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1
p. 287-289
Etablissement d'un Opéra à Marseille, [titre d'après la table]
Début :
L'établissement d'un Opero ayant réüssy à Paris, Mr Gautier, [...]
Mots clefs :
Opéra, Musique, M. Lully, Marseille, Machines, Costumes , Décorations, Divertissement
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texteReconnaissance textuelle : Etablissement d'un Opéra à Marseille, [titre d'après la table]
L'établiffement d'un Opera
ayant réüffy à Paris, M'Gautier
, dont la réputation eft
connuë de tous ceux qui aiment
laMufique, s'eft accommodé
avec M¹ de Lully, pour
288 MERCURE
avoir permiffion de faire le
mefme établiſſement à Marfeille
, où il fit repreſenter
pour la premiere fois le 28. de
Janvier , un Opera intitulé ,
Le Triomphe de la Paix. Les
Habits furent trouvez magnifiques
, les Machines juftes
, & les Décorations tresbelles
. La Dance y plut fort,
la Simphonie encore davantage
, & toutes ces chofes firent
donner beaucoup de
louanges à M' Gautier, qui a
bien voulu prendre tant de
peines , & hazarder tant de
frais pour le divertiffement
de
GALANT. 289
de la Province . On s'eft rendu
de tous coftez à Marfeil-
, pour voir ce ſpectacle que
l'on y donne plufieurs fois
chaque femaine.
ayant réüffy à Paris, M'Gautier
, dont la réputation eft
connuë de tous ceux qui aiment
laMufique, s'eft accommodé
avec M¹ de Lully, pour
288 MERCURE
avoir permiffion de faire le
mefme établiſſement à Marfeille
, où il fit repreſenter
pour la premiere fois le 28. de
Janvier , un Opera intitulé ,
Le Triomphe de la Paix. Les
Habits furent trouvez magnifiques
, les Machines juftes
, & les Décorations tresbelles
. La Dance y plut fort,
la Simphonie encore davantage
, & toutes ces chofes firent
donner beaucoup de
louanges à M' Gautier, qui a
bien voulu prendre tant de
peines , & hazarder tant de
frais pour le divertiffement
de
GALANT. 289
de la Province . On s'eft rendu
de tous coftez à Marfeil-
, pour voir ce ſpectacle que
l'on y donne plufieurs fois
chaque femaine.
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Résumé : Etablissement d'un Opéra à Marseille, [titre d'après la table]
M. Gautier, musicien parisien, a obtenu la permission de M. de Lully pour organiser un opéra à Marseille. Le 28 janvier, 'Le Triomphe de la Paix' a été représenté avec des costumes magnifiques et des décorations belles. La danse et la symphonie ont été applaudies. Le spectacle a attiré un large public et s'est produit plusieurs fois par semaine.
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2
p. 136-140
AVIS DE PRISES
Début :
Dieppe du 29 Janvier 1711. Le Capitaine Audibert de Calais [...]
Mots clefs :
Calais, Marseille, Le Havre, Dieppe, Cadix
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texteReconnaissance textuelle : AVIS DE PRISES
AVIS DE PRISES
Dieppe du 29 Janvier 1711.
Le Capitaine Audibert de
Calais , a pris un Vaiffeau
Hollandois , nommé le S.
Georges , & l'a amené à
Dieppe.
LeHavre du 29 Janvier 1711 .
Le Capitaine Tanqueray a
fait deux prifes , l'une Hollandoife
& un Brigantin Anglois
qu'il a amenées au
Havre ; l'on eftime ces deux
priſes 900000 liv.
Du trois dudit mois
SUPLEMENT - 13
Le Capitaine Dunet de
Calais a auffi amené en ce
Port une prife du Port d'environ
100 tonneaux.
Calais du . Février 1711.
Il cft échoué àla coſte de
cette Ville un Vaiffeau Danois
de 400 tonneaux.
Marſeille du 13 Fevrier 1711.
Les Gapitaines Honoré &
François Bremond Commandans
le Sanspareil & la
Moquéufe, ont pris & amenez
à Marseille une Barque
fans nom , chargée d'huile
Cadix du 18 Fevrier 1711 .
- Il a cité mené en ce Port.
Février
1711 Ti
38 SUPLEMENT
trois prifes Angloifes par les
fieurs de la Jaille & du Bois
de la Motte commandans
les Fregattes du Roy , l'Amazonne
& l'Argonaute,
Autre prife Angloife faite
par Monfieur de Ballas,
&le CapitaineGraffon, qu'ils
ont brûlée aprés en avoir retiré
le chargement ; qu'ils
ont auffi conduit à Cadix
avec une rançon de 25 liv.
fterlin d'une Barque Angloife
.
·Cadix fuite du 18 Janvier
Le Vaiffeau du Roy le Tc-
X 1
7
SUPLEMENT 139
meraire , commandé par le
fieur Lambert, a auffi amené
en ce Port deux prifes Ant
gloifes chargées de vin , de
falé , & de florence.
Calais du 8 Fevrierr 1711.
Le Capitaine Larmet à
amené en ce Port Hôtage
d'une rançon Hollandoife
de 1800 florins , & les Capitaines
Leguillon & Senecat
, y ont auffi amené un
baftiment de Gotonneaux.
Dieppe le 10 Fevrier 17 11.
Le Capitaine Fiquet commandant
une Fregatte de
I ij
BIBLIOTE
LYON
1099
740 SUPLEMENT
Dunkerque , a amené en ce
Port un Vaiffeau Corfaire
d'Oftende.
Cadix du 25
Janvier 1711 .
Vaiffeau Anglois
nommé
le Werker , pris par deux
Frégattes
du Roy.
Le fieur Limovelon com .
mandant le Vaiffeau le S.
Elprit de S. Malo , a auffi
amené en ce Port deux prifes
Angloifes &un Vaiffeau
Portugais.
A Paris ce 20 Fevrier 1711.
Dieppe du 29 Janvier 1711.
Le Capitaine Audibert de
Calais , a pris un Vaiffeau
Hollandois , nommé le S.
Georges , & l'a amené à
Dieppe.
LeHavre du 29 Janvier 1711 .
Le Capitaine Tanqueray a
fait deux prifes , l'une Hollandoife
& un Brigantin Anglois
qu'il a amenées au
Havre ; l'on eftime ces deux
priſes 900000 liv.
Du trois dudit mois
SUPLEMENT - 13
Le Capitaine Dunet de
Calais a auffi amené en ce
Port une prife du Port d'environ
100 tonneaux.
Calais du . Février 1711.
Il cft échoué àla coſte de
cette Ville un Vaiffeau Danois
de 400 tonneaux.
Marſeille du 13 Fevrier 1711.
Les Gapitaines Honoré &
François Bremond Commandans
le Sanspareil & la
Moquéufe, ont pris & amenez
à Marseille une Barque
fans nom , chargée d'huile
Cadix du 18 Fevrier 1711 .
- Il a cité mené en ce Port.
Février
1711 Ti
38 SUPLEMENT
trois prifes Angloifes par les
fieurs de la Jaille & du Bois
de la Motte commandans
les Fregattes du Roy , l'Amazonne
& l'Argonaute,
Autre prife Angloife faite
par Monfieur de Ballas,
&le CapitaineGraffon, qu'ils
ont brûlée aprés en avoir retiré
le chargement ; qu'ils
ont auffi conduit à Cadix
avec une rançon de 25 liv.
fterlin d'une Barque Angloife
.
·Cadix fuite du 18 Janvier
Le Vaiffeau du Roy le Tc-
X 1
7
SUPLEMENT 139
meraire , commandé par le
fieur Lambert, a auffi amené
en ce Port deux prifes Ant
gloifes chargées de vin , de
falé , & de florence.
Calais du 8 Fevrierr 1711.
Le Capitaine Larmet à
amené en ce Port Hôtage
d'une rançon Hollandoife
de 1800 florins , & les Capitaines
Leguillon & Senecat
, y ont auffi amené un
baftiment de Gotonneaux.
Dieppe le 10 Fevrier 17 11.
Le Capitaine Fiquet commandant
une Fregatte de
I ij
BIBLIOTE
LYON
1099
740 SUPLEMENT
Dunkerque , a amené en ce
Port un Vaiffeau Corfaire
d'Oftende.
Cadix du 25
Janvier 1711 .
Vaiffeau Anglois
nommé
le Werker , pris par deux
Frégattes
du Roy.
Le fieur Limovelon com .
mandant le Vaiffeau le S.
Elprit de S. Malo , a auffi
amené en ce Port deux prifes
Angloifes &un Vaiffeau
Portugais.
A Paris ce 20 Fevrier 1711.
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Résumé : AVIS DE PRISES
Entre le 29 janvier et le 10 février 1711, plusieurs prises de navires ont été signalées dans divers ports français. À Dieppe, le capitaine Audibert a capturé le vaisseau hollandais Saint-Georges. Au Havre, le capitaine Tanqueray a fait deux prises : un vaisseau hollandais et un brigantin anglais, estimés à 900 000 livres. À Calais, un vaisseau danois de 400 tonneaux s'est échoué. À Marseille, les capitaines Honoré et François Bremond ont amené une barque chargée d'huile. À Cadix, trois navires anglais ont été capturés par les sieurs de la Jaille et du Bois de la Motte, une barque anglaise avec une rançon de 25 livres sterling, et deux navires anglais chargés de vin, de sel et de florence par le sieur Lambert. À Calais, le capitaine Larmet a amené un hôte d'une rançon hollandaise de 1800 florins, et les capitaines Leguillon et Senecat ont amené un bâtiment de Gotton. À Dieppe, le capitaine Fiquet a capturé un vaisseau corsaire d'Ostende. À Cadix, le vaisseau anglais Werker a été pris par deux frégates du roi, et le sieur Limovelon a amené deux prises anglaises et un vaisseau portugais.
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3
p. 72-78
AVIS DE PRISES.
Début :
Toulon 26 Mars 1711. Le sieur Laigle a pris sept [...]
Mots clefs :
Calais, Saint-Malo, Marseille, Morlaix, Dieppe, Le Havre, La Corogne, Toulon, Capitaine
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texteReconnaissance textuelle : AVIS DE PRISES.
AVIS DEPRISES.
Toulon 26 Mars 1711;
Le sieur Laigle a pris
sept vaisseaux , tant Anglais
, Hollandois, que Catalans
,
donc il en a mène
partieà Malte,& l'autre à
Toulon.
Deuxième Avril1711.
Messieurs les Chevaliers de
Beaudinard & Cassard, ont
pris un vaisseau nommé le
Prince
Prince de Frise, qu'ils ont
amené à Toulon.
La Corogne I Mars 1711.
Le Capitaine Grandjean
commandannt la Fregate
la Guiuguettc de S. Jean de
Luz, a pristrois Flutes qu'il
a conduit à Pontavedre
nommées la , Paix, vaisseau
Hollandais, la deuxieme la
Perle vaisseau Hambourgois,
& la troisiéme autre
Vaisseau Hollandois,chargé
de bled, dont l'Equipage
s'est sauvé à terre à la Coste
de Portugal.
Le Capitaine Nau commandantlaFregatela
Gaillarde
de Bayonne,aconduit
au même Port de Poirtavedre
un vaisseau Anglois
de trente tonneaux.
Le même y a encoreconduit
une prise faite en compagnie
dudit sieur Grandjean,
nommée lePot àfleurs.
Le Havre le 16 Mars 17 11
Le ifeur de Blangues
commandant la Fregate les
Zephirs de Dunkerque, a
conduit en ce Porc un vaisseau
Hambourgois nommé
le Roy David.
Le9 Avril 1711.
Le même a aussiamené
au même Port une prise
Angloifc nommée l'Empereur.
Dieppele 8Avril 1711
Le sieur Duquesnel commandant
la Fregate le Mercure
volant de Calais, a pris
un vaisseau Anglois nommé
la Providence.
Morlaix le 6 Avril 1711.
Le sieur Joachim Poitevin,
commandant laFregate
la Marguerite de S. Malo
, a amené en ce Port une
-
prise nommée la Galete de
Londres do cent tonneaux.
La Fregate nommée le
Marquis d'O de S. Malo
commandée , par le sieur Çadiou,
a aussi amené en ce
Pott une prisenommée le
Jean de Londres.
Marseille le 30 Mars 1711
Qu'il est arrivé en ce Port
un vaisseau chargé de bled
par le Capitaine Bremond.
Calais le31 Mars 1711.
Le Capitaine Duplessis
a pris un Smack
,
nommé
l'Esperance de Stade, qu'il
a amené à Calais.
Les Capitaines Potier &
Batez ont aussi amenez au
Porc de Calais deux prises",
l'une de trente & l'autre de
cent tonneaux.
S. Malo 10 Avril ijiï.
Le sieurHainscommamdant
le Vaisseau la Reine
des Anges,a pris un vaisseau
nommé le Darquin de
Corck) qu'il a amené à S.
Malo.
Calais du if Avril 1711.
Le Capitaine Pierre Live
a amené ence Port 6rançons
Anglais, montant ensemble
à 7005. liv. argent
de France.
Le Capitaine Potier y a
aussi amené un Vaisseau
Hollandois, nommé la
Foy de Rotterdam estimé
60000 livres.
Toulon 26 Mars 1711;
Le sieur Laigle a pris
sept vaisseaux , tant Anglais
, Hollandois, que Catalans
,
donc il en a mène
partieà Malte,& l'autre à
Toulon.
Deuxième Avril1711.
Messieurs les Chevaliers de
Beaudinard & Cassard, ont
pris un vaisseau nommé le
Prince
Prince de Frise, qu'ils ont
amené à Toulon.
La Corogne I Mars 1711.
Le Capitaine Grandjean
commandannt la Fregate
la Guiuguettc de S. Jean de
Luz, a pristrois Flutes qu'il
a conduit à Pontavedre
nommées la , Paix, vaisseau
Hollandais, la deuxieme la
Perle vaisseau Hambourgois,
& la troisiéme autre
Vaisseau Hollandois,chargé
de bled, dont l'Equipage
s'est sauvé à terre à la Coste
de Portugal.
Le Capitaine Nau commandantlaFregatela
Gaillarde
de Bayonne,aconduit
au même Port de Poirtavedre
un vaisseau Anglois
de trente tonneaux.
Le même y a encoreconduit
une prise faite en compagnie
dudit sieur Grandjean,
nommée lePot àfleurs.
Le Havre le 16 Mars 17 11
Le ifeur de Blangues
commandant la Fregate les
Zephirs de Dunkerque, a
conduit en ce Porc un vaisseau
Hambourgois nommé
le Roy David.
Le9 Avril 1711.
Le même a aussiamené
au même Port une prise
Angloifc nommée l'Empereur.
Dieppele 8Avril 1711
Le sieur Duquesnel commandant
la Fregate le Mercure
volant de Calais, a pris
un vaisseau Anglois nommé
la Providence.
Morlaix le 6 Avril 1711.
Le sieur Joachim Poitevin,
commandant laFregate
la Marguerite de S. Malo
, a amené en ce Port une
-
prise nommée la Galete de
Londres do cent tonneaux.
La Fregate nommée le
Marquis d'O de S. Malo
commandée , par le sieur Çadiou,
a aussi amené en ce
Pott une prisenommée le
Jean de Londres.
Marseille le 30 Mars 1711
Qu'il est arrivé en ce Port
un vaisseau chargé de bled
par le Capitaine Bremond.
Calais le31 Mars 1711.
Le Capitaine Duplessis
a pris un Smack
,
nommé
l'Esperance de Stade, qu'il
a amené à Calais.
Les Capitaines Potier &
Batez ont aussi amenez au
Porc de Calais deux prises",
l'une de trente & l'autre de
cent tonneaux.
S. Malo 10 Avril ijiï.
Le sieurHainscommamdant
le Vaisseau la Reine
des Anges,a pris un vaisseau
nommé le Darquin de
Corck) qu'il a amené à S.
Malo.
Calais du if Avril 1711.
Le Capitaine Pierre Live
a amené ence Port 6rançons
Anglais, montant ensemble
à 7005. liv. argent
de France.
Le Capitaine Potier y a
aussi amené un Vaisseau
Hollandois, nommé la
Foy de Rotterdam estimé
60000 livres.
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Résumé : AVIS DE PRISES.
Entre mars et avril 1711, plusieurs prises de vaisseaux ont été réalisées par des capitaines français dans divers ports. À Toulon, Laigle a capturé sept vaisseaux anglais, hollandais et catalans, dont certains ont été menés à Malte et d'autres à Toulon. Les chevaliers Beaudinard et Cassard ont également amené à Toulon le vaisseau 'Prince de Frise'. À La Corogne, Grandjean a pris trois flûtes hollandaises et les a conduites à Pontavedre, tandis que Nau a amené un vaisseau anglais et une prise nommée 'le Pot à fleurs' au même port. Au Havre, de Blangues a conduit un vaisseau hambourgeois nommé 'le Roy David' et une prise anglaise nommée 'l'Empereur'. À Dieppe, Duquesnel a capturé le vaisseau anglais 'la Providence'. À Morlaix, Poitevin et Çadiou ont amené respectivement les prises 'la Galete de Londres' et 'le Jean de Londres'. À Marseille, un vaisseau chargé de blé est arrivé. À Calais, Duplessis a pris un smack nommé 'l'Espérance de Stade', et Potier et Batez ont amené deux autres prises. À Saint-Malo, Hains a capturé le vaisseau 'le Darquin de Cork'. Live a amené six frégates anglaises à Calais, et Potier a amené un vaisseau hollandais nommé 'la Foy de Rotterdam'.
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4
p. 14-30
Nouvelles d'Espagne.
Début :
Extrait d'une Lettre de Sarragosse du 3. May. La [...]
Mots clefs :
Saragosse, Marseille, Madrid, Flotte, Régiment, Armée, Hongrie, Soldats
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Espagne.
Nouvelles. d'EJj?agne."
Extrait d'une Lettre de
Sarragosse du 3. May.
L
a Reine a toujours
quelques ressentimens de Fievres
le Roy & le Prince
des Asturies font en parfaite
santé.
Les préparatifs pour l'ouverture
de la Campagne feront
bien-tost achever
,
les
Magasins de Mequinença
de Lerida
, ee de Cervera
étant presque tout afait remplis,
& toute l'artillerie du
Royaume de Valence étant
arrivée à Tortoze. Alr le
Marquis de Valdecanas a é.
tendu les Qartiers des I"rou.
pes qu'il commande au dessus
de Balaguer, le long de la
Segre& de Bragosafin de
les fairesubsister plus commodement.
Deux mille Miqueletsfefontfournis
au Roy
&se font 'Vemts rendre avec
leurs armes.
- Les Lettres de Madrid
du 12. du mesme mois portent
que l'ArméedeCatalogne
devoit saUcmbler
le 17. au deçà de la Segre,
& que le 20. elle devoit
estre campée sous Lerida;
& que Mr le Marquis de
Bay avoir assemblé celle
d'Estremadure des le 25.
Avril ; que le 29. il avoit
passé la Xevora ;
quel'Artillerie
de cette Armée y
estoit arrivée,& que plusieursRegiments
avec un
grand
grand nombre de Soldats
de recruë estoient prests
dela joindre.
Celles du 18. assûrenc
qu'on en avoic receu de
Saragossequi marquoient
que la Reine estantentierement
délivrée de la fievre
en devoit partir au
pluslost pour revenir à
Madrid ou pour aller à
Logrono sur la frontière
de Navarre, où l'airefE
tres- bon, afinde restablir
sa santé, que le General
Stanhope. avoicrègleà
Saragosse avec Mr le
Marquis de Castellar
, un
Traitepourl'échangé des
Officiers prisonniers;que
celui pour l'échange des
Soldatsn'est pas encore
conclu ;que le Royaume
d'Arragon offroir de lever
à les dépends quatreRégiments
pour la garde des
frontières,& pour servir
d'escorte aux convois;
que t'Armée d'Efirama.
dure qui estoit desja forte
de vingt-trois bataillons , &dequarante-neufEscadrons,
estoit campée prés
du pont de Badajos ; que
Mr le Marquis de Bay s'estoitavec
la Cavalerie du
costé de la riviere de Caya,
ôc aux environs de Campo
Mayor où elle fourageoit
les grains, ce qui
estoit tres -
préjudiciable
aux Portugal à cause de
la disette qu'ilsen ont
que l'Armée Portugaise
estoit une partie à EHremoz,&
lereste dansd'autres
Places.
Lettre de Sarragosse
duzyAdai.
Mrs le Marquis d'Alto*
na, & le Comte d'Aguilar
ont estéfaitsCapitaines généraux.
Don Melchior dePor*t
tugal ayant este envoyé pouA
donner lachasse à une Trou*
pe de Volontairesquifaisoient
des courses du costé de Balbastro
, on a faitpendre un
grand nombre, & dissipé le
reste qui s'etsauvé dans les
Montagnes. Les Gardes du
Corps qui font en Quartier
dans le Royaume de Valence
avaient recu ordre dese mettre
en marche; mais cetordre a
* efléfufyendu3<& on croit qu'
ils escorteront les Vivres
y
les
Munitions & l'artillerie
quisontà Tortozeoùilestarrivé
24.pieces degros Canon.
Les Troupes Françoises qui
doiventjoindre les Espagnoles
sont entrées en Aragon, 0-
le Roy à nommésix bataillons
pouraller relever la garnison
de Girone. L'Armée. doit se
mettre enmarche le
5. du mois
prochain pour entrer en Catalogne.
Mrle Marquis de Boy
fourage les grains des environs
d Elvas & de Campo-
Mayor des deux cassé de la
Caïa sans que les Portugais
fassentaucun mouvementpour
sy oposer. Il doit arrivericyau
premier jour un convoy
considerable d'argentlm vient
de Cadiz. Lasanté de la
Reine devientmeilleure de
jour en jour, elle doit partir
A 7. du moisprochain à Corella
entre Calaharra& Tudc«•*
laou l'air 11fort bonO;
Nouvellesdeplusieurs endroits
Lettre de Marseille
du19.May.
Il a fait pendant deux
jours un vent de Sud-Ouest.
très violent. Léquipage d'unf'\
Barquede la Flotepartie de
rddopourBarcelone, qui eft1
échoüeé pres de Martigues ,
a raporte que cette Flotte.
près avoir mis à la voile le
26. Avril étant escortée par
Une Escadre de dix Vaisseaux
commandée par le Vice-AmiralNorris
avoitestéérepoussée
sur les Costes de Genes parun
gros vent} pendant lequel on
avoit estéobligée, de jetter
environ deux cens cinquante
chevaux dans la Mer; qu'
ayant ensuite remis à la Voile
,
elle avoit esté battu avant
hier d'une si rude Tempeste
que tous les Vaisseaux avoient
tfie contraintsdesi laisserallerau
gré du vent qui lès
foujfoit vers les Plages de
FoZ
y
qui sont tres dangereufis.
particulierement du cossé
rks. bouches du Rhosne.
D'autres
D'autres Lettres qu'on
a reçuës depuis portent
que cette Flote estoit de
quatre- vingt Bastimens
chargez de bled & de prés
de sept mille hommes de
Troupes; & qu'il est peri
un grand nombre de ces
Bastimens, Celan le raporc
des Equipages& des
Soldats de plusieurs Barques
qui ont abordé au
Porc de Cette & à quelques
autres delamesme
Code.
Celles deNaplesdu18.
Avril marquent qu'une
Tartane qui avoit demeuré
quelque tempsa- Cagliari,
avoit rapporté que
la pluspart des bastimens
de ce Convoy y avoient
relasché après avoir esté
fort maltraitez par une
tempeste qui les avoir ob- ez de jetteren mer dix-
- huit mille sepriersde
crains pour les allegir,
& qu'une Tartane chargée
de draps pour habil-
-
ler les trou pes, estoit allée
aborder à Palerme, quarante
soldats Napolitains
qu'il y avoit dessus ayant
forcé les Matelots de les
y conduire.
," On a publie à Vienne
un Traité conclu avec les
Députez des Confederez
de Hongrie le 29. Avril
au nom de l'Empereur
quoyqu'il fuit mort dés
le 17. Par ce Traité Sa
:'
Majesté Imperiale comme
Roy de Hongrie pardonne , au Prince Ra-
,
gotzi
,
le remet en possession
de tous ses biens,
luy accorde une retraite
pour luy, pour ses Enfans,
pour sa Cour, & pour tous
les Domeitiques en Hongrie,
en Tranfilvanie, ou
ailleurs, où bon luy rem.
bleray à condition que
dans un temps limité il
évacuera les Places qui
font en son pouvoir. Ce
Traité contient aussi une
Amnistie generale pour
tous les Hongrois & les
Transilvaniens de quelque
qualité & condition
qu'ils loient,avec une restitution
generale de tous
leurs biens, foit qu'ils
ayent esté consisquez,
vendus, donnez, ou demembrez,
& mesme que
les veuves & les orphelins
joüiront de ceux dont
ils auroient deu herirer;
que rexercice de la Religion
fera permis en Hongrie
& en Tranfilvanie,
suivant les Loix de ce Royaume
*, que les Officiers
& les
soldats
estrangers
pourront se retirer où ils
jugeront a propos, & ceux
qui font domefliques,relier
avec leurs Maistres,
& que les prisonniers de
guerre, de quelque qualité
& condition qu'ils
soient, joüiront de l'amniftie.
Il ne manque plus
àceTraité que la ratification
& l'execution.
Extrait d'une Lettre de
Sarragosse du 3. May.
L
a Reine a toujours
quelques ressentimens de Fievres
le Roy & le Prince
des Asturies font en parfaite
santé.
Les préparatifs pour l'ouverture
de la Campagne feront
bien-tost achever
,
les
Magasins de Mequinença
de Lerida
, ee de Cervera
étant presque tout afait remplis,
& toute l'artillerie du
Royaume de Valence étant
arrivée à Tortoze. Alr le
Marquis de Valdecanas a é.
tendu les Qartiers des I"rou.
pes qu'il commande au dessus
de Balaguer, le long de la
Segre& de Bragosafin de
les fairesubsister plus commodement.
Deux mille Miqueletsfefontfournis
au Roy
&se font 'Vemts rendre avec
leurs armes.
- Les Lettres de Madrid
du 12. du mesme mois portent
que l'ArméedeCatalogne
devoit saUcmbler
le 17. au deçà de la Segre,
& que le 20. elle devoit
estre campée sous Lerida;
& que Mr le Marquis de
Bay avoir assemblé celle
d'Estremadure des le 25.
Avril ; que le 29. il avoit
passé la Xevora ;
quel'Artillerie
de cette Armée y
estoit arrivée,& que plusieursRegiments
avec un
grand
grand nombre de Soldats
de recruë estoient prests
dela joindre.
Celles du 18. assûrenc
qu'on en avoic receu de
Saragossequi marquoient
que la Reine estantentierement
délivrée de la fievre
en devoit partir au
pluslost pour revenir à
Madrid ou pour aller à
Logrono sur la frontière
de Navarre, où l'airefE
tres- bon, afinde restablir
sa santé, que le General
Stanhope. avoicrègleà
Saragosse avec Mr le
Marquis de Castellar
, un
Traitepourl'échangé des
Officiers prisonniers;que
celui pour l'échange des
Soldatsn'est pas encore
conclu ;que le Royaume
d'Arragon offroir de lever
à les dépends quatreRégiments
pour la garde des
frontières,& pour servir
d'escorte aux convois;
que t'Armée d'Efirama.
dure qui estoit desja forte
de vingt-trois bataillons , &dequarante-neufEscadrons,
estoit campée prés
du pont de Badajos ; que
Mr le Marquis de Bay s'estoitavec
la Cavalerie du
costé de la riviere de Caya,
ôc aux environs de Campo
Mayor où elle fourageoit
les grains, ce qui
estoit tres -
préjudiciable
aux Portugal à cause de
la disette qu'ilsen ont
que l'Armée Portugaise
estoit une partie à EHremoz,&
lereste dansd'autres
Places.
Lettre de Sarragosse
duzyAdai.
Mrs le Marquis d'Alto*
na, & le Comte d'Aguilar
ont estéfaitsCapitaines généraux.
Don Melchior dePor*t
tugal ayant este envoyé pouA
donner lachasse à une Trou*
pe de Volontairesquifaisoient
des courses du costé de Balbastro
, on a faitpendre un
grand nombre, & dissipé le
reste qui s'etsauvé dans les
Montagnes. Les Gardes du
Corps qui font en Quartier
dans le Royaume de Valence
avaient recu ordre dese mettre
en marche; mais cetordre a
* efléfufyendu3<& on croit qu'
ils escorteront les Vivres
y
les
Munitions & l'artillerie
quisontà Tortozeoùilestarrivé
24.pieces degros Canon.
Les Troupes Françoises qui
doiventjoindre les Espagnoles
sont entrées en Aragon, 0-
le Roy à nommésix bataillons
pouraller relever la garnison
de Girone. L'Armée. doit se
mettre enmarche le
5. du mois
prochain pour entrer en Catalogne.
Mrle Marquis de Boy
fourage les grains des environs
d Elvas & de Campo-
Mayor des deux cassé de la
Caïa sans que les Portugais
fassentaucun mouvementpour
sy oposer. Il doit arrivericyau
premier jour un convoy
considerable d'argentlm vient
de Cadiz. Lasanté de la
Reine devientmeilleure de
jour en jour, elle doit partir
A 7. du moisprochain à Corella
entre Calaharra& Tudc«•*
laou l'air 11fort bonO;
Nouvellesdeplusieurs endroits
Lettre de Marseille
du19.May.
Il a fait pendant deux
jours un vent de Sud-Ouest.
très violent. Léquipage d'unf'\
Barquede la Flotepartie de
rddopourBarcelone, qui eft1
échoüeé pres de Martigues ,
a raporte que cette Flotte.
près avoir mis à la voile le
26. Avril étant escortée par
Une Escadre de dix Vaisseaux
commandée par le Vice-AmiralNorris
avoitestéérepoussée
sur les Costes de Genes parun
gros vent} pendant lequel on
avoit estéobligée, de jetter
environ deux cens cinquante
chevaux dans la Mer; qu'
ayant ensuite remis à la Voile
,
elle avoit esté battu avant
hier d'une si rude Tempeste
que tous les Vaisseaux avoient
tfie contraintsdesi laisserallerau
gré du vent qui lès
foujfoit vers les Plages de
FoZ
y
qui sont tres dangereufis.
particulierement du cossé
rks. bouches du Rhosne.
D'autres
D'autres Lettres qu'on
a reçuës depuis portent
que cette Flote estoit de
quatre- vingt Bastimens
chargez de bled & de prés
de sept mille hommes de
Troupes; & qu'il est peri
un grand nombre de ces
Bastimens, Celan le raporc
des Equipages& des
Soldats de plusieurs Barques
qui ont abordé au
Porc de Cette & à quelques
autres delamesme
Code.
Celles deNaplesdu18.
Avril marquent qu'une
Tartane qui avoit demeuré
quelque tempsa- Cagliari,
avoit rapporté que
la pluspart des bastimens
de ce Convoy y avoient
relasché après avoir esté
fort maltraitez par une
tempeste qui les avoir ob- ez de jetteren mer dix-
- huit mille sepriersde
crains pour les allegir,
& qu'une Tartane chargée
de draps pour habil-
-
ler les trou pes, estoit allée
aborder à Palerme, quarante
soldats Napolitains
qu'il y avoit dessus ayant
forcé les Matelots de les
y conduire.
," On a publie à Vienne
un Traité conclu avec les
Députez des Confederez
de Hongrie le 29. Avril
au nom de l'Empereur
quoyqu'il fuit mort dés
le 17. Par ce Traité Sa
:'
Majesté Imperiale comme
Roy de Hongrie pardonne , au Prince Ra-
,
gotzi
,
le remet en possession
de tous ses biens,
luy accorde une retraite
pour luy, pour ses Enfans,
pour sa Cour, & pour tous
les Domeitiques en Hongrie,
en Tranfilvanie, ou
ailleurs, où bon luy rem.
bleray à condition que
dans un temps limité il
évacuera les Places qui
font en son pouvoir. Ce
Traité contient aussi une
Amnistie generale pour
tous les Hongrois & les
Transilvaniens de quelque
qualité & condition
qu'ils loient,avec une restitution
generale de tous
leurs biens, foit qu'ils
ayent esté consisquez,
vendus, donnez, ou demembrez,
& mesme que
les veuves & les orphelins
joüiront de ceux dont
ils auroient deu herirer;
que rexercice de la Religion
fera permis en Hongrie
& en Tranfilvanie,
suivant les Loix de ce Royaume
*, que les Officiers
& les
soldats
estrangers
pourront se retirer où ils
jugeront a propos, & ceux
qui font domefliques,relier
avec leurs Maistres,
& que les prisonniers de
guerre, de quelque qualité
& condition qu'ils
soient, joüiront de l'amniftie.
Il ne manque plus
àceTraité que la ratification
& l'execution.
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Résumé : Nouvelles d'Espagne.
Le document relate des nouvelles militaires et politiques de diverses régions. À Saragosse, la Reine se remet de ses fièvres, tandis que le Roi et le Prince des Asturies sont en bonne santé. Les préparatifs pour la campagne militaire avancent, avec des magasins remplis et de l'artillerie arrivée. Le Marquis de Valdecanas a déplacé ses troupes pour mieux les approvisionner. Deux mille Miquelets ont été fournis au Roi. L'armée de Catalogne doit se rassembler et camper près de Lerida, tandis que l'armée d'Estrémadure, renforcée par de nouveaux régiments, est déjà en position près de Badajos. Le Marquis de Bay harcèle les Portugais en pillant leurs ressources. La Reine, rétablie, doit se rendre à Corella pour sa santé. À Marseille, une flotte escortée par le Vice-Amiral Norris a subi des tempêtes, perdant des chevaux et des navires. Des lettres de Naples rapportent des dommages causés par une tempête à un convoi. À Vienne, un traité a été publié, pardonnant au Prince Ragotzi et accordant une amnistie générale aux Hongrois et Transylvaniens, avec restitution des biens et liberté de religion.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 72
A Marseille le 9.
Début :
On a eu ordre de la Cour d'armer promptement douze [...]
Mots clefs :
Marseille, Monsieur du Casse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Marseille le 9.
A Marſeille le 9.
On á eu ordre de la Cour
d'armer promptement douze
galeres .
M. du Caffe a fait voile
le onze de Toulon , avec
les vaiffeaux que l'on y a
armez , pour aller devant
Barcelonne.
On á eu ordre de la Cour
d'armer promptement douze
galeres .
M. du Caffe a fait voile
le onze de Toulon , avec
les vaiffeaux que l'on y a
armez , pour aller devant
Barcelonne.
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6
p. 327-330
De Marseille.
Début :
On a donné dans cette Ville pendant le mois de Juillet plusieurs [...]
Mots clefs :
Marseille, Marquis, Eaux, Reine de Pologne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Marseille.
DeMarseille.
i 'f OnadonnédanscetteVille
pendant lemois de Juilletplurieurs
festes à la Reine de Pologne,
1^ PrincessesSobieski
sa petite filleafortbrillédans
tous les bals qui se sont donnez
chez M. le Bailli de la Pat
laitric ChefdEscadre des Galetes.,
&chez M. Arnoult,
Intendant dela Marine. Le
Comte àt Bausse
a eu l'boD-'
licotf'de&'afci avec la Princcfle,
&le Marquisde laBruyere
Jatente Syndic de la Ho4
blesse & ancien Procureur du
paîss'y est fort distingué.Ila
eu plusieurs Audiances particulieres;
de SaMajesté dont
ellea paruê fort contente.
C:dI un Gentilhommequi a
beaucoup d'esprit&uneparfaite
connoissancedesinterêts. desPrinces.
.Qç^mandepu'i*ff«queleVi- ce-Légat d'Avignon aenvoyé
un ordre,à ce Marquis de se rzen-d.r1e1à,s-o.n,, g.o, uvei rnetment
de Sorgues dans le Comtat
d'Avignonpouryrecevoir la
Reine iorfq Ile y passera.
Ilya déja envoyé beaucoup
de
le meubles) & plusieurs baIlli
fots dae ce quii perut esetre nee.ek On écrit du même endroit
juc les eaux de Montfrin deviennent
tous les jours en plus
grande réputation. Le sieur:
Monranier
,,
Docteur en Me;
decine) s'est appliqué particulièrement
àen connoistre toute
la vertu, & a découvert qu'-
elles étoient excellentes pouc
ceux qui font étiques. En esser,
Messieurs les Marquis de
Razac &le Baron de Tourncfort
, Capitaines de Galeres,
quiétoient tombez dans une
fcchcrcffc qui faisoit appréhender
leur perte, en sont revenus
en parfaite santes&reprennent
tous les jours leur
premier embonpoint. Cet esset
merveilleux a si fort augmenté
la réputation de ces
eaux, qu'une infinité de personnes
dé Provence & deDauphiné
y accourent.
i 'f OnadonnédanscetteVille
pendant lemois de Juilletplurieurs
festes à la Reine de Pologne,
1^ PrincessesSobieski
sa petite filleafortbrillédans
tous les bals qui se sont donnez
chez M. le Bailli de la Pat
laitric ChefdEscadre des Galetes.,
&chez M. Arnoult,
Intendant dela Marine. Le
Comte àt Bausse
a eu l'boD-'
licotf'de&'afci avec la Princcfle,
&le Marquisde laBruyere
Jatente Syndic de la Ho4
blesse & ancien Procureur du
paîss'y est fort distingué.Ila
eu plusieurs Audiances particulieres;
de SaMajesté dont
ellea paruê fort contente.
C:dI un Gentilhommequi a
beaucoup d'esprit&uneparfaite
connoissancedesinterêts. desPrinces.
.Qç^mandepu'i*ff«queleVi- ce-Légat d'Avignon aenvoyé
un ordre,à ce Marquis de se rzen-d.r1e1à,s-o.n,, g.o, uvei rnetment
de Sorgues dans le Comtat
d'Avignonpouryrecevoir la
Reine iorfq Ile y passera.
Ilya déja envoyé beaucoup
de
le meubles) & plusieurs baIlli
fots dae ce quii perut esetre nee.ek On écrit du même endroit
juc les eaux de Montfrin deviennent
tous les jours en plus
grande réputation. Le sieur:
Monranier
,,
Docteur en Me;
decine) s'est appliqué particulièrement
àen connoistre toute
la vertu, & a découvert qu'-
elles étoient excellentes pouc
ceux qui font étiques. En esser,
Messieurs les Marquis de
Razac &le Baron de Tourncfort
, Capitaines de Galeres,
quiétoient tombez dans une
fcchcrcffc qui faisoit appréhender
leur perte, en sont revenus
en parfaite santes&reprennent
tous les jours leur
premier embonpoint. Cet esset
merveilleux a si fort augmenté
la réputation de ces
eaux, qu'une infinité de personnes
dé Provence & deDauphiné
y accourent.
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Résumé : De Marseille.
En juillet, Marseille a célébré la Reine de Pologne, la princesse Sobieski, avec plusieurs fêtes. Sa petite-fille a été remarquée lors des bals chez le Bailli de la Patta et M. Arnoult. Le Comte de Bausse a dansé avec la princesse, et le Marquis de la Bruyère, ancien Syndic des Hôtels et Procureur du pays, a été distingué par plusieurs audiences particulières avec la Reine. Le Marquis est décrit comme un gentilhomme d'esprit et connaisseur des intérêts des princes. Le Vice-Légat d'Avignon a ordonné au Marquis de se rendre à Sorgues pour accueillir la Reine lors de son passage. Par ailleurs, les eaux de Montfrin gagnent en réputation grâce à leurs vertus découvertes par le Docteur Monranier. Les Marquis de Razac et le Baron de Tournefort, Capitaines de Galères, ont recouvré la santé après une grave maladie grâce à ces eaux, attirant ainsi de nombreuses personnes de Provence et du Dauphiné.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 304-318
RÉJOUISSANCES de la Ville de Marseille.
