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151
p. 1247-1255
« Le 16 Mai 1734. Dame Geneviéve Hérault, veuve depuis le 12 Mars 1719, de Henri Bourdon [...] »
Début :
Le 16 Mai 1734. Dame Geneviéve Hérault, veuve depuis le 12 Mars 1719, de Henri Bourdon [...]
Mots clefs :
Paris, Armées, Chevalier des Ordres du roi, Enfants, Âge, Duc d'Orléans, Pierre-Madeleine de Beauvau, Jacques-Henri de Lorraine, François de Cormis, Georges-Jacques de Clermont, Bruno-Emmanuel-Marie-Esprit de Vassy
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texteReconnaissance textuelle : « Le 16 Mai 1734. Dame Geneviéve Hérault, veuve depuis le 12 Mars 1719, de Henri Bourdon [...] »
Le 16 Mai 1734. Dame Geneviéve Hérault ,
Veuve depuis le 12 Mars 1719. de Henri Bourdon
, Conseiller du Roi , Correcteur ordinaire
en sa Chambre des Comptes de Paris , mourut ,
laissant une fille unique , nommée Barbe Geneviéve
Bourdon , matiée au mois de Juin 1712.
avec Armand- Louis Parent , Conseiller au Parle
ment de Paris , depuis le 16 Mars 1720 .
Le même jour , Gui-Etienne- Alexandre de
1. Vol. I vj Faoucq
1248 MERCURE DE FRANCE
,
Faoucq , Chevalier , Marquis de Garnetot ,
en Normandie , Mestre de Camp de Car
valerie , et Sous- Lieutenant de la Compagnie
des Chevaux Legers de Bretagne mourut à
Strasbourg,dans la 37 année de son âge. L étoit
fils de Gui de Faoucq , Seigneur de Garnetot,
et de Marie - Louise du Houlley , sa femme , e
il avoit été marié le 30 Juin 172 t . avec Charlotte-
Sophie de Sonning , fille de feu André Nicolas
de Sonning Receveur General des Finances
de la Generalité de Paris , et de Louise - Chat.
lotte de Launay , sa veuve. Il en a eu des Enfans.
2.
Le 21 , Frere Elisabeth - René de Froulay de
Tessé , Chevalier de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem
, et Lieutenant de Vaisseaux du Roi
deuxième fils de René Mans de Froulay , Comte
de Tessé , Vicomte de Beaumont et de Frenay ,
Marquis de Lavardin et de Lessart, Grand d'Es
pagne , Lieutenant General au Gouvernement du
Pays du Maine , Perche et Comté de Laval
Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant Generai
de ses Armées , et premier Ecuyer de la
Rejne , et de teue Dame Marie- Elisabeth- C aude
Pétionille Bouchu , morte le 9 Dicembre 1733.
mourut au Château de Vernie au Maine dans.
la 23 année de son âge , étant né à Paris, le 17
Août 1711..
>
"
Le 22 , M de la Roque , Chevalier de l'Ordre
Militaire de S. Louis , Enseigne de la premiere
Compagnie des Gardes du Corps du Roi , et Brigadier
de ses Armées , de la Promotion du 20
Fevrier dernier , mourut de maladie au Camp de
Bruchsall en Allemagne..
Le 30 Mai , Pierre- Madelene de Beauvau
Marquis du Rivau , appellé le Comte de Beau-
I., Vals.
vau,
་་་
24
573.40
•
vau , Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant
General des Armées de S. M. Directeur General
de la Cavalerie , et Gouverneur de la Ville de
Douay , y mourut dans la 71 année de son âge .
fl tur successivement Guidon des Gendarmes .
Anglois au mois de Mars 1680 Enseigne de
cette Compagnie le 7 Septembre 1687 Sous-
Lieutenane de ce le des Gendarmes Flamans le
Premier Novembre 1693. créé Brigadier de Ca
valerie le 23 Decembre 1702 Chevalier de l'Or
dre Militaire de S Louis en 174. Capitaine-
Lieutenant de la Compagnie des Chevaux Legers
de Bourgogne , le 10 Avril 1706. Inspec
teur General de Cavalerie la même année , Ma
recha de Camp le 2. Mais 1709. Lieutenant
General des Armées du Roile 8 Mars 1718.
nommé Commandant en Chef en Dauphiné au
mois d'Avril 1719. et Directeur General de la
Cavalerie au mois de Mai suivant . Il fut un des .
4 Seigneurs , qui accompagnerent et reconduisi
rent la Sainte Ampoule au Sacre du Roi , le 25
Octobre fut 1722. Chevalier des Ordres du reçu
Roi , le 3 Juin 1724. et fut en 1725. Pun des
doux Ambassadeurs extraordinaires pour le Mariage
de S. M. à Strashourg . Enfin le Gouver
nement de Douay lui fut donné au mois de
Mars 1732. Le Comte de Beauvau , frere aîné
de René- François de Beauvau du Rivau , Aiche
vêque de Narbonne , Commandeur des Ordres
du Roi , étoit fils de Jacques de Beauvau, Marquis
du Rivau, Capitaine Colonel des 100 Suisses
de la Garde de Gaston , Duc d'Orleans , Mar.
réchal des Camps et Armées du Roi , mort le
5 Juillet 1702. âgé de 76 ans , et de Diane Marie
du Cimpet de Saugeon sa femme , moite
le 30 Juin de la même année 1702. âgée de 82
1.Vol . ans 2>
$250 MERCURE DE FRANCE
ans , et il avoit été marié le 28 Avril 1711
avec Marie-Therese de Beauvau , sa cousine du
3 au 4 degré , fille de Gabriël- Henri de Beauvau
, Marquis de Montgogier , Comte de Crissé,
Capitaine des Gardes du Corps de feu Philippe ,
fils de France Duc d'Orleans , et de feuë Marie-
Angelique de S.André, sa premiere femme. Il en
a laissé Marie - Anne - Elisabeth de Beauvau , fille
unique , née le 31 Janvier 1712. mariée le 4
Mai 1730, avec Louis - Paul de Rochechouart ,
Duc de Mortemar , Pair de France , appellé le
Duc de Rochechouart , Premier Gentilhomme
de la Chambre du Roi , et Colonel d'un Regiment
d'Infanterie , dont elle est restée veuve
sans enfans , le 4 Decembre 1731 .
Jacques- Henri de Lorraine , Prince de Lixin,
Marquis de Craon et d'Ambleville , Grand
Maître de Lorraine , Chevalier des Ordres du
Roi , Mestre de Camp d'un Regiment de Cavalerie
pour son service , et Brigadier de ses Armées
de la promotion du 20 Fevrier dernier
a été tué le 2 du présent mois de Juin
la tête du Pont de Philisbourg , dans la 37
année de son âge , étant né le 24 Mars 1698 ,
étoit frere puîné de Charles - Louis de Lorraine,
Prince de Pons , Chevalier des Ordres du Roi ,
Colonel d'un Regiment d'Infanterie , et Briga
dier des Armées de S M. de la même promo
tion du 20 Fevrier dernier , et fils de feu Charles
de Lorraine , Comte de Marsan , aussi
Chevalier des Ordres du Roi , mort le 13 No
vembre 1708. et de feuë D. Catherine- Therese
de Matignon , sa deuxième femme , morte le
7 Decembre 1699. laquelle étoit veuve eu premieres
noces de Jean - Baptiste Colbert , Marquis
de Seignelay , Ministre et Sécretaire d'Etat •
I.Vol Come
JUIN. 1734- 1251
Commandeur des Ordres du Roi , mort le 3
Novembre 1690. Le Prince de Lixin avoit été
Chevalier de Malthe , porté le titre de Chevalier
de Lorraine. Il quitta la Croix et se maria le
19. Août 1721 , avec Marguerite - Gabriele de
Beauveau , fille de Marc de eBauveau ; marquis
de Craon , et d'Haroüel , Baron d'Antray de
S. Georges et de Turkestin , Conseiller d'Etat ,
et Grand Ecuyer du Duc de Lorraine , créé Prince
de l'Empire , et de Dame Marguerite de Ligneville
, Dame d'honneur de la Duchesse de
Lorraine. Le feu Duc de Lorraine dernier mort
lui donna en faveur de ce mariage le titee de
Prince de Lixin , et retablit pour lui la Charge
de Grand- Maitre de sa maison; il n'a point laissé
d'enfans.
Le 3. Juin 1734. Jacob Marquis de Montalambert
, Ecuyer de la Princesse de Conti , mourut
à Paris , au petit Hôtel de Conti , âgé de
37. ans.
Le même jour Dame Jeanne - Therese - Antoi
nette Pelletier , femme de Louis- Anne Seguier ,
Conseiller au Parlement de Paris , qu'elle avoit
épousé le 26. Fevrier 1726. et fille unique d'An
toine - Denis Pelletier , Auditeur ordinaire de
la Chambre des Comptes de Paris , et de Dame
Suzanne le Noir , mourut après une longue ma
Jadie à Paris , dans une âge peu avancé , laissant
des enfans.
Le 4 DameMarie - Louise- Charlotte Desvieux,
Epouse de Charles de Montholon , Conseiller au
Parlement de Paris , mourut d'une maladie de
poitrine , n'étant mariée que depuis le 22. Fevrier
dernier , ainsi qu'il a été rapporté dans le
Mercure du mois de Mars , p . 619. elle étoit âgée
17. ans 2. mois'et demi. de
.
1.Vol. Fran
1242 MERCURE DE FRANCE
François de Cormis , fi's de Noble Antoine
de Cormis , Syndic de la Provence , et de Dame
Françoise du Perier , Doyen des Avocats au Patlement
de Provence , recommandable par sa pieté
par sa vie penitente , son desinteressement ,
son amour pour les pauvres , et par une profon
de capacité dans sa profession , mourut à Aix le
4. Jum 1734. après avoir été la veille , jour de
l'Ascension , entendre la Messe , et communier.
Il étoit âgé de 95. ans , étant né le 25. Juillet
1639. Il étoit le dernier survivant de sa Classe à
la Tontine , dont le produit qui étoit dans ces
derniers tems de 57. mille livres a toujours été
affecté en entier pour les Hôpitaux et pour les
Pauvres. Il a institué ses Heritiers par son Testament
les Hôpitaux de la Misericorde et de la
Charité de la Ville d'Aix .
2.
Le Comte de Clermont d'Amboise , Colonel
du Régiment d'Auvergne , Inspecteur general
d'Infanterie , et Brigadier des Armées du Roy ,
de la promotion du 20. Eévrier dernier , qui
mourut au Camp de Sanguina, dans le Parmesan ,
le 6. Juin 1734. d'un coup de mousquet qu'il
avoit reçû e 4. précèdent à Colorno , en allant ,
sans avoir été commandé , poster sc. hommes
sur la Parma , il étoit âgé d'environ 45. ans , et
il se nommon Georges - Jacques de Ciermont ,
Seigneur , Marquis de S. Aignan , de Verdigny,
&c. Il étoit fils de feu Georges- Henry de Clermont
, Seigneur de S. Aignan , Verdigny , &c.
Maréchal de Camp des Armées du Roy , mort
à Mantoue au mois d'Avril 1702. d'une blessure
qu'il avoit reçue dans une sortie pendant le blocus
de cette Place , et de D Marie - Magdeleine
Birault de Chizay , et il avoit été marié le 14
Janvier 1728. avec Louise-Diane- Françoise de
1. Vol Cler
JUIN. 1734. 7253
Clermont , de même Maison que lui , fille de
Pierre Gaspard , Marquis de Cermont Gallerande
, Seigneur de Loudon , de Mera , &c . Che
valier des Ördres du Roy , Maréchal de Camp de
ses Armées , de la promotion du 20. Février
dernier , Bailly de Dole , et premier Ecuyer du
Duc d'Orleans , et de D. Gabrielle- Françoise
d'O , Dame d'Atours de la Duchesse Douairiere
d'Orleans.
Le 7. Jean- Baptiste-Louis Couturier , Prêtre ,
Chanoine honoraire de l'Eglise Royale , Collegiale
et Paroissiale de S. Germain l'Auxerrois
Prédicateur ordinaire du Roy , mourut à Paris,
âgé d'environ 55. ans , après s'être acquis beaucoup
de réputation par ses talens pour la Chaire,
ayant prêché plusieurs fois à la Cour et rempli
les meilleures Chaires de Paris , toujours avec
un grand concours . Il avoit été nommé par
Archevêque de Paris , au mois de Novembre
1730 à la Cure de la Paroisse de S. Sauveur,
mais il ne parut dans cette Eglise que pour en
prendre possession , s'étant démis incontinent
après de cette Cure.
Le 10. Pierre Felicien de Bofflin , Marquis
d'Argenson , Seigneur de Pezigneux , Gentilhomme
de Dauphiné , Commandeur de l'Ordre
Royal et Militaire de S. Louis , Brigadier des.
Armées du Roy , de la promotion du premier
Février 1719. et Gouverneur de Gap mourut
à Paris âgé de 14. ans. Le Gouvernement de
Gap en Dauphiné a été donné au fils aîné du
deffunt .
Le 11. Henry- Hubert d'Estampes , Marquis
de Valençay , Seigneur du Guepeau , mourut à
Paris , âgé de 49. ans , 6. mois 11. jours , et fut
inhumé le lendemain au soir aux Carmes Dé-
1. Vol. chaus
254 MERCURE DE FRANCE
chaussez. Il étoit fils de feu Jean- Hippolité d'Es
tampes , Marquis de Valençay , mort au mois de
Mars 1697. et de Dame Gabrielle - Louise Masso
du Bousquet , et il avoit été marié le 30. Septembre
1715. avec Marie- Philiberte Amelot ,
soeur de Jean-Jacques Amelot, Seigneur de Chail-
Jou , Conseiller d'Etat ordinaire et Intendant des
Finances , l'un des 40. de l'Académie Françoise,
et fille de Denis -Jean Amelot , Seigneur de Chail
lou et de Chastillon sur Indre , Maître des Requêtes
Honoraire de l'Hôtel du Roy , et de feue
Philiberte Barillon d'Amoncourt . Il en laisse des
enfans.
Le 15. D. Marie- Magdelaine Robin de la Peschellerie
, Epouse de Jean - Marie de Vougny ,
Seigneur de Foileny , Conseiller du Roy en ses
Conseils , Secretaire de S. M. et Secretaire ordinaire
du Conseil d'Etat , Direction et Finances ,
avec lequel elle avoit été mariée au mois d'Avril
1733. mourut âgée de 23. 24. ans , après être
accouchée le 12. précédent d'un fils , qu'elle a
laissé vivant. Elle étoit fille unique de M. Robin
de la Peschellerie, reçû Secretaire du Roy en 1732
à
Le 26. May 1734. les Cerémonies du Baptême
furent suppléées parM.Cesar le Blanc , Evêque d'A
vranches , dans l'Eglise de S. Eustache à Paris , à
Bruno- Emanuel- Marie- Esprit de Vassy , né le
25. Mars 1717. au Château de Bressey en Normandie
, et ondoyé le même jour , par permission
de l'Evêque d'Avranches , fils de M. Fran
çois-Marie de Vassy , Chevalier , Seigneur , Mar
quis de Bressey , de Pirou , &c. et de D. Helene
Pelagie Geraldin , son Epouse. Les Parein et Ma.
raine ont été M. Claude-Constance- Esprit Juyenal
d'Harville des Ursins , Marquis de Trai
I Vol.
ncl
JUIN. 1934
8255
·
mel , âgé de 11. ans , et Dlle Claude- Constance-
Esprit Juvenale d'Harville des Ursins de Trainel ,
Frere et Soeur , tofans de feu Esprit- Juvenal
d'Harville des Ursins , Marquis de Trainel, Scigneur
de Doue , Colonel du Régiment de Dragons
d'Orleans , mort le 11. Juillet 1726. etde
D. Louise- Magdeleine le Blanc, sa Veuve , Niece
de l'Evêque d'Avranches.
Ca
La Marquise de la Vieuville accoucha le Dimanche
6. Juin , d'un garçon , qui a été tenu sur
les Fonts de Baptême par le Comte de la Vieuville
, et par la Marquise de Caux ; il a été nome
umé Charles-Jean- Baptiste-Julle.
Veuve depuis le 12 Mars 1719. de Henri Bourdon
, Conseiller du Roi , Correcteur ordinaire
en sa Chambre des Comptes de Paris , mourut ,
laissant une fille unique , nommée Barbe Geneviéve
Bourdon , matiée au mois de Juin 1712.
avec Armand- Louis Parent , Conseiller au Parle
ment de Paris , depuis le 16 Mars 1720 .
Le même jour , Gui-Etienne- Alexandre de
1. Vol. I vj Faoucq
1248 MERCURE DE FRANCE
,
Faoucq , Chevalier , Marquis de Garnetot ,
en Normandie , Mestre de Camp de Car
valerie , et Sous- Lieutenant de la Compagnie
des Chevaux Legers de Bretagne mourut à
Strasbourg,dans la 37 année de son âge. L étoit
fils de Gui de Faoucq , Seigneur de Garnetot,
et de Marie - Louise du Houlley , sa femme , e
il avoit été marié le 30 Juin 172 t . avec Charlotte-
Sophie de Sonning , fille de feu André Nicolas
de Sonning Receveur General des Finances
de la Generalité de Paris , et de Louise - Chat.
lotte de Launay , sa veuve. Il en a eu des Enfans.
2.
Le 21 , Frere Elisabeth - René de Froulay de
Tessé , Chevalier de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem
, et Lieutenant de Vaisseaux du Roi
deuxième fils de René Mans de Froulay , Comte
de Tessé , Vicomte de Beaumont et de Frenay ,
Marquis de Lavardin et de Lessart, Grand d'Es
pagne , Lieutenant General au Gouvernement du
Pays du Maine , Perche et Comté de Laval
Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant Generai
de ses Armées , et premier Ecuyer de la
Rejne , et de teue Dame Marie- Elisabeth- C aude
Pétionille Bouchu , morte le 9 Dicembre 1733.
mourut au Château de Vernie au Maine dans.
la 23 année de son âge , étant né à Paris, le 17
Août 1711..
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"
Le 22 , M de la Roque , Chevalier de l'Ordre
Militaire de S. Louis , Enseigne de la premiere
Compagnie des Gardes du Corps du Roi , et Brigadier
de ses Armées , de la Promotion du 20
Fevrier dernier , mourut de maladie au Camp de
Bruchsall en Allemagne..
Le 30 Mai , Pierre- Madelene de Beauvau
Marquis du Rivau , appellé le Comte de Beau-
I., Vals.
vau,
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vau , Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant
General des Armées de S. M. Directeur General
de la Cavalerie , et Gouverneur de la Ville de
Douay , y mourut dans la 71 année de son âge .
fl tur successivement Guidon des Gendarmes .
Anglois au mois de Mars 1680 Enseigne de
cette Compagnie le 7 Septembre 1687 Sous-
Lieutenane de ce le des Gendarmes Flamans le
Premier Novembre 1693. créé Brigadier de Ca
valerie le 23 Decembre 1702 Chevalier de l'Or
dre Militaire de S Louis en 174. Capitaine-
Lieutenant de la Compagnie des Chevaux Legers
de Bourgogne , le 10 Avril 1706. Inspec
teur General de Cavalerie la même année , Ma
recha de Camp le 2. Mais 1709. Lieutenant
General des Armées du Roile 8 Mars 1718.
nommé Commandant en Chef en Dauphiné au
mois d'Avril 1719. et Directeur General de la
Cavalerie au mois de Mai suivant . Il fut un des .
4 Seigneurs , qui accompagnerent et reconduisi
rent la Sainte Ampoule au Sacre du Roi , le 25
Octobre fut 1722. Chevalier des Ordres du reçu
Roi , le 3 Juin 1724. et fut en 1725. Pun des
doux Ambassadeurs extraordinaires pour le Mariage
de S. M. à Strashourg . Enfin le Gouver
nement de Douay lui fut donné au mois de
Mars 1732. Le Comte de Beauvau , frere aîné
de René- François de Beauvau du Rivau , Aiche
vêque de Narbonne , Commandeur des Ordres
du Roi , étoit fils de Jacques de Beauvau, Marquis
du Rivau, Capitaine Colonel des 100 Suisses
de la Garde de Gaston , Duc d'Orleans , Mar.
réchal des Camps et Armées du Roi , mort le
5 Juillet 1702. âgé de 76 ans , et de Diane Marie
du Cimpet de Saugeon sa femme , moite
le 30 Juin de la même année 1702. âgée de 82
1.Vol . ans 2>
$250 MERCURE DE FRANCE
ans , et il avoit été marié le 28 Avril 1711
avec Marie-Therese de Beauvau , sa cousine du
3 au 4 degré , fille de Gabriël- Henri de Beauvau
, Marquis de Montgogier , Comte de Crissé,
Capitaine des Gardes du Corps de feu Philippe ,
fils de France Duc d'Orleans , et de feuë Marie-
Angelique de S.André, sa premiere femme. Il en
a laissé Marie - Anne - Elisabeth de Beauvau , fille
unique , née le 31 Janvier 1712. mariée le 4
Mai 1730, avec Louis - Paul de Rochechouart ,
Duc de Mortemar , Pair de France , appellé le
Duc de Rochechouart , Premier Gentilhomme
de la Chambre du Roi , et Colonel d'un Regiment
d'Infanterie , dont elle est restée veuve
sans enfans , le 4 Decembre 1731 .
Jacques- Henri de Lorraine , Prince de Lixin,
Marquis de Craon et d'Ambleville , Grand
Maître de Lorraine , Chevalier des Ordres du
Roi , Mestre de Camp d'un Regiment de Cavalerie
pour son service , et Brigadier de ses Armées
de la promotion du 20 Fevrier dernier
a été tué le 2 du présent mois de Juin
la tête du Pont de Philisbourg , dans la 37
année de son âge , étant né le 24 Mars 1698 ,
étoit frere puîné de Charles - Louis de Lorraine,
Prince de Pons , Chevalier des Ordres du Roi ,
Colonel d'un Regiment d'Infanterie , et Briga
dier des Armées de S M. de la même promo
tion du 20 Fevrier dernier , et fils de feu Charles
de Lorraine , Comte de Marsan , aussi
Chevalier des Ordres du Roi , mort le 13 No
vembre 1708. et de feuë D. Catherine- Therese
de Matignon , sa deuxième femme , morte le
7 Decembre 1699. laquelle étoit veuve eu premieres
noces de Jean - Baptiste Colbert , Marquis
de Seignelay , Ministre et Sécretaire d'Etat •
I.Vol Come
JUIN. 1734- 1251
Commandeur des Ordres du Roi , mort le 3
Novembre 1690. Le Prince de Lixin avoit été
Chevalier de Malthe , porté le titre de Chevalier
de Lorraine. Il quitta la Croix et se maria le
19. Août 1721 , avec Marguerite - Gabriele de
Beauveau , fille de Marc de eBauveau ; marquis
de Craon , et d'Haroüel , Baron d'Antray de
S. Georges et de Turkestin , Conseiller d'Etat ,
et Grand Ecuyer du Duc de Lorraine , créé Prince
de l'Empire , et de Dame Marguerite de Ligneville
, Dame d'honneur de la Duchesse de
Lorraine. Le feu Duc de Lorraine dernier mort
lui donna en faveur de ce mariage le titee de
Prince de Lixin , et retablit pour lui la Charge
de Grand- Maitre de sa maison; il n'a point laissé
d'enfans.
Le 3. Juin 1734. Jacob Marquis de Montalambert
, Ecuyer de la Princesse de Conti , mourut
à Paris , au petit Hôtel de Conti , âgé de
37. ans.
Le même jour Dame Jeanne - Therese - Antoi
nette Pelletier , femme de Louis- Anne Seguier ,
Conseiller au Parlement de Paris , qu'elle avoit
épousé le 26. Fevrier 1726. et fille unique d'An
toine - Denis Pelletier , Auditeur ordinaire de
la Chambre des Comptes de Paris , et de Dame
Suzanne le Noir , mourut après une longue ma
Jadie à Paris , dans une âge peu avancé , laissant
des enfans.
Le 4 DameMarie - Louise- Charlotte Desvieux,
Epouse de Charles de Montholon , Conseiller au
Parlement de Paris , mourut d'une maladie de
poitrine , n'étant mariée que depuis le 22. Fevrier
dernier , ainsi qu'il a été rapporté dans le
Mercure du mois de Mars , p . 619. elle étoit âgée
17. ans 2. mois'et demi. de
.
1.Vol. Fran
1242 MERCURE DE FRANCE
François de Cormis , fi's de Noble Antoine
de Cormis , Syndic de la Provence , et de Dame
Françoise du Perier , Doyen des Avocats au Patlement
de Provence , recommandable par sa pieté
par sa vie penitente , son desinteressement ,
son amour pour les pauvres , et par une profon
de capacité dans sa profession , mourut à Aix le
4. Jum 1734. après avoir été la veille , jour de
l'Ascension , entendre la Messe , et communier.
Il étoit âgé de 95. ans , étant né le 25. Juillet
1639. Il étoit le dernier survivant de sa Classe à
la Tontine , dont le produit qui étoit dans ces
derniers tems de 57. mille livres a toujours été
affecté en entier pour les Hôpitaux et pour les
Pauvres. Il a institué ses Heritiers par son Testament
les Hôpitaux de la Misericorde et de la
Charité de la Ville d'Aix .
2.
Le Comte de Clermont d'Amboise , Colonel
du Régiment d'Auvergne , Inspecteur general
d'Infanterie , et Brigadier des Armées du Roy ,
de la promotion du 20. Eévrier dernier , qui
mourut au Camp de Sanguina, dans le Parmesan ,
le 6. Juin 1734. d'un coup de mousquet qu'il
avoit reçû e 4. précèdent à Colorno , en allant ,
sans avoir été commandé , poster sc. hommes
sur la Parma , il étoit âgé d'environ 45. ans , et
il se nommon Georges - Jacques de Ciermont ,
Seigneur , Marquis de S. Aignan , de Verdigny,
&c. Il étoit fils de feu Georges- Henry de Clermont
, Seigneur de S. Aignan , Verdigny , &c.
Maréchal de Camp des Armées du Roy , mort
à Mantoue au mois d'Avril 1702. d'une blessure
qu'il avoit reçue dans une sortie pendant le blocus
de cette Place , et de D Marie - Magdeleine
Birault de Chizay , et il avoit été marié le 14
Janvier 1728. avec Louise-Diane- Françoise de
1. Vol Cler
JUIN. 1734. 7253
Clermont , de même Maison que lui , fille de
Pierre Gaspard , Marquis de Cermont Gallerande
, Seigneur de Loudon , de Mera , &c . Che
valier des Ördres du Roy , Maréchal de Camp de
ses Armées , de la promotion du 20. Février
dernier , Bailly de Dole , et premier Ecuyer du
Duc d'Orleans , et de D. Gabrielle- Françoise
d'O , Dame d'Atours de la Duchesse Douairiere
d'Orleans.
Le 7. Jean- Baptiste-Louis Couturier , Prêtre ,
Chanoine honoraire de l'Eglise Royale , Collegiale
et Paroissiale de S. Germain l'Auxerrois
Prédicateur ordinaire du Roy , mourut à Paris,
âgé d'environ 55. ans , après s'être acquis beaucoup
de réputation par ses talens pour la Chaire,
ayant prêché plusieurs fois à la Cour et rempli
les meilleures Chaires de Paris , toujours avec
un grand concours . Il avoit été nommé par
Archevêque de Paris , au mois de Novembre
1730 à la Cure de la Paroisse de S. Sauveur,
mais il ne parut dans cette Eglise que pour en
prendre possession , s'étant démis incontinent
après de cette Cure.
Le 10. Pierre Felicien de Bofflin , Marquis
d'Argenson , Seigneur de Pezigneux , Gentilhomme
de Dauphiné , Commandeur de l'Ordre
Royal et Militaire de S. Louis , Brigadier des.
Armées du Roy , de la promotion du premier
Février 1719. et Gouverneur de Gap mourut
à Paris âgé de 14. ans. Le Gouvernement de
Gap en Dauphiné a été donné au fils aîné du
deffunt .
Le 11. Henry- Hubert d'Estampes , Marquis
de Valençay , Seigneur du Guepeau , mourut à
Paris , âgé de 49. ans , 6. mois 11. jours , et fut
inhumé le lendemain au soir aux Carmes Dé-
1. Vol. chaus
254 MERCURE DE FRANCE
chaussez. Il étoit fils de feu Jean- Hippolité d'Es
tampes , Marquis de Valençay , mort au mois de
Mars 1697. et de Dame Gabrielle - Louise Masso
du Bousquet , et il avoit été marié le 30. Septembre
1715. avec Marie- Philiberte Amelot ,
soeur de Jean-Jacques Amelot, Seigneur de Chail-
Jou , Conseiller d'Etat ordinaire et Intendant des
Finances , l'un des 40. de l'Académie Françoise,
et fille de Denis -Jean Amelot , Seigneur de Chail
lou et de Chastillon sur Indre , Maître des Requêtes
Honoraire de l'Hôtel du Roy , et de feue
Philiberte Barillon d'Amoncourt . Il en laisse des
enfans.
Le 15. D. Marie- Magdelaine Robin de la Peschellerie
, Epouse de Jean - Marie de Vougny ,
Seigneur de Foileny , Conseiller du Roy en ses
Conseils , Secretaire de S. M. et Secretaire ordinaire
du Conseil d'Etat , Direction et Finances ,
avec lequel elle avoit été mariée au mois d'Avril
1733. mourut âgée de 23. 24. ans , après être
accouchée le 12. précédent d'un fils , qu'elle a
laissé vivant. Elle étoit fille unique de M. Robin
de la Peschellerie, reçû Secretaire du Roy en 1732
à
Le 26. May 1734. les Cerémonies du Baptême
furent suppléées parM.Cesar le Blanc , Evêque d'A
vranches , dans l'Eglise de S. Eustache à Paris , à
Bruno- Emanuel- Marie- Esprit de Vassy , né le
25. Mars 1717. au Château de Bressey en Normandie
, et ondoyé le même jour , par permission
de l'Evêque d'Avranches , fils de M. Fran
çois-Marie de Vassy , Chevalier , Seigneur , Mar
quis de Bressey , de Pirou , &c. et de D. Helene
Pelagie Geraldin , son Epouse. Les Parein et Ma.
raine ont été M. Claude-Constance- Esprit Juyenal
d'Harville des Ursins , Marquis de Trai
I Vol.
ncl
JUIN. 1934
8255
·
mel , âgé de 11. ans , et Dlle Claude- Constance-
Esprit Juvenale d'Harville des Ursins de Trainel ,
Frere et Soeur , tofans de feu Esprit- Juvenal
d'Harville des Ursins , Marquis de Trainel, Scigneur
de Doue , Colonel du Régiment de Dragons
d'Orleans , mort le 11. Juillet 1726. etde
D. Louise- Magdeleine le Blanc, sa Veuve , Niece
de l'Evêque d'Avranches.
Ca
La Marquise de la Vieuville accoucha le Dimanche
6. Juin , d'un garçon , qui a été tenu sur
les Fonts de Baptême par le Comte de la Vieuville
, et par la Marquise de Caux ; il a été nome
umé Charles-Jean- Baptiste-Julle.
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Résumé : « Le 16 Mai 1734. Dame Geneviéve Hérault, veuve depuis le 12 Mars 1719, de Henri Bourdon [...] »
En mai et juin 1734, plusieurs personnalités notables décédèrent. Le 16 mai, Dame Geneviève Hérault, veuve de Henri Bourdon, Conseiller du Roi, mourut à l'âge de 82 ans, laissant une fille unique, Barbe Geneviève Bourdon, mariée à Armand-Louis Parent. Le même jour, Gui-Étienne-Alexandre de Faoucq, Chevalier et Marquis de Garnetot, mourut à Strasbourg à l'âge de 37 ans. Il était marié à Charlotte-Sophie de Sonning et avait des enfants. Le 21 mai, Frère Élisabeth-René de Froulay de Tessé, Chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et Lieutenant de vaisseaux du Roi, mourut au Château de Vernie à l'âge de 23 ans. Le 22 mai, M. de la Roque, Chevalier de l'Ordre Militaire de Saint-Louis et Brigadier des Armées du Roi, mourut de maladie au camp de Bruchsall en Allemagne. Le 30 mai, Pierre-Madelaine de Beauvau, Marquis du Rivau et Comte de Beauvau, Lieutenant Général des Armées du Roi et Directeur Général de la Cavalerie, mourut à Douai à l'âge de 71 ans. Il avait une fille unique, Marie-Anne-Élisabeth de Beauvau, mariée à Louis-Paul de Rochechouart, Duc de Mortemar. Jacques-Henri de Lorraine, Prince de Lixin, fut tué le 2 juin à la tête du Pont de Philisbourg à l'âge de 37 ans. Il était marié à Marguerite-Gabrielle de Beauvau et n'avait pas d'enfants. Le 3 juin, Jacques Marquis de Montalambert, Ecuyer de la Princesse de Conti, mourut à Paris à l'âge de 37 ans. Le même jour, Dame Jeanne-Thérèse-Antoinette Pelletier, épouse de Louis-Anne Seguier, mourut à Paris après une longue maladie, laissant des enfants. Le 4 juin, Dame Marie-Louise-Charlotte Desvieux, épouse de Charles de Montholon, mourut à l'âge de 17 ans et demi. Le même jour, François de Cormis, Doyen des Avocats au Parlement de Provence, mourut à Aix à l'âge de 95 ans. Le Comte de Clermont d'Amboise, Colonel du Régiment d'Auvergne et Brigadier des Armées du Roi, mourut le 6 juin au camp de Sanguina en Parmesan à l'âge d'environ 45 ans. Le 7 juin, Jean-Baptiste-Louis Couturier, Prêtre et Chanoine honoraire de l'Église Royale de Saint-Germain l'Auxerrois, mourut à Paris à l'âge d'environ 55 ans. Le 10 juin, Pierre Félicien de Bofflin, Marquis d'Argenson et Gouverneur de Gap, mourut à Paris à l'âge de 64 ans. Le 11 juin, Henry-Hubert d'Estampes, Marquis de Valençay, mourut à Paris à l'âge de 49 ans, 6 mois et 11 jours. Le 15 juin, Dame Marie-Magdelaine Robin de la Peschellerie, épouse de Jean-Marie de Vougny, mourut à l'âge de 24 ans après avoir accouché d'un fils. Le 26 mai, les cérémonies du baptême furent suppléées pour Bruno-Emanuel-Marie-Esprit de Vassy, né au Château de Bressey en Normandie. La Marquise de la Vieuville accoucha le 6 juin d'un garçon nommé Charles-Jean-Baptiste-Julle.
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152
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paris, Paquets, Libraires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VIS.
,
>
'ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU Commis au
Mercure vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris
à Paris , peuvent fe fervir de cette voye
pour lesfaire tenir.
On prie très -inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreſſes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans.
perte de temps , & de les faire porter fur
T'heure à la Pofte , on aux Meſſageries qu'on
lui indiquera,
K
PRIX XXX. SOLS.
,
>
'ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU Commis au
Mercure vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris
à Paris , peuvent fe fervir de cette voye
pour lesfaire tenir.
On prie très -inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreſſes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans.
perte de temps , & de les faire porter fur
T'heure à la Pofte , on aux Meſſageries qu'on
lui indiquera,
K
PRIX XXX. SOLS.
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Résumé : AVIS.
Le document fournit des instructions pour l'envoi de lettres ou de paquets au Mercure de France. L'adresse générale est celle de Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Les expéditeurs peuvent également remettre leurs paquets cachetés aux libraires vendant le Mercure à Paris. Il est recommandé d'affranchir les lettres ou paquets pour éviter leur rejet et la perte des ouvrages. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau pour recevoir rapidement le Mercure de France. Monsieur Moreau préparera et expédiera les paquets par la poste ou par les messageries indiquées, moyennant un prix de trente sols.
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153
p. 1402-1404
LETTRE d'un Médecin à un Médecin, sur un nouveau Fébrifuge, écrite de Paris le 20. Juin 1734.
Début :
Si vous avez trouvé ingénieuse, Monsieur, la Dissertation de l'organe de l'oüie, faite [...]
Mots clefs :
Fébrifuge, Poudre, Médecin, Paris, Guérison, Fièvres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE d'un Médecin à un Médecin, sur un nouveau Fébrifuge, écrite de Paris le 20. Juin 1734.
LETTRE d'un Médecin à un Médecin ;
sur un nouveau Fébrifuge , écrite de
Paris le 20. Juin 1734.
Sla
I vous avez trouvé ingénieuse , Monsieur ,
la Dissertation de l'organe de l'ouie , faite
par un Allemand , je vous dirai qu'elle a aussi été
estimée par les plus grands Anatomistes de Paris ;
mais si cela vous a surpris , comme il me paroît
par votre Lettre , vous le serez bien plus en apprenant
la découverte d'une Plante qui fait au-
II. Vol.
jousJUIN.
1731 1403
joud'hui l'étonnement de tout Paris et des Physiciens
les plus experimentez.
Sur la fin de l'année 1733. j'entendis publier
les merveilles de la racine d'une Plante, qui, réduite
en poudre, sans aucune addition , étoit eszimée
le plus puissant Fébrifuge qui ait jamais
parû , la petite quantité qui en étoit nécessaire
pour la guérison de toute espece de fievres ( pourvu
qu'elles ne fussent compliquées d'aucune autre
maladie , par elle-même incurable ) me surprit si
fort , que malgré la déférence et le respect que
j'ai pour tout ce qui est autorisé par M. de Chicoineau
, Conseiller d'Etat et Premier Medecin
du Roy , qui en a donné un Certificat authentique
le 9. Novembre 1733. après en avoir fait
un grand nombre d'épreuves qui lui ont certifié
sa vertu , et en conséquence duquel S. M. a accordé
un Brevet le 17. Novembre 1733. qui en
permet la vente pour l'utilité publique , et en
a ordonné l'usage dans tous les Hôpitaux
de ses Armées ; je voulus par moi - même me certifier
de ces miraculeux effets , et à cet effet je la
donnai à un jeune homme âgé de 18. ans , attaqué
d'une fievre tierce très-cruelle , et pour la
guérison de laquelle je m'étois bien proposé une
forte doze de Kinkina ( sans l'abri du retour
) mais mon étonnement fut bien grand ,
voyant que la deuxième prise de cette Poudre
avoit totalement emporté la fievre ; après cet
effer , aussi prompt que surprenant , j'en usai
avec hardiesse dans toutes les fievres , soit continues
, quotidiennes , tierces , doubles - tierces
quartes , doubles -quartes , &c. qui se sont pré
sentées , et nulle n'a résisté à la troisième prise ;
j'en ai encore retiré de très prompts secours
( et de surprenantes guérisons ) dans toutes les
II. Vil. Gij dissen1404
MERCURE DE FRANCE
dissenterics , tenesmes , cours de ventre inveteré ,
diarhées , soit bilieuses , venteuses, porracées, &c.
cffets qui vous paroîtront impossibles , et je ne
doute nullement que vous ne vouliez pas vousmême
vous éclaircir de ce.qui paroît si obscur ;
c'est pourquoi j'ay crû ne devoir plus differer ,
étant pleinement assuré de ses generiques vertus ,
de vous en faire participant , étant persuadé
qu'elle vous sera très- utile dans votre Pays , où
les fievres sont aussi rebelles que communes , et
pour la guérison desquelles le Kinkina vous
donne journellement la Comédie par leur retour,
effet qu'il ne faut pas attendre de la Poudre Fébrifuge
de la Jutais , qui se vend chez le sieur le
Blanc , Marchand Chapelier , vis - à- vis le Grand-
Conseil , rue S. Honoré . Et pour comble d'avantage
, le prix de cette Poudre est de 10. sols la
Prise , taxée ainsi par S. M. afin que tout le
Monde profite de sa bonté.
sur un nouveau Fébrifuge , écrite de
Paris le 20. Juin 1734.
Sla
I vous avez trouvé ingénieuse , Monsieur ,
la Dissertation de l'organe de l'ouie , faite
par un Allemand , je vous dirai qu'elle a aussi été
estimée par les plus grands Anatomistes de Paris ;
mais si cela vous a surpris , comme il me paroît
par votre Lettre , vous le serez bien plus en apprenant
la découverte d'une Plante qui fait au-
II. Vol.
jousJUIN.
1731 1403
joud'hui l'étonnement de tout Paris et des Physiciens
les plus experimentez.
Sur la fin de l'année 1733. j'entendis publier
les merveilles de la racine d'une Plante, qui, réduite
en poudre, sans aucune addition , étoit eszimée
le plus puissant Fébrifuge qui ait jamais
parû , la petite quantité qui en étoit nécessaire
pour la guérison de toute espece de fievres ( pourvu
qu'elles ne fussent compliquées d'aucune autre
maladie , par elle-même incurable ) me surprit si
fort , que malgré la déférence et le respect que
j'ai pour tout ce qui est autorisé par M. de Chicoineau
, Conseiller d'Etat et Premier Medecin
du Roy , qui en a donné un Certificat authentique
le 9. Novembre 1733. après en avoir fait
un grand nombre d'épreuves qui lui ont certifié
sa vertu , et en conséquence duquel S. M. a accordé
un Brevet le 17. Novembre 1733. qui en
permet la vente pour l'utilité publique , et en
a ordonné l'usage dans tous les Hôpitaux
de ses Armées ; je voulus par moi - même me certifier
de ces miraculeux effets , et à cet effet je la
donnai à un jeune homme âgé de 18. ans , attaqué
d'une fievre tierce très-cruelle , et pour la
guérison de laquelle je m'étois bien proposé une
forte doze de Kinkina ( sans l'abri du retour
) mais mon étonnement fut bien grand ,
voyant que la deuxième prise de cette Poudre
avoit totalement emporté la fievre ; après cet
effer , aussi prompt que surprenant , j'en usai
avec hardiesse dans toutes les fievres , soit continues
, quotidiennes , tierces , doubles - tierces
quartes , doubles -quartes , &c. qui se sont pré
sentées , et nulle n'a résisté à la troisième prise ;
j'en ai encore retiré de très prompts secours
( et de surprenantes guérisons ) dans toutes les
II. Vil. Gij dissen1404
MERCURE DE FRANCE
dissenterics , tenesmes , cours de ventre inveteré ,
diarhées , soit bilieuses , venteuses, porracées, &c.
cffets qui vous paroîtront impossibles , et je ne
doute nullement que vous ne vouliez pas vousmême
vous éclaircir de ce.qui paroît si obscur ;
c'est pourquoi j'ay crû ne devoir plus differer ,
étant pleinement assuré de ses generiques vertus ,
de vous en faire participant , étant persuadé
qu'elle vous sera très- utile dans votre Pays , où
les fievres sont aussi rebelles que communes , et
pour la guérison desquelles le Kinkina vous
donne journellement la Comédie par leur retour,
effet qu'il ne faut pas attendre de la Poudre Fébrifuge
de la Jutais , qui se vend chez le sieur le
Blanc , Marchand Chapelier , vis - à- vis le Grand-
Conseil , rue S. Honoré . Et pour comble d'avantage
, le prix de cette Poudre est de 10. sols la
Prise , taxée ainsi par S. M. afin que tout le
Monde profite de sa bonté.
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Résumé : LETTRE d'un Médecin à un Médecin, sur un nouveau Fébrifuge, écrite de Paris le 20. Juin 1734.
En juin 1734, un médecin parisien informe un collègue de la découverte d'une plante aux propriétés fébrifuges remarquables. Cette plante, transformée en poudre, est reconnue comme un remède puissant contre les fièvres. La racine de cette plante a été validée par M. de Chicoineau, Conseiller d'État et Premier Médecin du Roi, qui a délivré un certificat le 9 novembre 1733. En conséquence, le Roi a accordé un brevet le 17 novembre 1733 pour la vente de cette poudre, destinée à l'utilité publique et aux hôpitaux des armées. Le médecin partage son expérience personnelle, ayant guéri un jeune homme de 18 ans souffrant d'une fièvre tierce après deux prises. Il a également traité avec succès diverses fièvres et maladies telles que les dissentériques, les tenailles, les cours de ventre invétérés et les diarrhées. La poudre est vendue chez le sieur le Blanc, Marchand Chapelier, vis-à-vis le Grand-Counseil, rue Saint-Honoré, au prix de 10 sols la prise, taxé par le Roi pour en permettre l'accès à tous.
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154
p. 711
AUTRE.
Début :
Cinq pieds me font de France un séjour agréable ; [...]
Mots clefs :
Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
Cinq pieds me font de France un séjour
agréable ;
Lecteur , il faut trouver dans ce que je comprens,"
Vol ,fruit , douleur , rivage , animal redoutable ,
Le tout en mots latins, renversés , differens .
Du Chemin , Musicien à Angers.
Cinq pieds me font de France un séjour
agréable ;
Lecteur , il faut trouver dans ce que je comprens,"
Vol ,fruit , douleur , rivage , animal redoutable ,
Le tout en mots latins, renversés , differens .
Du Chemin , Musicien à Angers.
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155
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE générale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, vis-à vis [...]
Mots clefs :
Paquets, Paris, Libraires, Poste
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VIS.
'ADRESSE générale eft à Monfieur
LA >
visà
vis la Comédie Françoife , à Paris. Ceux qui
pour leur commodité voudront remettre leurs
Paquets cachetés aux Libraires qui vendent le
Mercure , à Paris , peuvent fefervir de cette
voye pour les faire tenir.
On prie très- inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous le
déplaifir de les rebuter , & à ceux qui les
envoyent , celui , non-feulement de ne
pas
paroître leurs Ouvrages , mais même de les perdre
, s'ils n'en ont pas gardé de copie .
voir
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui ſouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere main ,
plus promptement , n'auront qu'à donner leurs
adreffes à M. Moreau , qui aura ſoin de faire
leurs Paquets fans perte de tems , & de les faire
porter fur l'heure à la Pofte , ou aux Meſſageries
qu'on lui indiquera.
PRIX XXX . SOLS
'ADRESSE générale eft à Monfieur
LA >
visà
vis la Comédie Françoife , à Paris. Ceux qui
pour leur commodité voudront remettre leurs
Paquets cachetés aux Libraires qui vendent le
Mercure , à Paris , peuvent fefervir de cette
voye pour les faire tenir.
On prie très- inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous le
déplaifir de les rebuter , & à ceux qui les
envoyent , celui , non-feulement de ne
pas
paroître leurs Ouvrages , mais même de les perdre
, s'ils n'en ont pas gardé de copie .
voir
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui ſouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere main ,
plus promptement , n'auront qu'à donner leurs
adreffes à M. Moreau , qui aura ſoin de faire
leurs Paquets fans perte de tems , & de les faire
porter fur l'heure à la Pofte , ou aux Meſſageries
qu'on lui indiquera.
PRIX XXX . SOLS
Fermer
156
p. 1922-1923
« M. Dufranc, Sécretaire du Roi, servant près de la Cour de Parlement, & que cette Compagnie [...] »
Début :
M. Dufranc, Sécretaire du Roi, servant près de la Cour de Parlement, & que cette Compagnie [...]
Mots clefs :
Parlement, Roi, Paris, Te Deum, Sainte-Chapelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. Dufranc, Sécretaire du Roi, servant près de la Cour de Parlement, & que cette Compagnie [...] »
M. Dufranc , Sécretaire du Roi , fervant près de
la Cour de Parlement , & que cette Compagnie
avoit envoyé à Metz , pour fçavoir des nouvelles
de
A O UST. 1744 . 1923
de la fanté de S. M. étant revenu à Paris , & ayant
informé le Parlement , que tous les accidens de la
maladie du Roi étoient entierement ceffés , le Parlement
fe rendit le 23 au matin dans l'Eglife de la
Ste Chapelle pour remercier Dieu d'avoir rendu S.
M. aux voeux de la France , & il Y affifta au Te
Deum , auquel le Tréforier de la Ste Chapelle officia
pontificalement.
Le même jour au foir , il y eut à Paris des réjoäiffances
publiques , par ordre du Parlement , à l'oc
cafion de la Convalefcence du Roi , & toutes les
rues furent illuminées. Il feroit difficile d'exprimer
en combien de manieres le Peuple témoigna fa
joye. La Ville fut en mouvement pendant toute la
nuit , & peu d'événemens ont été célébrés par des
acclamations fi générales & fi réitérées.
la Cour de Parlement , & que cette Compagnie
avoit envoyé à Metz , pour fçavoir des nouvelles
de
A O UST. 1744 . 1923
de la fanté de S. M. étant revenu à Paris , & ayant
informé le Parlement , que tous les accidens de la
maladie du Roi étoient entierement ceffés , le Parlement
fe rendit le 23 au matin dans l'Eglife de la
Ste Chapelle pour remercier Dieu d'avoir rendu S.
M. aux voeux de la France , & il Y affifta au Te
Deum , auquel le Tréforier de la Ste Chapelle officia
pontificalement.
Le même jour au foir , il y eut à Paris des réjoäiffances
publiques , par ordre du Parlement , à l'oc
cafion de la Convalefcence du Roi , & toutes les
rues furent illuminées. Il feroit difficile d'exprimer
en combien de manieres le Peuple témoigna fa
joye. La Ville fut en mouvement pendant toute la
nuit , & peu d'événemens ont été célébrés par des
acclamations fi générales & fi réitérées.
Fermer
157
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE générale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, vis-à vis [...]
Mots clefs :
Paquets, Paris, Libraires, Poste
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VI S.
L'MORES,Commisan Mercatofrour
' ADRESSE générale eft à Monfieur
"
à vis la Comédie Françoife , à Paris. Ceux qui
pour leur commodité voudront remettre leurs
Paquets cachetés aux Libraires qui vendent le
Mercure , à Paris , peuvent fe fervir de cette
voye pour les faire tenir.
On prie très- inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toûjours pratiqué , afin d'épargner , à nous le
déplaifir de les rebuter , & à ceux qui les
envoyent , celui , non-feulement de ne voir
pas
paroître leurs Ouvrages , mais même de les perdre
, s'ils n'en ont pas gardé de copie.
Les Libraires des Provinces des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir leMercure de France de la premiere main ,
&plus promptement , n'auront qu'à donner leurs
adreffes à M. Moreau , qui aura foin de faire
leurs Paquets fans perte de tems , & de lesfaire
porter fur l'heure à la Pofte , ou aux Meſſage
ries qu'on lui indiquera.
PRIX XXX . SOLS
L'MORES,Commisan Mercatofrour
' ADRESSE générale eft à Monfieur
"
à vis la Comédie Françoife , à Paris. Ceux qui
pour leur commodité voudront remettre leurs
Paquets cachetés aux Libraires qui vendent le
Mercure , à Paris , peuvent fe fervir de cette
voye pour les faire tenir.
On prie très- inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toûjours pratiqué , afin d'épargner , à nous le
déplaifir de les rebuter , & à ceux qui les
envoyent , celui , non-feulement de ne voir
pas
paroître leurs Ouvrages , mais même de les perdre
, s'ils n'en ont pas gardé de copie.
Les Libraires des Provinces des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir leMercure de France de la premiere main ,
&plus promptement , n'auront qu'à donner leurs
adreffes à M. Moreau , qui aura foin de faire
leurs Paquets fans perte de tems , & de lesfaire
porter fur l'heure à la Pofte , ou aux Meſſage
ries qu'on lui indiquera.
PRIX XXX . SOLS
Fermer
158
p. 2122-2123
LETTRE du Roi, écrite à M. l'Arche[vê]que de Paris, pour faire chanter le Te Deum, en actions de graces du rétablissement de la santé de Sa Majesté.
Début :
MON COUSIN, les graces signalées que je viens de recevoir de la Bonté du Tout-Puissant, [...]
Mots clefs :
Te Deum, Convalescence, Paris, Sujets
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE du Roi, écrite à M. l'Arche[vê]que de Paris, pour faire chanter le Te Deum, en actions de graces du rétablissement de la santé de Sa Majesté.
LETTRE du Roi , écrite à M. l'Archeque
de Paris , pour faire chanter le Te
Deum , en actions de graces du rétabliffe
ment de lafanté de Sa Majesté.
ON COUSIN , les graces fignalées que je
fant , dans la maladie dont il a permis que je fulle
attaqué , font une nouvelle preuve bien fentible de
la
SEPTEMBRE. 1744. 2123
Ja protection finguliere dont il daigne me favorifer .
Je ne puis mieux employer les premiers momens de
ma convalefcence , qu'à lui donner des témoigna
ges publics de ma vive reconnoiffance , & le lupplier
de m'accorder pendant le rette des jours qu'il
voudra bien me conferver , les fecours qui me font
néceffaires , pour n'être occupé que de la gloire &
du bonheur de mes Sujets . Les marques & touchantes
d'attachement que j'ai reçues d'eux dans cette
conjoncture , m'ont rempli de la plus douce confolation
; elles me font efperer , que la ferveur de
leurs prieres attirera fur moi & fur mon Royaume
de nouvelles bénédictions , que je defire principalement
, pour les rendre heureux. C'eft dans ces fentimens
que je vous écris cette Lettre, pour vous dire
que mon intention eft , que vous falliez chanter le
Te Deum dans l'Eglife Métropolitaine de ma bonne
Ville de Paris , le jour que le Grand-Maître ou le
Maître des Cérémonies vous dira de ma part ; fur ce,
je prie Dieu , qu'il vous ait , MoN COUSIN , en fa
fainte & digne garde. Ecrite à Metz le 4 Septembre
· 1744. Signé , LOUIS , & plus bas , PHELY PEAUX .
de Paris , pour faire chanter le Te
Deum , en actions de graces du rétabliffe
ment de lafanté de Sa Majesté.
ON COUSIN , les graces fignalées que je
fant , dans la maladie dont il a permis que je fulle
attaqué , font une nouvelle preuve bien fentible de
la
SEPTEMBRE. 1744. 2123
Ja protection finguliere dont il daigne me favorifer .
Je ne puis mieux employer les premiers momens de
ma convalefcence , qu'à lui donner des témoigna
ges publics de ma vive reconnoiffance , & le lupplier
de m'accorder pendant le rette des jours qu'il
voudra bien me conferver , les fecours qui me font
néceffaires , pour n'être occupé que de la gloire &
du bonheur de mes Sujets . Les marques & touchantes
d'attachement que j'ai reçues d'eux dans cette
conjoncture , m'ont rempli de la plus douce confolation
; elles me font efperer , que la ferveur de
leurs prieres attirera fur moi & fur mon Royaume
de nouvelles bénédictions , que je defire principalement
, pour les rendre heureux. C'eft dans ces fentimens
que je vous écris cette Lettre, pour vous dire
que mon intention eft , que vous falliez chanter le
Te Deum dans l'Eglife Métropolitaine de ma bonne
Ville de Paris , le jour que le Grand-Maître ou le
Maître des Cérémonies vous dira de ma part ; fur ce,
je prie Dieu , qu'il vous ait , MoN COUSIN , en fa
fainte & digne garde. Ecrite à Metz le 4 Septembre
· 1744. Signé , LOUIS , & plus bas , PHELY PEAUX .
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159
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE générale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, vis-à-vis [...]
Mots clefs :
Paquets, Libraires, Paris
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
ADRESSE générale eft àMonfieur
✓MOREAU , Commis au Mercure , visà-
vis la Comédie Françoise , à Paris. Ceux qui
pour leur commodité voudront remettre leurs
Paquets cachetés aux Libraires qui vendent le
Mercure à Paris , peuvent ſeſervir de cette
voye pour les faire tenir.
On prie très- instamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Poſte , d'avoir
ſoin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toûjours pratiqué , afin d'épargner , à nous le
déplaisir de les rebuter , & à ceux qui les
envoyent , celui , non -feulement de ne pas voir
paroître leurs Ouvrages , mais même de les perdre
, s'ils n'en ont pas gardéde copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui ſouhaiteront
avoir leMercure de France de lapremieremain ,
plus promptement, n'aurontqu'à donner leurs
adreſſes àM.Moreau , qui aura ſoin de faire
leurs Paquets fans perte de tems , lesfaire
porterſur l'heure à la Pofte, ou aux Meffage
ries qu'on lui indiquera.
de
PRIX XXX. SOLS.
ADRESSE générale eft àMonfieur
✓MOREAU , Commis au Mercure , visà-
vis la Comédie Françoise , à Paris. Ceux qui
pour leur commodité voudront remettre leurs
Paquets cachetés aux Libraires qui vendent le
Mercure à Paris , peuvent ſeſervir de cette
voye pour les faire tenir.
On prie très- instamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Poſte , d'avoir
ſoin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toûjours pratiqué , afin d'épargner , à nous le
déplaisir de les rebuter , & à ceux qui les
envoyent , celui , non -feulement de ne pas voir
paroître leurs Ouvrages , mais même de les perdre
, s'ils n'en ont pas gardéde copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui ſouhaiteront
avoir leMercure de France de lapremieremain ,
plus promptement, n'aurontqu'à donner leurs
adreſſes àM.Moreau , qui aura ſoin de faire
leurs Paquets fans perte de tems , lesfaire
porterſur l'heure à la Pofte, ou aux Meffage
ries qu'on lui indiquera.
de
PRIX XXX. SOLS.
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160
p. 2258
CHANSON A BOIRE.
Début :
Pour célébrer la santé de LOUIS, [...]
Mots clefs :
Boire, Vin, Paris, Santé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON A BOIRE.
CHANSON A BOIRE.
POur célébrer la ſanté de Louis ,
Que le Vin à grands flots coule dans tout Paris !
Bacchus aura ſoin de ſa Gloire ,
Que de Vin on recueillera !
Et plus dans Paris on boira ,
1
Plus le Dieu de la Treille en donnera pour boire.
M
Par M. Laffichard.
POur célébrer la ſanté de Louis ,
Que le Vin à grands flots coule dans tout Paris !
Bacchus aura ſoin de ſa Gloire ,
Que de Vin on recueillera !
Et plus dans Paris on boira ,
1
Plus le Dieu de la Treille en donnera pour boire.
M
Par M. Laffichard.
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161
p. 2326-2327
« On a appris de Metz du 22 du mois dernier, que les forces du Roi augmentoient tous les jours, & [...] »
Début :
On a appris de Metz du 22 du mois dernier, que les forces du Roi augmentoient tous les jours, & [...]
Mots clefs :
Roi, Metz, Médecin, Paris, Jacques Molin, Médecin consultant
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texteReconnaissance textuelle : « On a appris de Metz du 22 du mois dernier, que les forces du Roi augmentoient tous les jours, & [...] »
On a appris de Metz du 22 du mois dernier , que
les forces du Roi augmentoient tous les jours , &
que
OCTOBRE . 1744. 2327
que fon étatde convalefcence devenoit de plus en
plusfavorable.
Monſeigneur le Dauphin partit le 21 au matin de
cette Ville, pour ſe rendre à Verſailles" , où l'on
comptoit qu'il devoit arriver le 27. Ce Prince a
couché la nuitdu 21 à Luneville; il y a ſéjourné
le 22 , & il a dû ſe remettre en marche le 23 ; il
devoit prendre la route de Bar , de Chaalons- fur-
Marne, de Rheims & de Soiffons.
Le Roi a permis à M. Molin,que S. M. pendant
qu'elle étoit en danger, avoit fait venir à Metz , &
qui y étoit arrivé le 26 du mois d'Août dernier , de
retourner à Paris. Les Services que le Roi dans ſa
derniere maladie & dans plufieurs autres a reçus de
ce Médecin , ont été récompensés par la Penſion de
MédecinConfultant , que S. M. lui a accordée. Le
Roi a accompagné cette grace de pluſieurs témoignages
de ſes bontés pour M. Molin , & il a paru
que S.Men ne le retenant pas plus long-tems
croyoit donner une marque de ſon affection à la
Ville de Paris , où le Roi a jugé que la préſence de
ce Médecin étoit auffi deſurée , qu'elle y eſt utile
depuis long-tems,
les forces du Roi augmentoient tous les jours , &
que
OCTOBRE . 1744. 2327
que fon étatde convalefcence devenoit de plus en
plusfavorable.
Monſeigneur le Dauphin partit le 21 au matin de
cette Ville, pour ſe rendre à Verſailles" , où l'on
comptoit qu'il devoit arriver le 27. Ce Prince a
couché la nuitdu 21 à Luneville; il y a ſéjourné
le 22 , & il a dû ſe remettre en marche le 23 ; il
devoit prendre la route de Bar , de Chaalons- fur-
Marne, de Rheims & de Soiffons.
Le Roi a permis à M. Molin,que S. M. pendant
qu'elle étoit en danger, avoit fait venir à Metz , &
qui y étoit arrivé le 26 du mois d'Août dernier , de
retourner à Paris. Les Services que le Roi dans ſa
derniere maladie & dans plufieurs autres a reçus de
ce Médecin , ont été récompensés par la Penſion de
MédecinConfultant , que S. M. lui a accordée. Le
Roi a accompagné cette grace de pluſieurs témoignages
de ſes bontés pour M. Molin , & il a paru
que S.Men ne le retenant pas plus long-tems
croyoit donner une marque de ſon affection à la
Ville de Paris , où le Roi a jugé que la préſence de
ce Médecin étoit auffi deſurée , qu'elle y eſt utile
depuis long-tems,
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162
p. 103-105
JOURNAL du Voyage du Roi, depuis son départ de Fribourg.
Début :
LE Roi partit le 9 de ce mois du Village de Muntsingen, où étoit le quartier de [...]
Mots clefs :
Roi, Sa Majesté, Carosse, Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : JOURNAL du Voyage du Roi, depuis son départ de Fribourg.
JOURNAL du Voyage du Roi , depuis
Son départ de Fribourg.
L
:
ERoi partit le 9 de ce mois du Village
de Muntfingen , où étoit le quarrierde
Sa Majesté , pendant le ſiége de Fribourg ,
& arriva à Huningue versdeux heures après
midi . Il deſcendit de caroſſe à la porte de la
Ville , & vit les Fortifications de la Place.
Sa Majesté vint coucher le 10 à Vezoul , où
elle fut reçûë par le Duc de Randan , LieutenantGénéral
au Gouvernement du Comté
de Bourgogne , & Commandant dans cette
Province.
Leu le Roi coucha à Chaumont en
104 MERCURE DE FRANCE.
Baſſigni,où l'Evêque de Langres s'étoit ren
du pour recevoir Sa Majeſté.
Le 12 , il coucha à la Chapelle , Château
fitué près de Nogent ſur Seine , & appartenant
à M. Orri , Miniſtre d'Etat , & Contrôleur
Général des Finances.
Toutes les Villes par leſquelles le Roi a
paffé , ont donné toutes les marques de joie
qu'on pouvoit attendre de leur tendre &
reſpectueux attachement pour la perſonne
de Sa Majefté.
Quoiqu'elle n'ait point ſéjourné à Befort
, cette Ville s'eſt diftinguée , & SaMajeſté
a eu la bonté de témoigner qu'Elle
étoit contente des efforts qu'avoient fait
les Habitans , ce qui eſt le prix le plus glorieux
qu'ils puſſent efpérer de leurs foins.
Le 13 , Sa Majesté arriva à Paris, vers les
fix heures du ſoir. Une Salve des Canons
de la Ville , & d'un grand nombre de Boëtes
avoit annoncé au Peuple dès cinq
heures du matin , que ce jour étoit le jour
déſiré de l'arrivée du Monarque.
د
Les caroffes de Sa Majesté , les Détachemens
de fa Maiſon & le Vol du Cabinet ,
P'attendoient à Charenton ; Elle quitta ſon
caroſſe de Voyage & monta dans un autre
, où elle ſe placa ſeule dans le fond ; les
places du devant & des portieres du Catoffe
furent remplies par ſes principauxOf
NOVEMBRE . 1744. 105
ficiers , & Sa Majeſté prit le chemin de la
Barriere de Rambouillet.
Les Détachemens des Gardes du Corps ,
des Gendarmes , des Chevau-Légers , &
des deux Compagnies des Mouſquaires
de la Garde du Roi , étoient dans leurs
rangs accoûtumés , devant &derriere le
caroſſe de Sa Majesté ; les Officiers de ces
différens Corps occupoient auprès du Roi
dans cette marche les places qui leur ont
été marquées par le Réglement du mois de
Novembre 1724 , & le Vol du cabinet
précédoit immédiatement le premier Caroſſe
de ſuite. La Compagnie du Guet à
cheval , ſon Tymbalier & ſes Trompettes
àla tête , & les Inſpecteurs de Police avec
Tymbales, Trompettes , & Hautbois , marchoient
en avant.
Son départ de Fribourg.
L
:
ERoi partit le 9 de ce mois du Village
de Muntfingen , où étoit le quarrierde
Sa Majesté , pendant le ſiége de Fribourg ,
& arriva à Huningue versdeux heures après
midi . Il deſcendit de caroſſe à la porte de la
Ville , & vit les Fortifications de la Place.
Sa Majesté vint coucher le 10 à Vezoul , où
elle fut reçûë par le Duc de Randan , LieutenantGénéral
au Gouvernement du Comté
de Bourgogne , & Commandant dans cette
Province.
Leu le Roi coucha à Chaumont en
104 MERCURE DE FRANCE.
Baſſigni,où l'Evêque de Langres s'étoit ren
du pour recevoir Sa Majeſté.
Le 12 , il coucha à la Chapelle , Château
fitué près de Nogent ſur Seine , & appartenant
à M. Orri , Miniſtre d'Etat , & Contrôleur
Général des Finances.
Toutes les Villes par leſquelles le Roi a
paffé , ont donné toutes les marques de joie
qu'on pouvoit attendre de leur tendre &
reſpectueux attachement pour la perſonne
de Sa Majefté.
Quoiqu'elle n'ait point ſéjourné à Befort
, cette Ville s'eſt diftinguée , & SaMajeſté
a eu la bonté de témoigner qu'Elle
étoit contente des efforts qu'avoient fait
les Habitans , ce qui eſt le prix le plus glorieux
qu'ils puſſent efpérer de leurs foins.
Le 13 , Sa Majesté arriva à Paris, vers les
fix heures du ſoir. Une Salve des Canons
de la Ville , & d'un grand nombre de Boëtes
avoit annoncé au Peuple dès cinq
heures du matin , que ce jour étoit le jour
déſiré de l'arrivée du Monarque.
د
Les caroffes de Sa Majesté , les Détachemens
de fa Maiſon & le Vol du Cabinet ,
P'attendoient à Charenton ; Elle quitta ſon
caroſſe de Voyage & monta dans un autre
, où elle ſe placa ſeule dans le fond ; les
places du devant & des portieres du Catoffe
furent remplies par ſes principauxOf
NOVEMBRE . 1744. 105
ficiers , & Sa Majeſté prit le chemin de la
Barriere de Rambouillet.
Les Détachemens des Gardes du Corps ,
des Gendarmes , des Chevau-Légers , &
des deux Compagnies des Mouſquaires
de la Garde du Roi , étoient dans leurs
rangs accoûtumés , devant &derriere le
caroſſe de Sa Majesté ; les Officiers de ces
différens Corps occupoient auprès du Roi
dans cette marche les places qui leur ont
été marquées par le Réglement du mois de
Novembre 1724 , & le Vol du cabinet
précédoit immédiatement le premier Caroſſe
de ſuite. La Compagnie du Guet à
cheval , ſon Tymbalier & ſes Trompettes
àla tête , & les Inſpecteurs de Police avec
Tymbales, Trompettes , & Hautbois , marchoient
en avant.
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163
p. 105-108
Réjoüissances & illuminations à l'arrivée de Sa Majesté, [titre d'après la table]
Début :
La Ville, qui avoit été informée que le Roi ne se rendroit ici qu'au commencement [...]
Mots clefs :
Roi, Paris, Lumières, Barrière de Rambouillet, Porte Saint-Antoine, Demi-lune, Lustres, Girandoles, Cimetière Saint-Jean, Fontaine, Place du Carrousel, Canons
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texteReconnaissance textuelle : Réjoüissances & illuminations à l'arrivée de Sa Majesté, [titre d'après la table]
La Ville , qui avoit été informée que le
Roi ne ſe rendroit ici qu'au commencementde
la nuit , avoit ordonné des illuminations
dans les principaux endroits où le
Roi devoit paffer. A la Barriere de Rambouillet
, étoient deux grands Luftres
dont chacun portoit plus de ſoixante lumieres
, & depuis cette Barriere juſqu'à la
ſeconde qui étoit ſur la route du Roi , regnoit
undouble cordon de terrines , des Ifs
&des Girandoles placées alternativement ,
les Girandoles poſées ſur des Piedeſtaux ,
106 MERCURE DE FRANCE.
1
formoient un cercle vis-à-vis de cette Barriere.
De là juſqu'à la demi Lune de la Porte
Saint Antoine , on voyoit à droite & à
gauche le long de la grande ruë du Fauxbourg
un rang de Luſtres. Les deux Fontaines
, dont l'une eſt en face de l'Abbaye
de S. Antoine , & l'autre au coin de la ruë
deCharonne, étoient illuminées . A côté de
chacune , on avoit élévé un Amphithéâtre
fur lequel on avoit placé des Muſiciens , &
une Fontaine de Vin couloit près de la
premiere.
La demi Lune de la Porte S. Antoine
étoit éclairée des deux côtés par des Luf
tres ,& par des Girandoles , & la Porte S.
Antoine l'étoit en dedans , & en dehors
par un nombre prodigieux de lumieres ,
dont la diſpoſition repréſentoit un Arc de
Triomphe.
Lorſque le Roi arriva à la demi Lune ,
on fit une Salve des canons de la Baſtille ,
& de ceux que la Ville avoit fait tranſporter
ſur le Baſtion du Rempart , près de la
Porte.
Ce fut là que le Corps de Ville, préſenté
par le Duc de Gefvres , & conduit par M.
Deſgranges , Maître des Cérémonies
eut l'honneur de complimenter Sa Majesté
fur fon heureuſe arrivée. M. de Bernage ,
Conſeiller d'Etat ordinaire & Prévôt des
Marchands, portoit la parole.
NOVEMBRE. 1744. 107
Le Roi , en continuant ſa route , trouva
par-tout les mêmes préparatifs ; on avoit eu
la précaution de ſauver l'irrégularité du
Marché S. Paul , par deux rangs de Poteaux
, d'où pendoient des Luſtres . Les Peres
Jéſuites de la Maiſon Profeſſe avoient
fait une fort belle illumination ; nous en
parlerons plus au long , lorſque nous décrirons
les autres illuminations.
Des Luftres portés ſur des Poteaux éclairoient
la Place Baudoiers , & le Cimetiere
5. Jean . Trois Fontaines de Vin couloient ,
l'une dans ce Cimetiere , une autre dans la
Place aux Chats au bout de la ruë de la
Ferronerie , & une troiſième à côté de la
Fontaine du Trahoir , que la Ville avoit
fait illuminer , & près de chaque Fontaine
étoit un Amphithéâtre , rempli d'Inſtrumens.
Toute la Place du Carouſel dans laquelle
le Roi entra par la ruë S. Nicaiſe , étoit
ornée d'Ifs & de Girandoles ; dans le milieu
de cette Place on avoit élevé une décoration
, qui portoit plus de trois mille
lumieres ; du haut de cette décoration fortoient
quatre Guirlandes , & l'on voyoit
une Couronne de Laurier ſuſpenduë au
point de leur réunion.
Les Salves des boëtes& des canons pla
cés en différens endroits , furent tellement
108 MERCURE DE FRANCE.
diſtribuées , qu'elles ne diſcontinuerent
pointpendant le tems que Sa Majefté traverſa
cette Ville. Le roi marcha fort lentement
, afin que les Habitans puſſent mieux
jouirdubonheur de le voir , & d'ailleurs ,
quand ſa bonté ne l'auroit pas porté naturellement
à leur donner cette marque de
fon affection , ſa marche auroit été néceſſairement
retardée par l'affluence ſurprenante
du Peuple , qui étoit accouru ſur ſon paffage.
د
Sa Majeſté trouva au Palais des Tuilleries
la Reine , Monſeigneur le Dauphin
&Meſdames de France , qui s'étoient renduës
ici de Verſailles le même jour. La
Reine à ſon arrivée avoit été complimentée
à la Porte S. Honoré par le Corps de
Ville , à la tête duquel étoit le Duc de Gefvres
, Gouverneur de Paris .
Roi ne ſe rendroit ici qu'au commencementde
la nuit , avoit ordonné des illuminations
dans les principaux endroits où le
Roi devoit paffer. A la Barriere de Rambouillet
, étoient deux grands Luftres
dont chacun portoit plus de ſoixante lumieres
, & depuis cette Barriere juſqu'à la
ſeconde qui étoit ſur la route du Roi , regnoit
undouble cordon de terrines , des Ifs
&des Girandoles placées alternativement ,
les Girandoles poſées ſur des Piedeſtaux ,
106 MERCURE DE FRANCE.
1
formoient un cercle vis-à-vis de cette Barriere.
De là juſqu'à la demi Lune de la Porte
Saint Antoine , on voyoit à droite & à
gauche le long de la grande ruë du Fauxbourg
un rang de Luſtres. Les deux Fontaines
, dont l'une eſt en face de l'Abbaye
de S. Antoine , & l'autre au coin de la ruë
deCharonne, étoient illuminées . A côté de
chacune , on avoit élévé un Amphithéâtre
fur lequel on avoit placé des Muſiciens , &
une Fontaine de Vin couloit près de la
premiere.
La demi Lune de la Porte S. Antoine
étoit éclairée des deux côtés par des Luf
tres ,& par des Girandoles , & la Porte S.
Antoine l'étoit en dedans , & en dehors
par un nombre prodigieux de lumieres ,
dont la diſpoſition repréſentoit un Arc de
Triomphe.
Lorſque le Roi arriva à la demi Lune ,
on fit une Salve des canons de la Baſtille ,
& de ceux que la Ville avoit fait tranſporter
ſur le Baſtion du Rempart , près de la
Porte.
Ce fut là que le Corps de Ville, préſenté
par le Duc de Gefvres , & conduit par M.
Deſgranges , Maître des Cérémonies
eut l'honneur de complimenter Sa Majesté
fur fon heureuſe arrivée. M. de Bernage ,
Conſeiller d'Etat ordinaire & Prévôt des
Marchands, portoit la parole.
NOVEMBRE. 1744. 107
Le Roi , en continuant ſa route , trouva
par-tout les mêmes préparatifs ; on avoit eu
la précaution de ſauver l'irrégularité du
Marché S. Paul , par deux rangs de Poteaux
, d'où pendoient des Luſtres . Les Peres
Jéſuites de la Maiſon Profeſſe avoient
fait une fort belle illumination ; nous en
parlerons plus au long , lorſque nous décrirons
les autres illuminations.
Des Luftres portés ſur des Poteaux éclairoient
la Place Baudoiers , & le Cimetiere
5. Jean . Trois Fontaines de Vin couloient ,
l'une dans ce Cimetiere , une autre dans la
Place aux Chats au bout de la ruë de la
Ferronerie , & une troiſième à côté de la
Fontaine du Trahoir , que la Ville avoit
fait illuminer , & près de chaque Fontaine
étoit un Amphithéâtre , rempli d'Inſtrumens.
Toute la Place du Carouſel dans laquelle
le Roi entra par la ruë S. Nicaiſe , étoit
ornée d'Ifs & de Girandoles ; dans le milieu
de cette Place on avoit élevé une décoration
, qui portoit plus de trois mille
lumieres ; du haut de cette décoration fortoient
quatre Guirlandes , & l'on voyoit
une Couronne de Laurier ſuſpenduë au
point de leur réunion.
Les Salves des boëtes& des canons pla
cés en différens endroits , furent tellement
108 MERCURE DE FRANCE.
diſtribuées , qu'elles ne diſcontinuerent
pointpendant le tems que Sa Majefté traverſa
cette Ville. Le roi marcha fort lentement
, afin que les Habitans puſſent mieux
jouirdubonheur de le voir , & d'ailleurs ,
quand ſa bonté ne l'auroit pas porté naturellement
à leur donner cette marque de
fon affection , ſa marche auroit été néceſſairement
retardée par l'affluence ſurprenante
du Peuple , qui étoit accouru ſur ſon paffage.
د
Sa Majeſté trouva au Palais des Tuilleries
la Reine , Monſeigneur le Dauphin
&Meſdames de France , qui s'étoient renduës
ici de Verſailles le même jour. La
Reine à ſon arrivée avoit été complimentée
à la Porte S. Honoré par le Corps de
Ville , à la tête duquel étoit le Duc de Gefvres
, Gouverneur de Paris .
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164
p. 144
« NOUS avons promis de rendre compte au Public de quelques-unes des [...] »
Début :
NOUS avons promis de rendre compte au Public de quelques-unes des [...]
Mots clefs :
Illuminations, Paris, Dessins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « NOUS avons promis de rendre compte au Public de quelques-unes des [...] »
N
Ous avons promis de rendre compte
au Public de quelques-unes des
illuminations qui ont été faites à Paris pendant
le ſéjour du Roi.
Nous repéterons ici ce que nous avons
déja dit au ſujet du choix des Odes & autres
Piéces de Vers. Nous ne prétendons .
point donner la préférence aux illuminations
que nous décrirons , mais nous déerirons
celles dont il nous a été plus facile
de recouvrer les deſſeins. Nous commencerons
par celles des Peres Jéſuites de la
Maiſon Profeffe .
Ous avons promis de rendre compte
au Public de quelques-unes des
illuminations qui ont été faites à Paris pendant
le ſéjour du Roi.
Nous repéterons ici ce que nous avons
déja dit au ſujet du choix des Odes & autres
Piéces de Vers. Nous ne prétendons .
point donner la préférence aux illuminations
que nous décrirons , mais nous déerirons
celles dont il nous a été plus facile
de recouvrer les deſſeins. Nous commencerons
par celles des Peres Jéſuites de la
Maiſon Profeffe .
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165
p. 199-203
COPIE de la Lettre du Roi écrite à Monseigneur l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le TE DEUM en Actions de graces des heureux succès de la Campagne du Roi, & en particulier de la Prise de la Ville de Fribourg.
Début :
MON Cousin, le moment que j'attendois avec tant d'impatience est arrivé, où je puis [...]
Mots clefs :
Dieu, Paris, Roi, Fribourg-en-Brisgau, Sujets, Gloire, Bonté, Actions de grâces, Te Deum
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COPIE de la Lettre du Roi écrite à Monseigneur l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le TE DEUM en Actions de graces des heureux succès de la Campagne du Roi, & en particulier de la Prise de la Ville de Fribourg.
COPIE de la Lettre du Roi écrite à Mon
Seigneur l'Archevêque de Paris , pour faire
chanter le TE DEUM en Actions de
graces des heureux ſuccès de la Campagne
du Roi , & en particulier de la Priſedé la
Villede Fribourg.
MOnOn Cousin , le moment que j'attendois
avec tant d'impatience eſt arrivé , où je puis
rendre à Dieu , au milieu de tout mon Peuple ,les
Actions de graces que nous lui devons pour les
bienfaits dont il nous a comblé . Il lui a plú de ſeconder
mes efforts & de me faire triompher à la
tête de mes Armées : il a daigné récompenfer l'amour
que je porte à mes Sujets , & couronner , par
des ſuccès , le déſir que j'avois de contribuer moimême
à leur ſureté & à leur gloire. Mes Conquêzes
en Flandres ont été auſſi rapides qu'elles
étoient importantes ; nul effort n'a été vain. Enfin
mes ennemis déconcertés , reconnoiſſant leur foibleſſe
, n'oſant pas ſe préſenter à force ouverte , &
croyant au moins pouvoir entreprendre aux lieux où
je n'étois pas , ont ſurpris des paſſages pour pénétrer
dans mes Etats , mais la valeur de mes Troupes
m'a donné le tems de voler à leur ſecours. Ni
le regret d'interrompre mes Conquêtes , ni l'éloignement
des lieux ne m'ont point retenu , & Dieu
qui m'en donnoit la force &la volonté , paroiſſoit
approuver mes deſſeins. Si alors ſa grace toute-puiffante
a paru m'abandonner un moment ; fi après
m'avoir protegé dans des entrepriſes difficiles , il a
voulu me faire voir la mort ailleurs que dans les
I iiij
200 MERCURE DE FRANCE.
ま
dangers , ce moment d'allarme n'a ſervi qu'à me
faire ſentir plus vivement l'excès de fa bonté , &
j'ai reconnu qu'il ne m'avoit mis à cette épreuve ,
que pour m'accorder la faveur la plus touchante
qui puiſſe être pour un Roi. Sa Providence a voulu
que je jouiffe de tout l'amour de mes Sujets ,
ſans que les marques en fuſſent ſuſpectes , & que
me ſurvivant àmoi -même , je viſſe les regrets que
je laiſſfois après moi : voilà de tous ſes dons , unde
ceux qui m'a le plus touché. Ce Dieu qui lit dans
moncoeur , ſçait combien le prix d'être aimé , y
prévaut ſur un vain défir de gloire , qui coûteroit
trop à mes Sujets. Que fa bonté daigne achever
fon ouvrage , que ce ne ſoit pas vainement que
monPeuple me ſoit cher ; que ſa protection me
fourniſſe les moyens de rendre ce Peuple heureux
par la Paix , & que mes Victoires ne me ſervent
qu'à éteindre pour jamais dans mes ennemis , la
moindre eſpérance de pouvoir me nuire. La priſe
de Fribourg dont je viens de me rendre maître pour
l'Empereur mon Frere , les places de l'Autriche
'Antérieure que je lui ai ſoumiſes , tout acheve de
les convaincre , que les efforts les plus grands ne
peuvent rien contre une Armée que Dieu protége
viſiblement. Qu'ils entendent donc la voix du
Très-Haut ; qu'ils ſe laſſent des maux de leurs
Pays , s'ils ne font pas touchés de ceux de l'Europe;
qu'ils ſe ſouviennent que la France , en poffeffion
de défendre les Souverains opprimés , n'a jamais
foutenu que des cauſes juſtes , & qu'ils soient
enfin convaincus , qu'une Nation guerriere , qui
n'a qu'une langue & qu'un coeur , qui aime fon
Maître autant qu'elle en eſt aimée , & qui combat
pour l'équité, doit tôt ou tard ,par la Miféricorde de
Dieu, triompher de tous ſes ennemis. Pénétré de plus
en plus de tout ce que je dois à ſa divine bonté,je
NOVEMBRE. 1744. 201
,
ne puis que lui en redoubler mes Actions de graces
,& je vous écris cette Lettre pour vous dire
que mon intention eſt , que vous faffiez chanter le
Te Deum dans votre Egliſe Métropolitaine & autres
de votre Diocèſe , avec les ſolemnités requiſes , au
jour & à l'heure que leGrand Maître , ou le Maître
des Cérémonies vous dira de ma part , & que
vousy invitiez tous ceux qu'il conviendra d'y affifter
: ſur ee , je prie Dieu , qu'il vous ait , mon
Couſin, en ſa fainte & digne garde. Ecrit à Verſailles
le vingt- un Novembre mil ſept cent quarantequatre.
Signé , LOUIS ; Et plus bas , PHILYPEAUX.
Et au dos est écrit : A mon Coufin l'Archevêque
de Paris , Duc de Saint Cloud , Pair de France ,
Commandeur de l'Ordre du Saint- Esprit.
:
M. l'Archevêque de Paris , donna ſon Mandement
en conféquence , dont la teneur fuit.
CHARLES - GASPARD - GUILLAUM
DE VINTIMILLE , & C.
Pourrions nous ne pas regarder comme un effet
fenſible de la protection du Ciel , cette ſuite d'événemens
avantageux , qui , depuis que le Roi s'eſt
rendu à la tête de ſes Troupes , ont relevé la gloire
de ſes. Armes , & entre lesquels l'un des plus importans
eſt la priſe de la Villede Fribourg , & des
Forts quila comunandent.
Le premier ſoin de Sa Majesté au retour de ſes
expéditions , a été de remercier le Dieu des Armées
des lecours qu'il en a reçus , & de lui rendre ſes
voeux devant tout son Peuple , dans ce Temple Augufte
, où l'on a offert tant de Sacrifices pour le
ſuccèsde ſes entrepriſes , au milien de cette Capitale
,comme dans le lieu le plus propre pour faire
éclater les ſentimensde Religion & de gratitude .
dont fon coeur étoit pénétré.
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
Aujourd'hui ce même Monarque , par laLettre
que nous vous communiquons , & qui ſera à jamais
un monument précieux de ſa piété envers
Dieu & de ſa tendreſſe pour ſes Sujets , nous ordonne
de rendre de notre part au Très- Haut de ſolemnelles
Actions de graces pour les différentes faveurs
dont il l'a comblé , & en particulier pour l'innportante
conquête que ce Prince , revenu à peine
des portes de la mort , a entrepriſe avec tant de
courage , & qui a ſignalé glorieuſementla fin de fa
campagne.
Animés par un exemple fi édifiant , ſoumis àdes
ordres ſi reſpectables , faiſons retentir le lieu Saint
duchantde ces Cantiques conſacrés par l'Eglife à
la reconnoiſſance des bienfais que Dieu répand fur
nous : allons aux pieds des Autels faire à celui que
nous y adorons , l'hommagé de nos proſpérités &
denos triomphes : reconnoffons que nous en fommes
redevables à ſa main bienfaiſante , & loin de
les attribuer uniquement à l'induſtrie & au courage
de l'homme , écrions- nous avec cette multitude
d'Eſprits Célestes , qui environnent le Trône de
l'Agneau : A notre Dieu , Bénédiction , Gloire , Sageffe,
Actions de graces , honneur , Puissance& force
dans les fiécles des fiécles.
,
Après l'avoir remercié de ce que ſa divine bonté
a fait pour nous , prions-le de nous donner de nouvelles
preuves de ſa protection en calmant les
troubles dont l'Europe eſt agitée , & en nous rendant
un bien que nous avons long-tems poſſédé ,
fans en connoître affés le prix : demandons lui qu'il
diffſipe les jaloufies & les défiances qui ont enfanté
les cruelles diviſions d'où naiſſent chaque jour
nant de malheurs & de défordres : conjurons- le
d'éloigner de nos Frontiéres l'un des plus redoutables
fléaux de ſa colere ; de briſer dan de mettre exz
NOVEMBRE. 1744. 203
pièces , ou du moins de rendre inutiles ces Armes
meurtrieres , que les hommes ont inventées pour
leur mutuelle deſtruction .
