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1
p. 119-127
Mort de Mr le Mareschal Duc de Villeroy. [titre d'après la table]
Début :
Il y a déja un mois qu'on doit vous avoir apris la mort [...]
Mots clefs :
Duc de Villeroy, Décès, Gouverneur, Louis XIII, Lyon, Marquis, Combat, Province, Conseil royal, Mariage
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texteReconnaissance textuelle : Mort de Mr le Mareschal Duc de Villeroy. [titre d'après la table]
Il y a déja un mois qu'on
120 MERCURE
doit vous avoir apris la mort
de Meffire Nicolas de Neufville
, Duc de Villeroy , Pair
& Marefchal de France >
Marquis d'Alincourt , Seigneur
de Magny , &c. arrivée
le 28. du mois paffé. II
eftoit Commandeur des Ordres
de Sa Majeſté , Gouverneur
de Lyon, & des Païs
Lyonnois , Forefts , & Beaujolois,
& avoit efté élevé Enfant
d'honneur auprés du
Roy Louis XIII . Il fut receu
Gouverneur de Lyon en furvivance
de M le Marquis
d'Alincourt fon Pere en 1615.
&
GALANT 121
1
►
4
)
& paffa en Italie avec M' le
Marefchal de Lediguieres
.
Il y fervit aux Sieges & prifes
de Feliffan , de Non & de
la Roque en 1617. & en France
à celuy de S. Jean d'Angely
en 1621. Il commandoit
un Regiment d'Infanterie au
Siege de Montauban , & un
Corps de fix mille hommes
qu'il mena à celuy de Montpelier
en 1623. Apréala prife
Pas-de-Suze , Il y fut laiffé
avec huit mille hommes ,
ce qui n'empefcha pas qu'il
ne fe trouvaft au Combat de
Carignan en 1630. Trois ans
du
Decembre 1685. L
122 MERCURE
aprés il fut renvoyé en Italie ,
& commanda dans Pignerol,
& dans Cafal jufques en
1635. Il affifta à la priſe du Fort
de la Vilate , & commanda
un quartier de l'Armée du
Roy , au Siege de Valence
dans le Milanez en la mefme
année. Il paffa dans la
Franche Comté en 1636. fe
trouva au Siege de Dole , &
reduig plufieurs petites Places
de cette Province fous
l'Obeiffance de Sa Majefté ,
aprés quoy il conduifit le
Corps d'Armée qu'il commandoit
au Siege de Turin
GALANT. 123
en 1640. Quatre ans aprés il
paffa en Catalogne, & revint
l'année fuivante enLorraine,
où il prit la Ville de la Mothe
le 7.Juillet 1645. Au mois
de Mars 1646. il fut choifi
pour eftre Gouverneur dú
Roy , qui le fit Marefchal de
France le 20. d'Octobre de
la mefine année. Il ſe trouva
au Sacre de Sa Majefté , où il
reprefenta la Perfonne du
Grand Maiſtre. Sa Majefté
le fit Chef de fon . Confeil
Royal des Finances en 1661.
Chevalier du Saint Efprit le
premier de Janvier 1662. &
Lij
124 MERCURE
Duc & Pair le 15. Decembre
1663. Il eft mort icy âgéde 88.
ans. Il avoit efté marié en
1617. à Magdelaine de Crequy,
feconde Fille de Charles
de Blanchefort
de Crequy ,
Duc de Lediguieres , Pair ,
& Marefchal de France , &
de Magdelaine de Bonnes fa
premiere Femme. Il a eu de
ce Mariage Charles Marquis
d'Alincourt , mort le
25. de Janvier 1645 âgé de
19. ans , Françoiſe de Neuf
ville mariée avec Jufte Louis
Comte de Tournon , puis
à Henry Louis d'Albert ,
GALANT. 125
e
;
dit d'Ailly , Duc de Chaunes
Pair de France ; & en
troifiémes Nopces à Jean
Vignier Marquis de Hauterive
Catherine de Neufville
, qui époufa le 7. Octobre
1660. Louis de Lorraine
Comte d'Armagnac ,
grand Efcuyer de France ;
François de Neufville Duc
de Villeroy , receu en furvivance
du Gouvernement
de Lyon , Colonel du Regiment
Lyonois , & Lieutenant
General des Armées
de Sa Majesté. Ce Duc é-
1 poufa le 28. Mars 1562- Marie
Liij
126 MERCURE
Marguerite de Coffe , Fille
de Louis de Coffe Duc de
Briffac , & de Catherine de
Gondy. Comme il n'a jamais
laiffé échaper aucune occafion
de ſe ſignaler , il étoit
du Combat de Raab en
Hongrie donné contre les
Turcs le premier Aouſt
1664. Il accompagna le Roy
en la Campagne de Flandres
de 1667. & en la Conquefte
de la Franche Comté , & fe
diftingua à la prife de Dole
en 1668. Il fervit enfuite dans
l'Armée de l'Evefqué de
Munſter pendant la Guerre
GALANT 127
faite aux Hollandoi en 1672 .
& il a donné des marques
d'une valeur intrepide , &
d'une grande intelligence
au Meſtier des Armes , dans
tout ce qui s'eft fait pendant
les cinq années qu'ont duré
les dernieres Guerres. Je ne
vous parle point de la Maifon
de Villeroy , elle eft affez
connue , & il fuffit de vous
dire icy pour marquer fon
ancienneté , qu'elle a rendu
de tres grands fervices fous,
les fept derniers de nos Rois.
120 MERCURE
doit vous avoir apris la mort
de Meffire Nicolas de Neufville
, Duc de Villeroy , Pair
& Marefchal de France >
Marquis d'Alincourt , Seigneur
de Magny , &c. arrivée
le 28. du mois paffé. II
eftoit Commandeur des Ordres
de Sa Majeſté , Gouverneur
de Lyon, & des Païs
Lyonnois , Forefts , & Beaujolois,
& avoit efté élevé Enfant
d'honneur auprés du
Roy Louis XIII . Il fut receu
Gouverneur de Lyon en furvivance
de M le Marquis
d'Alincourt fon Pere en 1615.
&
GALANT 121
1
►
4
)
& paffa en Italie avec M' le
Marefchal de Lediguieres
.
Il y fervit aux Sieges & prifes
de Feliffan , de Non & de
la Roque en 1617. & en France
à celuy de S. Jean d'Angely
en 1621. Il commandoit
un Regiment d'Infanterie au
Siege de Montauban , & un
Corps de fix mille hommes
qu'il mena à celuy de Montpelier
en 1623. Apréala prife
Pas-de-Suze , Il y fut laiffé
avec huit mille hommes ,
ce qui n'empefcha pas qu'il
ne fe trouvaft au Combat de
Carignan en 1630. Trois ans
du
Decembre 1685. L
122 MERCURE
aprés il fut renvoyé en Italie ,
& commanda dans Pignerol,
& dans Cafal jufques en
1635. Il affifta à la priſe du Fort
de la Vilate , & commanda
un quartier de l'Armée du
Roy , au Siege de Valence
dans le Milanez en la mefme
année. Il paffa dans la
Franche Comté en 1636. fe
trouva au Siege de Dole , &
reduig plufieurs petites Places
de cette Province fous
l'Obeiffance de Sa Majefté ,
aprés quoy il conduifit le
Corps d'Armée qu'il commandoit
au Siege de Turin
GALANT. 123
en 1640. Quatre ans aprés il
paffa en Catalogne, & revint
l'année fuivante enLorraine,
où il prit la Ville de la Mothe
le 7.Juillet 1645. Au mois
de Mars 1646. il fut choifi
pour eftre Gouverneur dú
Roy , qui le fit Marefchal de
France le 20. d'Octobre de
la mefine année. Il ſe trouva
au Sacre de Sa Majefté , où il
reprefenta la Perfonne du
Grand Maiſtre. Sa Majefté
le fit Chef de fon . Confeil
Royal des Finances en 1661.
Chevalier du Saint Efprit le
premier de Janvier 1662. &
Lij
124 MERCURE
Duc & Pair le 15. Decembre
1663. Il eft mort icy âgéde 88.
ans. Il avoit efté marié en
1617. à Magdelaine de Crequy,
feconde Fille de Charles
de Blanchefort
de Crequy ,
Duc de Lediguieres , Pair ,
& Marefchal de France , &
de Magdelaine de Bonnes fa
premiere Femme. Il a eu de
ce Mariage Charles Marquis
d'Alincourt , mort le
25. de Janvier 1645 âgé de
19. ans , Françoiſe de Neuf
ville mariée avec Jufte Louis
Comte de Tournon , puis
à Henry Louis d'Albert ,
GALANT. 125
e
;
dit d'Ailly , Duc de Chaunes
Pair de France ; & en
troifiémes Nopces à Jean
Vignier Marquis de Hauterive
Catherine de Neufville
, qui époufa le 7. Octobre
1660. Louis de Lorraine
Comte d'Armagnac ,
grand Efcuyer de France ;
François de Neufville Duc
de Villeroy , receu en furvivance
du Gouvernement
de Lyon , Colonel du Regiment
Lyonois , & Lieutenant
General des Armées
de Sa Majesté. Ce Duc é-
1 poufa le 28. Mars 1562- Marie
Liij
126 MERCURE
Marguerite de Coffe , Fille
de Louis de Coffe Duc de
Briffac , & de Catherine de
Gondy. Comme il n'a jamais
laiffé échaper aucune occafion
de ſe ſignaler , il étoit
du Combat de Raab en
Hongrie donné contre les
Turcs le premier Aouſt
1664. Il accompagna le Roy
en la Campagne de Flandres
de 1667. & en la Conquefte
de la Franche Comté , & fe
diftingua à la prife de Dole
en 1668. Il fervit enfuite dans
l'Armée de l'Evefqué de
Munſter pendant la Guerre
GALANT 127
faite aux Hollandoi en 1672 .
& il a donné des marques
d'une valeur intrepide , &
d'une grande intelligence
au Meſtier des Armes , dans
tout ce qui s'eft fait pendant
les cinq années qu'ont duré
les dernieres Guerres. Je ne
vous parle point de la Maifon
de Villeroy , elle eft affez
connue , & il fuffit de vous
dire icy pour marquer fon
ancienneté , qu'elle a rendu
de tres grands fervices fous,
les fept derniers de nos Rois.
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Résumé : Mort de Mr le Mareschal Duc de Villeroy. [titre d'après la table]
Nicolas de Neufville, Duc de Villeroy, est décédé le 28 du mois précédent à l'âge de 88 ans. Il fut Commandeur des Ordres du Roi, Gouverneur de Lyon et des pays environnants, et avait été élevé Enfant d'honneur auprès du roi Louis XIII. Nommé Gouverneur de Lyon en 1615 en survivance de son père, le Marquis d'Alincourt, il participa à de nombreuses campagnes militaires en Italie et en France, se distinguant lors des sièges de Felissan, Non, La Roque, Saint-Jean-d'Angély, Montauban, Montpellier, Pas-de-Suze, Carignan, Pignerol, Casal, Valence, Dole, Turin et La Mothe. En 1646, il devint Gouverneur du Roi et fut nommé Maréchal de France. Il assista au sacre du Roi, fut nommé Chef du Conseil Royal des Finances en 1661, Chevalier du Saint-Esprit en 1662, et Duc et Pair en 1663. Il épousa Magdeleine de Créquy en 1617, avec qui il eut plusieurs enfants, dont François de Neufville, qui lui succéda comme Gouverneur de Lyon et Lieutenant Général des Armées du Roi. François participa également à des campagnes militaires en Hongrie, en Flandre, en Franche-Comté et durant la guerre contre les Hollandais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 196-224
Discours prononcé à la loüange du Roy sur la destruction de l'Heresie, par le Pere Quartier Jesuite, avec la description du lieu où ce Discours a esté prononcé, [titre d'après la table]
Début :
Le 17 du mois passé le Pere Quartier, l'un des Professeurs de la [...]
Mots clefs :
Professeur, Louis le Grand, Hérésie, Éloquence, Piété, Succès, Orateur, Religion, Henry IV, Louis XIII, Rébellion, Latin, Inscription, Devise, Tapisserie, Décors, Temples, Erreurs, Calvin, Bonté
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texteReconnaissance textuelle : Discours prononcé à la loüange du Roy sur la destruction de l'Heresie, par le Pere Quartier Jesuite, avec la description du lieu où ce Discours a esté prononcé, [titre d'après la table]
Le 17. du raoispaslele Pere
Quarta er,lW'dcs Professeurs. ;
de. la Rhétorique att toWege
de Louis le Grand r pro
nonça une Harangue Latine
a l'honneur, du Roy fur la.
destructionde i'Hcrefie,dans
•;Ja^^elîe\í|ít voira^çautanc
deiiusteíseque cfclòqucncc.
.que la Pieté avoit este le seul
motif qui avoir ínípiní aï»
Roy le dcíïèin d'une fi glo
rieuse entreprise , que la &-
geûe luy avoir fourny les
moyens de 1 executer t&qùe
le bonheur en avoir rendu le
succès tel qu'on eust pû le
GALANT. 157
soufra ittcc; f*4r le Cardinal!
Ranuzzi avec pfusieurs Pre
lats & un grand nombre de
personnesd'un rang distingué
y aísista, & fat complimente
par des En.fans de la, premiere
Gualité.Tout îc monde sortit
fort satisfait de l'Orateur , &
particulierement de ce qu'il
loua ceCardinal d'une manie
re qui répondit parfaitement
à Tidée que toute la France a.
conçue de son merite. Le Heu
où' se prononça la Harangue
estoit orné de quantité d'inscriptions&
de devises qu r: ren>
fërmoiént tous les' moyens.
.198 MERCURE
dont Ici Roy s'est servy poar
détruire i'Heresie en France.
Un > Are. dé « triomphe d'un
OrdreTofcan estoit à l'entrée.
. La Religion tenant dans sa
main droite un Calice fur le
quel eítoit une Hostie lumi
neuse % & ayant le saintEfprit
'au defïùs de sa Teste , y *pa~
roiísoit dans l'endroit le plus
releve' , fupi uri Char tiré par
^deux Chevaux blancs. On
i vóyoït le Roy sûr un Piédestal
à costé d'elle , avec un Scep
tre à la main , pour faire voir
que ía justice & l'authòrité.de
{es Edits font les feules Ar
tnes dont il s'est fervy pour
detruire l'Heresie qu'on avoit
representée à ses pieds fous la
figure d'une Hidre.Les Bustes
deHenry IV. & deLouis XIII,
qui ont commencé íi heu
reusement à affoibrir l'Here-
&e dans le Royaume , estoir
auprés de la Figure du Roy.
Geiuy deHenry IV, estoit à
la droite fur un Fronton com
posé avec çe mot ,Jdehella'víti
écrit dans la Frise au deflòus
de çe Fronton. On sçait que
ce Prince .affoiblit extreme*
ment le party des Heretiques
en leur ostant leur plus fer-
R iiij
2ôo MERCURE
me s ppuy, lors qu'il renonça?
publiquement aux erreurs
dans lesquelles il avoit veicft
ju sqúfâlorS , Ce qû i en£&gfc*
les Princes de son Sangàem*
braiser comme luy la Relr*
gion Ca t ho! ique.Cette actiotk
estbit represeitf ee dans x*ti
Bas.réîter? e% forme d'ovaifcy
qu on voyoir daés Páfótei
devèk (ks.Golonnes avec cett*
BusteWíioôis X in . placé> sor
un semblable Fronton au d e£
fòus duquel on îisok ce moi
dans h éèiíe Jpvmttti fàísoic
face de l'autre collé au Buste
GALANT 2ot
de Henry IV. Ces autres
Wprs, Kup£ÏÏa expugnata, marquoient
dans le bas Relief
entre, les Colomnes ,que la.
prise de la Rochelle avoit
reprimé la rebellion des Hex
retiques ^ qui s'estoient reti
rez d'ans cette place avec
f&£çes leW j&FÇQ$. ¥a tGarj,
touche ^l^;<$V9Ìt placé
dans le Fronton de la porte,
represcntoit la démolît ion du
Temple de Charenton avec
ces mots. EdiSfam Nawetmjè
abrogAtum^ & cet aurre j&iqr
j>lus bas JE^i«^/>>jipouif faine
2oî MERCURE
ment éteint , THeresie , en
caíîant l'Edit de Nantes, 2c
en faisant détruire ceTemple.
