Auteur du texte (12)
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Auteur probable (3)
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Détail
Liste
1
p. 316-318
ENIGME.
Début :
Vous n'aurez l'Article des Enigmes du dernier Mois, / Je sers le petit & le grand, [...]
Mots clefs :
Soulier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Vous n'aurez l'Article des
Enigmes du dernier Mois,
que dans la Lettre Extraordinaire
que je vous dois envoyer
le 15. d'Octobre. En
voicy cependant une en figure,
dont Europe ravie par
Jupiter changé en Taureau
fait le ſujet, & deux en Vers,
fur leſquelles vos Amies
exerceront leur talent de
deviner. La premiere de
celles qui ſont en Vers , eſt
de M' Vignier de Richelieu;
& l'autre, de M Rault de
Roüen .
ENIGME.
JEfers lepetit &le grand,
Chacunfelonson grém'alonge, on
me réforme.
Iefuisfimple,jesuis galant, f
Lereçoy,comme on veut, touteforte
deforme.
Iefuis en mesme temps Geolier &
prisonnier
Du Maistre, du Valet, du Clerc, de
l'Ecolier;
Ien'ay de mouvemet que celuy qu'on
medonnes
Tantoſtjesuis bienhaut, tantoftje
fuis bienbas;
Glorieux deporter une aimable Per-
Sonne,
Pour meporterauffi, je ne la preffe
Pas
Dd iij
318 MERCVRE
Lefuis chez clle dans mon centre,
On me tientproprement, on a grand
Soin demoy;
Mais pour mefaire agir, quand ce
feroit un Roy,
Ilfaut qu'auparavant on se mette
enson ventre.
Enigmes du dernier Mois,
que dans la Lettre Extraordinaire
que je vous dois envoyer
le 15. d'Octobre. En
voicy cependant une en figure,
dont Europe ravie par
Jupiter changé en Taureau
fait le ſujet, & deux en Vers,
fur leſquelles vos Amies
exerceront leur talent de
deviner. La premiere de
celles qui ſont en Vers , eſt
de M' Vignier de Richelieu;
& l'autre, de M Rault de
Roüen .
ENIGME.
JEfers lepetit &le grand,
Chacunfelonson grém'alonge, on
me réforme.
Iefuisfimple,jesuis galant, f
Lereçoy,comme on veut, touteforte
deforme.
Iefuis en mesme temps Geolier &
prisonnier
Du Maistre, du Valet, du Clerc, de
l'Ecolier;
Ien'ay de mouvemet que celuy qu'on
medonnes
Tantoſtjesuis bienhaut, tantoftje
fuis bienbas;
Glorieux deporter une aimable Per-
Sonne,
Pour meporterauffi, je ne la preffe
Pas
Dd iij
318 MERCVRE
Lefuis chez clle dans mon centre,
On me tientproprement, on a grand
Soin demoy;
Mais pour mefaire agir, quand ce
feroit un Roy,
Ilfaut qu'auparavant on se mette
enson ventre.
Fermer
3
p. 96-132
A M. DE L. G.
Début :
La matiere des Eclipses a fait raisonner beaucoup de Sçavans. / Vous me mandez, Monsieur, que vous avez eu un grand [...]
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texteReconnaissance textuelle : A M. DE L. G.
t raisonnerbeaucoup de
Sçavaris. La Lettre qui fuit
en cft une marque; je croy
que vous la lirez avec pliifir.
c'j yetïp>tj.
A M. DE L. G.
vOusfme mande%
,
Mon
feur, que vous ave% eu
un grand entretien avec un de
vos jimis de la Province, sur le
sujetd?s Echpfes ,
f0 vousfou
b*ite% en mesme temps que je
vous dise messentimenssur cette
matiere qui fait du bruit en vos
Quartiers, je vous avoue que
fay esiéfurpru qu'une Personne
quipénétré dans les plus profonds
secrets de la Nature, & qui en
o
_con!JruIte sur ces PhincJmencs, qui
attirent nos rezœrds, excitent U
ds
,
exciteilt 14
curiosité des Peuples, & Jvurnf
fent dequoy s'exercerauxPhilo
sophes, aux Historiens, aux Af
tronowes, aux Medecins
, &
mefrne aux Theologiens.Je n'ay
aucune des qualitez des Grands
Hommes qui ont fleury dans ces
Arts st) dans Cel Sciences
3 dont
les Ouvrages vous donnent fou
vent du plaisir, £? voffs ave^
dans veftre Famille des Philoso
phes
edes Théologiensquipeur?
reient mieux vous Jatisfaire que
,moy; mais vous desirezm'épreu
Qtr, & je nepuis m'empefèher
de vous obéir. Ne croyez pour
tant pas que ce je vous diray
vienne de moy
, je l'ay appris
dans une .Affimblée où je me
troHvay ily a quelques jours, &
ou cette Questionfut misesir le
tapis. Comme ondemanda ce que
3 un des plus
c'efloit quEclipje
jeunes de la Compagniequi ne
faifolt que desortir du Collegey
répondit brusquement que ce n'é
toit qu'une figure de Rhétotique,
qui confiée a pafiferfous silence
dans le difèours; quelque cboje
qui en apparencefieroit necejfiaire
kfcr perftbon, & cela à dejjein.
Piufieurs se mirent a sourire de
li bévue du jeuneHomme qui
répondoitsans estreinterrogé) £r
mepne sans avoir conçu dequoy
il efloitqucflion.Ongarda quel
que temps le ftlence
; mais celuy
qui avoitfait la proportion, pria
la Compagnie de n'en demeurer
pas
a i
& comme cestoit une
Personne de qualité qui avoit de
l'esprit & beaucoup d'inclina
tion pour les belles Lettres, on ne
voulut pas luy refuser ce qu'il
demandoit avec empressement.
Undesplus anciens,& qui avoit
de très,belles connoifjances}ayant
ejié invité de parler la-dessus,
commença à peu pres de cette
forte.
Puis que vous voulez, McP
siéurs,que je vous entretiéne
des Eclipses, je leferay, mais
nonpassans craindre de tober
moy-mesmeenEclipse. Cette
matiere est si délicate & si
subtile, qu'il y en a peu qui le
soient davarage. Chaque Fa
culté recrarde l'Eclipse d'une
¡
ç.'
maniéré diférente. Monficu-r
qui a répondu d'abord, a cra
.f
qu'on parloit d'une figure de
Rhétorique. En esser, il y en
aune qu'on appelle Eclipse',
& Monsieur l'a alTz bien
définieV mais cen'est pas de
celle-là dont nous preten
donsparler.Onditaussisou
vent parmy le vulgaire, que
les grands Esprits sont sujets
à de grandes Eclipses, pour
exprimer les defauts de juge
ment dans lesquels ils tom
bent quelquefois
; mais ce
n'est pas encore la Question.
Tous les Sçavans reconnois
sent que l'Eclipse n'est autre
chosequ'une privation de
lumiere, causée par l'interpo
sition d'un corps opaque &c
tenébreux
; & comme il y a
deux grands Luminaires
que
Dieu a créezpour nous éclai
f
rer, l'un le jour, & l'autre la
nuit, & que nous sommes
privez quelquefois d'une ma
niereextraordinaire de leurs
lumieres& irradiations, nous
appellons cela defaut, défail
lance,& les Grecs l'appellent
Eclipse,carEclipse estun
mot Grecfrancisé, & c'est ce
qui fait aujourd'huy l'entre
tien des Hommes&desFem
mes, la crainte & la dévotion
desuns & des autres. Les
Philosophes considérent l'E
clipfe comme un admirable
PhénOlTICne) dont la rareté
excitant leur admiration ôc
leur curiosité, ils en cher
chentles principes &les cau
ses, en examinent lanature
&les effets; sur quoy les An
ciens & les Modernes ont
fait quantité de belles & cu
rieuses remarques. Les As
tronomes passent plus avant
;
car comme c'est l'objet spé
cial de leur Science, qui leur
fait connoistrelesrévolutions
des Cieux, les conjonctions
des Astres, leurs distances&
leurs approches, & melmc
prévoir&prédire les effets
purement naturels qui en ré
sultent,ils marquent le temps
des Eclipses avec une grande
certitude, jusques à détermi
ner non seulementlesan
nées, mais encore les mois,
les semaines, les jours, les
heures, & jusques aux minu
tes. Tous leurs Livres d'E
phémerides sont pleins de
ces remarques &: prédictions.
Ceux qui ont lû les Histoires
des Indes, sçavent que dans
le Royaume de la Chine, ôc
dans les Païsnouvellement
convertis à la Foy,cessortes
de Prédictions faites par d'ha
biles Mimonnaires leur don
nent une grande autorité sur
les esprits des Peuples, & les
disposent à écouter avec do
cilité des Personnes si intelli
genres en ces matieres subli
mes & cachées au commun
des Hommes. Les Astrolo
gues n'en demeurent pas là.
Ils prédisent beaucoup de
choses à l'occasion des Ecli
Eses, mais on sçait combien
leurprérenduë
Science cil*
décriée. Le sçavant Pic de
la Mirande a composé con
tre ces Astrologues, qu'on
appelle Judiciaires, un excel
lent Ouvrage,qu'ilfinit, en
disant que leur prétenduë
Science n'est que folie. En
effet, quand ils veulent con
[
clure des Eclipses,l'évene
ment des choses quifont dé
pendantes de la liberté dès
jHommes, comme des Re
voltes, des Trahisons ,
des
Guerres,&c.ilsse trompent
;mais quand
manifestement
r ils se contentent de faire des
Prédictions sur les choses piu
r;rement naturelles, comme
les stérilitez, maladies, seche
j rcsses,&c.ils ontquelque
1
1
raison, & en ce quelesAstro
nomes en concluënt. Les
Historiens de tous les Siecles
ont fait des remarques sur les
Eclipses, & les ont regardées
commedes évenemcns fin
guliers qui méritentplace
dans l'Histoire; ils ont écrit
avec foin ce qui a précédé,
suivy, & accompagné les E
clipfes. C'est une chose ad
mirable devoir les merveilles
qu'ils en rapportent,. & l'on
peut dire qu'il n'apoint paru
d'Eclipieconsidérable qui
n'ait esté précédée ou suivie
de divers accidens.
Comme celuy quip^trlvitâfuoit
la mémoiremerveilicuf
r,0*qiiil
vit que la Compagnie prenoit
goust' à ce
qiiil disoit, voicyqueL
^ues-uvs des exemples J'Eclipfts
de Soleil qu'ilrappQrta,
je mefaissouvenu.
dont
Seus le Regne de l'Empereur
Gordian, le Soleildéfaillit d'une
telle maniéré
, e les tenehres
furentsi cpaijjes
3 qu'ilefloitim
pojjîblederienfaire sans allumer
des Chandelles. La Terre futsi
horriblement ébranlée, que des
Villes entieres,& tousleurs Ha
Mtans,furent engloutis dans les
ouvertures quisefirent;ceque le
Sénatprit pour un figne de la
mort deGordian.Avant les cruel
les persecutionsque l'Empereur
ValêrianfitauxCbrefiiens, la
Terre fut courverte de tentbres
pendantplusieurs jours
; ily eut
d'épouvantables tonnerres
; plu
sieurs Edificesfurentttbîmezdins
les Ouvertures qui se firent A la
Terre
fut émuë
; toute l's4fiefoaffrit, Rome
) la Libie & quantité
de Terres furent chFIouties, U
Mer couvrit les Villes mariti
mes, &de là sènfuivit la Peflef
qui fit mourir en un jour jusques
A "quinze millePersonnes a Ro
me, dans l'sfcbaïe. Ily eut
une grande Eclipse de Soleil
quand les Cbrefliens furent mi.
férablement défaitslanuitpar les
PerfesaSyngara* qu'ils ajjiége
rent N7i[io'is
, &prirent Amida.
Enl'an ÓÓl. de NopreSeigneur.,
ily eutune grande Eclirfi de
Soleille 10. de May
; en fuite
mecruelle Maladie,& la Pefley
affligèrent la Bretagne. Cons
tance futen déteflation pour sa
Crannie, poursonfratricide
3 &
pourses crudutez tni'ersles bons
Enûefyues. Lafàp^. le Ó. du
Regrre de ïEmpereurCopronime,
depuis le 4. d'Aoufljusquesan
premier de Septembre, ily euten
Orient £epaissestenehres, qui fu
rentsuivies de prodigieux trem
blemens JeTerre en la Palestine
jèj/fentoutel'AJJirie; en fuite lA
;elle dura
Pesle desola la Sicile
trois ans a ConftantinopleJ&fit
un DeJ'en de cette grande Ville.
Theophane dit que Dieu envoya
ce Fléaupourfaire amender les
Hommes, eparticulierementcet
Empereur impie. L'an 760. le
zSjSeptembre, à neufheures, il
y eut une Eclipse. Pépin, Rey
de France,mourut
a,
Paris ; le
Pape Paul mourut. Conflantin
fut défait par les Dulgares, où il
perditquantitédeNoblesse, &
toutes jes Troupes ; les Arabes
iemparèrent de ïArménie.Lan
797.aumois deJuillet, dans le
temps que
ïImpératrice Irene fit
tantin, & s'empara de
tEmpire;
le Soleil ne parut point durant
crever lesyeux ason Fils Conf
dix-septjours, & les tenebre
i
furent sigrandes, que les Vais
féaux ne se pouvoient conduire
sur Mer. Ily eut de grands
tremblement de terre en Crete-,
en Sicile3&sursauta Constan
tinople. Conflantin mourutbien,
tost apres. VanSu.ilyentune
Ec/ipfe deSoleil le 2. des Ides
dïJuin, à deux heures. Vhin),
Fils de Charlemagne
j mourut^
LesUni*aresdtji'ent les RamainJ
JttS du Fleuve S'trimoniura ; 6"
/•' Empereur Nicêphoyemeurut
ayant eslé vaincu des Buls,ares.'
