sonnes distinguées qui ont été de cette cérémo-
nie y ont signé.
Mre N. Martini d'Orves, Lieutenant Général
des Armées Navales de Sa Majesté est mort le 21
Décembre dernier à Toulon, où il commandoit
la Marine.
Messire Nicolas d'Epinay, Commandeur de
l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis, Lieutenant
Général des Armées Navales de Sa Majesté, &
commandant la Marine à Brest, y mourut le 4
Janvier dans un âge fort avancé.
& Morts.
LE 9 Janvier, Gabrielle-Lidie d'Harcourt Beuvron,
épouse de Claude-Louis-François Regnier,
Comte de Guerchi, Marquis de Nangis,
Baton de la Guerche, Lieutenant Général des
Armées du Roi, Colonel Licutenant de son Ré-
giment d'Infanterie, Gouverneur d'Huningue,
est accouchée d'une fille qui a été nommée au
baptême, Angelique-Louise, & a eu pour Parrain
M. le Duc d'Aumont, & pour Maraine, Made-
moiselle de Beuvion. Voyez sur la Maison d'Har-
gourt, l'fiistoire des Grauds Officiers, Tom. V.
page 14 & sur celle du Comre de Guerchi les
Tablettes Historiques, quatrieme partie, page 41.
Le 18 Dame Victoire-Alexandrine Damas
289
AVRIL.
1752.
d'Antigny épouse du Comte de Taleyran, est ac-
couchée d'un fils qui a été baptisé le même jour
à S. Sulpice & nommé François Jacques: il a eu
pour Parrain M. le Marquis d'Antigny son oncle
maternel, &. pour maraine Madame la Comtesse de
Taleyran son ayeule, voyez sur la Maison de
Damas, l'Histoire des Grands Officiers Tome 8.
page 327. Et sur la Maison de Taleyran les Tablet-
tes Historiques cent onzième partie page soixante-
dix-sept, & quatrième Partie page 44. & 299.
Le 7 Août dernier Messire Charles-Jeau de
Choisi Marquis de Mogneville, épousa à Nancy
Damoiselle Anne-Marguerite d'Ourches, fille du
feu Comte d'Ourches, Lieutenant Général des
Armées du Roi.
Le 10 de Janvier, fut célébré dans la Chapelle
de l'Hôtel de Mortemart le Mariage, entre Messire
Pierre-Armand-Claude du Vivier, Chevalier Ba-
ron du Vigier, Baron de S. Marrin, Seigneur de
Fontenailles, Vauvre, Bourgneuf-Bacalan, & au-
tres lieux, &c. Et Damoiselle Hieronime-Rozalie-
Félicité Phelippeaux, sille de Messire Georges Phe-
lippeaux, Chevalier Seigneur d'Herbault-Neuvy,
Brassieux, Bauzy & autres licux, Lieutenant pour
le Roi dans la Province d'Orléannois au départe-
ment du Blaisois, & de Danie Mariane-Louise de
Kerouartz. Mademoiselle Phelippeaus a pour tri-
sayeul Baltazard Phelippeaux Seigneur d'Herbault,
fils aîné de Raymond Phelippeaux Secretaire d'E-
tat, & dont la famille célebre & illustre, a produit
un Chancelier de France, onze Secrétaires d'Etat
& plusieurs Grands Officiers Commandeurs des
Ordres du Roi.
Monsieur du Vigier est fils de Messire Jacques-
Armand du Vigier, Procureur General du Parle-
ment de Bordeaux, charge dont le Roi vient de
Les VOO
210 MERCURE DE FRANCE.
lui accorder la furvivance, & de Dame Suzane
du Vigier. Il sort d'une ancienne famille noble du
Perigord, dont étoit Robert du Vigier, Chevalier
de Rhodes, & Henry du Vigier son petit neveu
out entr'autres enfans Jean Vigier, Notaire Apos-
tolique Conseiller au Parlement de Paris & Cha-
noine de Lavaur, qui fut fait Treforier de la Sainte
Chapelle de Bourges par Louis XI. le 12. Janvier
1468. & Evêque de Lavaur au mois de Juin 1469.
en conservant la Trésorerie de la Sainte Chapelle.
Voyez le nouveau Gallia Christiana, tom. 2. col.
116. Henri du Vigier, frere de cet Evêque fut bi-
sayeul de Jean du Vigier, nommé par le Roi
Henri IV. Conseiller à la Chambre de l'Edit, dont
le fils Conseiller au Parlement de Bordeaux
fut pere de Jean du Vigier, qui ayant été chargé
par le feu Roi, de glorieuse mémoire, de faire
démolir les Temples des Huguenois, eut de ce
Prince une pension considérable, & plusieurs mar-
ques de faveurs, parmi lesquelles fut le choix que
le Roi fit de sa personne pour remplir la charge de
Procureur Général qui vint à vaquer peu de tems
aprés, ce qui le détermina à retirer du service son
sils unique, Jacques Armand du Vigier, qui ser-
voit dans le Regiment du Marquis de Lisse du
Vigier son frere, & qui après la mort de son pere
fut nommé à la place de Procureur Général, qu'il
remplit actuellement.
Le 11 Janvier 1752, Messire Jean de Vion,
Exempt des Gardes du Corps de Sa Majesté, Che-
valier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint Louis,
a épousé à Mantes fur Seine, Mademoiselle de Fil-
ze, âgée de 26 ans, fille d'un Officier Suisse & sout
de M. Filze Commandant de Bataillon dans le Re-
giment de Saxe.
M. de Vion s'étant trouré à Malthe, à la Cita-
tized by Goo-
AVRIL. 1752.
211
tion de 1713, a eû du Crand-Maître la permission
de porter sa vie durant, la Croix de Malthe,
quoique marié.
Mademoiselle de Vion sa cousine, fille aînée de
Messire Paul de Vion Seigneut de Gaillon, Che-
valier de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis
s'est faite Religieuse le 25 Janvier, dans le Cou-
vent Royal des Dames Annonciades de Meulan
sur Seine: elle a 3autres sœurs Pensionnaires dans
le même Couvent; & 2 fieres, sçavoir, Antoi-
ne de Gaillon Capitaine réformé dans le Regiment
de Taleyian, & Paul de Vion Chevalier de Mal-
the, actuellement à Malthe.
Le 2 Fevrier 1752. Messire Pierre-Augustin de
Cramesel, Chevalier Seigneur de la Haye, de
Meulin & de Kergerault epousa Demoiselle Fran-
çoise Le Prieur, fille de Jacques le Ptieur, Ecuyer
fieur du Frossay, Paroisse de S. Hilaire de Romain-
villiers en Beauce, originaire de Falaise en Nor-
mandie, dans l'Eglise Paroissiale de Saint Germain-
le-Vieil à Paris. Plusieurs Seigneurs & autres per-
sonnes distinguées qui ont été de cette cérémo-
nie y ont signé.
Mre N. Martini d'Orves, Lieutenant Général
des Armées Navales de Sa Majesté est mort le 21
Décembre dernier à Toulon, où il commandoit
la Marine.
Messire Nicolas d'Epinay, Commandeur de
l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis, Lieutenant
Général des Armées Navales de Sa Majesté, &
commandant la Marine à Brest, y mourut le 4
Janvier dans un âge fort avancé.
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6159
p. 205-208
MARIAGES.
Début :
Messire Charles Auguste de Benoise, Conseiller du Parlement, fils de Charles [...]
Mots clefs :
Héritage, Lignée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
**
*i*-
Messire Charles Augu-
:e de Benoise, Conseiller
u
Parlement,fils deCharrs
de Benoise,Conseiller
Lhonneur en la même
>
Cour, & de Marguerite
Pichon, épousa le27. De
cembre N.Berthelot
fille d'EtienneBerthelot
Seigneur de Pleneuf,& d
Marie-Henriette-françoi
se Galland: sa premier
femme.-« v »
MessireFrançois-Henry
EdouardColbert, Comte
de Croissy, Lieutenan
General des armées d
Roy ,
épousale 30. Decem
bre Marie Brunet de Ran
cy,
fille de Paul-Etienn
Brunet de Rancy, Sei
gneurd'EvrylesChâteaux
*
Maître des. Requêtes, ôc
Intendant d'Alençon, &:
de GenevièveColbert. Le
nouvel épouxestfils de
feu M.. Colbert, Ministre
& Secretaire d'Etat,& frere de M. le Marquis de
Torcy, aussi Ministre &
Secrétaire d'Etat ;
ainsi il
se trouve parent de Marie
Brunet de Rancy ,à cause
de sa Mere. Son Pere est
frere defeuMessire Jean
Baptisse Brunet, Conseiller d'Etat, Garde du Tresor Royal- de François
,Brunet de Mont-ferant,
President en la Chambre
desComptes de Paris, &
chef du Conseil de feuë S.
A. R. MONSIEUR; de Jean
Gérard Brunet, Marquis
de Serrigny, President au
Parlement; de feu Gilles
Bruner, Abbéde Villeloin
& deMureau, Conseiller
de la GrandChambre, &
de Joseph Brunet, Abbé
de S. Crespin de Soissons,
Docteur de Sorbonne, si
fameux par sa grande piété,Se sa charité envers les
pauvres.
*i*-
Messire Charles Augu-
:e de Benoise, Conseiller
u
Parlement,fils deCharrs
de Benoise,Conseiller
Lhonneur en la même
>
Cour, & de Marguerite
Pichon, épousa le27. De
cembre N.Berthelot
fille d'EtienneBerthelot
Seigneur de Pleneuf,& d
Marie-Henriette-françoi
se Galland: sa premier
femme.-« v »
MessireFrançois-Henry
EdouardColbert, Comte
de Croissy, Lieutenan
General des armées d
Roy ,
épousale 30. Decem
bre Marie Brunet de Ran
cy,
fille de Paul-Etienn
Brunet de Rancy, Sei
gneurd'EvrylesChâteaux
*
Maître des. Requêtes, ôc
Intendant d'Alençon, &:
de GenevièveColbert. Le
nouvel épouxestfils de
feu M.. Colbert, Ministre
& Secretaire d'Etat,& frere de M. le Marquis de
Torcy, aussi Ministre &
Secrétaire d'Etat ;
ainsi il
se trouve parent de Marie
Brunet de Rancy ,à cause
de sa Mere. Son Pere est
frere defeuMessire Jean
Baptisse Brunet, Conseiller d'Etat, Garde du Tresor Royal- de François
,Brunet de Mont-ferant,
President en la Chambre
desComptes de Paris, &
chef du Conseil de feuë S.
A. R. MONSIEUR; de Jean
Gérard Brunet, Marquis
de Serrigny, President au
Parlement; de feu Gilles
Bruner, Abbéde Villeloin
& deMureau, Conseiller
de la GrandChambre, &
de Joseph Brunet, Abbé
de S. Crespin de Soissons,
Docteur de Sorbonne, si
fameux par sa grande piété,Se sa charité envers les
pauvres.
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Résumé : MARIAGES.
Le texte relate deux mariages notables. Le premier concerne Messire Charles Auguste de Benoise, Conseiller au Parlement, fils de Charles de Benoise et de Marguerite Pichon. Il épousa le 27 décembre N. Berthelot, fille d'Étienne Berthelot, Seigneur de Pleneuf, et de Marie-Henriette-Françoise Galland. Le second mariage implique Messire François-Henry Édouard Colbert, Comte de Croissy et Lieutenant Général des armées du Roi. Il épousa le 30 décembre Marie Brunet de Rancy, fille de Paul-Étienne Brunet de Rancy, Seigneur d'Évry-les-Châteaux, et de Geneviève Colbert. François-Henry Édouard Colbert est le fils de feu M. Colbert, Ministre et Secrétaire d'État, et le frère de M. le Marquis de Torcy, également Ministre et Secrétaire d'État. Il est par ailleurs parent de Marie Brunet de Rancy par sa mère. Le père de l'époux est le frère de feu Messire Jean-Baptiste Brunet, Conseiller d'État et Garde du Trésor Royal. La famille Brunet inclut également plusieurs personnalités distinguées, telles que François Brunet de Montferrant, Président à la Chambre des Comptes de Paris, Jean Gérard Brunet, Marquis de Serrigny, Président au Parlement, Gilles Brunet, Abbé de Villeloin et Conseiller à la Grand Chambre, et Joseph Brunet, Abbé de Saint-Crespin de Soissons, Docteur de Sorbonne, connu pour sa piété et sa charité envers les pauvres.
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6160
p. 207-210
Distribution des Prix des Jeux Floraux, [titre d'après la table]
Début :
Je passe à un Article dont depuis quelques années j'ay accoûtumé [...]
Mots clefs :
Prix, Jeux floraux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Distribution des Prix des Jeux Floraux, [titre d'après la table]
Je passe à un Article dont
depuis quelques annéesj'ayaccoûtumé de vous faire part,
& qui fait plaisir au Public, &
particulièrement aux personnes de Lettres. C'est de la distribution des Prix des Jeux
Floraux qui aestefaite àTou-
louse le 3ede May. Jamais,selon ce qu'on écrit de cette
Ville, on n'a vu tant & de 1i
beaux ouvrages, cequi a
estê
cause de la difficulté que l'on a
trouvée à jugerles Prix;de maniéré que les Juges se font trouvez embarassez presque jusques au dernier jour.
r
Le Prix de l'Ode a
esté
adjugé à une Piece intitulée
le Sisteme de Descartes
3
de la
composition d'un Pere de la
Doctrine Chrestienne. Celuy
du Poëme, a
esté donné à Mr.
l'Abbé Asselin qui avoit. déja
remporté plusieurs autres Prix
dans la même Academie. Il
est de Vire en Basse- Normandie. Le sujet de ce Poemc
estoit la Verité. Le troisiéme
Prix qui estceluy de l'Eglogue
a
esté remporté par Me la -
Presidente Dreütllet. A l'égard du quatriéme qui est
celuy de l'Eloquence, les
Académiciens ayant trouvé
que l'on s'estoit écarté du
sujet,ils ont donné ce Prix à
une Ode intitulée larcblteélure, dont Mr Roy est crû l'Auteur. Lors que j'en feray
mieux éclaircy
,
je vous en
feray part, & j'espere que je
vous enverray )
comme j'ay
fait en plusieurs occasions ,
quelques unes de ces Pieces
,
pour donner lieu aux Sçavans
d'étudier le tour que l'on
peuc donner à
ces forces de
Pieces.
depuis quelques annéesj'ayaccoûtumé de vous faire part,
& qui fait plaisir au Public, &
particulièrement aux personnes de Lettres. C'est de la distribution des Prix des Jeux
Floraux qui aestefaite àTou-
louse le 3ede May. Jamais,selon ce qu'on écrit de cette
Ville, on n'a vu tant & de 1i
beaux ouvrages, cequi a
estê
cause de la difficulté que l'on a
trouvée à jugerles Prix;de maniéré que les Juges se font trouvez embarassez presque jusques au dernier jour.
r
Le Prix de l'Ode a
esté
adjugé à une Piece intitulée
le Sisteme de Descartes
3
de la
composition d'un Pere de la
Doctrine Chrestienne. Celuy
du Poëme, a
esté donné à Mr.
l'Abbé Asselin qui avoit. déja
remporté plusieurs autres Prix
dans la même Academie. Il
est de Vire en Basse- Normandie. Le sujet de ce Poemc
estoit la Verité. Le troisiéme
Prix qui estceluy de l'Eglogue
a
esté remporté par Me la -
Presidente Dreütllet. A l'égard du quatriéme qui est
celuy de l'Eloquence, les
Académiciens ayant trouvé
que l'on s'estoit écarté du
sujet,ils ont donné ce Prix à
une Ode intitulée larcblteélure, dont Mr Roy est crû l'Auteur. Lors que j'en feray
mieux éclaircy
,
je vous en
feray part, & j'espere que je
vous enverray )
comme j'ay
fait en plusieurs occasions ,
quelques unes de ces Pieces
,
pour donner lieu aux Sçavans
d'étudier le tour que l'on
peuc donner à
ces forces de
Pieces.
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Résumé : Distribution des Prix des Jeux Floraux, [titre d'après la table]
Le 3 mai, la distribution des prix des Jeux Floraux à Toulouse a attiré une grande attention en raison de la qualité des œuvres présentées, compliquant ainsi le jugement des juges. Le prix de l'ode a été attribué à une pièce intitulée 'Le Système de Descartes', composée par un Père de la Doctrine Chrétienne. L'Abbé Asselin, originaire de Vire en Basse-Normandie, a remporté le prix du poème avec une œuvre sur 'La Vérité', ayant déjà gagné plusieurs prix dans la même académie. Madame la Présidente Dreuillet a remporté le prix de l'églogue. Pour le prix de l'éloquence, les académiciens ont jugé que les œuvres s'étaient écartées du sujet et ont attribué le prix à une ode intitulée 'L'Arche Électrique', dont Monsieur Roy est présumé être l'auteur. L'auteur du texte promet de fournir plus d'informations et d'envoyer certaines de ces pièces aux savants pour qu'ils puissent étudier leur style.
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6161
p. 1678-1682
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Rouen, le 1 Juin 1730. au sujet de la Cérémonie de la FIERTE.
Début :
La Cérémonie de la FIERTE s'est faite icy le jour de l'Ascension comme à l'ordinaire [...]
Mots clefs :
Criminels, Absolution, Cérémonie, Rouen, Église, Prison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Rouen, le 1 Juin 1730. au sujet de la Cérémonie de la FIERTE.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Rouen,
le 1 Juin 1730.anfujet de la Cérémonie de
la FIERTE.
A Cérémonie de la FIERTE s'eft faite
Licy lejeme det de la FUERTE s'eft
LA
dinaire , avec un grand concours de Peuple
& d'Etrangers , que cette curiofité attire
tous les ans , pour voir ce qui fe paffe
au fujet du Prifonnier qu'on y délivre.
C'eſt un des plus anciens monumens de
la piété de nos Rois , & une conceffion des.
plus authentiques qu'ils ayent jamais faite
aucune Eglife de leur Royaume.
Ca
JUILLET. 1730. 1679
Ce Privilege de la ( a ) Fierte, ou Châſſe
de S. Romain , confifte dans l'abfolution
d'un Criminel & de fes complices , à la
Fête de l'Afcenfion ; pourvu qu'il ne foit
pas accufé de crime de Léze- Majefté, d'Héréfie
, de Faufle monnoye,de Viol ou d'Aſfaffinat
de guet-à-pens . Dans le choix que
le Chapitre de l'Eglife Métropolitaine &
Primatialle de Rouen , fait de celui qui
doit jouir de ce Privilege , il obſerve tresreligieufement
la forme ancienne de cette
ceremonie.
"
Le Lundy quinziéme jour avant les Rogations
, il députe au Parlement,à la Cour
des Aydes & au Préfidial quatre Chanoines
pour vérifier & infinuer le Privilege
afin que depuis ce jour- là jufqu'à ce qu'il
ait eu fon effet , aucun Criminel des Prifons
de la Ville & des Faubourgs ne foit
transféré , mis à la queſtion , ni exécuté.
Pendant les trois jours des Rogations, le
Chapitre nomme deux Chanoines Prêtres,
qui le tranfportent dans les Prifons avec
fe Greffier , pour y entendre les confeſfions
des Criminels qui prétendent au Privilege,
& pour recevoir leurs déclarations
fur les cas dont on les accufe.
Le jour de l'Afcenfion , le Chapitre
compofé feulement des Chanoines- Prê
( a ) Flerte , mot corrompu du Latin , Feretrum
, Cereneil , &cg
Tres
1680 MERCURE DE FRANCE
tres , s'affemble
pour
l'élection
du criminel
qui doit
être
délivré
. Après
avoir
invoqué
le S. Efprit
, & fait
ferment
de
garder
le fecret
, on fait
la lecture
des
confeffions
des
prifonniers
, qui
font
brûlées
dans
le même
lieu
, fi - tôt
que
la
Grace
du criminel
eft admife
.
L'Election faite , le nom du criminel
eft porté au Parlement , qui ordonne à
deux Huiffiers d'aller avec le Chapelain
de S. Romain , le prendre dans la prifone
Ils le conduifent au Parlement , où il eft
mis fur la fellette. Après qu'il a été
interrogé , & que fes informations ont été
rapportées , fa remiffion eft admife fur les
Conclufions du Procureur General . Enfuite
le Premier Préfident luy fait une
correction ; & l'ayant déclaré abſous , il
le renvoye au Chapitre , pour le faire
joüir du Privilege de S. Romain ..
L'Eglife Metropolitaine va enfuite proceffionnellement
à la vieille Tour , ancien
Palais des Ducs de Normandie . On y
conduit le prifonnier , & il y reçoit une
feconde correction du Celebrant , qui luifait
porter la Fierte ou Châffe de S. Romain
jufqu'à la grande Eglife, où il feprof
terne aux pieds de chaque Chanoine ; il
quitte fes fers à la Chappelle de S. Romain
; & après avoir entendu la Meffe
qui eft quelquefois differée jufqu'à fix
heures
و
JUILLET . 1730. 1687
heures du foir , à caufe des conteftations
qui furviennent touchant fon élection
il va à la Vicomté de l'Eau , où le Prieur
du Monaftere de Bonnes - Nouvelles , Ordre
de S. Benoît , luy fait encore une remontrance
.
Le lendemain il reçoit une derniere
correction en plein Chapitre , devant tout
le peuple , tête nue , & à genoux . Delà il
eft conduit au Confeffionnal du Grand-
Penitencier qui entend fa confeffion .
Après cette efpece d'amende honorable il
eft renvoyé.
,
Ce qui a donné lieu à ce Privilege , ſelon
la tradition , c'eft que Saint Romain,
Archevêque de Rouen , ayant été averti
que dans la forêt de Rouvray , près des
faubourgs de la Ville , un ferpent d'une
grandeur monstrueufe faifoit des dégats
horribles , il réfolut de l'aller chaffer , &
demanda pour l'accompagner deux hommes
retenus dans les prifons , l'un con
vaincu de meurtre , & l'autre de vol. Le
voleur s'enfuit fi-tôt qu'il vit le ferpent,
le meurtrier demeura & ne quitta point
le faint Prélat , qui jetta fon Etole au cou
de la bête , la fit conduire par ce prifonnier
jufqu'à la Place publique de la Ville,
où elle fe laiffa attacher , & fut brûlée ;
après quoy on fit grace au meurtrier qui
ne s'étoit point épouventé. S. Ouen, fucceffeur
1682 MERCURE DE FRANCE
3
,
ceffeur de S. Romain , pour conferver la
memoire de ce miracle , obtint du Roy ,
Dagobert , dont il étoit Chancelier , le
Privilege en queftion , tel qu'il s'obferve
encore aujourd'huy.
le 1 Juin 1730.anfujet de la Cérémonie de
la FIERTE.
A Cérémonie de la FIERTE s'eft faite
Licy lejeme det de la FUERTE s'eft
LA
dinaire , avec un grand concours de Peuple
& d'Etrangers , que cette curiofité attire
tous les ans , pour voir ce qui fe paffe
au fujet du Prifonnier qu'on y délivre.
C'eſt un des plus anciens monumens de
la piété de nos Rois , & une conceffion des.
plus authentiques qu'ils ayent jamais faite
aucune Eglife de leur Royaume.
Ca
JUILLET. 1730. 1679
Ce Privilege de la ( a ) Fierte, ou Châſſe
de S. Romain , confifte dans l'abfolution
d'un Criminel & de fes complices , à la
Fête de l'Afcenfion ; pourvu qu'il ne foit
pas accufé de crime de Léze- Majefté, d'Héréfie
, de Faufle monnoye,de Viol ou d'Aſfaffinat
de guet-à-pens . Dans le choix que
le Chapitre de l'Eglife Métropolitaine &
Primatialle de Rouen , fait de celui qui
doit jouir de ce Privilege , il obſerve tresreligieufement
la forme ancienne de cette
ceremonie.
"
Le Lundy quinziéme jour avant les Rogations
, il députe au Parlement,à la Cour
des Aydes & au Préfidial quatre Chanoines
pour vérifier & infinuer le Privilege
afin que depuis ce jour- là jufqu'à ce qu'il
ait eu fon effet , aucun Criminel des Prifons
de la Ville & des Faubourgs ne foit
transféré , mis à la queſtion , ni exécuté.
Pendant les trois jours des Rogations, le
Chapitre nomme deux Chanoines Prêtres,
qui le tranfportent dans les Prifons avec
fe Greffier , pour y entendre les confeſfions
des Criminels qui prétendent au Privilege,
& pour recevoir leurs déclarations
fur les cas dont on les accufe.
Le jour de l'Afcenfion , le Chapitre
compofé feulement des Chanoines- Prê
( a ) Flerte , mot corrompu du Latin , Feretrum
, Cereneil , &cg
Tres
1680 MERCURE DE FRANCE
tres , s'affemble
pour
l'élection
du criminel
qui doit
être
délivré
. Après
avoir
invoqué
le S. Efprit
, & fait
ferment
de
garder
le fecret
, on fait
la lecture
des
confeffions
des
prifonniers
, qui
font
brûlées
dans
le même
lieu
, fi - tôt
que
la
Grace
du criminel
eft admife
.
L'Election faite , le nom du criminel
eft porté au Parlement , qui ordonne à
deux Huiffiers d'aller avec le Chapelain
de S. Romain , le prendre dans la prifone
Ils le conduifent au Parlement , où il eft
mis fur la fellette. Après qu'il a été
interrogé , & que fes informations ont été
rapportées , fa remiffion eft admife fur les
Conclufions du Procureur General . Enfuite
le Premier Préfident luy fait une
correction ; & l'ayant déclaré abſous , il
le renvoye au Chapitre , pour le faire
joüir du Privilege de S. Romain ..
L'Eglife Metropolitaine va enfuite proceffionnellement
à la vieille Tour , ancien
Palais des Ducs de Normandie . On y
conduit le prifonnier , & il y reçoit une
feconde correction du Celebrant , qui luifait
porter la Fierte ou Châffe de S. Romain
jufqu'à la grande Eglife, où il feprof
terne aux pieds de chaque Chanoine ; il
quitte fes fers à la Chappelle de S. Romain
; & après avoir entendu la Meffe
qui eft quelquefois differée jufqu'à fix
heures
و
JUILLET . 1730. 1687
heures du foir , à caufe des conteftations
qui furviennent touchant fon élection
il va à la Vicomté de l'Eau , où le Prieur
du Monaftere de Bonnes - Nouvelles , Ordre
de S. Benoît , luy fait encore une remontrance
.
Le lendemain il reçoit une derniere
correction en plein Chapitre , devant tout
le peuple , tête nue , & à genoux . Delà il
eft conduit au Confeffionnal du Grand-
Penitencier qui entend fa confeffion .
Après cette efpece d'amende honorable il
eft renvoyé.
,
Ce qui a donné lieu à ce Privilege , ſelon
la tradition , c'eft que Saint Romain,
Archevêque de Rouen , ayant été averti
que dans la forêt de Rouvray , près des
faubourgs de la Ville , un ferpent d'une
grandeur monstrueufe faifoit des dégats
horribles , il réfolut de l'aller chaffer , &
demanda pour l'accompagner deux hommes
retenus dans les prifons , l'un con
vaincu de meurtre , & l'autre de vol. Le
voleur s'enfuit fi-tôt qu'il vit le ferpent,
le meurtrier demeura & ne quitta point
le faint Prélat , qui jetta fon Etole au cou
de la bête , la fit conduire par ce prifonnier
jufqu'à la Place publique de la Ville,
où elle fe laiffa attacher , & fut brûlée ;
après quoy on fit grace au meurtrier qui
ne s'étoit point épouventé. S. Ouen, fucceffeur
1682 MERCURE DE FRANCE
3
,
ceffeur de S. Romain , pour conferver la
memoire de ce miracle , obtint du Roy ,
Dagobert , dont il étoit Chancelier , le
Privilege en queftion , tel qu'il s'obferve
encore aujourd'huy.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Rouen, le 1 Juin 1730. au sujet de la Cérémonie de la FIERTE.
La cérémonie de la FIERTE, ou Châsse de Saint Romain, se tient annuellement à Rouen et rassemble un grand nombre de participants. Ce privilège, l'un des plus anciens monuments de la piété des rois de France, permet l'absolution d'un criminel et de ses complices lors de la fête de l'Ascension. Cependant, cette grâce n'est pas accordée aux criminels accusés de lèse-majesté, d'hérésie, de fausse monnaie, de viol ou d'assassinat de guet-à-pens. La procédure débute le lundi quinzième jour avant les Rogations, lorsque quatre chanoines sont envoyés au Parlement, à la Cour des Aydes et au Présidial pour vérifier et insérer le privilège. Pendant les trois jours des Rogations, deux chanoines et un greffier recueillent les confessions des criminels prétendant au privilège. Le jour de l'Ascension, les chanoines se réunissent pour élire le criminel à délivrer. Après lecture des confessions, le nom du criminel est porté au Parlement, qui ordonne son transfert et son interrogatoire. Une fois sa rémission admise, il est conduit en procession à la vieille Tour, où il reçoit une correction et porte la châsse de Saint Romain jusqu'à la grande église. Il y reçoit une messe et est finalement renvoyé après une confession et une amende honorable. Selon la tradition, ce privilège trouve son origine dans un miracle attribué à Saint Romain, archevêque de Rouen, qui délivra un prisonnier ayant fait preuve de courage face à un serpent monstrueux. Son successeur, Saint Ouen, obtint du roi Dagobert le privilège qui est encore observé de nos jours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6162
p. 208-212
Guérisons particulieres à Lyon & à Bordeaux.
Début :
Comme il n'est pas possible de mettre en entier les détails des [...]
Mots clefs :
Lyon, Docteurs, Chirurgie, Malades, Symptômes, Ulcères, M. Keyser, Guérison, Bordeaux, Certificats, Cure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Guérisons particulieres à Lyon & à Bordeaux.
Guérifons particulieres à Lyon à Bordeaux .
Comme il n'eft pas poffible de mettre en entier
les détails des maladies , & que l'expofition entrat
neroit avec elle des mots defagréables , l'on
que
veut fupprimer , l'on ne donnera les certificats cideffous
que par extrait feulement.
LYON.
Nous Docteurs , & Profeffeurs aggrégés au
College des Médecins de Lyon , Médecins ordinaires
de l'Hôpital Général de Notre - Dame de Pitié
du Pont- du - Rhône , & Grand - Hôtel - Dieu de
ladite Ville , & nous Chirurgien Principal dudit
Hôpital , déclarons & certifions avoir examiné
deux particuliers atteints de maladie Vénérienne ,
entrés dans ledit Hôpital pour y être traités par
fieur Jean-Baptifte Rey , Makre en Chirurgie à
Lyon , fuivant la méthode du fieur Keyfer.
Sçavoir , le nommé J. B. Blain , âgé de 19 ans ,
garçon Boucher , & natif de Lyon , attaqué d'une
maladie Vénérienne bien confirmée , & de fymptômes
non équivoques. Et le nommé Auguftin
Brun , Affineur à Lyon , natif de Tetouanne en
Savoye , également attaqué d'une maladie Vénérienne
, fort grave avec ulceres au fond de la
bouche , très - profonds. Et que deux mois après
mondit fieur Rey nous ayant préfenté lesdits deux
malades , traités par la méthode du fieur Keyfer ,
avec priere de les examiner , & de faire notre
rapport de l'état dans lequel nous les trouverions ,
Nous Médecins & Chirurgien fufdits , après avoir
examiné bien attentivement les deux malades . ,
ainsi que les fymptômes qui avoient caractérisé
leurs maladies , nous les avons trouvés en trèsbon
état , & les avons jugés bien guéris . En
foi de quoi nous avons figné pour fervir & valoir
1
DECEMBRE. 1758. 205
4
te que de raifon audit fieur, Rey . A Lyon le 14
Mars 1758 .
Chol, Docteur en Médecine , Magneval , Docteur
enMédecine , Puy , Chirurgien Major.
Nous fouffignés Recteurs & Administrateurs de
l'Hôpital Général de Notre- Dame de Pitié du
Pont-du Rhône , & grand Hôtel Dieu de la ville
de Lyon , certifions que MM . Chol & Magneval ,
qui ont figné le certificat ci- deffus , font actuelle
ment Médecins de cet Hôpital , & que le fieur
Puy , qui a figné avec eux , eft Chirurgien principal
dudit Hôtel- Dieu , ainfi qu'ils fe font qualifiés
. A Lyon , au Bureau dudit Hôpital , icelu
tenant le 22 Mars 1758. Signé, Pofnet de Verneaux,
Guillen , Chaffein , J. Bouvier , Mayeuvre , Sponton
, Valefque , Rambaud , Chauvet , Marion
Latour , Dupont , Ant. Torrent , F. Dian Merlin.
BORDEAUX.
Extrait des Lettres du fieur de la Plaine , & état
de Madame de *** guérie à Bordeaux par le remede
de M. Keyfer , à la connoiffance de la plus
grande partie de la Ville.
-
Parmi le grand nombre des guériſons opérées
par les dragées de M. Keyfer, il en fera peu d'auffi
confidérable que celle- ci . La malade , dont il eft
queftion , avoit inutilement effuyé , en différens
temps , plufieurs traitemens très étendus
par les frictions mercurielles. Les accidens les plus
graves exiftoient dans le temps que j'en entrepris
la cure. La malade , outre une quantité de fymptômes
bien caractérisés , avoit plufieurs ulceres trèsprofonds
dans le fond de la gorge , & à la cloifon
du palais , qui rendoient la déglutition fi
difficile , que les alimens liquides revenoient
le nez : des maux de têtes fi cruels & fi in
par
210 MERCURE DE FRANCE.
fuportables , qu'il s'enfuivoit une infomnie con
tinuelle de plus le nez étoit attaqué d'un ulcere,
qui avoit détruit une grande portion du cartilage
de la narine , & cet ulcere étoit entretenu
par une carie des os de cette partie , & qui occafionnoit
un gonflement de l'os de la pomette : cette
maladie duroit depuis trois ans. La Dame avoit
été prefque abandonnée , & plufieurs perfonnes
Jui avoient annoncé qu'elle ne guériroit jamais ; ce
que l'événement n'a pas juftifié : la guérifon étant
aujourd'hui parfaite & opérée uniquement par les
dragées de M. Keyfer , lefquelles ont produit
Peffet le plus furprenant en effaçant premiérerement
, en trois femaines tous les fymptômes
, enfuite la carie des os du nez , & de l'os maxillaire
qui s'exfolia fans aucune opération extérieure:
de forte qu'aujourd'hui cette Dame eft dans
un embonpoint , qui ne laiffe rien à defirer pour
fa fanté, & m'a permis elfe-même de rendre fa
guérifon publique par reconnoiffance de ce qu'elle
ne la doit qu'au remede de M. Keyler. A Bordeaux
le 4 Octobre 1758 , la Plaine.
Seconde cure auffi confidérable que la premire.
Une fille de 18 ans me fut envoyée , de la part
de l'un de Meffieurs les Jurats de Bordeaux , pour
lui adminiftrer les dragées : outre les fymptômes
les plus graves , la tête de cette fille étoit couverte
d'une croute dartreufe , & les maux en étoient fi
violens qu'elle ne pouvoit repofer nr jour ni nuit:
indépendamment de ces accidens fâcheux , elle fe
trouvoit groffe de fix mois : ce qui demandoit tous
les ménagemens pcffibles. Cependant après l'avoir
préfentée & fait examiner par Meffieurs les
Médecins de Santé de Bordeaux , qui déciderent
qu'il falloit promptement recourir aux remedes
angivénériens , je ne balançai pas de la mettre à l'uDECEMBRE.
1758. 211
fage des dragées , qui eurent tout le fuccès poffible
, tant pour la mere , qui accoucha heureuſement
, que pour l'enfant , qui fut parfaitement
guéri , & n'avoit aucune trace de la maladie dont
la mere avoit été infectée.
Certificat de M. Bernarda , Médecin de Santé , au
fujet de cette cure.
Nous , Médecin de Santé de la ville de Bordeaux,
certifions que l'état ci - deffus eft conforme à la vérité
, comme ayant vu la malade , avant le traitement
, qui étoit dans un état très- équivoque pour
la guérifon , attendu qu'elle étoit groffe de fix
mois; cependant, après l'examen que nous en avons
fait , après avoir été traitée par les dragées antivénériennes
de M. Keyfer, adminiftrées par le fieur
la Plaine , nous avons jugé & eftimé que la malade
étoit parfaitement bien guérie. En foi de quoi
nous avons délivré & figné le préfent certificat . A
Bordeaux ce 29 Novembre 1758. Bernarda.
Certificas de M. Cazaux , Médecin de Santé de la
même ville de Bordeaux , pareillement au sujet
de cette cure .
> Nous , Médecin de Santé de la ville de Bordeaux,
certifions que l'expofé , dans l'autre part , eft trèsexact
, & que la malade s'étant préfentée ce jourd'hui
devant nous , nous avons trouvé que les
dartres crouteufes , qu'elle avoit à la tête , ne paroiffoient
plus , & qu'elle nous paroiffoit en bon
état. En foi de quoi , &c . A Bordeaux ce premier
Octobre 1758. Cazaux
Les Maires , Sous- Maires & Jurats , Gouver
neurs de la Ville & Cité de Bordeaux , Comtes
d'Ornon , Barons de Verines , Prevôts & Seigneurs
d'Eyfines , & de la Prévôté & Banlieue d'entre
deux mers , Juges criminels & de Police , certi
£ 12 MERCURE DE FRANCE.
fient à qui il appartiendra que les fignatures de
Meffieurs Bernarda & Cafaux , Médecins de Santé
de cette Ville , mifes au bas des certificats ci - deffus
, font véritables. En foi de quoi avons octroyés
ces préfentes , &c. Le 6 Octobre 1758. Chavaille.
M. Keyfer a l'honneur de réitérer au Public
que lui ayant jufqu'ici rendu le compte le plus
exact & le plus fidele des fuccès de fa méthode tant
à Paris , que dans les différentes villes du Royaume
, il efpere qu'il voudra bien lui rendre juſtice ,
& ajouter plus de foi à des fignatures authentiques
- qu'à de mauvais écrits que la jaloufie & l'envie
font renaître fans ceffe contre lui .
Il remetra au volume prochain la lifte générale
de tous fes Correfpondans actuels , n'ayant pu le
faire dans celui- ci.
Comme il n'eft pas poffible de mettre en entier
les détails des maladies , & que l'expofition entrat
neroit avec elle des mots defagréables , l'on
que
veut fupprimer , l'on ne donnera les certificats cideffous
que par extrait feulement.
LYON.
Nous Docteurs , & Profeffeurs aggrégés au
College des Médecins de Lyon , Médecins ordinaires
de l'Hôpital Général de Notre - Dame de Pitié
du Pont- du - Rhône , & Grand - Hôtel - Dieu de
ladite Ville , & nous Chirurgien Principal dudit
Hôpital , déclarons & certifions avoir examiné
deux particuliers atteints de maladie Vénérienne ,
entrés dans ledit Hôpital pour y être traités par
fieur Jean-Baptifte Rey , Makre en Chirurgie à
Lyon , fuivant la méthode du fieur Keyfer.
Sçavoir , le nommé J. B. Blain , âgé de 19 ans ,
garçon Boucher , & natif de Lyon , attaqué d'une
maladie Vénérienne bien confirmée , & de fymptômes
non équivoques. Et le nommé Auguftin
Brun , Affineur à Lyon , natif de Tetouanne en
Savoye , également attaqué d'une maladie Vénérienne
, fort grave avec ulceres au fond de la
bouche , très - profonds. Et que deux mois après
mondit fieur Rey nous ayant préfenté lesdits deux
malades , traités par la méthode du fieur Keyfer ,
avec priere de les examiner , & de faire notre
rapport de l'état dans lequel nous les trouverions ,
Nous Médecins & Chirurgien fufdits , après avoir
examiné bien attentivement les deux malades . ,
ainsi que les fymptômes qui avoient caractérisé
leurs maladies , nous les avons trouvés en trèsbon
état , & les avons jugés bien guéris . En
foi de quoi nous avons figné pour fervir & valoir
1
DECEMBRE. 1758. 205
4
te que de raifon audit fieur, Rey . A Lyon le 14
Mars 1758 .
Chol, Docteur en Médecine , Magneval , Docteur
enMédecine , Puy , Chirurgien Major.
Nous fouffignés Recteurs & Administrateurs de
l'Hôpital Général de Notre- Dame de Pitié du
Pont-du Rhône , & grand Hôtel Dieu de la ville
de Lyon , certifions que MM . Chol & Magneval ,
qui ont figné le certificat ci- deffus , font actuelle
ment Médecins de cet Hôpital , & que le fieur
Puy , qui a figné avec eux , eft Chirurgien principal
dudit Hôtel- Dieu , ainfi qu'ils fe font qualifiés
. A Lyon , au Bureau dudit Hôpital , icelu
tenant le 22 Mars 1758. Signé, Pofnet de Verneaux,
Guillen , Chaffein , J. Bouvier , Mayeuvre , Sponton
, Valefque , Rambaud , Chauvet , Marion
Latour , Dupont , Ant. Torrent , F. Dian Merlin.
BORDEAUX.
Extrait des Lettres du fieur de la Plaine , & état
de Madame de *** guérie à Bordeaux par le remede
de M. Keyfer , à la connoiffance de la plus
grande partie de la Ville.
-
Parmi le grand nombre des guériſons opérées
par les dragées de M. Keyfer, il en fera peu d'auffi
confidérable que celle- ci . La malade , dont il eft
queftion , avoit inutilement effuyé , en différens
temps , plufieurs traitemens très étendus
par les frictions mercurielles. Les accidens les plus
graves exiftoient dans le temps que j'en entrepris
la cure. La malade , outre une quantité de fymptômes
bien caractérisés , avoit plufieurs ulceres trèsprofonds
dans le fond de la gorge , & à la cloifon
du palais , qui rendoient la déglutition fi
difficile , que les alimens liquides revenoient
le nez : des maux de têtes fi cruels & fi in
par
210 MERCURE DE FRANCE.
fuportables , qu'il s'enfuivoit une infomnie con
tinuelle de plus le nez étoit attaqué d'un ulcere,
qui avoit détruit une grande portion du cartilage
de la narine , & cet ulcere étoit entretenu
par une carie des os de cette partie , & qui occafionnoit
un gonflement de l'os de la pomette : cette
maladie duroit depuis trois ans. La Dame avoit
été prefque abandonnée , & plufieurs perfonnes
Jui avoient annoncé qu'elle ne guériroit jamais ; ce
que l'événement n'a pas juftifié : la guérifon étant
aujourd'hui parfaite & opérée uniquement par les
dragées de M. Keyfer , lefquelles ont produit
Peffet le plus furprenant en effaçant premiérerement
, en trois femaines tous les fymptômes
, enfuite la carie des os du nez , & de l'os maxillaire
qui s'exfolia fans aucune opération extérieure:
de forte qu'aujourd'hui cette Dame eft dans
un embonpoint , qui ne laiffe rien à defirer pour
fa fanté, & m'a permis elfe-même de rendre fa
guérifon publique par reconnoiffance de ce qu'elle
ne la doit qu'au remede de M. Keyler. A Bordeaux
le 4 Octobre 1758 , la Plaine.
Seconde cure auffi confidérable que la premire.
Une fille de 18 ans me fut envoyée , de la part
de l'un de Meffieurs les Jurats de Bordeaux , pour
lui adminiftrer les dragées : outre les fymptômes
les plus graves , la tête de cette fille étoit couverte
d'une croute dartreufe , & les maux en étoient fi
violens qu'elle ne pouvoit repofer nr jour ni nuit:
indépendamment de ces accidens fâcheux , elle fe
trouvoit groffe de fix mois : ce qui demandoit tous
les ménagemens pcffibles. Cependant après l'avoir
préfentée & fait examiner par Meffieurs les
Médecins de Santé de Bordeaux , qui déciderent
qu'il falloit promptement recourir aux remedes
angivénériens , je ne balançai pas de la mettre à l'uDECEMBRE.
1758. 211
fage des dragées , qui eurent tout le fuccès poffible
, tant pour la mere , qui accoucha heureuſement
, que pour l'enfant , qui fut parfaitement
guéri , & n'avoit aucune trace de la maladie dont
la mere avoit été infectée.
Certificat de M. Bernarda , Médecin de Santé , au
fujet de cette cure.
Nous , Médecin de Santé de la ville de Bordeaux,
certifions que l'état ci - deffus eft conforme à la vérité
, comme ayant vu la malade , avant le traitement
, qui étoit dans un état très- équivoque pour
la guérifon , attendu qu'elle étoit groffe de fix
mois; cependant, après l'examen que nous en avons
fait , après avoir été traitée par les dragées antivénériennes
de M. Keyfer, adminiftrées par le fieur
la Plaine , nous avons jugé & eftimé que la malade
étoit parfaitement bien guérie. En foi de quoi
nous avons délivré & figné le préfent certificat . A
Bordeaux ce 29 Novembre 1758. Bernarda.
Certificas de M. Cazaux , Médecin de Santé de la
même ville de Bordeaux , pareillement au sujet
de cette cure .
> Nous , Médecin de Santé de la ville de Bordeaux,
certifions que l'expofé , dans l'autre part , eft trèsexact
, & que la malade s'étant préfentée ce jourd'hui
devant nous , nous avons trouvé que les
dartres crouteufes , qu'elle avoit à la tête , ne paroiffoient
plus , & qu'elle nous paroiffoit en bon
état. En foi de quoi , &c . A Bordeaux ce premier
Octobre 1758. Cazaux
Les Maires , Sous- Maires & Jurats , Gouver
neurs de la Ville & Cité de Bordeaux , Comtes
d'Ornon , Barons de Verines , Prevôts & Seigneurs
d'Eyfines , & de la Prévôté & Banlieue d'entre
deux mers , Juges criminels & de Police , certi
£ 12 MERCURE DE FRANCE.
fient à qui il appartiendra que les fignatures de
Meffieurs Bernarda & Cafaux , Médecins de Santé
de cette Ville , mifes au bas des certificats ci - deffus
, font véritables. En foi de quoi avons octroyés
ces préfentes , &c. Le 6 Octobre 1758. Chavaille.
