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51
p. 837-838
MORTS NAISSANCES.
Début :
Dame Marie-Jeanne de Marle, veuve de M. Etienne de Bragelogne, Chevalier, Seigneur [...]
Mots clefs :
Chevalier, Seigneur
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texteReconnaissance textuelle : MORTS NAISSANCES.
MORTS
DM
NAISSANCES.
Ame Marie-Jeanne de Marle , veuve de
M. Etienne de Bragelogne , Chevalier , Sei-
Igneur de Verfigny , Capitaine au Regiment des
Gardes Françoifes, Brigadier des Armées du Roi,
déceda le 2. Avril , âgée de 65. ans.
Michel de Hanon de la Mivoye , Chevalier de
POrdre Militaire de S. Louis , Seigneur d'Ify ,
Jouy , Lieutenant- Colonel du Régiment de Poitou
, mourut le 5. de ce mois , âgé de 70. ans.
Laurent Bordelon , Prêtre , Docteur de l'Univerfité
de Bourges , connu par un grand nombre
d'Ouvrages , mourut le 6. âgé de 75. ans.
Dame Françoife Aubery , veuve de M. Gabriel
de Cavoye , Maréchal des Camps & Armées du
Roi , déceda le 8. Avril , âgée de 64. ans.
29
Nicolas du Blé , Marquis d'Huxelles , Miniftre:
d'Etat , Maréchal de France , Chevalier des Ordres
du Roi , Gouverneur de la Haute & Baffe
-Alface , Gouverneur de la Ville de Strasbourg
cy-devant Lieutenant General au Gouvernement
de Bourgogne , & Gouverneur des Ville & Citadelle
de Cha on fur -Saone , mourut à Paris le 10.
de ce mois , dans la 79 ° année de fon âge. I
avoit été premier Ambaffadeur Extraordinaire &
Plénipotentiaire au Congrès d'Utrecht , Miniftre:
du Confeil de Regence & Prefident du Confeil
des affaires étrangeres au mois de Septembre
1726. le Roi l'avoit nommé pour être de fes .
Confeils , aufquels il a toûjours affifté jufqu'au
mois de Décembre dernier , qu'il demanda
S. M. la permiſſion de ſe retirer.
:
L
•
838 MERCURE DE FRANCE
Le 16. René Ifmidon , Comte de Saffenage ,
Seigneur , Comte de Monteillers , Lieutenant General
pour le Roi , de la Province de Dauphiné
mourut à Paris , àgé d'environ 60. ans. Il avoit
été Premier Gentilhomme de la Chambre de
S. A. R. M. le Duc d'Orleans .
Jean- Alexandre Campain de S. Martin ', Abbé"
Commandataire de l'Abbaye Royale Notre-Da--
me de Clermont , Ordre de Cîteaux , Diocèfe du
Mans , mourut à Paris le 18. Avril , âgé de
'74 . ans .
Dame Barbe-Marguerite-Perrette Garnier de
Granvilliers , Epoule de M. Jofeph Lefquen ,
Chevalier , Seigneur , Marquis de la- Villemeneur,
Brigadier des Armées du Roi , Grand-Croix de
P'Ordre Militaire de S. Louis , accoucha le 1b.
de Mars d'un fils , qui fut nommé Alexandre
Jofeph.
Dame Marguerite Bofc , Epoufe de M. Bertrand
Cefar , Marquis de Guefclin , Chevalier ,
Seigneur de la Roberie Cranhac , & c. Mestre de
Camp de Cavalerie , accoucha le 17. du même
mois d'un fils,qui fut tenu fur les Fonts, & nommé
Jean- Baptifte par M. Jean- Baptifte Bofc , Chevalier
, Seigneur de Soucarieres , Confeiller d'Etat , ~
Procureur General du Roi en fa Cour des Aydes ,
Secretaire de la Chambre du Cabinet du Roi , &
Chevalier & Garde des Sceaux de l'Ordre de S.-
Lazare , & par Dame Marguerite le Gendre ,
Epoufe de M. Antoine Crozat , Commandeur des
Ordres du Roi , Seigneur du Marquifat de Mouy,
de Vrincourt, &c-
DM
NAISSANCES.
Ame Marie-Jeanne de Marle , veuve de
M. Etienne de Bragelogne , Chevalier , Sei-
Igneur de Verfigny , Capitaine au Regiment des
Gardes Françoifes, Brigadier des Armées du Roi,
déceda le 2. Avril , âgée de 65. ans.
Michel de Hanon de la Mivoye , Chevalier de
POrdre Militaire de S. Louis , Seigneur d'Ify ,
Jouy , Lieutenant- Colonel du Régiment de Poitou
, mourut le 5. de ce mois , âgé de 70. ans.
Laurent Bordelon , Prêtre , Docteur de l'Univerfité
de Bourges , connu par un grand nombre
d'Ouvrages , mourut le 6. âgé de 75. ans.
Dame Françoife Aubery , veuve de M. Gabriel
de Cavoye , Maréchal des Camps & Armées du
Roi , déceda le 8. Avril , âgée de 64. ans.
29
Nicolas du Blé , Marquis d'Huxelles , Miniftre:
d'Etat , Maréchal de France , Chevalier des Ordres
du Roi , Gouverneur de la Haute & Baffe
-Alface , Gouverneur de la Ville de Strasbourg
cy-devant Lieutenant General au Gouvernement
de Bourgogne , & Gouverneur des Ville & Citadelle
de Cha on fur -Saone , mourut à Paris le 10.
de ce mois , dans la 79 ° année de fon âge. I
avoit été premier Ambaffadeur Extraordinaire &
Plénipotentiaire au Congrès d'Utrecht , Miniftre:
du Confeil de Regence & Prefident du Confeil
des affaires étrangeres au mois de Septembre
1726. le Roi l'avoit nommé pour être de fes .
Confeils , aufquels il a toûjours affifté jufqu'au
mois de Décembre dernier , qu'il demanda
S. M. la permiſſion de ſe retirer.
:
L
•
838 MERCURE DE FRANCE
Le 16. René Ifmidon , Comte de Saffenage ,
Seigneur , Comte de Monteillers , Lieutenant General
pour le Roi , de la Province de Dauphiné
mourut à Paris , àgé d'environ 60. ans. Il avoit
été Premier Gentilhomme de la Chambre de
S. A. R. M. le Duc d'Orleans .
Jean- Alexandre Campain de S. Martin ', Abbé"
Commandataire de l'Abbaye Royale Notre-Da--
me de Clermont , Ordre de Cîteaux , Diocèfe du
Mans , mourut à Paris le 18. Avril , âgé de
'74 . ans .
Dame Barbe-Marguerite-Perrette Garnier de
Granvilliers , Epoule de M. Jofeph Lefquen ,
Chevalier , Seigneur , Marquis de la- Villemeneur,
Brigadier des Armées du Roi , Grand-Croix de
P'Ordre Militaire de S. Louis , accoucha le 1b.
de Mars d'un fils , qui fut nommé Alexandre
Jofeph.
Dame Marguerite Bofc , Epoufe de M. Bertrand
Cefar , Marquis de Guefclin , Chevalier ,
Seigneur de la Roberie Cranhac , & c. Mestre de
Camp de Cavalerie , accoucha le 17. du même
mois d'un fils,qui fut tenu fur les Fonts, & nommé
Jean- Baptifte par M. Jean- Baptifte Bofc , Chevalier
, Seigneur de Soucarieres , Confeiller d'Etat , ~
Procureur General du Roi en fa Cour des Aydes ,
Secretaire de la Chambre du Cabinet du Roi , &
Chevalier & Garde des Sceaux de l'Ordre de S.-
Lazare , & par Dame Marguerite le Gendre ,
Epoufe de M. Antoine Crozat , Commandeur des
Ordres du Roi , Seigneur du Marquifat de Mouy,
de Vrincourt, &c-
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Résumé : MORTS NAISSANCES.
En avril, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Ame Marie-Jeanne de Marle, veuve d'Étienne de Bragelogne, est décédée le 2 avril à 65 ans. Michel de Hanon de la Mivoye, Chevalier de l'Ordre Militaire de Saint-Louis et Lieutenant-Colonel du Régiment de Poitou, est mort le 5 avril à 70 ans. Laurent Bordelon, Prêtre et Docteur de l'Université de Bourges, connu pour ses ouvrages, est décédé le 6 avril à 75 ans. Dame Françoise Aubery, veuve de Gabriel de Cavoye, Maréchal des Camps et Armées du Roi, est morte le 8 avril à 64 ans. Nicolas du Blé, Marquis d'Huxelles, Ministre d'État, Maréchal de France et Gouverneur de la Haute et Basse-Alsace, est décédé à Paris le 10 avril à 79 ans. Il a été Premier Ambassadeur Extraordinaire au Congrès d'Utrecht et Ministre du Conseil de Régence. René Ismidon, Comte de Saffenage et Lieutenant Général pour le Roi en Dauphiné, est mort à Paris le 16 avril à environ 60 ans. Jean-Alexandre Campain de Saint-Martin, Abbé Commandataire de l'Abbaye Royale Notre-Dame de Clermont, est décédé à Paris le 18 avril à 74 ans. Parmi les naissances, Dame Barbe-Marguerite-Perrette Garnier de Granvilliers a accouché le 11 mars d'un fils nommé Alexandre Joseph. Dame Marguerite Bosc a accouché le 17 mars d'un fils nommé Jean-Baptiste.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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52
p. 981-991
Comédie du Muet, [titre d'après la table]
Début :
Le 18. Avril, les Comédiens François remirent au Théatre Le Muet, Comédie [...]
Mots clefs :
Théâtre, Muet, Comtesse, Chevalier, Baron, Amour
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texteReconnaissance textuelle : Comédie du Muet, [titre d'après la table]
E 18. Avril , les Comédiens François
remirent au Théatre Le Muet , Comédie
en cinq Actes & en Profe, attribuée
à M. de Palaprat ; nous diſons attribuée ,
parcequ'il convient tout au moins luimême
dans fa Préface de n'y avoir travaillé
qu'en fecond ; voici fes propres termes
: J'avoue que j'ai toujours eu pour cette
Comédie un veritable foible d'Auteur , auffi
grand que fije l'avois faite tout feul ; il ajoute
un peu plus bas , en parlant de Terence
: en lifant & en relifant fon Eunuque
avec mon cher affocié , nous nous trouvâmes
tous deux une égale envie d'accommoder
cette
Piéce à nos moeurs. Il avoue que le Titre
les embaraffat également
, & qu'ils 'convinrent
qu'il ne feroit pas fouffert ſur
notre Théatre ; il fallut donc en fubftituer
un autre qui eft celui du Muet ; M.
de Palaprat fe felicite de l'avoir imaginés
il est vrai qu'il s'en applaudit avec affez
de modeftie , on en peut juger par ces
mots :
982 MERCURE DE FRANCE
A
mots peut- être que fi j'avois pû retenir
qualque-tems la joye que je fentis d'avoir
falt cette découverte , quelque chofe de meilleur
auroit été inventé par mon camarade:
Jufques là , il paroît qu'il n'y avoit que
le titre qui embaraflat nos deux Auteurs;
mais les deffauts nombreux que l'Auteur
de la Préface en queftion remarque dans
l'original de cette Piéce , ne s'accordent
pas avec l'égale envie que font cher aſſocié
& lui eurent de l'accommoder à nos mærs.
Ce n'eft pas à nous de foufcrire au Procès
qu'ils font à un Auteur auffi refpectable
que Terence , procès qui ne laiffe pas
tre adouci par cette espece de réparation :
ce n'eft pas à Terence que je reproche ce deffaut
, c'est à fon fiecle .
d'ê-
Il est vrai que dans un fiecle tel que
le nôtre , où le Théatre eft fi épuré , on
n'auroit pas
beau jeu de mettre des Courtifannes
fur la Scene , comme la Thaïs
de l'Eunuque de Terence ; les Capitans rodomonts
& les Parafites en font également
bannis; une Efclave féduite par un préten
du Eunuque choqueroit les plus débauchés.
Ce font pourtant là les principaux
perfonnages de la Comédie d'après laquelle
a été faite celle du Muet , qu'eft- ce donc
qui a pû déterminer les deux Auteurs.
affociés à la mettre au Théatre rien n'a
pû les y porter que le noeud qui confifte
dansMAY.
1730. 983
dans une fuppofition de perfonnes . Revenons
au titre de Muet dont l'inventeur
tire tant de gloire dans la copie d'un original
fi contraire à nos moeurs. Ce font
des reflexions qu'on nous a communiquées
pour en faire part au Public.
Dans la feconde Scene du premier Acte
Frontin , Valet de Timante , qui tient lieu
du Phedre de l'Eunuque ; mais d'une maniere
accommodée à nos moeurs , dreffe
un vieux Ecumeur de mer à faire le perfonnage
de Muet , & lui trouve fi peu de
difpofition à s'en bien acquiter , qu'il devroit
le défier du fuccès. Il n'a pas expofé
dans la premiere Scene ce qui peut
avoir donné lieu à ce préfent fingulier
que 'Timante veut faire à la Comteffe.
Voici tout ce qu'il en dit , parlant à Simon
( c'eſt le nom du vieux Forban ) Et
ne t'aije pas dit que Timante s'eft mis en
tête d'avoir un Muet ? qu'il y a huit jours
que j'en cherchois un ? que , n'en trouvant
point , je me fuis avifé de me fervir de toi
à caufe que tu es nouveau débarqué de Sicile
, & que perfonne ne te connoît encore dans
Naples ? qu'enfin par fon ordre je t'ai fait
faire l'habit que tu portes ? Mais dans tout
cela il n'eft point parlé de la fingularité
du préfent , & ce ne fera qu'au fecond
Acte que les fpectateurs en feront inftruits
par ces paroles de Marine , Suivante de
la
984 7
·
que
MERCURE DE FRANCE
la Comteffe Bizarrerie, Ma Maitreffe
vent toûjours avoir dans fon Equipage quelque
chofe de fingulier ; elle eut d'abord un
More ; dès qu'elle vit qu'ils devenoient trop
communs , & la vanité d'en avoir avoit
paffe jufqu'aux Bourgeoises , elle n'en voulut
plus , & prit un petit Turc ; d'autres en
eurent , elle le quitta , préfentement elle s'eft
avifée d'avoir un muet à cause que perfonne
ne s'en fert. Voilà donc un titre de Comédie
fondé fur un perfonnage de nouvelle
fabrique
.
On pafferoit cette fingularité à M. Palaprat
, s'il en avoit fait tout l'ufage qu'il
femble promettre dans fa Préface . Voici
comme il s'explique : Cette idée me rit ; il
me fembloit qu'une jeune femme du monde
qui voudroit être fervie par un domestique
muet fourniroit des traits dans nos moeurs
& qu'un jeune homme éperduement amoureux
, obligé de faire le muet pour obtenirfa
Maitreffe , & de parler en même-tems pour
pas perdre , fe trouveroit dans des fituations
àfaire plaifir. La premiere de ces
deux Hypotheſes n'a pas lieu dans la Piéce
, & la Comteffe n'eft pas dans le cas
de fe faire fervir par des muets , c'est tout
ce qu'auroit pû faire la Thaïs de Terence.
ne
la
Voici une derniere remarque qu'on a
faite fur le Muet en queftion . Timante
pouvoit avoir promis ce préfent à la Comtelle
MAY , 1730. 985
teffe avant qu'il la crût infidele ; mais il
eft brouillé avec elle par la concurrence
d'un Rival qu'il croit qu'on lui préfere.
Frontin qui fouhaite qu'il ne la voye plus,
de peur qu'il ne foit desherité par fon
pere ,
devroit-il s'attacher à faire étudier
à Simon le Rôle de Muet ? il devroit au
moins remettre l'Ecole à une autre fois ;
& ce Muet eft fi peu de faifon , que ce
n'eft qu'à la fin du premier Acte que Timante
en parle à Frontin un peu plus fericufement,
Mais à propos , lui dit Frontin
, vous ne me dites pas ce que vous voulez
faire de ce muet que je vous ai arrêté ?
Voici la réponse de Timante : Je ne m'en
fuis pas fouvenu quand il en étoit tems ; ce
foir tu le meneras où je te dirai. Il eft vrai
qu'il lui a dit à la troifiéme Scene comme
par maniere d'acquit : Voila donc ce muet
dont tu m'as parlé. Il n'eft brouillé avec la
Comteffe que depuis un jour ; il y en a
huit qu'il a ordonné l'achat d'un muet ,
pourquoi ne s'eft- il pas fouvenu de l'envoyer
àfa Maitreffe quand il en étoit tems,
comme il vient de l'avouer ?
A ces petits inconveniens près , la
Piéce ne dément pas la réputation qué fes
deux Auteurs fe font acquife. En voici le
plan.
Le Baron d'Ortigni , pere de Timante &
du Chevalier , irrité contre ce premier
par
986 MERCURE DE FRANCE
par le refus qu'il a fait de la fille du Marquis
de Sarian , le veut desheriter & faire
époufer cette fille au Chevalier fon cadet,
c'est ce qui oblige Frontin à employer le
talent de tromper dont la nature Pa pourvû
; il fait tout ce qu'il peut pour détourner
Timante fon Maître de l'amour
qu'il a pour la Comteffe , amour qui lui
va coûter les grands biens que fou droit
d'aîneffe lui fait efperer. Ce Valet fidele
ne pouvant arracher du coeur de fon Maître
une paffion' fi nuifible , a recours à la
fourberie pour rendre du moins le Chevalier
auffi rebelle à fon pére que fon aîné
; le hazard y a déja travaillé. Le Chevalier
devenu amoureux d'une inconnue,
ne fe refufe pas ouvertement au projet
avantageux que fon formé pour
pere a
lui, mais il s'y dérobe , autant qu'il lui eft
poffible, par des défaites ou par des fuites
qui font un jeu théatral . L'inconnuë dont
il est devenu amoureux eft une Esclave
que
appellée Zaide , la Comteffe a connue
autrefois , & pour qui elle a pris
beaucoup d'amitié . La Comteffe en raconte
l'Hiftoire dès le premier Acte ; elle
a prié un Capitaine de Vaiffeau , Patron
de cette belle Efclave , de lui en faire préfent
; ce Capitaine lui a promis de l'envoyer
chez elle. Dans le tems qu'on la
conduit chez la Comteffe , le Chevalier
qui
MAY. 1730. 987
qui l'a déja vûë , la cherche avec empreffement
; un vieux oncle qui l'a arrêté en
chemin l'a empêché de la fuivre : il rencontre
Frontin à qui il en demande des
nouvelles ; quoiqu'il ne dife rien qui puiffe
défigner Zaïde , Frontin ne laiffe pas de
penetrer que ce nouvel objet de fon empreffement
eft cette même Efclave qu'on
vient d'introduire chez la Comteffe ; il
s'offre à favorifer l'amour du Chevalier
pour le rendre auffi coupable que fon
frere aîné aux yeux du Baron fon pere ; il
lui dit que fon aimable inconnue eft chez
la Comteffe ; il lui fait prendre les habits
du faux Muet que Timante envoye à cette
heure même à fa chere Comteffe ; il lui recommande
de bien faire le perfonnage de
Muet; le Chevalier lui promet tout , & va
prendre le nouvel habit fous lequel il doit
voir fa charmante inconnuë. Dans une autre
Scene du même Acte , Frontin parle ainſi
au Chevalier : Ce n'est pas tout ; depuis que
je me fuis avifé de vous faire muet , il m'est
venu dans l'efprit de me fervir de votre
muetifme , pour obliger votre pere à confentir
que vous époufiez Zaide . Ce ftratagême eft
fondé fur la credulité du Baron & fur
fon foible pour les forrileges.
Dans le troifiéme Acte , Frontin pour
mieux tromper le Baron , lui vient appren
dre
988 MERCURE DE FRANCE
dre que ce cher fils le Chevalier dont la
difparition l'allarme fi fort , n'a pas échapé
aux foins qu'il a pris de le chercher ,
& lui avoue ingénument , qu'après bien
des recherches il l'a enfin trouvé chez
la Comteffe , habillé d'une maniere extravagante
, éperduëment amoureux d'une
jeune Efclave , & fi amoureux qu'il en eft
devenu muet ; le crédule & fuperftitieux
Baron ne doute point qu'on n'ait jetté un
fort fur fon fils . Frontin contrefaifant toujours
le bon Valet , lui dit que cela pourroit
bien être , ou du moins que l'excès
de l'amour du Chevalier auroit bien pû
faire ce grand dérangement dans fon cerveau
; il lui confeille de confulter làdeffus
un celebre Medecin qui eft arrivé
depuis peu , & qu'il a connu autrefois ;
le Baron donne fans peine dans le panneau
. Frontin s'habille en Medecin , & lui
fait connoître que fon fils le Chevalier
étant devenu muet par un excès d'amour,
ne peut recouvrer la parole qu'en époufant
celle qui l'a mis dans un état fi déplorable.
Voilà precifément jufqu'où l'action
eft parvenuë vers la fin du troifiéme
Acte , auffi l'a - t'on trouvée un peu trop
avancée ; en effet, que refte-t'il pour remplir
les deux derniers Actes ? le voici en
peu
de mots ,
La
M A Y. 1730. 989
›
La Comteffe trouve le prétendu Muet
aux pieds de Marine , fa Suivante , pour
la remercier des bons offices qu'elle lui
promet de lui rendre dans fon amour ;
Zaïde eft préfente : Que vois-je ? dit - elle ,
Zaide en larmes; Marine effrayée ; le Muet
àfes pieds ; je n'en dois plus douter. Rentrez,
Marinesfaitesfigne à ce garçon de vous
fuivre; Zaide, demeurez avec moi . La Comteffe
dans une Scene qu'elle a avec Zaïde ,
ne peut lui arracher fon fecret , malgré
toutes les démonftrations d'amitié qu'elle
lui fait . Timante vient ; elle fe plaint à
lui du préfent dangereux qu'il lui a fait
de l'Esclave qu'elle vient de trouver aux
pieds de Marine & qui n'eft que trop
aimable aux yeux de Zaïde . Timante ne
comprend rien à tout cela : l'Efclave qu'il
á envoyé à la Comteffe ne reffemble nullement
au portrait avantageux que laComteffe
en fait. Frontin arrive : Timante l'in
terroge fur l'Esclave en queftion ; Frontin
foutient qu'il n'en a point envoyé d'autre
à la Comteffe que celui qu'il a acheté
fon ordre , & qu'il lui a montré ; mais par
malheur pour lui le premier Muet vient
pour quelque raifon que l'on n'explique
point ; c'eft apparemment pour demander
quelque argent que Frontin lui a promis
. Frontin ne fe deferre point ; & comme
il a le menfonge en main , il dit à fon
G Maître
;
par
990 MERCURE DE FRANCE
Maître , qu'ayant trouvé un Muet plus
joli que celui qu'il lui avoit d'abord fait
voir , il a crû qu'il feroit beaucoup plus
de plaifir à la Comteffe , en le troquant
contre ce vilain & vieux coquin . Ce dernier
étouffe de colere , & veut parler ;
Frontin lui coupe la parole , & dit à Timante
qu'il demande quelque argent ;
Timante pour l'appaifer donne dix piftoles
; Frontin en retient cinq ; cette friponnerie
gâte tout , & rend la parole au
Muet : Monfieur , dit- il à Timante , il en
retient la moitié.
Il eft tems de finir cette Differtation ,
Le Baron confent à donner Zaïde toute
Efclave,ou du moins toute inconuë qu'elle
eft à fon fils le Chevalier , ce qui prouve
que les deux derniers Actes font fuper-
Aus ,
, quoiqu'ils ne laiffent pas d'être remplis
de Scenes très - comiques. Les Auteurs
pouvoient même fe paffer de faire un dénouement
à la façon de Terence : le voici;
Simon qui a fait le premier perfonnage
de Muet eft reconnu par le Capitaine de
Vaiffeau pour Griffon le Sicilien , frere de
la nourrice de Zaïde ; une chaîne d'or
que ce même Griffon avoit donnée à
Frontin pour la vendre , eft reconnuë par
le Marquis de Sardan . Ah ! Zaïde , s'écrie
t'il vous êtes ma fille. Ce que Monfieur le
Capitaine me dit , le tems de votre prife ,
la
MAY. 1730. 991
la nourrice Espagnole , Griffon que voilà
cette chaine que je reconnois , tout me le confirme
, & plus que tout encore les fecrets
mouvemens de la nature qui s'élevent dans
mon coeur. Zaide vous êtes ma fille . Après
cette reconnoiffance , la Piéce fe dénoue
d'elle-même ; Timante prie fon pere de
vouloir le rendre heureux dans un jour
où tout le monde l'eft ; le Baron confent
à tout ; Timante & le Chevalier épouſent
ce qu'ils aiment. On pardonne à Frontin ,
& on lui accorde Marine qu'il demande
pour prix de fes heureufes fourberies.
remirent au Théatre Le Muet , Comédie
en cinq Actes & en Profe, attribuée
à M. de Palaprat ; nous diſons attribuée ,
parcequ'il convient tout au moins luimême
dans fa Préface de n'y avoir travaillé
qu'en fecond ; voici fes propres termes
: J'avoue que j'ai toujours eu pour cette
Comédie un veritable foible d'Auteur , auffi
grand que fije l'avois faite tout feul ; il ajoute
un peu plus bas , en parlant de Terence
: en lifant & en relifant fon Eunuque
avec mon cher affocié , nous nous trouvâmes
tous deux une égale envie d'accommoder
cette
Piéce à nos moeurs. Il avoue que le Titre
les embaraffat également
, & qu'ils 'convinrent
qu'il ne feroit pas fouffert ſur
notre Théatre ; il fallut donc en fubftituer
un autre qui eft celui du Muet ; M.
de Palaprat fe felicite de l'avoir imaginés
il est vrai qu'il s'en applaudit avec affez
de modeftie , on en peut juger par ces
mots :
982 MERCURE DE FRANCE
A
mots peut- être que fi j'avois pû retenir
qualque-tems la joye que je fentis d'avoir
falt cette découverte , quelque chofe de meilleur
auroit été inventé par mon camarade:
Jufques là , il paroît qu'il n'y avoit que
le titre qui embaraflat nos deux Auteurs;
mais les deffauts nombreux que l'Auteur
de la Préface en queftion remarque dans
l'original de cette Piéce , ne s'accordent
pas avec l'égale envie que font cher aſſocié
& lui eurent de l'accommoder à nos mærs.
Ce n'eft pas à nous de foufcrire au Procès
qu'ils font à un Auteur auffi refpectable
que Terence , procès qui ne laiffe pas
tre adouci par cette espece de réparation :
ce n'eft pas à Terence que je reproche ce deffaut
, c'est à fon fiecle .
d'ê-
Il est vrai que dans un fiecle tel que
le nôtre , où le Théatre eft fi épuré , on
n'auroit pas
beau jeu de mettre des Courtifannes
fur la Scene , comme la Thaïs
de l'Eunuque de Terence ; les Capitans rodomonts
& les Parafites en font également
bannis; une Efclave féduite par un préten
du Eunuque choqueroit les plus débauchés.
Ce font pourtant là les principaux
perfonnages de la Comédie d'après laquelle
a été faite celle du Muet , qu'eft- ce donc
qui a pû déterminer les deux Auteurs.
affociés à la mettre au Théatre rien n'a
pû les y porter que le noeud qui confifte
dansMAY.
1730. 983
dans une fuppofition de perfonnes . Revenons
au titre de Muet dont l'inventeur
tire tant de gloire dans la copie d'un original
fi contraire à nos moeurs. Ce font
des reflexions qu'on nous a communiquées
pour en faire part au Public.
Dans la feconde Scene du premier Acte
Frontin , Valet de Timante , qui tient lieu
du Phedre de l'Eunuque ; mais d'une maniere
accommodée à nos moeurs , dreffe
un vieux Ecumeur de mer à faire le perfonnage
de Muet , & lui trouve fi peu de
difpofition à s'en bien acquiter , qu'il devroit
le défier du fuccès. Il n'a pas expofé
dans la premiere Scene ce qui peut
avoir donné lieu à ce préfent fingulier
que 'Timante veut faire à la Comteffe.
Voici tout ce qu'il en dit , parlant à Simon
( c'eſt le nom du vieux Forban ) Et
ne t'aije pas dit que Timante s'eft mis en
tête d'avoir un Muet ? qu'il y a huit jours
que j'en cherchois un ? que , n'en trouvant
point , je me fuis avifé de me fervir de toi
à caufe que tu es nouveau débarqué de Sicile
, & que perfonne ne te connoît encore dans
Naples ? qu'enfin par fon ordre je t'ai fait
faire l'habit que tu portes ? Mais dans tout
cela il n'eft point parlé de la fingularité
du préfent , & ce ne fera qu'au fecond
Acte que les fpectateurs en feront inftruits
par ces paroles de Marine , Suivante de
la
984 7
·
que
MERCURE DE FRANCE
la Comteffe Bizarrerie, Ma Maitreffe
vent toûjours avoir dans fon Equipage quelque
chofe de fingulier ; elle eut d'abord un
More ; dès qu'elle vit qu'ils devenoient trop
communs , & la vanité d'en avoir avoit
paffe jufqu'aux Bourgeoises , elle n'en voulut
plus , & prit un petit Turc ; d'autres en
eurent , elle le quitta , préfentement elle s'eft
avifée d'avoir un muet à cause que perfonne
ne s'en fert. Voilà donc un titre de Comédie
fondé fur un perfonnage de nouvelle
fabrique
.
On pafferoit cette fingularité à M. Palaprat
, s'il en avoit fait tout l'ufage qu'il
femble promettre dans fa Préface . Voici
comme il s'explique : Cette idée me rit ; il
me fembloit qu'une jeune femme du monde
qui voudroit être fervie par un domestique
muet fourniroit des traits dans nos moeurs
& qu'un jeune homme éperduement amoureux
, obligé de faire le muet pour obtenirfa
Maitreffe , & de parler en même-tems pour
pas perdre , fe trouveroit dans des fituations
àfaire plaifir. La premiere de ces
deux Hypotheſes n'a pas lieu dans la Piéce
, & la Comteffe n'eft pas dans le cas
de fe faire fervir par des muets , c'est tout
ce qu'auroit pû faire la Thaïs de Terence.
ne
la
Voici une derniere remarque qu'on a
faite fur le Muet en queftion . Timante
pouvoit avoir promis ce préfent à la Comtelle
MAY , 1730. 985
teffe avant qu'il la crût infidele ; mais il
eft brouillé avec elle par la concurrence
d'un Rival qu'il croit qu'on lui préfere.
Frontin qui fouhaite qu'il ne la voye plus,
de peur qu'il ne foit desherité par fon
pere ,
devroit-il s'attacher à faire étudier
à Simon le Rôle de Muet ? il devroit au
moins remettre l'Ecole à une autre fois ;
& ce Muet eft fi peu de faifon , que ce
n'eft qu'à la fin du premier Acte que Timante
en parle à Frontin un peu plus fericufement,
Mais à propos , lui dit Frontin
, vous ne me dites pas ce que vous voulez
faire de ce muet que je vous ai arrêté ?
Voici la réponse de Timante : Je ne m'en
fuis pas fouvenu quand il en étoit tems ; ce
foir tu le meneras où je te dirai. Il eft vrai
qu'il lui a dit à la troifiéme Scene comme
par maniere d'acquit : Voila donc ce muet
dont tu m'as parlé. Il n'eft brouillé avec la
Comteffe que depuis un jour ; il y en a
huit qu'il a ordonné l'achat d'un muet ,
pourquoi ne s'eft- il pas fouvenu de l'envoyer
àfa Maitreffe quand il en étoit tems,
comme il vient de l'avouer ?
A ces petits inconveniens près , la
Piéce ne dément pas la réputation qué fes
deux Auteurs fe font acquife. En voici le
plan.
Le Baron d'Ortigni , pere de Timante &
du Chevalier , irrité contre ce premier
par
986 MERCURE DE FRANCE
par le refus qu'il a fait de la fille du Marquis
de Sarian , le veut desheriter & faire
époufer cette fille au Chevalier fon cadet,
c'est ce qui oblige Frontin à employer le
talent de tromper dont la nature Pa pourvû
; il fait tout ce qu'il peut pour détourner
Timante fon Maître de l'amour
qu'il a pour la Comteffe , amour qui lui
va coûter les grands biens que fou droit
d'aîneffe lui fait efperer. Ce Valet fidele
ne pouvant arracher du coeur de fon Maître
une paffion' fi nuifible , a recours à la
fourberie pour rendre du moins le Chevalier
auffi rebelle à fon pére que fon aîné
; le hazard y a déja travaillé. Le Chevalier
devenu amoureux d'une inconnue,
ne fe refufe pas ouvertement au projet
avantageux que fon formé pour
pere a
lui, mais il s'y dérobe , autant qu'il lui eft
poffible, par des défaites ou par des fuites
qui font un jeu théatral . L'inconnuë dont
il est devenu amoureux eft une Esclave
que
appellée Zaide , la Comteffe a connue
autrefois , & pour qui elle a pris
beaucoup d'amitié . La Comteffe en raconte
l'Hiftoire dès le premier Acte ; elle
a prié un Capitaine de Vaiffeau , Patron
de cette belle Efclave , de lui en faire préfent
; ce Capitaine lui a promis de l'envoyer
chez elle. Dans le tems qu'on la
conduit chez la Comteffe , le Chevalier
qui
MAY. 1730. 987
qui l'a déja vûë , la cherche avec empreffement
; un vieux oncle qui l'a arrêté en
chemin l'a empêché de la fuivre : il rencontre
Frontin à qui il en demande des
nouvelles ; quoiqu'il ne dife rien qui puiffe
défigner Zaïde , Frontin ne laiffe pas de
penetrer que ce nouvel objet de fon empreffement
eft cette même Efclave qu'on
vient d'introduire chez la Comteffe ; il
s'offre à favorifer l'amour du Chevalier
pour le rendre auffi coupable que fon
frere aîné aux yeux du Baron fon pere ; il
lui dit que fon aimable inconnue eft chez
la Comteffe ; il lui fait prendre les habits
du faux Muet que Timante envoye à cette
heure même à fa chere Comteffe ; il lui recommande
de bien faire le perfonnage de
Muet; le Chevalier lui promet tout , & va
prendre le nouvel habit fous lequel il doit
voir fa charmante inconnuë. Dans une autre
Scene du même Acte , Frontin parle ainſi
au Chevalier : Ce n'est pas tout ; depuis que
je me fuis avifé de vous faire muet , il m'est
venu dans l'efprit de me fervir de votre
muetifme , pour obliger votre pere à confentir
que vous époufiez Zaide . Ce ftratagême eft
fondé fur la credulité du Baron & fur
fon foible pour les forrileges.
Dans le troifiéme Acte , Frontin pour
mieux tromper le Baron , lui vient appren
dre
988 MERCURE DE FRANCE
dre que ce cher fils le Chevalier dont la
difparition l'allarme fi fort , n'a pas échapé
aux foins qu'il a pris de le chercher ,
& lui avoue ingénument , qu'après bien
des recherches il l'a enfin trouvé chez
la Comteffe , habillé d'une maniere extravagante
, éperduëment amoureux d'une
jeune Efclave , & fi amoureux qu'il en eft
devenu muet ; le crédule & fuperftitieux
Baron ne doute point qu'on n'ait jetté un
fort fur fon fils . Frontin contrefaifant toujours
le bon Valet , lui dit que cela pourroit
bien être , ou du moins que l'excès
de l'amour du Chevalier auroit bien pû
faire ce grand dérangement dans fon cerveau
; il lui confeille de confulter làdeffus
un celebre Medecin qui eft arrivé
depuis peu , & qu'il a connu autrefois ;
le Baron donne fans peine dans le panneau
. Frontin s'habille en Medecin , & lui
fait connoître que fon fils le Chevalier
étant devenu muet par un excès d'amour,
ne peut recouvrer la parole qu'en époufant
celle qui l'a mis dans un état fi déplorable.
Voilà precifément jufqu'où l'action
eft parvenuë vers la fin du troifiéme
Acte , auffi l'a - t'on trouvée un peu trop
avancée ; en effet, que refte-t'il pour remplir
les deux derniers Actes ? le voici en
peu
de mots ,
La
M A Y. 1730. 989
›
La Comteffe trouve le prétendu Muet
aux pieds de Marine , fa Suivante , pour
la remercier des bons offices qu'elle lui
promet de lui rendre dans fon amour ;
Zaïde eft préfente : Que vois-je ? dit - elle ,
Zaide en larmes; Marine effrayée ; le Muet
àfes pieds ; je n'en dois plus douter. Rentrez,
Marinesfaitesfigne à ce garçon de vous
fuivre; Zaide, demeurez avec moi . La Comteffe
dans une Scene qu'elle a avec Zaïde ,
ne peut lui arracher fon fecret , malgré
toutes les démonftrations d'amitié qu'elle
lui fait . Timante vient ; elle fe plaint à
lui du préfent dangereux qu'il lui a fait
de l'Esclave qu'elle vient de trouver aux
pieds de Marine & qui n'eft que trop
aimable aux yeux de Zaïde . Timante ne
comprend rien à tout cela : l'Efclave qu'il
á envoyé à la Comteffe ne reffemble nullement
au portrait avantageux que laComteffe
en fait. Frontin arrive : Timante l'in
terroge fur l'Esclave en queftion ; Frontin
foutient qu'il n'en a point envoyé d'autre
à la Comteffe que celui qu'il a acheté
fon ordre , & qu'il lui a montré ; mais par
malheur pour lui le premier Muet vient
pour quelque raifon que l'on n'explique
point ; c'eft apparemment pour demander
quelque argent que Frontin lui a promis
. Frontin ne fe deferre point ; & comme
il a le menfonge en main , il dit à fon
G Maître
;
par
990 MERCURE DE FRANCE
Maître , qu'ayant trouvé un Muet plus
joli que celui qu'il lui avoit d'abord fait
voir , il a crû qu'il feroit beaucoup plus
de plaifir à la Comteffe , en le troquant
contre ce vilain & vieux coquin . Ce dernier
étouffe de colere , & veut parler ;
Frontin lui coupe la parole , & dit à Timante
qu'il demande quelque argent ;
Timante pour l'appaifer donne dix piftoles
; Frontin en retient cinq ; cette friponnerie
gâte tout , & rend la parole au
Muet : Monfieur , dit- il à Timante , il en
retient la moitié.
Il eft tems de finir cette Differtation ,
Le Baron confent à donner Zaïde toute
Efclave,ou du moins toute inconuë qu'elle
eft à fon fils le Chevalier , ce qui prouve
que les deux derniers Actes font fuper-
Aus ,
, quoiqu'ils ne laiffent pas d'être remplis
de Scenes très - comiques. Les Auteurs
pouvoient même fe paffer de faire un dénouement
à la façon de Terence : le voici;
Simon qui a fait le premier perfonnage
de Muet eft reconnu par le Capitaine de
Vaiffeau pour Griffon le Sicilien , frere de
la nourrice de Zaïde ; une chaîne d'or
que ce même Griffon avoit donnée à
Frontin pour la vendre , eft reconnuë par
le Marquis de Sardan . Ah ! Zaïde , s'écrie
t'il vous êtes ma fille. Ce que Monfieur le
Capitaine me dit , le tems de votre prife ,
la
MAY. 1730. 991
la nourrice Espagnole , Griffon que voilà
cette chaine que je reconnois , tout me le confirme
, & plus que tout encore les fecrets
mouvemens de la nature qui s'élevent dans
mon coeur. Zaide vous êtes ma fille . Après
cette reconnoiffance , la Piéce fe dénoue
d'elle-même ; Timante prie fon pere de
vouloir le rendre heureux dans un jour
où tout le monde l'eft ; le Baron confent
à tout ; Timante & le Chevalier épouſent
ce qu'ils aiment. On pardonne à Frontin ,
& on lui accorde Marine qu'il demande
pour prix de fes heureufes fourberies.
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Résumé : Comédie du Muet, [titre d'après la table]
Le 18 avril, les Comédiens Français ont présenté au Théâtre Le Muet une comédie en cinq actes et en prose, attribuée à M. de Palaprat. Palaprat a reconnu dans sa préface avoir collaboré avec Terence en adaptant l'Eunuque aux mœurs contemporaines. Le titre a été changé en Le Muet pour des raisons de censure théâtrale. La pièce met en scène des personnages et des situations adaptées aux mœurs du temps. L'intrigue principale suit Timante, fils du baron d'Ortigni, qui refuse d'épouser la fille du marquis de Sarian. Le baron menace de déshériter Timante au profit de son cadet, le chevalier. Frontin, valet de Timante, tente de manipuler les événements pour favoriser son maître et semer la discorde entre le baron et le chevalier. Ce dernier tombe amoureux de Zaïde, une esclave connue de la comtesse. Frontin utilise la crédulité du baron pour le convaincre que le chevalier est devenu muet par excès d'amour pour Zaïde. Il se déguise en médecin pour conseiller au baron de laisser le chevalier épouser Zaïde. La comtesse découvre le chevalier déguisé en muet et le confond avec le véritable muet envoyé par Timante. Des quiproquos et des révélations mènent à la reconnaissance de Zaïde comme fille du marquis de Sarian. Finalement, Timante et le chevalier épousent celles qu'ils aiment, et le baron consent à ces unions. Frontin obtient le pardon pour ses actions et reçoit Marine en récompense de ses 'heureuses fourberies'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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53
p. 1046-1050
MORTS NAISSANCES, & Mariages.
Début :
Dame Jeanne Josephe de Carmin, Epouse de M. Yves Robert Ignace, Chevalier, [...]
Mots clefs :
Chevalier, Seigneur, Dame, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS NAISSANCES, & Mariages.
MORTS NAISSANCES,
D
& Mariages.
Ame Jeanne Jofephe de Carmin , Epouſe.
de M. Yves Robert Ignace , Chevalier
Baron de Legall , & auparavant Veuve de M. Nicolas
Jacques Defmars , Chevalier , Marquis de
Bellefoffe, Colonel , Meftre de Cavalerię , mourut
le 16. Avril , âgée de 40. ans.
D. Elifabeth Françoife de S. Chamans , fille
de
MAY. 1730. 1047
de feu François , Comte de S. Chamans , Chevalier
, Seigneur & Marquis de Mary , Meriel ,
&c. & de Dame Bonne de Chatellux , mourut le
23. du même mois , âgée de 30. ans .
N. Du Perray , Doyen des Avocats du Parle
ment , mourut le 25. Avril , âgé de plus de 90 .
ans , extrémement regretté par fa probité & fa
capacité. Il a exercé fa Profeffion avec beaucoup
d'honneur pendant près de 70. ans.
Le 28. Avril , Jean François Duret , Chevalier,
Seigneur de Villejuif,ancien Capitaine aux Gardes
Françoifes , Colonel d'Infanterie & Chevalier de
S. Louis , mourut âgé d'environ 62. ans .
Emanuel Charles Therefe de Froulay de Teffé,
Abbé de l'Abbaye de Valmont , Ordre de S. Benoît
, Diocèse de Rouen , Aumônier du Roy , &
Grand-Vicaire de l'Archevêque de Rouen, à Pontoiſe
, mourut à Paris le premier de ce mois , âgé
de
33. ans.
Charles Roger , Prince de Courtenay , mourut
à Paris le 7. de ce mois , âgé de près de 59. ans,
étant né au mois de Juillet 1671. Il ne laiffe
point d'enfans de Marie Claire Genevieve de Bretagne
fon Epoufe. La Branche de Courtenay fe.
trouve aujourd'huy fondue dans la Maifon de
Bauffremont , par le mariage d'Helene de Courtenay
avec le Marquis de Bauffremont , Chevalier
de la Toifon d'Or , Brigadier des Armées du
Roy , Meftre de Camp du Regiment de Dragons
de fon nom. On peut voir Du Bouchet fur la
Généalogie des Princes de Courtenay , le P. An
felme , &c.
Jacques Philippe Héron , Ecuyer , Sicur de la
Thuillerie , ancien Secretaire du Roy honoraire,
mourut à Pontoife le 10. de ce mois , âgé de 78.
ans , il avoit époufé Damoifelle Marguerite Du
Poirier Cotereau , fille de feu Jacques Du Poirier
Cotereau
I VJ
1048 MERCURE DE FRANCE
Cotereau , Chevalier , Seigneur de Villomer & de
Launay , Maître d'Hôtel ordinaire du feu Roy ,
Lieutenant Colonel du Regiment de Touraine
& de deffunte Dame Marguerite de Vallois . Il
laiffe une fille , Marguerite Therefe Héron ,
mariée à M. Pierre De Sabine , Chevalier , Seigneur
& Patron de Rieu , Comte de la Quieze ,
Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis,
Gentilhomme ordinaire de la Maifon du Roi.
Pierre le Clerc , Chevalier, Seigneur des Hayes,
Lefrefne , Jacmelle , Auvers , Guedeniau , &c.
Confeiller au Parlement , mourut à Paris le i I.
May , âgé de 32. ans .
Pierre Nicolas de Berulles , Chevalier , Seigneur
de Foiffy , &c. Confeiller du Roy en tous fes
Confeils , Premier Prefident du Parlement de
Grenoble , & Commandant pour le Roy en ladite
Province, déceda le 14. May 1730. âgé de 43. ans.
2
Emanuel Theodofe de la Tour d'Auvergne ,
Duc de Bouillon, d'Albret & de Château Thierry,
Vicomte de Turenne Comte d'Auvergne ,
d'Evreux & du Bas Armagnac , Pair, & ci- devant
Grand-Chambellan de France , Gouverneur &
Lieutenant General de la haute & baſſe Auvergne ,
mourut le 17. May , âgé d'environ 63. ans . Il
laiffe par fon Teftament 352 50. liv. en 23. legs
une fois payez ; fçavoir, 4000. liv . aux Théatins,
2000. liv. aux Petits Auguftins , 3.000. liv . aux
Religieux de S. Martin de Pontoiſe , 2000. liv.
aux Pauvres de la Paroiffe de S. Sulpice , 4000. I.
à l'Abbaye de Redon , 4000. liv . aux Jefuites de
la Maifon Profeffe , & le refte à fes Officiers &
Domeftiques. Les rentes viageres que ce Seigneur
a faites par fon Teftament confiftent en 61. legs ,
faifant la fomme annuelle de 31636. liv. fçavoir,
800. liv. à Mademoiſelle de Château - Thiery ,
3000. liv. au Pere Bourfault , Théatin , & le
refte
MAY. 1730. . 1049
refte à fes Officiers , Domeftiques , &c .
Dame Marguerite Dorat , Veuve de M. Jules
Marquis de Prunelé , Seigneur & Baron de S. Germain
le Defiré, de Mervilliers, &c. mourut le 18.
Avril , âgée de 74. ans environ.
N. Dubois , fameux Joueur de Baffon de la
Mufique du Roy , eft mort d'une pleurefie à
Fontainebleau le 24. de ce mois , âgé d'environ
45. ans , extrémement regretté.
>
Eugene , Comte de Beaujeu , Maréchal des
Camps & Armées du Roy Commandeur de
l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis , & Gou
verneur de l'Hôtel Royal des Invalides , mourut
le 26. May , âgé d'environ 64. ans .
Dame Marie Victoire Guillart de la Vacherie ,
Epoufe de Jean- Baptifte Martin d'Artaguiette
Diron , Chevalier , Baron d'Aiguierre , Marquis
de la Mothe S. Meray , &c. accoucha le 26. Avril
d'une fille qui fut tenue fur les Fonts, & nommée
Jeanne Charlote par M. René Herault, Chevalier,
Seigneur de Fontaine , l'Abbé de Vaucreffon , & c.
Confeiller du Roy en fes Confeils d'Etat & Privé,
Confeiller honoraire en fon Grand Confeil,Maître
des Requêtes ordinaire de fon Hôtel,& Lieutenant
General de Police de Paris , & par D. Jeanne
Charlotte Guillart de la Vacherie , Veuve de M.'
Louis Herault , Chevalier , Seigneur d'Epone .
* Dame Anne Louife Martin de Vaucreffon
Epoufe de M. Louis Antoine de Bernage , Chevalier
, Marquis de Chaumont , Mestre de Camp de
Cavalerie, Sous -Lieutenant des Gendarmes d'Anjou
, accoucha d'un fils , tenu fur les Fonts , &
nommé Louis , par M. Martin de la Porte , Confeiller
du Roy en la Venerie du Louvre , & par
D. Anne Marie Rouillé , Epoufe de M. Louis de
Bernage , Chevalier , Confeiller d'Etat ordinaire.
Louis Paul , Duc de Rochechouart , Pair de
France
roso MERCURE DE FRANCE
France , Prince de Tonnay - Charente , Premier
Gentilhomme de la Chambre du Roy , fils de
Louis de Rochechouart , Duc de Mortemart ,
Pair de France , Prince de Tonnay - Charente ,
Premier Gentilhomme de la Chambre du Roy ' ,
Chevalier des Ordres de Sa Majeſté , Lieutenant
General de fes Armées , & de feuë Dame Marie
de Beauvilliers S. Aignan, époufa le 4. May Dame
Marie Anne Elifabeth de Beauveau , fille de Pierre
Madeleine , Comte de Beauvau , Chevalier des
Ordres du Roy , Lieutenant General de fes Armées
, & Directeur General de la Cavalerie , &
Dragons de France , & de Dame Marie Therefe
de Beauvau. Les Maifons de Rochechouart , &
de Beauvau font fi anciennes , fi diftinguées
parmi les grandes Maifons du Royaume , & par
confequent fi connues , qu'il eft inutile d'entrer
là - deffus dans aucun détail.
Jean- Baptifte Darrots , Marquis de la Poupe--
liniere , époufa le 22. May Dame Marie Anne
Laurence Mcflageot.
D
& Mariages.
Ame Jeanne Jofephe de Carmin , Epouſe.
de M. Yves Robert Ignace , Chevalier
Baron de Legall , & auparavant Veuve de M. Nicolas
Jacques Defmars , Chevalier , Marquis de
Bellefoffe, Colonel , Meftre de Cavalerię , mourut
le 16. Avril , âgée de 40. ans.
D. Elifabeth Françoife de S. Chamans , fille
de
MAY. 1730. 1047
de feu François , Comte de S. Chamans , Chevalier
, Seigneur & Marquis de Mary , Meriel ,
&c. & de Dame Bonne de Chatellux , mourut le
23. du même mois , âgée de 30. ans .
N. Du Perray , Doyen des Avocats du Parle
ment , mourut le 25. Avril , âgé de plus de 90 .
ans , extrémement regretté par fa probité & fa
capacité. Il a exercé fa Profeffion avec beaucoup
d'honneur pendant près de 70. ans.
Le 28. Avril , Jean François Duret , Chevalier,
Seigneur de Villejuif,ancien Capitaine aux Gardes
Françoifes , Colonel d'Infanterie & Chevalier de
S. Louis , mourut âgé d'environ 62. ans .
Emanuel Charles Therefe de Froulay de Teffé,
Abbé de l'Abbaye de Valmont , Ordre de S. Benoît
, Diocèse de Rouen , Aumônier du Roy , &
Grand-Vicaire de l'Archevêque de Rouen, à Pontoiſe
, mourut à Paris le premier de ce mois , âgé
de
33. ans.
Charles Roger , Prince de Courtenay , mourut
à Paris le 7. de ce mois , âgé de près de 59. ans,
étant né au mois de Juillet 1671. Il ne laiffe
point d'enfans de Marie Claire Genevieve de Bretagne
fon Epoufe. La Branche de Courtenay fe.
trouve aujourd'huy fondue dans la Maifon de
Bauffremont , par le mariage d'Helene de Courtenay
avec le Marquis de Bauffremont , Chevalier
de la Toifon d'Or , Brigadier des Armées du
Roy , Meftre de Camp du Regiment de Dragons
de fon nom. On peut voir Du Bouchet fur la
Généalogie des Princes de Courtenay , le P. An
felme , &c.
Jacques Philippe Héron , Ecuyer , Sicur de la
Thuillerie , ancien Secretaire du Roy honoraire,
mourut à Pontoife le 10. de ce mois , âgé de 78.
ans , il avoit époufé Damoifelle Marguerite Du
Poirier Cotereau , fille de feu Jacques Du Poirier
Cotereau
I VJ
1048 MERCURE DE FRANCE
Cotereau , Chevalier , Seigneur de Villomer & de
Launay , Maître d'Hôtel ordinaire du feu Roy ,
Lieutenant Colonel du Regiment de Touraine
& de deffunte Dame Marguerite de Vallois . Il
laiffe une fille , Marguerite Therefe Héron ,
mariée à M. Pierre De Sabine , Chevalier , Seigneur
& Patron de Rieu , Comte de la Quieze ,
Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis,
Gentilhomme ordinaire de la Maifon du Roi.
Pierre le Clerc , Chevalier, Seigneur des Hayes,
Lefrefne , Jacmelle , Auvers , Guedeniau , &c.
Confeiller au Parlement , mourut à Paris le i I.
May , âgé de 32. ans .
Pierre Nicolas de Berulles , Chevalier , Seigneur
de Foiffy , &c. Confeiller du Roy en tous fes
Confeils , Premier Prefident du Parlement de
Grenoble , & Commandant pour le Roy en ladite
Province, déceda le 14. May 1730. âgé de 43. ans.
2
Emanuel Theodofe de la Tour d'Auvergne ,
Duc de Bouillon, d'Albret & de Château Thierry,
Vicomte de Turenne Comte d'Auvergne ,
d'Evreux & du Bas Armagnac , Pair, & ci- devant
Grand-Chambellan de France , Gouverneur &
Lieutenant General de la haute & baſſe Auvergne ,
mourut le 17. May , âgé d'environ 63. ans . Il
laiffe par fon Teftament 352 50. liv. en 23. legs
une fois payez ; fçavoir, 4000. liv . aux Théatins,
2000. liv. aux Petits Auguftins , 3.000. liv . aux
Religieux de S. Martin de Pontoiſe , 2000. liv.
aux Pauvres de la Paroiffe de S. Sulpice , 4000. I.
à l'Abbaye de Redon , 4000. liv . aux Jefuites de
la Maifon Profeffe , & le refte à fes Officiers &
Domeftiques. Les rentes viageres que ce Seigneur
a faites par fon Teftament confiftent en 61. legs ,
faifant la fomme annuelle de 31636. liv. fçavoir,
800. liv. à Mademoiſelle de Château - Thiery ,
3000. liv. au Pere Bourfault , Théatin , & le
refte
MAY. 1730. . 1049
refte à fes Officiers , Domeftiques , &c .
Dame Marguerite Dorat , Veuve de M. Jules
Marquis de Prunelé , Seigneur & Baron de S. Germain
le Defiré, de Mervilliers, &c. mourut le 18.
Avril , âgée de 74. ans environ.
N. Dubois , fameux Joueur de Baffon de la
Mufique du Roy , eft mort d'une pleurefie à
Fontainebleau le 24. de ce mois , âgé d'environ
45. ans , extrémement regretté.
>
Eugene , Comte de Beaujeu , Maréchal des
Camps & Armées du Roy Commandeur de
l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis , & Gou
verneur de l'Hôtel Royal des Invalides , mourut
le 26. May , âgé d'environ 64. ans .
Dame Marie Victoire Guillart de la Vacherie ,
Epoufe de Jean- Baptifte Martin d'Artaguiette
Diron , Chevalier , Baron d'Aiguierre , Marquis
de la Mothe S. Meray , &c. accoucha le 26. Avril
d'une fille qui fut tenue fur les Fonts, & nommée
Jeanne Charlote par M. René Herault, Chevalier,
Seigneur de Fontaine , l'Abbé de Vaucreffon , & c.
Confeiller du Roy en fes Confeils d'Etat & Privé,
Confeiller honoraire en fon Grand Confeil,Maître
des Requêtes ordinaire de fon Hôtel,& Lieutenant
General de Police de Paris , & par D. Jeanne
Charlotte Guillart de la Vacherie , Veuve de M.'
Louis Herault , Chevalier , Seigneur d'Epone .
* Dame Anne Louife Martin de Vaucreffon
Epoufe de M. Louis Antoine de Bernage , Chevalier
, Marquis de Chaumont , Mestre de Camp de
Cavalerie, Sous -Lieutenant des Gendarmes d'Anjou
, accoucha d'un fils , tenu fur les Fonts , &
nommé Louis , par M. Martin de la Porte , Confeiller
du Roy en la Venerie du Louvre , & par
D. Anne Marie Rouillé , Epoufe de M. Louis de
Bernage , Chevalier , Confeiller d'Etat ordinaire.
Louis Paul , Duc de Rochechouart , Pair de
France
roso MERCURE DE FRANCE
France , Prince de Tonnay - Charente , Premier
Gentilhomme de la Chambre du Roy , fils de
Louis de Rochechouart , Duc de Mortemart ,
Pair de France , Prince de Tonnay - Charente ,
Premier Gentilhomme de la Chambre du Roy ' ,
Chevalier des Ordres de Sa Majeſté , Lieutenant
General de fes Armées , & de feuë Dame Marie
de Beauvilliers S. Aignan, époufa le 4. May Dame
Marie Anne Elifabeth de Beauveau , fille de Pierre
Madeleine , Comte de Beauvau , Chevalier des
Ordres du Roy , Lieutenant General de fes Armées
, & Directeur General de la Cavalerie , &
Dragons de France , & de Dame Marie Therefe
de Beauvau. Les Maifons de Rochechouart , &
de Beauvau font fi anciennes , fi diftinguées
parmi les grandes Maifons du Royaume , & par
confequent fi connues , qu'il eft inutile d'entrer
là - deffus dans aucun détail.
Jean- Baptifte Darrots , Marquis de la Poupe--
liniere , époufa le 22. May Dame Marie Anne
Laurence Mcflageot.
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Résumé : MORTS NAISSANCES, & Mariages.
En mai 1730, plusieurs événements marquants ont été enregistrés, incluant des naissances, des mariages et des décès. Parmi les décès notables, on compte Dame Jeanne Jofephe de Carmin, épouse de M. Yves Robert Ignace, Chevalier Baron de Legall, décédée le 16 avril à l'âge de 40 ans. Dame Élisabeth Françoise de S. Chamans, fille de feu François, Comte de S. Chamans, est décédée le 23 avril à l'âge de 30 ans. Du Perray, Doyen des Avocats du Parlement, est décédé le 25 avril à l'âge de plus de 90 ans. Jean François Duret, Chevalier, Seigneur de Villejuif, est décédé le 28 avril à l'âge d'environ 62 ans. Emanuel Charles Thérese de Froulay de Tessé, Abbé de l'Abbaye de Valmont, est décédé à Paris le 1er mai à l'âge de 33 ans. Charles Roger, Prince de Courtenay, est décédé à Paris le 7 mai à l'âge de près de 59 ans. Jacques Philippe Héron, Ecuyer, Sicur de la Thuillerie, est décédé à Pontoise le 10 mai à l'âge de 78 ans. Pierre le Clerc, Chevalier, Seigneur des Hayes, Conseiller au Parlement, est décédé à Paris le 11 mai à l'âge de 32 ans. Pierre Nicolas de Berulles, Chevalier, Premier Président du Parlement de Grenoble, est décédé le 14 mai à l'âge de 43 ans. Emanuel Théodose de la Tour d'Auvergne, Duc de Bouillon, Pair de France, est décédé le 17 mai à l'âge d'environ 63 ans. Dame Marguerite Dorat, Veuve de M. Jules Marquis de Prunelé, est décédée le 18 avril à l'âge de 74 ans environ. N. Dubois, célèbre joueur de basson de la Musique du Roy, est décédé à Fontainebleau le 24 mai à l'âge d'environ 45 ans. Eugène, Comte de Beaujeu, Maréchal des Camps et Armées du Roy, est décédé le 26 mai à l'âge d'environ 64 ans. Du côté des naissances, Dame Marie Victoire Guillart de la Vacherie, épouse de Jean-Baptiste Martin d'Artaguiette Diron, a accouché le 26 avril d'une fille nommée Jeanne Charlotte. Dame Anne Louise Martin de Vaucreffon, épouse de M. Louis Antoine de Bernage, a accouché d'un fils nommé Louis. Parmi les mariages, Louis Paul, Duc de Rochechouart, a épousé le 4 mai Dame Marie Anne Élisabeth de Beauveau. Jean-Baptiste Darrots, Marquis de la Poupelinière, a épousé le 22 mai Dame Marie Anne Laurence Meslageot.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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54
p. 1252-1257
MORTS, NAISSANCE.
Début :
Dame Marie Madelaine Françoise Voisin, Epouse de M. Robert Deslandes, [...]
Mots clefs :
Chevalier, Seigneur, Maréchal, Conseiller au Parlement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCE.
MORTS NAISSANCE.
AmeMarieMadelaine FrançoifeVoifin,
Epoufe de M. Robert Deflandes ,
Chevalier , Seigneur de Crevecoeur , Confeiller
au Parlement de Normandie , mourut
à Paris le 22. Mai , âgée de 33. ans .
Le 27. mourut à Paris , âgée de
51. ans , Dame Elifabeth Françoife Huillier
, femme de Paul Benoit , Comte de
I. Vol. BraJUIN.
1730. 1253
Braque , Chevalier , Seigneur du Luat de
Boifrenaud & c. Intendant & Contrôleur
General des Ecuries & Livrées du Roi ;
fon corps fut porté le 29. en l'Eglife de
S. Roch fa Paroiffe , & delà tranfporté en
l'Eglife des P. P. de la Mercy, lieu de la
fepulture de la Maifon de Braque qui l'a
fondée & dotée dès l'année 1348. où
M de Braque avoient établis cinq Chapellenies
& un Hôpital à l'inftar de
' Hôtel- Dieu , avec trois Religieux & un
Gouverneur pour regir cet Hôpital defervi
par les Chapelains de Braque depuis
fon établiffement jufqu'en 1613. que la
Reine Marie de Medicis fit demander
cette Maiſon , Hôpital & Chapelle de
Braque à François de Braque , Chevalier,
Seigneur du Luat , pour y établir les
Religieux de l'Ordre de la Menci , Redemption
des Captifs. Ledit François de
Braque , quatriéme Ayeul du Comte de
Braque , confentit avec fes Enfans les
que
PP. de la Merci fuflent êtablis en la Chapelle
& Maifon de Braque , & ceda à la
Reine le droit de Patronage en ladite
Eglife il fe referva neanmoins & aux
fiens, les droits de fondateurs & de dotateurs
de ladite Egliſe & Maiſon de Braque
qui leur ont été confirmés par plufeurs
Arrêts du Parlement. 7
Jean de Nompere , Chevalier , Com-
;
I. Vol. I iij man1254
MERCURE DE FRANCE
mandeur de la Commanderie de S. Jac
ques Dulys , de l'Ordre Royal de M. D.
de Mont Carmel & de S. Lazare , mou
rut le 30. âgé de 76. ans.
Le 7 Juin , Alain -Emanuel de Coëtlogon
, Maréchal & Vive- Amiral de Fran-
Chevalier des Ordres du Roy , mourut
à Paris âgé de 83 ans , fix mois. Le
Roy l'avoit nommé Maréchal de France ,
le premier de ce mois .
La Maifon de Coëtlogon eft originaire
de Bretagne , & très-ancienne ; par les
Pieces produites à la verification des preuves
de M. le Maréchal de Coëtlogon ,
pour facreception dans l'Ordre du Saint-
Efprit , il paroît que la Terre de Coëtlogon
étoit poffedée en 1207 par Eudes
de Coëtlogon.
Le Pere Lobineau , page 396 des preuves
de fon Hiftoire de Bretagne , rapporte
tout au long une Tranfaction paffée en
1248 , fur le partage de la Seigneurie de
Porrhoet ; & dans cette Tranfaction Henry
de Coëtlogon , fils d'Eudes , eft qualifié ,
Monfeigneur.
Le Public nous fçaura gré , fans doute
de lui donner quelque détail , fur la vie &
-le caractere du Maréchal de Coëtlogon :
-toûjours attentifà celebrer le vray merite;
nous yfommes encore invitez par les Provifions
de Maréchal de France , de cetil-
1. Vol.
luftre
EST
TUIN. 1730 .
luftre Mort , que le hazard a fait tomber
entre nos mains ; on y apprend entr'au
tres chofes, que ce Maréchal s'étoit trou
vé à onze combats , & qu'après plufieurs
actions d'éclat , qu'il feroit trop long
de rapportet de la maniere qu'elles font
énoncées dans les Provifions . Son dernier
combat fut en 1703 , lorfque comman
dant cinq vaiffeaux du Roy , iill eenn prit
cinq de guerre Hollandois. A l'égard de
fon caractere , le Roy lui rend cet illuftre
témoignage ; que S. M. a réfolu de l'élever
à la dignité de Maréchal de France ,
pour reconnoître d'une maniere éclatante une
longuefuite defervices , & honorer en fa Perfonne
la vertu la plus pure & le plus parfait
defintereffement. Ce font les
termes des Provifions.
propres
Le 18 de ce mois , François Cornu de
Baliviere , Lieutenant General des armées
du Roy , Grand- Croix de l'Ordre Royal
& Militaire de S. Louis , Gouverneur de
Rocroy , & ci - devant Lieutenant des
Gardes du-Corps , mourut à Paris , âgé
d'environ 78 , ans.
- D. Marguerite - Therefe Fleuriau , veuve
de Meffire Louis de Laurency , Chevalier
, Marquis de Montbrun , Confeiller
du Roy en tous fes Confeils d'Etat & Pri-
Prefident à Mortier du Parlement de
Touloufe, mourut à Paris le 19 Juin dans
I. Vol I j
la
1256 MERCURE DE FRANCE
la foixante & troifiéme année de fon âge,
F. Honoré Marion , Religieux , Prêtre,
de l'Ordre de S. Jean de Jerufalem , de la
Langue de Provence , de la ville de Marſeil
les ,Prieur,Curé de l'Eglife de la Commanderie
de S.Jean de Latran à Paris, mourut le
21 Juin âgé d'environ 54 ans.. Il étoit fort
eftimé dans fon Ordre , & il eft regreté
de tous ceux qu'un Miniftere. de vingt
années avoit conduits & édifiez
Dominique Barberię de Saint- Conteſt
Confeiller d'Etat Ordinaire , mourut à
Paris le 22. dans la 62. année de fon âge,
Il avoit été Ambaffadeur Extraordinaire
& Plenipotentiaire du Roi au Congrès de
Bade & de Cambray.
D. Marie Henriette Bourgoin , épouſe
de M. Anne- Louis Pinon , Chevalier ,
Vicomte de Quincy , &c. Confeiller au
Parlement , accoucha le 4. Juin , d'une
fille qui fut tenuë fur les fonts , & nommée
Marie- Agnès , par M. André- François
de Paul le Febvre d'Ormefon , Cons
feiller au Parlement , Chevalier Seigneur
Deftournelles ; & par Dame Marie-
Agnès Soullet , époufe de M. Jean
le Boulanger , Maître des Comptes.
D. Geneviève de Vandeuil , épouſe
d'Antoine-François de Lanquedouë de
Vandeuil , Seigneur de Paffay , Capitai-
I. Vol. ne
JUIN. 1730. 1257
ne de Cavalerie , accoucha le 15 Juin ,
d'une fille qui fut tenuë fur les fonts , &
nommée Anne-Loüife par François - Anne
de Vandeuil , Seigneur de Montgiron ,
&c. Ecuyer du Roy ; & par D. Louiſe
Charlotte le Fevre , veuve d'Aléxandro
Martinot , Maistre des Comptes.
On s'eft trompé en annonçant dans le
dernier Mercure , la mort de Pierre le
Clerc , Chevalier Seigneur des Hayes ,
Jumelles- le-Frefne , au Verfe- Guedenyau;
Confeiller au Parlement. Ce n'eſt point
lui qui eft mort , mais Dame Marie-Madeleine
Bachelier , fon époufe , fille de
M. Bachelier , Prefident des Tréforiers de
France , laquelle eft decedée le 11 May
dernier , âgée de 32. ans,
AmeMarieMadelaine FrançoifeVoifin,
Epoufe de M. Robert Deflandes ,
Chevalier , Seigneur de Crevecoeur , Confeiller
au Parlement de Normandie , mourut
à Paris le 22. Mai , âgée de 33. ans .
Le 27. mourut à Paris , âgée de
51. ans , Dame Elifabeth Françoife Huillier
, femme de Paul Benoit , Comte de
I. Vol. BraJUIN.
1730. 1253
Braque , Chevalier , Seigneur du Luat de
Boifrenaud & c. Intendant & Contrôleur
General des Ecuries & Livrées du Roi ;
fon corps fut porté le 29. en l'Eglife de
S. Roch fa Paroiffe , & delà tranfporté en
l'Eglife des P. P. de la Mercy, lieu de la
fepulture de la Maifon de Braque qui l'a
fondée & dotée dès l'année 1348. où
M de Braque avoient établis cinq Chapellenies
& un Hôpital à l'inftar de
' Hôtel- Dieu , avec trois Religieux & un
Gouverneur pour regir cet Hôpital defervi
par les Chapelains de Braque depuis
fon établiffement jufqu'en 1613. que la
Reine Marie de Medicis fit demander
cette Maiſon , Hôpital & Chapelle de
Braque à François de Braque , Chevalier,
Seigneur du Luat , pour y établir les
Religieux de l'Ordre de la Menci , Redemption
des Captifs. Ledit François de
Braque , quatriéme Ayeul du Comte de
Braque , confentit avec fes Enfans les
que
PP. de la Merci fuflent êtablis en la Chapelle
& Maifon de Braque , & ceda à la
Reine le droit de Patronage en ladite
Eglife il fe referva neanmoins & aux
fiens, les droits de fondateurs & de dotateurs
de ladite Egliſe & Maiſon de Braque
qui leur ont été confirmés par plufeurs
Arrêts du Parlement. 7
Jean de Nompere , Chevalier , Com-
;
I. Vol. I iij man1254
MERCURE DE FRANCE
mandeur de la Commanderie de S. Jac
ques Dulys , de l'Ordre Royal de M. D.
de Mont Carmel & de S. Lazare , mou
rut le 30. âgé de 76. ans.
Le 7 Juin , Alain -Emanuel de Coëtlogon
, Maréchal & Vive- Amiral de Fran-
Chevalier des Ordres du Roy , mourut
à Paris âgé de 83 ans , fix mois. Le
Roy l'avoit nommé Maréchal de France ,
le premier de ce mois .
La Maifon de Coëtlogon eft originaire
de Bretagne , & très-ancienne ; par les
Pieces produites à la verification des preuves
de M. le Maréchal de Coëtlogon ,
pour facreception dans l'Ordre du Saint-
Efprit , il paroît que la Terre de Coëtlogon
étoit poffedée en 1207 par Eudes
de Coëtlogon.
Le Pere Lobineau , page 396 des preuves
de fon Hiftoire de Bretagne , rapporte
tout au long une Tranfaction paffée en
1248 , fur le partage de la Seigneurie de
Porrhoet ; & dans cette Tranfaction Henry
de Coëtlogon , fils d'Eudes , eft qualifié ,
Monfeigneur.
Le Public nous fçaura gré , fans doute
de lui donner quelque détail , fur la vie &
-le caractere du Maréchal de Coëtlogon :
-toûjours attentifà celebrer le vray merite;
nous yfommes encore invitez par les Provifions
de Maréchal de France , de cetil-
1. Vol.
luftre
EST
TUIN. 1730 .
luftre Mort , que le hazard a fait tomber
entre nos mains ; on y apprend entr'au
tres chofes, que ce Maréchal s'étoit trou
vé à onze combats , & qu'après plufieurs
actions d'éclat , qu'il feroit trop long
de rapportet de la maniere qu'elles font
énoncées dans les Provifions . Son dernier
combat fut en 1703 , lorfque comman
dant cinq vaiffeaux du Roy , iill eenn prit
cinq de guerre Hollandois. A l'égard de
fon caractere , le Roy lui rend cet illuftre
témoignage ; que S. M. a réfolu de l'élever
à la dignité de Maréchal de France ,
pour reconnoître d'une maniere éclatante une
longuefuite defervices , & honorer en fa Perfonne
la vertu la plus pure & le plus parfait
defintereffement. Ce font les
termes des Provifions.
propres
Le 18 de ce mois , François Cornu de
Baliviere , Lieutenant General des armées
du Roy , Grand- Croix de l'Ordre Royal
& Militaire de S. Louis , Gouverneur de
Rocroy , & ci - devant Lieutenant des
Gardes du-Corps , mourut à Paris , âgé
d'environ 78 , ans.
- D. Marguerite - Therefe Fleuriau , veuve
de Meffire Louis de Laurency , Chevalier
, Marquis de Montbrun , Confeiller
du Roy en tous fes Confeils d'Etat & Pri-
Prefident à Mortier du Parlement de
Touloufe, mourut à Paris le 19 Juin dans
I. Vol I j
la
1256 MERCURE DE FRANCE
la foixante & troifiéme année de fon âge,
F. Honoré Marion , Religieux , Prêtre,
de l'Ordre de S. Jean de Jerufalem , de la
Langue de Provence , de la ville de Marſeil
les ,Prieur,Curé de l'Eglife de la Commanderie
de S.Jean de Latran à Paris, mourut le
21 Juin âgé d'environ 54 ans.. Il étoit fort
eftimé dans fon Ordre , & il eft regreté
de tous ceux qu'un Miniftere. de vingt
années avoit conduits & édifiez
Dominique Barberię de Saint- Conteſt
Confeiller d'Etat Ordinaire , mourut à
Paris le 22. dans la 62. année de fon âge,
Il avoit été Ambaffadeur Extraordinaire
& Plenipotentiaire du Roi au Congrès de
Bade & de Cambray.
D. Marie Henriette Bourgoin , épouſe
de M. Anne- Louis Pinon , Chevalier ,
Vicomte de Quincy , &c. Confeiller au
Parlement , accoucha le 4. Juin , d'une
fille qui fut tenuë fur les fonts , & nommée
Marie- Agnès , par M. André- François
de Paul le Febvre d'Ormefon , Cons
feiller au Parlement , Chevalier Seigneur
Deftournelles ; & par Dame Marie-
Agnès Soullet , époufe de M. Jean
le Boulanger , Maître des Comptes.
D. Geneviève de Vandeuil , épouſe
d'Antoine-François de Lanquedouë de
Vandeuil , Seigneur de Paffay , Capitai-
I. Vol. ne
JUIN. 1730. 1257
ne de Cavalerie , accoucha le 15 Juin ,
d'une fille qui fut tenuë fur les fonts , &
nommée Anne-Loüife par François - Anne
de Vandeuil , Seigneur de Montgiron ,
&c. Ecuyer du Roy ; & par D. Louiſe
Charlotte le Fevre , veuve d'Aléxandro
Martinot , Maistre des Comptes.
On s'eft trompé en annonçant dans le
dernier Mercure , la mort de Pierre le
Clerc , Chevalier Seigneur des Hayes ,
Jumelles- le-Frefne , au Verfe- Guedenyau;
Confeiller au Parlement. Ce n'eſt point
lui qui eft mort , mais Dame Marie-Madeleine
Bachelier , fon époufe , fille de
M. Bachelier , Prefident des Tréforiers de
France , laquelle eft decedée le 11 May
dernier , âgée de 32. ans,
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Résumé : MORTS, NAISSANCE.
En 1730 à Paris, plusieurs décès et naissances ont été enregistrés. Ame-Marie-Madelaine Françoise Voifin, épouse de Robert Deflandes, Chevalier et Seigneur de Crevecoeur, est décédée le 22 mai à l'âge de 33 ans. Dame Élisabeth Françoise Huillier, femme de Paul Benoit, Comte de Brajuin, est morte le 27 mai à 51 ans. Braque, Chevalier et Seigneur du Luat de Boisfrenaud, Intendant et Contrôleur Général des Écuries et Livrées du Roi, est décédé le 29 mai. Son corps a été transporté à l'église des Pères de la Merci, fondée par la famille Braque en 1348. Jean de Nompere, Chevalier et Commandeur de la Commanderie de Saint-Jacques-Dulys, est mort le 30 mai à 76 ans. Alain-Emanuel de Coëtlogon, Maréchal et Vice-Amiral de France, est décédé le 7 juin à 83 ans. La maison de Coëtlogon est originaire de Bretagne et possède des archives remontant à 1207. François Cornu de Balivière, Lieutenant Général des armées du Roi et Gouverneur de Rocroy, est mort le 18 juin à environ 78 ans. Dame Marguerite-Thérèse Fleuriau, veuve de Louis de Laurency, Chevalier et Marquis de Montbrun, est décédée le 19 juin à 63 ans. Honoré Marion, Prêtre de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, est mort le 21 juin à environ 54 ans. Dominique Barberini de Saint-Contest, Conseiller d'État, est décédé le 22 juin à 62 ans. Il a été Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire du Roi au Congrès de Bade et de Cambray. Marie Henriette Bourgoin, épouse d'Anne-Louis Pinon, Chevalier et Vicomte de Quincy, a accouché le 4 juin d'une fille nommée Marie-Agnès. Geneviève de Vandeuil, épouse d'Antoine-François de Lanquedouë de Vandeuil, a accouché le 15 juin d'une fille nommée Anne-Louise. Le document corrige également une erreur concernant la mort de Pierre le Clerc, signalant en réalité le décès de son épouse, Dame Marie-Madeleine Bachelier, fille de Bachelier, Président des Trésoriers de France, survenue le 11 mai à 32 ans.
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55
p. 1365-1379
La Vie de Pierre Mignard, &c. [titre d'après la table]
Début :
LA VIE DE PIERRE MIGNARD, Premier Peintre du Roi, par l'Abbé de [...]
Mots clefs :
Pierre Mignard, Peintre du roi, Portrait, Tableau, Honneur, Galerie, Duchesse, Chevalier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : La Vie de Pierre Mignard, &c. [titre d'après la table]
LA VIE DE PIERRE MIGNARD ,
Premier Peintre du Roi , par l'Abbé de
Monville &c. A Paris , Quay des Auguf
tins , chez Boudot & Guerin 1730.
Nous avons donné dans la premiere
Partie de cet Extrait ce qui regarde la
Vie de Mignard depuis fa naiffance jufqu'à
fon voyage de Rome & fon retour en
France.
Il fut très bien reçû à la Cour , & fon
premier Ouvrage fut le Portrait du jeune
Roi Louis XIV. fait en trois heures , die
Auteur , & envoyé fur le champ à Madrid.
Mignard exprima fi bien cet air de
grandeur & de majesté qui a toujours été
gravé fur le front de ce Monarque, que
toute la Cour d'Espagne en fut frappće .
L'Infante , à la vûë de ces traits auguftes,
fouhaita que le Ciel la fit bientôt le fceau
& le noeud de la Paix .
La Reine more ne tarda pas à ordon
ner à Mignard de la peindre . Elle avoit les
mains parfaites , & elle ne les regardoic:
pas fans une fecrette complaifance . Mi--
gnard imita avec la derniére précifion
cette belle proportion & cette délicateffe
I-I, Vol. Ey
qu gui
1366 MERCURE DE FRANCE..
=1
qui
les rendoit admirables. Il fçut join--
dre dans le Portrait de la Reine mere ,
la jeuneffe qu'elle n'avoit plus , à la beauté
qu'elle avoit encore. Les Courtiſans
n'eurent befoin que de fincerité pour approuver
& pour loüer. Cette Princeffe :
elle- même vit cet effet de l'art avec un
plaifir que fa vertu ne put fe refufer.
Il peignit enfuite le Cardinal Mazarin .
Son Portrait avoit été jufqu'alors l'écueil
de tous les Peintres ; la gloire d'y réüffir :
étoit réfervée à Mignard . Il fe furpaffa luimême
dans cet Ouvrage. Mais cet extrait
feroit bien plus long qu'il ne faut fi on:
s'arrêtoit fur tous les excellens Portraits :
de cet habile Maître. Il fit plufieurs fois
celui du Roy , de la Reine,de Monfieur,
de M. le Dauphin & de quantité de Prin--
de Seigneurs , de Dames , de Minif
tres & d'un tres- grand nombre de perfonnes
de diftinction , qui lui firent une
tres- grande réputation.
ces ,
*
Le premier Portrait qu'il peignit à Paris
fut celui du Duc d'Efpernon . Ce Sei--
gneur qui fe piquoit de vivre en Prince,,
paya mille écus ce Bufte , afin , difoit- il
de mettre le prix aux Portraits de Mignard;;
& lui ayant fait peindre à Frefque dans
fon Hôtel , depuis l'Hôtel de Longue--
ville , une chambre & un cabinet , il luienvoya
40000 liv. L'eftime que les con--
LI.Vol noiffeurss
JUIN. 1730 1367
noiffeurs firent de ces Peintures , donnerent
un nouvel éclat à cette liberalité.
Le Portrait de la Marquiſe de Gouvernet
entr'autres furprit & charma : on y
trouya cette vie que les effets furprenans
dont l'hiftoire a confervé le fouvenir
donnent lieu de croire qu'avoient les Tableaux
des Peintres Grecs. On a vû fou
vent le Perroquet de Madame de Gouvernet
dire à fon Portrait : Baifez-moi, ma
maitreffe.
La Reine mere ayant enfin vû au gré
de fes fouhaits , le Dôme du Val- de- Grace
élevé , crut qu'il ne manqueroit rien à
la magnificence de cet Edifice , fi elle en
faifoit peindre la Coupe par le fçant
Maître que Rome avoit rendu peu d'années
auparavant à la France. Cette Princeffe
confia ce grand Ouvrage à Mignard
qui le finit en huit mois.
A
-
On peut dire en effet que le Val-de-
Grace n'eft peut- être pas moins le triomphe
de la peinture que celui de Mignard.
Jamais production de l'Art ne mérita
mieux Epithete Italienne , dont il eft
fi difficile de faire paffer toute l'énergie
en notre langue , opera daftupire
L'Agneau Pafcal , environné d'Anges
profternez , & le Chandelier à fept bran--
ches , viennent frapper d'abord le Spec- ~
tateur , que le premier regard ravic , char
Evj me
T368 MERCURE DE FRANCE
me ,failit. On lit au deffous ces paroles" :
Fui mortuus , & ecce ſum vivens.
I
Plus haut , un Ange porte ouvert, le Li--
vre fcellé de fept Sceaux , dont il eft parlé
dans l'Apocalypfe.
Le Signe adorable de la Croix eft vû
dans les Airs , à une diftance fupérieure's
porté,foutenu & couronné par les Anges.
Dans le centre eft une Gloire , où les
'trois Perfonnes de la Trinité paroiffent
fur un Trône de Nuës . La Puiffance , la-
Grandeur , la Majefté éclatent fur le vi--
fage & dans toute l'attitude du Pere ; fa:
main droite eft étenduë ; de la gauche il
tient le Globe du Monde . JESUS CHRIST
cft reprefenté tel que dans l'Ecriture , of--
frant à fon Pere les Elus qu'il lui a don--
nez , & faifant parler fon Sang répandu
pour tous les hommes. L'Efprit Saint fous
la forme d'une Colombe , placé au milieu
d'eux. Un vafte cercle de lumieré les en--
vironne. Le jour qu'elle répand a quelque
chofe de furnaturel ; c'eft un jour pur,,
c'eft une clarté divine ; tout le fujet en eft
clairé
Les Choeurs des Anges groupez dans
cette lumiere ; compofent le premier Or--
' dre de la Cour celefte . Une infinité de
Chérubins entourent la Divinité . Un
grand nombre d'Anges forment des Con--
certs d'autres plus proches du Trône fe
cachent
JUIN 1730. 1369
cachent de leurs aîles , & baiffent leurs
yeux éblouis.
Auprès de la Croix eft la fainte Vier
ge à genoux fur un nuage, fuivie , mais à
quelque diftance , de la Magdelaine &
des autres pieufes Femmes qui rendirent
à Jefus mourant les honneurs de la Se--
pulture. De l'autre côté on voit S. Jean--
Baptifte dans une attitude grave & noble,
tenant la Croix qui fert à le défigner-
A droit & à gauche de l'Agneau Paf--
chal font les quatre Peres de l'Eglife Latine
, les Miſteres de la Loy ancienne mê--
lez avec les attributs de la Loy nouvelle , ›
font voir la liaiſon éternelle des deux Teftamens.
A droite on recennoît S. Ambroife
& S. Jérôme . Le Pape S. Gregoire &.
guftin font à gauche , fuivis de faint
ouis & de la Reine Anne d'Autriche..
Elle dépofe fa Couronne pour s'humilier
devant le Roy des Rois , & elle lui offre
le Bâtiment qu'elle vient d'élever en fon
honneur . Un roulement de nuës fépare
les deux Peres qui font à gauche des Apôtres
& de ceux d'entre les Saints que ·PE
glife honore fous le nom de Confeffeurs.-
S. Benoît , pere de tous les Moines d'Occident
, dont les Religieufes du Val- de
Grace fuivent la Regle , eft vû dans un
rang éminent.
Une Légion innombrable de Martyrs
II.Vol.
occupe
1370 MERCURE DE FRANCE.
20
Occupe la place qui fuit . Ils ont à leurs
pieds les fondateurs des Ordres Religieux .
Sous cette partie de l'Eglife triomphante
eft écrit : Laverunt ftolas fuas in fanguine
Agni.
Moyfe tenant les Tables de la Loy
Aaron l'encenfoir à la main.David, Abraham
, Jofué , Jonas , & quelques autres
Saints de l'ancien Teflament forment le
bas du Tableau.
Les Anges qui emportent l'Arche d'al--
fiance , marquent excellemment que la
Loy de Grace a pris la place de la Loy Figurative
, & qu'on ne peut meriter le ciel
que par celui qui a die qu'il étoit la voye,,
la verité & la vie. Le paffage qui eft audeffous
ne laiffe pas lieu de douter que ce
mait été là l'efprit du Peintre : Sains. Dee
•·noftro & Agno..
Le chafte troupeau des Vierges remplit
tout ce qui refte de place. Le privilege
qu'elles ont de fuivre par tout l'Agneau
fans tache , eſt expliqué par ces mots :
•Sequuntur Agnum quocumque ierit.
On voit une foule d'efprits celeftes ré--
pandus dans differens endroits , les uns
-apportent des palmes aux Vierges & aux
Martyrs : les autres font fumer l'encens
en l'honneur du Très -Haut. Rien n'eft
oublié de tout ce qui peur donner quelque
idée de cette demeure , que l'oeil n'a
2
HiVol. -point
JUIN 1730 1371
འ
C
3
point vû , que l'efprit humain ne fçauroit
comprendre ; de cette felicité pleine
& immuable , dont celui qui eft l'Auteur
de toute felicité enivre à jamais fes Saints.
Sic exultant Sancti in gloria , fic lætanturin t
cubilibus fuis ; lit- t'on au bas , Pfeaume
149..
Mignard fit quelque tems après beau
coup d'ouvrages à frefque à l'Hôtel d'Her
vart , aujourd'hui l'Hôtel d'Armenon--
vile. Il peignit dans la vouté du cabinet
l'apotheofe de Pfiché son la voit qui s'é--
leve vers le plus haut de l'Olympe,portée
par Mercure & par l'Hymenées Jupiter
paroît empreffe à recevoir la nouvelle
Divinité qui vient embellir fon Empire.-
Cette fleur de la premiere jeuneffe , dont
les charmes font fi puiffans & à la beauté
la plus reguliere , fe joignent fur le vifage
de Pfiché, ces graces féduifantes qu'inf
pire le defir de plaire , &c.
On fçait le cas que font les Curieux
des Ouvrages de ces grands Maîtres d'I--
talie , qui outre leur merite réel , ont en--
core chez les demi-fçavans le merite de
n'être plus , ils élèvent la réputation des >
morts fur le débris de celle des vivans.-
Mignard ; qui avoit le rare talent d'attraper
parfaitement les differentes manieres
des plus excellens Peintres , ayant
-peint fur une toile d'Italie , une Made-
2
II! Vol . leine
132 MERCURE DE FRANCE .
:
leine dans le gout du Guide , ce tableau
fut vendu deux mille livres , pour être de
ce dernier Maître, au Chevalier de Clairville
, qui le jugea tel , ainfi que les plus
grands Curieux & Connoiffeurs ; & M. le
Brun lui-même.
Cependant quelque bruit s'étant rés
pandu , que cette Madeleine étoit de Mignard
, le Chevalier de Clairville alla le
trouver. Il répondit modeftement fur
l'honneur qu'on lui faifoit , & fit entrevoir
qu'il ne croioit pas le tableau du -
Guide. M. le Brun , foûtient le contraire,
lui dit le Chevalier , & je vous prie de
main à dîner avec lui pour éclaircir cette
affaire . La partie liée avec plufieurs Cornoiffeurs;
tout le monde fut du fentiment
de le Brun , & la difpute s'échauffa ; &
Mignard propofa 300 louis à parier
que le tableau n'étoit pas du Guide . Ie
Brun vouloit accepter le pari , & quand
Mignard vir la chofe auffi avant engagée
qu'elle pouvoit l'être pour fa gloire ; je :
ne puis pas parier en confcience , dit -il ,
car le tableau eft de moi ; & il en donna
la
preuve fur le champ , en découvrant
avec de l'huile de therebentine un endroit
du tableau , fous les cheveux de la Madé--
laine , où l'on trouva la Barette d'un Car- -
dinal qui avoit été peint d'abord fur cette
toile Mignard voulut reprendre fon ta--
II.Vol. bleau
JUIN. 1730. 1373
bleau & rendre les deux cent piftoles au
Chevalier , mais celui-ci fut bien-aife de
le garder.
Les portraits pour lesquels Mignard
étoit toûjours de plus en plus recherché
n'épuiferent pas tout fon tems , il fit de
tems en tems des ouvrages à frefque , &
des tableaux de chevalet.
La belle Ducheffe de Briffac , de la Maifon
de S. Simon , fouhaita alors que Mignard
fit fon portrait , & elle eut défiré
qu'il ne la fit pas attendre long-tems .
C'étoit beaucoup exiger d'un homme qui
ne difpofoit pas de fes momens à fon gré.
Elle engagea Racine à lui en parler , &
Mignard donna à l'amitié ce qu'il eut
peut-être refufé à toute autre confideration
. Il peignit Madame de Briffac en
grand avee un Amour auprès d'elle , dont
elle tient le flambeau , & qu'elle paroît
avoir défarmé . C'eft ainfi qu'elle avoit
voulu être reprefentée. Ce portrait fit
d'autant plus d'honneur à fon auteur ,
que la beauté de la Ducheffe de Briffac
confiftoit moins dans la regularité , que
dans l'enfemble , & dans le jeu des traits :
que d'ailleurs il avoit été queſtion d'épier
,fi l'on peut parler ainfi , & de fixer
fur fon vifage ces graces fugitives , qui
tiennent aux differens mouvemens de l'ame,
& de peindre même le fentiment qui
les fait naître. Il
1374 MERCURE DE FRANCE
Il fit quelque tems après le portrait de
la Ducheffe de la Valiere. Elle eft peinte
au milieu de fes deux enfans , le Comte
de Vermandois , jeune Prince que le'
Ciel n'a fait que montrer à la terre , &
Mademoifeile de Blois , depuis la Princeffe
de Conti , que Mignard bon connoiffeur
, affuroit dès-lors devoir être un
jour la plus grande beauté de fon fiecle.
Madame de la Valiere eft reprefentée tenant
un chalumeau , d'où pend une boule
de favon , autour de laquelle on lit: Sic
tranfit gloria mundi. Image naturelle de
la vanité ou occupation des hommes , &
fur tout des faveurs de la Cour. Cette
genereufe perfonne qui a fait voir qu'un
Roy peut être aimé pour lui- même , fe
préparoit déja au grand facrifice , qu'elle
confomma bien-tôt après. Il est vrai-femblable
, que ce fut elle qui donna l'idée
du tableau ; & il eft certain que fes
agrémens n'étoient pas diminués lorfqu'elle
prit le parti de les enfevelir dans
la plus auftere retraite. La France n'ou-
Bliera jamais les grands exemples qu'elle
a donné fous le nom de Sour Loüife de
Ja Mifericorde. Une fainte mort'a couronné
des vertus que nous voyons revivre
aujourd'hui dans fon augufte fille.
Le Roy voulant un jour fçavoir l'idée
que le Duc de Montaufier avoit de le
II.Fol
Brun
TUIN. 1730. 1375
Brun & de Mignard , qui avoient chacun
leurs Partifans : Sire , répondit-il , je ne
me connois pas en peinture , mais il me pa
rcit que ces hommes la peignent comme leur
nom.
Au mois de Mars 1677 , feu Monfieur,,
Frere unique de Louis XIV. ne dédaigna
pas d'aller chez Mignard , & il eut la bonté
de lui dire , qu'il faifoit bâtir exprès à
S. Cloud , une Galerie , un cabinet & un
falon , afin de les lui faire peindre , &c.
Mignard prit Apollon pour fujet princi
pal de ce grand ouvrage. Toutes les avantures
que la Fable prête à ce Dieu , tous
les attributs qu'elle lui donne , font parfaitement
reprefentés dans la Galerie..
A l'un des bouts on le voit dans l'inftant
de fa naiffance fur les genoux de Latone.
Vis-à-vis il eft vû fur le Parnaffe avec les
Mules. Dans le premier tableau , Latone
infultée par les payfans de Lybie , s'adref
fe à Jupiter qui la vange en changeant
ces hommes impitoyables en grenouilles.
La Divinité qui prefide aux beaux Arts ,
& aux differens talens de l'efprit , prefide
auffi aux faifons ; elles font peintes d'un
côté & de l'autre de la galerie , &c. Dans
le grand plafond , au milieu de la galerie ,
qui fert comme de couronnement à tout
Fouvrage , le Soleil fous la figure du Roi
paroît fur un char , tiré par quatre che
II. Fol Vaux
1376 MERCURE DE FRANCE,
vaux blancs .... l'Aurore le precede ,& c .
A la page 116 de ce livre , il y a une
faute de Copifte dont l'Auteur fera fans
doute bien aife que nous avertiffions le
Lecteur. En parlant du Portrait que fit
Mignard de Marie- Loüife d'Orleans , fille
aînée de Monfieur & d'Henriette d'Angleterre
son a mis que fon mariage venoit
d'être conclu avec Philippe IV. Roi d'Efpagne
, il faut lire Charles II.
Nous abregeons à regret la defcription
des peintures de S. Cloud , où Mignard
fit encore quantité d'autres grands Ou
vrages , comme le cabinet de Diane en
quatre grands tableaux & le plafond de
Aurore , le grand falon , où l'on voit
Olympe & tous les Dieux réunis , pour
voir Mars & Venus qui vont être envelo
pez par les retz de Vulcain , & c.
En 1684 il peignità Verfailles le petit
apartement , & pour faire voir que la perfection
où les Arts ont été portez en Fran
ce , étoit l'effet de la protection du Roi ,
fla reprefenté au milieu du plafond fur
des nuages , Apollon & Minerve ; le Genie
de la France eft debout entre ces deux
Divinitez , tenant un Lys d'une main &
s'appuyant de l'autre fur le genoux de
Minerve. On voit au deffous plufieurs
groupes d'Enfans , environnez des Inftrumens
des Sciences & des Arts . Ces
II. Vol.
Dieux
JUIN. 1739. 1377
?
Dieux leur diftribuenr des Couronnes.
de Laurier & des Medailles d'or. Aux
deux Salons qui terminent cette Galerie
il peignit au premier , Promethée qui a
dérobé le feu du Ciel , & dans l'autre
Pandore , & c. Après ces Ouvrages , Mignard
peignit le beau plafond du grand
Cabinet de Monfeigneur , qui ne fubfifte
plus.
Au mois de Juin 1687. Mignard fut
ennobli. Son tableau reprefentant l'hommage
de la Mer au Roy , fuivit de près
cette marque glorieufe dont S. M. venoit
de l'honorer.
Le Portrait de la Ducheffe du Lude
fut finienviron ce tems là . A l'affection &
l'eftime qu'elle avoit pour Mignard
elle joignit une telle inclination pour fa
fille que l'amitié la plus tendre y fucceda
bien- tôt , lorfque Mademoiſelle Mignard
devint , par fon mariage avec le Comte
de Feuquieres , coufine germaine de la
Ducheffe du Lude.
Un de fes derniers portraits eft celui de
Madame de Foix : Elle avoit des charmes
dans l'efprit , dont on ne pouvoit fe défendre.
Il fçût la peindre telle qu'elle étoit
effectivement , plutôt jolie que belle , parée
de cet art de plaire qui n'accompagne
pas toujours la beauté , & qui lui eft fouvent
préferé. La plupart des femmes , diloit
II. Vol.
1378 MERCURE DE FRANCE
ce Peintre , ne fçavent ce que c'est que de fe
fairepeindre telles qu'elles font ; elles ont une
idée de la beauté à laquelle elles veulent ref
fembler : c'eft leur idée qu'elles veulent qu'on
copie , & non pas leur visage.
Le fameux le Brun étant mort au mois
de Février 1690. le Roi donna ſur le
champ à Mignard la Charge de Premier
Peintre & Garde General du Cabinet des
Tableaux & Deffeins de S. M. Il fut nommé
en même-tems , Directeur & Chancelier
de l'Academie Royale de Peinture &
Sculpture , & Directeur de la Manufacture
Royal des Gobelins . Il mourut à Paris
le 13. Mai 1695. âgé de 84. ans ,
fix mois
& quelques jours.
L'Auteur termine la Vie de Mignard
par cet Eloge: Sa compofition eft riche
gracieufe & noble. Grand Poëte dans l'invention
, fa difpofition eft fçavante & fage
, fon ftile heroïque & fublime , fonpinceau
hardi , moelleux & leger. Tout
cela fans perdre de vûë les beautez du détail.
Ses expreffions font vrayes , confor
mes à l'action , moderées fans être infipides
; toûjours nobles , toujours élevées .
Il drapoit d'un grand goût : fes plis font
grands & bien jettez , marquant & flatant
judicieufement le nud , en imitant , autant
qu'il eft poffible , la varieté des étoffes
, &c. C'eft fur les Memoires de la
11. Vol. Comteffe
JUIN. 1730. 1379
Comteffe de Feuquieres qu'on a écrit la
vie de fon illuftre Pere ; c'eft elle , pourfuit
l'Auteur , qui lui fait rendre un honneur
fi bien merité , & lui donne cette
derniere marque de fa pieté , de fon rel
pect & de fa tendre reconnoiffance .
Premier Peintre du Roi , par l'Abbé de
Monville &c. A Paris , Quay des Auguf
tins , chez Boudot & Guerin 1730.
Nous avons donné dans la premiere
Partie de cet Extrait ce qui regarde la
Vie de Mignard depuis fa naiffance jufqu'à
fon voyage de Rome & fon retour en
France.
Il fut très bien reçû à la Cour , & fon
premier Ouvrage fut le Portrait du jeune
Roi Louis XIV. fait en trois heures , die
Auteur , & envoyé fur le champ à Madrid.
Mignard exprima fi bien cet air de
grandeur & de majesté qui a toujours été
gravé fur le front de ce Monarque, que
toute la Cour d'Espagne en fut frappće .
L'Infante , à la vûë de ces traits auguftes,
fouhaita que le Ciel la fit bientôt le fceau
& le noeud de la Paix .
La Reine more ne tarda pas à ordon
ner à Mignard de la peindre . Elle avoit les
mains parfaites , & elle ne les regardoic:
pas fans une fecrette complaifance . Mi--
gnard imita avec la derniére précifion
cette belle proportion & cette délicateffe
I-I, Vol. Ey
qu gui
1366 MERCURE DE FRANCE..
=1
qui
les rendoit admirables. Il fçut join--
dre dans le Portrait de la Reine mere ,
la jeuneffe qu'elle n'avoit plus , à la beauté
qu'elle avoit encore. Les Courtiſans
n'eurent befoin que de fincerité pour approuver
& pour loüer. Cette Princeffe :
elle- même vit cet effet de l'art avec un
plaifir que fa vertu ne put fe refufer.
Il peignit enfuite le Cardinal Mazarin .
Son Portrait avoit été jufqu'alors l'écueil
de tous les Peintres ; la gloire d'y réüffir :
étoit réfervée à Mignard . Il fe furpaffa luimême
dans cet Ouvrage. Mais cet extrait
feroit bien plus long qu'il ne faut fi on:
s'arrêtoit fur tous les excellens Portraits :
de cet habile Maître. Il fit plufieurs fois
celui du Roy , de la Reine,de Monfieur,
de M. le Dauphin & de quantité de Prin--
de Seigneurs , de Dames , de Minif
tres & d'un tres- grand nombre de perfonnes
de diftinction , qui lui firent une
tres- grande réputation.
ces ,
*
Le premier Portrait qu'il peignit à Paris
fut celui du Duc d'Efpernon . Ce Sei--
gneur qui fe piquoit de vivre en Prince,,
paya mille écus ce Bufte , afin , difoit- il
de mettre le prix aux Portraits de Mignard;;
& lui ayant fait peindre à Frefque dans
fon Hôtel , depuis l'Hôtel de Longue--
ville , une chambre & un cabinet , il luienvoya
40000 liv. L'eftime que les con--
LI.Vol noiffeurss
JUIN. 1730 1367
noiffeurs firent de ces Peintures , donnerent
un nouvel éclat à cette liberalité.
Le Portrait de la Marquiſe de Gouvernet
entr'autres furprit & charma : on y
trouya cette vie que les effets furprenans
dont l'hiftoire a confervé le fouvenir
donnent lieu de croire qu'avoient les Tableaux
des Peintres Grecs. On a vû fou
vent le Perroquet de Madame de Gouvernet
dire à fon Portrait : Baifez-moi, ma
maitreffe.
La Reine mere ayant enfin vû au gré
de fes fouhaits , le Dôme du Val- de- Grace
élevé , crut qu'il ne manqueroit rien à
la magnificence de cet Edifice , fi elle en
faifoit peindre la Coupe par le fçant
Maître que Rome avoit rendu peu d'années
auparavant à la France. Cette Princeffe
confia ce grand Ouvrage à Mignard
qui le finit en huit mois.
A
-
On peut dire en effet que le Val-de-
Grace n'eft peut- être pas moins le triomphe
de la peinture que celui de Mignard.
Jamais production de l'Art ne mérita
mieux Epithete Italienne , dont il eft
fi difficile de faire paffer toute l'énergie
en notre langue , opera daftupire
L'Agneau Pafcal , environné d'Anges
profternez , & le Chandelier à fept bran--
ches , viennent frapper d'abord le Spec- ~
tateur , que le premier regard ravic , char
Evj me
T368 MERCURE DE FRANCE
me ,failit. On lit au deffous ces paroles" :
Fui mortuus , & ecce ſum vivens.
I
Plus haut , un Ange porte ouvert, le Li--
vre fcellé de fept Sceaux , dont il eft parlé
dans l'Apocalypfe.
Le Signe adorable de la Croix eft vû
dans les Airs , à une diftance fupérieure's
porté,foutenu & couronné par les Anges.
Dans le centre eft une Gloire , où les
'trois Perfonnes de la Trinité paroiffent
fur un Trône de Nuës . La Puiffance , la-
Grandeur , la Majefté éclatent fur le vi--
fage & dans toute l'attitude du Pere ; fa:
main droite eft étenduë ; de la gauche il
tient le Globe du Monde . JESUS CHRIST
cft reprefenté tel que dans l'Ecriture , of--
frant à fon Pere les Elus qu'il lui a don--
nez , & faifant parler fon Sang répandu
pour tous les hommes. L'Efprit Saint fous
la forme d'une Colombe , placé au milieu
d'eux. Un vafte cercle de lumieré les en--
vironne. Le jour qu'elle répand a quelque
chofe de furnaturel ; c'eft un jour pur,,
c'eft une clarté divine ; tout le fujet en eft
clairé
Les Choeurs des Anges groupez dans
cette lumiere ; compofent le premier Or--
' dre de la Cour celefte . Une infinité de
Chérubins entourent la Divinité . Un
grand nombre d'Anges forment des Con--
certs d'autres plus proches du Trône fe
cachent
JUIN 1730. 1369
cachent de leurs aîles , & baiffent leurs
yeux éblouis.
Auprès de la Croix eft la fainte Vier
ge à genoux fur un nuage, fuivie , mais à
quelque diftance , de la Magdelaine &
des autres pieufes Femmes qui rendirent
à Jefus mourant les honneurs de la Se--
pulture. De l'autre côté on voit S. Jean--
Baptifte dans une attitude grave & noble,
tenant la Croix qui fert à le défigner-
A droit & à gauche de l'Agneau Paf--
chal font les quatre Peres de l'Eglife Latine
, les Miſteres de la Loy ancienne mê--
lez avec les attributs de la Loy nouvelle , ›
font voir la liaiſon éternelle des deux Teftamens.
A droite on recennoît S. Ambroife
& S. Jérôme . Le Pape S. Gregoire &.
guftin font à gauche , fuivis de faint
ouis & de la Reine Anne d'Autriche..
Elle dépofe fa Couronne pour s'humilier
devant le Roy des Rois , & elle lui offre
le Bâtiment qu'elle vient d'élever en fon
honneur . Un roulement de nuës fépare
les deux Peres qui font à gauche des Apôtres
& de ceux d'entre les Saints que ·PE
glife honore fous le nom de Confeffeurs.-
S. Benoît , pere de tous les Moines d'Occident
, dont les Religieufes du Val- de
Grace fuivent la Regle , eft vû dans un
rang éminent.
Une Légion innombrable de Martyrs
II.Vol.
occupe
1370 MERCURE DE FRANCE.
20
Occupe la place qui fuit . Ils ont à leurs
pieds les fondateurs des Ordres Religieux .
Sous cette partie de l'Eglife triomphante
eft écrit : Laverunt ftolas fuas in fanguine
Agni.
Moyfe tenant les Tables de la Loy
Aaron l'encenfoir à la main.David, Abraham
, Jofué , Jonas , & quelques autres
Saints de l'ancien Teflament forment le
bas du Tableau.
Les Anges qui emportent l'Arche d'al--
fiance , marquent excellemment que la
Loy de Grace a pris la place de la Loy Figurative
, & qu'on ne peut meriter le ciel
que par celui qui a die qu'il étoit la voye,,
la verité & la vie. Le paffage qui eft audeffous
ne laiffe pas lieu de douter que ce
mait été là l'efprit du Peintre : Sains. Dee
•·noftro & Agno..
Le chafte troupeau des Vierges remplit
tout ce qui refte de place. Le privilege
qu'elles ont de fuivre par tout l'Agneau
fans tache , eſt expliqué par ces mots :
•Sequuntur Agnum quocumque ierit.
On voit une foule d'efprits celeftes ré--
pandus dans differens endroits , les uns
-apportent des palmes aux Vierges & aux
Martyrs : les autres font fumer l'encens
en l'honneur du Très -Haut. Rien n'eft
oublié de tout ce qui peur donner quelque
idée de cette demeure , que l'oeil n'a
2
HiVol. -point
JUIN 1730 1371
འ
C
3
point vû , que l'efprit humain ne fçauroit
comprendre ; de cette felicité pleine
& immuable , dont celui qui eft l'Auteur
de toute felicité enivre à jamais fes Saints.
Sic exultant Sancti in gloria , fic lætanturin t
cubilibus fuis ; lit- t'on au bas , Pfeaume
149..
Mignard fit quelque tems après beau
coup d'ouvrages à frefque à l'Hôtel d'Her
vart , aujourd'hui l'Hôtel d'Armenon--
vile. Il peignit dans la vouté du cabinet
l'apotheofe de Pfiché son la voit qui s'é--
leve vers le plus haut de l'Olympe,portée
par Mercure & par l'Hymenées Jupiter
paroît empreffe à recevoir la nouvelle
Divinité qui vient embellir fon Empire.-
Cette fleur de la premiere jeuneffe , dont
les charmes font fi puiffans & à la beauté
la plus reguliere , fe joignent fur le vifage
de Pfiché, ces graces féduifantes qu'inf
pire le defir de plaire , &c.
On fçait le cas que font les Curieux
des Ouvrages de ces grands Maîtres d'I--
talie , qui outre leur merite réel , ont en--
core chez les demi-fçavans le merite de
n'être plus , ils élèvent la réputation des >
morts fur le débris de celle des vivans.-
Mignard ; qui avoit le rare talent d'attraper
parfaitement les differentes manieres
des plus excellens Peintres , ayant
-peint fur une toile d'Italie , une Made-
2
II! Vol . leine
132 MERCURE DE FRANCE .
:
leine dans le gout du Guide , ce tableau
fut vendu deux mille livres , pour être de
ce dernier Maître, au Chevalier de Clairville
, qui le jugea tel , ainfi que les plus
grands Curieux & Connoiffeurs ; & M. le
Brun lui-même.
Cependant quelque bruit s'étant rés
pandu , que cette Madeleine étoit de Mignard
, le Chevalier de Clairville alla le
trouver. Il répondit modeftement fur
l'honneur qu'on lui faifoit , & fit entrevoir
qu'il ne croioit pas le tableau du -
Guide. M. le Brun , foûtient le contraire,
lui dit le Chevalier , & je vous prie de
main à dîner avec lui pour éclaircir cette
affaire . La partie liée avec plufieurs Cornoiffeurs;
tout le monde fut du fentiment
de le Brun , & la difpute s'échauffa ; &
Mignard propofa 300 louis à parier
que le tableau n'étoit pas du Guide . Ie
Brun vouloit accepter le pari , & quand
Mignard vir la chofe auffi avant engagée
qu'elle pouvoit l'être pour fa gloire ; je :
ne puis pas parier en confcience , dit -il ,
car le tableau eft de moi ; & il en donna
la
preuve fur le champ , en découvrant
avec de l'huile de therebentine un endroit
du tableau , fous les cheveux de la Madé--
laine , où l'on trouva la Barette d'un Car- -
dinal qui avoit été peint d'abord fur cette
toile Mignard voulut reprendre fon ta--
II.Vol. bleau
JUIN. 1730. 1373
bleau & rendre les deux cent piftoles au
Chevalier , mais celui-ci fut bien-aife de
le garder.
Les portraits pour lesquels Mignard
étoit toûjours de plus en plus recherché
n'épuiferent pas tout fon tems , il fit de
tems en tems des ouvrages à frefque , &
des tableaux de chevalet.
La belle Ducheffe de Briffac , de la Maifon
de S. Simon , fouhaita alors que Mignard
fit fon portrait , & elle eut défiré
qu'il ne la fit pas attendre long-tems .
C'étoit beaucoup exiger d'un homme qui
ne difpofoit pas de fes momens à fon gré.
Elle engagea Racine à lui en parler , &
Mignard donna à l'amitié ce qu'il eut
peut-être refufé à toute autre confideration
. Il peignit Madame de Briffac en
grand avee un Amour auprès d'elle , dont
elle tient le flambeau , & qu'elle paroît
avoir défarmé . C'eft ainfi qu'elle avoit
voulu être reprefentée. Ce portrait fit
d'autant plus d'honneur à fon auteur ,
que la beauté de la Ducheffe de Briffac
confiftoit moins dans la regularité , que
dans l'enfemble , & dans le jeu des traits :
que d'ailleurs il avoit été queſtion d'épier
,fi l'on peut parler ainfi , & de fixer
fur fon vifage ces graces fugitives , qui
tiennent aux differens mouvemens de l'ame,
& de peindre même le fentiment qui
les fait naître. Il
1374 MERCURE DE FRANCE
Il fit quelque tems après le portrait de
la Ducheffe de la Valiere. Elle eft peinte
au milieu de fes deux enfans , le Comte
de Vermandois , jeune Prince que le'
Ciel n'a fait que montrer à la terre , &
Mademoifeile de Blois , depuis la Princeffe
de Conti , que Mignard bon connoiffeur
, affuroit dès-lors devoir être un
jour la plus grande beauté de fon fiecle.
Madame de la Valiere eft reprefentée tenant
un chalumeau , d'où pend une boule
de favon , autour de laquelle on lit: Sic
tranfit gloria mundi. Image naturelle de
la vanité ou occupation des hommes , &
fur tout des faveurs de la Cour. Cette
genereufe perfonne qui a fait voir qu'un
Roy peut être aimé pour lui- même , fe
préparoit déja au grand facrifice , qu'elle
confomma bien-tôt après. Il est vrai-femblable
, que ce fut elle qui donna l'idée
du tableau ; & il eft certain que fes
agrémens n'étoient pas diminués lorfqu'elle
prit le parti de les enfevelir dans
la plus auftere retraite. La France n'ou-
Bliera jamais les grands exemples qu'elle
a donné fous le nom de Sour Loüife de
Ja Mifericorde. Une fainte mort'a couronné
des vertus que nous voyons revivre
aujourd'hui dans fon augufte fille.
Le Roy voulant un jour fçavoir l'idée
que le Duc de Montaufier avoit de le
II.Fol
Brun
TUIN. 1730. 1375
Brun & de Mignard , qui avoient chacun
leurs Partifans : Sire , répondit-il , je ne
me connois pas en peinture , mais il me pa
rcit que ces hommes la peignent comme leur
nom.
Au mois de Mars 1677 , feu Monfieur,,
Frere unique de Louis XIV. ne dédaigna
pas d'aller chez Mignard , & il eut la bonté
de lui dire , qu'il faifoit bâtir exprès à
S. Cloud , une Galerie , un cabinet & un
falon , afin de les lui faire peindre , &c.
Mignard prit Apollon pour fujet princi
pal de ce grand ouvrage. Toutes les avantures
que la Fable prête à ce Dieu , tous
les attributs qu'elle lui donne , font parfaitement
reprefentés dans la Galerie..
A l'un des bouts on le voit dans l'inftant
de fa naiffance fur les genoux de Latone.
Vis-à-vis il eft vû fur le Parnaffe avec les
Mules. Dans le premier tableau , Latone
infultée par les payfans de Lybie , s'adref
fe à Jupiter qui la vange en changeant
ces hommes impitoyables en grenouilles.
La Divinité qui prefide aux beaux Arts ,
& aux differens talens de l'efprit , prefide
auffi aux faifons ; elles font peintes d'un
côté & de l'autre de la galerie , &c. Dans
le grand plafond , au milieu de la galerie ,
qui fert comme de couronnement à tout
Fouvrage , le Soleil fous la figure du Roi
paroît fur un char , tiré par quatre che
II. Fol Vaux
1376 MERCURE DE FRANCE,
vaux blancs .... l'Aurore le precede ,& c .
A la page 116 de ce livre , il y a une
faute de Copifte dont l'Auteur fera fans
doute bien aife que nous avertiffions le
Lecteur. En parlant du Portrait que fit
Mignard de Marie- Loüife d'Orleans , fille
aînée de Monfieur & d'Henriette d'Angleterre
son a mis que fon mariage venoit
d'être conclu avec Philippe IV. Roi d'Efpagne
, il faut lire Charles II.
Nous abregeons à regret la defcription
des peintures de S. Cloud , où Mignard
fit encore quantité d'autres grands Ou
vrages , comme le cabinet de Diane en
quatre grands tableaux & le plafond de
Aurore , le grand falon , où l'on voit
Olympe & tous les Dieux réunis , pour
voir Mars & Venus qui vont être envelo
pez par les retz de Vulcain , & c.
En 1684 il peignità Verfailles le petit
apartement , & pour faire voir que la perfection
où les Arts ont été portez en Fran
ce , étoit l'effet de la protection du Roi ,
fla reprefenté au milieu du plafond fur
des nuages , Apollon & Minerve ; le Genie
de la France eft debout entre ces deux
Divinitez , tenant un Lys d'une main &
s'appuyant de l'autre fur le genoux de
Minerve. On voit au deffous plufieurs
groupes d'Enfans , environnez des Inftrumens
des Sciences & des Arts . Ces
II. Vol.
Dieux
JUIN. 1739. 1377
?
Dieux leur diftribuenr des Couronnes.
de Laurier & des Medailles d'or. Aux
deux Salons qui terminent cette Galerie
il peignit au premier , Promethée qui a
dérobé le feu du Ciel , & dans l'autre
Pandore , & c. Après ces Ouvrages , Mignard
peignit le beau plafond du grand
Cabinet de Monfeigneur , qui ne fubfifte
plus.
Au mois de Juin 1687. Mignard fut
ennobli. Son tableau reprefentant l'hommage
de la Mer au Roy , fuivit de près
cette marque glorieufe dont S. M. venoit
de l'honorer.
Le Portrait de la Ducheffe du Lude
fut finienviron ce tems là . A l'affection &
l'eftime qu'elle avoit pour Mignard
elle joignit une telle inclination pour fa
fille que l'amitié la plus tendre y fucceda
bien- tôt , lorfque Mademoiſelle Mignard
devint , par fon mariage avec le Comte
de Feuquieres , coufine germaine de la
Ducheffe du Lude.
Un de fes derniers portraits eft celui de
Madame de Foix : Elle avoit des charmes
dans l'efprit , dont on ne pouvoit fe défendre.
Il fçût la peindre telle qu'elle étoit
effectivement , plutôt jolie que belle , parée
de cet art de plaire qui n'accompagne
pas toujours la beauté , & qui lui eft fouvent
préferé. La plupart des femmes , diloit
II. Vol.
1378 MERCURE DE FRANCE
ce Peintre , ne fçavent ce que c'est que de fe
fairepeindre telles qu'elles font ; elles ont une
idée de la beauté à laquelle elles veulent ref
fembler : c'eft leur idée qu'elles veulent qu'on
copie , & non pas leur visage.
Le fameux le Brun étant mort au mois
de Février 1690. le Roi donna ſur le
champ à Mignard la Charge de Premier
Peintre & Garde General du Cabinet des
Tableaux & Deffeins de S. M. Il fut nommé
en même-tems , Directeur & Chancelier
de l'Academie Royale de Peinture &
Sculpture , & Directeur de la Manufacture
Royal des Gobelins . Il mourut à Paris
le 13. Mai 1695. âgé de 84. ans ,
fix mois
& quelques jours.
L'Auteur termine la Vie de Mignard
par cet Eloge: Sa compofition eft riche
gracieufe & noble. Grand Poëte dans l'invention
, fa difpofition eft fçavante & fage
, fon ftile heroïque & fublime , fonpinceau
hardi , moelleux & leger. Tout
cela fans perdre de vûë les beautez du détail.
Ses expreffions font vrayes , confor
mes à l'action , moderées fans être infipides
; toûjours nobles , toujours élevées .
Il drapoit d'un grand goût : fes plis font
grands & bien jettez , marquant & flatant
judicieufement le nud , en imitant , autant
qu'il eft poffible , la varieté des étoffes
, &c. C'eft fur les Memoires de la
11. Vol. Comteffe
JUIN. 1730. 1379
Comteffe de Feuquieres qu'on a écrit la
vie de fon illuftre Pere ; c'eft elle , pourfuit
l'Auteur , qui lui fait rendre un honneur
fi bien merité , & lui donne cette
derniere marque de fa pieté , de fon rel
pect & de fa tendre reconnoiffance .
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Résumé : La Vie de Pierre Mignard, &c. [titre d'après la table]
Pierre Mignard, Premier Peintre du Roi, est un artiste français du XVIIe siècle dont la vie et les œuvres sont marquées par une grande reconnaissance à la cour. Après son retour de Rome, Mignard réalisa plusieurs portraits notables, dont celui du jeune roi Louis XIV, exécuté en trois heures et envoyé à Madrid. Ce portrait impressionna la cour d'Espagne, notamment l'Infante, et contribua à la paix entre les deux nations. La reine mère commanda également son portrait, mettant en valeur sa jeunesse et sa beauté. Mignard peignit aussi le Cardinal Mazarin, un sujet difficile pour les artistes précédents. Mignard réalisa de nombreux portraits de la famille royale et de personnalités distinguées, ce qui lui valut une grande réputation. Il peignit également des œuvres à fresque, comme celles de l'Hôtel d'Epernon et de l'Hôtel de Longueville. Le portrait de la Marquise de Gouvernet fut particulièrement admiré pour sa vivacité. Il fut chargé de peindre la coupole du Val-de-Grâce, un ouvrage achevé en huit mois et décrit comme un triomphe de la peinture, représentant des scènes religieuses et des figures divines avec une grande maîtrise. En plus de ses portraits et fresques, Mignard réalisa des tableaux de chevalet, comme celui de la Duchesse de Brissac et de la Duchesse de La Vallière. Il participa également à des débats sur l'authenticité de ses œuvres. Le texte mentionne des anecdotes sur les commandes royales et les appréciations des contemporains de Mignard. Par exemple, le Duc de Montausier compara les styles de Brun et de Mignard aux noms des artistes eux-mêmes. En 1677, le frère unique de Louis XIV, Monsieur, commanda à Mignard des peintures pour le château de Saint-Cloud, avec Apollon comme sujet principal. La Galerie de ses œuvres représente Apollon à différents moments de sa vie, notamment sa naissance auprès de Latone et sa présence sur le mont Parnasse avec les Muses. Latone, insultée par les paysans de Lybie, est vengée par Jupiter qui les transforme en grenouilles. La galerie est ornée de peintures des façons et des talents de l'esprit, avec un plafond central où le Soleil, représenté sous les traits du Roi, est tiré par quatre chevaux blancs, précédé par l'Aurore. Mignard a réalisé plusieurs œuvres importantes, comme le cabinet de Diane à Sceaux, le plafond de l'Aurore, et divers tableaux à Versailles. En 1684, il a peint un plafond représentant Apollon et Minerve, avec le Génie de la France tenant un lys et s'appuyant sur Minerve. Mignard a été anobli en juin 1687 et a peint des portraits notables, tels que celui de la Duchesse du Lude et de Madame de Foix. Après la mort de Charles Le Brun en 1690, Mignard a été nommé Premier Peintre du Roi, Directeur de l'Académie Royale de Peinture et Sculpture, et Directeur de la Manufacture Royale des Gobelins. Il est décédé à Paris le 13 mai 1695 à l'âge de 84 ans. Son élégie souligne sa composition riche et gracieuse, son invention poétique, son style héroïque et sublime, ainsi que son habileté dans le détail et le drapé. La vie de Mignard a été écrite par la Comtesse de Feuquières, sa fille.
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56
p. 1477-1479
MARIAGE.
Début :
Le 30 May, M. Loüis-Robert Mallet de Graville, Sous-Lieutenant des Chevaux Legers de [...]
Mots clefs :
Seigneur, Comte, Chevalier, Lieutenant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
LE 30 May ,M. Loiis-Robert Mallet de Gra- Liville , Sous -Lieutenant des Chevaux Legers de
Berry,époufa Dame Magdeleine Bouton de Chamilly
, veuve de M. François Martel , Comte de
Clere , fille de feu M. François Bouton , Comte
de Chamilly , Lieutenant General des Armées du
Roy, cy- devant Ambaffadeur Extraordinaire en
Dannemarc , & de Dame Catherine Poncet de la
Rivière , petite Niéce de feu Noël Bouton , Mar
quis de Chamilly , Maréchal de France , Cheva,
fier des Ordres du Roy , & Gouverneur de Straf
bourg.
M. le Comte de Graville eft fils de feu Louis
II.Vol. K Malle
1478
MERCURE DE FRANCE
Mallet de Graville , Marquis de Valſemé, Lieutenant
General des Armées du Roi,
Commandant en
Provence,
Commandeur de l'Ordre de S.Louis, &
auparavant Capitaine des Chevaux-Legers d'Or
leans,mort en Décembre 1707. & de feue D.Marguerite
de Sonnyng , petit- fils de Fury Mallet
de Graville , Marquis de Valfemé , auffi Capitaine
de la Compagnie des Chevaux- Legers d'Orleans,
& de Marguerite Mandot, arriere-petit-fils de Jean
Mallet , Seigneur de Drubec & de Valfemé , & de
Dame Magdeleine de Choifeul du Pleffis Pralin ,
Soeur de Cefar , Duc de Choifeul , Pair & Maréchal
de France, il a pour Trifayeul François Mallet
, Seigneur de Drubec , marié avec Françoife de
Hautemer , proche parente de Guillaume de Hautemer,
Maréchal de France, Chevalier des Ordres
du Roi,& Lieutenant General
aúGouvernement de
Normandie , ledit François Mallet , Seigneur de
Drubec, eft forti des Seigneurs de Cramefnil Mallet,
puifnez de la Maifon de Mallet- Graville, l'une des
plus grandes & des plus illuftres de la Province de
Normandie, comme on le verra par la
Genealogie
qui en fera donnée dans la nouv . Hift. des Grands
Officiers de la Couronne , au Chap. de Jean Mallet
, Sire de Graville , Grand- Maître des Arbalêtriers
, Grand-Pannetier, & Grand - Fauconnier de
France , ès anneés 1423. & 142 5. de Louis Mallet
, Sire de Graville , Amiral de France , Gouver→
neur de Picardie & Normandie , Chevalier des
Ordres du Roy , Capitaine des cent Gentilshom→
mes de fa Maifon , mort l'an 1516. & de Guillaume,
Seigneur de Cramefnil, Chevalier, Chambellan
du Roi , cominis par S. M. à l'exercice de
Maître des
Arbalêtriers de France au mois de Janvier
de l'an 1415. lequel est le 7e Ayeul de M. le
Comte de Graville , qui donne lieu à cet article .
La Généalogie de la Maifon de Bouton - Chamilli
,l'une des
premieres du Duché de
Bourgo-
II. Vol.
gne ,
JUIN. 1730. 1479
gne, fera auffi rapportée dans la même Hiftoire,
au Chapitre des Maréchaux de France , de même
que celle de la Maifon de Martel , l'une des plus
anciennes & des plus illuftres de Normandie ,
1'occafion de Guillaume Martel , Seigneur de Ba-
Confeiller Chambellan queville , Chevalier ,
établi Garde de l'Oriflame de France , en 1414.
LE 30 May ,M. Loiis-Robert Mallet de Gra- Liville , Sous -Lieutenant des Chevaux Legers de
Berry,époufa Dame Magdeleine Bouton de Chamilly
, veuve de M. François Martel , Comte de
Clere , fille de feu M. François Bouton , Comte
de Chamilly , Lieutenant General des Armées du
Roy, cy- devant Ambaffadeur Extraordinaire en
Dannemarc , & de Dame Catherine Poncet de la
Rivière , petite Niéce de feu Noël Bouton , Mar
quis de Chamilly , Maréchal de France , Cheva,
fier des Ordres du Roy , & Gouverneur de Straf
bourg.
M. le Comte de Graville eft fils de feu Louis
II.Vol. K Malle
1478
MERCURE DE FRANCE
Mallet de Graville , Marquis de Valſemé, Lieutenant
General des Armées du Roi,
Commandant en
Provence,
Commandeur de l'Ordre de S.Louis, &
auparavant Capitaine des Chevaux-Legers d'Or
leans,mort en Décembre 1707. & de feue D.Marguerite
de Sonnyng , petit- fils de Fury Mallet
de Graville , Marquis de Valfemé , auffi Capitaine
de la Compagnie des Chevaux- Legers d'Orleans,
& de Marguerite Mandot, arriere-petit-fils de Jean
Mallet , Seigneur de Drubec & de Valfemé , & de
Dame Magdeleine de Choifeul du Pleffis Pralin ,
Soeur de Cefar , Duc de Choifeul , Pair & Maréchal
de France, il a pour Trifayeul François Mallet
, Seigneur de Drubec , marié avec Françoife de
Hautemer , proche parente de Guillaume de Hautemer,
Maréchal de France, Chevalier des Ordres
du Roi,& Lieutenant General
aúGouvernement de
Normandie , ledit François Mallet , Seigneur de
Drubec, eft forti des Seigneurs de Cramefnil Mallet,
puifnez de la Maifon de Mallet- Graville, l'une des
plus grandes & des plus illuftres de la Province de
Normandie, comme on le verra par la
Genealogie
qui en fera donnée dans la nouv . Hift. des Grands
Officiers de la Couronne , au Chap. de Jean Mallet
, Sire de Graville , Grand- Maître des Arbalêtriers
, Grand-Pannetier, & Grand - Fauconnier de
France , ès anneés 1423. & 142 5. de Louis Mallet
, Sire de Graville , Amiral de France , Gouver→
neur de Picardie & Normandie , Chevalier des
Ordres du Roy , Capitaine des cent Gentilshom→
mes de fa Maifon , mort l'an 1516. & de Guillaume,
Seigneur de Cramefnil, Chevalier, Chambellan
du Roi , cominis par S. M. à l'exercice de
Maître des
Arbalêtriers de France au mois de Janvier
de l'an 1415. lequel est le 7e Ayeul de M. le
Comte de Graville , qui donne lieu à cet article .
La Généalogie de la Maifon de Bouton - Chamilli
,l'une des
premieres du Duché de
Bourgo-
II. Vol.
gne ,
JUIN. 1730. 1479
gne, fera auffi rapportée dans la même Hiftoire,
au Chapitre des Maréchaux de France , de même
que celle de la Maifon de Martel , l'une des plus
anciennes & des plus illuftres de Normandie ,
1'occafion de Guillaume Martel , Seigneur de Ba-
Confeiller Chambellan queville , Chevalier ,
établi Garde de l'Oriflame de France , en 1414.
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Résumé : MARIAGE.
Le 30 mai, Louis-Robert Mallet de Graville, sous-lieutenant des Chevaux-Légers de Berry, épousa Magdeleine Bouton de Chamilly, veuve de François Martel, Comte de Clere. Magdeleine était la fille de François Bouton, Comte de Chamilly, lieutenant général des armées du roi et ancien ambassadeur au Danemark, et de Catherine Poncet de la Rivière. Elle était également la petite-nièce de Noël Bouton, Marquis de Chamilly, Maréchal de France. Louis-Robert Mallet de Graville est le fils de Louis Mallet de Graville, Marquis de Valsemé, lieutenant général des armées du roi et Commandeur de l'Ordre de Saint-Louis, décédé en décembre 1707, et de Marguerite de Sonnyn. Il est le petit-fils de Fury Mallet de Graville et de Marguerite Mandot, et l'arrière-petit-fils de Jean Mallet, Seigneur de Drubec et de Valfemé, et de Magdeleine de Choiseul du Plessis Pralin. La famille Mallet de Graville est une des plus illustres de Normandie. La généalogie des familles Mallet de Graville, Bouton-Chamilly et Martel sera présentée dans la nouvelle histoire des Grands Officiers de la Couronne.
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57
p. 1685-1688
MORTS NAISSANCES,
Début :
N... Marquis d'Harcourt, Capitaine de Dragons, dans le Regiment Colonel General, [...]
Mots clefs :
Général, Chevalier, Roi, Duc, Épouse, Dame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS NAISSANCES,
MORTS NAISSANCES,
Ngon Marquis d'Harcourt
, Capitaine de Dragons
, dans le Regiment Colonel General
mourut à Lille le 20 Juin , âgé de 19 ans. Fl
étoit fils unique de Charles , Comte d'Harcourt
& Dollonde , cy- devant Meftre de Camp & Sous-
Lieutenant des Chevaux Legers de Bourgogne.
