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6001
p. 204-218
NOUVELLES d'Andrinople.
Début :
Les Lettres d'Andrinople portent que le grand Visir a esté [...]
Mots clefs :
Andrinople, Vizir, Sultan, Guerre, Moscovites, Tartares, Conspiration , Ambassadeurs, Suède, Préparatifs
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES d'Andrinople.
NOUVELLES
d'Andrinople.
LEs Lettres d'Andrinople
portent que le grand
Visir a esté déposer que
le Capitan Bacha avoir esté
mis en sa place: que le Seraskier
de Bender avoit
aussi esté déposé
,
& que
-
le Kan des Tartares estoit
arrivé à Andrinople,oùil
leavoit esté bien receu; que Roy de Suede avoit eu
une longue conference
avec le Sultan, qui faisoit
punir rigoureusement tous
ceux qui avoient eu part
à l'insulte faite à ce Prince,&
que l'on continuoit
de travailler aux préparatifs
dela guerre contre les
Moscovites.Qu'on avoit
appris par des Lettres de
Podoliequ'undétachement
des Troupes du Palatin
de Kiovie commandé
par le sieurValikows-
Ki, avoit enlevé un parti
de cavaleriePolonoise, &
qu'un corps de Tartares
avoit surpris prés de Bafilowen
UKraine,unegar-
, de avancée des Moscovites
dont une partie avoit
estétuée,&le reste emmené
prisonnier.
Celles de Constantinople
assurent les changements
arrivez à la Porte
Ottomane par la déposition
du grand Visir&d'autres
principaux Officiers,
& la Relegation du Kan
des Tartares à l'Isle de
Rhodes. Elles portentaussi
que ces changements ont,
esté faits sur le soupçon
d'une conspiration pour
déposer le GrandSeigneur;
que les queuës de Cheval
estoient toujours exposées
prés d'Andrinople, où l'arméeestoit
campée, que
les Troupes y arrivoient de
tous costez, & qu'on employoit
un grand nombre
de Bastiments pour tranfporrer
des vivres & des
munitions par la Mer noire
à Asaf& aux autres Pla-
- ces, ce qui donnoit lieu de
[croire que le Grand Sei- gneureitoittousjours dans
la resolution de faire la
, guerre aux Moscovites,
", que les Ambassadeurs du
Czar estoient tousjours au
sept Tours enfermez; mais
que les ostagesavoient eu
quelques conférences avec
les Ministres; que le Roy
de Suede estoit encore au
Serrail de Hassan Bacha
près d'Andrinople,traité
magnifiquement par ordre
du Sultan,& qu'iln'y
avoit encore rien
de
certain
sur son départ.
Les dernieres Lettres
d'Andrinople portent que
le nouveau grand Visir
Ibrahim avoit esté déposé
& eftranglé
,
qu'onesperoitqu'Yssuph
Bacha, quia
a desja possedécette Charge
seroit mis en sa place,
& qu'il avoit esté resolu de
faire conduire le Roy de
Suede dans ses Estats par
la Pologne,avec une puis
fante escorte
,
qui auroit
ordre de n'exercer aucune
hostilité contre les Moscovites,
jusquàce qu'on eust
veu quel succez auroicnc
les negociations qu'on estoit
sur le point de renouër
avec eux.
Les Lettres de Hambourg
du 23. May portent
quele Roy de Dannemarc
s'estantdesiste de les prétentions
sur Tonningen,
le Traité avoir esté signéle
16. par les Commissaires
des deux parties, & approuvé
à Tonningen par
le Comte de Stein bock.
Ce Traité est composé de
plusieurs Articles, sçavoir:
Que l'arméeSuedoise,
reduire à six mille hommes,
&environ deux mille
malades, se rendroit prisonniere
de guerre pour
estre efchangée avec les
prisonniers des Princes
Confederez, & le surplus
obligé à payerrançonconformément
au cartel.
Que tous les Généraux
& hauts Officiers conserveront
armes & bagages,
les archives, la caisse militaire,
& tout ce qui en dépend
sans estre visitez.
Que les Officiers subalternes
& les soldats auront
feulement leurs épées
leurs bagages& leurs har-
; des.
Que les canons, les armes
à feu, les chevaux des
Cavaliers des Dragons,
& ceux de l'artillerie, avec
les Drapeaux,Estendarts,
Timbales & Tambours
feront remis aux Confederez.
Que l'évacuation de la
place commencera trois
jours a près la signature du
Traité, & fera achevée
dans huit jours.
Que les Trou pes seront
conduites vers Kiell, Ec-
Kenford,&c. d'où ellesne
pourront estre transportées
qu'enSuede, se fournissant
à leurs dépens de
vivres & de Bastimens auxquels
le Roy de Dannemarc
fournira des passeports
, & une escorte de
trois Fregates sitost que les
ttrroouuppeessaauurroonntte,sfitéee'élèchhaann.-.
gées & leur rançon payée.
Que les Prisonniers faits
sur les Confederez, feront
retenus, ainsi que les Deserteurs
qui obtiendront
leur pardon en rentrant
dans leurs Regiments;
qu'on ne pourra obliger
aucun soldat ou autre des
Troupes Suedoises, à prendre
parti dans ce lles des
Confédérés.
Que les Troupes mancheront
tousjours & sejourneront
le quatriéme
jour,& qu'on fournira des
chariots à ceux qui tomberont
malades.
1 Que lesmalades qui sont
à Tonningen,seront transportez
au paysvoisin, où
ils feront traitez à leurs
dépens, &c.
Que la ville deTonningen
fera remise au Prince
administrateur deHolstein
Gottorp.
Que-leRoyde Dannemarc
retiendrale Duché
de Sleswick jusques. à la
conclusion de la Paix.
Que Sa Majesté Danoise
ne fera pas bombarder
Tonningen cette année,
qu'elle s'oblige d'exécuter
ce Traité en tous ses
points, & d'y faire consentir
les Chefsdesarmées de
ses Alliez.
La principale raison qui a engagé le Comte de
Steinbock à accepter ce
Traité avec les Confederez
,
est qu'il manquoit de
vivres, & ne voyoit aucune
apparence de secours.
Il se rendit le 20. May avec
quelquesuns de ses princi
paux Officiers au camp
desConfederez,où leRoy
de Dannemarc estoit. Il
baisa la main à Sa Majesté
& mitàses pieds son épée;
qu'elle luy rendit sur le
champ, & le retint à disner
avec les Généraux des
Confederez
,
aprés quoy
il retourna à Tonningen
pour faire executer leTraité.
Le 24. Tonningen&
les retranchements furent
entieremenc évacuez. Les
Troupes ont esté distri-,
buées en quartier dans le
Duché
Duché de Sleswich, elles
consistent en cinq cens
quatre-vingt neuf Officiers.
Six mille six cens quatrevingt
douze Cavaliers &
Fantassins, & deux mille
cinq cens quatre -vingt
cinq malades. Ils ont laissé
aux Confederez douze petites
pieces de canon de
bronze de trois livres de
,
bale, & six de fer, soixante
trois estendarts
,
soixante
sept drapeaux, huit paires
-
de timbales avec leurs
trompettes & tambours.
La pluspart feront eschangez
contre les Prisonniers
qui sont entre les mains
des Suedois, & le reste suivant
le cartel fera mis en
liberté pour la Comme de
quarante mille écus. On
écrit que les Moscovires &
les Saxons ont commence
à se mettre en marche vers
la Pomeranie.
d'Andrinople.
LEs Lettres d'Andrinople
portent que le grand
Visir a esté déposer que
le Capitan Bacha avoir esté
mis en sa place: que le Seraskier
de Bender avoit
aussi esté déposé
,
& que
-
le Kan des Tartares estoit
arrivé à Andrinople,oùil
leavoit esté bien receu; que Roy de Suede avoit eu
une longue conference
avec le Sultan, qui faisoit
punir rigoureusement tous
ceux qui avoient eu part
à l'insulte faite à ce Prince,&
que l'on continuoit
de travailler aux préparatifs
dela guerre contre les
Moscovites.Qu'on avoit
appris par des Lettres de
Podoliequ'undétachement
des Troupes du Palatin
de Kiovie commandé
par le sieurValikows-
Ki, avoit enlevé un parti
de cavaleriePolonoise, &
qu'un corps de Tartares
avoit surpris prés de Bafilowen
UKraine,unegar-
, de avancée des Moscovites
dont une partie avoit
estétuée,&le reste emmené
prisonnier.
Celles de Constantinople
assurent les changements
arrivez à la Porte
Ottomane par la déposition
du grand Visir&d'autres
principaux Officiers,
& la Relegation du Kan
des Tartares à l'Isle de
Rhodes. Elles portentaussi
que ces changements ont,
esté faits sur le soupçon
d'une conspiration pour
déposer le GrandSeigneur;
que les queuës de Cheval
estoient toujours exposées
prés d'Andrinople, où l'arméeestoit
campée, que
les Troupes y arrivoient de
tous costez, & qu'on employoit
un grand nombre
de Bastiments pour tranfporrer
des vivres & des
munitions par la Mer noire
à Asaf& aux autres Pla-
- ces, ce qui donnoit lieu de
[croire que le Grand Sei- gneureitoittousjours dans
la resolution de faire la
, guerre aux Moscovites,
", que les Ambassadeurs du
Czar estoient tousjours au
sept Tours enfermez; mais
que les ostagesavoient eu
quelques conférences avec
les Ministres; que le Roy
de Suede estoit encore au
Serrail de Hassan Bacha
près d'Andrinople,traité
magnifiquement par ordre
du Sultan,& qu'iln'y
avoit encore rien
de
certain
sur son départ.
Les dernieres Lettres
d'Andrinople portent que
le nouveau grand Visir
Ibrahim avoit esté déposé
& eftranglé
,
qu'onesperoitqu'Yssuph
Bacha, quia
a desja possedécette Charge
seroit mis en sa place,
& qu'il avoit esté resolu de
faire conduire le Roy de
Suede dans ses Estats par
la Pologne,avec une puis
fante escorte
,
qui auroit
ordre de n'exercer aucune
hostilité contre les Moscovites,
jusquàce qu'on eust
veu quel succez auroicnc
les negociations qu'on estoit
sur le point de renouër
avec eux.
Les Lettres de Hambourg
du 23. May portent
quele Roy de Dannemarc
s'estantdesiste de les prétentions
sur Tonningen,
le Traité avoir esté signéle
16. par les Commissaires
des deux parties, & approuvé
à Tonningen par
le Comte de Stein bock.
Ce Traité est composé de
plusieurs Articles, sçavoir:
Que l'arméeSuedoise,
reduire à six mille hommes,
&environ deux mille
malades, se rendroit prisonniere
de guerre pour
estre efchangée avec les
prisonniers des Princes
Confederez, & le surplus
obligé à payerrançonconformément
au cartel.
Que tous les Généraux
& hauts Officiers conserveront
armes & bagages,
les archives, la caisse militaire,
& tout ce qui en dépend
sans estre visitez.
Que les Officiers subalternes
& les soldats auront
feulement leurs épées
leurs bagages& leurs har-
; des.
Que les canons, les armes
à feu, les chevaux des
Cavaliers des Dragons,
& ceux de l'artillerie, avec
les Drapeaux,Estendarts,
Timbales & Tambours
feront remis aux Confederez.
Que l'évacuation de la
place commencera trois
jours a près la signature du
Traité, & fera achevée
dans huit jours.
Que les Trou pes seront
conduites vers Kiell, Ec-
Kenford,&c. d'où ellesne
pourront estre transportées
qu'enSuede, se fournissant
à leurs dépens de
vivres & de Bastimens auxquels
le Roy de Dannemarc
fournira des passeports
, & une escorte de
trois Fregates sitost que les
ttrroouuppeessaauurroonntte,sfitéee'élèchhaann.-.
gées & leur rançon payée.
Que les Prisonniers faits
sur les Confederez, feront
retenus, ainsi que les Deserteurs
qui obtiendront
leur pardon en rentrant
dans leurs Regiments;
qu'on ne pourra obliger
aucun soldat ou autre des
Troupes Suedoises, à prendre
parti dans ce lles des
Confédérés.
Que les Troupes mancheront
tousjours & sejourneront
le quatriéme
jour,& qu'on fournira des
chariots à ceux qui tomberont
malades.
1 Que lesmalades qui sont
à Tonningen,seront transportez
au paysvoisin, où
ils feront traitez à leurs
dépens, &c.
Que la ville deTonningen
fera remise au Prince
administrateur deHolstein
Gottorp.
Que-leRoyde Dannemarc
retiendrale Duché
de Sleswick jusques. à la
conclusion de la Paix.
Que Sa Majesté Danoise
ne fera pas bombarder
Tonningen cette année,
qu'elle s'oblige d'exécuter
ce Traité en tous ses
points, & d'y faire consentir
les Chefsdesarmées de
ses Alliez.
La principale raison qui a engagé le Comte de
Steinbock à accepter ce
Traité avec les Confederez
,
est qu'il manquoit de
vivres, & ne voyoit aucune
apparence de secours.
Il se rendit le 20. May avec
quelquesuns de ses princi
paux Officiers au camp
desConfederez,où leRoy
de Dannemarc estoit. Il
baisa la main à Sa Majesté
& mitàses pieds son épée;
qu'elle luy rendit sur le
champ, & le retint à disner
avec les Généraux des
Confederez
,
aprés quoy
il retourna à Tonningen
pour faire executer leTraité.
Le 24. Tonningen&
les retranchements furent
entieremenc évacuez. Les
Troupes ont esté distri-,
buées en quartier dans le
Duché
Duché de Sleswich, elles
consistent en cinq cens
quatre-vingt neuf Officiers.
Six mille six cens quatrevingt
douze Cavaliers &
Fantassins, & deux mille
cinq cens quatre -vingt
cinq malades. Ils ont laissé
aux Confederez douze petites
pieces de canon de
bronze de trois livres de
,
bale, & six de fer, soixante
trois estendarts
,
soixante
sept drapeaux, huit paires
-
de timbales avec leurs
trompettes & tambours.
La pluspart feront eschangez
contre les Prisonniers
qui sont entre les mains
des Suedois, & le reste suivant
le cartel fera mis en
liberté pour la Comme de
quarante mille écus. On
écrit que les Moscovires &
les Saxons ont commence
à se mettre en marche vers
la Pomeranie.
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Résumé : NOUVELLES d'Andrinople.
Les nouvelles d'Andrinople rapportent plusieurs changements politiques et militaires. Le grand Visir a été déposé et remplacé par le Capitan Bacha, tandis que le Seraskier de Bender a également été démis de ses fonctions. Le Kan des Tartares est arrivé à Andrinople et y a été bien reçu, mais a ensuite été relégué à l'île de Rhodes en raison de soupçons de conspiration contre le Sultan. Le roi de Suède a eu une longue conférence avec le Sultan, qui a puni sévèrement ceux impliqués dans l'insulte faite au prince suédois. Les préparatifs de guerre contre les Moscovites continuent, avec des troupes et des vivres acheminés vers la Mer Noire. Un détachement des troupes du Palatin de Kiovie a enlevé un parti de cavalerie polonaise, et des Tartares ont surpris une garnison moscovite en Ukraine. Les troupes continuent d'affluer à Andrinople, et les ambassadeurs du Czar restent enfermés. Le roi de Suède est toujours au Serrail de Hassan Bacha, traité magnifiquement, mais son départ n'est pas encore certain. Le nouveau grand Visir, Ibrahim, a été déposé et étranglé, et Yssuph Bacha est pressenti pour le remplacer. Il a été décidé de conduire le roi de Suède en Pologne avec une escorte puissante, sans exercer d'hostilités contre les Moscovites jusqu'à la conclusion des négociations. Les lettres de Hambourg du 23 mai rapportent que le roi de Danemark a renoncé à ses prétentions sur Tonningen, et un traité a été signé le 16 mai. Ce traité stipule que l'armée suédoise, réduite à six mille hommes et environ deux mille malades, se rendra prisonnière de guerre pour être échangée contre des prisonniers des princes confédérés. Les généraux et hauts officiers conserveront leurs armes et bagages. Les troupes seront conduites vers Kiell et Eckenford, d'où elles seront transportées en Suède. Les malades seront transportés dans un pays voisin. La ville de Tonningen sera remise au prince administrateur de Holstein-Gottorp, et le roi de Danemark retiendra le duché de Sleswick jusqu'à la conclusion de la paix. La principale raison de l'acceptation de ce traité par le comte de Steinbock est le manque de vivres et l'absence de secours. Le 24 mai, Tonningen et ses retranchements ont été entièrement évacués. Les troupes, composées de cinq cent quatre-vingt-neuf officiers, six mille six cent quatre-vingt-douze cavaliers et fantassins, et deux mille cinq cent quatre-vingt-cinq malades, ont laissé aux confédérés douze petites pièces de canon, soixante-trois étendards, soixante-sept drapeaux, et huit paires de timbales. La plupart seront échangés contre des prisonniers suédois, le reste sera libéré contre une somme de quarante mille écus. Les Moscovites et les Saxons commencent à se déplacer vers la Poméranie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6002
p. 202-219
LETTRE De Quebec, le 10. Nov. 1711.
Début :
Monsieur, Vous vous attendez sans doute à un détail exact [...]
Mots clefs :
Québec, Angleterre, Sauvages, Général, Acadie, Canada, Prisonniers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE De Quebec, le 10. Nov. 1711.
lage.
LETTRE
De Quebec, le ZO. Nov. 171Z.
-MONSIEUR,
Vous vous attendez sans
doute à un détail exact de
ce qui s'est passé dans les
^eo;ions froides de l'Ameriquequenoushabitons,
& sur tout d'être informé
à fond de lentreprife des
Anglois sur la Colonie en
effet, rien de mieux concerté
,
rien de plus mesuré quece qu avoient projette nos ennemis principalement cette année,
-
pour se rendre maîtres de
coureia nouvelle France,
'0
si le succés avoit répondu
à leurattente.
Il faut remarquer, Mt,
qu'il y
avoir dixans ou environ que les Anglois nos
voisins, aidés de ce qu'ils
appellent ici la vieille Angleterre, formoient le dessein de joindre à leurs Colonies celle du Canada
ik
sceance. qui seroit fort à leur bienCe que les François possèdent dans la
grande & vaste Isle de
Terreneuve & dans ce que
nous appelions le Canada,
qui est plus important au
Roy que l'on ne pense; Le
Perou est au Roy d'Es.
pagne une mine bien avantageuse: mais la pêche de
la Morüe sur le grand banc
l'est peut-être autant, si
l'on considere que c'est
nonseulement un fonds,
aussi-bienque les mines de
l'Amerique méridionale,
dans lequel on ne mec
rien, & dont on tire beaucoup par cette poudre si
panionnementaimée des
hommes, aumoins des Europeens. Le Roy au milieu
de la paix, par lemoyens
de la pesche des Moruëà
de Terre-neuve, entretient
un nombre considerable
de gens de Mer& de Matelots, qui dans les changemens des affaires, font
tousprests à le servir dans
les armemens de Mer;cequi est souventtrès avan- tageux. -
Cela supposé pour revenir aux grands desseins
des Anglois sur Québec &
sur lillode Montreal, c'est
à dire sélon l'usage de parler de ce pays-ci,sur le Canada d'en bas & sur celuy
d'en haut, il ne sera point
inutile, Mr, de vous remettre fous les yeux la
conduite habile &: très prudente que Mr le Marquis
de Vaudreuil Gouverneur
General de la nouvelle
France a
gardée jusqu'àpresent pour empêcher les
ennemis d'executerun def
rein qu'ils commençoient
à ébaucher.
Ce sut pour cela qu'en
1703-(jeme conrenrerai de
cette époque) M. de BeauBassin,sousles ordres deM.
le General, se mit à la tête.
d'un parti composé de Canadiens & de Sauvages
Iroquois, Abnaxis, & aurres,{e mit en marche vers
la fin de Juillet de cette
année, ôc qu'au bout d'un
mois la petite armée se
trouva au milieu de la
nouvelle Angleterre, ou
elle s'empara de plusieurs
postes.
L"a même l , année 1703. a
la fin du mois de Décembre, M. de Ronville autre
Officier Canadien emporta d'assaut laville de Diersields dans lanouvelle Angleterre.
En 1704. les Anglois
voulurent tenter le
siege
de Port-Royal, capitale
de l'Acadie, qui fait partie
de la nouvelle France. Le
ColonelChevoy,qui commandoit à la floteAngloise,
qui avoit moüillé dans la
BayeFrançoise dans le dessein de faire une descente,
fut
fut repoussé à deux attaques qu'il fit avec vigueur,
ses vaisseaux brisez & fracassez, & contraint de s'en
retourner à Baston.
-' Dans le temps que les
Anglois mettoient tout en
oeuvre pour s'emparer de
la capitale d'Acadie
,
Peter
Sehuyler Commandant
d'Orange dans la nouvelle
York
,
vint presenter six
Colliers aux Sauvages nos
Alliez, dans,l'intention de
les mettre de son parti:
maisilstinrent ferme pour
nous, & demeurerent for
,
leurs nattes.
Le Canada se trouva en
1705. plein d'Anglois que
nous avions pris en Acadie, dans la nouvelle Angleterre
,
& dans NevvYork en differens partis,
que nous avions former
Parmi ces prisonniers etoit
leMinistre de Diersields,.
place de la nouvelleAngleterre. Joseph Dudley,.
Gouverneurde Baston,Capitale de la nouvelle Anglterre, envoya à Quebec
Jean Livingston Major
y
pour négocier l'échange
avec nôtre General le
Marquis de Vaudreüil
Ce fut cette même année 1705. que les Canadiens, fous la conduite de
Mr Beaucour, Capitaine
d'un merite reconnu, également habile dans l'art de
fortifier les places, & dans
les entreprises de guerre,se
rendirent maîtres des environs du fort S. Jean, poste des plus importans que
les Anglois possedent dans
l'isle de Terre-neuve, vers l'embouchure du Fleuve
S. Laurent.
1
L'échange des Anglois
prisonniers ne put se conclure qu'en1706.
Toute la nouvelle Angleterre fut en 1707. bloquée,s'il m'est permis de
parler ainsi, par nos Sauvages alliez, les habitans
n'en osoient sortir pour
faire leur moisson.
L'entreprise de l'Acadie
ayant été remise en deliberation au Conseil de Baston, on resolut le Siége de
Port Royal. Le commandement en fut donné au
Colonel MarsH. Cette RCh
te parut dans la Baye Françoiseau commencement
de Juin.
Une expédition memorable ce fut celle de Haveril fous le commandement de M. de Rouville
& de Schaillonsaidez
des sieurs de Contrecour,
& de la Gauchetiere, elle
jetta la terreur dans Bass
ton, Haveril & dans son
voisinage;nousenlevâmes
ce porteaux Anglois
maigre leur valeur &
leur habileté.
On changea de batterie
en 1709. & au milieu des
neiges & d'un froid tel
qu'il fc fait sentir dans l'A.
merique fcptentrion,,ile.,les
Canadiens allèrent prendre le fort saint Jean.six
portes importans par la
pesche des Moruës Se
d'autres poissons que l'on
fait aux atterages de ce fort & aux bancs voisins :
auïn-côc aprés le General
NicolsonVveteche mit en
mer une flottenombreuse,
& leva une armée suffisante pour attaquerMontreal
:
mais la flote fut con-
tremandée par les Anglois
qui étoient en. Portugal
Nicholsonmarcha à la tête dessiens, prit le chemin
de Lac champlain.
Me voici àl'annee 1110.
quiest le terme de la derniere lettre que j'ay eti
l'honneur de vous addresser,je vous y ay fait voir
comment Mr le Marquis
de Vaudreuil nôtre General avoit mis les Anglois
de la nouvelle Angleterre,
ceux de la nouvelle York,
& les Sauvages leurs alliez,
en état de ne rien entre-
prendre sur nos habita
rions. C'est à la fin de 1710.
que Monsieur le Chevalier de Beaucour, Capitaine Ingenieur,fort estime dans la nouvelle France & fort habile dans
l'architecturemilitaire,
a
élevé le Fort dePontchartrain, vulgairementappellédeChambly. On ya mis
cette année, vers la fin de
Septembre, la derniere
main. C'est un puissànt
rempart contre les entreprises du côté du haut Canada..
Les
Les choses étant en cet
état, lorsque les Anglois
nos voisins, secourus de
ceux de la vieille Angleterre) ont fait les derniers
efforts pour se rendre maîtres de la nouvelle France,
en l'attaquant par en-bas,
c'est à dire en assiégeant
Quebec qui en est la Capitale.
Le Major Liumgton
Anglois, accompagnédu
Baron de Cassin François,
partirent de ce pays-là vers
la fin d'Odobre de l'année
1710. pour travailler à un
échange de prisonniers
que gardoient en Acadie
les Sauvages nos aliez:ils
ie servirent de la voye du
canot pour aller par eau,
leur petit bastiment ayant tourné, & un de leurs domestiques noyé, ils furent
obligez de continuer leur
voyage par terre, dans les
neiges & les marais à
travers les bois, ils furent
cinq jours sans trouver
d'autre nourriture que ce
qu'ils trouvoient fous les
neiges en gratant la terre.
Deux de leurs gens s'éga-
rerent en cherchant à vivre, & j'ay sçû depuis de
l'un d'eux une remarque
assez curieuse
LETTRE
De Quebec, le ZO. Nov. 171Z.
-MONSIEUR,
Vous vous attendez sans
doute à un détail exact de
ce qui s'est passé dans les
^eo;ions froides de l'Ameriquequenoushabitons,
& sur tout d'être informé
à fond de lentreprife des
Anglois sur la Colonie en
effet, rien de mieux concerté
,
rien de plus mesuré quece qu avoient projette nos ennemis principalement cette année,
-
pour se rendre maîtres de
coureia nouvelle France,
'0
si le succés avoit répondu
à leurattente.
Il faut remarquer, Mt,
qu'il y
avoir dixans ou environ que les Anglois nos
voisins, aidés de ce qu'ils
appellent ici la vieille Angleterre, formoient le dessein de joindre à leurs Colonies celle du Canada
ik
sceance. qui seroit fort à leur bienCe que les François possèdent dans la
grande & vaste Isle de
Terreneuve & dans ce que
nous appelions le Canada,
qui est plus important au
Roy que l'on ne pense; Le
Perou est au Roy d'Es.
pagne une mine bien avantageuse: mais la pêche de
la Morüe sur le grand banc
l'est peut-être autant, si
l'on considere que c'est
nonseulement un fonds,
aussi-bienque les mines de
l'Amerique méridionale,
dans lequel on ne mec
rien, & dont on tire beaucoup par cette poudre si
panionnementaimée des
hommes, aumoins des Europeens. Le Roy au milieu
de la paix, par lemoyens
de la pesche des Moruëà
de Terre-neuve, entretient
un nombre considerable
de gens de Mer& de Matelots, qui dans les changemens des affaires, font
tousprests à le servir dans
les armemens de Mer;cequi est souventtrès avan- tageux. -
Cela supposé pour revenir aux grands desseins
des Anglois sur Québec &
sur lillode Montreal, c'est
à dire sélon l'usage de parler de ce pays-ci,sur le Canada d'en bas & sur celuy
d'en haut, il ne sera point
inutile, Mr, de vous remettre fous les yeux la
conduite habile &: très prudente que Mr le Marquis
de Vaudreuil Gouverneur
General de la nouvelle
France a
gardée jusqu'àpresent pour empêcher les
ennemis d'executerun def
rein qu'ils commençoient
à ébaucher.
Ce sut pour cela qu'en
1703-(jeme conrenrerai de
cette époque) M. de BeauBassin,sousles ordres deM.
le General, se mit à la tête.
d'un parti composé de Canadiens & de Sauvages
Iroquois, Abnaxis, & aurres,{e mit en marche vers
la fin de Juillet de cette
année, ôc qu'au bout d'un
mois la petite armée se
trouva au milieu de la
nouvelle Angleterre, ou
elle s'empara de plusieurs
postes.
L"a même l , année 1703. a
la fin du mois de Décembre, M. de Ronville autre
Officier Canadien emporta d'assaut laville de Diersields dans lanouvelle Angleterre.
En 1704. les Anglois
voulurent tenter le
siege
de Port-Royal, capitale
de l'Acadie, qui fait partie
de la nouvelle France. Le
ColonelChevoy,qui commandoit à la floteAngloise,
qui avoit moüillé dans la
BayeFrançoise dans le dessein de faire une descente,
fut
fut repoussé à deux attaques qu'il fit avec vigueur,
ses vaisseaux brisez & fracassez, & contraint de s'en
retourner à Baston.
-' Dans le temps que les
Anglois mettoient tout en
oeuvre pour s'emparer de
la capitale d'Acadie
,
Peter
Sehuyler Commandant
d'Orange dans la nouvelle
York
,
vint presenter six
Colliers aux Sauvages nos
Alliez, dans,l'intention de
les mettre de son parti:
maisilstinrent ferme pour
nous, & demeurerent for
,
leurs nattes.
Le Canada se trouva en
1705. plein d'Anglois que
nous avions pris en Acadie, dans la nouvelle Angleterre
,
& dans NevvYork en differens partis,
que nous avions former
Parmi ces prisonniers etoit
leMinistre de Diersields,.
place de la nouvelleAngleterre. Joseph Dudley,.
Gouverneurde Baston,Capitale de la nouvelle Anglterre, envoya à Quebec
Jean Livingston Major
y
pour négocier l'échange
avec nôtre General le
Marquis de Vaudreüil
Ce fut cette même année 1705. que les Canadiens, fous la conduite de
Mr Beaucour, Capitaine
d'un merite reconnu, également habile dans l'art de
fortifier les places, & dans
les entreprises de guerre,se
rendirent maîtres des environs du fort S. Jean, poste des plus importans que
les Anglois possedent dans
l'isle de Terre-neuve, vers l'embouchure du Fleuve
S. Laurent.
1
L'échange des Anglois
prisonniers ne put se conclure qu'en1706.
Toute la nouvelle Angleterre fut en 1707. bloquée,s'il m'est permis de
parler ainsi, par nos Sauvages alliez, les habitans
n'en osoient sortir pour
faire leur moisson.
L'entreprise de l'Acadie
ayant été remise en deliberation au Conseil de Baston, on resolut le Siége de
Port Royal. Le commandement en fut donné au
Colonel MarsH. Cette RCh
te parut dans la Baye Françoiseau commencement
de Juin.
Une expédition memorable ce fut celle de Haveril fous le commandement de M. de Rouville
& de Schaillonsaidez
des sieurs de Contrecour,
& de la Gauchetiere, elle
jetta la terreur dans Bass
ton, Haveril & dans son
voisinage;nousenlevâmes
ce porteaux Anglois
maigre leur valeur &
leur habileté.
On changea de batterie
en 1709. & au milieu des
neiges & d'un froid tel
qu'il fc fait sentir dans l'A.
merique fcptentrion,,ile.,les
Canadiens allèrent prendre le fort saint Jean.six
portes importans par la
pesche des Moruës Se
d'autres poissons que l'on
fait aux atterages de ce fort & aux bancs voisins :
auïn-côc aprés le General
NicolsonVveteche mit en
mer une flottenombreuse,
& leva une armée suffisante pour attaquerMontreal
:
mais la flote fut con-
tremandée par les Anglois
qui étoient en. Portugal
Nicholsonmarcha à la tête dessiens, prit le chemin
de Lac champlain.
Me voici àl'annee 1110.
quiest le terme de la derniere lettre que j'ay eti
l'honneur de vous addresser,je vous y ay fait voir
comment Mr le Marquis
de Vaudreuil nôtre General avoit mis les Anglois
de la nouvelle Angleterre,
ceux de la nouvelle York,
& les Sauvages leurs alliez,
en état de ne rien entre-
prendre sur nos habita
rions. C'est à la fin de 1710.
que Monsieur le Chevalier de Beaucour, Capitaine Ingenieur,fort estime dans la nouvelle France & fort habile dans
l'architecturemilitaire,
a
élevé le Fort dePontchartrain, vulgairementappellédeChambly. On ya mis
cette année, vers la fin de
Septembre, la derniere
main. C'est un puissànt
rempart contre les entreprises du côté du haut Canada..
Les
Les choses étant en cet
état, lorsque les Anglois
nos voisins, secourus de
ceux de la vieille Angleterre) ont fait les derniers
efforts pour se rendre maîtres de la nouvelle France,
en l'attaquant par en-bas,
c'est à dire en assiégeant
Quebec qui en est la Capitale.
Le Major Liumgton
Anglois, accompagnédu
Baron de Cassin François,
partirent de ce pays-là vers
la fin d'Odobre de l'année
1710. pour travailler à un
échange de prisonniers
que gardoient en Acadie
les Sauvages nos aliez:ils
ie servirent de la voye du
canot pour aller par eau,
leur petit bastiment ayant tourné, & un de leurs domestiques noyé, ils furent
obligez de continuer leur
voyage par terre, dans les
neiges & les marais à
travers les bois, ils furent
cinq jours sans trouver
d'autre nourriture que ce
qu'ils trouvoient fous les
neiges en gratant la terre.
Deux de leurs gens s'éga-
rerent en cherchant à vivre, & j'ay sçû depuis de
l'un d'eux une remarque
assez curieuse
Fermer
Résumé : LETTRE De Quebec, le 10. Nov. 1711.
La lettre datée du 20 novembre 1712 relate les tensions et les conflits entre les Français et les Anglais en Amérique du Nord. Les Anglais, soutenus par la 'vieille Angleterre,' visaient à s'emparer des colonies françaises, notamment le Canada et Terre-Neuve, en raison de l'importance économique de la pêche à la morue. Le gouverneur général de la Nouvelle-France, le Marquis de Vaudreuil, a adopté une conduite prudente pour contrer ces menaces. En 1703, des expéditions françaises ont capturé plusieurs postes en Nouvelle-Angleterre. L'année suivante, les Anglais ont tenté de prendre Port-Royal en Acadie, mais ont été repoussés. En 1705, des prisonniers anglais ont été échangés, et les Canadiens ont pris des postes importants à Terre-Neuve. En 1707, les alliés autochtones des Français ont bloqué la Nouvelle-Angleterre. Des expéditions françaises ont également semé la terreur dans les colonies anglaises. En 1709, malgré les conditions hivernales rigoureuses, les Canadiens ont pris le fort Saint-Jean. En 1710, le Chevalier de Beaucour a construit le fort de Pontchartrain, un rempart contre les attaques venues du haut Canada. La lettre se termine par le récit d'une mission de deux hommes, un Anglais et un Français, qui ont dû traverser des conditions difficiles pour négocier un échange de prisonniers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6003
p. 190-210
Prise de Sainte Maure, avec des remarques curieuses sur l'Isle de ce nom, & sur sa situation, [titre d'après la table]
Début :
Je viens à la prise de Sainte Maure, dont le Siége fut [...]
Mots clefs :
Place, Maure, Sainte-Maure, Armée, Troupe, Canon, Ville, Malte, Grèce, Corfou, Côte, Pape, Rocher, Sappho
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prise de Sainte Maure, avec des remarques curieuses sur l'Isle de ce nom, & sur sa situation, [titre d'après la table]
Je viens à la prilè de Sainte
Maure, dont le Siége fut
formé le23. de Juillet par
l'Armée Vénitienne,& parles
Troupes Confédérées du
Pape, du Grand Duc de ToL
cane, ôc de la Religionde
Malthe, fous le commandetment
de Mr Morosini, Procurateur
de Saint Marc, &-.
Genéralissime de l'Armée.
LIsle de Sainte Maure estoit
autrefois attachée au continent
de la Grece, qui la
compte pour une de ses Isles
Occidentales, comme elle
met au nombre des Orienta.
les celles de l'Archipel. En
effet, toute la largeur de la
Grece prise de l'Orient à l'Occident
,
séparel'Archipel de
Sainte Maure. Elle estoit conf
nuë dans l'Antiquité tous le
nom de Leucade, & saisoit
une partie du. Royaume d'Ulisse;
auuieit elle fort proche
d'Ithaque, où ce Prince &
sa Femme Pénélope résidoient.
Une Rocher de cette
Isle elloit autrefois le refuge
,
où l'on voyoit accourir
en foule tous les Amans infortunez
de la Grece, qui,
croyoient appaiser en ce lieulà.,
la violence de leurs transports
amoureux, en sautant.
du sommet de ce Rocher..
On tient que la fameuse Sapho
quiacompose tant d'excellens.
cellens Poëmes
,
donna l'exempled
e sauter en bas, lors
qu'elle eut appris l'infidélité
de son Amant Phaon. D'autres
attribuent à Cephale, le
premier essay d'un remede si
extraordinaire. Ce Rocher
auroitesté un grand ornement
dans la Carte de Tendre.
Mais pour ne parler que
de Sainte Maure, il est certain
que cette Place a totU
jours paru très-importante.
Elle touche presqueà l'Epire,
ôc est prés de la Morée,à l'entrée
du Golphe de Lépante,
(
où se donna en 1571. cette fameufeBataillejquiacquit
tant
de gloire à l'Armée Chrétienne,&
à Dom Juan d'Austriche
qui la commandoit. La
Ville de Sainte Maure futréduite
en 1502.. fous l'obeissance
desVénitiés par Bencdetto
Pesaro. Ce Général y estant
venuavec le secours de quelquesVaisseaux
du Pape,de
Loüis XII. Roy de France, &
des Rhodiens, fit la décente
avec une partie de l'Armée,
& s'estant rendu le maisrte
du Pont, après un combat
opiniaitré, dans lequel quantité
de Turcs demeurèrent
sur la place, il força la Ville à
se soûmettre;mais l'accommodement
s'estant fait quelque
temps après entre Bajazet
11.& la République,par la
médiation du BassaAchmet,
il fut arresté
,
qu'on restitueroit
au Turc line de Sainte
Maure, & elle luy fut d'autant
plus volontiers accordée,
que celle de Céfalonic demeuroit
aux Vénitiens. La
1
Ligue qu'ils ont faite depuis
peu avec l'Empereur ôc le
: Roy de Pologne, contre cet
OEnnemy commun de la
Chrétienté, les autorisant à
luydéclarer la guerre, ils Il
folurent d'aller attaquer Sazi
te Maure, après que Mr MM
rofini leur Genéralissime ce
tenu conseil à Corfou le
de Juillet avec les Chefs d'ICJ
cadres, ôc les Principaux
Officiers de l'Arméeauxils
res. Mais avant que de voo
entretenir de cette expéco
tion
,
il faut vous apprenchi
l'état des Bâtimens de MM.
de toutes les Puissances, qp
font entrées dans leurs inrests,
leur nombre) & lordbi
de Bataillequiestoit résolu 01
cas qu'on eust estéobligé
combatre les forces maritimes
du Grand Seigneur. Je
vous envoye cet ordre de Bataille
,
àz la manière qu'il a
esté dressé à Corfou , & que
je l'ay receu de Vénise. La
Langue Italienne vous est familiére
ainsi je n'av rien à
vous expliquer.
L'attaque de Sainte Maure
ayant estéarrestée dans le
Conseil tenu à Corfou, où se
trouverent le Provéditeur
Genéral Cornaro, les Chefs
des Escadres du Pape, du
Grand Ducde Toscane
,
de
la Religion de Malthe
,
le;
Genéral Strafoldo, & les autres
Officiers, MrMorosini
sir faire la revûë de toutes les
Troupes que l'on avoit deftinées
au débarquement.
Deux Bataillons de six cens
Hommes chacun,l'un des
Troupes du Pape, & l'autre
de celles de Malthe,passerent
en revûë avec huit mille
Hommes des autres Troupes.
La premiereLigne de
ce dernier Bataillon avoit
quel quechose de bien éclatant,
puis qu'elleestoit conv*
posée de cent Chevaliers, revétus
de leurs Cottes d'Armes
de Satin rouge, avec la
Croix blanche de la Religion.
L'Arméeayant misa.
la voile le 19 de Juillet, arriva
heureusement le lendemain
hors la portée du Canon
de Sainte Maure, où elle
moüilla. Cette Ville effc
surune langue de Terre du
costé du Levanr, & un Aque
duc de trois cens soixante
Arcades en forme de Pot, large
seulemet de trois ouquatre
pieds, la joint au Continent
du costé duSeptentrion. Un
Pont de bois partagé en trois
luy fournit aussi un passage
au Continent du costé du Levant
& du Couchant. Elle a
une Peninsule assez longue,
dont la teste porte le nom de
la pointe de Saint Jean. La
Mer environne tout le reste.
La Forteresse est un Pentagone
irrégulier, dont de
grosses Tours flanquent tous
les Angles. Deux autres.
Tours qui sont au tiers de la
Courtine des deux costez,
fortifient encore la plus grande
face, qui estcelle du Couchant.
La Flote estant entrée
dans le Port de Démata,
qui est au Levant de la Place,
&: qui peut tenir un grand
nombre deVaisseaux
, on fit
le débarquement. Mr Morofini
décendit aussi à terre,
où il visita tous les Postes,
que l'on avoit reconnus, ôc.
un logement qu'avoit fait
le CapitaineManetta dans un
lieu nommé Chiebe, dont il
s'estoit rendu maistre.C'estoit;
laMaison deplaisance du Fils
de l'Aga. Cependant il ne
voulut point faire tirer le Canon,
qu'il n'eust envoyé sommer
le Commandant de Iz
Place. Illuy écrivit lesjustes.
sujets qu'avoit eus la République,
d'assemblerune puisfancc
Armée, aprés que les
Turcs avoientrompu la Paix
en donnant retraite aux
Corsaires de Barbarie,ôc en
exerçant des hostilitez contre
les Sujets de l'Etat Vénitien.
Le Commandant s'étant
contenté de luy répondre,
que Dieu puniroitlaRépubliqueduprétexte
qu'elle
• prenoit de déclarer la guerre
au GrandSeigneur,onarbora
lePavillon de la Genérale,
&les Galeres &les Galeasses
commencèrent a canonner
la Forceresse. Plus de douze
cens coups de Canonqui furreennttttiirreezze,
liednodommmmaaçglecrrecnlltt
beaucoup les Maisons & les'
Fortifications
,
& ruinerent
une Mosquée. Il y eutua
feu continuel de l'Artillerie
-
des Turcs. Il-nempdchâpas
pourtant les Troupes du Pape,
ôc celles de Malthe & de
Toscane
,
de s'avancer fore
présde la Place, & de se loger
dans les Fauxbourgs. Ils
le firent sans obitacle
,
les.
Ennemis nrayant osé hazarderaucuneSortie.
Ustache-"
rent feulement en continuant
un grand feu d'Artilkrie,
de retarder le travail des
Assiégeans, quin'oubliaient
rien pour mettre leur Canon
en baterie
y
mais tous ces
efforts des Assiégez furent
inutiles. Les Bateries commencerent
à tirer avec un
fort grand succés fous les ordres
du Seigneur Lorcnzo
Venier.Elles endommagerent
fort les murailles de la
Place, & les Bombes que l'on
jetta en quantité dans la Ville
, y causerent un très-grand
desordre. Le premier jour
d'Aoust ces mesmes Batteries
raserent entièrement le
Boulevard; &: la Bréche qui
estoit déjà considérable
, fut
augmentée. Elles démonterent
quatre Pieces de Canon
des Ennemis, & les Bombes
mirent le feu en plusieurs endroits
de la Ville, les Travaux
seftant avancez à la faveur
du feu continuel du Canon
& des Mortiers, les Assiégeans
commencèrent à
combler le Fossé avec des
Fascines & des Sacs à terre.