Tout l'appareil jde la Salle
destinee à 1 a ceremonie,estoit
disposé par raportau deíîèin
de laHaranguequ'on y devoit
prononcer. Cette inscription
generale qu'on' Ji soi* <& bord
dans une Frise qui regnoit au
tour de la Salle, . t.' : . mr. •>
u ilfcVDOVIGO : MAGNQ.. j
AUCTA RELIGIONÇ.. ú
DEFENS A , RESTITVTA,
1 .AMPLI FIC A TA.
faisoit connoistre que cet
appareil estoit consacré à la
Gloire de Louis le Grand,
GALANT. 20?
pour avoir' soutenu les droirs
de l'ancienne Religion ,retably
son culte dans tous les en
droits du Royaume où l'Heresie
l'avoit aboly, étendu
íes bornes non feulement
dans la France , mais encore
dans les Pais écrangers. Sous
Un riche Dais estoic le Por
trait du Roy , soutenu d'un
costé parla'Pieté, de l'autre
par la Sagesse , tandis'que la
Felicite' Fe couronnoit , ce
qui faisoit voir que la Pieté
a inspiré à ce grand Monar
que le dessein d'exterminer
l'Heresie , que la Sagesse luy
2o4 MERCURE
en a foUrny les moyens , St
qie la Felicité a couronne
cette glorieuse entreprise.
C'est ce qu exprimoit cetee
inscription.
. EXTINXIT,
INSPIRANTE PIETATE,
PROMOVENTE SAP1ENT1A,
ÎELICITATE CORONANTE.
. A l'autre bout de la Salle,
& vis à vis du Portrait du
Roy , on voyois la Religion
dans une attitude qui fatsoit
. connoistre íà tranquillité.Elte
avait les yeux arrestez {ìir ce
Monarque , comme pour le
remercier du repos qu'elle
lu.y dpit, ce qu'elle exprimoit
GALANT. 20s
,j>ar deux Devises. Le Corps
de lune estbk une hautò
Montagne jíéWkfrée prefqu*
•de tous codiez par les rayons
du Soleit foret^'^s^ap^roehe'
Ixalíénnes pou^ àjiié, Vìusìtu
Roy est de verni grand par&fr
Vertus & paries Conqueste*,
pltìs il a trafvaiMà ètcínorcr lá
Religion. Une Vigne deve*
ifcrë pl«s feelle j& plus éten
due paf 4 appuy ou cite re^
eoit d'un grand arbre , faifoit
le Corps de l'autre I^evh'ey
zo6 MERCURE
&ees motsluy servoicnt d'a-
VdCyAmpJificat^fulàt, tutatur&
ornat , ce qui Faisoit voir, que
íì la Religion s'est étendue si
loin au dedans & au dehors
du Royaume , elle en est re
devable à la Pieté du Roy.
... La Galerie qui regne íùr
les trois faces de la Salle , étoit
tendue d'une Tapiíïèrie
eje verdure íùr laquelle on
aVoit disposé dix Inscriptions
qui expliquoient les moyens
dont le Roy s'est servy pour >
détruire l'Heresie en France.
La premiere Inscription marquoit
que le Roy ayant osté
GALANT. 207
aux Heretiques les Charges
qu'ils possedoient dans l'Epée
& dans la Robe , & les ayant
éloignez du Commerce ôc
des Ecoles, avoit rendu l'Hc
resie auíïì méprisable qu'elle
l'estoit lors qu'elle avoit
commencé à fe répandre. En,
voicy les cermes.
' ' , QJJ O D :
EJECTAM AULA , FORO , CASTRIS4 ,
COMMERCIO , SCHOLIS,,
H'^RESIM
AD NATALES TENEBRAS,
jVC P R I M A M IGNOBILITATJEM:
a.x ,.;iPAMNAV I.TV»; : ,
Cette Inscription estoic ex*
pliquee par deux Devises,
çour le sauver plus aifëment
da naufrage. On y liíbic ces
'paroles Q foret jatfum x èduh
?:.ìi ì íi.to s.» 3
Ogel^ucs Arbres j 49ns pîi
a coupé toutes les branches
à i& reserve de celles qui font
À la cime, faiíbient le Corps
^ia' .íecaa^è Deviíe Ivok
ces paroles, t/íC^/b affurgant*
.Afrique v$rs le ÇùlUsfuijfeat.
ver».
GAL&Ws,
Ea seconde Inícnptionexw
pîique'e. par deux'. Devises,
comme toutes les autres
estoit conceuë en ces termes.
EX C 15 1 S^TQTA GALLIAI
F AN ÍS IMPIIS MI LLE ,
EK.ECT.IS S A CR IS' j£DIBUSS
SE X A G I NT A>
HvERESEOS FUNDAMENTAv
CONVULSIT,
HELIGIONIS DÏTIONEM
. ; AMPLIAVIT.
n
DesMbntagnes& desRai.
chers entasiez lès uns fur les.;
autres pour escalader lès.
Êieux , & renversez* par uni
cou p de foudre , ma rqu oknec
4io MERCURE
les Temples des Herretiques
íabatus dans tout le Royaume.
Ces paroles serv oient d'Ame
à cette premiere Devise,
Jguod contraJuperos extmfiía.
Contre le Ciel ils estaient élevez^
'C Cx
,,1/autre Devise estoit le So
leil > qui d'un çosté fait fon
dre des Montagnes de neiges,
& de l'autre cleve des Va
peurs, avec ces mots , Hinc
defiruit , erigit inde.
S'il abat d'une part , il elezte de
' " fautre:
La troisième Inscription
çomprenoit par ces paroles
GALANT, zn
Te'Ioignement des Ministres
qui soûtenoient les esprits
dans les Erreurs de Calvin, &
dont la presence auroit empeschéles
progrès de la Reli
gion Catholique. ' . ; •>
. QUOD "
PULSIS E REGNI FINIBUS
LETIFÈRjE DOCTRINE
MAGÏSTÍUS,
SUUM HJRESI PRiESIDIUM
AC SPEM OMNEM ER1PUIT.
j. La premiere^ Devise estoiç
une Hydre avec toutes ses
Testes abatu'ës , & ces mots ,
Wfteuntabjàjf* ngcerg^iv,. .']
S ij
m MERCURE
. \*:$tfwe7^es fa Corps , leur vinsib
r&peuf nwre. rlcì^'r i n*
Dans ìa íeco«de on voyoits
T Aurore dilîipant par sa pre
sence ces petifs íèux qut lui
sent quelquefois pendant la
nuit , & qui .conduisent in
sensiblement nans les preci
pices , & dans les Rivieres.
Vunejtos dissipat ignes.
Leur faux brillant trofnpoit3 fort
éclat les di.ffìp».
Les Enfans des Calvinistes
que le Roy s'est ctï"ai,gêtlttymeíme
de faire elever dans îa
Religion Catholiques , fai^t
soient le íùjet 4eÀ quatçi©^p
13 ALANT
me Inícriprion , dont voicy^
ses ternies, ;n.V." . ;
. vr.u
civoft
AVULS05 AB H^RESIS GKEMIO
IN SINIJM AVIT^E RELIGIONISi
Les deux Devises estoienr,,
l'une de> jeunes Sauvageons,
entez fur de bons Arbres
avec ces paroles, íUíc vemevt
selicìus. '.v' '
feront en ÌM9' beaucoup
, mieujç fleyeí ; . . , : .
& l'autre, une branche de Co~
rail, qui ne devient precieux
qu aprés avoir, este tiré de
ai4 MERCURE
Mer avec ce mot Radicate
nulla , Jradicato tutto fvale.
De la main qui íarrache il reçoit
tout son prix. '* '
La cinquieme Inscription
regardoic les avantages que
la Religion Catholique a re
tirez des Missionnaires que
Sa Majesté a envoyez dans
tous les endroits du Royau
me où l'Heresie s'estoit ré
pandue, ce qui eítoit marque'
par ces mots. 3v Y '• .;
au o d
I.NSINGULAS GÁILLEPR0V1NCIAS
.M.1SSIS DÌVINI VERBI
GALANT,
POPULIS ERRORES MALOS
DE P U LIT,
PRISTINAM RELIGIONIS SPECIEM
REVOCAVIT. .
Elle estoit accompagnee de
ces deux Devises. L' Attre qui
precede le lever du Soleil
ravec ces paroles , Fugat tenebrcLs
, lucemque reducit.
jl ramene le jour en chaffant les
tenèbres. .'.'>;. .a
Des Phares élevez fur le
bord de la Mer , Monfirant
portumque 3 <viamque.
Ils montrent le chemin , &con-
^Luisent au <Pfr£, , . j, .>, , \
. La . sixième . Inscription &
*tf MERCURE
toit sur la bonté avec laquelle v
lè Roy a reçeu les nouveaux
Convertis , se faisant un pláiíìr
de les combler de ses gra
ces , afinde porter ceux qui
demeuroient engager dans
l'Herefie , à suivre lexemple
des auçrçs^ Voicy les termes ,
de Hnícriptioní L,?q,;y
* >> . v:^rRQÎ^q0 0:'' TíJ'XJLJ :
RfiGIA IN DESERENTES HjERBSIM,
LIBER ALI TATE,
. (LCTEROS Ap EANDEM;
."'A;ByfURANDAM,
ÍNV IT AV IT.
Les deux Devises quiTex»
,'• GALANT- %m
miere une Nacre de Perle
qui s'ouvre en mefme remps
•que le Soleil levant fait tom
ber la rosee , avec ces paroles,
Dona <vum in^veniunt.
Sçs.Prescns hy font un passage.
.:" Là' 'féconde representoit
des Vapeurs élevées par la
chaleur du Spleil , avec ces
mots , Ernos Coelo tîitt munem
tolkíî2t. ri p r rr i p Q y.\ f 1 ; >
Voì hten.fMts ' tóut-fu Jfjms nous
elevent au Ciel, 54 I
^ iÇPSéNMÍÏòit par ces pa
roles de la septième Inscrip
tion y,
Janvier 1686. T
ki8 MERCURE )
Q^U O D
OBSTINAT AM H #R E 51 M
, SOXO MILITUM STREPITU,^
RELIGIONIS DOCILÉM
î E C I T.
que íî le Roy aprés avoir
employé les plu« doux
moyens , s'eítoit veii con
traint de recourir à des re
medes un peu plus forts , on
avoit deu plûtbft l'imputerà
li bonté&àla tendreííe qu'il
avoic pour ses Sujets Herre
tiques , qua auciïffê envie
d'ufe.r de rìg icur contre eux^
Des Chiens qui couroienc
GALANT 219
aprés des Brebis égarées pour
?les ramener dans le Trou
peau fartaient leCôrps de la
premiercDevise aveç ce mot,
Vis arnica.
C'est une dsuce violence.
. ^L'autre estait un Diamant
<jue l'on tailloir , avec ces
paroles , Ben mi fa cki mi feri/
ce.
~ . Qui mefrappe me fait du bien.
. La revocation de l'Edit de
Nantes estoit expliquée en
ces termes dans la huitième
inscription.
*io MERCURE
A F F Lì C T A M* PR £T E R ITIS
CLADI BO S ' !
$Dl Ç.T I NANNETE.N^IS^
ABROGAT IÒ.NE 'é&OTECITÍ,
Le noeud Gordien coupé
:par la main d'Alexandre , faiioit
je Corps de, la premiere
Devise qui kceompagnoit
cette Inscription avec ces pa
roles , Frufíra tentassent al>f.
D'antres en vain L'auroient tenté
íhKa fecondeeítoit uneColomne^
quipâiP sa cheute en
traînait 4ans sa ruine tout
un Edifice qu'elle soûtenoit.
GALANT.. ztt
Traxit convulja ruinam,
Elie entraîne en tombant tout lè'
rejie aprés foy.
Les deàx Devises qui accompagnoient
la neuviéme:
Inscription conceue en ces.
termes,, ) ->ì r. ioO î.:nv.s' 'i ! ,
CONSTANT1 PIETAT1S EXEMPL0-.
RELIGION I PONDUS AC
fkisoient connoistre que le
Roy a. plus fait pour la. Reli
gion. par les exemples de fa
piete , que par tous les autres1,
moyens, dont il s'est ser.vy,
1 iif.
MERCURE.
contre l'Heresie. La premie
re eíloic une pierre d'Aiman
enlevant plusieurs anneaux
de fer^No» <vi3fêd<virtute\.
Par sa vertu' plùtòft que par lie
. ìi *\ Vi " i r
La seconde ëstbit le Soleil
avec un Cadran , une Pen
dule , une Montre ,&c. Otnnibtis
exemplum est , regalct,,
Jt est de toifs le m&ìelle & la regle.
La ; d'eVnidre Inscription
marqûòí rcjbé le ieîe du Roy
pout la kèîiçion Catholique
ne s'est: pas renferme dárvs la'
France . mais qu'il s est éten
du dans i'Europe par l'appuy
.. GALA W, m?
qu'il adonné aux Peine es ses
Voisins dans les afíaires de la
Religion,, & meírae dans les»
Pays les plus éloignez par les
Miíïions yôc parles celebres
Arnbaûades qu'il y envoyé
dans respeE^nce î d'y. átabíir
le "Cu lte du "y ra m pieu.i ,'Çette
Inscription qui fe Iifoit en ces
termes T . .
*W REMÒTÍS S ÏMÁS OR AS
B R O P A G A R E
ï E L I C rf Etf P'È'R' ^fe N T 'A VIT..
.T mjy
eíloir expliquee par ces.
deux Devises. La premiere
a voit pour corps le Soleil ,
qui: du centre de ; IjUriMreafe.
ou Copernic le faic immobile,
répand sa lumiere dans tour
le monde. HinC t&tmn' lucét in
De la dans tyujt fe mvnde ilr&* '
pand fa lumiere. » y
La seconde estoit un Fleu
ve dans fa source. DafioU
D'abàri aux Siens , ensuite aux
Etrangers.
Quarta er,lW'dcs Professeurs. ;
de. la Rhétorique att toWege
de Louis le Grand r pro
nonça une Harangue Latine
a l'honneur, du Roy fur la.
destructionde i'Hcrefie,dans
•;Ja^^elîe\í|ít voira^çautanc
deiiusteíseque cfclòqucncc.
.que la Pieté avoit este le seul
motif qui avoir ínípiní aï»
Roy le dcíïèin d'une fi glo
rieuse entreprise , que la &-
geûe luy avoir fourny les
moyens de 1 executer t&qùe
le bonheur en avoir rendu le
succès tel qu'on eust pû le
GALANT. 157
soufra ittcc; f*4r le Cardinal!
Ranuzzi avec pfusieurs Pre
lats & un grand nombre de
personnesd'un rang distingué
y aísista, & fat complimente
par des En.fans de la, premiere
Gualité.Tout îc monde sortit
fort satisfait de l'Orateur , &
particulierement de ce qu'il
loua ceCardinal d'une manie
re qui répondit parfaitement
à Tidée que toute la France a.
conçue de son merite. Le Heu
où' se prononça la Harangue
estoit orné de quantité d'inscriptions&
de devises qu r: ren>
fërmoiént tous les' moyens.
.198 MERCURE
dont Ici Roy s'est servy poar
détruire i'Heresie en France.
Un > Are. dé « triomphe d'un
OrdreTofcan estoit à l'entrée.
. La Religion tenant dans sa
main droite un Calice fur le
quel eítoit une Hostie lumi
neuse % & ayant le saintEfprit
'au defïùs de sa Teste , y *pa~
roiísoit dans l'endroit le plus
releve' , fupi uri Char tiré par
^deux Chevaux blancs. On
i vóyoït le Roy sûr un Piédestal
à costé d'elle , avec un Scep
tre à la main , pour faire voir
que ía justice & l'authòrité.de
{es Edits font les feules Ar
tnes dont il s'est fervy pour
detruire l'Heresie qu'on avoit
representée à ses pieds fous la
figure d'une Hidre.Les Bustes
deHenry IV. & deLouis XIII,
qui ont commencé íi heu
reusement à affoibrir l'Here-
&e dans le Royaume , estoir
auprés de la Figure du Roy.
Geiuy deHenry IV, estoit à
la droite fur un Fronton com
posé avec çe mot ,Jdehella'víti
écrit dans la Frise au deflòus
de çe Fronton. On sçait que
ce Prince .affoiblit extreme*
ment le party des Heretiques
en leur ostant leur plus fer-
R iiij
2ôo MERCURE
me s ppuy, lors qu'il renonça?
publiquement aux erreurs
dans lesquelles il avoit veicft
ju sqúfâlorS , Ce qû i en£&gfc*
les Princes de son Sangàem*
braiser comme luy la Relr*
gion Ca t ho! ique.Cette actiotk
estbit represeitf ee dans x*ti
Bas.réîter? e% forme d'ovaifcy
qu on voyoir daés Páfótei
devèk (ks.Golonnes avec cett*
BusteWíioôis X in . placé> sor
un semblable Fronton au d e£
fòus duquel on îisok ce moi
dans h éèiíe Jpvmttti fàísoic
face de l'autre collé au Buste
GALANT 2ot
de Henry IV. Ces autres
Wprs, Kup£ÏÏa expugnata, marquoient
dans le bas Relief
entre, les Colomnes ,que la.
prise de la Rochelle avoit
reprimé la rebellion des Hex
retiques ^ qui s'estoient reti
rez d'ans cette place avec
f&£çes leW j&FÇQ$. ¥a tGarj,
touche ^l^;<$V9Ìt placé
dans le Fronton de la porte,
represcntoit la démolît ion du
Temple de Charenton avec
ces mots. EdiSfam Nawetmjè
abrogAtum^ & cet aurre j&iqr
j>lus bas JE^i«^/>>jipouif faine
2oî MERCURE
ment éteint , THeresie , en
caíîant l'Edit de Nantes, 2c
en faisant détruire ceTemple.
