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1
p. 391-395
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le premier de ce mois, la Reine entendit la Messe [...]
Mots clefs :
Versailles, Roi, Reine, Chevaliers, Ordre, Chapelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
FRANCE ,
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c.
L'essedans la Chapelle du Château de Ver
sailles , et S. M. communia par les mains du
Cardinal de Fleuri , son Grand- Aumônier.
E premier de ce mois , la Reine entendit la
Le 2. Fête de la Purification de la Șainte Vierge,
les Chevaliers , Commandeurs et Officiers des
Ordres du Roi s'étant rendus vers les onze heures
dans le Cabinet de S. M. le Roi tint un Cha ,
pitre , dans lequel le Duc de Levi , le Prince de
Tingry , le Comte de Chatillon et le Marquis
de Beringhen , Premier Ecuyer , qui avoient été
compris dans la promotion des Chevaliers de
l'Ordre du S. Esprit , proposés par S. M. le premier
du mois dernier , furent admis après que
l'Abbé de Pompone , Chancelier des Ordres du
Roi , cut rapporté qu'ils avoient satisfait à ce
qui est porté par les Statuts. Le Chapitre étant
fini , les quatre Chevaliers qui venoient d'être
admis , ct qui s'étoient rendus dans l'appartement
du Roi en habits de Novice , furent introduits
dans le Cabinet , où S. M. les fit Chevaliers de
l'Ordre de S. Michel.
Le Roi sortit ensuite de son appartement pour
aller à la Chapelle du Château de Versailles ;
S. M. étoit précedée du Duc d'Orleans , du Duc
de Bourbon , du Comte de Clermont , du Duc
du Maine , du Prince de Dombes , du Comte
› d'Eu ,
2
292 MERCURE DE FRANCE
d'Eu , du Comte de Toulouse et des Chevaliers ,
Commandeurs et Officiers de l'Ordre ; les Novi
ces marchoient entre les Chevaliers et les Officiers.
Le Roi devant lequel les deux Huissiers de
fa Chambre portoient leurs Masses , étoit en
Manteau , le Collier de l'Ordre par dessus , ainsi
les Chevaliers et le Cardinal de Bissi , Prélat,
Commandeur de l'Ordre du S. Esprit , marchoit
derriere S. M.
que
Le Roi assista à la benediction des Cierges , à
Procession et à la Grande Messe , qui fut celébrée
par l'Abbé Tesnieres , Chapelain ordinaire
de la Chapelle de Musique , et lors qu'elle fut finie
, le Roi quitta son Prie - Dieu et monta à son
Trône auprés de l'Autel , où S. M. reçût les nouveaux
Chevaliers , deux à deux, avec les cerémonies
ordinaires . Le Duc de Chaulnes et le Duc de Tal
lard furent Parrains du Duc de Levy et du Prince
de Tingry ; le Marquis de Goebriant et le Marquis
de Livry le furent du Comte de Chatillon
et du Marquis de Beringhen. Les Chevaliers qui
venoient d'être reçûs ayant pris leurs places suivant
leur rang , le Roi sortit de la Chapelle , et
fut reconduit dans son appartement avec les ce →
rémonies accoûtumées. La Reine s'étoit renduë
avec les Dames de sa Cour dans la Tribune , d'où
elle avoit entendu la grande Messe.
Le premier Fevrier , M. Piat , Recteur de l'U
niversité , accompagné des Députés de sa Compagnie
, alla à Versailles présenter , selon l'usage,
un cierge au Roi et à la Reine. Il eut l'honneur
de haranguer L. M. séparément en présence de
leurs Cours . La même cerémonic fut observée à
l'égard de Monseigneur le Dauphin et de M. le
Duc d'Orleans , comme premier Prince du Sangs
de la Université alla chez M. le Cardinal Mi
nistre
FEVRIER. 1731. 393'
nistre , et ensuite chez M. le Chancelier et chez
M. le Garde des Sceaux , comme Chefs de la Justice
, et dans tous ces endroits M. le Recteur fit
des Harangues au nom de sa Compagnie , et
parla avec beaucoup d'éloquence et de dignité.
Le même jour , M. Chirac , Ancien Professeur
de l'Université de Montpellier , ci - devant Premier
Medecin du Duc d'Orleans , aujourd'hui
Premier Medecin du Roi , reçut au sujet de cette
Charge les complimens de la Faculté de Medecine
de Paris. M. Baron , Docteur Regent er
-Doyen de la Faculté , accompagné de huit Docteurs
, portant la parole , il parla en François
fort él quemment , et M. Chirac répondit avec
beaucoup de politesse et d'énergie.
Au commencement de ce mois , le Roi alla à
la Chasse dans le Parc de Versailles , et S. M.
tua en moins de trois heures de tems près de 300.
piéces de gibier , tant Lievres et Lapins que Farsans
et Perdrix.
Le 8, S. M.prit à Marli le divertissement d'une
course de Traîneaux sur la neige , qui représentoit
une chasse ; celui où le Roi étoit seul , étoit
suivi de quantité d'autres remplis de Seigneurs
et de Dames de la Cour. Les chevaux en étoient
singulierement et richement harnachés avec quantité
de noeuds de rubans , des aigrettes de plume
et des grelots. On avoit mis sur un grand Traineau
, conduit par le Comte de Fimarcon , la figure
d'un Cerf poursuivi par des Chiens , avec
des Piqueurs à cheval sonnant du cor , les autres
Traîneaux suivant à la file ; un autre grand Traîneau
en gondole , rempli de Dantes , étoit conduit
par le Comte de Roussi . Ce Divertissement
(I - qui
384 MERCURE DE FRANCE
qui fut fort goûté , dura prés de quatre heures .
La course passa deux fois sous les fenêtres de
l'appartement de la Reine.
> Le 31. du mois dernier vers les dix heures
du matin , le feu prit à une certaine quantité de
poudre et à des artifices qu'on travailloit dans une
maison à un étage du Faubourg S. Marceau , qui
sauta en l'air , et les maisons voisines ont été
fort endommagées. Une femme y a péri et plu
sieurs personnes ont été blessées. Le proprietaire
de ce Magasin est , dit- on , condamné à faire reparer
tous les dommages causés aux maisons cir-
Convoisines , ce qui avec la perte qu'il a faite
montera à plus de 50000. livres .
L'affaire de M. de la Jonchere , ci - devant
Trésorier General de l'Extraordinaire des Guerres
, a été terminée par Arrêt du Conseil du 16
Janvier dernier , qui le décharge des Jugemens
rendus à la Chambre de l'Arcenal , lesquels S M.
a déclaré comme non avenus..
Le 2 , Fête de la Purification de la Vierge , il y
eut Concert Spirituel au Château des Thuilleries,
qui commença par le Motet Exurgat Deus , de
M. de la Lande ; il fut suivi d'une Hymne à la
Vierge , chantée par la Dlle Le Maure. La Dlle
Erremens chanta un petit Motet , mis en Musique
par M. Mouret , qui fit beaucoup de plaisir ,
de même qu'un autre petit Motet nouveau de la
composition du sieur Le Maire. Le Concert fut
terminé par le Motet Dominus regnavit.
Le 15. de ce mois , la Reine accompagnée des
Dames de sa Cour , alla à l'Eglise Paroissiale de
Versailles , où S. M. assista au Sermon du Pere
Julien,
FEVRIER. 1731. 395
Julien , Religieux Recolet , et ensuite au Salut ,
pendant lequel le Te Deum fut chanté à l'occa
sion du jour de la Naissance du Roi.
Le 26 la Lotterie de la Compagnie des Indes
pour le remboursement des Actions fut tirée en
la maniere accoutumée à l'Hôtel de la Compagnie.
La liste des Numeros des Actions et Dixiémes
d'Actions , qui doivent être remboursées ,
a été rendue publique , faisant en tout le nombre
de 300. Actions.
Sur les représentations qui ont été faites que
les provisions du Carême ne sont pas assez abondantes
cette année , l'Archevêque de Paris a donné
un Mandement , par lequel il permet dans
tout son Diocese de manger des oeufs jusqu'au
Dimanche de la Passion. Le Parlement a aussi
rendu un Arrêt sur le même sujet.
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c.
L'essedans la Chapelle du Château de Ver
sailles , et S. M. communia par les mains du
Cardinal de Fleuri , son Grand- Aumônier.
E premier de ce mois , la Reine entendit la
Le 2. Fête de la Purification de la Șainte Vierge,
les Chevaliers , Commandeurs et Officiers des
Ordres du Roi s'étant rendus vers les onze heures
dans le Cabinet de S. M. le Roi tint un Cha ,
pitre , dans lequel le Duc de Levi , le Prince de
Tingry , le Comte de Chatillon et le Marquis
de Beringhen , Premier Ecuyer , qui avoient été
compris dans la promotion des Chevaliers de
l'Ordre du S. Esprit , proposés par S. M. le premier
du mois dernier , furent admis après que
l'Abbé de Pompone , Chancelier des Ordres du
Roi , cut rapporté qu'ils avoient satisfait à ce
qui est porté par les Statuts. Le Chapitre étant
fini , les quatre Chevaliers qui venoient d'être
admis , ct qui s'étoient rendus dans l'appartement
du Roi en habits de Novice , furent introduits
dans le Cabinet , où S. M. les fit Chevaliers de
l'Ordre de S. Michel.
Le Roi sortit ensuite de son appartement pour
aller à la Chapelle du Château de Versailles ;
S. M. étoit précedée du Duc d'Orleans , du Duc
de Bourbon , du Comte de Clermont , du Duc
du Maine , du Prince de Dombes , du Comte
› d'Eu ,
2
292 MERCURE DE FRANCE
d'Eu , du Comte de Toulouse et des Chevaliers ,
Commandeurs et Officiers de l'Ordre ; les Novi
ces marchoient entre les Chevaliers et les Officiers.
Le Roi devant lequel les deux Huissiers de
fa Chambre portoient leurs Masses , étoit en
Manteau , le Collier de l'Ordre par dessus , ainsi
les Chevaliers et le Cardinal de Bissi , Prélat,
Commandeur de l'Ordre du S. Esprit , marchoit
derriere S. M.
que
Le Roi assista à la benediction des Cierges , à
Procession et à la Grande Messe , qui fut celébrée
par l'Abbé Tesnieres , Chapelain ordinaire
de la Chapelle de Musique , et lors qu'elle fut finie
, le Roi quitta son Prie - Dieu et monta à son
Trône auprés de l'Autel , où S. M. reçût les nouveaux
Chevaliers , deux à deux, avec les cerémonies
ordinaires . Le Duc de Chaulnes et le Duc de Tal
lard furent Parrains du Duc de Levy et du Prince
de Tingry ; le Marquis de Goebriant et le Marquis
de Livry le furent du Comte de Chatillon
et du Marquis de Beringhen. Les Chevaliers qui
venoient d'être reçûs ayant pris leurs places suivant
leur rang , le Roi sortit de la Chapelle , et
fut reconduit dans son appartement avec les ce →
rémonies accoûtumées. La Reine s'étoit renduë
avec les Dames de sa Cour dans la Tribune , d'où
elle avoit entendu la grande Messe.
Le premier Fevrier , M. Piat , Recteur de l'U
niversité , accompagné des Députés de sa Compagnie
, alla à Versailles présenter , selon l'usage,
un cierge au Roi et à la Reine. Il eut l'honneur
de haranguer L. M. séparément en présence de
leurs Cours . La même cerémonic fut observée à
l'égard de Monseigneur le Dauphin et de M. le
Duc d'Orleans , comme premier Prince du Sangs
de la Université alla chez M. le Cardinal Mi
nistre
FEVRIER. 1731. 393'
nistre , et ensuite chez M. le Chancelier et chez
M. le Garde des Sceaux , comme Chefs de la Justice
, et dans tous ces endroits M. le Recteur fit
des Harangues au nom de sa Compagnie , et
parla avec beaucoup d'éloquence et de dignité.
Le même jour , M. Chirac , Ancien Professeur
de l'Université de Montpellier , ci - devant Premier
Medecin du Duc d'Orleans , aujourd'hui
Premier Medecin du Roi , reçut au sujet de cette
Charge les complimens de la Faculté de Medecine
de Paris. M. Baron , Docteur Regent er
-Doyen de la Faculté , accompagné de huit Docteurs
, portant la parole , il parla en François
fort él quemment , et M. Chirac répondit avec
beaucoup de politesse et d'énergie.
Au commencement de ce mois , le Roi alla à
la Chasse dans le Parc de Versailles , et S. M.
tua en moins de trois heures de tems près de 300.
piéces de gibier , tant Lievres et Lapins que Farsans
et Perdrix.