Enfin, le Dimanche 6.
jour d'Aoust,aprés que le feu
eut continué jusqu'au soir de
part & d'autre, les Turcs éleverent
un Drapeau blanc sur
leurs Murailles, pour faire
connoistre qu'ils vouloient
capituler. Ilsenvoyerentà
une heure de nuit trois Députez
à MrMorosini, pour
luy dire qu'ils estoient prests
de rendre la Place, pourvû
qu'on leur accordait une Capitulation
honorable. Ils de- ,
mandoient permission -de
sortir avec tous leurs biens,
& on leur donna seulement
la liberté de se retirer avec
leurs Familles, & d'emporter
tout ce qu'ils pourroient porter
sureux. Les Ostagesfurent
envoyez le lendemain,
& on mit en liberté tous les
Esclaves que l'on trouva dans
la Place, à condition qu'ils
serviroient pendant un ansur
lesVaisseaux
, ou sur les Galéres
de la République, en
qualité de Mariniers& de Soldats.
LaGarnison sortitvers
le soir par la Porte du Couchant.
Elle estoit de septcens
Hommes, qui avoient leSabre
& le Mousquet. Les Bâtimens
où ils furent embarquez,
les conduisirent à terre
au delà du Bras de Mer.
En mesme temps les Troupes
Vénitiennes entrerent
dans la Ville par la Bréche.
Le Butin que les Soldats y
ont fait a elle considérable.
On trouva quantité de Provisions
dans la Place,& quatre-
vingtsPiéces de Canon.
Les Vénitiens n'ont perdu
que deux cens Hommes à ce
Siége. MrJoüyFrançois, Sergent
Major de Bataille
,
Ôc
Colonel d'un Régiment Allemand,
y fut blesséà la cuisse,
& eut le bras percéd'une
mousquetade.MrMorosini
fitaussitost benir la principale
Mosquée,&le Te Deum y
futchanté. Elle a esté dédiée
fous le nom de San Salvator,à
cause que les Turcs avoient
élevé le Drapeau blanc le 6.
d'Aoust , jour de la Transfiguration
de NostreSeigneur
Il fit bénir une autre Mos.
quée que l'on dédia à Saint
Gaëtan , dont on célebroit.
la Feste le jour quelesTroupes
entrerent dans la Place-
Il en a donné le Commandement
au Seigneur Lorenzo
Vénier Noble Vénitien,&de
la Famille de Mr l'Ambaffa.:.
deur de Vénise, qui est à présent
à la Cour de France.
Tous ceux de ce nom ont
rendu de grands services à la
République. SebastienVénier
estoit Chef de l'Armée
Vénitienne, lors que celle de
Selim fut entièrement défaite
le jour qu'on donna la Bataille
de Lépante.
Maure, dont le Siége fut
formé le23. de Juillet par
l'Armée Vénitienne,& parles
Troupes Confédérées du
Pape, du Grand Duc de ToL
cane, ôc de la Religionde
Malthe, fous le commandetment
de Mr Morosini, Procurateur
de Saint Marc, &-.
Genéralissime de l'Armée.
LIsle de Sainte Maure estoit
autrefois attachée au continent
de la Grece, qui la
compte pour une de ses Isles
Occidentales, comme elle
met au nombre des Orienta.
les celles de l'Archipel. En
effet, toute la largeur de la
Grece prise de l'Orient à l'Occident
,
séparel'Archipel de
Sainte Maure. Elle estoit conf
nuë dans l'Antiquité tous le
nom de Leucade, & saisoit
une partie du. Royaume d'Ulisse;
auuieit elle fort proche
d'Ithaque, où ce Prince &
sa Femme Pénélope résidoient.
Une Rocher de cette
Isle elloit autrefois le refuge
,
où l'on voyoit accourir
en foule tous les Amans infortunez
de la Grece, qui,
croyoient appaiser en ce lieulà.,
la violence de leurs transports
amoureux, en sautant.
du sommet de ce Rocher..
On tient que la fameuse Sapho
quiacompose tant d'excellens.
cellens Poëmes
,
donna l'exempled
e sauter en bas, lors
qu'elle eut appris l'infidélité
de son Amant Phaon. D'autres
attribuent à Cephale, le
premier essay d'un remede si
extraordinaire. Ce Rocher
auroitesté un grand ornement
dans la Carte de Tendre.
Mais pour ne parler que
de Sainte Maure, il est certain
que cette Place a totU
jours paru très-importante.
Elle touche presqueà l'Epire,
ôc est prés de la Morée,à l'entrée
du Golphe de Lépante,
(
où se donna en 1571. cette fameufeBataillejquiacquit
tant
de gloire à l'Armée Chrétienne,&
à Dom Juan d'Austriche
qui la commandoit. La
Ville de Sainte Maure futréduite
en 1502.. fous l'obeissance
desVénitiés par Bencdetto
Pesaro. Ce Général y estant
venuavec le secours de quelquesVaisseaux
du Pape,de
Loüis XII. Roy de France, &
des Rhodiens, fit la décente
avec une partie de l'Armée,
& s'estant rendu le maisrte
du Pont, après un combat
opiniaitré, dans lequel quantité
de Turcs demeurèrent
sur la place, il força la Ville à
se soûmettre;mais l'accommodement
s'estant fait quelque
temps après entre Bajazet
11.& la République,par la
médiation du BassaAchmet,
il fut arresté
,
qu'on restitueroit
au Turc line de Sainte
Maure, & elle luy fut d'autant
plus volontiers accordée,
que celle de Céfalonic demeuroit
aux Vénitiens. La
1
Ligue qu'ils ont faite depuis
peu avec l'Empereur ôc le
: Roy de Pologne, contre cet
OEnnemy commun de la
Chrétienté, les autorisant à
luydéclarer la guerre, ils Il
folurent d'aller attaquer Sazi
te Maure, après que Mr MM
rofini leur Genéralissime ce
tenu conseil à Corfou le
de Juillet avec les Chefs d'ICJ
cadres, ôc les Principaux
Officiers de l'Arméeauxils
res. Mais avant que de voo
entretenir de cette expéco
tion
,
il faut vous apprenchi
l'état des Bâtimens de MM.
de toutes les Puissances, qp
font entrées dans leurs inrests,
leur nombre) & lordbi
de Bataillequiestoit résolu 01
cas qu'on eust estéobligé
combatre les forces maritimes
du Grand Seigneur. Je
vous envoye cet ordre de Bataille
,
àz la manière qu'il a
esté dressé à Corfou , & que
je l'ay receu de Vénise. La
Langue Italienne vous est familiére
ainsi je n'av rien à
vous expliquer.
L'attaque de Sainte Maure
ayant estéarrestée dans le
Conseil tenu à Corfou, où se
trouverent le Provéditeur
Genéral Cornaro, les Chefs
des Escadres du Pape, du
Grand Ducde Toscane
,
de
la Religion de Malthe
,
le;
Genéral Strafoldo, & les autres
Officiers, MrMorosini
sir faire la revûë de toutes les
Troupes que l'on avoit deftinées
au débarquement.
Deux Bataillons de six cens
Hommes chacun,l'un des
Troupes du Pape, & l'autre
de celles de Malthe,passerent
en revûë avec huit mille
Hommes des autres Troupes.
La premiereLigne de
ce dernier Bataillon avoit
quel quechose de bien éclatant,
puis qu'elleestoit conv*
posée de cent Chevaliers, revétus
de leurs Cottes d'Armes
de Satin rouge, avec la
Croix blanche de la Religion.
L'Arméeayant misa.
la voile le 19 de Juillet, arriva
heureusement le lendemain
hors la portée du Canon
de Sainte Maure, où elle
moüilla. Cette Ville effc
surune langue de Terre du
costé du Levanr, & un Aque
duc de trois cens soixante
Arcades en forme de Pot, large
seulemet de trois ouquatre
pieds, la joint au Continent
du costé duSeptentrion. Un
Pont de bois partagé en trois
luy fournit aussi un passage
au Continent du costé du Levant
& du Couchant. Elle a
une Peninsule assez longue,
dont la teste porte le nom de
la pointe de Saint Jean. La
Mer environne tout le reste.
La Forteresse est un Pentagone
irrégulier, dont de
grosses Tours flanquent tous
les Angles. Deux autres.
Tours qui sont au tiers de la
Courtine des deux costez,
fortifient encore la plus grande
face, qui estcelle du Couchant.
La Flote estant entrée
dans le Port de Démata,
qui est au Levant de la Place,
&: qui peut tenir un grand
nombre deVaisseaux
, on fit
le débarquement. Mr Morofini
décendit aussi à terre,
où il visita tous les Postes,
que l'on avoit reconnus, ôc.
un logement qu'avoit fait
le CapitaineManetta dans un
lieu nommé Chiebe, dont il
s'estoit rendu maistre.C'estoit;
laMaison deplaisance du Fils
de l'Aga. Cependant il ne
voulut point faire tirer le Canon,
qu'il n'eust envoyé sommer
le Commandant de Iz
Place. Illuy écrivit lesjustes.
sujets qu'avoit eus la République,
d'assemblerune puisfancc
Armée, aprés que les
Turcs avoientrompu la Paix
en donnant retraite aux
Corsaires de Barbarie,ôc en
exerçant des hostilitez contre
les Sujets de l'Etat Vénitien.
Le Commandant s'étant
contenté de luy répondre,
que Dieu puniroitlaRépubliqueduprétexte
qu'elle
• prenoit de déclarer la guerre
au GrandSeigneur,onarbora
lePavillon de la Genérale,
&les Galeres &les Galeasses
commencèrent a canonner
la Forceresse. Plus de douze
cens coups de Canonqui furreennttttiirreezze,
liednodommmmaaçglecrrecnlltt
beaucoup les Maisons & les'
Fortifications
,
& ruinerent
une Mosquée. Il y eutua
feu continuel de l'Artillerie
-
des Turcs. Il-nempdchâpas
pourtant les Troupes du Pape,
ôc celles de Malthe & de
Toscane
,
de s'avancer fore
présde la Place, & de se loger
dans les Fauxbourgs. Ils
le firent sans obitacle
,
les.
Ennemis nrayant osé hazarderaucuneSortie.
Ustache-"
rent feulement en continuant
un grand feu d'Artilkrie,
de retarder le travail des
Assiégeans, quin'oubliaient
rien pour mettre leur Canon
en baterie
y
mais tous ces
efforts des Assiégez furent
inutiles. Les Bateries commencerent
à tirer avec un
fort grand succés fous les ordres
du Seigneur Lorcnzo
Venier.Elles endommagerent
fort les murailles de la
Place, & les Bombes que l'on
jetta en quantité dans la Ville
, y causerent un très-grand
desordre. Le premier jour
d'Aoust ces mesmes Batteries
raserent entièrement le
Boulevard; &: la Bréche qui
estoit déjà considérable
, fut
augmentée. Elles démonterent
quatre Pieces de Canon
des Ennemis, & les Bombes
mirent le feu en plusieurs endroits
de la Ville, les Travaux
seftant avancez à la faveur
du feu continuel du Canon
& des Mortiers, les Assiégeans
commencèrent à
combler le Fossé avec des
Fascines & des Sacs à terre.
Enfin, le Dimanche 6.
jour d'Aoust,aprés que le feu
eut continué jusqu'au soir de
part & d'autre, les Turcs éleverent
un Drapeau blanc sur
leurs Murailles, pour faire
connoistre qu'ils vouloient
capituler. Ilsenvoyerentà
une heure de nuit trois Députez
à MrMorosini, pour
luy dire qu'ils estoient prests
de rendre la Place, pourvû
qu'on leur accordait une Capitulation
honorable. Ils de- ,
mandoient permission -de
sortir avec tous leurs biens,
& on leur donna seulement
la liberté de se retirer avec
leurs Familles, & d'emporter
tout ce qu'ils pourroient porter
sureux. Les Ostagesfurent
envoyez le lendemain,
& on mit en liberté tous les
Esclaves que l'on trouva dans
la Place, à condition qu'ils
serviroient pendant un ansur
lesVaisseaux
, ou sur les Galéres
de la République, en
qualité de Mariniers& de Soldats.
LaGarnison sortitvers
le soir par la Porte du Couchant.
Elle estoit de septcens
Hommes, qui avoient leSabre
& le Mousquet. Les Bâtimens
où ils furent embarquez,
les conduisirent à terre
au delà du Bras de Mer.
En mesme temps les Troupes
Vénitiennes entrerent
dans la Ville par la Bréche.
Le Butin que les Soldats y
ont fait a elle considérable.
On trouva quantité de Provisions
dans la Place,& quatre-
vingtsPiéces de Canon.
Les Vénitiens n'ont perdu
que deux cens Hommes à ce
Siége. MrJoüyFrançois, Sergent
Major de Bataille
,
Ôc
Colonel d'un Régiment Allemand,
y fut blesséà la cuisse,
& eut le bras percéd'une
mousquetade.MrMorosini
fitaussitost benir la principale
Mosquée,&le Te Deum y
futchanté. Elle a esté dédiée
fous le nom de San Salvator,à
cause que les Turcs avoient
élevé le Drapeau blanc le 6.
d'Aoust , jour de la Transfiguration
de NostreSeigneur
Il fit bénir une autre Mos.
quée que l'on dédia à Saint
Gaëtan , dont on célebroit.
la Feste le jour quelesTroupes
entrerent dans la Place-
Il en a donné le Commandement
au Seigneur Lorenzo
Vénier Noble Vénitien,&de
la Famille de Mr l'Ambaffa.:.
deur de Vénise, qui est à présent
à la Cour de France.
Tous ceux de ce nom ont
rendu de grands services à la
République. SebastienVénier
estoit Chef de l'Armée
Vénitienne, lors que celle de
Selim fut entièrement défaite
le jour qu'on donna la Bataille
de Lépante.
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6004
p. 206-230
Histoire singuliere. [titre d'après la table]
Début :
Mendoce, jadis Prince de Murcie, tres-aimable Cavalier, grand, bienfait, Heros [...]
Mots clefs :
Amour, Princesse, Prince, Temps, Comtesse, Chambre, Homme, Bains, Amoureux, Eaux, Charmes, Histoire, Duc de Savoie, Comtesse de Savoie
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texteReconnaissance textuelle : Histoire singuliere. [titre d'après la table]
Mendoce , jadis Prince de
Murcie, très-aimable Cavalier,
grand, bienfait, Heros
même tout d'un coup, s'il en
fut jamais, devint un beau
matin amoureux de la Comteue
de Savoyc, l*iinuffc,diton
, d'une merveillcule beauté.
Voicy comme lachose
arriva.
LaComreire de Savoye fut
un jour obligée,je ne sçay
pour quelleindisposition
,
de
sortir de son Pays, pour aller
prendre les bains dans le
Royaume de Murcie;les eaux
de cette contrée pàssoient en
ce temps là pour d'excellentes
eaux. Avec un équipage proportionné
à sonrang & à sa
miflance,elle arriva enfin aux
lieux où se prennoient ces
bains, alors si fameux en Europe.
Elle s'y baigna tant &
plus, suivantl'ordonnance de
ses Medecins.
Si ces charmes avoient pû
recevoir que!que nouveléclat
de ces eaux favorables,oncûc
dirqu'elle em bellissoit tous les
jours à veuë dce;I ; mais elle
écoit parfaite,& lanatureétoit
la dupe des graces quelle luy
vouloit faire.
Tous les endroits où l'on
prend des eaux minerales se
ressemblentassez. On y boità
outrance,& l'on se promene
de même
, pour l'évacuation
desditeseaux, Les promenades
de
de ces lieuxoù l'on se rend ordinairement
avec l'aurore,
sont, sije ne me trompe ,
des
bois charmants, coupez de
millesentiers,arrosez de mille
ruisseaux, animez du doux
chant de mille oyseaux
,
des
antres frais, de sombres retraites
y fervent d'asyle aux Amants.
La liberté, les plaisirs
tranquilles, les soupirs reciproques
,
sont les hôtes aimables
de ces paisiblesdemeures.
Un matin, si l'Histoire dit
vray
, comme je n'en doute
nullement, la Comtesse de Savoye,
aprèsavoirprodigieusement
bû
,
grimpa, appuyée sur
le bras d'une de ses femmes.,
de colline en colline, ( non
pourtant sans s'arrêter de
temps en temps, pour raison )
lasse enfin du penible voyage
quelle venoir de faire, elle entra
dans un bosquet qui s'offrit
à ses yeux, une fontaine
qui sortoit du fond d'une grotte
ornéedesiegce>s de gazon pour la commodité des beuveurs,
attira ses regards; elle
fut à l'instant s'y reposer. Nul
morrel nes'étaitavisé de tout
ce jour de porter ses pas en cec
endroit.Lemurmurede l eau,
la fraicheur de cette grotte1invitèrent
au sommeil ,aussi n'en
fit-elle pas à deux fois, elle
s'endormit. Sa femme de
chambre de son côté en fitautant.
Des douceurs du repos quand
-vousgoûtez les charmes,
Belles
,
qui de l'amour meprifî^
l*appareil,
CraigneKqu'il ne vous force à
lajy rendre les armes
Al'instant de vôtre reveil.
Le Prince de Murcie à qui
la Renomméeavoit déjàvanté
les appas de la Comtesse de
Savoye
,
longtemps même
avant qu'elle eût mis le pied
dans ses Etats, en étoit à la
premiere entreveuë devenu
éperduement amoureux. Illavoic
suivi aux eaux, illuy avoic
parlé cent fois, & cent fois
il avoir estétenté de l'entretenir
du pouvoirsouverain de
de ses charmes;mais la fierté,
la vertu de sa Déesse, & la
crainte de l'offenser, avoient
modéré toûjours les impétueux
mouvements de son
amour. Enfin ne pouvant
plusgarder son secret,Il s'étoit
déterminé à le luy dé- -
clarer
,
quelque malheur redoutablequ'il
pût luy en arriver,
le jour mesme que le hazardlaconduisit
dans laGrotte
dont je viens de vous faire
en peu de mots une de seription
assezfidèle.
L'amour guide toûjours les
amans sur les traces de leurs
maîtresses
, & Mendoce est
trop amoureux pour ne pas
suivre les pas du bel objet qui
l'enflame. En effet, il arrive
bientost par un petit defilé
auprès de la fontaineoù repose
sa divine Princene. Il fc
jette à ses genoux, son silence
ses regards, ses soupirs,font
les muets interprètes de son
amour, ses yeux arrosent ses
belles mains de ses brûlantes
larmes. Il tremble cependant
que sa divinité ne s' e
ffraye à
son réveil de l'excés de son
audace; mais il se rasseure, &
se flatte de lavanger à l'infline
par sa mort, de l'injure que
luy fait si passion, si ses feux
malheureux font rejettez.
Un Loup monstrueux
, un
horrible Sanglier, ou quelque
Ours sauvage viendroient icy
à merveille pour éveiller la
Princesse, & pour exercer la valeur
de Mendocc ; mais je ns
veux pasensanglanter laScêne,
j j'aim: mieux vous dire fimplcment
qu'il y avoir si longtemps
qu'elle dormoit d'un
doux & profond sommeil,qu'
xlle se reveilla toute feule.Dieu ait comme alors elle fitlasâchée
de voir ce Prince temeraire
à ses pieds. Quemeveut,
luy dit elle,d'unair terrible,cc
mortel audacieux.Ah!Princesse,
luy réponditil, avant de
luy laisser le temps d'achever
les reproches
,
jeneveux plus
deformais que mourir à vos
veux. Vousconnoissez mon
amour, cet wour, tout refpectueux
qu'il eil:
, vous outrage.
C'en est fait, il faut que
je meure. De quel droit
,
luy
dit-elle
,
Prince, si vous m'avez
consacré vôtre vie, voulez-
vousentreprendre sur des
jours qui m'appartiennent. Vivez
,
je vous l'ordonne; mais
gardezvous de me parler jamais
de l'amour dont vous
biulez pour moy. Ils ajourerent
à cela une infinité d'autres
propos que l'Auteur de la presente
Histoire n'a, dit on, eu
garde d'oublier.Cependant on
ajoûte que l'amour de Men-
, doce fit bientôtl'entretien do,"
tout!
out le.monde. La Princesse
enfut inconsolable,elle s'en
plaignitauPrince de Murcie
quien fut aussifâché qu'elle.
Mais à la fin ennuyée de voir
quecesbeauxdiscoursne sinissoient
pas,qu'onluy donnoit
de fort plai sants noms
& que les rieurs ne cessoient de
rireàses dépens, elle prit le
partide retourner incognito
dans son Pays. Les adieux de
ces aamanan[tss lsoonnttàà Dm1o0nn ggrreé
trop touchants. pour n'estre
pas supprimez: le détail de
cequis'y passa est incomparablementplus
joli dans lcxecution
que dansla narration.
D'ailleurs cc la appartientà
THistorien de qui je ne veux
pas icy usurper les droits. Je
mecontenteray devousdire
qu'elle interrompit brusquement
ses bains,qu'elle partit
comme un éclair, quelletraversa
hegreusementmonts&
vaux ,
qu'elle eût peut eilie
en chemin quelques petites
avantures approchantes de
celles de lafiancée duRoyde
Garbe J& qu'enfin elle arriva
en bonne santé chez son pere,
où elle fut receuë comme l'Enfant Prodigue.SonMary i
(j'avois oublié de vous dire
qu'clle en avoit un) la retrouva
plusbelle que jamais, il fit
des Tournois, des Fêtes de
des Cadeaux en son honneur
& gloire. Au milieu deces
bombances le premier MiniCtre
duDuc de Savoye devint
amoureux d'elle, cebon homme
tourna longtemps autour
du pot avant de luy declarer
son douloureux martyre; à la fin pourtant il en vint là.
LaComtesse n'eût pas plutost
entendu ses impertinances;
qu'elle le traita d'effronté,
d'impudent, de vieux fou
clic ajoûta même en pleurant
qu'elle s'en plaindroità son
pere &à son époux. Le vieux
matois luy demanda pardon,
& la fuppliade n'en rien dire:
le moins d'éclat qu'on peut faire
en pareil cas est, luy dit-il,
toûjours le meilleur. Tant y a
qu'il luy persuada d'étouffer
cette avanture dans un profond
silence
, ce qu'elle fit
dont malluy avint.
Ce Ministre bar bare pour
fc vanger du mépris qu'elle
avoit fait de son amour, suborna
un jeune homme, à
quiildit que la Princesseétoit
éperduement amoureuse de
luy,qu'elle l'avoit fait,enfondant
en larmes,leconfident
de cette malheureuse passion,
qu'il avoitmistout en usage
pour luy remontrer. son devoir,
(es engigements ,
le
mépris qu'ellefalloir de sa pudeur
,& les périls évidens ausquels
elle s'exposoit en se livrant
aux flames dont elle étoit
dévorée mais que Ces remontrances
n'ayant pûrien sur son
coeur )
la pitié qu'il avoir de
l'étatmiserable où illa voïoir,
l'avoit porté à luy offrir le
remede à son tourment,qu'il
croyoit qu'ilne rcfuferoit pas
de soulager cette infortunée
Princesse, que la nuit suivante ill'introduiroit dans sa chambre,
par une porte inconnuë
à tout le monde,& qu'avant
le retour du jour il auroit foin
de le mettre en liberté.
Le jeune homme donna dans
le pancau ,
& le laissa en effet
introduire au milieu de la nuit,
dans la chambre de laPrincefie,
oùiln'eût pasresté un quart
d'heure, que le vieillard y
conduific son époux & son
pere:aussitost grande rumeur
dans le Palais, le jeune homm
voulant se sauver„ fat
massacré sur la place par des
gens que le Miniftrc avoic
apostez pour cela.
L'infortunée Princesse furprise
, pour ainsi direa en flagrant
délit,& convaincue d'adulterc,
est livrée à l'instanc à
son Boureau. Elle proteste
en vain de son innocence, son
, procès est tout fait, enfin il ne
luyçeste plus que la voye des
épreuves pour se laver du crime
donton l'accure. L'épreuve
du feu & celle de l'eau ne luj paroissentgueres [cures)
cellede trouver un champion
qui veiïiWë prendre ladcffcnfë
&"foûcc'nir en champ clofc
qu'elle est la plus vertueuse
Princesse du monde,est l'uniqueressourcequi
luyreste;&
il n'y a que Mendoce qui puisse
estre (on deffenseur ; mais il
csi bien éloigné d'elle, il faut
luy écrire pour l'engager a se
rendre incessament en Savoyc,
il n'est plus question que de
trouver des termes qui le perfuadenr.
Voilà justement où
en est l'Histoire
,
& faute
d'une miserableLettre,cette
malheureu se Princesse va demeurer
accablée fous lepoids
de sesfers.
Onm'en a' deja envoyé
•tfoisfur ce sujet ; mais on en
demande d'autres parce que
Cellesqu'ona écrites n'ont
e.ntqre pû déterminer Mendoce.
Voicy la copie des trois
Lettresen quefiion"i
La Comtesse de Savoyc à
Mendoce.
; L'honneurme fait faireaujourd'huy
pour luy-meme, ce qu'il
ne me permit pas autrefois pour
contenttr mon coeur:je r¡;ouJ- écris,
Mendoce
3
pour vous apprendre
quejefuis attaaqquuéeee par laplus
noire calomnie qu'on ait jamais
invente. Mon cruel calomniateur
n'afait tous ses efforts pour me
faire paroiflteçoupàble,queparce
que j'ay refusé de l'eflre; mais
pournous en bienperfuadersMendoce,
& pour vous donner l'idée
quevous de'Ve'{ avoir de ma ver,
tu ,
je fûts obligée de vous faire
un aveu qui me faitun peufortir
de l'exaflebienséance que je
vouloisgarder toute ma vie. Je
vous avouë donc que j'eusplus de
mériteque vous ne le crrycz,/or[-
que je refjlay à la passon que
vous al)ICK pour mcy. Je vous
trouvois le Prince du monde le
plus accomply. J'ay toujours la
même idée de 'VousJ Mendoce<Je
vous choisipour le deffenseur de
mon innocence;notre aéîionfera
d'autantplus heroïque
, quevous
n'en devc% attendre que la recompenseque
peut donner une femme
qui estastè'{. vertueujepouravoir
Jçâ vous Tefificr.
La Comtesse de Savoyc à
Mendocc.
CarJnoiffizJMendoct, toutle
malheur de la Comteffi deSavoye.
Jefuisaccusée d*adultéré
, gr je
fuis obligée de vous L'apprendre:
Joupçonnée du crime le plus affreux
pour moy ,
ilfaut encore
que jetannonce moy-meme au
seul homme du monde dont l'estime
mtest presque aujji chère que
min innocence. JefùÙ condamnée - -' a une mort infâme:) ou a trouver
un vengeur. Vous
,
Mtndoce
,
pour quiseul fay senti enmavie
que la vertupouvoit coûter quelque
chose à mon coetir, auriez..
vous la cruautéde rejufer ma désense
, parce que fay eu laforce
de vous cacher votre vifloire f
Vousefles interessé à ma junification.
Pourriez-vous consentir un
inflant a me voir périr-encoupable
,si tout le mérité Ctout l'amour
de Mendoceriont pu me la
faire devenir.
La Comtesse de Savoye à
Mcndoce.
Je nefais,Mendoce3fije ne
dois pas rougir en vous annonçant
tous mes malheurs
; viéfrmede la
plus noire calomnie,je me trouve
en même tempsaccufée, &félon
les apparences convaincued'adultéré
: il ne me ,esiecfautre rrfIource
que celle de trouver un dffenfeur
ui vengemon innocence. Vpu
eftcsleseus quienpuijjn^parfaitement
r¡pondre;!oúrenez doncce
quevousconnoiJJ(
,
'UofJrf honneury
est autant engagé que le
mien. S'il falloit quelque autre
motifaungalant hommeyjervous
assiurt que je rnejjrayerois des
con/tlls ma reconnût(Tance.
Murcie, très-aimable Cavalier,
grand, bienfait, Heros
même tout d'un coup, s'il en
fut jamais, devint un beau
matin amoureux de la Comteue
de Savoyc, l*iinuffc,diton
, d'une merveillcule beauté.
Voicy comme lachose
arriva.
LaComreire de Savoye fut
un jour obligée,je ne sçay
pour quelleindisposition
,
de
sortir de son Pays, pour aller
prendre les bains dans le
Royaume de Murcie;les eaux
de cette contrée pàssoient en
ce temps là pour d'excellentes
eaux. Avec un équipage proportionné
à sonrang & à sa
miflance,elle arriva enfin aux
lieux où se prennoient ces
bains, alors si fameux en Europe.
Elle s'y baigna tant &
plus, suivantl'ordonnance de
ses Medecins.
Si ces charmes avoient pû
recevoir que!que nouveléclat
de ces eaux favorables,oncûc
dirqu'elle em bellissoit tous les
jours à veuë dce;I ; mais elle
écoit parfaite,& lanatureétoit
la dupe des graces quelle luy
vouloit faire.
Tous les endroits où l'on
prend des eaux minerales se
ressemblentassez. On y boità
outrance,& l'on se promene
de même
, pour l'évacuation
desditeseaux, Les promenades
de
de ces lieuxoù l'on se rend ordinairement
avec l'aurore,
sont, sije ne me trompe ,
des
bois charmants, coupez de
millesentiers,arrosez de mille
ruisseaux, animez du doux
chant de mille oyseaux
,
des
antres frais, de sombres retraites
y fervent d'asyle aux Amants.
La liberté, les plaisirs
tranquilles, les soupirs reciproques
,
sont les hôtes aimables
de ces paisiblesdemeures.
Un matin, si l'Histoire dit
vray
, comme je n'en doute
nullement, la Comtesse de Savoye,
aprèsavoirprodigieusement
bû
,
grimpa, appuyée sur
le bras d'une de ses femmes.,
de colline en colline, ( non
pourtant sans s'arrêter de
temps en temps, pour raison )
lasse enfin du penible voyage
quelle venoir de faire, elle entra
dans un bosquet qui s'offrit
à ses yeux, une fontaine
qui sortoit du fond d'une grotte
ornéedesiegce>s de gazon pour la commodité des beuveurs,
attira ses regards; elle
fut à l'instant s'y reposer. Nul
morrel nes'étaitavisé de tout
ce jour de porter ses pas en cec
endroit.Lemurmurede l eau,
la fraicheur de cette grotte1invitèrent
au sommeil ,aussi n'en
fit-elle pas à deux fois, elle
s'endormit. Sa femme de
chambre de son côté en fitautant.
Des douceurs du repos quand
-vousgoûtez les charmes,
Belles
,
qui de l'amour meprifî^
l*appareil,
CraigneKqu'il ne vous force à
lajy rendre les armes
Al'instant de vôtre reveil.
Le Prince de Murcie à qui
la Renomméeavoit déjàvanté
les appas de la Comtesse de
Savoye
,
longtemps même
avant qu'elle eût mis le pied
dans ses Etats, en étoit à la
premiere entreveuë devenu
éperduement amoureux. Illavoic
suivi aux eaux, illuy avoic
parlé cent fois, & cent fois
il avoir estétenté de l'entretenir
du pouvoirsouverain de
de ses charmes;mais la fierté,
la vertu de sa Déesse, & la
crainte de l'offenser, avoient
modéré toûjours les impétueux
mouvements de son
amour. Enfin ne pouvant
plusgarder son secret,Il s'étoit
déterminé à le luy dé- -
clarer
,
quelque malheur redoutablequ'il
pût luy en arriver,
le jour mesme que le hazardlaconduisit
dans laGrotte
dont je viens de vous faire
en peu de mots une de seription
assezfidèle.
L'amour guide toûjours les
amans sur les traces de leurs
maîtresses
, & Mendoce est
trop amoureux pour ne pas
suivre les pas du bel objet qui
l'enflame. En effet, il arrive
bientost par un petit defilé
auprès de la fontaineoù repose
sa divine Princene. Il fc
jette à ses genoux, son silence
ses regards, ses soupirs,font
les muets interprètes de son
amour, ses yeux arrosent ses
belles mains de ses brûlantes
larmes. Il tremble cependant
que sa divinité ne s' e
ffraye à
son réveil de l'excés de son
audace; mais il se rasseure, &
se flatte de lavanger à l'infline
par sa mort, de l'injure que
luy fait si passion, si ses feux
malheureux font rejettez.
Un Loup monstrueux
, un
horrible Sanglier, ou quelque
Ours sauvage viendroient icy
à merveille pour éveiller la
Princesse, & pour exercer la valeur
de Mendocc ; mais je ns
veux pasensanglanter laScêne,
j j'aim: mieux vous dire fimplcment
qu'il y avoir si longtemps
qu'elle dormoit d'un
doux & profond sommeil,qu'
xlle se reveilla toute feule.Dieu ait comme alors elle fitlasâchée
de voir ce Prince temeraire
à ses pieds. Quemeveut,
luy dit elle,d'unair terrible,cc
mortel audacieux.Ah!Princesse,
luy réponditil, avant de
luy laisser le temps d'achever
les reproches
,
jeneveux plus
deformais que mourir à vos
veux. Vousconnoissez mon
amour, cet wour, tout refpectueux
qu'il eil:
, vous outrage.
C'en est fait, il faut que
je meure. De quel droit
,
luy
dit-elle
,
Prince, si vous m'avez
consacré vôtre vie, voulez-
vousentreprendre sur des
jours qui m'appartiennent. Vivez
,
je vous l'ordonne; mais
gardezvous de me parler jamais
de l'amour dont vous
biulez pour moy. Ils ajourerent
à cela une infinité d'autres
propos que l'Auteur de la presente
Histoire n'a, dit on, eu
garde d'oublier.Cependant on
ajoûte que l'amour de Men-
, doce fit bientôtl'entretien do,"
tout!
out le.monde. La Princesse
enfut inconsolable,elle s'en
plaignitauPrince de Murcie
quien fut aussifâché qu'elle.
Mais à la fin ennuyée de voir
quecesbeauxdiscoursne sinissoient
pas,qu'onluy donnoit
de fort plai sants noms
& que les rieurs ne cessoient de
rireàses dépens, elle prit le
partide retourner incognito
dans son Pays. Les adieux de
ces aamanan[tss lsoonnttàà Dm1o0nn ggrreé
trop touchants. pour n'estre
pas supprimez: le détail de
cequis'y passa est incomparablementplus
joli dans lcxecution
que dansla narration.
D'ailleurs cc la appartientà
THistorien de qui je ne veux
pas icy usurper les droits. Je
mecontenteray devousdire
qu'elle interrompit brusquement
ses bains,qu'elle partit
comme un éclair, quelletraversa
hegreusementmonts&
vaux ,
qu'elle eût peut eilie
en chemin quelques petites
avantures approchantes de
celles de lafiancée duRoyde
Garbe J& qu'enfin elle arriva
en bonne santé chez son pere,
où elle fut receuë comme l'Enfant Prodigue.SonMary i
(j'avois oublié de vous dire
qu'clle en avoit un) la retrouva
plusbelle que jamais, il fit
des Tournois, des Fêtes de
des Cadeaux en son honneur
& gloire. Au milieu deces
bombances le premier MiniCtre
duDuc de Savoye devint
amoureux d'elle, cebon homme
tourna longtemps autour
du pot avant de luy declarer
son douloureux martyre; à la fin pourtant il en vint là.
LaComtesse n'eût pas plutost
entendu ses impertinances;
qu'elle le traita d'effronté,
d'impudent, de vieux fou
clic ajoûta même en pleurant
qu'elle s'en plaindroità son
pere &à son époux. Le vieux
matois luy demanda pardon,
& la fuppliade n'en rien dire:
le moins d'éclat qu'on peut faire
en pareil cas est, luy dit-il,
toûjours le meilleur. Tant y a
qu'il luy persuada d'étouffer
cette avanture dans un profond
silence
, ce qu'elle fit
dont malluy avint.
Ce Ministre bar bare pour
fc vanger du mépris qu'elle
avoit fait de son amour, suborna
un jeune homme, à
quiildit que la Princesseétoit
éperduement amoureuse de
luy,qu'elle l'avoit fait,enfondant
en larmes,leconfident
de cette malheureuse passion,
qu'il avoitmistout en usage
pour luy remontrer. son devoir,
(es engigements ,
le
mépris qu'ellefalloir de sa pudeur
,& les périls évidens ausquels
elle s'exposoit en se livrant
aux flames dont elle étoit
dévorée mais que Ces remontrances
n'ayant pûrien sur son
coeur )
la pitié qu'il avoir de
l'étatmiserable où illa voïoir,
l'avoit porté à luy offrir le
remede à son tourment,qu'il
croyoit qu'ilne rcfuferoit pas
de soulager cette infortunée
Princesse, que la nuit suivante ill'introduiroit dans sa chambre,
par une porte inconnuë
à tout le monde,& qu'avant
le retour du jour il auroit foin
de le mettre en liberté.
Le jeune homme donna dans
le pancau ,
& le laissa en effet
introduire au milieu de la nuit,
dans la chambre de laPrincefie,
oùiln'eût pasresté un quart
d'heure, que le vieillard y
conduific son époux & son
pere:aussitost grande rumeur
dans le Palais, le jeune homm
voulant se sauver„ fat
massacré sur la place par des
gens que le Miniftrc avoic
apostez pour cela.
L'infortunée Princesse furprise
, pour ainsi direa en flagrant
délit,& convaincue d'adulterc,
est livrée à l'instanc à
son Boureau. Elle proteste
en vain de son innocence, son
, procès est tout fait, enfin il ne
luyçeste plus que la voye des
épreuves pour se laver du crime
donton l'accure. L'épreuve
du feu & celle de l'eau ne luj paroissentgueres [cures)
cellede trouver un champion
qui veiïiWë prendre ladcffcnfë
&"foûcc'nir en champ clofc
qu'elle est la plus vertueuse
Princesse du monde,est l'uniqueressourcequi
luyreste;&
il n'y a que Mendoce qui puisse
estre (on deffenseur ; mais il
csi bien éloigné d'elle, il faut
luy écrire pour l'engager a se
rendre incessament en Savoyc,
il n'est plus question que de
trouver des termes qui le perfuadenr.
Voilà justement où
en est l'Histoire
,
& faute
d'une miserableLettre,cette
malheureu se Princesse va demeurer
accablée fous lepoids
de sesfers.
Onm'en a' deja envoyé
•tfoisfur ce sujet ; mais on en
demande d'autres parce que
Cellesqu'ona écrites n'ont
e.ntqre pû déterminer Mendoce.
Voicy la copie des trois
Lettresen quefiion"i
La Comtesse de Savoyc à
Mendoce.
; L'honneurme fait faireaujourd'huy
pour luy-meme, ce qu'il
ne me permit pas autrefois pour
contenttr mon coeur:je r¡;ouJ- écris,
Mendoce
3
pour vous apprendre
quejefuis attaaqquuéeee par laplus
noire calomnie qu'on ait jamais
invente. Mon cruel calomniateur
n'afait tous ses efforts pour me
faire paroiflteçoupàble,queparce
que j'ay refusé de l'eflre; mais
pournous en bienperfuadersMendoce,
& pour vous donner l'idée
quevous de'Ve'{ avoir de ma ver,
tu ,
je fûts obligée de vous faire
un aveu qui me faitun peufortir
de l'exaflebienséance que je
vouloisgarder toute ma vie. Je
vous avouë donc que j'eusplus de
mériteque vous ne le crrycz,/or[-
que je refjlay à la passon que
vous al)ICK pour mcy. Je vous
trouvois le Prince du monde le
plus accomply. J'ay toujours la
même idée de 'VousJ Mendoce<Je
vous choisipour le deffenseur de
mon innocence;notre aéîionfera
d'autantplus heroïque
, quevous
n'en devc% attendre que la recompenseque
peut donner une femme
qui estastè'{. vertueujepouravoir
Jçâ vous Tefificr.
La Comtesse de Savoyc à
Mendocc.
CarJnoiffizJMendoct, toutle
malheur de la Comteffi deSavoye.
Jefuisaccusée d*adultéré
, gr je
fuis obligée de vous L'apprendre:
Joupçonnée du crime le plus affreux
pour moy ,
ilfaut encore
que jetannonce moy-meme au
seul homme du monde dont l'estime
mtest presque aujji chère que
min innocence. JefùÙ condamnée - -' a une mort infâme:) ou a trouver
un vengeur. Vous
,
Mtndoce
,
pour quiseul fay senti enmavie
que la vertupouvoit coûter quelque
chose à mon coetir, auriez..
vous la cruautéde rejufer ma désense
, parce que fay eu laforce
de vous cacher votre vifloire f
Vousefles interessé à ma junification.
Pourriez-vous consentir un
inflant a me voir périr-encoupable
,si tout le mérité Ctout l'amour
de Mendoceriont pu me la
faire devenir.
La Comtesse de Savoye à
Mcndoce.
Je nefais,Mendoce3fije ne
dois pas rougir en vous annonçant
tous mes malheurs
; viéfrmede la
plus noire calomnie,je me trouve
en même tempsaccufée, &félon
les apparences convaincued'adultéré
: il ne me ,esiecfautre rrfIource
que celle de trouver un dffenfeur
ui vengemon innocence. Vpu
eftcsleseus quienpuijjn^parfaitement
r¡pondre;!oúrenez doncce
quevousconnoiJJ(
,
'UofJrf honneury
est autant engagé que le
mien. S'il falloit quelque autre
motifaungalant hommeyjervous
assiurt que je rnejjrayerois des
con/tlls ma reconnût(Tance.
Fermer
6005
p. 177-209
LETTRE A MONSIEUR *** Sur le Voyage du Parnasse, Par M. RAIMOND.
Début :
De deux Dissertations ou Lettres sur un Livre nouveau intulé, / Jusques ici, Monsieur, on n'avoit employé d'autres [...]
Mots clefs :
Érudition, Muses, Satyre, Parnasse, Écrivains, Déesse, Poète, Style, Peintre, Voyageur, Raison, Triomphe, Ironie, Savants, Ouvrages
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE A MONSIEUR *** Sur le Voyage du Parnasse, Par M. RAIMOND.
DE
E deux Differtations cu
Lettres fur un Livre nouveau
intulé , Voyage du Parnaffe,
qui m'ont été envoyées ; j'ai préferé
celle qui m'a paru la moins
partiale : Dans la premiere que
j'ai rejettée & qui étoit fans nom.
l'Auteur y étoit traité fans miſericorde
: on ne faifoit graceni ,
fa Profe , ni à fes Vers : on pla-
Fanvier 1717.
R
178 LE NOUVEAU
çoit l'un & l'autre beaucoup au
deffous du modele fur lequel il
s'eft conformé , qui felon nôtre
Cenfeur , n'eft ni la Satyre de
Petrone , ni les Ragguali di Parnaſſo
è la Secretaria di Appolle
car ces deux ouvrages font excellents
) mais plûtôt une certaine
Hiftoire d'Anacreon , qui
parut il y a quatre ou cinq ans.