Tout l'appareil jde la Salle
destinee à 1 a ceremonie,estoit
disposé par raportau deíîèin
de laHaranguequ'on y devoit
prononcer. Cette inscription
generale qu'on' Ji soi* <& bord
dans une Frise qui regnoit au
tour de la Salle, . t.' : . mr. •>
u ilfcVDOVIGO : MAGNQ.. j
AUCTA RELIGIONÇ.. ú
DEFENS A , RESTITVTA,
1 .AMPLI FIC A TA.
faisoit connoistre que cet
appareil estoit consacré à la
Gloire de Louis le Grand,
GALANT. 20?
pour avoir' soutenu les droirs
de l'ancienne Religion ,retably
son culte dans tous les en
droits du Royaume où l'Heresie
l'avoit aboly, étendu
íes bornes non feulement
dans la France , mais encore
dans les Pais écrangers. Sous
Un riche Dais estoic le Por
trait du Roy , soutenu d'un
costé parla'Pieté, de l'autre
par la Sagesse , tandis'que la
Felicite' Fe couronnoit , ce
qui faisoit voir que la Pieté
a inspiré à ce grand Monar
que le dessein d'exterminer
l'Heresie , que la Sagesse luy
2o4 MERCURE
en a foUrny les moyens , St
qie la Felicité a couronne
cette glorieuse entreprise.
C'est ce qu exprimoit cetee
inscription.
. EXTINXIT,
INSPIRANTE PIETATE,
PROMOVENTE SAP1ENT1A,
ÎELICITATE CORONANTE.
. A l'autre bout de la Salle,
& vis à vis du Portrait du
Roy , on voyois la Religion
dans une attitude qui fatsoit
. connoistre íà tranquillité.Elte
avait les yeux arrestez {ìir ce
Monarque , comme pour le
remercier du repos qu'elle
lu.y dpit, ce qu'elle exprimoit
GALANT. 20s
,j>ar deux Devises. Le Corps
de lune estbk une hautò
Montagne jíéWkfrée prefqu*
•de tous codiez par les rayons
du Soleit foret^'^s^ap^roehe'
Ixalíénnes pou^ àjiié, Vìusìtu
Roy est de verni grand par&fr
Vertus & paries Conqueste*,
pltìs il a trafvaiMà ètcínorcr lá
Religion. Une Vigne deve*
ifcrë pl«s feelle j& plus éten
due paf 4 appuy ou cite re^
eoit d'un grand arbre , faifoit
le Corps de l'autre I^evh'ey
zo6 MERCURE
&ees motsluy servoicnt d'a-
VdCyAmpJificat^fulàt, tutatur&
ornat , ce qui Faisoit voir, que
íì la Religion s'est étendue si
loin au dedans & au dehors
du Royaume , elle en est re
devable à la Pieté du Roy.
... La Galerie qui regne íùr
les trois faces de la Salle , étoit
tendue d'une Tapiíïèrie
eje verdure íùr laquelle on
aVoit disposé dix Inscriptions
qui expliquoient les moyens
dont le Roy s'est servy pour >
détruire l'Heresie en France.
La premiere Inscription marquoit
que le Roy ayant osté
GALANT. 207
aux Heretiques les Charges
qu'ils possedoient dans l'Epée
& dans la Robe , & les ayant
éloignez du Commerce ôc
des Ecoles, avoit rendu l'Hc
resie auíïì méprisable qu'elle
l'estoit lors qu'elle avoit
commencé à fe répandre. En,
voicy les cermes.
' ' , QJJ O D :
EJECTAM AULA , FORO , CASTRIS4 ,
COMMERCIO , SCHOLIS,,
H'^RESIM
AD NATALES TENEBRAS,
jVC P R I M A M IGNOBILITATJEM:
a.x ,.;iPAMNAV I.TV»; : ,
Cette Inscription estoic ex*
pliquee par deux Devises,
çour le sauver plus aifëment
da naufrage. On y liíbic ces
'paroles Q foret jatfum x èduh
?:.ìi ì íi.to s.» 3
Ogel^ucs Arbres j 49ns pîi
a coupé toutes les branches
à i& reserve de celles qui font
À la cime, faiíbient le Corps
^ia' .íecaa^è Deviíe Ivok
ces paroles, t/íC^/b affurgant*
.Afrique v$rs le ÇùlUsfuijfeat.
ver».
GAL&Ws,
Ea seconde Inícnptionexw
pîique'e. par deux'. Devises,
comme toutes les autres
estoit conceuë en ces termes.
EX C 15 1 S^TQTA GALLIAI
F AN ÍS IMPIIS MI LLE ,
EK.ECT.IS S A CR IS' j£DIBUSS
SE X A G I NT A>
HvERESEOS FUNDAMENTAv
CONVULSIT,
HELIGIONIS DÏTIONEM
. ; AMPLIAVIT.
n
DesMbntagnes& desRai.
chers entasiez lès uns fur les.;
autres pour escalader lès.
Êieux , & renversez* par uni
cou p de foudre , ma rqu oknec
4io MERCURE
les Temples des Herretiques
íabatus dans tout le Royaume.
Ces paroles serv oient d'Ame
à cette premiere Devise,
Jguod contraJuperos extmfiía.
Contre le Ciel ils estaient élevez^
'C Cx
,,1/autre Devise estoit le So
leil > qui d'un çosté fait fon
dre des Montagnes de neiges,
& de l'autre cleve des Va
peurs, avec ces mots , Hinc
defiruit , erigit inde.
S'il abat d'une part , il elezte de
' " fautre:
La troisième Inscription
çomprenoit par ces paroles
GALANT, zn
Te'Ioignement des Ministres
qui soûtenoient les esprits
dans les Erreurs de Calvin, &
dont la presence auroit empeschéles
progrès de la Reli
gion Catholique. ' . ; •>
. QUOD "
PULSIS E REGNI FINIBUS
LETIFÈRjE DOCTRINE
MAGÏSTÍUS,
SUUM HJRESI PRiESIDIUM
AC SPEM OMNEM ER1PUIT.
j. La premiere^ Devise estoiç
une Hydre avec toutes ses
Testes abatu'ës , & ces mots ,
Wfteuntabjàjf* ngcerg^iv,. .']
S ij
m MERCURE
. \*:$tfwe7^es fa Corps , leur vinsib
r&peuf nwre. rlcì^'r i n*
Dans ìa íeco«de on voyoits
T Aurore dilîipant par sa pre
sence ces petifs íèux qut lui
sent quelquefois pendant la
nuit , & qui .conduisent in
sensiblement nans les preci
pices , & dans les Rivieres.
Vunejtos dissipat ignes.
Leur faux brillant trofnpoit3 fort
éclat les di.ffìp».
Les Enfans des Calvinistes
que le Roy s'est ctï"ai,gêtlttymeíme
de faire elever dans îa
Religion Catholiques , fai^t
soient le íùjet 4eÀ quatçi©^p
13 ALANT
me Inícriprion , dont voicy^
ses ternies, ;n.V." . ;
. vr.u
civoft
AVULS05 AB H^RESIS GKEMIO
IN SINIJM AVIT^E RELIGIONISi
Les deux Devises estoienr,,
l'une de> jeunes Sauvageons,
entez fur de bons Arbres
avec ces paroles, íUíc vemevt
selicìus. '.v' '
feront en ÌM9' beaucoup
, mieujç fleyeí ; . . , : .
& l'autre, une branche de Co~
rail, qui ne devient precieux
qu aprés avoir, este tiré de
ai4 MERCURE
Mer avec ce mot Radicate
nulla , Jradicato tutto fvale.
De la main qui íarrache il reçoit
tout son prix. '* '
La cinquieme Inscription
regardoic les avantages que
la Religion Catholique a re
tirez des Missionnaires que
Sa Majesté a envoyez dans
tous les endroits du Royau
me où l'Heresie s'estoit ré
pandue, ce qui eítoit marque'
par ces mots. 3v Y '• .;
au o d
I.NSINGULAS GÁILLEPR0V1NCIAS
.M.1SSIS DÌVINI VERBI
GALANT,
POPULIS ERRORES MALOS
DE P U LIT,
PRISTINAM RELIGIONIS SPECIEM
REVOCAVIT. .
Elle estoit accompagnee de
ces deux Devises. L' Attre qui
precede le lever du Soleil
ravec ces paroles , Fugat tenebrcLs
, lucemque reducit.
jl ramene le jour en chaffant les
tenèbres. .'.'>;. .a
Des Phares élevez fur le
bord de la Mer , Monfirant
portumque 3 <viamque.
Ils montrent le chemin , &con-
^Luisent au <Pfr£, , . j, .>, , \
. La . sixième . Inscription &
*tf MERCURE
toit sur la bonté avec laquelle v
lè Roy a reçeu les nouveaux
Convertis , se faisant un pláiíìr
de les combler de ses gra
ces , afinde porter ceux qui
demeuroient engager dans
l'Herefie , à suivre lexemple
des auçrçs^ Voicy les termes ,
de Hnícriptioní L,?q,;y
* >> . v:^rRQÎ^q0 0:'' TíJ'XJLJ :
RfiGIA IN DESERENTES HjERBSIM,
LIBER ALI TATE,
. (LCTEROS Ap EANDEM;
."'A;ByfURANDAM,
ÍNV IT AV IT.
Les deux Devises quiTex»
,'• GALANT- %m
miere une Nacre de Perle
qui s'ouvre en mefme remps
•que le Soleil levant fait tom
ber la rosee , avec ces paroles,
Dona <vum in^veniunt.
Sçs.Prescns hy font un passage.
.:" Là' 'féconde representoit
des Vapeurs élevées par la
chaleur du Spleil , avec ces
mots , Ernos Coelo tîitt munem
tolkíî2t. ri p r rr i p Q y.\ f 1 ; >
Voì hten.fMts ' tóut-fu Jfjms nous
elevent au Ciel, 54 I
^ iÇPSéNMÍÏòit par ces pa
roles de la septième Inscrip
tion y,
Janvier 1686. T
ki8 MERCURE )
Q^U O D
OBSTINAT AM H #R E 51 M
, SOXO MILITUM STREPITU,^
RELIGIONIS DOCILÉM
î E C I T.
que íî le Roy aprés avoir
employé les plu« doux
moyens , s'eítoit veii con
traint de recourir à des re
medes un peu plus forts , on
avoit deu plûtbft l'imputerà
li bonté&àla tendreííe qu'il
avoic pour ses Sujets Herre
tiques , qua auciïffê envie
d'ufe.r de rìg icur contre eux^
Des Chiens qui couroienc
GALANT 219
aprés des Brebis égarées pour
?les ramener dans le Trou
peau fartaient leCôrps de la
premiercDevise aveç ce mot,
Vis arnica.
C'est une dsuce violence.
. ^L'autre estait un Diamant
<jue l'on tailloir , avec ces
paroles , Ben mi fa cki mi feri/
ce.
~ . Qui mefrappe me fait du bien.
. La revocation de l'Edit de
Nantes estoit expliquée en
ces termes dans la huitième
inscription.
*io MERCURE
A F F Lì C T A M* PR £T E R ITIS
CLADI BO S ' !
$Dl Ç.T I NANNETE.N^IS^
ABROGAT IÒ.NE 'é&OTECITÍ,
Le noeud Gordien coupé
:par la main d'Alexandre , faiioit
je Corps de, la premiere
Devise qui kceompagnoit
cette Inscription avec ces pa
roles , Frufíra tentassent al>f.
D'antres en vain L'auroient tenté
íhKa fecondeeítoit uneColomne^
quipâiP sa cheute en
traînait 4ans sa ruine tout
un Edifice qu'elle soûtenoit.
GALANT.. ztt
Traxit convulja ruinam,
Elie entraîne en tombant tout lè'
rejie aprés foy.
Les deàx Devises qui accompagnoient
la neuviéme:
Inscription conceue en ces.
termes,, ) ->ì r. ioO î.:nv.s' 'i ! ,
CONSTANT1 PIETAT1S EXEMPL0-.
RELIGION I PONDUS AC
fkisoient connoistre que le
Roy a. plus fait pour la. Reli
gion. par les exemples de fa
piete , que par tous les autres1,
moyens, dont il s'est ser.vy,
1 iif.
MERCURE.
contre l'Heresie. La premie
re eíloic une pierre d'Aiman
enlevant plusieurs anneaux
de fer^No» <vi3fêd<virtute\.
Par sa vertu' plùtòft que par lie
. ìi *\ Vi " i r
La seconde ëstbit le Soleil
avec un Cadran , une Pen
dule , une Montre ,&c. Otnnibtis
exemplum est , regalct,,
Jt est de toifs le m&ìelle & la regle.
La ; d'eVnidre Inscription
marqûòí rcjbé le ieîe du Roy
pout la kèîiçion Catholique
ne s'est: pas renferme dárvs la'
France . mais qu'il s est éten
du dans i'Europe par l'appuy
.. GALA W, m?
qu'il adonné aux Peine es ses
Voisins dans les afíaires de la
Religion,, & meírae dans les»
Pays les plus éloignez par les
Miíïions yôc parles celebres
Arnbaûades qu'il y envoyé
dans respeE^nce î d'y. átabíir
le "Cu lte du "y ra m pieu.i ,'Çette
Inscription qui fe Iifoit en ces
termes T . .
*W REMÒTÍS S ÏMÁS OR AS
B R O P A G A R E
ï E L I C rf Etf P'È'R' ^fe N T 'A VIT..
.T mjy
eíloir expliquee par ces.
deux Devises. La premiere
a voit pour corps le Soleil ,
qui: du centre de ; IjUriMreafe.
ou Copernic le faic immobile,
répand sa lumiere dans tour
le monde. HinC t&tmn' lucét in
De la dans tyujt fe mvnde ilr&* '
pand fa lumiere. » y
La seconde estoit un Fleu
ve dans fa source. DafioU
D'abàri aux Siens , ensuite aux
Etrangers.
Fermer
Résumé : Discours prononcé à la loüange du Roy sur la destruction de l'Heresie, par le Pere Quartier Jesuite, avec la description du lieu où ce Discours a esté prononcé, [titre d'après la table]
Le 17 du mois, les professeurs de rhétorique du collège Louis-le-Grand ont prononcé une harangue latine en l'honneur du roi pour célébrer la destruction de l'hérésie en France. Cette harangue mettait en avant la piété du roi comme motif principal, la sagesse comme moyen d'exécution et la félicité comme résultat. Le cardinal Ranuzzi et plusieurs prélats, ainsi qu'un grand nombre de personnes distinguées, ont assisté à cet événement. Le lieu était orné d'inscriptions et de devises rappelant les actions du roi contre l'hérésie. À l'entrée, un arc de triomphe représentait la Religion avec un calice lumineux et le Saint-Esprit, tandis que le roi, avec un sceptre, symbolisait la justice et l'autorité des édits royaux contre l'hérésie, figurée sous la forme d'une hydre. Les bustes de Henri IV et Louis XIII étaient également présents, soulignant leur contribution à l'affaiblissement de l'hérésie. Des inscriptions et des reliefs illustraient des événements clés, comme la prise de La Rochelle et la démolition du temple de Charenton, soulignant l'abrogation de l'Édit de Nantes. La salle était décorée pour refléter le thème de la harangue, avec une inscription générale célébrant la gloire de Louis le Grand pour avoir soutenu les droits de l'ancienne religion et étendu son influence. Le portrait du roi était soutenu par la Piété et la Sagesse, couronné par la Félicité. Plusieurs inscriptions et devises illustraient les efforts du roi pour promouvoir la religion catholique et combattre l'hérésie. Elles symbolisaient la persistance des hérétiques, la destruction des temples hérétiques, l'éloignement des ministres calvinistes, l'éducation des enfants calvinistes dans la foi catholique, et la bienveillance du roi envers les nouveaux convertis. Une inscription de janvier 1686 mentionnait l'utilisation de moyens plus stricts pour convaincre les hérétiques. L'inscription finale mettait en avant la piété exemplaire du roi et son soutien aux princes voisins dans les affaires religieuses, étendant ainsi l'influence catholique à travers l'Europe et au-delà.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3
p. 102-114
ODE PRÉSENTÉE à l'Académie Françoise pour la distribution des Prix de l'année 1714.
Début :
L'Academie donne tous les deux ans un prix d'Eloquence / Du Roy des Rois la voix puissante [...]