Début :
Quoique Marseille, à l'imitation des plus considerables Villes du Royaume, ait [...]
Mots clefs :
Réjouissances, Marseille, Cathédrale, Peuple, Tambours, Naissance du Dauphin, Fête, Bal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉJOUISSANCES de la Ville de Marseille.
R E'J OV ISSANCE S de la Ville de
Marseille.
QUoique Marseille , à l'imîtatíon des plus
considérables Villes du Royaume > ait
íait de fort belles choses à l'occafion de la
Naissance du Dauphin , indépendemment de
ce qui s'est passé dans la même Ville de 1%
part des Citadelles , du Corps des Galères
& de Y Arcenal , dont nous avons rendu comp
te en son tens. Marseille, dis- je, n'a pas
imité ces Villes du premier Ordre dans le
foin qu'elles ont pris de nous envoyer des
Descriptions de leurs Fêtes , pour les. inférer1
dans un Livre qui contient l"Histoire Jour
nalière de la Nation , & qui est particulière
ment dessiné à conserver le dépôt de ces forte»
FEVR I Ë R. trtà. }o5
de momimens. C'est ce qui fait que nouj par*
Ions si tard de ce qui s'eit fait dans cette celebreVille,&
que nous ne pourrons le faire que
fore brièvement , par les circonstances úù\
nous nous trouvons. Nous ferions même tout
à fait hors d'état de rendre ce compte au
Public , fi le hazard ne s'en étoit enfin mêlé*
en faisant tomber entre nos mains , au moié
de Février . le Mémoire imprimé à Marseille
des Réjouissances qui ont été faites dans cette
Ville, en Septembre. Nous allons donner utl
Extrait de ce Mémoire;
Le i7. Septembre au soir , quatre Trom
pettes à cheval » précédez d'un Timballier ,
accompagnez de plusieurs Tambours & Fifres*
tous avec les couleurs de la Ville , publièrent
dans tontes les Places publiques ['Ordonnan
te des Echevins, portant qu'on fermeroit les
Boutiques pendant trois jours i qu'on illumineroit
toutes les Maisons , &t qu'on feroie
des feux devant les portes. Le bruit des trom-*
pettes , des tambours & de toutes lss clo
ches de la Ville qui sonnèrent en mime terni,
anima le Peuple déja disposé à la joye- Totíí
retentit de cris& d'acclamations réitérés.
Dès le matin du iS. les Galères qui celébroient
ce jour là leur derniere Fête , furent
ornées de leurs Etendarts &c. Plus de cent
Vaisseaux & autres Bâtimens qui étoient dans
le Port arborèrent leurs Pavillons, ce quí
fit une variété aussi agréable que surprenante»
Le Peuple dansoit cèpendant au son des tam
bours dans toutes les Places ; on avoit placé
devant l'Hôtel de Ville & au Cours quatrd
Fontaines de vin<
Le Marquis de Pilles , Gouverneur* Viguief
de Marseille, & les Echevins en Roberou
3 o-6 MERCURE DE' FRANCE,
ge , suivis d'un nombreux cortège > se rendîi
rent ce même matin à TEglise Cathédrale
pour assister à la Messe solëmnelle que M%
FEvêque célébra pontificalement ; elle succhantée
en Musique ; on tira à l'élevation n.
pieces de Canon que les Echevins avoiene
fait mettre fur la Plateforme qui regarde la
Mer près la Cathédrale.
Ce jour là M. l'£vêque donna à diner k
cent pauvres dans la Cour de l'Evêché , fie
distribuer des- aumônes à tous ceux qui se pré
sentèrent à la porte pendant ces trois jours de
Fête, & il n'oublia pas les pauvres honteux
auxquels ce Prélat fit des libéralisez par le
Canal des Curez. C'est ainsi que celui qui dans
des jours de deifíl & de désolation n'abandonna
jamais les pauvres , les a traitez dans ces
jours dejoye & de jubilation.
Sur les 4. heures du soir , les Officiers mu
nicipaux & les principaux Citoyens se ren
dirent à l'Hâtel de Ville pour accompagnes
les Magistrats au Te Deum ; une troupe de
plus de mille jeunes garçons portant des
Guidons & des Banderolies aux Armes da
Roi & de Monseigneur le Dauphin commençoient
la marche. Les trompettes & les tim
bales précedoient un Corps d'Infanterie tiré'
des Arts & Métiers , divisé en 4. Compagniesde
cent hommes chacune , avec leurs dîfferens
Drapeaux , & com mandé par les 4. Ca«-
pitaines de la Ville.
Ces nouveaux Soldats étoient proprement
habillez, & avoient des Cocardes > donc les
couleurs distinguoient les différentes Compatnies.
Leurs rangs étoient mêlez de Hautbois*
e Fifres & de Tambours. Une bande de Vio
lons suivoic Les Gardes de Police » la livré*
de
FEVRIER. 1730. 307
de la Ville , celle du Gouvernfur-Viguier Sa
les Halebardiers préeedoient les Echevins. Ler
Marquis de Piles éroit à la droite des deux
premiers , & les deux autres avoient à leur
gauche l'Orateur de la Ville. Une siiite nom
breuse de personnes distinguées fermoit cette,
marche ; un Peuple infini bordoit tous les .
passages. En arrivant à la Cathédrale on fit
une décharge de toute la Mousqueterie & de
aï. pieces de Canon. Les Echevins se pla
cèrent dans le Choeur , où les Officiers de la
Senechauffée s'étoient déja rendus. M. l'Evêque
officiant pontificalement entonna le
Te Deum,<\m fut chanté par la Musique au
bruit des Canons & de toute la Mousque<
terie.
, On, commença ensuite la Procession géné
rale , âlaquelle tout le Clergé séculier & ré
gulier aíîìíta í on y porta la Statue de la trèssainte
Vierge , les Châsses de Saint Lazare 8c
de Saint Cannât , & les Reliques de Saint Vie*
tor , Martyr de Marseille; M. l'Evêque err
habits pontificaux , le Gouverneur Viguier &
les Echevins y assistèrent avec toute leur
fuite. A mesure que les Reliques sortoient de
l'Eglise elles furent íaLuées du Canon & dà
la Mousqueterie , e'ies le furent de cent Boè
tes dans toutes les Places publiques . St on
fit le même salut en rentrant j M. l'Evêque'
donna la Bénédiction du Très- Saint Sacre
ment au bruit du Canon & de la Mousque
terie. v.
Au sortir de la Cathédrale , on marcha versr
la Place Neuve , où l'on avoit dressé lJ Appa
reil d'un grand Feu de joye , orné de Porti
ques, d'Emblèmes &c. Plus de cent flambcauxdfr
cire blanche écìairoient la marcha-
£ v routes
^oS MERCURE DE FRANCE;
toutes les Maisons" étoient illuminées , de*
feux brûloient devant les portes , la Cita
delle , le Fort Saint Jean , celui de Notre-
Dame de la Garde , l'Arfenal , les Tours de
l' Abbaye de Saint Victor > la Rive- Neuve »
les Galères, le Port> tout étoit éclairé ,8e
la Ville entière paroisloit être dans un em
brasement gênerai ; les quatre Compagnies
rangées autour de la Place firent une salve
de Mousqueteric , suivie de celle de itic.
Boëtes. Après que le Marquis de Pilles & le*
Echevins eurent allumé le feu de joye > on
tira en même tems une prodigieuse quantité
de Fusées.
Le Corps de Ville se rendir ensuite à l'Hôref
de Ville par le Quay du Port* alors les Ga
lères firent trois décharges de leurs Canons
Sc des Coursiers > l'Arccnal fit tirer des Biëtes
, les Vaisseaux du Port , la Citadelle , le
Fort Saint Jean , celui de Notre-Dame de la
Garde firent autant de décharges de toute
leur Artillerie , & des Gerbes de Fusées rem
plirent le Port d'une pluye de feu à trois
différentes reprises.
. La Façade de l'Hôtel de Vil'e , fi estimée des
Connoisseurs * si remarquable par ses riches
f*) Le Chevalier Bernin ayant vú à Rome
U dejfein. entier de l'Hôtel de Ville de Mar
seille de la main de Fugeft avoua qu'il navoit
encore rien vû en ce genre d'un plus grand
goût ì ér H admira fur tout la Fa f ad?. 11 y »
une belle description d- cette Façade dans un
M. rcure de l' année iéSi à VOccasion de l*
Herbe illumination qui y parut dins la Vètt
tu* donna Marseille pour célébrer la Naissance:
•iu Due de Bourgogne f père d» Roi. Cette F*.
etobeL
EE VRI ER. 1750. 309
I ímbèllissemens & par la beauté de son Ar-
* chitecture , sur tout par cet incomparable
j morceau de sculpture qui contient les Armes
du Roi , Chef-d'oeuvre du fameux Pierre
I Puget, Marseillois , qui a donné les desseins
de tout le Bâtiment 5 cette Façade , dis-je, at
tira cc four li l' admiration publique» Plus d'un
million de lumières arrangées avec cimétriei
cn fit voir non- seulement toutes lesbeautez,
mais en marqua encore les ornemens les plus
déliez des diflíercns ordres dont elle est com
posée , en les profilant.
Les Echevins se dépouillant , pour ainff
dire , de la qualité de Magistrats pour ren
trer dans celle de simples Citoyens , voulu
rent témoigner leur zele particulier &• personel
, & donneient en leur nom des Fêtes
qui se firent remarquer* M. Ravel , premier
Echevin , donna un souper à tout le Corps
de Ville ; la Maison étoit artistement illumi
née ; les Boëtes furent tirées à chaque santé
Royale. Au sortir de table » la Compagnie alla
au Bal que les Echevins donnoient dans la
Salle de la Loge ( c'est le lieu où* s'affemblenc
tous les Negocians ; cette Salle qui a 90,
pieds de longueur fur 4? de largeur étoit
richement ornée & éclairée par quantité de
lustres de cristal & par des flambeaux por
tez par des Bras » les Portraits du Roi & de
la Reine étoient placez fous un Dais de ve
lours Cramoisi , enrichi de galons , de crepifade
étoit alors dans toute fa beauté , & on
Ciseau du célèbre Puget , font un contraste de~
[agréable.
E vj
jio MERCURE DE FRANCE,
nés & de franges d'or. Les Violons étoîrtic:
placez fur des Amphithéâtres aux deux boucs,
de la Salle ; differens Buffets étoient remplis
de toute forte de Rafraîchissemens ; on pré
senta indifféremment â tout le monde & en
profusion des confitures , des liqueurs & des
eaux glacées de toute efpece. La Salle fut
aífez grande pour y danlèr en trois differens
endroits, Le Bal dura jusqu'à 7. heures du
matin.
Le second jour les Pauvres ressentirent les
effets de l'attention des Echevins. Sur les 9.
heures du matin une Compagnie de Bouchers
habillez en Gladiateurs , quynarchoient avec
des Tambours , escorta deux Boeufs qu'on
avoir égorgez & qui étoienc ornez de Guirlan
des ; ils furent portez chacun par quatre de
ces Gladiateurs à la Place Neuve où on les
rôtit tous entiers ; peu de gens fe refusèrent
à ce fpeótacle ; fur les 4. heures du soir ces
Boeufs furent portez devant l'Hôcel de Ville,
dépecez & distribuez. On y donna deux mille
pains, les Fontaines de vin coulant toujours»
outre cela on fit distribuer des charitez à un
grand nombre de personnes , qui fans ce
secours n'auroient pas participé a la joye pu
blique.
Sur le sòir, les quatre Compagnies dont on
a parlé , s'étant renduës devant l'Hôrel de Vil
le , & toute la Ville étant déja éclairée Comme
el le l'étoit le jour précédent ; le Marquis de
Pilles & les fc chevins , allèrent en Cc-rrmonie
a'iumer un Feu de ioye dressé â la Place de
Linche , au bruit réitéré de la Moufqueterie ,
des Boëtes , & de trois décharges que les Vais
seaux du Port firent de leurs Calons , on y tira.
ua grand nombre de fusée».. Le Corps.de TUfe
FEVRíER. 1730. 31*
alla ensuite chez M. Martin , second Echevin ,
1 qui à ion tour lui donnoit à souper ; sa Maison
tut éclairée avec distinction , les samez Royales
& de Monseigneur le Dauphin furent laluées
au bruit de toutes les Boëtes.
Cependant les Echevins avoient fait élever
un Arc de Triomphe au milieu. du Couis , en
tre les deux grands Bassins de marbre blanc ;
cet Edifice compoíé. de deux Ordres , avoic
depuis le Zocle jusqu'au Eronton qui le couronnort
5-4. piés de hauteur, fus jtf. de largeur.
Les deux principales Faces étoient tournées
l'une vers la Porte Royale > & l'autre vers la
Porte de Rome. II y avoit au milieu de chaque
Eace une grande ouverture ceintrée de 57. piés
de hauteur > fur 10. de largeur.
Le premier Ordre étoit posé fur un Zocle de
marbre brun de j. piés de hauteur , d'où s'éle-,
voient 4- Pilastres saillants d'un marbre jaspé ,
dont les Bases & les Chapiteaux étoient d'or
feint , portant une Corniche qui fer voit d'Im
poste à l'ouverture de l'Arc : les Pihsires les
plus proches dé cette ouverture formoient un',
Avant Corps ,. & des Piédestaux de marbre
blanc ornez de moulúresd'or qui s'élevo:ent
du Zocle y étoient adossés ^ I'entre-dr ux des;
Pilastres étoit rempli de Cartouches , dont les
bordures étoient d'or fur un fond de marbregris
dont tout f Edifice étoit bâti , & l'Entablement
étoit de marbreblanc, excepté laFrize
de lapis , enrichie de tous les orr.emens cpnvenables.
Les Cartouches portoient des Em
blèmes & des Devises.
Des Pilastres couplés & faillànts .. dont les
Bases & Chapiteaux étoient anifi d'or , for
moient le second Ordre qui étoit orné d'une:
Ceiniche de majbie blanc , d'oûí'élevoit un
Etontoite
i t £ MHÏICÛRÊ DÊ FRANCË. ^
Fronton triangulaire . dont le Timpan étoít de
rnarbre noir? les entre-deux de ces Pilastres
étoient remplis de Cartouches ausli remplis
íFEmblêmes & de Devises, & les Cartouches
étoient suspendus à des Festons, attachés à des
masques bronzés & aux volutes des Chapi
teaux.
Dans la Face opposée à la Porte Royale, orr
Voyoit dans le Frontispice les Atmes du Roy
soutenues par deux grands Génies ; & dans
• un riche Cartouche qui forrnoit la clef de
l'ArCjonlisoit cette Inscription en Lettres d'orí
Vublict IttitU Uonumentum tdajsilia civitas
fostiit , M. DCd XXIX.
Sur le sommet du Frontort qui cóuronnóît
tout l' Edifice, s'élevoit sur un Piédestal de
rnarbre une belle 8c grande Figure de Femme ,
Symbole de la Ville de Marseille , qui tenoie
le Portrait de Monseigneur le Dauphin , avec
ces mots qu'on li 1 oie dans un Cadre d'or fur
le Piédestal : Mitjftlia voti compts*
Sut deux autres Piédestaux , à côté de la Fi
gure de Marseille , on voyoit à droite la Re!i-<
gion habillée en Vestale , tenant un Vase d'or
qui exhaloit des Parfums , & à gauche la Justi
ce tenant la Balance d'une main & un Faisceau
d'armesde l'autre ; fur la Corniche de l' Arrierë-
Corps du premier Ordre , d'un côté on voyoit
- Apollon , & de l'autre Minerve , avec tous
leurs Attributs j & devant les Pilastres de
1" Avant Corps fur les Piédestaux qui s'éls-
Voient dt! 2ocle » orí voyoit d'un cô^é Mercure
Dieu du Commerce , tenant une Bourse rem
plie, & de l'autre Thetis tenant un Vaisseau ì
Voiles enflées , ayant à ses pieds des Coquil
lages , des Perles , du Corail , &c.
Tous les Cartouches étoient , comme on l'a
dit ,
fEVRTÊR; 1716;
dît ) remplis de Peintures symboliques , ceusí
des Pilastres supérieurs contenoient ces quatres
Emblèmes.
La première , un Aigle volant & un Aiglon
un peu mains élevé,avec ces mots : Superas docet
ire pir auras»
La seconde , Alcide dans le berceau étouf
fant deux Serpens: Nunc Alcides mox Her
cules,
La troisième , une Corne d'abondance t pré-*
sentant trois Roses & un Lys au-dessus beau
coup plus élevé: Vives jam copia Cornu.
La quatrième » un,Dauphin couronné sor
tant de la mer , environné d'une multitude
d'autres Poissons : Parriìs regnabit in undisj
Sur le Piédestal d'où s'élevoit la Figure de
Mercure, cn'avoit peint dans un Cadre d'or*
une Ancre où étoit entortillé un Dauphin avec
ees mots : Firmat & ornât ; & fur celui d'od;
s'élevoic Thttis on avoit peint la Planette de'
Jupiter & un de ses Satellites : Monsirat miner'
ignis iter.
Dans les Cartouches qui au-dessus de Mer
cure & de Thí cís rempliflòitnt les entre-deux
des Pilastres du premier Ordre , en voyois
ces deux autres Emblèmes.
Trois Homme» regardant un Arc en- Ciel'
& tournant le dos à un Soleil levant : Dat
signa & foedtra pacis Un Soleil naissant &
trois Etoiles qui commençoient à diíparoître í
Majora dabit Soi lum'ma terris^
Dans ta face de 1* Arc de Triomphe, tour-'
liée vers la Porte de Rome , on liíoit au fron
tispice qui étoit de marbre noir cette Infcrip-f
tion en lettres d'or : Serenijsime Galliar. Delfhino
natoprid, non. sept, conjf. N Joan.'B.n'velj
Francis. Martin, J*c, Remuant , Joa». Roman-.
M.DCC XXlXt
Sas
MERCURE DE FRANCE;
Sur la des de l" Arc , un riche Cartouche ,
contenoit ce Distique aussi en lectre d'or.
Expe&ate diò , per te Gens í rancie» neèìit*-
Perpétuas paci Utituque moras.
Sur le Timpan on voyoic s'élever trois gran
des Figures fur leurs Piédestaux, richementpeintes,;
celle du milieu qui paroiíToit fur le
sommet, reprefentoit la France, tenant d'une
màin les Armes de Monseigneur le Dauphin
& de l'autre des liens ou Guirlandes de fleurs.
avec lesquels elie tenoit comme enchaînées la
Paix & la Joye, représentées par les deux au
tres Figures qui étoient à fes côrëi. La Paixqui
étoic à droite avoit à ses pieds trois Gé
nies , dont un lui prefentoit un Rameau d'O--
livier , l'autre une Gorne d'abondance , 8c le
troisième paroilíoit occupé à briser des lances
& des flèches; la joye qui dtoir à gauche,
tenoit à la main un Caducée, & avnit à fespieds
des Feux d'artifice & toutes fortes d'ínstrumens
de Musique.
Sur les Piedestaux^qui s'éíevoierrt du Zocle,.
adossez, au Pilastre du premier ordre, on voyoic
de chaque côté une grande Figure. A droite
celle du Maréchal Duc de Viílars, Gouver
neur de Provence ,■ armé d'une Cuiralîe &-
d:un Bouclier, tenant à la main le Bâton de
commandcment-Un petit-Génie à ses pieds por
tait l'Ecu de les Aimes, 8í au dessous dansune
Bordure i'or on lisoit ces Vers fur le
piédestal de la Figure-
"La Guerre au plus haut point avait porté ma
gloire ,
C'est h mes foins qu'on dut la Faix i
Mais son plus fur garand & le plu: plein d'at~
traits x
FEVRIER. 1730. 31J
Man/jttoit à m» double victoire ,
XJ'ti Héros en naissant y met les derniers traits.
La Figure du côté gauche representoit en-'
core Marseille en Nymphe & dans une attitu^
de majestuejfe,regardant le Portrait deMonseifneur
le Dauphin que la France présentoir dit
auc du Timpan, auquel elle adressoic ces Vers*
Moi qui dans des teins s moins heureux ,
Met 1 ois ma gloire a n avoir point de Maître ,
Au bonheur d'obéir au Roi qui vous fit naître »•
Jt borne aujourd'hui tous mes voeux ,
Comme il est mon Héros vous devez, un jour Vêt rt;
Mais le plus tard fera le mieux.'
Deux grands Génies qu^ s'élevoíent fur Ia>
Corniche du premier ordre, tenoient chacur»
irn Cartouche; on avoit peint dans l'un une colomne
soutenant une partie d'un Edifice avec'
ces mots; Columenque decufque :8c dans l'au
tre des illuminations & des Feux d'artifice
a'vec ces mots.. Veiïora ardetitiùs.
Dans deux autres Cartouches placez audessous
dans les entre- colonnemens de-ce pre
mier ordre, on voyoit dans l'un des Oliviers
qui reçoivent les rayons du Soleil levant, avec
ces mots : Oleas foecundat ab ortu :' & dans
1 autre un Vaisseau , fur la poupe duquel paroissoit
Arion jouant de la Lyre , & fur l'eau,
un Dauphin avec ces mots : Cantu precibujque
VocatHs.
Les Cartouches placez des deux côte* dans
les entre- deux des Pilastres supérieurs contenoient
4. autres Emblèmes. La première des
deux qui écoienc fous la figure de la Joye,.
«ost
;i£ MËRCURË DE Ï*RANÍCE.
étoit un Soleil levant regardé par un Lyórí ,
tin Aigle & un Léopard : Unum fusficitmt omiies:
& l'autre étoit un Dauphin sur la íurface
de la Mer : Mole mìnìr fed Majejìate vcrendús.
La première de celles qui étoient placées de
l'autre côté fous la Figure de la Joye , vepre*
sentoit deux Bergers tendans lès mains vers
le Ciel, à la vue d'une pluye qui tombe , &
la Terre couverte de fleurs desséchées : Preci*
bus alcftia: l'autre faisoit voir trois'Etoiles*
deux ensemble & une plus éloignée j & toutes
trois touchées par les rayons du Soleil nais
sant : Pttlchrior exibit fí fr&eeffere minâtes.
Cet Arc de Triomphe , qui par la beauté du
dessein , la magnificence de sa structure & le
succès de l'execution , avoit déja attiré tous
les regards , les fixi entièrement lorsque le i<u
Septembre au soir il fut éclairé d'une multitude
infinie de Lampions», qui joints à s'illumina-,
tion de tòutes les maisons du Cours , qui font
toutes d'une même hauteur & Architecture,
avec des Balcons, dissipèrent entièrement les
ténèbres. Les 4. Compagnies entrèrent dans
íè Cours par l' Avenue qui est du côté de la
Porte Royale , passèrent fous l'Arc de Triom
phe , firent une salve devant ce Monument &
allèrent se ranger en bon ordre autour de la
Place S, Louis , où le Feu de joye étoit dressé.
Lorsque le Gouverneur- Viguier & les Eche
vins l' eurent allumé, il sortit des 8. Colomnes
posées autour des Portiques de l'Edifice du
Feu & des Caisses placées fur les Corniches
de l'Arc de Triomphe, un fi grand nombre de
fusées, que se croisant ensemble elles firenï
paroître comme une voute de feu , qui occupoit
ce qu'il y a d'espace entre la Place sainÉ
louis & celle de l'Arc de Triomphe. On en
tendit
FEVRÍÉR. T730. itfy
iendit alors une salve de toute la Mousquets
rie , celle de zoo. Boëces, te plus de 500. coups
de Canons que tirèrent les Vaisseaux. Ce bruie
joint à celui des Trompettes , des Timbales 8C
des Tambours > au son des Hautbois & des
Violons , & aux acclamations de tout un grand
Peuple; tout cela fit un effet surprenant.
Le Corps de Ville se rendit ensuite cheA
M. Ramusat , premier Echevin nouvean, qui
f avoit invité pour ce loir-là , sa Maison étoit
ingénieusement éclairée , il y eut y o- Boëtes ti
rées à chaque Santé Royale que l'on but.Aprèí
le Repâs on alla au Concert que les Echevins
donnèrent dans la Salle de la Loge > elle étoit
ornée comme on l'a dit. Le Concert étoit com
posé des meilleurs Instrumens & des p'us belles
voix de l'Academie de Musique & de l' Opérai
11 y eut une affluence infinie de monde. Au
Concert succéda le Bal qui dura jusqu'à neuf
heures du matin, & on diítribua des Confitures
& des Rafraîchissemens comme le premier iour«
M. Roman > Echevin , qui pendant ces trois
jours n'avoit pu donner fa Fête en particulier,
invita le Corps de Ville à souper le premier/
d'Octobre. La situation avantageuse de sa matson
fit encore plus remarquejr son illumina
tion. Les Boëtes se firent entendre . le Repas
fut suivi du Bal, & fa Fête fut cofhme une
extension des Réjouissances publiques. La pro
preté 5 la délicareflè & Tabondance régnèrent
dans tous les repas donnez par les Echevins.
Les Intendans de la Santé ont aussi marqué
leur joye par une Fête particulière;- ils prièrent
les Echevins d'assister au Te Deum qu'ils firent
chanter dans la Chapelle des Infirmeries.» on
alluma ensuite un Feu de joye qu'ils a voient
fait préparer hors des Enceintes ; on fie une
iiì MERCURE m FR ÂlSsCÉ.
décharge de cent cinquante Boëtes > & orir tirai
plusieurs Gerbes de Fusées , toute la façade du
Bureau de la Santé qu'on avoit ornée d'Em
blèmes, &c. étoit parfaitement illuminée, de
même 'que la Porte du grand Pavillon des In
firmeries & les Portes de la double enceinte.'
Ils se rendirent ensuite en un Pavillon voisin ,•
«û l'on servit un Ambigu, & on tira cinquante
Boëtes à chaque Santé Royale
Marseille.
QUoique Marseille , à l'imîtatíon des plus
considérables Villes du Royaume > ait
íait de fort belles choses à l'occafion de la
Naissance du Dauphin , indépendemment de
ce qui s'est passé dans la même Ville de 1%
part des Citadelles , du Corps des Galères
& de Y Arcenal , dont nous avons rendu comp
te en son tens. Marseille, dis- je, n'a pas
imité ces Villes du premier Ordre dans le
foin qu'elles ont pris de nous envoyer des
Descriptions de leurs Fêtes , pour les. inférer1
dans un Livre qui contient l"Histoire Jour
nalière de la Nation , & qui est particulière
ment dessiné à conserver le dépôt de ces forte»
FEVR I Ë R. trtà. }o5
de momimens. C'est ce qui fait que nouj par*
Ions si tard de ce qui s'eit fait dans cette celebreVille,&
que nous ne pourrons le faire que
fore brièvement , par les circonstances úù\
nous nous trouvons. Nous ferions même tout
à fait hors d'état de rendre ce compte au
Public , fi le hazard ne s'en étoit enfin mêlé*
en faisant tomber entre nos mains , au moié
de Février . le Mémoire imprimé à Marseille
des Réjouissances qui ont été faites dans cette
Ville, en Septembre. Nous allons donner utl
Extrait de ce Mémoire;
Le i7. Septembre au soir , quatre Trom
pettes à cheval » précédez d'un Timballier ,
accompagnez de plusieurs Tambours & Fifres*
tous avec les couleurs de la Ville , publièrent
dans tontes les Places publiques ['Ordonnan
te des Echevins, portant qu'on fermeroit les
Boutiques pendant trois jours i qu'on illumineroit
toutes les Maisons , &t qu'on feroie
des feux devant les portes. Le bruit des trom-*
pettes , des tambours & de toutes lss clo
ches de la Ville qui sonnèrent en mime terni,
anima le Peuple déja disposé à la joye- Totíí
retentit de cris& d'acclamations réitérés.
Dès le matin du iS. les Galères qui celébroient
ce jour là leur derniere Fête , furent
ornées de leurs Etendarts &c. Plus de cent
Vaisseaux & autres Bâtimens qui étoient dans
le Port arborèrent leurs Pavillons, ce quí
fit une variété aussi agréable que surprenante»
Le Peuple dansoit cèpendant au son des tam
bours dans toutes les Places ; on avoit placé
devant l'Hôtel de Ville & au Cours quatrd
Fontaines de vin<
Le Marquis de Pilles , Gouverneur* Viguief
de Marseille, & les Echevins en Roberou
3 o-6 MERCURE DE' FRANCE,
ge , suivis d'un nombreux cortège > se rendîi
rent ce même matin à TEglise Cathédrale
pour assister à la Messe solëmnelle que M%
FEvêque célébra pontificalement ; elle succhantée
en Musique ; on tira à l'élevation n.
pieces de Canon que les Echevins avoiene
fait mettre fur la Plateforme qui regarde la
Mer près la Cathédrale.
Ce jour là M. l'£vêque donna à diner k
cent pauvres dans la Cour de l'Evêché , fie
distribuer des- aumônes à tous ceux qui se pré
sentèrent à la porte pendant ces trois jours de
Fête, & il n'oublia pas les pauvres honteux
auxquels ce Prélat fit des libéralisez par le
Canal des Curez. C'est ainsi que celui qui dans
des jours de deifíl & de désolation n'abandonna
jamais les pauvres , les a traitez dans ces
jours dejoye & de jubilation.
Sur les 4. heures du soir , les Officiers mu
nicipaux & les principaux Citoyens se ren
dirent à l'Hâtel de Ville pour accompagnes
les Magistrats au Te Deum ; une troupe de
plus de mille jeunes garçons portant des
Guidons & des Banderolies aux Armes da
Roi & de Monseigneur le Dauphin commençoient
la marche. Les trompettes & les tim
bales précedoient un Corps d'Infanterie tiré'
des Arts & Métiers , divisé en 4. Compagniesde
cent hommes chacune , avec leurs dîfferens
Drapeaux , & com mandé par les 4. Ca«-
pitaines de la Ville.
Ces nouveaux Soldats étoient proprement
habillez, & avoient des Cocardes > donc les
couleurs distinguoient les différentes Compatnies.
Leurs rangs étoient mêlez de Hautbois*
e Fifres & de Tambours. Une bande de Vio
lons suivoic Les Gardes de Police » la livré*
de
FEVRIER. 1730. 307
de la Ville , celle du Gouvernfur-Viguier Sa
les Halebardiers préeedoient les Echevins. Ler
Marquis de Piles éroit à la droite des deux
premiers , & les deux autres avoient à leur
gauche l'Orateur de la Ville. Une siiite nom
breuse de personnes distinguées fermoit cette,
marche ; un Peuple infini bordoit tous les .
passages. En arrivant à la Cathédrale on fit
une décharge de toute la Mousqueterie & de
aï. pieces de Canon. Les Echevins se pla
cèrent dans le Choeur , où les Officiers de la
Senechauffée s'étoient déja rendus. M. l'Evêque
officiant pontificalement entonna le
Te Deum,<\m fut chanté par la Musique au
bruit des Canons & de toute la Mousque<
terie.
, On, commença ensuite la Procession géné
rale , âlaquelle tout le Clergé séculier & ré
gulier aíîìíta í on y porta la Statue de la trèssainte
Vierge , les Châsses de Saint Lazare 8c
de Saint Cannât , & les Reliques de Saint Vie*
tor , Martyr de Marseille; M. l'Evêque err
habits pontificaux , le Gouverneur Viguier &
les Echevins y assistèrent avec toute leur
fuite. A mesure que les Reliques sortoient de
l'Eglise elles furent íaLuées du Canon & dà
la Mousqueterie , e'ies le furent de cent Boè
tes dans toutes les Places publiques . St on
fit le même salut en rentrant j M. l'Evêque'
donna la Bénédiction du Très- Saint Sacre
ment au bruit du Canon & de la Mousque
terie. v.
Au sortir de la Cathédrale , on marcha versr
la Place Neuve , où l'on avoit dressé lJ Appa
reil d'un grand Feu de joye , orné de Porti
ques, d'Emblèmes &c. Plus de cent flambcauxdfr
cire blanche écìairoient la marcha-
£ v routes
^oS MERCURE DE FRANCE;
toutes les Maisons" étoient illuminées , de*
feux brûloient devant les portes , la Cita
delle , le Fort Saint Jean , celui de Notre-
Dame de la Garde , l'Arfenal , les Tours de
l' Abbaye de Saint Victor > la Rive- Neuve »
les Galères, le Port> tout étoit éclairé ,8e
la Ville entière paroisloit être dans un em
brasement gênerai ; les quatre Compagnies
rangées autour de la Place firent une salve
de Mousqueteric , suivie de celle de itic.
Boëtes. Après que le Marquis de Pilles & le*
Echevins eurent allumé le feu de joye > on
tira en même tems une prodigieuse quantité
de Fusées.
Le Corps de Ville se rendir ensuite à l'Hôref
de Ville par le Quay du Port* alors les Ga
lères firent trois décharges de leurs Canons
Sc des Coursiers > l'Arccnal fit tirer des Biëtes
, les Vaisseaux du Port , la Citadelle , le
Fort Saint Jean , celui de Notre-Dame de la
Garde firent autant de décharges de toute
leur Artillerie , & des Gerbes de Fusées rem
plirent le Port d'une pluye de feu à trois
différentes reprises.
. La Façade de l'Hôtel de Vil'e , fi estimée des
Connoisseurs * si remarquable par ses riches
f*) Le Chevalier Bernin ayant vú à Rome
U dejfein. entier de l'Hôtel de Ville de Mar
seille de la main de Fugeft avoua qu'il navoit
encore rien vû en ce genre d'un plus grand
goût ì ér H admira fur tout la Fa f ad?. 11 y »
une belle description d- cette Façade dans un
M. rcure de l' année iéSi à VOccasion de l*
Herbe illumination qui y parut dins la Vètt
tu* donna Marseille pour célébrer la Naissance:
•iu Due de Bourgogne f père d» Roi. Cette F*.
etobeL
EE VRI ER. 1750. 309
I ímbèllissemens & par la beauté de son Ar-
* chitecture , sur tout par cet incomparable
j morceau de sculpture qui contient les Armes
du Roi , Chef-d'oeuvre du fameux Pierre
I Puget, Marseillois , qui a donné les desseins
de tout le Bâtiment 5 cette Façade , dis-je, at
tira cc four li l' admiration publique» Plus d'un
million de lumières arrangées avec cimétriei
cn fit voir non- seulement toutes lesbeautez,
mais en marqua encore les ornemens les plus
déliez des diflíercns ordres dont elle est com
posée , en les profilant.
Les Echevins se dépouillant , pour ainff
dire , de la qualité de Magistrats pour ren
trer dans celle de simples Citoyens , voulu
rent témoigner leur zele particulier &• personel
, & donneient en leur nom des Fêtes
qui se firent remarquer* M. Ravel , premier
Echevin , donna un souper à tout le Corps
de Ville ; la Maison étoit artistement illumi
née ; les Boëtes furent tirées à chaque santé
Royale. Au sortir de table » la Compagnie alla
au Bal que les Echevins donnoient dans la
Salle de la Loge ( c'est le lieu où* s'affemblenc
tous les Negocians ; cette Salle qui a 90,
pieds de longueur fur 4? de largeur étoit
richement ornée & éclairée par quantité de
lustres de cristal & par des flambeaux por
tez par des Bras » les Portraits du Roi & de
la Reine étoient placez fous un Dais de ve
lours Cramoisi , enrichi de galons , de crepifade
étoit alors dans toute fa beauté , & on
Ciseau du célèbre Puget , font un contraste de~
[agréable.
E vj
jio MERCURE DE FRANCE,
nés & de franges d'or. Les Violons étoîrtic:
placez fur des Amphithéâtres aux deux boucs,
de la Salle ; differens Buffets étoient remplis
de toute forte de Rafraîchissemens ; on pré
senta indifféremment â tout le monde & en
profusion des confitures , des liqueurs & des
eaux glacées de toute efpece. La Salle fut
aífez grande pour y danlèr en trois differens
endroits, Le Bal dura jusqu'à 7. heures du
matin.
Le second jour les Pauvres ressentirent les
effets de l'attention des Echevins. Sur les 9.
heures du matin une Compagnie de Bouchers
habillez en Gladiateurs , quynarchoient avec
des Tambours , escorta deux Boeufs qu'on
avoir égorgez & qui étoienc ornez de Guirlan
des ; ils furent portez chacun par quatre de
ces Gladiateurs à la Place Neuve où on les
rôtit tous entiers ; peu de gens fe refusèrent
à ce fpeótacle ; fur les 4. heures du soir ces
Boeufs furent portez devant l'Hôcel de Ville,
dépecez & distribuez. On y donna deux mille
pains, les Fontaines de vin coulant toujours»
outre cela on fit distribuer des charitez à un
grand nombre de personnes , qui fans ce
secours n'auroient pas participé a la joye pu
blique.
Sur le sòir, les quatre Compagnies dont on
a parlé , s'étant renduës devant l'Hôrel de Vil
le , & toute la Ville étant déja éclairée Comme
el le l'étoit le jour précédent ; le Marquis de
Pilles & les fc chevins , allèrent en Cc-rrmonie
a'iumer un Feu de ioye dressé â la Place de
Linche , au bruit réitéré de la Moufqueterie ,
des Boëtes , & de trois décharges que les Vais
seaux du Port firent de leurs Calons , on y tira.
ua grand nombre de fusée».. Le Corps.de TUfe
FEVRíER. 1730. 31*
alla ensuite chez M. Martin , second Echevin ,
1 qui à ion tour lui donnoit à souper ; sa Maison
tut éclairée avec distinction , les samez Royales
& de Monseigneur le Dauphin furent laluées
au bruit de toutes les Boëtes.
Cependant les Echevins avoient fait élever
un Arc de Triomphe au milieu. du Couis , en
tre les deux grands Bassins de marbre blanc ;
cet Edifice compoíé. de deux Ordres , avoic
depuis le Zocle jusqu'au Eronton qui le couronnort
5-4. piés de hauteur, fus jtf. de largeur.
Les deux principales Faces étoient tournées
l'une vers la Porte Royale > & l'autre vers la
Porte de Rome. II y avoit au milieu de chaque
Eace une grande ouverture ceintrée de 57. piés
de hauteur > fur 10. de largeur.
Le premier Ordre étoit posé fur un Zocle de
marbre brun de j. piés de hauteur , d'où s'éle-,
voient 4- Pilastres saillants d'un marbre jaspé ,
dont les Bases & les Chapiteaux étoient d'or
feint , portant une Corniche qui fer voit d'Im
poste à l'ouverture de l'Arc : les Pihsires les
plus proches dé cette ouverture formoient un',
Avant Corps ,. & des Piédestaux de marbre
blanc ornez de moulúresd'or qui s'élevo:ent
du Zocle y étoient adossés ^ I'entre-dr ux des;
Pilastres étoit rempli de Cartouches , dont les
bordures étoient d'or fur un fond de marbregris
dont tout f Edifice étoit bâti , & l'Entablement
étoit de marbreblanc, excepté laFrize
de lapis , enrichie de tous les orr.emens cpnvenables.
Les Cartouches portoient des Em
blèmes & des Devises.
Des Pilastres couplés & faillànts .. dont les
Bases & Chapiteaux étoient anifi d'or , for
moient le second Ordre qui étoit orné d'une:
Ceiniche de majbie blanc , d'oûí'élevoit un
Etontoite
i t £ MHÏICÛRÊ DÊ FRANCË. ^
Fronton triangulaire . dont le Timpan étoít de
rnarbre noir? les entre-deux de ces Pilastres
étoient remplis de Cartouches ausli remplis
íFEmblêmes & de Devises, & les Cartouches
étoient suspendus à des Festons, attachés à des
masques bronzés & aux volutes des Chapi
teaux.