Le 8, S. M.prit à Marli le divertissement d'une
course de Traîneaux sur la neige , qui représentoit
une chasse ; celui où le Roi étoit seul , étoit
suivi de quantité d'autres remplis de Seigneurs
et de Dames de la Cour. Les chevaux en étoient
singulierement et richement harnachés avec quantité
de noeuds de rubans , des aigrettes de plume
et des grelots. On avoit mis sur un grand Traineau
, conduit par le Comte de Fimarcon , la figure
d'un Cerf poursuivi par des Chiens , avec
des Piqueurs à cheval sonnant du cor , les autres
Traîneaux suivant à la file ; un autre grand Traîneau
en gondole , rempli de Dantes , étoit conduit
par le Comte de Roussi . Ce Divertissement
(I - qui
384 MERCURE DE FRANCE
qui fut fort goûté , dura prés de quatre heures .
La course passa deux fois sous les fenêtres de
l'appartement de la Reine.
> Le 31. du mois dernier vers les dix heures
du matin , le feu prit à une certaine quantité de
poudre et à des artifices qu'on travailloit dans une
maison à un étage du Faubourg S. Marceau , qui
sauta en l'air , et les maisons voisines ont été
fort endommagées. Une femme y a péri et plu
sieurs personnes ont été blessées. Le proprietaire
de ce Magasin est , dit- on , condamné à faire reparer
tous les dommages causés aux maisons cir-
Convoisines , ce qui avec la perte qu'il a faite
montera à plus de 50000. livres .
L'affaire de M. de la Jonchere , ci - devant
Trésorier General de l'Extraordinaire des Guerres
, a été terminée par Arrêt du Conseil du 16
Janvier dernier , qui le décharge des Jugemens
rendus à la Chambre de l'Arcenal , lesquels S M.
a déclaré comme non avenus..
Le 2 , Fête de la Purification de la Vierge , il y
eut Concert Spirituel au Château des Thuilleries,
qui commença par le Motet Exurgat Deus , de
M. de la Lande ; il fut suivi d'une Hymne à la
Vierge , chantée par la Dlle Le Maure. La Dlle
Erremens chanta un petit Motet , mis en Musique
par M. Mouret , qui fit beaucoup de plaisir ,
de même qu'un autre petit Motet nouveau de la
composition du sieur Le Maire. Le Concert fut
terminé par le Motet Dominus regnavit.
Le 15. de ce mois , la Reine accompagnée des
Dames de sa Cour , alla à l'Eglise Paroissiale de
Versailles , où S. M. assista au Sermon du Pere
Julien,
FEVRIER. 1731. 395
Julien , Religieux Recolet , et ensuite au Salut ,
pendant lequel le Te Deum fut chanté à l'occa
sion du jour de la Naissance du Roi.
Le 26 la Lotterie de la Compagnie des Indes
pour le remboursement des Actions fut tirée en
la maniere accoutumée à l'Hôtel de la Compagnie.
La liste des Numeros des Actions et Dixiémes
d'Actions , qui doivent être remboursées ,
a été rendue publique , faisant en tout le nombre
de 300. Actions.
Sur les représentations qui ont été faites que
les provisions du Carême ne sont pas assez abondantes
cette année , l'Archevêque de Paris a donné
un Mandement , par lequel il permet dans
tout son Diocese de manger des oeufs jusqu'au
Dimanche de la Passion. Le Parlement a aussi
rendu un Arrêt sur le même sujet.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En février 1731, plusieurs événements notables se déroulèrent à la cour de France. Le 1er février, la Reine assista à la messe dans la Chapelle du Château de Versailles, tandis que le Roi tint un chapitre pour admettre de nouveaux Chevaliers de l'Ordre du Saint-Esprit. Les nouveaux Chevaliers intronisés furent le Duc de Levi, le Prince de Tingry, le Comte de Chatillon et le Marquis de Beringhen. Après la cérémonie, le Roi participa à la bénédiction des cierges, à la procession et à la grande messe, célébrée par l'Abbé Tesnieres. La Reine, accompagnée des Dames de sa Cour, écouta la messe depuis la tribune. Le même jour, M. Piat, Recteur de l'Université, accompagné des Députés de sa Compagnie, présenta un cierge au Roi et à la Reine à Versailles et prononça des harangues en leur présence. La même cérémonie fut observée auprès du Dauphin et du Duc d'Orléans. Le Recteur adressa également des harangues au Cardinal Ministre, au Chancelier et au Garde des Sceaux. M. Chirac, Premier Médecin du Roi, reçut les compliments de la Faculté de Médecine de Paris. Le 8 février, le Roi organisa une course de traîneaux à Marli, représentant une chasse, qui fut appréciée par la Cour. Le 31 janvier, un incendie dû à l'explosion de poudre endommagea plusieurs maisons dans le Faubourg Saint-Marceau, causant la mort d'une femme et blessant plusieurs personnes. Le 2 février, un concert spirituel eut lieu au Château des Tuileries, incluant des motets et des hymnes. Le 15 février, la Reine assista à un sermon et au Salut à l'Église Paroissiale de Versailles, où le Te Deum fut chanté pour célébrer la naissance du Roi. Le 26 février, la lotterie de la Compagnie des Indes pour le remboursement des actions fut tirée à l'Hôtel de la Compagnie. En raison de la pénurie de provisions de Carême, l'Archevêque de Paris permit la consommation d'œufs jusqu'au Dimanche de la Passion, et le Parlement rendit un arrêt sur le même sujet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 395-398
Concerts de la Cour, [titre d'après la table]
Début :
Le 1. Janvier, les Hautbois de la Chambre du Roy [...]
Mots clefs :
Musique, Concert, Opéra, Carême
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Concerts de la Cour, [titre d'après la table]
Le 1. Janvier , les Hautbois de la Chambre du
Roy jouerent , suivant l'usage ordinaite, au lever
de S. M. plusieurs Airs tirez des oeuvres de M.
de Lully.
Le même jour, M. Destouches , Sur- Intendant
de la Musique de la Chambre du Roy , donna
un Concert formé d'une suite d'Airs de sa composition
, qui fut executé par les 24 Violons de
la Chambre , au dîner du Roy et de la Reine ,
dont Leurs Majestez parurent très- contentes .
Le 8 , M.Destouches fit chanter à Marly ,devant
la Reine , le second et le troisiéme Acte d'Hesione
, dont le premier Acte avoit eté chanté à
la fin de Decembre. La Dile Antier chanta le Rôle
de Venus,et le sieur Dangerville celui d'Anchi e ,
avec beaucoup d'aplaudissemens. La De Lenner
pas moins de plaisir dans le Rôle d' Hesio- ne fit
I ij ne ,
395 MERCURE DE FRANCE.
pe , qu'elle chanta avec autant de gout que de
précision , le reste fut executé d'une façon trèsbrillante.
Le 10 on continua le quatrième et le cinquiéme
Acte du même Opera , le Poëme est de M. Danchet
, et la Musique de M. Campra , dont on
connoît les grands talens.
Le 1s on chanta devant la Reine le Prologue
et le premier Acte de l'Opera de Semiramis , de
la composition de M. Destouches , qu'on conti
nua le 17 et le 22. La De Antier chanta le principal
Rôle dans la plus grande perfection ; la
Die Lenner fit celui d'Amestris avec succès , et
le sieur d'Angerville , dont le talent embrasse
tous les genres de la Declamation Lyrique , merita
les applaudissemens de la Cour , dans le Role
de Zoroastre. Les Airs détachez furent chantez
par les DesRobelin et Barbier ; le sieur Le Prince
chanta ceux du second Acte avec beaucoup de
grace ; l'execution des Choeurs et de la simphonie
fut parfaite. La Reine , qui ne connoissoir
point cet Opera , en marqua , en differentes fois,
son extréme satisfaction à l'Auteur.
Le 24, S. M. ordonna un Concert du Ballet
des Elemens , dont elle entendit le Prologue et
les deux premiers Actes. Le Rôle de Venus ou
Prologue fut chanté par la Dle Julie de Monville
, qui paroissoit pour la premiere fois devant
la Reine , sa voix est forte et a de l'étenduë. L'e
sieur Dangerville chanta les Rôles du Destin êt
d'Ixion , et les Des Erremens , Lenner , et le
sieur Guedon , ceux de Junon , de Leucorie , et
'Arion.
Le 29 on chanta à Versailles les deux derniers
Actes du même Ballet ; les Rôles d'Emilie et de
Pomone furent chantez par la Dlle Antier ,et ceux
de Valere et de Vertumne par les sieurs Dangers
ville et Guedon . Le
FEVRIER. 1731. 327
Le 3. Fevrier , M. Destouches fit chanter à
Marly le Prologue et les deux premiers Actes de
son Ballet du Carnaval et de la Folie , qu'on
continua les , avec une Ariete et un Chour
nouveau , accompagné de Trompettes , de la com
position du même Auteur, lequel fut tres aplaudi
Les Rôles de Junon et de Jupiter furent remplie
par la De Lenner et le sieur Dangerville , ceux
de Mercure et de Momus par les sieurs le Prince
et Godeneche. La De Pelissier chanta le Rôle de
la Folie dans les deux premiers Actes ; mais s'étant
trouvée indisposé : le Lundy suivant , la Dile
Lenner remplit sa place dans les deux derniers
Actes . Le sieur Dangerville chanta avec une noble
gayeté le Rôle du Carnaval, Ceux du Profes
seur de Folie et de l'Ecolier furent chantez par
les sieurs Le Prince et Guedon ; ce premier chan
ta aussi le Rôle de Plutus , et la De Barbier
celui de la Jeunesse. Ce Balet fut tres -bien reçu ,
et fit d'autant plus de plaisir , qu'il convenoit
fort au temps du Carnaval.
Le 12 , la Cour étant à Versailles , la Reine
ordonna pour Concert l'Opera d'Omphale , du
même Auteur , dont S. M. entendit le Prologue
et le premier Acte ; les quatre autres furent continuez
le 14. et le 19. L'execution de cet Opera
fit des plus parfaites les Des Antier et Lenner
chanterent les Rôles d'Argine et d'Omphale avec
grand succés , ainsi que celui d'Hercule par le
sieur Dangerville ; le sieur Guedon fit le Rôle
d'Iphis , et la De Barbier chanta celui d'une des
Graces avec beaucup de legereté et de précision ,
et la De Robelin executa les Airs détachez du
troisiéme Acte avec l'applaudissement des Connoisseurs.
Le dernier Concert de cet Opera fut
terminé par le Choeur de Timballes et Trompettes
qu'on avoit entendu à Marly , et par la
I iij Can
1
{
1
398 MERCURE DE FRANCE
tate de la Musette de M. de Clerambaut , chantée
la Dle de Monville.
par
Le même jour 12 Fevrier , après le Concert
des premiers Actes de cet Opera , la Reine qui
avoit entendu parler avantageusement des Bruwettes
en Duo , à voix égales , de Mrs Cochereau
et Allarius , les demanda . Elles furent chantées
dans la plus grande perfection par les Diles
Antier et Misnier , et firent tant de plaisir , que
S. M. les fit chanter encore par les mêmes Diles
le 20 et le 26.
>
Le 21 la Reine entendit le Prologue et le premier
Acte du Ballet de Prothée , de la composition
de M. Gervais , Maître de Musique de la
Chapelle du Roy. Les Diles Antier et Lenner firent
les Rôles de Pomone et de Therone , et les
sieurs Dangerville et Godoneche ceux de Prothée
et de Vertumne. On a continué le même Balet le
26 , et le dernier du mois on a chanté , par ordre
de la Reine , l'Opera d'Issé , de la compositionde
M. Destouches , qui a terminé les Concerts
qui ont été donnez pendant le Carême .
Roy jouerent , suivant l'usage ordinaite, au lever
de S. M. plusieurs Airs tirez des oeuvres de M.
de Lully.
Le même jour, M. Destouches , Sur- Intendant
de la Musique de la Chambre du Roy , donna
un Concert formé d'une suite d'Airs de sa composition
, qui fut executé par les 24 Violons de
la Chambre , au dîner du Roy et de la Reine ,
dont Leurs Majestez parurent très- contentes .
Le 8 , M.Destouches fit chanter à Marly ,devant
la Reine , le second et le troisiéme Acte d'Hesione
, dont le premier Acte avoit eté chanté à
la fin de Decembre. La Dile Antier chanta le Rôle
de Venus,et le sieur Dangerville celui d'Anchi e ,
avec beaucoup d'aplaudissemens. La De Lenner
pas moins de plaisir dans le Rôle d' Hesio- ne fit
I ij ne ,
395 MERCURE DE FRANCE.
pe , qu'elle chanta avec autant de gout que de
précision , le reste fut executé d'une façon trèsbrillante.
Le 10 on continua le quatrième et le cinquiéme
Acte du même Opera , le Poëme est de M. Danchet
, et la Musique de M. Campra , dont on
connoît les grands talens.