Mots clefs :
Académie française, Prix, Dieu, Roi, Louis XIV, Louis XIII, Choeur, Choeur de Notre-Dame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE PRÉSENTÉE à l'Académie Françoise pour la distribution des Prix de l'année 1714.
L'Academie donne tous
les deux ans un prix d'Eloquence
& de Poësie , &pretend
par là immortaliſer un
homme tous les deux ans,
Le ſujet du Poëme qui en a
remporté le dernier prix,eft
la loüange du Roy à l'occafion
du nouveau Choeur
de Nôtre Dame , conftruit
par Loüis XIV. & promis
par Loüis XIII. Le prix eſt
unbeauGroupe de bronze,
où l'on voit la Renommée
auprés de la Religion , &la
GALANT. 103
Pietéappuyée ſur unGenie.
Cette Ode n'a pas remporté
le prix de l'Academie
, mais elle l'a bien dif
puté. Ceux qui ont lû celle
qu'on dit l'avoir merité , ne
feront pas 'fachez de lire
celle-capitalaxint
:
ODE PRESENTEE
à l'Academie Françoise pour
la diftribution des Prix de
l'année 1714.
DU Roy des Rois la
voix puiſſante
I iiij
104 MERCURE
S'eſt fait entendre dans ces
lieux.
L'or brille , la toile eſt vi .
vante ,
Le marbre s'anime à mes
yeux.
Prêtreſſes de ce Sanctuaire,
La Paix , la Pieté ſincere ,
La Foy ſouveraine des Rois,
Du Trés - Haut filles immortelles
, :
Raſſemblent en foule au-
すtour d'elles
11
Les arts animez par leurs
VOIX.
O Vierges compagnes des
juſtes ,
GALANT. 105
Je vois deux Heros * profternez
,
Dépoüiller leur bandeaux
auguſtes ,
Par vos mains tant de fois
ornez :
Mais quelle puiſſace celefte
Imprime ſur leur front mo
defte
Cette ſupreme Majesté ,
Terrible & facré caractere,
Dans qui l'oeil étonné re
vere
Les traits de la Divinite.
* Les deux Statues de Loüis XIII. & de
Louis XIV. font aux deux citiz de l'Autet
106 MERCURE
L'un voua ces pompeux
portiques,
Son fils vient de les élever.
O que de projets heroïques
Seul il eſt digne d'achever !
C'eſt lui , c'eſt ce ſage intrepide
Qui triomphe du fort perfide
,
Centre ſa vertu conjuré ,
Etde la diſcorde étouffée
Vient dreſſer un nouveau
trophée
Sur l'Autel qu'il aconfa cré.
Σ
* La paix de l'Empereur faite dans le
temps que le Choeur de Notre-Dame a été
achevé.-
GALANT.
107
Tel autrefois la Cité fainte
Vit le plus ſagedes mortels
Du Dieu qu'enferma fon
enceinte
Dreſſer les ſuperbes autels .
Sa main redoutable& cherie
Loin de ſa paiſible patrie
Ecartoit les troubles afreux
,
Et ſon autorité tranquile
Sur un peuple à lui ſeul docile
Faiſoit luire des jours heureux.
粥
O Toy , cher à nôtre memoire
,
108 MERCURE
Puiſque Louis te doit le
jour ,
Deſcends du pur ſein de la
gloire ,
Des bons Rois immortel
féjour ;
Revois ces rivages illuftres
Où ton Fils depuis tant de
luftres
Porte ton fceptre dans ſes
mains.
Reconnois le aux vertus ſupremes
Qui ceignent de cent dia.
dêmes
Son front reſpectable aux
humains.
GALANT. 109
Viens , l'hereſie infinuante,
Le duel armé par l'affront ,
La revolte pâle & ſanglante
Ici ne levent plus leur front.
Tu vis leur cohorte effrenée,
De leur haleine empoifon-
P née ,
Souffler leur rage ſur tes lis :
Leurs dents , leurs fleches
font briſées ,
Et fur leurs têtes écraſées
Marchetoninvincible Fils .
!
Viens ſous cette voûte nouvelle,
De l'art ouvrage précieux ;
110 MERCURE
Là brûle , allumé par fon
zele,
L'encens que tu promis aux
Cicux.
Offre au Dieu que ſon coeur
revere
Ses voeux ardens , ſa foy
fincere ,
Humble tribut de picté.
Voila les dons que tu demandes;
Grand Dieu , ce ſont là les
• offrandes
Quetu reçois dans ta bonté.
C
Les Rois font les vives ima
ges
GALANT. 111
Du Dieu qu'ils doivent honorer
;
Tous lui conſacrent des
hommages ,
Combien peu ſçavent l'adorer
?
Dans une offrande faftueuſe
Souvent leur pieté pom.
peuſe
AuCiel eſt un objet d'horreur:
(
Sur l'autel que l'orgüeil lui
dreffe
Jevoisune main vangereſſe
Tracer l'arrêt de ſa fureur.
**
८
112 MERCURE
Heureux le Roy que la
Couronne
N'ébloüit point de ſa ſplen
deur ;
Qui, fidele au Dieu qui la
donne,
Ofe être humble dans ſa
grandeur ;
Qui donnant aux Rois des
exemples ,
Au Seigneur éleve des
Temples ,
Des afiles aux malheureux ;
Dont la clairvoyante juſ
tice
Démêle & confond l'artifice
GALANT.
113
1
De l'hypocrite tenebreux.
Affiſte avec lui ſur le trône,
La ſageſſe eſt ſon ferme ap-
*
pui :
Si ſa fortune l'abandonne ,
Le Seigneur eſt toûjours à
lui.
Ses vertus feront couronnées
D'une longue ſuite d'années
,
Trop courte encore à nos
ſouhaits ,
Et l'abondance dans ſes
villes
Octob. 1414 . K
114 MERCURE
Fera germer ſes dons fertiles
Cücillis par les mains de la
paix.
Priere pour le Roy.
Toy qui formas Louis de
tes mains falutaires ,
Pour augmenter ta gloire ,
& pour combler nos
voeux,
Grand Dieu , qu'il ſoit encor
l'appui de nos
neveux ,
Comme il fut celui de nos
peres.
les deux ans un prix d'Eloquence
& de Poësie , &pretend
par là immortaliſer un
homme tous les deux ans,
Le ſujet du Poëme qui en a
remporté le dernier prix,eft
la loüange du Roy à l'occafion
du nouveau Choeur
de Nôtre Dame , conftruit
par Loüis XIV. & promis
par Loüis XIII. Le prix eſt
unbeauGroupe de bronze,
où l'on voit la Renommée
auprés de la Religion , &la
GALANT. 103
Pietéappuyée ſur unGenie.
Cette Ode n'a pas remporté
le prix de l'Academie
, mais elle l'a bien dif
puté. Ceux qui ont lû celle
qu'on dit l'avoir merité , ne
feront pas 'fachez de lire
celle-capitalaxint
:
ODE PRESENTEE
à l'Academie Françoise pour
la diftribution des Prix de
l'année 1714.
DU Roy des Rois la
voix puiſſante
I iiij
104 MERCURE
S'eſt fait entendre dans ces
lieux.
L'or brille , la toile eſt vi .
vante ,
Le marbre s'anime à mes
yeux.
Prêtreſſes de ce Sanctuaire,
La Paix , la Pieté ſincere ,
La Foy ſouveraine des Rois,
Du Trés - Haut filles immortelles
, :
Raſſemblent en foule au-
すtour d'elles
11
Les arts animez par leurs
VOIX.
O Vierges compagnes des
juſtes ,
GALANT. 105
Je vois deux Heros * profternez
,
Dépoüiller leur bandeaux
auguſtes ,
Par vos mains tant de fois
ornez :
Mais quelle puiſſace celefte
Imprime ſur leur front mo
defte
Cette ſupreme Majesté ,
Terrible & facré caractere,
Dans qui l'oeil étonné re
vere
Les traits de la Divinite.
* Les deux Statues de Loüis XIII. & de
Louis XIV. font aux deux citiz de l'Autet
106 MERCURE
L'un voua ces pompeux
portiques,
Son fils vient de les élever.
O que de projets heroïques
Seul il eſt digne d'achever !
C'eſt lui , c'eſt ce ſage intrepide
Qui triomphe du fort perfide
,
Centre ſa vertu conjuré ,
Etde la diſcorde étouffée
Vient dreſſer un nouveau
trophée
Sur l'Autel qu'il aconfa cré.
Σ
* La paix de l'Empereur faite dans le
temps que le Choeur de Notre-Dame a été
achevé.-
GALANT.
107
Tel autrefois la Cité fainte
Vit le plus ſagedes mortels
Du Dieu qu'enferma fon
enceinte
Dreſſer les ſuperbes autels .
Sa main redoutable& cherie
Loin de ſa paiſible patrie
Ecartoit les troubles afreux
,
Et ſon autorité tranquile
Sur un peuple à lui ſeul docile
Faiſoit luire des jours heureux.
粥
O Toy , cher à nôtre memoire
,
108 MERCURE
Puiſque Louis te doit le
jour ,
Deſcends du pur ſein de la
gloire ,
Des bons Rois immortel
féjour ;
Revois ces rivages illuftres
Où ton Fils depuis tant de
luftres
Porte ton fceptre dans ſes
mains.
Reconnois le aux vertus ſupremes
Qui ceignent de cent dia.
dêmes
Son front reſpectable aux
humains.
GALANT. 109
Viens , l'hereſie infinuante,
Le duel armé par l'affront ,
La revolte pâle & ſanglante
Ici ne levent plus leur front.
Tu vis leur cohorte effrenée,
De leur haleine empoifon-
P née ,
Souffler leur rage ſur tes lis :
Leurs dents , leurs fleches
font briſées ,
Et fur leurs têtes écraſées
Marchetoninvincible Fils .
!
Viens ſous cette voûte nouvelle,
De l'art ouvrage précieux ;
110 MERCURE
Là brûle , allumé par fon
zele,
L'encens que tu promis aux
Cicux.
Offre au Dieu que ſon coeur
revere
Ses voeux ardens , ſa foy
fincere ,
Humble tribut de picté.
Voila les dons que tu demandes;
Grand Dieu , ce ſont là les
• offrandes
Quetu reçois dans ta bonté.
C
Les Rois font les vives ima
ges
GALANT. 111
Du Dieu qu'ils doivent honorer
;
Tous lui conſacrent des
hommages ,
Combien peu ſçavent l'adorer
?
Dans une offrande faftueuſe
Souvent leur pieté pom.
peuſe
AuCiel eſt un objet d'horreur:
(
Sur l'autel que l'orgüeil lui
dreffe
Jevoisune main vangereſſe
Tracer l'arrêt de ſa fureur.
**
८
112 MERCURE
Heureux le Roy que la
Couronne
N'ébloüit point de ſa ſplen
deur ;
Qui, fidele au Dieu qui la
donne,
Ofe être humble dans ſa
grandeur ;
Qui donnant aux Rois des
exemples ,
Au Seigneur éleve des
Temples ,
Des afiles aux malheureux ;
Dont la clairvoyante juſ
tice
Démêle & confond l'artifice
GALANT.
113
1
De l'hypocrite tenebreux.
Affiſte avec lui ſur le trône,
La ſageſſe eſt ſon ferme ap-
*
pui :
Si ſa fortune l'abandonne ,
Le Seigneur eſt toûjours à
lui.
Ses vertus feront couronnées
D'une longue ſuite d'années
,
Trop courte encore à nos
ſouhaits ,
Et l'abondance dans ſes
villes
Octob. 1414 . K
114 MERCURE
Fera germer ſes dons fertiles
Cücillis par les mains de la
paix.
Priere pour le Roy.
Toy qui formas Louis de
tes mains falutaires ,
Pour augmenter ta gloire ,
& pour combler nos
voeux,
Grand Dieu , qu'il ſoit encor
l'appui de nos
neveux ,
Comme il fut celui de nos
peres.
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Résumé : ODE PRÉSENTÉE à l'Académie Françoise pour la distribution des Prix de l'année 1714.
L'Académie décerne un prix d'Éloquence et de Poésie tous les deux ans pour honorer un individu. Le dernier sujet du poème primé concernait la louange du roi à l'occasion du nouveau chœur de Notre-Dame, construit par Louis XIV et promis par Louis XIII. Le prix se compose d'un groupe de bronze représentant la Renommée, la Religion et la Piété appuyée sur un Génie. L'ode présentée, bien qu'elle n'ait pas remporté le prix, a été très appréciée. Elle commence par célébrer la voix puissante du 'Roy des Rois' et décrit la magnificence des lieux ornés d'or, de toile et de marbre. L'ode évoque ensuite les prêtresses de la Paix, de la Piété sincère et de la Foi souveraine des Rois, qui rassemblent les arts animés par leurs voix. L'ode mentionne deux héros prosternés, dépoitraillés de leurs bandeaux augustes, symbolisant les statues de Louis XIII et Louis XIV. Elle loue Louis XIV pour ses projets héroïques et ses victoires, comparant ses actions à celles des grands rois du passé. L'ode se conclut par une prière pour que Louis XIV continue de régner avec sagesse et justice, apportant prospérité et paix à son peuple.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 206-211
ARTICLE DES LIVRES.
Début :
Les Anecdotes du ministere du Cardinal de Richelieu, & du [...]
Mots clefs :
Anecdotes, Cardinal Richelieu, Louis XIII, Régence, Reine mère, Libraire, Tsar, Comédie italienne, Télémaque, Maladie des yeux, Éloge funèbre, Public
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE DES LIVRES.
ARTICLE DES LIVRES.
Les Anecdotes du ministere du
Cardinal de Richelieu, & du Régne
de LOUIS XIII, avec quelques
particularités du commencement
de la
@
Régence d'Anne ]
d'Autriche, méritent bien que je
les annonce au Public, comme un
de ces Livres qui amusent & divertissent,
eninstruisantleLecteur
Il y a peu d'intrigues secretes. arrivées
à la Cour de France, pendant
le Ministere du Cardinal de
Richelieu, qui n'y soient dévélopées
& mises au jour. On y verra
queles moindres bagatelles produsent
souvent les plus grands
événemens : Si la Reine Mere,
dit le Traducteur de Vittorio Siri,
avoir suivi
, par exemple,le Roy àVersailles
,
le jour qui sur surnommé
la journée des Dupes, le
Cardinal de Richelieu étoit perdu
sans resource. Si le Duc de Buckingamn'avoir
point aime la plus
grande
';£.ande D me du Royaume; les
anglois se seroient emparés de
de Rhé, le Roy n'auroit
:ioine plis la Rochelle,& le Parti ~stant auroit encore subsisté
~ong temsenFrance:Sile Cardide
Richelieu n'avoir pas fait
liiûier les ressorts secrets, qui en-
2£açerent Marie de Medicisà (ê
verà Compiegne, la fortune
~e ce Ministre auroit toujours été
~hancelante
,
la Reine Mere au-
~oit regagné la confiance du Roy
~onfils, & procuré infailliblement
disgrace de cette Eminence.
On pouvroit ci er une infinité d'E-
~emples de cette nature; mais
détail que ces Anecdotes en
~ont ,
est si curieux, qu'il vaut
~ieux y renvoyerlesAmateurs des
~onsLivres. Cer ouvrage se vend
rf-hez Pierre Ribou
,
Quay des
Augustins,àl'Image Saint Louis.
iQDeijx Volumes In-douze, 5. liv.
PIERRE PRAULT Libraire, dçr
meurant sur le Quay de Gelvres,*<
fait afficher depuispeul'Histoiredu
vraiDémetrius,Czar deMoscovie,
par M. Née de la Rochelle; c'est
un morceau d'Histoire trés iott.
ressant, tant parlesintrigues que
par les evenemens singuliers dont
il est rempli;mais ce qui le rend
plus remarquable, c'est qu'il est
pour ainsi dire,l'époque de l'élévation
au Tiône, de la Famille regnante
aujourdhui dans la Grande
Russie; puisqu'aprés la mort
de ce Demetriussupposéounon,
& de deux autres du même nom, Michaël Foederovvitz
,
fils de
Feodor Nikitiz Romanos, Patriarche
de Moscovie,fut couronné
en Kn. C'est delà qu'est
descendu Peter Alexievvitz, qui
a honoré cette Capitale de sa
présence.
fdfc*
On vend chez le même
,
les
Lettres Historiques, à M. D. sut
la,Comédie Italienne, dans lesquelsilestparlédesonétablisselIbént,
du caractére des Acteurs
qui la composent, & des A''W'
tures qui y font arrivées
QtÁ"
,
On vend chez Jacques Etienne,
ruë S. Jacques, à la Petite Vertu,
les Avantures de Telemaque fils
d'Ulisse, par feu Mr deFenelon
Archevêque de Cambray. Edition
conformeauManuscrit original.