Dans la Face opposée à la Porte Royale, orr
Voyoit dans le Frontispice les Atmes du Roy
soutenues par deux grands Génies ; & dans
• un riche Cartouche qui forrnoit la clef de
l'ArCjonlisoit cette Inscription en Lettres d'orí
Vublict IttitU Uonumentum tdajsilia civitas
fostiit , M. DCd XXIX.
Sur le sommet du Frontort qui cóuronnóît
tout l' Edifice, s'élevoit sur un Piédestal de
rnarbre une belle 8c grande Figure de Femme ,
Symbole de la Ville de Marseille , qui tenoie
le Portrait de Monseigneur le Dauphin , avec
ces mots qu'on li 1 oie dans un Cadre d'or fur
le Piédestal : Mitjftlia voti compts*
Sut deux autres Piédestaux , à côté de la Fi
gure de Marseille , on voyoit à droite la Re!i-<
gion habillée en Vestale , tenant un Vase d'or
qui exhaloit des Parfums , & à gauche la Justi
ce tenant la Balance d'une main & un Faisceau
d'armesde l'autre ; fur la Corniche de l' Arrierë-
Corps du premier Ordre , d'un côté on voyoit
- Apollon , & de l'autre Minerve , avec tous
leurs Attributs j & devant les Pilastres de
1" Avant Corps fur les Piédestaux qui s'éls-
Voient dt! 2ocle » orí voyoit d'un cô^é Mercure
Dieu du Commerce , tenant une Bourse rem
plie, & de l'autre Thetis tenant un Vaisseau ì
Voiles enflées , ayant à ses pieds des Coquil
lages , des Perles , du Corail , &c.
Tous les Cartouches étoient , comme on l'a
dit ,
fEVRTÊR; 1716;
dît ) remplis de Peintures symboliques , ceusí
des Pilastres supérieurs contenoient ces quatres
Emblèmes.
La première , un Aigle volant & un Aiglon
un peu mains élevé,avec ces mots : Superas docet
ire pir auras»
La seconde , Alcide dans le berceau étouf
fant deux Serpens: Nunc Alcides mox Her
cules,
La troisième , une Corne d'abondance t pré-*
sentant trois Roses & un Lys au-dessus beau
coup plus élevé: Vives jam copia Cornu.
La quatrième » un,Dauphin couronné sor
tant de la mer , environné d'une multitude
d'autres Poissons : Parriìs regnabit in undisj
Sur le Piédestal d'où s'élevoit la Figure de
Mercure, cn'avoit peint dans un Cadre d'or*
une Ancre où étoit entortillé un Dauphin avec
ees mots : Firmat & ornât ; & fur celui d'od;
s'élevoic Thttis on avoit peint la Planette de'
Jupiter & un de ses Satellites : Monsirat miner'
ignis iter.
Dans les Cartouches qui au-dessus de Mer
cure & de Thí cís rempliflòitnt les entre-deux
des Pilastres du premier Ordre , en voyois
ces deux autres Emblèmes.
Trois Homme» regardant un Arc en- Ciel'
& tournant le dos à un Soleil levant : Dat
signa & foedtra pacis Un Soleil naissant &
trois Etoiles qui commençoient à diíparoître í
Majora dabit Soi lum'ma terris^
Dans ta face de 1* Arc de Triomphe, tour-'
liée vers la Porte de Rome , on liíoit au fron
tispice qui étoit de marbre noir cette Infcrip-f
tion en lettres d'or : Serenijsime Galliar. Delfhino
natoprid, non. sept, conjf. N Joan.'B.n'velj
Francis. Martin, J*c, Remuant , Joa». Roman-.
M.DCC XXlXt
Sas
MERCURE DE FRANCE;
Sur la des de l" Arc , un riche Cartouche ,
contenoit ce Distique aussi en lectre d'or.
Expe&ate diò , per te Gens í rancie» neèìit*-
Perpétuas paci Utituque moras.
Sur le Timpan on voyoic s'élever trois gran
des Figures fur leurs Piédestaux, richementpeintes,;
celle du milieu qui paroiíToit fur le
sommet, reprefentoit la France, tenant d'une
màin les Armes de Monseigneur le Dauphin
& de l'autre des liens ou Guirlandes de fleurs.
avec lesquels elie tenoit comme enchaînées la
Paix & la Joye, représentées par les deux au
tres Figures qui étoient à fes côrëi. La Paixqui
étoic à droite avoit à ses pieds trois Gé
nies , dont un lui prefentoit un Rameau d'O--
livier , l'autre une Gorne d'abondance , 8c le
troisième paroilíoit occupé à briser des lances
& des flèches; la joye qui dtoir à gauche,
tenoit à la main un Caducée, & avnit à fespieds
des Feux d'artifice & toutes fortes d'ínstrumens
de Musique.
Sur les Piedestaux^qui s'éíevoierrt du Zocle,.
adossez, au Pilastre du premier ordre, on voyoic
de chaque côté une grande Figure. A droite
celle du Maréchal Duc de Viílars, Gouver
neur de Provence ,■ armé d'une Cuiralîe &-
d:un Bouclier, tenant à la main le Bâton de
commandcment-Un petit-Génie à ses pieds por
tait l'Ecu de les Aimes, 8í au dessous dansune
Bordure i'or on lisoit ces Vers fur le
piédestal de la Figure-
"La Guerre au plus haut point avait porté ma
gloire ,
C'est h mes foins qu'on dut la Faix i
Mais son plus fur garand & le plu: plein d'at~
traits x
FEVRIER. 1730. 31J
Man/jttoit à m» double victoire ,
XJ'ti Héros en naissant y met les derniers traits.
La Figure du côté gauche representoit en-'
core Marseille en Nymphe & dans une attitu^
de majestuejfe,regardant le Portrait deMonseifneur
le Dauphin que la France présentoir dit
auc du Timpan, auquel elle adressoic ces Vers*
Moi qui dans des teins s moins heureux ,
Met 1 ois ma gloire a n avoir point de Maître ,
Au bonheur d'obéir au Roi qui vous fit naître »•
Jt borne aujourd'hui tous mes voeux ,
Comme il est mon Héros vous devez, un jour Vêt rt;
Mais le plus tard fera le mieux.'
Deux grands Génies qu^ s'élevoíent fur Ia>
Corniche du premier ordre, tenoient chacur»
irn Cartouche; on avoit peint dans l'un une colomne
soutenant une partie d'un Edifice avec'
ces mots; Columenque decufque :8c dans l'au
tre des illuminations & des Feux d'artifice
a'vec ces mots.. Veiïora ardetitiùs.
Dans deux autres Cartouches placez audessous
dans les entre- colonnemens de-ce pre
mier ordre, on voyoit dans l'un des Oliviers
qui reçoivent les rayons du Soleil levant, avec
ces mots : Oleas foecundat ab ortu :' & dans
1 autre un Vaisseau , fur la poupe duquel paroissoit
Arion jouant de la Lyre , & fur l'eau,
un Dauphin avec ces mots : Cantu precibujque
VocatHs.
Les Cartouches placez des deux côte* dans
les entre- deux des Pilastres supérieurs contenoient
4. autres Emblèmes. La première des
deux qui écoienc fous la figure de la Joye,.
«ost
;i£ MËRCURË DE Ï*RANÍCE.
étoit un Soleil levant regardé par un Lyórí ,
tin Aigle & un Léopard : Unum fusficitmt omiies:
& l'autre étoit un Dauphin sur la íurface
de la Mer : Mole mìnìr fed Majejìate vcrendús.
La première de celles qui étoient placées de
l'autre côté fous la Figure de la Joye , vepre*
sentoit deux Bergers tendans lès mains vers
le Ciel, à la vue d'une pluye qui tombe , &
la Terre couverte de fleurs desséchées : Preci*
bus alcftia: l'autre faisoit voir trois'Etoiles*
deux ensemble & une plus éloignée j & toutes
trois touchées par les rayons du Soleil nais
sant : Pttlchrior exibit fí fr&eeffere minâtes.
Cet Arc de Triomphe , qui par la beauté du
dessein , la magnificence de sa structure & le
succès de l'execution , avoit déja attiré tous
les regards , les fixi entièrement lorsque le i<u
Septembre au soir il fut éclairé d'une multitude
infinie de Lampions», qui joints à s'illumina-,
tion de tòutes les maisons du Cours , qui font
toutes d'une même hauteur & Architecture,
avec des Balcons, dissipèrent entièrement les
ténèbres. Les 4. Compagnies entrèrent dans
íè Cours par l' Avenue qui est du côté de la
Porte Royale , passèrent fous l'Arc de Triom
phe , firent une salve devant ce Monument &
allèrent se ranger en bon ordre autour de la
Place S, Louis , où le Feu de joye étoit dressé.
Lorsque le Gouverneur- Viguier & les Eche
vins l' eurent allumé, il sortit des 8. Colomnes
posées autour des Portiques de l'Edifice du
Feu & des Caisses placées fur les Corniches
de l'Arc de Triomphe, un fi grand nombre de
fusées, que se croisant ensemble elles firenï
paroître comme une voute de feu , qui occupoit
ce qu'il y a d'espace entre la Place sainÉ
louis & celle de l'Arc de Triomphe. On en
tendit
FEVRÍÉR. T730. itfy
iendit alors une salve de toute la Mousquets
rie , celle de zoo. Boëces, te plus de 500. coups
de Canons que tirèrent les Vaisseaux. Ce bruie
joint à celui des Trompettes , des Timbales 8C
des Tambours > au son des Hautbois & des
Violons , & aux acclamations de tout un grand
Peuple; tout cela fit un effet surprenant.
Le Corps de Ville se rendit ensuite cheA
M. Ramusat , premier Echevin nouvean, qui
f avoit invité pour ce loir-là , sa Maison étoit
ingénieusement éclairée , il y eut y o- Boëtes ti
rées à chaque Santé Royale que l'on but.Aprèí
le Repâs on alla au Concert que les Echevins
donnèrent dans la Salle de la Loge > elle étoit
ornée comme on l'a dit. Le Concert étoit com
posé des meilleurs Instrumens & des p'us belles
voix de l'Academie de Musique & de l' Opérai
11 y eut une affluence infinie de monde. Au
Concert succéda le Bal qui dura jusqu'à neuf
heures du matin, & on diítribua des Confitures
& des Rafraîchissemens comme le premier iour«
M. Roman > Echevin , qui pendant ces trois
jours n'avoit pu donner fa Fête en particulier,
invita le Corps de Ville à souper le premier/
d'Octobre. La situation avantageuse de sa matson
fit encore plus remarquejr son illumina
tion. Les Boëtes se firent entendre . le Repas
fut suivi du Bal, & fa Fête fut cofhme une
extension des Réjouissances publiques. La pro
preté 5 la délicareflè & Tabondance régnèrent
dans tous les repas donnez par les Echevins.
Les Intendans de la Santé ont aussi marqué
leur joye par une Fête particulière;- ils prièrent
les Echevins d'assister au Te Deum qu'ils firent
chanter dans la Chapelle des Infirmeries.» on
alluma ensuite un Feu de joye qu'ils a voient
fait préparer hors des Enceintes ; on fie une
iiì MERCURE m FR ÂlSsCÉ.
décharge de cent cinquante Boëtes > & orir tirai
plusieurs Gerbes de Fusées , toute la façade du
Bureau de la Santé qu'on avoit ornée d'Em
blèmes, &c. étoit parfaitement illuminée, de
même 'que la Porte du grand Pavillon des In
firmeries & les Portes de la double enceinte.'
Ils se rendirent ensuite en un Pavillon voisin ,•
«û l'on servit un Ambigu, & on tira cinquante
Boëtes à chaque Santé Royale
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Résumé : RÉJOUISSANCES de la Ville de Marseille.
En septembre, Marseille a célébré la naissance du Dauphin avec des festivités grandioses. Bien que la ville n'ait pas initialement fourni de descriptions pour un livre historique, un mémoire imprimé retrouvé en février 1730 a permis de rendre compte des événements. Les réjouissances ont débuté le 17 septembre avec des trompettes, tambours et cloches annonçant la fermeture des boutiques et l'illumination des maisons. Le 18 septembre, les galères et vaisseaux étaient ornés, et le peuple dansait dans les places publiques. Le Marquis de Pilles, gouverneur de Marseille, et les échevins ont assisté à une messe solennelle à la cathédrale, suivie d'un Te Deum et d'une procession générale avec des reliques. La ville était illuminée, et des feux de joie étaient allumés. Les échevins ont organisé des fêtes, des soupers et des bals, et ont distribué des aumônes aux pauvres. Un arc de triomphe décoré d'emblèmes et de devises a été érigé sur le Cours. Les festivités incluaient des feux d'artifice et des salves de mousqueterie. L'arc de triomphe présentait diverses figures allégoriques et emblèmes symboliques. Sur la corniche, une figure tenait une balance et un faisceau d'armes, flanquée d'Apollon et de Minerve. Devant les pilastres, Mercure, dieu du Commerce, tenait une bourse remplie, et Thétis tenait un vaisseau à voiles enflées, entourée de coquillages, de perles et de corail. Les cartouches étaient remplis de peintures symboliques. Les emblèmes incluaient un aigle et un aiglon avec l'inscription 'Superas docet ire piras', Alcide étouffant deux serpents avec 'Nunc Alcides mox Hercules', une corne d'abondance avec 'Vives jam copia Cornu', et un dauphin couronné sortant de la mer avec 'Parvis regnabit in undis'. Sur les piédestaux, des figures de Mercure et Thétis étaient accompagnées d'emblèmes supplémentaires comme des hommes regardant un arc-en-ciel et un soleil levant avec 'Dat signa & foedera pacis', et un soleil naissant avec 'Majora dabit Sol lumina terris'. L'arc de triomphe portait une inscription en lettres d'or dédiée au dauphin, avec des distiques en latin. Sur le tympan, la France était représentée tenant les armes du dauphin et des guirlandes de fleurs, enchaînant la Paix et la Joie. La Paix était accompagnée de génies offrant un rameau d'olivier et une corne d'abondance, tandis que la Joie tenait un caducée et des feux d'artifice. Des figures du maréchal Duc de Villars et de Marseille en nymphe étaient également présentes, avec des vers dédiés à leur gloire et à leur loyauté. Les festivités incluaient des concerts, des bals et des feux d'artifice, avec des réjouissances publiques et des fêtes privées organisées par les échevins et les intendants de la santé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 1503-1517
SUITE de l'Eloge de M. Baron, & c.
Début :
Il arriva aux Indes dans la même année 1671. après avoir essuyé les fatigues [...]
Mots clefs :
Indes, Directeur, Mort, Directeur général du commerce de la Compagnie des Indes orientales, Compagnie des Indes orientales, Venise, Marseille, Vaisseaux, Consul
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texteReconnaissance textuelle : SUITE de l'Eloge de M. Baron, & c.
SUITE de l'Eloge de M. Baron , &c
Ik
L arriva aux Indes dans la même an
née 1671. après avoir effuyé les fatigues
d'un long & penible voyage , d'abord
par terre en traverfant une partie
des Deferts d'Arabie & de la Perfe , pour
fe rendre à Ormus , dans le Golphe Perfique
, où il s'embarqua fur un Vaiffeau
du Roi qui le conduifit à Surate , Ville
Maritime de l'Indoftan ou des Etats du
Grand Magol.
J'écrirois un volume entier fi j'entreprenois
de fuivre pas à pas nôtre Directeur
, pendant les douze ou treize années
qu'a duré fon Adminiſtration , dans les
principales circonftances ou il a continué
Bij de
1504 MERCURE DE FRANCE
de faire paroître fon zele ardent pour la
Religion , fes égards pour les Miniftres
fa charité fans bornes , fon fidele attachement
au fervice du Roi , dont il a foutenu
hautement la gloire dans plufieurs occafions
,fon application au bien general du
Commerce , & aux interêts de la Compagnie
; je ne finirois point , dis-je , fi je
rapportois tous les faits publics ou particu
liers qui font venus à ma connoiffance par
des Perfonnes refpectables, qui en ont été
les Témoins, où que je trouve dans de fideles
Memoires, & qui font autant de traits
marqués de toutes les vertus qui font le
grand Homme & le parfait Chrétien.
Je me contenterai de rapporter ici ce
qu'il fit paroître de conduite , de courage
& de fermeté , dans une occafion importante
qui fe prefenta , & qu'il ne feroit
pas jufte de paffer fous filence. La Guerre
qui s'étoit allumée en Europe entre la
France & la Hollande dès l'année 1672 .
paffa jufques dans les Indes . Les Hollandois
, puiffans , comme l'on fçait , par leur
Commerce dans cette partie de l'Afie ,
entreprirent en 1674 , le Siege de la Ville
Maritime de S. Thomé , où les François
avoient un Etabliffement confiderable.
M. de la Haye quí y commandoit pour
Roi , & qui ne s'attendoit pas à cette
attaque , defefpera de pouvoir fauver une
le
Place ,
JUI N. 1730. 1505
..
Place , affez dépourvûe ; il demanda du
fecours à M. Baron , qui fit armer à ſes
dépens deux bons Vaiffeaux , chargés de
toutes fortes de Munitions ; fur lefquels
il s'embarqua lui - même & entra dans le
Port de S. Thomé , à la vûe des Ennemis,
dans l'intention de partager avec le Com
mandant la gloire & le peril de cette dés
fenſe .
و
Elle fut longue & vigoureuſe , on y fit ,
furtout du côté des Chefs , des prodiges
de conftance & de valeur. Mais les Ennemis
recevant tous les jours de nouveaux
Renforts les Affiegez fort diminuez
n'ayant prefque plus de Munitions &
toute efperance de ſecours étant d'ail
leurs perdue , on ne put s'empêcher de
capituler. La réputation de M. Baron , fa
prefence & fa fermeté , rendirent les conditions
fort honorables : Voici de quelle
maniere M. Baron y fut fpecialement
compris dans le XII. article du Traité.
J
la » M. Baron , Directeur General pour
» Compagnie Royale dans la Ville de faint
» Thomé, pourra avec tout fon bagage &
» tous fes Domeftiques s'en aller à Surate
» ſur les Vaiffeaux Hollandois qui iront à
» la premiere * Mouffon , & il fera traitté
* Mouffon , mot Arabe qui fignifie temps
préfix , & qu'on donne aux Vents alifex on
#eglez , qui regnent en certaines Saifons.
B iij
avce
1506 MERCURE DE FRANCE
avec toute l'honnêteté dûe à ſon caraċ-
>> rere ; fi mieux il n'aime y aller par terre,
» auquel cas on lui donnera les paffe ports
neceffaires , &c.
Ce Siege qui par l'état de la Place & l'éloignement
des fecours ne devoit pas durer
, fit du bruit dans l'Europe , toutes
les nouvelles publiques en parlerent & en
particulier la Gazette d'Hollande .
J'ai omis de marquer en for lieu , que
M. Baron n'acheva de fortir d'affaires avec
les Marchands du Caire , en les payant de
ce qu'il leur avoit emprunté pour la déli
vrance du Conful & des Marchands de
Venife, que la derniere année de fon Confulat
d'Alep , efperant toujours d'être
remboursé lui - même par le Commerce de
Venife , chargé d'acquitter les dettes de la
Nation , ce qui mit fes affaires particu
lieres en affez mauvais état.
Il lui vint dans l'efprit plufieurs expe
diens pour faire avancer ce rembourfe
ment , qui demandoit ou une preſence
actuelle ou une puiffante protection . Celle
du Pape Innocent X I. lui
parut d'abord
efficace ; il avoit déja l'honneur d'en être
connu par tout ce que j'ai rapporté de
fon zele pour les Prelats , & pour les Miffionnaires
Apoftoliques ; de plus il fe
trouvoit qu'un neveu du Pape , Sénateur
Milan , & fort aimé de S. S. avoit époulé
une
JUILLET . 1730. 1507
•
tine Demoiselle de la Famille des Barons
de Cofme, d'où l'Ayeul de M. Baron étoit
forti pour le retirer à Marſeille , enfuite
de quelques démêlés que cette Famille
avoit eûs avec des Gentilshommes de fes
Parens de l'Etat de Milan . Reut- être , die
M. Baron , dans une de fes Lettres , que
le Papeferoit quelque chofe pour moi ,fij'allois
à Rome avec la permiffion du Roi.
Il paroît cependant qu'il aima mieux
recourir à la protection de S. M. qui eut
la bonté d'écrire trois Lettres confecutives
à trois differens Miniftres , fes Ambaffadeurs
auprès de la République de Veniſe
pour faire rendre juftice à M. Baron : mais
les bontés du Roi n'eurent aucun effet par
les longueurs affectées , les incidens & les
differens prétextes , qui furent mis en
euvre de la part de ceux qui devoient
payer. Je ne rapporterai ici que
la pre
miere de ces Lettres , laquelle fut écrite à
M. l'Abbé d'Eftrades.
M. l'Abbé d'Eftrades , le fieur Baron ,
mon ſujet & Directeur general du Com
»merce de la Compagnie des Indes Orien
» tales établie en mon Royaume , m'a rea
» prefenté que s'étant trouvé au Caire en
»Egypte , en l'année 1657. lorfque le
* La Lettre qui apprend ces circonstancet
eft toute écrite de la main de M. Baron
fignée de lui , les autres ne font que des Copies
Biiij Pacha
4508 MERCURE DE FRANCE
»
» Pacha fit arrêter le Conful de la Repu-
» blique de Veniſe avec quelques autres
» Venitiens & les condamna à la mort ,
» pour avoir , difoit - il , des correfpon-
» dances avec la Ville de Candie , au préjudice
du fervice du Grand Seigneur ,
» ledit fieur Baron à la priere dudit Con-
» ful & de fes Compagnons , s'employa
auprès du Pacha pour leur fauver la vie ,
» & en obtint la grace moyennant la fom-
» me de 14901 liv . qu'il lui donna , partie
» de fes deniers & partie de ceux qu'il em-
» prunta de fes amis , dont il leur a payé
» les interêts plus de 10 ans durant à 24
» pour cent , fuivant l'ufage de la Tur-
» quie , enfuite de quoi le Conful & les
» autres Venitiens delivrez ainfi de la
» mort , promirent audit Sieur Baron de
» lui rendre fon argent dans un an avec
» les interêts, ainfi qu'il eft porté par une
» obligation du 3 Mai 1657. qu'il a entre
» fes mains ; que cependant ils n'y ont
» point fatisfait depuis plus de 20 ans
»fous prétexte de la guerre de Candie &
par l'abfence dudit fieur Baron , qui a
» toujours été employé depuis , tant en la
Charge de Conful d'Alep , qu'en celle de
>> Directeur General aux Indes Orientales ,
» qu'il exerce prefentement; enforte qu'ils
» refuſent de lui faire juftice , ledit fieur
Baron me demandant de lui accorder
•
»
ma
JUILLET. 1730. 1509
ma protection & comme j'eftime d'ailleurs
que non - feulement fa plainte eft
>> jufte , mais que la Republique a quel-
» que forte d'interêt que ceux de fes Su-
»jets , fauvés de la mort par l'affection
» que ledit fieur Baron a eûe pour eux ,
» fatifaffent à leur engagement , je vous
» écris cette Lettre pour vous dire , que
>> mon intention eft que vous faffiez toutes
» les inftances neceffaires auprès du Sénat,
» s'il eft neceffaire , ou aux Magiftrats pardevant
lefquels cette affaire doit fe traitter
, pour faire rendre juftice audit fieur
Baron ; outre que vous protegerez fon
bon droit,vous ferez encore une chofe
qui me fera très-agreable. Et la prefente
» n'étant à autre fin , je prie Dieu qu'il
» vous ait , M. l'Abbé d'Eftrades , en fa
» fainte garde. Ecrit à Fontainebleau ce
8 Septembre 1677. Signé LOUIS : Et
plus bas , Arnauld . Et au dos eft écrit , à
M. l'Abbé d'Eftrades , Confeiller en tous
mes Conſeils & mon Ambaſſadeur à Veniſe.
Deux autres Lettres du Roi écrites en
1679. & 1680. à Meffieurs de Varengeville
& de la Haye , fes Ambaffadeurs à
Venife , fur le mêmefujet , n'eurent , comme
on l'a déja dit , aucun fuccès .
2
Cependant peu de temps après l'expe-.
dition de S.Thomé & le retour de M. Ba-
Jon àSurate , qu'une de-fes Lettres fixe au
By 26
rsto MERCURE DE FRANCE
26 d'Août 1675. fa fanté commença d'être
alterée par une attaque de paralyfie; mais
elle ne diminua en rien la fermeté de fon
efprit , & la ferveur de fa pieté , qui alla
toujours en augmentant.
Il fit fon Teftament , dont j'ai une copie
, le 28 Juin 1680. il y donne de nouvelles
preuves de fa Religion, de fa juftice ,
& de fa charité. M. Simon Baron , fon
Frere , Prêtre de l'Oratoire , Prieur de
Beaumont , Diocèfe de Paris , y eft nommé
fon Légataire univerfel , & à fon dé
faut Jean Pierre Baron , fon Neveu , lequel
après l'avoir fuivi aux Indes , étoit
revenu en France , & fervoit dans la Marine.
M. Baron ne fit plus gueres que languir
depuis , & enfin étant tombé dans une
fievre lente fur la fin de l'année 1683. il
mourut le
30 Decembre de la même année
, laiffant tous ceux qui étoient auprès
de lui également touchez , & édifiez , &
tout le pays affligé de fa perte.
Je n'aurois prefque plus rien à vous
dire , Monfieur , fur notre pieux Directéur
, fi M. Darnaud , mon Coufin Germain
, & Parent au même degré que
moi de M. Baron , n'avoit fait depuis fon
décès le voyage de Surate , & rapporté
quelques faits particuliers que vous ne
ferez pas fâché de fçavoir. Voici un petit
Extrait
JUILLET. 1736. 1511
Extrait de deux Lettres que M. Darnaud,
devenu depuis Capitaine de Vaiffeau du
Roi , & commandant les Troupes de la
Marine à Quimper , m'a écrites fur ce fujet
de cette Ville là .
»
» Le feu Roi ayant ordonné en l'année
1700. de faire partir pour les grandes »
Indes deux Vaiffeaux de Guerre , com-
» mandés par le Marquis de Château - Mo-
» 'rant , je fus nommé premier Lieutenant
» pour fervir fur le Vaiffeau du Comman-
» dant , nommé l' Agreable. Nous allâmes
>> droit à Pondichery , où nous reftâmes
» fix femaines. De Pondichery nous allâ
>> 'mes à Goa , & de Goa à Surate , où nous
» arrivâmes la veille de Noel 1700. Nous
» y fejournâmes jufqu'au 20 Fevrier 1701 .
Les Vaiffeaux du Roi furent toujours
mouillez à Souailly " , c'eft une Rade
affurée à trois lieues de Surate. Pour
moi pendant que nos Vaiffeaux y refte-
>> rent je demeurai toujours en cetté Ville, '
» logé dans la maifon de la Compagnie
» & accablé d'honnetetés de la part de
» M. de Pilavoine qui avoit été nommé
» Directeur General , & de tous les autres
» Meffieurs , qui reprefentoient la Com
pagnie , lefquels avoient tous fervi ſous
nôtre Oncle , feu M. Baron . - n
» Ils m'affurerent qu'il eft mort comme
pun Saint après avoir vécu très - chré-
B vj tiennement
1512 MERCURE DE FRANCE
tiennement , & après avoir abſolument
tout donné fur fes derniers jours , juf-
» ques - là qu'un Capucin venant lui de-
» mander quelque chofe , & ne lui reftant
que fa vefte de deffous garnie de bou-
» tons d'or , il prit un canif fur fon Bu-`
" reau , les coupa tous & les lui donna .
» Tout cela m'a été confirmé par plufieurs
Anglois , Hollandois & Portugais qui
» l'avoient fort connu. Auffi fa mémoire
>> eft-elle en grande veneration dans tout
» le Pays , jufques-là que les Habitans na-
» turels du même Pays , quoique les uns
foient Gentils , les autres Mahometans ,
» vont faire des prieres fur fon Tombeau,
» ne pouvant oublier fes bienfaits & fa
» droiture . Ce Tombeau eft fort fimple, fi-
» tué dans le Cimetiere des Catholiques, à
>> un demi quart de lieue de la Ville ; mais
M. de Pilavoine a engagé la Compagnie
» de faire élever deffus un Monument
magnifique pour honorer fa memoire
» enforte qu'il n'attendoit plus que les
» derniers ordres pour y faire travailler
»ayant déja difpofé les chofes pour cela .
» Il me pria même de concourir à l'exe-
>> cution de ce deffein , en lui envoyant
» une Epitaphe qui répondit au fujet , me
» promettant dela faire graver fur le Mo-
≫nument qu'il méditoit. Permettés - moi ,
» mon très-cher Coufin , de me décharger
H
fur
JUILLET . 1730. 1513
>> fur vous de ce foin , j'eftime que vous
➡êtes en état de vous en acquitter , en fa-
>> veur d'un homme qui honore fi fort fa
» Patrie & toute fa Parenté. Je fuis , & c.
M. Baron étant mort fans avoir été
marié , il ne laiffa que des freres & des
neveux. Deux de fes freres font morts
Religieux de l'Obfervance S. François ,
le troifiéme après s'être diftingué dans la
Congrégation de l'Oratoire par fon érudition
& par fon éloquence , eft mort au
commencement de ce fiecle , dans le Prieuré-
Cure de S. Quentin de Boullié , Diocèle
de La Rochelle, que M. de la Vrilliere , Ar
chevêque de Bourges , lui avoit conferé
en qualité d'Abbé de l'Abbaye de Nieüil,
en Poitou . C'eſt le même dont il eft parlé
ci-devant en qualité de Legataire univerfel
du Directeur fon frere. On peut
dire que jamais qualité n'a été plus infructucufe
, malgré les foins qu'il a pris de
faire du moins acquiter la dette de Venife
, & de retirer d'autres effets auffi legitimement
dûs & auffi mal placés.
A l'égard de fes neveux , fils de Pierre
Baron , fon autre frere , mort à Alep , &
de Dame N. de Lieutaud , ils étoient au
nombre de cinq ; fçavoir : Jofeph Baron ,
mort dans fa jeuneffe en 1674. Jean Pierre
Baron , qui après avoir fait le voyage des
Indes étoit entré dans la Marine , mourut
1514 MERCURE DE FRANCE
rut auffi à Marfeille dans un âge peu
avancé en 1684. François Baron entra fort
jeune dans l'Ordre de Malthe ; il ne four
nit pas une longue carriere ; mais il fe fi-.
gnala en plufieurs occafions , entr'autres ›
Torfque la Religion envoya au fecours de
la Morée un Bataillon dont il fut fait Major
, & à la tête duquel il fut bleffé dan--
gereuſement. Le Grand-Maître Raimond
Perellos le confidera particulierement , &
le fit Capitaine d'une Galere . Il mourut à
Malte en l'année Jean Baron entra ^
de bonne heure dans la Congrégation de
l'Oratoire , puis fut Chanoine de l'Eglife.
Collegiale S. Martin de Marſeille , enfuiter
de la Cathedrale , & mourut en 1720.-
dans le tems de la derniere contágion . Et
Jean Baptifte Baron , qui après avoir embraffe
l'Etat Ecclefiaftique entra dans l'Or--
dre de Malte , & eft mort Religieux Prêtre
de cet Ordre , il avoit été pourvû fuccef--
fivement des Offices de Sacriftain de la
Commanderie de' S. Jean de Marſeille ,
& d'Infirmier du Grand Prieuré de Saint
Gilles , & enfin de la Commanderie d'Ef--
pagnac. C'eft , comme je l'ai dit au commencement
de ma Lettre, en marquant le
tems de fa mort , le dernier qui reftoit de
toute cette vertueufe & nombreuſe famille.
Je joins ici une copie de l'Epitaphe de
M.:
JUILLET. 1730. ISTS
M. Baron , qu'on n'a pû refufer à fa mé→
moire , & qui a été envoyée aux Indes .
dans l'intention que vous avez vû cideffus
. Il me refte à vous affurer
fuis veritablement
, Monfieur &c.
que je
A Paris le 10. Mars 1729.
D. O. M.
Sta Viator...
Hic in fpem Refurrectionis quiefcunt offa &
cineres infignis pietate viri D. D. FRANCISCI
BARON Maffilienfis ,
Qui
Poft emenfam Europam , Ægyptum , Paleftinam
, Syriam , ubi fupremum Gallia &
Batavia
Confulatum
Magnificè & fapientiffimè geffit :
In remotiores Afia fines à REGE CHRISTIANISSIMO
foederis cùm Indiarum
Regibus ineundi , ac rei Mercatoria reftanranda
, & providenda caufâ ,
Felicibus aufpiciis miffus.
SURATE maritima Indorum Metropoli
fedem fixit:
Ibi
Ingenii acie , cordis amplitudine , eloquii
Comitate
1516 MERCURE DE FRANCE
comitate , morum candore ; præfertim in miferas
continuâ , ac prodiga charitate apud
Indos indigenas & cæteras utriufque Orbis
Gentes.
Clariffimus evafit
Quijam variis avita virtutis fua monumentis
clarus erat & percelebris
Qui
Ubique Terratum
Religionis tuende , promovenda , ejufque
Miniftros fovendi , fublevandi , piâ femper
& indefeffa motus eft follicitudine.
Quique malè opprefforum præfens femper efficaxque
remedium , de ipfa Venetorum Republica
optimè meritus eft :
Ob Cives & Confulem
Jugifapientia , proprio aere , non reftituto
ab imminentis mortis periculo , durifque vinculis
à Pharaone altera in Egypto paratis,»
felici & infolenti beneficio
Servatos , redemptos , liberatos ,
ANNO M. DC. LVII.
Tandem poft diuturnam divina Legis obfer
vantiam , poft opes effufas , Domum , pios
Libros , ipfas veftes & omnia pauperibus
erogata.
Sufficiente fibi Deo omnia.-
Pie obdormivit in Domino Chriftianus &
calebs Philofophus. Anno Reparat. Salut
Han
JUILLET. 1730. 1517
Hum. M. DCC. LXXXIII. Die XXX .
Decembris
Abi Viator ,
, Et tanto motus Spectaculo Spretis Orientis
falfis opibus , pius imitator thefaurifa tibi
thefauros in coelo.
Hoc munificentia , pietatis , & grati animi
monimentum Illuftr. Gallicorum Indiarum
Negociatorum Coetus Regius Amantiſſ. Directori
fuo , Reftauratori , Patrono & Benefactori.
P. P.
Funebrem Epigraphem J. D. L. R. è forore
Pronepos , ex Oriente Redux , pro publico
& privato luctu.
Mæftiff. condebat Parifiis An. M. DCC .
IV.
Les Armes de M. Baron , telles qu'onles
voit à la Bibliotheque de S. Germain
des Prez , empreintes au bas des Profeffions
de Foi & autres Actes par lui legalifés ,
en qualité de Conful d'Alep font
Ecartelé au 1 & 4. de Sable à deux Chicots
paffes en Sautoir d'Argent ; au 2 & 3. Conpé
de Sable à 3. Canetes d'Argent , & d'Argent
au Cheval de Sable.
Ik
L arriva aux Indes dans la même an
née 1671. après avoir effuyé les fatigues
d'un long & penible voyage , d'abord
par terre en traverfant une partie
des Deferts d'Arabie & de la Perfe , pour
fe rendre à Ormus , dans le Golphe Perfique
, où il s'embarqua fur un Vaiffeau
du Roi qui le conduifit à Surate , Ville
Maritime de l'Indoftan ou des Etats du
Grand Magol.
J'écrirois un volume entier fi j'entreprenois
de fuivre pas à pas nôtre Directeur
, pendant les douze ou treize années
qu'a duré fon Adminiſtration , dans les
principales circonftances ou il a continué
Bij de
1504 MERCURE DE FRANCE
de faire paroître fon zele ardent pour la
Religion , fes égards pour les Miniftres
fa charité fans bornes , fon fidele attachement
au fervice du Roi , dont il a foutenu
hautement la gloire dans plufieurs occafions
,fon application au bien general du
Commerce , & aux interêts de la Compagnie
; je ne finirois point , dis-je , fi je
rapportois tous les faits publics ou particu
liers qui font venus à ma connoiffance par
des Perfonnes refpectables, qui en ont été
les Témoins, où que je trouve dans de fideles
Memoires, & qui font autant de traits
marqués de toutes les vertus qui font le
grand Homme & le parfait Chrétien.
Je me contenterai de rapporter ici ce
qu'il fit paroître de conduite , de courage
& de fermeté , dans une occafion importante
qui fe prefenta , & qu'il ne feroit
pas jufte de paffer fous filence. La Guerre
qui s'étoit allumée en Europe entre la
France & la Hollande dès l'année 1672 .
paffa jufques dans les Indes . Les Hollandois
, puiffans , comme l'on fçait , par leur
Commerce dans cette partie de l'Afie ,
entreprirent en 1674 , le Siege de la Ville
Maritime de S. Thomé , où les François
avoient un Etabliffement confiderable.
M. de la Haye quí y commandoit pour
Roi , & qui ne s'attendoit pas à cette
attaque , defefpera de pouvoir fauver une
le
Place ,
JUI N. 1730. 1505
..
Place , affez dépourvûe ; il demanda du
fecours à M. Baron , qui fit armer à ſes
dépens deux bons Vaiffeaux , chargés de
toutes fortes de Munitions ; fur lefquels
il s'embarqua lui - même & entra dans le
Port de S. Thomé , à la vûe des Ennemis,
dans l'intention de partager avec le Com
mandant la gloire & le peril de cette dés
fenſe .
و
Elle fut longue & vigoureuſe , on y fit ,
furtout du côté des Chefs , des prodiges
de conftance & de valeur. Mais les Ennemis
recevant tous les jours de nouveaux
Renforts les Affiegez fort diminuez
n'ayant prefque plus de Munitions &
toute efperance de ſecours étant d'ail
leurs perdue , on ne put s'empêcher de
capituler. La réputation de M. Baron , fa
prefence & fa fermeté , rendirent les conditions
fort honorables : Voici de quelle
maniere M. Baron y fut fpecialement
compris dans le XII. article du Traité.
J
la » M. Baron , Directeur General pour
» Compagnie Royale dans la Ville de faint
» Thomé, pourra avec tout fon bagage &
» tous fes Domeftiques s'en aller à Surate
» ſur les Vaiffeaux Hollandois qui iront à
» la premiere * Mouffon , & il fera traitté
* Mouffon , mot Arabe qui fignifie temps
préfix , & qu'on donne aux Vents alifex on
#eglez , qui regnent en certaines Saifons.
B iij
avce
1506 MERCURE DE FRANCE
avec toute l'honnêteté dûe à ſon caraċ-
>> rere ; fi mieux il n'aime y aller par terre,
» auquel cas on lui donnera les paffe ports
neceffaires , &c.
Ce Siege qui par l'état de la Place & l'éloignement
des fecours ne devoit pas durer
, fit du bruit dans l'Europe , toutes
les nouvelles publiques en parlerent & en
particulier la Gazette d'Hollande .
J'ai omis de marquer en for lieu , que
M. Baron n'acheva de fortir d'affaires avec
les Marchands du Caire , en les payant de
ce qu'il leur avoit emprunté pour la déli
vrance du Conful & des Marchands de
Venife, que la derniere année de fon Confulat
d'Alep , efperant toujours d'être
remboursé lui - même par le Commerce de
Venife , chargé d'acquitter les dettes de la
Nation , ce qui mit fes affaires particu
lieres en affez mauvais état.