Chefdu Nom & des Armes de cette Illuftre Maifon;
& de Dame N.de Franquetot de Coigny,foeur
du Marquis de Coigny, Chevalier des ordres du
Roy , Lieutenant General de fes Armées , & Colonel
General des Dragons. Il ne refte plus de cette
branche des Comtes Dollonde,du nom d'Harcourt,
que les Coufins Germains du Comte d'Harcourt
, pere du Marquis qui vient de mourir, fça
voir , Jean-François d'Harcourt , Prêtre , Abbé
Commandataire de l'Abbaye de Ménat en Auvergne
, & Guillaume , Marquis d'Harcourt, fon
frere , Capitaine des Vaiffeaux du Roy , retiré à
fa
"
1686 MERCURE DE FRANCE
La Terre de Baffe - Normandie, à cauſe de ſes infirmitez.
Il avoit époufé feuë Dame Anne - Rofe
de Poefrie , héritiere de la Maifon de Taillepied ,
de laquelle il avoit eu deux enfans , qui font Marie-
Rofe d'Harcourt , Penfionnaire au Monaftere
des Religieufes de la Vifitation de Caën , &
Jacques , Comte d'Harcourt , qui fait actuellement
fes exercices à l'Academie de Vandeuil.
C'eſt aujourd'hui le feul rejetton de cette Branche
de la Maifon d'Harcourt.
Dame Marie Salé Dumenillet , époufe
de M. Antoine-Thomas le Secq , Chevalier
, Seigneur de S. Martin , Baron de Balingant
, Confeiller du Roy en fes Confeils
,Procureur general des Eaux & Forêts,
décedée le 25 Juin 1730. âgée de 55 ans ,
environ .
Dame Anne Guilbert , veuve de N.Foy,
Seigneur de S. Maurice , Commiffaire du
Confeil pour les Monnoyes , mourut le 27
Juin , âgée de 88 ans .
•
M. Pierre- Gilbert de Voifins, Preſident
de la deuxième Chambre des Enquêtes du
Parlement , & Doyen des Prefidens des
Enquêtes & Requêtes , mourut le 1. dece
mois , âgé d'environ 74 ans .
Dame Françoife Glucq , époufe de J. B.
de Montulé , Confeiller au Parlement ,
Chef du Confeil de fon S.A.S.M. le Prince
de Conti , mourut le même jour , âgée
d'environ 46 ans.
Frere Louis de Fronlay de Teffé , Chevalier
, Profès , de l'Ordre de S. Jean de Jérufalem
JUILLET. 1730. 1687
rufalem,Commandeur de Coulours, mourut
à Paris le 4 de ce mois , âgé de 65 ans.
Nicolas le Fevre , Seigneur de S. Luc ,
Benoît - la- Chapelle , &c. Lieutenant general
d'Epée au Bailliage & Préfidial de
Troyes & Maître des Eaux & Forêts, mourut
le 8.'âgé de 62 ans.
Dame Madelaine le Rebours , veuve de
M. Charles- Nicolas Huquet de Semonville
, Doyen du Parlement , décédé le 11
Juillet , âgée de 72 ans.
3 Emmanuel de Roquette Seigneur
d'Amades , premier Ecuyer de S. A. S.
Madame la Princeffe de Conty , feconde
Douairiere , mourut le 14 , âgé de 73 ans.
François de Neuville, Duc de Villeroy,
Pair & premierMaréchal deFrance , Chevalier
des Ordres du Roy, Gouverneur de fa
Perfonne, General de fes Armées, Miniftre
d'Etat ,Chef duConfeilRoyal desFinances,
Gouverneur de la Ville de Lyon , & de la
Province de Lyonnois, Forêt & Baujolois,
mourut à Paris le 18 Juillet, âgé de 86 ans
3 mois. Il avoit époufé en 1662. Marie de
Coffe ,fille de Louis de Coffe , Duc de
Briffac , & de Catherine de Gondi , dont
il a eu le Duc de Villeroy , Lieutenant General
des Armées du Roy , Chevalier des
fes Ordres & Capitaine des Gardes du
Corps de S. M. Gouverneur de la Ville de
Lyon,&c .& l'Archevêque de Lyon , Commandeur
1688 MERCURE DE FRANCË
mandeur des Ordres du Roy. Le Duc de
Retz & le Duc d'Alincour font les fils du
Duc de Villeroy.
Dame Jeanne - Felix Nouvel , époule
de M. J. B. Sorba , Comte de la Villette
Secretaire d'Etat de la République dé Génes
, & fon Miniftre Plénipotentiaire à la
Cour de France, accoucha le 7 Juin , d'une
fille , qui fut nommée Role-Placidie.
Dame Anne Geneviève de Meuve, épou
fe de Jean - Paul Bochart de Champigny ,
Capitaine au Regiment des Gardes Françoiſes
, Chevalier de l'Ordre Militaire de
S. Louis , accoucha le 13. d'un fils , qui fut
tenu fur les Fonts & nommé Frederic, par
Frederic- Guillaume de la Trémoille . Prince
de Talmond , Lieutenant General des
Armées du Roy , & Gouverneur des Ville
& Fortereffe de Saarlouis , & Pays en dépendans
; & par Dame Loüife - Françoiſe
d'Humieres, époufe de Louis- Antoine-Armand
, Duc de Grammont , Pair de France
, Chevalier des Ordres du Roy , Colonel
du Regiment des Gardes Françoifes &
Gouverneur de Bearn.-
Ngon Marquis d'Harcourt
, Capitaine de Dragons
, dans le Regiment Colonel General
mourut à Lille le 20 Juin , âgé de 19 ans. Fl
étoit fils unique de Charles , Comte d'Harcourt
& Dollonde , cy- devant Meftre de Camp & Sous-
Lieutenant des Chevaux Legers de Bourgogne.
Chefdu Nom & des Armes de cette Illuftre Maifon;
& de Dame N.de Franquetot de Coigny,foeur
du Marquis de Coigny, Chevalier des ordres du
Roy , Lieutenant General de fes Armées , & Colonel
General des Dragons. Il ne refte plus de cette
branche des Comtes Dollonde,du nom d'Harcourt,
que les Coufins Germains du Comte d'Harcourt
, pere du Marquis qui vient de mourir, fça
voir , Jean-François d'Harcourt , Prêtre , Abbé
Commandataire de l'Abbaye de Ménat en Auvergne
, & Guillaume , Marquis d'Harcourt, fon
frere , Capitaine des Vaiffeaux du Roy , retiré à
fa
"
1686 MERCURE DE FRANCE
La Terre de Baffe - Normandie, à cauſe de ſes infirmitez.
Il avoit époufé feuë Dame Anne - Rofe
de Poefrie , héritiere de la Maifon de Taillepied ,
de laquelle il avoit eu deux enfans , qui font Marie-
Rofe d'Harcourt , Penfionnaire au Monaftere
des Religieufes de la Vifitation de Caën , &
Jacques , Comte d'Harcourt , qui fait actuellement
fes exercices à l'Academie de Vandeuil.
C'eſt aujourd'hui le feul rejetton de cette Branche
de la Maifon d'Harcourt.
Dame Marie Salé Dumenillet , époufe
de M. Antoine-Thomas le Secq , Chevalier
, Seigneur de S. Martin , Baron de Balingant
, Confeiller du Roy en fes Confeils
,Procureur general des Eaux & Forêts,
décedée le 25 Juin 1730. âgée de 55 ans ,
environ .
Dame Anne Guilbert , veuve de N.Foy,
Seigneur de S. Maurice , Commiffaire du
Confeil pour les Monnoyes , mourut le 27
Juin , âgée de 88 ans .
•
M. Pierre- Gilbert de Voifins, Preſident
de la deuxième Chambre des Enquêtes du
Parlement , & Doyen des Prefidens des
Enquêtes & Requêtes , mourut le 1. dece
mois , âgé d'environ 74 ans .
Dame Françoife Glucq , époufe de J. B.
de Montulé , Confeiller au Parlement ,
Chef du Confeil de fon S.A.S.M. le Prince
de Conti , mourut le même jour , âgée
d'environ 46 ans.
Frere Louis de Fronlay de Teffé , Chevalier
, Profès , de l'Ordre de S. Jean de Jérufalem
JUILLET. 1730. 1687
rufalem,Commandeur de Coulours, mourut
à Paris le 4 de ce mois , âgé de 65 ans.
Nicolas le Fevre , Seigneur de S. Luc ,
Benoît - la- Chapelle , &c. Lieutenant general
d'Epée au Bailliage & Préfidial de
Troyes & Maître des Eaux & Forêts, mourut
le 8.'âgé de 62 ans.
Dame Madelaine le Rebours , veuve de
M. Charles- Nicolas Huquet de Semonville
, Doyen du Parlement , décédé le 11
Juillet , âgée de 72 ans.
3 Emmanuel de Roquette Seigneur
d'Amades , premier Ecuyer de S. A. S.
Madame la Princeffe de Conty , feconde
Douairiere , mourut le 14 , âgé de 73 ans.
François de Neuville, Duc de Villeroy,
Pair & premierMaréchal deFrance , Chevalier
des Ordres du Roy, Gouverneur de fa
Perfonne, General de fes Armées, Miniftre
d'Etat ,Chef duConfeilRoyal desFinances,
Gouverneur de la Ville de Lyon , & de la
Province de Lyonnois, Forêt & Baujolois,
mourut à Paris le 18 Juillet, âgé de 86 ans
3 mois. Il avoit époufé en 1662. Marie de
Coffe ,fille de Louis de Coffe , Duc de
Briffac , & de Catherine de Gondi , dont
il a eu le Duc de Villeroy , Lieutenant General
des Armées du Roy , Chevalier des
fes Ordres & Capitaine des Gardes du
Corps de S. M. Gouverneur de la Ville de
Lyon,&c .& l'Archevêque de Lyon , Commandeur
1688 MERCURE DE FRANCË
mandeur des Ordres du Roy. Le Duc de
Retz & le Duc d'Alincour font les fils du
Duc de Villeroy.
Dame Jeanne - Felix Nouvel , époule
de M. J. B. Sorba , Comte de la Villette
Secretaire d'Etat de la République dé Génes
, & fon Miniftre Plénipotentiaire à la
Cour de France, accoucha le 7 Juin , d'une
fille , qui fut nommée Role-Placidie.
Dame Anne Geneviève de Meuve, épou
fe de Jean - Paul Bochart de Champigny ,
Capitaine au Regiment des Gardes Françoiſes
, Chevalier de l'Ordre Militaire de
S. Louis , accoucha le 13. d'un fils , qui fut
tenu fur les Fonts & nommé Frederic, par
Frederic- Guillaume de la Trémoille . Prince
de Talmond , Lieutenant General des
Armées du Roy , & Gouverneur des Ville
& Fortereffe de Saarlouis , & Pays en dépendans
; & par Dame Loüife - Françoiſe
d'Humieres, époufe de Louis- Antoine-Armand
, Duc de Grammont , Pair de France
, Chevalier des Ordres du Roy , Colonel
du Regiment des Gardes Françoifes &
Gouverneur de Bearn.-
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Résumé : MORTS NAISSANCES,
En 1730, plusieurs décès et naissances notables ont été enregistrés. Le Marquis d'Harcourt, Capitaine de Dragons, est décédé à Lille le 20 juin à l'âge de 19 ans. Fils unique de Charles, Comte d'Harcourt, et de Dame N. de Franquetot de Coigny, il laisse derrière lui ses cousins germains, Jean-François d'Harcourt, Prêtre et Abbé Commandataire, et Guillaume, Marquis d'Harcourt, Capitaine des Vaisseaux du Roy. Parmi les autres décès marquants, on compte Dame Marie Salé Dumenillet, épouse de M. Antoine-Thomas le Secq, décédée le 25 juin à l'âge de 55 ans ; Dame Anne Guilbert, veuve de N. Foy, décédée le 27 juin à l'âge de 88 ans ; M. Pierre-Gilbert de Voisins, Président de la deuxième Chambre des Enquêtes du Parlement, décédé en juin à l'âge de 74 ans ; Dame Françoise Glucq, épouse de J. B. de Montulé, décédée le même jour à l'âge de 46 ans ; Frère Louis de Fronlay de Tessé, Chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, décédé à Paris le 4 juillet à l'âge de 65 ans ; Nicolas le Fèvre, Seigneur de Saint-Luc, décédé le 8 juillet à l'âge de 62 ans ; Dame Madeleine le Rebours, veuve de M. Charles-Nicolas Huquet de Semonville, décédée le 11 juillet à l'âge de 72 ans ; Emmanuel de Roquette, Seigneur d'Amades, décédé le 14 juillet à l'âge de 73 ans ; et François de Neuville, Duc de Villeroy, Pair de France et Maréchal, décédé à Paris le 18 juillet à l'âge de 86 ans. Du côté des naissances, Dame Jeanne-Félix Nouvel a donné naissance à une fille nommée Role-Placidie le 7 juin. Dame Anne Geneviève de Meuve a accouché d'un fils nommé Frédéric le 13 juin, dont les parrains étaient Frédéric-Guillaume de la Trémoille et Dame Louise-Françoise d'Humières.
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58
p. 1890-1892
CEREMONIE de la prise de Bonnet de Docteur, par M. l'Archevêque de Paris.
Début :
La Faculté de Théologie de Paris, après avoir presenté les Actes & les Décrets sur la Constiution [...]
Mots clefs :
Archevêque de Paris, Docteur, Chevalier, Faculté de théologie, Docteur
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texteReconnaissance textuelle : CEREMONIE de la prise de Bonnet de Docteur, par M. l'Archevêque de Paris.
CEREMONIE de la prife de Bonnet de
Docteur , parM.l'Archevêque de Paris.
A Faculté de Théologie de Paris, après avoir
Lprefènié les Actes & les Décrets fur la Conftitution
Unigenitus , au Roy , à la Reine & aux
autres Seigneurs,à Fontaibleau , le 18 May 1730.
cvût qu'elle devoit auffi preſenter les mêmes Actes
à M. l'Archevêque de Paris. Elle nomma pour
cela M. Lullier Doyen, M. de Romigny Syndic,
& les fix plus anciens Docteurs , aufquels elle recommanda
de fupplier M. l'Archevêque de vouloir
prendre le Bonnet de Docteur. Ce Prélat
avoit fait fa Licence dans les années 1706. &
1707. Mais après avoir obtenu le dégré de Licentié
, ayant été nommé fucceffivement Evêque
de Marfeille , & Archevêque d'Aix , il n'avoit
pas pris le Bonnet ,
cela étoit arri- que
vé à M. de Harlay Archevêque de Rouen , &
enfuite Archevêque de Paris , qui après ſa Licence
ne prit le Bonnet de Docteur qu'après avoir
été nommé Archevêque de Paris.
ainfi
M. l'Archevêque de Paris fut donc prié par
la Faculté de fuivre l'exemple de M. de Harlay
& à cette occafion le Doyen accompagné du
Syndic & des autres Députez , lui fit un fort
beau Difcours le 23 May dernier.
On fera peut- être bien -aiſe d'être inftruit de
ce qui s'obſerve quand les Archevêques de Paris
prennent le Bonnet . Ordinairement le Licencié
eft tenu qui doit prendre le Bonnet de Docteur ,
de foutenir quelques jours auparavant une Theſe.
nommée Vefperie , & un des jours fuivans il fe
rend
AOUST. 1730. 1891
rend dans la grande Sale de l'Archevéché , ou
dans la Chapelle interieure qui eft au bout de la
Sale , avec fon Grand-Maître d'Etude , où il a
prié quelques jours auparavant le Chancelier de
Notre-Dame de fe trouver. Il y a trois Chaifes
difpofées , le dos tourné à l'Autel. Si la cerenonie
fe fait dans la Chapelle de l'Archevêché ou
dans la Grande Sale même , le Licencié prend la
place du milieu ; à fa droite eft ie Chancelier , &
à fa gauche fon Grand - Maître d'Etude. La ceremonie
commence par un Difcours Latin que fait
le Chancelier fur quelque fujet d'érudition ou de
piété , fur l'importance de la ceremonie ; &c,
Enfuite le Licencié fe met à genoux devant le
Chancelier , qui lui fait faire les fermens accoutumez.
Le nouveau Docteur remercie le Chan→
celier , & fon Grand - Maître d'Etude. Enfuite il
préfide à une Thefe , nommée Aulique.
Après que le nouveau Docteur à difputé fur
trois Medium , ainfi que le Grand-Maître d'Etude
& le Chancelier , le Chancelier le conduit à
Notre- Dame , lui fait faire le ferment fur l'Autel
des Martyrs de foutenir la verité , enſeignée par
l'Eglife Catholique , Apoftolique & Romaine
toute la vie ; jufqu'à répandre fon ſang pour la
défenfe de ces mêmes véritez.
Mais quand un Archevêque de Paris , nommé
& facré , prend le Bonnet de Docteur , prefque
toutes ces ceremonies font obmiſes. Il n'y a ní
Vefperie , ni Aulique , ni Difcours par le Chancelier
, ou par le nouveau Docteur , ni fermens à
exiger de lui. L'Archevêque étant à genoux vis - àvis
l'Autel de la Chapelle intérieure de l'Archevêché
, ayant à fa droitele Chancelier , & le Doyen
de la Faculté à fa gauche , le Chancelier fe leve
donner & prononce la Formule ordinaire, pour
par l'autorité & la Benediction Apoftolique , le
dégre I vj
1892 MERCURE DE FRANCE
-
dégré de Docteur. Il met en même temps le
Bonnet de Docteur fur la tête de l'Archevêque
aiafi finit la ceremonie. C'est ce qui s'eſt obſervé
en 1671. quand M. de Harlay , Archevêque de
Paris , reçût le Bonnet de Docteur. Et c'eft auffi
ce qui s'eft paffé le 24 May 1730. à la cérémonie
de M. de Vintimille du Luc , en preſence
d'un grand nombre de Docteurs. Ce Prélat fit
l'honneur au Chancelier , au Doyen , au Syndic
& aux autres Docteurs de les retenir à dîner. Il
s'y trouva auffi quelques Prélats.
La Faculté prefenta auffi les Actes , dont il eſt
parlé au commencement de ce Mémoire , à l'Aſfemblée
du Clergé , le 10 Juillet dernier , ayant
nommé pour cela les mêmes Députez , lefquels
furent reçûs par les Agens Generaux,qui les conduifirent
dans la Sale des Affemblées . M. Luillier
Doyen , y fit un Difcours latin tres - éloquent
qui fe trouve dans le Recueil des mêmes Actes ,
donnésdepuis peu au Public.
Docteur , parM.l'Archevêque de Paris.
A Faculté de Théologie de Paris, après avoir
Lprefènié les Actes & les Décrets fur la Conftitution
Unigenitus , au Roy , à la Reine & aux
autres Seigneurs,à Fontaibleau , le 18 May 1730.
cvût qu'elle devoit auffi preſenter les mêmes Actes
à M. l'Archevêque de Paris. Elle nomma pour
cela M. Lullier Doyen, M. de Romigny Syndic,
& les fix plus anciens Docteurs , aufquels elle recommanda
de fupplier M. l'Archevêque de vouloir
prendre le Bonnet de Docteur. Ce Prélat
avoit fait fa Licence dans les années 1706. &
1707. Mais après avoir obtenu le dégré de Licentié
, ayant été nommé fucceffivement Evêque
de Marfeille , & Archevêque d'Aix , il n'avoit
pas pris le Bonnet ,
cela étoit arri- que
vé à M. de Harlay Archevêque de Rouen , &
enfuite Archevêque de Paris , qui après ſa Licence
ne prit le Bonnet de Docteur qu'après avoir
été nommé Archevêque de Paris.
ainfi
M. l'Archevêque de Paris fut donc prié par
la Faculté de fuivre l'exemple de M. de Harlay
& à cette occafion le Doyen accompagné du
Syndic & des autres Députez , lui fit un fort
beau Difcours le 23 May dernier.
On fera peut- être bien -aiſe d'être inftruit de
ce qui s'obſerve quand les Archevêques de Paris
prennent le Bonnet . Ordinairement le Licencié
eft tenu qui doit prendre le Bonnet de Docteur ,
de foutenir quelques jours auparavant une Theſe.
nommée Vefperie , & un des jours fuivans il fe
rend
AOUST. 1730. 1891
rend dans la grande Sale de l'Archevéché , ou
dans la Chapelle interieure qui eft au bout de la
Sale , avec fon Grand-Maître d'Etude , où il a
prié quelques jours auparavant le Chancelier de
Notre-Dame de fe trouver. Il y a trois Chaifes
difpofées , le dos tourné à l'Autel. Si la cerenonie
fe fait dans la Chapelle de l'Archevêché ou
dans la Grande Sale même , le Licencié prend la
place du milieu ; à fa droite eft ie Chancelier , &
à fa gauche fon Grand - Maître d'Etude. La ceremonie
commence par un Difcours Latin que fait
le Chancelier fur quelque fujet d'érudition ou de
piété , fur l'importance de la ceremonie ; &c,
Enfuite le Licencié fe met à genoux devant le
Chancelier , qui lui fait faire les fermens accoutumez.
Le nouveau Docteur remercie le Chan→
celier , & fon Grand - Maître d'Etude. Enfuite il
préfide à une Thefe , nommée Aulique.
Après que le nouveau Docteur à difputé fur
trois Medium , ainfi que le Grand-Maître d'Etude
& le Chancelier , le Chancelier le conduit à
Notre- Dame , lui fait faire le ferment fur l'Autel
des Martyrs de foutenir la verité , enſeignée par
l'Eglife Catholique , Apoftolique & Romaine
toute la vie ; jufqu'à répandre fon ſang pour la
défenfe de ces mêmes véritez.
Mais quand un Archevêque de Paris , nommé
& facré , prend le Bonnet de Docteur , prefque
toutes ces ceremonies font obmiſes. Il n'y a ní
Vefperie , ni Aulique , ni Difcours par le Chancelier
, ou par le nouveau Docteur , ni fermens à
exiger de lui. L'Archevêque étant à genoux vis - àvis
l'Autel de la Chapelle intérieure de l'Archevêché
, ayant à fa droitele Chancelier , & le Doyen
de la Faculté à fa gauche , le Chancelier fe leve
donner & prononce la Formule ordinaire, pour
par l'autorité & la Benediction Apoftolique , le
dégre I vj
1892 MERCURE DE FRANCE
-
dégré de Docteur. Il met en même temps le
Bonnet de Docteur fur la tête de l'Archevêque
aiafi finit la ceremonie. C'est ce qui s'eſt obſervé
en 1671. quand M. de Harlay , Archevêque de
Paris , reçût le Bonnet de Docteur. Et c'eft auffi
ce qui s'eft paffé le 24 May 1730. à la cérémonie
de M. de Vintimille du Luc , en preſence
d'un grand nombre de Docteurs. Ce Prélat fit
l'honneur au Chancelier , au Doyen , au Syndic
& aux autres Docteurs de les retenir à dîner. Il
s'y trouva auffi quelques Prélats.
La Faculté prefenta auffi les Actes , dont il eſt
parlé au commencement de ce Mémoire , à l'Aſfemblée
du Clergé , le 10 Juillet dernier , ayant
nommé pour cela les mêmes Députez , lefquels
furent reçûs par les Agens Generaux,qui les conduifirent
dans la Sale des Affemblées . M. Luillier
Doyen , y fit un Difcours latin tres - éloquent
qui fe trouve dans le Recueil des mêmes Actes ,
donnésdepuis peu au Public.
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Résumé : CEREMONIE de la prise de Bonnet de Docteur, par M. l'Archevêque de Paris.
En mai 1730, la Faculté de Théologie de Paris a organisé une cérémonie pour la prise de bonnet de docteur par l'Archevêque de Paris. Après avoir présenté les Actes et les Décrets sur la Constitution Unigenitus au roi et à la reine à Fontainebleau le 18 mai 1730, la Faculté a demandé à l'Archevêque de prendre le bonnet de docteur. Bien que l'Archevêque ait obtenu sa licence en 1706 et 1707 et ait été nommé évêque de Marseille puis archevêque d'Aix, il n'avait pas encore effectué cette cérémonie. La Faculté a désigné M. Lullier, Doyen, M. de Romigny, Syndic, et les docteurs les plus anciens pour supplier l'Archevêque de suivre l'exemple de M. de Harlay, ancien archevêque de Rouen et de Paris. Le 23 mai, le Doyen, accompagné du Syndic et des autres députés, a prononcé un discours à cette occasion. La cérémonie du 24 mai a différé des pratiques habituelles, où le licencié doit soutenir deux thèses et prêter serment. Pour un archevêque, ces étapes sont omises. L'Archevêque, à genoux devant l'autel de la chapelle intérieure de l'archevêché, a reçu le bonnet de docteur du chancelier, qui a prononcé la formule ordinaire. Cette cérémonie avait déjà été observée en 1671 pour M. de Harlay. Par ailleurs, la Faculté a présenté les Actes à l'Assemblée du Clergé le 10 juillet, avec les mêmes députés. Ils ont été reçus par les Agents Généraux, et M. Lullier, Doyen, a prononcé un discours latin éloquent lors de cette présentation.
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59
p. 2113-2114
MORTS, NAISSANCES & Mariages.
Début :
Jean-Baptiste Foubert de Bizy, Chevalier de l'Ordre Militaire de S. Jean de Latran, premier [...]
Mots clefs :
Marquis, Comte, Lieutenant, Armée, Chevalier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES & Mariages.
MORTS , NAISSANCES
& Mariages.
J
Ean - Baptifte Foubert de Bizy , Chevalier de
P'Ordre Militaire de S. Jean de Latran , premier
Secretaire dans les Ambaffades du Marquis
de Bonac à la Porte Ottomanne & en Suiffe ,
mourut le 22. Août , âgé d'environ 42. ans,
Louis de Quelen- Stuart de Cauffade , Comt
de la Vauguyon , Meftre de Camp de Cavaleriee
mourut à Valenciennes le 25. du mois dernier
âgé de 25. ans.
M. Henry de Fabry , Comte d'Autrey , Meſtré
de Camp du Regiment de la Sarre , mourut à
Verfailles le 1. de ce mois , âgé de 42. ans .
Monfieur Benjamin - Louis Frottier , Marquis
de la Cofte Meffeliere , Lieutenant de Roy du
Poitou , mourut à Paris le 5. âgé de 64. ans .
Dame Marie-Anne Delorme , veuve de Meffire
Pierre Debas , Seigneur Dujelle , & au jour de
fon décès époufa M.Louis le Couftellier, Ecuyer,
'Comte de Liliers ; Brigadier des Armées du Roy
Chevalier de l'Ordre de S. Louis , décedée le 8.
Septembre , âgée de 95. ans.
Le 1o. Guichard-Jofeph Duvernay , Confeiller
, Medecin ordinaire du Roy , Profeffeur en
Anatomie & Chirurgie au Jardin Royal des
Plantes , & de l'Académie Royale des Sciences ,
mourut âgé de 82. ans , extrémement regretté.
Le même jour , Louis- Charles , Marquis de
la Châtre , Lieutenant General des Armées du
Roy , & Gouverneur du Fort de Pequay , mourut
à Paris âgé de 69. ans. Il y a quelques an
nées que le Roy avoit accordé au Comte de
Nançai, Mestre de Camp du Regiment de Bearn,
9
$1
2114 MERCURE DE FRANCE
le Gouvernement du Fort de Pequay , en furvi .
vance du Marquis de la Châtre , fon pere .
Le 18. Septembre , Dame Louife de Meures ,
veuve de Jean de Vivans , Marquis de Noaillac ,
Seigneur de Pufches , Montluc , & c. Lieutenant
General des Armées du Roy , mourut dans une
des Terres du Marquis de Jaucourt fon gendre ,
dans le Nivernois , âgée de 51 , ans d'une efquinancie
, après cinq jours de maladie : c'étoit
une Dame très- vertueufe & très-charitable. Elle
laiffe une fille unique qui eft Madame la Marquife
de Jaucourt , heritiere de tous les biens ,
ainfi que de fes vertus.
>
Cefar Alexandre , Comte de Gouffier , veuf
de Marguerite Henriette de Gouffier , époufa le
7. Septembre D. Marie Charlotte de Gouffier
veuve de Charles Madeleine Colbert , Cornette
des Chevaux -Legers de la Garde du Roi .
Anne Leon de Montmorency , fils de Leon de
Montmorency , & de D. Marie Madeleine de
Ponflemotte de l'Etoile de Montbrifeuil , époufa
le 11. D. Anne Marie Barbe - de- ville , fille de feu
Armand , Baron de ville &c . & de D. Anne Barbe
de Courcelles .
Gafpard de Fortia , Marquis de Montreal
Meftre de Camp de Cavalerie , Chevalier de Saint
Louis , veuf de D. Anne Marie de Vaugué, époufa
le 14. Marie- Anne de Fortia , fille de Charles-
Jofeph de Fortia , Confeiller d'Etat , & de feu D:
Marie Madeleine Thomas.
Jofeph d'Apchier , Comte de la Baume &c.
Grand Sénéchal de Provence , fils de feu Philip
pes d'Apchier ; Comte de la Baume &c. & de D,
Gabrielle de Genitoux de la Tourelle , époufa le
23. D. Anne Marguerite Guénet de Franqueville,
fille de feu Touffaint , Marquis de Franqueville ,
&c. & de D, Madeleine d'Anviré de Machon
ville.
& Mariages.
J
Ean - Baptifte Foubert de Bizy , Chevalier de
P'Ordre Militaire de S. Jean de Latran , premier
Secretaire dans les Ambaffades du Marquis
de Bonac à la Porte Ottomanne & en Suiffe ,
mourut le 22. Août , âgé d'environ 42. ans,
Louis de Quelen- Stuart de Cauffade , Comt
de la Vauguyon , Meftre de Camp de Cavaleriee
mourut à Valenciennes le 25. du mois dernier
âgé de 25. ans.
M. Henry de Fabry , Comte d'Autrey , Meſtré
de Camp du Regiment de la Sarre , mourut à
Verfailles le 1. de ce mois , âgé de 42. ans .
Monfieur Benjamin - Louis Frottier , Marquis
de la Cofte Meffeliere , Lieutenant de Roy du
Poitou , mourut à Paris le 5. âgé de 64. ans .
Dame Marie-Anne Delorme , veuve de Meffire
Pierre Debas , Seigneur Dujelle , & au jour de
fon décès époufa M.Louis le Couftellier, Ecuyer,
'Comte de Liliers ; Brigadier des Armées du Roy
Chevalier de l'Ordre de S. Louis , décedée le 8.
Septembre , âgée de 95. ans.
Le 1o. Guichard-Jofeph Duvernay , Confeiller
, Medecin ordinaire du Roy , Profeffeur en
Anatomie & Chirurgie au Jardin Royal des
Plantes , & de l'Académie Royale des Sciences ,
mourut âgé de 82. ans , extrémement regretté.
Le même jour , Louis- Charles , Marquis de
la Châtre , Lieutenant General des Armées du
Roy , & Gouverneur du Fort de Pequay , mourut
à Paris âgé de 69. ans. Il y a quelques an
nées que le Roy avoit accordé au Comte de
Nançai, Mestre de Camp du Regiment de Bearn,
9
$1
2114 MERCURE DE FRANCE
le Gouvernement du Fort de Pequay , en furvi .
vance du Marquis de la Châtre , fon pere .
Le 18. Septembre , Dame Louife de Meures ,
veuve de Jean de Vivans , Marquis de Noaillac ,
Seigneur de Pufches , Montluc , & c. Lieutenant
General des Armées du Roy , mourut dans une
des Terres du Marquis de Jaucourt fon gendre ,
dans le Nivernois , âgée de 51 , ans d'une efquinancie
, après cinq jours de maladie : c'étoit
une Dame très- vertueufe & très-charitable. Elle
laiffe une fille unique qui eft Madame la Marquife
de Jaucourt , heritiere de tous les biens ,
ainfi que de fes vertus.
>
Cefar Alexandre , Comte de Gouffier , veuf
de Marguerite Henriette de Gouffier , époufa le
7. Septembre D. Marie Charlotte de Gouffier
veuve de Charles Madeleine Colbert , Cornette
des Chevaux -Legers de la Garde du Roi .
Anne Leon de Montmorency , fils de Leon de
Montmorency , & de D. Marie Madeleine de
Ponflemotte de l'Etoile de Montbrifeuil , époufa
le 11. D. Anne Marie Barbe - de- ville , fille de feu
Armand , Baron de ville &c . & de D. Anne Barbe
de Courcelles .
Gafpard de Fortia , Marquis de Montreal
Meftre de Camp de Cavalerie , Chevalier de Saint
Louis , veuf de D. Anne Marie de Vaugué, époufa
le 14. Marie- Anne de Fortia , fille de Charles-
Jofeph de Fortia , Confeiller d'Etat , & de feu D:
Marie Madeleine Thomas.
Jofeph d'Apchier , Comte de la Baume &c.
Grand Sénéchal de Provence , fils de feu Philip
pes d'Apchier ; Comte de la Baume &c. & de D,
Gabrielle de Genitoux de la Tourelle , époufa le
23. D. Anne Marguerite Guénet de Franqueville,
fille de feu Touffaint , Marquis de Franqueville ,
&c. & de D, Madeleine d'Anviré de Machon
ville.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES & Mariages.
Le texte mentionne plusieurs décès de personnalités notables. Jean-Baptiste Foubert de Bizy, secrétaire dans les ambassades, est mort à 42 ans. Louis de Quelen-Stuart de Cauffade, maître de camp de cavalerie, est décédé à 25 ans. Henry de Fabry, comte d'Autrey et maître de camp du régiment de la Sarre, est mort à 42 ans. Benjamin-Louis Frottier, marquis de la Coste-Messeliere et lieutenant du roi du Poitou, est décédé à 64 ans. Marie-Anne Delorme, veuve de Pierre Debas, est morte à 95 ans. Guichard-Joseph Duvernay, médecin du roi et professeur en anatomie, est décédé à 82 ans. Louis-Charles, marquis de la Châtre et lieutenant général des armées du roi, est mort à 69 ans. Louise de Meures, veuve de Jean de Vivans et marquise de Noaillac, est décédée à 51 ans. Le texte évoque également plusieurs mariages. César Alexandre, comte de Gouffier, a épousé Marie Charlotte de Gouffier. Anne Léon de Montmorency a épousé Anne Marie Barbe de Ville. Gaspard de Fortia, marquis de Montréal, a épousé Marie-Anne de Fortia. Joseph d'Apchier, comte de la Baume, a épousé Anne Marguerite Guénet de Franqueville.
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60
p. 2753-2755
Entrée publique & Audience du Roy, de l'Ambassadeur de Venise, [titre d'après la table]
Début :
Le 3. de ce mois, M. Aluise Mocenigo, Ambassadeur Ordinaire de la République [...]
Mots clefs :
Ambassadeur de Venise, Roi, Reine, Chevalier, Comte, Duchesse
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texteReconnaissance textuelle : Entrée publique & Audience du Roy, de l'Ambassadeur de Venise, [titre d'après la table]
Le 3. de ce mois , M. Aluife Mocenigo ,
Ambaffadeur Ordinaire de la Républi
que de Venife , fit fon Entrée publique
dans la Ville de Paris. Le Maréchal de
Roquelaure & le Chevalier de Sainctor ,
Introducteur des Ambaffadeurs , allerent
le prendre dans les Caroffes du Roi &
de la Reine au Convent de Picpus , d'où
la Marche fe fit dans l'ordre fuivant : le
Caroffe de l'Introducteur , le Caroffe du
Maréchal de Roquelaure , précedés de
fon Ecuyer & de deux Pages à cheval ;
un Suiffe de l'Ambaffadeur à cheval , la
SAL. Vol. livrés
2754 MERCURE DE FRANCE
livrée de l'Ambaffadeur à pied , fix Officiers
à cheval , deux Ecuyers & fix Pages.
à cheval , le Caroffe du Roi , aux côtés
duquel marchoient la livrée du Maréchal
de Roquelaure & celle du Chevalier de
Sainctor ; le Caroffe de la Reine , celui
de Madame la Ducheffe d'Orleans ,
Douairiere , ceux du Duc d'Orleans , de
la Ducheffe de Bourbon
J
"
> Douairiere
du Duc de Bourbon , de la Ducheffe de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princeffe de
Conti , Douairiere , de la Princeffe de
Conti , Seconde Douairiere , de la Princeffe
de Conti , Troifiéme Douairiere ,
du Prince de Conti , du Duc & de la
Ducheffe du Maine , du Prince de Dombes
, du Comte d'Eu , du Comte & de
la Comteffe de Touloufe , & celui de M.
Chauvelin , Garde des Sceaux , Miniftre
& Secretaire d'Etat , ayant le département
des affaires étrangeres , & à unc
diſtance de 30 à 40. pas , un Suiffe de
l'Ambaffadeur marchant à cheval devant
fes quatre Caroffes.
part
Après qu'il fut arrivé à fon Hôtel , if
fut complimenté de la
du Roi par
le Duc de Rochechouart , Premier Gentilhomme
de la Chambre , de lapart
de
la Reine par le Comte de Teffé , fon
Premier Ecuyer , & de la part de Mada-
1. Vol. me
DECEMBRE . 1730. 2755
me la Ducheffe d'Orleans , Douairiere
par le Marquis de Crevecoeur , fon Premier
Ecuyer.
Le 5. le Prince de Pons & le Chevalier
de Sainctot , Introducteur des Ambaffadeurs
, allerent prendre l'Ambaffadeur
en fon Hôtel dans les Caroffes du
Roi & de la Reine , & le conduifirent à
Verſailles , où il eut fa premiere audiance
publique du Roi. Il trouva à fon paffage
dans l'avant court du Château les Compagnies
des Gardes Françoifes & Suiffes
fous les armes , les tambours appellant ;
dans la Cour les Gardes de la Porte &
ceux de la Prevôté fous les armes à leurs
poftes ordinaires , & fur l'efcalier les
Cent Suiffes en habits de cerémonie , la
hallebarde à la main . Il fut reçû en dedans
de la Salle des Gardes par le Duc
d'Harcourt , Capitaine des Gardes du
Corps , qui étoient en haye & fous les
armes. Après l'audience du Roi , l'Ambaffadeur
fut conduit à celle de la Reine
& de Monfeigneur le Dauphin par le
Prince de Pons & le Chevalier de Sainctot.
I alla à ces Audiences en Robe
conformément à l'uſage des Ambaſſadeurs
de Venife , & après avoir été traité par
les Officiers du Roi , il fut reconduit à
Paris par le Chevalier de Sainctot dans
les Caroffes de L. M. avec les cerémonies
accoutumées .
Ambaffadeur Ordinaire de la Républi
que de Venife , fit fon Entrée publique
dans la Ville de Paris. Le Maréchal de
Roquelaure & le Chevalier de Sainctor ,
Introducteur des Ambaffadeurs , allerent
le prendre dans les Caroffes du Roi &
de la Reine au Convent de Picpus , d'où
la Marche fe fit dans l'ordre fuivant : le
Caroffe de l'Introducteur , le Caroffe du
Maréchal de Roquelaure , précedés de
fon Ecuyer & de deux Pages à cheval ;
un Suiffe de l'Ambaffadeur à cheval , la
SAL. Vol. livrés
2754 MERCURE DE FRANCE
livrée de l'Ambaffadeur à pied , fix Officiers
à cheval , deux Ecuyers & fix Pages.
à cheval , le Caroffe du Roi , aux côtés
duquel marchoient la livrée du Maréchal
de Roquelaure & celle du Chevalier de
Sainctor ; le Caroffe de la Reine , celui
de Madame la Ducheffe d'Orleans ,
Douairiere , ceux du Duc d'Orleans , de
la Ducheffe de Bourbon
J
"
> Douairiere
du Duc de Bourbon , de la Ducheffe de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princeffe de
Conti , Douairiere , de la Princeffe de
Conti , Seconde Douairiere , de la Princeffe
de Conti , Troifiéme Douairiere ,
du Prince de Conti , du Duc & de la
Ducheffe du Maine , du Prince de Dombes
, du Comte d'Eu , du Comte & de
la Comteffe de Touloufe , & celui de M.
Chauvelin , Garde des Sceaux , Miniftre
& Secretaire d'Etat , ayant le département
des affaires étrangeres , & à unc
diſtance de 30 à 40. pas , un Suiffe de
l'Ambaffadeur marchant à cheval devant
fes quatre Caroffes.
part
Après qu'il fut arrivé à fon Hôtel , if
fut complimenté de la
du Roi par
le Duc de Rochechouart , Premier Gentilhomme
de la Chambre , de lapart
de
la Reine par le Comte de Teffé , fon
Premier Ecuyer , & de la part de Mada-
1. Vol. me
DECEMBRE . 1730. 2755
me la Ducheffe d'Orleans , Douairiere
par le Marquis de Crevecoeur , fon Premier
Ecuyer.
Le 5. le Prince de Pons & le Chevalier
de Sainctot , Introducteur des Ambaffadeurs
, allerent prendre l'Ambaffadeur
en fon Hôtel dans les Caroffes du
Roi & de la Reine , & le conduifirent à
Verſailles , où il eut fa premiere audiance
publique du Roi. Il trouva à fon paffage
dans l'avant court du Château les Compagnies
des Gardes Françoifes & Suiffes
fous les armes , les tambours appellant ;
dans la Cour les Gardes de la Porte &
ceux de la Prevôté fous les armes à leurs
poftes ordinaires , & fur l'efcalier les
Cent Suiffes en habits de cerémonie , la
hallebarde à la main . Il fut reçû en dedans
de la Salle des Gardes par le Duc
d'Harcourt , Capitaine des Gardes du
Corps , qui étoient en haye & fous les
armes. Après l'audience du Roi , l'Ambaffadeur
fut conduit à celle de la Reine
& de Monfeigneur le Dauphin par le
Prince de Pons & le Chevalier de Sainctot.
I alla à ces Audiences en Robe
conformément à l'uſage des Ambaſſadeurs
de Venife , & après avoir été traité par
les Officiers du Roi , il fut reconduit à
Paris par le Chevalier de Sainctot dans
les Caroffes de L. M. avec les cerémonies
accoutumées .
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Résumé : Entrée publique & Audience du Roy, de l'Ambassadeur de Venise, [titre d'après la table]
Le 3 décembre 1730, M. Alvise Mocenigo, ambassadeur de la République de Venise, arriva à Paris. Il fut accueilli par le maréchal de Roquelaure et le chevalier de Sainctot, qui l'escortèrent jusqu'à son hôtel dans un cortège cérémoniel comprenant des carrosses du roi, de la reine, de Madame la duchesse d'Orléans douairière, du duc d'Orléans et d'autres nobles. À son arrivée, Mocenigo reçut des compliments de représentants royaux. Le 5 décembre, le prince de Pons et le chevalier de Sainctot conduisirent l'ambassadeur à Versailles pour sa première audience publique avec le roi. Les Gardes Françaises et Suisses étaient sous les armes, et les Cent Suisses en habits de cérémonie l'attendaient sur l'escalier. Après l'audience, Mocenigo fut reçu par la reine et le Dauphin. Il porta une robe conforme à l'usage des ambassadeurs vénitiens et fut reconduit à Paris par le chevalier de Sainctot avec les cérémonies habituelles.
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61
s. p.
PRIVILEGE DU ROY.
Début :
LOUIS, par la grace de Dieu, Roi de France & [...]
Mots clefs :
France, Brevet, Chevalier, Avenir, Ordre militaire de Saint Louis, Ouvrage, Lettres de Privilège, Examinateur , Obéissance, Exemplaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIVILEGE DU ROY.
LIBRABYRIVILEGE
$
35165
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS
1005
-
DU RO r.
•
>
LOUTS ,par la race de Dieu , Roi de France & de Navarre à nos Amez & Feaux Confeillers , les
Gens tenans nos Cours de Parlement , Maitres des
Requêtes ordinaires de nôtre Hôtel , Grand - Confeil
Baillifs , Senéchaux , leurs Lieutenans Civils , & autres
nos Officiers & Jufticiers qu'il appartiendra, SA--
LUT : l'applaudiffement que reçoit le MERCURE DE
FRANCE , Cy devant appellé le Mercure Galant
compofé depuis l'année 1672. par le fieur de Vifé , &
autres Auteurs , nous fait croire que le fieur Dufreni
Titulaire du dernier Brevet étant decedé , il ne convient
pas que le Public foit à l'avenir privé d'un ou
vrage auffi utile qu'a réable , tant à nos fujets qu'aux
étrangers ; c'eft dans cette vûë que bien informé des
talens , & de la fageffe du fieur ANTOINE DE LA ROQUE ,
Ecuyer , ancien Gendarme dans la Compagnie des
Gendarmes de notre Garde ordinaire , & Chevalier
de nôtre Ordre Militaire de Saint Louis ; nous l'avons
choisi pour compoſer à l'avenir exclufivement à tout
autre ledit Ouvrage , fous le titre de MERCURE DE
FRANCE , & nous lui en avons à cet effet accordé nôtre
Brevet le 17. Octobre dernier , pour l'execution du.
quel ledit fieur de la Roque nous a fait fupplier de
lui accorder nos Lettres de Privilege fur ce neceffai.
res :A CES CAUSES , conformément audit Brevet , Nous
lui avons permis & permettons par ces Prefentes de
compofer & donner au Public à l'avenir tous les mois ,
à lui feul exclufivement , ledit Mercure de France, qu'il
pourra faire imprimer en tel volume , forme , marge ,
caractere , conjointement , ou ſeparement , & autant
de fois que bon lui femblera , chaque mois , & de le
faire vendre & débiter par tout nôtre Royaume, & ce
pendant le temps de douze années confecutives , à
compter du jour de la datze des Prefentes ; à condi
tion neanmoins que chaque volume portera fon Approbation
expreffè de l'Examinateur , qui aura été com.
9
9
9
mis à cet effet. Faifons défenfes à toutes fortes de
perfonnes , de quelques qualitéz & conditions qu'elles
foient , d'en introduire d'inpreilions étrangeres dans
aucun lieu de nôtre obéi fance , comme auffi à tous
Libraires , Imprimeurs , Graveurs , & autres d'inprimer
, faireimprimer , graver , vendre , faire vendre,
débiter ni contrefaire ledit Livre, ou planches , en tout
ou en parce , ni d'en faire aucun Extrait , fous quel
que prétexte que ce foit , d'augmenta ion corrections
, changement de titre , ou autrement fans la
permiffion expreffe & par écrit de l'Expofant , ou de
ceux qui auront droit de lui ; le tout à peine de confifcation
des exemplaires contrefaits , de 6000. livres
d'amende , payables fans déport par chacun des contrevenans
, dont un ciers à Nous , un tiers à l'Hôtel-
Dieu de Paris , l'autre tiers à l'Expofant , ou à ceux
q i auront droit de lui , & de tous dépens ,
dommages
& interefts ; à la charge que ces Prefentes feront
enregistrées tout au long fur le Regiftre de la Communauté
des Libraires & Imprimeurs de Paris , & ce
dans trois mois de la datte d'icelles ; que l'impretion
de ce Livre fera faite dans notre Royaume , & non
ailleurs , en fin papier , & en beau caractere , conformément
aux Reglemens de la Librairie ; & qu'avant
de l'expofer en vente , le manufcrit ou imprimé qui
aura fervi de copie à l'impreflion dudit Livre fora
remis dans le même état où les Approbacions y au❤
ront été données , ès mains de nôtre très-cher &
Feal Chevalier , Garde des Sceaux de France , le
fieur FLEURIAU D'ARM NON VILLA, Commandeur de nos
ordres , & qu'il en fera enfuite remis deux Exemplai.
res de chacun dans nôtre Bibliotheque publique , un
dans celle de nôtre Château du Louvre , & un dans
celle de notredit très- cher & feal Chevalier , Garde
des Sceaux de France ; le tout à peine de nullité des
Prefentes , du contenu deſquelles Vous enjoignons de
faire jouir ledit Expofant , ou fes ayans caufe pleinement
& paifiblement , fans fouffrir qu'il leur foit fait
aucuns troubles & empêche nens , & à cet effet nous
avons revoqué & revoquons tous autres Privileges
qui pourroient avoir été donnez cy -devant à d'autres
qu'audit Expofant ; Voulons que la copie des Prefentes
qui fera imprimée tout au long au commence nent ou
à la fin dudit Livre foit tenue pour dúëment fignifiée ,
& qu'aux copies collationnées par l'un de nos Amez
& Feaux Confeillers. Secretaires, foy ſoit ajoûtée, &c.
$
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ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS
1005
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DU RO r.
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LOUTS ,par la race de Dieu , Roi de France & de Navarre à nos Amez & Feaux Confeillers , les
Gens tenans nos Cours de Parlement , Maitres des
Requêtes ordinaires de nôtre Hôtel , Grand - Confeil
Baillifs , Senéchaux , leurs Lieutenans Civils , & autres
nos Officiers & Jufticiers qu'il appartiendra, SA--
LUT : l'applaudiffement que reçoit le MERCURE DE
FRANCE , Cy devant appellé le Mercure Galant
compofé depuis l'année 1672. par le fieur de Vifé , &
autres Auteurs , nous fait croire que le fieur Dufreni
Titulaire du dernier Brevet étant decedé , il ne convient
pas que le Public foit à l'avenir privé d'un ou
vrage auffi utile qu'a réable , tant à nos fujets qu'aux
étrangers ; c'eft dans cette vûë que bien informé des
talens , & de la fageffe du fieur ANTOINE DE LA ROQUE ,
Ecuyer , ancien Gendarme dans la Compagnie des
Gendarmes de notre Garde ordinaire , & Chevalier
de nôtre Ordre Militaire de Saint Louis ; nous l'avons
choisi pour compoſer à l'avenir exclufivement à tout
autre ledit Ouvrage , fous le titre de MERCURE DE
FRANCE , & nous lui en avons à cet effet accordé nôtre
Brevet le 17. Octobre dernier , pour l'execution du.
quel ledit fieur de la Roque nous a fait fupplier de
lui accorder nos Lettres de Privilege fur ce neceffai.
res :A CES CAUSES , conformément audit Brevet , Nous
lui avons permis & permettons par ces Prefentes de
compofer & donner au Public à l'avenir tous les mois ,
à lui feul exclufivement , ledit Mercure de France, qu'il
pourra faire imprimer en tel volume , forme , marge ,
caractere , conjointement , ou ſeparement , & autant
de fois que bon lui femblera , chaque mois , & de le
faire vendre & débiter par tout nôtre Royaume, & ce
pendant le temps de douze années confecutives , à
compter du jour de la datze des Prefentes ; à condi
tion neanmoins que chaque volume portera fon Approbation
expreffè de l'Examinateur , qui aura été com.
9
9
9
mis à cet effet. Faifons défenfes à toutes fortes de
perfonnes , de quelques qualitéz & conditions qu'elles
foient , d'en introduire d'inpreilions étrangeres dans
aucun lieu de nôtre obéi fance , comme auffi à tous
Libraires , Imprimeurs , Graveurs , & autres d'inprimer
, faireimprimer , graver , vendre , faire vendre,
débiter ni contrefaire ledit Livre, ou planches , en tout
ou en parce , ni d'en faire aucun Extrait , fous quel
que prétexte que ce foit , d'augmenta ion corrections
, changement de titre , ou autrement fans la
permiffion expreffe & par écrit de l'Expofant , ou de
ceux qui auront droit de lui ; le tout à peine de confifcation
des exemplaires contrefaits , de 6000. livres
d'amende , payables fans déport par chacun des contrevenans
, dont un ciers à Nous , un tiers à l'Hôtel-
Dieu de Paris , l'autre tiers à l'Expofant , ou à ceux
q i auront droit de lui , & de tous dépens ,
dommages
& interefts ; à la charge que ces Prefentes feront
enregistrées tout au long fur le Regiftre de la Communauté
des Libraires & Imprimeurs de Paris , & ce
dans trois mois de la datte d'icelles ; que l'impretion
de ce Livre fera faite dans notre Royaume , & non
ailleurs , en fin papier , & en beau caractere , conformément
aux Reglemens de la Librairie ; & qu'avant
de l'expofer en vente , le manufcrit ou imprimé qui
aura fervi de copie à l'impreflion dudit Livre fora
remis dans le même état où les Approbacions y au❤
ront été données , ès mains de nôtre très-cher &
Feal Chevalier , Garde des Sceaux de France , le
fieur FLEURIAU D'ARM NON VILLA, Commandeur de nos
ordres , & qu'il en fera enfuite remis deux Exemplai.
res de chacun dans nôtre Bibliotheque publique , un
dans celle de nôtre Château du Louvre , & un dans
celle de notredit très- cher & feal Chevalier , Garde
des Sceaux de France ; le tout à peine de nullité des
Prefentes , du contenu deſquelles Vous enjoignons de
faire jouir ledit Expofant , ou fes ayans caufe pleinement
& paifiblement , fans fouffrir qu'il leur foit fait
aucuns troubles & empêche nens , & à cet effet nous
avons revoqué & revoquons tous autres Privileges
qui pourroient avoir été donnez cy -devant à d'autres
qu'audit Expofant ; Voulons que la copie des Prefentes
qui fera imprimée tout au long au commence nent ou
à la fin dudit Livre foit tenue pour dúëment fignifiée ,
& qu'aux copies collationnées par l'un de nos Amez
& Feaux Confeillers. Secretaires, foy ſoit ajoûtée, &c.
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Résumé : PRIVILEGE DU ROY.
Le document est un privilège royal émanant du roi de France et de Navarre, accordant la publication exclusive du 'Mercure de France'. Le roi reconnaît la valeur de cet ouvrage, initialement composé par le sieur de Visé et d'autres auteurs depuis 1672. À la suite du décès du titulaire du dernier brevet, le roi désigne le sieur Antoine de La Roque, écuyer et chevalier de l'Ordre militaire de Saint-Louis, pour composer et publier le 'Mercure de France'. Ce privilège accorde à La Roque le droit exclusif de composer et de publier cet ouvrage mensuellement pour une durée de douze années consécutives. Chaque volume doit obtenir l'approbation expresse de l'examinateur. Le document interdit à toute personne d'imprimer, vendre ou contrefaire le livre sans autorisation, sous peine de confiscation et d'amende. Le privilège doit être enregistré auprès de la communauté des libraires et imprimeurs de Paris, et l'impression doit se faire dans le royaume, en respectant les règlements de la librairie. Deux exemplaires de chaque volume doivent être remis à la bibliothèque publique, au château du Louvre, et au Garde des Sceaux de France.
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62
p. 399-403
MORTS, NAISSANCES,
Début :
Le nommé Sylvain Pruneau, Maçon, mourut à Paris le 3. [...]
Mots clefs :
Comte, Épouse, Conseiller, Gouverneur, Chevalier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES,
MORTS , NAISSANCES ,
Proica, sur la Paroisse de
E nommé Sylvain Pruneau , Maçon , mousut
>
La
S. Nicolas des Champs , dans la 111e année de
son âge.
François-Paul de Neuville de Villeroy , Prélat
Commandeur de l'Ordre du S. Esprit, Archevêque
de Lyon & Abbé de Fécamp , mourut dans son
Diocése le 6. de ce mois , dans la 54º année de
son âge.
Dame Catherine -Magdelaine Daniau de Saint
Gilles , Epouse de M.Jean-Louis , Comte d'Haurefort
de Bosein , Maréchal des Camps et Armées
I iiij
du
400 MERCURE DE FRANCE.
}
du Roi , Gouverneur des Ville , Château & Forts
de S. Malo , veuve du Comte de Vertillac , Maréchal
de Camp , Gouverneur de Mons , Lieutenant
de Roi de Périgord , mourut à Paris le 6.
de ce mois , âgée de 68. ans , sans laisser de posterité
de son second Mariage ; il ne lui reste de
sa premiere Alliance qu'une fille mariée au Comte
de Vertillac , Gouverneur & Sénechal de Perigord.
M. Henry Bochard de Champigny , Prévôt de
l'Eglise de S. Pierre de Lille , et Abbé d'Auberive,
Diocese de Langres , mourut à Lille le 11. de ce
mois , dans la 8re année de son âge .
Antoine Grimaldi , Prince de Monaco , Duc
de Valentinois , Pair de France , Chevalier des
Ordres du Roi , mourut à Monaco le 20. de ce
mois , dans la 7 re année de son âge, étant né le 27.
Janvier 1661. Il étoit fils de Louis Grimaldi
Prince de Monaco , mort à Rome le 3. Janvier
1701. et Catherine Charlotte de Grammont F
morte à Paris le . 4. Juin 1678. Il avoit épousé le
12. Juin 1688. Marie de Lorraine , fille de Louis
de Lorraine , Comte d'Armagnac , Grand-Ecuyer
de France , morte le 30. Octobre 1724 I laisse
de ce Mariage la Duchesse de Valentinois et la
Princesse d'Isenghien.
>
M. Nicolas-Remy Frizon , Seigneur de Blamont
cy -devant Président en la quatriéme
Chambre des Enquêtes , et President Honoraire
au Parlement , mourut le 23. Février , dans la 62
année de son âge.
1 D. Catherine Constance - Emilie Arnauld de
Pomponne , Epouse de Jean-Joachim Rouault ,
Comte de Cayeux , Brigadier des Armées du Roi ,
accoucha le 16. Janvier d'un fils , qui fut nommé
Alophe- Félicité , par Louis- Alophe Rouault ,
Conseiller
FEVRIER.. 1731. 451
Conseiller d'Etat , Auditeur de Rotte pour la
France , Abbé de Montmajour , représenté par
Claude-Jean-Baptiste Hyacinte -Joachim Rouault,
Marquis de Gamache , Gouverneur de S. Valery,
&c. Lieutenant General des Armées du Roi , et
par D. Catherine- Félicité Arnauld de Pomponne ,
Epouse de Jean - Baptiste Colbert , Marquis d'
Torcy , Ministre d'Etat , Commandeur des Or
dres du Roy.
D. Marie Megret , Epouse de Claude Pellot ,
Chevalier Comte de Trévieres , Conseiller au Par
lement,accoucha le 28.Fev.d'un fils , qui fut nommé
Auguste- Louis - Denis par Denis Aug. Comte
de la Eare , Maréchal de Camp , Commandeur de
l'Ordre de S. Louis , Gouverneur de Ville- Franche
, et Baron des Etats de Languedoc , et par
D. Louise - Françoise Joly de Fleury , Epouse de
Jean- Nicolas Megret de Serilly , Avocat General
de la Cour des Aydes.
--
Dame Marie Anne Robillard , femme de
M'. Louis - Pierre d'Hozier , Juge d'Armes de
France , Chevalier de l'Ordre du Roi , son Conseiller
, Maître ordinaire en sa Chambre des
Comptes de Paris , et Généalogiste de la Maison.
et des Ecuries de Sa Majesté , et de celles de la
Reine , accoucha le 18 Janv . d'un fils , qui fut
nommé Charles - Pierre , par M. Charles d'Ho
zier , son grand Oncle , âgé de 91 ans.
2
2
D. Catherine Scholastique Bazin de Bezons
épouse de N. Hubert , Vicomte d'Aubusson
Comte de la Feuillade , Premier Baron de la Mar,
che , Seigneur du Duché de Roanez , &c. Mestre
de Camp du Regiment Royal Piémont , Cavalerie
, accoucha le 31. Janv.d'une fille, qui fut tenue:
sur les Fonts , et nommée Louise - Anne - Gabrielle
, par M. Armand Bazin de Bezons , Evê
que de Carcassonne et par D. Louise.- Mader
I V laine
402 MERCURE DE FRANCE
laine le Blanc , veuve d'Esprit -Juvenal de Har
ville , des Ursins , Marquis de Traisnel. La Cé
rémonie du Baptême fut faite par M. César le
Blanc , Evêque d'Avranches .
D. Jeanne-Catherine Coustard , épouse de Basile
- Claude-Henry Anjorrant , Conseiller au Parlement
, accoucha le 7 Fév. d'un fils, qui fut tenu
sur les Fonts , et nommé Claude - Joseph , par
Pierre-Joseph Dufort , Conseiller du Roy , Maître
Ordinaire en sa Chambre des Comptes, et par
D. Catherine Croizet , veuve de François - Guiflaume
Briçonnet , Chevalier , Seigneur de Millemant
, Comte d'Auteuil, Président au Parlement .
Il y a dans l'Article des Morts , du Mercure de
Janvier dernier une faute considérable , pag. 178 .
au sujet de la mort de Dame Eléonore de Maccarti
Réagh, &c. en ce que on a imprimé Mavarti
, au lieu de Maccarti , qui est le veritable
nom de cette Illustre Dame.La faute ne vient pas
de nous , mais de la personne qui a envoyé le
Mémoire sur lequel nous avons imprimé. Ces
sortes de méprises sont presque inévitables à notre
égard , mais elles sont aisées à réparer quand
nous en sommes avertis. Il n'en est pas de même
à l'égard des Registres publics , qui souvent n'en
sont pas exempts. Nous recevons quelquefois des
Extraits de ces Registres , qui ont besoin de correction
; nous rectifions les choses autant que
nous le pouvons ; mais cela ne remedie point à
ce qui pêche dans l'Original ; et la conséquence
en est tres grande.
La Dame qui donne lieu à cette remarque
éroit de la premiere Maison d'Irlande , et de la
Branche aînée de cette Maison , tres- connue en
Fance depuis long- temps ; et depuis peu par
Milord Montcassel , Lieutenant General, &c. son
trèsFEVRIER.
1731. 403
✔
très proche parent , mort au service du Roy
et par M. Maccarty Reagh , frere de cette Dame,
Chef de sa Maison , qui avoit amené en France
étant encore fort jeune, un Régiment , tout composé
de ses vassaux . Il a été tué , ainsi que
frere unique , au service du Roy. On est redevable
de cette instruction à M. l'Abbé Hassett , Irlandois
, Docteur de Sorbonne , & c.
Proica, sur la Paroisse de
E nommé Sylvain Pruneau , Maçon , mousut
>
La
S. Nicolas des Champs , dans la 111e année de
son âge.
François-Paul de Neuville de Villeroy , Prélat
Commandeur de l'Ordre du S. Esprit, Archevêque
de Lyon & Abbé de Fécamp , mourut dans son
Diocése le 6. de ce mois , dans la 54º année de
son âge.
Dame Catherine -Magdelaine Daniau de Saint
Gilles , Epouse de M.Jean-Louis , Comte d'Haurefort
de Bosein , Maréchal des Camps et Armées
I iiij
du
400 MERCURE DE FRANCE.
}
du Roi , Gouverneur des Ville , Château & Forts
de S. Malo , veuve du Comte de Vertillac , Maréchal
de Camp , Gouverneur de Mons , Lieutenant
de Roi de Périgord , mourut à Paris le 6.
de ce mois , âgée de 68. ans , sans laisser de posterité
de son second Mariage ; il ne lui reste de
sa premiere Alliance qu'une fille mariée au Comte
de Vertillac , Gouverneur & Sénechal de Perigord.
M. Henry Bochard de Champigny , Prévôt de
l'Eglise de S. Pierre de Lille , et Abbé d'Auberive,
Diocese de Langres , mourut à Lille le 11. de ce
mois , dans la 8re année de son âge .
Antoine Grimaldi , Prince de Monaco , Duc
de Valentinois , Pair de France , Chevalier des
Ordres du Roi , mourut à Monaco le 20. de ce
mois , dans la 7 re année de son âge, étant né le 27.
Janvier 1661. Il étoit fils de Louis Grimaldi
Prince de Monaco , mort à Rome le 3. Janvier
1701. et Catherine Charlotte de Grammont F
morte à Paris le . 4. Juin 1678. Il avoit épousé le
12. Juin 1688. Marie de Lorraine , fille de Louis
de Lorraine , Comte d'Armagnac , Grand-Ecuyer
de France , morte le 30. Octobre 1724 I laisse
de ce Mariage la Duchesse de Valentinois et la
Princesse d'Isenghien.
>
M. Nicolas-Remy Frizon , Seigneur de Blamont
cy -devant Président en la quatriéme
Chambre des Enquêtes , et President Honoraire
au Parlement , mourut le 23. Février , dans la 62
année de son âge.
1 D. Catherine Constance - Emilie Arnauld de
Pomponne , Epouse de Jean-Joachim Rouault ,
Comte de Cayeux , Brigadier des Armées du Roi ,
accoucha le 16. Janvier d'un fils , qui fut nommé
Alophe- Félicité , par Louis- Alophe Rouault ,
Conseiller
FEVRIER.. 1731. 451
Conseiller d'Etat , Auditeur de Rotte pour la
France , Abbé de Montmajour , représenté par
Claude-Jean-Baptiste Hyacinte -Joachim Rouault,
Marquis de Gamache , Gouverneur de S. Valery,
&c. Lieutenant General des Armées du Roi , et
par D. Catherine- Félicité Arnauld de Pomponne ,
Epouse de Jean - Baptiste Colbert , Marquis d'
Torcy , Ministre d'Etat , Commandeur des Or
dres du Roy.
D. Marie Megret , Epouse de Claude Pellot ,
Chevalier Comte de Trévieres , Conseiller au Par
lement,accoucha le 28.Fev.d'un fils , qui fut nommé
Auguste- Louis - Denis par Denis Aug. Comte
de la Eare , Maréchal de Camp , Commandeur de
l'Ordre de S. Louis , Gouverneur de Ville- Franche
, et Baron des Etats de Languedoc , et par
D. Louise - Françoise Joly de Fleury , Epouse de
Jean- Nicolas Megret de Serilly , Avocat General
de la Cour des Aydes.
--
Dame Marie Anne Robillard , femme de
M'. Louis - Pierre d'Hozier , Juge d'Armes de
France , Chevalier de l'Ordre du Roi , son Conseiller
, Maître ordinaire en sa Chambre des
Comptes de Paris , et Généalogiste de la Maison.
et des Ecuries de Sa Majesté , et de celles de la
Reine , accoucha le 18 Janv . d'un fils , qui fut
nommé Charles - Pierre , par M. Charles d'Ho
zier , son grand Oncle , âgé de 91 ans.
2
2
D. Catherine Scholastique Bazin de Bezons
épouse de N. Hubert , Vicomte d'Aubusson
Comte de la Feuillade , Premier Baron de la Mar,
che , Seigneur du Duché de Roanez , &c. Mestre
de Camp du Regiment Royal Piémont , Cavalerie
, accoucha le 31. Janv.d'une fille, qui fut tenue:
sur les Fonts , et nommée Louise - Anne - Gabrielle
, par M. Armand Bazin de Bezons , Evê
que de Carcassonne et par D. Louise.- Mader
I V laine
402 MERCURE DE FRANCE
laine le Blanc , veuve d'Esprit -Juvenal de Har
ville , des Ursins , Marquis de Traisnel. La Cé
rémonie du Baptême fut faite par M. César le
Blanc , Evêque d'Avranches .
D. Jeanne-Catherine Coustard , épouse de Basile
- Claude-Henry Anjorrant , Conseiller au Parlement
, accoucha le 7 Fév. d'un fils, qui fut tenu
sur les Fonts , et nommé Claude - Joseph , par
Pierre-Joseph Dufort , Conseiller du Roy , Maître
Ordinaire en sa Chambre des Comptes, et par
D. Catherine Croizet , veuve de François - Guiflaume
Briçonnet , Chevalier , Seigneur de Millemant
, Comte d'Auteuil, Président au Parlement .
Il y a dans l'Article des Morts , du Mercure de
Janvier dernier une faute considérable , pag. 178 .
au sujet de la mort de Dame Eléonore de Maccarti
Réagh, &c. en ce que on a imprimé Mavarti
, au lieu de Maccarti , qui est le veritable
nom de cette Illustre Dame.La faute ne vient pas
de nous , mais de la personne qui a envoyé le
Mémoire sur lequel nous avons imprimé. Ces
sortes de méprises sont presque inévitables à notre
égard , mais elles sont aisées à réparer quand
nous en sommes avertis. Il n'en est pas de même
à l'égard des Registres publics , qui souvent n'en
sont pas exempts. Nous recevons quelquefois des
Extraits de ces Registres , qui ont besoin de correction
; nous rectifions les choses autant que
nous le pouvons ; mais cela ne remedie point à
ce qui pêche dans l'Original ; et la conséquence
en est tres grande.
La Dame qui donne lieu à cette remarque
éroit de la premiere Maison d'Irlande , et de la
Branche aînée de cette Maison , tres- connue en
Fance depuis long- temps ; et depuis peu par
Milord Montcassel , Lieutenant General, &c. son
trèsFEVRIER.
1731. 403
✔
très proche parent , mort au service du Roy
et par M. Maccarty Reagh , frere de cette Dame,
Chef de sa Maison , qui avoit amené en France
étant encore fort jeune, un Régiment , tout composé
de ses vassaux . Il a été tué , ainsi que
frere unique , au service du Roy. On est redevable
de cette instruction à M. l'Abbé Hassett , Irlandois
, Docteur de Sorbonne , & c.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES,
En février 1731, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Sylvain Pruneau, maçon, est décédé à l'âge de 111 ans à la paroisse de Saint-Nicolas-des-Champs. François-Paul de Neuville de Villeroy, archevêque de Lyon et abbé de Fécamp, est mort à 54 ans. Dame Catherine-Magdelaine Daniau de Saint-Gilles, veuve du comte de Vertillac, est décédée à Paris à l'âge de 68 ans. Henry Bochard de Champigny, prévôt de l'église de Saint-Pierre de Lille, est mort à 8 ans. Antoine Grimaldi, prince de Monaco, est décédé à 73 ans, laissant deux filles de son mariage avec Marie de Lorraine. Nicolas-Rémy Frizon, ancien président au Parlement, est mort à 62 ans. Du côté des naissances, Dame Catherine Constance-Émilie Arnauld de Pomponne a accouché d'un fils nommé Alophe-Félicité. Dame Marie Megret a donné naissance à un fils nommé Auguste-Louis-Denis. Dame Marie Anne Robillard, épouse de Louis-Pierre d'Hozier, a accouché d'un fils nommé Charles-Pierre. Dame Catherine Scholastique Bazin de Bezons a eu une fille nommée Louise-Anne-Gabrielle. Enfin, Dame Jeanne-Catherine Coustard a donné naissance à un fils nommé Claude-Joseph. Le document mentionne également une erreur corrigée dans un article précédent concernant le nom de Dame Eléonore de Maccarti Réagh, grâce à l'intervention de l'abbé Hassett.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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63
p. 810-815
MORTS, NAISSANCES, et Mariages.
Début :
Pierre Perrin, Ecuyer, Conseiller Secrétaire du Roi, Maison Couronne [...]
Mots clefs :
Écuyer, Avocat, Chevalier, Lieutenant général des armées, Gouverneur, Fermier général
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES, et Mariages.
MORTS , NAISSANCES ,
et Mariages.
Perétaire du Roi , Maison Couronne ,
Ierre Perrin , Ecuyer , Conseiller Se-
&c. Honoraire , Avocat en Parlement ès-
Conseils du Roi , mourut le 33. Mars ,
âgé de 75. ans.
Henry Doresmieux , Ecuyer , Avocat
au Parlement , Intendant de feuë Mada
me la Dauphine , et Chef du Conseil de
feu M. le Duc de Berry , mourut le 4.
de ce mois , âgé de 80. ans.
M. Augustin André , Ecuyer , Conseiller
Secretaire du Roi , Maison , &c. Conseiller
à la Cour des Aydes , mourut le
4: Avril , dans la 49. année de son âge.
Antoine le Prêtre , Chevalier , Comte
de Vauban , de Busseul et de Boyer , Marquis
de Magny , Seigneur d'Essertine
Moulins sur l'Arconse , Poisson , la Bastie
, & c. Lieutenant Général des Armées du
Roy , Grand Croix de l'Ordre Militaire
de S. Louis , Gouverneur des Ville et
ChâA
V RIL. 1731.
8ir
Château de Bethune , Ingénieur General
et Directeur des Fortifications des Places
d'Artois , mourut en son Gouvernement
le 10. d'Avril , universellement regretté.
On lui donna en entrant au service du
Roi en 1672. une Lieutenance au Regi
ment de Champagne en 1674. il eut
une Compagnie dans celui de Normandie
; il fut fait Brigadier d'Infanterie au
mois de Mars 1693. Maréchal de Camp.
en 1702. Lieutenant General en 1704.
Il commença à servir en qualité d'Ingénieur
en 1674. au Siége de Besançon où
il fut blessé de deux coups de de fusil , en
faisant le logement de la contrescarpe. It
servit ensuite avec le Maréchal de Vauban
son oncle , à tous ceux qu'il fit depuis..
Il suivit cet illustre Général dans presque
toutes les visites qu'il fit des Places du
Royaume , travaillant sous lui aux projets
de fortifications qui ont été execu--
tez sur ses desseins. Ce travail embrassoit
la construction de plus de soixante
nouvelles Places , et la réparation de plus
de quatre-vingt anciennes ; après cela '
il fut chargé de faire en Chef plusieurs.
Siéges à celui de Courtrai , en 1683 .
il fut blessé d'un coup de fusil à la main
droite , dont il est demeuré estropić .
:
Il servit en 1702. à la défense de Keservert
, sous les ordres de Monseigneur
le
>
812 MERCURE DE FRANCE
,
le Duc de Bourgogne. En 1703. au Siege
de Brisack , où il conduisit l'attaque de
la gauche , avec une approbation generale
, ce qui opera la réddition de la place.
En 1708. à la défense de l'Isle , sous les
ordres du Maréchal de Bouflers. Il défendit
en 1710. Bethune dont il étoit Gouverneur
у tint contre l'attente du Roi
et celle des deux armées , quarante deux
jours de tranchée ouverte quoique la
place fut petite , mauvaise , mal munie ;
et la garnison fort foible. En 1714. il fut
choisi par les Rois de France et d'Espagne
, pour faire en Chef, sous les ordres
du Maréchal de Bervick , le Siege de
Barcelone , où il reçut un coup de fusil
au travers du corps.
>
Malgré tous les périls où il a été expo
sé pendant ses longs services ; il a été de
bonne heure à la tête du Corps du Génie ,
et en a été long- temps le Doyen ; Il a
vû périr plus de 600. Ingenieurs. Il s'étoit
trouvé à 44. Sieges d'attaque ou de
défenses de Places , de Villes , de Citadelle
, ou de Châteaux , et à grand nombre
d'autres actions où il avoit reçû seize
blessures considerables. Il a perdu au
service du Roi , son pere , deux freres
un beau frere , deux oncles , et onze cousins
germains , ou issus de germains , ensorte
qu'il y a peu de famille dans le Royau
me
1
AVRIL. 1731. 813
me qui ait tant essuyé de feu , et répandu
tant de sang que llaa sienne , dont il ne
restoit que lui de son nom et ses deux
fils , dont l'aîné est guidon de Gendarmerie
, et le cadet Lieutenant au Regiment
du Roi , Infanterie.
M. Louis Teissier , ancien Fermier Général
, mourut à Paris le 12. de ce mois ,
âgé de 77. ans.
>
Jacques de Barberie , Chevalier Marquis
de Courteille Maître des Requêtes
honoraire , ci- devant Intendant d'Alençon
, et ensuite du Berry , décedé de
17. Avril , âgé de 56. ans.
•
Dame Marie Anne d'Espinay de S. Luc,
Epouse de M. François , Marquis de Rochechouart
, mourut le 24. de ce mois ,
dans la 58. année de son âge.
Frere Michel Forbin de Janson , Chevalier
Profez de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem
, Commandeur de la Commanderie
de Borderes , du Prieuré de Toulouse
, et Brigadier des Armées du Roi , mourut
à Paris le même jour , âgé d'environ
60. ans.
Mlle des Barres âgé d'onze ans , a re
çûë les cérémonies du Baptême le deuxiéme
Avril , dans l'Eglise de S. Roch ,
et a été nommée Bonne Benigne , par
la Comtesse de Saint Chamans sa Grand-
Mere ,
314 MERCURE DE FRANCE
J
Mere , et par le Marquis de Baufremon ;
Chevalier de la Toison d'Or , Brigadier
des Armées du Roi. Elle est fille du
Comte des Barres , qui est d'une noble
et ancienne Maison de Bourgogne , et de
Judith de Saint Chamans , son épouse.
Le 6. Avril les Cérémonies du Baptême
furent suppléées à René Prosper , né
le 27. Mars précédent , fils de M. Jean
René de Longueil , Marquis de Maisons
et de Poissy , & c. Président à Mortier
du Parlement de Paris ; et de Dame Jeanne
Louise , Baüyn ' d'Argenvilliers. Il a
été nommé par M. Nicolas Prosper
Baüyn d'Argenvilliers , Ministre et Secretaire
d'Etat , et par Dame Charlote
Angelique Coursin veuve de M. Jacques
Roque , Seigneur de Varangeville, et
Ambassadeur du Roi à Venise .
>
Dame Louise Adelaide Sabligoton d'Epinay
, épouse de M. Guy , Louis , Charles
Delaval Montmorency , accoucha le
13. de ce mois d'une fille , qui fut tenuë
sur les Fonts , et nommé Louise
Adelaide Philippine , par L. A. S. Monseigneur
Louis Duc d'Orleans , premier
Prince du Sang , et par Mademoiselle
Philippine Elizabeth d'Orleans. La Cérémonie
fut faite en la Chapelle du Palais
Royal , par le Curé de S. Eustache.
Jean
1
AVRIL. 1731.
815
Jean Baptiste le Clerc , Seigneur de
Boisguiche , & c. épousa le 24. Avril Da
me Marie Therese le Bas de Givangis ,
fille de Louis le Bas de Givangis , Trésorier
des Gardes Françoises , et de Dame
Catherine Quentin.
et Mariages.
Perétaire du Roi , Maison Couronne ,
Ierre Perrin , Ecuyer , Conseiller Se-
&c. Honoraire , Avocat en Parlement ès-
Conseils du Roi , mourut le 33. Mars ,
âgé de 75. ans.
Henry Doresmieux , Ecuyer , Avocat
au Parlement , Intendant de feuë Mada
me la Dauphine , et Chef du Conseil de
feu M. le Duc de Berry , mourut le 4.
de ce mois , âgé de 80. ans.
M. Augustin André , Ecuyer , Conseiller
Secretaire du Roi , Maison , &c. Conseiller
à la Cour des Aydes , mourut le
4: Avril , dans la 49. année de son âge.
Antoine le Prêtre , Chevalier , Comte
de Vauban , de Busseul et de Boyer , Marquis
de Magny , Seigneur d'Essertine
Moulins sur l'Arconse , Poisson , la Bastie
, & c. Lieutenant Général des Armées du
Roy , Grand Croix de l'Ordre Militaire
de S. Louis , Gouverneur des Ville et
ChâA
V RIL. 1731.
8ir
Château de Bethune , Ingénieur General
et Directeur des Fortifications des Places
d'Artois , mourut en son Gouvernement
le 10. d'Avril , universellement regretté.
On lui donna en entrant au service du
Roi en 1672. une Lieutenance au Regi
ment de Champagne en 1674. il eut
une Compagnie dans celui de Normandie
; il fut fait Brigadier d'Infanterie au
mois de Mars 1693. Maréchal de Camp.
en 1702. Lieutenant General en 1704.
Il commença à servir en qualité d'Ingénieur
en 1674. au Siége de Besançon où
il fut blessé de deux coups de de fusil , en
faisant le logement de la contrescarpe. It
servit ensuite avec le Maréchal de Vauban
son oncle , à tous ceux qu'il fit depuis..
Il suivit cet illustre Général dans presque
toutes les visites qu'il fit des Places du
Royaume , travaillant sous lui aux projets
de fortifications qui ont été execu--
tez sur ses desseins. Ce travail embrassoit
la construction de plus de soixante
nouvelles Places , et la réparation de plus
de quatre-vingt anciennes ; après cela '
il fut chargé de faire en Chef plusieurs.
Siéges à celui de Courtrai , en 1683 .
il fut blessé d'un coup de fusil à la main
droite , dont il est demeuré estropić .
:
Il servit en 1702. à la défense de Keservert
, sous les ordres de Monseigneur
le
>
812 MERCURE DE FRANCE
,
le Duc de Bourgogne. En 1703. au Siege
de Brisack , où il conduisit l'attaque de
la gauche , avec une approbation generale
, ce qui opera la réddition de la place.
En 1708. à la défense de l'Isle , sous les
ordres du Maréchal de Bouflers. Il défendit
en 1710. Bethune dont il étoit Gouverneur
у tint contre l'attente du Roi
et celle des deux armées , quarante deux
jours de tranchée ouverte quoique la
place fut petite , mauvaise , mal munie ;
et la garnison fort foible. En 1714. il fut
choisi par les Rois de France et d'Espagne
, pour faire en Chef, sous les ordres
du Maréchal de Bervick , le Siege de
Barcelone , où il reçut un coup de fusil
au travers du corps.
>
Malgré tous les périls où il a été expo
sé pendant ses longs services ; il a été de
bonne heure à la tête du Corps du Génie ,
et en a été long- temps le Doyen ; Il a
vû périr plus de 600. Ingenieurs. Il s'étoit
trouvé à 44. Sieges d'attaque ou de
défenses de Places , de Villes , de Citadelle
, ou de Châteaux , et à grand nombre
d'autres actions où il avoit reçû seize
blessures considerables. Il a perdu au
service du Roi , son pere , deux freres
un beau frere , deux oncles , et onze cousins
germains , ou issus de germains , ensorte
qu'il y a peu de famille dans le Royau
me
1
AVRIL. 1731. 813
me qui ait tant essuyé de feu , et répandu
tant de sang que llaa sienne , dont il ne
restoit que lui de son nom et ses deux
fils , dont l'aîné est guidon de Gendarmerie
, et le cadet Lieutenant au Regiment
du Roi , Infanterie.
M. Louis Teissier , ancien Fermier Général
, mourut à Paris le 12. de ce mois ,
âgé de 77. ans.
>
Jacques de Barberie , Chevalier Marquis
de Courteille Maître des Requêtes
honoraire , ci- devant Intendant d'Alençon
, et ensuite du Berry , décedé de
17. Avril , âgé de 56. ans.
•
Dame Marie Anne d'Espinay de S. Luc,
Epouse de M. François , Marquis de Rochechouart
, mourut le 24. de ce mois ,
dans la 58. année de son âge.
Frere Michel Forbin de Janson , Chevalier
Profez de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem
, Commandeur de la Commanderie
de Borderes , du Prieuré de Toulouse
, et Brigadier des Armées du Roi , mourut
à Paris le même jour , âgé d'environ
60. ans.
Mlle des Barres âgé d'onze ans , a re
çûë les cérémonies du Baptême le deuxiéme
Avril , dans l'Eglise de S. Roch ,
et a été nommée Bonne Benigne , par
la Comtesse de Saint Chamans sa Grand-
Mere ,
314 MERCURE DE FRANCE
J
Mere , et par le Marquis de Baufremon ;
Chevalier de la Toison d'Or , Brigadier
des Armées du Roi. Elle est fille du
Comte des Barres , qui est d'une noble
et ancienne Maison de Bourgogne , et de
Judith de Saint Chamans , son épouse.
Le 6. Avril les Cérémonies du Baptême
furent suppléées à René Prosper , né
le 27. Mars précédent , fils de M. Jean
René de Longueil , Marquis de Maisons
et de Poissy , & c. Président à Mortier
du Parlement de Paris ; et de Dame Jeanne
Louise , Baüyn ' d'Argenvilliers. Il a
été nommé par M. Nicolas Prosper
Baüyn d'Argenvilliers , Ministre et Secretaire
d'Etat , et par Dame Charlote
Angelique Coursin veuve de M. Jacques
Roque , Seigneur de Varangeville, et
Ambassadeur du Roi à Venise .
>
Dame Louise Adelaide Sabligoton d'Epinay
, épouse de M. Guy , Louis , Charles
Delaval Montmorency , accoucha le
13. de ce mois d'une fille , qui fut tenuë
sur les Fonts , et nommé Louise
Adelaide Philippine , par L. A. S. Monseigneur
Louis Duc d'Orleans , premier
Prince du Sang , et par Mademoiselle
Philippine Elizabeth d'Orleans. La Cérémonie
fut faite en la Chapelle du Palais
Royal , par le Curé de S. Eustache.
Jean
1
AVRIL. 1731.
815
Jean Baptiste le Clerc , Seigneur de
Boisguiche , & c. épousa le 24. Avril Da
me Marie Therese le Bas de Givangis ,
fille de Louis le Bas de Givangis , Trésorier
des Gardes Françoises , et de Dame
Catherine Quentin.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES, et Mariages.
Le document relate divers événements survenus en avril 1731, incluant des naissances, des mariages et des décès. Parmi les décès notables, Ierre Perrin, Ecuyer et Conseiller du Roi, est décédé le 33 mars à l'âge de 75 ans. Henry Doresmieux, Ecuyer et Avocat au Parlement, est décédé le 4 avril à 80 ans. M. Augustin André, Ecuyer et Conseiller du Roi, est également décédé le 4 avril à 49 ans. Antoine le Prêtre, Chevalier et Lieutenant Général des Armées du Roi, est décédé le 10 avril à 80 ans. Il a servi en tant qu'ingénieur et a participé à de nombreux sièges et fortifications sous la direction de son oncle, le Maréchal de Vauban. D'autres décès mentionnés incluent M. Louis Teissier, ancien Fermier Général, décédé le 12 avril à 77 ans, Jacques de Barberie, Chevalier et Intendant, décédé le 17 avril à 56 ans, et Dame Marie Anne d'Espinay de S. Luc, épouse du Marquis de Rochechouart, décédée le 24 avril à 58 ans. Les naissances et baptêmes notables incluent Mlle des Barres, baptisée le 2 avril et nommée Bonne Benigne, et René Prosper, né le 27 mars et baptisé le 6 avril. Dame Louise Adelaide Sabligoton d'Epinay a accouché le 13 avril d'une fille nommée Louise Adelaide Philippine. Enfin, Jean Baptiste le Clerc a épousé Dame Marie Therese le Bas de Givangis le 24 avril.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
64
p. 1056-1070
SUITE des Memoires historiques sur les personnes illustres originaires du Comté d'Eu.
Début :
Aprés avoir fait connoître les Personnes originaires du Comté d'Eu qui [...]
Mots clefs :
Mémoires historiques, Personnes illustres, Chevalier, Vicomte héréditaire, Diocèse d'Amiens, Bataille de Nicopolis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE des Memoires historiques sur les personnes illustres originaires du Comté d'Eu.
SUITTE des Memoires historiques sur les
perfonnes illustres originaires du Comté
d'En.
A
Prés avoir fait connoître les Personnes
originaires du Comté d'Eu qui
se sont distinguées par leurs sciences, ou
par leur pieté , je vais presentement parler
de celles qui par leur valeur , ou par
leur habileté dans les Arts , ont merité
d'être particulicrement estimées. Je commence
par Guillaume d'Eu , fils ainé d'Eustache
d'Eu ; Seigneur de la Chaussée ,
Chevalier
MAY. 1057 1731 .
1
Chevalier et Vicomte hereditaire du Comté
d'Eu , et d'Alix de Piquigni . Ce Seigneur
avoit pris naissance dans un Châ-
Iteau qui subsistoit alors au fauxbourg de
la chaussée d'Eu , dont on voit encore les
vestiges , et qui faisoit le chef- lieu et le domicile
ordinaire de cette ancienne et illustre
maison qui descend des premiers Comtes
d'Eu ; et parceque ce fief de la chaussée
d'Eu,quoique membre du Comté d'Eu
et de la Province de Normandie , est néanmoins
situé du côté de la Picardie , et du
Diocèse d'Amiens , les Historiens ont
donné quelquefois à ce Seigneur le nom
de brave et vaillant Picard .
Elevé d'une maniere conforme à sa naissance
, il ne fut pas plutôt en âge d'exercer
la profession des Armes , qu'il l'embrassa.
Il est vrai que l'Histoire * ne nous
a pas transmis tout ce que ce Seigneur a fait
de singulier et d'heroïque , où nous eussions
sans doute trouvé des preuves abondantes
de sa valeur : elle ne nous fournit
qu'une seule action ; mais qui , quoique
seule , est plus que suffisante pour justifier
quel étoit , l'excès de son courage.
C'est de la fameuse bataille de Nicopolis
en Bulgarie , donnée l'an 1396.
* Froiffart. T. IV. Ch. 72.
Nicopolis
to58 MERCURE DE FRANCE
dont je veux parler , le jeune Seigneur
ayant suivi en .... le Comte d'Eu Phillipe
d'Artois , Connétable de France .
On voit dans ce que l'Histoire rapporte
de cette bataille , que la trop grande
vivacité du Comte d'Eu , ayant engagé
mal à propos les troupes Françoises à marcher
indiscrettement vers l'armée ennemie
, sans être suivie de l'armée chrétienne
, elles se trouverent à l'instant envelopées
par soixante mille Turcs. Ce fût dans
cette funeste occasion que Guillaume d'Eu
fit connoître jusqu'où alloit son intrépidité
et sa valeur ; car les Historiens ont particulierement
remarqué que pendant l'horrible
massacre que les Turcs faisoient des
François , Guillaume d'Eu se fit jour deux
fois , l'épée à la main , au travers de cette
nombreuse armée ; ce qui lui donnoit , s'il
avoit voulu une entiere liberté de se tirer
du peril ; mais persuadé qu'il étoit indigne
pour lui de survivre à la perte du Corps
des
troupes Françoises , il aima mieux
retourner daus la mêlée , où il perit avec
les autres. ( a )
Je vais maintenant parler d'un autre
Seigneur du Comté d'Eu qui s'est rendu
fameux pour avoir été le premier qui a
(a) Froiff. ibid. Baudier, Hist . des Turcs L. 2 .
Ch. 1.
tenté
MAY. 1731 . 1059
tenté la découverte d'un nouveau Monde ;
et qui a ouvert un chemin pour passer dans
l'Amerique. Ce Seigneur est Jean de
Bethencourt, Baron deS. Martin leGaillard ,
au Comté d'Eu , lequel a commencé le
premier établissement qui s'est fait aux
ifles des Canaries . ( a ) Ces Ifles , à la verité
,avoient été connuës des Anciens sous
le nom des Ifles Fortunées ; et quelques
Avanturiers sétant hazardés d'y aborder
y avoient quelquefois réussi ; mais l'usage
de la Boussole n'étant pas encore connu,
peu avoient osé se hazarder à faire un
semblable voiage, Lorsqu'enfin la direction
de l'éguille aimantée vers le Nord fût découverte,
et l'usage qu'on en pouvoit faire
pour régler sa route sur Mer confirmé ;
Jean de Bethencourt fût le premier qui
entreprit de tenter par cette voye l'accès
de ces Ifles , qui étoient alors abandonnées.
Robert de Bracquemont son cousin y
donna lieu ; comme il avoit de l'inclination
pour les expeditions de Mer , il forma
le dessein d'aborder ces Isles, et de s'en
mettre en possession . C'est pourquoi il
obtint en 1401. du Roy de Castille Jean
II. la permission d'en faire la Conquête :
ce qui lui fût accordé en consideration des
services qu'il avoit rendus à ce Prince dans
(a) Jean de Verrier,Hist, des Canaries,
les
1060 MERCURE DE FRANCE
les guerres contre le Portugal . Mais soit
que dans la suite il eût prit son parti d’avancer
plutôt sa fortune en France , que
de l'aller chercher si loin , comme en effet
il y fût pourvû quelque tems aprés de la
qualité d'Amiral ; soit enfin qu'il voulût
donner la gloire de cette découverte à Jean
de Bethencourt son parent , et lui procurer
un établissement , il lui en donna la
commission , et lui ceda ses droits qui lui
furent confirmés par la Reine Catherine ,
veuve du Roy Jean II.
Le Baron de S. Martin aiant pris toutes
ses mesures pour son embarquement , mit
enfin à la voile dans l'été de l'année 1402 .
et aborda heureusement aux Canaries ,
dont il conquit d'abord quelques Isles .
Mais ne se trouvant pas assés fort pour
se rendre Maître des autres , il revint en
Espagne où il reçût des munitions et de
l'argent de Henry III . Roy de Castille ,
qui lui donna la souveraineté de ces Isles ,
à condition qu'il lui en feroit hommage ;
étant retourné il se saisit encore de quelques
unes , et en particulier de celle qui
se nomme Lancelote , où il fit bâtir un Fort.
Il y prit même la qualité de Roy : mais
étant mort peu de tems aprés , il y laissa
Y
pour surcesseur son neveu nommé Me-
Baut , avec la même qualité . Tout le monde
MAY. 1731. 1061
de convient que ce voyage est le premier
qui se soit fait avec ordre , et le plus loin
vers la ligne. Ce qui donna lieu ensuite aux
Portugais , et aux Castillans de hazarder
d'autres voyages de long cours ; comme
de doubler le cap de BonneEsperance pour
passer aux Indes , et de faire enfin la découverte
de l'Amerique.
Je ne doute pas que ceux qui ont par
la lecture quelque connoissance du fameux
armateur Jacques Sore dont je vais présentement
parler , ne soient surpris que je
lui donne place dans le rang des personnes
illustres qui sont sorties du Comté d'Eu
parceque la pluspart des Historiens qui
en parlent , le regardent comme un insigne
Pirate , et un veritable scelerat : mais
c'est justement ce qui doit m'y engager ;
car il ne paroît pas que les Historiens
` lui aient rendu la justice qui lui est duë.
Deux choses , il est vrai , ont contribué
à le rendre odieux de son vivant. La premiere,
parcequ'il étoit Calviniste , et protegé
des principaux Chefs de cette secte.
La seconde , en ce que s'étant un jour rendu
maître d'un Bâtiment Espagnol qui alloit
au Bresil , sur lequel étoient embarquez
des Jesuites qui y passoient pour annoncer
la foy , il les fit tous mourir et jetter ensuite
dans la mer,
J'avoije
ト
1062 MERCURE DE FRANCE
>
J'avoue que ce fût un malheur pour
Jacques Sore d'avoir vêcu dans l'héresie
dont les funestes sentimens ont pû contribuer
à l'animer contre les Jesuites : c'est
surquoy je ne prétend s pas le disculper ;
mais à cela près , il peut avoir eu d'ailleurs
de bonnes qualités naturelles , lesquelles
ont pû le mettre fort audessus du commun.
C'est aussi sous cet aspect que je
pretends le faire régarder,apuïé comme je
suis sur ce qu'en a pensé un excellent connoisseur
qui devoit bien sçavoir ce qu'il
étoit , puisqu'il vivoit de son tems , qu'il
étoit en place pour en juger , et qu'il
ne peut être soupçonné de lui avoir été
favorable par la conformité de réligion :
sçavoir Pierre Bourdeille , Abbé de Brantome
, connu sous ce dernier nom ; lequel
parlant par occasion dans ses Mémoires
de Jacques Sore , fait son éloge en´
deux mots , en disant qu'il avoit été un
des bons hommes de Mer qui fût de
son tems , ajoûtant même qui eût été
depuis. (a)
Jacques Sore étoit natif du village de
Floques , situé proche de la Mer à une
petite lieuë de la Ville d'Eu , il avoit
comme j'ai dit , cu le malheur d'être élevé
>
(a)Mem . de Brant. Eloge de M. de Mont-luc.
dans
ΜΑΥ. 1731. 1063
dans la secte de Calvin ; mais étant d'un
esprit vif , et hardi , né avec quelques
biens , voyant la guerre déclarée contre
la France et l'Angleterre lors du Siége
du Havre de grace en 1563. il prit le
parti d'armer une frégate pour aller en
course contre les ennemis de l'Etat , sur
lesquels il ne tarda pas à faire des prises
considerables , et à se rendre formidable
sur la mer. Mais la paix ayant été faite
plutôt qu'il ne le souhaittoit , il lui fallût
chercher un prétexte qui l'autorisat à continuer
une profession de son goût , et
où il se voioit en état d'avancer sa fortune.
Il le trouva , ce prétexte , dans son protecteur
le fameux Amiral de Châtillon
lequel non content de lui faire une pension
, lui procura des lettres de Jeanne
d'Albret , Reine de Navarre , par les
quelles elle l'établissoit Amiral de Navarre
, ce qui lui donnoit droit de courir
sur les vaisseaux Espagnols , comme il
fit en effet. Pour y mieux reüssir il prit
avec lui un autre Armateur nommé
Didacus d'Andrada , s'engageant de par
tager le butin. ( a )
Ce für alors qu'il donna vigoureusement
la chasse aux vaisseaux d'Espagne ,
(a) Flarim, de Raim. Hist, de l'Heresie. L.
5. p. 738.
D
of
1664 MERCURE DE FRANCE
·
et qu'il prit celui dont les Historiens
ont fait tant de bruit, Il est vrai que ce
bâtiment alloit au Bresil , et qu'il y por
toit des Jesuites destinés pour les Missions
du Pays , dont le Chef s'appelloit
Ignace , du nom du Fondateur de sa
Compagnie. Les Auteurs varient sur le
nombre , les uns disent qu'il y en avoit
douze , les autres trente- huit , d'autres
enfin quarante . N'importe , il est toûjours
certain que Jacques Sore prit ce bâtiment
l'an 1570. et qu'il fit mourir les
Jesuites , comme je l'ai dit plus haut,
( a ) Je sçay que tous les Auteurs crient
avec raison contre cette action pleine de
cruauté , et qu'ils la regardent comme
un effet de la haine de Jacques Sore
contre la Catholicité. Les anciens de ce
pays-cy rapportoient la chose d'une maniere
qui la rendoit un peu moins odieuse ;
sçavoir , que Jacques Sore n'en avoit
agi ainsi que par réprésailles , en ce que
les Espagnols aiant traité de la même
maniere un particulier qui lui appartenoit
, et qui étoit tombé entre leurs
mains , il crût d'ailleurs que les Jesuites
y avoient eu part. Mais cela ne sçauroit
jamais le disculper.
fc) Florim, de Raim, ibid, Hist. gener. d'Hora
griz, liv, 15,
Nôtre
MAY. 1731. 1065
Nôtre Amiral de Navarre fit , au rapport
de Brantôme , une autre prise qui
fit beaucoup de bruit pour le bien et
le mal qu'elle causa au parti Calviniste.
Ce fût un vaisseau Venitien , du port
de douze à treize cens tonneaux , qu'il
aborda , et qu'il prit en déçà du détroit
de Gibraltar , lequel faisoit voile vers
l'Angleterre. L'ayant conduit à la Rochelle
, les Calvinistes le firent passer
quelque tems aprés au Port de Broüage
dont ilsvouloient se rendre les maîtres . Če
qui en effet leue facilita la prise de cette
place , est que s'étant avisé de placer
de l'artillerie sur la hune de ce vaisseau
qu'il avoit extrémement large , ils
tuoient de-là à coup sûr tous ceux qui
se présentoient pour défendre la bréche ;
mais aiant malheureusement pour eux
laissé le vaisseau désarmé dans ce Port ,
et le Roy Charles IX . étant venu assiéger
peu de temps aprés la Rochelle
, il
ly fit repasser
; et l'ayant
fait couler à
fond à l'entrée
du Port , il fit placer dessus
une batterie
qui fit des merveilles
battre la Ville , et pour empêcher
le secours
d'y entrer.
,
pour
Enfin l'Amiral Sore , las d'une vie si
agitée , prit le parti d'abandonner la Marine
, et de se retirer au Comté d'Eu ,
Dij son
+
1066 MERCURE DE FRANCE
son pays , pour y finir le reste de ses
jours dans le repos , et encore mieux ,
si on en croit la tradition du même pays,
pour y rentrer dans le sein de l'Eglise .
On tient qu'il y est mort , et qu'il a été
inhumé comme Catholique dans l'Eglise
du Village de Floques , qui étoit, comme
j'ay dit , le lieu de sa naissance ; au
moins est- il certain , que c'est une insigne
calomnie ce qu'a avancé celui qui
à fait les Additions à l'Histoire de Portugal
par Jerôme Ozorius ( a ) ,sçavoir , que
le Capitaine Sore se retira dans sa patrie ,
pour y mourir comme enragé , écumant
sa mort comme un Sanglier , ce qui
n'a nulle vrai- semblance, puisque qui que
ce soit dans le pays n'a jamais entendu
parler de pareille chose , le tems n'en
étant pas si éloigné , moi- même m'étant
souvent entretenu des Avantures de Jacques
Sore avec ceux dont les Peres l'avoient
parfaitement connu , et dont les
proches parens avoient eû part à ses expeditions.
D'ailleurs les habitans de cette
ville ayant toûjours été fort opposés
au Calvinisme , et Jacques Sore étant
mort à leur porte , il n'est pas vrai- semblable
qu'une mort si tragique eût
échapé à leur connoissance , et à leur
mémoire ; ils n'auroient pas ignorés
(4) Liv. ag. ch. 3.
même
MAY. 1731. 1067
même , fameux comme il étoit , le lieu
profane où on l'auroit inhumé , s'il étoit
mort Calviniste .
Voici encore un autre Capitaine de
vaisseau , et depuis Chef d'Escadre , natifdu
Comté d'Eu , lequel a dû aussi son
élevation à la seule force de son génie
sçavoir,Abraham Du Quesne , Pere de l'illustre
Du Quesne , Géneral des Armées
Navales de France. Il naquit au Bourg
de Blangi, dans le Comté d'Eu , de parens
peu favorisés de la Fortune , et qui
avoient le malheur , comme ceux de l'Amiral
Sore, d'être infectés, de l'héresie de
Calvin ; ce qui est assez particulier , vû le
peu de progrès que cette héresie avoit
fait dans le Comté d'Eu. Il y a apparen
ce que ce fût ce qui lui donna lieu de se
retirer à Dieppe où le Calvinisme étoit
plus en vogue. Il y apprit la Carte Marine
, se mit sur les vaisseaux et se rendit
capable d'être Pilote .
Aprés avoir exercé cette profession
pendant quelque temps , il passa en Sue -
de , où s'étant fait connoître , il obtint une
place de Pilote dans les vaisseaux de la
• Reine Christine. Comme cette Princesse
trouva à propos d'envoyer quelques
vaisseaux en France , il fut choisi préferablement
à d'autres pour les conduire
D iij parcequ'il
1068 MERCURE DE FRANCE
parcequ'il étoit François. S'étant distingué
dans cette occasion , il fut fait Capitaine
de vaisseau du Roy dans l'Armée
navale de France , où il se signala de maniere
, que le Roy Louis XIV. ne fit. pas
difficulté de l'envoyer en Suede avec une
Escadre pour y ménager des affaires qui
regardoient la Marine. Comme la France
étoit alors en guerre avec l'Espagne ,
Abraham Du Quesne ne pouvoit guére
éviter d'être attaqué par les vaisseaux
Espagnols qui tenoient la Mer , lesquels
d'ailleurs le surpassoient de beaucoup en
nombre. En effet , comme il revenoit en
France , il se donna un combat entre les
deux Flottes ; et quoique Du Quesne fit
des prodiges de valeur , il reçut une blessure
considerable , et fut fait Prisonnier.
Ayant été conduit à Dunkerque , il y
mourut peu aprés de sa blessure , l'an
1535. dans les sentimens de la Réligion
Prétendue Reformée.
,
Il ne me reste presentement qu'à parler
des deux freres Anguier , qui ont excellé
dans la Sculture , et qui ont primé de
nos jours dans ce bel Art. Ils naquirent
tous deux à Eu dans la Paroisse de S. Jean,
d'un pere menuisier. Nés tous deux pour
la Sculture , et le Dessein ; dès qu'ils commencerent
à faire usage de leur esprit ,
on
MAY. 1731 . 1069
on les vit s'occupper à faire de petites
figures de bois ou de pierre avec leurs coû
teaux , en quoy ils réussissoient passablement
bien , ce qui frappa un honnête
Bourgeois de la ville , et l'engagea à en
prendre soin par charité. Voyant enfin
qu'ils commençoient d'être en âge à pouvoir
travailler , et que le goût pour la
Sculture se fortifioit de plus en plus en
eux , il obtint d'un Jesuite qui alloit à
Paris , qu'il les y meneroit pour les placer
chez un Maître où ils pussent se perfectionner
, ce que ce Pere fit en effet.
A peine eurent-ils commencé à modeler
des figures , que le Maître s'apperçût
bientôt qu'ils iroient fort loin un
jour , s'ils continuoient de travailler. Il
le connût encore mieux , lorsqu'ils eurent
commencé à se servir du cizeau sur le
bois et sur la pierre. Après s'être ainsi
formés quelque tems à Paris , ils allerent
à Rome, afin qu'il ne leur manquât rien
pour se perfectionner dans leur Art .
Etant enfin de rétour à Paris , ils y acquirent
une telle réputation , qu'ils furent
employés pour les plus considerables morceaux
de Sculture ; tels que le grand Crucifix
de marbre qui tient lieu de Tableau
à l'Autel de l'Eglise de Sorbonne , tous
les ornemens et les bas- reliefs de la porte
D iiij
de
D070 MERCURE DE FRANCE
de S. Denis , et les deux figures de celle
de S. Antoine dans l'Eglise des Celestins
le Tombeau du Duc de Rohan , et l'Obelisque
du Duc de Longueville. Tous
les Ornemens de l'Autel de l'Eglise du
Val de grace , et sur le même Autel le
petit Jesus dans la Crèche , avec la Sainte
Vierge et S. Joseph , et quantité d'autres
ouvrages dont on peut voir le détail
dans la Déscription de Paris par Germain
Brice.
Enfin , aprés avoir si dignement employé
le talent que Dieu leur avoit donné ,
ils finirent leurs jours ; sçavoir , François
qui étoit l'ainé le 8. Août 1669. et Michel
le 11. Juillet 1686. Ils furent tous
deux inhumez dans la Nef de l'Eglise de
S. Roch leur Paroisse , sous une Tombe
de marbre blanc , sur laquelle fût gravée
I'Epitaphe suivante ,
Dans sa concavité ce funeste Tombeau
Tient les os renfermés de l'un et l'autre frere ;
Il leur étoit aisé d'en avoir un plus beau
Si de leurs propres mains ils l'eussent voulu faire
Mais il importe peu de loger noblement
Ce qu'aprés le trépas un corps laisse de reste
Et pourvûque ce Corps quittant le logement
L'Ame trouve le sien dans le séjour celeste..
perfonnes illustres originaires du Comté
d'En.
A
Prés avoir fait connoître les Personnes
originaires du Comté d'Eu qui
se sont distinguées par leurs sciences, ou
par leur pieté , je vais presentement parler
de celles qui par leur valeur , ou par
leur habileté dans les Arts , ont merité
d'être particulicrement estimées. Je commence
par Guillaume d'Eu , fils ainé d'Eustache
d'Eu ; Seigneur de la Chaussée ,
Chevalier
MAY. 1057 1731 .
1
Chevalier et Vicomte hereditaire du Comté
d'Eu , et d'Alix de Piquigni . Ce Seigneur
avoit pris naissance dans un Châ-
Iteau qui subsistoit alors au fauxbourg de
la chaussée d'Eu , dont on voit encore les
vestiges , et qui faisoit le chef- lieu et le domicile
ordinaire de cette ancienne et illustre
maison qui descend des premiers Comtes
d'Eu ; et parceque ce fief de la chaussée
d'Eu,quoique membre du Comté d'Eu
et de la Province de Normandie , est néanmoins
situé du côté de la Picardie , et du
Diocèse d'Amiens , les Historiens ont
donné quelquefois à ce Seigneur le nom
de brave et vaillant Picard .
Elevé d'une maniere conforme à sa naissance
, il ne fut pas plutôt en âge d'exercer
la profession des Armes , qu'il l'embrassa.
Il est vrai que l'Histoire * ne nous
a pas transmis tout ce que ce Seigneur a fait
de singulier et d'heroïque , où nous eussions
sans doute trouvé des preuves abondantes
de sa valeur : elle ne nous fournit
qu'une seule action ; mais qui , quoique
seule , est plus que suffisante pour justifier
quel étoit , l'excès de son courage.
C'est de la fameuse bataille de Nicopolis
en Bulgarie , donnée l'an 1396.
* Froiffart. T. IV. Ch. 72.
Nicopolis
to58 MERCURE DE FRANCE
dont je veux parler , le jeune Seigneur
ayant suivi en .... le Comte d'Eu Phillipe
d'Artois , Connétable de France .
On voit dans ce que l'Histoire rapporte
de cette bataille , que la trop grande
vivacité du Comte d'Eu , ayant engagé
mal à propos les troupes Françoises à marcher
indiscrettement vers l'armée ennemie
, sans être suivie de l'armée chrétienne
, elles se trouverent à l'instant envelopées
par soixante mille Turcs. Ce fût dans
cette funeste occasion que Guillaume d'Eu
fit connoître jusqu'où alloit son intrépidité
et sa valeur ; car les Historiens ont particulierement
remarqué que pendant l'horrible
massacre que les Turcs faisoient des
François , Guillaume d'Eu se fit jour deux
fois , l'épée à la main , au travers de cette
nombreuse armée ; ce qui lui donnoit , s'il
avoit voulu une entiere liberté de se tirer
du peril ; mais persuadé qu'il étoit indigne
pour lui de survivre à la perte du Corps
des
troupes Françoises , il aima mieux
retourner daus la mêlée , où il perit avec
les autres. ( a )
Je vais maintenant parler d'un autre
Seigneur du Comté d'Eu qui s'est rendu
fameux pour avoir été le premier qui a
(a) Froiff. ibid. Baudier, Hist . des Turcs L. 2 .
Ch. 1.
tenté
MAY. 1731 . 1059
tenté la découverte d'un nouveau Monde ;
et qui a ouvert un chemin pour passer dans
l'Amerique. Ce Seigneur est Jean de
Bethencourt, Baron deS. Martin leGaillard ,
au Comté d'Eu , lequel a commencé le
premier établissement qui s'est fait aux
ifles des Canaries . ( a ) Ces Ifles , à la verité
,avoient été connuës des Anciens sous
le nom des Ifles Fortunées ; et quelques
Avanturiers sétant hazardés d'y aborder
y avoient quelquefois réussi ; mais l'usage
de la Boussole n'étant pas encore connu,
peu avoient osé se hazarder à faire un
semblable voiage, Lorsqu'enfin la direction
de l'éguille aimantée vers le Nord fût découverte,
et l'usage qu'on en pouvoit faire
pour régler sa route sur Mer confirmé ;
Jean de Bethencourt fût le premier qui
entreprit de tenter par cette voye l'accès
de ces Ifles , qui étoient alors abandonnées.
Robert de Bracquemont son cousin y
donna lieu ; comme il avoit de l'inclination
pour les expeditions de Mer , il forma
le dessein d'aborder ces Isles, et de s'en
mettre en possession . C'est pourquoi il
obtint en 1401. du Roy de Castille Jean
II. la permission d'en faire la Conquête :
ce qui lui fût accordé en consideration des
services qu'il avoit rendus à ce Prince dans
(a) Jean de Verrier,Hist, des Canaries,
les
1060 MERCURE DE FRANCE
les guerres contre le Portugal . Mais soit
que dans la suite il eût prit son parti d’avancer
plutôt sa fortune en France , que
de l'aller chercher si loin , comme en effet
il y fût pourvû quelque tems aprés de la
qualité d'Amiral ; soit enfin qu'il voulût
donner la gloire de cette découverte à Jean
de Bethencourt son parent , et lui procurer
un établissement , il lui en donna la
commission , et lui ceda ses droits qui lui
furent confirmés par la Reine Catherine ,
veuve du Roy Jean II.
Le Baron de S. Martin aiant pris toutes
ses mesures pour son embarquement , mit
enfin à la voile dans l'été de l'année 1402 .
et aborda heureusement aux Canaries ,
dont il conquit d'abord quelques Isles .
Mais ne se trouvant pas assés fort pour
se rendre Maître des autres , il revint en
Espagne où il reçût des munitions et de
l'argent de Henry III . Roy de Castille ,
qui lui donna la souveraineté de ces Isles ,
à condition qu'il lui en feroit hommage ;
étant retourné il se saisit encore de quelques
unes , et en particulier de celle qui
se nomme Lancelote , où il fit bâtir un Fort.
Il y prit même la qualité de Roy : mais
étant mort peu de tems aprés , il y laissa
Y
pour surcesseur son neveu nommé Me-
Baut , avec la même qualité . Tout le monde
MAY. 1731. 1061
de convient que ce voyage est le premier
qui se soit fait avec ordre , et le plus loin
vers la ligne. Ce qui donna lieu ensuite aux
Portugais , et aux Castillans de hazarder
d'autres voyages de long cours ; comme
de doubler le cap de BonneEsperance pour
passer aux Indes , et de faire enfin la découverte
de l'Amerique.
Je ne doute pas que ceux qui ont par
la lecture quelque connoissance du fameux
armateur Jacques Sore dont je vais présentement
parler , ne soient surpris que je
lui donne place dans le rang des personnes
illustres qui sont sorties du Comté d'Eu
parceque la pluspart des Historiens qui
en parlent , le regardent comme un insigne
Pirate , et un veritable scelerat : mais
c'est justement ce qui doit m'y engager ;
car il ne paroît pas que les Historiens
` lui aient rendu la justice qui lui est duë.
Deux choses , il est vrai , ont contribué
à le rendre odieux de son vivant. La premiere,
parcequ'il étoit Calviniste , et protegé
des principaux Chefs de cette secte.
La seconde , en ce que s'étant un jour rendu
maître d'un Bâtiment Espagnol qui alloit
au Bresil , sur lequel étoient embarquez
des Jesuites qui y passoient pour annoncer
la foy , il les fit tous mourir et jetter ensuite
dans la mer,
J'avoije
ト
1062 MERCURE DE FRANCE
>
J'avoue que ce fût un malheur pour
Jacques Sore d'avoir vêcu dans l'héresie
dont les funestes sentimens ont pû contribuer
à l'animer contre les Jesuites : c'est
surquoy je ne prétend s pas le disculper ;
mais à cela près , il peut avoir eu d'ailleurs
de bonnes qualités naturelles , lesquelles
ont pû le mettre fort audessus du commun.
C'est aussi sous cet aspect que je
pretends le faire régarder,apuïé comme je
suis sur ce qu'en a pensé un excellent connoisseur
qui devoit bien sçavoir ce qu'il
étoit , puisqu'il vivoit de son tems , qu'il
étoit en place pour en juger , et qu'il
ne peut être soupçonné de lui avoir été
favorable par la conformité de réligion :
sçavoir Pierre Bourdeille , Abbé de Brantome
, connu sous ce dernier nom ; lequel
parlant par occasion dans ses Mémoires
de Jacques Sore , fait son éloge en´
deux mots , en disant qu'il avoit été un
des bons hommes de Mer qui fût de
son tems , ajoûtant même qui eût été
depuis. (a)
Jacques Sore étoit natif du village de
Floques , situé proche de la Mer à une
petite lieuë de la Ville d'Eu , il avoit
comme j'ai dit , cu le malheur d'être élevé
>
(a)Mem . de Brant. Eloge de M. de Mont-luc.
dans
ΜΑΥ. 1731. 1063
dans la secte de Calvin ; mais étant d'un
esprit vif , et hardi , né avec quelques
biens , voyant la guerre déclarée contre
la France et l'Angleterre lors du Siége
du Havre de grace en 1563. il prit le
parti d'armer une frégate pour aller en
course contre les ennemis de l'Etat , sur
lesquels il ne tarda pas à faire des prises
considerables , et à se rendre formidable
sur la mer. Mais la paix ayant été faite
plutôt qu'il ne le souhaittoit , il lui fallût
chercher un prétexte qui l'autorisat à continuer
une profession de son goût , et
où il se voioit en état d'avancer sa fortune.
Il le trouva , ce prétexte , dans son protecteur
le fameux Amiral de Châtillon
lequel non content de lui faire une pension
, lui procura des lettres de Jeanne
d'Albret , Reine de Navarre , par les
quelles elle l'établissoit Amiral de Navarre
, ce qui lui donnoit droit de courir
sur les vaisseaux Espagnols , comme il
fit en effet. Pour y mieux reüssir il prit
avec lui un autre Armateur nommé
Didacus d'Andrada , s'engageant de par
tager le butin. ( a )
Ce für alors qu'il donna vigoureusement
la chasse aux vaisseaux d'Espagne ,
(a) Flarim, de Raim. Hist, de l'Heresie. L.
5. p. 738.
D
of
1664 MERCURE DE FRANCE
·
et qu'il prit celui dont les Historiens
ont fait tant de bruit, Il est vrai que ce
bâtiment alloit au Bresil , et qu'il y por
toit des Jesuites destinés pour les Missions
du Pays , dont le Chef s'appelloit
Ignace , du nom du Fondateur de sa
Compagnie. Les Auteurs varient sur le
nombre , les uns disent qu'il y en avoit
douze , les autres trente- huit , d'autres
enfin quarante . N'importe , il est toûjours
certain que Jacques Sore prit ce bâtiment
l'an 1570. et qu'il fit mourir les
Jesuites , comme je l'ai dit plus haut,
( a ) Je sçay que tous les Auteurs crient
avec raison contre cette action pleine de
cruauté , et qu'ils la regardent comme
un effet de la haine de Jacques Sore
contre la Catholicité. Les anciens de ce
pays-cy rapportoient la chose d'une maniere
qui la rendoit un peu moins odieuse ;
sçavoir , que Jacques Sore n'en avoit
agi ainsi que par réprésailles , en ce que
les Espagnols aiant traité de la même
maniere un particulier qui lui appartenoit
, et qui étoit tombé entre leurs
mains , il crût d'ailleurs que les Jesuites
y avoient eu part. Mais cela ne sçauroit
jamais le disculper.
fc) Florim, de Raim, ibid, Hist. gener. d'Hora
griz, liv, 15,
Nôtre
MAY. 1731. 1065
Nôtre Amiral de Navarre fit , au rapport
de Brantôme , une autre prise qui
fit beaucoup de bruit pour le bien et
le mal qu'elle causa au parti Calviniste.
Ce fût un vaisseau Venitien , du port
de douze à treize cens tonneaux , qu'il
aborda , et qu'il prit en déçà du détroit
de Gibraltar , lequel faisoit voile vers
l'Angleterre. L'ayant conduit à la Rochelle
, les Calvinistes le firent passer
quelque tems aprés au Port de Broüage
dont ilsvouloient se rendre les maîtres . Če
qui en effet leue facilita la prise de cette
place , est que s'étant avisé de placer
de l'artillerie sur la hune de ce vaisseau
qu'il avoit extrémement large , ils
tuoient de-là à coup sûr tous ceux qui
se présentoient pour défendre la bréche ;
mais aiant malheureusement pour eux
laissé le vaisseau désarmé dans ce Port ,
et le Roy Charles IX . étant venu assiéger
peu de temps aprés la Rochelle
, il
ly fit repasser
; et l'ayant
fait couler à
fond à l'entrée
du Port , il fit placer dessus
une batterie
qui fit des merveilles
battre la Ville , et pour empêcher
le secours
d'y entrer.
,
pour
Enfin l'Amiral Sore , las d'une vie si
agitée , prit le parti d'abandonner la Marine
, et de se retirer au Comté d'Eu ,
Dij son
+
1066 MERCURE DE FRANCE
son pays , pour y finir le reste de ses
jours dans le repos , et encore mieux ,
si on en croit la tradition du même pays,
pour y rentrer dans le sein de l'Eglise .
On tient qu'il y est mort , et qu'il a été
inhumé comme Catholique dans l'Eglise
du Village de Floques , qui étoit, comme
j'ay dit , le lieu de sa naissance ; au
moins est- il certain , que c'est une insigne
calomnie ce qu'a avancé celui qui
à fait les Additions à l'Histoire de Portugal
par Jerôme Ozorius ( a ) ,sçavoir , que
le Capitaine Sore se retira dans sa patrie ,
pour y mourir comme enragé , écumant
sa mort comme un Sanglier , ce qui
n'a nulle vrai- semblance, puisque qui que
ce soit dans le pays n'a jamais entendu
parler de pareille chose , le tems n'en
étant pas si éloigné , moi- même m'étant
souvent entretenu des Avantures de Jacques
Sore avec ceux dont les Peres l'avoient
parfaitement connu , et dont les
proches parens avoient eû part à ses expeditions.
D'ailleurs les habitans de cette
ville ayant toûjours été fort opposés
au Calvinisme , et Jacques Sore étant
mort à leur porte , il n'est pas vrai- semblable
qu'une mort si tragique eût
échapé à leur connoissance , et à leur
mémoire ; ils n'auroient pas ignorés
(4) Liv. ag. ch. 3.
même
MAY. 1731. 1067
même , fameux comme il étoit , le lieu
profane où on l'auroit inhumé , s'il étoit
mort Calviniste .
Voici encore un autre Capitaine de
vaisseau , et depuis Chef d'Escadre , natifdu
Comté d'Eu , lequel a dû aussi son
élevation à la seule force de son génie
sçavoir,Abraham Du Quesne , Pere de l'illustre
Du Quesne , Géneral des Armées
Navales de France. Il naquit au Bourg
de Blangi, dans le Comté d'Eu , de parens
peu favorisés de la Fortune , et qui
avoient le malheur , comme ceux de l'Amiral
Sore, d'être infectés, de l'héresie de
Calvin ; ce qui est assez particulier , vû le
peu de progrès que cette héresie avoit
fait dans le Comté d'Eu. Il y a apparen
ce que ce fût ce qui lui donna lieu de se
retirer à Dieppe où le Calvinisme étoit
plus en vogue. Il y apprit la Carte Marine
, se mit sur les vaisseaux et se rendit
capable d'être Pilote .
Aprés avoir exercé cette profession
pendant quelque temps , il passa en Sue -
de , où s'étant fait connoître , il obtint une
place de Pilote dans les vaisseaux de la
• Reine Christine. Comme cette Princesse
trouva à propos d'envoyer quelques
vaisseaux en France , il fut choisi préferablement
à d'autres pour les conduire
D iij parcequ'il
1068 MERCURE DE FRANCE
parcequ'il étoit François. S'étant distingué
dans cette occasion , il fut fait Capitaine
de vaisseau du Roy dans l'Armée
navale de France , où il se signala de maniere
, que le Roy Louis XIV. ne fit. pas
difficulté de l'envoyer en Suede avec une
Escadre pour y ménager des affaires qui
regardoient la Marine. Comme la France
étoit alors en guerre avec l'Espagne ,
Abraham Du Quesne ne pouvoit guére
éviter d'être attaqué par les vaisseaux
Espagnols qui tenoient la Mer , lesquels
d'ailleurs le surpassoient de beaucoup en
nombre. En effet , comme il revenoit en
France , il se donna un combat entre les
deux Flottes ; et quoique Du Quesne fit
des prodiges de valeur , il reçut une blessure
considerable , et fut fait Prisonnier.
Ayant été conduit à Dunkerque , il y
mourut peu aprés de sa blessure , l'an
1535. dans les sentimens de la Réligion
Prétendue Reformée.
,
Il ne me reste presentement qu'à parler
des deux freres Anguier , qui ont excellé
dans la Sculture , et qui ont primé de
nos jours dans ce bel Art. Ils naquirent
tous deux à Eu dans la Paroisse de S. Jean,
d'un pere menuisier. Nés tous deux pour
la Sculture , et le Dessein ; dès qu'ils commencerent
à faire usage de leur esprit ,
on
MAY. 1731 . 1069
on les vit s'occupper à faire de petites
figures de bois ou de pierre avec leurs coû
teaux , en quoy ils réussissoient passablement
bien , ce qui frappa un honnête
Bourgeois de la ville , et l'engagea à en
prendre soin par charité. Voyant enfin
qu'ils commençoient d'être en âge à pouvoir
travailler , et que le goût pour la
Sculture se fortifioit de plus en plus en
eux , il obtint d'un Jesuite qui alloit à
Paris , qu'il les y meneroit pour les placer
chez un Maître où ils pussent se perfectionner
, ce que ce Pere fit en effet.
A peine eurent-ils commencé à modeler
des figures , que le Maître s'apperçût
bientôt qu'ils iroient fort loin un
jour , s'ils continuoient de travailler. Il
le connût encore mieux , lorsqu'ils eurent
commencé à se servir du cizeau sur le
bois et sur la pierre. Après s'être ainsi
formés quelque tems à Paris , ils allerent
à Rome, afin qu'il ne leur manquât rien
pour se perfectionner dans leur Art .
Etant enfin de rétour à Paris , ils y acquirent
une telle réputation , qu'ils furent
employés pour les plus considerables morceaux
de Sculture ; tels que le grand Crucifix
de marbre qui tient lieu de Tableau
à l'Autel de l'Eglise de Sorbonne , tous
les ornemens et les bas- reliefs de la porte
D iiij
de
D070 MERCURE DE FRANCE
de S. Denis , et les deux figures de celle
de S. Antoine dans l'Eglise des Celestins
le Tombeau du Duc de Rohan , et l'Obelisque
du Duc de Longueville. Tous
les Ornemens de l'Autel de l'Eglise du
Val de grace , et sur le même Autel le
petit Jesus dans la Crèche , avec la Sainte
Vierge et S. Joseph , et quantité d'autres
ouvrages dont on peut voir le détail
dans la Déscription de Paris par Germain
Brice.
Enfin , aprés avoir si dignement employé
le talent que Dieu leur avoit donné ,
ils finirent leurs jours ; sçavoir , François
qui étoit l'ainé le 8. Août 1669. et Michel
le 11. Juillet 1686. Ils furent tous
deux inhumez dans la Nef de l'Eglise de
S. Roch leur Paroisse , sous une Tombe
de marbre blanc , sur laquelle fût gravée
I'Epitaphe suivante ,
Dans sa concavité ce funeste Tombeau
Tient les os renfermés de l'un et l'autre frere ;
Il leur étoit aisé d'en avoir un plus beau
Si de leurs propres mains ils l'eussent voulu faire
Mais il importe peu de loger noblement
Ce qu'aprés le trépas un corps laisse de reste
Et pourvûque ce Corps quittant le logement
L'Ame trouve le sien dans le séjour celeste..
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Résumé : SUITE des Memoires historiques sur les personnes illustres originaires du Comté d'Eu.
Le texte met en lumière plusieurs personnalités marquantes originaires du Comté d'Eu, distinguées par leurs exploits militaires, leurs découvertes ou leurs talents artistiques. Guillaume d'Eu, fils aîné d'Eustache d'Eu, est un Chevalier et Vicomte héréditaire du Comté d'Eu. Né dans un château au faubourg de la Chaussée d'Eu, il est parfois surnommé 'brave et vaillant Picard'. Il a démontré son courage lors de la bataille de Nicopolis en 1396, où il a combattu avec intrépidité contre les Turcs. Jean de Bethencourt, Baron de Saint-Martin-le-Gaillard, est célèbre pour avoir été le premier à tenter la découverte d'un nouveau monde et à ouvrir un chemin vers l'Amérique. En 1402, il a conquis plusieurs îles des Canaries et a établi un fort sur l'île de Lancelote, se proclamant roi de ces îles. Jacques Sore, natif du village de Floques près d'Eu, est un armateur controversé. Calviniste et protégé des chefs de cette secte, il est connu pour ses actions de piraterie, notamment la capture d'un vaisseau espagnol transportant des Jésuites, qu'il a fait exécuter. Malgré ses actes de cruauté, certains historiens comme Pierre Bourdeille, Abbé de Brantôme, reconnaissent ses qualités naturelles et son habileté en mer. Sore a fini ses jours dans le Comté d'Eu, où il est inhumé comme catholique dans l'église de Floques. Abraham Du Quesne, né au Bourg de Blangi dans le Comté d'Eu, provenait d'une famille peu fortunée et calviniste. Il se rendit à Dieppe pour apprendre la carte marine et devint pilote. Après avoir servi en Suède, il fut nommé capitaine de vaisseau dans la marine française. Lors d'un combat contre les Espagnols, il fut blessé et capturé, mourant peu après à Dunkerque en 1535. Les frères Anguier, François et Michel, naquirent à Eu dans la paroisse de Saint-Jean, fils d'un menuisier. Dès leur jeune âge, ils montrèrent un talent pour la sculpture et furent pris en charge par un bourgeois qui les envoya à Paris pour se perfectionner. Après avoir étudié à Rome, ils acquirent une grande réputation à Paris, réalisant des œuvres notables comme le crucifix de l'église de la Sorbonne et divers ornements dans plusieurs églises parisiennes. François mourut le 8 août 1669 et Michel le 11 juillet 1686. Ils furent inhumés dans l'église de Saint-Roch.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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65
p. 1575-1597
Le Faux Sincere, Comédie Nouvelle, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
Le 16. de ce mois, les Comédiens François donnerent la premiere représentation [...]
Mots clefs :
Comédie, Auteur, Caractères, Chevalier, Charles Dufresny, Marquise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Faux Sincere, Comédie Nouvelle, Extrait, [titre d'après la table]
Le 16. de ce mois , les Comédiens Fran
çois donnerent la premiere représentation
du Faux Sincere , Comedie , en Vers et
en cinq Actes , de feu M. Dufresni , Au
teur très-connu par quantité de bons et
de singuliers Ouvrages . Celui -cy est tous
les jours plus gouté et plus applaudi par
la maniere originale , naïve et précise avec
laquelle les caracteres sont exprimez , er
par les traits saillants et inattendus dont
la Piece est semée. Nous allons tâcher de
mettre le Lecteur en état d'en juger.
II. Vol. L'Au
1576 MERCURE DE FRANCE
L'Auteur ne s'est attaché dans le prez.
mier Acte , qu'à exposer la situation pré
sente des Acteurs qu'il veut faire agir ,
il y donne aussi une idée des Caracteres ,
&c. Madame Argante a deux filles , An
gelique est l'ainée , et Marianne , la cadet
te ; Angelique ne faisant que de sortir du
Convent , a vû un jeune homme , soir
disant le Chevalier Valere , et c'est le
Heros de la Piece , à sçavoir le Faux Sin
cere. Marianne , qui a été long- tems chez
une de ses parentes , aime Dorante ; Mada
me Argante , prévenuë en faveur du Che
valier , vient dire à ses deux filles , qu'elle
a fait un projet de mariage ; elle veut don
ner Angelique à M. Franchard , à qui Ma
rianne avoit été promise autrefois et Ange
lique au Chevalier Valere . Ce M. Fran
chard est un riche Négociant , dont l'hu
meur franche contraste parfaitement avec
celle du Chevalier ; Madame Argante a
résolu de donner Angelique au Cheva
Tier Valere ; par-là Angelique est aussi sa
tisfaite que Marianne est mécontente.
Pour ce qui concerne les caracteres ,
Voici ce que Dorante ,Amant deMarianne,
dit du Chevalier Valere dès la premiere
Scene :
Cet homme me chagrine" ;
II. Vol. Je
JUIN.
17318 577
Je connois votre mere ; il prendra son esprit,
Il est très-dangereux. Hier il me surprit ;
Voulant lier , dit - il , avec moi connoissance ,
Il exige d'abord entiere confidence ;
Il me dit ses deffauts , et ceux qu'il trouve en moi.
Mais il les adoucit , et dans l'instant je voi ,
Que par le même tour il me blâme et me loue ,'
Qu'en blâmant avec art , habilement il joüe ,
Sous le jeu d'un Censeur , celui d'un complaisant;
Il n'est point flatteur , non , c'est un ton diffe
rent ;
Il paroît s'échapper par des traits véridiques ;
Mais chaque mot le mene à ses fins politiques :
Quand il vous trouve en garde il se découvre
un peu ,
Pour vous faire avancer et se donner beau jeu :
Profitant de l'amour qu'on a pour la franchise ,
Fait parade du vrai qu'il farde et qu'il déguise ;
Faux , même en disant vrai ; faux sincere ...