M. Keyfer a l'honneur de réitérer au Public
que lui ayant jufqu'ici rendu le compte le plus
exact & le plus fidele des fuccès de fa méthode tant
à Paris , que dans les différentes villes du Royaume
, il efpere qu'il voudra bien lui rendre juſtice ,
& ajouter plus de foi à des fignatures authentiques
- qu'à de mauvais écrits que la jaloufie & l'envie
font renaître fans ceffe contre lui .
Il remetra au volume prochain la lifte générale
de tous fes Correfpondans actuels , n'ayant pu le
faire dans celui- ci.
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Résumé : Guérisons particulieres à Lyon & à Bordeaux.
Le document relate des guérisons de maladies vénériennes à Lyon et Bordeaux. À Lyon, les docteurs et chirurgiens du Collège des Médecins et de l'Hôpital Général ont examiné deux patients, J. B. Blain et Augustin Brun, atteints de maladies vénériennes. Après traitement par Jean-Baptiste Rey suivant la méthode de M. Keyfer, les patients ont été déclarés guéris. Le certificat de guérison a été signé par les médecins Chol et Magneval, ainsi que le chirurgien Puy, et confirmé par les recteurs et administrateurs de l'hôpital. À Bordeaux, deux cas de guérison notables sont rapportés. La première concerne une dame souffrant de symptômes graves, y compris des ulcères profonds dans la gorge et le nez, qui a été guérie par les dragées de M. Keyfer. La seconde concerne une jeune fille de 18 ans, enceinte de six mois, également guérie par le même traitement. Les médecins de santé Bernarda et Cazaux ont certifié ces guérisons. Les autorités de Bordeaux, y compris les maires et jurats, ont confirmé l'authenticité des certificats. M. Keyfer réitère l'efficacité de sa méthode et promet de publier une liste de ses correspondants dans un prochain volume.
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6163
p. 192-197
« Le Duc de Neubourg, qui est Catholique & Beau-pere de [...] »
Début :
Le Duc de Neubourg, qui est Catholique & Beau-pere de [...]
Mots clefs :
Duc de Neubourg, Empereur, Prince, Électeur palatin, Ordre Teutonique, Heidelberg, Serment de fidélité, Palatinat, Marquis, Princes, Conseillers, Duché, Fille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Duc de Neubourg, qui est Catholique & Beau-pere de [...] »
Le Duc de Neubourg, qui
eft Catholique & Beau pere
de l'Empereur , eft à preſent
Electeur Palatin , & en cette
qualité il a envoyé le Prince
Louis Antoine de Neubourg
fon Fils , Grand Maistre de
l'Ordre Teutonique à Hei
delberg , pour recevoir en
fon nom le Serment de fide
lité des Bourgeois , des Trou
pes , & des Officiers de cetto
Ville , qui eft la Capitale de
ce qu'on appelle le Palatinat
du Rhin. Ce Palatinat eft
v
entre
"
GALANT. 193
entre des Dioceſes de Tréve
& de Mayence , les Duchez
de Deux ponts & de Vittemberg
, le Marquifat de Bade,
& l'Alface. Le haut Palatinat,
qui eft entre la Bohéme , la
Franconie & la Baviere , &
dont la Capitale eft Amberg,
fut donné en 1623. à Maximilien
Duc de Baviere, lorfqu'on
dépouilla Frideric V. de l'Ele
ctorat & de fes Etats , & ce
pays eft demeuré aux Ducs
de Baviere , par l'article io. de
la Paix de Vveftphalie , lorf
qu'on créa un huitiéme Eleczorat
pour le Prince Palatin.
Juin 1685.
R
194 MERCURE
Le Prince Louis Antoine
de Neubourg , eftant arrivé à
Heidelberg le 30. de May , y
receut le lendemain le fer
ment de fidelité pour le Duc
de Neubourg fon Pere , &
envoya quelques Confeillers
dans tous les Bailliages du
Palatinat , pour recevoir le
mefme ferment. Le Prince
Palatin de Veldens , a fait
faire des proteftations contre
cette prife de poffeffion ; mais
on n'y a eu aucun égard , le
droit du Duc de Neubourg
ne pouvant ſe contefter . EL
T
*སྒྱུ
tienne , fecond Fils de l'EmGALANT.
195
pereur Robert le Petit , laiffa
deux Fils , fçavoir Frederic &
Louis le Noir, comme je vous
L'ay déja marqué. Ce dernier
laiffa Alexandre le Boiteux
Duc de Deux- ponts , Pere de
Louis 11. qui eut Volfang .
Othon Henry Electeur Palatin
, eftant mort alors fans pofterité,
Frederic III . defcendu
de Frederic , Fils aifné de cét
Eftienne, qui étoit fecond Fils
de l'Empereur Robert , luy
fucceda en l'Electorat; & Volfang
, Duc de Deux - ponts ,
defcendu de Louis le Noir ,
Fils puifné du mefme Eftien-
Rij
196 MERCURE
ne , eut le Duché de Neu?
bourg , dont il fit le titre de
Philippes Louis fon Fils aiſné.
Jean I. fon fecond Fils , fuc
Duc de Deux - ponts , & il en
á fait la Branche . Philippes
Louis , Duc de Neubourg ,
laiffa Volfang Guillaume , &
Augufte qui a fait la Branche
des Comtes Palatins de Sulft
bach. Volfang Guillaume
Duc de Neubourg , ſe fit Catholique
en 1614. & fut Pere
de Philippés Guillaume , attjourd'huy
Duc de Neubourg,
de Juliers , de Mons , &c. qui
maſquit le 23. Novembre 1615.
GALANT. 197
1
& qui ayant perdu en 1651
Anne Catherine Conftance ,
Fille de Sigilimond III. Roy de
Palogne, la premiere Femme,
époula deux ans aprés Elifa
beth Amalie Damftar , Fille
du Landgrave George , & de
Sophie Eleonor de Saxe, dont
ila plufieurs Enfans , & entre
autres Anne Marie Jofeph ,
née en 1655. & mariée en 1676*
à l'Empereur Leopold
eft Catholique & Beau pere
de l'Empereur , eft à preſent
Electeur Palatin , & en cette
qualité il a envoyé le Prince
Louis Antoine de Neubourg
fon Fils , Grand Maistre de
l'Ordre Teutonique à Hei
delberg , pour recevoir en
fon nom le Serment de fide
lité des Bourgeois , des Trou
pes , & des Officiers de cetto
Ville , qui eft la Capitale de
ce qu'on appelle le Palatinat
du Rhin. Ce Palatinat eft
v
entre
"
GALANT. 193
entre des Dioceſes de Tréve
& de Mayence , les Duchez
de Deux ponts & de Vittemberg
, le Marquifat de Bade,
& l'Alface. Le haut Palatinat,
qui eft entre la Bohéme , la
Franconie & la Baviere , &
dont la Capitale eft Amberg,
fut donné en 1623. à Maximilien
Duc de Baviere, lorfqu'on
dépouilla Frideric V. de l'Ele
ctorat & de fes Etats , & ce
pays eft demeuré aux Ducs
de Baviere , par l'article io. de
la Paix de Vveftphalie , lorf
qu'on créa un huitiéme Eleczorat
pour le Prince Palatin.
Juin 1685.
R
194 MERCURE
Le Prince Louis Antoine
de Neubourg , eftant arrivé à
Heidelberg le 30. de May , y
receut le lendemain le fer
ment de fidelité pour le Duc
de Neubourg fon Pere , &
envoya quelques Confeillers
dans tous les Bailliages du
Palatinat , pour recevoir le
mefme ferment. Le Prince
Palatin de Veldens , a fait
faire des proteftations contre
cette prife de poffeffion ; mais
on n'y a eu aucun égard , le
droit du Duc de Neubourg
ne pouvant ſe contefter . EL
T
*སྒྱུ
tienne , fecond Fils de l'EmGALANT.
195
pereur Robert le Petit , laiffa
deux Fils , fçavoir Frederic &
Louis le Noir, comme je vous
L'ay déja marqué. Ce dernier
laiffa Alexandre le Boiteux
Duc de Deux- ponts , Pere de
Louis 11. qui eut Volfang .
Othon Henry Electeur Palatin
, eftant mort alors fans pofterité,
Frederic III . defcendu
de Frederic , Fils aifné de cét
Eftienne, qui étoit fecond Fils
de l'Empereur Robert , luy
fucceda en l'Electorat; & Volfang
, Duc de Deux - ponts ,
defcendu de Louis le Noir ,
Fils puifné du mefme Eftien-
Rij
196 MERCURE
ne , eut le Duché de Neu?
bourg , dont il fit le titre de
Philippes Louis fon Fils aiſné.
Jean I. fon fecond Fils , fuc
Duc de Deux - ponts , & il en
á fait la Branche . Philippes
Louis , Duc de Neubourg ,
laiffa Volfang Guillaume , &
Augufte qui a fait la Branche
des Comtes Palatins de Sulft
bach. Volfang Guillaume
Duc de Neubourg , ſe fit Catholique
en 1614. & fut Pere
de Philippés Guillaume , attjourd'huy
Duc de Neubourg,
de Juliers , de Mons , &c. qui
maſquit le 23. Novembre 1615.
GALANT. 197
1
& qui ayant perdu en 1651
Anne Catherine Conftance ,
Fille de Sigilimond III. Roy de
Palogne, la premiere Femme,
époula deux ans aprés Elifa
beth Amalie Damftar , Fille
du Landgrave George , & de
Sophie Eleonor de Saxe, dont
ila plufieurs Enfans , & entre
autres Anne Marie Jofeph ,
née en 1655. & mariée en 1676*
à l'Empereur Leopold
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Résumé : « Le Duc de Neubourg, qui est Catholique & Beau-pere de [...] »
En juin 1685, le Duc de Neubourg, catholique et beau-père de l'Empereur, envoya son fils, le Prince Louis Antoine de Neubourg, à Heidelberg pour recevoir le serment de fidélité des habitants et des officiers de la ville. Le Palatinat du Rhin, situé entre les diocèses de Trèves et de Mayence, les duchés de Deux-Ponts et de Wittemberg, le marquisat de Bade, et l'Alsace, fut attribué en 1623 à Maximilien, Duc de Bavière, après la déposition de Frédéric V. Le haut Palatinat, entre la Bohême, la Franconie et la Bavière, resta aux Ducs de Bavière selon la Paix de Westphalie. Le Prince Louis Antoine arriva à Heidelberg le 30 mai et reçut le serment de fidélité pour son père le lendemain. Il envoya des conseillers dans tous les bailliages du Palatinat pour obtenir le même serment. Le Prince Palatin de Veldenz protesta sans succès. La généalogie des Ducs de Neubourg remonte à Étienne, second fils de l'Empereur Robert le Petit. Philippe Louis, Duc de Neubourg, eut plusieurs descendants, dont Wolfgang Guillaume, converti au catholicisme.
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6164
p. 208-214
Sacre de Mr l'Evêque de Digne. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a donné le Prieuré de S. Mihcel à Mr de Galiczon [...]
Mots clefs :
Evêque de Digne, Sacre, Abbé du Puget
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sacre de Mr l'Evêque de Digne. [titre d'après la table]
Mr l'Abbé du Puget , frete ,
fils , & petit- fils de Prefident!
à Mortier du Parlement de
Toulouſe , a efté facré Evêque
de Digne dans l'Eglife des Cor.
delieres rue de Grenelle , par
Mr l'Archevêque de Narbonne & Mrs les Evêques de Blois
&de Valence , tous deux Com-
GALANT 209
patriotes du nouvel Evêque ; ,
les Maifons de Bertier & de Catelan font de Touloufe auffi
bien que celles du Puget. Mr
l'Evêque de Digne eftoit grand
Vicaire de Viviers , & c'eft l'Evefque de ce nom qui l'a fait
connoiftre à la Cour , & fur le
témoignage duquel il a eſté élevé à l'Epifcopat. Tout le monde connoift le merite de Mr
l'Evefque de Viviers. Un Ecclefiaftique élevé de fa main eſt
un fujet bien digne de l'Epifcopat. Catherine du Puget tante du nouvel Evefque , époufa
Jacques de Catelan Confeiller
Avril 1710. S
210 MERCURE
au Parlement de Toulouſe , &
qui fut enfuite Preſident aux
Enqueftes. De ce mariage font
fortis plufieurs enfans , entreautres Jean de Catelan Evef
que de Valence. Ainfi ces deux
Prelats font coufins germains,
Jeanne Varez fille d'Anne Catel , d'une Maiſon qualifiée du
Parlement de Toulouſe , dont
un des plus fçavans hommes
du Royaume a publié depuis
quelques mois la genealogie ,
époufa François du Puget il y a
prés d'un fiecle. La famille de
Varez fubfifte encore à Touloufe ; Mr de la Caffe en eft le
GALANT 211
Chef. Plufieurs enfans fortirent de ce mariage ; Jacques
du Puget Prefident à Mortier
du Parlement de Toulouse ,
grand - pere de cet Evefque ,
N.... du Puget femme du celebre N... d'Avifard Seigneur
de Vifelez, & N... époufe de
N... de Savi Seigneur de Gravels , dont le fils a époufé lat
foeur de feu Mrle Marquis de
Fontbeaufard , Maréchal de
Camp. Le Prefident du Puget
Seigneur de Saint - André eut
deN... de Percin grand'- tante
de Mr l'Evefque de S. Pons ,
François auffi Prefident à MorSij
212 MERCURE
tier , qui de N... des Plats de
Graniague a eu Jofeph du Puget aujourd'huy Prefident à
Mortier , le nouvel Evefque de
Digne , Mr du Puget Lieutenant de Roy du Neuf Briſack,
Mr.le Chevalier du Puget Capitaine dans le Regiment du
Roy , un autre Chevalier du
Puget qui refide à Malte , un
autre Chevalier LieutenantColonel du Regiment de Dra
gonsde Saint- Chaumont, trois
autres tuez , l'un en Catalogne, l'autre au Siege de Luxembourg , & le troifiéme à Nerwinde. Jacques du Puget eut
GALANT 213
plufieurs autres enfans de fa
premiere femme , deux Ecclefiaftiques , dont le deuxième
fut Prevoft de Lombez, Mr de
Saint Jean Capitaine au Regiment de Guyenne , mort au
Siege de Lerida. Deux autres
quiaprés avoir efté Capitaines
dans les Regimens de Breffe &
de Guyenne fe font mariez ,
Mes de Plocgnac du Puget ont
époufé , l'une Mr le Prefident
Catellan , la feconde Mr de
Nogarede , & la troifiéme Mr
de Roquefoulet parent de Mr
l'Abbé de Roquette. Jacques
du Puget , de Conftance de
214 MERCURE
get
臀
Buiffon d'Auffonne fa premiere femme n'eut qu'une fille
mariée à Mre N... de la Maimie Seigneur de Ville- neuve ,
Sindic de la Province de Languedoc. Mrle Preſident du Pud'aujourd'huy a des enfans
de N... de Chevailles de Fougeries. Nicaife Evefque de Digne
affifta au premier Concile general de Nicée. L'Eglife de Digne tire ſon origine de Saint
Domnin , Difciple de Saint
Marcellin d'Embrun , qui vivoit aprés le milieu du 4. fiecle.
fils , & petit- fils de Prefident!
à Mortier du Parlement de
Toulouſe , a efté facré Evêque
de Digne dans l'Eglife des Cor.
delieres rue de Grenelle , par
Mr l'Archevêque de Narbonne & Mrs les Evêques de Blois
&de Valence , tous deux Com-
GALANT 209
patriotes du nouvel Evêque ; ,
les Maifons de Bertier & de Catelan font de Touloufe auffi
bien que celles du Puget. Mr
l'Evêque de Digne eftoit grand
Vicaire de Viviers , & c'eft l'Evefque de ce nom qui l'a fait
connoiftre à la Cour , & fur le
témoignage duquel il a eſté élevé à l'Epifcopat. Tout le monde connoift le merite de Mr
l'Evefque de Viviers. Un Ecclefiaftique élevé de fa main eſt
un fujet bien digne de l'Epifcopat. Catherine du Puget tante du nouvel Evefque , époufa
Jacques de Catelan Confeiller
Avril 1710. S
210 MERCURE
au Parlement de Toulouſe , &
qui fut enfuite Preſident aux
Enqueftes. De ce mariage font
fortis plufieurs enfans , entreautres Jean de Catelan Evef
que de Valence. Ainfi ces deux
Prelats font coufins germains,
Jeanne Varez fille d'Anne Catel , d'une Maiſon qualifiée du
Parlement de Toulouſe , dont
un des plus fçavans hommes
du Royaume a publié depuis
quelques mois la genealogie ,
époufa François du Puget il y a
prés d'un fiecle. La famille de
Varez fubfifte encore à Touloufe ; Mr de la Caffe en eft le
GALANT 211
Chef. Plufieurs enfans fortirent de ce mariage ; Jacques
du Puget Prefident à Mortier
du Parlement de Toulouse ,
grand - pere de cet Evefque ,
N.... du Puget femme du celebre N... d'Avifard Seigneur
de Vifelez, & N... époufe de
N... de Savi Seigneur de Gravels , dont le fils a époufé lat
foeur de feu Mrle Marquis de
Fontbeaufard , Maréchal de
Camp. Le Prefident du Puget
Seigneur de Saint - André eut
deN... de Percin grand'- tante
de Mr l'Evefque de S. Pons ,
François auffi Prefident à MorSij
212 MERCURE
tier , qui de N... des Plats de
Graniague a eu Jofeph du Puget aujourd'huy Prefident à
Mortier , le nouvel Evefque de
Digne , Mr du Puget Lieutenant de Roy du Neuf Briſack,
Mr.le Chevalier du Puget Capitaine dans le Regiment du
Roy , un autre Chevalier du
Puget qui refide à Malte , un
autre Chevalier LieutenantColonel du Regiment de Dra
gonsde Saint- Chaumont, trois
autres tuez , l'un en Catalogne, l'autre au Siege de Luxembourg , & le troifiéme à Nerwinde. Jacques du Puget eut
GALANT 213
plufieurs autres enfans de fa
premiere femme , deux Ecclefiaftiques , dont le deuxième
fut Prevoft de Lombez, Mr de
Saint Jean Capitaine au Regiment de Guyenne , mort au
Siege de Lerida. Deux autres
quiaprés avoir efté Capitaines
dans les Regimens de Breffe &
de Guyenne fe font mariez ,
Mes de Plocgnac du Puget ont
époufé , l'une Mr le Prefident
Catellan , la feconde Mr de
Nogarede , & la troifiéme Mr
de Roquefoulet parent de Mr
l'Abbé de Roquette. Jacques
du Puget , de Conftance de
214 MERCURE
get
臀
Buiffon d'Auffonne fa premiere femme n'eut qu'une fille
mariée à Mre N... de la Maimie Seigneur de Ville- neuve ,
Sindic de la Province de Languedoc. Mrle Preſident du Pud'aujourd'huy a des enfans
de N... de Chevailles de Fougeries. Nicaife Evefque de Digne
affifta au premier Concile general de Nicée. L'Eglife de Digne tire ſon origine de Saint
Domnin , Difciple de Saint
Marcellin d'Embrun , qui vivoit aprés le milieu du 4. fiecle.
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Résumé : Sacre de Mr l'Evêque de Digne. [titre d'après la table]
Le texte décrit la consécration de l'Abbé du Puget en tant qu'Évêque de Digne. La cérémonie s'est déroulée dans l'église des Cordeliers rue de Grenelle, sous la présidence de l'Archevêque de Narbonne et des Évêques de Blois et de Valence. Les familles Bertier, Castelan et du Puget sont toutes originaires de Toulouse. Avant sa nomination, Mr du Puget était grand Vicaire de Viviers, et son ascension a été soutenue par l'Évêque de Viviers. Catherine du Puget, tante de l'Évêque de Digne, avait épousé Jacques de Catelan, Conseiller au Parlement de Toulouse et Président aux Enquêtes. Leur fils, Jean de Catelan, Évêque de Valence, est cousin germain du nouvel Évêque de Digne. Jeanne Varez, fille d'Anne Castel, a épousé François du Puget il y a près d'un siècle. La famille Varez est toujours présente à Toulouse, dirigée par Mr de la Casse. Jacques du Puget, Président à Mortier au Parlement de Toulouse, est le grand-père de l'Évêque de Digne. Plusieurs membres de la famille du Puget occupent des postes prestigieux dans l'armée et la justice. La famille est également liée à des maisons nobles comme les Nogaredes et les Roquefoulets.
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6165
p. 147-154
« A propos de cette Enigme, il me souvient d'avoir [...] »
Début :
A propos de cette Enigme, il me souvient d'avoir [...]
Mots clefs :
Sang, Amour, Mariage, Beauté
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texteReconnaissance textuelle : « A propos de cette Enigme, il me souvient d'avoir [...] »
Apropos de cette Enig.>,,
me,ilmesouvient davoir
entendu racontes
un faitpeu plaisant, mais
rres - veritable.
Un jeune Anglois qui
logeoitclans une Auberge
du Fauxbourg Saint
Germain
,
devint éperduëment
amoureuxde la
fille de son Hoste. Elle
estoit tres-belle,&l'Anglois
luy sir des offres à
proporrion desa beauté;
mais cette fierehostesse,
foit par vertu ,
foit par
ambition ne voulut
entendre parler que de
mariage ; le pere de ce
jeune
jeune Anglois, estoie
homme à le desheriter
s'il eut voulu contenter
sa passion à ce prix,l'Hôtesse
n'en vouloit pourtant
rien rabattre,nostre
Amant desesperé tomba
dangereusement malade.
On fit plusieursconsultations,
où Monsieur
Gucnaut fameux Medecin
de ce temps-là,n'eut
pas de peine à prouver à
ses Confreres,qu'il faloit
d'abord seigner & rafraîchir,
&C qu'il teudroit
ensuite rafraîchir & seigner
; car, disoit-il, je
connois les deux maladies
de mon malade,elle
sont toutes deux dans le
sang. Ce(H'amour&: la
fiévre ; enfin nostre Amant
fut livreàl'opinion
de Monsieur Guenaut ,
qui par dix ou douze seignées
consecutives, osta
de ses veines non-seulement
l'amour & la ~cvre
,
mais encore la vie,
ou peu s'en salut, car on
le crut mort; cependant
il en revint, parce que
les Medecins &r le Chirurgienl'abandonnerent.
Pendant ce temps là,on
avoit écrit au pere la eause
de cette maladie,&il
arriva de Londres dans
laresolution de consentir
à ce mariageextravagant,
plustost que de perdre
son fils unique.
Ille trouva mourant
&la premiere chose qu'il
fit pour le rappeller à la
vie, ce futde lui prometre
labelle Hostesse
en mariage ; mais comme
la passiondu jeune
homme n'estoit fondée
que sur la beauté, les
idées vives des charmes
de l'Hostesse s'estoient
dissipées avec son sang;
elles revinrent pourtant
avec le fang nouveau
qu'il faisoit, mais àmélure
que sa santé se fortisioit
, le pere voyoit
moins de necessité à ce
mariage,enfin il ne craignit
plus de s'y opposer
entièrement.
Si la passion de ce fils
eut esté aussi violente
qu'avant sa maladie
,
il
eut fallu rappeller Monsieur
Guenaut pour la lui
oster par de nouvelles faignées
, ou le marier pour
l'empêcher de retomber
malade;mais cette paC"
sion n'estant presqueplus
qu'un simple souvenir ,
laraison& le perefurent
les plus forts; il renonça
à la belle Hostesse; &
cela fait voirquel'amour,
sur tout celui qui n'est
fondé que sur la beauté,
effc entièrement dans le
fang, & que si la transfusion
que quelques Médecins
ont cru possible
,
ne peut guerir de la vieillesse
, au moins elle peut
guérir de l'amour
me,ilmesouvient davoir
entendu racontes
un faitpeu plaisant, mais
rres - veritable.
Un jeune Anglois qui
logeoitclans une Auberge
du Fauxbourg Saint
Germain
,
devint éperduëment
amoureuxde la
fille de son Hoste. Elle
estoit tres-belle,&l'Anglois
luy sir des offres à
proporrion desa beauté;
mais cette fierehostesse,
foit par vertu ,
foit par
ambition ne voulut
entendre parler que de
mariage ; le pere de ce
jeune
jeune Anglois, estoie
homme à le desheriter
s'il eut voulu contenter
sa passion à ce prix,l'Hôtesse
n'en vouloit pourtant
rien rabattre,nostre
Amant desesperé tomba
dangereusement malade.
On fit plusieursconsultations,
où Monsieur
Gucnaut fameux Medecin
de ce temps-là,n'eut
pas de peine à prouver à
ses Confreres,qu'il faloit
d'abord seigner & rafraîchir,
&C qu'il teudroit
ensuite rafraîchir & seigner
; car, disoit-il, je
connois les deux maladies
de mon malade,elle
sont toutes deux dans le
sang. Ce(H'amour&: la
fiévre ; enfin nostre Amant
fut livreàl'opinion
de Monsieur Guenaut ,
qui par dix ou douze seignées
consecutives, osta
de ses veines non-seulement
l'amour & la ~cvre
,
mais encore la vie,
ou peu s'en salut, car on
le crut mort; cependant
il en revint, parce que
les Medecins &r le Chirurgienl'abandonnerent.
Pendant ce temps là,on
avoit écrit au pere la eause
de cette maladie,&il
arriva de Londres dans
laresolution de consentir
à ce mariageextravagant,
plustost que de perdre
son fils unique.
Ille trouva mourant
&la premiere chose qu'il
fit pour le rappeller à la
vie, ce futde lui prometre
labelle Hostesse
en mariage ; mais comme
la passiondu jeune
homme n'estoit fondée
que sur la beauté, les
idées vives des charmes
de l'Hostesse s'estoient
dissipées avec son sang;
elles revinrent pourtant
avec le fang nouveau
qu'il faisoit, mais àmélure
que sa santé se fortisioit
, le pere voyoit
moins de necessité à ce
mariage,enfin il ne craignit
plus de s'y opposer
entièrement.
Si la passion de ce fils
eut esté aussi violente
qu'avant sa maladie
,
il
eut fallu rappeller Monsieur
Guenaut pour la lui
oster par de nouvelles faignées
, ou le marier pour
l'empêcher de retomber
malade;mais cette paC"
sion n'estant presqueplus
qu'un simple souvenir ,
laraison& le perefurent
les plus forts; il renonça
à la belle Hostesse; &
cela fait voirquel'amour,
sur tout celui qui n'est
fondé que sur la beauté,
effc entièrement dans le
fang, & que si la transfusion
que quelques Médecins
ont cru possible
,
ne peut guerir de la vieillesse
, au moins elle peut
guérir de l'amour
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Résumé : « A propos de cette Enigme, il me souvient d'avoir [...] »
Un jeune Anglais, logeant dans une auberge du faubourg Saint-Germain, s'éprend de la fille de l'aubergiste, qui refuse toute relation hors mariage. Le père du jeune homme menace de le déshériter s'il l'épouse. Désespéré, le jeune Anglais tombe gravement malade. Le médecin Guenaut diagnostique l'amour et la fièvre dans son sang et prescrit des saignées. Après plusieurs saignées, le jeune homme survit malgré l'abandon des médecins. Informé, le père arrive de Londres et promet le mariage pour sauver son fils. Cependant, il reconsidère sa décision et s'oppose au mariage à mesure que la santé du jeune homme s'améliore. La passion du jeune homme, fondée sur la beauté, s'estompe avec son sang et ne revient que faiblement. Finalement, la raison et le père prévalent, et le jeune homme renonce à la belle aubergiste. Cette histoire montre comment l'amour, surtout celui basé sur la beauté, peut être influencé par des changements physiques.
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6166
p. 208-216
Supplément de la Relation de la descente de Monsieur du Clerc à Rio de Janeiro, donnée dans le Mercure de May dernier.
Début :
Avant de partir du Bresil, j'avois reçû de Monsieur [...]
Mots clefs :
Supplément, Rio de Janeiro, Monsieur du Clerc, La Reine des Anges, Vaisseau, Cayenne, Brésil, France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Supplément de la Relation de la descente de Monsieur du Clerc à Rio de Janeiro, donnée dans le Mercure de May dernier.
Supplément de la Relation de
la defiente de Monfieur
du Clerc à Rio de Janeiro,
donnée dans le Mercure de
May dernier.
Avant de partir du Brefil , j'avois reçûde Monfieur
du Guay un ordre de fervir
d'Officier fur le vaiffeau la
Reine des Anges , qui avoit
été pris dans la baye de Rio
de Janeiro, & que l'on a
voit
GALANT 209
voit chargé de fucre du
pays , pour l'amener en
France : mais nous étions
armez fi à la hâte , & avec
fi peu de précaution , que
fitôt que nous fûmes à la
mer le vaiffeau fit beaucoup d'eau , & qu'au premier coup devent que nous
reçûmes nous eûmes, une
partie de nos voiles empor
tées.
Nous étions fi fort chargez , qu'il ne nous fut pas
poffible de fuivre l'efcadre :
ainfi Monfieur du Guay në
jugeant pas à propos
Sept. 17.12.
S
de
1/210
MERCURE
14
nousattendre,àcauſe du re
tardement cófiderable que
nous aurions caufé à tous les
autres vaiffeaux,nous affifta
du mieux qu'il fut poffible
avant de nous quitter , &
donna ordre au Chevalier
de la Rufiniere , qui commandoit la Reine des Anges , de relâcherpen cas
d'incommodité, à une des.
Iles de la Martinique, pour
y prendre les chofes qui lui
feroient neceffaires & fe
mettre en état d'arriver en
France. Il détacha auffi la
fregate du Roy l'Aigle i
GALANT. 211
commandée par Monfieur
de la Marre de Caen , pour
› nous convoyer ; & nous
donnertousles fecours dont
* nous aurions befoin.
Le Capitaine de l'Aigle
fe trouvant Commandant
des deux navires , en ver
-tu de la Commiſſion de
Lieutenant de vaiffeau ,
nous amena relâcher à l'Ifle
de Cayenne : mais n'ayant
pû ycarenner le navire , &
n'y ayant trouvé ni les vivres , ni les autres chofes
qui nous manquoient , on
fur obligé de defarmer la
Sij
212 MERCURE
Reine des Anges , & de la
laiffer a Cayenne avec fa
cargaiſon. Nous étions deftinez , aprés cet accident ,
de paffer fur la fregate du
Roy l'Aigle mais par un
malheur inattendu elle fe
perdit la nuit du 6. au 7. Fe-
::
vrier 1712. par une tourmente de vent nordnordeft , qui la porta fur un
banc , où elle a été enticrement crevée..
44
Aprés un coup fi funeſte , il a falu avoir recours
à la Reine des Anges , qui
étoit déja échouée fur les
1
GALANT
213
vales. On s'eft mis en devoir de la raccommoder
du débris de l'Aigle , dont
on a fauvé une grande partie des vivres , & tous les
grés. On ne fçait pas encore fi on pourra la mettre en état d'aller en France ; fi cela n'eft pas poffible , on tâchera au moins
de la mener à la Martinique afin d'y paffer les
troupes , & les équipages
des deux navires , qui
incommoderoient
derablement la colonie
de Cayenne , s'ils étoient
confi-
214 MERCURE
obligez d'y refter longtemps.
રે
Cependant Monfieur de
la Marre de Caen étant
chargé de plus de monde
-qu'il n'en pouvoit conte
nir dans la Reine des Anges , a jugé à propos de:
-faire un detachement de
foldats & d'Officiers
nombre defquels j'ai été,
pour paffer en France , fur
un petit navire Marchand
de Saint Malo , nommé
le faint Jean Baptiſte , qui
étoit prêt à partir , & ila.
*
du
V
JGALANTA $215
donné un ordre au Sieur
des Vaux , Capitaine du
dit vaiffeau , de nous donner paffage. Nous fommes partis de Cayenne le
Mercredi dixiéme Février
mil fept cent douze , &
fommes arrivez au Portlouis le onziéme Avril.
Voila , Monſeigneur
害
un compte fidele de toute
ma conduite , & de ce qui
s'eft paffé , à peu prés , de
plus memorable dans les
lieux où je me fuis trouvé , depuis le dixiéme May
216 MERCURE
mil ſept cent dix , qui fut
le jour que l'efcadre de
Monfieur du Clerc partit:
de la Rochelle.
la defiente de Monfieur
du Clerc à Rio de Janeiro,
donnée dans le Mercure de
May dernier.
Avant de partir du Brefil , j'avois reçûde Monfieur
du Guay un ordre de fervir
d'Officier fur le vaiffeau la
Reine des Anges , qui avoit
été pris dans la baye de Rio
de Janeiro, & que l'on a
voit
GALANT 209
voit chargé de fucre du
pays , pour l'amener en
France : mais nous étions
armez fi à la hâte , & avec
fi peu de précaution , que
fitôt que nous fûmes à la
mer le vaiffeau fit beaucoup d'eau , & qu'au premier coup devent que nous
reçûmes nous eûmes, une
partie de nos voiles empor
tées.
Nous étions fi fort chargez , qu'il ne nous fut pas
poffible de fuivre l'efcadre :
ainfi Monfieur du Guay në
jugeant pas à propos
Sept. 17.12.
S
de
1/210
MERCURE
14
nousattendre,àcauſe du re
tardement cófiderable que
nous aurions caufé à tous les
autres vaiffeaux,nous affifta
du mieux qu'il fut poffible
avant de nous quitter , &
donna ordre au Chevalier
de la Rufiniere , qui commandoit la Reine des Anges , de relâcherpen cas
d'incommodité, à une des.
Iles de la Martinique, pour
y prendre les chofes qui lui
feroient neceffaires & fe
mettre en état d'arriver en
France. Il détacha auffi la
fregate du Roy l'Aigle i
GALANT. 211
commandée par Monfieur
de la Marre de Caen , pour
› nous convoyer ; & nous
donnertousles fecours dont
* nous aurions befoin.
Le Capitaine de l'Aigle
fe trouvant Commandant
des deux navires , en ver
-tu de la Commiſſion de
Lieutenant de vaiffeau ,
nous amena relâcher à l'Ifle
de Cayenne : mais n'ayant
pû ycarenner le navire , &
n'y ayant trouvé ni les vivres , ni les autres chofes
qui nous manquoient , on
fur obligé de defarmer la
Sij
212 MERCURE
Reine des Anges , & de la
laiffer a Cayenne avec fa
cargaiſon. Nous étions deftinez , aprés cet accident ,
de paffer fur la fregate du
Roy l'Aigle mais par un
malheur inattendu elle fe
perdit la nuit du 6. au 7. Fe-
::
vrier 1712. par une tourmente de vent nordnordeft , qui la porta fur un
banc , où elle a été enticrement crevée..
44
Aprés un coup fi funeſte , il a falu avoir recours
à la Reine des Anges , qui
étoit déja échouée fur les
1
GALANT
213
vales. On s'eft mis en devoir de la raccommoder
du débris de l'Aigle , dont
on a fauvé une grande partie des vivres , & tous les
grés. On ne fçait pas encore fi on pourra la mettre en état d'aller en France ; fi cela n'eft pas poffible , on tâchera au moins
de la mener à la Martinique afin d'y paffer les
troupes , & les équipages
des deux navires , qui
incommoderoient
derablement la colonie
de Cayenne , s'ils étoient
confi-
214 MERCURE
obligez d'y refter longtemps.
રે
Cependant Monfieur de
la Marre de Caen étant
chargé de plus de monde
-qu'il n'en pouvoit conte
nir dans la Reine des Anges , a jugé à propos de:
-faire un detachement de
foldats & d'Officiers
nombre defquels j'ai été,
pour paffer en France , fur
un petit navire Marchand
de Saint Malo , nommé
le faint Jean Baptiſte , qui
étoit prêt à partir , & ila.
*
du
V
JGALANTA $215
donné un ordre au Sieur
des Vaux , Capitaine du
dit vaiffeau , de nous donner paffage. Nous fommes partis de Cayenne le
Mercredi dixiéme Février
mil fept cent douze , &
fommes arrivez au Portlouis le onziéme Avril.
Voila , Monſeigneur
害
un compte fidele de toute
ma conduite , & de ce qui
s'eft paffé , à peu prés , de
plus memorable dans les
lieux où je me fuis trouvé , depuis le dixiéme May
216 MERCURE
mil ſept cent dix , qui fut
le jour que l'efcadre de
Monfieur du Clerc partit:
de la Rochelle.
Fermer
Résumé : Supplément de la Relation de la descente de Monsieur du Clerc à Rio de Janeiro, donnée dans le Mercure de May dernier.
Après avoir reçu l'ordre de servir sur le vaisseau 'La Reine des Anges', capturé à Rio de Janeiro et destiné à être ramené en France, l'officier a dû faire face à plusieurs difficultés. Le vaisseau, chargé à la hâte, a commencé à prendre l'eau et a subi des dommages aux voiles. En raison de sa charge excessive, il a été abandonné par Monsieur du Guay, qui a ordonné au Chevalier de la Rufinière de se ravitailler aux Îles de la Martinique et a détaché la frégate 'L'Aigle' pour l'escorter. La frégate a tenté de relâcher à l'île de Cayenne, mais a dû désarmer 'La Reine des Anges' et la laisser sur place faute de vivres et de réparations. 'L'Aigle' s'est perdue lors d'une tempête le 7 février 1712. 'La Reine des Anges' a été réparée avec les débris de 'L'Aigle'. Si le vaisseau ne pouvait être remis en état, il serait dirigé vers la Martinique pour débarquer les troupes et les équipages. Monsieur de la Marre de Caen a organisé un détachement de soldats et d'officiers, dont l'auteur, pour les envoyer en France sur un navire marchand de Saint-Malo, 'Le Saint Jean Baptiste'. Ils sont partis de Cayenne le 10 février 1712 et sont arrivés à Port-Louis le 11 avril 1712. Le texte se conclut par un compte rendu des événements survenus depuis le départ de l'escadre de Monsieur du Clerc de La Rochelle le 10 mai 1710.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6167
p. 208-217
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Il n'est point d'image assez expressive, pour bien peindre la douleur, [...]
Mots clefs :
Blessure du roi, Prières, Lettres innombrables, Attentat contre le roi, Saumur, Régiment de Poitou, Régiment du roi, Célébrations, Te Deum, Royaume, Voeux de santé, Fêtes, Nominations, Fête de la Purification de la Sainte Vierge, Comtes, Princes, Ducs, Marquis, Princes, Vaisseaux, Marchandises, Corsaires, Capitaines, Navires anglais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
Il n'eft point d'image affez expreffive , pour
bien peindre la douleur , la confternation & les
allarmes , que la bleffure du Roi a caufées dans
tout le Royaume . Partout , dans les Villes &
dans les campagnes , les habitans ont fufpendu
leurs travaux ont oublié même le foin de leurs
maifons & de leurs enfans , pour courir aux Eglifes
demander la guériſon de Sa Majefté. Les bornes
de cet article ne nous permettent pas d'inférer
les Relations que nous avons reçues à ce fujet de
divers endroits du Royaume. D'ailleurs , il feroit
difficile de faire ufage de ces Relations , fans
fe répéter. Toutes préfentent le même tableau.
On voit dans toutes , le Clergé , la Nobleffe , les
Magiftrats , les troupes & le peuple , adreffer
avec la même ferveur les mêmes voeux au Ciel , &
s'efforcer de le fléchir par les mêmes actes de
MARS. 1757: 209
piété & de charité. La Ville de Saumur s'eft principalement
diftinguée . Auffitôt après l'horrible
attentat commis contre la Perfonne Sacrée du
Roi , Mefdames de France dépêcherent le fieur
Primois , Officier de leur Chambre , pour porter
à l'Abbaye de Fontevrault cette fatale nouvelle.
Ces Princeffes , pendant le féjour qu'elles ont fait
dans cette Abbaye où elles ont été élevées , fe
font concilié généralement le reſpect & l'amour de
toute la Province. C'étoit , pour les peuples qui
l'habitent , un nouveau motif de donner des
preuves éclatantes de leur zele. Outre les prieres
ordonnées par l'Evêque d'Angers dans toute l'étendue
de fon Dioceſe , le Clergé & les habitans
de la Ville de Saumur & de tous les lieux voiſins
ont fait des proceffions pendant neufjours confécutifs.
Ils ont terminé la neuvaine par une proceffion
générale , à laquelle la Nobleffe , la Magiftrature
& le Corps de Ville , ont affifté. Les aumônes
ont été fi abondantes , qu'elles ont fuffi
pour fecourir cinq cens pauvres familles .
comman-
Le 16 Janvier , le Régiment de Poitou , qui
eft en garnifon à Bethune , y fit chanter une
Meffe folemnelle dans l'Eglife paroiffiale de
Saint Waft , en action de grace du prompt
rétabliffement du Roi. M. de Fais ,
dant ce Régiment , donna un magnifique dîner
à toute la Nobleffe. L'après- midi , le Te Deum
fut chanté en mufique. On alluma enfuite un bu
cher , que le Régiment avoit fait dreffer fur la
principale Place , & auquel M. de Grimaldi ,
Lieutenant de Roi , mit le feu . Le Régiment fit
trois falves de moufqueterie , entremêlées de fix
falves de canon. Sur les dix heures du foir , commença
un bal , qui dura toute la nuit .
Les Officiers du Régiment du Roi , Cavalerie ,
210 MERCURE DE FRANCE.
célébrerent le 19 à Saint - Dizier , par une fête magnifique,
la convalefcence de Sa Majeſté. Ils firent
diftribuer des cocardes à tout le Régiment , &
trente fols à chaque Cavalier. Après le Te Deum ,
qui fut chanté au bruit de plufieurs falves d'artillerie
& de moufqueterie , il y eut feu d'artifice ,
illumination , fouper & bal. Quatre fontaines de
vin coulerent pour le peuple.
On écrit d'Avelnes , qu'à la même occafion le
Régiment de Cavalerie de Beauvillier a fait éclater
fon zele. M. de Chouppes , Major de ce
Régiment , s'eft diftingué en particulier par un re
pas fplendide , qu'il a donné à tous les Militaires
qui fe font trouvés dans la Ville .
res ,
Les lettres de la Ville d'Eu marquent que le 30
le Régiment d'Artois y a fait auffi chanter le Te
Deum. Ce Régiment , non content de témoigner
fon attachement à la Perfonne du Roi par des priea
donné des marques de fa charité , en faifant
diftribuer abondamment du pain à tous les
pauvres de la Ville & des Paroiffes voisines . Monfear
Jourdain , qui commande le Régiment , à
fait inviter au Te Deum toutes les perfonnes de
diftinction.
Les Juifs Portugais de Bordeaux & de Bayonne
fe font empreffés à l'envi d'adreffer des voeux aut
Ciel pour la guérifon du Roi , & de célébrer la
convalefcence de Sa Majefté. Leurs prieres pour
la confervation du Monarque & pour la profpérité
du Royaume font marquées au coin de la fidélité
& de la reconnoiffance. A Bayonne , ainfi qu'à
Bordeaux , les jours de leurs prieres & de leurs
actions de graces , ils ont fermé leurs Comptoirs
& leurs Boutiques , fe font abftenus de toute
forte d'affaires , ont obfervé un jeûne 24 heures ,
& ont diftribué d'abondantes aumônes.
MAR S. 1757 217
Le 3 Février , les Régimens de Royal Ecoffois
& d'Ogilvy , qui font partie de la Garniſon de
Berg- Saint-Vinox , firent chanter à cinq heures.
du foir , dans l'Abbaye de Saint-Vinox, un TeDeum
en mufique , en action de graces de la confervation
du Roi. L'Abbé de Saint - Vinox y officia en habits
pontificaux. Le Gouverneur & les Magiftrats de la
Ville , ainfi que tous les Officiers du Régiment de
l'Ile de France & des Dragons de la Reine , y
avoient été invités , & y affifterent . Au fortir de
P'Eglife , la compagnie fe rendit à l'Hôtel de Ville
, où le bal s'ouvrit dans une Salle extrêmement
décorée. Ce bal fut interrompu à neuf heures
& l'on paffa dans une autre Salle , où un magnifique
ambigu fut fervi fur plufieurs tables. Après
le repas , on rentra dans la Salle du bal ; il dura
jufqu'à fept heures du matin , & l'on y diftribua en
abondance toute forte de rafraîchiffemens. Cette
fête , qui a été complette en tous points , s'eft
faite aux dépens des Officiers des deux Régimens
Etrangers.
Selon les lettres écrites de Saint -Sauveur- le Vicomte
, le Régiment de Cavalerie de Caraman ,
& en particulier M. du Verger , Lieutenant - Colonel
de ce Corps , ont fignalé auffi leur zele par
une fête très- brillante .
Le Régiment des Cuiraffiers & celui de Royal
Rouffillon , à Haguenau ; la feconde Brigade du
Corps des Volontaires Etrangers , à Avranches
& les Officiers du Bataillon de Senlis , à Rocroy ,
n'ont pas célébré avec moins d'éclat le rétabliffe.
ment de la fanté de Sa Majeſté.
La nuit du 21 au 22 Janvier , à Provins en
Brie , toute la Ville Baſſe ſe trouva fubitement
inondée par la fonte des neiges . En plufieurs endroits
, il y avoit jufqu'à ſept pieds d'eau . Par
212 MERCURE DE FRANCE .
malheur , on avoit amaffé une grande quantité de
chaux dans quatre tanneries du quartier des Bénédictines.
L'eau a allumé cette chaux ; & cet accident
a produit un affreux incendie . Il y a eu plufieurs
maifons de brûlées. Le refte de la Ville ne
doit fon falut qu'à l'activité des Maire & Echevins
, & au zele avec lequel le Régiment de Vatan
a porté du fecours partout où il étoit nécef
faire.
Diverſes lettres annoncent que le 18 on a
fenti quelques fecouffes de tremblement de terre
en Franche-Comté & dans une partie de l'Alface.