Puiffions-nous , par une heureuſe réunion des
Puiſſances diviſées , jouir dans peu du fruit de nos
Prieres , voir bien-tôt ſuccéder aux horreurs d'une
Guerre ſanglante , les douceurs de la Paix , & n'avoir
plus que des voeux à former en faveur de ceux ,
contrequi nous implorons avec ardeur l'aſſiſtance
duCiel!
A ces cauſes , après en avoir conferé avec nos
vénérables Freres les Doyen , Chanoines & Chapi--
tre de notre Egliſe Métropolitaine , Nous ordonnons
: que le Te Deum , avec le Verſet , Benedica
mus Patrem & Filium , &c . & l'Oraiſon Pro gratiarum
actione ; l'Antienne Domine ſalvum fac Regem
, &c. le Verſet Fiat manus tua , &c. & l'Oraifon
Pro Rege or ejus Exercitu , ſera chanté Mercredi
prochain deux du préſent mois de Décembre , dans
notredite Eglife , en actions de graces des heureux
ſuccès de la Campagne du Roi , & en particulier de
la priſe de la Ville & des Forts de Fribourg. Que
Dimanche fix du même mois , il fera pareillement
chanté dans toutes les Abbayes, Chapitres, Paroif
fes & Communautés Séculieres& Régulieres de la
Ville& des Fauxbourgs de Paris ; & le Dimanche
qui ſuivra la réception de notre préſent Mandement
, dans toutes les autres Egliſes de notre Dio
cèſe. Si vous mandons , que ces Préſentes vous
ayez à notifier à tous Abbés , Prieurs , Curés , Su
perieurs & Superieures des Communautés exemp
res& non exemptes , à ce qu'ils n'en ignorent
Donné à Paris en notre Palais Archiepifcopal , le
premier Décembre mil ſept cent quarante- quatre..
Signé CHARLES , Archevêque de Paris,
Seigneur l'Archevêque de Paris , pour faire
chanter le TE DEUM en Actions de
graces des heureux ſuccès de la Campagne
du Roi , & en particulier de la Priſedé la
Villede Fribourg.
MOnOn Cousin , le moment que j'attendois
avec tant d'impatience eſt arrivé , où je puis
rendre à Dieu , au milieu de tout mon Peuple ,les
Actions de graces que nous lui devons pour les
bienfaits dont il nous a comblé . Il lui a plú de ſeconder
mes efforts & de me faire triompher à la
tête de mes Armées : il a daigné récompenfer l'amour
que je porte à mes Sujets , & couronner , par
des ſuccès , le déſir que j'avois de contribuer moimême
à leur ſureté & à leur gloire. Mes Conquêzes
en Flandres ont été auſſi rapides qu'elles
étoient importantes ; nul effort n'a été vain. Enfin
mes ennemis déconcertés , reconnoiſſant leur foibleſſe
, n'oſant pas ſe préſenter à force ouverte , &
croyant au moins pouvoir entreprendre aux lieux où
je n'étois pas , ont ſurpris des paſſages pour pénétrer
dans mes Etats , mais la valeur de mes Troupes
m'a donné le tems de voler à leur ſecours. Ni
le regret d'interrompre mes Conquêtes , ni l'éloignement
des lieux ne m'ont point retenu , & Dieu
qui m'en donnoit la force &la volonté , paroiſſoit
approuver mes deſſeins. Si alors ſa grace toute-puiffante
a paru m'abandonner un moment ; fi après
m'avoir protegé dans des entrepriſes difficiles , il a
voulu me faire voir la mort ailleurs que dans les
I iiij
200 MERCURE DE FRANCE.
ま
dangers , ce moment d'allarme n'a ſervi qu'à me
faire ſentir plus vivement l'excès de fa bonté , &
j'ai reconnu qu'il ne m'avoit mis à cette épreuve ,
que pour m'accorder la faveur la plus touchante
qui puiſſe être pour un Roi. Sa Providence a voulu
que je jouiffe de tout l'amour de mes Sujets ,
ſans que les marques en fuſſent ſuſpectes , & que
me ſurvivant àmoi -même , je viſſe les regrets que
je laiſſfois après moi : voilà de tous ſes dons , unde
ceux qui m'a le plus touché. Ce Dieu qui lit dans
moncoeur , ſçait combien le prix d'être aimé , y
prévaut ſur un vain défir de gloire , qui coûteroit
trop à mes Sujets. Que fa bonté daigne achever
fon ouvrage , que ce ne ſoit pas vainement que
monPeuple me ſoit cher ; que ſa protection me
fourniſſe les moyens de rendre ce Peuple heureux
par la Paix , & que mes Victoires ne me ſervent
qu'à éteindre pour jamais dans mes ennemis , la
moindre eſpérance de pouvoir me nuire. La priſe
de Fribourg dont je viens de me rendre maître pour
l'Empereur mon Frere , les places de l'Autriche
'Antérieure que je lui ai ſoumiſes , tout acheve de
les convaincre , que les efforts les plus grands ne
peuvent rien contre une Armée que Dieu protége
viſiblement. Qu'ils entendent donc la voix du
Très-Haut ; qu'ils ſe laſſent des maux de leurs
Pays , s'ils ne font pas touchés de ceux de l'Europe;
qu'ils ſe ſouviennent que la France , en poffeffion
de défendre les Souverains opprimés , n'a jamais
foutenu que des cauſes juſtes , & qu'ils soient
enfin convaincus , qu'une Nation guerriere , qui
n'a qu'une langue & qu'un coeur , qui aime fon
Maître autant qu'elle en eſt aimée , & qui combat
pour l'équité, doit tôt ou tard ,par la Miféricorde de
Dieu, triompher de tous ſes ennemis. Pénétré de plus
en plus de tout ce que je dois à ſa divine bonté,je
NOVEMBRE. 1744. 201
,
ne puis que lui en redoubler mes Actions de graces
,& je vous écris cette Lettre pour vous dire
que mon intention eſt , que vous faffiez chanter le
Te Deum dans votre Egliſe Métropolitaine & autres
de votre Diocèſe , avec les ſolemnités requiſes , au
jour & à l'heure que leGrand Maître , ou le Maître
des Cérémonies vous dira de ma part , & que
vousy invitiez tous ceux qu'il conviendra d'y affifter
: ſur ee , je prie Dieu , qu'il vous ait , mon
Couſin, en ſa fainte & digne garde. Ecrit à Verſailles
le vingt- un Novembre mil ſept cent quarantequatre.
Signé , LOUIS ; Et plus bas , PHILYPEAUX.
Et au dos est écrit : A mon Coufin l'Archevêque
de Paris , Duc de Saint Cloud , Pair de France ,
Commandeur de l'Ordre du Saint- Esprit.
:
M. l'Archevêque de Paris , donna ſon Mandement
en conféquence , dont la teneur fuit.
CHARLES - GASPARD - GUILLAUM
DE VINTIMILLE , & C.
Pourrions nous ne pas regarder comme un effet
fenſible de la protection du Ciel , cette ſuite d'événemens
avantageux , qui , depuis que le Roi s'eſt
rendu à la tête de ſes Troupes , ont relevé la gloire
de ſes. Armes , & entre lesquels l'un des plus importans
eſt la priſe de la Villede Fribourg , & des
Forts quila comunandent.
Le premier ſoin de Sa Majesté au retour de ſes
expéditions , a été de remercier le Dieu des Armées
des lecours qu'il en a reçus , & de lui rendre ſes
voeux devant tout son Peuple , dans ce Temple Augufte
, où l'on a offert tant de Sacrifices pour le
ſuccèsde ſes entrepriſes , au milien de cette Capitale
,comme dans le lieu le plus propre pour faire
éclater les ſentimensde Religion & de gratitude .
dont fon coeur étoit pénétré.
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
Aujourd'hui ce même Monarque , par laLettre
que nous vous communiquons , & qui ſera à jamais
un monument précieux de ſa piété envers
Dieu & de ſa tendreſſe pour ſes Sujets , nous ordonne
de rendre de notre part au Très- Haut de ſolemnelles
Actions de graces pour les différentes faveurs
dont il l'a comblé , & en particulier pour l'innportante
conquête que ce Prince , revenu à peine
des portes de la mort , a entrepriſe avec tant de
courage , & qui a ſignalé glorieuſementla fin de fa
campagne.
Animés par un exemple fi édifiant , ſoumis àdes
ordres ſi reſpectables , faiſons retentir le lieu Saint
duchantde ces Cantiques conſacrés par l'Eglife à
la reconnoiſſance des bienfais que Dieu répand fur
nous : allons aux pieds des Autels faire à celui que
nous y adorons , l'hommagé de nos proſpérités &
denos triomphes : reconnoffons que nous en fommes
redevables à ſa main bienfaiſante , & loin de
les attribuer uniquement à l'induſtrie & au courage
de l'homme , écrions- nous avec cette multitude
d'Eſprits Célestes , qui environnent le Trône de
l'Agneau : A notre Dieu , Bénédiction , Gloire , Sageffe,
Actions de graces , honneur , Puissance& force
dans les fiécles des fiécles.
,
Après l'avoir remercié de ce que ſa divine bonté
a fait pour nous , prions-le de nous donner de nouvelles
preuves de ſa protection en calmant les
troubles dont l'Europe eſt agitée , & en nous rendant
un bien que nous avons long-tems poſſédé ,
fans en connoître affés le prix : demandons lui qu'il
diffſipe les jaloufies & les défiances qui ont enfanté
les cruelles diviſions d'où naiſſent chaque jour
nant de malheurs & de défordres : conjurons- le
d'éloigner de nos Frontiéres l'un des plus redoutables
fléaux de ſa colere ; de briſer dan de mettre exz
NOVEMBRE. 1744. 203
pièces , ou du moins de rendre inutiles ces Armes
meurtrieres , que les hommes ont inventées pour
leur mutuelle deſtruction .
Puiffions-nous , par une heureuſe réunion des
Puiſſances diviſées , jouir dans peu du fruit de nos
Prieres , voir bien-tôt ſuccéder aux horreurs d'une
Guerre ſanglante , les douceurs de la Paix , & n'avoir
plus que des voeux à former en faveur de ceux ,
contrequi nous implorons avec ardeur l'aſſiſtance
duCiel!
A ces cauſes , après en avoir conferé avec nos
vénérables Freres les Doyen , Chanoines & Chapi--
tre de notre Egliſe Métropolitaine , Nous ordonnons
: que le Te Deum , avec le Verſet , Benedica
mus Patrem & Filium , &c . & l'Oraiſon Pro gratiarum
actione ; l'Antienne Domine ſalvum fac Regem
, &c. le Verſet Fiat manus tua , &c. & l'Oraifon
Pro Rege or ejus Exercitu , ſera chanté Mercredi
prochain deux du préſent mois de Décembre , dans
notredite Eglife , en actions de graces des heureux
ſuccès de la Campagne du Roi , & en particulier de
la priſe de la Ville & des Forts de Fribourg. Que
Dimanche fix du même mois , il fera pareillement
chanté dans toutes les Abbayes, Chapitres, Paroif
fes & Communautés Séculieres& Régulieres de la
Ville& des Fauxbourgs de Paris ; & le Dimanche
qui ſuivra la réception de notre préſent Mandement
, dans toutes les autres Egliſes de notre Dio
cèſe. Si vous mandons , que ces Préſentes vous
ayez à notifier à tous Abbés , Prieurs , Curés , Su
perieurs & Superieures des Communautés exemp
res& non exemptes , à ce qu'ils n'en ignorent
Donné à Paris en notre Palais Archiepifcopal , le
premier Décembre mil ſept cent quarante- quatre..
Signé CHARLES , Archevêque de Paris,
Fermer
165
166
p. 205-207
MORTS.
Début :
LE 7 Septembre, D. Anne Marie-Thérese Spinola, née Princesse du S. Empire & Epouse de [...]
Mots clefs :
Lieutenant, Paris, Régiment, Roi, Madame d'Estouteville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
L E7 Septembre , D. Anne Marie-Théreſe Spinola,
née Princeſe du S. Empire & Epouse de
M. Paul-Edouard d'Eſtouteville , en poffſeſſion des
nom & titre de Duc d'Eſtouteville en vertu de la
Charte d'Erection de ce Duché par François I. en
1534 , ci -devant Mestre de Camp Lieutenant dur
Régiment du Roi Dragons , & actuellement Maréchal
des Camps & armées de S. M. & c. mourut
à Paris , & fut tranſportée le 9 de la Paroiſſe de S..
Sulpice en celle de S. Eustache , pour y être inhumée
dans la Chapelle de Colbert & au tombeau de
M. Colbert Miniſtre d'Etat , ayeul paternel de M.
d'Eſtouteville , de qui elle ne laiſſe point d'enfans.
Madame d'Eſtouteville avoit été mariée le 25 Juin
1714 , & étoit âgée de 58 ans. Elle étoit foeur cadetre
de feuë Madame la Duchefſe de Nevers ,
morte le II Janvier 1738 , & comme elle fille de
Jean- Baptiste Spinola , Prince du S. Empire & de
Vergagne dans l'Etat de Génes ,Grand d'Eſpagne
de la premiereClaſſe , Lieutenant Général des armées
de S. M. Catholique , &c. & de D. Françoiſe
Corerel du Bois de Leſſines .
-
Si l'on veut s'inſtruire plus particulierement de
cequi regarde la Généalogie de Mad. d'Eſtouteville&
de la feuë Ducheſſe de Nevers , on peut
voir 1º . l'Hiſtoire de la Maiſon Spinola , donnée
au Public en 1696 , par le Pere Maximilien Déza:
2º. l'Ouvrage d'Augustin Franzone Chevalier Génois
, ſur les vingt-huit premieres Maiſons de la
République de Genes , à la tête deſquelles il mer
206 MERCURE DE FRANCE,
celle de Spinola :& 3 °. l'Abregé Manuſcrit de la
Généalogie de çette même Maiſon dreffée ſur titres
par Lucas Salazar Chronologiſte du Roi d'Eſpagne,
Conſeiller au Confeil des Ordres Militaires , Commandeur
de Calatrava.
LeMarquis de Leuville , fils du Lieutenant Généxal
de cenom , & neveu du Bailly de Givri , mort
ilyaquelque tems à Embrun des bleſſures qu'il a
reçûës à l'attaque duChâteau Dauphin , a été tué
par un Parti de Vaudois , en allant joindre les troupes
commandées par le Prince deConty.
Jean Baptiste Du Tillet ,
Conſeiller d'honneur
au Parlement de Paris , & cy-devant Prédent
d'une des Chambres des Enquêtes , mourut à
Paris le huit , âgé de 59 ans.
Mre Jean Bouhier , Ancien Evêque de Dijon ,
mourut dans ce Diocèſe le quinze , âgé de près de
79 ans ; il avoit été le premier Evêque de cette Capitale
de la Bourgogne .
Charles Marquis de Ste Maure , Vice Amiral
du Levant , Grand Croix de l'Ordre Royal & Militaire
de S. Louis , mourut à Paris le 23 , âgé de 92
ans.
, Jerôme Auguſtin Boiſſel de Darville Brigadier
des armées de France , & Gouverneur de la
Ville de Roye , mourut à Paris le même jour dans
ſa ſoixante& quatrième année.
Madame de France , fixieme Fille du Roi , mourut
à l'Abbaye de Fontevrault le 28 , âgée de huit
ans, 4 mois & 12.jours ; elle étoit née à Verſailles
le 16 Mai 1736 .
Dame Marie Claude Cahouet de Beauvais , épouſe
du Comte de Chabanes , Lieutenant Général des
armées du Roi , Lieutenant Colonel du Régiment
des Gardes Françoiſes , & Grand Croix de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , mourut à Paris le
29 , âgée de so ans..
NOVEMBRE. 1744. 207
K
M. de Solemi , Brigadier & Lieutenant Colone
du Régiment de Cavalerie de Conty , a été tué en
Italie , en marchant ſur les traces de ſon Prince, au
Combat donné près du Convent de la Madonna
del Ulmo .
Le Marquis de Benſe, Capitaine dans le Régiment
de Dragons du Roi , a été tué à l'attaque du fort
de Rhinfeldt , ſur le Rhin , emporté par les troupes
commandées par le Chevalier de Belle-Ifle .
Le Chevalierde Courtomer & le Marquis d'Avernes,
tous deux Lieutenans au Régiment des Gardes
Françoiſes , ont été tués en ſignalant leur valeur au
Siége de Fribourg .
Mre Leon de Beaumont , Evêque de Saintes , &
Prieur de S. Etienne de Mortagne , mourut dans.
ſon Diocèſe le 10 Octobre , âgé d'environ 93 ans.
M. de Boëhmer , Miniſtre du Landgrave de Heffe
Darmſtadt , mourut les Novembre dans la ss. an
néede ſonâge.
L E7 Septembre , D. Anne Marie-Théreſe Spinola,
née Princeſe du S. Empire & Epouse de
M. Paul-Edouard d'Eſtouteville , en poffſeſſion des
nom & titre de Duc d'Eſtouteville en vertu de la
Charte d'Erection de ce Duché par François I. en
1534 , ci -devant Mestre de Camp Lieutenant dur
Régiment du Roi Dragons , & actuellement Maréchal
des Camps & armées de S. M. & c. mourut
à Paris , & fut tranſportée le 9 de la Paroiſſe de S..
Sulpice en celle de S. Eustache , pour y être inhumée
dans la Chapelle de Colbert & au tombeau de
M. Colbert Miniſtre d'Etat , ayeul paternel de M.
d'Eſtouteville , de qui elle ne laiſſe point d'enfans.
Madame d'Eſtouteville avoit été mariée le 25 Juin
1714 , & étoit âgée de 58 ans. Elle étoit foeur cadetre
de feuë Madame la Duchefſe de Nevers ,
morte le II Janvier 1738 , & comme elle fille de
Jean- Baptiste Spinola , Prince du S. Empire & de
Vergagne dans l'Etat de Génes ,Grand d'Eſpagne
de la premiereClaſſe , Lieutenant Général des armées
de S. M. Catholique , &c. & de D. Françoiſe
Corerel du Bois de Leſſines .
-
Si l'on veut s'inſtruire plus particulierement de
cequi regarde la Généalogie de Mad. d'Eſtouteville&
de la feuë Ducheſſe de Nevers , on peut
voir 1º . l'Hiſtoire de la Maiſon Spinola , donnée
au Public en 1696 , par le Pere Maximilien Déza:
2º. l'Ouvrage d'Augustin Franzone Chevalier Génois
, ſur les vingt-huit premieres Maiſons de la
République de Genes , à la tête deſquelles il mer
206 MERCURE DE FRANCE,
celle de Spinola :& 3 °. l'Abregé Manuſcrit de la
Généalogie de çette même Maiſon dreffée ſur titres
par Lucas Salazar Chronologiſte du Roi d'Eſpagne,
Conſeiller au Confeil des Ordres Militaires , Commandeur
de Calatrava.
LeMarquis de Leuville , fils du Lieutenant Généxal
de cenom , & neveu du Bailly de Givri , mort
ilyaquelque tems à Embrun des bleſſures qu'il a
reçûës à l'attaque duChâteau Dauphin , a été tué
par un Parti de Vaudois , en allant joindre les troupes
commandées par le Prince deConty.
Jean Baptiste Du Tillet ,
Conſeiller d'honneur
au Parlement de Paris , & cy-devant Prédent
d'une des Chambres des Enquêtes , mourut à
Paris le huit , âgé de 59 ans.
Mre Jean Bouhier , Ancien Evêque de Dijon ,
mourut dans ce Diocèſe le quinze , âgé de près de
79 ans ; il avoit été le premier Evêque de cette Capitale
de la Bourgogne .
Charles Marquis de Ste Maure , Vice Amiral
du Levant , Grand Croix de l'Ordre Royal & Militaire
de S. Louis , mourut à Paris le 23 , âgé de 92
ans.
, Jerôme Auguſtin Boiſſel de Darville Brigadier
des armées de France , & Gouverneur de la
Ville de Roye , mourut à Paris le même jour dans
ſa ſoixante& quatrième année.
Madame de France , fixieme Fille du Roi , mourut
à l'Abbaye de Fontevrault le 28 , âgée de huit
ans, 4 mois & 12.jours ; elle étoit née à Verſailles
le 16 Mai 1736 .
Dame Marie Claude Cahouet de Beauvais , épouſe
du Comte de Chabanes , Lieutenant Général des
armées du Roi , Lieutenant Colonel du Régiment
des Gardes Françoiſes , & Grand Croix de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , mourut à Paris le
29 , âgée de so ans..
NOVEMBRE. 1744. 207
K
M. de Solemi , Brigadier & Lieutenant Colone
du Régiment de Cavalerie de Conty , a été tué en
Italie , en marchant ſur les traces de ſon Prince, au
Combat donné près du Convent de la Madonna
del Ulmo .
Le Marquis de Benſe, Capitaine dans le Régiment
de Dragons du Roi , a été tué à l'attaque du fort
de Rhinfeldt , ſur le Rhin , emporté par les troupes
commandées par le Chevalier de Belle-Ifle .
Le Chevalierde Courtomer & le Marquis d'Avernes,
tous deux Lieutenans au Régiment des Gardes
Françoiſes , ont été tués en ſignalant leur valeur au
Siége de Fribourg .
Mre Leon de Beaumont , Evêque de Saintes , &
Prieur de S. Etienne de Mortagne , mourut dans.
ſon Diocèſe le 10 Octobre , âgé d'environ 93 ans.
M. de Boëhmer , Miniſtre du Landgrave de Heffe
Darmſtadt , mourut les Novembre dans la ss. an
néede ſonâge.
Fermer
167
s. p.
PRIVILEGE DU ROI.
Début :
LOUIS par la grace de Dieu, Roi de France & de Navarre : A nos amés & féaux Conseillers, [...]
Mots clefs :
Mercure de France, Imprimeurs, Libraires, Paris, Livres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIVILEGE DU ROI.
PRIVILEGE DU ROI,
OUIS par la grace de Dieu , Roi de France
&de Navarre : A nos amés & féaux Conſeillers
, les Gens tenans nos Cours de Parlement ,
Maîtres des Requêtes ordinaires de notre Hôtel ,
GrandConfeil , Prévôt de Paris , Baillifs , Sénéchaux
, leurs Lieutenans Civils & autres nos jufticiers
qu'il appartiendra. SALUT , nos chers &
bien amés Louis Fuzelier & Charles Antoine le Clerc
de la Bruere , Nous ont fait remontrer , que l'applaudiſſement
que reçoit le Mercure de France,
Nous a fait croire que le ſieur de la Roque titulaire
dudernier Brevet étant décédé , il ne convient pas
que le Public ſoit privé à l'avenir d'un Ouvrage
auſſi utile qu'agréable , tant à nos Sujets qu'aux
Etrangers ; c'eſt dans cette vûë que bien informés
des talens& de la ſageſſe des ſieurs Fuzelier & le
Clerc de la Bruere,Nous les avons choiſis pour com.
poſer à l'avenir excluſivement à tous autres ledit
Ouvrage , ſous le titre deMercure de France , &
Nous leur en avons accordé à cet effet notre Brevec
en datte du trente-un du mois dernier , à condition
que le ſurvivant des deux jouira ſeul de la faculté
& Privilége,pour l'exécution duquel ils Nous
ont très-humblement ſupplié de leur accorder nos
Lettres ſur ce néceſſaires. A CES CAUSES ,
Voulant traiter favorablement leſdits ſieurs Expofans
, Nous leurs avons permis & permettons par
ces Préſentes de compoſer & donner au Publicà
l'avenir tous les mois ,à eux ſeuls excluſivement à
tous autres ledit Mercure de France , qu'ils pourront
faireimprimer enun ou pluſieurs Volumes conjoin,
,
,
tement ou ſéparément & autant de fois que bon
leur ſemblera chaque mois, & de le faire vendre &
débiter par tout notre Royaume , Pays Terres &
Seigneuries de notre obeſſance ,pendant le tems
&eſpace de vingt années confécutives , à compter
dujour de ladatte des Preſentes , à condition néanmoins
que chaque Volume porte ſon Approbation
exprefle de 1 Examinateur qui aura été commis à
cet effet , & en outre Nous avons revoqué & revoquons
tous autres Priviléges qui pourroient avoir
été donnés ci-devant à d'autres qu'audits ſieurs
Expoſans faiſons défenſes à toutes perſonnes
de quelque qualité & condition qu'elles foient
d'enintroduire d'Impreffion ou Gravure Etrangere
dans aucun lieu de notre obéillance , comme aufli
àtous Libraires - Imprimeurs Graveurs Imprimeurs
, Marchands en Taille douce & autres d'imprimer
, faire imprimer , graver ou faire graver ,
vendre, faire vendre, débiter ni contrefaire ledit Livre
ou Planches en tout ni en partie , ni d'en faire
aucuns Extraits ſous quelque prétexte que ce foit
d'augmentation , correction, changement de Titres
ou autrement ſans la permiffion ex refle ou par
écrit deſdits ſieurs Expoſans ou de ceux qui auront
droit d'eux , le tout à peine de confiſcation tantdes
Planches que des Exemplaires contrefaits & des uf
tenciles qui auront ſervi à ladite contrefaçon que
Nous entendons être ſaiſis en quelque lieu qu'ils
foient trouvés , de fix mille livres d'amende contre
chacun des contrevenans , dont un tiers à Nous , un
tiers à l'Hôtel- Dieu de Paris , & l'autre tiers auldits
fieurs Expoſans,& de tous dépens dommages & intérêts
, à la charge que ces Préfentes feront en regiftrées
tout au long fur le Regiſtre de la Communauté
des Libraires & Imprimeurs de Paris, dans trois mois
de ladatte des Préſentes ,& que l'impreffion de ce
:
Livre fera faite dans notre Royaume & non ailleurs
, & que les Impetrans ſe conformeront en
tout aux Réglemens de la Librairie & notamment à
celui du dix Avril mil ſept cent vingt-cinq , &
qu'avant de les expoſer en vente, les Manufcuitsou
Imprimés quiauront ſervi de copie à l'impreſſion
deſdits Livres ſeront remis dans le même état ou les
Approbations y auront été données ès mains de nôtre
très-cher & féal Chevalier Chancelier de France,
le ſieur Dagueſſeau , Commandeur de nos Ordres
, & qu'il en ſera enſuite remis deux Exemplaires
de chacun dans notre Bibliothéque Publique,
un dans celle notre Château du Louvre,&un
dans celle de notre très cher & féal Chancelier de
France , le tour à peine de nullité des Préſentes , du
contenu deſquelles vous mandons & enjoignons
de faire jouir leſdits ſieurs Expoſans ou leurs ayants
cauſe,pleinement& paiſiblement,ſans ſouffrir qu'il
leut ſoit fait aucun trouble ni empêchement. Voulons
que la copie des Préſentes qui fera imprimée
au commencement ou à la fin deſdits Livres ſoit
tenuë pour dûëment ſignifiée, & qu'aux copies collationnées
par un de nos amés & féaux Conſeillers
Sécrétaires , foi ſoit ajoutée comme à l'Original.
Commandons au premier notre Huffier ou Sergent
ſur ce requis de faire pour l'exécution d'icelles
tous Actes requis & néceſſaires , fans demander
autre permiffion & nonobſtant Clameur de
Haro , Charte Normande& Lettres à ce contraires
, car tel eſt notre plaiſir. Donné à Paris , le
treizieme jour de Novembre , l'an de grace mil
ſept cent quarante-quatre & de notre Régne le
trentiéme.
Par leRoi enfon Confeil , NOBLET.
Régistréſur le Régiſtre onze de la Chambre Royale
Syndicale des Libraires & Imprimeurs , ſous le
même Numero & le même folio que le Brévet attaché
ſous le préſent contre-ſcel ( N°. 394 , fol. 233 , )
conformément au Reglément de 1723 , qui fait défense
Art. 4, à toutes perſonnes de quelque qualité qu'elles
foient, autres qquuee les Libraires & Imprimeurs ,de
vendre , débiter & faire afficher aucuns Livres pour
les vendre en leurs noms , soit qu'ils s'en disent les
Auteurs ou autrement , & à la charge de fournirà
ladite Chambre Royale & Syndicale des Libraires
Imprimeurs de Paris huit Exemplaires de chacun &
par chacun mois , preſcrits par l'Article 108 duméme
Reglement.A Paris le 10 Décembre 1744.
Signé, VINCENT , Syndic,
OUIS par la grace de Dieu , Roi de France
&de Navarre : A nos amés & féaux Conſeillers
, les Gens tenans nos Cours de Parlement ,
Maîtres des Requêtes ordinaires de notre Hôtel ,
GrandConfeil , Prévôt de Paris , Baillifs , Sénéchaux
, leurs Lieutenans Civils & autres nos jufticiers
qu'il appartiendra. SALUT , nos chers &
bien amés Louis Fuzelier & Charles Antoine le Clerc
de la Bruere , Nous ont fait remontrer , que l'applaudiſſement
que reçoit le Mercure de France,
Nous a fait croire que le ſieur de la Roque titulaire
dudernier Brevet étant décédé , il ne convient pas
que le Public ſoit privé à l'avenir d'un Ouvrage
auſſi utile qu'agréable , tant à nos Sujets qu'aux
Etrangers ; c'eſt dans cette vûë que bien informés
des talens& de la ſageſſe des ſieurs Fuzelier & le
Clerc de la Bruere,Nous les avons choiſis pour com.
poſer à l'avenir excluſivement à tous autres ledit
Ouvrage , ſous le titre deMercure de France , &
Nous leur en avons accordé à cet effet notre Brevec
en datte du trente-un du mois dernier , à condition
que le ſurvivant des deux jouira ſeul de la faculté
& Privilége,pour l'exécution duquel ils Nous
ont très-humblement ſupplié de leur accorder nos
Lettres ſur ce néceſſaires. A CES CAUSES ,
Voulant traiter favorablement leſdits ſieurs Expofans
, Nous leurs avons permis & permettons par
ces Préſentes de compoſer & donner au Publicà
l'avenir tous les mois ,à eux ſeuls excluſivement à
tous autres ledit Mercure de France , qu'ils pourront
faireimprimer enun ou pluſieurs Volumes conjoin,
,
,
tement ou ſéparément & autant de fois que bon
leur ſemblera chaque mois, & de le faire vendre &
débiter par tout notre Royaume , Pays Terres &
Seigneuries de notre obeſſance ,pendant le tems
&eſpace de vingt années confécutives , à compter
dujour de ladatte des Preſentes , à condition néanmoins
que chaque Volume porte ſon Approbation
exprefle de 1 Examinateur qui aura été commis à
cet effet , & en outre Nous avons revoqué & revoquons
tous autres Priviléges qui pourroient avoir
été donnés ci-devant à d'autres qu'audits ſieurs
Expoſans faiſons défenſes à toutes perſonnes
de quelque qualité & condition qu'elles foient
d'enintroduire d'Impreffion ou Gravure Etrangere
dans aucun lieu de notre obéillance , comme aufli
àtous Libraires - Imprimeurs Graveurs Imprimeurs
, Marchands en Taille douce & autres d'imprimer
, faire imprimer , graver ou faire graver ,
vendre, faire vendre, débiter ni contrefaire ledit Livre
ou Planches en tout ni en partie , ni d'en faire
aucuns Extraits ſous quelque prétexte que ce foit
d'augmentation , correction, changement de Titres
ou autrement ſans la permiffion ex refle ou par
écrit deſdits ſieurs Expoſans ou de ceux qui auront
droit d'eux , le tout à peine de confiſcation tantdes
Planches que des Exemplaires contrefaits & des uf
tenciles qui auront ſervi à ladite contrefaçon que
Nous entendons être ſaiſis en quelque lieu qu'ils
foient trouvés , de fix mille livres d'amende contre
chacun des contrevenans , dont un tiers à Nous , un
tiers à l'Hôtel- Dieu de Paris , & l'autre tiers auldits
fieurs Expoſans,& de tous dépens dommages & intérêts
, à la charge que ces Préfentes feront en regiftrées
tout au long fur le Regiſtre de la Communauté
des Libraires & Imprimeurs de Paris, dans trois mois
de ladatte des Préſentes ,& que l'impreffion de ce
:
Livre fera faite dans notre Royaume & non ailleurs
, & que les Impetrans ſe conformeront en
tout aux Réglemens de la Librairie & notamment à
celui du dix Avril mil ſept cent vingt-cinq , &
qu'avant de les expoſer en vente, les Manufcuitsou
Imprimés quiauront ſervi de copie à l'impreſſion
deſdits Livres ſeront remis dans le même état ou les
Approbations y auront été données ès mains de nôtre
très-cher & féal Chevalier Chancelier de France,
le ſieur Dagueſſeau , Commandeur de nos Ordres
, & qu'il en ſera enſuite remis deux Exemplaires
de chacun dans notre Bibliothéque Publique,
un dans celle notre Château du Louvre,&un
dans celle de notre très cher & féal Chancelier de
France , le tour à peine de nullité des Préſentes , du
contenu deſquelles vous mandons & enjoignons
de faire jouir leſdits ſieurs Expoſans ou leurs ayants
cauſe,pleinement& paiſiblement,ſans ſouffrir qu'il
leut ſoit fait aucun trouble ni empêchement. Voulons
que la copie des Préſentes qui fera imprimée
au commencement ou à la fin deſdits Livres ſoit
tenuë pour dûëment ſignifiée, & qu'aux copies collationnées
par un de nos amés & féaux Conſeillers
Sécrétaires , foi ſoit ajoutée comme à l'Original.
Commandons au premier notre Huffier ou Sergent
ſur ce requis de faire pour l'exécution d'icelles
tous Actes requis & néceſſaires , fans demander
autre permiffion & nonobſtant Clameur de
Haro , Charte Normande& Lettres à ce contraires
, car tel eſt notre plaiſir. Donné à Paris , le
treizieme jour de Novembre , l'an de grace mil
ſept cent quarante-quatre & de notre Régne le
trentiéme.
Par leRoi enfon Confeil , NOBLET.
Régistréſur le Régiſtre onze de la Chambre Royale
Syndicale des Libraires & Imprimeurs , ſous le
même Numero & le même folio que le Brévet attaché
ſous le préſent contre-ſcel ( N°. 394 , fol. 233 , )
conformément au Reglément de 1723 , qui fait défense
Art. 4, à toutes perſonnes de quelque qualité qu'elles
foient, autres qquuee les Libraires & Imprimeurs ,de
vendre , débiter & faire afficher aucuns Livres pour
les vendre en leurs noms , soit qu'ils s'en disent les
Auteurs ou autrement , & à la charge de fournirà
ladite Chambre Royale & Syndicale des Libraires
Imprimeurs de Paris huit Exemplaires de chacun &
par chacun mois , preſcrits par l'Article 108 duméme
Reglement.A Paris le 10 Décembre 1744.
Signé, VINCENT , Syndic,
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168
p. 55-59
LA POLICE sous LOUIS XIV.
Début :
LE grand art de régner est le premier des Arts ; [...]
Mots clefs :
Arts, Grands, Lois, Peuple, Paris, Travail
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA POLICE sous LOUIS XIV.
LA POLICE ſous LOUIS XIV.
L
E grand art de régner eſt le premier des
Arts ;
Il ne ſe borne point aux fatigues de Mars ;
Il n'eſt point renfermé dans le foin politique
D'abaiſſer la fierté d'un voiſin tirannique ,
Ou d'ébranler l'Europe , ou d'y donner la Loi ;
Le devoir d'un Monarque eft de régner chés ſoi ,
D'y former un Etat redoutable & tranquile ;
De rendre heureux ſon peuple en le rendant docile.
C'est ainſi que Louis ſçut paſſer autrefois
Des tentes de Bellone aux Temples de nos Loix ;
Il montoit fur un Trône environné d'abîmes ,
De débris, de tombeaux, de meurtres&de crimes,
Aumilieu des flambeaux de nos diviſions ,
Aux cris de la difcorde, au bruit des factions.
Il parut , il fut ſage , & l'Etat fut paiſible.
La diſcorde à fon joug ſoumit ſa tête horrible ,
Et la confufion fit filence à ſa voix.
Tout prit un cours nouveau , tout rentra dans ſes
droits :
Le Magiftrat fut juſte , & l'Egliſe fut fainte .
Paris vit profperer dans ſon heureuſe enceinte
D.sCitoyens foumis , au travail afidus
C iiij
56 MERCURE DE FRANCE.
Qui reſpectoient les Grands , &ne les craignoient
plus.
La regle avec la paix ſous des abris tranquiles
Aux Arts encouragés affura des aziles ;
L'orphelin fut nourri , le vagabond fixé ,
Le pauvre oifif & lâche , au travail fut forcé ,
Et l'heureuſe induſtrie amenant l'abondance
Appella l'Etranger qui méconnut la France ,
L'Etranger étonné qui prompt à s'irriter ,
Fut jaloux de LOUIS & ne put l'imiter .
Ainſi quand du Très Haut la parole feconde
Des horreurs du cahos eut fait naître le Monde ,
Il en fixa la borne , il plaça dans leurs rangs
Ces tréſors de lumiere & ces globes errans ;
De l'immenſe Saturne il rallentit la courſe ,
Fit dans un cercle étroit rouler le char de l'Ourſe >
De la lune à la terre aſſura les ſecours ,
Diftingua les climats & meſura les jours.
Il dit à l'Ocean , que ton orgueil s'abaiſſe ;
Que l'Aftre de la nuit te fouleve & t'affaiſſe ;
Il dit aux flancs du Nord , enfantez les Autans ;
Aux eaux du Ciel , tombez , fertiliſez les champs,
Et que tantôt liquide & tantôt endurcie ,
L'onde revole au Ciel en vapeurs obfcurcie.
Il dit ,& tout fut fait , & dès ces premiers tems
Toujours indeſtructible en ſes grands changemens
La Nature entretient à ſon Maître fidéle
D'Elemens oppoſés la concorde éternelle.
DECEMBRE. 1744. 57
Si l'on peut comparer aux Chefs -d'oeuvres Divins
Les foibles monuments des efforts des humains ,
Sous un Roi bienfaiſant parcourons cette Ville
Obéiſſante , heureuſe , agiſſante , tranquille .
Quelle ame inceſſamment conduit ce vaſte corps !
Quelle inviſible main préſide à ces refforts !
Quel Sage a ſçu plier à nos communs ſervices
Nosbeſoins , nos plaiſirs , nos vertus & nos vices !
Pourquoi ce peuple immenſe avec ſécurité
Vit- il fans prévoyance & fans calamité ?
L'Aſtre du jour à peine a fini ſa carriere ,
De cent mille fanaux l'éclatante lumiere
Dans ce grand labirinthe avec ordre me luit ,
Et forme un jour de fête au milieu de la nuit.
L'aurore ouvre les Cieux , le beſoin ſe réveille ;
Il appelle à grands cris le travail qui ſommeille ;
Vertumne avec Pomone apporte au point du jour
Les fruits prématurés hâtés par leur amour ;
Ces rivages pompeux qui refferrent ces ondes
Sont couverts en tous tems des tréſors des deux
mondes.
Ici l'or qu'on filoit s'étend ſous le marteau ;
La main de l'Artiſan lui donne un prix nouveau
La vanité des Grands, le luxe, la moleſſe ,
Nourriffent des petits l'infatigable adreſſe ;
Je vois tous les talens par l'eſpoir animés
Noblement foutenus , ſagement réprimés ,
L'un de l'autre jaloux , empreſſés à ſe nuire
C
38 MERCURE DE FRANCE.
L'interêt les fit naître , il pouroit les détruire ,
Un Sage les modére , &de leurs factions
Fait au bonheur public ſervir les paſſions .
Mais ce n'eſt pas affés qu'un Sage ſoit utile
Le Magiſtat François doit penſer en Edile ;
Il doit lever les yeux vers ces nobles Romains ,
Que leCiel fit en tout l'exemple des humains.
C'étoit peu de tracer de leurs mains triomphantes
Du Tibre au Pont-Euxin ces routes étonnantes
De tranſporter les flots des fleuves captivés
ソー
Sur cent arcs triomphaux juſqu'au Ciel élevés ;.
Rome en grands monumens de tous côtés feconde
Donna des Loix , des Arts & des fêtes au monde;
L'Univers enchaîné dans un heureux loiſir
Admira les Romains juſqu'au ſein du plaifir.
Paris ne céde point à l'antique Italie :
,
Chaque jour nous rafſſemble aux Temples du Genie ,.
Aces Palais des Arts , à ces jeux enchanteurs
A ces combats d'eſprit qui poliſſent les moeurs ;
Pompe digne d'Athene , où tout un peuple abonde
Ecole des plaifirs , des vertus & du monde.
Plus loin la preffe roule , & notre oeil étonné
Yvoit un plomb mobile en lettres façonnné
Mieux que chés les Chinois ſur des feuilles legeres
Tracer en un moment d'immortels caracteres.
Protegez , tous ces Arts , ô vous , ſoutiens des
Loix ,
Miniftres confidens., ou Précepteurs des Rois;
;
DECEMBRE . 1744. 59
,
Méritez que vos noms ſoient écrits dans l'Hiſtoire
Par la main des talens organes de la gloire.
Colbert & Richelieu les palmes dans les mains ,
De l'immortalité vous montrent les chemins :
Regardez auprès d'eux ce vigilant Génie
Succeſſeur généreux du prudent la Reinie ,
Aqui Paris doit tout , & qui laiſſe aujourd'hui ,
Pour le bien des François deux Fils digne de lui.
Ma voix vous nommeroit , vous , dont la vigilance
Etend des ſoins nouveaux fur cette Ville immenſe,
Si vos jours conſacrés au maintien de nos Loix
Vous laiſſoient un moment pour entendre mavoix..
J'oſerois , emporté par une heureuſe yvreſſe ,
De mon Roi bienfaiſant célébrer la ſageſſe ,
Mais l'éloge eſt pour lui , malgré fon bruit flatteur,
La ſeule vérité qui déplaiſe à ſon coeur..
L
E grand art de régner eſt le premier des
Arts ;
Il ne ſe borne point aux fatigues de Mars ;
Il n'eſt point renfermé dans le foin politique
D'abaiſſer la fierté d'un voiſin tirannique ,
Ou d'ébranler l'Europe , ou d'y donner la Loi ;
Le devoir d'un Monarque eft de régner chés ſoi ,
D'y former un Etat redoutable & tranquile ;
De rendre heureux ſon peuple en le rendant docile.
C'est ainſi que Louis ſçut paſſer autrefois
Des tentes de Bellone aux Temples de nos Loix ;
Il montoit fur un Trône environné d'abîmes ,
De débris, de tombeaux, de meurtres&de crimes,
Aumilieu des flambeaux de nos diviſions ,
Aux cris de la difcorde, au bruit des factions.
Il parut , il fut ſage , & l'Etat fut paiſible.
La diſcorde à fon joug ſoumit ſa tête horrible ,
Et la confufion fit filence à ſa voix.
Tout prit un cours nouveau , tout rentra dans ſes
droits :
Le Magiftrat fut juſte , & l'Egliſe fut fainte .
Paris vit profperer dans ſon heureuſe enceinte
D.sCitoyens foumis , au travail afidus
C iiij
56 MERCURE DE FRANCE.
Qui reſpectoient les Grands , &ne les craignoient
plus.
La regle avec la paix ſous des abris tranquiles
Aux Arts encouragés affura des aziles ;
L'orphelin fut nourri , le vagabond fixé ,
Le pauvre oifif & lâche , au travail fut forcé ,
Et l'heureuſe induſtrie amenant l'abondance
Appella l'Etranger qui méconnut la France ,
L'Etranger étonné qui prompt à s'irriter ,
Fut jaloux de LOUIS & ne put l'imiter .
Ainſi quand du Très Haut la parole feconde
Des horreurs du cahos eut fait naître le Monde ,
Il en fixa la borne , il plaça dans leurs rangs
Ces tréſors de lumiere & ces globes errans ;
De l'immenſe Saturne il rallentit la courſe ,
Fit dans un cercle étroit rouler le char de l'Ourſe >
De la lune à la terre aſſura les ſecours ,
Diftingua les climats & meſura les jours.
Il dit à l'Ocean , que ton orgueil s'abaiſſe ;
Que l'Aftre de la nuit te fouleve & t'affaiſſe ;
Il dit aux flancs du Nord , enfantez les Autans ;
Aux eaux du Ciel , tombez , fertiliſez les champs,
Et que tantôt liquide & tantôt endurcie ,
L'onde revole au Ciel en vapeurs obfcurcie.
Il dit ,& tout fut fait , & dès ces premiers tems
Toujours indeſtructible en ſes grands changemens
La Nature entretient à ſon Maître fidéle
D'Elemens oppoſés la concorde éternelle.
DECEMBRE. 1744. 57
Si l'on peut comparer aux Chefs -d'oeuvres Divins
Les foibles monuments des efforts des humains ,
Sous un Roi bienfaiſant parcourons cette Ville
Obéiſſante , heureuſe , agiſſante , tranquille .
Quelle ame inceſſamment conduit ce vaſte corps !
Quelle inviſible main préſide à ces refforts !
Quel Sage a ſçu plier à nos communs ſervices
Nosbeſoins , nos plaiſirs , nos vertus & nos vices !
Pourquoi ce peuple immenſe avec ſécurité
Vit- il fans prévoyance & fans calamité ?
L'Aſtre du jour à peine a fini ſa carriere ,
De cent mille fanaux l'éclatante lumiere
Dans ce grand labirinthe avec ordre me luit ,
Et forme un jour de fête au milieu de la nuit.
L'aurore ouvre les Cieux , le beſoin ſe réveille ;
Il appelle à grands cris le travail qui ſommeille ;
Vertumne avec Pomone apporte au point du jour
Les fruits prématurés hâtés par leur amour ;
Ces rivages pompeux qui refferrent ces ondes
Sont couverts en tous tems des tréſors des deux
mondes.
Ici l'or qu'on filoit s'étend ſous le marteau ;
La main de l'Artiſan lui donne un prix nouveau
La vanité des Grands, le luxe, la moleſſe ,
Nourriffent des petits l'infatigable adreſſe ;
Je vois tous les talens par l'eſpoir animés
Noblement foutenus , ſagement réprimés ,
L'un de l'autre jaloux , empreſſés à ſe nuire
C
38 MERCURE DE FRANCE.
L'interêt les fit naître , il pouroit les détruire ,
Un Sage les modére , &de leurs factions
Fait au bonheur public ſervir les paſſions .
Mais ce n'eſt pas affés qu'un Sage ſoit utile
Le Magiſtat François doit penſer en Edile ;
Il doit lever les yeux vers ces nobles Romains ,
Que leCiel fit en tout l'exemple des humains.
C'étoit peu de tracer de leurs mains triomphantes
Du Tibre au Pont-Euxin ces routes étonnantes
De tranſporter les flots des fleuves captivés
ソー
Sur cent arcs triomphaux juſqu'au Ciel élevés ;.
Rome en grands monumens de tous côtés feconde
Donna des Loix , des Arts & des fêtes au monde;
L'Univers enchaîné dans un heureux loiſir
Admira les Romains juſqu'au ſein du plaifir.
Paris ne céde point à l'antique Italie :
,
Chaque jour nous rafſſemble aux Temples du Genie ,.
Aces Palais des Arts , à ces jeux enchanteurs
A ces combats d'eſprit qui poliſſent les moeurs ;
Pompe digne d'Athene , où tout un peuple abonde
Ecole des plaifirs , des vertus & du monde.
Plus loin la preffe roule , & notre oeil étonné
Yvoit un plomb mobile en lettres façonnné
Mieux que chés les Chinois ſur des feuilles legeres
Tracer en un moment d'immortels caracteres.
Protegez , tous ces Arts , ô vous , ſoutiens des
Loix ,
Miniftres confidens., ou Précepteurs des Rois;
;
DECEMBRE . 1744. 59
,
Méritez que vos noms ſoient écrits dans l'Hiſtoire
Par la main des talens organes de la gloire.
Colbert & Richelieu les palmes dans les mains ,
De l'immortalité vous montrent les chemins :
Regardez auprès d'eux ce vigilant Génie
Succeſſeur généreux du prudent la Reinie ,
Aqui Paris doit tout , & qui laiſſe aujourd'hui ,
Pour le bien des François deux Fils digne de lui.
Ma voix vous nommeroit , vous , dont la vigilance
Etend des ſoins nouveaux fur cette Ville immenſe,
Si vos jours conſacrés au maintien de nos Loix
Vous laiſſoient un moment pour entendre mavoix..
J'oſerois , emporté par une heureuſe yvreſſe ,
De mon Roi bienfaiſant célébrer la ſageſſe ,
Mais l'éloge eſt pour lui , malgré fon bruit flatteur,
La ſeule vérité qui déplaiſe à ſon coeur..
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169
p. 117
AUTRE.
Début :
Je suis une ville fameuse, [...]
Mots clefs :
Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
JE fuis une ville fameuſe
Et depuis peu très - glorieufe ;
Qu'on me fepare en deux ,
Ma fin eft un Village ,
Elle eft encor un mouvement joyeux ;
La Chine & fon peuple nombreux
De cette fin font grand ufage.
JE fuis une ville fameuſe
Et depuis peu très - glorieufe ;
Qu'on me fepare en deux ,
Ma fin eft un Village ,
Elle eft encor un mouvement joyeux ;
La Chine & fon peuple nombreux
De cette fin font grand ufage.
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170
p. 130
LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis célébre en France. [...]
Mots clefs :
Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
JEE fuis célébre en France.
Louis en me nommant montre fa complaiſance.
iffu de Sang Royal , I , 2 3 > , 4,5 ,
Je bravai des Troyens un dangereux rival ;
3 , 4 , joignez 5 , je ſuis figne de joye ;
C'eſt par moi qu'au dehors fon tranſport ſe dé→
ploye ;
2 , 1 , 4 , avec s , fils du pere des Dieux ,
J'ai vu l'Egyptien me préfenter fes voeux.
Par le même.
JEE fuis célébre en France.
Louis en me nommant montre fa complaiſance.
iffu de Sang Royal , I , 2 3 > , 4,5 ,
Je bravai des Troyens un dangereux rival ;
3 , 4 , joignez 5 , je ſuis figne de joye ;
C'eſt par moi qu'au dehors fon tranſport ſe dé→
ploye ;
2 , 1 , 4 , avec s , fils du pere des Dieux ,
J'ai vu l'Egyptien me préfenter fes voeux.
Par le même.
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171
p. 120-121
LOGOGRYPHE.
Début :
Formant plus d'un génie heureux, [...]
Mots clefs :
Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE,
Formant plus d'un génie heureux ;
Lecteur , dans les Beaux - Arts j'ai ſurpaſſé la
Gréce .
Gardant mon nom , changeant d'efpece ,
Tu vois qu'en me livrant à de coupables feux .
Trop fût des foins d'une Déeffe ,
Téméraire , j'ofai divifer tous les Dieux.
Sur un feul pied mon corps chemine :
Dérangé , j'offre aux curieux
Un Dieu qui de l'Egypte eut l'encens & les voeuxi
Un Seigneur dont le rang domine ,
Lorfque Louis faiſant enregiſtrer les loix ,
De fon trône foutient la gloire & la puiffances
Quoique le même , je balance
En Albion l'autorité des Rois ;
De deux Ambaffadeurs je fais la prefféance ;
Quittant des titres fi pompeux ,
Sans gravité paroîtrai-je à tes yeux?
Comment oferai-je en cadence ,
Animer feul & les chants & la danſe ,
Et me trouver fans ceffe avec les jeux ?
Garde-toi cependant, d'un front trop fourcilleux ;
D'infulter à mon inconftance ;
C'e
NOVEMBRE. 1749 121 .
C'eft chez moi que tu pris naiffance ,
fans moi tu verrois bien-tôt les fombres lieux.
Maillard la jeune.
A Nancy le 25
Août
1749.
Formant plus d'un génie heureux ;
Lecteur , dans les Beaux - Arts j'ai ſurpaſſé la
Gréce .
Gardant mon nom , changeant d'efpece ,
Tu vois qu'en me livrant à de coupables feux .
Trop fût des foins d'une Déeffe ,
Téméraire , j'ofai divifer tous les Dieux.
Sur un feul pied mon corps chemine :
Dérangé , j'offre aux curieux
Un Dieu qui de l'Egypte eut l'encens & les voeuxi
Un Seigneur dont le rang domine ,
Lorfque Louis faiſant enregiſtrer les loix ,
De fon trône foutient la gloire & la puiffances
Quoique le même , je balance
En Albion l'autorité des Rois ;
De deux Ambaffadeurs je fais la prefféance ;
Quittant des titres fi pompeux ,
Sans gravité paroîtrai-je à tes yeux?
Comment oferai-je en cadence ,
Animer feul & les chants & la danſe ,
Et me trouver fans ceffe avec les jeux ?
Garde-toi cependant, d'un front trop fourcilleux ;
D'infulter à mon inconftance ;
C'e
NOVEMBRE. 1749 121 .
C'eft chez moi que tu pris naiffance ,
fans moi tu verrois bien-tôt les fombres lieux.
Maillard la jeune.
A Nancy le 25
Août
1749.
Fermer
172
p. 130-143
« ABREGÉ Chronologique de l'Histoire Ecclésiastique, contenant l'Hlistoire des [...] »
Début :
ABREGÉ Chronologique de l'Histoire Ecclésiastique, contenant l'Hlistoire des [...]
Mots clefs :
Abrégé chronologique, Paris, Dieu, Roi, Édit, Pape, Père, Assemblée, Clergé, Ecclésiastique, Innocent XII, M. Arnaud, Thèses, Évêque, Décret
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ABREGÉ Chronologique de l'Histoire Ecclésiastique, contenant l'Hlistoire des [...] »
ABREGÉ Chronologique de l'Histoire
Ecclésiastique, contenant l'Hlistoire des
Eglises d'Orient & d'Occident; les Con-
ciles généraux & particuliers; les Auteurs
Ecclésiastiques; les schismes, les hérésies,
les institutions des Ordres monastiques,
& c. depuis l'an 33 de l'Ere Chrétienne,
jusqu'à l'année 1700. Deux gros volumes
in 8°. A Paris, chez Jean-Thomas Heris-
sant, rue Saint Jacques, 1751.
Il n est pas possible de faire un extrait
de cet utile & commode ouvrage. Nous
avons voulu faire connoître dans le Mer-
cure de Décembre la maniere de disser-
ter de l'Auteur; pour mettre nos lec-
teurs à portée de juger de sa maniere de
narrer, nous choisirons les dix dernieres
années de son ouvrage, parceque les faits
ny sont pas en grand nombre. On verra
que l'Auteur n en présente que d'intéres-
sans, & qu'il en choisit très-bien les cir-
constances.
1690.
Alexandre VIII. proscrit par un déctet
du 14 Août, l'erreur du péché philoso-
phique; on appelleroit péché philosophi-
que, ou pé hé mora, une action qui of-
fenseroit la raison, sans offenser Dieu;
parce que celui qui la feroit, ou ignore-
tized
JANVIER. 1752.
131
roit Dieu absolument, ou ne penseroit.
point à Dieu dans le moment ou il le fe-
roit. C'est cette opinion que le Pape
proscrivit. Le Pere Meunier, Jesuite, Pro-
fesseur à Dijon, avoit fait soutenir en
1686 une Thése, qui paroissoit exprimer
cette erreur; elle étoit conçue en ces ter-
mes: Le péché philosophique commis sans
aucune connorssance de Dieu, ou sans aucune
aitention à lui, n'est point une offense de Dieu,
ni un péché mortel. Cette Thése méritoit
d'être reprise, cependant elle ne fut atta-
quée que trois ans après qu' elle fut soute-
nue, & le Jesuite, pour se justifier, dit qu'il
avoit roujours parlé du péché philosophi-
que, & de l'ignorance absolue de Dieu,
conditionnellement, & comme d'une
chose moralement impossible; plusieurs rai-
sonnemens qu on lui attribuoit, étoient
refutés dans ses cahiers.
1691.
Mort d'Alexandre VIII. le premier Fé-
vrier. Le Cardinal Antoine Pignatelli lui
succéde, le 12 Juillet, & prend le nom
d'Innocent XII.
Affaire du faux Arnaud. C'étoit un
stratagême imaginé, pour découvrir des
personnes qu'on soupçonnoit d'être atta-
che es aux sentimens de Jansénius. Un
FV
Mes
132 MERCURE DEFRANCE.
quidam prit le nom de M. Arnaud; &
sçachant que ce Docteur étoit en relation
avec les Docteurs de Douai, il saisit une
occasion qui se piésenta pour entrer avec
cux par Lettres, dans un commerce parti-
culier sur differens points de Théologie
& sur des Theses qu'il leur envoya à exa-
miner & à signer. Ces Théologiens,
croyant avoir à faire au véritable Arnaud,
lui écrivirent sur ces Théses qu'ils trou-
voient captieuses, & après bien des Let-
tres de part & d'autre, ils les signerent,
en y ajoutant des explications en forme
de jugement; mais se faux Arnaud ayant
souhaité avoir une signature pure & simple
de ses Théses, ils la lui envoyerent. Cette
intrigne étant venue à un certain point
de maturité, celui qui conduisoit la
manœuvre, fit paroître les Théses sans ex-
plication. L'affaire fit grand bruit. Ces
Docteurs furent bientôt connus, & ensui-
te exilés, comme convaincus d'avoir re-
nouvellé l'erreur des cinq propositions.
M. Arnaud s'inscrivit en faux, se plaignit
hautement de la supercherie, & ne me-
nagea pas l'Auteur, qui en effet étoit
re préhensible, d'avoir manqué si ouverte-
ment à la bonne foi.
Calinique, Patriarche de Constantino-
ple, approuve dans un Acte Synodal la
JANVIER. 1752.
133
Confession de Parthenius, & condamne
les écrits de Jean Carysophile Logotheve,
qui sous prétexte de former quelques diffi-
cultés sur le mot de Transsubstant:ation, sem-
bloit établir des erreurs conformes à cel-
les de Cyrille Lucar sur l'Eucharistie.
1692.
Les Jesuites de Pekin, Ville Capitale
de la Chine, obtinrent un Arrêt du Tri-
bunal des Rites, qui autorisoit la prédi-
cation de la Religion Chrétienne, dans
toute l'étendue de ce vaste Empire. La fa-
veur, dont ces Missionnaires jouissoient
à la Cour de l'Empereur, leut donna le
crédit d'obtenir cet Edit, dans un tems où
plusieurs Mandarins, Gouverneurs de Pro-
vinces, persécutoient ouvertement les
Chrétiens, en vertu des anciennes Loix
du Pays, qui défendoient l'exercice de la
Religion des Européens.
1693.
Le 26 Mars, Mandement de M. Mai.
grot, Prêtre du Seminaire des Missions
Etrangeres, Vicaire Apostolique dans la
Province de Fokien, à la Chine, & de-
puis Evêque de Conon, pour défendre
d'employer, en parlant de Dieu, d'autre
nom que celui de Tien-chu, au lieu de
SO
134 MERCUREDEFRANCE.
ceux de Tien & Chami, dont on se ser-
voit auparavant, & que les Missionnaires
Jesuites avoient adoptés. Ce Mande-
ment donna licu à un procès, qui a été
terminé par des Réglemens de Police &
de discipline. C'est tout ce que les souve-
rains Pontifes pouvoient faire; le fond
des articles contestés étant de nature à ne
pouvoit être jugé que sur les lieux, & par
des gens qui entendroient parfaitement la
Langue Chinoise.
Fin du differend d'entre la Cour de
Rome & celle de France. Le Roi s'étoit
relâché volontairement d'une partie des
droits des franchises, & le Pape donna
des Bulles aux Evêques nommés, après
que ceux d'entre eux qui avoient assisté
à l'assemblée de 1682, lui eurent écrit
une Lettre de soumission, & il ne contesta
plus avec le Roi pour le droit de Régale.
La Lettre que les Evêques nommés écrivi-
rent au Pape, a été regardée par les
Etrangers, comme une révocation de ce
qui s'étoit fait en 1682; & il est vrai, dit
le Pere d'Avrigny, que les termes dans les-
quels elle étoit conçue, poutroient le faire
croire, si on ne sçavoit d'ailleurs que le
Clergé en corps ne fit nulle démarche en
cette occasion, & que même les Evêques
nommés écrivirent separément à Innocent
JANVIER.
1752.
135
XII. quoique ce fût précisément dans les
mêmes termes. Le Parlement de Paris a
toufours aussi agi sur le fondement que les
quatre articles étoient si essenriels à nos
libertés qu'on ne pouvoit s'en écarter.
Enfin depuis ce tems-là, les quatre articles
ont été soûtenus en differentes occasions
& dans les Livres & daus les Théses, du
vivant de Louis XIV. preuve qu'il na pas
prétendu y renoncer.
1694.
Les disputes, touchant la signature du
Formulaire, se renouvellent en Flandres,
à l'occasion d'un décret d'Innocent XII.
en datte du 18 Janvier, par lequel Sa
Sainteté ordonne de signer le Formulaire
dans le sens qui vient à tout le mon-
de, & que les termes présentent d'eux-
mêmes à l'esprit: In snsu obvio quem ipsius
verba exhibent. Les Disciples de Jansénius
interprêterent en public ce décret à leur
avantage, de même que les deux Brefs que
le Pape fit expédier sur le même sujet, le 6
Février suivant; mais au fond ils en étoient
mal sarisfaits, c'est ce qu'ils témoignoient
dans les Lertres particulieres qu'ils s'écri-
voient réciproquement.
M. Arnauld, qui depuis la mort de
l'Abbé de Saint Cytan étoit regardé com-
jitized by Goc
136 MERCURE DEFRANCE.
me le chef des partisans de Jansénius,
meurt en Flandre le 8 Août; depuis lui
ce fut le Pere Quenel, son Disciple.
1695.
Edit célébre de Louis XIV. sur la Juris-
diction Ecelésiastique, donné au mois
d'Avril, & enregistré au Parlement de
Paris le 14 Mai suivant; tous les autres
Parlemens, excepté celui de Flandre, l'ont
vérifié dans la suite. M. le Chancelier
Boucherat, & M. le Premier Président de
Harlay avoient eu ordre du Roi, de tra-
vailler de concert à rédiger les articles de
cet Edit, qui a pour objet principal de
regler la Jurisdiction contentieuse des
gens d'Eglise; ce u est que par accident
qu'il parle de leur Jurisdiction gracieuse.
Il entre dans un grand détail sur tous les
points qui regardent la police & la disci-
pline Ecclésiastique, la correction des
mœeurs. Il établit la forme, dans laquelle
on peut faire l'instruction des procès aux
Clercs dans la Jurisdiction Seculiere &
Ecclésiastique. Il statue sur les droits,
prérogatives & honneurs dûs aux Supé-
tieurs Ecclésiastiques; enfin il prescrit des
régles sur la distinction des cas, dont les
Juges Laics & Ecclésiastiques ont droit de
drendre connoissance, chacun en particu-
JANVIER. 1752.
137
lier, ou en commun. Depuis l'établisse-
ment des appels comme d'abus dans tous
les Parlemens du Royaume, les Ecclésias-
tiques ne cessoient de faire des représen-
tations au Prince pour qu'il en arrêtât le
trop grand nombre, en décidant des cas
où ils pourroient être reçus. Il fut arrêté
dans l'assemblée de 1690, que l'on feroit
sur ce sujet de nouvelles représentations
au Roi; on le fit, & cet Edit en fut le
fruit. Voici comme l'assemblée générale
de cette année, tenue à Saint Germain-
en-Laye, en parle par la bouche de M.
de Harlay, Archevêque de Paris, & Pré-
sident de ladire assemblée, a que pour re-
„médier à la confusion qui s'étoit glissée
»depuis long. tems entre la Jurisdiction
»Séculiere & Ecclésiastique, le Clergé
»n'avoit rien négligé pour obtenir un
»Réglement qui le remît dans la jouis-
„sance de ses droits naturels & légitimes:
„qu'il avoit fait à Sa Majesté diverses re-
„montrances, sut lesquelles on avoit eu
» louvent des réponses favorables, mais
„qui faute d'enrégistrement étoient jus-
»qu'ici demeurées sans exécution :
»qu'enfin le Roi animé du zéle qu'il a
»pout l'Eglise, tout occupé qu'il étoit
ndes soins les plus pressans de son Etat,
»avoit bien voulu la veille de son départ
138 MERCURE DE FRANCE.
„pour Compiègne, examiner le projet
»de l'Edit, artiule par article, & juger
„par lui-même des raisons qu'all guoit le
» Clergé, & de celles qu on pouvoit lui
nopposer; qu'ayant fait dresser l'Edit
„dans la forme où il est, pour prévenit
„les demandes & les desirs au Clergé, Sa
»Majesté l'avoit fait publier, & enre-
»gistrer au Parlement de Paris, avant
»Pouverture de l'assemblée; que cet Edit
» étoit si favorable, qu'il y avoit lieu
„ d'en attendre des suites avantageuses
»pour le Clergé, qu'il le voit les difficul-
„tés qui arrêtoient si souvent les Evêques
»dans l'exercice de leur Jurisdiction, &
„leur ouvroit les moyens de rétablir le
»bon ordre & la discipline. Procès-ver-
bal ae l'assemblée generale au Clergé dle 1695,
du Jeudi 26 Mai.
Le Pape fait mettre à l'Index, par dé-
cret du 27 Septembre, le Livre de la de-
votion à la Sainte Vierge, & du culie qui
lui est du, par M. Baillet; & l'Année Chrè-
tienne de M. Le Tourneux. On reprochoit
à M. Baillet de s'expliquer dans son Livre
d'une maniere qui ne paroissoit pas assez
conforme aux sentimens reçus dans l'Egli-
se sur la dévotion de la Sainte Vierge,
& sur les tittes & les prérogatives qui
sont attribués à cette sainte mere de Dieu.
JANVIER. 1752. 139
1696.
Au contraire, le Pere Grasset, Reco-
let, crut rendre à la France un service im-
portant, en donniant une nouvelle Tra-
duction de la vie de la Sainte Vierge,
écrite en Espagnol par Marie de Jesus,
Abbesse du Couvent de l'Immaculée Con-
ception de la Ville d'Agreda; mais ce
Livre plein de fables & de reveries, qu'on
y débitoit comme autant de révélations,
parut plus propre à exposer la Religion
Chrétienne aux mépris des impies & des
hérétiques, qu'à faire honneur a la Sainte
Vierge; c'est le jugement que la Faculté
de Théologie de Paris en porta dans sa
Censure du 17 Septembre, & celle ci
ajosita une protestation d'honorer la Sain-
te Vierge comme mere de Dicu, de se
tenir au sentiment de ses Peres, touchant
la Conception immaculée, & de croire
son Assomption au Ciel en corps & en
ame.
1697.
Déclaration du Roi Très-Chrétien, le
11 Décembre, qui défend aux Protestans,
sous peine de la vie, d'aller s'établir dans
la Principauté d'Orange, qui venoit d'ê-
tre renduc au Roi Guillaume par la Paix
140 MERCUREDEFRANCE.
de Riswick; par une autre Déclaration
du 13 Décembre de l'année suivante,
Louis XIV. ordonna l'exécution de l'Edit
de révocation de celui de Nantes, & ôta
par-là aux Calvinistes toutes les esperan-
ces qu'ils avoient conçues à l'occasion de
la guerre que Sa Majesté avoit soutenue
contre la plus grande partie des Puissan-
ces de l'Europe.
1698.
Oa vit paroître vers la fin de cette an-
née, le fameux Problême Ecclésiastique,
qui portoit pour titre: Problême Ecclesiasti-
que propose aM. l'Abbè Boilean de l'Arcbe-
veché; à qui l'on doit croire, on à M. Loitis-
Anioine de Noailles, Evêque de Chalons en
1695, ou à M. Louis-Anioine de Noailles,
Arch: venque de Paris en 1695. M. de Noail-
les, n'étant encore qu'Evêque de Châlons
approuva par un Mandement du 13 Juin
1695, les Réflexions Morales sur le Nou-
veau Testament, que le Pere Quesnel lui
avoit dédiées. Ce Prélat transferé peu
après au Siège Archiepiscopal de Paris,
condamna l'Exposition de la Foi, touchant
la grace & la prédestination, par son Or-
donnance du 20 Août 1696, qui donna
lieu au Problême. L'Auteur y fait un pa-
tallele des réflexions morales & de l'expo-
JANVIER. 1752. 141
sition, & prétend qu'il n est pas possible
d'accorder ensemble l'Evêque & 1Arche-
vêque, parce que les deux ouvrages sont
si semblables, qu'on ne peut censurer ou
approuver l'un, que la censure ou l'ap-
probation ne torbe sur l'autre. Ce libelle
fut brulé le 15 Janvier 1699, en vertu
d'un Arrêt du Parlement de Paris, rendu
le 10, sur les Conclusions de M. Dagues-
seau, Avocat Général, depuis Procureur
Général, & ensuite Chancelier de France.
Le Problême ne fut pas plus heureux à
Rome; il y fut proscrit par un décret du
Saint Office le 2 Juillet 1700.
1699.
Une autre affaire d'éclat partageoit l'at-
tention du Public; c'étoit une dispute en-
tre M. Bossuet, Evêque de Meaux, & M.
de Fenelon, Archevêque de Cambrai,
au sujet de l'Explication des Maximes des
Sainis sur la vie intérieure, publiée par ce
dernier en 1697. M. Bossuet regardoit
cet ouvrage, comme un renouvellement
du Molinosisme; il le défera au Tribunal
du Public, par des Ecrits réitérés; & enfin
l'affaire ayant été portée jusqu'à Rome,
Innocent XII. prononça pat son décret.
du 12 Mars, sur le Livre en général & en
particulier, sur vingt- trois propositions
siues
142 MERCUREDE FRANCE.
qui paroissoient tendre pour la plupart,
à établir la réalité d'un état où l'on aime
Dieu ici-bas pour lui uniquement, qui
exclut les motifs de crainte & d'esperan-
ce, & le desir de la récompense & de la
béatitude. Le Roi ordonna aux Metropo-
litains d'assembler leurs Suffragans pour
l'acceptation du décret, & en consequen-
ce de tous ces Synodes, il donna le qua-
triême Août ses Letrres Patentes pour son
entiere exécution. Ainsi l'on peut dire que
le triomphe de M. Bossuet fut complet.
Mais si rien n est plus glorieux que de
triompher de soi même, celui de M. de
Fenelon le fut aussi. Car ce pieux & sça-
vant Prélat ne se contenta pas de se sou-
mettre au jugemeut du Saint Siége; il fut
le premier à conclure dans son propre
Synode, que le Roi seroit supplié d'or-
donner par ses Lettres Patentes, que ses
ouvrages faits pour défendre l'explication
des maximes des Saints seroient suppri-
més.
1700.
Mort d'Innocent XII. le 12 Juillet, le
Cardinal Jean François Albani lui succéde
le 23 Novembre, & prend le nom de Clé-
ment XI. Ce Pape a donné en 1713 la
Bulle Vnigenitus, qui condamne cent une
OO.
JANVIER. 1752.
143
proposition tirées du livre des Réfléxions
du Pere Quesnel.
Ecclésiastique, contenant l'Hlistoire des
Eglises d'Orient & d'Occident; les Con-
ciles généraux & particuliers; les Auteurs
Ecclésiastiques; les schismes, les hérésies,
les institutions des Ordres monastiques,
& c. depuis l'an 33 de l'Ere Chrétienne,
jusqu'à l'année 1700. Deux gros volumes
in 8°. A Paris, chez Jean-Thomas Heris-
sant, rue Saint Jacques, 1751.
Il n est pas possible de faire un extrait
de cet utile & commode ouvrage. Nous
avons voulu faire connoître dans le Mer-
cure de Décembre la maniere de disser-
ter de l'Auteur; pour mettre nos lec-
teurs à portée de juger de sa maniere de
narrer, nous choisirons les dix dernieres
années de son ouvrage, parceque les faits
ny sont pas en grand nombre. On verra
que l'Auteur n en présente que d'intéres-
sans, & qu'il en choisit très-bien les cir-
constances.
1690.
Alexandre VIII. proscrit par un déctet
du 14 Août, l'erreur du péché philoso-
phique; on appelleroit péché philosophi-
que, ou pé hé mora, une action qui of-
fenseroit la raison, sans offenser Dieu;
parce que celui qui la feroit, ou ignore-
tized
JANVIER. 1752.
131
roit Dieu absolument, ou ne penseroit.
point à Dieu dans le moment ou il le fe-
roit. C'est cette opinion que le Pape
proscrivit. Le Pere Meunier, Jesuite, Pro-
fesseur à Dijon, avoit fait soutenir en
1686 une Thése, qui paroissoit exprimer
cette erreur; elle étoit conçue en ces ter-
mes: Le péché philosophique commis sans
aucune connorssance de Dieu, ou sans aucune
aitention à lui, n'est point une offense de Dieu,
ni un péché mortel. Cette Thése méritoit
d'être reprise, cependant elle ne fut atta-
quée que trois ans après qu' elle fut soute-
nue, & le Jesuite, pour se justifier, dit qu'il
avoit roujours parlé du péché philosophi-
que, & de l'ignorance absolue de Dieu,
conditionnellement, & comme d'une
chose moralement impossible; plusieurs rai-
sonnemens qu on lui attribuoit, étoient
refutés dans ses cahiers.
1691.
Mort d'Alexandre VIII. le premier Fé-
vrier. Le Cardinal Antoine Pignatelli lui
succéde, le 12 Juillet, & prend le nom
d'Innocent XII.
Affaire du faux Arnaud. C'étoit un
stratagême imaginé, pour découvrir des
personnes qu'on soupçonnoit d'être atta-
che es aux sentimens de Jansénius. Un
FV
Mes
132 MERCURE DEFRANCE.
quidam prit le nom de M. Arnaud; &
sçachant que ce Docteur étoit en relation
avec les Docteurs de Douai, il saisit une
occasion qui se piésenta pour entrer avec
cux par Lettres, dans un commerce parti-
culier sur differens points de Théologie
& sur des Theses qu'il leur envoya à exa-
miner & à signer. Ces Théologiens,
croyant avoir à faire au véritable Arnaud,
lui écrivirent sur ces Théses qu'ils trou-
voient captieuses, & après bien des Let-
tres de part & d'autre, ils les signerent,
en y ajoutant des explications en forme
de jugement; mais se faux Arnaud ayant
souhaité avoir une signature pure & simple
de ses Théses, ils la lui envoyerent. Cette
intrigne étant venue à un certain point
de maturité, celui qui conduisoit la
manœuvre, fit paroître les Théses sans ex-
plication. L'affaire fit grand bruit. Ces
Docteurs furent bientôt connus, & ensui-
te exilés, comme convaincus d'avoir re-
nouvellé l'erreur des cinq propositions.
M. Arnaud s'inscrivit en faux, se plaignit
hautement de la supercherie, & ne me-
nagea pas l'Auteur, qui en effet étoit
re préhensible, d'avoir manqué si ouverte-
ment à la bonne foi.
Calinique, Patriarche de Constantino-
ple, approuve dans un Acte Synodal la
JANVIER. 1752.
133
Confession de Parthenius, & condamne
les écrits de Jean Carysophile Logotheve,
qui sous prétexte de former quelques diffi-
cultés sur le mot de Transsubstant:ation, sem-
bloit établir des erreurs conformes à cel-
les de Cyrille Lucar sur l'Eucharistie.
1692.
Les Jesuites de Pekin, Ville Capitale
de la Chine, obtinrent un Arrêt du Tri-
bunal des Rites, qui autorisoit la prédi-
cation de la Religion Chrétienne, dans
toute l'étendue de ce vaste Empire. La fa-
veur, dont ces Missionnaires jouissoient
à la Cour de l'Empereur, leut donna le
crédit d'obtenir cet Edit, dans un tems où
plusieurs Mandarins, Gouverneurs de Pro-
vinces, persécutoient ouvertement les
Chrétiens, en vertu des anciennes Loix
du Pays, qui défendoient l'exercice de la
Religion des Européens.
1693.
Le 26 Mars, Mandement de M. Mai.
grot, Prêtre du Seminaire des Missions
Etrangeres, Vicaire Apostolique dans la
Province de Fokien, à la Chine, & de-
puis Evêque de Conon, pour défendre
d'employer, en parlant de Dieu, d'autre
nom que celui de Tien-chu, au lieu de
SO
134 MERCUREDEFRANCE.
ceux de Tien & Chami, dont on se ser-
voit auparavant, & que les Missionnaires
Jesuites avoient adoptés. Ce Mande-
ment donna licu à un procès, qui a été
terminé par des Réglemens de Police &
de discipline. C'est tout ce que les souve-
rains Pontifes pouvoient faire; le fond
des articles contestés étant de nature à ne
pouvoit être jugé que sur les lieux, & par
des gens qui entendroient parfaitement la
Langue Chinoise.
Fin du differend d'entre la Cour de
Rome & celle de France. Le Roi s'étoit
relâché volontairement d'une partie des
droits des franchises, & le Pape donna
des Bulles aux Evêques nommés, après
que ceux d'entre eux qui avoient assisté
à l'assemblée de 1682, lui eurent écrit
une Lettre de soumission, & il ne contesta
plus avec le Roi pour le droit de Régale.
La Lettre que les Evêques nommés écrivi-
rent au Pape, a été regardée par les
Etrangers, comme une révocation de ce
qui s'étoit fait en 1682; & il est vrai, dit
le Pere d'Avrigny, que les termes dans les-
quels elle étoit conçue, poutroient le faire
croire, si on ne sçavoit d'ailleurs que le
Clergé en corps ne fit nulle démarche en
cette occasion, & que même les Evêques
nommés écrivirent separément à Innocent
JANVIER.
1752.
135
XII. quoique ce fût précisément dans les
mêmes termes. Le Parlement de Paris a
toufours aussi agi sur le fondement que les
quatre articles étoient si essenriels à nos
libertés qu'on ne pouvoit s'en écarter.
Enfin depuis ce tems-là, les quatre articles
ont été soûtenus en differentes occasions
& dans les Livres & daus les Théses, du
vivant de Louis XIV. preuve qu'il na pas
prétendu y renoncer.
1694.
Les disputes, touchant la signature du
Formulaire, se renouvellent en Flandres,
à l'occasion d'un décret d'Innocent XII.
en datte du 18 Janvier, par lequel Sa
Sainteté ordonne de signer le Formulaire
dans le sens qui vient à tout le mon-
de, & que les termes présentent d'eux-
mêmes à l'esprit: In snsu obvio quem ipsius
verba exhibent. Les Disciples de Jansénius
interprêterent en public ce décret à leur
avantage, de même que les deux Brefs que
le Pape fit expédier sur le même sujet, le 6
Février suivant; mais au fond ils en étoient
mal sarisfaits, c'est ce qu'ils témoignoient
dans les Lertres particulieres qu'ils s'écri-
voient réciproquement.
M. Arnauld, qui depuis la mort de
l'Abbé de Saint Cytan étoit regardé com-
jitized by Goc
136 MERCURE DEFRANCE.
me le chef des partisans de Jansénius,
meurt en Flandre le 8 Août; depuis lui
ce fut le Pere Quenel, son Disciple.
1695.
Edit célébre de Louis XIV. sur la Juris-
diction Ecelésiastique, donné au mois
d'Avril, & enregistré au Parlement de
Paris le 14 Mai suivant; tous les autres
Parlemens, excepté celui de Flandre, l'ont
vérifié dans la suite. M. le Chancelier
Boucherat, & M. le Premier Président de
Harlay avoient eu ordre du Roi, de tra-
vailler de concert à rédiger les articles de
cet Edit, qui a pour objet principal de
regler la Jurisdiction contentieuse des
gens d'Eglise; ce u est que par accident
qu'il parle de leur Jurisdiction gracieuse.
Il entre dans un grand détail sur tous les
points qui regardent la police & la disci-
pline Ecclésiastique, la correction des
mœeurs. Il établit la forme, dans laquelle
on peut faire l'instruction des procès aux
Clercs dans la Jurisdiction Seculiere &
Ecclésiastique. Il statue sur les droits,
prérogatives & honneurs dûs aux Supé-
tieurs Ecclésiastiques; enfin il prescrit des
régles sur la distinction des cas, dont les
Juges Laics & Ecclésiastiques ont droit de
drendre connoissance, chacun en particu-
JANVIER. 1752.
137
lier, ou en commun. Depuis l'établisse-
ment des appels comme d'abus dans tous
les Parlemens du Royaume, les Ecclésias-
tiques ne cessoient de faire des représen-
tations au Prince pour qu'il en arrêtât le
trop grand nombre, en décidant des cas
où ils pourroient être reçus. Il fut arrêté
dans l'assemblée de 1690, que l'on feroit
sur ce sujet de nouvelles représentations
au Roi; on le fit, & cet Edit en fut le
fruit. Voici comme l'assemblée générale
de cette année, tenue à Saint Germain-
en-Laye, en parle par la bouche de M.
de Harlay, Archevêque de Paris, & Pré-
sident de ladire assemblée, a que pour re-
„médier à la confusion qui s'étoit glissée
»depuis long. tems entre la Jurisdiction
»Séculiere & Ecclésiastique, le Clergé
»n'avoit rien négligé pour obtenir un
»Réglement qui le remît dans la jouis-
„sance de ses droits naturels & légitimes:
„qu'il avoit fait à Sa Majesté diverses re-
„montrances, sut lesquelles on avoit eu
» louvent des réponses favorables, mais
„qui faute d'enrégistrement étoient jus-
»qu'ici demeurées sans exécution :
»qu'enfin le Roi animé du zéle qu'il a
»pout l'Eglise, tout occupé qu'il étoit
ndes soins les plus pressans de son Etat,
»avoit bien voulu la veille de son départ
138 MERCURE DE FRANCE.
„pour Compiègne, examiner le projet
»de l'Edit, artiule par article, & juger
„par lui-même des raisons qu'all guoit le
» Clergé, & de celles qu on pouvoit lui
nopposer; qu'ayant fait dresser l'Edit
„dans la forme où il est, pour prévenit
„les demandes & les desirs au Clergé, Sa
»Majesté l'avoit fait publier, & enre-
»gistrer au Parlement de Paris, avant
»Pouverture de l'assemblée; que cet Edit
» étoit si favorable, qu'il y avoit lieu
„ d'en attendre des suites avantageuses
»pour le Clergé, qu'il le voit les difficul-
„tés qui arrêtoient si souvent les Evêques
»dans l'exercice de leur Jurisdiction, &
„leur ouvroit les moyens de rétablir le
»bon ordre & la discipline. Procès-ver-
bal ae l'assemblée generale au Clergé dle 1695,
du Jeudi 26 Mai.
Le Pape fait mettre à l'Index, par dé-
cret du 27 Septembre, le Livre de la de-
votion à la Sainte Vierge, & du culie qui
lui est du, par M. Baillet; & l'Année Chrè-
tienne de M. Le Tourneux. On reprochoit
à M. Baillet de s'expliquer dans son Livre
d'une maniere qui ne paroissoit pas assez
conforme aux sentimens reçus dans l'Egli-
se sur la dévotion de la Sainte Vierge,
& sur les tittes & les prérogatives qui
sont attribués à cette sainte mere de Dieu.
JANVIER. 1752. 139
1696.
Au contraire, le Pere Grasset, Reco-
let, crut rendre à la France un service im-
portant, en donniant une nouvelle Tra-
duction de la vie de la Sainte Vierge,
écrite en Espagnol par Marie de Jesus,
Abbesse du Couvent de l'Immaculée Con-
ception de la Ville d'Agreda; mais ce
Livre plein de fables & de reveries, qu'on
y débitoit comme autant de révélations,
parut plus propre à exposer la Religion
Chrétienne aux mépris des impies & des
hérétiques, qu'à faire honneur a la Sainte
Vierge; c'est le jugement que la Faculté
de Théologie de Paris en porta dans sa
Censure du 17 Septembre, & celle ci
ajosita une protestation d'honorer la Sain-
te Vierge comme mere de Dicu, de se
tenir au sentiment de ses Peres, touchant
la Conception immaculée, & de croire
son Assomption au Ciel en corps & en
ame.
1697.
Déclaration du Roi Très-Chrétien, le
11 Décembre, qui défend aux Protestans,
sous peine de la vie, d'aller s'établir dans
la Principauté d'Orange, qui venoit d'ê-
tre renduc au Roi Guillaume par la Paix
140 MERCUREDEFRANCE.
de Riswick; par une autre Déclaration
du 13 Décembre de l'année suivante,
Louis XIV. ordonna l'exécution de l'Edit
de révocation de celui de Nantes, & ôta
par-là aux Calvinistes toutes les esperan-
ces qu'ils avoient conçues à l'occasion de
la guerre que Sa Majesté avoit soutenue
contre la plus grande partie des Puissan-
ces de l'Europe.
1698.
Oa vit paroître vers la fin de cette an-
née, le fameux Problême Ecclésiastique,
qui portoit pour titre: Problême Ecclesiasti-
que propose aM. l'Abbè Boilean de l'Arcbe-
veché; à qui l'on doit croire, on à M. Loitis-
Anioine de Noailles, Evêque de Chalons en
1695, ou à M. Louis-Anioine de Noailles,
Arch: venque de Paris en 1695. M. de Noail-
les, n'étant encore qu'Evêque de Châlons
approuva par un Mandement du 13 Juin
1695, les Réflexions Morales sur le Nou-
veau Testament, que le Pere Quesnel lui
avoit dédiées. Ce Prélat transferé peu
après au Siège Archiepiscopal de Paris,
condamna l'Exposition de la Foi, touchant
la grace & la prédestination, par son Or-
donnance du 20 Août 1696, qui donna
lieu au Problême. L'Auteur y fait un pa-
tallele des réflexions morales & de l'expo-
JANVIER. 1752. 141
sition, & prétend qu'il n est pas possible
d'accorder ensemble l'Evêque & 1Arche-
vêque, parce que les deux ouvrages sont
si semblables, qu'on ne peut censurer ou
approuver l'un, que la censure ou l'ap-
probation ne torbe sur l'autre. Ce libelle
fut brulé le 15 Janvier 1699, en vertu
d'un Arrêt du Parlement de Paris, rendu
le 10, sur les Conclusions de M. Dagues-
seau, Avocat Général, depuis Procureur
Général, & ensuite Chancelier de France.