Le 1s on chanta devant la Reine le Prologue
et le premier Acte de l'Opera de Semiramis , de
la composition de M. Destouches , qu'on conti
nua le 17 et le 22. La De Antier chanta le principal
Rôle dans la plus grande perfection ; la
Die Lenner fit celui d'Amestris avec succès , et
le sieur d'Angerville , dont le talent embrasse
tous les genres de la Declamation Lyrique , merita
les applaudissemens de la Cour , dans le Role
de Zoroastre. Les Airs détachez furent chantez
par les DesRobelin et Barbier ; le sieur Le Prince
chanta ceux du second Acte avec beaucoup de
grace ; l'execution des Choeurs et de la simphonie
fut parfaite. La Reine , qui ne connoissoir
point cet Opera , en marqua , en differentes fois,
son extréme satisfaction à l'Auteur.
Le 24, S. M. ordonna un Concert du Ballet
des Elemens , dont elle entendit le Prologue et
les deux premiers Actes. Le Rôle de Venus ou
Prologue fut chanté par la Dle Julie de Monville
, qui paroissoit pour la premiere fois devant
la Reine , sa voix est forte et a de l'étenduë. L'e
sieur Dangerville chanta les Rôles du Destin êt
d'Ixion , et les Des Erremens , Lenner , et le
sieur Guedon , ceux de Junon , de Leucorie , et
'Arion.
Le 29 on chanta à Versailles les deux derniers
Actes du même Ballet ; les Rôles d'Emilie et de
Pomone furent chantez par la Dlle Antier ,et ceux
de Valere et de Vertumne par les sieurs Dangers
ville et Guedon . Le
FEVRIER. 1731. 327
Le 3. Fevrier , M. Destouches fit chanter à
Marly le Prologue et les deux premiers Actes de
son Ballet du Carnaval et de la Folie , qu'on
continua les , avec une Ariete et un Chour
nouveau , accompagné de Trompettes , de la com
position du même Auteur, lequel fut tres aplaudi
Les Rôles de Junon et de Jupiter furent remplie
par la De Lenner et le sieur Dangerville , ceux
de Mercure et de Momus par les sieurs le Prince
et Godeneche. La De Pelissier chanta le Rôle de
la Folie dans les deux premiers Actes ; mais s'étant
trouvée indisposé : le Lundy suivant , la Dile
Lenner remplit sa place dans les deux derniers
Actes . Le sieur Dangerville chanta avec une noble
gayeté le Rôle du Carnaval, Ceux du Profes
seur de Folie et de l'Ecolier furent chantez par
les sieurs Le Prince et Guedon ; ce premier chan
ta aussi le Rôle de Plutus , et la De Barbier
celui de la Jeunesse. Ce Balet fut tres -bien reçu ,
et fit d'autant plus de plaisir , qu'il convenoit
fort au temps du Carnaval.
Le 12 , la Cour étant à Versailles , la Reine
ordonna pour Concert l'Opera d'Omphale , du
même Auteur , dont S. M. entendit le Prologue
et le premier Acte ; les quatre autres furent continuez
le 14. et le 19. L'execution de cet Opera
fit des plus parfaites les Des Antier et Lenner
chanterent les Rôles d'Argine et d'Omphale avec
grand succés , ainsi que celui d'Hercule par le
sieur Dangerville ; le sieur Guedon fit le Rôle
d'Iphis , et la De Barbier chanta celui d'une des
Graces avec beaucup de legereté et de précision ,
et la De Robelin executa les Airs détachez du
troisiéme Acte avec l'applaudissement des Connoisseurs.
Le dernier Concert de cet Opera fut
terminé par le Choeur de Timballes et Trompettes
qu'on avoit entendu à Marly , et par la
I iij Can
1
{
1
398 MERCURE DE FRANCE
tate de la Musette de M. de Clerambaut , chantée
la Dle de Monville.
par
Le même jour 12 Fevrier , après le Concert
des premiers Actes de cet Opera , la Reine qui
avoit entendu parler avantageusement des Bruwettes
en Duo , à voix égales , de Mrs Cochereau
et Allarius , les demanda . Elles furent chantées
dans la plus grande perfection par les Diles
Antier et Misnier , et firent tant de plaisir , que
S. M. les fit chanter encore par les mêmes Diles
le 20 et le 26.
>
Le 21 la Reine entendit le Prologue et le premier
Acte du Ballet de Prothée , de la composition
de M. Gervais , Maître de Musique de la
Chapelle du Roy. Les Diles Antier et Lenner firent
les Rôles de Pomone et de Therone , et les
sieurs Dangerville et Godoneche ceux de Prothée
et de Vertumne. On a continué le même Balet le
26 , et le dernier du mois on a chanté , par ordre
de la Reine , l'Opera d'Issé , de la compositionde
M. Destouches , qui a terminé les Concerts
qui ont été donnez pendant le Carême .
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Résumé : Concerts de la Cour, [titre d'après la table]
En janvier 1731, les Hautbois de la Chambre du Roi interprétèrent des airs de Lully au lever du roi. Le même jour, M. Destouches, Sur-Intendant de la Musique de la Chambre du Roi, organisa un concert avec les 24 Violons de la Chambre, exécutant des airs de sa composition au dîner du roi et de la reine, qui en furent très satisfaits. Le 8 janvier, Destouches fit chanter les deuxième et troisième actes de l'opéra Hésione devant la reine à Marly, avec les chanteurs Dile Antier, Dangerville et De Lenner, qui reçurent des applaudissements. Les 10, 15, 17 et 22 janvier, les quatrième et cinquième actes du même opéra, ainsi que les actes de Semiramis de Destouches, furent exécutés, avec des rôles interprétés par De Antier, De Lenner et Dangerville, entre autres. Le 24 janvier, le roi ordonna un concert du Ballet des Éléments, avec des rôles chantés par Dlle Julie de Monville, Dangerville, Des Erremens, De Lenner et Guedon. Le 29 janvier, les deux derniers actes du même ballet furent chantés à Versailles. En février, Destouches fit chanter les actes de son Ballet du Carnaval et de la Folie les 3 et 5 février à Marly, avec des rôles interprétés par De Lenner, Dangerville, Le Prince et Guedon. Le 12 février, la reine ordonna un concert de l'opéra Omphale de Destouches à Versailles, avec des rôles chantés par De Antier, De Lenner, Dangerville et Guedon. Le 21 février, la reine écouta le Ballet de Prothée de M. Gervais, avec des rôles interprétés par De Antier, De Lenner, Dangerville et Godoneche. Le dernier jour de février, l'opéra Issé de Destouches fut chanté, marquant la fin des concerts du Carême.
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3
p. 398-399
BENEFICES DONNEZ.
Début :
L'Evêché de Soissons, vacant par la démission de M. Languet [...]
Mots clefs :
Évêché, Abbaye, Diocèse, Confesseur
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texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ.
BENEFICES DONNE Z.
LEV
'Evêché de Soissons , vacant par la démission
de M.Languet de la Villeneuve de Gergy,
a été donné à M. René de Sesmaisons , Aumônier
du Roi , et Vicaire General de Poitiers. "
L'Abbaye de S. Quentin- lès - Beauvais , vacante
par le décès de M. de Mornay de Montchevreuil,
en faveur de M. Louis Labiszensky , Prêtre du
Diocèse de Vladislavie en Pologne , Chanoine de
Lencice , & Confesseur de la Reine.
L'Abbaye de S. Jacques de Provins , Ordre de S. Augustin,
Diocèse de Sens, vacante par le décès de M.
Pajot
FEVRIER. 1731 . 299
Pajot , en faveur de M. Jean-Cezar de la Parisiere
, Evêque de Nîmes .
L'Abbaye de S. Loup , Ordre de S. Augustin ,
Doicése de Troyes , vacante par le décès de M. de
Bouthillier de Chavigny , Archevêque de Sens
en faveur de M. Jean Baptiste Pajot , Soudiacre.
du Diocèse de Paris et Conseiller au Parlement.
L'Abbaye de S. Sauve , de Montreuil, Ordre de
S. Benoît , Diocèse d'Amiens , vacante par le décès
du dernier Titulaire , en faveur de M. Perrinot
de Cernay , Prêtre du Diocése de Bezançon.
L'Abbaye de Valsainte , Ordre de Cîteaux
Diocése d'Apt , vacante par le décès de M. Pajot
en faveur de M. Narbonne Pelet , Prêtre , Vicaire
General d'Arles , et Doyen de Beaucaire.
Le Prieuré de S. Denis de Marnay , vacant par
le décés de M. de Bouthillier de Chavigny , Archevêque
de Sens , en faveur de M. Barthelemy
Gautier de Billancour , Clerc Tonsuré du Diocése
de Paris.
LEV
'Evêché de Soissons , vacant par la démission
de M.Languet de la Villeneuve de Gergy,
a été donné à M. René de Sesmaisons , Aumônier
du Roi , et Vicaire General de Poitiers. "
L'Abbaye de S. Quentin- lès - Beauvais , vacante
par le décès de M. de Mornay de Montchevreuil,
en faveur de M. Louis Labiszensky , Prêtre du
Diocèse de Vladislavie en Pologne , Chanoine de
Lencice , & Confesseur de la Reine.
L'Abbaye de S. Jacques de Provins , Ordre de S. Augustin,
Diocèse de Sens, vacante par le décès de M.
Pajot
FEVRIER. 1731 . 299
Pajot , en faveur de M. Jean-Cezar de la Parisiere
, Evêque de Nîmes .
L'Abbaye de S. Loup , Ordre de S. Augustin ,
Doicése de Troyes , vacante par le décès de M. de
Bouthillier de Chavigny , Archevêque de Sens
en faveur de M. Jean Baptiste Pajot , Soudiacre.
du Diocèse de Paris et Conseiller au Parlement.
L'Abbaye de S. Sauve , de Montreuil, Ordre de
S. Benoît , Diocèse d'Amiens , vacante par le décès
du dernier Titulaire , en faveur de M. Perrinot
de Cernay , Prêtre du Diocése de Bezançon.
L'Abbaye de Valsainte , Ordre de Cîteaux
Diocése d'Apt , vacante par le décès de M. Pajot
en faveur de M. Narbonne Pelet , Prêtre , Vicaire
General d'Arles , et Doyen de Beaucaire.
Le Prieuré de S. Denis de Marnay , vacant par
le décés de M. de Bouthillier de Chavigny , Archevêque
de Sens , en faveur de M. Barthelemy
Gautier de Billancour , Clerc Tonsuré du Diocése
de Paris.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ.
En février 1731, plusieurs bénéfices ecclésiastiques ont été attribués suite à des vacances causées par des décès ou des démissions. L'évêché de Soissons, vacant après la démission de M. Languet de la Villeneuve de Gergy, a été confié à M. René de Sesmaisons, Aumônier du Roi et Vicaire Général de Poitiers. L'abbaye de Saint-Quentin-lès-Beauvais, vacante après le décès de M. de Mornay de Montchevreuil, a été donnée à M. Louis Labiszensky, Prêtre du Diocèse de Vladislavie en Pologne, Chanoine de Lencice et Confesseur de la Reine. L'abbaye de Saint-Jacques de Provins, Ordre de Saint-Augustin, Diocèse de Sens, vacante après le décès de M. Pajot, a été attribuée à M. Jean-Cezar de la Parisiere, Évêque de Nîmes. L'abbaye de Saint-Loup, Ordre de Saint-Augustin, Diocèse de Troyes, vacante après le décès de M. de Bouthillier de Chavigny, Archevêque de Sens, a été confiée à M. Jean Baptiste Pajot, Sous-diacre du Diocèse de Paris et Conseiller au Parlement. L'abbaye de Saint-Sauve de Montreuil, Ordre de Saint-Benoît, Diocèse d'Amiens, vacante après le décès du dernier titulaire, a été donnée à M. Perrinot de Cernay, Prêtre du Diocèse de Besançon. L'abbaye de Valsainte, Ordre de Cîteaux, Diocèse d'Apt, vacante après le décès de M. Pajot, a été attribuée à M. Narbonne Pelet, Prêtre, Vicaire Général d'Arles et Doyen de Beaucaire. Enfin, le prieuré de Saint-Denis de Marnay, vacant après le décès de M. de Bouthillier de Chavigny, Archevêque de Sens, a été confié à M. Barthélemy Gautier de Billancour, Clerc Tonsuré du Diocèse de Paris.
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4
p. 399-403
MORTS, NAISSANCES,
Début :
Le nommé Sylvain Pruneau, Maçon, mourut à Paris le 3. [...]
Mots clefs :
Comte, Épouse, Conseiller, Gouverneur, Chevalier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES,
MORTS , NAISSANCES ,
Proica, sur la Paroisse de
E nommé Sylvain Pruneau , Maçon , mousut
>
La
S. Nicolas des Champs , dans la 111e année de
son âge.
François-Paul de Neuville de Villeroy , Prélat
Commandeur de l'Ordre du S. Esprit, Archevêque
de Lyon & Abbé de Fécamp , mourut dans son
Diocése le 6. de ce mois , dans la 54º année de
son âge.