Madame la Ducheffe de Coffé- Briffac fut préfentée
le 30 Janvier à Leurs Majeftés , & prit le
tabouret.
Le Roi a mis Madame la Vicomteffe de Choifeul
au nombre des Dames nommées pour ac
compagner Madame la Dauphine.
Le premier Février , M. le Comte de Saint -Florentin
, Miniftre & Secrétaire d'Etat , alla de la
part du Roi redemander les Sceaux à M. de Machault
, avec la démiffion de ſa Charge de Secretaire
d'Etat de la Marine. M. le Comte de Saint-
Florentin a reporté les Sceaux au Roi . M. de M.
de Machault s'eſt retiré à ſa terre d'Arnouville.
Le même jour , M. Rouillé , Miniftre & Secretaire
d'Etat , alla auffi de la part du Roi demander
au Comte d'Argenfon , Miniftre & Secretaire
d'Etat de la Guerre , la démiffion de fa charge.
Le Comte d'Argenfon eft parti pour fa terre des
Ormes- Saint -Martin , fituée en Touraine.
Le 31 Janvier , le Roi affifta au Service qui fut
célébré dans la Chapelle pour le repos des ames
des Chevaliers de l'Ordre du Saint-Elprit , morts
dans le cours de l'année derniere. L'Evêque de
Strafbourg , Prélat - Commandeur , officia à la
MARS. 1757. 213
Meffe , & elle fut chantée par la Mufique.
Le jour de la Purification de la Sainte Vierge ,
les Chevaliers Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint- Efprit , s'étant affemblés vers les
onze heures du matin dans le cabinet du Roi , Sa
Majeſté tint un Chapitre . La profeffion de Foi ,
& l'information des vie & moeurs du Prince de
Beauvau , du Marquis de Gontaut , du Comte de
Maillebois , du Marquis de Bethune , du Marquis
d'Aubeterre & du Comte de Broglie , qui avoient
été proposés le premier Janvier pour être Chevaliers
ayant été admifes , ils furent introduits dans
le cabinet de Sa Majeſté , & reçus Chevaliers de
l'Ordre de Saint Michel. Le Roi fortit enfuite de
fon appartement pour aller à la Chapelle . Sa Majefté
devant laquelle les deux Huiffiers de la
Chambre portoient leurs Maffes , étoit en manteau
, le collier de l'Ordre pardeffus , ainfi que
celui de l'Ordre de la Toifon d'or. Elle étoit
précédée de Monſeigneur le Dauphin , du Prince
de Condé , du Comte de Charolois , du Comte
de Clermont , du Prince de Conty , du Comte de
la Marche , du Comte d'Eu , du Duc de Penthievre
, & des Chevaliers , Commandeurs & Officiers
de l'Ordre. Les nouveaux Chevaliers en
habits de Novices , marchoient entre les Chevaliers
& les Officiers . Le Roi affifta à la Bénédic
tion des Cierges & à la Proceffion qui fe fit dans
la Chapelle. Après la grand'Meffe , célébrée par
l'Evêque Duc de Langres , Prélat- Commandeur ,
Sa Majesté monta à fon trône , & revêtit des
marques de l'Ordre du Saint- Efprit les nouveaux
Chevaliers . Le Prince de Beauvau , le Marquis de
Gontaut & le Comte de Maillebois , eurent pour
Farreins le Duc d'Ayen & le Maréchal Duc de
Belle-Ifle. Les parreins du Marquis de Béthune ,
214 MERCURE DE FRANCE.
du Marquis d'Aubeterre & du Comte de Broglie ,
furent le Comte de Lautrec & le Marquis de
Montal. Cette cérémonie étant finie , le Roi fut
reconduit à fon appartement en la maniere accoutumée.
Le 6 , le Roi admit à fon Confeil d'Etat , en
qualité de Miniftres , M. le Marquis de Paulmy ,
Secretaire d'Etat ayant le Département de la
Guerre , & M. de Moras , Contrôleur Général
des Finances.
Sa Majefté a donné à M. le Comte de Saint-
Florentin , Miniftre & Secretaire d'Etat , le Département
de Paris , dont étoit chargé M. le
Comte d'Argenſon.
Elle a difpofé de la charge de Secretaire d'Etat
au Département de la Marine , en faveur de M.
de Moras , à qui Elle conferve en même temps la
place de Contrôleur Général des Finances.
Le Roi a confervé par un brevet à M. de Machault
tous les honneurs attachés à la Dignité de
Garde des Sceaux de France.
On a célébré le 10 Février dans l'Eglife de la
Paroiffe du Château , pour le repos de l'ame de
Madame Henriette de France , le Service fondé
par Monfeigneur le Dauphin. Ce Prince , Madame
la Dauphine , Madame , & Mefdames Victoire
, Sophie & Louife , y ont affifté.
Le 12 , M. le Duc de Duras fut reçu & prit
féance au Parlement , en qualité de Pair de France.
M. le Duc d'Orléans , M. le Prince de Condé
, M. le Comte de Clermont , M. le Prince de
Conty , le Comte de la Marche , Prince du Sang ,
& MM. les Ducs d'Uzés , de Luynes , Maréchal
Duc de Richelieu , de la Force , de Luxembourg ,
de Villeroi , de Saint- Aignan , Maréchal Duc de
Noialles , d'Aumont , de Fitz -James , d'Antin ,
1
MARS. 1757. 215
de Chaulnes , Prince de Soubize , Duc de Rohan-
Rohan , de Villars - Brancas Lauraguais , Prince
de Monaco , Duc de Valentinois , de Biron , de
la Valliere , de Fleury , Maréchal de Belle - Ifle
Duc de Gifors , fe trouverent à fa réception.
On a reçu avis que les Vaiffeaux le Lys & le Neptune
, de la Compagnie des Indes , étoient arrivés
l'un le 7,
l'autre le ro de Février , au Port de
P'Orient ; & que le Vaiffeau le Duc d'Aquitaine ,
appartenant à la même Compagnie , avoit rélâché
le 10 du mois dernier à Liſbonne. Ainfi la
nouvelle de la prife de ce dernier Bâtiment
Anglois étoit fans fondement.
par les
Ŏn mande de Dunkerque , que le Capitaine
Dhondt , commandant le Corfaire le Comte de
Saint Germain , de ce Port , y a conduit les Navires
Anglois la Penelope , de 180 tonneaux , chargé
de cacao , de bois pour teinture , de vin & de
fruits , & l'Anne- Elifabeth , de 120 tonneaux
chargé de beurre & de biere,
Le même Corfaire s'eft emparé de deux autres
Bâtimens Anglois , appellés l'un le Triton , de
120 tonneaux ; l'autre le Hennefey , de 100 tonneaux
, qui ont été conduits au Havre , & qui
font tous deux chargés de bled , d'orge & d'autres
grains.
Le Corfaire le Duc de Penthievre , de Dunker
que , commandé par le Capitaine de Lifle , s'eft
rendu maître du Brigantin Anglois le Jean &
Jeanne , de 70 tonneaux , chargé de farine & de
couperofe , & l'a fait conduire à Calais,
Le Capitaine Louis Bray , commandant le Cor
faire le Marquis de Villequier , de Boulogne , a
auffi conduit à Calais les Navires Anglois le
Hampfire , de so tonneaux , chargé de vin , &
PEléonore , de 120 tonneaux , dont le charge
216 MERCURE DE FRANCE.
ment confifte en 126 boucauts de tabac.
On apprend encore par des lettres écrites de
Calais , que le Corfaire le Danglemont , de ce
Port, y eft rentré avec le Navire Anglois le Jean
Anne, de 70 tonneaux , chargé de 252 barrils de
faumon falé .
Les Navires Anglois le Mindhede , de 140 tonneaux
, chargé de fucre , & l'Amitié , de 100 tonneaux
, dont le chargement eft compofé de beurre
, de cuirs & de morue feche , ont été pris par
le Corfaire le Machault , de Granville , dont eft
Capitaine le fieur Magnonnet ; & ils font arrivés ,
le premier à Granville , & l'autre au Havre.
>
Il est arrivé à Dieppe deux Bâtimens Anglois
appellés , l'un le Démontant , de Londres , de 80
tonneaux ; l'autre l'Eliſabeth , de so tonneaux
ayant chacun un chargement compofé de grains.
Ils ont été pris par les Corfaires le Gros Thomas ,
de Boulogne , & le Hardi Mendiant , de Dunkerque.
Le Capitaine Canon , commandant le Corfaire
le Prince de Soubize , de ce Port , s'eft rendu maî .
tre du Navire le Williams de Cork , de 180 tonneaux
, chargé de beurre & de boeuf , qui a été
conduit àSaint- Vallery fur Somme.
à
Le Navire Anglois le Prince de Galles , de 200
tonneaux , richement chargé , a fait naufrage
deux lieues de Boulogne. L'équipage compofé de
treize hommes a été fauvé , & l'on efpere que la
cargaiſon fera recouvrée en entier .
Le Petit Jean , autre Navire Anglois , chargé
de foude , de raifins , d'anil & d'amandes , a été
conduit à la Rochelle par le Corfaite le Mentrofier ,
de de Port.
On a été informé que le Capitaine Gautier , qui
commande le Corfaire le Furet , de Bordeaux ,
s'eft
MARS. 1757. 217
s'eft emparé d'un Navire Anglois de 3 50 tonneaux,
armé de 10 canons , chargé d'indigo , de fucre ,
de bois de campeche & de coton.
Il n'eft point d'image affez expreffive , pour
bien peindre la douleur , la confternation & les
allarmes , que la bleffure du Roi a caufées dans
tout le Royaume . Partout , dans les Villes &
dans les campagnes , les habitans ont fufpendu
leurs travaux ont oublié même le foin de leurs
maifons & de leurs enfans , pour courir aux Eglifes
demander la guériſon de Sa Majefté. Les bornes
de cet article ne nous permettent pas d'inférer
les Relations que nous avons reçues à ce fujet de
divers endroits du Royaume. D'ailleurs , il feroit
difficile de faire ufage de ces Relations , fans
fe répéter. Toutes préfentent le même tableau.
On voit dans toutes , le Clergé , la Nobleffe , les
Magiftrats , les troupes & le peuple , adreffer
avec la même ferveur les mêmes voeux au Ciel , &
s'efforcer de le fléchir par les mêmes actes de
MARS. 1757: 209
piété & de charité. La Ville de Saumur s'eft principalement
diftinguée . Auffitôt après l'horrible
attentat commis contre la Perfonne Sacrée du
Roi , Mefdames de France dépêcherent le fieur
Primois , Officier de leur Chambre , pour porter
à l'Abbaye de Fontevrault cette fatale nouvelle.
Ces Princeffes , pendant le féjour qu'elles ont fait
dans cette Abbaye où elles ont été élevées , fe
font concilié généralement le reſpect & l'amour de
toute la Province. C'étoit , pour les peuples qui
l'habitent , un nouveau motif de donner des
preuves éclatantes de leur zele. Outre les prieres
ordonnées par l'Evêque d'Angers dans toute l'étendue
de fon Dioceſe , le Clergé & les habitans
de la Ville de Saumur & de tous les lieux voiſins
ont fait des proceffions pendant neufjours confécutifs.
Ils ont terminé la neuvaine par une proceffion
générale , à laquelle la Nobleffe , la Magiftrature
& le Corps de Ville , ont affifté. Les aumônes
ont été fi abondantes , qu'elles ont fuffi
pour fecourir cinq cens pauvres familles .
comman-
Le 16 Janvier , le Régiment de Poitou , qui
eft en garnifon à Bethune , y fit chanter une
Meffe folemnelle dans l'Eglife paroiffiale de
Saint Waft , en action de grace du prompt
rétabliffement du Roi. M. de Fais ,
dant ce Régiment , donna un magnifique dîner
à toute la Nobleffe. L'après- midi , le Te Deum
fut chanté en mufique. On alluma enfuite un bu
cher , que le Régiment avoit fait dreffer fur la
principale Place , & auquel M. de Grimaldi ,
Lieutenant de Roi , mit le feu . Le Régiment fit
trois falves de moufqueterie , entremêlées de fix
falves de canon. Sur les dix heures du foir , commença
un bal , qui dura toute la nuit .
Les Officiers du Régiment du Roi , Cavalerie ,
210 MERCURE DE FRANCE.
célébrerent le 19 à Saint - Dizier , par une fête magnifique,
la convalefcence de Sa Majeſté. Ils firent
diftribuer des cocardes à tout le Régiment , &
trente fols à chaque Cavalier. Après le Te Deum ,
qui fut chanté au bruit de plufieurs falves d'artillerie
& de moufqueterie , il y eut feu d'artifice ,
illumination , fouper & bal. Quatre fontaines de
vin coulerent pour le peuple.
On écrit d'Avelnes , qu'à la même occafion le
Régiment de Cavalerie de Beauvillier a fait éclater
fon zele. M. de Chouppes , Major de ce
Régiment , s'eft diftingué en particulier par un re
pas fplendide , qu'il a donné à tous les Militaires
qui fe font trouvés dans la Ville .
res ,
Les lettres de la Ville d'Eu marquent que le 30
le Régiment d'Artois y a fait auffi chanter le Te
Deum. Ce Régiment , non content de témoigner
fon attachement à la Perfonne du Roi par des priea
donné des marques de fa charité , en faifant
diftribuer abondamment du pain à tous les
pauvres de la Ville & des Paroiffes voisines . Monfear
Jourdain , qui commande le Régiment , à
fait inviter au Te Deum toutes les perfonnes de
diftinction.
Les Juifs Portugais de Bordeaux & de Bayonne
fe font empreffés à l'envi d'adreffer des voeux aut
Ciel pour la guérifon du Roi , & de célébrer la
convalefcence de Sa Majefté. Leurs prieres pour
la confervation du Monarque & pour la profpérité
du Royaume font marquées au coin de la fidélité
& de la reconnoiffance. A Bayonne , ainfi qu'à
Bordeaux , les jours de leurs prieres & de leurs
actions de graces , ils ont fermé leurs Comptoirs
& leurs Boutiques , fe font abftenus de toute
forte d'affaires , ont obfervé un jeûne 24 heures ,
& ont diftribué d'abondantes aumônes.
MAR S. 1757 217
Le 3 Février , les Régimens de Royal Ecoffois
& d'Ogilvy , qui font partie de la Garniſon de
Berg- Saint-Vinox , firent chanter à cinq heures.
du foir , dans l'Abbaye de Saint-Vinox, un TeDeum
en mufique , en action de graces de la confervation
du Roi. L'Abbé de Saint - Vinox y officia en habits
pontificaux. Le Gouverneur & les Magiftrats de la
Ville , ainfi que tous les Officiers du Régiment de
l'Ile de France & des Dragons de la Reine , y
avoient été invités , & y affifterent . Au fortir de
P'Eglife , la compagnie fe rendit à l'Hôtel de Ville
, où le bal s'ouvrit dans une Salle extrêmement
décorée. Ce bal fut interrompu à neuf heures
& l'on paffa dans une autre Salle , où un magnifique
ambigu fut fervi fur plufieurs tables. Après
le repas , on rentra dans la Salle du bal ; il dura
jufqu'à fept heures du matin , & l'on y diftribua en
abondance toute forte de rafraîchiffemens. Cette
fête , qui a été complette en tous points , s'eft
faite aux dépens des Officiers des deux Régimens
Etrangers.
Selon les lettres écrites de Saint -Sauveur- le Vicomte
, le Régiment de Cavalerie de Caraman ,
& en particulier M. du Verger , Lieutenant - Colonel
de ce Corps , ont fignalé auffi leur zele par
une fête très- brillante .
Le Régiment des Cuiraffiers & celui de Royal
Rouffillon , à Haguenau ; la feconde Brigade du
Corps des Volontaires Etrangers , à Avranches
& les Officiers du Bataillon de Senlis , à Rocroy ,
n'ont pas célébré avec moins d'éclat le rétabliffe.
ment de la fanté de Sa Majeſté.
La nuit du 21 au 22 Janvier , à Provins en
Brie , toute la Ville Baſſe ſe trouva fubitement
inondée par la fonte des neiges . En plufieurs endroits
, il y avoit jufqu'à ſept pieds d'eau . Par
212 MERCURE DE FRANCE .
malheur , on avoit amaffé une grande quantité de
chaux dans quatre tanneries du quartier des Bénédictines.
L'eau a allumé cette chaux ; & cet accident
a produit un affreux incendie . Il y a eu plufieurs
maifons de brûlées. Le refte de la Ville ne
doit fon falut qu'à l'activité des Maire & Echevins
, & au zele avec lequel le Régiment de Vatan
a porté du fecours partout où il étoit nécef
faire.
Diverſes lettres annoncent que le 18 on a
fenti quelques fecouffes de tremblement de terre
en Franche-Comté & dans une partie de l'Alface.
Madame la Ducheffe de Coffé- Briffac fut préfentée
le 30 Janvier à Leurs Majeftés , & prit le
tabouret.
Le Roi a mis Madame la Vicomteffe de Choifeul
au nombre des Dames nommées pour ac
compagner Madame la Dauphine.
Le premier Février , M. le Comte de Saint -Florentin
, Miniftre & Secrétaire d'Etat , alla de la
part du Roi redemander les Sceaux à M. de Machault
, avec la démiffion de ſa Charge de Secretaire
d'Etat de la Marine. M. le Comte de Saint-
Florentin a reporté les Sceaux au Roi . M. de M.
de Machault s'eſt retiré à ſa terre d'Arnouville.
Le même jour , M. Rouillé , Miniftre & Secretaire
d'Etat , alla auffi de la part du Roi demander
au Comte d'Argenfon , Miniftre & Secretaire
d'Etat de la Guerre , la démiffion de fa charge.
Le Comte d'Argenfon eft parti pour fa terre des
Ormes- Saint -Martin , fituée en Touraine.
Le 31 Janvier , le Roi affifta au Service qui fut
célébré dans la Chapelle pour le repos des ames
des Chevaliers de l'Ordre du Saint-Elprit , morts
dans le cours de l'année derniere. L'Evêque de
Strafbourg , Prélat - Commandeur , officia à la
MARS. 1757. 213
Meffe , & elle fut chantée par la Mufique.
Le jour de la Purification de la Sainte Vierge ,
les Chevaliers Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint- Efprit , s'étant affemblés vers les
onze heures du matin dans le cabinet du Roi , Sa
Majeſté tint un Chapitre . La profeffion de Foi ,
& l'information des vie & moeurs du Prince de
Beauvau , du Marquis de Gontaut , du Comte de
Maillebois , du Marquis de Bethune , du Marquis
d'Aubeterre & du Comte de Broglie , qui avoient
été proposés le premier Janvier pour être Chevaliers
ayant été admifes , ils furent introduits dans
le cabinet de Sa Majeſté , & reçus Chevaliers de
l'Ordre de Saint Michel. Le Roi fortit enfuite de
fon appartement pour aller à la Chapelle . Sa Majefté
devant laquelle les deux Huiffiers de la
Chambre portoient leurs Maffes , étoit en manteau
, le collier de l'Ordre pardeffus , ainfi que
celui de l'Ordre de la Toifon d'or. Elle étoit
précédée de Monſeigneur le Dauphin , du Prince
de Condé , du Comte de Charolois , du Comte
de Clermont , du Prince de Conty , du Comte de
la Marche , du Comte d'Eu , du Duc de Penthievre
, & des Chevaliers , Commandeurs & Officiers
de l'Ordre. Les nouveaux Chevaliers en
habits de Novices , marchoient entre les Chevaliers
& les Officiers . Le Roi affifta à la Bénédic
tion des Cierges & à la Proceffion qui fe fit dans
la Chapelle. Après la grand'Meffe , célébrée par
l'Evêque Duc de Langres , Prélat- Commandeur ,
Sa Majesté monta à fon trône , & revêtit des
marques de l'Ordre du Saint- Efprit les nouveaux
Chevaliers . Le Prince de Beauvau , le Marquis de
Gontaut & le Comte de Maillebois , eurent pour
Farreins le Duc d'Ayen & le Maréchal Duc de
Belle-Ifle. Les parreins du Marquis de Béthune ,
214 MERCURE DE FRANCE.
du Marquis d'Aubeterre & du Comte de Broglie ,
furent le Comte de Lautrec & le Marquis de
Montal. Cette cérémonie étant finie , le Roi fut
reconduit à fon appartement en la maniere accoutumée.
Le 6 , le Roi admit à fon Confeil d'Etat , en
qualité de Miniftres , M. le Marquis de Paulmy ,
Secretaire d'Etat ayant le Département de la
Guerre , & M. de Moras , Contrôleur Général
des Finances.
Sa Majefté a donné à M. le Comte de Saint-
Florentin , Miniftre & Secretaire d'Etat , le Département
de Paris , dont étoit chargé M. le
Comte d'Argenſon.
Elle a difpofé de la charge de Secretaire d'Etat
au Département de la Marine , en faveur de M.
de Moras , à qui Elle conferve en même temps la
place de Contrôleur Général des Finances.
Le Roi a confervé par un brevet à M. de Machault
tous les honneurs attachés à la Dignité de
Garde des Sceaux de France.
On a célébré le 10 Février dans l'Eglife de la
Paroiffe du Château , pour le repos de l'ame de
Madame Henriette de France , le Service fondé
par Monfeigneur le Dauphin. Ce Prince , Madame
la Dauphine , Madame , & Mefdames Victoire
, Sophie & Louife , y ont affifté.
Le 12 , M. le Duc de Duras fut reçu & prit
féance au Parlement , en qualité de Pair de France.
M. le Duc d'Orléans , M. le Prince de Condé
, M. le Comte de Clermont , M. le Prince de
Conty , le Comte de la Marche , Prince du Sang ,
& MM. les Ducs d'Uzés , de Luynes , Maréchal
Duc de Richelieu , de la Force , de Luxembourg ,
de Villeroi , de Saint- Aignan , Maréchal Duc de
Noialles , d'Aumont , de Fitz -James , d'Antin ,
1
MARS. 1757. 215
de Chaulnes , Prince de Soubize , Duc de Rohan-
Rohan , de Villars - Brancas Lauraguais , Prince
de Monaco , Duc de Valentinois , de Biron , de
la Valliere , de Fleury , Maréchal de Belle - Ifle
Duc de Gifors , fe trouverent à fa réception.
On a reçu avis que les Vaiffeaux le Lys & le Neptune
, de la Compagnie des Indes , étoient arrivés
l'un le 7,
l'autre le ro de Février , au Port de
P'Orient ; & que le Vaiffeau le Duc d'Aquitaine ,
appartenant à la même Compagnie , avoit rélâché
le 10 du mois dernier à Liſbonne. Ainfi la
nouvelle de la prife de ce dernier Bâtiment
Anglois étoit fans fondement.
par les
Ŏn mande de Dunkerque , que le Capitaine
Dhondt , commandant le Corfaire le Comte de
Saint Germain , de ce Port , y a conduit les Navires
Anglois la Penelope , de 180 tonneaux , chargé
de cacao , de bois pour teinture , de vin & de
fruits , & l'Anne- Elifabeth , de 120 tonneaux
chargé de beurre & de biere,
Le même Corfaire s'eft emparé de deux autres
Bâtimens Anglois , appellés l'un le Triton , de
120 tonneaux ; l'autre le Hennefey , de 100 tonneaux
, qui ont été conduits au Havre , & qui
font tous deux chargés de bled , d'orge & d'autres
grains.
Le Corfaire le Duc de Penthievre , de Dunker
que , commandé par le Capitaine de Lifle , s'eft
rendu maître du Brigantin Anglois le Jean &
Jeanne , de 70 tonneaux , chargé de farine & de
couperofe , & l'a fait conduire à Calais,
Le Capitaine Louis Bray , commandant le Cor
faire le Marquis de Villequier , de Boulogne , a
auffi conduit à Calais les Navires Anglois le
Hampfire , de so tonneaux , chargé de vin , &
PEléonore , de 120 tonneaux , dont le charge
216 MERCURE DE FRANCE.
ment confifte en 126 boucauts de tabac.
On apprend encore par des lettres écrites de
Calais , que le Corfaire le Danglemont , de ce
Port, y eft rentré avec le Navire Anglois le Jean
Anne, de 70 tonneaux , chargé de 252 barrils de
faumon falé .
Les Navires Anglois le Mindhede , de 140 tonneaux
, chargé de fucre , & l'Amitié , de 100 tonneaux
, dont le chargement eft compofé de beurre
, de cuirs & de morue feche , ont été pris par
le Corfaire le Machault , de Granville , dont eft
Capitaine le fieur Magnonnet ; & ils font arrivés ,
le premier à Granville , & l'autre au Havre.
>
Il est arrivé à Dieppe deux Bâtimens Anglois
appellés , l'un le Démontant , de Londres , de 80
tonneaux ; l'autre l'Eliſabeth , de so tonneaux
ayant chacun un chargement compofé de grains.
Ils ont été pris par les Corfaires le Gros Thomas ,
de Boulogne , & le Hardi Mendiant , de Dunkerque.
Le Capitaine Canon , commandant le Corfaire
le Prince de Soubize , de ce Port , s'eft rendu maî .
tre du Navire le Williams de Cork , de 180 tonneaux
, chargé de beurre & de boeuf , qui a été
conduit àSaint- Vallery fur Somme.
à
Le Navire Anglois le Prince de Galles , de 200
tonneaux , richement chargé , a fait naufrage
deux lieues de Boulogne. L'équipage compofé de
treize hommes a été fauvé , & l'on efpere que la
cargaiſon fera recouvrée en entier .
Le Petit Jean , autre Navire Anglois , chargé
de foude , de raifins , d'anil & d'amandes , a été
conduit à la Rochelle par le Corfaite le Mentrofier ,
de de Port.
On a été informé que le Capitaine Gautier , qui
commande le Corfaire le Furet , de Bordeaux ,
s'eft
MARS. 1757. 217
s'eft emparé d'un Navire Anglois de 3 50 tonneaux,
armé de 10 canons , chargé d'indigo , de fucre ,
de bois de campeche & de coton.
Fermer
Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
La blessure du Roi a suscité une grande inquiétude à travers le Royaume. Les habitants, qu'ils soient en ville ou à la campagne, ont suspendu leurs activités pour prier dans les églises pour sa guérison. La ville de Saumur s'est particulièrement distinguée en organisant des processions et des prières pendant neuf jours consécutifs, terminées par une procession générale à laquelle ont assisté la noblesse, la magistrature et le corps de ville. Des aumônes abondantes ont été distribuées pour secourir cinq cents pauvres familles. Plusieurs régiments ont célébré la convalescence du Roi par des messes solennelles, des Te Deum, des feux d'artifice et des bals. Le Régiment de Poitou à Béthune, le Régiment du Roi à Saint-Dizier, et d'autres régiments à Avranches, Rocroy et Haguenau ont participé à ces célébrations. Les Juifs Portugais de Bordeaux et de Bayonne ont également prié pour la guérison du Roi et ont distribué des aumônes. À Berg-Saint-Vincent, les régiments de Royal Écossais et d'Ogilvy ont chanté un Te Deum, suivi d'un bal et d'un repas. Le Régiment de Cavalerie de Caraman et d'autres unités ont également célébré le rétablissement du Roi par des fêtes brillantes. À Provins, une inondation et un incendie ont causé des dégâts, mais l'intervention rapide des autorités et du Régiment de Vatan a limité les pertes. Des tremblements de terre ont été ressentis en Franche-Comté et en Alsace. La Duchesse de Cossé-Brissac a été présentée au Roi, et plusieurs changements ministériels ont eu lieu, notamment la démission de Machault et d'Argenson, remplacés par Saint-Florentin et Moras. Le Roi a assisté à une messe pour les âmes des Chevaliers de l'Ordre du Saint-Esprit décédés et a reçu de nouveaux Chevaliers. Il a également admis Paulmy et Moras au Conseil d'État. Un service a été célébré pour l'âme de Madame Henriette de France, et le Duc de Duras a été reçu au Parlement en tant que Pair de France. En mars 1757, plusieurs événements maritimes notables ont été rapportés. Deux bâtiments anglais, le Démontant et l'Elisabeth, chargés de grains, ont été capturés par les corsaires français le Gros Thomas et le Hardi Mendiant. Le capitaine Canon, à bord du corsaire le Prince de Soubize, a pris le contrôle du navire Williams de Cork, chargé de beurre et de bœuf, et l'a conduit à Saint-Valery-sur-Somme. Le navire anglais le Prince de Galles, richement chargé, a fait naufrage à deux lieues de Boulogne, mais son équipage de treize hommes a été sauvé et la cargaison est espérée récupérée en entier. Le Petit Jean, un autre navire anglais chargé de soude, de raisins, d'anil et d'amandes, a été conduit à La Rochelle par le corsaire le Mentorier. De plus, le capitaine Gautier, commandant le corsaire le Furet de Bordeaux, s'est emparé d'un navire anglais de 350 tonneaux, armé de 10 canons et chargé d'indigo, de sucre, de bois de Campeche et de coton.
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6168
p. 206-218
OUVRAGES DE SCULPTURE.
Début :
N. B. On distribuera gratis aux personnes qui ont la Description des Tableaux [...]
Mots clefs :
Artiste, Marbre, Sculpture, Morceau, Caractère, Modèle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : OUVRAGES DE SCULPTURE.
OUVRAGES DESCULPTURE.
N. B. On diftribuera gratis aux per-
Sonnes qui ont la Description des Tableaux
en brochure in- 12 , ce Supplement
pour les Ouvrages de Sculpture.
On s'adreſſera au Bureau du Mercure
de France, rue Ste Anne , à Paris.
M. LE MΟΙΝΕ .
L
,
E plus apparent des Ouvrages de ce
célébre Artiſte , eſt un Buſte du kor ,
éxécuté en marbre. On reconnoît dans
ce morceau l'application que M. le
Moine a toujours employée à ſuivre
dans tous les âges , le Portrait d'un
Monarque , toujours également cher à
ſes Peuples ; dont le grand caractère
de la tête fournit aux Arts dans toutes
les époques , l'objet d'une étude intéreffante
& de la plus louable émulation.
Comme cet Ouvrage ne paroît
NOVEMBRE. 1763. 207
pas encore entiérement fini dans toutes
ſes parties , on ne s'arrêtera pas fur ce
qu'il y auroit à defirer actuellement
dans le travail de la Draperie & de la
chevelure ; ce qui ſe trouvera certainement
terminé , avec toute la perfection
ordinaire à ce grand Artiſte , lorfqu'il
y aura mis la dernière main.
Le Buſte de Madame la Comteſſe
DE BRIONNE , par le même Auteur ,
réunit à l'avantage de repréſenter fidélement
toutes les grâces & la beauté
de l'original , la fineſſe & la légéreté
de la touche , ce qui fait paffer avec
agrément dans le travail de l'Art , le
caractère ſpirituel de la Nature.
Nous avons cru , au premier aſpect ,
appercevoir dans ce Buſte en terre cuite ,
le fecours étranger de la couleur , légérement
employé dans quelques parties
; mais comme cet artifice eſt aujourd'hui
décidément profcrit dans la
Sculpture , nous n'ofons affirmer qu'un
Artiſte auffi éclairé ſur les vrais principes
de ſon Art , ait employé ce moyen.
Le Buſte qui repréſente M. de la
TOUR , Peintre , doit être regardé comme
un modéle de perfection à tous
égards : de même que l'eſt en Peinture
le Portrait de M. le MOINE par
M. DE LA TOUR,
208 MERCURE DE FRANCE.
M. FALCONET.
Le Groupe de marbre , qui a fi
fingulierement attiré l'admiration de
tout le Public , repréſente Pigmalion
aux pieds de ſa Statue dans le moment
qu'elle s'anime. Un petit Amour
qui a la bouche ſur un des bras de
cette figure , ſemble être la ſource &
l'auteur du feu qui lui donne l'âme &
dont par le plus agréable des preſtiges ,
l'Art indique aux yeux du Spectateur
les progrès du ſouffle embrâfé de cet
Amour. C'eſt cette diſtinction des parties
déja animées de la ſtatue d'avec
celles qui ne font encore que matière ,
qui paroiffoit rendre ce ſujet ſupérieur
aux poffibilités de l'art , & qu'en effet
nous ne ſcavons pas avoir été traité
en Sculpture précédemment par aucun
Maître antique ou moderne.
Plus on conſidère ce Groupe , plus
on y remarque , avec ſurpriſe , dans la
ſtatuedela femme,une expreſſion ſijuſte
&fi habilement ſaiſie , quelle préſente
les nuances délicates de l'étonnement,
du mouvement , prèſque inſenſible dans
ſes effets , & des premiers ſentimens ..
d'un Etre qui tient la vie du pouvoir
de l'Amour & reçoit en même temps
toutes les paffions , fi douces dans leur
NOVEMBRE. 1763. 209
naiſſance , qui réſultent de ſes premiers
feux. Le ſentiment naif & fidèle d'où
provient l'intérêt , la fimplicité du caractère
de deſſein , l'unité ( ſi l'on peut
dire ) fuavedu trait , diftinguent éminemment
cette charmante figure. Telle
eſt par rapport à cet objet la foible
idée que nous pouvons donner de l'art
du Sculpteur. Dans la figure de Pigmalion
, cet art n'eſt pas moins éloquent.
Il eſt , comme nous l'avons déja dit ,
aux pieds de la ſtatue ; on ſent à fa
poſition le mouvement par lequel il
eſt prêt à s'élancer vers elle; ſes deux
mains font ferrées l'une dans l'autre ,
action naturelle à la fituation & qui
marque en même temps & le prodige
& le ſentiment qui en réſulte. La joie ,
la ſurpriſe & l'amour ſont exprimés
avec un tel enthouſiaſme dans ce
Pigmalion , qu'on doute fi ce n'eſt pas
plutôt par ſes regards que la ſtatue eſt
animée , que par le pouvoir furnaturel
des Dieux qu'il invoque. L'action du
petit Amour , ſur la ſtatue , eſt un des
plus heureux traits de l'invention. C'eſt
par ce moyen que l'Artiſte a très-bien
ſuppléé à celui que pourroit employer
la Peinture , & qui ſembloit manquer
à la Sculpture . Il a rendu plus ſenſible
l'effet par la cauſe , & moyennant cet
,
210 MERCURE DE FRANCE.
Amour, on apperçoit plus clairement en
core le changement de la matière en
une figure animée. En un mot , on ne
prendra qu'une idée juſte de ce Groupe
, en ſe figurant voir réaliſer la fable
même qu'il repréſente.
M. VASSÉ.
Le morceau qui nous à le plus frappé
, eſt une figure de 4 pieds 6 pouces
faiſant partie du Tombeau de Madame la
Princeſſe de Galitzin. Cette figure repréſente
une femme couchée ſur un
focle carré , pleurant ſur une urne cinéraire
qu'elle couvre de ſa Draperie.
Elle est d'un fort beau genre , & dans
le goût de l'antique ; les Draperies légères
laiſſent appercevoir les contours&
la foupleſſe des mouvemens du nud.
On voit du même Auteur plufieurs
buſtes, entre leſquels on doit en rémarquer
un très -bien modelé , qui repréſente
PASSERAT . C'eſt un des monumens
de la munificence d'un Citoyen
de Troyes * pour immortalifer les hommes
illuftres de fa Patrie.
*
M. GROSLEY , Avocat , Correſpondant de
l'Académie Royale des Inſcriptions , fait préſent
à l'Hôtel -de- Ville de Troyes , de ce Buſte pour
completter la ſuite des Hommes illuſtres de
Gerte Ville.
NOVEMBRE. 1763. 211
7 On a vu par le deſſein qu'a expoſé
M. VASSÉ, quel devoit être l'en'emble
du Mauſolée de Madame la Princeffe
de Galitzin . Il eſt noble , touchant & digne
de la mémoire de cette Princeffe
chère aux Lettres & aux Arts .
M. PAJON.
Un modele en plâtre , d'une figure
d'environ quatre pieds & demi de proportion
, a fait beaucoup d'honneur aux
talens & à l'application de cet Artiſte.
Il repréſente la Peinture. On peut dire ,
fans outrer l'éloge , que cette figure eſt
le triomphe du ſtyle Antique. La naïveté&
la tranquillité de la poſition dans
la figure , de même que le caractère des
étoffes & la conduite des plis , forment
un heureux enſemble de grâces & de
fimplicité intéreſſante. C'eſt ainſi que
l'on doit traiter ce genre , pour le traiter
fans froideur & avec un ſuccès général.
On a remarqué avec plaiſir pluſieurs
Portraits , entre autres celui de M. Aved,
Peintre . La vérité de la touche & celle
de la reſſembance y font réunies.
Un fort joli Ouvrage du même Artifte
a mérité des obſervations très-favobles.
C'eſt un enfant , de pierre de
Tonnerre , qui mange des raiſins en
212 MERCURE DE FRANCE.
marchant. Il ſemble animé par lagaîte
de l'age & par le plaifir. Cette figure
eſt très-bien faite ; la pâte & les molleſſes
de la nature y font exprimées avec
vérité. C'eſt en terminer l'éloge que
d'annoncer qu'elle a ſcu plaire affez au
célébre M. BOUCHER , pour s'en rendre
propriétaire.
Nous ne pouvons garder le filence fur
un deſſein- efquiſſe , par le même. Ma
PAJON , qui repréſente Lycurgue , donnant
un Roi aux Lacédémoniens . S'il
étoit permis à la vérité de ſe livrer aux
expreſſions del'enthousiasme,nous pourrions
dire , en parlant de ce deffein ,
que l'on est tranſporté à Lacédémone,
même , où l'on voit avec une fidélité
fingulière , l'auſtère fimplicité d'un Peuple
Philofophe , dans ſes moeurs , dans
ſes vêtemens , dans ſes meubles , dans
tous ſes uſages& juſques dans les fa-.
briques de ſes bâtimens,
M. CHALLE.
Nous avons vû , de M. CHALLE ,
une petite figure en marbre repréſentant
une Vierge enveloppée de ſes vêtemens.
Il y a dans le tour de tête &
dans le croiſement des mains une intention
heureuſe , & auffi agréable ,
qu'elle puiſſe être dans un Sujet ſérieux.
?
L
NOVEMBRE. 1763. 213
Cette figure traitée en plus grand, prendroit
fans doute plus de régularité dans
l'enſemble & plus d'ordre dans les plis ;
ce qui en feroit une très-belle Statue.
On devroit peut-être laiſſer ſous les
voiles du filence un morceau par lequel
l'Auteur a voulu repréſenter la décou
verte de l'Amérique par Christophe Colomb,
Ce fameux voyageur y paroît
nud , levant d'une main une draperie
pour découvrir le Globe terreftre du
côté où eſt décrite la partie de l'Améri
que. Nous n'entrerons pas dans une dif
cuffion critique ſur cet Ouvrage qui
n'eſt pas fans mérite , mais qui , à beaucoup
près , n'est pas auſſi heureux dans
l'invention ; attendu le peu de ſuccès
qu'on doit eſpérer toutes les fois qu'on
voudra emprunter pour une compofition
figurée , ce qui en eſt ſi peu fuf
ceptible.
Un petit modéle de Castor fur un
cheval defcendant aux enfers , mérite
des éloges dans la compofition.
M. CAFFIERI.
Parmi les trois Buſtes de M. CAFFIERI
, qui tous trois ontdu mérite du
côté de l'art, ainſi que pour la reffemblance
, on diftingue ſurtout le Portrait
de S. A. S. Mgr le Prince de Condé,
214 MERCURE DE FRANCE .
Celui de M. Taitbouft , Conful de France
à Naples , a un caractère frappant
qui ne laiſſe pas douter de la fidélité du
Portrait à ceux mêmes qui ne connoifſent
pas l'original. On doit ſçavoir gré
auffi à cet Artiſte d'avoir déposé à la
Poſtérité les traits d'un homme auſſi célébre
dans la Poësie que l'eſt M. PIRON.
Nous avons remarqué auffi combien les
Connoiffeurs & les Amateurs des belles
formes ont donné d'éloges à de petits
vaſes de marbre qu'a expoſés M. CAFFIERI
. Ce genre quoique très - fubordonné
à la figure , eſt cependant fi
intéreſſant pour la belle & ric he décoration
, qu'on ne sçauroit lui donner
trop d'encouragement,
M. ADAM.
Le Prométhée a fait l'objet de l'attention
du Public. On doit tenir Compte
à M. ADAM , du déſintéreſſement & du
zele qui lui ont fait offrir à ſa compagnie
un morceau tel que celui - ci. Le
prix du travail & les recherches laborieuſes
y donnent une double valeur
pour le Public & pour les Connoiffeurs.
Si jamais les difficultés vaincues ont
eu l'avantage d'obtenir l'admiration &
l'étonnement c'eſt particulièrement
dans cet Ouvrage. Malgré tout le mérite
,
15
NOVEMBRE. 1763. 215
de ce morceau , on ne peut ſe diſpenſer
néanmoins pour l'intérêt du goût , d'avertir
que les plumes de l'Aigle font
travaillées d'une manière entierement
oppoſée à la vérité de la Nature , ainſi
que la fumée du flambeau jetté aux pieds
du Rocher. Il n'eſt pas plus poffible de
ſe diffimuler que la tête du Prométhée
prononce plutôt des efforts chargés
qu'elle n'exprime le ſentiment vrai de la
douleur. Nuance , a la verité , difficile
à ſaiſir dans une juſte préciſion lorſque
la ſituation eſt auſſi violente que celle
de cette figure : mais en tout , il n'eſt
peut- être pas hors de propos de remarquer
qu'en général , les yeux du vulgaire
confondent ſouvent l'exagération du
Sujet repréſenté, avec la force de l'Art.
M. D'HUÉS.
La figure de S. André , rendant graces
à Dieu fur la Croix , est très - bonne ,
d'un deffein correct , d'un ſentiment
juſte&, en tout, a fait beaucoup d'honneur
aux Talens de l'Artiste. A l'inſpection
de cet Ouvrage , on est bien fondé
à préſumer par la fuite des productions
les plus avantageuſes à la gloire de cet
Académicien,
216 MERCURE DE FRANCE .
M. MIGNOT .
On a vû au Sallon, de cet Artiſte, des
Médaillons exécutés en marbre pour
être placés à l'Hôtel-de-Ville de Paris ,
qui repréſentent M. Le Duc DE CHEVREUSE
, Gouverneur. M. PONTCARRÉ
DE VIARMES , Prévôt des
Marchands . M. le Mercier premier
Echevin & M. Mabil ſecond Echevin .
CesMonumens conſerveront la mémoire
de l'époque heureuſe où les plus fidéles
Sujets ont conſacré un pompeuxMonument
de leur zéle au plus aimé des
Souverains,
On ne parlera point dans cettedeſcription
générale,des Estampes expoſées par
lesGraveurs de l'Académie; non qu'elles
ne méritent toutes des éloges , & qu'il
n'y en ait même un 'grand nombre qui
en éxigeaſſent de diftingués : mais parce
que l'uſage étant d'en faire mention
dans chacun de nos Mercures , à mefure
que ces heureuſes productions d'un Art
ſi eſtimable paroiſſent au jour , ce
ſeroit en quelque forte ici , un double
emploi.
N. B. On a remarqué en commençant
cette deſcription , quelle gloire il
réſultoit pour la Nation , de pouvoir dans
l'eſpace
NOVEMBRE. 1763. 217
tant en
l'eſpace de deux ans raſſembler un aufli
grand nombre de Chefs - d'oeuvre que
l'on en voyoit au Sallon. Combien cet
étonnement doit-il augmenter , lorſque
l'on confidère. 1º. Dans les Tableaux,
la quantité de ceux qui reſtent ou dans
les Cabinets des Peintres ou entre les
mains des Particuliers & qui ne peuvent
être placés à l'expofition. 2°. Un plus
grand nombre encore de Monumens
précieux dans la Sculpture ,
Modèles qu'en Statues finies , dont
la grande proportion ne peut être admiſe
au Sallon. En effet ce qu'on y voit , ce
qu'on y admire dans cetArt , n'est qu'un
très-foible extrait de ſes productions
annuelles. Par exemple , c'eſt avec un
juſte regret , fans doute , que le célébre
M. le MOINE n'a pû expoſer aux yeux
du Public le Modèle en grand, du Maufolée
de l'Illuſtre CRÉBILLON , Monumentd'honneur
pour la LittératureFrancoiſe
,& d'une éternelle reconnoiffance
de ceux qui la cultivent , pour la bonté
du Souverain. Le Sujet de ce Mauſolée
qui doit être exécuté en Marbre , eſt
la Muſe de la Tragédie qui pleure fur
le Buſte de l'Illuſtre Poëte , dont elle
regrette la perte. On ne peut rien voir
de plus noble & d'une expreffion plus
K
=
218 MERCURE DE FRANCE .
juſte que cette Figure , dans toutes ſes
parties ,& même dans tous les acceſſoires
qui concourent à l'expofition du Sujet.
N. B. On diftribuera gratis aux per-
Sonnes qui ont la Description des Tableaux
en brochure in- 12 , ce Supplement
pour les Ouvrages de Sculpture.
On s'adreſſera au Bureau du Mercure
de France, rue Ste Anne , à Paris.
M. LE MΟΙΝΕ .
L
,
E plus apparent des Ouvrages de ce
célébre Artiſte , eſt un Buſte du kor ,
éxécuté en marbre. On reconnoît dans
ce morceau l'application que M. le
Moine a toujours employée à ſuivre
dans tous les âges , le Portrait d'un
Monarque , toujours également cher à
ſes Peuples ; dont le grand caractère
de la tête fournit aux Arts dans toutes
les époques , l'objet d'une étude intéreffante
& de la plus louable émulation.
Comme cet Ouvrage ne paroît
NOVEMBRE. 1763. 207
pas encore entiérement fini dans toutes
ſes parties , on ne s'arrêtera pas fur ce
qu'il y auroit à defirer actuellement
dans le travail de la Draperie & de la
chevelure ; ce qui ſe trouvera certainement
terminé , avec toute la perfection
ordinaire à ce grand Artiſte , lorfqu'il
y aura mis la dernière main.