Notre Critique continue à
peu près fur ce ton .
moi qui ne veut point violer la
loi que je mefuis impofée , &
qui veux obferver une exacte
neutralité , je m'en fuis tenu à
la Lettre de M. Raimond
j'efpere qu'on me fçaura gré
de lui avoir donné la préference,
Pour
MERCURE. 179
********
LETTRE
A MONSIEUR
***
Sur le Voyage du Parnaffe ,
Par M. RAIMON D.
›
n'avoit employé d'autres
armes contre les modernes
que des Préfaces & des calculs
d'autorité . Ils avoient toûjours
répondu par des preuves & des
démonstrations : & la timide
Géométrie , qui n'ofe croire ,
Rij
180 LE NOUVEAU
fans être convaincuë , s'étoit affociée
à leur cauſe. Cet appui
fi confidérable leur fembloit devoir
décider la diſpute : Mais
toutes les reffources de leurs adverfaires
n'étoient pas épuifées ,
Un d'entr'eux s'élève de
nouveau contre une Secte fi
funefte à l'érudition , & dans une
fiction ingénieufe , où il décrit
avec exactitude l'ordre hyerarchique
des Favoris des Mufes.
Il dreffe une attaque d'autant
plus difficile à repouffer , qu'elle
eft foûtenue par la fatyre la
plus fine & la plus délicate.
Ce coup inopiné ne triompheroit
- il pas , M. , de votre
conftance à demeurer dans l'erreur
: & la demande que vous
MERCURE. 181
m'avez faite de l'extrait de cet
Ouvrage , ne feroit - elle pas le
commencement d'un heureux
retour ? Je vais faire enforte de
concourir à cette métamor
phɔfe , en vous donnant un fi
déle , mais vif précis de la critique
. Que pourroit contre nous
belprit adroit des novateurs , fi
nous avions de notre côté le
fubril Mercure ?
On ne s'y peut méprendre ;
le nouveau Géographe du Parnaffe
eft fort exacte fur la Chronologie
. Malheur à tout Poëte,
qui fe préfente fous fa plume,
fans être marqué au coin reſpectable
des ans . Cet intégre
perfonnage ne sçauroit pardonner
à une datte tant foit pev
R ij
182 LE NOUVEAU
moderne. Pourquoi , diront nos
Ecrivains d'ordinaire mauvais
plaifans , ne fommes- nous
pas nés du tems de Virgile ?
nous aurions un approbateur
de plus . Comme le but principal
de la relation eft de foudroyer
les Partifans de ce fiécle
, on ne perd point ici dé
vûë cet objet . Par tout l'érudite
antiquité triomphe . Par tout
l'ignorance de nos jours trouve
de quoi fe deffiller les yeux . Il
n'eft pas jufques à nos beaux
efprits , à qui on n'enlève le
mafque ; & ceux que nous
'avions crus toûjours les plus
univerfels dans l'éloquence &
dans la Poëfie ; maintenant dépouillés
de ces talents , dont
MERCURE.
183
ils ne poffedoient que le Phanôme
, rougiffent d'avoir pour
out mérite une connoiffance
affés éxacte de leur propre
langue .
la
Quelques délicats à la vérité
trouvent à redire dans la maniere
, dont les interlocuteurs
foûtiennent ici leurs diverfes
opinions . Il leur paroît que
caufe de M. de la Motte Y eft
condamnée, même avant d'être
inftruite , & qu'on ne lui donne
des Avocats , que pour prononcer
plus juridiquement fon
Arrêt : Mais cette objection eft
légére il faut avouer qu'on
infulte vivement dans cette production
aux ennemis du goût
Chronologique , & qu'on y fon-
R iiij
184 LE NOUVEAU
ge plûtôt à les opprimer , qu'à
les convaincre ; mais n'importe,
en matiere de difpute , une injure
vaut bien plufieurs arguments
.
Voilà ce me femble , M.
une efquiffe affés fidélement
tracée ; commençons à vous
donner une copie plus correcte .
L'Ouvrage divifé en deux parties
, dont chacune contient fix
Livres , s'annonce pour Poëme
au Lecteur par une courte Préface.
Plût au Ciel que nous
n'cuſſions jamais à effuyer d'avertiffements
moins utiles ?
Tout à coup le Réparateur
des Torts entre en matiere , occupé
tout entier du défir de
voir le féjour des Mufes ; il dé
MERCURE. 187
bure par une invocation , &
chaque parole qu'il prononce,
opére un prodige .
Déja fa priere eft oüye
Calliope vient , il la voit.
La Déeffe lui amene le courcier
aîlé des Poëtes. C'eftà re
gret qu'elle ne le conduit pas
elle-même au Parnaffe . Il ne
faut pas moins pour l'en empêcher
, que la multitude des ordres
exprés , dont Apollon l'a
chargée pour la République
des Lettres . La confiancequ'elle
a dans la force & l'adreffe du
Cavalier, lui fert à peine de confolation
. Cependantfon Favori
eft déja bien loin , & elle parle
186 LE NOUVEAU.
encore ; Pegafe vole, il parcourt
des efpaces immenfes il apperçoit
la double cime , il bat
des ailes , & plus léger qu'un .
trait , il porte le curieux voyageur
fur le mont facré . Que
de miracles en un inftant !
Un commencement fi extraordinaire
ne promet pas des fuites
moins étonnantes . L'étranger
rencontre deux habitants de la
Région Poëtique , qui bientôt le
devinent un de leurs confreres :
Et c'étoit-là ceux que le Dieu
des Vers lui deftinoit , pour
lui donner une parfaite connoiffance
de ce Pais fi fameux.
L'un dont les lauriers cachent
les cheveux blancs , eft introduit
fous le nom de Crantor , l'autre
A
MERCURE. 187
nommé Cliton , eft plus jeune,
& d'un exterieur moins négligé.
Tous deux , à ce qu'on nous apprend
ici , font l'honneur des
rives du Permeffe , & par conféquent
le font prefcrits pour
loi , une réligieufe admiration
des anciens . Suivez , Monfieur ,
ces illuftres guides , & vous
allés faire plus d'une décou
verte importante : Avec leurs
fecours je vais vous montrer des
enchanteurs , où la raifon pareffeufe
à inventer , n'apperçoit
que des moulins.
Les images fe préfentent en
foule ; là fur les bords rians ;
que baigne Caftalie de fon liquide
cristal , le Chantre immortel
du fougueux Achille
188 LE NOUVEAU
boit à long trait le nectar. Chaque
inftant le voit briller d'une
gloire nouvelle . Apollon fans
ceffe le pénetre des plus vivifiants
de fes rayons ; fans ceffe
il fe complaît à voir dans ce
Divin Génie, renaître fon image.
On voit aux côtés de l'augufter
Grec la fidéle Prêtreffe . Ici
Pindare rendant Orphée jaloux
de fes fons harmonieux , lui
fait brifer de dépit fa lire . Le
Poëte paroît plus grand que
les Héros- mêmes , dont il chante
les exploits . Cependant la trompette
bruyante fait retentir les
airs en voix pluſqu'humaine .
Du Deftin des Latins prononce
les Oracles.
MERCURE. 189
Peut-on méconnoître celui
qui la guide . C'est le Souverain
du Pinde ou c'eft le Paſteur
de Mantoüc.
J'allois pourfuivre fur ce ton
emphatique , fi un utile incident
ne m'eût averti , que vous at
tendiez de moi un fimple extrait,
Le plaifir dont le Voyageur fortuné
goute les charmes , eft bien
digne , que nous le partagions,
Il eſt des demi- Sçavantes au
Parnaffe , auffi bien qu'à Paris.
Ces femmes peu fenfées emploient
une partie de leurs oififs
jours , à converfer avec leurs
comtemporains , à lire leurs
meilleurs ouvrages , à oublier
même tout autre écrit, qui pourroit
faire faire diverfion à leurs
190 LE NOUVEAU
applaudiffemens . Elles feroient
en état fur la foy de leur feule
mémoire , de donner une édition
des Corneilles , des Molieres
des Defpréaux , des Racines ,
même des la Mottes . Elles ont
parcourû fur les traces du P.-
Malbranche le vafte Pais des
abſtraits. Elles ont pénétré dans
les fecrets les plus cachez de la
Philofophie Cartefiene . Aucune
production nouvelle ne leur
eft échapée ; & fouvent de tout
Homere, elles ne conoiffent que
lenom : Ainfi, paffant leur vie à
chercher le Beau , elles meurent.
fans l'avoir trouvé . C'eft,furtout
ces piétieufes , qu'en veut le
Géographe du Païs des Mufes .
Il fe fait introduire par fes GéMERCURE.
191
nereux guides dans une de ces
Compagnies , où la Dame H autaine
, & le Courtifan infipide
font en phrafes à la mode l'Apologie
de notre Siécle . Auffitôt
nos zelés Partifans des anciens ,
entrent en couroux . Leur mauvaife
humeur éclate . Ils ne peuvent
tenir contre l'énigmatique
precision , & l'affectation ridicule
de nos Auteurs . Le ftile ,
que les autres honorent du nom
de délicat, n'eft à leur gré , qu'un
amas de pointes frivoles , & de
tours vicieux . Vainement leurs
adverfaires s'écrient qu'on
n'apprécie pas affez le merite
des vivans qu'il eft du devoir
de ceux , chez qui la paffion net
s'empare jamais des droits du
192 LE NOUVEAU
goût & de la raifon ; de dire tou
jours à leurs perils, ce qu'ils penfent
à l'avantage des autres :
que fouvent la jaloufie nous fait
tenir en garde contre le plaifir
humiliant , que nous donnent
les ouvrages de ceux , par qui
nous nous fentons furpaffes .
Ces raifons ne font qu'irriter
l'ardeur des athletes . L'Auteur
s'éguaie à les voir terraffer leurs
Antagoniſtes ..
On en vient bientôt aux citations
: la châleur de la diſpute
nuit à la mémoire. Plus d'un
Ecrivain voit à regret fa penſée
mutilée , ou privée de fon jour:
mais pour être cité fidelement,
lui en feroit- t'on moins fon procés
? Rien ne peut éviter la critique
MERCURE.
193
tique judicieufe de l'atrabilaire
Cliton. Un tel Poëte , fi l'on
en confulte le Cenfeur inexorable
, n'enviſage fon art qu'au
travers des foibles lueurs de fa
Métaphifique : il eft denüé de
fentimens il ne fçait point
peindre il ne fçait point quitter
la terre; celui - cy ne cherche
qu'à énerver fes expreffions,
àéguifer des Strophesen épigrammes
, à remplir des vers durs ,
de moralités triviales , & hors
d'oeuvre. Cet autre méprifant
dans fon orgueilleufe Philofophie
ce beau défordre , qui caractériſe
le Lirique ; donne effrontement
le nom d'Odes à de
fimples Differtations , auffifroi- ,
des , qu'uniformes ; tels , ces
Janvier 1717. S
94 LE NOUVEAU
Vaiffeauxqui n'ont point encore
vû la mer , portent quelques
fois les noms de Victorieux &
de Foudroyans.
A ces portraits fi conformes
à leurs Originaux , mais , où l'on
évite avec tant de foin les termes
injurieux , dira - t'on encore
, qu'on traite fans ménagement
les Deffenfeurs
modernes ?
des
Pourra- t'on foupçonner , que
le zele de Cliton parte d'un
autre motif, que de l'interêt
de la Poëfie ? N'en doutons
point ; il fe rencontrera de ces
fcrutateurs
impertinens des
.coeurs , qui oferont deviner
que la qualité de mauvais Poë
te n'eft pas celle qui choque
MERCURE.
195
de critique dans les Ecrivians ,
dont il vent faire la peinture .
Vous vous garderez bien
Monfieur , d'être du nombre
de ces médifants . J'en répondrois
pour vous : Mais peutêtre
allez- vous former un jugement
téméraire d'une autre
ofpéce ? Peut- être croirez - vous
que le redreffeur de nos cerfeaux
fé contente de donner
un amas de corrections ftériles ?
Non , Monfieur , il ne fe borne
pas aux préceptes ; il y joint
les exemples , Madrigaux , Epigrammes
, compliments à Climene
, Adieux à Philis , Satires,
Epitres , Odes ; choififfez dans
quel gente vous voulez écrire ,
& vous trouverez dans cette
Sij
196 LE NOUVEAU
production , les modéles que
vous devez imiter. On vous en
donne pour garands les Defpreaux
, & les Crantors.
Excufez en cet endroit mon
embarras. Quoique je vous aye
promis , je fuis contraint de renoncer
à une exacte Analife.
Auffi bien fous quelles couleurs
pourrai-je vous tracer une image
agréable du nouveau Parnaffe ?
De quel oeil confidereriés vous
les Habitans de ceMont , fans y
diftinguer même parmi la foule,
vos amis les plus eftimables .
Le Peintre nous étale dans
un Tableau pompeux la nombreuſe
Cour du Prince des Poëtes
; & combien eft - il de noms
obfcurs , qui doivent le jour à
MERCURE. 197
fon Pinceau ? L'un coudoyé
par Sophocle , eft embarraffé
dee fe voir en fi bonne compa
gnie. L'autre ne va fe places ,
qu'en tremblant à côté d'Euripide.
Une terminaifon trop moderne
, fait rejetter ceux- ci . Ceuxlà
doivent à une finale latine le
rang qu'ils occupent.
1
Au pied de la Montagne Sa
crée,l'on voit proche l'Helicon ,
une Plaine entre- coupée de Marais.
C'eſt là , que fe rendent
ceuxqui font bannis de la double
Colline. Mais , qui l'eût crû t
Le célébre Houdart en ces lieux.
Tel devoit être le fort du fucceffeur
de S. Sorlin . Une méditation
profonde eft peinte før
198 LE NOUVEAU
fon vifage . Il paroît comme
étourdi d'un coup , dont il vien-;
droit d'être frappé . L'injustice
dont il accuſe ſes adverfaires ,"
eft là caufe de fa trifteffe ; tout
à coup la voix de Rouffeau fe
fait entendre : Il approche , il
apperçoit l'Auteur de la nouvelle
Iliade & fremit à fon
afpect . Envain , pour cacher
fon trouble , il emprunte le ton
de la Satires fon ennemi , mê.ne:
vaincu , lui paroît terrible .
Le Voyageur aprés s'être long
temps occupé de cette inultitu
de de fpectacles , fuit Cliton
dans une grote , où le Dieu des ,
Vers par un nouveau nectar
reprime les vapeurs de fes Fax
voris ; quoique le fage Crantor
MERCURE. 199
trouve la tranfition incivile. Il
ne peut fe réfoudre à quitter
des perfonnes qu'il aime. Il
entre , & les premiers objets
qui s'offrent à lui , font Gliceron
& Cotinet , deux des Antagoniftes
, qu'il avoit eû la veille à
combattre dans la compagnie
de nos demis - Sçavantes. Les
Atheletes bientôt fe mefurent
des yeux. Ils fe joignent. Ils
font de nouveaux efforts pour
obtenir la victoire .
N'entendre que le fubtil Cotinet,
On nefçaitpas , s'il impofe ,
Mais il parle fur la chofe
Comme s'il avoit raison .
En effet , comme dans cette
200 LE NOUVEAU
difpute on attaque moins le
Poëte , que le cenfeur d'Homere
, les Avocats de M. de
la Motte réüniffent ici toutes
leurs forces , pour juſtifier ſon
procédé.
Il n'a felon eux ,d'autres vûës ,
que d'entendre , & de faire entendre
la raifon . Le vrai lui eft
auffi bon de la main des autres ,
que de la fienne . Il étudie dans
ce qu'on lui oppofe , ce qu'il
peut y avoir de raifonnable ,
auffi content quelquefois , en
avoüant qu'il s'est trompé , que
le peuvent être ceux qui le réduifent
à en convenir. S'il propofe
des régles pour le Poëme
Epique , c'est toujours avec la
ufte défiance où l'on doit être
de
MERCURE. 201
de foi-même. Toutes fes veilles
ne font confacrées , qu'au foin
de fauver les jeunes gens du
préjugé dangereux où les jette
une admiration aveugle , & de
purger leur éducation de la
contradiction ordinaire qui y
régne. On leur crie d'un côté ,
cela eft divin , & de l'autre on les
reprend , quand ils viennent à
l'imiter. M. de la Motte ne
fonge donc qu'à leur donner des
idées fixes & uniformes , fu
lefquelles ils puiffent régler
également leur eftime & leur
travail. D'ailleurs de quels
égards n'ufe - t'il pas dans fa critique?
Demande- t'il autre chofe,
que de pouvoir louer Homere ?
Ceux d'entre les modernes ,
.
Fanvier 1717 .
>
T
202 LE NOUVEAU
cú
qui ont foûtenu leur parti avec
le plus de chaleur & de dignité ,
n'ont- ils pas avoués généreusement
, qu'Homere auroit peutêtre
atteint la perfection de
fon art , s'il fut né dans le fiécle
d'Augufte , ou dans le notre ;
mais que né dans le tems
l'art ne s'étoit point encore
montré , n'étant guidé par aucunes
régles , éclaire , par aucuns
exemples , on lui doit tenir
compre de fon Poëne , tout
monftrueux qu'il eft . Enfin
qui jamais , ajoute t'on , s'eft
avifé d'accufer un homme de
Géometrie , pour avoir donné
à la Poëtique fes axiomes , fes
théorèmes , fes corrollaires , fes
démonftrations.
MERCURE.
203
Je vous vois déja , Monfieur ,
partager le triomphe apparent
de votre Secte. Que peuvent
répondre , dites - vous , les deffenfeurs
de l'antiquité ? Nous
avons les lumieres de la Philofophie
, & ils n'ont que trois
mil ans d'admiration . A qui
s'en tenir au préjugé , ou à la
raifon ?
Vos argumens , il faut l'avouer
, fembleroient être autant
de coups mortels pour notre
parti , fi nous n'avions de notre
côté le genie fublime du Sçavant
Crantor. Quel charme ! de
le voir , tantôt commenter les
autorités tantôt manier la
délicate ironie , quelquefois
;
Tij
204 LE NOUVEAU
emporté par le beau feu , qui l'anime
, prendre le ton d'oracle ,
& annoncer aux Zoiles préfomptueux
, que tous les nuages
, dont ils s'efforcent
d'obfcurcir
Homere , ferviront feulement
à faire éclater davantage
les raions de ce Soleil ? Sur
tout avec quelle addreffe , avec quelle
force
fe fertil
entre
fes .
adverfaires de leur propre critique
? Ne craignés point d'entendre
ici ces juftifications tant
de fois repetées . On y allegue
plus ,pour fauver quelques paffages
obfcurs ou choquans , l'harinonie
grecque , la fçavante allegorie
, la noble fimplicité des
temps heroïques . Un feul mor
vous arrache la victoire . Vous
MERCURE. 205
avez beau vous confumer en
vains raifonnemens ; on vous
avertit , que malgré vous , Homere
fera toûjours le plus grand
des Poëtes. Le gros des hommes
ne fe trompe point & le
beau eft immuable.
La converfation alloit s'échauffer
; fi un bruit fubit ne fe
für joint au murmure des combattans
. C'étoient deux Poëtes ,
qui difputoient enſemble fur la
prééminence de leurs ouvrages.
Lesraifons bientôt furent fuivies
des injures , & les coups fuccé
derent. Nouveaux fillogifmes ,
Monfieur , qui devroient vous
engager à fuivre nos étandars .
Rarement les zelés adorateurs
des anciens ont entr'eux ces fu-
T
206 LE NOUVEAU
jets de difpute. Ils n'ont point
le deffaut de compofer.
Eft- ce enfin affez de preuves ?
Vous obftinerez- vous encore ,
à ne pas voir la verité , qui fe
dévoile à vos yeux ? Je vous
entens. Le refpect humain ope
re. Vous craignez le nom de déferteur.
Achevons de vous guerir
, en rompant cette derniere
chaîne , qui vous affervit à la
mauvaife caufe . Vous appréhendez
, dites- vous , qu'on ne vous
accufe d'avoir trahi vôtre parti?
Mais depuis long- temps il n'éxifte
plus . Vos troupes ont êté
pour jamais difperfées . Ceux
tmêmes pour qui vous con b tviez
, fe font déclarez contre
tous. Qui peut donc vous reenir
Eft ce attachement pour
MERCURE. 107
vôtre chef ? Songez plûtôt ,
Monfieur , à déplorer fon infortune
, qu'à imiter fa rebellion .
Voici le trait , dont il devoit
perir . Le voyageur affemble
chez un Mecene bourgeois plu-
' fieurs juges d'un merite diftingué
, on y lit un poëme monftrueux;
& l'on le fait pafferfous
le nom de Monfieur de la Motte .
Peut il furvivre à ce coup accablant
? Ce n'eft pas tout fon malheur
, les Dieux s'interteffent
à fa ruine. Apollon à la requê
te des Mufes nous accorde une
audiance . Une Tragicomedie ,
où nous expofons l'injuſtice des
modernes dans tout fon jour ,
nous fert de plaidoïer , & nous
achevons de vaincre .
Tiiij.
408 LE NOUVEAU.
Je ne puis plus fouffrir ce
jargon pitoyable ,
De la dotte Dacier volume redoutable
,
Change tes traits puiſſans en carreaux
dans mes mains ;
Pars , du file confus delivrons
les humains.
Ainfi parle le Dieu ; & au même
inftant , ¢
Le Livre vengeur tombe, &fcmblable
à la foudre ,
Reduit Ode , Opera , Fable , Poëte
in pouare.
Je fouhlite , Monfieur , avoir
fatisfait à ce que vous exigiez de
moi. Il me refteroit cependant
à vous faire conoître quel eft
l'Auteur du voyage du Parnaffe :
mais vous m'en difpenfer ez , s'il
MERCURE.
209
"
vous plaît. Le critique eft fi modefte
, que plus il apprend ce que
le public penfe à fon égard , plus
il a foin de cacher fon nom.
J'ai feulement découvert
qu'il avoit projetté de dédier
fon Livre à Madame Dacier ; &
on a lieu d'être furpris , comment
il n'a pas rendu cet hommage
à une Sçavante , qui fait le
principal éclat de notre caufe .
Par rapport aux divers jugemens
qu'on porte de cette production ,
les Sçavans difent , que l'invention
de la fable eft due au Boccalini
Italien ; & les modernes
croyent que c'eft un fonge trifte
dont l'Auteur nous fait le recit ,
n'étant pas encore bien éveillé.
Adicu , Monfieur , je fuis ,
V. S. RAYMOND.
E deux Differtations cu
Lettres fur un Livre nouveau
intulé , Voyage du Parnaffe,
qui m'ont été envoyées ; j'ai préferé
celle qui m'a paru la moins
partiale : Dans la premiere que
j'ai rejettée & qui étoit fans nom.
l'Auteur y étoit traité fans miſericorde
: on ne faifoit graceni ,
fa Profe , ni à fes Vers : on pla-
Fanvier 1717.
R
178 LE NOUVEAU
çoit l'un & l'autre beaucoup au
deffous du modele fur lequel il
s'eft conformé , qui felon nôtre
Cenfeur , n'eft ni la Satyre de
Petrone , ni les Ragguali di Parnaſſo
è la Secretaria di Appolle
car ces deux ouvrages font excellents
) mais plûtôt une certaine
Hiftoire d'Anacreon , qui
parut il y a quatre ou cinq ans.
Notre Critique continue à
peu près fur ce ton .
moi qui ne veut point violer la
loi que je mefuis impofée , &
qui veux obferver une exacte
neutralité , je m'en fuis tenu à
la Lettre de M. Raimond
j'efpere qu'on me fçaura gré
de lui avoir donné la préference,
Pour
MERCURE. 179
********
LETTRE
A MONSIEUR
***
Sur le Voyage du Parnaffe ,
Par M. RAIMON D.
›
n'avoit employé d'autres
armes contre les modernes
que des Préfaces & des calculs
d'autorité . Ils avoient toûjours
répondu par des preuves & des
démonstrations : & la timide
Géométrie , qui n'ofe croire ,
Rij
180 LE NOUVEAU
fans être convaincuë , s'étoit affociée
à leur cauſe. Cet appui
fi confidérable leur fembloit devoir
décider la diſpute : Mais
toutes les reffources de leurs adverfaires
n'étoient pas épuifées ,
Un d'entr'eux s'élève de
nouveau contre une Secte fi
funefte à l'érudition , & dans une
fiction ingénieufe , où il décrit
avec exactitude l'ordre hyerarchique
des Favoris des Mufes.
Il dreffe une attaque d'autant
plus difficile à repouffer , qu'elle
eft foûtenue par la fatyre la
plus fine & la plus délicate.
Ce coup inopiné ne triompheroit
- il pas , M. , de votre
conftance à demeurer dans l'erreur
: & la demande que vous
MERCURE. 181
m'avez faite de l'extrait de cet
Ouvrage , ne feroit - elle pas le
commencement d'un heureux
retour ? Je vais faire enforte de
concourir à cette métamor
phɔfe , en vous donnant un fi
déle , mais vif précis de la critique
. Que pourroit contre nous
belprit adroit des novateurs , fi
nous avions de notre côté le
fubril Mercure ?
On ne s'y peut méprendre ;
le nouveau Géographe du Parnaffe
eft fort exacte fur la Chronologie
. Malheur à tout Poëte,
qui fe préfente fous fa plume,
fans être marqué au coin reſpectable
des ans . Cet intégre
perfonnage ne sçauroit pardonner
à une datte tant foit pev
R ij
182 LE NOUVEAU
moderne. Pourquoi , diront nos
Ecrivains d'ordinaire mauvais
plaifans , ne fommes- nous
pas nés du tems de Virgile ?
nous aurions un approbateur
de plus . Comme le but principal
de la relation eft de foudroyer
les Partifans de ce fiécle
, on ne perd point ici dé
vûë cet objet . Par tout l'érudite
antiquité triomphe . Par tout
l'ignorance de nos jours trouve
de quoi fe deffiller les yeux . Il
n'eft pas jufques à nos beaux
efprits , à qui on n'enlève le
mafque ; & ceux que nous
'avions crus toûjours les plus
univerfels dans l'éloquence &
dans la Poëfie ; maintenant dépouillés
de ces talents , dont
MERCURE.
183
ils ne poffedoient que le Phanôme
, rougiffent d'avoir pour
out mérite une connoiffance
affés éxacte de leur propre
langue .
la
Quelques délicats à la vérité
trouvent à redire dans la maniere
, dont les interlocuteurs
foûtiennent ici leurs diverfes
opinions . Il leur paroît que
caufe de M. de la Motte Y eft
condamnée, même avant d'être
inftruite , & qu'on ne lui donne
des Avocats , que pour prononcer
plus juridiquement fon
Arrêt : Mais cette objection eft
légére il faut avouer qu'on
infulte vivement dans cette production
aux ennemis du goût
Chronologique , & qu'on y fon-
R iiij
184 LE NOUVEAU
ge plûtôt à les opprimer , qu'à
les convaincre ; mais n'importe,
en matiere de difpute , une injure
vaut bien plufieurs arguments
.
Voilà ce me femble , M.
une efquiffe affés fidélement
tracée ; commençons à vous
donner une copie plus correcte .
L'Ouvrage divifé en deux parties
, dont chacune contient fix
Livres , s'annonce pour Poëme
au Lecteur par une courte Préface.
Plût au Ciel que nous
n'cuſſions jamais à effuyer d'avertiffements
moins utiles ?
Tout à coup le Réparateur
des Torts entre en matiere , occupé
tout entier du défir de
voir le féjour des Mufes ; il dé
MERCURE. 187
bure par une invocation , &
chaque parole qu'il prononce,
opére un prodige .
Déja fa priere eft oüye
Calliope vient , il la voit.
La Déeffe lui amene le courcier
aîlé des Poëtes. C'eftà re
gret qu'elle ne le conduit pas
elle-même au Parnaffe . Il ne
faut pas moins pour l'en empêcher
, que la multitude des ordres
exprés , dont Apollon l'a
chargée pour la République
des Lettres . La confiancequ'elle
a dans la force & l'adreffe du
Cavalier, lui fert à peine de confolation
. Cependantfon Favori
eft déja bien loin , & elle parle
186 LE NOUVEAU.
encore ; Pegafe vole, il parcourt
des efpaces immenfes il apperçoit
la double cime , il bat
des ailes , & plus léger qu'un .
trait , il porte le curieux voyageur
fur le mont facré . Que
de miracles en un inftant !
Un commencement fi extraordinaire
ne promet pas des fuites
moins étonnantes . L'étranger
rencontre deux habitants de la
Région Poëtique , qui bientôt le
devinent un de leurs confreres :
Et c'étoit-là ceux que le Dieu
des Vers lui deftinoit , pour
lui donner une parfaite connoiffance
de ce Pais fi fameux.
L'un dont les lauriers cachent
les cheveux blancs , eft introduit
fous le nom de Crantor , l'autre
A
MERCURE. 187
nommé Cliton , eft plus jeune,
& d'un exterieur moins négligé.
Tous deux , à ce qu'on nous apprend
ici , font l'honneur des
rives du Permeffe , & par conféquent
le font prefcrits pour
loi , une réligieufe admiration
des anciens . Suivez , Monfieur ,
ces illuftres guides , & vous
allés faire plus d'une décou
verte importante : Avec leurs
fecours je vais vous montrer des
enchanteurs , où la raifon pareffeufe
à inventer , n'apperçoit
que des moulins.
Les images fe préfentent en
foule ; là fur les bords rians ;
que baigne Caftalie de fon liquide
cristal , le Chantre immortel
du fougueux Achille
188 LE NOUVEAU
boit à long trait le nectar. Chaque
inftant le voit briller d'une
gloire nouvelle . Apollon fans
ceffe le pénetre des plus vivifiants
de fes rayons ; fans ceffe
il fe complaît à voir dans ce
Divin Génie, renaître fon image.
On voit aux côtés de l'augufter
Grec la fidéle Prêtreffe . Ici
Pindare rendant Orphée jaloux
de fes fons harmonieux , lui
fait brifer de dépit fa lire . Le
Poëte paroît plus grand que
les Héros- mêmes , dont il chante
les exploits . Cependant la trompette
bruyante fait retentir les
airs en voix pluſqu'humaine .
Du Deftin des Latins prononce
les Oracles.
MERCURE. 189
Peut-on méconnoître celui
qui la guide . C'est le Souverain
du Pinde ou c'eft le Paſteur
de Mantoüc.
J'allois pourfuivre fur ce ton
emphatique , fi un utile incident
ne m'eût averti , que vous at
tendiez de moi un fimple extrait,
Le plaifir dont le Voyageur fortuné
goute les charmes , eft bien
digne , que nous le partagions,
Il eſt des demi- Sçavantes au
Parnaffe , auffi bien qu'à Paris.
Ces femmes peu fenfées emploient
une partie de leurs oififs
jours , à converfer avec leurs
comtemporains , à lire leurs
meilleurs ouvrages , à oublier
même tout autre écrit, qui pourroit
faire faire diverfion à leurs
190 LE NOUVEAU
applaudiffemens . Elles feroient
en état fur la foy de leur feule
mémoire , de donner une édition
des Corneilles , des Molieres
des Defpréaux , des Racines ,
même des la Mottes . Elles ont
parcourû fur les traces du P.-
Malbranche le vafte Pais des
abſtraits. Elles ont pénétré dans
les fecrets les plus cachez de la
Philofophie Cartefiene . Aucune
production nouvelle ne leur
eft échapée ; & fouvent de tout
Homere, elles ne conoiffent que
lenom : Ainfi, paffant leur vie à
chercher le Beau , elles meurent.
fans l'avoir trouvé . C'eft,furtout
ces piétieufes , qu'en veut le
Géographe du Païs des Mufes .
Il fe fait introduire par fes GéMERCURE.
191
nereux guides dans une de ces
Compagnies , où la Dame H autaine
, & le Courtifan infipide
font en phrafes à la mode l'Apologie
de notre Siécle . Auffitôt
nos zelés Partifans des anciens ,
entrent en couroux . Leur mauvaife
humeur éclate . Ils ne peuvent
tenir contre l'énigmatique
precision , & l'affectation ridicule
de nos Auteurs . Le ftile ,
que les autres honorent du nom
de délicat, n'eft à leur gré , qu'un
amas de pointes frivoles , & de
tours vicieux . Vainement leurs
adverfaires s'écrient qu'on
n'apprécie pas affez le merite
des vivans qu'il eft du devoir
de ceux , chez qui la paffion net
s'empare jamais des droits du
192 LE NOUVEAU
goût & de la raifon ; de dire tou
jours à leurs perils, ce qu'ils penfent
à l'avantage des autres :
que fouvent la jaloufie nous fait
tenir en garde contre le plaifir
humiliant , que nous donnent
les ouvrages de ceux , par qui
nous nous fentons furpaffes .
Ces raifons ne font qu'irriter
l'ardeur des athletes . L'Auteur
s'éguaie à les voir terraffer leurs
Antagoniſtes ..
On en vient bientôt aux citations
: la châleur de la diſpute
nuit à la mémoire. Plus d'un
Ecrivain voit à regret fa penſée
mutilée , ou privée de fon jour:
mais pour être cité fidelement,
lui en feroit- t'on moins fon procés
? Rien ne peut éviter la critique
MERCURE.
193
tique judicieufe de l'atrabilaire
Cliton. Un tel Poëte , fi l'on
en confulte le Cenfeur inexorable
, n'enviſage fon art qu'au
travers des foibles lueurs de fa
Métaphifique : il eft denüé de
fentimens il ne fçait point
peindre il ne fçait point quitter
la terre; celui - cy ne cherche
qu'à énerver fes expreffions,
àéguifer des Strophesen épigrammes
, à remplir des vers durs ,
de moralités triviales , & hors
d'oeuvre. Cet autre méprifant
dans fon orgueilleufe Philofophie
ce beau défordre , qui caractériſe
le Lirique ; donne effrontement
le nom d'Odes à de
fimples Differtations , auffifroi- ,
des , qu'uniformes ; tels , ces
Janvier 1717. S
94 LE NOUVEAU
Vaiffeauxqui n'ont point encore
vû la mer , portent quelques
fois les noms de Victorieux &
de Foudroyans.
A ces portraits fi conformes
à leurs Originaux , mais , où l'on
évite avec tant de foin les termes
injurieux , dira - t'on encore
, qu'on traite fans ménagement
les Deffenfeurs
modernes ?
des
Pourra- t'on foupçonner , que
le zele de Cliton parte d'un
autre motif, que de l'interêt
de la Poëfie ? N'en doutons
point ; il fe rencontrera de ces
fcrutateurs
impertinens des
.coeurs , qui oferont deviner
que la qualité de mauvais Poë
te n'eft pas celle qui choque
MERCURE.
195
de critique dans les Ecrivians ,
dont il vent faire la peinture .
Vous vous garderez bien
Monfieur , d'être du nombre
de ces médifants . J'en répondrois
pour vous : Mais peutêtre
allez- vous former un jugement
téméraire d'une autre
ofpéce ? Peut- être croirez - vous
que le redreffeur de nos cerfeaux
fé contente de donner
un amas de corrections ftériles ?
Non , Monfieur , il ne fe borne
pas aux préceptes ; il y joint
les exemples , Madrigaux , Epigrammes
, compliments à Climene
, Adieux à Philis , Satires,
Epitres , Odes ; choififfez dans
quel gente vous voulez écrire ,
& vous trouverez dans cette
Sij
196 LE NOUVEAU
production , les modéles que
vous devez imiter. On vous en
donne pour garands les Defpreaux
, & les Crantors.
Excufez en cet endroit mon
embarras. Quoique je vous aye
promis , je fuis contraint de renoncer
à une exacte Analife.
Auffi bien fous quelles couleurs
pourrai-je vous tracer une image
agréable du nouveau Parnaffe ?
De quel oeil confidereriés vous
les Habitans de ceMont , fans y
diftinguer même parmi la foule,
vos amis les plus eftimables .
Le Peintre nous étale dans
un Tableau pompeux la nombreuſe
Cour du Prince des Poëtes
; & combien eft - il de noms
obfcurs , qui doivent le jour à
MERCURE. 197
fon Pinceau ? L'un coudoyé
par Sophocle , eft embarraffé
dee fe voir en fi bonne compa
gnie. L'autre ne va fe places ,
qu'en tremblant à côté d'Euripide.
Une terminaifon trop moderne
, fait rejetter ceux- ci . Ceuxlà
doivent à une finale latine le
rang qu'ils occupent.
1
Au pied de la Montagne Sa
crée,l'on voit proche l'Helicon ,
une Plaine entre- coupée de Marais.
C'eſt là , que fe rendent
ceuxqui font bannis de la double
Colline. Mais , qui l'eût crû t
Le célébre Houdart en ces lieux.
Tel devoit être le fort du fucceffeur
de S. Sorlin . Une méditation
profonde eft peinte før
198 LE NOUVEAU
fon vifage . Il paroît comme
étourdi d'un coup , dont il vien-;
droit d'être frappé . L'injustice
dont il accuſe ſes adverfaires ,"
eft là caufe de fa trifteffe ; tout
à coup la voix de Rouffeau fe
fait entendre : Il approche , il
apperçoit l'Auteur de la nouvelle
Iliade & fremit à fon
afpect . Envain , pour cacher
fon trouble , il emprunte le ton
de la Satires fon ennemi , mê.ne:
vaincu , lui paroît terrible .
Le Voyageur aprés s'être long
temps occupé de cette inultitu
de de fpectacles , fuit Cliton
dans une grote , où le Dieu des ,
Vers par un nouveau nectar
reprime les vapeurs de fes Fax
voris ; quoique le fage Crantor
MERCURE. 199
trouve la tranfition incivile. Il
ne peut fe réfoudre à quitter
des perfonnes qu'il aime. Il
entre , & les premiers objets
qui s'offrent à lui , font Gliceron
& Cotinet , deux des Antagoniftes
, qu'il avoit eû la veille à
combattre dans la compagnie
de nos demis - Sçavantes. Les
Atheletes bientôt fe mefurent
des yeux. Ils fe joignent. Ils
font de nouveaux efforts pour
obtenir la victoire .
N'entendre que le fubtil Cotinet,
On nefçaitpas , s'il impofe ,
Mais il parle fur la chofe
Comme s'il avoit raison .
En effet , comme dans cette
200 LE NOUVEAU
difpute on attaque moins le
Poëte , que le cenfeur d'Homere
, les Avocats de M. de
la Motte réüniffent ici toutes
leurs forces , pour juſtifier ſon
procédé.
Il n'a felon eux ,d'autres vûës ,
que d'entendre , & de faire entendre
la raifon . Le vrai lui eft
auffi bon de la main des autres ,
que de la fienne . Il étudie dans
ce qu'on lui oppofe , ce qu'il
peut y avoir de raifonnable ,
auffi content quelquefois , en
avoüant qu'il s'est trompé , que
le peuvent être ceux qui le réduifent
à en convenir. S'il propofe
des régles pour le Poëme
Epique , c'est toujours avec la
ufte défiance où l'on doit être
de
MERCURE. 201
de foi-même. Toutes fes veilles
ne font confacrées , qu'au foin
de fauver les jeunes gens du
préjugé dangereux où les jette
une admiration aveugle , & de
purger leur éducation de la
contradiction ordinaire qui y
régne. On leur crie d'un côté ,
cela eft divin , & de l'autre on les
reprend , quand ils viennent à
l'imiter. M. de la Motte ne
fonge donc qu'à leur donner des
idées fixes & uniformes , fu
lefquelles ils puiffent régler
également leur eftime & leur
travail. D'ailleurs de quels
égards n'ufe - t'il pas dans fa critique?
Demande- t'il autre chofe,
que de pouvoir louer Homere ?
Ceux d'entre les modernes ,
.
Fanvier 1717 .
>
T
202 LE NOUVEAU
cú
qui ont foûtenu leur parti avec
le plus de chaleur & de dignité ,
n'ont- ils pas avoués généreusement
, qu'Homere auroit peutêtre
atteint la perfection de
fon art , s'il fut né dans le fiécle
d'Augufte , ou dans le notre ;
mais que né dans le tems
l'art ne s'étoit point encore
montré , n'étant guidé par aucunes
régles , éclaire , par aucuns
exemples , on lui doit tenir
compre de fon Poëne , tout
monftrueux qu'il eft . Enfin
qui jamais , ajoute t'on , s'eft
avifé d'accufer un homme de
Géometrie , pour avoir donné
à la Poëtique fes axiomes , fes
théorèmes , fes corrollaires , fes
démonftrations.
MERCURE.
203
Je vous vois déja , Monfieur ,
partager le triomphe apparent
de votre Secte. Que peuvent
répondre , dites - vous , les deffenfeurs
de l'antiquité ? Nous
avons les lumieres de la Philofophie
, & ils n'ont que trois
mil ans d'admiration . A qui
s'en tenir au préjugé , ou à la
raifon ?
Vos argumens , il faut l'avouer
, fembleroient être autant
de coups mortels pour notre
parti , fi nous n'avions de notre
côté le genie fublime du Sçavant
Crantor. Quel charme ! de
le voir , tantôt commenter les
autorités tantôt manier la
délicate ironie , quelquefois
;
Tij
204 LE NOUVEAU
emporté par le beau feu , qui l'anime
, prendre le ton d'oracle ,
& annoncer aux Zoiles préfomptueux
, que tous les nuages
, dont ils s'efforcent
d'obfcurcir
Homere , ferviront feulement
à faire éclater davantage
les raions de ce Soleil ? Sur
tout avec quelle addreffe , avec quelle
force
fe fertil
entre
fes .
adverfaires de leur propre critique
? Ne craignés point d'entendre
ici ces juftifications tant
de fois repetées . On y allegue
plus ,pour fauver quelques paffages
obfcurs ou choquans , l'harinonie
grecque , la fçavante allegorie
, la noble fimplicité des
temps heroïques . Un feul mor
vous arrache la victoire . Vous
MERCURE. 205
avez beau vous confumer en
vains raifonnemens ; on vous
avertit , que malgré vous , Homere
fera toûjours le plus grand
des Poëtes. Le gros des hommes
ne fe trompe point & le
beau eft immuable.
La converfation alloit s'échauffer
; fi un bruit fubit ne fe
für joint au murmure des combattans
. C'étoient deux Poëtes ,
qui difputoient enſemble fur la
prééminence de leurs ouvrages.
Lesraifons bientôt furent fuivies
des injures , & les coups fuccé
derent. Nouveaux fillogifmes ,
Monfieur , qui devroient vous
engager à fuivre nos étandars .
Rarement les zelés adorateurs
des anciens ont entr'eux ces fu-
T
206 LE NOUVEAU
jets de difpute. Ils n'ont point
le deffaut de compofer.
Eft- ce enfin affez de preuves ?
Vous obftinerez- vous encore ,
à ne pas voir la verité , qui fe
dévoile à vos yeux ? Je vous
entens. Le refpect humain ope
re. Vous craignez le nom de déferteur.
