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1
p. 137-151
Discours prononcé sur ce sujet, [titre d'après la table]
Début :
A l'ouverture de cette These, Mr de Rouviere fit le / MESSIEURS, J'enreprens aujourd'huy une Composition, qui depuis plus de [...]
Mots clefs :
Thèse, Thériaque, Remède, Docteurs, Composition, Réputation, Galien, Peste, Guérison, Mérite, Efficacité, Empereurs, Baume, Louis le Grand, Honneur, Applaudissements, Approbation, Médecins, Doyens, Apothicaires
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texteReconnaissance textuelle : Discours prononcé sur ce sujet, [titre d'après la table]
A l'ouverture de cette The .
fe , M' de Rouviere fit le Dif
cours que vous allez lire , en :
prefence de M les Doyen
& Profeffeurs de la Faculté,,
Mars 1685 M
138 MERCURE
tous en Robes & en Chape--
rons , qui font les marques .
qui les diftinguent des autres
Docteurs Regens . M' de la .
Reynie , & M le Procureur
du Roy y affifterent auffi .
MESS
ESSIEURS,
F'entreprens aujourd'huy une
Compofition , qui depuis plus defeize
fiecles tient un rang honorable
dans la Medecine. Onpeut
Mithridate * en a eftéle
dire
que
premier Inventeur , puifque les
augmentations qu'on y a faites
* Roy de Pont .
GALANT. 139
fous le Regne de Neron n'empéchent
pas qu'on n'y remarque
beaucoup de conformité ; Andromachus
le Pere ajoûtant les Viperes
à cette Compofition , luy a
donné le nom qu'elle porte : Les
Romains en admiroient les proprietez.
Jamais Remede n'eut une
fi belle deftinée ; il trouva des 5
Partifans parmy les Vainquents•
de la Terre , malgré les red
volutions qui font arrivées dans
l'Univers fa reputation s'eft
confervée, entiere ,pure , inalterée,
jufques au Regne de notre Invincible
Monarque. Marc Au- .
7
Il eftoit premier Medecin de Neron , -
Meij
140 MERCURE
rele Antonin , furnommé le Philofophe
, qui eftoit affis fur le
Trône des Cefars , avec Lucius
Verus fonfrere , charmé des Ecrits
de Galien * , qui apres plufeurs
Voyages s'eftoit retiré à
Pergame , lieu de fa naiſſance,
le fit folliciter de paffer en Italie,
crût qu'il ne pouvoit mieux
témoigner l'eftime qu'il avoit pour
luy , qu'en luy confiant la prépa
ration de la Theriaque . Sa prévoyance
ne fut pas "inutile. La
prefence de Galien luy fut neceffairepourfe
garantir de la Pefte* ,
* Galien fe rendit à Rome l'An de Noftre
Seigneur 164. âgé de 34. ans .
* Cette Pefte arriva en 166, & dura- prés
de quatre années .
GALANT: 140
que Capitolinus & d'autres Hiftoriens
décrivent dans la Vie de
Lucius. La Theriaque fut for
antidote; poffedant deux grands.
biens enfemble , un Remede excellent
pour la confervation de fa
Perfonne Augufte , & un Medecin
tres-babile pour en ordonner
l'ufage , il connut que l'eftime
qu'ilfaifoit de tous les deux;
eftoit infiniment au deffous de leur
merite. Apresfa mort la Theria .
que fut negligée fous trois de fes
Succeffeurs , dont l'un * fut auffi
méprisé pour ses débauches , que
* Commode Succeffeur d'Antonin mourut
1831. jour de Decembre l'An 182..
142 MERCURE
fon Pere avoit efté recommanda_ -
ble pourfes vertus. Et les autres
regnerent fi peu de temps * , qu'ils
n'eurent pas le loifir de fuivre les
traces de l'incomparable Antonins
mais enfin aprés tant de changemens
de difgraces , l'Empereur
Severe rendit à Rome fon
premier éclat. Il fit des honneurs
extraordinaires à Galien ; &
pour le retenir à la Cour , il rétablit
les Laboratoires ,
Theriaque devint en ufage plus
qu'elle n'avoit jamais efté. Galien
rentra dans fon employ ; & quoy
la
* Helvius Pertinax ne regna qu'environ trois -
mois aprés Commode . Et Didie Julien deux
mois & cinq jours aprés Pertinax..
GALANT. 143
quefon genie l'appellat à des chofes
plus difficiles , il continua de
préparer la Theriaque jusques à
L'an de Notre Seigneur 200, qui
fut le dernier de fa vie. Veritablement
ceux qui aprés luy en
eurent la commiffion , luy cederent
en reputation & en merite;
mais le deftin de la Theriaque ne
dépendoit
pas d'un feul homme.
Dans tous les Temps , dans tous
les Regnes , chez toutes les Nations
qui ont eu du difcernement
,
la Theriaque a efté célébrée . Il
feroir aife de le prouver , fi quelqu'un
en pouvoit douter ; mais
laiffant à ceux qui fçavent mieux
..
144 MERCURE
faire valoir les chofes , à repre
fenter l'empreffement qu'ont tou
jours eu les Princes & les Re
publiques pour l'exate compofi
tion de ce Remede . Je me contente
de n'avoir rien oublié pour mon
deffein , d'avoir affemblé avec·
desfoins particuliers tous les Medicamens
neceffaires pour y réuf
fir , & d'eftre en estat de renou
veller l'ancienne Préparation
d'Andromachus , fans eftre affer
vy aux Remedes que l'on fubfti
tuë ordinairement en la place des
originaux. F'efpere de les avoir,
je les foumets à toutes les
épreuves ; j'ay difpenfè les uns é
less
GALANT. 145
les autres pour les employer felon
que la Faculté en voudra déterminer.
On a vûdes Empereurs*
enfermer dans leurs Trefors un
peu de Cinnamome , par la difficulté
qu'ils avoient d'en recouvrer.
On a crú le Baume de Judée
perdu ; le Chalcitis a fait de
L'embaras à des perfonnes d'ailleurs
fort éclairées. Nousfommes
délivrez de toutes ces peines : il
femble que les Regions les plus
éloignées rendent hommage à la
France de ce qu'elles ont de meilleure
de plus rare, Nylefroyable
* Cela eft rapporté par Galien au Livre I.
das Contrepoifons.
Mars 1685.
N
146 MERCURE
étendue des Mers , ny les folitus
des affreufes , ny les deferts inha
bitez , ny les perils où l'on s'expoſe
pour les traverſer , ne font
capables de nous arrêter. Louis
LE GRAND étend fes rayons
jufques aux Climats les plus barbares
, plus brillant encore parfes
vertus , qu'il n'eft redoutable par
fa puiffance. Il fe fait voir an
prés des autres Souverains ce que
le Soleil paroît au milieu des Etoiles
; & de méme que rien dans
le Monde n'approche de la gloire
qu'il s'eft acquiſe , rien n'approche
auffi du bonheur qu'il procure à
ceux qui font foumis àfa DomiGALANT.
147
د
nation. Les Sujets dont il fait
choix pour maintenir l'autorité
des Loix & de la Justice , font
autant de Vaiffeaux précieux qui
partent d'une fource toute pure
qui répandent l'ordre & l'abondance
parmy les Peuples.
L'Illuftre Magiftrat qui préfide à
la Police dans la premiere Ville
du Royaume , balance les mouve
mens de ce grand Corps , & entre
dans tous fes befoins. Il dirige par
fon exemple , auffi bien que par
fes Ordonnances. Il punit fans
paſſion , & recompenfe fans prévention.
Il adoucit la rigueur des
Saifons; il repare lafterilité des
Nij
148 MERCURE
Campagnes ; & fe donnant tout
entier aufervice du Roy, an
bien du Public , il trouve Dien
dans tout ce qu'il fait , & n'en
peur eftre détourné par aucune
confidération. Il nefaut pas s'étonner
aprés cela , Meffieur Meffieurs , que
Paris foit le centre où toutes les
merveilles fe réuniffent. Mais
comme je nefuis pas icypour vous
fatiguer par mes difcours , j'abuferois
de l'honneur que je reçois
de votre préfence , fi je differois
davantage d'entrer en matiere.
Quoy que je n'aye rien à craindre
fur l'élection , préparation , &
mixtion des Medicamens, en me
GALANT. 149
conformant aux décifions de la
Faculté , je ne laiſſe pas d'avoir
befoin de vos complaisancesfur la
maniere de m'expliquer : & je
vous les demande avec d'autant
plus de confiance , que m'attachant
uniquement à ce qui regarde
ma Profeffion , j'efpere que mes
operations meriteront vos attentions,
fi mesparoles n'ont pas affez
de force pour vous engager.
M ' de Rouviere a eu tous
les applaudiffemens qu'il
pouvoit fouhaiter de fon travail
, & l'on voit plufieurs-
Approbations au bas de la
N iij ,
150 MERCURE
Thefe , dont je vous ay donné
lá Figure Emblematique.
La premiere eft fignée de M
Dieuxivoye , Doyen de la Faculté
de Paris ; de M' Pouret ,
ancien Profeffeur , & Medecin
Ordinaire de Monfieur ;
de M' Bonnet , Profeffeur &
Medecin Ordinaire de la Reyne
, de M de Sainction , Medecin
Ordinaire de Sa Majefté,
& de M ' Boudin , Docteur
en Medecine . M' Boudin,l'un
des premiers Apoticaires du
Roy , & premier Apoticaire
de la Reyne , ayant eu ordre
d'affifter à la compoſition de
GALANT. 151
ce Remede , y a auffi donné
fon Approbation , auſſi - bien
que M's Maillard , & de Colmes
, Apoticaires de la Maifon
Royale
.
fe , M' de Rouviere fit le Dif
cours que vous allez lire , en :
prefence de M les Doyen
& Profeffeurs de la Faculté,,
Mars 1685 M
138 MERCURE
tous en Robes & en Chape--
rons , qui font les marques .
qui les diftinguent des autres
Docteurs Regens . M' de la .
Reynie , & M le Procureur
du Roy y affifterent auffi .
MESS
ESSIEURS,
F'entreprens aujourd'huy une
Compofition , qui depuis plus defeize
fiecles tient un rang honorable
dans la Medecine. Onpeut
Mithridate * en a eftéle
dire
que
premier Inventeur , puifque les
augmentations qu'on y a faites
* Roy de Pont .
GALANT. 139
fous le Regne de Neron n'empéchent
pas qu'on n'y remarque
beaucoup de conformité ; Andromachus
le Pere ajoûtant les Viperes
à cette Compofition , luy a
donné le nom qu'elle porte : Les
Romains en admiroient les proprietez.
Jamais Remede n'eut une
fi belle deftinée ; il trouva des 5
Partifans parmy les Vainquents•
de la Terre , malgré les red
volutions qui font arrivées dans
l'Univers fa reputation s'eft
confervée, entiere ,pure , inalterée,
jufques au Regne de notre Invincible
Monarque. Marc Au- .
7
Il eftoit premier Medecin de Neron , -
Meij
140 MERCURE
rele Antonin , furnommé le Philofophe
, qui eftoit affis fur le
Trône des Cefars , avec Lucius
Verus fonfrere , charmé des Ecrits
de Galien * , qui apres plufeurs
Voyages s'eftoit retiré à
Pergame , lieu de fa naiſſance,
le fit folliciter de paffer en Italie,
crût qu'il ne pouvoit mieux
témoigner l'eftime qu'il avoit pour
luy , qu'en luy confiant la prépa
ration de la Theriaque . Sa prévoyance
ne fut pas "inutile. La
prefence de Galien luy fut neceffairepourfe
garantir de la Pefte* ,
* Galien fe rendit à Rome l'An de Noftre
Seigneur 164. âgé de 34. ans .
* Cette Pefte arriva en 166, & dura- prés
de quatre années .
GALANT: 140
que Capitolinus & d'autres Hiftoriens
décrivent dans la Vie de
Lucius. La Theriaque fut for
antidote; poffedant deux grands.
biens enfemble , un Remede excellent
pour la confervation de fa
Perfonne Augufte , & un Medecin
tres-babile pour en ordonner
l'ufage , il connut que l'eftime
qu'ilfaifoit de tous les deux;
eftoit infiniment au deffous de leur
merite. Apresfa mort la Theria .
que fut negligée fous trois de fes
Succeffeurs , dont l'un * fut auffi
méprisé pour ses débauches , que
* Commode Succeffeur d'Antonin mourut
1831. jour de Decembre l'An 182..
142 MERCURE
fon Pere avoit efté recommanda_ -
ble pourfes vertus. Et les autres
regnerent fi peu de temps * , qu'ils
n'eurent pas le loifir de fuivre les
traces de l'incomparable Antonins
mais enfin aprés tant de changemens
de difgraces , l'Empereur
Severe rendit à Rome fon
premier éclat. Il fit des honneurs
extraordinaires à Galien ; &
pour le retenir à la Cour , il rétablit
les Laboratoires ,
Theriaque devint en ufage plus
qu'elle n'avoit jamais efté. Galien
rentra dans fon employ ; & quoy
la
* Helvius Pertinax ne regna qu'environ trois -
mois aprés Commode . Et Didie Julien deux
mois & cinq jours aprés Pertinax..
GALANT. 143
quefon genie l'appellat à des chofes
plus difficiles , il continua de
préparer la Theriaque jusques à
L'an de Notre Seigneur 200, qui
fut le dernier de fa vie. Veritablement
ceux qui aprés luy en
eurent la commiffion , luy cederent
en reputation & en merite;
mais le deftin de la Theriaque ne
dépendoit
pas d'un feul homme.
Dans tous les Temps , dans tous
les Regnes , chez toutes les Nations
qui ont eu du difcernement
,
la Theriaque a efté célébrée . Il
feroir aife de le prouver , fi quelqu'un
en pouvoit douter ; mais
laiffant à ceux qui fçavent mieux
..
144 MERCURE
faire valoir les chofes , à repre
fenter l'empreffement qu'ont tou
jours eu les Princes & les Re
publiques pour l'exate compofi
tion de ce Remede . Je me contente
de n'avoir rien oublié pour mon
deffein , d'avoir affemblé avec·
desfoins particuliers tous les Medicamens
neceffaires pour y réuf
fir , & d'eftre en estat de renou
veller l'ancienne Préparation
d'Andromachus , fans eftre affer
vy aux Remedes que l'on fubfti
tuë ordinairement en la place des
originaux. F'efpere de les avoir,
je les foumets à toutes les
épreuves ; j'ay difpenfè les uns é
less
GALANT. 145
les autres pour les employer felon
que la Faculté en voudra déterminer.
On a vûdes Empereurs*
enfermer dans leurs Trefors un
peu de Cinnamome , par la difficulté
qu'ils avoient d'en recouvrer.
On a crú le Baume de Judée
perdu ; le Chalcitis a fait de
L'embaras à des perfonnes d'ailleurs
fort éclairées. Nousfommes
délivrez de toutes ces peines : il
femble que les Regions les plus
éloignées rendent hommage à la
France de ce qu'elles ont de meilleure
de plus rare, Nylefroyable
* Cela eft rapporté par Galien au Livre I.
das Contrepoifons.
Mars 1685.
N
146 MERCURE
étendue des Mers , ny les folitus
des affreufes , ny les deferts inha
bitez , ny les perils où l'on s'expoſe
pour les traverſer , ne font
capables de nous arrêter. Louis
LE GRAND étend fes rayons
jufques aux Climats les plus barbares
, plus brillant encore parfes
vertus , qu'il n'eft redoutable par
fa puiffance. Il fe fait voir an
prés des autres Souverains ce que
le Soleil paroît au milieu des Etoiles
; & de méme que rien dans
le Monde n'approche de la gloire
qu'il s'eft acquiſe , rien n'approche
auffi du bonheur qu'il procure à
ceux qui font foumis àfa DomiGALANT.
147
د
nation. Les Sujets dont il fait
choix pour maintenir l'autorité
des Loix & de la Justice , font
autant de Vaiffeaux précieux qui
partent d'une fource toute pure
qui répandent l'ordre & l'abondance
parmy les Peuples.
L'Illuftre Magiftrat qui préfide à
la Police dans la premiere Ville
du Royaume , balance les mouve
mens de ce grand Corps , & entre
dans tous fes befoins. Il dirige par
fon exemple , auffi bien que par
fes Ordonnances. Il punit fans
paſſion , & recompenfe fans prévention.
Il adoucit la rigueur des
Saifons; il repare lafterilité des
Nij
148 MERCURE
Campagnes ; & fe donnant tout
entier aufervice du Roy, an
bien du Public , il trouve Dien
dans tout ce qu'il fait , & n'en
peur eftre détourné par aucune
confidération. Il nefaut pas s'étonner
aprés cela , Meffieur Meffieurs , que
Paris foit le centre où toutes les
merveilles fe réuniffent. Mais
comme je nefuis pas icypour vous
fatiguer par mes difcours , j'abuferois
de l'honneur que je reçois
de votre préfence , fi je differois
davantage d'entrer en matiere.
Quoy que je n'aye rien à craindre
fur l'élection , préparation , &
mixtion des Medicamens, en me
GALANT. 149
conformant aux décifions de la
Faculté , je ne laiſſe pas d'avoir
befoin de vos complaisancesfur la
maniere de m'expliquer : & je
vous les demande avec d'autant
plus de confiance , que m'attachant
uniquement à ce qui regarde
ma Profeffion , j'efpere que mes
operations meriteront vos attentions,
fi mesparoles n'ont pas affez
de force pour vous engager.
M ' de Rouviere a eu tous
les applaudiffemens qu'il
pouvoit fouhaiter de fon travail
, & l'on voit plufieurs-
Approbations au bas de la
N iij ,
150 MERCURE
Thefe , dont je vous ay donné
lá Figure Emblematique.
La premiere eft fignée de M
Dieuxivoye , Doyen de la Faculté
de Paris ; de M' Pouret ,
ancien Profeffeur , & Medecin
Ordinaire de Monfieur ;
de M' Bonnet , Profeffeur &
Medecin Ordinaire de la Reyne
, de M de Sainction , Medecin
Ordinaire de Sa Majefté,
& de M ' Boudin , Docteur
en Medecine . M' Boudin,l'un
des premiers Apoticaires du
Roy , & premier Apoticaire
de la Reyne , ayant eu ordre
d'affifter à la compoſition de
GALANT. 151
ce Remede , y a auffi donné
fon Approbation , auſſi - bien
que M's Maillard , & de Colmes
, Apoticaires de la Maifon
Royale
.
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Résumé : Discours prononcé sur ce sujet, [titre d'après la table]
En mars 1685, M. de Rouvière a prononcé un discours devant les docteurs régents, le doyen, les professeurs de la Faculté de Médecine, ainsi que M. de La Reynie et le procureur du roi. Ce discours portait sur la composition de la thériaque, un remède célèbre en médecine depuis des siècles. La thériaque, initialement attribuée à Mithridate, roi du Pont, a été améliorée par Andromachus, qui y a ajouté des vipères. Les Romains admiraient ses propriétés, et elle a conservé sa réputation jusqu'au règne de Louis XIV. Sous les empereurs Néron, Marc Aurèle et Lucius Verus, Galien, un médecin célèbre, a été chargé de préparer la thériaque. Sa préparation a été cruciale pour lutter contre une peste qui a frappé Rome en 166. Après la mort de Marc Aurèle, la thériaque a été négligée, mais l'empereur Septime Sévère l'a rétablie, rendant à Galien les honneurs et les responsabilités qu'il méritait. Galien a continué à préparer la thériaque jusqu'à sa mort en l'an 200. Le discours met en avant l'importance de la thériaque à travers les époques et les nations. L'orateur exprime son désir de renouveler la préparation ancienne d'Andromachus en utilisant des médicaments authentiques. Il mentionne les efforts de Louis XIV pour obtenir des ingrédients rares et précieux, soulignant la grandeur et la générosité du roi. Le discours se conclut par des remerciements aux autorités médicales et royales pour leur approbation et leur soutien.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 288-295
Changement arrivé dans la Troupe des Comédiens François, [titre d'après la table]
Début :
La Comédie estant plus à la mode qu'elle n'a jamais [...]
Mots clefs :
Comédie, Divertissement, Cour, Public, Troupes, Plaisir, Acteurs, Troupe de Molière, Décès, Applaudissements, Distinction, Actrices, Campagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Changement arrivé dans la Troupe des Comédiens François, [titre d'après la table]
La Comédie eftant plus à
la mode qu'elle n'a jamais.
eſté , & faifant depuis quel
que temps pluſieurs fois chaque
ſemaine le divertiſſe
ment de la Cour,& tous les
jours
4
GALANT. 289
jours celuy du Public depuis
la jonction nction ddeessTroupes Françoiſes,
je croy que je doisvous
que je doisvous
en parler comme d'un plaifir
recherché de tout le monde,
& que l'on voit genéralement
aimé. Je vous diray
donc que ce divertiſſement
qui a ceſſe ſelon la coûtume
pendant la quinzaine de Paf
ques, va recommencer , mais
avec des changemens confiderables
du coſte desActeurs .
Il n'y a pas lieu d'en eſtre ſurpris.