Le Buſte de Madame la Comteſſe
DE BRIONNE , par le même Auteur ,
réunit à l'avantage de repréſenter fidélement
toutes les grâces & la beauté
de l'original , la fineſſe & la légéreté
de la touche , ce qui fait paffer avec
agrément dans le travail de l'Art , le
caractère ſpirituel de la Nature.
Nous avons cru , au premier aſpect ,
appercevoir dans ce Buſte en terre cuite ,
le fecours étranger de la couleur , légérement
employé dans quelques parties
; mais comme cet artifice eſt aujourd'hui
décidément profcrit dans la
Sculpture , nous n'ofons affirmer qu'un
Artiſte auffi éclairé ſur les vrais principes
de ſon Art , ait employé ce moyen.
Le Buſte qui repréſente M. de la
TOUR , Peintre , doit être regardé comme
un modéle de perfection à tous
égards : de même que l'eſt en Peinture
le Portrait de M. le MOINE par
M. DE LA TOUR,
208 MERCURE DE FRANCE.
M. FALCONET.
Le Groupe de marbre , qui a fi
fingulierement attiré l'admiration de
tout le Public , repréſente Pigmalion
aux pieds de ſa Statue dans le moment
qu'elle s'anime. Un petit Amour
qui a la bouche ſur un des bras de
cette figure , ſemble être la ſource &
l'auteur du feu qui lui donne l'âme &
dont par le plus agréable des preſtiges ,
l'Art indique aux yeux du Spectateur
les progrès du ſouffle embrâfé de cet
Amour. C'eſt cette diſtinction des parties
déja animées de la ſtatue d'avec
celles qui ne font encore que matière ,
qui paroiffoit rendre ce ſujet ſupérieur
aux poffibilités de l'art , & qu'en effet
nous ne ſcavons pas avoir été traité
en Sculpture précédemment par aucun
Maître antique ou moderne.
Plus on conſidère ce Groupe , plus
on y remarque , avec ſurpriſe , dans la
ſtatuedela femme,une expreſſion ſijuſte
&fi habilement ſaiſie , quelle préſente
les nuances délicates de l'étonnement,
du mouvement , prèſque inſenſible dans
ſes effets , & des premiers ſentimens ..
d'un Etre qui tient la vie du pouvoir
de l'Amour & reçoit en même temps
toutes les paffions , fi douces dans leur
NOVEMBRE. 1763. 209
naiſſance , qui réſultent de ſes premiers
feux. Le ſentiment naif & fidèle d'où
provient l'intérêt , la fimplicité du caractère
de deſſein , l'unité ( ſi l'on peut
dire ) fuavedu trait , diftinguent éminemment
cette charmante figure. Telle
eſt par rapport à cet objet la foible
idée que nous pouvons donner de l'art
du Sculpteur. Dans la figure de Pigmalion
, cet art n'eſt pas moins éloquent.
Il eſt , comme nous l'avons déja dit ,
aux pieds de la ſtatue ; on ſent à fa
poſition le mouvement par lequel il
eſt prêt à s'élancer vers elle; ſes deux
mains font ferrées l'une dans l'autre ,
action naturelle à la fituation & qui
marque en même temps & le prodige
& le ſentiment qui en réſulte. La joie ,
la ſurpriſe & l'amour ſont exprimés
avec un tel enthouſiaſme dans ce
Pigmalion , qu'on doute fi ce n'eſt pas
plutôt par ſes regards que la ſtatue eſt
animée , que par le pouvoir furnaturel
des Dieux qu'il invoque. L'action du
petit Amour , ſur la ſtatue , eſt un des
plus heureux traits de l'invention. C'eſt
par ce moyen que l'Artiſte a très-bien
ſuppléé à celui que pourroit employer
la Peinture , & qui ſembloit manquer
à la Sculpture . Il a rendu plus ſenſible
l'effet par la cauſe , & moyennant cet
,
210 MERCURE DE FRANCE.
Amour, on apperçoit plus clairement en
core le changement de la matière en
une figure animée. En un mot , on ne
prendra qu'une idée juſte de ce Groupe
, en ſe figurant voir réaliſer la fable
même qu'il repréſente.
M. VASSÉ.
Le morceau qui nous à le plus frappé
, eſt une figure de 4 pieds 6 pouces
faiſant partie du Tombeau de Madame la
Princeſſe de Galitzin. Cette figure repréſente
une femme couchée ſur un
focle carré , pleurant ſur une urne cinéraire
qu'elle couvre de ſa Draperie.
Elle est d'un fort beau genre , & dans
le goût de l'antique ; les Draperies légères
laiſſent appercevoir les contours&
la foupleſſe des mouvemens du nud.
On voit du même Auteur plufieurs
buſtes, entre leſquels on doit en rémarquer
un très -bien modelé , qui repréſente
PASSERAT . C'eſt un des monumens
de la munificence d'un Citoyen
de Troyes * pour immortalifer les hommes
illuftres de fa Patrie.
*
M. GROSLEY , Avocat , Correſpondant de
l'Académie Royale des Inſcriptions , fait préſent
à l'Hôtel -de- Ville de Troyes , de ce Buſte pour
completter la ſuite des Hommes illuſtres de
Gerte Ville.
NOVEMBRE. 1763. 211
7 On a vu par le deſſein qu'a expoſé
M. VASSÉ, quel devoit être l'en'emble
du Mauſolée de Madame la Princeffe
de Galitzin . Il eſt noble , touchant & digne
de la mémoire de cette Princeffe
chère aux Lettres & aux Arts .
M. PAJON.
Un modele en plâtre , d'une figure
d'environ quatre pieds & demi de proportion
, a fait beaucoup d'honneur aux
talens & à l'application de cet Artiſte.
Il repréſente la Peinture. On peut dire ,
fans outrer l'éloge , que cette figure eſt
le triomphe du ſtyle Antique. La naïveté&
la tranquillité de la poſition dans
la figure , de même que le caractère des
étoffes & la conduite des plis , forment
un heureux enſemble de grâces & de
fimplicité intéreſſante. C'eſt ainſi que
l'on doit traiter ce genre , pour le traiter
fans froideur & avec un ſuccès général.
On a remarqué avec plaiſir pluſieurs
Portraits , entre autres celui de M. Aved,
Peintre . La vérité de la touche & celle
de la reſſembance y font réunies.
Un fort joli Ouvrage du même Artifte
a mérité des obſervations très-favobles.
C'eſt un enfant , de pierre de
Tonnerre , qui mange des raiſins en
212 MERCURE DE FRANCE.
marchant. Il ſemble animé par lagaîte
de l'age & par le plaifir. Cette figure
eſt très-bien faite ; la pâte & les molleſſes
de la nature y font exprimées avec
vérité. C'eſt en terminer l'éloge que
d'annoncer qu'elle a ſcu plaire affez au
célébre M. BOUCHER , pour s'en rendre
propriétaire.
Nous ne pouvons garder le filence fur
un deſſein- efquiſſe , par le même. Ma
PAJON , qui repréſente Lycurgue , donnant
un Roi aux Lacédémoniens . S'il
étoit permis à la vérité de ſe livrer aux
expreſſions del'enthousiasme,nous pourrions
dire , en parlant de ce deffein ,
que l'on est tranſporté à Lacédémone,
même , où l'on voit avec une fidélité
fingulière , l'auſtère fimplicité d'un Peuple
Philofophe , dans ſes moeurs , dans
ſes vêtemens , dans ſes meubles , dans
tous ſes uſages& juſques dans les fa-.
briques de ſes bâtimens,
M. CHALLE.
Nous avons vû , de M. CHALLE ,
une petite figure en marbre repréſentant
une Vierge enveloppée de ſes vêtemens.
Il y a dans le tour de tête &
dans le croiſement des mains une intention
heureuſe , & auffi agréable ,
qu'elle puiſſe être dans un Sujet ſérieux.
?
L
NOVEMBRE. 1763. 213
Cette figure traitée en plus grand, prendroit
fans doute plus de régularité dans
l'enſemble & plus d'ordre dans les plis ;
ce qui en feroit une très-belle Statue.
On devroit peut-être laiſſer ſous les
voiles du filence un morceau par lequel
l'Auteur a voulu repréſenter la décou
verte de l'Amérique par Christophe Colomb,
Ce fameux voyageur y paroît
nud , levant d'une main une draperie
pour découvrir le Globe terreftre du
côté où eſt décrite la partie de l'Améri
que. Nous n'entrerons pas dans une dif
cuffion critique ſur cet Ouvrage qui
n'eſt pas fans mérite , mais qui , à beaucoup
près , n'est pas auſſi heureux dans
l'invention ; attendu le peu de ſuccès
qu'on doit eſpérer toutes les fois qu'on
voudra emprunter pour une compofition
figurée , ce qui en eſt ſi peu fuf
ceptible.
Un petit modéle de Castor fur un
cheval defcendant aux enfers , mérite
des éloges dans la compofition.
M. CAFFIERI.
Parmi les trois Buſtes de M. CAFFIERI
, qui tous trois ontdu mérite du
côté de l'art, ainſi que pour la reffemblance
, on diftingue ſurtout le Portrait
de S. A. S. Mgr le Prince de Condé,
214 MERCURE DE FRANCE .
Celui de M. Taitbouft , Conful de France
à Naples , a un caractère frappant
qui ne laiſſe pas douter de la fidélité du
Portrait à ceux mêmes qui ne connoifſent
pas l'original. On doit ſçavoir gré
auffi à cet Artiſte d'avoir déposé à la
Poſtérité les traits d'un homme auſſi célébre
dans la Poësie que l'eſt M. PIRON.
Nous avons remarqué auffi combien les
Connoiffeurs & les Amateurs des belles
formes ont donné d'éloges à de petits
vaſes de marbre qu'a expoſés M. CAFFIERI
. Ce genre quoique très - fubordonné
à la figure , eſt cependant fi
intéreſſant pour la belle & ric he décoration
, qu'on ne sçauroit lui donner
trop d'encouragement,
M. ADAM.
Le Prométhée a fait l'objet de l'attention
du Public. On doit tenir Compte
à M. ADAM , du déſintéreſſement & du
zele qui lui ont fait offrir à ſa compagnie
un morceau tel que celui - ci. Le
prix du travail & les recherches laborieuſes
y donnent une double valeur
pour le Public & pour les Connoiffeurs.
Si jamais les difficultés vaincues ont
eu l'avantage d'obtenir l'admiration &
l'étonnement c'eſt particulièrement
dans cet Ouvrage. Malgré tout le mérite
,
15
NOVEMBRE. 1763. 215
de ce morceau , on ne peut ſe diſpenſer
néanmoins pour l'intérêt du goût , d'avertir
que les plumes de l'Aigle font
travaillées d'une manière entierement
oppoſée à la vérité de la Nature , ainſi
que la fumée du flambeau jetté aux pieds
du Rocher. Il n'eſt pas plus poffible de
ſe diffimuler que la tête du Prométhée
prononce plutôt des efforts chargés
qu'elle n'exprime le ſentiment vrai de la
douleur. Nuance , a la verité , difficile
à ſaiſir dans une juſte préciſion lorſque
la ſituation eſt auſſi violente que celle
de cette figure : mais en tout , il n'eſt
peut- être pas hors de propos de remarquer
qu'en général , les yeux du vulgaire
confondent ſouvent l'exagération du
Sujet repréſenté, avec la force de l'Art.
M. D'HUÉS.
La figure de S. André , rendant graces
à Dieu fur la Croix , est très - bonne ,
d'un deffein correct , d'un ſentiment
juſte&, en tout, a fait beaucoup d'honneur
aux Talens de l'Artiste. A l'inſpection
de cet Ouvrage , on est bien fondé
à préſumer par la fuite des productions
les plus avantageuſes à la gloire de cet
Académicien,
216 MERCURE DE FRANCE .
M. MIGNOT .
On a vû au Sallon, de cet Artiſte, des
Médaillons exécutés en marbre pour
être placés à l'Hôtel-de-Ville de Paris ,
qui repréſentent M. Le Duc DE CHEVREUSE
, Gouverneur. M. PONTCARRÉ
DE VIARMES , Prévôt des
Marchands . M. le Mercier premier
Echevin & M. Mabil ſecond Echevin .
CesMonumens conſerveront la mémoire
de l'époque heureuſe où les plus fidéles
Sujets ont conſacré un pompeuxMonument
de leur zéle au plus aimé des
Souverains,
On ne parlera point dans cettedeſcription
générale,des Estampes expoſées par
lesGraveurs de l'Académie; non qu'elles
ne méritent toutes des éloges , & qu'il
n'y en ait même un 'grand nombre qui
en éxigeaſſent de diftingués : mais parce
que l'uſage étant d'en faire mention
dans chacun de nos Mercures , à mefure
que ces heureuſes productions d'un Art
ſi eſtimable paroiſſent au jour , ce
ſeroit en quelque forte ici , un double
emploi.
N. B. On a remarqué en commençant
cette deſcription , quelle gloire il
réſultoit pour la Nation , de pouvoir dans
l'eſpace
NOVEMBRE. 1763. 217
tant en
l'eſpace de deux ans raſſembler un aufli
grand nombre de Chefs - d'oeuvre que
l'on en voyoit au Sallon. Combien cet
étonnement doit-il augmenter , lorſque
l'on confidère. 1º. Dans les Tableaux,
la quantité de ceux qui reſtent ou dans
les Cabinets des Peintres ou entre les
mains des Particuliers & qui ne peuvent
être placés à l'expofition. 2°. Un plus
grand nombre encore de Monumens
précieux dans la Sculpture ,
Modèles qu'en Statues finies , dont
la grande proportion ne peut être admiſe
au Sallon. En effet ce qu'on y voit , ce
qu'on y admire dans cetArt , n'est qu'un
très-foible extrait de ſes productions
annuelles. Par exemple , c'eſt avec un
juſte regret , fans doute , que le célébre
M. le MOINE n'a pû expoſer aux yeux
du Public le Modèle en grand, du Maufolée
de l'Illuſtre CRÉBILLON , Monumentd'honneur
pour la LittératureFrancoiſe
,& d'une éternelle reconnoiffance
de ceux qui la cultivent , pour la bonté
du Souverain. Le Sujet de ce Mauſolée
qui doit être exécuté en Marbre , eſt
la Muſe de la Tragédie qui pleure fur
le Buſte de l'Illuſtre Poëte , dont elle
regrette la perte. On ne peut rien voir
de plus noble & d'une expreffion plus
K
=
218 MERCURE DE FRANCE .
juſte que cette Figure , dans toutes ſes
parties ,& même dans tous les acceſſoires
qui concourent à l'expofition du Sujet.
Fermer
6169
p. 213-241
POESIE nouvelle. TRADUCTION. Epître de Sapho à Phaon.
Début :
Est-ce d'un faux espoir me laisser prévenir, [...]
Mots clefs :
Coeur, Amour, Phaon, Épître, Traduction, Voeux, Pleurs, Maux, Malheurs, Charmes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POESIE nouvelle. TRADUCTION. Epître de Sapho à Phaon.
POESIE
nouvelle.
TRADUCTION.
Epître de Sapho à Phaon. E St-ced'un faux espoir
me laisserprévenir,
Que de me croire encor
dans vôtre Souvenir?
Mon coeur avecraison a-t-il
dule promettre
Que vous aurez connu doù
vous vient cette lettre ?
Ou mon nom seulement
vous aura-t-il tiré
D'un douce où sans cela
vous feriez demeuré?
Je pense déja voir que vôtre
esprit s'applique
A penetrer pourquoy je renonce
au Lyrique:
Mais pour peindre l'horreur
des maux que je
ressens,
L'Ode me prêteroit de trop
foibles accens.
Semblable à ces moissons
que ravage la flâme,
Par les feux de l'amour je
sens brûlermoname:
Tu vois l'Etna,Phaon;mon
coeur trop enflamé
De même que cemontest
de feux consumé.
En proye aux vifs transports
que ton amour
m'inspire,
Je cherche, mais en vain
les accords de ma lyre.
Pour chanter les Héros, les
Dieux & les combats,
Il faudroit être libre, & je
ne le fuis pas.
Les Muses dont mon coeur
reconnoissoit les charmes,
N'ont plus pour m'arrêter
1 que d'inutiles armes.
Mais pourquoy rappeller
des soupirs mal placez,
Ingrat?ta réunis tous mes
feux dispersez.
Je n'ai pu regarder tes
beaux yeux, ton visage,
Sans de l'amour pour toy
sentirtoute la rage;
Mon coeur pour te bannir
prit des foins superflus,
Il te trouvoit plus beau qu'-
Apollon & Bacchus.
Entre ces Dieux & toy la
feule difference,
C'est qu'ils ont de l'amour
reconnu la puissance;
Ariadne & Daphné leur
donnedonnerent
des fers,
L'une & l'autre pourtant
ne faisoient point
de vers.
Pourmoy toujours le Pinde
en richesses abonde,
Et l'éclat demon nomvole.
par tout le monde.
La nature, il est vrai, par
un peu de beauté
N'apasmontré pour moy
sa libéralité:
1 Mais j'enfuis par l'esprit
assez recompensée
Puisque , je fuis par là connuë
autant qu'Alcée.
Voudrais-tu Seulement recevoir
des liens
De celles dont les traits
ééogalleerroonntt les ttiieennss??
Ah l dans ce vain espoir si
ton ame s arrête,
Jamais femme ne doit s'atd
tendre à ta conquêIl te.
Ainsi
,
sans t'amuser à de
vagues projets,
Viens par un promt retour
expier tes forfaits.
Quand tu lisois mes vers,
je te paroissois belle,
Rien n'eût pu te forcer à te
rendre infidele,
Disois-tu. Pénétré de l'ardeur
de mes sons,
Ton coeur s'abandonnoit à
mes tendres chansons.
Un jour,pleine du feu qui
cause mon martyre,
Aux accens de ma voix je
mariois ma lyre :
Il m'en souvient encor; de
precieux momens
N'e;seffacentjamais de l'es- prit des amans.
Transporte du plaisir où se
-
livroit ton ame,
Tu me donnoisalors des
,
baiserstout de flame;
Alorsjete charmois, je regnois
iur ton'Coeur,
Lui-même il avoiioit sans
honte son vainqueur.
De ces rems fortunez la
trace évanouie
Me laisse le regret d'avoir
été trame.
La Sicile te voit offrir de
nouveaux voeux,
Elle voit éclater tes infideles
feux.
Dieux puissans! faloit-il me
faire Lesbienne?
Que ne m'avez-vous fait
naître Sicilienne?
Et vous,jeunes Beautez,
quand par les voeux
offerts.
Phaon vous veut marquer:
qu'il reconnoît vos fers,
Si comme un tendre amant
vous le voyez paraître,
Tremblez de croire trop ce
, que dira le traître;
Il aura beau jurer de mourir
fous vos loix,
Ce que dira l'ingrat, ilme
l'a dit cent fois.-
Et toy, Venus, & toy qu'on
adore enErice,
Si jamais tu daignasme voir
d'un oeil propice,
Si jamais tu reçus mes vers
avec plaisir,
Sois, pour me le prouver,
promte à me recourir;
Ne laisse point languir mon
coeur dans le murmurey-
Et si je fuis à toy) viens vanger
mon injure.
Mais que. je crains, helas !
que mes voeux rejettes
Ne soient pas feulement devenus
ecoutez.
A me persecuter la fortune
confiante
t
Ne lui permettra pas de - remplir mon attente;
Il faut me préparer à de nou-
; • ; veaux combats.
l-Ié quoy donc, fort cruel
n'es-tu point , encor las?
A peineje goûtois les douceurs
de la vie,
Qu'au jour que je voyois
ma mere fut ravie,
Et mon frere arrêté par d'indignes
liens
Perdit en même tem ps son
honneur & ses biens.
Abattu, consterné
)
reduit
dans la misere,
Ilfit choix sans rougir du
métier de Corsaire;
Pour prix d'avoir voulu lui
parler librement,
Je m'attirai sa haine & son
emportement; Dudestin irrité le barbare
caprice
Me donne dans ma fille un
surcroît de supplice,
Et, pour comble de maux
tes nouvelles amours
Me forcent d'appeller la
mort à mon secours.
Languissante & cedant aux
malheurs que j'endure,
Mes cheveux surmon col
tombent à l'avanture;
Je ne regarde plus ces ornemens
pompeux
Dont je faisois ma joye en
un temps plus heureux.
Eh! pourquoy tous ces soins
& cette étude vaine t
Celui qui la causoit vient de
briser sa chaine.
Je pleure, je gbemis, & mon coeur agité
T'aime encore malgré ton
infidélité.
Soir qu'ainsi lait voulu ma
triste destinée,
Qu'aux horreurs de l'amour
je fusse condamnée; Soit que T * *•, en moy
causant ces mouvemens,
Ait disposé mon coeur aux
tendres sentimens.
Mais dois je m'étonner de
ce que ta jeunesse
A sçû sans nul effort surprendre
ma tendresse ?
J'ai craint plus d'une fois
que les Divinitez
Ne se laissassent trop fur-
,
prendre à tes beautez.
Ah
! par un prompt retour
rends le calme à mon
ame;
Viens de nouveau, Phaon,
te livrer a ma flâme,
Je ne demande plus pour
prix de mon ardeur
Que tu payes mes feux par
le don de toncoeur;
Ce seroit trop oser. Que je
t'aime ôc te voye,
Cela suffira seul pour me
combler de joye.
Pendant que je t'ecris songeant
à mes malheurs,
Je baigne ce papier d'un deluge
de pleurs,
Je pense en ce moment à
ta suiteinfidelle.
Helas! quand j'en appris la
premiere nouvelle,
Lorsquequelqu'un me dit,
Phaon est disparu,
Interdite & confuse à ce
coup imprévu,
Dans l'horreur des tourmens
dont j'éprouvai
l'atteinte,
Je voulus, mais en vain,recourir
à la plainte;
Je voulus m'écrier,& ne le
pus jamais,
Un froid mortel lioit ma
langue à mon palais:
Pour soulager les maux
dont mon ame étoit
pleine,
Je ne pus par des pleurs
faire éclater ma peine:
Mais dés que j'eus repris l'urage
de mes sens,
Me livrant toute entiere a
mes malheurs pressans,
Employant contre moy
mes foibles mains pour
armes,
Je me voulus punir d'avoir
manqué de charmes.
Ah ! de quoy m'ont servi
ces vains emportemens?
Mon coeur aime toujours
l'auteur de ses tourmens.
En vain pour t'oublier je me
- fais une étude
De réfléchir sans cesse à
ton ingratitude.
Bien loin d'être en état de
suivre ce conseil,
Je tetrouve par-tout, même
dans le sommeil
;
Et lorsque sa bonté donne.
, treve àmes larmes,
Il te montre à mon coeur
avec de nouveaux
charmes,
Il te presente à moy dans
ces momens trompeurs
Où tu m'avois juré d'éternelles
ardeurs.
Mais cette illusion dont
mon ame est frapée
Au lever de l'aurore est d'abord
dissipée,
Et j'accusePhebus par mes
frequens soûpirs
De venir éclairer trop tôt
mesdéplaisirs.
Je cherche des forêts les
détours les plus sombres,
Pour les ensevelir dans
rhorreur de leurs ombres,
Et ces bois confidens de
mon bonheur passé
Voyent par mes regrets leur
repos traversé.
Telle qu'une Bacchante à
ses fureurs livrée,
Je cours sans observer une
route assurée,
Et mon esprit errant sur
cent objets divers,
Me conduit quelquefois
dans ces bocages verds,
Dont les arbres toufus & le
séjour tranquile
Prêtoient à nôtre amour un
favorable azile.
J'ai reconnu l'endroit où
)
recevant tes voeux,
Je faisois mon bonheur de
répondre à tes feux,
Et rappellant de toy jusqu'à
la moindre trace,
J'en garde un souvenir qui
jamais ne s'efface.
Ce fatalsouvenir banissant
maraison,
D'un deluge de pleurs j'inonde
le gazon;
Les arbres attendrisdutourment
que j'endure,
Semblent perdre pour moy
l'éclat
l'éclar-de leur verdure,
Et les oiseaux touchez de
mescuifàns soucis,
N'osent par leurs chansons
-
interrompre mes CrIS;
Ils respectent mes maux. La
seule Philomelle
Exprime par ses chants sa
;
douleur immortelle;
Tout le reste insensible à
l'horreur qui me suit,
Garde un silence égal à celui
de la nuit.
Auprès est un ruisseau qui
dans sa course lente
Sur un sable argenté parmi
les fleurs serpente;
Ses bords de toutes parts de
saules entourez
- Au Dieu de la forêt sont,
diton,consacrez.
Proche de ce ruisseau je-,
tois un jour couchée,
Ma tête sur un bras languisfamment
panchée,
Ayant devant les yeux tes
injustes mépris;
Une Nymphe s'offrit à mes
regards surpris.
Puis qu'au gré de tes voeux
tu ne peux, me dit-elle,
Remettre dans ses fers le
coeur d'un infidele,
Loin que son changement;
doive exciter ces pleurs ,-
Par un pareil oublimets fin
*
à tes malheurs,
Le moyen est aisé d'imiter
son exemple.
Aux bords Leucadiens eu
trouveras un Temple;
Par les flots de la mer il est
presque entouré,
Apollon dans ce lieu fut
toûjours adoré.
Deucalion brûlé d'une filme
cruelle,
Nepouvoit dePyrrha dompter
le coeur rebelle;
Triste & desesperant de
voir changer son sort,
Du sommet de ce Temple
ilaffronta lamort,
Et cherchant dans les flots
un remede à ses peines,
Il en [orrit, le coeur dé.
chargé de ses chaines.
De ce Temple voila l'admirable
vertu ; Vadégager ton coeur par
l'amour abattu,
Cours, brave le danger,
que rien ne te retienne
., Et que ta fermeté soit égale
à la renne. àlasienne.
A peine ai-je entendu ce
salutaire avis,
LaNymphe se dérobe àmes
yeux éblouis,
Etmoy pleine d'horreur ra..
me en proye aux alarmes,
J'abandonne ces lieux arrofez
de mes larmes.
Oui, Déesse,j'irai, lui dis-je
avec transport,
Sans craindre le dangerje
remplirai mon fort,
J'irai. La mort pour moy ne
sçauroit être affreuse;
Quoy qu'il puisse arriver, je
ferai plus heureuse.
Et toy, Fils de Venus, sois
sensible à mes nlaux)
En me precipitant soûtiensmoy
surles eaux,
De peur qu'on ne reproche
aux ondes d'Ambracie
QueSapho dans leur sein
a terminé sa vie.
Maispourquoy me forcer
à bannir mon amour?
Viens plutôt l'affermir,
Phaon,par ton retour;
Fais qu'à mon desespoir un
doux calme succede,
Toy seul m'en peux fournir
l'infaillible remede.
Héquoy,sans nul remords
oses-tu concevoir
Que l'on t'imputera mon
fatal desespoir?
Dans l'excés des tourmens
dont mon ame est atccince,
Je voudrois t'adresser une
éloquente plainte:
Mais ma douleur s'oppose àmestristesaccens,
Et mes maux m'ont ôté l'iu
sagede mes sens.
Je ne retrouve plus cette
chaleur sublime
- Par qui du double mont je
surmontai lacime,
Et Phebusquim'ouvroit
jadis tous ses tresors,
Pour animer ma voix s'épuise
en vains efforts.
Cet art que je reçus de la
bonté celeste,
Phaon me l'a ravi par fou
départ funeste.
Ramenez cet ingrat, qu'3i. l1
reprenne ses fers,
Et je vous donnerai d'abord
de nouveaux vers.
Mais il n'écoute rien, mes
prieres sont vaines,
Il ne veut point rentrer
dans ses premieres
chaines.
Mes voeux par le cruel ne
sont
sont point écoutez,
Messoûpirs sont perdus,&
mes pleurs rejettez.
Ah! puis qu'ilest ainsi, du
moins apprens, volage,
Que je vais travailler à bannir
ton image,
Et qu'au fond de la - mer
mon coeur trop agité
Va rencontrer la mort ou
la tranquilité.
nouvelle.
TRADUCTION.
Epître de Sapho à Phaon. E St-ced'un faux espoir
me laisserprévenir,
Que de me croire encor
dans vôtre Souvenir?
Mon coeur avecraison a-t-il
dule promettre
Que vous aurez connu doù
vous vient cette lettre ?
Ou mon nom seulement
vous aura-t-il tiré
D'un douce où sans cela
vous feriez demeuré?
Je pense déja voir que vôtre
esprit s'applique
A penetrer pourquoy je renonce
au Lyrique:
Mais pour peindre l'horreur
des maux que je
ressens,
L'Ode me prêteroit de trop
foibles accens.
Semblable à ces moissons
que ravage la flâme,
Par les feux de l'amour je
sens brûlermoname:
Tu vois l'Etna,Phaon;mon
coeur trop enflamé
De même que cemontest
de feux consumé.
En proye aux vifs transports
que ton amour
m'inspire,
Je cherche, mais en vain
les accords de ma lyre.
Pour chanter les Héros, les
Dieux & les combats,
Il faudroit être libre, & je
ne le fuis pas.
Les Muses dont mon coeur
reconnoissoit les charmes,
N'ont plus pour m'arrêter
1 que d'inutiles armes.
Mais pourquoy rappeller
des soupirs mal placez,
Ingrat?ta réunis tous mes
feux dispersez.
Je n'ai pu regarder tes
beaux yeux, ton visage,
Sans de l'amour pour toy
sentirtoute la rage;
Mon coeur pour te bannir
prit des foins superflus,
Il te trouvoit plus beau qu'-
Apollon & Bacchus.
Entre ces Dieux & toy la
feule difference,
C'est qu'ils ont de l'amour
reconnu la puissance;
Ariadne & Daphné leur
donnedonnerent
des fers,
L'une & l'autre pourtant
ne faisoient point
de vers.
Pourmoy toujours le Pinde
en richesses abonde,
Et l'éclat demon nomvole.
par tout le monde.
La nature, il est vrai, par
un peu de beauté
N'apasmontré pour moy
sa libéralité:
1 Mais j'enfuis par l'esprit
assez recompensée
Puisque , je fuis par là connuë
autant qu'Alcée.
Voudrais-tu Seulement recevoir
des liens
De celles dont les traits
ééogalleerroonntt les ttiieennss??
Ah l dans ce vain espoir si
ton ame s arrête,
Jamais femme ne doit s'atd
tendre à ta conquêIl te.
Ainsi
,
sans t'amuser à de
vagues projets,
Viens par un promt retour
expier tes forfaits.
Quand tu lisois mes vers,
je te paroissois belle,
Rien n'eût pu te forcer à te
rendre infidele,
Disois-tu. Pénétré de l'ardeur
de mes sons,
Ton coeur s'abandonnoit à
mes tendres chansons.
Un jour,pleine du feu qui
cause mon martyre,
Aux accens de ma voix je
mariois ma lyre :
Il m'en souvient encor; de
precieux momens
N'e;seffacentjamais de l'es- prit des amans.
Transporte du plaisir où se
-
livroit ton ame,
Tu me donnoisalors des
,
baiserstout de flame;
Alorsjete charmois, je regnois
iur ton'Coeur,
Lui-même il avoiioit sans
honte son vainqueur.
De ces rems fortunez la
trace évanouie
Me laisse le regret d'avoir
été trame.
La Sicile te voit offrir de
nouveaux voeux,
Elle voit éclater tes infideles
feux.
Dieux puissans! faloit-il me
faire Lesbienne?
Que ne m'avez-vous fait
naître Sicilienne?
Et vous,jeunes Beautez,
quand par les voeux
offerts.
Phaon vous veut marquer:
qu'il reconnoît vos fers,
Si comme un tendre amant
vous le voyez paraître,
Tremblez de croire trop ce
, que dira le traître;
Il aura beau jurer de mourir
fous vos loix,
Ce que dira l'ingrat, ilme
l'a dit cent fois.-
Et toy, Venus, & toy qu'on
adore enErice,
Si jamais tu daignasme voir
d'un oeil propice,
Si jamais tu reçus mes vers
avec plaisir,
Sois, pour me le prouver,
promte à me recourir;
Ne laisse point languir mon
coeur dans le murmurey-
Et si je fuis à toy) viens vanger
mon injure.
Mais que. je crains, helas !
que mes voeux rejettes
Ne soient pas feulement devenus
ecoutez.
A me persecuter la fortune
confiante
t
Ne lui permettra pas de - remplir mon attente;
Il faut me préparer à de nou-
; • ; veaux combats.
l-Ié quoy donc, fort cruel
n'es-tu point , encor las?
A peineje goûtois les douceurs
de la vie,
Qu'au jour que je voyois
ma mere fut ravie,
Et mon frere arrêté par d'indignes
liens
Perdit en même tem ps son
honneur & ses biens.
Abattu, consterné
)
reduit
dans la misere,
Ilfit choix sans rougir du
métier de Corsaire;
Pour prix d'avoir voulu lui
parler librement,
Je m'attirai sa haine & son
emportement; Dudestin irrité le barbare
caprice
Me donne dans ma fille un
surcroît de supplice,
Et, pour comble de maux
tes nouvelles amours
Me forcent d'appeller la
mort à mon secours.
Languissante & cedant aux
malheurs que j'endure,
Mes cheveux surmon col
tombent à l'avanture;
Je ne regarde plus ces ornemens
pompeux
Dont je faisois ma joye en
un temps plus heureux.
Eh! pourquoy tous ces soins
& cette étude vaine t
Celui qui la causoit vient de
briser sa chaine.
Je pleure, je gbemis, & mon coeur agité
T'aime encore malgré ton
infidélité.
Soir qu'ainsi lait voulu ma
triste destinée,
Qu'aux horreurs de l'amour
je fusse condamnée; Soit que T * *•, en moy
causant ces mouvemens,
Ait disposé mon coeur aux
tendres sentimens.
Mais dois je m'étonner de
ce que ta jeunesse
A sçû sans nul effort surprendre
ma tendresse ?
J'ai craint plus d'une fois
que les Divinitez
Ne se laissassent trop fur-
,
prendre à tes beautez.
Ah
! par un prompt retour
rends le calme à mon
ame;
Viens de nouveau, Phaon,
te livrer a ma flâme,
Je ne demande plus pour
prix de mon ardeur
Que tu payes mes feux par
le don de toncoeur;
Ce seroit trop oser. Que je
t'aime ôc te voye,
Cela suffira seul pour me
combler de joye.
Pendant que je t'ecris songeant
à mes malheurs,
Je baigne ce papier d'un deluge
de pleurs,
Je pense en ce moment à
ta suiteinfidelle.
Helas! quand j'en appris la
premiere nouvelle,
Lorsquequelqu'un me dit,
Phaon est disparu,
Interdite & confuse à ce
coup imprévu,
Dans l'horreur des tourmens
dont j'éprouvai
l'atteinte,
Je voulus, mais en vain,recourir
à la plainte;
Je voulus m'écrier,& ne le
pus jamais,
Un froid mortel lioit ma
langue à mon palais:
Pour soulager les maux
dont mon ame étoit
pleine,
Je ne pus par des pleurs
faire éclater ma peine:
Mais dés que j'eus repris l'urage
de mes sens,
Me livrant toute entiere a
mes malheurs pressans,
Employant contre moy
mes foibles mains pour
armes,
Je me voulus punir d'avoir
manqué de charmes.
Ah ! de quoy m'ont servi
ces vains emportemens?
Mon coeur aime toujours
l'auteur de ses tourmens.
En vain pour t'oublier je me
- fais une étude
De réfléchir sans cesse à
ton ingratitude.
Bien loin d'être en état de
suivre ce conseil,
Je tetrouve par-tout, même
dans le sommeil
;
Et lorsque sa bonté donne.
, treve àmes larmes,
Il te montre à mon coeur
avec de nouveaux
charmes,
Il te presente à moy dans
ces momens trompeurs
Où tu m'avois juré d'éternelles
ardeurs.
Mais cette illusion dont
mon ame est frapée
Au lever de l'aurore est d'abord
dissipée,
Et j'accusePhebus par mes
frequens soûpirs
De venir éclairer trop tôt
mesdéplaisirs.
Je cherche des forêts les
détours les plus sombres,
Pour les ensevelir dans
rhorreur de leurs ombres,
Et ces bois confidens de
mon bonheur passé
Voyent par mes regrets leur
repos traversé.
Telle qu'une Bacchante à
ses fureurs livrée,
Je cours sans observer une
route assurée,
Et mon esprit errant sur
cent objets divers,
Me conduit quelquefois
dans ces bocages verds,
Dont les arbres toufus & le
séjour tranquile
Prêtoient à nôtre amour un
favorable azile.
J'ai reconnu l'endroit où
)
recevant tes voeux,
Je faisois mon bonheur de
répondre à tes feux,
Et rappellant de toy jusqu'à
la moindre trace,
J'en garde un souvenir qui
jamais ne s'efface.
Ce fatalsouvenir banissant
maraison,
D'un deluge de pleurs j'inonde
le gazon;
Les arbres attendrisdutourment
que j'endure,
Semblent perdre pour moy
l'éclat
l'éclar-de leur verdure,
Et les oiseaux touchez de
mescuifàns soucis,
N'osent par leurs chansons
-
interrompre mes CrIS;
Ils respectent mes maux. La
seule Philomelle
Exprime par ses chants sa
;
douleur immortelle;
Tout le reste insensible à
l'horreur qui me suit,
Garde un silence égal à celui
de la nuit.
Auprès est un ruisseau qui
dans sa course lente
Sur un sable argenté parmi
les fleurs serpente;
Ses bords de toutes parts de
saules entourez
- Au Dieu de la forêt sont,
diton,consacrez.
Proche de ce ruisseau je-,
tois un jour couchée,
Ma tête sur un bras languisfamment
panchée,
Ayant devant les yeux tes
injustes mépris;
Une Nymphe s'offrit à mes
regards surpris.
Puis qu'au gré de tes voeux
tu ne peux, me dit-elle,
Remettre dans ses fers le
coeur d'un infidele,
Loin que son changement;
doive exciter ces pleurs ,-
Par un pareil oublimets fin
*
à tes malheurs,
Le moyen est aisé d'imiter
son exemple.
Aux bords Leucadiens eu
trouveras un Temple;
Par les flots de la mer il est
presque entouré,
Apollon dans ce lieu fut
toûjours adoré.
Deucalion brûlé d'une filme
cruelle,
Nepouvoit dePyrrha dompter
le coeur rebelle;
Triste & desesperant de
voir changer son sort,
Du sommet de ce Temple
ilaffronta lamort,
Et cherchant dans les flots
un remede à ses peines,
Il en [orrit, le coeur dé.
chargé de ses chaines.
De ce Temple voila l'admirable
vertu ; Vadégager ton coeur par
l'amour abattu,
Cours, brave le danger,
que rien ne te retienne
., Et que ta fermeté soit égale
à la renne. àlasienne.
A peine ai-je entendu ce
salutaire avis,
LaNymphe se dérobe àmes
yeux éblouis,
Etmoy pleine d'horreur ra..
me en proye aux alarmes,
J'abandonne ces lieux arrofez
de mes larmes.
Oui, Déesse,j'irai, lui dis-je
avec transport,
Sans craindre le dangerje
remplirai mon fort,
J'irai. La mort pour moy ne
sçauroit être affreuse;
Quoy qu'il puisse arriver, je
ferai plus heureuse.
Et toy, Fils de Venus, sois
sensible à mes nlaux)
En me precipitant soûtiensmoy
surles eaux,
De peur qu'on ne reproche
aux ondes d'Ambracie
QueSapho dans leur sein
a terminé sa vie.
Maispourquoy me forcer
à bannir mon amour?
Viens plutôt l'affermir,
Phaon,par ton retour;
Fais qu'à mon desespoir un
doux calme succede,
Toy seul m'en peux fournir
l'infaillible remede.
Héquoy,sans nul remords
oses-tu concevoir
Que l'on t'imputera mon
fatal desespoir?
Dans l'excés des tourmens
dont mon ame est atccince,
Je voudrois t'adresser une
éloquente plainte:
Mais ma douleur s'oppose àmestristesaccens,
Et mes maux m'ont ôté l'iu
sagede mes sens.
Je ne retrouve plus cette
chaleur sublime
- Par qui du double mont je
surmontai lacime,
Et Phebusquim'ouvroit
jadis tous ses tresors,
Pour animer ma voix s'épuise
en vains efforts.
Cet art que je reçus de la
bonté celeste,
Phaon me l'a ravi par fou
départ funeste.
Ramenez cet ingrat, qu'3i. l1
reprenne ses fers,
Et je vous donnerai d'abord
de nouveaux vers.
Mais il n'écoute rien, mes
prieres sont vaines,
Il ne veut point rentrer
dans ses premieres
chaines.
Mes voeux par le cruel ne
sont
sont point écoutez,
Messoûpirs sont perdus,&
mes pleurs rejettez.
Ah! puis qu'ilest ainsi, du
moins apprens, volage,
Que je vais travailler à bannir
ton image,
Et qu'au fond de la - mer
mon coeur trop agité
Va rencontrer la mort ou
la tranquilité.
Fermer
Résumé : POESIE nouvelle. TRADUCTION. Epître de Sapho à Phaon.
L'épître de Sapho à Phaon révèle la souffrance et la désillusion de Sapho face à l'infidélité de Phaon. Elle se demande si Phaon se souvient d'elle et si sa lettre lui rappellera leur amour passé. Sapho compare son cœur enflammé par l'amour à l'Etna en feu, incapable de chanter les héros et les dieux comme elle le faisait autrefois. Elle se remémore les moments de passion partagée et les serments d'amour de Phaon, désormais réduits à des souvenirs amers. Sapho évoque également ses malheurs personnels, tels que la perte de sa mère et l'emprisonnement de son frère, qui l'ont plongée dans la misère. Elle se sent trahie par Phaon et par le destin, envisageant même de se donner la mort pour échapper à sa souffrance. Elle décrit ses errances dans les forêts, où elle pleure son amour perdu, et rencontre une nymphe qui lui suggère de se jeter du temple de Leucade pour se libérer de son amour. Malgré sa douleur, Sapho exprime son désir de voir Phaon revenir et de retrouver la paix. Elle adresse une dernière supplique aux dieux et à Vénus pour qu'ils interviennent en sa faveur. Elle conclut en annonçant son intention de se jeter à la mer pour échapper à sa souffrance, espérant y trouver la mort ou la tranquillité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6170
p. 212-242
HISTOIRE de Zaczer & de Bouladabas.
Début :
Zaczer fils de Sam Prince Persan, ayant fait une partie [...]
Mots clefs :
Zaczer, Bouladabas, Chasse, Kaboul, Prince, Amants, Princesse, Perse, Fête galante, Orient, Mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HISTOIRE de Zaczer & de Bouladabas.
HISTOIRE
de Zaczer & de
Bouladabas.
ZAczer fils de Sam
Prince Perſan , ayant fait If
une partie de chaffe , c'eſtà- dire un petit voyage de
quelques femaines , pour
chaffer dans le Kalleſtan,
qui eft la Province de Kabul aux Indes , qui confine avec la Perfe du cofé du Nord. Mecherab
Gouverneur de cette Pro-
GALANT 213
vince alla au devant du
fils de Sam pour luy faire honneur , & fut tellement charmé des belles
& grandes qualitez de ce
jeunePrince , que retournant dans fa famille il ne
pouvoit ceffer d'en parler , & fur ce recit une
de fes filles nommée Bouladabas en devint amou-,
reufe ; elle envoya quel-
-unes de fes filles
ſous prétexte de cueillir
des fleurs autour d'une
ques
214 MERCURE
fontaine où elle fceut que
Zaczer alloit fe rafraif
chir pendantla chaffe.
Zaczer ayant apperceu
ces filles , ne manqua pas
de les aborder , de s'informer qui elles eftoient.
Elles prirent occaſion de
luy dire tant de bien de
leur jeune maiſtreſſe ,
qu'il conceut dès ce jourlà beaucoup d'eftime
pour elle , & fut impatient de retourner le lendemain pour voir files
GALANT. 215
cueilleufes de fleurs ne
reviendroient point à la
fontaine : elles ne manquerent pas d'y revenir ,
& Zaczel paffa avec elles
tout le temps de la chaſſe,
& devint amoureux de
Bouladabas fur l'idée que
ces filles luy en donnerent , comme elle eftoit
devenue amoureufe de
luy fur les recits que fon
pere en faifoit tous les
jours.
Il faut remarquer que
216 MERCURE
Zaczer avoit une de ces
phifionomies qui ne plaifent pas d'abord , mais
qui fe font aimer dans la
fuite par l'efprit & par les
fentiments qui les animent; cependant les filles
de Bouladabas luy en
avoient fait un Adonis ;
& d'un autre coſté en
faifant à Zaczer le por
trait de leur maiftreffe ,
chacune d'elles y adjouſ
toit tousjours quelque
trait de beauté pour éncherir
GALANT. 217
3
cherir fur fa compagne ,
& cela formoit dans l'imagination de Zaczer
une beauté , finon plus
grande au moins toute
differente de celle de Bouladabas. Ces deux Amants furent quelque
temps fans pouvoir trouyer les moyens de ſe voir,
& ne pouvant appuyer
leur amour que fur l'idée
qu'ils s'eſtoient formée
l'un del'autre, ils auroient
juré que ce qu'ils aiOctobre. 1712. T
218 MERCURE
moient reffembloit parfaitement à l'image où
leur amour les avoit accouſtumeż. ‹ Un jour
Bouladabas ayant trouvé moyen de fe dérober
aux foins de ceux qui la
gardoient , vintà la fontaine , & y arriva quelques heures avant Zaczer. Pendant que fes filles l'entretenoient àa l'ordinaire des charmes de
celuy qu'elle alloit voir ,
elle fut long - temps ré-
GALANT. 219
veuſe , & rompit enfuite
le filence pour leur dire
qu'elle craignoit deux
chofes dans cette entre
veuë : la premiere de ne
pas paroistre auxyeux de
Zaczer digne du portrait
qu'elles luy avoient fait
d'elle; & la feconde, de ne
pas trouver Zaczer fi aimable qu'elle fe l'eftoit
imaginé : Etfi l'un de ces
deux malheurs m'arrive,
leur difoit- eller, que deviendray- je après toutes
Tij
220 MERCURE
ces avances que nous nous
fommes faites indifcretement fans nous efire veus.