Achevons de vous guerir
, en rompant cette derniere
chaîne , qui vous affervit à la
mauvaife caufe . Vous appréhendez
, dites- vous , qu'on ne vous
accufe d'avoir trahi vôtre parti?
Mais depuis long- temps il n'éxifte
plus . Vos troupes ont êté
pour jamais difperfées . Ceux
tmêmes pour qui vous con b tviez
, fe font déclarez contre
tous. Qui peut donc vous reenir
Eft ce attachement pour
MERCURE. 107
vôtre chef ? Songez plûtôt ,
Monfieur , à déplorer fon infortune
, qu'à imiter fa rebellion .
Voici le trait , dont il devoit
perir . Le voyageur affemble
chez un Mecene bourgeois plu-
' fieurs juges d'un merite diftingué
, on y lit un poëme monftrueux;
& l'on le fait pafferfous
le nom de Monfieur de la Motte .
Peut il furvivre à ce coup accablant
? Ce n'eft pas tout fon malheur
, les Dieux s'interteffent
à fa ruine. Apollon à la requê
te des Mufes nous accorde une
audiance . Une Tragicomedie ,
où nous expofons l'injuſtice des
modernes dans tout fon jour ,
nous fert de plaidoïer , & nous
achevons de vaincre .
Tiiij.
408 LE NOUVEAU.
Je ne puis plus fouffrir ce
jargon pitoyable ,
De la dotte Dacier volume redoutable
,
Change tes traits puiſſans en carreaux
dans mes mains ;
Pars , du file confus delivrons
les humains.
Ainfi parle le Dieu ; & au même
inftant , ¢
Le Livre vengeur tombe, &fcmblable
à la foudre ,
Reduit Ode , Opera , Fable , Poëte
in pouare.
Je fouhlite , Monfieur , avoir
fatisfait à ce que vous exigiez de
moi. Il me refteroit cependant
à vous faire conoître quel eft
l'Auteur du voyage du Parnaffe :
mais vous m'en difpenfer ez , s'il
MERCURE.
209
"
vous plaît. Le critique eft fi modefte
, que plus il apprend ce que
le public penfe à fon égard , plus
il a foin de cacher fon nom.
J'ai feulement découvert
qu'il avoit projetté de dédier
fon Livre à Madame Dacier ; &
on a lieu d'être furpris , comment
il n'a pas rendu cet hommage
à une Sçavante , qui fait le
principal éclat de notre caufe .
Par rapport aux divers jugemens
qu'on porte de cette production ,
les Sçavans difent , que l'invention
de la fable eft due au Boccalini
Italien ; & les modernes
croyent que c'eft un fonge trifte
dont l'Auteur nous fait le recit ,
n'étant pas encore bien éveillé.
Adicu , Monfieur , je fuis ,
V. S. RAYMOND.
Fermer
6006
p. 204
DE LEIPSICK, le 1 Octobre.
Début :
Les Marchands étrangers qui s'étoient rendus ici pour la Foire, [...]
Mots clefs :
Marchands étrangers, Foire, Prussiens, Officiers, Magistrats, Contributions financières, Refus de vente
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LEIPSICK, le 1 Octobre.
De LEIPSICK , le 1 Octobre.
Les Marchands étrangers qui s'étoient rendus
ici pour la Foire , n'y ont pas trouvé la fureté
qu'on leur avoit fait eſpérer. Les Pruffiens redevenus
maîtres de cette ville , exigent d'énormes
contributions . L'Officier qui les commande n'a
point voulu écouter les repréfentations de nos
Magiftrats , fur l'impuiffance où nous fommes
d'y fatisfaire. Il a fait enfermer dans le Château
de Pleiffenbourg , plufieurs de nos plus riches
Négocians , en déclarant qu'ils ne feront relâchés
que lorfqu'on lui aura payé tout l'argent qu'il
demande. Cette rigueur a répandu l'allarme parmi
les Marchands étrangers . La plupart de
ceux qui étoient en chemin pour venir à la
Foire , font retournés fur leurs pas. Ceux qui
font ici refulent de mettre leurs marchandiſes
en vente. Il eſt défendu à qui que ce foit de
fortir de la ville fans un paffeport figné du
Commandant Pruffien . Les Bourgeois ont ordre
de livrer les armes qui leur ont été rendues par
les troupes de l'Empire , fous peine de cent écus
d'amende . Les Officiers prifonniers de la garnifon
Impériale ont été renvoyés en donnant parole
de ne plus fervir contre le Roi de Pruffe , &
de fe repréfenter lorfqu'ils en feront requis.
Les Marchands étrangers qui s'étoient rendus
ici pour la Foire , n'y ont pas trouvé la fureté
qu'on leur avoit fait eſpérer. Les Pruffiens redevenus
maîtres de cette ville , exigent d'énormes
contributions . L'Officier qui les commande n'a
point voulu écouter les repréfentations de nos
Magiftrats , fur l'impuiffance où nous fommes
d'y fatisfaire. Il a fait enfermer dans le Château
de Pleiffenbourg , plufieurs de nos plus riches
Négocians , en déclarant qu'ils ne feront relâchés
que lorfqu'on lui aura payé tout l'argent qu'il
demande. Cette rigueur a répandu l'allarme parmi
les Marchands étrangers . La plupart de
ceux qui étoient en chemin pour venir à la
Foire , font retournés fur leurs pas. Ceux qui
font ici refulent de mettre leurs marchandiſes
en vente. Il eſt défendu à qui que ce foit de
fortir de la ville fans un paffeport figné du
Commandant Pruffien . Les Bourgeois ont ordre
de livrer les armes qui leur ont été rendues par
les troupes de l'Empire , fous peine de cent écus
d'amende . Les Officiers prifonniers de la garnifon
Impériale ont été renvoyés en donnant parole
de ne plus fervir contre le Roi de Pruffe , &
de fe repréfenter lorfqu'ils en feront requis.
Fermer
Résumé : DE LEIPSICK, le 1 Octobre.
Le 1er octobre à Leipzig, les marchands étrangers présents pour la foire n'ont pas trouvé les opportunités commerciales espérées en raison de la situation imposée par les Prussiens, redevenus maîtres de la ville. Ces derniers exigent des contributions énormes et l'officier prussien commandant a ignoré les représentations des magistrats locaux concernant leur incapacité à payer. Plusieurs négociants riches ont été emprisonnés au château de Pleissenbourg jusqu'au paiement des sommes demandées. Cette rigueur a alarmé les marchands étrangers, poussant la plupart de ceux en route pour la foire à faire demi-tour. Ceux déjà sur place refusent de vendre leurs marchandises. Les autorités prussiennes interdisent toute sortie de la ville sans passeport signé par le commandant. Les bourgeois doivent rendre les armes restituées par les troupes impériales, sous peine d'une amende de cent écus. Les officiers prisonniers de la garnison impériale ont été libérés à condition de ne plus servir contre le roi de Prusse et de se représenter sur demande.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6007
p. 182
« Le 14, après midi, on chanta dans l'Eglise Métropolitaine, le Te Deum, en [...] »
Début :
Le 14, après midi, on chanta dans l'Eglise Métropolitaine, le Te Deum, en [...]
Mots clefs :
Prise du château de Milan, Te Deum, Église métropolitaine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 14, après midi, on chanta dans l'Eglise Métropolitaine, le Te Deum, en [...] »
Le 14 , après midi , on chanta dans
l'Eglise Métropolitaine , le Te Deum , en
actions de graces de la prise du Château
de Milan, et l'Archevêque de Paris y of
ficia pontificalement. Le Chancelier de
France et le Garde des Sceaux , accompa
gnez de plusieurs Conseillers d'Etat et
Maîtres des Requêtes , y assisterent , ainsi
que le Parlement , la Chambre des
Comptes , la Cour des Aydes, et le Corps
de Ville , qui y avoient été invitez en la
maniere accoutumée .
Le soir il y eur des Feux de joïe et d'autres
marques de réjouissances dans toutes
les rues de la Ville.
l'Eglise Métropolitaine , le Te Deum , en
actions de graces de la prise du Château
de Milan, et l'Archevêque de Paris y of
ficia pontificalement. Le Chancelier de
France et le Garde des Sceaux , accompa
gnez de plusieurs Conseillers d'Etat et
Maîtres des Requêtes , y assisterent , ainsi
que le Parlement , la Chambre des
Comptes , la Cour des Aydes, et le Corps
de Ville , qui y avoient été invitez en la
maniere accoutumée .
Le soir il y eur des Feux de joïe et d'autres
marques de réjouissances dans toutes
les rues de la Ville.
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Résumé : « Le 14, après midi, on chanta dans l'Eglise Métropolitaine, le Te Deum, en [...] »
Le 14 juillet, un Te Deum fut chanté à l'Église Métropolitaine pour célébrer la prise du Château de Milan. L'Archevêque de Paris officia. Des personnalités officielles, dont le Chancelier de France et des Conseillers d'État, assistèrent à la cérémonie. En soirée, des feux de joie et des réjouissances eurent lieu dans les rues.
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6008
p. 180
« Le 25. la Loterie de la Compagnie des Indes, établie [...] »
Début :
Le 25. la Loterie de la Compagnie des Indes, établie [...]
Mots clefs :
Loterie, Liqueurs
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texteReconnaissance textuelle : « Le 25. la Loterie de la Compagnie des Indes, établie [...] »
Le 25. la Loterie de la Compagnie des Indes,
établie pour le remboursement des Actions , fut
tirée en la maniere accoûtumée à l'Hôtel de la
Compagnie. La Liste des Numeros gagnans des
Actions et Dixiémes d'Actions qui doivent être
remboursés , a été rendue publique , faisant en
tout le nombre de 303. Actions , neuf Dixiémes Actions.
On donne avis que la Veuve de Forestier
Marchande à Perigueux , vend toutes sortes de
Liqueurs et principalement Lanizette , la pinte
est de quatre livres dix sols rendue à Paris , tous
frais faits; elle excelle dans cette Liqueur. Plusieurs Seigneurs de Paris et d'ailleurs lui en ont
déja demandé..
établie pour le remboursement des Actions , fut
tirée en la maniere accoûtumée à l'Hôtel de la
Compagnie. La Liste des Numeros gagnans des
Actions et Dixiémes d'Actions qui doivent être
remboursés , a été rendue publique , faisant en
tout le nombre de 303. Actions , neuf Dixiémes Actions.
On donne avis que la Veuve de Forestier
Marchande à Perigueux , vend toutes sortes de
Liqueurs et principalement Lanizette , la pinte
est de quatre livres dix sols rendue à Paris , tous
frais faits; elle excelle dans cette Liqueur. Plusieurs Seigneurs de Paris et d'ailleurs lui en ont
déja demandé..
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Résumé : « Le 25. la Loterie de la Compagnie des Indes, établie [...] »
Le 25, la Loterie de la Compagnie des Indes a été tirée à l'Hôtel de la Compagnie, remboursant 303 actions. La veuve de Forestier, marchande à Périgueux, vend des liqueurs, dont la Lanizette à quatre livres dix sols la pinte, livrée à Paris. La qualité de la Lanizette est reconnue par plusieurs seigneurs.
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6009
p. 2312
Celle des Artistes du Louvre, [titre d'après la table]
Début :
Tous les Artistes, logés aux Galeries du Louvre se sont distingués par de très-belles [...]
Mots clefs :
Louvre, Illuminations, Soleil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Celle des Artistes du Louvre, [titre d'après la table]
Tous les Artiſtes , logés aux Galeries du
Louvre ſe ſont diftingués par de très-belles
illuminations , & entre autres M. de la Roshe
, Arquebuſier du Roi. Il y avoit un Soleil
fortant des nuages , & pour Deviſe ,
Surgetfplendidior; il ſe levera plus brillant.
Louvre ſe ſont diftingués par de très-belles
illuminations , & entre autres M. de la Roshe
, Arquebuſier du Roi. Il y avoit un Soleil
fortant des nuages , & pour Deviſe ,
Surgetfplendidior; il ſe levera plus brillant.
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6010
p. 2312
Réjoüissances publiques à Versailles, [titre d'après la table]
Début :
Le 20, il y eut des réjoüissances publiques à Versailles pour la convalescence du Roi, & [...]
Mots clefs :
Roi, Portique, Réjouissances publiques, Versailles
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texteReconnaissance textuelle : Réjoüissances publiques à Versailles, [titre d'après la table]
Le 20, il y eut des réjoüiſſances publiques
àVerſailles pour la convalefcencedu Roi ,&
toutes les maiſons de la Ville furent illuminées,
ainſi que les Egliſes des deux Paroiſſes,
& celle des Récolets. Le Portail de l'Egliſe
de la Paroiſſe de S. Louis le fut avec beaucoup
de magnificence. La Décoration , qui
avoit 16pieds de haut , ſur 12 de large , repréſentoit
le Portique d'un Temple , dans
l'enfoncement duquel on voyoit la Statuë
du Roi ſur un Piédeſtal , avec certe Inſcription:
Parenti Patria Redivivo confecrat Amor.
Au-deſſus du Portique étoit un Soleil , qui
jettoit unegrande lumiere. Un Palmier &
Olivier , formés par des Lampions , occupoient
les deux côtés du Portique , ſur le
ceintreduquel étoient ces mots , Jam Palma
nata funt , ecce paratur Oliva. M. Sibot, Prêtre
de la Miſſion , a fait la dépenſe de cetre
illumination , & le Deſſein en a été donné
par M. Frati , Peintre & Architecte de l'Académie
de Florence.
àVerſailles pour la convalefcencedu Roi ,&
toutes les maiſons de la Ville furent illuminées,
ainſi que les Egliſes des deux Paroiſſes,
& celle des Récolets. Le Portail de l'Egliſe
de la Paroiſſe de S. Louis le fut avec beaucoup
de magnificence. La Décoration , qui
avoit 16pieds de haut , ſur 12 de large , repréſentoit
le Portique d'un Temple , dans
l'enfoncement duquel on voyoit la Statuë
du Roi ſur un Piédeſtal , avec certe Inſcription:
Parenti Patria Redivivo confecrat Amor.
Au-deſſus du Portique étoit un Soleil , qui
jettoit unegrande lumiere. Un Palmier &
Olivier , formés par des Lampions , occupoient
les deux côtés du Portique , ſur le
ceintreduquel étoient ces mots , Jam Palma
nata funt , ecce paratur Oliva. M. Sibot, Prêtre
de la Miſſion , a fait la dépenſe de cetre
illumination , & le Deſſein en a été donné
par M. Frati , Peintre & Architecte de l'Académie
de Florence.
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6011
p. 182-183
Mandement du Cardinal de Bissi, et Te Deum sur le même sujet, [titre d'après la table]
Début :
Le 15. on chanta pareillement le Te Deum, avec beaucoup de solemnité, dans l'Eglise [...]
Mots clefs :
Église, Abbaye royale de Saint-Germain-des-Prés, Cardinal de Bissy, Te Deum
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texteReconnaissance textuelle : Mandement du Cardinal de Bissi, et Te Deum sur le même sujet, [titre d'après la table]
Le 15.on chanta pareillement le Te Deum ,
avec beaucoup de solemnité , dans l'Eglise
de l'Abbaye Royale de S. Germain , en
con
JANVIER. 1734
183
conséquence d'un Mandement du Cardinal
de Bissy , dont voici la teneur :
Henry de Thiard de Bissy , par le grace de
Dieu , et du S. Siege Apostolique, Cardinal de la
farnte Eglise Romaine , du Titre de S. Bernard,
Evêque de Meaux , Commandeur de l'Orûre du
S. Esprit , Abbé Commandataire de l'Abbaye
Royale de S. Germain des Prez : A tous ceux qui
sont soumis à notre Jurisdiction : Salut e Benediction
. Le Seigneur , Dieu des Armées , a répandu
ses nouvelles Benedictions sur les Armes
du Roy , et sur celles de ses Augustes Alliez.
Milan , une des principales Villes d'Italie ,
ouvert ses Portes aux approches de l'Armée
Royale Son Château , après 13 -jours de tranchées
, a été forcé de se rendre, Tout le Païs
renfermé entre les Rivieres du Tessin et de l'Oglio
est à present soumis à la Puissance de Sa
Majesté. Un cours si heureux et si rapide de tant
de succès , exige de nous la plus vive reconnoissance
envers le Souverain Arbitre des Etats qui
fait pancher la Victoire où il lui plaît , et qui
dispose de tout l'Univers avec poids , sagesse et
mesure. Continuons à faire des voeux les plus ardens
pnur la prosperité de notre auguste Monarque
, qui n'attaque ses ennimis que pour procurer
à l'Europe une Paix solide , et pour maintenir
les différens Princes qui y regnent dans leurs
juftes et légitimes droits. A ces causes : Nous
ordonnons que Vendredy , 15 du présent mois ,
à l'issue des Vêpres , le Te Deum sera chanté
dans notre Eglise Abbatiale , en actions de graces
des Benedictions que Dieu a répandues sur les
Armes du Roy. Donné à Paris , dans notre Pa-
Tais Abbatial , ce 13 Janvier 1734.
Signê, HENRY , Cardinal de Bissy.
avec beaucoup de solemnité , dans l'Eglise
de l'Abbaye Royale de S. Germain , en
con
JANVIER. 1734
183
conséquence d'un Mandement du Cardinal
de Bissy , dont voici la teneur :
Henry de Thiard de Bissy , par le grace de
Dieu , et du S. Siege Apostolique, Cardinal de la
farnte Eglise Romaine , du Titre de S. Bernard,
Evêque de Meaux , Commandeur de l'Orûre du
S. Esprit , Abbé Commandataire de l'Abbaye
Royale de S. Germain des Prez : A tous ceux qui
sont soumis à notre Jurisdiction : Salut e Benediction
. Le Seigneur , Dieu des Armées , a répandu
ses nouvelles Benedictions sur les Armes
du Roy , et sur celles de ses Augustes Alliez.
Milan , une des principales Villes d'Italie ,
ouvert ses Portes aux approches de l'Armée
Royale Son Château , après 13 -jours de tranchées
, a été forcé de se rendre, Tout le Païs
renfermé entre les Rivieres du Tessin et de l'Oglio
est à present soumis à la Puissance de Sa
Majesté. Un cours si heureux et si rapide de tant
de succès , exige de nous la plus vive reconnoissance
envers le Souverain Arbitre des Etats qui
fait pancher la Victoire où il lui plaît , et qui
dispose de tout l'Univers avec poids , sagesse et
mesure. Continuons à faire des voeux les plus ardens
pnur la prosperité de notre auguste Monarque
, qui n'attaque ses ennimis que pour procurer
à l'Europe une Paix solide , et pour maintenir
les différens Princes qui y regnent dans leurs
juftes et légitimes droits. A ces causes : Nous
ordonnons que Vendredy , 15 du présent mois ,
à l'issue des Vêpres , le Te Deum sera chanté
dans notre Eglise Abbatiale , en actions de graces
des Benedictions que Dieu a répandues sur les
Armes du Roy. Donné à Paris , dans notre Pa-
Tais Abbatial , ce 13 Janvier 1734.
Signê, HENRY , Cardinal de Bissy.
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Résumé : Mandement du Cardinal de Bissi, et Te Deum sur le même sujet, [titre d'après la table]
Le 15 janvier 1734, un Te Deum fut chanté solennellement à l'Église de l'Abbaye Royale de Saint-Germain-des-Prés, conformément à un mandement du Cardinal de Bissy daté du 13 janvier. Ce mandement célébrait les récentes victoires militaires du roi de France et de ses alliés. Milan, une ville majeure d'Italie, avait été conquise après la reddition de son château, et la région entre les rivières Tessin et Oglio était désormais sous la domination française. Le Cardinal de Bissy exprimait sa reconnaissance envers Dieu pour ces succès et appelait à prier pour la prospérité du monarque, qui combattait pour une paix durable en Europe et pour la défense des droits légitimes des princes. Le Te Deum fut chanté en actions de grâce pour les bénédictions divines accordées aux armes du roi.
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6012
p. 143-144
« Je demande encor quartier aux Anonimes jusqu'au mois prochain, [...] »
Début :
Je demande encor quartier aux Anonimes jusqu'au mois prochain, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je demande encor quartier aux Anonimes jusqu'au mois prochain, [...] »
Jedemande encor quartier
aux Anonimes jusqu'aumoisprochain,
en
faveur du Recueil de
Poèïîes qui occupe la place
des Articles burlesques,
Bouts-rimez,Ques
tions, Se autres badinages,
dont je tâcheray de,
varier les especes, quand
jen'auray point depieces
plus serieuses pour
remplir ma tâche;
aux Anonimes jusqu'aumoisprochain,
en
faveur du Recueil de
Poèïîes qui occupe la place
des Articles burlesques,
Bouts-rimez,Ques
tions, Se autres badinages,
dont je tâcheray de,
varier les especes, quand
jen'auray point depieces
plus serieuses pour
remplir ma tâche;
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6013
p. 204-205
MORTS.
Début :
Louise de Mailly de Buire, est morte le 26 à Lille en [...]
Mots clefs :
Maison de Mailly, Morts, Lieutenant général, Seigneur, Chevalier, Brigadier, Maréchal de camp, Artillerie, Réputation, Maison de Cramezel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
M O R T S.
Louiſe de Mailly de Buire, eſt morte le 26 à
Lille en Flandre. Elle étoit la derniere de la bran
che de Mailly du Quetnoy, ſortie de celle du
Mailly- Haucourt en 1 5 59. Le Prince de Croy lui
ſuccéde dans tous ſes biens.
Le ſieur Bailly , Iieutenant-Général des Armées
du Roi & de l'Artillerie , mourut a Paris le 2 2 ,
âgé de ſoixante-quatorze ans. -
Marie Marguerite Françoiſe de Melun d'Epinoy,
mou ut en cette ville le 4 Avril, âgée de quatre
vingt ſept ans.
Haut & Puiſſant Seigneur Meſſire Paul de la
Roche-Aymon, Chevalier Seigneur de Lavaud ,
Baron de la Farge, Marquis de Saint Maixent,
Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint
Louis, Lieutenant Général des Armée s du Roi ,
Lieutenant-Général de l'Artillerie de France, &
Directeur en chef de ladite Artillerie au Départe
ment de la haute & bafle Normandie, eſt décédé
ruè du FauxbourgSaint Lazare le 22 Mars 1759,
enterré le 23 à Saint Laurent. Il étoit âgé de 7 f
ans 5 mois 2 , jours , étant né le .7 Septembre
1 683. Il eſt entré au Service dans l'Artillerie en
17o3 , a été fait Capitaine de Canoniers en 17o9.
Brigadier d'Infanterie en . .. .. .. 1721.
Maréchal de Camp en . . . . . . . .. 17 34.
Lieutenant-Général de l'Artillerie au Dé
partement de Normandie en . . . . . .. 1738.
Et Lieutenant Général des Armées du Roi
en - • • • • • • • • • • • • • • • • • • I743 •
Il a commandé en chef l'Artillerie à
l'Armée de la Moſelle Cil • • • • • • • 1744
- M A I. 1759. - 2o5
Aux Armées du bas Rhin en . ' 174 r & 1746.
Aux Armées de Flandres en .. 1747 & 1748.
Tous les Gens de Guerre ſçavent avec quelle
diſtinction & quelle réputation il a ſervi tant dans
les Batailles que dans les Siéges.
| On croit inutile de rappeller au Public la belle
& grande Généalogie de ce Seigneur , dont la
Maiſon eſt des plus connuë.
Le 12 Avril mourut à Paris noble Dame Fran
çoiſe Prieur, âgée de ſoixante-quinze ans. Elle
avoit épouſé le 2 Février 17 5 1, Meſſire Pierre
Auguſtin de Cramezel, Chevalier, ſieur de Ker
gerault, anc en O iicier de la Marine , de la
Maiſon duquel on a donné en Juin 17 5 1, une
courte généalogie. -
Un auteur de cette Maiſon ancienne, du nom
d'Armand de Cramezel, né le 4 Décembre 1 34o,
qui épouſa Anne de Martel fille unique, ſe ſignala
beaucoup à Toul, à Metz & à Verdun, ainſi
qu'a la bataille d'Auvray, qui ſe donna le 24 Sep-.
tembre 1 364, entre Jean Comte de Monfort
& Charles de Blois. Les Mémoires du Comte
de Goudon, allié des Comtes d'Anjou, ont laiſſé
une idée de ſa valeur & de la bravoure d'Armand
Cramezel ; il fut aimé & conſidéré par ſes ac
tions, il ne le fut pas moins par ſes talens ; il
avoit celui d'exprimer avec deux ou trois traits le
burin juſqu'a l'humeur & au caractére particulier
de chaque figure ; il avoit encore l'adreſſe ſin
guliere de ramaſſer en peu de place une infinité
de choſes, & ſi on peut le dire , le don de créer
de l'eſpace ; car, comme l'atteſtent les Mémoi
res de M. le Comte de Goulon, en un ſeul pouce
de terrain, il faiſoit voir diſtinctement cinq a ſix
lieues de pays, & une multitude inconcevable
de perſonnages.
Louiſe de Mailly de Buire, eſt morte le 26 à
Lille en Flandre. Elle étoit la derniere de la bran
che de Mailly du Quetnoy, ſortie de celle du
Mailly- Haucourt en 1 5 59. Le Prince de Croy lui
ſuccéde dans tous ſes biens.
Le ſieur Bailly , Iieutenant-Général des Armées
du Roi & de l'Artillerie , mourut a Paris le 2 2 ,
âgé de ſoixante-quatorze ans. -
Marie Marguerite Françoiſe de Melun d'Epinoy,
mou ut en cette ville le 4 Avril, âgée de quatre
vingt ſept ans.
Haut & Puiſſant Seigneur Meſſire Paul de la
Roche-Aymon, Chevalier Seigneur de Lavaud ,
Baron de la Farge, Marquis de Saint Maixent,
Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint
Louis, Lieutenant Général des Armée s du Roi ,
Lieutenant-Général de l'Artillerie de France, &
Directeur en chef de ladite Artillerie au Départe
ment de la haute & bafle Normandie, eſt décédé
ruè du FauxbourgSaint Lazare le 22 Mars 1759,
enterré le 23 à Saint Laurent. Il étoit âgé de 7 f
ans 5 mois 2 , jours , étant né le .7 Septembre
1 683. Il eſt entré au Service dans l'Artillerie en
17o3 , a été fait Capitaine de Canoniers en 17o9.
Brigadier d'Infanterie en . .. .. .. 1721.
Maréchal de Camp en . . . . . . . .. 17 34.
Lieutenant-Général de l'Artillerie au Dé
partement de Normandie en . . . . . .. 1738.
Et Lieutenant Général des Armées du Roi
en - • • • • • • • • • • • • • • • • • • I743 •
Il a commandé en chef l'Artillerie à
l'Armée de la Moſelle Cil • • • • • • • 1744
- M A I. 1759. - 2o5
Aux Armées du bas Rhin en . ' 174 r & 1746.
Aux Armées de Flandres en .. 1747 & 1748.
Tous les Gens de Guerre ſçavent avec quelle
diſtinction & quelle réputation il a ſervi tant dans
les Batailles que dans les Siéges.
| On croit inutile de rappeller au Public la belle
& grande Généalogie de ce Seigneur , dont la
Maiſon eſt des plus connuë.
Le 12 Avril mourut à Paris noble Dame Fran
çoiſe Prieur, âgée de ſoixante-quinze ans. Elle
avoit épouſé le 2 Février 17 5 1, Meſſire Pierre
Auguſtin de Cramezel, Chevalier, ſieur de Ker
gerault, anc en O iicier de la Marine , de la
Maiſon duquel on a donné en Juin 17 5 1, une
courte généalogie. -
Un auteur de cette Maiſon ancienne, du nom
d'Armand de Cramezel, né le 4 Décembre 1 34o,
qui épouſa Anne de Martel fille unique, ſe ſignala
beaucoup à Toul, à Metz & à Verdun, ainſi
qu'a la bataille d'Auvray, qui ſe donna le 24 Sep-.
tembre 1 364, entre Jean Comte de Monfort
& Charles de Blois. Les Mémoires du Comte
de Goudon, allié des Comtes d'Anjou, ont laiſſé
une idée de ſa valeur & de la bravoure d'Armand
Cramezel ; il fut aimé & conſidéré par ſes ac
tions, il ne le fut pas moins par ſes talens ; il
avoit celui d'exprimer avec deux ou trois traits le
burin juſqu'a l'humeur & au caractére particulier
de chaque figure ; il avoit encore l'adreſſe ſin
guliere de ramaſſer en peu de place une infinité
de choſes, & ſi on peut le dire , le don de créer
de l'eſpace ; car, comme l'atteſtent les Mémoi
res de M. le Comte de Goulon, en un ſeul pouce
de terrain, il faiſoit voir diſtinctement cinq a ſix
lieues de pays, & une multitude inconcevable
de perſonnages.
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Résumé : MORTS.
En 1759, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Louise de Mailly de Buire, dernière de la branche de Mailly du Quetnoy, est décédée le 26 avril à Lille en Flandre. Le Prince de Croy a hérité de tous ses biens. À Paris, le sieur Bailly, Lieutenant-Général des Armées du Roi et de l'Artillerie, est mort le 22 avril à l'âge de soixante-quatorze ans. Marie Marguerite Françoise de Melun d'Epinoy est décédée le 4 avril à l'âge de quatre-vingt-sept ans. Paul de la Roche-Aymon, Chevalier et Lieutenant Général des Armées du Roi, est décédé le 22 mars à l'âge de 75 ans. Il a servi dans l'artillerie depuis 1703 et a occupé divers postes prestigieux. Françoise Prieur, âgée de soixante-quinze ans, est morte le 12 avril à Paris. Elle avait épousé Pierre Augustin de Cramezel, officier de la Marine. La famille Cramezel est connue pour ses exploits militaires et artistiques, notamment Armand de Cramezel, né en 1340.
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6014
p. 204-205
DE LA HAYE, le 31 Octobre.
Début :
Les contestations survenues entre les Etats-Généraux & le ministère Anglois, [...]
Mots clefs :
Contestations , Députés, Sa Majesté britannique, Mémoire, Ministères, Commerce
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LA HAYE, le 31 Octobre.
De LA HAYE , le 31 Oftobre. 10
2
Les conteftations furvenues entre les Etats-
Généraux & le miniſtère Anglois , font fur le
point d'être terminées . Conformément aux dernières
inftructions que nos Députés avoient reçues
de Leurs Hautes Puiffances , ils préfenterent le
18 de ce mois aux Miniftres de Sa Majesté Bri
tannique un Mémoire dans lequel ils expofoient
que les Etats- Généraux s'étoient toujours prêtés
aux voies de conciliation ; mais que le ministère
Anglois avoit paru faire peu de cas de leurs rerefufant
d'y répondre par écrits
que Leurs Hautes Puiffances defiroient fincèrehent
le maintien de la bonne intelligence entre
préfentation
P
CDECEMBRE. 1759.2 20
les deux Nations qu'Elles demandoient ſeule
ment que leurs Sujets ne fullent point troublés
dans la jouillance des droits & des prérogatives
qui leur ont été accordés par les Traités , & no--
tamment par celui de 1674. Le miniſtère Anglois
a promis carnos Députés qu'ils recevroient inceffamment
une réponfe fatisfaifante.
Il rette pourtant encore une difficulté , c'eft
que la Cour de Londres prétend interdire à nos
Négocians tout commerce avec les Ports de
France. Elle défigne fpécialement les Ports de la
Seine & de fon embouchure. On ne croit pas que
la République confente a une interdiction fi préjudiciable
aux privilèges de la neutralité qu'elle a
embrallée.
2
Les conteftations furvenues entre les Etats-
Généraux & le miniſtère Anglois , font fur le
point d'être terminées . Conformément aux dernières
inftructions que nos Députés avoient reçues
de Leurs Hautes Puiffances , ils préfenterent le
18 de ce mois aux Miniftres de Sa Majesté Bri
tannique un Mémoire dans lequel ils expofoient
que les Etats- Généraux s'étoient toujours prêtés
aux voies de conciliation ; mais que le ministère
Anglois avoit paru faire peu de cas de leurs rerefufant
d'y répondre par écrits
que Leurs Hautes Puiffances defiroient fincèrehent
le maintien de la bonne intelligence entre
préfentation
P
CDECEMBRE. 1759.2 20
les deux Nations qu'Elles demandoient ſeule
ment que leurs Sujets ne fullent point troublés
dans la jouillance des droits & des prérogatives
qui leur ont été accordés par les Traités , & no--
tamment par celui de 1674. Le miniſtère Anglois
a promis carnos Députés qu'ils recevroient inceffamment
une réponfe fatisfaifante.
Il rette pourtant encore une difficulté , c'eft
que la Cour de Londres prétend interdire à nos
Négocians tout commerce avec les Ports de
France. Elle défigne fpécialement les Ports de la
Seine & de fon embouchure. On ne croit pas que
la République confente a une interdiction fi préjudiciable
aux privilèges de la neutralité qu'elle a
embrallée.
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Résumé : DE LA HAYE, le 31 Octobre.
Le 31 octobre 1759, à La Haye, les tensions entre les États-Généraux et le ministère anglais étaient sur le point de se résoudre. Le 18 octobre, les députés des États-Généraux avaient présenté un mémoire aux ministres britanniques, soulignant les efforts de conciliation des États-Généraux face à l'indifférence anglaise. Les États-Généraux exprimaient leur volonté de maintenir de bonnes relations et demandaient le respect des droits et prérogatives accordés par les traités, notamment celui de 1674. Le ministère anglais promit une réponse satisfaisante. Cependant, une difficulté persistait : la Cour de Londres souhaitait interdire aux négociants des États-Généraux tout commerce avec les ports français de la Seine et de son embouchure. La République refusait cette interdiction, la jugeant préjudiciable à ses privilèges de neutralité.
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6015
p. 204-205
ITALIE.
Début :
Ces jours derniers, la Nation Françoise fit chanter le Te Deum [...]
Mots clefs :
Rome, Te Deum, Comte de Stainville, Ambassadeur extraordinaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E..
22 +
DE ROME , le 10 Janvier.
de
Ces jours derniers , la Nation Françoife fit
chanter le Te Deum dans l'Eglife de Saint Louis ,
en action de graces du rétabliſſement de la fanté
du Saint Pere, M. le Comte de Stainville , Am➡
MAR S. 1757. 205
baffadeur Extraordinaire du Roi de France auprès
du Saint Siege , fe trouva à cette cérémonie , ainſt
que l'Abbé de Canillac , Prélat - Commandeur de
l'Ordre du Saint- Efprit , & Auditeur de Rote.
22 +
DE ROME , le 10 Janvier.
de
Ces jours derniers , la Nation Françoife fit
chanter le Te Deum dans l'Eglife de Saint Louis ,
en action de graces du rétabliſſement de la fanté
du Saint Pere, M. le Comte de Stainville , Am➡
MAR S. 1757. 205
baffadeur Extraordinaire du Roi de France auprès
du Saint Siege , fe trouva à cette cérémonie , ainſt
que l'Abbé de Canillac , Prélat - Commandeur de
l'Ordre du Saint- Efprit , & Auditeur de Rote.
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6016
p. 1666-1667
ESPAGNE.
Début :
La nuit du 7. au 8. de ce mois, le Roy, la Reine, le Prince et la Princesse des Asturies, [...]
Mots clefs :
Turcs, Château d'Aranjuez, Palais de Buen Retiro, Château de Saint-Ildefonse, Maures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
A nuit du 7. au 8. de ce mois , le Roy , la
Reine , le Prince et la Princesse des Asturies ,
les Infants et les Infantes , vinrent du Château
d'Aranjuez au Palais du Buen- Retiro . Le lende
main , Leurs Majestez partirent avec les Princes
et les Princesses de la Maison Royale , pour se
rendre au Château de S. Ildefonse , où clies arri
verent le 9. au soir . Ов
JUILLET. 1734 1667
On apprend par les Lettres d'Oran , que selon
le rapport de quelques Maures , qui se sont rendus
dans la Place , les Infidelles ont perdu dans .
P'action du 1o. Juin , deux de leurs principaux
Chefs et environ 1300. hommes , la plupart .
Turcs , perte d'autant plus considerable pour Bigotille
, qui commande l'Armée ennemie , que
les Turcs sont ses meilleures Troupes.
A nuit du 7. au 8. de ce mois , le Roy , la
Reine , le Prince et la Princesse des Asturies ,
les Infants et les Infantes , vinrent du Château
d'Aranjuez au Palais du Buen- Retiro . Le lende
main , Leurs Majestez partirent avec les Princes
et les Princesses de la Maison Royale , pour se
rendre au Château de S. Ildefonse , où clies arri
verent le 9. au soir . Ов
JUILLET. 1734 1667
On apprend par les Lettres d'Oran , que selon
le rapport de quelques Maures , qui se sont rendus
dans la Place , les Infidelles ont perdu dans .
P'action du 1o. Juin , deux de leurs principaux
Chefs et environ 1300. hommes , la plupart .
Turcs , perte d'autant plus considerable pour Bigotille
, qui commande l'Armée ennemie , que
les Turcs sont ses meilleures Troupes.
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Résumé : ESPAGNE.
Du 7 au 8 juillet 1734, la famille royale espagnole se déplaça du Château d'Aranjuez au Palais du Buen Retiro, puis au Château de Saint-Ildefonse. Par ailleurs, une action militaire à Oran le 10 juin causa la perte de deux chefs et de 1300 hommes turcs, affaiblissant l'armée ennemie.
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6017
p. 2510-2511
PLAINTE de Calliope à Madame de Loste.
Début :
Quoi! serez-vous toujours indocile et rebelle [...]
Mots clefs :
Plainte, Indocile, Rebelle, Calliope, Immortalité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PLAINTE de Calliope à Madame de Loste.
PLAINTE de Calliope à Madame
Q
de Loste.
Voi ! serez-vous toujours indocile et re belle
Aux transports que j'excite en vous ?-
Je ne m'attendois pas qu'un Poëte fémelle
Irritat ainsi mon courroux.
Envain ai- je tenté de monter votre Lyre,
Elle est muette sous vos doigts.
J'inspirois à mon fils ce que je vous inspire ,.
Il se faisoit suivre des bois.
Sapho, Bernard, Deshoulieres , la Vigne.
N'ont répeté que mes chansons ;
Depuis quel tems , helas ! ne serois-je plus digne
Qu'on fut docile à mes leçons?
On peut comme autrefois les écouter encoreLaissez-vous vaincre à mes efforts ,
Et faites admirer du Couchant à l'Aurore
De vos Chants les nouveaux accords! {
Le Ciel vous accorda les talens nécessaires
Pour exceller dans l'art des Vers.
Vous pourriés méprisant les routes ordinaires
Suivre Pindare dans les airs.
Volés , si vous voulés , d'une aîle moins rapide
Prenés la Flute et le Hautbois ,
Chanter
NOVEMBRE. 1732. 2511
Chantez , les Prés , les Champs : cessez d'être ti mide ›
Calliope elle- même échauffe votre voix.
Peut-être craignés vous de passer pour sa- yante ; 1
·
Combien de femmes l'ont été ?
Comme elles , si l'amour de la gloire vous
tente ,
Courés à l'immortalité.
Par M. Chaband.
Q
de Loste.
Voi ! serez-vous toujours indocile et re belle
Aux transports que j'excite en vous ?-
Je ne m'attendois pas qu'un Poëte fémelle
Irritat ainsi mon courroux.
Envain ai- je tenté de monter votre Lyre,
Elle est muette sous vos doigts.
J'inspirois à mon fils ce que je vous inspire ,.
Il se faisoit suivre des bois.
Sapho, Bernard, Deshoulieres , la Vigne.
N'ont répeté que mes chansons ;
Depuis quel tems , helas ! ne serois-je plus digne
Qu'on fut docile à mes leçons?
On peut comme autrefois les écouter encoreLaissez-vous vaincre à mes efforts ,
Et faites admirer du Couchant à l'Aurore
De vos Chants les nouveaux accords! {
Le Ciel vous accorda les talens nécessaires
Pour exceller dans l'art des Vers.
Vous pourriés méprisant les routes ordinaires
Suivre Pindare dans les airs.
Volés , si vous voulés , d'une aîle moins rapide
Prenés la Flute et le Hautbois ,
Chanter
NOVEMBRE. 1732. 2511
Chantez , les Prés , les Champs : cessez d'être ti mide ›
Calliope elle- même échauffe votre voix.
Peut-être craignés vous de passer pour sa- yante ; 1
·
Combien de femmes l'ont été ?
Comme elles , si l'amour de la gloire vous
tente ,
Courés à l'immortalité.
Par M. Chaband.
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Résumé : PLAINTE de Calliope à Madame de Loste.
Dans une plainte adressée à une femme poète non nommée, Calliope, la muse de la poésie épique, exprime son mécontentement face à l'indocilité de cette poète, qui ne répond pas à ses inspirations. Calliope rappelle que des figures célèbres comme Sapho, Bernard, Deshoulières et La Vigne ont été inspirées par elle et ont répété ses chansons. Elle déplore que, de nos jours, on ne soit plus aussi docile à ses leçons. Calliope encourage la poète à laisser ses efforts porter fruit et à faire admirer ses chants du coucher au lever du soleil. Elle souligne que le ciel a doté cette femme des talents nécessaires pour exceller dans l'art des vers. Calliope l'incite à suivre Pindare ou, si elle préfère, à utiliser la flûte et le hautbois pour chanter les prés et les champs. Elle reconnaît que la poète pourrait craindre d'être qualifiée de savante, mais rappelle que de nombreuses femmes l'ont été avant elle. Calliope l'encourage à courir vers l'immortalité si l'amour de la gloire la tente. Le texte est signé par M. Chaband et daté de novembre 1732.
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6018
p. 198-199
« Apres que le Roy eut donné à Mademoiselle de Scudéry, [...] »
Début :
Apres que le Roy eut donné à Mademoiselle de Scudéry, [...]
Mots clefs :
Sapho, Audience
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Apres que le Roy eut donné à Mademoiselle de Scudéry, [...] »
Apres que le Roy eut
donné à Mademoiſelle de
Scudéry , la Penfion dont je
vous parlay il y a deux mois,
elle alla luy en faire fes reGALANT.
199
•
mercîmens. Sa Majefté l'écouta,
& l'entretint avec cet
air affable qui luy eft fi ordinaire,
& qu'Elle accorde fi
bien avec fa grandeur. C'eſt
ce qu'on appelle Audience ,
& furquoy les Vers que vous
allez lire ont efté faits . Ils
font de Madame de Plabuif
fon , qui ayant une eſtime
tres - particuliere pour cette
Illuftre Sapho de noſtre Sie.
cle , luy en a voulu donner
des marques par ce galant
& ingénieux Ouvrage.
donné à Mademoiſelle de
Scudéry , la Penfion dont je
vous parlay il y a deux mois,
elle alla luy en faire fes reGALANT.
199
•
mercîmens. Sa Majefté l'écouta,
& l'entretint avec cet
air affable qui luy eft fi ordinaire,
& qu'Elle accorde fi
bien avec fa grandeur. C'eſt
ce qu'on appelle Audience ,
& furquoy les Vers que vous
allez lire ont efté faits . Ils
font de Madame de Plabuif
fon , qui ayant une eſtime
tres - particuliere pour cette
Illuftre Sapho de noſtre Sie.
cle , luy en a voulu donner
des marques par ce galant
& ingénieux Ouvrage.