Les Ouvrages du sieur de
Vvoolhoufel touchant la Cataracte,
le Glaucome & autres
maladies desyeux,viennent d'être
imprimés à Franckfort sur Mayne;
-
& sevendent à Strasbourg, chez
le sieurDoulfliker; on y verra -
un Catalogue de la plus grande
-
partie des Auteurs,qui ont écrit fuf-
la même matiere, avec les nouvelles
Découvertes qu'ils ont faites.
Lesieur deVvoolhouse demeure
piéfentement auCollege de l'Avér
Maria, à côté de S. Etienne du
Mont, dansle Quarté de Sai~
Genevieve.
ffl
Aprés tant d'Eloges Funébre
qui ont été faits à la Gloire d~
LOUISle GRAND)il sembloi
difficile de rien voir de nouveau
dans ce genre. Cependant,foit qlle
le sujet ne puîné être épuisé
,
foit
que l'esprit de l'homme foit capable,
chaque jour, de quelque nouvelle
Production ; on vient de
donner au Public une nouvelle
Oraison Funèbre de ce Monarque.
Elle estdeMrl'Abbé de Lafargue,
qui l'a prononcée à l'Anniversaire
de LOUIS XIV, à l'Abbaye de
Chelles) en présence de MA D EMO
I S E-L LE; ensuite à l'Abbaye
du Fauxbourg Saint Antoine
de cette Ville: Elle doit faire
d'autant plus d'honneur à cet Orateur,
qu'il en avoir déja donné
une autre qu'on a regardée,comme
une desplus belles. Je ne puis
parler de sa seconde, avec plus
de justice
, qu'en disant avec
un desDocteurs qui l'ont approuvée;
qu'elle ne céde en rien à la
beautéde celles qu'on a données
au Public jusqu'à présent, & que
tout y plaîr également, soit la pour nouveauté des pensées
soit
pourla fécondité de l'Eloquence,.
soit pour la dcheLIè des exprefsions.
J'en ferois un Extrait,
si
les plus beaux Morceaux ne per- doient toûjoursde leur grâce, lors qu'ils sont détachez d'une
Pièce. Je renvove le Lecteur à
l'Ouvrage, l'assûrant qu'il aura
lieu d'en être très-content.
Cette Oraison Funèbre se vend
chez la veuve de Pierre Bienfait,
l'Image Saint Pierre, sur le
^uay des Augustins
, Se chez
Mongé, vis-à-vis le Collège
les Jesuites, dans la ruë Saint
Jacques.
Les Anecdotes du ministere du
Cardinal de Richelieu, & du Régne
de LOUIS XIII, avec quelques
particularités du commencement
de la
@
Régence d'Anne ]
d'Autriche, méritent bien que je
les annonce au Public, comme un
de ces Livres qui amusent & divertissent,
eninstruisantleLecteur
Il y a peu d'intrigues secretes. arrivées
à la Cour de France, pendant
le Ministere du Cardinal de
Richelieu, qui n'y soient dévélopées
& mises au jour. On y verra
queles moindres bagatelles produsent
souvent les plus grands
événemens : Si la Reine Mere,
dit le Traducteur de Vittorio Siri,
avoir suivi
, par exemple,le Roy àVersailles
,
le jour qui sur surnommé
la journée des Dupes, le
Cardinal de Richelieu étoit perdu
sans resource. Si le Duc de Buckingamn'avoir
point aime la plus
grande
';£.ande D me du Royaume; les
anglois se seroient emparés de
de Rhé, le Roy n'auroit
:ioine plis la Rochelle,& le Parti ~stant auroit encore subsisté
~ong temsenFrance:Sile Cardide
Richelieu n'avoir pas fait
liiûier les ressorts secrets, qui en-
2£açerent Marie de Medicisà (ê
verà Compiegne, la fortune
~e ce Ministre auroit toujours été
~hancelante
,
la Reine Mere au-
~oit regagné la confiance du Roy
~onfils, & procuré infailliblement
disgrace de cette Eminence.
On pouvroit ci er une infinité d'E-
~emples de cette nature; mais
détail que ces Anecdotes en
~ont ,
est si curieux, qu'il vaut
~ieux y renvoyerlesAmateurs des
~onsLivres. Cer ouvrage se vend
rf-hez Pierre Ribou
,
Quay des
Augustins,àl'Image Saint Louis.
iQDeijx Volumes In-douze, 5. liv.
PIERRE PRAULT Libraire, dçr
meurant sur le Quay de Gelvres,*<
fait afficher depuispeul'Histoiredu
vraiDémetrius,Czar deMoscovie,
par M. Née de la Rochelle; c'est
un morceau d'Histoire trés iott.
ressant, tant parlesintrigues que
par les evenemens singuliers dont
il est rempli;mais ce qui le rend
plus remarquable, c'est qu'il est
pour ainsi dire,l'époque de l'élévation
au Tiône, de la Famille regnante
aujourdhui dans la Grande
Russie; puisqu'aprés la mort
de ce Demetriussupposéounon,
& de deux autres du même nom, Michaël Foederovvitz
,
fils de
Feodor Nikitiz Romanos, Patriarche
de Moscovie,fut couronné
en Kn. C'est delà qu'est
descendu Peter Alexievvitz, qui
a honoré cette Capitale de sa
présence.
fdfc*
On vend chez le même
,
les
Lettres Historiques, à M. D. sut
la,Comédie Italienne, dans lesquelsilestparlédesonétablisselIbént,
du caractére des Acteurs
qui la composent, & des A''W'
tures qui y font arrivées
QtÁ"
,
On vend chez Jacques Etienne,
ruë S. Jacques, à la Petite Vertu,
les Avantures de Telemaque fils
d'Ulisse, par feu Mr deFenelon
Archevêque de Cambray. Edition
conformeauManuscrit original.
Les Ouvrages du sieur de
Vvoolhoufel touchant la Cataracte,
le Glaucome & autres
maladies desyeux,viennent d'être
imprimés à Franckfort sur Mayne;
-
& sevendent à Strasbourg, chez
le sieurDoulfliker; on y verra -
un Catalogue de la plus grande
-
partie des Auteurs,qui ont écrit fuf-
la même matiere, avec les nouvelles
Découvertes qu'ils ont faites.
Lesieur deVvoolhouse demeure
piéfentement auCollege de l'Avér
Maria, à côté de S. Etienne du
Mont, dansle Quarté de Sai~
Genevieve.
ffl
Aprés tant d'Eloges Funébre
qui ont été faits à la Gloire d~
LOUISle GRAND)il sembloi
difficile de rien voir de nouveau
dans ce genre. Cependant,foit qlle
le sujet ne puîné être épuisé
,
foit
que l'esprit de l'homme foit capable,
chaque jour, de quelque nouvelle
Production ; on vient de
donner au Public une nouvelle
Oraison Funèbre de ce Monarque.
Elle estdeMrl'Abbé de Lafargue,
qui l'a prononcée à l'Anniversaire
de LOUIS XIV, à l'Abbaye de
Chelles) en présence de MA D EMO
I S E-L LE; ensuite à l'Abbaye
du Fauxbourg Saint Antoine
de cette Ville: Elle doit faire
d'autant plus d'honneur à cet Orateur,
qu'il en avoir déja donné
une autre qu'on a regardée,comme
une desplus belles. Je ne puis
parler de sa seconde, avec plus
de justice
, qu'en disant avec
un desDocteurs qui l'ont approuvée;
qu'elle ne céde en rien à la
beautéde celles qu'on a données
au Public jusqu'à présent, & que
tout y plaîr également, soit la pour nouveauté des pensées
soit
pourla fécondité de l'Eloquence,.
soit pour la dcheLIè des exprefsions.
J'en ferois un Extrait,
si
les plus beaux Morceaux ne per- doient toûjoursde leur grâce, lors qu'ils sont détachez d'une
Pièce. Je renvove le Lecteur à
l'Ouvrage, l'assûrant qu'il aura
lieu d'en être très-content.
Cette Oraison Funèbre se vend
chez la veuve de Pierre Bienfait,
l'Image Saint Pierre, sur le
^uay des Augustins
, Se chez
Mongé, vis-à-vis le Collège
les Jesuites, dans la ruë Saint
Jacques.
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5
p. 178-183
Avis trés utile au Public.
Début :
Etant du Ressort du Mercure d'annoncer au Public les Etablissemens qui se [...]
Mots clefs :
Bureau d'adresse, Ouverture, Établissement, Officier, Plan, Henri IV, Louis XIII, Louis XIV, Brevet, Réputation, Mémoire, Société, Liste
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis trés utile au Public.
Avis trés vtile an Public .
Etant du Reffort du Mercure d'annoncer
au Public les Etabliſſemens qui
ſe font dans Paris à l'avantage de
la Societé Civile , on aprendra ſans
doute avec plaifir , que le Bureau
général privilégié , d'adreſſe & de
rencontre , doit s'ouvrir inceflamment
dans la rue S. Sauveur.
Quiconque a lû les Eſſais de Montagne
, aura pú obferuer an Chapitre
du déffant de nos Polices , le premier
DE SEPTEMBRE. 179
projet de cet Etabliſſement si néceſſaire
atout Etat. Feu mon Pere ( dit - il )
homme pour n'être aidé que de l'Expérience&
du Naturel,d'unJugement bien.
net , m'a dit autrefois qu'il avoit défire
mettre en train , qu'ily eut és Villes
certain lieu désigné auquel ceux qui
auroient beſoin de quelque chose , se
púſſent rendre ou adreſſer &faire enrégistrer
leur affaire à un Officier établi
pour cet effet. Comme je cherche àvendre
des Perles , je cherche des Perles à
vendre. Tel s'engniert d'un Serviteur
de telle qualité , tel d'un maître , tel
demande un Ouvrier. Qui ceci , qui ce'a
chacun felon fon beſoin : Cesemble que
ce moyen de nous entr'avertir aporteroit
non légere commoditè au Commerce
public ; carà tous coups , ily ades conditions
qui s'entre-cherchent , &pourne
s'entre- entendre , laiſſent les honneurs
en extréme nécessité.
le
,
Voilàproprement le Texte ſur lequel
Plande ce Bureau a été dreſſé : 11
parut fi utile aprés ſon Etabliſſement
que les Rois Henry IV Louis
XIII , & Louis XIV , lui ont toujours
eſté favorables :Les Brevets&les
Priviléges qu'ils lui ont accordé &qui
180 LE MERCURE
viennent d'être renouvellé par Louis
Quinze, en font des preuves inconteſtables.
En effe , pour peu qu'on y faſſe
attention , on fera obligé de reconnoître
qu'il y a peu d'Etabliſſemens qui:
doivent être plus unanimement aprouvés
que celui- ci . Comme les hommes
ont naturellement beſoin les uns des
autres , il arrive tous les jours & prefqu'à
tout moment , que les uns recherchentunechoſe
dont les autres ſeroient
bien-aiſesde fe deffaire , & qu'au contraire
les uns veulent ſe débaraffer
de certains effets dont d'autres défi.
reroient de s'accommoder. Ce quipeut
donc être le plus utile dans le commerce
de la vie , c'eſt que chacun de ceux
qui voudroient vendre quelques meubles
ou immeubles , ſçût à point nommé
quelles, font les perſonnes qui en
auroient beſoin , & que pareillement
ceux qui ſouhaiteroient s'accommoder
d'autres chofes , fuflent instruits d'un
lieu afſuré où ils pourroient s'adreſſer ;
Voilà ce qui a donné occaſion à l'établiſſement
d'un Bureau- Général d'adreflè
& de rencontre , auquel ce nom
n'a eftè impofé que parce que tout le
monde pouvant toujours s'y adreffer ,
chacun
DE SEPTEMBRE. 18
chacun y peut rencontrer ce qu'il chercheroit
vainement ailleurs .
Ce Bureau eſtoit autrefois ſi fréquenté,
qu'un ancien Mémoire du tems
de Louis XIII. fait mentionde cinq
Cordons Bleux qui s'y trouvérent en
même tems pour leur utilité particuliere
: On y remarque que ce Prince
aprés pluſieurs recherches inutiles, pour
découvrir un cheval de poil Iſabelle
qui pût aſſortir à unde ceux qui traînoient
ſon petit caroſſe , ût recours
au Bureau d'adreſſe qui luy en indiqua
un ; c'eſt ce qui engagea Louis XIII .
à lire les liſtes du Bureau , & cette lecture
a ſouvent mis en place des perfonnes
qui n'eſtoient redevables de leurs
Emplois qu'à cet établiſſinent.
La réputation de ce Bureau continua
d'eſtre en honneur juſqu'à la mort de
celui qui par ſon intelligence luy avoit
donné tant de credit; mais, depuis cette
époque & particulierement dans ces
derniers temps , cetOuvrage qui avoit
coûré tant de ſoins , eſt tombé dans
une eſpece d'oubli , faute de Sujets
capables d'en entretenir lebon ordre.
Heureuſement , les fondemens qui en
eſtoient ſolides n'ont pas û le même
Septembre 1717.
182 LÉ MERCURE
fort ; c'eſt ſur ces mêmes fondemens
qu'aujourd'hui des perſonnes zélées
Pour le bien public, travaillent à le remettre
dans ſon premier étar.
Il ſera encore plus aiſé de juger de fon,
utilité& des avantages qui enreviendront;
ſi on met ſous les yeux toutes.
les parties qui y ont du raport.
Chacun aura la liberté de s'adreſſer
au Bureau général pour tout ce qu'on a
droit de vendre , emprunter , troquer ,
acheter , loüer , comme maiſons de la
Ville ou de la Campagne,Terres,Héritages,
Charges , Fonds, Rentes ,Baux ,
Fermes générales ou particulières, Bois
à tailler , pêhes , chaſſe,fruits , vins,
meubles , hardes , équipages , livres
rares , manufcrits , tableaux , bijoux ,
àParis ou en Province.
Pour cet effet on recevra dans ce
Bureau , tous Mémoires & toutes propoſitions
raisonnables , foit en offrant
ou en demandant , comme auſſi toutes
fortes d'offres , de marchez , commiffions
à faire , fournitures à entreprendre
, avis de l'arrivée & du départ des
Vaiſſeaux , &c. avec l'état des marchandiſes
qu'ils apportent ou de celles
dont ils ont beſoin , comme aufficeux
DE SEPTEMBRE.
183
qui defirent eſtre employé dans quelque
état , art , profeſſion ou condition
que ce puiſſe eſtre.
Enfin , on peut s'adreſſfer dans ce
Bureau univerſel,pour toutes les chofes
licites & permiſes qui entrent dans le
Commerce général de la Societé civile,
&pour tout ce qui regarde les néceffires
de
de la vie; afin que par cet innocent
moyen, chacun puifle y rencontrer facilement
à point nommé & à choix , tout
ce qu'il défire , & que par-là, il foit
promprement foulage dans ſes affaires
&aidédans ſes plus preſſans beſoins.
L'on distribuëra joumellement une
brochure, ſous le titre de Liite univerſelledu
Bureau général d'adreſſe de France,
contenant les propofitions & deamande,
avec l'état de tout cequi aura été enregiſtré
aud. Bureau ; dans laquelle Liſte
il ne fera nommé perſonne : Er pour
les affaires qui doivent eſtre traitées
en particulier , elles reſteront dans un
Regiltre ſecret.
Etant du Reffort du Mercure d'annoncer
au Public les Etabliſſemens qui
ſe font dans Paris à l'avantage de
la Societé Civile , on aprendra ſans
doute avec plaifir , que le Bureau
général privilégié , d'adreſſe & de
rencontre , doit s'ouvrir inceflamment
dans la rue S. Sauveur.
Quiconque a lû les Eſſais de Montagne
, aura pú obferuer an Chapitre
du déffant de nos Polices , le premier
DE SEPTEMBRE. 179
projet de cet Etabliſſement si néceſſaire
atout Etat. Feu mon Pere ( dit - il )
homme pour n'être aidé que de l'Expérience&
du Naturel,d'unJugement bien.
net , m'a dit autrefois qu'il avoit défire
mettre en train , qu'ily eut és Villes
certain lieu désigné auquel ceux qui
auroient beſoin de quelque chose , se
púſſent rendre ou adreſſer &faire enrégistrer
leur affaire à un Officier établi
pour cet effet. Comme je cherche àvendre
des Perles , je cherche des Perles à
vendre. Tel s'engniert d'un Serviteur
de telle qualité , tel d'un maître , tel
demande un Ouvrier. Qui ceci , qui ce'a
chacun felon fon beſoin : Cesemble que
ce moyen de nous entr'avertir aporteroit
non légere commoditè au Commerce
public ; carà tous coups , ily ades conditions
qui s'entre-cherchent , &pourne
s'entre- entendre , laiſſent les honneurs
en extréme nécessité.
le
,
Voilàproprement le Texte ſur lequel
Plande ce Bureau a été dreſſé : 11
parut fi utile aprés ſon Etabliſſement
que les Rois Henry IV Louis
XIII , & Louis XIV , lui ont toujours
eſté favorables :Les Brevets&les
Priviléges qu'ils lui ont accordé &qui
180 LE MERCURE
viennent d'être renouvellé par Louis
Quinze, en font des preuves inconteſtables.