Il semble que M. du Fresni , ait craint
qu'on ne confondit le caractere qu'il
alloit traiter , avec celui du Flatteur , ou
du Tartuffe il en a justifié jusqu'au nom
voici ce que Dorante ajoute :
;
Caractere de coeur : j'entends par faux sincere ,
Celui qui sçait piper par la sincerité ,
Comme un fin courtisan fait par la probité ;
Il. Vol
Qui
1578 MERCURE DE FRANCE
Qui dit vrais trente fois , pour pouvoir mentir
une
Dans une occasion qui fasse sa fortune ;
Hipocrite en franchise est a peu prés le mot ;
Pourquoy pas faux sincere ? on dit bien faux
devot.
t Pour ce qui regarde le caractére con
trastant qui est celui de M. Franchard ,
l'Auteur le fait exposer en peu de mots
par le Chevalier Valere , parlant à une
Marquise qu'il feint d'aimer :
Vous me voyez charmé de ce bon commerçant ;
Il semble en arrivant ici de Picardie ,
Ramener à Paris la probité bannie.
De son accueil gaulois la liberté vous rit >
Sa cordialité qui lui tient lieu d'esprit
९
Ravit , enchante , au moins moy , qui toûjours
préfere ,
A tout l'esprit du monde un trait naif , sincere.
Sa candeur rend pour moi ses discours élog
• quents ?
Sur son visage ouvert on lit ses sentimens ;
Au premier entretien tout son coeur se déploye,&c.
La Marquise est une veuve qui se croit
aimée de ce faux Sincere. Elle n'est pas
encore riche , mais elle attend une suc
cession de cent mille écus , qui est dépo
II. Vol. sée
NCE
1579
JUI
N.
1731
.
H
sée entre les mains de M. Franchard.
Le Chevalier n'en sçait rien , et c'est par
le conseil de Laurette , sa Suivante , que
la Marquise lui en a fait mistere ; voici le
motif de Laurette :
Il faut de son amour une preuve certaine.
Des Indes il vous vient cent mille écus d'aubaine;
Cette succession arrivant en secret ,
Vous m'aidez , j'en conviens , à suivre le projet
Que j'ai conçu d'avoir aujourd'hui quelque
preuve ,
S'il aime en vous , Madame , ou l'argent , ou la
veuve.
Il ne reste plus dans ce premier Acte
qu'à faire connoître aux Spectateurs la
qualité et le coeur du Chevalier : voici
par où il finit l'Acte lui- même , en par
lant du Contrat que la Marquise lui a
proposé.
Je ne veux pas encor presser la signature ;
Ce n'est qu'un pis aller depuis mon avanture]
La Marquise m'a dit qu'elle a trés- peu de bien
Chez ce riche Marchand venant chercher le
mien ,
Quel bonheur d'y trouver une riche alliance !
Pourquoy cachois- je ici mon nom et ma nais
sance ?
* II. Vol.
Rapin
580 MERCURE
DE FRANCE
1
Rapin, fils d'un Marchand,pour eux eût été bong
Mais avec la Marquise ayant pris un beau nom
Sur celui de Rapin il a fallu me taire &C.
On voit par ces differentes expositions
que la Piece sera trés implexe ; nous
n'oublierons rien pour y mettre de la
clarté .
፡
Un Caissier du Banquier Franchard ,
ouvre la Scene du II. Acte , avec un
nouveau Rapin , Cousin du faux Valere,
On auroit souhaitté que ce dernier en
eut parlé à la fin du premier Acte. Ce
second Rapin apprend du Caissier ,
qu'un certain Chevalier Valere , se dit
Agent de Rapin ce qui oblige le nou
veau Rapin à faire arrêt sur la somme ;
le Caissier n'en est point fâché et se re
tire.
Laurette reconnoit Rapin , qu'elle a
vû autrefois à Rouen ; Rapin aprés avoir
quelque temps nié à Laurette qu'il soit
l'ancien ami dont elle lui parle , lui
avoue enfin qu'il est Rapin , et qu'il
vient d'apprendre qu'un certain Cheva
lier Valere , se donne pour son Agent
aux yeux de M. Franchard , pour lui en
lever sa succession ; il prend le parti de
cacher son nom et de prendre celui de
Valere on convient que l'Auteur a assés
11. Vel biea
JUIN. 1731. 1581
1
bien motivé l'incognito par ces deux
vers :
Ouy , courons nous parer : dans le siécle où nous
sommes ›
La parure du moins aide à parler aux hommes,
Mais on ne comprend point , pour
quoi le nouveau Rapin veut passer pour
un second Valere ; et l'on en conclut que
ce Valere doublé est plutot parti du cer
veau de l'Auteur que du fond du Sujet.
Laurette et Rapin s'étant retirés , le
Chevalier Valere , ou pour mieux dire ,
le Faux Sincere vient. A peine a-t'il dit
quelques mots qui ne font rien à la Piece,
qu'on voit paroître Madame Argante .
Valere , pour faire parade de sincerité ,
feint d'être fâché contre Madame Argan
te , de ce qu'elle l'a loüé sans cesse ; il lui
dit d'un ton d'homme mécontent :
Je m'en plains , et voici là -dessus mes scrupules ,
Que gens moins délicats trouveront ridicules ;
Je blâme tout ami qui me flatte d'abord ,
Et dit que j'ai raison sans sçavoir si j'ai tort ;
Qui prend trop mon parti contre la médisance ;
En me justifiant sans m'entendre, il m'offense ;
Car je ne veux point être innocent par faveur ;
Je veux que la raison me juge , et non le coeur :
II. Vol. Je H
1582 MERCURE DE FRANCE
Je veux qu'on se défie , et qu'on approfondisse ;
Ensuite , quel plaisir quand on me rend justice !
3
Aprés quelques autres traits de fausse
sincerité , Valere dit à Madame Argante
de parler d'affaire : elle lui confirme la
promesse qu'elle lui a déja faite de lui
donner Marianne; le Chevalier lui témoi
gne quelque crainte sur le choix que
M. Franchard en a fait pour lui - même ;
elle le rassure , par l'humeur de M.
Franchard qui n'y regarde pas de si prés ,
et qui se tourne facilement à tout ce
qu'on veut. M. Franchard confirme bien
tôt au Chevalier ce que Madame Argan
te lui a dit de son humeur ; car sur la
demande que Valere lui fait des vûës
qu'il peut avoir pour Marianne ; il lui ré
pond franchement ;
Pour elle je n'ai point eu de vûë autrement ;
Si ce n'est que je veux l'épouser seulement,
Mais , lui dit le Chevalier; vous aimez
aussi son aînée ; M. Franchard lui répond
avec la même franchise :
Ouy , je l'aime ,
Et d'abord je voulois l'épouser tout de même ;
Pas tant pourtant; je vais expliquer tout cela &e,
I
IL Vel
En
JUIN.:
1583 1731 .
En un mot comme en cent de ces deux Filles- ci ,
L'une est ce qui me faut ; mais l'autre l'est aussi,
Il conclut enfin par vouloir épouser
Marianne, ce qui oblige Valere à rabbat
tre sur Angelique en sage politique.
Madame Argante lui amene Marianne ,
qu'Angelique suit , non par simple curio
sité , comme dit sa mère , mais par le
tendre interêt qui l'attache au Cheva
lier.
Valere est fort embarrassé sur ce que
Madame Argante attend de lui, en faveur
de Marianne , pour qui M. Franchard
vient de se déclarer ; le compliment qu'il
fait à Marianne est si froid qu'elle en est
vivement picquée ; elle lui declare qu'elle
lui sera contraire , le Chevalier s'en con
sole par l'esperance d'obtenir Angelique ,
à qui il donne la préference. Madame
Argante n'est point fachée de ce change
ment , parceque cette derniere lui ressem
ble aussi bien que Marianne . Elle sort avec
le Chevalier et Angelique , pour aller
faire dresser le Contrat , et dit à Marianne
de prendre patience avec M. Franchard
qui la doit épouser . Marianne se détermi
ne à se venger du compliment injurieux
que le Chevalier vient de lui faire , et
II. Vol. Hij quol
584 MERCURE DE FRANCE
quoiqu'elle aime Dorante , elle ne laisse
pas de supporter impatiemment qu'on
ait préferé sa soeur à elle. Laurette veut
la consoler de ce chagrin par la promesse
de se venger du Chevalier , fondée sur les
découvertes qu'elle a faites .
Le III. Acte a paru le plus beau de la
Piece. Dorante et Marianne le commen
cent. Ils se flattent de faire tomber le
masque aux Faux- Sincere , en le mettant
aux prises avec la Marquise et avec An
gelique , toutes deux mécontentes de lui ;
mais avant que d'entrer dans cette Scene
d'où il se tire avec toute l'adresse pos
sible , il n'est pas hors de propos d'exami
ner un point que quelques connoisseurs
ont remarqué , et dont l'Auteur semble
avoir voulu prévenir la critique. Quel
interêt, a- t'on dit , peuvent avoir Doran
te et Marianne à confondre le Faux - Sin
cere ? il n'en veut plus à Marianne ; ainsi
il ne tiendra pas à lui qu'elle ne soit ma
riée avec Dorante ; les voilà donc tous
deux hors d'interest du côté du Chevalier;
Dorante n'a plus d'autre Rival
que M.
Franchart; et en démasquant le Faux - Sin
cere , il n'empêchera pas que ce bon com
merçant ne lui enléve sa Maitresse . Il
ya apparence que M. du Fresni a prévû
L'objection , puisqu'il la met dans la bou
1 1. Vol . che
JUIN. 1731. 1584
che du Chevalier ; voici comment il le
fait parler à Dorante et à Marianne :
#
Pourquoi sur nos desseins ne nous pas concerter
Quand nous n'avons ici rien à nous disputer !
A Dorante.
Sommes- nous Rivaux ? non , nous n'aimons pas
la même ;
J'aime , je suis aimé , vous aimez , on vous aime ;
Monsieur Franchard pourroit par accomode
ment
Aux Pupilles laisser , chacune son- Amant ;
Mais de gayeté de coeur vous voulez me détruire.
Voilà donc , par l'aveu même de l'Au
teur , deux Amants qui ne vont pas à
leur fin ; ils agissent donc par tout autre
motif que celui de leur amour. L'Ob
jection est assés forte ; mais peut-être
ne l'auroit-on pas faite si l'Auteur n'eut
pris soin lui-même d'en faire la premiere
ouverture ; d'ailleurs on peut y répondre
pour lui , en disant que la haine que Do
rante et Marianne ont conçue contre le
Faux-Sincere est la plus forte en eux ;
que leur but principal est de le confon
dre , et que l'aveu sincere qu'il semble
leur faire , couvre quelque piege darts
LI. Vol.
Hij lequel
1586 MERCURE DE FRANCE
lequel il veut les faire donner ; en effet ,
quand il leur dit :
Voyons ; concertons- nous sur cent moyens fa
ciles ;
Entrons dans les détails :.+3
--Dorante lui répond :
Détails trés-inutiles.
Marianne dit quelque chose de plus :
Vous le sçavez trop bien ; mais vôtre intention
C'est d'échauffer d'abord la conversation ,
Afin
que , parlant trop à l'envi l'un de l'autre ,
Nous cachant vos secrets vous démêliez le
nôtre.
Un interêt plus fort justifie Marianne
dans cette occasion ; le Chevalier lui a
préferé sa soeur , et ces sortes d'outrages
ne se pardonnent jamais. Passons à la
Scene qui fait tant de plaisir , elle est en
tre le Chevalier , la Marquise et Ange
Jique. Ces deux Rivales l'accusent égale
ment d'avoir démenti sa prétendue sin
cerité à leur égard ; il leur répond qu'il
n'a besoin que d'elles- mêmes pour le
justifier ; voici ses propres mots :
II. Vol. Que
JUIN. 1731 ..
1587
Que chacune redise
Les faits simples , les faits ; par ce que vous dirés
L'une à l'autre , sans moi , vous me justifierés.
En effet , il convient avec la Marquise
qu'il lui a promis de s'arranger avec elle
par un mariage , et quand Angelique
lui reproche d'avoir proposé un mariage
à sa Rivale , aprés lui avoir montré
l'amour le plus ardent , il lui dit que
tien n'est plus vray, et qu'il brûle encore
du même amour ; il ajoûte que c'est ce
violent amour qui l'a forcé et qui le force
encore à retirer la parole qu'il avoit don
née à la Marquise : oui , poursuit- il en
parlant à la Marquise :
Tantôt j'ai dit ; j'épouse ;
t
A present je dis j'aime : en fussiez-vous jalouse
Madame , vous prouvez , vous , de vôtre côté ,
Qu'un arrangement seul entre nous concerté
Ne peut me rendre ici coupable d'inconstance.
Si cet amour subit et dont la violence
Vient troubler en un jour tous mes arrange
mens ,
Entre vous deux m'agite et me tient en suspens ,
Sans que j'aye encor pû parler , me réconnoî
tre ,
-
11. Vol. En
Hiiij
r588 MERCURE DE FRANCE
En quoy suis-je coupable ? où puis -je le pa
roître 2
Et comme Marianne qui est présente à
la conversation , vient à la charge en lui
disant , que cet amour subit fait tout au
moins un ingrat , et qu'il lui fait manquer
de parole , . il répond :
Et non pas de franchise ;
Fai promis de l'estime , et rien plus ; qu'on le
dise :
Le voilà donc parfaittement justifié
dans l'esprit d'Angelique ; mais un nou
vel incident va le réplonger dans l'em
barras . M. Franchard lui vient annoncer
un second Chevalier Valere ; c'est le
Rapin dont nous avons parlé dans l'Acte
précedent on n'a pas bien compris ,
comme nous l'avons déja remarqué , la
raison qui l'a porté à doubler Valere ,
ayant tout autre nom à prendre ,. on
convient que cela produit de l'improglio ;
mais on voudroit que ce Comique fut
appuyé sur quelque motif. Ce n'est pas
là
la le seul coup dont notre Faux-Sincere
est frappé ce nouveau chevalier Valere
se donne encore pour un Agent de Ra
pin ; M. Franchard ne voit en tout cela
C
1
II: Võt que
• JUIN. 1731. 1589
و د
"
ULV
que des brouillards , que ce second Agent
de Rapin lui promet de dissiper , papier
sur table . Ce dernier se retire.
M. Franchard commence à se défier
du Faux- Sincere , à quoy ce dernier ne
répond que par des brusqueries , coup
sur coup , par lesquelles il prétend lui
faire voir qu'il lui ressemble autant en
vivacité qu'en franchise ; en effet , aprés
s'être long- tems emporté contre lui , il se
radoucit et lui faisant rémarquer la con
formité d'humeur qui est entr'eux , il
dit finement :.
"
Nous nous ressemblerons encore sur ce points
Je pardonne d'abord :
M. Franchard lui répond , que pour
lui , il pardonne sur l'heure; il ajoute avec
une agréable surprise :
Mais , c'est tout comme moy ; j'en avois bie'n
cherché.
Des gens qui fussent faits tout justes à ma ma
niere :
Vous voilà tout trouvé ; car ressemblance ere
tiere ;
Dire tout ce qui vient , brusquer , parler bien
fort ,
Se facher tout d'an coup , puis pardonner
d'abord ;
11. Vol Hv N'est
}
1590 MERCURE DE FRANCE
N'est-il pas vrai Monsieur ? mon portrait est
le vôtre &c.
Plus de Dorante donc ; finissons au plutôt :
Deux contrats pour nous deux , c'est autant
qu'il en faut.
M. Franchard , Dorante , Marianne
et Angelique commencent le quatriéme
Acte. Le but de la premiere Scene est
de faire entendre à M. Franchard , que
ceChevalier qu'il croit vraiement sincere,
n'est rien moins que ce qu'il paroît à
ses yeux qu'il se dit Gentil - homme ,
quoiqu'il soit roturier ; et qu'il se vante
d'avoir beaucoup de biens , quoiqu'il
n'ait rien du tout. M. Franchard leur
dit qu'il lui demandera tout cela..
Le Chevalier dit en arrivant qu'il ne
doute point qu'on ne complotte contre
lui , mais que sa sincerité l'exempte de
toute crainte. M. Franchard lui demande
avec sa franchise ordinaire s'il est riche
ou non ; le Chevalier lui répond aussi
franchement qu'il n'a rien ; c'est toujouts
quelque chose , dit Franchard ; Valere
ajouteadroitement.
Par cet aveu sans doute au refus je m'èxpose ;
Mais quoy ? vous citerois- je ici comme un bien
clair
11. Vol
que
JUIN 1731 4597
OPL
MO
21
15
Quelques successions qui sont peut- être en Fair ?
Des terres en decret dont je ne suis plus maitre ?
Que quelque argent comptant dégageroit peut
être ?
Mais un bien en litige au fond est - il le mien ?
Non ; repetons - le donc encore , je n'ai rien .
Cette adroite franchise acheve de ga
gner le coeur à Franchard . Dorante re
vient pourtant à la charge , et dit qu'il
y a un second Valere , qui s'interesse
aussi la succession de Rapin , et
qu'il faut démêler qui des deux est le ve
ritable M.Franchard y consent , mais
il leur dit qu'aprés cette derniere épreu
ve , il n'écoutera plus rien .
pour
:
Laurette vient de porter le plus sen
sible coup au Chevalier , en disant à M.
Franchard que Madame la Marquise vient
chercher les cent mille écus qu'il doit
lui livrer ; M. Franchard lui répond qu'ils
sont prêts , et rentre pour aller compter
la somme à la Marquise. Le Chevalier
resté seul , fait ce court Monologue :
Ce revers est picquant.
L'ai- je pû deviner ? cent mille écus comptants
Je les perds ; dans quel temps quand tout me
déconcerte ;
3
II. Vol
Quand H vj
1592 MERCURE DE FRANCE
Quand cet autre Valere ici cause ma perte.
L'approche de la Marquise lui rend
quelques esperances , il se flatte qu'elle
l'aime encore , et qu'elle cherche à ré
noüer avec lui ; voici comme il s'y prend
pour lui faire entendre qu'il flatte encore :
entre Angelique et elle ::
Je suis comme j'étois , incertain , indécis ;
Tantôt passionné , tantôt de sens rassis.
Vois-je l'objet je suis la pante qu'Amour don
ne ;
Vous revois-je ? aussi-tôt je suspens, je raisonne
A me déterminer il faut que vous m'aidiez ;
En bonne amie , il faut que vous me conseilliez ,
Qu'en cette occasion vous me serviez de guide ;
Je crains de me flatter , ou d'être ttop rigide ,
De croire mon amour plus ou moins fort qu'il
n'est.
Se connoît-on ? peut-être en secret l'interêt
Sur vos biens augmentez à mon insçu m'a
buse ,
Me fait voir mon amour moins fort ; je m'en.
accuse ; :
De peur
de vous tromper , je me donne le tort. ,
Prés d'Angelique aussi peut- être ai-je d'abord ·
Exageré l'amour d'une façon trop forte ;
Car d'un objet brillant la présence transporte.
II, Vol. Il
JUIN 773
1593
Il n'a pas tenu à l'Autheur que la
Marquise n'ait donné dans un piége si
finement tendu , tant il a pris soin de
couvrir la fourberie d'un voile specieux:
de sincerité ; mais là Marquise avoit trop
bien pris son parti avant que d'avoir ce
dernier entretien avec lui ; elle le quitte ,
aprés lui avoir parlé ainsi.
Je ne vois plus en vous que feinte et politique ;
L'interest vous a fait adorer Angelique ;
L'interest à present vous fait changer de ton..
Si vous faites ceder l'amour à la raison ·
De mon côté , je dois devenir raisonnable ;
Car vôtre amour pour elle est faux , ou veri
table ;
Veritable , il me fait trembler pour vôtre coeur ,
Et s'il est faux , je dois rompre avec un trom
peur.
Ce dilemme acheve de désesperer nôtre
Faux - Sincere voyant venir le second
Valere , il le soupçonne d'être son Cou
sin Rapin , et sur ce soupçon il va chan
ger de Batterie.
Les deux Valeres se reconnoissent pour
deux Rapins , mais le Faux - Sincere voyant
que celui qui le double , ne se rend point
aux sentimens de la nature , lui promet
de lui abandonner la succession toute en
:
11, Vol. tiere. ;.
1594 MERCURE DE FRANCE
tiere ; à cette parole sympatique son Co
heritier l'embrasse cordialement , et lui
promet de le servir auprés de M. Fran
chard et de Madame Argante contre tous
ceux qui s'opposent à son mariage avec
Angelique .
Madame Argante arrive , le second Ra
pin lui dit qu'il est vrayement son Cousin
Valere ; Madame Argante les invite à aller
dire hautement ce qui s'est passé dans
leur reconnoissance ; le Chevalier dit
modestement qu'il n'y veut pas être , de
peur que sa présence n'empêche son Cou
sin de dire les choses avec toute la sin
cerité qu'il exige .
Nous abrégerons l'Extrait du 5. Acte ,
parceque les autres nous ont menés plus
loin que nous n'avions crû. Valere , tout
traversé qu'il a été jusqu'ici , voit relever
ses espérances abbatuës ; Madame Argan
te lui annonce que le Contrat se dresse
actuellement. C'est là ce qui occasione
l'aveu que ce Faux - Sincere lui fait de ce
qui pourroir venir à sa connoissance ;
sçavoir de s'être dit Gentil - homme, quoi
qu'il ne fut que le fils d'un Marchand
et d'avoir pris un faux nom ; Madame
Argante est charmée de cette derniere
sincerité ; mais il n'en est pas de même
de M. Franchard qui n'est déja que trop
[
J
II. Vol
informé
JUIN. 1731. 1595
鼻
12
Informé de la qualité supposée et du faux
nom. Deux Valeres et deux Agents de
Rapin lui paroissent un complot , et il dt
à Valere , d'un ton fâché , qu'il ne veut
point de comploteurs chez lui . Madame
Argante a beau le déffendre , en disant
qu'il lui avoit déja avoué la supposition
de nom et de qualité Laurerte , qui
dès le commencement du second Acte ,
a reconnu l'un des Rapins , ne doute
point qu'il n'y en ait deux sous le nom
de Valere ; elle fait entendre que le Che
valier ne l'a informée que d'une chose
déja connuë de tout le monde , et qu'elle
aété la dupe d'un autre prétendu' Valere.
Madame Argante ne peut souffrir pa
tiemment que le Chvalier l'ait jouée
Angelique désabusée par la Marquise à
laquelle son fourbe d'Amant avoit voulu
révenir , grace aux cent mille écus dont
nous avons parlé dans l'Acte précedent ,
lui déclare hautement qu'elle ne voit plus
en lui qu'un fourbe et qu'un imposteur
interessés tout cela tombant sur lui , coup
sur coup , il en est si accablé , qu'il se re
tire , en disant fierement , qu'il ne veut
d'autre Apologiste que son coeur ; tous
les Spectateurs ont été surpris de lui voir
quitter la partie , avec autant de ressour
ces qu'il en a fait esperer dans le cours
II. Vol.
de
1596 MERCURE DE FRANCE
de la Piece. On peut répondre à la déchar
ge de M. du Fresni qu'il n'avoit pas en
Gore mis la derniere main à sa Comédie ,
et qu'il y travailloit encore peu
de tems
avant sa Mort. Un double hymen entre
M. Franchard et Angelique , de même
qu'entre Dorante et Marianne , finissent
la Piece , et renvoyent les Spectateurs
infiniment plus satisfaits que mécontens.
Tout le monde connoit que l'intrigue est
un peu confuse et surchargée ; mais que
l'ouvrage fait briller par tout ces traits
saillants , qui ont toujours caracterisé et
distingué cet agréable Auteur , la versi
fication est un peu forcée ; mais on peut
juger par les morceaux que nous venons
d'en citer , que M. du Fresni y auroit
pû exceller , s'il en eut fait une plus lon
gue habitude ; en effet , ce n'a été que
dans ces dernieres Pieces , qu'il a voulu
assujettir à la contrainte de la rime , le
beau feu de Poësie dont la nature l'avoit
animé.
Cette Piece , qui a été représentée
pour la dixième fois le 30. de ce mois ,
et qui fait grand plaisir au Public , est
actuellement sous Presse , chez Briasson ,
ruë S. Jacques.
Les Comédiens François ont reçu dé
6
II. Vol.
puis
JUIN. 1731. 1597
puis peu une Comédie en vers , avec un
Prologue , de la composition de M. le
Fort , intitulée le Temple de la Paresse ,
qu'on jouera incessamment.
Le 28. l'ouverture de la Foire S. Lau
rent fut faite par le Lieutenant Géneral
de Police en la maniere accoutumée.
Le même jour l'Opéra Comique fit
aussi l'ouverture de son Théatre par une
Piece nouvelle en Vaudeville , et en trois
Actes avec des Divertissemens , qui a
pour titre la France Galante ; cette Piece
est suivie d'un Divertissement composé
de Scenes muettes , figurées en Balet , in
titulées la Guinguette Angloise ; il est
executé par les Sieurs Roger , Renton ,
et Haugthon , trois excellens danseurs
Pantomimes , nouvellement arrivés d'An
gleterre , qui sont géneralement applau
dis la figure du sieur Roger qui avoit
déja été vuë ici il y a deux ans , paroît
toujours- trés-originale ; on ne se lasse
point de le voir.
çois donnerent la premiere représentation
du Faux Sincere , Comedie , en Vers et
en cinq Actes , de feu M. Dufresni , Au
teur très-connu par quantité de bons et
de singuliers Ouvrages . Celui -cy est tous
les jours plus gouté et plus applaudi par
la maniere originale , naïve et précise avec
laquelle les caracteres sont exprimez , er
par les traits saillants et inattendus dont
la Piece est semée. Nous allons tâcher de
mettre le Lecteur en état d'en juger.
II. Vol. L'Au
1576 MERCURE DE FRANCE
L'Auteur ne s'est attaché dans le prez.
mier Acte , qu'à exposer la situation pré
sente des Acteurs qu'il veut faire agir ,
il y donne aussi une idée des Caracteres ,
&c. Madame Argante a deux filles , An
gelique est l'ainée , et Marianne , la cadet
te ; Angelique ne faisant que de sortir du
Convent , a vû un jeune homme , soir
disant le Chevalier Valere , et c'est le
Heros de la Piece , à sçavoir le Faux Sin
cere. Marianne , qui a été long- tems chez
une de ses parentes , aime Dorante ; Mada
me Argante , prévenuë en faveur du Che
valier , vient dire à ses deux filles , qu'elle
a fait un projet de mariage ; elle veut don
ner Angelique à M. Franchard , à qui Ma
rianne avoit été promise autrefois et Ange
lique au Chevalier Valere . Ce M. Fran
chard est un riche Négociant , dont l'hu
meur franche contraste parfaitement avec
celle du Chevalier ; Madame Argante a
résolu de donner Angelique au Cheva
Tier Valere ; par-là Angelique est aussi sa
tisfaite que Marianne est mécontente.
Pour ce qui concerne les caracteres ,
Voici ce que Dorante ,Amant deMarianne,
dit du Chevalier Valere dès la premiere
Scene :
Cet homme me chagrine" ;
II. Vol. Je
JUIN.
17318 577
Je connois votre mere ; il prendra son esprit,
Il est très-dangereux. Hier il me surprit ;
Voulant lier , dit - il , avec moi connoissance ,
Il exige d'abord entiere confidence ;
Il me dit ses deffauts , et ceux qu'il trouve en moi.
Mais il les adoucit , et dans l'instant je voi ,
Que par le même tour il me blâme et me loue ,'
Qu'en blâmant avec art , habilement il joüe ,
Sous le jeu d'un Censeur , celui d'un complaisant;
Il n'est point flatteur , non , c'est un ton diffe
rent ;
Il paroît s'échapper par des traits véridiques ;
Mais chaque mot le mene à ses fins politiques :
Quand il vous trouve en garde il se découvre
un peu ,
Pour vous faire avancer et se donner beau jeu :
Profitant de l'amour qu'on a pour la franchise ,
Fait parade du vrai qu'il farde et qu'il déguise ;
Faux , même en disant vrai ; faux sincere ...
Il semble que M. du Fresni , ait craint
qu'on ne confondit le caractere qu'il
alloit traiter , avec celui du Flatteur , ou
du Tartuffe il en a justifié jusqu'au nom
voici ce que Dorante ajoute :
;
Caractere de coeur : j'entends par faux sincere ,
Celui qui sçait piper par la sincerité ,
Comme un fin courtisan fait par la probité ;
Il. Vol
Qui
1578 MERCURE DE FRANCE
Qui dit vrais trente fois , pour pouvoir mentir
une
Dans une occasion qui fasse sa fortune ;
Hipocrite en franchise est a peu prés le mot ;
Pourquoy pas faux sincere ? on dit bien faux
devot.
t Pour ce qui regarde le caractére con
trastant qui est celui de M. Franchard ,
l'Auteur le fait exposer en peu de mots
par le Chevalier Valere , parlant à une
Marquise qu'il feint d'aimer :
Vous me voyez charmé de ce bon commerçant ;
Il semble en arrivant ici de Picardie ,
Ramener à Paris la probité bannie.
De son accueil gaulois la liberté vous rit >
Sa cordialité qui lui tient lieu d'esprit
९
Ravit , enchante , au moins moy , qui toûjours
préfere ,
A tout l'esprit du monde un trait naif , sincere.
Sa candeur rend pour moi ses discours élog
• quents ?
Sur son visage ouvert on lit ses sentimens ;
Au premier entretien tout son coeur se déploye,&c.
La Marquise est une veuve qui se croit
aimée de ce faux Sincere. Elle n'est pas
encore riche , mais elle attend une suc
cession de cent mille écus , qui est dépo
II. Vol. sée
NCE
1579
JUI
N.
1731
.
H
sée entre les mains de M. Franchard.
Le Chevalier n'en sçait rien , et c'est par
le conseil de Laurette , sa Suivante , que
la Marquise lui en a fait mistere ; voici le
motif de Laurette :
Il faut de son amour une preuve certaine.
Des Indes il vous vient cent mille écus d'aubaine;
Cette succession arrivant en secret ,
Vous m'aidez , j'en conviens , à suivre le projet
Que j'ai conçu d'avoir aujourd'hui quelque
preuve ,
S'il aime en vous , Madame , ou l'argent , ou la
veuve.
Il ne reste plus dans ce premier Acte
qu'à faire connoître aux Spectateurs la
qualité et le coeur du Chevalier : voici
par où il finit l'Acte lui- même , en par
lant du Contrat que la Marquise lui a
proposé.
Je ne veux pas encor presser la signature ;
Ce n'est qu'un pis aller depuis mon avanture]
La Marquise m'a dit qu'elle a trés- peu de bien
Chez ce riche Marchand venant chercher le
mien ,
Quel bonheur d'y trouver une riche alliance !
Pourquoy cachois- je ici mon nom et ma nais
sance ?
* II. Vol.
Rapin
580 MERCURE
DE FRANCE
1
Rapin, fils d'un Marchand,pour eux eût été bong
Mais avec la Marquise ayant pris un beau nom
Sur celui de Rapin il a fallu me taire &C.
On voit par ces differentes expositions
que la Piece sera trés implexe ; nous
n'oublierons rien pour y mettre de la
clarté .
፡
Un Caissier du Banquier Franchard ,
ouvre la Scene du II. Acte , avec un
nouveau Rapin , Cousin du faux Valere,
On auroit souhaitté que ce dernier en
eut parlé à la fin du premier Acte. Ce
second Rapin apprend du Caissier ,
qu'un certain Chevalier Valere , se dit
Agent de Rapin ce qui oblige le nou
veau Rapin à faire arrêt sur la somme ;
le Caissier n'en est point fâché et se re
tire.
Laurette reconnoit Rapin , qu'elle a
vû autrefois à Rouen ; Rapin aprés avoir
quelque temps nié à Laurette qu'il soit
l'ancien ami dont elle lui parle , lui
avoue enfin qu'il est Rapin , et qu'il
vient d'apprendre qu'un certain Cheva
lier Valere , se donne pour son Agent
aux yeux de M. Franchard , pour lui en
lever sa succession ; il prend le parti de
cacher son nom et de prendre celui de
Valere on convient que l'Auteur a assés
11. Vel biea
JUIN. 1731. 1581
1
bien motivé l'incognito par ces deux
vers :
Ouy , courons nous parer : dans le siécle où nous
sommes ›
La parure du moins aide à parler aux hommes,
Mais on ne comprend point , pour
quoi le nouveau Rapin veut passer pour
un second Valere ; et l'on en conclut que
ce Valere doublé est plutot parti du cer
veau de l'Auteur que du fond du Sujet.
Laurette et Rapin s'étant retirés , le
Chevalier Valere , ou pour mieux dire ,
le Faux Sincere vient. A peine a-t'il dit
quelques mots qui ne font rien à la Piece,
qu'on voit paroître Madame Argante .
Valere , pour faire parade de sincerité ,
feint d'être fâché contre Madame Argan
te , de ce qu'elle l'a loüé sans cesse ; il lui
dit d'un ton d'homme mécontent :
Je m'en plains , et voici là -dessus mes scrupules ,
Que gens moins délicats trouveront ridicules ;
Je blâme tout ami qui me flatte d'abord ,
Et dit que j'ai raison sans sçavoir si j'ai tort ;
Qui prend trop mon parti contre la médisance ;
En me justifiant sans m'entendre, il m'offense ;
Car je ne veux point être innocent par faveur ;
Je veux que la raison me juge , et non le coeur :
II. Vol. Je H
1582 MERCURE DE FRANCE
Je veux qu'on se défie , et qu'on approfondisse ;
Ensuite , quel plaisir quand on me rend justice !
3
Aprés quelques autres traits de fausse
sincerité , Valere dit à Madame Argante
de parler d'affaire : elle lui confirme la
promesse qu'elle lui a déja faite de lui
donner Marianne; le Chevalier lui témoi
gne quelque crainte sur le choix que
M. Franchard en a fait pour lui - même ;
elle le rassure , par l'humeur de M.
Franchard qui n'y regarde pas de si prés ,
et qui se tourne facilement à tout ce
qu'on veut. M. Franchard confirme bien
tôt au Chevalier ce que Madame Argan
te lui a dit de son humeur ; car sur la
demande que Valere lui fait des vûës
qu'il peut avoir pour Marianne ; il lui ré
pond franchement ;
Pour elle je n'ai point eu de vûë autrement ;
Si ce n'est que je veux l'épouser seulement,
Mais , lui dit le Chevalier; vous aimez
aussi son aînée ; M. Franchard lui répond
avec la même franchise :
Ouy , je l'aime ,
Et d'abord je voulois l'épouser tout de même ;
Pas tant pourtant; je vais expliquer tout cela &e,
I
IL Vel
En
JUIN.:
1583 1731 .
En un mot comme en cent de ces deux Filles- ci ,
L'une est ce qui me faut ; mais l'autre l'est aussi,
Il conclut enfin par vouloir épouser
Marianne, ce qui oblige Valere à rabbat
tre sur Angelique en sage politique.
Madame Argante lui amene Marianne ,
qu'Angelique suit , non par simple curio
sité , comme dit sa mère , mais par le
tendre interêt qui l'attache au Cheva
lier.
Valere est fort embarrassé sur ce que
Madame Argante attend de lui, en faveur
de Marianne , pour qui M. Franchard
vient de se déclarer ; le compliment qu'il
fait à Marianne est si froid qu'elle en est
vivement picquée ; elle lui declare qu'elle
lui sera contraire , le Chevalier s'en con
sole par l'esperance d'obtenir Angelique ,
à qui il donne la préference. Madame
Argante n'est point fachée de ce change
ment , parceque cette derniere lui ressem
ble aussi bien que Marianne . Elle sort avec
le Chevalier et Angelique , pour aller
faire dresser le Contrat , et dit à Marianne
de prendre patience avec M. Franchard
qui la doit épouser . Marianne se détermi
ne à se venger du compliment injurieux
que le Chevalier vient de lui faire , et
II. Vol. Hij quol
584 MERCURE DE FRANCE
quoiqu'elle aime Dorante , elle ne laisse
pas de supporter impatiemment qu'on
ait préferé sa soeur à elle. Laurette veut
la consoler de ce chagrin par la promesse
de se venger du Chevalier , fondée sur les
découvertes qu'elle a faites .
Le III. Acte a paru le plus beau de la
Piece. Dorante et Marianne le commen
cent. Ils se flattent de faire tomber le
masque aux Faux- Sincere , en le mettant
aux prises avec la Marquise et avec An
gelique , toutes deux mécontentes de lui ;
mais avant que d'entrer dans cette Scene
d'où il se tire avec toute l'adresse pos
sible , il n'est pas hors de propos d'exami
ner un point que quelques connoisseurs
ont remarqué , et dont l'Auteur semble
avoir voulu prévenir la critique. Quel
interêt, a- t'on dit , peuvent avoir Doran
te et Marianne à confondre le Faux - Sin
cere ? il n'en veut plus à Marianne ; ainsi
il ne tiendra pas à lui qu'elle ne soit ma
riée avec Dorante ; les voilà donc tous
deux hors d'interest du côté du Chevalier;
Dorante n'a plus d'autre Rival
que M.
Franchart; et en démasquant le Faux - Sin
cere , il n'empêchera pas que ce bon com
merçant ne lui enléve sa Maitresse . Il
ya apparence que M. du Fresni a prévû
L'objection , puisqu'il la met dans la bou
1 1. Vol . che
JUIN. 1731. 1584
che du Chevalier ; voici comment il le
fait parler à Dorante et à Marianne :
#
Pourquoi sur nos desseins ne nous pas concerter
Quand nous n'avons ici rien à nous disputer !
A Dorante.
Sommes- nous Rivaux ? non , nous n'aimons pas
la même ;
J'aime , je suis aimé , vous aimez , on vous aime ;
Monsieur Franchard pourroit par accomode
ment
Aux Pupilles laisser , chacune son- Amant ;
Mais de gayeté de coeur vous voulez me détruire.
Voilà donc , par l'aveu même de l'Au
teur , deux Amants qui ne vont pas à
leur fin ; ils agissent donc par tout autre
motif que celui de leur amour. L'Ob
jection est assés forte ; mais peut-être
ne l'auroit-on pas faite si l'Auteur n'eut
pris soin lui-même d'en faire la premiere
ouverture ; d'ailleurs on peut y répondre
pour lui , en disant que la haine que Do
rante et Marianne ont conçue contre le
Faux-Sincere est la plus forte en eux ;
que leur but principal est de le confon
dre , et que l'aveu sincere qu'il semble
leur faire , couvre quelque piege darts
LI. Vol.
Hij lequel
1586 MERCURE DE FRANCE
lequel il veut les faire donner ; en effet ,
quand il leur dit :
Voyons ; concertons- nous sur cent moyens fa
ciles ;
Entrons dans les détails :.+3
--Dorante lui répond :
Détails trés-inutiles.
Marianne dit quelque chose de plus :
Vous le sçavez trop bien ; mais vôtre intention
C'est d'échauffer d'abord la conversation ,
Afin
que , parlant trop à l'envi l'un de l'autre ,
Nous cachant vos secrets vous démêliez le
nôtre.
Un interêt plus fort justifie Marianne
dans cette occasion ; le Chevalier lui a
préferé sa soeur , et ces sortes d'outrages
ne se pardonnent jamais. Passons à la
Scene qui fait tant de plaisir , elle est en
tre le Chevalier , la Marquise et Ange
Jique. Ces deux Rivales l'accusent égale
ment d'avoir démenti sa prétendue sin
cerité à leur égard ; il leur répond qu'il
n'a besoin que d'elles- mêmes pour le
justifier ; voici ses propres mots :
II. Vol. Que
JUIN. 1731 ..
1587
Que chacune redise
Les faits simples , les faits ; par ce que vous dirés
L'une à l'autre , sans moi , vous me justifierés.
En effet , il convient avec la Marquise
qu'il lui a promis de s'arranger avec elle
par un mariage , et quand Angelique
lui reproche d'avoir proposé un mariage
à sa Rivale , aprés lui avoir montré
l'amour le plus ardent , il lui dit que
tien n'est plus vray, et qu'il brûle encore
du même amour ; il ajoûte que c'est ce
violent amour qui l'a forcé et qui le force
encore à retirer la parole qu'il avoit don
née à la Marquise : oui , poursuit- il en
parlant à la Marquise :
Tantôt j'ai dit ; j'épouse ;
t
A present je dis j'aime : en fussiez-vous jalouse
Madame , vous prouvez , vous , de vôtre côté ,
Qu'un arrangement seul entre nous concerté
Ne peut me rendre ici coupable d'inconstance.
Si cet amour subit et dont la violence
Vient troubler en un jour tous mes arrange
mens ,
Entre vous deux m'agite et me tient en suspens ,
Sans que j'aye encor pû parler , me réconnoî
tre ,
-
11. Vol. En
Hiiij
r588 MERCURE DE FRANCE
En quoy suis-je coupable ? où puis -je le pa
roître 2
Et comme Marianne qui est présente à
la conversation , vient à la charge en lui
disant , que cet amour subit fait tout au
moins un ingrat , et qu'il lui fait manquer
de parole , . il répond :
Et non pas de franchise ;
Fai promis de l'estime , et rien plus ; qu'on le
dise :
Le voilà donc parfaittement justifié
dans l'esprit d'Angelique ; mais un nou
vel incident va le réplonger dans l'em
barras . M. Franchard lui vient annoncer
un second Chevalier Valere ; c'est le
Rapin dont nous avons parlé dans l'Acte
précedent on n'a pas bien compris ,
comme nous l'avons déja remarqué , la
raison qui l'a porté à doubler Valere ,
ayant tout autre nom à prendre ,. on
convient que cela produit de l'improglio ;
mais on voudroit que ce Comique fut
appuyé sur quelque motif. Ce n'est pas
là
la le seul coup dont notre Faux-Sincere
est frappé ce nouveau chevalier Valere
se donne encore pour un Agent de Ra
pin ; M. Franchard ne voit en tout cela
C
1
II: Võt que
• JUIN. 1731. 1589
و د
"
ULV
que des brouillards , que ce second Agent
de Rapin lui promet de dissiper , papier
sur table . Ce dernier se retire.
M. Franchard commence à se défier
du Faux- Sincere , à quoy ce dernier ne
répond que par des brusqueries , coup
sur coup , par lesquelles il prétend lui
faire voir qu'il lui ressemble autant en
vivacité qu'en franchise ; en effet , aprés
s'être long- tems emporté contre lui , il se
radoucit et lui faisant rémarquer la con
formité d'humeur qui est entr'eux , il
dit finement :.
"
Nous nous ressemblerons encore sur ce points
Je pardonne d'abord :
M. Franchard lui répond , que pour
lui , il pardonne sur l'heure; il ajoute avec
une agréable surprise :
Mais , c'est tout comme moy ; j'en avois bie'n
cherché.
Des gens qui fussent faits tout justes à ma ma
niere :
Vous voilà tout trouvé ; car ressemblance ere
tiere ;
Dire tout ce qui vient , brusquer , parler bien
fort ,
Se facher tout d'an coup , puis pardonner
d'abord ;
11. Vol Hv N'est
}
1590 MERCURE DE FRANCE
N'est-il pas vrai Monsieur ? mon portrait est
le vôtre &c.
Plus de Dorante donc ; finissons au plutôt :
Deux contrats pour nous deux , c'est autant
qu'il en faut.
M. Franchard , Dorante , Marianne
et Angelique commencent le quatriéme
Acte. Le but de la premiere Scene est
de faire entendre à M. Franchard , que
ceChevalier qu'il croit vraiement sincere,
n'est rien moins que ce qu'il paroît à
ses yeux qu'il se dit Gentil - homme ,
quoiqu'il soit roturier ; et qu'il se vante
d'avoir beaucoup de biens , quoiqu'il
n'ait rien du tout. M. Franchard leur
dit qu'il lui demandera tout cela..
Le Chevalier dit en arrivant qu'il ne
doute point qu'on ne complotte contre
lui , mais que sa sincerité l'exempte de
toute crainte. M. Franchard lui demande
avec sa franchise ordinaire s'il est riche
ou non ; le Chevalier lui répond aussi
franchement qu'il n'a rien ; c'est toujouts
quelque chose , dit Franchard ; Valere
ajouteadroitement.
Par cet aveu sans doute au refus je m'èxpose ;
Mais quoy ? vous citerois- je ici comme un bien
clair
11. Vol
que
JUIN 1731 4597
OPL
MO
21
15
Quelques successions qui sont peut- être en Fair ?
Des terres en decret dont je ne suis plus maitre ?
Que quelque argent comptant dégageroit peut
être ?
Mais un bien en litige au fond est - il le mien ?
Non ; repetons - le donc encore , je n'ai rien .
Cette adroite franchise acheve de ga
gner le coeur à Franchard . Dorante re
vient pourtant à la charge , et dit qu'il
y a un second Valere , qui s'interesse
aussi la succession de Rapin , et
qu'il faut démêler qui des deux est le ve
ritable M.Franchard y consent , mais
il leur dit qu'aprés cette derniere épreu
ve , il n'écoutera plus rien .
pour
:
Laurette vient de porter le plus sen
sible coup au Chevalier , en disant à M.
Franchard que Madame la Marquise vient
chercher les cent mille écus qu'il doit
lui livrer ; M. Franchard lui répond qu'ils
sont prêts , et rentre pour aller compter
la somme à la Marquise. Le Chevalier
resté seul , fait ce court Monologue :
Ce revers est picquant.
L'ai- je pû deviner ? cent mille écus comptants
Je les perds ; dans quel temps quand tout me
déconcerte ;
3
II. Vol
Quand H vj
1592 MERCURE DE FRANCE
Quand cet autre Valere ici cause ma perte.
L'approche de la Marquise lui rend
quelques esperances , il se flatte qu'elle
l'aime encore , et qu'elle cherche à ré
noüer avec lui ; voici comme il s'y prend
pour lui faire entendre qu'il flatte encore :
entre Angelique et elle ::
Je suis comme j'étois , incertain , indécis ;
Tantôt passionné , tantôt de sens rassis.
Vois-je l'objet je suis la pante qu'Amour don
ne ;
Vous revois-je ? aussi-tôt je suspens, je raisonne
A me déterminer il faut que vous m'aidiez ;
En bonne amie , il faut que vous me conseilliez ,
Qu'en cette occasion vous me serviez de guide ;
Je crains de me flatter , ou d'être ttop rigide ,
De croire mon amour plus ou moins fort qu'il
n'est.
Se connoît-on ? peut-être en secret l'interêt
Sur vos biens augmentez à mon insçu m'a
buse ,
Me fait voir mon amour moins fort ; je m'en.
accuse ; :
De peur
de vous tromper , je me donne le tort. ,
Prés d'Angelique aussi peut- être ai-je d'abord ·
Exageré l'amour d'une façon trop forte ;
Car d'un objet brillant la présence transporte.
II, Vol. Il
JUIN 773
1593
Il n'a pas tenu à l'Autheur que la
Marquise n'ait donné dans un piége si
finement tendu , tant il a pris soin de
couvrir la fourberie d'un voile specieux:
de sincerité ; mais là Marquise avoit trop
bien pris son parti avant que d'avoir ce
dernier entretien avec lui ; elle le quitte ,
aprés lui avoir parlé ainsi.
Je ne vois plus en vous que feinte et politique ;
L'interest vous a fait adorer Angelique ;
L'interest à present vous fait changer de ton..
Si vous faites ceder l'amour à la raison ·
De mon côté , je dois devenir raisonnable ;
Car vôtre amour pour elle est faux , ou veri
table ;
Veritable , il me fait trembler pour vôtre coeur ,
Et s'il est faux , je dois rompre avec un trom
peur.
Ce dilemme acheve de désesperer nôtre
Faux - Sincere voyant venir le second
Valere , il le soupçonne d'être son Cou
sin Rapin , et sur ce soupçon il va chan
ger de Batterie.
Les deux Valeres se reconnoissent pour
deux Rapins , mais le Faux - Sincere voyant
que celui qui le double , ne se rend point
aux sentimens de la nature , lui promet
de lui abandonner la succession toute en
:
11, Vol. tiere. ;.
1594 MERCURE DE FRANCE
tiere ; à cette parole sympatique son Co
heritier l'embrasse cordialement , et lui
promet de le servir auprés de M. Fran
chard et de Madame Argante contre tous
ceux qui s'opposent à son mariage avec
Angelique .
Madame Argante arrive , le second Ra
pin lui dit qu'il est vrayement son Cousin
Valere ; Madame Argante les invite à aller
dire hautement ce qui s'est passé dans
leur reconnoissance ; le Chevalier dit
modestement qu'il n'y veut pas être , de
peur que sa présence n'empêche son Cou
sin de dire les choses avec toute la sin
cerité qu'il exige .
Nous abrégerons l'Extrait du 5. Acte ,
parceque les autres nous ont menés plus
loin que nous n'avions crû. Valere , tout
traversé qu'il a été jusqu'ici , voit relever
ses espérances abbatuës ; Madame Argan
te lui annonce que le Contrat se dresse
actuellement. C'est là ce qui occasione
l'aveu que ce Faux - Sincere lui fait de ce
qui pourroir venir à sa connoissance ;
sçavoir de s'être dit Gentil - homme, quoi
qu'il ne fut que le fils d'un Marchand
et d'avoir pris un faux nom ; Madame
Argante est charmée de cette derniere
sincerité ; mais il n'en est pas de même
de M. Franchard qui n'est déja que trop
[
J
II. Vol
informé
JUIN. 1731. 1595
鼻
12
Informé de la qualité supposée et du faux
nom. Deux Valeres et deux Agents de
Rapin lui paroissent un complot , et il dt
à Valere , d'un ton fâché , qu'il ne veut
point de comploteurs chez lui . Madame
Argante a beau le déffendre , en disant
qu'il lui avoit déja avoué la supposition
de nom et de qualité Laurerte , qui
dès le commencement du second Acte ,
a reconnu l'un des Rapins , ne doute
point qu'il n'y en ait deux sous le nom
de Valere ; elle fait entendre que le Che
valier ne l'a informée que d'une chose
déja connuë de tout le monde , et qu'elle
aété la dupe d'un autre prétendu' Valere.
Madame Argante ne peut souffrir pa
tiemment que le Chvalier l'ait jouée
Angelique désabusée par la Marquise à
laquelle son fourbe d'Amant avoit voulu
révenir , grace aux cent mille écus dont
nous avons parlé dans l'Acte précedent ,
lui déclare hautement qu'elle ne voit plus
en lui qu'un fourbe et qu'un imposteur
interessés tout cela tombant sur lui , coup
sur coup , il en est si accablé , qu'il se re
tire , en disant fierement , qu'il ne veut
d'autre Apologiste que son coeur ; tous
les Spectateurs ont été surpris de lui voir
quitter la partie , avec autant de ressour
ces qu'il en a fait esperer dans le cours
II. Vol.
de
1596 MERCURE DE FRANCE
de la Piece. On peut répondre à la déchar
ge de M. du Fresni qu'il n'avoit pas en
Gore mis la derniere main à sa Comédie ,
et qu'il y travailloit encore peu
de tems
avant sa Mort. Un double hymen entre
M. Franchard et Angelique , de même
qu'entre Dorante et Marianne , finissent
la Piece , et renvoyent les Spectateurs
infiniment plus satisfaits que mécontens.
Tout le monde connoit que l'intrigue est
un peu confuse et surchargée ; mais que
l'ouvrage fait briller par tout ces traits
saillants , qui ont toujours caracterisé et
distingué cet agréable Auteur , la versi
fication est un peu forcée ; mais on peut
juger par les morceaux que nous venons
d'en citer , que M. du Fresni y auroit
pû exceller , s'il en eut fait une plus lon
gue habitude ; en effet , ce n'a été que
dans ces dernieres Pieces , qu'il a voulu
assujettir à la contrainte de la rime , le
beau feu de Poësie dont la nature l'avoit
animé.
Cette Piece , qui a été représentée
pour la dixième fois le 30. de ce mois ,
et qui fait grand plaisir au Public , est
actuellement sous Presse , chez Briasson ,
ruë S. Jacques.
Les Comédiens François ont reçu dé
6
II. Vol.
puis
JUIN. 1731. 1597
puis peu une Comédie en vers , avec un
Prologue , de la composition de M. le
Fort , intitulée le Temple de la Paresse ,
qu'on jouera incessamment.
Le 28. l'ouverture de la Foire S. Lau
rent fut faite par le Lieutenant Géneral
de Police en la maniere accoutumée.
Le même jour l'Opéra Comique fit
aussi l'ouverture de son Théatre par une
Piece nouvelle en Vaudeville , et en trois
Actes avec des Divertissemens , qui a
pour titre la France Galante ; cette Piece
est suivie d'un Divertissement composé
de Scenes muettes , figurées en Balet , in
titulées la Guinguette Angloise ; il est
executé par les Sieurs Roger , Renton ,
et Haugthon , trois excellens danseurs
Pantomimes , nouvellement arrivés d'An
gleterre , qui sont géneralement applau
dis la figure du sieur Roger qui avoit
déja été vuë ici il y a deux ans , paroît
toujours- trés-originale ; on ne se lasse
point de le voir.
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Résumé : Le Faux Sincere, Comédie Nouvelle, Extrait, [titre d'après la table]
Le 16 juin, les Comédiens Français ont présenté la première représentation de 'Le Faux Sincère', une comédie en vers et en cinq actes écrite par le défunt M. Dufresny. Cette œuvre est appréciée pour son originalité, sa naïveté et la précision avec laquelle les caractères sont exprimés, ainsi que pour les traits saillants et inattendus qui parsèment la pièce. Dans le premier acte, l'auteur expose la situation des personnages principaux. Madame Argante a deux filles, Angelique et Marianne. Angelique, récemment sortie du couvent, a rencontré le Chevalier Valère, le héros de la pièce. Marianne, qui a passé du temps chez une parente, aime Dorante. Madame Argante prévoit de marier Angelique à M. Franchard, un riche négociant, et Marianne au Chevalier Valère. Angelique est satisfaite de ce projet, tandis que Marianne est mécontente. Dorante décrit le Chevalier Valère comme un homme dangereux et manipulateur, capable de dire la vérité pour mieux mentir. Le Chevalier Valère est caractérisé par sa fausse sincérité, qu'il utilise pour manipuler les autres à son avantage. M. Franchard, quant à lui, est décrit comme un homme franc et honnête, contrastant avec le Chevalier. La pièce se complexifie avec l'introduction de nouveaux personnages et de situations intrigantes. Par exemple, un caissier du banquier Franchard et un nouveau Rapin, cousin du faux Valère, apparaissent dans le second acte. Laurette, la suivante de la Marquise, joue un rôle clé en révélant des secrets et en ourdissant des plans de vengeance. Le troisième acte est considéré comme le plus beau de la pièce. Dorante et Marianne cherchent à démasquer le faux sincère en le mettant aux prises avec la Marquise et Angelique, toutes deux mécontentes de lui. La pièce explore les motivations et les manipulations des personnages, révélant les intrigues et les conflits qui les opposent. La pièce se termine par deux mariages : M. Franchard avec Angelique, et Dorante avec Marianne. Malgré une intrigue confuse, la pièce est appréciée pour ses traits saillants et la versification de M. Dufresny. La pièce a été représentée à plusieurs reprises et est actuellement sous presse.
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66
p. 1612-1613
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le Chevalier Charles Wager a été nommé par le Roi, commandant en Chef de la [...]
Mots clefs :
Chevalier, Flotte, Distillateur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE .
L
E Chevalier Charles Wager a été nommé
par le Roi , Commandant en Chef de la *
IL. Vol. Flotte
JUIN. 1731. 1613
3
3
4
1
Flotte qui doit mettre en mer au commencement
du mois prochain.
On apprend de Blandfort , dans le Comté de
Dorset, que le feu y ayant pris toute la Ville avoit
été reduite en cendres , à la reserve de 26. Mai
sons et de l'Eglise.
Il y a eu aussi un Incendie à Thwerton, dans le
Comté de Devonshire , où prés d'un tiers des
Maisons a été réduit en cendres .
Le 20, le feu prit dans la maison d'un Distilateur
de la Ville de Londres , dans le quartier de Hol
born , et s'étant communiqué aux maisons voi
sines , il y en eût trente consommées par les flam
mes , et plusieurs autres endommagées.
L'Ecuyer du Comte Kinnoul , Ambassadeur du
Roi à Constantinople , est arrivé à Londres , avec
des Lettres du Grand Seigneur , pour donner part
de son avenement au Trone.
L
E Chevalier Charles Wager a été nommé
par le Roi , Commandant en Chef de la *
IL. Vol. Flotte
JUIN. 1731. 1613
3
3
4
1
Flotte qui doit mettre en mer au commencement
du mois prochain.
On apprend de Blandfort , dans le Comté de
Dorset, que le feu y ayant pris toute la Ville avoit
été reduite en cendres , à la reserve de 26. Mai
sons et de l'Eglise.
Il y a eu aussi un Incendie à Thwerton, dans le
Comté de Devonshire , où prés d'un tiers des
Maisons a été réduit en cendres .
Le 20, le feu prit dans la maison d'un Distilateur
de la Ville de Londres , dans le quartier de Hol
born , et s'étant communiqué aux maisons voi
sines , il y en eût trente consommées par les flam
mes , et plusieurs autres endommagées.
L'Ecuyer du Comte Kinnoul , Ambassadeur du
Roi à Constantinople , est arrivé à Londres , avec
des Lettres du Grand Seigneur , pour donner part
de son avenement au Trone.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En juin 1731, le Chevalier Charles Wager a été nommé Commandant en Chef de la flotte britannique. Des incendies ont détruit Blandfort dans le Dorset, Thwerton dans le Devonshire et une partie du quartier de Holborn à Londres. L'écuyer du Comte Kinnoul est arrivé à Londres avec des lettres du Grand Seigneur de Constantinople.
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67
p. 2913-2914
MORTS.
Début :
Dame Agnès Courtois , Epouse de M. Louis Diette Ravanne , Chevalier , Conseiller [...]
Mots clefs :
Dame, Chevalier, Régiment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Diette Ravanne , Chevalier , Conseiller
Ame Agnès Courtois , Epouse de M. Louis
du Roy , Grand-Maître des Eaux en Forêts de
France , département d'Orleans , mourut à Paris
le 18. Novembre , âgée de 28.
Le 27. du même mois , M. Jean-Antoine de
la Baune , Conseiller du Roy , Maître Ordinaire
en sa Chambre des Comptes , mourut , âgé de
75 ans.
Louis - Paul de Rochechouart - Mortemart ,
Duc de Rochechouart , Prince de Tonnay- Charante
, Comte de Chaumont , Premier Gentilhomme
de la Chambre du Roy et Colonel d'un
Régiment d'Infanterie , mourut à Paris le 4. de
ce mois , dans la 21. année de son âge. Il ne
laisse point d'enfans de N. de Beauveau , son
Epouse , fille unique du Marquis de Beauveau ,
Chevalier des Ordres du Roy. S. M. a accordé
la Charge de Premier Gentilhomme de la Chambre
, et le Régiment dont il étoit Colonel , au
Marquis de Mortemar , son frere , âgé de 18. ans.
Le 12 Décembre Jean- François le Do du
Chevron , Chevalier de Saint Louis , Mestre
de Camp de Cavalerie , Grand- Prévôt General
de la Connétablie , Gendarmerie & Maré
chaussée de France , et des Camps et Armées de
Sa Majesté , Inspecteur General des Maréchaus2914
MERCURE DE FRANCE
sées du Royaume , mourut à Paris , âgé de ss.
ans.
M. Frederic- Charles Trudaine de Lauzieres ,
Mestre de Camp de Cavalerie et Sous- Lieutenant
de la Compagnie des Chevaux - Legers d'Orleans ,
mourut le 15. de ce mois au Château de Montigny
, âgé d'environ 29. ans.
Le second Volume du Mercure de ce Mois,
est actuellement sous presse , et paroîtra incessamment
Diette Ravanne , Chevalier , Conseiller
Ame Agnès Courtois , Epouse de M. Louis
du Roy , Grand-Maître des Eaux en Forêts de
France , département d'Orleans , mourut à Paris
le 18. Novembre , âgée de 28.
Le 27. du même mois , M. Jean-Antoine de
la Baune , Conseiller du Roy , Maître Ordinaire
en sa Chambre des Comptes , mourut , âgé de
75 ans.
Louis - Paul de Rochechouart - Mortemart ,
Duc de Rochechouart , Prince de Tonnay- Charante
, Comte de Chaumont , Premier Gentilhomme
de la Chambre du Roy et Colonel d'un
Régiment d'Infanterie , mourut à Paris le 4. de
ce mois , dans la 21. année de son âge. Il ne
laisse point d'enfans de N. de Beauveau , son
Epouse , fille unique du Marquis de Beauveau ,
Chevalier des Ordres du Roy. S. M. a accordé
la Charge de Premier Gentilhomme de la Chambre
, et le Régiment dont il étoit Colonel , au
Marquis de Mortemar , son frere , âgé de 18. ans.
Le 12 Décembre Jean- François le Do du
Chevron , Chevalier de Saint Louis , Mestre
de Camp de Cavalerie , Grand- Prévôt General
de la Connétablie , Gendarmerie & Maré
chaussée de France , et des Camps et Armées de
Sa Majesté , Inspecteur General des Maréchaus2914
MERCURE DE FRANCE
sées du Royaume , mourut à Paris , âgé de ss.
ans.
M. Frederic- Charles Trudaine de Lauzieres ,
Mestre de Camp de Cavalerie et Sous- Lieutenant
de la Compagnie des Chevaux - Legers d'Orleans ,
mourut le 15. de ce mois au Château de Montigny
, âgé d'environ 29. ans.
Le second Volume du Mercure de ce Mois,
est actuellement sous presse , et paroîtra incessamment
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Résumé : MORTS.
Le document énumère plusieurs décès notables. Diette Ravanne, Chevalier et Conseiller, et Ame Agnès Courtois, épouse de Louis du Roy, Grand-Maître des Eaux et Forêts de France, sont décédés à Paris le 18 novembre. Agnès Courtois avait 28 ans. Le 27 novembre, M. Jean-Antoine de la Baune, Conseiller du Roi et Maître Ordinaire en sa Chambre des Comptes, est mort à l'âge de 75 ans. Louis-Paul de Rochechouart-Mortemart, Duc de Rochechouart, Prince de Tonnay-Charente, Comte de Chaumont, Premier Gentilhomme de la Chambre du Roi et Colonel d'un Régiment d'Infanterie, est décédé à Paris le 4 décembre à l'âge de 21 ans. Il n'a laissé aucun enfant, et ses charges ont été attribuées à son frère, le Marquis de Mortemar, âgé de 18 ans. Jean-François Le Do du Chevron, Chevalier de Saint Louis, Mestre de Camp de Cavalerie, Grand-Prévôt Général de la Connétablie, Gendarmerie et Maréchaussée de France, et Inspecteur Général des Maréchaussées du Royaume, est mort à Paris le 12 décembre à l'âge de 66 ans. M. Frédéric-Charles Trudaine de Lauzieres, Mestre de Camp de Cavalerie et Sous-Lieutenant de la Compagnie des Chevaux-Légers d'Orléans, est décédé le 15 décembre au Château de Montigny à l'âge d'environ 29 ans. Le second volume du Mercure de ce mois est en cours d'impression.
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68
p. 2041-2047
MORTS, NAISSANCES,
Début :
Le 23. du mois dernier, M. François Grillet de Brissac, Lieutenant des [...]
Mots clefs :
Épouse, Dame, Chevalier, Conseiller, Régiment
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES,
MORTS , NAISSANCES
E 23. du mois dernier , M. François
Grillet de Brissac , Lieutenant des
Gardes du Corps et Brigadier des Armées.
du Roi , mourut dans un âge avancé.
Dame Marie - Jeanne - Charlotte de
Maupeou , veuve en premieres Nôces de
M.Leon de Fontlebon ,Seigneur de Vitrac-
Montembeuf,Lieutenant au Regiment des
Gardes Françoises, et au jour de son décèds
épouse de M. Michel - Gabriel- Raphaël de
Beauvais , Baron de Gentilly , Capitaine
des Gardes de la Porte de feu Monseigneur
le Duc de Berry , mourut le 25. Juillet ,
âgée de 49. ans.
Dame Elizabeth- Therese le Rebours
veuve de M. Michel Chamillard , Ministre
d'Etat , et qui avoit été Controlleur
General des Finances , Secretaire d'Etat
avec le département de la guerre , Grand-
Trésorier et Commandeur des Ordres
du Roi , mourut en son Château de la
Suze au Maine le 26. du mois dernier
âgée d'environ 74. ans.
Dame Claude- Geneviève Cheriere
yeuve de Lancelot Turpin Crissé , Com-
IC
2042 MERCURE DE FRANCE
te de Sansay , Brigadier des Armées du
Roi , Colonel du Régiment d'Infanterie
de son nom mourut le 28. Juillet en
son Château d'Erouville en Beauce , âgée
de 48. ans.
و
Louis Comte du Bourg , petit-fils du
Maréchal de ce nom , Mestre de Camp ,
mourut à Strasbourg le premier de ce
mois.
Olivier Jegou de Querville , Docteur
en Théologie de la Faculté de Paris , Evê
que et Comte de Tréguier , mourut dans
son Diocèse , le 2. Août. Il avoit été sacréle
30. Octobre 1697.
Dime Paule de Clermont-Tonnerre de
Chafle , Abbesse de l'Abbaye Royale de
Villiers , Ordre de Cîteaux , Diocèse de
Sens , mourut le 2. Août , âgée de 63. ans..
La Dame des Bertons de Crillon , qu'elle
avoit demandé pour sa Coadjutrice , lui
succede:
Alexandre Dezouches , Seigneur de la
Lande , & c . Chevalier de S. Louis Lieutenant
de Roi de la Ville d'Arras , mou
rut le 2. Août , âgé de 48. ans.
M. de S. Yves , Chirurgien , celebre
Oculiste de S. Côme , est mort à Paris le 3 .
Août , âgé de 66. ans , après avoir exercé
sa Profession avec beaucoup de talens , et
s'être acquis la réputation qu'il méritoit .
laisse
A O UST. 1731. 2043
pour
laisse un Eleve de son nom qui travailloit
sous lui depuis seize ans , et sur lequel
il se reposoit depuis plusieurs années
toutes les Operations que ses infirmitez
ne lui permettoient pas de faire. Il occupe
le même Appartement , Place du
Palais Royal , ruë S. Thomas du Louvre.
Guillaume le Noir , Secretaire du Roi ,
Receveur General des Finances d'Alençon
, et l'un des Fermiers Generaux de
S. M. mourut le 4. Août , âgé de 48. ans ..
Gaspard- Pierre de Fieubet , Chevalier
Seigneur de Vincüil , fils de Louis - Gaspard
de Fieubet , Conseiller au Parlement,
mourut le s . Août , âgé de 17. ans , 3 .
mois.
Jean -Pierre d'Argouges de Ranes , Chevalier
, Marquis de la Chapelle - la- Reine,
Doy n du Conseil d'Etat , mourut à Paris
le 7. de ce mois , dans la 86. année
de son âge.
Le même jour , Dame Loüise Elizabeth
de Marcillac , Epouse de M. Joseph Hennequin
de Charmont , cy devant Secretaire
de la Chambre et Cabinet du Roi ,,
Secretair des Commandemens de Monseigneur
le Dauphin , et Ambassadeur du
Roi auprès de la République de Venise ,
mourut au Château de Charmont en
Champagne, dans la 62. année de son âge
Le
T044 MERCURE DE FRANCE
·
@
Le 12. Alexandre de Rochechouart ;
Marquis de Jars , Capitaine des Gardes
du Corps de la Reine, seconde Doüairiere
d'Espagne , mourut au Château de Meudon
, de la petite verole , âgé de 53. ans.
Henri , Comte de Saulx de Tavannes
ey-devant Mestre de Camp , Lieutenant
du Régiment d'Orleans, Cavalerie , mourut
à Paris le 13. de ce mois , dans la 74 .
année de son âge.
M. François de Montholon , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis , Commandeur
de celui de S. Lazare , Mestre
de Camp de Cavalerie , ancien Cornette
de la seconde Compagnie des Mousquetaires
de la Garde du Roi , mourut à
S. Germain en Laye le 13 , de ce mois ,
dans un âge avancé. Il étoit petit - fils et
arriere - petit - fils de deux Gardes des
Sceaux de France du même nom .
Le même jour , Dame Anne- Marie-
Barbe Deville , Epouse de Anne Leon de
Montmorency , Chef du nom et Armes
de la Maison , premier Baron Chrétien en
France , Enseigne des Gendarmes de Berry
, Seigneur de Courtalin-Bois - Buffenle
Plessis- d'Arque , le Poilay , le Vernay ,;
des deux Modave , de Biemrcé , de Banderelle
, de Fermée , Termoiyne. , &c.
mourut âgée de 18 ans 7. mois .
L
La
A O UST. 1731. 2045
2.
Le 19. François de la Forest , d'Armaillé
, Chevalier , Baron de Craon , Seigneur
de la Forest d'Armaillé , & c. Conseiller
de la Grand'Chambre du Parle--
ment , mourut âgé d'environ 88. ans .
Dame Françoise Robert , Epouse de
M. François Moreau , Chevalier , Conseiller
du Roi en ses Conseils d'Etat et
Privez , Honoraire en sa Cour de Parlement
, et Procureur de Sa Majesté au
Châtelet de Paris , accoucha d'un fils
qui est le 14me enfant qu'elle a eû depuis
17. ans et demi de mariage , dont il lui
reste encore six garçons et deux filles ; il
fut baptisé le même jour sur les six heures
du soir , en l'Eglise de S.Mery sa Paroisse ,
et nommé Charles-François , par Charles-
François de Vintimille des Comtes de
Marseille , Comte du Luc , Marquis des
Arcs , la Marthe , &c. Chevalier et Commandeur
de tous les Ordres de S. M. son-
Conseiller d'État ordinaire d'Epée , Gouverneur
des Isles de Porquerolles et Lingoustier
, Lieutenant de Roi en Proven
ce , et par Dame Anne-Victoire de La-:
moignon , Epouse de M. René- Charles
de Maupeou , Conseiller du Roi en tous.
ses Conseils , Président de son Parlelement
, Seigneur de Noisy, Vicomte de
Bruyeres , Marquis de Morangue , &G
2046 MERCURE DE FRANCE
Dame V ctoire Guillard , Epouse 'de
Jean Baptiste-Martin Dartaguette- Biron ,
Baron Daguerre , &c. accoucha le 16.
*Juillet d'une fille , qui fut tenuë sur les
Fonts par Jean - Baptiste Guillard , Seigneur
de la Vacherie , Chambellan de
feu M. le Duc de Berry , Gouverneur
d'Arras , et par D. Louise , Adelaïde Herault
, fille de M. Herault , Lieutenant
General de Police .
D. Emilie de Mailly du Brüeil , Epouse
de Jean- François de Creil , Marquis de
Nancré , &c. Brigadier des Armées du
Roi , Capitaine Commandant des Grenadiers
à Cheval , accoucha le premier
Août d'une fille , qui fut nommée Louise
Felicité- Emilie ,, par Louis Gabriël des
Acres , Comte de Laigle , Colonel du.
Regiment d'Anguien , et par D. Bonne-
Felicité Bernard , fille de Samuel Bernard,
Comte de Coubeot , Conseiller d'Etat .
Dame. Louise Thevenin de Coursan ,
Epouse de Jean - Zacharie de la Faurie ,
Baron de Villandreult , Président à la
Cour des Aydes , accoucha le 8. Août
d'une fille qui fut nommée Anne Jeanne,
par Jean Thevenin , Baron de Thorci ,
Conseiller au Parlement , et par D. Anne
Thevenin de Coursan , fille de feu Jean
Thevenin , Baron de Coursan , Maître
des Requêtes.
A O UST. 1731. 2047
1
Dame Jeanne- Françoise Gardien , Epou
se de François - Elie de Chastenay , Che
valier , Marquis de Lanty , Lieutenant-
Colonel du Mestre de Camp General
Cavalerie , Chevalier de l'Ordre Royal et
Militaire de S. Louis , accoucha le 9 .
Août d'un fils , qui fut baptisé le 10. ,à
la Paroisse de S. Eustache , et tenu par
Alexis- Magdelaine Rosalie , Comte de
Chatillon , Chevalier des Ordres du Roi ,
Maréchal de Camp des Armées de S. M.
et Mestre de Camp General de la Cavalerie
Legere de France , et par Dame
Françoise de Pressigny , Epouse de M. le
Président de Nassigny.
D. Anne - Marie - Barbe Deville , Epousé
d'Anne Leon de Montmorency , accoucha
le 11. Août d'un fils , qui fut nommé
Anne Léon , par Léon de Montmorency,
et par D. Anne Barbe de Besser , veuve
de Charles- Joseph de Courcelles.
D. Magdelaine- Angelique de Neuville
de Villeroy , Epouse de Joseph Marie ,
Duc de Boufflers , Pair de France , &c.
accoucha le 17. d'un fils , qui fut nommé
Charles- Joseph , par Nicolas de Neuville
, Duc de Villeroy , Pair de France ,
Capitaine des Gardes du Corps du Roi ,
&c. et par Dame Catherine - Charlotte de
Grammont , Maréchale de Boufflers , & c.
E 23. du mois dernier , M. François
Grillet de Brissac , Lieutenant des
Gardes du Corps et Brigadier des Armées.
du Roi , mourut dans un âge avancé.
Dame Marie - Jeanne - Charlotte de
Maupeou , veuve en premieres Nôces de
M.Leon de Fontlebon ,Seigneur de Vitrac-
Montembeuf,Lieutenant au Regiment des
Gardes Françoises, et au jour de son décèds
épouse de M. Michel - Gabriel- Raphaël de
Beauvais , Baron de Gentilly , Capitaine
des Gardes de la Porte de feu Monseigneur
le Duc de Berry , mourut le 25. Juillet ,
âgée de 49. ans.
Dame Elizabeth- Therese le Rebours
veuve de M. Michel Chamillard , Ministre
d'Etat , et qui avoit été Controlleur
General des Finances , Secretaire d'Etat
avec le département de la guerre , Grand-
Trésorier et Commandeur des Ordres
du Roi , mourut en son Château de la
Suze au Maine le 26. du mois dernier
âgée d'environ 74. ans.
Dame Claude- Geneviève Cheriere
yeuve de Lancelot Turpin Crissé , Com-
IC
2042 MERCURE DE FRANCE
te de Sansay , Brigadier des Armées du
Roi , Colonel du Régiment d'Infanterie
de son nom mourut le 28. Juillet en
son Château d'Erouville en Beauce , âgée
de 48. ans.
و
Louis Comte du Bourg , petit-fils du
Maréchal de ce nom , Mestre de Camp ,
mourut à Strasbourg le premier de ce
mois.
Olivier Jegou de Querville , Docteur
en Théologie de la Faculté de Paris , Evê
que et Comte de Tréguier , mourut dans
son Diocèse , le 2. Août. Il avoit été sacréle
30. Octobre 1697.
Dime Paule de Clermont-Tonnerre de
Chafle , Abbesse de l'Abbaye Royale de
Villiers , Ordre de Cîteaux , Diocèse de
Sens , mourut le 2. Août , âgée de 63. ans..
La Dame des Bertons de Crillon , qu'elle
avoit demandé pour sa Coadjutrice , lui
succede:
Alexandre Dezouches , Seigneur de la
Lande , & c . Chevalier de S. Louis Lieutenant
de Roi de la Ville d'Arras , mou
rut le 2. Août , âgé de 48. ans.
M. de S. Yves , Chirurgien , celebre
Oculiste de S. Côme , est mort à Paris le 3 .
Août , âgé de 66. ans , après avoir exercé
sa Profession avec beaucoup de talens , et
s'être acquis la réputation qu'il méritoit .
laisse
A O UST. 1731. 2043
pour
laisse un Eleve de son nom qui travailloit
sous lui depuis seize ans , et sur lequel
il se reposoit depuis plusieurs années
toutes les Operations que ses infirmitez
ne lui permettoient pas de faire. Il occupe
le même Appartement , Place du
Palais Royal , ruë S. Thomas du Louvre.
Guillaume le Noir , Secretaire du Roi ,
Receveur General des Finances d'Alençon
, et l'un des Fermiers Generaux de
S. M. mourut le 4. Août , âgé de 48. ans ..
Gaspard- Pierre de Fieubet , Chevalier
Seigneur de Vincüil , fils de Louis - Gaspard
de Fieubet , Conseiller au Parlement,
mourut le s . Août , âgé de 17. ans , 3 .
mois.
Jean -Pierre d'Argouges de Ranes , Chevalier
, Marquis de la Chapelle - la- Reine,
Doy n du Conseil d'Etat , mourut à Paris
le 7. de ce mois , dans la 86. année
de son âge.
Le même jour , Dame Loüise Elizabeth
de Marcillac , Epouse de M. Joseph Hennequin
de Charmont , cy devant Secretaire
de la Chambre et Cabinet du Roi ,,
Secretair des Commandemens de Monseigneur
le Dauphin , et Ambassadeur du
Roi auprès de la République de Venise ,
mourut au Château de Charmont en
Champagne, dans la 62. année de son âge
Le
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@
Le 12. Alexandre de Rochechouart ;
Marquis de Jars , Capitaine des Gardes
du Corps de la Reine, seconde Doüairiere
d'Espagne , mourut au Château de Meudon
, de la petite verole , âgé de 53. ans.
Henri , Comte de Saulx de Tavannes
ey-devant Mestre de Camp , Lieutenant
du Régiment d'Orleans, Cavalerie , mourut
à Paris le 13. de ce mois , dans la 74 .
année de son âge.
M. François de Montholon , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis , Commandeur
de celui de S. Lazare , Mestre
de Camp de Cavalerie , ancien Cornette
de la seconde Compagnie des Mousquetaires
de la Garde du Roi , mourut à
S. Germain en Laye le 13 , de ce mois ,
dans un âge avancé. Il étoit petit - fils et
arriere - petit - fils de deux Gardes des
Sceaux de France du même nom .
Le même jour , Dame Anne- Marie-
Barbe Deville , Epouse de Anne Leon de
Montmorency , Chef du nom et Armes
de la Maison , premier Baron Chrétien en
France , Enseigne des Gendarmes de Berry
, Seigneur de Courtalin-Bois - Buffenle
Plessis- d'Arque , le Poilay , le Vernay ,;
des deux Modave , de Biemrcé , de Banderelle
, de Fermée , Termoiyne. , &c.
mourut âgée de 18 ans 7. mois .
L
La
A O UST. 1731. 2045
2.
Le 19. François de la Forest , d'Armaillé
, Chevalier , Baron de Craon , Seigneur
de la Forest d'Armaillé , & c. Conseiller
de la Grand'Chambre du Parle--
ment , mourut âgé d'environ 88. ans .
Dame Françoise Robert , Epouse de
M. François Moreau , Chevalier , Conseiller
du Roi en ses Conseils d'Etat et
Privez , Honoraire en sa Cour de Parlement
, et Procureur de Sa Majesté au
Châtelet de Paris , accoucha d'un fils
qui est le 14me enfant qu'elle a eû depuis
17. ans et demi de mariage , dont il lui
reste encore six garçons et deux filles ; il
fut baptisé le même jour sur les six heures
du soir , en l'Eglise de S.Mery sa Paroisse ,
et nommé Charles-François , par Charles-
François de Vintimille des Comtes de
Marseille , Comte du Luc , Marquis des
Arcs , la Marthe , &c. Chevalier et Commandeur
de tous les Ordres de S. M. son-
Conseiller d'État ordinaire d'Epée , Gouverneur
des Isles de Porquerolles et Lingoustier
, Lieutenant de Roi en Proven
ce , et par Dame Anne-Victoire de La-:
moignon , Epouse de M. René- Charles
de Maupeou , Conseiller du Roi en tous.
ses Conseils , Président de son Parlelement
, Seigneur de Noisy, Vicomte de
Bruyeres , Marquis de Morangue , &G
2046 MERCURE DE FRANCE
Dame V ctoire Guillard , Epouse 'de
Jean Baptiste-Martin Dartaguette- Biron ,
Baron Daguerre , &c. accoucha le 16.
*Juillet d'une fille , qui fut tenuë sur les
Fonts par Jean - Baptiste Guillard , Seigneur
de la Vacherie , Chambellan de
feu M. le Duc de Berry , Gouverneur
d'Arras , et par D. Louise , Adelaïde Herault
, fille de M. Herault , Lieutenant
General de Police .
D. Emilie de Mailly du Brüeil , Epouse
de Jean- François de Creil , Marquis de
Nancré , &c. Brigadier des Armées du
Roi , Capitaine Commandant des Grenadiers
à Cheval , accoucha le premier
Août d'une fille , qui fut nommée Louise
Felicité- Emilie ,, par Louis Gabriël des
Acres , Comte de Laigle , Colonel du.
Regiment d'Anguien , et par D. Bonne-
Felicité Bernard , fille de Samuel Bernard,
Comte de Coubeot , Conseiller d'Etat .
Dame. Louise Thevenin de Coursan ,
Epouse de Jean - Zacharie de la Faurie ,
Baron de Villandreult , Président à la
Cour des Aydes , accoucha le 8. Août
d'une fille qui fut nommée Anne Jeanne,
par Jean Thevenin , Baron de Thorci ,
Conseiller au Parlement , et par D. Anne
Thevenin de Coursan , fille de feu Jean
Thevenin , Baron de Coursan , Maître
des Requêtes.
A O UST. 1731. 2047
1
Dame Jeanne- Françoise Gardien , Epou
se de François - Elie de Chastenay , Che
valier , Marquis de Lanty , Lieutenant-
Colonel du Mestre de Camp General
Cavalerie , Chevalier de l'Ordre Royal et
Militaire de S. Louis , accoucha le 9 .
Août d'un fils , qui fut baptisé le 10. ,à
la Paroisse de S. Eustache , et tenu par
Alexis- Magdelaine Rosalie , Comte de
Chatillon , Chevalier des Ordres du Roi ,
Maréchal de Camp des Armées de S. M.
et Mestre de Camp General de la Cavalerie
Legere de France , et par Dame
Françoise de Pressigny , Epouse de M. le
Président de Nassigny.
D. Anne - Marie - Barbe Deville , Epousé
d'Anne Leon de Montmorency , accoucha
le 11. Août d'un fils , qui fut nommé
Anne Léon , par Léon de Montmorency,
et par D. Anne Barbe de Besser , veuve
de Charles- Joseph de Courcelles.
D. Magdelaine- Angelique de Neuville
de Villeroy , Epouse de Joseph Marie ,
Duc de Boufflers , Pair de France , &c.
accoucha le 17. d'un fils , qui fut nommé
Charles- Joseph , par Nicolas de Neuville
, Duc de Villeroy , Pair de France ,
Capitaine des Gardes du Corps du Roi ,
&c. et par Dame Catherine - Charlotte de
Grammont , Maréchale de Boufflers , & c.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES,
En juillet et août 1731, plusieurs décès et naissances notables ont été enregistrés. Parmi les décès, M. François Grillet de Brissac, Lieutenant des Gardes du Corps et Brigadier des Armées du Roi, est décédé à un âge avancé le 23 juillet. Dame Marie-Jeanne-Charlotte de Maupeou, veuve de M. Léon de Fontlebon et épouse de M. Michel-Gabriel-Raphaël de Beauvais, est décédée le 25 juillet à l'âge de 49 ans. Dame Élisabeth-Thérèse Le Rebours, veuve de M. Michel Chamillard, Ministre d'État et ancien Contrôleur Général des Finances, est décédée le 26 juillet à environ 74 ans. Dame Claude-Geneviève Chérière, veuve de Lancelot Turpin Crissé, est décédée le 28 juillet à 48 ans. Louis Comte du Bourg, petit-fils du Maréchal de ce nom, est décédé à Strasbourg le 1er août. Olivier Jegou de Querville, Évêque et Comte de Tréguier, est décédé le 2 août. Dame Paule de Clermont-Tonnerre de Chafle, Abbesse de l'Abbaye Royale de Villiers, est décédée le 2 août à 63 ans. Alexandre Dezouches, Seigneur de la Lande et Lieutenant du Roi de la Ville d'Arras, est décédé le 2 août à 48 ans. M. de Saint-Yves, chirurgien et oculiste célèbre, est décédé à Paris le 3 août à 66 ans. Guillaume Le Noir, Secrétaire du Roi et Receveur Général des Finances d'Alençon, est décédé le 4 août à 48 ans. Gaspard-Pierre de Fieubet, Chevalier et Seigneur de Vincüil, est décédé le 5 août à 17 ans et 3 mois. Jean-Pierre d'Argouges de Ranes, Chevalier et Marquis de la Chapelle-la-Reine, est décédé à Paris le 7 août à 86 ans. Le même jour, Dame Louise Élisabeth de Marcillac, épouse de M. Joseph Hennequin de Charmont, est décédée à 62 ans. Alexandre de Rochechouart, Marquis de Jars et Capitaine des Gardes du Corps de la Reine, est décédé le 12 août à 53 ans. Henri, Comte de Saulx de Tavannes, ancien Mestre de Camp, est décédé à Paris le 13 août à 74 ans. M. François de Montholon, Chevalier de l'Ordre Militaire de Saint-Louis et Mestre de Camp de Cavalerie, est décédé à Saint-Germain-en-Laye le 13 août à un âge avancé. Le même jour, Dame Anne-Marie-Barbe Deville, épouse de Anne Léon de Montmorency, est décédée à 18 ans et 7 mois. François de la Forest d'Armaillé, Chevalier et Conseiller de la Grand'Chambre du Parlement, est décédé à environ 88 ans le 19 août. Pour les naissances, Dame Françoise Robert, épouse de M. François Moreau, a accouché d'un fils baptisé Charles-François le 19 août. Dame Victoire Guillard, épouse de Jean-Baptiste-Martin Dartaguette-Biron, a accouché d'une fille le 16 juillet. Dame Émilie de Mailly du Brüeil, épouse de Jean-François de Creil, a accouché d'une fille nommée Louise Félicité-Émilie le 1er août. Dame Louise Thevenin de Coursan, épouse de Jean-Zacharie de la Faurie, a accouché d'une fille nommée Anne Jeanne le 8 août. Dame Jeanne-Françoise Gardien, épouse de François-Élie de Chastenay, a accouché d'un fils baptisé le 10 août. Dame Anne-Marie-Barbe Deville, épouse de Anne Léon de Montmorency, a accouché d'un fils nommé Anne Léon le 11 août. Dame Madeleine-Angélique de Neuville de Villeroy, épouse de Joseph Marie, Duc de Boufflers, a accouché d'un fils nommé Charles-Joseph le 17 août.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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69
p. 2226-2235
Les Eveillez de Poissi et les petits Comediens. Autres Pieces nouvelles. [titre d'après la table]
Début :
Le 27. Août, l'Opera Comique donna la premiere Représentation de deux petites [...]
Mots clefs :
Foire, Danse, Chevalier, Tragédie, Enfants comédiens, Danseurs pantomimes anglais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Les Eveillez de Poissi et les petits Comediens. Autres Pieces nouvelles. [titre d'après la table]
Le 27. Août , l'Opera Comique donna
la premiere Représentation de deux petites .
Piéces
SEPTEMBRE . 1731. 2227
Pièces nouvelles , d'un'Acte chacune, avec
des Divertissemens. La premiere a pour titre
les Eveillez de Poiffi, et l'autre, les petits
Comédiens, ou la Tante dupée. Les rôles
de cette derniere Piéce sont joüez par
des Enfans , dont le plus âgé n'a pas treize
ans ; ils sont très-applaudis par de nombreuses
Assemblées que cette singularité
attire à la Foire S. Laurent pour voir ce
spectacle , aussi singulier qu'agréable . Il y
a dans le Divertissement un Enfant âgé
de quatre ans seulement, qui danse et parodie
avec beaucoup de grace et de justesse:
la danse du Sabotier , executée aux Foires
précedentes par le sieur Nivelon , fameux
Danseur pour ces sortes de caracteres. Ce
Divertissement est terminé par un très -joli
Balet, quireprésente en Scenes muettes et
dansantes , le Jugement de Pâris , et qui est
executé par les excellens Danseurs Pantomimes
dont on a déja parlé. La D Groi
gnet , nouvelle Danseuse , s'y est aussi dis-´
tinguée par differentes danses , executées :
avec beaucoup de vivacité. Voici un Extrait
de la Piéce.
La Scene se passe dans une Maison de
Campagne auprès de Tours , où se trouve
le Chevalier , ami de la Dame du lieu ,.
appellée Jule , laquelle devant donner
une Fête , avoit mandé une Troupe de
H vj Comé
2228 MERCURE DE FRANCE
Comédiens de Campagne . Dans le tempsqu'ils
étoient dans une vive impatience de
voir paroître cette Troupe pour représenter
la Tragédie d'Iphigenie , qu'on
avoit demandée ; un Domestique vient
annoncer le désastre arrivé en chemin à
cette Troupe. La Rancune * qui en est le
Chef, arrive un moment après un bras en
écharpe et un emplatre à la joüe , et s'adressant
à Julie et au Chevalier , leur dit :
Jamais nous ne goutons de parfaite allegresse ;
Nos plus heureux succès sont mêlez de tristesse
Madame,je comptoís que ma Troupe aujourd'hui,
De ce charmant séjour viendroit chasser l'ennui,
Chacun s'étoit flatté de la douce esperance ,
D'étaler à vos yeux son Art et sa Science ,
Mais un malheur subit a trahi nos desirs ,
Renversé notre espoir et détruis vos plaisirs ;-
Nous avions presque fait les trois quarts
voyage ,
Et nous voyons déja le Clocher du Village ,
Quand un maudit Chasseur que le Ciel en couroux
,
Pour punir nos forfaits fit approcher de nous ,
Vit un Oiseau perché sur la branche d'un Hêtre ;
Sa main dans le moment met la mainau Salpêtre,
Il apprête , il ajuste , et d'un coup effrayant ,
Pait voler dans les airs le métal fondroyant.
Le Sr Drouin. qui joue très - bien ce Rôle
La
SEPTEMBRE. 1731. 2229
La terre s'en émeut , les Antres en gémissent ,
De nos Coursiers fringants tous les crins se he
rissent ;
La terreur les saisit , et de colere ardens ,
Soudain nous les voyons prendre le mords aux:
dents ;
Du Guide consterné la voix foible et tremblante;
Tâche en vain d'arrêter leur fougue violente
La voiture entraînée au gré de leur fureur ,
Va donner contre un Roc d'une énorme gros
seur ;
L'essieu crie et se rompt ::ô ! spectacle terrible !
Capable d'attendrir l'ame la moins sensible..
Dans un Marais bourbeux Ragotin renversé ,
Et dans ses brodequins lui- même embarrassé ,
Après avoir long-temps dans un confus mélange,
De Livres , de paquets , de poussiere et de fange ,
Lutté contre la mort , la fortune et les Dieux ,
Reste à la fin sans force et périt à nos yeux.
J'ai vû , Seigneur , j'ai vâles ronces degoutantes,
Porter de ce Heros les dépouilles sanglantes ;
Comme lui maint Acteur dans le sang est baigné,
Et c'est moi que le sort a le plus épargné.
Julie plaint beaucoup la situation de
ce Comédien et de sa Troupe , mais elle
veut l'obliger à jouer la Tragédie d'Iphigenie.
Le Chevalier y joint ses instances,
oni , dit- il , et chante sur l'Air de la Palisse
est mort .
2230 MERCURE DE FRANCE
Le Chevalier..
Vous là jouerez ......
Le Comédien..
Eh ! comment:
Satisfaire votre envie ?
Peut- être dans ce moment
On trépane Iphigenie.
Si vous voyez dans quel état est Aga
memnon ( continue le Comédien ) et
chante sur l'Air : Que dans l'amoureux
mystere.
Pouvons-nous sur le Théatre ,
Mettre un Roy tout fracassé
Achille porte un emplâtre ,..
Ulisse a le bras cassé ;
De notre Orquestre ,
Le Pupitre s'est brisé
Sur Clytemnestre ..
,,
Ce contre- temps engage la Rancune
à proposer de faire jouer une petite Trou
pe composée de sa Famille , qui s'est trouvée
heureusement dans une autre Voitu
re ; Julie et le Chevalier acceptent ceparti
. Le Comédien demande au Public
quelque indulgence pour cette Troupe
naissante.
SEPTEMBRE 1731. 2238
naissante , et chante sur l'Air : Ici je fonde
une Abbaye.
S'ils n'ont pas l'honneur de vous plaire ,,
Epargnez-les , c'est moi , Messieurs ,
Qui doit porter votre colere ;
J'ai fait la Piece et les Acteurs.
Les Enfans . Comédiens joüent ensuite
une petite Piece ingénieusement composée
et proportionnée à leur âge. Elle est
intitulée la Niece vengée , ou la Double
Surprise ; elle est de la composition de
M. Panard , la Musique est de M. Gillier :
voicy quelques Couplets du Vaudeville..
Fulie.
Par l'âge ni par la grandeur ;
Ne jugeons jamais d'un Acteur ;
Ceux-cy dont je suis satisfaite ,
Font voir que pour être amusants,
Les petits , tourelourirette ,
Valent bien les grands.
De la bravoure des Soldats ,
La taille ne décide pas ;
Bien souvent , lorsque la Trompette
Appelle au feu les Combattans ,
Les Petits, & c..
Les
2232 MERCURE DE FRANCE
Les Vers sublimes et pompeux ,
Deviennent souvent ennuyeux ;
Ceux d'une simple Chansonnette ,
Quelquefois sont vifs et picquants ;
Les Petits , & c..
La Foire dans ses plus beaux jours ,
Ne vit jamais un tel concours ;
L'aspect de la Salle complette ,
Me fait chanter , ô ! l'heureux temps !!
Les Petits , tourelourirette ,
Font venir les Grands.
Le Petit Sabottier.
Quoique je ne sois qu'un nabot ,
Je sçai remuer le sabot ;
Ma danse est encore imparfaite ,
Mais j'espere qu'en peu de temps ,.
Mes petons , tourelourirette ,
Vaudront bien les grands..
La Petite Tante.
Ha! que nous nous croirons heureux ,
Si l'on est content de nos Jeux ;
Et qu'avec moi chacun repete ,
Ces mots , pour nous si ravissans ;
Les Petits , tourelourirette ,
Valent bien les grands,
Un
SEPTEMBRE. 1731. 2233
Un petit Crispin.
Que mon destin seroit charmant ,
Si le Spectateur en sortant ,
Disoit d'une ame satisfaite ,
Crispin me plaît , il est brillant ;
Ce Petit , tourelourirette ,
En vaut bien un grand.
Le 18. Septembre , le même Opera Comique
fut mandé pour aller jouer à la
Cour. Il représenta devant la Reine ,
l'Acte de Strasbourg , Piece jouée au commencement
de la Foire S. Laurent , dans
lequel la Dite le Grand , habillée en homme
, fait beaucoup de plaisir ; ensuite la
Piece des Petits Comédiens , dont on vient
de parler , et la danse du Petit Sabotier
qui plut infiniment. Ce Divertissement
fut terminé par le premier Ballet executé
par les Danseurs Anglois Pantomimes
dont on a parlé . S. M. parut très - satisfaite
de ce Divertissement , par la singu→
larité de ces Petits Comédiens qui jouerent
avec beaucoup de hardiesse et d'intelligence.
Le 20. l'Opera Comique donna le premiere
Représentation d'une Piece nouvelle
en un Acte , qui a pour titre : le
Temple du Sommeil , suivie de celle des
Petits Comédiens , et du premier Ballet de
Danseurs Pantomimes Anglois .
la premiere Représentation de deux petites .
Piéces
SEPTEMBRE . 1731. 2227
Pièces nouvelles , d'un'Acte chacune, avec
des Divertissemens. La premiere a pour titre
les Eveillez de Poiffi, et l'autre, les petits
Comédiens, ou la Tante dupée. Les rôles
de cette derniere Piéce sont joüez par
des Enfans , dont le plus âgé n'a pas treize
ans ; ils sont très-applaudis par de nombreuses
Assemblées que cette singularité
attire à la Foire S. Laurent pour voir ce
spectacle , aussi singulier qu'agréable . Il y
a dans le Divertissement un Enfant âgé
de quatre ans seulement, qui danse et parodie
avec beaucoup de grace et de justesse:
la danse du Sabotier , executée aux Foires
précedentes par le sieur Nivelon , fameux
Danseur pour ces sortes de caracteres. Ce
Divertissement est terminé par un très -joli
Balet, quireprésente en Scenes muettes et
dansantes , le Jugement de Pâris , et qui est
executé par les excellens Danseurs Pantomimes
dont on a déja parlé. La D Groi
gnet , nouvelle Danseuse , s'y est aussi dis-´
tinguée par differentes danses , executées :
avec beaucoup de vivacité. Voici un Extrait
de la Piéce.
La Scene se passe dans une Maison de
Campagne auprès de Tours , où se trouve
le Chevalier , ami de la Dame du lieu ,.
appellée Jule , laquelle devant donner
une Fête , avoit mandé une Troupe de
H vj Comé
2228 MERCURE DE FRANCE
Comédiens de Campagne . Dans le tempsqu'ils
étoient dans une vive impatience de
voir paroître cette Troupe pour représenter
la Tragédie d'Iphigenie , qu'on
avoit demandée ; un Domestique vient
annoncer le désastre arrivé en chemin à
cette Troupe. La Rancune * qui en est le
Chef, arrive un moment après un bras en
écharpe et un emplatre à la joüe , et s'adressant
à Julie et au Chevalier , leur dit :
Jamais nous ne goutons de parfaite allegresse ;
Nos plus heureux succès sont mêlez de tristesse
Madame,je comptoís que ma Troupe aujourd'hui,
De ce charmant séjour viendroit chasser l'ennui,
Chacun s'étoit flatté de la douce esperance ,
D'étaler à vos yeux son Art et sa Science ,
Mais un malheur subit a trahi nos desirs ,
Renversé notre espoir et détruis vos plaisirs ;-
Nous avions presque fait les trois quarts
voyage ,
Et nous voyons déja le Clocher du Village ,
Quand un maudit Chasseur que le Ciel en couroux
,
Pour punir nos forfaits fit approcher de nous ,
Vit un Oiseau perché sur la branche d'un Hêtre ;
Sa main dans le moment met la mainau Salpêtre,
Il apprête , il ajuste , et d'un coup effrayant ,
Pait voler dans les airs le métal fondroyant.
Le Sr Drouin. qui joue très - bien ce Rôle
La
SEPTEMBRE. 1731. 2229
La terre s'en émeut , les Antres en gémissent ,
De nos Coursiers fringants tous les crins se he
rissent ;
La terreur les saisit , et de colere ardens ,
Soudain nous les voyons prendre le mords aux:
dents ;
Du Guide consterné la voix foible et tremblante;
Tâche en vain d'arrêter leur fougue violente
La voiture entraînée au gré de leur fureur ,
Va donner contre un Roc d'une énorme gros
seur ;
L'essieu crie et se rompt ::ô ! spectacle terrible !
Capable d'attendrir l'ame la moins sensible..
Dans un Marais bourbeux Ragotin renversé ,
Et dans ses brodequins lui- même embarrassé ,
Après avoir long-temps dans un confus mélange,
De Livres , de paquets , de poussiere et de fange ,
Lutté contre la mort , la fortune et les Dieux ,
Reste à la fin sans force et périt à nos yeux.
J'ai vû , Seigneur , j'ai vâles ronces degoutantes,
Porter de ce Heros les dépouilles sanglantes ;
Comme lui maint Acteur dans le sang est baigné,
Et c'est moi que le sort a le plus épargné.
Julie plaint beaucoup la situation de
ce Comédien et de sa Troupe , mais elle
veut l'obliger à jouer la Tragédie d'Iphigenie.
Le Chevalier y joint ses instances,
oni , dit- il , et chante sur l'Air de la Palisse
est mort .
2230 MERCURE DE FRANCE
Le Chevalier..
Vous là jouerez ......
Le Comédien..
Eh ! comment:
Satisfaire votre envie ?
Peut- être dans ce moment
On trépane Iphigenie.
Si vous voyez dans quel état est Aga
memnon ( continue le Comédien ) et
chante sur l'Air : Que dans l'amoureux
mystere.
Pouvons-nous sur le Théatre ,
Mettre un Roy tout fracassé
Achille porte un emplâtre ,..
Ulisse a le bras cassé ;
De notre Orquestre ,
Le Pupitre s'est brisé
Sur Clytemnestre ..
,,
Ce contre- temps engage la Rancune
à proposer de faire jouer une petite Trou
pe composée de sa Famille , qui s'est trouvée
heureusement dans une autre Voitu
re ; Julie et le Chevalier acceptent ceparti
. Le Comédien demande au Public
quelque indulgence pour cette Troupe
naissante.
SEPTEMBRE 1731. 2238
naissante , et chante sur l'Air : Ici je fonde
une Abbaye.
S'ils n'ont pas l'honneur de vous plaire ,,
Epargnez-les , c'est moi , Messieurs ,
Qui doit porter votre colere ;
J'ai fait la Piece et les Acteurs.
Les Enfans . Comédiens joüent ensuite
une petite Piece ingénieusement composée
et proportionnée à leur âge. Elle est
intitulée la Niece vengée , ou la Double
Surprise ; elle est de la composition de
M. Panard , la Musique est de M. Gillier :
voicy quelques Couplets du Vaudeville..
Fulie.
Par l'âge ni par la grandeur ;
Ne jugeons jamais d'un Acteur ;
Ceux-cy dont je suis satisfaite ,
Font voir que pour être amusants,
Les petits , tourelourirette ,
Valent bien les grands.
De la bravoure des Soldats ,
La taille ne décide pas ;
Bien souvent , lorsque la Trompette
Appelle au feu les Combattans ,
Les Petits, & c..
Les
2232 MERCURE DE FRANCE
Les Vers sublimes et pompeux ,
Deviennent souvent ennuyeux ;
Ceux d'une simple Chansonnette ,
Quelquefois sont vifs et picquants ;
Les Petits , & c..
La Foire dans ses plus beaux jours ,
Ne vit jamais un tel concours ;
L'aspect de la Salle complette ,
Me fait chanter , ô ! l'heureux temps !!
Les Petits , tourelourirette ,
Font venir les Grands.
Le Petit Sabottier.
Quoique je ne sois qu'un nabot ,
Je sçai remuer le sabot ;
Ma danse est encore imparfaite ,
Mais j'espere qu'en peu de temps ,.
Mes petons , tourelourirette ,
Vaudront bien les grands..
La Petite Tante.
Ha! que nous nous croirons heureux ,
Si l'on est content de nos Jeux ;
Et qu'avec moi chacun repete ,
Ces mots , pour nous si ravissans ;
Les Petits , tourelourirette ,
Valent bien les grands,
Un
SEPTEMBRE. 1731. 2233
Un petit Crispin.
Que mon destin seroit charmant ,
Si le Spectateur en sortant ,
Disoit d'une ame satisfaite ,
Crispin me plaît , il est brillant ;
Ce Petit , tourelourirette ,
En vaut bien un grand.
Le 18. Septembre , le même Opera Comique
fut mandé pour aller jouer à la
Cour. Il représenta devant la Reine ,
l'Acte de Strasbourg , Piece jouée au commencement
de la Foire S. Laurent , dans
lequel la Dite le Grand , habillée en homme
, fait beaucoup de plaisir ; ensuite la
Piece des Petits Comédiens , dont on vient
de parler , et la danse du Petit Sabotier
qui plut infiniment. Ce Divertissement
fut terminé par le premier Ballet executé
par les Danseurs Anglois Pantomimes
dont on a parlé . S. M. parut très - satisfaite
de ce Divertissement , par la singu→
larité de ces Petits Comédiens qui jouerent
avec beaucoup de hardiesse et d'intelligence.
Le 20. l'Opera Comique donna le premiere
Représentation d'une Piece nouvelle
en un Acte , qui a pour titre : le
Temple du Sommeil , suivie de celle des
Petits Comédiens , et du premier Ballet de
Danseurs Pantomimes Anglois .
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Résumé : Les Eveillez de Poissi et les petits Comediens. Autres Pieces nouvelles. [titre d'après la table]
Le 27 août 1731, l'Opéra Comique a présenté deux pièces en un acte, accompagnées de divertissements. Les pièces, intitulées 'Les Éveillez de Poiffi' et 'Les petits Comédiens, ou la Tante dupée', ont été interprétées par des enfants dont le plus âgé n'avait pas treize ans. Ces représentations ont attiré une foule nombreuse à la Foire Saint-Laurent, notamment grâce à la présence d'un enfant de quatre ans qui dansait et parodiait avec grâce. La pièce 'Les petits Comédiens' se déroule dans une maison de campagne près de Tours. Julie, la dame du lieu, et son ami le Chevalier attendent une troupe de comédiens pour représenter la tragédie d'Iphigénie. Cependant, un domestique annonce un accident ayant causé la mort de plusieurs comédiens. La Rancune, chef de la troupe, arrive blessé et raconte l'accident. Julie et le Chevalier insistent pour que la pièce soit jouée malgré tout. La Rancune propose alors une troupe composée de sa famille, qui joue une pièce intitulée 'La Nièce vengée, ou la Double Surprise'. Le 18 septembre, l'Opéra Comique a été invité à la cour pour représenter 'L'Acte de Strasbourg', 'Les petits Comédiens', et la danse du Petit Sabotier, suivie d'un ballet exécuté par des danseurs anglais. La reine a été très satisfaite de ces représentations. Le 20 septembre, l'Opéra Comique a présenté une nouvelle pièce en un acte, 'Le Temple du Sommeil', suivie de 'Les petits Comédiens' et d'un ballet de danseurs anglais.
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70
p. 2256-2261
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le premier de ce mois, on célébra avec les cérémonies accoutumées, [...]
Mots clefs :
Abbaye royale de Saint-Denis, Chevalier, Duc, Rançon des Français, Royaume de Maroc, Marseille, Versailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c.
L
و oncélébraEpremierdecemois
avec les cérémonies accoutumées
dans l'Eglise de l'Abbaye Royale de S.
Denis , le Service solemnel qui s'y fair
tous les ans pour le repos de l'Ame du
feu Roi Louis XIV. L'Evêque de Lavaur
officia pontificalement : le Duc du Maine,
le Prince de Dombes , le Comte d'Eu et
le Comte de Toulouse y assisterent
ainsi que plusieurs Seigneurs de la Cour..
Le Roi a accordé au Duc de la Tremoille
, l'un des premiers Gentilhommes.
de la Chambre , l'agrément du Regiment
de Champagne , dont le Chevalier
de Tessé , qui en étoit Colonel , a donné
sa démission , et le Regiment d'Infanterie
qu'avoit le Duc de la Tremoille , a été
accordé au fils aîné du Comte de Tessé
premier Ecuyer de la Reine
Le
SEPTEMBRE. 1731. 2257
Le 27. du mois dernier , 34. Esclaves
François , rachetez à Constantinople par
les Peres Mathurins , de l'Ordre de la Ste.
Trinité , débarquerent à Marseille pour
se rendre à Paris , et de - là en leurs Pays,
Les autres députez du même Ordre
sont partis pour Cadix .. pour traiter
aussi de la rançon des François , détenus
au Royaume de Maroc.
>
On écrit de Marseille , qu'il y étoit arri
vé un accident bien triste . Il y avoit plus
dedeux ans que le Capitaine Grason en
étoit sorti avec son Vaisseau pour la côte
de Guinée et on étoit fort en peine sur
son sujet , lorsqu'on apprît enfin le 29.
Août qu'il venoit d'arriver aux Isles de
Marseille , fort content de son expédition
qui a eû tout le succès possible. C'est la
coûtume quand les Bâtimens entrent dans
la Baye , de saluer le Fort de Nôtre-
Dame de la Garde. En rendant ce salut
un des Canons creva , tua le Capitaine
avec deux hommes de son équipage , et
blessa le Capitaine en second. Une heure
après , le Vaisseau entra dans le Port.
Le 8 Sept. Fête de la Nat. de la Vierge,
il y eût Concert spirituel au Château des
Tuilleries. On y chanta le Motet Landa
Fe2258
MERCURE DE FRANCE
Jerusalem , de l'Abbé Gaveau , qui est un
excellent morceau de Musique. La Demoiselle
Petitpas chanta seule un petir
Motet nouveau du Sieur Le Maire , qui
fût très-goûté , de même qu'un autre à
deux voix chanté par les Demoiselles
Lenner , de la Musique du Roy , et Petitpas
et après plusieurs Pieces de simphonie
, éxecutées avec tout autant de
vivacité que de précision , le Concert fut
terminé par le Confitemini , Motet de M.
de Lalande.
Le Roy a accordé l'agrément de la
Charge de Président à Mortier , vacante
par la mort de Mr. de Maisons , à Mr.
Talon Avocat Général du Parlement ,
et Sa Majesté a donné la Charge d'Avo-
'cat General à Mr. Joly de Fleury , Fils
aîné du Procureur Général.
C
Le 16. le Duc de S. Aignan , Chevalier
des Ordres du Roy , et son Ambassadeur
à Rome , prit congé de Sa Majesté
pour s'y rendre. Il partira dans les
premiers jours d'Octobre par Marseille
où tes Galeres qui doivent le passer à
Civitavechia , sont prêtes..
-9
Le 19. après midy , le Roy fit auprès
de la grande avenue du Château de Versailles
:
SEPTEMBRE . 1731. 2259
sailles , la révûë du Regiment de Dragons
d'Orleans , à la tête duquel étoit le Duc
d'Orleans. Le Regiment défila et fit plusieurs
mouvemens devant Sa Majesté , qui
en parût très contente , et il vint ensuite
passer devant la Reine , qui étoit avec
Monseigneur le Dauphin sur le Balcon de
l'appartement des Princesses d'Orleans,
Le Roi Stanislas et la Reine son Epouse
, qui sont venus incognito passer quelques
jours à Versailles , avec la Reine
leur fille en partirent le 19. de ce mois
pour retourner à Chambord. Pendant
leur séjour à la Cour , le Roy les a vûs
plusieurs fois chez la Reine .
,
Le 25. la Lotterie de la Compagnie
des Indes , établie. pour le remboursé
ment des Actions fût tirée en la ma
niere accoûtumée à l'Hôtel de la Compagnie
. La liste des Numeros gagnans
des Actions et dixième d'Actions , qui
doivent être remboursées , faisant en tout
le nombre de 309. Actions et un dixième
d'Action. Il y a un Nota sur la liste de
ce mois , qui fait voir pourquoi on a été
obligé de tirer un dixième d'Action
de plus .
Au mois d'Août dernier , il y eût differents
2260 MERCURE DE FRANCE
ferents Concerts chez la Reine. M. de
Blamont , Sur- Intendant de la Músique
du Roy de Semestre , fit chanter à chaque
Concert un Acte seulement de l'Opera
de Bellerophon , à cause de la Promenade.
Les Demoiselles Courrasier , Barbier
et Roblin chanterent les principaux
Rôles , et les Sieurs Godonnerche , Dangerville
et Petillot , ceux du Roy , de
Bellerophon et d'Amisodar.
Le 3. Septembre , on chanta le Prolo
gue et le premier Acte d'Atys , le Sieur
d'Angerville fit le Rôle du Temps dans
le Prologue , et celui d'Idas dans la Piece.
Le Sr. Petillot chanta le Rôle d'Atyr
et la Dlle. Lenner celui de Sangaride.
Le 15 , on continua le même Opera
par le second et troisiéme Acte . La Dile
Antier chanta le Rôlle de Cybelle , et le
Sr. Chassé celui de Celenus et du Sommeil.
La Dlle. Antier ayant infiniment brillé
dans ce Rôle eût ensuite l'honneur
d'être présentée au Roy Stanislas , et à
la Reine son Epouse , qui la reçûrent
avec une bonté distinguée , et lui marquerent
leur satisfaction par les témoignages
les plus gracieux.
>
Le 25 , le Comte Maffey , Amdassadeur
Extr. du Roy de Sardaigne , eût
une
SEPTEMBRE 1731. 2261
,
une Audience particuliere du Roy , dans
laquelle il prit congé de S. M étant
conduit par le Chevalier de Sainctot
Introducteur des Ambassadeurs , qui le
conduisit ensuite à l'Audience de la Relne
et à celle de Monseigneur le Dauphin
, de Monseigneur le Duc d'Anjou
et de Mesdames de France. '
L
و oncélébraEpremierdecemois
avec les cérémonies accoutumées
dans l'Eglise de l'Abbaye Royale de S.
Denis , le Service solemnel qui s'y fair
tous les ans pour le repos de l'Ame du
feu Roi Louis XIV. L'Evêque de Lavaur
officia pontificalement : le Duc du Maine,
le Prince de Dombes , le Comte d'Eu et
le Comte de Toulouse y assisterent
ainsi que plusieurs Seigneurs de la Cour..
Le Roi a accordé au Duc de la Tremoille
, l'un des premiers Gentilhommes.
de la Chambre , l'agrément du Regiment
de Champagne , dont le Chevalier
de Tessé , qui en étoit Colonel , a donné
sa démission , et le Regiment d'Infanterie
qu'avoit le Duc de la Tremoille , a été
accordé au fils aîné du Comte de Tessé
premier Ecuyer de la Reine
Le
SEPTEMBRE. 1731. 2257
Le 27. du mois dernier , 34. Esclaves
François , rachetez à Constantinople par
les Peres Mathurins , de l'Ordre de la Ste.
Trinité , débarquerent à Marseille pour
se rendre à Paris , et de - là en leurs Pays,
Les autres députez du même Ordre
sont partis pour Cadix .. pour traiter
aussi de la rançon des François , détenus
au Royaume de Maroc.
>
On écrit de Marseille , qu'il y étoit arri
vé un accident bien triste . Il y avoit plus
dedeux ans que le Capitaine Grason en
étoit sorti avec son Vaisseau pour la côte
de Guinée et on étoit fort en peine sur
son sujet , lorsqu'on apprît enfin le 29.
Août qu'il venoit d'arriver aux Isles de
Marseille , fort content de son expédition
qui a eû tout le succès possible. C'est la
coûtume quand les Bâtimens entrent dans
la Baye , de saluer le Fort de Nôtre-
Dame de la Garde. En rendant ce salut
un des Canons creva , tua le Capitaine
avec deux hommes de son équipage , et
blessa le Capitaine en second. Une heure
après , le Vaisseau entra dans le Port.
Le 8 Sept. Fête de la Nat. de la Vierge,
il y eût Concert spirituel au Château des
Tuilleries. On y chanta le Motet Landa
Fe2258
MERCURE DE FRANCE
Jerusalem , de l'Abbé Gaveau , qui est un
excellent morceau de Musique. La Demoiselle
Petitpas chanta seule un petir
Motet nouveau du Sieur Le Maire , qui
fût très-goûté , de même qu'un autre à
deux voix chanté par les Demoiselles
Lenner , de la Musique du Roy , et Petitpas
et après plusieurs Pieces de simphonie
, éxecutées avec tout autant de
vivacité que de précision , le Concert fut
terminé par le Confitemini , Motet de M.
de Lalande.
Le Roy a accordé l'agrément de la
Charge de Président à Mortier , vacante
par la mort de Mr. de Maisons , à Mr.
Talon Avocat Général du Parlement ,
et Sa Majesté a donné la Charge d'Avo-
'cat General à Mr. Joly de Fleury , Fils
aîné du Procureur Général.
C
Le 16. le Duc de S. Aignan , Chevalier
des Ordres du Roy , et son Ambassadeur
à Rome , prit congé de Sa Majesté
pour s'y rendre. Il partira dans les
premiers jours d'Octobre par Marseille
où tes Galeres qui doivent le passer à
Civitavechia , sont prêtes..
-9
Le 19. après midy , le Roy fit auprès
de la grande avenue du Château de Versailles
:
SEPTEMBRE . 1731. 2259
sailles , la révûë du Regiment de Dragons
d'Orleans , à la tête duquel étoit le Duc
d'Orleans. Le Regiment défila et fit plusieurs
mouvemens devant Sa Majesté , qui
en parût très contente , et il vint ensuite
passer devant la Reine , qui étoit avec
Monseigneur le Dauphin sur le Balcon de
l'appartement des Princesses d'Orleans,
Le Roi Stanislas et la Reine son Epouse
, qui sont venus incognito passer quelques
jours à Versailles , avec la Reine
leur fille en partirent le 19. de ce mois
pour retourner à Chambord. Pendant
leur séjour à la Cour , le Roy les a vûs
plusieurs fois chez la Reine .
,
Le 25. la Lotterie de la Compagnie
des Indes , établie. pour le remboursé
ment des Actions fût tirée en la ma
niere accoûtumée à l'Hôtel de la Compagnie
. La liste des Numeros gagnans
des Actions et dixième d'Actions , qui
doivent être remboursées , faisant en tout
le nombre de 309. Actions et un dixième
d'Action. Il y a un Nota sur la liste de
ce mois , qui fait voir pourquoi on a été
obligé de tirer un dixième d'Action
de plus .
Au mois d'Août dernier , il y eût differents
2260 MERCURE DE FRANCE
ferents Concerts chez la Reine. M. de
Blamont , Sur- Intendant de la Músique
du Roy de Semestre , fit chanter à chaque
Concert un Acte seulement de l'Opera
de Bellerophon , à cause de la Promenade.
Les Demoiselles Courrasier , Barbier
et Roblin chanterent les principaux
Rôles , et les Sieurs Godonnerche , Dangerville
et Petillot , ceux du Roy , de
Bellerophon et d'Amisodar.
Le 3. Septembre , on chanta le Prolo
gue et le premier Acte d'Atys , le Sieur
d'Angerville fit le Rôle du Temps dans
le Prologue , et celui d'Idas dans la Piece.
Le Sr. Petillot chanta le Rôle d'Atyr
et la Dlle. Lenner celui de Sangaride.
Le 15 , on continua le même Opera
par le second et troisiéme Acte . La Dile
Antier chanta le Rôlle de Cybelle , et le
Sr. Chassé celui de Celenus et du Sommeil.
La Dlle. Antier ayant infiniment brillé
dans ce Rôle eût ensuite l'honneur
d'être présentée au Roy Stanislas , et à
la Reine son Epouse , qui la reçûrent
avec une bonté distinguée , et lui marquerent
leur satisfaction par les témoignages
les plus gracieux.
>
Le 25 , le Comte Maffey , Amdassadeur
Extr. du Roy de Sardaigne , eût
une
SEPTEMBRE 1731. 2261
,
une Audience particuliere du Roy , dans
laquelle il prit congé de S. M étant
conduit par le Chevalier de Sainctot
Introducteur des Ambassadeurs , qui le
conduisit ensuite à l'Audience de la Relne
et à celle de Monseigneur le Dauphin
, de Monseigneur le Duc d'Anjou
et de Mesdames de France. '
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En septembre 1731, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour de France. Le 1er septembre, un service solennel en mémoire du roi Louis XIV a été célébré à l'Abbaye Royale de Saint-Denis, officié par l'évêque de Lavaur et en présence de dignitaires. Le roi a accordé au Duc de la Tremoille le régiment de Champagne et au fils aîné du Comte de Tessé un régiment d'infanterie. Le 27 août, 34 esclaves français, rachetés à Constantinople par les Pères Mathurins, ont débarqué à Marseille pour retourner en France. D'autres membres de l'Ordre de la Sainte-Trinité se sont rendus à Cadix pour négocier la rançon de Français détenus au Maroc. À Marseille, un accident tragique a eu lieu le 29 août : le capitaine Grason et deux membres de son équipage ont été tués par l'explosion d'un canon lors de l'entrée de leur vaisseau dans la baie. Le 8 septembre, un concert spirituel a été organisé au Château des Tuileries, incluant des motets de l'Abbé Gaveau et du Sieur Le Maire. Le roi a nommé M. Talon Président à Mortier et M. Joly de Fleury Avocat Général. Le Duc de Saint-Aignan, ambassadeur à Rome, a pris congé du roi pour partir à Rome via Marseille. Le 19 septembre, le roi a passé en revue le régiment de dragons d'Orléans à Versailles. Le roi Stanislas et la reine son épouse, incognito à Versailles avec la reine leur fille, sont repartis pour Chambord. Le 25 septembre, la lotterie de la Compagnie des Indes a été tirée pour rembourser les actions. En août, plusieurs concerts ont eu lieu chez la reine, incluant des extraits de l'opéra Bellerophon. Le 3 septembre, des extraits d'Atys ont été chantés, avec la participation de plusieurs chanteurs renommés. La demoiselle Antier, ayant brillé dans son rôle, a été présentée au roi Stanislas et à la reine. Le 25 septembre, le Comte Maffey, ambassadeur du roi de Sardaigne, a pris congé du roi et de la famille royale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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71
p. 2683-2688
MORTS ET MARIAGES.
Début :
Charles-Maurice Colbert de Villacerf, Abbé de S. Pierre de Neusle [...]
Mots clefs :
Marquis, Écuyer du roi, Docteur en théologie, Chevalier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS ET MARIAGES.
MORTS ET MARIAGES.
· Harles Maurice Colbert de Villacert
,Abbé de S. Pierre de Neanfle
-le vieil et de S. André en Goulfer
mourut le 26 d'Octobre .
"
>
Le 27 , N. Pezey , Herault er Garde-
Armorial , Frere servant d'Armes des
Ordres Royaux , Militaires et Hospitaliers
de N. D. de Mont-Carmel et de
S. Lazare de Jerusalem , ancien Directeur
de l'Académie de S. Luc , mourut
âgé de 83 ans.
D. Claire-Marie , née Princesse de Lis
...I vj gre,
2684 MERCURE DE FRANCE
gne , Epouse de M. Scipion-Louis-Joseph
de la Garde , Marquis de Chambonas
, Comte de S. Julliat , Baron des
Etats de Languedoc , Lieutenant de Roy
de la même Province , Enseigne de la
Compagnie des Gendarmes de la Garde
du Roy , mourut à Paris le 5 de ce mois ,
âgée de 30. ans.
> M. Claude-Adrien de Baussan Chevalier
, Seigneur de Toiry , Frere de
l'Intendant de Poitiers , ancien Ecuyer
du Roy , mourut le 7 , âgé de so. ans,
ou environ. Il fut nommé par le Roy
pour commander l'Equipage que S. M.
envoya pour conduire la Reine en Fran
ce. Cette Princesse l'honora d'une pension
, et lui donna d'autres marques dignes
de la liberalité de S. M.
>
Le même jour , M. Louis - François
Maurin, Doyen des Auditeurs des Comptes
, mourut âgé de 77. ans .
D. Charlotte de Serre , Veuve de M.
François le Bas du Plessis , Ecuyer , ancien
Trésorier de l'Extraordinaire des
Guerres mourut aussi le même jour ,
âgée de 66. ans .
و
Honoré , Comte de Ste. Maure , Marquis
d'Archiac , Baron de la Tour Blanche
, Seigneur de la Feüillade , Premier
Ecuyer de la Grande Ecurie du Roy
mourut
NOVEMBRE . 1731. 2635
mourut à Paris le 8 , dans la 79 année
de son âge. Il avoit été Menin de M. le
Dauphin , Ayeul de S. M
Ecuyer de M. le Duc de Berry , et Capitaine
de la Plaine S. Denis.
و
M ,
Premier
>
Le ୨ D. Marguerite Cherré Veuve
de Nicolas le Clerc , Ecuyer , Seigneur
de Brisguiche et de Riberpré , ancien
Trésorier General de l'Extraordinaire des
Cuerres , mourut âgée de 64. ans.
Dame Pelagic Constance du Lis , Epou
se de M. Pierre de Brilhac , Seigneur de
la Vicomté de Geneay , &c . Premier Président
du Parlement de Bretagne , Con-
-seiller du Roy en tous ses Conseils
mourut à Paris le 11 Novembre , âgée
d'environ 40. ans .
Michel- Pierre d'Argouges , Evêque de
Perigueux , et Abbé de N. D. de Jouy',
mourut dans son Diocèse le 13. de ce
mois , dans la 47. année de son âge.
Guy de la Rochefoucauld , Duc de la
Rocheguyon , Comte de Durtal , Baron
d'Estissac , &c. Mestre de Camp de Cavalerie
, mourut le 16 de ce mois , âgé
d'environ 32. ans. Son corps fut transporté
de l'Eglise S. Sulpice sa Paroisse ,
en celle de Ste . Geneviève , où est la sé
pulture de sa Maison. Il fut presenté au
R. P. Prieur par M. l'Abbé Amé , Docteur
2636 MERCURE DE FRANCE
teur en Théologie , lequel fit à ce sujet
un Discours également pieux et éloquent.
Le 3 Septembre dernier , le Marquis
de Sabrevois des Cluselles , Capitaine au
Regiment du Maine Cavalerie , épousa
Françoise Louise de Quiry , fille de Louis,
Comte de Quiry , Lieutenant General de
la Province d'Aunix , Ville et Gouverne
ment de la Roch lle , Isle de Rhé , Brouage
, Rochefort , Oleron , Places et Forteresses
en dépendantes , Châteaux et
Isles adjacentes , Gouverneur des Tours ,
Ports , Havres et Chaines de la Rochelle,
Mestre de Camp de Cavalerie , et Chevalier
de l'Ordre Royal et Militaire de S.
Louis , et de Dame Marie de Malesieux
Dame d'honneur de S. A. S. Mademoiselle
du Maine , La maison de Sabrevois
est ancienne , puisqu'elle tenoir rang dès
Pan 1368 , suivant un compte de Jean le
Mercier , Trésorier General des Guerres
en ladite année . Claude de Sabrevois ,
en 1932. Chambellan du Roy , et Chevalier
de son ordre . Charles de Sabrevois ,
Chevalier de Malthe , fut reçu Grand
Prieur de France le 12 Juin 1617 , alliez
à la maison de Mailly , de vieux Pont
Epinay , Alegre , &c. La Ceremonie fut
faite par l'Evêque de Lavaur , Oncle de
La
NOVEMBRE . 1731. 287
la nouvelle mariée , dans la Chapelle de
M. le Comte de Guiry , à Bagneux , près
Paris..
M. François du Four, sieur de la Tour,
Chevalier , Seigneur , Baron de Veze en
Auvergne , Capitaine au Regiment de la
Ferté Imbaut ; épousa le trois du mois
passé au Château de Pully , près de Baugenci
, M Rose Gédoyn , fille de M.Alphonse
Gédoyn , Chevalier , Seigneur de
Pully , Capitaine des Vaisseaux du Roy
Gouverneur de la Ville et du Château de
Baugenci , et de Dame Rose Tourtié.
Cette Demoiselle qui a l'honneur d'être
alliée à plusieurs grandes Maisons , telles
que les Maisons de Gesvre , de Canillac ,
de Saucour , de Gravilles , et à plusieurs
familles distinguées dans l'Epée et dans
la Robbe , descend en droite ligne de ce
Robert Gédoyn , si célébre en son temps,,
qui a été Sécretaire des Commandemens
sous quatre de nos Rois , et dont nous./
lisons cette belle Epitaphe dans les Ocuvres
de Marot.
Sçais- tu , passant , de qui est ce tombeau ?
D'un , qui jadis , en cheminant tout beau ,
Monta plus haut que tous ceux qui se hâtent
C'est le tombeau , là où les vers s'apartent,
C'est
2888 MERCURE DE FRANCE
Du bon vieillard agréable et heureux ,
Dont tu as vû tout le monde amoureux .
Cy - gît , hélas ! plus je ne le puis taire ,
Robert Gédoyn , excellent Secretaire ,
Qui quatre Rois servit sans désaroi ,
Maintenant est avecque le grand Roy ,
Où il repose après travail et peine.
Or avécu personne d'âge plein ,
Pleine de biens & vertus honorables ',
Puis a laissé ce monde misérable "
Sans le regret qui l'homme souvent mord ;
O vie heureuse ! ô bien heureuse mort !
François - Louis de Lovel de Murat ,
Comte de Nogaret de Calvisson , âgé
d'environ dix huit ans , fils de Louis de
Murat de Nogaret , Marquis de Calvisson
, &c. Baron des Etats de Languedoc ,
Colonel d'Infanterie , Commandant pour
le Roy de la Ville de Marsillargues , et de
Dame Louise de Louet de Murat de Nogaret
de Calvisson, épousa le 22 Novembre
, Dame Anne- Magdelaine - Adelaïde
de Maupeou , âgée de seize ans ; fille de
René-Charles de Maupeou , Marquis de
Morangle et de Montigny, &c . President
au Parlement ; et de Dame Anne- Victoire
de Lamoignon de Courson . La célébration
fut faite dans l'Eglise Paroissialle
de S. Paul de cette Ville .
· Harles Maurice Colbert de Villacert
,Abbé de S. Pierre de Neanfle
-le vieil et de S. André en Goulfer
mourut le 26 d'Octobre .
"
>
Le 27 , N. Pezey , Herault er Garde-
Armorial , Frere servant d'Armes des
Ordres Royaux , Militaires et Hospitaliers
de N. D. de Mont-Carmel et de
S. Lazare de Jerusalem , ancien Directeur
de l'Académie de S. Luc , mourut
âgé de 83 ans.
D. Claire-Marie , née Princesse de Lis
...I vj gre,
2684 MERCURE DE FRANCE
gne , Epouse de M. Scipion-Louis-Joseph
de la Garde , Marquis de Chambonas
, Comte de S. Julliat , Baron des
Etats de Languedoc , Lieutenant de Roy
de la même Province , Enseigne de la
Compagnie des Gendarmes de la Garde
du Roy , mourut à Paris le 5 de ce mois ,
âgée de 30. ans.
> M. Claude-Adrien de Baussan Chevalier
, Seigneur de Toiry , Frere de
l'Intendant de Poitiers , ancien Ecuyer
du Roy , mourut le 7 , âgé de so. ans,
ou environ. Il fut nommé par le Roy
pour commander l'Equipage que S. M.
envoya pour conduire la Reine en Fran
ce. Cette Princesse l'honora d'une pension
, et lui donna d'autres marques dignes
de la liberalité de S. M.
>
Le même jour , M. Louis - François
Maurin, Doyen des Auditeurs des Comptes
, mourut âgé de 77. ans .
D. Charlotte de Serre , Veuve de M.
François le Bas du Plessis , Ecuyer , ancien
Trésorier de l'Extraordinaire des
Guerres mourut aussi le même jour ,
âgée de 66. ans .
و
Honoré , Comte de Ste. Maure , Marquis
d'Archiac , Baron de la Tour Blanche
, Seigneur de la Feüillade , Premier
Ecuyer de la Grande Ecurie du Roy
mourut
NOVEMBRE . 1731. 2635
mourut à Paris le 8 , dans la 79 année
de son âge. Il avoit été Menin de M. le
Dauphin , Ayeul de S. M
Ecuyer de M. le Duc de Berry , et Capitaine
de la Plaine S. Denis.
و
M ,
Premier
>
Le ୨ D. Marguerite Cherré Veuve
de Nicolas le Clerc , Ecuyer , Seigneur
de Brisguiche et de Riberpré , ancien
Trésorier General de l'Extraordinaire des
Cuerres , mourut âgée de 64. ans.
