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1
p. 1244-1249
Réception du Prince & de la Princesse de Conty à Carpentras, &c. [titre d'après la table]
Début :
La Ville de Carpentras, Capitale du Contat Vénaissin, quoique du Domaine [...]
Mots clefs :
Prince de Conti, Princesse de Conti, Carpentras, Altesse
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texteReconnaissance textuelle : Réception du Prince & de la Princesse de Conty à Carpentras, &c. [titre d'après la table]
La Ville de Carpentras , Capitale du
Contat Vénaiffin , quoique du Domaine
du S. Siége , ne laiffe échaper aucune occafion
de donner des marques de fon attachement
pour la France. Le nombre
d'Officiers & de Soldats qu'elle a toujours
fourni à fes Rois , lui a mérité depuis
long-tems le Privilege de Regnicole . Les
nouvelles publiques ont fait mention des
réjouiffances qu'on y fit pour le mariage
du Roy ; celles qu'on a faites à la naiffance
de Monfeigneur le Dauphin méritoient
certainement d'y avoir place. Sa
joye & fa reconnoiffance d'avoir été ho
JUIN 1730. 12:4
Dorée de la prefence de L, A. S. Madame
la Princeffe de Conti , troifiéme Douairiere
, & M. le Prince de Conti fon fils ,
viennent encore d'éclater.
Cette Princeffe étant allée fur fes Torres
avec le Prince fon fils , fut vifitée à
Orange & à Bedarrides par M. Abati
Evêque de Carpentras , par M. Gafparini,
Recteur ou Gouverneur pour le Pape du
Comtat Venaiffin , & par la principale
Nobleffe du païs ,
Le voifinage de la Ville de Carpentras ,
quatre petites lieuës du Comtat , & fa
charmante fituation , engagerent la Prin
cefle de Conti de s'y rendre le 22 May.
M. l'Evêque de Carpentras alla au devant
de leurs Alteffes dans fon Caroffe à
fix Chevaux , le Marquis de la Roque y
alla dans le fien auffi à fix Chevaux , accompagné
du Comte de Valoufe , Briga
dier des Armées du Roy , & autres perfonnes
de diftinction ,
A une lieuë de la Ville , leurs Alteffes
furent faluées par M.Cottier , riche Mar
chand , à la tête de quarante Maîtres ,
parfaitement bien montez , tous en has
bits rouges& la Bandoüillere , aux couleurs
de la livrée de Conti. Le fieur Cottier
leur offrit la Troupe pour fervir de
Gardes du Corps , ce qui fut accepté. La
Compagnie le partagea , la plus grande
I. Fol.
partie
#246 MERCURE DE FRANCE.
partie prit les devants , ayant à fa tête
deux Trompetes , un Timbalier & un
Etendart aux Armes de leurs Alteffes ,
l'autre partie entoura leur Berline.
C'eft ainfi qu'Elles arriverent fur les fix
heures du foir à une Sale bien décorée
qu'on avoit conſtruite hors de la Ville ; la
Façade de cette Sale étoit de verdure, d'un
tres- bel ordre d'architecture ; on avoit
placé fur le couronnement les Armoiries
de leurs Alteffes , avec cette devife .
Majeftas & Amor ; & aux côtez , deux
Renommées. Leurs Alteffes y furent reçues
par M. Gafparini , Gouverneur de la
Province , & par le Corps de Ville , au
bruit des Boëtes & d'une décharge d'une
nombreuſe Infanterie.
M. Charpaud , premier Conful , les
harangua avec fon éloquence ordinaire ;
il fit fentir que de tout tems la Ville de
Carpentras n'avoit pas moins été attachée
aux Rois de France & à leur Augufte
Maiſon , que foûmiſe & fidele au S. Siége,
& aux Pontifes Romains fes Souverains ;
c'eſt à ce même attachement qu'elle eft)
redevable des Privileges dont elle joüit &
qui lui ont été confirmez par tous les
Rois Tres- Chrétiens , depuis François I.
& en dernier lieu par Louis XV . glorieufement
regnant.
Au fortir de cette Sale , leurs Alteffes
Vol.
entre-
"
UIN. 1730. 1247
entrerent dans la Ville à travers un peuple
infini ; l'Infanterie commandée par les
Officiers de quartier , bordoit la haye
jufques à la porte du Palais Epifcopal , où
Elles furent reçûës par M. l'Evêque , ac
compagné d'une belle Nobleffe , & conduites
dans les magnifiques Appartemens,
Elles trouverent dans la Sale , qui eft
d'une grande beauté , toutes les Dames
de la Ville , & un grand Concert d'Inf
trumens , qui commença auffi- tôt.