Il lui vint dans l'efprit plufieurs expe
diens pour faire avancer ce rembourfe
ment , qui demandoit ou une preſence
actuelle ou une puiffante protection . Celle
du Pape Innocent X I. lui
parut d'abord
efficace ; il avoit déja l'honneur d'en être
connu par tout ce que j'ai rapporté de
fon zele pour les Prelats , & pour les Miffionnaires
Apoftoliques ; de plus il fe
trouvoit qu'un neveu du Pape , Sénateur
Milan , & fort aimé de S. S. avoit époulé
une
JUILLET . 1730. 1507
•
tine Demoiselle de la Famille des Barons
de Cofme, d'où l'Ayeul de M. Baron étoit
forti pour le retirer à Marſeille , enfuite
de quelques démêlés que cette Famille
avoit eûs avec des Gentilshommes de fes
Parens de l'Etat de Milan . Reut- être , die
M. Baron , dans une de fes Lettres , que
le Papeferoit quelque chofe pour moi ,fij'allois
à Rome avec la permiffion du Roi.
Il paroît cependant qu'il aima mieux
recourir à la protection de S. M. qui eut
la bonté d'écrire trois Lettres confecutives
à trois differens Miniftres , fes Ambaffadeurs
auprès de la République de Veniſe
pour faire rendre juftice à M. Baron : mais
les bontés du Roi n'eurent aucun effet par
les longueurs affectées , les incidens & les
differens prétextes , qui furent mis en
euvre de la part de ceux qui devoient
payer. Je ne rapporterai ici que
la pre
miere de ces Lettres , laquelle fut écrite à
M. l'Abbé d'Eftrades.
M. l'Abbé d'Eftrades , le fieur Baron ,
mon ſujet & Directeur general du Com
»merce de la Compagnie des Indes Orien
» tales établie en mon Royaume , m'a rea
» prefenté que s'étant trouvé au Caire en
»Egypte , en l'année 1657. lorfque le
* La Lettre qui apprend ces circonstancet
eft toute écrite de la main de M. Baron
fignée de lui , les autres ne font que des Copies
Biiij Pacha
4508 MERCURE DE FRANCE
»
» Pacha fit arrêter le Conful de la Repu-
» blique de Veniſe avec quelques autres
» Venitiens & les condamna à la mort ,
» pour avoir , difoit - il , des correfpon-
» dances avec la Ville de Candie , au préjudice
du fervice du Grand Seigneur ,
» ledit fieur Baron à la priere dudit Con-
» ful & de fes Compagnons , s'employa
auprès du Pacha pour leur fauver la vie ,
» & en obtint la grace moyennant la fom-
» me de 14901 liv . qu'il lui donna , partie
» de fes deniers & partie de ceux qu'il em-
» prunta de fes amis , dont il leur a payé
» les interêts plus de 10 ans durant à 24
» pour cent , fuivant l'ufage de la Tur-
» quie , enfuite de quoi le Conful & les
» autres Venitiens delivrez ainfi de la
» mort , promirent audit Sieur Baron de
» lui rendre fon argent dans un an avec
» les interêts, ainfi qu'il eft porté par une
» obligation du 3 Mai 1657. qu'il a entre
» fes mains ; que cependant ils n'y ont
» point fatisfait depuis plus de 20 ans
»fous prétexte de la guerre de Candie &
par l'abfence dudit fieur Baron , qui a
» toujours été employé depuis , tant en la
Charge de Conful d'Alep , qu'en celle de
>> Directeur General aux Indes Orientales ,
» qu'il exerce prefentement; enforte qu'ils
» refuſent de lui faire juftice , ledit fieur
Baron me demandant de lui accorder
•
»
ma
JUILLET. 1730. 1509
ma protection & comme j'eftime d'ailleurs
que non - feulement fa plainte eft
>> jufte , mais que la Republique a quel-
» que forte d'interêt que ceux de fes Su-
»jets , fauvés de la mort par l'affection
» que ledit fieur Baron a eûe pour eux ,
» fatifaffent à leur engagement , je vous
» écris cette Lettre pour vous dire , que
>> mon intention eft que vous faffiez toutes
» les inftances neceffaires auprès du Sénat,
» s'il eft neceffaire , ou aux Magiftrats pardevant
lefquels cette affaire doit fe traitter
, pour faire rendre juftice audit fieur
Baron ; outre que vous protegerez fon
bon droit,vous ferez encore une chofe
qui me fera très-agreable. Et la prefente
» n'étant à autre fin , je prie Dieu qu'il
» vous ait , M. l'Abbé d'Eftrades , en fa
» fainte garde. Ecrit à Fontainebleau ce
8 Septembre 1677. Signé LOUIS : Et
plus bas , Arnauld . Et au dos eft écrit , à
M. l'Abbé d'Eftrades , Confeiller en tous
mes Conſeils & mon Ambaſſadeur à Veniſe.
Deux autres Lettres du Roi écrites en
1679. & 1680. à Meffieurs de Varengeville
& de la Haye , fes Ambaffadeurs à
Venife , fur le mêmefujet , n'eurent , comme
on l'a déja dit , aucun fuccès .
2
Cependant peu de temps après l'expe-.
dition de S.Thomé & le retour de M. Ba-
Jon àSurate , qu'une de-fes Lettres fixe au
By 26
rsto MERCURE DE FRANCE
26 d'Août 1675. fa fanté commença d'être
alterée par une attaque de paralyfie; mais
elle ne diminua en rien la fermeté de fon
efprit , & la ferveur de fa pieté , qui alla
toujours en augmentant.
Il fit fon Teftament , dont j'ai une copie
, le 28 Juin 1680. il y donne de nouvelles
preuves de fa Religion, de fa juftice ,
& de fa charité. M. Simon Baron , fon
Frere , Prêtre de l'Oratoire , Prieur de
Beaumont , Diocèfe de Paris , y eft nommé
fon Légataire univerfel , & à fon dé
faut Jean Pierre Baron , fon Neveu , lequel
après l'avoir fuivi aux Indes , étoit
revenu en France , & fervoit dans la Marine.
M. Baron ne fit plus gueres que languir
depuis , & enfin étant tombé dans une
fievre lente fur la fin de l'année 1683. il
mourut le
30 Decembre de la même année
, laiffant tous ceux qui étoient auprès
de lui également touchez , & édifiez , &
tout le pays affligé de fa perte.
Je n'aurois prefque plus rien à vous
dire , Monfieur , fur notre pieux Directéur
, fi M. Darnaud , mon Coufin Germain
, & Parent au même degré que
moi de M. Baron , n'avoit fait depuis fon
décès le voyage de Surate , & rapporté
quelques faits particuliers que vous ne
ferez pas fâché de fçavoir. Voici un petit
Extrait
JUILLET. 1736. 1511
Extrait de deux Lettres que M. Darnaud,
devenu depuis Capitaine de Vaiffeau du
Roi , & commandant les Troupes de la
Marine à Quimper , m'a écrites fur ce fujet
de cette Ville là .
»
» Le feu Roi ayant ordonné en l'année
1700. de faire partir pour les grandes »
Indes deux Vaiffeaux de Guerre , com-
» mandés par le Marquis de Château - Mo-
» 'rant , je fus nommé premier Lieutenant
» pour fervir fur le Vaiffeau du Comman-
» dant , nommé l' Agreable. Nous allâmes
>> droit à Pondichery , où nous reftâmes
» fix femaines. De Pondichery nous allâ
>> 'mes à Goa , & de Goa à Surate , où nous
» arrivâmes la veille de Noel 1700. Nous
» y fejournâmes jufqu'au 20 Fevrier 1701 .
Les Vaiffeaux du Roi furent toujours
mouillez à Souailly " , c'eft une Rade
affurée à trois lieues de Surate. Pour
moi pendant que nos Vaiffeaux y refte-
>> rent je demeurai toujours en cetté Ville, '
» logé dans la maifon de la Compagnie
» & accablé d'honnetetés de la part de
» M. de Pilavoine qui avoit été nommé
» Directeur General , & de tous les autres
» Meffieurs , qui reprefentoient la Com
pagnie , lefquels avoient tous fervi ſous
nôtre Oncle , feu M. Baron . - n
» Ils m'affurerent qu'il eft mort comme
pun Saint après avoir vécu très - chré-
B vj tiennement
1512 MERCURE DE FRANCE
tiennement , & après avoir abſolument
tout donné fur fes derniers jours , juf-
» ques - là qu'un Capucin venant lui de-
» mander quelque chofe , & ne lui reftant
que fa vefte de deffous garnie de bou-
» tons d'or , il prit un canif fur fon Bu-`
" reau , les coupa tous & les lui donna .
» Tout cela m'a été confirmé par plufieurs
Anglois , Hollandois & Portugais qui
» l'avoient fort connu. Auffi fa mémoire
>> eft-elle en grande veneration dans tout
» le Pays , jufques-là que les Habitans na-
» turels du même Pays , quoique les uns
foient Gentils , les autres Mahometans ,
» vont faire des prieres fur fon Tombeau,
» ne pouvant oublier fes bienfaits & fa
» droiture . Ce Tombeau eft fort fimple, fi-
» tué dans le Cimetiere des Catholiques, à
>> un demi quart de lieue de la Ville ; mais
M. de Pilavoine a engagé la Compagnie
» de faire élever deffus un Monument
magnifique pour honorer fa memoire
» enforte qu'il n'attendoit plus que les
» derniers ordres pour y faire travailler
»ayant déja difpofé les chofes pour cela .
» Il me pria même de concourir à l'exe-
>> cution de ce deffein , en lui envoyant
» une Epitaphe qui répondit au fujet , me
» promettant dela faire graver fur le Mo-
≫nument qu'il méditoit. Permettés - moi ,
» mon très-cher Coufin , de me décharger
H
fur
JUILLET . 1730. 1513
>> fur vous de ce foin , j'eftime que vous
➡êtes en état de vous en acquitter , en fa-
>> veur d'un homme qui honore fi fort fa
» Patrie & toute fa Parenté. Je fuis , & c.
M. Baron étant mort fans avoir été
marié , il ne laiffa que des freres & des
neveux. Deux de fes freres font morts
Religieux de l'Obfervance S. François ,
le troifiéme après s'être diftingué dans la
Congrégation de l'Oratoire par fon érudition
& par fon éloquence , eft mort au
commencement de ce fiecle , dans le Prieuré-
Cure de S. Quentin de Boullié , Diocèle
de La Rochelle, que M. de la Vrilliere , Ar
chevêque de Bourges , lui avoit conferé
en qualité d'Abbé de l'Abbaye de Nieüil,
en Poitou . C'eſt le même dont il eft parlé
ci-devant en qualité de Legataire univerfel
du Directeur fon frere. On peut
dire que jamais qualité n'a été plus infructucufe
, malgré les foins qu'il a pris de
faire du moins acquiter la dette de Venife
, & de retirer d'autres effets auffi legitimement
dûs & auffi mal placés.
A l'égard de fes neveux , fils de Pierre
Baron , fon autre frere , mort à Alep , &
de Dame N. de Lieutaud , ils étoient au
nombre de cinq ; fçavoir : Jofeph Baron ,
mort dans fa jeuneffe en 1674. Jean Pierre
Baron , qui après avoir fait le voyage des
Indes étoit entré dans la Marine , mourut
1514 MERCURE DE FRANCE
rut auffi à Marfeille dans un âge peu
avancé en 1684. François Baron entra fort
jeune dans l'Ordre de Malthe ; il ne four
nit pas une longue carriere ; mais il fe fi-.
gnala en plufieurs occafions , entr'autres ›
Torfque la Religion envoya au fecours de
la Morée un Bataillon dont il fut fait Major
, & à la tête duquel il fut bleffé dan--
gereuſement. Le Grand-Maître Raimond
Perellos le confidera particulierement , &
le fit Capitaine d'une Galere . Il mourut à
Malte en l'année Jean Baron entra ^
de bonne heure dans la Congrégation de
l'Oratoire , puis fut Chanoine de l'Eglife.
Collegiale S. Martin de Marſeille , enfuiter
de la Cathedrale , & mourut en 1720.-
dans le tems de la derniere contágion . Et
Jean Baptifte Baron , qui après avoir embraffe
l'Etat Ecclefiaftique entra dans l'Or--
dre de Malte , & eft mort Religieux Prêtre
de cet Ordre , il avoit été pourvû fuccef--
fivement des Offices de Sacriftain de la
Commanderie de' S. Jean de Marſeille ,
& d'Infirmier du Grand Prieuré de Saint
Gilles , & enfin de la Commanderie d'Ef--
pagnac. C'eft , comme je l'ai dit au commencement
de ma Lettre, en marquant le
tems de fa mort , le dernier qui reftoit de
toute cette vertueufe & nombreuſe famille.
Je joins ici une copie de l'Epitaphe de
M.:
JUILLET. 1730. ISTS
M. Baron , qu'on n'a pû refufer à fa mé→
moire , & qui a été envoyée aux Indes .
dans l'intention que vous avez vû cideffus
. Il me refte à vous affurer
fuis veritablement
, Monfieur &c.
que je
A Paris le 10. Mars 1729.
D. O. M.
Sta Viator...
Hic in fpem Refurrectionis quiefcunt offa &
cineres infignis pietate viri D. D. FRANCISCI
BARON Maffilienfis ,
Qui
Poft emenfam Europam , Ægyptum , Paleftinam
, Syriam , ubi fupremum Gallia &
Batavia
Confulatum
Magnificè & fapientiffimè geffit :
In remotiores Afia fines à REGE CHRISTIANISSIMO
foederis cùm Indiarum
Regibus ineundi , ac rei Mercatoria reftanranda
, & providenda caufâ ,
Felicibus aufpiciis miffus.
SURATE maritima Indorum Metropoli
fedem fixit:
Ibi
Ingenii acie , cordis amplitudine , eloquii
Comitate
1516 MERCURE DE FRANCE
comitate , morum candore ; præfertim in miferas
continuâ , ac prodiga charitate apud
Indos indigenas & cæteras utriufque Orbis
Gentes.
Clariffimus evafit
Quijam variis avita virtutis fua monumentis
clarus erat & percelebris
Qui
Ubique Terratum
Religionis tuende , promovenda , ejufque
Miniftros fovendi , fublevandi , piâ femper
& indefeffa motus eft follicitudine.
Quique malè opprefforum præfens femper efficaxque
remedium , de ipfa Venetorum Republica
optimè meritus eft :
Ob Cives & Confulem
Jugifapientia , proprio aere , non reftituto
ab imminentis mortis periculo , durifque vinculis
à Pharaone altera in Egypto paratis,»
felici & infolenti beneficio
Servatos , redemptos , liberatos ,
ANNO M. DC. LVII.
Tandem poft diuturnam divina Legis obfer
vantiam , poft opes effufas , Domum , pios
Libros , ipfas veftes & omnia pauperibus
erogata.
Sufficiente fibi Deo omnia.-
Pie obdormivit in Domino Chriftianus &
calebs Philofophus. Anno Reparat. Salut
Han
JUILLET. 1730. 1517
Hum. M. DCC. LXXXIII. Die XXX .
Decembris
Abi Viator ,
, Et tanto motus Spectaculo Spretis Orientis
falfis opibus , pius imitator thefaurifa tibi
thefauros in coelo.
Hoc munificentia , pietatis , & grati animi
monimentum Illuftr. Gallicorum Indiarum
Negociatorum Coetus Regius Amantiſſ. Directori
fuo , Reftauratori , Patrono & Benefactori.
P. P.
Funebrem Epigraphem J. D. L. R. è forore
Pronepos , ex Oriente Redux , pro publico
& privato luctu.
Mæftiff. condebat Parifiis An. M. DCC .
IV.
Les Armes de M. Baron , telles qu'onles
voit à la Bibliotheque de S. Germain
des Prez , empreintes au bas des Profeffions
de Foi & autres Actes par lui legalifés ,
en qualité de Conful d'Alep font
Ecartelé au 1 & 4. de Sable à deux Chicots
paffes en Sautoir d'Argent ; au 2 & 3. Conpé
de Sable à 3. Canetes d'Argent , & d'Argent
au Cheval de Sable.
Fermer
Résumé : SUITE de l'Eloge de M. Baron, & c.
Simon Baron arriva aux Indes en 1671 après un long périple terrestre à travers les déserts d'Arabie et de Perse, puis par voie maritime jusqu'à Surate. Il y exerça la fonction de directeur général de la Compagnie des Indes Orientales pendant douze à treize ans, se distinguant par son zèle religieux, sa charité, son attachement au service du roi et son dévouement au commerce et aux intérêts de la Compagnie. En 1674, lors du siège de Saint-Thomé par les Hollandais, Baron arma deux vaisseaux à ses frais pour secourir la ville. Malgré une défense héroïque, Saint-Thomé dut capituler. Baron fut mentionné dans le traité de capitulation, lui permettant de quitter la ville avec ses effets et ses domestiques. Baron tenta également de recouvrer des dettes contractées au Caire pour sauver des Vénitiens condamnés à mort. Il sollicita l'aide du roi Louis XIV, qui écrivit à ses ambassadeurs à Venise pour obtenir justice, mais sans succès. En 1675, Baron fut frappé de paralysie, mais continua à montrer fermeté et piété. Il rédigea son testament en 1680, léguant ses biens à son frère et à son neveu. Il mourut le 30 décembre 1683, laissant une réputation de sainteté et de générosité. Sa mémoire fut honorée par les habitants de Surate, quels que soient leurs croyances. Un monument fut envisagé pour perpétuer son souvenir. Le texte mentionne également la famille de Simon Baron, notamment ses neveux. Joseph Baron mourut jeune en 1674. Jean-Pierre Baron, après un voyage aux Indes et une carrière dans la Marine, décéda à Marseille en 1684. François Baron, entré jeune dans l'Ordre de Malte, fut blessé en Morée et devint Capitaine d'une galère avant de mourir à Malte. Jean Baron fut Chanoine de l'Église Collégiale Saint-Martin de Marseille et de la Cathédrale, décédant en 1720. Jean-Baptiste Baron, après avoir embrassé l'État ecclésiastique et rejoint l'Ordre de Malte, occupa plusieurs offices avant de mourir en tant que Religieux Prêtre. Une épitaphe en latin dédiée à François Baron souligne ses mérites et ses actions, notamment en Égypte et en Asie, et son dévouement à la religion et à l'aide des opprimés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9
p. 370-371
Extrait d'une Lettre de Marseille, du 19 Février 1731. au sujet des Troubles de Constantinople.
Début :
Nos Bâtimens commencent à venir du Levant. Le Capitaine Antoine [...]
Mots clefs :
Marseille, Constantinople, Révolution, Capitaine, Sultan, Commerce
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Marseille, du 19 Février 1731. au sujet des Troubles de Constantinople.
EXTRAIT d'une Lettre de Marseille
du 19 Février 1731. au fujet des Troubles
de Constantinople.
N
1
Os Bâtimens commencent à venir du Levant,
Le Capitaine Antoine Rolland arriva
le 16. en ce Port , chargé de 2700 charges de Ble
qu'il a pris au Volo , &c. Je l'ai questionné en
particulier sur la derniere révolution de Constan
tinople.
Notre Capitaine passa le fameux Janon- Coggia
Smirne,avec environ so personnes de sa suite , Er
en y arrivant , Coggia trouva des dépêches de
Constantinople où il étoit demandé, et où il s'est
rendu. Il a été fait de nouveau Capitan Pacha.
Quand il partit de Smirne , le Vaisseau du Capitaine
Rolland et tous les Bâtimens François le
saluerent de plusieurs coups de Canon , avec la
permission de M. le Consul, ce qui fit grand plai
sir au nouvel Amiral Turc,qui en témoigna sa reconnoissance
à notre Capitaine. Il fit distribuer
200 Piastres à l'Equipage.
Depuis , le même Capitaine ayant rencontré en
Mer , le Capitaine Fougasse de Cassis , commandant
un Pinque , lequel étoit parti de Constantinople
, le 13 Janvier. Il apprit de lui que Janon
Coggia avoit été reçu à Constantinople avec de
grandes acclamations , et que le nouveau Sultan`
avoit d'abord voulu le faire G. V. Il s'en étoit
excusé sur ce que la Marine étoit plus à sa bienseance
; qu'on avoit assemblé un grand Divan ,
dans lequel Ali Patrona , auteur de la Révolte
avoit eu l'audace de demander la femme du dernier
G. V , fille du Sultan détrôné ; surquoi Janon
Coggia lui avoit répondu avec mépris; qu'une telle
Dame n'étoit pas destinée à un homme de néant
tel
FEVRIER. 173 F. 370
tel que lui. Surquoi Patrona ayant tiré un Pistolet
de sa poche ; Coggia le prévint et lui fit sauter
la tête d'un coup de Sabre ; que peu de tems après
le même Coggia avoit fait étrangler 30 des principaux
Satellites du Révolté ; ce qui avoit fait
d'abord cesser le trouble , ajoûtant que le nouveau
Capitan Pacha continuoit de faire faire des exécutions
à l'égard de ceux qui ont été du parti des
Rebelles. Le G. S. ne fait rien que par le Conseil
de ce bon serviteur , en attendant l'arrivée de
Kupruli , Pacha du Caire , pour le faire G. V.
Ce qui fait esperer une entiere pacification et le
prompt rétablissement du commerce. Tout ce détail
a encore été confirmé au Capitaine Rolland
dans d'autres lieux où il a touché.
du 19 Février 1731. au fujet des Troubles
de Constantinople.
N
1
Os Bâtimens commencent à venir du Levant,
Le Capitaine Antoine Rolland arriva
le 16. en ce Port , chargé de 2700 charges de Ble
qu'il a pris au Volo , &c. Je l'ai questionné en
particulier sur la derniere révolution de Constan
tinople.
Notre Capitaine passa le fameux Janon- Coggia
Smirne,avec environ so personnes de sa suite , Er
en y arrivant , Coggia trouva des dépêches de
Constantinople où il étoit demandé, et où il s'est
rendu. Il a été fait de nouveau Capitan Pacha.
Quand il partit de Smirne , le Vaisseau du Capitaine
Rolland et tous les Bâtimens François le
saluerent de plusieurs coups de Canon , avec la
permission de M. le Consul, ce qui fit grand plai
sir au nouvel Amiral Turc,qui en témoigna sa reconnoissance
à notre Capitaine. Il fit distribuer
200 Piastres à l'Equipage.
Depuis , le même Capitaine ayant rencontré en
Mer , le Capitaine Fougasse de Cassis , commandant
un Pinque , lequel étoit parti de Constantinople
, le 13 Janvier. Il apprit de lui que Janon
Coggia avoit été reçu à Constantinople avec de
grandes acclamations , et que le nouveau Sultan`
avoit d'abord voulu le faire G. V. Il s'en étoit
excusé sur ce que la Marine étoit plus à sa bienseance
; qu'on avoit assemblé un grand Divan ,
dans lequel Ali Patrona , auteur de la Révolte
avoit eu l'audace de demander la femme du dernier
G. V , fille du Sultan détrôné ; surquoi Janon
Coggia lui avoit répondu avec mépris; qu'une telle
Dame n'étoit pas destinée à un homme de néant
tel
FEVRIER. 173 F. 370
tel que lui. Surquoi Patrona ayant tiré un Pistolet
de sa poche ; Coggia le prévint et lui fit sauter
la tête d'un coup de Sabre ; que peu de tems après
le même Coggia avoit fait étrangler 30 des principaux
Satellites du Révolté ; ce qui avoit fait
d'abord cesser le trouble , ajoûtant que le nouveau
Capitan Pacha continuoit de faire faire des exécutions
à l'égard de ceux qui ont été du parti des
Rebelles. Le G. S. ne fait rien que par le Conseil
de ce bon serviteur , en attendant l'arrivée de
Kupruli , Pacha du Caire , pour le faire G. V.
Ce qui fait esperer une entiere pacification et le
prompt rétablissement du commerce. Tout ce détail
a encore été confirmé au Capitaine Rolland
dans d'autres lieux où il a touché.
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Résumé : Extrait d'une Lettre de Marseille, du 19 Février 1731. au sujet des Troubles de Constantinople.
Le 16 février 1731, le capitaine Antoine Rolland arriva à Marseille avec 2700 charges de blé du Volo. Il rapporta des troubles récents à Constantinople. Janon Coggia, nommé Capitan Pacha, y fut accueilli favorablement. Le nouveau sultan souhaitait le nommer Grand Vizir, mais Coggia préféra se concentrer sur la marine. Lors d'un Divan, Ali Patrona, instigateur de la révolte, demanda la femme du dernier Grand Vizir, fille du sultan détrôné. Coggia refusa, provoquant une altercation où il tua Patrona. Il fit ensuite exécuter 30 partisans de Patrona, apaisant les troubles. Le sultan gouverne sous l'influence de Coggia, en attendant Kupruli, Pacha du Caire, pour le poste de Grand Vizir. Ces événements laissent espérer une pacification et la reprise du commerce. Ces informations furent confirmées au capitaine Rolland lors de ses escales.
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10
p. 2196-2198
PROGRAME de l'Académie Royale des Belles Lettres, Sciences et Arts, établie à Bordeaux.
Début :
L'ACADÉMIE ayant été obligée de reserver le prix de cette année ; Elle en propose deux [...]
Mots clefs :
Académie royale des belles-lettres, sciences et arts, Bordeaux, Marseille, Dissertations , Paquets
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texteReconnaissance textuelle : PROGRAME de l'Académie Royale des Belles Lettres, Sciences et Arts, établie à Bordeaux.
PROGRAME de l'Académie Royale
des Belles Lettres , Sciences et Aris , établie
à Bordeaux.
'ACADEMIE ayant été obligée de reserver
Lile prix de cette année Elle en propose
;
deux
aux Sçavans de l'Europe , qui seront distribucz
le vingt- cinq d'Août 1732 .
Elle destine un de ces Prix à celui qui expliquera
avec le plus de probabilité la question suiyante
; S'il y a un Magnetisme dans les Corps ,
quelle en est la cause , et quelles en sont les
Loix.
Elle destine l'autre à celui qui donnera l'explication
la plus protable du mouvement de la Seve
dans les Plantes , et les Loix de ce mouvement.
Il sera libre d'envoyer les Dissertations en
François ou en Latin : on demande qu'elles
soient écrites en caracteres lisibles ; elles ne se„
tont reçues pour le concours que jusqu'au premier
May prochain inclusivement.
An
SEPTEMBRE 1731. 2797
Au bas des Dissertations il y aura une Sentence
et l'Auteur mettra dans un Billet separé
et cacheté la même Sentence avec son nom
>
et son adresse .
>
Les Paquets seront affranchis , et adresser
à M. Sarray , Secretaire de l'Académie , ruë
de Gourgues , ou au Sieur Brun , Imprimeur
de l'Académie , ruë S. Jâmes.
s'est
On avertit les Sçavans , que l'Académie n'a pas
distribué le Prix cette année , parce que la Dissertation
à qui elle auroit pu l'adjuger
trouvée trop conforme à l'explication du Son
donnée par Mr. CROUSAS dans son Traité
du Beau.
›
A Bordeaux , ce 25. Août 1731J
Le sujet que l'Académie des Belles Lettres de
Marseille propose cette année pour le Prix , est
que Adversité n'abbat que ceux que la
Prosperité avoit aveuglés , selon ces paroles
de Seneque , consol . Ad Helv. Neminem adversa
fortuna comminuit nisi quem secunda décepit.
Il faut que l'Ouvrage soit en Prose , d'une demiheure
de lecture au plus , et d'un quart -d'heure
au moins on envoyera les Paquets à Mr. de
Chalamont de la Visclede , Secretaire perpetuel
de l'Académie , en les affranchissant , sans quoi
ils ne seront point retirez . On cachera le nom
de l'Auteur tant au Public " qu'au Sieur de la
Visclede , en lui envoyant les Ouvrages ; ils ne
seront reçûs que jusqu'au premier Decembre inclusivement.
Le prix sera adjugé à l'ordinaire ,
le premier Mercredy après la Quasimodo. Les
G iij Au-
>
2198 MERCURE DE FRANCE
Auteurs envoyeront , s'ils veulent , une adresse à
laquelle Mr. de la Visclede envoyera son récepissé
, et celui qui aura remporté le Prix , n'aura
qu'à envoyer le récepissé à quelqu'un qui reside
Marseille , auquel on remettra le Prix à la
vûë de ce récepissé .
des Belles Lettres , Sciences et Aris , établie
à Bordeaux.
'ACADEMIE ayant été obligée de reserver
Lile prix de cette année Elle en propose
;
deux
aux Sçavans de l'Europe , qui seront distribucz
le vingt- cinq d'Août 1732 .
Elle destine un de ces Prix à celui qui expliquera
avec le plus de probabilité la question suiyante
; S'il y a un Magnetisme dans les Corps ,
quelle en est la cause , et quelles en sont les
Loix.
Elle destine l'autre à celui qui donnera l'explication
la plus protable du mouvement de la Seve
dans les Plantes , et les Loix de ce mouvement.
Il sera libre d'envoyer les Dissertations en
François ou en Latin : on demande qu'elles
soient écrites en caracteres lisibles ; elles ne se„
tont reçues pour le concours que jusqu'au premier
May prochain inclusivement.
An
SEPTEMBRE 1731. 2797
Au bas des Dissertations il y aura une Sentence
et l'Auteur mettra dans un Billet separé
et cacheté la même Sentence avec son nom
>
et son adresse .
>
Les Paquets seront affranchis , et adresser
à M. Sarray , Secretaire de l'Académie , ruë
de Gourgues , ou au Sieur Brun , Imprimeur
de l'Académie , ruë S. Jâmes.
s'est
On avertit les Sçavans , que l'Académie n'a pas
distribué le Prix cette année , parce que la Dissertation
à qui elle auroit pu l'adjuger
trouvée trop conforme à l'explication du Son
donnée par Mr. CROUSAS dans son Traité
du Beau.
›
A Bordeaux , ce 25. Août 1731J
Le sujet que l'Académie des Belles Lettres de
Marseille propose cette année pour le Prix , est
que Adversité n'abbat que ceux que la
Prosperité avoit aveuglés , selon ces paroles
de Seneque , consol . Ad Helv. Neminem adversa
fortuna comminuit nisi quem secunda décepit.
Il faut que l'Ouvrage soit en Prose , d'une demiheure
de lecture au plus , et d'un quart -d'heure
au moins on envoyera les Paquets à Mr. de
Chalamont de la Visclede , Secretaire perpetuel
de l'Académie , en les affranchissant , sans quoi
ils ne seront point retirez . On cachera le nom
de l'Auteur tant au Public " qu'au Sieur de la
Visclede , en lui envoyant les Ouvrages ; ils ne
seront reçûs que jusqu'au premier Decembre inclusivement.
Le prix sera adjugé à l'ordinaire ,
le premier Mercredy après la Quasimodo. Les
G iij Au-
>
2198 MERCURE DE FRANCE
Auteurs envoyeront , s'ils veulent , une adresse à
laquelle Mr. de la Visclede envoyera son récepissé
, et celui qui aura remporté le Prix , n'aura
qu'à envoyer le récepissé à quelqu'un qui reside
Marseille , auquel on remettra le Prix à la
vûë de ce récepissé .
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Résumé : PROGRAME de l'Académie Royale des Belles Lettres, Sciences et Arts, établie à Bordeaux.
En 1732, l'Académie Royale des Belles Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux a annoncé deux prix. Le premier récompense l'explication du magnétisme dans les corps, sa cause et ses lois. Le second concerne le mouvement de la sève dans les plantes et ses lois. Les dissertations, en français ou en latin, doivent être soumises avant le 1er mai 1731. Les auteurs doivent inclure une sentence en bas de leur dissertation et envoyer cette même sentence avec leur nom et adresse dans un billet séparé et cacheté. Les paquets doivent être adressés à M. Sarray ou au Sieur Brun. L'Académie de Marseille propose également un prix pour une dissertation sur le thème 'Adversité n'abat que ceux que la Prosperité avait aveuglés' de Sénèque. L'ouvrage, en prose et d'une durée de lecture entre un quart d'heure et une demi-heure, doit être soumis avant le 1er décembre. Les paquets doivent être adressés à M. de Chalamont de la Visclede, secrétaire perpétuel de l'Académie, et doivent être affranchis. Les noms des auteurs doivent rester cachés. Le prix sera attribué le premier mercredi après la Quasimodo.
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11
p. 2256-2261
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le premier de ce mois, on célébra avec les cérémonies accoutumées, [...]
Mots clefs :
Abbaye royale de Saint-Denis, Chevalier, Duc, Rançon des Français, Royaume de Maroc, Marseille, Versailles
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c.
L
و oncélébraEpremierdecemois
avec les cérémonies accoutumées
dans l'Eglise de l'Abbaye Royale de S.
Denis , le Service solemnel qui s'y fair
tous les ans pour le repos de l'Ame du
feu Roi Louis XIV. L'Evêque de Lavaur
officia pontificalement : le Duc du Maine,
le Prince de Dombes , le Comte d'Eu et
le Comte de Toulouse y assisterent
ainsi que plusieurs Seigneurs de la Cour..
Le Roi a accordé au Duc de la Tremoille
, l'un des premiers Gentilhommes.
de la Chambre , l'agrément du Regiment
de Champagne , dont le Chevalier
de Tessé , qui en étoit Colonel , a donné
sa démission , et le Regiment d'Infanterie
qu'avoit le Duc de la Tremoille , a été
accordé au fils aîné du Comte de Tessé
premier Ecuyer de la Reine
Le
SEPTEMBRE. 1731. 2257
Le 27. du mois dernier , 34. Esclaves
François , rachetez à Constantinople par
les Peres Mathurins , de l'Ordre de la Ste.
Trinité , débarquerent à Marseille pour
se rendre à Paris , et de - là en leurs Pays,
Les autres députez du même Ordre
sont partis pour Cadix .. pour traiter
aussi de la rançon des François , détenus
au Royaume de Maroc.
>
On écrit de Marseille , qu'il y étoit arri
vé un accident bien triste . Il y avoit plus
dedeux ans que le Capitaine Grason en
étoit sorti avec son Vaisseau pour la côte
de Guinée et on étoit fort en peine sur
son sujet , lorsqu'on apprît enfin le 29.
Août qu'il venoit d'arriver aux Isles de
Marseille , fort content de son expédition
qui a eû tout le succès possible. C'est la
coûtume quand les Bâtimens entrent dans
la Baye , de saluer le Fort de Nôtre-
Dame de la Garde. En rendant ce salut
un des Canons creva , tua le Capitaine
avec deux hommes de son équipage , et
blessa le Capitaine en second. Une heure
après , le Vaisseau entra dans le Port.
Le 8 Sept. Fête de la Nat. de la Vierge,
il y eût Concert spirituel au Château des
Tuilleries. On y chanta le Motet Landa
Fe2258
MERCURE DE FRANCE
Jerusalem , de l'Abbé Gaveau , qui est un
excellent morceau de Musique. La Demoiselle
Petitpas chanta seule un petir
Motet nouveau du Sieur Le Maire , qui
fût très-goûté , de même qu'un autre à
deux voix chanté par les Demoiselles
Lenner , de la Musique du Roy , et Petitpas
et après plusieurs Pieces de simphonie
, éxecutées avec tout autant de
vivacité que de précision , le Concert fut
terminé par le Confitemini , Motet de M.
de Lalande.
Le Roy a accordé l'agrément de la
Charge de Président à Mortier , vacante
par la mort de Mr. de Maisons , à Mr.
Talon Avocat Général du Parlement ,
et Sa Majesté a donné la Charge d'Avo-
'cat General à Mr. Joly de Fleury , Fils
aîné du Procureur Général.
C
Le 16. le Duc de S. Aignan , Chevalier
des Ordres du Roy , et son Ambassadeur
à Rome , prit congé de Sa Majesté
pour s'y rendre. Il partira dans les
premiers jours d'Octobre par Marseille
où tes Galeres qui doivent le passer à
Civitavechia , sont prêtes..
-9
Le 19. après midy , le Roy fit auprès
de la grande avenue du Château de Versailles
:
SEPTEMBRE . 1731. 2259
sailles , la révûë du Regiment de Dragons
d'Orleans , à la tête duquel étoit le Duc
d'Orleans. Le Regiment défila et fit plusieurs
mouvemens devant Sa Majesté , qui
en parût très contente , et il vint ensuite
passer devant la Reine , qui étoit avec
Monseigneur le Dauphin sur le Balcon de
l'appartement des Princesses d'Orleans,
Le Roi Stanislas et la Reine son Epouse
, qui sont venus incognito passer quelques
jours à Versailles , avec la Reine
leur fille en partirent le 19. de ce mois
pour retourner à Chambord. Pendant
leur séjour à la Cour , le Roy les a vûs
plusieurs fois chez la Reine .
,
Le 25. la Lotterie de la Compagnie
des Indes , établie. pour le remboursé
ment des Actions fût tirée en la ma
niere accoûtumée à l'Hôtel de la Compagnie
. La liste des Numeros gagnans
des Actions et dixième d'Actions , qui
doivent être remboursées , faisant en tout
le nombre de 309. Actions et un dixième
d'Action. Il y a un Nota sur la liste de
ce mois , qui fait voir pourquoi on a été
obligé de tirer un dixième d'Action
de plus .
Au mois d'Août dernier , il y eût differents
2260 MERCURE DE FRANCE
ferents Concerts chez la Reine. M. de
Blamont , Sur- Intendant de la Músique
du Roy de Semestre , fit chanter à chaque
Concert un Acte seulement de l'Opera
de Bellerophon , à cause de la Promenade.
Les Demoiselles Courrasier , Barbier
et Roblin chanterent les principaux
Rôles , et les Sieurs Godonnerche , Dangerville
et Petillot , ceux du Roy , de
Bellerophon et d'Amisodar.
Le 3. Septembre , on chanta le Prolo
gue et le premier Acte d'Atys , le Sieur
d'Angerville fit le Rôle du Temps dans
le Prologue , et celui d'Idas dans la Piece.
Le Sr. Petillot chanta le Rôle d'Atyr
et la Dlle. Lenner celui de Sangaride.
Le 15 , on continua le même Opera
par le second et troisiéme Acte . La Dile
Antier chanta le Rôlle de Cybelle , et le
Sr. Chassé celui de Celenus et du Sommeil.
La Dlle. Antier ayant infiniment brillé
dans ce Rôle eût ensuite l'honneur
d'être présentée au Roy Stanislas , et à
la Reine son Epouse , qui la reçûrent
avec une bonté distinguée , et lui marquerent
leur satisfaction par les témoignages
les plus gracieux.
>
Le 25 , le Comte Maffey , Amdassadeur
Extr. du Roy de Sardaigne , eût
une
SEPTEMBRE 1731. 2261
,
une Audience particuliere du Roy , dans
laquelle il prit congé de S. M étant
conduit par le Chevalier de Sainctot
Introducteur des Ambassadeurs , qui le
conduisit ensuite à l'Audience de la Relne
et à celle de Monseigneur le Dauphin
, de Monseigneur le Duc d'Anjou
et de Mesdames de France. '
L
و oncélébraEpremierdecemois
avec les cérémonies accoutumées
dans l'Eglise de l'Abbaye Royale de S.
Denis , le Service solemnel qui s'y fair
tous les ans pour le repos de l'Ame du
feu Roi Louis XIV. L'Evêque de Lavaur
officia pontificalement : le Duc du Maine,
le Prince de Dombes , le Comte d'Eu et
le Comte de Toulouse y assisterent
ainsi que plusieurs Seigneurs de la Cour..
Le Roi a accordé au Duc de la Tremoille
, l'un des premiers Gentilhommes.
de la Chambre , l'agrément du Regiment
de Champagne , dont le Chevalier
de Tessé , qui en étoit Colonel , a donné
sa démission , et le Regiment d'Infanterie
qu'avoit le Duc de la Tremoille , a été
accordé au fils aîné du Comte de Tessé
premier Ecuyer de la Reine
Le
SEPTEMBRE. 1731. 2257
Le 27. du mois dernier , 34. Esclaves
François , rachetez à Constantinople par
les Peres Mathurins , de l'Ordre de la Ste.