Le Problême ne fut pas plus heureux à
Rome; il y fut proscrit par un décret du
Saint Office le 2 Juillet 1700.
1699.
Une autre affaire d'éclat partageoit l'at-
tention du Public; c'étoit une dispute en-
tre M. Bossuet, Evêque de Meaux, & M.
de Fenelon, Archevêque de Cambrai,
au sujet de l'Explication des Maximes des
Sainis sur la vie intérieure, publiée par ce
dernier en 1697. M. Bossuet regardoit
cet ouvrage, comme un renouvellement
du Molinosisme; il le défera au Tribunal
du Public, par des Ecrits réitérés; & enfin
l'affaire ayant été portée jusqu'à Rome,
Innocent XII. prononça pat son décret.
du 12 Mars, sur le Livre en général & en
particulier, sur vingt- trois propositions
siues
142 MERCUREDE FRANCE.
qui paroissoient tendre pour la plupart,
à établir la réalité d'un état où l'on aime
Dieu ici-bas pour lui uniquement, qui
exclut les motifs de crainte & d'esperan-
ce, & le desir de la récompense & de la
béatitude. Le Roi ordonna aux Metropo-
litains d'assembler leurs Suffragans pour
l'acceptation du décret, & en consequen-
ce de tous ces Synodes, il donna le qua-
triême Août ses Letrres Patentes pour son
entiere exécution. Ainsi l'on peut dire que
le triomphe de M. Bossuet fut complet.
Mais si rien n est plus glorieux que de
triompher de soi même, celui de M. de
Fenelon le fut aussi. Car ce pieux & sça-
vant Prélat ne se contenta pas de se sou-
mettre au jugemeut du Saint Siége; il fut
le premier à conclure dans son propre
Synode, que le Roi seroit supplié d'or-
donner par ses Lettres Patentes, que ses
ouvrages faits pour défendre l'explication
des maximes des Saints seroient suppri-
més.
1700.
Mort d'Innocent XII. le 12 Juillet, le
Cardinal Jean François Albani lui succéde
le 23 Novembre, & prend le nom de Clé-
ment XI. Ce Pape a donné en 1713 la
Bulle Vnigenitus, qui condamne cent une
OO.
JANVIER. 1752.
143
proposition tirées du livre des Réfléxions
du Pere Quesnel.
Fermer
173
p. 143
« LES vrais principes de l'Art d'écrire, ou les vérités de cet Art rendues faciles par [...] »
Début :
LES vrais principes de l'Art d'écrire, ou les vérités de cet Art rendues faciles par [...]
Mots clefs :
Art d'écrire, Principes, Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LES vrais principes de l'Art d'écrire, ou les vérités de cet Art rendues faciles par [...] »
LES vrais principes de l'Art d'écrire, ou
les vérités de cet Art rendues faciles par
demandes & par réponses, par le sieur
Royllet Expert Juré Ecrivain, à Paris rue
de la Verrerie, au Livre d'Or. Volume in-4
qui se vend 2 livtes 10 sols broché, &
3 livres 10 sols relié, nouvelle édition.
On ne peut rien voir de plus clair, de
plus sage & de plus méthodique que le
livre que nous annonçons; il seroit à sou-
haiter qu'il fût entre les mains de tous les
jeunes gens, & qu on en adop: ât généra-
lement les principes. M. Royllet joint à
une connoissance fort rare de son Art, un
zéle digne des plus grands éloges; sa ca-
pacité & sa réputation ayant fait souhaiter
aux jeunes Maîtres à écrire de Paris &: de
Province, de pouvoir montrer suivant ses
principes, il leur donne des démonstrations
gratuites tous les soirs depuis six jusqu'à
huit heures. Toutes ces operations se font
rélativement à la méthode que M. Royllet
a imaginée pour l'Ecole Militaire.
les vérités de cet Art rendues faciles par
demandes & par réponses, par le sieur
Royllet Expert Juré Ecrivain, à Paris rue
de la Verrerie, au Livre d'Or. Volume in-4
qui se vend 2 livtes 10 sols broché, &
3 livres 10 sols relié, nouvelle édition.
On ne peut rien voir de plus clair, de
plus sage & de plus méthodique que le
livre que nous annonçons; il seroit à sou-
haiter qu'il fût entre les mains de tous les
jeunes gens, & qu on en adop: ât généra-
lement les principes. M. Royllet joint à
une connoissance fort rare de son Art, un
zéle digne des plus grands éloges; sa ca-
pacité & sa réputation ayant fait souhaiter
aux jeunes Maîtres à écrire de Paris &: de
Province, de pouvoir montrer suivant ses
principes, il leur donne des démonstrations
gratuites tous les soirs depuis six jusqu'à
huit heures. Toutes ces operations se font
rélativement à la méthode que M. Royllet
a imaginée pour l'Ecole Militaire.
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174
p. 101-107
De Paris, le 13 Septembre.
Début :
Le Lundi 13 Septembre 1751. Ce jour en comblant les voeux de la Famille [...]
Mots clefs :
Duc de Gesvres, Ville, Paris, Roi, Versailles, Gardes, Argent
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texteReconnaissance textuelle : De Paris, le 13 Septembre.
De Paris, le 13 Septembre.
Le Lundi 13 Septembre 1751. Ce
jour en comblant les voeux de la Famille
Royale, assura le bonheur de la France.
Madame la Dauphine lui donna un Duc
de Bourgogne dont elle accoucha si heu-
reusement, qu'il ne fut guerre possible de
marquer l'intervale des douleurs à la
naissance. M. le Duc de Gêvres en qualité
de Gou verneur de Paris dépêcha un de ses
Pages pour porter la nouvelle des douleurs
au Corps de Ville, il fut suivi du Lieute-
nant de ses Gardes qui lui annonça la
naissance: la Ville, la Bastille & les In-
valides firent aussi-tôt tirer le canon: la
Ville fit sonner la cloche qui continua
jour & nuit jusqu'a la fin de la troisicme
quit.
Eiij
jitized by Goc
202 MERCURE DE FRANCE.
Quoiqu'il ne fût qu'une heure du ma-
tin, lorsque Madame la Dauphine accou-
cha, cet événement causa tant joye, qu'en
un instaut le plaisit réveilla tous les habi-
tans de Versailles, leur empressement &
leurs acclamations réitérés furent les in-
terprêtes de leur cœur.
On chanta le Te Deum dans la Chapelle
du Roi sur les cinq heures du matin, en
action de graces; la Famille Royale & tou-
te la Cour y assistérent en grand habit;
le Roi fit jetter beaucoup d'argent au pu-
blic.
Le soir du même jour il y eut des illu-
minations considérables dans Versailles, on
tira un feu d'artifice dans la Place d'Ar-
mes; la promptitude avec laquelle il fue
préparé est inconcevable & ne lui ôta point
de sa beauté; on en fut étonné, on en a
pen tiré avec autant de succès & qui ayent
produit un si bel effet.
Apeine le feu d'artifice cessa qu'on vit
s'élever une flâme, dont l'éclat étoit ad-
mirable & effrayant; tout le comble de la
grande Ecurie du Roi s'enflamma dans le
même instant, le secours qu'on y apporta
fut inutile, le feu dura pendant deux
jours & a causé beaucoup de dommage; il
prit dans le même instant à la petite écurie
& dans deux ou trois endroits à Versailles;
nes bO.
JANVIER. 1752. 103
l fut éteint aussi-tôt. Voici quelques
vers qu'on fit sur le champ à cette occa-
sion.
Tont lui promet le destin le plus beau,
Et fi la flâme éclaire son bercean
On n'en doit concevoir qu'un illustre présage i
De son éclat futur cette époque est le gage;
De l'Inde le vainqueur fameux,
Le rival du Dieu des batailles
Alexandre naquit à la clarté des feux
Qui du Temple d'Ephése embrasoient les mu-
railles.
M. le Duc de Gêvres étoit parti l'après-
midi de Versailles & étoit arrivé sur les
cinque heures à l'Hôtel de Ville, accompa-
gné d'un détachement de ses Gardes, precé-
dé de ses Pages, & jettant de l'argent sur
son passage.
Le Corps de Ville vint le recevoir, il
fut ensuite prendre sa guirlande de fleurs
asin d'aller à la tête de la Ville allumer un
feu préparé pour le soir: il y fut escorté pas
seize de ses Suisses, ses Gardes, ses Cour-
reurs, 30 Valets de pied, ce qui compo-
soit deux files confidérables qui formoient
presque l'enceinte de la Place: il avoit au
tour de lui ses six Gentilhommes, les Prin-
cipaux Officiers de ses Gardes, ses Pages,
ceux de la Chambre du Roi & les trompet-
...
Euii
00
104 MERCURE DEFRANCE.
tes sonnant, le Corps de Ville le suivoit;
elle avoit aussi ses Gardes; il jetta beaucoup
d'argent; le peuple étoit immense, les
acclamations de joye ne cestoient point,
on tira ensuite un nombre infini de fusées
& d'artifice.
L'Hôtel de Ville fut superbement
illuminé & toutes les rues de Paris; ces
fêtes & ces'cétémonies durerent trois jours.
La Ville pendant ce tems donna de
grands repas à M. le Duc de Gêvres qui
y alloit tous les jours fuivi de ses Gardes
& de ses carrosses & jettant de l'argent
dans toutes les ruës.
Il fit donner l'Opera gratis à Paris, le
jour suivant la Comédie Françoise & le
troisiéme jour la Comédie Italienne, la
foule innombrable qui s'y trouva n'empê-
cha pas le bon ordre.
Le Dimanche suivant jour marqué pour
le Te Deum, le Roi avec la Famille Royale
vint escorté de toute sa Maison à Notre-
Dame.
Sa Majesté fit jetter un argent considéra-
ble & retourna le soir à Versailles; M. le
Duc de Gêvres, que le Roi avoit dispen-
sé d'aller à Notre-Dame, fut à l'Hôtel de
Ville avec un cortège eneore plus nom-
breux que les jours précédens; on tira
un feu d'artifice superbe pout terminer les
fêtes.
3
10)
JANVIER. 1752.
M. le Duc de Gêvres donna sa loge
aux Ambassadeurs & aux Etrangers pour
voir.
Paris fut magnisiquement illuminé tou-
te la nuit, M. le Duc de Gêvres fit mettre
un orchestre dans sa cour qui étoit rem-
plie de desseins de l'ampions ainsi que sa
porte & la facade de son Hôtel, il y fit
distribuer du pain & des viandes de toute
espece, le vin ne cessa d'y couler, on y
dansa toute la nuit; le Prevôt des Mar-
chands, le Lieutenant de Police & beau-
coup de Seigneurs en firent autant.
M. le Duc de Gêvres fut passer trois
jours à S. Ouen: il donna des fêtes
où il invita les Ambassadeurs & Am-
bassadrices, & les Etrangers à qui il
donna de grands repas & des feux d'ar-
tifice, il en a fait itirer trois considé-
rables, & plusieurs petits chez lui, il fit
illuminer son Château & son Parc; il don-
na particulierement une fête à Madamo
l'Ambassadrice de Pologne, il eut tous les
Etrangers, il fit tirer encorę un feu d'arti-
fice & donna le prix de l'atquebuse.
La Ville de Paris pout ne laisser échap-
per aucun moyen possible de donner à la
Famille Royale des marques de la satistac-
tion, dont elle est pénéttée par cet événe-
ment, joint aux fêtes qu'elle a données
EV
d by Goc
106 MERCUREDEFRANCE.
six cens mariages elle dote des filles que
l'indigence empêche de trouver un établis-
sement; la Ville a jugé qu'il en résulteroit
un bien réel dont le souvenir se transmet-
troii à la postérité par de nouveaux Sujets,
qui devront unir la reconnoissance aux
sentimens que tous les François ont pour
leur Roi.
M. le Duc de Gevres en fait particulie-
rement à ses dépens trois à Saint Ouen,
quatre à Mareil, dix à Gêvres, sept à
Blérancourt & un dans toutes ses Tertes;
les Villes du Royaume suivent son exem-
ple; se nombre des mariages devient infi-
ni, ce projet est un nouvel accroissement
pour la France.
Le Dimanche qui fut le dernier jour des
fêtes de la Ville de Paris, M. le Duc de
Gêvres partit le soir de l'Hôtel de Ville
pour aller coucher à Versailles; le lende-
main matin au lever, il vit la Cour Royale
remplie de tous les Artilans qui portoient
les marques de leur état orné de décora-
tions, elles exprimoient tous les Arts qui
vinrent rendre leur hommage; ils étoient
suivis & précédés de tambours, de hau-
bois & de violons, ils vinrent danser
sous les fenêtres du Roi, toute la journée
se passa de même, ces sortes de réjouissan-
ces avoient commencé dès le 13 &
yGoc
107
JANVIER. 1752.
avoient continué tous les jours jusqu'au2o;
elles avoient été varices chaque fois, tout
le peaple de Versailles vêcut pendant ce
tems que de l'argent que le Roi fit distri-
buer; ils les passerent en danses & en di-
vertissements.
Les Gardes du Corps de Sa Majesté
donnerent dans leur Salle un bal paré,
superbe, il fut suivi d'un bal mas-
qué.
Toutes les Communautés font chanter
tous les jours des Te Deum à Versailles & à
Paris, on entend sans cesse le bruit du
canon, l'air le soir est rempli de fusées,
la France ne respire que la joie, tout par-
ticipe au bonheur général, & chacus
en fait le sien particulier.
Le Lundi 13 Septembre 1751. Ce
jour en comblant les voeux de la Famille
Royale, assura le bonheur de la France.
Madame la Dauphine lui donna un Duc
de Bourgogne dont elle accoucha si heu-
reusement, qu'il ne fut guerre possible de
marquer l'intervale des douleurs à la
naissance. M. le Duc de Gêvres en qualité
de Gou verneur de Paris dépêcha un de ses
Pages pour porter la nouvelle des douleurs
au Corps de Ville, il fut suivi du Lieute-
nant de ses Gardes qui lui annonça la
naissance: la Ville, la Bastille & les In-
valides firent aussi-tôt tirer le canon: la
Ville fit sonner la cloche qui continua
jour & nuit jusqu'a la fin de la troisicme
quit.
Eiij
jitized by Goc
202 MERCURE DE FRANCE.
Quoiqu'il ne fût qu'une heure du ma-
tin, lorsque Madame la Dauphine accou-
cha, cet événement causa tant joye, qu'en
un instaut le plaisit réveilla tous les habi-
tans de Versailles, leur empressement &
leurs acclamations réitérés furent les in-
terprêtes de leur cœur.
On chanta le Te Deum dans la Chapelle
du Roi sur les cinq heures du matin, en
action de graces; la Famille Royale & tou-
te la Cour y assistérent en grand habit;
le Roi fit jetter beaucoup d'argent au pu-
blic.
Le soir du même jour il y eut des illu-
minations considérables dans Versailles, on
tira un feu d'artifice dans la Place d'Ar-
mes; la promptitude avec laquelle il fue
préparé est inconcevable & ne lui ôta point
de sa beauté; on en fut étonné, on en a
pen tiré avec autant de succès & qui ayent
produit un si bel effet.
Apeine le feu d'artifice cessa qu'on vit
s'élever une flâme, dont l'éclat étoit ad-
mirable & effrayant; tout le comble de la
grande Ecurie du Roi s'enflamma dans le
même instant, le secours qu'on y apporta
fut inutile, le feu dura pendant deux
jours & a causé beaucoup de dommage; il
prit dans le même instant à la petite écurie
& dans deux ou trois endroits à Versailles;
nes bO.
JANVIER. 1752. 103
l fut éteint aussi-tôt. Voici quelques
vers qu'on fit sur le champ à cette occa-
sion.
Tont lui promet le destin le plus beau,
Et fi la flâme éclaire son bercean
On n'en doit concevoir qu'un illustre présage i
De son éclat futur cette époque est le gage;
De l'Inde le vainqueur fameux,
Le rival du Dieu des batailles
Alexandre naquit à la clarté des feux
Qui du Temple d'Ephése embrasoient les mu-
railles.
M. le Duc de Gêvres étoit parti l'après-
midi de Versailles & étoit arrivé sur les
cinque heures à l'Hôtel de Ville, accompa-
gné d'un détachement de ses Gardes, precé-
dé de ses Pages, & jettant de l'argent sur
son passage.
Le Corps de Ville vint le recevoir, il
fut ensuite prendre sa guirlande de fleurs
asin d'aller à la tête de la Ville allumer un
feu préparé pour le soir: il y fut escorté pas
seize de ses Suisses, ses Gardes, ses Cour-
reurs, 30 Valets de pied, ce qui compo-
soit deux files confidérables qui formoient
presque l'enceinte de la Place: il avoit au
tour de lui ses six Gentilhommes, les Prin-
cipaux Officiers de ses Gardes, ses Pages,
ceux de la Chambre du Roi & les trompet-
...
Euii
00
104 MERCURE DEFRANCE.
tes sonnant, le Corps de Ville le suivoit;
elle avoit aussi ses Gardes; il jetta beaucoup
d'argent; le peuple étoit immense, les
acclamations de joye ne cestoient point,
on tira ensuite un nombre infini de fusées
& d'artifice.
L'Hôtel de Ville fut superbement
illuminé & toutes les rues de Paris; ces
fêtes & ces'cétémonies durerent trois jours.
La Ville pendant ce tems donna de
grands repas à M. le Duc de Gêvres qui
y alloit tous les jours fuivi de ses Gardes
& de ses carrosses & jettant de l'argent
dans toutes les ruës.
Il fit donner l'Opera gratis à Paris, le
jour suivant la Comédie Françoise & le
troisiéme jour la Comédie Italienne, la
foule innombrable qui s'y trouva n'empê-
cha pas le bon ordre.
Le Dimanche suivant jour marqué pour
le Te Deum, le Roi avec la Famille Royale
vint escorté de toute sa Maison à Notre-
Dame.
Sa Majesté fit jetter un argent considéra-
ble & retourna le soir à Versailles; M. le
Duc de Gêvres, que le Roi avoit dispen-
sé d'aller à Notre-Dame, fut à l'Hôtel de
Ville avec un cortège eneore plus nom-
breux que les jours précédens; on tira
un feu d'artifice superbe pout terminer les
fêtes.
3
10)
JANVIER. 1752.
M. le Duc de Gêvres donna sa loge
aux Ambassadeurs & aux Etrangers pour
voir.
Paris fut magnisiquement illuminé tou-
te la nuit, M. le Duc de Gêvres fit mettre
un orchestre dans sa cour qui étoit rem-
plie de desseins de l'ampions ainsi que sa
porte & la facade de son Hôtel, il y fit
distribuer du pain & des viandes de toute
espece, le vin ne cessa d'y couler, on y
dansa toute la nuit; le Prevôt des Mar-
chands, le Lieutenant de Police & beau-
coup de Seigneurs en firent autant.
M. le Duc de Gêvres fut passer trois
jours à S. Ouen: il donna des fêtes
où il invita les Ambassadeurs & Am-
bassadrices, & les Etrangers à qui il
donna de grands repas & des feux d'ar-
tifice, il en a fait itirer trois considé-
rables, & plusieurs petits chez lui, il fit
illuminer son Château & son Parc; il don-
na particulierement une fête à Madamo
l'Ambassadrice de Pologne, il eut tous les
Etrangers, il fit tirer encorę un feu d'arti-
fice & donna le prix de l'atquebuse.
La Ville de Paris pout ne laisser échap-
per aucun moyen possible de donner à la
Famille Royale des marques de la satistac-
tion, dont elle est pénéttée par cet événe-
ment, joint aux fêtes qu'elle a données
EV
d by Goc
106 MERCUREDEFRANCE.
six cens mariages elle dote des filles que
l'indigence empêche de trouver un établis-
sement; la Ville a jugé qu'il en résulteroit
un bien réel dont le souvenir se transmet-
troii à la postérité par de nouveaux Sujets,
qui devront unir la reconnoissance aux
sentimens que tous les François ont pour
leur Roi.
M. le Duc de Gevres en fait particulie-
rement à ses dépens trois à Saint Ouen,
quatre à Mareil, dix à Gêvres, sept à
Blérancourt & un dans toutes ses Tertes;
les Villes du Royaume suivent son exem-
ple; se nombre des mariages devient infi-
ni, ce projet est un nouvel accroissement
pour la France.
Le Dimanche qui fut le dernier jour des
fêtes de la Ville de Paris, M. le Duc de
Gêvres partit le soir de l'Hôtel de Ville
pour aller coucher à Versailles; le lende-
main matin au lever, il vit la Cour Royale
remplie de tous les Artilans qui portoient
les marques de leur état orné de décora-
tions, elles exprimoient tous les Arts qui
vinrent rendre leur hommage; ils étoient
suivis & précédés de tambours, de hau-
bois & de violons, ils vinrent danser
sous les fenêtres du Roi, toute la journée
se passa de même, ces sortes de réjouissan-
ces avoient commencé dès le 13 &
yGoc
107
JANVIER. 1752.
avoient continué tous les jours jusqu'au2o;
elles avoient été varices chaque fois, tout
le peaple de Versailles vêcut pendant ce
tems que de l'argent que le Roi fit distri-
buer; ils les passerent en danses & en di-
vertissements.
Les Gardes du Corps de Sa Majesté
donnerent dans leur Salle un bal paré,
superbe, il fut suivi d'un bal mas-
qué.
Toutes les Communautés font chanter
tous les jours des Te Deum à Versailles & à
Paris, on entend sans cesse le bruit du
canon, l'air le soir est rempli de fusées,
la France ne respire que la joie, tout par-
ticipe au bonheur général, & chacus
en fait le sien particulier.
Fermer
175
p. 149-152
Des Chevaliers de l'Arbalête.
Début :
Le Samedi 9 Octobre, jour & fête de Saint Denis, la Compagnie Royale des [...]
Mots clefs :
Chevaliers de l'Arbalète, Paris, Oiseau, Compagnie, Prévôt des marchands, Officiers, Tirage, Marchands échevins, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Des Chevaliers de l'Arbalête.
Des Chevaliers de l'Arbalête.
Le Samedi 9 Octobre, jour & fête de
Saint Denis, la Compagnie Royale des
Chevaliers de l'Arbalête & de l'Arquebu-
ze de Paris, fit chanter dans l'Eglise de
la Maason Professe des Jésuites, une mes-
se & un Te Deum de la composition de M.
Corette, qui fut très-bien exécuté; en
G iij
tized by Goc
150 MERCUREDEFRANCE.
action de graces de l'heureux accouche-
ment de Madame la Dauphine, & de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
MM. le Prevôt des Marchands, Echevins
& Corps de Ville, qui y avo ient été in-
vités, sy rendirent précedés d'un détache-
ment de leurs Gardes: on tira à leur
entrée, à leur sortie, & au commencement
du Te Deum, une salve de boëtes.
Le Dimanche 24, cette même Com-
pagnie tira par extraordinaire, un oiseau
dans son hôtel hors la Porte Saint Antoi-
ne, en réjouissance du même sujet. Le
Dimanche précédent, quatre de ses prin-
cipaux Officiers avoient été à Versailles
pour suplier Sa Majesté d'honorer la Com-
pagnie de sa présence le jour du tirage de
cet oisean, ou de nommer un Seigneur
pour représenter sa personne & tirer en son-
nom. Ces Officiers ayant à leur tête M.
le Comte de Tresmes, Licutenant Général
des Armées duRoi, & leur Colonel eurent
l'honneur d'être présentés à sa Majeste
par M. de Gêvres, premier Gentilhomme
de la Chambre & Gouverneur de Paris; le
Roi les reçut avec une très-grande bonté &
leur dit: j'accorde ce qu'on me demande, &
je nomme M. le Comte de Tresmes pour me
représenter. Le jour du tirage de l'oiseau
ayant été fixé au 24 Octobre, Messicurs
by Goc
JANVIER. 1752.
131
les Prevôt des Marchands, Echevins &
Corps de Ville qui avoient été pareille-
ment invités, arriverent à l'Hôtel de l'Ar-
quebuse à une heure après-midy, precédés
d'un détachement de leurs Gardes. Ils y fu-
rent reçus pat les principaux Officiers de
la Compagnie qui étoit en uniforme,
sous les armes, tambours battans, dra-
peau déployé, & au bruit d'une salve de
boëtes: ils furent conduits en une galerie
en face de la butte qui leur étoit destinée,
& qui étoit toute tapissée de damas cra-
moisi avec des crépines d'or & les fauteuils
parcils. Peu de tems aptès M. le Comte
de Tresmes arriva accompagné de plu-
fieurs autres Seigneurs; il fut reçu avee
quelques cérémonies de plus. MM. les
Prevot des Marchands & Echevins des-
cendirent de la galerie où ils étoient placés
pour le recevoir: il fut conduit à la butie
où étoit placé l'oiseau, & sur le coté de
laquelle étoit une estrade de quatre deorés
eouverts d'un tapis, sur laquelle il y
avoit un fauteuil & au dessus un dais, le
tout de velours relevé en or: aux côtés du
fauteuil en bas de l'estrade étoient deux
Chevaliers sous les armes pour garder la
place de Sa Majesté. M. le Comte de Tres-
mes n'ayant point occupé ce fauteuil, il
monta à la galerie & s'y placo à la droite
G iij
a
152 MERCUREDEFRANCE.
de M. le Prevôt des Marchands. Quelque
tems après, la Compagnie sous les armes,
& ses Officiers à la tête, vinrent prendre
M. le Comte de Tresmes, le conduisi-
rent à la Salle du tirage tambours battans
& là, il tira deux très-beaux coups d'Ar-
quebuse sur l'oiseau, le premier pour &
au nom de Sa Majesté, & le second,
pour lui en sa qualité de Colonel de la
Compagnie, apres quoi il fut de même re-
conduit dans la galerie. Les Officiers &
Chevaliers commencerent ensuite à tiret
suivant l'ordre du numéro qui leur étoit
échu pour ce tirage & l'oiseau fut abbatu
au dix-huitième coup avant la fin de la
halte, par le sicur Vaucher qui gagna le
premier prix.
L'oiseau abbatu l'on posa un autre Pan-
ton pour tiret le second prix. M. le Com-
te de Tresmes, tira le premier, comme
Colonel & toute la Compagnie ensuite
dans le même ordre que la premiere fois.
Le sieur Brosset ayant fait le plus près coup
de la broche, gagna ce second prix.
Ces prix consistent en deux très-belles
& grandes médailles d'argent que Mes-
sieurs le Prevôt des Marchands & Echevins
donnent tous les ans au nom de la Ville le
jour du tirage de l'oiseau, qu'ils honorent
de leurs présences; elles ont d'un côté les
Le Samedi 9 Octobre, jour & fête de
Saint Denis, la Compagnie Royale des
Chevaliers de l'Arbalête & de l'Arquebu-
ze de Paris, fit chanter dans l'Eglise de
la Maason Professe des Jésuites, une mes-
se & un Te Deum de la composition de M.
Corette, qui fut très-bien exécuté; en
G iij
tized by Goc
150 MERCUREDEFRANCE.
action de graces de l'heureux accouche-
ment de Madame la Dauphine, & de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
MM. le Prevôt des Marchands, Echevins
& Corps de Ville, qui y avo ient été in-
vités, sy rendirent précedés d'un détache-
ment de leurs Gardes: on tira à leur
entrée, à leur sortie, & au commencement
du Te Deum, une salve de boëtes.
Le Dimanche 24, cette même Com-
pagnie tira par extraordinaire, un oiseau
dans son hôtel hors la Porte Saint Antoi-
ne, en réjouissance du même sujet. Le
Dimanche précédent, quatre de ses prin-
cipaux Officiers avoient été à Versailles
pour suplier Sa Majesté d'honorer la Com-
pagnie de sa présence le jour du tirage de
cet oisean, ou de nommer un Seigneur
pour représenter sa personne & tirer en son-
nom. Ces Officiers ayant à leur tête M.
le Comte de Tresmes, Licutenant Général
des Armées duRoi, & leur Colonel eurent
l'honneur d'être présentés à sa Majeste
par M. de Gêvres, premier Gentilhomme
de la Chambre & Gouverneur de Paris; le
Roi les reçut avec une très-grande bonté &
leur dit: j'accorde ce qu'on me demande, &
je nomme M. le Comte de Tresmes pour me
représenter. Le jour du tirage de l'oiseau
ayant été fixé au 24 Octobre, Messicurs
by Goc
JANVIER. 1752.
131
les Prevôt des Marchands, Echevins &
Corps de Ville qui avoient été pareille-
ment invités, arriverent à l'Hôtel de l'Ar-
quebuse à une heure après-midy, precédés
d'un détachement de leurs Gardes. Ils y fu-
rent reçus pat les principaux Officiers de
la Compagnie qui étoit en uniforme,
sous les armes, tambours battans, dra-
peau déployé, & au bruit d'une salve de
boëtes: ils furent conduits en une galerie
en face de la butte qui leur étoit destinée,
& qui étoit toute tapissée de damas cra-
moisi avec des crépines d'or & les fauteuils
parcils. Peu de tems aptès M. le Comte
de Tresmes arriva accompagné de plu-
fieurs autres Seigneurs; il fut reçu avee
quelques cérémonies de plus. MM. les
Prevot des Marchands & Echevins des-
cendirent de la galerie où ils étoient placés
pour le recevoir: il fut conduit à la butie
où étoit placé l'oiseau, & sur le coté de
laquelle étoit une estrade de quatre deorés
eouverts d'un tapis, sur laquelle il y
avoit un fauteuil & au dessus un dais, le
tout de velours relevé en or: aux côtés du
fauteuil en bas de l'estrade étoient deux
Chevaliers sous les armes pour garder la
place de Sa Majesté. M. le Comte de Tres-
mes n'ayant point occupé ce fauteuil, il
monta à la galerie & s'y placo à la droite
G iij
a
152 MERCUREDEFRANCE.
de M. le Prevôt des Marchands. Quelque
tems après, la Compagnie sous les armes,
& ses Officiers à la tête, vinrent prendre
M. le Comte de Tresmes, le conduisi-
rent à la Salle du tirage tambours battans
& là, il tira deux très-beaux coups d'Ar-
quebuse sur l'oiseau, le premier pour &
au nom de Sa Majesté, & le second,
pour lui en sa qualité de Colonel de la
Compagnie, apres quoi il fut de même re-
conduit dans la galerie. Les Officiers &
Chevaliers commencerent ensuite à tiret
suivant l'ordre du numéro qui leur étoit
échu pour ce tirage & l'oiseau fut abbatu
au dix-huitième coup avant la fin de la
halte, par le sicur Vaucher qui gagna le
premier prix.
L'oiseau abbatu l'on posa un autre Pan-
ton pour tiret le second prix. M. le Com-
te de Tresmes, tira le premier, comme
Colonel & toute la Compagnie ensuite
dans le même ordre que la premiere fois.
Le sieur Brosset ayant fait le plus près coup
de la broche, gagna ce second prix.
Ces prix consistent en deux très-belles
& grandes médailles d'argent que Mes-
sieurs le Prevôt des Marchands & Echevins
donnent tous les ans au nom de la Ville le
jour du tirage de l'oiseau, qu'ils honorent
de leurs présences; elles ont d'un côté les
Fermer
176
p. 197-199
De Paris le 13.
Début :
La célébration des six cens mariages, déterminés par la Ville avec l'agrément de Sa Majesté, [...]
Mots clefs :
Paris, Mariages, Paroisse, Prévôt des marchands, Échevins, Salve générale, Célébration, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris le 13.
De Paris le 13.
La célébration des six cens mariages, déterminés
par la Ville avec l'agrément de Sa Majesté,
ayant été fixée au 9 de ce mois, cette fête fut an-
noncée la veille par les cloches de toutes les Pa-
roisses, & le 6 à six heures du matin par une salve
générale de l'artillerie de la Ville. Il y eut une
seconde salve à midi? lorsque ces mariages su-
rent célébrés. Le Duc de Gesvres, Gouverneur
de Paris, assista à ceux de l'Eglise de Saint Roch
sa Paroisse. Ceux de Saint Nicolas des Champs
Paroisse de M. de Bernage, Prevôt des Mar-
chands, se firent en présence de ce Magistrat. Mes-
sieurs Bontems, Gillet & Mirey, Echevins;
M. Moriau Procureur & Avocat du Roi &
de la Ville, & M. Taitbout, Greffier en chef
furent pésens chacun dans leurs Paroisses, aux ma-
riages qu'on y célébra, & M. Boucot, Receveur
de la Ville, se trouva à ceux de Saint Germain-
l'Auxertois. On avoit député des Conseillers de
Iiij
ized by Goc
198 MERCUREDE FRANCE.
la Ville & des Quartiniers, pour faire les hon-
neurs des mariages des autres Paroisses. Dans cet
Acte mémorable a régné une majesté, vraiment
digne de la cérémonie & de l'événement qui en
étoit l'occasion. Toutes les Eglises étoient ornées
de la même maniere qu'elles ont coutume de l'être
dans les jours de la plus grande solemnité, & l'on
ne peut trop louer les soins pris par les Curés pour
la décence & pour la commodité générale. La Vil-
le, non contente d'avoir doté & habillé les Ma-
riés, a pourvu à la dépense des festins & des
nôces auxquels les Mariés ont été conduits dans
des catosses fournis par la Ville, & ces festins
ont été servis dans des Salles particulieres pout
chaque Paroisse. Une affluence prodigieuse de
personnes de toutes les conditions s'est présentée
soit dans les Eglises, soit dans ces Salles, s afin de
jouir d'un spectacle si plein de charmes pour les
Amateurs de l'humanité & du bien public. Il
auroit été impossible de compter le nombre des
Spectateurs: il ne le seroit pas moins d'expriiner
les sentimens de joie, d'amous & de reconnois-
sance, des Mariés & de leurs familles, pour le
Roi & pour la Famille Royale, & la satisfaction
dont tous les cœurs ont paru pénétrés.
Le même jour le Prevôt des Marchands & Eche-
vins donnerent dans la grande Salle de l'Hôtel de
Ville un diner splendide, auquel le Duc de Ge-
vres fut invité, ainsi que les députés qui avoient
assisté de la part de la Ville à la célébration des
mariages. A la fin du repas on but au bruit des
fanfares, les santés de la Reine, de Monseigneur
le Dauphin, de Madame la Dauphine, & de Mes-
dames de France, & lorsque la santé du Roi
fut portée, il fut fait une salve générale d'artillerie.
Sur les six heures du soir, le Corps de Ville,
ayant à sa têté le Duc de Gêvtes, se rendit à l'E-
199
JANVIER. 1752.
glise de Saint Jean en Grêve, qui étoit éclairée &
décotée avec une magnificeence extraordinaire,
& il assista au Te Deum qu'il fit chanter en Musi-
que. LeMotet étoit de la composition du Sieur Cal-
viere. Au Sanctus, les canons de la Ville firent
une nonvelle salve. Après le Te Deum, la façada
de l'Hôtel de Ville fut illuminée, ainsi que les
Hôtels du Duc de Gêvres & du Prevôt des Mar-
chands, & les maisons des autres Officiers du Bu-
reau de la Ville Il y eut aussi des illuminations
chez les Députés de la Ville dans chaque Paroisse.
La célébration des six cens mariages, déterminés
par la Ville avec l'agrément de Sa Majesté,
ayant été fixée au 9 de ce mois, cette fête fut an-
noncée la veille par les cloches de toutes les Pa-
roisses, & le 6 à six heures du matin par une salve
générale de l'artillerie de la Ville. Il y eut une
seconde salve à midi? lorsque ces mariages su-
rent célébrés. Le Duc de Gesvres, Gouverneur
de Paris, assista à ceux de l'Eglise de Saint Roch
sa Paroisse. Ceux de Saint Nicolas des Champs
Paroisse de M. de Bernage, Prevôt des Mar-
chands, se firent en présence de ce Magistrat. Mes-
sieurs Bontems, Gillet & Mirey, Echevins;
M. Moriau Procureur & Avocat du Roi &
de la Ville, & M. Taitbout, Greffier en chef
furent pésens chacun dans leurs Paroisses, aux ma-
riages qu'on y célébra, & M. Boucot, Receveur
de la Ville, se trouva à ceux de Saint Germain-
l'Auxertois. On avoit député des Conseillers de
Iiij
ized by Goc
198 MERCUREDE FRANCE.
la Ville & des Quartiniers, pour faire les hon-
neurs des mariages des autres Paroisses. Dans cet
Acte mémorable a régné une majesté, vraiment
digne de la cérémonie & de l'événement qui en
étoit l'occasion. Toutes les Eglises étoient ornées
de la même maniere qu'elles ont coutume de l'être
dans les jours de la plus grande solemnité, & l'on
ne peut trop louer les soins pris par les Curés pour
la décence & pour la commodité générale. La Vil-
le, non contente d'avoir doté & habillé les Ma-
riés, a pourvu à la dépense des festins & des
nôces auxquels les Mariés ont été conduits dans
des catosses fournis par la Ville, & ces festins
ont été servis dans des Salles particulieres pout
chaque Paroisse. Une affluence prodigieuse de
personnes de toutes les conditions s'est présentée
soit dans les Eglises, soit dans ces Salles, s afin de
jouir d'un spectacle si plein de charmes pour les
Amateurs de l'humanité & du bien public. Il
auroit été impossible de compter le nombre des
Spectateurs: il ne le seroit pas moins d'expriiner
les sentimens de joie, d'amous & de reconnois-
sance, des Mariés & de leurs familles, pour le
Roi & pour la Famille Royale, & la satisfaction
dont tous les cœurs ont paru pénétrés.
Le même jour le Prevôt des Marchands & Eche-
vins donnerent dans la grande Salle de l'Hôtel de
Ville un diner splendide, auquel le Duc de Ge-
vres fut invité, ainsi que les députés qui avoient
assisté de la part de la Ville à la célébration des
mariages. A la fin du repas on but au bruit des
fanfares, les santés de la Reine, de Monseigneur
le Dauphin, de Madame la Dauphine, & de Mes-
dames de France, & lorsque la santé du Roi
fut portée, il fut fait une salve générale d'artillerie.
Sur les six heures du soir, le Corps de Ville,
ayant à sa têté le Duc de Gêvtes, se rendit à l'E-
199
JANVIER. 1752.
glise de Saint Jean en Grêve, qui étoit éclairée &
décotée avec une magnificeence extraordinaire,
& il assista au Te Deum qu'il fit chanter en Musi-
que. LeMotet étoit de la composition du Sieur Cal-
viere. Au Sanctus, les canons de la Ville firent
une nonvelle salve. Après le Te Deum, la façada
de l'Hôtel de Ville fut illuminée, ainsi que les
Hôtels du Duc de Gêvres & du Prevôt des Mar-
chands, & les maisons des autres Officiers du Bu-
reau de la Ville Il y eut aussi des illuminations
chez les Députés de la Ville dans chaque Paroisse.
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177
p. 155-156
« CELEBRATIONS des mariages de la Ville, de l'Eglise Collégiale & Paroissiale [...] »
Début :
CELEBRATIONS des mariages de la Ville, de l'Eglise Collégiale & Paroissiale [...]
Mots clefs :
Ville, Église, Paris, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « CELEBRATIONS des mariages de la Ville, de l'Eglise Collégiale & Paroissiale [...] »
CELEBRATIONS des mariages de
la Ville, de l'Eglise Collégiale & Paroissiale
de Saint Merry à Paris, faites le Mar-
dy 9 Novembre 1751. à l'occasion de la
naissance de Monseigueur le Duc de Bour
gogne; exhortation à ce sujet; par M.
Artaud Docteur de Sorbonne, Chefcier-
Curé dela dite Eglise. A Paris chez Heris-
sant, rue neuve Notre-Dame.
Si M. Artaud ne jouissoit pas depnis,
long-tems de la réputation de bien parler,
il l'auroit acquise par deux exhortations
que nous annonçons; elles sont pleines,
d'onction & de véhémence. L'Auteur y a
fait ingénieusement entrer tout ce que les
circonstances réunies de la naissance de
Fvj
156 MERCUREDEFRANCE.
Monseigneur le Duc de Bourgogne & de
la magnificence de la Ville luifournissoient.
la Ville, de l'Eglise Collégiale & Paroissiale
de Saint Merry à Paris, faites le Mar-
dy 9 Novembre 1751. à l'occasion de la
naissance de Monseigueur le Duc de Bour
gogne; exhortation à ce sujet; par M.
Artaud Docteur de Sorbonne, Chefcier-
Curé dela dite Eglise. A Paris chez Heris-
sant, rue neuve Notre-Dame.
Si M. Artaud ne jouissoit pas depnis,
long-tems de la réputation de bien parler,
il l'auroit acquise par deux exhortations
que nous annonçons; elles sont pleines,
d'onction & de véhémence. L'Auteur y a
fait ingénieusement entrer tout ce que les
circonstances réunies de la naissance de
Fvj
156 MERCUREDEFRANCE.
Monseigneur le Duc de Bourgogne & de
la magnificence de la Ville luifournissoient.
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178
p. 177
RÉPONSE.
Début :
A 12 h. 26 min. à Marseille, on doit compter 12 h. 14 min. au Méridien de Paris : donc, si [...]
Mots clefs :
Éclipse, Marseille, Paris, Méridien, Calcul
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE.
RÉPONSE.
A 12 h. 26 min. à Marseille, on doit compter
12 h. 14 min. au Méridien de Paris : donc, si
Pobservation de Turin est exacte, & si le com-
mencement de l'Eclipse qu'on y observe est 12 h.
10 min. (en réduisant au Méridien de Paris) il
en faut conclure, qu'a 12 h. 26 min. à Marseille,
l'Eclipse de Lunc devoit être commencée, & qu'il
s'étoit déja écoulé 4 min. depuis le vrai commen-
cement de l'Eclipse.
L'observation de Marseille s'accorde d'ailleum
précisément à la même minute, avec le calcul fait
par un scavant Astronome, qui ayant adopté le
Saros Caldaique de M. Hallai, s'est servi d'une
Eclipse de Lune observée il y a dix-huit ans
pour prédire d'une maniere décisive (connoissant
l'erreur des Tables par cet artifice) le commence-
ment & la fin de cette Eclipse.
Car on trouve le calcul & la phase de l'Eclipse
de Lune, du mois de Juin dernier, chez M. Ju-
lien, qui vend les Cartes Célestes & Geographi-
ques, à l'Hôtel de Soubise, à Paris.
A 12 h. 26 min. à Marseille, on doit compter
12 h. 14 min. au Méridien de Paris : donc, si
Pobservation de Turin est exacte, & si le com-
mencement de l'Eclipse qu'on y observe est 12 h.
10 min. (en réduisant au Méridien de Paris) il
en faut conclure, qu'a 12 h. 26 min. à Marseille,
l'Eclipse de Lunc devoit être commencée, & qu'il
s'étoit déja écoulé 4 min. depuis le vrai commen-
cement de l'Eclipse.
L'observation de Marseille s'accorde d'ailleum
précisément à la même minute, avec le calcul fait
par un scavant Astronome, qui ayant adopté le
Saros Caldaique de M. Hallai, s'est servi d'une
Eclipse de Lune observée il y a dix-huit ans
pour prédire d'une maniere décisive (connoissant
l'erreur des Tables par cet artifice) le commence-
ment & la fin de cette Eclipse.
Car on trouve le calcul & la phase de l'Eclipse
de Lune, du mois de Juin dernier, chez M. Ju-
lien, qui vend les Cartes Célestes & Geographi-
ques, à l'Hôtel de Soubise, à Paris.
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179
p. 150-151
« TABLETTES Dramatiques, contenant l'abregé de l'Histoire du Théâtre [...] »
Début :
TABLETTES Dramatiques, contenant l'abregé de l'Histoire du Théâtre [...]
Mots clefs :
Tablettes, Histoire, Théâtre, Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « TABLETTES Dramatiques, contenant l'abregé de l'Histoire du Théâtre [...] »
TABLETTES Dramatiques, contenant l'abregé de l'Histoire du Théâtre
AVRIL. 1751.
1
François, l'établissement des Théâtres à
Paris, un Dictionaire des Piéces, & l'a-
brégé de l'Histoire des Auteurs, & des
Acteurs par M. le Chevalier de Mouby,
à Paris, chez Sébastien forry, quai des
Augustins, 1752, un volume in- 82. qui
se vend broché 6 livres.
Comme l'Auteur a exposé lui même le
plan de son Ouvrage dans le dernier Mer-
cure, nous nous bornerons à dire qu'il
est bien exécuté, que ses tablettes sont
pleines de détails curieux, & qu'elles sont
nécessaires à tous ceux qui veulent avoir
une connoissance suivie du théâtre Fran-
çois.
AVRIL. 1751.
1
François, l'établissement des Théâtres à
Paris, un Dictionaire des Piéces, & l'a-
brégé de l'Histoire des Auteurs, & des
Acteurs par M. le Chevalier de Mouby,
à Paris, chez Sébastien forry, quai des
Augustins, 1752, un volume in- 82. qui
se vend broché 6 livres.
Comme l'Auteur a exposé lui même le
plan de son Ouvrage dans le dernier Mer-
cure, nous nous bornerons à dire qu'il
est bien exécuté, que ses tablettes sont
pleines de détails curieux, & qu'elles sont
nécessaires à tous ceux qui veulent avoir
une connoissance suivie du théâtre Fran-
çois.
Fermer
180
p. 125-127
AUTRE EN VAUDEVILLES.
Début :
Air : Nous sommes Précepteurs d'amour. / Cinq pieds forment tout mon terrain, [...]
Mots clefs :
Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE EN VAUDEVILLES.
AUTRE EN VAUDEVILLES.
Air : Nousfommes Précepteurs d'amour.
Cinq pieds forment tout mon terrain ,
Mais j'ai bien un autre étalage ;
Lecteur , en François , en Latin ,
Décompoſez mon aſſemblage.
Air des Sabotiers Italiens : Sous un ombrage
frais fait exprès.
J'offred'abord en mon joli nom ,
Des amours maint compagnon
Sans me changer
Ce tendre berger ,
Bon ;
Qui fit un Grec d'un feul coup ,
Cou ;
Des menuets
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
Les actes les plus parfaits ;
Plus la lettre a ;
Un adverbe après cela .
En Latin le bord d'un élement ,
Que l'onde toujours gliffant
Rend.
Air:Quand l'Auteur de la nature.
Une note de mufique ,
Quelque part un bain très-ſpécifique;
Dansl'Egypte,
Hypocrite ,
Un taureau
Fêté plus qu'un poireau.
En Latin l'infecte illuftre ,
Dont les biens des Autels font le luftre,
Ce qu'à Rome
L'honnête homme
Débourfoit ,
Quand ſa dette il payoit.
Air : Ah , le bel oiſeau , maman.
'Augénitif le pays
Fertile en marbre & porphyre ,
Une ville dont Louis
Dépouilla ſes ennemis;
De l'Elide une cité ;
Dans nous un fougueux délire ,
Honte de l'humanité ,
Que la raifon doit détruire ,
CTOBRE. 1753 . 127
Cequ'au retour de ſon pré
La fermiere prefle & tire ;
Du nouvellifte entêré ,
L'argent promis , non compté.
Air : Nous venons de Barcelonette,
Un terme Latin dont Catale
Se fert pour rendre un petit pain ,
Mais que Juvenal intitule ,
Gordon d'un menton enfantin.
Air : De M. le Prevêt des Marchands.
D'égal fingulier génitif,
Du mal triſte ſuperlatif.
Dites en Latin, tu m'écorches ,
L'impératif du verbe alter,
Je vous donne afſez d'anicroches ,
Tâchez de me déceler.
Air : Quej'aime mon cher Arlequin.
Mon Edipe eſt embarraſſé,
Que je fuis folle !
Dansmon ſein peut être enfoncé ,
De mes plaiſirs il eſt laffé ,
Car je fuis ſon idole ;
Trop long-tems je l'ai tracaffé ;
Mon nom.... ah , qu'il eſt drôle !
Air : Nousfommes Précepteurs d'amour.
Cinq pieds forment tout mon terrain ,
Mais j'ai bien un autre étalage ;
Lecteur , en François , en Latin ,
Décompoſez mon aſſemblage.
Air des Sabotiers Italiens : Sous un ombrage
frais fait exprès.
J'offred'abord en mon joli nom ,
Des amours maint compagnon
Sans me changer
Ce tendre berger ,
Bon ;
Qui fit un Grec d'un feul coup ,
Cou ;
Des menuets
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
Les actes les plus parfaits ;
Plus la lettre a ;
Un adverbe après cela .
En Latin le bord d'un élement ,
Que l'onde toujours gliffant
Rend.
Air:Quand l'Auteur de la nature.
Une note de mufique ,
Quelque part un bain très-ſpécifique;
Dansl'Egypte,
Hypocrite ,
Un taureau
Fêté plus qu'un poireau.
En Latin l'infecte illuftre ,
Dont les biens des Autels font le luftre,
Ce qu'à Rome
L'honnête homme
Débourfoit ,
Quand ſa dette il payoit.
Air : Ah , le bel oiſeau , maman.
'Augénitif le pays
Fertile en marbre & porphyre ,
Une ville dont Louis
Dépouilla ſes ennemis;
De l'Elide une cité ;
Dans nous un fougueux délire ,
Honte de l'humanité ,
Que la raifon doit détruire ,
CTOBRE. 1753 . 127
Cequ'au retour de ſon pré
La fermiere prefle & tire ;
Du nouvellifte entêré ,
L'argent promis , non compté.
Air : Nous venons de Barcelonette,
Un terme Latin dont Catale
Se fert pour rendre un petit pain ,
Mais que Juvenal intitule ,
Gordon d'un menton enfantin.
Air : De M. le Prevêt des Marchands.
D'égal fingulier génitif,
Du mal triſte ſuperlatif.
Dites en Latin, tu m'écorches ,
L'impératif du verbe alter,
Je vous donne afſez d'anicroches ,
Tâchez de me déceler.
Air : Quej'aime mon cher Arlequin.
Mon Edipe eſt embarraſſé,
Que je fuis folle !
Dansmon ſein peut être enfoncé ,
De mes plaiſirs il eſt laffé ,
Car je fuis ſon idole ;
Trop long-tems je l'ai tracaffé ;
Mon nom.... ah , qu'il eſt drôle !
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181
p. 169-178
LETTRE de M. Pierre le Roi, Horloger, à M. l'Abbé Raynal, au sujet de la lettre de M. Godefroy, Horloger, du mois d'Octobre 1752, & de celle du mois de Mai 1753.
Début :
Monsieur, quoique j'aie eu lieu de me plaindre de la maniere dont M. Godefroy [...]
Mots clefs :
Montre, M. Godefroy, Construction, Lettre, Gageure, Temps, Académie, Montres, Cylindre, Public, Nouvelle, Paris, Question, Défi, Échappement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Pierre le Roi, Horloger, à M. l'Abbé Raynal, au sujet de la lettre de M. Godefroy, Horloger, du mois d'Octobre 1752, & de celle du mois de Mai 1753.
LETTRE de M. Pierre le Roi , Horloger, à
M. l'Abbé Raynal , au fujet de la lettre de
M. Godefroy , Horloger , du mois d'Octobre
1752 , de celle du mois de Mai 1753 .
M plaindre de la manière dont M. Godefroy
Onfieur , quoique j'aie eu lieu de me
m'a attaqué dans fa premiere lettre , & que par
là je fufle comme dans la néceffité de lui répon
dre pour montrer au Public le peu de fondement
de fes raifonnemens , & de tout ce qu'il a allégué
contre moi ; cependant occupé d'autres affaires ,
fçachant à peu près comment le Public en général
regarde ces fortes de difputes , & me fla- .
tant que dans le petit nombre de Lecteurs qui
voudroient bien prendre la peine d'examiner mon
mémoire & la lettre de M. Godefroy , les véritables
Juges n'auroient pas de peine à découvrir
qui de nous deux a raifon ; je m'étois déterminé
a garder le filence : mais comme dans fa lettre
inférée dans le Mercure de Mai , de l'an paffé , il
infifte de nouveau fur ce que ma montre n'a rien
de neuf , & qu'il en a vu , il y a plus de 30 ans ,
de la même conftruction plufieurs de M. Panier ,
j'ai cru que je ne pourrois m'empêcher de défabufer
le Public fur une allégation auffi fauffe &
auſſi contraire à la vérité ; j'ai cru même que je
H
170 MERCURE DE FRANCE.
.
le devois c'est ce qui m'engage aujourd'hui à
rompre le filence que je m'étois propofé de garder
, & à vous écrire , Monfieur , en vous priant
d'inférer ma lettre dans votre Journal , pour mon
trer par des preuves qui me paroiffent fans réplique
, que ma montre eft d'une conftruction
aufli nouvelle que je l'ai avancé. Je m'étois propofé
de le faire dès l'année paffée ; mais différentes
occupations & une fanté fort chancelante
m'en ont jufqu'ici empêché .
La conftruction de ma montre eft fi différente
de celle dont parle M. Godefroy , que j'aurois
pû le défier d'en montrer aucune de femblable ;
mais comme il auroit pû fe retrancher fur la
difficulté de le faire , en alléguant que des montres
de cette espece pourroient ne fe pas trouver
dans Paris , ou entre les mths des gens connus
j'ai cru que le plus fúr paid , le plus capable de
décider la queftion , étoit de s'adreffer aux anciens
Horlogers les plus expérimentés , afin de
fçavoir d'eux fi dans le grand nombre de montres
qui leur avoient paffé par les mains , ils n'en
avoient point vú de femblables à la mienne . Je
l'ai donc fait , & tous m'ont répondu qu'ils n'en
avoient point vú. J'ai fait plus , j'ai été chez M.
Panier ; je lui ai montré cette montre , en lui
demandant s'il en avoit fait ou s'il avoit connoif-
Lance qu'on en eût fait de pareilles : il m'a répondu
que non. Je les ai prié les uns & les autres de
me confirmer ce qu'ils me difoient par un certificat
; ils me l'ont donné fans balancer Vous
le trouverez à la fuite de cette lettre . Après des
preuves de ce genre , je ne crois pas qu'on puiffe
me contefter la nouveauté de conftruction de ma
montre. Pendant que j'y fuis , je ne puis m'empêcher
d'ajouter deux mots par rapport aux réAVRIL.
1754. 17
flexions que fait M. Godefroy fur la gageure faite à
Lisbonne au fujet de la prééminence des montres
Angloifes fur les montres Françoifes , & au défi
qu'il me propofe.
Il est bien dangereux de citer , quand on n'entend
pas bien ce qu'on cite . M. Godefroy nous
en donne une preuve. M. Senard mon neveu ,
dans fa lettre inférée dans le Mercure de Mars de
l'an paffé , cite , pour faire voir que ce qu'il rapporte
de cette gageure n'eft point un oui -dire , le
paffage de l'Hiftoire de l'Académie où il en eft
queftion : que répond à cela M. Godefroy ?
> dans les
Que M. le Roi , fils de M. Julien le Roi , dans
fon Mémoire contre M. Rivaz dit
que
éloges que l'Académie fait de beaucoup d'ouvrages
fes vies font auffi forvent d'encourager ceux qui
cultivent les Arts , que montrer la bonté de leurs
productions. Il oublie qu'il n'eft ici queftion , ni
Pencouragement , ni de louanges données à l'Auteur
, mais d'un fimple fait dont l'authenticité a
paru à l'Académie fi bien établie , qu'elle n'a pas
jugé indigne de fes faftes de l'y inferer , comme
un monument honorable à l'Horlogerie Françoife.
Pour répandre des doutes fur l'exiſtence de
cette gageure , & fur les fuites qu'elle a eu , il dit,
qu'il eft étonnant qu'une Hiftoire qui a reçu place
dans les Mémoires de l'Académie des Sciences n'ait
pas affez mérité d'égards , pour qu'on cite les noms
des parieurs . Auroit- il voulu P'Académie eût
que
chargé fon Hiftoire d'un procès- verbal détaillé ,
comme fi les fuites de cette gageure étoient d'une
nature incroyable , & n'étoient pas dans l'ordre
de ces chofes , qui pour être crues n'ont befoin
que de l'autorité d'une Compagnie auffi reſpectable
Le procédé de M. Godefroy , pour donner
lieu à ſon défi , a quelque chofe ici de bien fin-
Hij
172 MERCURE DE FRANCE .
gulier ; on en jugera par l'anecdote fuivante. Il
feint d'ignorerque la gageure en question ait jamais
exifté : cependant il n'a pu oublier que dans le
tems que l'on me propofa de faire une montre pour
cette gageure , il fut un des premiers à qui j'en parlai
, il te chargea même de me faire une partie du
travail ; ce qui auroit eu lieu , fans un voyage
qu'il fit dans fon pays. Enfin , fi après tout ce que
je viens de dire il pouvoit refter des doutes dans
Pefprit de quelqu'un far l'existence de cette gageure
, & fur ce qu'il en refulta , il n'auroit qu'à
confulter le Mercure d'Avril de 1744 , il y
trouvera le nom & la qualité du François qui
étoit à la tête de cette gageure ; & celui d'une
perfonne fort connue du Public , encore
vivante , & que l'on pourra confulter , qui étoit
chargée de me folliciter pour l'exécution de la
montre que je faifois à cette occafion . M. Godefroy
fentant l'infuffifance de fes réponfes aux objections
de M. Senard contre l'échappement à cylindre
, finit par me propofer un défi : Il ne me
répondra plus , dit-il , que la lime à la main. C'eſt
la reffource de bien des gens qui manquent de
bonnes raifons. On fçait en général combien
d'obstacles empêchent que des épreuves comme,
celle qu'il propofe , n'avent lieu , & dans cette fécurité
on a toujours la reflource que c'eft un
moyen honnête pour fetirer d'affaire , & qui frappe
même des perfonnes qui étant peu inftruites ,
croyent qu'un homme qui parle fi hardiment ,
doit fe fentir bien affuré du fuccès . Cependant
les trois quarts du tems rien n'eft moins vrai , &
ils feroient très- embarraflés fi on les prenoit au
mot. Quoiqu'il en foit , M. Godefroy n'y a aflurément
pas penfé en me propofant ce défi . Quand
je l'accepterois , qu'en pourroit - il réfulter de
AVRIL. 1754. 173
nouveau ? Les fuites de la gageure dont j'ai déja
parlé , n'ont-elles pas fait voir qu'une montre
d'une conftruction femblable à celle qu'il me propofe
de mettre en parallele avec une des fiennes
à cylindre , a été auffi jufte que celle de M. Graham
, l'inventeur de cet échappement : Quand
même on fuppoferoit , ce qui n'eft pas , que M.
Godefroy a en Phyfique & en Méchanique les mê
mes connoiffances que M. Graham , il ne peut
refulter rien de nouveau de l'épreuve qu'il me
propofe , comme je l'ai avancé , fçachant , ainſi
que je l'ai déja dit , que mes montres dont il eft
ici queftion , vont auffi juile que les meilleures
montres à cylindre ; elle feroit donc inutile . De
plus cette épreuve ne feroit pas décifive , & n'auroit
aucun avantage pour moi ; car quand ma
montre iroit mieux que celle de M. Godefroy , je
n'en pourrois rien conclure de général contre l'échappement
à cylindre ; j'en pourrois conclure
feulement que mes montres vont mieux que celles
de cette efpece que fait M. Godefroy , & voilà
touts car fi j'allois plus loin , les Anglois ne
feroient - ils pas dans le cas de me demander de
quel droit ? Avons- nous , me diroient - ils , reconnu
M. Godefroy pour notre champion & l'avons
- nous chargé de la défenfe de l'échappement
à cylindre : Leur queftion feroit jufte , & je
n'aurois rien à y répondre ; car il faut convenir
que fi l'on n'obferve pas certaines proportions ,
que l'on ne prenne pas certaines mefures dans
l'exécution des parties d'une montre de telle ou
telle conftruction , elle pourra ne pas avoir toute
la jufteffe dont cette conftruction eft fufceptible.
Enfin , fi le défi de M. Godefroy regarde principalement
ma montre de la nouvelle conftruction ,
comme cela paroît devoit être , il auroit dû , an
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE.
lieu de fixer fix mois ou un an pour l'épreuve ch
question , mettre cinq ou fix ans ; car je lui déclare
que les montres de cette espece que je fais , peuvent
aller ce tems , & bien au- delà , en confervant
toujours leur jufteffe & fans avoir befoin d'Horloger;
ce qu'on ne peut affurément attendre des
montres à cylindre , quoiqu'elles aillent ( comme
j'en fuis convenu moi-même ) avec plus de précifion
dans les commencemens. Où trouvera-t- il
des Commiffaires affez patiens pour ſe charger
de voir aller deux montres pendant un pareil intervalle
de tems , & de juger par des obſervations
fuivies de leurs différens écarts ? Bien des gens
à ma place ajouteroient à tout cela que m'étant
mefuré avec M. Graham je pourrois me difpenfer
d'entrer en lice avec M. Godefroy , qui n'eft que
fon copiſte ; mais des motifs de cette efpece ne
pourroient point arrêter quelqu'un qui , je puis le
dire , a autant de zéle que moi pour la perfection
de fon art , s'il voyoit que d'un parcil combat il
en pût réfulter quelque chofe que ne nous ayent
pas déja appris l'expérience & le raiſonnement.
Il ne fuffit pas qu'une montre , pour être de bon
fervice , foit réguliere pendant fix mois ou un an ;
il faut qu'elle le foit fept ou huit ans s'il eft poffible
: c'eft le but que je me fuis propofé par cette
nouvelle conftruction , à quoi je me flate d'avoir
aflez bien réuffi , pour que dans les Provinces du
Royaume & dans les pays étrangers , on donne la
préférence aux montres de France ; car , par cette
conftruction , je mets l'échappement de la roue de
rencontre à l'abri de l'ufure , je rends le recul des
Toues plus facile , leur mouvement plus uniforme
& plus régulier ; je diminue dans le tems de leur
recul , la preffion de leurs pivots fur les parois de
leurs trous , ce qui rend ces mêmes trous moins
AVRIL. 1754- 175
fujers à s'ufer , & les pivots moins fujets à fe dépolir
, avantages qui ont été démontrés dans mon
mémoire du Mercure de Juin 1752 , & reconnus
de l'Académie Royale des Sciences , & des Horlogers
qui ont examiné cette conſtruction .
Encore un mot & je finis . M. Godefroy fait tous
fes efforts , dans fa feconde Lettre , pour interpréter
d'une maniere qui ne lui foit pas défavorable ,
ce qu'il a dit dans fa premiere au fujet de l'hor
logerie Angloife & Françoife. Il a raifon , car l'idéc
qu'on s'en forme d'abord n'eft pas propre à
lui attirer des remercimens de tout bon citoyen ;
bien au contraire , des reproches. Mais de quelque
façon qu'il s'y prenne , il aura de la peine à perfader
au public qu'il a rendu un grand ſervice à
la nation , en difant , contre toute vérité ,
que les
montres Angloifes faites il y a foixante ans , font
meilleures que celles que nous faifons aujourd'hui.
Si cela étoit & qu'il nous eut en effet rendu fervice
en parlant ainfi , il pourroit fe vanter de l'avoir
rendu en même tems aux Anglois ; car ces
derniers ne manquerent pas dans le tems ,
de publier
dans leur Gazette ce que nous venons de
rapporter ; & fans confidérer les motifs de M. Gedefroy
, & de quel poids étoit fon autorité dans
ces matieres , il leur a fuffi que ce diſcours partîc
d'un François , pour le regarder comme un hommage
de l'horlogerie Françoiſe à l'horlogerie Angloife
, & comme un aveu de la fupériorité de
celle- ci .
Si l'envie de foutenir des paradoxes qui s'eft
emparé de certains efprits , continue , on voudra
nous faire acroire à la fin , & le tout pour la gloire
de la nation , que nous ne poffédons ni les arts
de goût , ni les arts de jufteffe ( comme les appelle
le Revérend Pere Caftel , en parlant de l'horloge-
Hiiij
176 MERCURE DE FRANCE.
rie ) . Mais les vrais fages fe rient d'une pareille
entreprife , & n'en font pas moins portés à rendre
juftice aux talens des grands hommes que nous
avons dans ces différens arts .
Au refte , il n'en eft pas des arts qui font un
objet de commerce, comme des autres ; on peut par
rapport à ces derniers , foutenir en quelque façon
fans conféquence les propofitions les plus abfurdes.
Mais quant aux premiers on ne le peut ;
les fuites en font trop importantes.
Que M. Rouffeau prétende que nous n'avons
point de mufique , & que nos Muficiens n'y entendent
rien qu'il ait tort ou raifon , cela eft à peu
près égal au commerce de la nation : mais qu'on
foutienne que la théorie d'un art , de l'Horlogerie
, par exemple , eft peu connue en France , que
les montres qu'on y fait font fort inférieures à
celles de nos voifins , les Anglois , en portant par
là l'étranger à s'en fournir chez eux , on ôterois
à la France cette branche du commerce , & on
lui enleveroit trois ou quatre millions par an, objet
très important aux yeux de l'homme d'état.
Il eft tems de finir cette Lettre , Monfieur , qui
eft devenue plus longue que je ne penfois. Je ne
puis cependant le faire fans vous demander une
place dans vos prochains Journaux , pour une ample
réponse que M. Senard , mon neveu , a faite à
la derniere lettre de M. Godefroy.
J'ai l'honneur d'être , &c .
Nous , foufflignés , anciens Gardes - Vifiteurs de
la Communauté des Maîtres Horlogers de la ville
de Paris , ayant examiné une montre de M. Pierre
le Roi , l'un des anciens de ladite Communauté ,
conftruite d'une maniere particuliere , & telle ,
1° . Que les trois dernieres roues de cette montre
ont des pignons de fept , quoique cependant
1
A VRIL. 1754. 177
!
le nombre des roues ni des dents ne foit point augmenté.
2°. Que la roue de rencontre ( dont les dents
font d'une figure différente de l'ordinaire ) eft d´environ
un tiers plus grande qu'on ne les peut faire
dans les montres de la conftruction en ufage ; que
quoique la grande roue moyenne foit placée vers
la circonférence de la platine , cependant l'éguille
des heures & celle des minutes font menées de la
même maniere que celles des montres ordinaires,
à la réferve d'environ un quart de minute de jeu
que l'éguille des minutes a , laquelle eft fixe dans
les montres ordinaires . Cette obfervation ne mérite
pas d'attention en faveur des avantages qui
réfultent de cette conftruction .
Déclarons que cette montre nous a paru nouvelle
, & que nous n'avons aucune connoiffance
qu'on en ait fait de femblable avant lui ; d'ailleurs
la chofe fe trouvant confirmée par l'Académie
royale des Sciences ; vû fon certificat , en date du
2 Septembre 1751 , qui lui attribue la nouveauté
de cette montre , nous avons crû pouvoir certifier
le fait plus autentiquement : en foi de quor nous.
figné le préfent certificat. A Paris , le 6 Août 1753 .
Signé Igout , Fortin , Goret , Alexandre , le Mafurier
, Arfandaux , Jouard , Fieffé pere , Hervé,
"Nous , fouffignés , Jofué Panier , Maître Horlo
ger de la ville de Paris , ayant examiné une mon
tre de la façon de M. Pierre le Roi , Maître Horloger
de ladite Ville , conftruite d'une maniere particuliere
, & telle , 1 ° . Que les trois dernieres roues
de cette montre ont des pignons de fept , quoique
cependant le nombre des roues ni des dents
ne foit pas augmenté. 2 °. Que la grande roue
moyenne étant placée vers la circonférence de la
platine ; cependant l'éguille des heures & celle des
HW
178 MERCURE DE FRANCE.
minutes font menées de la même maniere que
celles des montres ordinaires. 3 ° . Que la roue de
rencontre ( dont les dents font d'une figure différente
de l'ordinaire ) eft d'environ un tiers plus
grande qu'on ne les peut faire dans lesdites montres
à l'ordinaire. Je déclare que je n'ai point fait
de femblable montre , & que je n'ai aucune connoiffance
que feu mon frere en ait faite , la conftruction
de cette montre m'ayant paru nouvelle :
je n'ai auffi aucune connoiffance qu'on en ait fait
avant mondit ficur Pierre le Roi . En foi de quoi
j'ai fait & figné ce préfent certificat . Fait à Paris ,
ce 29 Juillet 1753. Signé Jofué Panier.
M. l'Abbé Raynal , au fujet de la lettre de
M. Godefroy , Horloger , du mois d'Octobre
1752 , de celle du mois de Mai 1753 .
M plaindre de la manière dont M. Godefroy
Onfieur , quoique j'aie eu lieu de me
m'a attaqué dans fa premiere lettre , & que par
là je fufle comme dans la néceffité de lui répon
dre pour montrer au Public le peu de fondement
de fes raifonnemens , & de tout ce qu'il a allégué
contre moi ; cependant occupé d'autres affaires ,
fçachant à peu près comment le Public en général
regarde ces fortes de difputes , & me fla- .
tant que dans le petit nombre de Lecteurs qui
voudroient bien prendre la peine d'examiner mon
mémoire & la lettre de M. Godefroy , les véritables
Juges n'auroient pas de peine à découvrir
qui de nous deux a raifon ; je m'étois déterminé
a garder le filence : mais comme dans fa lettre
inférée dans le Mercure de Mai , de l'an paffé , il
infifte de nouveau fur ce que ma montre n'a rien
de neuf , & qu'il en a vu , il y a plus de 30 ans ,
de la même conftruction plufieurs de M. Panier ,
j'ai cru que je ne pourrois m'empêcher de défabufer
le Public fur une allégation auffi fauffe &
auſſi contraire à la vérité ; j'ai cru même que je
H
170 MERCURE DE FRANCE.
.
le devois c'est ce qui m'engage aujourd'hui à
rompre le filence que je m'étois propofé de garder
, & à vous écrire , Monfieur , en vous priant
d'inférer ma lettre dans votre Journal , pour mon
trer par des preuves qui me paroiffent fans réplique
, que ma montre eft d'une conftruction
aufli nouvelle que je l'ai avancé. Je m'étois propofé
de le faire dès l'année paffée ; mais différentes
occupations & une fanté fort chancelante
m'en ont jufqu'ici empêché .
La conftruction de ma montre eft fi différente
de celle dont parle M. Godefroy , que j'aurois
pû le défier d'en montrer aucune de femblable ;
mais comme il auroit pû fe retrancher fur la
difficulté de le faire , en alléguant que des montres
de cette espece pourroient ne fe pas trouver
dans Paris , ou entre les mths des gens connus
j'ai cru que le plus fúr paid , le plus capable de
décider la queftion , étoit de s'adreffer aux anciens
Horlogers les plus expérimentés , afin de
fçavoir d'eux fi dans le grand nombre de montres
qui leur avoient paffé par les mains , ils n'en
avoient point vú de femblables à la mienne . Je
l'ai donc fait , & tous m'ont répondu qu'ils n'en
avoient point vú. J'ai fait plus , j'ai été chez M.
Panier ; je lui ai montré cette montre , en lui
demandant s'il en avoit fait ou s'il avoit connoif-
Lance qu'on en eût fait de pareilles : il m'a répondu
que non. Je les ai prié les uns & les autres de
me confirmer ce qu'ils me difoient par un certificat
; ils me l'ont donné fans balancer Vous
le trouverez à la fuite de cette lettre . Après des
preuves de ce genre , je ne crois pas qu'on puiffe
me contefter la nouveauté de conftruction de ma
montre. Pendant que j'y fuis , je ne puis m'empêcher
d'ajouter deux mots par rapport aux réAVRIL.
1754. 17
flexions que fait M. Godefroy fur la gageure faite à
Lisbonne au fujet de la prééminence des montres
Angloifes fur les montres Françoifes , & au défi
qu'il me propofe.
Il est bien dangereux de citer , quand on n'entend
pas bien ce qu'on cite . M. Godefroy nous
en donne une preuve. M. Senard mon neveu ,
dans fa lettre inférée dans le Mercure de Mars de
l'an paffé , cite , pour faire voir que ce qu'il rapporte
de cette gageure n'eft point un oui -dire , le
paffage de l'Hiftoire de l'Académie où il en eft
queftion : que répond à cela M. Godefroy ?
> dans les
Que M. le Roi , fils de M. Julien le Roi , dans
fon Mémoire contre M. Rivaz dit
que
éloges que l'Académie fait de beaucoup d'ouvrages
fes vies font auffi forvent d'encourager ceux qui
cultivent les Arts , que montrer la bonté de leurs
productions. Il oublie qu'il n'eft ici queftion , ni
Pencouragement , ni de louanges données à l'Auteur
, mais d'un fimple fait dont l'authenticité a
paru à l'Académie fi bien établie , qu'elle n'a pas
jugé indigne de fes faftes de l'y inferer , comme
un monument honorable à l'Horlogerie Françoife.
Pour répandre des doutes fur l'exiſtence de
cette gageure , & fur les fuites qu'elle a eu , il dit,
qu'il eft étonnant qu'une Hiftoire qui a reçu place
dans les Mémoires de l'Académie des Sciences n'ait
pas affez mérité d'égards , pour qu'on cite les noms
des parieurs . Auroit- il voulu P'Académie eût
que
chargé fon Hiftoire d'un procès- verbal détaillé ,
comme fi les fuites de cette gageure étoient d'une
nature incroyable , & n'étoient pas dans l'ordre
de ces chofes , qui pour être crues n'ont befoin
que de l'autorité d'une Compagnie auffi reſpectable
Le procédé de M. Godefroy , pour donner
lieu à ſon défi , a quelque chofe ici de bien fin-
Hij
172 MERCURE DE FRANCE .
gulier ; on en jugera par l'anecdote fuivante. Il
feint d'ignorerque la gageure en question ait jamais
exifté : cependant il n'a pu oublier que dans le
tems que l'on me propofa de faire une montre pour
cette gageure , il fut un des premiers à qui j'en parlai
, il te chargea même de me faire une partie du
travail ; ce qui auroit eu lieu , fans un voyage
qu'il fit dans fon pays. Enfin , fi après tout ce que
je viens de dire il pouvoit refter des doutes dans
Pefprit de quelqu'un far l'existence de cette gageure
, & fur ce qu'il en refulta , il n'auroit qu'à
confulter le Mercure d'Avril de 1744 , il y
trouvera le nom & la qualité du François qui
étoit à la tête de cette gageure ; & celui d'une
perfonne fort connue du Public , encore
vivante , & que l'on pourra confulter , qui étoit
chargée de me folliciter pour l'exécution de la
montre que je faifois à cette occafion . M. Godefroy
fentant l'infuffifance de fes réponfes aux objections
de M. Senard contre l'échappement à cylindre
, finit par me propofer un défi : Il ne me
répondra plus , dit-il , que la lime à la main. C'eſt
la reffource de bien des gens qui manquent de
bonnes raifons. On fçait en général combien
d'obstacles empêchent que des épreuves comme,
celle qu'il propofe , n'avent lieu , & dans cette fécurité
on a toujours la reflource que c'eft un
moyen honnête pour fetirer d'affaire , & qui frappe
même des perfonnes qui étant peu inftruites ,
croyent qu'un homme qui parle fi hardiment ,
doit fe fentir bien affuré du fuccès . Cependant
les trois quarts du tems rien n'eft moins vrai , &
ils feroient très- embarraflés fi on les prenoit au
mot. Quoiqu'il en foit , M. Godefroy n'y a aflurément
pas penfé en me propofant ce défi . Quand
je l'accepterois , qu'en pourroit - il réfulter de
AVRIL. 1754. 173
nouveau ? Les fuites de la gageure dont j'ai déja
parlé , n'ont-elles pas fait voir qu'une montre
d'une conftruction femblable à celle qu'il me propofe
de mettre en parallele avec une des fiennes
à cylindre , a été auffi jufte que celle de M. Graham
, l'inventeur de cet échappement : Quand
même on fuppoferoit , ce qui n'eft pas , que M.
Godefroy a en Phyfique & en Méchanique les mê
mes connoiffances que M. Graham , il ne peut
refulter rien de nouveau de l'épreuve qu'il me
propofe , comme je l'ai avancé , fçachant , ainſi
que je l'ai déja dit , que mes montres dont il eft
ici queftion , vont auffi juile que les meilleures
montres à cylindre ; elle feroit donc inutile . De
plus cette épreuve ne feroit pas décifive , & n'auroit
aucun avantage pour moi ; car quand ma
montre iroit mieux que celle de M. Godefroy , je
n'en pourrois rien conclure de général contre l'échappement
à cylindre ; j'en pourrois conclure
feulement que mes montres vont mieux que celles
de cette efpece que fait M. Godefroy , & voilà
touts car fi j'allois plus loin , les Anglois ne
feroient - ils pas dans le cas de me demander de
quel droit ? Avons- nous , me diroient - ils , reconnu
M. Godefroy pour notre champion & l'avons
- nous chargé de la défenfe de l'échappement
à cylindre : Leur queftion feroit jufte , & je
n'aurois rien à y répondre ; car il faut convenir
que fi l'on n'obferve pas certaines proportions ,
que l'on ne prenne pas certaines mefures dans
l'exécution des parties d'une montre de telle ou
telle conftruction , elle pourra ne pas avoir toute
la jufteffe dont cette conftruction eft fufceptible.
Enfin , fi le défi de M. Godefroy regarde principalement
ma montre de la nouvelle conftruction ,
comme cela paroît devoit être , il auroit dû , an
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE.
lieu de fixer fix mois ou un an pour l'épreuve ch
question , mettre cinq ou fix ans ; car je lui déclare
que les montres de cette espece que je fais , peuvent
aller ce tems , & bien au- delà , en confervant
toujours leur jufteffe & fans avoir befoin d'Horloger;
ce qu'on ne peut affurément attendre des
montres à cylindre , quoiqu'elles aillent ( comme
j'en fuis convenu moi-même ) avec plus de précifion
dans les commencemens. Où trouvera-t- il
des Commiffaires affez patiens pour ſe charger
de voir aller deux montres pendant un pareil intervalle
de tems , & de juger par des obſervations
fuivies de leurs différens écarts ? Bien des gens
à ma place ajouteroient à tout cela que m'étant
mefuré avec M. Graham je pourrois me difpenfer
d'entrer en lice avec M. Godefroy , qui n'eft que
fon copiſte ; mais des motifs de cette efpece ne
pourroient point arrêter quelqu'un qui , je puis le
dire , a autant de zéle que moi pour la perfection
de fon art , s'il voyoit que d'un parcil combat il
en pût réfulter quelque chofe que ne nous ayent
pas déja appris l'expérience & le raiſonnement.
Il ne fuffit pas qu'une montre , pour être de bon
fervice , foit réguliere pendant fix mois ou un an ;
il faut qu'elle le foit fept ou huit ans s'il eft poffible
: c'eft le but que je me fuis propofé par cette
nouvelle conftruction , à quoi je me flate d'avoir
aflez bien réuffi , pour que dans les Provinces du
Royaume & dans les pays étrangers , on donne la
préférence aux montres de France ; car , par cette
conftruction , je mets l'échappement de la roue de
rencontre à l'abri de l'ufure , je rends le recul des
Toues plus facile , leur mouvement plus uniforme
& plus régulier ; je diminue dans le tems de leur
recul , la preffion de leurs pivots fur les parois de
leurs trous , ce qui rend ces mêmes trous moins
AVRIL. 1754- 175
fujers à s'ufer , & les pivots moins fujets à fe dépolir
, avantages qui ont été démontrés dans mon
mémoire du Mercure de Juin 1752 , & reconnus
de l'Académie Royale des Sciences , & des Horlogers
qui ont examiné cette conſtruction .
Encore un mot & je finis . M. Godefroy fait tous
fes efforts , dans fa feconde Lettre , pour interpréter
d'une maniere qui ne lui foit pas défavorable ,
ce qu'il a dit dans fa premiere au fujet de l'hor
logerie Angloife & Françoife. Il a raifon , car l'idéc
qu'on s'en forme d'abord n'eft pas propre à
lui attirer des remercimens de tout bon citoyen ;
bien au contraire , des reproches. Mais de quelque
façon qu'il s'y prenne , il aura de la peine à perfader
au public qu'il a rendu un grand ſervice à
la nation , en difant , contre toute vérité ,
que les
montres Angloifes faites il y a foixante ans , font
meilleures que celles que nous faifons aujourd'hui.
Si cela étoit & qu'il nous eut en effet rendu fervice
en parlant ainfi , il pourroit fe vanter de l'avoir
rendu en même tems aux Anglois ; car ces
derniers ne manquerent pas dans le tems ,
de publier
dans leur Gazette ce que nous venons de
rapporter ; & fans confidérer les motifs de M. Gedefroy
, & de quel poids étoit fon autorité dans
ces matieres , il leur a fuffi que ce diſcours partîc
d'un François , pour le regarder comme un hommage
de l'horlogerie Françoiſe à l'horlogerie Angloife
, & comme un aveu de la fupériorité de
celle- ci .
Si l'envie de foutenir des paradoxes qui s'eft
emparé de certains efprits , continue , on voudra
nous faire acroire à la fin , & le tout pour la gloire
de la nation , que nous ne poffédons ni les arts
de goût , ni les arts de jufteffe ( comme les appelle
le Revérend Pere Caftel , en parlant de l'horloge-
Hiiij
176 MERCURE DE FRANCE.
rie ) . Mais les vrais fages fe rient d'une pareille
entreprife , & n'en font pas moins portés à rendre
juftice aux talens des grands hommes que nous
avons dans ces différens arts .
Au refte , il n'en eft pas des arts qui font un
objet de commerce, comme des autres ; on peut par
rapport à ces derniers , foutenir en quelque façon
fans conféquence les propofitions les plus abfurdes.
Mais quant aux premiers on ne le peut ;
les fuites en font trop importantes.
Que M. Rouffeau prétende que nous n'avons
point de mufique , & que nos Muficiens n'y entendent
rien qu'il ait tort ou raifon , cela eft à peu
près égal au commerce de la nation : mais qu'on
foutienne que la théorie d'un art , de l'Horlogerie
, par exemple , eft peu connue en France , que
les montres qu'on y fait font fort inférieures à
celles de nos voifins , les Anglois , en portant par
là l'étranger à s'en fournir chez eux , on ôterois
à la France cette branche du commerce , & on
lui enleveroit trois ou quatre millions par an, objet
très important aux yeux de l'homme d'état.
Il eft tems de finir cette Lettre , Monfieur , qui
eft devenue plus longue que je ne penfois. Je ne
puis cependant le faire fans vous demander une
place dans vos prochains Journaux , pour une ample
réponse que M. Senard , mon neveu , a faite à
la derniere lettre de M. Godefroy.
J'ai l'honneur d'être , &c .
Nous , foufflignés , anciens Gardes - Vifiteurs de
la Communauté des Maîtres Horlogers de la ville
de Paris , ayant examiné une montre de M. Pierre
le Roi , l'un des anciens de ladite Communauté ,
conftruite d'une maniere particuliere , & telle ,
1° . Que les trois dernieres roues de cette montre
ont des pignons de fept , quoique cependant
1
A VRIL. 1754. 177
!
le nombre des roues ni des dents ne foit point augmenté.
2°. Que la roue de rencontre ( dont les dents
font d'une figure différente de l'ordinaire ) eft d´environ
un tiers plus grande qu'on ne les peut faire
dans les montres de la conftruction en ufage ; que
quoique la grande roue moyenne foit placée vers
la circonférence de la platine , cependant l'éguille
des heures & celle des minutes font menées de la
même maniere que celles des montres ordinaires,
à la réferve d'environ un quart de minute de jeu
que l'éguille des minutes a , laquelle eft fixe dans
les montres ordinaires . Cette obfervation ne mérite
pas d'attention en faveur des avantages qui
réfultent de cette conftruction .
Déclarons que cette montre nous a paru nouvelle
, & que nous n'avons aucune connoiffance
qu'on en ait fait de femblable avant lui ; d'ailleurs
la chofe fe trouvant confirmée par l'Académie
royale des Sciences ; vû fon certificat , en date du
2 Septembre 1751 , qui lui attribue la nouveauté
de cette montre , nous avons crû pouvoir certifier
le fait plus autentiquement : en foi de quor nous.
figné le préfent certificat. A Paris , le 6 Août 1753 .
Signé Igout , Fortin , Goret , Alexandre , le Mafurier
, Arfandaux , Jouard , Fieffé pere , Hervé,
"Nous , fouffignés , Jofué Panier , Maître Horlo
ger de la ville de Paris , ayant examiné une mon
tre de la façon de M. Pierre le Roi , Maître Horloger
de ladite Ville , conftruite d'une maniere particuliere
, & telle , 1 ° . Que les trois dernieres roues
de cette montre ont des pignons de fept , quoique
cependant le nombre des roues ni des dents
ne foit pas augmenté. 2 °. Que la grande roue
moyenne étant placée vers la circonférence de la
platine ; cependant l'éguille des heures & celle des
HW
178 MERCURE DE FRANCE.
minutes font menées de la même maniere que
celles des montres ordinaires. 3 ° . Que la roue de
rencontre ( dont les dents font d'une figure différente
de l'ordinaire ) eft d'environ un tiers plus
grande qu'on ne les peut faire dans lesdites montres
à l'ordinaire. Je déclare que je n'ai point fait
de femblable montre , & que je n'ai aucune connoiffance
que feu mon frere en ait faite , la conftruction
de cette montre m'ayant paru nouvelle :
je n'ai auffi aucune connoiffance qu'on en ait fait
avant mondit ficur Pierre le Roi . En foi de quoi
j'ai fait & figné ce préfent certificat . Fait à Paris ,
ce 29 Juillet 1753. Signé Jofué Panier.
Fermer
Résumé : LETTRE de M. Pierre le Roi, Horloger, à M. l'Abbé Raynal, au sujet de la lettre de M. Godefroy, Horloger, du mois d'Octobre 1752, & de celle du mois de Mai 1753.