Les Comédiens qui occupoient
l'Hoſtel de Bourgogne
, ceux qui joüoient au
Avril 1685. Bb
•
290 MERCURE
PalaisRoyal,&ſous le nomde
LaTrouuppee ddeo MMoliere , & celle
quirepreſentoit au Marais,ne
compoſant àpreſent qu'une
ſeule Troupe qu'on appellede
Guenegaut,àcauſe qu'elle a fon
Théatre au bout de la Ruë
qui porte ce nom: ces trois
Troupes , dis-je , formant un
Corps tres-nombreux , &
tous les grands Corps cftant
ſujets à de fréquens change
mens , iill eſt difficile qu'iln'en
arrive ſouvent à celuy dont je
vous parle. La mort a em
porté des Acteurs qui avoient
fait bruit dans le monde.
GALANTM 29F
y en a d'autres qui font fortist
de la Troupe avec leporacal
commodemens qui leur onp
efté propoſez , &M Habere
a demandé à fe gretireroll
eſtoit l'Original de pluſieurs
Roles qu'il repreſentoit dans
les Pieces de Moliereg &
comme il eſtoit entré dans le
fens de ce fameux Autheur
par qui il avoit efté inftruit,
il y réüffiffoit parfaitement.
Jamais Acteur n'a porté filoin
les Roles d'Homme en Fem
me. Celuy qu'il reprefentoit
dans les Femmes Sçavantes,
Madame Jourdain dans le
•
Bb ij
292 MERCURE
e
G
C
Bourgeois Gentilhomme , &
Madame Jobin dans la Devinereſſe
, luy ont attiré l'applaudiſſement
de tout Paris .
Il s'eſt fait auſſi admirer dans
le Role du Vicomte de l'Inconnu
, ainſi que dans ceux
de Medecins & de Marquis
Ridicules. Il eſt fort
avantageux d'avoir excellé
dansles choſes pour leſquelles
on s'eſt ſenty du Talent.
C'eſt ce que M' Poiſſon a fait
avec une grande diſtinction.
AuſficétActeur ſurprit fort ſes
Camarades lors qu'il leur déclara
qu'il vouloit quitter la
Comédie. Ils le prierent avec
GALANT. 293
de grandes inſtances d'aban.
donner ce deffein , mais illes
a preſſez fi fortement pendant
pluſieurs jours de luy
permettre de ſe retirer, qu'ils
ont eſté enfin obligez d'y
conſentir. Il y a vingt- cinq
ans que le Roy ayant pris
plaiſir à le voir joüer dans.
une Troupe de Campagne,
le mit à l'Hoſtel de Bourgogne.
Son grand naturel ne le
fit pas ſeulement réuſlir comme
Acteur mais meſme
comme Autheur ; & le recit
que le Baron de la Craffe fair
de la Cour , parut extreme--
,
294 MERCURE
ment bien touché. Il a fait
pluſieurs Pieces de Theatre,
& l'on peut dire que c'eſt la
nature qui parle dans toutes.
Lors qu'il a quitté la Comédie
, ſes Camarades luy ont
donné des marques de leur
eſtime & de leur regret. Ily
a eu encore d'autres changemens
dans cette Troupe,
mais comme ils ſont trop
éclatans pour eſtre ignorez ,
je n'ay rien à vous en dire. It
y eſt entré des Acteurs nou
veaux & des Actrices nouvelles
, qui onttous eſté choifis
parmy ce qu'ilya de meil
eur entre les Comédiens
GALANT. 295
quijoüent à la Campagne.
la mode qu'elle n'a jamais.
eſté , & faifant depuis quel
que temps pluſieurs fois chaque
ſemaine le divertiſſe
ment de la Cour,& tous les
jours
4
GALANT. 289
jours celuy du Public depuis
la jonction nction ddeessTroupes Françoiſes,
je croy que je doisvous
que je doisvous
en parler comme d'un plaifir
recherché de tout le monde,
& que l'on voit genéralement
aimé. Je vous diray
donc que ce divertiſſement
qui a ceſſe ſelon la coûtume
pendant la quinzaine de Paf
ques, va recommencer , mais
avec des changemens confiderables
du coſte desActeurs .
Il n'y a pas lieu d'en eſtre ſurpris.
Les Comédiens qui occupoient
l'Hoſtel de Bourgogne
, ceux qui joüoient au
Avril 1685. Bb
•
290 MERCURE
PalaisRoyal,&ſous le nomde
LaTrouuppee ddeo MMoliere , & celle
quirepreſentoit au Marais,ne
compoſant àpreſent qu'une
ſeule Troupe qu'on appellede
Guenegaut,àcauſe qu'elle a fon
Théatre au bout de la Ruë
qui porte ce nom: ces trois
Troupes , dis-je , formant un
Corps tres-nombreux , &
tous les grands Corps cftant
ſujets à de fréquens change
mens , iill eſt difficile qu'iln'en
arrive ſouvent à celuy dont je
vous parle. La mort a em
porté des Acteurs qui avoient
fait bruit dans le monde.
GALANTM 29F
y en a d'autres qui font fortist
de la Troupe avec leporacal
commodemens qui leur onp
efté propoſez , &M Habere
a demandé à fe gretireroll
eſtoit l'Original de pluſieurs
Roles qu'il repreſentoit dans
les Pieces de Moliereg &
comme il eſtoit entré dans le
fens de ce fameux Autheur
par qui il avoit efté inftruit,
il y réüffiffoit parfaitement.
Jamais Acteur n'a porté filoin
les Roles d'Homme en Fem
me. Celuy qu'il reprefentoit
dans les Femmes Sçavantes,
Madame Jourdain dans le
•
Bb ij
292 MERCURE
e
G
C
Bourgeois Gentilhomme , &
Madame Jobin dans la Devinereſſe
, luy ont attiré l'applaudiſſement
de tout Paris .
Il s'eſt fait auſſi admirer dans
le Role du Vicomte de l'Inconnu
, ainſi que dans ceux
de Medecins & de Marquis
Ridicules. Il eſt fort
avantageux d'avoir excellé
dansles choſes pour leſquelles
on s'eſt ſenty du Talent.
C'eſt ce que M' Poiſſon a fait
avec une grande diſtinction.
AuſficétActeur ſurprit fort ſes
Camarades lors qu'il leur déclara
qu'il vouloit quitter la
Comédie. Ils le prierent avec
GALANT. 293
de grandes inſtances d'aban.
donner ce deffein , mais illes
a preſſez fi fortement pendant
pluſieurs jours de luy
permettre de ſe retirer, qu'ils
ont eſté enfin obligez d'y
conſentir. Il y a vingt- cinq
ans que le Roy ayant pris
plaiſir à le voir joüer dans.
une Troupe de Campagne,
le mit à l'Hoſtel de Bourgogne.
Son grand naturel ne le
fit pas ſeulement réuſlir comme
Acteur mais meſme
comme Autheur ; & le recit
que le Baron de la Craffe fair
de la Cour , parut extreme--
,
294 MERCURE
ment bien touché. Il a fait
pluſieurs Pieces de Theatre,
& l'on peut dire que c'eſt la
nature qui parle dans toutes.
Lors qu'il a quitté la Comédie
, ſes Camarades luy ont
donné des marques de leur
eſtime & de leur regret. Ily
a eu encore d'autres changemens
dans cette Troupe,
mais comme ils ſont trop
éclatans pour eſtre ignorez ,
je n'ay rien à vous en dire. It
y eſt entré des Acteurs nou
veaux & des Actrices nouvelles
, qui onttous eſté choifis
parmy ce qu'ilya de meil
eur entre les Comédiens
GALANT. 295
quijoüent à la Campagne.
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Résumé : Changement arrivé dans la Troupe des Comédiens François, [titre d'après la table]
En France, la comédie gagne en popularité avec des représentations fréquentes à la cour et quotidiennes pour le public depuis la fusion des troupes françaises. La troupe, désormais nommée 'Troupe de Guénégaud', regroupe celles de l'Hôtel de Bourgogne, du Palais-Royal et du Marais. Plusieurs acteurs ont quitté la troupe, notamment Monsieur Habert, célèbre pour ses rôles féminins dans des pièces de Molière telles que 'Les Femmes savantes', 'Le Bourgeois gentilhomme' et 'La Devineresse', ainsi que pour ses interprétations dans 'Le Vicomte de l'Inconnu', 'Les Médecins' et 'Les Marquis ridicules'. Monsieur Poisson, après vingt-cinq ans de service, a également quitté la troupe, laissant derrière lui des œuvres marquantes comme 'La Cour' du Baron de la Craffe. La troupe a intégré de nouveaux acteurs et actrices, choisis parmi les meilleurs comédiens de province.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 130-136
Discours prononcé au College des Grassins. [titre d'après la table]
Début :
Des soins si continuels pour ne laisser aucun lieu aux [...]
Mots clefs :
Hérétiques, Religion catholique, M. Godeau, Collège des Grassins, Auditoire, Discours, Prince, Monarque, Conversion, Applaudissements
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texteReconnaissance textuelle : Discours prononcé au College des Grassins. [titre d'après la table]
Des foins fi continuels
pour ne laiffer aucun licu
aux Heretiques d'abuſer des
Privileges qu'ils ont obtenus
pendant le malheur des téps,
font de fortes preuves du zeleardent
de Sa Majeſté, pour
les interefts de la Religion-
Catholique. C'eſt ce zele ,de
plus en plus admirable , qui
a fourny à M. Godeau Pro-
1
GALANT 131
feffeur en Rethorique , le ful
jet du Difcours qu'il prononça
le 10. de ce mois au College
des Graffins. La matiere
eftoit fi vafte , qu'il eut le
champ libre pour faire écla
ter fon éloquence . Auffireceut-
il de fon Auditoire tous
les applaudiffemens qu'il
pouvoit attendre. Il repre
fenta d'abord le Roy , avec
toutes les grandes qualitez
qui peuvent contribuer à
rendre un Prince parfait , &
foûtint que l'Univerfité de
Paris avoit une obligation
naturelle d'employer toute
3.
132 MERCURE
la force de fes Orateurs à
publier en toutes les Langues
qu'elle enfeigne , les ra
res vertus de cet Augufte
Monarque. Il dit , Que loin
d'eftre épouvanté par la grandeur
du Sujet qui paroiffoit infiny , il
éprouvoit au contraire une extra,
ordinaire facilité à le traiter, puis
qu'il apelloit àfonfecours une vertu
, qui eftoit comme le centre où
ellesfe réuniffoiet toutes en laperfonne
de Sa Majefté , fçavoirfon
zele , & fon invincible attachement
à affermir la Religion Catholique
par laforce defes Armes
hors de l'Eftat, à la faire fleu
GALANT. 133
rir dans l'Estat par fa fageffe.
Le partage de fon Difcours
fut juftifié dans toute ſon és
tenduë ; & pour le faire , M.
Godeau n'eut befoin que de
jetter la veuë fur l'Hiftoire
de la vie du Roy . Le Secours
de Raab , qui chaſſa les Infidelles
de la Chreftienté en
1664. les rapides Conquef
tes en Hollande , qui mirent
en liberté une infinité de Catholiques
opprimez; leVoyage
fait à Strasbourg , où Sa
Majefté en recevantles Soûmiffions
de fes Sujets, rendit
à la Ville fon legitime Paf134
MERCURE
teur , & y rétablit le veritable
Culte, enfin la Réduction
des Pirates d'Alger & de Tripoli
, trouverent
leur place
dans cet excellent Difcours,
auquel il mefla tous les ornemens
capables de mettre
dans un beau jour les plus
importantes
matieres. La feconde
Partie confiftaen une
expofition de la conduite
Chreftienne du Roy pour la
Converfion des Heretiques.
Il fit remarquer qu'il n'y avoit
que ce grand Monar
que qui puſt executer ce falutaire
Deffein. Il le prouva
GALANT. 135
“ማ
en parcourant les Regnes de
fes Predeceffeurs , depuis la
naiffance de l'Herefie , & fit
voir que Sa Majeſté avoit
fuivy pas à pas les premiers
Empereurs , dont la Pieté
s'eft exercée fi laborieufe
ment àprocurer l'unité de la
Foy parmy les Chreftiens.
Ce fut en cet endroit qu'il fit
plufieurs belles applications
des paroles & des maximes
des Saints Peres, & entre autres
de Saint Cyprien , de
Saint Auguftin , & de Saint
Paulin . Il finit par une Apoftrophe
à l'Univerfité , l'ex136
MERCURE
hortant de travailler à rendre
immortel par fes Difcours
& par fes Hiftoires le
fouvenir des grands avantages
que la Religion Catholique
avoit receus de
Louis LE GRAND , & promit
pour elle qu'aprés les
gravez dans les coeurs avoir
gravez
de tous fes Enfans , elle les
confacreroit encore par une
Fefte folemnelle à la memoire
de tous les Siecles.
pour ne laiffer aucun licu
aux Heretiques d'abuſer des
Privileges qu'ils ont obtenus
pendant le malheur des téps,
font de fortes preuves du zeleardent
de Sa Majeſté, pour
les interefts de la Religion-
Catholique. C'eſt ce zele ,de
plus en plus admirable , qui
a fourny à M. Godeau Pro-
1
GALANT 131
feffeur en Rethorique , le ful
jet du Difcours qu'il prononça
le 10. de ce mois au College
des Graffins. La matiere
eftoit fi vafte , qu'il eut le
champ libre pour faire écla
ter fon éloquence . Auffireceut-
il de fon Auditoire tous
les applaudiffemens qu'il
pouvoit attendre. Il repre
fenta d'abord le Roy , avec
toutes les grandes qualitez
qui peuvent contribuer à
rendre un Prince parfait , &
foûtint que l'Univerfité de
Paris avoit une obligation
naturelle d'employer toute
3.
132 MERCURE
la force de fes Orateurs à
publier en toutes les Langues
qu'elle enfeigne , les ra
res vertus de cet Augufte
Monarque. Il dit , Que loin
d'eftre épouvanté par la grandeur
du Sujet qui paroiffoit infiny , il
éprouvoit au contraire une extra,
ordinaire facilité à le traiter, puis
qu'il apelloit àfonfecours une vertu
, qui eftoit comme le centre où
ellesfe réuniffoiet toutes en laperfonne
de Sa Majefté , fçavoirfon
zele , & fon invincible attachement
à affermir la Religion Catholique
par laforce defes Armes
hors de l'Eftat, à la faire fleu
GALANT. 133
rir dans l'Estat par fa fageffe.
Le partage de fon Difcours
fut juftifié dans toute ſon és
tenduë ; & pour le faire , M.
Godeau n'eut befoin que de
jetter la veuë fur l'Hiftoire
de la vie du Roy . Le Secours
de Raab , qui chaſſa les Infidelles
de la Chreftienté en
1664. les rapides Conquef
tes en Hollande , qui mirent
en liberté une infinité de Catholiques
opprimez; leVoyage
fait à Strasbourg , où Sa
Majefté en recevantles Soûmiffions
de fes Sujets, rendit
à la Ville fon legitime Paf134
MERCURE
teur , & y rétablit le veritable
Culte, enfin la Réduction
des Pirates d'Alger & de Tripoli
, trouverent
leur place
dans cet excellent Difcours,
auquel il mefla tous les ornemens
capables de mettre
dans un beau jour les plus
importantes
matieres. La feconde
Partie confiftaen une
expofition de la conduite
Chreftienne du Roy pour la
Converfion des Heretiques.
Il fit remarquer qu'il n'y avoit
que ce grand Monar
que qui puſt executer ce falutaire
Deffein. Il le prouva
GALANT. 135
“ማ
en parcourant les Regnes de
fes Predeceffeurs , depuis la
naiffance de l'Herefie , & fit
voir que Sa Majeſté avoit
fuivy pas à pas les premiers
Empereurs , dont la Pieté
s'eft exercée fi laborieufe
ment àprocurer l'unité de la
Foy parmy les Chreftiens.
Ce fut en cet endroit qu'il fit
plufieurs belles applications
des paroles & des maximes
des Saints Peres, & entre autres
de Saint Cyprien , de
Saint Auguftin , & de Saint
Paulin . Il finit par une Apoftrophe
à l'Univerfité , l'ex136
MERCURE
hortant de travailler à rendre
immortel par fes Difcours
& par fes Hiftoires le
fouvenir des grands avantages
que la Religion Catholique
avoit receus de
Louis LE GRAND , & promit
pour elle qu'aprés les
gravez dans les coeurs avoir
gravez
de tous fes Enfans , elle les
confacreroit encore par une
Fefte folemnelle à la memoire
de tous les Siecles.
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Résumé : Discours prononcé au College des Grassins. [titre d'après la table]
Le 10 du mois en cours, M. Godeau, professeur de rhétorique au Collège des Granges, a prononcé un discours visant à louer le zèle du roi pour la défense de la religion catholique. Il a souligné les qualités du roi et l'obligation de l'Université de Paris de célébrer ses vertus. Godeau a mentionné plusieurs exploits militaires et politiques du roi, notamment le secours de Raab en 1664, les conquêtes en Hollande, la visite à Strasbourg, et la réduction des pirates d'Alger et de Tripoli. La seconde partie du discours a mis en avant la conduite chrétienne du roi pour la conversion des hérétiques, comparant ses actions à celles des premiers empereurs chrétiens. Godeau a conclu en exhortant l'Université à immortaliser les bienfaits du roi pour la religion catholique et à organiser une fête solennelle en sa mémoire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 219-237
Eloge du Roy, par Mr l'Abbé Capeau. [titre d'après la table]
Début :
Cette Procession ne fut pas si-tost sortie de la Chapelle du Louvre, / Mon Coeur est saisi & presque consumé de douleur, quia ereptus [...]
Mots clefs :
Académie française, Messe, Panégyrique, Abbé Cappeau, Discours, Conversion, Monarque, Charité, Justice, Prince, Menaces, Souverain, Louis le Grand, Éloquence, Conférences, Public, Devises, Applaudissements
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Eloge du Roy, par Mr l'Abbé Capeau. [titre d'après la table]
Cette Proceffion ne fut pas
fi-toft fortie de la Chapelle
du Louvre , qu'on y commença
une autre action de
pieté. Meffieurs de l'Academie
Françoife y font celébrer
tous les ans ce mefme
jour , une Meffe folemnelle,
& l'on fait auffi le Panégyrique
de Saint Louis . Comme
le Prédicateur eft choifi
par le Corps de l'Academie ,
& que la juſte & avantageu-
Tij
220 MERCURE
fe opinion qu'on a de fon
choix , attire une nombreufe
Affemblée
à ce Sermon,
vous ne devez pas douter
que ce Sçavant Corps ne
jette toûjours les yeux fur
de celébres Prédicateurs .
M' l'Abbé Cappeau avoit été
choifi cette année . Il fit admirer
fon éloquence
, fon
bon gouft , & la délicateſſe
de fon efprit , & mefla dans.
fon Difcours plufieurs peintures
tres- vives des Vertus
de Saint Louis , & de fonzele
pour la Converfion des
Herétiques dans fon RoyauGALANT.
221
me , conformes au Régne
heureux de LOUIS LE
GRAND . 'Auffi l'Eloge de
ce Monarque y entra -t'il naturellement.
Il appliqua à
la mort de Saint Louis , ces
paroles de Saint Ambroiſe à
la mort du Grand Theodo
fe. Conteror corde , & voicy
dans quels termes il les expliqua.
On Caur eft faifi c
prefque confumé de douleur
, quia ereptus eft vir
qualem vix poſſumus invenire
, par laperte d'un Empereur
Tiij
22Z MERCURE
que plufieurs Siecles pourront à
peine reparer. Tu Solus tamen
, Domine , es invocandus
vous eftes pourtant l'unique
objet de nos voeux , Seigneur,
difoit ce grand Docteur de l'Eglife
, Tu rogandus, vous eftes
Le feul à qui nous adreffons nos
Prieres , Ut eum in Filiis reprefentes
, afin que vous le
faffez revivre dans la perfonne de
fes Enfans.
Difons , Meffieurs , difons
aprés avoir receu du Ciel ce
Saint Ambroife luy demandoit,
c'est à dire un Prince Religieux,
les interests de Dieu,
zelé
pour
que
GALANT 223
fidelle obfervateur de fa Loy,
auffi oppofé à fes Ennemis ,. que
favorable à fon Eglife ; vous
eftes , mon Dieu , l'unique objer
de nos Voeux , de nos Prieres , &
en mefme temps de noftre confolation
de noftre joye ; les quatre
Siecles écoulez depuis la mort de
Saint Louis › ayant fait de tous
les Roys qui luy ont fuccedé com
me autant de nobles effays , pour
reproduire ce Grand Monarque
dans la Perfonne de celuy qui regne
aujourd'huy.
>
Sa charité , fa justice , fon zele
, fa moderation , ne font-ce pas
des vertus qui luyfont propres?Et
Tiiij
224 MERCURE
bien loin d'impofer à la veritéfur
unſujet fi public &fi éclatant,
pourroit- on feulement l'expofer
comme elle eft , fi l'amour & la
fidelité de fes Sujets , fi l'eſtime
la crainte des Etrangers n'en
relevoient la gloire ? Je n'entreray
dans aucun détail de la charité
& de la justice d'un Prince
qui veille à la confervation de fes
Sujets avec tant d'application,
fesfoins furpaffent toûjours
leurs befoins ; d'un Prince dont
l'entier defintereffement fait fouhaiter
qu'il voulust eſtre fouvent
le fuge de fa propre caufe.