Une de fes filles luy dit
qu'en effet il eftoit fouvent dangereux de prévenir trop avantageufement, & que c'eſtoit mefmeunepolitique des fem- .
mes jaloufes de profner
exceffivement les beautez qu'onannonçoit dans
le monde , afin qu'on les
trouvaſt moins belles : je
ne crains point cela pour
GALANT. 221
vous , Madame , continua - elle , moy je le
crains , interrompt Bouladabas , mais , Madame , reprit la fille qui eftoit vive &
ingenieuſe ,
faites une chofe , je nefuis
point encore venue à la
fontaine avec mes compagnes, ainfi Zaczer ne m'a
point encore veuë , je fuis
"brune comme vous , &je
puis reffembler àpeu près
en laid auportrait qu'on
luy a fait , je vais me
Tiij
222 MERCURE
parerde vospierreries , &
faire icy vofire perfonnage , cela produira plufleurs bons effets. Premierement ma vene détruira
dans fon imagination ce
phantofme de beauté qu'il
s'est fait ,
craignez la comparaifon ,
ce ne fera plus qu'à moy
dont vous
qu'il vous comparera
quand vous vous ferez
connoiftre à luy dans la
fuite , commejefuis infiniment moins belle que
. GALANT. 223
vous , &que l'idée qu'il
s'eft faite , cette premiere
furprife le difpofera à une
feconde tres- avantageuſe
pour vous.
Une autre raifon encore que cette fille réprefenta à Bouladabas , fut
que cette fuppofition lụy
donneroit lieu d'exaininer incognito & à loifir , fi
Zaczer eftoit digne de
l'idée qu'elle avoit de luy
Bouladabas accepta le
parti pour une troifiéme
Tiiij
224 MERCURE
raifon encore : j'éprouveraypar là , dit- elle , s'il
m'auroit aimée naturellement fans la prévention.
>
qu'on luy a donnée pour
moy , ma delicateſſe fe-·
roit bien plus touchée de cet
amour & s'il venoit à
t'aimerparhazardje n'en
ferois point jaloufe , cela
me prouveroit que nous
n'eftions pas deftinez l'un
pour l'autre. A peine
cette converfation fut- elle
finié , qu'on entendit de
GALANT. 225
loin le bruit de la chaffe ,
la fauffe Bouladabas eut
à peine le temps de ſe parer , que Zaczer parut
feul , percer le bois avec
impatience pour venir
joindre les filles. Elles
coururent toutes au devant de luy , & la fauſſe
Bouladabas reſta ſur un
fiege de verdure & de
fleurs , accompagnée de
la veritable , qu'on annonça à Zaczer comme
une parente de Boulada-
226 MERCURE
bas dont elle s'eftoit fait
accompagner. La fauffe
Bouladabas fe leva à l'arrivée de Zaczer , qui tout
plein de fa beauté divine
&imaginaire , accouroit
avec ardeur ; mais cette
ardeur fut bien rallentie
quand il vit une perfonne
qui n'eftoit en effet que
mediocrement belle , &
qui luy parut encore fort
au deffous de ce qu'elle
eftoit ; il refta immobile
&prefque muet, l'amour
GALANT. 227
de Bouladabas fut encore
plus refroidi que le fien ,
car Zaczer , comme nous
avons dit. ,
n'avoit pas
pour luy le premier abord ; toutes les graces
qui euffent pûanimer fon
vilage eftoient effacées
par la froideur & la furprife dont il avoit eſté
frappé : en un mot Bouladabas , bien loin de le
trouver aimable , ne fongea qu'à abbreger l'entreveue, & fit fouvenir la
228 MERCURE
fauſſe Bouladabas qu'il
falloit retourner au plus
viſte , de peur qu'on ne
s'apperceuſt au Palais de
fon Pere qu'elle en eſtoit
fortie ; on parla de ſe ſeparer , & Zaczer ne s'en
plaignit que par politeſſe.
Dansce moment les filles
de Bouladabas connurent
le tort qu'ils avoient eu
de prévenir ces Amants
trop
P'un
avantageuſement
pour l'autre ; car felon toutes les apparences
GALANT. 229
fi Zaczer avoit veu Bouladabas naturellement
d'abord en Princeſſe, leur
amour ſe fuſt peut - eſtre
efteint tout-à- fait , au
lieu que comme vous allez voir , la froideur de
cette premiere entreveuë
ne fervit qu'à rallumer
plus vivement un fond
d'amour qu'ils avoient
réellement pour le merite
l'un de l'autre.
Dans le temps que les
compliments de ſepara-
230 MERCURE
tion fe faifoient , Zaczer
qui avoit eu preſque tousjours les yeux baiffez ,
les jetta fur Bouladabas ;
& fon imagination n'eſtant plus occupée d'aucune fauffe image , la
beautéde Bouladabas s'en
empara , le premier coup
d'oeil le frappa fi vive
ment, que fa phifionomie
en fut ranimée , & Bou
ladabas qui s'apperçut
qu'elle plaifoit , commença à le trouver moins
GALANT 231 4
1
choquant , elle cuft bien
voulu refter encore , mais
Zaczer partit bruſquement,"& Bouladabas s'en
retourna avec fes filles.
La raiſon qui fit partir
Zaczer fi brufquement ,
fut une raifon de delicateffe & de conftance.
orientale , il craignit que
celle qu'il ne croyoit qu'
une parente de Bouladabas , ne luy pluſt trop ,
& ne s'eftant pas encore
apperceu qu'il l'aimoit
232 MERCURE
désja , il vouloit conferver l'amour qui luy ref
toit pour le merite de
Bouladabas , dont il ne
pouvoit douter , parce
qu'il eftoit conneu dans
toute la Perfe , & ce
>
jeune Prince qui s'eſtoit
dévoué hautement à cette Princeffe , avant que
de l'avoir veuë , voulant
fouftenir par honneur
le party qu'il avoit prit
revint le lendemain à
la fontaine , où la Princeffe
GALANT. 233
ceffe devoit revenir , il
s'imaginoit craindre d'y
retrouver fa parente
mais dans le fond du
cœur il n'y venoit que
pour elle , & il eut une
joye fecrette , lorſque
Bouladabas fous le nom
de parente parut fans
la Princeffe , qui l'avoit
chargée luy difoit- elle de:
venir luy témoigner la
douleur qu'elle avoit de
n'avoir pu s'y trouver
ce jour- là , Zaczer luy
Octobre. 1712 Y
234 MERCURE
répondit d'un air tres
content , qu'il en eftoit
fafché , & elle luy dit
que Bouladabas l'avoit
chargée de venir luy
parler d'elle le plus
long- temps qu'elle pourroit cette converfation
fut longue , & Zaczer
ne la pouvoit finir ; elle
roula toutefur la conftance , & Bouladabas le
mettoit exprés fur ce fujet , pour connoître s'il
en eftoit capable. Zac-
GALANT. 235
zer eut, tant de pouvoir,
fur luy- mefme dans cette
entreveuë , que jamais il
ne luy eſchapa aucun
mot qui luy marquaft fon
amour , au contraire , il
juroit qu'il feroit toufjours fidelle à Bouladabas , mais en jurant fidelité à celle qu'il croyoit ne
pas voir, il foupiroit pour
celle qu'il voyoit : quel
plaifir pour Bouladabas
de fe voir ainfi doublement aimée. Celjeu
L3
V ij
236 MERCURE
continua quelques jours ,
& la Princeffe ne paroiffant point , Bouladabas
pouffa l'épreuve de la conftance de Zaczer jufqu'à
luy declarer qu'elle l'aimoit ; & qu'eftant auffi
grande Princeffe que fa
parente, &beaucoup plus
riche , il auroit dû penſer
à l'époufer. Que ne ſouffrit point Zaczer dans cet
te épreuve , il alloit peut-
}
eftre fuccomber : mais
Bouladabas craignant de
"
GALANT. 237
pour tousle voir infidelle, le prévint
par un dépit & un adieu
qu'elle luy dit
jours ; & fans luy donner
le temps de luy répondre,
elle luy dit ſeulement que
Bouladabas viendroit elle- mefme le lendemain
pour le recompenfer defa
conſtance.
Zaczerrefta au mefme
endroit où on l'avoit laiffé , fans avoir la force ni
de parler ni de ſe ſouſtenir , & fe laiffa tomber
238 MERCURE
fur un gazon où il feroit
refté long-temps , fi fes
gens ne fuſſent venus le
joindre : il fe trouva mal
& on l'emporta chez luy,
où il paſſa la nuit dans un
eftat fi violent qu'il prit
le party de ne fe jamais
marier , ne voulant pas
3
donner à Bouladabas un
coeur fi rempli d'amour
pour une autre , ni épou¬
fer cette autre en manquant de fidelité à Boula
dabas min 51 38
GALANT. 239
Le lendemain , Zaczer.
feur de trouver Boulada--
bas au rendez- vous , y retourna à deffein de luy
avoüer de bonne foy les
raifon's qu'il avoit de ne
jamais voir ni elle ni fa
parente. Quel fpectacles
pourluy ! lorfque le lendomain la Princeffe parut
de loin magnifiquement
parée, avec plufieurs Maures qui la portoient ſur un
Palanquin de fleurs , entourée d'un grand nom
240 MERCURE
bre de filles tenant des
guirlandes , & de quantité de petits enfants repreſentants les Amours ;
en un mot avec tout l'appareil d'uneFeſte galante,
qui a pourbutle mariage.
Plufieurs Cavaliers parez
comme pour un Tournoy fe détacherent de la
Troupe; &le pere deBouladabas à leur tefte vint
offrir fa fille à Zaczer , qui
eftoit preſt à la refuſer &
àfuir. Lorfquevoyant de
plus
GALANT. 241
plus près la Princeffe qui
s'avançoit , il vit à ſa place celle dont il eftoit fi
amoureux. Quelle fut fa
furpriſe je croy qu'une
peinture de tout ce quife
paſſa en ce moment , ne
feroit qu'affoiblir celle
que chacun s'en peut faire. Bouladabas dit à Zaccer quefon pere avoit eſté
touché de fa conſtance ,
& avoit voulu venir la
couronner luy - meſme ,
les noces fe celebrerent
Octobre.
1712. X
242 MERCURE
peu après , & au bout
de neuf mois fortit de ce
mariage le fameux Roftam furnommé Oaſtam
le plus vaillant guerrier
que les Perfans ayent jamais eu , & qui fert encore aujourd'huy de modelle à tous les grands
hommes de l'Orient
de Zaczer & de
Bouladabas.
ZAczer fils de Sam
Prince Perſan , ayant fait If
une partie de chaffe , c'eſtà- dire un petit voyage de
quelques femaines , pour
chaffer dans le Kalleſtan,
qui eft la Province de Kabul aux Indes , qui confine avec la Perfe du cofé du Nord. Mecherab
Gouverneur de cette Pro-
GALANT 213
vince alla au devant du
fils de Sam pour luy faire honneur , & fut tellement charmé des belles
& grandes qualitez de ce
jeunePrince , que retournant dans fa famille il ne
pouvoit ceffer d'en parler , & fur ce recit une
de fes filles nommée Bouladabas en devint amou-,
reufe ; elle envoya quel-
-unes de fes filles
ſous prétexte de cueillir
des fleurs autour d'une
ques
214 MERCURE
fontaine où elle fceut que
Zaczer alloit fe rafraif
chir pendantla chaffe.
Zaczer ayant apperceu
ces filles , ne manqua pas
de les aborder , de s'informer qui elles eftoient.
Elles prirent occaſion de
luy dire tant de bien de
leur jeune maiſtreſſe ,
qu'il conceut dès ce jourlà beaucoup d'eftime
pour elle , & fut impatient de retourner le lendemain pour voir files
GALANT. 215
cueilleufes de fleurs ne
reviendroient point à la
fontaine : elles ne manquerent pas d'y revenir ,
& Zaczel paffa avec elles
tout le temps de la chaſſe,
& devint amoureux de
Bouladabas fur l'idée que
ces filles luy en donnerent , comme elle eftoit
devenue amoureufe de
luy fur les recits que fon
pere en faifoit tous les
jours.
Il faut remarquer que
216 MERCURE
Zaczer avoit une de ces
phifionomies qui ne plaifent pas d'abord , mais
qui fe font aimer dans la
fuite par l'efprit & par les
fentiments qui les animent; cependant les filles
de Bouladabas luy en
avoient fait un Adonis ;
& d'un autre coſté en
faifant à Zaczer le por
trait de leur maiftreffe ,
chacune d'elles y adjouſ
toit tousjours quelque
trait de beauté pour éncherir
GALANT. 217
3
cherir fur fa compagne ,
& cela formoit dans l'imagination de Zaczer
une beauté , finon plus
grande au moins toute
differente de celle de Bouladabas. Ces deux Amants furent quelque
temps fans pouvoir trouyer les moyens de ſe voir,
& ne pouvant appuyer
leur amour que fur l'idée
qu'ils s'eſtoient formée
l'un del'autre, ils auroient
juré que ce qu'ils aiOctobre. 1712. T
218 MERCURE
moient reffembloit parfaitement à l'image où
leur amour les avoit accouſtumeż. ‹ Un jour
Bouladabas ayant trouvé moyen de fe dérober
aux foins de ceux qui la
gardoient , vintà la fontaine , & y arriva quelques heures avant Zaczer. Pendant que fes filles l'entretenoient àa l'ordinaire des charmes de
celuy qu'elle alloit voir ,
elle fut long - temps ré-
GALANT. 219
veuſe , & rompit enfuite
le filence pour leur dire
qu'elle craignoit deux
chofes dans cette entre
veuë : la premiere de ne
pas paroistre auxyeux de
Zaczer digne du portrait
qu'elles luy avoient fait
d'elle; & la feconde, de ne
pas trouver Zaczer fi aimable qu'elle fe l'eftoit
imaginé : Etfi l'un de ces
deux malheurs m'arrive,
leur difoit- eller, que deviendray- je après toutes
Tij
220 MERCURE
ces avances que nous nous
fommes faites indifcretement fans nous efire veus.
Une de fes filles luy dit
qu'en effet il eftoit fouvent dangereux de prévenir trop avantageufement, & que c'eſtoit mefmeunepolitique des fem- .
mes jaloufes de profner
exceffivement les beautez qu'onannonçoit dans
le monde , afin qu'on les
trouvaſt moins belles : je
ne crains point cela pour
GALANT. 221
vous , Madame , continua - elle , moy je le
crains , interrompt Bouladabas , mais , Madame , reprit la fille qui eftoit vive &
ingenieuſe ,
faites une chofe , je nefuis
point encore venue à la
fontaine avec mes compagnes, ainfi Zaczer ne m'a
point encore veuë , je fuis
"brune comme vous , &je
puis reffembler àpeu près
en laid auportrait qu'on
luy a fait , je vais me
Tiij
222 MERCURE
parerde vospierreries , &
faire icy vofire perfonnage , cela produira plufleurs bons effets. Premierement ma vene détruira
dans fon imagination ce
phantofme de beauté qu'il
s'est fait ,
craignez la comparaifon ,
ce ne fera plus qu'à moy
dont vous
qu'il vous comparera
quand vous vous ferez
connoiftre à luy dans la
fuite , commejefuis infiniment moins belle que
. GALANT. 223
vous , &que l'idée qu'il
s'eft faite , cette premiere
furprife le difpofera à une
feconde tres- avantageuſe
pour vous.
Une autre raifon encore que cette fille réprefenta à Bouladabas , fut
que cette fuppofition lụy
donneroit lieu d'exaininer incognito & à loifir , fi
Zaczer eftoit digne de
l'idée qu'elle avoit de luy
Bouladabas accepta le
parti pour une troifiéme
Tiiij
224 MERCURE
raifon encore : j'éprouveraypar là , dit- elle , s'il
m'auroit aimée naturellement fans la prévention.
>
qu'on luy a donnée pour
moy , ma delicateſſe fe-·
roit bien plus touchée de cet
amour & s'il venoit à
t'aimerparhazardje n'en
ferois point jaloufe , cela
me prouveroit que nous
n'eftions pas deftinez l'un
pour l'autre. A peine
cette converfation fut- elle
finié , qu'on entendit de
GALANT. 225
loin le bruit de la chaffe ,
la fauffe Bouladabas eut
à peine le temps de ſe parer , que Zaczer parut
feul , percer le bois avec
impatience pour venir
joindre les filles. Elles
coururent toutes au devant de luy , & la fauſſe
Bouladabas reſta ſur un
fiege de verdure & de
fleurs , accompagnée de
la veritable , qu'on annonça à Zaczer comme
une parente de Boulada-
226 MERCURE
bas dont elle s'eftoit fait
accompagner. La fauffe
Bouladabas fe leva à l'arrivée de Zaczer , qui tout
plein de fa beauté divine
&imaginaire , accouroit
avec ardeur ; mais cette
ardeur fut bien rallentie
quand il vit une perfonne
qui n'eftoit en effet que
mediocrement belle , &
qui luy parut encore fort
au deffous de ce qu'elle
eftoit ; il refta immobile
&prefque muet, l'amour
GALANT. 227
de Bouladabas fut encore
plus refroidi que le fien ,
car Zaczer , comme nous
avons dit. ,
n'avoit pas
pour luy le premier abord ; toutes les graces
qui euffent pûanimer fon
vilage eftoient effacées
par la froideur & la furprife dont il avoit eſté
frappé : en un mot Bouladabas , bien loin de le
trouver aimable , ne fongea qu'à abbreger l'entreveue, & fit fouvenir la
228 MERCURE
fauſſe Bouladabas qu'il
falloit retourner au plus
viſte , de peur qu'on ne
s'apperceuſt au Palais de
fon Pere qu'elle en eſtoit
fortie ; on parla de ſe ſeparer , & Zaczer ne s'en
plaignit que par politeſſe.
Dansce moment les filles
de Bouladabas connurent
le tort qu'ils avoient eu
de prévenir ces Amants
trop
P'un
avantageuſement
pour l'autre ; car felon toutes les apparences
GALANT. 229
fi Zaczer avoit veu Bouladabas naturellement
d'abord en Princeſſe, leur
amour ſe fuſt peut - eſtre
efteint tout-à- fait , au
lieu que comme vous allez voir , la froideur de
cette premiere entreveuë
ne fervit qu'à rallumer
plus vivement un fond
d'amour qu'ils avoient
réellement pour le merite
l'un de l'autre.
Dans le temps que les
compliments de ſepara-
230 MERCURE
tion fe faifoient , Zaczer
qui avoit eu preſque tousjours les yeux baiffez ,
les jetta fur Bouladabas ;
& fon imagination n'eſtant plus occupée d'aucune fauffe image , la
beautéde Bouladabas s'en
empara , le premier coup
d'oeil le frappa fi vive
ment, que fa phifionomie
en fut ranimée , & Bou
ladabas qui s'apperçut
qu'elle plaifoit , commença à le trouver moins
GALANT 231 4
1
choquant , elle cuft bien
voulu refter encore , mais
Zaczer partit bruſquement,"& Bouladabas s'en
retourna avec fes filles.
La raiſon qui fit partir
Zaczer fi brufquement ,
fut une raifon de delicateffe & de conftance.
orientale , il craignit que
celle qu'il ne croyoit qu'
une parente de Bouladabas , ne luy pluſt trop ,
& ne s'eftant pas encore
apperceu qu'il l'aimoit
232 MERCURE
désja , il vouloit conferver l'amour qui luy ref
toit pour le merite de
Bouladabas , dont il ne
pouvoit douter , parce
qu'il eftoit conneu dans
toute la Perfe , & ce
>
jeune Prince qui s'eſtoit
dévoué hautement à cette Princeffe , avant que
de l'avoir veuë , voulant
fouftenir par honneur
le party qu'il avoit prit
revint le lendemain à
la fontaine , où la Princeffe
GALANT. 233
ceffe devoit revenir , il
s'imaginoit craindre d'y
retrouver fa parente
mais dans le fond du
cœur il n'y venoit que
pour elle , & il eut une
joye fecrette , lorſque
Bouladabas fous le nom
de parente parut fans
la Princeffe , qui l'avoit
chargée luy difoit- elle de:
venir luy témoigner la
douleur qu'elle avoit de
n'avoir pu s'y trouver
ce jour- là , Zaczer luy
Octobre. 1712 Y
234 MERCURE
répondit d'un air tres
content , qu'il en eftoit
fafché , & elle luy dit
que Bouladabas l'avoit
chargée de venir luy
parler d'elle le plus
long- temps qu'elle pourroit cette converfation
fut longue , & Zaczer
ne la pouvoit finir ; elle
roula toutefur la conftance , & Bouladabas le
mettoit exprés fur ce fujet , pour connoître s'il
en eftoit capable. Zac-
GALANT. 235
zer eut, tant de pouvoir,
fur luy- mefme dans cette
entreveuë , que jamais il
ne luy eſchapa aucun
mot qui luy marquaft fon
amour , au contraire , il
juroit qu'il feroit toufjours fidelle à Bouladabas , mais en jurant fidelité à celle qu'il croyoit ne
pas voir, il foupiroit pour
celle qu'il voyoit : quel
plaifir pour Bouladabas
de fe voir ainfi doublement aimée. Celjeu
L3
V ij
236 MERCURE
continua quelques jours ,
& la Princeffe ne paroiffant point , Bouladabas
pouffa l'épreuve de la conftance de Zaczer jufqu'à
luy declarer qu'elle l'aimoit ; & qu'eftant auffi
grande Princeffe que fa
parente, &beaucoup plus
riche , il auroit dû penſer
à l'époufer. Que ne ſouffrit point Zaczer dans cet
te épreuve , il alloit peut-
}
eftre fuccomber : mais
Bouladabas craignant de
"
GALANT. 237
pour tousle voir infidelle, le prévint
par un dépit & un adieu
qu'elle luy dit
jours ; & fans luy donner
le temps de luy répondre,
elle luy dit ſeulement que
Bouladabas viendroit elle- mefme le lendemain
pour le recompenfer defa
conſtance.
Zaczerrefta au mefme
endroit où on l'avoit laiffé , fans avoir la force ni
de parler ni de ſe ſouſtenir , & fe laiffa tomber
238 MERCURE
fur un gazon où il feroit
refté long-temps , fi fes
gens ne fuſſent venus le
joindre : il fe trouva mal
& on l'emporta chez luy,
où il paſſa la nuit dans un
eftat fi violent qu'il prit
le party de ne fe jamais
marier , ne voulant pas
3
donner à Bouladabas un
coeur fi rempli d'amour
pour une autre , ni épou¬
fer cette autre en manquant de fidelité à Boula
dabas min 51 38
GALANT. 239
Le lendemain , Zaczer.
feur de trouver Boulada--
bas au rendez- vous , y retourna à deffein de luy
avoüer de bonne foy les
raifon's qu'il avoit de ne
jamais voir ni elle ni fa
parente. Quel fpectacles
pourluy ! lorfque le lendomain la Princeffe parut
de loin magnifiquement
parée, avec plufieurs Maures qui la portoient ſur un
Palanquin de fleurs , entourée d'un grand nom
240 MERCURE
bre de filles tenant des
guirlandes , & de quantité de petits enfants repreſentants les Amours ;
en un mot avec tout l'appareil d'uneFeſte galante,
qui a pourbutle mariage.
Plufieurs Cavaliers parez
comme pour un Tournoy fe détacherent de la
Troupe; &le pere deBouladabas à leur tefte vint
offrir fa fille à Zaczer , qui
eftoit preſt à la refuſer &
àfuir. Lorfquevoyant de
plus
GALANT. 241
plus près la Princeffe qui
s'avançoit , il vit à ſa place celle dont il eftoit fi
amoureux. Quelle fut fa
furpriſe je croy qu'une
peinture de tout ce quife
paſſa en ce moment , ne
feroit qu'affoiblir celle
que chacun s'en peut faire. Bouladabas dit à Zaccer quefon pere avoit eſté
touché de fa conſtance ,
& avoit voulu venir la
couronner luy - meſme ,
les noces fe celebrerent
Octobre.
1712. X
242 MERCURE
peu après , & au bout
de neuf mois fortit de ce
mariage le fameux Roftam furnommé Oaſtam
le plus vaillant guerrier
que les Perfans ayent jamais eu , & qui fert encore aujourd'huy de modelle à tous les grands
hommes de l'Orient
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Résumé : HISTOIRE de Zaczer & de Bouladabas.
L'histoire narre les amours entre Zaccher, fils du prince persan Sam, et Bouladabas, fille du gouverneur Mecherab du Kallestan. Zaccher, de retour d'une chasse, est captivé par les qualités de Bouladabas, dont il entend parler par son gouverneur. Les servantes de Bouladabas, envoyées cueillir des fleurs, rencontrent Zaccher et lui vantent les mérites de leur maîtresse, éveillant ainsi son intérêt. Les deux amants, sans se connaître, développent une passion basée sur des descriptions idéalisées. Bouladabas, craignant de ne pas correspondre à l'image que Zaccher s'est faite d'elle, envoie une de ses servantes se faire passer pour elle lors de leur première rencontre. Cette ruse échoue, car Zaccher est déçu par la fausse Bouladabas. Cependant, lors d'une seconde rencontre, Zaccher découvre la véritable Bouladabas et en tombe amoureux. Bouladabas, de son côté, apprécie Zaccher après avoir observé sa constance. Leur amour est mis à l'épreuve par des séparations et des malentendus. Malgré ces obstacles, ils finissent par se marier. Leur union donne naissance à Rostam, un célèbre guerrier persan.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6171
p. 209
« MM. les Amateurs de Musique tenants Concert dans l'Hôtel-de-Ville de Troyes, [...] »
Début :
MM. les Amateurs de Musique tenants Concert dans l'Hôtel-de-Ville de Troyes, [...]
Mots clefs :
Musique, Concert, Académie, Violon, Concerto, Symphonie, Harmonie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « MM. les Amateurs de Musique tenants Concert dans l'Hôtel-de-Ville de Troyes, [...] »
MM. les Amateurs de Muſique tenants Concert
dans l'Hôtel-de-ville de Troyes, viennent d'ob
tenir un†excluſif. Ce qui leur procure la
ſatisfaction de former une Académie capable de
donner de l'émulation à toures les Perſonnes de
goût. On en a fait l'ouverture le 25 du mois de .
Mars. Le ſieur Bryon Ancien Premier Violon de
l'Académie de Grenoble y a joué un Concerto de
ſa compoſition, ſon goût & ſon exécution lui ont
mérité l'applaudiſſement des Connoiſſeurs. -
· On y a exécuté le Pſeaume Benedictus qui docet,
Motet à grand Choeur & Symphonie de la com
poſition du ſieur de Rouſſy Ancien Maître de Mu
ſique de l'Egliſe de Troyes. La tournure de ſon
chant, les traits d'harmonie bien amenés, l'ar
rangement des choeurs , lui ont mérité l'éloge
des Connoiſſeurs.
dans l'Hôtel-de-ville de Troyes, viennent d'ob
tenir un†excluſif. Ce qui leur procure la
ſatisfaction de former une Académie capable de
donner de l'émulation à toures les Perſonnes de
goût. On en a fait l'ouverture le 25 du mois de .
Mars. Le ſieur Bryon Ancien Premier Violon de
l'Académie de Grenoble y a joué un Concerto de
ſa compoſition, ſon goût & ſon exécution lui ont
mérité l'applaudiſſement des Connoiſſeurs. -
· On y a exécuté le Pſeaume Benedictus qui docet,
Motet à grand Choeur & Symphonie de la com
poſition du ſieur de Rouſſy Ancien Maître de Mu
ſique de l'Egliſe de Troyes. La tournure de ſon
chant, les traits d'harmonie bien amenés, l'ar
rangement des choeurs , lui ont mérité l'éloge
des Connoiſſeurs.
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Résumé : « MM. les Amateurs de Musique tenants Concert dans l'Hôtel-de-Ville de Troyes, [...] »
Les Amateurs de Musique de Troyes ont créé une Académie musicale le 25 mars. Le sieur Bryon a interprété un concerto acclamé. Le sieur de Roussy a présenté un motet salué pour son chant et son harmonie. Les deux œuvres ont été appréciées par les connaisseurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6172
p. 146
Response par le Chevalier de ....
Début :
Ma foy je la quitte du retour, car je ne sçaurois [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Response par le Chevalier de ....
Response par le Chevalier
de
Ma foy je la quitte du
retour, car je ne sçaurois
tant faire.
de
Ma foy je la quitte du
retour, car je ne sçaurois
tant faire.
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6173
p. 186
« Il paroist depuis peu un Livre intitulé l'Iliade, Poëme, [...] »
Début :
Il paroist depuis peu un Livre intitulé l'Iliade, Poëme, [...]
Mots clefs :
Iliade
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il paroist depuis peu un Livre intitulé l'Iliade, Poëme, [...] »
Livre intitulé l'Iliade, Poëme
, avec un Discours sur
Homere, par Mrde la Motte,
de l'Academie Françoise, qui
se vend chez Gregoire Dupuis,
rue S. Jacques à la
Fontaine d'or.
, avec un Discours sur
Homere, par Mrde la Motte,
de l'Academie Françoise, qui
se vend chez Gregoire Dupuis,
rue S. Jacques à la
Fontaine d'or.
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6175
p. 70
These nouvelle.
Début :
Je soûtiens qu'il vaut mieux aimer une laide Femme [...]
Mots clefs :
Femme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : These nouvelle.
These nouvelle.
Jesoûtiens qu'il vaut
mieux aimer une laide
Femme qu'une belle.
Jesoûtiens qu'il vaut
mieux aimer une laide
Femme qu'une belle.
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6176
p. 209
DE NAPLES le 6 Avril.
Début :
L'éruption du Vésuve, qui avoit été interrompue, a recommencé ces [...]
Mots clefs :
Éruption, Vésuve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE NAPLES le 6 Avril.
DE
NAPLES
le
6 Avril
.
L'éruption du Veluve , qui avoit été interrom-
pue , a recommencé ces jours derniers avec un
fracas extraordinaire.
NAPLES
le
6 Avril
.
L'éruption du Veluve , qui avoit été interrom-
pue , a recommencé ces jours derniers avec un
fracas extraordinaire.
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6177
p. 70
Conseil.
Début :
Que conseilleriez-vous à un Avare qui aimeroit la bonne [...]
Mots clefs :
Avare, Vin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conseil.
ConseiL
Que conseilleriez-vous
àun Avare qui aimeroit
la bonne compagnie,
la bonne chère,
le bon vin , &C qui
auroit samaison pour
prison.
Que conseilleriez-vous
àun Avare qui aimeroit
la bonne compagnie,
la bonne chère,
le bon vin , &C qui
auroit samaison pour
prison.
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6178
p. 209
De Rome le 14 Avril.
Début :
Le 9, le Saint Pere tint le Consistoire secret. Le Cardinal Colonna di Sciarra [...]
Mots clefs :
Pape, Consistoire, Cardinal, Évêché, Abbé
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texteReconnaissance textuelle : De Rome le 14 Avril.
DE ROME le 14 Avril.
Le 9 , le Saint Pere tint le Confiftoire fecret.
Le Cardinal Colonna di Sciarra propofa l'Evêché
de Meaux pour le fieur de la Marthonie de Cauf
fade , Evêque de Poitiers , l'Evêché de Poitiers
pour l'Abbé de Beaupoil de S. Aulaire , l'Evêché
d'Agde pour l'Abbé de S. Simon , & l'Evêché de
Rennes pour l'Abbé de Beaumont de Junies.
Le 9 , le Saint Pere tint le Confiftoire fecret.
Le Cardinal Colonna di Sciarra propofa l'Evêché
de Meaux pour le fieur de la Marthonie de Cauf
fade , Evêque de Poitiers , l'Evêché de Poitiers
pour l'Abbé de Beaupoil de S. Aulaire , l'Evêché
d'Agde pour l'Abbé de S. Simon , & l'Evêché de
Rennes pour l'Abbé de Beaumont de Junies.
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6179
p. 205-206
AIR NOUVEAU.
Début :
Je ne vous préviendray point sur l'Air nouveau que je / L'Amour, le seul amour est cause [...]
Mots clefs :
Amour, Troupeau, Bergère
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texteReconnaissance textuelle : AIR NOUVEAU.
Je ne vous préviendray
point fur l'Air nouveau que
je vous envoye. Vous en jugerez
, je vous le laiffe chanter.
AIR NOUVEAU.
' Amour , le feul amour eft
Lacauſe
Que je neglige mon Troupeau ;
Mais comme il eft le moindre du Hameau
On dira
que c'est peu de choſe.
206 MERCURE
Ah ! quandj'aurois tous les Montons
Des Bergers de nos Cantons,
Fe les negligerois encore
Pour la Bergere que j'adore.
point fur l'Air nouveau que
je vous envoye. Vous en jugerez
, je vous le laiffe chanter.
AIR NOUVEAU.
' Amour , le feul amour eft
Lacauſe
Que je neglige mon Troupeau ;
Mais comme il eft le moindre du Hameau
On dira
que c'est peu de choſe.
206 MERCURE
Ah ! quandj'aurois tous les Montons
Des Bergers de nos Cantons,
Fe les negligerois encore
Pour la Bergere que j'adore.
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6180
p. 201-202
CONCERT SPIRITUEL.
Début :
Le Concert spirituel qui fut exécuté le 9 Décembre, jour de la Conception de la Vierge [...]
Mots clefs :
Concert spirituel, Académie royale de musique, Choeur
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texteReconnaissance textuelle : CONCERT SPIRITUEL.
CONCERT SPIRITUEL.
១
E Concert fpirituel qui fut exécuté le 9 Décembre
, jour de la Conception de la Vierge
, commença par une fymphonie à cor- dechaffe
; elle fut fuivie d'Exaltabo te , PL. 144.
motet à grand choeur de la Lande . Mlle Cohender
y chanta le récit Miferator. M. l'Abbé Renaud
baffe- taille de Notre-Dame , chanta Diligam te ,,
petit motet de la compofition de M. Goulet ,
Maître de mufique de Notre-Dame. M. Canavas
joua un concerto de violon . Mme Tedeſchini chan-
"'
202 MERCURE DE FRANCE.
ta un air Italien , enſuite un duo Italien avec M.
Ranieri . Le concert finit par Deus venerunt gentes
, motet à grand - choeur de M. Fanton . Mile Fel
chanta les récits Ne memineris , Nos autem , &
l'ariette In generationem , avec le dernier choeur.
Le Concert du 24 Décembre , veille de Noël ,.
commença par une fymphonie de M. Caraffe le
jeune , ordinaire de la mufique de la Chambre du
Roi. Enfuite Judica , Domine , nocentes me , moter
nouveau à grand choeur de M. Fanton . Mlle Duperey
chanta le Venite exultemus , petit motet de
M. Mouret. M. Soret le fils joua un concerto de la
compofition de M. Guignon . Mme Tedeſchini
chanta des airs Italiens . MM . Salantin& Bureau
Labbé le fils & Perrier , exécuterent une fuite d'airs
arrangés par M. Labbé le fils , à deux hautbois
une viole d'amour & une quinte. Le Concert finit
par Fugit nox , motet à grand choeur mêlé de
Noëls , de M. Boimortier , dans lequel M. Daquin
, Organiſte du Roi , joua ſeul . Mile Fel
chanta l'ariette Surgite Paftores & le récit Vocabitur
nomen ejus.
Le Concert du jour de Noël commença par
une fymphonie de M. Labbé le fils , ordinaire de
l'Académie royale de mufique. Enfuite Fugit nox ,
motet à grand choeur , mêlé de Noëls de M. Boimortier
, dans lequel M. Daquin , Organiſte du
Roi , joua feul . Mlle Fel chanta l'ariette Surgite
Paftores , & le récit Vocabitur nomen ejus. MM.
Salantin & Bureau , Labbé le fils & Perrier executerent
une fuite d'airs arrangés par M. Labbé
le fils . Mlle Fel chanta Laudate pueri Dominum ,
petit motet de M. Fioco. Mr Canavas joua un
concerto de violon. Le Concert finit par Deus
venerunt gentes , motet à grand choeur de M.
Fanton. Mlle Fel chanta le récit Ne memineris , le
récit Nos autem , & l'ariette In generationem
avec le dernier 'cho ur.
១
E Concert fpirituel qui fut exécuté le 9 Décembre
, jour de la Conception de la Vierge
, commença par une fymphonie à cor- dechaffe
; elle fut fuivie d'Exaltabo te , PL. 144.
motet à grand choeur de la Lande . Mlle Cohender
y chanta le récit Miferator. M. l'Abbé Renaud
baffe- taille de Notre-Dame , chanta Diligam te ,,
petit motet de la compofition de M. Goulet ,
Maître de mufique de Notre-Dame. M. Canavas
joua un concerto de violon . Mme Tedeſchini chan-
"'
202 MERCURE DE FRANCE.
ta un air Italien , enſuite un duo Italien avec M.
Ranieri . Le concert finit par Deus venerunt gentes
, motet à grand - choeur de M. Fanton . Mile Fel
chanta les récits Ne memineris , Nos autem , &
l'ariette In generationem , avec le dernier choeur.
Le Concert du 24 Décembre , veille de Noël ,.
commença par une fymphonie de M. Caraffe le
jeune , ordinaire de la mufique de la Chambre du
Roi. Enfuite Judica , Domine , nocentes me , moter
nouveau à grand choeur de M. Fanton . Mlle Duperey
chanta le Venite exultemus , petit motet de
M. Mouret. M. Soret le fils joua un concerto de la
compofition de M. Guignon . Mme Tedeſchini
chanta des airs Italiens . MM . Salantin& Bureau
Labbé le fils & Perrier , exécuterent une fuite d'airs
arrangés par M. Labbé le fils , à deux hautbois
une viole d'amour & une quinte. Le Concert finit
par Fugit nox , motet à grand choeur mêlé de
Noëls , de M. Boimortier , dans lequel M. Daquin
, Organiſte du Roi , joua ſeul . Mile Fel
chanta l'ariette Surgite Paftores & le récit Vocabitur
nomen ejus.
Le Concert du jour de Noël commença par
une fymphonie de M. Labbé le fils , ordinaire de
l'Académie royale de mufique. Enfuite Fugit nox ,
motet à grand choeur , mêlé de Noëls de M. Boimortier
, dans lequel M. Daquin , Organiſte du
Roi , joua feul . Mlle Fel chanta l'ariette Surgite
Paftores , & le récit Vocabitur nomen ejus. MM.
Salantin & Bureau , Labbé le fils & Perrier executerent
une fuite d'airs arrangés par M. Labbé
le fils . Mlle Fel chanta Laudate pueri Dominum ,
petit motet de M. Fioco. Mr Canavas joua un
concerto de violon. Le Concert finit par Deus
venerunt gentes , motet à grand choeur de M.
Fanton. Mlle Fel chanta le récit Ne memineris , le
récit Nos autem , & l'ariette In generationem
avec le dernier 'cho ur.
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Résumé : CONCERT SPIRITUEL.
Le texte relate trois concerts spirituels organisés les 9 et 24 décembre, ainsi que le jour de Noël. Le premier concert, le 9 décembre, débuta par une symphonie suivie du motet 'Exaltabo te' de la Lande. Mlle Cohender chanta 'Miserator', et l'Abbé Renaud interpréta 'Diligam te' de Goulet. M. Canavas joua un concerto de violon, et Mme Tedeschini chanta des airs italiens, accompagnée de M. Ranieri pour un duo. Le concert se termina par 'Deus venerunt gentes' de M. Fanton, avec Mlle Fel chantant plusieurs récits et ariettes. Le concert du 24 décembre commença par une symphonie de M. Caraffe le jeune, suivie du motet 'Judica, Domine' de M. Fanton. Mlle Duperey chanta 'Venite exultemus' de M. Mouret, et M. Soret joua un concerto de M. Guignon. Mme Tedeschini interpréta des airs italiens, et plusieurs musiciens exécutèrent une suite d'airs arrangés par M. Labbé le fils. Le concert se conclut par 'Fugit nox' de M. Boimortier, avec M. Daquin à l'orgue, et Mlle Fel chantant plusieurs pièces. Le concert du jour de Noël débuta par une symphonie de M. Labbé le fils, suivie de 'Fugit nox' de M. Boimortier, avec M. Daquin à l'orgue. Mlle Fel chanta plusieurs pièces, et MM. Salantin, Bureau, Labbé le fils et Perrier exécutèrent une suite d'airs. Mlle Fel interpréta également 'Laudate pueri Dominum' de M. Fioco, et M. Canavas joua un concerto de violon. Le concert se termina par 'Deus venerunt gentes' de M. Fanton, avec Mlle Fel chantant plusieurs récits et ariettes.
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6181
p. 207-208
REPONSE.
Début :
Les quatre questions de l'intérêt public sont étrangeres au plan [...]
Mots clefs :
Loterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPONSE.
REPONSE.
Les quatre queftions de l'intérêt public font
étrangeres au plan de la lotterie , & par conféquent
aux remarques qu'on y a faites. "Le plan &
les remarques dépendent de différentes combinaifons
pures & fimples , & les remarques étoient les
mêmes pour Bruxelles que pour Paris , au lieu
que les réponſes que l'intérêt public demande ,
dépendent de la connoiffance actuelle du change.
qui varie felon les tems & les lieux ; c'eft une
affaire de banque & de change ; ainfi , après les
tirages ceux qui auront des lots à retirer
s'adrefferont à quelque Banquier , Maîtres ou
Agens de change , qui leur diront ce qui leur
revient. Quant à ce que les billets de cette lotterie
fe font vendus 26 , 27 & 28 livres , cela peut
venir , ou du ridicule empreffement avec lequel
on y couroit , ou du peu de fidélité de la part de
ceux qui les livroient , & de ce qu'on ne fçavoir
pas quel étoit le rapport entre les monnoies.
L'auteur des remarques n'a eu & n'a dû avoir
en vue que de faire voir qu'on dupoit le public
>
208 MERCURE DE FRANCE .
& ce qui doit fûrement le fâcher , c'eſt de n'avoir
pas vú le plan de la lotterie deux mois plutôt
, il y auroit eu fans doute bien moins de
billets diftribués dans Paris . Mais fi ces remarques
n'ont pas eu dans cette occaſion tout l'effet
qu'elles auroient vraisemblablement eu fi on les
avoit connues plutôt , il faut efperer qu'elles mettront
en garde contre celles qu'on pourroit nous
envoyer l'avenir.
Les quatre queftions de l'intérêt public font
étrangeres au plan de la lotterie , & par conféquent
aux remarques qu'on y a faites. "Le plan &
les remarques dépendent de différentes combinaifons
pures & fimples , & les remarques étoient les
mêmes pour Bruxelles que pour Paris , au lieu
que les réponſes que l'intérêt public demande ,
dépendent de la connoiffance actuelle du change.
qui varie felon les tems & les lieux ; c'eft une
affaire de banque & de change ; ainfi , après les
tirages ceux qui auront des lots à retirer
s'adrefferont à quelque Banquier , Maîtres ou
Agens de change , qui leur diront ce qui leur
revient. Quant à ce que les billets de cette lotterie
fe font vendus 26 , 27 & 28 livres , cela peut
venir , ou du ridicule empreffement avec lequel
on y couroit , ou du peu de fidélité de la part de
ceux qui les livroient , & de ce qu'on ne fçavoir
pas quel étoit le rapport entre les monnoies.
L'auteur des remarques n'a eu & n'a dû avoir
en vue que de faire voir qu'on dupoit le public
>
208 MERCURE DE FRANCE .
& ce qui doit fûrement le fâcher , c'eſt de n'avoir
pas vú le plan de la lotterie deux mois plutôt
, il y auroit eu fans doute bien moins de
billets diftribués dans Paris . Mais fi ces remarques
n'ont pas eu dans cette occaſion tout l'effet
qu'elles auroient vraisemblablement eu fi on les
avoit connues plutôt , il faut efperer qu'elles mettront
en garde contre celles qu'on pourroit nous
envoyer l'avenir.
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Résumé : REPONSE.
Le texte aborde les questions liées à une lotterie et aux remarques associées. Il différencie les remarques basées sur des combinaisons mathématiques des questions d'intérêt public, qui dépendent du taux de change actuel et varient selon les lieux et les époques. Ces dernières sont considérées comme des affaires de banque et de change. Après les tirages, les gagnants doivent consulter des banquiers ou agents de change pour connaître la valeur de leurs lots. Le prix de vente des billets, fixé à 26, 27 et 28 livres, pourrait résulter d'un engouement excessif, d'une mauvaise gestion des vendeurs ou d'une méconnaissance des rapports entre les monnaies. L'auteur des remarques visait à révéler la tromperie du public et regrette de n'avoir pas pu publier son plan plus tôt pour limiter la distribution des billets. Bien que les remarques n'aient pas eu l'impact escompté cette fois-ci, elles servent de mise en garde pour l'avenir.
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6182
p. 209-210
« Le sieur TORRÉ, Italien, Physicien dont les talens ont mérité l'attention des Ministres qui [...] »
Début :
Le sieur TORRÉ, Italien, Physicien dont les talens ont mérité l'attention des Ministres qui [...]
Mots clefs :
Italien, Expériences physiques , Microscope, Machines électriques
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texteReconnaissance textuelle : « Le sieur TORRÉ, Italien, Physicien dont les talens ont mérité l'attention des Ministres qui [...] »
Paris , le 31 Janvier 1763.
GUERIN.