Pierre Le Roi, horloger, réagit aux accusations de M. Godefroy qui conteste la nouveauté de sa montre. Godefroy affirme avoir vu des modèles similaires il y a plus de trente ans chez M. Panier. Pour défendre son innovation, Le Roi a recueilli des témoignages d'horlogers expérimentés et de M. Panier lui-même, confirmant l'originalité de sa création. Des certificats attestant ces témoignages accompagnent sa réponse. Le Roi critique également Godefroy pour sa mauvaise interprétation d'une gageure à Lisbonne, où la supériorité des montres anglaises sur les françaises avait été remise en question. L'Académie des Sciences a reconnu cette gageure et l'a incluse dans ses mémoires. Le Roi invite Godefroy à consulter le Mercure d'Avril 1744 pour vérifier les détails. De plus, Le Roi refuse un défi proposé par Godefroy concernant la précision des montres, arguant que ses créations sont déjà reconnues pour leur justesse. Il met en avant la durabilité et la précision de ses montres, validées par l'Académie Royale des Sciences, et exprime des réserves sur l'impartialité de l'épreuve proposée. Le texte aborde également la supériorité perçue de l'horlogerie anglaise sur la française, soulignant les talents des grands hommes français dans ce domaine. Il met en garde contre les propos dénigrants qui pourraient nuire au commerce national. Deux certificats attestent de l'innovation de la montre de Le Roi, confirmant des caractéristiques techniques uniques et nouvelles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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182
p. 148-174
ARCHITECTURE. LETTRE A M. L'ABBÉ R*** fur une très-mauvaise plaisanterie qu'il a laissé imprimer dans le Mercure du mois de Décembre 1754, par une société d'Architectes, qui pourroient bien aussi prétendre être du premier mérite & de la premiere réputation, quoiqu'ils ne soient pas de l'Académie.
Début :
Nous sommes surpris, Monsieur, qu'un homme d'esprit & un aussi bon citoyen [...]
Mots clefs :
Société d'architectes, Architecture, Architecture antique, Architectes, Génie, Public, Paris, Manière, Genre, Goût, Art, Vérité, Réputation, Mérite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARCHITECTURE. LETTRE A M. L'ABBÉ R*** fur une très-mauvaise plaisanterie qu'il a laissé imprimer dans le Mercure du mois de Décembre 1754, par une société d'Architectes, qui pourroient bien aussi prétendre être du premier mérite & de la premiere réputation, quoiqu'ils ne soient pas de l'Académie.
LETTRE A M. L'ABBE' R ***
fur une très - mauvaise plaifanterie qu'il a
laiffe imprimer dans le Mercure du mois
de Décembre 17 54 › par une société d'Architectes
, qui pourroient bien auffi prétendre
être du premier mérite & de la premiere
réputation , quoiqu'ils ne foient pas
de l'Académie.
N
Ousfommes furpris, Monfieur, qu'un
homme d'efprit & un auffi bon citoyen
que vous , ait autorifé un écrit fatyrique
, dont le but eft fi évidemment de
renverser l'Architecture moderne , & de
détruire la confiance que l'on accorde aux
Architectes , en mettant le public à portée
de juger par lui-même du bien ou du mal
des ouvrages que nous faifons pour lui
FEVRIER. 1755. 149
Pouvons-nous croire que vous n'ayez pas
apperçu cette conféquence ? ou que l'ayant
vue vous n'ayez pas eu quelque fcrupule
de vous prêter à décrier des inventions
qui depuis tant de tems font les délices de
Paris , & qu'enfin les étrangers commencent
à goûter avec une avidité finguliere
Il eft aifé de deviner d'où partent ces
plaintes , & nous ne croirons pas auffi
facilement que vous que ce foient fimplement
les idées d'un feul artiſte. C'eſt
un complot formé par plufieurs qui , à la
vérité , ont da mérite dans leur genre ,
mais qui feroient mieux de s'y attacher
que de fe mêler d'un art qui eft fi fort
au- deffus de la fphere de leurs conoiffances.
Nous foupçonnons avec raifon quelques
Peintres célebres de tremper dans
cette conjuration ; malheur à eux fi nous
le découvrons. Ils ont déja pû remarquer
que pour nous avoir fâché , nous avons
fupprimé de tous les édifices modernes
la grande peinture d'hiftoire. Nous leur
avions laiffé par grace quelque deffus de
porte; mais nous les forcerons dans ce dernier
retranchement , & nous les réduirons
à ne plus faire que dé petits tableaux de
modes , & encore en camaïeux . Qu'ils faffent
attention que nous avons l'invention
des vernis : le public a beau fe plaindre de
G iij
So MERCURE DE FRANCE!
leur peu de durée , il fera verni & rever
ni. Cependant nous voulons bien ne pas
attribuer ces critiques à mauvaife volonté,
mais plutôt au malheur qu'ils ont de s'être
formé le goût en Italie. Ils y ont vû ces
reftes d'architecture antique , que tout le
monde eft convenu d'admirer , fans que
nous puiffions deviner pourquoi. C'eft ,
dit-on , un air de grandeur & de fimpli
cité qui en fait le caractere. On y trouve
une régularité fymmétrique , des richeffes
répandues avec économie & entremêlées
de grandes parties qui y donnent du repos
. Ils s'en laiffent éblouir , & reviennent
ici remplis de prétendus , principes , qui ne
font dans le fond que des préjugés , &
qui , grace à la mode agréable que nous
avons amenée , ne peuvent leur être d'aucun
ufage. Nous nous fommes bien gardés
de faire pareille folie ; & tandis que nos
camarades font allés perdre leur tems à
admirer & à étudier avec bien des fatigues
cette trifte architecture , nous nous fommes
appliqués à faire ici des connoiffan
ces & à répandre de toutes parts nos gentilles
productions.
4
On nous a des obligations infinies :
nous avons affaire à une nation gaie qu'il
faut amufer ; nous avons répandu l'agré
ment & la gaieté par tout . Au bon vieux
FEVRIER. 1755 151
4
"
tems on croyoit que les Eglifes devoient
préfenter uunn aaffppeecctt ggrraavvee & même fevere ;
les perfonnes les plus diffipées pouvoient
à peine y entrer, fans s'y trouver pénétrées
d'idées férieufes. Nous avons bien changé
tout cela ; il n'y a pas maintenant de
cabinet de toilette plus joli que les chapelles
que nous y décorons. Si l'on y met
encore quelques tombeaux , nous les contournons
gentiment , nous les dorons par
tout , enfin nous leur ôtons tout ce qu'ils
pourroient avoir de lugubre : il n'y a pas
jufquà nos confeffionaux qui ont un air
de galanterie.
Si l'on a égard à l'avancement de l'art ,
quelle extenfion ne lui avons - nous pas
procuré nous avons multiplié le nombre
des Architectes excellens à tel point que
la quantité en eft prefque innombrable.
Ce talent qui , dans le fyftême de l'architecture
antique , eft hériffé de difficultés ,
devient dans le nôtre la chofe du monde
la plus aifée ; & l'expérience fait voir que
le maître Maçon le plus borné du côté du
deffein & du goût , dès qu'il a travaillé
quelque tems fous nos ordres , fe trouve
en état de fe déclarer architecte , & à bien
peu de chofe près auffi bon que nous .
Nous ajoûterons à la gloire de la France
& à fon avantage , que les étrangers com-
Giv
152 MERCURE DE FRANCE .
mencent à adopter notre goût , & qu'il y
a apparence qu'ils viendront en foule l'apprendre
chez nous. Les Anglois même , fi
jaloux de notre fupériorité dans tous les
arts , en font devenus fi foux qu'ils en
ont abandonné leur Inigo Jones , & leur
habitude de copier exactement les ouvrages
de Palladio. Ce qui pourra peut- être
nuire à cet avantage , c'eft l'imprudence
qu'on a eu de laiffer graver quelques- unes
de nos décorations de portes & de cheminées
, qui d'abord ont apprêté à rire aux
autres nations , parce qu'ils n'en fentoient
pas toute la beauté ; mais qu'enfuite ils
n'ont pu fe refufer d'imiter. Malheureuſement
ces eftampes dévoilent notre fecret ,
qui d'ailleurs n'eft pas difficile à appren
dre , & l'on peut trouver en tout pays un
grand nombre de génies propres à faifir
ces graces légeres. Au refte , fi cela arrive ,
nous nous en confolerons en citoyens de
l'univers , & nous nous féliciterons d'avoir
rendu tous les hommes architectes à
peu
de frais. Ces grands avantages nous
ont coûté quelques peines ; on ne détruit
pas facilement les idées du beau , reçues
dans une nation éclairée & dans un fiécle
qu'on fe figuroit devoir fervir de modele à
tous ceux qui le fuivroient . Il étoit appuyé
fur les plus grands noms ; il falloit
FEVRIER . 1755 153
trouver auffi quelques noms célebres qui
puffent nous fervir d'appui. On avoit découvert
prefque tout ce qui pouvoit fe
faire de beau dans ce genre , & les génies
ordinaires ne pouvoient prétendre qu'à être
imitateurs ; deux ou trois perfonnes auroient
paru avec éclat , & les autres feroient
demeurées dans l'oubli Il falloit
donc trouver un nouveau genre d'architecture
où chacun pût fe diftinguer , &
faire goûter au public des moyens d'être
habile homme qui fuffent à la portée de
tout le monde : cependant il ne falloit pas
'choquer groffierement les préjugés reçus ,
en mettant tout d'un coup au jour des nouveautés
trop éloignées du goût 1egnant ,
& rifquer de fe faire fifler fans retour.
Le fameux Oppenor nous fervit dans ces
commencemens avec beaucoup de zéle ;
il s'étoit fait une grande réputation par fes
deffeins ; la touche hardie qu'il y donnoit ,
féduifit prefque tout le monde , & on fut
long - tems à s'appercevoir qu'ils ne faifoient
pas le même effet en exécution . Il
fe fervit abondamment de nos ornemens
favoris , & les mit en crédit. Il nous eft
même encore d'une grande utilité , & nous
pouvons compter au nombre des nôtres
ceux qui le prennent pour modele . Cependant
ce n'étoit pas encore l'homme
Gv
154 MERCURE DE FRANCE:
qu'il nous falloit ; il ne pouvoit s'empê
cher de retomber fouvent dans l'architecture
ancienne , qu'il avoit étudiée dans fa
jeuneffe. Nous trouvâmes un appui plus .
folide dans les talens du grand Meiffonnier.
Il avoit à la vérité étudié en
Italie ,
& par conféquent n'étoit pas entierement
des nôtres ; mais comme il y avoit fagement
préféré le goût de Borromini au goût
ennuyeux de l'antique , il s'étoit par là
rapproché de nous ; car le Borromini a rendu
à l'Italie le même fervice que nous
avons rendu à la France , en y introduifant
une architecture gaie & indépendante
de toutes les régles de ce que l'on appelloit
anciennement le bon goût . Les Italiens ont
depuis bien perfectionné cette premiere
tentative , & du côté de l'architecture plai
fante ils ne nous le cédent en rien . Leur
goût n'eft pas le nôtre dans ce nouveau
genre , il est beaucoup plus lourd ; mais
nous avons cela de commun , que nous
avons également abandonné toutes les
vieilles modes pour lefquelles on avoit un
refpect fuperftitieux . Meiffonnier commen-
са à détruire toutes les lignes droites qui
étoient du vieil ufage ; il tourna & fit
bomber les corniches de toutes façons , il
les ceintra en haut & en bas , en devant ,
en arriere , donna des formes à tout , mêFEVRIER.
1755 155
me aux moulures qui en paroiffoient les
moins fufceptibles ; il inventa les contraftes
, c'est-à- dire qu'il bannit la fymmétrie
& qu'il ne fit plus les deux côtés des panneaux
femblables l'un à l'autre ; au contraire
, ces côtés fembloient fe défier à qui
s'éloigneroit le plus , & de la maniere la
plus finguliere , de la ligne droite à laquelle
ils avoient jufqu'alors été affervis .
Rien n'eſt fi admirable que de voir de
-quelle maniere il engageoit les corniches
des marbres les plus durs à fe prêter avec
complaifance aux bizarreries ingénieufes
des formes de cartels ou autres chofes qui
-devoient porter deffus. Les balcons ou les
-rampes d'efcalier n'eurent plus la permiffion
de paffer droit leur chemin ; il leur
fallut ferpenter à fa volonté , & les matieres
les plus roides devinrent fouples fous
fa main triomphante. Ce fut lui qui mic
-en vogue ces charmans contours en S , que
votre auteur croit rendre ridicules , en difant
que leur origine vient des maîtres
Ecrivains ; comme fi les arts ne devoient
pas le prêter des fecours mutuels il les
employa par tout , & à proprement parler
fes deffeins , même pour des plans de bâtimens
, ne furent qu'une combinaifon de
cette forme dans tous les fens poffibles . Il
nous apprit à terminer nos moulures en
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
rouleau , lorfque nous ne fçaurions com
ment les lier les unes aux autres , & mille
autres chofes non moins admirables qu'il
feroit trop long de vous citer : enfin l'on
peut dire que nous n'avons rien produit
depuis dont on ne trouve les femences
dans fes ouvrages. Quels fervices n'a-t- il
pas rendus à l'orfevrerie ? il rejetta bien
loin toutes les formes quarrées , rondes ou
ovales , & toutes ces moulures dont les
ornemens repérés avec exactitude donnent
tant de fujétion ; avec fes chers contours
en S , il remplaça tout. Ce qu'il y a
de particulier , c'eft qu'en moins de rien
l'orfevrerie & les bijoux devinrent trèsaifés
à traiter avec génie. En vain le célebré
Germain voulut s'opposer au torrent
& foutenir le vieux goût dont il avoit été
bercé dans fon enfance , fa réputation même
en fut quelque peu éclipfée , & il fe
vit fouvent préférer Meiffonnier , par l'appui
que nous lui donnions fous main ; cependant
, le croiriez-vous ! ce grand Meiffonnier
n'étoit pas encore notre homme ,
il tenoit trop à ce qu'ils appellent grande.
maniere. De plus il eut l'imprudence de
laiffer graver plufieurs ouvrages de lui , &
mit par là le public à portée de voir que
ce génie immenfe qu'on lui croyoit , n'étoit
qu'une répétition ennuyeufe des mê
FEVRIER. 1755 157
mes formes. Il fe décrédita , & nous l'abandonnâmes
d'autant plus facilement ,
que malgré les fecours que nous lui avions
prêtés pour l'établiſſement de fa réputation
, il ne vouloit point faire corps avec
& nous traitoit hautement d'igno- nous ,
rans : quelle ingratitude !
Nous fimes enfin la découverte du héros
dont nous avions befoin. Ce fut un
Sculpteur , qui n'avoit point pû fe gâter à
Rome , car il n'y avoit point été , bien
qu'il eût vû beaucoup de pays. Il s'étoit
formé avec nous , & avoit fi bien goûté
notre maniere , & fi peu ces prétendues
régles anciennes , que rien ne pouvoit reftreindre
l'abondance de fon génie . Il fçavoit
affez d'architecture ancienne pour ne
pas contrecarrer directement ceux qui y
tenoient avec trop d'obftination ; mais il
la déguifoit avec tant d'adreffe qu'il avoit
le mérite de l'invention , & qu'on ne la
reconnoiffoit qu'à peine. Il allégea toutes
ces moulures & tous ces profils où Oppenor
& Meiffonnier avoient voulu conferver
un caractere qu'ils appelloient mâle ; il
les traita d'une délicateffe qui les fait prefque
échapper à la vûe ; il trouva dans les
mêmes efpaces le moyen d'en mettre fix
fois davantage ; il s'affranchit tout d'un
coup de la loi qu'ils s'étoient follement
18 MERCURE DE FRANCE.
impofée de lier toujours leurs ornemens les
uns aux autres ; il les divifa , les coupa
en mille pieces , toujours terminées par ce
-rouleau qui eft notre principale reffource ;
& afin que ceux qui aimoient la liaiſon
ne s'apperçuffent pas trop de ces interruptions
, il fit paroître des liaiſons apparen
tes , par le fecours d'une fleur , qui ellemême
ne tenoit à rien , ou par quelque légereté
également ingénieufe ; il renonça
pour jamais à la régle & au compas : on
avoit déja banni la fymmetrie , il rencherit
encore là-deffus . S'il lui échappa quelquefois
de faire des panneaux femblables
l'un à l'autre , il mit ces objets fymmétriques
fi loin l'un de l'autre , qu'il auroit
fallu une attention bien fuivie pour s'appercevoir
de leur reffemblance. Aux agra
fes du ceintre des croifées qui ci-devant
ne repréfentoient que la clef de l'arc décorée
, il fubftitua de petits cartels enrichis
de mille gentilleffes & pofés de travers
, dont le pendant fe trouvoit à l'au
tre extrêmité du bâtiment . C'eſt à lui qu'on
doit l'emploi abondant des palmiers , qui
à la vérité avoient été trouvés avant lui ,
& que votre auteur blâme fi ridiculement.
Il établit folidement l'ufage de fupprimer
tous les plafonds , en faifant faire à des
Sculpteurs , à bon marché , de jolies petites
FEVRIER.
1755 159
dentelles en bas- relief , qui réuffirent fi
bien , qu'on prit le fage parti de fupprimer
les corniches des appartemens pour les enrichir
de ces charmantes dentelles . C'eft
notre triomphe que cette profcription des
corniches ; rien ne nous donnoit plus de
fujétion que ces miferes antiques dont on
les ornoit , & aufquelles votre écrivain
paroît fi attaché. Il y falloit une exactitude
& une jufteffe , qui pour peu qu'on y
manquât , fe déceloit d'abord à des yeux
un peu feveres. Nous regrettons encore
ce grand homme , quoique fes merveilleux
talens ayent été remplacés fur le champ
par quantité de Sculpteurs , non moins
abondans que lui dans cette forte de génie.
C'eft à lui que nous avons l'obligation
de cette fupériorité que nous avons acqui
fe , & que nous fçaurons conferver ; & on
peut dire à fa gloire que tout ce qui s'éloigne
du goût antique lui doit fon inven
tion , ou fa perfection.
}
En fuivant fes principes , nous avons
abfolument rejetté tous ces anciens plafonds
chargés de fculptures & de dorures ,
qui à la vérité avoient de la magnificence ,
& contre lefquels nous n'avons rien à dire
, fi ce n'eft qu'ils ne font plus de mode.
En dépit des cris de toute l'Académie de
Peinture , nous avons fçu perfuader à tous
160
MERCURE DE
FRANCE.
tes les
perſonnes chez qui nous avons
quelque crédit , que les plafonds peints
obfcurciffent les
appartemens & les rendent
triftes.
Inutilement veut- on nous repréfenter
que nous avons
juſtement dans
notre fiécle des Peintres , dont la couleur
eft très-agréable , & qui aiment à rendre
leurs tableaux
lumineux ; qu'en traitant
les plafonds d'une couleur claire ils n'auroient
point le
defagrément qu'on reproche
aux anciens , & qu'ils auroient de plus
le mérite de
repréfenter quelque chofe
d'amufant par le fujet , &
d'agréable par
la variété des couleurs. Les Peintres n'y
gagneront rien , ils nous ont irrité en méprifant
nos premieres
productions ; & nous
voulons d'autant plus les perdre que nous
n'efperons pas de pouvoir les gagner ; ils
ne fe rendroient qu'avec des
reftrictions
qui ne font pas de notre goût. Les Sculp
seurs de figures feront auffi compris dans
cette
profcription ; ils feroient encore plus
à portée de nous faire de mauvaiſes chicanes.
Notre
Sculpteur favori nous a don
né mille moyens de nous paffer d'eux : aù
lieu de tout cela il a imaginé une rofette
charmante , qu'à peine on
apperçoit , &
qu'il met au milieu du plancher , à l'endroit
où
s'attache le luftre : voilà ce qu'on
préfère avec raiſon aux plus belles produce
FEVRIER. 1755
161
tions de leur art. Il y a encore un petit
nombre de criards qui répandent par-tour
que le bon goût eft perdu , & qu'il y a
très- peu d'Architectes qui entendent la
décoration ; que c'eft le grand goût de la
décoration qui fait le caractere effentiel
de l'Architecte . Nous détruifons tous ces
argumens , en foutenant hautement que
ce qui diftingue l'Architecte , eft l'art de
la diftribution. Ils ont beau dire qu'elle
n'eft pas auffi difficile que nous voulons
le faire croire , & qu'il eft évident qu'avec
un peu d'intelligence chaque particulier
peut arranger fa maifon d'une maniere
qui lui foit commode , relativement aux
befoins de fon état ; que la difficulté que
le particulier ne fçauroit lever , ni nous
non plus , & qui demande toutes les lumieres
d'un grand architecte , eft d'ajuſter
cette diftribution commode avec une décoration
exacte , fymmétrique , & dans ce
qu'ils appellent le bon goût , foit dans les
dehors , foit dans les dedans voilà juſtement
ce qui nous rendra toujours victorieux.
Comme notre architecture n'a aucunes
régles qui l'aftreignent , qu'elle eſt
commode , & qu'en quelque façon elle
prête , nous nous fommes faits un grand
nombre de partifans qui fatisfaits de notre
facilité à remplir toutes leurs fantaisies ,
162 MERCURE DE FRANCE.
›
nous foutiendront toujours. Nous voudrions
bien voir ces Meffieurs de l'antique
entreprendre de décorer l'extérieur d'un
bâtiment avec toutes les fujétions que
nous leur avons impofées. Comme les plus
grands cris avoient d'abord été contre nos
décorations extérieures , parce qu'elles
étoient expofées à la vûe de tout le monde ;
que d'ailleurs le vuide ne coûte rien à décorer
, & ne donne point de prife à la critique
, nous avons amené la multitude des
fenêtres, qui a parfaitement bien réuffi ; car
il eft infiniment agréable d'avoir trois fenê
tres dans une chambre , qui jadis en auroit
eu à peine deux. Cela donne à la vérité
plus de froid dans l'hiver & plus de chaleur
dans l'été mais que nous importe ? il n'en
-eſt
: pas moins fûr qu'à préſent chacun veut
que fa maifon foit toute percée , & que
-nos Meffieurs du goût ancien , qui ne fçavent
décorer que du plein , n'y trouvent
plus de place. Qu'ils y mettent , s'ils le peutvent
, de leurs fenêtres décorées , qu'ils
tâchent d'y placer leurs frontons à l'antique
, qui , difent - ils , décorent la fenêtre
, & mettent à couvert ceux qui y
font nous y avons remédié en élevant
les fenêtres jufques au haut du plancher.
Rien n'eft fi amufant que de voir un
pauvre architecte revenant d'Italie , à qui
:
FEVRIER. 1755 163
(
"
Ton donne une pareille cage à décorer , ſe
tordre l'imagination pour y appliquer ces
chers principes , qu'il s'eft donné tant de
peine à apprendre ; & s'il lui arrive d'y
réuffir , ce qu'il ne peut fans diminuer les
croifées , c'eſt alors que nous faifons voir
clairement combien fa production eft trifte
& mauffade . Vous ne verrez pas clair chez
vous , leur difons- nous , vous n'aurez pas
d'air pour refpirer , à peine verrez- vous le
foleil dans les beaux jours : ces nouveaux artiftes
fe retirent confus,& font enfin obligés
de fe joindre à nous , pour trouver jour à
percer dans le monde. Nous n'avons pas encore
entierement abandonné les frontons
dont les anciens fe fervoient pour terminer
le haut de leurs bâtimens , & qui repréfentoient
le toît , quoique nous aimions bien
mieux employer certaines terminaiſons en
façon d'orfevrerie , qui font de notre crû.
A l'égard des frontons , nous avons du
moins trouvé le moyen de les placer ou
on ne s'attendoit pas à les voir ; nous les
mettons au premier étage , & plus heureufement
encore au fecond ; & nous ne manquons
gueres d'élever un étage au -deffus
, afin qu'ils ayent le moins de rapport
qu'il eft poffible avec ceux des anciens.
Nous avons ou peu s'en faut , banni les
colonnes , uniquement parce que c'eft un
164 MERCURE DE FRANCE
→
des plus beaux ornemens de ce trifte goût
ancien , & nous ne les rétablirons que
lorfque nous aurons trouvé le moyen de
les rendre fi nouvelles qu'elles n'ayent plus
aucune reffemblance avec toutes ces antiquailles.
D'ailleurs elles ne fçauroient s'accommoder
avec nos gentilleffes légeres ,
elles font paroître mefquin tout ce qui
les accompagne. Beaucoup de gens tenoient
encore à cette forte d'ornement , qui leur
paroiffoit avoir une grande beauté mais
nous avons fçu perfuader aux uns , que
cela coûtoit beaucoup plus que toutes les
chofes que nous leur faifions , quoique
peut-être en économifant bien , cela pût
ne revenir qu'à la même dépenſe ; aux
autres , que cette décoration ne convenoit
point à leur état , & qu'elle étoit reſervée
pour les temples de Dieu & les palais des
Rois ; que quelques énormes dépenfes que
nous leur fiffions faire chez eux , perfonne
n'en fçauroit rien , quoiqu'ils le fiffent
voir à tout le monde ; au lieu qu'une petite
colonnade , qui ne coûteroit peut-être
gueres , feroit un bruit épouventable dans
Paris. Nous avons accepté les pilaftres jufqu'à
un certain point , c'eft- à- dire forfque
nous avons pû les dépayfer par des
chapiteaux divertiffans. Les piédeftaux font
auffi reçus chez nous , mais nous avons
FEVRIER. 1755. 165
·
trouvé l'art de les contourner , en élargiffant
par le bas , comme s'ils crevoient fous
le fardeau , ou plus gaiement encore , en
les faifant enfler du haut , & toujours en
S, comme s'ils réuniffoient leur force en
cę lieu
ce pour mieux porter. Mais où notre
génie triomphe , c'eſt dans les bordures
des deffus de porte , que nous pouvons
nous vanter d'avoir varié prefque à l'infini.
Les Peintres nous en maudiffent , parce
qu'ils ne fçavent comment compofer leurs
fujets avec les incurfions que nos ornemens
font fur leur toile ; mais tant pis
pour eux : lorfque nous faifons une fi grande
dépenfe de génie , ils peuvent bien auffi
s'évertuer ; ce font des efpéces de bouts
rimés que nous leur donnons à remplir.
Il auroit pû refter quelque reffource à la
vieille architecture pour fe produire à Paris
; mais nous avons coupé l'arbre dans fa
racine , en annonçant la mode des petits
appartemens , & nous avons fappé l'ancien
préjugé , qui vouloit que les perfonnes
diftinguées par leur état caffent un appar !
tement de répréfentation grand & magnifique.
Nous efperons que dorénavant la
regle fera que plus la perfonne fera élevée
en dignité , plus fon appartement fera
patit : vous voyez qu'alors il fera difficile
de nous faire defemparer, Ceux qui poure
GG MERCURE DE FRANCE.
ront faire de la dépenfe , ne la feront qu'en
petit , & s'adrefferont à nous. Il ne reſtera
pour occuper ces Meffieurs , que ceux qui
n'ont pas le moyen de rien faire.
Voyez , je vous prie , l'impertinence de
votre auteur critique ; il s'ennuye , dit- il ,
de voir par-tout des croifées ceintrées ,
mais il n'ofe pas difconvenir que cette forte
de croifée ne foit bonne . Peut-on avoir
trop d'une bonne chofe ? & pourquoi veutil
qu'on aille fe fatiguer l'imagination pour
trouver des variétés , lorfqu'une chofe eft
de mode , & qu'on eft fûr du fuccès ? Ne
voit-il pas que toutes nos portes , nos cheminées
, nos fenêtres , avec leur plat-bandeau
, font à peu près la même choſe :
puifqu'on en eft content , pourquoi fe tuer
à en chercher d'autres ? Il blâme nos portes
oùles moulures fe tournent circulairement ;
invention heureuſe que nous appliquons à
tout avec le plus grand fuccès. Il faut :
qu'il foit bien étranger lui-même dans
Paris , pour ne pas fçavoir de qui nous
la - tenons. C'est d'un Architecte à qui les
amateurs de l'antique donnent le nom de
grand. Le célébre François Manſard la
employée dans fon portail des Filles de :
Sainte Marie , rue Saint Antoine ; voilà
une autorité qu'il ne peut recufer.Pour vous
faire voir combien cette forte de fronton
FEVRIER. 1755 . 1671
7
réuffit quand elle eft traitée à notre façon ,
& combien elle l'emporte fur l'architecture
ancienne ; comparez le portail des Capucines
de la place de Louis le Grand ,
morceau fi admirable qu'on vient de le
reftaurer , de peur que la poſtérité n'en fût
privée ; comparez- le avec le portail à colonnes
de l'Affomption , qui n'en eft pas
loin , & vous toucherez au doigt la différence
qui eft entre nous & les Architectes:
du fiécle paffé.
Mais laiffons là ce critique ; ce feroitperdre
le tems que de s'amufer à lui démontrer
en détail l'abfurdité de fes jugemens.
Nous ne vous diffimulerons pas que
nous fommes actuellement dans une pofi-:
tion un peu critique , & qu'une révolu-.
tion dans le goût de l'architecture nous
paroîtroit prochaine fi nous la croyions
poffible. Il fe rencontre actuellement plufeurs
obftacles à nos progrès ; maudite
foit cette architecture antique , fa féduction
, dont on a bien de la peine à revenir
lorfqu'une fois on s'y eft laiffé prendre
nous a enlevé un protecteur qui auroit
peut- être été pour nous l'appui le plus fo
lide , fi nous avions été chargés du foin
de l'endocriner. Pourquoi aller chercher
bien loin ce qu'on peut trouver chez foi
nous amufons en inftruifant ; ne peut-on
168 MERCURE DE FRANCE.
pas ſe former le goût en voyant nos deffeins
de boudoirs , de garde-robes , de
pavillons à la Turque , de cabinets à la
Chinoife ? Est- ce quelque chofe de fort
agréable que cette Eglife demefurée de S.
Pierre , ou que cette rotonde antique , dont
le portail n'a qu'un ordre dans une hauteur
où nous , qui avons du génie , aurions
trouvé de la place pour en mettre au moins
trois il n'eft pas concevable qu'on puiffe
balancer. Cependant cette perte eft irrépa
rable : cela eft defolant ; car tous les projets
que nous préfentons paroiffent comiques
à des yeux ainfi prévenus . Nous avons
même tenté de mêler quelque chofe d'antique
dans nos deffeins , voyez quel facrifice
! pour faire paffer avec notre marchandife
, tout cela fans fuccès : on nous
devine d'abord.
Autre obſtacle qui eft une fuite du premier.
Les bâtimens du Roi nous ont donné
une exclufion totale ; tout ce qui s'y
fait fent la vieille architecture , & ce même
public , que nous comptions avoir ſubjugué
, s'écrie : voilà qui eft beau. Il y a
une fatalité attachée à cette vieille mode ,.
par-tout où elle fe montre elle nous dépare
; l'Académie même a peine à fe défendre
de cette contagion , il femble qu'elle
ne veuille plus donner de prix qu'à ceux
qui
FEVRIER. 1755. 169'
I
qui s'approchent le plus du goût de l'antique.
Cela nous expofe à des avanies , de
la part même de ces jeunes étourdis , qui fe
donnent les airs de rire de notre goût moderne.
Cette confpiration eft bien foutenue
; car , à ne vous rien céler , il y a encore
plufieurs Architectes de réputation
& même qui n'ont pas vû l'Italie , mais
qui par choix en ont adopté le goût , que
nous n'avons jamais pû attirer dans notre
parti . Il y a plus ; quelques - uns que nous
avons crû long tems des nôtres , à la
miere occafion qu'ils ont eu de faire quelque
chofe de remarquable , nous ont laiffés
là , & fe font jettés dans l'ancien
goût.
pre-
Vous êtes , fans doute , pénétré de compaffion
à la vûe du danger où nous nous
trouvons , & nous vous faifons pitié ; mais
confolez- vous , nous avons dés reffources
; nous fçaurons bien arrêter ces nouveaux
débarqués d'Italie . Nous leur oppoferons
tant d'obftacles que nous les empêcherons
de rien faire , & peut- être les'
forcerons-nous d'aller chez l'étranger exercer
des talens qui nous déplaifent. Ils aiment
à employer des colonnades avec des
architraves en plate - bande ; nous en déclarerons
la bâtiffe impoffible. Ils auront
beau citer la colonnade du Louvre , la
H
170 MERCURE DE FRANCE.
chapelle de Verſailles , & autres bâtimens
dont on ne peut contefter la folidité ; qui
eft - ce qui les en croira ? leur voix fera- telle
d'un plus grand poids que celle de
gens qui ont bâti des petites maifons par
milliers dans Paris ? mais voici l'argument
invincible que nous leur gardons pour le
dernier. Nous leur demanderons ce qu'ils
ont bâti : il faudra bien qu'ils conviennent
qu'ils n'en ont point encore eu l'occafion .
C'est là où nous les attendons : comment ,
dirons- nous , quelle imprudence ! confier
un bâtiment à un jeune homme fans expérience
? Cette objection eft fans réplique.
On ne s'avifera pas de faire réflexion
qu'un jeune homme de mérite , & d'un
caractere docile , peut facilement s'affocier
un homme qui , fans prétendre à la décoration
, ait une longue pratique du bâtiment
, & lui donneroit les confeils néceffaires
, en cas qu'il hazardât quelque chofe
de trop hardi ; que d'ailleurs il Y auroit
dans Paris bien des maifons en ruines , fi
le premier bâtiment de chaque Architecte
manquoit de folidité.
Au refte , ne croyez point que ce foit
dans le deffein de nuire à ces jeunes gens
que nous leur ferons ces difficultés : c'eft
uniquement pour leur bien , & pour leur
donner le tems , pendant quelques années ,
FEVRIER.
1755.171.
d'apprendre le bon goût que nous avons
établi , & de quitter leurs préjugés ultramontains
nous avons l'expérience que
cela a rarement manqué de nous réuffic .
: Si donc vous connoiffez cette fociété .
d'Artiſtes qui prend la liberté de nous blâmer
, avertiffez-les d'être plus retenus à
l'avenir ; leurs critiques font fuperflues.
Le public nous aime , nous l'avons accoutumé
à nous d'ailleurs chacun de ceux
qui font bâtir , même des édifices publics
, eft perfuadé que quiconque a les
fonds pour bâtir , a de droit les connoiffances
néceffaires pour le bien faire. Peuton
manquer de goût quand on a de l'argent
? Nous fommes déja fûrs des Procureurs
de la plupart des Communautés ,
des Marguilliers de prefque toutes les
Paroiffes , & de tant d'autres qui font
à la tête des entrepriſes. Enfin foyez certains
que nous & nos amis nous ferons
toujours le plus grand nombre. Nous fommes
, &c.
On voit que le faux bel efprit gagne les
beaux arts , ainfi que les belles- lettres . On
force la nature dans tous les genres , on
contourne les figures , on met tout en S :
qu'il y a de Meiffonniers en poëfie & en
éloquence , comme en architecture !
レン
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
ARC DE TRIOMPHE à la gloire du Roi ,
qui a été élevé, fur les deffeins du Chevalier
Servandoni , le jour que M. le Duc de Gefvres
a pofé , au nom de Sa Majefté , la premiere
pierre de la place commencée devant
l'Eglife de S. Sulpice le 2 Octobre 1754 :
dédié à M. Dulau d'Allemans , Curé de S.
Sulpice , gravé par P. Patte , & fe vend
chez lui rue des Noyers , la fixieme porte .
cochere à droite en entrant par la rue Saint·
Jacques , grandeur de la feuille du nom de
Jefus. Prix 1 liv. 10 fols. I
L'eftampe que nous annonçons eft gravée
à l'aide d'une feule taille , ou ligne , à
peu près dans la maniere dont le célébre
Piranefi s'eft fervi pour rendre fes compofitions
d'architecture , dont les connoiffeurs
font tant de cas. Il feroit peut- être à fouhaiter
que cette manoeuvre de gravûre fut
ufitée en France ; elle pourroit donner à
nos eftampes d'architecture une perfection
qu'elles n'ont point eu jufqu'à préfent. En
effet , la pratique d'exprimer les ombres
dans les gravûres ordinaires de nos édifices
par deux tailles , c'eft-à- dire par deux ;
lignes qui s'entrecoupent quarrément ou
ea lofange , rend à la vérité ce genre de
gravûre aifé & expéditif ; mais elle lui ,
donne un air froid , commun , & une dureté
qui femble faire une efpéce d'injure
FEVRIER. 1755. 173
aux yeux ; c'eſt le jugement qu'ont tou-
-jours porté nos artiftes fur ces fortes d'ef
tampes. Auffi peut-on remarquer qu'on
n'a pas crû. devoir accorder à leurs Graveurs
aucune place dans nos Académies ,
foit de peinture , foit d'architecture ; ce
que l'on eût fait affurément , fi leurs talens
euffent paru aux connoiffeurs devoir
mériter quelque diftinction . On a effayé ,
dans la planche que nous propofons , de
mettre ce genre de gravûre dans quelque
eftime , par une nouvelle manoeuvre qui
fente l'art , & qui remédie aux défauts de
l'ancienne. Chaque ombre y eft énoncée
par une feule ligne , plus ou moins groffe
ou ferrée , dont la direction exprime continuellement
la perſpective du corps d'architecture
fur lequel elle eft portée. Afin d'ôter
toute dureté , on a affecté de ne point terminer
les extrêmités de chaque ombre par
aucune ligne , mais feulement par la fin de
toutes les lignes , qui forme l'ombre , ce qui
femble affez bien imiter les arrêtes de la pierre,
lefquelles confervent toujours une efpéce
de rondeur. Toutes les teintes générales ,
quelles qu'elles foient , y font exprimées
à la pointe féche , ce qui eft propre à donner
à cette gravûre un ton fuave , qui
femble participer de cette couleur aërienne
répandue fur la furface de nos bâtimens ;
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE.
ton auquel on ne peut atteindre avec le
fecours de l'eau forte , comme on le pratique
ordinairement. Au refte , c'eft à la
-vue de cette planche à parler en faveur des
avantages de fa nouvelle manoeuvre , & on
fe flatte qu'elle convaincra fans peine que
cette maniere de faire eft bien plus favora
ble que l'autre pour les effets de la perf
pective ; qu'elle eft analogue à la maniere
dont on deffine l'architecture à la plume ,
:& que la parfaite égalité qu'elle demande
doit fatisfaire agréablement la vue des fçavans
comme des ignorans ; quelques lignes
plus ou moins ferrées dans les ombres
étant capables d'y faire une difcordance
de ton irrémédiable , & qui faute aux yeux
de chacun . Cette maniere de traiter l'architecture
eft ; il eft vrai , très-laborieufe
& difficile à bien exécuter ; mais elle
pour-
.roit donner un prix à nos eftampes d'architecture
, & les élever à décorer avec diftinction
les cabinets des curieux.
F
C'eft aux artistes à apprécier ces réflexions,
par la comparaifon de l'eftampe qu'on leur
offre , avec celles que nous avons dans le
genre oppofé. Le feul but que l'on fe propofe
en les faifant , eft de contribuer à la
perfection d'un genre de gravure que l'on
n'a peut- être pas affez cherché jufqu'ici à
rendre recommendable,
fur une très - mauvaise plaifanterie qu'il a
laiffe imprimer dans le Mercure du mois
de Décembre 17 54 › par une société d'Architectes
, qui pourroient bien auffi prétendre
être du premier mérite & de la premiere
réputation , quoiqu'ils ne foient pas
de l'Académie.
N
Ousfommes furpris, Monfieur, qu'un
homme d'efprit & un auffi bon citoyen
que vous , ait autorifé un écrit fatyrique
, dont le but eft fi évidemment de
renverser l'Architecture moderne , & de
détruire la confiance que l'on accorde aux
Architectes , en mettant le public à portée
de juger par lui-même du bien ou du mal
des ouvrages que nous faifons pour lui
FEVRIER. 1755. 149
Pouvons-nous croire que vous n'ayez pas
apperçu cette conféquence ? ou que l'ayant
vue vous n'ayez pas eu quelque fcrupule
de vous prêter à décrier des inventions
qui depuis tant de tems font les délices de
Paris , & qu'enfin les étrangers commencent
à goûter avec une avidité finguliere
Il eft aifé de deviner d'où partent ces
plaintes , & nous ne croirons pas auffi
facilement que vous que ce foient fimplement
les idées d'un feul artiſte. C'eſt
un complot formé par plufieurs qui , à la
vérité , ont da mérite dans leur genre ,
mais qui feroient mieux de s'y attacher
que de fe mêler d'un art qui eft fi fort
au- deffus de la fphere de leurs conoiffances.
Nous foupçonnons avec raifon quelques
Peintres célebres de tremper dans
cette conjuration ; malheur à eux fi nous
le découvrons. Ils ont déja pû remarquer
que pour nous avoir fâché , nous avons
fupprimé de tous les édifices modernes
la grande peinture d'hiftoire. Nous leur
avions laiffé par grace quelque deffus de
porte; mais nous les forcerons dans ce dernier
retranchement , & nous les réduirons
à ne plus faire que dé petits tableaux de
modes , & encore en camaïeux . Qu'ils faffent
attention que nous avons l'invention
des vernis : le public a beau fe plaindre de
G iij
So MERCURE DE FRANCE!
leur peu de durée , il fera verni & rever
ni. Cependant nous voulons bien ne pas
attribuer ces critiques à mauvaife volonté,
mais plutôt au malheur qu'ils ont de s'être
formé le goût en Italie. Ils y ont vû ces
reftes d'architecture antique , que tout le
monde eft convenu d'admirer , fans que
nous puiffions deviner pourquoi. C'eft ,
dit-on , un air de grandeur & de fimpli
cité qui en fait le caractere. On y trouve
une régularité fymmétrique , des richeffes
répandues avec économie & entremêlées
de grandes parties qui y donnent du repos
. Ils s'en laiffent éblouir , & reviennent
ici remplis de prétendus , principes , qui ne
font dans le fond que des préjugés , &
qui , grace à la mode agréable que nous
avons amenée , ne peuvent leur être d'aucun
ufage. Nous nous fommes bien gardés
de faire pareille folie ; & tandis que nos
camarades font allés perdre leur tems à
admirer & à étudier avec bien des fatigues
cette trifte architecture , nous nous fommes
appliqués à faire ici des connoiffan
ces & à répandre de toutes parts nos gentilles
productions.
4
On nous a des obligations infinies :
nous avons affaire à une nation gaie qu'il
faut amufer ; nous avons répandu l'agré
ment & la gaieté par tout . Au bon vieux
FEVRIER. 1755 151
4
"
tems on croyoit que les Eglifes devoient
préfenter uunn aaffppeecctt ggrraavvee & même fevere ;
les perfonnes les plus diffipées pouvoient
à peine y entrer, fans s'y trouver pénétrées
d'idées férieufes. Nous avons bien changé
tout cela ; il n'y a pas maintenant de
cabinet de toilette plus joli que les chapelles
que nous y décorons. Si l'on y met
encore quelques tombeaux , nous les contournons
gentiment , nous les dorons par
tout , enfin nous leur ôtons tout ce qu'ils
pourroient avoir de lugubre : il n'y a pas
jufquà nos confeffionaux qui ont un air
de galanterie.
Si l'on a égard à l'avancement de l'art ,
quelle extenfion ne lui avons - nous pas
procuré nous avons multiplié le nombre
des Architectes excellens à tel point que
la quantité en eft prefque innombrable.
Ce talent qui , dans le fyftême de l'architecture
antique , eft hériffé de difficultés ,
devient dans le nôtre la chofe du monde
la plus aifée ; & l'expérience fait voir que
le maître Maçon le plus borné du côté du
deffein & du goût , dès qu'il a travaillé
quelque tems fous nos ordres , fe trouve
en état de fe déclarer architecte , & à bien
peu de chofe près auffi bon que nous .
Nous ajoûterons à la gloire de la France
& à fon avantage , que les étrangers com-
Giv
152 MERCURE DE FRANCE .
mencent à adopter notre goût , & qu'il y
a apparence qu'ils viendront en foule l'apprendre
chez nous. Les Anglois même , fi
jaloux de notre fupériorité dans tous les
arts , en font devenus fi foux qu'ils en
ont abandonné leur Inigo Jones , & leur
habitude de copier exactement les ouvrages
de Palladio. Ce qui pourra peut- être
nuire à cet avantage , c'eft l'imprudence
qu'on a eu de laiffer graver quelques- unes
de nos décorations de portes & de cheminées
, qui d'abord ont apprêté à rire aux
autres nations , parce qu'ils n'en fentoient
pas toute la beauté ; mais qu'enfuite ils
n'ont pu fe refufer d'imiter. Malheureuſement
ces eftampes dévoilent notre fecret ,
qui d'ailleurs n'eft pas difficile à appren
dre , & l'on peut trouver en tout pays un
grand nombre de génies propres à faifir
ces graces légeres. Au refte , fi cela arrive ,
nous nous en confolerons en citoyens de
l'univers , & nous nous féliciterons d'avoir
rendu tous les hommes architectes à
peu
de frais. Ces grands avantages nous
ont coûté quelques peines ; on ne détruit
pas facilement les idées du beau , reçues
dans une nation éclairée & dans un fiécle
qu'on fe figuroit devoir fervir de modele à
tous ceux qui le fuivroient . Il étoit appuyé
fur les plus grands noms ; il falloit
FEVRIER . 1755 153
trouver auffi quelques noms célebres qui
puffent nous fervir d'appui. On avoit découvert
prefque tout ce qui pouvoit fe
faire de beau dans ce genre , & les génies
ordinaires ne pouvoient prétendre qu'à être
imitateurs ; deux ou trois perfonnes auroient
paru avec éclat , & les autres feroient
demeurées dans l'oubli Il falloit
donc trouver un nouveau genre d'architecture
où chacun pût fe diftinguer , &
faire goûter au public des moyens d'être
habile homme qui fuffent à la portée de
tout le monde : cependant il ne falloit pas
'choquer groffierement les préjugés reçus ,
en mettant tout d'un coup au jour des nouveautés
trop éloignées du goût 1egnant ,
& rifquer de fe faire fifler fans retour.
Le fameux Oppenor nous fervit dans ces
commencemens avec beaucoup de zéle ;
il s'étoit fait une grande réputation par fes
deffeins ; la touche hardie qu'il y donnoit ,
féduifit prefque tout le monde , & on fut
long - tems à s'appercevoir qu'ils ne faifoient
pas le même effet en exécution . Il
fe fervit abondamment de nos ornemens
favoris , & les mit en crédit. Il nous eft
même encore d'une grande utilité , & nous
pouvons compter au nombre des nôtres
ceux qui le prennent pour modele . Cependant
ce n'étoit pas encore l'homme
Gv
154 MERCURE DE FRANCE:
qu'il nous falloit ; il ne pouvoit s'empê
cher de retomber fouvent dans l'architecture
ancienne , qu'il avoit étudiée dans fa
jeuneffe. Nous trouvâmes un appui plus .
folide dans les talens du grand Meiffonnier.
Il avoit à la vérité étudié en
Italie ,
& par conféquent n'étoit pas entierement
des nôtres ; mais comme il y avoit fagement
préféré le goût de Borromini au goût
ennuyeux de l'antique , il s'étoit par là
rapproché de nous ; car le Borromini a rendu
à l'Italie le même fervice que nous
avons rendu à la France , en y introduifant
une architecture gaie & indépendante
de toutes les régles de ce que l'on appelloit
anciennement le bon goût . Les Italiens ont
depuis bien perfectionné cette premiere
tentative , & du côté de l'architecture plai
fante ils ne nous le cédent en rien . Leur
goût n'eft pas le nôtre dans ce nouveau
genre , il est beaucoup plus lourd ; mais
nous avons cela de commun , que nous
avons également abandonné toutes les
vieilles modes pour lefquelles on avoit un
refpect fuperftitieux . Meiffonnier commen-
са à détruire toutes les lignes droites qui
étoient du vieil ufage ; il tourna & fit
bomber les corniches de toutes façons , il
les ceintra en haut & en bas , en devant ,
en arriere , donna des formes à tout , mêFEVRIER.
1755 155
me aux moulures qui en paroiffoient les
moins fufceptibles ; il inventa les contraftes
, c'est-à- dire qu'il bannit la fymmétrie
& qu'il ne fit plus les deux côtés des panneaux
femblables l'un à l'autre ; au contraire
, ces côtés fembloient fe défier à qui
s'éloigneroit le plus , & de la maniere la
plus finguliere , de la ligne droite à laquelle
ils avoient jufqu'alors été affervis .
Rien n'eſt fi admirable que de voir de
-quelle maniere il engageoit les corniches
des marbres les plus durs à fe prêter avec
complaifance aux bizarreries ingénieufes
des formes de cartels ou autres chofes qui
-devoient porter deffus. Les balcons ou les
-rampes d'efcalier n'eurent plus la permiffion
de paffer droit leur chemin ; il leur
fallut ferpenter à fa volonté , & les matieres
les plus roides devinrent fouples fous
fa main triomphante. Ce fut lui qui mic
-en vogue ces charmans contours en S , que
votre auteur croit rendre ridicules , en difant
que leur origine vient des maîtres
Ecrivains ; comme fi les arts ne devoient
pas le prêter des fecours mutuels il les
employa par tout , & à proprement parler
fes deffeins , même pour des plans de bâtimens
, ne furent qu'une combinaifon de
cette forme dans tous les fens poffibles . Il
nous apprit à terminer nos moulures en
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
rouleau , lorfque nous ne fçaurions com
ment les lier les unes aux autres , & mille
autres chofes non moins admirables qu'il
feroit trop long de vous citer : enfin l'on
peut dire que nous n'avons rien produit
depuis dont on ne trouve les femences
dans fes ouvrages. Quels fervices n'a-t- il
pas rendus à l'orfevrerie ? il rejetta bien
loin toutes les formes quarrées , rondes ou
ovales , & toutes ces moulures dont les
ornemens repérés avec exactitude donnent
tant de fujétion ; avec fes chers contours
en S , il remplaça tout. Ce qu'il y a
de particulier , c'eft qu'en moins de rien
l'orfevrerie & les bijoux devinrent trèsaifés
à traiter avec génie. En vain le célebré
Germain voulut s'opposer au torrent
& foutenir le vieux goût dont il avoit été
bercé dans fon enfance , fa réputation même
en fut quelque peu éclipfée , & il fe
vit fouvent préférer Meiffonnier , par l'appui
que nous lui donnions fous main ; cependant
, le croiriez-vous ! ce grand Meiffonnier
n'étoit pas encore notre homme ,
il tenoit trop à ce qu'ils appellent grande.
maniere. De plus il eut l'imprudence de
laiffer graver plufieurs ouvrages de lui , &
mit par là le public à portée de voir que
ce génie immenfe qu'on lui croyoit , n'étoit
qu'une répétition ennuyeufe des mê
FEVRIER. 1755 157
mes formes. Il fe décrédita , & nous l'abandonnâmes
d'autant plus facilement ,
que malgré les fecours que nous lui avions
prêtés pour l'établiſſement de fa réputation
, il ne vouloit point faire corps avec
& nous traitoit hautement d'igno- nous ,
rans : quelle ingratitude !
Nous fimes enfin la découverte du héros
dont nous avions befoin. Ce fut un
Sculpteur , qui n'avoit point pû fe gâter à
Rome , car il n'y avoit point été , bien
qu'il eût vû beaucoup de pays. Il s'étoit
formé avec nous , & avoit fi bien goûté
notre maniere , & fi peu ces prétendues
régles anciennes , que rien ne pouvoit reftreindre
l'abondance de fon génie . Il fçavoit
affez d'architecture ancienne pour ne
pas contrecarrer directement ceux qui y
tenoient avec trop d'obftination ; mais il
la déguifoit avec tant d'adreffe qu'il avoit
le mérite de l'invention , & qu'on ne la
reconnoiffoit qu'à peine. Il allégea toutes
ces moulures & tous ces profils où Oppenor
& Meiffonnier avoient voulu conferver
un caractere qu'ils appelloient mâle ; il
les traita d'une délicateffe qui les fait prefque
échapper à la vûe ; il trouva dans les
mêmes efpaces le moyen d'en mettre fix
fois davantage ; il s'affranchit tout d'un
coup de la loi qu'ils s'étoient follement
18 MERCURE DE FRANCE.
impofée de lier toujours leurs ornemens les
uns aux autres ; il les divifa , les coupa
en mille pieces , toujours terminées par ce
-rouleau qui eft notre principale reffource ;
& afin que ceux qui aimoient la liaiſon
ne s'apperçuffent pas trop de ces interruptions
, il fit paroître des liaiſons apparen
tes , par le fecours d'une fleur , qui ellemême
ne tenoit à rien , ou par quelque légereté
également ingénieufe ; il renonça
pour jamais à la régle & au compas : on
avoit déja banni la fymmetrie , il rencherit
encore là-deffus . S'il lui échappa quelquefois
de faire des panneaux femblables
l'un à l'autre , il mit ces objets fymmétriques
fi loin l'un de l'autre , qu'il auroit
fallu une attention bien fuivie pour s'appercevoir
de leur reffemblance. Aux agra
fes du ceintre des croifées qui ci-devant
ne repréfentoient que la clef de l'arc décorée
, il fubftitua de petits cartels enrichis
de mille gentilleffes & pofés de travers
, dont le pendant fe trouvoit à l'au
tre extrêmité du bâtiment . C'eſt à lui qu'on
doit l'emploi abondant des palmiers , qui
à la vérité avoient été trouvés avant lui ,
& que votre auteur blâme fi ridiculement.
Il établit folidement l'ufage de fupprimer
tous les plafonds , en faifant faire à des
Sculpteurs , à bon marché , de jolies petites
FEVRIER.
1755 159
dentelles en bas- relief , qui réuffirent fi
bien , qu'on prit le fage parti de fupprimer
les corniches des appartemens pour les enrichir
de ces charmantes dentelles . C'eft
notre triomphe que cette profcription des
corniches ; rien ne nous donnoit plus de
fujétion que ces miferes antiques dont on
les ornoit , & aufquelles votre écrivain
paroît fi attaché. Il y falloit une exactitude
& une jufteffe , qui pour peu qu'on y
manquât , fe déceloit d'abord à des yeux
un peu feveres. Nous regrettons encore
ce grand homme , quoique fes merveilleux
talens ayent été remplacés fur le champ
par quantité de Sculpteurs , non moins
abondans que lui dans cette forte de génie.
C'eft à lui que nous avons l'obligation
de cette fupériorité que nous avons acqui
fe , & que nous fçaurons conferver ; & on
peut dire à fa gloire que tout ce qui s'éloigne
du goût antique lui doit fon inven
tion , ou fa perfection.
}
En fuivant fes principes , nous avons
abfolument rejetté tous ces anciens plafonds
chargés de fculptures & de dorures ,
qui à la vérité avoient de la magnificence ,
& contre lefquels nous n'avons rien à dire
, fi ce n'eft qu'ils ne font plus de mode.
En dépit des cris de toute l'Académie de
Peinture , nous avons fçu perfuader à tous
160
MERCURE DE
FRANCE.
tes les
perſonnes chez qui nous avons
quelque crédit , que les plafonds peints
obfcurciffent les
appartemens & les rendent
triftes.
Inutilement veut- on nous repréfenter
que nous avons
juſtement dans
notre fiécle des Peintres , dont la couleur
eft très-agréable , & qui aiment à rendre
leurs tableaux
lumineux ; qu'en traitant
les plafonds d'une couleur claire ils n'auroient
point le
defagrément qu'on reproche
aux anciens , & qu'ils auroient de plus
le mérite de
repréfenter quelque chofe
d'amufant par le fujet , &
d'agréable par
la variété des couleurs. Les Peintres n'y
gagneront rien , ils nous ont irrité en méprifant
nos premieres
productions ; & nous
voulons d'autant plus les perdre que nous
n'efperons pas de pouvoir les gagner ; ils
ne fe rendroient qu'avec des
reftrictions
qui ne font pas de notre goût. Les Sculp
seurs de figures feront auffi compris dans
cette
profcription ; ils feroient encore plus
à portée de nous faire de mauvaiſes chicanes.
Notre
Sculpteur favori nous a don
né mille moyens de nous paffer d'eux : aù
lieu de tout cela il a imaginé une rofette
charmante , qu'à peine on
apperçoit , &
qu'il met au milieu du plancher , à l'endroit
où
s'attache le luftre : voilà ce qu'on
préfère avec raiſon aux plus belles produce
FEVRIER. 1755
161
tions de leur art. Il y a encore un petit
nombre de criards qui répandent par-tour
que le bon goût eft perdu , & qu'il y a
très- peu d'Architectes qui entendent la
décoration ; que c'eft le grand goût de la
décoration qui fait le caractere effentiel
de l'Architecte . Nous détruifons tous ces
argumens , en foutenant hautement que
ce qui diftingue l'Architecte , eft l'art de
la diftribution. Ils ont beau dire qu'elle
n'eft pas auffi difficile que nous voulons
le faire croire , & qu'il eft évident qu'avec
un peu d'intelligence chaque particulier
peut arranger fa maifon d'une maniere
qui lui foit commode , relativement aux
befoins de fon état ; que la difficulté que
le particulier ne fçauroit lever , ni nous
non plus , & qui demande toutes les lumieres
d'un grand architecte , eft d'ajuſter
cette diftribution commode avec une décoration
exacte , fymmétrique , & dans ce
qu'ils appellent le bon goût , foit dans les
dehors , foit dans les dedans voilà juſtement
ce qui nous rendra toujours victorieux.
Comme notre architecture n'a aucunes
régles qui l'aftreignent , qu'elle eſt
commode , & qu'en quelque façon elle
prête , nous nous fommes faits un grand
nombre de partifans qui fatisfaits de notre
facilité à remplir toutes leurs fantaisies ,
162 MERCURE DE FRANCE.
›
nous foutiendront toujours. Nous voudrions
bien voir ces Meffieurs de l'antique
entreprendre de décorer l'extérieur d'un
bâtiment avec toutes les fujétions que
nous leur avons impofées. Comme les plus
grands cris avoient d'abord été contre nos
décorations extérieures , parce qu'elles
étoient expofées à la vûe de tout le monde ;
que d'ailleurs le vuide ne coûte rien à décorer
, & ne donne point de prife à la critique
, nous avons amené la multitude des
fenêtres, qui a parfaitement bien réuffi ; car
il eft infiniment agréable d'avoir trois fenê
tres dans une chambre , qui jadis en auroit
eu à peine deux. Cela donne à la vérité
plus de froid dans l'hiver & plus de chaleur
dans l'été mais que nous importe ? il n'en
-eſt
: pas moins fûr qu'à préſent chacun veut
que fa maifon foit toute percée , & que
-nos Meffieurs du goût ancien , qui ne fçavent
décorer que du plein , n'y trouvent
plus de place. Qu'ils y mettent , s'ils le peutvent
, de leurs fenêtres décorées , qu'ils
tâchent d'y placer leurs frontons à l'antique
, qui , difent - ils , décorent la fenêtre
, & mettent à couvert ceux qui y
font nous y avons remédié en élevant
les fenêtres jufques au haut du plancher.
Rien n'eft fi amufant que de voir un
pauvre architecte revenant d'Italie , à qui
:
FEVRIER. 1755 163
(
"
Ton donne une pareille cage à décorer , ſe
tordre l'imagination pour y appliquer ces
chers principes , qu'il s'eft donné tant de
peine à apprendre ; & s'il lui arrive d'y
réuffir , ce qu'il ne peut fans diminuer les
croifées , c'eſt alors que nous faifons voir
clairement combien fa production eft trifte
& mauffade . Vous ne verrez pas clair chez
vous , leur difons- nous , vous n'aurez pas
d'air pour refpirer , à peine verrez- vous le
foleil dans les beaux jours : ces nouveaux artiftes
fe retirent confus,& font enfin obligés
de fe joindre à nous , pour trouver jour à
percer dans le monde. Nous n'avons pas encore
entierement abandonné les frontons
dont les anciens fe fervoient pour terminer
le haut de leurs bâtimens , & qui repréfentoient
le toît , quoique nous aimions bien
mieux employer certaines terminaiſons en
façon d'orfevrerie , qui font de notre crû.
A l'égard des frontons , nous avons du
moins trouvé le moyen de les placer ou
on ne s'attendoit pas à les voir ; nous les
mettons au premier étage , & plus heureufement
encore au fecond ; & nous ne manquons
gueres d'élever un étage au -deffus
, afin qu'ils ayent le moins de rapport
qu'il eft poffible avec ceux des anciens.
Nous avons ou peu s'en faut , banni les
colonnes , uniquement parce que c'eft un
164 MERCURE DE FRANCE
→
des plus beaux ornemens de ce trifte goût
ancien , & nous ne les rétablirons que
lorfque nous aurons trouvé le moyen de
les rendre fi nouvelles qu'elles n'ayent plus
aucune reffemblance avec toutes ces antiquailles.
D'ailleurs elles ne fçauroient s'accommoder
avec nos gentilleffes légeres ,
elles font paroître mefquin tout ce qui
les accompagne. Beaucoup de gens tenoient
encore à cette forte d'ornement , qui leur
paroiffoit avoir une grande beauté mais
nous avons fçu perfuader aux uns , que
cela coûtoit beaucoup plus que toutes les
chofes que nous leur faifions , quoique
peut-être en économifant bien , cela pût
ne revenir qu'à la même dépenſe ; aux
autres , que cette décoration ne convenoit
point à leur état , & qu'elle étoit reſervée
pour les temples de Dieu & les palais des
Rois ; que quelques énormes dépenfes que
nous leur fiffions faire chez eux , perfonne
n'en fçauroit rien , quoiqu'ils le fiffent
voir à tout le monde ; au lieu qu'une petite
colonnade , qui ne coûteroit peut-être
gueres , feroit un bruit épouventable dans
Paris. Nous avons accepté les pilaftres jufqu'à
un certain point , c'eft- à- dire forfque
nous avons pû les dépayfer par des
chapiteaux divertiffans. Les piédeftaux font
auffi reçus chez nous , mais nous avons
FEVRIER. 1755. 165
·
trouvé l'art de les contourner , en élargiffant
par le bas , comme s'ils crevoient fous
le fardeau , ou plus gaiement encore , en
les faifant enfler du haut , & toujours en
S, comme s'ils réuniffoient leur force en
cę lieu
ce pour mieux porter. Mais où notre
génie triomphe , c'eſt dans les bordures
des deffus de porte , que nous pouvons
nous vanter d'avoir varié prefque à l'infini.
Les Peintres nous en maudiffent , parce
qu'ils ne fçavent comment compofer leurs
fujets avec les incurfions que nos ornemens
font fur leur toile ; mais tant pis
pour eux : lorfque nous faifons une fi grande
dépenfe de génie , ils peuvent bien auffi
s'évertuer ; ce font des efpéces de bouts
rimés que nous leur donnons à remplir.
Il auroit pû refter quelque reffource à la
vieille architecture pour fe produire à Paris
; mais nous avons coupé l'arbre dans fa
racine , en annonçant la mode des petits
appartemens , & nous avons fappé l'ancien
préjugé , qui vouloit que les perfonnes
diftinguées par leur état caffent un appar !
tement de répréfentation grand & magnifique.
Nous efperons que dorénavant la
regle fera que plus la perfonne fera élevée
en dignité , plus fon appartement fera
patit : vous voyez qu'alors il fera difficile
de nous faire defemparer, Ceux qui poure
GG MERCURE DE FRANCE.
ront faire de la dépenfe , ne la feront qu'en
petit , & s'adrefferont à nous. Il ne reſtera
pour occuper ces Meffieurs , que ceux qui
n'ont pas le moyen de rien faire.
Voyez , je vous prie , l'impertinence de
votre auteur critique ; il s'ennuye , dit- il ,
de voir par-tout des croifées ceintrées ,
mais il n'ofe pas difconvenir que cette forte
de croifée ne foit bonne . Peut-on avoir
trop d'une bonne chofe ? & pourquoi veutil
qu'on aille fe fatiguer l'imagination pour
trouver des variétés , lorfqu'une chofe eft
de mode , & qu'on eft fûr du fuccès ? Ne
voit-il pas que toutes nos portes , nos cheminées
, nos fenêtres , avec leur plat-bandeau
, font à peu près la même choſe :
puifqu'on en eft content , pourquoi fe tuer
à en chercher d'autres ? Il blâme nos portes
oùles moulures fe tournent circulairement ;
invention heureuſe que nous appliquons à
tout avec le plus grand fuccès. Il faut :
qu'il foit bien étranger lui-même dans
Paris , pour ne pas fçavoir de qui nous
la - tenons. C'est d'un Architecte à qui les
amateurs de l'antique donnent le nom de
grand. Le célébre François Manſard la
employée dans fon portail des Filles de :
Sainte Marie , rue Saint Antoine ; voilà
une autorité qu'il ne peut recufer.Pour vous
faire voir combien cette forte de fronton
FEVRIER. 1755 . 1671
7
réuffit quand elle eft traitée à notre façon ,
& combien elle l'emporte fur l'architecture
ancienne ; comparez le portail des Capucines
de la place de Louis le Grand ,
morceau fi admirable qu'on vient de le
reftaurer , de peur que la poſtérité n'en fût
privée ; comparez- le avec le portail à colonnes
de l'Affomption , qui n'en eft pas
loin , & vous toucherez au doigt la différence
qui eft entre nous & les Architectes:
du fiécle paffé.
Mais laiffons là ce critique ; ce feroitperdre
le tems que de s'amufer à lui démontrer
en détail l'abfurdité de fes jugemens.
Nous ne vous diffimulerons pas que
nous fommes actuellement dans une pofi-:
tion un peu critique , & qu'une révolu-.
tion dans le goût de l'architecture nous
paroîtroit prochaine fi nous la croyions
poffible. Il fe rencontre actuellement plufeurs
obftacles à nos progrès ; maudite
foit cette architecture antique , fa féduction
, dont on a bien de la peine à revenir
lorfqu'une fois on s'y eft laiffé prendre
nous a enlevé un protecteur qui auroit
peut- être été pour nous l'appui le plus fo
lide , fi nous avions été chargés du foin
de l'endocriner. Pourquoi aller chercher
bien loin ce qu'on peut trouver chez foi
nous amufons en inftruifant ; ne peut-on
168 MERCURE DE FRANCE.
pas ſe former le goût en voyant nos deffeins
de boudoirs , de garde-robes , de
pavillons à la Turque , de cabinets à la
Chinoife ? Est- ce quelque chofe de fort
agréable que cette Eglife demefurée de S.
Pierre , ou que cette rotonde antique , dont
le portail n'a qu'un ordre dans une hauteur
où nous , qui avons du génie , aurions
trouvé de la place pour en mettre au moins
trois il n'eft pas concevable qu'on puiffe
balancer. Cependant cette perte eft irrépa
rable : cela eft defolant ; car tous les projets
que nous préfentons paroiffent comiques
à des yeux ainfi prévenus . Nous avons
même tenté de mêler quelque chofe d'antique
dans nos deffeins , voyez quel facrifice
! pour faire paffer avec notre marchandife
, tout cela fans fuccès : on nous
devine d'abord.
Autre obſtacle qui eft une fuite du premier.
Les bâtimens du Roi nous ont donné
une exclufion totale ; tout ce qui s'y
fait fent la vieille architecture , & ce même
public , que nous comptions avoir ſubjugué
, s'écrie : voilà qui eft beau. Il y a
une fatalité attachée à cette vieille mode ,.
par-tout où elle fe montre elle nous dépare
; l'Académie même a peine à fe défendre
de cette contagion , il femble qu'elle
ne veuille plus donner de prix qu'à ceux
qui
FEVRIER. 1755. 169'
I
qui s'approchent le plus du goût de l'antique.
Cela nous expofe à des avanies , de
la part même de ces jeunes étourdis , qui fe
donnent les airs de rire de notre goût moderne.
Cette confpiration eft bien foutenue
; car , à ne vous rien céler , il y a encore
plufieurs Architectes de réputation
& même qui n'ont pas vû l'Italie , mais
qui par choix en ont adopté le goût , que
nous n'avons jamais pû attirer dans notre
parti . Il y a plus ; quelques - uns que nous
avons crû long tems des nôtres , à la
miere occafion qu'ils ont eu de faire quelque
chofe de remarquable , nous ont laiffés
là , & fe font jettés dans l'ancien
goût.
pre-
Vous êtes , fans doute , pénétré de compaffion
à la vûe du danger où nous nous
trouvons , & nous vous faifons pitié ; mais
confolez- vous , nous avons dés reffources
; nous fçaurons bien arrêter ces nouveaux
débarqués d'Italie . Nous leur oppoferons
tant d'obftacles que nous les empêcherons
de rien faire , & peut- être les'
forcerons-nous d'aller chez l'étranger exercer
des talens qui nous déplaifent. Ils aiment
à employer des colonnades avec des
architraves en plate - bande ; nous en déclarerons
la bâtiffe impoffible. Ils auront
beau citer la colonnade du Louvre , la
H
170 MERCURE DE FRANCE.
chapelle de Verſailles , & autres bâtimens
dont on ne peut contefter la folidité ; qui
eft - ce qui les en croira ? leur voix fera- telle
d'un plus grand poids que celle de
gens qui ont bâti des petites maifons par
milliers dans Paris ? mais voici l'argument
invincible que nous leur gardons pour le
dernier. Nous leur demanderons ce qu'ils
ont bâti : il faudra bien qu'ils conviennent
qu'ils n'en ont point encore eu l'occafion .
C'est là où nous les attendons : comment ,
dirons- nous , quelle imprudence ! confier
un bâtiment à un jeune homme fans expérience
? Cette objection eft fans réplique.
On ne s'avifera pas de faire réflexion
qu'un jeune homme de mérite , & d'un
caractere docile , peut facilement s'affocier
un homme qui , fans prétendre à la décoration
, ait une longue pratique du bâtiment
, & lui donneroit les confeils néceffaires
, en cas qu'il hazardât quelque chofe
de trop hardi ; que d'ailleurs il Y auroit
dans Paris bien des maifons en ruines , fi
le premier bâtiment de chaque Architecte
manquoit de folidité.
Au refte , ne croyez point que ce foit
dans le deffein de nuire à ces jeunes gens
que nous leur ferons ces difficultés : c'eft
uniquement pour leur bien , & pour leur
donner le tems , pendant quelques années ,
FEVRIER.
1755.171.
d'apprendre le bon goût que nous avons
établi , & de quitter leurs préjugés ultramontains
nous avons l'expérience que
cela a rarement manqué de nous réuffic .
: Si donc vous connoiffez cette fociété .
d'Artiſtes qui prend la liberté de nous blâmer
, avertiffez-les d'être plus retenus à
l'avenir ; leurs critiques font fuperflues.
Le public nous aime , nous l'avons accoutumé
à nous d'ailleurs chacun de ceux
qui font bâtir , même des édifices publics
, eft perfuadé que quiconque a les
fonds pour bâtir , a de droit les connoiffances
néceffaires pour le bien faire. Peuton
manquer de goût quand on a de l'argent
? Nous fommes déja fûrs des Procureurs
de la plupart des Communautés ,
des Marguilliers de prefque toutes les
Paroiffes , & de tant d'autres qui font
à la tête des entrepriſes. Enfin foyez certains
que nous & nos amis nous ferons
toujours le plus grand nombre. Nous fommes
, &c.
On voit que le faux bel efprit gagne les
beaux arts , ainfi que les belles- lettres . On
force la nature dans tous les genres , on
contourne les figures , on met tout en S :
qu'il y a de Meiffonniers en poëfie & en
éloquence , comme en architecture !
レン
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
ARC DE TRIOMPHE à la gloire du Roi ,
qui a été élevé, fur les deffeins du Chevalier
Servandoni , le jour que M. le Duc de Gefvres
a pofé , au nom de Sa Majefté , la premiere
pierre de la place commencée devant
l'Eglife de S. Sulpice le 2 Octobre 1754 :
dédié à M. Dulau d'Allemans , Curé de S.
Sulpice , gravé par P. Patte , & fe vend
chez lui rue des Noyers , la fixieme porte .
cochere à droite en entrant par la rue Saint·
Jacques , grandeur de la feuille du nom de
Jefus. Prix 1 liv. 10 fols. I
L'eftampe que nous annonçons eft gravée
à l'aide d'une feule taille , ou ligne , à
peu près dans la maniere dont le célébre
Piranefi s'eft fervi pour rendre fes compofitions
d'architecture , dont les connoiffeurs
font tant de cas. Il feroit peut- être à fouhaiter
que cette manoeuvre de gravûre fut
ufitée en France ; elle pourroit donner à
nos eftampes d'architecture une perfection
qu'elles n'ont point eu jufqu'à préfent. En
effet , la pratique d'exprimer les ombres
dans les gravûres ordinaires de nos édifices
par deux tailles , c'eft-à- dire par deux ;
lignes qui s'entrecoupent quarrément ou
ea lofange , rend à la vérité ce genre de
gravûre aifé & expéditif ; mais elle lui ,
donne un air froid , commun , & une dureté
qui femble faire une efpéce d'injure
FEVRIER. 1755. 173
aux yeux ; c'eſt le jugement qu'ont tou-
-jours porté nos artiftes fur ces fortes d'ef
tampes. Auffi peut-on remarquer qu'on
n'a pas crû. devoir accorder à leurs Graveurs
aucune place dans nos Académies ,
foit de peinture , foit d'architecture ; ce
que l'on eût fait affurément , fi leurs talens
euffent paru aux connoiffeurs devoir
mériter quelque diftinction . On a effayé ,
dans la planche que nous propofons , de
mettre ce genre de gravûre dans quelque
eftime , par une nouvelle manoeuvre qui
fente l'art , & qui remédie aux défauts de
l'ancienne. Chaque ombre y eft énoncée
par une feule ligne , plus ou moins groffe
ou ferrée , dont la direction exprime continuellement
la perſpective du corps d'architecture
fur lequel elle eft portée. Afin d'ôter
toute dureté , on a affecté de ne point terminer
les extrêmités de chaque ombre par
aucune ligne , mais feulement par la fin de
toutes les lignes , qui forme l'ombre , ce qui
femble affez bien imiter les arrêtes de la pierre,
lefquelles confervent toujours une efpéce
de rondeur. Toutes les teintes générales ,
quelles qu'elles foient , y font exprimées
à la pointe féche , ce qui eft propre à donner
à cette gravûre un ton fuave , qui
femble participer de cette couleur aërienne
répandue fur la furface de nos bâtimens ;
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE.
ton auquel on ne peut atteindre avec le
fecours de l'eau forte , comme on le pratique
ordinairement. Au refte , c'eft à la
-vue de cette planche à parler en faveur des
avantages de fa nouvelle manoeuvre , & on
fe flatte qu'elle convaincra fans peine que
cette maniere de faire eft bien plus favora
ble que l'autre pour les effets de la perf
pective ; qu'elle eft analogue à la maniere
dont on deffine l'architecture à la plume ,
:& que la parfaite égalité qu'elle demande
doit fatisfaire agréablement la vue des fçavans
comme des ignorans ; quelques lignes
plus ou moins ferrées dans les ombres
étant capables d'y faire une difcordance
de ton irrémédiable , & qui faute aux yeux
de chacun . Cette maniere de traiter l'architecture
eft ; il eft vrai , très-laborieufe
& difficile à bien exécuter ; mais elle
pour-
.roit donner un prix à nos eftampes d'architecture
, & les élever à décorer avec diftinction
les cabinets des curieux.
F
C'eft aux artistes à apprécier ces réflexions,
par la comparaifon de l'eftampe qu'on leur
offre , avec celles que nous avons dans le
genre oppofé. Le feul but que l'on fe propofe
en les faifant , eft de contribuer à la
perfection d'un genre de gravure que l'on
n'a peut- être pas affez cherché jufqu'ici à
rendre recommendable,
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Résumé : ARCHITECTURE. LETTRE A M. L'ABBÉ R*** fur une très-mauvaise plaisanterie qu'il a laissé imprimer dans le Mercure du mois de Décembre 1754, par une société d'Architectes, qui pourroient bien aussi prétendre être du premier mérite & de la premiere réputation, quoiqu'ils ne soient pas de l'Académie.
En décembre 1754, une lettre critique une plaisanterie publiée dans le Mercure, visant les architectes modernes. L'auteur s'étonne que M. l'Abbé R, homme d'esprit, ait autorisé cette satire, qui cherche à discréditer l'architecture moderne et à détruire la confiance du public. La lettre suggère un complot impliquant des peintres jaloux, influencés par l'architecture antique italienne, cherchant à imposer des préjugés obsolètes. Les architectes modernes se défendent en soulignant leur contribution à l'agrément de Paris et à l'extension de l'art architectural, adoptée même par les étrangers, comme les Anglais. Les architectes modernes critiquent l'imprudence de graver des décorations révélant leurs secrets. Ils ont trouvé des moyens pour que chacun puisse apprécier l'architecture, s'opposant aux idées du beau reçues dans une nation éclairée. Ils citent des figures comme Oppenord et Meissonnier, innovateurs en architecture. Ils célèbrent également un sculpteur formé en France, rompant avec les règles anciennes et les symétries rigides. Un architecte influent a popularisé l'utilisation abondante de palmiers et supprimé les plafonds traditionnels, les remplaçant par des dentelles en bas-relief sculptées. Cette approche a conduit à l'abandon des corniches ornées dans les appartements. L'auteur regrette la perte de cet architecte, bien que ses talents aient été rapidement remplacés par d'autres sculpteurs. Le texte critique les plafonds anciens, jugés démodés, et préfère les plafonds peints. Les sculpteurs de figures sont exclus en faveur de rosettes discrètes. L'auteur souligne la commodité et la flexibilité de leur architecture, permettant de satisfaire toutes les fantaisies des clients. Les fenêtres multiples sont préférées, malgré les inconvénients climatiques, et les frontons antiques sont modifiés pour éviter toute ressemblance avec les styles anciens. Les colonnes sont bannies en raison de leur association avec le goût ancien, et les pilastres sont acceptés seulement s'ils sont modifiés par des chapiteaux divertissants. La mode des petits appartements est promue, rendant les grands appartements de représentation obsolètes. Le texte critique un auteur s'ennuyant des croisées cintrées mais reconnaît leur qualité. Il défend l'utilisation des moulures circulaires, inspirées par François Mansart. En février 1755, une controverse architecturale en France oppose les architectes modernes à ceux influencés par le goût antique, souvent revenus d'Italie. Les auteurs expriment leur intention de contrer ces nouveaux architectes en remettant en question leur expérience et leur capacité à construire des bâtiments solides. Ils mentionnent une nouvelle technique de gravure architecturale, inspirée par Piranesi, visant à améliorer la qualité des estampes en France. Cette technique utilise une seule ligne pour exprimer les ombres, offrant une perspective plus douce et plus réaliste. Les auteurs espèrent que cette innovation sera reconnue et valorisée par les connaisseurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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182
183
p. 211-212
AVIS.
Début :
Le sieur Maille, Vinaigrier-Distillateur ordinaire de leurs Majestés Impériales, & [...]
Mots clefs :
Vinaigre de turbie, Vinaigre romain, Maux de dents, Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VIS.
Lafie deleurs &
E fieur Maille , Vinaigrier -Diftillateur ordinaire
de leurs Majeftés Impériales , & le feul
pour la compofition des vinaigres de propriété ,
donne avis qu'il continue avec fuccès la vente du
vinaigre de turbie , pour la guérifon du mal de
dent , & celle du vinaigre romain , qui les blanchit
parfaitement , raffermit les gencives , arrête les
progrès de la carie, prévient l'haleine forte , & guérit
les petits chancres & ulceres de la bouche. Les
212 MERCURE DE FRANCE..
heureux effets qu'il opere tous les jours , prouvent
que c'eft la compofition la plus parfaite qui fe
foit trouvée jufqu'à préfent pour la confervation
de la bouche . Ledit Sieur vend avec le même fuccès
différens vinaigres fervant à ôter les taches
de rouffeur , boutons , dartres farineufes , blanchir
la peau , & noircir les cheveux & fourcils
roux ou blancs ; & généralement toutes fortes
de vinaigres pour la table , les bains & toilettes ,
au nombre de cent cinquante- fix fortes ; comme
auffi toutes fortes de fruits confits au vinaigre , &
différentes moutardes qui ont la qualité de pouvoir
fe conferver deux ans avec la même bonté.
Les perfonnes de province qui defireront fe procurer
les vinaigres pour les dents ou pour le vi
fage ; les moindres bouteilles font de trois livres.
En écrivant une lettre d'avis audit fieur , & remettant
l'argent par la pofte , le tout affranchi de
port , on enverra les vinaigres qu'ils demanderont
très-exactement , avec la façon de s'en fervir.
Il demeure à Paris , rue de l'Hirondelle , aux Armes
Impériales.
Lafie deleurs &
E fieur Maille , Vinaigrier -Diftillateur ordinaire
de leurs Majeftés Impériales , & le feul
pour la compofition des vinaigres de propriété ,
donne avis qu'il continue avec fuccès la vente du
vinaigre de turbie , pour la guérifon du mal de
dent , & celle du vinaigre romain , qui les blanchit
parfaitement , raffermit les gencives , arrête les
progrès de la carie, prévient l'haleine forte , & guérit
les petits chancres & ulceres de la bouche. Les
212 MERCURE DE FRANCE..
heureux effets qu'il opere tous les jours , prouvent
que c'eft la compofition la plus parfaite qui fe
foit trouvée jufqu'à préfent pour la confervation
de la bouche . Ledit Sieur vend avec le même fuccès
différens vinaigres fervant à ôter les taches
de rouffeur , boutons , dartres farineufes , blanchir
la peau , & noircir les cheveux & fourcils
roux ou blancs ; & généralement toutes fortes
de vinaigres pour la table , les bains & toilettes ,
au nombre de cent cinquante- fix fortes ; comme
auffi toutes fortes de fruits confits au vinaigre , &
différentes moutardes qui ont la qualité de pouvoir
fe conferver deux ans avec la même bonté.
Les perfonnes de province qui defireront fe procurer
les vinaigres pour les dents ou pour le vi
fage ; les moindres bouteilles font de trois livres.
En écrivant une lettre d'avis audit fieur , & remettant
l'argent par la pofte , le tout affranchi de
port , on enverra les vinaigres qu'ils demanderont
très-exactement , avec la façon de s'en fervir.
Il demeure à Paris , rue de l'Hirondelle , aux Armes
Impériales.
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Résumé : AVIS.
Le Sieur Maille, vinaigrier et distillateur des Majestés Impériales, annonce la vente de divers vinaigres. Parmi ceux-ci, le vinaigre de turbie est recommandé pour soigner le mal de dent, tandis que le vinaigre romain est utilisé pour blanchir les dents, raffermir les gencives, arrêter la carie, prévenir l'haleine forte et guérir les petits chancres et ulcères de la bouche. Maille propose également des vinaigres pour ôter les taches de rousseur, les boutons, les dartres farineuses, blanchir la peau et noircir les cheveux et sourcils roux ou blancs. Sa gamme inclut des vinaigres pour la table, les bains et les toilettes, ainsi que des fruits confits au vinaigre et des moutardes conservables deux ans. Les commandes peuvent être passées par courrier, avec paiement affranchi de port. Maille réside à Paris, rue de l'Hirondelle, aux Armes Impériales.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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184
p. 25-45
Voyage de Dijon à Paris, fait en 1746.
Début :
Amis, vous attendez sans doute [...]
Mots clefs :
Voyage, Paris, Dijon, Amour, Coeur, Feuillage, Plaisir, Flots, Prairie, Ruisseau, Larmes, Vin, Dieu, Fleurs
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texteReconnaissance textuelle : Voyage de Dijon à Paris, fait en 1746.
Voyage de Dijon à Paris , fait en 1746.
A Mis , vous attendez fans doute
Que je vous faffe le récit
Bien détaillé , de ce qu'en route
J'ai vu , j'ai fçu , j'ai fait , j'ai dit :
Oui , je m'en vais fur mon hiftoire
De mon mieux vous entretenir ;
Sans peine vous pouvez me croire ,
Vous le fçavez , il eſt notoire
Qu'un Bourguignon ne peut mentir.
D'être par- tout bien véritable ,
Je ne le
promets pourtant pas :
Car bien fouvent il eft des cas ,
Où pour rendre plus agréable
La fatigante vérité ,
Il faut du manteau de la Fable
Couvrir fa trifte nudité.
Vous l'avouerez ; mais que ma Muſe
Et vous inftruiſe & vous amuſe ,
Hélas ! je n'ofe m'en flater ;
N'importe , plein de confiance ,
Pour répondre à votre eſpérance ,
J'oſe tout faire & tout tenter.
Attention , faites filence ;
Je prends la plume , je commence :
II. Vol. B
26 MERCURE DE FRANCE .
Or , vous plaît-il de m'écouter.
Je vous quittai avec tous les fentimens
d'une parfaite reconnoiffance & d'une
amitié fincere. MM ...... me reconduifirent
jufqu'au bas de Talent ; là je reçus
leurs adieux , & je les embraffai le regret
dans le coeur :
Mais nous voilà dans l'équipage ,
Des fouets l'air a retenti :
Santé conftante & bon voyage ;
Allons , cocher ; on eft parti.
Nous nous trouvâmes fept dans la voiture
; mais plaignez-moi avec ce nombre .
Pas un minois qu'on pût baiſer ;
Pas une femme un peu jolie ,
Vers qui tout bas l'on pût jafer ,
Dont je puffe pour m'amufer
Faire en chemin ma bonne amie.
C'étoit d'un côté un homme fort ennuyeux
, qui fe nommoit M. Chufer , avec
le Sr Taillard , dont tout Paris fans doute
connoîtra bientôt les talens fupérieurs qu'il
a pour la flûte. Une femme âgée occupoit
le fond .
A côté de cette vieille ama
JUIN.
27 1755 .
Etoit affis un Provençal ;
Du Provençal & de la Dame
Je ne dirai ni bien ni mal.
Mais fi j'ai mérité l'Enfer ,
Seigneur , modere ta juftice ,
Et ne mets pas pour mon fupplice ,
A mes côtés M. Chufer.
Sur ce qui refte il faut fe taire ;
Car nous ne sommes plus que trois ,
Qui font B ....moi , mon frere ,
Que bien vous connoiffez , je crois .
Arrivés au Val- de- Suzon , on nous fervit
à déjeûner.
Des écreviffes & des truites :
En ce pays , quoique petites ,
Cela fait un mets excellent ,
Quand dans du vin rouge ou du blanc
Au petit lard elles font cuites :
Nous allâmes dîner à Saint- Seine .
C'eſt-là que coule cette fource
Qui , répandant au loin fes flots,
Porte fes ondes aux Badauts ,
Et dans la mer finit la courfe.