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6019
p. 192-193
ANONYMES. Le Limosin friand.
Début :
Quoyque les Limosins soient plus gourmands que friands, j'aime [...]
Mots clefs :
Friand, Gourmand, Mercure, Journal des savants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANONYMES. Le Limosin friand.
ΑΝΟΝΥΜES .
Le Limofin friand.
Quoyque les Limofins
foient plus gourmands
que
friands , j'aime à me nour
rir , au moins l'efprit , der
friandifes
& de badinages
.
On fe plaint icy que vous
les épargnez trop dans vo
ftre dernier Mercure. Vous
n'y mettez que de grands
morceaux.
de
Loin d'icy ces Lecteurs avides
Qui ne font affamez que
morceaux folides
The C'est
GALANT. 193
Ceft ne vouloir dans un repas
Que maffifs Aloyaux , Gigots
& Chaponsgras.
Nous les voulons garnis de fines
beatilles ,
Trufles , Moufferons & Morilles.
Comme dans un feftin il eſt ,
n'en doutez pas ,
Et gourmands & friands ;
dans la litterature
Les Journaux des Sçavants
Sontfaits pour les gourmands,
Et le Mercure
Pour les friands.
Le Limofin friand.
Quoyque les Limofins
foient plus gourmands
que
friands , j'aime à me nour
rir , au moins l'efprit , der
friandifes
& de badinages
.
On fe plaint icy que vous
les épargnez trop dans vo
ftre dernier Mercure. Vous
n'y mettez que de grands
morceaux.
de
Loin d'icy ces Lecteurs avides
Qui ne font affamez que
morceaux folides
The C'est
GALANT. 193
Ceft ne vouloir dans un repas
Que maffifs Aloyaux , Gigots
& Chaponsgras.
Nous les voulons garnis de fines
beatilles ,
Trufles , Moufferons & Morilles.
Comme dans un feftin il eſt ,
n'en doutez pas ,
Et gourmands & friands ;
dans la litterature
Les Journaux des Sçavants
Sontfaits pour les gourmands,
Et le Mercure
Pour les friands.
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Résumé : ANONYMES. Le Limosin friand.
Un auteur anonyme critique le périodique 'Mercure' pour son manque de légèreté et de divertissement. Il compare cette situation à un repas sans fines herbes ni champignons. Il suggère que le 'Mercure' devrait plaire aux amateurs de lectures légères, contrairement aux 'Journaux des Sçavants' destinés aux lecteurs sérieux.
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6020
p. 204-205
DE HAMBOURG, le 28 Septembre.
Début :
Les Suédois se sont rendus maîtres des Isles de Wollin & d'Usedom [...]
Mots clefs :
Suédois, Îles, Comte, Attaque, Régiment, Troupes, Soldats, Prisonniers, Wollin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE HAMBOURG, le 28 Septembre.
DE HAMBOURG , le 28 Septembre.
Les Suédois fe font rendus maîtres des Ifles de
Wollin & d'Uledom en Pomeranie. Le Comte
NOVEMBRE. 1759. 205
de Ferfen , Lieutenant - Général , dont l'activité
mérite les plus grandes louanges , fit attaquer
Wollin le 16 de ce mois à la pointe du jour . Le
Régiment des Gardes , ceux de Jenkoping &
d'Elfsborg , foutenus de deux cens Volontaires ,
furent commandés pour cette attaque , que là
garnifon foutint pendant deux heures avec beaucoup
de valeur. Les troupes Suédoiſes entrerent
dans la place l'épée à la main ; & la garniſon
après s'être défendue encore quelque temps dans
les rues , fut forcée de fe rendre prifonniere
de guerre. Elle confiftoit en fept cens Soldats &
une trentaine d'Officiers. Celle de Camin apprenant
la reddition de Wollin s'eft retirée à Colberg.
Les Suédois font actuellement maîtres des trois
embouchures de l'Oder , & tout le cercle de
Randaw leur eft ouvert. Ils étendent librement
leurs contributions jufqu'aux portes de Stettin.
On affure que leur armée n'eſt plus qu'à deux
milles de cette Capitale . Les Lettres de cette armée
font mention de la prife du Fort de Swinemonde ,
dont la garnifon compofée d'un Lieutenant - Colonel,
d'un Major , de quatorze Capitaines ou Lieutenans
, & de quatre cent vingt hommes , s'eft rendue
prifonniere de guerre. On a trouvé dans ce
Fort neuf piéces de canon , & des munitions en
abondance. L'attaque avoit été dirigée par le
Comte de Ferfen . Un détachement Sué lois , aux
ordres du Baron de Heffenftein , Lieutenant- Général
, a enlevé aux Pruffiens le pofte de Locknitz
, & y a fait prifonniers deux Officiers &
quatre-vingt- fix foldats.
Les Suédois fe font rendus maîtres des Ifles de
Wollin & d'Uledom en Pomeranie. Le Comte
NOVEMBRE. 1759. 205
de Ferfen , Lieutenant - Général , dont l'activité
mérite les plus grandes louanges , fit attaquer
Wollin le 16 de ce mois à la pointe du jour . Le
Régiment des Gardes , ceux de Jenkoping &
d'Elfsborg , foutenus de deux cens Volontaires ,
furent commandés pour cette attaque , que là
garnifon foutint pendant deux heures avec beaucoup
de valeur. Les troupes Suédoiſes entrerent
dans la place l'épée à la main ; & la garniſon
après s'être défendue encore quelque temps dans
les rues , fut forcée de fe rendre prifonniere
de guerre. Elle confiftoit en fept cens Soldats &
une trentaine d'Officiers. Celle de Camin apprenant
la reddition de Wollin s'eft retirée à Colberg.
Les Suédois font actuellement maîtres des trois
embouchures de l'Oder , & tout le cercle de
Randaw leur eft ouvert. Ils étendent librement
leurs contributions jufqu'aux portes de Stettin.
On affure que leur armée n'eſt plus qu'à deux
milles de cette Capitale . Les Lettres de cette armée
font mention de la prife du Fort de Swinemonde ,
dont la garnifon compofée d'un Lieutenant - Colonel,
d'un Major , de quatorze Capitaines ou Lieutenans
, & de quatre cent vingt hommes , s'eft rendue
prifonniere de guerre. On a trouvé dans ce
Fort neuf piéces de canon , & des munitions en
abondance. L'attaque avoit été dirigée par le
Comte de Ferfen . Un détachement Sué lois , aux
ordres du Baron de Heffenftein , Lieutenant- Général
, a enlevé aux Pruffiens le pofte de Locknitz
, & y a fait prifonniers deux Officiers &
quatre-vingt- fix foldats.
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Résumé : DE HAMBOURG, le 28 Septembre.
En septembre 1759, les Suédois ont pris le contrôle des îles de Wollin et d'Usedom en Poméranie. Le 16 septembre, le comte de Ferzen a lancé une attaque sur Wollin à l'aube, avec les régiments des Gardes, de Jönköping et d'Elfsborg, renforcés par deux cents volontaires. La garnison, composée de sept cents soldats et une trentaine d'officiers, s'est rendue après deux heures de défense. La garnison de Camin s'est retirée à Kolberg. Les Suédois contrôlent désormais les trois embouchures de l'Oder et le cercle de Randow, étendant leurs contributions jusqu'aux portes de Stettin. L'armée suédoise est à deux milles de Stettin. Le fort de Swinemünde, dirigé par le comte de Ferzen, a également été pris, avec une garnison composée d'un lieutenant-colonel, d'un major, de quatorze capitaines ou lieutenants, et de quatre cent vingt hommes. Neuf pièces de canon et des munitions abondantes y ont été trouvées. Par ailleurs, un détachement suédois sous les ordres du baron de Hessenstein a capturé le poste de Locknitz, faisant prisonniers deux officiers et quatre-vingt-six soldats prussiens.
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6021
p. 206-208
Réponse par M.L.R.
Début :
Les grands hommes se font plus respecter; les petits hommes [...]
Mots clefs :
Hommes, Taille, Grandeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse par M.L.R.
Réponse par M. L. R.
Les grands hommes fe
GALANT. 207
font plus refpecter ; les petits hommes fe font plusai1: mer, & même des Dames.
Elles s'imaginent peut-être
qu'elles retrouveront dans
leur efprit tout ce qui manque à leur taille : il femble
que l'amour & la galanterie foient plûtôt l'apanage
dès petits hommes , & que
la gloire & le heroifme de
la guerre doivent être le
partage des grands hommes. Cette prevention étoit
bien réelle du temps d'Homere , où l'on mefuroit
même la grandeur des He-
208 MERCURE
ros par la largeur de leurs
épaule
Les grands hommes fe
GALANT. 207
font plus refpecter ; les petits hommes fe font plusai1: mer, & même des Dames.
Elles s'imaginent peut-être
qu'elles retrouveront dans
leur efprit tout ce qui manque à leur taille : il femble
que l'amour & la galanterie foient plûtôt l'apanage
dès petits hommes , & que
la gloire & le heroifme de
la guerre doivent être le
partage des grands hommes. Cette prevention étoit
bien réelle du temps d'Homere , où l'on mefuroit
même la grandeur des He-
208 MERCURE
ros par la largeur de leurs
épaule
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Résumé : Réponse par M.L.R.
Le texte explore les perceptions sociales des grands et petits hommes. Les petits hommes et certaines dames sont souvent respectés et admirés. Les dames compensent leur petite taille par leur esprit. L'amour et la galanterie sont liés aux petits hommes, tandis que la gloire et le héroïsme en guerre sont attribués aux grands hommes. À l'époque d'Homère, la grandeur des héros se mesurait par la largeur de leurs épaules.
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6022
p. 612-615
« Le premier Mars, il y eut Concert à Marly chez la Reine, qui fut continué [...] »
Début :
Le premier Mars, il y eut Concert à Marly chez la Reine, qui fut continué [...]
Mots clefs :
Reine, Concert, Demoiselle, Marly, Reine, Musique, Roi, Destouches, Opéra, Marie Pélissier, Chasse, Église paroissiale de Saint-Sulpice, Fête de l'Annonciation de la Vierge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le premier Mars, il y eut Concert à Marly chez la Reine, qui fut continué [...] »
Le premier Mars , il y eut Concert à
Marly chez la Reine , qui fut continué
3 et le 6. M. Destouches Sur- Intendant
de la Musique du Roy , fit chanter
l'Opéra de Pirame et Thisbé , mis en
Musique par les Sieurs Rebel et Francoeur,
le premier, Sur- Intendant de la Musique
en Survivance de M. Destouches , et le
second, Compositeur de la Chambre. Les
Diles Lenner , d'Aigremont et Roblin ,
chanterent lesRolles du Prologue; ceux de
Zoroastre, de Ninus, et de Pirame , furent
chantez dans laTragédie par les SrsChassé,
d'Angerville etJelior, la voix de ce dernier
parut
MARS 1734: 613
parut très touchante . Les Dlles Erremens et
Pelissier remplirent les Rolles deZoraïde et
de Thisbé avec beaucoup de précision .
La Reine eut la bonté de marquer aux
Auteurs sa satisfaction , et de louer leurs
talens. Le Poëme est de M. de la Serre.
›
Le 8 et le 9 , S. M. souhaita d'entendre
le Ballet du Carnaval et de la Folie ,
dont l'exécution parut très- brillante . Le
Rolle de la Folie fut rempli avec applaudissement
par la Dlle Pelissier , celui du
Carnaval par le Sieur d'Angerville ; la
Dlle Mathieu et le Sr Petillot , chanterent
ceux de Plutus , et de la Jeunesse. Cet
Opéra,de la composition de M. Destouches
, plut beaucoup à la Reine , S. M.
ordonna qu'on le chanteroit tous les
ahs pendant le Carnaval .
2
Le 15 , 17 et 22 , on chanta l'Opéra
·de Telemaque du même Auteur. Le Rolle
de Minerve dans le Prologue et dans la
Piéce , fut chanté par la Dlle Lenner ;
celui de Calipso par la Dlle Anuer , et
ceux d'Eucharis et de Telemaque furent
remplis d'une façon très interessante par
la Dile Pelissier et par le Sr Jeliot.
Le 11 de ce mois , le Roy étant allé
chasser sur Lotti , le cerf mena la chasse
jusqu'au près de Magni , d'où le Roy
ICVC614
MERCURE DE FRANCE
revenant à Marly , la nuit le surprit à
Meulan , et Sa Majesté prévoyant qu'il
arriveroit trop tard à Marly , alla demander
à souper à l'Abbé Bignon, qui se trouvoit
par hazard dans sa Maison de l'Isle - Belle.
Au sortir de table , le Roy partit vers les
dix heures un quart pour retourner à
Marly , témoignant beaucoup de satisfaction
de la maniere dont il avoit éte reçu .
S.M.n'étoit accompagnée que du Duc de
Richelieu , du Comte d'Ayen , du Marquis
de Coigny et du Marquis de Sourches.
Le 20 Mars on consacra solemnellement
le Grand Autel de l'Eglise Paroissiale
de Saint Sulpice ; M. l'Archevêque
de Sens en fit la cérémonie : la Reine
d'Espagne y assista avec plusieurs personnes
de considération . La cérémonie finit
par une décharge d'un grand nombre
de boëtes, et par les Aumônes que M. le
Curé fit distribuer à quantité de Pauvres
.
Le 25 Mars , Fête de l'Anronciation de
la Vierge , il y eut Concert Spirituel au
Chateau des Thuilleries . M. Mouret y
fit chanter le Magnus Dominus , excelent
Motet de M. de la Lande. La Dlle Petite .
pas
MARS 1734.
619
pas , et le Sr Jeliot en chanterent un au
tre à deux voix , qui fut très applaudi
par une très nombreuse Assemblée ; de
même que les Concerto exécutez par les
Srs Blavet et le Clair . Le Concert fut
terminé par le Motet Cantate du même
Auteur dans lequel la Dlle Erremens
chanta le beau verset Viderunt avec toute
la précision que demande un si beau
morceau de Musique .
Marly chez la Reine , qui fut continué
3 et le 6. M. Destouches Sur- Intendant
de la Musique du Roy , fit chanter
l'Opéra de Pirame et Thisbé , mis en
Musique par les Sieurs Rebel et Francoeur,
le premier, Sur- Intendant de la Musique
en Survivance de M. Destouches , et le
second, Compositeur de la Chambre. Les
Diles Lenner , d'Aigremont et Roblin ,
chanterent lesRolles du Prologue; ceux de
Zoroastre, de Ninus, et de Pirame , furent
chantez dans laTragédie par les SrsChassé,
d'Angerville etJelior, la voix de ce dernier
parut
MARS 1734: 613
parut très touchante . Les Dlles Erremens et
Pelissier remplirent les Rolles deZoraïde et
de Thisbé avec beaucoup de précision .
La Reine eut la bonté de marquer aux
Auteurs sa satisfaction , et de louer leurs
talens. Le Poëme est de M. de la Serre.
›
Le 8 et le 9 , S. M. souhaita d'entendre
le Ballet du Carnaval et de la Folie ,
dont l'exécution parut très- brillante . Le
Rolle de la Folie fut rempli avec applaudissement
par la Dlle Pelissier , celui du
Carnaval par le Sieur d'Angerville ; la
Dlle Mathieu et le Sr Petillot , chanterent
ceux de Plutus , et de la Jeunesse. Cet
Opéra,de la composition de M. Destouches
, plut beaucoup à la Reine , S. M.
ordonna qu'on le chanteroit tous les
ahs pendant le Carnaval .
2
Le 15 , 17 et 22 , on chanta l'Opéra
·de Telemaque du même Auteur. Le Rolle
de Minerve dans le Prologue et dans la
Piéce , fut chanté par la Dlle Lenner ;
celui de Calipso par la Dlle Anuer , et
ceux d'Eucharis et de Telemaque furent
remplis d'une façon très interessante par
la Dile Pelissier et par le Sr Jeliot.
Le 11 de ce mois , le Roy étant allé
chasser sur Lotti , le cerf mena la chasse
jusqu'au près de Magni , d'où le Roy
ICVC614
MERCURE DE FRANCE
revenant à Marly , la nuit le surprit à
Meulan , et Sa Majesté prévoyant qu'il
arriveroit trop tard à Marly , alla demander
à souper à l'Abbé Bignon, qui se trouvoit
par hazard dans sa Maison de l'Isle - Belle.
Au sortir de table , le Roy partit vers les
dix heures un quart pour retourner à
Marly , témoignant beaucoup de satisfaction
de la maniere dont il avoit éte reçu .
S.M.n'étoit accompagnée que du Duc de
Richelieu , du Comte d'Ayen , du Marquis
de Coigny et du Marquis de Sourches.
Le 20 Mars on consacra solemnellement
le Grand Autel de l'Eglise Paroissiale
de Saint Sulpice ; M. l'Archevêque
de Sens en fit la cérémonie : la Reine
d'Espagne y assista avec plusieurs personnes
de considération . La cérémonie finit
par une décharge d'un grand nombre
de boëtes, et par les Aumônes que M. le
Curé fit distribuer à quantité de Pauvres
.
Le 25 Mars , Fête de l'Anronciation de
la Vierge , il y eut Concert Spirituel au
Chateau des Thuilleries . M. Mouret y
fit chanter le Magnus Dominus , excelent
Motet de M. de la Lande. La Dlle Petite .
pas
MARS 1734.
619
pas , et le Sr Jeliot en chanterent un au
tre à deux voix , qui fut très applaudi
par une très nombreuse Assemblée ; de
même que les Concerto exécutez par les
Srs Blavet et le Clair . Le Concert fut
terminé par le Motet Cantate du même
Auteur dans lequel la Dlle Erremens
chanta le beau verset Viderunt avec toute
la précision que demande un si beau
morceau de Musique .
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Résumé : « Le premier Mars, il y eut Concert à Marly chez la Reine, qui fut continué [...] »
En mars 1734, plusieurs événements musicaux et cérémoniels marquèrent le mois. Du 1er au 6 mars, l'opéra 'Pirame et Thisbé' de Rebel et Francoeur fut interprété à Marly chez la Reine, avec des rôles principaux chantés par les demoiselles Lenner, d'Aigremont, Roblin, Erremens et Pelissier, ainsi que par les sieurs Chassé, d'Angerville et Jeliot. La Reine exprima sa satisfaction. Les 8 et 9 mars, le roi écouta le ballet 'Le Carnaval et la Folie' de Destouches, interprété par la demoiselle Pelissier, le sieur d'Angerville, la demoiselle Mathieu et le sieur Petillot. La Reine ordonna que cet opéra soit chanté quotidiennement pendant le Carnaval. Du 15 au 22 mars, l'opéra 'Télémaque' de Destouches fut chanté, avec les rôles de Minerve, Calypso, Eucharis et Télémaque interprétés par les demoiselles Lenner, Anuer, Pelissier et le sieur Jeliot. Le 11 mars, le roi chassa sur l'île de Loiti avec plusieurs nobles et soupa à Meulan chez l'abbé Bignon. Le 20 mars, l'archevêque de Sens consacra solennellement le grand autel de l'église paroissiale de Saint-Sulpice en présence de la reine d'Espagne et de personnes de considération. Le 25 mars, à l'occasion de la fête de l'Annonciation de la Vierge, un concert spirituel eut lieu au château des Tuileries. M. Mouret dirigea le 'Magnus Dominus' de M. de la Lande, et les demoiselles Petitepas et Erremens, ainsi que le sieur Jeliot, chantèrent d'autres morceaux applaudis. Les concerts furent exécutés par les sieurs Blavet et le Clair.
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6023
p. 200-208
ARTICLE DES MORTS.
Début :
Mre François-Armand de Rohan Prince de Montbazon, Colonel [...]
Mots clefs :
Décès, Colonel, Petite vérole, Seigneur, Docteur en théologie, Cardinal de Noailles, Noblesse, Marquis, Épouse, Greffier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE DES MORTS.
ARTICLE DES MORTS.
Mie François-Armand de Rohan
Prince de Montbazon , Colonel :
du Regiment de Picardie ,& Brigadieracs-
Armées du Roy , mouDE
JUILLET. 201
rutde la petite vérolle le 26. Juin
1717. âgé de 35 ans. Il étoit fils
Aîné de Charles de Rohan , Prince
de Guemené , Duc de Monbazon
, Pair de France & de Charlotte
- Elizabeth Cochefilet de
Vauvineux. Il ne laiſſe point d'enfans
de ſon Mariage avec Louife-
Julie de la Tour d'Auvergne ,
qu'il avoit épousée au mois de
Juin 1698. Elle étoit fille de Godefroy-
Maurice de la Tour , Dục
de Boüillon, Pair & Grand Chambelant
de France , &de feuë Marie-
Anne Mancini , Niece du Cardinal
Mazarin. La Maiſon de Rohan
vous doit être ſi connûë qu'il
ſuſfira de vous dire icy , qu'elle
eſt unedes plus anciennes, des puls
puiſſantes &des plus illuſtres du
Royaume. Le Regimentde Picardie
qu'il avoit , a été donné à M. le
Duc de Rohan : Ce Seigneur l'a
cedéàM. le Prince de Montauban
Guidon des Genſdarmes de la Garde
, qui de ſon côté a remis ſa
Charge de Guidon, entre les mains
de M. le Duc de Rohan , pour en
1
i
202 LEMERCURE
diſpoſer comme il le jugera à propos.
Mre Jean-Baptiste-Charles des
Friches de Braſſeuſe de Preſſigny ,.
Docteur en Théologie , Chanoine
&Doyen de l'Egliſe de Paris , depuis
le 12. Decembre 1702. &
Prieur de Conflans, Sainte Honorine
& de Mello, mourut le 28. Juin
1717.âgé de 55 ans après une maladie
trés douloureuſe caufée par
une fortgroffe Pierre , qu'on lui a
trouvée dans les Reins. Il fortoit
d'une Famille Noble , originaire
de la Ville de Melun ,de laquelle
il y a eu pluſieurs Chevaliers de
l'Ordre de Malte , dont le premier
reçû , mourut l'an 1565. La Biſayeule
de feu M. l'Abbé de Preſſigny
étoit de la Maiſonde la Fayette.
Il y avoit près de cent ans, que le
Doyenéd eNotre-Dame n'étoitforde
la Famille de Preſſigny.
M. le Cardinal de Noailles a
donné le Canonicat vacant par
certe Mort,à M. de Gomer de Lufancy
Chonoine de Meaux , d'une
Nobleſſe ancienne &diftinguée de
DE JUILLET . 203
la Province de Picardie. Et le s .
Juillet , le Chapitre a élû pour
Doyen Mre Jacques Alain de Gontaut
, Chanoine & Chantre de la
même Eglife : Il eſt de l'Illußre
Maiſon de Gontaut, & de la Branchedes
Seigneurs de Cabrérés , de
laquelle étoit Jeanne de Gontaut
Trif- ayeule de M. le Cardinal de
Noailles.
Dame Marie- Magdeleine de la
Fayette Epouſe de Me Charles
Bretagne Duc de la Tremoille &
deThoüars, Baron de Vitré, Com
te de Laval , Marquis d'Eſpinay ,
Prince de Tarente , Pair de France,
premierGentilhomme de laChambre
du Roy& Brigadier de ſes Armées
, qu'elle avoit épousé le 1;.
Avril 1706,mourut le 6 Juillet âgée
de 25 ans & huit mois , laiſſantun
fils unique : Elle étoit fille unique
d'Armand Renaud , Comte de la
Fayette,ColonelduRegiment de la
Fere , & Brigadier Général des Armées
du Roy , mort le 12 Aouft
1694 , &de Dame Jeanne Marie
Magdeleine de Marillac , fille de
204 LE MERCURE
M. de Marillac aujourd'hui Doyen
des Conſeillers d'Etat ; la Maiſon
de la Fayette eſt originaire & une
des plus anciennes & des plus Illuftresde
la Province d'Auvergner
Antoine Seigneur de le Fayette ,
cinquième Ayeul de Mde la Ducheſſede
la Tremoille , étoit Maître
de l'Artillerie ſous Louis XII.
&Gilbert Mottier Seigneur de la
Fayette ſon VII . Ayeul, fut fait
Maréchal de Francedés l'an 1421.
Ses Alliances ſont avec les Maifons
de Joyeuſe ,de Montboiffier,
de Polignac,de Jaucours , de Silly,
d'Eſcars , de Vienne , Daillon du
Lude , de la Tour d'Auvergne ,
de Rivoire , de Montmorin , d'Alégre
, d'Apcher , de Bourbon-
Charlus , Bourbon Buffet , Dreux
Morinville , de Chaumont, de Paffeuquieres
de Broüilly , &c. &
Elle ſubſiſte encore dans la Branche
des Seigneurs de Champeſticres
en Auvergne , connus de tout
temps ſous le nom de Motrier , auquel
ilsort joint celui de la Fayette
depuis l'extinction de la Branche
د
DE JUILLET 205
the des Comtes de la Fayette .
Mre Louis Marquis deMontefquiou
, fils unique de Me le Maréchal
de Monteſquiou ,& Colonel
* du Regiment d'Iſenghien, mourur
de la petite verole les Juillet azé
de dix-ſept àdix-huit ans , c'étoit
un jeune Seigneur de grande eſperance
,je vous inftruifis ſuffiſament
de ſa Maiſon , qui eſt une des plus
anciennes& des plus Illuſtres du
Royaume, lorſqu'il eût l'agrément
de ce Régiment. Le Régiment a été
accordé àM. fon pere, pour endifpoſeràſavolonté.
L'on a cû avis que Mre Roger de
la Roche- Foucault, Prince de Marfillac
, Abbé du Bec & de Font-
Froide , étoit mort de la petite
verole à Bude le 23 May dernier ,
âgé de 30 ans , il étoit fils aîné de
Mre François de la Roche- Foucault
VIII du nom , Duc de la Roche-
Foucault ,&de Dame Magdeléne
Charlotte le Tellier de Louvoy.
Il laiſſe pour plus de 60000 liv. de
rentes de Benefices vacants. Le
Prieuréde Conflans Sainte Honori-
Juillet 1717.
S
206 LE MERCURE
*
ne , qui étoit à ſa nomination , &
dont étoit pourvû M. de Preſſigny,
a été donné à M. l'Abbé Tambonneau
Chanoine de Notre-Dame ,
&Parentde ſon Eminence.
Dame Madeléne Emilie de
Maſcranni Epouſe de Mue François
Joachim Bernard Potier , Marquis
de Gefyres , Premier Gentil-hommede
la Chambre du Roy , Meftre
de Camp d'un Regiment de Cavalerie
, mourût ſans poſterité le 9
Juillet âgée de 25 ans&neufmois.
Elle étoit fille unique de feu Mre
Barthelemy de Maſcranny , Maître
des Requêtes , &de Dame Jeanne
Baptiste le Fevre de Caumartin.
La Famille de Maſcranny eſt une
des plus anciennes du Païs des
Grifons , elle fut attirée en Fran--
ce ,tant par la follicitation deMefſieurs
de Gondy , dont ils étoient
Parens, qu'à cauſe des Guerres qui
défoloient tout le Païs. Les Terres
& les grands biens qu'elle y poffedoit
, joins à pluſieurs Eglifes
que ſes Ancêtres y ont fondées
paroiffent autant de monumens de
fon ancienneré .
,
DE JUILLET. 207
Louis XIII . Thonnora d'une
Fleur de Lys dans ſes Armoiries .
Il ya près de 100 ans qu'elle a
entrée dans l'Ordre de Malthe .
Les Auteurs qui ont écrit de la
Ville de Chavannes , font mention
de cette Maifon comme de
l'une des plus diſtinguées dans le
Païs des Grifons : Voyez le grand
Atlas de Bleu d'Avity & c .
,
M. de Buzanval ci-devant
Lieutenant des Gendarmes mourut
le .... de Juillet , âgéde plus
de80. ans.
Mre Achille de Harlay Comte
de Beaumont , Conſeiller d'Etar
Ordinaire,fils dufeuPremierPrefi
dentde ce nom,décéda le 23.après
une trés longue maladie , en fa
49. année. Ilne laiſſe qu'une fille
mariée depuis quelques années ,
avec M. le Prince de Tingry ,
fils puiſné de M. le Maréchal de
Luxembourg.
1
Mte Nicolas Dongois Greffier
en Chef du Parlement , mourut
le 23. Juillet , âgé de 83. ans.
Sa Charge eſt poſlédée préſentes
Sij
208 LE MERCUR E
iment par M. Gilbert de Voiſin
qui en avoit la ſurvivance. Il eſt
fecond fils de Mr Gilbert , Prédent
de la Chambre des Enquêtes.
qui avoit épousé la fille unique
de M. Dongois .
Mie François-Armand de Rohan
Prince de Montbazon , Colonel :
du Regiment de Picardie ,& Brigadieracs-
Armées du Roy , mouDE
JUILLET. 201
rutde la petite vérolle le 26. Juin
1717. âgé de 35 ans. Il étoit fils
Aîné de Charles de Rohan , Prince
de Guemené , Duc de Monbazon
, Pair de France & de Charlotte
- Elizabeth Cochefilet de
Vauvineux. Il ne laiſſe point d'enfans
de ſon Mariage avec Louife-
Julie de la Tour d'Auvergne ,
qu'il avoit épousée au mois de
Juin 1698. Elle étoit fille de Godefroy-
Maurice de la Tour , Dục
de Boüillon, Pair & Grand Chambelant
de France , &de feuë Marie-
Anne Mancini , Niece du Cardinal
Mazarin. La Maiſon de Rohan
vous doit être ſi connûë qu'il
ſuſfira de vous dire icy , qu'elle
eſt unedes plus anciennes, des puls
puiſſantes &des plus illuſtres du
Royaume. Le Regimentde Picardie
qu'il avoit , a été donné à M. le
Duc de Rohan : Ce Seigneur l'a
cedéàM. le Prince de Montauban
Guidon des Genſdarmes de la Garde
, qui de ſon côté a remis ſa
Charge de Guidon, entre les mains
de M. le Duc de Rohan , pour en
1
i
202 LEMERCURE
diſpoſer comme il le jugera à propos.
Mre Jean-Baptiste-Charles des
Friches de Braſſeuſe de Preſſigny ,.
Docteur en Théologie , Chanoine
&Doyen de l'Egliſe de Paris , depuis
le 12. Decembre 1702. &
Prieur de Conflans, Sainte Honorine
& de Mello, mourut le 28. Juin
1717.âgé de 55 ans après une maladie
trés douloureuſe caufée par
une fortgroffe Pierre , qu'on lui a
trouvée dans les Reins. Il fortoit
d'une Famille Noble , originaire
de la Ville de Melun ,de laquelle
il y a eu pluſieurs Chevaliers de
l'Ordre de Malte , dont le premier
reçû , mourut l'an 1565. La Biſayeule
de feu M. l'Abbé de Preſſigny
étoit de la Maiſonde la Fayette.
Il y avoit près de cent ans, que le
Doyenéd eNotre-Dame n'étoitforde
la Famille de Preſſigny.
M. le Cardinal de Noailles a
donné le Canonicat vacant par
certe Mort,à M. de Gomer de Lufancy
Chonoine de Meaux , d'une
Nobleſſe ancienne &diftinguée de
DE JUILLET . 203
la Province de Picardie. Et le s .
Juillet , le Chapitre a élû pour
Doyen Mre Jacques Alain de Gontaut
, Chanoine & Chantre de la
même Eglife : Il eſt de l'Illußre
Maiſon de Gontaut, & de la Branchedes
Seigneurs de Cabrérés , de
laquelle étoit Jeanne de Gontaut
Trif- ayeule de M. le Cardinal de
Noailles.
Dame Marie- Magdeleine de la
Fayette Epouſe de Me Charles
Bretagne Duc de la Tremoille &
deThoüars, Baron de Vitré, Com
te de Laval , Marquis d'Eſpinay ,
Prince de Tarente , Pair de France,
premierGentilhomme de laChambre
du Roy& Brigadier de ſes Armées
, qu'elle avoit épousé le 1;.
Avril 1706,mourut le 6 Juillet âgée
de 25 ans & huit mois , laiſſantun
fils unique : Elle étoit fille unique
d'Armand Renaud , Comte de la
Fayette,ColonelduRegiment de la
Fere , & Brigadier Général des Armées
du Roy , mort le 12 Aouft
1694 , &de Dame Jeanne Marie
Magdeleine de Marillac , fille de
204 LE MERCURE
M. de Marillac aujourd'hui Doyen
des Conſeillers d'Etat ; la Maiſon
de la Fayette eſt originaire & une
des plus anciennes & des plus Illuftresde
la Province d'Auvergner
Antoine Seigneur de le Fayette ,
cinquième Ayeul de Mde la Ducheſſede
la Tremoille , étoit Maître
de l'Artillerie ſous Louis XII.
&Gilbert Mottier Seigneur de la
Fayette ſon VII . Ayeul, fut fait
Maréchal de Francedés l'an 1421.
Ses Alliances ſont avec les Maifons
de Joyeuſe ,de Montboiffier,
de Polignac,de Jaucours , de Silly,
d'Eſcars , de Vienne , Daillon du
Lude , de la Tour d'Auvergne ,
de Rivoire , de Montmorin , d'Alégre
, d'Apcher , de Bourbon-
Charlus , Bourbon Buffet , Dreux
Morinville , de Chaumont, de Paffeuquieres
de Broüilly , &c. &
Elle ſubſiſte encore dans la Branche
des Seigneurs de Champeſticres
en Auvergne , connus de tout
temps ſous le nom de Motrier , auquel
ilsort joint celui de la Fayette
depuis l'extinction de la Branche
د
DE JUILLET 205
the des Comtes de la Fayette .
Mre Louis Marquis deMontefquiou
, fils unique de Me le Maréchal
de Monteſquiou ,& Colonel
* du Regiment d'Iſenghien, mourur
de la petite verole les Juillet azé
de dix-ſept àdix-huit ans , c'étoit
un jeune Seigneur de grande eſperance
,je vous inftruifis ſuffiſament
de ſa Maiſon , qui eſt une des plus
anciennes& des plus Illuſtres du
Royaume, lorſqu'il eût l'agrément
de ce Régiment. Le Régiment a été
accordé àM. fon pere, pour endifpoſeràſavolonté.
L'on a cû avis que Mre Roger de
la Roche- Foucault, Prince de Marfillac
, Abbé du Bec & de Font-
Froide , étoit mort de la petite
verole à Bude le 23 May dernier ,
âgé de 30 ans , il étoit fils aîné de
Mre François de la Roche- Foucault
VIII du nom , Duc de la Roche-
Foucault ,&de Dame Magdeléne
Charlotte le Tellier de Louvoy.
Il laiſſe pour plus de 60000 liv. de
rentes de Benefices vacants. Le
Prieuréde Conflans Sainte Honori-
Juillet 1717.
S
206 LE MERCURE
*
ne , qui étoit à ſa nomination , &
dont étoit pourvû M. de Preſſigny,
a été donné à M. l'Abbé Tambonneau
Chanoine de Notre-Dame ,
&Parentde ſon Eminence.
Dame Madeléne Emilie de
Maſcranni Epouſe de Mue François
Joachim Bernard Potier , Marquis
de Gefyres , Premier Gentil-hommede
la Chambre du Roy , Meftre
de Camp d'un Regiment de Cavalerie
, mourût ſans poſterité le 9
Juillet âgée de 25 ans&neufmois.
Elle étoit fille unique de feu Mre
Barthelemy de Maſcranny , Maître
des Requêtes , &de Dame Jeanne
Baptiste le Fevre de Caumartin.
La Famille de Maſcranny eſt une
des plus anciennes du Païs des
Grifons , elle fut attirée en Fran--
ce ,tant par la follicitation deMefſieurs
de Gondy , dont ils étoient
Parens, qu'à cauſe des Guerres qui
défoloient tout le Païs. Les Terres
& les grands biens qu'elle y poffedoit
, joins à pluſieurs Eglifes
que ſes Ancêtres y ont fondées
paroiffent autant de monumens de
fon ancienneré .
,
DE JUILLET. 207
Louis XIII . Thonnora d'une
Fleur de Lys dans ſes Armoiries .
Il ya près de 100 ans qu'elle a
entrée dans l'Ordre de Malthe .
Les Auteurs qui ont écrit de la
Ville de Chavannes , font mention
de cette Maifon comme de
l'une des plus diſtinguées dans le
Païs des Grifons : Voyez le grand
Atlas de Bleu d'Avity & c .
,
M. de Buzanval ci-devant
Lieutenant des Gendarmes mourut
le .... de Juillet , âgéde plus
de80. ans.
Mre Achille de Harlay Comte
de Beaumont , Conſeiller d'Etar
Ordinaire,fils dufeuPremierPrefi
dentde ce nom,décéda le 23.après
une trés longue maladie , en fa
49. année. Ilne laiſſe qu'une fille
mariée depuis quelques années ,
avec M. le Prince de Tingry ,
fils puiſné de M. le Maréchal de
Luxembourg.
1
Mte Nicolas Dongois Greffier
en Chef du Parlement , mourut
le 23. Juillet , âgé de 83. ans.
Sa Charge eſt poſlédée préſentes
Sij
208 LE MERCUR E
iment par M. Gilbert de Voiſin
qui en avoit la ſurvivance. Il eſt
fecond fils de Mr Gilbert , Prédent
de la Chambre des Enquêtes.
qui avoit épousé la fille unique
de M. Dongois .
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6024
p. 205-215
LE BOUQUET provincial à Mde de R. le jour de sa feste, aprés qu'on eut cueilli le soir précedent toutes les fleurs qu'elle avoit dans son jardin.
Début :
Ne vous envoyer point de fleurs le jour de vostre [...]
Mots clefs :
Fleurs, Beauté, Bouquet, Parnasse, Amour, Parterre, Zéphyrs, Orange, Grenade, Oeillets
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE BOUQUET provincial à Mde de R. le jour de sa feste, aprés qu'on eut cueilli le soir précedent toutes les fleurs qu'elle avoit dans son jardin.
LEBOV<2JVET
provincial àMdß de
R. le jour de sa fejle,
apresqu'on eut cueilli
le soir précedent toutes
les fleurs qu'elle avoit
dansson jardin.
Ne vous envoyerpoint
defleurs le jour de vof-
*re feste
,
Sc vous écrire
pourexcusequ'on a pillé
toutes celles qui estoient
hier dans vos parterres,
& qu'il n'y avoitque ceL
les qui naissent sous vos
pas qui fussent dignes dq;
vous estre présentées,&
de vous dire encore que
les plus brillantes perdent
leur lustreauprésde
celles de vostre teint;
qu'à vostre approche les
plus blanches semblent
devenir pasles
, & les
plus vermeilles rougirde
honte, &C que deux So
leils feroient bientost
mourir ce qu'un seul fait
naistre.
Sur ce ton pedamment
badin
Ce seroit vous donner de
tres mauvaise grace
Pour les fleurs de vojlre
jardin,
Les plus communes du
Parnasse.
Vaminetendre, aujJìbien
quel'amour
Vous en doit d'autres en
- ce jour,
Plus brillantes, if plus
nouvelles.
Ce tribut appartient au
nom que vous portez
Ets'ilsepaye àdernoins
belles ,
Jevous laisse à penser si
vous le meritez,
Vous le modele des beautez>
m
Ne vous offrir des
fleursqu'en petite quantité,
8c vous donner pour
excuse de cette épargne,
que si je n'avois pas
esté si paresseux.
Vous en auriez eu davantage
;
Et
Et quechez, moj des le
matin,
LesAbeillesontmis le
:
Parterre au plláe;·
Et len. vont avec leur butin.
Adais pardonnons-leurce
ravage ';;'.
Elles l'ontfait a bonnefin
Les Zephirs mes amis,
qmy'onetpdiet*que cette Efioit pour celebrer danr.s
un galand festin
Le Coir, du jourde votiv,e
Je vous connois, Mde,
vous seriez d'humeurà
ne croire ni les Zephirs
ni leur Truchement, 6C ron courreroit risque de
ne passer aupres de vous
que pour un conteur de
nouvelles faites à plaisir.
L'inconvenient m'a paru
fascheux
,
6C pour l'éviter
j'ay fait amaiffer des
fleurs
, & vous en envoyetroisCorbeilles
toutes
pleines.
Celadon de ma part ,
vous les vapresenter
Et j'ose , me flater
Qu'elles vous feront
agreables.
Elles parfument I'air
d'une charmanteodeur\
L'innocence I*amour ,.j brillent dansleur I
couleur, }
Jl n'en ejl point de plus
aimables
} Les roses f5 les Ijs nofit
point tant de beaute^.
Cesontpour Us Auttls
des ornemens payables.
Mais voicy ce quit [aut1
pour les Divinitez.
Fleurs d'Orange&de
Grenade,Jasmin de
France& d'Espagne, 6C
oeillets de toutes les fortes.
Je n'ay pas voulu les
mettre en bouquets,
ç'auroit esté entreprendre
mal à propos sur cet
esprit de discernement
& d'invention dont vous
estespleine jusqu'au bout
des doigts, & quirend
tous vos ouvrages si
i1
beaux, qu'on n'en voit
point de mieuxtravailles
que ceux qui sortent de
vos mains.
C'estdonc à vostreadresse
A faire ruaioir leur richesse
,
A menager leur rang, leur eclat, leur douceur,
Et puis à les placer sur
vostreaimable coeur.
C'est-là que tvousallz,
finirvos deflmees,
Fleurs trois foisfortunées,
Etc'est.là qu'unAmant
mettroit tout son bonheur
.Ajinirsesannées..
Pourmoy Madame, bien que je ne sois qu'au
nombre de vos amis
sans mentir , en cette rencontre
,
si je l'ose dire
Jesuis du sentiment de
vos ^4doratears
Je voudrois bien avoir les
destin de mesJleurs.
Toutiroitàmesatisfaire,
Volume regarderieXjccm*
me unjoly présent J'aurois le bonheur, i,
vous plaire
,
57 je mourrois en vous
plaisant,
Est-il rien de plus doux,
f5 de plus innocent.
provincial àMdß de
R. le jour de sa fejle,
apresqu'on eut cueilli
le soir précedent toutes
les fleurs qu'elle avoit
dansson jardin.
Ne vous envoyerpoint
defleurs le jour de vof-
*re feste
,
Sc vous écrire
pourexcusequ'on a pillé
toutes celles qui estoient
hier dans vos parterres,
& qu'il n'y avoitque ceL
les qui naissent sous vos
pas qui fussent dignes dq;
vous estre présentées,&
de vous dire encore que
les plus brillantes perdent
leur lustreauprésde
celles de vostre teint;
qu'à vostre approche les
plus blanches semblent
devenir pasles
, & les
plus vermeilles rougirde
honte, &C que deux So
leils feroient bientost
mourir ce qu'un seul fait
naistre.
Sur ce ton pedamment
badin
Ce seroit vous donner de
tres mauvaise grace
Pour les fleurs de vojlre
jardin,
Les plus communes du
Parnasse.