Dame Pelagic Constance du Lis , Epou
se de M. Pierre de Brilhac , Seigneur de
la Vicomté de Geneay , &c . Premier Président
du Parlement de Bretagne , Con-
-seiller du Roy en tous ses Conseils
mourut à Paris le 11 Novembre , âgée
d'environ 40. ans .
Michel- Pierre d'Argouges , Evêque de
Perigueux , et Abbé de N. D. de Jouy',
mourut dans son Diocèse le 13. de ce
mois , dans la 47. année de son âge.
Guy de la Rochefoucauld , Duc de la
Rocheguyon , Comte de Durtal , Baron
d'Estissac , &c. Mestre de Camp de Cavalerie
, mourut le 16 de ce mois , âgé
d'environ 32. ans. Son corps fut transporté
de l'Eglise S. Sulpice sa Paroisse ,
en celle de Ste . Geneviève , où est la sé
pulture de sa Maison. Il fut presenté au
R. P. Prieur par M. l'Abbé Amé , Docteur
2636 MERCURE DE FRANCE
teur en Théologie , lequel fit à ce sujet
un Discours également pieux et éloquent.
Le 3 Septembre dernier , le Marquis
de Sabrevois des Cluselles , Capitaine au
Regiment du Maine Cavalerie , épousa
Françoise Louise de Quiry , fille de Louis,
Comte de Quiry , Lieutenant General de
la Province d'Aunix , Ville et Gouverne
ment de la Roch lle , Isle de Rhé , Brouage
, Rochefort , Oleron , Places et Forteresses
en dépendantes , Châteaux et
Isles adjacentes , Gouverneur des Tours ,
Ports , Havres et Chaines de la Rochelle,
Mestre de Camp de Cavalerie , et Chevalier
de l'Ordre Royal et Militaire de S.
Louis , et de Dame Marie de Malesieux
Dame d'honneur de S. A. S. Mademoiselle
du Maine , La maison de Sabrevois
est ancienne , puisqu'elle tenoir rang dès
Pan 1368 , suivant un compte de Jean le
Mercier , Trésorier General des Guerres
en ladite année . Claude de Sabrevois ,
en 1932. Chambellan du Roy , et Chevalier
de son ordre . Charles de Sabrevois ,
Chevalier de Malthe , fut reçu Grand
Prieur de France le 12 Juin 1617 , alliez
à la maison de Mailly , de vieux Pont
Epinay , Alegre , &c. La Ceremonie fut
faite par l'Evêque de Lavaur , Oncle de
La
NOVEMBRE . 1731. 287
la nouvelle mariée , dans la Chapelle de
M. le Comte de Guiry , à Bagneux , près
Paris..
M. François du Four, sieur de la Tour,
Chevalier , Seigneur , Baron de Veze en
Auvergne , Capitaine au Regiment de la
Ferté Imbaut ; épousa le trois du mois
passé au Château de Pully , près de Baugenci
, M Rose Gédoyn , fille de M.Alphonse
Gédoyn , Chevalier , Seigneur de
Pully , Capitaine des Vaisseaux du Roy
Gouverneur de la Ville et du Château de
Baugenci , et de Dame Rose Tourtié.
Cette Demoiselle qui a l'honneur d'être
alliée à plusieurs grandes Maisons , telles
que les Maisons de Gesvre , de Canillac ,
de Saucour , de Gravilles , et à plusieurs
familles distinguées dans l'Epée et dans
la Robbe , descend en droite ligne de ce
Robert Gédoyn , si célébre en son temps,,
qui a été Sécretaire des Commandemens
sous quatre de nos Rois , et dont nous./
lisons cette belle Epitaphe dans les Ocuvres
de Marot.
Sçais- tu , passant , de qui est ce tombeau ?
D'un , qui jadis , en cheminant tout beau ,
Monta plus haut que tous ceux qui se hâtent
C'est le tombeau , là où les vers s'apartent,
C'est
2888 MERCURE DE FRANCE
Du bon vieillard agréable et heureux ,
Dont tu as vû tout le monde amoureux .
Cy - gît , hélas ! plus je ne le puis taire ,
Robert Gédoyn , excellent Secretaire ,
Qui quatre Rois servit sans désaroi ,
Maintenant est avecque le grand Roy ,
Où il repose après travail et peine.
Or avécu personne d'âge plein ,
Pleine de biens & vertus honorables ',
Puis a laissé ce monde misérable "
Sans le regret qui l'homme souvent mord ;
O vie heureuse ! ô bien heureuse mort !
François - Louis de Lovel de Murat ,
Comte de Nogaret de Calvisson , âgé
d'environ dix huit ans , fils de Louis de
Murat de Nogaret , Marquis de Calvisson
, &c. Baron des Etats de Languedoc ,
Colonel d'Infanterie , Commandant pour
le Roy de la Ville de Marsillargues , et de
Dame Louise de Louet de Murat de Nogaret
de Calvisson, épousa le 22 Novembre
, Dame Anne- Magdelaine - Adelaïde
de Maupeou , âgée de seize ans ; fille de
René-Charles de Maupeou , Marquis de
Morangle et de Montigny, &c . President
au Parlement ; et de Dame Anne- Victoire
de Lamoignon de Courson . La célébration
fut faite dans l'Eglise Paroissialle
de S. Paul de cette Ville .
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Résumé : MORTS ET MARIAGES.
En octobre et novembre 1731, plusieurs décès et mariages notables ont été enregistrés. En octobre, plusieurs personnalités ont décédé, notamment Harles Maurice Colbert de Villacert, abbé de Saint-Pierre de Neanfle et de Saint-André en Goulfer, le 26 octobre. N. Pezey, héraldiste et ancien directeur de l'Académie de Saint-Luc, est mort à l'âge de 83 ans le 27 octobre. Claire-Marie, princesse de Lisle et épouse de Scipion-Louis-Joseph de la Garde, marquis de Chambonas, est décédée à l'âge de 30 ans le 5 octobre. Claude-Adrien de Baussan, chevalier et ancien écuyer du roi, est mort à l'âge de 60 ans le 7 octobre. Louis-François Maurin, doyen des auditeurs des comptes, est décédé à l'âge de 77 ans le 7 octobre. Charlotte de Serre, veuve de François le Bas du Plessis, ancien trésorier des guerres, est morte à l'âge de 66 ans le 7 octobre. Honoré, comte de Sainte-Maure et marquis d'Archiac, premier écuyer de la grande écurie du roi, est décédé à l'âge de 79 ans le 8 octobre. En novembre, d'autres décès ont été signalés, tels que Marguerite Cherré, veuve de Nicolas le Clerc, ancien trésorier général des guerres, à l'âge de 64 ans le 10 novembre. Pelagic Constance du Lis, épouse de Pierre de Brilhac, premier président du Parlement de Bretagne, est morte à environ 40 ans le 11 novembre. Michel-Pierre d'Argouges, évêque de Périgueux, est décédé à l'âge de 47 ans le 13 novembre. Guy de La Rochefoucauld, duc de La Rocheguyon et maître de camp de cavalerie, est mort à environ 32 ans le 16 novembre. Concernant les mariages, le marquis de Sabrevois des Cluselles a épousé Françoise Louise de Quiry le 3 septembre 1731. François du Four, seigneur de Vèze, a épousé Rose Gédoyn le 3 octobre 1731. Enfin, François-Louis de Lovel de Murat, comte de Nogaret de Calvisson, a épousé Anne-Magdelaine-Adélaïde de Maupeou le 22 novembre 1731.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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72
p. 3024-3036
Spectacles, le Chevalier Bayard, Comédie [titre d'après la table]
Début :
Avec l'Extrait de la Comédie Héroïque du Chevalier Bayard, que [...]
Mots clefs :
Chevalier, Amour, Amitié, Maîtresse, Auteur, Monologue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Spectacles, le Chevalier Bayard, Comédie [titre d'après la table]
Aroique du Chevalier Bayard , que
nous avons annoncé dans le premier volume
du Mercure de ce mois , nous donnerons
ici quelques traits de l'Histoire ,
qui ont servi de matiere à cette Piece.
Au second Siege de Bresse , où la Ville.
fut prise d'assaut , une Mere éperdue se
jettant aux pieds de Bayard , lui offrit en
don sa maison , et tout ce qui étoit dedans
; lui demandant pour toute grace
qu'il conservât l'honneur de deux belles
Filles qu'elle avoit , sur quoi le Chevalier
prit tous les soins qu'il falloit pour
Jui mettre l'esprit en repos ; et , loin de
vouloir profiter de ses offres , il fit payer.
exactement tout ce que l'on prit dans le
II. Vol.
Logis
DECEMBRE 1731. 3025
1
Logis tant qu'il y resta ; et en sortant , il
partagea avec les deux Belles la rançon ,
le Pere et la Mere l'avoient contraint
d'accepter.
que
>
Plusieurs de nos Historiens ont rap-.
porté avec de grands Eloges sa continen
ce auprès d'une autre jeune et très-belle
personne , que sa Mere pressée par le
besoin avoit voulu livrer à ses plaisirs .
On dit qu'ayant apperçu en elle une véritable
douleur d'avoir été contrainte à
faire ce pas , il en fut si touché , et conserva
son honneur si exactement , qu'au
moment même qu'elle s'offrit à lui , quoi
qu'au milieu de la nuit , il la conduisit
chez une Dame de ses Parentes , à laquelle
il recommanda d'en avoir grand
soin , et l'en tira trois jours après pour
la marier , à ses propres dépens , à un
jeune homme qui la recherchoit , laissant
de plus , à la Mere de quoi la retirer de
la nécessité.
L'Auteur a réuni ces deux actions
pour accommoder la derniere au Théatre
avec décence , et il a pris le beau de celle-
cy pout faire le dénouement de sa
Piece.
De cette derniere Demoiselle on a fait
l'aînée des deux soeurs de Bresse . On lui
a donné , avec le nom de Julie , toutes,
II. Vol. les.
3026 MERCURE DE FRANCE
-
les belles qualitez qu'il falloit pour mériter
l'amour de Bayard . Et sous le nom
de Montfort , on a peint son Amant ,
un jeune Guerrier plein de valeur et de
mérite , et digne de devenir Ami intime
du Chevalier : voici la Fable de la Piecc ..
Le Seigneur Marc , Pere de Julie , et
son intime Ami , le Podestat , de la Ville
de Bresse , ouvrent là Scene . Celui - cy ,
Barbon très amoureux et très - jaloux ,
vient rendre visite à l'autre > pour le
prier de le faire parler au Chevalier
Bayard , son Hôte. On lui demande une
grosse rançon ; il veut la faire moderer.
Frontin paroit , ( c'est le Chirurgien , et
tout ensemble le Valet de Chambre de
Bayard . ) On s'informe à lui de l'état de
sa blessure ; Frontin , pour donner une
preuve qu'il en est bien guéri , dit qu'il
donne le Bal ce soir même aux deux
Soeurs , ce qui allarme la jalousie du Podestat.
Le Seigneur Marc , et lui sortent
pour aller trouver Bayard .
Pendant le séjour que fait Bayard chez
le Seigneur Marc , il devient amoureux
de Julie et Rival de Montfort sans le
sçavoir. Frontin , rusé Gascon , s'en apperçoit
, et en fait part à la Mere , femme
passionnée pour les François et pour tout
ce qui vient de France. Elle se fait une
IL Vol..
agréable,
DECEMBRE 1731. 3027
agréable idée des plaisirs que cet hymen
lui procureroit. Mais Frontin y voit un
grand obstacle ; c'est qu'il croit Montfort
aimé de Julie. Il n'y a point d'autre
moyen de la guérir , que de l'empêcherde
le voir , en le faisant passer pour mort.
La conjoncture est favorable pour ce des◄.
sein , et en effet , on le croit mort pendant
quelque temps dans le Logis ; mais
un incident qu'on va voir le ressuscitera .
Les filles paroissent seules. Clarice , la
Cadette , jeune Italienne très vive et
très- peu circonspecte , comme on est à
son âge , presse Julie de déclarer enfin
son amour à Montfort ; mais celle- cy ,
par prudence et par délicatesse craint
que cet aveu n'augmente la passion de
son Amant , qui n'est déja que trop vive ,
et dont elle prévoit le mauvais succès ,
par l'avarice de leur Pere;elle s'éforçe elle .
même d'éteindre som Amour. A l'appro
che du Podestat et de Bayard , elles se
retirent.
-
- Le Chevalier , après avoir promis au.
Podestat de parler en sa faveur , apprend
de lui , par hazard , que Montfort est
actuellement dans la Ville. Il est fortétonné
de n'avoir encore reçu aucune
visite de lui , après la tendre amitié qu'il
lui avoit autrefois témoignée. L'autre l'ex-
II. Vol.
cuse
3028 MERCURE DE FRANCE
euse sur quelques blessures qu'il a recues
à l'assaut , ( ce qu'il dit exprès pour écarter
l'idée de leur combat , ) mais dont il
le croit à present bien guéri , et en état
de sortir. Bayard , ¡ dans l'ardeur de le revoir
, fait partir sur le champ son Carosse,
`avec deux de ses Hommes d'Armes , pour
le conduire chez lui.
Le Chevalier reste seul , et attend Frontin.
Il fait connoître là qu'il aime Julie ,
mais qu'il veut s'embarquer prudemment
dans cet amour. Il a donné commission
secrette à Frontin de s'informer si ella
avoit le coeur libre ; il vient dans le moment
lui rendre réponse , et dans cette
Scene Frontin se confirme pleinement
par son adresse , dans l'opinion qu'it
avoit de l'amour de son Maître .
Le second Acte commence tristement.
Julie vient d'apprendre la mort de son
Amant , qu'elle croit certaine . Sa douleur
éclate. Montfort introduit au Logis , par
les Hommes d'Armes de Bayard , malgré
les soins de la Mere et de Frontin ,, entend
ses plaintes en secret , et apprend pour la
premiere fois qu'il est aimé. Clarice , en
la consolant à sa maniere , apperçoit
Montfort écoutant , et saisie de frayeur ,
prenant la réalité pour une apparition de
son ombre , elle s'enfuit avec de grands
Ha Vola cris
DECEMBRE
1731. 3029
cris. Julie plus courageuse , l'attend , et
reconnoit la fausseté de sa mort . Elle lui
marque d'abord quelque regret d'avoir
été entendue ; mais à la fin , dans une
Scene très tendre , elle cede aux raisons.
qu'elle a de l'aimer , blâme l'ingratitude
de ses Parens , lui recommande le secret
et l'exhorte à tout esperer de sa constance .
La Mere arrive , et très- surprise de les
trouver ensemble , après quelques réproches
, lui apprend que c'est pour le mettre
à couvert de la colere de Bayard , qu'elle
a fait courir elle-même le bruit de sa
mort . Qu'il se dispense de venir chez
elle , de crainte que le Chevalier ne découvre
en lui l'Auteur du Combat ; mais
le voyant arriver , elle se retire , ne pou
vant parer cette premiere visite .
L'enrrevue de deux Amis est fort tendre.
Le Chevalier s'informe d'abord du
succès d'un amour dont Montfort lui
avoit autrefois parlé ;; mmaaiiss apprenant
qu'il a perdu tous espoirs par l'avarice
d'un Pere , et qu'il ne songe plus au mariage,
Bayard le presse de changer de senti
ment. Il lui marque le regret qu'il a de
ne s'être pas marié à son âge , et de voir
finir en lui sa famille. Et sur ce que Monfort
lui rémontre qu'il est encore en état
d'y penser , il lui avoue qu'il y songe en
II. Vol. effet
3030 MERCURE DE FRANCE
effet , et qu'il a déja fait un choix qu'il·
lui déclarera dès qu'il verra quelque retour
de la part de la Belle. Touché de son
malheureux sort avec tant de mérite ,
son amitié s'échauffe pour lui de plus en
plus. Il lui promet de prendre soin désormais
lui- même de son avancement , et
de le mettre en état de vaincre l'avarice
du Père ; en effet il commence par le
faire son Lieutenant. Après cette faveur ,
il lui demande le nom de sa Maîtresse
que Monfort va lui dire , en le suppliant
auparavant de garder le secret qui leur
est important , et que sa Maîtresse lui a
fait jurer de ne jamais déclarer . Bayard
par discretion , l'arrête , et lui défend de
trahir son serment ; et par là , l'éclaircissement
est suspendu , et on est interessé
de voir Bayard s'efforcer de mettre
son Rival en état d'épouser sa propre
Maîtresse.
Le secret est prêt à tout moment à se
découvrir. Julie charmée de la faveur où
elle voit son Amant auprès du Chevalier,
et des marques sinceres d'amitié qu'elle
en reçoit elle - même , forme le dessein de
s'ouvrir à lui sur leur passion mutuelle
pour s'appuyer de son crédit sur l'esprit
de son avare Pere , dont il tient la fortune
entre ses mains . Elle choisit pour
II. Vol. cela
"
DECEMBRE . 1731. 3038
cela le temps du Bal qu'il donne , à ce
qu'on croit , en réjouissance du retour de
sa santé.
pas-
Au milieu de sa joye , Monfort lui vient
encore annoncer qu'il est sûr de faire sa
fortune dans quelques heures , par l'enlevement
d'un riche convoy qui doit
ser par le Pays Bressan ; il court chercher
le Chevalier pour lui demander les gens
dont il a besoin pour cette expédition.
Frontin armé de toutes Pieces , vient annoncer
par un récit gascon et comique ,
l'enlevement du convoy par lui et son
Compagnon Bayard .
Monfort arrive , il est au désespoir d'a
voir manqué l'occasion ; mais Julie , en
fille forte , le console , et redoublant sa
tendresse , rend bien - tôt le calme à son
coeur.
La nuit s'est passée dans l'intervale du
troisiéme au quatriéme Acte ; le Chevalier
qui ouvre le quatrième , ayant remarqué
le soir précedent à son retour ,
quelque chagrin sur le visage de Monfort
, s'informe de Frontin s'il n'en sçait
point la cause ; il apprend que c'est d'avoir
manqué le convoy. Bayard compatit
beaucoup à sa peine ; et le voyant arri
ver s'excuse de ne l'avoir pas mis au
moins de la partie , ne croyant pas sa
II. Vol. santé
3032 MERCURE DE FRANCE
>
santé assès rétablie pour l'exposer ainsi ;
mais pour le consoler , il lui en cede tout
le profit ; ( ce trait est de l'histoire ; ) et
pour lui donner une plus forte marque
d'amitié , lui ouvre tout son coeur et
lui apprend qu'il aime Julie . Monfort
est frappé du coup ; Bayard s'en apperçoit
, et l'attribuë à quelque reste de foi
blesse qui est passée sur le champ , dit
Monfort , qui s'efforce d'en cacher la
cause ; et son nouveau Rival lui dit avec
transport qu'il en va faire la demande au
Pere , aussi bien que celle de Clarice pour
St. Pol ; esperons , dit-il , de nous voir
bien tôt au comble de nos voeux , puisqu'à
present tu n'es plus en état d'être
refusé.
gue
· Monfort reste seul , dans un Monolotrès
- touchant exhale sa douleur. Julie
qui par Frontin a appris ce riche present
, vient au milieu de son désespoir
lui en marquer sa joye ; il a beau dissimuler
son chagrin , elle s'en apperçoit
et le poursuit pour en sçavoir la cause.
Bayard paroît avec le Seigneur Marc ,
qui lui accorde sa fille , mais qui réfuse
Clarice à S. Pol, parce qu'il s'est engagé de
donner au Podestat , sous peine d'un trèsgros
dédit , et se retire. St. Pol apprenant
le dédit et le réfus , ménace de faire per-
11. Vol
dre
DECEMBRE . 1931. 3033
are la tête au Podestat , s'il ne s'en désiste
, ayant trouvé dans ses Papiers des
preuves, qu'il a trempé dans la révolte de
Bresse ; mais le Chevalier , par bonté de
coeur , arréte sa colere , lui dit qu'il est
venu une Amnistie , et lui conseille seulement
de lui faire peur , pour en tirer lo
dédit. Et c'est ce que Frontin exécute ,
dans la Scene suivante, où le Pere est present
, où il apprend du Podestat , en colere
, que le Seigneur Marc trempe aussi
dans la Rebellion . Cet incident est préparéau
premiet Acte.
Cette découverte sert à Frontin , qui
conduit l'intrigue en faveur de son Maître
, à faire peur à la Mere à son tour ,
et l'oblige à presser son Epoux d'accorder
tout ce qu'elle lui demande , et pour leur
rançon , et pour la dot de ses Filles : ce
qu'elle obtient.
Julie ayant enfin appris d'un autre que
de Monfort l'amour de Bayard , lui en
fait un doux reproche . Son Amant , dans
cette Scene qui est très- tendre , la presse
par de bonnes et fortes raisons qui l'interessent
seule , à consentir à épouser le
Chevalier. Elle n'y peut répondre que
par des sentimens , et à la fin se détermine
à se jetter dans un saint azile , entre les
bras d'une sage Parente dont elle va im-
II. Vol. F plorer
3034 MERCURE DE FRANCE
plorer le secours , et d'y attendre le changement
de ses affaires.
ap-
La Mere survient qui entend sa réso
lution ; et pour l'en détourner lui
>
prend le péril où est son Pere. Monfort
la détermine lui-même au sacré devoir
de l'en retirer. Elle en prend la résolution
avec courage , dit un adieu trèsferme
et très touchant à Monfort ; la
Mere et lui se retirent , et la laissent seule
attendre la déclaration du Chevalier. Il
la lui vient faire d'un air assez gay , muni
de l'aveu de ses Parens , selon les moeurs
gauloises , mais pourtant en marquant un
peu de défiance. Elle l'assure qu'il doit
être sûr de lui plaire , venant , non-sculement
de la part de ses Parens , mais encore
de celle de Monfort , qui a acquis
sur elle autant de droit qu'ils en ont , en
lui sauvant l'honneur et la vie. Elle lui
déclare ensuite leur combat , et s'attendrit
au souvenir de l'état où Bayard l'avoit
mis. A ce récit , Bayard est frappé
d'étonnement et d'admiration , de l'effort
d'amitié de son Rival. Il est attendri luimême.
La Scene est trés- touchante. A la
fin il reste persuadé de la sincerité de Julie
, quipromet de l'aimer , et la prie d'aller
assurer le Pere du consentement qu'elle
donne à son bonheur , afin de le hâter.
11. Vol. Il
DECEMBRE. 1731. 3035
Il reste seul , et fait les réfléxions qu'un
homme aussi amoureux , mais aussi rai
sonnable que lui, doit faire. Il balance entre
l'amour et l'amitié , et pour l'aider à
se déterminer , ordonne à Frontin de faire
venir Monfort. St. Pol , qu'il a chargé de
faire les accords , vient lui annoncer que
tout est fini , et que la Mere va venir lui
présenter et rançon et dot. Elle arrive en
effet , et dans le temps qu'il lui rend graces
des genereux efforts qu'elle a faits en sa
faveur , Monfort paroît, à qui Bayard fait,
avec transport , part de son bonheur , en
lui demandant où en est le sien. Il répond
que sa Maîtresse , forcée par ses Parens ,
a couronné l'amour d'un plus digne Rival
, et que ne le quittant point par in,
constance , il n'a aucun sujet de s'en plaindre.
Puisque tu sors si content d'avec ta
Belle , lui dit Bayard , tu peux donc à present
me dire son nom; là- dessus Monfort le
prie de lui accorder de n'en parler jamais,
puisque ce n'est que par l'oubli qu'il peut
se consoler. Le Chevalier touché de Pétat
où il le voit , lui fait un reproche tendre
de lui avoir trop bien caché son amour ;
lui cede enfin Julie , partage la rançon
entre lui et St. Pol , et l'assure que l'amour
dans son coeur a laissé la place entiere à
l'amitié . Monfort pénetré de cette grace ,
II. Vol. Fij
se
036 MERCURE DE FRANCE
se jette à ses pieds. Il le releve , en le
priant de souffrir qu'il soit équitable à
son tour , et ne profite point d'un bien
qui lui appartient , et qu'il a acheté au
prix de son sang &c. et Julie finit la
Piece par un digne Eloge d'une action
héroïque , qui donne un Scipion à la
France .
Au reste , cette Piece est fort bien répresentée
par les Srs . Quinaut , Dufrene ,
Montmenil , Dangeville , Duchemin et
Armand , et par les Dlles La Motte , Labat
, et Quinaut , qui remplissent les
Rôles du Chevalier Bayard , de Monfort ,
de St. Pol , du Podestat , du Seigneur
Marc , et de Frontin , de Madame Marc ,
de Julie , et de Clarice.
"
Cette Comédie qui a eu six Représenta
tions , sera réjoüée ; l'Auteur travaille à
la rendre encore plus digne de son sujet ,
et de l'attention du Public.
nous avons annoncé dans le premier volume
du Mercure de ce mois , nous donnerons
ici quelques traits de l'Histoire ,
qui ont servi de matiere à cette Piece.
Au second Siege de Bresse , où la Ville.
fut prise d'assaut , une Mere éperdue se
jettant aux pieds de Bayard , lui offrit en
don sa maison , et tout ce qui étoit dedans
; lui demandant pour toute grace
qu'il conservât l'honneur de deux belles
Filles qu'elle avoit , sur quoi le Chevalier
prit tous les soins qu'il falloit pour
Jui mettre l'esprit en repos ; et , loin de
vouloir profiter de ses offres , il fit payer.
exactement tout ce que l'on prit dans le
II. Vol.
Logis
DECEMBRE 1731. 3025
1
Logis tant qu'il y resta ; et en sortant , il
partagea avec les deux Belles la rançon ,
le Pere et la Mere l'avoient contraint
d'accepter.
que
>
Plusieurs de nos Historiens ont rap-.
porté avec de grands Eloges sa continen
ce auprès d'une autre jeune et très-belle
personne , que sa Mere pressée par le
besoin avoit voulu livrer à ses plaisirs .
On dit qu'ayant apperçu en elle une véritable
douleur d'avoir été contrainte à
faire ce pas , il en fut si touché , et conserva
son honneur si exactement , qu'au
moment même qu'elle s'offrit à lui , quoi
qu'au milieu de la nuit , il la conduisit
chez une Dame de ses Parentes , à laquelle
il recommanda d'en avoir grand
soin , et l'en tira trois jours après pour
la marier , à ses propres dépens , à un
jeune homme qui la recherchoit , laissant
de plus , à la Mere de quoi la retirer de
la nécessité.
L'Auteur a réuni ces deux actions
pour accommoder la derniere au Théatre
avec décence , et il a pris le beau de celle-
cy pout faire le dénouement de sa
Piece.
De cette derniere Demoiselle on a fait
l'aînée des deux soeurs de Bresse . On lui
a donné , avec le nom de Julie , toutes,
II. Vol. les.
3026 MERCURE DE FRANCE
-
les belles qualitez qu'il falloit pour mériter
l'amour de Bayard . Et sous le nom
de Montfort , on a peint son Amant ,
un jeune Guerrier plein de valeur et de
mérite , et digne de devenir Ami intime
du Chevalier : voici la Fable de la Piecc ..
Le Seigneur Marc , Pere de Julie , et
son intime Ami , le Podestat , de la Ville
de Bresse , ouvrent là Scene . Celui - cy ,
Barbon très amoureux et très - jaloux ,
vient rendre visite à l'autre > pour le
prier de le faire parler au Chevalier
Bayard , son Hôte. On lui demande une
grosse rançon ; il veut la faire moderer.
Frontin paroit , ( c'est le Chirurgien , et
tout ensemble le Valet de Chambre de
Bayard . ) On s'informe à lui de l'état de
sa blessure ; Frontin , pour donner une
preuve qu'il en est bien guéri , dit qu'il
donne le Bal ce soir même aux deux
Soeurs , ce qui allarme la jalousie du Podestat.
Le Seigneur Marc , et lui sortent
pour aller trouver Bayard .
Pendant le séjour que fait Bayard chez
le Seigneur Marc , il devient amoureux
de Julie et Rival de Montfort sans le
sçavoir. Frontin , rusé Gascon , s'en apperçoit
, et en fait part à la Mere , femme
passionnée pour les François et pour tout
ce qui vient de France. Elle se fait une
IL Vol..
agréable,
DECEMBRE 1731. 3027
agréable idée des plaisirs que cet hymen
lui procureroit. Mais Frontin y voit un
grand obstacle ; c'est qu'il croit Montfort
aimé de Julie. Il n'y a point d'autre
moyen de la guérir , que de l'empêcherde
le voir , en le faisant passer pour mort.
La conjoncture est favorable pour ce des◄.
sein , et en effet , on le croit mort pendant
quelque temps dans le Logis ; mais
un incident qu'on va voir le ressuscitera .
Les filles paroissent seules. Clarice , la
Cadette , jeune Italienne très vive et
très- peu circonspecte , comme on est à
son âge , presse Julie de déclarer enfin
son amour à Montfort ; mais celle- cy ,
par prudence et par délicatesse craint
que cet aveu n'augmente la passion de
son Amant , qui n'est déja que trop vive ,
et dont elle prévoit le mauvais succès ,
par l'avarice de leur Pere;elle s'éforçe elle .
même d'éteindre som Amour. A l'appro
che du Podestat et de Bayard , elles se
retirent.
-
- Le Chevalier , après avoir promis au.
Podestat de parler en sa faveur , apprend
de lui , par hazard , que Montfort est
actuellement dans la Ville. Il est fortétonné
de n'avoir encore reçu aucune
visite de lui , après la tendre amitié qu'il
lui avoit autrefois témoignée. L'autre l'ex-
II. Vol.
cuse
3028 MERCURE DE FRANCE
euse sur quelques blessures qu'il a recues
à l'assaut , ( ce qu'il dit exprès pour écarter
l'idée de leur combat , ) mais dont il
le croit à present bien guéri , et en état
de sortir. Bayard , ¡ dans l'ardeur de le revoir
, fait partir sur le champ son Carosse,
`avec deux de ses Hommes d'Armes , pour
le conduire chez lui.
Le Chevalier reste seul , et attend Frontin.
Il fait connoître là qu'il aime Julie ,
mais qu'il veut s'embarquer prudemment
dans cet amour. Il a donné commission
secrette à Frontin de s'informer si ella
avoit le coeur libre ; il vient dans le moment
lui rendre réponse , et dans cette
Scene Frontin se confirme pleinement
par son adresse , dans l'opinion qu'it
avoit de l'amour de son Maître .
Le second Acte commence tristement.
Julie vient d'apprendre la mort de son
Amant , qu'elle croit certaine . Sa douleur
éclate. Montfort introduit au Logis , par
les Hommes d'Armes de Bayard , malgré
les soins de la Mere et de Frontin ,, entend
ses plaintes en secret , et apprend pour la
premiere fois qu'il est aimé. Clarice , en
la consolant à sa maniere , apperçoit
Montfort écoutant , et saisie de frayeur ,
prenant la réalité pour une apparition de
son ombre , elle s'enfuit avec de grands
Ha Vola cris
DECEMBRE
1731. 3029
cris. Julie plus courageuse , l'attend , et
reconnoit la fausseté de sa mort . Elle lui
marque d'abord quelque regret d'avoir
été entendue ; mais à la fin , dans une
Scene très tendre , elle cede aux raisons.
qu'elle a de l'aimer , blâme l'ingratitude
de ses Parens , lui recommande le secret
et l'exhorte à tout esperer de sa constance .
La Mere arrive , et très- surprise de les
trouver ensemble , après quelques réproches
, lui apprend que c'est pour le mettre
à couvert de la colere de Bayard , qu'elle
a fait courir elle-même le bruit de sa
mort . Qu'il se dispense de venir chez
elle , de crainte que le Chevalier ne découvre
en lui l'Auteur du Combat ; mais
le voyant arriver , elle se retire , ne pou
vant parer cette premiere visite .
L'enrrevue de deux Amis est fort tendre.
Le Chevalier s'informe d'abord du
succès d'un amour dont Montfort lui
avoit autrefois parlé ;; mmaaiiss apprenant
qu'il a perdu tous espoirs par l'avarice
d'un Pere , et qu'il ne songe plus au mariage,
Bayard le presse de changer de senti
ment. Il lui marque le regret qu'il a de
ne s'être pas marié à son âge , et de voir
finir en lui sa famille. Et sur ce que Monfort
lui rémontre qu'il est encore en état
d'y penser , il lui avoue qu'il y songe en
II. Vol. effet
3030 MERCURE DE FRANCE
effet , et qu'il a déja fait un choix qu'il·
lui déclarera dès qu'il verra quelque retour
de la part de la Belle. Touché de son
malheureux sort avec tant de mérite ,
son amitié s'échauffe pour lui de plus en
plus. Il lui promet de prendre soin désormais
lui- même de son avancement , et
de le mettre en état de vaincre l'avarice
du Père ; en effet il commence par le
faire son Lieutenant. Après cette faveur ,
il lui demande le nom de sa Maîtresse
que Monfort va lui dire , en le suppliant
auparavant de garder le secret qui leur
est important , et que sa Maîtresse lui a
fait jurer de ne jamais déclarer . Bayard
par discretion , l'arrête , et lui défend de
trahir son serment ; et par là , l'éclaircissement
est suspendu , et on est interessé
de voir Bayard s'efforcer de mettre
son Rival en état d'épouser sa propre
Maîtresse.
Le secret est prêt à tout moment à se
découvrir. Julie charmée de la faveur où
elle voit son Amant auprès du Chevalier,
et des marques sinceres d'amitié qu'elle
en reçoit elle - même , forme le dessein de
s'ouvrir à lui sur leur passion mutuelle
pour s'appuyer de son crédit sur l'esprit
de son avare Pere , dont il tient la fortune
entre ses mains . Elle choisit pour
II. Vol. cela
"
DECEMBRE . 1731. 3038
cela le temps du Bal qu'il donne , à ce
qu'on croit , en réjouissance du retour de
sa santé.
pas-
Au milieu de sa joye , Monfort lui vient
encore annoncer qu'il est sûr de faire sa
fortune dans quelques heures , par l'enlevement
d'un riche convoy qui doit
ser par le Pays Bressan ; il court chercher
le Chevalier pour lui demander les gens
dont il a besoin pour cette expédition.
Frontin armé de toutes Pieces , vient annoncer
par un récit gascon et comique ,
l'enlevement du convoy par lui et son
Compagnon Bayard .
Monfort arrive , il est au désespoir d'a
voir manqué l'occasion ; mais Julie , en
fille forte , le console , et redoublant sa
tendresse , rend bien - tôt le calme à son
coeur.
La nuit s'est passée dans l'intervale du
troisiéme au quatriéme Acte ; le Chevalier
qui ouvre le quatrième , ayant remarqué
le soir précedent à son retour ,
quelque chagrin sur le visage de Monfort
, s'informe de Frontin s'il n'en sçait
point la cause ; il apprend que c'est d'avoir
manqué le convoy. Bayard compatit
beaucoup à sa peine ; et le voyant arri
ver s'excuse de ne l'avoir pas mis au
moins de la partie , ne croyant pas sa
II. Vol. santé
3032 MERCURE DE FRANCE
>
santé assès rétablie pour l'exposer ainsi ;
mais pour le consoler , il lui en cede tout
le profit ; ( ce trait est de l'histoire ; ) et
pour lui donner une plus forte marque
d'amitié , lui ouvre tout son coeur et
lui apprend qu'il aime Julie . Monfort
est frappé du coup ; Bayard s'en apperçoit
, et l'attribuë à quelque reste de foi
blesse qui est passée sur le champ , dit
Monfort , qui s'efforce d'en cacher la
cause ; et son nouveau Rival lui dit avec
transport qu'il en va faire la demande au
Pere , aussi bien que celle de Clarice pour
St. Pol ; esperons , dit-il , de nous voir
bien tôt au comble de nos voeux , puisqu'à
present tu n'es plus en état d'être
refusé.
gue
· Monfort reste seul , dans un Monolotrès
- touchant exhale sa douleur. Julie
qui par Frontin a appris ce riche present
, vient au milieu de son désespoir
lui en marquer sa joye ; il a beau dissimuler
son chagrin , elle s'en apperçoit
et le poursuit pour en sçavoir la cause.
Bayard paroît avec le Seigneur Marc ,
qui lui accorde sa fille , mais qui réfuse
Clarice à S. Pol, parce qu'il s'est engagé de
donner au Podestat , sous peine d'un trèsgros
dédit , et se retire. St. Pol apprenant
le dédit et le réfus , ménace de faire per-
11. Vol
dre
DECEMBRE . 1931. 3033
are la tête au Podestat , s'il ne s'en désiste
, ayant trouvé dans ses Papiers des
preuves, qu'il a trempé dans la révolte de
Bresse ; mais le Chevalier , par bonté de
coeur , arréte sa colere , lui dit qu'il est
venu une Amnistie , et lui conseille seulement
de lui faire peur , pour en tirer lo
dédit. Et c'est ce que Frontin exécute ,
dans la Scene suivante, où le Pere est present
, où il apprend du Podestat , en colere
, que le Seigneur Marc trempe aussi
dans la Rebellion . Cet incident est préparéau
premiet Acte.
Cette découverte sert à Frontin , qui
conduit l'intrigue en faveur de son Maître
, à faire peur à la Mere à son tour ,
et l'oblige à presser son Epoux d'accorder
tout ce qu'elle lui demande , et pour leur
rançon , et pour la dot de ses Filles : ce
qu'elle obtient.
Julie ayant enfin appris d'un autre que
de Monfort l'amour de Bayard , lui en
fait un doux reproche . Son Amant , dans
cette Scene qui est très- tendre , la presse
par de bonnes et fortes raisons qui l'interessent
seule , à consentir à épouser le
Chevalier. Elle n'y peut répondre que
par des sentimens , et à la fin se détermine
à se jetter dans un saint azile , entre les
bras d'une sage Parente dont elle va im-
II. Vol. F plorer
3034 MERCURE DE FRANCE
plorer le secours , et d'y attendre le changement
de ses affaires.
ap-
La Mere survient qui entend sa réso
lution ; et pour l'en détourner lui
>
prend le péril où est son Pere. Monfort
la détermine lui-même au sacré devoir
de l'en retirer. Elle en prend la résolution
avec courage , dit un adieu trèsferme
et très touchant à Monfort ; la
Mere et lui se retirent , et la laissent seule
attendre la déclaration du Chevalier. Il
la lui vient faire d'un air assez gay , muni
de l'aveu de ses Parens , selon les moeurs
gauloises , mais pourtant en marquant un
peu de défiance. Elle l'assure qu'il doit
être sûr de lui plaire , venant , non-sculement
de la part de ses Parens , mais encore
de celle de Monfort , qui a acquis
sur elle autant de droit qu'ils en ont , en
lui sauvant l'honneur et la vie. Elle lui
déclare ensuite leur combat , et s'attendrit
au souvenir de l'état où Bayard l'avoit
mis. A ce récit , Bayard est frappé
d'étonnement et d'admiration , de l'effort
d'amitié de son Rival. Il est attendri luimême.
La Scene est trés- touchante. A la
fin il reste persuadé de la sincerité de Julie
, quipromet de l'aimer , et la prie d'aller
assurer le Pere du consentement qu'elle
donne à son bonheur , afin de le hâter.
11. Vol. Il
DECEMBRE. 1731. 3035
Il reste seul , et fait les réfléxions qu'un
homme aussi amoureux , mais aussi rai
sonnable que lui, doit faire. Il balance entre
l'amour et l'amitié , et pour l'aider à
se déterminer , ordonne à Frontin de faire
venir Monfort. St. Pol , qu'il a chargé de
faire les accords , vient lui annoncer que
tout est fini , et que la Mere va venir lui
présenter et rançon et dot. Elle arrive en
effet , et dans le temps qu'il lui rend graces
des genereux efforts qu'elle a faits en sa
faveur , Monfort paroît, à qui Bayard fait,
avec transport , part de son bonheur , en
lui demandant où en est le sien. Il répond
que sa Maîtresse , forcée par ses Parens ,
a couronné l'amour d'un plus digne Rival
, et que ne le quittant point par in,
constance , il n'a aucun sujet de s'en plaindre.
Puisque tu sors si content d'avec ta
Belle , lui dit Bayard , tu peux donc à present
me dire son nom; là- dessus Monfort le
prie de lui accorder de n'en parler jamais,
puisque ce n'est que par l'oubli qu'il peut
se consoler. Le Chevalier touché de Pétat
où il le voit , lui fait un reproche tendre
de lui avoir trop bien caché son amour ;
lui cede enfin Julie , partage la rançon
entre lui et St. Pol , et l'assure que l'amour
dans son coeur a laissé la place entiere à
l'amitié . Monfort pénetré de cette grace ,
II. Vol. Fij
se
036 MERCURE DE FRANCE
se jette à ses pieds. Il le releve , en le
priant de souffrir qu'il soit équitable à
son tour , et ne profite point d'un bien
qui lui appartient , et qu'il a acheté au
prix de son sang &c. et Julie finit la
Piece par un digne Eloge d'une action
héroïque , qui donne un Scipion à la
France .
Au reste , cette Piece est fort bien répresentée
par les Srs . Quinaut , Dufrene ,
Montmenil , Dangeville , Duchemin et
Armand , et par les Dlles La Motte , Labat
, et Quinaut , qui remplissent les
Rôles du Chevalier Bayard , de Monfort ,
de St. Pol , du Podestat , du Seigneur
Marc , et de Frontin , de Madame Marc ,
de Julie , et de Clarice.
"
Cette Comédie qui a eu six Représenta
tions , sera réjoüée ; l'Auteur travaille à
la rendre encore plus digne de son sujet ,
et de l'attention du Public.
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Résumé : Spectacles, le Chevalier Bayard, Comédie [titre d'après la table]
Le texte présente un résumé de l'histoire du Chevalier Bayard, en mettant en avant deux actions marquantes de sa vie. Lors du second siège de Bresse, une mère offrit sa maison et ses filles à Bayard pour préserver leur honneur. Bayard refusa les offres et paya pour tout ce qui fut pris dans la maison, partageant ensuite la rançon avec les filles. Une autre anecdote relate comment Bayard sauva l'honneur d'une jeune femme dont la mère l'avait offerte à lui. Touché par sa douleur, il la conduisit chez une parente et la maria à un jeune homme, offrant également de l'argent à la mère. L'auteur de la pièce a combiné ces deux actions pour créer une intrigue théâtrale. Dans la pièce, Julie, l'aînée des deux sœurs de Bresse, est amoureuse de Montfort, un jeune guerrier. Bayard, hôte du père de Julie, devient également amoureux de Julie sans le savoir. Frontin, le valet de Bayard, manipule la situation pour favoriser l'amour entre Julie et Montfort. La pièce se développe autour des intrigues et des malentendus entre les personnages, notamment la fausse nouvelle de la mort de Montfort et les efforts de Bayard pour aider son ami. Bayard finit par avouer son amour à Julie, mais elle lui révèle qu'elle aime Montfort. Touché par l'amitié de Montfort, Bayard accepte de les laisser se marier. La pièce se conclut par des révélations et des résolutions touchantes, mettant en avant les valeurs de l'honneur et de l'amitié. Dans une scène, Bayard convoque Montfort pour discuter de sa situation. St. Pol annonce que la mère de Julie va venir présenter la rançon et la dot pour sa libération. La mère arrive et Bayard la remercie pour ses efforts. Montfort apparaît et révèle que sa maîtresse l'a quitté pour un autre homme, mais il accepte cette situation avec dignité. Bayard, ému, lui demande le nom de sa maîtresse, mais Montfort préfère ne pas le divulguer pour se consoler plus facilement. Bayard, touché par la situation de Montfort, lui cède Julie et partage la rançon entre Montfort et St. Pol. Il affirme que l'amour a laissé place à l'amitié dans son cœur. Montfort, reconnaissant, se jette à ses pieds, mais Bayard le relève et insiste pour que Montfort profite du bien qu'il lui offre. La pièce se termine par un éloge de Julie sur l'action héroïque de Bayard. La pièce, intitulée 'Le Chevalier Bayard', est interprétée par des acteurs tels que Quinaut, Dufrene, Montmenil, Dangeville, Duchemin, Armand, ainsi que les demoiselles La Motte, Labat, et Quinaut. La comédie a eu six représentations et l'auteur travaille à l'améliorer pour une future réjouissance.
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73
p. 798-803
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Claude François Pellot, Comte de Trevieres &c. ancien Maître des [...]
Mots clefs :
Marquis, Chevalier, Ordres, Veuve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS , NAISSANCES
C
et Mariages
Laude François Pellot,Comte deTrevieres &c. ancien Maître des Requêtes , mourut le 27. Mars âgé de 76. ans.
M. Jacques Bigaut , Docteur en Theo
logie,Curé de sainte Marie Madeleine de
la Ville-Levêque , mourut le 30 Mars ,
âgé de 58 ans.
D. Madelaine d'Archi , veuve de M.
René Duvernet, sieur de la Vallée, Ecuyer
ordinaire de la Grande Ecurie du Roi,
mourut à Paris le 1. Avril, âgée d'environ
82 ans.
Charles-Armand de Gontaut de Biron ,
Abbé Commandataire de l'Abbaye de
S. Bertrand de Chaumont, mourut le 5.
Avril âgé de 29. ans.
Le
AVRIL 1732. 799
་
Le Prince Frederic , frere de l'Archevêque de Vienne , mourut à Strasbourg le
de ce mois , âgé de so ans. Il étoit Grand
Doyen et Chanoine de l'Eglise Cathedrale
de Strasbourg , Grand-Prévor de celle de
Liege , et Prieur du Pont S.Esprit, deNan
tua en Bugey , et de la Charité sur Loire.
D. Angelique Marguerite de Battefort
Delaubepin , veuve de Charle Marie de
Montmorency , Chevalier, Premier Baron
Chrétien en France , Seigneur de NeuvyPailloux , mourut le 15 Avril , âgée de
Sans.
Charles - Thimoleon - Louis de Cossé ,
Duc de Brissac , Pair et Grand Panetier
de France , Baron de Montreuil - Bellai ,
Seigneur de Lugni , Martigni , Briant ,
Bregue , Vaucretien , la Lande &c, mourut à Paris géneralement regretté , le 18
Avril âgé de 39 ans.
Le 21. de ce mois mourut M. Antoine
le Moine, Docteur de la Maison et Societé
de Sorbonne , Chanoine de S. Benoît et
Censeur Royal , âgé de 65 ans , fort regretté par sa candeur et son érudition.
D.Louise de Crevant d'Humieres, veuve de M. Charles- Louis d'Hautefort, Marquis de Surville , Lieutenant Géneral des
Armées du Roi, mourut le 22 Avril dans
fa 72me année de son âge. Elle étoit veuve Hv en
800 MERCURE DE FRANCE
en premieres nôces du Comte de Vassé
Vidame du Mans , mort le 7 Août 1684.
Charles- Louis Auguste le TonnelierBreteuil , Evêque de Rennes , Abbé de
S. Pierre de Chaumes , Prieur Comman→
dataire de Deüil et d'Escarmeil , et GrandMaître de la Chapelle de Musique du Roi,
mourut dans son Diocèse le 24 de ce mois ,
âgé de 4 ans accomplis.
Il étoit fils de François le Tonnelier dé
Breteuil, Marquis de Fontenay- Tresigny,
Sire de Vill bert , Baron de Boitron , Seigneur des Chapelles Breteüil &c. Conseiller d'Etat ordinaire , Intendant des Finances , et de Anne de Calonne de Courrebourne , er frere de François-Victor lo
Tonnelier Breteüil , Marquis de Fonte
nay-Tresigni &c. Commandeur des Or. ,
dres du Roi , Chancelier de la Reine
cy-devant Secretaire d'Etat au departe .
ment de la Guerre.
4
La Maison de Breteuil est trop connue,
pour qu'on entre ici dans le détail de sa
Genealogie.
D. Marie Therese Emmanuel Casimire
Geneviève de Bethune , Epouse de Char
les Louis-Auguste Fouquet , Comte de
Belle Isle , Lieutenant Général des Armées du Roi , Mestre de Camp General
,
des
AVRIL. 1732: 801
ས
des Dragons de France , Gouverneur des
Ville et Fort d'Huningue , Commandant
en chef dans les trois Evêchez, frontieres
de la Lorraine , de l'Alsace et du Duché
de Luxembourg, accoucha le 27 Mars
d'un fils qui fut nommé Louis Marie par
Louis Fouquet , Marquis de Belle- Isle son
Ayeul , et par D. Jeanne- Marie Guion
veuve de Miximilien-Henri de Bethune
Duc de Sully , Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roi &c.
- D. Marie- Anne Petit de Villeneuve
fille de feu M. Petit de Villeneuve , Président de la Cour des Aides , Epouse de
M. Jean-Baptiste le Feron , Chevalier Seigneur du Plessis- aux Bois, de Cuisy , d'Iverni , Conseiller du Roi en ses Conseils,
Maître des Requêtes, accoucha le 11 Avril
d'un fils qui fut tenu le même jour sur les
Fonts Baptismaux , et nommé Jean- Bap
tiste Evrard , par M. Evrard Titou Du
tillet , Maître d'Hôtel de feüe Madamela
Dauphine, Mere du Roi et Commissaire:
Provincial des Guerres, son grand Oncle
et par D. Marie- Anne Foucault , veuve
de M. Petit de Villeneuve , Conseiller de
La Cour des Aides, sa Bisayeule.
Le Samedi 12 Avril , Jean- Charles de
Crussol , Duc d'Uzés , premier Pair de
France , Chevalier des Ordres du Roi ,,
H&vj Gou
802 MERCURE DE FRANCE
Gouverneur des Provinces de Saintonges
et d'Angoumois , et D. Anne Julie- Françoise de Crussol d'Uzés , Epouse de M. Louis Cesar de la Baume, le Blanc de la
Valiere , Duc de Vaujour , Gouverneur et
Grand Sénechal en survivance de la Province de Bourbonnois , Colonel du Regiment de la Valiere , tinrent sur les Fonts
de Baptême en l'Eglise deS. Eustache, une
petite Juive âgée de trois ans et demi
fille d'Eléazard Levi , Juif Hollandois et
de Fronoca Jacob , sa femme , et lui don
nerent le nom d'Anne Julie Françoise.
4 D. Marie-Therese de Baillon , Epouse
d'Antoine- François de la Tournelle,Comte de la Tournelle , &c. accoucha le 13
Avril d'une fille, qui fut nommée Jeanne'
Charlotte par Jean de Baillon , Conseiller
au Parlement de Paris , et par D. Jeanne
Charlotte du Deffant de la Lande , veuve
de Roger de la Tournelle, Marquis de
Courancy.
D. Jeanne Marie-Joseph Guyon, Epou
se d'Anne de Lugnac de Reuilly , accou
cha le 19. Avril d'une fille qui fut nommée Marie- Louise par Louis de Gand de
Merodes de Montmorency, Prince d'Isen
ghien , Chevalier des Ordres du Roi
Lieutenant Géneral de ses Armées et de la
Province d'Artois , Gouverneur des Ville
et
AVRIL. 17328 80%
et Citadelle d'Arras , et par D. JeanneMarie Guyon , veuve de MaximilienHenry de Bethune , Duc de Sully , Pair de
France , Prince Souverain d'Henrichemont et de Boissel , Chevalier des ordres
du Roi &c.
Augustin Joseph , Comte de Mailly ར
fils de Joseph , Marquis de Mailly , Baron de S. Amant &c. et de Louise Magdelaine-Joseph-Marie de la Riviere, de la
Roche-de-Vaux , épousa le zr Avril D.
Constance Colbert de Torcy , fille deJean- Baptiste Colbert, Marquis de Torcy,
de Croisy &c. Ministre d'Etat, Comman
deur des Ordres du Roi , et de D: Cathe
rine Felicité Arnaud de Pomponne
C
et Mariages
Laude François Pellot,Comte deTrevieres &c. ancien Maître des Requêtes , mourut le 27. Mars âgé de 76. ans.
M. Jacques Bigaut , Docteur en Theo
logie,Curé de sainte Marie Madeleine de
la Ville-Levêque , mourut le 30 Mars ,
âgé de 58 ans.
D. Madelaine d'Archi , veuve de M.
René Duvernet, sieur de la Vallée, Ecuyer
ordinaire de la Grande Ecurie du Roi,
mourut à Paris le 1. Avril, âgée d'environ
82 ans.
Charles-Armand de Gontaut de Biron ,
Abbé Commandataire de l'Abbaye de
S. Bertrand de Chaumont, mourut le 5.
Avril âgé de 29. ans.
Le
AVRIL 1732. 799
་
Le Prince Frederic , frere de l'Archevêque de Vienne , mourut à Strasbourg le
de ce mois , âgé de so ans. Il étoit Grand
Doyen et Chanoine de l'Eglise Cathedrale
de Strasbourg , Grand-Prévor de celle de
Liege , et Prieur du Pont S.Esprit, deNan
tua en Bugey , et de la Charité sur Loire.
D. Angelique Marguerite de Battefort
Delaubepin , veuve de Charle Marie de
Montmorency , Chevalier, Premier Baron
Chrétien en France , Seigneur de NeuvyPailloux , mourut le 15 Avril , âgée de
Sans.
Charles - Thimoleon - Louis de Cossé ,
Duc de Brissac , Pair et Grand Panetier
de France , Baron de Montreuil - Bellai ,
Seigneur de Lugni , Martigni , Briant ,
Bregue , Vaucretien , la Lande &c, mourut à Paris géneralement regretté , le 18
Avril âgé de 39 ans.
Le 21. de ce mois mourut M. Antoine
le Moine, Docteur de la Maison et Societé
de Sorbonne , Chanoine de S. Benoît et
Censeur Royal , âgé de 65 ans , fort regretté par sa candeur et son érudition.
D.Louise de Crevant d'Humieres, veuve de M. Charles- Louis d'Hautefort, Marquis de Surville , Lieutenant Géneral des
Armées du Roi, mourut le 22 Avril dans
fa 72me année de son âge. Elle étoit veuve Hv en
800 MERCURE DE FRANCE
en premieres nôces du Comte de Vassé
Vidame du Mans , mort le 7 Août 1684.
Charles- Louis Auguste le TonnelierBreteuil , Evêque de Rennes , Abbé de
S. Pierre de Chaumes , Prieur Comman→
dataire de Deüil et d'Escarmeil , et GrandMaître de la Chapelle de Musique du Roi,
mourut dans son Diocèse le 24 de ce mois ,
âgé de 4 ans accomplis.
Il étoit fils de François le Tonnelier dé
Breteuil, Marquis de Fontenay- Tresigny,
Sire de Vill bert , Baron de Boitron , Seigneur des Chapelles Breteüil &c. Conseiller d'Etat ordinaire , Intendant des Finances , et de Anne de Calonne de Courrebourne , er frere de François-Victor lo
Tonnelier Breteüil , Marquis de Fonte
nay-Tresigni &c. Commandeur des Or. ,
dres du Roi , Chancelier de la Reine
cy-devant Secretaire d'Etat au departe .
ment de la Guerre.
4
La Maison de Breteuil est trop connue,
pour qu'on entre ici dans le détail de sa
Genealogie.
D. Marie Therese Emmanuel Casimire
Geneviève de Bethune , Epouse de Char
les Louis-Auguste Fouquet , Comte de
Belle Isle , Lieutenant Général des Armées du Roi , Mestre de Camp General
,
des
AVRIL. 1732: 801
ས
des Dragons de France , Gouverneur des
Ville et Fort d'Huningue , Commandant
en chef dans les trois Evêchez, frontieres
de la Lorraine , de l'Alsace et du Duché
de Luxembourg, accoucha le 27 Mars
d'un fils qui fut nommé Louis Marie par
Louis Fouquet , Marquis de Belle- Isle son
Ayeul , et par D. Jeanne- Marie Guion
veuve de Miximilien-Henri de Bethune
Duc de Sully , Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roi &c.
- D. Marie- Anne Petit de Villeneuve
fille de feu M. Petit de Villeneuve , Président de la Cour des Aides , Epouse de
M. Jean-Baptiste le Feron , Chevalier Seigneur du Plessis- aux Bois, de Cuisy , d'Iverni , Conseiller du Roi en ses Conseils,
Maître des Requêtes, accoucha le 11 Avril
d'un fils qui fut tenu le même jour sur les
Fonts Baptismaux , et nommé Jean- Bap
tiste Evrard , par M. Evrard Titou Du
tillet , Maître d'Hôtel de feüe Madamela
Dauphine, Mere du Roi et Commissaire:
Provincial des Guerres, son grand Oncle
et par D. Marie- Anne Foucault , veuve
de M. Petit de Villeneuve , Conseiller de
La Cour des Aides, sa Bisayeule.
Le Samedi 12 Avril , Jean- Charles de
Crussol , Duc d'Uzés , premier Pair de
France , Chevalier des Ordres du Roi ,,
H&vj Gou
802 MERCURE DE FRANCE
Gouverneur des Provinces de Saintonges
et d'Angoumois , et D. Anne Julie- Françoise de Crussol d'Uzés , Epouse de M. Louis Cesar de la Baume, le Blanc de la
Valiere , Duc de Vaujour , Gouverneur et
Grand Sénechal en survivance de la Province de Bourbonnois , Colonel du Regiment de la Valiere , tinrent sur les Fonts
de Baptême en l'Eglise deS. Eustache, une
petite Juive âgée de trois ans et demi
fille d'Eléazard Levi , Juif Hollandois et
de Fronoca Jacob , sa femme , et lui don
nerent le nom d'Anne Julie Françoise.
4 D. Marie-Therese de Baillon , Epouse
d'Antoine- François de la Tournelle,Comte de la Tournelle , &c. accoucha le 13
Avril d'une fille, qui fut nommée Jeanne'
Charlotte par Jean de Baillon , Conseiller
au Parlement de Paris , et par D. Jeanne
Charlotte du Deffant de la Lande , veuve
de Roger de la Tournelle, Marquis de
Courancy.
D. Jeanne Marie-Joseph Guyon, Epou
se d'Anne de Lugnac de Reuilly , accou
cha le 19. Avril d'une fille qui fut nommée Marie- Louise par Louis de Gand de
Merodes de Montmorency, Prince d'Isen
ghien , Chevalier des Ordres du Roi
Lieutenant Géneral de ses Armées et de la
Province d'Artois , Gouverneur des Ville
et
AVRIL. 17328 80%
et Citadelle d'Arras , et par D. JeanneMarie Guyon , veuve de MaximilienHenry de Bethune , Duc de Sully , Pair de
France , Prince Souverain d'Henrichemont et de Boissel , Chevalier des ordres
du Roi &c.
Augustin Joseph , Comte de Mailly ར
fils de Joseph , Marquis de Mailly , Baron de S. Amant &c. et de Louise Magdelaine-Joseph-Marie de la Riviere, de la
Roche-de-Vaux , épousa le zr Avril D.
Constance Colbert de Torcy , fille deJean- Baptiste Colbert, Marquis de Torcy,
de Croisy &c. Ministre d'Etat, Comman
deur des Ordres du Roi , et de D: Cathe
rine Felicité Arnaud de Pomponne
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Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En avril 1732, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Laude François Pellot, Comte de Trevieres et ancien Maître des Requêtes, est décédé le 27 mars à l'âge de 76 ans. M. Jacques Bigaut, Docteur en Théologie et Curé de Sainte Marie Madeleine de la Ville-Levêque, est mort le 30 mars à 58 ans. D. Madelaine d'Archi, veuve de René Duvernet, sieur de la Vallée, a décédé à Paris le 1er avril à environ 82 ans. Charles-Armand de Gontaut de Biron, Abbé Commandataire de l'Abbaye de Saint Bertrand de Chaumont, est mort le 5 avril à 29 ans. Le Prince Frédéric, frère de l'Archevêque de Vienne, est décédé à Strasbourg le 6 avril à 50 ans. Il occupait plusieurs postes ecclésiastiques importants. D. Angélique Marguerite de Battefort Delaubepin, veuve de Charles Marie de Montmorency, est morte le 15 avril. Charles-Thimoléon-Louis de Cossé, Duc de Brissac, Pair et Grand Panetier de France, est décédé à Paris le 18 avril à 39 ans. M. Antoine le Moine, Docteur de la Maison et Société de Sorbonne, est mort le 21 avril à 65 ans. D. Louise de Crevant d'Humières, veuve de Charles-Louis d'Hautefort, est décédée le 22 avril à 72 ans. Charles-Louis-Auguste le Tonnelier-Breteuil, Evêque de Rennes, est mort dans son diocèse le 24 avril à 44 ans. Plusieurs naissances et mariages ont également été signalés. D. Marie Thérèse Emmanuel Casimire Geneviève de Bethune a accouché le 27 mars d'un fils nommé Louis Marie. D. Marie-Anne Petit de Villeneuve a donné naissance à un fils le 11 avril, baptisé Jean-Baptiste Evrard. Le Duc d'Uzès et D. Anne Julie-Françoise de Crussol d'Uzès ont baptisé une petite Juive de trois ans et demi, nommée Anne Julie Françoise. D. Marie-Thérèse de Baillon a accouché d'une fille le 13 avril, nommée Jeanne-Charlotte. D. Jeanne Marie-Joseph Guyon a donné naissance à une fille le 19 avril, nommée Marie-Louise. Enfin, Augustin Joseph, Comte de Mailly, a épousé D. Constance Colbert de Torcy le 21 avril.
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74
p. 2507-2509
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Le Chevalier de Fenelon, Exempt des Gardes du Corps du Roi, mourut à Fontainebleau [...]
Mots clefs :
Chevalier, Marquis, Fille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS , NAISSANCES
et Mariages.
E Chevalier de Fenelon , Exempt des Gardes Le de
le 21 du mois dernier âgé de 32 ans. Sa place
d'Exempt a été donnée à M. de la Tour , Briga dier des Gardes du Corps.
M. Léon Roulier , Chanoine de l'Eglise de
Paris , Conseiller du Roi en la Cour de Parle- ment et Grand- Chambre d'icelle , déceda le 30.
Octobre à Auteuil , âgé de 70 ans environ.
M. Pierre-François Durand de Monthessu
Conseiller du Roi en la Cour de Parlement , fils
de Jean - Maurice Durand , Seigneur de Chalas , Latour du Bost , Matougues , Pringy , &c.
et de Dame Louise Duvey , mourut le 6 Novembre âgé de 23 ans.
Louis - Henri - Jacques - René Herault , fils
de M. René Herault, Chevalier, Seigneur de Fontaine- Labbé , de Vaucresson , &c. Conseiller
d'Etat , Lieutenant General de Police, et de feuë
Dame Marie-Marguerite Durey , mourut le 6.
Novembre âgé de 8. ans , environ.
M, Claude Leullier , Docteur de la Faculté de
Theologie de Paris , Grand- Maître , Principal'
de la Maison et College du Cardinal le Moine ,
et Curé de la Paroisse de S. Jean l'Evangeliste, du
même College , mourut le 10 de ce mois âgé de 73 ans.
M. Simon Menassier , Prêtre , Docteur en
Théologie de la Faculté de Paris , Chanoine
I iiij Hono-
2558 MERCURE DE FRANCE
Honoraire de S. Honoré , Sous- Penitencier et
Chapelain de PEglise de Paris , et Principal du
College de Sainte Barbe , mourut le 19. âgé de 77. ans.
M. Abraham Peirenc de Moras , Chevalier
Seigneur de S. Priest , de Clinchamp et autres
lieux , Maître des Requêtes , Chef du Conseil
de S. A. S. Madame la Duchesse , mourut à Paris le 20 âgé de 49 ans.
Dame Marie-Elisabeth Chefdeville , veuve de
Claude Bernard Rousseau , Ecuyer , Conseiller du Roi , Doyen des Auditeurs de la Cham.
bre des Comptes , Chevalier de S. Lazare , mourut le 21 Novembre , âgée de 76. ans accomplis.
Sa grande pieté , son humilité profonde , sa tendresse et sa charité pour les pauvres , ses soins
pour les prisonniers , et sa délicatesse pour la ré- putation de son Prochain , ont pendant tout le Cours de sa vie animé toutes ses actions.
Dame Therese Desbordes , veuve de M. Edme
Conrade Fugere , Conseiller de la Cour des Ay
des , mourut le 24. âgée de 32 ans.
Dame Charlotte- Elisabeth de Bassompierre ;
Epouse de N... Marquis de Choiseul- Beaupré
Enseigne de Gendarmerie , et Lieutenant General
des Provinces de Champagne et Brie , accoucha
les Octobre dans la Ville de Nancy d'un fils ,
qui fût nommé Jacques Renaud , par N... de
Barillon , Comte de Morangis , et par Madame
la Duchesse deCroüy.L'Enfant portera le nom de Comte de Savigny.
D. Emilie de la Rochefoucault , Epouse de
Charles-Emanuel de Crussol- Saint- Sulpice , Duc
de
NOVEMBRE. 1732. 2509
de Crussol , accoucha le 16 Octobre d'une fille
qui fut nommée Emilie.
Dame Marie-Sophie Colbert de Seignelay, Epouse de Charles- François de Montmorency- Luxembourg , Duc de Luxembourg , de Montmo
rency et de Piney , Pair et premier Baron Chré tien de France , Gouverneur de la Province de
Normandie , accoucha le 6. Novembre d'une
fille , qui fut nommée Marie Françoise - So
phie.
D. Elisabeth-Françoise de Gilliers , Epouse
de Pierre Charles , Comte de Nonant , Chevalier
de S. Louis , Capitaine au Régiment de Sa Ma- jesté , Infanterie , accoucha le 7 Novembre d'un
fils , qui fut nommé Louis par Louis Léon Bou- thilier , Comte de Beaujeu , Capitaine au même
Régiment , et par Dame Marie Marguerite de
Carvoisin , Dachy , Epouse de Pierre Brunet de
Chailly , Comte de Serigny , Maître des Requê tes Honoraire , Président en la Chambre des
Comptes.
Le 17. Pierre. François de Mesgrigny , Che valier , Seigneur de Villebertin , Chevillelles
épousa au Château de Villemereüil près de
Troyes , Demoiselle Louise Le Courtois , fille de
feu Louis Le Courtois , Chevalier , Seigneur
de Bignicourt , Bucey , et sœur de Pierre Le
Courtois , Chevalier , Baron de saint Cyr, et Conseiller au Parlement.
Guillaume-Marie-Joseph-Joachim de RosnyVinen , Marquis d'Epiré , fils de Jean- Baptiste
de Rosny et de D. Judith- Gabrielle Picquet ,
épousa le 20 Novembre D. Louise Emilie de
Visdelou de Bienassis , fille de René- François de
Visdelou , et de D. Margurite Iris de Poys ,
Marquise de Montesson.
et Mariages.
E Chevalier de Fenelon , Exempt des Gardes Le de
le 21 du mois dernier âgé de 32 ans. Sa place
d'Exempt a été donnée à M. de la Tour , Briga dier des Gardes du Corps.
M. Léon Roulier , Chanoine de l'Eglise de
Paris , Conseiller du Roi en la Cour de Parle- ment et Grand- Chambre d'icelle , déceda le 30.
Octobre à Auteuil , âgé de 70 ans environ.
M. Pierre-François Durand de Monthessu
Conseiller du Roi en la Cour de Parlement , fils
de Jean - Maurice Durand , Seigneur de Chalas , Latour du Bost , Matougues , Pringy , &c.
et de Dame Louise Duvey , mourut le 6 Novembre âgé de 23 ans.
Louis - Henri - Jacques - René Herault , fils
de M. René Herault, Chevalier, Seigneur de Fontaine- Labbé , de Vaucresson , &c. Conseiller
d'Etat , Lieutenant General de Police, et de feuë
Dame Marie-Marguerite Durey , mourut le 6.
Novembre âgé de 8. ans , environ.
M, Claude Leullier , Docteur de la Faculté de
Theologie de Paris , Grand- Maître , Principal'
de la Maison et College du Cardinal le Moine ,
et Curé de la Paroisse de S. Jean l'Evangeliste, du
même College , mourut le 10 de ce mois âgé de 73 ans.
M. Simon Menassier , Prêtre , Docteur en
Théologie de la Faculté de Paris , Chanoine
I iiij Hono-
2558 MERCURE DE FRANCE
Honoraire de S. Honoré , Sous- Penitencier et
Chapelain de PEglise de Paris , et Principal du
College de Sainte Barbe , mourut le 19. âgé de 77. ans.
M. Abraham Peirenc de Moras , Chevalier
Seigneur de S. Priest , de Clinchamp et autres
lieux , Maître des Requêtes , Chef du Conseil
de S. A. S. Madame la Duchesse , mourut à Paris le 20 âgé de 49 ans.
Dame Marie-Elisabeth Chefdeville , veuve de
Claude Bernard Rousseau , Ecuyer , Conseiller du Roi , Doyen des Auditeurs de la Cham.
bre des Comptes , Chevalier de S. Lazare , mourut le 21 Novembre , âgée de 76. ans accomplis.
Sa grande pieté , son humilité profonde , sa tendresse et sa charité pour les pauvres , ses soins
pour les prisonniers , et sa délicatesse pour la ré- putation de son Prochain , ont pendant tout le Cours de sa vie animé toutes ses actions.
Dame Therese Desbordes , veuve de M. Edme
Conrade Fugere , Conseiller de la Cour des Ay
des , mourut le 24. âgée de 32 ans.
Dame Charlotte- Elisabeth de Bassompierre ;
Epouse de N... Marquis de Choiseul- Beaupré
Enseigne de Gendarmerie , et Lieutenant General
des Provinces de Champagne et Brie , accoucha
les Octobre dans la Ville de Nancy d'un fils ,
qui fût nommé Jacques Renaud , par N... de
Barillon , Comte de Morangis , et par Madame
la Duchesse deCroüy.L'Enfant portera le nom de Comte de Savigny.
D. Emilie de la Rochefoucault , Epouse de
Charles-Emanuel de Crussol- Saint- Sulpice , Duc
de
NOVEMBRE. 1732. 2509
de Crussol , accoucha le 16 Octobre d'une fille
qui fut nommée Emilie.
Dame Marie-Sophie Colbert de Seignelay, Epouse de Charles- François de Montmorency- Luxembourg , Duc de Luxembourg , de Montmo
rency et de Piney , Pair et premier Baron Chré tien de France , Gouverneur de la Province de
Normandie , accoucha le 6. Novembre d'une
fille , qui fut nommée Marie Françoise - So
phie.
D. Elisabeth-Françoise de Gilliers , Epouse
de Pierre Charles , Comte de Nonant , Chevalier
de S. Louis , Capitaine au Régiment de Sa Ma- jesté , Infanterie , accoucha le 7 Novembre d'un
fils , qui fut nommé Louis par Louis Léon Bou- thilier , Comte de Beaujeu , Capitaine au même
Régiment , et par Dame Marie Marguerite de
Carvoisin , Dachy , Epouse de Pierre Brunet de
Chailly , Comte de Serigny , Maître des Requê tes Honoraire , Président en la Chambre des
Comptes.
Le 17. Pierre. François de Mesgrigny , Che valier , Seigneur de Villebertin , Chevillelles
épousa au Château de Villemereüil près de
Troyes , Demoiselle Louise Le Courtois , fille de
feu Louis Le Courtois , Chevalier , Seigneur
de Bignicourt , Bucey , et sœur de Pierre Le
Courtois , Chevalier , Baron de saint Cyr, et Conseiller au Parlement.
Guillaume-Marie-Joseph-Joachim de RosnyVinen , Marquis d'Epiré , fils de Jean- Baptiste
de Rosny et de D. Judith- Gabrielle Picquet ,
épousa le 20 Novembre D. Louise Emilie de
Visdelou de Bienassis , fille de René- François de
Visdelou , et de D. Margurite Iris de Poys ,
Marquise de Montesson.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En octobre et novembre 1732, plusieurs événements marquants ont été enregistrés, incluant des naissances, des décès et des mariages. Parmi les décès notables, le Chevalier de Fénelon, Exempt des Gardes, est décédé à l'âge de 32 ans et a été remplacé par M. de la Tour. M. Léon Roulier, Chanoine de l'Église de Paris et Conseiller du Roi, est mort à Auteuil à l'âge de 70 ans. M. Pierre-François Durand de Monthessu, Conseiller du Roi, est décédé à 23 ans. Louis-Henri-Jacques-René Hérault, Conseiller d'État et Lieutenant Général de Police, est mort à l'âge de 8 ans. M. Claude Leullier, Docteur en Théologie et Curé de la Paroisse de Saint Jean l'Évangéliste, est décédé à 73 ans. M. Simon Menassier, Prêtre et Chanoine Honoraire de Saint Honoré, est mort à 77 ans. M. Abraham Peirenc de Moras, Maître des Requêtes, est décédé à 49 ans. Dame Marie-Élisabeth Chefdeville, veuve de Claude Bernard Rousseau, est morte à 76 ans. Enfin, Dame Thérèse Desbordes, veuve de M. Edme Conrad Fugère, est décédée à 32 ans. Du côté des naissances, Dame Charlotte-Élisabeth de Bassompierre a donné naissance à un fils nommé Jacques Renaud, Comte de Savigny. D. Émilie de La Rochefoucauld a accouché d'une fille nommée Émilie. Dame Marie-Sophie Colbert de Seignelay a eu une fille nommée Marie Françoise-Sophie. D. Élisabeth-Françoise de Gilliers a donné naissance à un fils nommé Louis. Deux mariages ont également été célébrés : celui de Pierre-François de Mesgrigny avec Demoiselle Louise Le Courtois, et celui de Guillaume-Marie-Joseph-Joachim de Rosny-Vinen avec D. Louise Émilie de Visdelou de Bienassis.
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75
p. 169-171
MORTS, NAISSANCES & Mariages.
Début :
Le 9 Janvier, mourut Mre Jean-Zacharie de Lafaürie de Villendrault, [...]
Mots clefs :
Dame, Marquis, Veuve, Chevalier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES & Mariages.
MORTS,NAISSANCES
- l gâvMariages.
' E 9 Janvier, mourut M” Jean - Za?
charie de Lafaürie de Villenclrlàult,
Président en la Cour des Aydes de Paris,
, ïct Conseiller Honoraire au Parlement de
Bordeaux) Chevalier , Seigneur , Baron
Ho’ Villendrault , Vicomte de ‘Paulmier ,
“dans la 33 année de son âge.
' Dame Marie de Lamoignon , veuve
‘tic Victor Maurice, Comte de Broglie,
Maréchal de France, Gouverneur d'As
vesncs , mourutâ Paris le n, Janvier
Ïlans la 88° année de son âge.
François Doffoil, mourut à. Ver-vins,
‘petite Ville de Picardie, le r; de ce mois,
âgé de no ans, étant né en 152.3. il per
dit son pere à Pâge de Io ans , et Fut ma
tiépînq fois , ec eut douze garçons et
huit filles. _
Dame Jeanne-Antoinette (le Belloy;
veuve de Charles, Comtcide Lannoy 5
filie de Feu Jacques deiBelloy, Chevalier,
‘Marquis de Carillon , et de Dame Ami
CÎC de Courtenay , mourut en son Chä;
teau de la. Motte, en Picardie, âgée de.
8€ ans.
PÎCE:
[70 ME RCURE D E FRANCE
q Pierre Brûlard, Marquis de Genlis, est;
' mort dequis quelque rempsfllans son
Château de Genlisen Picardiec, dans la
85‘ année de son âge. v ' _ ‘
M” ‘Pierre Sabatier , Évêque d’Amiens,‘
mourut le zo. dans son Dioclse , âgé de
79 ans accomplis.
Dame Antoinerte-hladelaine de Bor
deaux; veuve M. Henry Martel , Comte
de Fontaine , premier Ecuyer cle S. A. R,‘ '
Madame la Duchesse d’O_rlean_s , mougrç
à Paris le 24,-d.ans la °7z°annêe de son
âge. Son Corps fut transporté en l’Egli—
se du Village de Brétigny , dont elle émit:
Darne. - ' -. ‘»
Dame Marie- Gahrielle le Cirier de"
Neufchelles, Epouse de Jacques -,'Samuel
‘le Clerc , Marquis de Juigné , 86C. Colt-a}
‘nel du Régiment dïnfmrerie d’Orleans ,
accoucha le 4 Janvier d’un fils,qui fut:
pommé Léon-Marguerite , par Leon le
‘Cirier, Marquis de Neufchelles, Lieu;
tenantdes Gardes du Corpsfi/larêchal des
Camps et Armées du Roy , Gouverneur
de Sainte Ménéhoud , et par D. Maries
‘Marguerite le Méneszrel de Hauguel‘,
E ouse de Jacques Bazin de Bezons, Ma.
Ïx chal de France , Chevalier des Ordres
du Roy ’, ôzc. ‘ - -
. l‘ Are
JANVIER: :733.‘ ‘x7!
Àtmand-Jean de S. Simon , Marquis de
Ruiïec , Grand d’Espngne de la premiere
Classe , Mestre de Camp de Cavalerie,
second fils de Loüis , Duc de S. Simon ,
Pair de France , Comte de Rane , ôcc.
Grand dfEspagne de la premiere Classe ,
Chevalier des Ordres du Roy, Gouver
‘neur de Blaye, Grand-Baillif et Gouver
neur de Senlis", Capitaine du Pont S.Ma
Vxent , Vidame de Chartres, Marquis de
Ruffec,&c. et de. D. Marie de Durfort
de Lorge, épousa Zdans la Chapelle de
PHôtel d’Auvergne ,la nuit du 2px au 2.7.
' Janvier , Dame Marie - Jeanne - Loüise
Bauyn d’Angervllliers , veuve de Jeanä
René de Longueil , Marquis de Maisons,‘
ëcc Président à Mortier , Fille unique de’
Nicolas - Prosper Bauyn , Seigneur d’An
gervilliers , Ministre et Secretaire d’Etat_,_
et de Dame Marianne de Maupou.
- l gâvMariages.
' E 9 Janvier, mourut M” Jean - Za?
charie de Lafaürie de Villenclrlàult,
Président en la Cour des Aydes de Paris,
, ïct Conseiller Honoraire au Parlement de
Bordeaux) Chevalier , Seigneur , Baron
Ho’ Villendrault , Vicomte de ‘Paulmier ,
“dans la 33 année de son âge.
' Dame Marie de Lamoignon , veuve
‘tic Victor Maurice, Comte de Broglie,
Maréchal de France, Gouverneur d'As
vesncs , mourutâ Paris le n, Janvier
Ïlans la 88° année de son âge.
François Doffoil, mourut à. Ver-vins,
‘petite Ville de Picardie, le r; de ce mois,
âgé de no ans, étant né en 152.3. il per
dit son pere à Pâge de Io ans , et Fut ma
tiépînq fois , ec eut douze garçons et
huit filles. _
Dame Jeanne-Antoinette (le Belloy;
veuve de Charles, Comtcide Lannoy 5
filie de Feu Jacques deiBelloy, Chevalier,
‘Marquis de Carillon , et de Dame Ami
CÎC de Courtenay , mourut en son Chä;
teau de la. Motte, en Picardie, âgée de.
8€ ans.
PÎCE:
[70 ME RCURE D E FRANCE
q Pierre Brûlard, Marquis de Genlis, est;
' mort dequis quelque rempsfllans son
Château de Genlisen Picardiec, dans la
85‘ année de son âge. v ' _ ‘
M” ‘Pierre Sabatier , Évêque d’Amiens,‘
mourut le zo. dans son Dioclse , âgé de
79 ans accomplis.
Dame Antoinerte-hladelaine de Bor
deaux; veuve M. Henry Martel , Comte
de Fontaine , premier Ecuyer cle S. A. R,‘ '
Madame la Duchesse d’O_rlean_s , mougrç
à Paris le 24,-d.ans la °7z°annêe de son
âge. Son Corps fut transporté en l’Egli—
se du Village de Brétigny , dont elle émit:
Darne. - ' -. ‘»
Dame Marie- Gahrielle le Cirier de"
Neufchelles, Epouse de Jacques -,'Samuel
‘le Clerc , Marquis de Juigné , 86C. Colt-a}
‘nel du Régiment dïnfmrerie d’Orleans ,
accoucha le 4 Janvier d’un fils,qui fut:
pommé Léon-Marguerite , par Leon le
‘Cirier, Marquis de Neufchelles, Lieu;
tenantdes Gardes du Corpsfi/larêchal des
Camps et Armées du Roy , Gouverneur
de Sainte Ménéhoud , et par D. Maries
‘Marguerite le Méneszrel de Hauguel‘,
E ouse de Jacques Bazin de Bezons, Ma.
Ïx chal de France , Chevalier des Ordres
du Roy ’, ôzc. ‘ - -
. l‘ Are
JANVIER: :733.‘ ‘x7!
Àtmand-Jean de S. Simon , Marquis de
Ruiïec , Grand d’Espngne de la premiere
Classe , Mestre de Camp de Cavalerie,
second fils de Loüis , Duc de S. Simon ,
Pair de France , Comte de Rane , ôcc.
Grand dfEspagne de la premiere Classe ,
Chevalier des Ordres du Roy, Gouver
‘neur de Blaye, Grand-Baillif et Gouver
neur de Senlis", Capitaine du Pont S.Ma
Vxent , Vidame de Chartres, Marquis de
Ruffec,&c. et de. D. Marie de Durfort
de Lorge, épousa Zdans la Chapelle de
PHôtel d’Auvergne ,la nuit du 2px au 2.7.
' Janvier , Dame Marie - Jeanne - Loüise
Bauyn d’Angervllliers , veuve de Jeanä
René de Longueil , Marquis de Maisons,‘
ëcc Président à Mortier , Fille unique de’
Nicolas - Prosper Bauyn , Seigneur d’An
gervilliers , Ministre et Secretaire d’Etat_,_
et de Dame Marianne de Maupou.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES & Mariages.
En janvier 1733, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Le 9 janvier, M. Jean-Charles de Lafaürie de Villenclrlàult, Président à la Cour des Aydes de Paris et Conseiller Honoraire au Parlement de Bordeaux, est décédé à l'âge de 33 ans. Dame Marie de Lamoignon, veuve de Victor Maurice, Comte de Broglie, Maréchal de France, est morte à Paris le 11 janvier à l'âge de 88 ans. François Doffoil est décédé à Ver-vins, en Picardie, le 1er janvier à l'âge de 90 ans. Il avait perdu son père à l'âge de 10 ans et s'était marié six fois, ayant douze garçons et huit filles. Dame Jeanne-Antoinette de Belloy, veuve de Charles, Comte de Lannoy, est décédée dans son château de la Motte, en Picardie, à l'âge de 86 ans. Pierre Brûlard, Marquis de Genlis, est mort dans son château de Genlis, en Picardie, à l'âge de 85 ans. M. Pierre Sabatier, Évêque d’Amiens, est décédé le 20 janvier dans son diocèse à l'âge de 79 ans. Dame Antoinette-Hadelaine de Bordeaux, veuve de Henry Martel, Comte de Fontaine, est morte à Paris le 24 janvier à l'âge de 72 ans. Son corps a été transporté à l’église du village de Brétigny, dont elle était Dame. Dame Marie-Gabrielle le Clerc de Neufchelles, épouse de Jacques-Samuel le Clerc, Marquis de Juigné, a accouché le 4 janvier d’un fils nommé Léon-Marguerite. Le 27 janvier, Armand-Jean de Saint Simon, Marquis de Ruffec, Grand d’Espagne de la première Classe, a épousé dans la chapelle de l’Hôtel d’Auvergne Dame Marie-Jeanne-Louise Bauyn d’Angerville, veuve de Jean-René de Longueil, Marquis de Maisons. Elle était la fille unique de Nicolas-Prosper Bauyn, Seigneur d’Angerville, Ministre et Secrétaire d’État, et de Dame Marianne de Maupeou.
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76
p. 171-172
REPONSE à la Missive du Chevalier de Leucotece, inserée dans le premier volume de Decembre.
Début :
Preux Chevalier, d'une voix haute, [...]
Mots clefs :
Chevalier, Amour, Preux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPONSE à la Missive du Chevalier de Leucotece, inserée dans le premier volume de Decembre.
,R E P O NSE à l4 Missive du Cher/dg‘
lier de Ismcottoe , inscrit dans le‘ premit?
volume de Decembre.
_ PReux Chevalier , d’une voix haute ,'
Dans tes Rivaux tu ne comptes que trois.
. De par: l’Amour aprends que cette fois ,
Comme maint Chevalier, tu comptes sans son
,_ 116cc ,_ C
O
‘.172 MÉRCURE DE FRANCE:
Ce n'est pas le tout d’êtré Preux ;
‘Qmique la valeur plaise â Pobfet qu'on adore.‘
Un Rival qu’en «lédaigne. ou celui qifonignorc}
Est souvent le plus dangereux. ‘
C’est moi qui le premier ai sçû‘ rendre les armés
‘A celle qui peut tout charmer.
Mieux que "moi , tu pourrois connaître tous set
charmes ,
Mais tu ne sçaurois mieux l'aimer.
j’ai gardé trop long-temps un amoureux silence};
L’Amour est quelquefois du Sexe féminin,
Il veut qu’en parle , et si la Belle s’cn ofïence g
Il m’a promis qufim beau matin , i
Il prendrois soin de n13 delîcnce.
Cnnnunri.
lier de Ismcottoe , inscrit dans le‘ premit?
volume de Decembre.
_ PReux Chevalier , d’une voix haute ,'
Dans tes Rivaux tu ne comptes que trois.
. De par: l’Amour aprends que cette fois ,
Comme maint Chevalier, tu comptes sans son
,_ 116cc ,_ C
O
‘.172 MÉRCURE DE FRANCE:
Ce n'est pas le tout d’êtré Preux ;
‘Qmique la valeur plaise â Pobfet qu'on adore.‘
Un Rival qu’en «lédaigne. ou celui qifonignorc}
Est souvent le plus dangereux. ‘
C’est moi qui le premier ai sçû‘ rendre les armés
‘A celle qui peut tout charmer.
Mieux que "moi , tu pourrois connaître tous set
charmes ,
Mais tu ne sçaurois mieux l'aimer.
j’ai gardé trop long-temps un amoureux silence};
L’Amour est quelquefois du Sexe féminin,
Il veut qu’en parle , et si la Belle s’cn ofïence g
Il m’a promis qufim beau matin , i
Il prendrois soin de n13 delîcnce.
Cnnnunri.
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Résumé : REPONSE à la Missive du Chevalier de Leucotece, inserée dans le premier volume de Decembre.
Un chevalier répond à Ismcottoe, affirmant que son rival en amour est redoutable. Il se vante d'avoir charmé cette personne en premier et doute que son rival puisse l'aimer autant. Il espère que l'amour le récompensera pour sa délicatesse après un long silence amoureux.
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77
p. 385
Service solemnel pour le Roy de Sardaigne ; [titre d'après la table]
Début :
Le 29 Janvier, on fit par ordre du Roi, un Service Solemnel pour le repos [...]
Mots clefs :
Roi de Sardaigne, Chevalier, Marquis, Service solennel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Service solemnel pour le Roy de Sardaigne ; [titre d'après la table]
Le 29 Janvier , on fit par ordre du
Roi , un Service Solemnel pour le repos
de l'ame du Roi de Sardaigne , Victor
Amedée , dans l'Eglise Métropolitaine
qui étoit ornée et éclairée avec beaucoup
de magnificence . L'Archevêque de Paris
y officia pontificalement. Le Duc d'Orleans
, le Comte de Clermont et le Prince
de Conty , qui étoient les Princes du
deüil , allerent à l'Offrande avec les cerémonies
ordinaires , en longs Manteaux ,
dont la queue étoit portée par le Bailly de
Conflans , le Marquis de Clermont , Chevalier
des Ordres , le Comte de Billy ,
Chevalier de Villefort , le Marquis de
Bourzac , et le Chevalier de Causan , tous
Premiers Gentilshommes de la Chambre
ou premiers Ecuyers de ces Princes .
le
Après l'Offertoire , l'Evêque de Vence
prononça l'Oraison Funebre avec beau
coup d'élequence . Plusieurs Archevêques,
et Evêques se trouverent à ce Service
ainsi que le Parlement , la Chambre
des Comptes , la Cour des Aydes , l'Université
et le Corps de Ville qui y avoient
été invitez de la part du Roi , par le
Marquis de Brezé , Grand - Maître des
Cerémonies.
Roi , un Service Solemnel pour le repos
de l'ame du Roi de Sardaigne , Victor
Amedée , dans l'Eglise Métropolitaine
qui étoit ornée et éclairée avec beaucoup
de magnificence . L'Archevêque de Paris
y officia pontificalement. Le Duc d'Orleans
, le Comte de Clermont et le Prince
de Conty , qui étoient les Princes du
deüil , allerent à l'Offrande avec les cerémonies
ordinaires , en longs Manteaux ,
dont la queue étoit portée par le Bailly de
Conflans , le Marquis de Clermont , Chevalier
des Ordres , le Comte de Billy ,
Chevalier de Villefort , le Marquis de
Bourzac , et le Chevalier de Causan , tous
Premiers Gentilshommes de la Chambre
ou premiers Ecuyers de ces Princes .
le
Après l'Offertoire , l'Evêque de Vence
prononça l'Oraison Funebre avec beau
coup d'élequence . Plusieurs Archevêques,
et Evêques se trouverent à ce Service
ainsi que le Parlement , la Chambre
des Comptes , la Cour des Aydes , l'Université
et le Corps de Ville qui y avoient
été invitez de la part du Roi , par le
Marquis de Brezé , Grand - Maître des
Cerémonies.
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Résumé : Service solemnel pour le Roy de Sardaigne ; [titre d'après la table]
Le 29 janvier, un service solennel fut organisé sur ordre du Roi pour honorer la mémoire de Victor-Amédée, Roi de Sardaigne, dans l'Église Métropolitaine. Cette église était magnifiquement décorée et éclairée. L'Archevêque de Paris présida la cérémonie. Le Duc d'Orléans, le Comte de Clermont et le Prince de Conty, en tant que Princes du deuil, participèrent à l'offrande, vêtus de longs manteaux dont la queue était portée par plusieurs nobles, dont le Bailly de Conflans, le Marquis de Clermont, le Comte de Billy, le Marquis de Bourzac et le Chevalier de Causan. Après l'offrande, l'Évêque de Vence prononça une oraison funèbre. Plusieurs archevêques et évêques étaient présents, ainsi que des représentants du Parlement, de la Chambre des Comptes, de la Cour des Aydes, de l'Université et du Corps de Ville. Ces derniers avaient été invités par le Marquis de Brezé, Grand Maître des Cérémonies, au nom du Roi.
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78
p. 469-471
REPONSE à la Missive du Chevalier de Leucotece, Protecteur de l'Infante Malcrais, imprimée dans le premier Volume du Mercure de Décembre.
Début :
Honneur vous soit, Seigneur de Leucotece, [...]
Mots clefs :
Leucotèce, Chevalier, Seigneur, Rimeur marseillais, Malcrais, Chevalier errant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPONSE à la Missive du Chevalier de Leucotece, Protecteur de l'Infante Malcrais, imprimée dans le premier Volume du Mercure de Décembre.
REPONSE à la Missive du Chevalier
de Leucotece , Protecteur de l'Infante
Malerais , imprimée dans le premier Volume
du Mercure de Décembre.
Honneur Onneur vous soit , Seigneur de Leucotece ;
Preux Chevalier Errant sur le Permesse ,
Vos Vers obscurs , votre stile gaulois ,
Doivent occir le Rimeur Marseillois ;
Vous
470 MERCURE DE FRANCE
Vous discourez comme un vrai Dom Quixote ,
Et méritez bon Brévet de Calotte ;
Puisqu'aussi - bien vous dites sans façon ,
Que vous n'avez ni rime ni raison ;
Mais , direz-vous , ce n'est que pour la rimés
Il me falloit faire rimer Escrime ,
Loin de manquer à ce point important ,
"J'ai mieux aimé me taxer d'ignorant ,
Bien répondu ; le Public charitable ,
En cela seul vous trouve raisonnable ;
Mais entre -nous, Chevalier valeureux
Votre courage est tant soit peu
douteux ;
Vous frissonnez à l'aspect de Voltaire ,
Avec raison votre bras le révere ,
Mais en voulant excepter l'Hélicon ,
Vous nous montrez l'image d'un Poltron.
Quant au Berger des Rives de la Seine ,
On s'apperçoit que ce Rival vos gêne ;
Vous l'attaquez en timide Soldat ,
Quin'ose point hazarder le Combat.
Et pour couvrir votre poltronnerie ,
Vous le voulés par votre calomnie ,
Faire passer pour malin Enchanteur :
Fuyez , fuyez , Chevalier sans valeur ,
Malcrais n'a pas besoin pour la deffendre ,
Que votre voix ici se fasse entendre ,
•
Ni qu'en l'honneur de ses charmans appas,
De yos Rivaux coupiez têtes et bras ;
Point
MARS.
47%
1733
Point de lui faut le secours de votre ordre ;
D'autres sans vous sçauront frapper et mordre
Le moindre mot de son aimable voix ,
Pourroit forcer le Rimeur Marseillois
A confesser que malgré son mérite ,
Et ses talens , dans son corps il habite ,
Certain esprit , qui , quoiqu'il soit divin ,
N'en est pas moins de Sexe feminin ;
Que cette Fille habile et toute aimable ,
N'est point chimere et qu'elle est très - palpable ;
Ainsi , Seigneur , n'exposez plus au vent ,
Votre Harnois de Chevalier Errant ;
Soyez tranquille , et gardez le silence ,
Ou regagnez la Manche en diligence ;
Là renfermé dans votre vieux Château ,
Pour affermir votre foible cerveau ,
Et
pour calmer l'ire qui vous transporte
Avalerez une dose un peu forte
D'un Hellebore éprouvé , bien récent,
C'est mon avis , Seigneur , profitez - en.
V. D. G.
de Leucotece , Protecteur de l'Infante
Malerais , imprimée dans le premier Volume
du Mercure de Décembre.
Honneur Onneur vous soit , Seigneur de Leucotece ;
Preux Chevalier Errant sur le Permesse ,
Vos Vers obscurs , votre stile gaulois ,
Doivent occir le Rimeur Marseillois ;
Vous
470 MERCURE DE FRANCE
Vous discourez comme un vrai Dom Quixote ,
Et méritez bon Brévet de Calotte ;
Puisqu'aussi - bien vous dites sans façon ,
Que vous n'avez ni rime ni raison ;
Mais , direz-vous , ce n'est que pour la rimés
Il me falloit faire rimer Escrime ,
Loin de manquer à ce point important ,
"J'ai mieux aimé me taxer d'ignorant ,
Bien répondu ; le Public charitable ,
En cela seul vous trouve raisonnable ;
Mais entre -nous, Chevalier valeureux
Votre courage est tant soit peu
douteux ;
Vous frissonnez à l'aspect de Voltaire ,
Avec raison votre bras le révere ,
Mais en voulant excepter l'Hélicon ,
Vous nous montrez l'image d'un Poltron.
Quant au Berger des Rives de la Seine ,
On s'apperçoit que ce Rival vos gêne ;
Vous l'attaquez en timide Soldat ,
Quin'ose point hazarder le Combat.
Et pour couvrir votre poltronnerie ,
Vous le voulés par votre calomnie ,
Faire passer pour malin Enchanteur :
Fuyez , fuyez , Chevalier sans valeur ,
Malcrais n'a pas besoin pour la deffendre ,
Que votre voix ici se fasse entendre ,
•
Ni qu'en l'honneur de ses charmans appas,
De yos Rivaux coupiez têtes et bras ;
Point
MARS.
47%
1733
Point de lui faut le secours de votre ordre ;
D'autres sans vous sçauront frapper et mordre
Le moindre mot de son aimable voix ,
Pourroit forcer le Rimeur Marseillois
A confesser que malgré son mérite ,
Et ses talens , dans son corps il habite ,
Certain esprit , qui , quoiqu'il soit divin ,
N'en est pas moins de Sexe feminin ;
Que cette Fille habile et toute aimable ,
N'est point chimere et qu'elle est très - palpable ;
Ainsi , Seigneur , n'exposez plus au vent ,
Votre Harnois de Chevalier Errant ;
Soyez tranquille , et gardez le silence ,
Ou regagnez la Manche en diligence ;
Là renfermé dans votre vieux Château ,
Pour affermir votre foible cerveau ,
Et
pour calmer l'ire qui vous transporte
Avalerez une dose un peu forte
D'un Hellebore éprouvé , bien récent,
C'est mon avis , Seigneur , profitez - en.
V. D. G.
Fermer
Résumé : REPONSE à la Missive du Chevalier de Leucotece, Protecteur de l'Infante Malcrais, imprimée dans le premier Volume du Mercure de Décembre.
L'auteur répond à une lettre du Chevalier de Leucotece, Protecteur de l'Infante, publiée dans le Mercure de Décembre. Il critique sévèrement le style littéraire et le courage du Chevalier, le comparant à Don Quichotte. Ses vers sont jugés obscurs et son style qualifié de gaulois. Bien que le Chevalier reconnaisse ne pas maîtriser la rime et la raison, l'auteur le traite de poltron, notamment face à Voltaire et un rival berger des Rives de la Seine. Il accuse le Chevalier de calomnier ce rival pour dissimuler sa propre lâcheté. L'auteur affirme que Malcrais n'a pas besoin de la défense du Chevalier et que d'autres sauront mieux défendre ses qualités. Il conseille au Chevalier de se taire ou de regagner la Manche, suggérant qu'il avale une dose d'hellébore pour apaiser son esprit agité.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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79
p. 601-610
MORTS, NAISSANCES & Mariages.
Début :
Dame Marie de la Garde, veuve de François Bertaut, Seigneur de [...]
Mots clefs :
Marquis, Louis, Chevalier, Général des armées, Veuve, Fille, Régiment, Église de Saint-Sulpice, Gardes du corps, Comtes de Marseille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES & Mariages.
MORTS , NAISSANCES
& Mariages.
Ame Marie de la Garde , veuve
Dde François Bertaut , Seigneur de
Freauville , Conseiller au Parlement , en
la Grand'Chambre > mourut les Fé-
I vrier ,
vrier , âgée de 0 ans . Son Corps fut
transporté de l'Eglise de S. Sulpice en
celle des PP. Jacobins de la rue S. Dominique.
Bernard Angelique de Cremean d'Entragues
, Abbé de Jondieux , mourut le
24 Février , âgé de 83 ans.
M. de Pellevé , Curé de Bussy S.Geor
ge , près de Lagny , Diocèse de Paris ,
nous écrit que le 26 Fevrier dernier mourut
dans sa Paroisse Perrette Chevalier,
veuve d'Etienne Racquenard , Laboureur
, âgée de 106 ans 7 mois, après avoir
reçu les Sacremens avec beaucoup d'édification
, de jugement et de tranquilité ,
et fans avoir jamais ressenti durant toute
sa vie le moindre accès de fiévre . Elle est
décedée au lieu de Collegien , dans la
Maison d'Etienne Racquenard , son Fils
Laboureur et Fermier de M. le Marquis
de Torcy. Le Marquisat de Torcy est
dans la Brie.
Dame Louise- Elizabeth Vallot , veuve
de M. Denys de Bannes , Comte d'Avejan
, Grand- Croix de l'Ordre Royal et
Militaire de S. Loüis , Lieutenant General
des Armées du Roy , Lieutenant Colonel
du Régiment des Gardes Françoises
, et Gouverneur de Furnes , mourut à
Paris le 26 Février , âgée de 81 ans.
M.
MAR S. 1733 . 603
M. Guillaume de la Vieuville , mourut
à Paris le 23 , âgé de 50 ans. Il avoit
été Secretaire des Commandemens de la
Reine , et il avoit eu la même Charge
chez feue Madame la Dauphine , mere du
Roy .
Le même jour , M. Jean Bonnevie ,
Ecuyer Secretaire du Roy , Fermier General
, mourut à Paris , âgé de 72 ans.
D. Bonne Barillon , veuve de M. Arnault
de la Briffe , Procureur General du
Parlement , mourut en son Château d'Amilly
, vers la fin de Février , àgée de 65
ans .
Charlotte - Armande, Gaston de Rohan
, cy - devant Abbesse de l'Abbaye
Royale de Jouarre , mourut à Paris , dans
la 38 année de son âge.
,
D. Marie Edmée Terrier , veuve de
Charles d'Hosier Chevalier des Ordres
du Roy et de Savoye ; Genealogiste
de la Maison de Sa Majesté , Garde de
son Armorial , et Juge General des Blazons
de France , Prevôt du Regiment
du Roy , Infanterie , et Grand Forrestier
de la Ville d'Hesdin en Artois , mourut
à Paris , le 1 Mars , âgée de soixante
er dix- neuf ans.
Pierre - Gilbert Colbert , Marquis de
Villacerf et de Payenne , Seigneur de
E
I ij S
604 MERCURE DE FRANCE
A
S. Mesmin , Courlange. , &c. Premier
Maître d'Hôtel de la Reine , mourut à
Paris le 3 Mars , âgé de 61 ans .
Frere Henry Perrot de S. Dié , Grand-
Croix , de l'Ordre de S. Jean de Jerufalem
, Bailly de la Morée , et Commandeur
de la Commanderie de Villers
près Liege , mourut à Paris , le 4 ,
de 88 ans.
,
âgé
On écrit de Marseille , que le Comte
de Forbin , Chef d'Escadre des Armées.
Navales , Chevalier de S. Louis , étoit
mort dans cette Ville le 4. de ce mois ,
qu'on lui avoit fait de magnifiques Funérailles
, ausquelles tous les Officiers de
la Marine et autres avoient assisté. Il
s'étoit acquis une grande réputation dans
le Service de Mer , qu'il avoit quitté depuis
plusieurs années pour se retirer dans
sa Maison de campagne de S. Marcel ,
à deux lieues de Marseille , où il a vécu
depuis fort chrétiennement jusqu'à l'âge
de 77. ans , étant né en l'année 1656.
Il a été transporté de cette Ville dans
l'Eglise de S. Marcel , pour y être inhumé.
On a imprimé en l'année 1729.
des Mémoires sous son nom , qui con
tiennent l'Histoire de sa Vie , 2. vol.
in 12. à Amsterdam , chez F. Girardi.
M. Guillaume-Denys Ravissar, Prêtre,
Docteur
MARS. 1733 305
Docteur en Théologie , Curé de la Paroisse
S. Hypolite , Fauxbourg S.Marcel,
mourut le 5 , âgé de 44 ans.
Le 7 Mars. Marie- Magdeleine de Bran
cas , fille de Louis de Brancas , Duc de
Villars , mourut à Paris , âgée d'environ
63 ans. Elle avoit épousé le 26 Octobre
1694. Gabriel-Henry de Beauvau , Marquis
de Montgauger , cy-devant Capi
taine des Gardes du Corps de Philippe
de France , Duc d'Orleans , Frere unique
du Roy Lois XIV. dont elle a eu
Anne Agnès de Beauvau , épouse d'Agesilan
Gaston de Grossolles , Marquis
de Flamarcus , Seigneur de Bazet , &c.
cy - devant Capitaine - Lieutenant des
Chevaux Legers de Bourgogne , Brigadier
des Armées du Roy , et plusieurs
autres filles.
-
Yves , Marquis d'Alegre , Prince d'Orange
, Baron de Flagêne , Aubusson
Aurouze , Comte de Champeix , Baron
de S. Ciergues , Seigneur de Mishault ,
Tourzel , Montaigu , & c. Maréchal de
France , Chevalier des Ordres du Roy ,
Gouverneur des Villes et Citadelles de
Metz et du Païs Messia , Commandant
en Chef dans les trois Evêchez , mourut
à Paris , le 9 de ce mois ; âgé d'environ
8 ans. Son Corps a été transporté
I iij de
606 MERCURE DE FRANCE
de l'Eglise de S. Sulpice à Alegre en
Auvergne.
M. Mathurin Prochant , Docteur en
Théologie ,Chanoine de l'Eglise de Paris ,
Prieur de S. Lo du Boucachard , mourut
le 11 , âgé de 84 ans.
Le R. P. Michel le Quien , de l'Ordre
de S. Dominique , Bibliothequaire du
Convent de la rue S. Honoré , mourut
le 12 Mars , âgé d'environ 70 ans , aussi
recommandable pour sa piété , que par
son Erudition . Nous avons souvent parlé
de ce Sçavant Religieux , dans nos Journaux
, et nous ne présumions pas , en insérant
dans celui- cy, les Remarques qu'il
nous avoit communiquées , sur un Ouvrage
important pour la Religion , que
nous serions obligez d'annoncer sa mort
sur la fin du même Livre. En attendant
que nous puissions rendre à sa Mémoire
de plus amples devoirs , nous avons la
consolation d'apprendre au Public que
son grand Ouvrage : Oriens Christianus
et Affrica , déja avancé , et qui s'imprime
au Louvre , sera continué par des Religieux
choisis , de la même Maison , que
l'Autheur a instruits , &c.
Dame Catherine Bouchart , veuve de
M. Antoine Barillon de Morangis , Me des
Requêtes , mourut en son Château de
MoMARS.
1733
607
Morangis , le 15 de ce mois , dans la 69
année de son âge.
,
D. Magdelaine de Bachys Daubais ;
veuve de Jacques de Cassagnet Villadet ,
Narbonne , Ĉomague , Marquis de Fimarcon
, Chevalier des Ordres du Roy
Lieutenant General des Armées de S. M.
Lieutenant General de la Province de
Roussillon et Gouverneur de Mont-
Loüis , mourut à Paris le 18 , dans la so
année de son âge.
2
D.Renée Suzanne de Longueil de Maisons
, Abbesse de l'Abbaye Royale de
Sainte Perrine de la Vilette , y mourut
le 28 , âgée de 75 ans 2 mois.
Le 2 Mars , M. l'Archevêque de Sens ;
administra le Sacrement de Baptême dans
l'Eglise des Carmelites du Fauxbourg
S. Germain , à Louis Levi , surnommé
Féermer, âgé d'environ 36 ans , à Marie--
Louise Genevieve Jacob son épouse ,âgée
de 35 ans , à Charles Lévi leur fils , agé
de 12 ans ; et à François Levi Féermer ,
frere de Louis , âgé de 18 ans , tous Juifs
' de Religion . Ils curent l'honneur d'avoir
'pour Parrain Monseigneur le Duc d'Orjeans
, Premier Prince du Sang , et pour
Maraine , la Reine d'Espagne , seconde
Doüairiere .
I iiij D.
8 MERCURE DE FRANCE :
D. Loüise-Françoise de Belhomme de
Veuville, épouse de Pierre - François d'Espinassy
, Seigneur de Marignole , & c.
Colonel de Dragons , accoucha le 8 Mars
d'un Fils , qui fut nommé Charles Loüis
par Louis Robert, Chevalier de la Mark,
et par D. Marie- Eleonor de Maillé, fille
de Donatien de Maillé , Marquis de Carman
, & c.
· D. Magdelaine - Catherine Therese
Carrel , épouse de Charles , Marquis de
Houdetot, Brigadier des Armées du Roy,
Colonel du Regiment d'Artois , accoucha
le 14 Mars d'une fille , qui fut nommée
Charlotte - Loüise- Magdelaine , par
Louis de Bec- de- Liévre , Marquis de Cany,
et par D. Charlotte - Marie de Houdetot,
fille de feu Louis - Pierre de Houdetot ,
Colonel du Regiment d'Artois .
Joachim de Zuniga , Comte de Betaleazar,
&c. fils de Don Jean Manuel Diego
Lopez de Zuniga Soto Mayor Mendeza
; et Gusman , Duc de Lujars , de
Plovizance , & c. Marquis de Gibralcon ,
&c. Grand Justicier hereditaire des
Royaumes de Castille et de Léon , &c.
Chevalier de l'Ordre de la Toison d'or,
Grand Maître de la Maison du Prince
des Asturies , et de feuë Dame Raphaë
❤
le
MARS. 1733 . 609
I
le de Castro , Duchesse de Béjars , épou
sa le 1 Mars Léopoldine - Elizabeth- Charlotte
de Loraine , Dame de Remiremont,
fille de Louis de Lorraine, Prince de Pons
et de Mortagne , Marquis de Miranbeau ,
&c. Chevalier des Ordres du Roy , Colonel
d'Infanterie , et de D. Elizabeth de
Roquelaure , Princesse de Pons , &c.
Le Marquis de Wargemont, Enseigne
des Gendarmes de la Garde du Roy ,
épousa la nuit du Lundi au Mardi 10 de
Mars , Mademoiselle de S. Chamant ,fille
de feu Marquis de S. Chamant , Maréchal
des Camps et Armées du Roi , Licutenant
des Gardes du Corps et Gouver
neur de Puits-Laurent . La ceremonie s'est
faite dans la Chapelle du Château de Villenaux,
où plusieurs Seigneurs ont assisté.
Il y a eu par les Bourgeois de la Ville
bien des réjouissances au bruit du Canon
, et le Prince de Tingri , mit le feu à
un tres beau Feu d'Artifice , qui fut tiré
le soir , précedé d'un grand nombre de
Fusées volantes.
Le 16. Mars , l'Archevêque de Paris
fit dans la Chapelle du Palais Archiepiscopal
, la Celebration du Mariage de
M. Aymard - Jean , Marquis de Nicolai ,
Conseiller au Parlement , Premier Président
en survivance de la Chambre des
I v Comptes
}
610 MERCURE DE FRANCE
Comptes , fils de M. Jean- Aymard de
Nicolai , Marquis de Goussainville , Premier
Président , et de D. Marie- Jeanne
de Lamoignon , avec D. Magdeleine-
Charlotte- Guilelmine - Leonine de Vintimille
, des Comtes de Marseille , fille
de Gaspard- Hubert Magdelon de Vintimille
, des Comtes de Marseille , Marquis
du Luc , Brigadier des Armées du
Roy , Colonel d'un Régiment de Cavalerie
de son nom , Gouverneur des Ifles .
de Porquerolles , et de D. Marie- Charlotte
de Réfuge.
& Mariages.
Ame Marie de la Garde , veuve
Dde François Bertaut , Seigneur de
Freauville , Conseiller au Parlement , en
la Grand'Chambre > mourut les Fé-
I vrier ,
vrier , âgée de 0 ans . Son Corps fut
transporté de l'Eglise de S. Sulpice en
celle des PP. Jacobins de la rue S. Dominique.
Bernard Angelique de Cremean d'Entragues
, Abbé de Jondieux , mourut le
24 Février , âgé de 83 ans.
M. de Pellevé , Curé de Bussy S.Geor
ge , près de Lagny , Diocèse de Paris ,
nous écrit que le 26 Fevrier dernier mourut
dans sa Paroisse Perrette Chevalier,
veuve d'Etienne Racquenard , Laboureur
, âgée de 106 ans 7 mois, après avoir
reçu les Sacremens avec beaucoup d'édification
, de jugement et de tranquilité ,
et fans avoir jamais ressenti durant toute
sa vie le moindre accès de fiévre . Elle est
décedée au lieu de Collegien , dans la
Maison d'Etienne Racquenard , son Fils
Laboureur et Fermier de M. le Marquis
de Torcy. Le Marquisat de Torcy est
dans la Brie.
Dame Louise- Elizabeth Vallot , veuve
de M. Denys de Bannes , Comte d'Avejan
, Grand- Croix de l'Ordre Royal et
Militaire de S. Loüis , Lieutenant General
des Armées du Roy , Lieutenant Colonel
du Régiment des Gardes Françoises
, et Gouverneur de Furnes , mourut à
Paris le 26 Février , âgée de 81 ans.
M.
MAR S. 1733 . 603
M. Guillaume de la Vieuville , mourut
à Paris le 23 , âgé de 50 ans. Il avoit
été Secretaire des Commandemens de la
Reine , et il avoit eu la même Charge
chez feue Madame la Dauphine , mere du
Roy .
Le même jour , M. Jean Bonnevie ,
Ecuyer Secretaire du Roy , Fermier General
, mourut à Paris , âgé de 72 ans.
D. Bonne Barillon , veuve de M. Arnault
de la Briffe , Procureur General du
Parlement , mourut en son Château d'Amilly
, vers la fin de Février , àgée de 65
ans .
Charlotte - Armande, Gaston de Rohan
, cy - devant Abbesse de l'Abbaye
Royale de Jouarre , mourut à Paris , dans
la 38 année de son âge.
,
D. Marie Edmée Terrier , veuve de
Charles d'Hosier Chevalier des Ordres
du Roy et de Savoye ; Genealogiste
de la Maison de Sa Majesté , Garde de
son Armorial , et Juge General des Blazons
de France , Prevôt du Regiment
du Roy , Infanterie , et Grand Forrestier
de la Ville d'Hesdin en Artois , mourut
à Paris , le 1 Mars , âgée de soixante
er dix- neuf ans.
Pierre - Gilbert Colbert , Marquis de
Villacerf et de Payenne , Seigneur de
E
I ij S
604 MERCURE DE FRANCE
A
S. Mesmin , Courlange. , &c. Premier
Maître d'Hôtel de la Reine , mourut à
Paris le 3 Mars , âgé de 61 ans .
Frere Henry Perrot de S. Dié , Grand-
Croix , de l'Ordre de S. Jean de Jerufalem
, Bailly de la Morée , et Commandeur
de la Commanderie de Villers
près Liege , mourut à Paris , le 4 ,
de 88 ans.
,
âgé
On écrit de Marseille , que le Comte
de Forbin , Chef d'Escadre des Armées.
Navales , Chevalier de S. Louis , étoit
mort dans cette Ville le 4. de ce mois ,
qu'on lui avoit fait de magnifiques Funérailles
, ausquelles tous les Officiers de
la Marine et autres avoient assisté. Il
s'étoit acquis une grande réputation dans
le Service de Mer , qu'il avoit quitté depuis
plusieurs années pour se retirer dans
sa Maison de campagne de S. Marcel ,
à deux lieues de Marseille , où il a vécu
depuis fort chrétiennement jusqu'à l'âge
de 77. ans , étant né en l'année 1656.
Il a été transporté de cette Ville dans
l'Eglise de S. Marcel , pour y être inhumé.
On a imprimé en l'année 1729.
des Mémoires sous son nom , qui con
tiennent l'Histoire de sa Vie , 2. vol.
in 12. à Amsterdam , chez F. Girardi.
M. Guillaume-Denys Ravissar, Prêtre,
Docteur
MARS. 1733 305
Docteur en Théologie , Curé de la Paroisse
S. Hypolite , Fauxbourg S.Marcel,
mourut le 5 , âgé de 44 ans.
Le 7 Mars. Marie- Magdeleine de Bran
cas , fille de Louis de Brancas , Duc de
Villars , mourut à Paris , âgée d'environ
63 ans. Elle avoit épousé le 26 Octobre
1694. Gabriel-Henry de Beauvau , Marquis
de Montgauger , cy-devant Capi
taine des Gardes du Corps de Philippe
de France , Duc d'Orleans , Frere unique
du Roy Lois XIV. dont elle a eu
Anne Agnès de Beauvau , épouse d'Agesilan
Gaston de Grossolles , Marquis
de Flamarcus , Seigneur de Bazet , &c.
cy - devant Capitaine - Lieutenant des
Chevaux Legers de Bourgogne , Brigadier
des Armées du Roy , et plusieurs
autres filles.
-
Yves , Marquis d'Alegre , Prince d'Orange
, Baron de Flagêne , Aubusson
Aurouze , Comte de Champeix , Baron
de S. Ciergues , Seigneur de Mishault ,
Tourzel , Montaigu , & c. Maréchal de
France , Chevalier des Ordres du Roy ,
Gouverneur des Villes et Citadelles de
Metz et du Païs Messia , Commandant
en Chef dans les trois Evêchez , mourut
à Paris , le 9 de ce mois ; âgé d'environ
8 ans. Son Corps a été transporté
I iij de
606 MERCURE DE FRANCE
de l'Eglise de S. Sulpice à Alegre en
Auvergne.
M. Mathurin Prochant , Docteur en
Théologie ,Chanoine de l'Eglise de Paris ,
Prieur de S. Lo du Boucachard , mourut
le 11 , âgé de 84 ans.
Le R. P. Michel le Quien , de l'Ordre
de S. Dominique , Bibliothequaire du
Convent de la rue S. Honoré , mourut
le 12 Mars , âgé d'environ 70 ans , aussi
recommandable pour sa piété , que par
son Erudition . Nous avons souvent parlé
de ce Sçavant Religieux , dans nos Journaux
, et nous ne présumions pas , en insérant
dans celui- cy, les Remarques qu'il
nous avoit communiquées , sur un Ouvrage
important pour la Religion , que
nous serions obligez d'annoncer sa mort
sur la fin du même Livre. En attendant
que nous puissions rendre à sa Mémoire
de plus amples devoirs , nous avons la
consolation d'apprendre au Public que
son grand Ouvrage : Oriens Christianus
et Affrica , déja avancé , et qui s'imprime
au Louvre , sera continué par des Religieux
choisis , de la même Maison , que
l'Autheur a instruits , &c.
Dame Catherine Bouchart , veuve de
M. Antoine Barillon de Morangis , Me des
Requêtes , mourut en son Château de
MoMARS.
1733
607
Morangis , le 15 de ce mois , dans la 69
année de son âge.
,
D. Magdelaine de Bachys Daubais ;
veuve de Jacques de Cassagnet Villadet ,
Narbonne , Ĉomague , Marquis de Fimarcon
, Chevalier des Ordres du Roy
Lieutenant General des Armées de S. M.
Lieutenant General de la Province de
Roussillon et Gouverneur de Mont-
Loüis , mourut à Paris le 18 , dans la so
année de son âge.
2
D.Renée Suzanne de Longueil de Maisons
, Abbesse de l'Abbaye Royale de
Sainte Perrine de la Vilette , y mourut
le 28 , âgée de 75 ans 2 mois.
Le 2 Mars , M. l'Archevêque de Sens ;
administra le Sacrement de Baptême dans
l'Eglise des Carmelites du Fauxbourg
S. Germain , à Louis Levi , surnommé
Féermer, âgé d'environ 36 ans , à Marie--
Louise Genevieve Jacob son épouse ,âgée
de 35 ans , à Charles Lévi leur fils , agé
de 12 ans ; et à François Levi Féermer ,
frere de Louis , âgé de 18 ans , tous Juifs
' de Religion . Ils curent l'honneur d'avoir
'pour Parrain Monseigneur le Duc d'Orjeans
, Premier Prince du Sang , et pour
Maraine , la Reine d'Espagne , seconde
Doüairiere .
I iiij D.
8 MERCURE DE FRANCE :
D. Loüise-Françoise de Belhomme de
Veuville, épouse de Pierre - François d'Espinassy
, Seigneur de Marignole , & c.
Colonel de Dragons , accoucha le 8 Mars
d'un Fils , qui fut nommé Charles Loüis
par Louis Robert, Chevalier de la Mark,
et par D. Marie- Eleonor de Maillé, fille
de Donatien de Maillé , Marquis de Carman
, & c.
· D. Magdelaine - Catherine Therese
Carrel , épouse de Charles , Marquis de
Houdetot, Brigadier des Armées du Roy,
Colonel du Regiment d'Artois , accoucha
le 14 Mars d'une fille , qui fut nommée
Charlotte - Loüise- Magdelaine , par
Louis de Bec- de- Liévre , Marquis de Cany,
et par D. Charlotte - Marie de Houdetot,
fille de feu Louis - Pierre de Houdetot ,
Colonel du Regiment d'Artois .
Joachim de Zuniga , Comte de Betaleazar,
&c. fils de Don Jean Manuel Diego
Lopez de Zuniga Soto Mayor Mendeza
; et Gusman , Duc de Lujars , de
Plovizance , & c. Marquis de Gibralcon ,
&c. Grand Justicier hereditaire des
Royaumes de Castille et de Léon , &c.
Chevalier de l'Ordre de la Toison d'or,
Grand Maître de la Maison du Prince
des Asturies , et de feuë Dame Raphaë
❤
le
MARS. 1733 . 609
I
le de Castro , Duchesse de Béjars , épou
sa le 1 Mars Léopoldine - Elizabeth- Charlotte
de Loraine , Dame de Remiremont,
fille de Louis de Lorraine, Prince de Pons
et de Mortagne , Marquis de Miranbeau ,
&c. Chevalier des Ordres du Roy , Colonel
d'Infanterie , et de D. Elizabeth de
Roquelaure , Princesse de Pons , &c.
Le Marquis de Wargemont, Enseigne
des Gendarmes de la Garde du Roy ,
épousa la nuit du Lundi au Mardi 10 de
Mars , Mademoiselle de S. Chamant ,fille
de feu Marquis de S. Chamant , Maréchal
des Camps et Armées du Roi , Licutenant
des Gardes du Corps et Gouver
neur de Puits-Laurent . La ceremonie s'est
faite dans la Chapelle du Château de Villenaux,
où plusieurs Seigneurs ont assisté.
Il y a eu par les Bourgeois de la Ville
bien des réjouissances au bruit du Canon
, et le Prince de Tingri , mit le feu à
un tres beau Feu d'Artifice , qui fut tiré
le soir , précedé d'un grand nombre de
Fusées volantes.
Le 16. Mars , l'Archevêque de Paris
fit dans la Chapelle du Palais Archiepiscopal
, la Celebration du Mariage de
M. Aymard - Jean , Marquis de Nicolai ,
Conseiller au Parlement , Premier Président
en survivance de la Chambre des
I v Comptes
}
610 MERCURE DE FRANCE
Comptes , fils de M. Jean- Aymard de
Nicolai , Marquis de Goussainville , Premier
Président , et de D. Marie- Jeanne
de Lamoignon , avec D. Magdeleine-
Charlotte- Guilelmine - Leonine de Vintimille
, des Comtes de Marseille , fille
de Gaspard- Hubert Magdelon de Vintimille
, des Comtes de Marseille , Marquis
du Luc , Brigadier des Armées du
Roy , Colonel d'un Régiment de Cavalerie
de son nom , Gouverneur des Ifles .
de Porquerolles , et de D. Marie- Charlotte
de Réfuge.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES & Mariages.
Le document présente divers événements survenus en février et mars 1733, incluant des naissances, des mariages et des décès. Parmi les décès notables, Ame Marie de la Garde, veuve de François Bertaut, Seigneur de Freauville, est décédée à l'âge de 80 ans. Bernard Angelique de Cremean d'Entragues, Abbé de Jondieux, est mort à 83 ans. Perrette Chevalier, veuve d'Etienne Racquenard, a atteint l'âge de 106 ans avant de décéder après avoir reçu les sacrements. D'autres personnalités décédées incluent Dame Louise-Elizabeth Vallot, veuve de Denys de Bannes, Comte d'Avejan, et M. Guillaume de la Vieuville, ancien secrétaire des commandements de la Reine. Le document mentionne également plusieurs naissances et mariages. Joachim de Zuniga, Comte de Betaleazar, a épousé Léopoldine-Elizabeth-Charlotte de Lorraine. Le Marquis de Wargemont a également contracté mariage avec Mademoiselle de Saint-Chamant. Plusieurs baptêmes sont rapportés, notamment celui de Louis Levi et de sa famille, administrés par l'Archevêque de Sens.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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80
p. 1000-1012
Le Paresseux, Comédie, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
Le 28 Avril, les Comédiens François donnerent la premiere Représentation [...]
Mots clefs :
Paresseux, Paresse, Damon, Chevalier, Lépine, Comédiens-Français, Cidalise, Intendant, Lecture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Paresseux, Comédie, Extrait, [titre d'après la table]
Le 28 Avril , les Comédiens François
donnerent la premiere Représentation
du Paresseux , Comédie en trois Actes
et en Vers , précedée d'un Prologue , par
M. de Launay. Cette Piéce n'a été représentée
que quatre fois , mais on l'a vûë
avec plaisir. On y auroit souhaité un peu
plus d'action. En voici l'Extrait ,
Dans le Prologue , un Poëte veut obliger
l'Auteur du Paresseux de lire sa Picce
a ' des prétendus Connoisseurs
, qui prennent
soin de l'annoncer dans le monde
avant qu'elle paroisse au Théatre ; l'Auteur
n'y consent pas , et donne de bonnes
raisons de son refus. Il se contente
de rendre compte de son Sujet au Poëte
un peu trop pressant. Voici comme il
définit le Heros de sa Piéce :
Je peins un Paresseux qu'on aime ,
Qui par nature et par systême ,
Veut éviter la peine , et qui toujours s'en
fait;
En
ΜΑΥ. 1733 1001
En affaire
"
en amour , négligent à l'ex-
I
trême ,
Du plus petit travail , craignant jusqu'au projet
;
Aveugle confiance , abandon de soi - même
Voilà son Caractere , et voilà le Sujet.
Le Poëte en demandant, davantage ;
l'Auteur persiste dans son refus ; et parmi
les inconveniens qui suivent des lectures
réïterées , il met au premier rang,
celui d'effleurer la nouveauté, ce qu'il appuye
de ce trait de conte ou d'his
toire.
Il me souvient fort à propos
›
D'un certain Florentin et de son avanture :
Un homme voulut voir de ses tours les plus
beaux ,
Le dessous et la Tablature ;
Pour un méchant souper , l'autre fut assez
sot ,
Que de tout expliquer en bonne compagnie ;
De là , de bouche en bouche , on transmit mor
pour mot
Tous les secrets de sa Magie ;
Si-tôt que chacun fut au fait ,
Vous jugez que les tours ne firent plus d'ef
fet ;
On les exécutoit même dans mainte Orgie !
Hij L'Au
7002 MERCURE DE FRANCE
L'Auteur finit son Prologue par ces
deux Vers :
Laissons du moins à l'Auditoire
L'agrément de la nouveauté.
Acteurs de la Piéce.
Damon , le Paresseux , Le sieur Dufresne.
Cidalise , Veuve accordée à Damon , La
Dlle Gossin.
Lisette , Suivante de Cidalise , La Dlle
Quinault.
Le Chevalier , Ami de Damon , Le sicur
Poisson.
Frosimon Intendant de Damon , Le
sieur de Berey.
,
Argante , Ami de Damon et de Cidalise,
Le sieur de Mommeni.
Lepine ' , Valet de Damon , Le sieur Armand.
La Scene est à Paris dans le Vestibule de
la Maison de Damon.
Lepine , et Lisette , ouvrent la Scene ,
et font l'exposition du Sujet . Ils apprennent
aux Spectateurs que Cidalise est accordée
depuis quinze mois à Damon ;
qu'ils logent dans deux corps de Logis
séparez ; que Damon par paresse la voit
trèsMA
Y. 1733 . 1003
très - rarement ; que Cidalise n'éclate point
par fierté ou par modération ; que Damon
s'est livré à un Chevalier et à un
Intendant qui s'accordent parfaitement à
l'entretenir dans sa paresse et à le ruiner ;
que par malheur pour Damon , Chrysante,
le seul ami digne de sa confiance , et ardent
pour ses interêts , est absent. On
ajoûte qu'un Courrier d'Argante est arrivé
le soir d'auparavant. Après cette exposition
, nécessaire pour l'intelligence
de la Piéce , Lepine et Lisette s'animent
l'un l'autre à tirer Damon d'un assoupise
sement qui va le ruiner ; Lepine surtout
se promet de prouver si bien le pillage
de Frosimon son Intendant , qu'il l'obligera
à abandonner sa proye.
Le Chevalier et l'Intendant , pendant
qu'on leve Damon conviennent entr'eux
du piége qu'ils vont lui tendre.
و
Damon vient en Robe de chambre ; il
plaint son Ami et son Intendant de ce
qu'ils se sont apparemment levez trop
matin , pour le voir plutôt ; il fait un
court éloge du sommeil en ces mots :
Que celui du matin sur tout est agréable !
Il est leger , charmant , ce n'est que s'assoupir
;
yous révez doucement , vous vous sentez dor
mir;
Hij N'est1004
MERCURE DE FRANCE
N'est - il pas vrai ? pour moi , je ne sçaurois
m'en taire ;
Je ne voudrois jamais me lever ; car que
faire ?
Voici encore une peinture qu'il fait de
la Paresse ;
Il est beaucoup de gens , qui dans le même
cas ,
Du nom de Paresseux se feroient une honte ;
Moi , je passe le titre , et j'y trouve mon
compte ;
Mais je ne donne pas dans cette extrêmité
Qui vise et va tout droit à la stupidité .
La paresse est chez moi paresse raisonnée ,
Qui procure une vie , et libre , et fortu
née ;
En un mot,la sagesse avec la volupté .
Ce Systême est applaudi par les deux
fateurs qui l'entendent. Le Chevalier
plaint l'Intendant , attendu les affaires
dont il est sans cesse occupé ; Damon lui
répond qu'il y va pourvoir , et qu'il a
imaginé le moyen de mettre son cher
Intendant plus à l'aise : le voici , continuë-
t-il :
J'étois donc ce matin à réver dans mon lit ,
Et c'est dans ce tems-là qu'on a la tête saine ,
Que
MAY . 1733. 1005
Que sans se fatiguer notre esprit se promene
;
Là , j'ai trouvé tout net , et tout du premier
coup ,
Un moyen qui pourra nous soulager beaucoup
,
Qui ne sçauroit jamais , dans aucune occur
J
rence ,
Contre lui , ni les siens tirer à conséquence ;
C'est le seul , en un mot ; pourriez-vous deviner
? & c.
Ce sont mes blancs seings que je veux lui donner
, &c.
N'est- il pas vrai pour moi , je le crois sans réplique
,
Et voici leur usage : il reçoit mes deniers ;
Il remplira le blanc , voilà pour mes Fermiers
;
Et pour son compte à lui , comme il fait ma
dépense ,
Autres blancs à remplir et voilà sa quittance.
V
>
L'Intendant , d'un air hypocrite , s'op
pose à ce projet mais Damon le force à
l'approuver , et lui en promet l'éxécution.
Ce premier Acte finit par aller dî
ner , ce qui est tout- à - fait du goût du
Chevalier , dont le personnage ressemble
fort aux Parasites de Plaute et de Terence.
Hilij Da1006
MERCURE DE FRANCE
Damon , le Chevalier et Lisette commencent
le second Acte . Lisette annonce
que
à Damon Cidalise l'attend à souper
chez elle , avec un troisième, dont la vuë
ne lui déplaira pas ; il y a apparence que
c'est d'Argante qu'elle veut parler. Damon
reçoit de mauvaise grace l'invitation
que Lisette lui fait de la part de sa Maîtresse
; elle en est tres-irritée ; le Chevalier
veut la calmer, mais en vain ; elle dit
à Damon que ses froideurs pourroient
bien être suivies d'une rupture dont il
aura à se repentir. Elle le quitte pour aller
rendre compte à sa Maîtresse du mauvais
succês de sa commission ,
Le Chevalier fait prévoir à Damon les
troubles qu'il s'apprête , s'il se résout à
conclure son Hymen avec Cidalise. Damon
se reproche le consentement qu'il y
a donné ; il convient pourtant que Cidalise
mérite d'être aimée . Le Chevalier lui
promet de rompre ce fatal matiage. Damon
lui en témoigne sa reconnoissance ,
et le presse d'y aller travailler ; le Chevalier
fait connoître par un à parte qu'il
fera plus qu'il n'a promis.
Damon dans un court Monologue se
félicite d'avoir un si fidele ami. Lepine
vient , tenant dans ses mains une grosse
liasse de Lettres ausqu'elles il prie son
Maî
MAY. 1733. 1007
Maître de vouloir bien enfin faire réponse.