Comme il eft le Modele
GALANT. 225
3
des autres Roys , les François
ont porté l'exemple de leur
fidelité de leurs refpects aux
autres Nations , non feulement
en leur apprenant ce qu'elles doivent
à leurs Souverains ; mais
en leur faifant connoistre ce qu'-
elles ont à craindre de la puiffance
, ou à efperer de la protection,
d'un Etat gouverné par le plus
grand Roy , défendu par les plus
fideles Sujets du monde.
S'il eftoit neceffaire de faire
parlerles Etrangers , pour
des témoignages qui ne foient fufpects
ny d'exageration ny de flaterie
, il faudroit comme un autre
donner
226 MERCURE
Apoftre , avoir le don des Langues
, pour les rapporter en autant
de differens idiomes qu'il y a eu de
Roys , d'Empereurs , & de Republiques
, qui ont envoyé leurs
Ambaſſadeurs , e de Souverains
mefmes quifont venus , at
tirez par fes vertus , gagnez par
fa clemence , étonnez par fes exploits
intimidez par fes menaces,
onforcez par fes chaſtimens , ren
dre hommage àfa puiffance , &
touchez par fa moderation
édifiez par fon zele , avoïant à
que
out
leur
retour
GRAND
eft tout ce qu'on dit,
qu'il
merite
tout ce qu'il a , qu'il
LOUIS LE
GALANT. 227
devoit eftre tout ce qu'il est, que
ne voulant jamais que ce qu'il
doit , il peut toûjours tout ce qu'il
veut, *Potens in terrâ erit femé
ejus,ſa poſteritéfera puiſſantefur
la Terre. La fouveraineté
qui fe perpetuë fur Jon Throne
fera toujours auffi chere aux yeux
de Dieu , & auffi éclatante aux
yeux des hommes , que l' Aftre qu'il
pris pour le fymbole de fes vertus.
Thronus ejus ficut Sol
in confpectu meo , beureux
prefage que nous pouvons regardercomme
une promeffe , en estant
afſeurez par un garant qui nous
* Paroles du Texte.
228 MERCURE
en répond dans le Ciel en la perfonne
d'un Saint Roy , & par
l'interceffion d'un Saint Proteteur
, & teftis in coelo fidelis.
Nous en avons auffi une af
feurance fenfible , & nous voyons
cette feconde & glorieuſe posterité
, promettre aux fiecles à venir
, l'affermiffement & l'im.
mortalité de fa puiffance , &
comme fi la benediction du Ciel
eftoit en nos mains , un Heros ca
pable de gouverner auffi
de conquerir le monde , donnant
des bornes à fes deffeins , fans en
donner à fes Victoires au con
uffi bien
que
GALANT. 229
traire en les ménageant dans le
temps , s'en preparant pluſieurs
immortelles , applique fes lumieres
& fes vertus à nous former
des Monarques dans fon auguste
Famille , leur apprenant à faire
fentir à fes Sujets & aux Étrangers
le profondrespect qu'il a pour
l'Eglife , & fon unique étude à
faire regner le Sauveur du monde
, par un faint & legitime uſage
de fa puiffance en Roy tres-
Chrétien , Potens , potens in
terrâ erit femen ejus ,fa pofterité
fera puiſſante fur la terre.
Enfuite il adreffa le Dif
cours à Meffieurs de l'Aca230
MERCURE
demie Françoife.
Je vous laiffe , Meffieurs, leur
dit-il , le glorieux employ de
loüer un gouvernement dont nous
avons déja veu , & dont nous
efperons encore de fi grands progrez.
Eftant les Sçavans du
Royaume les plus bonorez , &
les plus dignes de l'honneur qu'on
vous y défere , choifis avec connoiffance
, traitez avec diftinction
, écoutez avec respect , parlant
avec jufteffe , décidant des
doutes & des beautez de noftre
Langue , avec une fouveraineté
que vous meritez , oferois -je
voftre prefence entreprendre un
GALANT.
231
Eloge , qui ne femble devoir régarder
que vous , par la premiere
place que vous occupez dans
l'Empire des belles Lettres ? Que
voftre destinée est heureufe,
Meffieurs , de pouvoirfaire un
mefme Corps des actions de
LOUIS LE GRAND , &
de vos paroles , d'eftre en droit par
l'hiftoire de fa vie , d'inftruire
tous les autres Roys de la terre;
deforcer l'Envie , la Mort &
l'Oubly ; d'orner le Temple de la
gloire; d'arrester, pour ainfi dire la
rapidité des temps , de faire revenir
àjamais , de rendre toûjours
prefent celuy où nous fommes;
232 MERCURE
de confondre la Fable ; de remplir
l'Hiftoire ; defervir la Religion,
& l'Etat , en confacrant la memoire
de LOUIS LE
GRAND , par des termes dont
la force enleve les efprits & les
coeurs des Peuples , pour leur faire
croire à l'avenir ce que nous
voyons aujourd'huy , & ce qu'on
ne pourroit jamais croire , fi la
maniere de les rapporter n'y contribuoit
, c'eft àdire ,fi la nobleffe
de vos expreffions ne répondoit au
comble de fa grandeur.
Il y eut une excellente
Mufique
pendant la Meffe.
Elle eftoit de M' Oudot,qui
GALANT. 233
receut de grands applaudif
femens . L'Académie s'éftant:
affemblée l'aprefdînée , &
ayant laiffé la liberté d'entrer
dans le lieu où elle tient
fit
pudéclara
fes Conferences ,
bliquement la diftribution
des Prix d'Eloquence & de
Poëfie. Ml'Abbé de Dangeau
, qui en eft prefenteinent
Directeur
que la Piece d'Eloquence
que l'Académie avoit préferée
à toutes les autres , eftoit :
de Mr Brunel de Rouen . Elle
fut leuë par M ' l'Abbé Re--
gnier , Secretaire perpetuell
Septembre 1685.
V
254
MERCURE
de la mefme Compagnie
& on la trouva d'un ſtile
noble & naturel , d'une juſte
diſtribution , pleine de penfées
nouvelles , & d'un feu d'i
magination toûjours reglé
par le jugement. Je ne vous
diray rien de l'Autheur , finon
qu'il eft encore jeune,
& qu'on peut connoiſtre l'eftime
qu'il s'eft acquife par
la joye genérale qu'on a dans
Rouen , de le voir preſt à entrer
dans une Charge im
portante , ou le Public a be
foin d'un fort honnefteHomme.
On leut enfuite la Piece
GALANT 235
de Vers qu'on avoit trouvée
digne du Prix. Perfonne
alors n'en connut l'Autheur ;
mais on a fceu depuis ce
temps-là qu'elle eſt de M
d'Alibert , Seigneur de Saint :
Romain le Haut en Bourgo--
gne .
Ces deux Pieces ayant efté
leuës , M l'Abbé de Dan--
geau exhorta Mrs de l'Aca--
démie à lire quelque chofe
d'eux felon la coûtume.. M
le Clerc commença par un
petit ouvrage de Vers qui
fut extrémement applaudy..
Il contenoit la Punition
V ij,
236 MERCURE
d'Antiochus. Mr l'Abbé de
Lavau leut aprés cela l'Explication
en Vers de quelques
Devifes que feu M
Douvrier a faites fur les dernieres
Campagnes du Roy.
Le tour de fes Vers eftoit fi
juſte , qu'ils donnoient encore
de la beauté aux Devifes
. On eut enfuite le plaifir
d'entendre une fort galante
Epiftre d'Amour de M² de la
Fontaine , aprés quoy M
l'Abbé Tallemant le jeune,
leut un Chant d'un excellent
Poëme , que M¹ Perrault
a fait de la vie de S. Paulin .
GALANT. 237
Cette lecture fut interrompuë
en beaucoup d'endroits
par les applaudiffemens de
PAffemblée , qui admira
les deſcriptions riantes & naturelles
dont tout ce Poëme
eſt remply.
fi-toft fortie de la Chapelle
du Louvre , qu'on y commença
une autre action de
pieté. Meffieurs de l'Academie
Françoife y font celébrer
tous les ans ce mefme
jour , une Meffe folemnelle,
& l'on fait auffi le Panégyrique
de Saint Louis . Comme
le Prédicateur eft choifi
par le Corps de l'Academie ,
& que la juſte & avantageu-
Tij
220 MERCURE
fe opinion qu'on a de fon
choix , attire une nombreufe
Affemblée
à ce Sermon,
vous ne devez pas douter
que ce Sçavant Corps ne
jette toûjours les yeux fur
de celébres Prédicateurs .
M' l'Abbé Cappeau avoit été
choifi cette année . Il fit admirer
fon éloquence
, fon
bon gouft , & la délicateſſe
de fon efprit , & mefla dans.
fon Difcours plufieurs peintures
tres- vives des Vertus
de Saint Louis , & de fonzele
pour la Converfion des
Herétiques dans fon RoyauGALANT.
221
me , conformes au Régne
heureux de LOUIS LE
GRAND . 'Auffi l'Eloge de
ce Monarque y entra -t'il naturellement.
Il appliqua à
la mort de Saint Louis , ces
paroles de Saint Ambroiſe à
la mort du Grand Theodo
fe. Conteror corde , & voicy
dans quels termes il les expliqua.
On Caur eft faifi c
prefque confumé de douleur
, quia ereptus eft vir
qualem vix poſſumus invenire
, par laperte d'un Empereur
Tiij
22Z MERCURE
que plufieurs Siecles pourront à
peine reparer. Tu Solus tamen
, Domine , es invocandus
vous eftes pourtant l'unique
objet de nos voeux , Seigneur,
difoit ce grand Docteur de l'Eglife
, Tu rogandus, vous eftes
Le feul à qui nous adreffons nos
Prieres , Ut eum in Filiis reprefentes
, afin que vous le
faffez revivre dans la perfonne de
fes Enfans.
Difons , Meffieurs , difons
aprés avoir receu du Ciel ce
Saint Ambroife luy demandoit,
c'est à dire un Prince Religieux,
les interests de Dieu,
zelé
pour
que
GALANT 223
fidelle obfervateur de fa Loy,
auffi oppofé à fes Ennemis ,. que
favorable à fon Eglife ; vous
eftes , mon Dieu , l'unique objer
de nos Voeux , de nos Prieres , &
en mefme temps de noftre confolation
de noftre joye ; les quatre
Siecles écoulez depuis la mort de
Saint Louis › ayant fait de tous
les Roys qui luy ont fuccedé com
me autant de nobles effays , pour
reproduire ce Grand Monarque
dans la Perfonne de celuy qui regne
aujourd'huy.
>
Sa charité , fa justice , fon zele
, fa moderation , ne font-ce pas
des vertus qui luyfont propres?Et
Tiiij
224 MERCURE
bien loin d'impofer à la veritéfur
unſujet fi public &fi éclatant,
pourroit- on feulement l'expofer
comme elle eft , fi l'amour & la
fidelité de fes Sujets , fi l'eſtime
la crainte des Etrangers n'en
relevoient la gloire ? Je n'entreray
dans aucun détail de la charité
& de la justice d'un Prince
qui veille à la confervation de fes
Sujets avec tant d'application,
fesfoins furpaffent toûjours
leurs befoins ; d'un Prince dont
l'entier defintereffement fait fouhaiter
qu'il voulust eſtre fouvent
le fuge de fa propre caufe.
Comme il eft le Modele
GALANT. 225
3
des autres Roys , les François
ont porté l'exemple de leur
fidelité de leurs refpects aux
autres Nations , non feulement
en leur apprenant ce qu'elles doivent
à leurs Souverains ; mais
en leur faifant connoistre ce qu'-
elles ont à craindre de la puiffance
, ou à efperer de la protection,
d'un Etat gouverné par le plus
grand Roy , défendu par les plus
fideles Sujets du monde.
S'il eftoit neceffaire de faire
parlerles Etrangers , pour
des témoignages qui ne foient fufpects
ny d'exageration ny de flaterie
, il faudroit comme un autre
donner
226 MERCURE
Apoftre , avoir le don des Langues
, pour les rapporter en autant
de differens idiomes qu'il y a eu de
Roys , d'Empereurs , & de Republiques
, qui ont envoyé leurs
Ambaſſadeurs , e de Souverains
mefmes quifont venus , at
tirez par fes vertus , gagnez par
fa clemence , étonnez par fes exploits
intimidez par fes menaces,
onforcez par fes chaſtimens , ren
dre hommage àfa puiffance , &
touchez par fa moderation
édifiez par fon zele , avoïant à
que
out
leur
retour
GRAND
eft tout ce qu'on dit,
qu'il
merite
tout ce qu'il a , qu'il
LOUIS LE
GALANT. 227
devoit eftre tout ce qu'il est, que
ne voulant jamais que ce qu'il
doit , il peut toûjours tout ce qu'il
veut, *Potens in terrâ erit femé
ejus,ſa poſteritéfera puiſſantefur
la Terre. La fouveraineté
qui fe perpetuë fur Jon Throne
fera toujours auffi chere aux yeux
de Dieu , & auffi éclatante aux
yeux des hommes , que l' Aftre qu'il
pris pour le fymbole de fes vertus.
Thronus ejus ficut Sol
in confpectu meo , beureux
prefage que nous pouvons regardercomme
une promeffe , en estant
afſeurez par un garant qui nous
* Paroles du Texte.
228 MERCURE
en répond dans le Ciel en la perfonne
d'un Saint Roy , & par
l'interceffion d'un Saint Proteteur
, & teftis in coelo fidelis.
Nous en avons auffi une af
feurance fenfible , & nous voyons
cette feconde & glorieuſe posterité
, promettre aux fiecles à venir
, l'affermiffement & l'im.
mortalité de fa puiffance , &
comme fi la benediction du Ciel
eftoit en nos mains , un Heros ca
pable de gouverner auffi
de conquerir le monde , donnant
des bornes à fes deffeins , fans en
donner à fes Victoires au con
uffi bien
que
GALANT. 229
traire en les ménageant dans le
temps , s'en preparant pluſieurs
immortelles , applique fes lumieres
& fes vertus à nous former
des Monarques dans fon auguste
Famille , leur apprenant à faire
fentir à fes Sujets & aux Étrangers
le profondrespect qu'il a pour
l'Eglife , & fon unique étude à
faire regner le Sauveur du monde
, par un faint & legitime uſage
de fa puiffance en Roy tres-
Chrétien , Potens , potens in
terrâ erit femen ejus ,fa pofterité
fera puiſſante fur la terre.
Enfuite il adreffa le Dif
cours à Meffieurs de l'Aca230
MERCURE
demie Françoife.
Je vous laiffe , Meffieurs, leur
dit-il , le glorieux employ de
loüer un gouvernement dont nous
avons déja veu , & dont nous
efperons encore de fi grands progrez.
Eftant les Sçavans du
Royaume les plus bonorez , &
les plus dignes de l'honneur qu'on
vous y défere , choifis avec connoiffance
, traitez avec diftinction
, écoutez avec respect , parlant
avec jufteffe , décidant des
doutes & des beautez de noftre
Langue , avec une fouveraineté
que vous meritez , oferois -je
voftre prefence entreprendre un
GALANT.
231
Eloge , qui ne femble devoir régarder
que vous , par la premiere
place que vous occupez dans
l'Empire des belles Lettres ? Que
voftre destinée est heureufe,
Meffieurs , de pouvoirfaire un
mefme Corps des actions de
LOUIS LE GRAND , &
de vos paroles , d'eftre en droit par
l'hiftoire de fa vie , d'inftruire
tous les autres Roys de la terre;
deforcer l'Envie , la Mort &
l'Oubly ; d'orner le Temple de la
gloire; d'arrester, pour ainfi dire la
rapidité des temps , de faire revenir
àjamais , de rendre toûjours
prefent celuy où nous fommes;
232 MERCURE
de confondre la Fable ; de remplir
l'Hiftoire ; defervir la Religion,
& l'Etat , en confacrant la memoire
de LOUIS LE
GRAND , par des termes dont
la force enleve les efprits & les
coeurs des Peuples , pour leur faire
croire à l'avenir ce que nous
voyons aujourd'huy , & ce qu'on
ne pourroit jamais croire , fi la
maniere de les rapporter n'y contribuoit
, c'eft àdire ,fi la nobleffe
de vos expreffions ne répondoit au
comble de fa grandeur.
Il y eut une excellente
Mufique
pendant la Meffe.
Elle eftoit de M' Oudot,qui
GALANT. 233
receut de grands applaudif
femens . L'Académie s'éftant:
affemblée l'aprefdînée , &
ayant laiffé la liberté d'entrer
dans le lieu où elle tient
fit
pudéclara
fes Conferences ,
bliquement la diftribution
des Prix d'Eloquence & de
Poëfie. Ml'Abbé de Dangeau
, qui en eft prefenteinent
Directeur
que la Piece d'Eloquence
que l'Académie avoit préferée
à toutes les autres , eftoit :
de Mr Brunel de Rouen . Elle
fut leuë par M ' l'Abbé Re--
gnier , Secretaire perpetuell
Septembre 1685.
V
254
MERCURE
de la mefme Compagnie
& on la trouva d'un ſtile
noble & naturel , d'une juſte
diſtribution , pleine de penfées
nouvelles , & d'un feu d'i
magination toûjours reglé
par le jugement. Je ne vous
diray rien de l'Autheur , finon
qu'il eft encore jeune,
& qu'on peut connoiſtre l'eftime
qu'il s'eft acquife par
la joye genérale qu'on a dans
Rouen , de le voir preſt à entrer
dans une Charge im
portante , ou le Public a be
foin d'un fort honnefteHomme.
On leut enfuite la Piece
GALANT 235
de Vers qu'on avoit trouvée
digne du Prix. Perfonne
alors n'en connut l'Autheur ;
mais on a fceu depuis ce
temps-là qu'elle eſt de M
d'Alibert , Seigneur de Saint :
Romain le Haut en Bourgo--
gne .
Ces deux Pieces ayant efté
leuës , M l'Abbé de Dan--
geau exhorta Mrs de l'Aca--
démie à lire quelque chofe
d'eux felon la coûtume.. M
le Clerc commença par un
petit ouvrage de Vers qui
fut extrémement applaudy..
Il contenoit la Punition
V ij,
236 MERCURE
d'Antiochus. Mr l'Abbé de
Lavau leut aprés cela l'Explication
en Vers de quelques
Devifes que feu M
Douvrier a faites fur les dernieres
Campagnes du Roy.
Le tour de fes Vers eftoit fi
juſte , qu'ils donnoient encore
de la beauté aux Devifes
. On eut enfuite le plaifir
d'entendre une fort galante
Epiftre d'Amour de M² de la
Fontaine , aprés quoy M
l'Abbé Tallemant le jeune,
leut un Chant d'un excellent
Poëme , que M¹ Perrault
a fait de la vie de S. Paulin .
GALANT. 237
Cette lecture fut interrompuë
en beaucoup d'endroits
par les applaudiffemens de
PAffemblée , qui admira
les deſcriptions riantes & naturelles
dont tout ce Poëme
eſt remply.
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Résumé : Eloge du Roy, par Mr l'Abbé Capeau. [titre d'après la table]
L'Académie Française a célébré annuellement une procession et une messe en l'honneur de Saint Louis. Cette année, l'abbé Cappeau a prononcé le sermon, soulignant les vertus de Saint Louis telles que la charité, la justice et son zèle pour la conversion des hérétiques. Il a comparé la mort de Saint Louis à celle de l'empereur Théodose, citant Saint Ambroise sur l'importance de la prière pour perpétuer les vertus royales. L'abbé Cappeau a également loué les qualités du roi régnant, mettant en avant la fidélité et le respect des sujets français, ainsi que l'admiration des nations étrangères pour la puissance et la protection offertes par un État bien gouverné. Il a mentionné les ambassadeurs et souverains étrangers attirés par les vertus et la clémence du roi, espérant que la postérité du roi continue de gouverner avec sagesse et de conquérir sans excès, formant des monarques chrétiens. Lors d'une assemblée ultérieure, des savants ont été honorés pour leurs contributions aux lettres et à la langue française. Leur rôle prestigieux et leur capacité à immortaliser les actions de Louis le Grand à travers leurs écrits ont été soulignés. La réunion incluait une messe avec une musique composée par Monsieur Oudot, suivie de la distribution des prix d'éloquence et de poésie. La pièce d'éloquence primée était de Monsieur Brunel de Rouen, lue par l'abbé Régnier, et la pièce de poésie lauréate était de Monsieur d'Alibert. Plusieurs membres de l'Académie ont ensuite lu leurs œuvres, dont un poème sur la punition d'Antiochus par Monsieur le Clerc, une explication en vers de devises par l'abbé de Lavau, une épître galante de Monsieur de La Fontaine, et un chant du poème sur la vie de Saint Paulin par Monsieur Perrault, lu par l'abbé Tallemant le jeune. Les lectures ont été marquées par des applaudissements enthousiastes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 159-167
Suite des Nouvelles de Paris.