Vaminetendre, aujJìbien
quel'amour
Vous en doit d'autres en
- ce jour,
Plus brillantes, if plus
nouvelles.
Ce tribut appartient au
nom que vous portez
Ets'ilsepaye àdernoins
belles ,
Jevous laisse à penser si
vous le meritez,
Vous le modele des beautez>
m
Ne vous offrir des
fleursqu'en petite quantité,
8c vous donner pour
excuse de cette épargne,
que si je n'avois pas
esté si paresseux.
Vous en auriez eu davantage
;
Et
Et quechez, moj des le
matin,
LesAbeillesontmis le
:
Parterre au plláe;·
Et len. vont avec leur butin.
Adais pardonnons-leurce
ravage ';;'.
Elles l'ontfait a bonnefin
Les Zephirs mes amis,
qmy'onetpdiet*que cette Efioit pour celebrer danr.s
un galand festin
Le Coir, du jourde votiv,e
Je vous connois, Mde,
vous seriez d'humeurà
ne croire ni les Zephirs
ni leur Truchement, 6C ron courreroit risque de
ne passer aupres de vous
que pour un conteur de
nouvelles faites à plaisir.
L'inconvenient m'a paru
fascheux
,
6C pour l'éviter
j'ay fait amaiffer des
fleurs
, & vous en envoyetroisCorbeilles
toutes
pleines.
Celadon de ma part ,
vous les vapresenter
Et j'ose , me flater
Qu'elles vous feront
agreables.
Elles parfument I'air
d'une charmanteodeur\
L'innocence I*amour ,.j brillent dansleur I
couleur, }
Jl n'en ejl point de plus
aimables
} Les roses f5 les Ijs nofit
point tant de beaute^.
Cesontpour Us Auttls
des ornemens payables.
Mais voicy ce quit [aut1
pour les Divinitez.
Fleurs d'Orange&de
Grenade,Jasmin de
France& d'Espagne, 6C
oeillets de toutes les fortes.
Je n'ay pas voulu les
mettre en bouquets,
ç'auroit esté entreprendre
mal à propos sur cet
esprit de discernement
& d'invention dont vous
estespleine jusqu'au bout
des doigts, & quirend
tous vos ouvrages si
i1
beaux, qu'on n'en voit
point de mieuxtravailles
que ceux qui sortent de
vos mains.
C'estdonc à vostreadresse
A faire ruaioir leur richesse
,
A menager leur rang, leur eclat, leur douceur,
Et puis à les placer sur
vostreaimable coeur.
C'est-là que tvousallz,
finirvos deflmees,
Fleurs trois foisfortunées,
Etc'est.là qu'unAmant
mettroit tout son bonheur
.Ajinirsesannées..
Pourmoy Madame, bien que je ne sois qu'au
nombre de vos amis
sans mentir , en cette rencontre
,
si je l'ose dire
Jesuis du sentiment de
vos ^4doratears
Je voudrois bien avoir les
destin de mesJleurs.
Toutiroitàmesatisfaire,
Volume regarderieXjccm*
me unjoly présent J'aurois le bonheur, i,
vous plaire
,
57 je mourrois en vous
plaisant,
Est-il rien de plus doux,
f5 de plus innocent.
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Résumé : LE BOUQUET provincial à Mde de R. le jour de sa feste, aprés qu'on eut cueilli le soir précedent toutes les fleurs qu'elle avoit dans son jardin.
L'auteur d'une lettre exprime son souhait d'offrir des fleurs à Madame, justifiant la petite quantité par sa paresse. Il mentionne que les abeilles ont déjà récolté les fleurs du matin et que les vents doux célèbrent la fête de Madame. Pour éviter tout doute, il envoie trois corbeilles de fleurs, présentées par Celadon. Ces fleurs, parfumées et symbolisant l'innocence et l'amour, incluent des roses, des lis, des fleurs d'orange, de grenade, du jasmin et des œillets. L'auteur laisse à Madame le soin de les arranger, confiant en son discernement. Il espère que les fleurs trouveront leur place sur son cœur, où un amant mettrait tout son bonheur. L'auteur souhaite partager le destin de ses fleurs pour avoir le bonheur de plaire à Madame et de mourir en la plaisant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6025
p. 180-191
LETTRE sur le Passage de Don Carlos par la Provence.
Début :
L'Infant entra en Provence le 5. Decembre dernier, et [...]
Mots clefs :
Infant, Don Carlos, Provence, Officiers, Dîner, Monsieur le Bret, Portrait
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE sur le Passage de Don Carlos par la Provence.
LETTRE sur le Passage de Don Carlos
par la Provence.
'Infant entra en Provence le 5 Decembre dernier , et se rendit de Nismes à
Tarascon en traversant le Rhône sur le
Pont de Beaucaite.
M.le Brer , Conseiller d'Etat , Premier
Presi-
JANVIER. 1732. 181
President du Parlement d'Aix , Intendant et Commandant en chef de la Pro
vince , s'y étoit rendu deux jours auparavant avec un détachement de la Compagnie des Gardes du Gouverneur de la
Province , et un détachement de la Maréchaussée , commandé par M. d'Escra
gnolle , Prévôt Général. Le Marquis de
Graveson , et MM. Pazery de Thoraine,
Assesseur , et de Thomassin de la Garde
Consuls d'Aix , Procureurs du pays ou
Syndics Généraux de la Province, accom "
pagnez du Trésorier des Etats , de l'Ingenieur et des autres Officiers de la Province , avoient suivi M. l'Intendant sui
vant l'usage.
M. le Bret et les Procureurs du Pays
accompagnez du Comte de Marignane ,
Lieutenant General des Armées du Roi et
de 200 Gentilhommes ou Officiers des
premieres Maisons de la Province
n'ayant pu recevoir S. A. R. à la descente du Pont,à cause d'une grande pluie , se
rendirent à l'Hôtel qui avoit été préparé
pour le logement du Prince , et eurent
l'honneur de le recevoir à la porte, et de
lui présenter les respects de la Province;
M. Pazery de Thoraine, Assesseur, en chaperon, ainsi que ses Collegues , lui adressa
un Discours au nom de la Province , qui
fut très aplaudi.
I iiij Les
182 MERCURE DE FRANCE
Les Consuls de Tarascon en chaperon ,
à la tête des Gentilhommes et des Bourgeois de cette Ville , avoient déja eu
l'honneur de recevoir et de haranguer le
Prince à la Porte de la Ville qui étoit ornée d'un Arc de Triomphe , le Prince fut
salué en y entrant par une triple salve de
Boëtes qui avoient été placées sur les remparts , et passa au milieu d'une double haye de Milice Bourgeoise fort leste.
S. A. R. reçut après son dîner les respects du Chapitre Royal de sainte Marthe, fondé par le Roi Louis XI. M. l'Abbé de Fenelon qui en est le Doyen porta la parole ; le Corps de Ville eut aussi le même honneur.
M. Buon del Monti , Florentin, ViceLegat d'Avignon, qui s'étoit rendu à Tarascon avec tous les Officiers de la Legation et une nombreuse suite , eut aussi
l'honneur de saluer l'Infant qui le reçut
très gracieusement.
Le 6 S. A. R. arriva à Salon et logea
dans le Château qui appartient à l'Arche
vêque d'Arles qui l'avoit fait meubler
magnifiquement. Il y eut séjour à Salon
le 7 et le 8 , le Prince arriva à Aix le 9
à deux heures après midy.
Les Consuls haranguerent le Prince à
la Porte de la Ville où il y avoit une Garde
JANVIER. 17321 182
de bourgeoise sous les armes ; de- là , Dom
Carlos se rendit en la Maison de M. Maurel , l'une des plus belles du Cours , où il
devoit loger ; il y eut une autre Garde à
la porte composée de 150 hommes du Regiment de Flandres, commandés par deux
Capitaines avec un Drapeau , le reste des
neuf Compagnies étoient en bataille de
vant l'Hôtel du Prince ; toutes les Mai
sons du Cours étoient ornées en dehors
de Tapisseries , ce qui formoit un coupd'eil magnifique.
M. le Bret , à la tête de la Noblesse de
la Ville , reçut le Prince à la descente du
Carosse, et lui donna là main pour mon
ter dans son Appartement.
Après le diner , l'Infant s'amusa à tirer
des Lapins et des Pigeons qu'on avoit fait
mettre dans le Jardin.
Sur les cinq heures, les Députez du Par
lement , au nombre de 38 , ayant à leur
tête le Premier President , six autres Presidents , deux Avocats Generaux et 30
Conseillers,eurent l'honneur de haranguer
le Prince , M. le Bret portant la paroles
la Chambre des Comptes , Aydes et Finances , M. Albertas Premier President à
la tête , les Trésoriers de France , l'Université et la Senechaussée eurent aussi le
même honneur , ainsi que l'Archevêque
I iiij d'Aix
184 MERCURE DE FRANCE
d'Aix à la tête du Chapitre de l'Eglise
Metropolitaine de S. Sauveur , sa harangue fut fort pathetique, et il n'oublia pas
les graces quela Maison de Brancas a reçues duRoi d'Espagne , tous ces differens
Corps furent présentez au Prince par M.
Desgranges, Maître des Ceremonies , qui
presenta aussi au Prince et au Comte de
Sant-Estevan les Présens de la Ville &c.
Le soir il y eut des feux de joie devant
les portes de toutes les Maisons de la Ville et des illuminations aux fenêtres , cequi avoit été ordonné par le Parlement.
Le neufle Prince arriva à S. Maximin,
et logea dans le Monastere des Religieux
Dominiquains Réformez.
Le ro à Brignolle où S. A. R. fut obligée de rester à cause des neges , elle y reçut les complimens de la Ville, de la Se
nechaussée &c.
Le 11 le Prince arriva au Luc , et logea
au Château du Comte du Luc , Chevalierdes Ordres du Roi qui l'avoit fait meubler magnifiquement , tous les Officiers
et Seigneurs de sa suite y furent logez
aussi,et trouverent dans une belle Maison
toutes les commoditez possibles ; ce Prince y séjourna le 12, 13 et 14 , à cause des
pluyes et des neges qui avoient inondé
la plaine.
L.
JANVIER 1732.
189
Le 15 , le Prince alla dîner au Muy où
le Seigneur de ce lieu avoit fait préparer
uneAlte aussi splendide que délicate,pour
S. A. R. et pour sa suite. Le Marquis du
Muyaprès avoir fait les honneurs de chez
lui , alla lui- même reconnoître les chemins extrêmement remplis par les pluyes,
et sur son raport l'Infant continua sa route , et arriva le soir à Frejus ; il fut recu
à la porte de la Ville par les Consuls ,
avec les ceremonies ordinaires, et logea à
l'Evêché.
Le 16 S. A. R. arriva à Cannes et logea chez M. de Rioufe , Chevalier de
f'Ordre de S. Michel et Subdelegué de
l'Intendant de Provence , il y eut une
garde de jeunes gens fort lestement vétus
à la porte du Prince ; il y eut aussi une
danse de Matelots à la manière du pays
qui divertit Beaucoup le Prince. Il soupa
dans son lit à cause d'une indisposition
de rhume. ·
Le 17, le Chevalier d'Orleans arrivá
à Cannes , et se rendit chez le Prince ,
accompagné du Comte de Sant- Estevan ,
de M. le Brét et de M. Desgranges , il fit
un compliment au Prince de la part du
Roi auquel S. A. R. parut fort sensible.
L'Infant partit le même jour de Cannés et arriva à Antibes à midy , il fut Iv salué
186 MERCURE DE FRANCE
salué en passant devant les Isles sainte
Marguerite de tout le canon de cette Citadelle.
M. de Montesquiou Commandant ,
accompagné de l'Etat Major , reçut le
Prince à la Porte Royale , au bruit de
toute l'Artillerie de la Place , des Forts ,
et des neuf Galeres qui étoient dans le
Port, le Regiment de Luxembourg étoit
en haye depuis la porte de la Ville jusqu'au Château où logea le Prince , il y
avoit aussi une Garde de 150 hommes du
même Regiment avec un Drapeau.
Le Grand-Prieur , les Procureurs du
pays , M. le Bret , M. Desgranges , l'Etat
Major de la Place et la Noblesse du pays
reçurent le Prince à la porte du Château,
et l'accompagnerent dans son Apparte
ment. S. A. R. y trouva Don Miguel
Reggio , Sicilien , Chevalier de Malthe
Commandant les six Galeres d'Espagne
avec tous les autres Officiers des Galeres,
tous en habits uniformes de drap bleu
galonés d'or , M. de Marescotti , Commandeur des trois Galeres du Grand Duc
avec tous les Officiers et plusieurs autres
Seigneurs Florentins , dont la plûpart
étoient revétus de l'Ordre de S. Etienne,
en habits uniformes de drap écarlate galonés d'argent , et M. de Chateaufort ,
Ma-
.JANVIER. 1732 187
Maréchal de Camp des Armées du Roi
d'Espagne , avec le Commandant d'une
Frégate Espagnole qui étoit dans le Port
d'Antibes. Tous ces Seigneurs et Officiers
Espagnols et Italiens eurent l'honneur de
baiser la main au Prince. M. le Bret présenta ensuite à S. A. R. tous les Officiers
de la Garnison.
Le Prince fut fort incommodé d'un thume les premiers jours qu'il séjourna à
Antibes , et fut obligé de rester au lit
pendant trois jours , ce qui l'empêcha de
prendre le divertissement qu'on lui avoit
préparé. S. A. R. reçut des mains du
Grand Prieur une Epée enrichie de diamans que le Roi envoyoit au: Prince
comme un nouveâu gage de son amitié ;
l'Infant la reçut avec de grandes démonstrations de joie , il a gardé cette Epée pendant deux jours entiers aux pieds'
de son lit , pour la faire voir à tous les
Seigneurs et Officiers qui venoient lui
faire leur Cour.
Pendant le séjour d'Antibes , le Général
des Galeres Espagnoles donna sur la Réale un splendide dîner à M. le GrandPrieur , aux principaux Seigneurs François , Espagnols et Italiens qui se trouvoient à la suite du Prince ; M. le Breg
ne put pas se trouver à ce repas , étant
I vj oblige
188 MERCURE DE FRANCE
obligé de faire les honneurs de la table
qu'il a tenue à Antibes pour les autres Sei-,
gneurs qui y étoient Les santés de leurs,
Majestés très Chrétienne et Catholique ,,
de S. A. R , du Grand- Prieur , des Commandans , &c. furent célébré, s au bruic
du Canon , et pendant tout le repas il y
eut Concert d'Instrumens.
3.
Le Comte de San Severino , Envoyé
de Parme à la Cour de France , se rendit
aussi à Antibes pour faire sa cour à son
nouveau Souverain ; enfin cette Ville a
toûjours été remplie d'une infinité d'Etrangers et de toute la Noblesse de la
Province qui n'a rien oublié pourtémoigner le plaisir qu'elle avoit de voir et de
faire sa cour à un Prince issu du sang de ses Maîtres.
La Princesse de Monaco envoya aussi
un de ses Gentilhommes pour compli
menter le Prince.
Le 23 , S. A. R. s'embarqua sur la
Réale , à dix heures du matin , cette Galere étoit richement ornée , et tous les
Forçats en habits neufs.
Le Grand- Prieur , M.le Bret , M. Desgranges , les Procureurs du Pays , le
Marquis de Montesquiou , Commandant
de la Place , l'Etat Major , le Marquis de
Brancas Ceireste , fils de M. de Brancas ,
Grand
JANVIER. 1732. 189
$
Grand d'Espagne et Lieutenant General
de la Province qui sert dans la Marine et
qui s'étoit rendu à la suite du Prince pour
lui faire sa Cour , et enfin un nombre infini de Gentilhommes et d'Officiers François , se trouverent sur le Quay du Port
et à bord de la Galere pour recevoir le
Prince , et pour lui souhaiter un heureux
voyage , et lui témoigner en même tems
leurs regrets et leurs inquiétudes à cause
de la rigueur de la saison. La Garnison for
moit une double haye depuis le Château
jusqu'à la Porte Marine. Le Prince fut
salué en y passant de toute l'Artillerie de
la Ville et des Förts , et en entrant dans
la Gale e , par le canon de neuf Galeres.
S. A. R. entra d'abord dans la Chambre
de poupe pour écrire avant son départ au
Roy et à la Reine d'Espagne.
Malgré les tems affreux qui ont régné
en Provence pendant la route du Prince ,
M. le Bret dont le zele pour le service du
Roi est connudepuis longtems, avoit don
né de si bons ordres que tout ce qui étoit
necessaire pour la subsistance et les com
moditez de la vie, s'est trouvé par tout en
abondance; toutela suite et les équipages
nombreux du Prince ont été commodé
ment logez , les chemins avoient été réparez autant que la saison et le peu de
tems
rgo MERCURE DE FRANCE
tems qu'on a eu pour y travailler , l'ont
pu permettre ; plus de mille Ouvriers y
ont été employez , et travailloient nuit
et jour sous les ordres de Messieurs les
Procureurs du Pays et du sieur Vallon ,
Ingenieur de la Province , lesquels n'ont
rien oublié pour donner des marques de leur zele et de leur attachement : enfin
toute la Provence a témoigné tant de
zele et d'attachement , qu'elle ne s'est
point démentie de l'amour et de la fidélité qu'elle a toûjours porté à l'Auguste
Sang de BOURBON.
Onpeut ajouter ici avec raison que M.
le Bret a toujours fait sa cour au Prince,
avec une assiduité sans égale , et qu'il est
allé au- devant de tout ce qui pouvoit lui
être agreable , qu'il a eu chez lui pendant
tout le tems que ce Prince a voyagé ou
resté danssonDépartement, deux grandes
tables et quelquefois trois , le matin et le
soir , servies avec autant de profusion que
de délicatesse, où les Seigneurs Espagnols
et Italiens ont toujours mangé. Ce Magistrat s'étant aperçu que l'Infant aimoit
beaucoup les Ortholans qui sont d'un gout exquis en Provence , il a eu soin de lui en
fournir pendant tout le tems qu'il y aresté
malgré la rareté de ces oiseaux dans cette
saison. Ainsi le Prince et le Comte de San
Estevan
JANVIER. 17327 198
Estevan et tous les Seigneurs dela suite fui
ont donné en partant les marques les plus
flateuses de leur satisfaction et de leur estime. M. le Bret ayant enfin témoigné à
S. A. R. l'inquietude que son Rhume lui
causoit , elle eut la bonte de lui répondre
qu'elle n'avoit point pris ce Rhume dans
sa Province.
Ce Prince avoit donné des marques de
sa liberalité avant son départ. Il a fait present de son portrait enrichi de diamans
au Grand- Prieur, à M.le Bret d'un diamant
de prix , et à M. Desgranges un diamant
et une montre d'or d'un travail exquis. Il
a fait aussi donner une gratification à la
Maréchaussée qui avoit escorté sesEquipages et le Trésor On a appris ce que Prince
après avoir été obligé de relâcher à Monaco à cause du mauvais tems , en repartit le 25. et est heureusement arrivé à Livourne. On ajoute que ce Prince a essuyé
Ia tempête avec une grande fermeté. Il
est d'uncaractere le plus aimable et le plus
égal , d'une humeur fort enjouée , extremementvifet avectout l'esprit du monde.
par la Provence.
'Infant entra en Provence le 5 Decembre dernier , et se rendit de Nismes à
Tarascon en traversant le Rhône sur le
Pont de Beaucaite.
M.le Brer , Conseiller d'Etat , Premier
Presi-
JANVIER. 1732. 181
President du Parlement d'Aix , Intendant et Commandant en chef de la Pro
vince , s'y étoit rendu deux jours auparavant avec un détachement de la Compagnie des Gardes du Gouverneur de la
Province , et un détachement de la Maréchaussée , commandé par M. d'Escra
gnolle , Prévôt Général. Le Marquis de
Graveson , et MM. Pazery de Thoraine,
Assesseur , et de Thomassin de la Garde
Consuls d'Aix , Procureurs du pays ou
Syndics Généraux de la Province, accom "
pagnez du Trésorier des Etats , de l'Ingenieur et des autres Officiers de la Province , avoient suivi M. l'Intendant sui
vant l'usage.
M. le Bret et les Procureurs du Pays
accompagnez du Comte de Marignane ,
Lieutenant General des Armées du Roi et
de 200 Gentilhommes ou Officiers des
premieres Maisons de la Province
n'ayant pu recevoir S. A. R. à la descente du Pont,à cause d'une grande pluie , se
rendirent à l'Hôtel qui avoit été préparé
pour le logement du Prince , et eurent
l'honneur de le recevoir à la porte, et de
lui présenter les respects de la Province;
M. Pazery de Thoraine, Assesseur, en chaperon, ainsi que ses Collegues , lui adressa
un Discours au nom de la Province , qui
fut très aplaudi.
I iiij Les
182 MERCURE DE FRANCE
Les Consuls de Tarascon en chaperon ,
à la tête des Gentilhommes et des Bourgeois de cette Ville , avoient déja eu
l'honneur de recevoir et de haranguer le
Prince à la Porte de la Ville qui étoit ornée d'un Arc de Triomphe , le Prince fut
salué en y entrant par une triple salve de
Boëtes qui avoient été placées sur les remparts , et passa au milieu d'une double haye de Milice Bourgeoise fort leste.
S. A. R. reçut après son dîner les respects du Chapitre Royal de sainte Marthe, fondé par le Roi Louis XI. M. l'Abbé de Fenelon qui en est le Doyen porta la parole ; le Corps de Ville eut aussi le même honneur.
M. Buon del Monti , Florentin, ViceLegat d'Avignon, qui s'étoit rendu à Tarascon avec tous les Officiers de la Legation et une nombreuse suite , eut aussi
l'honneur de saluer l'Infant qui le reçut
très gracieusement.
Le 6 S. A. R. arriva à Salon et logea
dans le Château qui appartient à l'Arche
vêque d'Arles qui l'avoit fait meubler
magnifiquement. Il y eut séjour à Salon
le 7 et le 8 , le Prince arriva à Aix le 9
à deux heures après midy.
Les Consuls haranguerent le Prince à
la Porte de la Ville où il y avoit une Garde
JANVIER. 17321 182
de bourgeoise sous les armes ; de- là , Dom
Carlos se rendit en la Maison de M. Maurel , l'une des plus belles du Cours , où il
devoit loger ; il y eut une autre Garde à
la porte composée de 150 hommes du Regiment de Flandres, commandés par deux
Capitaines avec un Drapeau , le reste des
neuf Compagnies étoient en bataille de
vant l'Hôtel du Prince ; toutes les Mai
sons du Cours étoient ornées en dehors
de Tapisseries , ce qui formoit un coupd'eil magnifique.
M. le Bret , à la tête de la Noblesse de
la Ville , reçut le Prince à la descente du
Carosse, et lui donna là main pour mon
ter dans son Appartement.
Après le diner , l'Infant s'amusa à tirer
des Lapins et des Pigeons qu'on avoit fait
mettre dans le Jardin.
Sur les cinq heures, les Députez du Par
lement , au nombre de 38 , ayant à leur
tête le Premier President , six autres Presidents , deux Avocats Generaux et 30
Conseillers,eurent l'honneur de haranguer
le Prince , M. le Bret portant la paroles
la Chambre des Comptes , Aydes et Finances , M. Albertas Premier President à
la tête , les Trésoriers de France , l'Université et la Senechaussée eurent aussi le
même honneur , ainsi que l'Archevêque
I iiij d'Aix
184 MERCURE DE FRANCE
d'Aix à la tête du Chapitre de l'Eglise
Metropolitaine de S. Sauveur , sa harangue fut fort pathetique, et il n'oublia pas
les graces quela Maison de Brancas a reçues duRoi d'Espagne , tous ces differens
Corps furent présentez au Prince par M.
Desgranges, Maître des Ceremonies , qui
presenta aussi au Prince et au Comte de
Sant-Estevan les Présens de la Ville &c.
Le soir il y eut des feux de joie devant
les portes de toutes les Maisons de la Ville et des illuminations aux fenêtres , cequi avoit été ordonné par le Parlement.
Le neufle Prince arriva à S. Maximin,
et logea dans le Monastere des Religieux
Dominiquains Réformez.
Le ro à Brignolle où S. A. R. fut obligée de rester à cause des neges , elle y reçut les complimens de la Ville, de la Se
nechaussée &c.
Le 11 le Prince arriva au Luc , et logea
au Château du Comte du Luc , Chevalierdes Ordres du Roi qui l'avoit fait meubler magnifiquement , tous les Officiers
et Seigneurs de sa suite y furent logez
aussi,et trouverent dans une belle Maison
toutes les commoditez possibles ; ce Prince y séjourna le 12, 13 et 14 , à cause des
pluyes et des neges qui avoient inondé
la plaine.
L.
JANVIER 1732.
189
Le 15 , le Prince alla dîner au Muy où
le Seigneur de ce lieu avoit fait préparer
uneAlte aussi splendide que délicate,pour
S. A. R. et pour sa suite. Le Marquis du
Muyaprès avoir fait les honneurs de chez
lui , alla lui- même reconnoître les chemins extrêmement remplis par les pluyes,
et sur son raport l'Infant continua sa route , et arriva le soir à Frejus ; il fut recu
à la porte de la Ville par les Consuls ,
avec les ceremonies ordinaires, et logea à
l'Evêché.
Le 16 S. A. R. arriva à Cannes et logea chez M. de Rioufe , Chevalier de
f'Ordre de S. Michel et Subdelegué de
l'Intendant de Provence , il y eut une
garde de jeunes gens fort lestement vétus
à la porte du Prince ; il y eut aussi une
danse de Matelots à la manière du pays
qui divertit Beaucoup le Prince. Il soupa
dans son lit à cause d'une indisposition
de rhume. ·
Le 17, le Chevalier d'Orleans arrivá
à Cannes , et se rendit chez le Prince ,
accompagné du Comte de Sant- Estevan ,
de M. le Brét et de M. Desgranges , il fit
un compliment au Prince de la part du
Roi auquel S. A. R. parut fort sensible.
L'Infant partit le même jour de Cannés et arriva à Antibes à midy , il fut Iv salué
186 MERCURE DE FRANCE
salué en passant devant les Isles sainte
Marguerite de tout le canon de cette Citadelle.
M. de Montesquiou Commandant ,
accompagné de l'Etat Major , reçut le
Prince à la Porte Royale , au bruit de
toute l'Artillerie de la Place , des Forts ,
et des neuf Galeres qui étoient dans le
Port, le Regiment de Luxembourg étoit
en haye depuis la porte de la Ville jusqu'au Château où logea le Prince , il y
avoit aussi une Garde de 150 hommes du
même Regiment avec un Drapeau.
Le Grand-Prieur , les Procureurs du
pays , M. le Bret , M. Desgranges , l'Etat
Major de la Place et la Noblesse du pays
reçurent le Prince à la porte du Château,
et l'accompagnerent dans son Apparte
ment. S. A. R. y trouva Don Miguel
Reggio , Sicilien , Chevalier de Malthe
Commandant les six Galeres d'Espagne
avec tous les autres Officiers des Galeres,
tous en habits uniformes de drap bleu
galonés d'or , M. de Marescotti , Commandeur des trois Galeres du Grand Duc
avec tous les Officiers et plusieurs autres
Seigneurs Florentins , dont la plûpart
étoient revétus de l'Ordre de S. Etienne,
en habits uniformes de drap écarlate galonés d'argent , et M. de Chateaufort ,
Ma-
.JANVIER. 1732 187
Maréchal de Camp des Armées du Roi
d'Espagne , avec le Commandant d'une
Frégate Espagnole qui étoit dans le Port
d'Antibes. Tous ces Seigneurs et Officiers
Espagnols et Italiens eurent l'honneur de
baiser la main au Prince. M. le Bret présenta ensuite à S. A. R. tous les Officiers
de la Garnison.
Le Prince fut fort incommodé d'un thume les premiers jours qu'il séjourna à
Antibes , et fut obligé de rester au lit
pendant trois jours , ce qui l'empêcha de
prendre le divertissement qu'on lui avoit
préparé. S. A. R. reçut des mains du
Grand Prieur une Epée enrichie de diamans que le Roi envoyoit au: Prince
comme un nouveâu gage de son amitié ;
l'Infant la reçut avec de grandes démonstrations de joie , il a gardé cette Epée pendant deux jours entiers aux pieds'
de son lit , pour la faire voir à tous les
Seigneurs et Officiers qui venoient lui
faire leur Cour.
Pendant le séjour d'Antibes , le Général
des Galeres Espagnoles donna sur la Réale un splendide dîner à M. le GrandPrieur , aux principaux Seigneurs François , Espagnols et Italiens qui se trouvoient à la suite du Prince ; M. le Breg
ne put pas se trouver à ce repas , étant
I vj oblige
188 MERCURE DE FRANCE
obligé de faire les honneurs de la table
qu'il a tenue à Antibes pour les autres Sei-,
gneurs qui y étoient Les santés de leurs,
Majestés très Chrétienne et Catholique ,,
de S. A. R , du Grand- Prieur , des Commandans , &c. furent célébré, s au bruic
du Canon , et pendant tout le repas il y
eut Concert d'Instrumens.
3.
Le Comte de San Severino , Envoyé
de Parme à la Cour de France , se rendit
aussi à Antibes pour faire sa cour à son
nouveau Souverain ; enfin cette Ville a
toûjours été remplie d'une infinité d'Etrangers et de toute la Noblesse de la
Province qui n'a rien oublié pourtémoigner le plaisir qu'elle avoit de voir et de
faire sa cour à un Prince issu du sang de ses Maîtres.
La Princesse de Monaco envoya aussi
un de ses Gentilhommes pour compli
menter le Prince.
Le 23 , S. A. R. s'embarqua sur la
Réale , à dix heures du matin , cette Galere étoit richement ornée , et tous les
Forçats en habits neufs.
Le Grand- Prieur , M.le Bret , M. Desgranges , les Procureurs du Pays , le
Marquis de Montesquiou , Commandant
de la Place , l'Etat Major , le Marquis de
Brancas Ceireste , fils de M. de Brancas ,
Grand
JANVIER. 1732. 189
$
Grand d'Espagne et Lieutenant General
de la Province qui sert dans la Marine et
qui s'étoit rendu à la suite du Prince pour
lui faire sa Cour , et enfin un nombre infini de Gentilhommes et d'Officiers François , se trouverent sur le Quay du Port
et à bord de la Galere pour recevoir le
Prince , et pour lui souhaiter un heureux
voyage , et lui témoigner en même tems
leurs regrets et leurs inquiétudes à cause
de la rigueur de la saison. La Garnison for
moit une double haye depuis le Château
jusqu'à la Porte Marine. Le Prince fut
salué en y passant de toute l'Artillerie de
la Ville et des Förts , et en entrant dans
la Gale e , par le canon de neuf Galeres.
S. A. R. entra d'abord dans la Chambre
de poupe pour écrire avant son départ au
Roy et à la Reine d'Espagne.
Malgré les tems affreux qui ont régné
en Provence pendant la route du Prince ,
M. le Bret dont le zele pour le service du
Roi est connudepuis longtems, avoit don
né de si bons ordres que tout ce qui étoit
necessaire pour la subsistance et les com
moditez de la vie, s'est trouvé par tout en
abondance; toutela suite et les équipages
nombreux du Prince ont été commodé
ment logez , les chemins avoient été réparez autant que la saison et le peu de
tems
rgo MERCURE DE FRANCE
tems qu'on a eu pour y travailler , l'ont
pu permettre ; plus de mille Ouvriers y
ont été employez , et travailloient nuit
et jour sous les ordres de Messieurs les
Procureurs du Pays et du sieur Vallon ,
Ingenieur de la Province , lesquels n'ont
rien oublié pour donner des marques de leur zele et de leur attachement : enfin
toute la Provence a témoigné tant de
zele et d'attachement , qu'elle ne s'est
point démentie de l'amour et de la fidélité qu'elle a toûjours porté à l'Auguste
Sang de BOURBON.
Onpeut ajouter ici avec raison que M.
le Bret a toujours fait sa cour au Prince,
avec une assiduité sans égale , et qu'il est
allé au- devant de tout ce qui pouvoit lui
être agreable , qu'il a eu chez lui pendant
tout le tems que ce Prince a voyagé ou
resté danssonDépartement, deux grandes
tables et quelquefois trois , le matin et le
soir , servies avec autant de profusion que
de délicatesse, où les Seigneurs Espagnols
et Italiens ont toujours mangé. Ce Magistrat s'étant aperçu que l'Infant aimoit
beaucoup les Ortholans qui sont d'un gout exquis en Provence , il a eu soin de lui en
fournir pendant tout le tems qu'il y aresté
malgré la rareté de ces oiseaux dans cette
saison. Ainsi le Prince et le Comte de San
Estevan
JANVIER. 17327 198
Estevan et tous les Seigneurs dela suite fui
ont donné en partant les marques les plus
flateuses de leur satisfaction et de leur estime. M. le Bret ayant enfin témoigné à
S. A. R. l'inquietude que son Rhume lui
causoit , elle eut la bonte de lui répondre
qu'elle n'avoit point pris ce Rhume dans
sa Province.
Ce Prince avoit donné des marques de
sa liberalité avant son départ. Il a fait present de son portrait enrichi de diamans
au Grand- Prieur, à M.le Bret d'un diamant
de prix , et à M. Desgranges un diamant
et une montre d'or d'un travail exquis. Il
a fait aussi donner une gratification à la
Maréchaussée qui avoit escorté sesEquipages et le Trésor On a appris ce que Prince
après avoir été obligé de relâcher à Monaco à cause du mauvais tems , en repartit le 25. et est heureusement arrivé à Livourne. On ajoute que ce Prince a essuyé
Ia tempête avec une grande fermeté. Il
est d'uncaractere le plus aimable et le plus
égal , d'une humeur fort enjouée , extremementvifet avectout l'esprit du monde.
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Résumé : LETTRE sur le Passage de Don Carlos par la Provence.
Le 5 décembre, Don Carlos, l'Infant d'Espagne, entra en Provence et traversa le Rhône sur le Pont de Beaucaire. Le 7 décembre, il fut accueilli à Tarascon par M. le Bret, Conseiller d'État et Premier Président du Parlement d'Aix, ainsi que par divers dignitaires et officiers. Le Prince reçut des honneurs militaires et des discours de bienvenue. Il séjourna à Salon les 7 et 8 décembre, puis arriva à Aix le 9 décembre, où il fut accueilli par les Consuls et la noblesse locale. À Aix, il logea chez M. Maurel et reçut les hommages de divers corps et dignitaires, dont l'Archevêque d'Aix. Le même jour, il se rendit à Saint-Maximin et logea au monastère des Dominicains. Le 10 décembre, il resta à Brignoles en raison des neiges. Le 11 décembre, il arriva au Luc et y séjourna jusqu'au 14 décembre à cause des pluies et des neiges. Le 15 décembre, il dîna au Muy avant de se rendre à Fréjus, où il logea à l'Évêché. Le 16 décembre, il arriva à Cannes et logea chez M. de Rioufe. Le 17 décembre, le Chevalier d'Orléans lui rendit visite. Le même jour, l'Infant se rendit à Antibes, où il fut accueilli par M. de Montesquiou et divers dignitaires. Il y resta plusieurs jours en raison d'un rhume et reçut une épée enrichie de diamants du Roi d'Espagne. Le 23 décembre, il s'embarqua sur la Réale à Antibes, accompagné de nombreux dignitaires et officiers. Malgré les conditions météorologiques difficiles, M. le Bret avait pris des mesures pour assurer le confort et la subsistance de la suite du Prince. La Provence témoigna de son zèle et de son attachement envers le Prince, qui quitta la région en exprimant sa satisfaction. Par ailleurs, le texte mentionne que le prince, après avoir été contraint de s'arrêter à Monaco en raison de mauvaises conditions météorologiques, a repris la mer le 25 et est parvenu à Livourne sans encombre. Il est souligné que le prince a affronté la tempête avec une grande fermeté. Le prince est décrit comme ayant un caractère aimable et égal, une humeur enjouée, ainsi qu'une grande vivacité et beaucoup d'esprit.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6026
p. 23-37
ODE. Sur un Procez gagné par une Dame.
Début :
Quels nouveaux concerts d'allegresse [...]
Mots clefs :
Procès, Dame, Lumière, Déesse, Ciel, Thémis, Impunité
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texteReconnaissance textuelle : ODE. Sur un Procez gagné par une Dame.
ODE.
Sur un Procès gagné
paruneDame.
QUels nouveaux concerts
d'allegresse
Retentissent de toutes
parts?
Quelle lumineuse Dé-
,
esse,
Attireicy tous mes re:
gards?
C'est Themis qui vient,
de descendre,
Themis ernpreffée à défendre
L'honneur de son sexe
outragé,
Et qui surl'envieétouffée
Vientélever un beau
Trosée
Au merite qu'elle a
vengé.
Par la nature & la fortune
Tous,
Tous nos destins sont
compassez,
Mais toûjours les bienfaits
de l'une
Par l'autre ontété traversez.
O Déesses,une mortelle
Seule à vôtre longue
querelle
Fit succeder d'heureux
accords.
Vous voulûtes à sa naissance
Signaler vôtre intelligence
En la comblant de vos
tresors.
Mais, que vois-je?la
noire Envie
Agitantson serpentaffreux,
Pour tenir l'éclat de-là
vie
Sort de son antre ténebreux.
L'avarice lui. sert de
guide,
Lamaliceausouris perfide,
-
L'impostureaux yeux
essrotez,
Del'ertfê^filtcs-iiiflciti-
, blesPI S^coiiaHclëur^: flambeaux
terribles
Marchent ta.ns ordrce"à,
ses côtez.
[L'innocence fiere
,-.
& tranquille - -
rVqit leurs exploits sans. s'ébranler, .,,,, )011 croit que leur fureur
sterile
EEnnvvaaininssécc'cllaattssvvaass'e'lxhaler.
Son esperance futtrompée,
De Themisalors oc-
.,cupee
Les secours furent -differez,
Et par l'impunité plus
forte
Leur audace frappoit
aux portes
Des tribunaux les plus
sacrez.
ElnafinnDtievin,ité bril-
Par toyleur orgueil est
détruit,
Et ta lumière étincelante
Dissîpe cette affreusè
1
nuit.
Déja leur troupe confondue,
A ton aspect tombe
éperdue,
Leur espoir. meurt
anéanti,
Et le noirdémon du
Dlênionge
Fuit, disparoît, & se
replonge
Dans l'ombre dont il
est forti..
Quille tes vêtemens
funèbres,
FiHç du Ciel,noble
pudeur,
La lumiere fort des
tenebres,
Reprends ta premier
fplcndeur.
D~ çmc divine mpr-
'{ t. V.
telle.
Dont tu fus la guidefidelle
Nos loïx ont été le foutien.
Reviens de palmes cou*
ronnée)
Etdeplaisirs enviroii-,
; née,
Chanter son triomphe
&le tien.
Assezla fraude & Finjustice,
Que sa gloire avoient
fçublesser,
Dans les pièges de l'artifice
Ont tâché de rembarasser.
Fuyez, jalousie obstinée,
De vôtre haleine erapoifonnée
Cessezd'offusquer les
vertus,
Regardez la haine impuissante
Et la discorde gemiffante,
Monstres fous ses pieds
abbatus.
Pour chanter leur joye
& sa gloire,
Combien d'immortelles
chansons
Les chastes filles de mémoire
Vont ditrer à leurs
nourrissons ?
Oh ! qu'après la triste
froidure
Nos yeux amis de la
verdure
font enchantez de son
retour.
Qu'aprèsles frayeursdu
naufrage,
On oublie aisément l'orage
Qui cede à l'éclat d'un
beau jour.
Tel souvent un nuage
sombre
Du sein de la terre exhalé
Tient fous l'épaisseur:
de son ombre
Le celesteflambeau
voilé,
La nature en tA cons- 1 temee~
Florelanguit abandonnée,
Philomcle u'a plus de
sons.
Et tremblant à ce noir
présage
Cerés pleure l'affreux
ravage.
Qui menace ses nourriflbns.
Mais bien-tôt, - vengeantleurinjure,
Je vois mille traits enââmez
Qui forcent la prison
obscure
Qui les retenoit enfermez.
Le ciel de toutes parts
s'allume
L'air s'échauffe, la terre
fume,
Lenuagecreve &pâlit,
Et dans un gouffre de
lumière
Savapeur humide & grossiere
Se dissipe &cs'ensevelit.
Sur un Procès gagné
paruneDame.
QUels nouveaux concerts
d'allegresse
Retentissent de toutes
parts?
Quelle lumineuse Dé-
,
esse,
Attireicy tous mes re:
gards?
C'est Themis qui vient,
de descendre,
Themis ernpreffée à défendre
L'honneur de son sexe
outragé,
Et qui surl'envieétouffée
Vientélever un beau
Trosée
Au merite qu'elle a
vengé.
Par la nature & la fortune
Tous,
Tous nos destins sont
compassez,
Mais toûjours les bienfaits
de l'une
Par l'autre ontété traversez.
O Déesses,une mortelle
Seule à vôtre longue
querelle
Fit succeder d'heureux
accords.
Vous voulûtes à sa naissance
Signaler vôtre intelligence
En la comblant de vos
tresors.
Mais, que vois-je?la
noire Envie
Agitantson serpentaffreux,
Pour tenir l'éclat de-là
vie
Sort de son antre ténebreux.
L'avarice lui. sert de
guide,
Lamaliceausouris perfide,
-
L'impostureaux yeux
essrotez,
Del'ertfê^filtcs-iiiflciti-
, blesPI S^coiiaHclëur^: flambeaux
terribles
Marchent ta.ns ordrce"à,
ses côtez.
[L'innocence fiere
,-.
& tranquille - -
rVqit leurs exploits sans. s'ébranler, .,,,, )011 croit que leur fureur
sterile
EEnnvvaaininssécc'cllaattssvvaass'e'lxhaler.
Son esperance futtrompée,
De Themisalors oc-
.,cupee
Les secours furent -differez,
Et par l'impunité plus
forte
Leur audace frappoit
aux portes
Des tribunaux les plus
sacrez.
ElnafinnDtievin,ité bril-
Par toyleur orgueil est
détruit,
Et ta lumière étincelante
Dissîpe cette affreusè
1
nuit.
Déja leur troupe confondue,
A ton aspect tombe
éperdue,
Leur espoir. meurt
anéanti,
Et le noirdémon du
Dlênionge
Fuit, disparoît, & se
replonge
Dans l'ombre dont il
est forti..
Quille tes vêtemens
funèbres,
FiHç du Ciel,noble
pudeur,
La lumiere fort des
tenebres,
Reprends ta premier
fplcndeur.
D~ çmc divine mpr-
'{ t. V.
telle.
Dont tu fus la guidefidelle
Nos loïx ont été le foutien.
Reviens de palmes cou*
ronnée)
Etdeplaisirs enviroii-,
; née,
Chanter son triomphe
&le tien.
Assezla fraude & Finjustice,
Que sa gloire avoient
fçublesser,
Dans les pièges de l'artifice
Ont tâché de rembarasser.