L'an813.le 4, de May, il_y eut
une Echpfe de Soleil.L'Empe
reur Michel ayant eslé vaincu
des "Bulgares,Je retira de l'Em
pire
j @J cboijtt une vie monas
tique. L'an S33. le Seleil la
Lune. éclipferolt; & dans le
mefne temps, 'Empereur Lew,
abandonné des Siens.,& mis en
tre les mnns dejesEncans, fut
renferméduns un Cloijlre. L'an
joop. que les TurcsprirentJérll
r,tle;n
, il y eut une Eclipje de
Soleil. Celle cpù arriva en11$6.
fut suivie d'une irande Pesle en
Pologne & dans la Russie; le
PapeLucIII. mourut; iHyver
futchaud.Enni7*ily eut
deux Eclipses merveilleufa3l'une
de Soleil}l'autre de Lune,
avecuneconjonÛien dePlanetes.
Tousles Afroloçues du Levant,
de tOccidrnt, & duMidy, tant
Chrefliens que Mahometans>
firent des Prédiftions qui furent
toutes conformes
y comme si elles
sussentsorties d'un mesme cer
neau. Les effits ne furentpas
absolumenttets en Occidentqu'ils
les dvoientprédits)encore que la
prise de Jerusalem par Saladin
Roy des Sarrasins, eule Roy
Baudouin dr toute la Noblcffe
furent pris, les armes des Chré
tiens Occidentaux dans la Pa
lejline5 la prise de Conflantinople
par les mcjmes,la veçuëdesTar
tares
, &les horribles CIJdnge
mens qu'ils apportèrent preflote
dans toutes les Contrées de la
Terre, outre ceux qUI arrivèrent
particulièrement en Afrique. &.
tn Ejpagne3témoignèrent qu'ils
ne s'efloietpas entifrement trom
pez en leurs Prédictions. L'E
clipfe du Soleil qui arrivale4.
dAoust de tan959. que le Duç
de Lorrainese noya dans le Rhin,
st) que les Espagnols donnèrent
U Bataille ae Simancas,ejlre
marquavle en cequ'eue duraplue
d'une heure., & qde pendant tout
ce. temps
la on, vit au Cielles
Etoiles brittïntes•& remuante*.
Luitprand de Pavie qui njivoit
alors j du qu'il en a eslétémoin
oculaire. La mort du Pape Gré-
OfoireJ. & la FaéliondesGibelins
Çjjr des Guelphes, qui causa de
grandes calilmitez, annexent
apru l'Eclipse de l'an 1230.
Ily
en eut une en141f. aprèsla Fejlt
du S. Sacrement. Jean Hus fut,
truie. Lanijjo.l'Eté, fut ex
trémementchaud&[ec, deforte
que les Foin
s, lu Légumes>
twtto les autres chofu qui 'Vien';W
nent en abondance dans un temps
temperé, furent extrêmement ra
res. Ily eut feulement des Seigles
dffizraifonrptbhment;,& quan
tité de Vins trèsforts, & d'une
bonté admirable3mesme dans
les lieux ou
il en croissoit le
moins. Le Palais Royal de Pra
gut3 dr VEglife Cathédrale
bâtie avec de grands foins & de
grandes magnificences par les
Roy
sde Hongrie3furent krû/ez,
&il y eut de grandes incendies
ailleurs5 dont beaucoup de Gens
furent accusez, qui moururent en
frotejltrit de leur innocence.
Il nefis enditbeaucoupd'autre?
qui avoient eslè toutes fuhies
d'évenemens tragiques & ex
truordinaires
; mais je m'arrefie
à celle-cy,qui a du raport par
on commencement aux grandes
secheresses que nous avons eues
ce Printemps, & au commence.
ment de l'Eté* à la disette des.
Foins st) des Herbages de toutes
fôrtes, à la raisonnable quantité
de Setgles que l' on
aferre%, &
a la belle apparence que chacun
'VOlt de remplir cette année les
Celiers d'excellens Fins.Mais
avectoutes cesconformitek, dei
mandons à Dieu que l'Eclipse
<duiz, deJuillet de la prefentç
année
3 à deux heureJ. & demie,
xaitpointd'effetsfïmflres.Apres
celay noflre Dofleur reprit Jon
discours3 & nous dit que les Me
~c/~~4~~roM
decins ayantconfdert les principe
&les effetsdesEclipjes avec les
~r~f~~
Philosophes & lesAflronomesy
en concluent,sur tout quand elles
fontde longue durer,quily aura
des maladies, principalement
quand cessle Seleil qui efl êcli
psé, car ilf conneijpnt kien que
cet Aftfe si benm, qui efl comme'
comme
lœildu Àdmâe & le Pere de la
Nature, ne nous regardantpM
dt bon œil, tout va mal
basv
ilagitsurletchofesd'icy
;&que
IntS, leur communiquant ses in*
fuencesyfon mouvementyfa lueurt
@rfa chaleur, cette lumière&
sesrayons, efiant arreile%surla
partie supérieure de la Lune, qui
efl éclairée alors centre l'ordre
naturel
3 cet Aflre qui efl mal
faisant, nous dérobant en partie
la lumière, nous osse en mefme
temps-lessalutairesinfluences du
soleil
i-e
r comme dans le petit
monde, qui efl l'Homme, quand
l'irradiation des efyrits animaux
qui defeendent du cerveau efl
empefehée par quelque humeur
froidequi cause obftruEllOn, les
parties inférieures du Corps fouf
frent, de Ynefmel'irradiation du
Soleil eslansempefchte par le
corps opaque &solide de laLune,
roui les Animauxsouffrentpùr
cette
interruption.
Vn de la Compagnie inter
rompit icy le difeours, disant que
l'Eclipsè efloit une cboje natu
re lle, qui ne prdduifoit aucun
mauvais effet
; qu'il ne s'enfui
''Voit pas que les Corps s'en trou
lassentpis, encore que les rayons
du Soleil fussent détourné%,
st)
; Cques'il
sa lumière obscurcie
en arrivoit autrement, on 4uroit
fitjet de craindre qu'il n'y east de
grandes maladies(Dutu les fois
que le Soleilferoitcache par des
nuages, ou par degrands brouilL
lards. Noflre bon Vteillard ré..
pondit que ce nefloitpas unerai
fin aJlèz forte pour combatte lu
sentimens des Agronomes & des
yde dire que ce qui cft
Meiecins
naturel ne produit peint de ma--
ladies, Ily a millecboses natu
reilesqui produisentbien des ma
ladie,s, comme les Tempefies> les
Orages., laTonnerres, les Trem
blement de terre3 les exhalaisons
puantes $infe£léesdesCloaques.
Quesiquelqu'un ri-avoitpasref
[enty les effets malins des Ecli
pret) elles en Avaientpu produire
en aautres Perjonnu
; que dans
les temps des maladies générales,
mtfme co'tao,,Ietifes,tour lemende
rieftoit pas pour cela sujet aux
mrfmes maladiM; que les Corps
les plus forts, vigoureux, &re
bufteSj réjîflent aux venins de
l'air ; que la nourriture mesme y
cOYJtribuë) maisqueles CorpsfoL
bles & mal dfPofzysuccom
bent, &quil avoitveu des Per
sonnes tombermalades,mesme
en mourir) pour avoir eflc expo
sées dehors durâtVEclipse
conseilloit mesme a ses Amis de ne
pas regarder en ce temps-là trop
fixement le Soleil ny U Lune) gjr
;quil
de les regarderfeulement dans un
Baffin d'eau expose devant quel
quevitre, ou parun petit trou, tel
qu'on enfait pour mirer ou pour
ni'Veler
Jpuis que les observations
diférentes faites par tant d'ba
hiles Gens n'efioientpas à négli
ger; &surce que Vautreavoit
dit des nuages & des breüinards,
le
ilréponditqu'ilefloitconfiantque
Îiuand ils nous cachent longtemps
Soleily ils c-iufent du desordre.
C'est alors que les Fièvres s'aug
mentent, que les Goûtesrevien
nent, que les Fluxionsdébotdent
ducerveau, qui étoufent souvent
les Malades tout d'un cout>t&
qu
il arrive mille autres accidensy
comme Migraines) maux de
Dents,apoplexies,&c.
Unautrequi ejloitfort ejîime
parfonffa.-voir,.crûtl'embaraffir>
en luy demandant comment il
efloit pojjibleque les Habitons de
¿'¡]le de GroenUndpussent vi
vre,eflant\la'moitié de tannle.
dans les tenebres
9 sansvoir le;
Soleily & par conséquent prive
de ses douces influences. Il répons
dit qu'il ne falloit pas s'en éton
ner, que ces
Gens-la efîoientac.
CQHtume% & naturaliser dans
ces Lieux)qutils ejloientenun
Paisfroid,que cejlle propre
dufroid de dessecher les Corps, {£
de concentrer
lachaleur naturelle,
su dedans, ce qui faisoit que en
bustes pourrefîfier à Ugrojjtereiz
desvapeurs
Personnesefleient fartes & ro
;qu'ils ne laissoient
pas de voirun peu de jour, &,
que l'habitude efl une fécondé
Nature. Il ajoûta que ceux qui
navigent vers Groenland
>
&,
pussent mefrte jusques à Sbisber
gue, pour lapcfcbt de la Baleiner
st) pour chercher des Dents dt
Chevaux marins & de Vac/Jes,
marines,qu'on trouve sur tout
vers Sbisbergue, qui cft fort
antancc vers le Nord, ne vont1
point en ce Pais que quand le
Soleil efl bien hauty & qu'ils le
voyent quasi toute la nuit sur
leurs tefles. Que
sicesGens,quoy
lu'habituez en des Paisfroids
erfujets auxvapeurs& brQüil
lards) commefont les HoHandoisy
les Damis,&lesHambQUrgU9isy
alloient là dans d'autres temps, ils
n'y pourraientvivre, ny réfifler à
lagrojjiereté de l'air
j encore que
les Habitansyvivent bien.
Il dit de plus, qu'outre ce qu'il
avoit lâ la-d:jfus} il avoit in
terrogédes Officiers de Marine
quiyavoient esié) @rqsÚ l'a
voient affureque les Vaiffeavx
ny peuvent aller que dans les
grands jours & les grandes cha
leurs, car autrement les Hommes
ne pourroient réfijleral'airépais
&malaifêyremplyde brl'ÍÚt!a?ds>
&tres froid. IveftreVieillard
ayantfatissait
à la Queflion qui
luy avoit eHé faite t reprit ou il
en efloit demeure, & dit que les
Tbeilogiens & les Saints Perei
parlentfortsouvent desEclipsee,
sur teutde la o-rande& admi
rable qui arriva a la mort du
Sauveur
J qui avait ejlêpredite
par les Propbe
tes, dr laquelle
efloit tout à.fait rniraculeufe, par
troisraifbns* Lapremiere,parce
qu'elle arriva dans la pleine
Lune. Laseconde., parce qu'elle
dura troisheures, ce qui encontre
l'ordre naturel ; @¡ la troisiéme,
à cause qu'elle fut universelle9
comme les Evangelistes le témoi
gnent. Et S. Denys ïjfreopa
gistegrand Philosophe(j* grand
Mathématicien, estant alors elt.
Egipte, dit à cette occasion , Il
faut que le Dieu.de la Nature
souffre, ou toute la Machine
du Monde se dissout. Il
ajoûta, pour éclaircir ce qu'il a
voit dit, que l'Eclipse du Soleil ne
sefaisoitsuivant le communsen
timent des Philosophes (Sf des.
jéfironomes, que dans le temps
que la Lune til dans la tesse ou
dans la queue du Dragon, oubien
près, cejî à dire dans [on com
mencement on
àsafin7&quelle
efïoit pleine à la mortdeNoBrs
Srigncur; que le Soleil efiant
fort rapide dans sa course) la
Lune ne pouvait empefeher si
logtempsFinfluence deJe
s rayons.
Enfin ilfiimiNe belles reiféxions
sur. les diférentes Eclipses natu
relles &fumaturclies, dont tonte
In Compagniefutextrêmement
contente, luy témoigna bien,
des rrconnoiffances. J'en anjois
l'espr.it tout remply, quandfay,
reçeu uojtre Lettre; deforte que
je nay eu qua les mettresur le
JUtpÙr) mais non pas avec son
éloquence
;cequi me tiendra lieu,
s'il vous plaiR;, d'une décharge
pour ce que vous avek d¡firé.
de
Richelieu ce
"6_4,
M«:*'
Vostretres-humble & tres
obeïssant Serviteur,
VlGNI£fU
Sçavaris. La Lettre qui fuit
en cft une marque; je croy
que vous la lirez avec pliifir.
c'j yetïp>tj.