Début :
Le 12. le Roy donna à Mr l'Abbé de Beringhen, le Prieuré [...]
Mots clefs :
Abbesse, Cordeliers, Cour, Avocat, Charge, Procédure, Statuts, Chevalier, Plaidoirie, Évêque, Parlement, Duchesse, Applaudissements, Sagesse, Raison, Rétablissement, Lettres patentes, Ambassadrices, Éloge, Vertu, Serment, Aumônier, Chancelier, Conseil, Navires
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texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles de Paris.
Suite des Nouvelles de Paris.
Le 12. le Roy donna à Mª l'Abbé
de Beringhen , le Prieuré de Pignan,
fitué dans l'Evêché de Frejus .
Le 15. M de Saint Heremobtint
la furvivance du Gouvernement
de Fontainebleau , avec l'aplaudiffement
de toute la Cour , il en a remercié
le Roy.
Le 16. Mde de Saint Herem , conduite
par Mde la Ducheffe de S. Simon
, eut l'honneur de faire la réverence
au Roy.
Le 18 Mr le Comte de Dreux
Grand Maître des Cérémonies , exerçant
par provifion la Charge de
Grand Maréchal des Logis du Roy,
160 LE NOUVEAU
a eû un Brever pour continuer l'exercice
de cette Charge jufqu'à ce
que Mr le Marquis de Cany fon
neveu ait atteint l'âge de 16 ans ,
pour en faire les fonctions par lui
même .
Le 18 l'affaire de Madame de
Sallo Abbeffe des Cordelieres , fut
décidée en fa faveur ; elle a fait
trop de bruit dans le monde pour
n'en pas former un article des plus
curieux de ce Recueil .
Deniſe Elifabeth de Sallo , fille de
feu M de Sallo Confeiller au Parlement
, recommandable par fa naiffance
& fon mérite litteraire , fut
mife dès l'âge de fept ans dans le
Convent des petites Cordelieres :
Eile y fit fa profeffion à l'âge de
15 , & pendant 40 années qu'elle a
demeuré dans cette Communauté,
elle ena paffé plus de 20 , Maîtreffe
des Penfionaires. Aprés la mortde
Mde BETAUT Abbeffè , elle fut élûë
en fa place le 11 Avril 1711.
La Tranquilité regna dans ce
Monaftere jufques au 30 Décembre
1714
MERCURE. 161
que fes Religieufes la foupçonnant
d'être la caufe, que le fieur RENGEAR
n'avoit pas eu la continuation de
fes pouvoirs , l'accuferent devant
le GENERAL , d'Intrufion , d'Irrégularité
, & de Janfenifme. Sur
ces plaintes , le Provincial des Cordeliers
accompagné des fieurs
ET LE ROUGE HENRIOT
:
pour Commiffaires ; Aprés avoir entendus
tous les Griefs intentez contr'elle
elle fut enfin dépofée par
Sentence dudit Provincial , déclarée
inhabile à être élûe Abbeſſe >
& privée de voix active & paffive .
Cette Abbeffe ayant apelé de cette
Sentence , fut reléguée par Lettre
de Cachet , dans le Convent des
Cordelieres DE CHAULNY. Aprés
la mort du Roy , ayant demandé fon
rapel qu'elle obtint ; elle vint pourfuivre
fon apel , comme d'abus , au
Parlement. M CHEVALIER
Avocat s'étant chargé de fon affaire
, commença à plaider le prémier
, & le deuxième Jeudy de
Carême. Mr Guyor de Chefne
Mars
1717.
0
162 LE NOUVEAU
Avocat du Promoteur & Monfieut
de Lombreuil , celui du Provincial,
plaidérent les trois Jeudis fuivants ,
& le dernier Jeudy qui étoit le 11.
Mr Chevalier repliqua avec un
aplaudiffement général il apuya
fort, fur ce que les deux Avocats
adverfes ( forcés par la verité ) n'avoient
pû refufer des éloges à la
fageffe , au bon efprit , & à la folide
vertu de Mde de Sallo . Salutem
ex inimicis noftris , s'écria - t'il .
Le 18 de ce mois Mr de Lamoi,
gnon Avocat Général commença de
plaider à huit heures , & un quart ;
& ne finit qu'à midi , avec l'admiraration
de toute l'Affemblée : Il reprefenta
à la Cour que toute la France
étoit attentive à fa décifion ;
Que cette Abbeffe avoit été interrogée
fur les queftions les plus épineufes
de la Théologie , qui agitent
aujourd'huy l'Eglife de France,
que cependant il croyoit avoir de
bonnes raifons pour ne pas lire en
public les dépofitions des Témoins
touchant fa Doctrine , que la Cour
MERCURE. 163
pouroit voir les informations ,
Elle le jugeoit à propos. Il conelut
qu'il y avoit abus dans la Procédure
, dans le jugement du Provincial
; & par conféquent au Rétabliffement
de l'Abbeffe . De plus il
requit la Cour que trois Livres contenants
les Statuts des Cordeliers ,
qui lui avoient été remis entre les
mains,fuffent fuprimés, comme étant
contraires à l'autorité des Roys , des
Juges Royaux & des Evêques :
Deifenfe d'avoir d'autres Statuts que
ceux qui auroient été enregistrés à
la Cour , en vertu de Lettres Paten
tes. Aprés un délibéré , on fit retirer
tout le monde , une heure
aprés , on rouvrit les Portes. Mr le
Premier Prefident prononça l'Arrêt,
qui porte, qu'il y avoit eû abus dans
la Procédure & dans ce qui s'en eit
enfuivi. Ordonne que les Cordeliers
ne pouront avoir de Statuts, que
de la permiffion du Roy, par
des
Lettres Patentes Regiftrées en la
Cour , que l'Arreit fera lû au Prochain
Chapitre Provincial , dans le
Njj
162 LE NOUVEAU
Avocat du Promoteur & Monfieur
de Lombreiiil , celui du Provincial ,
plaidérent les trois Jeudis fuivants ,
& le dernier Jeudy qui étoit le 11.
Mr Chevalier repliqua avec un
aplaudiffement général il apuya
fort , fur ce que les deux Avocats
adverfes ( forcés par la verité ) n'avoient
pû refufer des éloges à la
fageffe , au bon efprit , & à la folide
vertu de Mde de Sallo . Salutem
ex inimicis noftris , s'écria - t'il .
:
Le 18 de ce mois Mr de Lamoignon
Avocat Général commença de
plaider à huit heures , &un quart ;
& ne finit qu'à midi , avec l'admiraration
de toute l'Affemblée : Il reprefenta
à la Cour que toute la France
étoit attentive à fa décifion ;
Que cette Abbeffe avoit été interrogée
fur les queftions les plus épineufes
de la Théologie , qui agitent
aujourd'huy l'Eglife de France,
que cependant il croyoit avoir de
bonnes raifons pour ne pas lire en
public les dépofitions des Témoins
touchant fa Doctrine , que la Cour
MERCURE. 163
pouroit voir les informations , fi
Elle le jugeoit à propos. Il conclut
qu'il y avoit abus dans la Procédure
, dans le jugement du Provincial
; & par conféquent au Rétabliffement
de l'Abbeffe . De plus il
requit la Cour que trois Livres contenants
les Statuts des Cordeliers,
qui lui avoient été remis entre les
mains,fuffent fuprimés, comme étant
contraires à l'autorité des Roys , des
Juges Royaux & des Evêques :
Deffenfe d'avoir d'autres Statuts que
ceux qui auroient été enregistrés à
la Cour , en vertu de Lettres Paten
tes . Aprés un délibéré , on fit retirer
tout le monde , une heure
aprés , on rouvrit les Portes. Mr le
Premier Prefident prononça l'Arrêt,
qui porte , qu'il y avoit eû abus dans
la Procédure & dans ce qui s'en eit
enfuivi. Ordonne que les Cordeliers
ne pouront avoir de Statuts, que
de la permiffion du Roy , par des
Lettres Patentes Regiftrées en la
Cour , que l'Arreit fera lû au Prochain
Chapitre Provincial , dans le
N jj
164 LE NOUVEAU
Grand Convent des Cordeliers &
dans ceux de la Province. Deffenfe
aux Cordeliers , de mettre à execution
lefdits Statuts , & notamment
en ce que par iceux , il eft
deffendu de fe pourvoir devant les
Archevêques & Evêques Royaux.
Ce Prononcé fut aplaudi unanimement
par tout l'Auditoire qui
étoit des plus nombreux , parce
qu'il s'agiffoit d'une Abbeffe
tuelle dépofée.
perpe-
Le 19. Mr le Maréchal de Villeroy
ayant pris médecine , pria
Mde la Ducheffe de Vantadour , de
venir fervir le Roy à Table ce jour
là, ce qu'elle continua le lendemain .
Le 20. on aprit la mort de
Mr l'Evêque de S. Paul trois Chateaux
, Suffragant de l'Archevêché
d'Arles.
Le Navire SPRIT , ponté de
Conftruction Hollandoife , nommé
la Ville de Paris , conduit par le
Capitaine Jean Darra , arriva le 20
de ce mois , vis -à-vis le gros Pavillon
du Louvre. Il eft parti de
MERCURE
165
la Rade du Havre , le dix du courant
, chargé de Marchandifes.
CetteEpreuve jointe à la premiere,
dont on a parlé dans le Mercure
de Janvier , perfuade que la Navigation
de laMer, en droiture dans
cette Capitale , eft très facile à établir.
Mrs Cabot de Cailletot , & Ronay
, Auteurs de cette entreprife ,
ont fournis au Confeil, des Mémoires
fort amples , fur l'utilité que,
Paris , & le Royaume en retireroient.
Ils font voir que l'avantage
qu'on en reçevra , réflechira néceffairement
fur tout le Commerce de
la France ; que l'abondance poura
toujours couler dans cette Ville ,
& à beaucoup moins de frais ; Puifla
facilité , & l'accélération de
la voiture , animeront davantage le
Marchand , à faire venir plus librement
des Danrées , dont il ne craindra
plus le dépériffement , comme
il arrivera toujours , lorfqu'on feri.
obligé de décharger une feconde
fois & à moitié Route , ces mêmes.
que
O iij
TGG LE NOUVEAU
Marchandiſes , dans des Bateaux
découverts ; ce qui les retardoit en
Riviere 2 & 3 mois , en alteroit la
qualité , faifoit perdre le tems de
la vente , & les chargeoit de frais
confidérables. Ces Meffieurs ont
fatisfait pleinement aux Objections ,
qu'on a pû leur propofer , contre un
Établiffement , qui va au bien public.
Mr le Comte de Kinigfeg , Amballadeur
de l'Empereur en France,
Gouverneur des Païs Bas , ci -devant
, fon Plenipotentiaire , arriva
Samedy 20 Mars de Bruxelles à
Paris , accompagné de Mde l'Ambaffadrice
fon Epoute , de Mlle de
Lanois fa Coufine ; de Mt le Comte
Charles de Kinigſeg , & de
Mr le Marquis de Catinara fes Neveux
, avec une fuite nombreuſe de
Gentils - hommes Allemands , des
Dlles de Me l'Ambaffadrice , de
plufieurs Pages & Officiers àcheval.
Le 21 de ce mois , Dimanche
des Rameaux , le Roy fe rendit à
la Chapelle du Palais des TuilleMERCURE.
167
ries , précédé par Mr l'Evêque de
Frejus fon Précepteur, par M l'Ab
bé de Maulevrier , & M l'Abbé
de Cambou fes Aumôniers , accompagné
deM le Duc du Maine ,
de Male Maréchal de Villeroy fon
Gouverneur , & de plufieurs Sei
gneurs. S. M. affifta à la Bénédiction
des Palmes , & l'après diné
au Sermon du P. Terraffon de l'Oratoire
, & aux Vêpres chantées
la Mufique.
par
Le Lundy 22. Mtle: Chancelier fe:
rendit aux grands Auguftins , pour
l'Extinction de la Chambre de Juftice
. Il étoit précédé par fes Gardes ,
& ceux de la Prévoté de l'Hôtel ,
commandés par Mr de Monticour
Lieutenant de la Compagnie , à la
fuire des Chanceliers de France.:
Les Huiffiers de la Chancellerie
& ceux de la Chaîne , dont deux
portoient les Maffes , marchans
devant lui avec fes Valets de pied,"
& un Cent- Suiffe du Roy; Il fur
reçû à la porte par le Superieur ‹
de la Maifon , qui le complimenta.
Le 12. le Roy donna à Mª l'Abbé
de Beringhen , le Prieuré de Pignan,
fitué dans l'Evêché de Frejus .
Le 15. M de Saint Heremobtint
la furvivance du Gouvernement
de Fontainebleau , avec l'aplaudiffement
de toute la Cour , il en a remercié
le Roy.
Le 16. Mde de Saint Herem , conduite
par Mde la Ducheffe de S. Simon
, eut l'honneur de faire la réverence
au Roy.
Le 18 Mr le Comte de Dreux
Grand Maître des Cérémonies , exerçant
par provifion la Charge de
Grand Maréchal des Logis du Roy,
160 LE NOUVEAU
a eû un Brever pour continuer l'exercice
de cette Charge jufqu'à ce
que Mr le Marquis de Cany fon
neveu ait atteint l'âge de 16 ans ,
pour en faire les fonctions par lui
même .
Le 18 l'affaire de Madame de
Sallo Abbeffe des Cordelieres , fut
décidée en fa faveur ; elle a fait
trop de bruit dans le monde pour
n'en pas former un article des plus
curieux de ce Recueil .
Deniſe Elifabeth de Sallo , fille de
feu M de Sallo Confeiller au Parlement
, recommandable par fa naiffance
& fon mérite litteraire , fut
mife dès l'âge de fept ans dans le
Convent des petites Cordelieres :
Eile y fit fa profeffion à l'âge de
15 , & pendant 40 années qu'elle a
demeuré dans cette Communauté,
elle ena paffé plus de 20 , Maîtreffe
des Penfionaires. Aprés la mortde
Mde BETAUT Abbeffè , elle fut élûë
en fa place le 11 Avril 1711.
La Tranquilité regna dans ce
Monaftere jufques au 30 Décembre
1714
MERCURE. 161
que fes Religieufes la foupçonnant
d'être la caufe, que le fieur RENGEAR
n'avoit pas eu la continuation de
fes pouvoirs , l'accuferent devant
le GENERAL , d'Intrufion , d'Irrégularité
, & de Janfenifme. Sur
ces plaintes , le Provincial des Cordeliers
accompagné des fieurs
ET LE ROUGE HENRIOT
:
pour Commiffaires ; Aprés avoir entendus
tous les Griefs intentez contr'elle
elle fut enfin dépofée par
Sentence dudit Provincial , déclarée
inhabile à être élûe Abbeſſe >
& privée de voix active & paffive .
Cette Abbeffe ayant apelé de cette
Sentence , fut reléguée par Lettre
de Cachet , dans le Convent des
Cordelieres DE CHAULNY. Aprés
la mort du Roy , ayant demandé fon
rapel qu'elle obtint ; elle vint pourfuivre
fon apel , comme d'abus , au
Parlement. M CHEVALIER
Avocat s'étant chargé de fon affaire
, commença à plaider le prémier
, & le deuxième Jeudy de
Carême. Mr Guyor de Chefne
Mars
1717.
0
162 LE NOUVEAU
Avocat du Promoteur & Monfieut
de Lombreuil , celui du Provincial,
plaidérent les trois Jeudis fuivants ,
& le dernier Jeudy qui étoit le 11.
Mr Chevalier repliqua avec un
aplaudiffement général il apuya
fort, fur ce que les deux Avocats
adverfes ( forcés par la verité ) n'avoient
pû refufer des éloges à la
fageffe , au bon efprit , & à la folide
vertu de Mde de Sallo . Salutem
ex inimicis noftris , s'écria - t'il .
Le 18 de ce mois Mr de Lamoi,
gnon Avocat Général commença de
plaider à huit heures , & un quart ;
& ne finit qu'à midi , avec l'admiraration
de toute l'Affemblée : Il reprefenta
à la Cour que toute la France
étoit attentive à fa décifion ;
Que cette Abbeffe avoit été interrogée
fur les queftions les plus épineufes
de la Théologie , qui agitent
aujourd'huy l'Eglife de France,
que cependant il croyoit avoir de
bonnes raifons pour ne pas lire en
public les dépofitions des Témoins
touchant fa Doctrine , que la Cour
MERCURE. 163
pouroit voir les informations ,
Elle le jugeoit à propos. Il conelut
qu'il y avoit abus dans la Procédure
, dans le jugement du Provincial
; & par conféquent au Rétabliffement
de l'Abbeffe . De plus il
requit la Cour que trois Livres contenants
les Statuts des Cordeliers ,
qui lui avoient été remis entre les
mains,fuffent fuprimés, comme étant
contraires à l'autorité des Roys , des
Juges Royaux & des Evêques :
Deifenfe d'avoir d'autres Statuts que
ceux qui auroient été enregistrés à
la Cour , en vertu de Lettres Paten
tes. Aprés un délibéré , on fit retirer
tout le monde , une heure
aprés , on rouvrit les Portes. Mr le
Premier Prefident prononça l'Arrêt,
qui porte, qu'il y avoit eû abus dans
la Procédure & dans ce qui s'en eit
enfuivi. Ordonne que les Cordeliers
ne pouront avoir de Statuts, que
de la permiffion du Roy, par
des
Lettres Patentes Regiftrées en la
Cour , que l'Arreit fera lû au Prochain
Chapitre Provincial , dans le
Njj
162 LE NOUVEAU
Avocat du Promoteur & Monfieur
de Lombreiiil , celui du Provincial ,
plaidérent les trois Jeudis fuivants ,
& le dernier Jeudy qui étoit le 11.
Mr Chevalier repliqua avec un
aplaudiffement général il apuya
fort , fur ce que les deux Avocats
adverfes ( forcés par la verité ) n'avoient
pû refufer des éloges à la
fageffe , au bon efprit , & à la folide
vertu de Mde de Sallo . Salutem
ex inimicis noftris , s'écria - t'il .
:
Le 18 de ce mois Mr de Lamoignon
Avocat Général commença de
plaider à huit heures , &un quart ;
& ne finit qu'à midi , avec l'admiraration
de toute l'Affemblée : Il reprefenta
à la Cour que toute la France
étoit attentive à fa décifion ;
Que cette Abbeffe avoit été interrogée
fur les queftions les plus épineufes
de la Théologie , qui agitent
aujourd'huy l'Eglife de France,
que cependant il croyoit avoir de
bonnes raifons pour ne pas lire en
public les dépofitions des Témoins
touchant fa Doctrine , que la Cour
MERCURE. 163
pouroit voir les informations , fi
Elle le jugeoit à propos. Il conclut
qu'il y avoit abus dans la Procédure
, dans le jugement du Provincial
; & par conféquent au Rétabliffement
de l'Abbeffe . De plus il
requit la Cour que trois Livres contenants
les Statuts des Cordeliers,
qui lui avoient été remis entre les
mains,fuffent fuprimés, comme étant
contraires à l'autorité des Roys , des
Juges Royaux & des Evêques :
Deffenfe d'avoir d'autres Statuts que
ceux qui auroient été enregistrés à
la Cour , en vertu de Lettres Paten
tes . Aprés un délibéré , on fit retirer
tout le monde , une heure
aprés , on rouvrit les Portes. Mr le
Premier Prefident prononça l'Arrêt,
qui porte , qu'il y avoit eû abus dans
la Procédure & dans ce qui s'en eit
enfuivi. Ordonne que les Cordeliers
ne pouront avoir de Statuts, que
de la permiffion du Roy , par des
Lettres Patentes Regiftrées en la
Cour , que l'Arreit fera lû au Prochain
Chapitre Provincial , dans le
N jj
164 LE NOUVEAU
Grand Convent des Cordeliers &
dans ceux de la Province. Deffenfe
aux Cordeliers , de mettre à execution
lefdits Statuts , & notamment
en ce que par iceux , il eft
deffendu de fe pourvoir devant les
Archevêques & Evêques Royaux.
Ce Prononcé fut aplaudi unanimement
par tout l'Auditoire qui
étoit des plus nombreux , parce
qu'il s'agiffoit d'une Abbeffe
tuelle dépofée.
perpe-
Le 19. Mr le Maréchal de Villeroy
ayant pris médecine , pria
Mde la Ducheffe de Vantadour , de
venir fervir le Roy à Table ce jour
là, ce qu'elle continua le lendemain .
Le 20. on aprit la mort de
Mr l'Evêque de S. Paul trois Chateaux
, Suffragant de l'Archevêché
d'Arles.
Le Navire SPRIT , ponté de
Conftruction Hollandoife , nommé
la Ville de Paris , conduit par le
Capitaine Jean Darra , arriva le 20
de ce mois , vis -à-vis le gros Pavillon
du Louvre. Il eft parti de
MERCURE
165
la Rade du Havre , le dix du courant
, chargé de Marchandifes.
CetteEpreuve jointe à la premiere,
dont on a parlé dans le Mercure
de Janvier , perfuade que la Navigation
de laMer, en droiture dans
cette Capitale , eft très facile à établir.