L'Infanterie prit poffeffion de la porte
du Palais , & les Gardes du Corps de celles
des Appartemens. Leurs Alteffes furent
haranguées par le Magiftrat , M.Roleri
fils , reçû en furvivance à la Charge
d'Avocat General du Pape , que fon pere
remplit dignement depuis plufieurs années
, portant la parole,
La Princeffe en fut fi contente qu'elle
lui dit fort obligéamment ; qu'on voyoit
bien qu'en lui l'Eloquence devançoit les
années.
Leurs Alteffes reçurent enfuite le Prefent
la Ville lui offrit , compofé de
que
cent Boëtes de Confiture & d'un quintal
de Bougies de Table. Le Secretaire de la
Ville qui eut l'honneur de le leur preſenter
, leur fit fon compliment en Vers ; la
Princeffe les trouva fi jolis , qu'elle voulut
les avoir par écrit.
I. V.
L'Abbé:
1248 MERCURE DE FRANCE.
L'Abbé d'Aurel , Prevôt de la Cathe
drale , à la tête du Clergé , eut enſuite
Audiance de leurs Alteffes ,qu'il harangua
noblement & en peu de mots . Tous les
Corps Religieux le prefenterent auffi ,
mais on trouva à propos de les remercier
pour ne pas fatiguer leurs Alteffes , &
pour faire place à quelque chofe de moins
férieux ; ce furent une danfe qu'on nomme
vulgairement des Arquets, & une danfe
de Bergers & de Bergeres ; les premiers
plurent beaucoup.
Ces divertiffemens furent fuivis d'un
grand Souper , ordonné avec la magnificence
, la profufion & le bon goûr qu'on
connoît à M. de Carpentras , pendant lequel
la Symphonie ne ceffa pas de jouer.
Tout étoit difpofé pour le Bal , mais comme
il étoit déja tard , la Princeffe fe retira
dans fon Appartement.
Le 23 , après avoir vû la Synagogue des
Juifs , L. A. fe rendirent à la Cathedrale,
où elles tinrent fur les Fonts un fils de
M. de Limon- Mornas , beaufrere du Marquis
de Lapalun , & une fille du Marquis
de Lopis , M. l'Evêque leur adminiftrà ce
Sacrement. Enfuite leurs Alteffes baiferent,
entre les mains de ce Prélat, le Saint
Clou , qu'on conferve dans cette Cathedrale.
Les Miracles que fait cette fainte Relique
en prouvent l'authenticité ,
1. Vol.
Do
JUIN 1730. 1249
De la Cathedrale , leurs Alteffes le rendirent
chez le Marquis de la Palun , qui
eut l'honneur de leur donner un magni
fique Diner.Peu de jours auparavant cette
Princeffe avoit donné le gouvernement de
la Ville & Principauté d'Orange à ce
Marquis , Capitaine de Cavalerie , qui a
déja celui de Bourbon l'Archambaud, cydevant
Capitaine des Gardes de S.A.S.M.
le Comte de Charolois.
Contat Vénaiffin , quoique du Domaine
du S. Siége , ne laiffe échaper aucune occafion
de donner des marques de fon attachement
pour la France. Le nombre
d'Officiers & de Soldats qu'elle a toujours
fourni à fes Rois , lui a mérité depuis
long-tems le Privilege de Regnicole . Les
nouvelles publiques ont fait mention des
réjouiffances qu'on y fit pour le mariage
du Roy ; celles qu'on a faites à la naiffance
de Monfeigneur le Dauphin méritoient
certainement d'y avoir place. Sa
joye & fa reconnoiffance d'avoir été ho
JUIN 1730. 12:4
Dorée de la prefence de L, A. S. Madame
la Princeffe de Conti , troifiéme Douairiere
, & M. le Prince de Conti fon fils ,
viennent encore d'éclater.
Cette Princeffe étant allée fur fes Torres
avec le Prince fon fils , fut vifitée à
Orange & à Bedarrides par M. Abati
Evêque de Carpentras , par M. Gafparini,
Recteur ou Gouverneur pour le Pape du
Comtat Venaiffin , & par la principale
Nobleffe du païs ,
Le voifinage de la Ville de Carpentras ,
quatre petites lieuës du Comtat , & fa
charmante fituation , engagerent la Prin
cefle de Conti de s'y rendre le 22 May.
M. l'Evêque de Carpentras alla au devant
de leurs Alteffes dans fon Caroffe à
fix Chevaux , le Marquis de la Roque y
alla dans le fien auffi à fix Chevaux , accompagné
du Comte de Valoufe , Briga
dier des Armées du Roy , & autres perfonnes
de diftinction ,
A une lieuë de la Ville , leurs Alteffes
furent faluées par M.Cottier , riche Mar
chand , à la tête de quarante Maîtres ,
parfaitement bien montez , tous en has
bits rouges& la Bandoüillere , aux couleurs
de la livrée de Conti. Le fieur Cottier
leur offrit la Troupe pour fervir de
Gardes du Corps , ce qui fut accepté. La
Compagnie le partagea , la plus grande
I. Fol.
partie
#246 MERCURE DE FRANCE.
partie prit les devants , ayant à fa tête
deux Trompetes , un Timbalier & un
Etendart aux Armes de leurs Alteffes ,
l'autre partie entoura leur Berline.