Trinité , débarquerent à Marseille pour
se rendre à Paris , et de - là en leurs Pays,
Les autres députez du même Ordre
sont partis pour Cadix .. pour traiter
aussi de la rançon des François , détenus
au Royaume de Maroc.
>
On écrit de Marseille , qu'il y étoit arri
vé un accident bien triste . Il y avoit plus
dedeux ans que le Capitaine Grason en
étoit sorti avec son Vaisseau pour la côte
de Guinée et on étoit fort en peine sur
son sujet , lorsqu'on apprît enfin le 29.
Août qu'il venoit d'arriver aux Isles de
Marseille , fort content de son expédition
qui a eû tout le succès possible. C'est la
coûtume quand les Bâtimens entrent dans
la Baye , de saluer le Fort de Nôtre-
Dame de la Garde. En rendant ce salut
un des Canons creva , tua le Capitaine
avec deux hommes de son équipage , et
blessa le Capitaine en second. Une heure
après , le Vaisseau entra dans le Port.
Le 8 Sept. Fête de la Nat. de la Vierge,
il y eût Concert spirituel au Château des
Tuilleries. On y chanta le Motet Landa
Fe2258
MERCURE DE FRANCE
Jerusalem , de l'Abbé Gaveau , qui est un
excellent morceau de Musique. La Demoiselle
Petitpas chanta seule un petir
Motet nouveau du Sieur Le Maire , qui
fût très-goûté , de même qu'un autre à
deux voix chanté par les Demoiselles
Lenner , de la Musique du Roy , et Petitpas
et après plusieurs Pieces de simphonie
, éxecutées avec tout autant de
vivacité que de précision , le Concert fut
terminé par le Confitemini , Motet de M.
de Lalande.
Le Roy a accordé l'agrément de la
Charge de Président à Mortier , vacante
par la mort de Mr. de Maisons , à Mr.
Talon Avocat Général du Parlement ,
et Sa Majesté a donné la Charge d'Avo-
'cat General à Mr. Joly de Fleury , Fils
aîné du Procureur Général.
C
Le 16. le Duc de S. Aignan , Chevalier
des Ordres du Roy , et son Ambassadeur
à Rome , prit congé de Sa Majesté
pour s'y rendre. Il partira dans les
premiers jours d'Octobre par Marseille
où tes Galeres qui doivent le passer à
Civitavechia , sont prêtes..
-9
Le 19. après midy , le Roy fit auprès
de la grande avenue du Château de Versailles
:
SEPTEMBRE . 1731. 2259
sailles , la révûë du Regiment de Dragons
d'Orleans , à la tête duquel étoit le Duc
d'Orleans. Le Regiment défila et fit plusieurs
mouvemens devant Sa Majesté , qui
en parût très contente , et il vint ensuite
passer devant la Reine , qui étoit avec
Monseigneur le Dauphin sur le Balcon de
l'appartement des Princesses d'Orleans,
Le Roi Stanislas et la Reine son Epouse
, qui sont venus incognito passer quelques
jours à Versailles , avec la Reine
leur fille en partirent le 19. de ce mois
pour retourner à Chambord. Pendant
leur séjour à la Cour , le Roy les a vûs
plusieurs fois chez la Reine .
,
Le 25. la Lotterie de la Compagnie
des Indes , établie. pour le remboursé
ment des Actions fût tirée en la ma
niere accoûtumée à l'Hôtel de la Compagnie
. La liste des Numeros gagnans
des Actions et dixième d'Actions , qui
doivent être remboursées , faisant en tout
le nombre de 309. Actions et un dixième
d'Action. Il y a un Nota sur la liste de
ce mois , qui fait voir pourquoi on a été
obligé de tirer un dixième d'Action
de plus .
Au mois d'Août dernier , il y eût differents
2260 MERCURE DE FRANCE
ferents Concerts chez la Reine. M. de
Blamont , Sur- Intendant de la Músique
du Roy de Semestre , fit chanter à chaque
Concert un Acte seulement de l'Opera
de Bellerophon , à cause de la Promenade.
Les Demoiselles Courrasier , Barbier
et Roblin chanterent les principaux
Rôles , et les Sieurs Godonnerche , Dangerville
et Petillot , ceux du Roy , de
Bellerophon et d'Amisodar.
Le 3. Septembre , on chanta le Prolo
gue et le premier Acte d'Atys , le Sieur
d'Angerville fit le Rôle du Temps dans
le Prologue , et celui d'Idas dans la Piece.
Le Sr. Petillot chanta le Rôle d'Atyr
et la Dlle. Lenner celui de Sangaride.
Le 15 , on continua le même Opera
par le second et troisiéme Acte . La Dile
Antier chanta le Rôlle de Cybelle , et le
Sr. Chassé celui de Celenus et du Sommeil.
La Dlle. Antier ayant infiniment brillé
dans ce Rôle eût ensuite l'honneur
d'être présentée au Roy Stanislas , et à
la Reine son Epouse , qui la reçûrent
avec une bonté distinguée , et lui marquerent
leur satisfaction par les témoignages
les plus gracieux.
>
Le 25 , le Comte Maffey , Amdassadeur
Extr. du Roy de Sardaigne , eût
une
SEPTEMBRE 1731. 2261
,
une Audience particuliere du Roy , dans
laquelle il prit congé de S. M étant
conduit par le Chevalier de Sainctot
Introducteur des Ambassadeurs , qui le
conduisit ensuite à l'Audience de la Relne
et à celle de Monseigneur le Dauphin
, de Monseigneur le Duc d'Anjou
et de Mesdames de France. '
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En septembre 1731, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour de France. Le 1er septembre, un service solennel en mémoire du roi Louis XIV a été célébré à l'Abbaye Royale de Saint-Denis, officié par l'évêque de Lavaur et en présence de dignitaires. Le roi a accordé au Duc de la Tremoille le régiment de Champagne et au fils aîné du Comte de Tessé un régiment d'infanterie. Le 27 août, 34 esclaves français, rachetés à Constantinople par les Pères Mathurins, ont débarqué à Marseille pour retourner en France. D'autres membres de l'Ordre de la Sainte-Trinité se sont rendus à Cadix pour négocier la rançon de Français détenus au Maroc. À Marseille, un accident tragique a eu lieu le 29 août : le capitaine Grason et deux membres de son équipage ont été tués par l'explosion d'un canon lors de l'entrée de leur vaisseau dans la baie. Le 8 septembre, un concert spirituel a été organisé au Château des Tuileries, incluant des motets de l'Abbé Gaveau et du Sieur Le Maire. Le roi a nommé M. Talon Président à Mortier et M. Joly de Fleury Avocat Général. Le Duc de Saint-Aignan, ambassadeur à Rome, a pris congé du roi pour partir à Rome via Marseille. Le 19 septembre, le roi a passé en revue le régiment de dragons d'Orléans à Versailles. Le roi Stanislas et la reine son épouse, incognito à Versailles avec la reine leur fille, sont repartis pour Chambord. Le 25 septembre, la lotterie de la Compagnie des Indes a été tirée pour rembourser les actions. En août, plusieurs concerts ont eu lieu chez la reine, incluant des extraits de l'opéra Bellerophon. Le 3 septembre, des extraits d'Atys ont été chantés, avec la participation de plusieurs chanteurs renommés. La demoiselle Antier, ayant brillé dans son rôle, a été présentée au roi Stanislas et à la reine. Le 25 septembre, le Comte Maffey, ambassadeur du roi de Sardaigne, a pris congé du roi et de la famille royale.
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12
p. 2277-2295
LETTRE écrite par M. D. L. R. à M ...... de l'Abbaye S. Victor de Marseille au sujet de deux Medailles antiques.
Début :
MONSIEUR, La Médaille Romaine de grand Bronze que vous m'avez envoyée depuis peu, et [...]
Mots clefs :
Abbaye, Médailles, Impératrice Lucille, Argent, Tête de Jupiter, Prêtresse, Phocéens d'Ionie, Traducteurs latins, Marseille, Bronze
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite par M. D. L. R. à M ...... de l'Abbaye S. Victor de Marseille au sujet de deux Medailles antiques.
LETTRE écrite par M. D. L. R. à
M ...... de l'Abbaye S. Victor de Marseille
au sujet de deux Medailles an
tiques .
>
MONSIE ONSIEUR ,
La Médaille Romaine de grand Bronze
que vous m'avez envoyée depuis peu , et
qui a été deterrée dans nôtre Vignoble
de S. Just , a bien son mérite . Si vous ne
l'avez pas reconnue d'abord pour ce qu'elle
est , je ne m'en étonne pas ; il auroit fallu
là nettoyer et en rétablir » pour
ain si dire
, la verité
,
la verité
, obscurcie
par les injures
du temps
, et par la qualité
du lieu
où ce monument
est resté
depuis
tant de
siécles
. Quoi
qu'il
en soit , j'ai aisément connu
, après
quelque
soin
, que c'est
une
Medaille
de l'Imperatrice
Lucille
fille du sage Marc
- Aurelle
, et de Faustine la jeune
, qui porta
en dot à son Epoux
l'Empire
Romain
, avec
une mediocre vertu
. Lucille
épousa
Luce
Vere
, associé
à l'Empire
avec son Beau-Pere.
Mais avant que de m'étendre davan-"
tage sur cette Médaille , je dois vous dire
A v que
2278 MERCURE DE FRANCE
>
que peu de jours avant que je l'eusse
reçûë , M. Vergile de la Bastide , Gentilhomme
de Languedoc , Languedoc , le même qui a
fait depuis peu la découverte d'un beau
reste de chemins des Romains entre
Beaucaire et Nismes , dont vous entendrez
parler bien- tôt dans un Memoire
que je me dispose à publier , m'ayant apporté
plusieurs Médailles qui ont été
trouvées depuis peu en ce Pays- là , je fûs
charmé de rencontrer dans ce nombre
une fort belle Médaille Grecque d'Argent
, qui regarde la Ville de Marseille
differente de toutes celles de cette ancienne
Ville , qui sont venues à ma connoissance
l'estime que j'en fais ainsi
que de la Médaille Romaine,qu'il vous a
plû de m'envoyer presqu'en même temps,
m'a engagé de faire graver l'une et l'autre
,
>
>
pour les exposer à vos yeux sur une
même Planche , et d'en faire le sujet de
cette Lettre. Par droit d'ancienneté , jet
commencerai par la Médaille Grecque ,
qui doit d'ailleurs nous interesser plus
particulierement.
Elle est , comme je l'ai déja dit , d'Argent
, et presque de la grandeur de la
gravure. On y voit d'un côté une très-
* Ce Memoire a depuis été imprimé dans le
Mercure d'Août 1731. p. 1894.
belle
OCTOBRE. 1731 . 2279
belle Tête d'Homme ,
une espece de Sautoir
et sur le revers
› avec ces deux
lettres M A commencement
du nom de
Marseille , ou de son Fondateur , qui se
trouve quelquefois tout entier , quelquefois
en diminutif , comme MAZZA , et
MA dans les Médailles qui nous restent
de cette Ville .
J'ay dit dans une Lettre imprimée
dans le Mercure de Septembre 1722 .
tout ce qu'on peut observer au sujet des
Médailles de Marseille , en fixant au
nombre de 22. celles qui étoient venuës
à ma connoissance , ou que je passedois
alors. J'ay même fait graver l'une des
plus belles de ces dernieres , et cette gravure
se trouve dans le Mercure d'Avril
1723. page 689. Ainsi point de répetition
sur les Médailles de Marseille en
general , contentons nous d'expliquer ,
s'il est possible , celle dont il s'agit ici
et qui est pour moy toute nouvelle.
La Tête d'Homme , parfaitement belle
et bien conservée , qui paroît d'un côté ,
doit faire le principal objet de notre attention
. Ce n'est ni la Tête de Jupiter ,
ni celle d'Apollon , Divinitez adorées
dans Marseille Payenne ; nul symbole
nul attribut qui les désigne comme
elles sont désignées dans d'autres Mé
A vj dailles
,
2280 MERCURE DE FRANCE
>
et
dailles de la même Ville. Ce n'est pas
celle d'Aristarcha Prêtresse de Diane ,
qui vint d'Ephese sur les côtes de la
Gaule Narbonnoise avec les Chefs des
Phocéens , Fondateurs de Marseille
qui cût beaucoup de part à cette Fondation
. On voit , si on en croit Goltzius
la Tête de cette Prêtresse , qui exerça
à Marseille les mêmes fonctions qu'à
Ephese , sur l'une des Medailles Marseilloises
rapportées dans son Recueil , c'est
la IX ; cette Tête a un certain air mâle
qui n'est pas ordinaire aux Têtes de Femmes
, et qui seule peut faire douter de la
verité de l'application de Goltzius. La
Tête au contraire , qui paroît sur nôtre
Medaille n'a rien d'ambigu ; les moins
éclairez la prendront dabord pour celle
d'un homme ; elle est d'ailleurs toute
differente de celles que Goltzius a gravées
lui - même d'après les Originaux
qu'il dit avoir vûs au nombre de dix .
و
Pour moi , après avoir examiné la chose
avec quelque attention , je crois ne
rien risquer
en pensant que c'est ici la
Tête d'un des Fondateurs de Marseille ,
Justin en nomme deux , Furius et Peranus
, qui n'ont pas les mêmes noms
dans Athenée ; plusieurs bons Auteurs
tiennent d'ailleurs que les Phocéens d'Ionie
OCTOBRE. 1731. 2281
nie ont fait deux voyages sur les côtes
du Pays des Saliens , où ils bâtirent enfin
la Ville dont nous parlons.
Selon Plutarque , dans la vie de Solon
le Chef de la premiere expedition , ou
pour me servir de ses termes ,
bien entendus
, le premier Fondateur de Marseille
avoit nom Maasaλías qui donna sans doute
son nom à la nouvelle Ville , et en
ce cas , toutes les autres étymologies qu'on
a données jusqu'ici du nom de Marseille ,
tombent d'elles- mêmes , elles paroissent
aussi pour la plus part bien forcées.
le
Je repete , Monsieur , que Plutarque
bien entendu , fait Mawanias le premier
Fondateur de Marseille ; car je n'ignore
pas que quelques Traducteurs Latins
suivis par Amiot , et par M. Dacier, font
de ce même nom celui de la Ville fondée .
M. de Ruffi le Pere s'est déclaré pour
sentiment contraire , qu'il appuye d'une
judicieuse Critique sur le Passage de
Plutarque , rapporté en entier dans la
premiere édition ( 1642. ) de son Histoire
de Marseille . Xilander , bon critique et
bon Traducteur , avoit pensé la même
chose en traduisant l'endroit en question
ὡς καὶ Μασσαλίας πρῶτος parut Massi
lias Massilia Autor ; à quoi je puis
ajoûter l'autorité d'Isidore de Seville >
qui
2282 MERCURE DE FRANCE
qui reconnoît que Marseille a pris son
nom de celui du General des Phocéens.
Г
C'est donc à ce premier Fondateur que
j'attribuerois volontiers nôtre Medaille
et toutes les raisons de convenance me
paroissent favoriser cette opinion . Quant
à Furius et à Peranus , qui après le témoignage
de Justin &c . peuvent aussi passer
pour Fondateurs de Marseille on ne
sçauroit guere , au sentiment des meilleurs
Critiques , les admettre en cette
qualité , que posterieurement et plus
d'un demi- siécle après la premiere fondation
, faite , selon le témoignage d'un
Auteur respectable , tel que Plutarque
par Μαγαλίας. Ces seconds Chefs ne peuvent
en ce cas être considerez que comme
les Ampliateurs du premier établissement
des Phocéens , qu'ils ont , sans doute, perfectionné
et fini.
Il est donc à croire que dans le temps
de Marseille Grecque et florissante , les
descendans des Phocéens qui l'avoient
bâtie , en frapant des Medailles avec les
Têtes de Jupiter , d'Apollon , de Diane,
&c. pour marquer leur pieté et leur culte
particulier en vers ces Divinitez , n'oublicrent
pas d'en fraper aussi pour immortaliser
la mémoire du Fondateur , qui avoit
donné son nom et la premiete forme à
une
OCTOBRE.
1731. 2283
une Ville , devenue depuis également
puissante et celebre.
,
Les lettres M A qui paroissent sur le
revers de la Medaille en question , peuvent
fort bien être le commencement du
nom de ce premier Fondateur et faire
ici un surcroît de preuves : elles peuvent
Erre aussi le diminutif de ΜΑΣΣΑΛΙΗΤΩΝ
qu'on
qu'on trouve ordinairement sur les Medailles
Marseilloises , ce qui est presque
la même chose . A l'égard de l'espece de
sautoir qui est sur nôtre revers , c'est un
mistere d'antiquité que personne n'est ,
selon moi , en état d'éclaircir aujourd'hui
; Caprice ou Marque du Monetaire,
et tout ce qu'il plaira d'imaginer là - dessus
paroîtra toujours hazardé aux per- ›
sonnes sensées.
C'est un autre mistere non moins impénetrable
, et qui semble exiger plus d'attention
, que parmi les grandes découvertes
qu'on a faites , et celles qu'on fait
tous les jours , en fait de Monumens Antiques
, et sur- tout de Medailles , on n'en
ait point encore trouvé de frappées en
cette Ville au nom de quelque Empereur
, depuis qu'elle tomba sous la puissance
des Romains comme on en voit
de presque toutes les Villes Grecques d'origine
qui comme Marseille fûrent
sou2284
MERCURE DE FRANCE
soumises à l'Empire Romain. M. de
Ruffy, copié là - dessus par le P. Guesnay ,
dans ses Annales Latines de Marseille
a prétendu le contraire ; mais il ne rapporte
ni Monuments
sorte de preuve.
,
>
>
ni aucune autre
Je laisse à ceux de nos sçavans Compatriotes
, qui , comme je l'apprens , ont
entrepris de travailler à une nouvelle
Histoire de Marseille , le soin d'éclaircir
ce point d'Antiquité , et de rapporter le
plus qu'il leur sera possible , de Medailles
de cette Ville en n'oubliant pas de les
faire mieux graver que ne le sont celles
que Mrs. de Ruffy ont empruntées de
Goltzius ou d'ailleurs , et en donnant de
ces Medailles des explications plus exactes
et plus étendues et ce n'est pas la seule
chose en quoi ces Messieurs seront obligez
de reformer , d'éclaircir , d'ajoûter
dans la nouvelle Histoire .
Pour ne point sortir de mon sujet , et
pour ny rien ômettre , il est bon que je
donne ici un avis , qui épargnera une
erreur de fait à ceux qui traiteront dans
la suite le même sujet , en prenant pour
une découverte une veritable méprise ou
l'effet de la préoccupation d'un Sçavant de
réputation , sçavoir , M. Baudelot de
Dairval , qui dans un petit livre de 96.
pages
OCTOBRE. 1731 2285
=
pages , imprimé à Paris en 1698. chez
Aubouin et Clousier , intitulé , Reponse
à M. G......... où l'on examine plusieurs
questions d'Antiquité & c.. nous donne à la
tête de son Ecrit plusieurs Medailles gravées
, dont la derniere de son cabinet a
été , selon lui , frappée à Marseille
l'Empereur Posthume.
pour
Cette Medaille est de grand Bronze ;
voit d'un côté une Tête d'Empe-
, reur couronnée de Laurier avec une
Inscription au tour , luë parM. Baudelot.
»
ΑΥΤΚΛΑΤΙ . Π . ETYMOCCEBACTEYCEB
Au revers est une Sirenne ou Figure de
Femme , dont le bas se termine en Poisson
pour Legende MACCAAIHTON
selon le même Antiquaire , avec cette
époque L QIZ. Anno 817. qu'il assure
aussi s'y trouver,quoique dit- il , elle n'ait
pas été découverte d'abord. Je dis que
c'est M. Baudelot qui asseure tout cela :
mais je puis assurer à mon tour , que tout
cela est très -gratuitement avancé et uniquement
fondé sur une imagination , séduite
par l'attrait de posseder une Medaille
unique et encore inconnue à tous
les Antiquaires , une Medaille , dis-je ,
frappée à Marseille au visage d'un Empereur
Romain. Mes Garands là - dessus sont
des Antiquaires du premier ordre qui
ont
2286 MERCURE DE FRANCE
ont vu avant moy cette Medaille , à la
tête desquels je dois mettre M. Galland ,
à qui M. Baudelot adresse sa lettre . Ces
connoisseurs ont tous jugé qu'il étoit d'abord
très incertain que la Medaille fût
de Posthume ; M. Galland la croyoit
d'Antonin Pie , et qu'au surplus de quel
que Empereur qu'elle soit , à moins d'une
prévention extraordinaire , on n'y voyoit
pas plus de caracteres Grecs que de caracteres
Romains , tant la Medaille étoit
fruste et méconnoissable aux yeux les
plus clair-voyans .
,
,
Ainsi encore une fois , tout ce que M.
B. a étalé d'érudition , ou employé de sagacité
pour soutenir son idée tout ce
que le sçavant P. Pezron , Abbé de la
Charmoye , qui n'avoit pas vû la Piece
a ajouté du sien dans une Lettre écrite
à notre Académicien où ce Pere s'efforce
de faire quadrer l'Epoque prétendue
L. Qiz , ou l'Année 817. d'une seconde
Fondation de Marseille , avec l'an
265 de J. C. temps auquel Posthume regnoit
dans les Gaules &c. tout cela , disje
, en y joignant encore si l'on veut ,
l'habileté du Graveur Ettinger , dont le
talent à faire revivre les Medailles , est ici
›
* Cette Lettre est Imprimée dans le méme
livre , p.77.
expeOCTOBRE.
1731. 2287
>
expressement vanté par M. de Dairval
n'operera jamais rien de certain en faveur
de celle dont il est ici question , à l'égard
de Marseille ; et il sera toujours vrai de
dire que jusqu'à present , malgré tant d'heureuses découvertes
faites depuis
près d'un siècle que la recherche et l'étude
des Medailles sont en si grande vogue
il ne s'est point encore trouvé de
Medaille frappée à Marseille pour un Empereur
Romain : il ne sera pas moins vrai
que nous ne devons rien admettre d'incertain
et de douteux pour illustrer nôtre
Histoire . Marseille se passera bien d'un
tel ornement. Il faut donc convenir que
M. B. s'est trompé , il n'avoit pas alors
toutes les lumieres qu'il a acquises depuis.
C'étoit long - temps avant son entrée à
l'Académie dont il a été un sujet des ,
plus distinguez .
Je laisse , comme je l'ay déja dit , à mes
illustres Compatriotes , Membres de la
nouvelle Académie , chargez de travailler
à l'Histoire de notre Ville , le soin
d'approfondir la singularité dont je viens
de parler , et d'en découvrir , s'il est possible
, la veritable cause ; ce soin est digne
de leurs recherches. Je les avertis
encore , en finissant , de ne point se laisser
éblouir sur ce sujet par l'autorité du
,
R
2288 MERCURE DE FRANCE
R. P. Hardouin , reclamée reclamée ici et alle-
2.
guée, en vain par M. B. pag. 75. de son
livre. Ce Pere , quelque habileté qu'il
cût d'ailleurs , a trop donné dans des
idées extraordinaires et manifestement
chimeriques sur le fait de plusieurs Medailles
, pour être crû dans celui dont il
s'agit ici.
>
?
Qui pourra , par exemple , se persuader
sur sa garantie que ces quatre lettres
DMKV qu'on trouve sur le revers
d'une Medaille par lui rapportée de Maximien
Hercule , marquent que cette
Medaille fû frappée à Marseille Il est
vrai que ce Prince , poursuivi par Constantin
, s'y réfugia ; le Héros Chrétien
dont votre Abbaye porte le nom , lui
doit la gloire de son martyre. Mais cette
retraite ne prouve rien ; au contraire ,
comme elle fût faite dans le temps de
l'entiere décadence des affaires de Maximien
, il y a tout lieu de présumer , contre
la pensée de M. B. qu'il ne s'occupa
point à y faire battre de la Monnoye , et
que les Marseillois ne songerent pas non
plus à frapper des Medailles en l'honneur
d'un Prince infortuné , qui pensa enveloper
Marseille dans son malheur , et qui
gueres , après la prise de la Ville
par Constantin , a finir tragiquement ses
ne tarda
jours.
OCTOBRE 1731. 2289
jours. Mais en voilà assès sur le sujet de
notre Medaille Grecque.
Venons à la Medaille Romaine que .
vous venez de m'envoyer , elle ne nous
occupera pas si long - temps ; je vous ay
déja dit qu'elle est de l'Imperatrice Lucille
, Fille de Marc- Antonin , et de Faustine
la jeune , laquelle , après une disgrace
éclatante , et un évenement extraordinaire
dont le recit est ici inutile ,
épousa l'Empereur Luce - Vere. On voit
d'un côté sa Tête avec cette Legende
LUCILLE AU G. ANTONINI AUG. F.
et sur le revers une figure de Femme assise
tenant d'une main une Fleur et
sur l'autre bras un petit enfant emmailloté
avec cette Inscription , JUNONI LUCINE.
A l'Exergue S. C.
,
و
C'est ce revers qui fait , selon moi , la
singularité de votre Médaille , car en general
, les Médailles de cette Imperatrice
ne sont pas rares. M. Vaillant n'en marque
que trois d'une grande rareté parmi
celles de grand Bronze , j'ai tout lieu de
croire qu'on peut joindre la nôtre à ce
petit nombre , et que ce fameux Antiquaire
avoit vû un revers tout semblable;
c'est celle dont il parle * p . 94. art . 2 .
* Numismata Imperat. Romanorum &c. vol.
4. Paris 1692.
Mais
2290 MERCURE DE FRANCE
Mais il falloit que la Médaille qu'il a vûë
fût bien fruste et bien usée par le temps ,
ce qui ne permettoit pas , sans doute ,
d'en bien fire l'inscription ; car au lieu
de JUNONI LUCILLE , M. Vaillant a imprimé
JUNONI REGINE. Il n'a pas non
plus distingué ce que la figure de Femme
portoit sur son bras. Au surplus c'est à
peu près la même chose : la Femme est
assise et tient une Fleur d'une main comme
sur notre revers.
و
En supposant même que je me trompe
dans ma conjectare , et qu'il n'y ait
point cû de méprise ou d'omission du
côté de M. Vaillant notre Medaille ,
par rapport à son revers , aura toûjours
sa rareté et son mérite. Lucille y est representée
simboliquement sous la figure
et le nom de JUNON LUCINE : excès de
flatterie de la part des Romains , qui doubloient
, pour ainsi dire , la Divinité dans
une même Personne , de quoy il y a plus
d'un exemple , et cela pour égaler leur
Imperatrice à la premiere des Déesses
et pour la considerer en même temps
comme une autre Lucine , Déesse de la
Fecondité &c. ce qui joint au Simbole de
l'Enfant emmailloté présageoit , sans
doute , que Lucille donneroit bien - tôt
un successeur à l'Empire. Il se peut faire
و
>
aussi
OCTOBRE. 1731. 2291
aussi , et je le croirois plus volontiers ,
que cette Imperatrice fût déja Mere lorsque
notre Medaille a été frappée , et en ce
cas c'étoit pour marquer cet heureux évevement
, et pour celebrer la fécondité de
Lucille ; la Fleur qu'elle tient à la main
désigneroit l'attente du Peuple Romain .
qui avoit lieu d'esperer encore d'autres
fruits de cette fécondité.
و
Ce que je viens de vous dire de la Fé- ´
condité , arrivée ou attenduë de Lucille ,
se confirme non - seulement par un Medaillon
de çerte Imperatrice , décrit ainsi
par Vaillant , p. 210. du même livre
d'un côté sa Tête avec la même Legende
que sur la notre et au revers Lucille
assise , tenant dans ses bras un petit Enfant
, mais encore par une Medaille d'Argent
, de Lucille , rapportée dans le 2 .
vol. du même Auteur , pag. 187. au revers
de laquelle est encore une figure de
Femme assise tenant entre ses bras un
petit Enfant , un autre Enfant est debout
devant elle et pour Legende FOECUNDITAS
AUGUSTE: C'est ainsi que les
Auteurs du revers de la Medaille , presentée
au Roy , le premier jour de cette année
1731. en ont usé très - à - propos pour
désigner la continuation de l'heureuse
fecondité de la Reine par la naissance du
>
Duc
2292 MERCURE DE FRANCE
Duc d'Anjou. La France assise et caracterisée
par ses Symboles , tient sur un
bras le Prince nouveau né enveloppé de
Langes , et le Dauphin de l'autre main
debout entre ses genoux , ce qui marque
le bon goût et la capacité de ces Auteurs.
Cette Medaille est gravée dans le Mercure
de Mars p. 5 74.
Je voudrois bien , au reste , pour la
rareté du fait , que parmi les Medailles
que vous m'annoncez , et que vous avez
reçûes depuis peu pour moy de Syrie , il
se trouvât la Medaille Grecque de Lucille
dont je vais parler : cela n'est pas impossible.
M. Baudelot a marqué dans son
Catalogue des Medailles Imperiales , que
les Medailles Grecques de cette Imperatrice
sont communes : ce qui n'est pas
tout-à-fait exact , puisqu'il y en a quelques-
unes de singulieres et de fort rares
en ce genre là : telle est , par exemple ,
celle qui est gravée dans le Selecta Numismata
antiqua de P. Seguin , Doyen
* Ce Catalogue est dans le a. T. de l'Utilitê
des Voyages , p. 345. derniere Edit. 1727 ,
faite après la mort de M. Baudelot , qui auroit
rendu un si bon Livre parfait en corrigeant
quelques méprises en petit nombre , et
en suppleant à plusieurs ômissions . On n'y verroit
pas non plus les fautes qui viennent des
Editeurs denuez de la capacité de M. B.
de
OCTOBRE. 1731 2293
de S. Germain de l'Auxerrois , p. 158.
Cette Medaille est d'Argent , on y
voit d'un côté la Têre de Lucille coëffée
plus galamment qu'ailleurs " avec cette
Legende AOTKIÄÄA CEBACTH . et sur
le revers la même Princesse assise et representée
sous la figure de Cerés , tenant
d'une main desEpis , et de l'autre un flambeau
, avec cette Inscription B CIAEYC
MANNOC ΦΙΛΟΡΩΜΑΙΟΣ qui indique et
qui confirme un point d'Histoire considerable.
C'est Mannus , Roy des Arabes,
qui a fait frapper cette Medaille. Il étoit
Fils ou Neveu et Successeur du Roy de
même nom , dont il est parlé dans Dion,
L. 68. qui regnoit sur les Arabes , Habitans
du Pays situé au -delà de l'Euphra
re , entre la grande Armenie et l'Osrhoëne
, lequel devint suspect à Trajan , dans
son expédition contre les Parthes , par
une manoeuvre marquée dans cette His-
Foire.
C'est le successeur de ce Prince , qui
plus avisé et plus politique que lui , nonseulement
se ménagea beaucoup avec les
Romains , mais qui affecta de les aimer
jusqu'à prendre le titre de ΦΙΛΟΡΩΜΑΙΟΣ
qui est expressement marqué dans cette
Medaille Grecque de Lucille. Elle fût
frappée par les ordres de ce Roy , vray➡
B sem2294
MERCURE DE FRANCE
,
semblablement dans le temps que Luce
Vere son epoux et elle séjournoient
à Antioche , Ville peu éloignée des
Etats du Monarque Arabe , et que l'Ar
mée Romaine , sous le commandement
de A. Cassius , agi soit contre les Parthes.
Que ce Prince eût le même nom de
Mannus , que celui qui regnoit sous
Trajan , l'usage constant de tous les Rois
voisins de la Syrie , qui portoient tous
un même nom , le prouve ,
le prouve , la Medaille
dont je viers de parler le confirme.
M. Seguin , en parlant de cette Medaille
a marqué par ces paroles le cas
qu'il en faisoit , Rarior mihi videtur bie
Nummus , tum quia Gracus tum quia Regis
Barbari nomen minus notum profitetur.
Ajoûtant que Savot , qui a écrit sur la rareté
des Medailles antiques , a mis au
nombre des plus rares les Medailles Imperiales
Grecques d'Argent. Ce que Seguin
dit avoir souvent éprouvé , sur-tout à
Pégard des Medailles d'Imperatrices.
M. Vaillant , qui n'a dit que quelques
mots sur la Medaille en question , ajoute,
après avoir renvoyé au livre de M. Se
guin , Hic Nummus eximia raritatis et elegantia
habetur. Et ce n'est point trop dire
Il croit, au reste , que c'est l'Empereur
L. Vere lui -même , qui , à la priere de
Mannus
OCTOBRE. 1731. 2295
Mannus , lui accorda ce titre d'Ami des
Romains , et que ce fût pour en marquer
sa reconnoissance , et pour faire sa Cour
à l'Empereur , que ce Prince Arabe fit
frapper une Medaille où ce titre est ex--
pressement marqué. 1105 0
Quoiqu'il en soit, ne vous lassez point,
Monsieur , de m'envoyer de pareils Monumens,
on en trouve tous les jours de singuliers
, et qui ont échapé à la recherche
de ceux qui nous ont précedé dans cette
trude , je vous rendrai bon compte de
tout ce qui me viendra de curieux de
vôtre part. Je suis ,
AParis , le 15. Mars 1731.
M ...... de l'Abbaye S. Victor de Marseille
au sujet de deux Medailles an
tiques .
>
MONSIE ONSIEUR ,
La Médaille Romaine de grand Bronze
que vous m'avez envoyée depuis peu , et
qui a été deterrée dans nôtre Vignoble
de S. Just , a bien son mérite . Si vous ne
l'avez pas reconnue d'abord pour ce qu'elle
est , je ne m'en étonne pas ; il auroit fallu
là nettoyer et en rétablir » pour
ain si dire
, la verité
,
la verité
, obscurcie
par les injures
du temps
, et par la qualité
du lieu
où ce monument
est resté
depuis
tant de
siécles
. Quoi
qu'il
en soit , j'ai aisément connu
, après
quelque
soin
, que c'est
une
Medaille
de l'Imperatrice
Lucille
fille du sage Marc
- Aurelle
, et de Faustine la jeune
, qui porta
en dot à son Epoux
l'Empire
Romain
, avec
une mediocre vertu
. Lucille
épousa
Luce
Vere
, associé
à l'Empire
avec son Beau-Pere.
Mais avant que de m'étendre davan-"
tage sur cette Médaille , je dois vous dire
A v que
2278 MERCURE DE FRANCE
>
que peu de jours avant que je l'eusse
reçûë , M. Vergile de la Bastide , Gentilhomme
de Languedoc , Languedoc , le même qui a
fait depuis peu la découverte d'un beau
reste de chemins des Romains entre
Beaucaire et Nismes , dont vous entendrez
parler bien- tôt dans un Memoire
que je me dispose à publier , m'ayant apporté
plusieurs Médailles qui ont été
trouvées depuis peu en ce Pays- là , je fûs
charmé de rencontrer dans ce nombre
une fort belle Médaille Grecque d'Argent
, qui regarde la Ville de Marseille
differente de toutes celles de cette ancienne
Ville , qui sont venues à ma connoissance
l'estime que j'en fais ainsi
que de la Médaille Romaine,qu'il vous a
plû de m'envoyer presqu'en même temps,
m'a engagé de faire graver l'une et l'autre
,
>
>
pour les exposer à vos yeux sur une
même Planche , et d'en faire le sujet de
cette Lettre. Par droit d'ancienneté , jet
commencerai par la Médaille Grecque ,
qui doit d'ailleurs nous interesser plus
particulierement.
Elle est , comme je l'ai déja dit , d'Argent
, et presque de la grandeur de la
gravure. On y voit d'un côté une très-
* Ce Memoire a depuis été imprimé dans le
Mercure d'Août 1731. p. 1894.
belle
OCTOBRE. 1731 . 2279
belle Tête d'Homme ,
une espece de Sautoir
et sur le revers
› avec ces deux
lettres M A commencement
du nom de
Marseille , ou de son Fondateur , qui se
trouve quelquefois tout entier , quelquefois
en diminutif , comme MAZZA , et
MA dans les Médailles qui nous restent
de cette Ville .
J'ay dit dans une Lettre imprimée
dans le Mercure de Septembre 1722 .
tout ce qu'on peut observer au sujet des
Médailles de Marseille , en fixant au
nombre de 22. celles qui étoient venuës
à ma connoissance , ou que je passedois
alors. J'ay même fait graver l'une des
plus belles de ces dernieres , et cette gravure
se trouve dans le Mercure d'Avril
1723. page 689. Ainsi point de répetition
sur les Médailles de Marseille en
general , contentons nous d'expliquer ,
s'il est possible , celle dont il s'agit ici
et qui est pour moy toute nouvelle.
La Tête d'Homme , parfaitement belle
et bien conservée , qui paroît d'un côté ,
doit faire le principal objet de notre attention
. Ce n'est ni la Tête de Jupiter ,
ni celle d'Apollon , Divinitez adorées
dans Marseille Payenne ; nul symbole
nul attribut qui les désigne comme
elles sont désignées dans d'autres Mé
A vj dailles
,
2280 MERCURE DE FRANCE
>
et
dailles de la même Ville. Ce n'est pas
celle d'Aristarcha Prêtresse de Diane ,
qui vint d'Ephese sur les côtes de la
Gaule Narbonnoise avec les Chefs des
Phocéens , Fondateurs de Marseille
qui cût beaucoup de part à cette Fondation
. On voit , si on en croit Goltzius
la Tête de cette Prêtresse , qui exerça
à Marseille les mêmes fonctions qu'à
Ephese , sur l'une des Medailles Marseilloises
rapportées dans son Recueil , c'est
la IX ; cette Tête a un certain air mâle
qui n'est pas ordinaire aux Têtes de Femmes
, et qui seule peut faire douter de la
verité de l'application de Goltzius. La
Tête au contraire , qui paroît sur nôtre
Medaille n'a rien d'ambigu ; les moins
éclairez la prendront dabord pour celle
d'un homme ; elle est d'ailleurs toute
differente de celles que Goltzius a gravées
lui - même d'après les Originaux
qu'il dit avoir vûs au nombre de dix .
و
Pour moi , après avoir examiné la chose
avec quelque attention , je crois ne
rien risquer
en pensant que c'est ici la
Tête d'un des Fondateurs de Marseille ,
Justin en nomme deux , Furius et Peranus
, qui n'ont pas les mêmes noms
dans Athenée ; plusieurs bons Auteurs
tiennent d'ailleurs que les Phocéens d'Ionie
OCTOBRE. 1731. 2281
nie ont fait deux voyages sur les côtes
du Pays des Saliens , où ils bâtirent enfin
la Ville dont nous parlons.
Selon Plutarque , dans la vie de Solon
le Chef de la premiere expedition , ou
pour me servir de ses termes ,
bien entendus
, le premier Fondateur de Marseille
avoit nom Maasaλías qui donna sans doute
son nom à la nouvelle Ville , et en
ce cas , toutes les autres étymologies qu'on
a données jusqu'ici du nom de Marseille ,
tombent d'elles- mêmes , elles paroissent
aussi pour la plus part bien forcées.
le
Je repete , Monsieur , que Plutarque
bien entendu , fait Mawanias le premier
Fondateur de Marseille ; car je n'ignore
pas que quelques Traducteurs Latins
suivis par Amiot , et par M. Dacier, font
de ce même nom celui de la Ville fondée .