Mrs Cabot de Cailletot , & Ronay
, Auteurs de cette entreprife ,
ont fournis au Confeil, des Mémoires
fort amples , fur l'utilité que,
Paris , & le Royaume en retireroient.
Ils font voir que l'avantage
qu'on en reçevra , réflechira néceffairement
fur tout le Commerce de
la France ; que l'abondance poura
toujours couler dans cette Ville ,
& à beaucoup moins de frais ; Puifla
facilité , & l'accélération de
la voiture , animeront davantage le
Marchand , à faire venir plus librement
des Danrées , dont il ne craindra
plus le dépériffement , comme
il arrivera toujours , lorfqu'on feri.
obligé de décharger une feconde
fois & à moitié Route , ces mêmes.
que
O iij
TGG LE NOUVEAU
Marchandiſes , dans des Bateaux
découverts ; ce qui les retardoit en
Riviere 2 & 3 mois , en alteroit la
qualité , faifoit perdre le tems de
la vente , & les chargeoit de frais
confidérables. Ces Meffieurs ont
fatisfait pleinement aux Objections ,
qu'on a pû leur propofer , contre un
Établiffement , qui va au bien public.
Mr le Comte de Kinigfeg , Amballadeur
de l'Empereur en France,
Gouverneur des Païs Bas , ci -devant
, fon Plenipotentiaire , arriva
Samedy 20 Mars de Bruxelles à
Paris , accompagné de Mde l'Ambaffadrice
fon Epoute , de Mlle de
Lanois fa Coufine ; de Mt le Comte
Charles de Kinigſeg , & de
Mr le Marquis de Catinara fes Neveux
, avec une fuite nombreuſe de
Gentils - hommes Allemands , des
Dlles de Me l'Ambaffadrice , de
plufieurs Pages & Officiers àcheval.
Le 21 de ce mois , Dimanche
des Rameaux , le Roy fe rendit à
la Chapelle du Palais des TuilleMERCURE.
167
ries , précédé par Mr l'Evêque de
Frejus fon Précepteur, par M l'Ab
bé de Maulevrier , & M l'Abbé
de Cambou fes Aumôniers , accompagné
deM le Duc du Maine ,
de Male Maréchal de Villeroy fon
Gouverneur , & de plufieurs Sei
gneurs. S. M. affifta à la Bénédiction
des Palmes , & l'après diné
au Sermon du P. Terraffon de l'Oratoire
, & aux Vêpres chantées
la Mufique.
par
Le Lundy 22. Mtle: Chancelier fe:
rendit aux grands Auguftins , pour
l'Extinction de la Chambre de Juftice
. Il étoit précédé par fes Gardes ,
& ceux de la Prévoté de l'Hôtel ,
commandés par Mr de Monticour
Lieutenant de la Compagnie , à la
fuire des Chanceliers de France.:
Les Huiffiers de la Chancellerie
& ceux de la Chaîne , dont deux
portoient les Maffes , marchans
devant lui avec fes Valets de pied,"
& un Cent- Suiffe du Roy; Il fur
reçû à la porte par le Superieur ‹
de la Maifon , qui le complimenta.
Fermer
6
p. 114-124
ARTICLE DES SPECTACLES.
Début :
Les Comédiens Italiens ayant voulu faire l'essai d'une Piéce [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Arlequin, Applaudissements, Tragédie, Roi, Tyran, Action théâtrale, Veuve, Meurtre, Paysan, Crime, Plaintes, Reine, Exécution, Confidence, Vengeance, Terreur, Comédiens-Français, Rôles, Spectateurs, Musique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE DES SPECTACLES.
ATITICLE DES SPECTACLES.
Es Comédiens Italiens ayant
voulu faire l'effai d'une Piéce
purement héroïque, fans l'Arlequin,
reprefenterent avec applaudiffement
ces jours paffés , la Tragédie
de Merope qu'ils donnerent gratis.
Comme cette Troupe fe propofe
de la jouer cet Hiver , je me contenterai
d'en expofer fimple ment
la Fable , dégage de toutes réfléxions
critiques , les refervant pour
ce tems-là.
Le fujer de la Tragédie de Merope
eft tiré d'Apollodore ; mais , les
fituations font l'ouvrage du MarDE
MAY.
IIS
quis Scipion Maffei.
Crefphonte de la race des Héraclides
étoit Roy de Meffenie dans
l'Achaye. Il avoit eu trois fils de
Merope. Poliphonne,un de fes Sujets
, confpira contre lui , le détrôna
& fit impitoyablement
maffacrer
après lui , deux de ſes enfans.
Le troifiéme , à qui l'Auteur donne
le nom de Crefphonte
, & qu'Apollodore
appelle Ægyptus , fut
dérobé à la fureur du Tyran par
les foins de Merope , qui le remit
entre les mains d'un vieux ferviteur
, dont la fidélité lui étoit connuë.
Quinze ans fe pafferent, avant
que ce jeune Prince qui n'en avoit
que trois , lorfqu'il échappa à la
cruauté de Poliphonne , pût demander
raifon du Meurtre de fon
pere, & de fes freres , & de l'ufurpation
de les Etats. C'eft ici l'époque
de l'Action Théatrale . Polyphonne
voyant que les Peuples
de Meffene,Capitale du Royaume,
faifoient tous les jours des Conjurations
contre lui , forma le def716
LE MERCURE
fein d'époufer Merope , pour s'acquerir
un droit au Trône ufurpé .
L'infortunée Veuve de Crefphonte
fremit à cette propofition , & éclata
en fanglants reproches . Pendant
une fi aigre converfation , Adrafte
entiérement dévoué au Tyran ,
lui amena un jeune Païfan accufé
d'avoir tué un homme auprés de
Meffene , & de l'avoir jetté dans
un Fleuve , pour dérober la connoiffance
de fon crime . Le jeune
Païfan confeffa le Meurtre ; mais ,
il tacha de justifier fon intention ,
en difant , qu'il n'avoit fait que
défendre fa vie contre un Brigand
qui l'avoit attaqué . L'Accufateur
qui avoit interêt à le faire périr ,
parce qu'il avoit trouvé fur lui , une
Bague d'un grand prix , qui flatoit
fon avarice , n'oublia rien pour irriter
le Tyran contre lui : Mais ,
Merope attendrie par un fécret
preffentiment , demanda fa grace ,
& l'obtint de Poliphonne. Cependant
, comme le fouvenir de fon
fils l'occupoit fans ceffe , & la te-
1
DE MAY. 117
}
noit dans une agitation éternelle.
Elle s'imagina que le prétendu
Brigand que le Païfan avoit peint
à peu près de fon âge , qui convenoit
à celui du jeune Crefphonte ,
& armé d'une maffuë , Armes ordinaires
des defcendans d'Hercule ,
Elle s'imagina , dis -je , que ce pou--
voit bien être fon fils qui avoit été
tué & jetté dans le Fleuve : Elle"
n'eut point de repos qu'elle ne fut
éclaircie. Eurife attaché à fes interefts
, lui promit d'interoger Adrafte
qui étoit de fes Amis. Cela
fut éxécuté fi hûreufement , ou
plûtôt fi malhûreufement pour Merope
, qu'Eurife lui apporta la Bague
qu'Adrafte avoir trouvée fur
Egifte ( c'étoit le nom du jeune
Païfan ) A la vûë de cette fatale Bague
, Merope frémit , elle la reconnoit
pour la même qu'elle avoit
donnée autrefois au vieux Polidore,
& qui devoit fervir un jour , à lui
faire reconnoître fon cher Cref=
phonte. Elle ne douta point que
Te Meurtrier ne l'eut dérobée pour
118 LE MERCURE
prix de fon crime . Elle en jura la
vengeance , & s'étant fait amener
le malhûreux & innocent Egifte
elle le fit garotter à fes yeux , & fe
fit donner une lance pour lui percer
le coeur. A ces funeftes apprêts
Egifte témoigna ſon étonnement ;
ne pouvant fléchir la Reine irritée ,
prêt à recevoir le coup mortel ;
il lui échappa quelques plaintes ,
qui fufpendirent la vengeance de
Merope ,furtout le nom de Polidore
,forti de fa bouche , lui fut
d'un grand fecours . La Reine en
fut frapée , & quelques momens
qu'elle perdit en éclairciffemens ,
furent caufe que Polyphonne furvint
à cette terrible éxécution , &
l'empêcha , ou du moins la fit remettre
à une autre fois . Les plaintes
qu'Egifte fait au Tyran de l'injuftice
de Merope , qui fait perir
ceux à qui il fait grace ; la colere
du Tyran fur cette attentat , & la
protection qu'il accorde ouvertement
au prétendu Criminel , per
fuadent à la Reine une intelligence
DE MAY.
119
dont elle commençoit à fe douter.
Un nouveau défir de vengeance
s'allume dans fon fein , & le fort
lui fournit bientôt une occafion
de la
confommer. Egifte ayant tout
à craindre d'une Reine irritée , &
ne fe fentant coupable d'aucun
crime , cherche à fe juftifier dans
fon efprit. Il s'adreffà à ſa Confidente
, qui pour mieux l'attirer
dans le piége , lui dit , que Merope .
n'eft plus fi irritée contre lui ; elle
lui promit de lui en dire davantage
, dès qu'elle fe fera débaraffée
d'un foin preffant qui l'appelle
ailleurs , & le prie de l'attendre.
Egifte lui jure de ne point fortir
de cet Appartement, d'a-t-il y pafferla
nuit;accablé de laffitude de fes
derniers travaux , il s'endort. Pendant
fon fommeil , Polydore vient,
introduit dans le Palais par Eurife
qu'il prie de le laiffer feul. Il
découvre un homme endormi, dont
les habits lui font naître la curiofité
d'examiner les traits de fon viſage ;
il approche , mais, entendant venir
120 LE MERCURE
quelqu'un,il fe retire. A peine s'eftil
retiré qu'Eimere trouvant Egifte
endormi , appelle la Reine , en lui
difant que tout favorife fa vengeance
. Merope vient un Poignard à la
main ; mais prête à frapper Egitte ,
elle fe fent arrêtée par un homme
qui , par le cri qu'il fait , éveille
Egifte , & lui donne le tems de fe
fauver de la fureur de fon Ennemie.
Merope au defeſpoir d'avoir
manqué fon coup , le veut faire
retomber fur celui qui l'a fufpendu ;
mais , cette nouvelle Victime de
fa vengeance le fait reconnoître
à elle , pour ce même Polydore
à qui elle commit autrefois le foin
de fon cher Crefphonte , & lui apprend
en même tems , que c'étoit
Crefphonte-même qu'elle alloit
immoler. La Surpriſe , la Terreur.,
la Joye, fe fuccédent tour à tour
dans le coeur de Merope ; le premier
mouvement de la Nature la
porte à aller embraffer fon fils ;
mais , Polydore lui repréfente fagement
, que ce feroit l'étouffer
en
DE MAY 121
l'embraffant , & que le moindre
éclat mettroit la vie de fon tils
dans un danger évident. (Merope
fe rend à fes raifons .
Polydore lui
prommet
d'éclaircir au jeune Crefphonte
, le myftere de fa Naiffance.
Il accomplit fa promeffe , un
moment après ;
Crefphonte , qui
avoit toujours cru que Polydore
fut fon pere , fent couler le fang
d'Hercules dans ſes veines , à mefure
qu'il apprend fon véritable
fort ,il veut courir à la
vengeance
de fon pere & de fes freres égorgez
par le Tyran ; mais , Polydore fe
jettant à fes pieds , le fait confentir
à fuivre les confeils que fon
âge & fon expérience lui infpirent.
Polyphonte
perfite dans le deffein
d'époufer
Merope , & lui fait ordonner
par Adrafte fon cruel Emiffaire
, d'aller au Temple , fous
peine de voir périr à les yeux ,
toutes les perfonnes qui lui font
les plus cheres . Merope fe livre à
fes volontés , comme une Victime
qu'on entraîne à l'Autel , réfolue
May 177.
L
122 LE MERCURE
de fe donner la mort , plûtôt que
d'époufer le Meurtrier de fon Epoux
& de fes enfans. Elle n'en est
pas pourtant reduite à cette fatale
extrémité. Le jeune Crefphonte
fon fils , trouve le moyen de fe
foustraire aux yeux de Polydore ,
en le faifant confentir au défir curieux
qu'il a d'aller voir la Pompe
qui fe prépare au Temple. Apeine
y eut-il entré , qu'il voit Merope
fa mere, approcher de l'Autel , avec
une paleur qui lui perce l'ame . Il
court lui - même à cet Aurel
où elle est prête de s'immoler , &
fe faififfant du couteau facré , il
en frappe le Tyran & Adrafte.
Merope déclare aux Peuples affemblez
, que celui qui vient de les
tirer d'un efclavage qu'ils ne fupportoient
qu'à regret , eft leur véritable
Roi, fils du bon Crefphonte,
dont la mémoire leur eft fi chere ;
il n'en faut pas d'avantage pour lui
attirer tous les coeurs,il eft proclamé
Roi, &le Tiran détesté après la mort,
comme il l'avoit été pendantfa vie.
>
DE MAY . 123
Ans vouloir entrer dans les raiqui
ont engagé l'Auteur de
>
Semiramis à faire interrompre cette
Tragédie , qui avoit déja foûtenu
fept reprefentations , les Comédiens
François , pour confoler le
Public du plaifir qu'il avoit à la
fuivre , ont remis fur leur Théatre
le Flateur , Comédie de Mr Rouf-
-feau , qui parut pour la premiere
fois , il y a près de 20 ans ; quoique
les Acteurs faffent , pour rechauffer
cette Piéce & que Mr
Quinault l'aîné fe furpaffe dans
le Rôle du Aateur ; elle n'eft
cependant pas auffi fuivie qu'ils s'en
étoient flatés. Mlle le Couvreur ,
nouvelle Actrice , qui a joué à la
Cour de Lorraine & à Strasbourg,
a attiré beaucoup plus de Spectateurs
dans Electre elle a été fort
applaudie ; cependant , avant que
de porter aucun jugement fur fon
mérite Théatrale ; il faut attendre
que quelques autres Piéces en décident
.
Les changemens qui ont été faits
Lij
124 LE MERCURE
de la part du Poëte & du Muficien ,
dans Hypermetre qui avoit été
fufpendue , ont été fort bien receus
des Amateurs de l'Opera ;
on continue à la repréſenter avec
fuccés . M. Gervais Auteur de la
Mufique , doit être fatisfait de tout
le bien qu'en difent les Connoiffeurs.
Es Comédiens Italiens ayant
voulu faire l'effai d'une Piéce
purement héroïque, fans l'Arlequin,
reprefenterent avec applaudiffement
ces jours paffés , la Tragédie
de Merope qu'ils donnerent gratis.
Comme cette Troupe fe propofe
de la jouer cet Hiver , je me contenterai
d'en expofer fimple ment
la Fable , dégage de toutes réfléxions
critiques , les refervant pour
ce tems-là.
Le fujer de la Tragédie de Merope
eft tiré d'Apollodore ; mais , les
fituations font l'ouvrage du MarDE
MAY.
IIS
quis Scipion Maffei.
Crefphonte de la race des Héraclides
étoit Roy de Meffenie dans
l'Achaye. Il avoit eu trois fils de
Merope. Poliphonne,un de fes Sujets
, confpira contre lui , le détrôna
& fit impitoyablement
maffacrer
après lui , deux de ſes enfans.
Le troifiéme , à qui l'Auteur donne
le nom de Crefphonte
, & qu'Apollodore
appelle Ægyptus , fut
dérobé à la fureur du Tyran par
les foins de Merope , qui le remit
entre les mains d'un vieux ferviteur
, dont la fidélité lui étoit connuë.
Quinze ans fe pafferent, avant
que ce jeune Prince qui n'en avoit
que trois , lorfqu'il échappa à la
cruauté de Poliphonne , pût demander
raifon du Meurtre de fon
pere, & de fes freres , & de l'ufurpation
de les Etats. C'eft ici l'époque
de l'Action Théatrale . Polyphonne
voyant que les Peuples
de Meffene,Capitale du Royaume,
faifoient tous les jours des Conjurations
contre lui , forma le def716
LE MERCURE
fein d'époufer Merope , pour s'acquerir
un droit au Trône ufurpé .
L'infortunée Veuve de Crefphonte
fremit à cette propofition , & éclata
en fanglants reproches . Pendant
une fi aigre converfation , Adrafte
entiérement dévoué au Tyran ,
lui amena un jeune Païfan accufé
d'avoir tué un homme auprés de
Meffene , & de l'avoir jetté dans
un Fleuve , pour dérober la connoiffance
de fon crime . Le jeune
Païfan confeffa le Meurtre ; mais ,
il tacha de justifier fon intention ,
en difant , qu'il n'avoit fait que
défendre fa vie contre un Brigand
qui l'avoit attaqué . L'Accufateur
qui avoit interêt à le faire périr ,
parce qu'il avoit trouvé fur lui , une
Bague d'un grand prix , qui flatoit
fon avarice , n'oublia rien pour irriter
le Tyran contre lui : Mais ,
Merope attendrie par un fécret
preffentiment , demanda fa grace ,
& l'obtint de Poliphonne. Cependant
, comme le fouvenir de fon
fils l'occupoit fans ceffe , & la te-
1
DE MAY. 117
}
noit dans une agitation éternelle.
Elle s'imagina que le prétendu
Brigand que le Païfan avoit peint
à peu près de fon âge , qui convenoit
à celui du jeune Crefphonte ,
& armé d'une maffuë , Armes ordinaires
des defcendans d'Hercule ,
Elle s'imagina , dis -je , que ce pou--
voit bien être fon fils qui avoit été
tué & jetté dans le Fleuve : Elle"
n'eut point de repos qu'elle ne fut
éclaircie. Eurife attaché à fes interefts
, lui promit d'interoger Adrafte
qui étoit de fes Amis. Cela
fut éxécuté fi hûreufement , ou
plûtôt fi malhûreufement pour Merope
, qu'Eurife lui apporta la Bague
qu'Adrafte avoir trouvée fur
Egifte ( c'étoit le nom du jeune
Païfan ) A la vûë de cette fatale Bague
, Merope frémit , elle la reconnoit
pour la même qu'elle avoit
donnée autrefois au vieux Polidore,
& qui devoit fervir un jour , à lui
faire reconnoître fon cher Cref=
phonte. Elle ne douta point que
Te Meurtrier ne l'eut dérobée pour
118 LE MERCURE
prix de fon crime . Elle en jura la
vengeance , & s'étant fait amener
le malhûreux & innocent Egifte
elle le fit garotter à fes yeux , & fe
fit donner une lance pour lui percer
le coeur. A ces funeftes apprêts
Egifte témoigna ſon étonnement ;
ne pouvant fléchir la Reine irritée ,
prêt à recevoir le coup mortel ;
il lui échappa quelques plaintes ,
qui fufpendirent la vengeance de
Merope ,furtout le nom de Polidore
,forti de fa bouche , lui fut
d'un grand fecours . La Reine en
fut frapée , & quelques momens
qu'elle perdit en éclairciffemens ,
furent caufe que Polyphonne furvint
à cette terrible éxécution , &
l'empêcha , ou du moins la fit remettre
à une autre fois . Les plaintes
qu'Egifte fait au Tyran de l'injuftice
de Merope , qui fait perir
ceux à qui il fait grace ; la colere
du Tyran fur cette attentat , & la
protection qu'il accorde ouvertement
au prétendu Criminel , per
fuadent à la Reine une intelligence
DE MAY.
119
dont elle commençoit à fe douter.
Un nouveau défir de vengeance
s'allume dans fon fein , & le fort
lui fournit bientôt une occafion
de la
confommer. Egifte ayant tout
à craindre d'une Reine irritée , &
ne fe fentant coupable d'aucun
crime , cherche à fe juftifier dans
fon efprit. Il s'adreffà à ſa Confidente
, qui pour mieux l'attirer
dans le piége , lui dit , que Merope .
n'eft plus fi irritée contre lui ; elle
lui promit de lui en dire davantage
, dès qu'elle fe fera débaraffée
d'un foin preffant qui l'appelle
ailleurs , & le prie de l'attendre.
Egifte lui jure de ne point fortir
de cet Appartement, d'a-t-il y pafferla
nuit;accablé de laffitude de fes
derniers travaux , il s'endort. Pendant
fon fommeil , Polydore vient,
introduit dans le Palais par Eurife
qu'il prie de le laiffer feul. Il
découvre un homme endormi, dont
les habits lui font naître la curiofité
d'examiner les traits de fon viſage ;
il approche , mais, entendant venir
120 LE MERCURE
quelqu'un,il fe retire. A peine s'eftil
retiré qu'Eimere trouvant Egifte
endormi , appelle la Reine , en lui
difant que tout favorife fa vengeance
. Merope vient un Poignard à la
main ; mais prête à frapper Egitte ,
elle fe fent arrêtée par un homme
qui , par le cri qu'il fait , éveille
Egifte , & lui donne le tems de fe
fauver de la fureur de fon Ennemie.