Le fieur TORRE , Italien , Phyficien dont les
talens ont mérité l'attention des Miniftres qui
ront employé pour le Service du Roi , avertit le
Public qu'il démontre les plus belles Expériences
Phyfiques , ce qu'il y a de plus curieux dans l'Electricité
, les plus rares Phénomènes du Microf
210 MERCURE DE FRANCE .
cope , les plus belles Expériences du Vuide , &
une infinité d'autres dont il retranche le détail
il prend liv . par perfonne.
Il vend toutes fortes d'inftrumens de Phyfique
ou qu'il compofe ou qu'il fait fait venir d'Angleterre
, comme Microſcopes fimples & folaires
& Machines Electriques d'une nouvelle conftruction
, Télescopes de toutes grandeurs , doubles
Pompes Pneumatiques avec tout ce qui en dépend
, toutes fortes de lunettes d'approche , celles
de l'invention du fieur Dolon à double objectif
ou à 7 verres toutes de Barométres &
Thermometres, & montre l'ufage aux Acheteurs .
Il demeure dans la premiere Cour des Quinze-
Vings à droite au premier Etage.
GUERIN.
Le fieur TORRE , Italien , Phyficien dont les
talens ont mérité l'attention des Miniftres qui
ront employé pour le Service du Roi , avertit le
Public qu'il démontre les plus belles Expériences
Phyfiques , ce qu'il y a de plus curieux dans l'Electricité
, les plus rares Phénomènes du Microf
210 MERCURE DE FRANCE .
cope , les plus belles Expériences du Vuide , &
une infinité d'autres dont il retranche le détail
il prend liv . par perfonne.
Il vend toutes fortes d'inftrumens de Phyfique
ou qu'il compofe ou qu'il fait fait venir d'Angleterre
, comme Microſcopes fimples & folaires
& Machines Electriques d'une nouvelle conftruction
, Télescopes de toutes grandeurs , doubles
Pompes Pneumatiques avec tout ce qui en dépend
, toutes fortes de lunettes d'approche , celles
de l'invention du fieur Dolon à double objectif
ou à 7 verres toutes de Barométres &
Thermometres, & montre l'ufage aux Acheteurs .
Il demeure dans la premiere Cour des Quinze-
Vings à droite au premier Etage.
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Résumé : « Le sieur TORRÉ, Italien, Physicien dont les talens ont mérité l'attention des Ministres qui [...] »
Le 31 janvier 1763, Guérin publie à Paris une annonce concernant le sieur Torre, un physicien italien reconnu par les ministres et employé au service du roi. Torre présente diverses expériences physiques, notamment en électricité, les phénomènes rares observés au microscope et les expériences sur le vide. Il propose également la vente d'instruments de physique, qu'il fabrique lui-même ou importe d'Angleterre. Ces instruments incluent des microscopes simples et solaires, des machines électriques de nouvelle construction, des télescopes de différentes tailles, des pompes pneumatiques avec leurs accessoires, des lunettes d'approche, des baromètres et des thermomètres. Torre montre l'usage de ces instruments aux acheteurs. Il réside dans la première cour des Quinze-Vings, à droite, au premier étage.
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6183
p. 146-147
Reponse par la plus spirituelle & la plus laide fille du Faux-bourg S. Germain.
Début :
Est-on l'unique amant [...]
Mots clefs :
Femme, Laide, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Reponse par la plus spirituelle & la plus laide fille du Faux-bourg S. Germain.
Reponse par la plus spirituelle
cm laplus laidefille du
Faux-bourg S. Germain,
Est-onl'unique amant
D'unefemme si belle
Elle en merite tant
Qjf'uncefttrop peu pour elle.
La laide craint toujours de
perdre son amant - Et qui craint inconstance diJ
me plus constamment.
Femme trop belle est arrogante
La laide est douce & complaifante;
-', :
Enfin l'amour propre me dit
Qu'une laide est plus amusante
A meilleur , coeur, & plus
d'esprit.
cm laplus laidefille du
Faux-bourg S. Germain,
Est-onl'unique amant
D'unefemme si belle
Elle en merite tant
Qjf'uncefttrop peu pour elle.
La laide craint toujours de
perdre son amant - Et qui craint inconstance diJ
me plus constamment.
Femme trop belle est arrogante
La laide est douce & complaifante;
-', :
Enfin l'amour propre me dit
Qu'une laide est plus amusante
A meilleur , coeur, & plus
d'esprit.
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6184
p. 209-210
« Le sieur Laigle Marchand rue Carmes à Rouen, avertit Messieurs les Auteurs [...] »
Début :
Le sieur Laigle Marchand rue Carmes à Rouen, avertit Messieurs les Auteurs [...]
Mots clefs :
Marchand, Auteurs de musique, Magasin, Ouvrage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Laigle Marchand rue Carmes à Rouen, avertit Messieurs les Auteurs [...] »
Le ſieur Laigle Marchand rue des Carmes à
Rouen, avertit Meſſieurs les Auteurs de Muſique,
que depuis vingt années il fait ſeul ce commerce
dans ladite, Ville & que pour rendre ſon Ma
gaſin plus complet & plus général, & leur pro
curer par-la un plus grand débit de leurs Ou- .
vrages, il recevra pour leur compte celle qu'ils
voudront lui envoyer , ils auront la bonté de
s'adreſſer à Paris à M. Bordet Maître de Flute
Traverſiere, rue S. Denis, preſque vis-à-vis le
paſſage de l'ancien Grand-Cerf, la porte Cochere
-
2 I o M E R C U R E DE F RAN C E.
à côté d'un † à qui l'on adreſſera les Let
tTeS Ou paquets trancs de ports.
Rouen, avertit Meſſieurs les Auteurs de Muſique,
que depuis vingt années il fait ſeul ce commerce
dans ladite, Ville & que pour rendre ſon Ma
gaſin plus complet & plus général, & leur pro
curer par-la un plus grand débit de leurs Ou- .
vrages, il recevra pour leur compte celle qu'ils
voudront lui envoyer , ils auront la bonté de
s'adreſſer à Paris à M. Bordet Maître de Flute
Traverſiere, rue S. Denis, preſque vis-à-vis le
paſſage de l'ancien Grand-Cerf, la porte Cochere
-
2 I o M E R C U R E DE F RAN C E.
à côté d'un † à qui l'on adreſſera les Let
tTeS Ou paquets trancs de ports.
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Résumé : « Le sieur Laigle Marchand rue Carmes à Rouen, avertit Messieurs les Auteurs [...] »
Le sieur Laigle, résidant à Rouen, est le seul commerçant de musique depuis vingt ans. Il propose aux auteurs de musique de lui envoyer leurs œuvres pour enrichir son magasin. Les auteurs doivent contacter M. Bordet, maître de flûte, à Paris, rue Saint-Denis, pour envoyer leurs lettres ou paquets, frais de port inclus.
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6186
p. 635
TABLE.
Début :
PIECES FUGITIVES, Desespoir Amoureux, Cantate 525 [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE .
IECES FUGITIVES , Defefpoir Amoureux ,
Cantate ,
525
Lettre fur la Réponse à la Queſtion : Qu'elle eft
· la femme la plus
malheureuse , &c.
Epitre en Vers ,
Ode d'Horace , Imitation
Réponſe fur S. Oudard ,
,
Lettre fur les Sels contenus dans l'Air ,
Triomphe de Pallas , Allegorie ,
429
437
439
447
459
461
L'Arc de Triomphe d'Orange ,
Remarques , 468
Vers fur le Mariage de M ***
47I
Lettre de M. l'Archevêque de Paris au Roi , 474
Lettre du Roi à l'Archevêque de Paris , 487
Madrigal à Mile P.
488 .
Méthode nouvelle
d'Accompagnement pour le
Clavecin ,
489
502 A Mile fur la mort de fon Chien ,
Explication des Médailles de Caraufius , &c. s03
Ode d'Anacreon , Imitation .
524
Moyen , fans fe faire faigner , de faire changer
la
diftribution du fang dans le corps ,
Logogriphes & Enigmes ,
526
5311
Nouvelles Litteraires , des Beaux Arts , &c. 536
Tableau du Monde ancien & moderne , & c. 538
Effay fur la Critique , Poëme de M. Pope , &c.
549
543
Hiftoire
Univerfelle , & c.
Memoire fur les deux Editions de Herrera , &c.
544
Hiftoire Bizantine , par Soufcription , &c. 550
Nouvelles Eftampes de Wattau ,
Remede ſpecifique pour la Goute
Phénomene Çelefte , vú en Provence ,
Goutes fpecifiques du General la Mothe ,
553
553
554
555
Spectacles. Les Vocations forcées. Piece d'un Acte,
Couplets Notez
Tragedie de Callifthene ,
Mort de Mlle le Couvreur
557
567
569
577
Nouvelles du Temps. D'Afrique , de Ruffie , 583
Dannemark, Fête donnée par le Comte de Plelo ,
terre
Morts , Naiffances , & c,
France , Journal de Paris , &c,
586.
D'Allemagne , d'Italie , d'Eſpagne & d'Angle-
591
595
599
604
606
Morts , Naiffances & Mariages ,
613
GIS
Addition ,
634
IECES FUGITIVES , Defefpoir Amoureux ,
Cantate ,
525
Lettre fur la Réponse à la Queſtion : Qu'elle eft
· la femme la plus
malheureuse , &c.
Epitre en Vers ,
Ode d'Horace , Imitation
Réponſe fur S. Oudard ,
,
Lettre fur les Sels contenus dans l'Air ,
Triomphe de Pallas , Allegorie ,
429
437
439
447
459
461
L'Arc de Triomphe d'Orange ,
Remarques , 468
Vers fur le Mariage de M ***
47I
Lettre de M. l'Archevêque de Paris au Roi , 474
Lettre du Roi à l'Archevêque de Paris , 487
Madrigal à Mile P.
488 .
Méthode nouvelle
d'Accompagnement pour le
Clavecin ,
489
502 A Mile fur la mort de fon Chien ,
Explication des Médailles de Caraufius , &c. s03
Ode d'Anacreon , Imitation .
524
Moyen , fans fe faire faigner , de faire changer
la
diftribution du fang dans le corps ,
Logogriphes & Enigmes ,
526
5311
Nouvelles Litteraires , des Beaux Arts , &c. 536
Tableau du Monde ancien & moderne , & c. 538
Effay fur la Critique , Poëme de M. Pope , &c.
549
543
Hiftoire
Univerfelle , & c.
Memoire fur les deux Editions de Herrera , &c.
544
Hiftoire Bizantine , par Soufcription , &c. 550
Nouvelles Eftampes de Wattau ,
Remede ſpecifique pour la Goute
Phénomene Çelefte , vú en Provence ,
Goutes fpecifiques du General la Mothe ,
553
553
554
555
Spectacles. Les Vocations forcées. Piece d'un Acte,
Couplets Notez
Tragedie de Callifthene ,
Mort de Mlle le Couvreur
557
567
569
577
Nouvelles du Temps. D'Afrique , de Ruffie , 583
Dannemark, Fête donnée par le Comte de Plelo ,
terre
Morts , Naiffances , & c,
France , Journal de Paris , &c,
586.
D'Allemagne , d'Italie , d'Eſpagne & d'Angle-
591
595
599
604
606
Morts , Naiffances & Mariages ,
613
GIS
Addition ,
634
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Résumé : TABLE.
Le document présente une table des matières d'une publication diversifiée. Elle inclut des poèmes, des lettres, des essais et des articles sur divers sujets. Les œuvres notables comprennent des cantates, des odes, des épîtres, des lettres scientifiques et littéraires, des allégories, des remarques historiques, des madrigaux, des méthodes musicales, des explications de médailles, des logogriphes, des énigmes, des nouvelles littéraires, des tableaux historiques, des essais critiques, des histoires universelles et byzantines, des estampes, des remèdes médicaux, des phénomènes naturels, des spectacles théâtraux, et des nouvelles du temps couvrant plusieurs pays comme l'Afrique, la Russie, le Danemark, la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne et l'Angleterre. La table des matières se conclut par des informations sur les morts, naissances et mariages, ainsi qu'une addition.
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6187
p. 209-210
Chef-d'oeuvre de jalousie. [titre d'après la table]
Début :
Mogré bleu de l'Amour, ce petit tracassier prend plaisir [...]
Mots clefs :
Amants, Dames
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Chef-d'oeuvre de jalousie. [titre d'après la table]
Mogré bleu de l'Amour ,
ce petit tracaffier prend plaiſir
à broüller tous les jours la
moitié du monde.
Dans une belle & grande
Ville que vous ne connoiſſez
aſſeurément pas fi bien que
moy, ſoit dit ſans vous offenfer
, deux Dames jalouſes chacunes
de leurs maris , & de
leursAmants , ont depuis peu
un procés qui fait grand bruit.
L'une de ces Dames vit il y a
quelques jours dans unenombreuſeAſſemblée
ſa rivale trop
fiere apparemment de la victoire
qu'elle, remportoit fur
Aoust 1715 . S
210 MERCURE
elle ; fa contenance orgueilleuſe
la defefpera , elle luy dit
des injures ,& des injures elle
paffa aux voyes de fait ; enfin
on les ſepara. Je ne ſçay ſi les
maris & les Amants ont pris
parti dans la querelle de leurs
Dames; mais je ſçay bien que
l'affaire pend au plus nobleTribunal
de France.
ce petit tracaffier prend plaiſir
à broüller tous les jours la
moitié du monde.
Dans une belle & grande
Ville que vous ne connoiſſez
aſſeurément pas fi bien que
moy, ſoit dit ſans vous offenfer
, deux Dames jalouſes chacunes
de leurs maris , & de
leursAmants , ont depuis peu
un procés qui fait grand bruit.
L'une de ces Dames vit il y a
quelques jours dans unenombreuſeAſſemblée
ſa rivale trop
fiere apparemment de la victoire
qu'elle, remportoit fur
Aoust 1715 . S
210 MERCURE
elle ; fa contenance orgueilleuſe
la defefpera , elle luy dit
des injures ,& des injures elle
paffa aux voyes de fait ; enfin
on les ſepara. Je ne ſçay ſi les
maris & les Amants ont pris
parti dans la querelle de leurs
Dames; mais je ſçay bien que
l'affaire pend au plus nobleTribunal
de France.
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6188
p. 1039-1041
« Le 28. Avril, Louis de Guillier de la Platiere, Seigneur de Toussieu, fils de feu Jacques-Joseph [...] »
Début :
Le 28. Avril, Louis de Guillier de la Platiere, Seigneur de Toussieu, fils de feu Jacques-Joseph [...]
Mots clefs :
Colonel, Régiment d'infanterie, Épouse, Veuve, Fils, Lieutenant général, Fille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 28. Avril, Louis de Guillier de la Platiere, Seigneur de Toussieu, fils de feu Jacques-Joseph [...] »
Le 28. Avril , Louis de Guillier de la Platiere ,
Seigneur de Toussieu , fils de feu Jacques- Joseph
de Guillet , Seigneur de la Platiere , du Bouchet,
Moidieres , Toussieu et la Verriere , Lieutenant
Colonel du Regiment de Gatinois , et de Sibille
Piechon sa veuve , épousa Dlle Benoît du Sauzey,
petite-fille de Marc- Antoine du Sauzey , Seigneur
de Jarnosse et de la Moliere , Prévôt des
Marchands de la Ville de Lyon en 1662.
La nuit du 6. au 7. Avril 1724. a été celebré
au Château de Montjeu en Bourgogne , le mariage
de Louis - François- Armand de Vignerot du
Plessis , Duc de Richelieu et de Fronsac , Pair de
France , Chevalier des Ordres du Roi , Colonel
d'un Regiment d'Infanterie petit vieux Corps, et
Brigadier des armeés de S. M. de la derniere Promotion
, et veuf de Dame Anne Catherine de
Noailles, morte sans enfans le 7. Novembre 1716.
avec la seconde fille d'Anne- Marie- Joseph de
Lorraine , Prince de Guise , Comte d'Harcourt ,
et de Dame Marie - Louise - Christine de Castille
de Monjeu , son épouse .
La nuit du 7. au 8. du même mois, Louis Marquis
de Cambray , né le 16. Juin 1713. qui a
fait la Campagne derniere en Italie , auprès du
Prince Charles de Lorraine , Grand - Ecuyer de
France , en qualité de Page du Roi , et qui depuis
son retour a été fait Officier au Regiment des
Gardes
1040 MERCURE DE FRANCE
>
?
Gardes Françoises , seul fils de François Nicolas,
Seigneur, Marquis de Chambray sur Iton , Diocese
d'Evreux , ci- devant Colonel d'un Regiment
d'Infanterie de son nom et de Dame Marie-
Louise de Folleville de Manancourt , son épouse,
a été marié à Paris avec Dlle Marie-Elizabeth-
Françoise de Bonigalle , née le 9., Mars 1722 .
fille unique et seule heritiere de feu Simon -Charles
de Bonigalle , Conseiller du Roi , Maître ordinaire
en sa Chambre des Comptes de Paris ,
mort le 26. Juin 1728. âgé de 47. ans , et de
Dame Marie Elizabeth de Vigni sa veuve, fille de
feu Jean- Baptiste de Vigni , Seigneur de Cour
quetaine , Marechal de Camp des Armées du
Roi, Lieutenant General d'Artillerie , Colonel et
Capitaine General des Bombardiers de France . ,
et Chevalier de S. Louis. Le marié est neveu de
Jacques de Cambrai , Chevalier , Grand- Croix
de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem , Lieutenant
General , commandant les Vaisseaux de Malte ,
Commandeur de la Commanderie Magistrale de
Metz , et de celle de Virecourt , qui s'est acquis
une grande réputation dans les Mers du Levant,
par ses combats , et par les differentes prises qu'il
a faites sur les Turcs ..
Dame Eleonor Gabriel- Lauise- Françoise de
Crux , épouse de Louis - Victor de Rochechouart,
Comte de Mortemart , Colonel du Regiment de
Dauphiné , accoucha le 21. Mai d'un Fils , qui a
été tenu sur les Fonts , et nommé Victor - Ga◄
briel par Armand - Gabriel , Marquis de Crux,
de Montaigu , & c . et par D. Anne Colbert , veuve
de Louis de Rochechouart , Duc de Mortemart
, Pair de France , Prince de Tonnay Charente
, General des Galeres et Lieutenant Ge-
2
neral
MAY. 1734: 1041
neral des Armées Navales de France .
Dame Marie- Victoire- Antoine de Gontaut de
Biron , épouse de Louis- Claude Scipion de Grimouard
, Comte du Roure , premier Enseigne de
la premiere Compagnie des Mousquetaires du
Roi , accoucha le 28. Mai d'un Fils , qui a été
nommé Melchior Scipion Louis , par S. E. M.
Melchior de Polignac , Cardinal , Prêtre de la
Sainte Eglise Romaine , Commandeur des Ordres
du Roi , Grand- Maître de l'Ordre Hospi
talier du 5. Esprit de Montpellier , Archevêque
d'Auch , Primat d'Aquitaine , de la Novempo
pulaire et du Royaume de Navarre , Abbé Comte
de Corbie , et par D. Louise de Nointel , épouse
d'Artus Thimoleon de Cossé , Duc de Brissac
Pair de France.
Seigneur de Toussieu , fils de feu Jacques- Joseph
de Guillet , Seigneur de la Platiere , du Bouchet,
Moidieres , Toussieu et la Verriere , Lieutenant
Colonel du Regiment de Gatinois , et de Sibille
Piechon sa veuve , épousa Dlle Benoît du Sauzey,
petite-fille de Marc- Antoine du Sauzey , Seigneur
de Jarnosse et de la Moliere , Prévôt des
Marchands de la Ville de Lyon en 1662.
La nuit du 6. au 7. Avril 1724. a été celebré
au Château de Montjeu en Bourgogne , le mariage
de Louis - François- Armand de Vignerot du
Plessis , Duc de Richelieu et de Fronsac , Pair de
France , Chevalier des Ordres du Roi , Colonel
d'un Regiment d'Infanterie petit vieux Corps, et
Brigadier des armeés de S. M. de la derniere Promotion
, et veuf de Dame Anne Catherine de
Noailles, morte sans enfans le 7. Novembre 1716.
avec la seconde fille d'Anne- Marie- Joseph de
Lorraine , Prince de Guise , Comte d'Harcourt ,
et de Dame Marie - Louise - Christine de Castille
de Monjeu , son épouse .
La nuit du 7. au 8. du même mois, Louis Marquis
de Cambray , né le 16. Juin 1713. qui a
fait la Campagne derniere en Italie , auprès du
Prince Charles de Lorraine , Grand - Ecuyer de
France , en qualité de Page du Roi , et qui depuis
son retour a été fait Officier au Regiment des
Gardes
1040 MERCURE DE FRANCE
>
?
Gardes Françoises , seul fils de François Nicolas,
Seigneur, Marquis de Chambray sur Iton , Diocese
d'Evreux , ci- devant Colonel d'un Regiment
d'Infanterie de son nom et de Dame Marie-
Louise de Folleville de Manancourt , son épouse,
a été marié à Paris avec Dlle Marie-Elizabeth-
Françoise de Bonigalle , née le 9., Mars 1722 .
fille unique et seule heritiere de feu Simon -Charles
de Bonigalle , Conseiller du Roi , Maître ordinaire
en sa Chambre des Comptes de Paris ,
mort le 26. Juin 1728. âgé de 47. ans , et de
Dame Marie Elizabeth de Vigni sa veuve, fille de
feu Jean- Baptiste de Vigni , Seigneur de Cour
quetaine , Marechal de Camp des Armées du
Roi, Lieutenant General d'Artillerie , Colonel et
Capitaine General des Bombardiers de France . ,
et Chevalier de S. Louis. Le marié est neveu de
Jacques de Cambrai , Chevalier , Grand- Croix
de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem , Lieutenant
General , commandant les Vaisseaux de Malte ,
Commandeur de la Commanderie Magistrale de
Metz , et de celle de Virecourt , qui s'est acquis
une grande réputation dans les Mers du Levant,
par ses combats , et par les differentes prises qu'il
a faites sur les Turcs ..
Dame Eleonor Gabriel- Lauise- Françoise de
Crux , épouse de Louis - Victor de Rochechouart,
Comte de Mortemart , Colonel du Regiment de
Dauphiné , accoucha le 21. Mai d'un Fils , qui a
été tenu sur les Fonts , et nommé Victor - Ga◄
briel par Armand - Gabriel , Marquis de Crux,
de Montaigu , & c . et par D. Anne Colbert , veuve
de Louis de Rochechouart , Duc de Mortemart
, Pair de France , Prince de Tonnay Charente
, General des Galeres et Lieutenant Ge-
2
neral
MAY. 1734: 1041
neral des Armées Navales de France .
Dame Marie- Victoire- Antoine de Gontaut de
Biron , épouse de Louis- Claude Scipion de Grimouard
, Comte du Roure , premier Enseigne de
la premiere Compagnie des Mousquetaires du
Roi , accoucha le 28. Mai d'un Fils , qui a été
nommé Melchior Scipion Louis , par S. E. M.
Melchior de Polignac , Cardinal , Prêtre de la
Sainte Eglise Romaine , Commandeur des Ordres
du Roi , Grand- Maître de l'Ordre Hospi
talier du 5. Esprit de Montpellier , Archevêque
d'Auch , Primat d'Aquitaine , de la Novempo
pulaire et du Royaume de Navarre , Abbé Comte
de Corbie , et par D. Louise de Nointel , épouse
d'Artus Thimoleon de Cossé , Duc de Brissac
Pair de France.
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Résumé : « Le 28. Avril, Louis de Guillier de la Platiere, Seigneur de Toussieu, fils de feu Jacques-Joseph [...] »
Le texte décrit plusieurs événements familiaux et mariages de la noblesse française au XVIIIe siècle. Le 28 avril, Louis de Guillier de la Platière, Seigneur de Toussieu et Lieutenant Colonel du Régiment de Gatinois, épousa Mlle Benoît du Sauzey, petite-fille de Marc-Antoine du Sauzey, Seigneur de Jarnosse et Prévôt des Marchands de Lyon en 1662. La nuit du 6 au 7 avril 1724, Louis-François-Armand de Vignerot du Plessis, Duc de Richelieu et Pair de France, se maria avec la seconde fille d'Anne-Marie-Joseph de Lorraine, Prince de Guise, au Château de Montjeu en Bourgogne. La nuit du 7 au 8 avril, Louis Marquis de Cambray, officier au Régiment des Gardes Françaises, épousa à Paris Mlle Marie-Élisabeth-Françoise de Bonigalle, fille unique et héritière de Simon-Charles de Bonigalle, Conseiller du Roi. Le 21 mai, Dame Éléonore Gabriel-Louise-Françoise de Crux, épouse de Louis-Victor de Rochechouart, Comte de Mortemart, accoucha d'un fils nommé Victor-Gabriel. Le 28 mai, Dame Marie-Victoire-Antoine de Gontaut de Biron, épouse de Louis-Claude Scipion de Grimouard, Comte du Roure, accoucha d'un fils nommé Melchior Scipion Louis.
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6189
p. 198-200
« C'est assez parler pour tout le monde, Mademoiselle, entretenons-nous [...] »
Début :
C'est assez parler pour tout le monde, Mademoiselle, entretenons-nous [...]
Mots clefs :
Tyrans, Histoire générale, Entretien
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « C'est assez parler pour tout le monde, Mademoiselle, entretenons-nous [...] »
C'est assez parler pour tout
le monde, Mademoiselle, entretenons-
nous, s'il vous plaît,
maintenant ensemble. Il vous
est arrivé depuis peu une avanture
qui merite bien d'être
contée:il n'en fera que ce que
vous voudrez ; mais vous auriez
tort, vous paroîttezl'avoir,
&l'on publieroit même
que vous l'avez
,
si je ne deffendois
vos intérêts contre la
malice de vos ennemis. - ::¡r
', Lespréjugezs'établissent
sur les discours
,
&il est toûjours
à pro pos daller autant
qu'on peut au devant des prejugez.
Le monde est plein de
gens quis'érigent en censeurs
de nôtre conduite au gré des
idées qu'ils prennent ou qu'on
leur donne de nous: ces censeurs
deviennent ensuite de
veritables Tyrans qui s'acharnent
à nous per secuter, le plus
souvent sans sçavoir pourquoy;
mais
* Dusuccés qu'on obtientcontre
la Tyrannie
Dépend , ou nostregloire, ou nostre
ignominie.
je vais avec vôtre permission
vous détacher de nôtre
entretien particulier, & cesser
de vous adresser directement
la parole, pour faire de
vôrre histoire que je vais conter
, une histoire generale.
CorricSIJc,Ciûiu
le monde, Mademoiselle, entretenons-
nous, s'il vous plaît,
maintenant ensemble. Il vous
est arrivé depuis peu une avanture
qui merite bien d'être
contée:il n'en fera que ce que
vous voudrez ; mais vous auriez
tort, vous paroîttezl'avoir,
&l'on publieroit même
que vous l'avez
,
si je ne deffendois
vos intérêts contre la
malice de vos ennemis. - ::¡r
', Lespréjugezs'établissent
sur les discours
,
&il est toûjours
à pro pos daller autant
qu'on peut au devant des prejugez.
Le monde est plein de
gens quis'érigent en censeurs
de nôtre conduite au gré des
idées qu'ils prennent ou qu'on
leur donne de nous: ces censeurs
deviennent ensuite de
veritables Tyrans qui s'acharnent
à nous per secuter, le plus
souvent sans sçavoir pourquoy;
mais
* Dusuccés qu'on obtientcontre
la Tyrannie
Dépend , ou nostregloire, ou nostre
ignominie.
je vais avec vôtre permission
vous détacher de nôtre
entretien particulier, & cesser
de vous adresser directement
la parole, pour faire de
vôrre histoire que je vais conter
, une histoire generale.
CorricSIJc,Ciûiu
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6190
p. 219-221
Arrivée des Envoyez du Roy de Siam, [titre d'après la table]
Début :
Les Envoyez du Roy de Siam sont arrivez icy depuis [...]
Mots clefs :
Roi de Siam, Siam, Envoyés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Arrivée des Envoyez du Roy de Siam, [titre d'après la table]
Les Envoyez du Roy de
Siam font arrivez ley depuis
quelques jours . Taurey fans
doute quantité de chofes à
vous en dire , mais avant que
devous parler de leurs Perfonnes
, je croy vous devoir
entretenir de l'état de leur
Pais , de leurs Coûtumes , &
de leur Religion , afin qu'étant
informée de toutes ces
chofes , vous preniez plus de
plaifir à fçavoir ce qu'ils au-
Tij
220 MERCURE
ront dit , & fait en France.
J'en ay ufé de la forte dans le
temps des Ambaſſadeurs
d'Alger , & vous m'avez paru
en eftre contente. Je ne
puis mieux commencer que
par la Lettre que je vous envoye
. Elle eft du mois de Novembre
de l'année derniere,
& écrite par le mefme qui
avoit traduit à Siam celles
de ce
que le Roy de ce Pais - là
adreffoit à Sa Majefté, par fes
Ambaffadeurs qui sont fait
naufrage , & dont je vous envoyay
il y a quelques mois
une Copie. Si vous y trouvez
GALANT. 221
quelques circonftances repé
tées , elles font à l'avantage
de noftre augufte Monar
que , & je fçay que dans l'intéreft
que vous prenez à fa
gloire , aucune repétition ne
vous fçauroit ennuyer fur cette
matiere.
Siam font arrivez ley depuis
quelques jours . Taurey fans
doute quantité de chofes à
vous en dire , mais avant que
devous parler de leurs Perfonnes
, je croy vous devoir
entretenir de l'état de leur
Pais , de leurs Coûtumes , &
de leur Religion , afin qu'étant
informée de toutes ces
chofes , vous preniez plus de
plaifir à fçavoir ce qu'ils au-
Tij
220 MERCURE
ront dit , & fait en France.
J'en ay ufé de la forte dans le
temps des Ambaſſadeurs
d'Alger , & vous m'avez paru
en eftre contente. Je ne
puis mieux commencer que
par la Lettre que je vous envoye
. Elle eft du mois de Novembre
de l'année derniere,
& écrite par le mefme qui
avoit traduit à Siam celles
de ce
que le Roy de ce Pais - là
adreffoit à Sa Majefté, par fes
Ambaffadeurs qui sont fait
naufrage , & dont je vous envoyay
il y a quelques mois
une Copie. Si vous y trouvez
GALANT. 221
quelques circonftances repé
tées , elles font à l'avantage
de noftre augufte Monar
que , & je fçay que dans l'intéreft
que vous prenez à fa
gloire , aucune repétition ne
vous fçauroit ennuyer fur cette
matiere.
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Résumé : Arrivée des Envoyez du Roy de Siam, [titre d'après la table]
Le texte aborde l'arrivée récente des envoyés du roi de Siam et la nécessité d'informer le lecteur sur l'état du pays, les coutumes et la religion des Siamois avant de discuter de leurs personnes. Cette approche permet de mieux comprendre les actions et les paroles des envoyés en France. L'auteur avait déjà utilisé cette méthode lors de la visite des ambassadeurs d'Alger, ce qui avait été bien accueilli. Il commence par présenter une lettre datée de novembre de l'année précédente, écrite par la même personne ayant traduit les lettres du roi de Siam adressées au roi de France. Ces lettres avaient été apportées par des ambassadeurs dont le navire avait fait naufrage. L'auteur précise que certaines répétitions dans la lettre sont à l'avantage de la monarchie française, soulignant que, dans l'intérêt de la gloire du roi, aucune répétition ne serait ennuyeuse.
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6191
p. 209-211
De Londres le 18 Avril.
Début :
L'escadre de l'Amiral Cornish, composée de quatre vaisseaux de guerre & de sept [...]
Mots clefs :
Escadre, Amiral, Vaisseaux, Guadeloupe, Port, Équipages, Recrutement, Violences, Députés, Ministres, Corsaires, Armements, Envoyé extraordinaire, Invasion, Général, Parlement, Emprunt
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Londres le 18 Avril.
DE LONDRES le 18 Avril.
L'efcadre de l'Amiral Cornish , compofée de
quatre vaiffeaux de guerre & de fept vaiffeaux de
la Compagnie des Indes , partit le 14 du port de
Sainte-Helene. Nous ignorons abfolument le
fuccès de l'entrepriſe fur la Guadeloupe.
L'Amiral Bofcawen eft parti de Portsmouth
avec fix vaiffeaux de guerre pour le rendre à Plymouth
, où fon efcadre doit fe renforcer de quelques
autres bâtimens. Enfuite il mettra à la voile
& ira établir fa croifiere à la hauteur de Breft ,
pour obferver les mouvemens de la flote nombreufe
que les François arment dans ce port , &
qu'on affure devoir inceffamment mettre en
mer.
Du 20,
La néceffité de completter promptement les équi
pages de nos efcadres , continue de rencontrer de
grandes difficultés , & donne lieu à des violences
anouies. Comme on ne trouve plus perfonne à
enlever fur terre , on a pris le parti de fe jetter fur
tous les navires qui arrivent , pour en prendre de
force les matelots. Cette conduite a déja occafioné
du tumulte en divers endroits...
210 MERCURE DE FRANCE.
Du 4 Mai.
Lés Députés extraordinaires des Etats Généraux
ont de fréquentes conférences avec nos Miniftres.
Ils preffent vivement la reftitution des prifes. Elle
a été promife ; mais elle ne s'effectue point. Il s'eft
formé ici un parti confidérable pour foutenir les
intérêts des Corfaires Anglois , contre les plaintes
& les follicitations des propriétaires des navires,
enlevés à la Hollande.
La fâcheufe nouvelle de la bataille de Berghen ,
nous fut apportée le 24. Elle a répandu ici une
vraie confternation .
On continue à Portsmouth l'armement de la
flotte qui doit agir fur les côtes de France , & dont
l'Amiral Anfon prendra le commandement. C'eſt
fur le Royal-Georges que cet Amiral doit arborer,
fon pavilion . Ce vaiffeau de cent canons n'eft pas
encore tout-à-fait équipé , non - plus que quelques
autres qui feront partie de cette flotte . On efpere
cependant qu'elle fera en état de mettre à la voile
le 20 de ce mois.
Le Baron de Kniphaufen , Envoyé extraordinaire
du Roi de Pruffe , propofa dernierement
aux Miniftres du Roi de faire paffer en Allemagne
douze bataillons de nos troupes pour renforcer
l'armée des Alliés. Mais cette propofition fut rejettée
d'une maniere affez vive , par la raison que
l'Angleterre a befoin de toutes les forces pour les
oppofer aux projets d'invaſion dont elle eft me-
!
nacée.
On mande d'Edimbourg , qu'on y a reçu avis
que le Général Hopfon , après avoir détruit les
fortifications de Baffeterre dans l'Ifle de la Guadeloupe
, avoit fait rembarquer les troupes , & qu'il
fe difpofoit à les ramener en Angleterre.
On affure que le Parlement fera obligé de re
voquer la foufcription qui a été ouverte pour un
JUIN 1759 :
21 f
emprunt de fix millions fix cent mille livres fterlings.
On fe propofe de lui fubftituer un emprunt
રે quatre pour cent d'intérêt.
L'efcadre de l'Amiral Cornish , compofée de
quatre vaiffeaux de guerre & de fept vaiffeaux de
la Compagnie des Indes , partit le 14 du port de
Sainte-Helene. Nous ignorons abfolument le
fuccès de l'entrepriſe fur la Guadeloupe.
L'Amiral Bofcawen eft parti de Portsmouth
avec fix vaiffeaux de guerre pour le rendre à Plymouth
, où fon efcadre doit fe renforcer de quelques
autres bâtimens. Enfuite il mettra à la voile
& ira établir fa croifiere à la hauteur de Breft ,
pour obferver les mouvemens de la flote nombreufe
que les François arment dans ce port , &
qu'on affure devoir inceffamment mettre en
mer.
Du 20,
La néceffité de completter promptement les équi
pages de nos efcadres , continue de rencontrer de
grandes difficultés , & donne lieu à des violences
anouies. Comme on ne trouve plus perfonne à
enlever fur terre , on a pris le parti de fe jetter fur
tous les navires qui arrivent , pour en prendre de
force les matelots. Cette conduite a déja occafioné
du tumulte en divers endroits...
210 MERCURE DE FRANCE.
Du 4 Mai.
Lés Députés extraordinaires des Etats Généraux
ont de fréquentes conférences avec nos Miniftres.
Ils preffent vivement la reftitution des prifes. Elle
a été promife ; mais elle ne s'effectue point. Il s'eft
formé ici un parti confidérable pour foutenir les
intérêts des Corfaires Anglois , contre les plaintes
& les follicitations des propriétaires des navires,
enlevés à la Hollande.
La fâcheufe nouvelle de la bataille de Berghen ,
nous fut apportée le 24. Elle a répandu ici une
vraie confternation .
On continue à Portsmouth l'armement de la
flotte qui doit agir fur les côtes de France , & dont
l'Amiral Anfon prendra le commandement. C'eſt
fur le Royal-Georges que cet Amiral doit arborer,
fon pavilion . Ce vaiffeau de cent canons n'eft pas
encore tout-à-fait équipé , non - plus que quelques
autres qui feront partie de cette flotte . On efpere
cependant qu'elle fera en état de mettre à la voile
le 20 de ce mois.
Le Baron de Kniphaufen , Envoyé extraordinaire
du Roi de Pruffe , propofa dernierement
aux Miniftres du Roi de faire paffer en Allemagne
douze bataillons de nos troupes pour renforcer
l'armée des Alliés. Mais cette propofition fut rejettée
d'une maniere affez vive , par la raison que
l'Angleterre a befoin de toutes les forces pour les
oppofer aux projets d'invaſion dont elle eft me-
!
nacée.
On mande d'Edimbourg , qu'on y a reçu avis
que le Général Hopfon , après avoir détruit les
fortifications de Baffeterre dans l'Ifle de la Guadeloupe
, avoit fait rembarquer les troupes , & qu'il
fe difpofoit à les ramener en Angleterre.
On affure que le Parlement fera obligé de re
voquer la foufcription qui a été ouverte pour un
JUIN 1759 :
21 f
emprunt de fix millions fix cent mille livres fterlings.
On fe propofe de lui fubftituer un emprunt
રે quatre pour cent d'intérêt.
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Résumé : De Londres le 18 Avril.
Le 18 avril, l'escadre de l'Amiral Cornish a quitté Sainte-Hélène pour la Guadeloupe, tandis que l'Amiral Boscawen s'est dirigé vers Plymouth pour renforcer son escadre et surveiller la flotte française au large de Brest. Le 20 avril, des difficultés ont surgi pour compléter les équipages, entraînant des violences et des enlèvements forcés de matelots. Le 4 mai, les députés des États Généraux ont pressé la restitution des prises promises mais non effectuées, et la nouvelle de la bataille de Berghen a causé une consternation générale. À Portsmouth, l'armement de la flotte pour agir sur les côtes de France continue, sous le commandement de l'Amiral Anson à bord du Royal-Georges, avec une date de départ prévue le 20 mai. Le Baron de Kniphausen a proposé de transférer des troupes anglaises en Allemagne, mais cette proposition a été rejetée en raison des besoins de défense nationale. Le Général Hopkins a détruit les fortifications de Basse-Terre en Guadeloupe et se prépare à ramener ses troupes en Angleterre. Enfin, le Parlement envisage de révoquer un emprunt de six millions six cent mille livres sterling pour un emprunt à quatre pour cent d'intérêt.
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6192
p. 2107-2109
CHANSON DE TABLE. A l'occasion de la Naissance de Monseigneur le DUC D'ANJOUE, sur l'Air, Compere Gregoire.
Début :
Je veux à mon Maître, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc d'Anjou
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON DE TABLE. A l'occasion de la Naissance de Monseigneur le DUC D'ANJOUE, sur l'Air, Compere Gregoire.
CHANSON DE TABLE
A l'occafion de la Naiffance de Monfeit
gneur le Duc D'ANJOU , fur l'Air ,
Compere Gregoire.
JEE veux à mon Maître ,
Boire comme un trou ;
Il vient de nous naître ,
Un beau DuC D'ANJOU :
Vertubleu quel homme , que homme , quel
homme !
Vertubleu ! quel homme que notre bon Ro
De cinq Enfans Pere ,
Agé de vingt ans !
L'avanture eft fiere ;
Buyons , mes enfans. Vertubleu , 86,
Ma foi , nos Provinces ,
S'il va de ce pas ,
A tant de beaux Princes
Ne fuffiront pas. Vertubles , & c
L
2108 MERCURE DE FRANCE
Cherchons leur des titres ;
Verfez- moi du vin ;
Ouvrons les Regiſtres ,
Du Dieu du Raifin. Vertubleu , & c
Champagne & Bourgogne ,
S'offrent à mes yeux ;
11 eft en Gascogne ,
Du jus précieux. Vertubleu , & c.
Ah ! pour notre Sire ,
Quel contentement ,
De fe reproduire
Si facilement. Vertubleu , & c.
Rempliffez mon verre,;
Portons par nos chants ,
Au bout de la Terre ,
Ses heureux talens. Vertubleu , & c,
Cher Bacchus , arrange
Tes bienfaits pour nous ;
Regle la vendange ,
1
Sur des dons fi doux. Vertublen , &c
Pour tant de Naiffances
Voice qu'il nous faur ;
+1
Dans
SEPTEMBRE. 1730. 2109
Dans tes Ordonnances ,
Songe qu'il fait chaud. Vertubleu , &c.
Que pour notre Reine ,
Des Dieux bienfaiſans ,
Notre amour obtienne ,
S'il fe peut , cent ans. Vertubleu , &c.
Mon Dieu ! qu'elle eft bonne !
Vuidons nos flacons :
Les biens qu'elle donne ,
Suivent nos moiffons. Vertubleu , &c.
S'il étoit Grand- Pere ,
Dans dix ans d'icy ,
La plaifante affaire !
Le Vieillard joly ! Vertubleu , &c.
A l'occafion de la Naiffance de Monfeit
gneur le Duc D'ANJOU , fur l'Air ,
Compere Gregoire.
JEE veux à mon Maître ,
Boire comme un trou ;
Il vient de nous naître ,
Un beau DuC D'ANJOU :
Vertubleu quel homme , que homme , quel
homme !
Vertubleu ! quel homme que notre bon Ro
De cinq Enfans Pere ,
Agé de vingt ans !
L'avanture eft fiere ;
Buyons , mes enfans. Vertubleu , 86,
Ma foi , nos Provinces ,
S'il va de ce pas ,
A tant de beaux Princes
Ne fuffiront pas. Vertubles , & c
L
2108 MERCURE DE FRANCE
Cherchons leur des titres ;
Verfez- moi du vin ;
Ouvrons les Regiſtres ,
Du Dieu du Raifin. Vertubleu , & c
Champagne & Bourgogne ,
S'offrent à mes yeux ;
11 eft en Gascogne ,
Du jus précieux. Vertubleu , & c.
Ah ! pour notre Sire ,
Quel contentement ,
De fe reproduire
Si facilement. Vertubleu , & c.
Rempliffez mon verre,;
Portons par nos chants ,
Au bout de la Terre ,
Ses heureux talens. Vertubleu , & c,
Cher Bacchus , arrange
Tes bienfaits pour nous ;
Regle la vendange ,
1
Sur des dons fi doux. Vertublen , &c
Pour tant de Naiffances
Voice qu'il nous faur ;
+1
Dans
SEPTEMBRE. 1730. 2109
Dans tes Ordonnances ,
Songe qu'il fait chaud. Vertubleu , &c.
Que pour notre Reine ,
Des Dieux bienfaiſans ,
Notre amour obtienne ,
S'il fe peut , cent ans. Vertubleu , &c.
Mon Dieu ! qu'elle eft bonne !
Vuidons nos flacons :
Les biens qu'elle donne ,
Suivent nos moiffons. Vertubleu , &c.
S'il étoit Grand- Pere ,
Dans dix ans d'icy ,
La plaifante affaire !
Le Vieillard joly ! Vertubleu , &c.
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Résumé : CHANSON DE TABLE. A l'occasion de la Naissance de Monseigneur le DUC D'ANJOUE, sur l'Air, Compere Gregoire.
Le texte est une chanson de table célébrant la naissance du Duc d'Anjou, fils du roi de France. Le roi, âgé de vingt ans et père de cinq enfants, est loué pour sa virilité. La chanson exprime la joie et l'espoir que les provinces françaises, telles que la Champagne, la Bourgogne et la Gascogne, pourront accueillir de nombreux princes. Elle invite à boire en l'honneur du roi et de la reine. La chanson souhaite longévité et bonheur à la reine et imagine avec humour le roi devenant grand-père rapidement. Elle se termine par des vœux de prospérité et de bonheur pour la famille royale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6193
p. 210-215
RÉPONSE à Mr le Marquis de la R.....
Début :
Demeurez dans vôtre Hermitage, [...]
Mots clefs :
Ermitage, Coeur, Dame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à Mr le Marquis de la R.....
RE'PONSE
à Mr le Marquis delaR.
"si
Demeurez dans vôtre Hermita-
S?>
Je crains le dangereuxhommage
Qu'avecque trop de foin vous
m'offreztoutlesans;
Pour la tendresse il n'est point
d'â e • Vous lesentez&jelesens,
Cecy n'est point un badinage. 8
Vous de retour nos coeurssimpathisans
L'homme prudent, lafillesage,
Toutpeut estreseroitnaufrage,
Demeurez dansvostreHermita- ge.
Le traître Amour qui vous en-
N7\. Te doit pas estre mépri;s(é/
) Avec luy naturalisé,
Les belles deson appanage
Vous ont dans tous les temps si
bienfavorisé
> Que toutde vous mefaitombra- -Demeurez diansvostre Hermitaff-
Vous parlezuncertain langage
Quiporte au coeur, qui faitpenser
,
Et quisembleestre un surprésagep
Que de ses traits- le Dieuvolage
A
Est prest encore à me blesser:
Demeurez dans voAt Hermita-
SAh!
s'ilavait cet avantage!