Le foir nous arrivâmes à Chanceaux, ou
Bij
28 MERCURE DE FRANCE .
nous foupâmes de bon appétit : nous fumes
un peu furpris de voir notre hôte malade
d'une fievre maligne , chercher à la guérir
avec du vin qu'il buvoit avec une confiance
dont il devoit tout appréhender . Comme
nous lui en marquions notre étonnement ,
il nous répondit avec naïveté que ce qui
* faifor du bé ne pòvor fare du man ; & en
effet
Un Bourguignon peut-il penfer
Qu'un demi- Dieu , comme Efculape ;
En pouvoir puiffe ſurpaſſer
Le Dieu qui fait naître la grappe ?
Non , non ,
dans vos heureux climats
Le vin , cette liqueur divine
Préferve un homme du trépas ,
Lorfqu'en ceux-ci la Médecine
Les jette tous entre les bras
De la cruelle Libitine.
Je cheminois paifiblement , laiffant errer
avec volupté mes yeux fur les objets qui ,
à mesure que nous avancions , fe découvroient
à ma vûe : vous fçavez comme j'aime
la campagne , & combien je fuis touché
de fes agrémens . Qu'avec bien du
plaifir je promenai mes regards fur cette
* Patois Bourguignon , que ce qui faiſoit dų
bien ne pouvoit faire du mal,
JUIN. 1755 29
belle vallée qui s'offre fur la gauche en arrivant
à Montbard ! la variété des objets
en fait un très -beau lieu : on voit une chaî
ne de montagnes qui bornent l'horizon
mais qui s'étendant au loin & fe perdant
dans l'éloignement , font douter à l'azur
qui colore leur cîme n'eft point celui dont
s'embellit le firmament , tant les plus lointaines
extrêmités femblent fe confondre
avec le ciel. En revenant de fi loin , la vûe
fe ramene fur les collines , que les regards
avoient d'abord faifies . Sur leur penchant
on voit plufieurs maifons de Laboureurs
qui dominent une prairie riche de tout ce
qui rend une campagne belle & fertile.
Tout cela mériteroit fans doute les honneurs
de la Poëfie ; mais je n'ofe me croire
capable de peindre ces beautés d'une maniere
neuve & originale.
La Peinture , la Poëfie
Dans leurs payſages rians ,
Les miracles de la fêrie
N'ont pas des lieux auffi charmans,
O beaux vallons , où le Penée
Paifiblement roule fes eaux !
M'offririez -vous tous les tableaux
De cette rive fortunée ?
Quelle aimable diverfité !
Fontaines , bois , côteaux , montagnes ,
Biij
30 MERCURE DE FRANCE.
Tout ce qu'ont d'attraits les campagnes
S'offroit à mon cel enchanté.
Une fi douce rêverie
Vint furprendre tous mes efprits :
Je fus fi tendrement épris
Des charmes de la bergerie ,
Qu'en vérité dans ma folie
J'eufle donné tout ce Paris
Pour un hameau dans la prairie
Qu'en Peintre vrai je vous décris .
Au milieu de ces idées j'eus la fantaiſie ,
malgré l'extrême chaleur , de voir de plus
près cette belle vallée : je deſcendis du car-
∙roffe , & après avoir adoré les Divinités du
pays , je m'avançai fous leurs aufpices vers
un petit bois , d'où pouvant confiderer tout
le champêtre des environs , je goûtai encore
la fraîcheur d'unefontaine qui y couloit
: ah ! dis- je , en me couchant fur l'herbe
qui tapiffoit fes bords ,
Ici Phoebus ne porte point ſes traits ;
Que je chéris cette humide fontaine ,
Où le tilleul fous un feuillage épais ,
Contre les feux m'offre une ombre certaine !
Ces bois , ces eaux ont pour moi mille attraits ;
Mais des vallons il s'éleve un vent frais
Qui fur les fleurs le joue & fe promene ;
Venez , Zéphir , je vous ouvre mon fein ,
JUIN. 1755. 31
.
Pénétrez-moi de vos fraiches haleines ,
Calmez l'ardeur qu'allume dans mes veines
De Syrius l'aftre aride & mal fain.
*
Si je chéris les bois & les prairies ,
Léger Zéphir , je n'y cherche que vous ;
Vous réparez mes forces affoiblies ,
1
Et je vous dois un repos qui m'eſt doux ;
En ce moment vous feul me rendez chere
Cette retraite obfcure & folitaire :
Loin des cités , dans le calme & la paix ,
Parmi les fleurs , la mouffe & la fougere ,
Pour refpirer votre vapeur légere ,
Toujours puiffai -je errer dans ces bofquets .
J'eus à peine achevé cette priere qu'un
air plus vif s'éleva autour de moi en frémiffant
légerement ; mais je fus bien furpris
, quand après quelques momens de repos
voulant m'éloigner & reprendre ma
route , je me fentis enveloppé par un tourbillon
& emporté dans les airs ,
d'où je
defcendis doucement près de la voiture ,
qui déja s'étoit fort éloignée ; je ne doupas
que Zéphyr par une faveur particuliere
, ne m'eût enlevé fur fes aîles , afin
de m'éviter un trajet que rendoit pénible
l'extrême chaleur.
tai
Je repris ma place dans la voiture en
* Etoile qui eft à la tête de la canicule.
Biv
32 MERCURE DE FRANCE.
regrettant un fi beau lieu , & j'arrivai à
Montbard. Si vous prenez garde aux deux
mots qui compofent le nom de cette ville ,
vous préfumerez comme moi qu'elle étoit
jadis une retraite des anciens Bardes . Les
Bardes étoient tous Poëtes , & ils étoient
appellés Sages parmi les Gaulois : il y a
aujourd'hui bien du déchet ; mais avançons.
>
Pendant qu'on nous apprêtoit à dîner
nous allâmes voir la maifon de M. de B...
Gouverneur de Montbard . Tout y paroît
appartenir à un Philoſophe aimable ; des
appartemens nous montâmes à la terraffe ,
où nous vîmes à l'extrêmité d'un petit jardin
un joli fallon tout en coquilles de diverfes
couleurs ; il eft tout fimple d'imaginer
que c'eft la grotte de quelques Nymphes
du voisinage.
Oui , par ce tiffu de coquilles
Qui forme ce fallon charmant ,
On croit que c'est l'appartement
De quelques Nayades gentilles ,
Qui laffes de refter dans l'eau
Et de courir dans la prairie ,
Viennent par fois dans ce château
Egayer leur mélancolie .
Le lendemain nous arrivâmes à Auxerre
JUIN. 7755
33
où nous couchâmes , & qui me parut une
ville peu agréable ; Villeneuve- le - Roi où l'on
ne compte qu'une belle rue , me plairoit
mieux nous y foupâmes le lendemain ;
il faifoit extrêmement chaud . Dès que je
fus arrivé , je me fentis une envie preffante
de m'aller baigner ; je me rendis fur
les bords de l'Yonne , je vis le Dieu du
Aleuve qui fe promenoit avec une pompe
& un appareil qui m'en impoferent : je
craignis de trouver du danger où je
voyois tant de majeſté ; je me retirai &
je fus m'affeoir vers un petit ruiffeau ombragé
de faules qui venoit s'y rendre . Je
m'affis ; bientôt j'éprouvai ce calme & ce
filence intérieur où nous livre la folitude ;
mais comme l'idée de la galanterie vient
naturellement s'unir aux impreffions que
laiffe un lieu agréable , je me mis à rêver
à une volage , & de la fouhaiter à mes côtés
: je difois ,
Je viens m'affeoir fur le rivage
De ce ruiffeau lympide & frais ;
Recevez-moi , faules épais ,
Sous votre agréable feuillage :
Dans ce beau lieu je veux en paix
Goûter le charme de l'ombrage
Que ce lit de mouffe à d'attraits
Pour mon coeur né fenfible & tendre !
~
BV
34 MERCURE DE FRANCE.
Pour le plaifir qu'il eft bien fait !
D'un doux tranfport , à cet objet ,
Mes fens ne peuvent fe défendre.
Je rêve ! .... &pouffe des foupirs ! ....
Et pourquoi cette inquiétude ? .
Délicieufe folitude ,
Manque-t - il rien à vos plaifirs ? ....
Foulant tous deux cette herbe épaiffe ,
Je voudrois lire mon bonheur ,
Dans les beaux yeux de ma maîtreffe.
Amour !... fixe pour moi fon coeur.
Mais enfin , continuai - je , pourquoi
nourrir plus long- tems une paffion inutile
qui me caufe du trouble ? profitons plutôt
& fans diftraction des plaifirs fimples &
tranquilles que la nature me préfente.
Je m'entretenois ainfi ,
Quand j'apperçus à mes côtés
Une Nymphe , dont le corfage
Offroit aux yeux plus de beautés
Que n'en avoit fon beau vifage :
Avec de grands cheveux nattés ,
Des fleurs diverfes qu'on moiffonne
Sur ces rivages enchantés ,
Elle portoit une couronne.
Je regrettois une friponne ;
Une Nymphe offroit à mes fens
Ces appas qu'amour abandonne
JUIN.
35 1755.
Aux feux libertins des amans :
Pouvois- je donc pleurer long- tems ?
Cédant aux erreurs de mon âge ,
J'oubliai tout en les voyant ,
Et je goûtai cet avantage
D'aimer enfin moins triftement.
Pardonnez ce libertinage :
Mais au récit où je m'engage
De conter tout ingénument ,
Vous m'avouerez qu'il eft plus fage ,
Plus doux auffi , plus confolant ,
Quand une ingrate nous outrage
D'échapper à l'amour conſtant
Pour courir à l'amour volage .
Je vous connois ; oui , je le gage ,
Vous en auriez fait tout autant .
Mais néanmoins à cette vûe ,
Saifi de trouble & l'ame émue ,
Je me cachai dans les rofeaux :
Ne craignez rien , s'écria -t -elle ,
Berger , je fuis une immortelle ,
Fille du fouverain des flots ;
C'est moi qui dans cette prairie
Fais couler ce petit ruiſſeau ;
Venez , la fraîcheur de fon eau
A vous y baigner vous convie.
Rien ne peut-il calmer vos feux ,
Ajoûta-t-elle avec tendreffe ?
B vj
36 MERCURE DE FRANCE
Ah ! queje hais cette maîtreffe
Qui fe refuſe à tous vos voeux.
Ne formez que d'aimables noeuds ;
Comme l'amour ayez des aîles ;
Jeune & difcret , loin des cruelles
Vous méritez d'être un heureux .
Vous le ferez , féchez vos larmes ,
Regnez fur mon coeur , fur ces lieux ;
Je n'ai peut-être pas fes charmes ,
Mais je fçaurai vous aimer mieux.
Qu'une Déeffe eft féduiſante !
Ah ! m'écriai -je , tout m'enchante ,
Tout me captive en ce féjour ;
Tout eft ici , Nymphe charmante ,
Digne de vous & de l'amour .
Vous voyez qu'à fon compliment
Où j'entrevis de la tendreffe ,
Je répondis à la Déeſſe
Par un propos affez galant .
Après ces mots , plein d'affurance
Avec yvreffe je m'élance ,
Et me laiffe aller dans les bras
De mon aimable Néreïde ,
Qui vers la demeure liquide
Elle-même guida mes pas.
Les peupliers fur mon paffage
Sembloient doucement agiter
Et leurs rameaux & leur feuillage ,
JUIN. 37. 1755
Ils paroiffoient nous inviter
Arepofer fous leur ombrage.
D'un mouvement vif & léger
Les cignes avançoient fur l'onde ,
Et fans mourir ils frappoient l'air
Du chant le plus tendre du monde .
Parmi leurs fons mélodieux ,
Mais cependant moins gracieux
Que les accens de Jéliotte ,
Nous arrivâmes à la grotte
Où j'allois voir combler mes voeux.
Je pourrois en dire davantage ; mais ne
feroit ce pas manquer aux Dieux que de
revéler leurs myfteres à des profanes : j'a
joûte pourtant
Que cette jeune Déïté ,
Par fon doux & tendre langage ,
Tint long-tems mon coeur enchanté
Et fçut , quoique je fois né fage ,
Me faire aimer la volupté.
Le moment vint de nous féparer : que
ne fit- elle pas pour me retenir ! Calipfo ne !
mit pas enen ufage plus de charmes pour ar
rêter le fils du vieux Laërte : mais comme
ce héros , je fçus y réfifter ; je lui fis enfin
mes derniers adieux . Ses bras s'ouvrirent
pour m'embraffer : ah , dit - elle en verfant
les plus tendres larmes , je méritois
38 MERCURE DE FRANCE.
que vous euffiez voulu couler avec moi le
refte de vos jours ; fi vous m'avez chérie ,
continua - t- elle , ne me refufez pas ce baifer
; laiffez - moi ravir au fort qui vous
éloigne de moi , cette joie qui pour moi
fera la derniere. Adieu.
Chere Nymphe , m'écriai - je , je la regardois
dans ce moment :
Mais quelles furent mes alarmes
D'appercevoir ce corps fi beau ,
De mes mains s'écouler en larmes ,
Et ne plus être qu'un ruiffeau ;
Dont l'onde tranſparente & pure
Se ramaffant contre mon fein ,
Avec le plus trifte murmure
Autour de moi forme un baffin.
1
Je m'y plongeai avec tranſport , & après
m'y être baigné une heure j'en fortis avec
trifteffe . Que n'étions-nous au fiécle des
métamorphofes !
C Ainfi que
bien des malheureux
Qu'en fes écrits célebre Ovide ,
J'aurois pû demander aux Dieux
De devenir un corps fluide ,
Et j'euffe été fans doute heureux
En mêlant mes flots amoureux
Aux ondes que la Neréide
Epanchoit de fon fein humide ;
JUIN. 39 1755 .
Comme un fleuve majestueux ,
Qui voit croître en fon cours fa gloire & fa fortune
De mes deftins trop glorieux ,
On ne m'eût jamais vû dans le fein de Neptune ,
Porter des flots ambitieux ;
Mais , ruiffeau toujours grácieux ,
D'un cours égal , jamais rapide ,
Avec elle d'une eau lympide
J'euffe arrofé toujours ces lieux.
Mais , comme vous voyez , l'immortalité
me devenoit impoffible.
De maniere qu'en un moment
Je m'éloignai de la fontaine ,
Comme j'étois auparavant ,
Revêtu de ma forme humaine ;
Et P ..... tout uniment.
-
Je retournai à mon auberge , où je mangeai
de très - bonne grace : le fouper étoit
bon ; nous eûmes la précaution de mettre
une couple de poulets entre deux croûtes
pour en déjeûner le lendemain . Effectivement
, après avoir marché quelque tems ,
nous nous écartâmes de la voiture.
Puis fur la molle & tendre herbette ,
Sans nappe mife , fans affiette ,
A l'ombre d'un vieux chêne affis ,
40 MERCURE DE FRANCE.
Des deux croûtes d'un pain raffis
N'ayant que mes doigts pour fourchette ;
Je tirai nos poulets rôtis .
En même tems de ma pochette
Je fis fortir un doux flacon
D'où j'aillit un vin bourguignon ,
Qui nous rafraîchit la luette .
Après avoir bû amplement à votre fanté
, nous regagnâmes le coche. Nous arrivâmes
le foir à Joigny pour en repartir le
lendemain avant le jour : on nous éveilla
à deux heures ; le ciel étoit pur & clair , &
promettoit une belle matinée. Je me propofai
d'examiner fi les defcriptions qu'en
font les Poëtes étoient exactes , d'en étudier
tous les momens & d'en fuivre les accidens
& les circonftances : une heure après
notre départ je me fis ouvrir la portiere ,
& laiffant mes compagnons de voyage
dormir profondément, je continuai la route
à pied.
Un crépuscule encor peu für
Ne laiffoit voir loin du village ,
Que le chaume & le faîte obfcur
Des cabanes du voifinage ,
Que quelques pins , dont le feuillage
S'étoit découpé fur l'azur
D'un ciel ſerein & fans nuage,
JUIN. 41 17558
Je difois , heureux laboureurs ,
Maintenant un fommeil paisible
Sur vous prodigue fes faveurs ;
Et fi l'amour eft dans vos coeurs ,
A l'amour feul il eft poffible
D'en interrompre les douceurs .
En s'éloignant des coeurs profanes
Cet enfant ne dédaigne pas
D'habiter vos humbles cabanes ;
Il aime à voler fur les pas ,
A folâtrer entre les bras
De ces gentilles payſannes ,
Dont lui-même orne les appas.
C'eft aux champs qu'amour prit naiffance ,
Il y lança fes premiers traits ;
Sur les habitans des forêts
Venus exerça fon enfance.
Eh ! qu'il acquit d'expérience !
Bientôt les hommes & les Dieux
Contre lui furent fans défenſe ;
Des bois il vola dans les cieux ;
Mais il chérit toujours les lieux ,
Premiers témoins de fa puiffance.
De l'Hefperus l'aftre brillant
Ne regne plus fur les étoiles ,
L'ombre s'éloigne , & dans fes voiles
Se précipite à l'occident .
Mais un rayon vif de lumiere
42 MERCURE DE FRANCE.
S'eft élancé de l'horizon ;
Voici l'époufe de Titon , •
Qui du jour ouvre la barriere.
Sur un char peint de cent couleurs
Viens , Aurore , avec tous tes charmes ,
Viens & répands de tendres larmes
Sur les gazons & fur les fleurs.
Que ces momens font enchanteurs !
Un verd plus frais , de ce feuillage
A ranimé le doux éclat ;
En reprenant ſon incarnat ,
La jeune fleur , au badinage
Du papillon vif & volage
Ouvre fon vafe délicat ;
Il fuit , & je vois cet ingrat
Porter à toutes fon hommage.
Que l'air eft pur ; quelle fraîcheur !
Du fein humide dés fougeres
S'exhale une fuave odeur ,
Qu'en frémiffant avec douceur ,
Au loin fur fes aîles légeres
Porte & difperfe un vent flateur.
Une langueur délicieuſe
Coule en mes fens .... ah ! quel plaifir !
Je ne fçais quoi vient me faifir
Qui rend mon ame plus heureuſe .
Mais la fauvette à fon reveil
Des bois a rompu le filence :
J'entends fa voix , & du ſoleil
JUIN.
43
1755-
Ses chants m'annoncent la préfence.
Déja brille fur les guerêts
Le fer aigu de la charrue ;
L'adroit chaffeur dans les forêts
Attend qu'épris des doux attraits
De l'herbette fraîche & menue
Le levreau vienne dans ſes rêts
Chercher une mort imprévûe.
Bientôt au fon des chalumeaux
Que les Bergeres font entendre
Les bercails s'ouvrent , les
agneaux
Sous la houlette vont ſe rendre ;
Je les vois fortir des hameaux ,
Et fous les yeux d'un chien fidele .
Couvrir les rives des ruiffeaux ,
Se répandre fur les côteaux
Où croit le thyn qui les appelle ,
Jufqu'au moment où la chaleur
En deffechant les pâturages ,
Les fera fuir dans les bocages
Pour goûter l'ombre & la fraîcheur ,
Cette belle matinée me caufa le plaifir le
plus pur que j'aie reffenti de ma vie . Ce
charme eft inexprimable : qu'avec admiration
mes yeux fe tournerent vers l'orient !
Flambeau du jour , aftre éclatant ,
D'un Dieu caché , viſible image ,
Vous m'avez vû dans ce moment
44 MERCURE DE FRANCE.
>
Par mes tranfports vous rendre hommage.
A ce fpectacle encor nouveau
O foleil ! je te fis entendre
Cet hymne digne de Rameau ,
Où fur leurs temples mis en cendre ,
Les Incas chantent leurs regrets ,
Et rendent grace à tes bienfaits
Toujours fur eux prêts à defcendre.
Bientôt je remontai dans le coche mieux
inftruit par la nature elle- même que par
tout ce que j'avois vû , & chez les anciens
& chez les modernes , & dans les Poëtes
& chez les Peintres.
Jufqu'à Melun il ne nous arriva rien
de particulier , finon qu'à Villeneuve - la-
Guyard nous vîmes arriver une chaife de
pofte , d'où fortirent un jeune homme de
fort bonne mine , & un autre qui paroiffoit
plus jeune ; mais le tein délicat de celui-
ci & le ton de fa voix nous firent deviner
que l'un étoit une jeune fille déguifée
, & l'autre fon amant.
C'étoit fans doute un féducteur ,
Qui loin du toît trifte & grondeur
D'une maman toujours mauvaiſe ,
De fa maîtreffe amant vainqueur ,
Avec elle fuyoit en chaife ,
Afin qu'il pût tout à fon aiſe
JUIN.
45 1755.
En poffeder le petit coeur.
Le lendemain nous dînâmes à Moret
d'où nous partîmes pour aller coucher ,
Melun. Nous traverfâmes la forêt de Fontainebleau
: qu'elle est belle ! Nous arrivâmes
de bonne heure à Melun , où ne fçachant
que faire nous allâmes voir les marionettes.
Polichinelle & Gigogne fa mie
Avoient l'heur de nous divertir :
Je l'avouerai , je pris quelque plaifir
A voir dans fa bouffonnerie
Un automate amufer mon loifir
Mieux qu'un trifte mortel dont le bon fens m'en
nuie.
Le lendemain nous arrivâmes fains &
gais à Paris.
Et c'eft de ce même Paris
Qu'imitant le gentil Chapelle ,
En profe , en vers je vous écris.
Adieu , je gagne ma ruelle ;
Bon foir , adieu , mes chers amis.
Je me fens flaté de ce titre ;
Et fuis , ma foi , par fentiment ,
Meffieurs , ce qu'au bout d'une épitre
On dit être par compliment.
P .....
A Mis , vous attendez fans doute
Que je vous faffe le récit
Bien détaillé , de ce qu'en route
J'ai vu , j'ai fçu , j'ai fait , j'ai dit :
Oui , je m'en vais fur mon hiftoire
De mon mieux vous entretenir ;
Sans peine vous pouvez me croire ,
Vous le fçavez , il eſt notoire
Qu'un Bourguignon ne peut mentir.
D'être par- tout bien véritable ,
Je ne le
promets pourtant pas :
Car bien fouvent il eft des cas ,
Où pour rendre plus agréable
La fatigante vérité ,
Il faut du manteau de la Fable
Couvrir fa trifte nudité.
Vous l'avouerez ; mais que ma Muſe
Et vous inftruiſe & vous amuſe ,
Hélas ! je n'ofe m'en flater ;
N'importe , plein de confiance ,
Pour répondre à votre eſpérance ,
J'oſe tout faire & tout tenter.
Attention , faites filence ;
Je prends la plume , je commence :
II. Vol. B
26 MERCURE DE FRANCE .
Or , vous plaît-il de m'écouter.
Je vous quittai avec tous les fentimens
d'une parfaite reconnoiffance & d'une
amitié fincere. MM ...... me reconduifirent
jufqu'au bas de Talent ; là je reçus
leurs adieux , & je les embraffai le regret
dans le coeur :
Mais nous voilà dans l'équipage ,
Des fouets l'air a retenti :
Santé conftante & bon voyage ;
Allons , cocher ; on eft parti.
Nous nous trouvâmes fept dans la voiture
; mais plaignez-moi avec ce nombre .
Pas un minois qu'on pût baiſer ;
Pas une femme un peu jolie ,
Vers qui tout bas l'on pût jafer ,
Dont je puffe pour m'amufer
Faire en chemin ma bonne amie.
C'étoit d'un côté un homme fort ennuyeux
, qui fe nommoit M. Chufer , avec
le Sr Taillard , dont tout Paris fans doute
connoîtra bientôt les talens fupérieurs qu'il
a pour la flûte. Une femme âgée occupoit
le fond .
A côté de cette vieille ama
JUIN.
27 1755 .
Etoit affis un Provençal ;
Du Provençal & de la Dame
Je ne dirai ni bien ni mal.
Mais fi j'ai mérité l'Enfer ,
Seigneur , modere ta juftice ,
Et ne mets pas pour mon fupplice ,
A mes côtés M. Chufer.
Sur ce qui refte il faut fe taire ;
Car nous ne sommes plus que trois ,
Qui font B ....moi , mon frere ,
Que bien vous connoiffez , je crois .
Arrivés au Val- de- Suzon , on nous fervit
à déjeûner.
Des écreviffes & des truites :
En ce pays , quoique petites ,
Cela fait un mets excellent ,
Quand dans du vin rouge ou du blanc
Au petit lard elles font cuites :
Nous allâmes dîner à Saint- Seine .
C'eſt-là que coule cette fource
Qui , répandant au loin fes flots,
Porte fes ondes aux Badauts ,
Et dans la mer finit la courfe.
Le foir nous arrivâmes à Chanceaux, ou
Bij
28 MERCURE DE FRANCE .
nous foupâmes de bon appétit : nous fumes
un peu furpris de voir notre hôte malade
d'une fievre maligne , chercher à la guérir
avec du vin qu'il buvoit avec une confiance
dont il devoit tout appréhender . Comme
nous lui en marquions notre étonnement ,
il nous répondit avec naïveté que ce qui
* faifor du bé ne pòvor fare du man ; & en
effet
Un Bourguignon peut-il penfer
Qu'un demi- Dieu , comme Efculape ;
En pouvoir puiffe ſurpaſſer
Le Dieu qui fait naître la grappe ?
Non , non ,
dans vos heureux climats
Le vin , cette liqueur divine
Préferve un homme du trépas ,
Lorfqu'en ceux-ci la Médecine
Les jette tous entre les bras
De la cruelle Libitine.
Je cheminois paifiblement , laiffant errer
avec volupté mes yeux fur les objets qui ,
à mesure que nous avancions , fe découvroient
à ma vûe : vous fçavez comme j'aime
la campagne , & combien je fuis touché
de fes agrémens . Qu'avec bien du
plaifir je promenai mes regards fur cette
* Patois Bourguignon , que ce qui faiſoit dų
bien ne pouvoit faire du mal,
JUIN. 1755 29
belle vallée qui s'offre fur la gauche en arrivant
à Montbard ! la variété des objets
en fait un très -beau lieu : on voit une chaî
ne de montagnes qui bornent l'horizon
mais qui s'étendant au loin & fe perdant
dans l'éloignement , font douter à l'azur
qui colore leur cîme n'eft point celui dont
s'embellit le firmament , tant les plus lointaines
extrêmités femblent fe confondre
avec le ciel. En revenant de fi loin , la vûe
fe ramene fur les collines , que les regards
avoient d'abord faifies . Sur leur penchant
on voit plufieurs maifons de Laboureurs
qui dominent une prairie riche de tout ce
qui rend une campagne belle & fertile.
Tout cela mériteroit fans doute les honneurs
de la Poëfie ; mais je n'ofe me croire
capable de peindre ces beautés d'une maniere
neuve & originale.
La Peinture , la Poëfie
Dans leurs payſages rians ,
Les miracles de la fêrie
N'ont pas des lieux auffi charmans,
O beaux vallons , où le Penée
Paifiblement roule fes eaux !
M'offririez -vous tous les tableaux
De cette rive fortunée ?
Quelle aimable diverfité !
Fontaines , bois , côteaux , montagnes ,
Biij
30 MERCURE DE FRANCE.
Tout ce qu'ont d'attraits les campagnes
S'offroit à mon cel enchanté.
Une fi douce rêverie
Vint furprendre tous mes efprits :
Je fus fi tendrement épris
Des charmes de la bergerie ,
Qu'en vérité dans ma folie
J'eufle donné tout ce Paris
Pour un hameau dans la prairie
Qu'en Peintre vrai je vous décris .
Au milieu de ces idées j'eus la fantaiſie ,
malgré l'extrême chaleur , de voir de plus
près cette belle vallée : je deſcendis du car-
∙roffe , & après avoir adoré les Divinités du
pays , je m'avançai fous leurs aufpices vers
un petit bois , d'où pouvant confiderer tout
le champêtre des environs , je goûtai encore
la fraîcheur d'unefontaine qui y couloit
: ah ! dis- je , en me couchant fur l'herbe
qui tapiffoit fes bords ,
Ici Phoebus ne porte point ſes traits ;
Que je chéris cette humide fontaine ,
Où le tilleul fous un feuillage épais ,
Contre les feux m'offre une ombre certaine !
Ces bois , ces eaux ont pour moi mille attraits ;
Mais des vallons il s'éleve un vent frais
Qui fur les fleurs le joue & fe promene ;
Venez , Zéphir , je vous ouvre mon fein ,
JUIN. 1755. 31
.
Pénétrez-moi de vos fraiches haleines ,
Calmez l'ardeur qu'allume dans mes veines
De Syrius l'aftre aride & mal fain.
*
Si je chéris les bois & les prairies ,
Léger Zéphir , je n'y cherche que vous ;
Vous réparez mes forces affoiblies ,
1
Et je vous dois un repos qui m'eſt doux ;
En ce moment vous feul me rendez chere
Cette retraite obfcure & folitaire :
Loin des cités , dans le calme & la paix ,
Parmi les fleurs , la mouffe & la fougere ,
Pour refpirer votre vapeur légere ,
Toujours puiffai -je errer dans ces bofquets .
J'eus à peine achevé cette priere qu'un
air plus vif s'éleva autour de moi en frémiffant
légerement ; mais je fus bien furpris
, quand après quelques momens de repos
voulant m'éloigner & reprendre ma
route , je me fentis enveloppé par un tourbillon
& emporté dans les airs ,
d'où je
defcendis doucement près de la voiture ,
qui déja s'étoit fort éloignée ; je ne doupas
que Zéphyr par une faveur particuliere
, ne m'eût enlevé fur fes aîles , afin
de m'éviter un trajet que rendoit pénible
l'extrême chaleur.
tai
Je repris ma place dans la voiture en
* Etoile qui eft à la tête de la canicule.
Biv
32 MERCURE DE FRANCE.
regrettant un fi beau lieu , & j'arrivai à
Montbard. Si vous prenez garde aux deux
mots qui compofent le nom de cette ville ,
vous préfumerez comme moi qu'elle étoit
jadis une retraite des anciens Bardes . Les
Bardes étoient tous Poëtes , & ils étoient
appellés Sages parmi les Gaulois : il y a
aujourd'hui bien du déchet ; mais avançons.
>
Pendant qu'on nous apprêtoit à dîner
nous allâmes voir la maifon de M. de B...
Gouverneur de Montbard . Tout y paroît
appartenir à un Philoſophe aimable ; des
appartemens nous montâmes à la terraffe ,
où nous vîmes à l'extrêmité d'un petit jardin
un joli fallon tout en coquilles de diverfes
couleurs ; il eft tout fimple d'imaginer
que c'eft la grotte de quelques Nymphes
du voisinage.
Oui , par ce tiffu de coquilles
Qui forme ce fallon charmant ,
On croit que c'est l'appartement
De quelques Nayades gentilles ,
Qui laffes de refter dans l'eau
Et de courir dans la prairie ,
Viennent par fois dans ce château
Egayer leur mélancolie .
Le lendemain nous arrivâmes à Auxerre
JUIN. 7755
33
où nous couchâmes , & qui me parut une
ville peu agréable ; Villeneuve- le - Roi où l'on
ne compte qu'une belle rue , me plairoit
mieux nous y foupâmes le lendemain ;
il faifoit extrêmement chaud . Dès que je
fus arrivé , je me fentis une envie preffante
de m'aller baigner ; je me rendis fur
les bords de l'Yonne , je vis le Dieu du
Aleuve qui fe promenoit avec une pompe
& un appareil qui m'en impoferent : je
craignis de trouver du danger où je
voyois tant de majeſté ; je me retirai &
je fus m'affeoir vers un petit ruiffeau ombragé
de faules qui venoit s'y rendre . Je
m'affis ; bientôt j'éprouvai ce calme & ce
filence intérieur où nous livre la folitude ;
mais comme l'idée de la galanterie vient
naturellement s'unir aux impreffions que
laiffe un lieu agréable , je me mis à rêver
à une volage , & de la fouhaiter à mes côtés
: je difois ,
Je viens m'affeoir fur le rivage
De ce ruiffeau lympide & frais ;
Recevez-moi , faules épais ,
Sous votre agréable feuillage :
Dans ce beau lieu je veux en paix
Goûter le charme de l'ombrage
Que ce lit de mouffe à d'attraits
Pour mon coeur né fenfible & tendre !
~
BV
34 MERCURE DE FRANCE.
Pour le plaifir qu'il eft bien fait !
D'un doux tranfport , à cet objet ,
Mes fens ne peuvent fe défendre.
Je rêve ! .... &pouffe des foupirs ! ....
Et pourquoi cette inquiétude ? .
Délicieufe folitude ,
Manque-t - il rien à vos plaifirs ? ....
Foulant tous deux cette herbe épaiffe ,
Je voudrois lire mon bonheur ,
Dans les beaux yeux de ma maîtreffe.
Amour !... fixe pour moi fon coeur.
Mais enfin , continuai - je , pourquoi
nourrir plus long- tems une paffion inutile
qui me caufe du trouble ? profitons plutôt
& fans diftraction des plaifirs fimples &
tranquilles que la nature me préfente.
Je m'entretenois ainfi ,
Quand j'apperçus à mes côtés
Une Nymphe , dont le corfage
Offroit aux yeux plus de beautés
Que n'en avoit fon beau vifage :
Avec de grands cheveux nattés ,
Des fleurs diverfes qu'on moiffonne
Sur ces rivages enchantés ,
Elle portoit une couronne.
Je regrettois une friponne ;
Une Nymphe offroit à mes fens
Ces appas qu'amour abandonne
JUIN.
35 1755.
Aux feux libertins des amans :
Pouvois- je donc pleurer long- tems ?
Cédant aux erreurs de mon âge ,
J'oubliai tout en les voyant ,
Et je goûtai cet avantage
D'aimer enfin moins triftement.
Pardonnez ce libertinage :
Mais au récit où je m'engage
De conter tout ingénument ,
Vous m'avouerez qu'il eft plus fage ,
Plus doux auffi , plus confolant ,
Quand une ingrate nous outrage
D'échapper à l'amour conſtant
Pour courir à l'amour volage .
Je vous connois ; oui , je le gage ,
Vous en auriez fait tout autant .
Mais néanmoins à cette vûe ,
Saifi de trouble & l'ame émue ,
Je me cachai dans les rofeaux :
Ne craignez rien , s'écria -t -elle ,
Berger , je fuis une immortelle ,
Fille du fouverain des flots ;
C'est moi qui dans cette prairie
Fais couler ce petit ruiſſeau ;
Venez , la fraîcheur de fon eau
A vous y baigner vous convie.
Rien ne peut-il calmer vos feux ,
Ajoûta-t-elle avec tendreffe ?
B vj
36 MERCURE DE FRANCE
Ah ! queje hais cette maîtreffe
Qui fe refuſe à tous vos voeux.
Ne formez que d'aimables noeuds ;
Comme l'amour ayez des aîles ;
Jeune & difcret , loin des cruelles
Vous méritez d'être un heureux .
Vous le ferez , féchez vos larmes ,
Regnez fur mon coeur , fur ces lieux ;
Je n'ai peut-être pas fes charmes ,
Mais je fçaurai vous aimer mieux.
Qu'une Déeffe eft féduiſante !
Ah ! m'écriai -je , tout m'enchante ,
Tout me captive en ce féjour ;
Tout eft ici , Nymphe charmante ,
Digne de vous & de l'amour .
Vous voyez qu'à fon compliment
Où j'entrevis de la tendreffe ,
Je répondis à la Déeſſe
Par un propos affez galant .
Après ces mots , plein d'affurance
Avec yvreffe je m'élance ,
Et me laiffe aller dans les bras
De mon aimable Néreïde ,
Qui vers la demeure liquide
Elle-même guida mes pas.
Les peupliers fur mon paffage
Sembloient doucement agiter
Et leurs rameaux & leur feuillage ,
JUIN. 37. 1755
Ils paroiffoient nous inviter
Arepofer fous leur ombrage.
D'un mouvement vif & léger
Les cignes avançoient fur l'onde ,
Et fans mourir ils frappoient l'air
Du chant le plus tendre du monde .
Parmi leurs fons mélodieux ,
Mais cependant moins gracieux
Que les accens de Jéliotte ,
Nous arrivâmes à la grotte
Où j'allois voir combler mes voeux.
Je pourrois en dire davantage ; mais ne
feroit ce pas manquer aux Dieux que de
revéler leurs myfteres à des profanes : j'a
joûte pourtant
Que cette jeune Déïté ,
Par fon doux & tendre langage ,
Tint long-tems mon coeur enchanté
Et fçut , quoique je fois né fage ,
Me faire aimer la volupté.
Le moment vint de nous féparer : que
ne fit- elle pas pour me retenir ! Calipfo ne !
mit pas enen ufage plus de charmes pour ar
rêter le fils du vieux Laërte : mais comme
ce héros , je fçus y réfifter ; je lui fis enfin
mes derniers adieux . Ses bras s'ouvrirent
pour m'embraffer : ah , dit - elle en verfant
les plus tendres larmes , je méritois
38 MERCURE DE FRANCE.
que vous euffiez voulu couler avec moi le
refte de vos jours ; fi vous m'avez chérie ,
continua - t- elle , ne me refufez pas ce baifer
; laiffez - moi ravir au fort qui vous
éloigne de moi , cette joie qui pour moi
fera la derniere. Adieu.
Chere Nymphe , m'écriai - je , je la regardois
dans ce moment :
Mais quelles furent mes alarmes
D'appercevoir ce corps fi beau ,
De mes mains s'écouler en larmes ,
Et ne plus être qu'un ruiffeau ;
Dont l'onde tranſparente & pure
Se ramaffant contre mon fein ,
Avec le plus trifte murmure
Autour de moi forme un baffin.
1
Je m'y plongeai avec tranſport , & après
m'y être baigné une heure j'en fortis avec
trifteffe . Que n'étions-nous au fiécle des
métamorphofes !
C Ainfi que
bien des malheureux
Qu'en fes écrits célebre Ovide ,
J'aurois pû demander aux Dieux
De devenir un corps fluide ,
Et j'euffe été fans doute heureux
En mêlant mes flots amoureux
Aux ondes que la Neréide
Epanchoit de fon fein humide ;
JUIN. 39 1755 .
Comme un fleuve majestueux ,
Qui voit croître en fon cours fa gloire & fa fortune
De mes deftins trop glorieux ,
On ne m'eût jamais vû dans le fein de Neptune ,
Porter des flots ambitieux ;
Mais , ruiffeau toujours grácieux ,
D'un cours égal , jamais rapide ,
Avec elle d'une eau lympide
J'euffe arrofé toujours ces lieux.
Mais , comme vous voyez , l'immortalité
me devenoit impoffible.
De maniere qu'en un moment
Je m'éloignai de la fontaine ,
Comme j'étois auparavant ,
Revêtu de ma forme humaine ;
Et P ..... tout uniment.
-
Je retournai à mon auberge , où je mangeai
de très - bonne grace : le fouper étoit
bon ; nous eûmes la précaution de mettre
une couple de poulets entre deux croûtes
pour en déjeûner le lendemain . Effectivement
, après avoir marché quelque tems ,
nous nous écartâmes de la voiture.
Puis fur la molle & tendre herbette ,
Sans nappe mife , fans affiette ,
A l'ombre d'un vieux chêne affis ,
40 MERCURE DE FRANCE.
Des deux croûtes d'un pain raffis
N'ayant que mes doigts pour fourchette ;
Je tirai nos poulets rôtis .
En même tems de ma pochette
Je fis fortir un doux flacon
D'où j'aillit un vin bourguignon ,
Qui nous rafraîchit la luette .
Après avoir bû amplement à votre fanté
, nous regagnâmes le coche. Nous arrivâmes
le foir à Joigny pour en repartir le
lendemain avant le jour : on nous éveilla
à deux heures ; le ciel étoit pur & clair , &
promettoit une belle matinée. Je me propofai
d'examiner fi les defcriptions qu'en
font les Poëtes étoient exactes , d'en étudier
tous les momens & d'en fuivre les accidens
& les circonftances : une heure après
notre départ je me fis ouvrir la portiere ,
& laiffant mes compagnons de voyage
dormir profondément, je continuai la route
à pied.
Un crépuscule encor peu für
Ne laiffoit voir loin du village ,
Que le chaume & le faîte obfcur
Des cabanes du voifinage ,
Que quelques pins , dont le feuillage
S'étoit découpé fur l'azur
D'un ciel ſerein & fans nuage,
JUIN. 41 17558
Je difois , heureux laboureurs ,
Maintenant un fommeil paisible
Sur vous prodigue fes faveurs ;
Et fi l'amour eft dans vos coeurs ,
A l'amour feul il eft poffible
D'en interrompre les douceurs .
En s'éloignant des coeurs profanes
Cet enfant ne dédaigne pas
D'habiter vos humbles cabanes ;
Il aime à voler fur les pas ,
A folâtrer entre les bras
De ces gentilles payſannes ,
Dont lui-même orne les appas.
C'eft aux champs qu'amour prit naiffance ,
Il y lança fes premiers traits ;
Sur les habitans des forêts
Venus exerça fon enfance.
Eh ! qu'il acquit d'expérience !
Bientôt les hommes & les Dieux
Contre lui furent fans défenſe ;
Des bois il vola dans les cieux ;
Mais il chérit toujours les lieux ,
Premiers témoins de fa puiffance.
De l'Hefperus l'aftre brillant
Ne regne plus fur les étoiles ,
L'ombre s'éloigne , & dans fes voiles
Se précipite à l'occident .
Mais un rayon vif de lumiere
42 MERCURE DE FRANCE.
S'eft élancé de l'horizon ;
Voici l'époufe de Titon , •
Qui du jour ouvre la barriere.
Sur un char peint de cent couleurs
Viens , Aurore , avec tous tes charmes ,
Viens & répands de tendres larmes
Sur les gazons & fur les fleurs.
Que ces momens font enchanteurs !
Un verd plus frais , de ce feuillage
A ranimé le doux éclat ;
En reprenant ſon incarnat ,
La jeune fleur , au badinage
Du papillon vif & volage
Ouvre fon vafe délicat ;
Il fuit , & je vois cet ingrat
Porter à toutes fon hommage.
Que l'air eft pur ; quelle fraîcheur !
Du fein humide dés fougeres
S'exhale une fuave odeur ,
Qu'en frémiffant avec douceur ,
Au loin fur fes aîles légeres
Porte & difperfe un vent flateur.
Une langueur délicieuſe
Coule en mes fens .... ah ! quel plaifir !
Je ne fçais quoi vient me faifir
Qui rend mon ame plus heureuſe .
Mais la fauvette à fon reveil
Des bois a rompu le filence :
J'entends fa voix , & du ſoleil
JUIN.
43
1755-
Ses chants m'annoncent la préfence.
Déja brille fur les guerêts
Le fer aigu de la charrue ;
L'adroit chaffeur dans les forêts
Attend qu'épris des doux attraits
De l'herbette fraîche & menue
Le levreau vienne dans ſes rêts
Chercher une mort imprévûe.
Bientôt au fon des chalumeaux
Que les Bergeres font entendre
Les bercails s'ouvrent , les
agneaux
Sous la houlette vont ſe rendre ;
Je les vois fortir des hameaux ,
Et fous les yeux d'un chien fidele .
Couvrir les rives des ruiffeaux ,
Se répandre fur les côteaux
Où croit le thyn qui les appelle ,
Jufqu'au moment où la chaleur
En deffechant les pâturages ,
Les fera fuir dans les bocages
Pour goûter l'ombre & la fraîcheur ,
Cette belle matinée me caufa le plaifir le
plus pur que j'aie reffenti de ma vie . Ce
charme eft inexprimable : qu'avec admiration
mes yeux fe tournerent vers l'orient !
Flambeau du jour , aftre éclatant ,
D'un Dieu caché , viſible image ,
Vous m'avez vû dans ce moment
44 MERCURE DE FRANCE.
>
Par mes tranfports vous rendre hommage.
A ce fpectacle encor nouveau
O foleil ! je te fis entendre
Cet hymne digne de Rameau ,
Où fur leurs temples mis en cendre ,
Les Incas chantent leurs regrets ,
Et rendent grace à tes bienfaits
Toujours fur eux prêts à defcendre.
Bientôt je remontai dans le coche mieux
inftruit par la nature elle- même que par
tout ce que j'avois vû , & chez les anciens
& chez les modernes , & dans les Poëtes
& chez les Peintres.
Jufqu'à Melun il ne nous arriva rien
de particulier , finon qu'à Villeneuve - la-
Guyard nous vîmes arriver une chaife de
pofte , d'où fortirent un jeune homme de
fort bonne mine , & un autre qui paroiffoit
plus jeune ; mais le tein délicat de celui-
ci & le ton de fa voix nous firent deviner
que l'un étoit une jeune fille déguifée
, & l'autre fon amant.
C'étoit fans doute un féducteur ,
Qui loin du toît trifte & grondeur
D'une maman toujours mauvaiſe ,
De fa maîtreffe amant vainqueur ,
Avec elle fuyoit en chaife ,
Afin qu'il pût tout à fon aiſe
JUIN.
45 1755.
En poffeder le petit coeur.
Le lendemain nous dînâmes à Moret
d'où nous partîmes pour aller coucher ,
Melun. Nous traverfâmes la forêt de Fontainebleau
: qu'elle est belle ! Nous arrivâmes
de bonne heure à Melun , où ne fçachant
que faire nous allâmes voir les marionettes.
Polichinelle & Gigogne fa mie
Avoient l'heur de nous divertir :
Je l'avouerai , je pris quelque plaifir
A voir dans fa bouffonnerie
Un automate amufer mon loifir
Mieux qu'un trifte mortel dont le bon fens m'en
nuie.
Le lendemain nous arrivâmes fains &
gais à Paris.
Et c'eft de ce même Paris
Qu'imitant le gentil Chapelle ,
En profe , en vers je vous écris.
Adieu , je gagne ma ruelle ;
Bon foir , adieu , mes chers amis.
Je me fens flaté de ce titre ;
Et fuis , ma foi , par fentiment ,
Meffieurs , ce qu'au bout d'une épitre
On dit être par compliment.
P .....
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Résumé : Voyage de Dijon à Paris, fait en 1746.
En 1746, un Bourguignon entreprend un voyage de Dijon à Paris. L'auteur s'engage à narrer ses aventures avec sincérité, tout en reconnaissant que la vérité peut être embellie par la fable. Il quitte Dijon avec gratitude et amitié, accompagné de sept personnes, dont un homme ennuyeux nommé M. Chufer et un musicien talentueux, le Sr Taillard. Le groupe fait plusieurs arrêts, notamment au Val-de-Suzon où ils déjeunent d'écrevisses et de truites, et à Saint-Seine où ils dînent près d'une source célèbre. L'auteur admire la beauté des paysages, notamment la vallée de Montbard, et exprime son amour pour la campagne. Il décrit une expérience mystique où il est emporté par le vent et retrouve la voiture plus loin. À Montbard, il visite la maison du gouverneur et admire une grotte artificielle. Le voyage se poursuit à Auxerre, une ville qu'il trouve peu agréable, et à Villeneuve-le-Roi. À Villeneuve-le-Roi, l'auteur se baigne dans l'Yonne et rencontre une nymphe qui l'invite à se baigner dans son ruisseau. La nymphe se révèle être une déesse des flots, qui l'emmène dans sa grotte aquatique. L'auteur passe un moment enchanteur avec elle avant de devoir se séparer. La déesse tente de le retenir, mais il résiste et lui fait ses adieux. Le texte relate également une profonde tristesse face à une séparation imminente, imaginant une métamorphose en fluide pour rester près de la personne aimée. L'auteur décrit un repas champêtre et une promenade matinale, admirant la beauté de la nature et les activités des paysans. Il observe les préparatifs agricoles et les premiers rayons du soleil, ressentant une langueur délicieuse. Il compose un hymne au soleil, inspiré par les Incas. Plus tard, il remarque un jeune couple fuyant ensemble dans une chaise de poste. Le voyage se poursuit jusqu'à Paris, où l'auteur assiste à un spectacle de marionnettes avant de regagner la ville. Le texte se conclut par des adieux amicaux et des compliments.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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185
p. 7-8
LE PHILOSOPHE MILITAIRE.
Début :
Est-il un sort plus heureux que le mien ? [...]
Mots clefs :
Paris, Coeur, Plaisir
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texteReconnaissance textuelle : LE PHILOSOPHE MILITAIRE.
LE PHILOSOPHE MILITAIRE.
Est-il un fort plus heureux que le mien ?
Dans ma petite folitude
Je n'ai que ce qu'il faut de bien
Pour vivre fans inquiétude.
Je me fuis fait de tout tems une loi
D'être réglé dans ma conduite ;
Cependant jamais je n'évite
Le plaifir quand il s'offre à moi .
Une douce philofophie ,
Que Dieu fait parler dans mon coeur ,
Seule eft la régle de ma vie ,
Et la caufe de mon bonheur.
**
A Corbi fous un toît ruftique ,
Au milieu des champs & des bois ,
C'eft-là que fouvent je m'applique
A regner dans mon coeur , à lui donner des loix.
C'eft-là que quand je vois fans ceffe
Mes paffions flater mes fens ,
Je crois voir des flateurs la troupe enchantereffe
M'offrir uninfipide encens.
A iv
S MERCURE DE FRANCE.
Je vois Corbi du même oeil que Verſailles
Souverain de mon coeur j'y vis en liberté :
L'innocence , la probité ,
Sont les remparts , font les murailles
Qui défendent notre cité.
Corbi n'eft qu'une foible image
De ce qu'il fut anciennement ;
Mais au moins a-t- il l'avantage,
S'il eft petii , d'être charmant.
Rien de plus gai , rien de plus agréable :
Il n'a point de Paris l'éclat tumultueux ;
Le plaifir eft moins vif, mais il eft plus durable
Mais il eſt plus délicieux.
Fait pour Paris , le fard ne peut rien fur nos ames,
Il feroit inutile en ces lieux écartés :
Autant on voit de jeunes Dames ,
Autant on compte de beautés.
Après le portrait fi fincere
Que je vous trace de ces lieux ,
Comment peut-on ne pas ſe plaire
Dans un féjour digne des Dieux.
De Sauvigny , Gendarme , à Corbi
Est-il un fort plus heureux que le mien ?
Dans ma petite folitude
Je n'ai que ce qu'il faut de bien
Pour vivre fans inquiétude.
Je me fuis fait de tout tems une loi
D'être réglé dans ma conduite ;
Cependant jamais je n'évite
Le plaifir quand il s'offre à moi .
Une douce philofophie ,
Que Dieu fait parler dans mon coeur ,
Seule eft la régle de ma vie ,
Et la caufe de mon bonheur.
**
A Corbi fous un toît ruftique ,
Au milieu des champs & des bois ,
C'eft-là que fouvent je m'applique
A regner dans mon coeur , à lui donner des loix.
C'eft-là que quand je vois fans ceffe
Mes paffions flater mes fens ,
Je crois voir des flateurs la troupe enchantereffe
M'offrir uninfipide encens.
A iv
S MERCURE DE FRANCE.
Je vois Corbi du même oeil que Verſailles
Souverain de mon coeur j'y vis en liberté :
L'innocence , la probité ,
Sont les remparts , font les murailles
Qui défendent notre cité.
Corbi n'eft qu'une foible image
De ce qu'il fut anciennement ;
Mais au moins a-t- il l'avantage,
S'il eft petii , d'être charmant.
Rien de plus gai , rien de plus agréable :
Il n'a point de Paris l'éclat tumultueux ;
Le plaifir eft moins vif, mais il eft plus durable
Mais il eſt plus délicieux.
Fait pour Paris , le fard ne peut rien fur nos ames,
Il feroit inutile en ces lieux écartés :
Autant on voit de jeunes Dames ,
Autant on compte de beautés.
Après le portrait fi fincere
Que je vous trace de ces lieux ,
Comment peut-on ne pas ſe plaire
Dans un féjour digne des Dieux.
De Sauvigny , Gendarme , à Corbi
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Résumé : LE PHILOSOPHE MILITAIRE.
Le texte présente la philosophie de vie et les préférences d'un individu résidant à Corbi, probablement un militaire. Cet individu se décrit comme heureux et sans inquiétude, guidé par une 'douce philosophie' qui lui apporte du bonheur. Il apprécie la simplicité et la régularité, savourant les plaisirs qui se présentent. Il compare Corbi à Versailles, affirmant y vivre en liberté, protégé par l'innocence et la probité. Corbi est décrit comme un lieu charmant, agréable et durable, contrastant avec l'éclat tumultueux de Paris. Le texte souligne la beauté naturelle et la simplicité des habitants de Corbi, où le fard et l'artifice n'ont pas de place. Enfin, l'auteur exprime son plaisir à vivre dans un lieu digne des Dieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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186
p. 48-64
La Promenade de province. NOUVELLE.
Début :
Un Philosophe cabaliste étoit en commerce depuis fort long-tems avec une [...]
Mots clefs :
Promenade, Promenade de province, Homme, Femme, Paris, Maison, Jardin, Marchand, Médecin
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texteReconnaissance textuelle : La Promenade de province. NOUVELLE.
La Promenade de province.
NOUVELLE.
UN
Philofophe N Philofophe cabaliſte étoit en commerce
depuis fort long- tems avec une
aimable Silphide qu'il avoit immortaliſée ,
& goûtoit dans cette fociété mille charmes
inconnus au refte des mortels. Une maifon
de campagne , à trois lieues de R ... ville
affez confidérable , étoit le lieu qu'il avoit
choifi pour fe retirer du monde. Cette maifon
fituée fur le penchant d'une coline ,
dominoit une vallée fertile , qui préſentoit
à la vûe la plus agréable variété.
Les appartemens étoient rians , & meublés
avec une fimplicité philofophique.
Une bibliothéque peu nombreufe , mais
curieufe , des caracteres de la cabale , des
eſtampes qui repréfentoient l'empire fouverain
que les Salamandres , les Silphes ,
les Ondins , les Gnomes exercent fur tous
les élémens , les tapiffoient agréablement.
Le jardin qui accompagnoit cette maiſon ,
étoit cultivé par un Gnome intelligent ;
auffi rien de tout ce qui pouvoit flater les
fens n'y manquoit.
Tel étoit le féjour que notre philofophe
avoit choisi pour méditer les plus fublimes
vérités. C'étoit là qu'il paffoit les plus
délicieux
A O UST. 1755i 49
délicieux inftans , tantôt en s'entretenant
avec fa charmante Silphide , tantôt en li-.
fant quelques ouvrages compofés par les
plus éclairés des Salamandres , quelquefois
en admirant la beauté de fes fleurs , en
favourant l'excellence de fes fruits , ou
bien en refpirant le frais dans des allées
fombres au bord d'une fource naiffante.
Tout s'offroit à fes defirs dans ces lieux
enchantés. Vouloit - il fe défaltérer ? un
ruiffeau de lait paroiffoit auffi -tôt . Mille
Gnomes toujours attentifs à lui plaire agitoient
les arbres , & formoient pour le
rafraîchir de gracieux zéphirs. Les uns
s'occupoient àparfumer l'air qu'il refpiroit
des plus délicieufes odeurs : ceux- ci prenoient
le foin d'affembler les oifeaux dans
le boccage qu'il honoroit de fa préfence
pour l'égayer par leur ramage ; & d'autres
enfin baifoient les branches chargées de
fruits pour lui donner la facilité de les
prendre.
Un jour qu'Oromafis , ( c'eft le nom que
notre philofophe avoit pris pour plaire à
fa belle Silphide. ) Un jour , dis-je , qu'il
l'attendoit pour lui communiquer quelques
remarques qu'il avoit faites en décompofant
un rayon de foleil , elle arriva
en riant un peu plus tard qu'à l'ordinaire.
Surpris de ce mouvement de gaieté , le
C
to MERCURE DE FRANCE.
philofophe ne put s'empêcher de lui ent
demander le fujet . J'arrive de Mercure ,
lui dit-elle , cette petite planette proche le
foleil , appellée autrement le féjour de
l'imagination ; j'en ai vû aujourd'hui de
fi ridicules que je ne puis m'empêcher d'en
rire encore : Ce que vous me dites là , eſt
une énigme que vous m'expliquerez quand
il vous plaira , répondit à l'inftant Oromafis
; je vais le faire tout-à- l'heure , reprit-
elle auffi tôt : écoutez. Le foleil eft ,
vous le fçavez , l'habitation ordinaire des
Salamandres , ce font eux qui entretiennent
ce feu continuel , fi néceffaire à la
confervation & à l'accroiffement de toutes
les créatures. Mercure en eft une dépendance
; c'eft dans cette planette qu'ils viennent
fe rafraîchir tour-à-tour , & c'eft là
que viennent fe peindre tous les defirs &
toutes les imaginations des hommes , ces
agréables fonges que l'on fait en veillant ,
ces projets , ces châteaux que l'on bâtit en
Efpagne. Quoi ! dit le philofophe , j'imagine
, par exemple , pour m'amufer , que
je fuis monarque , je donne audience à des
Ambaffadeurs , ou je fuis à la tête de mont
armée , tout cela fera repréfenté foudain
dans Mercure ? Oui , répondit la Silphide ,
votre perfonne telle que la voilà , c'eft- àdire
vivante , marchant , & parlant , ira
A O UST. 1755. St
fe peindre au milieu d'une cour brillante ,
ou bien à la tête d'une armée nombreuſe ,
enfin dans la même pofition que vous imaginerez.
Bien plus , fi vous faites en vousmême
un difcours à vos troupes pour les,
encourager , vous le reciterez dans Mercure
d'une voix intelligible . Si vous imaginez
enfuite être dans un magnifique jardin ,
l'armée s'évanouira , & un jardin prendra
la place. Ceffez - vous d'imaginer , tout
s'efface auffi - tôt , & la place qui vous eft
affignée dans Mercure ( car chacun y a la
fienne ) refte vuide , jufqu'à ce qu'il vous:
plaife de defirer , ou de faire des projets.
Ah ! voilà ce que je voulois fçavoir , dit
alors Oromafis ; fi les defirs fe peignent de
la même façon que lleess pprroojjeettss ou les imaginations
? Sans contrédit , répondit la
Silphide , avec la différence cependant
que vous n'y paroiffez point quand il n'y
a qu'un fimple defir. Par exemple , vous
defirez une maifon de campagne , elle paroît
à l'inftant : Si je l'avois , continuezvous
, j'irois dès le matin m'y promener
avec un livre à la main ; vous paroiffez
vous-même en lifant dans les allées du
jardin qui accompagne cette maifon . Mercure
, tel que vous me le dépeignez , doit
être un féjour fort amufant , reprit Oromafis
; mais fi toutes les imaginations y "
Cij
5 MERCURE DE FRANCE.
font
reçues , il doit y en avoir
de bien
impertinentes
, ajouta
- t-il. Celles
qui choquent
l'honnêteté
n'y font point
admifes
,
répondit
la Silphide
. Tout
eft pur dans un
féjour
que fréquentent
les Salamandres
;
mais il me reste encore
une chose à vous
apprendre
, continua
- t- elle , Mercure
n'eſt
pas feulement
fait pour
recevoir
les diverfes
imaginations
des hommes
, il a encore
une autre
deftination
. Ce pays charmant
eft le paradis
, ou les Champs
élifées
des Poëtes
, des Muficiens
, des Peintres
, des Philofophes
à fyftêmes
, des faifeurs
d'hiftoriettes
& de romans
, des conquerans
, & enfin
des Alchymiftes
. C'eſtlà
que viennent
fe rendre
leurs
ames
après
leur mort . Ce féjour
eft d'autant
plus fateur
pour
elles
qu'il n'eft pas impoffible
d'en fortir
quand
on s'y ennuie
.
Il fe tient
tous les dix ans une affemblée
générale
de Silphes
& de Salamandres
;
toutes
les ames qui regretent
la vie , peuvent
demander
à revenir
dans ce monde
que vous habitez
. Pour
y parvenir
, elles
font
obligées
d'expofer
fidelement
quelles
ont été leurs
inclinations
, leur caractere
, leurs
occupations
, & on leur permet
de revivre
à de certaines
conditions
qu'elles
peuvent
rejetter
ou accepter
. Rien
n'eft
plus curieux
que cette affemblée
, ajouta-
"
AOUS T. 1755 33
*
r-elle , c'eſt un ſpectacle que je veux vous
donner. Très- volontiers , répondit Oromafis
, je fuis toujours prêt à vous fuivre :
mais fe tiendra- t- elle bientôt ? Dans quatre
mois treize jours dix- huit heures cinquante-
fix minutes quarante- quatre fecondes ,
répondit- elle ; mais en attendant cet amufement
je puis vous en procurer d'autres ,
ajouta- t-elle d'un air complaifant. Je viens
de paffer par R ... la beauté de la faiſon
& la fraîcheur du foir a fait fortir tout le
monde pour goûter le plaifir de la promenade
; j'en ai remarqué une fort brillante
fi vous y confentez , nous nous y tranfporterons
tout-à-l'heure. Je vous ferai remarquer
les perfonnages les plus finguliers ,
je vous inftruirai du fujet de leur converfation
, je vous apprendrai même ce qu'ils
penfent , & quel elt leur caractere .
A peine Oromafis eut - il accepté cette
agréable propofition , qu'ils fe trouverent
fur une des plus belles promenades de R ...
On étoit pour lors à la fin du mois de Mai,
il faifoit un temps calme & frais , capable
d'adoucir les efprits les plus faronches
, & de les porter à la gaieté. Le folcil
prêt à quitter l'horifon , s'étoit difcrétement
enveloppé d'un nuage , qu'il fe plaifoit
à varier des plus éclatantes couleurs.
L'or , l'argent , le pourpre , l'azur , l'incar-
Ciij
54 MERCURE DE FRANCE.
nat , l'amaranthe , étoient prodigués : mais
le fpectacle qu'offroit la promenade , n'étoit
pas moins raviffant. Les étoffes les plus
brillantes recevoient un nouveau luftre
des beautés qui avoient voulu s'en parer ;
enfin il fembloit que le ciel & la terre fe
fuffent fait un défi, & les fpectateurs charmés
n'ofoient décider lequel des deux
l'emportoit.
Arrêtons- nous ici , dit la Silphide , vous
fçavez que je fuis invifible pour tout autre
que pour vous. Commençons nos obfervations
par cet homme cet homme que voilà feul ; c'eft
un fçavant , un efprit profond qui n'eſt
que pour quelques jours dans cette ville où
il a pris naiffance . Ses parens lui avoient
laiffè un bien fuffifant pour mener une
vie tranquille ; mais le démon de la gloire
qui s'eft emparé de lui , l'a conduit à Paris
, l'a livré entre les mains d'un Libraire,
qui lui a fait changer la moitié de fon bien
en une nombreufe bibliothéque. Il a paffé
fix ans à étudier pour fe mettre en état de
faire un livre qui lui a couté en frais d'impreffion
, qu'il n'a pas retirés , la moitié de
ce qui lui reftoit. Il travaille actuellement
à un autre ouvrage qui va le conduire à
l'hôpital. Je ne puis m'empêcher de le
plaindre , dit Oromafis , fa manie eft celle
d'une infinité d'honnêtes gens, Il eſt d'au
A OUST. 1755 55
tant plus malheureux , interrompit la Silphide
, que fes ouvrages font très - bons
dans le fond ; il ne pêche que par le ftyle.
Pour vouloir être concis il eft obfcur ;
voilà fon feul défaut . Ses amis l'en avertiffeut
en vain , il ne lui eft pas poffible de
s'en corriger. En voulez - vous fçavoir la
raifon ? c'eſt que dans une premiere vie il
a habité le corps d'un Avocat qui s'eſt
enrichi à force d'être diffus .
Le jeune homme qui vient de l'aborder ,
eft dans la joie la plus vive ; il fort de fon
cabinet , où il vient de finir par cinq ou
fix épigrammes la feconde fcene du quatriéme
acte d'une tragédie qu'il a entreprife
uniquement pour le produit ; car il
ne fe croit pas encore affez habile pour
amaffer des lauriers : mais il a befoin d'argent
pour aller à Paris apprendre le bon
ton dans les caffés , & devenir homme de
belles Lettres dans toutes les régles . Il s'informe
à ce fçavant comment un jeune auteur
qui veut faire jouer une piece de fa
façon doit s'y prendre avec les Comédiens .
Voyez - vous plus loin ces trois politiques
, occupés fort férieufement à réformer
l'état. L'ún eft un marchand que le
jeu & le luxe de fa femme va bientôt réduite
à la néceffité de faire banqueroute.
L'autre eft un Magiftrat qui vient de ven-
Cij
56 MERCURE DE FRANCE.
dre une fort belle terre pour faire bâtir
une maiſon de campagne : Le troifiéme eſt
pere d'un libertin qui mange d'avance
fa fucceffion .
le
Cet homme brodé qui marche après
eft un riche financier , & l'Eccléfiaftique
avec qui il eft en converſation , eft le Curé
'd'une Paroiffe dont il eft Seigneur. Ce
premier médite depuis dix ans de fe retirer
à la campagne pour penfer à fon falut .
Il y en a plus. de quinze que le Curé fe
promet de jour en jour de fe retirer à la
ville pour fe repofer. Le Seigneur vante
à fon Curé les agrémens de la vie champêtre
, & le Curé exagere les charmes de la
ville.
Voici un peu plus loin deux hommes
bien embarraffés , & qui ne difent pas ce
qu'ils penfent. Le premier de notre côté
eft un jeune homme qui a fait certaines
dépenfes qu'il ne trouve pas à propos que
fa femme fçache ; il voudroit bien trouver
mille écus à emprunter . L'autre eft un vieil
avaricieux qui voudroit placer la même
fomme à l'infçu de fes parens , à qui il
fait entendre qu'il eft dans l'indigence .
Celui- ci a peur de mal placer fon argent ,
& l'autre de n'en pas trouver.
Quel eft celui qui les fuit interrompit
Oromafis , c'eft encore un jeune mari , re
A OUS T. 1755. $7
partit la Silphide. Sa deftinée eft finguliere.
Il vient d'époufer une vieille dévote
qui lui a fait ſa fortune. Les uns l'ont loué
d'avoir pris ce parti , d'autres l'ont blâmé :
mais ces derniers ne fçavent pas qu'il n'eſt
revenu dans ce monde qu'à cette condition
, parce que dans une premiere vie il
a mangé fon bien en époufant une jeune
& aimable Comédienne.
Regardez , je vous prie , ce- Confeiller
qui veut apprendre à ce Marchand de chevaux
à connoître leurs défauts , parce qu'il
a lu ce matin le parfait maréchal .
Voulez - vous voir quatre jeunes gens
dégoûtés du monde ? jettez la vûe là- bas
fous ces arbres : Vous y voilà Le premier
eft un Poëte mécontent du public , qui refufe
abfolument de l'admirer. Le fecond
eft un Auteur qui revient de Paris fans
avoir pu trouver un Imprimeur affez complaifant
, pour fe charger de faire voir le
jour à une petite hiftoriette fort plate de
La compofition.
Le troifiéme eft le fils d'un avare , le
quatriéme un indolent à qui fes parens
veulent faire prendre une profeffion . Ils
projettent de fe retirer à la campagne , &
de donner un ouvrage périodique qui aura
pour titre , Loifir des quatre Philofophes
folitaires. L'Auteur doit fronder l'infolen-
Cv
38 MERCURE DE FRANCE.
ce & l'avarice des Imprimeurs. Le Poëte
veut écrire contre le mauvais goût du fiécle.
Le fils de l'avare fur l'abus du pouvoir
paternel , & l'indolent veut faire l'éloge
de la pareffe .
Voici tout proche d'eux la femme d'un
Médecin très - médifante. Ceux qui marchent
après font dans l'embarras de décider
lequel ils aimeroient mieux de tomber
entre les mains du mari ou de la femme
?
Cet homme habillé de drap de Siléfie
eft un étranger qui cherche en lui - même
les moyens de tromper un marchand de
cette ville afin d'avoir fa fille ; & voilà
plus loin ce marchand qui médite une banqueroute
, afin de pouvoir donner à fa fille
vingt mille écus qu'il a promis verbalement
à ceux qui lui ont parlé de cet étranger
comme d'un parti fort avantageux..
Etes -vous curieux de voir un Alchymifte
qui croit avoir bientôt trouvé la pierre
philofophale Regardez ce grand homme
fec & blême.
› Ce Cavalier qui falue ces deux Dames
en paffant , fait fort bien fa cour à cette
grande brune que voilà à côté de lui . Il
lui fait accroire qu'un Chymifte de fes
amis a trouvé un élixir qui blanchit merveilleufement
la peau.
AOUS T. 1755. 39
Dans la même compagnie eft le fils d'un
riche Commerçant qui vient d'acheter une
charge de Secrétaire du Roi . Il demandoit
hier avant que de louer une piece de vers ,
qu'on venoit de lire , fi l'Auteur étoit Gentilhomme.
Apprenez- moi , je vous prie , demanda
Oromafis , quel eft ce jeune homme que
cette Dame paroît regarder avec complai- ,
fance ? C'eft un Médecin , répondit la Silphide
, qui doit faire une fortune confidérable
dans cette profeffion, parce que dans
une premiere vie il a été Capitaine de Cavalerie
, & s'eſt ruiné à la guerre . A caufe
de quelques vers affez jolis qu'il a faits
dans fes momens de loifir , il a été reçu
dans la planette de Mercure . A l'affemblée
générale il s'eft plaint amerement de
l'injuftice du fort . J'ai défait ma patrie
d'un nombre infini d'ennemis , a - t- il dit
entr'autres chofes , & pour toute récompenfe
je n'ai trouvé à mon retour que la
plus trifte indigence. Le Salamandre qui
préfidoit , voulant rendre le contrafte parfait
, a ordonné qu'il naîtroit pour être
Médecin , & en même tems ,a commis un
Silphe pour travailler à lui faire une haute
réputation. Je ferois affez curieux de fçavoir
, dit alors Oromafis , quels moyens
il employera pour en venir à bout . Bon
Cvj
Go MERCURE DE FRANCE:
"
répondit la Silphide , rien de plus aifé , ce
jeune Médecin eft , comme vous le voyez ,
d'une figure aimable . Une Dame de confidération
qui ne fera gueres malade & qui
croira l'être beancoup, doit bientôt le faire
appeller , il la guérira ; l'obligation qu'elle
croira lui avoir l'intéreffera en fa faveur ,
la bonne mine du jeune Efculape donnera
de la vivacité au zéle de fa malade . De
retour à Paris où elle fait fon féjour ordinaire
, elle le vantera à toutes fes connoiffances
, on le fera venir , il fera goûté . Sa
fortune deviendra pour lors fon affaire ,
le Silphe doit l'abandonner à lui-même.
Ce Salamandre étoit plaifant , continua
la Silphide je ne finirois point fi je
vous rapportois tous les jugemens finguliers,
& fi l'on ofe parler ainň, épigrammatiques
qu'il a portés . Lucullus , ce voluptueux
Romain , ayant entendu vanter la
délicateffe & le raffinement de la cuifine
françoife ,demanda à revenir pour en juger
lui - même. Devinez où il l'envoya ?
fans doute , répondit Oromafis , dans le
corps pefant & matériel de quelque gros
Bénéficier , ou de quelque homme de la
vieille finance; point du tout , reprit- elle ,
mais dans le corps d'un Maître d'Hôtel.
Ménélas dans la même affemblée demanda
à revivre , il le lui permit à condition
AOUST. 1755: 61
qu'il deviendroit amoureux d'une fille
d'Opéra jufques à l'époufer pour le punir
de fa folie d'avoir couru après fa femme
à la tête de toute la Gréce. Hélene qui
avoit été par fa coqueterie la caufe de
tant de maux , fut condamnée à revenir
pour être la fixiéme fille d'un Gentilhomme
, campagnard , qui auroit des fils à
foutenir à la guerre.
Confiderez , continua fur le champ la
Silphide , fans laiffer au Philofophe le
tems de répondre : confiderez cette Demoifelle
, déja furannée , qui regarde les
paffans avec tant d'attention , elle paffe
les nuits à rêver , & le jour à deviner ce
que fes rêves fignifient . Pour fçavoir comment
elle paffera la journée , il faut lui
demander , quels fonges avez - vous fait
cette nuit ? ils décident de fon humeur.
Elle en a fair un , il y a environ huit
jours , qui fignifie , fuivant fon interprétation
, qu'elle fe mariera dans peu , mais
elle ne fçait point à qui , & c'est ce qui
l'embarraſſe.
Ces deux hommes que vous voyez enfemble
après cette rêveuſe , font bien mal
affortis. C'eft un Antiquaire & un Fleurifte
. Celui - ci s'eft emparé du premier
lui détailler les beautés miraculeufes
de fes tulipes & de fes renoncules . L'Anpour
62 MERCURE DE FRANCE.
tiquaire qui a la tête remplie de l'explica
tion d'une médaille du tems de Caracalla ,
pefte contre l'importun , & traite de fadaife
tout ce qu'il lui compte à la gloire
de fes fleurs .
Voici fur ce banc vis- à- vis de nous une
femme qui s'ennuie beaucoup. La converfation
eft pourtant affez animée , répondit
Oromafis , fi l'on en juge par les geftes
que ce petit homme fait en parlant . Il eft
vrai , répartit la Silphide ; mais cette Dame
n'y prend aucune part . C'eft une differtation
fur le plaifir, & felon elle il vaut
bien mieux le fentir que de perdre le tems
à le définir.
Cette jeune perfonne qui rit de fi bon
coeur , eft menacée de vivre & mourir fille.
Pourquoi cela , demanda le Philofophe ,
c'eft , répondit la Silphide , qu'elle ne veut
fe marier qu'à un homme fans fatuité .
Ce grand homme au milieu de ces deux
petits , eft un Avocat qui compte tous les
procès qu'il a fait gagner ; & voilà plus
loin , fon confrere qui compte tous ceux
qu'il a fait perdre.
Confiderez ce garçon habillé de brun ,
qui vient vers nous , c'eft un domeſtique.
Il ne fe doute nullement qu'il eft bon
Gentilhomme. Il a été changé en nourrice
, & paffe pour le fils d'un payfan . Cette
A O UST. 1755. 63
pénitence lui a été impofée , parce que
dans une premiere vie il fe croyoit le fils
d'un homme de confidération , & s'eft
rendu infupportable à tout le monde par
fa fierté , fon arrogance & fes hauteurs.
Il a été bien furpris quand après la mort
on lui a fait connoître qu'il n'étoit que
le fils du valet de chambre de fa mere.
Voilà deux jeunes gens fur le point de
s'époufer , qui ont des idées bien différentes.
Le jeune homme eft abfolu & intéreffé
, il ne fe marie que pour groffir fon
revenu , & compte exercer dans fon ménage
un pouvoir defpotique. La Demoifelle
eft fort haute , elle aime le plaifir &
la dépenfe , & ne fonge en fe mariant qu'à
fe fouftraire à l'autorité d'un pere & d'une
mere économes .
Celui qui vient d'arrêter ces Dames ,
eft un perfonnage fingulier , il fait des dépenfes
confidérables pour fe donner la réputation
de fin connoiffeur , & n'a réuffi
qu'à fe donner un ridicule. Il arrive hier
à une vente , on crioit un tableau à cinq
livres : qu'eft- ce qu'on vend là , s'écria - til
d'un ton de fupériorité infolente ? C'eſt
un tableau , je crois : mais voyons- le donc.
On le lui montre : allons , dit-il en hauffant
les épaules , & fans prefque le regarder
, à dix écus , à dix écus. Perfonne
64 MERCURE DE FRANCE.
comme bien vous penfez , ne s'eft avifé
de mettre fur fon enchere. Je gagne au
moins dix piftoles de ce qu'il n'y a point
ici de connoiffeur , a- t- il ajouté en le recevant.
Va-t- il à quelques ventes de livres ?
ne croyez pas qu'il s'amufe à regarder des
volumes bien reliés ; mais s'il voit quelque
bouquin à moitié mangé des rats ou
des vers , c'eft à celui - là qu'il court .
Je ne vous ai montré jufqu'ici que des
gens affez ridicules , continua la Silphide ,
mais je veux vous en faire voir de raifonnables
. Regardez à droite ces trois perfonnes
qui fe repofent ; le premier eft un Philofophe
très- aimable ; il eft avec fa femme
& un jeune Anglois qui eft fon ami particulier.
Un Silphe de ma connoiffance me
comptoit , il y a quelques jours , leur hiftoire
; elle eft affez intéreffante . Oromafis
ayant fait paroître quelque envie de l'entendre
, la Silphide qui ne demandoit pas
mieux que de lui en faire le récit , commença
par ces mots.
Nous la donnerons le mois prochain.
NOUVELLE.
UN
Philofophe N Philofophe cabaliſte étoit en commerce
depuis fort long- tems avec une
aimable Silphide qu'il avoit immortaliſée ,
& goûtoit dans cette fociété mille charmes
inconnus au refte des mortels. Une maifon
de campagne , à trois lieues de R ... ville
affez confidérable , étoit le lieu qu'il avoit
choifi pour fe retirer du monde. Cette maifon
fituée fur le penchant d'une coline ,
dominoit une vallée fertile , qui préſentoit
à la vûe la plus agréable variété.
Les appartemens étoient rians , & meublés
avec une fimplicité philofophique.
Une bibliothéque peu nombreufe , mais
curieufe , des caracteres de la cabale , des
eſtampes qui repréfentoient l'empire fouverain
que les Salamandres , les Silphes ,
les Ondins , les Gnomes exercent fur tous
les élémens , les tapiffoient agréablement.
Le jardin qui accompagnoit cette maiſon ,
étoit cultivé par un Gnome intelligent ;
auffi rien de tout ce qui pouvoit flater les
fens n'y manquoit.
Tel étoit le féjour que notre philofophe
avoit choisi pour méditer les plus fublimes
vérités. C'étoit là qu'il paffoit les plus
délicieux
A O UST. 1755i 49
délicieux inftans , tantôt en s'entretenant
avec fa charmante Silphide , tantôt en li-.
fant quelques ouvrages compofés par les
plus éclairés des Salamandres , quelquefois
en admirant la beauté de fes fleurs , en
favourant l'excellence de fes fruits , ou
bien en refpirant le frais dans des allées
fombres au bord d'une fource naiffante.
Tout s'offroit à fes defirs dans ces lieux
enchantés. Vouloit - il fe défaltérer ? un
ruiffeau de lait paroiffoit auffi -tôt . Mille
Gnomes toujours attentifs à lui plaire agitoient
les arbres , & formoient pour le
rafraîchir de gracieux zéphirs. Les uns
s'occupoient àparfumer l'air qu'il refpiroit
des plus délicieufes odeurs : ceux- ci prenoient
le foin d'affembler les oifeaux dans
le boccage qu'il honoroit de fa préfence
pour l'égayer par leur ramage ; & d'autres
enfin baifoient les branches chargées de
fruits pour lui donner la facilité de les
prendre.
Un jour qu'Oromafis , ( c'eft le nom que
notre philofophe avoit pris pour plaire à
fa belle Silphide. ) Un jour , dis-je , qu'il
l'attendoit pour lui communiquer quelques
remarques qu'il avoit faites en décompofant
un rayon de foleil , elle arriva
en riant un peu plus tard qu'à l'ordinaire.
Surpris de ce mouvement de gaieté , le
C
to MERCURE DE FRANCE.
philofophe ne put s'empêcher de lui ent
demander le fujet . J'arrive de Mercure ,
lui dit-elle , cette petite planette proche le
foleil , appellée autrement le féjour de
l'imagination ; j'en ai vû aujourd'hui de
fi ridicules que je ne puis m'empêcher d'en
rire encore : Ce que vous me dites là , eſt
une énigme que vous m'expliquerez quand
il vous plaira , répondit à l'inftant Oromafis
; je vais le faire tout-à- l'heure , reprit-
elle auffi tôt : écoutez. Le foleil eft ,
vous le fçavez , l'habitation ordinaire des
Salamandres , ce font eux qui entretiennent
ce feu continuel , fi néceffaire à la
confervation & à l'accroiffement de toutes
les créatures. Mercure en eft une dépendance
; c'eft dans cette planette qu'ils viennent
fe rafraîchir tour-à-tour , & c'eft là
que viennent fe peindre tous les defirs &
toutes les imaginations des hommes , ces
agréables fonges que l'on fait en veillant ,
ces projets , ces châteaux que l'on bâtit en
Efpagne. Quoi ! dit le philofophe , j'imagine
, par exemple , pour m'amufer , que
je fuis monarque , je donne audience à des
Ambaffadeurs , ou je fuis à la tête de mont
armée , tout cela fera repréfenté foudain
dans Mercure ? Oui , répondit la Silphide ,
votre perfonne telle que la voilà , c'eft- àdire
vivante , marchant , & parlant , ira
A O UST. 1755. St
fe peindre au milieu d'une cour brillante ,
ou bien à la tête d'une armée nombreuſe ,
enfin dans la même pofition que vous imaginerez.
Bien plus , fi vous faites en vousmême
un difcours à vos troupes pour les,
encourager , vous le reciterez dans Mercure
d'une voix intelligible . Si vous imaginez
enfuite être dans un magnifique jardin ,
l'armée s'évanouira , & un jardin prendra
la place. Ceffez - vous d'imaginer , tout
s'efface auffi - tôt , & la place qui vous eft
affignée dans Mercure ( car chacun y a la
fienne ) refte vuide , jufqu'à ce qu'il vous:
plaife de defirer , ou de faire des projets.
Ah ! voilà ce que je voulois fçavoir , dit
alors Oromafis ; fi les defirs fe peignent de
la même façon que lleess pprroojjeettss ou les imaginations
? Sans contrédit , répondit la
Silphide , avec la différence cependant
que vous n'y paroiffez point quand il n'y
a qu'un fimple defir. Par exemple , vous
defirez une maifon de campagne , elle paroît
à l'inftant : Si je l'avois , continuezvous
, j'irois dès le matin m'y promener
avec un livre à la main ; vous paroiffez
vous-même en lifant dans les allées du
jardin qui accompagne cette maifon . Mercure
, tel que vous me le dépeignez , doit
être un féjour fort amufant , reprit Oromafis
; mais fi toutes les imaginations y "
Cij
5 MERCURE DE FRANCE.
font
reçues , il doit y en avoir
de bien
impertinentes
, ajouta
- t-il. Celles
qui choquent
l'honnêteté
n'y font point
admifes
,
répondit
la Silphide
. Tout
eft pur dans un
féjour
que fréquentent
les Salamandres
;
mais il me reste encore
une chose à vous
apprendre
, continua
- t- elle , Mercure
n'eſt
pas feulement
fait pour
recevoir
les diverfes
imaginations
des hommes
, il a encore
une autre
deftination
. Ce pays charmant
eft le paradis
, ou les Champs
élifées
des Poëtes
, des Muficiens
, des Peintres
, des Philofophes
à fyftêmes
, des faifeurs
d'hiftoriettes
& de romans
, des conquerans
, & enfin
des Alchymiftes
. C'eſtlà
que viennent
fe rendre
leurs
ames
après
leur mort . Ce féjour
eft d'autant
plus fateur
pour
elles
qu'il n'eft pas impoffible
d'en fortir
quand
on s'y ennuie
.
Il fe tient
tous les dix ans une affemblée
générale
de Silphes
& de Salamandres
;
toutes
les ames qui regretent
la vie , peuvent
demander
à revenir
dans ce monde
que vous habitez
. Pour
y parvenir
, elles
font
obligées
d'expofer
fidelement
quelles
ont été leurs
inclinations
, leur caractere
, leurs
occupations
, & on leur permet
de revivre
à de certaines
conditions
qu'elles
peuvent
rejetter
ou accepter
. Rien
n'eft
plus curieux
que cette affemblée
, ajouta-
"
AOUS T. 1755 33
*
r-elle , c'eſt un ſpectacle que je veux vous
donner. Très- volontiers , répondit Oromafis
, je fuis toujours prêt à vous fuivre :
mais fe tiendra- t- elle bientôt ? Dans quatre
mois treize jours dix- huit heures cinquante-
fix minutes quarante- quatre fecondes ,
répondit- elle ; mais en attendant cet amufement
je puis vous en procurer d'autres ,
ajouta- t-elle d'un air complaifant. Je viens
de paffer par R ... la beauté de la faiſon
& la fraîcheur du foir a fait fortir tout le
monde pour goûter le plaifir de la promenade
; j'en ai remarqué une fort brillante
fi vous y confentez , nous nous y tranfporterons
tout-à-l'heure. Je vous ferai remarquer
les perfonnages les plus finguliers ,
je vous inftruirai du fujet de leur converfation
, je vous apprendrai même ce qu'ils
penfent , & quel elt leur caractere .
A peine Oromafis eut - il accepté cette
agréable propofition , qu'ils fe trouverent
fur une des plus belles promenades de R ...
On étoit pour lors à la fin du mois de Mai,
il faifoit un temps calme & frais , capable
d'adoucir les efprits les plus faronches
, & de les porter à la gaieté. Le folcil
prêt à quitter l'horifon , s'étoit difcrétement
enveloppé d'un nuage , qu'il fe plaifoit
à varier des plus éclatantes couleurs.
L'or , l'argent , le pourpre , l'azur , l'incar-
Ciij
54 MERCURE DE FRANCE.
nat , l'amaranthe , étoient prodigués : mais
le fpectacle qu'offroit la promenade , n'étoit
pas moins raviffant. Les étoffes les plus
brillantes recevoient un nouveau luftre
des beautés qui avoient voulu s'en parer ;
enfin il fembloit que le ciel & la terre fe
fuffent fait un défi, & les fpectateurs charmés
n'ofoient décider lequel des deux
l'emportoit.
Arrêtons- nous ici , dit la Silphide , vous
fçavez que je fuis invifible pour tout autre
que pour vous. Commençons nos obfervations
par cet homme cet homme que voilà feul ; c'eft
un fçavant , un efprit profond qui n'eſt
que pour quelques jours dans cette ville où
il a pris naiffance . Ses parens lui avoient
laiffè un bien fuffifant pour mener une
vie tranquille ; mais le démon de la gloire
qui s'eft emparé de lui , l'a conduit à Paris
, l'a livré entre les mains d'un Libraire,
qui lui a fait changer la moitié de fon bien
en une nombreufe bibliothéque. Il a paffé
fix ans à étudier pour fe mettre en état de
faire un livre qui lui a couté en frais d'impreffion
, qu'il n'a pas retirés , la moitié de
ce qui lui reftoit. Il travaille actuellement
à un autre ouvrage qui va le conduire à
l'hôpital. Je ne puis m'empêcher de le
plaindre , dit Oromafis , fa manie eft celle
d'une infinité d'honnêtes gens, Il eſt d'au
A OUST. 1755 55
tant plus malheureux , interrompit la Silphide
, que fes ouvrages font très - bons
dans le fond ; il ne pêche que par le ftyle.