Merope au defeſpoir d'avoir
manqué fon coup , le veut faire
retomber fur celui qui l'a fufpendu ;
mais , cette nouvelle Victime de
fa vengeance le fait reconnoître
à elle , pour ce même Polydore
à qui elle commit autrefois le foin
de fon cher Crefphonte , & lui apprend
en même tems , que c'étoit
Crefphonte-même qu'elle alloit
immoler. La Surpriſe , la Terreur.,
la Joye, fe fuccédent tour à tour
dans le coeur de Merope ; le premier
mouvement de la Nature la
porte à aller embraffer fon fils ;
mais , Polydore lui repréfente fagement
, que ce feroit l'étouffer
en
DE MAY 121
l'embraffant , & que le moindre
éclat mettroit la vie de fon tils
dans un danger évident. (Merope
fe rend à fes raifons .
Polydore lui
prommet
d'éclaircir au jeune Crefphonte
, le myftere de fa Naiffance.
Il accomplit fa promeffe , un
moment après ;
Crefphonte , qui
avoit toujours cru que Polydore
fut fon pere , fent couler le fang
d'Hercules dans ſes veines , à mefure
qu'il apprend fon véritable
fort ,il veut courir à la
vengeance
de fon pere & de fes freres égorgez
par le Tyran ; mais , Polydore fe
jettant à fes pieds , le fait confentir
à fuivre les confeils que fon
âge & fon expérience lui infpirent.
Polyphonte
perfite dans le deffein
d'époufer
Merope , & lui fait ordonner
par Adrafte fon cruel Emiffaire
, d'aller au Temple , fous
peine de voir périr à les yeux ,
toutes les perfonnes qui lui font
les plus cheres . Merope fe livre à
fes volontés , comme une Victime
qu'on entraîne à l'Autel , réfolue
May 177.
L
122 LE MERCURE
de fe donner la mort , plûtôt que
d'époufer le Meurtrier de fon Epoux
& de fes enfans. Elle n'en est
pas pourtant reduite à cette fatale
extrémité. Le jeune Crefphonte
fon fils , trouve le moyen de fe
foustraire aux yeux de Polydore ,
en le faifant confentir au défir curieux
qu'il a d'aller voir la Pompe
qui fe prépare au Temple. Apeine
y eut-il entré , qu'il voit Merope
fa mere, approcher de l'Autel , avec
une paleur qui lui perce l'ame . Il
court lui - même à cet Aurel
où elle est prête de s'immoler , &
fe faififfant du couteau facré , il
en frappe le Tyran & Adrafte.
Merope déclare aux Peuples affemblez
, que celui qui vient de les
tirer d'un efclavage qu'ils ne fupportoient
qu'à regret , eft leur véritable
Roi, fils du bon Crefphonte,
dont la mémoire leur eft fi chere ;
il n'en faut pas d'avantage pour lui
attirer tous les coeurs,il eft proclamé
Roi, &le Tiran détesté après la mort,
comme il l'avoit été pendantfa vie.
>
DE MAY . 123
Ans vouloir entrer dans les raiqui
ont engagé l'Auteur de
>
Semiramis à faire interrompre cette
Tragédie , qui avoit déja foûtenu
fept reprefentations , les Comédiens
François , pour confoler le
Public du plaifir qu'il avoit à la
fuivre , ont remis fur leur Théatre
le Flateur , Comédie de Mr Rouf-
-feau , qui parut pour la premiere
fois , il y a près de 20 ans ; quoique
les Acteurs faffent , pour rechauffer
cette Piéce & que Mr
Quinault l'aîné fe furpaffe dans
le Rôle du Aateur ; elle n'eft
cependant pas auffi fuivie qu'ils s'en
étoient flatés. Mlle le Couvreur ,
nouvelle Actrice , qui a joué à la
Cour de Lorraine & à Strasbourg,
a attiré beaucoup plus de Spectateurs
dans Electre elle a été fort
applaudie ; cependant , avant que
de porter aucun jugement fur fon
mérite Théatrale ; il faut attendre
que quelques autres Piéces en décident
.
Les changemens qui ont été faits
Lij
124 LE MERCURE
de la part du Poëte & du Muficien ,
dans Hypermetre qui avoit été
fufpendue , ont été fort bien receus
des Amateurs de l'Opera ;
on continue à la repréſenter avec
fuccés . M. Gervais Auteur de la
Mufique , doit être fatisfait de tout
le bien qu'en difent les Connoiffeurs.
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7
p. 145-147
Ariane, Tragédie, [titre d'après la table]
Début :
Le 23. ils remirent la Tragédie d'Arianne, que le Public [...]
Mots clefs :
Tragédie, Arianne, Théâtre, Comédiens-Français, Mémoire, Succès, Applaudissements
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ariane, Tragédie, [titre d'après la table]
Le 23. ils remirent la Tragédie d'Arianne
, que le Public revoit avec gránd
plaisir , d'autant plus que la De Duclos
y joue le principal Rôle. Cette Piéce fut
donnée dans sa nouveauté au mois de
Mars 1672. sur le Théatre du Marets
avec un très grand succès , quoique jouée
en concurrence de la Tragédie de Bajazet
de Racine qui en avoit un prodigieux
sur le Théatre de l'Hôtel de Bourgogne.
>>
Parmi les Tragédies de Th. Corneille,
» dit M. de Visé dans le Mercure déja
acité , Arianne a passé pour un Chefd'oeu
146 MERCURE DE FRANCE.
» d'oeuvre ; jamais Piéce n'a été plus touchante
et plus suivie ; et ce qui doit
>> surprendre tout le monde est que M..
>> Corneille étant retiré à la Campagne
avoit fait cette Piéce en 40. jours. Il
» n'avoit pas moins de facilité à travailler
»à ses Ouvrages de Théatre , que de mémoire
pour les retenir ; tous ceux qui
» l'ont connu particulierement ont été
» témoins, que lorsqu'il étoit prié de lire
» ses Piéces dans quelques compagnies
» ce qui étoit autrefois fort en usage , il
» les récitoit mieux qu'aucun Comédien
» n'auroit pû faire , sans rien lire ; il
» étoit si sûr de sa mémoire , que très
» souvent il ne portoit point ses Piéces
" avec lui.
Les Comédiens François ont reçû une
petite Piece nouvelle en un Acte , intitulée
l'Effet de la Prévention .
Ils ont aussi reçû une autre Comédie
nouvelle , en trois Actes , sous le titre des
Amours d'Alcibiade..
Par les nouveautez qu'ils donnent et
les Pieces anciennes qu'ils remettent , on
voit qu'ils n'oublient rien depuis quelque
tems pour plaire au Public , et pour mériter
ses applaudissemens. Leurs esperances
n'ont pas été trompées ; la derniere
Piece qu'ils ont remise au Théatre le
Lundi 29. de ce mois , fait un extrême
plaisir
JANVIER. 1735. 147
plaisir ; elle est universellement applaudie
par de très nombreuses Assemblées , et
l'interêt qu'on y prend , fait répandre
beaucoup de larmes ; c'est la Tragédied'Amasis
, de M. de la Grange , Piece trèspathetique,
conduite avec un art infini.On.
y trouve des situations heureuses , des
tours ingénieux et des coups de Théatre
aussi touchans qu'admirables , qui surprennent
agréablement . La Picce est d'ail
leurs trés -bien représentée par les Diles Duclos
et du Fresne , etpar les sieurs Sarrazin ,
du Fresne , le Grand et du Breuil , qui y
remplissent les principaux Rôles de Nitocris,
d'Artenice , d'Amasis , de Sesostris , de
Phanés et de Menez . Dans la nouveauté
de cette Tragédie qui fut donnée pour
la
premiere fois le 13.Décembre 1701.Ces six
Rôles étoient remplis par les Diles Beauval
et Desmares , et par les sieurs Salley ,,
Baron , Guerin et Pontcüil , fils..
C'est le second Poëme Dramatique de
M. de la Grange ; il le donna deux ans
après son Orefte et Pilade ; il n'eut point.
alors le succès qu'il meritoit , n'ayant été
joué qu'onze fois , à cause d'un froid:
excessif qui
, que le Public revoit avec gránd
plaisir , d'autant plus que la De Duclos
y joue le principal Rôle. Cette Piéce fut
donnée dans sa nouveauté au mois de
Mars 1672. sur le Théatre du Marets
avec un très grand succès , quoique jouée
en concurrence de la Tragédie de Bajazet
de Racine qui en avoit un prodigieux
sur le Théatre de l'Hôtel de Bourgogne.
>>
Parmi les Tragédies de Th. Corneille,
» dit M. de Visé dans le Mercure déja
acité , Arianne a passé pour un Chefd'oeu
146 MERCURE DE FRANCE.
» d'oeuvre ; jamais Piéce n'a été plus touchante
et plus suivie ; et ce qui doit
>> surprendre tout le monde est que M..
>> Corneille étant retiré à la Campagne
avoit fait cette Piéce en 40. jours. Il
» n'avoit pas moins de facilité à travailler
»à ses Ouvrages de Théatre , que de mémoire
pour les retenir ; tous ceux qui
» l'ont connu particulierement ont été
» témoins, que lorsqu'il étoit prié de lire
» ses Piéces dans quelques compagnies
» ce qui étoit autrefois fort en usage , il
» les récitoit mieux qu'aucun Comédien
» n'auroit pû faire , sans rien lire ; il
» étoit si sûr de sa mémoire , que très
» souvent il ne portoit point ses Piéces
" avec lui.
Les Comédiens François ont reçû une
petite Piece nouvelle en un Acte , intitulée
l'Effet de la Prévention .
Ils ont aussi reçû une autre Comédie
nouvelle , en trois Actes , sous le titre des
Amours d'Alcibiade..
Par les nouveautez qu'ils donnent et
les Pieces anciennes qu'ils remettent , on
voit qu'ils n'oublient rien depuis quelque
tems pour plaire au Public , et pour mériter
ses applaudissemens. Leurs esperances
n'ont pas été trompées ; la derniere
Piece qu'ils ont remise au Théatre le
Lundi 29. de ce mois , fait un extrême
plaisir
JANVIER. 1735. 147
plaisir ; elle est universellement applaudie
par de très nombreuses Assemblées , et
l'interêt qu'on y prend , fait répandre
beaucoup de larmes ; c'est la Tragédied'Amasis
, de M. de la Grange , Piece trèspathetique,
conduite avec un art infini.On.
y trouve des situations heureuses , des
tours ingénieux et des coups de Théatre
aussi touchans qu'admirables , qui surprennent
agréablement . La Picce est d'ail
leurs trés -bien représentée par les Diles Duclos
et du Fresne , etpar les sieurs Sarrazin ,
du Fresne , le Grand et du Breuil , qui y
remplissent les principaux Rôles de Nitocris,
d'Artenice , d'Amasis , de Sesostris , de
Phanés et de Menez . Dans la nouveauté
de cette Tragédie qui fut donnée pour
la
premiere fois le 13.Décembre 1701.Ces six
Rôles étoient remplis par les Diles Beauval
et Desmares , et par les sieurs Salley ,,
Baron , Guerin et Pontcüil , fils..
C'est le second Poëme Dramatique de
M. de la Grange ; il le donna deux ans
après son Orefte et Pilade ; il n'eut point.
alors le succès qu'il meritoit , n'ayant été
joué qu'onze fois , à cause d'un froid:
excessif qui
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Résumé : Ariane, Tragédie, [titre d'après la table]
Le 23 janvier 1735, les comédiens français jouèrent la tragédie 'Arianne' de Thomas Corneille, acclamée par le public. Créée en mars 1672 au théâtre du Marais, cette pièce connut un grand succès malgré la concurrence de 'Bajazet' de Racine. Thomas Corneille, réputé pour sa rapidité de travail et sa mémoire exceptionnelle, avait écrit 'Arianne' en seulement 40 jours. Les comédiens reçurent également deux nouvelles pièces : 'L'Effet de la Prévention', une pièce en un acte, et 'Les Amours d'Alcibiade', une comédie en trois actes. Le 29 janvier, ils représentèrent 'Amasis' de M. de la Grange, une tragédie donnée pour la première fois le 13 décembre 1701. Cette pièce fut universellement applaudie pour son caractère pathétique et son art scénique. Les rôles principaux étaient interprétés par les sieurs Duclos, du Fresne, Sarrazin, du Fresne le Grand et du Breuil. Initialement, ces rôles étaient joués par les sieurs Beauval, Desmares, Salley, Baron, Guerin et Pontcül. 'Amasis' est le second poème dramatique de M. de la Grange, écrit deux ans après 'Orefte et Pilade', mais il n'avait pas rencontré le succès escompté lors de sa première représentation en raison du froid excessif.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 141-147
OPERA.
Début :
L'ACADÉMIE Royale de Musique a donné le Mardi 11 du présent mois [...]
Mots clefs :
Ballets, Applaudissements, Temple, Machines cylindriques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : OPERA.
OPERA.
L'ACADÉMIE Royale de Mufique
a donné le Mardi 11 du préfent mois
la premiere repréfentation de Polixène
Tragédie , Poëme de M. JOLIVEAU
Secrétaire perpétuel de l'Académie
Royale de Mufique. La Mulique de
M. DAUVERGNE , Maître de la Mufique
de la Chambre du Roi.
Cette première repréfentation a été
applaudie , & fur-tout aux deux derniers
Actes , avec beaucoup de vivacité.
Le temps ne nous permettant
pas de faire actuellement l'extrait du
Poëme
, nous nous réfervons à en
parler au Mercure de Février. Une
feule repréfentation n'a pu nousmettre
en état de donner des détails
bien circonftanciés fur les autres par142
MERCURE DE FRANCE.
ties , dont nous croyons que beaucoup
méritent l'attention du Public & fes
fuffrages. A l'égard de la Mufique , on
ne pourroit à -préfent qu'hafarder des
opinions indifcrettes , parce que devenue
plus favante de nos jours , & les
oreilles plus difficiles , cette partie exige
apparemment plus d'application , plus
de recherches qu'autrefois pour affeoir
le jugement du Public. Tout ce que
nous pouvons dire aujourd'hui , à cet
égard , eft qu'en général elle nous a
paru avoir affecté favorablement pour
l'Auteur , les Maîtres de l'Art que nous
avons confultés . Quelques airs de Ballet,
le chant & la ſymphonie de la Tempête
, plufieurs autres morceaux , mais
fur-tout la Mufique de la Jaloufie & de
fa fuite , qui remplit prefque tout le qua
triéme Acte , ont frappé déja le Public ,
& merité des applaudiffemens univerfels.
Une fort belle chaconne , travaillée
favamment , termine cet Opéra.
Nous n'avons que des éloges à rapporter
fur la compofition & l'exécution
des Ballets qui , chacun dans leur genre,
ont fait plaifir & ont été bien reçus. Celui
du plus grand effet eft le Ballet des
Suivans de la Jaloufie. Il eft d'un genre
nouveau de compofition. Les mouveJANVIER.
1763. 143
.
mens rapides , croifés fans confufion ,
& les figures irrégulières y produiſent in
génieufement l'image de ce qu'on veut
repréfenter. Les fieurs LAVAL , D'AUBERVAL
& les Demoifelles ALLARD ,
LYONOIS & PESLIN forment divers
pas . Les talens , la force & l'agilité
des Sujets que nous venons de nommer
, ne doivent pas laiffer douter de
l'impreffion qu'ils font fur les fpectateurs.
Mlle LANI danfe feule au troifiéme
Acte , à la tête des Prêtreffes du JUNON.
Les airs & les danfes de cette Entrée
font d'un genre très - agréable , & que le
Public a paru goûter. M. GARDEL
dont nous avons parlé au précédent
Vol. remplit une grande partie de la
chaconne dans le nouvel Opéra. Il n'y
mérite & n'y reçoit pas moins d'applaudiffemens
que dans la chaconne d'Iphigénie.
En rendant juſtice très-exactement
aux grands talens de ce jeune Danfeur ,
le Public femble mettre une forte de
complaifance à faire recueillir le fruit
d'une affiduité au fervice , que les Sujets
attachés à un Spectacle ne devroient
jamais facrifier à aucune confidération ,
& notamment dans les temps où les
Théâtres font le plus fréquentés. Mlle
144 MERCURE DE FRANCE.
VESTRIS danfe au premier Acte en
pas de deux avec M. GARDEL. M.
COMPIONI danfe dans ce même Acte.
Il y a long- temps qu'on n'avoit vu
un Opéra d'un fpectacle auffi éclatant.
Les habits & les Décorations font prèfqu'entiérement
à neuf. Il y a plufieurs
choſes affez réguliérement dans le coftume
des Anciens , fi ce n'eft quelques
erreurs facilement adoptées de nos jours
d'après la confufion que fait le vulgaire
des anciens Grecs & des Grecs moder
nes ; quoique les habillemens , coëffures
& autres ufages de ces derniers
n'ayent aucun rapport avec ceux des
autres ; ainfi voit-on fouvent fur nos
théâtres des repréfentations informes de
la cour d'un Sultan pour celles des anciens
Peuples de la Gréce . On a été furpris
auffi de voir à l'ouverture d'un Temple
intérieur le feu facré fur un autel ,
gardé par des Prêtreffes , attendu que
c'eft l'indication fpéciale des Temples
de VESTA ; au lieu qu'en cette occafion
il faudroit au premier coup d'oeil
reconnoître un Temple de JUNON. A
cela près & d'autres petites chofes ,
comme les habits de quelques pas feuls ,
qui n'ont aucun caractère , & c, cet Opéra
eft mis avec le plus grand foin.
Dans
JANVIER . 1762 . 145
›
Dans la repréſentation de cet Opéra
, on a fait un pas vers l'illufion fi néceffaire
au Théâtre ; il mérite d'être
remarqué. Au fort des plus violens orages
, la toile d'Horifon étant fixe , n'offroit
jamais qu'un ciel pur & ferein ,
tel qu'il convenoit aux autres circonf-,
tances de l'action des Poëmes. A la
tempête du fecond Acte de celui - ci
cette toile d'Horifon , tournant apparemment
fur des machines cylindriques
& d'une maniere imperceptible , fait
fuccéder au ciel ferein , des nuages qui
montent du bas de l'Horifon & occupent
tout ce qu'on voyoit de clair
fans qu'il y ait par ce moyen fubftitution
d'une toile à une autre . De même ,
au moment du calme , ces nuages paroiffent
fe perdre dans le haut du Théâtre
, & la partie claire du ciel paroît fe
découvrir du même point d'où l'on a
vû s'élever les nuages ; enforte que la
Nature eft parfaitement imitée dans un
de fes plus grands effets. M. GIRAULD
qui a inventé & fait éxécuter cette ingénieuſe
machine , doit laiffer efpérer
aux Amateurs, qu'il appliquera fes talens
& fon génie à perfectionner l'imitation
des flots & de l'ondulation des eaux :
cette partie étant encore une des cho-
II. Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE.
८
2
fes imparfaite fur nos Théâtres &
dont la repréfentation feroit néanmoins
très-fatisfaifante. ( d ) C'eft auffi de la
compofition & fur les deffeins du
même M. GIRAULT , qu'eft éxécuté
dans cet Opéra , le Palais de Pirrhus ,
au quatriéme Acte. Cette Décoration
dans le meilleur genre de l'antique , eft
d'une très- belle architecture ; les détails
en font choifis & diftribués felon
les grands principes de cet art & d'un
très- bon goût : l'ordonnance en eft grande
& officieufe à la perspective. Des
Percés en colonades , dont les points
d'optique font ménagés avec art , étendent
le Théâtre à la vue , fort
loin de fes bornes . La diftribution de
la lumiere eft d'un très -bon effet &
fâvament pittorefque ; en un mot nous
croyons pouvoir dire que depuis la fameufe
Décoration du Palais de Ninus
par le Chevalier Servandoni , on a peu
(d ) M. GIRAULD eft le même nommé dans
l'Art . des Spectacles de la Cour avec M. ARNOULT
, auquel il a fuccédé à l'Académie Royale
de Mufique , où M. ARNOULT s'étoit fait , ainfi
qu'aux Théâti es du Roi , une très -grande & trèsjufte
réputation par plusieurs machines qui font
encore célébres . M. GIRAULD prouve au Public,
qu'il achevera ce qu'avoit heureufement com
mencé fon Prédéceffeur , pour la perfection de
cétre parrie.
JANVIER. 1763.
147
vû à l'Opéra de plus belle Décoration
d'architecture que celle- ci.
Le tombeau d'Achille au cinquiéme
Acte , eft encore une Décoration diftinguée
dont l'effet eft très -agréable
quoiqu'elle conferve le genre propre à
fa deftination. Les autres ont quelques
parties de neuf & toutes en ont l'éclat.
Chacune mériteroit même en particulier
des éloges fur la
convenance avec
les fites de l'action.
1
? Avant de finir cet Article
nous devons
faire obſerver que les Rôles font
très-bien éxécutés . Le Public entendit
avec fatisfaction , à la premiere repréfentation
, la voix de Mlle ARNOULD
entierement rétablie ; & malgré l'indifpofition
momentanée de celle de M.
GELIN , on fut fatisfait des efforts qu'il
fit pour rendre le Rôle de Pirrhus ,
le principal de cette Tragédie .
L'ACADÉMIE Royale de Mufique
a donné le Mardi 11 du préfent mois
la premiere repréfentation de Polixène
Tragédie , Poëme de M. JOLIVEAU
Secrétaire perpétuel de l'Académie
Royale de Mufique. La Mulique de
M. DAUVERGNE , Maître de la Mufique
de la Chambre du Roi.