A M. DE L. G.
vOusfme mande%
,
Mon
feur, que vous ave% eu
un grand entretien avec un de
vos jimis de la Province, sur le
sujetd?s Echpfes ,
f0 vousfou
b*ite% en mesme temps que je
vous dise messentimenssur cette
matiere qui fait du bruit en vos
Quartiers, je vous avoue que
fay esiéfurpru qu'une Personne
quipénétré dans les plus profonds
secrets de la Nature, & qui en
o
_con!JruIte sur ces PhincJmencs, qui
attirent nos rezœrds, excitent U
ds
,
exciteilt 14
curiosité des Peuples, & Jvurnf
fent dequoy s'exercerauxPhilo
sophes, aux Historiens, aux Af
tronowes, aux Medecins
, &
mefrne aux Theologiens.Je n'ay
aucune des qualitez des Grands
Hommes qui ont fleury dans ces
Arts st) dans Cel Sciences
3 dont
les Ouvrages vous donnent fou
vent du plaisir, £? voffs ave^
dans veftre Famille des Philoso
phes
edes Théologiensquipeur?
reient mieux vous Jatisfaire que
,moy; mais vous desirezm'épreu
Qtr, & je nepuis m'empefèher
de vous obéir. Ne croyez pour
tant pas que ce je vous diray
vienne de moy
, je l'ay appris
dans une .Affimblée où je me
troHvay ily a quelques jours, &
ou cette Questionfut misesir le
tapis. Comme ondemanda ce que
3 un des plus
c'efloit quEclipje
jeunes de la Compagniequi ne
faifolt que desortir du Collegey
répondit brusquement que ce n'é
toit qu'une figure de Rhétotique,
qui confiée a pafiferfous silence
dans le difèours; quelque cboje
qui en apparencefieroit necejfiaire
kfcr perftbon, & cela à dejjein.
Piufieurs se mirent a sourire de
li bévue du jeuneHomme qui
répondoitsans estreinterrogé) £r
mepne sans avoir conçu dequoy
il efloitqucflion.Ongarda quel
que temps le ftlence
; mais celuy
qui avoitfait la proportion, pria
la Compagnie de n'en demeurer
pas
a i
& comme cestoit une
Personne de qualité qui avoit de
l'esprit & beaucoup d'inclina
tion pour les belles Lettres, on ne
voulut pas luy refuser ce qu'il
demandoit avec empressement.
Undesplus anciens,& qui avoit
de très,belles connoifjances}ayant
ejié invité de parler la-dessus,
commença à peu pres de cette
forte.
Puis que vous voulez, McP
siéurs,que je vous entretiéne
des Eclipses, je leferay, mais
nonpassans craindre de tober
moy-mesmeenEclipse. Cette
matiere est si délicate & si
subtile, qu'il y en a peu qui le
soient davarage. Chaque Fa
culté recrarde l'Eclipse d'une
¡
ç.'
maniéré diférente. Monficu-r
qui a répondu d'abord, a cra
.f
qu'on parloit d'une figure de
Rhétorique. En esser, il y en
aune qu'on appelle Eclipse',
& Monsieur l'a alTz bien
définieV mais cen'est pas de
celle-là dont nous preten
donsparler.Onditaussisou
vent parmy le vulgaire, que
les grands Esprits sont sujets
à de grandes Eclipses, pour
exprimer les defauts de juge
ment dans lesquels ils tom
bent quelquefois
; mais ce
n'est pas encore la Question.
Tous les Sçavans reconnois
sent que l'Eclipse n'est autre
chosequ'une privation de
lumiere, causée par l'interpo
sition d'un corps opaque &c
tenébreux
; & comme il y a
deux grands Luminaires
que
Dieu a créezpour nous éclai
f
rer, l'un le jour, & l'autre la
nuit, & que nous sommes
privez quelquefois d'une ma
niereextraordinaire de leurs
lumieres& irradiations, nous
appellons cela defaut, défail
lance,& les Grecs l'appellent
Eclipse,carEclipse estun
mot Grecfrancisé, & c'est ce
qui fait aujourd'huy l'entre
tien des Hommes&desFem
mes, la crainte & la dévotion
desuns & des autres. Les
Philosophes considérent l'E
clipfe comme un admirable
PhénOlTICne) dont la rareté
excitant leur admiration ôc
leur curiosité, ils en cher
chentles principes &les cau
ses, en examinent lanature
&les effets; sur quoy les An
ciens & les Modernes ont
fait quantité de belles & cu
rieuses remarques. Les As
tronomes passent plus avant
;
car comme c'est l'objet spé
cial de leur Science, qui leur
fait connoistrelesrévolutions
des Cieux, les conjonctions
des Astres, leurs distances&
leurs approches, & melmc
prévoir&prédire les effets
purement naturels qui en ré
sultent,ils marquent le temps
des Eclipses avec une grande
certitude, jusques à détermi
ner non seulementlesan
nées, mais encore les mois,
les semaines, les jours, les
heures, & jusques aux minu
tes. Tous leurs Livres d'E
phémerides sont pleins de
ces remarques &: prédictions.
Ceux qui ont lû les Histoires
des Indes, sçavent que dans
le Royaume de la Chine, ôc
dans les Païsnouvellement
convertis à la Foy,cessortes
de Prédictions faites par d'ha
biles Mimonnaires leur don
nent une grande autorité sur
les esprits des Peuples, & les
disposent à écouter avec do
cilité des Personnes si intelli
genres en ces matieres subli
mes & cachées au commun
des Hommes. Les Astrolo
gues n'en demeurent pas là.
Ils prédisent beaucoup de
choses à l'occasion des Ecli
Eses, mais on sçait combien
leurprérenduë
Science cil*
décriée. Le sçavant Pic de
la Mirande a composé con
tre ces Astrologues, qu'on
appelle Judiciaires, un excel
lent Ouvrage,qu'ilfinit, en
disant que leur prétenduë
Science n'est que folie. En
effet, quand ils veulent con
[
clure des Eclipses,l'évene
ment des choses quifont dé
pendantes de la liberté dès
jHommes, comme des Re
voltes, des Trahisons ,
des
Guerres,&c.ilsse trompent
;mais quand
manifestement
r ils se contentent de faire des
Prédictions sur les choses piu
r;rement naturelles, comme
les stérilitez, maladies, seche
j rcsses,&c.ils ontquelque
1
1
raison, & en ce quelesAstro
nomes en concluënt. Les
Historiens de tous les Siecles
ont fait des remarques sur les
Eclipses, & les ont regardées
commedes évenemcns fin
guliers qui méritentplace
dans l'Histoire; ils ont écrit
avec foin ce qui a précédé,
suivy, & accompagné les E
clipfes. C'est une chose ad
mirable devoir les merveilles
qu'ils en rapportent,. & l'on
peut dire qu'il n'apoint paru
d'Eclipieconsidérable qui
n'ait esté précédée ou suivie
de divers accidens.
Comme celuy quip^trlvitâfuoit
la mémoiremerveilicuf
r,0*qiiil
vit que la Compagnie prenoit
goust' à ce
qiiil disoit, voicyqueL
^ues-uvs des exemples J'Eclipfts
de Soleil qu'ilrappQrta,
je mefaissouvenu.
dont
Seus le Regne de l'Empereur
Gordian, le Soleildéfaillit d'une
telle maniéré
, e les tenehres
furentsi cpaijjes
3 qu'ilefloitim
pojjîblederienfaire sans allumer
des Chandelles. La Terre futsi
horriblement ébranlée, que des
Villes entieres,& tousleurs Ha
Mtans,furent engloutis dans les
ouvertures quisefirent;ceque le
Sénatprit pour un figne de la
mort deGordian.Avant les cruel
les persecutionsque l'Empereur
ValêrianfitauxCbrefiiens, la
Terre fut courverte de tentbres
pendantplusieurs jours
; ily eut
d'épouvantables tonnerres
; plu
sieurs Edificesfurentttbîmezdins
les Ouvertures qui se firent A la
Terre
fut émuë
; toute l's4fiefoaffrit, Rome
) la Libie & quantité
de Terres furent chFIouties, U
Mer couvrit les Villes mariti
mes, &de là sènfuivit la Peflef
qui fit mourir en un jour jusques
A "quinze millePersonnes a Ro
me, dans l'sfcbaïe. Ily eut
une grande Eclipse de Soleil
quand les Cbrefliens furent mi.
férablement défaitslanuitpar les
PerfesaSyngara* qu'ils ajjiége
rent N7i[io'is
, &prirent Amida.
Enl'an ÓÓl. de NopreSeigneur.,
ily eutune grande Eclirfi de
Soleille 10. de May
; en fuite
mecruelle Maladie,& la Pefley
affligèrent la Bretagne. Cons
tance futen déteflation pour sa
Crannie, poursonfratricide
3 &
pourses crudutez tni'ersles bons
Enûefyues. Lafàp^. le Ó. du
Regrre de ïEmpereurCopronime,
depuis le 4. d'Aoufljusquesan
premier de Septembre, ily euten
Orient £epaissestenehres, qui fu
rentsuivies de prodigieux trem
blemens JeTerre en la Palestine
jèj/fentoutel'AJJirie; en fuite lA
;elle dura
Pesle desola la Sicile
trois ans a ConftantinopleJ&fit
un DeJ'en de cette grande Ville.
Theophane dit que Dieu envoya
ce Fléaupourfaire amender les
Hommes, eparticulierementcet
Empereur impie. L'an 760. le
zSjSeptembre, à neufheures, il
y eut une Eclipse. Pépin, Rey
de France,mourut
a,
Paris ; le
Pape Paul mourut. Conflantin
fut défait par les Dulgares, où il
perditquantitédeNoblesse, &
toutes jes Troupes ; les Arabes
iemparèrent de ïArménie.Lan
797.aumois deJuillet, dans le
temps que
ïImpératrice Irene fit
tantin, & s'empara de
tEmpire;
le Soleil ne parut point durant
crever lesyeux ason Fils Conf
dix-septjours, & les tenebre
i
furent sigrandes, que les Vais
féaux ne se pouvoient conduire
sur Mer. Ily eut de grands
tremblement de terre en Crete-,
en Sicile3&sursauta Constan
tinople. Conflantin mourutbien,
tost apres. VanSu.ilyentune
Ec/ipfe deSoleil le 2. des Ides
dïJuin, à deux heures. Vhin),
Fils de Charlemagne
j mourut^
LesUni*aresdtji'ent les RamainJ
JttS du Fleuve S'trimoniura ; 6"
/•' Empereur Nicêphoyemeurut
ayant eslé vaincu des Buls,ares.'
L'an813.le 4, de May, il_y eut
une Echpfe de Soleil.L'Empe
reur Michel ayant eslé vaincu
des "Bulgares,Je retira de l'Em
pire
j @J cboijtt une vie monas
tique. L'an S33. le Seleil la
Lune. éclipferolt; & dans le
mefne temps, 'Empereur Lew,
abandonné des Siens.,& mis en
tre les mnns dejesEncans, fut
renferméduns un Cloijlre. L'an
joop. que les TurcsprirentJérll
r,tle;n
, il y eut une Eclipje de
Soleil. Celle cpù arriva en11$6.
fut suivie d'une irande Pesle en
Pologne & dans la Russie; le
PapeLucIII. mourut; iHyver
futchaud.Enni7*ily eut
deux Eclipses merveilleufa3l'une
de Soleil}l'autre de Lune,
avecuneconjonÛien dePlanetes.
Tousles Afroloçues du Levant,
de tOccidrnt, & duMidy, tant
Chrefliens que Mahometans>
firent des Prédiftions qui furent
toutes conformes
y comme si elles
sussentsorties d'un mesme cer
neau. Les effits ne furentpas
absolumenttets en Occidentqu'ils
les dvoientprédits)encore que la
prise de Jerusalem par Saladin
Roy des Sarrasins, eule Roy
Baudouin dr toute la Noblcffe
furent pris, les armes des Chré
tiens Occidentaux dans la Pa
lejline5 la prise de Conflantinople
par les mcjmes,la veçuëdesTar
tares
, &les horribles CIJdnge
mens qu'ils apportèrent preflote
dans toutes les Contrées de la
Terre, outre ceux qUI arrivèrent
particulièrement en Afrique. &.
tn Ejpagne3témoignèrent qu'ils
ne s'efloietpas entifrement trom
pez en leurs Prédictions. L'E
clipfe du Soleil qui arrivale4.
dAoust de tan959. que le Duç
de Lorrainese noya dans le Rhin,
st) que les Espagnols donnèrent
U Bataille ae Simancas,ejlre
marquavle en cequ'eue duraplue
d'une heure., & qde pendant tout
ce. temps
la on, vit au Cielles
Etoiles brittïntes•& remuante*.
Luitprand de Pavie qui njivoit
alors j du qu'il en a eslétémoin
oculaire. La mort du Pape Gré-
OfoireJ. & la FaéliondesGibelins
Çjjr des Guelphes, qui causa de
grandes calilmitez, annexent
apru l'Eclipse de l'an 1230.
Ily
en eut une en141f. aprèsla Fejlt
du S. Sacrement. Jean Hus fut,
truie. Lanijjo.l'Eté, fut ex
trémementchaud&[ec, deforte
que les Foin
s, lu Légumes>
twtto les autres chofu qui 'Vien';W
nent en abondance dans un temps
temperé, furent extrêmement ra
res. Ily eut feulement des Seigles
dffizraifonrptbhment;,& quan
tité de Vins trèsforts, & d'une
bonté admirable3mesme dans
les lieux ou
il en croissoit le
moins. Le Palais Royal de Pra
gut3 dr VEglife Cathédrale
bâtie avec de grands foins & de
grandes magnificences par les
Roy
sde Hongrie3furent krû/ez,
&il y eut de grandes incendies
ailleurs5 dont beaucoup de Gens
furent accusez, qui moururent en
frotejltrit de leur innocence.
Il nefis enditbeaucoupd'autre?
qui avoient eslè toutes fuhies
d'évenemens tragiques & ex
truordinaires
; mais je m'arrefie
à celle-cy,qui a du raport par
on commencement aux grandes
secheresses que nous avons eues
ce Printemps, & au commence.
ment de l'Eté* à la disette des.