En effe , pour peu qu'on y faſſe
attention , on fera obligé de reconnoître
qu'il y a peu d'Etabliſſemens qui:
doivent être plus unanimement aprouvés
que celui- ci . Comme les hommes
ont naturellement beſoin les uns des
autres , il arrive tous les jours & prefqu'à
tout moment , que les uns recherchentunechoſe
dont les autres ſeroient
bien-aiſesde fe deffaire , & qu'au contraire
les uns veulent ſe débaraffer
de certains effets dont d'autres défi.
reroient de s'accommoder. Ce quipeut
donc être le plus utile dans le commerce
de la vie , c'eſt que chacun de ceux
qui voudroient vendre quelques meubles
ou immeubles , ſçût à point nommé
quelles, font les perſonnes qui en
auroient beſoin , & que pareillement
ceux qui ſouhaiteroient s'accommoder
d'autres chofes , fuflent instruits d'un
lieu afſuré où ils pourroient s'adreſſer ;
Voilà ce qui a donné occaſion à l'établiſſement
d'un Bureau- Général d'adreflè
& de rencontre , auquel ce nom
n'a eftè impofé que parce que tout le
monde pouvant toujours s'y adreffer ,
chacun
DE SEPTEMBRE. 18
chacun y peut rencontrer ce qu'il chercheroit
vainement ailleurs .
Ce Bureau eſtoit autrefois ſi fréquenté,
qu'un ancien Mémoire du tems
de Louis XIII. fait mentionde cinq
Cordons Bleux qui s'y trouvérent en
même tems pour leur utilité particuliere
: On y remarque que ce Prince
aprés pluſieurs recherches inutiles, pour
découvrir un cheval de poil Iſabelle
qui pût aſſortir à unde ceux qui traînoient
ſon petit caroſſe , ût recours
au Bureau d'adreſſe qui luy en indiqua
un ; c'eſt ce qui engagea Louis XIII .
à lire les liſtes du Bureau , & cette lecture
a ſouvent mis en place des perfonnes
qui n'eſtoient redevables de leurs
Emplois qu'à cet établiſſinent.
La réputation de ce Bureau continua
d'eſtre en honneur juſqu'à la mort de
celui qui par ſon intelligence luy avoit
donné tant de credit; mais, depuis cette
époque & particulierement dans ces
derniers temps , cetOuvrage qui avoit
coûré tant de ſoins , eſt tombé dans
une eſpece d'oubli , faute de Sujets
capables d'en entretenir lebon ordre.
Heureuſement , les fondemens qui en
eſtoient ſolides n'ont pas û le même
Septembre 1717.
182 LÉ MERCURE
fort ; c'eſt ſur ces mêmes fondemens
qu'aujourd'hui des perſonnes zélées
Pour le bien public, travaillent à le remettre
dans ſon premier étar.
Il ſera encore plus aiſé de juger de fon,
utilité& des avantages qui enreviendront;
ſi on met ſous les yeux toutes.
les parties qui y ont du raport.
Chacun aura la liberté de s'adreſſer
au Bureau général pour tout ce qu'on a
droit de vendre , emprunter , troquer ,
acheter , loüer , comme maiſons de la
Ville ou de la Campagne,Terres,Héritages,
Charges , Fonds, Rentes ,Baux ,
Fermes générales ou particulières, Bois
à tailler , pêhes , chaſſe,fruits , vins,
meubles , hardes , équipages , livres
rares , manufcrits , tableaux , bijoux ,
àParis ou en Province.
Pour cet effet on recevra dans ce
Bureau , tous Mémoires & toutes propoſitions
raisonnables , foit en offrant
ou en demandant , comme auſſi toutes
fortes d'offres , de marchez , commiffions
à faire , fournitures à entreprendre
, avis de l'arrivée & du départ des
Vaiſſeaux , &c. avec l'état des marchandiſes
qu'ils apportent ou de celles
dont ils ont beſoin , comme aufficeux
DE SEPTEMBRE.
183
qui defirent eſtre employé dans quelque
état , art , profeſſion ou condition
que ce puiſſe eſtre.
Enfin , on peut s'adreſſfer dans ce
Bureau univerſel,pour toutes les chofes
licites & permiſes qui entrent dans le
Commerce général de la Societé civile,
&pour tout ce qui regarde les néceffires
de
de la vie; afin que par cet innocent
moyen, chacun puifle y rencontrer facilement
à point nommé & à choix , tout
ce qu'il défire , & que par-là, il foit
promprement foulage dans ſes affaires
&aidédans ſes plus preſſans beſoins.
L'on distribuëra joumellement une
brochure, ſous le titre de Liite univerſelledu
Bureau général d'adreſſe de France,
contenant les propofitions & deamande,
avec l'état de tout cequi aura été enregiſtré
aud. Bureau ; dans laquelle Liſte
il ne fera nommé perſonne : Er pour
les affaires qui doivent eſtre traitées
en particulier , elles reſteront dans un
Regiltre ſecret.
Fermer
6
p. 1159-1174
LETTRE de M.... sur la Continuation des Memoires du R. P. Niceron.
Début :
J'ai à vous parler ici, Monsieur, du XXIII. et du XXIV. volumes des Memoires [...]
Mots clefs :
Jérôme Bignon, Paris, Louis XIII, Mémoires, Avocat, Homme, Ouvrages, Fils, Ans, Temps, Voyage, Faveur, Jean-Pierre Niceron, Emmius, Mérite, Cardinal, Savants, Érudition, Roland Bignon, Thomas Browne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M.... sur la Continuation des Memoires du R. P. Niceron.
LETTRE de M.... sur la Continuation
des Memoires du R. P. Niceron.
J'ai à vous parler ici , Monsieur , du
XXIII. et du XXIV. volumes des Memoires
pour servir à l'Histoire des Hommes
Illustres dans la République des Lettres que
le Sr Briasson , Libraire rue S. Jacques ',
continuë de publier avec succè . Voici
les noms des Scavans dont il est parlé
dans le premier de ces deux Volumes.
Rodolphe Agricola , Jean- Louis Guez
de Balzac, François Bernier, Jean Bernier,
Jerome Bignon , Henri Blount , Denis de
Salvaing de Boissieu , Thomas Brovvne le
Médecin , Thomas Brovvne le Théologien,
Guillaume Camden , Marc- Antoine Ca-
1 Vol.
pelli
1160 MERCURE DE FRANCE
pelli , Thomas Corneille , Robert Creyghton,
Cristophe Davenport , Louis Duret , Ubo
Emmius,Guillaume Estius, Gabriel Fano,
Nicolas Faret, Pierre Gilles , George- Henri
Goetze , Louise Labé , Adam Littleton
Nicolas Lloyd , Olivier Maillard , Jean
Maldonat ,Pierre - Martyr d'Anghiera
Pierre- Martyr Vermilio , Etienne Pavillon,
Alexandre Piccolomini , François Piccolo
mini , Jean Price , Jules - Cesar Scaliger ;
Joseph-Juste Scaliger , Jean- Ginés de Sepulveda
, Antoine Sherley , Thomas Sher-
Ley , et André Thevet.
Entre tous ces Sçavants je n'en trouve
aucun de plus distingué et de plus Illustre
, que notre célébre Jerôme Bignon,
dont l'article par conséquent soit et plus
curieux & plus agréable à lire. Vous nie
sçaurez sans doute bon gré de l'avoir
choisi par préférence , et de le voir ici
tel qu'on le trouve dans nôtre Auteur,
JEROME BIGNon.
Jerôme Bignon , nâquit à Paris , l'an
1590. de Rolland Bignon , Avocat au
Parlement , d'une ancienne Famille originaire
d'Anjou , et de Marie Ogier ,
fille de Christophe Ogier aussi Avocat au
Parlement.
Rolland Bignon , qui est mal appellé
t
1
I Vol.
JcJUIN.
1734- 1161
Jerôme dans les opuscules de Loysel
page 582. né au mois de Fevrier de l'an
15. fut un des plus Sçavans hommes
de son siècle. Il avoit été Disciple de
Mrs Roaldés et Maran , fameux Jurisconsultes
de l'Université de Toulouze ;
et lorsque le premier se retira dans celle
de Cahors il laissa sa Chaire de Professeur
en Droit à Rolland Bignon, qui , comme
cetteProfession étoit alors très honorable,
y enseigna publiquement pendant une
année , et dicta d'excellents Paratitles sur
les 5 Livres des Décretales ; étant ensuite
venu à Paris il exerça avec beaucoup
de réputation la Profession d'Avocat ,
laquelle se bornoient alors plusieurs personnes
de naissance et de merite , qui
conservoient la modération des anciennes
Moeurs , et qui étoient prévenus d'une
espece d'aversion contre la validité des
charges introduite depuis peu . Après
avoir brillé dans le Bareau il devint celébre
dans les Consultations, et fut generalement
estimé comme un homme d'une
rare suffisance, etd'une probité singuliere .
Persuadé qu'il étoit plus redevable à
son fils qu'à tout autre il ne voulut confier
son éducation qu'à lui - même. Jerôme
Bignon n'eût pas besoin d'aller chercher
une autre Ecole pour aprendre les Lan
1Vol.
gues
1162 MERCURE DE FRANCE
gues , les Humanitez , l'Eloquence , la
Philosophie , les Mathematiques , l'Histoire
, la Jurisprudence , & la Theologie .
Il aprit sous un si excellent Maître toutes
ces Sciences avec une rapidité extraordinaire
, et se vit presque à la fin de ses
Etudes dans un âge où l'on ne commence.
gueres qu'à délibérer sur les
faire étudier les Enfans .
V
moyens
dev
Dès l'âge de dix ans il donna au Public
un essai de son Erudition qui lui fit dèslors
mériter la qualité d'Auteur . C'est
une Chorographie on Description de la Terre
Sainte , qui fût une preuve des conroissances
qu'il avoit déja acquises dans l'Histoire
, la Geographie et l'Ecriture Sainte,
il n'en demeura pas là , et on fût encore
surpris de voir trois ans après paroître
deux autres Ouvrages de sa composition ,
Ouvrages qui le firent connoître à tout
ce qu'il y avoit de personnes habiles et
considerables dans la France .
Le Roy Henry IV. ayant entendu
patler de lui voulut le voir , et le choisit
pour être en qualité d'Enfant d'Honneur
auprès du Dauphin qui fut depuis
le Roy Louis XIII .
Le jeune Bignon parût à la Cour avec
des manieres tout à fait aisées et polies.
L'austerité d'une Etude assidue n'avoit
I Vol. point
JUIN 1734.
1163
" 2
point obscurci les dispositions naturelles
qu'il avoit pour paroître dans le grand
monde , et le Tumulte et les Engagements
de la Cour ne fû ent point capables
d'affoiblir l'inclination qu'il se sentoit
pour les Sciences.
Il composa en ce tems- là un Traité de
l'Excellence des Rois et du Royaume de
France , pour prouver que les Rois de
France doivent avoir la préséance sur
tous les autres Rois , qui lui attira bien
des aplaudissements. Il le dédia au Roy
Henry IV. qui l'engagea par ordre exprès
à pousser plus loin ses recherches
sur cette matiere .
Mais la Mort funeste de ce Prince arrivée
peu de tems après interrompit ce.
Projet , et détermina même M.Bignon à se
retirer de la Cour. Ce ne fut pas cependant
pour long tems , il y fut bien tôt
rapellé à la sollicitation de Nicolas le
Fevre , nouveau Précepteur du Roy Louis
XIII. et ne put se défendre d'y demeufer
jusqu'à la mort de cet ami, Il travailla
dans cet intervale à l'Edition des Formules
de Marculphe.
En 1614. il fir un voyage en Italie ;
et y visita par tout les plus Illustres d'entre
les Sçavants , qu'il convainquit par
sa présence de ce que la Renommée leur
1. Vol. avoit
1164 MERCURE DE FRANCE
avoit apris de plus incroyable en sa faveur.
Le Pape Paul V. lui donna des marques
singulieres de son estime ; le Cardinal
de Sainte Suzanne , qui n'étoit alors
qne Sécretaire des Brefs , établit avec lui
un commerce d'amitié très étroit , et le
célébre Fra - Paolo charmé de sa conver
sation , l'arrêta quelque tems à Venise
pour en profiter.
Au retour de ce voyage M. Bignon se
donna tout entier aux exercices du Barreau
, où ses premieres actions eûrent un
grand succès .
Son pere le fit pourvoir en 16 20. d'une
Charge d'Avocat General au Grand Conseil
, dans les fonctions de laquelle il surpassa
tout ce qu'on pouvoit attendre de
lui , et il s'acquit une si grande réputation
, que le Roy quelque tems après lo
nomma Conseiller d'Etat , et enfin Avocat
General au Parlement à la place de
M. Servin sur la fin de l'année 1625 .
3
Tout le monde aplaudit à ce choix . Le
Clergé même qui avoit nommé des Députez
pour prier le Roy de faire revivre
en sa faveur l'Ancien Droit , suivant lequel
un des Avocats Generaux devoit
être Clerc , ayant sçû le choix que le
Roy avoit fait de M. Bignon , ne se
I Vol.
conJUIN.
1734. 1165
Contenta pas de renoncer à ses prétentions
on faveur de cet Illustre Magistrat , mais
députa encore vers Sa Majesté pour lui
en faire des remerciments, et vers M. Bignon
pour l'en féliciter.
En effet jamais cette importante place
n'avoit été remplie plus dignement 3 car
sans parler de ses talents naturels qu'on y
vit briller dans toute leur étendue, il signala
en mille occasions sa vigueur à soutenir
les interêts du Parlement , son zele inviolable
pour la justice et sa fermeté inébranlable
contre toutes les attaques de la
faveur. Vertus dont ses envieux entrepri
rent de lui faire des crimes ; après la harangue
sincere , quoique respectueuse
qu'il prononça devant le Roy Louis XIII.
séant en son Lit de Juftice pour la vérification
de quelques Edits . Mais ce Prince
justement prévenu en sa faveur , oposa
la parfaite connoissance qu'il avoit de ses
bonnes intentions aux complots et à l'avidité
des gens d'affaires déchaînez contre
sa trop grande probité.
En 1641. résolu de ne plus vaquer
qu'aux Emplois qu'il occupoit dans le
Conseil d'Etat , il céda sa Chargé d'Avocat
General à M. Briquet son Gendre .
L'année suivante le Cardinal de Richelieu
, quoiqu'assez mal intentionné à son
égard
1. Vol. F
1165 MERCURE DE FRANCE
que
égard , le fit nommer Grand- Maître de
la Bibliothéque duRoy , dans la persuasion
le Public le destinoit par avance à
cette Charge , et seroit choqué qu'elle
fut remplie par un autre. L'amour que
M. Bignon avoit pour les Lettres la lui
fit accepter , et son désinteressement lui
fit refuser dans la suite celle de Sur - Intendant
des Finances.
M. Briquet son Gendre étant mort en
1645. il fut obligé de reprendre sa Charge
pour la conserver à son fils , et continua
de l'exercer jusqu'à sa mort , quoique
de Premier Avocat General,il fut des
venu le second.
Il fut outre cela employé à d'autres
Affaires importantes pour l'Etat ; on sçait
combien il eût de part à l'Ordonnance
de 1639. et avec combien d'équité il
exerça les Commissions de l'Arriereban ,
des Amortissemens et du Domaine , qui
lui furent confiées en differents temps.
La Reine Anne d'Autriche l'apella pen
dant sa Regence aux Conseils les plus
importants.
Ce fut lui qui accommoda, les differends
de Mrs d'Avau et Servien , Plenipotentiaires
à Munster , et qui travailla
avec Mrs de Brienne et d'Emery au
Traité d'Alliance avec la Hollande en
IVol. 1649.
JUIN 1734. 1167
1649. Il fut aussi choisi en l'année 1651 .
pour regler la grande Affaire de la Succession
de Mantoüe , et en 1654. pour
conclure le Traité avec les Villes Anseatiques.
Enfin ce grand Homme qui avoit
toujours fait servir la pieté de baze aux
autres vertus qu'il avoit constamment
pratiqué , finit par une mort précieuse
devant Dieu , le cours d'une vie si glo-.
rieuse aux yeux des hommes. Il mourut
le 7 Avril 1656. d'un Asthme dont il
avoit été attaqué dès l'Automne précédent
, mais qui ne lui fit point cesser
ses fonctions ordinaires . Il étoit alors dans
sa 67, année. Il fut enterré à S. Nicolas
du Chardonnet , où vous avez vû son
Buste de Marbre , fait de la main de Gi
rardon , avec une longue Epitaphe qui
^ commence par ces mots : Hieronimus Bignon
,sui sæculi Amor , Decus , Exemplum,
Miraculum & c.