Cette première repréfentation a été
applaudie , & fur-tout aux deux derniers
Actes , avec beaucoup de vivacité.
Le temps ne nous permettant
pas de faire actuellement l'extrait du
Poëme
, nous nous réfervons à en
parler au Mercure de Février. Une
feule repréfentation n'a pu nousmettre
en état de donner des détails
bien circonftanciés fur les autres par142
MERCURE DE FRANCE.
ties , dont nous croyons que beaucoup
méritent l'attention du Public & fes
fuffrages. A l'égard de la Mufique , on
ne pourroit à -préfent qu'hafarder des
opinions indifcrettes , parce que devenue
plus favante de nos jours , & les
oreilles plus difficiles , cette partie exige
apparemment plus d'application , plus
de recherches qu'autrefois pour affeoir
le jugement du Public. Tout ce que
nous pouvons dire aujourd'hui , à cet
égard , eft qu'en général elle nous a
paru avoir affecté favorablement pour
l'Auteur , les Maîtres de l'Art que nous
avons confultés . Quelques airs de Ballet,
le chant & la ſymphonie de la Tempête
, plufieurs autres morceaux , mais
fur-tout la Mufique de la Jaloufie & de
fa fuite , qui remplit prefque tout le qua
triéme Acte , ont frappé déja le Public ,
& merité des applaudiffemens univerfels.
Une fort belle chaconne , travaillée
favamment , termine cet Opéra.
Nous n'avons que des éloges à rapporter
fur la compofition & l'exécution
des Ballets qui , chacun dans leur genre,
ont fait plaifir & ont été bien reçus. Celui
du plus grand effet eft le Ballet des
Suivans de la Jaloufie. Il eft d'un genre
nouveau de compofition. Les mouveJANVIER.
1763. 143
.
mens rapides , croifés fans confufion ,
& les figures irrégulières y produiſent in
génieufement l'image de ce qu'on veut
repréfenter. Les fieurs LAVAL , D'AUBERVAL
& les Demoifelles ALLARD ,
LYONOIS & PESLIN forment divers
pas . Les talens , la force & l'agilité
des Sujets que nous venons de nommer
, ne doivent pas laiffer douter de
l'impreffion qu'ils font fur les fpectateurs.
Mlle LANI danfe feule au troifiéme
Acte , à la tête des Prêtreffes du JUNON.
Les airs & les danfes de cette Entrée
font d'un genre très - agréable , & que le
Public a paru goûter. M. GARDEL
dont nous avons parlé au précédent
Vol. remplit une grande partie de la
chaconne dans le nouvel Opéra. Il n'y
mérite & n'y reçoit pas moins d'applaudiffemens
que dans la chaconne d'Iphigénie.
En rendant juſtice très-exactement
aux grands talens de ce jeune Danfeur ,
le Public femble mettre une forte de
complaifance à faire recueillir le fruit
d'une affiduité au fervice , que les Sujets
attachés à un Spectacle ne devroient
jamais facrifier à aucune confidération ,
& notamment dans les temps où les
Théâtres font le plus fréquentés. Mlle
144 MERCURE DE FRANCE.
VESTRIS danfe au premier Acte en
pas de deux avec M. GARDEL. M.
COMPIONI danfe dans ce même Acte.
Il y a long- temps qu'on n'avoit vu
un Opéra d'un fpectacle auffi éclatant.
Les habits & les Décorations font prèfqu'entiérement
à neuf. Il y a plufieurs
choſes affez réguliérement dans le coftume
des Anciens , fi ce n'eft quelques
erreurs facilement adoptées de nos jours
d'après la confufion que fait le vulgaire
des anciens Grecs & des Grecs moder
nes ; quoique les habillemens , coëffures
& autres ufages de ces derniers
n'ayent aucun rapport avec ceux des
autres ; ainfi voit-on fouvent fur nos
théâtres des repréfentations informes de
la cour d'un Sultan pour celles des anciens
Peuples de la Gréce . On a été furpris
auffi de voir à l'ouverture d'un Temple
intérieur le feu facré fur un autel ,
gardé par des Prêtreffes , attendu que
c'eft l'indication fpéciale des Temples
de VESTA ; au lieu qu'en cette occafion
il faudroit au premier coup d'oeil
reconnoître un Temple de JUNON. A
cela près & d'autres petites chofes ,
comme les habits de quelques pas feuls ,
qui n'ont aucun caractère , & c, cet Opéra
eft mis avec le plus grand foin.
Dans
JANVIER . 1762 . 145
›
Dans la repréſentation de cet Opéra
, on a fait un pas vers l'illufion fi néceffaire
au Théâtre ; il mérite d'être
remarqué. Au fort des plus violens orages
, la toile d'Horifon étant fixe , n'offroit
jamais qu'un ciel pur & ferein ,
tel qu'il convenoit aux autres circonf-,
tances de l'action des Poëmes. A la
tempête du fecond Acte de celui - ci
cette toile d'Horifon , tournant apparemment
fur des machines cylindriques
& d'une maniere imperceptible , fait
fuccéder au ciel ferein , des nuages qui
montent du bas de l'Horifon & occupent
tout ce qu'on voyoit de clair
fans qu'il y ait par ce moyen fubftitution
d'une toile à une autre . De même ,
au moment du calme , ces nuages paroiffent
fe perdre dans le haut du Théâtre
, & la partie claire du ciel paroît fe
découvrir du même point d'où l'on a
vû s'élever les nuages ; enforte que la
Nature eft parfaitement imitée dans un
de fes plus grands effets. M. GIRAULD
qui a inventé & fait éxécuter cette ingénieuſe
machine , doit laiffer efpérer
aux Amateurs, qu'il appliquera fes talens
& fon génie à perfectionner l'imitation
des flots & de l'ondulation des eaux :
cette partie étant encore une des cho-
II. Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE.
८
2
fes imparfaite fur nos Théâtres &
dont la repréfentation feroit néanmoins
très-fatisfaifante. ( d ) C'eft auffi de la
compofition & fur les deffeins du
même M. GIRAULT , qu'eft éxécuté
dans cet Opéra , le Palais de Pirrhus ,
au quatriéme Acte. Cette Décoration
dans le meilleur genre de l'antique , eft
d'une très- belle architecture ; les détails
en font choifis & diftribués felon
les grands principes de cet art & d'un
très- bon goût : l'ordonnance en eft grande
& officieufe à la perspective. Des
Percés en colonades , dont les points
d'optique font ménagés avec art , étendent
le Théâtre à la vue , fort
loin de fes bornes . La diftribution de
la lumiere eft d'un très -bon effet &
fâvament pittorefque ; en un mot nous
croyons pouvoir dire que depuis la fameufe
Décoration du Palais de Ninus
par le Chevalier Servandoni , on a peu
(d ) M. GIRAULD eft le même nommé dans
l'Art . des Spectacles de la Cour avec M. ARNOULT
, auquel il a fuccédé à l'Académie Royale
de Mufique , où M. ARNOULT s'étoit fait , ainfi
qu'aux Théâti es du Roi , une très -grande & trèsjufte
réputation par plusieurs machines qui font
encore célébres . M. GIRAULD prouve au Public,
qu'il achevera ce qu'avoit heureufement com
mencé fon Prédéceffeur , pour la perfection de
cétre parrie.
JANVIER. 1763.
147
vû à l'Opéra de plus belle Décoration
d'architecture que celle- ci.
Le tombeau d'Achille au cinquiéme
Acte , eft encore une Décoration diftinguée
dont l'effet eft très -agréable
quoiqu'elle conferve le genre propre à
fa deftination. Les autres ont quelques
parties de neuf & toutes en ont l'éclat.
Chacune mériteroit même en particulier
des éloges fur la
convenance avec
les fites de l'action.
1
? Avant de finir cet Article
nous devons
faire obſerver que les Rôles font
très-bien éxécutés . Le Public entendit
avec fatisfaction , à la premiere repréfentation
, la voix de Mlle ARNOULD
entierement rétablie ; & malgré l'indifpofition
momentanée de celle de M.
GELIN , on fut fatisfait des efforts qu'il
fit pour rendre le Rôle de Pirrhus ,
le principal de cette Tragédie .
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Résumé : OPERA.
Le 11 janvier 1763, l'Académie Royale de Musique a présenté la première représentation de l'opéra 'Polixène', une tragédie poétique écrite par M. Joliveau, secrétaire perpétuel de l'Académie Royale de Musique. La musique a été composée par M. Dauvergne, maître de la musique de la Chambre du Roi. Cette première représentation a été bien accueillie, notamment les deux derniers actes, qui ont suscité beaucoup d'enthousiasme. En raison du manque de temps, le texte complet du poème n'a pas pu être extrait, mais une discussion plus approfondie est prévue pour le Mercure de février. La musique, bien que difficile à juger en raison des goûts modernes, a généralement été bien reçue. Plusieurs morceaux, notamment la musique de la jalousie et de la fuite dans le troisième acte, ainsi qu'une chaconne finale, ont été particulièrement appréciés. Les ballets ont également été bien exécutés, avec des mouvements rapides et des figures irrégulières. Les danseurs mentionnés incluent les sieurs Laval, d'Auberval et les demoiselles Allard, Lyonnois et Peslin. Mlle Lani a dansé seule au troisième acte, et M. Gardel a été particulièrement remarqué pour son interprétation de la chaconne. Les costumes et les décorations étaient nouveaux et soignés, bien que quelques erreurs historiques aient été notées. L'opéra a également innové en utilisant une toile d'horizon tournante pour imiter les effets naturels, comme les tempêtes et les calmes. M. Girauld, l'inventeur de cette machine, a également conçu le palais de Pirrhus au quatrième acte, une décoration architecturale remarquable. Le tombeau d'Achille au cinquième acte a également été souligné pour son effet agréable. Les rôles ont été bien exécutés, avec une mention spéciale pour Mlle Arnould et M. Gelin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 174-179
SUITE des Concerts Spirituels.
Début :
Il y a eu Concert tous les jours de la Semaine Sainte. [...]
Mots clefs :
Musique, Concert, Public, Chœurs, Talents, Applaudissements, Célébrité, Concerto
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE des Concerts Spirituels.
SUITE des Concerts Spirituels.
Il y a eu Concert tous les jours de la Semaine
Sainte.
"
;
Dans les premiers , on a repris quelques- uns
des Moters à grand choeur qui avoient été éxécutés
précédemment Inclina Domine , de M.
BLANCHARD , Maître de Mufique de la Chapelle
du Roi. Confitemini , autre Moter à grand choeur
de M. l'Abbé GOULET , ancien Maître de Mufide
l'Eglife de Paris ; le Deus venerunt Moter
a grand choeur de feu M. FANTON , d'une belle
& fçavante diftribution & d'un grand effet. Le
Lundi Saint on avoit éxécuté pour la première
fois Dixit Dominus Domino meo , Motet àgrand
choeur del Signor Leonardo Leo , Ouvrage d'un
que
AVRIL. 1763. 175
affez beau travail pour l'harmonie & d'un genr
qui porte le caractère du temps où la Mufique
Italienne n'avoit pas encore été corrompue par
l'extravagance des faillies & par la furabondante.
affluence des tours d'éxécution .
On éxécuta le Mercredi Saint , l'admirable
Stabat de PERGOLEZE . Mademoiſelle HARDI ,
dont nous avons déja parlé , & M. AIUTO de la
Mufique du Roi y récitoient . On connoît le mérite
de ce célébre Motet ; on l'a donné les deux
autres jours fuivans , & il a été tous les jours trèsbien
éxécuté . Mademoiſelle HARDI y a eu beaucoup
d'applaudiffemens. Les autres grands Motets
qu'on a donnés avec le Stabat , n'ont ni moins
de mérite ni moins de célébrité dans leur genre.
Le même jour , on éxécuta le Miferere de feu
M. de LALANDE. Mademoiſelle ARNOULD y
chanta le récit Sacrificium Deo , avec cette expreffion
touchante qui eft naturelle à la qualité
de fa voix & au caractère de fon talent ; les applaudiffemens
qu'elle y reçut , font garans de cet
éloge. Le Jeudi , on donna le Motet connu fous
le nom de Meffe de GILLES ; ouvrage dont la
célébrité difpenfe d'ajouter aux éloge sde tous
les connoiffeurs.
Ce même jour ( Jeudi Saint ) M. AIUTO ,
par quelqu'accident imprévu , n'ayant pu arriver
de Verfailles pour le temps du Concert , M. BBSCHE
fe prêta à y fuppléer dans le Stabat. L'art
avec lequel il s'acquitta de l'éxécution de cette
partie , mérite autant d'éloges que fa bonne volonté.
Sans beaucoup de connoiffance en mufique
on conçoit facilement de quelle difficulté il eft
de convertir fur le champ une partie de deffus
en haute-contre , en n'altérant point la modu
lation d'un chant auffi précieux que l'eft
H. iv
176 MERCURE DE FRANCE.
celui du Stabat . C'eft ce que fit M. BESCHE avec
une préciſion , une fageffe & un goût qui attirerent
les applaudiffemens de tous les auditeurs.
Le Vendredi Saint , on donna le De profundis
de M. REBEL , Sur- Intendant de la Mufique du
Roi. Nous avons déja eu occafion de parler de
ce Motet , dont la célébrité eft actuellement établie
avec juftice. Il fut fort bien éxécuté & fit un
très- grand effet . On finit par le Stabat.
Les Moters du Samedi Saint furent Regina
cali , de M. l'Abbé TOUSSAINT , Maître de Mufique
de la Cathédrale de Dijon , qui parut être
goûté ; & un Salve Regina à grand choeur ,
de
M. KOHAULT , duquel nous avons parlé à l'occafion
des Duos de Luth & de Violoncelle avec
M. DUPORT. Ce Motet avoit été éxécuté le Jeudi
précédent entre les deux grands Moters & jugé
très digne d'être au même rang & de ter
miner un Concert. Le génie , le goût & l'agrément
regnent dans toute la compofition de ce
morceau : il eft travaillé d'une manière brillante ,
mais fans bifarrerie . Mlle FEL y chantoit des récits
avec un accompagnement de Violoncelle
obligé , éxécuté par M. DUPORT. C'étoit avoir
réuni tout ce qui eft le plus agréable au Public
dans un Motet qui par lui -même méritoit les
fuffrages.
Le jour de Pâques, on éxécuta Dominus regnavit,
de feu M. DE LALANDE . Mlle ARNOULD Y chanta
un récit. On finit par Deus venerunt , de feu M.
FANTON . Nous avons parlé plus haut de ce motet.
Il nous refte à ajouter que le Public & les connoiffeurs
paroiffent aimer beaucoup la musique de
cet Auteur & regretter que l'on n'en donne pas
plus fouvent.
M. BESCHE fit beaucoup de plaifir dans le pe
tit Motet de M. Mouret Benedictus .
AVRIL 1763. 177
Le Lundi , le Concert commença par Notus in
Judæa, de la compofition de M. MATHIEU , le fils ,
Ordinaire de la Mufique du Roi , & finit par Lauda
Jerufalem , de M. l'Abbé GIROULT , Maître de
Mufique de la Cathédrale d'Orléans.
Le Mardi de Pâques , Cantemus , motet de M.
GIRAULT , Ordinaire de la Mufique du Roi & de
l'Académie Royale , dans lequel il y a beaucoup
de chofes agréables & bien travaillées , qui furent
applaudies . Le Dixit , da Signor LEO .
Le Vendredi , après les Fêtes , il y eur Concert.
On y reprit le Miferere , de M. DE LA LANDE, dans
lequel Mile ARNOULD , avec plus de fuccès encore
que la premiere fois ,y chanta l'admirable recit Sacrificium.
L'impreffion qu'elle fit fur le Public
dans ce morceau fut univerfelle & de la plus
grande vivacité ; les applaudiffemens qu'on lui
donna exprimerent d'une manière inconteftable
la juftice que nous rendons ici aux grands talens
de Mile ARNOULD pour tout qui ce porte le caaractère
du Sentiment. i
2
On termina cé Concert par Mifericordias Domini
, Motet de M. BLANCHARD , digne du
métite reconnu de cet Auteur.
Le Dimanche de Quafimodo , jour de la clôcure
des Concerts , on commença par Lauda
Jerufalem de M. DE LALANDE Mlle ARNOULD
y chanta un récit. On reprit le Motet Mifericordias
Domini..
3
1.K
&
Ce Concet fut remarquable par une nowveauté
très - intéreſſante pour le Public ,
qui par le fuccès lui devint on ne peut pas plus
agréable . Mlle DUBOIS , de la Comédie Fran
çoife , dont nous avons eu occafion d'annoncer
les progrès dans le grand art de la Déclama
tion tragique, fit l'eflai le plus flatteur pour elle
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
de fes autres talens , en chantant à ce Concert
un Motet à voix feule de feu M. MOURET , avec
une très -belle voir, la plus belle articulation ' ,
la juftelle des fons & la précifion des mouvemens
, qu'on loueroit dans une Cantatrice confommée
& journellement exercée. On conjecture
facilement combien elle fut applaudie..
Les divers talens , foit fymphoniſtes , foit chanzeurs
qui font habituellement les plaifirs du Public
à ce Concert , ne nous fçauront pas mauvais
gré ne de pas répéter ni détailler ici tout ce
qu'ils ont reçus & mérités de nouveaux éloges.
M. GAVINIES , M. BALBASTRE , M. DUPORT "
prodige fur lequel nous n'avons plus d'expref
fions ) ont joué chacun des Concerto ou dés
Sonates dans plufieurs de ces Concets. Les Duos
entre M. KOHAUT fur le Luth & M. DUPORT
fur le Violoncelle , ont été fréquemment répétés
& jamais trop applaudis au gré du Public.
M. LE MIERRE , M, CAPRON , déja connus &
arès-goûtés du public, ont éxécuté fur le violon des
morceaux de diſtinction à pluſieurs de ces Concerts.
M. MAYER , dont on a parlé ci - devant, a
joué de la Harpe au dernier Concert , avec le
même fuccès qu'il avoit eu cet Hyver.
M. LEGRAND a éxécuté un Concerto fur l'Or
gue, qui a été généralement approuvé.
M. BOUTEUX joua le Vendredi 8 , un Concerto
de Violon dans lequel il eut beaucoup
d'approbateurs .
M. FELIX REINER , ordinaire de la Mufique
du Duc de BAVIERE , a éxécuté plufieurs fois .
divers morceaux fur le Baffon , avec beaucoup
de talent & une grande pratique de cet inftru
ment .
Nous croyons nous être rappellés les nou
AVRIL. 1763. 170
veautés en talens qui ont contribué à l'agrément
& à la beauté des Concerts pendant les trois
femaines de Pâques.
Nous ne devons pas obmettre que le jeune
M. DUBUT , cité dans le précédent Volume , a
paru dans prefque tous les Concerts fuivans , où.
il a toujours fait plaifir .
>
Mlle HARDI , qui a chanté à tous les Concerts,
& dont nous avons parlé au commencement du
mois , paroît avoir été la nouveauté intéreffante
cette année qui a fixé l'attention & les fuffrages
des Auditeurs. Il eft honorable pour ce
jeune Sujet d'avoir par une épreuve auffi peu
fufpecte que l'approbation univerfelle , prouvé
qu'elle mérite les bienfaits de fes auguftes Protecteurs.
Mlle ROZET a chanté plufieurs Moters à voix
feule avec une très- belle voix & les marques
d'un progrès fenfible dans l'art.
Mlle BERNARD , de laquelle on a parlé dans
plufieurs Mercures , a chanté auffi quelquefois.
Ce font Mlle FEL , Mrs GELIN , BESCHE &
MUGUET qui ont foutenu feuls , cette année, le
fonds de la Mufique pour les grands récits pendant
tout le cours des Concerts.
Le Public paroît confirmé dans l'opinion avan -
tageufe qu'il avoit conçue d'abord des nouveaux
Directeurs du Concert , par le bon choix des
ouvrages & des talens qui ont paru pendant
ces trois ſemaines de Pâques.
Il y a eu Concert tous les jours de la Semaine
Sainte.
"
;
Dans les premiers , on a repris quelques- uns
des Moters à grand choeur qui avoient été éxécutés
précédemment Inclina Domine , de M.
BLANCHARD , Maître de Mufique de la Chapelle
du Roi. Confitemini , autre Moter à grand choeur
de M. l'Abbé GOULET , ancien Maître de Mufide
l'Eglife de Paris ; le Deus venerunt Moter
a grand choeur de feu M. FANTON , d'une belle
& fçavante diftribution & d'un grand effet. Le
Lundi Saint on avoit éxécuté pour la première
fois Dixit Dominus Domino meo , Motet àgrand
choeur del Signor Leonardo Leo , Ouvrage d'un
que
AVRIL. 1763. 175
affez beau travail pour l'harmonie & d'un genr
qui porte le caractère du temps où la Mufique
Italienne n'avoit pas encore été corrompue par
l'extravagance des faillies & par la furabondante.
affluence des tours d'éxécution .