C'eft ainfi qu'Elles arriverent fur les fix
heures du foir à une Sale bien décorée
qu'on avoit conſtruite hors de la Ville ; la
Façade de cette Sale étoit de verdure, d'un
tres- bel ordre d'architecture ; on avoit
placé fur le couronnement les Armoiries
de leurs Alteffes , avec cette devife .
Majeftas & Amor ; & aux côtez , deux
Renommées. Leurs Alteffes y furent reçues
par M. Gafparini , Gouverneur de la
Province , & par le Corps de Ville , au
bruit des Boëtes & d'une décharge d'une
nombreuſe Infanterie.
M. Charpaud , premier Conful , les
harangua avec fon éloquence ordinaire ;
il fit fentir que de tout tems la Ville de
Carpentras n'avoit pas moins été attachée
aux Rois de France & à leur Augufte
Maiſon , que foûmiſe & fidele au S. Siége,
& aux Pontifes Romains fes Souverains ;
c'eſt à ce même attachement qu'elle eft)
redevable des Privileges dont elle joüit &
qui lui ont été confirmez par tous les
Rois Tres- Chrétiens , depuis François I.
& en dernier lieu par Louis XV . glorieufement
regnant.
Au fortir de cette Sale , leurs Alteffes
Vol.
entre-
"
UIN. 1730. 1247
entrerent dans la Ville à travers un peuple
infini ; l'Infanterie commandée par les
Officiers de quartier , bordoit la haye
jufques à la porte du Palais Epifcopal , où
Elles furent reçûës par M. l'Evêque , ac
compagné d'une belle Nobleffe , & conduites
dans les magnifiques Appartemens,
Elles trouverent dans la Sale , qui eft
d'une grande beauté , toutes les Dames
de la Ville , & un grand Concert d'Inf
trumens , qui commença auffi- tôt.
L'Infanterie prit poffeffion de la porte
du Palais , & les Gardes du Corps de celles
des Appartemens. Leurs Alteffes furent
haranguées par le Magiftrat , M.Roleri
fils , reçû en furvivance à la Charge
d'Avocat General du Pape , que fon pere
remplit dignement depuis plufieurs années
, portant la parole,
La Princeffe en fut fi contente qu'elle
lui dit fort obligéamment ; qu'on voyoit
bien qu'en lui l'Eloquence devançoit les
années.
Leurs Alteffes reçurent enfuite le Prefent
la Ville lui offrit , compofé de
que
cent Boëtes de Confiture & d'un quintal
de Bougies de Table. Le Secretaire de la
Ville qui eut l'honneur de le leur preſenter
, leur fit fon compliment en Vers ; la
Princeffe les trouva fi jolis , qu'elle voulut
les avoir par écrit.
I. V.
L'Abbé:
1248 MERCURE DE FRANCE.
L'Abbé d'Aurel , Prevôt de la Cathe
drale , à la tête du Clergé , eut enſuite
Audiance de leurs Alteffes ,qu'il harangua
noblement & en peu de mots . Tous les
Corps Religieux le prefenterent auffi ,
mais on trouva à propos de les remercier
pour ne pas fatiguer leurs Alteffes , &
pour faire place à quelque chofe de moins
férieux ; ce furent une danfe qu'on nomme
vulgairement des Arquets, & une danfe
de Bergers & de Bergeres ; les premiers
plurent beaucoup.
Ces divertiffemens furent fuivis d'un
grand Souper , ordonné avec la magnificence
, la profufion & le bon goûr qu'on
connoît à M. de Carpentras , pendant lequel
la Symphonie ne ceffa pas de jouer.
Tout étoit difpofé pour le Bal , mais comme
il étoit déja tard , la Princeffe fe retira
dans fon Appartement.
Le 23 , après avoir vû la Synagogue des
Juifs , L. A. fe rendirent à la Cathedrale,
où elles tinrent fur les Fonts un fils de
M. de Limon- Mornas , beaufrere du Marquis
de Lapalun , & une fille du Marquis
de Lopis , M. l'Evêque leur adminiftrà ce
Sacrement. Enfuite leurs Alteffes baiferent,
entre les mains de ce Prélat, le Saint
Clou , qu'on conferve dans cette Cathedrale.