Damon lui dit hardiment qu'elles n'en
demandent point , quoiqu'il ne les ait pas
ni luës ni entendu lire. Lepine lui dit
qu'il y en a une du moins qui demande
réponse ; il lui en fait la lecture ; il s'y
agit de son Château bien aimé de Xaintonge
qui tombe en ruïne faute de réparations
nécessaires et toujours remises.
Damon après bien de la résistance , se
détermine à écrire à un Baron de ses amis,
qui veut bien se charger du soin de faire
réparer ce vieux Château ; il fait approcher
une Table, il prend du Papier et une
Plume; il demande le quantiéme du mois
à Lepine , qui lui répond qu'il aura soin
de le mettre lui -même ; il lui demande
encore quel jour la Poste part ; Lepine
lui répond au hazard , que c'est après demain
: Eh bien , lui dit le Chevalier ,
J'écrirai donc après demain matin.
Il se souvient qu'il a promis des blancs
seings à son Intendant; il en fait un assez
bon nombre et charge Lepine de les lui
remettre. Lepine les prend et se propose
de les porter sur le champ à Cidalise. :
Damon se plaint du retardement du
Chevalier, et voudroit sçavoir ce qu'il a
fait auprès de Cidalise ; il est embarrassé
Hv quand
Too8 MERCURE DE FRANCE
•
quand il la voit venir elle - même, sans qu'il
soit instruit de ce qu'elle aura répondu,
au Chevalier , sur la rupture de son mariage.
La Scene entre Damon et Cidalise est
tres- touchante ; cette derniere instruite
par le Chevalier qui est allé plus loin que
Damon ne vouloit , lui reproche l'injure
qu'il lui fait de vouloir rompre un mariage
qu'il avoit si ardamment souhaité.
Damon lui répond :
Vous m'offensez ; pour vous ma tendresse est
extrême ;
J'ai pû croire , il est vrai , que , quoique je vous
aime ,
Si nous restions? ainsi , sans former certains
noeuds ,
Nous serions vous et moi , peut - être plus heureux.
Cidalise lui fait entendre le tortqu'une
pareille liaison feroit à sa gloire : Elle lui
dit , que l'indifférence qu'il lui témoigne
ne l'empêchera pas de s'interesser dans
tout ce qui le regarde , et sur tout de lui
ouvrir les yeux sur le complot que le
Chevalier,de concert avec son Intendant,
a formé pour le ruiner ; elle le quitte en
lui disant :
Je ne demande point que vous me secondiez ,
Mais
MAY . 1733
1009
Mais je veux empêcher que vous ne vous per-
- diez ;
Si je n'agissois point, j'en deviendrois complice;
Après , si vous voulez , vous me rendrez justice .
Damon est surpris de la maniere dont
Cidalise vient de lui apprendre son devoir
; et c'est là ce qui le détermine à par
tir enfin pour la Xaintonge.
Au troisiéme Acte , Lepine et Lisette
se réjouissent de l'arrivée d'Argante , et
s'en promettant un heureux succès pour
le complot qu'ils ont formé contre le Chevalier
et l'Intendant ; Lepine dit que Damon
lui a paru agité pour la premiere
fois ; mais qu'à cette agitation , non encore
éprouvée , a succedé un sommeil des
plus profonds. Ils se couronnent à l'envi
de Lauriers , mais chacun d'eux prétend
avoir le plus de part à leur prochaine victoire.
Lisette se retire la premiere , et
Lepine en fait bien tôt autant à l'approche
de Damon et du Chevalier. J
Le Chevalier instruit par Damon de
tout ce qui se passe , lui reproche la foiblesse
qu'il a de souffrir qu'on fasse assiéger
sa maison par un Magistrat , et par sa
suite , comme s'il étoit encore en tutelle.
Damon lui apprend que ce Magistrat ,
qui s'appelle Pirante , veut obliger son
H vj
Inten
*
1010 MERCURE DE FRANCE
Intendant à rendre ses comptes. Damon
ne sçait à quoi se resoudre ; leur conversation
est interrompue par l'arrivée d'Ar-
'gante ; le Chevalier qui pour son malheur
n'en est que trop connu , pâlit à
son aspect.
Argante après avoir embrassé Damon ,
jette un regard de surprise et d'indignation
sur le Chevalier ; il le prie de se re
tirer , et l'en prie d'un ton de maître ; le
Chevalier ne se le fait pas dire deux fois.
*
Argante après avoir reproché à Damon
son indifférence pour Cida ise , et le délay
d'un Hymen arrêté depuis quinze
mois , tandis qu'il s'abandonne à deux
hommes , dont l'un a servi chez son
Frere , et l'autre le vole impunément, lui
demande en quel état sont ses affaires :
Damon lui répond en homme qui ne s'en
est jamais occupé. Argante lui dit qu'il
n'est que trop informé de sa létargie, ct
qu'il est venu exprès pour l'en tirer.
Lepine vient apprendre à Argante ,
que Pyrante, en habile Magistrat , a fait
rafle sur tout , et que le Chevalier s'est
éclipsé prudemment.
Cida ise arrive , tenant dans ses mains
des papiers , qu'elle remet dans celles de
Damon ; ls blancs seings sur tout sont
du nombre. Damon ouvre enfin les yeux,
sur
MAY. 1733. TO
sur toutes les fautes que sa paresse lui a
fait commettre ; il est charmé que Cidalise
veuille bien se charger à sa place du
soin de les réparer ; ce qui fait dire plaisamment
à Lepine qu'il va l'épouser par
paresse : Voicy comment Damon s'exprime
, sans se détacher de sa passion dominante
; c'est à Cidalise qu'il s'adresse.
De mon aveuglement je reconnois l'yvresse ,
Et je ne conçoi pas quelle étoit ma foiblesse ,
Car je n'envisageois le lien conjugal ,
Que comme un noeud fâcheux , comme le plus
grand mal ,
Et point du tout , il est justement le contraire ;
Vous en faites un port tranquille et salutaire .
En sorte que vos soins débrouillant ce cahos ,
Je voi que pour jamais , je me mets en repos.
Le Lecteur pourra juger . par les Vers
que nous venons de citer , que la Piéce
fera beaucoup de plaisir à la lecture ; on
en a trouvé l'action un peu trop simple
pour une Comédie en trois Actes ; cependant
on convient qu'elle est parfaite.
ment conduite , et qu'il n'y manque que
certains coups de Théatre , qui font ordinairement
le succès des Pieces , même le
plus négligemment écrites.
Cette Piece d'un caractere tout neufau
Théatre , paroît tres- bien imprimée, chez
C12 MERCURE DE FRANCI
le Breton fils , Quai des Augustins ; elle se
débite tres-bien , et nous pouvons ajouter
que la lecture fait beaucoup de plaisir.
L'Auteur a joint à cet Ouvrage une
petite Préface qu'il finit en ces termes :
Je n'ai pas moins apprehendé la chute de
la Piéce à l'impression que sur le Théatre ;
le public a déja eu la bonté de me rassurer à
cet égard , en prononçant d'avance en faveur
de la lecture ; heureux s'il confirme cette
esperance que j'ai conçue, et s'il me laisse
ainsi la plus solide satisfaction.
donnerent la premiere Représentation
du Paresseux , Comédie en trois Actes
et en Vers , précedée d'un Prologue , par
M. de Launay. Cette Piéce n'a été représentée
que quatre fois , mais on l'a vûë
avec plaisir. On y auroit souhaité un peu
plus d'action. En voici l'Extrait ,
Dans le Prologue , un Poëte veut obliger
l'Auteur du Paresseux de lire sa Picce
a ' des prétendus Connoisseurs
, qui prennent
soin de l'annoncer dans le monde
avant qu'elle paroisse au Théatre ; l'Auteur
n'y consent pas , et donne de bonnes
raisons de son refus. Il se contente
de rendre compte de son Sujet au Poëte
un peu trop pressant. Voici comme il
définit le Heros de sa Piéce :
Je peins un Paresseux qu'on aime ,
Qui par nature et par systême ,
Veut éviter la peine , et qui toujours s'en
fait;
En
ΜΑΥ. 1733 1001
En affaire
"
en amour , négligent à l'ex-
I
trême ,
Du plus petit travail , craignant jusqu'au projet
;
Aveugle confiance , abandon de soi - même
Voilà son Caractere , et voilà le Sujet.
Le Poëte en demandant, davantage ;
l'Auteur persiste dans son refus ; et parmi
les inconveniens qui suivent des lectures
réïterées , il met au premier rang,
celui d'effleurer la nouveauté, ce qu'il appuye
de ce trait de conte ou d'his
toire.
Il me souvient fort à propos
›
D'un certain Florentin et de son avanture :
Un homme voulut voir de ses tours les plus
beaux ,
Le dessous et la Tablature ;
Pour un méchant souper , l'autre fut assez
sot ,
Que de tout expliquer en bonne compagnie ;
De là , de bouche en bouche , on transmit mor
pour mot
Tous les secrets de sa Magie ;
Si-tôt que chacun fut au fait ,
Vous jugez que les tours ne firent plus d'ef
fet ;
On les exécutoit même dans mainte Orgie !
Hij L'Au
7002 MERCURE DE FRANCE
L'Auteur finit son Prologue par ces
deux Vers :
Laissons du moins à l'Auditoire
L'agrément de la nouveauté.
Acteurs de la Piéce.
Damon , le Paresseux , Le sieur Dufresne.
Cidalise , Veuve accordée à Damon , La
Dlle Gossin.
Lisette , Suivante de Cidalise , La Dlle
Quinault.
Le Chevalier , Ami de Damon , Le sicur
Poisson.
Frosimon Intendant de Damon , Le
sieur de Berey.
,
Argante , Ami de Damon et de Cidalise,
Le sieur de Mommeni.
Lepine ' , Valet de Damon , Le sieur Armand.
La Scene est à Paris dans le Vestibule de
la Maison de Damon.
Lepine , et Lisette , ouvrent la Scene ,
et font l'exposition du Sujet . Ils apprennent
aux Spectateurs que Cidalise est accordée
depuis quinze mois à Damon ;
qu'ils logent dans deux corps de Logis
séparez ; que Damon par paresse la voit
trèsMA
Y. 1733 . 1003
très - rarement ; que Cidalise n'éclate point
par fierté ou par modération ; que Damon
s'est livré à un Chevalier et à un
Intendant qui s'accordent parfaitement à
l'entretenir dans sa paresse et à le ruiner ;
que par malheur pour Damon , Chrysante,
le seul ami digne de sa confiance , et ardent
pour ses interêts , est absent. On
ajoûte qu'un Courrier d'Argante est arrivé
le soir d'auparavant. Après cette exposition
, nécessaire pour l'intelligence
de la Piéce , Lepine et Lisette s'animent
l'un l'autre à tirer Damon d'un assoupise
sement qui va le ruiner ; Lepine surtout
se promet de prouver si bien le pillage
de Frosimon son Intendant , qu'il l'obligera
à abandonner sa proye.
Le Chevalier et l'Intendant , pendant
qu'on leve Damon conviennent entr'eux
du piége qu'ils vont lui tendre.
و
Damon vient en Robe de chambre ; il
plaint son Ami et son Intendant de ce
qu'ils se sont apparemment levez trop
matin , pour le voir plutôt ; il fait un
court éloge du sommeil en ces mots :
Que celui du matin sur tout est agréable !
Il est leger , charmant , ce n'est que s'assoupir
;
yous révez doucement , vous vous sentez dor
mir;
Hij N'est1004
MERCURE DE FRANCE
N'est - il pas vrai ? pour moi , je ne sçaurois
m'en taire ;
Je ne voudrois jamais me lever ; car que
faire ?
Voici encore une peinture qu'il fait de
la Paresse ;
Il est beaucoup de gens , qui dans le même
cas ,
Du nom de Paresseux se feroient une honte ;
Moi , je passe le titre , et j'y trouve mon
compte ;
Mais je ne donne pas dans cette extrêmité
Qui vise et va tout droit à la stupidité .
La paresse est chez moi paresse raisonnée ,
Qui procure une vie , et libre , et fortu
née ;
En un mot,la sagesse avec la volupté .
Ce Systême est applaudi par les deux
fateurs qui l'entendent. Le Chevalier
plaint l'Intendant , attendu les affaires
dont il est sans cesse occupé ; Damon lui
répond qu'il y va pourvoir , et qu'il a
imaginé le moyen de mettre son cher
Intendant plus à l'aise : le voici , continuë-
t-il :
J'étois donc ce matin à réver dans mon lit ,
Et c'est dans ce tems-là qu'on a la tête saine ,
Que
MAY . 1733. 1005
Que sans se fatiguer notre esprit se promene
;
Là , j'ai trouvé tout net , et tout du premier
coup ,
Un moyen qui pourra nous soulager beaucoup
,
Qui ne sçauroit jamais , dans aucune occur
J
rence ,
Contre lui , ni les siens tirer à conséquence ;
C'est le seul , en un mot ; pourriez-vous deviner
? & c.
Ce sont mes blancs seings que je veux lui donner
, &c.
N'est- il pas vrai pour moi , je le crois sans réplique
,
Et voici leur usage : il reçoit mes deniers ;
Il remplira le blanc , voilà pour mes Fermiers
;
Et pour son compte à lui , comme il fait ma
dépense ,
Autres blancs à remplir et voilà sa quittance.
V
>
L'Intendant , d'un air hypocrite , s'op
pose à ce projet mais Damon le force à
l'approuver , et lui en promet l'éxécution.
Ce premier Acte finit par aller dî
ner , ce qui est tout- à - fait du goût du
Chevalier , dont le personnage ressemble
fort aux Parasites de Plaute et de Terence.
Hilij Da1006
MERCURE DE FRANCE
Damon , le Chevalier et Lisette commencent
le second Acte . Lisette annonce
que
à Damon Cidalise l'attend à souper
chez elle , avec un troisième, dont la vuë
ne lui déplaira pas ; il y a apparence que
c'est d'Argante qu'elle veut parler. Damon
reçoit de mauvaise grace l'invitation
que Lisette lui fait de la part de sa Maîtresse
; elle en est tres-irritée ; le Chevalier
veut la calmer, mais en vain ; elle dit
à Damon que ses froideurs pourroient
bien être suivies d'une rupture dont il
aura à se repentir. Elle le quitte pour aller
rendre compte à sa Maîtresse du mauvais
succês de sa commission ,
Le Chevalier fait prévoir à Damon les
troubles qu'il s'apprête , s'il se résout à
conclure son Hymen avec Cidalise. Damon
se reproche le consentement qu'il y
a donné ; il convient pourtant que Cidalise
mérite d'être aimée . Le Chevalier lui
promet de rompre ce fatal matiage. Damon
lui en témoigne sa reconnoissance ,
et le presse d'y aller travailler ; le Chevalier
fait connoître par un à parte qu'il
fera plus qu'il n'a promis.
Damon dans un court Monologue se
félicite d'avoir un si fidele ami. Lepine
vient , tenant dans ses mains une grosse
liasse de Lettres ausqu'elles il prie son
Maî
MAY. 1733. 1007
Maître de vouloir bien enfin faire réponse.
Damon lui dit hardiment qu'elles n'en
demandent point , quoiqu'il ne les ait pas
ni luës ni entendu lire. Lepine lui dit
qu'il y en a une du moins qui demande
réponse ; il lui en fait la lecture ; il s'y
agit de son Château bien aimé de Xaintonge
qui tombe en ruïne faute de réparations
nécessaires et toujours remises.
Damon après bien de la résistance , se
détermine à écrire à un Baron de ses amis,
qui veut bien se charger du soin de faire
réparer ce vieux Château ; il fait approcher
une Table, il prend du Papier et une
Plume; il demande le quantiéme du mois
à Lepine , qui lui répond qu'il aura soin
de le mettre lui -même ; il lui demande
encore quel jour la Poste part ; Lepine
lui répond au hazard , que c'est après demain
: Eh bien , lui dit le Chevalier ,
J'écrirai donc après demain matin.
Il se souvient qu'il a promis des blancs
seings à son Intendant; il en fait un assez
bon nombre et charge Lepine de les lui
remettre. Lepine les prend et se propose
de les porter sur le champ à Cidalise. :
Damon se plaint du retardement du
Chevalier, et voudroit sçavoir ce qu'il a
fait auprès de Cidalise ; il est embarrassé
Hv quand
Too8 MERCURE DE FRANCE
•
quand il la voit venir elle - même, sans qu'il
soit instruit de ce qu'elle aura répondu,
au Chevalier , sur la rupture de son mariage.
La Scene entre Damon et Cidalise est
tres- touchante ; cette derniere instruite
par le Chevalier qui est allé plus loin que
Damon ne vouloit , lui reproche l'injure
qu'il lui fait de vouloir rompre un mariage
qu'il avoit si ardamment souhaité.
Damon lui répond :
Vous m'offensez ; pour vous ma tendresse est
extrême ;
J'ai pû croire , il est vrai , que , quoique je vous
aime ,
Si nous restions? ainsi , sans former certains
noeuds ,
Nous serions vous et moi , peut - être plus heureux.
Cidalise lui fait entendre le tortqu'une
pareille liaison feroit à sa gloire : Elle lui
dit , que l'indifférence qu'il lui témoigne
ne l'empêchera pas de s'interesser dans
tout ce qui le regarde , et sur tout de lui
ouvrir les yeux sur le complot que le
Chevalier,de concert avec son Intendant,
a formé pour le ruiner ; elle le quitte en
lui disant :
Je ne demande point que vous me secondiez ,
Mais
MAY . 1733
1009
Mais je veux empêcher que vous ne vous per-
- diez ;
Si je n'agissois point, j'en deviendrois complice;
Après , si vous voulez , vous me rendrez justice .
Damon est surpris de la maniere dont
Cidalise vient de lui apprendre son devoir
; et c'est là ce qui le détermine à par
tir enfin pour la Xaintonge.
Au troisiéme Acte , Lepine et Lisette
se réjouissent de l'arrivée d'Argante , et
s'en promettant un heureux succès pour
le complot qu'ils ont formé contre le Chevalier
et l'Intendant ; Lepine dit que Damon
lui a paru agité pour la premiere
fois ; mais qu'à cette agitation , non encore
éprouvée , a succedé un sommeil des
plus profonds. Ils se couronnent à l'envi
de Lauriers , mais chacun d'eux prétend
avoir le plus de part à leur prochaine victoire.
Lisette se retire la premiere , et
Lepine en fait bien tôt autant à l'approche
de Damon et du Chevalier. J
Le Chevalier instruit par Damon de
tout ce qui se passe , lui reproche la foiblesse
qu'il a de souffrir qu'on fasse assiéger
sa maison par un Magistrat , et par sa
suite , comme s'il étoit encore en tutelle.
Damon lui apprend que ce Magistrat ,
qui s'appelle Pirante , veut obliger son
H vj
Inten
*
1010 MERCURE DE FRANCE
Intendant à rendre ses comptes. Damon
ne sçait à quoi se resoudre ; leur conversation
est interrompue par l'arrivée d'Ar-
'gante ; le Chevalier qui pour son malheur
n'en est que trop connu , pâlit à
son aspect.
Argante après avoir embrassé Damon ,
jette un regard de surprise et d'indignation
sur le Chevalier ; il le prie de se re
tirer , et l'en prie d'un ton de maître ; le
Chevalier ne se le fait pas dire deux fois.
*
Argante après avoir reproché à Damon
son indifférence pour Cida ise , et le délay
d'un Hymen arrêté depuis quinze
mois , tandis qu'il s'abandonne à deux
hommes , dont l'un a servi chez son
Frere , et l'autre le vole impunément, lui
demande en quel état sont ses affaires :
Damon lui répond en homme qui ne s'en
est jamais occupé. Argante lui dit qu'il
n'est que trop informé de sa létargie, ct
qu'il est venu exprès pour l'en tirer.
Lepine vient apprendre à Argante ,
que Pyrante, en habile Magistrat , a fait
rafle sur tout , et que le Chevalier s'est
éclipsé prudemment.
Cida ise arrive , tenant dans ses mains
des papiers , qu'elle remet dans celles de
Damon ; ls blancs seings sur tout sont
du nombre. Damon ouvre enfin les yeux,
sur
MAY. 1733. TO
sur toutes les fautes que sa paresse lui a
fait commettre ; il est charmé que Cidalise
veuille bien se charger à sa place du
soin de les réparer ; ce qui fait dire plaisamment
à Lepine qu'il va l'épouser par
paresse : Voicy comment Damon s'exprime
, sans se détacher de sa passion dominante
; c'est à Cidalise qu'il s'adresse.
De mon aveuglement je reconnois l'yvresse ,
Et je ne conçoi pas quelle étoit ma foiblesse ,
Car je n'envisageois le lien conjugal ,
Que comme un noeud fâcheux , comme le plus
grand mal ,
Et point du tout , il est justement le contraire ;
Vous en faites un port tranquille et salutaire .
En sorte que vos soins débrouillant ce cahos ,
Je voi que pour jamais , je me mets en repos.
Le Lecteur pourra juger . par les Vers
que nous venons de citer , que la Piéce
fera beaucoup de plaisir à la lecture ; on
en a trouvé l'action un peu trop simple
pour une Comédie en trois Actes ; cependant
on convient qu'elle est parfaite.
ment conduite , et qu'il n'y manque que
certains coups de Théatre , qui font ordinairement
le succès des Pieces , même le
plus négligemment écrites.
Cette Piece d'un caractere tout neufau
Théatre , paroît tres- bien imprimée, chez
C12 MERCURE DE FRANCI
le Breton fils , Quai des Augustins ; elle se
débite tres-bien , et nous pouvons ajouter
que la lecture fait beaucoup de plaisir.
L'Auteur a joint à cet Ouvrage une
petite Préface qu'il finit en ces termes :
Je n'ai pas moins apprehendé la chute de
la Piéce à l'impression que sur le Théatre ;
le public a déja eu la bonté de me rassurer à
cet égard , en prononçant d'avance en faveur
de la lecture ; heureux s'il confirme cette
esperance que j'ai conçue, et s'il me laisse
ainsi la plus solide satisfaction.
Fermer
Résumé : Le Paresseux, Comédie, Extrait, [titre d'après la table]
Le 28 avril, les Comédiens Français ont présenté pour la première fois 'Le Paresseux', une comédie en trois actes et en vers, précédée d'un prologue, écrite par M. de Launay. Cette pièce a été jouée quatre fois et a été bien accueillie, bien que certains spectateurs aient souhaité plus d'action. Dans le prologue, un poète insiste pour que l'auteur lise sa pièce à des prétendus connaisseurs avant sa représentation au théâtre, mais l'auteur refuse, expliquant qu'il préfère laisser la nouveauté à l'audience. La pièce se déroule à Paris, dans le vestibule de la maison de Damon, le paresseux. Damon est marié à Cidalise, mais il la voit rarement en raison de sa paresse. Il est influencé par un chevalier et un intendant qui l'encouragent dans sa paresse et le ruinent. Lepine, le valet de Damon, et Lisette, la suivante de Cidalise, tentent de le sortir de son assoupissement. Au cours de la pièce, Damon reçoit une invitation à souper chez Cidalise, mais il réagit froidement. Le chevalier et Cidalise conspirent pour le faire réagir. Damon finit par reconnaître ses erreurs et décide de partir pour la Xaintonge. À la fin, Damon ouvre les yeux sur ses fautes et laisse Cidalise réparer les dommages causés par sa paresse. La pièce est bien imprimée et se vend bien, malgré une action jugée trop simple pour une comédie en trois actes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
81
p. 1404-1408
Traité de l'Opinion, &c. [titre d'après la table]
Début :
Briasson, Acquereur du Traité de l'Opinion, a fait relier cet Ouvrage en dix [...]
Mots clefs :
Gilbert-Charles Le Gendre, Saint-Aubin-sur-Loire, Chevalier, Seigneur, Conseiller, Trésorier de France, Maître des requêtes, Cabinet du roi, Parlement, Jeton
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Traité de l'Opinion, &c. [titre d'après la table]
Briasson , Acquereur du Traité de l'Opinion
, a fait relier cet Ouvrage en dix
volumes. L'Auteur a trouvé bon d'être
nommé dans les nouveaux Frontispices.
C'est Gilbert- Charles le Gendre , Marquis.
II. Vol.
de
JUIN. 1733. 1405
·
de S. Aubin sur Loire , cy - devant Maître
des Requêtes.
Il est fils de Charles le Gendre , Chevalier
Seigneur de S. Aubin sur Loire ,
Conseiller au Grand- Conseil , dont la
mort est marquée dans le Mercure du
mois d'Avril 1752.
Le grand- pere de Gilbert- Charles le
Gendre de S. Aubin , a été Charles le
Gendre , Chevalier , Seigneur de S. Aubin
sur Loire , Ecuyer Ordinaire de
Henriette d'Angleterre , premiere femme
de Philippe de France , Duc d'Orleans.
Son Bisaïeul a été Paul le Gendre ,
Chevalier Seigneur de S. Aubin sur Loire
, Maître d'Hôtel de Louis XIII. par
Brévet , signé Louis , et plus bas de Lomenie
, du 3. Février 1634. enregistré
en la Chambre aux Deniers le 14, des mêmes
mois et an. Son nom , ses qualitez
et ses armes se voyent dans son Epitaphe
, en l'Eglise de S. Pierre à Moulins.
Paul le Gendre de S. Aubin , Maître
d'Hôtel du Roy , étoit frere de Jacques
le Gendre , Chevalier Seigneur de Lormoy
, Conseiller d'Etat par Brévet du
15. Janvier 1626. La réception dudit
sieur le Gendre et sa prestation de serment
ès mains de M. d'Aligre , Chancelier
, est du 20. Janvier suivant.
II. Vol. Giiij Jacques
1406 MERCURE DE FRANCE
Jacques le Gendre de Lormoy , Conseiller
d'Etat , a laisé Paul le Gendre
Chevalier Seigneur de Lormoy , Secretaire
du Cabinet de Louis XIII. et de-
Louis XIV . et Maître des Requêtes , décedé
dans sa 96. année en 1713. Le feu
Roy , qui l'avoit vû à la Cour pendant
70. ans , l'appelloit le plus ancien de ses
Domestiques.
›
Il a été Pere de Gaspard - François le
Gendre , Maître des Requêtes et Inten- ,
dant des Generalitez de Montauban
d'Auch et de Tours , qui a deux fils
François-Paul le Gendre , Conseiller au
Parlement , et Leon le Gendre de Lormoy
, Mestre de Camp du Régiment Colonel
Géneral de la Cavalerie ou de la
Cornette Blanche.
Paul le Gendre de Lormoy , Secretaire
du Cabinet , a eu deux freres , Jacques
le Gendre , Chanoine de Notre- Dame de
Paris et Abbé d'Anzy le - Duc , décedé
en 1705. et Claude le Gendre , qui étant
Cornette dans le Mestre de Camp Géneral
de la Cavalerie , fut pris par les
Espagnols en 1655. et mourut à l'âge
de 17. ans de ses blessures. Il en est
parlé dans les Mémoires de Bussy sur
la Campagne de 1655. T. 2. in 4. p. 14.
Jacques le Gendre de Lormoy , Con-
II. Vol. seiller
JUIN. 1733
1407
seiller d'Etat , et Paul le Gendre de Saint
Aubin , Maître d'Hôtel du Roy , étoient
fils de Jean le Gendre , Chevalier , Contrôleur
Géneral de la Marine , qui fur
chargé par Henry IV. d'entendre les propositions
faites par Antoine Perez , Ministre
disgracié de Philippe II. aur sujet
de l'augmentation de la Marine en France.
On trouve plus anciennement Claude
le Gendre , Capinaine de so . Hommes
d'Armes en 1526. Pierre le Gendre , Chanoine
de Notre - Dame de Paris , reçû
Conseiller Clerc au Parlement en 1496.
et Pierre le Gendre , Chevalier , Seigneur
d'Alincourt, Trésorier de France et Géneral
des Finances , qui épousa en premieres
Nôces Jeanne Poncher , Soeur d'Etienne
Poncher , Evêque de Paris , puis Archevêque
de Sens , et en secondes Nôces Charlotte
Briçonnet. La premiere déceda sans
enfans ; la seconde n'eut que deux filles
qui moururent le même jour , ainsi que
M.de Thou l'a remarqué.Par ces deux Mariages
Pierre le Gendre, Trésorier de Fran
ce , fut beau frere et neveu de deux Premiers
Ministres.
›
Il y a dans le Cabinet du Roy , un Jetton
frappé aux Armes des le Gendre
qui sont d'azur à la face d'argent, accompagnée
de trois têtes de filles échevelées
11. Vol. d'or G V
1408 MERCURE DE FRANCE
* d'or. Il est écrit sur ce Jetton : Pietrc
le Gendre , Trésorier de France du Roy
Lois douzeïesme de ce nom. Dans plu
sieurs Cabinets de Curieux , on voit un
autre Jetton frappé aux mêmes Armes, sur
lequel il est écrit : P. le Gendre , Cheva
lier , Trésorier de France ; et au revers on
lit : Judica me Deus , et . discerne causam
meam. Ces Armes sont sculptées anciennément
sur une Porte de la Ville de
Magny, et à Paris , .aux Saints Innocents,
à la Chapelle du S. Sépulchre , en dehors.
La Terre de S. Aubin sur Loire , a été
érigée en Marquisat par Lettres du grand
Sceau , datées d'Avril 1717. registrées au
Parlement et à la Chambre des Comptes
de Bourgogne.
, a fait relier cet Ouvrage en dix
volumes. L'Auteur a trouvé bon d'être
nommé dans les nouveaux Frontispices.
C'est Gilbert- Charles le Gendre , Marquis.
II. Vol.
de
JUIN. 1733. 1405
·
de S. Aubin sur Loire , cy - devant Maître
des Requêtes.
Il est fils de Charles le Gendre , Chevalier
Seigneur de S. Aubin sur Loire ,
Conseiller au Grand- Conseil , dont la
mort est marquée dans le Mercure du
mois d'Avril 1752.
Le grand- pere de Gilbert- Charles le
Gendre de S. Aubin , a été Charles le
Gendre , Chevalier , Seigneur de S. Aubin
sur Loire , Ecuyer Ordinaire de
Henriette d'Angleterre , premiere femme
de Philippe de France , Duc d'Orleans.
Son Bisaïeul a été Paul le Gendre ,
Chevalier Seigneur de S. Aubin sur Loire
, Maître d'Hôtel de Louis XIII. par
Brévet , signé Louis , et plus bas de Lomenie
, du 3. Février 1634. enregistré
en la Chambre aux Deniers le 14, des mêmes
mois et an. Son nom , ses qualitez
et ses armes se voyent dans son Epitaphe
, en l'Eglise de S. Pierre à Moulins.
Paul le Gendre de S. Aubin , Maître
d'Hôtel du Roy , étoit frere de Jacques
le Gendre , Chevalier Seigneur de Lormoy
, Conseiller d'Etat par Brévet du
15. Janvier 1626. La réception dudit
sieur le Gendre et sa prestation de serment
ès mains de M. d'Aligre , Chancelier
, est du 20. Janvier suivant.
II. Vol. Giiij Jacques
1406 MERCURE DE FRANCE
Jacques le Gendre de Lormoy , Conseiller
d'Etat , a laisé Paul le Gendre
Chevalier Seigneur de Lormoy , Secretaire
du Cabinet de Louis XIII. et de-
Louis XIV . et Maître des Requêtes , décedé
dans sa 96. année en 1713. Le feu
Roy , qui l'avoit vû à la Cour pendant
70. ans , l'appelloit le plus ancien de ses
Domestiques.
›
Il a été Pere de Gaspard - François le
Gendre , Maître des Requêtes et Inten- ,
dant des Generalitez de Montauban
d'Auch et de Tours , qui a deux fils
François-Paul le Gendre , Conseiller au
Parlement , et Leon le Gendre de Lormoy
, Mestre de Camp du Régiment Colonel
Géneral de la Cavalerie ou de la
Cornette Blanche.
Paul le Gendre de Lormoy , Secretaire
du Cabinet , a eu deux freres , Jacques
le Gendre , Chanoine de Notre- Dame de
Paris et Abbé d'Anzy le - Duc , décedé
en 1705. et Claude le Gendre , qui étant
Cornette dans le Mestre de Camp Géneral
de la Cavalerie , fut pris par les
Espagnols en 1655. et mourut à l'âge
de 17. ans de ses blessures. Il en est
parlé dans les Mémoires de Bussy sur
la Campagne de 1655. T. 2. in 4. p. 14.
Jacques le Gendre de Lormoy , Con-
II. Vol. seiller
JUIN. 1733
1407
seiller d'Etat , et Paul le Gendre de Saint
Aubin , Maître d'Hôtel du Roy , étoient
fils de Jean le Gendre , Chevalier , Contrôleur
Géneral de la Marine , qui fur
chargé par Henry IV. d'entendre les propositions
faites par Antoine Perez , Ministre
disgracié de Philippe II. aur sujet
de l'augmentation de la Marine en France.
On trouve plus anciennement Claude
le Gendre , Capinaine de so . Hommes
d'Armes en 1526. Pierre le Gendre , Chanoine
de Notre - Dame de Paris , reçû
Conseiller Clerc au Parlement en 1496.
et Pierre le Gendre , Chevalier , Seigneur
d'Alincourt, Trésorier de France et Géneral
des Finances , qui épousa en premieres
Nôces Jeanne Poncher , Soeur d'Etienne
Poncher , Evêque de Paris , puis Archevêque
de Sens , et en secondes Nôces Charlotte
Briçonnet. La premiere déceda sans
enfans ; la seconde n'eut que deux filles
qui moururent le même jour , ainsi que
M.de Thou l'a remarqué.Par ces deux Mariages
Pierre le Gendre, Trésorier de Fran
ce , fut beau frere et neveu de deux Premiers
Ministres.
›
Il y a dans le Cabinet du Roy , un Jetton
frappé aux Armes des le Gendre
qui sont d'azur à la face d'argent, accompagnée
de trois têtes de filles échevelées
11. Vol. d'or G V
1408 MERCURE DE FRANCE
* d'or. Il est écrit sur ce Jetton : Pietrc
le Gendre , Trésorier de France du Roy
Lois douzeïesme de ce nom. Dans plu
sieurs Cabinets de Curieux , on voit un
autre Jetton frappé aux mêmes Armes, sur
lequel il est écrit : P. le Gendre , Cheva
lier , Trésorier de France ; et au revers on
lit : Judica me Deus , et . discerne causam
meam. Ces Armes sont sculptées anciennément
sur une Porte de la Ville de
Magny, et à Paris , .aux Saints Innocents,
à la Chapelle du S. Sépulchre , en dehors.
La Terre de S. Aubin sur Loire , a été
érigée en Marquisat par Lettres du grand
Sceau , datées d'Avril 1717. registrées au
Parlement et à la Chambre des Comptes
de Bourgogne.
Fermer
Résumé : Traité de l'Opinion, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente la famille Le Gendre et ses membres notables. Briasson a publié le 'Traité de l'Opinion' en dix volumes, attribuant la paternité de l'œuvre à Gilbert-Charles Le Gendre, Marquis de Saint-Aubin-sur-Loire. Gilbert-Charles est le fils de Charles Le Gendre, Chevalier et Seigneur de Saint-Aubin-sur-Loire, décédé en avril 1752. Son grand-père, également nommé Charles Le Gendre, était Écuyer Ordinaire d'Henriette d'Angleterre. Paul Le Gendre, arrière-grand-père de Gilbert-Charles, fut Maître d'Hôtel de Louis XIII. Jacques Le Gendre, frère de Paul, occupa la fonction de Conseiller d'État. Paul Le Gendre de Lormoy, Secrétaire du Cabinet de Louis XIII et Louis XIV, décéda à l'âge de 96 ans en 1713. Il avait deux frères : Jacques, Chanoine de Notre-Dame de Paris, et Claude, mort à 17 ans en 1755. Jean Le Gendre, père de Jacques et Paul, fut Contrôleur Général de la Marine sous Henri IV. Le texte mentionne également des ancêtres plus lointains, tels que Claude Le Gendre, Capitaine en 1526, et Pierre Le Gendre, Trésorier de France. Les armes de la famille Le Gendre sont décrites et présentes sur divers objets et lieux. La terre de Saint-Aubin-sur-Loire fut érigée en marquisat en 1717.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
82
p. 1428-1441
L'heureux Stratagême, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
L'Heureux Stratageme, Comédie nouvelle en Prose, en trois Actes, de M. de [...]
Mots clefs :
Marivaux, Théâtre-Italien, Comtesse, Marquise , Dorante, Amour, Chevalier, Coeur, Feinte, Pièce, Valet, Mariage, Infidélité, Surprise, Maîtresse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'heureux Stratagême, Extrait, [titre d'après la table]
L'Heureux Stratageme , Comédie nou
velle en Prose , en trois Actes , de M. de
Marivaux , représentée au Théatre Ita
lien , le 6 Juin 1733 .
ACTEURS.
La Comtesse ,
Dorante , Amante de la
Comtesse
La Marquise ,
Le Chevalier Damis ,
Gascon , Amant de la
› Marquise
Comtesse ,
La Dile Silvia:
Le S Romagnesy.
La Dile Thomassi
Lisette , Suivante de la
Arlequin, Valet de Dorante
,
Frontin , Valet du Che-
Le St Lélio.
La Dule Lélio.
valier , Le S Dominique.
JUIN.
1429 1733
Blaise , Jardinier de la
Comtesse , Le S' Mario.
La Scene est chez la Comtesse.
Les beautez qui sont répanduës dans
cette Piéce ne sont peut- être pas à la portée
de tout le monde ; mais ceux qui accusent
l'Autheur d'avoir trop d'esprit ,
ne laissent pas de convenir qu'il a une
parfaite connoissance du coeur humain ,
et que peu de gens font une plus exacte
Analise de ce qui se passe dans celui des
femmes . L'Héroïne de cette Comédie est
une Comtesse, qui traite d'abord la Fidelité
de chimere , parce qu'elle regarde
cette vertu comme un obstacle à la passion
si naturelle au beau sexe , qui est de
faire valoir ses droits sur tous.les coeurs ;
prévenue en faveur de ses attraits , elle
ne croit rien hazarder en volant de conquête
en conquête ; elle aime Dorante ,
mais elle n'est pas fâchée d'être aimée du
Chevalier Damis , et trouve fort mauvais
que son premier adorateur s'en formalise
; la maniere dont elle s'explique avec
Dorante , sur les reproches qu'il ose lui
faire de son nouvel engagement , acheve
de le désesperer. Il se croit véritablement
effacé du coeur de sa Maîtresse , quoiqu'il
ne soit que sacrifié à sa vanité ; une Mar
1 Vol. Hiiij quise
1430 MERCURE DE FRANCE
quise à qui la Comtesse a enlevé un Aman:
dont la perte ne lui tient pas , à beau
coup près , tant au coeur , que Dorante
est sensible à celle qu'il croit avoit faite
à l'amour de la Comtesse , lui vient ou
vrir les yeux ; je connois mon sexe , lui
dit- elle , la Comtesse n'est infidelle qu'en
apparence ; l'envie de faire une nouvell
conquête flatte son amour propre , mais
la crainte d'en perdre une , qu'elle a déja
faite , allarmera ce même amour propre ,
et vous le rendra pius tendre que jamais ;
ce sage conseil est suivi de la proposi
tion qu'elle lui fait de feindre un nouvel
amour dont elle veut bien paroître l'ob
jet ; la proposition rêvolte d'abord , mais
elle est enfin acceptée. La Comtesse ne
daigne pas même donner la moindre
croyance aux nouveaux engagemens
qu'on lui annonce que Dorante vient
de prendre ; elle ne croit pas la chose sérieuse
, parce qu'elle la croit impossible ;
elle croiroit dégrader ses attraits , si elle
s'abbaissoit jusqu'à la crainte ; elle fait
plus , elle découvre le piége qu'on lui
tend , mais elle ne laisse pas d'y donner
dans la suite ; en effet , elle pense juste ,
quand elle dit que Dorante feint d'aimer
la Comtesse pour la rendre jalouse , et
cependant elle va par dégrez , jusqu'à
I I. Vol. craindre
JUIN 1733
1431
craindre que cette feinte ne soit une vérité
, et de la crainte elle passe jusqu'à
la conviction.
se ,
A ce fond de Piece est joint un Episo
de , qui , peut être , a donné lieu de dire
que c'est une nouvelle surprise de l'Amour.
Le voici : Blaise, Jardinier de la Comtesdoit
marier Lisette , sa fille , avec Arlequin
, valet de Dorante ; il vient prier
Dorante de vouloir bien porter la Comtesse
à donner une centaine de livres à sa
fille , pour les frais de la nôce , et pour
l'aider à se mettre en ménage . Dorante
qui commence à se douter de l'infidelité
de la Comtesse, lui répond qu'il ne croit
plus avoir de crédit sur son esprit , parce
qu'il n'en a plus sur son coeur. Toute la
suite de cet Episode a beaucoup de conformité
avec celui de la premiere surprise
de l'amour ; mais cette ressemblance
d'Episodes n'empêche pas que le fond
ne soit tres différent. Finissons cette digression
, et reprenons le fil de la Piece.
Dorante, par le conseil de la Marquise ,
ordonne à Arlequin de ne plus voir Lisette
;la raison qui l'oblige à lui faire cette
deffense , c'est , dit- il , que la Comtesse
pourroit croire qu'il continue à voir la
Suivante , pour épier la Maîtresse . Arlequin
ne peut se résoudre à se priver de
II. Vol. . Hv
la
1432 MERCURE DE FRANCE
la vûë et de la conversation de sa chere
Lisette ; mais la promesse que son Maître
lui fait , de la lui rendre plus tendre
que jamais , le détermine à lui obéïr.
Voici ce que cette heureuse deffense produit
: Blaise se plaint à la Comtesse des
obstacles. que Madame la Marquise apporte
à l'établissement de sa fille ; en effet,
la Marquise a bien voulu prendre cela sur
son compte à la priere de Dorante, qui né
veut point que la Comtesse lui en fasse
un crime , ou du moins ne l'accuse d'impolitesse
, attendu que c'est elle- même
qui a arrangé le mariage du Valet , dans
le temps qu'elle vouloit épouser le Maître.
La Comtesse veut avoir un éclaircissement
avec Dorante; sur cet affront,qu'elle
fait servir de prétexte au désir secret qu'el
le a de rentrer dans les droits que sa beauté
lui a donnés sur son coeur , elle lui en
parle d'un ton de Maîtresse , et lui dit
qu'elle veut absolument que le mariage
qu'elle a projetté entre Arlequin et Lisette
, s'acheve. Dorante lui répond qu'il en
parlera à la Marquise; la Comtesse lui die
avec fierté , qu'elle n'a que faire du consentement
de la personne même qui l'offense
, et que c'est à lui à la vanger . Dorante
lui déclare que ses ordres pouvoient
tout sur lui autrefois , mais que
11. Vol. les
JUIN. 1733.
1433
les temps sont changez , puisqu'elle l'a
bien voulu , et qu'elle lui a montré un
exemple d'infidélité , dont il a cru devoir
profiter ; la Comtesse ne peut soûtenir
cette humiliation , et lui dit une seconde
fois , quoique d'un top un peu moins
ferme , qu'elle veut être obéie. Dorante
se retire sans lui rien promettre.
La Comtesse sent plus que jamais.combien
un exemple d'infidélité est dangereux
. Elle commence à croire que celle
de Dorante n'est pas une feinte , et s'en
plaint à Lisette.
Damis vient et la presse de le rendre
heureux; cette derniere conquête n'a plus
rien qui la flatte ; un coeur qu'elle a gagné
, n'a rien qui la dédommage de celur.
qu'elle a perdu elle n'en fait pourtant
fien connoître à Damis; elle feint au contraire
de plaindre Dorante , et dit au
Chevalier qu'il faut ménager sa douleur
en differant leur hymen . Damis a beau
la presser de l'achever , rien ne peut lui
faire changer une résolution que la pitié
lui inspire , bien moins que l'amour.
Dorante persuadé qu'il est aimé de fa
Comtesse , voudroit se jetter à ses pieds
pour lui demander pardon de sa feinte et
pour se reconcilier avec elle , mais la
Marquise lui fait entendre qu'il n'en est
11. Vol. H.vi pas
1434 MERCURE DE FRANCE
pas encore temps , et que si la Comtesse
s'apperçoit si-tôt de l'empire que sa beauté
lui donne sur lui , elle en abusera
d'une maniere à le rendre plus malheureux
que jamais. Elle lui conseille de
pousser la feinte aussi -loin qu'il se pourra
,et d'achever le stratagéme dont ils sont
convenus ensemble.
On va bien-tôt voir l'effet que produit
cette innocente supercherie. Dorante et
la Marquise font courir le bruit de leur
prochain mariage ; et ce qui picque plus
la Comtesse , c'est que c'est chez elle même
que le Contrat doit être signé ; elle
fait dire à Dorante qu'elle veut lui parler.
Dorante la fait prier de l'en dispen
ser , attendu qu'elle craint que la Marquise
ne le trouve mauvais et n'en prenne
de l'ombrage. Ce menagement acheve
de porter le desespoir dans le coeur de la
Comtesse. Dorante vient enfin avec là
Marquise; ils la prient tous deux de vouloir
bien leur permettre de se marier chez
elle : la présence de Damis ne peut empê
cher la Comtesse de se livrer à sa douleur
: elle dit à Damis qu'elle ne l'a jamais
aimé , et à Dorante , qu'elle lui a
toujours été fidelle ; Dorante ne tiendroit
pas contre un aveu si charmant , si la
Marquise ne l'encourageoit par sa présen-
II. Vol. ce
JUIN. 1733.
1435
à soutenir jusqu'au bout , une feinte
i lui a été si utile ; la Comtesse s'abisse
jusqu'à redemander à Dorante un
eur qu'il semble lui avoir ôté ; la Maruise
répond pour Dorante , qu'il n'en
st plus temps , puisque le Contrat est
ressé ; enfin le Notaire arrive , le Conat
à la main ; la Marquise prie la Comesse
de leur faire l'honneur d'y signer ;
Dorante lui fait la même priere , quoique
d'une voix tremblante ; la Comtesse
bar un dernier effort de fierté , prend la
olume , mais à peine a t- elle signé qu'elle
combe en défaillance entre les bras de
Lisette . Dorante ne pouvant plus tenir
contre cette marque d'amour , se jette à
ses pieds elle paroît agréablement surprise
de le trouver dans cette situation ;
Dorante lui dit que c'est son Hymen
avec lui - même qu'elle vient de signer ,
et la prie de vouloir bien le confirmer .
La Comtesse embrasse la Marquise et lui
Lend graces d'une tromperie qui lui rend
un si fidele Amant. Ce dénouement a
paru un des plus interressans qu'on ait
vûs au Théatre .
La Piéce ayant été imprimée 15 jours
après que nous en eûmes fait cet Extrait
d'après les premieres représentations
nous avons crû qu'il étoit à propos d'y
$
II. Vol.
ajou1436
MERCURE DE FRANCE
ajouter quelques fragmens , pour donne
une plus juste idée de la maniere dont
Sujet est traité. Voici une Scene entre
Comtesse et la Marquise ; c'est la troi
siéme du second Acte.
La Comtesse.
Je viens vous trouver moi même , Marquise ;
Comme vous me demandez un entretien parti
culier , il s'agit apparemment de quelque chos
de conséquence.
La Marquise.
Je n'ai pourtant qu'une question à vous faire
; et , comme vous êtes naturellement vraie ,
que vous êtes la franchise , la sincerité même ,
nous aurons bien- tôt terminé.
La Comtesse.
Je vous entends : Vous ne me croyez pas trop
sincere , mais votre éloge m'exhorte à l'être
N'est- ce pas ?-
La Marquise.
A cela près , le serez - vous?
La Comtesse.
Pour commencer à l'être , je vous dirai que je
n'en sçais rien .
La Marquise.
Si je vous demandois , le Chevalier vous aime
t-il ? Me diriez-vous ce qui en est ?
La Comtesse.
Non , Marquise , je ne veux pas me brouiller
11. Vol. avec
JUIN. 1733. 1437
ec vous ; et vous me haïriez , si je vous disois
vérité.
La
Marquise.
Je vous donne ma parole que non.
La Comtesse.
Vous ne pourriez pas me la tenir , je vous en
ispenserai moi - même ; il
y a des mouvemens
qui sont plus forts que nous.
La Marquise.
Mais pourquoi vous haïrois- je ?
La Comtesse.
N'a-t-on pas prétendu que le Chevalier vous
aimoit ?
La Marquise.
On a eu raison de le prétendre.
La Comtesse.
Nous y voilà , et peut - être l'avez - vous pensé
"yous-même.
Je l'avouë.
La Marquise.
La Comtesse.
Et après cela , je vous irois dire qu'il m'aime !
Vous ne me le conseilleriez pas.
* La Marquise.
N'est-ce que cela ? Eh ! je voudrois déja l'avoir
perdu , je souhaite de tout mon coeur qu'il vous
aime.
La Comtesse .
Oh ! sur ce pié- là , vous n'avez donc qu'à ren-
II. Vol. dre
1438 MERCURE DE FRANC
dre gracet au Ciel ; vos souhaits ne sçauro
être plus exaucez qu'ils le sont.
La Marquise.
Je vous certifie que j'en suis charmée.
La Comtesse.
Vous me rassurez.Ce n'est pas qu'il n'ait to:
Vous êtes si aimable qu'il ne devoit plus av
d'yeux pour personne, mais peut - être vous éton
il moins attaché qu'on n'a cru.
La Marquise.
Non , il me l'étoit beaucoup , mais je l'excus
quand je serois aimable , vous l'êtes encore pl
que moi, et vous sçavez l'être plus qu'une auir
La Comtesse.
+
Plus qu'une autre ! Ah ! vous n
n'êtes pas si cha
mée , Marquise ; je vous disois bien que vou
me manquerież de paroles ; vos éloges baissent
je m'accommode pourtant de celui - cy : j'y sen
une petite pointe de dépit , qui a son mérite
c'est la Jalousie qui me louë .
La Marquise.
Moi , de la jalousie ?
La Comtesse.
A votre avis , un compliment qui finiroit par
m'appeller Coquette , ne viendroit pas d'elle? Oh !
que si , Marquise , on le reconnoît.
La Marquise.
Je ne songeois pas à vous appeller Coquette;
La Comtesse.
Ce sont de ces choses qui se trouvent avant
qu'on y ait rêvé.
JUIN. 1733. 1439
La Marquise.
Mais , de bonne foy,ne l'êtes-vous pas un peu ?
La Comtesse.
*
Oui - dà , mais ce n'est pas assez qu'un peu
ne vous refusez pas le plaisir de me dire que je le
suis beaucoup , cela n'empêchera pas que vous ne
le soyez autant que moi.
La Marquise.
Je n'en donne pas tout - à -fait les mêmes
preuves.
La Comtesse.
C'est qu'on ne prouve que quand on réussit
le manque de succès met bien des coqueteries à
couvert , on se retire sans bruit , un peu humiliée
, mais inconnuë , c'est l'avantage qu'on a.
La Marquise.
Je réussirai , quand je voudrai , Comtesse;
vous le verrez , cela n'est pas difficile , et le Chevalier
ne vous seroit peut - être pas resté , sans le
peu de cas que j'ai fait de son coeur.
La Comtesse.
Je ne chicanerai pas ce dédain -là , mais ,
quand l'amour propre se sauve ,
voilà comme il
parle :
La Marquise.
Voulez-vous gager que cette avanture n'hu¬
miliera pas le mien , si je veux 2
La Comtesse.
Esperez- vous regagner le Chevalier ? Si vous le
pouvez , je vous le donne,
II.Vol
La
1440 MERCURE DE FRANCE
La Marquise.
Vous l'aimés , sans doute
La Comtesse.
Pas mal , mais je vais l'aimer davantage , afia
qu'il vous resiste mieux ; on a besoin de toutes
ses forces avec vous.
La Marquise.
Oh ! ne craignez rien , je vous le laisse ;
Adieu.
La Comtesse.
Eh ! pourquoi disputons-nous sa conquête ?
Mais pardonnez à celle qui l'emportera. Je ne
combat qu'à cette condition , afin que vous
n'ayez rien à me dire.
La Marquise.
Rien à vous dire ! Vous comptez
porter ?
La Comtesse .
donc l'em-
Ecoutez , je jouërois à plus beau jeu que vous.
La Marquise.
J'avois aussi- beau jeu que vous , quand vous
me l'avez ôté , je pourrois donc vous l'enlever
de même.
La Comtesse.
Tentez donc d'avoir votre revanche.
La Marquise.
Non , j'ai quelque chose de mieux à faire.
La Comtesse.
Peut- on vous demander ce que c'est ?
II.Vol. La
JUIN. 1733 1441
La Marquise.
Dorante vaut son prix , Comtesse : Adieu.
On voit par cette Scene avec quelle légéreté
et avec quelle finesse M. de Marivaux dialogue.
La Comtesse , effrayée de la sécurité de la Marquise
, commence à craindre qu'on ne lui enleve
Dorante , quoique son amour propre la flatte
que cela ne sera pas si facile que la Marquise paroît
se l'imaginer ; cette crainte se change enfin
en certitude, et lui arrache ces regrets : Elle parle
à sa suivante.
Je l'aime , et tu m'accables ! tu me penetres de
douleur ! Je l'ai maltraité , j'en conviens , j'ai tort ,
un tort affreux , un tort que je ne me pardonnerai
jamais, et qui ne merite pas que l'on l'oublie ; que
veux-tu que je te dise de plus ? Je me condamne ;
je me suis mal conduite , il est vrai , misérable
amour propre de femme ! misérable vanité d'être
aimée ! voilà ce que vous me coûtez ; j'ai voulu
plaire au Chevalier , comme s'il en avoit valu la
peine , j'ai voulu me donner cette preuve de mon
mêrite ; il manquoit cette honneur à mes charmes ;
les voilà bien glorieux ! J'ai fait la conquête us
Chevalier et j'ai perdu Dorante.
Nous aurions bien d'autres morceaux à citer ,
mais nous passerions les bornes prescrites à nos
Extraits , si nous insérions dans celui- ci tout ce
qui est digne de l'attention de nos Lecteurs
velle en Prose , en trois Actes , de M. de
Marivaux , représentée au Théatre Ita
lien , le 6 Juin 1733 .
ACTEURS.
La Comtesse ,
Dorante , Amante de la
Comtesse
La Marquise ,
Le Chevalier Damis ,
Gascon , Amant de la
› Marquise
Comtesse ,
La Dile Silvia:
Le S Romagnesy.
La Dile Thomassi
Lisette , Suivante de la
Arlequin, Valet de Dorante
,
Frontin , Valet du Che-
Le St Lélio.
La Dule Lélio.
valier , Le S Dominique.
JUIN.
1429 1733
Blaise , Jardinier de la
Comtesse , Le S' Mario.
La Scene est chez la Comtesse.
Les beautez qui sont répanduës dans
cette Piéce ne sont peut- être pas à la portée
de tout le monde ; mais ceux qui accusent
l'Autheur d'avoir trop d'esprit ,
ne laissent pas de convenir qu'il a une
parfaite connoissance du coeur humain ,
et que peu de gens font une plus exacte
Analise de ce qui se passe dans celui des
femmes . L'Héroïne de cette Comédie est
une Comtesse, qui traite d'abord la Fidelité
de chimere , parce qu'elle regarde
cette vertu comme un obstacle à la passion
si naturelle au beau sexe , qui est de
faire valoir ses droits sur tous.les coeurs ;
prévenue en faveur de ses attraits , elle
ne croit rien hazarder en volant de conquête
en conquête ; elle aime Dorante ,
mais elle n'est pas fâchée d'être aimée du
Chevalier Damis , et trouve fort mauvais
que son premier adorateur s'en formalise
; la maniere dont elle s'explique avec
Dorante , sur les reproches qu'il ose lui
faire de son nouvel engagement , acheve
de le désesperer. Il se croit véritablement
effacé du coeur de sa Maîtresse , quoiqu'il
ne soit que sacrifié à sa vanité ; une Mar
1 Vol. Hiiij quise
1430 MERCURE DE FRANCE
quise à qui la Comtesse a enlevé un Aman:
dont la perte ne lui tient pas , à beau
coup près , tant au coeur , que Dorante
est sensible à celle qu'il croit avoit faite
à l'amour de la Comtesse , lui vient ou
vrir les yeux ; je connois mon sexe , lui
dit- elle , la Comtesse n'est infidelle qu'en
apparence ; l'envie de faire une nouvell
conquête flatte son amour propre , mais
la crainte d'en perdre une , qu'elle a déja
faite , allarmera ce même amour propre ,
et vous le rendra pius tendre que jamais ;
ce sage conseil est suivi de la proposi
tion qu'elle lui fait de feindre un nouvel
amour dont elle veut bien paroître l'ob
jet ; la proposition rêvolte d'abord , mais
elle est enfin acceptée. La Comtesse ne
daigne pas même donner la moindre
croyance aux nouveaux engagemens
qu'on lui annonce que Dorante vient
de prendre ; elle ne croit pas la chose sérieuse
, parce qu'elle la croit impossible ;
elle croiroit dégrader ses attraits , si elle
s'abbaissoit jusqu'à la crainte ; elle fait
plus , elle découvre le piége qu'on lui
tend , mais elle ne laisse pas d'y donner
dans la suite ; en effet , elle pense juste ,
quand elle dit que Dorante feint d'aimer
la Comtesse pour la rendre jalouse , et
cependant elle va par dégrez , jusqu'à
I I. Vol. craindre
JUIN 1733
1431
craindre que cette feinte ne soit une vérité
, et de la crainte elle passe jusqu'à
la conviction.
se ,
A ce fond de Piece est joint un Episo
de , qui , peut être , a donné lieu de dire
que c'est une nouvelle surprise de l'Amour.
Le voici : Blaise, Jardinier de la Comtesdoit
marier Lisette , sa fille , avec Arlequin
, valet de Dorante ; il vient prier
Dorante de vouloir bien porter la Comtesse
à donner une centaine de livres à sa
fille , pour les frais de la nôce , et pour
l'aider à se mettre en ménage . Dorante
qui commence à se douter de l'infidelité
de la Comtesse, lui répond qu'il ne croit
plus avoir de crédit sur son esprit , parce
qu'il n'en a plus sur son coeur. Toute la
suite de cet Episode a beaucoup de conformité
avec celui de la premiere surprise
de l'amour ; mais cette ressemblance
d'Episodes n'empêche pas que le fond
ne soit tres différent. Finissons cette digression
, et reprenons le fil de la Piece.
Dorante, par le conseil de la Marquise ,
ordonne à Arlequin de ne plus voir Lisette
;la raison qui l'oblige à lui faire cette
deffense , c'est , dit- il , que la Comtesse
pourroit croire qu'il continue à voir la
Suivante , pour épier la Maîtresse . Arlequin
ne peut se résoudre à se priver de
II. Vol. . Hv
la
1432 MERCURE DE FRANCE
la vûë et de la conversation de sa chere
Lisette ; mais la promesse que son Maître
lui fait , de la lui rendre plus tendre
que jamais , le détermine à lui obéïr.
Voici ce que cette heureuse deffense produit
: Blaise se plaint à la Comtesse des
obstacles. que Madame la Marquise apporte
à l'établissement de sa fille ; en effet,
la Marquise a bien voulu prendre cela sur
son compte à la priere de Dorante, qui né
veut point que la Comtesse lui en fasse
un crime , ou du moins ne l'accuse d'impolitesse
, attendu que c'est elle- même
qui a arrangé le mariage du Valet , dans
le temps qu'elle vouloit épouser le Maître.
La Comtesse veut avoir un éclaircissement
avec Dorante; sur cet affront,qu'elle
fait servir de prétexte au désir secret qu'el
le a de rentrer dans les droits que sa beauté
lui a donnés sur son coeur , elle lui en
parle d'un ton de Maîtresse , et lui dit
qu'elle veut absolument que le mariage
qu'elle a projetté entre Arlequin et Lisette
, s'acheve. Dorante lui répond qu'il en
parlera à la Marquise; la Comtesse lui die
avec fierté , qu'elle n'a que faire du consentement
de la personne même qui l'offense
, et que c'est à lui à la vanger . Dorante
lui déclare que ses ordres pouvoient
tout sur lui autrefois , mais que
11. Vol. les
JUIN. 1733.
1433
les temps sont changez , puisqu'elle l'a
bien voulu , et qu'elle lui a montré un
exemple d'infidélité , dont il a cru devoir
profiter ; la Comtesse ne peut soûtenir
cette humiliation , et lui dit une seconde
fois , quoique d'un top un peu moins
ferme , qu'elle veut être obéie. Dorante
se retire sans lui rien promettre.
La Comtesse sent plus que jamais.combien
un exemple d'infidélité est dangereux
. Elle commence à croire que celle
de Dorante n'est pas une feinte , et s'en
plaint à Lisette.
Damis vient et la presse de le rendre
heureux; cette derniere conquête n'a plus
rien qui la flatte ; un coeur qu'elle a gagné
, n'a rien qui la dédommage de celur.
qu'elle a perdu elle n'en fait pourtant
fien connoître à Damis; elle feint au contraire
de plaindre Dorante , et dit au
Chevalier qu'il faut ménager sa douleur
en differant leur hymen . Damis a beau
la presser de l'achever , rien ne peut lui
faire changer une résolution que la pitié
lui inspire , bien moins que l'amour.
Dorante persuadé qu'il est aimé de fa
Comtesse , voudroit se jetter à ses pieds
pour lui demander pardon de sa feinte et
pour se reconcilier avec elle , mais la
Marquise lui fait entendre qu'il n'en est
11. Vol. H.vi pas
1434 MERCURE DE FRANCE
pas encore temps , et que si la Comtesse
s'apperçoit si-tôt de l'empire que sa beauté
lui donne sur lui , elle en abusera
d'une maniere à le rendre plus malheureux
que jamais. Elle lui conseille de
pousser la feinte aussi -loin qu'il se pourra
,et d'achever le stratagéme dont ils sont
convenus ensemble.
On va bien-tôt voir l'effet que produit
cette innocente supercherie. Dorante et
la Marquise font courir le bruit de leur
prochain mariage ; et ce qui picque plus
la Comtesse , c'est que c'est chez elle même
que le Contrat doit être signé ; elle
fait dire à Dorante qu'elle veut lui parler.
Dorante la fait prier de l'en dispen
ser , attendu qu'elle craint que la Marquise
ne le trouve mauvais et n'en prenne
de l'ombrage. Ce menagement acheve
de porter le desespoir dans le coeur de la
Comtesse. Dorante vient enfin avec là
Marquise; ils la prient tous deux de vouloir
bien leur permettre de se marier chez
elle : la présence de Damis ne peut empê
cher la Comtesse de se livrer à sa douleur
: elle dit à Damis qu'elle ne l'a jamais
aimé , et à Dorante , qu'elle lui a
toujours été fidelle ; Dorante ne tiendroit
pas contre un aveu si charmant , si la
Marquise ne l'encourageoit par sa présen-
II. Vol. ce
JUIN. 1733.
1435
à soutenir jusqu'au bout , une feinte
i lui a été si utile ; la Comtesse s'abisse
jusqu'à redemander à Dorante un
eur qu'il semble lui avoir ôté ; la Maruise
répond pour Dorante , qu'il n'en
st plus temps , puisque le Contrat est
ressé ; enfin le Notaire arrive , le Conat
à la main ; la Marquise prie la Comesse
de leur faire l'honneur d'y signer ;
Dorante lui fait la même priere , quoique
d'une voix tremblante ; la Comtesse
bar un dernier effort de fierté , prend la
olume , mais à peine a t- elle signé qu'elle
combe en défaillance entre les bras de
Lisette . Dorante ne pouvant plus tenir
contre cette marque d'amour , se jette à
ses pieds elle paroît agréablement surprise
de le trouver dans cette situation ;
Dorante lui dit que c'est son Hymen
avec lui - même qu'elle vient de signer ,
et la prie de vouloir bien le confirmer .
La Comtesse embrasse la Marquise et lui
Lend graces d'une tromperie qui lui rend
un si fidele Amant. Ce dénouement a
paru un des plus interressans qu'on ait
vûs au Théatre .
La Piéce ayant été imprimée 15 jours
après que nous en eûmes fait cet Extrait
d'après les premieres représentations
nous avons crû qu'il étoit à propos d'y
$
II. Vol.
ajou1436
MERCURE DE FRANCE
ajouter quelques fragmens , pour donne
une plus juste idée de la maniere dont
Sujet est traité. Voici une Scene entre
Comtesse et la Marquise ; c'est la troi
siéme du second Acte.
La Comtesse.
Je viens vous trouver moi même , Marquise ;
Comme vous me demandez un entretien parti
culier , il s'agit apparemment de quelque chos
de conséquence.
La Marquise.
Je n'ai pourtant qu'une question à vous faire
; et , comme vous êtes naturellement vraie ,
que vous êtes la franchise , la sincerité même ,
nous aurons bien- tôt terminé.
La Comtesse.
Je vous entends : Vous ne me croyez pas trop
sincere , mais votre éloge m'exhorte à l'être
N'est- ce pas ?-
La Marquise.
A cela près , le serez - vous?
La Comtesse.
Pour commencer à l'être , je vous dirai que je
n'en sçais rien .
La Marquise.
Si je vous demandois , le Chevalier vous aime
t-il ? Me diriez-vous ce qui en est ?
La Comtesse.
Non , Marquise , je ne veux pas me brouiller
11. Vol. avec
JUIN. 1733. 1437
ec vous ; et vous me haïriez , si je vous disois
vérité.
La
Marquise.
Je vous donne ma parole que non.
La Comtesse.
Vous ne pourriez pas me la tenir , je vous en
ispenserai moi - même ; il
y a des mouvemens
qui sont plus forts que nous.
La Marquise.
Mais pourquoi vous haïrois- je ?
La Comtesse.
N'a-t-on pas prétendu que le Chevalier vous
aimoit ?
La Marquise.
On a eu raison de le prétendre.
La Comtesse.
Nous y voilà , et peut - être l'avez - vous pensé
"yous-même.
Je l'avouë.
La Marquise.
La Comtesse.
Et après cela , je vous irois dire qu'il m'aime !
Vous ne me le conseilleriez pas.
* La Marquise.
N'est-ce que cela ? Eh ! je voudrois déja l'avoir
perdu , je souhaite de tout mon coeur qu'il vous
aime.
La Comtesse .
Oh ! sur ce pié- là , vous n'avez donc qu'à ren-
II. Vol. dre
1438 MERCURE DE FRANC
dre gracet au Ciel ; vos souhaits ne sçauro
être plus exaucez qu'ils le sont.
La Marquise.
Je vous certifie que j'en suis charmée.
La Comtesse.
Vous me rassurez.Ce n'est pas qu'il n'ait to:
Vous êtes si aimable qu'il ne devoit plus av
d'yeux pour personne, mais peut - être vous éton
il moins attaché qu'on n'a cru.
La Marquise.
Non , il me l'étoit beaucoup , mais je l'excus
quand je serois aimable , vous l'êtes encore pl
que moi, et vous sçavez l'être plus qu'une auir
La Comtesse.
+
Plus qu'une autre ! Ah ! vous n
n'êtes pas si cha
mée , Marquise ; je vous disois bien que vou
me manquerież de paroles ; vos éloges baissent
je m'accommode pourtant de celui - cy : j'y sen
une petite pointe de dépit , qui a son mérite
c'est la Jalousie qui me louë .
La Marquise.
Moi , de la jalousie ?
La Comtesse.
A votre avis , un compliment qui finiroit par
m'appeller Coquette , ne viendroit pas d'elle? Oh !
que si , Marquise , on le reconnoît.
La Marquise.
Je ne songeois pas à vous appeller Coquette;
La Comtesse.
Ce sont de ces choses qui se trouvent avant
qu'on y ait rêvé.
JUIN. 1733. 1439
La Marquise.
Mais , de bonne foy,ne l'êtes-vous pas un peu ?
La Comtesse.
*
Oui - dà , mais ce n'est pas assez qu'un peu
ne vous refusez pas le plaisir de me dire que je le
suis beaucoup , cela n'empêchera pas que vous ne
le soyez autant que moi.
La Marquise.
Je n'en donne pas tout - à -fait les mêmes
preuves.
La Comtesse.
C'est qu'on ne prouve que quand on réussit
le manque de succès met bien des coqueteries à
couvert , on se retire sans bruit , un peu humiliée
, mais inconnuë , c'est l'avantage qu'on a.
La Marquise.
Je réussirai , quand je voudrai , Comtesse;
vous le verrez , cela n'est pas difficile , et le Chevalier
ne vous seroit peut - être pas resté , sans le
peu de cas que j'ai fait de son coeur.
La Comtesse.
Je ne chicanerai pas ce dédain -là , mais ,
quand l'amour propre se sauve ,
voilà comme il
parle :
La Marquise.
Voulez-vous gager que cette avanture n'hu¬
miliera pas le mien , si je veux 2
La Comtesse.
Esperez- vous regagner le Chevalier ? Si vous le
pouvez , je vous le donne,
II.Vol
La
1440 MERCURE DE FRANCE
La Marquise.
Vous l'aimés , sans doute
La Comtesse.
Pas mal , mais je vais l'aimer davantage , afia
qu'il vous resiste mieux ; on a besoin de toutes
ses forces avec vous.
La Marquise.
Oh ! ne craignez rien , je vous le laisse ;
Adieu.
La Comtesse.
Eh ! pourquoi disputons-nous sa conquête ?
Mais pardonnez à celle qui l'emportera. Je ne
combat qu'à cette condition , afin que vous
n'ayez rien à me dire.
La Marquise.
Rien à vous dire ! Vous comptez
porter ?
La Comtesse .
donc l'em-
Ecoutez , je jouërois à plus beau jeu que vous.
La Marquise.
J'avois aussi- beau jeu que vous , quand vous
me l'avez ôté , je pourrois donc vous l'enlever
de même.
La Comtesse.
Tentez donc d'avoir votre revanche.
La Marquise.
Non , j'ai quelque chose de mieux à faire.
La Comtesse.
Peut- on vous demander ce que c'est ?
II.Vol. La
JUIN. 1733 1441
La Marquise.
Dorante vaut son prix , Comtesse : Adieu.
On voit par cette Scene avec quelle légéreté
et avec quelle finesse M. de Marivaux dialogue.
La Comtesse , effrayée de la sécurité de la Marquise
, commence à craindre qu'on ne lui enleve
Dorante , quoique son amour propre la flatte
que cela ne sera pas si facile que la Marquise paroît
se l'imaginer ; cette crainte se change enfin
en certitude, et lui arrache ces regrets : Elle parle
à sa suivante.
Je l'aime , et tu m'accables ! tu me penetres de
douleur ! Je l'ai maltraité , j'en conviens , j'ai tort ,
un tort affreux , un tort que je ne me pardonnerai
jamais, et qui ne merite pas que l'on l'oublie ; que
veux-tu que je te dise de plus ? Je me condamne ;
je me suis mal conduite , il est vrai , misérable
amour propre de femme ! misérable vanité d'être
aimée ! voilà ce que vous me coûtez ; j'ai voulu
plaire au Chevalier , comme s'il en avoit valu la
peine , j'ai voulu me donner cette preuve de mon
mêrite ; il manquoit cette honneur à mes charmes ;
les voilà bien glorieux ! J'ai fait la conquête us
Chevalier et j'ai perdu Dorante.
Nous aurions bien d'autres morceaux à citer ,
mais nous passerions les bornes prescrites à nos
Extraits , si nous insérions dans celui- ci tout ce
qui est digne de l'attention de nos Lecteurs
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Résumé : L'heureux Stratagême, Extrait, [titre d'après la table]
'L'Heureux Stratagème' est une comédie en prose de Marivaux, représentée pour la première fois au Théâtre Italien le 6 juin 1733. L'intrigue se déroule chez la Comtesse, qui est amoureuse de Dorante mais se laisse séduire par le Chevalier Damis. La Marquise, jalouse, conseille à Dorante de feindre un nouvel amour pour rendre la Comtesse jalouse. La Comtesse, d'abord sceptique, finit par croire à la feinte de Dorante et en souffre. La Marquise et Dorante font circuler la rumeur de leur prochain mariage, ce qui désespère la Comtesse. Lors de la signature du contrat de mariage, la Comtesse s'évanouit et Dorante lui révèle que le contrat est en réalité pour leur mariage. La pièce se conclut par la réconciliation des amants, avec la Comtesse reconnaissante envers la Marquise pour sa ruse. La pièce met également en scène une conversation entre la Marquise et la Comtesse au sujet de Dorante. La Marquise affirme qu'elle laissera Dorante à la Comtesse, mais cette dernière exprime sa crainte de le perdre malgré son amour-propre. La Comtesse avoue ensuite à sa suivante qu'elle regrette d'avoir maltraité Dorante par orgueil et vanité, reconnaissant ainsi son erreur. Elle exprime sa douleur et sa culpabilité pour avoir préféré plaire au Chevalier plutôt que de conserver l'amour de Dorante. La pièce est appréciée pour son analyse fine des sentiments humains, notamment ceux des femmes. Le dialogue de Marivaux est caractérisé par sa légèreté et sa finesse, illustrant les conflits internes et les regrets de la Comtesse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
83
p. 1676-1682
MORTS, NAISSANCES.
Début :
On a appris d'Oran que Jean-Sebastien Hue de Miromenil, cy-devant Colonel du [...]
Mots clefs :
Âge, Roi, Marquis, Mort, Capitaine, Comte, Veuve, Château, Régiment, Chevalier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES.
MORTS , NAISSANCES.
Na appris d'Oran que Jean - Sebastien
Hue de Miromenil , cy- devant Colonel du
Regiment de Querci en France , y étoit mort
des blessures reçues à la journée du 10 Juin ,
contre les Maures , le 15 du même mois , generalement
regretté des Officiers et des Soldats.
Il commandoit les Troupes Espagnoles , comme
Colonel de jour.
D. Louise-Césarine de Conflans , veuve de
Mre Emmanuel de Proisy , Marquis de Morfontaines
, mourut le 19 Juin , en son Château de
Bouleuze en Champagne , dans la 86 année de
son âge. Elle étoit fille de Christophe de Confans
, Comte de Vezilly , Seigneur de Bouleuze,
de Poilly , &c. Gentilhomme ordinaire de la
Chambre du Roy Louis XIII . et Capitaine
d'une Compagnie de Chevaux Legers de cent
Maîtres , en 1635 et de D.Magdeleine de Chastillon
sur Marne , de la branche des Seigneurs
de Marigny , qui mourut veuve le 1 Septembre
1683 .
JUILLET. 1733. 1677
1683. La Marquise de Morfontaines , dont on
rapporte la mort , a eu pour fille unique, Louise
de Proisy de Morfontaines , mariée avec Emmanuel
de Hallencourt , Marquis de Dromesnil ,
cy- devant Capitaine- Lieutenant de la Compagnie
des Chevaux Legers Dauphins , et frere de
Charles François de Hallencourt de Dromesnil
Evêque de Verdun ; duquel mariage est venue
une fille , qui a épousé en 1726. à l'âge de 19
ans , Charles Brulart , Marquis de Genlis . La
Généalogie de la Maison de Conflans , qui est
une branche de l'ancienne Maison de Briénne, est
rapportée dans le 6 tom . des Grands Officiers de
la Couronne , à l'article des Connétables , page
142.
?
D. Marguerite de Mareau de Villeregis , veuve
en premieres nôces de Maximilien - Claude- Franfois
, Comte de Gomiecourt , mort le 13 Mars
1665. et en secondes , depuis le 21 Septembre
1689 de Louis de Mailly , Seigneur du Fresnoy
Fécamp , la Neuville , &c. Mestre de Camp
d'un Régiment de Cavalerie , et Capitaine- Lieu
tenant des Gensdarmes du Princ de Condé
mourut à Paris , le Juin , dans la 93 année
de son âge , et fut inhumée à S. Nicolas des
Champs , dans la Sépulture de sa famille. Elle a
laissé de son second mariage un fils , appellé le
Comte de Mailly , qui n'est point marié , et Elizabeth
de Mailly, mariée en 1708.avec Joachim
de la Viefville, Seigneur de Plainville , Levremont,
Rouville , Chevalier de l'Ordre Militaire de saint
Louis , et Capitaine de Vaisseaux du Roy .
Pierre-Antoine Rouillé , Seigneur de S. Seine,
Ville-Sery , Arnay , &c . Président honoraire au
Grand Conseil , mourut le Juin , âgé d'environ
to ans , il avoit été marié le 29 Mars
f
1708
1678 MERCURE DE FRANCE
4708. avec Anne le Gouz , seconde fille de Benoît
- Etienne le Gouz - Maillard , Seigneur de Seine
Ville-Serye Arnay , Président au Parle
ment de Dijon , et d'Anne Berthier.
Charles-Emmanuel de Baufremont , Barón de
Secy , Abbe commandataire des Abbaïes de saint
Pierre de Luxeuil, et de S. Paul de Besançon ,
mourut le 27 Juin , âgé de 69 ans , il étoit oncle
de Louis - Benigne de Baufremont , Marquis de
Clairvaulx , et de Listenois , Comte de Poligny
Rand , Durue , Baron de Traves , Ressin , Montsogeon
, & c. Chevalier de l'Ordre de la Toison
d'or , Biigadier des Armées du Roy , du 1 Fevrier
1719 , et cy-devant Mestre de Camp d'un
Régiment de Dragons , lequel a été marié le s
Mars 1712 avec D Helene de Courtenay , la
derniere de sa Maison , dont il a plusieurs fils ;
Paîné appelié le Marquis de Baufremont , qui a
été fat à l'âge de 18 ans , au mois de Decembre,
Mestre de Camp du Regiment de Dragon ,
qu'avoit son pere , et dans lequel il étoit Capitaine
.
<
Fréderic-Jules de la Tour , appellé le Prince
d'Auvergne, mourut à Paris le 28 Juin , après
une longue maladie , dans la 62 année de son
age , étant né le 2 May 1672. Il étoit fils puîné
de Godefroi- Maurice de la Tour , Duc de Bouilton,
d'Albret, et de Château- Thierry , Pair et Grand
Chambelian de France , mort le 25 Juillet 1721.
et de Marie-Anne Mancini , morte le 21 Juin
1914. il avoit été autrefois connu sous le nom
de Chevalier de Bouillon étant Chevalier
Grand Croix de l'Ordre de S. Jean de Jérusalem
, qu'il quitta et prit ensuite le titre de Prince
d'Auvergne. Il avoit été marié le 17 Janvier
1720, avec Catherine Olive de Trantes , fille de
-
Pa
JUILLET. 1733. 1679
Patrice de Trantes,Chevalier, Baron , et d'Irlande,
Grand Trésorier d'Angleterre , sous le 1tgne de
Jacques II. qu'il suivit en France en 1689. et de
D. Eleonore de Nagle de Monamini , il en avoit
eu deux fils et une fille , mais ils sont morts en
bas âge.
9
D. Marie-Anne Foucault , veuve depuis le 14
Mars 1705. de François Petit de Villeneuve ,
Conseiller honoraire en la Cour des Ayces
mourut à Paris le 30 Juin , âgée de 85 ans ; elle
étoit soeur de Jos ph- Nicolas Foucault , Marquis
de Magny , Conseiller d'Etat ordinaire
mort le 8 Février 1721 et elle avoit tu deux
fils tous deux Présidens en la Cour des
Aydes ; l'aîné , mort l 2.4 Decembre 1751
laissant des enfans en bas áge ; le cadet étoit
mort dès le 7 Mars 1710. à l'âge de 23 ans
n'ayant laissé qu'une filie unique , Lonmée Marie-
Anne Petit de Villeneuve , née au mois de
Juillet 1709. qui a été mariée le 19 Juillet 1728,
avec Jean Baptiste Maximilien le Feron, Seigneur
du Plessis Maître des Requêtes.
Frere Nicolas de Geraldin , Chevalier , Grand
Croix , de l'Ordre de Saint Jean de Jerusalem ,
Grand Prieur titulaire d'Angleterre , Commandeur
de la Commanderie Magistrale de Metz ,
mourut au Château de S. Symphorien, en basse-
Normandie , le 29 Juin , âgé de 40 ans.
Claude de la Villeneuve de Languedouë , Seigneur
d'Ossonville et Ansonville , dans le Pais Chartrain
, Enseigne au Régiment des Gardes- Françoises
, et auparavant Doyen des Pages des Ecuries
du Roy , mourut à Draveil sur Seine, à l'âge
d'environ 26 ans , le 7 Juillet , sans avoir été
marié.
Jean-Baptiste d'Audiffret , Gentilhomme Provençal
160 MER CURE DE FRANCE
vençal , de la Ville de Marseille , cy.devant En
voyé Extraordinaire du Roy , auprès de S.A.R.
le Duc de Lorraine, mourut à Nancy le 9 Juillet,
âgé d'environ 76 ans , et fut inhumé avec beau
coup de pompe ; son Convoi ayant été accompagné
d'un détachement des Gardes du Duc de
Lorraine , et un grand nombre de personnes de
considération y ayant assisté.
Il fut nommé le 20 Février 1698. par le Roy,
son Envoïé extraordinaire auprès des Ducs de
Mantouë , de Parme et de Modene, et ayant été
rappellé d'Italie , il fut choisi au mois de Juillet
1703. pour aller résider avec le même caractere
d'Envoyé extraordinaire à la Cour de Lorraine.
Il remplit ce poste jusqu'au 29 Jain de
l'année derniere 1732. qu'il prit à Luneville son
audience de congé de la Duchesse doüairiere de
Lorraine. Ses longs services avoient été recompensez
au mois de Septembre dernier d'une pension
de 3000 liv. Il étoit cousin germain de
M. d'Audiffret , Maréchal des Camps et Aimées
du Roy , Gouverneur du Château d'If et Isles de
Marseille .
Charles de la Grange -Trianon , Diacre , Chahoine
Jubilaire de l'Eglise Métropolitaine de Paris
, Abbé Comandataire de l'Abbaye de saint
Sever , Ordre de S. Benoît , Diocèse de Coutances
, Prieur des Prieurez de S. Martin du Vieil ,
Bellesme , de S.. Maxire , Diocèse de la Rochelle ,
et d'Yvette , près Chevreuse , Conseiller en la
Grand- Chambre du Parlement , et Doyen des
Conseillers Clercs , mourut le 10. Juillet en sa
Maison Claustrale, dans la 80, année de son âge,
étant né à Paris le 23. Aqût 1653. d'un Faruille
très-ancienne et illustre dans la Robbe , qui finit
en sa personne. L'Abbé de la Grange avoit été
reçû
JUILLET.
1733. 1631
reçû Chanoine de Paris, le 3. Avril 1679. et Conseiller
au Parlement le 13. May 1682. et il avoit
obtenu l'Abbaye de S. Sever en 1694. Il a nommé
pour son Executeur Testamentaire M. d'Argouges,
Lieutenant Civil, auquel il fait un présent
de 4. Tableaux de prix . Il avoit fait l'année deɛniere
une donation de soooo. livres au Chapitre
de Notre Dame pour l'entretien des Orgues de
l'Eglise , à la charge d'un annuel après sa mort.
Par la mort de l'Abbé de la Grange , Jean-
Baptiste Pajot de Dampierre , Soudiacre , Chanoine
de l'Eglise de Paris , depuis le 14. Octobre
1709. et Abbé de S. Loup , Diocèse de Troyes ,
du mois de Janvier 1731. Conseiller en la cinquiéme
Chambre des Enquêtes , reçû le 17. Juillet
1715. fut appellé et monta à la Grand- Chainbre
le même jour 10. Juillet 1733.
D. Marie Regnault , Veuve en premieres Nôces
d'Edme Roger du Perron , Seigneur de Corcelles ,
Intendant pour le Roy à Cazal et à Pignerol , et
en secondes , depuis le premier Avril 1720. de
Jean- Pierre Chuberé , Conseiller , Secretaire du
Roy , Maison , Couronne de France et de ses Finances
, Avocat au Parlement , et ancien Bâton→
nier , Banquier Expeditionnaire en Cour de Rome
et Legations , mourut à Paris le 13. Juillet ,
ayant eu de son premier Mary une fille mariée
avec Pierre d'Hariague , Seigneur d'Auneau en
Beauce , Secretaire du Roy , et cy-devant Trésorier
de la Maison d'Orleans , et de son second ,
Marie- Louise Chuberé , mariée le 3. Septembre
1714. avec Jean-Baptiste- Auguste le Rebours ,
Seigneur de S. Mard sur le Mont , Conseiller au
Parlement de Paris , et morte le 29. Juin 1729.
â l'âge de 36. ans.
D. Jeanne Duranti , veuve depuis le 12. Dé
K cembre
1632 MERCURE DE FRANCE
cembre 1708, de Denis Marsollier , Conseiller au
Grand Conseil , mourut à Paris en la Capitainerie
du Louvre le 14. Juillet , dans la 92. année
de son âge , étant née au mois de May 1645 .
Elle laisse une fille unique , Epouse de Louis de
Nyert , Marquis de Gambais , Seigneur de Neuville
, Gentilhomme ordinaire du Roy , et son
premier Valet de Chambre , Gouverneur de Limoges
, Bailly de Gray , en Franche - Comté , et
Capitaine- Concierge du Château du Louvre.
D. Anno de Casteras de la Riviere , Baronne
de Conflans , Epouse de Michel - Jean- Baptiste
Charon , Marquis de Ménars , Brigadier des Armées
du Roy , Capitaine des Chasses de la Capitainerie
de Blois , Gouverneur du Château de
Blois , Chevalier de S. Louis , accoucha le 26
Juin , d'une fille , qui fut nommée Anne.
D. Marie-Elisabeth de S. Simon , Epouse de
Claude Roland, Comte de Laval - Montmorency,
Maréchal des Camps et Armées du Roy , Gouverneur
de Philippeville , accoucha le 27 Juin ,
d'une fille, qui fut nommée Henriette - Charlotte,
par Henry de S. Simon , Colonnel du Régiment
de S. Simon , et par D. Marie Jeanne- Louise
Bouin d'Angervilliers , Epouse du Marquis de
Ruffec , Grand d'Espagne,
D. Genevieve- Adelaide- Félicité Do , Epouse
de Louis de Brancas , Duc de Lauragais , Pair de
France , accoucha le 3 Juillet , d'un fils , qui for
nommé Louis- Léon-Félicité , par Léon de Ma
daillan de Lesparre , Comte de Lassay ; et par
D, Marie-Angelique Fremin de Moras , Epouse
de Louis- Antoine de Brancas , Duc de Villars ,
Pair de France , Chevalier des Ordres du Roy.
Na appris d'Oran que Jean - Sebastien
Hue de Miromenil , cy- devant Colonel du
Regiment de Querci en France , y étoit mort
des blessures reçues à la journée du 10 Juin ,
contre les Maures , le 15 du même mois , generalement
regretté des Officiers et des Soldats.
Il commandoit les Troupes Espagnoles , comme
Colonel de jour.
D. Louise-Césarine de Conflans , veuve de
Mre Emmanuel de Proisy , Marquis de Morfontaines
, mourut le 19 Juin , en son Château de
Bouleuze en Champagne , dans la 86 année de
son âge. Elle étoit fille de Christophe de Confans
, Comte de Vezilly , Seigneur de Bouleuze,
de Poilly , &c. Gentilhomme ordinaire de la
Chambre du Roy Louis XIII . et Capitaine
d'une Compagnie de Chevaux Legers de cent
Maîtres , en 1635 et de D.Magdeleine de Chastillon
sur Marne , de la branche des Seigneurs
de Marigny , qui mourut veuve le 1 Septembre
1683 .
JUILLET. 1733. 1677
1683. La Marquise de Morfontaines , dont on
rapporte la mort , a eu pour fille unique, Louise
de Proisy de Morfontaines , mariée avec Emmanuel
de Hallencourt , Marquis de Dromesnil ,
cy- devant Capitaine- Lieutenant de la Compagnie
des Chevaux Legers Dauphins , et frere de
Charles François de Hallencourt de Dromesnil
Evêque de Verdun ; duquel mariage est venue
une fille , qui a épousé en 1726. à l'âge de 19
ans , Charles Brulart , Marquis de Genlis . La
Généalogie de la Maison de Conflans , qui est
une branche de l'ancienne Maison de Briénne, est
rapportée dans le 6 tom . des Grands Officiers de
la Couronne , à l'article des Connétables , page
142.
?
D. Marguerite de Mareau de Villeregis , veuve
en premieres nôces de Maximilien - Claude- Franfois
, Comte de Gomiecourt , mort le 13 Mars
1665. et en secondes , depuis le 21 Septembre
1689 de Louis de Mailly , Seigneur du Fresnoy
Fécamp , la Neuville , &c. Mestre de Camp
d'un Régiment de Cavalerie , et Capitaine- Lieu
tenant des Gensdarmes du Princ de Condé
mourut à Paris , le Juin , dans la 93 année
de son âge , et fut inhumée à S. Nicolas des
Champs , dans la Sépulture de sa famille. Elle a
laissé de son second mariage un fils , appellé le
Comte de Mailly , qui n'est point marié , et Elizabeth
de Mailly, mariée en 1708.avec Joachim
de la Viefville, Seigneur de Plainville , Levremont,
Rouville , Chevalier de l'Ordre Militaire de saint
Louis , et Capitaine de Vaisseaux du Roy .
Pierre-Antoine Rouillé , Seigneur de S. Seine,
Ville-Sery , Arnay , &c . Président honoraire au
Grand Conseil , mourut le Juin , âgé d'environ
to ans , il avoit été marié le 29 Mars
f
1708
1678 MERCURE DE FRANCE
4708. avec Anne le Gouz , seconde fille de Benoît
- Etienne le Gouz - Maillard , Seigneur de Seine
Ville-Serye Arnay , Président au Parle
ment de Dijon , et d'Anne Berthier.
Charles-Emmanuel de Baufremont , Barón de
Secy , Abbe commandataire des Abbaïes de saint
Pierre de Luxeuil, et de S. Paul de Besançon ,
mourut le 27 Juin , âgé de 69 ans , il étoit oncle
de Louis - Benigne de Baufremont , Marquis de
Clairvaulx , et de Listenois , Comte de Poligny
Rand , Durue , Baron de Traves , Ressin , Montsogeon
, & c. Chevalier de l'Ordre de la Toison
d'or , Biigadier des Armées du Roy , du 1 Fevrier
1719 , et cy-devant Mestre de Camp d'un
Régiment de Dragons , lequel a été marié le s
Mars 1712 avec D Helene de Courtenay , la
derniere de sa Maison , dont il a plusieurs fils ;
Paîné appelié le Marquis de Baufremont , qui a
été fat à l'âge de 18 ans , au mois de Decembre,
Mestre de Camp du Regiment de Dragon ,
qu'avoit son pere , et dans lequel il étoit Capitaine
.
<
Fréderic-Jules de la Tour , appellé le Prince
d'Auvergne, mourut à Paris le 28 Juin , après
une longue maladie , dans la 62 année de son
age , étant né le 2 May 1672. Il étoit fils puîné
de Godefroi- Maurice de la Tour , Duc de Bouilton,
d'Albret, et de Château- Thierry , Pair et Grand
Chambelian de France , mort le 25 Juillet 1721.
et de Marie-Anne Mancini , morte le 21 Juin
1914. il avoit été autrefois connu sous le nom
de Chevalier de Bouillon étant Chevalier
Grand Croix de l'Ordre de S. Jean de Jérusalem
, qu'il quitta et prit ensuite le titre de Prince
d'Auvergne. Il avoit été marié le 17 Janvier
1720, avec Catherine Olive de Trantes , fille de
-
Pa
JUILLET. 1733. 1679
Patrice de Trantes,Chevalier, Baron , et d'Irlande,
Grand Trésorier d'Angleterre , sous le 1tgne de
Jacques II. qu'il suivit en France en 1689. et de
D. Eleonore de Nagle de Monamini , il en avoit
eu deux fils et une fille , mais ils sont morts en
bas âge.
9
D. Marie-Anne Foucault , veuve depuis le 14
Mars 1705. de François Petit de Villeneuve ,
Conseiller honoraire en la Cour des Ayces
mourut à Paris le 30 Juin , âgée de 85 ans ; elle
étoit soeur de Jos ph- Nicolas Foucault , Marquis
de Magny , Conseiller d'Etat ordinaire
mort le 8 Février 1721 et elle avoit tu deux
fils tous deux Présidens en la Cour des
Aydes ; l'aîné , mort l 2.4 Decembre 1751
laissant des enfans en bas áge ; le cadet étoit
mort dès le 7 Mars 1710. à l'âge de 23 ans
n'ayant laissé qu'une filie unique , Lonmée Marie-
Anne Petit de Villeneuve , née au mois de
Juillet 1709. qui a été mariée le 19 Juillet 1728,
avec Jean Baptiste Maximilien le Feron, Seigneur
du Plessis Maître des Requêtes.
Frere Nicolas de Geraldin , Chevalier , Grand
Croix , de l'Ordre de Saint Jean de Jerusalem ,
Grand Prieur titulaire d'Angleterre , Commandeur
de la Commanderie Magistrale de Metz ,
mourut au Château de S. Symphorien, en basse-
Normandie , le 29 Juin , âgé de 40 ans.
Claude de la Villeneuve de Languedouë , Seigneur
d'Ossonville et Ansonville , dans le Pais Chartrain
, Enseigne au Régiment des Gardes- Françoises
, et auparavant Doyen des Pages des Ecuries
du Roy , mourut à Draveil sur Seine, à l'âge
d'environ 26 ans , le 7 Juillet , sans avoir été
marié.
Jean-Baptiste d'Audiffret , Gentilhomme Provençal
160 MER CURE DE FRANCE
vençal , de la Ville de Marseille , cy.devant En
voyé Extraordinaire du Roy , auprès de S.A.R.
le Duc de Lorraine, mourut à Nancy le 9 Juillet,
âgé d'environ 76 ans , et fut inhumé avec beau
coup de pompe ; son Convoi ayant été accompagné
d'un détachement des Gardes du Duc de
Lorraine , et un grand nombre de personnes de
considération y ayant assisté.
Il fut nommé le 20 Février 1698. par le Roy,
son Envoïé extraordinaire auprès des Ducs de
Mantouë , de Parme et de Modene, et ayant été
rappellé d'Italie , il fut choisi au mois de Juillet
1703. pour aller résider avec le même caractere
d'Envoyé extraordinaire à la Cour de Lorraine.
Il remplit ce poste jusqu'au 29 Jain de
l'année derniere 1732. qu'il prit à Luneville son
audience de congé de la Duchesse doüairiere de
Lorraine. Ses longs services avoient été recompensez
au mois de Septembre dernier d'une pension
de 3000 liv. Il étoit cousin germain de
M. d'Audiffret , Maréchal des Camps et Aimées
du Roy , Gouverneur du Château d'If et Isles de
Marseille .
Charles de la Grange -Trianon , Diacre , Chahoine
Jubilaire de l'Eglise Métropolitaine de Paris
, Abbé Comandataire de l'Abbaye de saint
Sever , Ordre de S. Benoît , Diocèse de Coutances
, Prieur des Prieurez de S. Martin du Vieil ,
Bellesme , de S.. Maxire , Diocèse de la Rochelle ,
et d'Yvette , près Chevreuse , Conseiller en la
Grand- Chambre du Parlement , et Doyen des
Conseillers Clercs , mourut le 10. Juillet en sa
Maison Claustrale, dans la 80, année de son âge,
étant né à Paris le 23. Aqût 1653. d'un Faruille
très-ancienne et illustre dans la Robbe , qui finit
en sa personne. L'Abbé de la Grange avoit été
reçû
JUILLET.
1733. 1631
reçû Chanoine de Paris, le 3. Avril 1679. et Conseiller
au Parlement le 13. May 1682. et il avoit
obtenu l'Abbaye de S. Sever en 1694. Il a nommé
pour son Executeur Testamentaire M. d'Argouges,
Lieutenant Civil, auquel il fait un présent
de 4. Tableaux de prix . Il avoit fait l'année deɛniere
une donation de soooo. livres au Chapitre
de Notre Dame pour l'entretien des Orgues de
l'Eglise , à la charge d'un annuel après sa mort.
Par la mort de l'Abbé de la Grange , Jean-
Baptiste Pajot de Dampierre , Soudiacre , Chanoine
de l'Eglise de Paris , depuis le 14. Octobre
1709. et Abbé de S. Loup , Diocèse de Troyes ,
du mois de Janvier 1731. Conseiller en la cinquiéme
Chambre des Enquêtes , reçû le 17. Juillet
1715. fut appellé et monta à la Grand- Chainbre
le même jour 10. Juillet 1733.
D. Marie Regnault , Veuve en premieres Nôces
d'Edme Roger du Perron , Seigneur de Corcelles ,
Intendant pour le Roy à Cazal et à Pignerol , et
en secondes , depuis le premier Avril 1720. de
Jean- Pierre Chuberé , Conseiller , Secretaire du
Roy , Maison , Couronne de France et de ses Finances
, Avocat au Parlement , et ancien Bâton→
nier , Banquier Expeditionnaire en Cour de Rome
et Legations , mourut à Paris le 13. Juillet ,
ayant eu de son premier Mary une fille mariée
avec Pierre d'Hariague , Seigneur d'Auneau en
Beauce , Secretaire du Roy , et cy-devant Trésorier
de la Maison d'Orleans , et de son second ,
Marie- Louise Chuberé , mariée le 3. Septembre
1714. avec Jean-Baptiste- Auguste le Rebours ,
Seigneur de S. Mard sur le Mont , Conseiller au
Parlement de Paris , et morte le 29. Juin 1729.
â l'âge de 36. ans.
D. Jeanne Duranti , veuve depuis le 12. Dé
K cembre
1632 MERCURE DE FRANCE
cembre 1708, de Denis Marsollier , Conseiller au
Grand Conseil , mourut à Paris en la Capitainerie
du Louvre le 14. Juillet , dans la 92. année
de son âge , étant née au mois de May 1645 .
Elle laisse une fille unique , Epouse de Louis de
Nyert , Marquis de Gambais , Seigneur de Neuville
, Gentilhomme ordinaire du Roy , et son
premier Valet de Chambre , Gouverneur de Limoges
, Bailly de Gray , en Franche - Comté , et
Capitaine- Concierge du Château du Louvre.
D. Anno de Casteras de la Riviere , Baronne
de Conflans , Epouse de Michel - Jean- Baptiste
Charon , Marquis de Ménars , Brigadier des Armées
du Roy , Capitaine des Chasses de la Capitainerie
de Blois , Gouverneur du Château de
Blois , Chevalier de S. Louis , accoucha le 26
Juin , d'une fille , qui fut nommée Anne.
D. Marie-Elisabeth de S. Simon , Epouse de
Claude Roland, Comte de Laval - Montmorency,
Maréchal des Camps et Armées du Roy , Gouverneur
de Philippeville , accoucha le 27 Juin ,
d'une fille, qui fut nommée Henriette - Charlotte,
par Henry de S. Simon , Colonnel du Régiment
de S. Simon , et par D. Marie Jeanne- Louise
Bouin d'Angervilliers , Epouse du Marquis de
Ruffec , Grand d'Espagne,
D. Genevieve- Adelaide- Félicité Do , Epouse
de Louis de Brancas , Duc de Lauragais , Pair de
France , accoucha le 3 Juillet , d'un fils , qui for
nommé Louis- Léon-Félicité , par Léon de Ma
daillan de Lesparre , Comte de Lassay ; et par
D, Marie-Angelique Fremin de Moras , Epouse
de Louis- Antoine de Brancas , Duc de Villars ,
Pair de France , Chevalier des Ordres du Roy.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES.
En juin et juillet 1733, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Jean-Sébastien Hue de Miromenil, colonel du régiment de Quercy, est mort des blessures reçues lors d'un combat contre les Maures le 15 juin. Louise-Césarine de Conflans, veuve d'Emmanuel de Proisy, marquis de Morfontaines, est décédée le 19 juin à l'âge de 86 ans. Marguerite de Mareau de Villeregis, veuve de Louis de Mailly, est morte à Paris en juin à l'âge de 93 ans. Pierre-Antoine Rouillé, seigneur de Saint-Seine, est décédé en juin à l'âge d'environ 70 ans. Charles-Emmanuel de Baufremont, baron de Secy, est mort le 27 juin à l'âge de 69 ans. Frédéric-Jules de la Tour, prince d'Auvergne, est décédé à Paris le 28 juin à l'âge de 62 ans. Marie-Anne Foucault, veuve de François Petit de Villeneuve, est morte à Paris le 30 juin à l'âge de 85 ans. Frère Nicolas de Geraldin, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, est décédé le 29 juin à l'âge de 40 ans. Claude de la Villeneuve de Languedouë, enseigne au régiment des Gardes-Françoises, est mort à Draveil sur Seine le 7 juillet à l'âge d'environ 26 ans. Jean-Baptiste d'Audiffret, envoyé extraordinaire du roi auprès du duc de Lorraine, est décédé à Nancy le 9 juillet à l'âge d'environ 76 ans. Charles de la Grange-Trianon, chanoine et abbé commandataire, est mort le 10 juillet à l'âge de 80 ans. Marie Regnault, veuve de Jean-Pierre Chuberé, est décédée à Paris le 13 juillet. Jeanne Duranti, veuve de Denis Marsollier, est morte à Paris le 14 juillet à l'âge de 92 ans. Parmi les naissances, Anne de Casteras de la Rivière, baronne de Conflans, a accouché d'une fille nommée Anne le 26 juin. Marie-Élisabeth de Saint-Simon, épouse de Claude Roland, comte de Laval-Montmorency, a donné naissance à une fille nommée Henriette-Charlotte le 27 juin. Geneviève-Adélaïde-Félicité de Durfort, épouse de Louis de Brancas, duc de Lauragais, a accouché d'un fils nommé Louis-Léon-Félicité le 3 juillet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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84
p. 2042-2046
EXTRAIT de la petite Comédie en Vers libres et en un Acte, joüée au Théatre Italien, qui a pour titre le Bouquet, annoncée dans le dernier Mercure.
Début :
Rosimont et le Chevalier Muguet, se rencontrent dans un Jardin public, [...]
Mots clefs :
Chevalier, Bouquet, Maîtresse, Bouquet, Rosimont, Florise, Amour, Inconstance, Valet, Théâtre-Italien
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT de la petite Comédie en Vers libres et en un Acte, joüée au Théatre Italien, qui a pour titre le Bouquet, annoncée dans le dernier Mercure.
EXTRAIT de la petite Comédie en
Vers libres et en un Acte , jouée an
Théatre Italien , qui apour titre le Bouquet
, annoncée dans le dernier Mercure
R
Osimont et le Chevalier Muguet , se
·rencontrent dans un Jardin public ,
où a Scene se passe Rosimont reproche
au chevalier , son ancien ami , de ne lui
avoir pas fait sçavoir plutôt son arrivée le
Chevalier s'excuse sur un nouvel amour
qui l'a occupé tour entier , malgré son
inconstance ordinaire ; Rosimont est surpris
d'un amour si sérieux ; le Chevalier
fait l'éloge de l'Inconstance , et Rosimont
celui de la Fidelité ; le premier proteste
que son nouvel amour sera constant , et
se flatte d'obtenir en mariage celle qui
en est l'objet ; il lui dit que ce jour étant
la Fête de sa nouvelle Maîtresse , il a
chargé Tricolor , son Valet , de lui présenter
un Bouquet de sa part. Tricolor
vient
SEPTEMBRE. 1733. 2043
fent avec le Bouquet ; Rosimont , en
'examinant , plaisante sur quelques Paillons
qui sont sur les fleurs , attendu
qu'ils sont le simbole de la légereté ; le
Chevalier lui dit que son inconstance
naturelle , exprimée dans son Bouquet ,
est un nouveau trophée pour la Beauté
qui en a triomphé ; il promet à Rosinont
de lui apprendre le succès de son
amour ,quand il en sera temps.
Rosimont doute fort de ce prétendu
succès, et quitte le Chevalier pour s'aller
promener dans une autre allée du Jardin,
dans l'esperance d'y rencontrer Florise
son ancienne Maîtresse. Violette , Suivante
de Jacinte , nouvelle Maîtresse du Che
valier , arrive ; le Chevalier lui demande
vec empressement des nouvelles de sa
Maîtresse ; Tricolor lui en demande d'ele
même ; le Chevalier Muguet lui ordonne
de se taire ; mais ce Valet lui ré
pond que c'est à lui à parler , puisqu'il
est l'Amant de Violette , et qu'il
n'auroit pas l'indiscrétion de l'interromare
s'il parloit à Jacinte , sa Maîtresse.
Le Chevalier se retire pour laisser son
Valet en liberté de faire le message dont
il l'a chargé. Aprés une conversation
courte et badine entre Tricolor et la
Soubrette , la Maîtresse arrive . Le Valet
2044 MERCURE DE FRANCE
let lui présente le Bouquet de son Maître
, Jacinte le reçoit avec plaisir , mais
y voyant briller quelques diamans , elle
veut le rendre à Tricolor . Violette s'en
saisit , de peur que sa Maîtresse ne le
refuse par bienséance . Jacinte qui craint
la sévérité de son pere , consent à le
garder , pourvû qu'elle puisse cacher
qu'il vient de la main d'un Amant. Elle
ordonne à Violette de le porter à sa cousine
Florise , Maîtresse de Rosimond ,
afin qu'elle paroisse l'Auteur de cette
galanterie ; ce projet est executé , Florise
veut pourtant avoir le plaisir de s'en
parer pour quelques heures . Rosimont ,
que le Chevalier a instruit du favorable
accueil que sa nouvelle Maîtresse a fait
à son Bouquet , sans pourtant lui apprendre
son nom , est très- surpris en
trouvant Florise , son Amante , de voir
ce fatal Bouquet sur son sein ; sa jalousie
ne peut s'empêcher d'éclater , il reproche
à Florise une infidélité dont elle
ose faire parade à ses yeux . Florise ne
comprend rien aux reproches qu'il lui
fait , et ne doute point qu'il ne prenne ,
d'une inconstance prétendue , un prétexte
pour en autoriser un veritable. Ils
se quittent très - mal satisfaits l'un de
Pautre , Florise sort.
Le
SEPTEMBRE. 1733- 2045
Le Chevalier arrive , transporté de
joye il vient joindre Rosimond , pour
lui dire que ses affaires vont à merveille,
que le Bouquet a été reçû favorablement,
et qu'il va posseder sa charmante Maîtresse
; Rosimont , peu satisfait de cette
confidence , lui répond d'un air sérieux
que cette nouvelle Maîtresse dont il vante
tant la fidelité , n'est qu'une volige ,
et que c'est lui , Rosimont , qu'elle aimoit
; le Chevalier rèpond d'un ton babadin
que cela pourroit bien être ; Rosirmont
qui prend ces discours pour une
plaisanterie , dit au Chevalier qu'il ne
lui enlevera pas impunément sa conquêté
; ils se querellent tout de bon , et prêts
à sortir pour aller terminer ailleurs leur
different à la pointe de l'épée , Florise
et Jacinte parée du Bouquet , arrivent ;
elles trouvent leurs Amans fort agitez , elles
leur demande le sujet de leur dispute;
Rosimont reproche à Florise d'aimer le
Chevalier , puisque c'est elle qui s'est parée
de son Bouquet ; le Chevalier ne
comprend rien à ce reproche , n'ayant
jamais vû , dit- il , Florise ; Jacinte reproche
aussi au Chevalier de courir de
Belle en Belle ; Violette, arrive , qui développe
1 : quiproquo du Bouquet , en
disant que Florise ne s'en étoit parée
G qu'à
2046 MERCURE DE FRANCE
qu'à la priere de sa Cousine , & c . Les
deux Amans conviennent de la bonne.
foi de leurs Maîtresses , se raccommodent
avec elles et sortent ensemble pour
aller demander le consentement à leurs
parens pour célebrer ce double Mariage.
Cette Piece , qui a été applaudie , est
des sieurs Romagnesy et Riccoboni ; elle
est terminée par une Fête très - galante'
mise en Musique par M. Mouret.
Vers libres et en un Acte , jouée an
Théatre Italien , qui apour titre le Bouquet
, annoncée dans le dernier Mercure
R
Osimont et le Chevalier Muguet , se
·rencontrent dans un Jardin public ,
où a Scene se passe Rosimont reproche
au chevalier , son ancien ami , de ne lui
avoir pas fait sçavoir plutôt son arrivée le
Chevalier s'excuse sur un nouvel amour
qui l'a occupé tour entier , malgré son
inconstance ordinaire ; Rosimont est surpris
d'un amour si sérieux ; le Chevalier
fait l'éloge de l'Inconstance , et Rosimont
celui de la Fidelité ; le premier proteste
que son nouvel amour sera constant , et
se flatte d'obtenir en mariage celle qui
en est l'objet ; il lui dit que ce jour étant
la Fête de sa nouvelle Maîtresse , il a
chargé Tricolor , son Valet , de lui présenter
un Bouquet de sa part. Tricolor
vient
SEPTEMBRE. 1733. 2043
fent avec le Bouquet ; Rosimont , en
'examinant , plaisante sur quelques Paillons
qui sont sur les fleurs , attendu
qu'ils sont le simbole de la légereté ; le
Chevalier lui dit que son inconstance
naturelle , exprimée dans son Bouquet ,
est un nouveau trophée pour la Beauté
qui en a triomphé ; il promet à Rosinont
de lui apprendre le succès de son
amour ,quand il en sera temps.
Rosimont doute fort de ce prétendu
succès, et quitte le Chevalier pour s'aller
promener dans une autre allée du Jardin,
dans l'esperance d'y rencontrer Florise
son ancienne Maîtresse. Violette , Suivante
de Jacinte , nouvelle Maîtresse du Che
valier , arrive ; le Chevalier lui demande
vec empressement des nouvelles de sa
Maîtresse ; Tricolor lui en demande d'ele
même ; le Chevalier Muguet lui ordonne
de se taire ; mais ce Valet lui ré
pond que c'est à lui à parler , puisqu'il
est l'Amant de Violette , et qu'il
n'auroit pas l'indiscrétion de l'interromare
s'il parloit à Jacinte , sa Maîtresse.
Le Chevalier se retire pour laisser son
Valet en liberté de faire le message dont
il l'a chargé. Aprés une conversation
courte et badine entre Tricolor et la
Soubrette , la Maîtresse arrive . Le Valet
2044 MERCURE DE FRANCE
let lui présente le Bouquet de son Maître
, Jacinte le reçoit avec plaisir , mais
y voyant briller quelques diamans , elle
veut le rendre à Tricolor . Violette s'en
saisit , de peur que sa Maîtresse ne le
refuse par bienséance . Jacinte qui craint
la sévérité de son pere , consent à le
garder , pourvû qu'elle puisse cacher
qu'il vient de la main d'un Amant. Elle
ordonne à Violette de le porter à sa cousine
Florise , Maîtresse de Rosimond ,
afin qu'elle paroisse l'Auteur de cette
galanterie ; ce projet est executé , Florise
veut pourtant avoir le plaisir de s'en
parer pour quelques heures . Rosimont ,
que le Chevalier a instruit du favorable
accueil que sa nouvelle Maîtresse a fait
à son Bouquet , sans pourtant lui apprendre
son nom , est très- surpris en
trouvant Florise , son Amante , de voir
ce fatal Bouquet sur son sein ; sa jalousie
ne peut s'empêcher d'éclater , il reproche
à Florise une infidélité dont elle
ose faire parade à ses yeux . Florise ne
comprend rien aux reproches qu'il lui
fait , et ne doute point qu'il ne prenne ,
d'une inconstance prétendue , un prétexte
pour en autoriser un veritable. Ils
se quittent très - mal satisfaits l'un de
Pautre , Florise sort.
Le
SEPTEMBRE. 1733- 2045
Le Chevalier arrive , transporté de
joye il vient joindre Rosimond , pour
lui dire que ses affaires vont à merveille,
que le Bouquet a été reçû favorablement,
et qu'il va posseder sa charmante Maîtresse
; Rosimont , peu satisfait de cette
confidence , lui répond d'un air sérieux
que cette nouvelle Maîtresse dont il vante
tant la fidelité , n'est qu'une volige ,
et que c'est lui , Rosimont , qu'elle aimoit
; le Chevalier rèpond d'un ton babadin
que cela pourroit bien être ; Rosirmont
qui prend ces discours pour une
plaisanterie , dit au Chevalier qu'il ne
lui enlevera pas impunément sa conquêté
; ils se querellent tout de bon , et prêts
à sortir pour aller terminer ailleurs leur
different à la pointe de l'épée , Florise
et Jacinte parée du Bouquet , arrivent ;
elles trouvent leurs Amans fort agitez , elles
leur demande le sujet de leur dispute;
Rosimont reproche à Florise d'aimer le
Chevalier , puisque c'est elle qui s'est parée
de son Bouquet ; le Chevalier ne
comprend rien à ce reproche , n'ayant
jamais vû , dit- il , Florise ; Jacinte reproche
aussi au Chevalier de courir de
Belle en Belle ; Violette, arrive , qui développe
1 : quiproquo du Bouquet , en
disant que Florise ne s'en étoit parée
G qu'à
2046 MERCURE DE FRANCE
qu'à la priere de sa Cousine , & c . Les
deux Amans conviennent de la bonne.
foi de leurs Maîtresses , se raccommodent
avec elles et sortent ensemble pour
aller demander le consentement à leurs
parens pour célebrer ce double Mariage.
Cette Piece , qui a été applaudie , est
des sieurs Romagnesy et Riccoboni ; elle
est terminée par une Fête très - galante'
mise en Musique par M. Mouret.
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Résumé : EXTRAIT de la petite Comédie en Vers libres et en un Acte, joüée au Théatre Italien, qui a pour titre le Bouquet, annoncée dans le dernier Mercure.
La pièce de théâtre 'Le Bouquet' se déroule dans un jardin public où Rosimont rencontre le Chevalier Muguet. Rosimont reproche à son ancien ami de ne pas lui avoir annoncé son arrivée plus tôt. Le Chevalier s'excuse en invoquant un nouvel amour qui l'a occupé. Rosimont est surpris par la constance de cet amour, tandis que le Chevalier vante l'inconstance. Il promet à Rosimont de lui révéler le succès de son amour en temps voulu. Tricolor, le valet du Chevalier, apporte un bouquet à Jacinte, la nouvelle maîtresse du Chevalier. Jacinte accepte le bouquet mais demande à le cacher, craignant la sévérité de son père. Elle envoie le bouquet à sa cousine Florise, la maîtresse de Rosimont, pour éviter les apparences. Rosimont, informé par le Chevalier de l'accueil favorable du bouquet, est jaloux en voyant Florise le porter. Une dispute éclate entre Rosimont et Florise, qui ne comprend pas les reproches. Le Chevalier arrive, joyeux, et annonce à Rosimont que ses affaires vont bien. Rosimont révèle que Florise est sa maîtresse, ce qui mène à une querelle entre les deux hommes. Florise et Jacinte interviennent, et Violette, la suivante de Jacinte, explique le quiproquo. Les amants se réconcilient et décident de demander le consentement de leurs parents pour célébrer un double mariage. La pièce, applaudie, est écrite par les sieurs Romagnesy et Riccoboni et se termine par une fête galante mise en musique par M. Mouret.
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85
p. 2075-2078
« Le Roy vient de faire un Remplacement d'Officiers de Galeres ; le Bailly [...] »
Début :
Le Roy vient de faire un Remplacement d'Officiers de Galeres ; le Bailly [...]
Mots clefs :
Marquis, Compagnie des gendarmes, Chevalier, Compagnie, Roi, Gardes, Guidon des gendarmes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roy vient de faire un Remplacement d'Officiers de Galeres ; le Bailly [...] »
Le Roy vient de faire un Remplacement
d'Officiers de Galeres ; le Bailly
de Laubepine a été fait Chef d'Escadre
le Marquis de Tournon , Capitaine de
Galeres ; M. de Langerie , Capitaine de
Port , et le Chevalier de la Farre Lopis ,
Capitaine de la Compagnie des Gardes
de l'Etendart. Les Capitaines - Lieutenans
sont , Mrs des Tourrés , de Villeneuve
Hiiij et
2076 MERCURE DE FRANCE
et le Chevalier de Bernage. Les Lieute
nans , le Chevalier de Preville , le Chevalier
de Castellane , M. de Chaumont
Lussac , et le Chevalier du Ligondez ,
Lieutenant de la Compagnie des Gardes
de l'Etendart ; les Enseignes , M. de
Mazan , Brigadier de la Compagnie des
Gardes de l'Etendart , le Marquis d'Aubignan
, et le Marquis de Trans , Sous-
Brigadier de la même Compagnie.
›
Par la Promotion que le Roy a faite
depuis peu dans la Gendarmerie la
Sous-Lieutenance de la Compagnie des
Gendarmes Ecossois , a été donnée au
Comte de Choiseul , lequel est remplacé
dans la Charge d'Enseigne des Gendarmes
d'Orleans , par le Chevalier de la
Marche , Guidon des Gendarmes de Flandres.
Le Marquis de Pellevé , Capitaine-
Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes
de Berry , ayant demandé la permission
de se retirer , cette Compagnie
a été donnée au Marquis du Muy , Sous-
Lieutenant des Gendarmes Bourguignons.
Le Comte de la Vieuville a été nommé
Sous-Lieutenant des Gendarmes Bourgui
gnons , et le Chevalier du Châtelet
Enseigne des Gendarmes Dauphins. Le
Marquis Destreans , Guidon des Gendarmes
SEPTEMBRE. 1733 2077
mes de Berry , a eû la Charg : Premier
Cornette des Chevaux- Legers de
Bretagne , vacante par la démission velontaire
du Marquis de Vassey. Le Com
te de Laval a été nommé Guidon des
Gendarmes de Flandres , le Marquis de
Todoas , second Cornette des Chevaux-
Legers de Bretagne , et le Marquis de
Jonsac, Guidon des Gendarmes de Berry.
On ajoûtera à cette occasion , que le
sieur Sorbier un des meilleurs Eleves
de M. Petit , de l'Académie Royale des
Sciences , vient d'être nommé Chirur
gien Major de ce Corps , à la place de
M. Dalibour , dont on connoît la grande
réputation , qui après 40. ans de service
a demandé à se retirer. Il a obtenu une
pension de 300s. livres.
Le 10. Septembre , les Chanoines Réguliers
de S. Augustin , de la Congré
gation de France , élurent pour leur Général
et pour Abbé de sainte Genevieve ,
dans le Chapitre tenu à l'Abbaye sainte
Genevieve , le R. P. Pierre Suteine , de
Rheims , cy - devant Prieur de la même
Abbaye.
"
Le 21. de ce mois ,le Chevalier Manherbe
fut nommé par le Roy , à la Place
H v d'Ayde
2078 MERCURE DE FRANCE
d'Ayde- Major Général des Gardes du
Corps , vacante pár la démission de M. de
Maison - Neuve ; et le Marquis de Cal
viere , à celle d'Ayde - Major des Gardes
du Corps de la Compagnie de Villeroy .
Monseigneur le Dauphin et Mesdames
de France , les deux ainées , revinrent
Versailles du Château de Meudon en
parfaite santé le 24. de ce mois . Les
deux autres Princesses y arriverent le
lendemain..·
Aux affaires generales de la Religion
Prétendue Réformée , dont le Comte de
S. Florentin , Secretaire d'Etat , est chargé
, le Roy a réuni les affaires particulieres
de cette Religion dans tout le
Royaume.
Le Roy partit de Versailles le 30. de
ce mois vers les 11. heures du matin ,
pour aller coucher à Fontainebleau
S. M. dîna au Château de Petitbourg.
d'Officiers de Galeres ; le Bailly
de Laubepine a été fait Chef d'Escadre
le Marquis de Tournon , Capitaine de
Galeres ; M. de Langerie , Capitaine de
Port , et le Chevalier de la Farre Lopis ,
Capitaine de la Compagnie des Gardes
de l'Etendart. Les Capitaines - Lieutenans
sont , Mrs des Tourrés , de Villeneuve
Hiiij et
2076 MERCURE DE FRANCE
et le Chevalier de Bernage. Les Lieute
nans , le Chevalier de Preville , le Chevalier
de Castellane , M. de Chaumont
Lussac , et le Chevalier du Ligondez ,
Lieutenant de la Compagnie des Gardes
de l'Etendart ; les Enseignes , M. de
Mazan , Brigadier de la Compagnie des
Gardes de l'Etendart , le Marquis d'Aubignan
, et le Marquis de Trans , Sous-
Brigadier de la même Compagnie.
›
Par la Promotion que le Roy a faite
depuis peu dans la Gendarmerie la
Sous-Lieutenance de la Compagnie des
Gendarmes Ecossois , a été donnée au
Comte de Choiseul , lequel est remplacé
dans la Charge d'Enseigne des Gendarmes
d'Orleans , par le Chevalier de la
Marche , Guidon des Gendarmes de Flandres.
Le Marquis de Pellevé , Capitaine-
Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes
de Berry , ayant demandé la permission
de se retirer , cette Compagnie
a été donnée au Marquis du Muy , Sous-
Lieutenant des Gendarmes Bourguignons.
Le Comte de la Vieuville a été nommé
Sous-Lieutenant des Gendarmes Bourgui
gnons , et le Chevalier du Châtelet
Enseigne des Gendarmes Dauphins. Le
Marquis Destreans , Guidon des Gendarmes
SEPTEMBRE. 1733 2077
mes de Berry , a eû la Charg : Premier
Cornette des Chevaux- Legers de
Bretagne , vacante par la démission velontaire
du Marquis de Vassey. Le Com
te de Laval a été nommé Guidon des
Gendarmes de Flandres , le Marquis de
Todoas , second Cornette des Chevaux-
Legers de Bretagne , et le Marquis de
Jonsac, Guidon des Gendarmes de Berry.
On ajoûtera à cette occasion , que le
sieur Sorbier un des meilleurs Eleves
de M. Petit , de l'Académie Royale des
Sciences , vient d'être nommé Chirur
gien Major de ce Corps , à la place de
M. Dalibour , dont on connoît la grande
réputation , qui après 40. ans de service
a demandé à se retirer. Il a obtenu une
pension de 300s. livres.
Le 10. Septembre , les Chanoines Réguliers
de S. Augustin , de la Congré
gation de France , élurent pour leur Général
et pour Abbé de sainte Genevieve ,
dans le Chapitre tenu à l'Abbaye sainte
Genevieve , le R. P. Pierre Suteine , de
Rheims , cy - devant Prieur de la même
Abbaye.
"
Le 21. de ce mois ,le Chevalier Manherbe
fut nommé par le Roy , à la Place
H v d'Ayde
2078 MERCURE DE FRANCE
d'Ayde- Major Général des Gardes du
Corps , vacante pár la démission de M. de
Maison - Neuve ; et le Marquis de Cal
viere , à celle d'Ayde - Major des Gardes
du Corps de la Compagnie de Villeroy .
Monseigneur le Dauphin et Mesdames
de France , les deux ainées , revinrent
Versailles du Château de Meudon en
parfaite santé le 24. de ce mois . Les
deux autres Princesses y arriverent le
lendemain..·
Aux affaires generales de la Religion
Prétendue Réformée , dont le Comte de
S. Florentin , Secretaire d'Etat , est chargé
, le Roy a réuni les affaires particulieres
de cette Religion dans tout le
Royaume.
Le Roy partit de Versailles le 30. de
ce mois vers les 11. heures du matin ,
pour aller coucher à Fontainebleau
S. M. dîna au Château de Petitbourg.
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Résumé : « Le Roy vient de faire un Remplacement d'Officiers de Galeres ; le Bailly [...] »
En septembre 1733, plusieurs changements et nominations ont eu lieu au sein de la cour et des institutions militaires françaises. Le roi a nommé le Bailly de Laubepine Chef d'Escadre, le Marquis de Tournon Capitaine de Galères, et le Chevalier de la Farre Lopis Capitaine de la Compagnie des Gardes de l'Etendard. Divers autres postes ont été attribués au sein des compagnies de Gardes et de Gendarmes. Dans la gendarmerie, le Comte de Choiseul a remplacé le Chevalier de la Marche comme Sous-Lieutenant des Gendarmes Écossais. Le Marquis du Muy a pris la tête de la Compagnie des Gendarmes de Berry, et plusieurs autres nominations ont été effectuées parmi les Gendarmes Bourguignons, Dauphins, et de Flandres. Le Marquis Destreans a été nommé Premier Cornette des Chevaux-Légers de Bretagne, et le Comte de Laval Guidon des Gendarmes de Flandres. Le Sieur Sorbier a succédé à M. Dalibour comme Chirurgien Major après 40 ans de service. Le 10 septembre, le R. P. Pierre Suteine a été élu Général et Abbé de Sainte-Geneviève. Le 21 septembre, le Chevalier Manherbe a été nommé Ayde-Major Général des Gardes du Corps, et le Marquis de Calviere Ayde-Major des Gardes du Corps de la Compagnie de Villeroy. Le Dauphin et les Princesses de France sont revenus à Versailles en bonne santé. Le roi a confié les affaires de la Religion Prétendue Réformée au Comte de Saint-Florentin et a quitté Versailles pour Fontainebleau le 30 septembre.
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86
p. 2282-2283
OFFICIERS GENERAUX de l'Armée d'Allemagne.
Début :
LE MARECHAL DE BERWICK, Commandant en chef. Lieutenans Generaux. Mrs [...]
Mots clefs :
Armée d'Allemagne, Comte, Marquis, Général, Généraux, Chevalier
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texteReconnaissance textuelle : OFFICIERS GENERAUX de l'Armée d'Allemagne.
OFFICIERS GENERAUX
de Armée d'Allemagne.
LE MARECHAL DE BERWICK
Commandant en chef.
Lieutenans Generaux .
Mrs de Puysegur.
Duc de Noailles .
Marq . de Cilly ,détaché
dans les 3. Evêchez .
Prince de Tingry.
Marquis de Dreuz.
Marquis de Nangis
De Quadt.
Duc de Duras.
De Leuville.
Comte de Bellisle , dang
les 3. Evêchez.
Maréchaux de Camp.
De Siougeat .
Vicomte de Melun .
D'Aubigné.
Balincourt.
De Tarneau .
De la Billarderie.
Chevalier de Givry.
De Guittaud .
La Farre,
Comte de Saxe.
Marquis de Clermon
Brigadiers d'Infanterie.
Comte d'Houtetot, Comte d'Estaing,
De Gensac. De la Javilliere
De Polastron De Varennes .
D'Herouville. De Manville .
De Luteaux , est avec De Ximenez.
son Régiment dans
Nancy .
Comte de Baviere..
De Lenck.
De Chenetette.
De Montflour.
Comte de Middelbourg. Hozannussy.
Philippe.
De Bulkeley.
D'Aremberg
Brigadiers de Cavalerie.
De Curton,
OCTOBRE . 1733. 228
De Castelmoron.
Comte de Cayeux.
De Montmorency.
De Mainville .
De Mercy.
De Cernay.
De Vaudray.
Du Cayla.
Comte Chastelus .
De Saint Saëns.
Chevalier de S. André
De Lerans.
De Puttanges.
Marquis d'Oyse.
D'Harville.
Brigadiers de Dragons.
Marq de Beaufremont. Marquis de Clermont.
Elat Major de l'Armée.
De la Javelliere , Major General.
De Saliers , Aydes - Majors Generaux d'In-
D'Astier , fanterie . }
Marquis de Ximenes, Maréchal General des Legis
de l'Armée .
Chevalier de S. André , Maréchal General des
Logis de la Cavaleria.
De Montal , Ayde- Maréchal General des Logis
de la Cavalerie.
de Armée d'Allemagne.
LE MARECHAL DE BERWICK
Commandant en chef.
Lieutenans Generaux .
Mrs de Puysegur.
Duc de Noailles .
Marq . de Cilly ,détaché
dans les 3. Evêchez .
Prince de Tingry.
Marquis de Dreuz.
Marquis de Nangis
De Quadt.
Duc de Duras.
De Leuville.
Comte de Bellisle , dang
les 3. Evêchez.
Maréchaux de Camp.
De Siougeat .
Vicomte de Melun .
D'Aubigné.
Balincourt.
De Tarneau .
De la Billarderie.
Chevalier de Givry.
De Guittaud .
La Farre,
Comte de Saxe.
Marquis de Clermon
Brigadiers d'Infanterie.
Comte d'Houtetot, Comte d'Estaing,
De Gensac. De la Javilliere
De Polastron De Varennes .
D'Herouville. De Manville .
De Luteaux , est avec De Ximenez.
son Régiment dans
Nancy .
Comte de Baviere..
De Lenck.
De Chenetette.
De Montflour.
Comte de Middelbourg. Hozannussy.
Philippe.
De Bulkeley.
D'Aremberg
Brigadiers de Cavalerie.
De Curton,
OCTOBRE . 1733. 228
De Castelmoron.
Comte de Cayeux.
De Montmorency.
De Mainville .
De Mercy.
De Cernay.
De Vaudray.
Du Cayla.
Comte Chastelus .
De Saint Saëns.
Chevalier de S. André
De Lerans.
De Puttanges.
Marquis d'Oyse.
D'Harville.
Brigadiers de Dragons.
Marq de Beaufremont. Marquis de Clermont.
Elat Major de l'Armée.
De la Javelliere , Major General.
De Saliers , Aydes - Majors Generaux d'In-
D'Astier , fanterie . }
Marquis de Ximenes, Maréchal General des Legis
de l'Armée .
Chevalier de S. André , Maréchal General des
Logis de la Cavaleria.
De Montal , Ayde- Maréchal General des Logis
de la Cavalerie.
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Résumé : OFFICIERS GENERAUX de l'Armée d'Allemagne.
En octobre 1733, l'Armée d'Allemagne est dirigée par le Maréchal de Berwick. Les lieutenants généraux incluent Puysegur, Duc de Noailles, Marquis de Cilly, Prince de Tingry, Marquis de Dreuz, Marquis de Nangis, De Quadt, Duc de Duras, De Leuville, et Comte de Bellisle. Parmi les maréchaux de camp, on trouve De Siougeat, Vicomte de Melun, D'Aubigné, Balincourt, De Tarneau, De la Billarderie, Chevalier de Givry, De Guittaud, La Farre, Comte de Saxe, et Marquis de Clermont. Les brigadiers d'infanterie comprennent d'Houtetot, d'Estaing, De Gensac, De la Javilliere, De Polastron, De Varennes, D'Herouville, De Manville, De Luteaux, Comte de Bavière, De Lenck, De Chenetette, De Montflour, Comte de Middelbourg, Hozannussy, Philippe, De Bulkeley, et D'Aremberg. Les brigadiers de cavalerie sont De Curton, Comte de Cayeux, De Montmorency, De Mainville, De Mercy, De Cernay, De Vaudray, Du Cayla, Comte Chastelus, De Saint Saëns, Chevalier de S. André, De Lerans, De Puttanges, Marquis d'Oyse, et D'Harville. Les brigadiers de dragons sont le Marquis de Beaufremont et le Marquis de Clermont. Les aides-majors généraux d'infanterie sont De Saliers et D'Astier, avec De la Javelliere comme major général. Le Marquis de Ximenes est le maréchal général des logis de l'armée, le Chevalier de S. André pour la cavalerie, et De Montal est l'aide-maréchal général des logis de la cavalerie.