Foins st) des Herbages de toutes
fôrtes, à la raisonnable quantité
de Setgles que l' on
aferre%, &
a la belle apparence que chacun
'VOlt de remplir cette année les
Celiers d'excellens Fins.Mais
avectoutes cesconformitek, dei
mandons à Dieu que l'Eclipse
<duiz, deJuillet de la prefentç
année
3 à deux heureJ. & demie,
xaitpointd'effetsfïmflres.Apres
celay noflre Dofleur reprit Jon
discours3 & nous dit que les Me
~c/~~4~~roM
decins ayantconfdert les principe
&les effetsdesEclipjes avec les
~r~f~~
Philosophes & lesAflronomesy
en concluent,sur tout quand elles
fontde longue durer,quily aura
des maladies, principalement
quand cessle Seleil qui efl êcli
psé, car ilf conneijpnt kien que
cet Aftfe si benm, qui efl comme'
comme
lœildu Àdmâe & le Pere de la
Nature, ne nous regardantpM
dt bon œil, tout va mal
basv
ilagitsurletchofesd'icy
;&que
IntS, leur communiquant ses in*
fuencesyfon mouvementyfa lueurt
@rfa chaleur, cette lumière&
sesrayons, efiant arreile%surla
partie supérieure de la Lune, qui
efl éclairée alors centre l'ordre
naturel
3 cet Aflre qui efl mal
faisant, nous dérobant en partie
la lumière, nous osse en mefme
temps-lessalutairesinfluences du
soleil
i-e
r comme dans le petit
monde, qui efl l'Homme, quand
l'irradiation des efyrits animaux
qui defeendent du cerveau efl
empefehée par quelque humeur
froidequi cause obftruEllOn, les
parties inférieures du Corps fouf
frent, de Ynefmel'irradiation du
Soleil eslansempefchte par le
corps opaque &solide de laLune,
roui les Animauxsouffrentpùr
cette
interruption.
Vn de la Compagnie inter
rompit icy le difeours, disant que
l'Eclipsè efloit une cboje natu
re lle, qui ne prdduifoit aucun
mauvais effet
; qu'il ne s'enfui
''Voit pas que les Corps s'en trou
lassentpis, encore que les rayons
du Soleil fussent détourné%,
st)
; Cques'il
sa lumière obscurcie
en arrivoit autrement, on 4uroit
fitjet de craindre qu'il n'y east de
grandes maladies(Dutu les fois
que le Soleilferoitcache par des
nuages, ou par degrands brouilL
lards. Noflre bon Vteillard ré..
pondit que ce nefloitpas unerai
fin aJlèz forte pour combatte lu
sentimens des Agronomes & des
yde dire que ce qui cft
Meiecins
naturel ne produit peint de ma--
ladies, Ily a millecboses natu
reilesqui produisentbien des ma
ladie,s, comme les Tempefies> les
Orages., laTonnerres, les Trem
blement de terre3 les exhalaisons
puantes $infe£léesdesCloaques.
Quesiquelqu'un ri-avoitpasref
[enty les effets malins des Ecli
pret) elles en Avaientpu produire
en aautres Perjonnu
; que dans
les temps des maladies générales,
mtfme co'tao,,Ietifes,tour lemende
rieftoit pas pour cela sujet aux
mrfmes maladiM; que les Corps
les plus forts, vigoureux, &re
bufteSj réjîflent aux venins de
l'air ; que la nourriture mesme y
cOYJtribuë) maisqueles CorpsfoL
bles & mal dfPofzysuccom
bent, &quil avoitveu des Per
sonnes tombermalades,mesme
en mourir) pour avoir eflc expo
sées dehors durâtVEclipse
conseilloit mesme a ses Amis de ne
pas regarder en ce temps-là trop
fixement le Soleil ny U Lune) gjr
;quil
de les regarderfeulement dans un
Baffin d'eau expose devant quel
quevitre, ou parun petit trou, tel
qu'on enfait pour mirer ou pour
ni'Veler
Jpuis que les observations
diférentes faites par tant d'ba
hiles Gens n'efioientpas à négli
ger; &surce que Vautreavoit
dit des nuages & des breüinards,
le
ilréponditqu'ilefloitconfiantque
Îiuand ils nous cachent longtemps
Soleily ils c-iufent du desordre.
C'est alors que les Fièvres s'aug
mentent, que les Goûtesrevien
nent, que les Fluxionsdébotdent
ducerveau, qui étoufent souvent
les Malades tout d'un cout>t&
qu
il arrive mille autres accidensy
comme Migraines) maux de
Dents,apoplexies,&c.
Unautrequi ejloitfort ejîime
parfonffa.-voir,.crûtl'embaraffir>
en luy demandant comment il
efloit pojjibleque les Habitons de
¿'¡]le de GroenUndpussent vi
vre,eflant\la'moitié de tannle.
dans les tenebres
9 sansvoir le;
Soleily & par conséquent prive
de ses douces influences. Il répons
dit qu'il ne falloit pas s'en éton
ner, que ces
Gens-la efîoientac.
CQHtume% & naturaliser dans
ces Lieux)qutils ejloientenun
Paisfroid,que cejlle propre
dufroid de dessecher les Corps, {£
de concentrer
lachaleur naturelle,
su dedans, ce qui faisoit que en
bustes pourrefîfier à Ugrojjtereiz
desvapeurs
Personnesefleient fartes & ro
;qu'ils ne laissoient
pas de voirun peu de jour, &,
que l'habitude efl une fécondé
Nature. Il ajoûta que ceux qui
navigent vers Groenland
>
&,
pussent mefrte jusques à Sbisber
gue, pour lapcfcbt de la Baleiner
st) pour chercher des Dents dt
Chevaux marins & de Vac/Jes,
marines,qu'on trouve sur tout
vers Sbisbergue, qui cft fort
antancc vers le Nord, ne vont1
point en ce Pais que quand le
Soleil efl bien hauty & qu'ils le
voyent quasi toute la nuit sur
leurs tefles. Que
sicesGens,quoy
lu'habituez en des Paisfroids
erfujets auxvapeurs& brQüil
lards) commefont les HoHandoisy
les Damis,&lesHambQUrgU9isy
alloient là dans d'autres temps, ils
n'y pourraientvivre, ny réfifler à
lagrojjiereté de l'air
j encore que
les Habitansyvivent bien.
Il dit de plus, qu'outre ce qu'il
avoit lâ la-d:jfus} il avoit in
terrogédes Officiers de Marine
quiyavoient esié) @rqsÚ l'a
voient affureque les Vaiffeavx
ny peuvent aller que dans les
grands jours & les grandes cha
leurs, car autrement les Hommes
ne pourroient réfijleral'airépais
&malaifêyremplyde brl'ÍÚt!a?ds>
&tres froid. IveftreVieillard
ayantfatissait
à la Queflion qui
luy avoit eHé faite t reprit ou il
en efloit demeure, & dit que les
Tbeilogiens & les Saints Perei
parlentfortsouvent desEclipsee,
sur teutde la o-rande& admi
rable qui arriva a la mort du
Sauveur
J qui avait ejlêpredite
par les Propbe
tes, dr laquelle
efloit tout à.fait rniraculeufe, par
troisraifbns* Lapremiere,parce
qu'elle arriva dans la pleine
Lune. Laseconde., parce qu'elle
dura troisheures, ce qui encontre
l'ordre naturel ; @¡ la troisiéme,
à cause qu'elle fut universelle9
comme les Evangelistes le témoi
gnent. Et S. Denys ïjfreopa
gistegrand Philosophe(j* grand
Mathématicien, estant alors elt.
Egipte, dit à cette occasion , Il
faut que le Dieu.de la Nature
souffre, ou toute la Machine
du Monde se dissout. Il
ajoûta, pour éclaircir ce qu'il a
voit dit, que l'Eclipse du Soleil ne
sefaisoitsuivant le communsen
timent des Philosophes (Sf des.
jéfironomes, que dans le temps
que la Lune til dans la tesse ou
dans la queue du Dragon, oubien
près, cejî à dire dans [on com
mencement on
àsafin7&quelle
efïoit pleine à la mortdeNoBrs
Srigncur; que le Soleil efiant
fort rapide dans sa course) la
Lune ne pouvait empefeher si
logtempsFinfluence deJe
s rayons.
Enfin ilfiimiNe belles reiféxions
sur. les diférentes Eclipses natu
relles &fumaturclies, dont tonte
In Compagniefutextrêmement
contente, luy témoigna bien,
des rrconnoiffances. J'en anjois
l'espr.it tout remply, quandfay,
reçeu uojtre Lettre; deforte que
je nay eu qua les mettresur le
JUtpÙr) mais non pas avec son
éloquence
;cequi me tiendra lieu,
s'il vous plaiR;, d'une décharge
pour ce que vous avek d¡firé.
de
Richelieu ce
"6_4,
M«:*'
Vostretres-humble & tres
obeïssant Serviteur,
VlGNI£fU
Fermer
4
p. 163-169
A MADEMOISELLE D'ORVILLE. STANCES.
Début :
Vous avez esté si satisfaite de divers Ouvrages galans que / Iris, sortez de vostre Cage. [...]
Mots clefs :
Iris, Dieu, Sagesse, Repos, Péril, Aventure, Hommage, Ennemis, Amants, Appas
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADEMOISELLE D'ORVILLE. STANCES.
Vous avez efté fi fatisfaite
de divers Ouvrages galans
que je vous ay envoyez, de
M' Vignier de Richelieu ,,
que je croirois vous priver
d'un grand plaifir , fi je négligeois
de vous faire part
des Vers qu'il a fairs pour
une tres - aimable Demoilelle,
qu'il preffe de fortir d'une
Maifon qui menace rüine ,
O ij
164 MERCURE
& où il croit
qu'elle ne peutdemeurer
fans un peril évident
. Voicy ce qu'il luy écrit.
$2: 5$52525:
5225555
A
MADEMOISELLE
D'ORVILLE .
I
STANCE S.
Ris , fortez de voftre Cage,
Ne
demeurez plus dans un Lien,
Oufans
l'affiftance de Dieu,
Vous estes tous lesjours prefte à plier
bagage.
Sa
f
Voyez quelle est vostre conduite,
De voir les Rats quitter leurs trous
Et n'ofer demeurer chés vous ,
GALANT. 165
Et de ne vouloir pas profiter de leur
fuite.
SS
Encor fi vouspechiez en âge,
Vous auricz un peu moins de tort
Maiscen'estpas estrefort fage,
Que d'estrè belle &jeune , & d'avancerfa
mort..
SS
Connoiffant le perilfi proche,
Pouvez- vous dormir en repos,
Et penfiz- vous que vostre des
Soitpour vous garantir, ou de bronze,
oa de roche?
S&
Confiderant cette avanture,
Tout le monde fera d'accort,
Que vous avezun efprit fort,
Mais que vous n'avezpas la cervelle
affez dure.
166 MERCURE
$2
Des Vertus vous estes l'exemple,
Maispour dire la verité,
On ne peutfans temerité,
Vous aller rendre hommage en vostre
frelle Temple.
Sa
Voulez- vous eftre l'homicide
De vous mefme & de vos amis,
Ou fi c'est à vos Ennemis ,
Que vous dreffez ce piége enfaisant
L'Intrépide?
SS
C'eft une chofe pitoyable ,
Qu'ilfautpour vous voirfeurement,
Se confeffer dévotement,
Et fe mettre en état de n'aller pas au-
Diable.
S2
Il eft auffi fort néceſſaire,
GALANT. 167
Qu'étant de touspechez abſous,
Ceux qui veulent aller chez vous,.
Pourfaire Teftament appellent icur
Notaire.
$2
Tel cft charmé de vos æillades ,
Qui craintfort voftre bebergemět,
Et quiferoitfon logement,
Plutoft fur un Rampart au feu des
Moufquetades.
S&
Si vous y restezparfineſſe,
Et pour éprouver un Amant,
Une vifite d'un moment,
Vous marquerafans doute un grand
fonds de tendreffe .
S&
Ah, quelle nouvelle fatale,
Si quelqu'unme difoit dans peu,
Iris fans manquer àſon væu,
Vient d'eftre enfevelie ainſi qu'une
Veftale!
168 MERCURE
Se
Cette beauté qu'on idolâtre,
Ge teint de Rofes & de Lys,
Pourroient- ils dans un tel débris
Conferver leur éclat fous des monscaux
de plâtre?
$ 2
Non , dans un étatfifunefte,
On ne vous reconnoistreitpar
Et de tant de charmans appas
Eft- ce là , direit- on , est- ce là ce qui
refte?
22
Maistouché de vostre merite,
Et tout penetré de douleur,
Suivant le panchant de mon coeur,
l'irais vous retrouverfur les bords du
. Cocyte.
$2
Devoftre mort& de la mienne,
Arreſtez
GALANT. 169
Arreftez le coup mal- heureux ;
Iris , quelque tard qu'elle vierne,
Cefera trop toftpour nous deux.
VIGNIER.
de divers Ouvrages galans
que je vous ay envoyez, de
M' Vignier de Richelieu ,,
que je croirois vous priver
d'un grand plaifir , fi je négligeois
de vous faire part
des Vers qu'il a fairs pour
une tres - aimable Demoilelle,
qu'il preffe de fortir d'une
Maifon qui menace rüine ,
O ij
164 MERCURE
& où il croit
qu'elle ne peutdemeurer
fans un peril évident
. Voicy ce qu'il luy écrit.
$2: 5$52525:
5225555
A
MADEMOISELLE
D'ORVILLE .
I
STANCE S.