Les Miracles que fait cette fainte Relique
en prouvent l'authenticité ,
1. Vol.
Do
JUIN 1730. 1249
De la Cathedrale , leurs Alteffes le rendirent
chez le Marquis de la Palun , qui
eut l'honneur de leur donner un magni
fique Diner.Peu de jours auparavant cette
Princeffe avoit donné le gouvernement de
la Ville & Principauté d'Orange à ce
Marquis , Capitaine de Cavalerie , qui a
déja celui de Bourbon l'Archambaud, cydevant
Capitaine des Gardes de S.A.S.M.
le Comte de Charolois.
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Résumé : Réception du Prince & de la Princesse de Conty à Carpentras, &c. [titre d'après la table]
La ville de Carpentras, capitale du Comtat Venaissin, bien que relevant du Saint-Siège, a toujours manifesté son attachement à la France. Elle a fourni de nombreux officiers et soldats aux rois de France, ce qui lui a valu le privilège de régnicole. La ville a célébré les réjouissances pour le mariage du roi et la naissance du Dauphin. En juin 1730, elle a exprimé sa joie et sa reconnaissance lors de la visite de Madame la Princesse de Conti et de son fils, le Prince de Conti. La Princesse de Conti, accompagnée de son fils, a été visitée à Orange et à Bédarrides par l'évêque de Carpentras, le recteur Gasparini, et les principales nobles du pays. Attirée par la proximité et la situation charmante de Carpentras, la Princesse s'y est rendue le 22 mai. Elle a été accueillie par l'évêque et d'autres personnalités de distinction, ainsi que par une troupe de cavaliers dirigée par Cottier, un riche marchand. À leur arrivée, la Princesse et le Prince ont été reçus dans une salle décorée en dehors de la ville, où ils ont été harangués par le gouverneur et le corps de ville. Le premier consul, Charpaud, a souligné l'attachement de Carpentras aux rois de France et au Saint-Siège, ainsi que les privilèges confirmés par les rois depuis François Ier jusqu'à Louis XV. La Princesse et le Prince ont ensuite été conduits à travers la ville jusqu'au palais épiscopal, où ils ont été reçus par l'évêque et les dames de la ville. Ils ont assisté à un concert et ont été harangués par le magistrat Roleri. La ville leur a offert un présent composé de cent boîtes de confiture et d'un quintal de bougies. Après une danse et un souper, la Princesse s'est retirée dans ses appartements. Le lendemain, ils ont visité la synagogue des Juifs et la cathédrale, où ils ont assisté à un baptême. Ils ont également admiré le Saint Clou, une relique conservée dans la cathédrale. Ensuite, ils se sont rendus chez le Marquis de Lapalun pour un dîner.
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2
p. 1669-1671
HARANGUE faite à S. A. S. Madame la Princesse de Conti, Princesse d'Orange, & à Monseigneur le Prince de Conti son fils, par Jasseda de la Roque, Juif de Carpentras, à Orange. / HARANGUE faite à S. A. S. Madame la Princesse de Conti, Princesse d'Orange, & à Monseigneur le Prince de Conti son fils, par Jasseda de la Roque, Juif de Carpentras, à Carpentras.
Début :
MADAME, Notre Nation sentit autrefois moins de joye à l'arrivée de la Reine de Saba, que nous [...]
Mots clefs :
Prince de Conti, Princesse de Conti, Orange, Carpentras, Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HARANGUE faite à S. A. S. Madame la Princesse de Conti, Princesse d'Orange, & à Monseigneur le Prince de Conti son fils, par Jasseda de la Roque, Juif de Carpentras, à Orange. / HARANGUE faite à S. A. S. Madame la Princesse de Conti, Princesse d'Orange, & à Monseigneur le Prince de Conti son fils, par Jasseda de la Roque, Juif de Carpentras, à Carpentras.
HARANGUE faite à S. A. S. Mada
me la Princeffe de Conti , Princeffe d'Orange
, & à Monfeigneur le Prince de
Conti fon fils , par Jaffeda de la Roque,
Juif de Carpentras , à Orange
MADAME,
- Notre Nation fentit autrefois moins de
joye à l'arrivée de la Reine de Saba, que nous
en reffentons aujourd'hui à celle de V. A.S.
& de Monfeigneur le Prince votre augufte
Fils.
Nous venons nous profterner aux pieds de
V. A. S. & nous remarquons en elle les mêmes
vertus & les mêmes charmes que le Roi
•Salomon & le Peuple d'Ifraël admirerent tant
dans cette Reine incomparable.
Vous joignez à cela la fageffe d' Abigail;
la douceur d'Efter & le courage de Judith.
Faffe l'Eternel que Votre Alteffe & Mon-
Seigneur le Prince votre Fils foit comblée de
benedictions & de profperités semblables à
celles qui ont été repandues fur les Familles
de nos premiers Peres.