Fuyez, jalousie obstinée,
De vôtre haleine erapoifonnée
Cessezd'offusquer les
vertus,
Regardez la haine impuissante
Et la discorde gemiffante,
Monstres fous ses pieds
abbatus.
Pour chanter leur joye
& sa gloire,
Combien d'immortelles
chansons
Les chastes filles de mémoire
Vont ditrer à leurs
nourrissons ?
Oh ! qu'après la triste
froidure
Nos yeux amis de la
verdure
font enchantez de son
retour.
Qu'aprèsles frayeursdu
naufrage,
On oublie aisément l'orage
Qui cede à l'éclat d'un
beau jour.
Tel souvent un nuage
sombre
Du sein de la terre exhalé
Tient fous l'épaisseur:
de son ombre
Le celesteflambeau
voilé,
La nature en tA cons- 1 temee~
Florelanguit abandonnée,
Philomcle u'a plus de
sons.
Et tremblant à ce noir
présage
Cerés pleure l'affreux
ravage.
Qui menace ses nourriflbns.
Mais bien-tôt, - vengeantleurinjure,
Je vois mille traits enââmez
Qui forcent la prison
obscure
Qui les retenoit enfermez.
Le ciel de toutes parts
s'allume
L'air s'échauffe, la terre
fume,
Lenuagecreve &pâlit,
Et dans un gouffre de
lumière
Savapeur humide & grossiere
Se dissipe &cs'ensevelit.
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Résumé : ODE. Sur un Procez gagné par une Dame.
Le poème 'ODE. Sur un Procès gagné par une Dame' célèbre la victoire d'une femme dans un procès, symbolisée par la déesse Themis. Themis descend pour défendre l'honneur féminin outragé et élève un trophée au mérite vengé. Le poème souligne que les destins humains sont influencés par la nature et la fortune, mais que les bienfaits de l'une peuvent être traversés par l'autre. Une mortelle a réussi à mettre fin à une longue querelle entre les déesses en les réconciliant. La noire Envie, guidée par l'avarice, la malice et l'imposture, tente de ternir la vie de la dame. Cependant, l'innocence de la dame reste inébranlable face à ces attaques. Themis intervient, et l'impunité des méchants est brisée par la lumière de la justice. La troupe malfaisante est confondue et disparaît, permettant à la noble pudeur de reprendre sa place. Le poème se termine en célébrant la victoire de la dame, comparant sa situation à celle de la nature qui se régénère après une tempête. Les chastes filles de mémoire chanteront sa gloire, et la nature se réjouira de son retour, comme après une période de froid et de ténèbres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6027
p. 202-218
Description modeste de la magnificence du Bal de M. l'Ambassadeur de Portugal. . [titre d'après la table]
Début :
Le Lecteur doit s'attendre icy à la vûë du plus brillant tableau [...]
Mots clefs :
Bal, Palais, Appartement, Ambassadeur, Portugal, Meubles, Étoffe, Diamants, Ambassadeur de Portugal
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texteReconnaissance textuelle : Description modeste de la magnificence du Bal de M. l'Ambassadeur de Portugal. . [titre d'après la table]
Le Lecteur doit s'attendre
icy à la vûë du plus brillant tableau
qu'on puifle offrir à ſes
yeux , fi le Peintre a l'art de
s'exprimer d'une façon qui réponde
aux idées que le public
a de la magnificence de cer
Ambaſſadeur. L'Entrée qu'il
fit en cetteVillele 18. du mois
d'Aouſt dernier parut ſi ſuperGALANT.
103
be , ſi ſplendide & fi riche ,
queperſonne àParis ne ſe ſouvientd'enavoir
vue une pareille.
La quantité de medailles
d'or & d'argent qui furent
alors jettées au peuple ,acheverent
dedonner de fa perſonne
la haute opinion que tout
lemonde en a. Attentif à fuivre
les temps pour ſe conferver
des fuffrages univerſels
dont nul particulier , quelque
diſtingué qu'il foit , ne peut
luy difputer l'avantage , il n'a
pas plutôt vû arriver le carnaval
, qu'il a établi que tous les
Mercredis ilyauroit une Af204
MERCURE
ſemblée dans ſa maiſon où
l'on recevroit d'une maniere
convenable à ſa dignité & à
ſes intentions , tout ce qu'il y
a d'honnêtes gens àla Cour &
à la Ville qui voudroient lui
faire leplaifir d'aller chez luy.
Cette Affemblée ſe tient régulierement
le Mercredy dans
pluſieurs falles de fon Hôtel ,
oùil y a concert , bal , jeux ,
& collations ſuperbes ; mais
ces fêtes reglées n'ont eſté que
le preludede celle qu'il a donnée
le 28. de ce mois.
Pour en tracer une idée ap
prochante de la verité , il eſt à
GALANT . 205
propos d'entrer dans un leger
détail de la ſituation de fa
maiſon .
L'Hôtel de Portugal connue
avant que M. le Comte
de Ribeira l'occupât , ſous le
nom de Bretonvilliers , eſt un
des plus beaux Palais de cette
Ville, je dis Palais , quoyque ce
terme ne foit pas en ufage en
France , pour diftinguer cette
maiſon d'une infinité d'autres
qui font fort belles , & qui
n'approchent point de la beauté
de celle cy.
CePalais eſt ſitué à la pointe
de l'Iſle de Nôtre-Dame
206 MERCURE
dans * l'exposition la plus char.
mante du monde. Son étenduë eft
capable de loger commodément un
des plus grands Seigneurs avec
unefuite nombreuse. Tout ce que
la vûë peut expoſer de plus fatisfaisanty
est offert avec abondance.
La rich ſſe des meubles
desdorures,ſculptures, marbres ,
bronzes ,glaces , c. y brille de
tous côtez. Les pieces les plus curieuſesſont
les tremaux de lafalle
baſſe quifont remplis d'excellen
tes copies que le celebre Mignard
afaitesfur les originaux de Ra
* Cet article eſt tiré des curiofitez
de Paris .
!
GALANT. 207
phaël d'Urbin : enfuite la galerie
du premier appartement qui eft
peinte entierement par Bourdon.
La chambre de cet appartement
eft enrichie de quatre merveilleux
Tableaux du fameux Pouffin qui
reprefentent l'enlevement des Sabines
par lesRomains , le Triomphe
de Venus ſur les eaux ,
Paffagede laMer rouge , & le
Veau d'or adoré dans le Defert.
Onyvoit encore un excellentTableau
de Michel Ange , c'estNôtre-
Seigneur porté dans le Tombeau
, & enfin dans une antichambre
l'admirable & inestima
ble Defcente de Croix ,peintepar
le
208 MERCURE
Danield Voltere. CeTableaueft
estimé leplus excellent que l'on ait
en France de cet habile Italien .
On ne peut ſe diſpenſerd'ajouter
à ces beautez la richeſſe
des tapifferies & des autres
meubles dont M. le Comte de
Ribeira a orné ce Palais. Le
dais ſous lequel eſt le Portrait
duRoyde Portugal eft comme
les chaiſes&lesportieresd'une
broderie de la Chine enrichie
d'or ,& admirable par la bizarerie
de ſon deſſein , & par la
fineſſe de ſes couleurs .
Dans un cabinet on remarque
parmi les Portraits de la
Famille
GALANT. 209
Famille du Roy de Portugal ,
celui de la belle Princeſſe quia
été le ſujet de la fête qu'adonnée
cet Ambaffadeur. Outre
une infinité de meubles de
differents damas galonnez d'or
qui ſont diftribuez dans les
bas appartements de ee Palais ,
en montant , on entre à droit
dans un appartement de quatre
grandes pieces dont la premiere
eſt tenduë d'une tapiſſerie
de haute lice qui repreſente
l'Histoire de Joſeph Dans la
ſeconde il y aundais de velours
cramorfi à fonds & franges d'or
pareilaux chaiſes : cette cham--
Janvier 1716 .
S
210 MERCURE
breeſt ornée d'un original de
Raphaël qui a pour ſujet les
travaux d'Hercule. Dans la
troifiéme on eſt ébloüi de la
magnificence d'un fuperbe lit
de parade qui,auſſi bien que le
reſte de l'emmeublement , eſt
d'une étoffe à fonds d'or garnie
d'unefrangede même.Decette
chambre on voit à travers une
porte de glaces , un cabinet
dont les murailles font garnies
d'un nombre infini de belles.
Porcelaines du Japon , & de
bijoux les plus rares & les plus
eftimez , & on y diftingue aiſfément
la beauté d'une toilette
GALANT. 211
L
qui eſt un chef- d'oeuvre d'Orfevrerie
; mais revenons , s'il
vous plaît , au bal qui a donné
lieu à cet abregé des richeſſes
de ce Palais.
La terraffe qui regne fur
la porte del'Hoſtel de Portugal
fut éclairée à onze heures
du foir d'un grand nombre de
gros flambeaux de cire blanche;
alors les Trompettes, les
Timbales , les Hautbois , &
pluſieurs Joueurs de differens
inſtruments y monterent , &
animez de la bonne chere &
des liqueurs dont ils avoient
amplement humecté leurs en-
Sij
212 MERCURE
trailles , ils entonnerent des
chants d'allegreffe ,& annoncerent
à toute la ville la magnificence
de cette fefte.
A onze heures &demi , les
Maſques commencerent à entrer
,ils furent reçus d'abord
dans une grande galerie éclai
rée de pluſieurs luftres , &d'un
grand nombre de plaques
d'Angleterre , qui portoient
chacune deux groſſes bougies.
Avantd'arriver à cette galerie,
on eſtoit obligé de s'arreſter
dans le paffage , pour y admirer
l'éclat & la propreté des
fruits & des confitures ſeches
GALANT. 2.13
arrangez ſur des corbeilles &
des plats de la Chine dreff z .
en forme d'Amphitheatre , au
deſlous eſtoit une abondance
prodigieuſe de viandes exquiſes
,&vis à-vis ungrandbuffet
de la largeur de cette falle,
eſtoient pluſieurs Officiers
chargez du ſoin de donner
fans ceffe aux Maſques , tous
les raffraichiſſements qu'ils.
pourroient demander , & de
remplacer à chaque inſtant les
plats vuides par de nouveaux
fervices . Aux deux extremitez
de la galerie , qui eſt d'une
étenduë capable de contenir
214 MERCURE
mille perſonnes ,on avoit dref.
ſé deux Amphitheatres pour
la ſimphonie : Ce fut là que
d'abord tous les Maſquesarriverent
; mais cette galerie ſe
trouva fi pleine en moins d'une
heure , que chacun chercha
contre l'affluence du monde ,
un azile dans les differents appartements
de ce Palais, qui ſe
trouverent tous vers les trois
heures du matin auffi remplis
de Maſques , que la galerie.
Toutes les premieres Dames
& les plus grands Seigneurs
du Royaume voulu.
rent prendre leur partdes plaiGALANT.
215
firs de cette feſte, où unegrofſe
banque de Pharaon attira
pluſieurs Maſques , & dont
Ics Banquiers en furentquittes
pour la perte de la meilleure
partie de leur étalage.
Le principal ornement man--
queroit à la deſcription de ce
Bal , ſi je ne diſois rien de la
grace admirable avec laquelle
Madame l'Ambaſladrice a fait
les honneurs de cette feſte..
CetteDame eſt jeune , belle ,
& fibien faite , que perſonne
n'a la taille mieux priſe& plus
noble qu'elle. C'eſt un malheur
pour elle au Bal ; car fa
216 MERCURE
7
riche taule la démaſque partout.
Elle parut dans le ſien
fous differens habillemens ;
d'abord en Amazone Portugaiſe
ſous un habit d'écarlatte
brodé d'argent , avec une jupe
d'étoffe d'argent couverte
de diſtance en diſtance de lez
d'une autre étoffe brune & or.
Les glands de ſa cravate
étoient de diamants& de perles
d'une façon toute nouvelle.
Son chapeau avoit unbordé
de gros diamants ſurmonté
par un plumet blanc , avec
une agraffe de diamants à la
place du bouton.
Elle
GALANT. 217
Elle reparut enſuite enDomino
bleu garni de Rezeaux
d'argent: fous cet habillement
plus commode , elle donna
plus aifément à l'Affemblée
le plaifir de la voir danſer , ce
qu'elle fait avec toute la propreté
&toute la grace imaginable.
Enfin elle reſta dans le Bal
auſſi bien que M. le Comte
de Ribeira , juſqu'à huit heures
du matin , &tout le monde
depuis le premier juſqu'au
د
dernier Maſque en fortit
charmé des graces de Madame
l'Ambaſſadrice , & de la
Janvier 1716.
T
218 MERCURE
politeffe & de la magnificence
de M. l'Ambaſſadeur.
icy à la vûë du plus brillant tableau
qu'on puifle offrir à ſes
yeux , fi le Peintre a l'art de
s'exprimer d'une façon qui réponde
aux idées que le public
a de la magnificence de cer
Ambaſſadeur. L'Entrée qu'il
fit en cetteVillele 18. du mois
d'Aouſt dernier parut ſi ſuperGALANT.
103
be , ſi ſplendide & fi riche ,
queperſonne àParis ne ſe ſouvientd'enavoir
vue une pareille.
La quantité de medailles
d'or & d'argent qui furent
alors jettées au peuple ,acheverent
dedonner de fa perſonne
la haute opinion que tout
lemonde en a. Attentif à fuivre
les temps pour ſe conferver
des fuffrages univerſels
dont nul particulier , quelque
diſtingué qu'il foit , ne peut
luy difputer l'avantage , il n'a
pas plutôt vû arriver le carnaval
, qu'il a établi que tous les
Mercredis ilyauroit une Af204
MERCURE
ſemblée dans ſa maiſon où
l'on recevroit d'une maniere
convenable à ſa dignité & à
ſes intentions , tout ce qu'il y
a d'honnêtes gens àla Cour &
à la Ville qui voudroient lui
faire leplaifir d'aller chez luy.
Cette Affemblée ſe tient régulierement
le Mercredy dans
pluſieurs falles de fon Hôtel ,
oùil y a concert , bal , jeux ,
& collations ſuperbes ; mais
ces fêtes reglées n'ont eſté que
le preludede celle qu'il a donnée
le 28. de ce mois.
Pour en tracer une idée ap
prochante de la verité , il eſt à
GALANT . 205
propos d'entrer dans un leger
détail de la ſituation de fa
maiſon .
L'Hôtel de Portugal connue
avant que M. le Comte
de Ribeira l'occupât , ſous le
nom de Bretonvilliers , eſt un
des plus beaux Palais de cette
Ville, je dis Palais , quoyque ce
terme ne foit pas en ufage en
France , pour diftinguer cette
maiſon d'une infinité d'autres
qui font fort belles , & qui
n'approchent point de la beauté
de celle cy.
CePalais eſt ſitué à la pointe
de l'Iſle de Nôtre-Dame
206 MERCURE
dans * l'exposition la plus char.
mante du monde. Son étenduë eft
capable de loger commodément un
des plus grands Seigneurs avec
unefuite nombreuse. Tout ce que
la vûë peut expoſer de plus fatisfaisanty
est offert avec abondance.
La rich ſſe des meubles
desdorures,ſculptures, marbres ,
bronzes ,glaces , c. y brille de
tous côtez. Les pieces les plus curieuſesſont
les tremaux de lafalle
baſſe quifont remplis d'excellen
tes copies que le celebre Mignard
afaitesfur les originaux de Ra
* Cet article eſt tiré des curiofitez
de Paris .
!
GALANT. 207
phaël d'Urbin : enfuite la galerie
du premier appartement qui eft
peinte entierement par Bourdon.
La chambre de cet appartement
eft enrichie de quatre merveilleux
Tableaux du fameux Pouffin qui
reprefentent l'enlevement des Sabines
par lesRomains , le Triomphe
de Venus ſur les eaux ,
Paffagede laMer rouge , & le
Veau d'or adoré dans le Defert.
Onyvoit encore un excellentTableau
de Michel Ange , c'estNôtre-
Seigneur porté dans le Tombeau
, & enfin dans une antichambre
l'admirable & inestima
ble Defcente de Croix ,peintepar
le
208 MERCURE
Danield Voltere. CeTableaueft
estimé leplus excellent que l'on ait
en France de cet habile Italien .
On ne peut ſe diſpenſerd'ajouter
à ces beautez la richeſſe
des tapifferies & des autres
meubles dont M. le Comte de
Ribeira a orné ce Palais. Le
dais ſous lequel eſt le Portrait
duRoyde Portugal eft comme
les chaiſes&lesportieresd'une
broderie de la Chine enrichie
d'or ,& admirable par la bizarerie
de ſon deſſein , & par la
fineſſe de ſes couleurs .
Dans un cabinet on remarque
parmi les Portraits de la
Famille
GALANT. 209
Famille du Roy de Portugal ,
celui de la belle Princeſſe quia
été le ſujet de la fête qu'adonnée
cet Ambaffadeur. Outre
une infinité de meubles de
differents damas galonnez d'or
qui ſont diftribuez dans les
bas appartements de ee Palais ,
en montant , on entre à droit
dans un appartement de quatre
grandes pieces dont la premiere
eſt tenduë d'une tapiſſerie
de haute lice qui repreſente
l'Histoire de Joſeph Dans la
ſeconde il y aundais de velours
cramorfi à fonds & franges d'or
pareilaux chaiſes : cette cham--
Janvier 1716 .
S
210 MERCURE
breeſt ornée d'un original de
Raphaël qui a pour ſujet les
travaux d'Hercule. Dans la
troifiéme on eſt ébloüi de la
magnificence d'un fuperbe lit
de parade qui,auſſi bien que le
reſte de l'emmeublement , eſt
d'une étoffe à fonds d'or garnie
d'unefrangede même.Decette
chambre on voit à travers une
porte de glaces , un cabinet
dont les murailles font garnies
d'un nombre infini de belles.
Porcelaines du Japon , & de
bijoux les plus rares & les plus
eftimez , & on y diftingue aiſfément
la beauté d'une toilette
GALANT. 211
L
qui eſt un chef- d'oeuvre d'Orfevrerie
; mais revenons , s'il
vous plaît , au bal qui a donné
lieu à cet abregé des richeſſes
de ce Palais.
La terraffe qui regne fur
la porte del'Hoſtel de Portugal
fut éclairée à onze heures
du foir d'un grand nombre de
gros flambeaux de cire blanche;
alors les Trompettes, les
Timbales , les Hautbois , &
pluſieurs Joueurs de differens
inſtruments y monterent , &
animez de la bonne chere &
des liqueurs dont ils avoient
amplement humecté leurs en-
Sij
212 MERCURE
trailles , ils entonnerent des
chants d'allegreffe ,& annoncerent
à toute la ville la magnificence
de cette fefte.
A onze heures &demi , les
Maſques commencerent à entrer
,ils furent reçus d'abord
dans une grande galerie éclai
rée de pluſieurs luftres , &d'un
grand nombre de plaques
d'Angleterre , qui portoient
chacune deux groſſes bougies.
Avantd'arriver à cette galerie,
on eſtoit obligé de s'arreſter
dans le paffage , pour y admirer
l'éclat & la propreté des
fruits & des confitures ſeches
GALANT. 2.13
arrangez ſur des corbeilles &
des plats de la Chine dreff z .
en forme d'Amphitheatre , au
deſlous eſtoit une abondance
prodigieuſe de viandes exquiſes
,&vis à-vis ungrandbuffet
de la largeur de cette falle,
eſtoient pluſieurs Officiers
chargez du ſoin de donner
fans ceffe aux Maſques , tous
les raffraichiſſements qu'ils.
pourroient demander , & de
remplacer à chaque inſtant les
plats vuides par de nouveaux
fervices . Aux deux extremitez
de la galerie , qui eſt d'une
étenduë capable de contenir
214 MERCURE
mille perſonnes ,on avoit dref.
ſé deux Amphitheatres pour
la ſimphonie : Ce fut là que
d'abord tous les Maſquesarriverent
; mais cette galerie ſe
trouva fi pleine en moins d'une
heure , que chacun chercha
contre l'affluence du monde ,
un azile dans les differents appartements
de ce Palais, qui ſe
trouverent tous vers les trois
heures du matin auffi remplis
de Maſques , que la galerie.
Toutes les premieres Dames
& les plus grands Seigneurs
du Royaume voulu.
rent prendre leur partdes plaiGALANT.
215
firs de cette feſte, où unegrofſe
banque de Pharaon attira
pluſieurs Maſques , & dont
Ics Banquiers en furentquittes
pour la perte de la meilleure
partie de leur étalage.
Le principal ornement man--
queroit à la deſcription de ce
Bal , ſi je ne diſois rien de la
grace admirable avec laquelle
Madame l'Ambaſladrice a fait
les honneurs de cette feſte..
CetteDame eſt jeune , belle ,
& fibien faite , que perſonne
n'a la taille mieux priſe& plus
noble qu'elle. C'eſt un malheur
pour elle au Bal ; car fa
216 MERCURE
7
riche taule la démaſque partout.
Elle parut dans le ſien
fous differens habillemens ;
d'abord en Amazone Portugaiſe
ſous un habit d'écarlatte
brodé d'argent , avec une jupe
d'étoffe d'argent couverte
de diſtance en diſtance de lez
d'une autre étoffe brune & or.
Les glands de ſa cravate
étoient de diamants& de perles
d'une façon toute nouvelle.
Son chapeau avoit unbordé
de gros diamants ſurmonté
par un plumet blanc , avec
une agraffe de diamants à la
place du bouton.
Elle
GALANT. 217
Elle reparut enſuite enDomino
bleu garni de Rezeaux
d'argent: fous cet habillement
plus commode , elle donna
plus aifément à l'Affemblée
le plaifir de la voir danſer , ce
qu'elle fait avec toute la propreté
&toute la grace imaginable.
Enfin elle reſta dans le Bal
auſſi bien que M. le Comte
de Ribeira , juſqu'à huit heures
du matin , &tout le monde
depuis le premier juſqu'au
د
dernier Maſque en fortit
charmé des graces de Madame
l'Ambaſſadrice , & de la
Janvier 1716.
T
218 MERCURE
politeffe & de la magnificence
de M. l'Ambaſſadeur.
Fermer
6028
p. 205
DE MARIENWERDER, le 25 Avril.
Début :
L'Armée des Russes se dispose à passer la Vistule. Elle a déjà établi deux [...]
Mots clefs :
Armée russe, Pologne, Vistule
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE MARIENWERDER, le 25 Avril.
DE
MARIENWERDER
,
le
25
Avril
.
'
Armée
des
Ruffes
fe
difpofe
à
paffer la
Vif
tule
.
Elle
a
déja
établi
deux
ponts fur ce
fleuve
à
Thorn
.
Elle
travaille
à en
établir
Schwetz
,
qui
fera
bientôt
achevé
.
MARIENWERDER
,
le
25
Avril
.
'
Armée
des
Ruffes
fe
difpofe
à
paffer la
Vif
tule
.
Elle
a
déja
établi
deux
ponts fur ce
fleuve
à
Thorn
.
Elle
travaille
à en
établir
Schwetz
,
qui
fera
bientôt
achevé
.
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6029
p. 205
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 4 Janvier la Chambre des Communes résolut d'accorder deux cens [...]
Mots clefs :
Londres, Chambre des communes, Flotte royale, Financement, Amiral Byng, Condamnation , Conseil de guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le 8 Février.
Le 14 Janvier la Chambre des Communes réfolut
d'accorder deux cens vingt-trois mille neuf
cens trente-neuf livres pour la dépenſe ordinaire
de la Flotte royale pendant cette année ; cent
foixante-deux mille cinq cens cinquante - fept
pour l'artillerie employée au fervice de terre ;
dix mille pour l'entretien de l'Hôpital de Greenwich
; une pareille fomme pour la conftruction
d'un nouvel Hôpital à Plymouth , & trente mille
pour la Maifon des Enfans trouvés.
A l'exception du Lord Blackeney & d'un petit
nombre d'Officiers , tous les témoins qui ont été
entendus dans l'affaire de l'Amiral Byng , one
dépofé que la conduite de cet Amiral n'étoit
fufceptible d'aucun reproche. Cependant le Confeil
de guerre affemblé à Portſmouth pour juger
cet Amiral , a prononcé que conféquemment à
Particle XII du Code Militaire , il ne pouvoit fe
difpenfer de condamner cet Amiral à perdre la
vie ; mais qu'en même temps il fe croyoit obligé
d'implorer la clémence du Roi en faveur de cet
Officier. On affure que le Vice- Amiral Bofcawen
, qui eft parti en pofte pour Portſmouth , y
porte la grace de l'Amiral Byng , avec des ordres
pour garantir cet Officier de la fureur de la populace
, qui perfifte à vouloir qu'on en faffe une
victime publique.
DE LONDRES , le 8 Février.
Le 14 Janvier la Chambre des Communes réfolut
d'accorder deux cens vingt-trois mille neuf
cens trente-neuf livres pour la dépenſe ordinaire
de la Flotte royale pendant cette année ; cent
foixante-deux mille cinq cens cinquante - fept
pour l'artillerie employée au fervice de terre ;
dix mille pour l'entretien de l'Hôpital de Greenwich
; une pareille fomme pour la conftruction
d'un nouvel Hôpital à Plymouth , & trente mille
pour la Maifon des Enfans trouvés.
A l'exception du Lord Blackeney & d'un petit
nombre d'Officiers , tous les témoins qui ont été
entendus dans l'affaire de l'Amiral Byng , one
dépofé que la conduite de cet Amiral n'étoit
fufceptible d'aucun reproche. Cependant le Confeil
de guerre affemblé à Portſmouth pour juger
cet Amiral , a prononcé que conféquemment à
Particle XII du Code Militaire , il ne pouvoit fe
difpenfer de condamner cet Amiral à perdre la
vie ; mais qu'en même temps il fe croyoit obligé
d'implorer la clémence du Roi en faveur de cet
Officier. On affure que le Vice- Amiral Bofcawen
, qui eft parti en pofte pour Portſmouth , y
porte la grace de l'Amiral Byng , avec des ordres
pour garantir cet Officier de la fureur de la populace
, qui perfifte à vouloir qu'on en faffe une
victime publique.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 14 janvier, la Chambre des Communes a approuvé plusieurs allocations financières : 223 939 livres pour les dépenses de la Flotte royale, 62 557 livres pour l'artillerie terrestre, 10 000 livres pour l'entretien de l'Hôpital de Greenwich, une somme équivalente pour la construction d'un nouvel hôpital à Plymouth, et 30 000 livres pour la Maison des Enfants trouvés. Dans l'affaire de l'Amiral Byng, la plupart des témoins, à l'exception du Lord Blackeney et de quelques officiers, ont déclaré que la conduite de l'Amiral n'était pas répréhensible. Néanmoins, le conseil de guerre à Portsmouth a condamné l'Amiral Byng à mort selon l'Article XII du Code Militaire, tout en sollicitant la clémence du Roi. Le Vice-Amiral Boscawen s'est rendu à Portsmouth avec la grâce de l'Amiral Byng et des instructions pour le protéger de la colère du public.
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6030
p. 2313
« Le 21 au soir, le Roi reçût à Metz par un courier dépêché de Francfort, la nouvelle [...] »
Début :
Le 21 au soir, le Roi reçût à Metz par un courier dépêché de Francfort, la nouvelle [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Prague
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 21 au soir, le Roi reçût à Metz par un courier dépêché de Francfort, la nouvelle [...] »
Le 21 au foir , le Roi reçût à Metz par
un courier dépêché de Francfort, la nouvelle
de la priſe de la Ville de Prague. La tranchée
fut ouverte devant cette Place la nuit
du 9 au 10 , & les trois differentes attaques,
ordonnées par le Roi de Pruffe , ont été
pouffées avec tant de vivacité , que le 16
au matin le Gouverneur a demandé à capituler.
Lagarniſon, compoſée de Sooo hommes ,
enycomprenant les troupes irrégulieres , a
été faire prifonniere de guerre. S. M. Pr ,
auſſi-tôt après que la Capitulation a été fignée
, a fait occuper par le Régiment de ſes
Gardes les Portes de la Ville , & le 16 après
midi , elle a dû entrer dans cette Capitale ,
dont la conquête a coûté peu de monde aux
alliégeans.
Le Margrave Guillaume de Brandebourg,
coufin du Roi de Pruffe , & Major Général ,
a été tué d'un boulet de canon à côté de ce
Prince,
un courier dépêché de Francfort, la nouvelle
de la priſe de la Ville de Prague. La tranchée
fut ouverte devant cette Place la nuit
du 9 au 10 , & les trois differentes attaques,
ordonnées par le Roi de Pruffe , ont été
pouffées avec tant de vivacité , que le 16
au matin le Gouverneur a demandé à capituler.
Lagarniſon, compoſée de Sooo hommes ,
enycomprenant les troupes irrégulieres , a
été faire prifonniere de guerre. S. M. Pr ,
auſſi-tôt après que la Capitulation a été fignée
, a fait occuper par le Régiment de ſes
Gardes les Portes de la Ville , & le 16 après
midi , elle a dû entrer dans cette Capitale ,
dont la conquête a coûté peu de monde aux
alliégeans.
Le Margrave Guillaume de Brandebourg,
coufin du Roi de Pruffe , & Major Général ,
a été tué d'un boulet de canon à côté de ce
Prince,
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6031
p. 1663
« Sans choquer le bon sens, Chocolat est le mot [...] »
Début :
Sans choquer le bon sens, Chocolat est le mot [...]
Mots clefs :
Logogriphe, Chocolat
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texteReconnaissance textuelle : « Sans choquer le bon sens, Chocolat est le mot [...] »
Ans choquer le bon sens , Chocolate est le mot
Qui m'a bien fait penser , et croquer le marmor.
Que de mots en un feul ! et le fleau du verre
Et la terreur des gens de Guerre
Je veux dire le Choc ;
Bête à barbe de chair , et qui grate la terre
C'est-à-dire le Cocq.
Uu Cocq , un chat...que sçais-je ? Epargnons
nous la peine
D'en citer davantage ; aussi je perds haleine :
Sans citer tous ces mots , et Calote et Coco ,
N'ai- je pas réussi , réponds , charmante Echo
Qui m'a bien fait penser , et croquer le marmor.
Que de mots en un feul ! et le fleau du verre
Et la terreur des gens de Guerre
Je veux dire le Choc ;
Bête à barbe de chair , et qui grate la terre
C'est-à-dire le Cocq.
Uu Cocq , un chat...que sçais-je ? Epargnons
nous la peine
D'en citer davantage ; aussi je perds haleine :
Sans citer tous ces mots , et Calote et Coco ,
N'ai- je pas réussi , réponds , charmante Echo
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6032
p. 207
« Il ne vous en coûtera pas davantage, Messieurs, de lire [...] »
Début :
Il ne vous en coûtera pas davantage, Messieurs, de lire [...]
Mots clefs :
Mariages, Morts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il ne vous en coûtera pas davantage, Messieurs, de lire [...] »
Il ne vous en coûtera pas
davantage , Meſſieurs , de lire
tout de ſuite , pendant que
vous y êtes , l'hiſtoire genealogique
des Familles dont il
eft fait mention dans ce Volume.
Ceux qui ſe ſont ma
riez ont eu leur rang , & je croi
qu'il étoir du ceremonial de
les mettre avant les morts que
voicy.
davantage , Meſſieurs , de lire
tout de ſuite , pendant que
vous y êtes , l'hiſtoire genealogique
des Familles dont il
eft fait mention dans ce Volume.
Ceux qui ſe ſont ma
riez ont eu leur rang , & je croi
qu'il étoir du ceremonial de
les mettre avant les morts que
voicy.
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6033
p. 144
« Les trois Enigmes du mois passé sont toutes trois sur [...] »
Début :
Les trois Enigmes du mois passé sont toutes trois sur [...]
Mots clefs :
Sang
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les trois Enigmes du mois passé sont toutes trois sur [...] »
Article des Enigmes.
LescroisEnigmes ,:: du LestroisEnigmesdu
moispassé sonttoutes
trois sur le même mot:
ce mqt estjc^^
LescroisEnigmes ,:: du LestroisEnigmesdu
moispassé sonttoutes
trois sur le même mot:
ce mqt estjc^^
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6034
p. *1001-1001
DUO.
Début :
Marthe et Colin se sont mis en ménage ; [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DUO.
DUO.
Eole en regle le destin
TOGE
Marthe et Colin se sont mis en ménage ;
Un Moulin fait leur héritage ,
Si-tôt qu'il souffle , ils ont du vin.
Mais lorsqu'il a calmé sa fureur vagabonde ,
La guerre est allumée entre Marthe et Colin,
Po
I
Il faut que le vent gronde
la paix soit au Moulin.
Eole en regle le destin
TOGE
Marthe et Colin se sont mis en ménage ;
Un Moulin fait leur héritage ,
Si-tôt qu'il souffle , ils ont du vin.
Mais lorsqu'il a calmé sa fureur vagabonde ,
La guerre est allumée entre Marthe et Colin,
Po
I
Il faut que le vent gronde
la paix soit au Moulin.
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6035
p. 2313
Te Deum chanté à S. Denis, [titre d'après la table]
Début :
Le 21, les Religieux de l'Abbaye Royale de S. Denis chanterent pour le même sujet [...]
Mots clefs :
Abbaye royale de Saint-Denis, Te Deum, Feu d'artifice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Te Deum chanté à S. Denis, [titre d'après la table]
Le 21 , les Religieux de l'Abbaye Royale
de S. Denis chanterent pour le même ſujet
le Te Deum , auquel toute la Ville aſſiſta. Le
foir , ils firent illuminer magnifiquement le
Portail de leur Eglife ,& tirer un Feu d'artifice.
de S. Denis chanterent pour le même ſujet
le Te Deum , auquel toute la Ville aſſiſta. Le
foir , ils firent illuminer magnifiquement le
Portail de leur Eglife ,& tirer un Feu d'artifice.
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6036
p. 205
DE LISBONNE, le 6 Septembre.
Début :
Le sieur de la Clue est resté à Lagos, où il reçoit [...]
Mots clefs :
Secours, Algarves
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LISBONNE, le 6 Septembre.
De LISBONNE , le 6 Septembre.
Le fieur de la Clue eft reſté Lagos , où il reçoit
toute forte de lecours du Viceroi des Algar
wes.
Le fieur de la Clue eft reſté Lagos , où il reçoit
toute forte de lecours du Viceroi des Algar
wes.
Fermer
6037
p. 205
PAYS-BAS.
Début :
Des Corsaires Anglois ayant rencontré dans la traversée de Rouen [...]
Mots clefs :
Amsterdam, Corsaires anglais, Equipage, Vaisseaux, Pillages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PAYS-BAS.
PAYS - BAS.
D'AMSTERDAM , le II Juillet.
DesCorſaires Anglois ayant rencontré dans la
traverſée de Rouen à Rotterdam , le Vaiſſeau du
Capitaine Hollandois Warner Pieters qui avoit
àbord les équipages & quelques domeſtiques de
l'Ambaſſadeur nommé par le Roi d'Eſpagne pour
réſider à la Cour de Danemarck , ils n'ont reſpecté
ni la neutralité du Vaiſſeau ni celle des paſſagers
qu'il portoit. Ils ont volé pour plus de vingt mille
écus d'effets appartenans à l'Ambaſſadeur , ont mis
en pieces & ont jetté à la mer fon carroffe , un
autel & des ornemens d'Eglife , ont maltraité ſes
domeſtiques , & leur ont jetté au viſage les hofties
que contenoient les vaſes ſacrés.
D'AMSTERDAM , le II Juillet.
DesCorſaires Anglois ayant rencontré dans la
traverſée de Rouen à Rotterdam , le Vaiſſeau du
Capitaine Hollandois Warner Pieters qui avoit
àbord les équipages & quelques domeſtiques de
l'Ambaſſadeur nommé par le Roi d'Eſpagne pour
réſider à la Cour de Danemarck , ils n'ont reſpecté
ni la neutralité du Vaiſſeau ni celle des paſſagers
qu'il portoit. Ils ont volé pour plus de vingt mille
écus d'effets appartenans à l'Ambaſſadeur , ont mis
en pieces & ont jetté à la mer fon carroffe , un
autel & des ornemens d'Eglife , ont maltraité ſes
domeſtiques , & leur ont jetté au viſage les hofties
que contenoient les vaſes ſacrés.
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Résumé : PAYS-BAS.
Le 2 juillet, des corsaires anglais ont intercepté le vaisseau du capitaine Warner Pieters entre Rouen et Rotterdam. Le vaisseau transportait l'équipage et les domestiques de l'ambassadeur espagnol pour le Danemark. Les corsaires ont volé des biens d'une valeur de plus de vingt mille écus, détruit des objets religieux et maltraité les domestiques.
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6038
p. 212
DE LONDRES le premier Juin.
Début :
Il vient d'arriver deux Bâtimens de Gottembourg : L'un d'eux a [...]
Mots clefs :
Bâtiments, Hollande, Suède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES le premier Juin.
DE LONDRES
le premier Juin.. -
Il vient d'arriver deux Biiimens
de Gottembourg : L'un d'eux
a été chargé par ordre du Roy de
Suéde, de raporter la male du 19
Mars, dont un Capre Suédois se.
fiifit en prenant le Paquebodqui
venoit de Hollande. S. M. S. na
pas voulu qu'on ouvritrien. Une
grande Boëte remplie de Bijoux,
d'un prixtrèsconsiderable, setrouve
au même état qu'elleétoit en
partant deHollande, Les Cachets
sont en leur entier; mais ce qui
étonne tout le monde, c'est que
le Roy n'a pas permis qu'on ouvrit
la moindre ~re. Les PartiCiiw
dela Suéde surtout,exaltent fort
la bonté & les égards que S. M. S.
a pour nôtre Nation. Le Roy dfe"
SuèdeauneArmée de 4000 mille
- hommes effectifs & de grands
amas de vivres en Scanie.
le premier Juin.. -
Il vient d'arriver deux Biiimens
de Gottembourg : L'un d'eux
a été chargé par ordre du Roy de
Suéde, de raporter la male du 19
Mars, dont un Capre Suédois se.
fiifit en prenant le Paquebodqui
venoit de Hollande. S. M. S. na
pas voulu qu'on ouvritrien. Une
grande Boëte remplie de Bijoux,
d'un prixtrèsconsiderable, setrouve
au même état qu'elleétoit en
partant deHollande, Les Cachets
sont en leur entier; mais ce qui
étonne tout le monde, c'est que
le Roy n'a pas permis qu'on ouvrit
la moindre ~re. Les PartiCiiw
dela Suéde surtout,exaltent fort
la bonté & les égards que S. M. S.
a pour nôtre Nation. Le Roy dfe"
SuèdeauneArmée de 4000 mille
- hommes effectifs & de grands
amas de vivres en Scanie.
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6039
p. 2529-2530
Nombre des Baptêmes, Mariages, Enfans Trouvez et Morts de la Ville et Fauxbourgs de Paris, pendant l'année 1732.
Début :
Sçavoir : Baptêmes, 18607 Marîages, 3983 Enfans Trouvez, 2472 Morts, 17231 [...]
Mots clefs :
Baptêmes, Morts, Mariages, Enfants trouvés, Nombre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nombre des Baptêmes, Mariages, Enfans Trouvez et Morts de la Ville et Fauxbourgs de Paris, pendant l'année 1732.
Nombre des Baptêmes , Mariages, Enfans Trouvez
et Morts de la Ville et Fauxbourgs de Paris ,
pendant l'année 1732. Sçavoir :
Baptêmes ,..
Mariages ,
Enfans .Trouvez
18607
3993
24744
I T
Matis...
2530 MERCURE DE FRANCE
Morts ,
Maisons Religieuses , hommes
et filles ,
17231
}
17532
3012
est
Partant le nombre des Baptêmes de l'année
1732. excede celui des Morts de
Le nombre des Baptêmes dé 1732.
moindre que celui de 1731. de
Celui des Mariages est moindre de
Celui des Morts est moindre de
Celui des Enfans Trouvez est moindre de
1073
272
186
3300
65
et Morts de la Ville et Fauxbourgs de Paris ,
pendant l'année 1732. Sçavoir :
Baptêmes ,..
Mariages ,
Enfans .Trouvez
18607
3993
24744
I T
Matis...
2530 MERCURE DE FRANCE
Morts ,
Maisons Religieuses , hommes
et filles ,
17231
}
17532
3012
est
Partant le nombre des Baptêmes de l'année
1732. excede celui des Morts de
Le nombre des Baptêmes dé 1732.
moindre que celui de 1731. de
Celui des Mariages est moindre de
Celui des Morts est moindre de
Celui des Enfans Trouvez est moindre de
1073
272
186
3300
65
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Résumé : Nombre des Baptêmes, Mariages, Enfans Trouvez et Morts de la Ville et Fauxbourgs de Paris, pendant l'année 1732.
En 1732 à Paris, il y a eu 18 607 baptêmes, 3 993 mariages, 24 744 enfants trouvés, et 34 763 décès. Par rapport à 1731, les baptêmes ont augmenté de 1 073, les mariages ont diminué de 272, les décès ont baissé de 186, et les enfants trouvés ont diminué de 3 300. Le nombre de baptêmes a dépassé celui des décès.
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6040
p. 201-202
Pour le mesme, sur le mesme sujet.
Début :
CE Berger si jeune & si beau [...]
Mots clefs :
Berger, Troupeau, Beauté, Printemps
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Pour le mesme, sur le mesme sujet.
Pour le meſme , ſur le meſme
fujet.
CB petit cha-
E Bergerfijeune &fi beau
lumeau
Avec la plus douce mufette ;
Il entonne une Chanfonnette
D'un air furprenant & nouveau.
Quefi pour quelque fefte il dance
Sous l'Ormeau ,
Il le fait de fi bonne grace
Qu'il eft fortpeu de Bergers qu'il
n'efface ;
Il n'en eftpoint dans le Hameau,
202 MERCURE
Quipour conduire fon Troupeau
Soit plus vigilant &plus fage,
Bien qu'il ne foit qu'au Printemps
de fon âge ;
La nature chez luy n'a pas besoin de
l'art.
Si quelque jour , bondiſſant fur
l'herbette ,
Une brebis fe trouvoit à l'écart ,
Elle doit craindre fa Houlette.
fujet.
CB petit cha-
E Bergerfijeune &fi beau
lumeau
Avec la plus douce mufette ;
Il entonne une Chanfonnette
D'un air furprenant & nouveau.
Quefi pour quelque fefte il dance
Sous l'Ormeau ,
Il le fait de fi bonne grace
Qu'il eft fortpeu de Bergers qu'il
n'efface ;
Il n'en eftpoint dans le Hameau,
202 MERCURE
Quipour conduire fon Troupeau
Soit plus vigilant &plus fage,
Bien qu'il ne foit qu'au Printemps
de fon âge ;
La nature chez luy n'a pas besoin de
l'art.
Si quelque jour , bondiſſant fur
l'herbette ,
Une brebis fe trouvoit à l'écart ,
Elle doit craindre fa Houlette.
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Résumé : Pour le mesme, sur le mesme sujet.