M. de Ruffi le Pere s'est déclaré pour
sentiment contraire , qu'il appuye d'une
judicieuse Critique sur le Passage de
Plutarque , rapporté en entier dans la
premiere édition ( 1642. ) de son Histoire
de Marseille . Xilander , bon critique et
bon Traducteur , avoit pensé la même
chose en traduisant l'endroit en question
ὡς καὶ Μασσαλίας πρῶτος parut Massi
lias Massilia Autor ; à quoi je puis
ajoûter l'autorité d'Isidore de Seville >
qui
2282 MERCURE DE FRANCE
qui reconnoît que Marseille a pris son
nom de celui du General des Phocéens.
Г
C'est donc à ce premier Fondateur que
j'attribuerois volontiers nôtre Medaille
et toutes les raisons de convenance me
paroissent favoriser cette opinion . Quant
à Furius et à Peranus , qui après le témoignage
de Justin &c . peuvent aussi passer
pour Fondateurs de Marseille on ne
sçauroit guere , au sentiment des meilleurs
Critiques , les admettre en cette
qualité , que posterieurement et plus
d'un demi- siécle après la premiere fondation
, faite , selon le témoignage d'un
Auteur respectable , tel que Plutarque
par Μαγαλίας. Ces seconds Chefs ne peuvent
en ce cas être considerez que comme
les Ampliateurs du premier établissement
des Phocéens , qu'ils ont , sans doute, perfectionné
et fini.
Il est donc à croire que dans le temps
de Marseille Grecque et florissante , les
descendans des Phocéens qui l'avoient
bâtie , en frapant des Medailles avec les
Têtes de Jupiter , d'Apollon , de Diane,
&c. pour marquer leur pieté et leur culte
particulier en vers ces Divinitez , n'oublicrent
pas d'en fraper aussi pour immortaliser
la mémoire du Fondateur , qui avoit
donné son nom et la premiete forme à
une
OCTOBRE.
1731. 2283
une Ville , devenue depuis également
puissante et celebre.
,
Les lettres M A qui paroissent sur le
revers de la Medaille en question , peuvent
fort bien être le commencement du
nom de ce premier Fondateur et faire
ici un surcroît de preuves : elles peuvent
Erre aussi le diminutif de ΜΑΣΣΑΛΙΗΤΩΝ
qu'on
qu'on trouve ordinairement sur les Medailles
Marseilloises , ce qui est presque
la même chose . A l'égard de l'espece de
sautoir qui est sur nôtre revers , c'est un
mistere d'antiquité que personne n'est ,
selon moi , en état d'éclaircir aujourd'hui
; Caprice ou Marque du Monetaire,
et tout ce qu'il plaira d'imaginer là - dessus
paroîtra toujours hazardé aux per- ›
sonnes sensées.
C'est un autre mistere non moins impénetrable
, et qui semble exiger plus d'attention
, que parmi les grandes découvertes
qu'on a faites , et celles qu'on fait
tous les jours , en fait de Monumens Antiques
, et sur- tout de Medailles , on n'en
ait point encore trouvé de frappées en
cette Ville au nom de quelque Empereur
, depuis qu'elle tomba sous la puissance
des Romains comme on en voit
de presque toutes les Villes Grecques d'origine
qui comme Marseille fûrent
sou2284
MERCURE DE FRANCE
soumises à l'Empire Romain. M. de
Ruffy, copié là - dessus par le P. Guesnay ,
dans ses Annales Latines de Marseille
a prétendu le contraire ; mais il ne rapporte
ni Monuments
sorte de preuve.
,
>
>
ni aucune autre
Je laisse à ceux de nos sçavans Compatriotes
, qui , comme je l'apprens , ont
entrepris de travailler à une nouvelle
Histoire de Marseille , le soin d'éclaircir
ce point d'Antiquité , et de rapporter le
plus qu'il leur sera possible , de Medailles
de cette Ville en n'oubliant pas de les
faire mieux graver que ne le sont celles
que Mrs. de Ruffy ont empruntées de
Goltzius ou d'ailleurs , et en donnant de
ces Medailles des explications plus exactes
et plus étendues et ce n'est pas la seule
chose en quoi ces Messieurs seront obligez
de reformer , d'éclaircir , d'ajoûter
dans la nouvelle Histoire .
Pour ne point sortir de mon sujet , et
pour ny rien ômettre , il est bon que je
donne ici un avis , qui épargnera une
erreur de fait à ceux qui traiteront dans
la suite le même sujet , en prenant pour
une découverte une veritable méprise ou
l'effet de la préoccupation d'un Sçavant de
réputation , sçavoir , M. Baudelot de
Dairval , qui dans un petit livre de 96.
pages
OCTOBRE. 1731 2285
=
pages , imprimé à Paris en 1698. chez
Aubouin et Clousier , intitulé , Reponse
à M. G......... où l'on examine plusieurs
questions d'Antiquité & c.. nous donne à la
tête de son Ecrit plusieurs Medailles gravées
, dont la derniere de son cabinet a
été , selon lui , frappée à Marseille
l'Empereur Posthume.
pour
Cette Medaille est de grand Bronze ;
voit d'un côté une Tête d'Empe-
, reur couronnée de Laurier avec une
Inscription au tour , luë parM. Baudelot.
»
ΑΥΤΚΛΑΤΙ . Π . ETYMOCCEBACTEYCEB
Au revers est une Sirenne ou Figure de
Femme , dont le bas se termine en Poisson
pour Legende MACCAAIHTON
selon le même Antiquaire , avec cette
époque L QIZ. Anno 817. qu'il assure
aussi s'y trouver,quoique dit- il , elle n'ait
pas été découverte d'abord. Je dis que
c'est M. Baudelot qui asseure tout cela :
mais je puis assurer à mon tour , que tout
cela est très -gratuitement avancé et uniquement
fondé sur une imagination , séduite
par l'attrait de posseder une Medaille
unique et encore inconnue à tous
les Antiquaires , une Medaille , dis-je ,
frappée à Marseille au visage d'un Empereur
Romain. Mes Garands là - dessus sont
des Antiquaires du premier ordre qui
ont
2286 MERCURE DE FRANCE
ont vu avant moy cette Medaille , à la
tête desquels je dois mettre M. Galland ,
à qui M. Baudelot adresse sa lettre . Ces
connoisseurs ont tous jugé qu'il étoit d'abord
très incertain que la Medaille fût
de Posthume ; M. Galland la croyoit
d'Antonin Pie , et qu'au surplus de quel
que Empereur qu'elle soit , à moins d'une
prévention extraordinaire , on n'y voyoit
pas plus de caracteres Grecs que de caracteres
Romains , tant la Medaille étoit
fruste et méconnoissable aux yeux les
plus clair-voyans .
,
,
Ainsi encore une fois , tout ce que M.
B. a étalé d'érudition , ou employé de sagacité
pour soutenir son idée tout ce
que le sçavant P. Pezron , Abbé de la
Charmoye , qui n'avoit pas vû la Piece
a ajouté du sien dans une Lettre écrite
à notre Académicien où ce Pere s'efforce
de faire quadrer l'Epoque prétendue
L. Qiz , ou l'Année 817. d'une seconde
Fondation de Marseille , avec l'an
265 de J. C. temps auquel Posthume regnoit
dans les Gaules &c. tout cela , disje
, en y joignant encore si l'on veut ,
l'habileté du Graveur Ettinger , dont le
talent à faire revivre les Medailles , est ici
›
* Cette Lettre est Imprimée dans le méme
livre , p.77.
expeOCTOBRE.
1731. 2287
>
expressement vanté par M. de Dairval
n'operera jamais rien de certain en faveur
de celle dont il est ici question , à l'égard
de Marseille ; et il sera toujours vrai de
dire que jusqu'à present , malgré tant d'heureuses découvertes
faites depuis
près d'un siècle que la recherche et l'étude
des Medailles sont en si grande vogue
il ne s'est point encore trouvé de
Medaille frappée à Marseille pour un Empereur
Romain : il ne sera pas moins vrai
que nous ne devons rien admettre d'incertain
et de douteux pour illustrer nôtre
Histoire . Marseille se passera bien d'un
tel ornement. Il faut donc convenir que
M. B. s'est trompé , il n'avoit pas alors
toutes les lumieres qu'il a acquises depuis.
C'étoit long - temps avant son entrée à
l'Académie dont il a été un sujet des ,
plus distinguez .
Je laisse , comme je l'ay déja dit , à mes
illustres Compatriotes , Membres de la
nouvelle Académie , chargez de travailler
à l'Histoire de notre Ville , le soin
d'approfondir la singularité dont je viens
de parler , et d'en découvrir , s'il est possible
, la veritable cause ; ce soin est digne
de leurs recherches. Je les avertis
encore , en finissant , de ne point se laisser
éblouir sur ce sujet par l'autorité du
,
R
2288 MERCURE DE FRANCE
R. P. Hardouin , reclamée reclamée ici et alle-
2.
guée, en vain par M. B. pag. 75. de son
livre. Ce Pere , quelque habileté qu'il
cût d'ailleurs , a trop donné dans des
idées extraordinaires et manifestement
chimeriques sur le fait de plusieurs Medailles
, pour être crû dans celui dont il
s'agit ici.
>
?
Qui pourra , par exemple , se persuader
sur sa garantie que ces quatre lettres
DMKV qu'on trouve sur le revers
d'une Medaille par lui rapportée de Maximien
Hercule , marquent que cette
Medaille fû frappée à Marseille Il est
vrai que ce Prince , poursuivi par Constantin
, s'y réfugia ; le Héros Chrétien
dont votre Abbaye porte le nom , lui
doit la gloire de son martyre. Mais cette
retraite ne prouve rien ; au contraire ,
comme elle fût faite dans le temps de
l'entiere décadence des affaires de Maximien
, il y a tout lieu de présumer , contre
la pensée de M. B. qu'il ne s'occupa
point à y faire battre de la Monnoye , et
que les Marseillois ne songerent pas non
plus à frapper des Medailles en l'honneur
d'un Prince infortuné , qui pensa enveloper
Marseille dans son malheur , et qui
gueres , après la prise de la Ville
par Constantin , a finir tragiquement ses
ne tarda
jours.
OCTOBRE 1731. 2289
jours. Mais en voilà assès sur le sujet de
notre Medaille Grecque.
Venons à la Medaille Romaine que .
vous venez de m'envoyer , elle ne nous
occupera pas si long - temps ; je vous ay
déja dit qu'elle est de l'Imperatrice Lucille
, Fille de Marc- Antonin , et de Faustine
la jeune , laquelle , après une disgrace
éclatante , et un évenement extraordinaire
dont le recit est ici inutile ,
épousa l'Empereur Luce - Vere. On voit
d'un côté sa Tête avec cette Legende
LUCILLE AU G. ANTONINI AUG. F.
et sur le revers une figure de Femme assise
tenant d'une main une Fleur et
sur l'autre bras un petit enfant emmailloté
avec cette Inscription , JUNONI LUCINE.
A l'Exergue S. C.
,
و
C'est ce revers qui fait , selon moi , la
singularité de votre Médaille , car en general
, les Médailles de cette Imperatrice
ne sont pas rares. M. Vaillant n'en marque
que trois d'une grande rareté parmi
celles de grand Bronze , j'ai tout lieu de
croire qu'on peut joindre la nôtre à ce
petit nombre , et que ce fameux Antiquaire
avoit vû un revers tout semblable;
c'est celle dont il parle * p . 94. art . 2 .
* Numismata Imperat. Romanorum &c. vol.
4. Paris 1692.
Mais
2290 MERCURE DE FRANCE
Mais il falloit que la Médaille qu'il a vûë
fût bien fruste et bien usée par le temps ,
ce qui ne permettoit pas , sans doute ,
d'en bien fire l'inscription ; car au lieu
de JUNONI LUCILLE , M. Vaillant a imprimé
JUNONI REGINE. Il n'a pas non
plus distingué ce que la figure de Femme
portoit sur son bras. Au surplus c'est à
peu près la même chose : la Femme est
assise et tient une Fleur d'une main comme
sur notre revers.
و
En supposant même que je me trompe
dans ma conjectare , et qu'il n'y ait
point cû de méprise ou d'omission du
côté de M. Vaillant notre Medaille ,
par rapport à son revers , aura toûjours
sa rareté et son mérite. Lucille y est representée
simboliquement sous la figure
et le nom de JUNON LUCINE : excès de
flatterie de la part des Romains , qui doubloient
, pour ainsi dire , la Divinité dans
une même Personne , de quoy il y a plus
d'un exemple , et cela pour égaler leur
Imperatrice à la premiere des Déesses
et pour la considerer en même temps
comme une autre Lucine , Déesse de la
Fecondité &c. ce qui joint au Simbole de
l'Enfant emmailloté présageoit , sans
doute , que Lucille donneroit bien - tôt
un successeur à l'Empire. Il se peut faire
و
>
aussi
OCTOBRE. 1731. 2291
aussi , et je le croirois plus volontiers ,
que cette Imperatrice fût déja Mere lorsque
notre Medaille a été frappée , et en ce
cas c'étoit pour marquer cet heureux évevement
, et pour celebrer la fécondité de
Lucille ; la Fleur qu'elle tient à la main
désigneroit l'attente du Peuple Romain .
qui avoit lieu d'esperer encore d'autres
fruits de cette fécondité.
و
Ce que je viens de vous dire de la Fé- ´
condité , arrivée ou attenduë de Lucille ,
se confirme non - seulement par un Medaillon
de çerte Imperatrice , décrit ainsi
par Vaillant , p. 210. du même livre
d'un côté sa Tête avec la même Legende
que sur la notre et au revers Lucille
assise , tenant dans ses bras un petit Enfant
, mais encore par une Medaille d'Argent
, de Lucille , rapportée dans le 2 .
vol. du même Auteur , pag. 187. au revers
de laquelle est encore une figure de
Femme assise tenant entre ses bras un
petit Enfant , un autre Enfant est debout
devant elle et pour Legende FOECUNDITAS
AUGUSTE: C'est ainsi que les
Auteurs du revers de la Medaille , presentée
au Roy , le premier jour de cette année
1731. en ont usé très - à - propos pour
désigner la continuation de l'heureuse
fecondité de la Reine par la naissance du
>
Duc
2292 MERCURE DE FRANCE
Duc d'Anjou. La France assise et caracterisée
par ses Symboles , tient sur un
bras le Prince nouveau né enveloppé de
Langes , et le Dauphin de l'autre main
debout entre ses genoux , ce qui marque
le bon goût et la capacité de ces Auteurs.
Cette Medaille est gravée dans le Mercure
de Mars p. 5 74.
Je voudrois bien , au reste , pour la
rareté du fait , que parmi les Medailles
que vous m'annoncez , et que vous avez
reçûes depuis peu pour moy de Syrie , il
se trouvât la Medaille Grecque de Lucille
dont je vais parler : cela n'est pas impossible.
M. Baudelot a marqué dans son
Catalogue des Medailles Imperiales , que
les Medailles Grecques de cette Imperatrice
sont communes : ce qui n'est pas
tout-à-fait exact , puisqu'il y en a quelques-
unes de singulieres et de fort rares
en ce genre là : telle est , par exemple ,
celle qui est gravée dans le Selecta Numismata
antiqua de P. Seguin , Doyen
* Ce Catalogue est dans le a. T. de l'Utilitê
des Voyages , p. 345. derniere Edit. 1727 ,
faite après la mort de M. Baudelot , qui auroit
rendu un si bon Livre parfait en corrigeant
quelques méprises en petit nombre , et
en suppleant à plusieurs ômissions . On n'y verroit
pas non plus les fautes qui viennent des
Editeurs denuez de la capacité de M. B.
de
OCTOBRE. 1731 2293
de S. Germain de l'Auxerrois , p. 158.
Cette Medaille est d'Argent , on y
voit d'un côté la Têre de Lucille coëffée
plus galamment qu'ailleurs " avec cette
Legende AOTKIÄÄA CEBACTH . et sur
le revers la même Princesse assise et representée
sous la figure de Cerés , tenant
d'une main desEpis , et de l'autre un flambeau
, avec cette Inscription B CIAEYC
MANNOC ΦΙΛΟΡΩΜΑΙΟΣ qui indique et
qui confirme un point d'Histoire considerable.
C'est Mannus , Roy des Arabes,
qui a fait frapper cette Medaille. Il étoit
Fils ou Neveu et Successeur du Roy de
même nom , dont il est parlé dans Dion,
L. 68. qui regnoit sur les Arabes , Habitans
du Pays situé au -delà de l'Euphra
re , entre la grande Armenie et l'Osrhoëne
, lequel devint suspect à Trajan , dans
son expédition contre les Parthes , par
une manoeuvre marquée dans cette His-
Foire.
C'est le successeur de ce Prince , qui
plus avisé et plus politique que lui , nonseulement
se ménagea beaucoup avec les
Romains , mais qui affecta de les aimer
jusqu'à prendre le titre de ΦΙΛΟΡΩΜΑΙΟΣ
qui est expressement marqué dans cette
Medaille Grecque de Lucille. Elle fût
frappée par les ordres de ce Roy , vray➡
B sem2294
MERCURE DE FRANCE
,
semblablement dans le temps que Luce
Vere son epoux et elle séjournoient
à Antioche , Ville peu éloignée des
Etats du Monarque Arabe , et que l'Ar
mée Romaine , sous le commandement
de A. Cassius , agi soit contre les Parthes.
Que ce Prince eût le même nom de
Mannus , que celui qui regnoit sous
Trajan , l'usage constant de tous les Rois
voisins de la Syrie , qui portoient tous
un même nom , le prouve ,
le prouve , la Medaille
dont je viers de parler le confirme.
M. Seguin , en parlant de cette Medaille
a marqué par ces paroles le cas
qu'il en faisoit , Rarior mihi videtur bie
Nummus , tum quia Gracus tum quia Regis
Barbari nomen minus notum profitetur.
Ajoûtant que Savot , qui a écrit sur la rareté
des Medailles antiques , a mis au
nombre des plus rares les Medailles Imperiales
Grecques d'Argent. Ce que Seguin
dit avoir souvent éprouvé , sur-tout à
Pégard des Medailles d'Imperatrices.
M. Vaillant , qui n'a dit que quelques
mots sur la Medaille en question , ajoute,
après avoir renvoyé au livre de M. Se
guin , Hic Nummus eximia raritatis et elegantia
habetur. Et ce n'est point trop dire
Il croit, au reste , que c'est l'Empereur
L. Vere lui -même , qui , à la priere de
Mannus
OCTOBRE. 1731. 2295
Mannus , lui accorda ce titre d'Ami des
Romains , et que ce fût pour en marquer
sa reconnoissance , et pour faire sa Cour
à l'Empereur , que ce Prince Arabe fit
frapper une Medaille où ce titre est ex--
pressement marqué. 1105 0
Quoiqu'il en soit, ne vous lassez point,
Monsieur , de m'envoyer de pareils Monumens,
on en trouve tous les jours de singuliers
, et qui ont échapé à la recherche
de ceux qui nous ont précedé dans cette
trude , je vous rendrai bon compte de
tout ce qui me viendra de curieux de
vôtre part. Je suis ,
AParis , le 15. Mars 1731.
Fermer
Résumé : LETTRE écrite par M. D. L. R. à M ...... de l'Abbaye S. Victor de Marseille au sujet de deux Medailles antiques.
La lettre de M. D. L. R. à M...... de l'Abbaye Saint-Victor de Marseille discute de deux médailles antiques. La première est une médaille romaine en bronze découverte dans le vignoble de Saint-Just, attribuée à l'impératrice Lucille, fille de Marc-Aurèle et de Faustine la Jeune. Lucille avait épousé Lucius Verus, associé à l'Empire avec son beau-père. La seconde est une pièce grecque en argent trouvée dans le Languedoc par M. Vergile de la Bastide. Elle représente une tête d'homme et un sautoir, avec les lettres 'M A' au revers, probablement en référence à Marseille ou à son fondateur. L'auteur attribue cette médaille à Massalia, le premier fondateur de Marseille selon Plutarque, tout en mentionnant d'autres fondateurs potentiels comme Furius et Peranus, qu'il considère comme secondaires. Le texte aborde également une médaille attribuée à Maximien Hercule, portant les lettres DMKV sur son revers. Le Père Hardouin interprète ces lettres comme indiquant une frappe à Marseille, mais cette hypothèse est contestée car Maximien, poursuivi par Constantin, s'y réfugia durant une période de décadence, rendant improbable la frappe de monnaie en son honneur. La médaille romaine de Lucille présente sur son revers une figure féminine assise tenant une fleur et un enfant emmailloté, avec l'inscription JUNONI LUCINE. Cette représentation symbolise Lucille sous les traits de Junon Lucine, déesse de la fécondité, suggérant soit une fécondité future, soit une maternité déjà réalisée. Cette interprétation est confirmée par d'autres médailles et médaillons similaires décrits par Vaillant. Le texte mentionne aussi une médaille grecque de Lucille, frappée par le roi arabe Mannus, qui se présente comme ami des Romains. Cette médaille est rare et élégante, frappée durant le séjour de Lucius Verus et Lucille à Antioche. L'auteur encourage les savants de Marseille à approfondir ces découvertes et à publier des explications plus exactes et étendues dans la nouvelle histoire de la ville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13
p. 2796-2797
LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis sujette au Roy de France ; [...]
Mots clefs :
Marseille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE..
E suis sujette au Roy de France ;
Les Grecs me donnerent naissance :
Neuf lettres composent mon nom ,
Desquelles la combinaison ;
Par un , cinq , trois , presente à la pensée ,
Auprès de quoi je suis placée.
Un , deux , trois , quatre , cût jadis des Autels :
Et rendit des noms immortels.
Deux , un et trois , donnent la viec ,
I.Vol.
Par
DECEMBRE 1731. 2797
Par leur absence elle est ravie.
Deux , un , six , éprouvé : c'est un present des
Cieux :
Cinq , six et sept , préside à tous les jeux.
Quatre , cinq avec sept , fait ce que la Mer jettë¸
Un , deux , trois avec six , ce que fille souhaitte.
Trois , six , un , neuf , enchaîne la raison.
Quatre , deux , et ma fin , se trouve en ta maison.
E suis sujette au Roy de France ;
Les Grecs me donnerent naissance :
Neuf lettres composent mon nom ,
Desquelles la combinaison ;
Par un , cinq , trois , presente à la pensée ,
Auprès de quoi je suis placée.
Un , deux , trois , quatre , cût jadis des Autels :
Et rendit des noms immortels.
Deux , un et trois , donnent la viec ,
I.Vol.
Par
DECEMBRE 1731. 2797
Par leur absence elle est ravie.
Deux , un , six , éprouvé : c'est un present des
Cieux :
Cinq , six et sept , préside à tous les jeux.
Quatre , cinq avec sept , fait ce que la Mer jettë¸
Un , deux , trois avec six , ce que fille souhaitte.
Trois , six , un , neuf , enchaîne la raison.
Quatre , deux , et ma fin , se trouve en ta maison.
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14
p. 3018-3024
Lettre Pastorale de l'Evêque de Marseille. [titre d'après la table]
Début :
LETTRE PASTORALE de M. l'Evêque de Marseille, au Clergé séculier et régulier [...]
Mots clefs :
Pallium, Marseille, Lettre, Gloire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre Pastorale de l'Evêque de Marseille. [titre d'après la table]
LETTRE PASTORALE de M. l'Evêque
de Marseille , au Clergé séculier et régulier
de son Diocèse , au sujet du PALLIUMque
N. S. Pere le Pape vient de lui ac-
11. Vol
corde
DECEMBRE 1731. 30191
corder par une grace particuliere. A Mar
seille , de l'Imprimerie de J.P.Brebion . Brochure
in 4. de 5 pages. M. DCC. XXXI.
L'Exposé de cette Lettre est également
pieux , instructif et digne du sujet. Nous
nous contenterons d'en rapporter un seul
trait , qui fera juger du reste.
Marseille Payenne , se glorifioit au-
>>trefois dans le pompeux, mais vain titre
de Soeur de Rome. Que Marseille chré-
>> tienne et toujours catholique se glorifie
>> bien plus dans son union intime et per-
» petuelle avec l'Eglise Romaine , et dans
»son humble er parfaite soumission à
» toutes ses décisions . C'est en cela que
consiste la veritable gloire d'un Chré
»tien , et c'est delà que dépend son éter
nelle félicité.
pour
La Lettre finit , en ordonnant des
Prieres N. S. Pere le Pape , et par
une Exhortation pathetique de ne point
oublier dans les mêmes Prieres , « le Pré-
» lat auquel S. S. vient d'accorder l'or-
» nement sacré, &c. afin que quand Dieu.
» trouvera à propos de l'appeller à lui , il
» l'unisse dans le ciel à cette multitude
» de saints Evêques , qui avant lui ont~ .
gouverné l'Eglise de Marseille.
Peu de temps après la publication de
cette Lettre , dattée du 18 Octobre 17,1 .
II. Vol .
Ej
M ..
3200 MERCURE DE FRANCE
M. l'Evêque de Marseille alla recevois
à Arles le Pallium , des mains de M. l'Archevêque
, son Métropolitain , avec les
ceremonies accoûtumées.
Nous aurions pû à l'occasion de cette
Ceremonie , ajoûter ici quelques Remarques
Historiques sur le Pallium , pour
instruire ceux de nos Lecteurs qui peuvent
en avoir besoin ; mais ce sujet , simple
en apparence , est d'une longue discussion
et nous auroit porté infailliblement
au - delà des bornes que nous sommes
obligez de nous prescrire. La seule
chose qui pouvoit nous convenir , étoit
de donner un précis de la Dissertation *
Latine de Dom Thierri Ruinart , le det
nier de tous les Auteurs qui ont écrit
sur le Pallium , et qu'on peut dire avoir
épuisé cette matiere , si nous n'avions
été prévenus par les Auteurs du Journal
de Trévoux , qui ont donné un fort
bel Extrait de cette Dissertation dans
leur Journal du mois de Novembre 1724.
page 1942. Nous renvoyons avec plaisir
les Lecteurs à cet Extrait qui les instruira.
agréablement , et nous nous contentons
d'employer ici les dernieres paroles de D.
Oeuvres posthumes de D. Jean Mabillon
et de D. T. Ruinart , T. II, P. 401. publiées
par D. Vincent Thuillier en 1724.
II. Vola Rui
DECEMBRE 1731. 302F
Ruinart en finissant sa Dissertation ; elles
sont remarquables et propres à donner la
grande idée que l'on doit avoir du Pallium.
» Pour moi , dit ce sçavant Benedictin ,
» je crois qu'il ne me reste plus qu'à congratuler
le Pallium, de s'être elevé d'ung
» origine assez obscure , à ce haut degré
» d'honneur et de gloire où nous venous
» de le voir dans notre Ecrit ; ensorte
» qu'entre tous les habits Ecclesiastiques
» il n'y a rien de plus grand et de plus .
illustre. On peut donc , à fort juste
»titre , appliquer à notre Pallium , ce que
» Tertullien a dit autrefois du Manteau
des Chrétiens , sur la fin de son Traité
» de Pallio. GAUDE PALLIUM , ET EXUL-
» TA : MELIOR JAM TE PHILOSOPHIA DI-
» GNATA EST , EX QUO CHRISTIANUM immo-
» Archiepiscopum et Episcopum VESTIRE ;
COEPISTI .
Nous avons parlé plus d'une fois du grand
Ouvrage intitulé : ORIENS Christianus et Affrica,
entrepris et assidûment continué par le R.P. le
Quien , Dominicain , Auteur d'une belle Editiondes
OEuvres de S. Jean de Damas , & c. Les Sçavans
nõus sçaurons gré , sans doute ,
de leur apprendre
que cet Ouvrage s'imprime actuellement
au Louvre avec beaucoup de soin et de diligence ,
La Direction de la Librairie , dont M. Chauyelin
de Beauséjour , Intendant d'Amiens , étoit
II. Vol,
chargé,
3022 MERCURE DE FRANCE
chargé , a été donnée à M. Roullier , Maître dess
Requêtes , Intendant du Commerce.
A l'occasion d'un Memoire anonyme qui nous
a été adressé , intitulé , Refléxions sur les moyens
d'avoir des Remedes Specifiques , &c. et que
nous n'imprimerons pas , par la raison qu'on va
voir ; nous avertissons les Personnes bien inten
tionnées pour le bien public , tel que nous paroît
être l'Auteur du Mémoire , et toutes celles qui
prétendent avoir des Remedes particuliers et specifiques
pour quelque maladie que ce soit , nous
les avertissons , dis -je , qu'il y a une Commission
déja toute établie , sous l'autorité du Roy ,
pour connoître des Remedes Specifiques , à laquelle
M. le Premier Medecin préside . Elle est
composée de six Medecins , de, deux Apotiquai--
res et de quatre Chirurgiens , et s'assemble au
Louvre en des temps marquez. Il paroît que le
Projet contenu dans le Memoire en question ,
tombe de lui-même , en quelque façon , par l'utile
établissement dont on vient d'instruire le-
Public.
L'Académie Royale de Peinture et de Sculp--
ture , connoissant le gout de M. le Comte de
Caylus , pour le Dessein et la Peinture , et l'estime
qu'il fait des habiles gens qui composent cette ce--
lebre Compagnie , elle lui a donné une Place d'Amateur
Honoraire ; et il prit séance dans l'Assem→→
blée le premier de ce mois.
On écrit de Russie , qu'on a tiré des Mines de
Siberie , pendant l'Eté dernier , une grande quantité
de fer et de cuivre , et environ 2000. onces
d'argent qui est très- fin..
11. Vel On
DECEMBR E. * 1731. 3023-
On apprend de Petersbourg , que les Décou
vertes que l'Académie des Sciences qui y est éta
blie a faites depuis trois ans sur la veritable situation
du passage par le Nord , qui donne entrée
dans la Mer de Tartarie , et les Relations de
quelques Voyageurs , qui depuis le même-temps .
ant franchi ce passage , ont déterminé la Czarine
à envoyer par terre sur la Côte de Tartarie , quel
ques Officiers de Marine experimentez ,
deux Académiciens de Petersbourg , pour faire
des Observations et prendre des hauteurs exactes
; on doit leur donner une escorte considera
ble et des vivres pour un an..
avec
On écrit de Rome , que des Ouvriers travail
lans depuis peu dans une Vigne de Grottarosa ,,
qui appartient au Chapitre de l'Eglise de S. Pierre
, y ont trouvé une grande . Urne de Marbre ,
auprès d'une petits Statue de femme pleurante ,
tenant une main appuyée sur un Piedestal d'ambre
très bien travaillé , et de l'autre un Vase,
rempli d'une liqueur Balsamique et couvert d'un
filagramme d'or. Le Cardinal Camerlingue a
demandé qu'on fit estimer cette Figure antique
qu'il veut acheter pour l'envoyer au Roy de Po
logne.
-
Le 9. de ce mois , vers les 5. heures du soir ,
on ressentit à Florence une legere secousse de
Tremblement de Terre , et deux autres pendant
la nuit suivante ; on apperçut le même jour un .
nuage lumineux poussé avec assez de violence du
Levant au Couchant , où il disparut près de l'horison.
Ce Phénomene étoit different en tout d'u……
ne Aurore Boreale,
11. Vol
On
3024 MERCURE
DE FRANCE
On écrit de Vienne , que l'Empereur a donné
ordre de faire acheter les meilleurs Livres et les
plus rares pour enrichir la Bibliotheque Imperiale
, et la rendre une des plus considerables de
l'Europe. S. M. I. a aussi ordonné de faire venir ,
à Vienne de France , d'Angleterre et d'Hollande,
des personnes sçavantes dans toutes sortes d'Arts
et de Sciences , qu'elle veut faire fleurir dans ses:
Etats , ayant résolu de ne rien épargner pour cela .
de Marseille , au Clergé séculier et régulier
de son Diocèse , au sujet du PALLIUMque
N. S. Pere le Pape vient de lui ac-
11. Vol
corde
DECEMBRE 1731. 30191
corder par une grace particuliere. A Mar
seille , de l'Imprimerie de J.P.Brebion . Brochure
in 4. de 5 pages. M. DCC. XXXI.
L'Exposé de cette Lettre est également
pieux , instructif et digne du sujet. Nous
nous contenterons d'en rapporter un seul
trait , qui fera juger du reste.
Marseille Payenne , se glorifioit au-
>>trefois dans le pompeux, mais vain titre
de Soeur de Rome. Que Marseille chré-
>> tienne et toujours catholique se glorifie
>> bien plus dans son union intime et per-
» petuelle avec l'Eglise Romaine , et dans
»son humble er parfaite soumission à
» toutes ses décisions . C'est en cela que
consiste la veritable gloire d'un Chré
»tien , et c'est delà que dépend son éter
nelle félicité.
pour
La Lettre finit , en ordonnant des
Prieres N. S. Pere le Pape , et par
une Exhortation pathetique de ne point
oublier dans les mêmes Prieres , « le Pré-
» lat auquel S. S. vient d'accorder l'or-
» nement sacré, &c. afin que quand Dieu.
» trouvera à propos de l'appeller à lui , il
» l'unisse dans le ciel à cette multitude
» de saints Evêques , qui avant lui ont~ .
gouverné l'Eglise de Marseille.
Peu de temps après la publication de
cette Lettre , dattée du 18 Octobre 17,1 .
II. Vol .
Ej
M ..
3200 MERCURE DE FRANCE
M. l'Evêque de Marseille alla recevois
à Arles le Pallium , des mains de M. l'Archevêque
, son Métropolitain , avec les
ceremonies accoûtumées.
Nous aurions pû à l'occasion de cette
Ceremonie , ajoûter ici quelques Remarques
Historiques sur le Pallium , pour
instruire ceux de nos Lecteurs qui peuvent
en avoir besoin ; mais ce sujet , simple
en apparence , est d'une longue discussion
et nous auroit porté infailliblement
au - delà des bornes que nous sommes
obligez de nous prescrire. La seule
chose qui pouvoit nous convenir , étoit
de donner un précis de la Dissertation *
Latine de Dom Thierri Ruinart , le det
nier de tous les Auteurs qui ont écrit
sur le Pallium , et qu'on peut dire avoir
épuisé cette matiere , si nous n'avions
été prévenus par les Auteurs du Journal
de Trévoux , qui ont donné un fort
bel Extrait de cette Dissertation dans
leur Journal du mois de Novembre 1724.
page 1942. Nous renvoyons avec plaisir
les Lecteurs à cet Extrait qui les instruira.
agréablement , et nous nous contentons
d'employer ici les dernieres paroles de D.
Oeuvres posthumes de D. Jean Mabillon
et de D. T. Ruinart , T. II, P. 401. publiées
par D. Vincent Thuillier en 1724.
II. Vola Rui
DECEMBRE 1731. 302F
Ruinart en finissant sa Dissertation ; elles
sont remarquables et propres à donner la
grande idée que l'on doit avoir du Pallium.
» Pour moi , dit ce sçavant Benedictin ,
» je crois qu'il ne me reste plus qu'à congratuler
le Pallium, de s'être elevé d'ung
» origine assez obscure , à ce haut degré
» d'honneur et de gloire où nous venous
» de le voir dans notre Ecrit ; ensorte
» qu'entre tous les habits Ecclesiastiques
» il n'y a rien de plus grand et de plus .
illustre. On peut donc , à fort juste
»titre , appliquer à notre Pallium , ce que
» Tertullien a dit autrefois du Manteau
des Chrétiens , sur la fin de son Traité
» de Pallio. GAUDE PALLIUM , ET EXUL-
» TA : MELIOR JAM TE PHILOSOPHIA DI-
» GNATA EST , EX QUO CHRISTIANUM immo-
» Archiepiscopum et Episcopum VESTIRE ;
COEPISTI .
Nous avons parlé plus d'une fois du grand
Ouvrage intitulé : ORIENS Christianus et Affrica,
entrepris et assidûment continué par le R.P. le
Quien , Dominicain , Auteur d'une belle Editiondes
OEuvres de S. Jean de Damas , & c. Les Sçavans
nõus sçaurons gré , sans doute ,
de leur apprendre
que cet Ouvrage s'imprime actuellement
au Louvre avec beaucoup de soin et de diligence ,
La Direction de la Librairie , dont M. Chauyelin
de Beauséjour , Intendant d'Amiens , étoit
II. Vol,
chargé,
3022 MERCURE DE FRANCE
chargé , a été donnée à M. Roullier , Maître dess
Requêtes , Intendant du Commerce.
A l'occasion d'un Memoire anonyme qui nous
a été adressé , intitulé , Refléxions sur les moyens
d'avoir des Remedes Specifiques , &c. et que
nous n'imprimerons pas , par la raison qu'on va
voir ; nous avertissons les Personnes bien inten
tionnées pour le bien public , tel que nous paroît
être l'Auteur du Mémoire , et toutes celles qui
prétendent avoir des Remedes particuliers et specifiques
pour quelque maladie que ce soit , nous
les avertissons , dis -je , qu'il y a une Commission
déja toute établie , sous l'autorité du Roy ,
pour connoître des Remedes Specifiques , à laquelle
M. le Premier Medecin préside . Elle est
composée de six Medecins , de, deux Apotiquai--
res et de quatre Chirurgiens , et s'assemble au
Louvre en des temps marquez. Il paroît que le
Projet contenu dans le Memoire en question ,
tombe de lui-même , en quelque façon , par l'utile
établissement dont on vient d'instruire le-
Public.
L'Académie Royale de Peinture et de Sculp--
ture , connoissant le gout de M. le Comte de
Caylus , pour le Dessein et la Peinture , et l'estime
qu'il fait des habiles gens qui composent cette ce--
lebre Compagnie , elle lui a donné une Place d'Amateur
Honoraire ; et il prit séance dans l'Assem→→
blée le premier de ce mois.
On écrit de Russie , qu'on a tiré des Mines de
Siberie , pendant l'Eté dernier , une grande quantité
de fer et de cuivre , et environ 2000. onces
d'argent qui est très- fin..
11. Vel On
DECEMBR E. * 1731. 3023-
On apprend de Petersbourg , que les Décou
vertes que l'Académie des Sciences qui y est éta
blie a faites depuis trois ans sur la veritable situation
du passage par le Nord , qui donne entrée
dans la Mer de Tartarie , et les Relations de
quelques Voyageurs , qui depuis le même-temps .
ant franchi ce passage , ont déterminé la Czarine
à envoyer par terre sur la Côte de Tartarie , quel
ques Officiers de Marine experimentez ,
deux Académiciens de Petersbourg , pour faire
des Observations et prendre des hauteurs exactes
; on doit leur donner une escorte considera
ble et des vivres pour un an..
avec
On écrit de Rome , que des Ouvriers travail
lans depuis peu dans une Vigne de Grottarosa ,,
qui appartient au Chapitre de l'Eglise de S. Pierre
, y ont trouvé une grande . Urne de Marbre ,
auprès d'une petits Statue de femme pleurante ,
tenant une main appuyée sur un Piedestal d'ambre
très bien travaillé , et de l'autre un Vase,
rempli d'une liqueur Balsamique et couvert d'un
filagramme d'or. Le Cardinal Camerlingue a
demandé qu'on fit estimer cette Figure antique
qu'il veut acheter pour l'envoyer au Roy de Po
logne.
-
Le 9. de ce mois , vers les 5. heures du soir ,
on ressentit à Florence une legere secousse de
Tremblement de Terre , et deux autres pendant
la nuit suivante ; on apperçut le même jour un .
nuage lumineux poussé avec assez de violence du
Levant au Couchant , où il disparut près de l'horison.