Dame Catherine -Magdelaine Daniau de Saint
Gilles , Epouse de M.Jean-Louis , Comte d'Haurefort
de Bosein , Maréchal des Camps et Armées
I iiij
du
400 MERCURE DE FRANCE.
}
du Roi , Gouverneur des Ville , Château & Forts
de S. Malo , veuve du Comte de Vertillac , Maréchal
de Camp , Gouverneur de Mons , Lieutenant
de Roi de Périgord , mourut à Paris le 6.
de ce mois , âgée de 68. ans , sans laisser de posterité
de son second Mariage ; il ne lui reste de
sa premiere Alliance qu'une fille mariée au Comte
de Vertillac , Gouverneur & Sénechal de Perigord.
M. Henry Bochard de Champigny , Prévôt de
l'Eglise de S. Pierre de Lille , et Abbé d'Auberive,
Diocese de Langres , mourut à Lille le 11. de ce
mois , dans la 8re année de son âge .
Antoine Grimaldi , Prince de Monaco , Duc
de Valentinois , Pair de France , Chevalier des
Ordres du Roi , mourut à Monaco le 20. de ce
mois , dans la 7 re année de son âge, étant né le 27.
Janvier 1661. Il étoit fils de Louis Grimaldi
Prince de Monaco , mort à Rome le 3. Janvier
1701. et Catherine Charlotte de Grammont F
morte à Paris le . 4. Juin 1678. Il avoit épousé le
12. Juin 1688. Marie de Lorraine , fille de Louis
de Lorraine , Comte d'Armagnac , Grand-Ecuyer
de France , morte le 30. Octobre 1724 I laisse
de ce Mariage la Duchesse de Valentinois et la
Princesse d'Isenghien.
>
M. Nicolas-Remy Frizon , Seigneur de Blamont
cy -devant Président en la quatriéme
Chambre des Enquêtes , et President Honoraire
au Parlement , mourut le 23. Février , dans la 62
année de son âge.
1 D. Catherine Constance - Emilie Arnauld de
Pomponne , Epouse de Jean-Joachim Rouault ,
Comte de Cayeux , Brigadier des Armées du Roi ,
accoucha le 16. Janvier d'un fils , qui fut nommé
Alophe- Félicité , par Louis- Alophe Rouault ,
Conseiller
FEVRIER.. 1731. 451
Conseiller d'Etat , Auditeur de Rotte pour la
France , Abbé de Montmajour , représenté par
Claude-Jean-Baptiste Hyacinte -Joachim Rouault,
Marquis de Gamache , Gouverneur de S. Valery,
&c. Lieutenant General des Armées du Roi , et
par D. Catherine- Félicité Arnauld de Pomponne ,
Epouse de Jean - Baptiste Colbert , Marquis d'
Torcy , Ministre d'Etat , Commandeur des Or
dres du Roy.
D. Marie Megret , Epouse de Claude Pellot ,
Chevalier Comte de Trévieres , Conseiller au Par
lement,accoucha le 28.Fev.d'un fils , qui fut nommé
Auguste- Louis - Denis par Denis Aug. Comte
de la Eare , Maréchal de Camp , Commandeur de
l'Ordre de S. Louis , Gouverneur de Ville- Franche
, et Baron des Etats de Languedoc , et par
D. Louise - Françoise Joly de Fleury , Epouse de
Jean- Nicolas Megret de Serilly , Avocat General
de la Cour des Aydes.
--
Dame Marie Anne Robillard , femme de
M'. Louis - Pierre d'Hozier , Juge d'Armes de
France , Chevalier de l'Ordre du Roi , son Conseiller
, Maître ordinaire en sa Chambre des
Comptes de Paris , et Généalogiste de la Maison.
et des Ecuries de Sa Majesté , et de celles de la
Reine , accoucha le 18 Janv . d'un fils , qui fut
nommé Charles - Pierre , par M. Charles d'Ho
zier , son grand Oncle , âgé de 91 ans.
2
2
D. Catherine Scholastique Bazin de Bezons
épouse de N. Hubert , Vicomte d'Aubusson
Comte de la Feuillade , Premier Baron de la Mar,
che , Seigneur du Duché de Roanez , &c. Mestre
de Camp du Regiment Royal Piémont , Cavalerie
, accoucha le 31. Janv.d'une fille, qui fut tenue:
sur les Fonts , et nommée Louise - Anne - Gabrielle
, par M. Armand Bazin de Bezons , Evê
que de Carcassonne et par D. Louise.- Mader
I V laine
402 MERCURE DE FRANCE
laine le Blanc , veuve d'Esprit -Juvenal de Har
ville , des Ursins , Marquis de Traisnel. La Cé
rémonie du Baptême fut faite par M. César le
Blanc , Evêque d'Avranches .
D. Jeanne-Catherine Coustard , épouse de Basile
- Claude-Henry Anjorrant , Conseiller au Parlement
, accoucha le 7 Fév. d'un fils, qui fut tenu
sur les Fonts , et nommé Claude - Joseph , par
Pierre-Joseph Dufort , Conseiller du Roy , Maître
Ordinaire en sa Chambre des Comptes, et par
D. Catherine Croizet , veuve de François - Guiflaume
Briçonnet , Chevalier , Seigneur de Millemant
, Comte d'Auteuil, Président au Parlement .
Il y a dans l'Article des Morts , du Mercure de
Janvier dernier une faute considérable , pag. 178 .
au sujet de la mort de Dame Eléonore de Maccarti
Réagh, &c. en ce que on a imprimé Mavarti
, au lieu de Maccarti , qui est le veritable
nom de cette Illustre Dame.La faute ne vient pas
de nous , mais de la personne qui a envoyé le
Mémoire sur lequel nous avons imprimé. Ces
sortes de méprises sont presque inévitables à notre
égard , mais elles sont aisées à réparer quand
nous en sommes avertis. Il n'en est pas de même
à l'égard des Registres publics , qui souvent n'en
sont pas exempts. Nous recevons quelquefois des
Extraits de ces Registres , qui ont besoin de correction
; nous rectifions les choses autant que
nous le pouvons ; mais cela ne remedie point à
ce qui pêche dans l'Original ; et la conséquence
en est tres grande.
La Dame qui donne lieu à cette remarque
éroit de la premiere Maison d'Irlande , et de la
Branche aînée de cette Maison , tres- connue en
Fance depuis long- temps ; et depuis peu par
Milord Montcassel , Lieutenant General, &c. son
trèsFEVRIER.
1731. 403
✔
très proche parent , mort au service du Roy
et par M. Maccarty Reagh , frere de cette Dame,
Chef de sa Maison , qui avoit amené en France
étant encore fort jeune, un Régiment , tout composé
de ses vassaux . Il a été tué , ainsi que
frere unique , au service du Roy. On est redevable
de cette instruction à M. l'Abbé Hassett , Irlandois
, Docteur de Sorbonne , & c.
Proica, sur la Paroisse de
E nommé Sylvain Pruneau , Maçon , mousut
>
La
S. Nicolas des Champs , dans la 111e année de
son âge.
François-Paul de Neuville de Villeroy , Prélat
Commandeur de l'Ordre du S. Esprit, Archevêque
de Lyon & Abbé de Fécamp , mourut dans son
Diocése le 6. de ce mois , dans la 54º année de
son âge.
Dame Catherine -Magdelaine Daniau de Saint
Gilles , Epouse de M.Jean-Louis , Comte d'Haurefort
de Bosein , Maréchal des Camps et Armées
I iiij
du
400 MERCURE DE FRANCE.
}
du Roi , Gouverneur des Ville , Château & Forts
de S. Malo , veuve du Comte de Vertillac , Maréchal
de Camp , Gouverneur de Mons , Lieutenant
de Roi de Périgord , mourut à Paris le 6.
de ce mois , âgée de 68. ans , sans laisser de posterité
de son second Mariage ; il ne lui reste de
sa premiere Alliance qu'une fille mariée au Comte
de Vertillac , Gouverneur & Sénechal de Perigord.
M. Henry Bochard de Champigny , Prévôt de
l'Eglise de S. Pierre de Lille , et Abbé d'Auberive,
Diocese de Langres , mourut à Lille le 11. de ce
mois , dans la 8re année de son âge .
Antoine Grimaldi , Prince de Monaco , Duc
de Valentinois , Pair de France , Chevalier des
Ordres du Roi , mourut à Monaco le 20. de ce
mois , dans la 7 re année de son âge, étant né le 27.
Janvier 1661. Il étoit fils de Louis Grimaldi
Prince de Monaco , mort à Rome le 3. Janvier
1701. et Catherine Charlotte de Grammont F
morte à Paris le . 4. Juin 1678. Il avoit épousé le
12. Juin 1688. Marie de Lorraine , fille de Louis
de Lorraine , Comte d'Armagnac , Grand-Ecuyer
de France , morte le 30. Octobre 1724 I laisse
de ce Mariage la Duchesse de Valentinois et la
Princesse d'Isenghien.
>
M. Nicolas-Remy Frizon , Seigneur de Blamont
cy -devant Président en la quatriéme
Chambre des Enquêtes , et President Honoraire
au Parlement , mourut le 23. Février , dans la 62
année de son âge.
1 D. Catherine Constance - Emilie Arnauld de
Pomponne , Epouse de Jean-Joachim Rouault ,
Comte de Cayeux , Brigadier des Armées du Roi ,
accoucha le 16. Janvier d'un fils , qui fut nommé
Alophe- Félicité , par Louis- Alophe Rouault ,
Conseiller
FEVRIER.. 1731. 451
Conseiller d'Etat , Auditeur de Rotte pour la
France , Abbé de Montmajour , représenté par
Claude-Jean-Baptiste Hyacinte -Joachim Rouault,
Marquis de Gamache , Gouverneur de S. Valery,
&c. Lieutenant General des Armées du Roi , et
par D. Catherine- Félicité Arnauld de Pomponne ,
Epouse de Jean - Baptiste Colbert , Marquis d'
Torcy , Ministre d'Etat , Commandeur des Or
dres du Roy.
D. Marie Megret , Epouse de Claude Pellot ,
Chevalier Comte de Trévieres , Conseiller au Par
lement,accoucha le 28.Fev.d'un fils , qui fut nommé
Auguste- Louis - Denis par Denis Aug. Comte
de la Eare , Maréchal de Camp , Commandeur de
l'Ordre de S. Louis , Gouverneur de Ville- Franche
, et Baron des Etats de Languedoc , et par
D. Louise - Françoise Joly de Fleury , Epouse de
Jean- Nicolas Megret de Serilly , Avocat General
de la Cour des Aydes.
--
Dame Marie Anne Robillard , femme de
M'. Louis - Pierre d'Hozier , Juge d'Armes de
France , Chevalier de l'Ordre du Roi , son Conseiller
, Maître ordinaire en sa Chambre des
Comptes de Paris , et Généalogiste de la Maison.
et des Ecuries de Sa Majesté , et de celles de la
Reine , accoucha le 18 Janv . d'un fils , qui fut
nommé Charles - Pierre , par M. Charles d'Ho
zier , son grand Oncle , âgé de 91 ans.
2
2
D. Catherine Scholastique Bazin de Bezons
épouse de N. Hubert , Vicomte d'Aubusson
Comte de la Feuillade , Premier Baron de la Mar,
che , Seigneur du Duché de Roanez , &c. Mestre
de Camp du Regiment Royal Piémont , Cavalerie
, accoucha le 31. Janv.d'une fille, qui fut tenue:
sur les Fonts , et nommée Louise - Anne - Gabrielle
, par M. Armand Bazin de Bezons , Evê
que de Carcassonne et par D. Louise.- Mader
I V laine
402 MERCURE DE FRANCE
laine le Blanc , veuve d'Esprit -Juvenal de Har
ville , des Ursins , Marquis de Traisnel. La Cé
rémonie du Baptême fut faite par M. César le
Blanc , Evêque d'Avranches .
D. Jeanne-Catherine Coustard , épouse de Basile
- Claude-Henry Anjorrant , Conseiller au Parlement
, accoucha le 7 Fév. d'un fils, qui fut tenu
sur les Fonts , et nommé Claude - Joseph , par
Pierre-Joseph Dufort , Conseiller du Roy , Maître
Ordinaire en sa Chambre des Comptes, et par
D. Catherine Croizet , veuve de François - Guiflaume
Briçonnet , Chevalier , Seigneur de Millemant
, Comte d'Auteuil, Président au Parlement .