Pour vouloir être concis il eft obfcur ;
voilà fon feul défaut . Ses amis l'en avertiffeut
en vain , il ne lui eft pas poffible de
s'en corriger. En voulez - vous fçavoir la
raifon ? c'eſt que dans une premiere vie il
a habité le corps d'un Avocat qui s'eſt
enrichi à force d'être diffus .
Le jeune homme qui vient de l'aborder ,
eft dans la joie la plus vive ; il fort de fon
cabinet , où il vient de finir par cinq ou
fix épigrammes la feconde fcene du quatriéme
acte d'une tragédie qu'il a entreprife
uniquement pour le produit ; car il
ne fe croit pas encore affez habile pour
amaffer des lauriers : mais il a befoin d'argent
pour aller à Paris apprendre le bon
ton dans les caffés , & devenir homme de
belles Lettres dans toutes les régles . Il s'informe
à ce fçavant comment un jeune auteur
qui veut faire jouer une piece de fa
façon doit s'y prendre avec les Comédiens .
Voyez - vous plus loin ces trois politiques
, occupés fort férieufement à réformer
l'état. L'ún eft un marchand que le
jeu & le luxe de fa femme va bientôt réduite
à la néceffité de faire banqueroute.
L'autre eft un Magiftrat qui vient de ven-
Cij
56 MERCURE DE FRANCE.
dre une fort belle terre pour faire bâtir
une maiſon de campagne : Le troifiéme eſt
pere d'un libertin qui mange d'avance
fa fucceffion .
le
Cet homme brodé qui marche après
eft un riche financier , & l'Eccléfiaftique
avec qui il eft en converſation , eft le Curé
'd'une Paroiffe dont il eft Seigneur. Ce
premier médite depuis dix ans de fe retirer
à la campagne pour penfer à fon falut .
Il y en a plus. de quinze que le Curé fe
promet de jour en jour de fe retirer à la
ville pour fe repofer. Le Seigneur vante
à fon Curé les agrémens de la vie champêtre
, & le Curé exagere les charmes de la
ville.
Voici un peu plus loin deux hommes
bien embarraffés , & qui ne difent pas ce
qu'ils penfent. Le premier de notre côté
eft un jeune homme qui a fait certaines
dépenfes qu'il ne trouve pas à propos que
fa femme fçache ; il voudroit bien trouver
mille écus à emprunter . L'autre eft un vieil
avaricieux qui voudroit placer la même
fomme à l'infçu de fes parens , à qui il
fait entendre qu'il eft dans l'indigence .
Celui- ci a peur de mal placer fon argent ,
& l'autre de n'en pas trouver.
Quel eft celui qui les fuit interrompit
Oromafis , c'eft encore un jeune mari , re
A OUS T. 1755. $7
partit la Silphide. Sa deftinée eft finguliere.
Il vient d'époufer une vieille dévote
qui lui a fait ſa fortune. Les uns l'ont loué
d'avoir pris ce parti , d'autres l'ont blâmé :
mais ces derniers ne fçavent pas qu'il n'eſt
revenu dans ce monde qu'à cette condition
, parce que dans une premiere vie il
a mangé fon bien en époufant une jeune
& aimable Comédienne.
Regardez , je vous prie , ce- Confeiller
qui veut apprendre à ce Marchand de chevaux
à connoître leurs défauts , parce qu'il
a lu ce matin le parfait maréchal .
Voulez - vous voir quatre jeunes gens
dégoûtés du monde ? jettez la vûe là- bas
fous ces arbres : Vous y voilà Le premier
eft un Poëte mécontent du public , qui refufe
abfolument de l'admirer. Le fecond
eft un Auteur qui revient de Paris fans
avoir pu trouver un Imprimeur affez complaifant
, pour fe charger de faire voir le
jour à une petite hiftoriette fort plate de
La compofition.
Le troifiéme eft le fils d'un avare , le
quatriéme un indolent à qui fes parens
veulent faire prendre une profeffion . Ils
projettent de fe retirer à la campagne , &
de donner un ouvrage périodique qui aura
pour titre , Loifir des quatre Philofophes
folitaires. L'Auteur doit fronder l'infolen-
Cv
38 MERCURE DE FRANCE.
ce & l'avarice des Imprimeurs. Le Poëte
veut écrire contre le mauvais goût du fiécle.
Le fils de l'avare fur l'abus du pouvoir
paternel , & l'indolent veut faire l'éloge
de la pareffe .
Voici tout proche d'eux la femme d'un
Médecin très - médifante. Ceux qui marchent
après font dans l'embarras de décider
lequel ils aimeroient mieux de tomber
entre les mains du mari ou de la femme
?
Cet homme habillé de drap de Siléfie
eft un étranger qui cherche en lui - même
les moyens de tromper un marchand de
cette ville afin d'avoir fa fille ; & voilà
plus loin ce marchand qui médite une banqueroute
, afin de pouvoir donner à fa fille
vingt mille écus qu'il a promis verbalement
à ceux qui lui ont parlé de cet étranger
comme d'un parti fort avantageux..
Etes -vous curieux de voir un Alchymifte
qui croit avoir bientôt trouvé la pierre
philofophale Regardez ce grand homme
fec & blême.
› Ce Cavalier qui falue ces deux Dames
en paffant , fait fort bien fa cour à cette
grande brune que voilà à côté de lui . Il
lui fait accroire qu'un Chymifte de fes
amis a trouvé un élixir qui blanchit merveilleufement
la peau.
AOUS T. 1755. 39
Dans la même compagnie eft le fils d'un
riche Commerçant qui vient d'acheter une
charge de Secrétaire du Roi . Il demandoit
hier avant que de louer une piece de vers ,
qu'on venoit de lire , fi l'Auteur étoit Gentilhomme.
Apprenez- moi , je vous prie , demanda
Oromafis , quel eft ce jeune homme que
cette Dame paroît regarder avec complai- ,
fance ? C'eft un Médecin , répondit la Silphide
, qui doit faire une fortune confidérable
dans cette profeffion, parce que dans
une premiere vie il a été Capitaine de Cavalerie
, & s'eſt ruiné à la guerre . A caufe
de quelques vers affez jolis qu'il a faits
dans fes momens de loifir , il a été reçu
dans la planette de Mercure . A l'affemblée
générale il s'eft plaint amerement de
l'injuftice du fort . J'ai défait ma patrie
d'un nombre infini d'ennemis , a - t- il dit
entr'autres chofes , & pour toute récompenfe
je n'ai trouvé à mon retour que la
plus trifte indigence. Le Salamandre qui
préfidoit , voulant rendre le contrafte parfait
, a ordonné qu'il naîtroit pour être
Médecin , & en même tems ,a commis un
Silphe pour travailler à lui faire une haute
réputation. Je ferois affez curieux de fçavoir
, dit alors Oromafis , quels moyens
il employera pour en venir à bout . Bon
Cvj
Go MERCURE DE FRANCE:
"
répondit la Silphide , rien de plus aifé , ce
jeune Médecin eft , comme vous le voyez ,
d'une figure aimable . Une Dame de confidération
qui ne fera gueres malade & qui
croira l'être beancoup, doit bientôt le faire
appeller , il la guérira ; l'obligation qu'elle
croira lui avoir l'intéreffera en fa faveur ,
la bonne mine du jeune Efculape donnera
de la vivacité au zéle de fa malade . De
retour à Paris où elle fait fon féjour ordinaire
, elle le vantera à toutes fes connoiffances
, on le fera venir , il fera goûté . Sa
fortune deviendra pour lors fon affaire ,
le Silphe doit l'abandonner à lui-même.
Ce Salamandre étoit plaifant , continua
la Silphide je ne finirois point fi je
vous rapportois tous les jugemens finguliers,
& fi l'on ofe parler ainň, épigrammatiques
qu'il a portés . Lucullus , ce voluptueux
Romain , ayant entendu vanter la
délicateffe & le raffinement de la cuifine
françoife ,demanda à revenir pour en juger
lui - même. Devinez où il l'envoya ?
fans doute , répondit Oromafis , dans le
corps pefant & matériel de quelque gros
Bénéficier , ou de quelque homme de la
vieille finance; point du tout , reprit- elle ,
mais dans le corps d'un Maître d'Hôtel.
Ménélas dans la même affemblée demanda
à revivre , il le lui permit à condition
AOUST. 1755: 61
qu'il deviendroit amoureux d'une fille
d'Opéra jufques à l'époufer pour le punir
de fa folie d'avoir couru après fa femme
à la tête de toute la Gréce. Hélene qui
avoit été par fa coqueterie la caufe de
tant de maux , fut condamnée à revenir
pour être la fixiéme fille d'un Gentilhomme
, campagnard , qui auroit des fils à
foutenir à la guerre.
Confiderez , continua fur le champ la
Silphide , fans laiffer au Philofophe le
tems de répondre : confiderez cette Demoifelle
, déja furannée , qui regarde les
paffans avec tant d'attention , elle paffe
les nuits à rêver , & le jour à deviner ce
que fes rêves fignifient . Pour fçavoir comment
elle paffera la journée , il faut lui
demander , quels fonges avez - vous fait
cette nuit ? ils décident de fon humeur.
Elle en a fair un , il y a environ huit
jours , qui fignifie , fuivant fon interprétation
, qu'elle fe mariera dans peu , mais
elle ne fçait point à qui , & c'est ce qui
l'embarraſſe.
Ces deux hommes que vous voyez enfemble
après cette rêveuſe , font bien mal
affortis. C'eft un Antiquaire & un Fleurifte
. Celui - ci s'eft emparé du premier
lui détailler les beautés miraculeufes
de fes tulipes & de fes renoncules . L'Anpour
62 MERCURE DE FRANCE.
tiquaire qui a la tête remplie de l'explica
tion d'une médaille du tems de Caracalla ,
pefte contre l'importun , & traite de fadaife
tout ce qu'il lui compte à la gloire
de fes fleurs .
Voici fur ce banc vis- à- vis de nous une
femme qui s'ennuie beaucoup. La converfation
eft pourtant affez animée , répondit
Oromafis , fi l'on en juge par les geftes
que ce petit homme fait en parlant . Il eft
vrai , répartit la Silphide ; mais cette Dame
n'y prend aucune part . C'eft une differtation
fur le plaifir, & felon elle il vaut
bien mieux le fentir que de perdre le tems
à le définir.
Cette jeune perfonne qui rit de fi bon
coeur , eft menacée de vivre & mourir fille.
Pourquoi cela , demanda le Philofophe ,
c'eft , répondit la Silphide , qu'elle ne veut
fe marier qu'à un homme fans fatuité .
Ce grand homme au milieu de ces deux
petits , eft un Avocat qui compte tous les
procès qu'il a fait gagner ; & voilà plus
loin , fon confrere qui compte tous ceux
qu'il a fait perdre.
Confiderez ce garçon habillé de brun ,
qui vient vers nous , c'eft un domeſtique.
Il ne fe doute nullement qu'il eft bon
Gentilhomme. Il a été changé en nourrice
, & paffe pour le fils d'un payfan . Cette
A O UST. 1755. 63
pénitence lui a été impofée , parce que
dans une premiere vie il fe croyoit le fils
d'un homme de confidération , & s'eft
rendu infupportable à tout le monde par
fa fierté , fon arrogance & fes hauteurs.
Il a été bien furpris quand après la mort
on lui a fait connoître qu'il n'étoit que
le fils du valet de chambre de fa mere.
Voilà deux jeunes gens fur le point de
s'époufer , qui ont des idées bien différentes.
Le jeune homme eft abfolu & intéreffé
, il ne fe marie que pour groffir fon
revenu , & compte exercer dans fon ménage
un pouvoir defpotique. La Demoifelle
eft fort haute , elle aime le plaifir &
la dépenfe , & ne fonge en fe mariant qu'à
fe fouftraire à l'autorité d'un pere & d'une
mere économes .
Celui qui vient d'arrêter ces Dames ,
eft un perfonnage fingulier , il fait des dépenfes
confidérables pour fe donner la réputation
de fin connoiffeur , & n'a réuffi
qu'à fe donner un ridicule. Il arrive hier
à une vente , on crioit un tableau à cinq
livres : qu'eft- ce qu'on vend là , s'écria - til
d'un ton de fupériorité infolente ? C'eſt
un tableau , je crois : mais voyons- le donc.
On le lui montre : allons , dit-il en hauffant
les épaules , & fans prefque le regarder
, à dix écus , à dix écus. Perfonne
64 MERCURE DE FRANCE.
comme bien vous penfez , ne s'eft avifé
de mettre fur fon enchere. Je gagne au
moins dix piftoles de ce qu'il n'y a point
ici de connoiffeur , a- t- il ajouté en le recevant.
Va-t- il à quelques ventes de livres ?
ne croyez pas qu'il s'amufe à regarder des
volumes bien reliés ; mais s'il voit quelque
bouquin à moitié mangé des rats ou
des vers , c'eft à celui - là qu'il court .
Je ne vous ai montré jufqu'ici que des
gens affez ridicules , continua la Silphide ,
mais je veux vous en faire voir de raifonnables
. Regardez à droite ces trois perfonnes
qui fe repofent ; le premier eft un Philofophe
très- aimable ; il eft avec fa femme
& un jeune Anglois qui eft fon ami particulier.
Un Silphe de ma connoiffance me
comptoit , il y a quelques jours , leur hiftoire
; elle eft affez intéreffante . Oromafis
ayant fait paroître quelque envie de l'entendre
, la Silphide qui ne demandoit pas
mieux que de lui en faire le récit , commença
par ces mots.
Nous la donnerons le mois prochain.
Fermer
Résumé : La Promenade de province. NOUVELLE.
La nouvelle 'La Promenade de province' relate l'histoire d'un philosophe et cabaliste vivant en retrait dans une maison de campagne, accompagnée d'une aimable Silphide. Cette demeure, située sur une colline, offre une vue agréable sur une vallée fertile et est meublée simplement mais avec goût, incluant une bibliothèque et des estampes représentant les éléments et leurs esprits. Le jardin, cultivé par un Gnome, est propice à la méditation et aux plaisirs sensoriels. Un jour, la Silphide arrive en retard après une visite sur Mercure, la planète des imaginations humaines. Elle explique que Mercure est le lieu où les désirs et les projets des hommes se matérialisent. Les imaginations y prennent forme, et chaque individu y a un espace dédié. Mercure est décrit comme le paradis des artistes, des philosophes et des alchimistes, où les âmes peuvent revenir sur terre après la mort sous certaines conditions. La Silphide propose au philosophe de se promener dans une promenade publique de la ville voisine, R..., où ils observent divers personnages. Parmi eux, un savant ruiné par ses ambitions littéraires, un jeune dramaturge espérant réussir à Paris, des politiques discutant de réformes, un financier et un curé discutant de leurs vies respectives, et plusieurs autres individus avec des histoires variées et des dilemmes personnels. La Silphide révèle les motivations et les secrets de chacun, offrant ainsi une vue détaillée et critique de la société de l'époque. Parmi les scènes et personnages observés, un homme cherche à tromper un marchand pour obtenir sa fille, tandis que le marchand médite une banqueroute pour lui donner une dot. Un alchimiste croit avoir trouvé la pierre philosophale. Un cavalier fait la cour à une dame en lui promettant un élixir pour blanchir la peau. Dans la même compagnie, le fils d'un riche commerçant, nouvellement secrétaire du roi, demande si l'auteur de vers lus est gentilhomme. La Silphide raconte également l'histoire d'un jeune médecin destiné à une grande fortune. Dans une vie antérieure, il était capitaine de cavalerie et s'est ruiné à la guerre. Pour le récompenser de ses services, il est devenu médecin et bénéficiera de la protection d'un Silphe pour acquérir une haute réputation. Le texte mentionne aussi Lucullus, revenu pour juger la cuisine française en tant que maître d'hôtel, et Ménélas, condamné à aimer une fille d'opéra. Une demoiselle surannée interprète ses rêves pour deviner son avenir marital. Un antiquaire et un fleuriste discutent sans s'entendre, tandis qu'une femme s'ennuie lors d'une discussion sur le plaisir. Une jeune fille risque de rester célibataire car elle refuse de se marier avec un homme fat. Deux avocats se vantent de leurs succès respectifs en justice. Un domestique, se croyant gentilhomme, est puni en étant transformé en nourrice. Un couple sur le point de se marier a des attentes contradictoires : l'homme veut augmenter son revenu et exercer un pouvoir despotique, tandis que la femme souhaite se libérer de l'autorité de ses parents. Enfin, un personnage gaspille de l'argent pour se faire passer pour un connaisseur, mais ne fait que se ridiculiser. La Silphide promet de raconter l'histoire d'un philosophe, de sa femme et d'un jeune Anglais le mois suivant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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187
p. 159-163
Discours préliminaire d'un abregé chronologique de l'histoire de la ville de Paris, à l'imitation de l'abregé chronologique de l'histoire de France, de M. le Présid. Hénault.
Début :
Paris que nous connoissons aujourd'hui comme la ville la plus considérable & [...]
Mots clefs :
Histoire de la ville de Paris, Histoire de France, Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours préliminaire d'un abregé chronologique de l'histoire de la ville de Paris, à l'imitation de l'abregé chronologique de l'histoire de France, de M. le Présid. Hénault.
Difcours préliminaire d'un abregé chronologique
de l'hiftoire de la ville de Paris , à
Timitation de l'abregé chronologique de l'hiftoire
de France, de M. le Préfid, Hénault .
P
Aris que nous connoiffons aujourd'hui
comme la ville la plus confidérable &
la plus floriflante de l'Europe , n'étoit dans
fon originé qu'une très- petite bourgade
renfermée dans l'étendue connue aujour
d'hui fous le nom d'ifle du Palais , les maifons
à un feul étage , & conftruites pour
la plupart en bois & terre , étoient couvertes
de paille ou chaume , des fourneaux
de terre fervoient dans l'ufage ordinaire
pour échauffer les appartemens , & pour
préparer les chofes néceffaires à la vie . Nos
prédéceffeurs ne connoiffoient pas les cheminées
ni les fuperfluités dont nous nous
faifons une néceffité . Leur petit bourg entouré
de collines charmantes procuroit à
leur famille fous des toits ruftiques un
afyle heureux & tranquille ; fans ambition
& fans vanité leur goût étoit fatisfait
des productions de leurs terres , & le vin qui
croiffoit fur leurs petites montagnes étoit
leur boiffon ordinaire. A l'ombre d'un tilleul
ou affis au pied d'un chêne , nos ayeux
couloient des jours purs & ferreins , ces
160 MERCURE DE FRANCE.
tems font bien changés , & les fauxbourgs .
Montmartre , S. Jacques , S. Marceau , S.
Victor , & Sainte Genevieve ne produiſent
affurément pas le même effet.
Jules- Céfar vint porter le trouble dans
un féjour fi fortuné ; il fe rendit le maître
de Paris , & fes habitans virent alors pour
la premiere fois élever fur les bords de
leur fleuve des forts dont ils ne connoiffoient
pas l'ufage . Leur ville entourée de
fortes murailles par ce conquerant ne leur
parut plus qu'une prifon. Quoique leur
nouveau maître , pour adoucir l'efpece de
fervitude fous laquelle il les réduifoit
fit conftruire dans l'intérieur nombre d'édifices
confidérablés .
A Jules- Céfar fuccéderent les Empereurs
romains. Ils hériterent de ce grand homme
le goût le plus décidé pour Paris ; ils
y paffoient tous leurs quartiers d'hiver , &
firent commencer les fauxbourgs immenfes
que nous voyons de nos jours .
Les Francs chafferent les Romains , &
foumirent Paris à leur domination. Elle
devint la capitale de leurs Etats fous Clovis
I. En 508 ce Prince y fixa fon féjour ,
& l'augmenta confidérablement. Les Rois.
de la feconde race ne furent pas fes imitateurs
, ils y firent très - peu de féjour
& leur abfence enhardit les Normands à
AOUST. 1755. 161
s'approcher de Paris ; ils ravagerent fes environs
, & en firent plufieurs fois le fiége ,
que les habitans de la campagne refugiés
dans la ville , de concert avec les Parifiens,
foutinrent avec beaucoup de valeur & de
conftance .
Les Souverains de la troifiéme race
n'ont pas imité ceux de la feconde . Paris
a toujours été leur féjour ordinaire jufqu'à
Louis XIV , qui a transferé la demeure de
nos Rois au château de Verfailles. Ils ont
augmenté considérablement cette ville par
la jonction de plufieurs bourgades qui s'étoient
formées prefque fous fes murs , &t
lui ont prodigué des embelliffemens de
toutes les efpeces.
En 1184 , Philippe - Augufte fit paver
les rues & les places. En 1199 , il fit commencer
une enceinte d'un mur très - fort ;
douze années fuffirent pour terminer un
ouvrage fi confidérable , & ce Prince eut
la fatisfaction de le voir parfait avant ſa
mort,
Charles V fit conftruire une nouvelle
enceinte en 1367 ; & Charles VI fon fils &
fon fucceffeur , fit mettre la derniere main
à ce que fon pere avoit commencé .
François I , le reftaurateur des Lettres
en France , embellit confidérablement Paris
, & c.
162 MERCURE DE FRANCE.
Charles IX pofa le 11 Juillet 1566 la
premiere pierre d'une nouvelle enceinte
Henri IV , le pere de la patrie , fit conftruire
nombre d'édifices .
Louis XIII fon fils , fit commencer une
nouvelle enceinte en 1634 ; & le 15 Janvier
1638 il fit rendre en fon Confeil un
Arrêt , par lequel il fut ordonné de placer
des bornes de diſtance en diſtance dans
toute la circonférence de la ville , au-delà
defquelles il fut défendu de bâtir fans permiflion.
Louis XIV a porté Paris à ce haut dégré
de fplendeur où nous le voyons , &
nos neveux pourront à peine ajouter foi au
trait de notre hiftoire qui contient l'énu ,
mération des changemens arrivés fous fon
regne .
Louis XV furpaffera fans doute tous fes
prédéceffeurs , fi , comme il y a lieu de
l'efperer , il fait exécuter le projet de l'embelliffement
de Paris , actuellement fous
preffe , chez Duchefne , rue S. Jacques.
les
Voilà à peu-près , mais exactement ,
changemens arrivés dans la ville de Paris ,
depuis fon origine . Je me propofe d'en
donner un détail qui ne laiffera rien à de
firer , quoique renfermé en un feul volume
in 12. Je dirai même dès à préfent
que ces divers accroiffemens donnerent
-
AOUST. 1755. 163
d'abord lieu à la divifion de cette ville en
quartiers.
Philippe- Augufte la divifa en quatre
parties.
Ses fucceffeurs , jufqu'à Charles VI , en
doublerent le nombre. Ce dernier les por--
ta jufqu'à feize . Louis XIII , la derniere
année de fon regne , en joignant le fauxbourg
S. Germain à Paris , en forma le
dix- feptième. Louis XIV enfin , en 1702 ,
en fixa le nombre à vingt , par une déclaration
du 14 Janvier , confirmée par
une autre , du 12 Septembre de la même
année , registrée au Parlement les Janvier
1703.
Poncet de la Grave , Avocat
au Parlement.
de l'hiftoire de la ville de Paris , à
Timitation de l'abregé chronologique de l'hiftoire
de France, de M. le Préfid, Hénault .
P
Aris que nous connoiffons aujourd'hui
comme la ville la plus confidérable &
la plus floriflante de l'Europe , n'étoit dans
fon originé qu'une très- petite bourgade
renfermée dans l'étendue connue aujour
d'hui fous le nom d'ifle du Palais , les maifons
à un feul étage , & conftruites pour
la plupart en bois & terre , étoient couvertes
de paille ou chaume , des fourneaux
de terre fervoient dans l'ufage ordinaire
pour échauffer les appartemens , & pour
préparer les chofes néceffaires à la vie . Nos
prédéceffeurs ne connoiffoient pas les cheminées
ni les fuperfluités dont nous nous
faifons une néceffité . Leur petit bourg entouré
de collines charmantes procuroit à
leur famille fous des toits ruftiques un
afyle heureux & tranquille ; fans ambition
& fans vanité leur goût étoit fatisfait
des productions de leurs terres , & le vin qui
croiffoit fur leurs petites montagnes étoit
leur boiffon ordinaire. A l'ombre d'un tilleul
ou affis au pied d'un chêne , nos ayeux
couloient des jours purs & ferreins , ces
160 MERCURE DE FRANCE.
tems font bien changés , & les fauxbourgs .
Montmartre , S. Jacques , S. Marceau , S.
Victor , & Sainte Genevieve ne produiſent
affurément pas le même effet.
Jules- Céfar vint porter le trouble dans
un féjour fi fortuné ; il fe rendit le maître
de Paris , & fes habitans virent alors pour
la premiere fois élever fur les bords de
leur fleuve des forts dont ils ne connoiffoient
pas l'ufage . Leur ville entourée de
fortes murailles par ce conquerant ne leur
parut plus qu'une prifon. Quoique leur
nouveau maître , pour adoucir l'efpece de
fervitude fous laquelle il les réduifoit
fit conftruire dans l'intérieur nombre d'édifices
confidérablés .
A Jules- Céfar fuccéderent les Empereurs
romains. Ils hériterent de ce grand homme
le goût le plus décidé pour Paris ; ils
y paffoient tous leurs quartiers d'hiver , &
firent commencer les fauxbourgs immenfes
que nous voyons de nos jours .
Les Francs chafferent les Romains , &
foumirent Paris à leur domination. Elle
devint la capitale de leurs Etats fous Clovis
I. En 508 ce Prince y fixa fon féjour ,
& l'augmenta confidérablement. Les Rois.
de la feconde race ne furent pas fes imitateurs
, ils y firent très - peu de féjour
& leur abfence enhardit les Normands à
AOUST. 1755. 161
s'approcher de Paris ; ils ravagerent fes environs
, & en firent plufieurs fois le fiége ,
que les habitans de la campagne refugiés
dans la ville , de concert avec les Parifiens,
foutinrent avec beaucoup de valeur & de
conftance .
Les Souverains de la troifiéme race
n'ont pas imité ceux de la feconde . Paris
a toujours été leur féjour ordinaire jufqu'à
Louis XIV , qui a transferé la demeure de
nos Rois au château de Verfailles. Ils ont
augmenté considérablement cette ville par
la jonction de plufieurs bourgades qui s'étoient
formées prefque fous fes murs , &t
lui ont prodigué des embelliffemens de
toutes les efpeces.
En 1184 , Philippe - Augufte fit paver
les rues & les places. En 1199 , il fit commencer
une enceinte d'un mur très - fort ;
douze années fuffirent pour terminer un
ouvrage fi confidérable , & ce Prince eut
la fatisfaction de le voir parfait avant ſa
mort,
Charles V fit conftruire une nouvelle
enceinte en 1367 ; & Charles VI fon fils &
fon fucceffeur , fit mettre la derniere main
à ce que fon pere avoit commencé .
François I , le reftaurateur des Lettres
en France , embellit confidérablement Paris
, & c.
162 MERCURE DE FRANCE.
Charles IX pofa le 11 Juillet 1566 la
premiere pierre d'une nouvelle enceinte
Henri IV , le pere de la patrie , fit conftruire
nombre d'édifices .
Louis XIII fon fils , fit commencer une
nouvelle enceinte en 1634 ; & le 15 Janvier
1638 il fit rendre en fon Confeil un
Arrêt , par lequel il fut ordonné de placer
des bornes de diſtance en diſtance dans
toute la circonférence de la ville , au-delà
defquelles il fut défendu de bâtir fans permiflion.
Louis XIV a porté Paris à ce haut dégré
de fplendeur où nous le voyons , &
nos neveux pourront à peine ajouter foi au
trait de notre hiftoire qui contient l'énu ,
mération des changemens arrivés fous fon
regne .
Louis XV furpaffera fans doute tous fes
prédéceffeurs , fi , comme il y a lieu de
l'efperer , il fait exécuter le projet de l'embelliffement
de Paris , actuellement fous
preffe , chez Duchefne , rue S. Jacques.
les
Voilà à peu-près , mais exactement ,
changemens arrivés dans la ville de Paris ,
depuis fon origine . Je me propofe d'en
donner un détail qui ne laiffera rien à de
firer , quoique renfermé en un feul volume
in 12. Je dirai même dès à préfent
que ces divers accroiffemens donnerent
-
AOUST. 1755. 163
d'abord lieu à la divifion de cette ville en
quartiers.
Philippe- Augufte la divifa en quatre
parties.
Ses fucceffeurs , jufqu'à Charles VI , en
doublerent le nombre. Ce dernier les por--
ta jufqu'à feize . Louis XIII , la derniere
année de fon regne , en joignant le fauxbourg
S. Germain à Paris , en forma le
dix- feptième. Louis XIV enfin , en 1702 ,
en fixa le nombre à vingt , par une déclaration
du 14 Janvier , confirmée par
une autre , du 12 Septembre de la même
année , registrée au Parlement les Janvier
1703.
Poncet de la Grave , Avocat
au Parlement.
Fermer
Résumé : Discours préliminaire d'un abregé chronologique de l'histoire de la ville de Paris, à l'imitation de l'abregé chronologique de l'histoire de France, de M. le Présid. Hénault.
Le texte offre un aperçu historique de la ville de Paris, de ses origines jusqu'au XVIIIe siècle. À l'origine, Paris était une petite bourgade située sur l'île du Palais, composée de maisons en bois et en terre couvertes de paille ou de chaume. Les habitants vivaient de manière simple, subsistant grâce aux productions de leurs terres et au vin local. Jules César initia des transformations en construisant des fortifications et des édifices, transformant Paris en une ville fortifiée. Les empereurs romains qui lui succédèrent apprécièrent Paris comme lieu de résidence hivernale et développèrent ses faubourgs. En 508, les Francs, sous Clovis I, firent de Paris la capitale de leurs États. Les rois de la deuxième race furent moins présents, permettant aux Normands de ravager la ville. Les souverains de la troisième race, jusqu'à Louis XIV, résidèrent fréquemment à Paris, contribuant à son expansion et à son embellissement. Philippe Auguste pava les rues et construisit une enceinte en 1184. Charles V et Charles VI ajoutèrent des fortifications. François I et Henri IV participèrent également à l'embellissement de la ville. Louis XIII commença une nouvelle enceinte en 1634 et régula l'urbanisation. Louis XIV porta Paris à un haut degré de splendeur. Louis XV avait des projets d'embellissement en cours. Le texte mentionne également la division de Paris en quartiers, passant de quatre sous Philippe Auguste à vingt sous Louis XIV en 1702. L'auteur, Poncet de la Grave, avocat au Parlement, se propose de détailler ces changements dans un volume.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
188
p. 133-163
Suite de l'abrégé historique de la ville de Paris ; par M. Poncet de la Grave, Avocat au Parlement.
Début :
SOUVERAINS. Interregne. 593-4-5 & 6 Childebert II, Roi d'Austrasie, se [...]
Mots clefs :
Paris, Histoire de la ville de Paris, Histoire, Roi, Childebert II, Normands, Parisiens, Évêque de Paris, Clotaire II, Clovis II, Clovis III, Empereur, Charles Martel, Troupes, Tombeau, Abbaye, Royaume, Charlemagne, Dagobert II, Clovis III, Thierry Ier, Clotaire IV, Louis Ier, Louis II le Bègue, Louis III, Carloman II, Charles III le Gros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite de l'abrégé historique de la ville de Paris ; par M. Poncet de la Grave, Avocat au Parlement.
HISTOIRE.
Suite de l'abrégé hiftorique de la ville de
Paris ; par M. Poncet de la Grave , Avo- .
cat au Parlement .
CH
SOUVERAIN S.
Interregne.
593-4-5
& 6.
Hildebert II , Roi d'Auftrafie , fe
rend maître de Paris , & des autres
villes qui avoient appartenues au ( a ) Roi
Sigebert fon pere ; mais il ne jouit pas
long - tems de fes conquêtes. Une mort
précipitée l'enleve à la fleur de fon âge.
Frédégonde fe rend à ſon tour maîtreffe
de Paris , (b ) brûle & faccage tout ce qui
fe trouve fur fon paffage ; fait marcher
des troupes contre Théodebert , Roi d'Auftrafie
, & Thieri Roi de Bourgogne , en-
16.
( a ) Frédegon. chronol. c. 14. ( b ) Idem , c.
134 MERCURE DE FRANCE.
core jeunes. La bataille s'engage en préfence
des trois Rois. (c ) Clothaire demeure
victorieux , & s'affermit fur le thrône de
Paris.
Ordonnance de Childebert concernant
le Guet à pied , qui rend refponfables les.
foldats des vols ou affaffinats faits dans le
quartier où ils font de garde , & qui fait
un réglement à ce fujet. 11 feroit à fou--
haiter que cette ( d ) Ordonnance fut actuellement
en vigueur.
Respectivement à Paris.
597 & 8:
La Reine Frédegonde au plus haut point
de fes profpérités , meurt à Paris , & fon:
corps eft inhumé dans l'Eglife de S. Vincent
à côté de celui du Roi Chilperic font
mari on voit encore fon tombeau dans
S. Germain des Prez , monument de la reconnoiffance
de Clothaire II fon fils .
Interregne.
5.99 & 603.
Les affaires de Clothaire changent de
face. Il eft attaqué par Théodebert , &
Thieri unis enfemble près d'un village ,
nommé Ormeille en Gatinois. Il perd la
bataille ( e ) , fe réfugie dans Paris , en eſt
(c ) Idem. c. 17. ( d ) Capit. Reg. Fr. to . 1. p.
20. Hift. de l'Apolog, to , 1. pag . 236. ( e ) Geſt
Reg. Fr. c. 37.
OCTOBRE. 1755 133
chaffe par les vainqueurs , & forcé de demander
la paix , qui ne lui fut accordée
qu'en perdant une partie de fes Etats.
604 & 612.
Clothaire (f) voulant réparer fes pertes,
met deux armées fur pied , donne le commandement
de l'une à Landri , Maire du
Palais , & marche à la tête de l'autre..
Landri eft battu près d'Etampes par Thieri
, qui rentre victorieux dans Paris ; &
Clothaire obligé de prendre la fuite , de
mande la paix pour la feconde fois.
Clothaire II.
613 & 14.
Clothaire réunit dans fa perfonne toute
la Monarchie Françoife..
615-16 & 17
Sixiéme ( g ) Concile de Paris , compo
fé d'Evêques & de Seigneurs. Il s'en eft
tenu fouvent de pareils depuis Charlelemagne
& les Rois fuivans , où l'on fit
des Ordonnances pour tout le royaume ,
qui portent le nom de Capitulaires , comme
ayant été faites dans les affemblées de.
la nation.
618 & 21 .
(b ) La Reine Gertrude meurt' , & eft
enterrée dans l'Abbaye S. Vincent , aujourd'hui
S. Germain des Prez..
(f)Fredeg. c. 26. ( g ) Conc. to . 5. p. 1649″
( b) Fredeg. c. 46.
136 MERCURE DE FRANCE.
622 & 27.
Clothaire fait fa réfidence ordinaire à
Paris.
628 & 29.
Il meurt âgé de 45 ans , & eft enterré à
Paris dans l'Eglife S. Germain des Prez.
Dagobert I.
Dagobert , Roi d'Auftrafie, lui fuccede,
fixe fon féjour à Paris , s'abandonne à toutes
fortes d'excès , pille le bien de fes fujets,
& ne refpecte même pas les chofes faintes.
Pour racheter en quelque façon fes pechés
, il fonde de nouveau , & dote la célébre
Abbaye de S. Denis.
630 & 37.
S. Eloi , depuis Evêque de Paris , Garde
des Sceaux , engage Judicaël , Prince des
Bretons , à faire au ( i ) Roi fatisfaction
des courfes qu'il avoit faites fur les frontieres
, & à le reconnoître pour fon Seigneur.
638-39-40 & 5o.
Fondation d'un couvent de Filles par S.
Eloi , dont St Aure eft la premiere Abbeffe.
( k) Le circuit de cet ancien monaftere ,
autrefois entouré de murailles , s'appelle
(i ) Préf. Henault , pag. 25. ( k ) Curiof. & antiq.
fr. 35.
OCTOBRE. 1755. 137
encore aujourd'hui la ceinture de S. Elci ,
& comprend les rues de la Cité , où font à
préfent Ste Croix , S. Pierre des Arcis &
S. Martial.
S. Eloi ( 1 ) fonde l'Eglife de S. Paul ,
autrefois appellée des Champs , & S. Martial
dans la Cité fait chaffer de Paris un
Apoftat qui féduifoit le peuple , & bannir
de France un autre fourbe , qui fe difoit
Evêque.
Paris fouffre un incendie confidérable ,
qui confume la plupart des maifons.
Dagobert malade à Epinai -fur- Seine ,
fe fait tranfporter à S. Denis , pour implo
rer la protection de ce faint martyr ; ( m ) il
y meurt quelques jours après , âgé de 36
ans , & y eft enterré. On célébre tous les
ans l'anniverfaire de fa mort à S. Denis ,
le 19 Janvier.
Clovis II.
Clovis II. monte fur le thrône , & fait
fa réfidence ordinaire à Paris.
Les Maires du Palais abforbent l'autorité
royale.
651 & 59.
La famine qui défoloit tout le Royaume
, fe fait fentir dans la capitale. Il pa-
( 1) Vita Sancti Eligii , 1. 1. c. 13. ( m ) Free
deg. chron. c . 79.
738 MERCURE DE FRANCE.
roit qu'elle fut extrême , puifque pour fub
venir aux befoins des pauvres , le Roi fut
obligé de dépouiller le tombeau de S. Denis
des richeſſes dont ( n ) Dagobert l'avoit
enrichi S. Landri , alors Evêque de Paris
, vendit fa vaiffelle & fes meubles pour
foulager la mifere publique. Les vaſes facrés
ne furent même pas épargnés.
Fondation ( o ) de l'Hôtel-Dieu par S.
Landri. Erchinoald , Maire & Comte de
Paris , donna le terrein fur lequel il eft
bâti , & contribua à ſon établiſſement par
d'autres largeffes.
S. Landri meurt , (p) & eft enterré dans
l'Eglife S. Germain- l'Auxerrois .
Clothaire III.
660 & 65.
Clovis II . meurt la dix- neuvième année
de fon regne , & la vingt- troifiéme de fon
âge. Il eft inhumé à S. Denis.
Clothaire III . commence à regner fous
la Régence de Baltilde fa mere. Le Confeil
eft compofé de S. Ouen , de S. Eloi ,
& de quelques autres Evêques.
Abolition d'un tribut par tête , qui réduifoit
fouvent les chefs d'une nombreuſe
famille au défefpoir.
( n ) Dubois , Hift . Eccl . Par. tom. 1. p . 179.
(o ) Le Maire , Par. anc. & nouv. to . 3. pag. 127.
(p ) Malingue..
OCTOBRE. 1755. 139
Baltilde fe retire dans le Monaftere de
Chelles qu'elle avoit fondé , & laiffe le
royaume , & le Roi âgé de quatorze ans ,
à la merci d'Ebroin , Maire du Palais , dont
elle avoit jufques- là réprimé les violences.
665-6-7 & 8.'\
Sigobrand , Evêque de Paris , maffacré
par les Grands , malgré les défenfes de la
Reine.
Elle meurt à Chelles vers l'an 680 , Le
30 Janvier.
La peſte ( q ) dépeuple une partie de
la ville de Paris , & la contagion fe fair
fentir jufques dans les maifons religieufes.
Clothaire III. meurt , & Thieri fon
frere lui fuccéde par les foins d'Ebroin
Maire du Palais ; mais la haine qu'on
avoit pour ce Miniftre , réjaillit fur le
Roi même , & Thieri eft enfermé dans
l'Abbaye de S. Denis ..
Childeric II.
669 & 680 .
Childeric II. fe voit maître de toute la
France par la mort de Clothaire III , &
par la retraite forcée de Thieri.
Il eſt maffacré avec la Reine Blichilde
& Dagobert fon fils , dans la forêt de Li-
( 2 ) Vita S. Eligiil. z .
140 MERCURE DE FRANCE.
vri par Bodille. Il eft enterré dans l'églife
de S. Germain des Prez , où l'on voit encore
fon tombeau .
Thieri I.
Thieri fort de l'Abbaye S. Denis , &
commence à regner. Ebroin , le même qui
avoit été Maire du Palais fous Clothaire
III , contraint par les armes Thieri à le
recevoir de nouveau pour fon Maire du
Palais.
681 & 90.
Ebrouin eft tué d'un coup d'épée un
Dimanche matin avant le jour , lorſqu'il
alloit à Matines , felon l'ufage de ce temslà.
A Ebrouin fuccede Warathon , qui eft
Maire du Palais , de Neuftrie & de Bourgogne.
Pepin le fut de l'Auftrafie , s'en fit
nommer Duc & Gouverneur.
La difcorde s'allume entre les deux Maires
, & les François mécontens ſe retirent
en Auftrafie Berthier fuccede à Warathon,
& époufe fa haine contre Pepin. Ce dernier
leve des troupes , & s'avance vers
Péronne. Berthier va au- devant de lui avec
le Roi Thieri . On en vient aux mains , &
Thieri vaincu fe retire à la hâte dans Paris
. Pepin s'avance vers cette capitale , rue
Berthier échappé au carnage , fait le frége
i
OCTOBRE. 1755 . 141
de Paris , s'en rend le maître , s'empare
de la perfonne de Thieri & de tous fes
thréfors ; il lui laiffe le nom de Roi , &
fous celui de Maire du Palais, a toute l'autorité
, rend la paix à la France , & fait
fleurir le commerce.
691 & 710.
Thieri meurt , âgé de trente- neuf ans ,
après en avoir regné dix - fept. ( r ) Sa mort
ne fait pas plus de bruit que celle d'un particulier.
Un Seigneur , nommé Vandemir , fait
de grandes largeffes à plufieurs églifes de
Paris , de concert avec fa femme Ercamberte.
Clovis 111.
Clovis III fuccede à Thieri , & Pepin
continue de regner fous le nom de ce Roi .
S. Meri où Mederic vient à Paris , fe
loge dans un Monaftere contigu à la Chapelle
de S. Pierre. (f) Il y meurt le 29
Août. Deux ans & neuf mois après il eft
enterré dans la Chapelle voifine , connue
aujourd'hui fous le nom de S. Meri , égliſe
paroiffiale & collégiale foumise à la Jurifdiction
du chapitre de Notre Dame.
Son corps eft levé de terre pour la
pre-
(r ) Pref. Henault. (S) Inventaire du thréfor.
Hift. eccl. par. to. 1. p. 579.
142 MERCURE DE FRANCE.
miere fois en 884 , par Gozlin , Evêque de
Paris. Il eft confervé dans une magnifique
châffe , élevée fur le maître autel' , par les
foins de M. l'Abbé Artaud , Curé actuel ,
dont la piété & le zéle pour la maifon du
Seigneur font connus de tout le monde.
L'églife qui fubfifte , fut fondée fous
François I. On voit au milieu du choeur
cette infcription.
Hic jacet bone memoria Odo Falconarius ,
fundator bujus Ecclefia . ( t )
On conferve dans la même églife le
corps de S. Frou , difciple de S. Meri .
Clovis III meurt , après cinq ans de
regne.
Childebert 11.
711-12-13 & 14.
Childebert II , frere de Clovis III ,
monte fur le thrône. Pepin continue de
regner , & fait fon fils aîné , Duc de Bourgogne
, & fon cadet Maire du Palais.
Dagobert II.
Childebert meurt. Dagobert II lui fuc-
'cede. Pepin qui a toujours toute l'autorité
, fait fon petit- fils Théodebalde Maire
du Palais.
(6) Du Breuil , antiq. 1. 3.
OCTOBRE . 1755 143
714.
Pepin meurt après avoir joui de toute
l'autorité fous quatre Rois , qui n'eurent
qu'un vain nom. ( ) Ces Princes au reſte
ne demeurerent guere à Paris. Les maiſons
de plaifance qu'ils avoient aux environs ,
furent leur féjour ordinaire .
La mere de Théodebalde , Maire du Pa
lais , ambitionne le commandement , &
fait arrêter Charles Martel , fils naturel de
Pepin. Le peuple fe révolte contre le gouvernement
injufte de cette femme ; Théodebalde
ſe ſauve , & Rainfroi le remplace.
Charles Martel s'évade de la prifon dans
laquelle il étoit retenu , va en Neuftrie ,
& en eft reconnu Duc.
Chilperic II.
715 & 20.
Dagobert II meurt . Daniel fils de Childeric
II lui fuccede fous le nom de Chilperic
II.
Il
Clothaire IV.
porte la guerre en Auftrafie , eft dé-'
fait par Charles Martel , & fe réfugie dans
Paris. Il tente une feconde fois de s'oppofer
aux entrepriſes de ce Duc , lui livre
une bataille près de Soiffons , & la perd ; il
(# ) Geft. Reg. Fr. cap. 49.
144 MERCURE DE FRANCE.
rentre dans Paris, enleve tous les thréfors
& fe réfugie en Aquitaine. Charles Martel
arrive à Paris avec un Roi poftiche , qu'il
fait nommer ( x ) Clothaire , & qui mourut
la même année . On rappelle Chilperic
, qui mourut deux ans après.
Thieri 11.
721 & 36.
Thieri II , dit de Chelles , monte fur le
thrône , & Charles Martel , Maire du Palais
, a toute l'autorité . ( y ) Ce dernier fejourne
peu à Paris , toujours en courfe
contre les ennemis de l'Etat ; il n'y revient
qu'en 732 , chargé de riches dépouilles
prifes fur les Sarrafins. Thieri meurt , & fa
mort eft fuivie d'un interregne de dix-fept
ans.
Interregne.
737 & 41.
Charles Martel va à l'Abbaye S. Denis,
revient enfuite à Paris , & partage le royaume
de France entre fes deux fils Carloman
& Pepin , fe fait enfuite tranfporter à
Quierci-fur-Oife où il meurt le 22 Octobre
741. Il fut enterré à S. Denis , dans le
tombeau des Rois , quoiqu'il n'en eût jamais
porté le titre.
(x ) Geft. Reg. Fr. ( y ) Geft. Reg. Fr. cap. ult.
annal Fuld. &c.
742.
OCTOBRE. 1755. 145
742 .
Carloman & Pepin unis gouvernent le
Toyaume , pacifient les défordres , affemblent
des Conciles ( z ) , & font plufieurs
réglemens pour la réformation des moeurs.
Childeric III.
743.4 & 5.
Pepin croit qu'il eft plus avantageux de
faire ceffer l'interregne ; il fait proclamer
Roi Childeric III dans la Neuftrie , la
Bourgogne , & la Provence. Carloman
gouverne l'Auftrafie .
746-7-8 & 9 .
Carloman quitte le gouvernement de
l'Auftrafie , & fe retire à Rome , où il embraffe
la vie religieufe. Pepin devient feul
maître en France.
750.
Childeric III eſt détrôné , rafé & enfermé
dans un monaftere .
Pepin le Bref. Seconde race.
751-2 & 3.
Pepin fils de Charles Martel , eſt proclamé
Roi de France. Ce changement ne
cauſe aucun trouble à Paris , parce que le
peuple accoutumé à fon gouvernement
( z ) Concil . to. 1. p . 1534-37 & 52.
G
146 MERCURE DE FRANCE.
fon Prin- n'avoit aucun attachement pource
légitime .
754-5-6 & 7.
Tranflation du corps de S. Germain , le
25 Juillet 754 , par Lanfroi , Abbé de S.
Vincent. Pepin affifte à la cérémonie avec
fes deux fils , un grand nombre d'Evêques
& Seigneurs. On peut fixer à cette époque
le changement du nom de cette Abbaye
dite de S. Vincent en celui de S. Ger-
'main des Prez.
758 & 769 .
( a ) Taffilon , Duc de Baviere , après
avoir fait ferment de fidelité au Roi à
Compiegne , vient le renouveller à Paris
fur le tombeau de S. Germain .
fe
( b ) Pepin tombe malade à Poitiers ,
fait tranfporter à Paris , & enfuite au tombeau
de S. Denis ; il partage la France entre
fes deux fils Charles & Carloman , &
meurt le 24 Septembre 768 , âgé de cinquante-
quatre ans.
Charlemagne.
Charles , dit Charlemagne , & Carloman
fon frere , partagent le Royaume.
Paris demeure à Charles.
,
770 , & inclufivement 778 .
La mort de Carloman rend Charlema-
( a ) Annal. not. ( b ) Hift. de S. Denis , p . 54
OCTOBRE . 1755 . 147
gne maître de toute la Monarchie Françoife.
Il vient rarement à Paris.
(c ) En 775 il affifte à la dédicace de
l'églife de l'Abbaye S. Denis .
779.
Charlemagne établit une école publique
à Paris dans fon propre Palais. Établiffement
qui lui mérita le furnom de reftaurateur
des Lettres en France .
800 .
Il vient à Paris au mois de Juillet , &
en part peu de jours après pour Aix- la-
Chapelle.
802 & inclufivement 812 .
Ordonnances ajoutées à la loi falique ,
publiées à Paris.
813.
( d) Ordonnance de l'an 813 , inférée
dans les capitulaires pour la fûreté des
Bourgeois de Paris pendant la nuit.
814 & inclufivement 823 .
Charlemagne meurt d'une pleuréfic le
28 Janvier 814 dans la foixante - onzieme
année de fon âge . Le Palais & le Châtelet
vaquent tous les ans ce jour- là.
(e ) Hift. de S. Denis , 1, 2. n. 10. ( d ) Capit
40. 2. pag. $ 14
Gij
148 MERCURE DE FRANCE:
Louis I.
Louis I lui fuccede , & confirme la Jurifdiction
de l'Evêque de Paris fur la terre
de Ste Marie dans l'Iffe , fur la rue S. Germain-
l'Auxerrois & autres , avec défenſe à
tous autres Officiers qu'à ceux de l'Evêque
, de lever ni cens ni droits dans l'étende
fa juriſdiction .
824-5-6-7 & 8 .
(e ) Septieme Concile de Paris , convoqué
par Louis I , pour délibérer concernant
le culte des images.
les
Il fut décidé qu'il ne falloit pas
brifer ni les adorer , mais les conferver
l'inftruction des fideles , fur - tout des pour
ignorans.
829.
(f) Le huitieme Concile de Paris fut
ouvert le 6 de Juin de l'an 829 dans l'églife
de S. Etienne le vieux , qui étoit à
côté de la cathédrale, auquel affifterent 25
Evêques. Les actes de ce Concile font divifés
en trois livres : Le premier contient
cinquante- quatre articles fur la dignité &
le devoir des Evêques & Paſteurs,
Le fecond en treize articles , traite des
principaux devoirs . des Rois. Le troifiéme
( e ) Concil. to. 7. p. 1648. (f ) Conc.to: 731
p. 1598.
OCTOBRE . 1755. 149
compofé de vingt- fept articles , traite des
conciles & des écoles publiques . On y fit
auffi un réglement pour le partage des
biens eccléfiaftiques
.
(g ) Inftitution d'un chapitre de Chanoines
de l'églife de Paris. On fait pour eux
une régle par ordre du Roi .
Partage des biens de l'Abbaye S. Germain
des Prez , entre l'Abbé & les Moines
, par Hilduin Archichapelain du
palais de l'Empereur , & Abbé de Saint
Germain .
830 & inclufivement 839. •
L'Empereur fe fentant infirme , fait un
nouveau partage entre fes enfans . Paris
avec toute la France occidentale , tombe
à Charles.
840.
Louis I , dit le Débonnaire , meurt dans
une ifle du Rhin , près de Mayence, le 23
Juin 840 , après quarante jours de mala-
-die. Charles II , dit le Chauve , lui fuc-
- cede.
Charles II.
La ville de Paris devient le centre des
guerres civiles. Lothaire frere du Roi ,
paroît fur la Seine avec une puiffante armée.
Gerard , Comte de Paris , va au-de-
(g) Hift. eccl Par . to . 2. p. 561.
C iij
150 MERCURE DE FRANCE.
vant de lui au mépris de l'autorité royale .
Charles ayant appris cette nouvelle , remonte
la Seine , de Rouen à Paris , avec
trente -huit barques chargées de troupes ,
& défait Gerard , Comte de Paris , qui
vouloit s'opposer à fon paffage.
841-2-3 & 4
Charles- le - Chauve va faire fa priere à
S. Germain des Prez , d'où il part incon
tinent pour aller à Troyes , delà à Châlonsfur-
Saone , où ayant reçu un renfort de
troupes il gagne avec Louis de Baviere
für Lothaire & Pepin fon neveu , la
fameufe bataille de Fontenai , un famedi
25 Juin 841 .
(b ) La nouvelle en parvient jufqu'à
Paris , & le peuple croit le Roi Charles.
mort. Pour détromper les Parifiens & foumettre
le Comte Gerard , il vient lui-même
à Paris , & delà fe rend à l'affemblée
de Langres. Il revient à Paris joindre Louis
de Baviere fon frere avec fes troupes. Lothaire
en eft inftruit , & arrive à S. Denis
avec une puiffante armée. D'un autre
côté Charles-le - Chauve campe à S. Cloud .
Les pluies furviennent ; on parle d'accomdement
fans rien conclure . L'hyver fépare
les deux armées . Lothaire fe retire à Sens,
(b ) Nit. to. 3,
OCTOBRE. 1755 . 151
.
& défole tous les environs. Charles quitte
Paris , & va à Châlons fur- Saône.
845-6 & 7.
Les Normans entrés en France ( i ) depuis
environ quatre ans à la faveur des
guerres civiles , remontent la Seine avec
fix vingts bâtimens , s'approchent de Paris
& y entrent fans réfiftance . Les Parifiens à
leur arrivée abandonnent la ville , & les
Religieux leurs monafteres ; chargés des
reliques qu'ils poffedoient , ils vont chercher
un afyle dans les villes voifines.
Charles accourt pour fecourir Paris. Il
arrive à S. Denis , où les chefs des Normans
vont le trouver. La paix y eft conclue
au moyen d'une fomme de 7000 livres
qu'on leur donne. Ils quittent Paris , &
emportent avec eux un riche butin. Les
Religieux de Saint Germain rapportent le
corps de ce Saint , & le dépofent fur l'autel
de l'Abbaye S. Vincent.
Nouveau Concile ( k ) tenu à Paris le
14 Février 846.
Ebbon , Archevêque de Reims , déposé
depuis quelques années , y eft cité , ne
comparoît pas , & fa dépofition eft confirmée.
(i ) Chron. Fontenel , apud Duch. tom. 2. p .
388. ( k ) Concil . to . 7. p . 1812 .
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
848 & inclufivement 860.
Autre Concile ( 1 ) tenu à Paris au mois
de Novembre 848 , compofé de vingtdeux
Evêques.
Les Normans entrent dans Paris pour
la feconde fois , & y mettent le feu . L'incendie
fut fi général , que toute la ville
fut réduite en cendres , les églifes même
ne furent pas épargnées ; il n'y eut que
S. Etienne (m ) , aujourd'hui Notre Dame ,
& S. Germain des Prez qui furent confervées
, parce que les Moines les racheterent
à force d'argent.
Un de leurs partis revient à la charge ,
& pille l'Abbaye S. Germain des Prez . Les
Religieux effrayés fe fauvent, quelques- uns
font tués avec plufieurs domeftiques. Les
Normans mettent le feu au monaftere.
Les Normans (n) continuent leurs courfes
, & enlevent le Chancelier , Louis , Abbé
de S. Denis , & Gozlin fon frere Abbé
de S. Germain des Prez. Il en coute des
fommes confidérables pour les racheter.
861-2-3 & 4
Nouvelle irruption des Normans dans
Paris. Ils brûlent l'églife S. Germain des
( 1 ) Duch. to . 2. pag . 388. ( m ) Geſta Normand.
Duch . to. 2. pag. 525. ( n ) Mabill , ann,
Bened. 1. 25. n°. 33•
OCTOBRE.
1755. 153
Prez qu'ils avoient jufqu'alors refpectée .
Charles les pourfuit , & les défait enfin
près de Meaux . Cette victoire rend la tranquillité
à Paris .
Pour ( o ) arrêter les incurfions des Normans
, Charles le Chauve fait conftruire
-un grand pont , & le foumet à la jurifdiction
de l'Evêque de Paris ; c'eft aujour
d'hui le pont au Change.
Le corps de S. Germain eft rapporté à
Paris , & dépofé dans la chapelle S. Sym-
-phorien , lieu de fa premiere fépulture.
865-6-7 & 8.
Par une chartre du Roi Charles ( p ) , du
22 Avril 867 , il donne à l'églife de Notre
Dame l'ifle de Notre Dame , aujourd'hui
appellée de S. Louis , qui lui avoit été
ufurpée par les Comtes de Paris .
869 & 70.
L'églife de S. Germain des Prez ruinée
par les Normans eft entierement réparée ,
& le corps de ce Saint y eft tranfporté avec
beaucoup de pompe. Charles le Chauve ,
la Reine Richilde & S. Ingelrin affiftent à
cette cérémonie .
(e ) Baluz. opp, ad capitul. p. 1491 , ex parvo
cartul. ecclefiæ Parif. ( P ) Hift . ecclef. Parif.
to. 1. p. 46.1 . 1. 2, n. 34.
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
C
871 & inclufivement 877 .
Le Roi donne l'Abbaye de S. Eloi ( q )
en propriété à l'Evêque de Paris & à fon
églife , aux conditions portées dans la donation.
Nouveau partage des biens ( r ) de l'abbaye
S. Germain des Prez , entre l'Abbé
& les Religieux .
Les Normans reparoiffent aux environs
de Paris , entrent dans S. Denis , dont les
Religieux étoient fortis ; mais ils n'y font
aucun mal , parce que le Roi traita avec
eux , & les renvoya en leur donnant une
fomme d'argent.
Le Pape envoie des Légats à Charles le
Chauve , pour le folliciter de fecourir
Rome contre les Sarrafins. Charles part
pour l'Italie , & laiffe l'adminiftration du
royaume à fon fils Louis , déja âgé de plus
de trente- trois ans . Il lui recommande de
faire continuer les fortifications ( ſ) de
Paris , de S. Denis , & autres néceffaires
pour arrêter les incurfions des Normans.
Inftitution de la foire du Landi . Charles
le Chauve ( 1 ) meurt ; & Louis II , dit le
Begue , lui fuccede .
( q ) Baluz. opp. ad capit . p. 149 .
(7 ) Debouil. hift . de l'Abb . S. Germ. des Prez,
P. 46. n°. 22. (S) Ann. Bened. (1) Chron. Nang.
OCTOBRE. 1755- 755
Louis II , dit le Begue.
878 & inclufivement 884 .
Louis ( u ) confirme la donation de
l'abbaye de S. Eloi faite par
fon l'Evêque
de Paris
& à fon
églife
.
pere
a
Mort de Louis II ; Louis III & Carloman
lui fuccedent.
Tranflation du corps de S. Meri ( x)
dans l'églife de fon nom , le 29 Août
$ 84 . Tout le Clergé de Paris affifta à cette
cérémonie.
Louis 111 , & Carloman .
Hildebrand , Evêque de Séez , fe réfugie
à Paris avec partie de fon Clergé. Le
Roi (y ) lui donne l'hermitage de Notre-
Dame des Bois , fitué dans une forêt près
Paris . Il y fait tranfporter les Reliques de
Sainte Opportune , Abbeffe d'Almenefche.
Elles font d'abord dépofées dans la
maifon d'un particulier ; mais la dévotion
des fideles la convertit bientôt en une églife
collégiale , où partie de fes reliques
font confervées .
Fondation de l'Hôpital Sainte Catheri
ne , rue St Denis .
(u) Baluz. opp . ad cap. p. 1501. ( x ) Hift . eccl.
Par. to. 1. p. 502. ( y ) Goffet , vie de Sainte Opportune
, fec. 3. Benedict . part. 2. pag. 220, hift.
ecel. to. 1. p. 514. ·
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
Louis III meurt fans enfans. Carloman
le fuit de près.
Charles le Gras.
Charles le Gras Empereur leur fuccede ,
& donne le Gouvernement de Paris à Eudes
Comte de Paris , & à Gozlin Evêque
de la même ville .
$ 85.
Sigefroi , l'un des Rois Normans , fe
montre devant Paris avec une armée de
quarante mille hommes (z ) , & une flotte
compofée de fept cens voiles , fans y comprendre
les petites barques . Il entre dans
Paris avec une eſcorte , va trouver l'Evêque
Gozlin , & lui demande le paffage à travers
la ville , lui promettant de ne rien
entreprendre contre les habitans. L'Evêque
le refufe. Sigefroi infifte , & irrité
de fa réfiftance menace de faccager Paris.
En effet il vient l'attaquer le lendemain .
Eudes & Robert qui furent depuis Rois
de France , défendoient la ville . L'attaque
commença au Pont- an- Change , appellé
alors le grand Pont. Les alliégés firent une
fortie , & reponfferent les ennemis. La nuit
furvint , & fervit à réparer les pertes du
jour. Les Parifiens rehaufferent la tour du
pont de plufieurs étages en bois , pour y
( z Abb, de bello Par. 1. 1 .
OCTOBRE . 1755. 157
placer plus de foldats pour la défendre .
Le lendemain l'attaque recommença.Les
Normans parvinrent même, malgré l'huile
bouillante qu'on leur jettoit du haut de la
tour , à faire une bréche , mais ils furent
répouffés pour la feconde fois , avec perte
de trois cens hommes.
Sigefroi furpris de tant de réfiftance ,
emploie deux mois à fortifier fon camp
placé autour de St Germain - l'Auxerrois.
Il fait ravager avec des cruautés inouies
pendant tout ce tems -là les environs de
Paris.
886.
Pendant que tout cédoit à l'impétuofité
des Normans ( a ) , la feule ville de Paris
leur réfiftoit. Expofés à une nouvelle attaque
mieux conçue & foutenue avec plus
de force que les autres , les Parifiens fe
défendirent avec une valeur extraordinaire.
Les Normans irrités forment un nouveau
fiége ; ils partagent leurs forces , &
attaquent le pont & la tour en même
tems.
Toutes les machines de guerre font mifes
en ufage . Ils font pleuvoir une grêle
de pierres & de fléches , mais rien ne ralentit
l'ardeur des Parifiens .
( a ) Frod. 1. 4.
35S MERCURE DE FRANCE.
1
Le Comte Eudes & Robert fon frere fe
multiplient pour fa défenfe. En vain trois
mille Normans attaquent- ils la tour , leurs
efforts font inutiles , ils font contraints de
fe retirer avec perte.
Ils reviennent le lendemain à la charge
, battent la tour avec des beliers , ont
la cruauté d'égorger les prifonniers pour
combler les foffés ; mais voyant leurs tentatives
inutiles , ils rempliffent trois bateaux
de matieres combuſtibles , & les approchent
de la tour & du pont qui n'étoit
que de bois. Les Parifiens effrayés ont
recours aux reliques de St Germain , &.
par l'interceffion de ce Saint , les barques
déja enflammées donnent contre une pile
du pont , & font coulées à fond.
Les Normans rébutés fe retirent le 1
3.1
Janvier 886 , & fe contentent de tenir la
place bloquée. Quelques uns entrent dans
St Germain , en profanent l'églife , & font
punis de Dieu par une mort fubite .
Le 6 Février la Seine déborde , & l'impétuofité
( b ) des eaux renverfe le petit
pont. Les normans tentent de profiter de
cette occafion pour fe faifir de la tour défendue
par douze hommes feulement. Ces
derniers font une vigoureufe réfiftance :
(b ) Chron. S. Vedaſti.
OCTOBRE . 1755. 159
en vain les Normans leur crient- ils de fe
rendre , une défenſe opiniâtre eft leur réponfe.
On les preffe de nouveau , & on
leur promet la vie. Réduits à l'extrêmité
ils fe foumettent fur la parole des Normans
; mais ces Barbares fans refpect pour
d'auffi braves foldats , fauffent leur parole
, & les égorgent tous à l'exception d'un
feul nommé Ervé , qu'ils conferverent à
caufe de fa bonne mine.
La ville demeure bloquée , & les Normans
donnent de nouveaux affauts . L'Empereur
envoie Henri , Duc de Saxe , (c) au
fecours des Parifiens , les Normans reçoivent
un échec dans leur camp.
Eudes , Comte de Paris , fait une fortie
qui manque à lui coûter la vie , mais fa valeur
& celle de fes gens le fauvent. Il ren
tre dans Paris , & Sigefroi admire fon courage
, vent perfuader aux Normans de
lever le fiége , ils le refufent , donnent un
nouvel affaut à la ville , & font repouffés
avec perte de deux de leurs Rois . Sigefroi
fe mocque d'eux , accepte une fomme de
foixante livres d'argent que Gozlin , évêque
de Paris , lui donne , & fe retire . Gozlin
meurt quelques jours après.
Les Normans qui ne fuivirent pas Sigefroid
, continuent le fiege , la ville fe trou-
(c) Abb. 1. 2. Chron. S. Vedafti.
160 MERCURE DE FRANCE.
ve réduite à l'extrêmité : affiégée au-dehors
, la pefte ravageoit le dedans . Les Parifiens
ont recours aux prieres publiques ;
on fait des proceffions , & la châffe de
S. Germain eft portée dans les rues .
D'un autre côté , le Comte Eudes va
demander du fecours au Roi Charles , Empereur.
L'Abbé Eblé commande en fon
abfence ( d ) , & fait des forties glorieufes.
Le Comte Eudes revient avec trois
corps de cavalerie ; il paroît fur la montagne
de Mars ou Montmartre. Les ennemis
veulent s'opposer à fon paffage , ils font
-repouffés , & le Comte entre dans Paris .
la
( e ) Henti , Duc de Saxe , vient pour
feconde fois au fecours des Parifiens , eft
attiré au combat par les Normans , & périt
miférablement dans un piége qu'ils lui
avoient tendu ; après la mort , fes troupes
ne fongerent plus qu'à la retraite.
Les Normans fiers de cet avantage ,
donnent un affauit général à la ville , les
Parifiens effrayés , courent à la défenſe , on
porte le corps de fainte Génevieve à la
pointe de l'Ile derriere Notre - Dame , &
la victoire fe déclare pour les affiégés ; il
n'en eft pas de même des autres attaques ,
les Normans ont partout l'avantage ; la
terreur commence à fe répandre dans la
(d) Chron. S. Tedafti. ( ) Abb. Ann. met,
OCTOBR E. 1755. 161
ville , la confternation devient générale ,
le clergé & le peuple reclament la protection
de S. Germain . On apporte fon corps ,
& fa feule préfence ranime les Parifiens ,
donne de la terreur aux ennemis , & la
victoire n'eft plus douteufe , les affiégeans
font partout repouffés , ils mettent le feu à
la tour & fe retirent .
L'Empereur vient au fecours de Paris
& fait un traité honteux avec les Normans
auxquels il accorde le paffage de la
Seine , & fept cens livres d'argent : il fe
retire enfuite en Allemagne.
887 & $ 3 .
Les Normans reparoiffent devant Paris,
l'Abbé Eblé les attaque vigoureufement ,
leur tue cinq cens hommes , & les force
de fe retirer.
Charles le Begue , Roi de France & Empereur
, meurt , & Eudes , Comte de Paris
, eft proclamé Roi dans l'affemblée de
Compiegne.
Endes
Les Normans honteux- d'avoir levé le
fiége de Paris , après avoir été deux ans
devant cette place , reparoiffent aux environs.
Le Roi Eudes , fecondé de l'Evêque
Anſchrie , fucceffeur du brave Gozlin , bat
162 MERCURE DE FRANCE.
N
les Normans , en fait plufieurs prifonniers,
& les renvoie enfuite fur leur parole .
Anfchrie défait fix cens Normans &
rentre triomphant dans Paris.
Le Roi Eudes gagne une victoire fignalée
fur les Normans le jour de la faint Jean
de l'an 888 , près du Montfaucon , petite
butte à préfent à un quart de lieue de
Paris .
889 inclufivement 891 .
La ville de Paris eft encore affiégée
deux fois en 889. Les Parifiens fe défendent
avec valeur & les Normans fe retirent .
(f)Les Parifiens qui avoient eu feuls l'avantage
de réfifter aux Normans , en attribuent
toute la gloire à fainte Génevieve &
à faint Germain : ils rapportent leurs reliques
dans leurs églifes à l'exception d'un
bras de faint Germain qui fut laiffé à faint
Germain le vieux au Marché- neuf , en reconnoiffance
de l'hofpitalité accordée à ſes
reliques pendant le fiége.
892 & inclufiv. 897.
L'Abbé Eblé , grand Chancelier du Roi ,
qui avoit défendu la ville de Paris avec
tant de valeur , meurt le 10 Octobre 886 .
(f) Chron. S. Vedaftis
OCTOBRE. 1755. 163
898.
Le Roi Eudes quitte la Neuftrie , revient
à Paris où il fait fon féjour ordinaire , fait
un voyage à la Fere fur Oife , & y meurt
le 13 Janvier 898. âgé de quarante ans .
Charles le fimple , déja proclamé Roi en
893 , lui fuccede.
La fuite de cette Hiftoire pour le mois prochain.
Suite de l'abrégé hiftorique de la ville de
Paris ; par M. Poncet de la Grave , Avo- .
cat au Parlement .
CH
SOUVERAIN S.
Interregne.
593-4-5
& 6.
Hildebert II , Roi d'Auftrafie , fe
rend maître de Paris , & des autres
villes qui avoient appartenues au ( a ) Roi
Sigebert fon pere ; mais il ne jouit pas
long - tems de fes conquêtes. Une mort
précipitée l'enleve à la fleur de fon âge.
Frédégonde fe rend à ſon tour maîtreffe
de Paris , (b ) brûle & faccage tout ce qui
fe trouve fur fon paffage ; fait marcher
des troupes contre Théodebert , Roi d'Auftrafie
, & Thieri Roi de Bourgogne , en-
16.
( a ) Frédegon. chronol. c. 14. ( b ) Idem , c.
134 MERCURE DE FRANCE.
core jeunes. La bataille s'engage en préfence
des trois Rois. (c ) Clothaire demeure
victorieux , & s'affermit fur le thrône de
Paris.
Ordonnance de Childebert concernant
le Guet à pied , qui rend refponfables les.
foldats des vols ou affaffinats faits dans le
quartier où ils font de garde , & qui fait
un réglement à ce fujet. 11 feroit à fou--
haiter que cette ( d ) Ordonnance fut actuellement
en vigueur.
Respectivement à Paris.
597 & 8:
La Reine Frédegonde au plus haut point
de fes profpérités , meurt à Paris , & fon:
corps eft inhumé dans l'Eglife de S. Vincent
à côté de celui du Roi Chilperic font
mari on voit encore fon tombeau dans
S. Germain des Prez , monument de la reconnoiffance
de Clothaire II fon fils .
Interregne.
5.99 & 603.
Les affaires de Clothaire changent de
face. Il eft attaqué par Théodebert , &
Thieri unis enfemble près d'un village ,
nommé Ormeille en Gatinois. Il perd la
bataille ( e ) , fe réfugie dans Paris , en eſt
(c ) Idem. c. 17. ( d ) Capit. Reg. Fr. to . 1. p.
20. Hift. de l'Apolog, to , 1. pag . 236. ( e ) Geſt
Reg. Fr. c. 37.
OCTOBRE. 1755 133
chaffe par les vainqueurs , & forcé de demander
la paix , qui ne lui fut accordée
qu'en perdant une partie de fes Etats.
604 & 612.
Clothaire (f) voulant réparer fes pertes,
met deux armées fur pied , donne le commandement
de l'une à Landri , Maire du
Palais , & marche à la tête de l'autre..
Landri eft battu près d'Etampes par Thieri
, qui rentre victorieux dans Paris ; &
Clothaire obligé de prendre la fuite , de
mande la paix pour la feconde fois.
Clothaire II.
613 & 14.
Clothaire réunit dans fa perfonne toute
la Monarchie Françoife..
615-16 & 17
Sixiéme ( g ) Concile de Paris , compo
fé d'Evêques & de Seigneurs. Il s'en eft
tenu fouvent de pareils depuis Charlelemagne
& les Rois fuivans , où l'on fit
des Ordonnances pour tout le royaume ,
qui portent le nom de Capitulaires , comme
ayant été faites dans les affemblées de.
la nation.
618 & 21 .
(b ) La Reine Gertrude meurt' , & eft
enterrée dans l'Abbaye S. Vincent , aujourd'hui
S. Germain des Prez..
(f)Fredeg. c. 26. ( g ) Conc. to . 5. p. 1649″
( b) Fredeg. c. 46.
136 MERCURE DE FRANCE.
622 & 27.
Clothaire fait fa réfidence ordinaire à
Paris.
628 & 29.
Il meurt âgé de 45 ans , & eft enterré à
Paris dans l'Eglife S. Germain des Prez.
Dagobert I.
Dagobert , Roi d'Auftrafie, lui fuccede,
fixe fon féjour à Paris , s'abandonne à toutes
fortes d'excès , pille le bien de fes fujets,
& ne refpecte même pas les chofes faintes.
Pour racheter en quelque façon fes pechés
, il fonde de nouveau , & dote la célébre
Abbaye de S. Denis.
630 & 37.
S. Eloi , depuis Evêque de Paris , Garde
des Sceaux , engage Judicaël , Prince des
Bretons , à faire au ( i ) Roi fatisfaction
des courfes qu'il avoit faites fur les frontieres
, & à le reconnoître pour fon Seigneur.
638-39-40 & 5o.
Fondation d'un couvent de Filles par S.
Eloi , dont St Aure eft la premiere Abbeffe.
( k) Le circuit de cet ancien monaftere ,
autrefois entouré de murailles , s'appelle
(i ) Préf. Henault , pag. 25. ( k ) Curiof. & antiq.
fr. 35.
OCTOBRE. 1755. 137
encore aujourd'hui la ceinture de S. Elci ,
& comprend les rues de la Cité , où font à
préfent Ste Croix , S. Pierre des Arcis &
S. Martial.
S. Eloi ( 1 ) fonde l'Eglife de S. Paul ,
autrefois appellée des Champs , & S. Martial
dans la Cité fait chaffer de Paris un
Apoftat qui féduifoit le peuple , & bannir
de France un autre fourbe , qui fe difoit
Evêque.
Paris fouffre un incendie confidérable ,
qui confume la plupart des maifons.
Dagobert malade à Epinai -fur- Seine ,
fe fait tranfporter à S. Denis , pour implo
rer la protection de ce faint martyr ; ( m ) il
y meurt quelques jours après , âgé de 36
ans , & y eft enterré. On célébre tous les
ans l'anniverfaire de fa mort à S. Denis ,
le 19 Janvier.
Clovis II.
Clovis II. monte fur le thrône , & fait
fa réfidence ordinaire à Paris.
Les Maires du Palais abforbent l'autorité
royale.
651 & 59.
La famine qui défoloit tout le Royaume
, fe fait fentir dans la capitale. Il pa-
( 1) Vita Sancti Eligii , 1. 1. c. 13. ( m ) Free
deg. chron. c . 79.
738 MERCURE DE FRANCE.
roit qu'elle fut extrême , puifque pour fub
venir aux befoins des pauvres , le Roi fut
obligé de dépouiller le tombeau de S. Denis
des richeſſes dont ( n ) Dagobert l'avoit
enrichi S. Landri , alors Evêque de Paris
, vendit fa vaiffelle & fes meubles pour
foulager la mifere publique. Les vaſes facrés
ne furent même pas épargnés.
Fondation ( o ) de l'Hôtel-Dieu par S.
Landri. Erchinoald , Maire & Comte de
Paris , donna le terrein fur lequel il eft
bâti , & contribua à ſon établiſſement par
d'autres largeffes.
S. Landri meurt , (p) & eft enterré dans
l'Eglife S. Germain- l'Auxerrois .
Clothaire III.
660 & 65.
Clovis II . meurt la dix- neuvième année
de fon regne , & la vingt- troifiéme de fon
âge. Il eft inhumé à S. Denis.
Clothaire III . commence à regner fous
la Régence de Baltilde fa mere. Le Confeil
eft compofé de S. Ouen , de S. Eloi ,
& de quelques autres Evêques.
Abolition d'un tribut par tête , qui réduifoit
fouvent les chefs d'une nombreuſe
famille au défefpoir.
( n ) Dubois , Hift . Eccl . Par. tom. 1. p . 179.
(o ) Le Maire , Par. anc. & nouv. to . 3. pag. 127.
(p ) Malingue..
OCTOBRE. 1755. 139
Baltilde fe retire dans le Monaftere de
Chelles qu'elle avoit fondé , & laiffe le
royaume , & le Roi âgé de quatorze ans ,
à la merci d'Ebroin , Maire du Palais , dont
elle avoit jufques- là réprimé les violences.
665-6-7 & 8.'\
Sigobrand , Evêque de Paris , maffacré
par les Grands , malgré les défenfes de la
Reine.
Elle meurt à Chelles vers l'an 680 , Le
30 Janvier.
La peſte ( q ) dépeuple une partie de
la ville de Paris , & la contagion fe fair
fentir jufques dans les maifons religieufes.
Clothaire III. meurt , & Thieri fon
frere lui fuccéde par les foins d'Ebroin
Maire du Palais ; mais la haine qu'on
avoit pour ce Miniftre , réjaillit fur le
Roi même , & Thieri eft enfermé dans
l'Abbaye de S. Denis ..
Childeric II.
669 & 680 .
Childeric II. fe voit maître de toute la
France par la mort de Clothaire III , &
par la retraite forcée de Thieri.
Il eſt maffacré avec la Reine Blichilde
& Dagobert fon fils , dans la forêt de Li-
( 2 ) Vita S. Eligiil. z .
140 MERCURE DE FRANCE.
vri par Bodille. Il eft enterré dans l'églife
de S. Germain des Prez , où l'on voit encore
fon tombeau .
Thieri I.
Thieri fort de l'Abbaye S. Denis , &
commence à regner. Ebroin , le même qui
avoit été Maire du Palais fous Clothaire
III , contraint par les armes Thieri à le
recevoir de nouveau pour fon Maire du
Palais.
681 & 90.
Ebrouin eft tué d'un coup d'épée un
Dimanche matin avant le jour , lorſqu'il
alloit à Matines , felon l'ufage de ce temslà.
A Ebrouin fuccede Warathon , qui eft
Maire du Palais , de Neuftrie & de Bourgogne.
Pepin le fut de l'Auftrafie , s'en fit
nommer Duc & Gouverneur.
La difcorde s'allume entre les deux Maires
, & les François mécontens ſe retirent
en Auftrafie Berthier fuccede à Warathon,
& époufe fa haine contre Pepin. Ce dernier
leve des troupes , & s'avance vers
Péronne. Berthier va au- devant de lui avec
le Roi Thieri . On en vient aux mains , &
Thieri vaincu fe retire à la hâte dans Paris
. Pepin s'avance vers cette capitale , rue
Berthier échappé au carnage , fait le frége
i
OCTOBRE. 1755 . 141
de Paris , s'en rend le maître , s'empare
de la perfonne de Thieri & de tous fes
thréfors ; il lui laiffe le nom de Roi , &
fous celui de Maire du Palais, a toute l'autorité
, rend la paix à la France , & fait
fleurir le commerce.
691 & 710.
Thieri meurt , âgé de trente- neuf ans ,
après en avoir regné dix - fept. ( r ) Sa mort
ne fait pas plus de bruit que celle d'un particulier.
Un Seigneur , nommé Vandemir , fait
de grandes largeffes à plufieurs églifes de
Paris , de concert avec fa femme Ercamberte.
Clovis 111.
Clovis III fuccede à Thieri , & Pepin
continue de regner fous le nom de ce Roi .
S. Meri où Mederic vient à Paris , fe
loge dans un Monaftere contigu à la Chapelle
de S. Pierre. (f) Il y meurt le 29
Août. Deux ans & neuf mois après il eft
enterré dans la Chapelle voifine , connue
aujourd'hui fous le nom de S. Meri , égliſe
paroiffiale & collégiale foumise à la Jurifdiction
du chapitre de Notre Dame.
Son corps eft levé de terre pour la
pre-
(r ) Pref. Henault. (S) Inventaire du thréfor.
Hift. eccl. par. to. 1. p. 579.
142 MERCURE DE FRANCE.
miere fois en 884 , par Gozlin , Evêque de
Paris. Il eft confervé dans une magnifique
châffe , élevée fur le maître autel' , par les
foins de M. l'Abbé Artaud , Curé actuel ,
dont la piété & le zéle pour la maifon du
Seigneur font connus de tout le monde.
L'églife qui fubfifte , fut fondée fous
François I. On voit au milieu du choeur
cette infcription.
Hic jacet bone memoria Odo Falconarius ,
fundator bujus Ecclefia . ( t )
On conferve dans la même églife le
corps de S. Frou , difciple de S. Meri .
Clovis III meurt , après cinq ans de
regne.
Childebert 11.
711-12-13 & 14.
Childebert II , frere de Clovis III ,
monte fur le thrône. Pepin continue de
regner , & fait fon fils aîné , Duc de Bourgogne
, & fon cadet Maire du Palais.
Dagobert II.
Childebert meurt. Dagobert II lui fuc-
'cede. Pepin qui a toujours toute l'autorité
, fait fon petit- fils Théodebalde Maire
du Palais.
(6) Du Breuil , antiq. 1. 3.
OCTOBRE . 1755 143
714.
Pepin meurt après avoir joui de toute
l'autorité fous quatre Rois , qui n'eurent
qu'un vain nom. ( ) Ces Princes au reſte
ne demeurerent guere à Paris. Les maiſons
de plaifance qu'ils avoient aux environs ,
furent leur féjour ordinaire .
La mere de Théodebalde , Maire du Pa
lais , ambitionne le commandement , &
fait arrêter Charles Martel , fils naturel de
Pepin. Le peuple fe révolte contre le gouvernement
injufte de cette femme ; Théodebalde
ſe ſauve , & Rainfroi le remplace.
Charles Martel s'évade de la prifon dans
laquelle il étoit retenu , va en Neuftrie ,
& en eft reconnu Duc.
Chilperic II.
715 & 20.
Dagobert II meurt . Daniel fils de Childeric
II lui fuccede fous le nom de Chilperic
II.
Il
Clothaire IV.
porte la guerre en Auftrafie , eft dé-'
fait par Charles Martel , & fe réfugie dans
Paris. Il tente une feconde fois de s'oppofer
aux entrepriſes de ce Duc , lui livre
une bataille près de Soiffons , & la perd ; il
(# ) Geft. Reg. Fr. cap. 49.
144 MERCURE DE FRANCE.
rentre dans Paris, enleve tous les thréfors
& fe réfugie en Aquitaine. Charles Martel
arrive à Paris avec un Roi poftiche , qu'il
fait nommer ( x ) Clothaire , & qui mourut
la même année . On rappelle Chilperic
, qui mourut deux ans après.
Thieri 11.
721 & 36.
Thieri II , dit de Chelles , monte fur le
thrône , & Charles Martel , Maire du Palais
, a toute l'autorité . ( y ) Ce dernier fejourne
peu à Paris , toujours en courfe
contre les ennemis de l'Etat ; il n'y revient
qu'en 732 , chargé de riches dépouilles
prifes fur les Sarrafins. Thieri meurt , & fa
mort eft fuivie d'un interregne de dix-fept
ans.
Interregne.
737 & 41.
Charles Martel va à l'Abbaye S. Denis,
revient enfuite à Paris , & partage le royaume
de France entre fes deux fils Carloman
& Pepin , fe fait enfuite tranfporter à
Quierci-fur-Oife où il meurt le 22 Octobre
741. Il fut enterré à S. Denis , dans le
tombeau des Rois , quoiqu'il n'en eût jamais
porté le titre.
(x ) Geft. Reg. Fr. ( y ) Geft. Reg. Fr. cap. ult.
annal Fuld. &c.
742.
OCTOBRE. 1755. 145
742 .
Carloman & Pepin unis gouvernent le
Toyaume , pacifient les défordres , affemblent
des Conciles ( z ) , & font plufieurs
réglemens pour la réformation des moeurs.
Childeric III.
743.4 & 5.
Pepin croit qu'il eft plus avantageux de
faire ceffer l'interregne ; il fait proclamer
Roi Childeric III dans la Neuftrie , la
Bourgogne , & la Provence. Carloman
gouverne l'Auftrafie .
746-7-8 & 9 .
Carloman quitte le gouvernement de
l'Auftrafie , & fe retire à Rome , où il embraffe
la vie religieufe. Pepin devient feul
maître en France.
750.
Childeric III eſt détrôné , rafé & enfermé
dans un monaftere .
Pepin le Bref. Seconde race.
751-2 & 3.
Pepin fils de Charles Martel , eſt proclamé
Roi de France. Ce changement ne
cauſe aucun trouble à Paris , parce que le
peuple accoutumé à fon gouvernement
( z ) Concil . to. 1. p . 1534-37 & 52.
G
146 MERCURE DE FRANCE.
fon Prin- n'avoit aucun attachement pource
légitime .
754-5-6 & 7.
Tranflation du corps de S. Germain , le
25 Juillet 754 , par Lanfroi , Abbé de S.
Vincent. Pepin affifte à la cérémonie avec
fes deux fils , un grand nombre d'Evêques
& Seigneurs. On peut fixer à cette époque
le changement du nom de cette Abbaye
dite de S. Vincent en celui de S. Ger-
'main des Prez.
758 & 769 .
( a ) Taffilon , Duc de Baviere , après
avoir fait ferment de fidelité au Roi à
Compiegne , vient le renouveller à Paris
fur le tombeau de S. Germain .
fe
( b ) Pepin tombe malade à Poitiers ,
fait tranfporter à Paris , & enfuite au tombeau
de S. Denis ; il partage la France entre
fes deux fils Charles & Carloman , &
meurt le 24 Septembre 768 , âgé de cinquante-
quatre ans.
Charlemagne.
Charles , dit Charlemagne , & Carloman
fon frere , partagent le Royaume.