Ris , fortez de voftre Cage,
Ne
demeurez plus dans un Lien,
Oufans
l'affiftance de Dieu,
Vous estes tous lesjours prefte à plier
bagage.
Sa
f
Voyez quelle est vostre conduite,
De voir les Rats quitter leurs trous
Et n'ofer demeurer chés vous ,
GALANT. 165
Et de ne vouloir pas profiter de leur
fuite.
SS
Encor fi vouspechiez en âge,
Vous auricz un peu moins de tort
Maiscen'estpas estrefort fage,
Que d'estrè belle &jeune , & d'avancerfa
mort..
SS
Connoiffant le perilfi proche,
Pouvez- vous dormir en repos,
Et penfiz- vous que vostre des
Soitpour vous garantir, ou de bronze,
oa de roche?
S&
Confiderant cette avanture,
Tout le monde fera d'accort,
Que vous avezun efprit fort,
Mais que vous n'avezpas la cervelle
affez dure.
166 MERCURE
$2
Des Vertus vous estes l'exemple,
Maispour dire la verité,
On ne peutfans temerité,
Vous aller rendre hommage en vostre
frelle Temple.
Sa
Voulez- vous eftre l'homicide
De vous mefme & de vos amis,
Ou fi c'est à vos Ennemis ,
Que vous dreffez ce piége enfaisant
L'Intrépide?
SS
C'eft une chofe pitoyable ,
Qu'ilfautpour vous voirfeurement,
Se confeffer dévotement,
Et fe mettre en état de n'aller pas au-
Diable.
S2
Il eft auffi fort néceſſaire,
GALANT. 167
Qu'étant de touspechez abſous,
Ceux qui veulent aller chez vous,.
Pourfaire Teftament appellent icur
Notaire.
$2
Tel cft charmé de vos æillades ,
Qui craintfort voftre bebergemět,
Et quiferoitfon logement,
Plutoft fur un Rampart au feu des
Moufquetades.
S&
Si vous y restezparfineſſe,
Et pour éprouver un Amant,
Une vifite d'un moment,
Vous marquerafans doute un grand
fonds de tendreffe .
S&
Ah, quelle nouvelle fatale,
Si quelqu'unme difoit dans peu,
Iris fans manquer àſon væu,
Vient d'eftre enfevelie ainſi qu'une
Veftale!
168 MERCURE
Se
Cette beauté qu'on idolâtre,
Ge teint de Rofes & de Lys,
Pourroient- ils dans un tel débris
Conferver leur éclat fous des monscaux
de plâtre?
$ 2
Non , dans un étatfifunefte,
On ne vous reconnoistreitpar
Et de tant de charmans appas
Eft- ce là , direit- on , est- ce là ce qui
refte?
22
Maistouché de vostre merite,
Et tout penetré de douleur,
Suivant le panchant de mon coeur,
l'irais vous retrouverfur les bords du
. Cocyte.
$2
Devoftre mort& de la mienne,
Arreſtez
GALANT. 169
Arreftez le coup mal- heureux ;
Iris , quelque tard qu'elle vierne,
Cefera trop toftpour nous deux.
VIGNIER.
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Résumé : A MADEMOISELLE D'ORVILLE. STANCES.
La lettre adressée à la demoiselle d'Orville transmet des vers écrits par M. Vignier de Richelieu. Ces vers mettent en garde contre les dangers de rester dans une maison en ruine. Le poète utilise des métaphores, telles que les rats quittant leurs trous, pour illustrer le péril imminent. Il insiste sur le fait que, malgré sa jeunesse et sa beauté, la demoiselle doit prendre conscience du risque et agir rapidement. Même ses vertus ne justifient pas qu'elle demeure dans un tel endroit dangereux. Le poète exprime sa crainte qu'un accident ne survienne, causant des blessures ou pire. Il supplie la demoiselle d'éviter ce sort funeste, soulignant que sa mort serait une tragédie pour lui et pour elle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 68-72
A MADAME *** En luy envoyant un Cartaut de Muscat, au lieu de Bouquet, le jour de sa Feste.
Début :
Je vous envoye deux Lettres de Mr Vignier de Richelieu. / Je suis bien fâché, Illustre & Charmante Reyne, de ce que [...]
Mots clefs :
Reine, Illustre, Fleurs, Bacchus, Ennemi, Brillante, Belle, Bonheur, Liqueur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADAME *** En luy envoyant un Cartaut de Muscat, au lieu de Bouquet, le jour de sa Feste.
Je vous envoye deux Lettres
de M' Vignier de Richelieu
. Elles font d'un Caractere
GALANT. 69
à ne vous déplaire pas. L'une
à eftre écrite à une Dame , qui
ayant eu la Féve la veille des
Roys , fut nommée la Reyne
Marteffinde
..
52:SSS25ES : 5225555
A MADAME ***
Enluy envoyant unCartaut de Mufcat,
au lieu de Bouquet , le jour
defa Fefte.
E fuis bien fâché , Illuftre &
Charmante Reyne , de ce que
voftre Fefte arrive dans une Sai
fon où il n'y a pas de Fleurs affez
belles pour vous faire unBouquet .
Je fçay bien qu'en tout Temps,
70 MERCURE
L'Efté , l'Hyver, l'Automne , & le ?
Printemps,
Le Parnaffe a des Fleurs, mais helas,
quelle peine!
Quand on croit bien choisir, il arrive
Souvent,
Que loin d'avoir touché le coeur
d'une inhumaine,
Autant en emporte le Vent. "-
Je me fuis donc moins attaché é
à la forme qu'à la matiere du à
Bouquet. On ne me prendrà pass
fans doute pour un Galant de
Flore. On croira pluftoft que
Bacchus eft mon Patron, .
Mais qu'il le foit, ou qu'il ne le foit
peint,
Honnyfoit qui peut en mefdire;
Iefuisfriand au dernier points.
>
GALANT. 71
Du Fruit qui croit dansfou Em
pine.
Le froid eft l'ennemy des
Fleurs , & on les méprife dés
qu'elles ont perdu leur éclat ;
mais il n'en est pas de mefme de
ce charme des Humains. Plus il
géle , & plus il a de brillant & de
force pour fe faire aymer
.
C'eft une verité connuë,
Qu'ilfçaitparfa vive couleur,
Charmer d'abord la vuë
Et gagner enfuite le coeur.
J'efpere , Belle Reyne , que
vous en ferez l'épreuve .
Et que vostre gouft delicat,
M'aura pas de regret auchangez ·
72 MERCURE
Si je vous donne un Cartaut de
Mufcat,
Pour un Bouquet de fleur d'orange.
Quand vous ferez à Table avec
ces heureuſes Perfonnes que vous
avez honorées , des plus confiderables
Charges de voftre Cour,
ce ne vous fera pas un petit plaifir
de voir que toutes,
En beuvant de cette Liqueur,
Entonneront à voftre honneur,
Des Chansons à douzaine,
Qui toutes auront pour Refrein ,
Rien n'eftfi beau que noftre Reyne,
Et rien n'eftfi bon que fon Vin.
de M' Vignier de Richelieu
. Elles font d'un Caractere
GALANT. 69
à ne vous déplaire pas. L'une
à eftre écrite à une Dame , qui
ayant eu la Féve la veille des
Roys , fut nommée la Reyne
Marteffinde
..
52:SSS25ES : 5225555
A MADAME ***
Enluy envoyant unCartaut de Mufcat,
au lieu de Bouquet , le jour
defa Fefte.
E fuis bien fâché , Illuftre &
Charmante Reyne , de ce que
voftre Fefte arrive dans une Sai
fon où il n'y a pas de Fleurs affez
belles pour vous faire unBouquet .
Je fçay bien qu'en tout Temps,
70 MERCURE
L'Efté , l'Hyver, l'Automne , & le ?
Printemps,
Le Parnaffe a des Fleurs, mais helas,
quelle peine!
Quand on croit bien choisir, il arrive
Souvent,
Que loin d'avoir touché le coeur
d'une inhumaine,
Autant en emporte le Vent. "-
Je me fuis donc moins attaché é
à la forme qu'à la matiere du à
Bouquet. On ne me prendrà pass
fans doute pour un Galant de
Flore. On croira pluftoft que
Bacchus eft mon Patron, .
Mais qu'il le foit, ou qu'il ne le foit
peint,
Honnyfoit qui peut en mefdire;
Iefuisfriand au dernier points.
>
GALANT. 71
Du Fruit qui croit dansfou Em
pine.
Le froid eft l'ennemy des
Fleurs , & on les méprife dés
qu'elles ont perdu leur éclat ;
mais il n'en est pas de mefme de
ce charme des Humains. Plus il
géle , & plus il a de brillant & de
force pour fe faire aymer
.
C'eft une verité connuë,
Qu'ilfçaitparfa vive couleur,
Charmer d'abord la vuë
Et gagner enfuite le coeur.
J'efpere , Belle Reyne , que
vous en ferez l'épreuve .
Et que vostre gouft delicat,
M'aura pas de regret auchangez ·
72 MERCURE
Si je vous donne un Cartaut de
Mufcat,
Pour un Bouquet de fleur d'orange.
Quand vous ferez à Table avec
ces heureuſes Perfonnes que vous
avez honorées , des plus confiderables
Charges de voftre Cour,
ce ne vous fera pas un petit plaifir
de voir que toutes,
En beuvant de cette Liqueur,
Entonneront à voftre honneur,
Des Chansons à douzaine,
Qui toutes auront pour Refrein ,
Rien n'eftfi beau que noftre Reyne,
Et rien n'eftfi bon que fon Vin.
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Résumé : A MADAME *** En luy envoyant un Cartaut de Muscat, au lieu de Bouquet, le jour de sa Feste.
Le texte présente deux lettres de M. Vignier de Richelieu, écrites dans un style galant. La première lettre est destinée à une dame surnommée la Reine Martessinde, à l'occasion de sa fête. L'auteur regrette de ne pouvoir lui offrir un bouquet de fleurs en raison de la saison. Il lui envoie donc un cartaut de muscat, soulignant que, bien que les fleurs soient éphémères, le charme humain perdure et peut conquérir les cœurs. Il espère que la reine appréciera ce présent et que ses invités chanteront en son honneur lors d'un repas, répétant que 'rien n'est beau que notre Reine, et rien n'est bon que son vin'.
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6
p. 72-76
Lettre en Vers, [titre d'après la table]
Début :
L'autre Lettre a esté écrite par l'Autheur à un de ses Amis, / Mon cher Lisis, j'ay receu le Billet [...]
Mots clefs :
Naissance, Mardi gras, Coeur, Joie, Père, Fils, Enfant, Honneur, Festin, Réjouissances
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre en Vers, [titre d'après la table]
L'autre Lettre a efté écrite.
par l'Autheur à un de fes
Amis,
GALANT. 73
Amis , de qui la Femme accoucha
d'un Garçon le jour
du Mardy Gras.
On cher Lifis , j'ay receu le
Billet
Mo
Que m'aporta ton verdoyant Valet;
Et quoy qu'ennuy de tous coffez m'aboye,
Moncoeur pourtant a treffailly de joye,
Pour avoirfçu que ta chere Moitié,
Apres douleurs qui font moult grand
pitié,
Enfin t'avoit de rechefrendu Père.
l'heureux Fils ! ©fortune profpere!
o Cielbenin , que de contentement
Vous promettez à ce nouvel Enfant!
Un Mardy- Gras éclairefa naiſſances
Les Ieux, les ris, les Feftins, & la
Dance,
Semblent par tout venirfaire la cour
Mars 1685. G
74 MERCURE
Au bel Enfant qui par toy voit lejour.
O qu'ilfera grand amateur d'Epices!
Langues de Boeuf, Saucissons & San
ciffes,
Iambonsfumez, gros & courts Cervelas
Feront unjour l'honneur de fes Repas?
Goute de vin ne lairra dans fa Couppe,
Agrosmonceaux mettra lefel en Soupe,
Et neferajamais dansfon Tonneau,
Pour le remplir,y répandre de l'eau.
Plante, croy-moy , pour cet Enfant infigne
Le meilleurplan de la meilleure Vigne
O quel transport ! O quel plaifant
foulas,
Quand ii verra courber les Echalas
Sous le fardeau de mainte & mainte
Grappe,
Etgros Flacons arangezfur la Nappe!
Mais garde- toy que celle qui nourrit
GALANT. 75
Cet Enfançon à qui Mardy- Grasrit,
Faffe Carefme, & mange de Molüe.
Prens les Chapons les plus gras de la
Müe,
Iarret de Veau, longe, éclanche &
roignon,
Fais fairefauce, ou d'Ail , ou - bien
d'Oignon,
Et
Et fois certain que cette nourriture
Aide beaucoup à la bonne nature,
que l'Enfant qui fucce de ce lait ,
Un temps viendraferamaître Poulet,
Etneferapar amour d'abftinence,
Affront aujour qui luy donna naif-
Sance.
Mais j'en dis trop pour un Homme
chagrin,
Quipourrimer n'eft pas en trop bon
train.
Un malde dents, douleur des plus
cruelle,
Gij
76 MERCURE
Quejour, que nuit me devore & bou
relle .
Atends ; adicu. Si j'obtiens guériſon,
I'iray te voir en ta belle Maifon,
M'yfaluft - il courre à beaupiedfans
Lance;
Onquesje n'eus tant de réjouissance,
Quej'en auray de prendre entre mes
... bras
Ce bel Enfant, ce Fils du Mardy-
Gras.
par l'Autheur à un de fes
Amis,
GALANT. 73
Amis , de qui la Femme accoucha
d'un Garçon le jour
du Mardy Gras.