Il y a dans l'Article des Morts , du Mercure de
Janvier dernier une faute considérable , pag. 178 .
au sujet de la mort de Dame Eléonore de Maccarti
Réagh, &c. en ce que on a imprimé Mavarti
, au lieu de Maccarti , qui est le veritable
nom de cette Illustre Dame.La faute ne vient pas
de nous , mais de la personne qui a envoyé le
Mémoire sur lequel nous avons imprimé. Ces
sortes de méprises sont presque inévitables à notre
égard , mais elles sont aisées à réparer quand
nous en sommes avertis. Il n'en est pas de même
à l'égard des Registres publics , qui souvent n'en
sont pas exempts. Nous recevons quelquefois des
Extraits de ces Registres , qui ont besoin de correction
; nous rectifions les choses autant que
nous le pouvons ; mais cela ne remedie point à
ce qui pêche dans l'Original ; et la conséquence
en est tres grande.
La Dame qui donne lieu à cette remarque
éroit de la premiere Maison d'Irlande , et de la
Branche aînée de cette Maison , tres- connue en
Fance depuis long- temps ; et depuis peu par
Milord Montcassel , Lieutenant General, &c. son
trèsFEVRIER.
1731. 403
✔
très proche parent , mort au service du Roy
et par M. Maccarty Reagh , frere de cette Dame,
Chef de sa Maison , qui avoit amené en France
étant encore fort jeune, un Régiment , tout composé
de ses vassaux . Il a été tué , ainsi que
frere unique , au service du Roy. On est redevable
de cette instruction à M. l'Abbé Hassett , Irlandois
, Docteur de Sorbonne , & c.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES,
En février 1731, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Sylvain Pruneau, maçon, est décédé à l'âge de 111 ans à la paroisse de Saint-Nicolas-des-Champs. François-Paul de Neuville de Villeroy, archevêque de Lyon et abbé de Fécamp, est mort à 54 ans. Dame Catherine-Magdelaine Daniau de Saint-Gilles, veuve du comte de Vertillac, est décédée à Paris à l'âge de 68 ans. Henry Bochard de Champigny, prévôt de l'église de Saint-Pierre de Lille, est mort à 8 ans. Antoine Grimaldi, prince de Monaco, est décédé à 73 ans, laissant deux filles de son mariage avec Marie de Lorraine. Nicolas-Rémy Frizon, ancien président au Parlement, est mort à 62 ans. Du côté des naissances, Dame Catherine Constance-Émilie Arnauld de Pomponne a accouché d'un fils nommé Alophe-Félicité. Dame Marie Megret a donné naissance à un fils nommé Auguste-Louis-Denis. Dame Marie Anne Robillard, épouse de Louis-Pierre d'Hozier, a accouché d'un fils nommé Charles-Pierre. Dame Catherine Scholastique Bazin de Bezons a eu une fille nommée Louise-Anne-Gabrielle. Enfin, Dame Jeanne-Catherine Coustard a donné naissance à un fils nommé Claude-Joseph. Le document mentionne également une erreur corrigée dans un article précédent concernant le nom de Dame Eléonore de Maccarti Réagh, grâce à l'intervention de l'abbé Hassett.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 403-415
ARREST DU PARLEMENT.
Début :
Ce jour les Gens du Roi sont entrez, et Maître [...]
Mots clefs :
Parlement, Arrêt, Imprimerie, Censure, Police, Libelles, Religion, Justice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARREST DU PARLEMENT.
ARREST DU PARLEMENT.
CO
E jour les Gens du Roi sont entrez , et Maître
Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Seigneur
Roi,portant la parole , ont dit : MESSIEURS,
On voit depuis quelques temps diverses feuilles
imprimées , se succeder dans le Public et se distribuer
sous le titre de Nouvelles Ecclesiastiques .
Un pareil Journal fait clandestinement et sans
aveu , porte son reproche en lui - même. Mais il
semble qu'on s'autorise de notre silence . La li
cence de ce Libelle devient tous les jours plus
marquée. Il faut donc enfin que notre ministere
se déclare ; qu'il fasse éclater sa juste censure ,
ou plutôt qu'il vous donne lieu de faire éclater la
vôtre aux yeux du Public .
On sçait assez que la sagesse des Ordonnances
les plus solemnelles et des Reglemens si souvent
renouvellez par vos Arrêts , condamne toute impression
sans autorité,et toute publication d'écrits
anonimes. On doit aussi se souvenir que celui-ci,
sous le propre tirre qu'il porte , se trouve compris
dans la prohibition expresse d'une Déclaration
du Roi , contre les abus de l'Imprimerie
que vous avez enregistré au mois de Mayde Pan
née 1728.
I vj Mais
J
404 MERCURE DE FRANCE
Mais d'ailleurs à ne consulter que les premiers
principes de l'ordre public , il n'est point de Police
atentive à quelque regle, qui put souffrir qu'un
inconnu s'établît ainsi de son chef , distribuer de
nouvelles, arbitre des faits, sans autre garant que
l'obscurité qui le couvre ; qu'il entreprît sur l'opinion
publique , et que la conduite et la réputation
d'autrui fussent à toute heure exposées à ses
jugemens et à sa censure .
Pour montrer l'abus qu'on fait d'une voïe si
dangereuse , nous n'avons pas besoin de parcourir
toutes les feuilles qui se sont répandues depuis
trois ans.On a eu assez d'occasions d'y remarquer
des faits ramassez au hazard , des imputations
calomnieuses , des soupçons atroces , qu'il n'est
jamais permis de publier sans preuve , moins encore
sans se découvrir ; une liberté de stile , des
traits satyriques , souvent les plus contraires au
respect du aux Puissances séculieres et Ecclesiastiques.
Nous nous réduirons aux dernieres feuilles qui
paroissent depuis le commencement de cette année.
D'abord un préambule qui annonce , que
malgré la contradiction , et au mépris de l'autorité
de toute Puissance , ce Journal va continuer
plus hardiment que jamais : soutenu , dit- on , de
la main de Dieu, dont on s'applique les paroles
sans scrupule. Dans ce qui suit nu le circonspection
, nulles mesures gardées , nulle subordina →
tion, nulle bienséance .
Excitez par la voix publique la moins équivoque
, et la plus universelle , nous vous déferâmes
dans le mois dernier un Ecrit intitulé , Avis aux
Fideles , dont on n'auroit pû esperer de sauver le
scandale qu'en l'abandonnant. Cependant dans
une premiere feuille on avoit essayé de l'excuser ,
P'Arrêt de la Cour du 12. Janvier dernier le condamn
FEVRIER . 1731. 405
damne aux flammes. On s'éleve aujourd'hui contre
votre Arrêt ; et sous prétexte de censurer nos
paroles , c'est l'Arrêt que l'on censure en effet.
A t'on songé que cet Arrêt pour lequel ons.
garde si peu de respect , est l'ouvrage du concert.
des Magistrats , dont on parle ailleurs avec tant
d'éloges Mais les louanges qu'on leur donne
sont peut être encore moins respectueuses. A la
faveur de ces hommages on s'autorise à les faire
parler , au gré d'un Ecrivain , dont l'art est depuis
long-temps , pour s'acréditer , d'abuser des
noms les plus respectables, et dont la plume sçait
envenimer tout ce qu'elle touche.
Mais , Messieurs , depuis quand les assemblées
de la Cour sont-elles destinées à faire le sujet des
récits d'une feuille témeraire ? Ignore-t'on que le
secret y est prescrit sous la religion du serment
le plus solemnel et le plus auguste ? Nous aurions
à nous clever contre un dépositaire peu fidele , qui
auroit été capable d'en divulguer les ministeres ;;
et des
yeux étrangers se croilont permis d'y por
ter des regards prophanes.
Rien n'est plus capable de faire sentir la con- ›
séquence et le danger de ces Libelles . On les couvre
en vain du prétexte de la Religion . Elle n'a
jamais enseigné de telles voïes. Le pur zele qu'elle
anime , n'admet point ces écrits audacieux , et ces
satyres indécentes. Dans un ouvrage qui se vante .
d'être uniquement entrepris pour la defense de la
verité , on ne reconnoît point le caractere insé-.
parable de ses légitimes défenseurs . C'est un dernier
trait qui acheve sa condamnation ; et qui
nous engage d'autant plus à ne rien obmettre
soit pour le proscrire , soit pour exciter les Offi- ·
ciers de Police à redoubler leur vigilance pour le
réprimer. eux retirez ..
Va cinq feuilles imprimées , contenant chacune
quatre
406 MERCURE DE FRANCE
>
quatre pages : La premiere feuille , intitulées.
Nouvelles Ecclesiastiques ou Memoires pour
servir à l'histoire de la Constitution , pour l'année
1731. ( Respondit mihi Dominus , et dixit
scribe visum et explana eum super tabulas ut
percurrat qui legerit eam . Habacuc. c. 2. v. 2..).
Le Seigneur me parla et me dit :Ecrivez ce que
vous voyez, et marquez - le distinctement sur :
des tablettes "
afin qu'on le puisse lire courament
. La deuxième , intitulée : Suite des Nouvel
es Ecclesiastiques , 7. Janvier 1731 .
troisiéme , qui porte le même titre , du 13. jan◄:
vier 1731. La quatrième aussi avec le même
titre , du 19 Janvier 173 1. Et la cinquième , du
25. dudit mois : Ensemble les conclusions par
écrit du Procureur General du Roi : la matiere
sur ce mise en déliberation .
du La
La Cour a arrêté et ordonné , que lesdites
feuilles seront lacerées et brulées en la Cour dus
Palais , au pied du grand Escalier d'icelui , par
l'Executeur de la haute Justice : Fait inhibitions et
défenses à toutes sortes de personnes de composer,
faire imprimer et distribuer aucunes desdites feuilles
ou autres semblables , sous les peines portées
par la Déclaration du 10. Mai 1728. Fait pareilles
défenses à tous Imprimeurs et Libraires , Colporteurs
et autres d'en imprimer , vendre, débiter
ou autrement distribuer sous pareilles peines ; Enjoint
à tous ceux qui auroient des exemplaires desdites
feuilles ou autres pareilles sous ledit titre
de les apporter incessamment au Greffe de la Cour,
pour y être supprimées : ordonne qu'à là requête
du Procureur General du Roi , il sera informé
pardevant Me Louis de Vienne , Conseiller , que
la Cour a commis contre les Auteurs desdites.
feuilles ou autres semblables , qui auroient pû être
faites du passé ou le seroient à l'avenir , ensemble
contre
FEVRIER . 1731 407
et
contre ceux qui les auroient imprimé , vendu ,
debité ou autrement distribué et pareillement informé
contre iceux , par les Lieutenans Criminels,
ou autres Officiers des Bailliages et Sénéchaussées,
pour les témoins qui pourroient s'y trouver ,
les contraventions qui auroient pû être faites dans
lesdits lieux ; pour les informations faites , raportées
en la Cour et communiquées au Procureur
General du Roi, être par lui requis et par la Cour
ordonné ce qu'il appartiendra. Enjoint pareillelement
au Lieutenant General de Police de cette
Ville de Paris et au Substitut du Procureur General
du Roi au Châtelet,de tenir la main à l'execution
du present Arrêt,et de faire toutes les diligences
necessaires à ce sujet ; ordonne en outre
que les copies collationnées dudit Arrêt seront
envoyées aux Bailliages et Sénéchaussées du Ressort
pour y être lûës , publiées et enregistrées. Enjoint
aux Substituts du Procureur General du Roi
d'y tenir la main et d'en certifier la Cour dans un
mois. Fait en Parlement, le neuf Fevrier mil sept
cent trente-un. Signé , YSA BEAU.
Et ledit jour Vendredi 9 Fevrier 1731 à l'heure
de midi , en execution de l'Arrêt cy- dessus ,
lesdites feuilles y mentionnées , ont été lacerées
et jettées au feu au bas du grand Escalier du
Palais , par l'Executeur de la haute Justice , en
presence de nous Marie- Dagobert Ysabeau , l'un
des trois premiers et principaux Commis pour la
Grand Chambre , assisté de deux Huissiers de
ladite Cour. Signé , YSABEAU.
DECLARATION DU ROY. Reglement general
entre les Curez Primitifs et les Curez- Vicai
res perpetuels.
LOUIS , & c Nous avons été informez qu'à
l'occasion du Reglement que Nous avons fait
entre
408 MERCURE DE FRANCE.
entre les Curez primitifs et les Curez-Vicaires
perpetuels , par notre Déclaration du 5 Octobre
1726. il s'est formé de nouvelles difficultez entr'eux
sur l'exercice de leurs fonctions , soit
parce
qu'on a donné à cette Loy des interprétations
contraires à son véritable esprit, soit parce qu'on
a cherché à l'étendre à des cas qu'elle n'a pas prévûs
, et qui ne peuvent être décidez que par notre
autorité ; c'est pour faire cesser ces inconveniens ,
que Nous avons jugé à propos de réunir dans une
seule Loy les dispositions de la Déclaration du s
Octobre 1726. et celles des Loix précédentes , en
y ajoûtant tout ce qui pouvoit manquer à la perfection
de ces Loix , pour assurer également les
droits légitimes des Curez primitifs , et ceux des
Curez-Vicaires perpetuels , sans donner atteinte
aux usages et aux prérogatives de certaines Eglises
principales , qui n'ayant rien de contraire au
bon ordre , méritent d'être conservez par leur
ancienneté. Nous travaillerons par autant pour
Pavantage de l'Eglise , que pour celui de nos sujets
, en prévenant des contestations toujours
onéreuses aux Parties interessées , et qui détournant
les Pasteurs du soin des ames confiées à leur
ministere , sont encore plus contraires au bien
public. A ces causes , et autres à ce Nous mouvans
, de notre certaine science , pleine puissance
et autorité Royale , Nous avons dit , déclaré et
ordonné disons , déclarons et ordonnons , vou→
lons et Nous plaît ce qui suit :
là
ART . I. Les Vicaires perpetuels pourront pren
dre en tous actes et en toutes occasions , le titre
et qualité de Curez - Vicaires perpetuels de leurs
Paroisses , en laquelle qualité ils seront reconnus,
tant dans leurdite Paroisse que par tout ailleurs.