Paris demeure à Charles.
,
770 , & inclufivement 778 .
La mort de Carloman rend Charlema-
( a ) Annal. not. ( b ) Hift. de S. Denis , p . 54
OCTOBRE . 1755 . 147
gne maître de toute la Monarchie Françoife.
Il vient rarement à Paris.
(c ) En 775 il affifte à la dédicace de
l'églife de l'Abbaye S. Denis .
779.
Charlemagne établit une école publique
à Paris dans fon propre Palais. Établiffement
qui lui mérita le furnom de reftaurateur
des Lettres en France .
800 .
Il vient à Paris au mois de Juillet , &
en part peu de jours après pour Aix- la-
Chapelle.
802 & inclufivement 812 .
Ordonnances ajoutées à la loi falique ,
publiées à Paris.
813.
( d) Ordonnance de l'an 813 , inférée
dans les capitulaires pour la fûreté des
Bourgeois de Paris pendant la nuit.
814 & inclufivement 823 .
Charlemagne meurt d'une pleuréfic le
28 Janvier 814 dans la foixante - onzieme
année de fon âge . Le Palais & le Châtelet
vaquent tous les ans ce jour- là.
(e ) Hift. de S. Denis , 1, 2. n. 10. ( d ) Capit
40. 2. pag. $ 14
Gij
148 MERCURE DE FRANCE:
Louis I.
Louis I lui fuccede , & confirme la Jurifdiction
de l'Evêque de Paris fur la terre
de Ste Marie dans l'Iffe , fur la rue S. Germain-
l'Auxerrois & autres , avec défenſe à
tous autres Officiers qu'à ceux de l'Evêque
, de lever ni cens ni droits dans l'étende
fa juriſdiction .
824-5-6-7 & 8 .
(e ) Septieme Concile de Paris , convoqué
par Louis I , pour délibérer concernant
le culte des images.
les
Il fut décidé qu'il ne falloit pas
brifer ni les adorer , mais les conferver
l'inftruction des fideles , fur - tout des pour
ignorans.
829.
(f) Le huitieme Concile de Paris fut
ouvert le 6 de Juin de l'an 829 dans l'églife
de S. Etienne le vieux , qui étoit à
côté de la cathédrale, auquel affifterent 25
Evêques. Les actes de ce Concile font divifés
en trois livres : Le premier contient
cinquante- quatre articles fur la dignité &
le devoir des Evêques & Paſteurs,
Le fecond en treize articles , traite des
principaux devoirs . des Rois. Le troifiéme
( e ) Concil. to. 7. p. 1648. (f ) Conc.to: 731
p. 1598.
OCTOBRE . 1755. 149
compofé de vingt- fept articles , traite des
conciles & des écoles publiques . On y fit
auffi un réglement pour le partage des
biens eccléfiaftiques
.
(g ) Inftitution d'un chapitre de Chanoines
de l'églife de Paris. On fait pour eux
une régle par ordre du Roi .
Partage des biens de l'Abbaye S. Germain
des Prez , entre l'Abbé & les Moines
, par Hilduin Archichapelain du
palais de l'Empereur , & Abbé de Saint
Germain .
830 & inclufivement 839. •
L'Empereur fe fentant infirme , fait un
nouveau partage entre fes enfans . Paris
avec toute la France occidentale , tombe
à Charles.
840.
Louis I , dit le Débonnaire , meurt dans
une ifle du Rhin , près de Mayence, le 23
Juin 840 , après quarante jours de mala-
-die. Charles II , dit le Chauve , lui fuc-
- cede.
Charles II.
La ville de Paris devient le centre des
guerres civiles. Lothaire frere du Roi ,
paroît fur la Seine avec une puiffante armée.
Gerard , Comte de Paris , va au-de-
(g) Hift. eccl Par . to . 2. p. 561.
C iij
150 MERCURE DE FRANCE.
vant de lui au mépris de l'autorité royale .
Charles ayant appris cette nouvelle , remonte
la Seine , de Rouen à Paris , avec
trente -huit barques chargées de troupes ,
& défait Gerard , Comte de Paris , qui
vouloit s'opposer à fon paffage.
841-2-3 & 4
Charles- le - Chauve va faire fa priere à
S. Germain des Prez , d'où il part incon
tinent pour aller à Troyes , delà à Châlonsfur-
Saone , où ayant reçu un renfort de
troupes il gagne avec Louis de Baviere
für Lothaire & Pepin fon neveu , la
fameufe bataille de Fontenai , un famedi
25 Juin 841 .
(b ) La nouvelle en parvient jufqu'à
Paris , & le peuple croit le Roi Charles.
mort. Pour détromper les Parifiens & foumettre
le Comte Gerard , il vient lui-même
à Paris , & delà fe rend à l'affemblée
de Langres. Il revient à Paris joindre Louis
de Baviere fon frere avec fes troupes. Lothaire
en eft inftruit , & arrive à S. Denis
avec une puiffante armée. D'un autre
côté Charles-le - Chauve campe à S. Cloud .
Les pluies furviennent ; on parle d'accomdement
fans rien conclure . L'hyver fépare
les deux armées . Lothaire fe retire à Sens,
(b ) Nit. to. 3,
OCTOBRE. 1755 . 151
.
& défole tous les environs. Charles quitte
Paris , & va à Châlons fur- Saône.
845-6 & 7.
Les Normans entrés en France ( i ) depuis
environ quatre ans à la faveur des
guerres civiles , remontent la Seine avec
fix vingts bâtimens , s'approchent de Paris
& y entrent fans réfiftance . Les Parifiens à
leur arrivée abandonnent la ville , & les
Religieux leurs monafteres ; chargés des
reliques qu'ils poffedoient , ils vont chercher
un afyle dans les villes voifines.
Charles accourt pour fecourir Paris. Il
arrive à S. Denis , où les chefs des Normans
vont le trouver. La paix y eft conclue
au moyen d'une fomme de 7000 livres
qu'on leur donne. Ils quittent Paris , &
emportent avec eux un riche butin. Les
Religieux de Saint Germain rapportent le
corps de ce Saint , & le dépofent fur l'autel
de l'Abbaye S. Vincent.
Nouveau Concile ( k ) tenu à Paris le
14 Février 846.
Ebbon , Archevêque de Reims , déposé
depuis quelques années , y eft cité , ne
comparoît pas , & fa dépofition eft confirmée.
(i ) Chron. Fontenel , apud Duch. tom. 2. p .
388. ( k ) Concil . to . 7. p . 1812 .
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
848 & inclufivement 860.
Autre Concile ( 1 ) tenu à Paris au mois
de Novembre 848 , compofé de vingtdeux
Evêques.
Les Normans entrent dans Paris pour
la feconde fois , & y mettent le feu . L'incendie
fut fi général , que toute la ville
fut réduite en cendres , les églifes même
ne furent pas épargnées ; il n'y eut que
S. Etienne (m ) , aujourd'hui Notre Dame ,
& S. Germain des Prez qui furent confervées
, parce que les Moines les racheterent
à force d'argent.
Un de leurs partis revient à la charge ,
& pille l'Abbaye S. Germain des Prez . Les
Religieux effrayés fe fauvent, quelques- uns
font tués avec plufieurs domeftiques. Les
Normans mettent le feu au monaftere.
Les Normans (n) continuent leurs courfes
, & enlevent le Chancelier , Louis , Abbé
de S. Denis , & Gozlin fon frere Abbé
de S. Germain des Prez. Il en coute des
fommes confidérables pour les racheter.
861-2-3 & 4
Nouvelle irruption des Normans dans
Paris. Ils brûlent l'églife S. Germain des
( 1 ) Duch. to . 2. pag . 388. ( m ) Geſta Normand.
Duch . to. 2. pag. 525. ( n ) Mabill , ann,
Bened. 1. 25. n°. 33•
OCTOBRE.
1755. 153
Prez qu'ils avoient jufqu'alors refpectée .
Charles les pourfuit , & les défait enfin
près de Meaux . Cette victoire rend la tranquillité
à Paris .
Pour ( o ) arrêter les incurfions des Normans
, Charles le Chauve fait conftruire
-un grand pont , & le foumet à la jurifdiction
de l'Evêque de Paris ; c'eft aujour
d'hui le pont au Change.
Le corps de S. Germain eft rapporté à
Paris , & dépofé dans la chapelle S. Sym-
-phorien , lieu de fa premiere fépulture.
865-6-7 & 8.
Par une chartre du Roi Charles ( p ) , du
22 Avril 867 , il donne à l'églife de Notre
Dame l'ifle de Notre Dame , aujourd'hui
appellée de S. Louis , qui lui avoit été
ufurpée par les Comtes de Paris .
869 & 70.
L'églife de S. Germain des Prez ruinée
par les Normans eft entierement réparée ,
& le corps de ce Saint y eft tranfporté avec
beaucoup de pompe. Charles le Chauve ,
la Reine Richilde & S. Ingelrin affiftent à
cette cérémonie .
(e ) Baluz. opp, ad capitul. p. 1491 , ex parvo
cartul. ecclefiæ Parif. ( P ) Hift . ecclef. Parif.
to. 1. p. 46.1 . 1. 2, n. 34.
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
C
871 & inclufivement 877 .
Le Roi donne l'Abbaye de S. Eloi ( q )
en propriété à l'Evêque de Paris & à fon
églife , aux conditions portées dans la donation.
Nouveau partage des biens ( r ) de l'abbaye
S. Germain des Prez , entre l'Abbé
& les Religieux .
Les Normans reparoiffent aux environs
de Paris , entrent dans S. Denis , dont les
Religieux étoient fortis ; mais ils n'y font
aucun mal , parce que le Roi traita avec
eux , & les renvoya en leur donnant une
fomme d'argent.
Le Pape envoie des Légats à Charles le
Chauve , pour le folliciter de fecourir
Rome contre les Sarrafins. Charles part
pour l'Italie , & laiffe l'adminiftration du
royaume à fon fils Louis , déja âgé de plus
de trente- trois ans . Il lui recommande de
faire continuer les fortifications ( ſ) de
Paris , de S. Denis , & autres néceffaires
pour arrêter les incurfions des Normans.
Inftitution de la foire du Landi . Charles
le Chauve ( 1 ) meurt ; & Louis II , dit le
Begue , lui fuccede .
( q ) Baluz. opp. ad capit . p. 149 .
(7 ) Debouil. hift . de l'Abb . S. Germ. des Prez,
P. 46. n°. 22. (S) Ann. Bened. (1) Chron. Nang.
OCTOBRE. 1755- 755
Louis II , dit le Begue.
878 & inclufivement 884 .
Louis ( u ) confirme la donation de
l'abbaye de S. Eloi faite par
fon l'Evêque
de Paris
& à fon
églife
.
pere
a
Mort de Louis II ; Louis III & Carloman
lui fuccedent.
Tranflation du corps de S. Meri ( x)
dans l'églife de fon nom , le 29 Août
$ 84 . Tout le Clergé de Paris affifta à cette
cérémonie.
Louis 111 , & Carloman .
Hildebrand , Evêque de Séez , fe réfugie
à Paris avec partie de fon Clergé. Le
Roi (y ) lui donne l'hermitage de Notre-
Dame des Bois , fitué dans une forêt près
Paris . Il y fait tranfporter les Reliques de
Sainte Opportune , Abbeffe d'Almenefche.
Elles font d'abord dépofées dans la
maifon d'un particulier ; mais la dévotion
des fideles la convertit bientôt en une églife
collégiale , où partie de fes reliques
font confervées .
Fondation de l'Hôpital Sainte Catheri
ne , rue St Denis .
(u) Baluz. opp . ad cap. p. 1501. ( x ) Hift . eccl.
Par. to. 1. p. 502. ( y ) Goffet , vie de Sainte Opportune
, fec. 3. Benedict . part. 2. pag. 220, hift.
ecel. to. 1. p. 514. ·
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
Louis III meurt fans enfans. Carloman
le fuit de près.
Charles le Gras.
Charles le Gras Empereur leur fuccede ,
& donne le Gouvernement de Paris à Eudes
Comte de Paris , & à Gozlin Evêque
de la même ville .
$ 85.
Sigefroi , l'un des Rois Normans , fe
montre devant Paris avec une armée de
quarante mille hommes (z ) , & une flotte
compofée de fept cens voiles , fans y comprendre
les petites barques . Il entre dans
Paris avec une eſcorte , va trouver l'Evêque
Gozlin , & lui demande le paffage à travers
la ville , lui promettant de ne rien
entreprendre contre les habitans. L'Evêque
le refufe. Sigefroi infifte , & irrité
de fa réfiftance menace de faccager Paris.
En effet il vient l'attaquer le lendemain .
Eudes & Robert qui furent depuis Rois
de France , défendoient la ville . L'attaque
commença au Pont- an- Change , appellé
alors le grand Pont. Les alliégés firent une
fortie , & reponfferent les ennemis. La nuit
furvint , & fervit à réparer les pertes du
jour. Les Parifiens rehaufferent la tour du
pont de plufieurs étages en bois , pour y
( z Abb, de bello Par. 1. 1 .
OCTOBRE . 1755. 157
placer plus de foldats pour la défendre .
Le lendemain l'attaque recommença.Les
Normans parvinrent même, malgré l'huile
bouillante qu'on leur jettoit du haut de la
tour , à faire une bréche , mais ils furent
répouffés pour la feconde fois , avec perte
de trois cens hommes.
Sigefroi furpris de tant de réfiftance ,
emploie deux mois à fortifier fon camp
placé autour de St Germain - l'Auxerrois.
Il fait ravager avec des cruautés inouies
pendant tout ce tems -là les environs de
Paris.
886.
Pendant que tout cédoit à l'impétuofité
des Normans ( a ) , la feule ville de Paris
leur réfiftoit. Expofés à une nouvelle attaque
mieux conçue & foutenue avec plus
de force que les autres , les Parifiens fe
défendirent avec une valeur extraordinaire.
Les Normans irrités forment un nouveau
fiége ; ils partagent leurs forces , &
attaquent le pont & la tour en même
tems.
Toutes les machines de guerre font mifes
en ufage . Ils font pleuvoir une grêle
de pierres & de fléches , mais rien ne ralentit
l'ardeur des Parifiens .
( a ) Frod. 1. 4.
35S MERCURE DE FRANCE.
1
Le Comte Eudes & Robert fon frere fe
multiplient pour fa défenfe. En vain trois
mille Normans attaquent- ils la tour , leurs
efforts font inutiles , ils font contraints de
fe retirer avec perte.
Ils reviennent le lendemain à la charge
, battent la tour avec des beliers , ont
la cruauté d'égorger les prifonniers pour
combler les foffés ; mais voyant leurs tentatives
inutiles , ils rempliffent trois bateaux
de matieres combuſtibles , & les approchent
de la tour & du pont qui n'étoit
que de bois. Les Parifiens effrayés ont
recours aux reliques de St Germain , &.
par l'interceffion de ce Saint , les barques
déja enflammées donnent contre une pile
du pont , & font coulées à fond.
Les Normans rébutés fe retirent le 1
3.1
Janvier 886 , & fe contentent de tenir la
place bloquée. Quelques uns entrent dans
St Germain , en profanent l'églife , & font
punis de Dieu par une mort fubite .
Le 6 Février la Seine déborde , & l'impétuofité
( b ) des eaux renverfe le petit
pont. Les normans tentent de profiter de
cette occafion pour fe faifir de la tour défendue
par douze hommes feulement. Ces
derniers font une vigoureufe réfiftance :
(b ) Chron. S. Vedaſti.
OCTOBRE . 1755. 159
en vain les Normans leur crient- ils de fe
rendre , une défenſe opiniâtre eft leur réponfe.
On les preffe de nouveau , & on
leur promet la vie. Réduits à l'extrêmité
ils fe foumettent fur la parole des Normans
; mais ces Barbares fans refpect pour
d'auffi braves foldats , fauffent leur parole
, & les égorgent tous à l'exception d'un
feul nommé Ervé , qu'ils conferverent à
caufe de fa bonne mine.
La ville demeure bloquée , & les Normans
donnent de nouveaux affauts . L'Empereur
envoie Henri , Duc de Saxe , (c) au
fecours des Parifiens , les Normans reçoivent
un échec dans leur camp.
Eudes , Comte de Paris , fait une fortie
qui manque à lui coûter la vie , mais fa valeur
& celle de fes gens le fauvent. Il ren
tre dans Paris , & Sigefroi admire fon courage
, vent perfuader aux Normans de
lever le fiége , ils le refufent , donnent un
nouvel affaut à la ville , & font repouffés
avec perte de deux de leurs Rois . Sigefroi
fe mocque d'eux , accepte une fomme de
foixante livres d'argent que Gozlin , évêque
de Paris , lui donne , & fe retire . Gozlin
meurt quelques jours après.
Les Normans qui ne fuivirent pas Sigefroid
, continuent le fiege , la ville fe trou-
(c) Abb. 1. 2. Chron. S. Vedafti.
160 MERCURE DE FRANCE.
ve réduite à l'extrêmité : affiégée au-dehors
, la pefte ravageoit le dedans . Les Parifiens
ont recours aux prieres publiques ;
on fait des proceffions , & la châffe de
S. Germain eft portée dans les rues .
D'un autre côté , le Comte Eudes va
demander du fecours au Roi Charles , Empereur.
L'Abbé Eblé commande en fon
abfence ( d ) , & fait des forties glorieufes.
Le Comte Eudes revient avec trois
corps de cavalerie ; il paroît fur la montagne
de Mars ou Montmartre. Les ennemis
veulent s'opposer à fon paffage , ils font
-repouffés , & le Comte entre dans Paris .
la
( e ) Henti , Duc de Saxe , vient pour
feconde fois au fecours des Parifiens , eft
attiré au combat par les Normans , & périt
miférablement dans un piége qu'ils lui
avoient tendu ; après la mort , fes troupes
ne fongerent plus qu'à la retraite.
Les Normans fiers de cet avantage ,
donnent un affauit général à la ville , les
Parifiens effrayés , courent à la défenſe , on
porte le corps de fainte Génevieve à la
pointe de l'Ile derriere Notre - Dame , &
la victoire fe déclare pour les affiégés ; il
n'en eft pas de même des autres attaques ,
les Normans ont partout l'avantage ; la
terreur commence à fe répandre dans la
(d) Chron. S. Tedafti. ( ) Abb. Ann. met,
OCTOBR E. 1755. 161
ville , la confternation devient générale ,
le clergé & le peuple reclament la protection
de S. Germain . On apporte fon corps ,
& fa feule préfence ranime les Parifiens ,
donne de la terreur aux ennemis , & la
victoire n'eft plus douteufe , les affiégeans
font partout repouffés , ils mettent le feu à
la tour & fe retirent .
L'Empereur vient au fecours de Paris
& fait un traité honteux avec les Normans
auxquels il accorde le paffage de la
Seine , & fept cens livres d'argent : il fe
retire enfuite en Allemagne.
887 & $ 3 .
Les Normans reparoiffent devant Paris,
l'Abbé Eblé les attaque vigoureufement ,
leur tue cinq cens hommes , & les force
de fe retirer.
Charles le Begue , Roi de France & Empereur
, meurt , & Eudes , Comte de Paris
, eft proclamé Roi dans l'affemblée de
Compiegne.
Endes
Les Normans honteux- d'avoir levé le
fiége de Paris , après avoir été deux ans
devant cette place , reparoiffent aux environs.
Le Roi Eudes , fecondé de l'Evêque
Anſchrie , fucceffeur du brave Gozlin , bat
162 MERCURE DE FRANCE.
N
les Normans , en fait plufieurs prifonniers,
& les renvoie enfuite fur leur parole .
Anfchrie défait fix cens Normans &
rentre triomphant dans Paris.
Le Roi Eudes gagne une victoire fignalée
fur les Normans le jour de la faint Jean
de l'an 888 , près du Montfaucon , petite
butte à préfent à un quart de lieue de
Paris .
889 inclufivement 891 .
La ville de Paris eft encore affiégée
deux fois en 889. Les Parifiens fe défendent
avec valeur & les Normans fe retirent .
(f)Les Parifiens qui avoient eu feuls l'avantage
de réfifter aux Normans , en attribuent
toute la gloire à fainte Génevieve &
à faint Germain : ils rapportent leurs reliques
dans leurs églifes à l'exception d'un
bras de faint Germain qui fut laiffé à faint
Germain le vieux au Marché- neuf , en reconnoiffance
de l'hofpitalité accordée à ſes
reliques pendant le fiége.
892 & inclufiv. 897.
L'Abbé Eblé , grand Chancelier du Roi ,
qui avoit défendu la ville de Paris avec
tant de valeur , meurt le 10 Octobre 886 .
(f) Chron. S. Vedaftis
OCTOBRE. 1755. 163
898.
Le Roi Eudes quitte la Neuftrie , revient
à Paris où il fait fon féjour ordinaire , fait
un voyage à la Fere fur Oife , & y meurt
le 13 Janvier 898. âgé de quarante ans .
Charles le fimple , déja proclamé Roi en
893 , lui fuccede.
La fuite de cette Hiftoire pour le mois prochain.
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Résumé : Suite de l'abrégé historique de la ville de Paris ; par M. Poncet de la Grave, Avocat au Parlement.
Le texte présente un abrégé historique de la ville de Paris entre les années 593 et 900, couvrant plusieurs règnes et événements marquants. Hildebert II, roi d'Austrasie, prend le contrôle de Paris mais meurt prématurément. Frédégonde incendie et saccage la ville avant d'être vaincue par Clothaire II, qui s'affirme sur le trône de Paris. Clothaire II doit faire face à plusieurs batailles et pertes territoriales, notamment contre Théodebert et Thieri. Il meurt en 628 et est enterré à Paris. Son fils Dagobert I lui succède, mais son règne est marqué par des excès et des pillages. Dagobert fonde l'abbaye de Saint-Denis et meurt en 639. Clovis II lui succède et doit affronter une famine sévère à Paris. Saint Landri, évêque de Paris, vend ses biens pour soulager la misère publique. Clothaire III succède à Clovis II sous la régence de sa mère, Baltilde. La peste dépeuple une partie de Paris, et Clothaire III meurt en 673. Thieri III lui succède mais est rapidement renversé par Childeric II, qui est assassiné en 675. Thieri III revient au pouvoir mais est tué en 691. Clovis III et Childebert III se succèdent brièvement avant que Dagobert II ne monte sur le trône. Charles Martel, maire du palais, exerce une autorité significative, notamment en battant Chilperic II et en installant Clothaire IV comme roi fantoche. Thieri III succède à Clothaire IV mais meurt en 737. Charles Martel partage le royaume entre ses fils Carloman et Pepin, qui gouvernent conjointement. Childeric III est proclamé roi mais est rapidement détrôné par Pepin le Bref, fils de Charles Martel, en 751. En 754, l'abbaye de Saint-Vincent change de nom pour devenir Saint-Germain-des-Prés. En 768, Pépin le Bref meurt et laisse le royaume à ses fils Charles et Carloman. Charles, dit Charlemagne, devient seul maître après la mort de Carloman en 771. Il établit une école publique à Paris en 779 et promulgue plusieurs ordonnances entre 802 et 812. Charlemagne meurt en 814 et est remplacé par son fils Louis I, qui confirme les juridictions de l'évêque de Paris. En 829, un concile à Paris décide de conserver les images pour l'instruction des fidèles. Louis I meurt en 840 et Charles II, dit le Chauve, lui succède. Paris devient le centre de guerres civiles, notamment contre Lothaire. En 845, les Normands pillent Paris, mais sont repoussés. Charles le Chauve fait construire un pont pour défendre la ville. En 869, l'église Saint-Germain-des-Prés est réparée. Charles le Chauve meurt en 877 et Louis II lui succède. Les Normands continuent leurs incursions, et Paris est souvent assiégée. En 885, Sigefroi, roi des Normands, attaque Paris mais est repoussé par Eudes et Robert. Les Parisiens montrent une grande résistance face aux attaques normandes. En 885-886, les Normands assiègent Paris. Ils tentent de brûler la tour et le pont en utilisant des bateaux remplis de matières combustibles, mais les Parisiens, aidés par l'intervention de Saint Germain, réussissent à couler les barques enflammées. Les Normands se retirent le 13 janvier 886 mais continuent de bloquer la ville. Ils profanent l'église de Saint Germain, et ceux qui commettent ce sacrilège sont frappés par une mort subite. Le 6 février, la Seine déborde et renverse le petit pont, permettant aux Normands de tenter une attaque sur la tour défendue par douze hommes. Malgré leur résistance, les défenseurs se rendent sur la promesse des Normands, qui les égorgent ensuite, à l'exception d'un nommé Ervé. La ville reste bloquée, et les Normands lancent de nouveaux assauts. L'empereur envoie Henri, Duc de Saxe, pour secourir les Parisiens, mais il est tué par les Normands. Eudes, Comte de Paris, mène une sortie et est sauvé par sa bravoure. Sigefroi, un chef normand, refuse de lever le siège malgré une somme d'argent offerte par Gozlin, évêque de Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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189
p. 179-192
Suite de l'abrégé historique de la ville de Paris ; par M. Poncet de la Grave, Avocat au Parlement.
Début :
SOUVERAINS. Henri premier. 1033 & 1034. La famine se fait sentir à Paris (I), [...]
Mots clefs :
Ville de Paris, Paris, Abbaye, Roi, Église, Abbé, Évêques, Henri Ier, Philippe Ier, Louis VI, Pape, Monastère, Corps, Chanoines
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texteReconnaissance textuelle : Suite de l'abrégé historique de la ville de Paris ; par M. Poncet de la Grave, Avocat au Parlement.
Suite de l'abrégé historique de la ville de
Paris ; par M. Poncet de la Grave , Avocat
au Parlement.
LA
SOUVERAINS .
Henri premier.
1033 & 1034 .
A famine fe fait fentir à Paris ( 1 ) ,
& on regarde comme une choſe
très- extraordinaire que le muid de bled
valut jufqu'à foixante fols. Un Auteur
contemporain a écrit qu'on exhumoit les
corps pour le nourrir . La pefte fut la ſuite
de ce fléau , & un incendie ( 2 ) confidérable
arrivé à Paris en 1034 , met le
comble aux malheurs des Parifiens.
1035 & 50-51-52.
Concile célebre contre Berenger ( 3 ) ;
tenu à Paris par ordre du Roi Henri I , où
fe trouverent plufieurs Evêques & grand
nombre de perfonnes qualifiées ; le Roi même
y affifta.
On y lut une lettre de Berenger , qui
( 1 ) Glab. Rod . hift. lib. 4. c. 4. ( 2 ) Fragm.
hift. Duch, to. 4. pag. 143. ( 3 ) Durand Troard,
Hvj
180 MERCURE DE FRANCE.
contenoit le poifon de fon héréfie contre
l'Euchariftie toute l'affemblée en frémit
d'horreur , & condamna Berenger & fes
complices. Le livre de Jean Scot fut auf
compris dans la condamnation.
1053 & 1058.
On rapporte une chartre du Roi Henri
I , par laquelle il accorde à Imbert , Evêque
de Paris , & à fes Chanoines quatre
Églifes ( 1 ) , fituées dans les Fauxbourgs
de la ville , à condition qu'ils commenceront
à en jouir après la mort feulement du
nommé Giraud , Clerc , qui les poffedoit
alors. On affure que quelques- unes de ces
Eglifes qui fubfiftent encore aujourd'hui
appellées S. Etienne , S. Julien , S. Severin
& S. Bache , autrement S. Benoît ,
avoient été décorées du titre d'Abbaye.
La premiere de ces Eglifes , appellée S.
Etienne , n'eft pas , comme l'ont cru quelques
Hiftoriens ( 2 ) , S. Etienne de Grès ,
dans laquelle on prétend que fe tint le Concile
de Paris , de l'an 829 , mais S. Etienne
, près notre Dame , Eglife qui ne fubfifte
plus aujourd'hui . Ceux qui voudront
être inftruits de plufieurs particularités
concernant cette époque , peuvent avoir
( 1 ) Not. in capit. Reg. Franc. to. 2. p. 1112.
( 2 ) De Magduno.
DECEMBRE. 1755. 181
recours aux archives de cette premiere
Eglife , & ainfi des autres.
1059 .
Henri ( 1 ) fait facrer & couronner à
Rheims fon fils Philippe I , âgé de fept
ans , & lui nomme pour tuteur Baudouin
Comte de Flandres.
1060 & 1066.
Mort du Roi Henri , le 4 Août 1060 ;
âgé de cinquante cinq ans . Il avoit fondé
& doté la même année le célebre monaftere
de S. Martin des Champs , détruit
autrefois par les Normans. La chartre qui
eft le titre de la fondation , en date de
1060 , eft fignée non feulement par le Roi
Henri , par la Reine Anne fa feconde femme
, & par le Roi Philippe fon fils , mais
encore par deux Archevêques , par fix Evêques
, & par plufieurs des principaux Seigneurs
de la Cour.
Philippe premier.
Le Monaftere de S. Martin n'étoit
pas
encore fini , lorfque Henri I mourut. Le
Roi Philippe fit continuer les travaux , &
le bâtiment ne fut conduit à fa perfection
que fept ans après. La dédicace s'en fit
( 1 ) Duch. to . 4. p. 161 .
182 MERCURE DE FRANCE.
alors en préfence du Roi & d'un grand
nombre d'Evêques . Philippe , à cette occafion
, confirma la fondation du Roi fon
pere, & y ajouta plufieurs autres bienfaits ,
comme il paroît par une chartre datée de
Paris l'an 1067 , foufcrite par le Roi , par
Hugues fon frere , par Baudouin Comte de
Flandres , & par d'autres Seigneurs. Les Religieux
qui poffederent d'abord cette Abbaye
étoient tout-à- la-fois Chanoines
Réguliers & Moines , cependant fous la
regle de S. Auguftin ; ils y demeurerent
jufqu'en 1079 , que le Roi Philippe leur
fubftitua les Moines de Cluni . On ne ſçait
pas ce que devinrent les Chanoines ; mais,
il eft certain que ce changement fe fit de
leur confentement , puifqu'ils fignerent
au nombre de treize la chartre du Roi ,
donnée à S. Benoît de Fleuri l'an 1079 ,
en conféquence de laquelle cette Abbaye
paffa à l'Ordre de Cluni , & fut réduite
au titre de Prieuré , qui a le droit de nommer
à vingt- neuf Prieurés , à cinq Cures
dans Paris , qui font S. Jacques de la Boucherie,
S. Nicolas des Champs, S. Laurent,
S. Joffe & S. Leu S. Gilles * , outre vingt-
* S. Leu- S. Gilles n'eft pas la paroiffe fituée.
dans la rue S. Denis , mais une autre qui étoit
originairement dans S. Denis de la Chartre , &
qui a étéfupprimée.
DECEMBRE
1755. 184
cinq autres dans le Diocèfe de Paris , &
environ trente dans d'autres Diocèfes , fans
compter les Chapelles.
C'est au commencement du regne de
Philippe I , même à la fin de celui du Roi
Henri fon pere qu'on fixe l'origine des
Prévôts. Etienne fut le premier qui eut
cette qualité , lorfque le Comté de Paris
fut réuni à la Couronne après la mort
d'Othon , frere d'Hugues Capet , décédé
fans enfans en 1032. On rapporte un événement
remarquable arrivé à ce Prévôt ,
& qui dénote bien la méchanceté de fon
caractere . Voici le fait.
Etienne , Prévôt de Paris ( 1 ) , & qui
avoit toute la confiance de Philippe encore
jeune , perfuada à ce Prince d'enlever
toutes les Reliques de S. Germain de Prez
pour en faire des largeffes à fes Chevaliers.
Le Roi ( 2 ) fe tranfporta en effet dans
l'Abbaye , & le Prévôt qui exécutoit les
ordres du Prince ayant porté fa témérité
jufqu'à porter fa main facrilege fur une
croix très-riche , fut dans l'inftant privé de
la vue , qu'il ne recouvra jamais depuis.
Le Roi faifi de frayeur fe retira , & les
chofes ne furent pas plus avant.
Le Prévôt de Paris logeoit autrefois
( 1 ) Traité de la Poli . tom. 1. p. 30. ( 2 ) Sæc,
3. Bened. part . 2. p. 112,
184 MERCURE DE FRANCE.
7
dans le Châtelet , & Charles VII eft le
premier qui ( 1 ) permit à Robert Stouville
de fe loger ailleurs , & lui donna en outre
cent livres de rente fur le domaine de
la ville pour fon logement.
1067 & 1092 .
Concile tenu à Paris en 1092 ( 2 ) auquel
affifterent deux Archevêques & neuf
Evêques. Il ne nous refte rien de ce Concile
qu'un privilege , donné par le Roi
Philippe en faveur de l'Abbaye de S. Corneille
de Compiegne.
1093 & 1095.
Reforme de l'Abbaye S. Magloire, fituée
alors dans le même endroit où eft aujour
d'hui l'égliſe S. Barthelemi ( 3 ) dans l'ifle
du Palais.
1096-1097 & 1101 .
Guillaume , alors Evêque de Paris (4 ),
donna aux Chanoines de fa Cathédrale
l'églife de S. Chriftophe , fituée près Notre-
Dame , & détruite en 1746 , pour y conftruire
l'Hôpital des Enfans Trouvés . Il
donna aufli au Prieuré de S. Martin des
( 1 ) Traité de la Pol. tom . 1. p. 100. ( 2 ) Spicil.
tom. 2. p . 604. ( 3 ) Mab , ann . Bened, lib . 68,
a. 58. ( 4 ) Dubois , to . 1. p. 727
DECEMBRE . 1755 185
Champs le patronage de plufieurs Cures.
1104 & 1106.
Concile de Paris ( 1 ) , où préfida Lambert
, Evêque d'Arras , en qualité de Légat
du Pape. Le Roi Philippe fe préfenta à
I'Affemblée dans la pofture d'un pénitent
les pieds nuds , & renonça publiquement
à tout commerce fcandaleux avec Bertra
de, ( 2 ) qui jura la même chofe : alors il reçut
l'abfolution en préfence des Archevêques
, des Evêques ; & de plufieurs perfonnes
de la premiere diftinction .
On découvre dans l'Abbaye S. Germaindes
- Prez les corps des Sts Martyrs George
& Aurele (3 ) avec le chef de Ste Natalie ,
& Galon , Evêque de Paris , fut invité par
l'Abbé d'honorer par fa préfence la céré
monie qui fe fit pour leur tranflation .
1107.
L'Abbaye de S. Eloi , fondée du tems
du Roi Dagobert I , & dont Ste Aure fut
la premiere Abbeffe , étant devenue un
fujet de fcandale pour Paris , les Religieufes
( 4 ) en furent chaffées du confentement
du Roi , du Pape Paſcal II , & de
( 1 ) Conc tom. 1o . p . 742. ( 2 ) Spicil . to. 3 .
P. 129. ( 3 ) Mab. ann. Bened. 1. 72. n. 124. (4)
Dubois , to. 1. p. 734.
186 MERCURE DE FRANCE. •
tout le Clergé , & cette Abbaye fut donnée
à l'Abbé de S. Maur des Follés . Le Monaftere
, tel que les Hiftoriens nous le repréfentent,
avoit une étendue confiderable
& renfermoit les rues de la Calande , de
la Barillerie , de la vielle Draperie , de
Ste Croix , & de la Juiverie .
La fuppreffion de cette Abbaye ( 1 ) donna
lieu à l'érection de plufieurs paroiffes , qui
font S. Martial , S. Eloi , S. Pierre - des-
Arcis , S. Pierre- aux-Boeufs , & Ste Croix
de la Cité.
Le Pape Pafcal II vient en France
demander du fecours contre l'Empereur
Henri. Il arrive à Saint Denis , où l'Abbé
Adam le reçut avec de grands honneurs.
Le Roi Philippe & Louis fon fils qui portoit
auffi dès-lors le titre de Roi ( 2 ) , furent
le trouver à S. Denis , & lui promirent
de le fecourir. Ce Pape paffa enfuite
à Paris , où on le reçut magnifiquement ;
delà il partit pour Châlons , accompagné
de plufieurs Archevêques & Evêques.
1108.
Mort de Philippe I à Melun , le 29
Juillet 1108 , âgé de cinquante- cinq ans ,
après quarante- neuf de regne. Son corps
(1)Le Maire , to. 1. pag. 373. To. 2. p. 231 ,
&c. ( 2 ) Vita Lud. Grof.
DECEMBRE. 17. 187
ne fut point porté à S. Denis dans le tombeau
de fes peres. Il fut enterré à S. Benoît-
fur-Loire , où il avoit choifi le lieu de
fa fépulture. Son fils Louis VI , furnommé
le Gros , fut fon fucceffeur.
Louis VI.
1109 & 1113 .
Louis VI arrive à Paris , & donne une
chartre( )par laquelle il déclara que les ferfs
de l'églife de Paris auroient toute liberté
de témoigner en juftice contre qui que ce
pût être , libre ou ferf, & que quiconque
les appelleroit parjures , le prouveroit
par le duel , ou perdroit fa caufe , & ſeroit
déclaré calomniateur , fon témoignage
déformais nul , & obligé de fatisfaire
à l'injure faite à l'églife de Paris , fous peine
d'excommunication .
Plufieurs églifes de Paris qui avoient
dans ce tems - là des ( 2 ) hommes & femmes
de corps , ou de poefte de corpore &poteftate
, obtinrent le même privilege que
l'églife de Paris. Ces hommes & femmes
de corps des églifes étoient prefque efclaves.
Les églifes les échangoient à leur volonté,
les envoyoient à la guerre pour eux,
( 1 ) Baluz. Mifcell. tom. 2. p. 185. ( 2 ) Sauval
, mém, mf.
188 MERCURE DE FRANCE.
enfin exigeoient d'eux quantité de fervices
ou corvées , qui tenoient de l'ancien
efclavage . Ceux d'une églife ne pouvoient
fe marier avec ceux d'une autre fans la
permiffion de leur Seigneur , &c. Ceux
qui feront curieux , peuvent voir les mémoires
de Sauval à ce fujet .
L'Evêque de Paris , nommé Galon , reçoit
en préfent d'Anfeau , Chantre & Prêtre
du Saint Sépulchre de Jérufalem , une
portion confidérable de la vraie Croix
pour fa cathédrale ( 1 ) . Il fit dépofer la
Sainte Relique dans l'églife de St Cloud ,
fut la chercher avec tout le Clergé le Dimanche
d'après , & l'apporta avec beau
coup de cérémonie dans fon églife . On
conferve encore à Notre-Dame la relique
auffi bien que les actes authentiques envoyés
en même temps de Jérufalem. Les
écoles de Paris paroiffoient prendre un
accroiffement. Après Rofcelin , qu'on
regarde comme le premier Maître d'Abbelard
, on compte au nombre des grands
hommes Robert d'Arbriffel , Marbode
Ives de Chartres , & quantité d'autres ;
mais le plus fçavant de tous étoit , fans
contredit, Guillaume de Champeaux , fous
lequel étudia Abbelard , trop connu dans
( 1 ) Dubois , to . 2. pag. 16 & 18.
DECEMBRE. 1755. 189
le monde par fes difgraces , pour que je
le paffe fous filence dans cette Hiftoire. Il
étoit né dans l'évêché de Nantes , d'une
famille noble.
Fondation de l'Abbaye S. Victor , où
Guillaume de Champeaux fe retira après
avoir pris l'habit de Chanoine régulier .
Louis VI , au terme de l'épitaphe placé
dans S. Victor même , porte que ce
Roi fonda cette nouvelle Abbaye inceſsâ
veteri ; ce qui prouve évidemment qu'il
y avoit avant ce temps - là dans le même
endroit une petite Abbaye du même nom,
avec des Religieux .
Abbelard obtient une Chaire de Profeffeur
à Paris ; mais Champeaux vint
à bout de le fupplanter , & Abbelard retourna
à Melun où il avoit ouvert une école
l'année d'auparavant : il vint enfuite
s'établir à Paris fur la Montagne Sainte
Géneviève .
Louis VI , par une chartre donnée à
Châlons , qui paroît être celle de la fondation
de l'Abbaye S. Victor, déclare qu'il
a établi dans cette Abbaye des Chanoines
Réguliers occupés à prier Dieu pour lui
& pour fon Royaume ( 1 ) , & que pour
qu'ils puiffent vaquer aux exercices de pié
( 1 ) Vita Lud. Groffi.
190 MERCURE DE FRANCE.
té fans interruption, il dote l'Abbaye d'amples
revenus , & il y ajoute plufieurs privileges
.
1114 & 1118.
Gilduin eft nommé premier Abbé de S.
Victor , & Louis VI , à fa priere , donne la
Régale de plufieurs églifes ( 1 ) à cette Maifon.
L'Evêque de Paris en fit autant avec
l'agrément des Chanoines de fa Cathédrale
. Ces deux donations ( 2 ) font datées , la
premiere de 1125 , & la feconde de 1124 ,
& foufcrites par la Reine Adelaïde , par
Philippe leur fils , & par plufieurs Evêques
. Depuis ce temps - là cette Abbaye reçut
plufieurs autres marques de libéralité
du Roi & de l'Evêque de Paris , comme ,
par exemple , un Canonicat ( 3 ) à Notre-
Dame , où il y a encore un Chanoine de
cette Abbaye qui y va faire fon tour , un
à S. Germain - l'Auxerrois , à S. Marcel , &
ailleurs.
L'Abbaye S. Victor a fourni de grands
hommes à l'Eglife , tels que Hugues &
Ives , Cardinaux. L'eftime que leur fainteté
acquit à ce Monaftere , leur procura la
vifite de S. Bernard & de S. Thomas de
( 1 ) Annal. S. Victor , mf. vol . 1. fol. 12. ( 2 )
Dubois , tom. 2. p. 80. ( 3 ) Ann, S. Victor , mf.
fol. 13 & feq.
DECEMBRE. 1755 191
"Cantorberi qui s'y arrêterent en paffant à
Paris.
On y conferve encore la cape ou le manteau
de voyage du S. Abbé , qui eft de
couleur tannée ou noir naturel, & le cilice
du S. Archevêque . Cette Abbaye devint
dans la fuite une
congrégation , & comptoit
fous elle quarante Abbayes ( 1 ) , &
plus de cent Monafteres , comme il paroît
par le teftament du Roi Louis VIII , en
date de l'an 1225 ; mais la Congrégation
a été defunie , tant par le malheur des
tems que par le relâchement de la difcipline
monaftique.
Abbelard qui s'étoit retiré à Laon , revint
à Paris : n'y trouvant plus Guillaume
de Champeaux , fon ancien adverſaire , il
continua d'enfeigner la théologie avec liberté,
Son hiftoire avec Heloife , niece de
Fulbert , Chanoine de Paris , eft affez connue
pour me difpenfer de la rapporter ici.
Nous dirons feulement que fa doctrine
fur la Trinité ayant été condamnée dans
un Concile tenu à Soiffons , il fe réfugia
auprès de Thibaud , Comte de Champagne ,
qui lui donna un afyle près de Troyes ,
où il bâtit une Chapelle fous le titre du
Paraclet , fut enfuite Abbé de S. Gildas en
( 1 ) Apud Duch . to . 5. p. 325.
92 MERCURE DE FRANCE .
Bretagne , & céda fon hermitage du Paraclet
à Heloife , qui s'y retira avec quelques
Religieufes chaffées , comme elle ,
d'Argenteuil , & Bernard cita enfuite Abbelard
au Concile de Sens , où fa doctrine
fut de nouveau condamnée : néanmoins
il reçut l'abfolution du Pape Innocent II,
& fe retira à Cluni , d'où l'Abbé de ce
Monaftere l'envoya à Châlons-fur- Saone,
où il mourut le 21 Avril 1142 , âgé de
63 ans.
L'école qu'Abbelard avoit à Paris , étoit
près de la Cathédrale , & nous fçavons
qu'on s'y appliquoit beaucoup à l'intelligence
de l'Ecriture fainte , ce qui donna
lieu à la Théologie fcholaftique. L'hiſtoire
d'Abbelard nous apprend auffi qu'il y
avoit une autre école fur le mont appellé
Leucoritius , plus connu fous le nom de
Sainte Genevieve.
La fuite au prochain Mercure .
Paris ; par M. Poncet de la Grave , Avocat
au Parlement.
LA
SOUVERAINS .
Henri premier.
1033 & 1034 .
A famine fe fait fentir à Paris ( 1 ) ,
& on regarde comme une choſe
très- extraordinaire que le muid de bled
valut jufqu'à foixante fols. Un Auteur
contemporain a écrit qu'on exhumoit les
corps pour le nourrir . La pefte fut la ſuite
de ce fléau , & un incendie ( 2 ) confidérable
arrivé à Paris en 1034 , met le
comble aux malheurs des Parifiens.
1035 & 50-51-52.
Concile célebre contre Berenger ( 3 ) ;
tenu à Paris par ordre du Roi Henri I , où
fe trouverent plufieurs Evêques & grand
nombre de perfonnes qualifiées ; le Roi même
y affifta.
On y lut une lettre de Berenger , qui
( 1 ) Glab. Rod . hift. lib. 4. c. 4. ( 2 ) Fragm.
hift. Duch, to. 4. pag. 143. ( 3 ) Durand Troard,
Hvj
180 MERCURE DE FRANCE.
contenoit le poifon de fon héréfie contre
l'Euchariftie toute l'affemblée en frémit
d'horreur , & condamna Berenger & fes
complices. Le livre de Jean Scot fut auf
compris dans la condamnation.
1053 & 1058.
On rapporte une chartre du Roi Henri
I , par laquelle il accorde à Imbert , Evêque
de Paris , & à fes Chanoines quatre
Églifes ( 1 ) , fituées dans les Fauxbourgs
de la ville , à condition qu'ils commenceront
à en jouir après la mort feulement du
nommé Giraud , Clerc , qui les poffedoit
alors. On affure que quelques- unes de ces
Eglifes qui fubfiftent encore aujourd'hui
appellées S. Etienne , S. Julien , S. Severin
& S. Bache , autrement S. Benoît ,
avoient été décorées du titre d'Abbaye.
La premiere de ces Eglifes , appellée S.
Etienne , n'eft pas , comme l'ont cru quelques
Hiftoriens ( 2 ) , S. Etienne de Grès ,
dans laquelle on prétend que fe tint le Concile
de Paris , de l'an 829 , mais S. Etienne
, près notre Dame , Eglife qui ne fubfifte
plus aujourd'hui . Ceux qui voudront
être inftruits de plufieurs particularités
concernant cette époque , peuvent avoir
( 1 ) Not. in capit. Reg. Franc. to. 2. p. 1112.
( 2 ) De Magduno.
DECEMBRE. 1755. 181
recours aux archives de cette premiere
Eglife , & ainfi des autres.
1059 .
Henri ( 1 ) fait facrer & couronner à
Rheims fon fils Philippe I , âgé de fept
ans , & lui nomme pour tuteur Baudouin
Comte de Flandres.
1060 & 1066.
Mort du Roi Henri , le 4 Août 1060 ;
âgé de cinquante cinq ans . Il avoit fondé
& doté la même année le célebre monaftere
de S. Martin des Champs , détruit
autrefois par les Normans. La chartre qui
eft le titre de la fondation , en date de
1060 , eft fignée non feulement par le Roi
Henri , par la Reine Anne fa feconde femme
, & par le Roi Philippe fon fils , mais
encore par deux Archevêques , par fix Evêques
, & par plufieurs des principaux Seigneurs
de la Cour.
Philippe premier.
Le Monaftere de S. Martin n'étoit
pas
encore fini , lorfque Henri I mourut. Le
Roi Philippe fit continuer les travaux , &
le bâtiment ne fut conduit à fa perfection
que fept ans après. La dédicace s'en fit
( 1 ) Duch. to . 4. p. 161 .
182 MERCURE DE FRANCE.
alors en préfence du Roi & d'un grand
nombre d'Evêques . Philippe , à cette occafion
, confirma la fondation du Roi fon
pere, & y ajouta plufieurs autres bienfaits ,
comme il paroît par une chartre datée de
Paris l'an 1067 , foufcrite par le Roi , par
Hugues fon frere , par Baudouin Comte de
Flandres , & par d'autres Seigneurs. Les Religieux
qui poffederent d'abord cette Abbaye
étoient tout-à- la-fois Chanoines
Réguliers & Moines , cependant fous la
regle de S. Auguftin ; ils y demeurerent
jufqu'en 1079 , que le Roi Philippe leur
fubftitua les Moines de Cluni . On ne ſçait
pas ce que devinrent les Chanoines ; mais,
il eft certain que ce changement fe fit de
leur confentement , puifqu'ils fignerent
au nombre de treize la chartre du Roi ,
donnée à S. Benoît de Fleuri l'an 1079 ,
en conféquence de laquelle cette Abbaye
paffa à l'Ordre de Cluni , & fut réduite
au titre de Prieuré , qui a le droit de nommer
à vingt- neuf Prieurés , à cinq Cures
dans Paris , qui font S. Jacques de la Boucherie,
S. Nicolas des Champs, S. Laurent,
S. Joffe & S. Leu S. Gilles * , outre vingt-
* S. Leu- S. Gilles n'eft pas la paroiffe fituée.
dans la rue S. Denis , mais une autre qui étoit
originairement dans S. Denis de la Chartre , &
qui a étéfupprimée.
DECEMBRE
1755. 184
cinq autres dans le Diocèfe de Paris , &
environ trente dans d'autres Diocèfes , fans
compter les Chapelles.
C'est au commencement du regne de
Philippe I , même à la fin de celui du Roi
Henri fon pere qu'on fixe l'origine des
Prévôts. Etienne fut le premier qui eut
cette qualité , lorfque le Comté de Paris
fut réuni à la Couronne après la mort
d'Othon , frere d'Hugues Capet , décédé
fans enfans en 1032. On rapporte un événement
remarquable arrivé à ce Prévôt ,
& qui dénote bien la méchanceté de fon
caractere . Voici le fait.
Etienne , Prévôt de Paris ( 1 ) , & qui
avoit toute la confiance de Philippe encore
jeune , perfuada à ce Prince d'enlever
toutes les Reliques de S. Germain de Prez
pour en faire des largeffes à fes Chevaliers.
Le Roi ( 2 ) fe tranfporta en effet dans
l'Abbaye , & le Prévôt qui exécutoit les
ordres du Prince ayant porté fa témérité
jufqu'à porter fa main facrilege fur une
croix très-riche , fut dans l'inftant privé de
la vue , qu'il ne recouvra jamais depuis.
Le Roi faifi de frayeur fe retira , & les
chofes ne furent pas plus avant.
Le Prévôt de Paris logeoit autrefois
( 1 ) Traité de la Poli . tom. 1. p. 30. ( 2 ) Sæc,
3. Bened. part . 2. p. 112,
184 MERCURE DE FRANCE.
7
dans le Châtelet , & Charles VII eft le
premier qui ( 1 ) permit à Robert Stouville
de fe loger ailleurs , & lui donna en outre
cent livres de rente fur le domaine de
la ville pour fon logement.
1067 & 1092 .
Concile tenu à Paris en 1092 ( 2 ) auquel
affifterent deux Archevêques & neuf
Evêques. Il ne nous refte rien de ce Concile
qu'un privilege , donné par le Roi
Philippe en faveur de l'Abbaye de S. Corneille
de Compiegne.
1093 & 1095.
Reforme de l'Abbaye S. Magloire, fituée
alors dans le même endroit où eft aujour
d'hui l'égliſe S. Barthelemi ( 3 ) dans l'ifle
du Palais.
1096-1097 & 1101 .
Guillaume , alors Evêque de Paris (4 ),
donna aux Chanoines de fa Cathédrale
l'églife de S. Chriftophe , fituée près Notre-
Dame , & détruite en 1746 , pour y conftruire
l'Hôpital des Enfans Trouvés . Il
donna aufli au Prieuré de S. Martin des
( 1 ) Traité de la Pol. tom . 1. p. 100. ( 2 ) Spicil.
tom. 2. p . 604. ( 3 ) Mab , ann . Bened, lib . 68,
a. 58. ( 4 ) Dubois , to . 1. p. 727
DECEMBRE . 1755 185
Champs le patronage de plufieurs Cures.
1104 & 1106.
Concile de Paris ( 1 ) , où préfida Lambert
, Evêque d'Arras , en qualité de Légat
du Pape. Le Roi Philippe fe préfenta à
I'Affemblée dans la pofture d'un pénitent
les pieds nuds , & renonça publiquement
à tout commerce fcandaleux avec Bertra
de, ( 2 ) qui jura la même chofe : alors il reçut
l'abfolution en préfence des Archevêques
, des Evêques ; & de plufieurs perfonnes
de la premiere diftinction .
On découvre dans l'Abbaye S. Germaindes
- Prez les corps des Sts Martyrs George
& Aurele (3 ) avec le chef de Ste Natalie ,
& Galon , Evêque de Paris , fut invité par
l'Abbé d'honorer par fa préfence la céré
monie qui fe fit pour leur tranflation .
1107.
L'Abbaye de S. Eloi , fondée du tems
du Roi Dagobert I , & dont Ste Aure fut
la premiere Abbeffe , étant devenue un
fujet de fcandale pour Paris , les Religieufes
( 4 ) en furent chaffées du confentement
du Roi , du Pape Paſcal II , & de
( 1 ) Conc tom. 1o . p . 742. ( 2 ) Spicil . to. 3 .
P. 129. ( 3 ) Mab. ann. Bened. 1. 72. n. 124. (4)
Dubois , to. 1. p. 734.
186 MERCURE DE FRANCE. •
tout le Clergé , & cette Abbaye fut donnée
à l'Abbé de S. Maur des Follés . Le Monaftere
, tel que les Hiftoriens nous le repréfentent,
avoit une étendue confiderable
& renfermoit les rues de la Calande , de
la Barillerie , de la vielle Draperie , de
Ste Croix , & de la Juiverie .
La fuppreffion de cette Abbaye ( 1 ) donna
lieu à l'érection de plufieurs paroiffes , qui
font S. Martial , S. Eloi , S. Pierre - des-
Arcis , S. Pierre- aux-Boeufs , & Ste Croix
de la Cité.
Le Pape Pafcal II vient en France
demander du fecours contre l'Empereur
Henri. Il arrive à Saint Denis , où l'Abbé
Adam le reçut avec de grands honneurs.
Le Roi Philippe & Louis fon fils qui portoit
auffi dès-lors le titre de Roi ( 2 ) , furent
le trouver à S. Denis , & lui promirent
de le fecourir. Ce Pape paffa enfuite
à Paris , où on le reçut magnifiquement ;
delà il partit pour Châlons , accompagné
de plufieurs Archevêques & Evêques.
1108.
Mort de Philippe I à Melun , le 29
Juillet 1108 , âgé de cinquante- cinq ans ,
après quarante- neuf de regne. Son corps
(1)Le Maire , to. 1. pag. 373. To. 2. p. 231 ,
&c. ( 2 ) Vita Lud. Grof.
DECEMBRE. 17. 187
ne fut point porté à S. Denis dans le tombeau
de fes peres. Il fut enterré à S. Benoît-
fur-Loire , où il avoit choifi le lieu de
fa fépulture. Son fils Louis VI , furnommé
le Gros , fut fon fucceffeur.
Louis VI.
1109 & 1113 .
Louis VI arrive à Paris , & donne une
chartre( )par laquelle il déclara que les ferfs
de l'églife de Paris auroient toute liberté
de témoigner en juftice contre qui que ce
pût être , libre ou ferf, & que quiconque
les appelleroit parjures , le prouveroit
par le duel , ou perdroit fa caufe , & ſeroit
déclaré calomniateur , fon témoignage
déformais nul , & obligé de fatisfaire
à l'injure faite à l'églife de Paris , fous peine
d'excommunication .
Plufieurs églifes de Paris qui avoient
dans ce tems - là des ( 2 ) hommes & femmes
de corps , ou de poefte de corpore &poteftate
, obtinrent le même privilege que
l'églife de Paris. Ces hommes & femmes
de corps des églifes étoient prefque efclaves.
Les églifes les échangoient à leur volonté,
les envoyoient à la guerre pour eux,
( 1 ) Baluz. Mifcell. tom. 2. p. 185. ( 2 ) Sauval
, mém, mf.
188 MERCURE DE FRANCE.
enfin exigeoient d'eux quantité de fervices
ou corvées , qui tenoient de l'ancien
efclavage . Ceux d'une églife ne pouvoient
fe marier avec ceux d'une autre fans la
permiffion de leur Seigneur , &c. Ceux
qui feront curieux , peuvent voir les mémoires
de Sauval à ce fujet .
L'Evêque de Paris , nommé Galon , reçoit
en préfent d'Anfeau , Chantre & Prêtre
du Saint Sépulchre de Jérufalem , une
portion confidérable de la vraie Croix
pour fa cathédrale ( 1 ) . Il fit dépofer la
Sainte Relique dans l'églife de St Cloud ,
fut la chercher avec tout le Clergé le Dimanche
d'après , & l'apporta avec beau
coup de cérémonie dans fon églife . On
conferve encore à Notre-Dame la relique
auffi bien que les actes authentiques envoyés
en même temps de Jérufalem. Les
écoles de Paris paroiffoient prendre un
accroiffement. Après Rofcelin , qu'on
regarde comme le premier Maître d'Abbelard
, on compte au nombre des grands
hommes Robert d'Arbriffel , Marbode
Ives de Chartres , & quantité d'autres ;
mais le plus fçavant de tous étoit , fans
contredit, Guillaume de Champeaux , fous
lequel étudia Abbelard , trop connu dans
( 1 ) Dubois , to . 2. pag. 16 & 18.
DECEMBRE. 1755. 189
le monde par fes difgraces , pour que je
le paffe fous filence dans cette Hiftoire. Il
étoit né dans l'évêché de Nantes , d'une
famille noble.
Fondation de l'Abbaye S. Victor , où
Guillaume de Champeaux fe retira après
avoir pris l'habit de Chanoine régulier .
Louis VI , au terme de l'épitaphe placé
dans S. Victor même , porte que ce
Roi fonda cette nouvelle Abbaye inceſsâ
veteri ; ce qui prouve évidemment qu'il
y avoit avant ce temps - là dans le même
endroit une petite Abbaye du même nom,
avec des Religieux .
Abbelard obtient une Chaire de Profeffeur
à Paris ; mais Champeaux vint
à bout de le fupplanter , & Abbelard retourna
à Melun où il avoit ouvert une école
l'année d'auparavant : il vint enfuite
s'établir à Paris fur la Montagne Sainte
Géneviève .
Louis VI , par une chartre donnée à
Châlons , qui paroît être celle de la fondation
de l'Abbaye S. Victor, déclare qu'il
a établi dans cette Abbaye des Chanoines
Réguliers occupés à prier Dieu pour lui
& pour fon Royaume ( 1 ) , & que pour
qu'ils puiffent vaquer aux exercices de pié
( 1 ) Vita Lud. Groffi.
190 MERCURE DE FRANCE.
té fans interruption, il dote l'Abbaye d'amples
revenus , & il y ajoute plufieurs privileges
.
1114 & 1118.
Gilduin eft nommé premier Abbé de S.
Victor , & Louis VI , à fa priere , donne la
Régale de plufieurs églifes ( 1 ) à cette Maifon.
L'Evêque de Paris en fit autant avec
l'agrément des Chanoines de fa Cathédrale
. Ces deux donations ( 2 ) font datées , la
premiere de 1125 , & la feconde de 1124 ,
& foufcrites par la Reine Adelaïde , par
Philippe leur fils , & par plufieurs Evêques
. Depuis ce temps - là cette Abbaye reçut
plufieurs autres marques de libéralité
du Roi & de l'Evêque de Paris , comme ,
par exemple , un Canonicat ( 3 ) à Notre-
Dame , où il y a encore un Chanoine de
cette Abbaye qui y va faire fon tour , un
à S. Germain - l'Auxerrois , à S. Marcel , &
ailleurs.
L'Abbaye S. Victor a fourni de grands
hommes à l'Eglife , tels que Hugues &
Ives , Cardinaux. L'eftime que leur fainteté
acquit à ce Monaftere , leur procura la
vifite de S. Bernard & de S. Thomas de
( 1 ) Annal. S. Victor , mf. vol . 1. fol. 12. ( 2 )
Dubois , tom. 2. p. 80. ( 3 ) Ann, S. Victor , mf.
fol. 13 & feq.
DECEMBRE. 1755 191
"Cantorberi qui s'y arrêterent en paffant à
Paris.
On y conferve encore la cape ou le manteau
de voyage du S. Abbé , qui eft de
couleur tannée ou noir naturel, & le cilice
du S. Archevêque . Cette Abbaye devint
dans la fuite une
congrégation , & comptoit
fous elle quarante Abbayes ( 1 ) , &
plus de cent Monafteres , comme il paroît
par le teftament du Roi Louis VIII , en
date de l'an 1225 ; mais la Congrégation
a été defunie , tant par le malheur des
tems que par le relâchement de la difcipline
monaftique.
Abbelard qui s'étoit retiré à Laon , revint
à Paris : n'y trouvant plus Guillaume
de Champeaux , fon ancien adverſaire , il
continua d'enfeigner la théologie avec liberté,
Son hiftoire avec Heloife , niece de
Fulbert , Chanoine de Paris , eft affez connue
pour me difpenfer de la rapporter ici.
Nous dirons feulement que fa doctrine
fur la Trinité ayant été condamnée dans
un Concile tenu à Soiffons , il fe réfugia
auprès de Thibaud , Comte de Champagne ,
qui lui donna un afyle près de Troyes ,
où il bâtit une Chapelle fous le titre du
Paraclet , fut enfuite Abbé de S. Gildas en
( 1 ) Apud Duch . to . 5. p. 325.
92 MERCURE DE FRANCE .
Bretagne , & céda fon hermitage du Paraclet
à Heloife , qui s'y retira avec quelques
Religieufes chaffées , comme elle ,
d'Argenteuil , & Bernard cita enfuite Abbelard
au Concile de Sens , où fa doctrine
fut de nouveau condamnée : néanmoins
il reçut l'abfolution du Pape Innocent II,
& fe retira à Cluni , d'où l'Abbé de ce
Monaftere l'envoya à Châlons-fur- Saone,
où il mourut le 21 Avril 1142 , âgé de
63 ans.
L'école qu'Abbelard avoit à Paris , étoit
près de la Cathédrale , & nous fçavons
qu'on s'y appliquoit beaucoup à l'intelligence
de l'Ecriture fainte , ce qui donna
lieu à la Théologie fcholaftique. L'hiſtoire
d'Abbelard nous apprend auffi qu'il y
avoit une autre école fur le mont appellé
Leucoritius , plus connu fous le nom de
Sainte Genevieve.
La fuite au prochain Mercure .
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Résumé : Suite de l'abrégé historique de la ville de Paris ; par M. Poncet de la Grave, Avocat au Parlement.
Le texte relate des événements historiques concernant Paris sous les règnes de Henri Ier et Philippe Ier, ainsi que des figures religieuses et monastiques notables. En 1033 et 1034, Paris est frappée par une famine sévère, où le prix du blé atteint soixante fois sa valeur normale. Cette crise entraîne une épidémie et un incendie majeur. En 1035, un concile se tient à Paris pour condamner Bérenger, accusé d'hérésie contre l'Eucharistie. Henri Ier accorde à l'évêque Imbert et à ses chanoines quatre églises situées dans les faubourgs de Paris. En 1059, Henri Ier fait sacrer et couronner son fils Philippe Ier à Reims, nommant Baudouin de Flandre comme tuteur. Henri Ier meurt en 1060 et fonde le monastère de Saint-Martin-des-Champs. Philippe Ier continue les travaux du monastère et le consacre en 1067. Sous son règne, les prévôts apparaissent, avec Étienne comme premier prévôt de Paris. En 1092, un concile se tient à Paris, et en 1093, l'abbaye Saint-Magloire est réformée. Guillaume, évêque de Paris, fait plusieurs donations aux chanoines et au prieuré de Saint-Martin-des-Champs. En 1104, un concile à Paris voit Philippe Ier renoncer publiquement à une relation scandaleuse. En 1107, l'abbaye Saint-Éloi est supprimée, et plusieurs paroisses sont créées à sa place. Philippe Ier meurt en 1108 et est enterré à Saint-Benoît-sur-Loire. Son fils Louis VI lui succède. Sous Louis VI, des chartes sont données pour protéger les serfs de l'église de Paris. L'évêque Galon reçoit une relique de la vraie Croix. Guillaume de Champeaux fonde l'abbaye Saint-Victor, où Abélard obtient une chaire de professeur. Louis VI dote l'abbaye de revenus et de privilèges. Gilduin devient le premier abbé de Saint-Victor, et l'abbaye reçoit plusieurs donations et privilèges. Le texte mentionne également des événements liés à des monastères et des figures religieuses. En décembre 1755, des voyageurs de Cantorbéry se sont arrêtés dans un monastère en se rendant à Paris. Ce monastère conservait des reliques, notamment la cape de voyage d'un saint abbé et le cilice d'un saint archevêque. L'abbaye est devenue une congrégation comptant quarante abbayes et plus de cent monastères, comme mentionné dans le testament du roi Louis VIII en 1225. Cependant, cette congrégation a été dissoute en raison des malheurs des temps et du relâchement de la discipline monastique. Le texte évoque également la vie d'Abbélard, un théologien qui enseignait à Paris. Sa relation avec Héloïse, nièce de Fulbert, chanoine de Paris, est bien connue. Condamné pour sa doctrine sur la Trinité lors d'un concile à Soissons, Abbélard a trouvé refuge auprès de Thibaud, Comte de Champagne. Il a construit une chapelle près de Troyes et est devenu abbé de Saint-Gildas en Bretagne. Il a ensuite cédé son ermitage du Paraclet à Héloïse, qui s'y est retirée avec des religieuses. Abbélard a été de nouveau condamné lors du concile de Sens, mais a reçu l'absolution du pape Innocent II. Il est mort à Châlons-sur-Saône le 21 avril 1142 à l'âge de 63 ans. L'école d'Abbélard à Paris, située près de la cathédrale, se concentrait sur l'étude des Écritures saintes, contribuant ainsi à l'émergence de la théologie scolastique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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190
p. 211-216
« M. le Maréchal Duc de Coigny ayant obtenu la permission de se démettre de son [...] »
Début :
M. le Maréchal Duc de Coigny ayant obtenu la permission de se démettre de son [...]
Mots clefs :
Duc de Coigny, Comte de Coigny, Secousses, Versailles, Paris, Marquis, Régiments, La Reine, Sa Majesté, Nominations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. le Maréchal Duc de Coigny ayant obtenu la permission de se démettre de son [...] »
M. le Maréchal Duc de Coigny ayant obtenu
la permiffion de fe démettre de fon Duché en
faveur de M. le Comte de Coigny , Mestre de
Camp Général des Dragons , fon petit-fils , madame
la Comteffe de Coigny fut préfentée le 22
Février à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
par Madame la Comteffe de Coigny , Douairiere .
En qualité de Ducheffe elle prit le tabouret.
Le 18 Février , entre fept & huit heures du matin ,
il y eut dans cette Capitale deux fecouffes de trem .
blement de terre ; mais elles ont été fi légeres que
la plupart des habitans ne s'en font point apperçus.
On a effuyé les mêmes fecouffes à Verſailles . Elles
fe font fait fentir en plufieurs autres endroits. Les
avis reçus de Beauvais marquent qu'elles y ont
été fenfibles principalement pour les perfonnes
qui étoient encore couchées. On a fait à Paris la
même obfervation . A Saint Quentin , la direction
du mouvement a paru être de l'Oueſt au Sud- Eft³:
le tems étoit à la pluie , & un vent d'Oueſt ſouf212
MERCURE DE FRANCE.
floit modérément. La Cloche de l'Hôtel de Ville
de la Fere a fonné d'elle - même plufieurs coups.
On mande de Dieppe , que le Barométre étoit ,
le jour du tremblement, au dernier degré au deffus
de la tempête. A Aire , il tomboit de la pluie mê--
lée de neige. Dans la Ville de Metz , quelques
cheminées ont été abattues . Sedan a éprouvé les
mêmes accidens, Les fecouffes,Y ont duré une minure
& quelques fecondes , & ont été accompagnées
d'un bruit femblable à celui du tonnerre.
Du refte , on n'a remarqué aucune agitation extraordinaire
dans les eaux de la Meufe. A Fifmes ,
Laon , à Moyenvic , à Mons , à Namur , à Bruxel- ´
les , à Maeftricht , à Utrecht & à Amſterdam , les
fecouffes ont commencé environ à la même heure,
& ont été de la même durée . Elles n'ont commencé
à Liege qu'à neuf heures du matin , & elles ont
duré trois minutes. Au départ du courier , la terre
n'étoit pas encore dans un parfait repos.
à
Le 2 Mars . M. de Montenault préfenta au
Roi le fecond Volume de la nouvelle Edition
des Fables de la Fontaine. Sa Majeſté témoigna
en être très- fatisfaite.
Le Roi a difpofé du Gouvernement des Ville
& Château de Dieppe , qui vaquoit par la mort
de M. le Marquis de Saliere , en faveur de M. de
Mailly de Rubempré , Chevalier des Ordres de
Sa Majefté , Lieutenant Général de fes Armées ,
& premier Ecuyer de Madame la Dauphine .
La place d'Infpecteur Général de l'Infanterie ;
vacante par la même mort , a été donnée à M. le
Comte de Choifeul - Beaupré , qui étoit Infpecteur
Général furnuméraire.
M. Le Marquis du Châtelet - Lomont , Lieutenant-
Général des Armées du Roi & Commandeur
de l'Ordre Royal & Militaire de Saint Louis,a été
A VRIL. 1756 . 213
fait Grand Croix de cet Ordre. Sa Majefté a nommé
Grand Croix Honoraire du même Ordre M.
le Marquis de Valory , Lieutenant - Général , Miniftre
Plénipotentiaire auprès du Roi de Pruffe.
Elle a accordé une place de Commandeur à M. le
Marquis de Braffac , Maréchal de Camp .
Le Régiment de Cavalerie de Royal Etranger,
dont M. le Comte de Charleval à donné fa démiffion
, a été accordé à M. le Comte de Chabot ,
Colonel dans les Grenadiers de France ,
M. le Comte de Durfort & le Chevalier de Corn ,
Aides-Majors des Gardes du Corps , ayant obtenu
leur retraite ,font remplacés par M. le Chevalier de
Montaigu & par M. de Prifye. M. Le Chevalier
de Luflay a été nommé Sous- Aide - Major. M. le
Chevalier de Ligondé a obtenu une place d'Exempt,
vacante dans la Compagnie de Noailles par
la retraite de M. de Fumereau .
Le 12, la Marquife de Beauffremont fit , à l'occafion
de fon veuvage , fes révérences à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale.
Le 16 , Monfeigneur le Duc de Berry fut fevré.
Le 17 , M. Peirenc de Moras , que le Roi a
nommé pour Adjoint à M. de Sechelles dans la
charge de Contrôleur Général des Finances
remercia Sa Majesté.
La Reine entendit le 20 une Meffe de Requiem ;
pendant laquelle la Mufique chanta le De Profundis,
pour l'Anniverfaire de la feue Reine de Pologne
Ducheffe de Lorraine & de Bar , Mere de Sa Majesté.
-
Le 28 Madame la Ducheffe de Luynes , Dame
d'Honneur de la Reine , préfenta à Leurs Majeftés
l'épouse de M. Perinc de Moras. *
Selon des lettres de Calais , une Frégate Angloife
de trente canons , s'approcha le 9 de ce Port ,
fous PavillonHollandois, en faifant le fignal de dan214
MERCURE DE FRANCE.
3
ger. On commanda auffitôt une Chaloupe avec un
Pilote & neufhommes , pour aller au fecours de
ce Bâtiment. La Frégate a enlevé la Chaloupe , &
l'a conduite dans un port de la Grande-Bretagne.
A
Le Roi a déclaré qu'il donnoit fa nomination
pour le Chapeau de Cardinal à l'Archevêque de
Rouen , Grand Aumônier de la Reine ; & le 20 ce
Prélat en remercia Sa Majesté.
La place de Confeiller au Confeil Royal des
Finances , vacante par la mort de M. d'Ormeffon ,
a été accordée à M. Trudaine Confeiller d'Etat
ordinaire & au Confeil Royal de Commerce
Intendant des Finances.
>
Sa Majeſté a donné à M. Peirenc de Moras celle
de Confeiller d'Etat , qui vaquoit par la même
mort.
M. de Sechelles , Miniftre d'Etat & Contrôleur
Général des Finances , s'étant démis de fa place de
Confeiller d'Etat , le Roi l'a accordé à M. Chauvelin
, Intendant des Finances.
M. Moreau de Beaumont , Intendant de Flandre
, a obtenu l'agrément de la charge d'Intendant
des Finances , dont étoit pourvu M. Peirenc de
Moras. Le Roi a nommé à l'Intendance de Flandre
M. de Caumartin , Intendant de Metz , & a
donné l'Intendance des trois Evêchés à M. de Bernage
de Vaux , Intendant de Moulins .
Sa Majefté a difpofé du Régiment Suiffe de Vie
gier en faveur de M. de Caftelar , Maréchal de
Camp , & Capitaine au Régiment des Gardes Suiffes.
M. de Reding , Brigadier d'Infanterie , & Lieutenant-
Colonel du Régiment Suiffe de Monin , a
étéfait Colonel de ce Régiment.
la
Madame la Baronne d'Oppede fut préſentée le
14 à Leurs Majeftés & à la Famille Royale par
Marquise de Janfon .
On fit le 22 de ce mois la Proceffion folemnelle
AVRIL. 1756. 215
qu'on a coutume de faire tous les ans , en mémoire
de la Réduction de cette Capitale fous l'obéiffance
de Henri IV. Le Corps de Ville y affifta fuivant
'ufage.
M.l'Abbé du Refnel , l'un des Quarante de l'Académie
Françoife , & Affocié de l'Académie
Royale des Belles - Lettres , a été élu par cette derniere
Compagnie , pour y remplir la place de
Penfionnaire , vacante par la mort de M. Blanchard.
On mande d'Avignon , que le 3 à fix heures du
foir , le tems étant très - calme , & la Lune en fon
couchant ne donnant qu'une foible lueur , on apperçut
vers le Sud-Eft , dans la moyenne région
de l'air , un Globe auffi lumineux que la Lune en
fon plein. Environ trois fecondes après , ce Globe
fe transforma en une espece de Comete , dont la
queue s'étendoit vers l'Oueft. Ce Météore ne tarda
pas à fe perdre en forme de fufée volante , nuancée
de diverfes couleurs ainfi que l'Arc- en- Ciel . La
fufée fe termina en trois pointes , de chacune
defquelles il fortit une étoile pareille à celles
qu'on imite dans les feux d'artifice.
Selon les avis reçus de Canne & de Nice , on y
a vu le même jour & à la même heure un femblable
phénomene. Dans ces deux dernieres Villes,
il a paru fous un beaucoup plus grand volume
que dans celle d'Avignon . A Nice , la fufée fut terminée
par quatre étoiles de couleur de foufre, Elle
fat fuivie de deux violens coups de tonnerre..
Le 28 Mars , M. Feydeau de Marville , en
qualité de Confeiller d'Etat ordinaire , fut préfenté
au Roi par M. de Lamoignon Chancelier de
France.
M. de Berulle, Maître des Requêtes , a été nom→
mé à l'Intendance du Bourbonnois, vacante par la
216 MERCURE DE FRANCE.
nomination de M. de Bernage de Vaux à l'Intendance
des trois Evêchés.
Dans le neuvieme tirage de la premiere Loterie
Royal , le premier Lot eft échu au numéro 57083 ;
le fecond Lot eft échu au numéro 28188 , & la
Prime au numéro 8198.
>
Le 20 Mars M. le Comte de Clermont fit dans la
Plaine de fon Château de Berny la revue de fon
Régiment d'Infanterie d'Enghien , commandé par
M.le Comte de Polignac, Colonel-Lieutenant de ce
Corps . Le Régiment exécuta avec toute la précifion
poffible les manceuvres & les évolutions que
le Prince ordonna ; ce qui dura trois heures . Après
la revue M. le Comte de Clermont donna un
dîner de la plus grande magnificence à tous les
Seigneurs & Officiers qui l'avoient accompagné.
Sa table étoit de foixante couverts . On fervit plufieurs
autres tables dans les appartemens du Château
. Dans une Allée du Parc vis - à- vis du Sallon
où mangeoit le Prince , on avoit dreffé une table
pour les Sergens du Régiment , & deux autres
tables , chacune de fept cens couverts , pour
Soldats. Deux Grenadiers furent députés par leurs
Compagnies , pour aller porter la fanté du Roi &
celle de M. le Comte de Clermont. Le Prince les
reçut avec cette affabilité qui lui eft naturelle ,
qui le rend également cher aux Militaires & aux
Gens de Lettres. Au fortir de table , M. le Comte
de Clermont diftribua des préfens aux Officiers du
Régiment , & fon portrait aux principaux . Pendant
les trois jours que le Régiment a paffé à
Berny , ce Prince a tenu table ouverte pour tous
les Officiers.
la permiffion de fe démettre de fon Duché en
faveur de M. le Comte de Coigny , Mestre de
Camp Général des Dragons , fon petit-fils , madame
la Comteffe de Coigny fut préfentée le 22
Février à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
par Madame la Comteffe de Coigny , Douairiere .
En qualité de Ducheffe elle prit le tabouret.
Le 18 Février , entre fept & huit heures du matin ,
il y eut dans cette Capitale deux fecouffes de trem .
blement de terre ; mais elles ont été fi légeres que
la plupart des habitans ne s'en font point apperçus.
On a effuyé les mêmes fecouffes à Verſailles . Elles
fe font fait fentir en plufieurs autres endroits. Les
avis reçus de Beauvais marquent qu'elles y ont
été fenfibles principalement pour les perfonnes
qui étoient encore couchées. On a fait à Paris la
même obfervation . A Saint Quentin , la direction
du mouvement a paru être de l'Oueſt au Sud- Eft³:
le tems étoit à la pluie , & un vent d'Oueſt ſouf212
MERCURE DE FRANCE.
floit modérément. La Cloche de l'Hôtel de Ville
de la Fere a fonné d'elle - même plufieurs coups.
On mande de Dieppe , que le Barométre étoit ,
le jour du tremblement, au dernier degré au deffus
de la tempête. A Aire , il tomboit de la pluie mê--
lée de neige. Dans la Ville de Metz , quelques
cheminées ont été abattues . Sedan a éprouvé les
mêmes accidens, Les fecouffes,Y ont duré une minure
& quelques fecondes , & ont été accompagnées
d'un bruit femblable à celui du tonnerre.
Du refte , on n'a remarqué aucune agitation extraordinaire
dans les eaux de la Meufe. A Fifmes ,
Laon , à Moyenvic , à Mons , à Namur , à Bruxel- ´
les , à Maeftricht , à Utrecht & à Amſterdam , les
fecouffes ont commencé environ à la même heure,
& ont été de la même durée . Elles n'ont commencé
à Liege qu'à neuf heures du matin , & elles ont
duré trois minutes. Au départ du courier , la terre
n'étoit pas encore dans un parfait repos.
à
Le 2 Mars . M. de Montenault préfenta au
Roi le fecond Volume de la nouvelle Edition
des Fables de la Fontaine. Sa Majeſté témoigna
en être très- fatisfaite.
Le Roi a difpofé du Gouvernement des Ville
& Château de Dieppe , qui vaquoit par la mort
de M. le Marquis de Saliere , en faveur de M. de
Mailly de Rubempré , Chevalier des Ordres de
Sa Majefté , Lieutenant Général de fes Armées ,
& premier Ecuyer de Madame la Dauphine .
La place d'Infpecteur Général de l'Infanterie ;
vacante par la même mort , a été donnée à M. le
Comte de Choifeul - Beaupré , qui étoit Infpecteur
Général furnuméraire.
M. Le Marquis du Châtelet - Lomont , Lieutenant-
Général des Armées du Roi & Commandeur
de l'Ordre Royal & Militaire de Saint Louis,a été
A VRIL. 1756 . 213
fait Grand Croix de cet Ordre. Sa Majefté a nommé
Grand Croix Honoraire du même Ordre M.
le Marquis de Valory , Lieutenant - Général , Miniftre
Plénipotentiaire auprès du Roi de Pruffe.
Elle a accordé une place de Commandeur à M. le
Marquis de Braffac , Maréchal de Camp .
Le Régiment de Cavalerie de Royal Etranger,
dont M. le Comte de Charleval à donné fa démiffion
, a été accordé à M. le Comte de Chabot ,
Colonel dans les Grenadiers de France ,
M. le Comte de Durfort & le Chevalier de Corn ,
Aides-Majors des Gardes du Corps , ayant obtenu
leur retraite ,font remplacés par M. le Chevalier de
Montaigu & par M. de Prifye. M. Le Chevalier
de Luflay a été nommé Sous- Aide - Major. M. le
Chevalier de Ligondé a obtenu une place d'Exempt,
vacante dans la Compagnie de Noailles par
la retraite de M. de Fumereau .
Le 12, la Marquife de Beauffremont fit , à l'occafion
de fon veuvage , fes révérences à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale.
Le 16 , Monfeigneur le Duc de Berry fut fevré.
Le 17 , M. Peirenc de Moras , que le Roi a
nommé pour Adjoint à M. de Sechelles dans la
charge de Contrôleur Général des Finances
remercia Sa Majesté.
La Reine entendit le 20 une Meffe de Requiem ;
pendant laquelle la Mufique chanta le De Profundis,
pour l'Anniverfaire de la feue Reine de Pologne
Ducheffe de Lorraine & de Bar , Mere de Sa Majesté.
-
Le 28 Madame la Ducheffe de Luynes , Dame
d'Honneur de la Reine , préfenta à Leurs Majeftés
l'épouse de M. Perinc de Moras. *
Selon des lettres de Calais , une Frégate Angloife
de trente canons , s'approcha le 9 de ce Port ,
fous PavillonHollandois, en faifant le fignal de dan214
MERCURE DE FRANCE.
3
ger. On commanda auffitôt une Chaloupe avec un
Pilote & neufhommes , pour aller au fecours de
ce Bâtiment. La Frégate a enlevé la Chaloupe , &
l'a conduite dans un port de la Grande-Bretagne.
A
Le Roi a déclaré qu'il donnoit fa nomination
pour le Chapeau de Cardinal à l'Archevêque de
Rouen , Grand Aumônier de la Reine ; & le 20 ce
Prélat en remercia Sa Majesté.
La place de Confeiller au Confeil Royal des
Finances , vacante par la mort de M. d'Ormeffon ,
a été accordée à M. Trudaine Confeiller d'Etat
ordinaire & au Confeil Royal de Commerce
Intendant des Finances.
>
Sa Majeſté a donné à M. Peirenc de Moras celle
de Confeiller d'Etat , qui vaquoit par la même
mort.
M. de Sechelles , Miniftre d'Etat & Contrôleur
Général des Finances , s'étant démis de fa place de
Confeiller d'Etat , le Roi l'a accordé à M. Chauvelin
, Intendant des Finances.
M. Moreau de Beaumont , Intendant de Flandre
, a obtenu l'agrément de la charge d'Intendant
des Finances , dont étoit pourvu M. Peirenc de
Moras. Le Roi a nommé à l'Intendance de Flandre
M. de Caumartin , Intendant de Metz , & a
donné l'Intendance des trois Evêchés à M. de Bernage
de Vaux , Intendant de Moulins .
Sa Majefté a difpofé du Régiment Suiffe de Vie
gier en faveur de M. de Caftelar , Maréchal de
Camp , & Capitaine au Régiment des Gardes Suiffes.
M. de Reding , Brigadier d'Infanterie , & Lieutenant-
Colonel du Régiment Suiffe de Monin , a
étéfait Colonel de ce Régiment.
la
Madame la Baronne d'Oppede fut préſentée le
14 à Leurs Majeftés & à la Famille Royale par
Marquise de Janfon .
On fit le 22 de ce mois la Proceffion folemnelle
AVRIL. 1756. 215
qu'on a coutume de faire tous les ans , en mémoire
de la Réduction de cette Capitale fous l'obéiffance
de Henri IV. Le Corps de Ville y affifta fuivant
'ufage.
M.l'Abbé du Refnel , l'un des Quarante de l'Académie
Françoife , & Affocié de l'Académie
Royale des Belles - Lettres , a été élu par cette derniere
Compagnie , pour y remplir la place de
Penfionnaire , vacante par la mort de M. Blanchard.
On mande d'Avignon , que le 3 à fix heures du
foir , le tems étant très - calme , & la Lune en fon
couchant ne donnant qu'une foible lueur , on apperçut
vers le Sud-Eft , dans la moyenne région
de l'air , un Globe auffi lumineux que la Lune en
fon plein. Environ trois fecondes après , ce Globe
fe transforma en une espece de Comete , dont la
queue s'étendoit vers l'Oueft. Ce Météore ne tarda
pas à fe perdre en forme de fufée volante , nuancée
de diverfes couleurs ainfi que l'Arc- en- Ciel . La
fufée fe termina en trois pointes , de chacune
defquelles il fortit une étoile pareille à celles
qu'on imite dans les feux d'artifice.
Selon les avis reçus de Canne & de Nice , on y
a vu le même jour & à la même heure un femblable
phénomene. Dans ces deux dernieres Villes,
il a paru fous un beaucoup plus grand volume
que dans celle d'Avignon . A Nice , la fufée fut terminée
par quatre étoiles de couleur de foufre, Elle
fat fuivie de deux violens coups de tonnerre..
Le 28 Mars , M. Feydeau de Marville , en
qualité de Confeiller d'Etat ordinaire , fut préfenté
au Roi par M. de Lamoignon Chancelier de
France.
M. de Berulle, Maître des Requêtes , a été nom→
mé à l'Intendance du Bourbonnois, vacante par la
216 MERCURE DE FRANCE.
nomination de M. de Bernage de Vaux à l'Intendance
des trois Evêchés.
Dans le neuvieme tirage de la premiere Loterie
Royal , le premier Lot eft échu au numéro 57083 ;
le fecond Lot eft échu au numéro 28188 , & la
Prime au numéro 8198.