On cher Lifis , j'ay receu le
Billet
Mo
Que m'aporta ton verdoyant Valet;
Et quoy qu'ennuy de tous coffez m'aboye,
Moncoeur pourtant a treffailly de joye,
Pour avoirfçu que ta chere Moitié,
Apres douleurs qui font moult grand
pitié,
Enfin t'avoit de rechefrendu Père.
l'heureux Fils ! ©fortune profpere!
o Cielbenin , que de contentement
Vous promettez à ce nouvel Enfant!
Un Mardy- Gras éclairefa naiſſances
Les Ieux, les ris, les Feftins, & la
Dance,
Semblent par tout venirfaire la cour
Mars 1685. G
74 MERCURE
Au bel Enfant qui par toy voit lejour.
O qu'ilfera grand amateur d'Epices!
Langues de Boeuf, Saucissons & San
ciffes,
Iambonsfumez, gros & courts Cervelas
Feront unjour l'honneur de fes Repas?
Goute de vin ne lairra dans fa Couppe,
Agrosmonceaux mettra lefel en Soupe,
Et neferajamais dansfon Tonneau,
Pour le remplir,y répandre de l'eau.
Plante, croy-moy , pour cet Enfant infigne
Le meilleurplan de la meilleure Vigne
O quel transport ! O quel plaifant
foulas,
Quand ii verra courber les Echalas
Sous le fardeau de mainte & mainte
Grappe,
Etgros Flacons arangezfur la Nappe!
Mais garde- toy que celle qui nourrit
GALANT. 75
Cet Enfançon à qui Mardy- Grasrit,
Faffe Carefme, & mange de Molüe.
Prens les Chapons les plus gras de la
Müe,
Iarret de Veau, longe, éclanche &
roignon,
Fais fairefauce, ou d'Ail , ou - bien
d'Oignon,
Et
Et fois certain que cette nourriture
Aide beaucoup à la bonne nature,
que l'Enfant qui fucce de ce lait ,
Un temps viendraferamaître Poulet,
Etneferapar amour d'abftinence,
Affront aujour qui luy donna naif-
Sance.
Mais j'en dis trop pour un Homme
chagrin,
Quipourrimer n'eft pas en trop bon
train.
Un malde dents, douleur des plus
cruelle,
Gij
76 MERCURE
Quejour, que nuit me devore & bou
relle .
Atends ; adicu. Si j'obtiens guériſon,
I'iray te voir en ta belle Maifon,
M'yfaluft - il courre à beaupiedfans
Lance;
Onquesje n'eus tant de réjouissance,
Quej'en auray de prendre entre mes
... bras
Ce bel Enfant, ce Fils du Mardy-
Gras.
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Résumé : Lettre en Vers, [titre d'après la table]
Dans une lettre adressée à un ami, l'auteur célèbre la naissance d'un garçon le jour du Mardi Gras. Malgré son ennui et ses soucis, il exprime une grande joie. Il imagine un avenir prospère pour l'enfant, le voyant devenir un grand amateur de mets délicats et de vin. L'auteur recommande à son ami de bien nourrir l'enfant pour qu'il devienne robuste et évite les privations. Cependant, il mentionne souffrir d'une douleur dentaire intense qui le tourmente continuellement. Il conclut en exprimant son désir de rendre visite à son ami et de voir l'enfant dès qu'il sera guéri.
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7
p. 157-161
PLAINTE POUR UN MOUTON à sa Bergere.
Début :
Quoy que les Moutons soient doux, ils se plaignent / Bergere, il n'est rien moins que beau [...]
Mots clefs :
Bergère, Hameau, Mouton, Rude, Ennui, Chien, Toison d'or, Amour, Mutineries, Bergeries
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PLAINTE POUR UN MOUTON à sa Bergere.
Quoy que les Moutons
foient doux , ils ſe plaignent
quelquefois . Les Vers qui
fuivent nous le font connoître.
Ils font de M ' Vignier
de Richelieu.
158 MERCURE
7
PLAINTE
POUR UN MOUTON
à fa
Bergere .
B Ergere, il n'est rien moins que
De s'enfermerdans le Hameau,
Quand voftre Mouton tout en nage
Est couru des Chiens du Village,
Et vient pour fe fauver chez vous
De ces Chiens pires que
des Loups.
En vain il bêle, en vain il gratte,
En vain il s'écorche la patte,
Vous aviez enjoint à Ñannon
De n'ouvrirpoint à ce Mouton.
Depuis un traitement fi rude
Plein d'ennuy, plein d'inquiétude,
On croit à le voir qu'il estfou.
Sans manger le quart defonfou,
GALANT.
159
Il ne fait que tourner fans ceffe,
Tant fon petit coeur est en preffe,
Et pour vous le dire entre nous,
Je nene fçay s'il n'est pointjaloux,
Car vousfçavez bien qu'une Beste ,
Commel'Homme amartelen tefte.
Ilcraint , & non pasfans raison,
Qu'estantfur l'arriere Saifon,
Cela veutdire defon âge,
Sa Bergere ne foit volage.
Mais qu'elle ne s'y trompepas ,
Unvieux Mouton , fors en un cas,
Doit l'emporterprés d'une Belle,
Surjeane Mouton fans cervelleż
Et je fuis bien feur que Buscon ,
S'ilvoyoit un autre Mouton,
Fapperoit d'une telle forte,
Qu'il luyferoit paffer laporte
Beaucoup plus vite que le pas ,
Quand vous ne le voudriez pas.
Ce Chien vous aime, il estfidelle,
160 MERCURE
Mais de voir une Amour nouvelle,
Eust- il du Mouton de Colches
La Toifon d'or deffus le dos,
Ily feroit entrer fagrife,
Et cela n'estpoint apocrife.
Alors quelfracas , quel conflit,
S'il approchoit de voftre Lit
Dans le temps que Dame Pareffe
Ou quelque petitefoibleſſe,
Vous retiennent à ruminer,
Sans pouvoir vous déterminer,
l'entens à quiter voftre Couche,
Où comme ailleurs toûjours farouche,
Vousferiez enrager l'Amour,
S'ilvousyfurprenoit unjour!
C'est là qu'imitant fa Maistreffe,
Auffi Tygre qu'elle est Tygreffe,
N'eftantpoint defes Dépendans,
Il le mordroit à belles dents.
Je croy de plus, que vostre Chatte
Feroitfor devoir de fa patte,
GALANT.: 161
En miolant d'un trife ton ,
Al'aspect de ce fin Monton.
Pour le voftre perdez l'envie
De le changer de voſtre vies
Puis que vousfçavez ce qu'il vaut
Traitez- le toujours comme ilfaut;
Autrement la mutinerie
Se mettant dans la Bergerie,
Bergere, Les Chiens & les Chats
Vous laifferoient piller & mangerpar
les Rats.
foient doux , ils ſe plaignent
quelquefois . Les Vers qui
fuivent nous le font connoître.
Ils font de M ' Vignier
de Richelieu.
158 MERCURE
7
PLAINTE
POUR UN MOUTON
à fa
Bergere .
B Ergere, il n'est rien moins que
De s'enfermerdans le Hameau,
Quand voftre Mouton tout en nage
Est couru des Chiens du Village,
Et vient pour fe fauver chez vous
De ces Chiens pires que
des Loups.
En vain il bêle, en vain il gratte,
En vain il s'écorche la patte,
Vous aviez enjoint à Ñannon
De n'ouvrirpoint à ce Mouton.
Depuis un traitement fi rude
Plein d'ennuy, plein d'inquiétude,
On croit à le voir qu'il estfou.
Sans manger le quart defonfou,
GALANT.
159
Il ne fait que tourner fans ceffe,
Tant fon petit coeur est en preffe,
Et pour vous le dire entre nous,
Je nene fçay s'il n'est pointjaloux,
Car vousfçavez bien qu'une Beste ,
Commel'Homme amartelen tefte.
Ilcraint , & non pasfans raison,
Qu'estantfur l'arriere Saifon,
Cela veutdire defon âge,
Sa Bergere ne foit volage.
Mais qu'elle ne s'y trompepas ,
Unvieux Mouton , fors en un cas,
Doit l'emporterprés d'une Belle,
Surjeane Mouton fans cervelleż
Et je fuis bien feur que Buscon ,
S'ilvoyoit un autre Mouton,
Fapperoit d'une telle forte,
Qu'il luyferoit paffer laporte
Beaucoup plus vite que le pas ,
Quand vous ne le voudriez pas.
Ce Chien vous aime, il estfidelle,
160 MERCURE
Mais de voir une Amour nouvelle,
Eust- il du Mouton de Colches
La Toifon d'or deffus le dos,
Ily feroit entrer fagrife,
Et cela n'estpoint apocrife.
Alors quelfracas , quel conflit,
S'il approchoit de voftre Lit
Dans le temps que Dame Pareffe
Ou quelque petitefoibleſſe,
Vous retiennent à ruminer,
Sans pouvoir vous déterminer,
l'entens à quiter voftre Couche,
Où comme ailleurs toûjours farouche,
Vousferiez enrager l'Amour,
S'ilvousyfurprenoit unjour!
C'est là qu'imitant fa Maistreffe,
Auffi Tygre qu'elle est Tygreffe,
N'eftantpoint defes Dépendans,
Il le mordroit à belles dents.
Je croy de plus, que vostre Chatte
Feroitfor devoir de fa patte,
GALANT.: 161
En miolant d'un trife ton ,
Al'aspect de ce fin Monton.
Pour le voftre perdez l'envie
De le changer de voſtre vies
Puis que vousfçavez ce qu'il vaut
Traitez- le toujours comme ilfaut;
Autrement la mutinerie
Se mettant dans la Bergerie,
Bergere, Les Chiens & les Chats
Vous laifferoient piller & mangerpar
les Rats.
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Résumé : PLAINTE POUR UN MOUTON à sa Bergere.
Le texte est une plainte poétique adressée à une bergère au sujet de son mouton. Ce dernier, poursuivi par des chiens, cherche refuge auprès d'elle, mais elle refuse de l'accueillir sur ordre de l'annonciateur. Le mouton, affolé et inquiet, semble fou et ne mange plus. Le narrateur suggère que le mouton pourrait être jaloux, craignant l'infidélité de la bergère. Il compare un mouton âgé à un jeune mouton sans cervelle, affirmant que le premier a plus de valeur. Le chien Buscon, bien que fidèle, pourrait laisser entrer un autre mouton par jalousie, provoquant des conflits. La bergère est mise en garde contre les conséquences négatives de changer son mouton, car cela pourrait entraîner une mutinerie parmi les animaux, rendant la bergerie vulnérable aux rats.
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8
p. 71-73
Galanteries sur l'accouchement de Madame la Duchesse de Richelieu. [titre d'après la table]
Début :
La joye que vous me marquastes quand je vous appris / Chef-d'oeuvre des chastes Amours [...]
Mots clefs :
Joie, Accouchement, Duchesse, Duc de Richelieu, Enfant, Beauté, Amour, Berceau, Grâces
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texteReconnaissance textuelle : Galanteries sur l'accouchement de Madame la Duchesse de Richelieu. [titre d'après la table]
La joye que vous me marquaftes
quand je vous appris
leMariage de Mademoi
felle Dacigné , avec M. le
Duc deRichelieu , me perſuade
que vous n'en aurez pas
moins , quand vous fçaurez
que cette Ducheffe accoucha
d'une Fille le 22. du mois
72 MERCURE
paffé. Jamais Enfant n'a fait
voir tant de beauté & tant
de blancheur dés le premier
jour de fa naiffance . C'eft
ce qui a donné lieu à ce Madrigal
de M. Vignier , dont
vous connoiffez l'attachement
pour les interefts de
M. le Duc & de Madame la
Ducheffe de Richelieu.
Hef - d'oeuvre des chaftes AChef
mours
De noftre Duc & de noftre Ducheffe,
Que déja tu fais voir d'adreſſe
D'avoir pour te montrer choifi de fi
beauxjours!
Pour ta beauté qui paroiſt fans ſeconde,
Il
GALANT. 73
Il falloit un riche Berceau .
Les Graces en venant au monde
N'en trouverent pas unfibeàu.
quand je vous appris
leMariage de Mademoi
felle Dacigné , avec M. le
Duc deRichelieu , me perſuade
que vous n'en aurez pas
moins , quand vous fçaurez
que cette Ducheffe accoucha
d'une Fille le 22. du mois
72 MERCURE
paffé. Jamais Enfant n'a fait
voir tant de beauté & tant
de blancheur dés le premier
jour de fa naiffance . C'eft
ce qui a donné lieu à ce Madrigal
de M. Vignier , dont
vous connoiffez l'attachement
pour les interefts de
M. le Duc & de Madame la
Ducheffe de Richelieu.
Hef - d'oeuvre des chaftes AChef
mours
De noftre Duc & de noftre Ducheffe,
Que déja tu fais voir d'adreſſe
D'avoir pour te montrer choifi de fi
beauxjours!
Pour ta beauté qui paroiſt fans ſeconde,
Il
GALANT. 73
Il falloit un riche Berceau .
Les Graces en venant au monde
N'en trouverent pas unfibeàu.
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Résumé : Galanteries sur l'accouchement de Madame la Duchesse de Richelieu. [titre d'après la table]
Le 22 septembre 1772, une fille naît du mariage entre Mademoiselle d'Acigné et le Duc de Richelieu. Exceptionnellement belle et blanche, elle inspire un madrigal de M. Vignier. Ce poème compare sa naissance à celle des Grâces, soulignant sa beauté et sa grâce.