Duséjour de ¡thttWtUfP.'X
Que penseroit Dame dont les attraits
Auroientsoûmis le coeur le plus
sauvage:
Dame, dont les beaux Versne
périrontjamais
Et dont le nomest tout mon beri-
Car voussçavez que pas un de
ses traits
Negist en mes écrits, non plus
qu'en monvisage,
Et que je n'ay pour toutpartage
Que lesyeux doux qu'ellem'a
faits;
Pour ne lespointmettre en usage,
Demeurez dansvoftreHermtfa»
&
à Mr le Marquis delaR.
"si
Demeurez dans vôtre Hermita-
S?>
Je crains le dangereuxhommage
Qu'avecque trop de foin vous
m'offreztoutlesans;
Pour la tendresse il n'est point
d'â e • Vous lesentez&jelesens,
Cecy n'est point un badinage. 8
Vous de retour nos coeurssimpathisans
L'homme prudent, lafillesage,
Toutpeut estreseroitnaufrage,
Demeurez dansvostreHermita- ge.
Le traître Amour qui vous en-
N7\. Te doit pas estre mépri;s(é/
) Avec luy naturalisé,
Les belles deson appanage
Vous ont dans tous les temps si
bienfavorisé
> Que toutde vous mefaitombra- -Demeurez diansvostre Hermitaff-
Vous parlezuncertain langage
Quiporte au coeur, qui faitpenser
,
Et quisembleestre un surprésagep
Que de ses traits- le Dieuvolage
A
Est prest encore à me blesser:
Demeurez dans voAt Hermita-
SAh!
s'ilavait cet avantage!
Duséjour de ¡thttWtUfP.'X
Que penseroit Dame dont les attraits
Auroientsoûmis le coeur le plus
sauvage:
Dame, dont les beaux Versne
périrontjamais
Et dont le nomest tout mon beri-
Car voussçavez que pas un de
ses traits
Negist en mes écrits, non plus
qu'en monvisage,
Et que je n'ay pour toutpartage
Que lesyeux doux qu'ellem'a
faits;
Pour ne lespointmettre en usage,
Demeurez dansvoftreHermtfa»
&
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Résumé : RÉPONSE à Mr le Marquis de la R.....
Dans une lettre adressée au Marquis de la R., l'auteur exprime ses inquiétudes et ses sentiments. Il conseille au marquis de rester dans son ermitage pour éviter les dangers d'un hommage trop fréquent. L'auteur reconnaît la tendresse partagée et l'importance de la prudence pour éviter un naufrage. Il mentionne le pouvoir de l'amour et les beautés qui ont toujours favorisé le destinataire. L'auteur exprime sa peur d'être blessé par les traits de l'amour et évoque les attraits d'une dame dont les vers ne périront jamais. Cette dame inspire tous les écrits et le visage de l'auteur, qui n'a pour tout partage que les doux yeux qu'elle lui a faits. L'auteur conclut en répétant son conseil de rester dans l'ermitage pour ne pas mettre ces yeux en danger.
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6194
p. 210-213
Lettre merveilleuse & tres-obligeante du docte M. Akakentreke à l'Auteur. [titre d'après la table]
Début :
Enfin je décachetay, et je lûs avec plaisir cette Epître / A Pagninople, le, &c. MERCURE, Toutes les Jurisdictions celestes n'ont [...]
Mots clefs :
Commis, Greffier, Cour des Muses, Dieu Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre merveilleuse & tres-obligeante du docte M. Akakentreke à l'Auteur. [titre d'après la table]
Enfin je
décachetay ,& je lûs avec plai
sir cette Epîtrc que vous pot
vez lire.
A Pagninople le,&c.
EP\CVRE
Toutes les Jurisdictionsceleste
n'ont qu'unseul Sergentfecel
nousfaitbien connoistrequ'on ej
plus heureuxauCielquen Terre;
ce Sergent c'est vous-même,
à ce que mont ajfturégens qui le
sçavent mieux que moy. Surce,
fayété chargé de vous envoyer
l'arrêtquevous trouverezjoint
à la presente
, pour le signifier à
qui il appartiendra. Vous Jerie%
peut-être plus aise de le recevoir
de la main d'Apollon que de la
mienne; maisécouté-moy3 &
ne vousfâchez pas. Le Greffier
de la Cour des Muses l'ayant enregistré,
le donpa ason Commis,
javcc ordre de le grossir ; le Commis
au lieud'obeïrpromptement
alla au Cabaret où j'étois alors ,
0* s'enyvra très- proprement;
j'ouvris le Reggiifsirter,ejy, *" vviiss- bien
Jes curiositez, je jugeay à propos
de le derober,~&je lefis. Le Commiss'étantéveillé~&•
ne trouvant
plus son Registregagna aupied.
Le Greffier en étant averty,monta
en chaise de posse pour courir
apres;enfin le blond Phoebus ne
les voyantrevenirnil'unni l'autre,
s'estmis à chenal sur Pega^
e5£<r ilsfont actuellement à
courir les uns après les autres. Je
nevous mandepascelapourvous
fairepleurer, mais parce quejay
oijy dire que vous iriez bon compagnon,
gr que vous aimiezaffeK
la pinte, témoin le tour que
vous fîtes audit Apollon lorsque
vous luy enlevâtes Subtilement
son carquoisde dessus les épaules.
Ne dites donc point de qui vous
tenez, L'Árftjf que je vous envoie
, &je vous promets de ma
part de ne dire à personne quevous
le tenez de moy. Je suis aujji
humblement qu'on peut l'estre au
Dieu Mercure,
Vostre très,&*c.
AKAKENTREKE,
décachetay ,& je lûs avec plai
sir cette Epîtrc que vous pot
vez lire.
A Pagninople le,&c.
EP\CVRE
Toutes les Jurisdictionsceleste
n'ont qu'unseul Sergentfecel
nousfaitbien connoistrequ'on ej
plus heureuxauCielquen Terre;
ce Sergent c'est vous-même,
à ce que mont ajfturégens qui le
sçavent mieux que moy. Surce,
fayété chargé de vous envoyer
l'arrêtquevous trouverezjoint
à la presente
, pour le signifier à
qui il appartiendra. Vous Jerie%
peut-être plus aise de le recevoir
de la main d'Apollon que de la
mienne; maisécouté-moy3 &
ne vousfâchez pas. Le Greffier
de la Cour des Muses l'ayant enregistré,
le donpa ason Commis,
javcc ordre de le grossir ; le Commis
au lieud'obeïrpromptement
alla au Cabaret où j'étois alors ,
0* s'enyvra très- proprement;
j'ouvris le Reggiifsirter,ejy, *" vviiss- bien
Jes curiositez, je jugeay à propos
de le derober,~&je lefis. Le Commiss'étantéveillé~&•
ne trouvant
plus son Registregagna aupied.
Le Greffier en étant averty,monta
en chaise de posse pour courir
apres;enfin le blond Phoebus ne
les voyantrevenirnil'unni l'autre,
s'estmis à chenal sur Pega^
e5£<r ilsfont actuellement à
courir les uns après les autres. Je
nevous mandepascelapourvous
fairepleurer, mais parce quejay
oijy dire que vous iriez bon compagnon,
gr que vous aimiezaffeK
la pinte, témoin le tour que
vous fîtes audit Apollon lorsque
vous luy enlevâtes Subtilement
son carquoisde dessus les épaules.
Ne dites donc point de qui vous
tenez, L'Árftjf que je vous envoie
, &je vous promets de ma
part de ne dire à personne quevous
le tenez de moy. Je suis aujji
humblement qu'on peut l'estre au
Dieu Mercure,
Vostre très,&*c.
AKAKENTREKE,
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6195
p. 1671-1674
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Clermont, en Auvergne, au sujet de l'Accident arrivé au mois de Juin dernier.
Début :
La Paroisse de Pardines, Election d'Yssoire, est située à une lieuë de la Ville d'Yssoire, [...]
Mots clefs :
Issoire, Terrain, Vallon, Terres, Terre, Coteau, Accident, Croûte, Maisons, Mouvement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Clermont, en Auvergne, au sujet de l'Accident arrivé au mois de Juin dernier.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Cler
mont , en Auvergne , au sujet de l'Acci-
.dent arrivé au mois de Juin dernier.
L
A Paroisse de Pardines , Election d'Yssoire ;
est située à une lieuë de la Ville d'Yssoire
sur le chemin de Clermont , presque au haut
dun Côteau rapide . Elle est séparée en deux
Villages ou Hameaux , éloignez l'un de l'autre
d'environ 200. pas , l'un qu'on appelle le Fort
dans lequel se trouve l'Eglise Paroissiale et une
partie des maisons des Habitans , situé sur le
Roc. On y voit les vestiges d'une ancienne Fortification
qui entouroit quelques maisons dans
le tems des Guerres. L'autre Village , que l'on
nomme proprement Pardines , cont noit la plus
grande partie des maisons aŭ nombre de 46. Le
Terrain , sur lequel le Village étoit bâti , qui
est le même que celui de tout le Côteau , est
d'une terre franche et légere , mêlée d'un peu
d'Argile ; il s'y trouve aussi des Pierres et quel
ques Rochers de médiocre gross ur le Tri
toire est fort bien cultivé et très abondant . I y
avoit des terres semées en grains , des Vergers,
et la plus grande partie étoit en Vignes Tout le
sol étoit couvert d'Arbres fruiti rs et sur tout
de Noyers. Cette terre se séchoit et se gersoit
facilement par la chaleur ; on s'appercevoit mê
me depuis long- tems qu'il s'y faisoit des fentes
d'une profondeur extraordinaire , et quelquefois
ces féniés s'élargissoient , et enfin formoient des
fondrieres.
>
Le 23 Juin dernier , sur les 9. heures du soir,
les habitans du Village de Pardines s'apperçûrent
que
1672 MERCURE DE FRANCE
que les murailles de leurs maisons s'ébranfoient
sensiblement , ils sortirent , et virent que
le Côteau s'enfonçoit à vue d'oeil , les terres des
endroits élevez tomboient dans le Vallon •
d'autres s'affaissoient tout- à - fait , la terre s'entrouvrant,
formoit de nouvelles fondrieres, celles
qui étoient déja faites devenoient plus grandes ,
le Terrain , qui s'écrouloit en trop grandes
piéces , s'arrêtoit et se bouleversoit l'un sur
l'autre , les Rochers qui se détachoient de ces
se précipitoient dans le Vallon , de sorte
que le chemin d'Yssoire à Clermont , voisin de
ce Côteau , est devenu impraticable.
terres ,
Tout cela ne s'est point fait par un mouvement
impétueux , mais assez lentement , et quelquefois
presqu'imperceptiblement. On s'apperçût
en premier lieu d'un mouvement assez sensible
, pendant l'espace de trois ou quatre jours ,
à differentes reprises ; le seul bruit qu'il y a eu
est celui qu'ont fait les Rochers en tombant dans
Vallon , et quelques grosses mottes de terre
qui se détachant des endroits escarpés , se précipitoient
rapidement..
Cet écroulement a emporté 26 Bâtimens, dont
les uns se sont affaissés avec le Terrain , et se
sont enfin écroulés par l'ébranlement des fondations.
Les vestiges des autres paroissent encore
sur la surface de la terre , ayant coulé
avec moins de rapidité dans le Vallon. Il y a eu
une maison qui n'est tombée que le 10. de
Juillet.
On compte que les terres qui se sont éboulées
, ou qui ont été enveloppées sous les décom
bres des autres , forment la quantité de 466 .
euvres de Vigne , 40 septerées de terres labourables
, et je oeuvres de Prés , ce qui peut en tout
compoJUILLET.
1733. 1673
Composer 150 arpens , mesure de Paris. Il est à
remarquer que dans cet espace il y avoit plusieurs
Vergers , et que tout ce terrain étoit couvert
d'Arbres , soit Noyers sur le Côteau , soit
Saules et Peupliers dans le Vallon : on en fait
monter le nombre à 4000. qui ont été culbutés.
>
Si l'on peut former quelques conjectures sur
un évenement si extraordinaire , on pense qu'il
peut venir de la situation du Sol , et de la nature
du Terrain ; la premiere superficie du Côreau
, de la hauteur de quatre à cinq pieds
étoit un terrain assez leger , et facile à se dessecher
par les ardeurs du Soleil. Sous ce premier
lit il y avoit un banc de terre glaise , que l'on
découvre aujourd'hui en plusieurs endroits , lequel
est extrêmement humide , et où l'on voit
même l'eau sourciller.
Les grandes pluyes qui sont tombées au
commencement du Printemps ont pu délaïer ce
banc de glaise , qui a reçû et retenu les eaux du
Côteau qui couloient entre deux terres ; les
chaleurs de l'Eté qui sont venues ensuite ont pâ
dessécher la premiere superficie , et en auront
fait une croûte solide ; or cette croûte s'étant
trouvée sur un terrain gras et humide , d'ailleurs
fort glissant , par sa pente vers le Vallon ,
cette superficie s'est détachée par masses , et a
coulé vers l'endroit de sa pente . Plusieurs parties
se sont affaissées presque insensiblement
soit parce que l'écroulement du terrain voisin a
fait détacher ce qui étoit le plus proche des
terres glaises , soit parce que les eaux ayant
séjourné entre cette croûte superficielle et le
banc de glaise , avoient miné le terrain , &c.
Il y a eu des Champs entiers qui ont coulé
dans
16 MERCURE DE FRANCE
dans le Vallon , et l'on y voit encore des Vi
gnes , avec leurs échalas , dans la même assiete
qu'elles étoient sur le Côteau. Enfin il y en a
qui se sont entierement bouleversées , parce
que la partie inférieure de cette croûte , ayant
touché au terrain solide s'est arrêtée , et le
mouvement l'a fait briser en morceaux qui se
sont séparez , et se sont culbutés les uns sur les
autres de différentes manieres.
Je dois ajoûter ici que cet Accident n'est pas
sans exemple dans la Province d'Auvergne ; à la.
verité , on n'en avoit jamais vû de si considérables
; il est souvent arrivé que des piéces de
terre d'un quartier , et d'un demi arpent , se
sont détachées des Côteaux , et ont coulé sensiblement
sur les héritages inferieurs.
Quelque considerable que soit cet Accident
pour les malheureux qui l'ont ressenti , il seroit
à souhaiter que ce fut le seul qui fut arrivé dans
notre Province , les inondations de l'Allier , des
Rivieres er des Ruisseaux , er depuis les grêles
qui sont tombées continuellement ont ruiné plus
de too. Paroisses , et les ont mis hors d'état de
recueillir ni Bled , ni Vin , ni Chanyre cette
année.
mont , en Auvergne , au sujet de l'Acci-
.dent arrivé au mois de Juin dernier.
L
A Paroisse de Pardines , Election d'Yssoire ;
est située à une lieuë de la Ville d'Yssoire
sur le chemin de Clermont , presque au haut
dun Côteau rapide . Elle est séparée en deux
Villages ou Hameaux , éloignez l'un de l'autre
d'environ 200. pas , l'un qu'on appelle le Fort
dans lequel se trouve l'Eglise Paroissiale et une
partie des maisons des Habitans , situé sur le
Roc. On y voit les vestiges d'une ancienne Fortification
qui entouroit quelques maisons dans
le tems des Guerres. L'autre Village , que l'on
nomme proprement Pardines , cont noit la plus
grande partie des maisons aŭ nombre de 46. Le
Terrain , sur lequel le Village étoit bâti , qui
est le même que celui de tout le Côteau , est
d'une terre franche et légere , mêlée d'un peu
d'Argile ; il s'y trouve aussi des Pierres et quel
ques Rochers de médiocre gross ur le Tri
toire est fort bien cultivé et très abondant . I y
avoit des terres semées en grains , des Vergers,
et la plus grande partie étoit en Vignes Tout le
sol étoit couvert d'Arbres fruiti rs et sur tout
de Noyers. Cette terre se séchoit et se gersoit
facilement par la chaleur ; on s'appercevoit mê
me depuis long- tems qu'il s'y faisoit des fentes
d'une profondeur extraordinaire , et quelquefois
ces féniés s'élargissoient , et enfin formoient des
fondrieres.
>
Le 23 Juin dernier , sur les 9. heures du soir,
les habitans du Village de Pardines s'apperçûrent
que
1672 MERCURE DE FRANCE
que les murailles de leurs maisons s'ébranfoient
sensiblement , ils sortirent , et virent que
le Côteau s'enfonçoit à vue d'oeil , les terres des
endroits élevez tomboient dans le Vallon •
d'autres s'affaissoient tout- à - fait , la terre s'entrouvrant,
formoit de nouvelles fondrieres, celles
qui étoient déja faites devenoient plus grandes ,
le Terrain , qui s'écrouloit en trop grandes
piéces , s'arrêtoit et se bouleversoit l'un sur
l'autre , les Rochers qui se détachoient de ces
se précipitoient dans le Vallon , de sorte
que le chemin d'Yssoire à Clermont , voisin de
ce Côteau , est devenu impraticable.
terres ,
Tout cela ne s'est point fait par un mouvement
impétueux , mais assez lentement , et quelquefois
presqu'imperceptiblement. On s'apperçût
en premier lieu d'un mouvement assez sensible
, pendant l'espace de trois ou quatre jours ,
à differentes reprises ; le seul bruit qu'il y a eu
est celui qu'ont fait les Rochers en tombant dans
Vallon , et quelques grosses mottes de terre
qui se détachant des endroits escarpés , se précipitoient
rapidement..
Cet écroulement a emporté 26 Bâtimens, dont
les uns se sont affaissés avec le Terrain , et se
sont enfin écroulés par l'ébranlement des fondations.
Les vestiges des autres paroissent encore
sur la surface de la terre , ayant coulé
avec moins de rapidité dans le Vallon. Il y a eu
une maison qui n'est tombée que le 10. de
Juillet.
On compte que les terres qui se sont éboulées
, ou qui ont été enveloppées sous les décom
bres des autres , forment la quantité de 466 .
euvres de Vigne , 40 septerées de terres labourables
, et je oeuvres de Prés , ce qui peut en tout
compoJUILLET.
1733. 1673
Composer 150 arpens , mesure de Paris. Il est à
remarquer que dans cet espace il y avoit plusieurs
Vergers , et que tout ce terrain étoit couvert
d'Arbres , soit Noyers sur le Côteau , soit
Saules et Peupliers dans le Vallon : on en fait
monter le nombre à 4000. qui ont été culbutés.
>
Si l'on peut former quelques conjectures sur
un évenement si extraordinaire , on pense qu'il
peut venir de la situation du Sol , et de la nature
du Terrain ; la premiere superficie du Côreau
, de la hauteur de quatre à cinq pieds
étoit un terrain assez leger , et facile à se dessecher
par les ardeurs du Soleil. Sous ce premier
lit il y avoit un banc de terre glaise , que l'on
découvre aujourd'hui en plusieurs endroits , lequel
est extrêmement humide , et où l'on voit
même l'eau sourciller.
Les grandes pluyes qui sont tombées au
commencement du Printemps ont pu délaïer ce
banc de glaise , qui a reçû et retenu les eaux du
Côteau qui couloient entre deux terres ; les
chaleurs de l'Eté qui sont venues ensuite ont pâ
dessécher la premiere superficie , et en auront
fait une croûte solide ; or cette croûte s'étant
trouvée sur un terrain gras et humide , d'ailleurs
fort glissant , par sa pente vers le Vallon ,
cette superficie s'est détachée par masses , et a
coulé vers l'endroit de sa pente . Plusieurs parties
se sont affaissées presque insensiblement
soit parce que l'écroulement du terrain voisin a
fait détacher ce qui étoit le plus proche des
terres glaises , soit parce que les eaux ayant
séjourné entre cette croûte superficielle et le
banc de glaise , avoient miné le terrain , &c.
Il y a eu des Champs entiers qui ont coulé
dans
16 MERCURE DE FRANCE
dans le Vallon , et l'on y voit encore des Vi
gnes , avec leurs échalas , dans la même assiete
qu'elles étoient sur le Côteau. Enfin il y en a
qui se sont entierement bouleversées , parce
que la partie inférieure de cette croûte , ayant
touché au terrain solide s'est arrêtée , et le
mouvement l'a fait briser en morceaux qui se
sont séparez , et se sont culbutés les uns sur les
autres de différentes manieres.
Je dois ajoûter ici que cet Accident n'est pas
sans exemple dans la Province d'Auvergne ; à la.
verité , on n'en avoit jamais vû de si considérables
; il est souvent arrivé que des piéces de
terre d'un quartier , et d'un demi arpent , se
sont détachées des Côteaux , et ont coulé sensiblement
sur les héritages inferieurs.
Quelque considerable que soit cet Accident
pour les malheureux qui l'ont ressenti , il seroit
à souhaiter que ce fut le seul qui fut arrivé dans
notre Province , les inondations de l'Allier , des
Rivieres er des Ruisseaux , er depuis les grêles
qui sont tombées continuellement ont ruiné plus
de too. Paroisses , et les ont mis hors d'état de
recueillir ni Bled , ni Vin , ni Chanyre cette
année.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Clermont, en Auvergne, au sujet de l'Accident arrivé au mois de Juin dernier.
En juin 1672, la paroisse de Pardines, située près de la ville d'Yssoire en Auvergne, a été le théâtre d'un événement majeur. La paroisse est composée de deux hameaux : le Fort, où se trouve l'église, et Pardines, qui compte 46 maisons. Le terrain, bien cultivé et fertile, est sujet à des fissures et des affaissements. Le 23 juin, les habitants ont observé des mouvements de terrain inquiétants. Les murs des maisons se sont ébranlés et le coteau s'est enfoncé progressivement. Cet écroulement, qui a duré plusieurs jours, a rendu le chemin entre Yssoire et Clermont impraticable. Il a détruit 26 bâtiments et affecté environ 150 arpents de terrain, incluant des vignes, des terres labourables et des prés. Environ 4000 arbres ont été renversés. Les causes de cet événement sont attribuées à la nature du sol et aux conditions météorologiques. Les pluies printanières ont délité un banc de terre glaise sous une couche superficielle légère. Cette couche s'est ensuite desséchée et fissurée sous l'effet de la chaleur estivale. La croûte superficielle a glissé vers le vallon, entraînant des affaissements de terrain. Cet accident n'est pas unique en Auvergne, mais il est particulièrement significatif. En outre, la province a également souffert d'inondations et de grêles, affectant de nombreuses paroisses et compromettant les récoltes de blé, de vin et de chanvre pour l'année.
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6196
p. 186-191
LETTRE A M. LE DUC DE *** A Versailles.
Début :
On vous a dit vray, Monseigneur, ceux qui se piquent [...]
Mots clefs :
La Motte, Iliade, Madame Dacier, Iliade française, Grec, Homère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE A M. LE DUC DE *** A Versailles.
LETTRE
A M. LE DUC DE ***
jiVerfaMss.
On vous a ditvray
,
Monseigneur,
ceux qui se piquent
icy de sçavoir le Grec, trouvent
fort mauvais que M. de
la Motte, qui l'ignore
,
ce
foit mêlé de faire quelques
Observations sur un Ouvrage,
dont l'Original est Grec:
mais il y a une chose à dire
pour sa deffense, à laquelle je
ne vois point de replique. Il
ne se propose point d'examinerl'Iliade
Grecque d'Homerc,
qu'il n'entend point, mais
feulement l'Iliade Françoise
de Madame Dacier, que tout
le monde entend. Or peuton
trouver mauvais qu'il
se foit mêlédexaminer un
Poëme en Prose, écrit sur
un sujet interessant.
Si Madame Dacier a mal
traduit tous les endroits sur
lesquels il fonde sa Critique,
si elle y a fait dire à Homere
des choses abfurdcs & impertinentes,
M. de la Motte n'en
cft pas coupable: c'est à elle
à se justifier, c'està elle feule
à garentir la fidelité de sa traduction
: mais quand cette
traduction seroit infidelle précisément
dans tous ces endroits
, les Observations de
M. de la Motte ne porteroient
pas à faux pour cela,
puisqu'elles tomberoient au
moins sur l'Ouvrage François,
qui pour tous ceux qui,
comme nous, ne sçavent
point de Grec, peut avecraison
tenir lieu d'un Ouvrage
Original. Or diront-ils que
tel qu'il est,il n'est pas digne
d'estrecritiqué par des Connoisseurs
?
La feule choseque doit garantir
M. de la Motte, c'est
la verité & lajustesse de ses
Critiques : voilà ce qui (si de
son fait, voilà ce dont il doit
répondre, c'est le seul endroit
par où ses Advcrfaircs peuvent
l'attaquer, sinon avec
succés, du moins sans injustice.
Or il les attend de pied
ferme, & même de concert
avec les Spectateursde la Dispute,
illesdéfie.
Il eG vray que si les Obfervarions
sont raisonnables
contre l'Iliade Françoise, il
ne reste à ces Messieurs, pour
en garanrir l'Iliade Grecque,
qu'à soûtenir que les endroits
bien critiquez ne sont pas
bien traduits;mais c'est justement
ce côté quedeffend Madame
Dacier, & M. de la
Motte le croit si bien deffendu,
que pour l'honneur
d'Homere même ils n'oseront
jamais l'attaquer.
A Pariscezz.Janvier1714.
A M. LE DUC DE ***
jiVerfaMss.
On vous a ditvray
,
Monseigneur,
ceux qui se piquent
icy de sçavoir le Grec, trouvent
fort mauvais que M. de
la Motte, qui l'ignore
,
ce
foit mêlé de faire quelques
Observations sur un Ouvrage,
dont l'Original est Grec:
mais il y a une chose à dire
pour sa deffense, à laquelle je
ne vois point de replique. Il
ne se propose point d'examinerl'Iliade
Grecque d'Homerc,
qu'il n'entend point, mais
feulement l'Iliade Françoise
de Madame Dacier, que tout
le monde entend. Or peuton
trouver mauvais qu'il
se foit mêlédexaminer un
Poëme en Prose, écrit sur
un sujet interessant.
Si Madame Dacier a mal
traduit tous les endroits sur
lesquels il fonde sa Critique,
si elle y a fait dire à Homere
des choses abfurdcs & impertinentes,
M. de la Motte n'en
cft pas coupable: c'est à elle
à se justifier, c'està elle feule
à garentir la fidelité de sa traduction
: mais quand cette
traduction seroit infidelle précisément
dans tous ces endroits
, les Observations de
M. de la Motte ne porteroient
pas à faux pour cela,
puisqu'elles tomberoient au
moins sur l'Ouvrage François,
qui pour tous ceux qui,
comme nous, ne sçavent
point de Grec, peut avecraison
tenir lieu d'un Ouvrage
Original. Or diront-ils que
tel qu'il est,il n'est pas digne
d'estrecritiqué par des Connoisseurs
?
La feule choseque doit garantir
M. de la Motte, c'est
la verité & lajustesse de ses
Critiques : voilà ce qui (si de
son fait, voilà ce dont il doit
répondre, c'est le seul endroit
par où ses Advcrfaircs peuvent
l'attaquer, sinon avec
succés, du moins sans injustice.
Or il les attend de pied
ferme, & même de concert
avec les Spectateursde la Dispute,
illesdéfie.
Il eG vray que si les Obfervarions
sont raisonnables
contre l'Iliade Françoise, il
ne reste à ces Messieurs, pour
en garanrir l'Iliade Grecque,
qu'à soûtenir que les endroits
bien critiquez ne sont pas
bien traduits;mais c'est justement
ce côté quedeffend Madame
Dacier, & M. de la
Motte le croit si bien deffendu,
que pour l'honneur
d'Homere même ils n'oseront
jamais l'attaquer.
A Pariscezz.Janvier1714.
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Résumé : LETTRE A M. LE DUC DE *** A Versailles.
La lettre, datée du 22 janvier 1714, est adressée à un duc et aborde une controverse littéraire entre M. de la Motte et Madame Dacier. M. de la Motte est critiqué pour avoir commenté l'Iliade d'Homère sans connaître le grec. Il se défend en expliquant qu'il analyse la traduction française de Madame Dacier. Ses observations portent sur le poème en prose français, accessible à tous, et non sur l'original grec. La validité de ses critiques ne dépend pas de l'exactitude de la traduction. M. de la Motte affirme que ses critiques sont justes et défie ses adversaires de prouver le contraire. Si ses observations sont correctes concernant la version française, les défenseurs de l'Iliade grecque devront démontrer que les passages critiqués sont mal traduits, ce que Madame Dacier défend déjà. M. de la Motte est convaincu que ses adversaires n'oseront pas attaquer Homère sur ce point.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6197
p. 2683-2688
MORTS ET MARIAGES.
Début :
Charles-Maurice Colbert de Villacerf, Abbé de S. Pierre de Neusle [...]
Mots clefs :
Marquis, Écuyer du roi, Docteur en théologie, Chevalier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS ET MARIAGES.
MORTS ET MARIAGES.
· Harles Maurice Colbert de Villacert
,Abbé de S. Pierre de Neanfle
-le vieil et de S. André en Goulfer
mourut le 26 d'Octobre .
"
>
Le 27 , N. Pezey , Herault er Garde-
Armorial , Frere servant d'Armes des
Ordres Royaux , Militaires et Hospitaliers
de N. D. de Mont-Carmel et de
S. Lazare de Jerusalem , ancien Directeur
de l'Académie de S. Luc , mourut
âgé de 83 ans.
D. Claire-Marie , née Princesse de Lis
...I vj gre,
2684 MERCURE DE FRANCE
gne , Epouse de M. Scipion-Louis-Joseph
de la Garde , Marquis de Chambonas
, Comte de S. Julliat , Baron des
Etats de Languedoc , Lieutenant de Roy
de la même Province , Enseigne de la
Compagnie des Gendarmes de la Garde
du Roy , mourut à Paris le 5 de ce mois ,
âgée de 30. ans.
> M. Claude-Adrien de Baussan Chevalier
, Seigneur de Toiry , Frere de
l'Intendant de Poitiers , ancien Ecuyer
du Roy , mourut le 7 , âgé de so. ans,
ou environ. Il fut nommé par le Roy
pour commander l'Equipage que S. M.
envoya pour conduire la Reine en Fran
ce. Cette Princesse l'honora d'une pension
, et lui donna d'autres marques dignes
de la liberalité de S. M.
>
Le même jour , M. Louis - François
Maurin, Doyen des Auditeurs des Comptes
, mourut âgé de 77. ans .
D. Charlotte de Serre , Veuve de M.
François le Bas du Plessis , Ecuyer , ancien
Trésorier de l'Extraordinaire des
Guerres mourut aussi le même jour ,
âgée de 66. ans .
و
Honoré , Comte de Ste. Maure , Marquis
d'Archiac , Baron de la Tour Blanche
, Seigneur de la Feüillade , Premier
Ecuyer de la Grande Ecurie du Roy
mourut
NOVEMBRE . 1731. 2635
mourut à Paris le 8 , dans la 79 année
de son âge. Il avoit été Menin de M. le
Dauphin , Ayeul de S. M
Ecuyer de M. le Duc de Berry , et Capitaine
de la Plaine S. Denis.
و
M ,
Premier
>
Le ୨ D. Marguerite Cherré Veuve
de Nicolas le Clerc , Ecuyer , Seigneur
de Brisguiche et de Riberpré , ancien
Trésorier General de l'Extraordinaire des
Cuerres , mourut âgée de 64. ans.
Dame Pelagic Constance du Lis , Epou
se de M. Pierre de Brilhac , Seigneur de
la Vicomté de Geneay , &c . Premier Président
du Parlement de Bretagne , Con-
-seiller du Roy en tous ses Conseils
mourut à Paris le 11 Novembre , âgée
d'environ 40. ans .
Michel- Pierre d'Argouges , Evêque de
Perigueux , et Abbé de N. D. de Jouy',
mourut dans son Diocèse le 13. de ce
mois , dans la 47. année de son âge.
Guy de la Rochefoucauld , Duc de la
Rocheguyon , Comte de Durtal , Baron
d'Estissac , &c. Mestre de Camp de Cavalerie
, mourut le 16 de ce mois , âgé
d'environ 32. ans. Son corps fut transporté
de l'Eglise S. Sulpice sa Paroisse ,
en celle de Ste . Geneviève , où est la sé
pulture de sa Maison. Il fut presenté au
R. P. Prieur par M. l'Abbé Amé , Docteur
2636 MERCURE DE FRANCE
teur en Théologie , lequel fit à ce sujet
un Discours également pieux et éloquent.
Le 3 Septembre dernier , le Marquis
de Sabrevois des Cluselles , Capitaine au
Regiment du Maine Cavalerie , épousa
Françoise Louise de Quiry , fille de Louis,
Comte de Quiry , Lieutenant General de
la Province d'Aunix , Ville et Gouverne
ment de la Roch lle , Isle de Rhé , Brouage
, Rochefort , Oleron , Places et Forteresses
en dépendantes , Châteaux et
Isles adjacentes , Gouverneur des Tours ,
Ports , Havres et Chaines de la Rochelle,
Mestre de Camp de Cavalerie , et Chevalier
de l'Ordre Royal et Militaire de S.
Louis , et de Dame Marie de Malesieux
Dame d'honneur de S. A. S. Mademoiselle
du Maine , La maison de Sabrevois
est ancienne , puisqu'elle tenoir rang dès
Pan 1368 , suivant un compte de Jean le
Mercier , Trésorier General des Guerres
en ladite année . Claude de Sabrevois ,
en 1932. Chambellan du Roy , et Chevalier
de son ordre . Charles de Sabrevois ,
Chevalier de Malthe , fut reçu Grand
Prieur de France le 12 Juin 1617 , alliez
à la maison de Mailly , de vieux Pont
Epinay , Alegre , &c. La Ceremonie fut
faite par l'Evêque de Lavaur , Oncle de
La
NOVEMBRE . 1731. 287
la nouvelle mariée , dans la Chapelle de
M. le Comte de Guiry , à Bagneux , près
Paris..
M. François du Four, sieur de la Tour,
Chevalier , Seigneur , Baron de Veze en
Auvergne , Capitaine au Regiment de la
Ferté Imbaut ; épousa le trois du mois
passé au Château de Pully , près de Baugenci
, M Rose Gédoyn , fille de M.Alphonse
Gédoyn , Chevalier , Seigneur de
Pully , Capitaine des Vaisseaux du Roy
Gouverneur de la Ville et du Château de
Baugenci , et de Dame Rose Tourtié.
Cette Demoiselle qui a l'honneur d'être
alliée à plusieurs grandes Maisons , telles
que les Maisons de Gesvre , de Canillac ,
de Saucour , de Gravilles , et à plusieurs
familles distinguées dans l'Epée et dans
la Robbe , descend en droite ligne de ce
Robert Gédoyn , si célébre en son temps,,
qui a été Sécretaire des Commandemens
sous quatre de nos Rois , et dont nous./
lisons cette belle Epitaphe dans les Ocuvres
de Marot.
Sçais- tu , passant , de qui est ce tombeau ?
D'un , qui jadis , en cheminant tout beau ,
Monta plus haut que tous ceux qui se hâtent
C'est le tombeau , là où les vers s'apartent,
C'est
2888 MERCURE DE FRANCE
Du bon vieillard agréable et heureux ,
Dont tu as vû tout le monde amoureux .
Cy - gît , hélas ! plus je ne le puis taire ,
Robert Gédoyn , excellent Secretaire ,
Qui quatre Rois servit sans désaroi ,
Maintenant est avecque le grand Roy ,
Où il repose après travail et peine.
Or avécu personne d'âge plein ,
Pleine de biens & vertus honorables ',
Puis a laissé ce monde misérable "
Sans le regret qui l'homme souvent mord ;
O vie heureuse ! ô bien heureuse mort !
François - Louis de Lovel de Murat ,
Comte de Nogaret de Calvisson , âgé
d'environ dix huit ans , fils de Louis de
Murat de Nogaret , Marquis de Calvisson
, &c. Baron des Etats de Languedoc ,
Colonel d'Infanterie , Commandant pour
le Roy de la Ville de Marsillargues , et de
Dame Louise de Louet de Murat de Nogaret
de Calvisson, épousa le 22 Novembre
, Dame Anne- Magdelaine - Adelaïde
de Maupeou , âgée de seize ans ; fille de
René-Charles de Maupeou , Marquis de
Morangle et de Montigny, &c . President
au Parlement ; et de Dame Anne- Victoire
de Lamoignon de Courson . La célébration
fut faite dans l'Eglise Paroissialle
de S. Paul de cette Ville .
· Harles Maurice Colbert de Villacert
,Abbé de S. Pierre de Neanfle
-le vieil et de S. André en Goulfer
mourut le 26 d'Octobre .
"
>
Le 27 , N. Pezey , Herault er Garde-
Armorial , Frere servant d'Armes des
Ordres Royaux , Militaires et Hospitaliers
de N. D. de Mont-Carmel et de
S. Lazare de Jerusalem , ancien Directeur
de l'Académie de S. Luc , mourut
âgé de 83 ans.
D. Claire-Marie , née Princesse de Lis
...I vj gre,
2684 MERCURE DE FRANCE
gne , Epouse de M. Scipion-Louis-Joseph
de la Garde , Marquis de Chambonas
, Comte de S. Julliat , Baron des
Etats de Languedoc , Lieutenant de Roy
de la même Province , Enseigne de la
Compagnie des Gendarmes de la Garde
du Roy , mourut à Paris le 5 de ce mois ,
âgée de 30. ans.
> M. Claude-Adrien de Baussan Chevalier
, Seigneur de Toiry , Frere de
l'Intendant de Poitiers , ancien Ecuyer
du Roy , mourut le 7 , âgé de so. ans,
ou environ. Il fut nommé par le Roy
pour commander l'Equipage que S. M.
envoya pour conduire la Reine en Fran
ce. Cette Princesse l'honora d'une pension
, et lui donna d'autres marques dignes
de la liberalité de S. M.
>
Le même jour , M. Louis - François
Maurin, Doyen des Auditeurs des Comptes
, mourut âgé de 77. ans .
D. Charlotte de Serre , Veuve de M.
François le Bas du Plessis , Ecuyer , ancien
Trésorier de l'Extraordinaire des
Guerres mourut aussi le même jour ,
âgée de 66. ans .
و
Honoré , Comte de Ste. Maure , Marquis
d'Archiac , Baron de la Tour Blanche
, Seigneur de la Feüillade , Premier
Ecuyer de la Grande Ecurie du Roy
mourut
NOVEMBRE . 1731. 2635
mourut à Paris le 8 , dans la 79 année
de son âge. Il avoit été Menin de M. le
Dauphin , Ayeul de S. M
Ecuyer de M. le Duc de Berry , et Capitaine
de la Plaine S. Denis.
و
M ,
Premier
>
Le ୨ D. Marguerite Cherré Veuve
de Nicolas le Clerc , Ecuyer , Seigneur
de Brisguiche et de Riberpré , ancien
Trésorier General de l'Extraordinaire des
Cuerres , mourut âgée de 64. ans.
Dame Pelagic Constance du Lis , Epou
se de M. Pierre de Brilhac , Seigneur de
la Vicomté de Geneay , &c . Premier Président
du Parlement de Bretagne , Con-
-seiller du Roy en tous ses Conseils
mourut à Paris le 11 Novembre , âgée
d'environ 40. ans .
Michel- Pierre d'Argouges , Evêque de
Perigueux , et Abbé de N. D. de Jouy',
mourut dans son Diocèse le 13. de ce
mois , dans la 47. année de son âge.
Guy de la Rochefoucauld , Duc de la
Rocheguyon , Comte de Durtal , Baron
d'Estissac , &c. Mestre de Camp de Cavalerie
, mourut le 16 de ce mois , âgé
d'environ 32. ans. Son corps fut transporté
de l'Eglise S. Sulpice sa Paroisse ,
en celle de Ste . Geneviève , où est la sé
pulture de sa Maison. Il fut presenté au
R. P. Prieur par M. l'Abbé Amé , Docteur
2636 MERCURE DE FRANCE
teur en Théologie , lequel fit à ce sujet
un Discours également pieux et éloquent.
Le 3 Septembre dernier , le Marquis
de Sabrevois des Cluselles , Capitaine au
Regiment du Maine Cavalerie , épousa
Françoise Louise de Quiry , fille de Louis,
Comte de Quiry , Lieutenant General de
la Province d'Aunix , Ville et Gouverne
ment de la Roch lle , Isle de Rhé , Brouage
, Rochefort , Oleron , Places et Forteresses
en dépendantes , Châteaux et
Isles adjacentes , Gouverneur des Tours ,
Ports , Havres et Chaines de la Rochelle,
Mestre de Camp de Cavalerie , et Chevalier
de l'Ordre Royal et Militaire de S.
Louis , et de Dame Marie de Malesieux
Dame d'honneur de S. A. S. Mademoiselle
du Maine , La maison de Sabrevois
est ancienne , puisqu'elle tenoir rang dès
Pan 1368 , suivant un compte de Jean le
Mercier , Trésorier General des Guerres
en ladite année . Claude de Sabrevois ,
en 1932. Chambellan du Roy , et Chevalier
de son ordre . Charles de Sabrevois ,
Chevalier de Malthe , fut reçu Grand
Prieur de France le 12 Juin 1617 , alliez
à la maison de Mailly , de vieux Pont
Epinay , Alegre , &c. La Ceremonie fut
faite par l'Evêque de Lavaur , Oncle de
La
NOVEMBRE . 1731. 287
la nouvelle mariée , dans la Chapelle de
M. le Comte de Guiry , à Bagneux , près
Paris..
M. François du Four, sieur de la Tour,
Chevalier , Seigneur , Baron de Veze en
Auvergne , Capitaine au Regiment de la
Ferté Imbaut ; épousa le trois du mois
passé au Château de Pully , près de Baugenci
, M Rose Gédoyn , fille de M.Alphonse
Gédoyn , Chevalier , Seigneur de
Pully , Capitaine des Vaisseaux du Roy
Gouverneur de la Ville et du Château de
Baugenci , et de Dame Rose Tourtié.
Cette Demoiselle qui a l'honneur d'être
alliée à plusieurs grandes Maisons , telles
que les Maisons de Gesvre , de Canillac ,
de Saucour , de Gravilles , et à plusieurs
familles distinguées dans l'Epée et dans
la Robbe , descend en droite ligne de ce
Robert Gédoyn , si célébre en son temps,,
qui a été Sécretaire des Commandemens
sous quatre de nos Rois , et dont nous./
lisons cette belle Epitaphe dans les Ocuvres
de Marot.
Sçais- tu , passant , de qui est ce tombeau ?
D'un , qui jadis , en cheminant tout beau ,
Monta plus haut que tous ceux qui se hâtent
C'est le tombeau , là où les vers s'apartent,
C'est
2888 MERCURE DE FRANCE
Du bon vieillard agréable et heureux ,
Dont tu as vû tout le monde amoureux .
Cy - gît , hélas ! plus je ne le puis taire ,
Robert Gédoyn , excellent Secretaire ,
Qui quatre Rois servit sans désaroi ,
Maintenant est avecque le grand Roy ,
Où il repose après travail et peine.
Or avécu personne d'âge plein ,
Pleine de biens & vertus honorables ',
Puis a laissé ce monde misérable "
Sans le regret qui l'homme souvent mord ;
O vie heureuse ! ô bien heureuse mort !
François - Louis de Lovel de Murat ,
Comte de Nogaret de Calvisson , âgé
d'environ dix huit ans , fils de Louis de
Murat de Nogaret , Marquis de Calvisson
, &c. Baron des Etats de Languedoc ,
Colonel d'Infanterie , Commandant pour
le Roy de la Ville de Marsillargues , et de
Dame Louise de Louet de Murat de Nogaret
de Calvisson, épousa le 22 Novembre
, Dame Anne- Magdelaine - Adelaïde
de Maupeou , âgée de seize ans ; fille de
René-Charles de Maupeou , Marquis de
Morangle et de Montigny, &c . President
au Parlement ; et de Dame Anne- Victoire
de Lamoignon de Courson . La célébration
fut faite dans l'Eglise Paroissialle
de S. Paul de cette Ville .
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Résumé : MORTS ET MARIAGES.
En octobre et novembre 1731, plusieurs décès et mariages notables ont été enregistrés. En octobre, plusieurs personnalités ont décédé, notamment Harles Maurice Colbert de Villacert, abbé de Saint-Pierre de Neanfle et de Saint-André en Goulfer, le 26 octobre. N. Pezey, héraldiste et ancien directeur de l'Académie de Saint-Luc, est mort à l'âge de 83 ans le 27 octobre. Claire-Marie, princesse de Lisle et épouse de Scipion-Louis-Joseph de la Garde, marquis de Chambonas, est décédée à l'âge de 30 ans le 5 octobre. Claude-Adrien de Baussan, chevalier et ancien écuyer du roi, est mort à l'âge de 60 ans le 7 octobre. Louis-François Maurin, doyen des auditeurs des comptes, est décédé à l'âge de 77 ans le 7 octobre. Charlotte de Serre, veuve de François le Bas du Plessis, ancien trésorier des guerres, est morte à l'âge de 66 ans le 7 octobre. Honoré, comte de Sainte-Maure et marquis d'Archiac, premier écuyer de la grande écurie du roi, est décédé à l'âge de 79 ans le 8 octobre. En novembre, d'autres décès ont été signalés, tels que Marguerite Cherré, veuve de Nicolas le Clerc, ancien trésorier général des guerres, à l'âge de 64 ans le 10 novembre. Pelagic Constance du Lis, épouse de Pierre de Brilhac, premier président du Parlement de Bretagne, est morte à environ 40 ans le 11 novembre. Michel-Pierre d'Argouges, évêque de Périgueux, est décédé à l'âge de 47 ans le 13 novembre. Guy de La Rochefoucauld, duc de La Rocheguyon et maître de camp de cavalerie, est mort à environ 32 ans le 16 novembre. Concernant les mariages, le marquis de Sabrevois des Cluselles a épousé Françoise Louise de Quiry le 3 septembre 1731. François du Four, seigneur de Vèze, a épousé Rose Gédoyn le 3 octobre 1731. Enfin, François-Louis de Lovel de Murat, comte de Nogaret de Calvisson, a épousé Anne-Magdelaine-Adélaïde de Maupeou le 22 novembre 1731.