Bergerfijeune, jeune berger charmant et gracieux, se distingue par ses talents de chanteur et de danseur. Lors des fêtes, il surpasse presque tous les autres bergers. Vigilant et sage, il conduit son troupeau avec autorité, corrigeant toute brebis égarée. Ses qualités naturelles sont remarquables.
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6041
p. 144-145
Explication de la premiere Enigme, par Me la M. de ***
Début :
Dans le coeur des jeunes Amans, [...]
Mots clefs :
Sang, Amants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Explication de la premiere Enigme, par Me la M. de ***
Explication de la premiere
Enigme, parMla
M. de *** '1 i-v ,(. ,.
Dansle coeur des jeunes
," Amans -
VnJàng bouillant&vif
causel'amourextrême,
C*elî cette vivacitémême
Qui rend les Amans inccqonjnfajnlsa.
Enigme, parMla
M. de *** '1 i-v ,(. ,.
Dansle coeur des jeunes
," Amans -
VnJàng bouillant&vif
causel'amourextrême,
C*elî cette vivacitémême
Qui rend les Amans inccqonjnfajnlsa.
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6042
p. 1825-1826
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Meaux, le 10. Juillet 1731. au sujet d'un Loup enragé.
Début :
Il est arrivé aux environs de Meaux, une Scene si Tragique, et une action [...]
Mots clefs :
Cantons, Loup enragé, Meaux, Pêcheur
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Meaux, le 10. Juillet 1731. au sujet d'un Loup enragé.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Meaux ,
le 10. Juillet 1731. au sujet d'un Loup
enragé.
I
$
L est arrivé aux environs de Meaux
une Scene si Tragique , et une action
si heroïque de la part d'un pauvre Pêcheur
, que je crois , Monsieur , que vous
ne serés pas fâché de l'inserer dans vôtre
Journal. Le 25. Juin dernier , un Loup
enragé sortant des Bois de Changi , se
jetta sur Marie Posé , femme d'Etienne
Lucas , et lui mangea une partie du bras ,
ensuite il attaqua Marie Couvrechef , de
la Paroisse d'Isle , femme d'un nommé
Colinet , lui emporta les Joües et lui
perça le gosier , Marie Gaillet de la Pároisse
d'Armentiere , femme de Charles
Turisieu , fut morduë à la main droite ,
eut le pouce emporté , et Fautre main
percée. Ce Loup passa ensuite la Riviere
de Marne , et aborda prés le Moulin de
S. Jean les deux Jumeaux. Jacques La-
1 v voisier
1626 MERCURE DE FRANCE
voisier , Pêcheur , de la Paroisse de Villers,
en voulant attacher son Batteau , en fur
saisi par
le poignet , cet homme vigoureux
qui avoit déja appris les ravages de
ce cruel Animal , et se croyant perdu
sans ressource , prit la résolution de faire
perir le Loup , et de sauver ses compatriotes
: Tayant pris par le train de derriere ,
il le terrassa , et lui mit le genqüil sur le
col ; le Loup à force de se débattre s'étant
dégagé , le blessa ; mais le Pêcheur le prit
par une orcille , le terrassa pour la secon
de fois , et le tint si serré sous lui , qu'on
cut le temps de venir à son secours. II
dit alors à un homme qui étoit armé.
d'une hache de lui casser hardiment la
tête , et qu'il ne quitteroit le Loup qu'a¬
prés qu'il seroit bien assuré de sa mort,,
ce qui fut bientôt exécuté. Ce pauvre
malheureux, a le corps entierement percé
des dents de ce furieux Animal . Trois
Curés de ces Cantons ont attesté les . Faits
que je viens de vous narrer veritables ,
et l'indigence de ces pauvres gens blessés
, qui sont par là hors d'état de gagner
leurs vies et tout- à - fait dignes de la compassion
du Public.
le 10. Juillet 1731. au sujet d'un Loup
enragé.
I
$
L est arrivé aux environs de Meaux
une Scene si Tragique , et une action
si heroïque de la part d'un pauvre Pêcheur
, que je crois , Monsieur , que vous
ne serés pas fâché de l'inserer dans vôtre
Journal. Le 25. Juin dernier , un Loup
enragé sortant des Bois de Changi , se
jetta sur Marie Posé , femme d'Etienne
Lucas , et lui mangea une partie du bras ,
ensuite il attaqua Marie Couvrechef , de
la Paroisse d'Isle , femme d'un nommé
Colinet , lui emporta les Joües et lui
perça le gosier , Marie Gaillet de la Pároisse
d'Armentiere , femme de Charles
Turisieu , fut morduë à la main droite ,
eut le pouce emporté , et Fautre main
percée. Ce Loup passa ensuite la Riviere
de Marne , et aborda prés le Moulin de
S. Jean les deux Jumeaux. Jacques La-
1 v voisier
1626 MERCURE DE FRANCE
voisier , Pêcheur , de la Paroisse de Villers,
en voulant attacher son Batteau , en fur
saisi par
le poignet , cet homme vigoureux
qui avoit déja appris les ravages de
ce cruel Animal , et se croyant perdu
sans ressource , prit la résolution de faire
perir le Loup , et de sauver ses compatriotes
: Tayant pris par le train de derriere ,
il le terrassa , et lui mit le genqüil sur le
col ; le Loup à force de se débattre s'étant
dégagé , le blessa ; mais le Pêcheur le prit
par une orcille , le terrassa pour la secon
de fois , et le tint si serré sous lui , qu'on
cut le temps de venir à son secours. II
dit alors à un homme qui étoit armé.
d'une hache de lui casser hardiment la
tête , et qu'il ne quitteroit le Loup qu'a¬
prés qu'il seroit bien assuré de sa mort,,
ce qui fut bientôt exécuté. Ce pauvre
malheureux, a le corps entierement percé
des dents de ce furieux Animal . Trois
Curés de ces Cantons ont attesté les . Faits
que je viens de vous narrer veritables ,
et l'indigence de ces pauvres gens blessés
, qui sont par là hors d'état de gagner
leurs vies et tout- à - fait dignes de la compassion
du Public.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Meaux, le 10. Juillet 1731. au sujet d'un Loup enragé.
Le 25 juin 1731, un loup enragé provenant des bois de Changi attaqua plusieurs personnes près de Meaux. Marie Posé, femme d'Etienne Lucas, perdit une partie de son bras. Marie Couvrechef, femme de Colinet, eut les joues arrachées et le gosier percé. Marie Gaillet, femme de Charles Turisieu, fut mordue à la main droite, perdant son pouce et ayant l'autre main percée. Le loup traversa ensuite la rivière Marne et attaqua Jacques Lavoisier, un pêcheur de la paroisse de Villers. Conscient des ravages causés par le loup, Lavoisier décida de le neutraliser. Après avoir été mordu, il parvint à terrasser le loup à deux reprises et demanda à un homme armé d'une hache de lui fracasser le crâne. Lavoisier fut gravement blessé, mais ses actions permirent de sauver d'autres personnes. Trois curés attestèrent la véracité des faits et l'indigence des victimes, désormais incapables de subvenir à leurs besoins.
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6043
p. 209-210
MARIAGES.
Début :
Mr le Bret premier premier Président d'Aix a épousé [...]
Mots clefs :
Mr le Bret, Famille Larcher, Limousin
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Mrle Bret premier premier Préfident d'Aix a épousé Mademoiſelle de la
Briffe fille de feu Mr de
la Briffe Procureur General au Parlement de Paris.
MrLarcher d'Olify Confeiller au Parlement , fils de
Mr le Préfident Larcher ,
dont la naiffance ancienFuillet 1712. S
2To MERCURE
ne &
diftinguée n'eft igno
rée de perfonne , a
épousé
Mademoiſelle de Jaucen ,
fille de Mr de Jaucen Fermier general du Roy , &
d'une des anciennes familles de la Province du basLimofin.
On a parlé de la Famille de Meffieurs Larcher
dans le Mercure de May ,
à
l'occafion du mariage de
Mademoiſelle Larcher.
Mrle Bret premier premier Préfident d'Aix a épousé Mademoiſelle de la
Briffe fille de feu Mr de
la Briffe Procureur General au Parlement de Paris.
MrLarcher d'Olify Confeiller au Parlement , fils de
Mr le Préfident Larcher ,
dont la naiffance ancienFuillet 1712. S
2To MERCURE
ne &
diftinguée n'eft igno
rée de perfonne , a
épousé
Mademoiſelle de Jaucen ,
fille de Mr de Jaucen Fermier general du Roy , &
d'une des anciennes familles de la Province du basLimofin.
On a parlé de la Famille de Meffieurs Larcher
dans le Mercure de May ,
à
l'occafion du mariage de
Mademoiſelle Larcher.
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Résumé : MARIAGES.
Le texte mentionne deux mariages. Le premier unit Mademoiselle de la Briffe, fille du défunt Procureur Général au Parlement de Paris, à Monsieur Bret, Premier Président du Parlement d'Aix. Le second concerne Monsieur Larcher d'Olify, Conseiller au Parlement, né en 1712, qui a épousé Mademoiselle de Jaucen, fille d'un Fermier Général du Roi originaire du Bas-Limousin.
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6044
p. 205-206
MORTS.
Début :
Dame Marie-Paule Thérèse de Beauvillier, fille du Duc de [...]
Mots clefs :
Duc, Abbé, Diocèse, Chevalier, Prince, Morts
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
DAME Marie-Paule Thérèſe de Beauvillier ,
fille du Duc de S: Aignan , époufe de Jean - François-
Charles de Molette , Comte de Movangies ,
Colonel du Régiment de Languedoc , eft morte à
Paris le 10 Novembre , âgée de 28 ans.
Meffire N. de Menou de Bouffay , Abbé Com
mandataire de l'Abbaye de Preuilly, Ordre de Saint
206 MERCURE DE FRANCE.
Benoît , Diocèfe de Tours , mourut en fon Abbaye
le 27 Octobre.
Meffire Samuel- Guillaume de Verthamont de
Chavagnac , Evêque de Luçon , eft mort en fon
Palais Epifcopal le premier Novembre, âgé de foixante-
cinq ans.
Meffire Charles- Philippe d'Albert, Duc de Luynes
, Pair de France , Chevalier des Ordres du
Roi , ancien Meftre de Camp de Cavalerie , mourut
à Dampierre le 2 Novembre, dans la foixantequatrieme
année de fon âge.
Meffire Jofeph d'Albert de Luynes , Prince de
Grimberghen , Prince du Saint-Empire Romain ,
Confeiller d'Etat Intime du feu Empereur Charles
VII , Feld -Maréchal de fes Armées , & ci-devant
fon Ambaffadeur Extraordinaire à la Cour de
France , eft mort le 8 , dans la quatre-vingt-feptieme
année de ſon âge.
DAME Marie-Paule Thérèſe de Beauvillier ,
fille du Duc de S: Aignan , époufe de Jean - François-
Charles de Molette , Comte de Movangies ,
Colonel du Régiment de Languedoc , eft morte à
Paris le 10 Novembre , âgée de 28 ans.
Meffire N. de Menou de Bouffay , Abbé Com
mandataire de l'Abbaye de Preuilly, Ordre de Saint
206 MERCURE DE FRANCE.
Benoît , Diocèfe de Tours , mourut en fon Abbaye
le 27 Octobre.
Meffire Samuel- Guillaume de Verthamont de
Chavagnac , Evêque de Luçon , eft mort en fon
Palais Epifcopal le premier Novembre, âgé de foixante-
cinq ans.
Meffire Charles- Philippe d'Albert, Duc de Luynes
, Pair de France , Chevalier des Ordres du
Roi , ancien Meftre de Camp de Cavalerie , mourut
à Dampierre le 2 Novembre, dans la foixantequatrieme
année de fon âge.
Meffire Jofeph d'Albert de Luynes , Prince de
Grimberghen , Prince du Saint-Empire Romain ,
Confeiller d'Etat Intime du feu Empereur Charles
VII , Feld -Maréchal de fes Armées , & ci-devant
fon Ambaffadeur Extraordinaire à la Cour de
France , eft mort le 8 , dans la quatre-vingt-feptieme
année de ſon âge.
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Résumé : MORTS.
Le texte énumère plusieurs décès de personnalités notables. Marie-Paule Thérèse de Beauvillier, fille du Duc de Saint-Aignan et épouse du Comte de Movangies, est décédée à Paris le 10 novembre à l'âge de 28 ans. Meffire N. de Menou de Bouffay, Abbé Commandataire de l'Abbaye de Preuilly dans le Diocèse de Tours, est mort le 27 octobre dans son abbaye. Meffire Samuel-Guillaume de Verthamont de Chavagnac, Évêque de Luçon, est décédé le 1er novembre à l'âge de soixante-cinq ans. Meffire Charles-Philippe d'Albert, Duc de Luynes, Pair de France et Chevalier des Ordres du Roi, est mort à Dampierre le 2 novembre à l'âge de soixante-quatre ans. Enfin, Meffire Joseph d'Albert de Luynes, Prince de Grimberghen et Prince du Saint-Empire Romain, Conseiller d'État Intime du défunt Empereur Charles VII et ancien Ambassadeur Extraordinaire à la Cour de France, est décédé le 8 novembre à l'âge de quatre-vingt-sept ans.
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6045
p. 205-206
DE LEYPSICK, le 18 Avril.
Début :
Le Prince Henri, informé de l'état où se trouvoient les quartiers de l'Armée [...]
Mots clefs :
Prince Henri, Prusse, Troupes, Bohême, Infanterie, Attaque, Cavalerie, Fuite , Magasins, Incendie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LEYPSICK, le 18 Avril.
e LEX PSICK , le 18 Avril.
Le Prince Henri , informé de l'état où le trou-
voient les quartiers de l'Armée Autrichienne en-
deça de l'Elbe , forma ces jours paffés le projet
d'enlever & de détruire les magazins de cette Ar-
mée. Le 1s de ce mois il entra en Bohême du cố-
té de Peterfwalde avec une divifion de les troupes.
Le Général Hulfen pénétra du côté de Gafberg ,
avec une autre divifion . Il rencontra un abattis fur
fon pallage. Il difpofa fon Infanterie pour l'attaque
de ce retranchement ; & comme elle y trouvoir
beaucoup de réfiftance , il fit marcher fa Cavale-
rie fur Pillnitz pour prendre les Autrichiens à dos.
Ce mouvement les intimida , ils prirent la fuite
en défordre , & le Général Hulfen leur fit près de
deux mille Prifonniers. Enfuite le Prince Henri
partagea fon avant- garde en deux corps , dont
J'un marcha à Toplitz , & l'autre fe porta à Auffig.
a pillé & brûlé les magafins que les Autrichiens
5a09971261
206
MERCURE
DE
FRANCE
.
avoient
à
Lowofitz
&
à
Leitmezitz
.
Il
s'eſt
avancé
enfuite
avec
toute fa
divifion
jufqu'à
Budin
tandis
que
le
Général
Hullen
a
marché
avec
la
fienne
fur
Saatz
.
On
apprend
par
des
lettres
nouvellement
arri
vées
,
que
le
Prince
Henri de
Pruffe
eft
forti
de
la
Bohêne
avec
le
corps
qu'il
commande
Le Prince Henri , informé de l'état où le trou-
voient les quartiers de l'Armée Autrichienne en-
deça de l'Elbe , forma ces jours paffés le projet
d'enlever & de détruire les magazins de cette Ar-
mée. Le 1s de ce mois il entra en Bohême du cố-
té de Peterfwalde avec une divifion de les troupes.
Le Général Hulfen pénétra du côté de Gafberg ,
avec une autre divifion . Il rencontra un abattis fur
fon pallage. Il difpofa fon Infanterie pour l'attaque
de ce retranchement ; & comme elle y trouvoir
beaucoup de réfiftance , il fit marcher fa Cavale-
rie fur Pillnitz pour prendre les Autrichiens à dos.
Ce mouvement les intimida , ils prirent la fuite
en défordre , & le Général Hulfen leur fit près de
deux mille Prifonniers. Enfuite le Prince Henri
partagea fon avant- garde en deux corps , dont
J'un marcha à Toplitz , & l'autre fe porta à Auffig.
a pillé & brûlé les magafins que les Autrichiens
5a09971261
206
MERCURE
DE
FRANCE
.
avoient
à
Lowofitz
&
à
Leitmezitz
.
Il
s'eſt
avancé
enfuite
avec
toute fa
divifion
jufqu'à
Budin
tandis
que
le
Général
Hullen
a
marché
avec
la
fienne
fur
Saatz
.
On
apprend
par
des
lettres
nouvellement
arri
vées
,
que
le
Prince
Henri de
Pruffe
eft
forti
de
la
Bohêne
avec
le
corps
qu'il
commande
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Résumé : DE LEYPSICK, le 18 Avril.
Le 18 avril, le Prince Henri décida de s'emparer et de détruire les magasins de l'Armée Autrichienne au-delà de l'Elbe. Le 1er avril, il pénétra en Bohême avec une division de troupes près de Peterfwalde, tandis que le Général Hulfen entra du côté de Gafberg avec une autre division. Hulfen rencontra un abattis et déploya son infanterie pour attaquer ce retranchement. Face à la résistance, il fit avancer sa cavalerie vers Pillnitz pour prendre les Autrichiens à revers, ce qui les fit fuir en désordre, permettant à Hulfen de faire près de deux mille prisonniers. Le Prince Henri divisa ensuite son avant-garde en deux corps : l'un marcha vers Toplitz, l'autre vers Auffig, pillant et brûlant les magasins autrichiens à Lowofitz et à Leitmezitz. Le Prince Henri avança avec toute sa division jusqu'à Budin, tandis que le Général Hulfen marcha vers Saatz. Des lettres récentes indiquent que le Prince Henri de Prusse a quitté la Bohême avec le corps qu'il commandait.
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6046
p. 205-206
DE WESEL, le 1 Novembre.
Début :
le 15 du mois dernier, le marquis de Gayon & le sieur de [...]
Mots clefs :
Marquis, Lieutenant colonel, Déplacement des troupes, Régiment, Attaque, Blessés et morts
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texteReconnaissance textuelle : DE WESEL, le 1 Novembre.
De WESEL, le Novembre..
I
Le du mois dernier , le Marquis de Gayon
& le fieur de Boisclaireau , Lieutenant- Colonel,
Commandant fous les ordres y font fortis de
Munster avec un gros détachement & du canon ..
Ils fe font portés à trois quarts de lieue de la
ville fur le chemin de Roxem , juſqu'au ruiffeau
derriere lequel les Ennemis avoient un camp de
Cavalerie & d'Infanterie . On a fait canonner ce
camp pendant une heure & demie. Les Ennemis
ont été obligés de le lever après avoir perdu beau
Coup de monde.
Le 16 , le fieur de Boisclaireau , ayant à fes
ordres le fieur de Montfort , Lieutenant- Colone
à la fuite du Régiment de Provence , fortit de
nouveau pour aller attaquer un autre camp des
Ennemis , placé fur la bruyere de Dyburg , compofé
de deux bataillons & de deux elcadrons.
Le fieur de Boisclaireau arriva fur le camp fans
être apperçu , tomba fur l'Infanterie , tandis que
le fieur de Canavad , avec un détachement de
Dragons de Thianges & de Volontaires de Cler
206 MERCURE DE FRANCE.
mont , tomboit fur la Cavalerie. On s'eft em
paré des armes aux faiſceaux , & des chevaux au
piquet. Quelques Grenadiers des Ennemis & quelques
Cavaliers ont voulu faire réſiſtance ; mais
tout a été pris , tué ou mis en fuite. On a ramené
à Munfter près de deux cens prisonniers & une
piéce de canon . On a pris auſſi un drapeau du
Régiment de Marshal . Les troupes font rentrées
dans Munſter après avoir mis le feu au camp..
Nous avons eu fix Officiers bleffés & une trentaine
de foldats tués ou bleffés .
I
Le du mois dernier , le Marquis de Gayon
& le fieur de Boisclaireau , Lieutenant- Colonel,
Commandant fous les ordres y font fortis de
Munster avec un gros détachement & du canon ..
Ils fe font portés à trois quarts de lieue de la
ville fur le chemin de Roxem , juſqu'au ruiffeau
derriere lequel les Ennemis avoient un camp de
Cavalerie & d'Infanterie . On a fait canonner ce
camp pendant une heure & demie. Les Ennemis
ont été obligés de le lever après avoir perdu beau
Coup de monde.
Le 16 , le fieur de Boisclaireau , ayant à fes
ordres le fieur de Montfort , Lieutenant- Colone
à la fuite du Régiment de Provence , fortit de
nouveau pour aller attaquer un autre camp des
Ennemis , placé fur la bruyere de Dyburg , compofé
de deux bataillons & de deux elcadrons.
Le fieur de Boisclaireau arriva fur le camp fans
être apperçu , tomba fur l'Infanterie , tandis que
le fieur de Canavad , avec un détachement de
Dragons de Thianges & de Volontaires de Cler
206 MERCURE DE FRANCE.
mont , tomboit fur la Cavalerie. On s'eft em
paré des armes aux faiſceaux , & des chevaux au
piquet. Quelques Grenadiers des Ennemis & quelques
Cavaliers ont voulu faire réſiſtance ; mais
tout a été pris , tué ou mis en fuite. On a ramené
à Munfter près de deux cens prisonniers & une
piéce de canon . On a pris auſſi un drapeau du
Régiment de Marshal . Les troupes font rentrées
dans Munſter après avoir mis le feu au camp..
Nous avons eu fix Officiers bleffés & une trentaine
de foldats tués ou bleffés .
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Résumé : DE WESEL, le 1 Novembre.
En novembre, le Marquis de Gayon et le sieur de Boisclaireau, Lieutenant-Colonel, dirigèrent une opération militaire depuis Munster. Le 16 octobre, ils attaquèrent un camp ennemi près de Roxem, forçant les ennemis à se retirer après une heure et demie de bombardement. Le 16 novembre, le sieur de Boisclaireau, accompagné du sieur de Montfort, Lieutenant-Colonel du Régiment de Provence, attaqua un autre camp ennemi à la bruyère de Dyburg. Ce camp comprenait deux bataillons d'infanterie et deux escadrons de cavalerie. L'attaque surprise permit de capturer des armes, des chevaux, et de faire près de deux cents prisonniers, ainsi qu'une pièce de canon et un drapeau du Régiment de Marshal. Les troupes ennemies furent soit tuées, soit mises en fuite. Les forces françaises subirent des pertes, avec six officiers blessés et une trentaine de soldats tués ou blessés. Après l'attaque, les troupes rentrèrent à Munster, ayant mis le feu au camp ennemi.
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6047
p. 98-99
« L'Evesché de Lombez, à Mr l'Abbé Fagon, premier [...] »
Début :
L'Evesché de Lombez, à Mr l'Abbé Fagon, premier [...]
Mots clefs :
Lombez
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Evesché de Lombez, à Mr l'Abbé Fagon, premier [...] »
L'Evesché de Lombez,
à Mr l'AbbéFagon, premier
Medecin du Roy &:
Conseiller d'Estat.
à Mr l'AbbéFagon, premier
Medecin du Roy &:
Conseiller d'Estat.
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6048
p. 1667-1668
MORTS ET MARIAGES. des Pays Etrangers.
Début :
Françoise Sibile Auguste de Saxe-Lawembourg, Veuve de Louis-Guillaume Prince de [...]
Mots clefs :
Françoise-Sibylle de Saxe-Lauenbourg, Prince royal de Prusse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS ET MARIAGES. des Pays Etrangers.
MORTS ET MARIAGES.
des Pays Etrangers.
Four Yeave de Louis ,Guillaume Prince de
Rançoise Sibile Auguste de Saxe- Lawem
Bade , Maréchal de , Camp , Generalissime des
Armées de l'Empereur , et de l'Empire , l'un des
plus grands Generaux de son temps , mort le 4 ,
Janvier 1707. mourut à Etlinghen le 19 Juin
âgée de 58. ans 5. mois et 28. jours . Elle étoit
mere de Guillaume George - Bernard- Sibert- Philippe
de Neri, Margrawe de Baden qui épousa
au mois de Novembre 1721. Auguste- Marie-
Jeanne de Schwartzemberg , d'Auguse Guillaume
Simpert , né le 14. Janvier 1706. Doyen de la
Cathédrale d'Ausbourg , au mois de Décembre
1721. d'Auguste Marie- Jeanne de Baden , née
le 10. Novembre 1704 mariée le 18. Juin 17249
áu Duc d'Orleans , morte le 8. Août 1726 .
La Duchesse de Meckelbourg , Epouse du Duc
Charles- Léopold de Meckelbourg , mourut le 25
Juin à Petersbourg , dans la 42 année de son âge.
Le 10. Juin , le Mariage du Prince Royal de
Prusse avec la Princesse Elizabeth- Christine de
Lyju Beveren
8 MERCURE DE FRANCE
Beveren , fut celebré avec beaucoup de magnificence
à Saltzdal, et le 2. Juillet, le Prince Charles
de Beveren , épousa à Berlin , la Princesse Charlotte
de Prusse ; La Cérémonie du Mariage fut
faite par M. Gedik , Ministre Lutérien : Le Roy
de Prusse a donné plusieurs Fêtes à l'occasion de
ce Mariage et de celui du Prince Royal
des Pays Etrangers.
Four Yeave de Louis ,Guillaume Prince de
Rançoise Sibile Auguste de Saxe- Lawem
Bade , Maréchal de , Camp , Generalissime des
Armées de l'Empereur , et de l'Empire , l'un des
plus grands Generaux de son temps , mort le 4 ,
Janvier 1707. mourut à Etlinghen le 19 Juin
âgée de 58. ans 5. mois et 28. jours . Elle étoit
mere de Guillaume George - Bernard- Sibert- Philippe
de Neri, Margrawe de Baden qui épousa
au mois de Novembre 1721. Auguste- Marie-
Jeanne de Schwartzemberg , d'Auguse Guillaume
Simpert , né le 14. Janvier 1706. Doyen de la
Cathédrale d'Ausbourg , au mois de Décembre
1721. d'Auguste Marie- Jeanne de Baden , née
le 10. Novembre 1704 mariée le 18. Juin 17249
áu Duc d'Orleans , morte le 8. Août 1726 .
La Duchesse de Meckelbourg , Epouse du Duc
Charles- Léopold de Meckelbourg , mourut le 25
Juin à Petersbourg , dans la 42 année de son âge.
Le 10. Juin , le Mariage du Prince Royal de
Prusse avec la Princesse Elizabeth- Christine de
Lyju Beveren
8 MERCURE DE FRANCE
Beveren , fut celebré avec beaucoup de magnificence
à Saltzdal, et le 2. Juillet, le Prince Charles
de Beveren , épousa à Berlin , la Princesse Charlotte
de Prusse ; La Cérémonie du Mariage fut
faite par M. Gedik , Ministre Lutérien : Le Roy
de Prusse a donné plusieurs Fêtes à l'occasion de
ce Mariage et de celui du Prince Royal
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Résumé : MORTS ET MARIAGES. des Pays Etrangers.
Le texte mentionne plusieurs décès et mariages de personnalités européennes. Louis-Guillaume, Prince de Bade et Maréchal de Camp, décéda le 4 janvier 1707. Françoise Sibille Auguste de Saxe-Lawem, mère de Guillaume George, Margrave de Bade, mourut à Etlinghen le 19 juin à l'âge de 58 ans. Guillaume George épousa Auguste-Marie-Jeanne de Schwartzemberg en novembre 1721. Auguste Guillaume Simpert, né le 14 janvier 1706, devint Doyen de la Cathédrale d'Ausbourg en décembre 1721. Auguste Marie-Jeanne de Bade, née le 10 novembre 1704, se maria avec le Duc d'Orléans le 18 juin 1724 et décéda le 8 août 1726. La Duchesse de Meckelbourg, épouse du Duc Charles-Léopold, mourut à Petersbourg le 25 juin à 42 ans. Le 10 juin, le Prince Royal de Prusse épousa la Princesse Elizabeth-Christine de Beveren à Saltzdal. Le 2 juillet, le Prince Charles de Beveren épousa la Princesse Charlotte de Prusse à Berlin, avec des festivités organisées par le Roi de Prusse.
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6049
p. 2679-2681
RÉPONSE de M. le Chevalier D.O.E. à Madame la Marquise D. a. o. s.
Début :
Quoy ! punir par l'endroit sensible [...]
Mots clefs :
Punir, Lettre, Fidèle amant, Concert, Prologue, Opéra
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE de M. le Chevalier D.O.E. à Madame la Marquise D. a. o. s.
RESPONSE de M. le Chevalier D.O. E.
à Madame la Marquise D. a . o. s .
Quo
Uoy ! punir par l'endroit sensible
Ce cher Tircis tant souhaitté
Qui le croiroit , est- il possible ?
Que n'ayant jamais merité
D'Iris la disgrace terrible ,
De la sorte il en soit traitté ?
Quel tourment encore plus pénible
De n'en être point écouté !
Se lave-t'il par une Lettre à
Loin d'approfondir s'il a tort ,
On le juge en dernier ressort.
Ah destin ! que peut me promettre
Un si funeste Arrêt ? La mort ,
S'il faut sans appel m'y soumetre ;
Mais où m'entraine ce transport ?
Amour , tu sçais qu'elle m'est chere ;
1 iiij
`Vole ,
2680 MERCURE DE FRANCE
Vole , cours fléchir la severe ,
Et l'assurer qu'en ce moment ,
Malgré son injuste colere ,
Je suis son plus fidel amant.
A Annoy , ce 3 Septembre 1731. D. O. E.
Le 5 Novembre il y eût Concert chez
la Reine . M. de Blamont , Surintendant
de la Musique du Roy , y fit chanter les
deux derniers Actes de Thetis et Pellée.
Le 7 , on chanta le Prologue et le premier
Acte d'Iphigenie. La Dlle Antier fit
le principal Rôle , ceux d'Electre et d'Ismenide
furent remplis par les Dlles Lenner
et Pitron , et les Srs. Chassé et Dangerville
chanterent les Rôles d'Oreste et
de Thoas.
Le 12 , on continua le même Opera ;
et on le finit le 14 à Marly , par les deux
derniers Actes , executés par les mêmes
Acteurs.
Le 21 le Concert
commenca par le
Prologue
et le premier Acte de Thesée.
La Dlle Lenner fit le Rôle de Venus dans
le Prologue , et celui d'Eglé dans la Piece
, et les Srs. Chassé et Godeneche
jouerent
les Rôles d'Egée et d'Arcas.
Le 17 , on chanta le second et le troi- 27
siéme Acte. La Dlle Barbier fit le Rôle
d'Eglé ,
NOVEMBRE 1731. 2681
6
d'Eglé , et celui de Medée fut joué par
la Dlle Lenner , et le Sr. Petillot celui
de Thesée.
à Madame la Marquise D. a . o. s .
Quo
Uoy ! punir par l'endroit sensible
Ce cher Tircis tant souhaitté
Qui le croiroit , est- il possible ?
Que n'ayant jamais merité
D'Iris la disgrace terrible ,
De la sorte il en soit traitté ?
Quel tourment encore plus pénible
De n'en être point écouté !
Se lave-t'il par une Lettre à
Loin d'approfondir s'il a tort ,
On le juge en dernier ressort.
Ah destin ! que peut me promettre
Un si funeste Arrêt ? La mort ,
S'il faut sans appel m'y soumetre ;
Mais où m'entraine ce transport ?
Amour , tu sçais qu'elle m'est chere ;
1 iiij
`Vole ,
2680 MERCURE DE FRANCE
Vole , cours fléchir la severe ,
Et l'assurer qu'en ce moment ,
Malgré son injuste colere ,
Je suis son plus fidel amant.
A Annoy , ce 3 Septembre 1731. D. O. E.
Le 5 Novembre il y eût Concert chez
la Reine . M. de Blamont , Surintendant
de la Musique du Roy , y fit chanter les
deux derniers Actes de Thetis et Pellée.
Le 7 , on chanta le Prologue et le premier
Acte d'Iphigenie. La Dlle Antier fit
le principal Rôle , ceux d'Electre et d'Ismenide
furent remplis par les Dlles Lenner
et Pitron , et les Srs. Chassé et Dangerville
chanterent les Rôles d'Oreste et
de Thoas.
Le 12 , on continua le même Opera ;
et on le finit le 14 à Marly , par les deux
derniers Actes , executés par les mêmes
Acteurs.
Le 21 le Concert
commenca par le
Prologue
et le premier Acte de Thesée.
La Dlle Lenner fit le Rôle de Venus dans
le Prologue , et celui d'Eglé dans la Piece
, et les Srs. Chassé et Godeneche
jouerent
les Rôles d'Egée et d'Arcas.
Le 17 , on chanta le second et le troi- 27
siéme Acte. La Dlle Barbier fit le Rôle
d'Eglé ,
NOVEMBRE 1731. 2681
6
d'Eglé , et celui de Medée fut joué par
la Dlle Lenner , et le Sr. Petillot celui
de Thesée.
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Résumé : RÉPONSE de M. le Chevalier D.O.E. à Madame la Marquise D. a. o. s.
Le Chevalier D.O. E. écrit à la Marquise D. a. o. s. pour exprimer son désarroi face à la punition injuste de Tircis, qui n'est pas écouté. Il demande à Amour d'intercéder en faveur de Tircis auprès d'Iris, affirmant sa fidélité malgré la colère de cette dernière. La lettre est datée du 3 septembre 1731. En novembre 1731, plusieurs événements musicaux eurent lieu à la cour. Le 5 novembre, M. de Blamont, Surintendant de la Musique du Roy, fit chanter les deux derniers actes de l'opéra 'Thetis et Pélée'. Les 7 et 12 novembre, des extraits de l'opéra 'Iphigénie' furent interprétés par les Demoiselles Antier, Lenner, Pitron, et les Sieurs Chassé et Dangerville. Le 14 novembre, l'opéra fut terminé à Marly. Le 21 novembre, le concert débuta avec le prologue et le premier acte de 'Thésée', avec la Demoiselle Lenner dans les rôles de Vénus et Églé, et les Sieurs Chassé et Godeneche dans ceux d'Égée et Arcas. Le 17 novembre, le second et le troisième actes furent chantés, avec la Demoiselle Barbier en Églé, la Demoiselle Lenner en Médée, et le Sieur Petillot en Thésée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6050
p. 205-207
LETTRE de M. DE SAINT FOIX à M.****
Début :
Vous me demandez mon sentiment, Monsieur, sur l'idée d'un tableau auquel [...]
Mots clefs :
Actrice, Sentiment, Comédie, Talent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. DE SAINT FOIX à M.****
LETTRE de M. DE SAINT FOIX &
V
M.****
ous me demandez mon fentiment,
Monfieur , fur l'idée d'un tableau auquel
vous travaillez . Il repréfentera
dites-vous , Thalie éplorée , qui fait tous
fes efforts pour retenir une Actrice qui
veut la quitter. Je ne doute point de
l'habileté de votre pinceau ; je vous
dirai feulement qu'il y a des objets qui
font moins du reffort de l'imagination
que du fentiment ; je fuis perfuadé que
Thalie aura l'attitude & toute l'expreffion
convenables ; mais l'Actrice
Monfieur cette A&trice divine
, fon front , fes yeux , fon nez
fa bouche, tous fes traits fi délicatement
affortis pour lui compofer la phifionomie
la plus aimable & la plus piquante ;
fa taille de nymphe ; fon maintien libre ,
aifé & toujours décent , Mademoiſelle
Dangeville enfin ( car fa retraite duThéâtre
eft le fijet de votre tableau ) Mademoifelle
Dangeville , Monfieur , peuton
eípérer de la bien peindre ! Avec de
l'intelligence , du fentiment , de l'étude
& de la réflexion , on peut fe perfection-
,
&
206 MERCURE DE FRANCE.
bien rare ,
ner le goût , & devenir une Actrice trèsbrillante
; mais l'Actrice de génie eſt
& il y a la même différence
qu'entre Moliere & un Auteur qui n'a
que de l'efprit. Nous avons vu Mlle
Dangeville jouer dans les caractères les
plus oppofés , & les faifir toujours de
façon que nous en fommes encore à
ne pouvoir nous dire dans lequel nous
l'aimions le plus. On aura de la peine à
s'imaginer que la même perfonne ait
pû jouer avec une égale fupériorité l'Indifcrète
dans l'Ambitieux ; Martine dans
les Femmes fçavantes ; la Comteſſe dans
les Moeurs du temps ; Colette dans les
trois Coufines ; Me Orgon dans le Complaifant
; la fauffe Agnès dans le Poëte
campagnard ; la Baronne d'Olban dans
Nanine ; l'Amour dans les Grâces , &
tant d'autres rôles fi différens . Combien
de fois,à la premiere repréfentation
d'une Comédie , a-t-elle procuré des applaudiffemens
à des endroits où l'Auteur
n'en attendoit pas ! Je me fouviens
que le célébre Néricaut Deftouches
dont on alloit jouer une Piéce nouvelle,
craignoit pour un monologue & quelques
traits dans le cinquiéme A&te ; il
vouloit les fupprimer : donnez- vous- en
bien de garde , lui dit- elle , je vous réMAR'S.
1763. 207
ponds que ces traits & ce monologue feront
très- applaudis. En effet , elle joua
le tout avec un naturel , des grâces , une
naïveté qui déciderent la réuffite , &
triompherent de tous les efforts qu'une
indigne cabale avoit faits , pendant les
quatre premiers Actes , pour faire tomber
cette Comédie. Ce qui acheve de
caractèrifer la perfonne de génie dans
Mlle Dangeville , c'eft qu'elle eft fimple
, vraie , modefte , timide même ,
n'ayant jamais le ton orgueilleux du talent
, mais toujours celui d'une fille
bien élevée ; ignorant d'ailleurs toute
cabale , & dans le centre de la tracafferie
, n'en ayant jamais fait aucune.
J'ai cru Monfieur , puifque vous me
confultiez , que je devois vous communiquer
mes idées fur fon caractère , parce
qu'il me femble qu'il faut commencer
par connoître celui de la perfonne que
l'on veut peindre. Je fouhaite que vous
réuffiffiez ; je fouhaite que vous puiffiez
faifir cette âme fine , naturelle , délicate
& fenfible , qui vit , qui parle , qui voltige
& badine fans ceffe dans fes yeux
fur fa bouche & dans tous fes traits. Je
fuis , Monfieur , votre très- humble &
très-obéiffant Serviteur
,
SAINT FOIX,
V
M.****
ous me demandez mon fentiment,
Monfieur , fur l'idée d'un tableau auquel
vous travaillez . Il repréfentera
dites-vous , Thalie éplorée , qui fait tous
fes efforts pour retenir une Actrice qui
veut la quitter. Je ne doute point de
l'habileté de votre pinceau ; je vous
dirai feulement qu'il y a des objets qui
font moins du reffort de l'imagination
que du fentiment ; je fuis perfuadé que
Thalie aura l'attitude & toute l'expreffion
convenables ; mais l'Actrice
Monfieur cette A&trice divine
, fon front , fes yeux , fon nez
fa bouche, tous fes traits fi délicatement
affortis pour lui compofer la phifionomie
la plus aimable & la plus piquante ;
fa taille de nymphe ; fon maintien libre ,
aifé & toujours décent , Mademoiſelle
Dangeville enfin ( car fa retraite duThéâtre
eft le fijet de votre tableau ) Mademoifelle
Dangeville , Monfieur , peuton
eípérer de la bien peindre ! Avec de
l'intelligence , du fentiment , de l'étude
& de la réflexion , on peut fe perfection-
,
&
206 MERCURE DE FRANCE.
bien rare ,
ner le goût , & devenir une Actrice trèsbrillante
; mais l'Actrice de génie eſt
& il y a la même différence
qu'entre Moliere & un Auteur qui n'a
que de l'efprit. Nous avons vu Mlle
Dangeville jouer dans les caractères les
plus oppofés , & les faifir toujours de
façon que nous en fommes encore à
ne pouvoir nous dire dans lequel nous
l'aimions le plus. On aura de la peine à
s'imaginer que la même perfonne ait
pû jouer avec une égale fupériorité l'Indifcrète
dans l'Ambitieux ; Martine dans
les Femmes fçavantes ; la Comteſſe dans
les Moeurs du temps ; Colette dans les
trois Coufines ; Me Orgon dans le Complaifant
; la fauffe Agnès dans le Poëte
campagnard ; la Baronne d'Olban dans
Nanine ; l'Amour dans les Grâces , &
tant d'autres rôles fi différens . Combien
de fois,à la premiere repréfentation
d'une Comédie , a-t-elle procuré des applaudiffemens
à des endroits où l'Auteur
n'en attendoit pas ! Je me fouviens
que le célébre Néricaut Deftouches
dont on alloit jouer une Piéce nouvelle,
craignoit pour un monologue & quelques
traits dans le cinquiéme A&te ; il
vouloit les fupprimer : donnez- vous- en
bien de garde , lui dit- elle , je vous réMAR'S.
1763. 207
ponds que ces traits & ce monologue feront
très- applaudis. En effet , elle joua
le tout avec un naturel , des grâces , une
naïveté qui déciderent la réuffite , &
triompherent de tous les efforts qu'une
indigne cabale avoit faits , pendant les
quatre premiers Actes , pour faire tomber
cette Comédie. Ce qui acheve de
caractèrifer la perfonne de génie dans
Mlle Dangeville , c'eft qu'elle eft fimple
, vraie , modefte , timide même ,
n'ayant jamais le ton orgueilleux du talent
, mais toujours celui d'une fille
bien élevée ; ignorant d'ailleurs toute
cabale , & dans le centre de la tracafferie
, n'en ayant jamais fait aucune.
J'ai cru Monfieur , puifque vous me
confultiez , que je devois vous communiquer
mes idées fur fon caractère , parce
qu'il me femble qu'il faut commencer
par connoître celui de la perfonne que
l'on veut peindre. Je fouhaite que vous
réuffiffiez ; je fouhaite que vous puiffiez
faifir cette âme fine , naturelle , délicate
& fenfible , qui vit , qui parle , qui voltige
& badine fans ceffe dans fes yeux
fur fa bouche & dans tous fes traits. Je
fuis , Monfieur , votre très- humble &
très-obéiffant Serviteur
,
SAINT FOIX,
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Résumé : LETTRE de M. DE SAINT FOIX à M.****
La lettre de M. de Saint Foix répond à une demande d'avis sur un tableau représentant Thalie éplorée tentant de retenir une actrice qui souhaite quitter la scène. L'auteur admire l'habileté du peintre mais estime que certains sujets nécessitent plus de sentiment que d'imagination. Il exprime des doutes sur la possibilité de bien représenter Mademoiselle Dangeville, connue pour sa retraite du théâtre. Saint Foix décrit les qualités exceptionnelles de cette actrice, soulignant sa capacité à incarner divers personnages avec une égale maîtrise, allant de l'Indiscrète dans *L'Ambitieux* à la Comtesse dans *Les Moeurs du temps*. Il raconte également un épisode où elle a sauvé une pièce grâce à son interprétation remarquable. Saint Foix loue son génie, sa simplicité, sa modestie et son absence de cabale. Il conclut en espérant que le peintre réussira à capturer l'essence de cette actrice exceptionnelle.
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