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9
p. 73
« Il a fait ces autres Vers pour M. le Duc & Madame / Comme on trouve chez vous les Graces & l'Amour, [...] »
Début :
Il a fait ces autres Vers pour M. le Duc & Madame / Comme on trouve chez vous les Graces & l'Amour, [...]
Mots clefs :
Grâces, Amours, Sang, Beauté, Phidias, Jupiter
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texteReconnaissance textuelle : « Il a fait ces autres Vers pour M. le Duc & Madame / Comme on trouve chez vous les Graces & l'Amour, [...] »
Il a fait ces autres Vers
pour M. le Duc & Madame
la Ducheffe de Richelieu.
Omme on trouve chez vous les
Graces & l'Amour , Comm
Vous nesçauriez manquer d'eftre content
unjour,
Et de voir d'un beau Sang une race
feconde.
Aux plus fameux Ouvriers pareil eft
voftre fort.
Phidias ne fit pas d'abord
Son Jupiter,la merveille du monde.
pour M. le Duc & Madame
la Ducheffe de Richelieu.
Omme on trouve chez vous les
Graces & l'Amour , Comm
Vous nesçauriez manquer d'eftre content
unjour,
Et de voir d'un beau Sang une race
feconde.
Aux plus fameux Ouvriers pareil eft
voftre fort.
Phidias ne fit pas d'abord
Son Jupiter,la merveille du monde.
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10
p. 201-202
II.
Début :
Sans aller à l'Observatoire, [...]
Mots clefs :
Observatoire, Oracles, Louis le Grand, Comte de Fiesque, Éloge
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texteReconnaissance textuelle : II.
II.
sAns aller à fObfervatoire
Pour voir les Oracles du Te,mps,
Sur vostreFable ou vostreHistoires
Mon cher Mercure, jel'entends.
ccft Gènes la Superbe, & tousses Partifans.
Cette noble Etoite exilée,
Qui de LCÜlS LE GRAND se trouve consolée
,
Est le Comte de Fiefque
,
a qui cent mille
écHS -
Viennentdleftre comptez attendant le
(urplw.
Saturne estle Saint Pere,
JQui pour deformer la cdlere
Du plus puissant des Roit juflementirritéy
S'entremit dela Paix> & jugea que le-
Doge
[Devait venirluy-mesme en tontehumi
lité
LU1 demanderpardon,&fairefin Eloge-
VLGNIEIU
sAns aller à fObfervatoire
Pour voir les Oracles du Te,mps,
Sur vostreFable ou vostreHistoires
Mon cher Mercure, jel'entends.
ccft Gènes la Superbe, & tousses Partifans.
Cette noble Etoite exilée,
Qui de LCÜlS LE GRAND se trouve consolée
,
Est le Comte de Fiefque
,
a qui cent mille
écHS -
Viennentdleftre comptez attendant le
(urplw.
Saturne estle Saint Pere,
JQui pour deformer la cdlere
Du plus puissant des Roit juflementirritéy
S'entremit dela Paix> & jugea que le-
Doge
[Devait venirluy-mesme en tontehumi
lité
LU1 demanderpardon,&fairefin Eloge-
VLGNIEIU
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Résumé : II.
Le narrateur apprend des événements récents via Mercure. Gênes, surnommée 'la Superbe', et ses partisans sont mentionnés, ainsi qu'une 'noble Étoile' exilée, le Comte de Fiefque, acclamé par cent mille voix. Saturne, incarnant le Saint Père, apaise la colère du roi puissant et ordonne au Doge de se rendre pour demander pardon et honorer la Vengeance.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 47-50
A MADAME DE M .....
Début :
Plusieurs Ouvrages galans que vous avez veus de M. Vignier, / J'Ay, Madame, une extréme passion de vous aller [...]
Mots clefs :
Passion, Constellations, Parlement, Chagrin, Magistrat, Cavaliers
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texteReconnaissance textuelle : A MADAME DE M .....
Plufieurs
Ouvrages galans
que vous avez veus de M.
Vignier,vous ont affez divertie
, pour me donner lieu de
croire , que vous lirez la Lettre
fuivante avec plaifir. Il
l'a écrite au commencement
de ce mois à une Dame
de fes Amies.
A MADAME DE M .....
IA
Ay, Madame , une extréme
paffion de vous aller
voir dans votre belle Mai48
MERCURE
fon de campagne ; mais les
pluyes continuelles qu'il fait
s'y oppofent , & me retiennent
icy ,
Où beaucoup de monde m'aſſure
Qu'ilfait plus beau centfois ,
Quand le mauvais temps dure,
Que dans vos Prez & dans vos Bois.-
Ce dernier mois a efté fi
gens
déreglé , que des
aufli
fuperftitieux que vous en
connoiffez , fe laifferoient
facilement perfuader , que
quelques Conftellations
favorables
à Noffeigneurs du
Parlement en font la caufe,
& diroient Peut
GALANT. 49
Peut- eftre que l'Efié pretend,
De ne faire fes diligences ,
Pour donner à chacun le plaifir qu'il
attend ,
Que quand on aura les Vacances.
Mais , Madame , cela ne
m'accommoderoit
pas ; je
ne pourrois joüir de ce beau
temps fans chagrin . Tous
ces Meffieurs partiront en
foule de Paris pour n'en perdre
aucun moment . Vous en
aurez plufieurs dans voſtre
Voifinage qui voudront en
profiter ; & fi je fortois d'icy
dans le mefme temps ,je vous
trouverois affiegée d'une
Aouft 1685.
E
50 MERCURE
partie de ces graves Magiftrats
, qui fçavent fi bien fe
défaire de leurs habits longs ,
& paroiſtre avec des Cravates
auffi Cavaliers que nous.
Ainfifoit aux Champs ,ſoit en ville,
Le foin que je prendrois ſeroit fort
inutile.
C'eſt pourquoy, Madame,
Ie croy qu'il vaut mieux quej'attede,
Que l'apre Saifon des frimas
Que tous ees Meffieurs n'aimēt pas,
Les rameine oùje les demande.
Le mauvais temps que tout le monde
craint,
Ne peut faire la guerre
Aux fleurs de voftre teint
Comme aux fleurs de vôtre Parè
terre.
Ouvrages galans
que vous avez veus de M.
Vignier,vous ont affez divertie
, pour me donner lieu de
croire , que vous lirez la Lettre
fuivante avec plaifir. Il
l'a écrite au commencement
de ce mois à une Dame
de fes Amies.
A MADAME DE M .....
IA
Ay, Madame , une extréme
paffion de vous aller
voir dans votre belle Mai48
MERCURE
fon de campagne ; mais les
pluyes continuelles qu'il fait
s'y oppofent , & me retiennent
icy ,
Où beaucoup de monde m'aſſure
Qu'ilfait plus beau centfois ,
Quand le mauvais temps dure,
Que dans vos Prez & dans vos Bois.-
Ce dernier mois a efté fi
gens
déreglé , que des
aufli
fuperftitieux que vous en
connoiffez , fe laifferoient
facilement perfuader , que
quelques Conftellations
favorables
à Noffeigneurs du
Parlement en font la caufe,
& diroient Peut
GALANT. 49
Peut- eftre que l'Efié pretend,
De ne faire fes diligences ,
Pour donner à chacun le plaifir qu'il
attend ,
Que quand on aura les Vacances.
Mais , Madame , cela ne
m'accommoderoit
pas ; je
ne pourrois joüir de ce beau
temps fans chagrin . Tous
ces Meffieurs partiront en
foule de Paris pour n'en perdre
aucun moment . Vous en
aurez plufieurs dans voſtre
Voifinage qui voudront en
profiter ; & fi je fortois d'icy
dans le mefme temps ,je vous
trouverois affiegée d'une
Aouft 1685.
E
50 MERCURE
partie de ces graves Magiftrats
, qui fçavent fi bien fe
défaire de leurs habits longs ,
& paroiſtre avec des Cravates
auffi Cavaliers que nous.
Ainfifoit aux Champs ,ſoit en ville,
Le foin que je prendrois ſeroit fort
inutile.
C'eſt pourquoy, Madame,
Ie croy qu'il vaut mieux quej'attede,
Que l'apre Saifon des frimas
Que tous ees Meffieurs n'aimēt pas,
Les rameine oùje les demande.
Le mauvais temps que tout le monde
craint,
Ne peut faire la guerre
Aux fleurs de voftre teint
Comme aux fleurs de vôtre Parè
terre.
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Résumé : A MADAME DE M .....
L'auteur souhaite rendre visite à Madame de M., mais les pluies incessantes l'en empêchent. Il préfère rester à Paris plutôt que de se rendre à la campagne, où il y aurait trop de monde profitant des vacances du Parlement. Il redoute également la présence de magistrats chez elle, ce qui rendrait sa visite inutile. Il décide donc d'attendre la fin de l'été pour lui rendre visite, lorsque les magistrats seront retournés à Paris. Il souligne que le mauvais temps n'altère pas la beauté de Madame de M., contrairement aux fleurs de son jardin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 196
MADRIGAL.
Début :
Voicy quelques Vers qui ont esté faits sur cette mort. / Pleurez, pleurez, Guerriers, [...]
Mots clefs :
Guerriers, Prince de Conti, Trépas
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texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL.
Voicy
quelques Vers qui ont eſté
faits fur cette mort,
SSSSSSS2-55255 522
MADRIGAL.
P Leuriz
Leurez , pleurcz, Guerriers,
Le genereux Conti tout couvert de
Lauriers ;
Pleurez le trifte fort de cet Epoux
fidelle :
Pourfauver du trépas un objet plus
qu'humain,
Aprés que de fon mal il eut pris le
venin ,
Ilpaya
le Tribut le Tribut pour Elle.
quelques Vers qui ont eſté
faits fur cette mort,
SSSSSSS2-55255 522
MADRIGAL.
P Leuriz
Leurez , pleurcz, Guerriers,
Le genereux Conti tout couvert de
Lauriers ;
Pleurez le trifte fort de cet Epoux
fidelle :
Pourfauver du trépas un objet plus
qu'humain,
Aprés que de fon mal il eut pris le
venin ,
Ilpaya
le Tribut le Tribut pour Elle.
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1
p. 24
MADRIGAL.
Début :
Aprés avoir dompté diverses Nations, [...]
Mots clefs :
Louis, Gloire, Erreur, Histoire
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texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL.
MADRIGAL.
APrès avoir dompté diverfes
Nations ,
Aprés avoir dompté Jes propres
paffions ,
LOUIS s'eft mis fans doute au com
ble de la gloire :
Mais qu'en moins de fix mois il ait
détruit l'Erreur ,
Que fans verfer defangil ait eu
ce bonheur,
C'eft ce qui doit le plus briller dans
fon Histoire
Et qui fe fera le moins croire.
APrès avoir dompté diverfes
Nations ,
Aprés avoir dompté Jes propres
paffions ,
LOUIS s'eft mis fans doute au com
ble de la gloire :
Mais qu'en moins de fix mois il ait
détruit l'Erreur ,
Que fans verfer defangil ait eu
ce bonheur,
C'eft ce qui doit le plus briller dans
fon Histoire
Et qui fe fera le moins croire.
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2
p. 203-213
A MONSIEUR L'ABBÉ DE SAZILLY.
Début :
Enfin le grand Article des Conversions, qui grossissoit tous les / Je sçay, Monsieur, le plaisir que vous avez d'apprendre [...]
Mots clefs :
Conversions, Véritable religion, Règne, Église, Sermons, Saint-Esprit, Abjuration, Confession, Miracles, Erreur, Prière
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texteReconnaissance textuelle : A MONSIEUR L'ABBÉ DE SAZILLY.
Enfin le grand Article des
Converfions , qui groffiffoir
tous les mois maLettre,commence
heureuſement à diminuer
, faute de matiere , & la
veritable Religion va regner
entierement chez des Peuples
, à qui il ne manquoit
que cette union pour joüir
avec une pleine joye de la
gloire & du repos que leur
procure le plus floriffant &
le plus beau Regne que l'on
vit jamais. Je ne vous parleray
plus de Converfions de
Villes entieres, mais de quelques
Particuliers feulement,
204 MERCURE
dont l'obftination a rendu la
défaite plus éclatante. Vous
en allez voir trois de cette
nature dans la Lettre que je
vous envoye. Elle eft curieufe
, & remplie en peu
de mots de chofes touchantes
.
A MONSIEVR
L'ABBE' DE SAZILLY.
E çay , Monfieur , le plaifir
que vous avez d'apprendre le
nombre de ceux qui rentrent dans
le fein de l'Eglife , non feulement
GALANT. 205
par l'intereft que vous prenez au
falut de leurs Ames , mais encore
parce que
a
les merveilles
que
Dien
fait paroiftre dans plufieurs de ces
Converfions , font autant d'Eloges
pour noftre Auguſte Monarque.
Voicy ce que j'ay veu dans
une Lettre écrite de Lodeve le 19.
Fanvier, par un Docteur de Sor
bonne à M. Berthe , Superieur de
Mes de la Congregation de la
Miffion à Saint Lazare , dont le
rare merite vous eft connu. Aprés
avoir parlé d'un grand nombre de
Converfions , & de l'affiduité de
plus de huit mille Perfonnes à entendre
fes Sermons tous les foirs ,
206 MERCURE
il dit qu'une Fille âgée de dix- huit
ans fe cacha affez long - temps
dans fon lit , feignant d'eſtre ma
Lade , pour n'eftre pas obligée d'aller
à l'Eglife ; mais dans la crainte
de s'y voir forcée , elle quitta le
lit, &fe retira dans une Caverne,
qui auroit paru affreuse à toute
autre. Elle y demeura prés de trois
mois , fans en fortir que
pour allerchercher des herbes de la
Campagne , afin de s'en nourrir.