Ce Phénomene étoit different en tout d'u……
ne Aurore Boreale,
11. Vol
On
3024 MERCURE
DE FRANCE
On écrit de Vienne , que l'Empereur a donné
ordre de faire acheter les meilleurs Livres et les
plus rares pour enrichir la Bibliotheque Imperiale
, et la rendre une des plus considerables de
l'Europe. S. M. I. a aussi ordonné de faire venir ,
à Vienne de France , d'Angleterre et d'Hollande,
des personnes sçavantes dans toutes sortes d'Arts
et de Sciences , qu'elle veut faire fleurir dans ses:
Etats , ayant résolu de ne rien épargner pour cela .
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Résumé : Lettre Pastorale de l'Evêque de Marseille. [titre d'après la table]
En décembre 1731, l'évêque de Marseille publia une lettre pastorale destinée au clergé séculier et régulier de son diocèse. Cette lettre abordait le pallium, une distinction papale, et soulignait l'importance de l'union et de la soumission de Marseille à l'Église romaine, vue comme la véritable gloire chrétienne. La lettre se concluait par une exhortation à prier pour le pape et pour l'évêque, afin qu'il rejoigne les saints évêques de Marseille après sa mort. Par la suite, l'évêque se rendit à Arles pour recevoir le pallium des mains de l'archevêque, son métropolitain, selon les cérémonies habituelles. Le texte mentionne également une dissertation latine de Dom Thierry Ruinart sur le pallium, renvoyant les lecteurs à un extrait déjà publié dans le Journal de Trévoux. Ruinart y décrivait l'honneur et la gloire associés au pallium, le comparant au manteau des chrétiens décrit par Tertullien. Le texte évoque aussi divers sujets, tels que la publication de l'ouvrage 'Oriens Christianus et Africa' par le Père Quin, imprimé au Louvre, et la direction de la librairie confiée à M. Roullier. Il mentionne une commission royale pour examiner les remèdes spécifiques, ainsi que l'attribution d'une place d'amateur honoraire à M. le Comte de Caylus à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture. Des nouvelles de Russie, de Rome, de Florence et de Vienne complètent le texte, relatant des découvertes minières, des fouilles archéologiques, des phénomènes naturels et des initiatives impériales en matière de culture et de science.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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15
p. 99
Enigme, Logogrphyes, [titre d'après la table]
Début :
Les mots de l'Enigme et des deux Logogryphes du premier Volume de Decembre [...]
Mots clefs :
Navire, Marseille, Rouen
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Enigme, Logogrphyes, [titre d'après la table]
Les mots de l'Enigme et des deux Lo
gogryphes du premier Volume de De-.
cembre sont , Navire , Marseille , Rouen.
On a dû expliquer l'Enigme et les trois
Logogryphes du second Volume, par
Cartes , Feve , Foye , Corail..
gogryphes du premier Volume de De-.
cembre sont , Navire , Marseille , Rouen.
On a dû expliquer l'Enigme et les trois
Logogryphes du second Volume, par
Cartes , Feve , Foye , Corail..
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16
p. 2188-2192
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Provence au mois de Juillet dernier, au sujet d'une quantité d'ancienne Monnoye trouvée à Marseille.
Début :
Le 16. du mois passé des Massons travaillant à faire creuser une Cave [...]
Mots clefs :
Ancienne monnaie, Marseille, Maçons, Cave
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Provence au mois de Juillet dernier, au sujet d'une quantité d'ancienne Monnoye trouvée à Marseille.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de
Provence au mois de Juillet dernier, an
sujet d'une quantité d'ancienne Monnoye
trouvée à Marseille.
LaE 16. du mois passé des Massons
travaillant à faire creuser une Cavę
dans une Maison nouvellement alignée et
qu'on
OCTOBRE. 1732. 2189
qu'on rebâtit à Marseille dans la ruë de
Rome près de la Fontaine Longue , trouverent un vase de terre fait en forme de
bouteille à l'Angloise , et l'ayant cassé,
il en sortit de l'eau avec une quantité
de petite Monnoye d'argent , toute de
la même qualité en grandeur , qui est à
peu près comme celle de nos Liards. Sept
Ouvriers se partagerent entre eux ces Especes. Le sieur Fortoul Bourgeois et Proprietaire de la Maison , en fut averti et
prétendit se les faire restituer ; le Receveur du Domaine agit aussi de son côté
et établit des Gardes sur les Lieux , mais
ces Travailleurs , à ce qu'on assure , en
avoient déja vendu à des Changeurs pour
quatre ou 500. livres , et ce qui étoit
encore entre les mains de quelques- uns
fût déposé à la Police , le tout ensemble
pouvant valoir environ mille livres. On
a depuis continué à creuser au même endroit , où l'on prétend que les Templiers
avoient eu une Maison , ce qui d'abord
avoit fait présumer quelque trésor enfoui , &c. mais on n'a plus rien trouvé.
J'ai trouvé le moyen d'avoir de la
Monnoye quelques-unes de ces Pieces. On y voit d'un côté la tête d'un
Comte de Provence et pour Legende Co.
MES PROVINCIE, et de l'autre MASSIL
>
CI-
2190 MERCURE DE FRANCE
CIVITAS. en caracteres du temps >
c'est-à-dire fort gothiques. M. de Ruffy
le Pere a fait graver une pareille Monnoye dans le x. Liv. de son Histoire de
Marseille , page 444. publiée en 1642. ce
que son fils a obmis dans la seconde Edition. Cette Monnoye s'appelloit dans les
Titres Solidi minuti Massilienses , et vulgairement Menus Marseillois. Elle pese
suivant l'essai que j'en ai fait faire à la
Monnoye sur une Piece des plus entieres , un denier douze grains , et est au
titre de onze deniers de fin.
Comme le nom du Comte de Provence
n'y est pas exprimé , on ne peut pas sçavoir précisément à quel Prince on doit
la rapporter. Elle peut être de Charles
d'Anjou, frere de S. Louis, avant qu'il fut
Roy de Sicile ; mais aussi elle pourroit
bien être de quelqu'un des Berengers , ce
qui me paroît assez difficile à déterminer.
Il est parlé de cette Monnoye dans les
Chapitres de Paix , où le fameux Traité
fait en 1257. entre Charles d'Anjou et
la Ville de Marseille , lorsque cette Ville
se donna et se soumit à ce Prince.
Avant que d'avoir reçû la Lettre dont
on vient de lire l'Extrait , qui est d'une
Personne de consideration et fort intelligente , on nous avoit envoyé de Marseille
S.
OCTOBR E. 1732. 2191
,
5. ou 6. de ces mêmes Pieces ; nous n'aurions pas pû en faire une description plus
exacte , ni donner là-dessus des Remarques plus justes. Nous ajoûterons seulement ici que sur le côté de cette Monnoye où se lit Massil civitas, on voit comme le Frontispice d'un Bâtiment avec
une Croix au sommet. M. de Ruffy * le
fils , veut que ce soit la Ville même
ayant ses Clochers élevez , ce qui , en tout
cas , est fort grossierement représenté.
Nous observerons encore que les cinq
Pieces qui nous ont été envoyées sont
de differens coins , et ont été frappées
sous differens Princes. Deux même de
ces Têtes ont une Coëffure et un air de
femme , ce qui peut donner lieu à des
conjectures et à des recherches ' curieuses;
matiere que nous laissons volontiers à
éclaircir à M" de la nouvelle Académie
de Marseille , qui ont formé le dessein
d'en écrire l'Histoire. L'Article des Monnoyes frappées dans cette Ville , et de son
autorité , par un droit anciennement acquis et exercé pendant plusieurs siecles ,
ne sera pas le moins important , et il
mérite d'autant plus d'attention que ce
sujet paroît confusément traité par les
* Hist. de Marseille , Liv. XIII. pag. 324. 58-
CordeEdition 1696.
Ecrivains
2192 MERCURE DE FRANCE
Ecrivains qui ont précedé nos Académiciens.
Provence au mois de Juillet dernier, an
sujet d'une quantité d'ancienne Monnoye
trouvée à Marseille.
LaE 16. du mois passé des Massons
travaillant à faire creuser une Cavę
dans une Maison nouvellement alignée et
qu'on
OCTOBRE. 1732. 2189
qu'on rebâtit à Marseille dans la ruë de
Rome près de la Fontaine Longue , trouverent un vase de terre fait en forme de
bouteille à l'Angloise , et l'ayant cassé,
il en sortit de l'eau avec une quantité
de petite Monnoye d'argent , toute de
la même qualité en grandeur , qui est à
peu près comme celle de nos Liards. Sept
Ouvriers se partagerent entre eux ces Especes. Le sieur Fortoul Bourgeois et Proprietaire de la Maison , en fut averti et
prétendit se les faire restituer ; le Receveur du Domaine agit aussi de son côté
et établit des Gardes sur les Lieux , mais
ces Travailleurs , à ce qu'on assure , en
avoient déja vendu à des Changeurs pour
quatre ou 500. livres , et ce qui étoit
encore entre les mains de quelques- uns
fût déposé à la Police , le tout ensemble
pouvant valoir environ mille livres. On
a depuis continué à creuser au même endroit , où l'on prétend que les Templiers
avoient eu une Maison , ce qui d'abord
avoit fait présumer quelque trésor enfoui , &c. mais on n'a plus rien trouvé.
J'ai trouvé le moyen d'avoir de la
Monnoye quelques-unes de ces Pieces. On y voit d'un côté la tête d'un
Comte de Provence et pour Legende Co.
MES PROVINCIE, et de l'autre MASSIL
>
CI-
2190 MERCURE DE FRANCE
CIVITAS. en caracteres du temps >
c'est-à-dire fort gothiques. M. de Ruffy
le Pere a fait graver une pareille Monnoye dans le x. Liv. de son Histoire de
Marseille , page 444. publiée en 1642. ce
que son fils a obmis dans la seconde Edition. Cette Monnoye s'appelloit dans les
Titres Solidi minuti Massilienses , et vulgairement Menus Marseillois. Elle pese
suivant l'essai que j'en ai fait faire à la
Monnoye sur une Piece des plus entieres , un denier douze grains , et est au
titre de onze deniers de fin.
Comme le nom du Comte de Provence
n'y est pas exprimé , on ne peut pas sçavoir précisément à quel Prince on doit
la rapporter. Elle peut être de Charles
d'Anjou, frere de S. Louis, avant qu'il fut
Roy de Sicile ; mais aussi elle pourroit
bien être de quelqu'un des Berengers , ce
qui me paroît assez difficile à déterminer.
Il est parlé de cette Monnoye dans les
Chapitres de Paix , où le fameux Traité
fait en 1257. entre Charles d'Anjou et
la Ville de Marseille , lorsque cette Ville
se donna et se soumit à ce Prince.
Avant que d'avoir reçû la Lettre dont
on vient de lire l'Extrait , qui est d'une
Personne de consideration et fort intelligente , on nous avoit envoyé de Marseille
S.
OCTOBR E. 1732. 2191
,
5. ou 6. de ces mêmes Pieces ; nous n'aurions pas pû en faire une description plus
exacte , ni donner là-dessus des Remarques plus justes. Nous ajoûterons seulement ici que sur le côté de cette Monnoye où se lit Massil civitas, on voit comme le Frontispice d'un Bâtiment avec
une Croix au sommet. M. de Ruffy * le
fils , veut que ce soit la Ville même
ayant ses Clochers élevez , ce qui , en tout
cas , est fort grossierement représenté.
Nous observerons encore que les cinq
Pieces qui nous ont été envoyées sont
de differens coins , et ont été frappées
sous differens Princes. Deux même de
ces Têtes ont une Coëffure et un air de
femme , ce qui peut donner lieu à des
conjectures et à des recherches ' curieuses;
matiere que nous laissons volontiers à
éclaircir à M" de la nouvelle Académie
de Marseille , qui ont formé le dessein
d'en écrire l'Histoire. L'Article des Monnoyes frappées dans cette Ville , et de son
autorité , par un droit anciennement acquis et exercé pendant plusieurs siecles ,
ne sera pas le moins important , et il
mérite d'autant plus d'attention que ce
sujet paroît confusément traité par les
* Hist. de Marseille , Liv. XIII. pag. 324. 58-
CordeEdition 1696.
Ecrivains
2192 MERCURE DE FRANCE
Ecrivains qui ont précedé nos Académiciens.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Provence au mois de Juillet dernier, au sujet d'une quantité d'ancienne Monnoye trouvée à Marseille.
En juillet de l'année précédente, des maçons à Marseille ont découvert un vase contenant des pièces de monnaie ancienne en argent, similaires aux liards. Sept ouvriers se sont partagé les pièces, et certaines ont été vendues à des changeurs pour environ 400 à 500 livres. Le propriétaire de la maison et le receveur du domaine ont tenté de récupérer les pièces, mais une partie avait déjà été vendue. Les pièces restantes, d'une valeur totale d'environ mille livres, ont été déposées à la police. Cette monnaie, appelée 'Solidi minuti Massilienses' ou 'Menus Marseillois', porte l'effigie d'un comte de Provence et des inscriptions en caractères gothiques. L'analyse de son poids et de sa pureté a révélé un titre de onze deniers de fin. L'origine exacte de cette monnaie reste incertaine, pouvant appartenir à Charles d'Anjou ou à un membre de la famille des Bérengers. Des pièces similaires avaient été trouvées auparavant, confirmant les descriptions et les remarques faites. Les pièces proviennent de différents coins et princes, certaines montrant des traits féminins, ce qui ouvre des perspectives pour des recherches historiques. L'Académie de Marseille prévoit d'écrire l'histoire de cette monnaie, un sujet confusément traité par les écrivains précédents.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17
p. 113-115
Lettre de M. Bertrand, Medecin, [titre d'après la table]
Début :
LETTRE de M. Bertrand, Médecin, à M. Deidier, Conseiller Médecin du [...]
Mots clefs :
Médecin, Marseille, M. Bertrand, M. Deidier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de M. Bertrand, Medecin, [titre d'après la table]
L ETT Riz-de M. Betttand , Médecin ;
à M. Deidier, Conseiller Médecin du‘
Roygôcc. et premier Médecin des Ga
feres. A‘ Avignon, P47 la S ocieté , 1731..
Produire in 12v. de 3o. pages.
" Cette Lettre écrite à Marseille le 2 5.‘
Novembre 173zuroule sur une ancienne
querelle entre PAuteur et M. Deidicr ,1
l'un des Médecins envoyez à Marseille
par orälrei dan" Roy , en Pannée 1721p.
tem s e a etniere conta on; uere e 1
renditveliée par ce dernier ,g1et de (sliivieil
le date, que M. Betttand , ‘aussi bon Ju.‘
risconsulte ‘ue ‘bon Médecin ', ennemi
iäillleurs deq toute dispute outrée, ap
el c âison secours la L0 de la res
Ëtiption. y ‘ P
V »Vous le sçavez , Monsieur, lui dit-il,‘
Il. ar que ne. sgavez-vous pas? que les
‘u F il zaLoix
l
l
114. MERCURE nr FRANCE ‘
nLoiî ne donnent‘ qu’un an à ‘uneper-I i
" sonne oflnsée pour tirer raison de Pin
» jure qu’elle a reçûë. On a crû que» pout
99 le repos de la Société, il ‘falloir fixer
n un terme au ressentiment des injures
n pour ne pas perpétuer leshaines et les
nquerclles. Après ce temps-là la plainte
nn’est plus écoutée, et la personne offeng
nsée ne peut plus demander de réparaæ
u tion, HM 2min, dit J ustinien , dissi
n mulmione uboletur. De quel droit venez
» vous donc après douze ans. faire revivre
ï‘ une querelle déja éteinte, et dféchat-Ï
:2 ger route la vivacité de votre ressenti.
n ment sur une personne qui est sous
n la protection des Loix; etiqwune presg
acriprion légitime a mis à’ couvert de
arvos recherches? Les. disparesLitrerai-i‘
a; res auront-eleles plus de privilege que
n. les autres? ôte. - e
La Peste de Marseille, et urne Relation
Historique de cet Evenement, attribué: l
à M. Bettrand , font le suiet de la que- l
selle dans ilysïexgir ici._ La Relation est: i
attaquée par Deidiergnt M, Bertrand ‘
nepousse les attaques dqgson Adversaire,
qnrlquefois un peu vivement , à l'exem
ple e son Antagoniste. il y a cependant
tout lieude croire ‘que c’est ici la der
niere Piece de >ce.Pre5è-S «I-Îîîfilaairq, suif
' . . ‘i. e
J‘ A N V I E R.- 1733. n;
le Jugement quigppartient aux Lecteurs
intelligens et desinreressez. Qwiquïl en
soir, M. Bertrand proteste sur la fin de
sa Lettre ,que c'est pour la dz-rnierc Fois
qu’il mettra la main à la plume sur ce
sujet. Le Public y‘ gagnera par lïapplica
tion que cet habile Médecin continuera
de lui donner, et son silence pourra proa
duire le même effet à Fégardde M. Doi
dier , qui est en état de rendre de grands
services â la Médecine et à larChirure
gie, dans le poste qu’il occupe.
à M. Deidier, Conseiller Médecin du‘
Roygôcc. et premier Médecin des Ga
feres. A‘ Avignon, P47 la S ocieté , 1731..
Produire in 12v. de 3o. pages.
" Cette Lettre écrite à Marseille le 2 5.‘
Novembre 173zuroule sur une ancienne
querelle entre PAuteur et M. Deidicr ,1
l'un des Médecins envoyez à Marseille
par orälrei dan" Roy , en Pannée 1721p.
tem s e a etniere conta on; uere e 1
renditveliée par ce dernier ,g1et de (sliivieil
le date, que M. Betttand , ‘aussi bon Ju.‘
risconsulte ‘ue ‘bon Médecin ', ennemi
iäillleurs deq toute dispute outrée, ap
el c âison secours la L0 de la res
Ëtiption. y ‘ P
V »Vous le sçavez , Monsieur, lui dit-il,‘
Il. ar que ne. sgavez-vous pas? que les
‘u F il zaLoix
l
l
114. MERCURE nr FRANCE ‘
nLoiî ne donnent‘ qu’un an à ‘uneper-I i
" sonne oflnsée pour tirer raison de Pin
» jure qu’elle a reçûë. On a crû que» pout
99 le repos de la Société, il ‘falloir fixer
n un terme au ressentiment des injures
n pour ne pas perpétuer leshaines et les
nquerclles. Après ce temps-là la plainte
nn’est plus écoutée, et la personne offeng
nsée ne peut plus demander de réparaæ
u tion, HM 2min, dit J ustinien , dissi
n mulmione uboletur. De quel droit venez
» vous donc après douze ans. faire revivre
ï‘ une querelle déja éteinte, et dféchat-Ï
:2 ger route la vivacité de votre ressenti.
n ment sur une personne qui est sous
n la protection des Loix; etiqwune presg
acriprion légitime a mis à’ couvert de
arvos recherches? Les. disparesLitrerai-i‘
a; res auront-eleles plus de privilege que
n. les autres? ôte. - e
La Peste de Marseille, et urne Relation
Historique de cet Evenement, attribué: l
à M. Bettrand , font le suiet de la que- l
selle dans ilysïexgir ici._ La Relation est: i
attaquée par Deidiergnt M, Bertrand ‘
nepousse les attaques dqgson Adversaire,
qnrlquefois un peu vivement , à l'exem
ple e son Antagoniste. il y a cependant
tout lieude croire ‘que c’est ici la der
niere Piece de >ce.Pre5è-S «I-Îîîfilaairq, suif
' . . ‘i. e
J‘ A N V I E R.- 1733. n;
le Jugement quigppartient aux Lecteurs
intelligens et desinreressez. Qwiquïl en
soir, M. Bertrand proteste sur la fin de
sa Lettre ,que c'est pour la dz-rnierc Fois
qu’il mettra la main à la plume sur ce
sujet. Le Public y‘ gagnera par lïapplica
tion que cet habile Médecin continuera
de lui donner, et son silence pourra proa
duire le même effet à Fégardde M. Doi
dier , qui est en état de rendre de grands
services â la Médecine et à larChirure
gie, dans le poste qu’il occupe.
Fermer
Résumé : Lettre de M. Bertrand, Medecin, [titre d'après la table]
Le 25 novembre 1732, M. Bettrand, médecin, adresse une lettre à M. Deidier, conseiller médecin du roi et premier médecin des galères à Avignon. Cette lettre évoque une ancienne querelle relancée par M. Deidier après douze ans de silence. M. Bettrand s'étonne de cette résurgence, soulignant que les lois permettent un an pour réclamer justice après un tort subi. La dispute concerne la 'Peste de Marseille' et une relation historique de cet événement attribuée à M. Bettrand. M. Deidier a critiqué cette relation, et M. Bettrand a répliqué de manière vive. M. Bettrand conclut en affirmant qu'il ne reviendra plus sur ce sujet, espérant que son silence incitera M. Deidier à continuer ses contributions à la médecine et à la chirurgie. Le jugement sur cette querelle est laissé aux lecteurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18
p. 2419-24[2]6
Histoire Litteraire de la France, &c. [titre d'après la table]
Début :
HISTOIRE Litteraire de la France, où l'on traite de l'origine et du [...]
Mots clefs :
Histoire littéraire de la France, Villes, Savants, Marseille, Lettres, Auteurs, Langue, Historien, Ouvrage, Sujet, Connaissance , Éloquence, Philosophie, Poète, Gaules
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire Litteraire de la France, &c. [titre d'après la table]
ISTOIRE Litteraire de la France.
Hoù l'on traite de l'origine et du
progrès , de la décadence et du rétabiissea
2420 MERCURE DE FRANCE
sement des Sciences , parmi les Gaulo's et
parmi les François , &c. Par des Reli
gieux Benedictins , de la Congrégation
de S. Maur. A Paris , chez Chaubert
Gissey , Osmont , Huart Paîné , Clousier
Hourdel et David le jeune , Libraires . I.
vol . in 4. divisé en deux parties , & c.
Le seul titre de cette Histoire que nous
avons donné dans toute son étendue.
dans le dernier Mercure , pourroit suffire
pour en donner une grande idée . If
contient le précis de l'Entreprise la plus
vaste et la plus utile qu'on ait encore formée
pour la gloire de notre Nation . Diverses
Histoires particulieres des Sçavans
d'une Province , d'une Ville , d'une Université
, d'un Corps Académique de ce
Royaume , publiées en différens temps ,
et par differens Autheurs , n'ont fait que
mieux comprendre la nécessité d'une
Histoire Générale de la France sçavante
composée tout de suite , et par des Ecri
vains , chargez de ce seul travail . Ce no
ble dessein a enfin été conçu , et en partié
déja heureusement exécuté par de sçavans
Hommes, nez , pour ainsi dire , pour
l'avancement des Lettres , et pour les
plus grandes et les plus laborieuses Entreprises.
Le premier volume dont il s'agit icy ;
pourra
NOVEMBRE. 1733. 242
pourra faire juger du mérite et de l'importance
de tout l'ouvrage , et de l'ordre
de son exécution ; il comprend tous les
temps antérieurs à la naissance de J.C.et
encore l'Histoire des Lettres en France
durant les IV. premiers siècles de l'Eglise
. Entreprendre de donner un juste Extrait
de ce volume , qui contient en tout
près de neuf cent pages , ce seroit à nous
une espece de témerité. Extrait qui nous
jetteroit infailliblement au delà des bornes
de notre Journal , nous nous contenterons
donc de quelques traits qui paroissent
exiger de nous une attention
particuliere.
Nos sçavans Auteurs , après avoir décrit
l'Etat de laRépublique des Lettres dans les
Gaules, avant et durant le tems des Druïdes
, sous le nom desquels on comprenoit
tous les Gens de Lettres des Gaules , exposent
comment les Sciences des Grecs s'y
introduisirent par le canal des Marseillois,
Grecs , Photéens d'origine . Ils n'oublient
rien de tout ce qui se trouve épars dans
divers Auteurs anciens sur cette celebre
Colonie , dont il est aussi parlé amplement
dans deux de nos ( 1 ) Journaux ,
par rapport aux Sciences , aux exercices
( 1 ) Mercure de Decembre 1728. et de Janvier
Aca
1730p
2422 MERCURE DE FRANCE
Académiques , à la Politesse , et aux
Grands Hommes qui ont brillé dans
Marseille Sçavante , ce qui nous engage
d'abreger icy sur ce sujet.
, Son Gouvernement Politique non
moins admirable que son Académie, n'est
pas omis dans cette Histoire . On suivoit
à Marseille , disent nos Auteurs , les Loix
Ioniques exposées dans un lieu public ,
où chacun pouvoit les voir pour s'y conformer.
Le droit d'hospitalité y étoit
en une singuliere veneration ; on y maintenoit
la seureté publique , en ne permettant
à personne d'y entrer armé ; les
représentations licentieuses du Théatre
en étoient sévérement bannies , ainsi que
la molesse , la volupté, la fraude et le mensonge
, et on voyoit regner en la place
dans cette Ville , la bonne foy , la frugalité
et la modestie . Ciceron estimoit si
fort un tel Gouvernement , qu'il doutoit
si Marseille n'étoit pas préférable non
seulement à toute la Grece , mais encore
à toutes les Nations de l'Univers . Aussi
les Marseillois mériterent bientôt le
Titre et les Privileges d'Amis et d'Alliez
du Peuple Romain . Marseille fut appellée
la soeur de Rome.
Diverses Colonies de Marseillois bâtirent
dans les Gaules , selon nos Auteurs ,
les
NOVEMBRE . 1733. 2423
les Villes d'Agde , de Nice , d'Antibes ,
d'Olbic , de Taurence, et peut être celles
d'Arles et de Fréjus . Cette énumeration
pourroit être plus étendue , sans y comprendre
même plusieurs Villes fondéesou
policées par des Colonies Marscilloises,
hors des Gaules , en Espagne , en Italie ,
en-Affrique , et c'est ainsi que se répandit
dans les principales Villes Gauloises
et ailleurs le goût des Lettres ; ces Villes
firent succeder aux Ecoles des Druïdes
des Académies, où elles entretenoient
des Professeurs pour y enseigner , à l'exemple
de Marseille , toutes sortes de sciences.
Telles étoient les Villes de Narbonne
, d'Arles , de Vienne , de Toulouse ,
d'Autun , de Lyon , de Nismes , de Bourdeaux
, et en particulier les Villes qui
devoient leur origine , ou leur ampliation
et leurs moeurs à celle de Marseille.
Le détail de la Litterature et des divers
Sçavans qui ont illustré ces Villes , doit
être lû dans le Livre même , et il le mérite
par l'abondance et par la richesse de
la matiere.
En examinant les Révolutions qu'ont
eues dans les Gaules les diverses Langues
qu'on y a parlé successivement , nos Hisforiens
reviennent à Marseille , ne doutant
point que la Langue Grecque n'ait
été
2424 MERCURE DE FRANCE
été durant long- temps la Langue vulgaire
des Marseillois , tres connue . disentils
, dans toute la Narbonnoise , et à
Lyon même. C'est ce que quelques Sçavans
modernes paroissent avoir ignoré
et ce qui les a jettez dans de grandes méprises
; telle est , par exemple , celle de
M. de Valbonnais , qui n'avoit pas accoutumé
d'errer , et qui a été observée dans
le Mercure d'Août 1721. au sujet d'un
Marbre Antique , chargé d'une Inscription
Grecque, du Cabinet de M.Rigord .
Ce qu'ils disent ensuite de la Langue
Gauloise ou Celtique, est d'une érudition
peu commune , et demande une attention
particuliere . Ils finissent ce sujet-la par
ces mots. De cette Langue Gauloise, jointe
à la Grecque , à la Latine et à celle des
Francs , s'est formé notre Langue Françoise
, qui à l'aide de quelques accroissement
qu'elle a reçus des Langues de nos
voisins , a pris la consistance , où elle est
présentement.
Enfin nos Auteurs remarquent que les
Gaulois Lettrez , sçachant que le Barreau
étoit la Porte la plus ordinaire qui conduisoit
aux charges distinguées, et que l'Eloquence
étoit le moïen le plus certain d'y
briller, ils s'attacherent à cultiver en même-
tems l'Eloquence et la Jurisprudence,
NOVEMBRE . 1733. 2425
ce qui les fit exceller dans la connoissance
du Droit et dans l'art de bien parler.
Ainsi les Sçavans aimerent mieux servir
leur Patrie et le Public de vive voix , que
par écrit. Que si quelques- uns d'entr'eux
ont laissé des Ouvrages de leur façon , la
longueur et le malheur des temps en ont
privé la posterité. Ils nous ont même envié
non seulement la connoissance de
presque tous ces grands Hommes , mais
aussi jusqu'à leurs noms et au moindre.
trait de leur Histoire.
Cette Remarque étoit nécessaire à l'égard
de quelques Lecteurs qui pourroient
s'étonner du petit nombre de Gaulois sçavans
, dont il est fait mention dans cet
Ouvrage , pour les temps qui ont précédé
la naissance de J. C. On y trouve cependant
les Eloges de Pitheas , Philosophe
Astronome et Géographe; d'Euthymenes
Historien et Géographe ; d'Eratoshénes
Philosophe et Historien ; de Lucius Plotius
, Rhéteur ; de Marcus- Antonius Gnipho
, Professeur d'Eloquence et des Belles
Lettres ; de Valerius Cato , Poëte et
Grammairien ; de Roscius excellent
Comédien ; de Divitiac , Philosophe :
de C. Valerius - Procillus , Ambassadeur.
et Favori de Jules César ; de Telon et
Gyardes , Astronomes ; de Cornelius Gal-
E lus,
2446 MERCURE DE FRANCE
lus , Poëte ; de Publ. Terentius- Varo , Historien
et Poëte , de Trogue Pompée , Historien.
N'oublions pas de dire que nos Histo
riens sur la fin d'une Préface , qu'on ne
peut se dispenser
de lire , supplient
les
Sçavans de leur faire connoître
les fautes
qui ont pû leur échaper dans le cours
d'un si long Ouvrage , et de les aider en
leur communiquant
de nouvelles
lumieres
, et en leur faisant part des richesses
litteraires
qui leur manquent. Ils addressent
sur tout cette priere aux divers
Ordres Religieux
du Royaume
, fournis
déja presque tous des Bibliotheques
de
leurs Auteurs , et par là plus à portée
d'indiquer
les autres Ecrivains
qu'ils ont
eu depuis la publication
de ces mêmes
Bibliotheques
. Pour garans de leur re
connoissance
ils donnent les témoignages
publics qu'ils rendent icy des obligations
qu'ils ont à ceux dont le commerce
litteraire
leur a été de quelque secours
,
Nous rendrons compte sommairement
dans l'un de nos premiers Journaux de
la seconde Partie de cette Histoire , qui
comprend les quatre premiers siecles du
Christianisme.
Hoù l'on traite de l'origine et du
progrès , de la décadence et du rétabiissea
2420 MERCURE DE FRANCE
sement des Sciences , parmi les Gaulo's et
parmi les François , &c. Par des Reli
gieux Benedictins , de la Congrégation
de S. Maur. A Paris , chez Chaubert
Gissey , Osmont , Huart Paîné , Clousier
Hourdel et David le jeune , Libraires . I.
vol . in 4. divisé en deux parties , & c.
Le seul titre de cette Histoire que nous
avons donné dans toute son étendue.
dans le dernier Mercure , pourroit suffire
pour en donner une grande idée . If
contient le précis de l'Entreprise la plus
vaste et la plus utile qu'on ait encore formée
pour la gloire de notre Nation . Diverses
Histoires particulieres des Sçavans
d'une Province , d'une Ville , d'une Université
, d'un Corps Académique de ce
Royaume , publiées en différens temps ,
et par differens Autheurs , n'ont fait que
mieux comprendre la nécessité d'une
Histoire Générale de la France sçavante
composée tout de suite , et par des Ecri
vains , chargez de ce seul travail . Ce no
ble dessein a enfin été conçu , et en partié
déja heureusement exécuté par de sçavans
Hommes, nez , pour ainsi dire , pour
l'avancement des Lettres , et pour les
plus grandes et les plus laborieuses Entreprises.
Le premier volume dont il s'agit icy ;
pourra
NOVEMBRE. 1733. 242
pourra faire juger du mérite et de l'importance
de tout l'ouvrage , et de l'ordre
de son exécution ; il comprend tous les
temps antérieurs à la naissance de J.C.et
encore l'Histoire des Lettres en France
durant les IV. premiers siècles de l'Eglise
. Entreprendre de donner un juste Extrait
de ce volume , qui contient en tout
près de neuf cent pages , ce seroit à nous
une espece de témerité. Extrait qui nous
jetteroit infailliblement au delà des bornes
de notre Journal , nous nous contenterons
donc de quelques traits qui paroissent
exiger de nous une attention
particuliere.
Nos sçavans Auteurs , après avoir décrit
l'Etat de laRépublique des Lettres dans les
Gaules, avant et durant le tems des Druïdes
, sous le nom desquels on comprenoit
tous les Gens de Lettres des Gaules , exposent
comment les Sciences des Grecs s'y
introduisirent par le canal des Marseillois,
Grecs , Photéens d'origine . Ils n'oublient
rien de tout ce qui se trouve épars dans
divers Auteurs anciens sur cette celebre
Colonie , dont il est aussi parlé amplement
dans deux de nos ( 1 ) Journaux ,
par rapport aux Sciences , aux exercices
( 1 ) Mercure de Decembre 1728. et de Janvier
Aca
1730p
2422 MERCURE DE FRANCE
Académiques , à la Politesse , et aux
Grands Hommes qui ont brillé dans
Marseille Sçavante , ce qui nous engage
d'abreger icy sur ce sujet.
, Son Gouvernement Politique non
moins admirable que son Académie, n'est
pas omis dans cette Histoire . On suivoit
à Marseille , disent nos Auteurs , les Loix
Ioniques exposées dans un lieu public ,
où chacun pouvoit les voir pour s'y conformer.
Le droit d'hospitalité y étoit
en une singuliere veneration ; on y maintenoit
la seureté publique , en ne permettant
à personne d'y entrer armé ; les
représentations licentieuses du Théatre
en étoient sévérement bannies , ainsi que
la molesse , la volupté, la fraude et le mensonge
, et on voyoit regner en la place
dans cette Ville , la bonne foy , la frugalité
et la modestie . Ciceron estimoit si
fort un tel Gouvernement , qu'il doutoit
si Marseille n'étoit pas préférable non
seulement à toute la Grece , mais encore
à toutes les Nations de l'Univers . Aussi
les Marseillois mériterent bientôt le
Titre et les Privileges d'Amis et d'Alliez
du Peuple Romain . Marseille fut appellée
la soeur de Rome.
Diverses Colonies de Marseillois bâtirent
dans les Gaules , selon nos Auteurs ,
les
NOVEMBRE . 1733. 2423
les Villes d'Agde , de Nice , d'Antibes ,
d'Olbic , de Taurence, et peut être celles
d'Arles et de Fréjus . Cette énumeration
pourroit être plus étendue , sans y comprendre
même plusieurs Villes fondéesou
policées par des Colonies Marscilloises,
hors des Gaules , en Espagne , en Italie ,
en-Affrique , et c'est ainsi que se répandit
dans les principales Villes Gauloises
et ailleurs le goût des Lettres ; ces Villes
firent succeder aux Ecoles des Druïdes
des Académies, où elles entretenoient
des Professeurs pour y enseigner , à l'exemple
de Marseille , toutes sortes de sciences.
Telles étoient les Villes de Narbonne
, d'Arles , de Vienne , de Toulouse ,
d'Autun , de Lyon , de Nismes , de Bourdeaux
, et en particulier les Villes qui
devoient leur origine , ou leur ampliation
et leurs moeurs à celle de Marseille.
Le détail de la Litterature et des divers
Sçavans qui ont illustré ces Villes , doit
être lû dans le Livre même , et il le mérite
par l'abondance et par la richesse de
la matiere.
En examinant les Révolutions qu'ont
eues dans les Gaules les diverses Langues
qu'on y a parlé successivement , nos Hisforiens
reviennent à Marseille , ne doutant
point que la Langue Grecque n'ait
été
2424 MERCURE DE FRANCE
été durant long- temps la Langue vulgaire
des Marseillois , tres connue . disentils
, dans toute la Narbonnoise , et à
Lyon même. C'est ce que quelques Sçavans
modernes paroissent avoir ignoré
et ce qui les a jettez dans de grandes méprises
; telle est , par exemple , celle de
M. de Valbonnais , qui n'avoit pas accoutumé
d'errer , et qui a été observée dans
le Mercure d'Août 1721. au sujet d'un
Marbre Antique , chargé d'une Inscription
Grecque, du Cabinet de M.Rigord .
Ce qu'ils disent ensuite de la Langue
Gauloise ou Celtique, est d'une érudition
peu commune , et demande une attention
particuliere . Ils finissent ce sujet-la par
ces mots. De cette Langue Gauloise, jointe
à la Grecque , à la Latine et à celle des
Francs , s'est formé notre Langue Françoise
, qui à l'aide de quelques accroissement
qu'elle a reçus des Langues de nos
voisins , a pris la consistance , où elle est
présentement.
Enfin nos Auteurs remarquent que les
Gaulois Lettrez , sçachant que le Barreau
étoit la Porte la plus ordinaire qui conduisoit
aux charges distinguées, et que l'Eloquence
étoit le moïen le plus certain d'y
briller, ils s'attacherent à cultiver en même-
tems l'Eloquence et la Jurisprudence,
NOVEMBRE . 1733. 2425
ce qui les fit exceller dans la connoissance
du Droit et dans l'art de bien parler.
Ainsi les Sçavans aimerent mieux servir
leur Patrie et le Public de vive voix , que
par écrit. Que si quelques- uns d'entr'eux
ont laissé des Ouvrages de leur façon , la
longueur et le malheur des temps en ont
privé la posterité. Ils nous ont même envié
non seulement la connoissance de
presque tous ces grands Hommes , mais
aussi jusqu'à leurs noms et au moindre.
trait de leur Histoire.
Cette Remarque étoit nécessaire à l'égard
de quelques Lecteurs qui pourroient
s'étonner du petit nombre de Gaulois sçavans
, dont il est fait mention dans cet
Ouvrage , pour les temps qui ont précédé
la naissance de J. C. On y trouve cependant
les Eloges de Pitheas , Philosophe
Astronome et Géographe; d'Euthymenes
Historien et Géographe ; d'Eratoshénes
Philosophe et Historien ; de Lucius Plotius
, Rhéteur ; de Marcus- Antonius Gnipho
, Professeur d'Eloquence et des Belles
Lettres ; de Valerius Cato , Poëte et
Grammairien ; de Roscius excellent
Comédien ; de Divitiac , Philosophe :
de C. Valerius - Procillus , Ambassadeur.
et Favori de Jules César ; de Telon et
Gyardes , Astronomes ; de Cornelius Gal-
E lus,
2446 MERCURE DE FRANCE
lus , Poëte ; de Publ. Terentius- Varo , Historien
et Poëte , de Trogue Pompée , Historien.
N'oublions pas de dire que nos Histo
riens sur la fin d'une Préface , qu'on ne
peut se dispenser
de lire , supplient
les
Sçavans de leur faire connoître
les fautes
qui ont pû leur échaper dans le cours
d'un si long Ouvrage , et de les aider en
leur communiquant
de nouvelles
lumieres
, et en leur faisant part des richesses
litteraires
qui leur manquent. Ils addressent
sur tout cette priere aux divers
Ordres Religieux
du Royaume
, fournis
déja presque tous des Bibliotheques
de
leurs Auteurs , et par là plus à portée
d'indiquer
les autres Ecrivains
qu'ils ont
eu depuis la publication
de ces mêmes
Bibliotheques
. Pour garans de leur re
connoissance
ils donnent les témoignages
publics qu'ils rendent icy des obligations
qu'ils ont à ceux dont le commerce
litteraire
leur a été de quelque secours
,
Nous rendrons compte sommairement
dans l'un de nos premiers Journaux de
la seconde Partie de cette Histoire , qui
comprend les quatre premiers siecles du
Christianisme.