II Ne pourront prendre le titre de Curez primitifs
que ceux dont les droits seront établis
soit
FEVRIER. 1731. 409
soit
par des titres canoniques
, actes ou transactions
valablement autorisez , Arrêts contradictoires
soit sur des actes de possession centenaire .. N'entendons exclure les moyens et voies de droit
qui pourroient avoir lieu contre lesdits Actes.et
Arrêts , lesquels seront cependant exécutez jus
qu'à ce qu'il en ait été autrement ordonné , soit définitivement
ou par provision , par les Juges
qui en doivent conneître , suivant qu'il sera dit cy-après.
•
III. Les Abbez , Prieurs et autres pourvûs
soit en titre ou en commende du Benefice, auquel
la qualité de Curé primitif sera attaché , pour-.
ront seuls et à l'exclusion des Communautez établies
dans leurs Abbayes , Prieurez ou autres Benefices
, prendre ledit titre du Curez primitifs et
en exercer les fonctions , lesquelles ils ne pourront
remplir qu'en personne , sans qu'en leur absence,
ni même pendant la vacance desd . Abbayes .
Prieurez et autres Benefices , lesdites Communau
tez puissent faire lesdites fonctions , qui ne pour
ront être exercées , dans ledit cas , que par les
Curez-Vicaires perpetuels ; et à l'égard des Communautez
, qui n'ayant point d'Abbez , ni de
Prieurs en titre on en commende , auront les
droits de Curez primitifs , soit par union de Be
nefices ou autrement , les Supérieurs desd. Communautez
pourront seuls en faire les fonctions
le tout nonobstant tous actes , jugemens et pos-/
session à ce contraires,et pareillement sans qu'aucune
prescription puisse être alléguée contre les
Abbez , Prieurs et autres Beneficiers , ou contre
les Superieurs de Communautez qui auroient négligé
ou qui négligeroient de faire lesd. fonctions
de Curez primitifs , par quelque laps de temps.
que ce soit.
IV. Les Curez primitifs , s'ils ont titre ou pos
session
3
410 MERCURE DE FRANCE
session valable , pourront continuer de faire le-
Service Divin les quatre Fêtes Solemnelles et le
jour du Patron ; à l'effet dequoi ils seront tenus
de faire avertir les Curez - Vicaires perpetuels ,
la surveille de la Fête , et de se conformer au Rit
et Chant du Diocese , sans qu'ils puissent même.
ausdits jours , administrer les Sacremens ou prêcher
, sans une mission spéciale de l'Evêque , et »
sera le contenu au present article , exécuté ,
nonobstant tous titres , jugemens ou usages à
contraires .
ce
V. Les droits utiles desd. Curez primitifs de- ..
meureront fixez , suivant la Déclaration du 30
Juin 1690. à la moitié des oblations et offrandes ,
tant en cire qu'en argent , l'autre moitié demeurant
au Curé - Vicaire perpetuel ; lesquels droits
ils ne pourront percevoir , que lorsqu'ils feront le
Service divin en personne , aux jours cy - dessus ?
marquez, le tout à moins que lesd. droits n'ayent
`été autrement reglez en faveur des Curez primitifs
, ou des Curez - Vicaires perpetuels , par des
titres canoniques , actes ou transactions valablement
autorisez , Arrêts contradictoires ou Actes
de possession centenaire.
VI. N'entendons donner atteinte aux usages
des Villes et autres lieux où le Clergé et les peuples
ont accoutumné de s'assembler dans les Eglises
des Abbayes , Prieurez ou autres Benefices , pour
les Te Deum , ou pour les Processions du S. Sacrement
, de la Fête de l'Assomption ou de celle
du Patron , et autres Processions generales qui se
font suivant le Rit du Diocése ou les Ordonnances
des Evêques , lesquels usages seront entretenus
comme par le passé.
VII. N'entendons pareillement rien innover
Sur l'usage où sont plusieurs Paroisses , d'assister
le jour de la Fête du Patron ou autres Fêtes so
lemnelles
FEVRIER. 1731.
lemnelles à l'Office divin , dans les Eglises des Abbayes
, Prieurez ou autres Bénéfices , ou d'y faire"
le Service qu'elles ont accoutumé d'y célébrer .
Voulons qu'en cas de contestation sur le fait
de l'usage et de la possession , par rapport aux
dispositions du present article et du précédent, il
y soit pourvû par les Juges cy- après marquez
sur les titres et actes de possession des Parties ; le
tout sans préjudice aux Archevêques et Evêques
de regler les difficultez qui pourroient naître dans
le cas desd. art. au sujet des Offices ou Cérémo
nies Ecclésiastiques , et seront les Ordonnances
par eux rendues sur ce sujet , exécutées par provision,
nonobstant l'appel simple ou comme d'abus
, et sans y préjudicier.
VIII. Voulons aussi que dans les lieux où la
Paroisse est desservie à un Autel particulier de
l'Eglise dont elle dépend , les Religieux ou Chanoines
Reguliers de l'Abbaye , Prieuré ou autres
Benefices , puissent continuer de chanter seuls
l'Office Canonial dans le Choeur , et de disposer
des bancs ou sépultures dans leursdites Eglises
s'ils sont en possession paisible et immémoriale
de ces prérogatives .
IX. Les difficultés nées ou à naître sur les
heures ausquelles la Messe Paroissiale ou d'autres
parties de l'Office Divin doivent être celebrées
l'Autel et lieux destinés à l'usage de la Paroisse
seront reglés par l'Evêque Diocésain , auquel seul
appartiendra aussi de prescrire les jours et heures
auquel le Saint Sacrement sera ou pourra être exposé
audit Autel , même à celui des Religieux ou
Chanoines Reguliers de la même Eglise , et les
Ordonnances par lui rendues sur le contenu au
présent Article seront executées par provision
pendant l'appel simple ou comme d'abus , et sans
Y préjudicier , et ce nonobstant tous privileges et
exemp
412 MERCURE DE FRANCE
(
exemption , même sous prétexte de Jurisdiction
quasi Episcopale prétendue par lesdites Abbayes ,
Prieurés et autres Benefices , lesdites exemptions
et Jurisdictions ne devant avoir lieu en pareille
matiere.
X. Les Curés primitifs ne pourront , sous quelque
prétexte que ce puisse être , présider ou as
sister aux Conferences ou Assemblées que les Curés
-Vicaires perpetuels tiennent avec les Prêtres
qui desservent leurs Paroisses , par rapport aux
fonctions ou devoirs ausquels ils sont obligés ,
ou autres matieres semblables. Leur défendons
pareillement de se trouver aux Assemblées des
Curés-Vicaires perpetuels et Marguilliers qui regardent
la fabrique ou Padministration des biens
de l'Eglise Paroissiale , ni de s'attribuer la garde
des archives , des titres de la Cure ou Fabrique ,
ou le droit d'en conserver les clefs entre leurs
mains , et ce nonobstant tous Actes , Sentences et
Arrêts ou usages ce contraires. à
XI.LesAbbayes, Prieurés ouCommunautés,ayant
droit de Curés primitifs , ne pourront être dé
chargés du payement des portions congrues des
Curés - Vicaires perpetuels et de leurs Vicaires ,
sous prétexte de l'abandon qu'ils pourroient faire
des dixmes à eux appartenantes , à moins qu'ils
n'abandonnent aussi tous les biens et revenus
qu'ils possedent dans lesdites Paroisses , et qui
sont de l'ancien patrimoine des Curés ; ensemble
le titre et droits des Curés primitifs , le tout
sans préjudice du recours que les Abbés ou Prieurs
et les Religieux pourront exercer reciproquement
en ce cas les uns contre les autres , selon que
biens abandonnés se trouveront être dans la
Manse de l'Abbé ou Prieur , ou dans celle des
Religieux .
les
XII. Les contestations qui concernent. la
qualité
FEVRIER. 1731 413
qualité de Curés Primitifs , et les droits qui en
peuvent dépendre , ou les distinctions et prérogatives
prétendues par certaines Eglises principales
, comme aussi celles qui pourront naître au
sujet des portions congrues , et en genéral toutes
les demandes qui seront formées entre les Curés
Primitifs , les Curés - Vicaires perpetuels et les
gros Décimateurs sur les droits par eux respecti
vement prétendus , seront portés en premiere
instance devant nos Baillifs et Sénéchaux et autres
Juges des cas Royaux , ressortissant nuëment
nos Cours de Parlement dans le territoire desquelles
les Cures se trouveront situées , sans que
Pappel des Sentences et Jugemens par eux rendus
en cette matiere puisse être relevé ailleurs
qu'en nosdites Cours de Parlement , chacune dans
son ressort , et ce nonobstant toutes évocations
qui auroient été accordées par le passé , ou qui
pourroient l'être par la suite à tous Ordres , Congrégations
, Corps , Communautés ou Particuliers
, Lettres Patentes ou Déclarations à ce contraires
, ausquelles nous avons derogé et derogeons
par ces présentes , notamment à celle du
dernier Août 1687. portant que les appellations
des Sentences rendues, par les Baillifs et Senéchaux
au sujet des contestations formées sur le payement
des portions congrues , seront relevées en
notre Grand- Conseil , lorsque les Ordres Religieux
, les Communautés ou les Particuliers qui
ont leurs évocations en ce Tribunal se trouveront
parties dans lesdites contestations.
X III. Les Sentences et Jugemens qui seront
rendus sur les contestations mentionnées dans
l'Article précedent , soit en faveur des Curés primitifs
, soit au profit des Curés - Vicaires perpetuels
, seront exécutés par provision , nonobstant
l'appel , et sans y préjudicier,
XIV.
414 MERCURE DE FRANCE
XIV. Voulons que notre présente Déclara →
tion soit observée , tant pour ce qui regarde les
Curés-Vicaires perpetuels des Villes , que pour
ceux de la Campagne , et qu'elle soit pareillement
executée à l'égard de tous Ordres , Congrégations,
Corps et Communautés Séculieres et Regulieres ,
même à l'égard de l'Ordre de Malthe , de celui
de Fontevrault et tous autres , et pour toutes les
Abbayes , Prieurés et autres Bénéfices qui en dépendent
, sans néanmoins que les Chapitres des
Eglises Cathédrales ou Collegiales soient censés
compris dans la présente disposition , en ce qui
concerne les prééminences , honneurs et distinc--
tions dont ils sont en possession , même celle de
prêcher , avec la permission de l'Evêque , certains .
jours de l'année , desquelles prérogatives ils pourront
continuer de jouir , ainsi qu'ils ont bien et
duement fait par le paffé.
X V. Voulons au furplus que les Déclarations
des 29 Janvier 1686 et celle du 30 Juin 1690 et
P'Article premier de la Déclaration du 30 Juillet
1710 soient executées selon leur forme et teneur
, en ce qui n'est point contraire à notre présente
Déclaration. Si donnons en Mandement à
nos amés et feaux Conseillers les Gens tenans
notre Cour de Parlement , à Paris , que ces présentes
ils fassent lire , publier et enregistrer , et le
contenu en icelles garder et observer selon leur
forme et teneur , nonobstant tous Edits , Décla
rations , Arrêts et autres choses à ce contraires ,
ausquels nous avons dérogé et dérogeons par ces
presentes Car tel est notre plaisir , en témoin
de quoi nous avons fait mettre notre scel à cesdites
presentes. Donné à Marli le quinziéme jour
de Janvier , l'an de grace mi sept cent trente et
un , et de nôtre Regne le seizième . Signé LOUIS,
et plus bas , par le Roi , PHELY PEAUX , et
scellé
FEVRIER. 1731. 415
7
scellé du grand sceau de cire jaune. Registrée ,
ouy , et ce requerant le Procureur General du
Roi pour être executée selon sa forme et teneur,
et copies collationnées envoyées aux Bailliages
et Sénechaussées du Ressort , pour y être
lues , publiées et enregistrées : Enjoint aux Subtituts
du Procureur Genéral du Roi d'y tenir
la main et d'en certifier la Cour dans un
mois , suivant l Arrét de ce jour. A Paris en
Parlement le seize Fevrier mil sept cent trente
et un. Signé Y SA BEAU,
CO
E jour les Gens du Roi sont entrez , et Maître
Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Seigneur
Roi,portant la parole , ont dit : MESSIEURS,
On voit depuis quelques temps diverses feuilles
imprimées , se succeder dans le Public et se distribuer
sous le titre de Nouvelles Ecclesiastiques .