Iln'avoitjamais voulu permettre qu'on
fit son portrait , mais on le tira pendant
qu'il portoit la parole à la grand- Chambre
; c'est pour cela que Lochon qui l'a
gravé , a mis au bas ces mots. R. Lochon
ad vivumfurtim delineavit.
Voici le Catalogue de ses Ouvrages.
1. Chorographie on Description de la
Terre Sainte, Paris 1600. Cette Description-
A. 1 Vol. Fij . qu'il
1168 MERCURE DE FRANCE
qu'il publia à l'âge de 10 ans , est plus
exacte que toutes celles qui avoient paru
auparavant.
2. Discours de la Ville de Rome Prin
cipales Antiquitez , et singularitez d'icelle.
Paris 1604. in 8. Livre peu commun , dit
l'Abbé Lenglet , et qui vient d'une personne
qui joignoit à un grand goût une
extrême exactitude.
3. Traité Sommaire de l'Election des Pa
pes. Plus le Plan du Conclave. Paris 1605,
in 8. Il y a bien de l'érudition dans ce
petit Ouvrage.
4. De l'Excellence des Rois et du Royaume
de France , traitant de la Preséance et des
Prérogatives des Rois de France par dessus
tous les autres , et des causes d'icelles.
Paris 161c . in 8. Cet Ouvrage a été fait
pour refuter celui que Diego Valdès Con
seiller de la Chambre
Royale de Grenade
,
avoit publié pour soutenir
la Preséance
des Rois d'Espagne
, sous ce Titre : de
Dignitate
Regum Hispania. Granata 1602 . in fol
5. Marculfi Monachi Formula ex Biblioteca
Regia Hier. Bignonius edidit , es
Notis illustravit . Paris 1613. in 8.Idem Are.
gentorati.1655 in 4.Id. Editio.auctior. Accessit
Liber Legis Salica, a. f. R. Pithao , et
calem BignonisNotis illustratus.Paris 1666,
I Vol.
ink
JUIN. 1734- 1189
in 4. Cette seconde Edition qui est con
sidérablement augmentée , a paru par les
soins de ses Fils . Les Notes de M.Bignon
sont si remplies d'érudition et si justes
qu'elles font encore l'admiration des
Sçavants cependant il n'avoit que 23
ans lorsqu'il les donna pour la premiere
fois.
6.Voyage de François Pyrard de Laval,
contenant sa navigation aux Indes Orien
tales , Maldives , Moluques et au Brezil
Paris 1615. in 8. Id. nouvelle Edition augmentée
de divers Traitez. Paris 1679.in 8.
C'est à Jerôme Bignon que nous sommes
redevables de la publication de ce Voyage.
Les Découvertes de Pyrard , homme de
bon sens, mais incapable de s'énoncer par
écrit , seroient demeurées ensevelies dans
l'oubli , si M. Bignon ne l'eût attiré chez
lui , l'invitant même à sa table , et n'eût
pris soin de mettre tous les soirs sur le
papier , ce qu'il tiroit à différentes reprises
de ses entretiens.
Ubbo Emmius , Sçavant Hollandois du
XVI. siécle , fait encore une très bonne
figure dans ce 23. vol. desMem . du P.Niceron,
et l'article mérite d'être lû avec attention
. Il mourut à Groningue le 9 Decem
. 1625. dans sa 79 année. Il a composé
plusieurs bons Ouvrages , dont le plus
Fiij im- I. Vol.
170 MERCURE DE FRANCE
important est celui qui concerne l'An
cienne Grece , et dont voici le titre Vetus
Gracia illustrata complectens Descriptionem
Gracia , res gestas Græcorum, statum Rerumpublicarum
Græcarum. Lugd. Bat. Elzevir.
1626. 3. vol. 8.
>
, Emmius , dit l'Auteur des Memoires ,
qui vit commencer et peut- être finir cette
Edition mit écrit le 6 Decembre
par
1625. trois jours avant sa mort ce qu'il
en pensoit. L'Imprimeur , dit- il , a fait
deux fautes. 1. İl a mis mon Ouvrage
in 8. contre la promesse qu'il m'avoit
faite de l'imprimer in folio , et a rendu
ainsi inutiles des Tables Chorographiques
que j'avois dressées avec beaucoup de soin
en cette forme , pour y être inserées et
dont le Livre a indispensablement besoin,
2º. Il a fait traîner si fort en longueur
l'impression , que le chagrin qui m'est
survenu par la mort de mon fils Egbert,
et ensuite mes infirmitez m'ont empêché
de travailler à une ample Préface que
j'avois dessein de composer lorsque le
Livre seroit prêt à paroître , et dans laquelle
j'aurois fait une comparaison entre
les anciennes Republiques Grecques [ et
celles d'à- présent , montrant ce qu'il y a
* Ce Fils mourut à Orleans
Epitaphe que son Pere lui fit &c.
et on rapporte
1Vol. de
JUIN. 1734 7171
de bon et de mauvais dans les unes et
les autres.
L'Ouvrage d'Emmius a été inseré dans
les Antiquitez Grecques de Gronovius ,
tome 4. page 85. avec des additions
Anecdotes de sa façon . Le troisiéme tome
qui contient l'Etat des principales Republiques
de la Grece , a été imprimé séparement
l'an 1632. à Leyde , chez Elzevir
en 2 vol. in 24. pour être joint au corps
des petites Républiques .
Quand ce Sçavant Homme mourut il
travailloit à l'Histoire de Philippe Roy
de Macédoine et son dessein étoit d'y
montrer pour l'usage des Provinces unies,
par quels moyens ce Prince avoit opprimé
la liberté de la Grece. Il avoit déja
conduit l'Histoire jusqu'à la 15. année du
Regne de ce Monarque.
Au reste on doit sçavoir gré au P. Niceron
d'avoir donné à cet Auteur une/
place dans ces Memoires ; car je trouve
que malgré tout son mérite il n'est guere
connu du commun des Gens de Lettres ,
sur tout dans les Provinces. L'Auteur de
la * Dissertation Historique sur l'ancienne
* Cette Dissertation est dans le Recueil des
Piéces présentées à l'Académie de Marseille pour le
Prix de l'année 1727. avec les Distours prononcez
&c. A Marseille chez Jean- Baptiste Boy , e.
$727. Fiij Aca→
172 MERCURE DE FRANCE
Académie de Marseille, n'avoit sans doute
jamais rien vû par lui même de notre
Ubbe Emmins , puisqu'en le citant il fait
du même homme deux Auteurs différents.
C'est dans la même citation que du Boulay
en latin Bullaus , Auteur de l'Histoire Latine
de l'Université de Paris , est nommé
Bouilland , par une assez plaisante méprise.
>
Passons au XXIV. Tome des Memoires.
De trente-sept Articles de Sçavans
qui le composent , je ne vous nommerai
que ceux pour lesquels je prévois que vous
vous interesserez , tels sont Juste Lipse
Pierre Belon , Pierre Patrix on Patris de
Caën , Provençal d'origine , Honorat de
Beuil de Racan , Nicolas Boileau Despreaux
et Jean Baptiste- Henri du Trousset de Valincourt.
Les autres Articles ont aussi le
mérite d'instruire agréablement , et par
conséquent leur utilité .
J'avois dessein d'insérer ici celui de
Pierre Belon du Mans , le plus grand et
le plus curieux voyageur de son temps ,
mais j'aurois excedé les bornes d'une Lettre.
Deux ou trois Remarques que je ferai
sur son sujet suffiront ici. Belon étoit
grand Physicien , bon Médecin et habile
Botaniste mais il faut convenir qu'il
n'étoit ni Geographe ni Antiquaire , ni
I Vol.
bon
JUIN. 1734. 1173**
bon Critique , cela paroît par les differentes
méprises dans lesquelles il est tombé
à cet égard, et dont j'ai donné des preuve
ailleurs , dans le Livre de ses Observations
de plusieurs singularitez et choses memorables
trouvées en Grece , Asie , Judée ,
Egypte , Arabie et autres Pays étrangers
redigees en trois Livres , avec des Figures ,
imprimé pour la premiere fois à Paris
1553. in 4. C'est cependant un bon Livre
P'exactitude de l'Auteur et par sa capacité
dans tout ce qui concerne l'Histoire
naturelle des Pays qu'il a parcourus. Il a
été traduit en latin par Charles Clusius
d'Arras et imprimé à Anvers.en 1589 .
1. vol. 8 .
par
Belon étoit l'Eleve de Pierre Gilles
attaché au Cardinal d'Armagnac , lequel
a fait deux beauxOuvrages sur le Bosphore
de Thrace , et sur la Ville de Constantinople
, mais on prétend qu'il avoit
péu profité sous un si bon Maître pour
les autres connoissances qui lui manquoient.
De retour de ses voyages , il se
retira à l'Abbaye de S. Germain des Prez,
dont étoit alors Abbé le Cardinal de
Tournon , à qui il étoit fort étroitement
* P. Gilles a aussi écrit sur d'autres sujets . Son
Article est curieux dans le XXIII . T. des Memoires
p. 403.
: I. Vol. Fv attaché
174 MERCURE DE FRANCE
attaché. Suivant les Memoires du P. Niceron
, Belon fut assassiné près de Paris)
par un de ses ennemis , l'an 1564. étant
âgé d'environ 47. ans .
Outre son Voyage du Levant , sous
le nom d'Observations , & c. nous avons
du même Auteur plusieurs autres bons
Ouvrages sur differens sujets de l'Histoire
Naturelle , qui ont été publiés de son
vivant , les uns en Latin , les autres en
François.
des Memoires du R. P. Niceron.
J'ai à vous parler ici , Monsieur , du
XXIII. et du XXIV. volumes des Memoires
pour servir à l'Histoire des Hommes
Illustres dans la République des Lettres que
le Sr Briasson , Libraire rue S. Jacques ',
continuë de publier avec succè . Voici
les noms des Scavans dont il est parlé
dans le premier de ces deux Volumes.
Rodolphe Agricola , Jean- Louis Guez
de Balzac, François Bernier, Jean Bernier,
Jerome Bignon , Henri Blount , Denis de
Salvaing de Boissieu , Thomas Brovvne le
Médecin , Thomas Brovvne le Théologien,
Guillaume Camden , Marc- Antoine Ca-
1 Vol.
pelli
1160 MERCURE DE FRANCE
pelli , Thomas Corneille , Robert Creyghton,
Cristophe Davenport , Louis Duret , Ubo
Emmius,Guillaume Estius, Gabriel Fano,
Nicolas Faret, Pierre Gilles , George- Henri
Goetze , Louise Labé , Adam Littleton
Nicolas Lloyd , Olivier Maillard , Jean
Maldonat ,Pierre - Martyr d'Anghiera
Pierre- Martyr Vermilio , Etienne Pavillon,
Alexandre Piccolomini , François Piccolo
mini , Jean Price , Jules - Cesar Scaliger ;
Joseph-Juste Scaliger , Jean- Ginés de Sepulveda
, Antoine Sherley , Thomas Sher-
Ley , et André Thevet.
Entre tous ces Sçavants je n'en trouve
aucun de plus distingué et de plus Illustre
, que notre célébre Jerôme Bignon,
dont l'article par conséquent soit et plus
curieux & plus agréable à lire. Vous nie
sçaurez sans doute bon gré de l'avoir
choisi par préférence , et de le voir ici
tel qu'on le trouve dans nôtre Auteur,
JEROME BIGNon.
Jerôme Bignon , nâquit à Paris , l'an
1590. de Rolland Bignon , Avocat au
Parlement , d'une ancienne Famille originaire
d'Anjou , et de Marie Ogier ,
fille de Christophe Ogier aussi Avocat au
Parlement.
Rolland Bignon , qui est mal appellé
t
1
I Vol.
JcJUIN.
1734- 1161
Jerôme dans les opuscules de Loysel
page 582. né au mois de Fevrier de l'an
15. fut un des plus Sçavans hommes
de son siècle. Il avoit été Disciple de
Mrs Roaldés et Maran , fameux Jurisconsultes
de l'Université de Toulouze ;
et lorsque le premier se retira dans celle
de Cahors il laissa sa Chaire de Professeur
en Droit à Rolland Bignon, qui , comme
cetteProfession étoit alors très honorable,
y enseigna publiquement pendant une
année , et dicta d'excellents Paratitles sur
les 5 Livres des Décretales ; étant ensuite
venu à Paris il exerça avec beaucoup
de réputation la Profession d'Avocat ,
laquelle se bornoient alors plusieurs personnes
de naissance et de merite , qui
conservoient la modération des anciennes
Moeurs , et qui étoient prévenus d'une
espece d'aversion contre la validité des
charges introduite depuis peu . Après
avoir brillé dans le Bareau il devint celébre
dans les Consultations, et fut generalement
estimé comme un homme d'une
rare suffisance, etd'une probité singuliere .
Persuadé qu'il étoit plus redevable à
son fils qu'à tout autre il ne voulut confier
son éducation qu'à lui - même. Jerôme
Bignon n'eût pas besoin d'aller chercher
une autre Ecole pour aprendre les Lan
1Vol.
gues
1162 MERCURE DE FRANCE
gues , les Humanitez , l'Eloquence , la
Philosophie , les Mathematiques , l'Histoire
, la Jurisprudence , & la Theologie .
Il aprit sous un si excellent Maître toutes
ces Sciences avec une rapidité extraordinaire
, et se vit presque à la fin de ses
Etudes dans un âge où l'on ne commence.
gueres qu'à délibérer sur les
faire étudier les Enfans .
V
moyens
dev
Dès l'âge de dix ans il donna au Public
un essai de son Erudition qui lui fit dèslors
mériter la qualité d'Auteur . C'est
une Chorographie on Description de la Terre
Sainte , qui fût une preuve des conroissances
qu'il avoit déja acquises dans l'Histoire
, la Geographie et l'Ecriture Sainte,
il n'en demeura pas là , et on fût encore
surpris de voir trois ans après paroître
deux autres Ouvrages de sa composition ,
Ouvrages qui le firent connoître à tout
ce qu'il y avoit de personnes habiles et
considerables dans la France .
Le Roy Henry IV. ayant entendu
patler de lui voulut le voir , et le choisit
pour être en qualité d'Enfant d'Honneur
auprès du Dauphin qui fut depuis
le Roy Louis XIII .
Le jeune Bignon parût à la Cour avec
des manieres tout à fait aisées et polies.
L'austerité d'une Etude assidue n'avoit
I Vol. point
JUIN 1734.
1163
" 2
point obscurci les dispositions naturelles
qu'il avoit pour paroître dans le grand
monde , et le Tumulte et les Engagements
de la Cour ne fû ent point capables
d'affoiblir l'inclination qu'il se sentoit
pour les Sciences.
Il composa en ce tems- là un Traité de
l'Excellence des Rois et du Royaume de
France , pour prouver que les Rois de
France doivent avoir la préséance sur
tous les autres Rois , qui lui attira bien
des aplaudissements. Il le dédia au Roy
Henry IV. qui l'engagea par ordre exprès
à pousser plus loin ses recherches
sur cette matiere .
Mais la Mort funeste de ce Prince arrivée
peu de tems après interrompit ce.
Projet , et détermina même M.Bignon à se
retirer de la Cour. Ce ne fut pas cependant
pour long tems , il y fut bien tôt
rapellé à la sollicitation de Nicolas le
Fevre , nouveau Précepteur du Roy Louis
XIII. et ne put se défendre d'y demeufer
jusqu'à la mort de cet ami, Il travailla
dans cet intervale à l'Edition des Formules
de Marculphe.
En 1614. il fir un voyage en Italie ;
et y visita par tout les plus Illustres d'entre
les Sçavants , qu'il convainquit par
sa présence de ce que la Renommée leur
1. Vol. avoit
1164 MERCURE DE FRANCE
avoit apris de plus incroyable en sa faveur.
Le Pape Paul V. lui donna des marques
singulieres de son estime ; le Cardinal
de Sainte Suzanne , qui n'étoit alors
qne Sécretaire des Brefs , établit avec lui
un commerce d'amitié très étroit , et le
célébre Fra - Paolo charmé de sa conver
sation , l'arrêta quelque tems à Venise
pour en profiter.
Au retour de ce voyage M. Bignon se
donna tout entier aux exercices du Barreau
, où ses premieres actions eûrent un
grand succès .
Son pere le fit pourvoir en 16 20. d'une
Charge d'Avocat General au Grand Conseil
, dans les fonctions de laquelle il surpassa
tout ce qu'on pouvoit attendre de
lui , et il s'acquit une si grande réputation
, que le Roy quelque tems après lo
nomma Conseiller d'Etat , et enfin Avocat
General au Parlement à la place de
M. Servin sur la fin de l'année 1625 .
3
Tout le monde aplaudit à ce choix . Le
Clergé même qui avoit nommé des Députez
pour prier le Roy de faire revivre
en sa faveur l'Ancien Droit , suivant lequel
un des Avocats Generaux devoit
être Clerc , ayant sçû le choix que le
Roy avoit fait de M. Bignon , ne se
I Vol.
conJUIN.