Fermer
Résumé : Histoire Litteraire de la France, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Histoire Littéraire de la France' est rédigé par des religieux bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur et publié à Paris. Il explore l'origine, le progrès, la décadence et le rétablissement des sciences parmi les Gaulois et les Français. Le premier volume se concentre sur les périodes antérieures à la naissance de Jésus-Christ et les quatre premiers siècles de l'Église. Cet ouvrage est le fruit d'une entreprise ambitieuse visant à compiler une histoire générale des savants de France. Les auteurs décrivent l'état des lettres dans les Gaules avant et durant l'époque des druides, qui étaient les hommes de lettres gaulois. Ils expliquent comment les sciences grecques se sont introduites en Gaule grâce aux Marseillois, une colonie grecque. Marseille est particulièrement soulignée pour son gouvernement politique et son académie, qui servaient de modèle aux autres villes gauloises. Les Marseillois ont fondé plusieurs villes en Gaule et ailleurs, répandant ainsi le goût des lettres et établissant des académies. L'ouvrage examine également les révolutions linguistiques en Gaule, mettant en avant l'importance de la langue grecque à Marseille et dans d'autres régions. Les Gaulois lettrés cultivaient l'éloquence et la jurisprudence, préférant servir leur patrie de vive voix plutôt que par écrit. Plusieurs savants gaulois sont mentionnés, tels que Pitheas, Eratosthène, et Trogue Pompée. Les auteurs encouragent les savants à signaler les erreurs et à partager leurs connaissances pour enrichir l'ouvrage. Ils expriment leur gratitude envers ceux qui les ont aidés dans cette entreprise.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
19
p. 804-810
RECEPTION de M. le Marquis de Villars à Marseille en qualité de Gouverneur de Provence. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville le 22 Mars 1734.
Début :
M. le Marquis de Villars arriva à Marseille le quinze de ce mois. La Noblesse [...]
Mots clefs :
Marquis de Villars, Gouverneur de Provence, Marquis de Pilles, Gardes, Noblesse, Marseille, Marche, Distinction, Musique, Souper
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RECEPTION de M. le Marquis de Villars à Marseille en qualité de Gouverneur de Provence. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville le 22 Mars 1734.
RECEPTION de M. le Marquis
de Villars à Marseille en qualité de Gouverneur
de Provence. Extrait d'une Lettre
écrite de cette Ville le 22 Mars 1734.
M. le Marquis de Villars arriva à
Marseille le quinze de ce mois. La Noblesse
étoit allée audevant de lui jusqu'aux
confins du Territoire , ayant à
sa tête le Marquis de Pilles , Gouverneur-
Vignier de Marseille , qui eût l'honneur
de présenter tous les Gentilshommes ,
qui l'avoient suivi , et qui furent reçus
de la maniere du monde la plus gracieuse .
Le Marquis de Villars monta ensuite
sur un très - beau Cheval du Marquis de
Pilles , superbement harnaché , suivi de
la
AVRIL. 1734. 805
la Noblesse , et précedé de la Compagnie
de ses Gardes . Il arriva ainsi au lieu de
la Viste , marqué pour la réception que
devoient lui faire les Echevins de Mar-
'seille. Ce Lieu est remarquable par sa
situation élevée et qui offre une veuë
toute charmante , par la multiplicité des
différents objets de Terre et de Mer , qui
font ensemble une Perspective enchantée.
C'est- là que le Marquis de Pilles s'étant
mis à la tête des Echevins et les ayant
présentez au Gouverneur , l'Orateur harangua
au nom de la Ville , on tira en
même tems quantité de Boëtes , et on fit
plusieurs Salves de Mousqueterie.
>
On se remit en marche au milieu
d'une foule innombrable de peuple , accouru
de toutes parts , et on arriva aux
Portes de la Ville . Le Marquis de Villars
précedé de sa Maison , de ses Gardes et
de la Noblesse , avoit à sa droite le Marquis
de Pilles , et le premier Echevin à
sa gauche les autres Echevins étoient
derriere lui avec son Capitaine des Gardes,
suivis duCorps de Ville et des PrincipauxBourgeois
et Négocians deMarseille.
C'est avec ce Cortége qu'il entra dans
la Ville par la Porte Royale, qu'on avoit
ornée d'un fort bel Arc de Triomphe
d'ordre Corinthien. Au milieu du Frontispi806
MERCURE DE FRANCE
tispice étoit l'Ecu des Armes du Marquis
de Villars , et au bas de l'Arc de Triomphe
couloient deux Fontaines de vin .
Le Marquis de Pilles lui présenta alors,
´en qualité de Gouverneur - Viguier , les
Clefs de la Ville. C'étoient les mêmes
Clef d'or que son Bisayeul avoit eû
l'honneur de présenter à Louis XIV , le
2 Mars de l'année 1660. et que ce grand
Prince lui rendit, en lui disant:M. de Pilles
gardez ces Clefs , elles sont bien entre vos
mains. Les Ech vins présenterent ensuite
le Dais que le Gouverneur refusa.
,
-
La marche fut continuée jusqu'à l'Eglise
Cathedrale au milieu d'une double haye,
formée par les quatre Compagnies Bourgeoises
de la Ville de cent hommes chacune
, bien armez et très
proprement
habillez . Durant la marche deux Officiers
du Marquis deVillars jettoient de l'argent
au Peuple , et les Trompertes , les Tambours
et les Hautbois ne cessérent de se
faire entendre.
M. l'Evêque de Marseille l'ayant reçu
et complimenté à la tête de son Chapi
tre , il le conduisit jusqu'au Prie- Dieu
qui lui avoit été preparé dans le Sanc-
* La seule Ville de Marseille présente des Clefs
d'or. Voyez la raison de cette distinction dans le
Mercure d'Avril 1723. p. 696.
tuaire .
AVRIL. 1734 807 .
.
tuaire. Le Te Deum fut ensuite solemnellement
chanté par la Musique de la
Cathédrale ; le Choeur et le reste de l'Eglise
étant magnifiquement ornez.
Au sortir de cette cérémonie le Marquis
de Villars ,suivi du même Cortége ,
se rendit à l'Hôtel Le M. Le Bret , Conseiller
d'Etat , Premier Président du Parlement
, Intendant de Justice et du Commerce
, et Commandant en Provence . Il
remercia là le Marquis de Pilles et toute
la Noblesse qui l'avoit suivi pour se reti
rer dans son Appartement , où il reçut
peu de tems après la visite de l'Evêque
de Marseille , et les complimens des différents
Corps et Jurisdictions de la Ville.
Peu de tems après il se rendit dans la
Sale de l'Académie de Musique pour entendre
le Concert . Il trouva un magnifique
Fauteuil avec un tapis de pied placé
dans la Galerie , qui regne autour de
cette Sale ; mais comme il y avoit beaucoup
de Dames, et qu'il n'y avoit que ce
seul Fauteuil , le Marquis de Villars ne
voulut point l'occuper , il se plaça au milieu
des Principales Dames de la Ville
dans le bas de la Sale .
Après le Concert il alla à pied , précedé
de ses Gardes et suivi de la Noblesse,
souper chez le Chevalier de Pilles, Capitaine
868 MERCURE DE FRANCE
taine de Galeres , et exerçant la Charge
de Gouverneur-Viguier pendant la minorité
du Marquis de Pilles son neveu .
Toute la Maison étoit extraordinairement
éclairée en dedans et en dehors : plus de
cent personnes de distinction y souperent.
La premiere table fut servie pour
le Marquis de Villars qui y fit placer
vingt-quatre Dames. Les autres Dames
souperent à deux autres Tables avec les
principaux Gentilhommes de la Ville et
de la Province ; tout fut servi avec la
délicatesse , le bon gout , et l'ordre qui
se rencontrent rarement avec la profusion
et le grand Monde . On admira sur tout
a magnificence du Fruit qui fut tout servi
en Porcelaines rares , et en cristaux .
Le souper fut suivi du Jeu et d'un Bal.
Le lendemain matin le Marquis de
Villars fut occupé à recevoir les Corps
des Communautez Religieuses , qui vin.
rent le complimenter , et qui furent
traitées avec toute la politesse et toute la
distinction possible . Il retourna diner
chez le Chevalier de Pilles . Ce diner répondit
parfaitement au soupé de la veille
et la joye y fut entiere. On y but plusieurs
fois avec les meilleurs vins de
France , la santé du Marêchal Duc de
Villars et la sienne..
Sur
AVRIL. 1734- 805
و
Sur la fin du Repas arriveren tles
Prudhommes du Quartier S. Jean , Cefs
et Juges du Corps des Pescheurs de la
Ville avec leurs habits de cérémonie à
l'Antiquité , l'épée nue sur l'épaule , appareil
assez singulier qui ne déplût pas
au Marquis de Villars il les reçût avec
beaucoup de bonté , loüa leur probité ,
leur exacte et briéve justice.
:
Il alla ensuite à la Comédie , dont il
vit la Représentation sur le Theatre , où
étoient aussi placées avec lui trente des
principales Dames de la Ville . Le Spectacle
étoit des plus brillants par les ornemens
extraordinaires et par le beau
Monde, La Sale étoit absolument touse
remplie.
Je ne finirois point s'il falloit ajouter
ici le détail du souper , que donna le
Biême jour au Marquis de Villars Monsieur
d'Hericourt , Intendant des Galeres ,
de celui que lui donna le lendemain M. de
S. Cannat , de la Fête et du Bal qu'il y
cut dans la Sale de l'Académie de Musique
, établie à Marseille sous la protection
particuliere du Gouverneur de la
Province. Tout fut magnifique et somptueux
par tout où il fut receu , et ce Seigneur
donna tout des marques
par tout de politesse
et de bonté , qui l'ont fait adorer
ence pays- cy.
810 MERCURE DE FRANCE .
I le quitta après avoir séjourné deux
jours et demi , témoignant autant d'empressement
d'y revenir que nous en avons
nous mêmes de le posseder un plus longtems.
Il partit hier pour Toulon suivi
du Marquis de Rognes , Premier Procureur
des Etats et Pays de Provence , du
Marquis de Pilles , qui l'accompagne en
Italie , pour servir en qualité d Ayde de
Camp du Maréchal de Villars , du Marquis
de Foresta , du Comte de Flotte et
de plusieurs autres Gentilhommes qualifiez
de la Province.
de Villars à Marseille en qualité de Gouverneur
de Provence. Extrait d'une Lettre
écrite de cette Ville le 22 Mars 1734.
M. le Marquis de Villars arriva à
Marseille le quinze de ce mois. La Noblesse
étoit allée audevant de lui jusqu'aux
confins du Territoire , ayant à
sa tête le Marquis de Pilles , Gouverneur-
Vignier de Marseille , qui eût l'honneur
de présenter tous les Gentilshommes ,
qui l'avoient suivi , et qui furent reçus
de la maniere du monde la plus gracieuse .
Le Marquis de Villars monta ensuite
sur un très - beau Cheval du Marquis de
Pilles , superbement harnaché , suivi de
la
AVRIL. 1734. 805
la Noblesse , et précedé de la Compagnie
de ses Gardes . Il arriva ainsi au lieu de
la Viste , marqué pour la réception que
devoient lui faire les Echevins de Mar-
'seille. Ce Lieu est remarquable par sa
situation élevée et qui offre une veuë
toute charmante , par la multiplicité des
différents objets de Terre et de Mer , qui
font ensemble une Perspective enchantée.
C'est- là que le Marquis de Pilles s'étant
mis à la tête des Echevins et les ayant
présentez au Gouverneur , l'Orateur harangua
au nom de la Ville , on tira en
même tems quantité de Boëtes , et on fit
plusieurs Salves de Mousqueterie.
>
On se remit en marche au milieu
d'une foule innombrable de peuple , accouru
de toutes parts , et on arriva aux
Portes de la Ville . Le Marquis de Villars
précedé de sa Maison , de ses Gardes et
de la Noblesse , avoit à sa droite le Marquis
de Pilles , et le premier Echevin à
sa gauche les autres Echevins étoient
derriere lui avec son Capitaine des Gardes,
suivis duCorps de Ville et des PrincipauxBourgeois
et Négocians deMarseille.
C'est avec ce Cortége qu'il entra dans
la Ville par la Porte Royale, qu'on avoit
ornée d'un fort bel Arc de Triomphe
d'ordre Corinthien. Au milieu du Frontispi806
MERCURE DE FRANCE
tispice étoit l'Ecu des Armes du Marquis
de Villars , et au bas de l'Arc de Triomphe
couloient deux Fontaines de vin .
Le Marquis de Pilles lui présenta alors,
´en qualité de Gouverneur - Viguier , les
Clefs de la Ville. C'étoient les mêmes
Clef d'or que son Bisayeul avoit eû
l'honneur de présenter à Louis XIV , le
2 Mars de l'année 1660. et que ce grand
Prince lui rendit, en lui disant:M. de Pilles
gardez ces Clefs , elles sont bien entre vos
mains. Les Ech vins présenterent ensuite
le Dais que le Gouverneur refusa.
,
-
La marche fut continuée jusqu'à l'Eglise
Cathedrale au milieu d'une double haye,
formée par les quatre Compagnies Bourgeoises
de la Ville de cent hommes chacune
, bien armez et très
proprement
habillez . Durant la marche deux Officiers
du Marquis deVillars jettoient de l'argent
au Peuple , et les Trompertes , les Tambours
et les Hautbois ne cessérent de se
faire entendre.
M. l'Evêque de Marseille l'ayant reçu
et complimenté à la tête de son Chapi
tre , il le conduisit jusqu'au Prie- Dieu
qui lui avoit été preparé dans le Sanc-
* La seule Ville de Marseille présente des Clefs
d'or. Voyez la raison de cette distinction dans le
Mercure d'Avril 1723. p. 696.
tuaire .
AVRIL. 1734 807 .
.
tuaire. Le Te Deum fut ensuite solemnellement
chanté par la Musique de la
Cathédrale ; le Choeur et le reste de l'Eglise
étant magnifiquement ornez.
Au sortir de cette cérémonie le Marquis
de Villars ,suivi du même Cortége ,
se rendit à l'Hôtel Le M. Le Bret , Conseiller
d'Etat , Premier Président du Parlement
, Intendant de Justice et du Commerce
, et Commandant en Provence . Il
remercia là le Marquis de Pilles et toute
la Noblesse qui l'avoit suivi pour se reti
rer dans son Appartement , où il reçut
peu de tems après la visite de l'Evêque
de Marseille , et les complimens des différents
Corps et Jurisdictions de la Ville.
Peu de tems après il se rendit dans la
Sale de l'Académie de Musique pour entendre
le Concert . Il trouva un magnifique
Fauteuil avec un tapis de pied placé
dans la Galerie , qui regne autour de
cette Sale ; mais comme il y avoit beaucoup
de Dames, et qu'il n'y avoit que ce
seul Fauteuil , le Marquis de Villars ne
voulut point l'occuper , il se plaça au milieu
des Principales Dames de la Ville
dans le bas de la Sale .
Après le Concert il alla à pied , précedé
de ses Gardes et suivi de la Noblesse,
souper chez le Chevalier de Pilles, Capitaine
868 MERCURE DE FRANCE
taine de Galeres , et exerçant la Charge
de Gouverneur-Viguier pendant la minorité
du Marquis de Pilles son neveu .
Toute la Maison étoit extraordinairement
éclairée en dedans et en dehors : plus de
cent personnes de distinction y souperent.
La premiere table fut servie pour
le Marquis de Villars qui y fit placer
vingt-quatre Dames. Les autres Dames
souperent à deux autres Tables avec les
principaux Gentilhommes de la Ville et
de la Province ; tout fut servi avec la
délicatesse , le bon gout , et l'ordre qui
se rencontrent rarement avec la profusion
et le grand Monde . On admira sur tout
a magnificence du Fruit qui fut tout servi
en Porcelaines rares , et en cristaux .
Le souper fut suivi du Jeu et d'un Bal.
Le lendemain matin le Marquis de
Villars fut occupé à recevoir les Corps
des Communautez Religieuses , qui vin.
rent le complimenter , et qui furent
traitées avec toute la politesse et toute la
distinction possible . Il retourna diner
chez le Chevalier de Pilles . Ce diner répondit
parfaitement au soupé de la veille
et la joye y fut entiere. On y but plusieurs
fois avec les meilleurs vins de
France , la santé du Marêchal Duc de
Villars et la sienne..
Sur
AVRIL. 1734- 805
و
Sur la fin du Repas arriveren tles
Prudhommes du Quartier S. Jean , Cefs
et Juges du Corps des Pescheurs de la
Ville avec leurs habits de cérémonie à
l'Antiquité , l'épée nue sur l'épaule , appareil
assez singulier qui ne déplût pas
au Marquis de Villars il les reçût avec
beaucoup de bonté , loüa leur probité ,
leur exacte et briéve justice.
:
Il alla ensuite à la Comédie , dont il
vit la Représentation sur le Theatre , où
étoient aussi placées avec lui trente des
principales Dames de la Ville . Le Spectacle
étoit des plus brillants par les ornemens
extraordinaires et par le beau
Monde, La Sale étoit absolument touse
remplie.
Je ne finirois point s'il falloit ajouter
ici le détail du souper , que donna le
Biême jour au Marquis de Villars Monsieur
d'Hericourt , Intendant des Galeres ,
de celui que lui donna le lendemain M. de
S. Cannat , de la Fête et du Bal qu'il y
cut dans la Sale de l'Académie de Musique
, établie à Marseille sous la protection
particuliere du Gouverneur de la
Province. Tout fut magnifique et somptueux
par tout où il fut receu , et ce Seigneur
donna tout des marques
par tout de politesse
et de bonté , qui l'ont fait adorer
ence pays- cy.
810 MERCURE DE FRANCE .
I le quitta après avoir séjourné deux
jours et demi , témoignant autant d'empressement
d'y revenir que nous en avons
nous mêmes de le posseder un plus longtems.
Il partit hier pour Toulon suivi
du Marquis de Rognes , Premier Procureur
des Etats et Pays de Provence , du
Marquis de Pilles , qui l'accompagne en
Italie , pour servir en qualité d Ayde de
Camp du Maréchal de Villars , du Marquis
de Foresta , du Comte de Flotte et
de plusieurs autres Gentilhommes qualifiez
de la Province.
Fermer
Résumé : RECEPTION de M. le Marquis de Villars à Marseille en qualité de Gouverneur de Provence. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville le 22 Mars 1734.
Le 15 mars 1734, le Marquis de Villars arriva à Marseille pour prendre ses fonctions de Gouverneur de Provence. Il fut accueilli par la noblesse, dirigée par le Marquis de Pilles, Gouverneur-Viguier de Marseille, aux confins du territoire. Le Marquis de Villars monta un cheval superbement harnaché fourni par le Marquis de Pilles et fut escorté jusqu'à un lieu de visite élevé offrant une vue charmante. Là, le Marquis de Pilles présenta les échevins au Gouverneur, qui fut harangué au nom de la ville, tandis que des salves de mousqueterie étaient tirées. La procession continua vers Marseille, accompagnée par une foule innombrable. Le Marquis de Villars entra dans la ville par la Porte Royale, ornée d'un arc de triomphe corinthien avec les armes du Marquis et deux fontaines de vin. Le Marquis de Pilles lui remit les clefs d'or de la ville, les mêmes que son aïeul avait présentées à Louis XIV en 1660. Les échevins offrirent ensuite un dais, que le Gouverneur refusa. La marche se poursuivit jusqu'à la cathédrale, flanquée de compagnies bourgeoises armées. Durant la marche, des officiers jetaient de l'argent au peuple et des musiciens jouaient. À la cathédrale, l'évêque de Marseille accueillit le Marquis de Villars, qui assista au Te Deum. Après la cérémonie, il se rendit à l'hôtel du Conseiller d'État Le Bret, où il remercia le Marquis de Pilles et la noblesse. Le Marquis de Villars se rendit ensuite à l'Académie de Musique, puis soupa chez le Chevalier de Pilles. Le lendemain, il reçut les corps des communautés religieuses et dina à nouveau chez le Chevalier de Pilles. Il assista également à une représentation théâtrale et à divers soupers et bals donnés en son honneur. Après un séjour de deux jours et demi, le Marquis de Villars quitta Marseille pour Toulon, accompagné de plusieurs gentilshommes de la province.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
21
p. 206-211
LETTRE de M. Naudinat, Administrateur des dragées, antivéneriennes, à Marseille, à M. Keyser, en date du 25 Septembre 1757.
Début :
Les bontés & la protection particuliere dont il a plu, Monsieur, à M. le Duc [...]
Mots clefs :
Dragées, Guérison, Malades, Succès, Symptômes, Douleurs, Maladies vénériennes, Certificats, Médecins, Marseille, Chirurgiens, Hôtel-Dieu, Échevins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Naudinat, Administrateur des dragées, antivéneriennes, à Marseille, à M. Keyser, en date du 25 Septembre 1757.
LETTRE de M. Naudinat, Administrateur des
dragées , antivéneriennes , à Marseille , à M.
Keyfer , en date du 25 Septembre 1757.
Les bontés & la protection particuliere dont il
a plu , Monfieur , à M. le Duc de Villars de
m'honorer , celles de MM . les Magiftrats &
Echevins de cette Ville , le zele & l'amour da
bien public , qui a animé MM . les Recteurs de
l'Hôtel - Dieu & de l'Hôpital , les bons offices
& l'impartialité de M. le Médecin de quartier , &
de M. le Chirurgien Gagnant maîtrife ; tout a
concouru ici , Monfieur , à faire mes épreuves
avec tout l'agrément & l'authenticité poffibles
Fo
ΣΟ
E
27
C
C
E
NOVEMBRE. 1757. 207
Point de brigue point de jaloufie aidé par
tout , & éclairé cependant , tous les fecours
m'ont été procurés. Les malades m'ont été donnés
: mes traitemens ont été fuivis , la vérité s'eft
montrée dans tout fon jour . Chacun a voulu voir,a
été fatisfait de mes épreuves , & c'eft avec le plus
grand empreffement qu'il m'a été donné , Monheur
, les certificats authentiques que j'ai l'honneur
de vous envoyer , avec le compte des dix
malades ci joints . Permettez moi de vous ajouter
en même temps , que plus ces temoignages font
flatteurs pour vous , pour votre remede & pour
moi , plus nous en devons rendre les hommages les
plus refpectueux aux illuftres protecteurs qui nous
honorent , & plus nous devons redoubler de
zele ; vous , pour m'aider de vos confeils , & me
fournir les moyens d'être de plus en plus utile à
l'humanité , & moi , pour en profiter , en confacrant
mes jours au fervice des pauvres & de tous
ceux qui auront befoin de mes fecours .
ETAT de dix malades traités à l'Hôtel- Dieu da
Marfeille , avec les dragées de M. Keyfer , fuivant
l'état conftaté par M. Montagnier , Medecin
de quartier , & M. Melicy , Chirurgien
dudit Hopital ygagnant maitrife.
1º. Jean Baptifte Neton , âgé de 10 ans , né
avec la maladie vénérienne , avoit un ulcere au
gofier , large d'environ un écu de trois livres ,
lequel avoit détruit une partie de la cloifon de la
luette & de la glande amygdale droite ; il avoit
plufieurs autres ulceres dans la bouche : cet enfant
a été parfaitement guéri .
2º. Jean Arge , âgé de 22 ans , outre plufieurs
fymptômes bien caractérisés , avoit des douleurs
4
208 MERCURE DE FRANCE.
nocturnes à prefque toutes les parties du corps,
& une entr'autres très- vive au bras droit , avec
un gonflement fur la partie latérale externe de l'avant
bras , qui empêchoit de faire aucune fonction
de fon bras depuis 3 mois. Vers le quinzieme
jour de fon traitement , ce malade fut attaqué de
la petite vérole , & il a été délivré de ces deux ma
ladies fans aucune incommodité.
3. Chriftophe Jourdan âgé de 20 ans , à la
fuite de graves fymptômes qui lui avoient paru il
y a7 à 8 mois , avoit des puftules feches au front,
une dureté confidérable & d'un pouce d'épaiffeur,
des douleurs de tête affreufes , & qui lui occafion.
noient des infomnies perpétuelles. Ce malade a été
parfaitement guéri .
4°. Catherine Canonge , âgée de 18 ans , ou
tre des fymptômes bien caractérités , avoit des
douleurs nocturnes aux extrêmités fupérieures
& inférieures : elle a été parfaitement guérie.
5. Marie Audibert , âgée de 22 ans , outre
des fymptômes bien caractérisés , avoit une ulcération
dans l'aîne , & une dureté confidérable à
une des glandes inguinales de la groffeur de
noix , elle avoit de plus des douleurs très-aigués à
la cuiffe droite. Elle a été parfaitement guérie.
6. Agnès Roche , âgée de 25 ans , avoit gagné
la maladie vénérienne , d'un enfant qu'elle
avoit nourri . Ses mammelles étoient à moitié rongées
par le virus , & elle y avoit deux chancres de
la largeur d'une piece de 24 fols chacun : elle avoit
de plus des douleurs fi aiguës , qu'elle ne pouvoit
dormir la nuit. Elle a été parfaitement guérie.
Les quatre malades qui fuivent , font encore
dans les remedes ; mais fur la fin de leurs traitemens
, & dans le meilleur état du monde.
7°. Honoré Mouton, âgé de 18 ans, eft atteint de
NOVEMBRE. 1757. 209
Tymptômes bien caractérisés à chaque côté des al
nes & autres. La fuppuration s'eft bien établie , &
fa guérifon eft très prochaine.
8. Marguerite Michel , âgée de 32 ans , à la
fuite d'un mal contidérable , fe trouve atteinte de
deux ulceres au gofier , un à chaque glande amygdale
, de la largeur d'une piece de 24 fols chacun.
Ces deux ulceres font prefque cicatrifes & fa guézifon
très - prochaine.
9. Marie Caftellant , âgée de 26 ans, étoit atreinte
d'une quantité de fymptômes bien caractérifés
, & entr'autres de dix à douze puftules fuppurées.
Tout eft féché, & fa guérifon très prochaine.
10°. Marie Rochet , eft auffi atteinte , d'une
quantité de fymptômes , & entr'autres de plufieurs
puftules durcies. Sa guérifon cit de même trèsprochaine.
J'aurai l'honneur de vous envoyer par le premier
Courier , la confirmation de ces quatres guérifons
, & j'ai celui d'être bien fincérement
Monfieur , votre & c. NAUDINAT
Certificat de M.le Médecin de quartier , de l'Hôtel-
Dieu de Marfeille.
En qualité de Médecin de quartier actuellement
de fervice , j'attefte que les fix premiers malades
ei - deffus , font fortis , qu'ils nous ont paru
bien guéris , & que les quatre autres font en voie
de guérifon. A Marseille , le 22 Septembre 1797-
Montagnier , Médecin .
Certificat de M. Mélicy , Chirurgiengagnant mak
trife à l'Hôtel-Dieu de Marfeille.
Je, fouffigné Chirurgien gagnant maîtriſe à l'Hô
el- Dieu de Marſeille attefte avoir vifité les mala
210 MERCURE DE FRANCE.
des denoncés dans cet état , & les avoir trouvé
tous atteints des fymptômes y mentionnés , &
qu'ayant fuivi le traitement du fieur Naudinat , je
déclare qu'il ne s'eft fervi que des dragées antivénériennes
de M. Keyfer , que les fix premiers malades
font fortis guéris , & que les quatre autres
font en voie d'une heureuſe guériſon , attendu
qu'il n'ont commencé à uſer du remede , que
quelque jours après les autres . A Marseille , le 22
Septembre 1757. Melicy.
Certificat de MM. les Directeurs de l'Hôtel - Dien
de Marſeille.
Nous , Directeurs dudit Hôtel- Dieu , certifions
le contenu des deux certificats ci- deffus , & atteftons
à tous qu'il appartiendra , que ceux qui les
ont fignés , font tels qu'ils fe qualifient . En foi de
quoi , nous avons figné le prefent , & à icelui fait
appofer le fceau des armes de cet Hôpital . Fait à
Marseille , le 22 Septembre 1757. Nouvil , Orry ,
Granier , Boiffon , Daller , Arnaud , Gouffet.
Certificat de MM. les Echevins de Marſeillle.
Nous , Echevins , Confeillers du Roi , Lieutenants
Généraux de police de cette ville de Marfeille
, certifions & atteftons à tous qu'il appartiendra
, que le fieur Naudinat , Chirurgien,
éleve de M. Keyfer pour adminiftrer les dragées
antivénériennes , s'eft préfenté à nous , & nous
a requis de lui indiquer des perfonnes pauvres de
l'un & de l'autre fexe , atteintes du mal vénérien ,
pour les traiter gratis , à quoi adhéraus , & informés
de l'efficacité de ce remede , nous lui avons
affigné les dix pauvres malades dénommés dans l'état
ci-deffus , dont fix ont été parfaitement guéris
fous nos yeux , & les quatre autres font en vois
NOVEMBRE: 1757. 211
de guériſon , conformément à ce qui nous eft
porté par les certificats des fieurs Directeurs de
Î'Hôtel- Dieu , du Médecin de quartier , & du
Chirurgien gagnant maîtrife . En foi de quoi nous
avons figné les préfentes , & à icelles ,
fait appofer
le fceau & armes de la Ville , pour fervir & valoir
ce que de raifon. Fait & donné , dans l'Hôtel
de Ville de Marfeille , le 24 Septembre 1757.
Mennicard , Ricaud , Couturier , la Force.
dragées , antivéneriennes , à Marseille , à M.
Keyfer , en date du 25 Septembre 1757.
Les bontés & la protection particuliere dont il
a plu , Monfieur , à M. le Duc de Villars de
m'honorer , celles de MM . les Magiftrats &
Echevins de cette Ville , le zele & l'amour da
bien public , qui a animé MM . les Recteurs de
l'Hôtel - Dieu & de l'Hôpital , les bons offices
& l'impartialité de M. le Médecin de quartier , &
de M. le Chirurgien Gagnant maîtrife ; tout a
concouru ici , Monfieur , à faire mes épreuves
avec tout l'agrément & l'authenticité poffibles
Fo
ΣΟ
E
27
C
C
E
NOVEMBRE. 1757. 207
Point de brigue point de jaloufie aidé par
tout , & éclairé cependant , tous les fecours
m'ont été procurés. Les malades m'ont été donnés
: mes traitemens ont été fuivis , la vérité s'eft
montrée dans tout fon jour . Chacun a voulu voir,a
été fatisfait de mes épreuves , & c'eft avec le plus
grand empreffement qu'il m'a été donné , Monheur
, les certificats authentiques que j'ai l'honneur
de vous envoyer , avec le compte des dix
malades ci joints . Permettez moi de vous ajouter
en même temps , que plus ces temoignages font
flatteurs pour vous , pour votre remede & pour
moi , plus nous en devons rendre les hommages les
plus refpectueux aux illuftres protecteurs qui nous
honorent , & plus nous devons redoubler de
zele ; vous , pour m'aider de vos confeils , & me
fournir les moyens d'être de plus en plus utile à
l'humanité , & moi , pour en profiter , en confacrant
mes jours au fervice des pauvres & de tous
ceux qui auront befoin de mes fecours .
ETAT de dix malades traités à l'Hôtel- Dieu da
Marfeille , avec les dragées de M. Keyfer , fuivant
l'état conftaté par M. Montagnier , Medecin
de quartier , & M. Melicy , Chirurgien
dudit Hopital ygagnant maitrife.
1º. Jean Baptifte Neton , âgé de 10 ans , né
avec la maladie vénérienne , avoit un ulcere au
gofier , large d'environ un écu de trois livres ,
lequel avoit détruit une partie de la cloifon de la
luette & de la glande amygdale droite ; il avoit
plufieurs autres ulceres dans la bouche : cet enfant
a été parfaitement guéri .
2º. Jean Arge , âgé de 22 ans , outre plufieurs
fymptômes bien caractérisés , avoit des douleurs
4
208 MERCURE DE FRANCE.
nocturnes à prefque toutes les parties du corps,
& une entr'autres très- vive au bras droit , avec
un gonflement fur la partie latérale externe de l'avant
bras , qui empêchoit de faire aucune fonction
de fon bras depuis 3 mois. Vers le quinzieme
jour de fon traitement , ce malade fut attaqué de
la petite vérole , & il a été délivré de ces deux ma
ladies fans aucune incommodité.
3. Chriftophe Jourdan âgé de 20 ans , à la
fuite de graves fymptômes qui lui avoient paru il
y a7 à 8 mois , avoit des puftules feches au front,
une dureté confidérable & d'un pouce d'épaiffeur,
des douleurs de tête affreufes , & qui lui occafion.
noient des infomnies perpétuelles. Ce malade a été
parfaitement guéri .
4°. Catherine Canonge , âgée de 18 ans , ou
tre des fymptômes bien caractérités , avoit des
douleurs nocturnes aux extrêmités fupérieures
& inférieures : elle a été parfaitement guérie.
5. Marie Audibert , âgée de 22 ans , outre
des fymptômes bien caractérisés , avoit une ulcération
dans l'aîne , & une dureté confidérable à
une des glandes inguinales de la groffeur de
noix , elle avoit de plus des douleurs très-aigués à
la cuiffe droite. Elle a été parfaitement guérie.
6. Agnès Roche , âgée de 25 ans , avoit gagné
la maladie vénérienne , d'un enfant qu'elle
avoit nourri . Ses mammelles étoient à moitié rongées
par le virus , & elle y avoit deux chancres de
la largeur d'une piece de 24 fols chacun : elle avoit
de plus des douleurs fi aiguës , qu'elle ne pouvoit
dormir la nuit. Elle a été parfaitement guérie.
Les quatre malades qui fuivent , font encore
dans les remedes ; mais fur la fin de leurs traitemens
, & dans le meilleur état du monde.
7°. Honoré Mouton, âgé de 18 ans, eft atteint de
NOVEMBRE. 1757. 209
Tymptômes bien caractérisés à chaque côté des al
nes & autres. La fuppuration s'eft bien établie , &
fa guérifon eft très prochaine.
8. Marguerite Michel , âgée de 32 ans , à la
fuite d'un mal contidérable , fe trouve atteinte de
deux ulceres au gofier , un à chaque glande amygdale
, de la largeur d'une piece de 24 fols chacun.
Ces deux ulceres font prefque cicatrifes & fa guézifon
très - prochaine.
9. Marie Caftellant , âgée de 26 ans, étoit atreinte
d'une quantité de fymptômes bien caractérifés
, & entr'autres de dix à douze puftules fuppurées.
Tout eft féché, & fa guérifon très prochaine.
10°. Marie Rochet , eft auffi atteinte , d'une
quantité de fymptômes , & entr'autres de plufieurs
puftules durcies. Sa guérifon cit de même trèsprochaine.
J'aurai l'honneur de vous envoyer par le premier
Courier , la confirmation de ces quatres guérifons
, & j'ai celui d'être bien fincérement
Monfieur , votre & c. NAUDINAT
Certificat de M.le Médecin de quartier , de l'Hôtel-
Dieu de Marfeille.
En qualité de Médecin de quartier actuellement
de fervice , j'attefte que les fix premiers malades
ei - deffus , font fortis , qu'ils nous ont paru
bien guéris , & que les quatre autres font en voie
de guérifon. A Marseille , le 22 Septembre 1797-
Montagnier , Médecin .
Certificat de M. Mélicy , Chirurgiengagnant mak
trife à l'Hôtel-Dieu de Marfeille.
Je, fouffigné Chirurgien gagnant maîtriſe à l'Hô
el- Dieu de Marſeille attefte avoir vifité les mala
210 MERCURE DE FRANCE.
des denoncés dans cet état , & les avoir trouvé
tous atteints des fymptômes y mentionnés , &
qu'ayant fuivi le traitement du fieur Naudinat , je
déclare qu'il ne s'eft fervi que des dragées antivénériennes
de M. Keyfer , que les fix premiers malades
font fortis guéris , & que les quatre autres
font en voie d'une heureuſe guériſon , attendu
qu'il n'ont commencé à uſer du remede , que
quelque jours après les autres . A Marseille , le 22
Septembre 1757. Melicy.
Certificat de MM. les Directeurs de l'Hôtel - Dien
de Marſeille.
Nous , Directeurs dudit Hôtel- Dieu , certifions
le contenu des deux certificats ci- deffus , & atteftons
à tous qu'il appartiendra , que ceux qui les
ont fignés , font tels qu'ils fe qualifient . En foi de
quoi , nous avons figné le prefent , & à icelui fait
appofer le fceau des armes de cet Hôpital . Fait à
Marseille , le 22 Septembre 1757. Nouvil , Orry ,
Granier , Boiffon , Daller , Arnaud , Gouffet.
Certificat de MM. les Echevins de Marſeillle.
Nous , Echevins , Confeillers du Roi , Lieutenants
Généraux de police de cette ville de Marfeille
, certifions & atteftons à tous qu'il appartiendra
, que le fieur Naudinat , Chirurgien,
éleve de M. Keyfer pour adminiftrer les dragées
antivénériennes , s'eft préfenté à nous , & nous
a requis de lui indiquer des perfonnes pauvres de
l'un & de l'autre fexe , atteintes du mal vénérien ,
pour les traiter gratis , à quoi adhéraus , & informés
de l'efficacité de ce remede , nous lui avons
affigné les dix pauvres malades dénommés dans l'état
ci-deffus , dont fix ont été parfaitement guéris
fous nos yeux , & les quatre autres font en vois
NOVEMBRE: 1757. 211
de guériſon , conformément à ce qui nous eft
porté par les certificats des fieurs Directeurs de
Î'Hôtel- Dieu , du Médecin de quartier , & du
Chirurgien gagnant maîtrife . En foi de quoi nous
avons figné les préfentes , & à icelles ,
fait appofer
le fceau & armes de la Ville , pour fervir & valoir
ce que de raifon. Fait & donné , dans l'Hôtel
de Ville de Marfeille , le 24 Septembre 1757.
Mennicard , Ricaud , Couturier , la Force.
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Résumé : LETTRE de M. Naudinat, Administrateur des dragées, antivéneriennes, à Marseille, à M. Keyser, en date du 25 Septembre 1757.
Dans une lettre datée du 25 septembre 1757, M. Naudinat, administrateur des dragées antivénériennes à Marseille, informe M. Keyfer des résultats positifs des traitements effectués sur des malades atteints de la maladie vénérienne. Naudinat exprime sa gratitude envers le Duc de Villars, les magistrats et échevins de Marseille, ainsi que les recteurs de l'Hôtel-Dieu et de l'hôpital, pour leur soutien et leur collaboration. Les traitements ont été suivis avec succès, conduisant à la guérison ou à une amélioration notable des patients. L'état des dix malades traités à l'Hôtel-Dieu de Marseille, établi par M. Montagnier, médecin de quartier, et M. Melicy, chirurgien, révèle que six malades ont été parfaitement guéris. Les quatre autres sont en voie de guérison. Parmi les cas notables, Jean Baptiste Neton, âgé de 10 ans, a été guéri d'un ulcère au goitre et d'autres ulcères dans la bouche. Jean Arge, âgé de 22 ans, a été délivré de douleurs nocturnes et d'un gonflement au bras droit, tout en surmontant la petite vérole. Catherine Canonge, âgée de 18 ans, et Marie Audibert, âgée de 22 ans, ont également été parfaitement guéries de leurs symptômes. Les certificats des directeurs de l'Hôtel-Dieu, du médecin de quartier, du chirurgien, et des échevins de Marseille confirment l'efficacité des dragées antivénériennes de M. Keyfer et la guérison des malades. Naudinat conclut en exprimant son désir de continuer à servir l'humanité et de redoubler de zèle pour aider les pauvres et ceux qui ont besoin de ses soins.
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