Un pareil Journal fait clandestinement et sans
aveu , porte son reproche en lui - même. Mais il
semble qu'on s'autorise de notre silence . La li
cence de ce Libelle devient tous les jours plus
marquée. Il faut donc enfin que notre ministere
se déclare ; qu'il fasse éclater sa juste censure ,
ou plutôt qu'il vous donne lieu de faire éclater la
vôtre aux yeux du Public .
On sçait assez que la sagesse des Ordonnances
les plus solemnelles et des Reglemens si souvent
renouvellez par vos Arrêts , condamne toute impression
sans autorité,et toute publication d'écrits
anonimes. On doit aussi se souvenir que celui-ci,
sous le propre tirre qu'il porte , se trouve compris
dans la prohibition expresse d'une Déclaration
du Roi , contre les abus de l'Imprimerie
que vous avez enregistré au mois de Mayde Pan
née 1728.
I vj Mais
J
404 MERCURE DE FRANCE
Mais d'ailleurs à ne consulter que les premiers
principes de l'ordre public , il n'est point de Police
atentive à quelque regle, qui put souffrir qu'un
inconnu s'établît ainsi de son chef , distribuer de
nouvelles, arbitre des faits, sans autre garant que
l'obscurité qui le couvre ; qu'il entreprît sur l'opinion
publique , et que la conduite et la réputation
d'autrui fussent à toute heure exposées à ses
jugemens et à sa censure .
Pour montrer l'abus qu'on fait d'une voïe si
dangereuse , nous n'avons pas besoin de parcourir
toutes les feuilles qui se sont répandues depuis
trois ans.On a eu assez d'occasions d'y remarquer
des faits ramassez au hazard , des imputations
calomnieuses , des soupçons atroces , qu'il n'est
jamais permis de publier sans preuve , moins encore
sans se découvrir ; une liberté de stile , des
traits satyriques , souvent les plus contraires au
respect du aux Puissances séculieres et Ecclesiastiques.
Nous nous réduirons aux dernieres feuilles qui
paroissent depuis le commencement de cette année.
D'abord un préambule qui annonce , que
malgré la contradiction , et au mépris de l'autorité
de toute Puissance , ce Journal va continuer
plus hardiment que jamais : soutenu , dit- on , de
la main de Dieu, dont on s'applique les paroles
sans scrupule. Dans ce qui suit nu le circonspection
, nulles mesures gardées , nulle subordina →
tion, nulle bienséance .
Excitez par la voix publique la moins équivoque
, et la plus universelle , nous vous déferâmes
dans le mois dernier un Ecrit intitulé , Avis aux
Fideles , dont on n'auroit pû esperer de sauver le
scandale qu'en l'abandonnant. Cependant dans
une premiere feuille on avoit essayé de l'excuser ,
P'Arrêt de la Cour du 12. Janvier dernier le condamn
FEVRIER . 1731. 405
damne aux flammes. On s'éleve aujourd'hui contre
votre Arrêt ; et sous prétexte de censurer nos
paroles , c'est l'Arrêt que l'on censure en effet.
A t'on songé que cet Arrêt pour lequel ons.
garde si peu de respect , est l'ouvrage du concert.
des Magistrats , dont on parle ailleurs avec tant
d'éloges Mais les louanges qu'on leur donne
sont peut être encore moins respectueuses. A la
faveur de ces hommages on s'autorise à les faire
parler , au gré d'un Ecrivain , dont l'art est depuis
long-temps , pour s'acréditer , d'abuser des
noms les plus respectables, et dont la plume sçait
envenimer tout ce qu'elle touche.
Mais , Messieurs , depuis quand les assemblées
de la Cour sont-elles destinées à faire le sujet des
récits d'une feuille témeraire ? Ignore-t'on que le
secret y est prescrit sous la religion du serment
le plus solemnel et le plus auguste ? Nous aurions
à nous clever contre un dépositaire peu fidele , qui
auroit été capable d'en divulguer les ministeres ;;
et des
yeux étrangers se croilont permis d'y por
ter des regards prophanes.
Rien n'est plus capable de faire sentir la con- ›
séquence et le danger de ces Libelles . On les couvre
en vain du prétexte de la Religion . Elle n'a
jamais enseigné de telles voïes. Le pur zele qu'elle
anime , n'admet point ces écrits audacieux , et ces
satyres indécentes. Dans un ouvrage qui se vante .
d'être uniquement entrepris pour la defense de la
verité , on ne reconnoît point le caractere insé-.
parable de ses légitimes défenseurs . C'est un dernier
trait qui acheve sa condamnation ; et qui
nous engage d'autant plus à ne rien obmettre
soit pour le proscrire , soit pour exciter les Offi- ·
ciers de Police à redoubler leur vigilance pour le
réprimer. eux retirez ..
Va cinq feuilles imprimées , contenant chacune
quatre
406 MERCURE DE FRANCE
>
quatre pages : La premiere feuille , intitulées.
Nouvelles Ecclesiastiques ou Memoires pour
servir à l'histoire de la Constitution , pour l'année
1731. ( Respondit mihi Dominus , et dixit
scribe visum et explana eum super tabulas ut
percurrat qui legerit eam . Habacuc. c. 2. v. 2..).
Le Seigneur me parla et me dit :Ecrivez ce que
vous voyez, et marquez - le distinctement sur :
des tablettes "
afin qu'on le puisse lire courament
. La deuxième , intitulée : Suite des Nouvel
es Ecclesiastiques , 7. Janvier 1731 .
troisiéme , qui porte le même titre , du 13. jan◄:
vier 1731. La quatrième aussi avec le même
titre , du 19 Janvier 173 1. Et la cinquième , du
25. dudit mois : Ensemble les conclusions par
écrit du Procureur General du Roi : la matiere
sur ce mise en déliberation .
du La
La Cour a arrêté et ordonné , que lesdites
feuilles seront lacerées et brulées en la Cour dus
Palais , au pied du grand Escalier d'icelui , par
l'Executeur de la haute Justice : Fait inhibitions et
défenses à toutes sortes de personnes de composer,
faire imprimer et distribuer aucunes desdites feuilles
ou autres semblables , sous les peines portées
par la Déclaration du 10. Mai 1728. Fait pareilles
défenses à tous Imprimeurs et Libraires , Colporteurs
et autres d'en imprimer , vendre, débiter
ou autrement distribuer sous pareilles peines ; Enjoint
à tous ceux qui auroient des exemplaires desdites
feuilles ou autres pareilles sous ledit titre
de les apporter incessamment au Greffe de la Cour,
pour y être supprimées : ordonne qu'à là requête
du Procureur General du Roi , il sera informé
pardevant Me Louis de Vienne , Conseiller , que
la Cour a commis contre les Auteurs desdites.
feuilles ou autres semblables , qui auroient pû être
faites du passé ou le seroient à l'avenir , ensemble
contre
FEVRIER . 1731 407
et
contre ceux qui les auroient imprimé , vendu ,
debité ou autrement distribué et pareillement informé
contre iceux , par les Lieutenans Criminels,
ou autres Officiers des Bailliages et Sénéchaussées,
pour les témoins qui pourroient s'y trouver ,
les contraventions qui auroient pû être faites dans
lesdits lieux ; pour les informations faites , raportées
en la Cour et communiquées au Procureur
General du Roi, être par lui requis et par la Cour
ordonné ce qu'il appartiendra. Enjoint pareillelement
au Lieutenant General de Police de cette
Ville de Paris et au Substitut du Procureur General
du Roi au Châtelet,de tenir la main à l'execution
du present Arrêt,et de faire toutes les diligences
necessaires à ce sujet ; ordonne en outre
que les copies collationnées dudit Arrêt seront
envoyées aux Bailliages et Sénéchaussées du Ressort
pour y être lûës , publiées et enregistrées. Enjoint
aux Substituts du Procureur General du Roi
d'y tenir la main et d'en certifier la Cour dans un
mois. Fait en Parlement, le neuf Fevrier mil sept
cent trente-un. Signé , YSA BEAU.
Et ledit jour Vendredi 9 Fevrier 1731 à l'heure
de midi , en execution de l'Arrêt cy- dessus ,
lesdites feuilles y mentionnées , ont été lacerées
et jettées au feu au bas du grand Escalier du
Palais , par l'Executeur de la haute Justice , en
presence de nous Marie- Dagobert Ysabeau , l'un
des trois premiers et principaux Commis pour la
Grand Chambre , assisté de deux Huissiers de
ladite Cour. Signé , YSABEAU.
DECLARATION DU ROY. Reglement general
entre les Curez Primitifs et les Curez- Vicai
res perpetuels.
LOUIS , & c Nous avons été informez qu'à
l'occasion du Reglement que Nous avons fait
entre
408 MERCURE DE FRANCE.
entre les Curez primitifs et les Curez-Vicaires
perpetuels , par notre Déclaration du 5 Octobre
1726. il s'est formé de nouvelles difficultez entr'eux
sur l'exercice de leurs fonctions , soit
parce
qu'on a donné à cette Loy des interprétations
contraires à son véritable esprit, soit parce qu'on
a cherché à l'étendre à des cas qu'elle n'a pas prévûs
, et qui ne peuvent être décidez que par notre
autorité ; c'est pour faire cesser ces inconveniens ,
que Nous avons jugé à propos de réunir dans une
seule Loy les dispositions de la Déclaration du s
Octobre 1726. et celles des Loix précédentes , en
y ajoûtant tout ce qui pouvoit manquer à la perfection
de ces Loix , pour assurer également les
droits légitimes des Curez primitifs , et ceux des
Curez-Vicaires perpetuels , sans donner atteinte
aux usages et aux prérogatives de certaines Eglises
principales , qui n'ayant rien de contraire au
bon ordre , méritent d'être conservez par leur
ancienneté. Nous travaillerons par autant pour
Pavantage de l'Eglise , que pour celui de nos sujets
, en prévenant des contestations toujours
onéreuses aux Parties interessées , et qui détournant
les Pasteurs du soin des ames confiées à leur
ministere , sont encore plus contraires au bien
public. A ces causes , et autres à ce Nous mouvans
, de notre certaine science , pleine puissance
et autorité Royale , Nous avons dit , déclaré et
ordonné disons , déclarons et ordonnons , vou→
lons et Nous plaît ce qui suit :
là
ART . I. Les Vicaires perpetuels pourront pren
dre en tous actes et en toutes occasions , le titre
et qualité de Curez - Vicaires perpetuels de leurs
Paroisses , en laquelle qualité ils seront reconnus,
tant dans leurdite Paroisse que par tout ailleurs.
II Ne pourront prendre le titre de Curez primitifs
que ceux dont les droits seront établis
soit
FEVRIER. 1731. 409
soit
par des titres canoniques
, actes ou transactions
valablement autorisez , Arrêts contradictoires
soit sur des actes de possession centenaire .. N'entendons exclure les moyens et voies de droit
qui pourroient avoir lieu contre lesdits Actes.et
Arrêts , lesquels seront cependant exécutez jus
qu'à ce qu'il en ait été autrement ordonné , soit définitivement
ou par provision , par les Juges
qui en doivent conneître , suivant qu'il sera dit cy-après.
•
III. Les Abbez , Prieurs et autres pourvûs
soit en titre ou en commende du Benefice, auquel
la qualité de Curé primitif sera attaché , pour-.
ront seuls et à l'exclusion des Communautez établies
dans leurs Abbayes , Prieurez ou autres Benefices
, prendre ledit titre du Curez primitifs et
en exercer les fonctions , lesquelles ils ne pourront
remplir qu'en personne , sans qu'en leur absence,
ni même pendant la vacance desd . Abbayes .
Prieurez et autres Benefices , lesdites Communau
tez puissent faire lesdites fonctions , qui ne pour
ront être exercées , dans ledit cas , que par les
Curez-Vicaires perpetuels ; et à l'égard des Communautez
, qui n'ayant point d'Abbez , ni de
Prieurs en titre on en commende , auront les
droits de Curez primitifs , soit par union de Be
nefices ou autrement , les Supérieurs desd. Communautez
pourront seuls en faire les fonctions
le tout nonobstant tous actes , jugemens et pos-/
session à ce contraires,et pareillement sans qu'aucune
prescription puisse être alléguée contre les
Abbez , Prieurs et autres Beneficiers , ou contre
les Superieurs de Communautez qui auroient négligé
ou qui négligeroient de faire lesd. fonctions
de Curez primitifs , par quelque laps de temps.
que ce soit.