On éxécuta le Mercredi Saint , l'admirable
Stabat de PERGOLEZE . Mademoiſelle HARDI ,
dont nous avons déja parlé , & M. AIUTO de la
Mufique du Roi y récitoient . On connoît le mérite
de ce célébre Motet ; on l'a donné les deux
autres jours fuivans , & il a été tous les jours trèsbien
éxécuté . Mademoiſelle HARDI y a eu beaucoup
d'applaudiffemens. Les autres grands Motets
qu'on a donnés avec le Stabat , n'ont ni moins
de mérite ni moins de célébrité dans leur genre.
Le même jour , on éxécuta le Miferere de feu
M. de LALANDE. Mademoiſelle ARNOULD y
chanta le récit Sacrificium Deo , avec cette expreffion
touchante qui eft naturelle à la qualité
de fa voix & au caractère de fon talent ; les applaudiffemens
qu'elle y reçut , font garans de cet
éloge. Le Jeudi , on donna le Motet connu fous
le nom de Meffe de GILLES ; ouvrage dont la
célébrité difpenfe d'ajouter aux éloge sde tous
les connoiffeurs.
Ce même jour ( Jeudi Saint ) M. AIUTO ,
par quelqu'accident imprévu , n'ayant pu arriver
de Verfailles pour le temps du Concert , M. BBSCHE
fe prêta à y fuppléer dans le Stabat. L'art
avec lequel il s'acquitta de l'éxécution de cette
partie , mérite autant d'éloges que fa bonne volonté.
Sans beaucoup de connoiffance en mufique
on conçoit facilement de quelle difficulté il eft
de convertir fur le champ une partie de deffus
en haute-contre , en n'altérant point la modu
lation d'un chant auffi précieux que l'eft
H. iv
176 MERCURE DE FRANCE.
celui du Stabat . C'eft ce que fit M. BESCHE avec
une préciſion , une fageffe & un goût qui attirerent
les applaudiffemens de tous les auditeurs.
Le Vendredi Saint , on donna le De profundis
de M. REBEL , Sur- Intendant de la Mufique du
Roi. Nous avons déja eu occafion de parler de
ce Motet , dont la célébrité eft actuellement établie
avec juftice. Il fut fort bien éxécuté & fit un
très- grand effet . On finit par le Stabat.
Les Moters du Samedi Saint furent Regina
cali , de M. l'Abbé TOUSSAINT , Maître de Mufique
de la Cathédrale de Dijon , qui parut être
goûté ; & un Salve Regina à grand choeur ,
de
M. KOHAULT , duquel nous avons parlé à l'occafion
des Duos de Luth & de Violoncelle avec
M. DUPORT. Ce Motet avoit été éxécuté le Jeudi
précédent entre les deux grands Moters & jugé
très digne d'être au même rang & de ter
miner un Concert. Le génie , le goût & l'agrément
regnent dans toute la compofition de ce
morceau : il eft travaillé d'une manière brillante ,
mais fans bifarrerie . Mlle FEL y chantoit des récits
avec un accompagnement de Violoncelle
obligé , éxécuté par M. DUPORT. C'étoit avoir
réuni tout ce qui eft le plus agréable au Public
dans un Motet qui par lui -même méritoit les
fuffrages.
Le jour de Pâques, on éxécuta Dominus regnavit,
de feu M. DE LALANDE . Mlle ARNOULD Y chanta
un récit. On finit par Deus venerunt , de feu M.
FANTON . Nous avons parlé plus haut de ce motet.
Il nous refte à ajouter que le Public & les connoiffeurs
paroiffent aimer beaucoup la musique de
cet Auteur & regretter que l'on n'en donne pas
plus fouvent.
M. BESCHE fit beaucoup de plaifir dans le pe
tit Motet de M. Mouret Benedictus .
AVRIL 1763. 177
Le Lundi , le Concert commença par Notus in
Judæa, de la compofition de M. MATHIEU , le fils ,
Ordinaire de la Mufique du Roi , & finit par Lauda
Jerufalem , de M. l'Abbé GIROULT , Maître de
Mufique de la Cathédrale d'Orléans.
Le Mardi de Pâques , Cantemus , motet de M.
GIRAULT , Ordinaire de la Mufique du Roi & de
l'Académie Royale , dans lequel il y a beaucoup
de chofes agréables & bien travaillées , qui furent
applaudies . Le Dixit , da Signor LEO .
Le Vendredi , après les Fêtes , il y eur Concert.
On y reprit le Miferere , de M. DE LA LANDE, dans
lequel Mile ARNOULD , avec plus de fuccès encore
que la premiere fois ,y chanta l'admirable recit Sacrificium.
L'impreffion qu'elle fit fur le Public
dans ce morceau fut univerfelle & de la plus
grande vivacité ; les applaudiffemens qu'on lui
donna exprimerent d'une manière inconteftable
la juftice que nous rendons ici aux grands talens
de Mile ARNOULD pour tout qui ce porte le caaractère
du Sentiment. i
2
On termina cé Concert par Mifericordias Domini
, Motet de M. BLANCHARD , digne du
métite reconnu de cet Auteur.
Le Dimanche de Quafimodo , jour de la clôcure
des Concerts , on commença par Lauda
Jerufalem de M. DE LALANDE Mlle ARNOULD
y chanta un récit. On reprit le Motet Mifericordias
Domini..
3
1.K
&
Ce Concet fut remarquable par une nowveauté
très - intéreſſante pour le Public ,
qui par le fuccès lui devint on ne peut pas plus
agréable . Mlle DUBOIS , de la Comédie Fran
çoife , dont nous avons eu occafion d'annoncer
les progrès dans le grand art de la Déclama
tion tragique, fit l'eflai le plus flatteur pour elle
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
de fes autres talens , en chantant à ce Concert
un Motet à voix feule de feu M. MOURET , avec
une très -belle voir, la plus belle articulation ' ,
la juftelle des fons & la précifion des mouvemens
, qu'on loueroit dans une Cantatrice confommée
& journellement exercée. On conjecture
facilement combien elle fut applaudie..
Les divers talens , foit fymphoniſtes , foit chanzeurs
qui font habituellement les plaifirs du Public
à ce Concert , ne nous fçauront pas mauvais
gré ne de pas répéter ni détailler ici tout ce
qu'ils ont reçus & mérités de nouveaux éloges.
M. GAVINIES , M. BALBASTRE , M. DUPORT "
prodige fur lequel nous n'avons plus d'expref
fions ) ont joué chacun des Concerto ou dés
Sonates dans plufieurs de ces Concets. Les Duos
entre M. KOHAUT fur le Luth & M. DUPORT
fur le Violoncelle , ont été fréquemment répétés
& jamais trop applaudis au gré du Public.
M. LE MIERRE , M, CAPRON , déja connus &
arès-goûtés du public, ont éxécuté fur le violon des
morceaux de diſtinction à pluſieurs de ces Concerts.
M. MAYER , dont on a parlé ci - devant, a
joué de la Harpe au dernier Concert , avec le
même fuccès qu'il avoit eu cet Hyver.
M. LEGRAND a éxécuté un Concerto fur l'Or
gue, qui a été généralement approuvé.
M. BOUTEUX joua le Vendredi 8 , un Concerto
de Violon dans lequel il eut beaucoup
d'approbateurs .
M. FELIX REINER , ordinaire de la Mufique
du Duc de BAVIERE , a éxécuté plufieurs fois .
divers morceaux fur le Baffon , avec beaucoup
de talent & une grande pratique de cet inftru
ment .
Nous croyons nous être rappellés les nou
AVRIL. 1763. 170
veautés en talens qui ont contribué à l'agrément
& à la beauté des Concerts pendant les trois
femaines de Pâques.
Nous ne devons pas obmettre que le jeune
M. DUBUT , cité dans le précédent Volume , a
paru dans prefque tous les Concerts fuivans , où.
il a toujours fait plaifir .
>
Mlle HARDI , qui a chanté à tous les Concerts,
& dont nous avons parlé au commencement du
mois , paroît avoir été la nouveauté intéreffante
cette année qui a fixé l'attention & les fuffrages
des Auditeurs. Il eft honorable pour ce
jeune Sujet d'avoir par une épreuve auffi peu
fufpecte que l'approbation univerfelle , prouvé
qu'elle mérite les bienfaits de fes auguftes Protecteurs.
Mlle ROZET a chanté plufieurs Moters à voix
feule avec une très- belle voix & les marques
d'un progrès fenfible dans l'art.
Mlle BERNARD , de laquelle on a parlé dans
plufieurs Mercures , a chanté auffi quelquefois.
Ce font Mlle FEL , Mrs GELIN , BESCHE &
MUGUET qui ont foutenu feuls , cette année, le
fonds de la Mufique pour les grands récits pendant
tout le cours des Concerts.
Le Public paroît confirmé dans l'opinion avan -
tageufe qu'il avoit conçue d'abord des nouveaux
Directeurs du Concert , par le bon choix des
ouvrages & des talens qui ont paru pendant
ces trois ſemaines de Pâques.
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Résumé : SUITE des Concerts Spirituels.
Durant la Semaine Sainte de l'année 1763, des concerts spirituels ont été organisés quotidiennement. Les premiers concerts ont repris des motets à grand chœur déjà exécutés, tels que 'Inclina Domine' de M. Blanchard, 'Confitemini' de l'Abbé Goulet, et 'Deus venerunt' de M. Fanton. Le lundi saint, le motet 'Dixit Dominus Domino meo' de Leonardo Leo a été exécuté pour la première fois. Le mercredi saint, le célèbre 'Stabat Mater' de Pergolèse a été interprété par Mademoiselle Hardi et M. Aiuto, suscitant de nombreux applaudissements. Le même jour, le 'Miserere' de M. de Laland a été exécuté avec Mademoiselle Arnould chantant le récit 'Sacrificium Deo'. Le jeudi saint, le motet 'Messe de Gilles' a été joué, et M. Besche a remplacé M. Aiuto dans le 'Stabat Mater'. Le vendredi saint, le 'De profundis' de M. Rebel a été exécuté. Le samedi saint, les motets 'Regina caeli' de l'Abbé Toussaint et 'Salve Regina' de M. Kohault ont été interprétés, avec Mademoiselle Fel chantant des récits accompagnés par M. Duport au violoncelle. Le jour de Pâques, les motets 'Dominus regnavit' de M. de Laland et 'Deus venerunt' de M. Fanton ont été exécutés. M. Besche a interprété le petit motet 'Benedictus' de M. Mouret. Les concerts se sont poursuivis après Pâques avec divers motets et concerts instrumentaux, notamment des œuvres de M. Mathieu, l'Abbé Giroult, et M. Girault. Plusieurs artistes ont été salués pour leurs performances, notamment Mademoiselle Dubois, M. Gaviniès, M. Balbastre, M. Duport, M. Legrand, M. Bouteux, et M. Felix Reiner. Mademoiselle Hardi a été particulièrement remarquée pour ses interprétations. Le public a apprécié le choix des œuvres et des talents présentés par les nouveaux directeurs du concert.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 153
« DANS le dernier Mercure, à l'Article du Concert Spirituel, en rendant compte des différentes [...] »
Début :
DANS le dernier Mercure, à l'Article du Concert Spirituel, en rendant compte des différentes [...]
Mots clefs :
Concert spirituel, Spectateurs, Applaudissements, Violon, Spectacle, Talents
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « DANS le dernier Mercure, à l'Article du Concert Spirituel, en rendant compte des différentes [...] »
DANS ANS le dernier Mercure , à l'Article du Concert
Spirituel , en rendant compte des différen
tes perfonnes qui ont mérité les applaudiffemens
des Spectateurs , nous avons omis de parler de
M. VOGIN. Ce Violon s'y est beaucoup diftingué
Ies Avril , & a obtenu l'attention ainfi que
les fuffrages des Auditeurs en exécutant un
Concerto de la compofition. Il eſt flatteur pour
lui , la première fois qu'il a paru dans ce Spectacle
, d'avoir confirmé le jugement avantageux.
qu'on avoit déja porté fur fes talens & la capacité
Spirituel , en rendant compte des différen
tes perfonnes qui ont mérité les applaudiffemens
des Spectateurs , nous avons omis de parler de
M. VOGIN. Ce Violon s'y est beaucoup diftingué
Ies Avril , & a obtenu l'attention ainfi que
les fuffrages des Auditeurs en exécutant un
Concerto de la compofition. Il eſt flatteur pour
lui , la première fois qu'il a paru dans ce Spectacle
, d'avoir confirmé le jugement avantageux.
qu'on avoit déja porté fur fes talens & la capacité
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Résumé : « DANS le dernier Mercure, à l'Article du Concert Spirituel, en rendant compte des différentes [...] »
Le dernier numéro du Mercure a omis de mentionner M. Vogin, violoniste ayant interprété en avril un concerto de sa composition au Concert Spirituel. Sa performance a été bien accueillie par le public, confirmant ainsi les jugements positifs sur ses talents et sa capacité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 196-197
CONCERTS SPIRITUELS du Jour de l'Ascension & du Dimanche de Pentecôte.
Début :
Dans le premier de ces Concerts, les deux grands Motets étoient le Dixit Dominue del Signor [...]
Mots clefs :
Concerts, Motets, Applaudissements, Pentecôte, Musique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONCERTS SPIRITUELS du Jour de l'Ascension & du Dimanche de Pentecôte.
CONCERTS SPIRITUELS
du Jour de l'Afcenfion & du Dimanche
de Pentecôte.
Dans le premier de ces Concerts , les deux
grands Motets étoient le Dixit Dominue del Signor
LEO & Deus venerunt gentes de feu M.
FANTON , Motet du plus beau genre , qui eut
beaucoup d'applaudiſſemens , & auquel on ne
peut pas trop en donner.
Dans le ſecond , les Motets à grand choeur
étoient Magnificat de M. BELISSEN & Judica
Domine de M. l'Abbé GOULET , ancien Maître
de Muſique de l'Egliſe de Paris. Ces deux Motets
furent bien exécutés , & les Connoilleurs y trouverent
pluſieurs choſes à applaudir. M. MAYER
exécuta , dans le premier Concert , avec beaucoup
d'applaudiſſemens un Concerto de ſa compotition
ſur la harpe, &dans le dernier, M. BALBASTRE
n'eut pas moins de ſuccès ſur l'Orgue
JUIN. 1763 . 197
en exécutant auſſi un Concerto dontil eſt l'Auteur
. Dans l'un & l'autre Concert Mile HARDI
a chanté des Airs Italiens avec les mêmes applaudiſſemens
qu'elle eſt en poſſeſſion de mériter.
A ces deux Concerts M. GAVINIÉs a paru ſe
furpaffer ; & les Auditeurs , quelqu'accoutumés
qu'ils foient à la fupériorité de ſes talens , ont
éprouvé cette forte d'étonnement que produit
un nouveau Phénomène en ce genre.
On a exécuté à ces mêmes Concerts des
Trio de Stamitz. Cette admirable Muſique a fait
d'autant plus de plaiſir , que l'on a ſenſiblement
remarquédans les Symphoniſtes le feu de l'émulation
excité par l'admirable exécution des
Concerts François.
La célébre Mile FEL dont on pourroit dire
que la voix eſt encore dans ſa primeur & le talent
dans toute ſa force , a chanté dans le Concert
de la Pentecôte un Motet à voix ſeule pour
la Fête du Jour.
du Jour de l'Afcenfion & du Dimanche
de Pentecôte.
Dans le premier de ces Concerts , les deux
grands Motets étoient le Dixit Dominue del Signor
LEO & Deus venerunt gentes de feu M.
FANTON , Motet du plus beau genre , qui eut
beaucoup d'applaudiſſemens , & auquel on ne
peut pas trop en donner.
Dans le ſecond , les Motets à grand choeur
étoient Magnificat de M. BELISSEN & Judica
Domine de M. l'Abbé GOULET , ancien Maître
de Muſique de l'Egliſe de Paris. Ces deux Motets
furent bien exécutés , & les Connoilleurs y trouverent
pluſieurs choſes à applaudir. M. MAYER
exécuta , dans le premier Concert , avec beaucoup
d'applaudiſſemens un Concerto de ſa compotition
ſur la harpe, &dans le dernier, M. BALBASTRE
n'eut pas moins de ſuccès ſur l'Orgue
JUIN. 1763 . 197
en exécutant auſſi un Concerto dontil eſt l'Auteur
. Dans l'un & l'autre Concert Mile HARDI
a chanté des Airs Italiens avec les mêmes applaudiſſemens
qu'elle eſt en poſſeſſion de mériter.
A ces deux Concerts M. GAVINIÉs a paru ſe
furpaffer ; & les Auditeurs , quelqu'accoutumés
qu'ils foient à la fupériorité de ſes talens , ont
éprouvé cette forte d'étonnement que produit
un nouveau Phénomène en ce genre.
On a exécuté à ces mêmes Concerts des
Trio de Stamitz. Cette admirable Muſique a fait
d'autant plus de plaiſir , que l'on a ſenſiblement
remarquédans les Symphoniſtes le feu de l'émulation
excité par l'admirable exécution des
Concerts François.
La célébre Mile FEL dont on pourroit dire
que la voix eſt encore dans ſa primeur & le talent
dans toute ſa force , a chanté dans le Concert
de la Pentecôte un Motet à voix ſeule pour
la Fête du Jour.
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Résumé : CONCERTS SPIRITUELS du Jour de l'Ascension & du Dimanche de Pentecôte.
En juin 1763, deux concerts spirituels ont été organisés lors du jour de l'Ascension et du dimanche de Pentecôte. Le premier concert a présenté les motets 'Dixit Dominus' de Leo et 'Deus venerunt gentes' de Fanton, ce dernier ayant été particulièrement applaudi. Le second concert a inclus les motets 'Magnificat' de Belissen et 'Judica Domine' de l'abbé Goulet, tous deux bien exécutés et appréciés. M. Mayer a interprété avec succès un concerto pour harpe de sa composition, tandis que M. Balbastre a joué un concerto pour orgue acclamé. Mile Hardi a chanté des airs italiens avec succès lors des deux concerts. M. Gaviniès a impressionné les auditeurs par son talent. Des trios de Stamitz ont été exécutés, mettant en valeur l'émulation entre les symphonistes. Enfin, Mile Fel a interprété un motet solo pour la fête de la Pentecôte, sa voix et son talent étant encore en pleine maturité.
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12
p. 151
ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE.
Début :
ON continue tous les Vendredis les Concerts François avec les mêmes applaudissemens [...]
Mots clefs :
Concerts, Musique, Applaudissements
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE.
ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE .
ON continue tous les Vendredis les
Concerts François avec les mêmes applaudiffemens
& le même fuccès .
ON continue tous les Vendredis les
Concerts François avec les mêmes applaudiffemens
& le même fuccès .
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13
p. *201-201
CONCERT SPIRITUEL du 8 Septembre.
Début :
M. REGNAULT, nouvelle Basse-taille, a débuté par un petit Motet de la composition de M. [...]
Mots clefs :
Basse-taille, Motet, Applaudissements, Orgue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONCERT SPIRITUEL du 8 Septembre.
CONCERT SPIRITUEL
du 8 Septembre.
影
M. REGNAULT , nouvelle Balle- taille , a débuté
par un petit Motet de la compofition de M.
ANTHEAUME ; on a paru content de la voix de
ce nouveau Sujet & espérer des talens qu'il peur
acquérir. M. LE DUC aexécuté fur te Violon un
Concerto de M. GAVINIES , dans lequelil a eu des
applaudiffemens du Public & a obtenu les fuf
frages flatteurs des meilleurs Juges de ce Talent ,
qui nous en ont perfonnellement communiqué
le rapport le plus avantageux , & le plus capable
d'encourager l'émulation . M. BURTON , Profef
feur de mulique de LONDRES , a exécuté fur l'Or
gue plufieurs morceaux de fa compoſition . On
applaudit dans ce Virtuofo Étranger avec autant de
plaifir , le goût & la délicateffe de fon exécution
que l'agrément de fa compofition . Ce Concer
a fini par le TE - DEUM de M. D'AUVERGNE don't
nous avons précédement parlé , & qui a reçu les
mêmes fuffrages du Public , que la première fois
qu'il avoit été entendu .
du 8 Septembre.
影
M. REGNAULT , nouvelle Balle- taille , a débuté
par un petit Motet de la compofition de M.
ANTHEAUME ; on a paru content de la voix de
ce nouveau Sujet & espérer des talens qu'il peur
acquérir. M. LE DUC aexécuté fur te Violon un
Concerto de M. GAVINIES , dans lequelil a eu des
applaudiffemens du Public & a obtenu les fuf
frages flatteurs des meilleurs Juges de ce Talent ,
qui nous en ont perfonnellement communiqué
le rapport le plus avantageux , & le plus capable
d'encourager l'émulation . M. BURTON , Profef
feur de mulique de LONDRES , a exécuté fur l'Or
gue plufieurs morceaux de fa compoſition . On
applaudit dans ce Virtuofo Étranger avec autant de
plaifir , le goût & la délicateffe de fon exécution
que l'agrément de fa compofition . Ce Concer
a fini par le TE - DEUM de M. D'AUVERGNE don't
nous avons précédement parlé , & qui a reçu les
mêmes fuffrages du Public , que la première fois
qu'il avoit été entendu .
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