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87
p. 2310-2329
Fête donnée à l'occasion du Mariage de M. le Président Molé, [titre d'après la table]
Début :
La nuit du 21 au 22 Septembre dernier, Mathieu François Molé, Chevalier, [...]
Mots clefs :
Mathieu-François Molé, Bonne-Félicité Bernard, Maison de Molé, Samuel Bernard, Justice, Salon, Arcades, Arcade, Marbre, Balance, Yeux, Armes, Bas-reliefs, Chevalier, Couronne, Attributs de la justice, Panneaux, Bassin, Colonne, Devise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fête donnée à l'occasion du Mariage de M. le Président Molé, [titre d'après la table]
La nuit du 21 au 22 Septembre dernier
, Mathieu François Molé, Chevalier,
Seigneur de Champlatreux , Luzarches ,
&c. Conseiller du Roy en tous ses Conseils
, Président du Parlement, fils de feu
Jean- Baptiste Molé , Chevalier, &c. Président
du Parlement , et de Dame Marie-
Nicole le Gorlier de Drovilly , épousa
Bonne- Félicité Bernard , fille de Samuel
Bernard , Chevalier de l'un des Ordres
du Roy , Conseiller d'Etat , Comte de
Coubert, Marquis de Merry , &c. et de
Dame Pauline Félicité de S. Chamant ,
fille de feu François de S. Chamant, Marquis
de Merry , Seigneur de Mériel , de
Saucourt, de Montabois , &c.et de Dame
Bonne de Chastelus sa veuve .
La Maison de Molé est , comme tout
le monde sait , une des plus anciennes et
des plus illustres du Parlement. Elle a
fourni dans le dernier siècle plusieurs
Grands Hommes , dont la mémoire sera
toujours en vénération , et l'on n'oubliera
OCTOBR Ë. 1733. 231º
ra jamais le nom de Mathieu Molé , qui
fut successivement Procureur Général ,
Premier Président du Parlement et Garde
des Sceaux de France ; et qui dans l'exercice
de ces différentes Charges, donna des
témoignages éclatans de zéle et d'attachement
au bien public , et à la gloire de l'Etat
, particulierement durant les troubles
de Paris. Sa principale occupation pendant
qu'il étoit Procureur Général , fut
de réprimer les désordres de l'ancienne
discipline , causez par une suite de Guerres
civiles. C'étoit un homme de probité ,
actif , vigilant et consommé dans les affaires.
M. Molé qui donne lieu à cet artiticle
, est successivement le sixième Président
à Mortier de son nom et de sa Maison
, depuis Edouard Molé , pere de Mathieu
, qui se trouvant enfermé dans Paris
et contraint par ceux de la Ligue
d'exercer la Charge de Procureur Général
, fut obligé de l'accepter , pour satisfaire
le peuple et appaiser ses cris , et à
qui le Roi Henri IV. donna cette Charge
en 1602 , pour le récompenser des grands
services qu'il lui avoit rendus. La Généalogie
de la Maison de Molé , se trouve
dans le P. Anselme , derniere Edition ,
tome 6. page $ 70.
La nouvelle Fête que M. le Chevalier
I iiij
Ber2311
MERCURE DE FRANCE ་
Bernard donna à l'occasion de ce second
mariage , ne fut ni moins magnifique ni
moins brillante que celle qu'il donna le
16 du mois d'Août dernier , pour le mariage
de M. et de Mde la Marquise de
Mirepoix , dont nous avons parlé dans
le Mercure précédent.
Elle commença comme la premiere ,
par un Concert , composé des mêmes
Voix et Instrumens ; il n'y eut rien de
changé à l'ordre et au dessein de l'illumination;
sur quoi nous renvoyons à la description
que nous en avons déja faite.
On soupa sur les neuf heures dans une
nouvelle Sale , construite dans le même
Jardin , et dont la décoration tant intéricure
, qu'extérieure ne ressembloit en
rien à celle de la premiere . Le Chevalier
Servandoni , Peintre et Architecte du
Roy , à qui M. Bernard en avoit confié
l'entreprise , y donna une preuve écla
tante de son génie et de son goût singu
lier pour ces sortes d'Ouvrages .
Le Frontispice offroit aux yeux une Architecture
rustique en bossage , d'une
vetusté majestueuse et simple , representant
la façade d'un ancien Palais , au
milieu de laquelle étoit une grande Arcade
, formée par des pierres de taille
d'inégales grandeurs , et saillantes d'environ
OCTOBRE. 1733. 2313
viron quatre pouces. Les deux fenêtres
à côté de l'Arcade étoient dans le même
goût , et portoient chacune une corniche
et un fronton surmonté d'une étoile'
en saillie qui paroissoit détachée du mur.
Au-dessus de l'Arcade régnoit d'un bout
à l'autre de la façade une corniche soutenant
un fronton qui servoit de couronnement
, et dans le timpan duquel on
voyoit un Cartouche avec les Armes des
nouveaux Epoux, surmontées du Mortier
avec la Couronne et le Manteau Ducal
pour soûtien deux Cornes d'abondance
renversées.
La Décoration interieure representoit
un Salon des plus superbes , orné d'Arcades
, de Colonnes , de Figures allegoriques
, de Bas - reliefs , de Médaillons , de
Cartels et de Trophées. Tout y avoit un
rapport marqué au nom et à la dignité
de M. Molé et de ses illustres Ancêtres .
Les Attributs de la Justice y étoient pa
tout exposez d'une maniere variée et in
genieuse , ce qui a fait nommer ce beau
Lieu le Salon de Themis.
- Ce Salon qui formoit un quarré long
de 12 toises et demie de longueur sur
7toises et demie de largeur , et de 6 toises
et demie de hauteur , étoit en marbré
blanc veiné , et ouvert par 12 Arcades.
Ly de
2314 MERCURE DE FRANCE
de 19 pieds de haut sur 8 de large , dis
tribuées par trois , sur chacun des quatre
côrez . Les Ceintres , ou Archivotes.
de ces Arcades soûtenoient chacun deux
figures de Femme couchées , en marbre
blanc , plus grandes que le naturel , et
qui exprimoient differens Attributs de
la Justice . Elles étoient au nombre de 24.
réduites à douze , parce qu'elles étoient
chacune repetées deux fois. On voyoit la
premiere tenant entre les mains une Base
sur laquelle étoit representée une Ville
pour faire entendre que la Justice est le
vrai fondement de toutes les societez .
"
La deuxième tenoit un Gouvernail
pour marquer qu'il n'y a que la Justice
qui puisse maintenir les Villes et les
Etats dans la tranquillité et la sûreté.
La troisième , les yeux attachés sur un
Livre , tenoit un Equerre de la main
droite , pour signifier l'attention que
les Magistrats doivent donner à l'Etude
des Loix , et l'équité avec laquelle ils
doivent agir.
La quatriéme tenoit une Balance
symbole de l'éxactitude et de la précision
des Magistrats , en pesant les divers.
interêts des hommes , et décidant sur
leurs vies et sur leurs biens,
La cinquième tenoit un plomb sus
pendu
OCTOBR E. 1733. 2315
pendu au bout d'un cordon , pour donner
à connoître qu'un Juge ne peut pas
être en état de rendre la justice , qu'il
ne se soit bien instruit des causes , et
qu'il n'en ait approfondi toutes les circonstances.
La sixième , qui étoit nuë avec un
Soleil sur la tête , representoit la Verité
qui doit être découverte et éclairer la
Justice.
La septième , superbement vêtuë ,
portoit une Couronne et un Sceptre , et
avoit la main sur un Globe , par où on
a voulu faire entendre que la Justice est
sur la terre comme la dépositaire de la
puissance divine.
La huitième, tenoit sur ses genoux un
Enfant qu'elle allaitoit , pour exprimer
que la Justice doit prendre pour ceux
qui ont recours à elle , les tendres sentimens
d'une mere , et devenir en quelque
sorte la nourice des peuples.
La neuviéme tenoit une Bride , pour
montrer que la Justice met un frein à
Pinsolence des méchans , et les empêche
de nuire.
*
La dixième , qui portoit un Faisceau
avec la hache , signifioit que la Justice
est armée pour punir les coupables et
deffendre les innocens.-
I vj
La
2316 MERCURE DE FRANCE
La onzième se couvroit les yeux d'un
bandeau , pour faire connoître que la
Justice doit fermer les yeux à la faveur
et au crédit , pour ne les ouvrir que sur
les Loix et l'équité lui prescri
ce que
vent.
La douzième enfin paroissoit se boucher
une oreille d'une main , et montrer
l'autre ouverte , pour exprimer l'impartialité
de la Justice , qui doit tout
écouter sans se laisser prévenir,
Le pourtour du Salon étoit decoré de
24 colonnes en relief , en bréche violette
, d'ordre Ionique , de 18 pieds de
haut , y compris Bases et Chapiteaux ,
sur deux pieds de diametre. Elles portoient
leur entablement , et elles étoient
posées à côté des Arcades sur des piedestaux
de quatre pieds de hauteur, dont
les paneaux aussi en brèche violette , les
Bases et Chapiteaux dorés ; elies avoient
chacune , au tiers de la hauteur , un
bandeau richement orné , soûtenant une
tige dorée à cinq branches , garnies de
bougies. A la place du Fleuron des chapiteaux
, étoit une Etoile , qui est une
piéce des Armes de M. Bernard et de
M. Molé .
Dans les quatre Entre colonnes des
grands côtés , qui avoient 7 pieds de
large
OCTOBRE . 1733. 2317
large , d'une Arcade à l'autre , on voyoit .
huit Bas reliefs en Marbre blanc , entourés
de Festons en fleurs artificielles ,
dont quatre étoient sous les Impos.es , et
quatre au-dessus.
1
2
·
Les quatre Bas reliefs sous les Impostes
, avoient chacun huit pieds de
haut sur 4 de large , representant les
principaux Attributs de la Justice , er
étoient couronnés chacun par un Cartel
ovale , dont les ornemens étoient dorés ,
et sur le fond , peint en émeraude , on'
lisoit des Inscriptions ou Devises latines:
relatives aux sujets exprimés dans les Basreliefs
.
Dans le premier on voyoit la Justice
sous la figure d'une Femme assise sur une
base quarrée , une Balance en équilibre.
à la main , la tête et le visage voilés , et
portant une Couronne par dessus son
voile. A ses pieds étoient , d'un côté un
Barbare , tenant une chaîne d'une main ,
et un poignard de l'autre , et paroissant
vouloir lui faire violence , et de l'autrecôté
une femme en action soumise , qui
pour la fléchir , lui offroit un vase plein
d'or , sur lequel la Justice posoit dédaigneusement
le pied , pour signifier que
la seule équité doit dicter ses jugemens ,
et qu'elle ne doit ni se laisser ébranler
par
2318 MERCURE DE FRANCE
par les menaces ,
ni se laisser corrompre
par les promesses : On lisoit dans le
Cartel , au- dessus de ce Bas- relief. Fatta
aquato examine pendit.
Dans le 2 Bas relief , la Justice sous.
la figure d'une Femme aîlée , paroissoit
descendre avec rapidité , la Foudre à la
main , pour terrasser un Cyclope que
l'on voyoit renversé à ses pieds , par où
on a voulu marquer qu'il appartient à la
Justice de punir les coupables , et d'être
la vangeresse des violentes oppressions ,
ce qui étoit exprimé dans le Cartel par
la devise : Quatit sontes accinctaflagello.
Le Sujet du 3 Bas - relief étoit un Roi
assis sur un Trône , la Couronne antique
sur la tête , et le Sceptre à la main , en
action de prononcer un jugement. A sa
gauche la Justice ayant devant elle une
Balance posée sur la base du Trône
sembloit le soûtenir. De l'autre côté
Minerve avec un Casque , la Lance et le
Bouclier , exprimoit d'une maniere sensible
que la Justice et la Sagesse sont les
plus fermes appuis des Rois. La Devise
au- dessus n'avoit rapport qu'à la Justice :
Regem foliumque tuetur.
Enfin on voyoit dans le 4 Bas- relief
la Justice avec un Diadême , assise sur
un Trône et entourée de personnes
>
de
OCTOBRE . 1733. 2359
de differens âges , dont les habillemens
dénotoient l'état malheureux , et qui
sembloient applaudir et marquer leur
joye. Elle tenoit la Balance d'une main ,
et montroit de l'autre une Corne d'abondance
, pour faite entendre que la Justiçe
est la ressource la plus assûrée des
pauvres , des veuves et des orphelins
et que c'est d'elle que dépend le bonheur
et la felicité des peuples ; c'est pourquoi
on lisoit au- dessus de ce Bas - relief :
Misero tutamen in arctis.
>
Les quatre Bas- reliefs au-dessus des
Impostes , et ayant chacun 4 pieds de
haut sur 4 de large , representoient des
Enfans badinans avec les Attributs de la
Justice. Dans le premier , des enfans délioient
un Faisceau , et en rompoient les
baguettes pour en faire des fléches , ausquelles
l'Amour attachoit lui- même les
pointes.
Dans le second un de ces Amours ayant
enlevé un bassin de la Balance , et y ayant
attaché un coeur au milieu , le tenoit
élevé pour servir de but aux autres qui
s'éxerçoient à y tirer leurs féches.
Dans le troisième , l'Amour assis surun
Globe , couronné de lauriers , tenoit
son Arc d'une main , et une Balance de
Pautre ; des enfans venoient mettre à ses
pieds
2320 MERCURE DE FRANCE
pieds les Symboles de toutes les conditions
, Couronnes , Casques , Faisceaux ,
& c. l'Amour sembloit en triompher t
leur donner la loi.
Le quatriéme offroit aux yeux des Enfans
qui avoient mis dans un des bassins
de la Balance un Globe , une Couronne ,
une Epée , des Livres , des richesses , & c .
et dans l'autre un coeur percé d'une fléche.
L'Amour ayant touché l'équilibre
de la balance , le bassin où étoit ce coeur
l'emportoit sur tout le reste.
- Dans les Entre - colonnes des angles qui
Pavoient que 4 pieds de largeur , il y
avoit au dessus des impostes , quatre Médaillons
ovales en Marbre blanc , repres
sentant d'après l'Antique , les têtes des
quatre Législateurs , Numa , Minos ,
Solon et Saleucus . Et à Paplomb de ces
Médaillons , au- dessous , on voyoit quatre
Trophées en Bas - reliefs , aussi en
Marbre blanc , composés des Attributs
de la Justice , de l'Amour et de la Victoire.
Les paneaux où étoient ces Médaillons
et ces Trophées , étoient entourés
, ainsi que les autres Bas- reliefs , de
Guirlandes de fleurs artificielles . Tous
ces Bas -reliefs et toutes les Figures en
camayeu , dont nous venons de donner
Pexplication , étoient de la main du sicut
André
OCTOBRE. 1733. 2327
André , Peintre Curlandois , ils ont fait
Fadhiration des Connoisseurs les plus
difficiles , et du meilleur goût , qui en
ent trouvé la composition sage et noble ,
le dessein aussi élégant que correct , er
le clair obscur si bien entendu que toutes
ces Figures ont parû de relief , et
nous ne croyons pas que depuis Polidore
de Caravage , Disciple de Raphaël ,
on ait rien vû de mieux en ce genre.
Les douze Arcades dont le Salon étoit
percé , à l'exception de celle de la principale
d'entrée , et de celle du fond ,
avoient chacune deux portieres , ou rideaux
de Satin verd , garnis de galons
et de franges d'or , et relevés en pavillons
par des cordons et des glands avec
beaucoup de goût. Celle du fond , visà
vis l'entrée , étoit en niche , peinte en
Marbre précieux , ayant 14 pieds de
haut sur 6 de large , le fond revêtu de
congellations en or. La Base de cette
Niche étoit un pied de Fontaine à pans ,
du même Marbre , orné de Festons et
de Consoles dorées de 4 pieds de haut
sur 9 de large , 7 d'enfoncement , et plus
de trois pieds de saillie. La surface de
cette Fontaine formoit un bassin revêtu
de plomb , de huit pouces de profondeur.
Da
222 MERCURE DE FRANCE
Du milieu de ce bassin s'élevoit une
tige ou pied droit , portant deux Coupes
, ou Coquilles dorées , d'inegale
grandeur la plus petite étoit la plus
élevée de celle ci sortoit uue grosse gerbe
d'eau vive , qui retombant en nappe
dans l'autre coquille , et de- là dans le
Bassin , formoit une cascade très - abondante
, et dont la vuë fit d'autant plus
de plaisir , qu'on devoit moins s'atten
dre à la trouver dans ce Salon.
Le pied qui soutenoit la premiere Coquille
étoit revêtu de trois mufles dorés ,
jettant de l'eau dans le Bassin , du milieu
duquel s'élevoient encore sept Jets d'eau ,
dont l'inégale hauteur formoit une figure
pyramidale. Celui du milieu s'élançoir
jusques dans la coquille d'en haut , et les
six autres retomboient inégalement dans
celle de dessous.
Au-dessus de la Gerbe , étoit suspendue
une Ancre d'argent , jettant de l'eau
par les deux pointes , et cette Ancre
étoit surmontée d'une Etoile lumineuse
de cristal , qui jettoit aussi de l'eau de
tous les côtez , ensorte qu'elle paroissoit
être au milieu d'un Soleil d'eau , ce qui
figuroit avec beaucoup d'artifice le blazon
des Armes de M. Bernard.
Le ceintre de la Niche étoit couvert
d'une
OCTOBRE . 1733. 2323
d'une Banderole peinte en émeraude , sur
laquelle on lisoit cette Devise : In patriam
populumque fluxit.
Sous les deux Arcades à côté de là
Niche étoient deux Buffets pour la distribution
du Vin , des Liqueurs , & c.
et au-dessus deux Tribunes avec des
Balustrades dorées à hauteur d'appui.
Les quatre Arcades aux extrêmitez des
grands côtez étoient entierement ouvertes.
A la premiere , à droite , aboutissoit
la Galerie couverte , qui communiquoit
de plein pied aux Appartemens du rezde
chaussée . Elle étoit tapissée de Damas
cramoisi , galonné d'or au dessus d'un
lambri à paneaux , et oruée de Trumeaux,
de Glaces , et de Girandoles . On avoit
pratiqué derriete les deux grands côtez
du Salon , des Galeries de sept pieds de
largeur , lambrissées , et richement tapissées
, qui communiquoient d'une Arcade
à l'autre , et l'on voyoit au fond de
chacune de ces Arcades des Tables de
Marbre , des Glaces , des Lustres ,
Torcheres et des Girandoles ce qui
trompoit agréablement les yeux , et faisoit
croire que ces Arcades formoient les
entrées d'autant d'Appartemens differens.
›
des
L'Arcade du milieu du grand côté , à
gauche
2324 MERCURE DE FRANCE
›
gauche , étoit fermé par un grand pa
neau de glaces , qui répétoient le Salon
dans toute son étenduë et celle qui
étoit vis à- vis à droite , étoit seulement
vitrée , pour donner passage au jour , et
laisser à un grand nombre de Spectateurs
la liberté de jouir du Spectacle du
Salon .
Les deux Arcades à côté de celle d'entrée
, embrassoient les deux- croisées vitrées
dont on a parlé en décrivant le
Frontispice,
Frontispice . Les fonds des Arcades ou
vertes ,des Tribunes et des Buffets étoient
meublés de Damas cramoisi , galonné
d'or.
en
La Frise qui régnoit tout autour du
Salon étoit ainsi que les Colonnes
bréche violette . Les ornemens de l'Architrave
et de la Corniche , selon l'ordre
Ionique , étoient en or. Au - dessus du
milieu des Arcades étoient différens
Cartouches d'Armes et Cartels de Devises
dorés en relief. Les Armes y étoient
blasonnées avec les émaux et couleurs propres,
et les devises étoient écrites dans les
carrels sur un fond vert. On voyoit les
armes des nouveaux Epoux répétées avec
tous leurs attributs et ornées de Guirlanlandes
de fleurs , en trois differens , endroits
; au dessus de l'Arcade de la Fontaine
,
OCTOBRE . 1733 2325
taine , et au dessus des Arcades du milieu
des deux grands côtez , celles de M. Bernard
étoient au dessus de l'Arcade d'entrée.
Dans le cartel posé sur l'Arcade à
gauche de la Fontaine , on lisoit cette devise
M. Molé : Hares virtutis avita.
pour
Sur l'Arcade voisine du grand côté ,
cellec- cy qui regardoit les deux époux :
trajecit utrumque sagitta.
Les deux qui étoient sur les mêmes Arcades
, de l'autre côté , convenoient à la
jeune Epouse : La premiere étoit : Magno
Patre nata puella est ; et la seconde : Quam
jocus Circumvolat et cupido.
La devise qui étoit sur l'Arcade à droi
te des Armes de M.Bernard , exprimée en
ces termes : Illum aget fama superstes , annonçoit
que ses grandes qualitez feroient
passer sa mémoire à la postérité ; et pour
marquer le noble usage qu'il fait de son
bien , on avoit mis au dessus de l'Arcade
de la Galerie des Appartemens : Beata
pleno copia cornu . Sur les mêmes Arcades,
du côté opposé , on lisoit ces deux devises
: Serus in coelum redeas , et Hic ames
dici pater, exprimoient les voeux de la famille
de M. Bernard , pour sa conservation
et la durée de ses jours .
Rien n'étoit plus brillant que le Plafond
de ce superbe Salon. Il avoit 25 .
pieds
2326 MERCURE DE FRANCE
pieds d'élevation et étoit composé de
plusieurs Travées en compartimens, alignées
d'une colonne à l'autre , et les
compartimens étoient formez par des Paneaux
quarrez et octogones , régulierement
assemblez , dont le milieu , les
moulures et les ornemens étoient en or.
Les Paneaux octogones avoient au centre
une grosse Etoile d'argent , et ils étoient
tous séparez les uns des autres , suivant
les lignes de leur direction aux colomdes
Guirlandes de fleurs peintes
par
au naturel, et par de grosses Roses dorées
en relief , qui couvroient les angles des
Paneaux , ce qui produisoit aux yeux un
effet aussi riche que varić ; ce Plafond,
aussi bien que l'Architecture de la façade
, avoit été peint par le sieur Pietre ,
Vénitien , très - habile en ce genre . C'est
le sieur Chouasse , qui a fait tous les
Ouvrages de Sculpture.
nes ,
Dans le milieu du Salon étoit la même
Table en fer à cheval qui avoit servi
pour la premiere Nôce. L'Illumination
de ce Salon répondoit parfaitement à la
magnificence de la Décoration ; il étoit
éclairé de toutes parts par un grand nombre
de Lustres et de Girandoles , dont
il est aisé d'imaginer le brillant effet.
Les Conviez descendirent dans le Salon
;
OCTOBRE . 1733. 2327
ion , comme à la précédente Nôce , au
bruit des Timbales et Trompettes, L'Assemblée
ne fut ni moins nombreuse , ni
moins brillante ; les Ministres , les principaux
Seigneurs et Dames de la Cour y
assisterent. La magnificence du Chevalier
Bernard fut également admirée dans
l'abondance , la varieté et la délicatesse
des mets et des vins qui furent servis,
>
On avoit disposé dans trois endroits
differens du Salon , trois corps de Symphonie
, l'un de Violons , Haut- bois et
Flutes , l'autre de Trompettes ct Timbales
, et le dernier de Cors de - Chasse
lesquels se répondant alternativement les
uns aux autres pendant tout le souper
et se joignant au murmure des Eaux de la
Cascade , flaterent agréablement l'oreille.
Au premier Service les sieurs Charpen
tier et Danguy , habillez en Bergers , entrerent
dans le Fer- à- cheval , le premier
joüant de la Musette , et l'autre de la
Viele. La Dlle Salé , célebre Danseuse ,
très- galamment vétuë en Bergere , vint
se placer entre eux deux ; elle sembloit
exprimer son étonnement et leur demander
la cause d'une Fête si superbe . Les
deux Bergers la conduisirent auprès de
Ma nouvelle Epouse , à qui elle présenta
un magnifique Bouquet. Elle continua
de
2328 MERCURE DE FRANCE
guant
de former quelques . Pas de danse , feide
chercher encore une autre personne
, et s'arrêta vis- à - vis la place qu'oc◄
cupoit M. Bernard ; elle lui présenta un
autre Bouquet , après quoi elle se retira.
Elle revint au dessert , pendant lequel
elle dansa differentes Entrées dans la plus
grande perfiction et avec des applaudissemens
infinis.
On sortit de table à minuit pour se
rendre à S. Eustache , où les nouveaux
Epoux devoient être mariez. Il nous pa--
roît inutile de nous étendre sur l'Illumination
et la Décoration de l'Eglise . Tout
Paris en a été témoin , et d'ailleurs nous.
n'aurions rien à ajoûter à ce que nous en
avons dit dans le dernier Mercure.
..Ce fut encore M. le Curé de S. Eusta
che qui fit la célebration du Mariage
et pendant tout le temps qu'elle dura
on entendit le bruit des Timbales et des
Trompettes , mêlé avec l'harmonie de
l'Orgue.
Nous avions intention d'ajoûter à cette
Description quelques Estampes , pour
donner au Lecteur une idée de ce superbe
Salon de Thémis , comme nous l'avons
fait pour le Temple de Mars , mais let
peu de temps que nous avons eu pour
faire graver ces Morceaux dans la perfection
OCTOBRE . 1733. 2325
fection qu'ils auroient demandé , ne nous
a pas permis de donner cette satisfaction
au Public.
, Mathieu François Molé, Chevalier,
Seigneur de Champlatreux , Luzarches ,
&c. Conseiller du Roy en tous ses Conseils
, Président du Parlement, fils de feu
Jean- Baptiste Molé , Chevalier, &c. Président
du Parlement , et de Dame Marie-
Nicole le Gorlier de Drovilly , épousa
Bonne- Félicité Bernard , fille de Samuel
Bernard , Chevalier de l'un des Ordres
du Roy , Conseiller d'Etat , Comte de
Coubert, Marquis de Merry , &c. et de
Dame Pauline Félicité de S. Chamant ,
fille de feu François de S. Chamant, Marquis
de Merry , Seigneur de Mériel , de
Saucourt, de Montabois , &c.et de Dame
Bonne de Chastelus sa veuve .
La Maison de Molé est , comme tout
le monde sait , une des plus anciennes et
des plus illustres du Parlement. Elle a
fourni dans le dernier siècle plusieurs
Grands Hommes , dont la mémoire sera
toujours en vénération , et l'on n'oubliera
OCTOBR Ë. 1733. 231º
ra jamais le nom de Mathieu Molé , qui
fut successivement Procureur Général ,
Premier Président du Parlement et Garde
des Sceaux de France ; et qui dans l'exercice
de ces différentes Charges, donna des
témoignages éclatans de zéle et d'attachement
au bien public , et à la gloire de l'Etat
, particulierement durant les troubles
de Paris. Sa principale occupation pendant
qu'il étoit Procureur Général , fut
de réprimer les désordres de l'ancienne
discipline , causez par une suite de Guerres
civiles. C'étoit un homme de probité ,
actif , vigilant et consommé dans les affaires.
M. Molé qui donne lieu à cet artiticle
, est successivement le sixième Président
à Mortier de son nom et de sa Maison
, depuis Edouard Molé , pere de Mathieu
, qui se trouvant enfermé dans Paris
et contraint par ceux de la Ligue
d'exercer la Charge de Procureur Général
, fut obligé de l'accepter , pour satisfaire
le peuple et appaiser ses cris , et à
qui le Roi Henri IV. donna cette Charge
en 1602 , pour le récompenser des grands
services qu'il lui avoit rendus. La Généalogie
de la Maison de Molé , se trouve
dans le P. Anselme , derniere Edition ,
tome 6. page $ 70.
La nouvelle Fête que M. le Chevalier
I iiij
Ber2311
MERCURE DE FRANCE ་
Bernard donna à l'occasion de ce second
mariage , ne fut ni moins magnifique ni
moins brillante que celle qu'il donna le
16 du mois d'Août dernier , pour le mariage
de M. et de Mde la Marquise de
Mirepoix , dont nous avons parlé dans
le Mercure précédent.
Elle commença comme la premiere ,
par un Concert , composé des mêmes
Voix et Instrumens ; il n'y eut rien de
changé à l'ordre et au dessein de l'illumination;
sur quoi nous renvoyons à la description
que nous en avons déja faite.
On soupa sur les neuf heures dans une
nouvelle Sale , construite dans le même
Jardin , et dont la décoration tant intéricure
, qu'extérieure ne ressembloit en
rien à celle de la premiere . Le Chevalier
Servandoni , Peintre et Architecte du
Roy , à qui M. Bernard en avoit confié
l'entreprise , y donna une preuve écla
tante de son génie et de son goût singu
lier pour ces sortes d'Ouvrages .
Le Frontispice offroit aux yeux une Architecture
rustique en bossage , d'une
vetusté majestueuse et simple , representant
la façade d'un ancien Palais , au
milieu de laquelle étoit une grande Arcade
, formée par des pierres de taille
d'inégales grandeurs , et saillantes d'environ
OCTOBRE. 1733. 2313
viron quatre pouces. Les deux fenêtres
à côté de l'Arcade étoient dans le même
goût , et portoient chacune une corniche
et un fronton surmonté d'une étoile'
en saillie qui paroissoit détachée du mur.
Au-dessus de l'Arcade régnoit d'un bout
à l'autre de la façade une corniche soutenant
un fronton qui servoit de couronnement
, et dans le timpan duquel on
voyoit un Cartouche avec les Armes des
nouveaux Epoux, surmontées du Mortier
avec la Couronne et le Manteau Ducal
pour soûtien deux Cornes d'abondance
renversées.
La Décoration interieure representoit
un Salon des plus superbes , orné d'Arcades
, de Colonnes , de Figures allegoriques
, de Bas - reliefs , de Médaillons , de
Cartels et de Trophées. Tout y avoit un
rapport marqué au nom et à la dignité
de M. Molé et de ses illustres Ancêtres .
Les Attributs de la Justice y étoient pa
tout exposez d'une maniere variée et in
genieuse , ce qui a fait nommer ce beau
Lieu le Salon de Themis.
- Ce Salon qui formoit un quarré long
de 12 toises et demie de longueur sur
7toises et demie de largeur , et de 6 toises
et demie de hauteur , étoit en marbré
blanc veiné , et ouvert par 12 Arcades.
Ly de
2314 MERCURE DE FRANCE
de 19 pieds de haut sur 8 de large , dis
tribuées par trois , sur chacun des quatre
côrez . Les Ceintres , ou Archivotes.
de ces Arcades soûtenoient chacun deux
figures de Femme couchées , en marbre
blanc , plus grandes que le naturel , et
qui exprimoient differens Attributs de
la Justice . Elles étoient au nombre de 24.
réduites à douze , parce qu'elles étoient
chacune repetées deux fois. On voyoit la
premiere tenant entre les mains une Base
sur laquelle étoit representée une Ville
pour faire entendre que la Justice est le
vrai fondement de toutes les societez .
"
La deuxième tenoit un Gouvernail
pour marquer qu'il n'y a que la Justice
qui puisse maintenir les Villes et les
Etats dans la tranquillité et la sûreté.
La troisième , les yeux attachés sur un
Livre , tenoit un Equerre de la main
droite , pour signifier l'attention que
les Magistrats doivent donner à l'Etude
des Loix , et l'équité avec laquelle ils
doivent agir.
La quatriéme tenoit une Balance
symbole de l'éxactitude et de la précision
des Magistrats , en pesant les divers.
interêts des hommes , et décidant sur
leurs vies et sur leurs biens,
La cinquième tenoit un plomb sus
pendu
OCTOBR E. 1733. 2315
pendu au bout d'un cordon , pour donner
à connoître qu'un Juge ne peut pas
être en état de rendre la justice , qu'il
ne se soit bien instruit des causes , et
qu'il n'en ait approfondi toutes les circonstances.
La sixième , qui étoit nuë avec un
Soleil sur la tête , representoit la Verité
qui doit être découverte et éclairer la
Justice.
La septième , superbement vêtuë ,
portoit une Couronne et un Sceptre , et
avoit la main sur un Globe , par où on
a voulu faire entendre que la Justice est
sur la terre comme la dépositaire de la
puissance divine.
La huitième, tenoit sur ses genoux un
Enfant qu'elle allaitoit , pour exprimer
que la Justice doit prendre pour ceux
qui ont recours à elle , les tendres sentimens
d'une mere , et devenir en quelque
sorte la nourice des peuples.
La neuviéme tenoit une Bride , pour
montrer que la Justice met un frein à
Pinsolence des méchans , et les empêche
de nuire.
*
La dixième , qui portoit un Faisceau
avec la hache , signifioit que la Justice
est armée pour punir les coupables et
deffendre les innocens.-
I vj
La
2316 MERCURE DE FRANCE
La onzième se couvroit les yeux d'un
bandeau , pour faire connoître que la
Justice doit fermer les yeux à la faveur
et au crédit , pour ne les ouvrir que sur
les Loix et l'équité lui prescri
ce que
vent.
La douzième enfin paroissoit se boucher
une oreille d'une main , et montrer
l'autre ouverte , pour exprimer l'impartialité
de la Justice , qui doit tout
écouter sans se laisser prévenir,
Le pourtour du Salon étoit decoré de
24 colonnes en relief , en bréche violette
, d'ordre Ionique , de 18 pieds de
haut , y compris Bases et Chapiteaux ,
sur deux pieds de diametre. Elles portoient
leur entablement , et elles étoient
posées à côté des Arcades sur des piedestaux
de quatre pieds de hauteur, dont
les paneaux aussi en brèche violette , les
Bases et Chapiteaux dorés ; elies avoient
chacune , au tiers de la hauteur , un
bandeau richement orné , soûtenant une
tige dorée à cinq branches , garnies de
bougies. A la place du Fleuron des chapiteaux
, étoit une Etoile , qui est une
piéce des Armes de M. Bernard et de
M. Molé .
Dans les quatre Entre colonnes des
grands côtés , qui avoient 7 pieds de
large
OCTOBRE . 1733. 2317
large , d'une Arcade à l'autre , on voyoit .
huit Bas reliefs en Marbre blanc , entourés
de Festons en fleurs artificielles ,
dont quatre étoient sous les Impos.es , et
quatre au-dessus.
1
2
·
Les quatre Bas reliefs sous les Impostes
, avoient chacun huit pieds de
haut sur 4 de large , representant les
principaux Attributs de la Justice , er
étoient couronnés chacun par un Cartel
ovale , dont les ornemens étoient dorés ,
et sur le fond , peint en émeraude , on'
lisoit des Inscriptions ou Devises latines:
relatives aux sujets exprimés dans les Basreliefs
.
Dans le premier on voyoit la Justice
sous la figure d'une Femme assise sur une
base quarrée , une Balance en équilibre.
à la main , la tête et le visage voilés , et
portant une Couronne par dessus son
voile. A ses pieds étoient , d'un côté un
Barbare , tenant une chaîne d'une main ,
et un poignard de l'autre , et paroissant
vouloir lui faire violence , et de l'autrecôté
une femme en action soumise , qui
pour la fléchir , lui offroit un vase plein
d'or , sur lequel la Justice posoit dédaigneusement
le pied , pour signifier que
la seule équité doit dicter ses jugemens ,
et qu'elle ne doit ni se laisser ébranler
par
2318 MERCURE DE FRANCE
par les menaces ,
ni se laisser corrompre
par les promesses : On lisoit dans le
Cartel , au- dessus de ce Bas- relief. Fatta
aquato examine pendit.
Dans le 2 Bas relief , la Justice sous.
la figure d'une Femme aîlée , paroissoit
descendre avec rapidité , la Foudre à la
main , pour terrasser un Cyclope que
l'on voyoit renversé à ses pieds , par où
on a voulu marquer qu'il appartient à la
Justice de punir les coupables , et d'être
la vangeresse des violentes oppressions ,
ce qui étoit exprimé dans le Cartel par
la devise : Quatit sontes accinctaflagello.
Le Sujet du 3 Bas - relief étoit un Roi
assis sur un Trône , la Couronne antique
sur la tête , et le Sceptre à la main , en
action de prononcer un jugement. A sa
gauche la Justice ayant devant elle une
Balance posée sur la base du Trône
sembloit le soûtenir. De l'autre côté
Minerve avec un Casque , la Lance et le
Bouclier , exprimoit d'une maniere sensible
que la Justice et la Sagesse sont les
plus fermes appuis des Rois. La Devise
au- dessus n'avoit rapport qu'à la Justice :
Regem foliumque tuetur.
Enfin on voyoit dans le 4 Bas- relief
la Justice avec un Diadême , assise sur
un Trône et entourée de personnes
>
de
OCTOBRE . 1733. 2359
de differens âges , dont les habillemens
dénotoient l'état malheureux , et qui
sembloient applaudir et marquer leur
joye. Elle tenoit la Balance d'une main ,
et montroit de l'autre une Corne d'abondance
, pour faite entendre que la Justiçe
est la ressource la plus assûrée des
pauvres , des veuves et des orphelins
et que c'est d'elle que dépend le bonheur
et la felicité des peuples ; c'est pourquoi
on lisoit au- dessus de ce Bas - relief :
Misero tutamen in arctis.
>
Les quatre Bas- reliefs au-dessus des
Impostes , et ayant chacun 4 pieds de
haut sur 4 de large , representoient des
Enfans badinans avec les Attributs de la
Justice. Dans le premier , des enfans délioient
un Faisceau , et en rompoient les
baguettes pour en faire des fléches , ausquelles
l'Amour attachoit lui- même les
pointes.
Dans le second un de ces Amours ayant
enlevé un bassin de la Balance , et y ayant
attaché un coeur au milieu , le tenoit
élevé pour servir de but aux autres qui
s'éxerçoient à y tirer leurs féches.
Dans le troisième , l'Amour assis surun
Globe , couronné de lauriers , tenoit
son Arc d'une main , et une Balance de
Pautre ; des enfans venoient mettre à ses
pieds
2320 MERCURE DE FRANCE
pieds les Symboles de toutes les conditions
, Couronnes , Casques , Faisceaux ,
& c. l'Amour sembloit en triompher t
leur donner la loi.
Le quatriéme offroit aux yeux des Enfans
qui avoient mis dans un des bassins
de la Balance un Globe , une Couronne ,
une Epée , des Livres , des richesses , & c .
et dans l'autre un coeur percé d'une fléche.
L'Amour ayant touché l'équilibre
de la balance , le bassin où étoit ce coeur
l'emportoit sur tout le reste.
- Dans les Entre - colonnes des angles qui
Pavoient que 4 pieds de largeur , il y
avoit au dessus des impostes , quatre Médaillons
ovales en Marbre blanc , repres
sentant d'après l'Antique , les têtes des
quatre Législateurs , Numa , Minos ,
Solon et Saleucus . Et à Paplomb de ces
Médaillons , au- dessous , on voyoit quatre
Trophées en Bas - reliefs , aussi en
Marbre blanc , composés des Attributs
de la Justice , de l'Amour et de la Victoire.
Les paneaux où étoient ces Médaillons
et ces Trophées , étoient entourés
, ainsi que les autres Bas- reliefs , de
Guirlandes de fleurs artificielles . Tous
ces Bas -reliefs et toutes les Figures en
camayeu , dont nous venons de donner
Pexplication , étoient de la main du sicut
André
OCTOBRE. 1733. 2327
André , Peintre Curlandois , ils ont fait
Fadhiration des Connoisseurs les plus
difficiles , et du meilleur goût , qui en
ent trouvé la composition sage et noble ,
le dessein aussi élégant que correct , er
le clair obscur si bien entendu que toutes
ces Figures ont parû de relief , et
nous ne croyons pas que depuis Polidore
de Caravage , Disciple de Raphaël ,
on ait rien vû de mieux en ce genre.
Les douze Arcades dont le Salon étoit
percé , à l'exception de celle de la principale
d'entrée , et de celle du fond ,
avoient chacune deux portieres , ou rideaux
de Satin verd , garnis de galons
et de franges d'or , et relevés en pavillons
par des cordons et des glands avec
beaucoup de goût. Celle du fond , visà
vis l'entrée , étoit en niche , peinte en
Marbre précieux , ayant 14 pieds de
haut sur 6 de large , le fond revêtu de
congellations en or. La Base de cette
Niche étoit un pied de Fontaine à pans ,
du même Marbre , orné de Festons et
de Consoles dorées de 4 pieds de haut
sur 9 de large , 7 d'enfoncement , et plus
de trois pieds de saillie. La surface de
cette Fontaine formoit un bassin revêtu
de plomb , de huit pouces de profondeur.
Da
222 MERCURE DE FRANCE
Du milieu de ce bassin s'élevoit une
tige ou pied droit , portant deux Coupes
, ou Coquilles dorées , d'inegale
grandeur la plus petite étoit la plus
élevée de celle ci sortoit uue grosse gerbe
d'eau vive , qui retombant en nappe
dans l'autre coquille , et de- là dans le
Bassin , formoit une cascade très - abondante
, et dont la vuë fit d'autant plus
de plaisir , qu'on devoit moins s'atten
dre à la trouver dans ce Salon.
Le pied qui soutenoit la premiere Coquille
étoit revêtu de trois mufles dorés ,
jettant de l'eau dans le Bassin , du milieu
duquel s'élevoient encore sept Jets d'eau ,
dont l'inégale hauteur formoit une figure
pyramidale. Celui du milieu s'élançoir
jusques dans la coquille d'en haut , et les
six autres retomboient inégalement dans
celle de dessous.
Au-dessus de la Gerbe , étoit suspendue
une Ancre d'argent , jettant de l'eau
par les deux pointes , et cette Ancre
étoit surmontée d'une Etoile lumineuse
de cristal , qui jettoit aussi de l'eau de
tous les côtez , ensorte qu'elle paroissoit
être au milieu d'un Soleil d'eau , ce qui
figuroit avec beaucoup d'artifice le blazon
des Armes de M. Bernard.
Le ceintre de la Niche étoit couvert
d'une
OCTOBRE . 1733. 2323
d'une Banderole peinte en émeraude , sur
laquelle on lisoit cette Devise : In patriam
populumque fluxit.
Sous les deux Arcades à côté de là
Niche étoient deux Buffets pour la distribution
du Vin , des Liqueurs , & c.
et au-dessus deux Tribunes avec des
Balustrades dorées à hauteur d'appui.
Les quatre Arcades aux extrêmitez des
grands côtez étoient entierement ouvertes.
A la premiere , à droite , aboutissoit
la Galerie couverte , qui communiquoit
de plein pied aux Appartemens du rezde
chaussée . Elle étoit tapissée de Damas
cramoisi , galonné d'or au dessus d'un
lambri à paneaux , et oruée de Trumeaux,
de Glaces , et de Girandoles . On avoit
pratiqué derriete les deux grands côtez
du Salon , des Galeries de sept pieds de
largeur , lambrissées , et richement tapissées
, qui communiquoient d'une Arcade
à l'autre , et l'on voyoit au fond de
chacune de ces Arcades des Tables de
Marbre , des Glaces , des Lustres ,
Torcheres et des Girandoles ce qui
trompoit agréablement les yeux , et faisoit
croire que ces Arcades formoient les
entrées d'autant d'Appartemens differens.
›
des
L'Arcade du milieu du grand côté , à
gauche
2324 MERCURE DE FRANCE
›
gauche , étoit fermé par un grand pa
neau de glaces , qui répétoient le Salon
dans toute son étenduë et celle qui
étoit vis à- vis à droite , étoit seulement
vitrée , pour donner passage au jour , et
laisser à un grand nombre de Spectateurs
la liberté de jouir du Spectacle du
Salon .
Les deux Arcades à côté de celle d'entrée
, embrassoient les deux- croisées vitrées
dont on a parlé en décrivant le
Frontispice,
Frontispice . Les fonds des Arcades ou
vertes ,des Tribunes et des Buffets étoient
meublés de Damas cramoisi , galonné
d'or.
en
La Frise qui régnoit tout autour du
Salon étoit ainsi que les Colonnes
bréche violette . Les ornemens de l'Architrave
et de la Corniche , selon l'ordre
Ionique , étoient en or. Au - dessus du
milieu des Arcades étoient différens
Cartouches d'Armes et Cartels de Devises
dorés en relief. Les Armes y étoient
blasonnées avec les émaux et couleurs propres,
et les devises étoient écrites dans les
carrels sur un fond vert. On voyoit les
armes des nouveaux Epoux répétées avec
tous leurs attributs et ornées de Guirlanlandes
de fleurs , en trois differens , endroits
; au dessus de l'Arcade de la Fontaine
,
OCTOBRE . 1733 2325
taine , et au dessus des Arcades du milieu
des deux grands côtez , celles de M. Bernard
étoient au dessus de l'Arcade d'entrée.
Dans le cartel posé sur l'Arcade à
gauche de la Fontaine , on lisoit cette devise
M. Molé : Hares virtutis avita.
pour
Sur l'Arcade voisine du grand côté ,
cellec- cy qui regardoit les deux époux :
trajecit utrumque sagitta.
Les deux qui étoient sur les mêmes Arcades
, de l'autre côté , convenoient à la
jeune Epouse : La premiere étoit : Magno
Patre nata puella est ; et la seconde : Quam
jocus Circumvolat et cupido.
La devise qui étoit sur l'Arcade à droi
te des Armes de M.Bernard , exprimée en
ces termes : Illum aget fama superstes , annonçoit
que ses grandes qualitez feroient
passer sa mémoire à la postérité ; et pour
marquer le noble usage qu'il fait de son
bien , on avoit mis au dessus de l'Arcade
de la Galerie des Appartemens : Beata
pleno copia cornu . Sur les mêmes Arcades,
du côté opposé , on lisoit ces deux devises
: Serus in coelum redeas , et Hic ames
dici pater, exprimoient les voeux de la famille
de M. Bernard , pour sa conservation
et la durée de ses jours .
Rien n'étoit plus brillant que le Plafond
de ce superbe Salon. Il avoit 25 .
pieds
2326 MERCURE DE FRANCE
pieds d'élevation et étoit composé de
plusieurs Travées en compartimens, alignées
d'une colonne à l'autre , et les
compartimens étoient formez par des Paneaux
quarrez et octogones , régulierement
assemblez , dont le milieu , les
moulures et les ornemens étoient en or.
Les Paneaux octogones avoient au centre
une grosse Etoile d'argent , et ils étoient
tous séparez les uns des autres , suivant
les lignes de leur direction aux colomdes
Guirlandes de fleurs peintes
par
au naturel, et par de grosses Roses dorées
en relief , qui couvroient les angles des
Paneaux , ce qui produisoit aux yeux un
effet aussi riche que varić ; ce Plafond,
aussi bien que l'Architecture de la façade
, avoit été peint par le sieur Pietre ,
Vénitien , très - habile en ce genre . C'est
le sieur Chouasse , qui a fait tous les
Ouvrages de Sculpture.
nes ,
Dans le milieu du Salon étoit la même
Table en fer à cheval qui avoit servi
pour la premiere Nôce. L'Illumination
de ce Salon répondoit parfaitement à la
magnificence de la Décoration ; il étoit
éclairé de toutes parts par un grand nombre
de Lustres et de Girandoles , dont
il est aisé d'imaginer le brillant effet.
Les Conviez descendirent dans le Salon
;
OCTOBRE . 1733. 2327
ion , comme à la précédente Nôce , au
bruit des Timbales et Trompettes, L'Assemblée
ne fut ni moins nombreuse , ni
moins brillante ; les Ministres , les principaux
Seigneurs et Dames de la Cour y
assisterent. La magnificence du Chevalier
Bernard fut également admirée dans
l'abondance , la varieté et la délicatesse
des mets et des vins qui furent servis,
>
On avoit disposé dans trois endroits
differens du Salon , trois corps de Symphonie
, l'un de Violons , Haut- bois et
Flutes , l'autre de Trompettes ct Timbales
, et le dernier de Cors de - Chasse
lesquels se répondant alternativement les
uns aux autres pendant tout le souper
et se joignant au murmure des Eaux de la
Cascade , flaterent agréablement l'oreille.
Au premier Service les sieurs Charpen
tier et Danguy , habillez en Bergers , entrerent
dans le Fer- à- cheval , le premier
joüant de la Musette , et l'autre de la
Viele. La Dlle Salé , célebre Danseuse ,
très- galamment vétuë en Bergere , vint
se placer entre eux deux ; elle sembloit
exprimer son étonnement et leur demander
la cause d'une Fête si superbe . Les
deux Bergers la conduisirent auprès de
Ma nouvelle Epouse , à qui elle présenta
un magnifique Bouquet. Elle continua
de
2328 MERCURE DE FRANCE
guant
de former quelques . Pas de danse , feide
chercher encore une autre personne
, et s'arrêta vis- à - vis la place qu'oc◄
cupoit M. Bernard ; elle lui présenta un
autre Bouquet , après quoi elle se retira.
Elle revint au dessert , pendant lequel
elle dansa differentes Entrées dans la plus
grande perfiction et avec des applaudissemens
infinis.
On sortit de table à minuit pour se
rendre à S. Eustache , où les nouveaux
Epoux devoient être mariez. Il nous pa--
roît inutile de nous étendre sur l'Illumination
et la Décoration de l'Eglise . Tout
Paris en a été témoin , et d'ailleurs nous.
n'aurions rien à ajoûter à ce que nous en
avons dit dans le dernier Mercure.
..Ce fut encore M. le Curé de S. Eusta
che qui fit la célebration du Mariage
et pendant tout le temps qu'elle dura
on entendit le bruit des Timbales et des
Trompettes , mêlé avec l'harmonie de
l'Orgue.
Nous avions intention d'ajoûter à cette
Description quelques Estampes , pour
donner au Lecteur une idée de ce superbe
Salon de Thémis , comme nous l'avons
fait pour le Temple de Mars , mais let
peu de temps que nous avons eu pour
faire graver ces Morceaux dans la perfection
OCTOBRE . 1733. 2325
fection qu'ils auroient demandé , ne nous
a pas permis de donner cette satisfaction
au Public.
Fermer
Résumé : Fête donnée à l'occasion du Mariage de M. le Président Molé, [titre d'après la table]
Le 21 septembre 1733, Mathieu François Molé, Chevalier et Seigneur de Champlatreux et Luzarches, Conseiller du Roi et Président du Parlement, a épousé Bonne-Félicité Bernard. Cette dernière est la fille de Samuel Bernard, Chevalier et Conseiller d'État, et de Pauline Félicité de Saint Chamant. La famille Molé est l'une des plus anciennes et illustres du Parlement, ayant fourni plusieurs grands hommes au siècle précédent, notamment Mathieu Molé, Procureur Général, Premier Président du Parlement et Garde des Sceaux de France. Mathieu Molé, mentionné dans le texte, est le sixième Président à Mortier de sa famille. La fête organisée par le Chevalier Bernard à l'occasion de ce mariage a été aussi magnifique que celle célébrée le 16 août précédent pour le mariage de la Marquise de Mirepoix. Elle a commencé par un concert suivi d'un souper à neuf heures dans une nouvelle salle du jardin, décorée par le Chevalier Servandoni. La décoration extérieure représentait un ancien palais avec une arcade et des fenêtres ornées. La décoration intérieure, nommée le Salon de Thémis, était ornée de figures allégoriques et de bas-reliefs représentant les attributs de la justice. Le salon, de dimensions imposantes, était décoré de colonnes et de figures de femmes symbolisant divers aspects de la justice. Les bas-reliefs et médaillons étaient l'œuvre du peintre curlandois André. Le salon, considéré comme l'un des plus beaux depuis Polidore de Caravage, est percé de douze arcades, chacune ornée de rideaux de satin vert garnis d'or. L'arcade du fond, en forme de niche, est peinte en marbre précieux et ornée de congélations en or. Elle abrite une fontaine avec des coquilles dorées et des jets d'eau formant une cascade abondante. La niche est surmontée d'une ancre d'argent et d'une étoile lumineuse de cristal, symbolisant les armes de M. Bernard. Le salon est richement meublé avec des buffets pour la distribution de vin et de liqueurs, des tribunes avec des balustrades dorées, et des galeries lambrissées et tapissées. Les arcades sont décorées de damas cramoisi galonné d'or, et la frise ainsi que les colonnes sont en brèche violette. Les ornements de l'architrave et de la corniche sont en or, suivant l'ordre ionique. Des cartouches d'armes et des devises dorées en relief sont présents au-dessus des arcades. Le plafond, élevé de 25 pieds, est composé de travées en compartiments alignés d'une colonne à l'autre, ornés de guirlandes de fleurs et de roses dorées. La décoration a été réalisée par le sieur Pietre, et les sculptures par le sieur Chouasse. Une table en fer à cheval, utilisée lors d'une précédente noce, est placée au milieu du salon. L'illumination est assurée par de nombreux lustres et girandoles, et des corps de symphonie jouent pendant le souper. Après le souper, les convives se rendent à l'église Saint-Eustache pour la célébration du mariage, accompagnée de musique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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88
p. 395-405
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Le dix-neuf Janvier Dame Marie-Magdelene Baudin, Epouse de Mathias Goudin, Conseiller [...]
Mots clefs :
Paris, France, Mort, Seigneur, Âge, Conseiller au Parlement, Dame, Roi, Fille, Chevalier, Secrétaire, Marquis, Comte, Président, Louis Milon de Rigny, Pierre de Brilhat, Pierre-Maurille Boulard, René-Charles-Elisabeth de Coëtlogon, Marie-Celse-Antoinette de Cugnac, Louis-Charles de Gouffier, Catherine-Angélique d'Albert de Luynes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS , NAISSANCES
et Mariages.
LBA
Edix- neuf Janvier Dame Marie -Magdelene
Baudin , Epouse de Mathias Goudin , Conseilde
ler en la Cour des Aydes de Paris , et qui avoit
été mariée le 18 Fevrier 1732.mourut en couches
de son deuxième enfant , agée de 27. ans.
>
Le 24. Janvier M. Louis Milon , Evêque et
Seigneur de Condom Prieur des Prieurés de
S. Marcel , de Villiers S. Sepulchre , et des deux
Gemeaux , Docteur en Théologie de la Faculté
11
de
396 MERCURE DE FRANCE
de Paris du 4. Juillet 1685. mourut en son Château
à deux lieuës de Condom , agé d'environ
76. ans , et dans la 41. année de son Episcopat ,
ayant été nommé à l'Evêché de Condom , Suffra
(gant de Bourdeaux , le 1. Novembre 1693 et sacré
le 14. Fevrier 1694. Il avoit été auparavant
Chanoine de l'Eglise de Saint Martin de Tours,
et Aumônier du Roi . Ce Prêlat qui est fort regretté
dans son Diocèse , a fondé à Condom un Hôpital
, dans lequel les pauvres sont emploïés à
divers Arts et Métiers , et il a confié l'administration
de cette Maison aux Soeurs appellées de
la Foy. Il a établi les mêmes Soeurs à Nérac ,
pour instruire et cathechiser les jeunes Filles de
la Religion protestante , a retabli les Eglises de
Monchenit , et de Puge , que les Religionaires
avoient entierement detruites , et a achevé son Palais
Episcopal qui avoit été deja commencé à
grands frais . Il assista en 1705. à l'Assemblée
générale du Clergé , en qualité d'un des Députés
de la Province de Bourdeaux . Ce Prélat étoit
deuxième Fils d'Alexandre Milon , Seigneur de
la Borde , Mesne Amnon &c. Président , Trésorier
General de rance en Berri , mort le 10.
May 1687. et de Françoise Palla , morte le 26.
May 1703. Il avoit pour Frere aîné Aléxandre
Milon , Maîtte des Requêtes Honoraire de l'Hôtel
du Roi , qui vient d'entrer dans la 82. année
de son age , et qui est veuf depuis le 6. Janvier
1700. de Marie - Magdelene Thérese Coicault de
Chevigny , de laquelle il avoit eu Françoise- Elizabeth
Milon , Fille unique , mariée le 19. Fevrier
1700. avec Louis- Charles de Machault ,
Seigneur d'Arnouville , Conseiller d'Etat ordinaire
, et morte le 22. Janvier 1720. laissant un
Fils unique , qui est Maître des Requêtes depuis
1728
1
FEVRIER . 1734 397
1718. L'Eveque de Condom avoit pour frere
puîné Henry Milon , Seigneur de Mesne , Intendant
General des Turces et levées de France ,
et Grand-Maître des Eaux et forêts de France en
Touraine , puis en Poitou , Auni , Saintonge ,
Engoumois , Limosin , haute et basse Marche ,
Bourbonnois , et Nivernois , mort depuis plusieurs
années , ayant laissé de Jeanne - Françoise
Angelique Collin sa femme , trois Fils , dont l'un ,
après avoir été Capitaine dans le Regiment du
Roi , s'étoit retiré à Condom auprès de l'Evêque
son Oncle ; un autre connu sous le nom du sieur
de Mesne , resident à Tours , et un troisiéme qui
est Alexandre Milon , né à Paris le 13. Juin 1688 .
Docteur en Théologie de la Faculté de Paris du
18. Octobre 1714. ci-devant Aumônier du Roi ,
et à présent Evêque de Valence en Dauphiné qui
a été nommé à cet Evêché le 7. May 1725 .
et sacré le 31. Mars 1728. et qui a obtenu au
mois de May 1728. l'Abbaye de Leoncel,Ordre
de Citaux , Diocèse de Die.
Le 25. Janvier M. Pierre de Brilhat , Vicomte,
de Geneay en Poitou , Seigneur de Nouzières en
ngoumois , Premier President au Parlement de
Bretagne , mourut à Paris agé de 67. ans , étant
né le 26. Janvier 1667. Il étoit dans la 31. année
de l'éxercice de sa Charge de Premier Président,
en laquelle il avoit été reçu le 16. Juin 1703
étant auparavant Conseiller au Parlement de
Paris , depuis le 27. Fevrier 1688. Il étoit Fils
ainé de Nicolas de Brilhat , Seigneur de Nouzieres
, Vicomte de Geneay , Conseiller au Parlement
de Paris , et de Jeanne Auzanne , et avoit
épousé en premieres noces le 17. Septembre 1693 ,
Marie-Anne de Chouet, Fille de Pierre de Choüett
Seigneur de Gevreau , Conseiller au Parlement
I v de
398 MERCURE DE FRANCE
de Bretagne , et de Marie du Moley ; et en se
condes noces Pelagie- Constance de Lys , Fille
d'un Conseiller au même Parlement. Cette derniere
mourut de la petite verole à Paris le 11 .
Novembre 1731. agée d'environ 43. ans. Il a
laissé des Enfans de l'une et de l'autre.
:
Le même jour Emanuel Pierre-Claude Raymond
, Ecuyer , Sieur de Marcest , Lieuter ne
au Regiment de Rosnyvinen , Dragons , File
feu Pierre Raymond, Ecuyer , Seigneur de
cest , Lieutenant de Roy en la Province de Bo
bonnois , et auparavant Lieutenant au Régime :
des Gardes Françoises , mort le 8. Juillet 12
59. ans ; et de Dame Elizabeth River sa YouT
mourut d'une maladie de poitrine à Paris , gé
21. ans f . mois 24. jours. Il avoit fait sa pa
miere Campagne l'année derniere en Allem
à
"
Gabriel-Jean Nicolas, Seigneur de la Reyre , er
de Tralage , Fils de feu Gabriel Nicolas , Signeur
de-la Reynie de Tralage , et de Vic , Conseiller
d'Etat ordinaire , et Sous- Doyen du Conseil
, et auparavant Lieutenant General de Police
de la Ville de Paris , mort le 14. Juin 1709 .
l'age de 84. ans , et de Gabrielle de Garibal
mourut à Rome , le 26. Janvier , où il s'étoit
retiré depuis plusieurs années. Il n'avoit point
été marié.
Le 28 , Janvier Dame Marie- Therese Poyrel
de Grandval , veuve depuis le 24. Juin 1724. de
Jean du Puis , Ecuyer, Conseiller, Tresorier General
de la Maison du Roi , mourut à Paris ,
agé de 68. ans . mois , laissant un Fils qui est
Pierre du Puis , reçu Conseiller au Parlement de
Paris le 27. Janvier 1712.puis Président au Grand
Conseil le 9. Fevrier 1720. qui a épousé l'Ainée
des trois Filles de feu Charles Ruau du Tronchot,
Seigneur
FEVRIER 1734. 399
Seigneur de Ville - Dieu &c. Chevalier de l'Ordre
du Roi, Secretaire de S. M. Maison , Couronne
de France , et de ses Finances , Ancien Fermier
General , mort le 20. Juillet 1729. et de Marie-
Anne Lépinau , de laquelle il a des enfans.
Dame Anne-Magdelaine Adelaide de Maupeou,
Fille de René- Charles de Maupeou , Marquis de
Motangle , et de Montigny , President à Mortier
au Parlement de Paris , et d'Anne-Victoire de
Lamoignon de Courson , et Epouse de François-
Louis de Louvet de Murat , Comte de Nogaret ,
de Cauvisson , Capitaine de Cavalerie dans le
Regiment Dauphin ; mariée le 22. Novembre
1731. mourut le 28. Janvier en couches de son
premier enfant , mort incontinent après , agé de
19. ans 5. jours , fort regrettée . Elle fut inhumée
le lendemain aux Cordeliers.
La nuit du 30. au 31. Janvier , Charles - Her
cules d'Albert , Chevalier de Luynes , Chef d'Escadre
des Armées Navales du Roi depuis 1422,
et Capitaine des Gardes du Pavillon , Amiral
qui avoit servi en dernier lieu , en qualité de Chef
d'Escadre sur l'Escadre qui a été envoiée l'année
derniere dans la Mer Baltique , sous les ordres du
Marquis de la Luzerne , Lieutenant General ,
mourut à Paris , dans la 60. année de son age ,
étant né le 8. Mars 1674. Il étoit second Fils de
Louis - Charles d'Albert , Duc de Luynes , Paix
de France , mort le 20. Octobre 1690. et d'Anne
de Rhohan de Montbason ,sa deuxième femme ,
morte le 29. Octobre 1684. et grand oncle de
Charles- Philippe d'Albert , aujourd'huy Duc de
Luynes , Pair de France.
Le premier Fevrier , Louis le Gendre , Prêtre,
natif de Rouen , Chanoine du 15. Avril 1690 .
et Sous-Chantre de l'Eglise Métropolitaine de
I vi
Paris
400 MERCURE DE FRANCE
·
Paris du .Juillet 1723.et Abbé Commandataire
de l'Abbaïe Roiale deN.D. de Claire - Fontaine
O.S.A.Diocèse de Chartres du mois de Decembre
1724.mourut en sa MaisonCanoniale, agé de 78.
ans. Il étoit Auteur d'une Histoire de France , imprimée
d'abord en plusieurs volumes in 12. puis
en dernier lieu en 3. vol. in fol . à laquelle est
joint un ouvrage intitulé Mours des François ,
dont il y a aussi une Edition in 12. morceau estimé.
On a encore de lui une Histoire du Cardinal
d'Amboise , 3. vol . in 12. et 1. vol . in 4º. On a
de plus de lui , une Vie Latine de François de
Harlay , Archêveque de Paris , son Bienfaicteur ,
le tout écrit d'un bon Stile .
>
Jean Baptiste du Moustier , Clerc du Diocèse
de Bayeux, Abbé Commandataire de l'Abbaie de
la Victoire , O.S A Diocèse de Senlis , depuis
le 8. Janvier 172 1. et auparavant de celle de Saint
Sauveur de Blaye , O. S. B. Diocèse de Bourdeaux
depuis le 6 Novembre 1717. aussi Prieur
d'Huriel , Aumônier du Duc de Bourbon , et
Secretaire de ses commandemens ; et ci-devant
Instituteur de la jeunesse de ce Prince , mourut
à l'Hôtel de Condé , le 1, Fevrier , après une longue
maladie.
Le neuf Fevrier Dame Marguerite-Charlote de
la Roche de Fontenilles , Fille de feu François de
la Roche , Marquis de Fontenilles , mort en 1728.
et de Dame Marie- Therese de Mesme , et Epouse
depuis le 16. Avril 1733. de Simon -Joseph de
Raousset , Marquis de Seillon , Conseiller au
Parlement de Provence , mourut en couches ,
agée d'environ 33. ans.
D. marie Anne le Bault de Langy , Fille ainée
de Gilbert - François le Bault , Chevalier Seigneur
de Langy en Nivernois , et de D. Anne-Radegonde
FEVRIER. 1734. 401
gonde Charpentier de Crecy , mourut en la ville
de Saint Saulge en la même Province , le 10. Fevrier
, agée d'environ 30. ans. La famille de le
Bault de Langy , ancienne Noblesse de Nivernois,
porte de gueules au chevron d'or , accompagné
de trois Merlettes de sable.
M. Pierre-Maurice Boulard , Ecuyer , Chevalier
, Commandeur , Secretaire General , et Greffier
de l'Ordre Royale Militaire et Hospitalier
de Notre- Dame de Mont- Carmel et de Saint
Lazare de Jerusalem , et Intendant et Secretairedes
commandemens de S. A.S. Monseigneur le
Prince de Conty , mourut le 18. Janvier 1734.
agé d'environ 62. ans. Il étoit Fils de Pierre
Boulard , qui a été emploié pendant plus de 30.
années en qualité de premier Secretaire des Ambassades
du feu Comte d'Avaux , tant à Venize
au Traité de paix de Nimegue en Holande ,qu'en
Irlande à la suite de Jacques I I. Roi d'Angletaire.
N. Boulard son Fils , a commencé en l'année
1701. à servir le Roy en la même qualité ,
sous le même ministere en Holande , et à continué
à son retour en France , de travailler aux
mêmes affaires jusqu'à la mort du Comte d'Avaux
, arrivée en 1709. Il fut depuis choisi pour
Premier Secretaire de l'Ambassade du feu Marechal
d'Uxelles , Plenipotentiaire aux Conferences
de Gertrudemberg , et ensuite Premier Secretaire
de M. de Mesme , Premier Président du Parlement.
Il a été reçu Chevalier de l'Ordre Militaire
et Hospitalier de Saint Lazare , le 9. Octobre
1716. Commandeur et Secretaire General ,
et Greffier du mêine Ordre , le 15. Juillet 1728,
Le Roi pour recompenser les services du Sieur
Boulard , et de son Pere lui avoit accordé des Lertres
de Noblesse pour lui et sa posterité , par Lettres
402 MERCURE DE FRANCE
tres Patentes du mois de Fevrier 1719. et depuis
La mort de M. de Mesme , Premier President ,
feu S. A. S. Monseigneur le Prince de Conty ,
connoissant la probité , capacité , et le désinteressement
du Sieur Boulard , l'a choisi pour le
mettre à la tête des affaires de sa Maison en qualité
de son Intendant General , et Secretaire de
ses Commandemens , et il a toujours été honnoré
de la confiance de ce Prince , et de celle de
Madame la Princesse, et de Monseigneur le Prince
de Conty leur Fils , qui ont donné des preuves
éclatantes de leur satisfaction . Le merite d'un si
digne sujet , le fait regretter universellement.
René- Charles -Elizabeth de Coëtlogon, Comte
de Loyat , Châtelain de-la Gaudinaye , Sindic General
des Etats de- la Province de Bretagne , mourut
à Paris le 19. Fevrier agé de 60. ans , Il étoit
Neveu de feu Alain- Emanuel de Coëtlogon,Maréchal
et Vice- Amiral de France , Chevalier des
Ordres du Roi , Grand - Croix de l'Ordre Militaire
de Saint Louis &c. mort le 7. May 1730*
à l'age de 83. ans, et il avoit épousé Anne Auvril ,
Fille unique de René Auvril , Seigneur de la
Roche et de Genevieve Menardo, de laquelle il
a laissé Louis de Coëtlogon , Lieutenant dans le
Regiment du Roi , puis reçu Cornette dans la scconde
Compagnie des Mousquetaires le 30. May
1731. Emanuel- Louis de Coëtlogon , Capitaine
de Dragons dans le Regiment , Mestre de Camp
General ; Emanuel Marie , Chevalier de Coërlogon
, Lieutenant de Vaisseaux ; et René- Anne
Elizabeth de Coetlogon , Abbé Commandataire
de l'Abbaie de Saint Memin près de Châlons sur
Marne , depuis le mois d'Octobre 1729. La Genealogie
de la Maison de Coëtlogon , du Dio
cèse de Saint Brieuc , en basse Bretagne , est raportée
FEVRIER 1734. 403
portée dans la nouvelle Edition des Grands Offi
ciers de la Couronne , article des Maréchaux de
France tome 7. page 717. où elle est remontée
jusqu'à la fin du 12. Siecle. Ses Armes sont de
Gueules à trois Ecussons d'Hermines passées.
2. et I.
On mande de Bourgogne , que le nommé
Jean Coquelay , du village de Presle , Bailliage
d'Avallon , Intendance de Dijon , étoit mort depuis
peu , agé de 106 ans ; étant né le 15. Septembre
1627. Il avoit conservé son bon sens jusqu'à
sa mort ; il marchoit encore très - bien deux
jours auparavant , et il ne se souvenoit pas d'avoir
jamais été malade ; il a vû sa cinquième
Generation , dont il subsiste encore plusieurs
Enfans.
Il y a dans ce village , et aux environs , des
Habitans qui ont plus de 90. ans , qui travaillent
journellement . Ce n'est pas seulement parmi les
villagois , mais il y a aussi plusieurs Gentils- Hommes
dans ces Cantons , qui sont de même age
et qui vont tous les jours à la Chasse , soit
pied ou à cheval : l'Air y est extrémement pur ,
et il n'y a presque jamais de malades.
Le 25. Fevrier 1734. a été baptisée à S.Sulpice
Marie-Celse-Antoinette , née le jour précedent
fille de Jean - Baptiste - François de Cugnac , appellé
le Marquis de Dampierre , Baron d'Huisseau
, Mestre de Camp de Cavalerie , cy-devant
Cornette des Chevaux Legers de Berry , et de
D. Françoise- Charlotte de Langhac , qui ont
été mariez le 7 Juillet 1732. elle a été tenuë
sur les Fonts par Mrs Michel Celse Roger de
Rabutin , Comte de Bussy , Evêque de Luçon,
l'un des 40 de l'Académie Françoise son parent
paternel
404 MERCURE DE FRANCE
paternel et maternel , et par D. Marie-Magdelaine
-Henriette de Lagny son ayeule paternelle,
veuve depuis 1724. de François de Cugnac ,
Marquis de Dampierre , Baron d'Huisseau ,
d'Hautevenne , & c .
Le 13 Janvier a été célebré dans la Chapelle
de l'Hôtel de Pontchartrain le Mariage de
Louis -Charles de Gouffier , Marquis d'Heilly,
Ribemont &c. né du vingt - sept Septembre
1698. Mestre de Camp du Régiment de Condé
Cavalerie , par Commission du 24 Novembre
1719. Fils de feu Charles- Antoine de Gouffier
, Marquis d'Heilly , Enseigne des Gendarmes
de la Garde du Roy , Maréchal de Camp
de ses Armées , et Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , mort à l'âge de 33 ans , des
blessures qu'il avoit receues a la Bataille de Ramillies
, le 23 May 1706. et de Dame Catherine-
Angelique d'Albert de Luynes , sa veuve ,
avec Dile Marie- Catherine Phelypeaux , fille
mineure , et unique héritiere de feu François
Phelypeaux , Chevalier Seigneur d'Outreville
Maître des Requêtes ordinaire de l'Hôtel du
Roy , mort le 19 Décembre 1715 , dans la ! 26
année de son âge , et de feue D. Marie - Catherine
Voisin sa femme , fille d'un Conseiller au
Parlement de Rouen , morte âgée de 39 ans
le 2 Février 1717. la Mariée est petite niéce de
feu Louis Phelypeaux de Pontchartrain , Chancelier
de France . La Généalogie de la Maison
de Gouffier , dont il subsiste encore plusieurs
branches est rapportée dans l'Histoire des
Grands Officiers de la Couronne , à l'Art . des
Duchez non Pairies Tom. f . pag. 605 .
+6
Le 26 Janvier , Angelique - François de Renoüard
,
FEVRIER. 1734 405
豎
nouard , Chevalier , Comte de Villayer et d'Auteuil
, Seigneur de Drouges , Couvrau , &c . Maftre
des Requêtes Ordinaire de l'Hôtel du Roy ,
depuis 1719. et auparavant Conseiller au Parlement
de Paris, où il avoit été reçu en 1716. fils
unique , né posthume de feu Jean - Jacques de
Renouard , Comte de Villayer , Conseiller au
Parlement de Bretagne ; et de deffunte Dame
Michelle-Lucrece Chappel , morte le 22 Janvier
1717. et petit- fils de Jean - Jacques de Renouard
, Comte de Villayer , mort Doïen du
Conseil d'Etat du Roy , et l'un des quarante de
l'Académie Françoise , les Mars 1691. âgé de
86 ans , a été marié avec Dame Angelique- Clau
de de Marescot , Dame de Thoiry , àgée de 29
ans , du 7 du même mois de Janvier , et veuve
depuis le Novembre 1731. d'Adrien Claude de
Baussan , son cousin germain , Ecuyer du Roy ,
dont elle a un fils unique. Elle est fille et seule
heritiére de feu Gilles - Michel de Marescot , Seigneur
de Thoiry , de Morgue , &c. Mestre de
Camp de Cavalerie , Maréchal General des Logis
de la Cavalerie Legere de France , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S Louis , mort le 8
Mars 1714 et de feue Angelique Dappougny , sa
femme , morte le 9 Janvier 1705. Les Armes de
la famille de la Mariée sont de Gueules à trois
faces d'argent à un Lion Léopardé , brochant sur
Le tout , et un Chef de même , chargé d'un Aigle ,
Couronné de sable , et pour Cimier un Léopard ,
surmonté d'un Aigle couronné, qui sont les Armes
des Marescotti de Boulogne en Italie , qui ont
reconnu les Marescot de France pour leurs pa
>
rens. La famille de Renouard - Villayer est de
Bretagne , et porte pour armes , d'Argent à une
Quinte-feuille , percée de Gueules.
et Mariages.
LBA
Edix- neuf Janvier Dame Marie -Magdelene
Baudin , Epouse de Mathias Goudin , Conseilde
ler en la Cour des Aydes de Paris , et qui avoit
été mariée le 18 Fevrier 1732.mourut en couches
de son deuxième enfant , agée de 27. ans.
>
Le 24. Janvier M. Louis Milon , Evêque et
Seigneur de Condom Prieur des Prieurés de
S. Marcel , de Villiers S. Sepulchre , et des deux
Gemeaux , Docteur en Théologie de la Faculté
11
de
396 MERCURE DE FRANCE
de Paris du 4. Juillet 1685. mourut en son Château
à deux lieuës de Condom , agé d'environ
76. ans , et dans la 41. année de son Episcopat ,
ayant été nommé à l'Evêché de Condom , Suffra
(gant de Bourdeaux , le 1. Novembre 1693 et sacré
le 14. Fevrier 1694. Il avoit été auparavant
Chanoine de l'Eglise de Saint Martin de Tours,
et Aumônier du Roi . Ce Prêlat qui est fort regretté
dans son Diocèse , a fondé à Condom un Hôpital
, dans lequel les pauvres sont emploïés à
divers Arts et Métiers , et il a confié l'administration
de cette Maison aux Soeurs appellées de
la Foy. Il a établi les mêmes Soeurs à Nérac ,
pour instruire et cathechiser les jeunes Filles de
la Religion protestante , a retabli les Eglises de
Monchenit , et de Puge , que les Religionaires
avoient entierement detruites , et a achevé son Palais
Episcopal qui avoit été deja commencé à
grands frais . Il assista en 1705. à l'Assemblée
générale du Clergé , en qualité d'un des Députés
de la Province de Bourdeaux . Ce Prélat étoit
deuxième Fils d'Alexandre Milon , Seigneur de
la Borde , Mesne Amnon &c. Président , Trésorier
General de rance en Berri , mort le 10.
May 1687. et de Françoise Palla , morte le 26.
May 1703. Il avoit pour Frere aîné Aléxandre
Milon , Maîtte des Requêtes Honoraire de l'Hôtel
du Roi , qui vient d'entrer dans la 82. année
de son age , et qui est veuf depuis le 6. Janvier
1700. de Marie - Magdelene Thérese Coicault de
Chevigny , de laquelle il avoit eu Françoise- Elizabeth
Milon , Fille unique , mariée le 19. Fevrier
1700. avec Louis- Charles de Machault ,
Seigneur d'Arnouville , Conseiller d'Etat ordinaire
, et morte le 22. Janvier 1720. laissant un
Fils unique , qui est Maître des Requêtes depuis
1728
1
FEVRIER . 1734 397
1718. L'Eveque de Condom avoit pour frere
puîné Henry Milon , Seigneur de Mesne , Intendant
General des Turces et levées de France ,
et Grand-Maître des Eaux et forêts de France en
Touraine , puis en Poitou , Auni , Saintonge ,
Engoumois , Limosin , haute et basse Marche ,
Bourbonnois , et Nivernois , mort depuis plusieurs
années , ayant laissé de Jeanne - Françoise
Angelique Collin sa femme , trois Fils , dont l'un ,
après avoir été Capitaine dans le Regiment du
Roi , s'étoit retiré à Condom auprès de l'Evêque
son Oncle ; un autre connu sous le nom du sieur
de Mesne , resident à Tours , et un troisiéme qui
est Alexandre Milon , né à Paris le 13. Juin 1688 .
Docteur en Théologie de la Faculté de Paris du
18. Octobre 1714. ci-devant Aumônier du Roi ,
et à présent Evêque de Valence en Dauphiné qui
a été nommé à cet Evêché le 7. May 1725 .
et sacré le 31. Mars 1728. et qui a obtenu au
mois de May 1728. l'Abbaye de Leoncel,Ordre
de Citaux , Diocèse de Die.
Le 25. Janvier M. Pierre de Brilhat , Vicomte,
de Geneay en Poitou , Seigneur de Nouzières en
ngoumois , Premier President au Parlement de
Bretagne , mourut à Paris agé de 67. ans , étant
né le 26. Janvier 1667. Il étoit dans la 31. année
de l'éxercice de sa Charge de Premier Président,
en laquelle il avoit été reçu le 16. Juin 1703
étant auparavant Conseiller au Parlement de
Paris , depuis le 27. Fevrier 1688. Il étoit Fils
ainé de Nicolas de Brilhat , Seigneur de Nouzieres
, Vicomte de Geneay , Conseiller au Parlement
de Paris , et de Jeanne Auzanne , et avoit
épousé en premieres noces le 17. Septembre 1693 ,
Marie-Anne de Chouet, Fille de Pierre de Choüett
Seigneur de Gevreau , Conseiller au Parlement
I v de
398 MERCURE DE FRANCE
de Bretagne , et de Marie du Moley ; et en se
condes noces Pelagie- Constance de Lys , Fille
d'un Conseiller au même Parlement. Cette derniere
mourut de la petite verole à Paris le 11 .
Novembre 1731. agée d'environ 43. ans. Il a
laissé des Enfans de l'une et de l'autre.
:
Le même jour Emanuel Pierre-Claude Raymond
, Ecuyer , Sieur de Marcest , Lieuter ne
au Regiment de Rosnyvinen , Dragons , File
feu Pierre Raymond, Ecuyer , Seigneur de
cest , Lieutenant de Roy en la Province de Bo
bonnois , et auparavant Lieutenant au Régime :
des Gardes Françoises , mort le 8. Juillet 12
59. ans ; et de Dame Elizabeth River sa YouT
mourut d'une maladie de poitrine à Paris , gé
21. ans f . mois 24. jours. Il avoit fait sa pa
miere Campagne l'année derniere en Allem
à
"
Gabriel-Jean Nicolas, Seigneur de la Reyre , er
de Tralage , Fils de feu Gabriel Nicolas , Signeur
de-la Reynie de Tralage , et de Vic , Conseiller
d'Etat ordinaire , et Sous- Doyen du Conseil
, et auparavant Lieutenant General de Police
de la Ville de Paris , mort le 14. Juin 1709 .
l'age de 84. ans , et de Gabrielle de Garibal
mourut à Rome , le 26. Janvier , où il s'étoit
retiré depuis plusieurs années. Il n'avoit point
été marié.
Le 28 , Janvier Dame Marie- Therese Poyrel
de Grandval , veuve depuis le 24. Juin 1724. de
Jean du Puis , Ecuyer, Conseiller, Tresorier General
de la Maison du Roi , mourut à Paris ,
agé de 68. ans . mois , laissant un Fils qui est
Pierre du Puis , reçu Conseiller au Parlement de
Paris le 27. Janvier 1712.puis Président au Grand
Conseil le 9. Fevrier 1720. qui a épousé l'Ainée
des trois Filles de feu Charles Ruau du Tronchot,
Seigneur
FEVRIER 1734. 399
Seigneur de Ville - Dieu &c. Chevalier de l'Ordre
du Roi, Secretaire de S. M. Maison , Couronne
de France , et de ses Finances , Ancien Fermier
General , mort le 20. Juillet 1729. et de Marie-
Anne Lépinau , de laquelle il a des enfans.
Dame Anne-Magdelaine Adelaide de Maupeou,
Fille de René- Charles de Maupeou , Marquis de
Motangle , et de Montigny , President à Mortier
au Parlement de Paris , et d'Anne-Victoire de
Lamoignon de Courson , et Epouse de François-
Louis de Louvet de Murat , Comte de Nogaret ,
de Cauvisson , Capitaine de Cavalerie dans le
Regiment Dauphin ; mariée le 22. Novembre
1731. mourut le 28. Janvier en couches de son
premier enfant , mort incontinent après , agé de
19. ans 5. jours , fort regrettée . Elle fut inhumée
le lendemain aux Cordeliers.
La nuit du 30. au 31. Janvier , Charles - Her
cules d'Albert , Chevalier de Luynes , Chef d'Escadre
des Armées Navales du Roi depuis 1422,
et Capitaine des Gardes du Pavillon , Amiral
qui avoit servi en dernier lieu , en qualité de Chef
d'Escadre sur l'Escadre qui a été envoiée l'année
derniere dans la Mer Baltique , sous les ordres du
Marquis de la Luzerne , Lieutenant General ,
mourut à Paris , dans la 60. année de son age ,
étant né le 8. Mars 1674. Il étoit second Fils de
Louis - Charles d'Albert , Duc de Luynes , Paix
de France , mort le 20. Octobre 1690. et d'Anne
de Rhohan de Montbason ,sa deuxième femme ,
morte le 29. Octobre 1684. et grand oncle de
Charles- Philippe d'Albert , aujourd'huy Duc de
Luynes , Pair de France.
Le premier Fevrier , Louis le Gendre , Prêtre,
natif de Rouen , Chanoine du 15. Avril 1690 .
et Sous-Chantre de l'Eglise Métropolitaine de
I vi
Paris
400 MERCURE DE FRANCE
·
Paris du .Juillet 1723.et Abbé Commandataire
de l'Abbaïe Roiale deN.D. de Claire - Fontaine
O.S.A.Diocèse de Chartres du mois de Decembre
1724.mourut en sa MaisonCanoniale, agé de 78.
ans. Il étoit Auteur d'une Histoire de France , imprimée
d'abord en plusieurs volumes in 12. puis
en dernier lieu en 3. vol. in fol . à laquelle est
joint un ouvrage intitulé Mours des François ,
dont il y a aussi une Edition in 12. morceau estimé.
On a encore de lui une Histoire du Cardinal
d'Amboise , 3. vol . in 12. et 1. vol . in 4º. On a
de plus de lui , une Vie Latine de François de
Harlay , Archêveque de Paris , son Bienfaicteur ,
le tout écrit d'un bon Stile .
>
Jean Baptiste du Moustier , Clerc du Diocèse
de Bayeux, Abbé Commandataire de l'Abbaie de
la Victoire , O.S A Diocèse de Senlis , depuis
le 8. Janvier 172 1. et auparavant de celle de Saint
Sauveur de Blaye , O. S. B. Diocèse de Bourdeaux
depuis le 6 Novembre 1717. aussi Prieur
d'Huriel , Aumônier du Duc de Bourbon , et
Secretaire de ses commandemens ; et ci-devant
Instituteur de la jeunesse de ce Prince , mourut
à l'Hôtel de Condé , le 1, Fevrier , après une longue
maladie.
Le neuf Fevrier Dame Marguerite-Charlote de
la Roche de Fontenilles , Fille de feu François de
la Roche , Marquis de Fontenilles , mort en 1728.
et de Dame Marie- Therese de Mesme , et Epouse
depuis le 16. Avril 1733. de Simon -Joseph de
Raousset , Marquis de Seillon , Conseiller au
Parlement de Provence , mourut en couches ,
agée d'environ 33. ans.
D. marie Anne le Bault de Langy , Fille ainée
de Gilbert - François le Bault , Chevalier Seigneur
de Langy en Nivernois , et de D. Anne-Radegonde
FEVRIER. 1734. 401
gonde Charpentier de Crecy , mourut en la ville
de Saint Saulge en la même Province , le 10. Fevrier
, agée d'environ 30. ans. La famille de le
Bault de Langy , ancienne Noblesse de Nivernois,
porte de gueules au chevron d'or , accompagné
de trois Merlettes de sable.
M. Pierre-Maurice Boulard , Ecuyer , Chevalier
, Commandeur , Secretaire General , et Greffier
de l'Ordre Royale Militaire et Hospitalier
de Notre- Dame de Mont- Carmel et de Saint
Lazare de Jerusalem , et Intendant et Secretairedes
commandemens de S. A.S. Monseigneur le
Prince de Conty , mourut le 18. Janvier 1734.
agé d'environ 62. ans. Il étoit Fils de Pierre
Boulard , qui a été emploié pendant plus de 30.
années en qualité de premier Secretaire des Ambassades
du feu Comte d'Avaux , tant à Venize
au Traité de paix de Nimegue en Holande ,qu'en
Irlande à la suite de Jacques I I. Roi d'Angletaire.
N. Boulard son Fils , a commencé en l'année
1701. à servir le Roy en la même qualité ,
sous le même ministere en Holande , et à continué
à son retour en France , de travailler aux
mêmes affaires jusqu'à la mort du Comte d'Avaux
, arrivée en 1709. Il fut depuis choisi pour
Premier Secretaire de l'Ambassade du feu Marechal
d'Uxelles , Plenipotentiaire aux Conferences
de Gertrudemberg , et ensuite Premier Secretaire
de M. de Mesme , Premier Président du Parlement.
Il a été reçu Chevalier de l'Ordre Militaire
et Hospitalier de Saint Lazare , le 9. Octobre
1716. Commandeur et Secretaire General ,
et Greffier du mêine Ordre , le 15. Juillet 1728,
Le Roi pour recompenser les services du Sieur
Boulard , et de son Pere lui avoit accordé des Lertres
de Noblesse pour lui et sa posterité , par Lettres
402 MERCURE DE FRANCE
tres Patentes du mois de Fevrier 1719. et depuis
La mort de M. de Mesme , Premier President ,
feu S. A. S. Monseigneur le Prince de Conty ,
connoissant la probité , capacité , et le désinteressement
du Sieur Boulard , l'a choisi pour le
mettre à la tête des affaires de sa Maison en qualité
de son Intendant General , et Secretaire de
ses Commandemens , et il a toujours été honnoré
de la confiance de ce Prince , et de celle de
Madame la Princesse, et de Monseigneur le Prince
de Conty leur Fils , qui ont donné des preuves
éclatantes de leur satisfaction . Le merite d'un si
digne sujet , le fait regretter universellement.
René- Charles -Elizabeth de Coëtlogon, Comte
de Loyat , Châtelain de-la Gaudinaye , Sindic General
des Etats de- la Province de Bretagne , mourut
à Paris le 19. Fevrier agé de 60. ans , Il étoit
Neveu de feu Alain- Emanuel de Coëtlogon,Maréchal
et Vice- Amiral de France , Chevalier des
Ordres du Roi , Grand - Croix de l'Ordre Militaire
de Saint Louis &c. mort le 7. May 1730*
à l'age de 83. ans, et il avoit épousé Anne Auvril ,
Fille unique de René Auvril , Seigneur de la
Roche et de Genevieve Menardo, de laquelle il
a laissé Louis de Coëtlogon , Lieutenant dans le
Regiment du Roi , puis reçu Cornette dans la scconde
Compagnie des Mousquetaires le 30. May
1731. Emanuel- Louis de Coëtlogon , Capitaine
de Dragons dans le Regiment , Mestre de Camp
General ; Emanuel Marie , Chevalier de Coërlogon
, Lieutenant de Vaisseaux ; et René- Anne
Elizabeth de Coetlogon , Abbé Commandataire
de l'Abbaie de Saint Memin près de Châlons sur
Marne , depuis le mois d'Octobre 1729. La Genealogie
de la Maison de Coëtlogon , du Dio
cèse de Saint Brieuc , en basse Bretagne , est raportée
FEVRIER 1734. 403
portée dans la nouvelle Edition des Grands Offi
ciers de la Couronne , article des Maréchaux de
France tome 7. page 717. où elle est remontée
jusqu'à la fin du 12. Siecle. Ses Armes sont de
Gueules à trois Ecussons d'Hermines passées.
2. et I.
On mande de Bourgogne , que le nommé
Jean Coquelay , du village de Presle , Bailliage
d'Avallon , Intendance de Dijon , étoit mort depuis
peu , agé de 106 ans ; étant né le 15. Septembre
1627. Il avoit conservé son bon sens jusqu'à
sa mort ; il marchoit encore très - bien deux
jours auparavant , et il ne se souvenoit pas d'avoir
jamais été malade ; il a vû sa cinquième
Generation , dont il subsiste encore plusieurs
Enfans.
Il y a dans ce village , et aux environs , des
Habitans qui ont plus de 90. ans , qui travaillent
journellement . Ce n'est pas seulement parmi les
villagois , mais il y a aussi plusieurs Gentils- Hommes
dans ces Cantons , qui sont de même age
et qui vont tous les jours à la Chasse , soit
pied ou à cheval : l'Air y est extrémement pur ,
et il n'y a presque jamais de malades.
Le 25. Fevrier 1734. a été baptisée à S.Sulpice
Marie-Celse-Antoinette , née le jour précedent
fille de Jean - Baptiste - François de Cugnac , appellé
le Marquis de Dampierre , Baron d'Huisseau
, Mestre de Camp de Cavalerie , cy-devant
Cornette des Chevaux Legers de Berry , et de
D. Françoise- Charlotte de Langhac , qui ont
été mariez le 7 Juillet 1732. elle a été tenuë
sur les Fonts par Mrs Michel Celse Roger de
Rabutin , Comte de Bussy , Evêque de Luçon,
l'un des 40 de l'Académie Françoise son parent
paternel
404 MERCURE DE FRANCE
paternel et maternel , et par D. Marie-Magdelaine
-Henriette de Lagny son ayeule paternelle,
veuve depuis 1724. de François de Cugnac ,
Marquis de Dampierre , Baron d'Huisseau ,
d'Hautevenne , & c .
Le 13 Janvier a été célebré dans la Chapelle
de l'Hôtel de Pontchartrain le Mariage de
Louis -Charles de Gouffier , Marquis d'Heilly,
Ribemont &c. né du vingt - sept Septembre
1698. Mestre de Camp du Régiment de Condé
Cavalerie , par Commission du 24 Novembre
1719. Fils de feu Charles- Antoine de Gouffier
, Marquis d'Heilly , Enseigne des Gendarmes
de la Garde du Roy , Maréchal de Camp
de ses Armées , et Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , mort à l'âge de 33 ans , des
blessures qu'il avoit receues a la Bataille de Ramillies
, le 23 May 1706. et de Dame Catherine-
Angelique d'Albert de Luynes , sa veuve ,
avec Dile Marie- Catherine Phelypeaux , fille
mineure , et unique héritiere de feu François
Phelypeaux , Chevalier Seigneur d'Outreville
Maître des Requêtes ordinaire de l'Hôtel du
Roy , mort le 19 Décembre 1715 , dans la ! 26
année de son âge , et de feue D. Marie - Catherine
Voisin sa femme , fille d'un Conseiller au
Parlement de Rouen , morte âgée de 39 ans
le 2 Février 1717. la Mariée est petite niéce de
feu Louis Phelypeaux de Pontchartrain , Chancelier
de France . La Généalogie de la Maison
de Gouffier , dont il subsiste encore plusieurs
branches est rapportée dans l'Histoire des
Grands Officiers de la Couronne , à l'Art . des
Duchez non Pairies Tom. f . pag. 605 .
+6
Le 26 Janvier , Angelique - François de Renoüard
,
FEVRIER. 1734 405
豎
nouard , Chevalier , Comte de Villayer et d'Auteuil
, Seigneur de Drouges , Couvrau , &c . Maftre
des Requêtes Ordinaire de l'Hôtel du Roy ,
depuis 1719. et auparavant Conseiller au Parlement
de Paris, où il avoit été reçu en 1716. fils
unique , né posthume de feu Jean - Jacques de
Renouard , Comte de Villayer , Conseiller au
Parlement de Bretagne ; et de deffunte Dame
Michelle-Lucrece Chappel , morte le 22 Janvier
1717. et petit- fils de Jean - Jacques de Renouard
, Comte de Villayer , mort Doïen du
Conseil d'Etat du Roy , et l'un des quarante de
l'Académie Françoise , les Mars 1691. âgé de
86 ans , a été marié avec Dame Angelique- Clau
de de Marescot , Dame de Thoiry , àgée de 29
ans , du 7 du même mois de Janvier , et veuve
depuis le Novembre 1731. d'Adrien Claude de
Baussan , son cousin germain , Ecuyer du Roy ,
dont elle a un fils unique. Elle est fille et seule
heritiére de feu Gilles - Michel de Marescot , Seigneur
de Thoiry , de Morgue , &c. Mestre de
Camp de Cavalerie , Maréchal General des Logis
de la Cavalerie Legere de France , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S Louis , mort le 8
Mars 1714 et de feue Angelique Dappougny , sa
femme , morte le 9 Janvier 1705. Les Armes de
la famille de la Mariée sont de Gueules à trois
faces d'argent à un Lion Léopardé , brochant sur
Le tout , et un Chef de même , chargé d'un Aigle ,
Couronné de sable , et pour Cimier un Léopard ,
surmonté d'un Aigle couronné, qui sont les Armes
des Marescotti de Boulogne en Italie , qui ont
reconnu les Marescot de France pour leurs pa
>
rens. La famille de Renouard - Villayer est de
Bretagne , et porte pour armes , d'Argent à une
Quinte-feuille , percée de Gueules.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En janvier et février 1734, plusieurs décès, naissances et mariages ont été enregistrés. Le 9 janvier, Dame Marie-Magdeleine Baudin, épouse de Mathias Goudin, est décédée en couches à l'âge de 27 ans. Elle avait été mariée le 18 février 1732. Le 24 janvier, M. Louis Milon, évêque et seigneur de Condom, est mort à son château à l'âge d'environ 76 ans. Il avait été nommé à l'évêché de Condom en 1693 et avait fondé un hôpital à Condom ainsi qu'une école pour les jeunes filles protestantes à Nérac. Il avait également rétabli des églises et achevé son palais épiscopal. Le même jour, M. Pierre de Brilhat, vicomte de Geneay en Poitou, seigneur de Nouzières en Angoumois, et premier président au Parlement de Bretagne, est décédé à Paris à l'âge de 67 ans. Le 26 janvier, Gabriel-Jean Nicolas, seigneur de la Reyre et de Tralage, est mort à Rome à l'âge de 60 ans. Le 28 janvier, Dame Marie-Thérèse Poyrel de Grandval, veuve de Jean du Puis, est décédée à Paris à l'âge de 68 ans. Le même jour, Dame Anne-Magdeleine Adélaïde de Maupeou, épouse de François-Louis de Louvet de Murat, est morte en couches à l'âge de 19 ans. La nuit du 30 au 31 janvier, Charles-Hercule d'Albert, chevalier de Luynes et chef d'escadre, est décédé à Paris à l'âge de 60 ans. Le 1er février, Louis le Gendre, prêtre et chanoine de Paris, est mort à l'âge de 78 ans. Il était l'auteur de plusieurs ouvrages historiques. Le même jour, Jean-Baptiste du Moustier, abbé commandataire de l'abbaye de la Victoire, est décédé à l'Hôtel de Condé après une longue maladie. Le 9 février, Dame Marguerite-Charlotte de la Roche de Fontenilles, épouse de Simon-Joseph de Raousset, marquis de Seillon, est morte en couches à l'âge d'environ 33 ans. Le 10 février, Dame Marie-Anne le Bault de Langy est décédée à Saint-Saulge à l'âge d'environ 30 ans. Le 18 janvier, M. Pierre-Maurice Boulard, secrétaire général et greffier de l'Ordre de Notre-Dame de Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem, est mort à l'âge d'environ 62 ans. Le 19 février, René-Charles-Élisabeth de Coëtlogon, comte de Loyat, est décédé à Paris à l'âge de 60 ans. Il était syndic général des États de la province de Bretagne et avait épousé Anne Auvril. Enfin, Jean Coquelay, un habitant du village de Presle en Bourgogne, est décédé à l'âge de 106 ans. Le 25 février, Marie-Celse-Antoinette, fille de Jean-Baptiste-François de Cugnac, Marquis de Dampierre, et de Françoise-Charlotte de Langhac, a été baptisée à Saint-Sulpice. Le 13 janvier, Louis-Charles de Gouffier, Marquis d'Heilly, a épousé Dile Marie-Catherine Phelypeaux dans la chapelle de l'Hôtel de Pontchartrain. Le 26 janvier, Angelique-François de Renouard, Chevalier et Comte de Villayer, a épousé Dame Angelique-Claude de Marescot.
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89
p. 6[0]5-606
GRANDE BRETAGNE.
Début :
La Chambre des Communes résolut en grand Commité le 26. du mois dernier, d'accorder [...]
Mots clefs :
Roi, Officiers, Dépenses, Chevalier, Rang, Amiral, Hôpital, Chambre des communes
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
résolutd'accor- LA
A Chambre des Communes résolut en grand
der du Roy 202670. livres sterlins pour la Flotte,
y compris les appointemens des Officiers de Ma
rine à la demie paye pour cette année , dix mille
pour l'Hôpital de Greenwich , 48126. pour les
dépenses auxquelles le Parlement n'avoit pas
pourvû dans la derniere Session , 25057. pour
les Pensionnaires externes de l'Hôpital de Chelsea
; 52690. pour les Officiers réformez de Terre
et de Mer , 5386. pour les pensions des veuves
d'Officiers , 85199. pour les dépenses du Bureau
de l'Artillerie ; 1614. pour quelques dépenses
extraordinaires , et 287343. pour suppléer aux
non- valeurs des fonds accordez l'année derniere.
Le 9. de ce mois , le Roy nomma pour commander
laFlote que S. M. doit avoir en Mer
I iij
Cette
606 MERCURE DE FRANCE
cette année , le Chevalier Jean Norris , qui doit
arborer son Pavillon à bord duVaisseau de guerre
la Britannia du premier rang , de 110. Pieces
de Canon et de roco. hommes d'Equipage , et
qu'il aura sous ses ordres le Chevalier Georges
Valton, Vice- Amiral de l'Escadre Rouge , et le
Contre-Amiral Stevvart , lesquels arboreront
leurs Pavillons , le premier abord du Vaisseau
le Namur , du second rang , et de 90. Canons ,
et le second abord du Torbay , de 80. Canons
et du troisiéme rang . Le Lord Forbes , Envoyé
Extraordinaire du Roy à Petersbourg , et le Capitaine
Nicolas Haddork , ont été faits Amiraux,
à la place du Chevalier Jean Jennings , et de l'Amiral
Guillaume Morres , qui ont remis , leurs
Emplois , à cause de leurs infirmitez.
résolutd'accor- LA
A Chambre des Communes résolut en grand
der du Roy 202670. livres sterlins pour la Flotte,
y compris les appointemens des Officiers de Ma
rine à la demie paye pour cette année , dix mille
pour l'Hôpital de Greenwich , 48126. pour les
dépenses auxquelles le Parlement n'avoit pas
pourvû dans la derniere Session , 25057. pour
les Pensionnaires externes de l'Hôpital de Chelsea
; 52690. pour les Officiers réformez de Terre
et de Mer , 5386. pour les pensions des veuves
d'Officiers , 85199. pour les dépenses du Bureau
de l'Artillerie ; 1614. pour quelques dépenses
extraordinaires , et 287343. pour suppléer aux
non- valeurs des fonds accordez l'année derniere.
Le 9. de ce mois , le Roy nomma pour commander
laFlote que S. M. doit avoir en Mer
I iij
Cette
606 MERCURE DE FRANCE
cette année , le Chevalier Jean Norris , qui doit
arborer son Pavillon à bord duVaisseau de guerre
la Britannia du premier rang , de 110. Pieces
de Canon et de roco. hommes d'Equipage , et
qu'il aura sous ses ordres le Chevalier Georges
Valton, Vice- Amiral de l'Escadre Rouge , et le
Contre-Amiral Stevvart , lesquels arboreront
leurs Pavillons , le premier abord du Vaisseau
le Namur , du second rang , et de 90. Canons ,
et le second abord du Torbay , de 80. Canons
et du troisiéme rang . Le Lord Forbes , Envoyé
Extraordinaire du Roy à Petersbourg , et le Capitaine
Nicolas Haddork , ont été faits Amiraux,
à la place du Chevalier Jean Jennings , et de l'Amiral
Guillaume Morres , qui ont remis , leurs
Emplois , à cause de leurs infirmitez.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
La Chambre des Communes en Grande-Bretagne a alloué 606 270 livres sterling pour diverses dépenses militaires. Cette somme inclut 202 670 livres pour la Flotte, les appointements des officiers de marine à demi-paye, et les hôpitaux de Greenwich et Chelsea. Des fonds ont également été attribués aux officiers réformés, aux veuves d'officiers, aux dépenses du Bureau de l'Artillerie, et pour compenser les non-valeurs des fonds accordés l'année précédente. Le 9 du mois, le roi a nommé le Chevalier Jean Norris pour commander la flotte à bord du vaisseau Britannia. Norris sera assisté par les Chevaliers Georges Valton, Vice-Amiral, et Stevvart, Contre-Amiral. De plus, le Lord Forbes et le Capitaine Nicolas Haddork ont été nommés Amiraux, remplaçant les Chevaliers Jean Jennings et Guillaume Morres en raison de leurs infirmités.
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90
p. 1008-1024
Maréchaux de Camp de la Promotion du 20. Février.
Début :
N.... de Maillane, Marquis de S. Sernin, il fut fait Mestre de Camp d'un Régiment de [...]
Mots clefs :
Brigadier, Régiment de cavalerie, Mestre de camp, Régiment d'infanterie, Marquis, Comte, Colonel de régiment, Chevalier, Compagnie, Dragons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Maréchaux de Camp de la Promotion du 20. Février.
Maréchaux de Camp de la Promotion du
20. Février.
N.... de Maillane , Marquis de S. Sernin ,
il fut fait Mestre de Camp d'un Régiment do
Dragons , par commission du 23. Avril 1702 .
réformé en 1714. après la Paix d'Utrecht , et
créé Brigadier le 29. Mars 1710.
Conrad Alexandre , Comte de Rottembourg ;
Seigneur de Moissevaux , de Rougemont , de
Keivenheim , de Seintein et d'Orderbruck. Il a
été d'abord Capitaine dans le Régiment de Cavalerie
Allemande du Comte de Rosen Son On
cle , sur la démission duquel il en fut fait Mestre
de Camp par Commission du 22. Mars 1709.
Il fut créé Brigadier des Armées du Roy le 20 .
Octobre 1716. et reçû Conseiller et Chevalier
d'honneur d'Epée au Conseil Souverain d'Alsace,
le 27. Août 1717. et Chevalier des Ordres de
N. D. du Montcarmel et de S. Lazare de Jerusale
25. Février 1731. Il a été aussi successio
vement EnvoyéExtraordinaire auprès du Roy de
Prusse , Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire
au Congrès de Cambray ; Ministre Plénipotentiaire
en Espagne en 1727. et nommé en
dernier lieu au mois d'Octobre 1730. Ambassadeur
Extraordinaire en la même Cour , où il réside
actuellement en cette qualité. Le Roy la
proposa le premier Janvier 1732. pour être Chevalier
de ses Ordres , et l'admit le 13. May
suivant.
Jem,
Paul- Hippolite de Beauvillier , Duc de Saint
Aignan , Pair de France ; il fut fait Mestre de
Camp d'un Régiment de Cavalerie par Commis
sion du 5. Novembre 1706. et le Duc de Beauvillier,
MAY. 1734. 1009
2. Dé- villier , son frere , lui ceda son Duché le
cembre suivant . Il demeura prisonnier au Combat
d'Oudenarde , le 11. Juillet 1708. fut blessé à
la Bataille de Malplaquet le 11. Septembre 1709.
prêta serment et prit séance au Parlement de Paris
, en qualité de Pair de France , le 22. Janvier
1711. fut fait Premier Gentilhomme de la Chambre
du Duc de Berry , au mois de Mars suivant .
Fut nommé en 1714. pour aller complimenter
la Reine d'Espagne à son passage en France , l'accompagna
jusqu'à Madrid , où il fut fait en
1715. Ambassadeur Extraordinaire ; tint en cette
qualité sur les Fonts de Baptême au nom du Roy
D. Philippe , Infant d'Espagne , le 25. Août
1716 il fut fait Brigadier des Armées du Roy, le
premier Juillet 1717. avec permission de vendre
son Régiment , dont il envoya sa démission aut
mois d'Octobre suivant ; fut nommé au mois de
Juillet 1718. Plénipotentiaire pour négocier latranquillité
de l'Europe , étant arrivé d'Espagne
à Paris le 6. Janvier 1719. il fut déclaré Conseiller
au Conseil de Régence et y prit séance le 22 .
du même mois ; reçut la Croix de l'Ordre de
S. Louis , le 14. May suivant , prêta serment pour
le Gouvernement du Havre le 23. Septembre de
la même année ; fut fait Chevalier des Ordres
du Roy le 3. Juin 1724 et reçû l'un des 40. de '
l'Académie Françoise le 16. Janvier 1727. et a
été nommé en dernier lieu au mois d'Octobre
1730. Ambassadeur Extraordinaire à Rome , ou
il est arrivé le 13. Mars 1632:
N.... Machet de Soleure , Capitaine d'une Com--
pagnie , et Lieutenant Colonel du Régiment des
Gardes Suisses, et Chevalier de S.Louis , Brigadier
d'Infanterie du premier Février 1719. Il eut la¹
Lieutenance Colonelle au mois de Septem. 17265 .
H.y. N..
1010 MERCURE DE FRANCE
1
N.... d'Erlach de Fribourg , Capitaine au
Régiment des Gardes Suisses , Chevalier de saint
Louis , créé Brigadier d'Infanterie le premier
Fevrier 1719.
Philippe - Claude de Montboisier de Canillac , appellé
le Marquis de Montboissier. Il fut d'abord
Capitaine de Cavalerie , puis successivement Colonel
d'un Régiment d'Infanterie , par Commission
du 16. Janvier 1702. et du Régiment de
Condé , au mois d'Avril 1710. Il fut fait au .
mois de Mars 1712. Cornette de la seconde
Compagnie des Mousquetaires de la Garde du
Roy , dont étant Sous- Lieutenant il fut créé Brigadier
des Armées du Roy , le premier Février
1719.Il fut nommé le 10 Avril 1729.à la Charge
de Capitaine- Lieutenant de la même Compagnie,
à la tête de laquelle il fut reçû par le Roy le 19.
May suivant.
N.... Baron d'Eltz , étant Capitaine dans le
Régiment de Sillery , cy - devant Catinat , il eut
une Commission de Colonel d'Infanterie après
le Siege de Bonn , et fut depuis réformé à la suite
du Régiment de Saxe Allemand , fait Brigadier
le premier Février 1719. et depuis Commandeur
de l'Ordre Militaire de S. Louis.
N.... de la Cassagne, de S. Pau, successivemen
Exempt , Enseigne et Lieutenant des Gardes du
Corps du Roy , ayant eu Brevet de Mestre de
Camp dès le mois de Février 1702. fut fait Brigadier
le premier Février 1719.
Jean-Hector de Fay , Marquis de laTour Maubourg,
Seigneur de Fay , sainte Sigolaine , Labatie
, Clessy , Chassy , &c. il fut fait en 1706.
Colonel du Régiment de Ponthieu , et le 15 .
May 1718. Inspecteur General d'Infanterie ,
ayant eu la permission de se défaire de son Régiment
MAY. 1734. IOII
giment , il obtint sa réforme dans le Régiment
de la Marine , et il fut fait Brigadier le premier
Février 1719.
N.... de Berniere , de Louvigny , il fut fait
Colonel d'un Régiment d'Infanterie par Commission
du 14. May 1702. ce Régiment ayant
été réformé en 1714. il eut celui de Lannoy
auparavant Crussol , S. Sulpice , et, il fut déclaré
Brigadier le premier Février 1719 .
Charles-François , Comte de Froulay et de Montfaux
, Lieutenant de Roy en la Province du
Maine et Comté de Laval . Il fut d'abord Major
du Régiment de Dragons de Senneterre , puis
Colonel d'un Régiment d'Infanterie par Commis
sion du 21. May 1702. et ensuite du Régiment
Royal Comtois , et fait Brigadier le premier Février
1719. il fut nommé au mois de Décembre
1732. Ambassadeur Ordinaire à Venise , où ilarriva
le 25. Novembre 1733.
N .... Baron de Bezenval , de Soleure , cydevant
Major du Régiment des Gardes Suisses ,
Brigadier d'Infanterie du premier Février 1719.
Chevalier de S. Louis , il fut fait Colonel d'un Régiment
de sa Nation , cy - devant Hemel , le 15 .
de May 1729.
N .... de Biados , Marquis de Casteja , Gouverneur
de la Ville de Toul . Il fut fait Colonel
d'un Régiment d'Infanterie , par Commission du
3 Septembre 1702. puis du Régiment de Tournesis
, au mois de Février 1705. et créé Brigadier
le premier Février 1719. Il est frere aîné du
Comte de Casteja , Ministre Plénipotentiaire en
Suede , qui vient d'être fait Brigadier.
Charles , Marquis de Houdetot, Il fut fait Co- ,
lonel d'un Régiment d'Infanterie , par Commission
du 10. Décembre 1702. et fut réformé dans
Hvj le
1012 MERCURE DE FRANCE
le Régiment de Pons en 1714. il fut créé Briga
dier le premier Février 1719. et pourvû de la
Charge de Lieutenant de Roy en Picardie au Dé- .
partement du Boulonnois et Pays reconquis , lé
25. Juillet suivant. Il eut le 11. du mois d'Août
1726, le Régiment d'Artois , vacant par la mort
de Louis- Pietre , Comte de Houdetot , son frere
puisné.
Scipion Comte de Bozelli , Italien. Il fut fait
Mestre de Camp d'un Régiment de Dragons ,
par Commission du 15. May 1702. réformé
dans Sommery en 1714. et créé Brigadier le pre
mier Février 1719,.
N .... d'Haremberg , Premier Lieutenant-
Colonel du Régiment Royal Allemand , Cavalerie
, Mestre de Camp par Brevet du 16. Avril
1704. Chevalier de S. Louis en 1705. et Briga
dier d'Armée du premier Février 1719.
N .... Magon de Terlay. Il entra dans le Régiment
des Gardes Françoises en 1694 où il fue
successivement Enseigne , Sous- Lieutenant, Lieutenant
en 1698. et enfin Capitaine en 1703. il
fut créé Brigadier le premier Février 1719 .
N .... de Gensac Loumagne. Il fut fait le 11.
de Novembre 1703. Colonel d'un nouveau Régiment
d'Infanterie , dont il étoit Capitaine do
Grenadiers , et qui étoit vacant par la mort de
son frere , tué au Siege de Landau le 2. du mê
me mois. Il eut depuis un ancien Régiment d'In->
fanterie , qu'avoit cy - devant le Marquis de Mirabeau
, eut le poignet cassé à la déroute des En-:
nemis à Denain le 24. Juillet 1712. et il fut fait
Brigadier le premier Février 1719 ..
Jean- Baptiste Comte de Polastron , Gouverneurs
de Castillon de Castillonet en Périgord. Il fut
Colonel du Régiment de Forêt , Infanterie , le
400
MAY 1734. 1013'
4. Février 1704. et ensuite de celui de la Couron
ne au mois de Février 1712 et Inspecteur General
d'Infanterie le 25. de Septembre 1714. à la
prise de Barcelone , il fut blessé à l'attaque du
Bastion de sainte Claire , et fut fait Brigadier lo
premier Février 1719.
N.... Magon de la Gervasais , Colonel du
Régiment de Berry , Infanterie par Commission
du 17. Eévrier 1704. puis d'un autre plus ancien
, vacant par la mort du Marquis de Gondrin
, au mois de Février 1712. et Brigadier du
premier Février 1719.
Jacques - Antoine de Ricoüart d'Hérouville , fait
Colonel du Régiment de Vosges au mois de
Mars 1704. à la tête duquel il reçut une grande.
blessure au Combat de Castiglione , dans le Mantouan
, le 9. Septembre 1706, fut réformé à la
suite du Régiment de Champagne , en 1714. depuis
fut fait Chevalier de S. Louis , et Brigadier
le premier Février 1719. Il eut le 17. de Septembre
1728. le Régiment de Bourgogne , Infanterie
, comme plus ancien Colonel à remplacer..
Jacques de Chabannes , Marquis de Curton ,.
Comte de Rochefort. Il fut fait Mestre de Camp
du Régiment d'Anjou , Cavalerie , par Commission
du 11..May 1704. puis du Régiment Royali
des Cravates en 1707. et Brigadier le premier Fé-.
wrier, 1719. Il commanda la même année la Cavalerie
dans l'Armée du Roy en Roussillon , et ,
sé défit de son Régiment au mois de Septembre
1720.
Paul Edouard Colbert , Comte de Creilly , Baron
de la Luthumiere , Seigneur d'Hérouville , a.
été d'abord Capitaine dans le Régiment de Cham +
pagne , puis Mestre de Camp du Régiment Royal
Dragons , par Commission. du 12. May 1794
et
1014 MERCURE DE FRANCE
et fait Brigadier le premier Février 1719.
Melchior - Esprit de la Baume 13e Comte de
la Monrevel. Il fut fait Mestre de Camp d'un
nouveau Régiment de Cavalerie , sur la démission
du Chevalier de Montrevel , son oncle , par
Commission du 3. Juin 1704. réformé en 1714.
et fait Brigadier et Mestre de Camp d'un Régiment
de Cavalerie , conservé , cy- devant Marcillac
, le premier Février 1719 .
Louis Marie-Victoire , Comte de Béthune , de la
Branche de Selles , neveu de feu Marie Casimire
de la Grange d'Arquien , Reine de Pologne. Il
eut un Brevet de Mestre de Camp de Cavalerie
en 1704. et fut fait Chevalier de S. Louis , Brigadier
des Armées du Roy , le premier Février
1719. et Mestre de Camp d'un Régiment de Cas
valerie,vacant par la mort du Marquis de Cour
cillon , au mois de Septembre suivant.
Etienne le Menestrel de Hauguel , Seigneur dé
Luteaux , frere de la Maréchale de Besons , et de
la Marquise de Neufchelles. Il fut d'abord Capitaine
de Cavalerie , puis le 20. de Juillet 1704.
Colonel du Régiment de Beaujolois , Infanterie ,
vacant par la mort de Jacques le Menestrel de
Huguel , des Granges , son frere , tué d'un coup
de Mousquet le 2. du même mois au Siege de
Verceil en Piemont. Il a été nommé Brigadier le
premier Février 1719. et Chevalier de S. Louis.
Alexandre - Maximilien - Balthasar Dominique
Villain de Gand , de Merode et de Montmorency ,
Comte de Middelbourg , frere puîné du Prince
d'Isenghien . Il fut fait Colonel du Régiment
Infanterie des Landes le 3. d'Août 1704. et de
celui de la Marine en 1716. Brigadier le premier
Février 1719. et Gouverneur de la Ville de Bouchain
en Hainaut , en 1724. On a rapporté son
3
mariage
MAY . 17 : 4
1015
mariage avec une Dlle de la Rochefoucault de
Roye , dans le Mercure d'Août 1735. P. 197 .
Charles- Gabriel de Belsunce , Marquis de Cas
telmoron , Seigneur de Montpont. Il fut nommé
le 17. Septembre 1704. Colonel d'un Régiment
d'Infanterie , cy-devant Livry , fait Capitaine-
Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes
Bourguignons le 18. Avril 1714. Sénéchal et
Gouverneur des Sénéchaussées d'Agenois et Condomois
en 1717. Chevalier de S. Louis , Brigadier
de Cavalerie le premier Février 1719. et
Inspecteur de la Gendarmerie le 11. Octobre
1730.
N.... Phelippes , d'abord Capitaine de Cavalerie
, puis Colonel d'un nouveau Régiment d'Infanterie
, cy - devant d'Aubigné le 14. Janvier .
1705. eut depuis celui de Limosin , et fut fait
Brigadier le premier Février 1719. Il est fils de
feu Nicolas Phelippes de la Houssaye , Lioutenant
de Roy , au Gouvernement de Thionville ,
et Commandant dans les Villes et Citadelles de
Mesieres et de Charleville , mort en 1694. et de
Marie Pajot.
Henry Louis de Choiseul , Marquis de Meuse
fut fait Colonel du Régiment d'Agenois en 1705.
fut blessé dangereusement au combat de Denain,
le 24. Juillet 1712. eut au mois d'Août suivant,
un ancien Régiment d'Infanterie , vacant par la
mort du Marquis de Tourville , tué dans le mê -
me Combat, et fut créé Brigadier le premier Février
1719.
N...... de Cherisey , Exempt des Gardes
Corps du Roy, et Mestre de Camp par brevet
du 12 Mars 1705 . ensuite Mestre de Camp d'un
Regiment de Cavalerie , ci - devant d'Ourches ,
pus Enseigne des Gardes du Corps au mois de
May
1016 MERCURE DE FRANCE
le May 1711. Brigadier des Armées du Roy ,
premier Fevrier 1719. monta depuis à une Lieutenance
des Gardes,
Jean- François de Creil , Seigneur de Soisy et de
Chémault , Marquis de Nancré. Il fut fait Colonel'du
Regiment de Bassigny , par commission
du 15. Mars 1705. Brigadier d'Infanterie
le premier Fevrier 1719. et Capitaine Lieutenant
de la Compagnie desGrenadiers àCheval du Roy,
le 17 Septembre 1730 .
Jean- Charles de Senacterre , Comte de S Victour
, Seigneur de la Touche , Brisillac , Usson ,
& c. et connu sous le nom de Comte de Senecterre.
Il fut fait Colonel d'un nouveau Regiment
d'Infanterie ci- devant Eaval , au mois d'Avril
1705. reformé après la Paix en 1714. et créé
Brigadier le premier Fevrier 1719. Il fut fait
Colonel du Regiment de la Marche par la démission
du Marquis de la Ferté- la - Carte en
1730.
N..... Dauger , appellé le Chevalier Dauger
, étant Exempt des Gardes du Corps du Roy,
eut un brevet de Mestre de Camp de Cavalerie
au mois de May 1705. et fut fait Brigadier le
premier Fevrier 1719. Enseigne au mois d'Août
1720. et depuis Lieutenant des Gardes.
Charles-Theodore des Forges , Seigneur de Germinon
, Pringy , Villenaux , &c . fait Mestre de
Camp d'un Regiment de Cavalerie , ci - devant de
Vienne , par commission du 7 Septembre 1705 ,
et Brigadier le premier Février 1719. obtint au
mois d'Octobre 1723. le Regiment Royal Piémont
Cavalerie , dont il se défit avec permission
au mois d'Avril 1725 .
Louis- Charles . Comte de la Mothe Houdancourt,
Bé le 21 Decembre 1637 , fait Mestre de Camp
MAY. 1734 1917
d'un Regiment de Cavalerie , par commission
du premier Novembre 1705. reformé en 1714.
après la Paix , créé. Brigadier le premier Fevrier
1719. obtint au mois de Novembre 1723.le Regiment
de Cavalerie , vacant par la mort du Duc
d'Aumont , et le 27 Mars 1728. le Gouverne
ment de la Ville et Citadelle de Mezieres en
Champagne.
Jean Joachim Rouault , Marquis de Cayeu . Il
fut fait Capitaine d'une Compagnie de Cavalerie
dans le Regiment Royal des Cravates , au mois
de Juin 1704 , et Mestre de Camp d'un Regiment
de Cavalerie , par commission du 20 Novembre
170f. eut au mois de May 1711. un autre Regiment
de Cavalerie , ci devant de Cherisey , qui
fut reformé en 1714, fut nommé Brigadier le
premier Fevrier 1719. et obtint en même temps
le Regiment de Cavalerie , ci - devant d'Aubusson.
Jean-Nicolas de Montmorency , Seigneur de
Chasteaubrun, de la Branche de Fosseux , reçu
Chevalier des Ordres de N. D. de Montcarmel ,
et de S. Lazare de Jerusalem , le 25 Mars 1697>
Il fut successivement Mousquetaire du Roy
Cornette dans le Regiment , Commissaire General
de la Cavalerie , Capitaine d'une Gompagnie
de Chevaux , qu'il leva et qui fut incorporée dans
le Regiment de Duras , Mestre de Camp à la
suite de ce Regiment depuis Villequier , par brevet
du 22 Novembre 1705. Chevalier de S.Louis,
fait Mestre de Camp du Regiment du Maine
Cavalerie en 1712. Brigadier du premier Fevrier
1719.
Gaspard-Magdelon - Hubert de Vintimille , des
Comtes de Marseille , Marquis du Luc et de la
Marthe , né le 9 Mars 1687. servit d'abord dans
les
to18 MERCURE DE FRANCE
les Mousquetaires du Roy , Puis fut Capitaine de
Cavalerie dans le Regiment de Montrevel , reçut
2 grandes blessures à la Bataille d'Hochstet en
1704. eut le 22 Novembre 1705. la commission
de Mestre de Camp d'un Regiment de Cavalerie
reformé en 1714. fut nommé Brigadier le premier
Fevrier 1719. et obtint au mois de Fevrier
1725. un Regiment de Cavalerie , vacant par là
mort du Comte de Roye , et depuis le Gouver
nement des Isles de Porquerolles , par la démission
du Comte du Luc , son pere.
François Bernardin du Chastelet Comte de Clés
mont , Marquis d'Aubigny , Baron de Thons ;
Gouverneur du Château de Vincennes. Il eut le
22 Novembre 1705. un Regiment de Cavalerie,
reformé en 1714. Il fut fait Brigadier le premier
Fevrier 1719. et le Regiment de Cavalerie vacant
par la mort du Marquis d'Urfé lui fut donné au
mois de Janvier 1734 .
N....de Montfrain , Marquis de Fournez ,
Mestre de Camp , Lieutenant du Regiment du
Roy Cavalerie , par commission du 24 Novembre
170r. et Brigadier du premier Fevrier 1719.
François d'Espinay , Marquis de Boisgueroult
Espinay , Comte de Rosendal , Seigneur et Patron
de S. Paët , Châtelain de Toubleville , Seigneur
haut-Justicier de Franvilliers , Bulton & c . Mestre
de Camp d'un Regiment de Dragons , par commission
du 26 Novembre 1705. et d'un autre
ancien ci- devant Vassé au mois de May 1710.
créé Brigadier le premier Fevrier 1719. et nommé
Inspecteur General de Cavalerie , et de Dra.
gons , le 21 May 1732 .
N....d'Armand de Laurencin , Marquis de
Mison , Colonel du Regiment de Flandres Infanterie
, par commission du 6 Decembre 1705. fait
BriMAY.
1734. 1019
Brigadier le premier Fevrier 1719. et depuis aussi
Inspecteur General d'Infanterie.
N.... Beulkley , Irlandois , frere de la Maréchale
Duchesse de Berwick , ayant été dépêché
par le Duc de Berwick pour porter au Roy le
détail de la capitulation du Château de Nice , il
eut un brevet de Colonel , au mois de Janvier
1706. Il fut encore dépêché par le Maréchal de
Berwick pour porter au Roy le détail de la Bataille
d'Almansa , et étant arrivé à la Cour le 8
May 1707. le Roy lui donna un Regiment d'Infanterie
de la création de 1702. vacant la
promotion du Chevalier de Tessé à celui de la
Couronne. Il fut reformé à la suite de celui de
Berwick en 1714. et fait Brigadier le premier
Fevrier 1719. et eut au mois de Septembre 1733 .
un Regiment d'Ifanterie de sa nation , vacant par
la démission du Lieutenant General de Lée.
par
Charles- François d'Estaing , Marquis de Saillans
, appellé le Marquis d'Estaing , fait Colonel
d'un Regiment d'Infanterie , par commission du
4 Fevrier 1706. eut depuis un ancien Regiment
ci-devant Charost , et fut fait Brigadier le premier
Fevrier 1719 .
Louis - Benigue de Beauffremont , Marquis de
Clairvaulx , Comte de Poligny , Randunes , Baron
de Traves , Ressin , Montsogeon & c. Il fut
fait Capitaine de Dragons dans le Regiment de
Listenay en 1704 Enseigne de la Compagnie des
Gensdarmes de Bourgogne , le 6 Fevrier 1706.
avec un brevet de Mestre de Camp de Cavalerie,
Sous- Lieutenant de celle des Gendarmes Bourguignons
, le 23. du même mois de Fevrier 1706 .
et enfin Mestre de Camp d'un Regiment de Diagons
par commission du premier Novembre 1710 .
ce Regiment étant devenu vacant par la mort de
Jac
1020 MERCURE DE FRANCE
Jacques- Antoine de Bauffremont , Marquis de
Listenay son frere aîné , tué le 23 Octobre précedent
au Siége d'Aire le Roy d'Espagne le
nomma Chevalier de l'Ordre de la Toison d'Or,
au mois de Fevrier 1711. et il fut declaré Brigadier
des Armées du Roy au mois de Juillet 17 19.
avec rang du premier Fevrier précedent.
Jean-Henri de Mainville , Comte dudit lieu ,
fait Sous- Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes
d'Orleans , et Mestre de Camp de Cavalerie
au mois d'Avril 1706. Brigadier d'Armée
le premier Fevrier 1719. et Capitaine Lieutenant
des Chevaux Legers d'Orleans , le 15 Octobre
1725.
Pierre Gaspard , Marquis de Clermont Galle
rande , Seigneur de Loudon , de Meru & c . 11 fut
successivement Mestre de Camp d'un nouveau
Regiment de Dragons , ci- devant Brossia , en
1706. Capitaine des Gardes de feu Charles de
France , Duc de Berii , par lettres du 27 Janvier
1711. Chevalier de S. Louis , reformé à la suite
du Regiment Royal Dragons en 1714. Brigadier
à la promotion du premier Fevrier 1719.
Capitaine des Gardes de Louis d'Orleans , Duc
de Chartres , Gouverneur du Dauphiné, en la
même année 1719. reçu Chevalier des Ordres de
N. D. du Mont- Carmel et de S. Lazare , de Jerusalem
le 22 Mars 1722. institué Bailli de
Dole au mois de May suivant , premier Ecuyer
du Duc d'Orleans , au mois de Decembre 1723 .
reçu Chevalier des Ordres du Roy le 3 Juin 1714.
et enfin Mestre. de Camp Lieutenant du Regiment
de Dragons d'Orleans , au mois de Juillet
.172.6.
>
Joseph Lamoureulx , Seigneur de la Javelliere ,
et la Roulliere , Colonel d'Infanterie reformé à la
suite
MA Y. 1734.
1021
suite du Regiment de Gensac , créé Brigadier
d'Armée le premier Fevrier 1719. depuis Commandeur
de l'Ordre Militaire de S. Louis , et
Major General des Armées du Roy.
Nicolas-Joseph-Baltazart de Langlade,Marquis
du Chayla , fait Cornette de la Compagnie des
Chevaux Legers de la Garde du Roy , au mois
d'Avril 1705. Mestre de Camp par brevet du 8
Avril 1706. Brigadier le premier Fevrier 1719.
et depuis Mestre de Camp , Lieutenant du Regiment
de Conti , dont après la mort du Prince de
ce nom , il fut fait Mestte de Camp en chef le
premier Juin 1727 .
N.... de Marnais de S. André de la Bastie
Gouverneur de Die , Lieutenant Colonel du Regiment
Dauphin Cavalerie, fut fait Maréchal des
Logis de la Cavalerie de l'Armée d'Italie en 1705.
et Mestre de Camp par brevet du mois de Fevrier
1706. puis Brigadier des Armées du Roy le premier
Fevrier 1719. Inspecteur General de Cavalerie
le 9 Septembre 1729. et Lieutenant de Roy
de l'Hôtel Royal des Invalides , le premier Juin
1730.
Louis Comte de Grammont, frere du Duc de ce
nom , il fut reçu Enseigne dans la Compagnie
Colonelle du Regiment des Gardes Françoises ,
le 13 May 1705. eut au mois de May 1706. un
Regiment de Dragons , vacant par la mort du
Comte d'Aubigné , tué à la Bataille de Ramilies,
et fut fait Colonel du Regiment de Bourbonnois
au mois de Janvier 1709. Brigadier d'Infanterie
le premier Fevrier 1719. et Gouverneur de Ham
au mois de May 1721. par la mort du Comté
de Serignan , dont il étoit Survivancier , il fut
reçu Chevalier des Ordres du Roy le 2 Fevrier
1728, et s'étant démis au mois de Juin 1727.
da
1022 MERCURE DE FRANCE
du Regiment de Bourbonnois , il fut fait Colonel
de celui de Vermandois au mois d'Août
1733.
N.... Comte de Vaudrey , Mestre de Camp
d'un Regiment de Cavalerie , ci-devant Sully ,
par commission du 6 Juin 1706. et Brigadier
des Armées du Roy de la promotion du premier
Fevrier 1719.
,
›
N..... de Vassal Chevalier de Montviel
frere de celui qui vient d'être fait Lieutenant General
. Il fut d'abord Capitaine et ensuite Major
• du Regiment de la vieille Mafine aussi Major
General de l'Armée en Lombardie , puis Colonel
da Regiment de Dauphiné , par commission du
5 Septembre 1706. Inspecteur General d'Infanterie
, le 25 May 1716. et Brigadier d'Armée le
premier Fevrier 1719 .
> François de Baschis de Saussan appellé le
Marquis du Caila , Il eut le 22 Septembre 1706.
le Regiment de la Reine Cavalerie vacant par
la mort de Jean- Louis de- Baschis de Pignan du
Caila son frere , tué le 9 du mois au combat de
Castiglione dans le Mantoüan . Il fut fait Brigadier
le premier Fevrier 1719.