Nous lifons , MADAME , dans les Pfeaumes
de David Qui Ran Adonaïve fafal ire,
c'est- à-dire , que Dieu tout grand qu'il eft J
I ne
7670 MERCURE DE FRANCE
ne laiffe pas de regarder ce qui eft au-deffous
de luis & comme les Princes font les images
de Dieu fur la terre , nous efperons qu'à fon
axemple Vous & Monseigneur votre Fils ,
voudrez bien nous honorer de votre puiffante
protection dans les occafions qui ne font pour
nous que tropfréquentes,pourrecourir à fa clemence
ordinaire.
C'eft la grace que nous vous demandons ,
& celle d'accepter ce petit Prefent comme une
marque que nos biens , de même que nos per
Jannes feront toujours aufervice de V. Á. S.
&foumis à Monfeigneur le Prince votre Fils ;
efperant de vivre tranquilement fous la douceur
d'un Prince fi bien né,
HARANGUE faite à S .. A. S, Madame
la Princeffe de Conti , Princeffe d'O
range , & à Monfeigneur le Prince de
Conti fon Fils, par Jaffeda de la Roque,
Juifde Carpentras , à Carpentras,
MADAM ADAME ,
Ne nous fera- t'il pas permis de joindre
notre voix , toute foible qu'elle eft , aux acclamations
publiques dont tout ce Pays s'empreffe
de témoigner la joye qu'il reffent de
votre arrivée & de celle de Monfeigneur le
Prince votre augufte Fils.
Etpendant que tous viennent enfoule rendre
JUILLET . 1730. 1671:
dre leurs refpects à Vos Alteffes , agréez
s'il vous plaît , MADAME , que ce petit reſte
du peuple d'Ifraël vienne vous rendre les
fiens , & vous marquer qu'il n'eft pas moins.
fenfible que les autres au bonheur que nous
reffentons aujourd'hui de voir une Princeffe
autant illuftre par fes vertus que par fa naiffance.
à nos anciens
Il n'appartient pas à nous , MADAME , de
rapporter ici ce que l'on pouroit dire de grand
de votre illuftre Naiffance , & de toutes les
belles qualités qui vous rendent fi recomman➡
dable , & qui vous font briller en tout lieus
nous laiffons cela à des bouches plus éloquen
tes que les nôtres , & nous nous contentons
de vous dire que nous voyons dans l'Ecriture
Sainte qu'il n'étoit pas permts
Peres d'entrer dans le Temple les mains vuides
, de même nous aurions honte de paroître
les mains vuides devant Vos Alteffes , qui
nous mettent fous les yeux tout ce qui peut fe
-trouver de plus grand & de plus refpectable.
Daignez donc, MADAME, recevoir ce petit
Préfent, ainfi que Dieu agréoit les holocauftes
des pauvres comme des riches.
me la Princeffe de Conti , Princeffe d'Orange
, & à Monfeigneur le Prince de
Conti fon fils , par Jaffeda de la Roque,
Juif de Carpentras , à Orange
MADAME,
- Notre Nation fentit autrefois moins de
joye à l'arrivée de la Reine de Saba, que nous
en reffentons aujourd'hui à celle de V. A.S.
& de Monfeigneur le Prince votre augufte
Fils.
Nous venons nous profterner aux pieds de
V. A. S. & nous remarquons en elle les mêmes
vertus & les mêmes charmes que le Roi
•Salomon & le Peuple d'Ifraël admirerent tant
dans cette Reine incomparable.
Vous joignez à cela la fageffe d' Abigail;
la douceur d'Efter & le courage de Judith.
Faffe l'Eternel que Votre Alteffe & Mon-
Seigneur le Prince votre Fils foit comblée de
benedictions & de profperités semblables à
celles qui ont été repandues fur les Familles
de nos premiers Peres.
Nous lifons , MADAME , dans les Pfeaumes
de David Qui Ran Adonaïve fafal ire,
c'est- à-dire , que Dieu tout grand qu'il eft J
I ne
7670 MERCURE DE FRANCE
ne laiffe pas de regarder ce qui eft au-deffous
de luis & comme les Princes font les images
de Dieu fur la terre , nous efperons qu'à fon
axemple Vous & Monseigneur votre Fils ,
voudrez bien nous honorer de votre puiffante
protection dans les occafions qui ne font pour
nous que tropfréquentes,pourrecourir à fa clemence
ordinaire.
C'eft la grace que nous vous demandons ,
& celle d'accepter ce petit Prefent comme une
marque que nos biens , de même que nos per
Jannes feront toujours aufervice de V. Á. S.
&foumis à Monfeigneur le Prince votre Fils ;
efperant de vivre tranquilement fous la douceur
d'un Prince fi bien né,
HARANGUE faite à S .. A. S, Madame
la Princeffe de Conti , Princeffe d'O
range , & à Monfeigneur le Prince de
Conti fon Fils, par Jaffeda de la Roque,
Juifde Carpentras , à Carpentras,
MADAM ADAME ,
Ne nous fera- t'il pas permis de joindre
notre voix , toute foible qu'elle eft , aux acclamations
publiques dont tout ce Pays s'empreffe
de témoigner la joye qu'il reffent de
votre arrivée & de celle de Monfeigneur le
Prince votre augufte Fils.