1734. 1165
Contenta pas de renoncer à ses prétentions
on faveur de cet Illustre Magistrat , mais
députa encore vers Sa Majesté pour lui
en faire des remerciments, et vers M. Bignon
pour l'en féliciter.
En effet jamais cette importante place
n'avoit été remplie plus dignement 3 car
sans parler de ses talents naturels qu'on y
vit briller dans toute leur étendue, il signala
en mille occasions sa vigueur à soutenir
les interêts du Parlement , son zele inviolable
pour la justice et sa fermeté inébranlable
contre toutes les attaques de la
faveur. Vertus dont ses envieux entrepri
rent de lui faire des crimes ; après la harangue
sincere , quoique respectueuse
qu'il prononça devant le Roy Louis XIII.
séant en son Lit de Juftice pour la vérification
de quelques Edits . Mais ce Prince
justement prévenu en sa faveur , oposa
la parfaite connoissance qu'il avoit de ses
bonnes intentions aux complots et à l'avidité
des gens d'affaires déchaînez contre
sa trop grande probité.
En 1641. résolu de ne plus vaquer
qu'aux Emplois qu'il occupoit dans le
Conseil d'Etat , il céda sa Chargé d'Avocat
General à M. Briquet son Gendre .
L'année suivante le Cardinal de Richelieu
, quoiqu'assez mal intentionné à son
égard
1. Vol. F
1165 MERCURE DE FRANCE
que
égard , le fit nommer Grand- Maître de
la Bibliothéque duRoy , dans la persuasion
le Public le destinoit par avance à
cette Charge , et seroit choqué qu'elle
fut remplie par un autre. L'amour que
M. Bignon avoit pour les Lettres la lui
fit accepter , et son désinteressement lui
fit refuser dans la suite celle de Sur - Intendant
des Finances.
M. Briquet son Gendre étant mort en
1645. il fut obligé de reprendre sa Charge
pour la conserver à son fils , et continua
de l'exercer jusqu'à sa mort , quoique
de Premier Avocat General,il fut des
venu le second.
Il fut outre cela employé à d'autres
Affaires importantes pour l'Etat ; on sçait
combien il eût de part à l'Ordonnance
de 1639. et avec combien d'équité il
exerça les Commissions de l'Arriereban ,
des Amortissemens et du Domaine , qui
lui furent confiées en differents temps.
La Reine Anne d'Autriche l'apella pen
dant sa Regence aux Conseils les plus
importants.
Ce fut lui qui accommoda, les differends
de Mrs d'Avau et Servien , Plenipotentiaires
à Munster , et qui travailla
avec Mrs de Brienne et d'Emery au
Traité d'Alliance avec la Hollande en
IVol. 1649.
JUIN 1734. 1167
1649. Il fut aussi choisi en l'année 1651 .
pour regler la grande Affaire de la Succession
de Mantoüe , et en 1654. pour
conclure le Traité avec les Villes Anseatiques.
Enfin ce grand Homme qui avoit
toujours fait servir la pieté de baze aux
autres vertus qu'il avoit constamment
pratiqué , finit par une mort précieuse
devant Dieu , le cours d'une vie si glo-.
rieuse aux yeux des hommes. Il mourut
le 7 Avril 1656. d'un Asthme dont il
avoit été attaqué dès l'Automne précédent
, mais qui ne lui fit point cesser
ses fonctions ordinaires . Il étoit alors dans
sa 67, année. Il fut enterré à S. Nicolas
du Chardonnet , où vous avez vû son
Buste de Marbre , fait de la main de Gi
rardon , avec une longue Epitaphe qui
^ commence par ces mots : Hieronimus Bignon
,sui sæculi Amor , Decus , Exemplum,
Miraculum & c.
Iln'avoitjamais voulu permettre qu'on
fit son portrait , mais on le tira pendant
qu'il portoit la parole à la grand- Chambre
; c'est pour cela que Lochon qui l'a
gravé , a mis au bas ces mots. R. Lochon
ad vivumfurtim delineavit.
Voici le Catalogue de ses Ouvrages.
1. Chorographie on Description de la
Terre Sainte, Paris 1600. Cette Description-
A. 1 Vol. Fij . qu'il
1168 MERCURE DE FRANCE
qu'il publia à l'âge de 10 ans , est plus
exacte que toutes celles qui avoient paru
auparavant.
2. Discours de la Ville de Rome Prin
cipales Antiquitez , et singularitez d'icelle.
Paris 1604. in 8. Livre peu commun , dit
l'Abbé Lenglet , et qui vient d'une personne
qui joignoit à un grand goût une
extrême exactitude.
3. Traité Sommaire de l'Election des Pa
pes. Plus le Plan du Conclave. Paris 1605,
in 8. Il y a bien de l'érudition dans ce
petit Ouvrage.
4. De l'Excellence des Rois et du Royaume
de France , traitant de la Preséance et des
Prérogatives des Rois de France par dessus
tous les autres , et des causes d'icelles.
Paris 161c . in 8. Cet Ouvrage a été fait
pour refuter celui que Diego Valdès Con
seiller de la Chambre
Royale de Grenade
,
avoit publié pour soutenir
la Preséance
des Rois d'Espagne
, sous ce Titre : de
Dignitate
Regum Hispania. Granata 1602 . in fol
5. Marculfi Monachi Formula ex Biblioteca
Regia Hier. Bignonius edidit , es
Notis illustravit . Paris 1613. in 8.Idem Are.
gentorati.1655 in 4.Id. Editio.auctior. Accessit
Liber Legis Salica, a. f. R. Pithao , et
calem BignonisNotis illustratus.Paris 1666,
I Vol.
ink
JUIN. 1734- 1189
in 4. Cette seconde Edition qui est con
sidérablement augmentée , a paru par les
soins de ses Fils . Les Notes de M.Bignon
sont si remplies d'érudition et si justes
qu'elles font encore l'admiration des
Sçavants cependant il n'avoit que 23
ans lorsqu'il les donna pour la premiere
fois.
6.Voyage de François Pyrard de Laval,
contenant sa navigation aux Indes Orien
tales , Maldives , Moluques et au Brezil
Paris 1615. in 8. Id. nouvelle Edition augmentée
de divers Traitez. Paris 1679.in 8.
C'est à Jerôme Bignon que nous sommes
redevables de la publication de ce Voyage.
Les Découvertes de Pyrard , homme de
bon sens, mais incapable de s'énoncer par
écrit , seroient demeurées ensevelies dans
l'oubli , si M. Bignon ne l'eût attiré chez
lui , l'invitant même à sa table , et n'eût
pris soin de mettre tous les soirs sur le
papier , ce qu'il tiroit à différentes reprises
de ses entretiens.
Ubbo Emmius , Sçavant Hollandois du
XVI. siécle , fait encore une très bonne
figure dans ce 23. vol. desMem . du P.Niceron,
et l'article mérite d'être lû avec attention
. Il mourut à Groningue le 9 Decem
. 1625. dans sa 79 année. Il a composé
plusieurs bons Ouvrages , dont le plus
Fiij im- I. Vol.
170 MERCURE DE FRANCE
important est celui qui concerne l'An
cienne Grece , et dont voici le titre Vetus
Gracia illustrata complectens Descriptionem
Gracia , res gestas Græcorum, statum Rerumpublicarum
Græcarum. Lugd. Bat. Elzevir.
1626. 3. vol. 8.
>
, Emmius , dit l'Auteur des Memoires ,
qui vit commencer et peut- être finir cette
Edition mit écrit le 6 Decembre
par
1625. trois jours avant sa mort ce qu'il
en pensoit. L'Imprimeur , dit- il , a fait
deux fautes. 1. İl a mis mon Ouvrage
in 8. contre la promesse qu'il m'avoit
faite de l'imprimer in folio , et a rendu
ainsi inutiles des Tables Chorographiques
que j'avois dressées avec beaucoup de soin
en cette forme , pour y être inserées et
dont le Livre a indispensablement besoin,
2º. Il a fait traîner si fort en longueur
l'impression , que le chagrin qui m'est
survenu par la mort de mon fils Egbert,
et ensuite mes infirmitez m'ont empêché
de travailler à une ample Préface que
j'avois dessein de composer lorsque le
Livre seroit prêt à paroître , et dans laquelle
j'aurois fait une comparaison entre
les anciennes Republiques Grecques [ et
celles d'à- présent , montrant ce qu'il y a
* Ce Fils mourut à Orleans
Epitaphe que son Pere lui fit &c.
et on rapporte
1Vol. de
JUIN. 1734 7171
de bon et de mauvais dans les unes et
les autres.
L'Ouvrage d'Emmius a été inseré dans
les Antiquitez Grecques de Gronovius ,
tome 4. page 85. avec des additions
Anecdotes de sa façon . Le troisiéme tome
qui contient l'Etat des principales Republiques
de la Grece , a été imprimé séparement
l'an 1632. à Leyde , chez Elzevir
en 2 vol. in 24. pour être joint au corps
des petites Républiques .
Quand ce Sçavant Homme mourut il
travailloit à l'Histoire de Philippe Roy
de Macédoine et son dessein étoit d'y
montrer pour l'usage des Provinces unies,
par quels moyens ce Prince avoit opprimé
la liberté de la Grece. Il avoit déja
conduit l'Histoire jusqu'à la 15. année du
Regne de ce Monarque.
Au reste on doit sçavoir gré au P. Niceron
d'avoir donné à cet Auteur une/
place dans ces Memoires ; car je trouve
que malgré tout son mérite il n'est guere
connu du commun des Gens de Lettres ,
sur tout dans les Provinces. L'Auteur de
la * Dissertation Historique sur l'ancienne
* Cette Dissertation est dans le Recueil des
Piéces présentées à l'Académie de Marseille pour le
Prix de l'année 1727. avec les Distours prononcez
&c. A Marseille chez Jean- Baptiste Boy , e.
$727. Fiij Aca→
172 MERCURE DE FRANCE
Académie de Marseille, n'avoit sans doute
jamais rien vû par lui même de notre
Ubbe Emmins , puisqu'en le citant il fait
du même homme deux Auteurs différents.
C'est dans la même citation que du Boulay
en latin Bullaus , Auteur de l'Histoire Latine
de l'Université de Paris , est nommé
Bouilland , par une assez plaisante méprise.
>
Passons au XXIV. Tome des Memoires.
De trente-sept Articles de Sçavans
qui le composent , je ne vous nommerai
que ceux pour lesquels je prévois que vous
vous interesserez , tels sont Juste Lipse
Pierre Belon , Pierre Patrix on Patris de
Caën , Provençal d'origine , Honorat de
Beuil de Racan , Nicolas Boileau Despreaux
et Jean Baptiste- Henri du Trousset de Valincourt.
Les autres Articles ont aussi le
mérite d'instruire agréablement , et par
conséquent leur utilité .
J'avois dessein d'insérer ici celui de
Pierre Belon du Mans , le plus grand et
le plus curieux voyageur de son temps ,
mais j'aurois excedé les bornes d'une Lettre.
Deux ou trois Remarques que je ferai
sur son sujet suffiront ici. Belon étoit
grand Physicien , bon Médecin et habile
Botaniste mais il faut convenir qu'il
n'étoit ni Geographe ni Antiquaire , ni
I Vol.
bon
JUIN. 1734. 1173**
bon Critique , cela paroît par les differentes
méprises dans lesquelles il est tombé
à cet égard, et dont j'ai donné des preuve
ailleurs , dans le Livre de ses Observations
de plusieurs singularitez et choses memorables
trouvées en Grece , Asie , Judée ,
Egypte , Arabie et autres Pays étrangers
redigees en trois Livres , avec des Figures ,
imprimé pour la premiere fois à Paris
1553. in 4. C'est cependant un bon Livre
P'exactitude de l'Auteur et par sa capacité
dans tout ce qui concerne l'Histoire
naturelle des Pays qu'il a parcourus. Il a
été traduit en latin par Charles Clusius
d'Arras et imprimé à Anvers.en 1589 .
1. vol. 8 .
par
Belon étoit l'Eleve de Pierre Gilles
attaché au Cardinal d'Armagnac , lequel
a fait deux beauxOuvrages sur le Bosphore
de Thrace , et sur la Ville de Constantinople
, mais on prétend qu'il avoit
péu profité sous un si bon Maître pour
les autres connoissances qui lui manquoient.
De retour de ses voyages , il se
retira à l'Abbaye de S. Germain des Prez,
dont étoit alors Abbé le Cardinal de
Tournon , à qui il étoit fort étroitement
* P. Gilles a aussi écrit sur d'autres sujets . Son
Article est curieux dans le XXIII . T. des Memoires
p. 403.
: I. Vol. Fv attaché
174 MERCURE DE FRANCE
attaché. Suivant les Memoires du P. Niceron
, Belon fut assassiné près de Paris)
par un de ses ennemis , l'an 1564. étant
âgé d'environ 47. ans .
Outre son Voyage du Levant , sous
le nom d'Observations , & c. nous avons
du même Auteur plusieurs autres bons
Ouvrages sur differens sujets de l'Histoire
Naturelle , qui ont été publiés de son
vivant , les uns en Latin , les autres en
François.
Fermer
Résumé : LETTRE de M.... sur la Continuation des Memoires du R. P. Niceron.
La lettre traite des volumes XXIII et XXIV des 'Mémoires pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres dans la République des Lettres', publiés par le libraire Briasson. Elle met en lumière plusieurs savants, notamment Jérôme Bignon, né à Paris en 1590. Fils de Rolland Bignon, avocat au Parlement, et de Marie Ogier, Jérôme Bignon reçut une éducation complète incluant les langues, les humanités, l'éloquence, la philosophie, les mathématiques, l'histoire, la jurisprudence et la théologie. À dix ans, il publia une 'Chorographie ou Description de la Terre Sainte', suivie de deux autres ouvrages à treize ans. Le roi Henri IV, impressionné par son érudition, le nomma Enfant d'Honneur auprès du Dauphin. Bignon composa un traité sur l'excellence des rois de France, dédié à Henri IV. Après la mort du roi, il se retira temporairement de la cour avant d'y revenir à la demande de Nicolas Le Fèvre, précepteur de Louis XIII. En 1614, il voyagea en Italie, où il rencontra plusieurs savants illustres et reçut des marques d'estime du pape Paul V et du cardinal de Sainte Suzanne. De retour en France, Bignon reprit ses activités au barreau et fut nommé avocat général au Grand Conseil en 1620. En 1625, il devint conseiller d'État et avocat général au Parlement. Il céda sa charge d'avocat général en 1641 et fut nommé grand-maître de la Bibliothèque du Roi par le cardinal de Richelieu en 1642. Bignon fut impliqué dans plusieurs affaires importantes pour l'État, notamment l'ordonnance de 1639 et les traités de Munster et d'Alliance avec la Hollande. Il mourut le 7 avril 1656 à l'âge de 67 ans. Ses œuvres incluent la 'Chorographie de la Terre Sainte', des discours sur Rome, un traité sur l'élection des papes, et des éditions de textes juridiques. La lettre mentionne également Ubbo Emmius, un savant hollandais du XVIe siècle, connu pour son ouvrage sur l'ancienne Grèce. L'auteur exprime sa gratitude au Père Niceron pour avoir donné une place à cet auteur dans ses mémoires, notant qu'Emmius est peu connu parmi les gens de lettres. Le texte évoque également l'œuvre d'Emmius, insérée dans les 'Antiquités Grecques' de Gronovius, et mentionne ses travaux sur les républiques grecques et l'histoire de Philippe II de Macédoine. Le texte traite également de Pierre Belon, un grand voyageur, physicien, médecin et botaniste. Bien que ses compétences en géographie, antiquités et critique soient jugées insuffisantes, Belon a rédigé plusieurs ouvrages sur l'histoire naturelle des pays qu'il a visités, traduits en latin par Charles Clusius. Le texte mentionne également Pierre Gilles, maître de Belon, et ses œuvres sur le Bosphore de Thrace et Constantinople. Belon a été assassiné près de Paris en 1564 à l'âge d'environ 47 ans.
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SERVICE.
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On célébra à Versailles, le 12 Mai, dans l'Eglise Paroissiale [...]
Mots clefs :
Versailles, Église paroissiale, Louis XIII
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texteReconnaissance textuelle : SERVICE.
SERVICE.
On célébra à Verſailles , le 12 Mai , dans l'Eglife
Paroiffiale de Notre - Dame un Service
pour Louis XIII.
On célébra à Verſailles , le 12 Mai , dans l'Eglife
Paroiffiale de Notre - Dame un Service
pour Louis XIII.
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