Henry-François , Marquis de Segur. Il fut Colonel
d'un Regiment d'Infanterie en 1706. puis
Guidon de la Compagnie des Gendarmes Anglois
en 1709. et Mestre de Camp de Cavalerie ,
par brevet du 26 Septembre de la même année ,
obtint le 11 Septembre 1718. le Gouvernement
de la Province de Foix et la Lieutenance generale
au Gouvernement de Champagne , en Survivance
de son pere , et fut fait Brigadier le premier Février
1719. et Mestre de Camp Lieutenant du
Regiment d'Orleans Cavalerie , le 6 Mars suivant.
Louis
MAY.
1523 1734.
Louis de Fretat , Comte de Boissieux , fut fait
Colonel d'un Regiment d'Infanterie ci - devant de
Tarnault , par commission du 16 Fevrier 1707.
reformé en 1714.eut le Regiment des Landes en
1716. et fut nommé Brigadier d'Infanterie le
premier Fevrier 1719. Il fut fait Mestre de Camp
du Regiment de la Saarre par commission du
19 Septembre 1730. puis Colonel par autre du
15 Decembre suivant , après l'extinction de la
Charge de Colonel General de l'Infanterie . Il est
neveu par sa mere du Maréchal Duc de Villars .
Louis de Bannes , Comte d'Avejan , Baron de
Fereirolles , Seigneur de Langerolles , Montjardin
, &c. Il fut successivement Enseigne , Sous-
Lieutenant , Lieutenant au mois de May 1705 .
et enfin Capitaine au Regiment des Gardes Françoises
, au mois de Septembre 1707. puis second
Sous - Lieutenant de la premiere Compagnie des
Mousquetaires de la Garde du Roy , au mois de,
Mars 1716. et Brigadier de ses Armées le premier
Fevrier 1719. devint premier Sous - Lieutenant
de la premiere Compagnie des Mousquetaires
, au mois de Septembre 1722. et fut nommé
Capitaine Lieutenant Commandant le 5 Janvier
1729. et fut reçu en cette qualité par le Roy à la
tête de la Compagnie le 15 Mars suivant .
Emanuel-François -Joseph , Comte de Baviere ,
Grand d'Espagne , dignité dont il prit possession
à Madrid , le 14 Mars 1733. Il fut fait Colonel
d'unRegiment d'Infanterie appelléRoyal Baviere,
par commission du premier Janvier 1709. et
nommé Brigadier au mois de Juillet 1719. avec
rang du premier Fevrier précédent .
N..... de la Rerye , Ingénieur , Brigadier
d'Armée du 29 Juillet 1710.
N....de Boislogé , Lieutenant General d'Artillerie
To24 MERCURE DE FRANCE
tillerie , Brigadier des Armées du Roy , du 31
Janvier 1713.
20. Février.
N.... de Maillane , Marquis de S. Sernin ,
il fut fait Mestre de Camp d'un Régiment do
Dragons , par commission du 23. Avril 1702 .
réformé en 1714. après la Paix d'Utrecht , et
créé Brigadier le 29. Mars 1710.
Conrad Alexandre , Comte de Rottembourg ;
Seigneur de Moissevaux , de Rougemont , de
Keivenheim , de Seintein et d'Orderbruck. Il a
été d'abord Capitaine dans le Régiment de Cavalerie
Allemande du Comte de Rosen Son On
cle , sur la démission duquel il en fut fait Mestre
de Camp par Commission du 22. Mars 1709.
Il fut créé Brigadier des Armées du Roy le 20 .
Octobre 1716. et reçû Conseiller et Chevalier
d'honneur d'Epée au Conseil Souverain d'Alsace,
le 27. Août 1717. et Chevalier des Ordres de
N. D. du Montcarmel et de S. Lazare de Jerusale
25. Février 1731. Il a été aussi successio
vement EnvoyéExtraordinaire auprès du Roy de
Prusse , Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire
au Congrès de Cambray ; Ministre Plénipotentiaire
en Espagne en 1727. et nommé en
dernier lieu au mois d'Octobre 1730. Ambassadeur
Extraordinaire en la même Cour , où il réside
actuellement en cette qualité. Le Roy la
proposa le premier Janvier 1732. pour être Chevalier
de ses Ordres , et l'admit le 13. May
suivant.
Jem,
Paul- Hippolite de Beauvillier , Duc de Saint
Aignan , Pair de France ; il fut fait Mestre de
Camp d'un Régiment de Cavalerie par Commis
sion du 5. Novembre 1706. et le Duc de Beauvillier,
MAY. 1734. 1009
2. Dé- villier , son frere , lui ceda son Duché le
cembre suivant . Il demeura prisonnier au Combat
d'Oudenarde , le 11. Juillet 1708. fut blessé à
la Bataille de Malplaquet le 11. Septembre 1709.
prêta serment et prit séance au Parlement de Paris
, en qualité de Pair de France , le 22. Janvier
1711. fut fait Premier Gentilhomme de la Chambre
du Duc de Berry , au mois de Mars suivant .
Fut nommé en 1714. pour aller complimenter
la Reine d'Espagne à son passage en France , l'accompagna
jusqu'à Madrid , où il fut fait en
1715. Ambassadeur Extraordinaire ; tint en cette
qualité sur les Fonts de Baptême au nom du Roy
D. Philippe , Infant d'Espagne , le 25. Août
1716 il fut fait Brigadier des Armées du Roy, le
premier Juillet 1717. avec permission de vendre
son Régiment , dont il envoya sa démission aut
mois d'Octobre suivant ; fut nommé au mois de
Juillet 1718. Plénipotentiaire pour négocier latranquillité
de l'Europe , étant arrivé d'Espagne
à Paris le 6. Janvier 1719. il fut déclaré Conseiller
au Conseil de Régence et y prit séance le 22 .
du même mois ; reçut la Croix de l'Ordre de
S. Louis , le 14. May suivant , prêta serment pour
le Gouvernement du Havre le 23. Septembre de
la même année ; fut fait Chevalier des Ordres
du Roy le 3. Juin 1724 et reçû l'un des 40. de '
l'Académie Françoise le 16. Janvier 1727. et a
été nommé en dernier lieu au mois d'Octobre
1730. Ambassadeur Extraordinaire à Rome , ou
il est arrivé le 13. Mars 1632:
N.... Machet de Soleure , Capitaine d'une Com--
pagnie , et Lieutenant Colonel du Régiment des
Gardes Suisses, et Chevalier de S.Louis , Brigadier
d'Infanterie du premier Février 1719. Il eut la¹
Lieutenance Colonelle au mois de Septem. 17265 .
H.y. N..
1010 MERCURE DE FRANCE
1
N.... d'Erlach de Fribourg , Capitaine au
Régiment des Gardes Suisses , Chevalier de saint
Louis , créé Brigadier d'Infanterie le premier
Fevrier 1719.
Philippe - Claude de Montboisier de Canillac , appellé
le Marquis de Montboissier. Il fut d'abord
Capitaine de Cavalerie , puis successivement Colonel
d'un Régiment d'Infanterie , par Commission
du 16. Janvier 1702. et du Régiment de
Condé , au mois d'Avril 1710. Il fut fait au .
mois de Mars 1712. Cornette de la seconde
Compagnie des Mousquetaires de la Garde du
Roy , dont étant Sous- Lieutenant il fut créé Brigadier
des Armées du Roy , le premier Février
1719.Il fut nommé le 10 Avril 1729.à la Charge
de Capitaine- Lieutenant de la même Compagnie,
à la tête de laquelle il fut reçû par le Roy le 19.
May suivant.
N.... Baron d'Eltz , étant Capitaine dans le
Régiment de Sillery , cy - devant Catinat , il eut
une Commission de Colonel d'Infanterie après
le Siege de Bonn , et fut depuis réformé à la suite
du Régiment de Saxe Allemand , fait Brigadier
le premier Février 1719. et depuis Commandeur
de l'Ordre Militaire de S. Louis.
N.... de la Cassagne, de S. Pau, successivemen
Exempt , Enseigne et Lieutenant des Gardes du
Corps du Roy , ayant eu Brevet de Mestre de
Camp dès le mois de Février 1702. fut fait Brigadier
le premier Février 1719.
Jean-Hector de Fay , Marquis de laTour Maubourg,
Seigneur de Fay , sainte Sigolaine , Labatie
, Clessy , Chassy , &c. il fut fait en 1706.
Colonel du Régiment de Ponthieu , et le 15 .
May 1718. Inspecteur General d'Infanterie ,
ayant eu la permission de se défaire de son Régiment
MAY. 1734. IOII
giment , il obtint sa réforme dans le Régiment
de la Marine , et il fut fait Brigadier le premier
Février 1719.
N.... de Berniere , de Louvigny , il fut fait
Colonel d'un Régiment d'Infanterie par Commission
du 14. May 1702. ce Régiment ayant
été réformé en 1714. il eut celui de Lannoy
auparavant Crussol , S. Sulpice , et, il fut déclaré
Brigadier le premier Février 1719 .
Charles-François , Comte de Froulay et de Montfaux
, Lieutenant de Roy en la Province du
Maine et Comté de Laval . Il fut d'abord Major
du Régiment de Dragons de Senneterre , puis
Colonel d'un Régiment d'Infanterie par Commis
sion du 21. May 1702. et ensuite du Régiment
Royal Comtois , et fait Brigadier le premier Février
1719. il fut nommé au mois de Décembre
1732. Ambassadeur Ordinaire à Venise , où ilarriva
le 25. Novembre 1733.
N .... Baron de Bezenval , de Soleure , cydevant
Major du Régiment des Gardes Suisses ,
Brigadier d'Infanterie du premier Février 1719.
Chevalier de S. Louis , il fut fait Colonel d'un Régiment
de sa Nation , cy - devant Hemel , le 15 .
de May 1729.
N .... de Biados , Marquis de Casteja , Gouverneur
de la Ville de Toul . Il fut fait Colonel
d'un Régiment d'Infanterie , par Commission du
3 Septembre 1702. puis du Régiment de Tournesis
, au mois de Février 1705. et créé Brigadier
le premier Février 1719. Il est frere aîné du
Comte de Casteja , Ministre Plénipotentiaire en
Suede , qui vient d'être fait Brigadier.
Charles , Marquis de Houdetot, Il fut fait Co- ,
lonel d'un Régiment d'Infanterie , par Commission
du 10. Décembre 1702. et fut réformé dans
Hvj le
1012 MERCURE DE FRANCE
le Régiment de Pons en 1714. il fut créé Briga
dier le premier Février 1719. et pourvû de la
Charge de Lieutenant de Roy en Picardie au Dé- .
partement du Boulonnois et Pays reconquis , lé
25. Juillet suivant. Il eut le 11. du mois d'Août
1726, le Régiment d'Artois , vacant par la mort
de Louis- Pietre , Comte de Houdetot , son frere
puisné.
Scipion Comte de Bozelli , Italien. Il fut fait
Mestre de Camp d'un Régiment de Dragons ,
par Commission du 15. May 1702. réformé
dans Sommery en 1714. et créé Brigadier le pre
mier Février 1719,.
N .... d'Haremberg , Premier Lieutenant-
Colonel du Régiment Royal Allemand , Cavalerie
, Mestre de Camp par Brevet du 16. Avril
1704. Chevalier de S. Louis en 1705. et Briga
dier d'Armée du premier Février 1719.
N .... Magon de Terlay. Il entra dans le Régiment
des Gardes Françoises en 1694 où il fue
successivement Enseigne , Sous- Lieutenant, Lieutenant
en 1698. et enfin Capitaine en 1703. il
fut créé Brigadier le premier Février 1719 .
N .... de Gensac Loumagne. Il fut fait le 11.
de Novembre 1703. Colonel d'un nouveau Régiment
d'Infanterie , dont il étoit Capitaine do
Grenadiers , et qui étoit vacant par la mort de
son frere , tué au Siege de Landau le 2. du mê
me mois. Il eut depuis un ancien Régiment d'In->
fanterie , qu'avoit cy - devant le Marquis de Mirabeau
, eut le poignet cassé à la déroute des En-:
nemis à Denain le 24. Juillet 1712. et il fut fait
Brigadier le premier Février 1719 ..
Jean- Baptiste Comte de Polastron , Gouverneurs
de Castillon de Castillonet en Périgord. Il fut
Colonel du Régiment de Forêt , Infanterie , le
400
MAY 1734. 1013'
4. Février 1704. et ensuite de celui de la Couron
ne au mois de Février 1712 et Inspecteur General
d'Infanterie le 25. de Septembre 1714. à la
prise de Barcelone , il fut blessé à l'attaque du
Bastion de sainte Claire , et fut fait Brigadier lo
premier Février 1719.
N.... Magon de la Gervasais , Colonel du
Régiment de Berry , Infanterie par Commission
du 17. Eévrier 1704. puis d'un autre plus ancien
, vacant par la mort du Marquis de Gondrin
, au mois de Février 1712. et Brigadier du
premier Février 1719.
Jacques - Antoine de Ricoüart d'Hérouville , fait
Colonel du Régiment de Vosges au mois de
Mars 1704. à la tête duquel il reçut une grande.
blessure au Combat de Castiglione , dans le Mantouan
, le 9. Septembre 1706, fut réformé à la
suite du Régiment de Champagne , en 1714. depuis
fut fait Chevalier de S. Louis , et Brigadier
le premier Février 1719. Il eut le 17. de Septembre
1728. le Régiment de Bourgogne , Infanterie
, comme plus ancien Colonel à remplacer..
Jacques de Chabannes , Marquis de Curton ,.
Comte de Rochefort. Il fut fait Mestre de Camp
du Régiment d'Anjou , Cavalerie , par Commission
du 11..May 1704. puis du Régiment Royali
des Cravates en 1707. et Brigadier le premier Fé-.
wrier, 1719. Il commanda la même année la Cavalerie
dans l'Armée du Roy en Roussillon , et ,
sé défit de son Régiment au mois de Septembre
1720.
Paul Edouard Colbert , Comte de Creilly , Baron
de la Luthumiere , Seigneur d'Hérouville , a.
été d'abord Capitaine dans le Régiment de Cham +
pagne , puis Mestre de Camp du Régiment Royal
Dragons , par Commission. du 12. May 1794
et
1014 MERCURE DE FRANCE
et fait Brigadier le premier Février 1719.
Melchior - Esprit de la Baume 13e Comte de
la Monrevel. Il fut fait Mestre de Camp d'un
nouveau Régiment de Cavalerie , sur la démission
du Chevalier de Montrevel , son oncle , par
Commission du 3. Juin 1704. réformé en 1714.
et fait Brigadier et Mestre de Camp d'un Régiment
de Cavalerie , conservé , cy- devant Marcillac
, le premier Février 1719 .
Louis Marie-Victoire , Comte de Béthune , de la
Branche de Selles , neveu de feu Marie Casimire
de la Grange d'Arquien , Reine de Pologne. Il
eut un Brevet de Mestre de Camp de Cavalerie
en 1704. et fut fait Chevalier de S. Louis , Brigadier
des Armées du Roy , le premier Février
1719. et Mestre de Camp d'un Régiment de Cas
valerie,vacant par la mort du Marquis de Cour
cillon , au mois de Septembre suivant.
Etienne le Menestrel de Hauguel , Seigneur dé
Luteaux , frere de la Maréchale de Besons , et de
la Marquise de Neufchelles. Il fut d'abord Capitaine
de Cavalerie , puis le 20. de Juillet 1704.
Colonel du Régiment de Beaujolois , Infanterie ,
vacant par la mort de Jacques le Menestrel de
Huguel , des Granges , son frere , tué d'un coup
de Mousquet le 2. du même mois au Siege de
Verceil en Piemont. Il a été nommé Brigadier le
premier Février 1719. et Chevalier de S. Louis.
Alexandre - Maximilien - Balthasar Dominique
Villain de Gand , de Merode et de Montmorency ,
Comte de Middelbourg , frere puîné du Prince
d'Isenghien . Il fut fait Colonel du Régiment
Infanterie des Landes le 3. d'Août 1704. et de
celui de la Marine en 1716. Brigadier le premier
Février 1719. et Gouverneur de la Ville de Bouchain
en Hainaut , en 1724. On a rapporté son
3
mariage
MAY . 17 : 4
1015
mariage avec une Dlle de la Rochefoucault de
Roye , dans le Mercure d'Août 1735. P. 197 .
Charles- Gabriel de Belsunce , Marquis de Cas
telmoron , Seigneur de Montpont. Il fut nommé
le 17. Septembre 1704. Colonel d'un Régiment
d'Infanterie , cy-devant Livry , fait Capitaine-
Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes
Bourguignons le 18. Avril 1714. Sénéchal et
Gouverneur des Sénéchaussées d'Agenois et Condomois
en 1717. Chevalier de S. Louis , Brigadier
de Cavalerie le premier Février 1719. et
Inspecteur de la Gendarmerie le 11. Octobre
1730.
N.... Phelippes , d'abord Capitaine de Cavalerie
, puis Colonel d'un nouveau Régiment d'Infanterie
, cy - devant d'Aubigné le 14. Janvier .
1705. eut depuis celui de Limosin , et fut fait
Brigadier le premier Février 1719. Il est fils de
feu Nicolas Phelippes de la Houssaye , Lioutenant
de Roy , au Gouvernement de Thionville ,
et Commandant dans les Villes et Citadelles de
Mesieres et de Charleville , mort en 1694. et de
Marie Pajot.
Henry Louis de Choiseul , Marquis de Meuse
fut fait Colonel du Régiment d'Agenois en 1705.
fut blessé dangereusement au combat de Denain,
le 24. Juillet 1712. eut au mois d'Août suivant,
un ancien Régiment d'Infanterie , vacant par la
mort du Marquis de Tourville , tué dans le mê -
me Combat, et fut créé Brigadier le premier Février
1719.
N...... de Cherisey , Exempt des Gardes
Corps du Roy, et Mestre de Camp par brevet
du 12 Mars 1705 . ensuite Mestre de Camp d'un
Regiment de Cavalerie , ci - devant d'Ourches ,
pus Enseigne des Gardes du Corps au mois de
May
1016 MERCURE DE FRANCE
le May 1711. Brigadier des Armées du Roy ,
premier Fevrier 1719. monta depuis à une Lieutenance
des Gardes,
Jean- François de Creil , Seigneur de Soisy et de
Chémault , Marquis de Nancré. Il fut fait Colonel'du
Regiment de Bassigny , par commission
du 15. Mars 1705. Brigadier d'Infanterie
le premier Fevrier 1719. et Capitaine Lieutenant
de la Compagnie desGrenadiers àCheval du Roy,
le 17 Septembre 1730 .
Jean- Charles de Senacterre , Comte de S Victour
, Seigneur de la Touche , Brisillac , Usson ,
& c. et connu sous le nom de Comte de Senecterre.
Il fut fait Colonel d'un nouveau Regiment
d'Infanterie ci- devant Eaval , au mois d'Avril
1705. reformé après la Paix en 1714. et créé
Brigadier le premier Fevrier 1719. Il fut fait
Colonel du Regiment de la Marche par la démission
du Marquis de la Ferté- la - Carte en
1730.
N..... Dauger , appellé le Chevalier Dauger
, étant Exempt des Gardes du Corps du Roy,
eut un brevet de Mestre de Camp de Cavalerie
au mois de May 1705. et fut fait Brigadier le
premier Fevrier 1719. Enseigne au mois d'Août
1720. et depuis Lieutenant des Gardes.
Charles-Theodore des Forges , Seigneur de Germinon
, Pringy , Villenaux , &c . fait Mestre de
Camp d'un Regiment de Cavalerie , ci - devant de
Vienne , par commission du 7 Septembre 1705 ,
et Brigadier le premier Février 1719. obtint au
mois d'Octobre 1723. le Regiment Royal Piémont
Cavalerie , dont il se défit avec permission
au mois d'Avril 1725 .
Louis- Charles . Comte de la Mothe Houdancourt,
Bé le 21 Decembre 1637 , fait Mestre de Camp
MAY. 1734 1917
d'un Regiment de Cavalerie , par commission
du premier Novembre 1705. reformé en 1714.
après la Paix , créé. Brigadier le premier Fevrier
1719. obtint au mois de Novembre 1723.le Regiment
de Cavalerie , vacant par la mort du Duc
d'Aumont , et le 27 Mars 1728. le Gouverne
ment de la Ville et Citadelle de Mezieres en
Champagne.
Jean Joachim Rouault , Marquis de Cayeu . Il
fut fait Capitaine d'une Compagnie de Cavalerie
dans le Regiment Royal des Cravates , au mois
de Juin 1704 , et Mestre de Camp d'un Regiment
de Cavalerie , par commission du 20 Novembre
170f. eut au mois de May 1711. un autre Regiment
de Cavalerie , ci devant de Cherisey , qui
fut reformé en 1714, fut nommé Brigadier le
premier Fevrier 1719. et obtint en même temps
le Regiment de Cavalerie , ci - devant d'Aubusson.
Jean-Nicolas de Montmorency , Seigneur de
Chasteaubrun, de la Branche de Fosseux , reçu
Chevalier des Ordres de N. D. de Montcarmel ,
et de S. Lazare de Jerusalem , le 25 Mars 1697>
Il fut successivement Mousquetaire du Roy
Cornette dans le Regiment , Commissaire General
de la Cavalerie , Capitaine d'une Gompagnie
de Chevaux , qu'il leva et qui fut incorporée dans
le Regiment de Duras , Mestre de Camp à la
suite de ce Regiment depuis Villequier , par brevet
du 22 Novembre 1705. Chevalier de S.Louis,
fait Mestre de Camp du Regiment du Maine
Cavalerie en 1712. Brigadier du premier Fevrier
1719.
Gaspard-Magdelon - Hubert de Vintimille , des
Comtes de Marseille , Marquis du Luc et de la
Marthe , né le 9 Mars 1687. servit d'abord dans
les
to18 MERCURE DE FRANCE
les Mousquetaires du Roy , Puis fut Capitaine de
Cavalerie dans le Regiment de Montrevel , reçut
2 grandes blessures à la Bataille d'Hochstet en
1704. eut le 22 Novembre 1705. la commission
de Mestre de Camp d'un Regiment de Cavalerie
reformé en 1714. fut nommé Brigadier le premier
Fevrier 1719. et obtint au mois de Fevrier
1725. un Regiment de Cavalerie , vacant par là
mort du Comte de Roye , et depuis le Gouver
nement des Isles de Porquerolles , par la démission
du Comte du Luc , son pere.
François Bernardin du Chastelet Comte de Clés
mont , Marquis d'Aubigny , Baron de Thons ;
Gouverneur du Château de Vincennes. Il eut le
22 Novembre 1705. un Regiment de Cavalerie,
reformé en 1714. Il fut fait Brigadier le premier
Fevrier 1719. et le Regiment de Cavalerie vacant
par la mort du Marquis d'Urfé lui fut donné au
mois de Janvier 1734 .
N....de Montfrain , Marquis de Fournez ,
Mestre de Camp , Lieutenant du Regiment du
Roy Cavalerie , par commission du 24 Novembre
170r. et Brigadier du premier Fevrier 1719.
François d'Espinay , Marquis de Boisgueroult
Espinay , Comte de Rosendal , Seigneur et Patron
de S. Paët , Châtelain de Toubleville , Seigneur
haut-Justicier de Franvilliers , Bulton & c . Mestre
de Camp d'un Regiment de Dragons , par commission
du 26 Novembre 1705. et d'un autre
ancien ci- devant Vassé au mois de May 1710.
créé Brigadier le premier Fevrier 1719. et nommé
Inspecteur General de Cavalerie , et de Dra.
gons , le 21 May 1732 .
N....d'Armand de Laurencin , Marquis de
Mison , Colonel du Regiment de Flandres Infanterie
, par commission du 6 Decembre 1705. fait
BriMAY.
1734. 1019
Brigadier le premier Fevrier 1719. et depuis aussi
Inspecteur General d'Infanterie.
N.... Beulkley , Irlandois , frere de la Maréchale
Duchesse de Berwick , ayant été dépêché
par le Duc de Berwick pour porter au Roy le
détail de la capitulation du Château de Nice , il
eut un brevet de Colonel , au mois de Janvier
1706. Il fut encore dépêché par le Maréchal de
Berwick pour porter au Roy le détail de la Bataille
d'Almansa , et étant arrivé à la Cour le 8
May 1707. le Roy lui donna un Regiment d'Infanterie
de la création de 1702. vacant la
promotion du Chevalier de Tessé à celui de la
Couronne. Il fut reformé à la suite de celui de
Berwick en 1714. et fait Brigadier le premier
Fevrier 1719. et eut au mois de Septembre 1733 .
un Regiment d'Ifanterie de sa nation , vacant par
la démission du Lieutenant General de Lée.
par
Charles- François d'Estaing , Marquis de Saillans
, appellé le Marquis d'Estaing , fait Colonel
d'un Regiment d'Infanterie , par commission du
4 Fevrier 1706. eut depuis un ancien Regiment
ci-devant Charost , et fut fait Brigadier le premier
Fevrier 1719 .
Louis - Benigue de Beauffremont , Marquis de
Clairvaulx , Comte de Poligny , Randunes , Baron
de Traves , Ressin , Montsogeon & c. Il fut
fait Capitaine de Dragons dans le Regiment de
Listenay en 1704 Enseigne de la Compagnie des
Gensdarmes de Bourgogne , le 6 Fevrier 1706.
avec un brevet de Mestre de Camp de Cavalerie,
Sous- Lieutenant de celle des Gendarmes Bourguignons
, le 23. du même mois de Fevrier 1706 .
et enfin Mestre de Camp d'un Regiment de Diagons
par commission du premier Novembre 1710 .
ce Regiment étant devenu vacant par la mort de
Jac
1020 MERCURE DE FRANCE
Jacques- Antoine de Bauffremont , Marquis de
Listenay son frere aîné , tué le 23 Octobre précedent
au Siége d'Aire le Roy d'Espagne le
nomma Chevalier de l'Ordre de la Toison d'Or,
au mois de Fevrier 1711. et il fut declaré Brigadier
des Armées du Roy au mois de Juillet 17 19.
avec rang du premier Fevrier précedent.
Jean-Henri de Mainville , Comte dudit lieu ,
fait Sous- Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes
d'Orleans , et Mestre de Camp de Cavalerie
au mois d'Avril 1706. Brigadier d'Armée
le premier Fevrier 1719. et Capitaine Lieutenant
des Chevaux Legers d'Orleans , le 15 Octobre
1725.
Pierre Gaspard , Marquis de Clermont Galle
rande , Seigneur de Loudon , de Meru & c . 11 fut
successivement Mestre de Camp d'un nouveau
Regiment de Dragons , ci- devant Brossia , en
1706. Capitaine des Gardes de feu Charles de
France , Duc de Berii , par lettres du 27 Janvier
1711. Chevalier de S. Louis , reformé à la suite
du Regiment Royal Dragons en 1714. Brigadier
à la promotion du premier Fevrier 1719.
Capitaine des Gardes de Louis d'Orleans , Duc
de Chartres , Gouverneur du Dauphiné, en la
même année 1719. reçu Chevalier des Ordres de
N. D. du Mont- Carmel et de S. Lazare , de Jerusalem
le 22 Mars 1722. institué Bailli de
Dole au mois de May suivant , premier Ecuyer
du Duc d'Orleans , au mois de Decembre 1723 .
reçu Chevalier des Ordres du Roy le 3 Juin 1714.
et enfin Mestre. de Camp Lieutenant du Regiment
de Dragons d'Orleans , au mois de Juillet
.172.6.
>
Joseph Lamoureulx , Seigneur de la Javelliere ,
et la Roulliere , Colonel d'Infanterie reformé à la
suite
MA Y. 1734.
1021
suite du Regiment de Gensac , créé Brigadier
d'Armée le premier Fevrier 1719. depuis Commandeur
de l'Ordre Militaire de S. Louis , et
Major General des Armées du Roy.
Nicolas-Joseph-Baltazart de Langlade,Marquis
du Chayla , fait Cornette de la Compagnie des
Chevaux Legers de la Garde du Roy , au mois
d'Avril 1705. Mestre de Camp par brevet du 8
Avril 1706. Brigadier le premier Fevrier 1719.
et depuis Mestre de Camp , Lieutenant du Regiment
de Conti , dont après la mort du Prince de
ce nom , il fut fait Mestte de Camp en chef le
premier Juin 1727 .
N.... de Marnais de S. André de la Bastie
Gouverneur de Die , Lieutenant Colonel du Regiment
Dauphin Cavalerie, fut fait Maréchal des
Logis de la Cavalerie de l'Armée d'Italie en 1705.
et Mestre de Camp par brevet du mois de Fevrier
1706. puis Brigadier des Armées du Roy le premier
Fevrier 1719. Inspecteur General de Cavalerie
le 9 Septembre 1729. et Lieutenant de Roy
de l'Hôtel Royal des Invalides , le premier Juin
1730.
Louis Comte de Grammont, frere du Duc de ce
nom , il fut reçu Enseigne dans la Compagnie
Colonelle du Regiment des Gardes Françoises ,
le 13 May 1705. eut au mois de May 1706. un
Regiment de Dragons , vacant par la mort du
Comte d'Aubigné , tué à la Bataille de Ramilies,
et fut fait Colonel du Regiment de Bourbonnois
au mois de Janvier 1709. Brigadier d'Infanterie
le premier Fevrier 1719. et Gouverneur de Ham
au mois de May 1721. par la mort du Comté
de Serignan , dont il étoit Survivancier , il fut
reçu Chevalier des Ordres du Roy le 2 Fevrier
1728, et s'étant démis au mois de Juin 1727.
da
1022 MERCURE DE FRANCE
du Regiment de Bourbonnois , il fut fait Colonel
de celui de Vermandois au mois d'Août
1733.
N.... Comte de Vaudrey , Mestre de Camp
d'un Regiment de Cavalerie , ci-devant Sully ,
par commission du 6 Juin 1706. et Brigadier
des Armées du Roy de la promotion du premier
Fevrier 1719.
,
›
N..... de Vassal Chevalier de Montviel
frere de celui qui vient d'être fait Lieutenant General
. Il fut d'abord Capitaine et ensuite Major
• du Regiment de la vieille Mafine aussi Major
General de l'Armée en Lombardie , puis Colonel
da Regiment de Dauphiné , par commission du
5 Septembre 1706. Inspecteur General d'Infanterie
, le 25 May 1716. et Brigadier d'Armée le
premier Fevrier 1719 .
> François de Baschis de Saussan appellé le
Marquis du Caila , Il eut le 22 Septembre 1706.
le Regiment de la Reine Cavalerie vacant par
la mort de Jean- Louis de- Baschis de Pignan du
Caila son frere , tué le 9 du mois au combat de
Castiglione dans le Mantoüan . Il fut fait Brigadier
le premier Fevrier 1719.
Henry-François , Marquis de Segur. Il fut Colonel
d'un Regiment d'Infanterie en 1706. puis
Guidon de la Compagnie des Gendarmes Anglois
en 1709. et Mestre de Camp de Cavalerie ,
par brevet du 26 Septembre de la même année ,
obtint le 11 Septembre 1718. le Gouvernement
de la Province de Foix et la Lieutenance generale
au Gouvernement de Champagne , en Survivance
de son pere , et fut fait Brigadier le premier Février
1719. et Mestre de Camp Lieutenant du
Regiment d'Orleans Cavalerie , le 6 Mars suivant.
Louis
MAY.
1523 1734.
Louis de Fretat , Comte de Boissieux , fut fait
Colonel d'un Regiment d'Infanterie ci - devant de
Tarnault , par commission du 16 Fevrier 1707.
reformé en 1714.eut le Regiment des Landes en
1716. et fut nommé Brigadier d'Infanterie le
premier Fevrier 1719. Il fut fait Mestre de Camp
du Regiment de la Saarre par commission du
19 Septembre 1730. puis Colonel par autre du
15 Decembre suivant , après l'extinction de la
Charge de Colonel General de l'Infanterie . Il est
neveu par sa mere du Maréchal Duc de Villars .
Louis de Bannes , Comte d'Avejan , Baron de
Fereirolles , Seigneur de Langerolles , Montjardin
, &c. Il fut successivement Enseigne , Sous-
Lieutenant , Lieutenant au mois de May 1705 .
et enfin Capitaine au Regiment des Gardes Françoises
, au mois de Septembre 1707. puis second
Sous - Lieutenant de la premiere Compagnie des
Mousquetaires de la Garde du Roy , au mois de,
Mars 1716. et Brigadier de ses Armées le premier
Fevrier 1719. devint premier Sous - Lieutenant
de la premiere Compagnie des Mousquetaires
, au mois de Septembre 1722. et fut nommé
Capitaine Lieutenant Commandant le 5 Janvier
1729. et fut reçu en cette qualité par le Roy à la
tête de la Compagnie le 15 Mars suivant .
Emanuel-François -Joseph , Comte de Baviere ,
Grand d'Espagne , dignité dont il prit possession
à Madrid , le 14 Mars 1733. Il fut fait Colonel
d'unRegiment d'Infanterie appelléRoyal Baviere,
par commission du premier Janvier 1709. et
nommé Brigadier au mois de Juillet 1719. avec
rang du premier Fevrier précédent .
N..... de la Rerye , Ingénieur , Brigadier
d'Armée du 29 Juillet 1710.
N....de Boislogé , Lieutenant General d'Artillerie
To24 MERCURE DE FRANCE
tillerie , Brigadier des Armées du Roy , du 31
Janvier 1713.
Fermer
Résumé : Maréchaux de Camp de la Promotion du 20. Février.
Le document présente une liste de maréchaux de camp promus en février 1734, détaillant leurs carrières militaires et distinctions. Parmi les personnalités notables, Jean-François de Creil, Marquis de Nancré, fut Colonel du Régiment de Bassigny en 1705, Brigadier d'Infanterie en 1719, et Capitaine Lieutenant des Grenadiers à Cheval du Roi en 1730. Jean-Charles de Senacterre, Comte de Saint-Victour, fut Colonel d'un Régiment d'Infanterie en 1705, réformé en 1714, Brigadier en 1719, et Colonel du Régiment de la Marche en 1730. Nicolas Dauger fut Mestre de Camp de Cavalerie en 1705, Brigadier en 1719, et Lieutenant des Gardes. Charles-Théodore des Forges, Seigneur de Germinon, fut Mestre de Camp d'un Régiment de Cavalerie en 1705, Brigadier en 1719, et obtint le Régiment Royal Piémont Cavalerie en 1723. Louis-Charles, Comte de la Mothe Houdancourt, fut Mestre de Camp d'un Régiment de Cavalerie en 1705, réformé en 1714, Brigadier en 1719, et obtint un Régiment de Cavalerie en 1723. Il devint également Gouverneur de Mézières en 1728. Jean Joachim Rouault, Marquis de Cayeu, fut Capitaine d'une Compagnie de Cavalerie en 1704, Mestre de Camp en 1705, et Brigadier en 1719. Jean-Nicolas de Montmorency, Seigneur de Chasteaubrun, eut une carrière variée, devenant Mestre de Camp en 1705 et Brigadier en 1719. Gaspard-Magdelon-Hubert de Vintimille, Comte de Marseille, fut Mestre de Camp en 1705, réformé en 1714, Brigadier en 1719, et obtint un Régiment de Cavalerie en 1725. François Bernardin du Chastelet, Comte de Clésmont, fut Mestre de Camp en 1705, réformé en 1714, Brigadier en 1719, et obtint un Régiment de Cavalerie en 1734. Nicolas de Montfrain, Marquis de Fournez, fut Mestre de Camp et Lieutenant du Régiment du Roi Cavalerie en 1705 et Brigadier en 1719. François d'Espinay, Marquis de Boisgueroult, fut Mestre de Camp d'un Régiment de Dragons en 1705, d'un autre en 1710, Brigadier en 1719, et Inspecteur Général de Cavalerie et de Dragons en 1732. Nicolas d'Armand de Laurencin, Marquis de Mison, fut Colonel du Régiment de Flandres Infanterie en 1705, Brigadier en 1719, et Inspecteur Général d'Infanterie. Nicolas Beulkley, Irlandais, fut Colonel en 1706, Brigadier en 1719, et obtint un Régiment d'Infanterie en 1733. Charles-François d'Estaing, Marquis de Saillans, fut Colonel d'un Régiment d'Infanterie en 1706 et Brigadier en 1719. Louis-Benigue de Beauffremont, Marquis de Clairvaux, fut Capitaine de Dragons en 1704, Enseigne des Gensdarmes de Bourgogne en 1706, Mestre de Camp d'un Régiment de Dragons en 1710, et Brigadier en 1719.
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91
p. 1024-1037
MORTS ET MARIAGES.
Début :
Le 18 Avril dernier, Marc-Antoinne Bosc de Boucher, Maître des Requêtes Honoraire [...]
Mots clefs :
Seigneur, Roi, Paris, Marquis, Duc, Chevalier, Lieutenant général, Veuve, Épouse, Conseiller au Parlement, Chambre des comptes de Paris, Marc-Antoine de Bosc de Bouchet, Nicolas de Neufville de Villeroy, François-Camille de Neufville de Villeroy, François-Théodore des Vignes, Charles-Eugène de Lévis-Charlus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS ET MARIAGES.
MORTS ET MARIAGES.
E 18 Avril dernier , Marc- Antoine Bosc du
>
LBoucher, Maitre des Requêtes Honoraire
de l'Hôtel du Roy , ci-devant Sur - Intendant
General de la Maison , Finances , Domaines et
Affaires de feuë Madame la Dauphine , Mere du
Roy , et Intendant en la Generalité de Limoges
mourut à Paris dans la 63 année de son âge
étant né le 24 Septembre 1671. Il avoit d'abord
été reçu Procureur General aux Requêtes de
l'Hôtel le 16 Juin 1695. puis Maître des Requêtes
le 7 Septembre 1696. et nommé au mois
de Mars 1710. à l'Intendance de Limoges , d'où
il fut rappellé la même année. Il obtint des Lettres
de Maître des Requêtes Honoraire , le 23
Decembre 1711. Il étoit fils de Laurent Bosc
en son vivant Conseiller au Parlement de Toulouse
, et de Françoise de Marc de la Calmette ,
sa premiere femme , et il avoit épousé le premier
Juin 1702. Dame Grace Angelique - Françoise
Arazola d'Ognate , veuve d'Armand Nompar
de Caumont la Force , Marquis de Montpouillan
, premier Gentilhomme de la Chambre
du Roy d'Angleterre Guillaume III. Lieutenant
General des Armées des Etats Generaux de
Hollande et Gouverneur d'Arnheim , et fille de
Jean Arazola d'Ognate , Seigneur de Gaumont ,
en son vivant Intendant pour le Roy d'Espagne,
des Provinces de Flandres et Haynault, et d'Anne'
Isabelle de Cordes. Il en laisse Jeanne Grace
Bosc
MAY.
1734. 1025
Bose , née le 17 Fevrier . 1703. et deux autres
enfans.
Le 19 , Dame Marie- Gabrielle le Clerc , veuve
depuis le 9 Juin 8713. de Messire François
Baillet , Chevalier Marquis de Vaugrenant , Seigneur
du Duesne , &c. qu'elle avoit épousé le
13 Fevrier 1679. mourut à Paris , sans posterité,
dans la 78 année de son âge , étant née le 14
Août 1656. elle étoit fille de Gabriel le Clerc ,
Seigneur du Buisson , Commis au Greffe de la
Chambre des Comptes de Paris , mort le 2 Avril
1663. et de Jeanne Royer sa femme , décédée le
3 Octobre 1687. elle avoit eu pour Soeur aînée
Jeanne- Françoise le Clerc , qui avoit été mariée
le 15 Septembre 1610. avec Jacques le Picart ,
Seigneur des Marchais ; feu le Marquis de Vaugrenant
étoit fis de Claude Baillet , Seigneur de
Vaugrenant , Président en la premiere Chambre
des Requêtes du Palais au Parlement de Paris
mort le 2 Fevrier 1694. âgé de 75 ans.
Le 20 , Dame Claude Douet , femme de François
Boucot , Conseiller du Roy en ses Conseils
, Sécretaire de S. M. Maison Couronne de
France, et Garde des Rôiles des Offices de France,
mourut à Paris , sans laisser d'enfans .
Le 21 , D. Louis le Roy , General de l'Ordre
des Feuillants , mourut à Paris en la Maison de
son Ordre , dans la 67 année de son âge , ayant
été baptisé en la Paroisse S. Gervais à Paris ;
le 4 Septembre 1667. Il étoit fils de feu Georges
le Roy , Avocat au Parlement et ès Conseils du
Roy , mort le 16 Fevrier 1702. âgé de 73 ans ,
et de Louise Rousseau sa femme , et frere de
Georges le Roy, et de Pierre le Roy de Valieres,
ancien Avocat au Parlement de Paris, et ès Conseils
du Roy , Sécretaire de S. M. Maison Couronne
de France et de ses Finances. I
1026 MERCURE DE FRANCE
Le Jeudy Saint 22 Avril 1734. Nicolas de
Neufville , Duc de Villeroy , Fair de France >
Marquis d'Alincourt , Seigneur de Magny , &c.
Chevalier des Ordres du Roy , Capitaine de la
premiere Compagnie Françoise des Gardes du
Corps de S.M. Lieutenant General de ses Armées,
Gouverneur et Lieutenant General des Provin
ces de Lionnois , Forez et Beaujolois , mourut à
Paris subitement d'une attaque d'Apoplexie , en
sortant de l'Office , entre 11 heures et midy, dans
la 71 année de son âge , ayant été baptisé le 25
Decembre 1663. Ce Seigneur qui s'étoit rendu
digne de vénération par sa bonté naturelle , son
affabilité et sa grande probité , est genéralement
regretté. Il avoit d'abord été connu sous le titre
de Marquis d'Alincourt ; et étant encore fort jeune
il fut fait au mois d'Avril 1680. Lieutenant General
des Provinces de Lionnois , Forez et Beaujolois,
en Survivance de l'Archevêque de Lyon ,
son grand Oncle. Il fut ensuite Colonel du Re
giment Lionnois , et fait Brigadier d'Infanterie
le 30 Mars 1693. servit la même année au Siége
de Charleroy , fut nommé Maréchal de Camp
le 3 Janvier 1696. et le Maréchal son pere s'étant
démis en sa faveur de son Duché , il prêta serment
et prit séance au Parlement en qualité de
Pair de France , le 11 Avril de la même année
1696. Il se trouva le 15 Août 1702. à la Bataille
de Luzara en Italie ; et ayant été depêché
en France par le Duc de Vendôme pour porter
au Roy la nouvelle de cette Victoire , S. M. le
déclara le 13 Septembre Lieutenant General de
ses Armées , le fit Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , le 20 Janvier 1703. et le nomma au
mois de Fevrier suivant pour servir dans son Armée
en Flandres . Il se· trouva le 30 Juin de la
même
MAY. 1734 1027
même année au combat d'Eckeren , où les Hollandois
furent battus par leMaréchal de Boufflers.
Il servit aussi à la Bataille de Ramillies le 23
May 1706. le Maréchal de Villeroy son pere
s'étant démis en sa faveur de la Charge de Capitaine
des Gardes du Corps , il en prêta serment
de fidelité entre les mains du Roy , le 14 Janvier
1708. et obtint au mois d'Octobre 1712. la
Survivance du Gouvernement du Lionnois . Il fit
au Sacre du Roy en 1722 , la fonction de Capitaine
de la Garde Ecossoise en l'Absence du Duc
de Noailles , et il commanda aussi le Corps de
Troupes , qui campa près de la Ville de Reims ,
pendant le séjour du Roy. Enfin il fut reçu Chevalier
des Ordres de S. M. le 3 Juin 1724. Il
étoit veuf de Marguerite le Tellier de Louvois ,
morte le 23 Avril 1711. Il avoit eu d'elle quatre
enfans qui sont 1. Louis François -Anne de Neufville
, Marquis , puis Duc de Villeroy , Pair de
France , connu jusqu'à présent sous le nom de
Duc de Retz , né au mois d'Octobre 1695. fait
Lieutenant General au Gouvernement des Provinces
de Lionnois , Forez et Beaujolois , en Sur
vivance de son pere au mois d'Octobre 1712.
Colonel du Regiment de Lionnois , par commission
du 27 Fevrier 1714. et nommé Capitaine
des Gardes du Corps du Roy , en Survivance le
12 Decembre 1716. Il a prêté serment et pris
séance au Parlement en qualité de Pair de France
le 9 Fevrier 1722. a été fait Brigadier d'Infanterie
à la Promotion du 20 Fevrier dernier , et .
vient d'obtenir le Gouvernement des Provinces
de Lionnois , Forez et Beaujolois , et celui de la
Ville de Lyon , vacant par la mort du Duc son
pere. Il n'a point d'enfans de Marie Renée de
Moutmorency- Luxembourg , qu'il a épousée le
I ij 15
1028 MERCURE DE FRANCE
15 Avril 1716. 2. Marguerite- Louise - Sophie de
Neuville-Villeroy , mariée le 14 Janvier 1716.
avec François , Duc a'Harcourt , Pair de France ,
Capitaine des Gardes du Corps du Roy, et moste
le 4 Juin suivant , dans la 18 année de son âge,
3. François Camille de Neufville , Duc d'Alin-
Court dont on va parler , et 4. Madeleine- Angelique
de Neufville de Villeroy , née au mois.
Octobre 1707. et mariée le 16 Septembre 1721.
avec Joseph Marie , Duc de Boffers , Pair de
France , Gouverneur de la Flandre Françoise et
du Haynault , et des Ville et Citadelles de Lille ,
Grand Baillet Gouverneur et héréditaire de
Beauvais et du Beauvoisis , Colonel d'un Regiment
d'Infanterie , elle a été nommée au mois
de Janvier dernier Dame du Palais de la Reine ,
au lieu et place de la Duchesse d'Alincourt sa
Belle- Soeur , qui avoit demandé la permission
de se retirer.
>
François Camille de Neufville- Villeroy , Marquis
, puis Duc d'Alincourt , Baron de Marais
et de S. Marc , fait Lieutenant de Roy au Gouvernement
des Provinces de Lionnois , Forez et
Beaujolois , au mois d'Octobre 1712. fit la Campagne
de Hongrie en 1717. et alla ensuîte voïager
en Italie. Il fut fait Mestre de Camp du Regiment
de Cavalerie de Villeroy , par commission
du Is Mars 1718. et obtint un brevet de Duc le
20 Septembre 1729. I mourut de la petite vérole
à Paris , le 26 Decembre 1732. dans la 33 année
de son âge. Il avoit été marié le 4 Septembre
1720. avec Marie- Joseph de Boufflers , nommée
Dame du Palais de la Reine , le 27 Juin 1716.
fille puinée de feu Louis François , Duc de Bouf-
Alers , Pair et Maréchal de France , General des
Armées du Roy , Chevalier de ses Ordres , Gou
verneur
MAY. TO29 1734.
:
>
verneur de la Flandre Françoise &c . et de Dame
Catherine - Charlotre de Gramont > sa veuve
Dame d'honneur de la Reine de ce mariage
sont sortis.. de Neufville -Villeroy , élé
25 Août 1723. appellé d'abord le Comte de Sault,
puis en 1729. le Marquis d'Alincourt , mort au
College de Clermont à Paris , le 24 Decembre
1730. agé de 7 ans 4 mois ; Charles- Nicolas-
Joseph de Neufville - Villeroy , né le 28 Fevrier
1729. appellé le Marquis d'Alincourt , mort le
4 Juin 1731. et Gabriël - Louis de Neufville
Villeroy , né le 8 Octobre 1731. appellé le Marquis
de Villeroy , le seul enfant qui reste de cette
Maison , et auquel lé Roy vient d'accorder la
Charge de Lieutenant General au Gouvernement
du Lionnois , Forez et Beaujolois , dont le Duc
de Retz son Oncle avoit la Survivance .
Le 24 Avril , Amable Baisle , Auvergnat ,
Prêtre , Chapelain Ordinaire de la Chapelle et
Oratoire du Roy , Chanoine honoraire de Saint
Germain l'Auxerrois , mourut à Paris chez son
frere, Chanoine de S. Honoré , à l'âge de 94 ans .
Jean- Joseph Baisle son neveu , Chanoine de Saint
Germain l'Auxerrois , lui succede dans la Charge
de Chapelain ordinaire de la Chapelle et Oratoire
du Roy , dont il avoit la Survivance .
Le 27 , la Dlle Noblet de Romery , 2 me fille
de feu Jean Antoine Noblet, Seigneur de Romery
Conseiller au Parlement de Paris , mort le 9 Avril
1728. et de Dame Louise - Catherine de la Salle ,
sa veuve , mourut de la petite vérole , le s jour
de sa maladie , âgée d'environ 18 ans ; la Soonr
aînée de la deffunte a été mariée le 7 Decembre
1730. avec Claude- Olivier Boucher , Conseiller
au Parlement de Faris .
Le Comte de Vertillac , du surnom de la
I iij Brousse
1030 MERCURE DE FRANCE
Brousse , mourut en Perigord au mois d'Avril
1734. âge de 85 ans , laissant des enfans , qui
sont le Comte de Vertillac , Gouverneur et Sénéchal
de Périgord , qui est marié , et le Chevalier
de Vertillac , Capitaine dans le Regiment du
Maine.
La Dame le Boulanger , femme de M. le Boulanger
, Maître ordinaire de la Chambre des
Comptes de Paris , mourut en couches d'une
fille , son premier enfant , au commencement
de ce mois ; elle avoit été mariée le 7 Juillet
1733. et étoit fille de Jean Gaschier , Maître
ordinaire en la Chambre des Comptes de Paris ,
ancien Echevin , et ci - devant Notaite au Châtelet
de Paris.
Les de ce mois, mourut à Paris Dame Anne
Angelique de la Barre , veuve de Nicolas Char
py , Ecuyer , Seigneur de Chartrettes , Roqua.
mont , la Forest , &c . qu'elie avoit épousé le 19
Août 1710. elle étoit fille de Jean de la Barre ,
Ecuyer , Sr de Gomerville , Sécretaire du Conseil
, et Intendant des Maisons , Domaines et
Finances de Philippe Fils de France , Duc d'Or
leans , et d'Anne le Noir , et elle étoit dans la
52 année de son âge.
Le même jour , François - Theodore des Vignes
, Chevalier , Seigneur de Chutfort en Nivernois
, Gentilhomme de la Chambre du Roy
de Pologne , Stanislas I. et fils aîné de Jacques
des Vignes , Seigneur de Chuffort , et de Marie
Carpentier de Crecy , mourut en son Château de
Chuffort , âgé d'environ 71 ans . Il s'étoit marié
en Pologne avec Marie Anne- Claude de Croisy,
originaire de France , d'une Famille Noble da
Duché de Bourgogne. Il a laissé d'elle Louis-,
Benedict des Vignes , Seigneur de Chuffort , et
Dlic
MAY. 1734. 1031
Dlle Jeanne- Louise des Vignes , tous deux nés
en Pologne , et présentement établis dans la
Province de Nivernois . La Famille des Vignes ,
d'une ancienne Noblesse , porte écartelé au premier
et 4. d'argent à une fasce de Gueules
chargée de 3 Besans d'or , et accompagnée de
7-Merlettes de gueules , 4 en chef et 3 en pointe,
à un Lambel às pendans d'azur , qui est des
Vignes , et au 2 et 3 d'azur à une Etoile d'or
accompagnée de 3 Croissans d'argent 2 en chef
et un en pointe , qui est de Carpentier , accollé
des Armes de Choisy , qui sont de Gueules à une
Croix d'argent , chargée des Coquilles de sable.
Le 7. Dame Jeanne Gallon , veuve d'Antoine-
François Phelypeaux, Chevalier, Seigneur d'Her
bault , Intendant General de la Marine , et des
Armées Navales du Roy , mort à Malaga le 10
Octobre 1704. d'une blessure qu'il avoit reçue le
24 Août précédent sur le vaisseau Amiral , dans
un combat Naval sur les côtes d'Espagne , mourut
à Paris ; elle étoit fille de feu Georges Gallon,
de la Ville de Lyon , Ecuyer , et de Susanne Rigioli
, et avoit été mariée les May 1695, elle
laisse pour enfans Georges Phelypeaux, Seigneur
d'Herbault , qui fut receu Conseiller au Parlement
de Paris , le 31 Mars 1719. puis Lieutenant
de Roy en la Province du Blaisois, Charge pour
laquelle il prêta serment entre les mains du Roy.
Je 2 Mars 1727. et Marie - Anne Phelypeaux
d'Herbault , mariée le 17 Juillet 1725. avec Gabriël
Bertrand du Guesclin , Seigneur de Beaucé.
Le même jour , Pierre Paulmier de la Bu
caille , Seigneur de Prestreval , mourut à Rouen,
laissant de Dame Geneviève Marette sa femme ,
deux filles , qui sont Genevieve Paulmier de la
Bucaille , épouse de Jean- Baptiste Hélie Camus
Liiija do
1032 MERCURE DE FRANCE
de Pontcarré Seigneur de Viarme , Maître des
Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy , et auparavant
veuve de Charles- Etienne Maignart , Seigneur
de la Vaupalliere , de Hauville &c. Conseiller
au Parlement de Normandie , et Charlotte
Paulmier de la Bucaille , qui a été mariée le 15
Septembre de l'année derniere avec Pierre-
Jacques- Louis de Becdelievre , Marquis de Quévilly
, jeune homme sortant de l'Académie .
>
Le 9. Mai Charles Eugene de Levis , Duc de
Levis , Pair de France , Comte de Charius et de
Saignes , Baron de Monjouvent , Seigneur de S.
Nizier,&c . et Chevalier des ordres du Roi, Lieutenant
General de ses Armées et au Gouvernement
de la Province du Bourbonnois , Commandant
en chef pour S. M. dans le Comté de Bourgogne
, Gouverneur de Bergue S. Vinox , modrut
à Paris dans la 65. année de son âge. Il commença
à servir en 1688. et suivit le Dauphin
aycul du Roi , aux sieges de Philisbourg , de
Manheim er de Frankendal ; eut ensuite un Regiment
de Cavalerie , à la tête duquel il se trouva
aux Batailles de Fleurus en 1690. de Stinkerque
en 1692. et de Nerwingue en 1693.de même
qu'aux Sieges de Mons,de Namur,et de Charleroi,
et dans d'autres occasions jusqu'à la paix de Riswick
en 1697. fut fait Brigadier le 29. Janvier
1702 eut le Commandement de la Cavalerie dans
l'Armée qui alla joindre l'Electeur de Baviere
en Allemagne en 1703. se distingua à la premiere
Bataille d'hocshtet ; la même année fut nominé
Marechal de Camp le 10. Fevrier 1704. et servit
en cette qualité les années suivantes . Le Roi
le fit seul par distinction Lieutenant General
de ses Armées le 18. Fevrier 1708. et le nomma
en même tems pour servir en cette qualité
auprès
MAY. 1734. 1033
auprès du corps de Troupes qui étoit destiné
pour passer en Ecosse ; mais la descente n'ayant
pû avoir lieu , et le Vaisseau sur lequel il étoit
ayant été obligé de se rendre aux Anglois le 25.
Mars , il fut fait prisonnier. Après avoir re-
Couvert sa liberté , il continua de servir jusqu'à
la paix d'Utrecht. Le Gouvernement des Villes
et Gitadelles de Mezieres ee de Charleville lui
fut donné au mois de Novembre 1713. Il fut
fait du Conseil de Guerre établi au mois de
Septembre mil sept cent quinze , et après la
suppression de ce Conseil , il eut le Commandement
en chef dans le Comté de Bourgogne. II
obtint l'érection de ses Terres et Seigneuries de
Lurcy le Sauvage , de Poligny , la Braudiere ,
Champroux , et autres situés en Bourbonnois ,
en titre de Duché et Pairie , sous le nom de Levis
, par Lettres du mois de Fevrier 1723. après
la verification desquelles il prêta serment et prit
séance au Parlement le 22. du même mois , le
Roi y séancen son Lit de Justice pour la déclaration
de sa majorité . Le Gouvernement de Bergue
S. Vinox lui fut accordé le 27. Mars 1728 .
et il fut reçû Chevalier des Ordres du Roi le z .
Fevrier 1732. Il étoit Fils de Charles de Levis ,
Comte de Charlus , Marquis de Poligny , Lieutenant
General pour le Roi en Bourbonnois ,
mort fort âgé le 22. Avril 1719. et de Françoise
de Bethisy de Mezieres , morte le 30. Janvier
1719, âgée de 82. ans ; et il avoit été marié le
26. Janvier 1698. avec Marie Françoise d'Albert
, fille de Charles Honoré d'Albert , Duc de
Chevreuse et de Luynes , Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roi , et de Jeanne - Marie
Colbert . Il en avoit eu Charles de Levis , Comte
de Charlus , Mestre de Camp d'un Regiment de
Cavas I v
1034 MERCURE DE FRANCE
Cavalerie , mort le 10. Decembre 1724. dans la
26. année de son âge , sans avoir été marié. François
Honoré Marquis de Levis , faic Mestre de
Camp du Regiment de Cavalerie , vacant par la
mort de son Frere au mois de Decembre 1724.
et mort le 24. Fevrier 1727. dans la 21. année
de son âge , sans avoir été marié ; Gui- Antoine
de Levis , imort le 4. Juin 1725. âgé de 10. ans;
et Marie-Françoise de Levis , mariée le 12. Janvier
1722. avec Joseph- François de la Croix ,
Marquis de Castries , Baron de Castelnau , de
Gourdieges et des Etats de Languedoc , Lieutenant
de Roi dans la même Province , Marechal de
Camp et Armées du Roi , Gouverneur des Vil
le , Citadelle et Diocése de Montpellier , Gouverneur
de la Ville et Port de Cette , et Fort en
dépendant , Chevalier des Ordres de S. M. et
Chevalier d'honneur de la Duchesse d'Orleans ',
duquel elle resta veuve le 24. Juin 1728. elle
mourut le 2. Decembre suivant , âgée de 30. ans,
laissant trois fils en bas âge.
Le Duc de Levis , n'ayant plus de garçons ,
son Duché est éteint par sa mort.
Le Gouvernement de Bergues S. Vinox, vacant
par sa mort, a été donné à François Marie de Broglio,
Comte deBuhy, et de Revel, Baron de Ferrieres,
appellé le Comte de Broglio, né le 11. Janvier
1671. Lieutenant General des Armées du Roi, du
29. Mars 1710. Gouverneur de Mondauphin en
Dauphiné , depuis le mois de Fevrier 1712. Directeur
General de la Cavalerie et Dragons , du
mois de Mai 1719. Ambassadeur en Angleterre
depuis l'année 1724. et reçu Chevalier des Ordres
du Roi , le 31. Mai 1731. servant actuellement
dans l'Armée d'Italie.
Le 1o. Mai Philippe Langlois , Seigneur de Po
meusca
MAY . 1734. 1035
meuse , Guerard et Raisy , Conseiller du Roi en
ses Conseils , et Grand- Audiancier de France ,
ci-devant Receveur General des Finances à Montauban,
oncle de Robert Langlois , Seigneur de la
Fortelle, President en la Chambre des Comptes de
Paris , mourut âgé d'environ 73. ans. Il avoit
épousé en premieres noces au mois de Mars
1701. Louise Sandrier , fille de Jacques Sandrier,
Secretaire du Roi , et d'Agnés Billart , et étant
resté veufd'elle le 3. Octobre 1715. il s'étoit remarié
au mois de Mars 1718. avec Charlotte de
Ricoüart , fille de Jacques de Ricouart , Seigneur
du Martray , et de Charlotte Huguet de
Semonville. Il laisse trois fils de la premiere.
Le Jeudi 13. de ce mois Françoise le Tellier,
veuve de Pierre Vallée , Marchand Mercier , a
été inhumée dans la 95. année de son âge.
Le 14. Mai Noel Falconnet, celebre Docteur en
Medecine , et Doyen du College des Medecins de
Lyon, Medecin Adjugeant et Consultant pour la
personne du Roi, et Medecin de la petite Ecurie de
S. M.mourut dans la 90. année de son âge, étant
né au mois de Juillet 1644.Il laisse un fils , Camille
Falconet ,Docteur, Regent enla Faculté de Medeci
ne deParis ,de l'Académie des Inscriptions et Belles
Lettres,qui lui succede dans les Charges de Medecin
Consultant pour la personne du Roi , et de
Medecin de la petite Ecurie , dont il avoit la survivance.
· Le 15. Mai , Jules -Louis Jean - Claude de la
Marck , seul fils de Louis Engilbert , Comte de
la Marck et de Schleiden , Baron de Lumain, Seigneur
de Kerpen , Comte du S. Empire , Marquis
de Vardes, Colonel d'un Regiment d'Infanterie
Allemand au service du Roi , et de deffunte
Dame Marie-Anne-Hyacinthe Visdelou , Daine
Ivj
Com-
1
1035 MERCURE DE FRANCE
Comtesse de Bienassis en Bretagne , mourut à
Paris , âgé de 2. ans 7. mois 1. jour , étant né le
14. Octobre 1731 .
›
Le même jour, Dame Anne- Victoire de S. Chamant
, épouse depuis le 2. Juin 1729. de Robert
de Pierrepont , Chevalier , Marquis de Pierrepont
, Baron de Lievray , Seigneur , Patron de
S. Nicolas de Pierrepont , Escoileville , Baudreville
, Ourville , Beauchamp , & c . et fille de feu
François de S. Chamant , Marquis de Mery sur
Seine , Seigneur de Miriel, de Saucourt,de Montubois
, & c . et de Dame Bonne de Chastellus , sa
veuve mourur d'une fluxion de poitrine à Paris,
âgée de 38. ans , et sans avoir eu d'enfant . Elle
étoit soeur puînée de Dame Judith de S. Chamant
, mariée le 6. Mars 1719. avec Henri de
Barres , Seigneur , Baron de Cossigny , Montor,
Prissey , Moux , &c . Chevalier de S. Louis , ancien
Capitaine de Cavalerie , et de Dame Pauline-
Felicité de S. Chamant , mariée le 10. Août
1720 avec Samuel Bernard , Chevalier de l'Ordre
du Roi , Secretaire de S. M. Maison Couronne
de France et de ses Finances , Comte de
Coubert , dont elle est la seconde femme. Voyez
le Mercure de Juin 1729. V. 1. pag. 1470. où le
mariage de la defunte est rapporté.
Le 20. Mai , Anne François Joseph ,Marquis de
Bassompierre , ci - devant Capitaine dans le Regiment
du Roi Infanterie,fils de feu Anne François-
Joseph Marquis de Bassompiere, Seigneur du Châteler,
et de Dame Catherine- Dianne de Beauvau,
sa veuve actuellement vivante , et remariée en troisiémes
noces avec Eugene Comte de Rouerke ,
mourut à Paris en sa maison au fond du Faubourg
S.Antoine , âgé d'environ 48. ans . Il vivoit
fort retiré du monde dans la grande devoti on, et
pratie
MAY. 17'4. 1037
pratiquant de grandes austeritez . Il s'étoit marié
le 3. Juin de l'année derniere 1733. avec Marie-
Eleonor d'Oglethorp , Angloise de Nation , soeur
d'Eleonor d'Oglethorp , veuve d'Eugene - Marie
de Bechisy, Marquis de Mezieres , Lieutenant General
des Armées du Roi, Gouverneur d'Amiens,
et fille de feu Théophile d'Oglethorp , Chevalier,
Baronnet , Seigneur de Westbrook et Deanhold
en Godalming dans le Comté de Surry , grand
Ecuyer des Rois d'Angleterre Charles II . et Jacques
II. Major General de leurs Armées , et de
feue Eleonore Wal de Rathkenny , il n'en laisse
point d'enfans , ainsi ses herieicres sont ses deux
soeurs , qui sont Charlotte - Elizabeth de Bassompierre
, femme de François - Joseph de Choiseuil,
Envoyé extraordinaire du Duc de Lorraine en
France , et Louise- Lucie de Bassompierre , qui a
épousé François - Emmanuel de Ligny du Plessis,
ci-devant Enseigne des Gendarmes d'Orleans . Il
leur avoit fait ci - devant une donation entre - vifs
de tous ses biens.
E 18 Avril dernier , Marc- Antoine Bosc du
>
LBoucher, Maitre des Requêtes Honoraire
de l'Hôtel du Roy , ci-devant Sur - Intendant
General de la Maison , Finances , Domaines et
Affaires de feuë Madame la Dauphine , Mere du
Roy , et Intendant en la Generalité de Limoges
mourut à Paris dans la 63 année de son âge
étant né le 24 Septembre 1671. Il avoit d'abord
été reçu Procureur General aux Requêtes de
l'Hôtel le 16 Juin 1695. puis Maître des Requêtes
le 7 Septembre 1696. et nommé au mois
de Mars 1710. à l'Intendance de Limoges , d'où
il fut rappellé la même année. Il obtint des Lettres
de Maître des Requêtes Honoraire , le 23
Decembre 1711. Il étoit fils de Laurent Bosc
en son vivant Conseiller au Parlement de Toulouse
, et de Françoise de Marc de la Calmette ,
sa premiere femme , et il avoit épousé le premier
Juin 1702. Dame Grace Angelique - Françoise
Arazola d'Ognate , veuve d'Armand Nompar
de Caumont la Force , Marquis de Montpouillan
, premier Gentilhomme de la Chambre
du Roy d'Angleterre Guillaume III. Lieutenant
General des Armées des Etats Generaux de
Hollande et Gouverneur d'Arnheim , et fille de
Jean Arazola d'Ognate , Seigneur de Gaumont ,
en son vivant Intendant pour le Roy d'Espagne,
des Provinces de Flandres et Haynault, et d'Anne'
Isabelle de Cordes. Il en laisse Jeanne Grace
Bosc
MAY.
1734. 1025
Bose , née le 17 Fevrier . 1703. et deux autres
enfans.
Le 19 , Dame Marie- Gabrielle le Clerc , veuve
depuis le 9 Juin 8713. de Messire François
Baillet , Chevalier Marquis de Vaugrenant , Seigneur
du Duesne , &c. qu'elle avoit épousé le
13 Fevrier 1679. mourut à Paris , sans posterité,
dans la 78 année de son âge , étant née le 14
Août 1656. elle étoit fille de Gabriel le Clerc ,
Seigneur du Buisson , Commis au Greffe de la
Chambre des Comptes de Paris , mort le 2 Avril
1663. et de Jeanne Royer sa femme , décédée le
3 Octobre 1687. elle avoit eu pour Soeur aînée
Jeanne- Françoise le Clerc , qui avoit été mariée
le 15 Septembre 1610. avec Jacques le Picart ,
Seigneur des Marchais ; feu le Marquis de Vaugrenant
étoit fis de Claude Baillet , Seigneur de
Vaugrenant , Président en la premiere Chambre
des Requêtes du Palais au Parlement de Paris
mort le 2 Fevrier 1694. âgé de 75 ans.
Le 20 , Dame Claude Douet , femme de François
Boucot , Conseiller du Roy en ses Conseils
, Sécretaire de S. M. Maison Couronne de
France, et Garde des Rôiles des Offices de France,
mourut à Paris , sans laisser d'enfans .
Le 21 , D. Louis le Roy , General de l'Ordre
des Feuillants , mourut à Paris en la Maison de
son Ordre , dans la 67 année de son âge , ayant
été baptisé en la Paroisse S. Gervais à Paris ;
le 4 Septembre 1667. Il étoit fils de feu Georges
le Roy , Avocat au Parlement et ès Conseils du
Roy , mort le 16 Fevrier 1702. âgé de 73 ans ,
et de Louise Rousseau sa femme , et frere de
Georges le Roy, et de Pierre le Roy de Valieres,
ancien Avocat au Parlement de Paris, et ès Conseils
du Roy , Sécretaire de S. M. Maison Couronne
de France et de ses Finances. I
1026 MERCURE DE FRANCE
Le Jeudy Saint 22 Avril 1734. Nicolas de
Neufville , Duc de Villeroy , Fair de France >
Marquis d'Alincourt , Seigneur de Magny , &c.
Chevalier des Ordres du Roy , Capitaine de la
premiere Compagnie Françoise des Gardes du
Corps de S.M. Lieutenant General de ses Armées,
Gouverneur et Lieutenant General des Provin
ces de Lionnois , Forez et Beaujolois , mourut à
Paris subitement d'une attaque d'Apoplexie , en
sortant de l'Office , entre 11 heures et midy, dans
la 71 année de son âge , ayant été baptisé le 25
Decembre 1663. Ce Seigneur qui s'étoit rendu
digne de vénération par sa bonté naturelle , son
affabilité et sa grande probité , est genéralement
regretté. Il avoit d'abord été connu sous le titre
de Marquis d'Alincourt ; et étant encore fort jeune
il fut fait au mois d'Avril 1680. Lieutenant General
des Provinces de Lionnois , Forez et Beaujolois,
en Survivance de l'Archevêque de Lyon ,
son grand Oncle. Il fut ensuite Colonel du Re
giment Lionnois , et fait Brigadier d'Infanterie
le 30 Mars 1693. servit la même année au Siége
de Charleroy , fut nommé Maréchal de Camp
le 3 Janvier 1696. et le Maréchal son pere s'étant
démis en sa faveur de son Duché , il prêta serment
et prit séance au Parlement en qualité de
Pair de France , le 11 Avril de la même année
1696. Il se trouva le 15 Août 1702. à la Bataille
de Luzara en Italie ; et ayant été depêché
en France par le Duc de Vendôme pour porter
au Roy la nouvelle de cette Victoire , S. M. le
déclara le 13 Septembre Lieutenant General de
ses Armées , le fit Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , le 20 Janvier 1703. et le nomma au
mois de Fevrier suivant pour servir dans son Armée
en Flandres . Il se· trouva le 30 Juin de la
même
MAY. 1734 1027
même année au combat d'Eckeren , où les Hollandois
furent battus par leMaréchal de Boufflers.
Il servit aussi à la Bataille de Ramillies le 23
May 1706. le Maréchal de Villeroy son pere
s'étant démis en sa faveur de la Charge de Capitaine
des Gardes du Corps , il en prêta serment
de fidelité entre les mains du Roy , le 14 Janvier
1708. et obtint au mois d'Octobre 1712. la
Survivance du Gouvernement du Lionnois . Il fit
au Sacre du Roy en 1722 , la fonction de Capitaine
de la Garde Ecossoise en l'Absence du Duc
de Noailles , et il commanda aussi le Corps de
Troupes , qui campa près de la Ville de Reims ,
pendant le séjour du Roy. Enfin il fut reçu Chevalier
des Ordres de S. M. le 3 Juin 1724. Il
étoit veuf de Marguerite le Tellier de Louvois ,
morte le 23 Avril 1711. Il avoit eu d'elle quatre
enfans qui sont 1. Louis François -Anne de Neufville
, Marquis , puis Duc de Villeroy , Pair de
France , connu jusqu'à présent sous le nom de
Duc de Retz , né au mois d'Octobre 1695. fait
Lieutenant General au Gouvernement des Provinces
de Lionnois , Forez et Beaujolois , en Sur
vivance de son pere au mois d'Octobre 1712.
Colonel du Regiment de Lionnois , par commission
du 27 Fevrier 1714. et nommé Capitaine
des Gardes du Corps du Roy , en Survivance le
12 Decembre 1716. Il a prêté serment et pris
séance au Parlement en qualité de Pair de France
le 9 Fevrier 1722. a été fait Brigadier d'Infanterie
à la Promotion du 20 Fevrier dernier , et .
vient d'obtenir le Gouvernement des Provinces
de Lionnois , Forez et Beaujolois , et celui de la
Ville de Lyon , vacant par la mort du Duc son
pere. Il n'a point d'enfans de Marie Renée de
Moutmorency- Luxembourg , qu'il a épousée le
I ij 15
1028 MERCURE DE FRANCE
15 Avril 1716. 2. Marguerite- Louise - Sophie de
Neuville-Villeroy , mariée le 14 Janvier 1716.
avec François , Duc a'Harcourt , Pair de France ,
Capitaine des Gardes du Corps du Roy, et moste
le 4 Juin suivant , dans la 18 année de son âge,
3. François Camille de Neufville , Duc d'Alin-
Court dont on va parler , et 4. Madeleine- Angelique
de Neufville de Villeroy , née au mois.
Octobre 1707. et mariée le 16 Septembre 1721.
avec Joseph Marie , Duc de Boffers , Pair de
France , Gouverneur de la Flandre Françoise et
du Haynault , et des Ville et Citadelles de Lille ,
Grand Baillet Gouverneur et héréditaire de
Beauvais et du Beauvoisis , Colonel d'un Regiment
d'Infanterie , elle a été nommée au mois
de Janvier dernier Dame du Palais de la Reine ,
au lieu et place de la Duchesse d'Alincourt sa
Belle- Soeur , qui avoit demandé la permission
de se retirer.
>
François Camille de Neufville- Villeroy , Marquis
, puis Duc d'Alincourt , Baron de Marais
et de S. Marc , fait Lieutenant de Roy au Gouvernement
des Provinces de Lionnois , Forez et
Beaujolois , au mois d'Octobre 1712. fit la Campagne
de Hongrie en 1717. et alla ensuîte voïager
en Italie. Il fut fait Mestre de Camp du Regiment
de Cavalerie de Villeroy , par commission
du Is Mars 1718. et obtint un brevet de Duc le
20 Septembre 1729. I mourut de la petite vérole
à Paris , le 26 Decembre 1732. dans la 33 année
de son âge. Il avoit été marié le 4 Septembre
1720. avec Marie- Joseph de Boufflers , nommée
Dame du Palais de la Reine , le 27 Juin 1716.
fille puinée de feu Louis François , Duc de Bouf-
Alers , Pair et Maréchal de France , General des
Armées du Roy , Chevalier de ses Ordres , Gou
verneur
MAY. TO29 1734.
:
>
verneur de la Flandre Françoise &c . et de Dame
Catherine - Charlotre de Gramont > sa veuve
Dame d'honneur de la Reine de ce mariage
sont sortis.. de Neufville -Villeroy , élé
25 Août 1723. appellé d'abord le Comte de Sault,
puis en 1729. le Marquis d'Alincourt , mort au
College de Clermont à Paris , le 24 Decembre
1730. agé de 7 ans 4 mois ; Charles- Nicolas-
Joseph de Neufville - Villeroy , né le 28 Fevrier
1729. appellé le Marquis d'Alincourt , mort le
4 Juin 1731. et Gabriël - Louis de Neufville
Villeroy , né le 8 Octobre 1731. appellé le Marquis
de Villeroy , le seul enfant qui reste de cette
Maison , et auquel lé Roy vient d'accorder la
Charge de Lieutenant General au Gouvernement
du Lionnois , Forez et Beaujolois , dont le Duc
de Retz son Oncle avoit la Survivance .
Le 24 Avril , Amable Baisle , Auvergnat ,
Prêtre , Chapelain Ordinaire de la Chapelle et
Oratoire du Roy , Chanoine honoraire de Saint
Germain l'Auxerrois , mourut à Paris chez son
frere, Chanoine de S. Honoré , à l'âge de 94 ans .
Jean- Joseph Baisle son neveu , Chanoine de Saint
Germain l'Auxerrois , lui succede dans la Charge
de Chapelain ordinaire de la Chapelle et Oratoire
du Roy , dont il avoit la Survivance .
Le 27 , la Dlle Noblet de Romery , 2 me fille
de feu Jean Antoine Noblet, Seigneur de Romery
Conseiller au Parlement de Paris , mort le 9 Avril
1728. et de Dame Louise - Catherine de la Salle ,
sa veuve , mourut de la petite vérole , le s jour
de sa maladie , âgée d'environ 18 ans ; la Soonr
aînée de la deffunte a été mariée le 7 Decembre
1730. avec Claude- Olivier Boucher , Conseiller
au Parlement de Faris .
Le Comte de Vertillac , du surnom de la
I iij Brousse
1030 MERCURE DE FRANCE
Brousse , mourut en Perigord au mois d'Avril
1734. âge de 85 ans , laissant des enfans , qui
sont le Comte de Vertillac , Gouverneur et Sénéchal
de Périgord , qui est marié , et le Chevalier
de Vertillac , Capitaine dans le Regiment du
Maine.
La Dame le Boulanger , femme de M. le Boulanger
, Maître ordinaire de la Chambre des
Comptes de Paris , mourut en couches d'une
fille , son premier enfant , au commencement
de ce mois ; elle avoit été mariée le 7 Juillet
1733. et étoit fille de Jean Gaschier , Maître
ordinaire en la Chambre des Comptes de Paris ,
ancien Echevin , et ci - devant Notaite au Châtelet
de Paris.
Les de ce mois, mourut à Paris Dame Anne
Angelique de la Barre , veuve de Nicolas Char
py , Ecuyer , Seigneur de Chartrettes , Roqua.
mont , la Forest , &c . qu'elie avoit épousé le 19
Août 1710. elle étoit fille de Jean de la Barre ,
Ecuyer , Sr de Gomerville , Sécretaire du Conseil
, et Intendant des Maisons , Domaines et
Finances de Philippe Fils de France , Duc d'Or
leans , et d'Anne le Noir , et elle étoit dans la
52 année de son âge.
Le même jour , François - Theodore des Vignes
, Chevalier , Seigneur de Chutfort en Nivernois
, Gentilhomme de la Chambre du Roy
de Pologne , Stanislas I. et fils aîné de Jacques
des Vignes , Seigneur de Chuffort , et de Marie
Carpentier de Crecy , mourut en son Château de
Chuffort , âgé d'environ 71 ans . Il s'étoit marié
en Pologne avec Marie Anne- Claude de Croisy,
originaire de France , d'une Famille Noble da
Duché de Bourgogne. Il a laissé d'elle Louis-,
Benedict des Vignes , Seigneur de Chuffort , et
Dlic
MAY. 1734. 1031
Dlle Jeanne- Louise des Vignes , tous deux nés
en Pologne , et présentement établis dans la
Province de Nivernois . La Famille des Vignes ,
d'une ancienne Noblesse , porte écartelé au premier
et 4. d'argent à une fasce de Gueules
chargée de 3 Besans d'or , et accompagnée de
7-Merlettes de gueules , 4 en chef et 3 en pointe,
à un Lambel às pendans d'azur , qui est des
Vignes , et au 2 et 3 d'azur à une Etoile d'or
accompagnée de 3 Croissans d'argent 2 en chef
et un en pointe , qui est de Carpentier , accollé
des Armes de Choisy , qui sont de Gueules à une
Croix d'argent , chargée des Coquilles de sable.
Le 7. Dame Jeanne Gallon , veuve d'Antoine-
François Phelypeaux, Chevalier, Seigneur d'Her
bault , Intendant General de la Marine , et des
Armées Navales du Roy , mort à Malaga le 10
Octobre 1704. d'une blessure qu'il avoit reçue le
24 Août précédent sur le vaisseau Amiral , dans
un combat Naval sur les côtes d'Espagne , mourut
à Paris ; elle étoit fille de feu Georges Gallon,
de la Ville de Lyon , Ecuyer , et de Susanne Rigioli
, et avoit été mariée les May 1695, elle
laisse pour enfans Georges Phelypeaux, Seigneur
d'Herbault , qui fut receu Conseiller au Parlement
de Paris , le 31 Mars 1719. puis Lieutenant
de Roy en la Province du Blaisois, Charge pour
laquelle il prêta serment entre les mains du Roy.
Je 2 Mars 1727. et Marie - Anne Phelypeaux
d'Herbault , mariée le 17 Juillet 1725. avec Gabriël
Bertrand du Guesclin , Seigneur de Beaucé.
Le même jour , Pierre Paulmier de la Bu
caille , Seigneur de Prestreval , mourut à Rouen,
laissant de Dame Geneviève Marette sa femme ,
deux filles , qui sont Genevieve Paulmier de la
Bucaille , épouse de Jean- Baptiste Hélie Camus
Liiija do
1032 MERCURE DE FRANCE
de Pontcarré Seigneur de Viarme , Maître des
Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy , et auparavant
veuve de Charles- Etienne Maignart , Seigneur
de la Vaupalliere , de Hauville &c. Conseiller
au Parlement de Normandie , et Charlotte
Paulmier de la Bucaille , qui a été mariée le 15
Septembre de l'année derniere avec Pierre-
Jacques- Louis de Becdelievre , Marquis de Quévilly
, jeune homme sortant de l'Académie .
>
Le 9. Mai Charles Eugene de Levis , Duc de
Levis , Pair de France , Comte de Charius et de
Saignes , Baron de Monjouvent , Seigneur de S.
Nizier,&c . et Chevalier des ordres du Roi, Lieutenant
General de ses Armées et au Gouvernement
de la Province du Bourbonnois , Commandant
en chef pour S. M. dans le Comté de Bourgogne
, Gouverneur de Bergue S. Vinox , modrut
à Paris dans la 65. année de son âge. Il commença
à servir en 1688. et suivit le Dauphin
aycul du Roi , aux sieges de Philisbourg , de
Manheim er de Frankendal ; eut ensuite un Regiment
de Cavalerie , à la tête duquel il se trouva
aux Batailles de Fleurus en 1690. de Stinkerque
en 1692. et de Nerwingue en 1693.de même
qu'aux Sieges de Mons,de Namur,et de Charleroi,
et dans d'autres occasions jusqu'à la paix de Riswick
en 1697. fut fait Brigadier le 29. Janvier
1702 eut le Commandement de la Cavalerie dans
l'Armée qui alla joindre l'Electeur de Baviere
en Allemagne en 1703. se distingua à la premiere
Bataille d'hocshtet ; la même année fut nominé
Marechal de Camp le 10. Fevrier 1704. et servit
en cette qualité les années suivantes . Le Roi
le fit seul par distinction Lieutenant General
de ses Armées le 18. Fevrier 1708. et le nomma
en même tems pour servir en cette qualité
auprès
MAY. 1734. 1033
auprès du corps de Troupes qui étoit destiné
pour passer en Ecosse ; mais la descente n'ayant
pû avoir lieu , et le Vaisseau sur lequel il étoit
ayant été obligé de se rendre aux Anglois le 25.
Mars , il fut fait prisonnier. Après avoir re-
Couvert sa liberté , il continua de servir jusqu'à
la paix d'Utrecht. Le Gouvernement des Villes
et Gitadelles de Mezieres ee de Charleville lui
fut donné au mois de Novembre 1713. Il fut
fait du Conseil de Guerre établi au mois de
Septembre mil sept cent quinze , et après la
suppression de ce Conseil , il eut le Commandement
en chef dans le Comté de Bourgogne. II
obtint l'érection de ses Terres et Seigneuries de
Lurcy le Sauvage , de Poligny , la Braudiere ,
Champroux , et autres situés en Bourbonnois ,
en titre de Duché et Pairie , sous le nom de Levis
, par Lettres du mois de Fevrier 1723. après
la verification desquelles il prêta serment et prit
séance au Parlement le 22. du même mois , le
Roi y séancen son Lit de Justice pour la déclaration
de sa majorité . Le Gouvernement de Bergue
S. Vinox lui fut accordé le 27. Mars 1728 .
et il fut reçû Chevalier des Ordres du Roi le z .
Fevrier 1732. Il étoit Fils de Charles de Levis ,
Comte de Charlus , Marquis de Poligny , Lieutenant
General pour le Roi en Bourbonnois ,
mort fort âgé le 22. Avril 1719. et de Françoise
de Bethisy de Mezieres , morte le 30. Janvier
1719, âgée de 82. ans ; et il avoit été marié le
26. Janvier 1698. avec Marie Françoise d'Albert
, fille de Charles Honoré d'Albert , Duc de
Chevreuse et de Luynes , Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roi , et de Jeanne - Marie
Colbert . Il en avoit eu Charles de Levis , Comte
de Charlus , Mestre de Camp d'un Regiment de
Cavas I v
1034 MERCURE DE FRANCE
Cavalerie , mort le 10. Decembre 1724. dans la
26. année de son âge , sans avoir été marié. François
Honoré Marquis de Levis , faic Mestre de
Camp du Regiment de Cavalerie , vacant par la
mort de son Frere au mois de Decembre 1724.
et mort le 24. Fevrier 1727. dans la 21. année
de son âge , sans avoir été marié ; Gui- Antoine
de Levis , imort le 4. Juin 1725. âgé de 10. ans;
et Marie-Françoise de Levis , mariée le 12. Janvier
1722. avec Joseph- François de la Croix ,
Marquis de Castries , Baron de Castelnau , de
Gourdieges et des Etats de Languedoc , Lieutenant
de Roi dans la même Province , Marechal de
Camp et Armées du Roi , Gouverneur des Vil
le , Citadelle et Diocése de Montpellier , Gouverneur
de la Ville et Port de Cette , et Fort en
dépendant , Chevalier des Ordres de S. M. et
Chevalier d'honneur de la Duchesse d'Orleans ',
duquel elle resta veuve le 24. Juin 1728. elle
mourut le 2. Decembre suivant , âgée de 30. ans,
laissant trois fils en bas âge.
Le Duc de Levis , n'ayant plus de garçons ,
son Duché est éteint par sa mort.
Le Gouvernement de Bergues S. Vinox, vacant
par sa mort, a été donné à François Marie de Broglio,
Comte deBuhy, et de Revel, Baron de Ferrieres,
appellé le Comte de Broglio, né le 11. Janvier
1671. Lieutenant General des Armées du Roi, du
29. Mars 1710. Gouverneur de Mondauphin en
Dauphiné , depuis le mois de Fevrier 1712. Directeur
General de la Cavalerie et Dragons , du
mois de Mai 1719. Ambassadeur en Angleterre
depuis l'année 1724. et reçu Chevalier des Ordres
du Roi , le 31. Mai 1731. servant actuellement
dans l'Armée d'Italie.
Le 1o. Mai Philippe Langlois , Seigneur de Po
meusca
MAY . 1734. 1035
meuse , Guerard et Raisy , Conseiller du Roi en
ses Conseils , et Grand- Audiancier de France ,
ci-devant Receveur General des Finances à Montauban,
oncle de Robert Langlois , Seigneur de la
Fortelle, President en la Chambre des Comptes de
Paris , mourut âgé d'environ 73. ans. Il avoit
épousé en premieres noces au mois de Mars
1701. Louise Sandrier , fille de Jacques Sandrier,
Secretaire du Roi , et d'Agnés Billart , et étant
resté veufd'elle le 3. Octobre 1715. il s'étoit remarié
au mois de Mars 1718. avec Charlotte de
Ricoüart , fille de Jacques de Ricouart , Seigneur
du Martray , et de Charlotte Huguet de
Semonville. Il laisse trois fils de la premiere.
Le Jeudi 13. de ce mois Françoise le Tellier,
veuve de Pierre Vallée , Marchand Mercier , a
été inhumée dans la 95. année de son âge.
Le 14. Mai Noel Falconnet, celebre Docteur en
Medecine , et Doyen du College des Medecins de
Lyon, Medecin Adjugeant et Consultant pour la
personne du Roi, et Medecin de la petite Ecurie de
S. M.mourut dans la 90. année de son âge, étant
né au mois de Juillet 1644.Il laisse un fils , Camille
Falconet ,Docteur, Regent enla Faculté de Medeci
ne deParis ,de l'Académie des Inscriptions et Belles
Lettres,qui lui succede dans les Charges de Medecin
Consultant pour la personne du Roi , et de
Medecin de la petite Ecurie , dont il avoit la survivance.
· Le 15. Mai , Jules -Louis Jean - Claude de la
Marck , seul fils de Louis Engilbert , Comte de
la Marck et de Schleiden , Baron de Lumain, Seigneur
de Kerpen , Comte du S. Empire , Marquis
de Vardes, Colonel d'un Regiment d'Infanterie
Allemand au service du Roi , et de deffunte
Dame Marie-Anne-Hyacinthe Visdelou , Daine
Ivj
Com-
1
1035 MERCURE DE FRANCE
Comtesse de Bienassis en Bretagne , mourut à
Paris , âgé de 2. ans 7. mois 1. jour , étant né le
14. Octobre 1731 .
›
Le même jour, Dame Anne- Victoire de S. Chamant
, épouse depuis le 2. Juin 1729. de Robert
de Pierrepont , Chevalier , Marquis de Pierrepont
, Baron de Lievray , Seigneur , Patron de
S. Nicolas de Pierrepont , Escoileville , Baudreville
, Ourville , Beauchamp , & c . et fille de feu
François de S. Chamant , Marquis de Mery sur
Seine , Seigneur de Miriel, de Saucourt,de Montubois
, & c . et de Dame Bonne de Chastellus , sa
veuve mourur d'une fluxion de poitrine à Paris,
âgée de 38. ans , et sans avoir eu d'enfant . Elle
étoit soeur puînée de Dame Judith de S. Chamant
, mariée le 6. Mars 1719. avec Henri de
Barres , Seigneur , Baron de Cossigny , Montor,
Prissey , Moux , &c . Chevalier de S. Louis , ancien
Capitaine de Cavalerie , et de Dame Pauline-
Felicité de S. Chamant , mariée le 10. Août
1720 avec Samuel Bernard , Chevalier de l'Ordre
du Roi , Secretaire de S. M. Maison Couronne
de France et de ses Finances , Comte de
Coubert , dont elle est la seconde femme. Voyez
le Mercure de Juin 1729. V. 1. pag. 1470. où le
mariage de la defunte est rapporté.
Le 20. Mai , Anne François Joseph ,Marquis de
Bassompierre , ci - devant Capitaine dans le Regiment
du Roi Infanterie,fils de feu Anne François-
Joseph Marquis de Bassompiere, Seigneur du Châteler,
et de Dame Catherine- Dianne de Beauvau,
sa veuve actuellement vivante , et remariée en troisiémes
noces avec Eugene Comte de Rouerke ,
mourut à Paris en sa maison au fond du Faubourg
S.Antoine , âgé d'environ 48. ans . Il vivoit
fort retiré du monde dans la grande devoti on, et
pratie
MAY. 17'4. 1037
pratiquant de grandes austeritez . Il s'étoit marié
le 3. Juin de l'année derniere 1733. avec Marie-
Eleonor d'Oglethorp , Angloise de Nation , soeur
d'Eleonor d'Oglethorp , veuve d'Eugene - Marie
de Bechisy, Marquis de Mezieres , Lieutenant General
des Armées du Roi, Gouverneur d'Amiens,
et fille de feu Théophile d'Oglethorp , Chevalier,
Baronnet , Seigneur de Westbrook et Deanhold
en Godalming dans le Comté de Surry , grand
Ecuyer des Rois d'Angleterre Charles II . et Jacques
II. Major General de leurs Armées , et de
feue Eleonore Wal de Rathkenny , il n'en laisse
point d'enfans , ainsi ses herieicres sont ses deux
soeurs , qui sont Charlotte - Elizabeth de Bassompierre
, femme de François - Joseph de Choiseuil,
Envoyé extraordinaire du Duc de Lorraine en
France , et Louise- Lucie de Bassompierre , qui a
épousé François - Emmanuel de Ligny du Plessis,
ci-devant Enseigne des Gendarmes d'Orleans . Il
leur avoit fait ci - devant une donation entre - vifs
de tous ses biens.
Fermer
Résumé : MORTS ET MARIAGES.
En avril 1734, plusieurs personnalités notables décédèrent à Paris et dans d'autres régions. Marc-Antoine Bosc du Boucher, Maître des Requêtes Honoraire, ancien Surintendant des finances et Intendant de Limoges, mourut à Paris le 18 avril à l'âge de 63 ans. Il avait épousé Grace Angélique Françoise Arazola d'Ognate et eut trois enfants, dont Jeanne Grace Bosc. Le 19 avril, Dame Marie-Gabrielle Le Clerc, veuve de François Baillet, Chevalier Marquis de Vaugrenant, décéda sans postérité à l'âge de 78 ans. Le 20 avril, Dame Claude Douet, épouse de François Boucot, Conseiller du Roi, mourut sans enfants. Le 21 avril, Dom Louis Le Roy, Général de l'Ordre des Feuillants, décéda à Paris à l'âge de 67 ans. Le 22 avril, Nicolas de Neufville, Duc de Villeroy, Chevalier des Ordres du Roi, Lieutenant Général des Armées et Gouverneur des provinces de Lyonnois, Forez et Beaujolais, mourut subitement d'une attaque d'apoplexie à Paris à l'âge de 71 ans. Il avait une carrière militaire distinguée et était père de quatre enfants, dont Louis François Anne de Neufville, Duc de Retz. Le 24 avril, Amable Baisle, Chapelain Ordinaire du Roi, mourut à Paris à l'âge de 94 ans. Le 27 avril, Mademoiselle Noblet de Romery, âgée d'environ 18 ans, décéda de la petite vérole. En avril 1734, le Comte de Vertillac mourut en Périgord à l'âge de 85 ans, laissant des enfants. La Dame Le Boulanger, femme de Maître des Comptes, mourut en couches à Paris. Dame Anne Angélique de la Barre, veuve de Nicolas Charpy, décéda à l'âge de 52 ans. François-Théodore des Vignes, Chevalier et Gentilhomme de la Chambre du Roi de Pologne, mourut à son château de Chuffort à l'âge d'environ 71 ans, laissant deux enfants. Le 7 mai, Dame Jeanne Gallon, veuve de l'Intendant Général de la Marine Antoine-François Phélypeaux, décéda à Paris, laissant deux enfants. Le même jour, Pierre Paulmier de La Buccaille, Seigneur de Prestreval, mourut à Rouen. Charles Eugène de Lévis, Duc de Lévis, Pair de France, décéda à Paris à l'âge de 65 ans. Il a servi dans l'armée dès 1688, participant à de nombreuses batailles et sièges, et a atteint le grade de Lieutenant Général des Armées du Roi. Il a également été Gouverneur de plusieurs provinces et a été fait Chevalier des Ordres du Roi. Il laisse deux filles, Geneviève Paulmier de la Bucaille et Charlotte Paulmier de la Bucaille, toutes deux mariées à des nobles. Philippe Langlois, Seigneur de Pommeuse, Conseiller du Roi et Grand-Auditeur de France, décéda à l'âge d'environ 73 ans. Il avait épousé Louise Sandrier en 1701 et, après son décès en 1715, s'est remarié avec Charlotte de Ricoüart en 1718. Il laisse trois fils de son premier mariage. Françoise Le Tellier, veuve de Pierre Vallée, fut inhumée à l'âge de 95 ans. Noël Falconnet, célèbre Docteur en Médecine et Doyen du Collège des Médecins de Lyon, décéda à l'âge de 90 ans. Il laisse un fils, Camille Falconnet, qui lui succède dans ses charges. Jules-Louis Jean-Claude de la Marck, Colonel d'un régiment d'infanterie allemand au service du Roi, décéda à l'âge de 2 ans et 7 mois. Dame Anne-Victoire de Saint Chamant, épouse de Robert de Pierrepont, décéda à l'âge de 38 ans sans avoir eu d'enfant. Anne-François-Joseph, Marquis de Bassompierre, Capitaine dans le Régiment du Roi Infanterie, décéda à l'âge d'environ 48 ans. Il était marié à Marie-Éléonor d'Oglethorp et laisse deux sœurs comme héritières.
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92
p. 111-112
LOGOGRIPHE.
Début :
De mes pieds, cher Lecteur, le nombre est inégal, [...]
Mots clefs :
Chevalier
93
p. 96
LOGOGRYPHE.
Début :
De neuf pieds, cher Lecteur, est composé mon nom ; [...]
Mots clefs :
Chevalier
94
p. 34-36
EPITRE A M. LE CHEVALIER D'ALIEZ, Secrétaire perpétuel de l'Académie des Jeux Floraux de Toulouse, sur ce qu'il m'en a envoyé un recueil, & sur ce qu'il y a inseré une piece de ma façon, &c.
Début :
Pour ce commerce épistolaire, [...]
Mots clefs :
Chevalier, Muse, Goût, Coeur
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE A M. LE CHEVALIER D'ALIEZ, Secrétaire perpétuel de l'Académie des Jeux Floraux de Toulouse, sur ce qu'il m'en a envoyé un recueil, & sur ce qu'il y a inseré une piece de ma façon, &c.
EPITRE
A M. LE CHEVALIER D'ALIEZ ,
Secrétaire perpétuel de l'Académie des Jeux
Floraux de Fouloufe , fur ce qu'il m'en a
envoyé un recueil , & fur ce qu'il y a inferé
unepiece de ma façon , &c.
Pour ce commerce épiftolaire ,
Dont vous flatez l'ambition
De ma Mufe trop téméraire ,
Que l'amour propre doit vous faire
De remercimens en mon nom !
Vous , dont, l'empire littéraire
Vante l'efprit & le renom ;
Vous qui , fans nulle voix contraire ,
Sur le Pinde au facré vallon ,
Fûtes nommés dépofitaires
Des faftes d'Apollon,
Combien ce que vous m'écrivites ;
Sur mon goût naiſſant , eft flateur !
Cependant l'aimable candeur
Paroît dire ce que vous dites .
La politeffe , la douceur ,
Les graces , la naïve humeur ,
Seules qualités favorites
D'un bon naturel , d'un grand coeur ,
FEVRIER. 1755. 35
Semblent chez vous vertus preſcrites
Par goût & par
honneur.
Vous , que le nom diftingue encore ;
Vous , que j'eftime & que j'honore ,
Sçavant , gracieux Chevalier ,
Qui par vos leçons , le premier
Sçutes fi près de mon aurore ,
Développer & faire éclore
Ce précoce & brillant laurier
Dont mon front fe décore.
Dans ce livre enfin fi vanté ,
Qui des Muſes fait les délices ,
Et qui par vous m'eft préfenté
Pour prix de mes heureux caprices ;
Je vois donc mes foibles prémices ,
( Non fans un peu de vanité ) .
Voler , fous vos doctes aufpices ,
A l'immortalité ?
Mais , hélas ! de votre beau zéle ,
De vos rares bontés
pour
elle ,
Si ma Mufe reçut d'abord ,
Avec orgueil , avec tranſport ,
Une marque
fi belle ;
Bientôt elle eut l'humble dépit
B vj
36 MERCURE DE FRANCE.
De voir par fon infuffifance ,
A faire ce que lui preſcrit
La plus vive reconnoiffance ,
Combien fa verve & fon efprit
Auroient peu de force & d'aifance
Pour dire ce qu'elle en ſentit ,
Avec cette même éloquence
Dont mon coeur vous le dit ?
A Arc en Barrois.
Par Mlle Thomaffin.
A M. LE CHEVALIER D'ALIEZ ,
Secrétaire perpétuel de l'Académie des Jeux
Floraux de Fouloufe , fur ce qu'il m'en a
envoyé un recueil , & fur ce qu'il y a inferé
unepiece de ma façon , &c.
Pour ce commerce épiftolaire ,
Dont vous flatez l'ambition
De ma Mufe trop téméraire ,
Que l'amour propre doit vous faire
De remercimens en mon nom !
Vous , dont, l'empire littéraire
Vante l'efprit & le renom ;
Vous qui , fans nulle voix contraire ,
Sur le Pinde au facré vallon ,
Fûtes nommés dépofitaires
Des faftes d'Apollon,
Combien ce que vous m'écrivites ;
Sur mon goût naiſſant , eft flateur !
Cependant l'aimable candeur
Paroît dire ce que vous dites .
La politeffe , la douceur ,
Les graces , la naïve humeur ,
Seules qualités favorites
D'un bon naturel , d'un grand coeur ,
FEVRIER. 1755. 35
Semblent chez vous vertus preſcrites
Par goût & par
honneur.
Vous , que le nom diftingue encore ;
Vous , que j'eftime & que j'honore ,
Sçavant , gracieux Chevalier ,
Qui par vos leçons , le premier
Sçutes fi près de mon aurore ,
Développer & faire éclore
Ce précoce & brillant laurier
Dont mon front fe décore.
Dans ce livre enfin fi vanté ,
Qui des Muſes fait les délices ,
Et qui par vous m'eft préfenté
Pour prix de mes heureux caprices ;
Je vois donc mes foibles prémices ,
( Non fans un peu de vanité ) .
Voler , fous vos doctes aufpices ,
A l'immortalité ?
Mais , hélas ! de votre beau zéle ,
De vos rares bontés
pour
elle ,
Si ma Mufe reçut d'abord ,
Avec orgueil , avec tranſport ,
Une marque
fi belle ;
Bientôt elle eut l'humble dépit
B vj
36 MERCURE DE FRANCE.
De voir par fon infuffifance ,
A faire ce que lui preſcrit
La plus vive reconnoiffance ,
Combien fa verve & fon efprit
Auroient peu de force & d'aifance
Pour dire ce qu'elle en ſentit ,
Avec cette même éloquence
Dont mon coeur vous le dit ?
A Arc en Barrois.
Par Mlle Thomaffin.
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Résumé : EPITRE A M. LE CHEVALIER D'ALIEZ, Secrétaire perpétuel de l'Académie des Jeux Floraux de Toulouse, sur ce qu'il m'en a envoyé un recueil, & sur ce qu'il y a inseré une piece de ma façon, &c.
L'épître est adressée à M. le Chevalier d'Aliez, Secrétaire perpétuel de l'Académie des Jeux Floraux de Fouloufe. L'auteur, Mlle Thomassin à Arc en Barrois, exprime sa gratitude pour l'envoi d'un recueil contenant une de ses œuvres. Elle loue le Chevalier pour son esprit et son renom littéraire, reconnaissant la sincérité de ses compliments sur son goût naissant. L'auteur apprécie les qualités de politesse, douceur, grâce et humeur naïve du Chevalier, qu'elle estime et honore. Elle mentionne que le Chevalier a été le premier à encourager et développer son talent littéraire. L'auteur exprime son humilité face à l'immortalité que pourrait lui conférer la publication de ses œuvres sous la protection du Chevalier. Elle conclut en avouant que sa muse manque d'éloquence pour exprimer pleinement sa reconnaissance.
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95
p. 185-200
NAISSANCE, MARIAGES ET MORTS.
Début :
Le 31 Janvier, Dame Marie-Jeanne Moreau, épouse de Messire Jean-Pierre-Louis de [...]
Mots clefs :
Chevalier, Seigneur, Marquis, Comte, Lieutenant, Général, Armées du roi, Capitaine, Gouverneur, Brigadier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NAISSANCE, MARIAGES ET MORTS.
NAISSANCE ,
MARIAGES ET MORTS.
E31 Janvier , Dame Marie - Jeanne Moreau
- -
Puech , Seigneur de Laloubiere , eſt accouchée
d'un fils qui a été baptifé le même jour en l'Eglife
de S. Euſtache de Paris , & nommé Marie - André-
Louis.
Voyez fur la famille del Puech le Mercure de
Janvier au fujet du mariage du fils aîné de François
del Puech de Comeiras , Brigadier des armées
du Roi , coufin germain paternel de Jean- Pierre-
Louis del Puech de Laloubiere,, pere de Marie-
André - Louis del Puech , qui a donné lieu à cet
article .
1
Meffire Marie-Henri de Salvert , fils de Meffire
Gilbert- François , Comte de Salvert , a époufé le s
Novembre dernier à Sceaux Dlle Charlotte -Henriette
de Sabrevois , fille de Meffire- Henri de Sabrevois
, Maréchal des camps & armées du Roi ,
Lieutenant général de l'artillerie , & Commandant
en chef le département d'Alface.
Meffire François de Boyffeulh , Capitaine de
Cavalerie au Régiment de Lufignan , fils de Meſſire
Charles , Comte de Boyffeulh , Lieutenant- Colonel
du Régiment de Marcieux ; & de Dame Mar.
the d'Abzac , époufa le 27 Novembre Dlle Marie-
Marguerite-Catherine Damblard de Lafmaftres ,
fille de Meffire Jean- Marie Damblard de Lafmaftres
, Commandant de la Venerie du Roi ; & de Da
186 MERCURE DE FRANCE.
me Catherine de Bauny. La bénédiction nuptiale
leur fut donnée par l'Evêque d'Arras dans l'Eglife
de la Paroiffe du Château à Verſailles , & la Comteffe
de Toulouſe affifta à cette cérémonie. Leur
contrat de mariage avoit été figné le 24 par leurs
Majeftés , & par la Famille royale.
Le 28 de Novembre fut faite dans la Chapelle
de l'Hôtel de Soubife la célébration du mariage de
Louis , Comte de Prie , Gouverneur de Bourbon-
Lancy , Moufquetaire de la Garde ordinaire du
Roi dans la premiere Compagnie , fils de François-
Leonor de Prie , Chevalier , Marquis-de Pla
nes & Courbepine , Seigneur haut jufticier de
Chauffée en Normandie , & de Thefmillon en
Bourgogne , Seigneur & Patron des Paroiffes de
Coquainvilliers , du Chefne , de Leffart en Normandie
, &c. Commandeur des Ordres réunis de
Notre Dame de Mont- Carmel & de S. Lazare ,
& ancien Capitaine de Cavalerie au Régiment
qui portoit le nom de fon frere aîné Louis II de
Prie , Marquis de Planes , dit le Marquis de Pries
& de Marie-Magdeleine- Genevieve Loquet , Dame
de Tolleville en Normandie , &c. avec Loui
fc - Camille -Victoire de Villette , fille de Pierres
Charles de Villette , Ecuyer , Seigneur du Pleffis-
Longueau, de Baficourt , d'Houdancourt , de Saron,
du Portail , &c . Confeiller du Roi en fes Con
feils , Commandeur , Tréforier de l'Ordre royal
& militaire de S. Louis , Tréforier général de
l'extraordinaire des guerres ; & de Thérèſe- Charlotte
Cordier de Launay , fille de Jacques Cordier
de Launay , Ecuyer , Seigneur de Valery , de
Dinant , de la Verriere , &c , ancien Thréforier
général de l'extraordinaire des guerres. Leur contrat
de mariage avoit été honoré le 24 de la fignature
du Roi , de la Reine , & de la Famille royale.
MARS 1755 . 187
Tous les avantages qui conftituent la grandeur
des Maifons , nobleffe dont l'origine fe perd dans
l'obfcurité des fiécles , poffeffion de grandes terres
, alliances illuftres , fervices importans rene
dus à l'Etat , dignités & honneurs qui en font la
jufte récompenfe , tous fe trouvent réunis dans la
Maifon de Prie , de laquelle il eft forti un Cardinal
, un Grand Pannetier , deux Grands- Queux, un
Grand Maître des Arbalêtriers de France , un
Chevalier des Ordres du Roi , des Capitaines de
Compagnies d'Ordonnance , & autres Officiers
de diftinction . Elle tire fon nom de la terre de
Prie en Nivernois , où elle a poffedé plufieurs
autres terres confidérables , auffi bien que dans le
Berry , entr'autres celle de Bufançois.
*
Elle eft connue depuis Geoffroi , Sire de Prie
qui fut préfent en 1178 à la donation faite par la
Comteffe de Nevers aux Religieux de Notre- Da
me de la Ferté -fur -l'Ifeure.
Un de fes defcendans , Philippe de Prie , Sei
gneur de Moulins en Berry , qualifié Chevalier
Banneret , étoit en 1338 Sénéchal de Beaucaire
& de Nîmes , dignité qui n'étoit alors donnée
qu'aux perfonnes de la plus haute naiffance. Ce
Seigneur qui fervit le Roi Philippe de Valois dans
différentes expéditions , laiffa de fa femme Ifabeau
de Sainte-Maure , Philippe de Prie , dit le Borgne,
Seigneur de Moulins. Celui - ci étoit en 1342 Maître
d'Hôtel du Duc de Normandie, qui fut depuis le Roi
Jean , & qui en récompenfe de fes fervices le fit
Capitaine fouverain & général au Bailliage de
Les poffeffeurs modernes de cette terre induits
apparemment en erreur par quelques Topographes
mal inftruits , en écrivent le nom Prix, il eſt écriz
Prie dans tous les anciens titres.
188 MERCURE DE FRANCE.
Bourges , & de cinquante hommes d'armes de fa
Compagnie.
Son fils Jean VII du nom , qualifié Sire de Prie
& de Bufançois, Seigneur de Châteauclos , de Gargilefle
& de Thefmillon , Chevalier Banneret , fur
appellé , fuivant des mémoires manuferits , Paon
de Prie , à caufe de fa magnificence. Il fe diftingua
principalement par fa fidélité envers le Roi
Jean , fait prifonnier à la bataille de Poitiers , &
le Dauphin Régent du Royaume , depuis Roi
Charles V. Il fut un des principaux Barons du
Berry , qui prirent les armes pour défendre cette
province contre l'invafion des troupes du Prince
de Galles . Il eut entr'autres enfans de fa femme ,
Philippe Courault.
Jean VIII , Chevalier , Sire de Prie & de Bufançois
, Confeiller & Chambellan du Roi , allié
avec llabeau de Chanac , de laquelle il laiffa Jean
& Antoine de Prie. L'aîné mérita par fes fervices
d'être élevé à la dignité de Grand Pannetier de
France , & s'attira par fa fidélité la haine du Roi
d'Angleterre , qui confifqua la terre de Prie , que
Charles VII rendit depuis à fes héritiers légitimes.
Il fut tué en 1427 d'un coup de vireton , en défendant
contre les Anglois la groffe tour de Bourges
, dont il étoit Capitaine.
Antoine , frere puîné de Jean VIII , qui l'avoit
forcé dans fa jeuneffe à fe faire Religieux dans
l'Abbaye de Déols , avoit paffé depuis dans l'Ordre
de Saint Jean de Jerufalem . Après la mort
fans enfans de ce frere aîné , il obtint difpenfe
de fes voeux ; il s'allia avec Magdeleine d'Amboife
, & continua la lignée , étant devenu Sire de
Prie & de Bufançois , Seigneur de Montpoupon
de Moulins & de Thefinillon. Il fut Chevalier,
MARS. 1755. 189
Confeiller & Chambellan du Roi Charles VII
& du Dauphin , & en 1431 Grand Queux de
France. Il prenoit la qualité de premier Baron de
Touraine ; il affifta, au lit de Juftice à Vendome
pour la décifion du procès du Duc d'Alençon , &
yfut affis à droite fur la même ligne que le haut
banc des Ducs & Comtes- Pairs de France . Il vendit
la Seigneurie de Prie à Imbert de la Plattiere ,
Seigneur de Bourdillon , Gentilhomme Nivernois,
qui devenu Maréchal de France, fut appellé le Maréchal
de Bourdillon . Par fon teftament il ordonna
que douze pucelles , vêtues de robes blanches de
fin lin , porteroient chacune à fon enterrement
un flambeau de cire blanche , du poids de deux
livres. Il laiffa , entr'autres enfans , trois fils , qui
furent élevés aux premieres dignités.
Louis I de Prie ( fils aîné d'Antoine ) , Chevalier
, Baron de Bufançois , Seigneur de Montpoupon
& de Thefmillon , Confeiller & Chambellan
du Roi , fut auffi Grand Queux de France. Cette
charge fut fupprimée après la mort , & l'exercice
en fut uni à celle de Grand Maître de l'Hôtel du
Roi. Il voulut que fes funerailles fe fiffent comme
celles de fon pere , en doublant le nombre des
pucelles. Il portoit, ainfi que fon pere, l'écu écartelé
au premier & au quatre de gueules, à trois tiercesfeuilles
d'or , qui eft Prie ; au fecond & au troisieme
d'or , à une aigle à deux têtes de fable , couronnée
de gueules , qui eft Bufançois * . Louis , Sire de
Prie , avoit été allié à Jeanne de Salazart , fille
de Jean de Salazart , Seigneur de Saint-Juſt & de
Marcilly , & de Marie de la Tremouille , Dame
de Saint - Fargeau. Leurs petits- fils Gabriel &
* La terre de Bufançois , l'une des plus confidé
rables du Berry , appartient aujourd'hui au Duc de
Saint-Aignan
190 MERCURE DE FRANCE.
René de Prie , moururent fans pofterité .
René de Prie , fils puîné d'Antoine , & coufingermain
, par la mere , du Cardinal d'Amboiſe
fut grand Archidiacre de Bourges , Proto-Notaire
apoftolique , Doyen de S. Hilaire de Poitiers ,
Abbé Commendataire de Sainte - Marie de Levroux,
de
de Notre Dame du Landais , du Bourg-Dieu ,
la Prée-fur-Arnon , & de Lire ; Evêque fucceffivement
de Leitoure , de Limoges & de Bayeux ;
enfin Cardinal en Janvier 1506 , & nommé le
Cardinal de Bayeux . Il fut un des membres du facré
Collége , qui tinrent le Concile de Piſe contre
le Pape Jules If. Il mourut le 9 de Septembre 1516 ,
& fut enterré dans fon Abbaye de la Prée.
Aimard I de Prie , ( troiſieme fils d'Antoine ) ;
Chevalier, Seigneur de Montpoupon , de la Motte ,
de Lezillé, de Thefmillon , & c. Confeiller & Chambellan
du Roi , Capitaine de cinquante Lances de
fes ordonnances , & Gouverneur du Pont Saint-
Efprit, fut Grand Maître des Arbalêtriers de France
, charge qui fut fupprimée après la mort arrivée
avant 1527. C'eſt la postérité qui fubfifte .
Il avoit été marié deux fois . De fa premiere
femme Claude de Choiſeul de Traves , il n'eut
que deux filles. La feconde , Claude de la Baume-
Chevalier , Montrevel , le fit pere d'Efme de Prie ,
Seigneur de Montpoupon , de Lezillé , de Toucy ,
de Thefmillon , de la Grange- Foffegiler , & c. Celui-
ci fut Capitaine de cinquante hommes d'armes
des ordonnances du Roi , Gouverneur & Lieutenant
pour le Roi en la ville d'Auxerre & pays
Auxerrois , Lieutenant général au Gouvernement
de Touraine , Blaifois & Vendomois , & Chevalier
de l'Ordre du Roi . De fon mariage avec Charlotte
de Rochefort de Pleuvaut , nâquit entr'autres eRfans
MAR S. 1755. 191
René de Prie , Chevalier , Baron de Toucy ,
Seigneur de Montpoupon , de Lezillé , de Thefmillon
, & c. Ecuyer d'Ecurie du Roi Charles IX ,
Gouverneur de Touraine . Celui - ci qui fut auffi
Chevalier de l'Ordre du Roi , époufa , par contrat
du 19 Novembre 1559 , Joffine de Selles, fille unique
d'Antoine de Selles , Seigneur de Beuzeville
& de Magdeleine de Ravenel . Leur fils aîné
Aimard II de Prie , Chevalier , Marquis de Tou
cy , Baron de Montpoupon , Seigneur de Thef--
millon , &c. Capitaine de cent hommes d'armes
des ordonnances du Roi , & Chevalier de fon Ordre
, fut député par la nobleffe du Bailliage d'Auxerre
aux Etats Généraux de 1614 : c'eft en conféquence
de fon mariage avec Louiſe , fille & hériere
pour moitié de Guillaume de Hautemer ,
Chevalier , Comte de Grancey , Seigneur de Fervaques
, de Planes , &c , Maréchal de France , &
Chevalier des Ordres du Roi , dit le Maréchal de
Fervaques , que la maifon de Prie fe trouve tranfplantée
en Normandie.
François de Prie , troifieme fils d'Aimard II , &
le feul qui ait continué la lignée , eut , du chef
de fa mere , la baronie de Planes en Normandie
& fut pere d'Aimard-Antoine de Prie , Chevalier ,
Baron de Planes , Seigneur de Coquainvilliers ,
du Chêne , de Marigny , &c . & Maréchal de bataille
des camps & armées du Roi. Celui - ci eut
pour fils Louis II & François- Leonor de Prię ,
pere de celui qui donne lieu à cet article .
Louis II de Prie , Baron , puis Marquis de Planes
, dit le Marquis de Prie , fut Colonel d'un Régiment
de Cavalerie de fon nom , Brigadier
des
armées du Roi , Chevalier de fes Ordres ; fon Ambaffadeur
auprès du Roi de Sardaigne , l'un des
Seigneurs attachés à l'éducation de Sa Majefté ,
192 MERCURE DE FRANCE:
Gouverneur de Bourbon -Lancy , & Lieutenant
général au Gouvernement du Bas- Languedoc ;
c'eft en fa faveur que les terres réunies de Planes
& de Courbepine furent érigées en Marquifat ,
fous le nom commun de Planes, par lettres du mois
de Février 1724. Il avoit eu conjointement avec
la Ducheffe de la Ferté fa coufine , l'honneur de
tenir fur les fonts de bapteme le Roi Louis XV.
glorieufement regnant.
La Maiſon de Prie tient par des alliances , la
plupart réiterées , aux anciennes Maifons de Bertrand-
Briquebec , de Chauvigny , de Sully , de
Craon , de Parthenay- l'Archevêque , de Boulogne,
de Châlon , d'Amboise - Chaumont , de Grailly-
Feix, d'Albret-Navarre; aux Maiſons exiftantes de
la Tour-d'Auvergne , de Rohan - Guemené , de Røhan-
Soubife , de Montmorenci-Laval , de Montmorenci-
Luxembourg , de la Tremouille , d'Uzès , de
Beauvilliers , d'Aumont , de Gévres , de Mailly ,
de Chabannes , de Bethune , de Rochefort - d'Aloigny
, de Choiseul , de Beauvau , ď’Alegre , de
Sennectere , de Sainte- Maure , de la Baune-Montrevel
, de Rouxel-Medavy , & à plufieurs autres des
premieres Maifons du Royaunie.
La Maiſon de Prie porte pour armes , de gueules
, à trois tierces-feuilles d'or , deux & une. Son
ancien cri de guerre eft cant d'oiſeaux ; & fa déwife
, non degener ortu.
Voyez l'Hiftoire généalogique des grands Officiers
de la Couronne ; l'Hiftoire de Berry, par la
Thaumafiere ; l'Hiftoire généalogique de la Maifon
de Chateigner , par André Duchêne. Les mémoires
de Michel de Maroles , Abbé de Villeloing,
&c. Voyez les Tablettes hiftoriques , tom. iv. p.
214.
Meffire Jofeph - François de Paule de Preaulx ,
de
MARS. 1755. 193
fils de Meffire Jofeph de Preaulx , Marquis de
Preaulx , a époufé le 2 Novembre dans la ville de
Château -Gontier en Anjou , Dlle Renée-Catheri
ne - Jeanne du Tertre de Sancé.
Meffire Jean-Baptifte-François- Gabriel - Louis
de Coutaud , Marquis de Coulanges , Capitaine de
Cavalerie au Régiment de Bourbon-Buffet , fils de
feu Meffire Jean de Coutaud , Baron de Coulanges
, & de Dame Marguerite de Polaftron , fut
marié le 7 Janvier à Dile Marie- Louife - Jofeph
de Calonne de Courtebonne , fille de feu Meffire
Louis-Jacques de Calonne , Marquis de Courtebonne
, Maréchal des camps & armées de Sa Majefté
, Lieutenant de Roi de la province d'Artois
& de Dame Ifabelle - Claire -Jofeph Guillain de la
Tour- Saint- Quentin.
Meffire Jean- Baptifte du Sauzay , Marquis du
Sauzay, Rebé , Amplepuis, Saint -Jean la Buxiere ,
Rono , Jarnoffe , & autres dépendances , Colonel
d'Infanterie , Lieutenant aux Gardes Françoiſes ,
fils de Meffire Dominique du Sauzay , Chevalier
Seigneur de Jarnoffe , & autres lieux , époufa le 8
de Janvier Dile Marguerite de Blotefiere - de Vauchelle
, fille de Meffire Nicolas de Blotefiere , Marquis
de Vauchelle , Lieutenant de Roi dans la
Province de Picardie , Meftre de camp de Cavalerie.
La bénédiction nuptiale leur a été donnée dans
la Chapelle de la Bibliothèque du Roi.
Le 10 Février Meffire Jean- Baptifte du Champ
d'Affant , Chevalier , Seigneur de la Motte , &
d'autres lieux , ancien Capitaine d'Infanterie
reftant feul de fa famille , une des plus anciennes
de nom & d'armes & des mieux alliées du Comté
de Bourgogne , fut marié dans la Chapelle du
Château de Montramé en Brie , avec Dlle Rofafie-
Louife du Tillet , fille de Meffire Charles- Clau
194 MERCURE DE FRANCE.
de du Tillet , Chevalier , Seigneur du Boui-Montramé
, Chalmaiſon , Chalantre la petite , Vicomte
de la Malmaiſon , Brigadier des armées du Roi ,
ancien Aide - Major & Enfeigne des Gardes du
Corps ; & de Dame Marie- Marguerite de Cueuret
de Nefle fes pere & mere. Ces deux Familles
font connues par leur ancienneté , leurs charges
& leurs alliances.
Dame Anne - Elizabeth - Marie - Rofe Briffart ,
épouse de Meffire Henri-Charles de Thiard de
Billy , Comte de Thiard , Brigadier de cavalerie ,
& Capitaine - Lieutenant de la compagnie des
Chevau-légers Dauphins , mourut à Paris , le 4
Octobre , âgée de vingt ans.
Marie- Louife- Charlotte , légitimée de Bourbon
, épouse de Meffire Nicolas de Chaugy .
Comte de Rouffillon , Maréchal des camps & armées
du Roi , eft morte les , en la même ville
dans la cinquante- cinquième année de fon âge.
>
Le même jour eft décedée au vieux Louvre ,
Dame Marie - Roſe Teffier , épouſe de Meffire
Jean-Louis Quentin de Richebourg , Marquis
de Champcenetz.
Honoré le. Tellier , Comte de Souvré , fils de
François- Louis le Tellier , Comte de Rebenac ,
Marquis del Souvré , eft mort le 7.
Le fieur Pierre Dedelay de la Garde , l'un des
quarante Fermiers généraux de Sa Majeſté , eſt
mort le 10.
Charles-Pierre de la Chaftre , fils de Meffire
Charles-Louis de la Chaftre , Comte de Nançai ,
Brigadier des armées du Roi , eft mort le 16.
Meffire Charles- Antoine-Armand- Odet d'Aydie
, Comte de Riberac , ancien Colonel d'un
régiment d'infanterie , eft mort le 1 Novembre
MARS. 1755. 195
à fa terre de la Ville-aux-Clercs , dans la foixante
& dixième année de fon âge.
Frere Jean-François Fraguier , Chevalier de
l'Ordre de Saint Jean de Jerufalem , Comman
deur de la Commenderie de Beauvais en Gâtinois
& Titulaire du Membre de Dieu- Lamant , dépendant
du grand Prieuré de France , mourut à
Paris le 2 , âgé de foixante & treize ans.
Dame Gabrielle de Murviel , épouse de Meffire
Henri de Carion , Marquis de Nizas , Lieutenant
général des armées de Sa Majeſté , eft morte le
Novembre dans fes terres en Languedoc , âgée
de foixante & dix ans .
Meffire Michel Larcher, Maître des Requêtes,
eft mort le 10.
Meffire Jofeph Darbaud , Brigadier de cavale
rie , mourut à Paris le 14 , âgé de cinquanteneuf
ans.
Dame Marie-Anne d'Azemar, veuve de Meffire
Jerôme du Faur , Comte de Pibrac , eft morte le
14 à Toulouſe , dans fa foixante & quinziéme
année.
Meffire Henri de Carion , Marquis de Nizas ,
Lieutenant général des armées du Roi , eft mort
le is dans fes terres en Languedoc , âgé de
quatre-vingt-quatorze ans.
Jacques de Lomagne-Tarride , Vicomte titu
laire de Tarride , Seigneur de Baringue , Vicomte
d'Efcures , Baron du Mont & de Couhain , mou◄
rut dans fa quatre- vingtiéme année , le 16 Novembre
1754 , dans fon château de Simacourbe
en Bearn. Il étoit l'aîné de la Maifon des derniers
Vicomtes de Lomagne , iflus, des Comtes d'Armagnac
. Il a laiffé de Marguerite de Foix-Candale
, fa veuve , deux garçons , dont l'un eft
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
Capitaine au régiment du Roi, & l'autre eft au Séminaire
de faint Sulpice,
Melfire Pierre- Gabriel-Louis le Neuf de Sourdeval
, Brigadier d'infanterie , eft mort le même
jour , dans fa cinquante -quatriéme année .
Dame Anne-Marie Rouillé , veuve de Meffire
Louis de Bernage , Confeiller d'Etat ordinaire
mourut à Paris le 21 , âgée de près de quatrevingt
& onze ans.
Rolland Puchot- Defalleurs , Comte Defalleurs,
Ambaffadeur de France à la Porte , eft mort à
Conftantinople le 23 Novembre dernier.
Meffire N ....... du Chambon , Lieutenant
général des armées du Roi , & ci-devant Major de
la compagnie des Gendarmes de la garde ordinaire
de Sa Majesté , eft mort le 1 Décembre en
fon château de Pierrefitte , près de Moulins , âgé
de quatre-vingt- quatre ans.
Meffire Jofeph Brunet de Raney , Brigadier
d'infanterie , ci-devant Commandant d'un bataillon
du régiment des Gardes- Françoifes , eft
mort le 3 , dans la foixante - huitième année de
fon âge,
Conftance - Françoife Duffon de Bonnac ,
époufe de Charles - Antoine - François - Marie ,
Marquis de Wignacourt , mourut à Paris le 7 ,
âgée de trente ans. Elle étoit petite fille de
Charles-Armand de Gontaut , Duc de Biron , Pair
& Doyen des Maréchaux de France , & foeur du
Marquis de Bonnac , Ambafladeur en Hollande .
Elle avoit été mariée le 9 Mai 1749 , dans la
chapelle de l'Evêché de Pamiers, par Henri Gaſton
de Levis , Evêque de cette ville , au Marquis de
Vignacourt , fils de Robert - Antoine , Comte
de Wignacourt , chef de toutes les branches de
Fancienne Maifon de Wignacourt , établies en
MARS. 1755. 197
Picardie , Champagne , &c. De cette Maiſon font
fortis Alof & Adrien de Wignacourt , élus Grands-
Maîtres de Malthe en 1601 & 1690. La Marquife
de Wignacourt laifle de fon mariage une fille
unique , Charlotte- Antoinette-Conftance- Louife-
Françoife de Wignacourt , née le 30 Octobre
1750.
M. Antoine Ralet de Chalet , ancien Secrétaire
du Roi , près le Parlement de Bretagne , eft mort
le 9 à Paris , âgé de cent & trois ans.
Meffire Louis le Maire , Maréchal des camps
& armées du Roi , Directeur des fortifications
d'une partie des places de Flandre & du Hainault ,
eft mort à Abbeville le 10 , âgé de quatre - vingtdix
ans. Il étoit le plus ancien Ingénieur du
royaume , & il avoit commencé à fervir en
1680 .
Dame Marie-Therefe de Mizon , épouse du
Comte de Muy , Confeiller d'Etat d'épée , Directeur
général des Oeconomats & ci-devant
fous- Gouverneur de Monfeigneur le Dauphin ,
mourut le 13 à Verſailles , dans fa foixante &
treizième année .
༈
Meffire Charles Foucault , Brigadier de cavalerie
, eftmort le 14 , âgé de foixante & dix-sept ans.
Nicolas-Jofeph- Balthazar de Langlade , Vicomte
du Chayla , Chevalier des Ordres du Roi ,
Lieutenant général des armées de Sa Majeſté ,
Directeur général de la cavalerie , Gouverneur de.
Villefranche en Rouffillon , Gouverneur , Sénéchal
& Grand Bailli du Duché de Mercoeur' , mourut
à Paris le 16 , âgé d'environ ſoixante & douze
ans.
Meffire Pierre-Maximilien Pajot de Villeperrot ,
Maréchal des camps & armées de Sa Majefté , eft
mort le 19 , en ſa ſoixante & onzième année.
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
Guillaume-Anne , Comte d'Albemarle , Vicomte
Bury, Baron d'Ashford , Pair de la Grande-
Bretagne , Chevalier de l'Ordre de la Jarretiere ,
premier Gentilhomme de la chambre de Sa Majefté
Britannique , & fon Ambaffadeur extraordimaire
& plénipotentiaire auprès du Roi , mourut
à Paris le 22 , âgé de cinquante-deux ans. Il
étoit Lieutenant général des armées de la Grande-
Bretagne , Colonel du ſecond régiment des Gardes
Angloifes , Gouverneur & Capitaine général
de la Virginie.
Antoine François , Comte de Chabannes , Lieutenant
général des armées du Roi , Grand- Croix
de l'Ordre royal & militaire de Saint Louis ,
Gouverneur de Verdun & du Verdunois , ci-devant
Lieutenant-Colonel du régiment des Gardes-
Françoifes , eft mort en cette Ville le 23 , dans fa
foixante-huitième année.
Dame Marie-Julie de la Jaille , épouſe d'André-
Antoine , Vicomte de Sabran , des Comtes de
Forcalquier , Mestre de camp de cavalerie , Aide-
Major de la Gendarmerie , mourut à Paris le
même jour , dans fa quarante- cinquiéme année.
Meffire Aymard- Charles de Nicolaï , fils de
Meffire Aymard-Jean de Nicolaï , premier Pré
fident de la Chambre des Comptes , & de Magdeleine-
Charlotte -Guillelmine- Léontine de Vintimille
du Luc , eft mort à Paris le 29 , âgé de
vingt ans.
René-François , Marquis du Châtelet , & de
Grandfeille , Baron de Cirey , Lieutenant général
des troupes de l'Empereur , & ci-devant Commandant
en chef dans le grand Duché de Tof.
cane , eft mort le 2 Janvier , à Blamont en Lorraine
, âgé de foixante - fept ans.
Dame Marie-Thereſe de Meſmes , veuve de
M.AR S. 1755. 199
Meffire François de la Roche , Marquis de Fontenilles
mourut à Paris le 6 Janvier âgée de
quatre-vingt-fept ans.
Dame Marie-Jeanne Frefeau de la Frefeliere
épouse de Mefire Nicolas Doublet de Perfan
Maître des Requêtes , & Intendant du commerce,
eft morte à Paris le 16 , dans fa quarante-neuviéme
année.
I.e 19 eft décedé Meffire Alexandre de Bauffan,
Maître des Requêtes , dans la vingt- huitiéme année
de fon âge.
Huguette- Gabrielle de Lufignan de Lezay ;
épouse de M. Lancelot , Comte de Turpin de Crif
fe , Brigadier de cavalerie , mourut le 25 , âgée
de vingt-cinq ans.
Thomas Caraccioli , Napolitain , le plus ancien
Lieutenant général des armées du Roi , eft
mort le 26 , dans fa cent & troifiéme année. Le
Marquis de Caraccioli étoit de l'illuftre Maifon
de ce nom. Il avoit été Gouverneur de Briançon ,
& Commandant des villes de Mezieres , de Charleville
, & de Sedan
Anne le Roux veuve en fecondes nôces de
Jean Druart , eft morte le 16 Octobre , à Paris ,
fur la paroiffe de faint Severin , âgée de près de
cent-vingt ans. Elle étoit née à Dormont , dans
le Diocèle d'Evreux , & elle avoit douze ans lorfqu'en
1646 ce hameau fut confumé par un incendie.
La nommée Marie Blanchard , veuve de ' Jean
Manfeau , eft morte le 30 Octobre dernier , au
château de Champs - Cremainville , paroiffe de
Melleray , Diocèfè de Chartres , âgée de [centtrois
ans neuf mois , n'ayant aucune des infirmités
de la vieilleffe ; elle voyoit & entendoit trèsbien
, & elle marchoit fans bâton. Dans le mois
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
d'Octobre de l'année derniere elle alla à une
petite ville du Perche , diftante de trois lieues de
Champs , & elle en revint le même jour fur une
charrette chargée de meubles , où elle étoit d'autant
moins à fon aife , que le tems étoit très-froid
& très- pluvieux.