Etpendant que tous viennent enfoule rendre
JUILLET . 1730. 1671:
dre leurs refpects à Vos Alteffes , agréez
s'il vous plaît , MADAME , que ce petit reſte
du peuple d'Ifraël vienne vous rendre les
fiens , & vous marquer qu'il n'eft pas moins.
fenfible que les autres au bonheur que nous
reffentons aujourd'hui de voir une Princeffe
autant illuftre par fes vertus que par fa naiffance.
à nos anciens
Il n'appartient pas à nous , MADAME , de
rapporter ici ce que l'on pouroit dire de grand
de votre illuftre Naiffance , & de toutes les
belles qualités qui vous rendent fi recomman➡
dable , & qui vous font briller en tout lieus
nous laiffons cela à des bouches plus éloquen
tes que les nôtres , & nous nous contentons
de vous dire que nous voyons dans l'Ecriture
Sainte qu'il n'étoit pas permts
Peres d'entrer dans le Temple les mains vuides
, de même nous aurions honte de paroître
les mains vuides devant Vos Alteffes , qui
nous mettent fous les yeux tout ce qui peut fe
-trouver de plus grand & de plus refpectable.
Daignez donc, MADAME, recevoir ce petit
Préfent, ainfi que Dieu agréoit les holocauftes
des pauvres comme des riches.
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Résumé : HARANGUE faite à S. A. S. Madame la Princesse de Conti, Princesse d'Orange, & à Monseigneur le Prince de Conti son fils, par Jasseda de la Roque, Juif de Carpentras, à Orange. / HARANGUE faite à S. A. S. Madame la Princesse de Conti, Princesse d'Orange, & à Monseigneur le Prince de Conti son fils, par Jasseda de la Roque, Juif de Carpentras, à Carpentras.
Jaffeda de la Roque, un Juif de Carpentras, adresse une harangue à Son Altesse Sérénissime Madame la Princesse de Conti, Princesse d'Orange, et à Monseigneur le Prince de Conti, son fils. Il exprime une joie immense à leur arrivée, comparant cette joie à celle du peuple d'Israël accueillant la Reine de Saba. Il loue les vertus de la princesse, les comparant à celles d'Abigail, Esther et Judith. L'orateur souhaite des bénédictions et des prospérités pour la princesse et son fils, espérant leur protection et leur bienveillance. Il souligne que les princes sont les images de Dieu sur terre et espère leur soutien en cas de besoin. Enfin, il offre un modeste présent en signe de dévouement et de respect, rappelant que même les pauvres offrent des holocaustes acceptés par Dieu.
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2
HARANGUE faite à S. A. S. Madame la Princesse de Conti, Princesse d'Orange, & à Monseigneur le Prince de Conti son fils, par Jasseda de la Roque, Juif de Carpentras, à Orange. / HARANGUE faite à S. A. S. Madame la Princesse de Conti, Princesse d'Orange, & à Monseigneur le Prince de Conti son fils, par Jasseda de la Roque, Juif de Carpentras, à Carpentras.
3
p. 176-179
RÉPONSE à la Lettre d'un Evêque sur la nomination de l'Abbé de la Motte à l'Evêché d'Amiens.
Début :
MONSEIGNEUR, Jamais empressement ne fut ni plus juste, ni plus [...]
Mots clefs :
Abbé de La Motte, Église, Diocèse, Carpentras, Évêché, Épiscopat, Amiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à la Lettre d'un Evêque sur la nomination de l'Abbé de la Motte à l'Evêché d'Amiens.
REPONSE à la Lettre d'un Evêque sur
la nomination de l'Abbé de la Motte à
l'Evêché d'Amiens,
MONSEIGNEUR ,
que
Jamais empressement ne fut ni plus
juste , ni plus loü ble
celui
> que
vous avez , de connoître le sujet que la
Providence vient de vous associer à l'Episcopat.
Messire Louis - François Gabriel d'Or
leans la Motte nâquit à Carpentras le 13 .
Janvier de l'an 1683. de Joseph d'Orleans ,
Chevalier , Seigneur de la Motte , et de
Dame Marthe- Ursule de Blégiers - d'Antelon.
( a) La nature et la grace s'unirent
en lui pour en faire un modéle dans l'Etat
qu'il embrassa. Né de parents également
distinguez par leur noblesse et par leur
vertu, il en fit d'abord les délices. L'Education
qu'on lui donna fut digne de lui
(a) La Maison d'Orleans la Mothe originaire de
Vicence eft transplantée depuis plus de 300. ans dans
le Comté Venaissin , où elle a toujours tenu rang
parmi la principale Noblesse.
et
JANVIER: 1734: 177
et toûjours soutenue par des progrès préle
maturez en science et en vertu . Parvenu
de bonne heure au dégré de Docteur en
Theologie , Clement XI. ce grand Pape ,
nomma pour être Chanoine Theologal
de l'Eglise Cathedrale de Carpentras.'