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6198
p. 209-214
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 18 Octobre, M. le Marquis de Conflans, Mestre de Camp [...]
Mots clefs :
Prince de Soubise, Divisions, Compagnies, Marquis, Troupes, Bataille, Ennemis, Force, Colonnes milliaires, Cavalerie, Résistance, Perte, Blessés et morts, Duc de Bourgogne, Problèmes de géométrie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
FRANC E.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE 18 Octobre , M. le Marquis de Conflans ,
Meftre de Camp du Régiment d'Orleans , a ap
porté au Roi le détail de la bataille de Lutzelberg ,
gagnée par l'armée de Sa Majefté , commandée
par M. le Prince de Soubiſe.
La divifion de M. de Chevert , compofée de
vingt- cinq bataillons & dix- huit efcadrons , des.
Huffards de Berchiny , de la Légion Royale , & des
Volontaires de Flandre , arriva le 8 au camp fous
Caffel. 3
#1
Le 9 , celle aux ordres de M. le Duc de Filtz-
James , compofée de dix bataillons & de douze
efcadrons ; paffa la Fulde à la fuite de toute l'armée
. ¡ ་ "
M. le Prince de Soubife deftina la divifion dë
M. de Chevert à attaquer la gauche des ennemis ,
& M. le Marquis de Voyer fut détaché avec vingt
compagnies de Grenadiers , vingt Piquets , quatre
cents cinquante Carabiniers de la cavalerie , la Légion
Royale , les Volontaires de Flandre , & lé
corps de M. Fifcher , pour faire l'avant- garde de
cette divifion .
M. le Prince de Soubife fe propofant de faire
paffer à toute l'armée le ruiffeau de Benthenlagen ,,
& de la faire camper au- delà , chargea M. le Mar
210 MERCURE DE FRANCE.
quis de Voyer de faire fes difpofitions pour atta
quer le village d'Heligenrode ; mais les mouvemens
de l'ennemi déciderent M. le Prince de Soubife
à le faire tourner par fa gauche , & M. le Marquis
de Voyer fe porta en conféquence jufques fur
les hauteurs qui dominent le village d'Halem. Il
fut renforcé pendant la nuit de dix compagnies de
Grenadiers , de la Brigade des Palatins , & de celle
de Dauphin , cavalerie.
Le 10 , à la pointe du jour , on s'apperçut que
l'armée ennemie abandonnoit fon camp , pour occuper
une pofition plus reculée , fur des hauteurs
& dans des bois , qui couvroient également fon
front & fon flanc gauche , M. le Marquis de Voyer,
à la tête de fon avant- garde , palla dans ce même
inſtant le ravin de Dalem , & gagna les hauteurs
de Fifchenſtein ; il fit attaquer , par les Troupes
legeres , le hameau de Breck , & un bois de hautefutaye
qui eft en avant , dans le deffein d'avoir une
connoiffance exacte de la nouvelle pofition des
ennemis : il y eut un feu de moufqueterie fort vif,
& M. le Comte de Chabot repouffa Pennemi.
M. le Prince de Soubife , après avoir fait fes dif
pofitions , fit déboucher toutes les troupes. M. le
Duc de Broglie , à qui il avoit donné l'avant - garde
à commander , canonna l'armée ennemie & la
força de fe mettre en bataille.
x
5
Les troupes , qui avant l'arrivée de M. de Che
vert & de M. le Duc de Filtz James , compofoient
l'armée de M. le Prince de Soubife , fu ent defti¬
nées à attaquer le front de l'ennemi , tandis que
M. le Duc de Filtz- James en attaqueroit la gaus
che , & que M. de Chevert en tourneroit
flanc.
Toutes les troupes étant arrivées à leur point
de déboucher , les avant- gardes de M. le Duc de
NOVEMBRE. 1758. 217
Broglie , & de M. le Marquis de Voyer , rentrerent
dans les colonnes.
A deux heures trois quarts après midi , M. de
Chevert donna , par quatre coups de canon , le
fignal de l'attaque générale , ainfi qu'il en avoit
reçu l'ordre de M. le Prince de Soubife , & il dé❤
boucha en même temps pour marcher à l'ennemi.
Toutes les colonnes s'ébranlerent enfemble ; mais
ayant eu plus de chemin , ou plus d'obſtacles à furmonter
, le plus grand effort du combat fe fit à la
divifion de M. de Chevert.
Les ennemis le voyant entré dans le bois qui
couvroit leur flanc , & craignant , avec raiſon ,
pour leurs derrieres , dégarnirent leur droite , &
porterent la plus grande partie de leurs troupes
en équerre de ce côté là.
Ils fe préfenterent en force à la fortie du bois ,
que les troupes de M. de Chevert avoient traverfé
fur trois colonnes , dont deux d'infanterie , & la
cavalerie dans le centre.
Les ennemis fe voyant preffés par cette difpofition
, pritent le parti de faire avancer une colonne
nombreuſe , pour nous attaquer , & nous
empêcher de déboucher dans la plaine.
M. de Chevert , après l'a oir fait canonner par
fon artillerie , qui a été fervie pendant tout le courant
de la journée avec la plus grande vivacité &
le plus à propos , donna ordre à M. le Marquis de
Voyer , & à M,le Comte de Bellefont , qui étoient
à la tête de la Cavalerie , de charger cette colonne
; dans le moment elle fut attaquée & culbutée .
C'eſt à cette charge que M. le Marquis de Voyer
a été bleffé.
Il y avoit à la tête de chacune de ces colonnes
d'infanterie , une avant- garde de dix compagnies
de Grenadiers , commandée , fgavoir , celle de la
212 MERCURE DE FRANCE.
gauche , par M. le Comte de Salm , & celle de la
droite , par M. le Vicomte de Belfunce. Ce dernier
ayant été dangereufement bleffé , fut remplacé
par M. le Chevalier de Groflier.
La cavalerie , après ce premier combat , déboucha
dans la plaine, & s'y mit en bataille, pour
faire face à celle des ennemis , qui s'avançoit en
bon ordre , afin de favorifer la retraite de la colonne
d'infanterie , & de rétablir le combat ;
cette cavalerie fut bientôt pliée , & tant que la
bataille a duré , elle a toujours eu le même fort
à plufieurs repriſes différentes. Pendant ce temps,
M. le Comte de Luface , à la tête des Saxons ,
qui formoient la colonne de la gauche , attaqua
un gros corps d'ennemis poftés fur une hauteur ,
où ils avoient placé pluffeurs batteries , d'où ils
dominoient la plaine par laquelle nos colonnes
débouchoient. M. le Comte de Luface chargea
M : le Baron d'Hirne de prendre la hauteur à re
vers , tandis qu'il attaqueroit les ennemis de
front. La réfiftance de ceux-ci fut très - opiniâtre ;
mais M. le Comte de Luſace manoeuvra aveċ
tant d'habileté , & preffa l'attaque fi vivement ,
qu'il fe rendit maître de la hauteur , & du canon
que les ennemis y avoient établi . Alors la victoire
ne fut plus balancée , quoique les ennemis
fiffent encore plufieurs tentatives pour nous arrêter
, & favorifer leur retraite. Ils ont pris la
fuite par le village de Lutzelberg , & n'ont fauvé
les débris de leur armée , qu'à la faveur de la nuit.
Au premier moment de l'attaque de M. de Che
vert , M. le Prince de Soubife marcha de front à
l'ennemi , à la tête de fon armée , & la mit , par
la célérité de fes mouvemens , à portée de faire
un feu d'artillerie très-vif & très - fuivi fur l'àr
mée ennemie , qui fut contrainte de ſe jetter ,en
NOVEMBRE . 1758. 215
•
défordre , dans les bois qui bordent la Véra. Ce
Général fit marcher plufieurs détachemens de la
gauche de l'armée , qui ont pourfuivi les ennemis
jufqu'à trois heures du matin .
On ne peut encore rien dire de certain fur
leur perte, qui ne peut être moindre que de trois
à quatre mille hommes. Les troupes de notre
droite ont pris onze pieces de canon , & les Huf
fard de Berchiny , qui étoient fur le flanc gauche
de l'armée , en ont pris treize , avec plufieurs
drapeaux & étendards , & beaucoup de
bagages.
On ne fçait pas encore au jufte le nombre des
prifonniers ,, parce qu'on en amene à tous mo
momens , parmi lefquels il y a des Officiers de
tout grade. Notre perte ne paroît pas confidérable
on ne compte jufqu'à préfent qu'environ
cinq à fix cents hommes tués ou bleſſés . Les ennemis
fe font enfui dans le plus grand défordre ;
lorfqu'ils ont traverfé Munden , leur cavalerie
étoit confondue avec leur infanterie , & ils n'avoient
pas une feule piece de canon > ce qui fait
croire , qu'ils ont abandonné dans les bois ce qui
leur en reftoit.
Ce détail a été fait trop promptement , pour
pouvoir nommer tous ceux qui fe font diftingués
dans cette journée . On peut dire en général , que
toutes les troupes ont montré , à l'envi , une ardeur
& une fermeté digne des Saxons , des Palatins
, & des François ; tous les Commandans
généraux & particuliers leur ont montré l'exemple.
M. le Marquis de Crillon a été détaché avec
trois Brigades d'infanterie , & les troupes légeres
, pour fuivre les ennemis dans leur retraite,
Il s'eft porté jufqu'à Munden , où il a déja fait
quatre cents prifonniers. On ne fçauroit trop
. 114 MERCURE DE FRANCE.
louer les difpofitions générales de M. le Prince
de Soubife .
Monfeigneur le Duc de Bourgogne , âgé de fix
ans onze mois , a préſenté au Roi un Livre des
Problêmes de Géométrie , qu'il a conftruit luimême
, & mis au trait. Il y a ajouté le premier
trait d'un exagone fortifié avec le tracé dù foffé ,
du chemin couvert & du glacis . Ce Livre forme un
un petit in-4°.
Il feroit difficile de fe perfuader, vu l'exactitude
& la netteté avec laquelle ces Problêmes font exécutés,
qu'ils font abfolument l'ouvrage d'un Prince
à peine âgé de fept ans , fi l'on n'avoit des témoins
qu'on ne peut récufer . Monfeigneur le Duc de
Bourgogne , qui avoit travaillé à former ce petit
Ouvrage , dans le deffein de le préfenter au Roi ,
le lui a dédié. L'Epitre Dédicatoire eft de fa compofition
, & elle eft écrite de ſa main .
Ilya long- temps qu'on fçait que ce jeune Prince
s'amule beaucoup de la Géométrie. On a fçu lui
faire une espece de jeu des premieres opérations de
cette ſcience . Les marques fingulieres de jugement
& de pénétration qu'il donne dans un âge anffi
tendre , en font concevoir les plus flatteufes efpérances.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE 18 Octobre , M. le Marquis de Conflans ,
Meftre de Camp du Régiment d'Orleans , a ap
porté au Roi le détail de la bataille de Lutzelberg ,
gagnée par l'armée de Sa Majefté , commandée
par M. le Prince de Soubiſe.
La divifion de M. de Chevert , compofée de
vingt- cinq bataillons & dix- huit efcadrons , des.
Huffards de Berchiny , de la Légion Royale , & des
Volontaires de Flandre , arriva le 8 au camp fous
Caffel. 3
#1
Le 9 , celle aux ordres de M. le Duc de Filtz-
James , compofée de dix bataillons & de douze
efcadrons ; paffa la Fulde à la fuite de toute l'armée
. ¡ ་ "
M. le Prince de Soubife deftina la divifion dë
M. de Chevert à attaquer la gauche des ennemis ,
& M. le Marquis de Voyer fut détaché avec vingt
compagnies de Grenadiers , vingt Piquets , quatre
cents cinquante Carabiniers de la cavalerie , la Légion
Royale , les Volontaires de Flandre , & lé
corps de M. Fifcher , pour faire l'avant- garde de
cette divifion .
M. le Prince de Soubife fe propofant de faire
paffer à toute l'armée le ruiffeau de Benthenlagen ,,
& de la faire camper au- delà , chargea M. le Mar
210 MERCURE DE FRANCE.
quis de Voyer de faire fes difpofitions pour atta
quer le village d'Heligenrode ; mais les mouvemens
de l'ennemi déciderent M. le Prince de Soubife
à le faire tourner par fa gauche , & M. le Marquis
de Voyer fe porta en conféquence jufques fur
les hauteurs qui dominent le village d'Halem. Il
fut renforcé pendant la nuit de dix compagnies de
Grenadiers , de la Brigade des Palatins , & de celle
de Dauphin , cavalerie.
Le 10 , à la pointe du jour , on s'apperçut que
l'armée ennemie abandonnoit fon camp , pour occuper
une pofition plus reculée , fur des hauteurs
& dans des bois , qui couvroient également fon
front & fon flanc gauche , M. le Marquis de Voyer,
à la tête de fon avant- garde , palla dans ce même
inſtant le ravin de Dalem , & gagna les hauteurs
de Fifchenſtein ; il fit attaquer , par les Troupes
legeres , le hameau de Breck , & un bois de hautefutaye
qui eft en avant , dans le deffein d'avoir une
connoiffance exacte de la nouvelle pofition des
ennemis : il y eut un feu de moufqueterie fort vif,
& M. le Comte de Chabot repouffa Pennemi.
M. le Prince de Soubife , après avoir fait fes dif
pofitions , fit déboucher toutes les troupes. M. le
Duc de Broglie , à qui il avoit donné l'avant - garde
à commander , canonna l'armée ennemie & la
força de fe mettre en bataille.
x
5
Les troupes , qui avant l'arrivée de M. de Che
vert & de M. le Duc de Filtz James , compofoient
l'armée de M. le Prince de Soubife , fu ent defti¬
nées à attaquer le front de l'ennemi , tandis que
M. le Duc de Filtz- James en attaqueroit la gaus
che , & que M. de Chevert en tourneroit
flanc.
Toutes les troupes étant arrivées à leur point
de déboucher , les avant- gardes de M. le Duc de
NOVEMBRE. 1758. 217
Broglie , & de M. le Marquis de Voyer , rentrerent
dans les colonnes.
A deux heures trois quarts après midi , M. de
Chevert donna , par quatre coups de canon , le
fignal de l'attaque générale , ainfi qu'il en avoit
reçu l'ordre de M. le Prince de Soubife , & il dé❤
boucha en même temps pour marcher à l'ennemi.
Toutes les colonnes s'ébranlerent enfemble ; mais
ayant eu plus de chemin , ou plus d'obſtacles à furmonter
, le plus grand effort du combat fe fit à la
divifion de M. de Chevert.
Les ennemis le voyant entré dans le bois qui
couvroit leur flanc , & craignant , avec raiſon ,
pour leurs derrieres , dégarnirent leur droite , &
porterent la plus grande partie de leurs troupes
en équerre de ce côté là.
Ils fe préfenterent en force à la fortie du bois ,
que les troupes de M. de Chevert avoient traverfé
fur trois colonnes , dont deux d'infanterie , & la
cavalerie dans le centre.
Les ennemis fe voyant preffés par cette difpofition
, pritent le parti de faire avancer une colonne
nombreuſe , pour nous attaquer , & nous
empêcher de déboucher dans la plaine.
M. de Chevert , après l'a oir fait canonner par
fon artillerie , qui a été fervie pendant tout le courant
de la journée avec la plus grande vivacité &
le plus à propos , donna ordre à M. le Marquis de
Voyer , & à M,le Comte de Bellefont , qui étoient
à la tête de la Cavalerie , de charger cette colonne
; dans le moment elle fut attaquée & culbutée .
C'eſt à cette charge que M. le Marquis de Voyer
a été bleffé.
Il y avoit à la tête de chacune de ces colonnes
d'infanterie , une avant- garde de dix compagnies
de Grenadiers , commandée , fgavoir , celle de la
212 MERCURE DE FRANCE.
gauche , par M. le Comte de Salm , & celle de la
droite , par M. le Vicomte de Belfunce. Ce dernier
ayant été dangereufement bleffé , fut remplacé
par M. le Chevalier de Groflier.
La cavalerie , après ce premier combat , déboucha
dans la plaine, & s'y mit en bataille, pour
faire face à celle des ennemis , qui s'avançoit en
bon ordre , afin de favorifer la retraite de la colonne
d'infanterie , & de rétablir le combat ;
cette cavalerie fut bientôt pliée , & tant que la
bataille a duré , elle a toujours eu le même fort
à plufieurs repriſes différentes. Pendant ce temps,
M. le Comte de Luface , à la tête des Saxons ,
qui formoient la colonne de la gauche , attaqua
un gros corps d'ennemis poftés fur une hauteur ,
où ils avoient placé pluffeurs batteries , d'où ils
dominoient la plaine par laquelle nos colonnes
débouchoient. M. le Comte de Luface chargea
M : le Baron d'Hirne de prendre la hauteur à re
vers , tandis qu'il attaqueroit les ennemis de
front. La réfiftance de ceux-ci fut très - opiniâtre ;
mais M. le Comte de Luſace manoeuvra aveċ
tant d'habileté , & preffa l'attaque fi vivement ,
qu'il fe rendit maître de la hauteur , & du canon
que les ennemis y avoient établi . Alors la victoire
ne fut plus balancée , quoique les ennemis
fiffent encore plufieurs tentatives pour nous arrêter
, & favorifer leur retraite. Ils ont pris la
fuite par le village de Lutzelberg , & n'ont fauvé
les débris de leur armée , qu'à la faveur de la nuit.
Au premier moment de l'attaque de M. de Che
vert , M. le Prince de Soubife marcha de front à
l'ennemi , à la tête de fon armée , & la mit , par
la célérité de fes mouvemens , à portée de faire
un feu d'artillerie très-vif & très - fuivi fur l'àr
mée ennemie , qui fut contrainte de ſe jetter ,en
NOVEMBRE . 1758. 215
•
défordre , dans les bois qui bordent la Véra. Ce
Général fit marcher plufieurs détachemens de la
gauche de l'armée , qui ont pourfuivi les ennemis
jufqu'à trois heures du matin .
On ne peut encore rien dire de certain fur
leur perte, qui ne peut être moindre que de trois
à quatre mille hommes. Les troupes de notre
droite ont pris onze pieces de canon , & les Huf
fard de Berchiny , qui étoient fur le flanc gauche
de l'armée , en ont pris treize , avec plufieurs
drapeaux & étendards , & beaucoup de
bagages.
On ne fçait pas encore au jufte le nombre des
prifonniers ,, parce qu'on en amene à tous mo
momens , parmi lefquels il y a des Officiers de
tout grade. Notre perte ne paroît pas confidérable
on ne compte jufqu'à préfent qu'environ
cinq à fix cents hommes tués ou bleſſés . Les ennemis
fe font enfui dans le plus grand défordre ;
lorfqu'ils ont traverfé Munden , leur cavalerie
étoit confondue avec leur infanterie , & ils n'avoient
pas une feule piece de canon > ce qui fait
croire , qu'ils ont abandonné dans les bois ce qui
leur en reftoit.
Ce détail a été fait trop promptement , pour
pouvoir nommer tous ceux qui fe font diftingués
dans cette journée . On peut dire en général , que
toutes les troupes ont montré , à l'envi , une ardeur
& une fermeté digne des Saxons , des Palatins
, & des François ; tous les Commandans
généraux & particuliers leur ont montré l'exemple.
M. le Marquis de Crillon a été détaché avec
trois Brigades d'infanterie , & les troupes légeres
, pour fuivre les ennemis dans leur retraite,
Il s'eft porté jufqu'à Munden , où il a déja fait
quatre cents prifonniers. On ne fçauroit trop
. 114 MERCURE DE FRANCE.
louer les difpofitions générales de M. le Prince
de Soubife .
Monfeigneur le Duc de Bourgogne , âgé de fix
ans onze mois , a préſenté au Roi un Livre des
Problêmes de Géométrie , qu'il a conftruit luimême
, & mis au trait. Il y a ajouté le premier
trait d'un exagone fortifié avec le tracé dù foffé ,
du chemin couvert & du glacis . Ce Livre forme un
un petit in-4°.
Il feroit difficile de fe perfuader, vu l'exactitude
& la netteté avec laquelle ces Problêmes font exécutés,
qu'ils font abfolument l'ouvrage d'un Prince
à peine âgé de fept ans , fi l'on n'avoit des témoins
qu'on ne peut récufer . Monfeigneur le Duc de
Bourgogne , qui avoit travaillé à former ce petit
Ouvrage , dans le deffein de le préfenter au Roi ,
le lui a dédié. L'Epitre Dédicatoire eft de fa compofition
, & elle eft écrite de ſa main .
Ilya long- temps qu'on fçait que ce jeune Prince
s'amule beaucoup de la Géométrie. On a fçu lui
faire une espece de jeu des premieres opérations de
cette ſcience . Les marques fingulieres de jugement
& de pénétration qu'il donne dans un âge anffi
tendre , en font concevoir les plus flatteufes efpérances.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le 18 octobre, le Marquis de Conflans informa le roi de la victoire française à la bataille de Lutzelberg, dirigée par le Prince de Soubise. Le 8 octobre, la division de Chevert, composée de 25 bataillons et 18 escadrons, arriva au camp sous Cassel. Le 9 octobre, la division du Duc de Fitz-James, formée de 10 bataillons et 12 escadrons, traversa la Fulde. Le Prince de Soubise ordonna à Chevert d'attaquer la gauche ennemie et à Voyer de former l'avant-garde avec des grenadiers, des carabiniers, la Légion Royale et les Volontaires de Flandre. Le 10 octobre, l'armée ennemie se retira vers une position plus reculée. Voyer traversa le ravin de Dalem et atteignit les hauteurs de Fifchenstein, attaquant le hameau de Breck. À 14h30, le Prince de Soubise ordonna une attaque générale. Les ennemis, voyant Chevert dans le bois, renforcèrent leur gauche en dégarnissant leur droite. Chevert lança une charge de cavalerie, blessant le Marquis de Voyer. La cavalerie ennemie fut repoussée à plusieurs reprises. Le Comte de Lusace captura une hauteur stratégique, assurant la victoire. Les ennemis fuirent par Lutzelberg, abandonnant canons, drapeaux et bagages. Les pertes ennemies furent estimées entre 3 000 et 4 000 hommes, contre 500 à 600 pour les Français. Le Marquis de Crillon poursuivit les ennemis et captura 400 prisonniers à Munden. Par ailleurs, le Duc de Bourgogne, âgé de 6 ans, présenta au roi un livre de géométrie qu'il avait rédigé.
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6199
p. 211-[2]16
MORTS.
Début :
Messire Gilles-Michel de Marescot, Chevalier Seigneur de Thoiry, &c. [...]
Mots clefs :
Jeanne de Saveuse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Meffire Gilles - Michel de
Marefcot , Chevalier Seigneur
de Thoiry , & c. Chevalier de
l'Ordre de S. Louis & de S.
Lazare de Jerufalem , Colonel
& Maréchal des Logis
General de la Cavalerie de
France , mourut le 8. Mars
en fa 67° année , laiffant une
fiile unique
.
Sij
212 MERCURE
#
Meffire Nicolas de Paris ,
Seigneur de Branfcourt de
Machau , Pafquy , &c. Confeiller
au Parlement , mourut
le 13. Mars,
Dame Jeanne de Guenegaud
, veuve de Meffire Louis
Bazin , Chevalier Seigneur de
Bezons , Confeiller d'Etat ordinaire
, mourut le 24. Mars
1714.
Dame Anne de Lameth ,
veuve de Meffire Jean de Senicourt
, Chevalier Marquis
de Seffeval , âgée de 82. ans,
mourut le 24. Avril 1714.
Elle eftoit fille de N. de La
GALANT. 213
Mi
Οι
ak
cá
A
4
2
meth , Chevalier Seigneur de
Beaurepaire, Gouverneur de la
Baftille , & Favori de Louis
XIII. & de Dame N. Defchapelles
. Elle laiffe pour fon unique
heritiere Dame N. de
Seffeval , épouſe du Comte de
Lameth, d'une des meilleures
-Maifons de Picardie .
>
Charlotte Amelie de Heffe-
Caffel , qui avoit épousé le
25. Juin 1667. Chriftian ,
cinquiéme Roy de Dannemarck
, mort le 4. Septembre
1699. mourut à Coppenhale
27. Mars 1714 en la
64 année , dont eſt flu Fre
gue
214 MERCURE
deric , quatrieme Roy de
Dannemarck , aujourd'huy
regnant .
e
Antoine Ulric de Brunfwick
, Duc de Wolfembutel ,
Chef de la branche aînée de
cette ancienne Maifon , né le
4. Octobre 163 3. mourut le
27. Mars 1714. en fa 81 ° année
, aprés avoir reçûles Sacremens
de l'Eglife Catholique ,
dont il faifoit profeffion depuis
quelques années . Le
Prince Augufte Guillaume ,
fon fils aine luy fuccede.
Dame Jeanne de Saveuſe ,
veuve de Meflire Henry RoGALANT.
215
J
bert de la Marck , Comte de
la Marck & de Braine , Prince
de Jametz , Baron de Serignan
, de Pontarcytac , Maréchal
des Camps & Armées
du Roy , Colonel du Regiment
de Picardie , tué au
combat de Confarbrick , prés
Treves le 11. Aouſt. 1675 .
âgé de 30. ans , mourut le 12 .
Avril 1714. laiffant
pour
fille
unique Loüife Magdelaine de
la Marck , veuve de Jacques
Henry , Duc de Duras , fils
aîné du Maréchal de Duras.
Meffire Jean François Chamillard
, Evefque de Senlis ,
316 MERCURE
Premier Aumolnier de Ma
dame la Dauphine , mourut à
Paris le 16. Avril 1714. âgé de
57. d'où fon Corps a efté
porté à Senlis.
Metlire Nicolas - Louis de
Bailleul, Marquis de Chasteaugontier
, Prefident à Mortier ,
mourut le 17. Avril âgé de
63. ans .
Meffire Bernard de Beon ,
du Milfez de Luxembourg ,
Marquis de Boutteville , cydevant
Enfant d'honneur du
Roy , mourut fans alliance le
17. Avril 1714.
Meffire Gilles - Michel de
Marefcot , Chevalier Seigneur
de Thoiry , & c. Chevalier de
l'Ordre de S. Louis & de S.
Lazare de Jerufalem , Colonel
& Maréchal des Logis
General de la Cavalerie de
France , mourut le 8. Mars
en fa 67° année , laiffant une
fiile unique
.
Sij
212 MERCURE
#
Meffire Nicolas de Paris ,
Seigneur de Branfcourt de
Machau , Pafquy , &c. Confeiller
au Parlement , mourut
le 13. Mars,
Dame Jeanne de Guenegaud
, veuve de Meffire Louis
Bazin , Chevalier Seigneur de
Bezons , Confeiller d'Etat ordinaire
, mourut le 24. Mars
1714.
Dame Anne de Lameth ,
veuve de Meffire Jean de Senicourt
, Chevalier Marquis
de Seffeval , âgée de 82. ans,
mourut le 24. Avril 1714.
Elle eftoit fille de N. de La
GALANT. 213
Mi
Οι
ak
cá
A
4
2
meth , Chevalier Seigneur de
Beaurepaire, Gouverneur de la
Baftille , & Favori de Louis
XIII. & de Dame N. Defchapelles
. Elle laiffe pour fon unique
heritiere Dame N. de
Seffeval , épouſe du Comte de
Lameth, d'une des meilleures
-Maifons de Picardie .
>
Charlotte Amelie de Heffe-
Caffel , qui avoit épousé le
25. Juin 1667. Chriftian ,
cinquiéme Roy de Dannemarck
, mort le 4. Septembre
1699. mourut à Coppenhale
27. Mars 1714 en la
64 année , dont eſt flu Fre
gue
214 MERCURE
deric , quatrieme Roy de
Dannemarck , aujourd'huy
regnant .
e
Antoine Ulric de Brunfwick
, Duc de Wolfembutel ,
Chef de la branche aînée de
cette ancienne Maifon , né le
4. Octobre 163 3. mourut le
27. Mars 1714. en fa 81 ° année
, aprés avoir reçûles Sacremens
de l'Eglife Catholique ,
dont il faifoit profeffion depuis
quelques années . Le
Prince Augufte Guillaume ,
fon fils aine luy fuccede.
Dame Jeanne de Saveuſe ,
veuve de Meflire Henry RoGALANT.
215
J
bert de la Marck , Comte de
la Marck & de Braine , Prince
de Jametz , Baron de Serignan
, de Pontarcytac , Maréchal
des Camps & Armées
du Roy , Colonel du Regiment
de Picardie , tué au
combat de Confarbrick , prés
Treves le 11. Aouſt. 1675 .
âgé de 30. ans , mourut le 12 .
Avril 1714. laiffant
pour
fille
unique Loüife Magdelaine de
la Marck , veuve de Jacques
Henry , Duc de Duras , fils
aîné du Maréchal de Duras.
Meffire Jean François Chamillard
, Evefque de Senlis ,
316 MERCURE
Premier Aumolnier de Ma
dame la Dauphine , mourut à
Paris le 16. Avril 1714. âgé de
57. d'où fon Corps a efté
porté à Senlis.
Metlire Nicolas - Louis de
Bailleul, Marquis de Chasteaugontier
, Prefident à Mortier ,
mourut le 17. Avril âgé de
63. ans .
Meffire Bernard de Beon ,
du Milfez de Luxembourg ,
Marquis de Boutteville , cydevant
Enfant d'honneur du
Roy , mourut fans alliance le
17. Avril 1714.
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Résumé : MORTS.
Le texte énumère des décès survenus en 1714 et en 1699. Meffire Gilles-Michel de Marefcot, Chevalier Seigneur de Thoiry, Chevalier de l'Ordre de S. Louis et de S. Lazare de Jérusalem, Colonel et Maréchal des Logis Général de la Cavalerie de France, est décédé le 8 mars à 67 ans, laissant une fille unique. Meffire Nicolas de Paris, Seigneur de Branfcourt de Machau, Pafquy, et Conseiller au Parlement, est mort le 13 mars. Dame Jeanne de Guenegaud, veuve de Meffire Louis Bazin, Chevalier Seigneur de Bezons et Conseiller d'État ordinaire, est décédée le 24 mars. Dame Anne de Lameth, veuve de Meffire Jean de Senicourt, Chevalier Marquis de Seffeval, âgée de 82 ans, est morte le 24 avril, laissant pour unique héritière Dame N. de Seffeval, épouse du Comte de Lameth. Charlotte Amelie de Heffe-Cassel, épouse de Christian, cinquième Roi de Dannemarck, est décédée à Coppenhale le 27 mars à 64 ans. Antoine Ulric de Brunswick, Duc de Wolfembutel, est mort le 27 mars à 81 ans, après avoir reçu les sacrements de l'Église Catholique. Le Prince Auguste Guillaume, son fils aîné, lui a succédé. Dame Jeanne de Saveuse, veuve de Meffire Henry de la Marck, Comte de la Marck et de Braine, est décédée le 12 avril, laissant pour fille unique Loüise Magdelaine de la Marck, veuve de Jacques Henry, Duc de Duras. Meffire Jean François Chamillard, Évêque de Senlis et Premier Aumônier de Madame la Dauphine, est mort à Paris le 16 avril à 57 ans. Meffire Nicolas-Louis de Bailleul, Marquis de Chasteaugontier et Président à Mortier, est décédé le 17 avril à 63 ans. Meffire Bernard de Beon, du Milfez de Luxembourg, Marquis de Boutteville et ancien Enfant d'honneur du Roy, est mort sans alliance le 17 avril.
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6200
p. 207-213
ARTICLE DES MORTS.
Début :
Mre Paul François Vollant, Chevalier Seigneur de Berville, Capitaine [...]
Mots clefs :
Chevalier, Capitaine, Décès, Maitre de camp, Seigneur, Lieutenant, Conseiller, Veuve, Femme, Peintre, Comtesse, Duc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE DES MORTS.
ARTICLE DES MORTS.
Mre Paul François Vollant , Chevalier
Seigneur de Berville , Capitaine
dans le Regiment Meftre de
Camp general de Cavalerie , mourut
le 24 Mars 1717.
Sij
208 LE MERCURE
Mre Germain Chriftophe Ollier
de Beffic Mestre de Camp , mourut
le 25 Mars , ayant eu entre autres
enfans un fils , & feuë Mada→
me le Cocq , femme du Confeiller
au Parlement de ce nom .
> &
Mre Alexandre-Honoré deGriller
Seigneur de Briffac , Maréchal de
Camp des Armées du Roy , Lieutenant
des Gardes du Corps
Gouverneur de Guife , mourut le
27. Mars âgé de 53. ans , fans enfans
de Dame N .. de Serre , fille
du Confeiller au Parlement de ce
nom. Il étoit neveu de feu Mre Albert
de Grillet de Briffac , Lieutenant
Général des Armées du Roy ,
Major des Gardes du Corps de S.
M. & Gouverneur de Guife , &
fortoit d'une Famille originaire de
Breffe , divifée en plufieures branches
établies dans le Comtat Veneflin
& ailleurs , toutes égallement
diftinguées par leurs Alliances
& leurs fervices.
De Marie Dorfon , femme de
Mr Jean de Romanet Confeiller ,
Sécrétaire du Roy , & l'un des Fermiers
Generaux de S. M. , mourut
le trente Mars . âgée de 72 ans ,
D'AVRIL. 209
ayant eu pour enfans M'de Romanet
Préfident au Grand Confeil , mort
en Janvier 1717 , & un fils Confeiller
au Parlement.
>
Mre Armand de Bethune , Duc de
Charôt , Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roy mourut
le premier Avril 1717 , laiffant entr'autres
enfans de feue De Marie
Fouquet fon Epoufe ,fille de Nicolas
Fouquet Vicomte de Vaux , Marquis
de Belle -Ifle , Procureur General
au Parlement de Paris , Miniftre
d'Etat , & Sur- Intendant des
Finances; Armand de Bethune Duc
de Charôt , Pair de France' , Capitaine
des Gardes du Corps du Roi,
pere de feu Mr le Marquis de Charôt
mort des bleffures qu'il reçût à
la Bataille de Malplaquet , & de
Mr le Marquis d'Ancenis . La Maifon
de Bethune eft une des plus
anciennes & des plus illuftres du
Royaume , comme on le peut voir
par l'Hiftoire qui nous en a été donnée
par le fieur Duchêne , & dans
l'Histoire des Grands Officiers de
la Couronne .
Mre Antoine Rancher , Chevalier,
Seigneur de Maudetour , Lieute-
Siij
210 LE MERCURE
1
nant de Roy en la Province & Gouvernement
de Berry , mourut le 3
Avril 1717. Il avoit épousé Geneviéve
Angelique de Machault , fille
de Louis de Machault Confeiller
au Parlement ; il étoit fils de feu
Mre Antoine Rancher , Seigneur de
Trefiemont, mort Sous - Doyen des
Confeillers au Parlement de Paris,
& de De Elifabeth Rubantel , la Famille
de Rancher eft originaire de
la Ville de Tours , & elle n'eſt
moins diftinguée dans la Robe par
fon ancienneté, que par fes Alliances.
pas
De Marie Nozereau Fagon, Femme
de Mre Guy- Crefcent Fagon
premier Médecin du feu Roy ,
mourut le 4 Avril 1717. Elle étoit
mere de Mr Fagon , Confeiller
d'Etat , & Confeiller au Confeil
Royal des Finances , & de Mre
Antoine Fagon Evêque de Lombés.
Mr Jouvenet Peintre ordinaire
du Roy , ancien Directeur & Recteur
perpetuel de l'Academic
Royale de Peinture & Sculpture ,
mourut le fix Avril.
Me Claude Jean Pepin , ancien
Correcteur des Comtes , mourut le
Sept Avril.
.
D'AVRIL . 211
Antoine Benoît Ecuyer , Pein
tre du Roy enfon Academie Royale,
& fon unique Sculpteur en cire ,
mourut le huit Avril.
De Armande de la Tour d'Auvergne
, Epoufe de Mre Louis de
Melun , Duc de Joyeuſe , Pair de
France , Prince d'Epinoy , Comte
de Saint Pol &c. Meftre de Camp
& Commandant le Régiment Royal
Cavalerie , moûrut en couches le
13 Avril 1717 , âgée de 19 ans , 7
mois. Elle étoit fille de Me Ema.
nuel Theodofe de la Tour , Duc
d'Albret , Pair & Grand Chambellant
de France & de Dame Marie
Victoire- Armande de la Tremoille ,
dont je vous appris la mort dans
mon dernier Journal. Les Maifons
de la Tour d'Auvergne & de Melun
font fi grandes & fi illuftres , & par
conféquent vous doivent être fi
connuës , , que je ne vous en donnerai
ici aucun détail .
De Louife - Madeleine de la
Marck , Comteffe de Braine , Baronne
de Pontarcy , Serignan , Mareüil
, la Vieille -Tour &c. veuve ,
de Mre Henry de Durfort , Duc de
Duras , mourut le 13 Avril , âgée
212 LE MERCURE
de 58 ans , laiffant pour fille Jeanne
Henriette de Durfort , mariée depuis
le 22 May 1709 , avec Henry
de Lorraine , Prince de Lambeſc ,
Petit fils de Mr le Comte d'Armagnac.
Elle étoit filled'Henry Robert
Efchalart de la Marck , Comte de
la Marck , Colonel du Régiment
de Picardie , & de Dame Jeanne
de Saveufe , & elle fortoit d'une
ancienne Maiſon originaire de Poitou
.
De Marie- Angelique de Cofnac ,
veuve de M. Procope - François
Comte d'Egmond , Duc de Gueldres
, de Juliers & de Eergues ,
Prince de Gaure & du S. Empire ,
Marquis de Renty , de la Longueville
&c. Grand d'Efpagne , Chevalier
de la Toifon d'or , General
de la Cavalerie , & des Dragons
de S. M. C. mourut le 14 Avril
1717 , âgée de 43 ans. Elle étoit
fille de M. François de Cofnac ,
Marquis de Cofnac , & de Dame
Locife d'Efparbes de Luffan , & petite
niéce de Daniel de Conafc
·Archevêque d'Aix , Commandeur
de l'Ordre de S. Efprit , & fortoit
d'une des plus anciennes & des plus
D'AVRIL . 213
illuftres Maifons du Limofin.
Mie Jean-Baptiste de Ribodon
Chevalier , Seigneur du Mouffeau ,
Liverdy &c. Confeiller de la Grande
Chambre du Parlement , mourut
le 15 Avril , âgé de 69 ans. Il
avoit été reçû Confeiller au Parlement
le 15 Janvier 1683. & étoit
fils de Claude Ribodon , Seigneur
du Mouffeau , & de Dame Cathe
rine Grangié de Liverdy.
De Marie Quatrehommes veuve
de M. Achille Barentin , Confeiller
du Roy en fa Cour de Parlement
& Grand Chambre d'icelle ,
fut enterrée Dimanche 26 , dans
l'Eglife du Grand Convent des
R. P. Auguftins.
Mre Paul François Vollant , Chevalier
Seigneur de Berville , Capitaine
dans le Regiment Meftre de
Camp general de Cavalerie , mourut
le 24 Mars 1717.
Sij
208 LE MERCURE
Mre Germain Chriftophe Ollier
de Beffic Mestre de Camp , mourut
le 25 Mars , ayant eu entre autres
enfans un fils , & feuë Mada→
me le Cocq , femme du Confeiller
au Parlement de ce nom .
> &
Mre Alexandre-Honoré deGriller
Seigneur de Briffac , Maréchal de
Camp des Armées du Roy , Lieutenant
des Gardes du Corps
Gouverneur de Guife , mourut le
27. Mars âgé de 53. ans , fans enfans
de Dame N .. de Serre , fille
du Confeiller au Parlement de ce
nom. Il étoit neveu de feu Mre Albert
de Grillet de Briffac , Lieutenant
Général des Armées du Roy ,
Major des Gardes du Corps de S.
M. & Gouverneur de Guife , &
fortoit d'une Famille originaire de
Breffe , divifée en plufieures branches
établies dans le Comtat Veneflin
& ailleurs , toutes égallement
diftinguées par leurs Alliances
& leurs fervices.
De Marie Dorfon , femme de
Mr Jean de Romanet Confeiller ,
Sécrétaire du Roy , & l'un des Fermiers
Generaux de S. M. , mourut
le trente Mars . âgée de 72 ans ,
D'AVRIL. 209
ayant eu pour enfans M'de Romanet
Préfident au Grand Confeil , mort
en Janvier 1717 , & un fils Confeiller
au Parlement.
>
Mre Armand de Bethune , Duc de
Charôt , Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roy mourut
le premier Avril 1717 , laiffant entr'autres
enfans de feue De Marie
Fouquet fon Epoufe ,fille de Nicolas
Fouquet Vicomte de Vaux , Marquis
de Belle -Ifle , Procureur General
au Parlement de Paris , Miniftre
d'Etat , & Sur- Intendant des
Finances; Armand de Bethune Duc
de Charôt , Pair de France' , Capitaine
des Gardes du Corps du Roi,
pere de feu Mr le Marquis de Charôt
mort des bleffures qu'il reçût à
la Bataille de Malplaquet , & de
Mr le Marquis d'Ancenis . La Maifon
de Bethune eft une des plus
anciennes & des plus illuftres du
Royaume , comme on le peut voir
par l'Hiftoire qui nous en a été donnée
par le fieur Duchêne , & dans
l'Histoire des Grands Officiers de
la Couronne .
Mre Antoine Rancher , Chevalier,
Seigneur de Maudetour , Lieute-
Siij
210 LE MERCURE
1
nant de Roy en la Province & Gouvernement
de Berry , mourut le 3
Avril 1717. Il avoit épousé Geneviéve
Angelique de Machault , fille
de Louis de Machault Confeiller
au Parlement ; il étoit fils de feu
Mre Antoine Rancher , Seigneur de
Trefiemont, mort Sous - Doyen des
Confeillers au Parlement de Paris,
& de De Elifabeth Rubantel , la Famille
de Rancher eft originaire de
la Ville de Tours , & elle n'eſt
moins diftinguée dans la Robe par
fon ancienneté, que par fes Alliances.
pas
De Marie Nozereau Fagon, Femme
de Mre Guy- Crefcent Fagon
premier Médecin du feu Roy ,
mourut le 4 Avril 1717. Elle étoit
mere de Mr Fagon , Confeiller
d'Etat , & Confeiller au Confeil
Royal des Finances , & de Mre
Antoine Fagon Evêque de Lombés.
Mr Jouvenet Peintre ordinaire
du Roy , ancien Directeur & Recteur
perpetuel de l'Academic
Royale de Peinture & Sculpture ,
mourut le fix Avril.
Me Claude Jean Pepin , ancien
Correcteur des Comtes , mourut le
Sept Avril.
.
D'AVRIL . 211
Antoine Benoît Ecuyer , Pein
tre du Roy enfon Academie Royale,
& fon unique Sculpteur en cire ,
mourut le huit Avril.
De Armande de la Tour d'Auvergne
, Epoufe de Mre Louis de
Melun , Duc de Joyeuſe , Pair de
France , Prince d'Epinoy , Comte
de Saint Pol &c. Meftre de Camp
& Commandant le Régiment Royal
Cavalerie , moûrut en couches le
13 Avril 1717 , âgée de 19 ans , 7
mois. Elle étoit fille de Me Ema.
nuel Theodofe de la Tour , Duc
d'Albret , Pair & Grand Chambellant
de France & de Dame Marie
Victoire- Armande de la Tremoille ,
dont je vous appris la mort dans
mon dernier Journal. Les Maifons
de la Tour d'Auvergne & de Melun
font fi grandes & fi illuftres , & par
conféquent vous doivent être fi
connuës , , que je ne vous en donnerai
ici aucun détail .
De Louife - Madeleine de la
Marck , Comteffe de Braine , Baronne
de Pontarcy , Serignan , Mareüil
, la Vieille -Tour &c. veuve ,
de Mre Henry de Durfort , Duc de
Duras , mourut le 13 Avril , âgée
212 LE MERCURE
de 58 ans , laiffant pour fille Jeanne
Henriette de Durfort , mariée depuis
le 22 May 1709 , avec Henry
de Lorraine , Prince de Lambeſc ,
Petit fils de Mr le Comte d'Armagnac.
Elle étoit filled'Henry Robert
Efchalart de la Marck , Comte de
la Marck , Colonel du Régiment
de Picardie , & de Dame Jeanne
de Saveufe , & elle fortoit d'une
ancienne Maiſon originaire de Poitou
.
De Marie- Angelique de Cofnac ,
veuve de M. Procope - François
Comte d'Egmond , Duc de Gueldres
, de Juliers & de Eergues ,
Prince de Gaure & du S. Empire ,
Marquis de Renty , de la Longueville
&c. Grand d'Efpagne , Chevalier
de la Toifon d'or , General
de la Cavalerie , & des Dragons
de S. M. C. mourut le 14 Avril
1717 , âgée de 43 ans. Elle étoit
fille de M. François de Cofnac ,
Marquis de Cofnac , & de Dame
Locife d'Efparbes de Luffan , & petite
niéce de Daniel de Conafc
·Archevêque d'Aix , Commandeur
de l'Ordre de S. Efprit , & fortoit
d'une des plus anciennes & des plus
D'AVRIL . 213
illuftres Maifons du Limofin.
Mie Jean-Baptiste de Ribodon
Chevalier , Seigneur du Mouffeau ,
Liverdy &c. Confeiller de la Grande
Chambre du Parlement , mourut
le 15 Avril , âgé de 69 ans. Il
avoit été reçû Confeiller au Parlement
le 15 Janvier 1683. & étoit
fils de Claude Ribodon , Seigneur
du Mouffeau , & de Dame Cathe
rine Grangié de Liverdy.
De Marie Quatrehommes veuve
de M. Achille Barentin , Confeiller
du Roy en fa Cour de Parlement
& Grand Chambre d'icelle ,
fut enterrée Dimanche 26 , dans
l'Eglife du Grand Convent des
R. P. Auguftins.
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