IV. Les Curez primitifs , s'ils ont titre ou pos
session
3
410 MERCURE DE FRANCE
session valable , pourront continuer de faire le-
Service Divin les quatre Fêtes Solemnelles et le
jour du Patron ; à l'effet dequoi ils seront tenus
de faire avertir les Curez - Vicaires perpetuels ,
la surveille de la Fête , et de se conformer au Rit
et Chant du Diocese , sans qu'ils puissent même.
ausdits jours , administrer les Sacremens ou prêcher
, sans une mission spéciale de l'Evêque , et »
sera le contenu au present article , exécuté ,
nonobstant tous titres , jugemens ou usages à
contraires .
ce
V. Les droits utiles desd. Curez primitifs de- ..
meureront fixez , suivant la Déclaration du 30
Juin 1690. à la moitié des oblations et offrandes ,
tant en cire qu'en argent , l'autre moitié demeurant
au Curé - Vicaire perpetuel ; lesquels droits
ils ne pourront percevoir , que lorsqu'ils feront le
Service divin en personne , aux jours cy - dessus ?
marquez, le tout à moins que lesd. droits n'ayent
`été autrement reglez en faveur des Curez primitifs
, ou des Curez - Vicaires perpetuels , par des
titres canoniques , actes ou transactions valablement
autorisez , Arrêts contradictoires ou Actes
de possession centenaire.
VI. N'entendons donner atteinte aux usages
des Villes et autres lieux où le Clergé et les peuples
ont accoutumné de s'assembler dans les Eglises
des Abbayes , Prieurez ou autres Benefices , pour
les Te Deum , ou pour les Processions du S. Sacrement
, de la Fête de l'Assomption ou de celle
du Patron , et autres Processions generales qui se
font suivant le Rit du Diocése ou les Ordonnances
des Evêques , lesquels usages seront entretenus
comme par le passé.
VII. N'entendons pareillement rien innover
Sur l'usage où sont plusieurs Paroisses , d'assister
le jour de la Fête du Patron ou autres Fêtes so
lemnelles
FEVRIER. 1731.
lemnelles à l'Office divin , dans les Eglises des Abbayes
, Prieurez ou autres Bénéfices , ou d'y faire"
le Service qu'elles ont accoutumé d'y célébrer .
Voulons qu'en cas de contestation sur le fait
de l'usage et de la possession , par rapport aux
dispositions du present article et du précédent, il
y soit pourvû par les Juges cy- après marquez
sur les titres et actes de possession des Parties ; le
tout sans préjudice aux Archevêques et Evêques
de regler les difficultez qui pourroient naître dans
le cas desd. art. au sujet des Offices ou Cérémo
nies Ecclésiastiques , et seront les Ordonnances
par eux rendues sur ce sujet , exécutées par provision,
nonobstant l'appel simple ou comme d'abus
, et sans y préjudicier.
VIII. Voulons aussi que dans les lieux où la
Paroisse est desservie à un Autel particulier de
l'Eglise dont elle dépend , les Religieux ou Chanoines
Reguliers de l'Abbaye , Prieuré ou autres
Benefices , puissent continuer de chanter seuls
l'Office Canonial dans le Choeur , et de disposer
des bancs ou sépultures dans leursdites Eglises
s'ils sont en possession paisible et immémoriale
de ces prérogatives .
IX. Les difficultés nées ou à naître sur les
heures ausquelles la Messe Paroissiale ou d'autres
parties de l'Office Divin doivent être celebrées
l'Autel et lieux destinés à l'usage de la Paroisse
seront reglés par l'Evêque Diocésain , auquel seul
appartiendra aussi de prescrire les jours et heures
auquel le Saint Sacrement sera ou pourra être exposé
audit Autel , même à celui des Religieux ou
Chanoines Reguliers de la même Eglise , et les
Ordonnances par lui rendues sur le contenu au
présent Article seront executées par provision
pendant l'appel simple ou comme d'abus , et sans
Y préjudicier , et ce nonobstant tous privileges et
exemp
412 MERCURE DE FRANCE
(
exemption , même sous prétexte de Jurisdiction
quasi Episcopale prétendue par lesdites Abbayes ,
Prieurés et autres Benefices , lesdites exemptions
et Jurisdictions ne devant avoir lieu en pareille
matiere.
X. Les Curés primitifs ne pourront , sous quelque
prétexte que ce puisse être , présider ou as
sister aux Conferences ou Assemblées que les Curés
-Vicaires perpetuels tiennent avec les Prêtres
qui desservent leurs Paroisses , par rapport aux
fonctions ou devoirs ausquels ils sont obligés ,
ou autres matieres semblables. Leur défendons
pareillement de se trouver aux Assemblées des
Curés-Vicaires perpetuels et Marguilliers qui regardent
la fabrique ou Padministration des biens
de l'Eglise Paroissiale , ni de s'attribuer la garde
des archives , des titres de la Cure ou Fabrique ,
ou le droit d'en conserver les clefs entre leurs
mains , et ce nonobstant tous Actes , Sentences et
Arrêts ou usages ce contraires. à
XI.LesAbbayes, Prieurés ouCommunautés,ayant
droit de Curés primitifs , ne pourront être dé
chargés du payement des portions congrues des
Curés - Vicaires perpetuels et de leurs Vicaires ,
sous prétexte de l'abandon qu'ils pourroient faire
des dixmes à eux appartenantes , à moins qu'ils
n'abandonnent aussi tous les biens et revenus
qu'ils possedent dans lesdites Paroisses , et qui
sont de l'ancien patrimoine des Curés ; ensemble
le titre et droits des Curés primitifs , le tout
sans préjudice du recours que les Abbés ou Prieurs
et les Religieux pourront exercer reciproquement
en ce cas les uns contre les autres , selon que
biens abandonnés se trouveront être dans la
Manse de l'Abbé ou Prieur , ou dans celle des
Religieux .
les
XII. Les contestations qui concernent. la
qualité
FEVRIER. 1731 413
qualité de Curés Primitifs , et les droits qui en
peuvent dépendre , ou les distinctions et prérogatives
prétendues par certaines Eglises principales
, comme aussi celles qui pourront naître au
sujet des portions congrues , et en genéral toutes
les demandes qui seront formées entre les Curés
Primitifs , les Curés - Vicaires perpetuels et les
gros Décimateurs sur les droits par eux respecti
vement prétendus , seront portés en premiere
instance devant nos Baillifs et Sénéchaux et autres
Juges des cas Royaux , ressortissant nuëment
nos Cours de Parlement dans le territoire desquelles
les Cures se trouveront situées , sans que
Pappel des Sentences et Jugemens par eux rendus
en cette matiere puisse être relevé ailleurs
qu'en nosdites Cours de Parlement , chacune dans
son ressort , et ce nonobstant toutes évocations
qui auroient été accordées par le passé , ou qui
pourroient l'être par la suite à tous Ordres , Congrégations
, Corps , Communautés ou Particuliers
, Lettres Patentes ou Déclarations à ce contraires
, ausquelles nous avons derogé et derogeons
par ces présentes , notamment à celle du
dernier Août 1687. portant que les appellations
des Sentences rendues, par les Baillifs et Senéchaux
au sujet des contestations formées sur le payement
des portions congrues , seront relevées en
notre Grand- Conseil , lorsque les Ordres Religieux
, les Communautés ou les Particuliers qui
ont leurs évocations en ce Tribunal se trouveront
parties dans lesdites contestations.
X III. Les Sentences et Jugemens qui seront
rendus sur les contestations mentionnées dans
l'Article précedent , soit en faveur des Curés primitifs
, soit au profit des Curés - Vicaires perpetuels
, seront exécutés par provision , nonobstant
l'appel , et sans y préjudicier,
XIV.
414 MERCURE DE FRANCE
XIV. Voulons que notre présente Déclara →
tion soit observée , tant pour ce qui regarde les
Curés-Vicaires perpetuels des Villes , que pour
ceux de la Campagne , et qu'elle soit pareillement
executée à l'égard de tous Ordres , Congrégations,
Corps et Communautés Séculieres et Regulieres ,
même à l'égard de l'Ordre de Malthe , de celui
de Fontevrault et tous autres , et pour toutes les
Abbayes , Prieurés et autres Bénéfices qui en dépendent
, sans néanmoins que les Chapitres des
Eglises Cathédrales ou Collegiales soient censés
compris dans la présente disposition , en ce qui
concerne les prééminences , honneurs et distinc--
tions dont ils sont en possession , même celle de
prêcher , avec la permission de l'Evêque , certains .
jours de l'année , desquelles prérogatives ils pourront
continuer de jouir , ainsi qu'ils ont bien et
duement fait par le paffé.
X V. Voulons au furplus que les Déclarations
des 29 Janvier 1686 et celle du 30 Juin 1690 et
P'Article premier de la Déclaration du 30 Juillet
1710 soient executées selon leur forme et teneur
, en ce qui n'est point contraire à notre présente
Déclaration. Si donnons en Mandement à
nos amés et feaux Conseillers les Gens tenans
notre Cour de Parlement , à Paris , que ces présentes
ils fassent lire , publier et enregistrer , et le
contenu en icelles garder et observer selon leur
forme et teneur , nonobstant tous Edits , Décla
rations , Arrêts et autres choses à ce contraires ,
ausquels nous avons dérogé et dérogeons par ces
presentes Car tel est notre plaisir , en témoin
de quoi nous avons fait mettre notre scel à cesdites
presentes. Donné à Marli le quinziéme jour
de Janvier , l'an de grace mi sept cent trente et
un , et de nôtre Regne le seizième . Signé LOUIS,
et plus bas , par le Roi , PHELY PEAUX , et
scellé
FEVRIER. 1731. 415
7
scellé du grand sceau de cire jaune. Registrée ,
ouy , et ce requerant le Procureur General du
Roi pour être executée selon sa forme et teneur,
et copies collationnées envoyées aux Bailliages
et Sénechaussées du Ressort , pour y être
lues , publiées et enregistrées : Enjoint aux Subtituts
du Procureur Genéral du Roi d'y tenir
la main et d'en certifier la Cour dans un
mois , suivant l Arrét de ce jour. A Paris en
Parlement le seize Fevrier mil sept cent trente
et un. Signé Y SA BEAU,
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Résumé : ARREST DU PARLEMENT.
Le document traite de deux sujets principaux : la répression des 'Nouvelles Ecclesiastiques' et la régulation des différends entre curés primitifs et curés-vicaires perpétuels. Premièrement, le Parlement a pris des mesures contre la publication clandestine des 'Nouvelles Ecclesiastiques'. Maître Pierre Gilbert de Voisins, avocat du roi, a dénoncé la distribution de ce journal imprimé sans autorisation, violant ainsi les ordonnances en vigueur. Il a souligné que ce journal, sous couvert de religion, contenait des faits ramassés au hasard, des imputations calomnieuses et des traits satiriques contraires au respect des puissances séculières et ecclésiastiques. La Cour a ordonné la destruction de cinq feuilles imprimées des 'Nouvelles Ecclesiastiques' et a interdit toute composition, impression et distribution de telles publications. Les officiers de police ont été enjoints de redoubler leur vigilance pour réprimer ces abus. L'arrêt a été exécuté le 9 février 1731, et les feuilles ont été lacérées et brûlées au Palais. Deuxièmement, le roi Louis XV a émis une déclaration pour régler les différends entre les curés primitifs et les curés-vicaires perpétuels. Cette déclaration vise à clarifier les droits et fonctions de chacun, en se basant sur des titres canoniques, des actes valablement autorisés, ou des arrêts contradictoires. Elle interdit aux communautés de remplir les fonctions des curés primitifs en leur absence et fixe les droits utiles des curés primitifs aux oblations et offrandes. La déclaration précise également que les curés primitifs ne peuvent présider ou assister aux conférences des curés-vicaires perpétuels ou aux assemblées concernant la fabrique de l'église paroissiale. Ils ne peuvent pas non plus garder les archives ou les titres de la cure. Les abbayes ou prieurés ayant droit de curés primitifs ne peuvent être déchargés du paiement des portions congrues des curés-vicaires perpétuels, sauf s'ils abandonnent tous les biens et revenus des paroisses. Les contestations entre curés primitifs, curés-vicaires perpétuels et gros décimateurs seront portées devant les baillifs et sénéchaux, dont les jugements seront exécutés par provision, nonobstant l'appel. La déclaration s'applique aux curés-vicaires perpétuels des villes et de la campagne, ainsi qu'à tous les ordres et communautés, sauf les chapitres des églises cathédrales ou collégiales concernant leurs prééminences et honneurs. Les déclarations des 29 janvier 1686, 30 juin 1690 et 30 juillet 1710 doivent être exécutées dans la mesure où elles ne contredisent pas la présente déclaration. La déclaration a été enregistrée et publiée par le Parlement de Paris en février 1731.
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