(a ) M. l'Abbé de la Motte en voye d'instruire
et d'édifier , s'y porta dès- lors avec
cette application et ce zele qui lui acquirent
l'estime et la veneration publique .
Les Conferences en forme d'instructions
qu'il fit dans son Eglise , lui attirerent des
auditeurs en foule de tous les Ordres de
la Ville : à ces Conferences familieres , il
en fit succeder sur la Theologie qu'il donna
chez lui aux Ecclefiastiques du Diocese.
Dans les intervalles que la Chaire et
le Choeur lui laissoient , M. l'Abbé de la
Motte ouvroit sa maison à tout le monde.
L'orphelin et la veuve y trouvoient un
pere et un protecteur , les affligez un consolateur
, les riches de sages conseils , les
pauvres des charitez en abondance et sans
reserve ; on le vit souvent s'épuiser et se
dépouiller lui- même pour revêtir J. C.
dans la personne de ses Pauvres.
il a ra
Eloquent jusques à convaincre ,
mené au sein de l'Eglise des personnes in-
( a ) Cefut en 1708. qu'ilfucceda à Louis Anif
Son
I fectées
MERCURE DE FRANCE
1
fectées du Calvinisme, ( a ) Des personnes
du monde et du cloître , des Communautez
entieres lui doivent leur établissement
et leur perfection ( b )
Par cette confiance que des jours fi
remplis lui mériterent , M. l'Abbé de la
Motte devint le reconciliateur des familles
divisées , et l'arbitre de leurs differends ;
il fut député par son Chapitre en qualité
de Theologien au Concile Provincial d'Avignon
tenu en 1725. il fut cheri , il fue
respecté des siens , de ses confreres ; deses
compatriotes et si l'occasion d'operer
un plus grand bien hors de sa parrie , l'en
fit éloigner ; que de larmes , que de regrets
ont suivi cette absence ! M. l'Archevêque
d'Arles , ce Prélat fi recommandable
par sa pieté voulu partager avec lui
les soins de l'Episcopat , il le fit son Grand
Vicaire et Official Métropolitain , il le
nomma pour assister en qualité de son
Theologien au Concile d'Ambrun , où
M. l'Abbé de la Motte donna des preu.
ves de son sçavoir et de son zele . Le Roi
ayant nommé M. de Salcon à l'Evêché
d'Agen , M. de la Motte fur choisi pour
lui succeder en l'administration du Diocese
de Senez . Ses travaux , ses heureux
( a )Des Dames de condition du Diocèse d'Apt.
(b ) A Carpentras , à l'Isle , ¿c,
succès
JANVIER. 1734- 179
> succès sont connus de vous Monseigneur
, et le sont de toute l'Eglise de
France. Jusqu'ici , Monseigneur , vous
reconnoissés une conduite sur laquelle
Dieu a versé ses benedictions , une conduite
digne de l't piscopat , il ne manquoit
à Monsieur l'Abbé de la Motte que d'en
être revetu. Digne du Diocèse auquel Sa
Majefté , ( par le juste discernement qui
l'a guidé par tout , ) vient de le donner ;
il ne nous reste qu'à souhaitter , qu'il vive
long tems pour la consolation d'un Eglise
illustre par sa foi et par sa régularité ,
et pour l'édification du Clergé de Franc .
J'ai l'honneur d'être avec respect , etc.
P. C.
De Paris 25. Octobre 1733 .
la nomination de l'Abbé de la Motte à
l'Evêché d'Amiens,
MONSEIGNEUR ,
que
Jamais empressement ne fut ni plus
juste , ni plus loü ble
celui
> que
vous avez , de connoître le sujet que la
Providence vient de vous associer à l'Episcopat.
Messire Louis - François Gabriel d'Or
leans la Motte nâquit à Carpentras le 13 .
Janvier de l'an 1683. de Joseph d'Orleans ,
Chevalier , Seigneur de la Motte , et de
Dame Marthe- Ursule de Blégiers - d'Antelon.
( a) La nature et la grace s'unirent
en lui pour en faire un modéle dans l'Etat
qu'il embrassa. Né de parents également
distinguez par leur noblesse et par leur
vertu, il en fit d'abord les délices. L'Education
qu'on lui donna fut digne de lui
(a) La Maison d'Orleans la Mothe originaire de
Vicence eft transplantée depuis plus de 300. ans dans
le Comté Venaissin , où elle a toujours tenu rang
parmi la principale Noblesse.
et
JANVIER: 1734: 177
et toûjours soutenue par des progrès préle
maturez en science et en vertu . Parvenu
de bonne heure au dégré de Docteur en
Theologie , Clement XI. ce grand Pape ,
nomma pour être Chanoine Theologal
de l'Eglise Cathedrale de Carpentras.'