Enfin preffée par des mouvemens
interieurs du S. Efprit , elle quitta
fa Solitude , & vint le jour meſme
qu'il écrivit cette Lettre , le
prier de recevoirfon abjuration ,
la nuit
GALANT. 207
qu'elle fit avec les fentimens les
plus religieux du monde , aprés un
entretien de cinq heures , où elle fit
connoiftre qu'elle eftoit extraordi-
@
nairementfçavante dansfa Religion,
fort attachée à fa croyan
ce. Elle fit enfuite fa Confeffion
generale, nonfans verfer beaucoup
de larmes , tant pour ses pechez,
que pour avoir trop tardé à fe fai.
re inftruire. Sa Mere & fon Frere
, qui estoient dans une obstination
inconcevable pour leur fauſſe
Religion , touchez d'un exemple
qu'ils n'auroient jamais attendu ,
fe convertirent auffi. Voila, Monfieur
, une Converfion qui fait
voir ,
208 MERCURE
Que Dieu répand fouvent fes plus
rares faveurs
Dans les plus jeunes Cours ;
Une autre va montrer avec quel
avantage
Il les répand auffi dans ceux d'un
plus grand âge.
Une Demoiselle de Qualité fit
connoiftre dans le mefme temps
qu'il ne faut qu'un moment à la
Grace pour brifer le coeur le plus
endurcy. Ellefe nomme la Baronne
de Faugere , âgée de quarante
ans. Son opiniaftreté eftoitfi grande,
qu'elle protestoit de fe laiffer
plutoft maffacrer, que d'aller ja
mais à confeffe. Elle vint auſſi ſe
jetter aux pieds du mefme DoGALANT.
209
cteur, &fes larmes couloient en
fi grande abondance du regret d'avoir
demeuré fi long- temps dans
l'Erreur, qu'il eut toutes lespeines
du monde à les arreſter , & fut
extremement touché de fa penitence.
Ce n'est pas feulement à
Lodeve que Dieu a operé de tels
Miracles , je croy mepouvoirfervir
de ce terme aprés S. Thomas.
On feroit des Volumes entiers de
tous ceux qui font arrivez dans
chaque endroit du Royaume , mais
une Converfion qui s'eftfaite dans
une Paroiffe de Paris , eft fi particuliere
, qu'elle peut tenirfa pla
ce icy ; je m'affeure, Monfieur,
Mars 1686..
210 MERCURE
que vous direz avec tous ceux qui
en feront la lecture.
Quand ce n'eſt que la feule
bouche
Qui demande à Dieu du fecours
,
On ne voit pas qu'elle le tou
che ,
Mais lors que le Coeur parle , il
luy répond toujours.
C'est une Dame qui mene prefentement
une Vie fi cachée & fe
remplie de pieté , que je ne pourrois
la nommer fans luy faire de
la peine , a bleſſer få modestie.
que je puis dire , c'est qu'elle
eft Etrangere, & de grande Qua
Ce
GALANT. 211
lité; qu'elle eft tres- bienfaite ,
felon ce que l'on peut juger, d'environ
trente - deux ans ; qu'elle a
aimé le Monde , & a laiffé de
fort grands Biens en fon Pays. Elle
vint en France avecfon Mary,
qui eftoit de la Religion P. R.
comme elle , & qui eſt mort de_
puis quelques mois. Cette mort
luy a efté tres-fenfible , mais les
grandes chofes que le Roy a
tes pour le falut de fes Sujets qui
eftoient dans l'Erreur , luy ayans
fait naiftre des doutes defa croyance
, elle oublia toutes chofes pour
ne penfer qu'à celle - là . Elle ne s'er
ouvrit pourtant à perfonne . Elle
fai-
Sij
212 MERCURE
n'avoit de recours qu'à la Priere
à fes larmes, pour demander à
Dieu qu'il luy enfeignast le chemin
qu'elle devoitfurore. Unfoir
fort tard qu'elle le prioit avec une
ferveur extraordinaire , de luyfaire
cette grace , elle entendit une
Voix qui luy dit fort diftinctement
, Leve- toy , & fuy celuy
qui paffe. Elle court auffi- toft à
la feneftre , & voit paffer noftre
Seigneur que l'on portoit à quelques
malades. Elle prit foudain
fon Efcharpe, fe mit à le fuivre.
Eftant revenue chez elle, elle
paſſa une partie de la nuit à genoux,
pour remercierfon Divin
GALANT.
213
Av.
21
Maistre de la grace qu'il luy
voit faite. Le lendemain elle fit
fon abjuration & fa Confeffion
generale. On luy a voulu donner
une Penfion affez forte , mais elle
n'a accepté que ce qu'il luy faur
pour vivre tres-modiquement. Je
fuis , Monfieur , avec respect, vo-
Fire tres , &c. VIGNIER ,
A Paris ce 3. Mars 1686 .
Converfions , qui groffiffoir
tous les mois maLettre,commence
heureuſement à diminuer
, faute de matiere , & la
veritable Religion va regner
entierement chez des Peuples
, à qui il ne manquoit
que cette union pour joüir
avec une pleine joye de la
gloire & du repos que leur
procure le plus floriffant &
le plus beau Regne que l'on
vit jamais. Je ne vous parleray
plus de Converfions de
Villes entieres, mais de quelques
Particuliers feulement,
204 MERCURE
dont l'obftination a rendu la
défaite plus éclatante. Vous
en allez voir trois de cette
nature dans la Lettre que je
vous envoye. Elle eft curieufe
, & remplie en peu
de mots de chofes touchantes
.
A MONSIEVR
L'ABBE' DE SAZILLY.
E çay , Monfieur , le plaifir
que vous avez d'apprendre le
nombre de ceux qui rentrent dans
le fein de l'Eglife , non feulement
GALANT. 205
par l'intereft que vous prenez au
falut de leurs Ames , mais encore
parce que
a
les merveilles
que
Dien
fait paroiftre dans plufieurs de ces
Converfions , font autant d'Eloges
pour noftre Auguſte Monarque.
Voicy ce que j'ay veu dans
une Lettre écrite de Lodeve le 19.
Fanvier, par un Docteur de Sor
bonne à M. Berthe , Superieur de
Mes de la Congregation de la
Miffion à Saint Lazare , dont le
rare merite vous eft connu. Aprés
avoir parlé d'un grand nombre de
Converfions , & de l'affiduité de
plus de huit mille Perfonnes à entendre
fes Sermons tous les foirs ,
206 MERCURE
il dit qu'une Fille âgée de dix- huit
ans fe cacha affez long - temps
dans fon lit , feignant d'eſtre ma
Lade , pour n'eftre pas obligée d'aller
à l'Eglife ; mais dans la crainte
de s'y voir forcée , elle quitta le
lit, &fe retira dans une Caverne,
qui auroit paru affreuse à toute
autre. Elle y demeura prés de trois
mois , fans en fortir que
pour allerchercher des herbes de la
Campagne , afin de s'en nourrir.
Enfin preffée par des mouvemens
interieurs du S. Efprit , elle quitta
fa Solitude , & vint le jour meſme
qu'il écrivit cette Lettre , le
prier de recevoirfon abjuration ,
la nuit
GALANT. 207
qu'elle fit avec les fentimens les
plus religieux du monde , aprés un
entretien de cinq heures , où elle fit
connoiftre qu'elle eftoit extraordi-
@
nairementfçavante dansfa Religion,
fort attachée à fa croyan
ce. Elle fit enfuite fa Confeffion
generale, nonfans verfer beaucoup
de larmes , tant pour ses pechez,
que pour avoir trop tardé à fe fai.
re inftruire. Sa Mere & fon Frere
, qui estoient dans une obstination
inconcevable pour leur fauſſe
Religion , touchez d'un exemple
qu'ils n'auroient jamais attendu ,
fe convertirent auffi. Voila, Monfieur
, une Converfion qui fait
voir ,
208 MERCURE
Que Dieu répand fouvent fes plus
rares faveurs
Dans les plus jeunes Cours ;
Une autre va montrer avec quel
avantage
Il les répand auffi dans ceux d'un
plus grand âge.
Une Demoiselle de Qualité fit
connoiftre dans le mefme temps
qu'il ne faut qu'un moment à la
Grace pour brifer le coeur le plus
endurcy. Ellefe nomme la Baronne
de Faugere , âgée de quarante
ans. Son opiniaftreté eftoitfi grande,
qu'elle protestoit de fe laiffer
plutoft maffacrer, que d'aller ja
mais à confeffe. Elle vint auſſi ſe
jetter aux pieds du mefme DoGALANT.
209
cteur, &fes larmes couloient en
fi grande abondance du regret d'avoir
demeuré fi long- temps dans
l'Erreur, qu'il eut toutes lespeines
du monde à les arreſter , & fut
extremement touché de fa penitence.
Ce n'est pas feulement à
Lodeve que Dieu a operé de tels
Miracles , je croy mepouvoirfervir
de ce terme aprés S. Thomas.
On feroit des Volumes entiers de
tous ceux qui font arrivez dans
chaque endroit du Royaume , mais
une Converfion qui s'eftfaite dans
une Paroiffe de Paris , eft fi particuliere
, qu'elle peut tenirfa pla
ce icy ; je m'affeure, Monfieur,
Mars 1686..
210 MERCURE
que vous direz avec tous ceux qui
en feront la lecture.
Quand ce n'eſt que la feule
bouche
Qui demande à Dieu du fecours
,
On ne voit pas qu'elle le tou
che ,
Mais lors que le Coeur parle , il
luy répond toujours.
C'est une Dame qui mene prefentement
une Vie fi cachée & fe
remplie de pieté , que je ne pourrois
la nommer fans luy faire de
la peine , a bleſſer få modestie.
que je puis dire , c'est qu'elle
eft Etrangere, & de grande Qua
Ce
GALANT. 211
lité; qu'elle eft tres- bienfaite ,
felon ce que l'on peut juger, d'environ
trente - deux ans ; qu'elle a
aimé le Monde , & a laiffé de
fort grands Biens en fon Pays. Elle
vint en France avecfon Mary,
qui eftoit de la Religion P. R.
comme elle , & qui eſt mort de_
puis quelques mois. Cette mort
luy a efté tres-fenfible , mais les
grandes chofes que le Roy a
tes pour le falut de fes Sujets qui
eftoient dans l'Erreur , luy ayans
fait naiftre des doutes defa croyance
, elle oublia toutes chofes pour
ne penfer qu'à celle - là . Elle ne s'er
ouvrit pourtant à perfonne . Elle
fai-
Sij
212 MERCURE
n'avoit de recours qu'à la Priere
à fes larmes, pour demander à
Dieu qu'il luy enfeignast le chemin
qu'elle devoitfurore. Unfoir
fort tard qu'elle le prioit avec une
ferveur extraordinaire , de luyfaire
cette grace , elle entendit une
Voix qui luy dit fort diftinctement
, Leve- toy , & fuy celuy
qui paffe. Elle court auffi- toft à
la feneftre , & voit paffer noftre
Seigneur que l'on portoit à quelques
malades. Elle prit foudain
fon Efcharpe, fe mit à le fuivre.
Eftant revenue chez elle, elle
paſſa une partie de la nuit à genoux,
pour remercierfon Divin
GALANT.
213
Av.
21
Maistre de la grace qu'il luy
voit faite. Le lendemain elle fit
fon abjuration & fa Confeffion
generale. On luy a voulu donner
une Penfion affez forte , mais elle
n'a accepté que ce qu'il luy faur
pour vivre tres-modiquement. Je
fuis , Monfieur , avec respect, vo-
Fire tres , &c. VIGNIER ,
A Paris ce 3. Mars 1686 .
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Résumé : A MONSIEUR L'ABBÉ DE SAZILLY.
Le texte décrit la diminution des conversions religieuses massives dans certaines régions, permettant à la 'véritable Religion' de s'imposer davantage. Les conversions se font désormais au cas par cas, impliquant des individus déterminés. Trois exemples notables de conversions sont présentés. Premièrement, une jeune fille de dix-huit ans de Lodève, qui évitait d'aller à l'église, se convertit après trois mois de solitude et fit une abjuration sincère. Sa mère et son frère la suivirent dans cette décision. Deuxièmement, la Baronne de Faugere, une femme de quarante ans réputée pour son obstination, se convertit après avoir été touchée par la grâce divine et une profonde pénitence. Troisièmement, une dame étrangère de haute naissance, âgée d'environ trente-deux ans, se convertit après le décès de son mari. Elle fut guidée par une vision divine et fit son abjuration ainsi qu'une confession générale. Elle refusa une pension généreuse, préférant accepter seulement ce qui était nécessaire pour vivre modestement. Ces récits mettent en lumière la puissance de la grâce divine et l'influence des actions royales sur les conversions religieuses.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 126
MADRIGAL.
Début :
Les Siamois, ces Testes Bazanées, [...]
Mots clefs :
Siamois, Esprit, Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL.
MADRIGAL. LEs Siamois, ces Testes Basanées
,
Ont de espritassurement..
Lassezde chercher vainement
Le Dieu qu'ils ont perdu Idepui4
longues années
Avec des Tréfors znoiïis
Ilsfont venus en diligence
Voirs'ilnesenispoint en France
Caché dans lAuitific LOrIS.
,
Ont de espritassurement..
Lassezde chercher vainement
Le Dieu qu'ils ont perdu Idepui4
longues années
Avec des Tréfors znoiïis
Ilsfont venus en diligence
Voirs'ilnesenispoint en France
Caché dans lAuitific LOrIS.
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