MARIAGES ET MORTS.
E31 Janvier , Dame Marie - Jeanne Moreau
- -
Puech , Seigneur de Laloubiere , eſt accouchée
d'un fils qui a été baptifé le même jour en l'Eglife
de S. Euſtache de Paris , & nommé Marie - André-
Louis.
Voyez fur la famille del Puech le Mercure de
Janvier au fujet du mariage du fils aîné de François
del Puech de Comeiras , Brigadier des armées
du Roi , coufin germain paternel de Jean- Pierre-
Louis del Puech de Laloubiere,, pere de Marie-
André - Louis del Puech , qui a donné lieu à cet
article .
1
Meffire Marie-Henri de Salvert , fils de Meffire
Gilbert- François , Comte de Salvert , a époufé le s
Novembre dernier à Sceaux Dlle Charlotte -Henriette
de Sabrevois , fille de Meffire- Henri de Sabrevois
, Maréchal des camps & armées du Roi ,
Lieutenant général de l'artillerie , & Commandant
en chef le département d'Alface.
Meffire François de Boyffeulh , Capitaine de
Cavalerie au Régiment de Lufignan , fils de Meſſire
Charles , Comte de Boyffeulh , Lieutenant- Colonel
du Régiment de Marcieux ; & de Dame Mar.
the d'Abzac , époufa le 27 Novembre Dlle Marie-
Marguerite-Catherine Damblard de Lafmaftres ,
fille de Meffire Jean- Marie Damblard de Lafmaftres
, Commandant de la Venerie du Roi ; & de Da
186 MERCURE DE FRANCE.
me Catherine de Bauny. La bénédiction nuptiale
leur fut donnée par l'Evêque d'Arras dans l'Eglife
de la Paroiffe du Château à Verſailles , & la Comteffe
de Toulouſe affifta à cette cérémonie. Leur
contrat de mariage avoit été figné le 24 par leurs
Majeftés , & par la Famille royale.
Le 28 de Novembre fut faite dans la Chapelle
de l'Hôtel de Soubife la célébration du mariage de
Louis , Comte de Prie , Gouverneur de Bourbon-
Lancy , Moufquetaire de la Garde ordinaire du
Roi dans la premiere Compagnie , fils de François-
Leonor de Prie , Chevalier , Marquis-de Pla
nes & Courbepine , Seigneur haut jufticier de
Chauffée en Normandie , & de Thefmillon en
Bourgogne , Seigneur & Patron des Paroiffes de
Coquainvilliers , du Chefne , de Leffart en Normandie
, &c. Commandeur des Ordres réunis de
Notre Dame de Mont- Carmel & de S. Lazare ,
& ancien Capitaine de Cavalerie au Régiment
qui portoit le nom de fon frere aîné Louis II de
Prie , Marquis de Planes , dit le Marquis de Pries
& de Marie-Magdeleine- Genevieve Loquet , Dame
de Tolleville en Normandie , &c. avec Loui
fc - Camille -Victoire de Villette , fille de Pierres
Charles de Villette , Ecuyer , Seigneur du Pleffis-
Longueau, de Baficourt , d'Houdancourt , de Saron,
du Portail , &c . Confeiller du Roi en fes Con
feils , Commandeur , Tréforier de l'Ordre royal
& militaire de S. Louis , Tréforier général de
l'extraordinaire des guerres ; & de Thérèſe- Charlotte
Cordier de Launay , fille de Jacques Cordier
de Launay , Ecuyer , Seigneur de Valery , de
Dinant , de la Verriere , &c , ancien Thréforier
général de l'extraordinaire des guerres. Leur contrat
de mariage avoit été honoré le 24 de la fignature
du Roi , de la Reine , & de la Famille royale.
MARS 1755 . 187
Tous les avantages qui conftituent la grandeur
des Maifons , nobleffe dont l'origine fe perd dans
l'obfcurité des fiécles , poffeffion de grandes terres
, alliances illuftres , fervices importans rene
dus à l'Etat , dignités & honneurs qui en font la
jufte récompenfe , tous fe trouvent réunis dans la
Maifon de Prie , de laquelle il eft forti un Cardinal
, un Grand Pannetier , deux Grands- Queux, un
Grand Maître des Arbalêtriers de France , un
Chevalier des Ordres du Roi , des Capitaines de
Compagnies d'Ordonnance , & autres Officiers
de diftinction . Elle tire fon nom de la terre de
Prie en Nivernois , où elle a poffedé plufieurs
autres terres confidérables , auffi bien que dans le
Berry , entr'autres celle de Bufançois.
*
Elle eft connue depuis Geoffroi , Sire de Prie
qui fut préfent en 1178 à la donation faite par la
Comteffe de Nevers aux Religieux de Notre- Da
me de la Ferté -fur -l'Ifeure.
Un de fes defcendans , Philippe de Prie , Sei
gneur de Moulins en Berry , qualifié Chevalier
Banneret , étoit en 1338 Sénéchal de Beaucaire
& de Nîmes , dignité qui n'étoit alors donnée
qu'aux perfonnes de la plus haute naiffance. Ce
Seigneur qui fervit le Roi Philippe de Valois dans
différentes expéditions , laiffa de fa femme Ifabeau
de Sainte-Maure , Philippe de Prie , dit le Borgne,
Seigneur de Moulins. Celui - ci étoit en 1342 Maître
d'Hôtel du Duc de Normandie, qui fut depuis le Roi
Jean , & qui en récompenfe de fes fervices le fit
Capitaine fouverain & général au Bailliage de
Les poffeffeurs modernes de cette terre induits
apparemment en erreur par quelques Topographes
mal inftruits , en écrivent le nom Prix, il eſt écriz
Prie dans tous les anciens titres.
188 MERCURE DE FRANCE.
Bourges , & de cinquante hommes d'armes de fa
Compagnie.
Son fils Jean VII du nom , qualifié Sire de Prie
& de Bufançois, Seigneur de Châteauclos , de Gargilefle
& de Thefmillon , Chevalier Banneret , fur
appellé , fuivant des mémoires manuferits , Paon
de Prie , à caufe de fa magnificence. Il fe diftingua
principalement par fa fidélité envers le Roi
Jean , fait prifonnier à la bataille de Poitiers , &
le Dauphin Régent du Royaume , depuis Roi
Charles V. Il fut un des principaux Barons du
Berry , qui prirent les armes pour défendre cette
province contre l'invafion des troupes du Prince
de Galles . Il eut entr'autres enfans de fa femme ,
Philippe Courault.
Jean VIII , Chevalier , Sire de Prie & de Bufançois
, Confeiller & Chambellan du Roi , allié
avec llabeau de Chanac , de laquelle il laiffa Jean
& Antoine de Prie. L'aîné mérita par fes fervices
d'être élevé à la dignité de Grand Pannetier de
France , & s'attira par fa fidélité la haine du Roi
d'Angleterre , qui confifqua la terre de Prie , que
Charles VII rendit depuis à fes héritiers légitimes.
Il fut tué en 1427 d'un coup de vireton , en défendant
contre les Anglois la groffe tour de Bourges
, dont il étoit Capitaine.
Antoine , frere puîné de Jean VIII , qui l'avoit
forcé dans fa jeuneffe à fe faire Religieux dans
l'Abbaye de Déols , avoit paffé depuis dans l'Ordre
de Saint Jean de Jerufalem . Après la mort
fans enfans de ce frere aîné , il obtint difpenfe
de fes voeux ; il s'allia avec Magdeleine d'Amboife
, & continua la lignée , étant devenu Sire de
Prie & de Bufançois , Seigneur de Montpoupon
de Moulins & de Thefinillon. Il fut Chevalier,
MARS. 1755. 189
Confeiller & Chambellan du Roi Charles VII
& du Dauphin , & en 1431 Grand Queux de
France. Il prenoit la qualité de premier Baron de
Touraine ; il affifta, au lit de Juftice à Vendome
pour la décifion du procès du Duc d'Alençon , &
yfut affis à droite fur la même ligne que le haut
banc des Ducs & Comtes- Pairs de France . Il vendit
la Seigneurie de Prie à Imbert de la Plattiere ,
Seigneur de Bourdillon , Gentilhomme Nivernois,
qui devenu Maréchal de France, fut appellé le Maréchal
de Bourdillon . Par fon teftament il ordonna
que douze pucelles , vêtues de robes blanches de
fin lin , porteroient chacune à fon enterrement
un flambeau de cire blanche , du poids de deux
livres. Il laiffa , entr'autres enfans , trois fils , qui
furent élevés aux premieres dignités.
Louis I de Prie ( fils aîné d'Antoine ) , Chevalier
, Baron de Bufançois , Seigneur de Montpoupon
& de Thefmillon , Confeiller & Chambellan
du Roi , fut auffi Grand Queux de France. Cette
charge fut fupprimée après la mort , & l'exercice
en fut uni à celle de Grand Maître de l'Hôtel du
Roi. Il voulut que fes funerailles fe fiffent comme
celles de fon pere , en doublant le nombre des
pucelles. Il portoit, ainfi que fon pere, l'écu écartelé
au premier & au quatre de gueules, à trois tiercesfeuilles
d'or , qui eft Prie ; au fecond & au troisieme
d'or , à une aigle à deux têtes de fable , couronnée
de gueules , qui eft Bufançois * . Louis , Sire de
Prie , avoit été allié à Jeanne de Salazart , fille
de Jean de Salazart , Seigneur de Saint-Juſt & de
Marcilly , & de Marie de la Tremouille , Dame
de Saint - Fargeau. Leurs petits- fils Gabriel &
* La terre de Bufançois , l'une des plus confidé
rables du Berry , appartient aujourd'hui au Duc de
Saint-Aignan
190 MERCURE DE FRANCE.
René de Prie , moururent fans pofterité .
René de Prie , fils puîné d'Antoine , & coufingermain
, par la mere , du Cardinal d'Amboiſe
fut grand Archidiacre de Bourges , Proto-Notaire
apoftolique , Doyen de S. Hilaire de Poitiers ,
Abbé Commendataire de Sainte - Marie de Levroux,
de
de Notre Dame du Landais , du Bourg-Dieu ,
la Prée-fur-Arnon , & de Lire ; Evêque fucceffivement
de Leitoure , de Limoges & de Bayeux ;
enfin Cardinal en Janvier 1506 , & nommé le
Cardinal de Bayeux . Il fut un des membres du facré
Collége , qui tinrent le Concile de Piſe contre
le Pape Jules If. Il mourut le 9 de Septembre 1516 ,
& fut enterré dans fon Abbaye de la Prée.
Aimard I de Prie , ( troiſieme fils d'Antoine ) ;
Chevalier, Seigneur de Montpoupon , de la Motte ,
de Lezillé, de Thefmillon , & c. Confeiller & Chambellan
du Roi , Capitaine de cinquante Lances de
fes ordonnances , & Gouverneur du Pont Saint-
Efprit, fut Grand Maître des Arbalêtriers de France
, charge qui fut fupprimée après la mort arrivée
avant 1527. C'eſt la postérité qui fubfifte .
Il avoit été marié deux fois . De fa premiere
femme Claude de Choiſeul de Traves , il n'eut
que deux filles. La feconde , Claude de la Baume-
Chevalier , Montrevel , le fit pere d'Efme de Prie ,
Seigneur de Montpoupon , de Lezillé , de Toucy ,
de Thefmillon , de la Grange- Foffegiler , & c. Celui-
ci fut Capitaine de cinquante hommes d'armes
des ordonnances du Roi , Gouverneur & Lieutenant
pour le Roi en la ville d'Auxerre & pays
Auxerrois , Lieutenant général au Gouvernement
de Touraine , Blaifois & Vendomois , & Chevalier
de l'Ordre du Roi . De fon mariage avec Charlotte
de Rochefort de Pleuvaut , nâquit entr'autres eRfans
MAR S. 1755. 191
René de Prie , Chevalier , Baron de Toucy ,
Seigneur de Montpoupon , de Lezillé , de Thefmillon
, & c. Ecuyer d'Ecurie du Roi Charles IX ,
Gouverneur de Touraine . Celui - ci qui fut auffi
Chevalier de l'Ordre du Roi , époufa , par contrat
du 19 Novembre 1559 , Joffine de Selles, fille unique
d'Antoine de Selles , Seigneur de Beuzeville
& de Magdeleine de Ravenel . Leur fils aîné
Aimard II de Prie , Chevalier , Marquis de Tou
cy , Baron de Montpoupon , Seigneur de Thef--
millon , &c. Capitaine de cent hommes d'armes
des ordonnances du Roi , & Chevalier de fon Ordre
, fut député par la nobleffe du Bailliage d'Auxerre
aux Etats Généraux de 1614 : c'eft en conféquence
de fon mariage avec Louiſe , fille & hériere
pour moitié de Guillaume de Hautemer ,
Chevalier , Comte de Grancey , Seigneur de Fervaques
, de Planes , &c , Maréchal de France , &
Chevalier des Ordres du Roi , dit le Maréchal de
Fervaques , que la maifon de Prie fe trouve tranfplantée
en Normandie.
François de Prie , troifieme fils d'Aimard II , &
le feul qui ait continué la lignée , eut , du chef
de fa mere , la baronie de Planes en Normandie
& fut pere d'Aimard-Antoine de Prie , Chevalier ,
Baron de Planes , Seigneur de Coquainvilliers ,
du Chêne , de Marigny , &c . & Maréchal de bataille
des camps & armées du Roi. Celui - ci eut
pour fils Louis II & François- Leonor de Prię ,
pere de celui qui donne lieu à cet article .
Louis II de Prie , Baron , puis Marquis de Planes
, dit le Marquis de Prie , fut Colonel d'un Régiment
de Cavalerie de fon nom , Brigadier
des
armées du Roi , Chevalier de fes Ordres ; fon Ambaffadeur
auprès du Roi de Sardaigne , l'un des
Seigneurs attachés à l'éducation de Sa Majefté ,
192 MERCURE DE FRANCE:
Gouverneur de Bourbon -Lancy , & Lieutenant
général au Gouvernement du Bas- Languedoc ;
c'eft en fa faveur que les terres réunies de Planes
& de Courbepine furent érigées en Marquifat ,
fous le nom commun de Planes, par lettres du mois
de Février 1724. Il avoit eu conjointement avec
la Ducheffe de la Ferté fa coufine , l'honneur de
tenir fur les fonts de bapteme le Roi Louis XV.
glorieufement regnant.
La Maiſon de Prie tient par des alliances , la
plupart réiterées , aux anciennes Maifons de Bertrand-
Briquebec , de Chauvigny , de Sully , de
Craon , de Parthenay- l'Archevêque , de Boulogne,
de Châlon , d'Amboise - Chaumont , de Grailly-
Feix, d'Albret-Navarre; aux Maiſons exiftantes de
la Tour-d'Auvergne , de Rohan - Guemené , de Røhan-
Soubife , de Montmorenci-Laval , de Montmorenci-
Luxembourg , de la Tremouille , d'Uzès , de
Beauvilliers , d'Aumont , de Gévres , de Mailly ,
de Chabannes , de Bethune , de Rochefort - d'Aloigny
, de Choiseul , de Beauvau , ď’Alegre , de
Sennectere , de Sainte- Maure , de la Baune-Montrevel
, de Rouxel-Medavy , & à plufieurs autres des
premieres Maifons du Royaunie.
La Maiſon de Prie porte pour armes , de gueules
, à trois tierces-feuilles d'or , deux & une. Son
ancien cri de guerre eft cant d'oiſeaux ; & fa déwife
, non degener ortu.
Voyez l'Hiftoire généalogique des grands Officiers
de la Couronne ; l'Hiftoire de Berry, par la
Thaumafiere ; l'Hiftoire généalogique de la Maifon
de Chateigner , par André Duchêne. Les mémoires
de Michel de Maroles , Abbé de Villeloing,
&c. Voyez les Tablettes hiftoriques , tom. iv. p.
214.
Meffire Jofeph - François de Paule de Preaulx ,
de
MARS. 1755. 193
fils de Meffire Jofeph de Preaulx , Marquis de
Preaulx , a époufé le 2 Novembre dans la ville de
Château -Gontier en Anjou , Dlle Renée-Catheri
ne - Jeanne du Tertre de Sancé.
Meffire Jean-Baptifte-François- Gabriel - Louis
de Coutaud , Marquis de Coulanges , Capitaine de
Cavalerie au Régiment de Bourbon-Buffet , fils de
feu Meffire Jean de Coutaud , Baron de Coulanges
, & de Dame Marguerite de Polaftron , fut
marié le 7 Janvier à Dile Marie- Louife - Jofeph
de Calonne de Courtebonne , fille de feu Meffire
Louis-Jacques de Calonne , Marquis de Courtebonne
, Maréchal des camps & armées de Sa Majefté
, Lieutenant de Roi de la province d'Artois
& de Dame Ifabelle - Claire -Jofeph Guillain de la
Tour- Saint- Quentin.
Meffire Jean- Baptifte du Sauzay , Marquis du
Sauzay, Rebé , Amplepuis, Saint -Jean la Buxiere ,
Rono , Jarnoffe , & autres dépendances , Colonel
d'Infanterie , Lieutenant aux Gardes Françoiſes ,
fils de Meffire Dominique du Sauzay , Chevalier
Seigneur de Jarnoffe , & autres lieux , époufa le 8
de Janvier Dile Marguerite de Blotefiere - de Vauchelle
, fille de Meffire Nicolas de Blotefiere , Marquis
de Vauchelle , Lieutenant de Roi dans la
Province de Picardie , Meftre de camp de Cavalerie.
La bénédiction nuptiale leur a été donnée dans
la Chapelle de la Bibliothèque du Roi.
Le 10 Février Meffire Jean- Baptifte du Champ
d'Affant , Chevalier , Seigneur de la Motte , &
d'autres lieux , ancien Capitaine d'Infanterie
reftant feul de fa famille , une des plus anciennes
de nom & d'armes & des mieux alliées du Comté
de Bourgogne , fut marié dans la Chapelle du
Château de Montramé en Brie , avec Dlle Rofafie-
Louife du Tillet , fille de Meffire Charles- Clau
194 MERCURE DE FRANCE.
de du Tillet , Chevalier , Seigneur du Boui-Montramé
, Chalmaiſon , Chalantre la petite , Vicomte
de la Malmaiſon , Brigadier des armées du Roi ,
ancien Aide - Major & Enfeigne des Gardes du
Corps ; & de Dame Marie- Marguerite de Cueuret
de Nefle fes pere & mere. Ces deux Familles
font connues par leur ancienneté , leurs charges
& leurs alliances.
Dame Anne - Elizabeth - Marie - Rofe Briffart ,
épouse de Meffire Henri-Charles de Thiard de
Billy , Comte de Thiard , Brigadier de cavalerie ,
& Capitaine - Lieutenant de la compagnie des
Chevau-légers Dauphins , mourut à Paris , le 4
Octobre , âgée de vingt ans.
Marie- Louife- Charlotte , légitimée de Bourbon
, épouse de Meffire Nicolas de Chaugy .
Comte de Rouffillon , Maréchal des camps & armées
du Roi , eft morte les , en la même ville
dans la cinquante- cinquième année de fon âge.
>
Le même jour eft décedée au vieux Louvre ,
Dame Marie - Roſe Teffier , épouſe de Meffire
Jean-Louis Quentin de Richebourg , Marquis
de Champcenetz.
Honoré le. Tellier , Comte de Souvré , fils de
François- Louis le Tellier , Comte de Rebenac ,
Marquis del Souvré , eft mort le 7.
Le fieur Pierre Dedelay de la Garde , l'un des
quarante Fermiers généraux de Sa Majeſté , eſt
mort le 10.
Charles-Pierre de la Chaftre , fils de Meffire
Charles-Louis de la Chaftre , Comte de Nançai ,
Brigadier des armées du Roi , eft mort le 16.
Meffire Charles- Antoine-Armand- Odet d'Aydie
, Comte de Riberac , ancien Colonel d'un
régiment d'infanterie , eft mort le 1 Novembre
MARS. 1755. 195
à fa terre de la Ville-aux-Clercs , dans la foixante
& dixième année de fon âge.
Frere Jean-François Fraguier , Chevalier de
l'Ordre de Saint Jean de Jerufalem , Comman
deur de la Commenderie de Beauvais en Gâtinois
& Titulaire du Membre de Dieu- Lamant , dépendant
du grand Prieuré de France , mourut à
Paris le 2 , âgé de foixante & treize ans.
Dame Gabrielle de Murviel , épouse de Meffire
Henri de Carion , Marquis de Nizas , Lieutenant
général des armées de Sa Majeſté , eft morte le
Novembre dans fes terres en Languedoc , âgée
de foixante & dix ans .
Meffire Michel Larcher, Maître des Requêtes,
eft mort le 10.
Meffire Jofeph Darbaud , Brigadier de cavale
rie , mourut à Paris le 14 , âgé de cinquanteneuf
ans.
Dame Marie-Anne d'Azemar, veuve de Meffire
Jerôme du Faur , Comte de Pibrac , eft morte le
14 à Toulouſe , dans fa foixante & quinziéme
année.
Meffire Henri de Carion , Marquis de Nizas ,
Lieutenant général des armées du Roi , eft mort
le is dans fes terres en Languedoc , âgé de
quatre-vingt-quatorze ans.
Jacques de Lomagne-Tarride , Vicomte titu
laire de Tarride , Seigneur de Baringue , Vicomte
d'Efcures , Baron du Mont & de Couhain , mou◄
rut dans fa quatre- vingtiéme année , le 16 Novembre
1754 , dans fon château de Simacourbe
en Bearn. Il étoit l'aîné de la Maifon des derniers
Vicomtes de Lomagne , iflus, des Comtes d'Armagnac
. Il a laiffé de Marguerite de Foix-Candale
, fa veuve , deux garçons , dont l'un eft
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
Capitaine au régiment du Roi, & l'autre eft au Séminaire
de faint Sulpice,
Melfire Pierre- Gabriel-Louis le Neuf de Sourdeval
, Brigadier d'infanterie , eft mort le même
jour , dans fa cinquante -quatriéme année .
Dame Anne-Marie Rouillé , veuve de Meffire
Louis de Bernage , Confeiller d'Etat ordinaire
mourut à Paris le 21 , âgée de près de quatrevingt
& onze ans.
Rolland Puchot- Defalleurs , Comte Defalleurs,
Ambaffadeur de France à la Porte , eft mort à
Conftantinople le 23 Novembre dernier.
Meffire N ....... du Chambon , Lieutenant
général des armées du Roi , & ci-devant Major de
la compagnie des Gendarmes de la garde ordinaire
de Sa Majesté , eft mort le 1 Décembre en
fon château de Pierrefitte , près de Moulins , âgé
de quatre-vingt- quatre ans.
Meffire Jofeph Brunet de Raney , Brigadier
d'infanterie , ci-devant Commandant d'un bataillon
du régiment des Gardes- Françoifes , eft
mort le 3 , dans la foixante - huitième année de
fon âge,
Conftance - Françoife Duffon de Bonnac ,
époufe de Charles - Antoine - François - Marie ,
Marquis de Wignacourt , mourut à Paris le 7 ,
âgée de trente ans. Elle étoit petite fille de
Charles-Armand de Gontaut , Duc de Biron , Pair
& Doyen des Maréchaux de France , & foeur du
Marquis de Bonnac , Ambafladeur en Hollande .
Elle avoit été mariée le 9 Mai 1749 , dans la
chapelle de l'Evêché de Pamiers, par Henri Gaſton
de Levis , Evêque de cette ville , au Marquis de
Vignacourt , fils de Robert - Antoine , Comte
de Wignacourt , chef de toutes les branches de
Fancienne Maifon de Wignacourt , établies en
MARS. 1755. 197
Picardie , Champagne , &c. De cette Maiſon font
fortis Alof & Adrien de Wignacourt , élus Grands-
Maîtres de Malthe en 1601 & 1690. La Marquife
de Wignacourt laifle de fon mariage une fille
unique , Charlotte- Antoinette-Conftance- Louife-
Françoife de Wignacourt , née le 30 Octobre
1750.
M. Antoine Ralet de Chalet , ancien Secrétaire
du Roi , près le Parlement de Bretagne , eft mort
le 9 à Paris , âgé de cent & trois ans.
Meffire Louis le Maire , Maréchal des camps
& armées du Roi , Directeur des fortifications
d'une partie des places de Flandre & du Hainault ,
eft mort à Abbeville le 10 , âgé de quatre - vingtdix
ans. Il étoit le plus ancien Ingénieur du
royaume , & il avoit commencé à fervir en
1680 .
Dame Marie-Therefe de Mizon , épouse du
Comte de Muy , Confeiller d'Etat d'épée , Directeur
général des Oeconomats & ci-devant
fous- Gouverneur de Monfeigneur le Dauphin ,
mourut le 13 à Verſailles , dans fa foixante &
treizième année .
༈
Meffire Charles Foucault , Brigadier de cavalerie
, eftmort le 14 , âgé de foixante & dix-sept ans.
Nicolas-Jofeph- Balthazar de Langlade , Vicomte
du Chayla , Chevalier des Ordres du Roi ,
Lieutenant général des armées de Sa Majeſté ,
Directeur général de la cavalerie , Gouverneur de.
Villefranche en Rouffillon , Gouverneur , Sénéchal
& Grand Bailli du Duché de Mercoeur' , mourut
à Paris le 16 , âgé d'environ ſoixante & douze
ans.
Meffire Pierre-Maximilien Pajot de Villeperrot ,
Maréchal des camps & armées de Sa Majefté , eft
mort le 19 , en ſa ſoixante & onzième année.
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
Guillaume-Anne , Comte d'Albemarle , Vicomte
Bury, Baron d'Ashford , Pair de la Grande-
Bretagne , Chevalier de l'Ordre de la Jarretiere ,
premier Gentilhomme de la chambre de Sa Majefté
Britannique , & fon Ambaffadeur extraordimaire
& plénipotentiaire auprès du Roi , mourut
à Paris le 22 , âgé de cinquante-deux ans. Il
étoit Lieutenant général des armées de la Grande-
Bretagne , Colonel du ſecond régiment des Gardes
Angloifes , Gouverneur & Capitaine général
de la Virginie.
Antoine François , Comte de Chabannes , Lieutenant
général des armées du Roi , Grand- Croix
de l'Ordre royal & militaire de Saint Louis ,
Gouverneur de Verdun & du Verdunois , ci-devant
Lieutenant-Colonel du régiment des Gardes-
Françoifes , eft mort en cette Ville le 23 , dans fa
foixante-huitième année.
Dame Marie-Julie de la Jaille , épouſe d'André-
Antoine , Vicomte de Sabran , des Comtes de
Forcalquier , Mestre de camp de cavalerie , Aide-
Major de la Gendarmerie , mourut à Paris le
même jour , dans fa quarante- cinquiéme année.
Meffire Aymard- Charles de Nicolaï , fils de
Meffire Aymard-Jean de Nicolaï , premier Pré
fident de la Chambre des Comptes , & de Magdeleine-
Charlotte -Guillelmine- Léontine de Vintimille
du Luc , eft mort à Paris le 29 , âgé de
vingt ans.
René-François , Marquis du Châtelet , & de
Grandfeille , Baron de Cirey , Lieutenant général
des troupes de l'Empereur , & ci-devant Commandant
en chef dans le grand Duché de Tof.
cane , eft mort le 2 Janvier , à Blamont en Lorraine
, âgé de foixante - fept ans.
Dame Marie-Thereſe de Meſmes , veuve de
M.AR S. 1755. 199
Meffire François de la Roche , Marquis de Fontenilles
mourut à Paris le 6 Janvier âgée de
quatre-vingt-fept ans.
Dame Marie-Jeanne Frefeau de la Frefeliere
épouse de Mefire Nicolas Doublet de Perfan
Maître des Requêtes , & Intendant du commerce,
eft morte à Paris le 16 , dans fa quarante-neuviéme
année.
I.e 19 eft décedé Meffire Alexandre de Bauffan,
Maître des Requêtes , dans la vingt- huitiéme année
de fon âge.
Huguette- Gabrielle de Lufignan de Lezay ;
épouse de M. Lancelot , Comte de Turpin de Crif
fe , Brigadier de cavalerie , mourut le 25 , âgée
de vingt-cinq ans.
Thomas Caraccioli , Napolitain , le plus ancien
Lieutenant général des armées du Roi , eft
mort le 26 , dans fa cent & troifiéme année. Le
Marquis de Caraccioli étoit de l'illuftre Maifon
de ce nom. Il avoit été Gouverneur de Briançon ,
& Commandant des villes de Mezieres , de Charleville
, & de Sedan
Anne le Roux veuve en fecondes nôces de
Jean Druart , eft morte le 16 Octobre , à Paris ,
fur la paroiffe de faint Severin , âgée de près de
cent-vingt ans. Elle étoit née à Dormont , dans
le Diocèle d'Evreux , & elle avoit douze ans lorfqu'en
1646 ce hameau fut confumé par un incendie.
La nommée Marie Blanchard , veuve de ' Jean
Manfeau , eft morte le 30 Octobre dernier , au
château de Champs - Cremainville , paroiffe de
Melleray , Diocèfè de Chartres , âgée de [centtrois
ans neuf mois , n'ayant aucune des infirmités
de la vieilleffe ; elle voyoit & entendoit trèsbien
, & elle marchoit fans bâton. Dans le mois
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
d'Octobre de l'année derniere elle alla à une
petite ville du Perche , diftante de trois lieues de
Champs , & elle en revint le même jour fur une
charrette chargée de meubles , où elle étoit d'autant
moins à fon aife , que le tems étoit très-froid
& très- pluvieux.
Fermer
Résumé : NAISSANCE, MARIAGES ET MORTS.
Le texte relate plusieurs événements familiaux et historiques concernant des familles nobles françaises. Le 31 janvier, Dame Marie, épouse de Puech, Seigneur de Laloubiere, a donné naissance à un fils baptisé Marie-André-Louis. Le texte mentionne également le mariage du fils aîné de François del Puech de Comeiras, Brigadier des armées du Roi, cousin germain paternel de Jean-Pierre-Louis del Puech de Laloubiere. Le 5 novembre, Meffire Marie-Henri de Salvert a épousé Dlle Charlotte-Henriette de Sabrevois, fille de Meffire Henri de Sabrevois, Maréchal des camps et armées du Roi. Le 27 novembre, Meffire François de Boyffeulh, Capitaine de Cavalerie, a épousé Dlle Marie-Marguerite-Catherine Damblard de Lafmaftres. Leur mariage a été bénit par l'Évêque d'Arras dans l'église de la Paroisse du Château à Versailles, en présence de la Comtesse de Toulouse. Le 28 novembre, Louis, Comte de Prie, a épousé Louise-Camille-Victoire de Villette. Leur contrat de mariage a été signé par le Roi, la Reine et la Famille royale. Le texte décrit ensuite la Maison de Prie, soulignant ses origines nobles, ses possessions territoriales et ses alliances illustres. La famille de Prie est connue depuis Geoffroi, Sire de Prie, présent en 1178. Plusieurs membres de cette famille ont occupé des postes importants, tels que Sénéchal de Beaucaire et de Nîmes, Maître d'Hôtel du Duc de Normandie, et Capitaines de compagnies d'ordonnance. La Maison de Prie est alliée à de nombreuses autres grandes familles nobles françaises. En mars 1755, plusieurs mariages ont été célébrés : Meffire Jofeph de Preaulx a épousé Dlle Renée-Catherine-Joanne du Tertre de Sancé à Château-Gontier ; Meffire Jean-Baptiste-François-Gabriel-Louis de Coutaud a épousé Dlle Marie-Louise-Joseph de Calonne de Courtebonne ; Meffire Jean-Baptiste du Sauzay a épousé Dlle Marguerite de Blotefiere de Vauchelle ; Meffire Jean-Baptiste du Champ d'Affant a épousé Dlle Rosalie-Louise du Tillet. Plusieurs décès notables sont également mentionnés, notamment ceux de Dame Anne-Elisabeth-Marie-Rose Briffart, épouse de Meffire Henri-Charles de Thiard de Billy, et de Marie-Louise-Charlotte, légitimée de Bourbon, épouse de Meffire Nicolas de Chaugy. D'autres décès incluent ceux de Meffire Honoré le Tellier, Comte de Souvré, Meffire Pierre Dedelay de la Garde, et Meffire Charles-Pierre de la Chastre. Le document détaille également les décès de plusieurs personnalités militaires et nobles, comme Meffire Charles-Antoine-Armand-Odet d'Aydie, Comte de Riberac, et Frere Jean-François Fraguier, Chevalier de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem. Parmi les autres décès notables figurent ceux de Dame Gabrielle de Murviel, épouse de Meffire Henri de Carion, Marquis de Nizas, et de Meffire Michel Larcher, Maître des Requêtes. Le document se termine par la mention de plusieurs autres décès, incluant ceux de Meffire Antoine Ralet de Chalet, Meffire Louis le Maire, et Dame Marie-Thérèse de Mizon, épouse du Comte de Muy.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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96
p. 7-11
EPITRE A M. LE CHEVALIER DE B..... S'embarquant avec son Régiment pour le Canada.
Début :
Tout effort est donc superflu ! [...]
Mots clefs :
Canada, Honneur, Régiment, Chevalier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE A M. LE CHEVALIER DE B..... S'embarquant avec son Régiment pour le Canada.
EPITRE
A M. LE CHEVALIER DE B .....
S'embarquant avec fon Régiment pour le
Canada.
Tour effort eft donc fuperflu !
Ο
A la priere la plus tendre
A iiij
8 MERCURE DE FRANCE .
Vous refufez donc de vous rendre
Et le départ eft réfolu !
K
Aux juftes aflauts qu'on vous livre
Vous oppofez de triftes noms :
Auriez - vous le coeur des Hurons ,
Parmi lesquels vous allez vivre ?
Si du moins l'on pouvoit vous fuivre
Jufqu'en ces barbares cantons
Mais vous partez , & nous reftons.
Vous partez ! ... Eh ! qui vous y
force ?
L'honneur , me direz - vous ? L'honneur F,
Quoi vous cédez à cette amorce ?
Ah ! reconnoiffez votre erreur.
L'honneur dont tout homme fe pique
Sur-tout dans notre nation ;
L'honneur n'eft qu'une fiction ,
Et ne fert que la politique.
On le croit fils de la Raifon ;
Ce n'eft qu'un être chimérique ;
Né du préjugé fantaſtique
Et de la folle opinion ;
Ou plutôt l'honneur n'eft qu'un nom ;
Un mot plus qu'amphibologique ,
Auquel le fot croit fans foupçon,
Mais que le héros fage explique.
Or , croyez - vous en bonne foi
Qu'un mot à partir vous oblige ?
D'un fanatifme , d'un preſtige ,
Eft- ce à vous à prendre la loi
JUIN. 1755
En tout cas , faut - il pour atteindre
L'idole que je viens de peindre ,
Egaler les courfes d'Io ?
Et ne peut- on dans le royaume
Sacrifier à ce phantôme ,
Sans voler juſqu'à l'Ohokio è
Pendant le cours de quatre luftres
Vous-même , marchant fur les
De cent ancêtres tous illuftres ,
Vous le fuivîtes aux combats :
Sans fortir de cet hémiſphere
Vous obéîtes à fes loix ,
pas
Et fes faveurs , de vos exploits
Furent l'honorable falaire ;
Vous tenez de lui cette croix *
Noble étiquette du courage,
Des fuccès brillant témoignage ,
Prix du fang verfé pour les Rois .
Qu'en attendez-vous davantage
N'eft-il pas tems qu'à vos travaux ,
'Au fein d'une famille aimable
Succéde enfin un doux repos >
Ce repos toujours agréable
N'eft , je le fçais , ni pardonnable ; be
Ni permis toujours aux guerriers :
Il l'eft , il eft même honorable
Quand on le prend fur les lauriers
* La croix de S, Louisalis wh
A v
10 MERCURE DE FRANCE.
Mais vains difcours , raifons frivoles !
Le vent qui fouffle fur les mers
Emporte & féme dans les airs
Et nos douleurs & nos paroles ;
Semblable à ces écueils fameux
Dont bientôt l'aſpect formidable.
Frappera peut-être vos yeux ,
Et contre qui l'onde effroyable ,
Avec un bruit épouvantable ,
Lance en vain fes flots écumeux.
Vous vous riez de nos allarmes ,
De nos craintes , de nos regrets ;
D'un oeil fec vous voyez nos larmes
Et vous éludez tous nos traits .
Eh bien ! hâtez-vous de vous rendre
Sur la nef qui vous portera ;
Cherchez l'Anglois en Canada ,
Après l'avoir défait en Flandre :
Affrontez , nouvel Alexandre ,
Les mers , les monftres , le trépas
Pourquoi ? tout au plus pour étendre
Dans les plus ftériles climats
Notre empire de quelque pas.
Peut-être à nos voeux plus fenfibles
Amphitrite , Mars , Atropos ,
Seront moins que vous inflexibles.
L'une écartant les vents nuifibles ,
Sous vous applanira les eaux :
L'autre fermera fes cifeatix ,
}
JUIN
Et de concert fes foeurs horribles ,
De jours fortunés & paifibles
Pour vous couvriront leurs fufeaux.
Bellone & le Dieu des batailles
Vous guideront dans les combats ;
Ils feront marcher fur vos pas
La
peur , la mort , les funérailles :
Au milieu du fang , du trépas ,
Du carnage & de la tempête ,
Ces Dieux conduiront votre bras ,
Et garantiront votre tête.
Invincible , par leur fecours ,
En fûreté ſous leur égide ,
Le fer & le plomb homicide
Par - tout refpecteront vos jours.
Ils nous font dûs plus qu'à la gloire ;
Confervez-les du moins pour nous ;
Nous aimons mieux jouir de vous
Que de vous lire dans l'hiftoire.
Le jour qui va nous féparer ,
Pour bien long-tems va nous livrer
Aux chagrins , aux douleurs en proie :
Souvenez-vous en Canada ,
Que celui qui nous rejoindra
Peut feul nous rendre notre joie.
A M. LE CHEVALIER DE B .....
S'embarquant avec fon Régiment pour le
Canada.
Tour effort eft donc fuperflu !
Ο
A la priere la plus tendre
A iiij
8 MERCURE DE FRANCE .
Vous refufez donc de vous rendre
Et le départ eft réfolu !
K
Aux juftes aflauts qu'on vous livre
Vous oppofez de triftes noms :
Auriez - vous le coeur des Hurons ,
Parmi lesquels vous allez vivre ?
Si du moins l'on pouvoit vous fuivre
Jufqu'en ces barbares cantons
Mais vous partez , & nous reftons.
Vous partez ! ... Eh ! qui vous y
force ?
L'honneur , me direz - vous ? L'honneur F,
Quoi vous cédez à cette amorce ?
Ah ! reconnoiffez votre erreur.
L'honneur dont tout homme fe pique
Sur-tout dans notre nation ;
L'honneur n'eft qu'une fiction ,
Et ne fert que la politique.
On le croit fils de la Raifon ;
Ce n'eft qu'un être chimérique ;
Né du préjugé fantaſtique
Et de la folle opinion ;
Ou plutôt l'honneur n'eft qu'un nom ;
Un mot plus qu'amphibologique ,
Auquel le fot croit fans foupçon,
Mais que le héros fage explique.
Or , croyez - vous en bonne foi
Qu'un mot à partir vous oblige ?
D'un fanatifme , d'un preſtige ,
Eft- ce à vous à prendre la loi
JUIN. 1755
En tout cas , faut - il pour atteindre
L'idole que je viens de peindre ,
Egaler les courfes d'Io ?
Et ne peut- on dans le royaume
Sacrifier à ce phantôme ,
Sans voler juſqu'à l'Ohokio è
Pendant le cours de quatre luftres
Vous-même , marchant fur les
De cent ancêtres tous illuftres ,
Vous le fuivîtes aux combats :
Sans fortir de cet hémiſphere
Vous obéîtes à fes loix ,
pas
Et fes faveurs , de vos exploits
Furent l'honorable falaire ;
Vous tenez de lui cette croix *
Noble étiquette du courage,
Des fuccès brillant témoignage ,
Prix du fang verfé pour les Rois .
Qu'en attendez-vous davantage
N'eft-il pas tems qu'à vos travaux ,
'Au fein d'une famille aimable
Succéde enfin un doux repos >
Ce repos toujours agréable
N'eft , je le fçais , ni pardonnable ; be
Ni permis toujours aux guerriers :
Il l'eft , il eft même honorable
Quand on le prend fur les lauriers
* La croix de S, Louisalis wh
A v
10 MERCURE DE FRANCE.
Mais vains difcours , raifons frivoles !
Le vent qui fouffle fur les mers
Emporte & féme dans les airs
Et nos douleurs & nos paroles ;
Semblable à ces écueils fameux
Dont bientôt l'aſpect formidable.
Frappera peut-être vos yeux ,
Et contre qui l'onde effroyable ,
Avec un bruit épouvantable ,
Lance en vain fes flots écumeux.
Vous vous riez de nos allarmes ,
De nos craintes , de nos regrets ;
D'un oeil fec vous voyez nos larmes
Et vous éludez tous nos traits .
Eh bien ! hâtez-vous de vous rendre
Sur la nef qui vous portera ;
Cherchez l'Anglois en Canada ,
Après l'avoir défait en Flandre :
Affrontez , nouvel Alexandre ,
Les mers , les monftres , le trépas
Pourquoi ? tout au plus pour étendre
Dans les plus ftériles climats
Notre empire de quelque pas.
Peut-être à nos voeux plus fenfibles
Amphitrite , Mars , Atropos ,
Seront moins que vous inflexibles.
L'une écartant les vents nuifibles ,
Sous vous applanira les eaux :
L'autre fermera fes cifeatix ,
}
JUIN
Et de concert fes foeurs horribles ,
De jours fortunés & paifibles
Pour vous couvriront leurs fufeaux.
Bellone & le Dieu des batailles
Vous guideront dans les combats ;
Ils feront marcher fur vos pas
La
peur , la mort , les funérailles :
Au milieu du fang , du trépas ,
Du carnage & de la tempête ,
Ces Dieux conduiront votre bras ,
Et garantiront votre tête.
Invincible , par leur fecours ,
En fûreté ſous leur égide ,
Le fer & le plomb homicide
Par - tout refpecteront vos jours.
Ils nous font dûs plus qu'à la gloire ;
Confervez-les du moins pour nous ;
Nous aimons mieux jouir de vous
Que de vous lire dans l'hiftoire.
Le jour qui va nous féparer ,
Pour bien long-tems va nous livrer
Aux chagrins , aux douleurs en proie :
Souvenez-vous en Canada ,
Que celui qui nous rejoindra
Peut feul nous rendre notre joie.
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Résumé : EPITRE A M. LE CHEVALIER DE B..... S'embarquant avec son Régiment pour le Canada.
L'épître est adressée au Chevalier de B..., qui s'apprête à partir pour le Canada avec son régiment. L'auteur exprime son désaccord avec cette décision, estimant ses efforts pour le retenir inutiles. Il critique l'honneur, le considérant comme une fiction au service de la politique, née de préjugés et de fausses opinions. L'auteur rappelle les exploits passés du chevalier, soulignant qu'il a déjà démontré sa valeur sans avoir besoin de partir. Il évoque les dangers du voyage et les risques de la guerre, mais le chevalier semble déterminé. L'auteur exprime ses craintes et ses regrets, espérant que le chevalier reviendra sain et sauf. Il conclut en exprimant l'espoir que le chevalier se souvienne d'eux et revienne pour leur rendre leur joie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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97
p. 232-233
MARIAGE.
Début :
Messire Louis-Guillaume de Blair de Boisemont, Intendant de Valenciennes, [...]
Mots clefs :
Alexandre de Blair, Baron, Chevalier, Intendant, Mylord Gray, Mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
MEffire Louis-Guillaume de Blair de Boifemont
, Intendant de Valenciennes , époufa
le 21 Avril Damoifelle Jacqueline de Fleffelles. La
cérémonie a été faite par M. P'ancien Evêque d'Orange
, dans la Chapelle de M. de Trudaine , Con
feiller d'Etat & Intendant des Finances.
"
La famille de Blair eft originaire d'Ecoffe &
iffue de celle des Barons de Baltayoek , comme
il eft certifié par les Lettres patentes de Charles II ;
Roi de la Grande Bretagne , en date du 7 Juillet
1674 , confirmées & ratifiées par Arrêt du Conſeil
de Sa Majefté Louis XIV , du is Mai17od . Ces
mêmes lettres nous apprennent & certifient qu'Alexandre
Blair , Chevalier , Baron de Baltayoek ,
le premier qui fortit d'Ecoffe & s'établit en Bearn
vers l'an 1590 , étoit fils d'Alexandre de Blair ,
Chevalier , Baron de Baltayoek , & de Marie
d'Ayton , fille du Baron d'Ayton , & petit-fils
d'autre Alexandre de Blair , Chevalier , Baron de
Baltayock , allié à Jeanne Gray , fille de Mylord
Gray , Baron de Foulles , & arriere petit- fils de
Jean de Blair , Chevalier , Baron de Baltayoek ,
qui avoit épousé Marguerite Oliphaut , fille du
Baron de Duplin , & qui avoit pour pere André de
Blair , Chevalier , Baron de Baltayoek , iffu d'une
des plus nobles & anciennes familles du Royaume
d'Ecoffe.
Alexandre de Blair établi en Bearn , s'étoit allié
avec Isabelle Ogilby , fille de Jean Ogilby , Baron
JAU IN AT1755. 233
Inchmartein. Elle avoit pour mere Anne Gray ,
fille de Mylord Gray , & pour ayeule Anne
Stward ; fille du Baron d'Innermeith , comme
nous l'apprennent lefdites Lettres patentes.
Du mariage d'Alexandre de Blair avec Iſabelle
Ogilby fortit Alexandre de Blair , allié avec Marie
de Remi , qui le fit pere de Samuel de Blair , dont
Ja postérité est restée en Bearn , & d'Alexandre de
Blair dont la branche eft établie à Paris , & auquel
Je Roi de la Grande Bretagne accorda les Lettres
patentes ci-deffus mentionnées. Celui- ci ent de
fon mariage avec Magdeleine Pitant , trois garçons
; fçavoir , Alexandre , Armand & Melchior ;
les deux premiers ont été Préfidens du Parlement
de Metz en 1683 & 1691. Melchior avoit épousé
Henriette de Brinon , de laquelle il a eu entr'autres
enfans Louis-François de Blair , Seigneur de
Cernay, Aulnay , &c . Confeiller en la Grand-
Chambre du Parlement de Paris , qui de fa femme
Catherine-Jeanne de Gars de Boifemont, a eu entr'autres
Louis-Guillaume de Blair , Maître des
Requêtes , ci-devant Intendant à la Rochelle , &
actuellement Intendant du Hainault , qui donne
lieu à cet article.
Jacqueline de Fleffelles , époufe de M. de Blair,
eft foeur de Meffire Jacques de Fleſſelles , Maître
des Requêtes , ci -devant Confeiller au Parlement ,
& Commiffaire aux Requêtes du Palais , & fille de
Jacques de Fleffelles , Seigneur de Champgueffier
en Brie , la Chapelle- Iger , & c. & d'Elifabeth Robinet
, fon époufe.
-La famille de Fleffelles eft originaire de l'Amienois
, & a une origine commune avec celle de
M. le Marquis de Bregy ; ces deux branches por
tent les mêmes noms & armes, & le nom s'écrit indifféremment
Fleffelles ou Flécelles.
MEffire Louis-Guillaume de Blair de Boifemont
, Intendant de Valenciennes , époufa
le 21 Avril Damoifelle Jacqueline de Fleffelles. La
cérémonie a été faite par M. P'ancien Evêque d'Orange
, dans la Chapelle de M. de Trudaine , Con
feiller d'Etat & Intendant des Finances.
"
La famille de Blair eft originaire d'Ecoffe &
iffue de celle des Barons de Baltayoek , comme
il eft certifié par les Lettres patentes de Charles II ;
Roi de la Grande Bretagne , en date du 7 Juillet
1674 , confirmées & ratifiées par Arrêt du Conſeil
de Sa Majefté Louis XIV , du is Mai17od . Ces
mêmes lettres nous apprennent & certifient qu'Alexandre
Blair , Chevalier , Baron de Baltayoek ,
le premier qui fortit d'Ecoffe & s'établit en Bearn
vers l'an 1590 , étoit fils d'Alexandre de Blair ,
Chevalier , Baron de Baltayoek , & de Marie
d'Ayton , fille du Baron d'Ayton , & petit-fils
d'autre Alexandre de Blair , Chevalier , Baron de
Baltayock , allié à Jeanne Gray , fille de Mylord
Gray , Baron de Foulles , & arriere petit- fils de
Jean de Blair , Chevalier , Baron de Baltayoek ,
qui avoit épousé Marguerite Oliphaut , fille du
Baron de Duplin , & qui avoit pour pere André de
Blair , Chevalier , Baron de Baltayoek , iffu d'une
des plus nobles & anciennes familles du Royaume
d'Ecoffe.
Alexandre de Blair établi en Bearn , s'étoit allié
avec Isabelle Ogilby , fille de Jean Ogilby , Baron
JAU IN AT1755. 233
Inchmartein. Elle avoit pour mere Anne Gray ,
fille de Mylord Gray , & pour ayeule Anne
Stward ; fille du Baron d'Innermeith , comme
nous l'apprennent lefdites Lettres patentes.
Du mariage d'Alexandre de Blair avec Iſabelle
Ogilby fortit Alexandre de Blair , allié avec Marie
de Remi , qui le fit pere de Samuel de Blair , dont
Ja postérité est restée en Bearn , & d'Alexandre de
Blair dont la branche eft établie à Paris , & auquel
Je Roi de la Grande Bretagne accorda les Lettres
patentes ci-deffus mentionnées. Celui- ci ent de
fon mariage avec Magdeleine Pitant , trois garçons
; fçavoir , Alexandre , Armand & Melchior ;
les deux premiers ont été Préfidens du Parlement
de Metz en 1683 & 1691. Melchior avoit épousé
Henriette de Brinon , de laquelle il a eu entr'autres
enfans Louis-François de Blair , Seigneur de
Cernay, Aulnay , &c . Confeiller en la Grand-
Chambre du Parlement de Paris , qui de fa femme
Catherine-Jeanne de Gars de Boifemont, a eu entr'autres
Louis-Guillaume de Blair , Maître des
Requêtes , ci-devant Intendant à la Rochelle , &
actuellement Intendant du Hainault , qui donne
lieu à cet article.
Jacqueline de Fleffelles , époufe de M. de Blair,
eft foeur de Meffire Jacques de Fleſſelles , Maître
des Requêtes , ci -devant Confeiller au Parlement ,
& Commiffaire aux Requêtes du Palais , & fille de
Jacques de Fleffelles , Seigneur de Champgueffier
en Brie , la Chapelle- Iger , & c. & d'Elifabeth Robinet
, fon époufe.
-La famille de Fleffelles eft originaire de l'Amienois
, & a une origine commune avec celle de
M. le Marquis de Bregy ; ces deux branches por
tent les mêmes noms & armes, & le nom s'écrit indifféremment
Fleffelles ou Flécelles.
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Résumé : MARIAGE.
Le texte relate le mariage de Louis-Guillaume de Blair de Boifemont, Intendant de Valenciennes, avec Jacqueline de Fleffelles, célébré le 21 avril par l'ancien Évêque d'Orange dans la Chapelle de M. de Trudaine. La famille de Blair est d'origine écossaise et issue des Barons de Baltayoek. Les Lettres patentes de Charles II, Roi de Grande-Bretagne, datées du 7 juillet 1674 et confirmées par Louis XIV, attestent de cette lignée. Alexandre Blair, Chevalier et Baron de Baltayoek, s'établit en Bearn vers 1590 et épousa Isabelle Ogilby. Leur descendance inclut Samuel de Blair, resté en Bearn, et Alexandre de Blair, établi à Paris. Ce dernier eut trois fils avec Magdeleine Pitant : Alexandre, Armand et Melchior. Melchior épousa Henriette de Brinon, et leur fils Louis-François de Blair, Seigneur de Cernay, eut avec Catherine-Jeanne de Gars de Boifemont un fils, Louis-Guillaume de Blair, Intendant du Hainault. Jacqueline de Fleffelles, épouse de Louis-Guillaume, est la fille de Jacques de Fleffelles, Maître des Requêtes, et d'Élisabeth Robinet. La famille de Fleffelles est originaire de l'Amienois et partage une origine commune avec celle du Marquis de Bregy, portant les mêmes noms et armes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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98
p. 211-219
« Le vaisseau le Bethune, appartenant à la Compagnie des Indes, [...] »
Début :
Le vaisseau le Bethune, appartenant à la Compagnie des Indes, [...]
Mots clefs :
Évêques, Archevêques, Roi, Cardinal, Messe, Chapelle, Abbé, Marquis, Chevalier, Famille royale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le vaisseau le Bethune, appartenant à la Compagnie des Indes, [...] »
FRANCE.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE vaiffeau le Bethune , appartenant à la Compagnie
des Indes , eft entré le 10 Mai dans le port
de l'Orient. On a appris par ce bâtiment que M.
Dupleix étoit parti le 15 Octobre de Pondichery ,
& qu'il étoit arrivé le 25 Novembre à l'Ile de
France.
Le 16 de Mai , Fête de S. Jean Nepomucene ,
la Reine vint de Marly entendre le Sermon dans
l'égliſe des Recolets de Verſailles. Il fut pronon
cé par le P. Couterot , de la Congrégation des
Barnabites , & Prédicateur du Roi. Sa Majefté
affiſta enfuite au Salut , & retourna le foir à Marly.
Leurs Majeftés & Mefdames de France ſe rendirent
à Verfailles le jour fuivant pour y paffer les
Fêtes , & le 20 leurs Majeftés & Mefdames de
France retournent à Marly.
Le 17 , veille de la Fête de la Pentecôte , Monfeigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine entendirent
à Marly dans la Chapelle du Château
les premieres Vêpres , aufquelles l'Archevêque de
Sens officia pontificalement , & qui furent chantées
par les Cordeliers de Noify.
212 MERCURE DE FRANCE.
Le 18 , jour de la Pentecôte , les Chevaliers ,
Commandeurs & Officiers de l'Ordre du Saint-
Efprit s'étant affemblés vers les onze heures du
du matin dans le cabinet du Roi , Sa Majefté
fortit de fon appartement pour aller à la Chapelle.
Le Roi , devant qui les deux Huiffiers de la
Chambre portoient leurs maffes , étoit en manteau
, le collier de l'Ordre par- deffus , ainfi que
celui de l'Ordre de la Toifon d'or . Sa Majesté
étoit précédée de Monfeigneur le Dauphin qui
étoit arrivé le matin , du Duc d'Orléans , du Prince
de Condé , du Comte de Clermont , du Prince
de Conty , du Comte de la Marche , du Comte
d'Eu , & des Chevaliers , Commandeurs & Officiers
de l'Ordre. L'Archevêque de Narbonne
Prélat , Commandeur de l'Ordre , célébra pontificalement
la grande Meffe , qui fut chantée par
la Mufique. Au fortir de la Chapelle le Roi fut
reconduit à fon appartement en la maniere accoutumée
.
>
La Reine & Meſdames de France entendirent
la grande Meffe dans la tribune.
Monfeigneur le Dauphin après la cérémonie ,
retourna joindre à Marly Madame la Dauphine ,
que des foupçons de groffeffe ont empêché de
quitter ce château.
Le Roi & la Reine accompagnés de Mesdames ,
affifterent l'après - midi à la prédication de l'Abbé
Bertier , Vicaire Général de l'Evêché de Troyes ,
& Doyen du Chapitre de Vezelai . Après le Sermon
leurs Majeftés entendirent les Vêpres chantées
par la Mufique , aufquelles l'Abbé Gergoy
officia , & le Salut célébré par les Miffionnaires.
Ce même jour la Marquife de Montmorin
Saint Herem fut préſentée au Roi & à la Reine ;
& leurs Majeftés fignerent le contrat de mariage
JUI N. 1755. 213
du Marquis de Merinville avec Dlle de Lhôpital.
Le Roi a donné fon agrément au mariage du
Marquis de Dreux , Maréchal de camp , & Grand
Maître des cérémonies de France , avec Dlle de
Pezé.
Le 19 , les Députés des Etats d'Artois eurent
audience du Roi . Ils furent préſentés à Sa Majesté
par le Duc de Chaulnes , Gouverneur de cette
province & de celle de Picardie ; & par le Comte
d'Argenfon , Miniftre & Secrétaire d'Etat , qui en
a le département . Selon l'uſage , ils ont été con◄
duits par le Marquis de Dreux , Grand Maître
des cérémonies. La députation étoit compofée
de l'Evêque d'Arras pour le Clergé , du Comte
de Douchen pour la Nobleffe , & de M. Goffe ,
ancien Echevin des ville & cité d'Arras , pour le
Tiers Etat . L'Evêque d'Arras porta la parole.
Jean-Marie de Bourbon , Duc de Châteauvilain,
fils de Louis-Jean - Marie de Bourbon , Duc de Penthievre
; & de feue Marie - Therefe- Félicité d'Eft
Princeffe de Modene , mourut le 19 à Paris , âgé
de fix ans fix mois & deux jours. Le même jour
le Prince de Dombes annonça cette mort au Roi.
La Reine communia le 20 par les mains de
L'Evêque de Chartres , fon premier Aumônier.
Il paroît trois arrêts du Confeil d'Etat . Le
premier caffe un arrêt du Parlement de Toulouſe ,
du 25 Février , & ordonne l'exécution de celui de
la Cour des Monnoies de Lyon , dụ 4 du même
mois. Le fecond ordonne que les fujets qui juftifieront
d'un apprentiffage & compagnonage chez
les Maîtres d'une ville quelconque du Royaume ,
dans laquelle il y aura Jurande , feront admis à
la maîtrife de leur profeffion dans les Communautés
d'arts & métiers de telle autre ville du
goyaume qu'ils jugeront à propos de choisir ,
214 MERCURE DE FRANCE.
l'exception des villes de Paris , Lyon , Lille &
Rouen. Par le troiſieme arrêt , le Roi commet
M. Doyen , Notaire , pour faire la recette des
portions qui reviennent aux Abbés & Chanoines
Réguliers de Sainte Genevieve dans les produits
des trois lotteries de S. Sulpice , des Enfans-Trouvés
& des Communautés.
L'Académie royale de Chirurgie , outre le prix
qu'elle adjuge tous les ans , donnera deformais
chaque année une autre medaille d'or à celui des
Chirurgiens , étrangers ou regnicoles , qui l'aura
méritée par un ouvrage fur quelque matiere de
Chirurgie que ce foit , au choix de l'auteur. Ce
fecond prix , dont la valeur fera de deux cens
livres , fera nommé Prix d'émulation . L'Académie
diftribuera de plus tous les ans cinq médailles
d'or , de cent francs chacune , à cinq Chirurgiens,
foit Académiciens de la claffe des Libres , foit
fimplement regnicoles , qui auront fourni pendant.
le cours de l'année un mémoire , ou trois obfervations
intéreffantes.
Un bâtiment nommé le Sainte-Helene , de Saint-
Malo , venant de la Martinique , a péri la nuit du
sau 6 de Mai dans le Golfe de Fos , près de Martigues.
Le navire le Grand Saint- Paul , de Marfeille
, a découvert à l'oueft du Cap Saint - Vincent
trois chabecs algériens. Une pinque de Corron
a rencontré fur la Guillâtre un vaiffeau , un chabec
& une galiotte de la même nation. Deuxi
autres bâtimens barbarefques ont été apperçus à
quelque diftance de la côte de Sardaigne.
Le 24 , leurs Majeftés fignerent le contrat de
mariage du Marquis de Dreux , Grand Maître des
cérémonies de France . avec Dlle de Pezé..
Elles fignerent le 25 celui du Marquis de Beranger
, Colonel dans le Corps des Grenadiers de
JUIN. 1755. 215
France , avec Dlle de Saffenage , fille du Marquis
de ce nom , Chevalier des ordres du Roi , &
Chevalier d'honneur de Madame la Dauphine.
En confidération de ce mariage , le Marquis de
Beranger a obtenu la furvivance de la charge de
Chevalier d'honneur de Madame la Dauphine ,
dont il ne doit exercer les fonctions qu'à vingtcinq
ans.
Le Roi a accordé au Marquis d'Efpagne la
charge de Sénéchal & Gouverneur du Comté de
Nebouzan .
Les Prélats & les Députés du fecond Ordre qui
compofent l'Affemblée générale du Clergé de
France, s'affemblerent le 25 de Mai chez le Cardi
nal de la Rochefoucauld pour remettre leurs procurations.
Ils tinrent le 27 une feconde Affemblée,
dans laquelle les procurations furent admifes. Le
28 , l'ouverture folemnelle de l'Affemblée fe fit
dans l'églife des Grands Auguftins , par la Meffe
du Saint-Efprit. Le Cardinal de la Rochefoucauld
y officia pontificalement , & tous les Députés y
communierent. Le fermon fut prononcé par l'Evêque
du Puy. Les Députés font , pour la province
de Paris , les Evêques de Meaux & de Blois , &
les Abbés Guillot de Montjoye & d'Apchon . Pour
la province de Lyon , les Evêques de Langres &
d'Autun , l'Abbé de Montjouvant , Comte de
Lyon , & l'Abbé de la Croix. Pour celle de Rouen,
les Evêques de Bayeux & d'Evreux , & les Abbés
de Saint-Aulaire & de Belbeuf. Pour celle de
Sens , l'Archevêque de Sens , l'Evêque de Nevers ,
l'Abbé de Murat de Baing , & l'Abbé d'Oſmond
de Medavy , Comte de Lyon. Pour celle de Reims,
les Evêques d'Amiens & de Senlis , & les Abbés
de Trudaine & de Modene . Pour celle de Tours
PArchevêque de Tours , l'Evêque de Quimper
216 MERCURE DE FRANCE.
les Abbés de Monteclair & de Soulange . Pour
celle de Bourges , le Cardinal de la Rochefoucauld
, Archevêque de Bourges ; l'Evêque du Puy,
& les Abbés de Fretat de Sarra & de Molin de
Mons. Pour celle d'Alby , l'Archevêque d'Alby ,
l'Evêque de Rhodès , & les Abbés de Roquigny
de Bulonde & de Langlade. Pour celle de Bordeaux
, les Evêques de Saintes & de Sarlat , & les
Abbés de Montefquiou & Dudon . Pour celle
d'Auch , l'Archevêque d'Auch ; l'Evêque d'Oleron
, & les Abbés de Berthier & de Larbouft . Pour
celle de Narbonne , l'Archevêque de Narbonne ,
P'Evêque de Montpellier , & les Abbés de Roquefort
& de Boizay de Courcenay. Pour celle de
Toulouſe , l'Archevêque de Toulouſe , l'Evêque
de Lavaur , & les Abbés de Bruyeres de Chalabre
& de Bauteville. Pour celle d'Aix , les Evêques de
Riez & d'Apt , & les Abbés de Gadagne & de Canorgue.
Pour celle d'Embrun , l'Archevêque
d'Embrun , l'Evêque de Glandeve , & les Abbés du
Queylard & de Baumel. Pour celle de Vienne , les
Evêques de Grenoble & de Die , & les Abbés de
Gouvernet & de Breves. Pour celle d'Arles , l'Atchevêque
d'Arles , l'Evêque de Saint -Paul Troischâteaux
, & les Abbés de Chapt de Raftignac &
d'Almant de Château - neuf. L'Affemblée a élu
pour Préfidens le Cardinal de la Rochefoucauld ,
P'Archevêque de Narbonne , l'Archevêque d'Embrun
, l'Archevêque d'Auch , l'Evêque de Bayeux ,
'Evêque de Langres , l'Evêque de Grenoble &
P'Evêque de Montpellier. L'Abbé de Coriolis ,
ancien Agent général du Clergé , eft Promoteur ;
l'Abbé de Raftignac , Vice- Promoteur ; l'Abbé
de Caftries , ancien Agent général , Secrétaire ;
l'Abbé d'Ofmond , Vice-Secrétaire. Les nouveaux
Agens généraux font l'Abbé de Crillon & l'Abbé.
de Jumilhac Le
J
JUIN. 1755. 217
Le 27 , l'Archevêque de Paris bénit dans l'églife
des Religieufes Bénédictines de Conflans , les
Guidons des Gendarmes de la Garde de Sa Majefe
Le détachement étoit de cinquante Gendarmes
& le Prince de Soubife à leur tête affitta à la
cérémonie.
M. Jean Crochet , Chanoine honoraire de l'églife
Cathédrale de Noyon , eft mort le 21 en
cette derniere ville , âgé de quatre-vingt -douze
ans. Il avoit été nommé Chanoine le 31 Mars
1676 , & il a vû deux fois renouveller fon Chapitre.
Ce fut le feu Cardinal de Retz qui fit accorder
à cet Eccléfiaftique la difpenfe d'âge pour
être Chanoine d'une Cathédrale .
Woldemar , Comte de Lowendalh & du Saint
Empire , Maréchal de France , Chevalier des ordres
du Roi , & des ordres de Saint - Alexandre
Neuski & de Saint- Hubert , Colonel d'un Régiment
d'Infanterie allemande de fon nom , un des
Académiciens honoraires de l'Académie royale
des Sciences , & ci - devant Général des armées de
l'Impératrice de Ruſſie , mourut à Paris le 27 de
ce mois. Lorsqu'il eſt entré au ſervice de Sa Ma◄
jefté , il étoit déja regardé comme un des plus
habiles Généraux de l'Europe. La priſe d'Oudenarde
, d'Oftende , de Nieuport & de Berg - opzoom
, & le fuccès de toutes les autres expéditions
dont il a été chargé , ont confirmé fa réputation.
Le Maréchal de Lowendalh étoit né à Hambourg
le 6 Avril 1700 , & il étoit fils de Woldemar , Baron
de Lowendalh , Chevalier des Ordres de l'Aigle-
blanc , de l'Elephant & de Danebrog , grand
Maréchal& Miniftre du Roi de Pologne , Electeur
de Saxe. Son grand - pere étoit Ulric Frederic ,
Gomte de Guldenloew , Chevalier de l'Ordre de
('Elephant , Maréchal Général des armées de Da
II. Vol. K
21S MERCURE DE FRANCE.
nemarck , Chancelier du même royaume & Viceroi
de Norwege , fils naturel de Frederic III ,
Roi de Danemarck. Au mois de Janvier 1747 , le
Maréchal de Lowendalh obtint des lettres de
naturalité pour lui, pour la Maréchale de Lowendalh
, & pour trois enfans qu'ils avoient eus en
pays étranger. Il a montré par fon zele pour la
gloire du Roi & pour les intérêts de la France ,
qu'en acquerant les priviléges des fujets nés dans
le Royaume , il avoit pris leurs fentimens .
Le 28 , les Actions de la Compagnie des Indes
étoient à dix fept cens foixante livres : les billets
de la premiere lotterie royale à huit cens cinquante
, & ceux de la feconde lotterie à fept cens qua
rante-cinq.
Le même jour , leurs Majeftés & la Famille
royale revinrent de Marly.
Le 29 , Fête du Saint Sacrement , le Roi accompagné
de Monfeigneur le Dauphin , de Madame
Adelaïde , & de Mefdames Victoire , Sophie
& Louife s'eft rendu à l'Eglife de Notre-Dame. Sa
Majefté y a entendu la grande Meffe , après avoir
affifté à la Proceffion qui eft venue felon l'uſage
à la Chapelle du Château. La Reine & Madame
la Dauphine ont reçu dans la Chapelle la benédiction
du Saint Sacrement. Leurs Majeſtés & la
Famille royale ont affifté cet après-midi aux Vêpres
chantées par la Mufique , aufquelles l'Abbé
Gergoy a officié , & au Salut célébré par les Miffionnaires
, pendant lequel la Mufique a chanté
une élévation , de la compofition de M. Blanchard
, Maître de la Muſique de la Chapelle en
quartier.
Dans l'Evêché d'Acqs douze villages ou ha
meaux , diverfes mailons de campagne & un grand
nombre de Moulins ont été réduits en cendres .
JUIN 1755. 219
Plufieurs perfonnes & quantité de beftiaux ont
péri dans les flammes. On fait monter à plus d'un
million la perte caufée par cet incendie. L'Evêque
d'Acqs a reffenti auffi vivement que l'exigeoit de
lui fa qualité de Pafteur la défolation d'une partie
de fon diocefe. Voyant d'honnêtes familles réduites
à la derniere mifere , il en a pris les enfans
fous fa protection ; if les a placés à fes dépens
dans des penfions , & il les y fait élever ſuivant
leur état. La charité de ce Prélat s'eft étendue fur
tous les autres malheureux qui ont fouffert , & il
leur a fait diftribuer du bled & de l'argent.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE vaiffeau le Bethune , appartenant à la Compagnie
des Indes , eft entré le 10 Mai dans le port
de l'Orient. On a appris par ce bâtiment que M.
Dupleix étoit parti le 15 Octobre de Pondichery ,
& qu'il étoit arrivé le 25 Novembre à l'Ile de
France.
Le 16 de Mai , Fête de S. Jean Nepomucene ,
la Reine vint de Marly entendre le Sermon dans
l'égliſe des Recolets de Verſailles. Il fut pronon
cé par le P. Couterot , de la Congrégation des
Barnabites , & Prédicateur du Roi. Sa Majefté
affiſta enfuite au Salut , & retourna le foir à Marly.
Leurs Majeftés & Mefdames de France ſe rendirent
à Verfailles le jour fuivant pour y paffer les
Fêtes , & le 20 leurs Majeftés & Mefdames de
France retournent à Marly.
Le 17 , veille de la Fête de la Pentecôte , Monfeigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine entendirent
à Marly dans la Chapelle du Château
les premieres Vêpres , aufquelles l'Archevêque de
Sens officia pontificalement , & qui furent chantées
par les Cordeliers de Noify.
212 MERCURE DE FRANCE.
Le 18 , jour de la Pentecôte , les Chevaliers ,
Commandeurs & Officiers de l'Ordre du Saint-
Efprit s'étant affemblés vers les onze heures du
du matin dans le cabinet du Roi , Sa Majefté
fortit de fon appartement pour aller à la Chapelle.
Le Roi , devant qui les deux Huiffiers de la
Chambre portoient leurs maffes , étoit en manteau
, le collier de l'Ordre par- deffus , ainfi que
celui de l'Ordre de la Toifon d'or . Sa Majesté
étoit précédée de Monfeigneur le Dauphin qui
étoit arrivé le matin , du Duc d'Orléans , du Prince
de Condé , du Comte de Clermont , du Prince
de Conty , du Comte de la Marche , du Comte
d'Eu , & des Chevaliers , Commandeurs & Officiers
de l'Ordre. L'Archevêque de Narbonne
Prélat , Commandeur de l'Ordre , célébra pontificalement
la grande Meffe , qui fut chantée par
la Mufique. Au fortir de la Chapelle le Roi fut
reconduit à fon appartement en la maniere accoutumée
.
>
La Reine & Meſdames de France entendirent
la grande Meffe dans la tribune.
Monfeigneur le Dauphin après la cérémonie ,
retourna joindre à Marly Madame la Dauphine ,
que des foupçons de groffeffe ont empêché de
quitter ce château.
Le Roi & la Reine accompagnés de Mesdames ,
affifterent l'après - midi à la prédication de l'Abbé
Bertier , Vicaire Général de l'Evêché de Troyes ,
& Doyen du Chapitre de Vezelai . Après le Sermon
leurs Majeftés entendirent les Vêpres chantées
par la Mufique , aufquelles l'Abbé Gergoy
officia , & le Salut célébré par les Miffionnaires.
Ce même jour la Marquife de Montmorin
Saint Herem fut préſentée au Roi & à la Reine ;
& leurs Majeftés fignerent le contrat de mariage
JUI N. 1755. 213
du Marquis de Merinville avec Dlle de Lhôpital.
Le Roi a donné fon agrément au mariage du
Marquis de Dreux , Maréchal de camp , & Grand
Maître des cérémonies de France , avec Dlle de
Pezé.
Le 19 , les Députés des Etats d'Artois eurent
audience du Roi . Ils furent préſentés à Sa Majesté
par le Duc de Chaulnes , Gouverneur de cette
province & de celle de Picardie ; & par le Comte
d'Argenfon , Miniftre & Secrétaire d'Etat , qui en
a le département . Selon l'uſage , ils ont été con◄
duits par le Marquis de Dreux , Grand Maître
des cérémonies. La députation étoit compofée
de l'Evêque d'Arras pour le Clergé , du Comte
de Douchen pour la Nobleffe , & de M. Goffe ,
ancien Echevin des ville & cité d'Arras , pour le
Tiers Etat . L'Evêque d'Arras porta la parole.
Jean-Marie de Bourbon , Duc de Châteauvilain,
fils de Louis-Jean - Marie de Bourbon , Duc de Penthievre
; & de feue Marie - Therefe- Félicité d'Eft
Princeffe de Modene , mourut le 19 à Paris , âgé
de fix ans fix mois & deux jours. Le même jour
le Prince de Dombes annonça cette mort au Roi.
La Reine communia le 20 par les mains de
L'Evêque de Chartres , fon premier Aumônier.
Il paroît trois arrêts du Confeil d'Etat . Le
premier caffe un arrêt du Parlement de Toulouſe ,
du 25 Février , & ordonne l'exécution de celui de
la Cour des Monnoies de Lyon , dụ 4 du même
mois. Le fecond ordonne que les fujets qui juftifieront
d'un apprentiffage & compagnonage chez
les Maîtres d'une ville quelconque du Royaume ,
dans laquelle il y aura Jurande , feront admis à
la maîtrife de leur profeffion dans les Communautés
d'arts & métiers de telle autre ville du
goyaume qu'ils jugeront à propos de choisir ,
214 MERCURE DE FRANCE.
l'exception des villes de Paris , Lyon , Lille &
Rouen. Par le troiſieme arrêt , le Roi commet
M. Doyen , Notaire , pour faire la recette des
portions qui reviennent aux Abbés & Chanoines
Réguliers de Sainte Genevieve dans les produits
des trois lotteries de S. Sulpice , des Enfans-Trouvés
& des Communautés.
L'Académie royale de Chirurgie , outre le prix
qu'elle adjuge tous les ans , donnera deformais
chaque année une autre medaille d'or à celui des
Chirurgiens , étrangers ou regnicoles , qui l'aura
méritée par un ouvrage fur quelque matiere de
Chirurgie que ce foit , au choix de l'auteur. Ce
fecond prix , dont la valeur fera de deux cens
livres , fera nommé Prix d'émulation . L'Académie
diftribuera de plus tous les ans cinq médailles
d'or , de cent francs chacune , à cinq Chirurgiens,
foit Académiciens de la claffe des Libres , foit
fimplement regnicoles , qui auront fourni pendant.
le cours de l'année un mémoire , ou trois obfervations
intéreffantes.
Un bâtiment nommé le Sainte-Helene , de Saint-
Malo , venant de la Martinique , a péri la nuit du
sau 6 de Mai dans le Golfe de Fos , près de Martigues.
Le navire le Grand Saint- Paul , de Marfeille
, a découvert à l'oueft du Cap Saint - Vincent
trois chabecs algériens. Une pinque de Corron
a rencontré fur la Guillâtre un vaiffeau , un chabec
& une galiotte de la même nation. Deuxi
autres bâtimens barbarefques ont été apperçus à
quelque diftance de la côte de Sardaigne.
Le 24 , leurs Majeftés fignerent le contrat de
mariage du Marquis de Dreux , Grand Maître des
cérémonies de France . avec Dlle de Pezé..
Elles fignerent le 25 celui du Marquis de Beranger
, Colonel dans le Corps des Grenadiers de
JUIN. 1755. 215
France , avec Dlle de Saffenage , fille du Marquis
de ce nom , Chevalier des ordres du Roi , &
Chevalier d'honneur de Madame la Dauphine.
En confidération de ce mariage , le Marquis de
Beranger a obtenu la furvivance de la charge de
Chevalier d'honneur de Madame la Dauphine ,
dont il ne doit exercer les fonctions qu'à vingtcinq
ans.
Le Roi a accordé au Marquis d'Efpagne la
charge de Sénéchal & Gouverneur du Comté de
Nebouzan .
Les Prélats & les Députés du fecond Ordre qui
compofent l'Affemblée générale du Clergé de
France, s'affemblerent le 25 de Mai chez le Cardi
nal de la Rochefoucauld pour remettre leurs procurations.
Ils tinrent le 27 une feconde Affemblée,
dans laquelle les procurations furent admifes. Le
28 , l'ouverture folemnelle de l'Affemblée fe fit
dans l'églife des Grands Auguftins , par la Meffe
du Saint-Efprit. Le Cardinal de la Rochefoucauld
y officia pontificalement , & tous les Députés y
communierent. Le fermon fut prononcé par l'Evêque
du Puy. Les Députés font , pour la province
de Paris , les Evêques de Meaux & de Blois , &
les Abbés Guillot de Montjoye & d'Apchon . Pour
la province de Lyon , les Evêques de Langres &
d'Autun , l'Abbé de Montjouvant , Comte de
Lyon , & l'Abbé de la Croix. Pour celle de Rouen,
les Evêques de Bayeux & d'Evreux , & les Abbés
de Saint-Aulaire & de Belbeuf. Pour celle de
Sens , l'Archevêque de Sens , l'Evêque de Nevers ,
l'Abbé de Murat de Baing , & l'Abbé d'Oſmond
de Medavy , Comte de Lyon. Pour celle de Reims,
les Evêques d'Amiens & de Senlis , & les Abbés
de Trudaine & de Modene . Pour celle de Tours
PArchevêque de Tours , l'Evêque de Quimper
216 MERCURE DE FRANCE.
les Abbés de Monteclair & de Soulange . Pour
celle de Bourges , le Cardinal de la Rochefoucauld
, Archevêque de Bourges ; l'Evêque du Puy,
& les Abbés de Fretat de Sarra & de Molin de
Mons. Pour celle d'Alby , l'Archevêque d'Alby ,
l'Evêque de Rhodès , & les Abbés de Roquigny
de Bulonde & de Langlade. Pour celle de Bordeaux
, les Evêques de Saintes & de Sarlat , & les
Abbés de Montefquiou & Dudon . Pour celle
d'Auch , l'Archevêque d'Auch ; l'Evêque d'Oleron
, & les Abbés de Berthier & de Larbouft . Pour
celle de Narbonne , l'Archevêque de Narbonne ,
P'Evêque de Montpellier , & les Abbés de Roquefort
& de Boizay de Courcenay. Pour celle de
Toulouſe , l'Archevêque de Toulouſe , l'Evêque
de Lavaur , & les Abbés de Bruyeres de Chalabre
& de Bauteville. Pour celle d'Aix , les Evêques de
Riez & d'Apt , & les Abbés de Gadagne & de Canorgue.
Pour celle d'Embrun , l'Archevêque
d'Embrun , l'Evêque de Glandeve , & les Abbés du
Queylard & de Baumel. Pour celle de Vienne , les
Evêques de Grenoble & de Die , & les Abbés de
Gouvernet & de Breves. Pour celle d'Arles , l'Atchevêque
d'Arles , l'Evêque de Saint -Paul Troischâteaux
, & les Abbés de Chapt de Raftignac &
d'Almant de Château - neuf. L'Affemblée a élu
pour Préfidens le Cardinal de la Rochefoucauld ,
P'Archevêque de Narbonne , l'Archevêque d'Embrun
, l'Archevêque d'Auch , l'Evêque de Bayeux ,
'Evêque de Langres , l'Evêque de Grenoble &
P'Evêque de Montpellier. L'Abbé de Coriolis ,
ancien Agent général du Clergé , eft Promoteur ;
l'Abbé de Raftignac , Vice- Promoteur ; l'Abbé
de Caftries , ancien Agent général , Secrétaire ;
l'Abbé d'Ofmond , Vice-Secrétaire. Les nouveaux
Agens généraux font l'Abbé de Crillon & l'Abbé.
de Jumilhac Le
J
JUIN. 1755. 217
Le 27 , l'Archevêque de Paris bénit dans l'églife
des Religieufes Bénédictines de Conflans , les
Guidons des Gendarmes de la Garde de Sa Majefe
Le détachement étoit de cinquante Gendarmes
& le Prince de Soubife à leur tête affitta à la
cérémonie.
M. Jean Crochet , Chanoine honoraire de l'églife
Cathédrale de Noyon , eft mort le 21 en
cette derniere ville , âgé de quatre-vingt -douze
ans. Il avoit été nommé Chanoine le 31 Mars
1676 , & il a vû deux fois renouveller fon Chapitre.
Ce fut le feu Cardinal de Retz qui fit accorder
à cet Eccléfiaftique la difpenfe d'âge pour
être Chanoine d'une Cathédrale .
Woldemar , Comte de Lowendalh & du Saint
Empire , Maréchal de France , Chevalier des ordres
du Roi , & des ordres de Saint - Alexandre
Neuski & de Saint- Hubert , Colonel d'un Régiment
d'Infanterie allemande de fon nom , un des
Académiciens honoraires de l'Académie royale
des Sciences , & ci - devant Général des armées de
l'Impératrice de Ruſſie , mourut à Paris le 27 de
ce mois. Lorsqu'il eſt entré au ſervice de Sa Ma◄
jefté , il étoit déja regardé comme un des plus
habiles Généraux de l'Europe. La priſe d'Oudenarde
, d'Oftende , de Nieuport & de Berg - opzoom
, & le fuccès de toutes les autres expéditions
dont il a été chargé , ont confirmé fa réputation.
Le Maréchal de Lowendalh étoit né à Hambourg
le 6 Avril 1700 , & il étoit fils de Woldemar , Baron
de Lowendalh , Chevalier des Ordres de l'Aigle-
blanc , de l'Elephant & de Danebrog , grand
Maréchal& Miniftre du Roi de Pologne , Electeur
de Saxe. Son grand - pere étoit Ulric Frederic ,
Gomte de Guldenloew , Chevalier de l'Ordre de
('Elephant , Maréchal Général des armées de Da
II. Vol. K
21S MERCURE DE FRANCE.
nemarck , Chancelier du même royaume & Viceroi
de Norwege , fils naturel de Frederic III ,
Roi de Danemarck. Au mois de Janvier 1747 , le
Maréchal de Lowendalh obtint des lettres de
naturalité pour lui, pour la Maréchale de Lowendalh
, & pour trois enfans qu'ils avoient eus en
pays étranger. Il a montré par fon zele pour la
gloire du Roi & pour les intérêts de la France ,
qu'en acquerant les priviléges des fujets nés dans
le Royaume , il avoit pris leurs fentimens .
Le 28 , les Actions de la Compagnie des Indes
étoient à dix fept cens foixante livres : les billets
de la premiere lotterie royale à huit cens cinquante
, & ceux de la feconde lotterie à fept cens qua
rante-cinq.
Le même jour , leurs Majeftés & la Famille
royale revinrent de Marly.
Le 29 , Fête du Saint Sacrement , le Roi accompagné
de Monfeigneur le Dauphin , de Madame
Adelaïde , & de Mefdames Victoire , Sophie
& Louife s'eft rendu à l'Eglife de Notre-Dame. Sa
Majefté y a entendu la grande Meffe , après avoir
affifté à la Proceffion qui eft venue felon l'uſage
à la Chapelle du Château. La Reine & Madame
la Dauphine ont reçu dans la Chapelle la benédiction
du Saint Sacrement. Leurs Majeſtés & la
Famille royale ont affifté cet après-midi aux Vêpres
chantées par la Mufique , aufquelles l'Abbé
Gergoy a officié , & au Salut célébré par les Miffionnaires
, pendant lequel la Mufique a chanté
une élévation , de la compofition de M. Blanchard
, Maître de la Muſique de la Chapelle en
quartier.
Dans l'Evêché d'Acqs douze villages ou ha
meaux , diverfes mailons de campagne & un grand
nombre de Moulins ont été réduits en cendres .
JUIN 1755. 219
Plufieurs perfonnes & quantité de beftiaux ont
péri dans les flammes. On fait monter à plus d'un
million la perte caufée par cet incendie. L'Evêque
d'Acqs a reffenti auffi vivement que l'exigeoit de
lui fa qualité de Pafteur la défolation d'une partie
de fon diocefe. Voyant d'honnêtes familles réduites
à la derniere mifere , il en a pris les enfans
fous fa protection ; if les a placés à fes dépens
dans des penfions , & il les y fait élever ſuivant
leur état. La charité de ce Prélat s'eft étendue fur
tous les autres malheureux qui ont fouffert , & il
leur a fait diftribuer du bled & de l'argent.
Fermer
Résumé : « Le vaisseau le Bethune, appartenant à la Compagnie des Indes, [...] »
En mai 1755, plusieurs événements marquants ont eu lieu en France. Le 10 mai, le vaisseau Le Bethune, appartenant à la Compagnie des Indes, est arrivé au port de l'Orient. Il a rapporté que Dupleix avait quitté Pondichéry le 15 octobre et était arrivé à l'île de France le 25 novembre. Le 16 mai, la Reine a assisté à un sermon dans l'église des Recolets de Versailles pour la fête de Saint Jean Népomucène. Le 17 mai, le Dauphin et la Dauphine ont entendu les premières vêpres à Marly. Le 18 mai, jour de la Pentecôte, le Roi a assisté à la messe de l'Ordre du Saint-Esprit, accompagné de plusieurs dignitaires. La Reine et Mesdames de France ont écouté la messe dans la tribune. Le même jour, le Roi et la Reine ont assisté à un sermon et aux vêpres. Le 19 mai, les députés des États d'Artois ont eu audience auprès du Roi. Le Duc de Châteauvillain est décédé à Paris à l'âge de six ans et six mois. Le 20 mai, la Reine a communié. Plusieurs arrêts du Conseil d'État ont été publiés, concernant notamment les métiers et les lotteries. L'Académie royale de Chirurgie a annoncé de nouveaux prix pour les chirurgiens. Plusieurs incidents maritimes ont été signalés, incluant la perte du navire Sainte-Hélène près de Martigues et des rencontres avec des navires barbaresques. Le 24 mai, le Roi a signé le contrat de mariage du Marquis de Dreux. Le 25 mai, il a signé celui du Marquis de Béranger. Le Marquis d'Espagne a obtenu la charge de Sénéchal et Gouverneur du Comté de Nébouzan. L'Assemblée générale du Clergé de France s'est réunie à partir du 25 mai, avec la participation de nombreux prélats et députés. Le 27 mai, l'Archevêque de Paris a béni les guidons des Gendarmes de la Garde. Plusieurs décès notables ont été rapportés, dont celui du Chanoine Jean Crochet à Noyon et du Maréchal de Lowendahl à Paris. Le 28 mai, les actions de la Compagnie des Indes étaient à 1760 livres. Le 29 mai, pour la fête du Saint Sacrement, le Roi et la famille royale ont assisté à la messe et aux vêpres à Notre-Dame. Un incendie a détruit plusieurs villages et moulins dans l'évêché d'Acqs, causant des pertes évaluées à plus d'un million.
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99
p. 221-229
MORTS ET MARIAGES.
Début :
Le 6 février, Charles-René de Maillé Latour-Landry, Comte de Maillé, [...]
Mots clefs :
Morts, Mariages, Marquis, Comte, Chevalier, Lieutenant, Prince, Gentilhomme ordinaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS ET MARIAGES.
MORTS ET MARIAGES. #
E 6 Février , Charles-René de Maillé Latour
Landry ,Comte de Maille , Capitaine de Dra
>
gons , fils de Charles-Louis de Maillé , Comte de
Latour- Landry , Baron d'Antraíme , & de Dame
Marie-Françoife de Savonnieres , Dame de Meaune
, a été marié avec Marie-Renée-Bonne - Félicité
de Savary-Breves de Jarzé. L'Evêque de Senlis
leur a donné la bénédiction nuptiale dans la Chapelle
de l'Hôtel de Condé , en préſence de leurs
A. A. S. S. Monfeigneur le Prince & Madame la
Princeffe de Conde.
La Maiſon de Maillé étoit floriflante dès le
douziéme fiécle . L'an 1233 , les Vicomtes de
Rohan & de Leon appellerent à leurs fecours ,
contre Pierre de Dreux , Duc de Bretagne , Hardouin
V , Baron de Maillé , Seigneur puiffant .
Ce qui releve infiniment le luftre de toutes les
grandes alliances de cette Maifon , c'eft l'honnenr
qu'elle a d'être alliée à la Maifon de Bourbon.
L'an 1510 , Hardouin X. de Maillé tranfigea
avec Louis de Bourbon , Prince de la Roche-fur-
Yon , de la fucceffion de leur oncle commun ,
André de Chauvigny , héritier des Princes de
Deols ; Hardouin de Maillé eut au nombre des
grandes Terres qui lui revinrent de cette fucceffion
, le Comté de Châteauroux en Berri.
L'an 1641 , Louis de Bourbon , Prince de Con
dé ,furnommé le grand Condé , époufa Claire-
Clémence de Maillé , fille d'Urbain de Maillé ,"
Maréchal de France , Chevalier des Ordres du
Kj
272 MERCURE DE FRANCE.
Rot , Gouverneur d'Anjou , & foeur d'Armand de
Maillé , Marquis de Brezé , Duc de Fronſac , Pair
de France , tué à 27, ans , Commandant la flotte
de France devant Orbitelle , c'en de cette Brite
ceffe que defcendent tous les Princes & Princeffe
de la Maifon de Condé.
La Maifon de Maillé s'eft divifée en plufieurs
branches , l'aînée a joint au nom de Maillé celui
de Latour-Landry , à caufe de l'héritiere de cette
ancienne Maiſon fondue dans cette branche ; aujourd'hui
les chefs & aînés de toute la Maifon de
Maillé , font Charles - Hardouin de Maillé - Latour-
Landry , Marquis de Jalefnes , Baron de Gaftines ,
Colonel d'infanterie , & Charles- Louis de Maillé ,
Comte de Latour-Landry , Baron d'Antrafme.
Le fils unique du Marquis de Maillé a épousé le
premier Mars 1713 , la fille aînée du Comte de
Latour-Landry fa coufine germaine , & foeur du
Comte de Maillé qui donne lieu à cet article.
> La Comteffe de Latour - Landry mere du
Comte de Maillé , eft héritiere de la branche
aînée de la Maiſon de Savonnieres , originaire
d'Anjou , & connue dès l'an 1100 parmi les premieres
de cette province ; elle a donné nombre
de Chevaliers de l'ordre de Saint- Michel , & un
Evêque de Bayeux : elle s'eft diftinguée dans l'Ordre
de Malthe dès les premiers tems ; de nos jours
Charles de Savonnieres , grand oncle de Madame
la Comteffe de Latour-Landry , étoit grand Bailli
de la Morée , Chef d'Eſcadre & Commandant les
Galeres de France.
La Maiſon de Savonnieres eft alliée à celles de
Mattefelon , de Beauveau , de Villequier , du
Bellay , de Froulay & de Montecler , & c.
La Maiſon de Savary , originaire de Touraine ,
afervi nos Rois & l'Etat fans difcontinuation dès
JUIN. 1755. 223.
le douzième fiécle , qu'elle eft connue entre les
plus nobles de cette province , par des alliances
illuftres , par des dons faits à des Abbayes du tems
des Croisades , par la poffeffion de fiefs mouvans
directement de la Couronne , & enfin par la pof-,
feffion de la Seigneurie de Lancofine depuis 400
ans.
L'aîné & le chef du nom & armes de cette Maifon
, eft Louis-François- Alexandre de Savary ,
Seigneur & Marquis de Lancofme en Touraine ,
& autres terres en Berri , Chevalier de l'Ordre
royal & militaire de Saint-Louis , ci- devant Capitaine
de grenadiers au régiment de Richelieu :
fon frere N..... de Savary-Lancofme , Chevalier
de Saint- Louis , Seigneur de Nozieres , a été tué
en 1734 au fiége de Philisbourg , étant Capitaine
de grenadiers au même régiment.
N... de Savary-Lancofme ( autre frere du
Marquis de Laacofme ) Chevalier Profès de l'Ordre
de Saint- Jean de Jerufalem , eut le bras droit
emporté en 1734 au même fiége , étant Sous-
Lieutenant de grenadiers au régiment des Gardes-
Françoifes , & a quitté étant Lieutenant au même
régiment.
N..... de Savary - Lancofme , Seigneur de
Bauché , fils aîné du Marquis de Lancofme , âgé
de 27 ans , Capitaine de cavalerie au régiment de
Bourgogne , fert le Roi depuis 14 ans : il a épousé
N..... de Ronçay , & a des enfans.
Marie- Renée-Bonne Félicité de Savary - Breves
de Jarzé , Comteffe de Maillé , qui donne lieu à
cet article , a pour fixiéme ayeul paternel , noble
Seigneur Denis de Savary , Ecuyer , Seigneur de
Ligny & de Breves , cadet de la Maiſon de Savary-
Lancofme , qui époufa le 19 Décembre 1544 ,
Françoife de Damas , fille de François de Damas
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Chevalier , Seigneur de Breves en Nivernois , &
d'Ifabeau d'Arces : Françoife de Damas devint par
la mort d'Antoine de Damas fon neveu , héritiere
de la terre de Breves , qui a fervi de titre distinctif
à cette branche de Savary. Elle fut mere de Franfois
de Savary , Seigneur de Breves , Marquis de
Maulevrier , &c. Il fuivit à Conftantinople Jacques
de Savary- Lancofme fon parent , ci- devant
Meftre de Camp d'un régiment d'infanterie
nommé en 1582 par Henri III. Ambaſſadeur à la
Porte Ottomane , où étant mort en 1591 , la
Seigneur de Breves fut nommé à fa place. Il y
refta jufqu'à l'année 1606 , après avoir conclu le
20 Mai 1604 avec le Sultan Achmet un Traité
très-avantageux à la Nation Françoife & à la religion
: il fut reçu en 1607 Confeiller d'Etat d'épée
& Gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi,
il en prêta le fermet le 6 Janvier 1607. Il fur
nommé en 1608 Ambaffadeur à Rome , où il fou
tint au contentement de Sa Majeſté & de la Reine
Régente , la dignité de la couronne contre l'Ambaffadeur
d'Efpagne , comme il paroît par leurs
lettres des 31 Août & 4 Juin 1610. Le Roi le
choifit & nomma par Brevets & Lettres Patentes
fcellées du grand Sceau des 18 Décembre 1610 ,
& 4 Juillet 1614 , Gouverneur de la perfonne de
Monſeigneur le Duc d'Anjou , frere unique du
Roi , premier Gentilhomme de fa Chambre
Lieutenant de fa Compagnie de 200 hommes
d'armes , & Surintendant de fa Maifon par
Brevet du Confeil des affaires de Sa Majefté du 29
Septembre 1614 , l'entrée près de fa perfonne lui
étoit permife même aux heures les plus fecretes
: la Reine mere du Roi , par Brevet du 21
Octobre 1624 , lui donna l'état & charge de fon
premier Ecuyer , il en prêta le ferment le même
JUIN. 1755. 225
jour. Par Lettres Patentes du mois de Mai 1625 ,
le Roi érigea la terre de Breves en titre de Comté
pour lui & fes defcendans de fon nom : il fut
nommé Chevalier de l'Ordre du Saint- Esprit par
Brevet du 13 Novembre 1725 , & fes preuves admifes
pardevant François de Silly , Duc de la Rocheguyon
, & Louis de la Marck , Marquis de Mofny,
Chevaliers dudit Ordre , Commiflaires nommés
à cet effet par Sa Majefté. Il fut invité par lettres
du Roi du 15 Novembre 1626 , à fe trouver à
l'ouverture de l'affemblée des Notables du Royaume,
indiquée à Saint -Germain- en - Laye ; & par Brevet
du 28 Août 1627 ; le Roi le retint Confeiller
en fon Confeil des Dépêches . Il avoit épousé par
contrat du 27 Février 1607 Anne de Thou ,
fille de Christophe-Augufte de Thou , Chevalier ,
Seigneur du Pleffis de Placy , Gentilhomme ordinaire
de la Chambre du Roi , & d'Anne de Neufville-
Villeroy , dont il eut trois fils ; fçavoir , Camille
de Savary-Breves , premier du nom , qui a
continué la postérité , Cofine de Savary- Breves
Marqui de Maulevrier , Maître de la Garde- robe
de S. A. R. Monfieur Gafton de France , frere
unique du Roi , décedé fans avoir été marié , &
Gafton-Jean- Baptifte de Savary- Breves , Abbé de
Montmajour , de Greftin , de Saint- Gildas de
Ruis , & de Gifmont , Aumônier du Roi.
>
Camille de Savary , premier du nom , Chevalier
, Comte de Breves , Seigneur Dauvours , &c.
Maître de la Garde-robe de S. A. R. Monfieur
Gafton de France , frere unique du Roi , par Bre
vet du 12 Novembre 1616. , fur la démiffion
d'Annibal d'Eftrées , Marqui de Coeuvres , pour
exercer ladite charge conjointement ou par femeftre
avec Cofme de Savary , Marquis de Mau
levrier fon frere puifné , épaufa par contrat du
226 MERCURE DE FRANCE.
>
22 Février 1634 , Catherine du Pleffis-Jarzé , fille
de François du Pleffis , Chevalier , Seigneur &
Marquis de Jarzé , Gentilhomme ordinaire de la
Chambre du Roi , Capitaine d'une Compagnie
de so Chevaux-Légers , & de Catherine de Beaumanoir
- Lavardin. Catherine du Pleffis-Jarzé
étoit foeur de René du Pleffis , Marquis de Jarzé
Capitaine d'une Compagnie de 90 Chevaux-Légers
en 1638. Cornette des 200 Chevaux- Légers
de la garde du Roi en 1643. Maréchal de Camp
& Capitaine d'une Compagnie des Gardes da
Corps de Sa Majefté en 1648. Ils étoient tous.
deux iffus de René , Seigneur de Jarzé , appellé
le brave Jarzé , tué en 1588 , à l'attaque des fauxbourgs
de Tours , pendant les guerres de la Ligue,
étant Meftre de Camp d'un régiment d'infanterie
pour le fervice du Roi ; ce René étoit fils de François
, Seigneur de Jarzé , & de Marie de Maillé-
Brezé la Maifon du Pleffis-Jarzé , originaire de
la province du Maine , eft éteinte en 1723 , par le
décès fans enfans de Marie-Urbain - René du Pleffis
, Marquis de Jarzé , Chevalier de Saint- Louis ;
il avoit eu une main emportée au fiége de Philisbourg
en 1688 , étant Colonel d'un régiment
d'infanterie de fon nom , la branche de Savary.
Breves a hérité de fes biens paternels , & le Marquilat
de Jarzé eft échu en partage à Camille de
Savary- Breves , troifiéme du nom , grand-pere de
la Comteffe de Maillé .
Camille de Savary , fecond du nom , Chevalier ,
Comte de Breves , &c . fils de Camille premier &
de Catherine du Pleffis- Jarzé : il fut fucceffivement
Capitaine & Lieutenant- Colonel du régiment
d'infanterie du fieur de Ferron , & Colonel
d'un régiment d'infanterie fuivant les Brevets des
31 Janvier 1637 , & 18 Mars 1658. Il époufa par
JUIN. 1755. 227
contrat du 29 Septembre 1661 , Hélene de Bar-,
tholy , fille unique de François de Bartholy , Che-,
valier , Comte de Saint- Bonnet , & d'Edmée de
Damas d'Anlezy ; de ce mariage eft iffu entr'autres
enfans ,
Camille de Savary , troifiéme du nom , Marquis,
de Breves & de Jarzé , &c. Capitaine de cavalerie ,
bleffé dangereufement en 1691 , au combat de
Leufe , qui de fon fecond mariage du 30 Avril
1717 , avec Marie- Magdelaine Cholet , a eu
Paul-Louis-Jean - Baptifte- Camille de Savary-
Breves , Marquis de Jarzé , qui a épousé par contrat
du 24 Avril 1739 , Bonne Damaris de Briqueville
de la Luzerne , fille de Jean- François de-
Briqueville , Seigneur & Comte de la Luzerne , &
de Françoife-Philberte de Froulay de Teffé , fille
dur feu Maréchal de Teffé : de ce mariage eft iffu
Marie-Frauçois- Camille de Savary , Comte de
Breves , Marie-Renée- Bonne-Félicité de Savary-
Breves de Jarzé , qui donne lieu à cet article , &
Marie-Louife de Savary-Breves .
Françoife -Alexandrine de Savary- Breves , four
du Marquis de Jarzé , a épousé en 1746 , François-
Philbert de Briqueville de la Luzerne , appellé le
Comte de Briqueville , Brigadier des armées du
Roi , Enfeigne des Gardes du Corps de Sa Majesté »
if eft frere de la Marquife de Jarzé.
La Maifon de Savary porte pour armes ,
d'argent & defable.
écartelé
Voyez les Mémoires de l'Abbé de Marolles , tom.
2. p. 230 ; le Mercure François , tom. 1. p. 29. tom ..
2. p. 262 ; l'Histoire de Louis XIII. par Michel le
Vaffor tom. 3. premiere part . d . 6 ; les Mémoires
Hiftoire , de Critique de Littérature , par
M.ľAbbé d'Artigny , tom . 4. p . 345 , ¿co
K vi
228 MERCURE DE FRANCE.
Le 2 Janvier eft mort à Paris Meffire François-
Vincent Durand de Villegagnon , Marquis de
Villegagnon , âgé de 72 ans.
Le 7 Février eft mort Meffire Galiot Mandat ;
Maître des Requêtes.
Melfire Pierre de Meſmes de Ravignan , ancien
Colonel d'Infanterie , mourut le même jour âgé
de 81 ans.
Meffire Jacques- Gabriel de Chapt , Comte de
Raftignac , Baron de Luzech , eft mort le 9 à
Sarlat en Périgord dans fa 78 ° année .
ג
Meffire Charles de Secondat , Baron de Montefquieu
ancien Préfident du Parlement de
Guyenne , & l'un des quarante de l'Académie
Françoife , dont il étoit un des principaux ornemens
, mourut à Paris le 10 , âgé de 65 ans, IL
étoit de la Société royale de Londres & de l'Académie
de Berlin .
Dame Louiſe- Claire de Lamoignon , veuve de
Meffire Armand -Pierre -Marc - Antoine de Gourgues
, Maître des Requêtes , mourut à Paris le 17.
Meffire Jofeph-Nicolas Millet , Chanoine &
ancien Doyen de l'Eglife Métropolitaine de
Rheims , eft mort à Rheims le 18 dans fa 97e
année.
Damoiſelle Jeanne-Hippolite - Charlote-Marine
PEriget de la Faye , fille de feu Meffire Jean- Franfois
l'Eriget , Marquis de la Faye , eft morte le
19 au Couvent de Belle- Chaffe.
Dame Magdeleine- Henriette de Caze , veuve
de Meffire Jean- Louis Rouillé d'Orfeuil , Maître
des Requêtes , eft morte à Paris le 23.
Dame Marie Robert , veuve de Meffire François
Dauvet , Comte Defmareft , Grand Fauconnier
de France , mourut le 24 âgée de 71 ans .
Dame Magdeleine -Elizabeth Haillet , époufe
JUIN. 1755. 2.29
de Meffire Aimeri de Caffagnet , Marquis de Fi
marcon , Lieutenant général des Armées du Roi ,
eft morte le 28 dans fa 45 ° année .
Dame Genevieve Pecquot , veuve de Meflire
Charles Sevin , Marquis de Quinci , Brigadier des
Armées du Roi , Lieutenant général d'Artillerie ,
& Lieutenant du Roi dans la province d'Auvergne
, eft morte au Monaftere des Dames de fainte
Marie de Meaux , dans fa 77° année.
Pierre -Guillaume Monpefat Tremolety de Bucelly
, Marquis de Monpefat , Lieutenant de Roi
de Languedoc , eft décédé dans fon château de
Monpefat le 24 d'Avril ; il étoit devenu le chef &
l'aîné des anciens Monpefat du bas- Languedoc : il
a laiffé deux fils , l'aîné connu fous le nom de
Marquis de Monpefat , eft Lieutenant de Roi de
Languedoc , & l'un des quatre premiers Baron du
Dauphiné le fecond , eft Doyen du Chapitre de
Tarrafcon ; leur four unique avoit épousé le Marquis
de Nicolay : il y a eu de leur mariage deux
fils ; & le Marquis de Monpefat , aujourd'hui repréfentant
fon pere , a de fon mariage avec la fille
unique du Marquis d'Ugoult-Montmaur des en.
fans.
E 6 Février , Charles-René de Maillé Latour
Landry ,Comte de Maille , Capitaine de Dra
>
gons , fils de Charles-Louis de Maillé , Comte de
Latour- Landry , Baron d'Antraíme , & de Dame
Marie-Françoife de Savonnieres , Dame de Meaune
, a été marié avec Marie-Renée-Bonne - Félicité
de Savary-Breves de Jarzé. L'Evêque de Senlis
leur a donné la bénédiction nuptiale dans la Chapelle
de l'Hôtel de Condé , en préſence de leurs
A. A. S. S. Monfeigneur le Prince & Madame la
Princeffe de Conde.
La Maiſon de Maillé étoit floriflante dès le
douziéme fiécle . L'an 1233 , les Vicomtes de
Rohan & de Leon appellerent à leurs fecours ,
contre Pierre de Dreux , Duc de Bretagne , Hardouin
V , Baron de Maillé , Seigneur puiffant .
Ce qui releve infiniment le luftre de toutes les
grandes alliances de cette Maifon , c'eft l'honnenr
qu'elle a d'être alliée à la Maifon de Bourbon.
L'an 1510 , Hardouin X. de Maillé tranfigea
avec Louis de Bourbon , Prince de la Roche-fur-
Yon , de la fucceffion de leur oncle commun ,
André de Chauvigny , héritier des Princes de
Deols ; Hardouin de Maillé eut au nombre des
grandes Terres qui lui revinrent de cette fucceffion
, le Comté de Châteauroux en Berri.
L'an 1641 , Louis de Bourbon , Prince de Con
dé ,furnommé le grand Condé , époufa Claire-
Clémence de Maillé , fille d'Urbain de Maillé ,"
Maréchal de France , Chevalier des Ordres du
Kj
272 MERCURE DE FRANCE.
Rot , Gouverneur d'Anjou , & foeur d'Armand de
Maillé , Marquis de Brezé , Duc de Fronſac , Pair
de France , tué à 27, ans , Commandant la flotte
de France devant Orbitelle , c'en de cette Brite
ceffe que defcendent tous les Princes & Princeffe
de la Maifon de Condé.
La Maifon de Maillé s'eft divifée en plufieurs
branches , l'aînée a joint au nom de Maillé celui
de Latour-Landry , à caufe de l'héritiere de cette
ancienne Maiſon fondue dans cette branche ; aujourd'hui
les chefs & aînés de toute la Maifon de
Maillé , font Charles - Hardouin de Maillé - Latour-
Landry , Marquis de Jalefnes , Baron de Gaftines ,
Colonel d'infanterie , & Charles- Louis de Maillé ,
Comte de Latour-Landry , Baron d'Antrafme.
Le fils unique du Marquis de Maillé a épousé le
premier Mars 1713 , la fille aînée du Comte de
Latour-Landry fa coufine germaine , & foeur du
Comte de Maillé qui donne lieu à cet article.
> La Comteffe de Latour - Landry mere du
Comte de Maillé , eft héritiere de la branche
aînée de la Maiſon de Savonnieres , originaire
d'Anjou , & connue dès l'an 1100 parmi les premieres
de cette province ; elle a donné nombre
de Chevaliers de l'ordre de Saint- Michel , & un
Evêque de Bayeux : elle s'eft diftinguée dans l'Ordre
de Malthe dès les premiers tems ; de nos jours
Charles de Savonnieres , grand oncle de Madame
la Comteffe de Latour-Landry , étoit grand Bailli
de la Morée , Chef d'Eſcadre & Commandant les
Galeres de France.
La Maiſon de Savonnieres eft alliée à celles de
Mattefelon , de Beauveau , de Villequier , du
Bellay , de Froulay & de Montecler , & c.
La Maiſon de Savary , originaire de Touraine ,
afervi nos Rois & l'Etat fans difcontinuation dès
JUIN. 1755. 223.
le douzième fiécle , qu'elle eft connue entre les
plus nobles de cette province , par des alliances
illuftres , par des dons faits à des Abbayes du tems
des Croisades , par la poffeffion de fiefs mouvans
directement de la Couronne , & enfin par la pof-,
feffion de la Seigneurie de Lancofine depuis 400
ans.
L'aîné & le chef du nom & armes de cette Maifon
, eft Louis-François- Alexandre de Savary ,
Seigneur & Marquis de Lancofme en Touraine ,
& autres terres en Berri , Chevalier de l'Ordre
royal & militaire de Saint-Louis , ci- devant Capitaine
de grenadiers au régiment de Richelieu :
fon frere N..... de Savary-Lancofme , Chevalier
de Saint- Louis , Seigneur de Nozieres , a été tué
en 1734 au fiége de Philisbourg , étant Capitaine
de grenadiers au même régiment.
N... de Savary-Lancofme ( autre frere du
Marquis de Laacofme ) Chevalier Profès de l'Ordre
de Saint- Jean de Jerufalem , eut le bras droit
emporté en 1734 au même fiége , étant Sous-
Lieutenant de grenadiers au régiment des Gardes-
Françoifes , & a quitté étant Lieutenant au même
régiment.
N..... de Savary - Lancofme , Seigneur de
Bauché , fils aîné du Marquis de Lancofme , âgé
de 27 ans , Capitaine de cavalerie au régiment de
Bourgogne , fert le Roi depuis 14 ans : il a épousé
N..... de Ronçay , & a des enfans.
Marie- Renée-Bonne Félicité de Savary - Breves
de Jarzé , Comteffe de Maillé , qui donne lieu à
cet article , a pour fixiéme ayeul paternel , noble
Seigneur Denis de Savary , Ecuyer , Seigneur de
Ligny & de Breves , cadet de la Maiſon de Savary-
Lancofme , qui époufa le 19 Décembre 1544 ,
Françoife de Damas , fille de François de Damas
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Chevalier , Seigneur de Breves en Nivernois , &
d'Ifabeau d'Arces : Françoife de Damas devint par
la mort d'Antoine de Damas fon neveu , héritiere
de la terre de Breves , qui a fervi de titre distinctif
à cette branche de Savary. Elle fut mere de Franfois
de Savary , Seigneur de Breves , Marquis de
Maulevrier , &c. Il fuivit à Conftantinople Jacques
de Savary- Lancofme fon parent , ci- devant
Meftre de Camp d'un régiment d'infanterie
nommé en 1582 par Henri III. Ambaſſadeur à la
Porte Ottomane , où étant mort en 1591 , la
Seigneur de Breves fut nommé à fa place. Il y
refta jufqu'à l'année 1606 , après avoir conclu le
20 Mai 1604 avec le Sultan Achmet un Traité
très-avantageux à la Nation Françoife & à la religion
: il fut reçu en 1607 Confeiller d'Etat d'épée
& Gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi,
il en prêta le fermet le 6 Janvier 1607. Il fur
nommé en 1608 Ambaffadeur à Rome , où il fou
tint au contentement de Sa Majeſté & de la Reine
Régente , la dignité de la couronne contre l'Ambaffadeur
d'Efpagne , comme il paroît par leurs
lettres des 31 Août & 4 Juin 1610. Le Roi le
choifit & nomma par Brevets & Lettres Patentes
fcellées du grand Sceau des 18 Décembre 1610 ,
& 4 Juillet 1614 , Gouverneur de la perfonne de
Monſeigneur le Duc d'Anjou , frere unique du
Roi , premier Gentilhomme de fa Chambre
Lieutenant de fa Compagnie de 200 hommes
d'armes , & Surintendant de fa Maifon par
Brevet du Confeil des affaires de Sa Majefté du 29
Septembre 1614 , l'entrée près de fa perfonne lui
étoit permife même aux heures les plus fecretes
: la Reine mere du Roi , par Brevet du 21
Octobre 1624 , lui donna l'état & charge de fon
premier Ecuyer , il en prêta le ferment le même
JUIN. 1755. 225
jour. Par Lettres Patentes du mois de Mai 1625 ,
le Roi érigea la terre de Breves en titre de Comté
pour lui & fes defcendans de fon nom : il fut
nommé Chevalier de l'Ordre du Saint- Esprit par
Brevet du 13 Novembre 1725 , & fes preuves admifes
pardevant François de Silly , Duc de la Rocheguyon
, & Louis de la Marck , Marquis de Mofny,
Chevaliers dudit Ordre , Commiflaires nommés
à cet effet par Sa Majefté. Il fut invité par lettres
du Roi du 15 Novembre 1626 , à fe trouver à
l'ouverture de l'affemblée des Notables du Royaume,
indiquée à Saint -Germain- en - Laye ; & par Brevet
du 28 Août 1627 ; le Roi le retint Confeiller
en fon Confeil des Dépêches . Il avoit épousé par
contrat du 27 Février 1607 Anne de Thou ,
fille de Christophe-Augufte de Thou , Chevalier ,
Seigneur du Pleffis de Placy , Gentilhomme ordinaire
de la Chambre du Roi , & d'Anne de Neufville-
Villeroy , dont il eut trois fils ; fçavoir , Camille
de Savary-Breves , premier du nom , qui a
continué la postérité , Cofine de Savary- Breves
Marqui de Maulevrier , Maître de la Garde- robe
de S. A. R. Monfieur Gafton de France , frere
unique du Roi , décedé fans avoir été marié , &
Gafton-Jean- Baptifte de Savary- Breves , Abbé de
Montmajour , de Greftin , de Saint- Gildas de
Ruis , & de Gifmont , Aumônier du Roi.
>
Camille de Savary , premier du nom , Chevalier
, Comte de Breves , Seigneur Dauvours , &c.
Maître de la Garde-robe de S. A. R. Monfieur
Gafton de France , frere unique du Roi , par Bre
vet du 12 Novembre 1616. , fur la démiffion
d'Annibal d'Eftrées , Marqui de Coeuvres , pour
exercer ladite charge conjointement ou par femeftre
avec Cofme de Savary , Marquis de Mau
levrier fon frere puifné , épaufa par contrat du
226 MERCURE DE FRANCE.
>
22 Février 1634 , Catherine du Pleffis-Jarzé , fille
de François du Pleffis , Chevalier , Seigneur &
Marquis de Jarzé , Gentilhomme ordinaire de la
Chambre du Roi , Capitaine d'une Compagnie
de so Chevaux-Légers , & de Catherine de Beaumanoir
- Lavardin. Catherine du Pleffis-Jarzé
étoit foeur de René du Pleffis , Marquis de Jarzé
Capitaine d'une Compagnie de 90 Chevaux-Légers
en 1638. Cornette des 200 Chevaux- Légers
de la garde du Roi en 1643. Maréchal de Camp
& Capitaine d'une Compagnie des Gardes da
Corps de Sa Majefté en 1648. Ils étoient tous.
deux iffus de René , Seigneur de Jarzé , appellé
le brave Jarzé , tué en 1588 , à l'attaque des fauxbourgs
de Tours , pendant les guerres de la Ligue,
étant Meftre de Camp d'un régiment d'infanterie
pour le fervice du Roi ; ce René étoit fils de François
, Seigneur de Jarzé , & de Marie de Maillé-
Brezé la Maifon du Pleffis-Jarzé , originaire de
la province du Maine , eft éteinte en 1723 , par le
décès fans enfans de Marie-Urbain - René du Pleffis
, Marquis de Jarzé , Chevalier de Saint- Louis ;
il avoit eu une main emportée au fiége de Philisbourg
en 1688 , étant Colonel d'un régiment
d'infanterie de fon nom , la branche de Savary.
Breves a hérité de fes biens paternels , & le Marquilat
de Jarzé eft échu en partage à Camille de
Savary- Breves , troifiéme du nom , grand-pere de
la Comteffe de Maillé .
Camille de Savary , fecond du nom , Chevalier ,
Comte de Breves , &c . fils de Camille premier &
de Catherine du Pleffis- Jarzé : il fut fucceffivement
Capitaine & Lieutenant- Colonel du régiment
d'infanterie du fieur de Ferron , & Colonel
d'un régiment d'infanterie fuivant les Brevets des
31 Janvier 1637 , & 18 Mars 1658. Il époufa par
JUIN. 1755. 227
contrat du 29 Septembre 1661 , Hélene de Bar-,
tholy , fille unique de François de Bartholy , Che-,
valier , Comte de Saint- Bonnet , & d'Edmée de
Damas d'Anlezy ; de ce mariage eft iffu entr'autres
enfans ,
Camille de Savary , troifiéme du nom , Marquis,
de Breves & de Jarzé , &c. Capitaine de cavalerie ,
bleffé dangereufement en 1691 , au combat de
Leufe , qui de fon fecond mariage du 30 Avril
1717 , avec Marie- Magdelaine Cholet , a eu
Paul-Louis-Jean - Baptifte- Camille de Savary-
Breves , Marquis de Jarzé , qui a épousé par contrat
du 24 Avril 1739 , Bonne Damaris de Briqueville
de la Luzerne , fille de Jean- François de-
Briqueville , Seigneur & Comte de la Luzerne , &
de Françoife-Philberte de Froulay de Teffé , fille
dur feu Maréchal de Teffé : de ce mariage eft iffu
Marie-Frauçois- Camille de Savary , Comte de
Breves , Marie-Renée- Bonne-Félicité de Savary-
Breves de Jarzé , qui donne lieu à cet article , &
Marie-Louife de Savary-Breves .
Françoife -Alexandrine de Savary- Breves , four
du Marquis de Jarzé , a épousé en 1746 , François-
Philbert de Briqueville de la Luzerne , appellé le
Comte de Briqueville , Brigadier des armées du
Roi , Enfeigne des Gardes du Corps de Sa Majesté »
if eft frere de la Marquife de Jarzé.
La Maifon de Savary porte pour armes ,
d'argent & defable.
écartelé
Voyez les Mémoires de l'Abbé de Marolles , tom.
2. p. 230 ; le Mercure François , tom. 1. p. 29. tom ..
2. p. 262 ; l'Histoire de Louis XIII. par Michel le
Vaffor tom. 3. premiere part . d . 6 ; les Mémoires
Hiftoire , de Critique de Littérature , par
M.ľAbbé d'Artigny , tom . 4. p . 345 , ¿co
K vi
228 MERCURE DE FRANCE.
Le 2 Janvier eft mort à Paris Meffire François-
Vincent Durand de Villegagnon , Marquis de
Villegagnon , âgé de 72 ans.
Le 7 Février eft mort Meffire Galiot Mandat ;
Maître des Requêtes.
Melfire Pierre de Meſmes de Ravignan , ancien
Colonel d'Infanterie , mourut le même jour âgé
de 81 ans.
Meffire Jacques- Gabriel de Chapt , Comte de
Raftignac , Baron de Luzech , eft mort le 9 à
Sarlat en Périgord dans fa 78 ° année .
ג
Meffire Charles de Secondat , Baron de Montefquieu
ancien Préfident du Parlement de
Guyenne , & l'un des quarante de l'Académie
Françoife , dont il étoit un des principaux ornemens
, mourut à Paris le 10 , âgé de 65 ans, IL
étoit de la Société royale de Londres & de l'Académie
de Berlin .
Dame Louiſe- Claire de Lamoignon , veuve de
Meffire Armand -Pierre -Marc - Antoine de Gourgues
, Maître des Requêtes , mourut à Paris le 17.
Meffire Jofeph-Nicolas Millet , Chanoine &
ancien Doyen de l'Eglife Métropolitaine de
Rheims , eft mort à Rheims le 18 dans fa 97e
année.
Damoiſelle Jeanne-Hippolite - Charlote-Marine
PEriget de la Faye , fille de feu Meffire Jean- Franfois
l'Eriget , Marquis de la Faye , eft morte le
19 au Couvent de Belle- Chaffe.
Dame Magdeleine- Henriette de Caze , veuve
de Meffire Jean- Louis Rouillé d'Orfeuil , Maître
des Requêtes , eft morte à Paris le 23.
Dame Marie Robert , veuve de Meffire François
Dauvet , Comte Defmareft , Grand Fauconnier
de France , mourut le 24 âgée de 71 ans .
Dame Magdeleine -Elizabeth Haillet , époufe
JUIN. 1755. 2.29
de Meffire Aimeri de Caffagnet , Marquis de Fi
marcon , Lieutenant général des Armées du Roi ,
eft morte le 28 dans fa 45 ° année .
Dame Genevieve Pecquot , veuve de Meflire
Charles Sevin , Marquis de Quinci , Brigadier des
Armées du Roi , Lieutenant général d'Artillerie ,
& Lieutenant du Roi dans la province d'Auvergne
, eft morte au Monaftere des Dames de fainte
Marie de Meaux , dans fa 77° année.
Pierre -Guillaume Monpefat Tremolety de Bucelly
, Marquis de Monpefat , Lieutenant de Roi
de Languedoc , eft décédé dans fon château de
Monpefat le 24 d'Avril ; il étoit devenu le chef &
l'aîné des anciens Monpefat du bas- Languedoc : il
a laiffé deux fils , l'aîné connu fous le nom de
Marquis de Monpefat , eft Lieutenant de Roi de
Languedoc , & l'un des quatre premiers Baron du
Dauphiné le fecond , eft Doyen du Chapitre de
Tarrafcon ; leur four unique avoit épousé le Marquis
de Nicolay : il y a eu de leur mariage deux
fils ; & le Marquis de Monpefat , aujourd'hui repréfentant
fon pere , a de fon mariage avec la fille
unique du Marquis d'Ugoult-Montmaur des en.
fans.
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Résumé : MORTS ET MARIAGES.
Le texte relate divers événements familiaux et historiques concernant les maisons nobles de Maillé, Savonnières, et Savary. Le 6 février, Charles-René de Maillé Latour Landry, comte de Maillé et capitaine de dragons, a épousé Marie-Renée-Bonne-Félicité de Savary-Breves de Jarzé. La bénédiction nuptiale a été donnée par l'évêque de Senlis dans la chapelle de l'Hôtel de Condé, en présence du prince et de la princesse de Condé. La maison de Maillé est mentionnée comme florissante dès le douzième siècle. En 1233, les vicomtes de Rohan et de Léon ont appelé à leur secours Hardouin V de Maillé contre Pierre de Dreux, duc de Bretagne. La maison de Maillé s'est distinguée par ses alliances, notamment avec la maison de Bourbon. En 1510, Hardouin X de Maillé a hérité du comté de Châteauroux en Berry. En 1641, Louis de Bourbon, prince de Condé, a épousé Claire-Clémence de Maillé, fille d'Urbain de Maillé, maréchal de France. La maison de Maillé s'est divisée en plusieurs branches, l'aînée ayant ajouté le nom de Latour-Landry. Les chefs actuels sont Charles-Hardouin de Maillé-Latour-Landry et Charles-Louis de Maillé, comte de Latour-Landry. Le fils unique du marquis de Maillé a épousé en 1713 la fille aînée du comte de Latour-Landry, sa cousine germaine. La comtesse de Latour-Landry, mère du comte de Maillé, est héritière de la branche aînée de la maison de Savonnières, connue dès l'an 1100. La maison de Savonnières est alliée à plusieurs familles nobles et a fourni des chevaliers de l'ordre de Saint-Michel et un évêque de Bayeux. La maison de Savary, originaire de Touraine, a servi les rois et l'État depuis le douzième siècle. L'aîné de cette maison est Louis-François-Alexandre de Savary, seigneur et marquis de Lancosme, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis. Marie-Renée-Bonne-Félicité de Savary-Breves de Jarzé, comtesse de Maillé, descend de Denis de Savary, écuyer, seigneur de Ligny et de Breves, qui a épousé Françoise de Damas en 1544. Le texte mentionne également plusieurs décès notables, dont celui de François-Vincent Durand de Villegagnon, marquis de Villegagnon, le 2 janvier à Paris, et de Charles de Secondat, baron de Montesquieu, ancien président du Parlement de Guyenne, le 10 février à Paris.
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100
p. 66-68
A M. Chevalier, premier Médecin de son Altesse royale Marie-Anne Princesse de Saxe, Electrice de Baviere. EPITRE
Début :
C'en est donc fait, tu pars, Médecin renommé, [...]
Mots clefs :
Marie-Anne de Saxe, Princesse, Chevalier, Médecin
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texteReconnaissance textuelle : A M. Chevalier, premier Médecin de son Altesse royale Marie-Anne Princesse de Saxe, Electrice de Baviere. EPITRE
A M. Chevalier , premier Médecin de fon
Alteffe royale Marie Anne Princeffe de
Saxe , Electrice de Baviere.
EPIT RE
C'En eft donc fait , tu pars , Médecin renommé
,
Toi , que ton feul génie & l'étude ont formé.
Célébre Chevalier , une augufte Princeffe ,
A qui le ciel fit part de ſa haute ſageffe ;
Eprife des talens qu'on voit briller en toi ,
Te ravit aux François , t'appelle près de ſoi .
SEPTEMBRE. 1755. 67
Cours , vole , va fervir cette Princeffe aimable ;
Pour toi fut-il jamais un fort plus defirable ?
Toute jeune qu'elle eft , dans la fleur de ſes ans ,
C'eſt la mere & l'appui des arts & des talens.
Les graces , la beauté font un autre appanage ,
Qu'avec elle en fa cour nulle autre ne partage.
Que de preffans motifs , ô docte Chevalier ,
Pour déployer ici ton fçavoir tout entier !
Mais que dis- je le ciel jaloux de fon ouvrage ,
Sans doute empêchera que le tems ne l'outrage ;
Confervera fes traits , fa fanté , fa fraîcheur.
J'en fais des voeux aux ciel pour elle dans mon
coeur :
Alors tu ne feras que fpectateur ftérile .
Heureux d'être à ce prix ferviteur inutile !
Le pauvre , j'en conviens
, loin de toi fouffrira
,
Et peut-être en fes maux fans fecours périra :
Mais fi la charité , eette vertu féconde ,
Ne fe borne ici - bas qu'aux limites du monde ,
Qu'importe , que ce foit für le pauvre François
Que tombent tes fecours , ou fur le Bavarois.
Le ciel t'ayant donné d'abord l'un pour partage ,
Par de brillans liens avec l'autre t'engage .
Ces peuples fi divers de langage & de lieu ,
* M.Chevalier eft dans l'ufage depuis vingt ans,
de fecourir chaque jour un très - grand nombre de
pauvres dans leur mifere , & de partager fa fortune
avec eux , en leur donnant par charité les remedes
convenables à leurs maux.
68 MERCURE DE FRANCE
Appartiennent tous deux également à Dieu.
Il récompenfera d'une égale couronne
Quiconque de bon coeur à l'un ou l'autre dong
Le Prince & la Princeſſe à qui tu vas donner
Tes talens & tes jours , loin de te condamner
Louront , enflammeront par leur exemple même
Ce penchant que tu tiens de la bonté fuprême.
Vole donc , & que rien n'arrête ici tes pas ,
Mais fouviens- toi de nous en quittant nos climats
Par M. Jouin , Bourgeois de Paris.
L'Auteur m'ayant écrit que la Cour de
Baviere fouhaitoit que cette épitre parut
dans mon recueil , j'ai regardé ce defir
comme un ordre refpectable , & je l'ai
inférée fans l'examiner.
Alteffe royale Marie Anne Princeffe de
Saxe , Electrice de Baviere.
EPIT RE
C'En eft donc fait , tu pars , Médecin renommé
,
Toi , que ton feul génie & l'étude ont formé.
Célébre Chevalier , une augufte Princeffe ,
A qui le ciel fit part de ſa haute ſageffe ;
Eprife des talens qu'on voit briller en toi ,
Te ravit aux François , t'appelle près de ſoi .
SEPTEMBRE. 1755. 67
Cours , vole , va fervir cette Princeffe aimable ;
Pour toi fut-il jamais un fort plus defirable ?
Toute jeune qu'elle eft , dans la fleur de ſes ans ,
C'eſt la mere & l'appui des arts & des talens.
Les graces , la beauté font un autre appanage ,
Qu'avec elle en fa cour nulle autre ne partage.
Que de preffans motifs , ô docte Chevalier ,
Pour déployer ici ton fçavoir tout entier !
Mais que dis- je le ciel jaloux de fon ouvrage ,
Sans doute empêchera que le tems ne l'outrage ;
Confervera fes traits , fa fanté , fa fraîcheur.
J'en fais des voeux aux ciel pour elle dans mon
coeur :
Alors tu ne feras que fpectateur ftérile .
Heureux d'être à ce prix ferviteur inutile !
Le pauvre , j'en conviens
, loin de toi fouffrira
,
Et peut-être en fes maux fans fecours périra :
Mais fi la charité , eette vertu féconde ,
Ne fe borne ici - bas qu'aux limites du monde ,
Qu'importe , que ce foit für le pauvre François
Que tombent tes fecours , ou fur le Bavarois.
Le ciel t'ayant donné d'abord l'un pour partage ,
Par de brillans liens avec l'autre t'engage .
Ces peuples fi divers de langage & de lieu ,
* M.Chevalier eft dans l'ufage depuis vingt ans,
de fecourir chaque jour un très - grand nombre de
pauvres dans leur mifere , & de partager fa fortune
avec eux , en leur donnant par charité les remedes
convenables à leurs maux.
68 MERCURE DE FRANCE
Appartiennent tous deux également à Dieu.
Il récompenfera d'une égale couronne
Quiconque de bon coeur à l'un ou l'autre dong
Le Prince & la Princeſſe à qui tu vas donner
Tes talens & tes jours , loin de te condamner
Louront , enflammeront par leur exemple même
Ce penchant que tu tiens de la bonté fuprême.
Vole donc , & que rien n'arrête ici tes pas ,
Mais fouviens- toi de nous en quittant nos climats
Par M. Jouin , Bourgeois de Paris.
L'Auteur m'ayant écrit que la Cour de
Baviere fouhaitoit que cette épitre parut
dans mon recueil , j'ai regardé ce defir
comme un ordre refpectable , & je l'ai
inférée fans l'examiner.
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Résumé : A M. Chevalier, premier Médecin de son Altesse royale Marie-Anne Princesse de Saxe, Electrice de Baviere. EPITRE
L'épître est adressée à M. Chevalier, premier médecin de la princesse Marie Anne de Saxe, Électrice de Bavière. Elle met en lumière les talents et le génie de M. Chevalier, convoqué par la princesse pour ses compétences médicales. La princesse est décrite comme jeune, gracieuse et belle, ainsi qu'une protectrice des arts et des talents. L'auteur souhaite que la santé de la princesse soit préservée et espère que M. Chevalier pourra pleinement utiliser ses connaissances. Il reconnaît également que M. Chevalier a aidé de nombreux pauvres pendant vingt ans en leur fournissant des remèdes. L'épître encourage M. Chevalier à partir pour la Bavière, tout en se souvenant de ceux qu'il laisse derrière lui. La cour de Bavière a demandé que cette épître soit publiée dans un recueil.
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