(a ) M. l'Abbé de la Motte en voye d'instruire
et d'édifier , s'y porta dès- lors avec
cette application et ce zele qui lui acquirent
l'estime et la veneration publique .
Les Conferences en forme d'instructions
qu'il fit dans son Eglise , lui attirerent des
auditeurs en foule de tous les Ordres de
la Ville : à ces Conferences familieres , il
en fit succeder sur la Theologie qu'il donna
chez lui aux Ecclefiastiques du Diocese.
Dans les intervalles que la Chaire et
le Choeur lui laissoient , M. l'Abbé de la
Motte ouvroit sa maison à tout le monde.
L'orphelin et la veuve y trouvoient un
pere et un protecteur , les affligez un consolateur
, les riches de sages conseils , les
pauvres des charitez en abondance et sans
reserve ; on le vit souvent s'épuiser et se
dépouiller lui- même pour revêtir J. C.
dans la personne de ses Pauvres.
il a ra
Eloquent jusques à convaincre ,
mené au sein de l'Eglise des personnes in-
( a ) Cefut en 1708. qu'ilfucceda à Louis Anif
Son
I fectées
MERCURE DE FRANCE
1
fectées du Calvinisme, ( a ) Des personnes
du monde et du cloître , des Communautez
entieres lui doivent leur établissement
et leur perfection ( b )
Par cette confiance que des jours fi
remplis lui mériterent , M. l'Abbé de la
Motte devint le reconciliateur des familles
divisées , et l'arbitre de leurs differends ;
il fut député par son Chapitre en qualité
de Theologien au Concile Provincial d'Avignon
tenu en 1725. il fut cheri , il fue
respecté des siens , de ses confreres ; deses
compatriotes et si l'occasion d'operer
un plus grand bien hors de sa parrie , l'en
fit éloigner ; que de larmes , que de regrets
ont suivi cette absence ! M. l'Archevêque
d'Arles , ce Prélat fi recommandable
par sa pieté voulu partager avec lui
les soins de l'Episcopat , il le fit son Grand
Vicaire et Official Métropolitain , il le
nomma pour assister en qualité de son
Theologien au Concile d'Ambrun , où
M. l'Abbé de la Motte donna des preu.
ves de son sçavoir et de son zele . Le Roi
ayant nommé M. de Salcon à l'Evêché
d'Agen , M. de la Motte fur choisi pour
lui succeder en l'administration du Diocese
de Senez . Ses travaux , ses heureux
( a )Des Dames de condition du Diocèse d'Apt.
(b ) A Carpentras , à l'Isle , ¿c,
succès
JANVIER. 1734- 179
> succès sont connus de vous Monseigneur
, et le sont de toute l'Eglise de
France. Jusqu'ici , Monseigneur , vous
reconnoissés une conduite sur laquelle
Dieu a versé ses benedictions , une conduite
digne de l't piscopat , il ne manquoit
à Monsieur l'Abbé de la Motte que d'en
être revetu. Digne du Diocèse auquel Sa
Majefté , ( par le juste discernement qui
l'a guidé par tout , ) vient de le donner ;
il ne nous reste qu'à souhaitter , qu'il vive
long tems pour la consolation d'un Eglise
illustre par sa foi et par sa régularité ,
et pour l'édification du Clergé de Franc .
J'ai l'honneur d'être avec respect , etc.
P. C.
De Paris 25. Octobre 1733 .
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Résumé : RÉPONSE à la Lettre d'un Evêque sur la nomination de l'Abbé de la Motte à l'Evêché d'Amiens.
Louis-François Gabriel d'Orléans la Motte, né à Carpentras le 13 janvier 1683, est issu d'une famille noble et vertueuse. Éduqué dignement, il obtint le titre de Docteur en Théologie et fut nommé Chanoine Théologal de l'Église Cathédrale de Carpentras par Clément XI. Reconnu pour son zèle et son application, il attirait une foule d'auditeurs lors de ses conférences et instructions théologiques. Sa charité envers les pauvres et les affligés était également notable. En 1708, il réussit à convertir des personnes au catholicisme et à réconcilier des familles divisées. En 1725, il fut député au Concile Provincial d'Avignon et nommé Grand Vicaire et Official Métropolitain par l'Archevêque d'Arles. Le Roi le choisit pour administrer le Diocèse de Senez après la nomination de M. de Salcon à l'Évêché d'Agen. Ses travaux et succès sont reconnus dans toute l'Église de France. Sa conduite, bénie par Dieu, le rend digne de l'épiscopat, justifiant ainsi sa nomination à l'évêché d'Amiens.
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