>
Le 20 Mars M. le Comte de Clermont fit dans la
Plaine de fon Château de Berny la revue de fon
Régiment d'Infanterie d'Enghien , commandé par
M.le Comte de Polignac, Colonel-Lieutenant de ce
Corps . Le Régiment exécuta avec toute la précifion
poffible les manceuvres & les évolutions que
le Prince ordonna ; ce qui dura trois heures . Après
la revue M. le Comte de Clermont donna un
dîner de la plus grande magnificence à tous les
Seigneurs & Officiers qui l'avoient accompagné.
Sa table étoit de foixante couverts . On fervit plufieurs
autres tables dans les appartemens du Château
. Dans une Allée du Parc vis - à- vis du Sallon
où mangeoit le Prince , on avoit dreffé une table
pour les Sergens du Régiment , & deux autres
tables , chacune de fept cens couverts , pour
Soldats. Deux Grenadiers furent députés par leurs
Compagnies , pour aller porter la fanté du Roi &
celle de M. le Comte de Clermont. Le Prince les
reçut avec cette affabilité qui lui eft naturelle ,
qui le rend également cher aux Militaires & aux
Gens de Lettres. Au fortir de table , M. le Comte
de Clermont diftribua des préfens aux Officiers du
Régiment , & fon portrait aux principaux . Pendant
les trois jours que le Régiment a paffé à
Berny , ce Prince a tenu table ouverte pour tous
les Officiers.
Fermer
Résumé : « M. le Maréchal Duc de Coigny ayant obtenu la permission de se démettre de son [...] »
En février et avril 1756, plusieurs événements notables ont eu lieu. Le maréchal duc de Coigny a obtenu la permission de céder son duché à son petit-fils, le comte de Coigny. Madame la comtesse de Coigny a été présentée à Leurs Majestés et à la famille royale le 22 février, prenant le tabouret en qualité de duchesse. Le 18 février, deux secousses de tremblement de terre ont été ressenties à Paris et dans plusieurs autres villes, sans causer de dommages significatifs. Le 2 mars, M. de Montenault a présenté au roi le second volume de la nouvelle édition des Fables de La Fontaine. Le roi a également disposé du gouvernement de Dieppe en faveur de M. de Mailly de Rubempré. Plusieurs nominations et promotions militaires ont été annoncées, notamment celles de M. le marquis du Châtelet-Lomont et de M. le marquis de Valory. Le 12 avril, la marquise de Beauffremont a fait ses révérences à Leurs Majestés à l'occasion de son veuvage. Le 16 avril, Monseigneur le duc de Berry a été fiévreux. Le 20 avril, la reine a entendu une messe de Requiem pour l'anniversaire de la feue reine de Pologne. Madame la duchesse de Luynes a présenté à Leurs Majestés l'épouse de M. Perinc de Moras. Le roi a nommé l'archevêque de Rouen au chapeau de cardinal. Plusieurs autres nominations et promotions ont été effectuées, notamment dans les finances et les intendances. Le 22 avril, une procession solennelle a été organisée en mémoire de la réduction de la capitale sous l'obéissance de Henri IV. Le 28 mars, M. Feydeau de Marville a été présenté au roi en qualité de conseiller d'État ordinaire. Un phénomène météorologique inhabituel a été observé à Avignon, Cannes et Nice. Le 20 mars, le comte de Clermont a passé en revue son régiment d'infanterie à Berny, offrant un dîner somptueux aux seigneurs et officiers présents.
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191
p. 217-224
SUITE de l'état de la Vaisselle, portée à la Monnoie de Paris.
Début :
Du 31 Janvier 1760. Messieurs m. o. g. de l'Abbaye de Royaumont, Ordre de [...]
Mots clefs :
Vaisselle, Monnaie, Paris, Abbaye, Maréchal, Comte, Dame, Paroisse, Chapitre, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de l'état de la Vaisselle, portée à la Monnoie de Paris.
SUITE de l'état de la Vaiffelle , portée
à la Monnoie de Paris.
Meffieurs
Du 31 Janvier 1760 .
de l'Abbaye de Royaumont , Ordre
de Citeaux , diocèfe de Beauvais .
Meldames de l'Abbaye du Parc- aux-
Dames.
MM. de l'Abbaye de la Charmois.
Du Février.
Le fieur Perville , Lieutenant des
Maréchaux de France.
Notre-Dame de Melun.
L'Abbaye de Perfiegne , Ordre de
Citeaux.
Du 4 Février.
Morgan de Fricour , Négociant
d'Amiens.
Madlle le Doux,
Du 6 Février.
Le Comte de Ligny.
Madame de Chavigny , Bourgeoife.
La Paroille de Juvily.
Madame la Marquife d'Aubeterre .
M. Perinet d'Orval , intéreffé dans
les fermes des poudres.
En or. I m . 4 onc, 51 18 d.
ᏓᏆ Vol.
m. o.
K
SI 27
10 I S
12 4
St 4
2322
26 4 6
102 2
564
146 4 4
5447
II 7
22 2
218 MERCURE DE FRANCE.
Du 7 Février.
Meffieurs
Mefdames de la Congrégation de
Provins.
Didelot , Directeur des Aydes à
Châlons en Champagne.
MM. du Chapitre de S. Marcel ,
le Vicomte de Sebourg , Maréchal
de Camp.
MM. de l'Abbaye de Jouy , filiation
de Pontigny.
Du 8 Février.
La Paroiffe de Chomery , près
Fontainebleau .
Les Dames Hofpitalieres de Saint
Nicolas de Melun.
•
Du 9 Février,
Fricau , Secrétaire du Roi.
Touroude , Maître Doreur.
Du 11 Février.
le Prieur de l'Hôtel- Dieu de Paris.
les Dames Bernardines de Provins,
les Religieux Cordeliers de Provins.
la Paroiffe de Chenoife .
la Fabrique de Champreneſt.
la Fabrique deBetonbafoche , Election
de Provins .
Dupeyron , Directeur de la Monnoie
de Paris .
les Dames Religieufes de l'Abbaye
des Clerets , au Perche.
le Chapitre de S. Nicolas, de Provins.
le Chapitre de S. Guiriace , de Provins.
m. 0.
g.
21 4
30 16
18
36 4
30 4
371
3
5847
5576
12 33
275
4 14
13 7 1
476
235
722
100 4
17 -7
245
29 2
AVRIL. 1760. 219
Meffieurs
Du 12 Février.
Delpeche de Mérainville , Confeiller
au Parlement.
les Jacobins de Provins.
Du 13 Février.
l'Abbaye Royale de Saint Louis , de
Poitli .
les Chanoines Réguliers de S. Antoine.
les Jéfuites , de Sens.
m . o. g.
50 4
1275
545 I
4
47 2
7
3 20
les Religieufes de S. Antoine , de Sens . 45
l'Abbaye de S. Pierre le Vif , de Sens.
les Religieufes Urfulines , de Sens.
la Paroiffe de Chaumont.
la Paroiffe de S. Maximien , de Sens.
la Paroiffe de Villenaux , la petite ,
Diocèle de Sens.
le grand Séminaire de Sens .
la Fabrique de Saint Thibaut , de la
ville de Joigny , Diocèse de Sens .
1156
4 2 4
72
344
20 7 6
1066
les Religieufes Urfulines d'Argenteuil . 23 23
Du 14 Février.
les Chartreux de Bourgfontaine.
Dagueffeau de Frefne.
les Dames Religieufes de Colinance ,
en Valois , Ordre de Fontévrault.
Du 15 Février.
Freffend , Juré honoraire Porteur de
Sel de l'Ecole Royale Militaire.
les Bénédictins de Marmoutiers.
les Bénédictins de S. Calais.
88 5
269
3262
652
21 2 3
525 5
J
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 16 Février.
l'Abbaye de Royal- Lieu , Diocèfe de
Soiffons.
l'Hôtel-Dieu de S. Nicolas de Compiégne.
les Dames Carmelites , de Compiégne,
les Jéfuites de Compiègne.
les Dames Bernardines de l'Abbaye
Royale du Tréfor , Ordre de Cîteaux
.
1
la Paroiffe d'Aney , Diocèle de Sens.
Du 18 Février.
m. o. g.
79
41 7 3
33 34
so
158 4
3 5
Bernier , Marchand.
17 2 I
Du 21 dudit.
Maître , Bourgeois de Paris. 2346
1
Du 22 dudit.
Chapus , Contrôleur de la Maiſon
du Roi.
l'Abbaye de Reconfort , Ordre de
Câteaux .
Madame la veuve.de Barry.
25 4
564
356
du Tillet , Brigadier des Armées du Roi . so 6
Gançau , Receveur des Tailles à
Bar-fur-Aube.
Les Dames Religieufes de Renard ,
974
Ordre de S Benoît , Dioc. de Meaux. 23 5 3
La Paroiffe de Grand- Pui , Diocèfe
de Sens.
Ledagre de Mardreau , Ecuyer.
4 1 2
2275
8
Les Bénédictins de S.Pierre Lemoutier . 85 2
Les Dames Urfulines de Poiffy.
AVRIL. 1760.
221
Meffieurs
Poncel , Sculpteur.
Du 27. Février.
m. 0. g.
133
Du 28 dudit.
le Marquis de la Chenaye , Grand-
Ecuyer tranchant .
Boucot , Receveur de la Ville .
Mulot , Huiffier au Châtelet.
Du 29 dudit.
le Marquis de Genty , Officier aux
Gardes.
Madame Plaflier , Bourgeoife de Paris ,
à Provins.
La Paroiffe de S. Pierre , de Provins.
Lallemand de Lévignan , Intendant
d'Alençon.
Du 10 Mars.
l'Abbaye Royale de Ste . Trinité , de
Caen.
l'Abbaye de Coulombs , Congrégation
de S. Maur , Diocèle de Chartres .
Du dudit.
Le petit Séminaire de Sens , Maiſon
de Chaulmes , en Brie.
Du 13 dudit.
l'Abbaye de Frémont , ordre de Citeaux
, Diocèfe de Beauvais .
l'Abbaye de Lompont , Ordre de Cîteaux
, Diocèfe de Soiffons .
de Cormainville , Maréchal de Camp.
82 I
173 26
64
142 2 4
2954
2 2
77 4 4
835
6072
517
33 7
2542
18 1 7"
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 14 Mars.
Madame de Vaſſe , veuve du Doyen
des Sécretaires du Roi.
Cardon , Subftitut de M. le Procureur
général , au Grand- Confeil.
Les Minimes de Compiègne.
Les Dames de la Congrégation de
Notre-Dame de Compiègne.
Les Cordeliers de Compiègne.
Les Dames de la Vifitation de
Compiegne.
Les Bénédictins de l'Abbaye de la
Couture , au Mans.
La Cathédrale de Seez.
Du 15 dudit.
La Paroiffe de Château -Regnard ,
Election de Montargis .
La Parciffe de Baune , Election de
Némours .
La Paroiffe de Malezerbes , Election
de Pithiviers.
La Paroiffe de Chamy , Election de
Joigny.
La Paroiffe de Saint Julien de Seau ,
Election de Joigny .
La Paroiffe de Vallery , Diocèfe de
Sens.
Hauteclaire , Ingénieur des ponts &
chauffées.
Les Doyen , Chanoines , & Chapitre
de l'Eglife Métropolitaine de Sens ,
en or , 73 m 5. onc . 6 g . 18 d.
Du 27 dudit.
La Paroiffe de S. Cyr , de Vimpelle ,
Diocèle de Sens .
TR . 0.
5855
6676
17 6 3
37 3 4
37 3 4
51 2
21 2 I
2553
15 15
13 6 1
67
45 I
763
54
1556
75
AVRIL 1760. 223
Du 18 Mars .
Les Religieufes de Fontaines , près
Meaux , Ordre de Fonteveaux.
Mile Germain , Bourgeoile de Paris.
Du 19 dudit.
Les Dames de la Congrégation de
Notre-Dame de Némours, Diocèfe
m. 0.8
95 3
9152
de Sens.
2876
Du 20 dudit.
Meffieurs
m. o. g.
Dupleffis , Bourgeois de Paris.
26 42
Catholiques , de Paris. 14 7 6
La Communauté des Nouvelles-
Du 21 dudit.
L'Abbaye de S. Michel , de la Ferté-
Milon.
I
Du 22 dudit.
L'Eglife & Fabrique de Saint Clair ,
de Souppe , Diocèle de Sens.
Du 24 dudit.
Binet de la Bretonnière , Fermier du
Roi.
de Villebois , Capitaine au Régiment
d'Apchon.
Madame de Vaffe. ( Second envoi. )
Du 26 dudit.
La Paroiffe de S. Gervais , de Paris .
L'Abbaye de Vauluifant , Ordre de
Citeaux , Diocèle de Sens.
2.
15 4
953
50 2
353 I
923
97 I 3
26 1 S.
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE
Du 27 Mars
Meffieurs
Les Chanoines Réguliers de Sainte
Catherine , la Culture,
La Paroiffe de S. Landry , de Paris.
La Paroiffe de S. Paul , de Paris.
La Paroiffe de S. Jean en Grêve .
Du 28 dudit.
Mlle Angrand , Bourgeoife de Paris.
Les Dames Religieufes de la Vifitation
de Mélun.
Bronod , le Jeune , Notaire.
Les Urfulines de Montdidier , Diocèle
d'Amiens.
Du 31 dudit.
MM. Hachette , Notaire , & fon fils ,
Tréforier de France.
de la Salle , Receveur des Tailles à
Montargis.
L'Abbaye de S. Jean en Vallée , de
Chartres.
La Paroiffe & Fabrique de Logny , en
Perche , Diocèfe de Chartres.
Les Dames Religieufes Carmelites ,
de Chartres .
La Paroiffe de Saint Jacques de la
Boucherie , de Paris .
MM. les Marguilliers de la Fabrique
de Saint Jacques , de la Boucherie ,
pour la Confrérie du S. Sacrement.
à la Monnoie de Paris.
Meffieurs
Du 31 Janvier 1760 .
de l'Abbaye de Royaumont , Ordre
de Citeaux , diocèfe de Beauvais .
Meldames de l'Abbaye du Parc- aux-
Dames.
MM. de l'Abbaye de la Charmois.
Du Février.
Le fieur Perville , Lieutenant des
Maréchaux de France.
Notre-Dame de Melun.
L'Abbaye de Perfiegne , Ordre de
Citeaux.
Du 4 Février.
Morgan de Fricour , Négociant
d'Amiens.
Madlle le Doux,
Du 6 Février.
Le Comte de Ligny.
Madame de Chavigny , Bourgeoife.
La Paroille de Juvily.
Madame la Marquife d'Aubeterre .
M. Perinet d'Orval , intéreffé dans
les fermes des poudres.
En or. I m . 4 onc, 51 18 d.
ᏓᏆ Vol.
m. o.
K
SI 27
10 I S
12 4
St 4
2322
26 4 6
102 2
564
146 4 4
5447
II 7
22 2
218 MERCURE DE FRANCE.
Du 7 Février.
Meffieurs
Mefdames de la Congrégation de
Provins.
Didelot , Directeur des Aydes à
Châlons en Champagne.
MM. du Chapitre de S. Marcel ,
le Vicomte de Sebourg , Maréchal
de Camp.
MM. de l'Abbaye de Jouy , filiation
de Pontigny.
Du 8 Février.
La Paroiffe de Chomery , près
Fontainebleau .
Les Dames Hofpitalieres de Saint
Nicolas de Melun.
•
Du 9 Février,
Fricau , Secrétaire du Roi.
Touroude , Maître Doreur.
Du 11 Février.
le Prieur de l'Hôtel- Dieu de Paris.
les Dames Bernardines de Provins,
les Religieux Cordeliers de Provins.
la Paroiffe de Chenoife .
la Fabrique de Champreneſt.
la Fabrique deBetonbafoche , Election
de Provins .
Dupeyron , Directeur de la Monnoie
de Paris .
les Dames Religieufes de l'Abbaye
des Clerets , au Perche.
le Chapitre de S. Nicolas, de Provins.
le Chapitre de S. Guiriace , de Provins.
m. 0.
g.
21 4
30 16
18
36 4
30 4
371
3
5847
5576
12 33
275
4 14
13 7 1
476
235
722
100 4
17 -7
245
29 2
AVRIL. 1760. 219
Meffieurs
Du 12 Février.
Delpeche de Mérainville , Confeiller
au Parlement.
les Jacobins de Provins.
Du 13 Février.
l'Abbaye Royale de Saint Louis , de
Poitli .
les Chanoines Réguliers de S. Antoine.
les Jéfuites , de Sens.
m . o. g.
50 4
1275
545 I
4
47 2
7
3 20
les Religieufes de S. Antoine , de Sens . 45
l'Abbaye de S. Pierre le Vif , de Sens.
les Religieufes Urfulines , de Sens.
la Paroiffe de Chaumont.
la Paroiffe de S. Maximien , de Sens.
la Paroiffe de Villenaux , la petite ,
Diocèle de Sens.
le grand Séminaire de Sens .
la Fabrique de Saint Thibaut , de la
ville de Joigny , Diocèse de Sens .
1156
4 2 4
72
344
20 7 6
1066
les Religieufes Urfulines d'Argenteuil . 23 23
Du 14 Février.
les Chartreux de Bourgfontaine.
Dagueffeau de Frefne.
les Dames Religieufes de Colinance ,
en Valois , Ordre de Fontévrault.
Du 15 Février.
Freffend , Juré honoraire Porteur de
Sel de l'Ecole Royale Militaire.
les Bénédictins de Marmoutiers.
les Bénédictins de S. Calais.
88 5
269
3262
652
21 2 3
525 5
J
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 16 Février.
l'Abbaye de Royal- Lieu , Diocèfe de
Soiffons.
l'Hôtel-Dieu de S. Nicolas de Compiégne.
les Dames Carmelites , de Compiégne,
les Jéfuites de Compiègne.
les Dames Bernardines de l'Abbaye
Royale du Tréfor , Ordre de Cîteaux
.
1
la Paroiffe d'Aney , Diocèle de Sens.
Du 18 Février.
m. o. g.
79
41 7 3
33 34
so
158 4
3 5
Bernier , Marchand.
17 2 I
Du 21 dudit.
Maître , Bourgeois de Paris. 2346
1
Du 22 dudit.
Chapus , Contrôleur de la Maiſon
du Roi.
l'Abbaye de Reconfort , Ordre de
Câteaux .
Madame la veuve.de Barry.
25 4
564
356
du Tillet , Brigadier des Armées du Roi . so 6
Gançau , Receveur des Tailles à
Bar-fur-Aube.
Les Dames Religieufes de Renard ,
974
Ordre de S Benoît , Dioc. de Meaux. 23 5 3
La Paroiffe de Grand- Pui , Diocèfe
de Sens.
Ledagre de Mardreau , Ecuyer.
4 1 2
2275
8
Les Bénédictins de S.Pierre Lemoutier . 85 2
Les Dames Urfulines de Poiffy.
AVRIL. 1760.
221
Meffieurs
Poncel , Sculpteur.
Du 27. Février.
m. 0. g.
133
Du 28 dudit.
le Marquis de la Chenaye , Grand-
Ecuyer tranchant .
Boucot , Receveur de la Ville .
Mulot , Huiffier au Châtelet.
Du 29 dudit.
le Marquis de Genty , Officier aux
Gardes.
Madame Plaflier , Bourgeoife de Paris ,
à Provins.
La Paroiffe de S. Pierre , de Provins.
Lallemand de Lévignan , Intendant
d'Alençon.
Du 10 Mars.
l'Abbaye Royale de Ste . Trinité , de
Caen.
l'Abbaye de Coulombs , Congrégation
de S. Maur , Diocèle de Chartres .
Du dudit.
Le petit Séminaire de Sens , Maiſon
de Chaulmes , en Brie.
Du 13 dudit.
l'Abbaye de Frémont , ordre de Citeaux
, Diocèfe de Beauvais .
l'Abbaye de Lompont , Ordre de Cîteaux
, Diocèfe de Soiffons .
de Cormainville , Maréchal de Camp.
82 I
173 26
64
142 2 4
2954
2 2
77 4 4
835
6072
517
33 7
2542
18 1 7"
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 14 Mars.
Madame de Vaſſe , veuve du Doyen
des Sécretaires du Roi.
Cardon , Subftitut de M. le Procureur
général , au Grand- Confeil.
Les Minimes de Compiègne.
Les Dames de la Congrégation de
Notre-Dame de Compiègne.
Les Cordeliers de Compiègne.
Les Dames de la Vifitation de
Compiegne.
Les Bénédictins de l'Abbaye de la
Couture , au Mans.
La Cathédrale de Seez.
Du 15 dudit.
La Paroiffe de Château -Regnard ,
Election de Montargis .
La Parciffe de Baune , Election de
Némours .
La Paroiffe de Malezerbes , Election
de Pithiviers.
La Paroiffe de Chamy , Election de
Joigny.
La Paroiffe de Saint Julien de Seau ,
Election de Joigny .
La Paroiffe de Vallery , Diocèfe de
Sens.
Hauteclaire , Ingénieur des ponts &
chauffées.
Les Doyen , Chanoines , & Chapitre
de l'Eglife Métropolitaine de Sens ,
en or , 73 m 5. onc . 6 g . 18 d.
Du 27 dudit.
La Paroiffe de S. Cyr , de Vimpelle ,
Diocèle de Sens .
TR . 0.
5855
6676
17 6 3
37 3 4
37 3 4
51 2
21 2 I
2553
15 15
13 6 1
67
45 I
763
54
1556
75
AVRIL 1760. 223
Du 18 Mars .
Les Religieufes de Fontaines , près
Meaux , Ordre de Fonteveaux.
Mile Germain , Bourgeoile de Paris.
Du 19 dudit.
Les Dames de la Congrégation de
Notre-Dame de Némours, Diocèfe
m. 0.8
95 3
9152
de Sens.
2876
Du 20 dudit.
Meffieurs
m. o. g.
Dupleffis , Bourgeois de Paris.
26 42
Catholiques , de Paris. 14 7 6
La Communauté des Nouvelles-
Du 21 dudit.
L'Abbaye de S. Michel , de la Ferté-
Milon.
I
Du 22 dudit.
L'Eglife & Fabrique de Saint Clair ,
de Souppe , Diocèle de Sens.
Du 24 dudit.
Binet de la Bretonnière , Fermier du
Roi.
de Villebois , Capitaine au Régiment
d'Apchon.
Madame de Vaffe. ( Second envoi. )
Du 26 dudit.
La Paroiffe de S. Gervais , de Paris .
L'Abbaye de Vauluifant , Ordre de
Citeaux , Diocèle de Sens.
2.
15 4
953
50 2
353 I
923
97 I 3
26 1 S.
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE
Du 27 Mars
Meffieurs
Les Chanoines Réguliers de Sainte
Catherine , la Culture,
La Paroiffe de S. Landry , de Paris.
La Paroiffe de S. Paul , de Paris.
La Paroiffe de S. Jean en Grêve .
Du 28 dudit.
Mlle Angrand , Bourgeoife de Paris.
Les Dames Religieufes de la Vifitation
de Mélun.
Bronod , le Jeune , Notaire.
Les Urfulines de Montdidier , Diocèle
d'Amiens.
Du 31 dudit.
MM. Hachette , Notaire , & fon fils ,
Tréforier de France.
de la Salle , Receveur des Tailles à
Montargis.
L'Abbaye de S. Jean en Vallée , de
Chartres.
La Paroiffe & Fabrique de Logny , en
Perche , Diocèfe de Chartres.
Les Dames Religieufes Carmelites ,
de Chartres .
La Paroiffe de Saint Jacques de la
Boucherie , de Paris .
MM. les Marguilliers de la Fabrique
de Saint Jacques , de la Boucherie ,
pour la Confrérie du S. Sacrement.
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Résumé : SUITE de l'état de la Vaisselle, portée à la Monnoie de Paris.
Le document est un registre des transactions de vaisselle effectuées à la Monnaie de Paris entre le 31 janvier 1760 et le 31 mars 1760. Il répertorie diverses institutions religieuses, nobles et personnes privées ayant réalisé des transactions. Parmi les entités mentionnées figurent des abbayes, des chapitres, des paroisses, des congrégations, ainsi que des individus tels que des négociants, des bourgeois, des officiers et des membres de la noblesse. Les transactions sont détaillées avec des montants exprimés en livres, sous et deniers. Les dates des transactions sont précisées, couvrant la période du 31 janvier au 31 mars 1760. Le document inclut également des mentions des fonctions et titres des personnes impliquées, ainsi que des lieux géographiques associés à ces transactions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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192
p. 200
Tirage de la premiere Loterie de l'Hôtel-de-Ville de Paris, accordé par Arrêt du Conseil du 30 Juillet 1760. De par les Prévôt [sic] des Marchands & Echevins.
Début :
Le Public est averti que le Tirage de la premiere Loterie de l'Hôtel de Ville de Paris, accordée [...]
Mots clefs :
Tirage, Loterie, Hôtel de ville, Paris, Arrêt du conseil, Prévôts, Marchands, Échevins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tirage de la premiere Loterie de l'Hôtel-de-Ville de Paris, accordé par Arrêt du Conseil du 30 Juillet 1760. De par les Prévôt [sic] des Marchands & Echevins.
Tirage de la premiere Loterie de l'Hôtel- de-
Ville de Paris , accordée par Arrêt du Conſeil du
30 Juillet 1760.
De par les Prévôt des Marchands & Echevins.
Le Public eft averti que le Tirage de la premiere
Loterie de l'Hôtel de Ville de Paris , ac
cordée par Arrêt du Confeil du 30 Juiller 1760 ,
fe fera publiquement dans la grande Salle dudit
Hôtel de Ville , en préfence & fous les ordres
des Frévôt des Marchands & Echevins , en
la manière accoutumée , le Mardi 16 Décembre
1760 , & jours fuivans , fans interruption : &
que huitaine après ledit Tirage fini , la lifte des
numéros gagnans fera imprimée & rendue publique
; & les Lots payés comptant, au defir dudit
Arrêt.
Ville de Paris , accordée par Arrêt du Conſeil du
30 Juillet 1760.
De par les Prévôt des Marchands & Echevins.
Le Public eft averti que le Tirage de la premiere
Loterie de l'Hôtel de Ville de Paris , ac
cordée par Arrêt du Confeil du 30 Juiller 1760 ,
fe fera publiquement dans la grande Salle dudit
Hôtel de Ville , en préfence & fous les ordres
des Frévôt des Marchands & Echevins , en
la manière accoutumée , le Mardi 16 Décembre
1760 , & jours fuivans , fans interruption : &
que huitaine après ledit Tirage fini , la lifte des
numéros gagnans fera imprimée & rendue publique
; & les Lots payés comptant, au defir dudit
Arrêt.
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Résumé : Tirage de la premiere Loterie de l'Hôtel-de-Ville de Paris, accordé par Arrêt du Conseil du 30 Juillet 1760. De par les Prévôt [sic] des Marchands & Echevins.
Le premier tirage de la loterie de l'Hôtel de Ville de Paris, autorisé par un arrêté du 30 juillet 1760, se tiendra du 16 décembre 1760 sous la supervision des Prévôt des Marchands et Échevins. La liste des numéros gagnants sera publiée huit jours après la fin du tirage. Les lots seront payés en espèces.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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193
p. 64-75
HISTOIRE DE FRANCE depuis l'établissement de la Monarchie, jusqu'au regne de LOUIS XIV. par M. VILLARET, Sécretaire de Nosseigneurs les Pairs de France, Garde des Archives de la Pairie ; à Paris chez Desaint & Saillant, rue S. Jean de Beauvais, vis-à-vis le Collége ; 1763 ; avec approbation & privilége du Roi. Tomes XI & XII. Volumes in-12.
Début :
Nous avons déja fait connoître dans plusieurs de nos précédens Mercures, [...]
Mots clefs :
Roi, Règne, Paris, Monarque, Évêque, Bretagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HISTOIRE DE FRANCE depuis l'établissement de la Monarchie, jusqu'au regne de LOUIS XIV. par M. VILLARET, Sécretaire de Nosseigneurs les Pairs de France, Garde des Archives de la Pairie ; à Paris chez Desaint & Saillant, rue S. Jean de Beauvais, vis-à-vis le Collége ; 1763 ; avec approbation & privilége du Roi. Tomes XI & XII. Volumes in-12.
NOUVELLES LITTERAIRES..
HISTOIRE DE FRANCE depuis l'établiſſement
dela Monarchie, jufqu'au
regne de LOUIS XIV. par M. VILLARET
, Sécretaire de Noffeigneurs
les Pairs de France , Garde des Archives
de la Pairie ; à Paris chez
Defaint & Saillant , rue S. Jean de
Beauvais , vis - à - vis le Colége ;
2763 ; avec approbation & privilé--
ge
du Roi. Tomes XI & XII. Volumes.
in- 12 ..
NOUS ous avons déja fait connoître dans :
plufieurs de nos précédens Mercures
le mérite de cet . Ouvrage , & ce qui
le diftingue fpécialement de toutes nos
autres Hiftoires de France . Nous nous
bornerons donc aujourd'hui dans notre-
Analyfe , à parcourir quelques-uns des
faits principaux contenus dans les deux
FEVRIER. 1763. 65
Volumes qui paroiffent nouvellement ,
& qui commencent à l'année 1378 fous
le régne de Charles V, & finiffent fous
celui de Charles VI, l'an 1407.-
Les fréquens démêlés de Charles V,
dit le Sage , avec Jean de Montfort ,
Duc de Bretagne , eft ce qui occupe
une affez grande partie de l'onziéme
Volume. Če Duc errant & fugitif à
la Cour de Londres , ne néglige aucune
occafion de manifefter fa haine
contre la France & fon attachement
aux Anglois. Charles défefpérant de
foumettre cette ame infléxible , forma
le projet de le pouffer à bout en le
privant fans retour de fon patrimoine ;
mais fa mort qui arriva peu de temps
après , l'empêcha d'éxécuter fon projet.
Celle du vertueux & brave Duguefclin
étoit arrivée quelque temps
auparavant. » Suivant les dernieres vo-
» lontés du Connétable , on portoit fon
» corps en Bretagne , pour l'inhumer
» dans l'Eglife des Dominicains de Di-
» nan , où il avoit choifi fa fépulture.
» Le Roi fit arrêter le convoi , & or-
» donna qu'il prît la route de l'Abbaye
» de S. Denis. Il traverfa une partie de
» la France ; cette marche lugubre fit
» partout verfer des larmes ; partout
>
66 MERCURE DE FRANCE.
» on célébra des fervices funéraires , &
» on lui rendit les mêmes honneurs
» qu'on auroit pu rendre au Monarque.
» On ne voulut point augmenter l'af-
» fliction incroyable dont les Parifiens
» étoient pénétrés , en faifant paffer par
» leur ville les reftes infenfibles d'un
guerrier qu'ils regardoient comme
leur Dieu tutélaire : mais cette pré-
» caution fut inutile ; ils bordérent les
chemins où cette trifte pompe étoit
» attendue ; ils la fuivirent en l'accom-
" pagnant de leurs regrets & de leurs
» fanglots.... Le Roi fit éléver à Du-
»
29
guefclin un maufolée placé au pied
» de la fépulture qu'il avoit choifie pour
» lui-même. On lit fur fa tombe cette
» modefte épitaphe , dont la noble fimplicité
forme un contrafte fingulier
» avec ces faftueufes infcriptions , qui ,
grace à la vanité des modernes , furchargent
la cendre de ces morts obf-
» curs , dont la célébrité ne s'étend pas
" au de-là des limites de leur vie. Ici
» gît noble homme Meffire Bertrand
Duguefclin , Comte de Longueville ,
» & Connétable de France , qui trépaffa
au Chaftel neuf de Randan en
» Gévaudan , en la Sénéchauffée de
» Beaucaire , le treizième jour de Juillet
1380. Priez Dieu pour lui.
93
FEVRIER. 1763. 67
""
Après avoir rapporté la mort de Duguefclin
, & les regrets mêlés de larmes
qu'elle caufa à Charles V , M. Villares
fait un très-bel éloge de ce héros avec
lequel il compare M. de Turenne. Ce
morceau nous a paru mériter une attention
particuliere . » Si parmi cette
foule de héros connus dans nos an-
» nales il étoit permis d'en choisir un ,
» pour le placer à côté de Duguefclin ,
» le grand Turenne feroit peut -être ce-
» lui qui paroîtroit le plus propre à être
w mis en parallèle avec le bon Conné-
» table : car c'eft de ce nom que nos
» ayeux appelloient Dugucfclin long-
» temps après fa mort. Turenne aidé des
» connoiffances d'un fiécle plus éclai-
» ré , étoit fans doute plus habile Ca-
»pitaine que Bertrand : mais on peut
» dire à la gloire de ce dernier , qu'il tira
» de fon propre fonds tout ce qu'il
» fit voir de génie militaire dans un
» temps où l'art de la guerre étoit en-
" core dans fon enfance. I eft peut-
» être le premier de nos Généraux qui
» ait découvert & mis en pratique la-
» vantage des campemens , des mar-
≫ches lavantes des difpofitions ré-
, fléchies ; manoeuvres négligées par
anos ayeux , & que même ils fai68
MERCURE DE FRANCE.
,
>
·
» foient gloire d'ignorer. Avant &
»longtemps après lui on ne favoit que
» fondre avec impétuofité fur l'ennemi ;
" on fe battoit fans prèfque obferver
» d'ordre ; la fortune décidoit de l'évé
» nement. Bravoure modeſtie , gé- .
» nérofité tout fe trouve égal entre
» nos deux Héros. Turenne fit diftri-:
» buer fa vaiffelle d'argent à fes fol-
» dats ; Duguefclin vendit fes Terres
» pour payer fon Armée : la plus belle-
» campagne de Duguefclin & celle de
" Turenne fe reffemblent , ils aimerent
tous deux également leur patrie , &
» leur Souverain ; ils les fervirent utile-
» ment ; illuftrés par les mêmes vertus
» s'ils éprouverent des contradictions
» par des rapports ou des intrigues de
» quelques courtifans qu'offufquoit l'é-
» clat de leur mérite , ils fçurent dé-
"
daigner les frivoles manèges ; enfin ,.:
» après une révolution de trois fiécles ,
» ces deux Guerriers , l'honneur de la :
» France , entre lefquels tant de qua
» lités héroïques ont pris une reffem-
» blance finguliére , fe font trouvés
»réunis prèfque fous la même tombe,
» auprès des Souverains pour lefquels
" ils avoient combattu.
La mort de Charles V , l'état des
FEVRIER. 1763. 69
fciences & des arts fous le régne de
ce Monarque , l'origine de diverfes
inftitutions contiennent des détails intéreffans
& curieux , auxquels les loix
de l'analyſe ne nous permettent pas
de nous arrêter. Nous exhortons nos
Lecteurs à lire ce que rapporte M. Villaret
au fujet des Rois & Hérauts d'armes.
Ce morceau pourra piquer leur
curiofité.
Le régne de Charles VI préfente des
événemens qu'on ne lira pas avec moins
d'intérêt. L'ambition des Princes du
Sang , qui , fous un Roi mineur gouvernent
la France à leur gré , forme un
tableau dont on ne peut bien fe faire
une idée , qu'en le voyant dans l'Ouvrage
même. Les affaires de Bretagne
reparoiffent encore fur la Scène . Elles
font place aux divifions inteftines , caùfées
par la révolte de plufieurs villes
qui ne finit que lorfque le Roi prend
en main les rênes du Gouvernement.
Nous pafferons fous filence la trifte &
funefte maladie de ce Monarque , qui a
replongé la France dans l'abîme de
malheurs que M. Villaret décrit avec
autant de chaleur que d'intérêt. C'eſt ſous
ce . Prince qu'a été inventé en France
le jeu de cartes , & voici comme notre
70 MERCURE DE FRANCE .
hiftorien rapporte cette origine . « Entre
» les curieufes fuperfluités qu'enfanta
parmi nous l'ennui de l'éxistence
و و
»
il
, ne faut pas oublier le jeu de cartes
» inventé , dit- on , pour procurer quel-
" que foulagement au Roi lorfque fes
accès lui laiffoient des intervervalles
de tranquillité. Cet amufement , qui
fait aujourd'hui les délices des focié-
» tés , où l'on fe pique le plus de poli-
» teffe & de raiſon , eft tellement confacré
par l'habitude , que nous l'avons
transformé en befoin réel . Jaquemin
» Gringonneur , Peintre demeurant
» rue de la Verrerie , fut le premier qui
» peignit des cartes à or & de diverfes
» couleur , pour l'efbatement du Roi .
»L'invention de ces fortes de figures
» n'étoit certainement pas nouvelle ;
>
;
car un Statut du Synode de Wor-
» cheftre , profcrit entr'autres jeux de ha-
>
zard , celui du Roi & de la Reine. On
» trouve dans la vie de S. Bernard de
» Sienne , parmi les inftrumens de jeux
divers , tels que les palets , les dés
» qu'on apporta dans la Place publique
» pour les brûler , des figures peintes ,
» des cartes de triomphe , dont l'un de
» nos jeux de cartes retient encore le
» nom. Mais cette récréation avoit été
FEVRIER. 1763. 71
j
33
33
» long- temps négligée , lorfque la démence
du Roi la tira de l'obfcurité.
" La nation ne tarda pas à
l'adopter
» & la fureur de ce jeu abforba bien-
» tôt toutes les autres. Quatre années
» s'étoient à peine écoulées , que cette
» manie étoit devenue épidémique. Le
» Prévôt de Paris rendit une Ordon-
» nance qui l'interdifoit ; mais la dé-
» fenfe fut d'autant plus mal obſervée ,
» que la Cour donnoit publiquement le
premier éxemple de la tranfgreffion. »
Ce fut fous le même Règne de Charles
VI , qu'on vit fleurir la Cour amoureufe
, formée par le nombre & la qualité
des Officiers , fur le modèle des
Cours Souveraines : Préfidens , Confeillers
, Maîtres des Requêtes , Auditeurs
, Chevaliers d'honneur , grands-
Veneurs , Secrétaires , Gens du Roi
leurs Subftituts ; en un mot , toutes les
Charges qui formoient les Jurifdictions
fupérieures , y étoient fpécifiées . Les
plus grands Seigneurs briguoient l'honneur
d'y être admis . Les Princes du
Sang étoient à la tête de cette Compagnie
entiérement confacrée à l'Amour.
On voit dans la lifte des Officiers les
noms des plus anciennes familles du
Royaume. On y voir des Magiftrats ,
72 MERCURE DE FRANCE .
"
& ce qui doit paroître fingulier de nos
jours , on eft étonné de trouver dans
cette affociation voluptueufe des Docteurs
en Théologie , des grands Vicaires ,
des Chapelains , des Curés , des Chanoines
de Paris & de plufieurs autres
villes.
A la fin du quatorziéme fiécle , lorfqu'on
faifoit mourir des hommes revêtus
du Sacerdoce , on obfervoit une cérémonie
qui paroît s'être perdue parmi
nous c'est la dégradation. Voici ce
qui arriva à deux Religieux Prêtres qui
avoient entrepris la guérifon du Roi.
» Le Maréchal de Sancerre , dit M.
» Villaret , avoit envoyé de Guyenne
» deux Auguftins qui s'étoient vantés
» de guérir l'infirmité du Roi ..... On
» eut grand foin de leur fournir tout
» ce qu'ils demanderent : après avoir
» fans fuccès éffayé divers remèdes
» entr'autres un breuvage de perles dif-
" tillées ; ils eurent recours aux invo-
» cations magiques , qui n'opérerent pas
»davantage. On s'étoit contenté juf-
» ques -là de les obferver ; mais lorf-
» que des incifions qu'ils firent fur la
» tête du Monarque eurent redoublé la
» violence des accès , on conçut des
» foupçons que leur conduite ne détruifit
FEVRIER. 1763. 73
"
29 truifit pas ..... Ces deux Moines im-
" pudens oferent accufer le Duc d'Or-
» léans lui-même : on les interrogea ; ils
» fe couperent. Appliqués à la queſtion ,
» ils avouerent leur impofture ... Avant
» que de livrer les deux Prêtres empy-
» riques à la Juftice féculière , ils furent
dégradés. Pour cet effet on les con-
» duifit à la Grève les mains liées , ayant
» fur la tête des mîtres de papier , où
» leurs noms étoient écrits : ils s'appel-
» loient Pierre & Lancelot. Un écri-
» teau de parchemin attaché à leur dos
» contenoit leurs crimes. L'Evêque de
» Paris , en habits pontificaux , fortit
» d'une des fenêtres de l'Hôtel- de-Ville ,
» & s'avança par une gallerie fur un
» échaffaut tendu de drap de laine. Il
» étoit accompagné de fix autres Evêques
& de plufieurs Eccléfiaftiques.
» Les deux criminels monterent fur un
» échafaut élevé vis-à-vis de celui du
Clergé : un Docteur en Théologie les
» prêchoit. Le fermon fini , l'Evêque
» leur dit puifque vous avez profané
» par vos actions infâmes le glorieux
» caractére de notre Religion , nous vous
» déclarons indignes de la communion
» des Fidéles & detoute fonction Eccléfia-
»ftique. Les Prêtres de la fuite de l'Evê-
:
D
74 MERCURE DE FRANCE .
t
»
"
» que les revêtirent enfuite des ornemens
» facerdotaux. Alors ces malheureux fe
mirent à genoux , & confefferent leurs
» crimes. On leur mit entre les mains
» le Calice , que l'Evêque reprit lui-
» même , en difant : nous t'otons le Ca-
» lice avec lequel tu confacrois le nom de
N. S. On obferva la même cérémonie
» pour les autres ornemens. Lorsqu'ils
furent entiérement dépouillés , l'Evêque
ordonna qu'on leur raclât les
doigts , & qu'on les lavât dans une
» liqueur préparée à cet effet...... A
l'inftant le Sergent & les Archers du
» Prévôt de Paris s'en emparerent. Après
» les avoir promenés nuds en chemiſes
» dans les principales rues , ils les rame-
» nerent à la Grève , où ils furent dé-
» capités »
Nous defirerions que les bornes ordinaires
d'un extrait nous permiffent de
rapporter tout le morceau de cette hiftoire
, qui concerne l'origine des Spectacles
en France . M. Villaret a fait fur
cette matière des recherches curieufes
& des obfervations très-intéreffantes .
Nous nous propofons d'en entretenir
un jour nos Lecteurs , en les renvoyant
à l'article des Spectacles , où ces recherches
& ces obfervations occuperontleur
LE
JANVIER. 1763. 75
S
r
t
r
véritable place . Nous avons lu tout ce
morceau avec une extrême fatisfaction
& le Public doit favoir gré à l'Auteur
d'avoir débrouillé un cahos , d'où quelques
autres hiftoriens ne s'étoient pas
fi bien tirés.
En général nous ne pouvons que répéter
les éloges que nous avons déja
donnés plufieurs fois à l'ouvrage de
M. Villaret. Son ftyle réunit à la fois la
chaleur , l'élégance & la précifion ; & les
faits , même les moins importans , y
font toujours préfentés d'une manière
piquante.
HISTOIRE DE FRANCE depuis l'établiſſement
dela Monarchie, jufqu'au
regne de LOUIS XIV. par M. VILLARET
, Sécretaire de Noffeigneurs
les Pairs de France , Garde des Archives
de la Pairie ; à Paris chez
Defaint & Saillant , rue S. Jean de
Beauvais , vis - à - vis le Colége ;
2763 ; avec approbation & privilé--
ge
du Roi. Tomes XI & XII. Volumes.
in- 12 ..
NOUS ous avons déja fait connoître dans :
plufieurs de nos précédens Mercures
le mérite de cet . Ouvrage , & ce qui
le diftingue fpécialement de toutes nos
autres Hiftoires de France . Nous nous
bornerons donc aujourd'hui dans notre-
Analyfe , à parcourir quelques-uns des
faits principaux contenus dans les deux
FEVRIER. 1763. 65
Volumes qui paroiffent nouvellement ,
& qui commencent à l'année 1378 fous
le régne de Charles V, & finiffent fous
celui de Charles VI, l'an 1407.-
Les fréquens démêlés de Charles V,
dit le Sage , avec Jean de Montfort ,
Duc de Bretagne , eft ce qui occupe
une affez grande partie de l'onziéme
Volume. Če Duc errant & fugitif à
la Cour de Londres , ne néglige aucune
occafion de manifefter fa haine
contre la France & fon attachement
aux Anglois. Charles défefpérant de
foumettre cette ame infléxible , forma
le projet de le pouffer à bout en le
privant fans retour de fon patrimoine ;
mais fa mort qui arriva peu de temps
après , l'empêcha d'éxécuter fon projet.
Celle du vertueux & brave Duguefclin
étoit arrivée quelque temps
auparavant. » Suivant les dernieres vo-
» lontés du Connétable , on portoit fon
» corps en Bretagne , pour l'inhumer
» dans l'Eglife des Dominicains de Di-
» nan , où il avoit choifi fa fépulture.
» Le Roi fit arrêter le convoi , & or-
» donna qu'il prît la route de l'Abbaye
» de S. Denis. Il traverfa une partie de
» la France ; cette marche lugubre fit
» partout verfer des larmes ; partout
>
66 MERCURE DE FRANCE.
» on célébra des fervices funéraires , &
» on lui rendit les mêmes honneurs
» qu'on auroit pu rendre au Monarque.
» On ne voulut point augmenter l'af-
» fliction incroyable dont les Parifiens
» étoient pénétrés , en faifant paffer par
» leur ville les reftes infenfibles d'un
guerrier qu'ils regardoient comme
leur Dieu tutélaire : mais cette pré-
» caution fut inutile ; ils bordérent les
chemins où cette trifte pompe étoit
» attendue ; ils la fuivirent en l'accom-
" pagnant de leurs regrets & de leurs
» fanglots.... Le Roi fit éléver à Du-
»
29
guefclin un maufolée placé au pied
» de la fépulture qu'il avoit choifie pour
» lui-même. On lit fur fa tombe cette
» modefte épitaphe , dont la noble fimplicité
forme un contrafte fingulier
» avec ces faftueufes infcriptions , qui ,
grace à la vanité des modernes , furchargent
la cendre de ces morts obf-
» curs , dont la célébrité ne s'étend pas
" au de-là des limites de leur vie. Ici
» gît noble homme Meffire Bertrand
Duguefclin , Comte de Longueville ,
» & Connétable de France , qui trépaffa
au Chaftel neuf de Randan en
» Gévaudan , en la Sénéchauffée de
» Beaucaire , le treizième jour de Juillet
1380. Priez Dieu pour lui.
93
FEVRIER. 1763. 67
""
Après avoir rapporté la mort de Duguefclin
, & les regrets mêlés de larmes
qu'elle caufa à Charles V , M. Villares
fait un très-bel éloge de ce héros avec
lequel il compare M. de Turenne. Ce
morceau nous a paru mériter une attention
particuliere . » Si parmi cette
foule de héros connus dans nos an-
» nales il étoit permis d'en choisir un ,
» pour le placer à côté de Duguefclin ,
» le grand Turenne feroit peut -être ce-
» lui qui paroîtroit le plus propre à être
w mis en parallèle avec le bon Conné-
» table : car c'eft de ce nom que nos
» ayeux appelloient Dugucfclin long-
» temps après fa mort. Turenne aidé des
» connoiffances d'un fiécle plus éclai-
» ré , étoit fans doute plus habile Ca-
»pitaine que Bertrand : mais on peut
» dire à la gloire de ce dernier , qu'il tira
» de fon propre fonds tout ce qu'il
» fit voir de génie militaire dans un
» temps où l'art de la guerre étoit en-
" core dans fon enfance. I eft peut-
» être le premier de nos Généraux qui
» ait découvert & mis en pratique la-
» vantage des campemens , des mar-
≫ches lavantes des difpofitions ré-
, fléchies ; manoeuvres négligées par
anos ayeux , & que même ils fai68
MERCURE DE FRANCE.
,
>
·
» foient gloire d'ignorer. Avant &
»longtemps après lui on ne favoit que
» fondre avec impétuofité fur l'ennemi ;
" on fe battoit fans prèfque obferver
» d'ordre ; la fortune décidoit de l'évé
» nement. Bravoure modeſtie , gé- .
» nérofité tout fe trouve égal entre
» nos deux Héros. Turenne fit diftri-:
» buer fa vaiffelle d'argent à fes fol-
» dats ; Duguefclin vendit fes Terres
» pour payer fon Armée : la plus belle-
» campagne de Duguefclin & celle de
" Turenne fe reffemblent , ils aimerent
tous deux également leur patrie , &
» leur Souverain ; ils les fervirent utile-
» ment ; illuftrés par les mêmes vertus
» s'ils éprouverent des contradictions
» par des rapports ou des intrigues de
» quelques courtifans qu'offufquoit l'é-
» clat de leur mérite , ils fçurent dé-
"
daigner les frivoles manèges ; enfin ,.:
» après une révolution de trois fiécles ,
» ces deux Guerriers , l'honneur de la :
» France , entre lefquels tant de qua
» lités héroïques ont pris une reffem-
» blance finguliére , fe font trouvés
»réunis prèfque fous la même tombe,
» auprès des Souverains pour lefquels
" ils avoient combattu.
La mort de Charles V , l'état des
FEVRIER. 1763. 69
fciences & des arts fous le régne de
ce Monarque , l'origine de diverfes
inftitutions contiennent des détails intéreffans
& curieux , auxquels les loix
de l'analyſe ne nous permettent pas
de nous arrêter. Nous exhortons nos
Lecteurs à lire ce que rapporte M. Villaret
au fujet des Rois & Hérauts d'armes.
Ce morceau pourra piquer leur
curiofité.
Le régne de Charles VI préfente des
événemens qu'on ne lira pas avec moins
d'intérêt. L'ambition des Princes du
Sang , qui , fous un Roi mineur gouvernent
la France à leur gré , forme un
tableau dont on ne peut bien fe faire
une idée , qu'en le voyant dans l'Ouvrage
même. Les affaires de Bretagne
reparoiffent encore fur la Scène . Elles
font place aux divifions inteftines , caùfées
par la révolte de plufieurs villes
qui ne finit que lorfque le Roi prend
en main les rênes du Gouvernement.
Nous pafferons fous filence la trifte &
funefte maladie de ce Monarque , qui a
replongé la France dans l'abîme de
malheurs que M. Villaret décrit avec
autant de chaleur que d'intérêt. C'eſt ſous
ce . Prince qu'a été inventé en France
le jeu de cartes , & voici comme notre
70 MERCURE DE FRANCE .
hiftorien rapporte cette origine . « Entre
» les curieufes fuperfluités qu'enfanta
parmi nous l'ennui de l'éxistence
و و
»
il
, ne faut pas oublier le jeu de cartes
» inventé , dit- on , pour procurer quel-
" que foulagement au Roi lorfque fes
accès lui laiffoient des intervervalles
de tranquillité. Cet amufement , qui
fait aujourd'hui les délices des focié-
» tés , où l'on fe pique le plus de poli-
» teffe & de raiſon , eft tellement confacré
par l'habitude , que nous l'avons
transformé en befoin réel . Jaquemin
» Gringonneur , Peintre demeurant
» rue de la Verrerie , fut le premier qui
» peignit des cartes à or & de diverfes
» couleur , pour l'efbatement du Roi .
»L'invention de ces fortes de figures
» n'étoit certainement pas nouvelle ;
>
;
car un Statut du Synode de Wor-
» cheftre , profcrit entr'autres jeux de ha-
>
zard , celui du Roi & de la Reine. On
» trouve dans la vie de S. Bernard de
» Sienne , parmi les inftrumens de jeux
divers , tels que les palets , les dés
» qu'on apporta dans la Place publique
» pour les brûler , des figures peintes ,
» des cartes de triomphe , dont l'un de
» nos jeux de cartes retient encore le
» nom. Mais cette récréation avoit été
FEVRIER. 1763. 71
j
33
33
» long- temps négligée , lorfque la démence
du Roi la tira de l'obfcurité.
" La nation ne tarda pas à
l'adopter
» & la fureur de ce jeu abforba bien-
» tôt toutes les autres. Quatre années
» s'étoient à peine écoulées , que cette
» manie étoit devenue épidémique. Le
» Prévôt de Paris rendit une Ordon-
» nance qui l'interdifoit ; mais la dé-
» fenfe fut d'autant plus mal obſervée ,
» que la Cour donnoit publiquement le
premier éxemple de la tranfgreffion. »
Ce fut fous le même Règne de Charles
VI , qu'on vit fleurir la Cour amoureufe
, formée par le nombre & la qualité
des Officiers , fur le modèle des
Cours Souveraines : Préfidens , Confeillers
, Maîtres des Requêtes , Auditeurs
, Chevaliers d'honneur , grands-
Veneurs , Secrétaires , Gens du Roi
leurs Subftituts ; en un mot , toutes les
Charges qui formoient les Jurifdictions
fupérieures , y étoient fpécifiées . Les
plus grands Seigneurs briguoient l'honneur
d'y être admis . Les Princes du
Sang étoient à la tête de cette Compagnie
entiérement confacrée à l'Amour.
On voit dans la lifte des Officiers les
noms des plus anciennes familles du
Royaume. On y voir des Magiftrats ,
72 MERCURE DE FRANCE .
"
& ce qui doit paroître fingulier de nos
jours , on eft étonné de trouver dans
cette affociation voluptueufe des Docteurs
en Théologie , des grands Vicaires ,
des Chapelains , des Curés , des Chanoines
de Paris & de plufieurs autres
villes.
A la fin du quatorziéme fiécle , lorfqu'on
faifoit mourir des hommes revêtus
du Sacerdoce , on obfervoit une cérémonie
qui paroît s'être perdue parmi
nous c'est la dégradation. Voici ce
qui arriva à deux Religieux Prêtres qui
avoient entrepris la guérifon du Roi.
» Le Maréchal de Sancerre , dit M.
» Villaret , avoit envoyé de Guyenne
» deux Auguftins qui s'étoient vantés
» de guérir l'infirmité du Roi ..... On
» eut grand foin de leur fournir tout
» ce qu'ils demanderent : après avoir
» fans fuccès éffayé divers remèdes
» entr'autres un breuvage de perles dif-
" tillées ; ils eurent recours aux invo-
» cations magiques , qui n'opérerent pas
»davantage. On s'étoit contenté juf-
» ques -là de les obferver ; mais lorf-
» que des incifions qu'ils firent fur la
» tête du Monarque eurent redoublé la
» violence des accès , on conçut des
» foupçons que leur conduite ne détruifit
FEVRIER. 1763. 73
"
29 truifit pas ..... Ces deux Moines im-
" pudens oferent accufer le Duc d'Or-
» léans lui-même : on les interrogea ; ils
» fe couperent. Appliqués à la queſtion ,
» ils avouerent leur impofture ... Avant
» que de livrer les deux Prêtres empy-
» riques à la Juftice féculière , ils furent
dégradés. Pour cet effet on les con-
» duifit à la Grève les mains liées , ayant
» fur la tête des mîtres de papier , où
» leurs noms étoient écrits : ils s'appel-
» loient Pierre & Lancelot. Un écri-
» teau de parchemin attaché à leur dos
» contenoit leurs crimes. L'Evêque de
» Paris , en habits pontificaux , fortit
» d'une des fenêtres de l'Hôtel- de-Ville ,
» & s'avança par une gallerie fur un
» échaffaut tendu de drap de laine. Il
» étoit accompagné de fix autres Evêques
& de plufieurs Eccléfiaftiques.
» Les deux criminels monterent fur un
» échafaut élevé vis-à-vis de celui du
Clergé : un Docteur en Théologie les
» prêchoit. Le fermon fini , l'Evêque
» leur dit puifque vous avez profané
» par vos actions infâmes le glorieux
» caractére de notre Religion , nous vous
» déclarons indignes de la communion
» des Fidéles & detoute fonction Eccléfia-
»ftique. Les Prêtres de la fuite de l'Evê-
:
D
74 MERCURE DE FRANCE .
t
»
"
» que les revêtirent enfuite des ornemens
» facerdotaux. Alors ces malheureux fe
mirent à genoux , & confefferent leurs
» crimes. On leur mit entre les mains
» le Calice , que l'Evêque reprit lui-
» même , en difant : nous t'otons le Ca-
» lice avec lequel tu confacrois le nom de
N. S. On obferva la même cérémonie
» pour les autres ornemens. Lorsqu'ils
furent entiérement dépouillés , l'Evêque
ordonna qu'on leur raclât les
doigts , & qu'on les lavât dans une
» liqueur préparée à cet effet...... A
l'inftant le Sergent & les Archers du
» Prévôt de Paris s'en emparerent. Après
» les avoir promenés nuds en chemiſes
» dans les principales rues , ils les rame-
» nerent à la Grève , où ils furent dé-
» capités »
Nous defirerions que les bornes ordinaires
d'un extrait nous permiffent de
rapporter tout le morceau de cette hiftoire
, qui concerne l'origine des Spectacles
en France . M. Villaret a fait fur
cette matière des recherches curieufes
& des obfervations très-intéreffantes .
Nous nous propofons d'en entretenir
un jour nos Lecteurs , en les renvoyant
à l'article des Spectacles , où ces recherches
& ces obfervations occuperontleur
LE
JANVIER. 1763. 75
S
r
t
r
véritable place . Nous avons lu tout ce
morceau avec une extrême fatisfaction
& le Public doit favoir gré à l'Auteur
d'avoir débrouillé un cahos , d'où quelques
autres hiftoriens ne s'étoient pas
fi bien tirés.
En général nous ne pouvons que répéter
les éloges que nous avons déja
donnés plufieurs fois à l'ouvrage de
M. Villaret. Son ftyle réunit à la fois la
chaleur , l'élégance & la précifion ; & les
faits , même les moins importans , y
font toujours préfentés d'une manière
piquante.
Fermer
Résumé : HISTOIRE DE FRANCE depuis l'établissement de la Monarchie, jusqu'au regne de LOUIS XIV. par M. VILLARET, Sécretaire de Nosseigneurs les Pairs de France, Garde des Archives de la Pairie ; à Paris chez Desaint & Saillant, rue S. Jean de Beauvais, vis-à-vis le Collége ; 1763 ; avec approbation & privilége du Roi. Tomes XI & XII. Volumes in-12.
Le texte présente une analyse de l'ouvrage 'Histoire de France depuis l'établissement de la Monarchie jusqu'au règne de Louis XIV' de M. Villaret, secrétaire des Pairs de France et garde des Archives de la Pairie. Les tomes XI et XII, publiés en 1763, couvrent la période de 1378 à 1407, sous les règnes de Charles V et Charles VI. Les principaux événements relatés incluent les conflits entre Charles V et Jean de Montfort, duc de Bretagne, ainsi que la mort du connétable Duguesclin. Charles V ordonna que le corps de Duguesclin soit inhumé à l'abbaye de Saint-Denis, malgré les vœux du défunt. Le convoi funéraire traversa la France, suscitant des larmes et des services funéraires partout sur son passage. Charles V fit également ériger un mausolée pour Duguesclin, avec une épitaphe modeste. L'auteur compare Duguesclin à Turenne, soulignant les qualités militaires et la modestie des deux héros. Il mentionne également la mort de Charles V et l'état des sciences et des arts sous son règne. Le règne de Charles VI est marqué par l'ambition des princes du sang et des révoltes internes. Sous Charles VI, le jeu de cartes fut inventé pour distraire le roi lors de ses accès de maladie. La Cour amoureuse, composée de nombreux officiers et grands seigneurs, fleurit également sous ce règne. Le texte évoque également la cérémonie de dégradation de deux religieux ayant tenté de guérir le roi Charles VI par des moyens magiques. Enfin, il mentionne les recherches de M. Villaret sur l'origine des spectacles en France, qu'il compte aborder dans un article dédié.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
193
HISTOIRE DE FRANCE depuis l'établissement de la Monarchie, jusqu'au regne de LOUIS XIV. par M. VILLARET, Sécretaire de Nosseigneurs les Pairs de France, Garde des Archives de la Pairie ; à Paris chez Desaint & Saillant, rue S. Jean de Beauvais, vis-à-vis le Collége ; 1763 ; avec approbation & privilége du Roi. Tomes XI & XII. Volumes in-12.
194
p. 152-157
GÉOGRAPHIE.
Début :
PLAN de la Ville & Fauxbourgs de Paris, divisè en vingt Quartiers, dont [...]
Mots clefs :
Auteur, Ville, Atlas, Paris, Faubourgs, Veau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GÉOGRAPHIE.
GÉOGRAPHIE.
PLAN de la Ville & Fauxbourgs de
Paris , divifè en vingt Quartiers , dont
la plus grande partie a été rectifiée d'après
les différens deffeins , levés géométriquement
, tirés du Cabinet de M.
le Chevalier de Beaurain , Géographe
AVRIL. 1763. 153
Ordinaire du Roi , & de beaucoup
d'obfervations faites fur les lieux par
l'Auteur , qui ont fervi a réformer plufieur
obmiffions qu'on a laiffé ſubfifter
dans ceux qui ont précédé celui- ci.
L'on y a joint celles qui indiquent les
Meffageries , les Coches , Caroffes &
Rouliers des différens endroits de la
France & le jour de leur départ , les
Boëtes aux lettres de la Grande- Pofte &
les principaux paffages d'une rue à l'autre
: Ouvrage utile à toutes perfonnes ,
principalement à celles de Cabinet . Dédié
& préfenté à Meffire LE CAMUS DE
PONTCARRÉ, Seigneur de Viarme ,&e.
Confeiller d'Etat , Prévôt des Marchands
, par le Sieur DE HARME ,
Topographe du Roi.
On y a joint un Plan général de la
Ville , Cité , Univerfité & Fauxbourgs
de Paris , divifé en vingt Quartiers ,
fait pour fervir à orienter les trentecinq
feuilles du grand Plan de Paris.
Se vend chez l'Auteur , rue S. Honoré
, paffage des Grandes Ecuries du
Roi , vis-à -vis S. Roch , & chez le
fieur Lattré , Graveur , rue S. Jacques ,
près la Fontaine S. Severin , à la Ville
de Bordeaux .
Nous ne pouvons mieux faire l'élo-
Gv
154 MERCURE DE FRANCE .
圈
ge de cet Ouvrage , qu'en rapportant
le Brevet accordé par Sa Majefté à.
l'Auteur.
!
Aujourd'hui cinq Mars mil fept cent
foixante-trois , le Roi étant à Verſailles ,
voulant donner au Sieur Louis - François
DE HARME , une marque de fa
bienveillance , & mettant d'ailleurs en
confidération les progrès qu'il a faits
dans la Topographie , reconnus par
les ouvrages qu'il a donnés & particulièrement
par le Plan de la Ville de
Paris , qu'il a levé & diftribué en cinquante
feuilles , indépendamment de
plufieurs autres plans agréables & utiles:
Sa Majefté toujours attentive à récompenſer
le mérite & les talens , a accordé
audit fieur de Harme , le titre de
Topographe de Sa Majefté , lui permet
d'en prendre la qualité en tous.
lieux & à fes Héritiers ; & pour af
furance de fà volonté , Sa Majesté m'a
commandé de lui expédier le préfent
Brevet , qu'elle a figné de fa main-
& fait contrefigner par moi Confeiller
Secrétaire d'Etat & de fes Commandemens
& Finances.
-
Le fieur Latré , Graveur , ci- devant
au coin de la rue de la Parcheminerie ,
AVRIL. 1763. 155
& actuellement demeurant rue S. Jacques
, près la Fontaine S. Severin , du
côté de la rue Galande , à l'Enfeigne
de la Ville de Bordeaux ; vient de mettre
au jour une Carte marine des Côtes
d'Angleterre , d'Ecoffe & d'Irlande , dédiée
à S. A. S.Mgr le Duc de Penthiévre,
avec une Analyfe des principaux fondemens
fur lesquels cette Carte eft appuyée.
M. Bonne , Auteur de cer Ouvrage
, a eu égard dans la projection à
l'applatiffement de la terre vers les Poles
Pour rendre cette Carte plus intéreffante
& plus utile , il y a marqué les fondes,
la variation de l'aiguille aimantée, l'heure
& la hauteur des marées.
Le fieur Lattré a publié l'Atlas mo
derne , format in -fol. de Librairie , pour
fervir à la Géographie de M. l'Abbé
Nicole de la Croix & à toute : a
autre Géographie , pour lire les voyageurs
& fuivre les opérations militaires;
il eft auffi utile pour l'hiftoire moderne .
Il fe vend relié en carton 19 liv . 10 f...
en veau 24 liv . en papier fin lavé . & .
relié en veau , 30 liv.
L'Atlas militaire de toutes les Côtes
de France , avec le plan des Villes &
principaux Ports de ce Royaume , relié
en veau , 9 liv . en papier d'hollande
G-vj
156 MERCURE DE FRANCE.
(
lavé & relié en maroquin , 15 liv.
L'Atlas topographique des Environs
de Paris , en 24 feuilles , avec une Table
alphabétique , relié en veau 6 liv.
lavé & relié en maroquin , 10 liv. 4 f.
collé fur taffetas , lavé avec étui 10 liv.
fur toile avec étui fans lavure 6 1. avec
lavure 8 l. 10 f.
L'Atlas , ou Etrènnes Géographiques,
contenant la Mappemonde , les 4 Parties
& les Etats d'Europe augmenté cetre
année de 4 Cartes & un Traité de
Sphère , relié en veau 9 liv . 10 f. en
maroquin II liv .
L'Atlas militaire , où font marqués
les marches & campemens des Armées ,
avec un journal depuis le commencement
de la derniere guerre jufqu'aux
préliminaires de la Paix fignée le trois
Novembre dernier.
Un petit plan de Paris , au même
point d'échelle que ceux de l'Atlas maritime
, que l'on peut joindre aux différens
Atlas ci - deffus. Il fe vend féparément
, lavé , 2 liv . 10 f. monté fous
verre 4 liv. ou 4 liv . 10 f.fuivant la bor
dure.
On trouve auffi dans fon fond différentes
Mappe-mondes , les quatre parties
& les différens Etats d'Europe avec
AVRIL. 1763. 157
plufieurs plans de Ville , le tout en grandes
feuilles d'Atlas ordinaire , il a auffi
des Cartes de différens Auteurs.
PLAN de la Ville & Fauxbourgs de
Paris , divifè en vingt Quartiers , dont
la plus grande partie a été rectifiée d'après
les différens deffeins , levés géométriquement
, tirés du Cabinet de M.
le Chevalier de Beaurain , Géographe
AVRIL. 1763. 153
Ordinaire du Roi , & de beaucoup
d'obfervations faites fur les lieux par
l'Auteur , qui ont fervi a réformer plufieur
obmiffions qu'on a laiffé ſubfifter
dans ceux qui ont précédé celui- ci.
L'on y a joint celles qui indiquent les
Meffageries , les Coches , Caroffes &
Rouliers des différens endroits de la
France & le jour de leur départ , les
Boëtes aux lettres de la Grande- Pofte &
les principaux paffages d'une rue à l'autre
: Ouvrage utile à toutes perfonnes ,
principalement à celles de Cabinet . Dédié
& préfenté à Meffire LE CAMUS DE
PONTCARRÉ, Seigneur de Viarme ,&e.
Confeiller d'Etat , Prévôt des Marchands
, par le Sieur DE HARME ,
Topographe du Roi.
On y a joint un Plan général de la
Ville , Cité , Univerfité & Fauxbourgs
de Paris , divifé en vingt Quartiers ,
fait pour fervir à orienter les trentecinq
feuilles du grand Plan de Paris.
Se vend chez l'Auteur , rue S. Honoré
, paffage des Grandes Ecuries du
Roi , vis-à -vis S. Roch , & chez le
fieur Lattré , Graveur , rue S. Jacques ,
près la Fontaine S. Severin , à la Ville
de Bordeaux .
Nous ne pouvons mieux faire l'élo-
Gv
154 MERCURE DE FRANCE .
圈
ge de cet Ouvrage , qu'en rapportant
le Brevet accordé par Sa Majefté à.
l'Auteur.
!
Aujourd'hui cinq Mars mil fept cent
foixante-trois , le Roi étant à Verſailles ,
voulant donner au Sieur Louis - François
DE HARME , une marque de fa
bienveillance , & mettant d'ailleurs en
confidération les progrès qu'il a faits
dans la Topographie , reconnus par
les ouvrages qu'il a donnés & particulièrement
par le Plan de la Ville de
Paris , qu'il a levé & diftribué en cinquante
feuilles , indépendamment de
plufieurs autres plans agréables & utiles:
Sa Majefté toujours attentive à récompenſer
le mérite & les talens , a accordé
audit fieur de Harme , le titre de
Topographe de Sa Majefté , lui permet
d'en prendre la qualité en tous.
lieux & à fes Héritiers ; & pour af
furance de fà volonté , Sa Majesté m'a
commandé de lui expédier le préfent
Brevet , qu'elle a figné de fa main-
& fait contrefigner par moi Confeiller
Secrétaire d'Etat & de fes Commandemens
& Finances.
-
Le fieur Latré , Graveur , ci- devant
au coin de la rue de la Parcheminerie ,
AVRIL. 1763. 155
& actuellement demeurant rue S. Jacques
, près la Fontaine S. Severin , du
côté de la rue Galande , à l'Enfeigne
de la Ville de Bordeaux ; vient de mettre
au jour une Carte marine des Côtes
d'Angleterre , d'Ecoffe & d'Irlande , dédiée
à S. A. S.Mgr le Duc de Penthiévre,
avec une Analyfe des principaux fondemens
fur lesquels cette Carte eft appuyée.
M. Bonne , Auteur de cer Ouvrage
, a eu égard dans la projection à
l'applatiffement de la terre vers les Poles
Pour rendre cette Carte plus intéreffante
& plus utile , il y a marqué les fondes,
la variation de l'aiguille aimantée, l'heure
& la hauteur des marées.
Le fieur Lattré a publié l'Atlas mo
derne , format in -fol. de Librairie , pour
fervir à la Géographie de M. l'Abbé
Nicole de la Croix & à toute : a
autre Géographie , pour lire les voyageurs
& fuivre les opérations militaires;
il eft auffi utile pour l'hiftoire moderne .
Il fe vend relié en carton 19 liv . 10 f...
en veau 24 liv . en papier fin lavé . & .
relié en veau , 30 liv.
L'Atlas militaire de toutes les Côtes
de France , avec le plan des Villes &
principaux Ports de ce Royaume , relié
en veau , 9 liv . en papier d'hollande
G-vj
156 MERCURE DE FRANCE.
(
lavé & relié en maroquin , 15 liv.
L'Atlas topographique des Environs
de Paris , en 24 feuilles , avec une Table
alphabétique , relié en veau 6 liv.
lavé & relié en maroquin , 10 liv. 4 f.
collé fur taffetas , lavé avec étui 10 liv.
fur toile avec étui fans lavure 6 1. avec
lavure 8 l. 10 f.
L'Atlas , ou Etrènnes Géographiques,
contenant la Mappemonde , les 4 Parties
& les Etats d'Europe augmenté cetre
année de 4 Cartes & un Traité de
Sphère , relié en veau 9 liv . 10 f. en
maroquin II liv .
L'Atlas militaire , où font marqués
les marches & campemens des Armées ,
avec un journal depuis le commencement
de la derniere guerre jufqu'aux
préliminaires de la Paix fignée le trois
Novembre dernier.
Un petit plan de Paris , au même
point d'échelle que ceux de l'Atlas maritime
, que l'on peut joindre aux différens
Atlas ci - deffus. Il fe vend féparément
, lavé , 2 liv . 10 f. monté fous
verre 4 liv. ou 4 liv . 10 f.fuivant la bor
dure.
On trouve auffi dans fon fond différentes
Mappe-mondes , les quatre parties
& les différens Etats d'Europe avec
AVRIL. 1763. 157
plufieurs plans de Ville , le tout en grandes
feuilles d'Atlas ordinaire , il a auffi
des Cartes de différens Auteurs.
Fermer
Résumé : GÉOGRAPHIE.
Le document présente un plan de la ville de Paris et de ses faubourgs, divisé en vingt quartiers, rectifié à partir de divers relevés géométriques et observations personnelles. Ce plan, daté d'avril 1763, inclut des informations détaillées sur les messageries, les coches, les carrosses et les rouleurs des différents endroits de la France, ainsi que les jours de départ, les boîtes aux lettres de la Grande-Poste et les principaux passages d'une rue à l'autre. Il est dédié à Monsieur Le Camus de Pontcarré, Seigneur de Viarme, Conseiller d'État et Prévôt des Marchands, et présenté par le Sieur De Harme, Topographe du Roi. Un plan général de la ville, de la Cité, de l'Université et des faubourgs de Paris est également inclus pour orienter les trente-cinq feuilles du grand plan de Paris. Le texte mentionne un brevet accordé par le Roi à Louis-François De Harme, le nommant Topographe du Roi en mars 1763. De plus, le Sieur Lattré, Graveur, a publié diverses cartes et atlas, notamment une carte marine des côtes d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande, un Atlas moderne, un Atlas militaire des côtes de France, un Atlas topographique des environs de Paris, et un Atlas militaire des marches et campements des armées. Ces ouvrages sont disponibles à la vente chez l'auteur et chez le Sieur Lattré.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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195
p. 104-110
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
BIBLIOGRAPHIE instructive ; ou Traité de la connoissance des Livres rares [...]
Mots clefs :
Paris, Libraire, Comédie, Édition, Imprimeurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
BIBLIOGRAPHIE inftructive ; ou
Traité de la connoiffance des Livres rares
& finguliers , contenant un Catalogue
raiſonné de la plus grande partie de
JUILLET. 1763. 109
ces Livres précieux qui ont paru fucceffivement
dans la République des Lettres
depuis l'invention de l'Imprimerie ,
jufques à nos jours ; avec des notes fur
la différence & la rareté de leurs éditions
& des remarques fur l'origine de
cette rareté actuelle , & fon degré plus
ou moins confidérable : la manière de
diftinguer les Editions originales , d'avec
les contrefaites , avec une defcription
typographique particulière du compofé
de ces rares volumes , au moyen
de laquelle il fera aifé de reconnoître
facilement les exemplaires , ou mutilés
en partie , ou abfolument imparfaits ,
qui fe rencontrent journellement dans
le Commerce , & de les diftinguer für
rement de ceux qui feront exactement
complets dans toutes leurs parties. Dif
pofé par ordre de matières & de facul
tés , fuivant le fyftême bibliographique
généralement adopté ; avec une Table
générale des Auteurs , & un fyftême
complet de Bibliographie choifie. Par
Guillaume- François Debure le jeune ,
Libraire de Paris. Volume de Théologie.
In-8°. Paris , 1763. Chez l'Auteur ,
quai des Auguftins. Prix , cinq liv. en
feuilles , & 6 liv . relié.
I
E v
106 MERCURE DE FRANCE.
1
2
FRINCIPES généraux & raifonnés
de la Grammaire Françoife , avec des
obfervations fur l'Ortographe , les accens
, la ponctuation , & la prononciation
; & un Abrégé des régles de la Verfification
Françoife , dédiés à Mgr le
Duc d'Orléans , premier Prince du Sang.
Par M. Reftaut , Avocat au Parlement ,
& aux Confeils du Roi. Neuviéme Edition
,
revue & corrigée par l'Auteur.
In-8°. Paris , 1763. Chez Defaint &
Saillant, Libraires , rue S. Jean de Beauvais
, & Butard , rue S. Jacques , à la
Vérité.
N. B. En annonçant de nouveau cet
Ouvrage auffi utile que connu , nous
nous contenterons d'obferver qu'il y a
eu plufieurs Editions contrefaites , mal
exécutées & pleines de fautes ; & que
pour diftinguer celle de Paris d'avec les
autres , on y a mis un paraphe derrière
le feuillet du frontifpice . Cette Edition
fe trouve non feulement chez les Libraires
de Paris , mais encoré chez J. Félix
Faucon , Imprimeur du Clergé à
Poitiers.
ABREGE de la Grammaire Françoi
fe. Par M. de Wailly. Nouvelle Edition
in- 12 . Prix , 1 liv. 4 f. On trouve chez
JUILLET. 1763. 107
les mêmes Libraires la Grammaire Françoiſe
, in- 12 du même Auteur , dont le
Prix eft de 2 liv. 10 f. Paris , 1763.
Chez J. Barbou , Libraire- Imprimeur ,
rue S. Jacques , aux Cigognes. Cet Ouvrage
, ainfi que le précédent , eft eftimé
des Grammairiens connus.
par
L'ESPRIT de la Mothe le Vayer , par
M. de M. C. D. S. P. D. L. in - 8°.
1763. On en trouve des Exemplaires
chez Pankouke , rue & à côté de la
Comédie Françoife.
HISTOIRE des Drufes , Peuples du
Liban , formé par une Colonie de François
, avec des Notes Politiques & Géographiques
. Par M. Puget de S. Pierre,
avec figures. In- 12. Paris , 1763. Chez
Cailleau , Libraire , rue S. Jacques, près
les Mathurins , à S. André.
Nous nous propofons de rendre com
pte de cet Ouvrage .
ÉSSAI de Poëfies diverfes
M. V ***
, par
Carmina quæ vultis , cognofcite : carmina vobis
Huic aliud mercedis erit. ·
Virgil. Egl . VI.
1
In-8°. Genêve , 1763. Et fe vend à Pa-
E vj
108 MERCURE DE FRANCE .
ris , chez Charpentier , Libraire , quai
des Auguftins , à l'entrée de la rue du
Hurpoix , à S. Chryfoftôme.
DISCOURS prononcé dans l'Académie
Royale des Sciences & Belles-Lettres
de Nancy , Par M. l'Abbé Coyer ,
à fa réception , le Dimanche 8 Mai
1763. A Ñancy , chez Barbin , Imprimeur-
Libraire . Et fe trouve à Paris ,
chez Duchefne , Libraire , rue S. Jacques
, au Temple du Goût.
Ce difcours ne fait qu'ajouter à la réputation
juftement acquife de fonAuteur.
> LA NOUVELLE SUIVANTE Comédie
en deux Actes & en Vers. Par
M. Beliard. La Haye , 1763. Et fe
trouve à Paris , chez Mérigot , Père ,
quai des Auguftins , près la rue Gît - lecoeur.
La Manie dES ARTS , ou la Matinée
à la mode , Comédie en un Acte
& en Profe ; par M. Rochon de Chabannes.
Paris , 1763. Chez Sébastien
Jorry , rue & vis - à - vis la Comédie
Françoife , au Grand Monarque & aux
Cigognes.
Nous donnerons dans l'Aricle des
JUILLET. 1763. 109
Spectacles , l'Extrait de cette Piéce , digne
du fuccès qu'elle a eu au Théâtre
François.
› THÉATRE de M. Favart ou Recueil
des Comédies , Parodies , & Opéra-
comiques qu'il a données jufqu'à ce
jour , 8 volumes in- 8°. Paris 1763 .
Chez Duchefne , Libraire rue S. Jacques
, au Temple du Goût.
>
L'abondance des matières nous force
à regret de remettre à parler plus au
long de cette Edition foigneufement
exécutée , ornée des portraits de M. & de
Mde Favart, avec des frontifpices & des
vignettes très-bien gravés.
,
N. B. Nous avons annoncé dans le
Mercure de Mai , un Ouvrage intitulé
le Jardinier d'Artois ou Elémens de
la culture des Jardins potagers & fruitiers.
Nombre de perfonnes fe font
adreffées au fieur le Clerc , Libraire
quai des Auguftins , pour s'en procurer
des Exemplaires , qui ne lui étoient
point encore parvenus. Il nous prie
d'informer le Public qu'il vient d'en recevoir
une caiffe qu'il débitera au prix
ci-devant indiqué.
M. DOUCHET , Avocat en Parlement
110 MERCURE DE FRANCE
,
& ancien Profeffeur Royal en Langue
Latine , a propofé par foufcription des
Conférences fur la Langue & fur la
Littérature Françoife . Ces Conférences
fe tiendront les Mardi , Jeudi & Samedi
de chaque femaine , depuis trois
heures & demie de l'après- midijufqu'à
cinq heures du foir , rue de Condé,dans
le paffage du riche Laboureur. chez
M. l'Abbé de la Pouyade fon Collégue.
Le cours entier fera de fix mois.
Il a dû ouvrir le 31 Mai , & continuera
jufqu'au premier Septembre. La feconde
partie du cours commencera le premier
Décembre , & s'étendra jufqu'au
premier Mars de l'année prochaine. La
foufcription fera de 36 liv. pour chaque
demi-cours , à raifon de 12 liv . par
mois. Ceux qui ne voudront pas foufcrire
, payeront 18 liv. au commencement
de chaque mois.
,
ZELIS au bain Poëme en quatre
Chants. Geneve , 1763. Et fe trouve à
Paris , chez Jorry , rue & vis- à -vis la
Comédie Françoife .
Nous rendrons compte avec plaifir
de cet agréable Ouvrage.
BIBLIOGRAPHIE inftructive ; ou
Traité de la connoiffance des Livres rares
& finguliers , contenant un Catalogue
raiſonné de la plus grande partie de
JUILLET. 1763. 109
ces Livres précieux qui ont paru fucceffivement
dans la République des Lettres
depuis l'invention de l'Imprimerie ,
jufques à nos jours ; avec des notes fur
la différence & la rareté de leurs éditions
& des remarques fur l'origine de
cette rareté actuelle , & fon degré plus
ou moins confidérable : la manière de
diftinguer les Editions originales , d'avec
les contrefaites , avec une defcription
typographique particulière du compofé
de ces rares volumes , au moyen
de laquelle il fera aifé de reconnoître
facilement les exemplaires , ou mutilés
en partie , ou abfolument imparfaits ,
qui fe rencontrent journellement dans
le Commerce , & de les diftinguer für
rement de ceux qui feront exactement
complets dans toutes leurs parties. Dif
pofé par ordre de matières & de facul
tés , fuivant le fyftême bibliographique
généralement adopté ; avec une Table
générale des Auteurs , & un fyftême
complet de Bibliographie choifie. Par
Guillaume- François Debure le jeune ,
Libraire de Paris. Volume de Théologie.
In-8°. Paris , 1763. Chez l'Auteur ,
quai des Auguftins. Prix , cinq liv. en
feuilles , & 6 liv . relié.
I
E v
106 MERCURE DE FRANCE.
1
2
FRINCIPES généraux & raifonnés
de la Grammaire Françoife , avec des
obfervations fur l'Ortographe , les accens
, la ponctuation , & la prononciation
; & un Abrégé des régles de la Verfification
Françoife , dédiés à Mgr le
Duc d'Orléans , premier Prince du Sang.
Par M. Reftaut , Avocat au Parlement ,
& aux Confeils du Roi. Neuviéme Edition
,
revue & corrigée par l'Auteur.
In-8°. Paris , 1763. Chez Defaint &
Saillant, Libraires , rue S. Jean de Beauvais
, & Butard , rue S. Jacques , à la
Vérité.
N. B. En annonçant de nouveau cet
Ouvrage auffi utile que connu , nous
nous contenterons d'obferver qu'il y a
eu plufieurs Editions contrefaites , mal
exécutées & pleines de fautes ; & que
pour diftinguer celle de Paris d'avec les
autres , on y a mis un paraphe derrière
le feuillet du frontifpice . Cette Edition
fe trouve non feulement chez les Libraires
de Paris , mais encoré chez J. Félix
Faucon , Imprimeur du Clergé à
Poitiers.
ABREGE de la Grammaire Françoi
fe. Par M. de Wailly. Nouvelle Edition
in- 12 . Prix , 1 liv. 4 f. On trouve chez
JUILLET. 1763. 107
les mêmes Libraires la Grammaire Françoiſe
, in- 12 du même Auteur , dont le
Prix eft de 2 liv. 10 f. Paris , 1763.
Chez J. Barbou , Libraire- Imprimeur ,
rue S. Jacques , aux Cigognes. Cet Ouvrage
, ainfi que le précédent , eft eftimé
des Grammairiens connus.
par
L'ESPRIT de la Mothe le Vayer , par
M. de M. C. D. S. P. D. L. in - 8°.
1763. On en trouve des Exemplaires
chez Pankouke , rue & à côté de la
Comédie Françoife.
HISTOIRE des Drufes , Peuples du
Liban , formé par une Colonie de François
, avec des Notes Politiques & Géographiques
. Par M. Puget de S. Pierre,
avec figures. In- 12. Paris , 1763. Chez
Cailleau , Libraire , rue S. Jacques, près
les Mathurins , à S. André.
Nous nous propofons de rendre com
pte de cet Ouvrage .
ÉSSAI de Poëfies diverfes
M. V ***
, par
Carmina quæ vultis , cognofcite : carmina vobis
Huic aliud mercedis erit. ·
Virgil. Egl . VI.
1
In-8°. Genêve , 1763. Et fe vend à Pa-
E vj
108 MERCURE DE FRANCE .
ris , chez Charpentier , Libraire , quai
des Auguftins , à l'entrée de la rue du
Hurpoix , à S. Chryfoftôme.
DISCOURS prononcé dans l'Académie
Royale des Sciences & Belles-Lettres
de Nancy , Par M. l'Abbé Coyer ,
à fa réception , le Dimanche 8 Mai
1763. A Ñancy , chez Barbin , Imprimeur-
Libraire . Et fe trouve à Paris ,
chez Duchefne , Libraire , rue S. Jacques
, au Temple du Goût.
Ce difcours ne fait qu'ajouter à la réputation
juftement acquife de fonAuteur.
> LA NOUVELLE SUIVANTE Comédie
en deux Actes & en Vers. Par
M. Beliard. La Haye , 1763. Et fe
trouve à Paris , chez Mérigot , Père ,
quai des Auguftins , près la rue Gît - lecoeur.
La Manie dES ARTS , ou la Matinée
à la mode , Comédie en un Acte
& en Profe ; par M. Rochon de Chabannes.
Paris , 1763. Chez Sébastien
Jorry , rue & vis - à - vis la Comédie
Françoife , au Grand Monarque & aux
Cigognes.
Nous donnerons dans l'Aricle des
JUILLET. 1763. 109
Spectacles , l'Extrait de cette Piéce , digne
du fuccès qu'elle a eu au Théâtre
François.
› THÉATRE de M. Favart ou Recueil
des Comédies , Parodies , & Opéra-
comiques qu'il a données jufqu'à ce
jour , 8 volumes in- 8°. Paris 1763 .
Chez Duchefne , Libraire rue S. Jacques
, au Temple du Goût.
>
L'abondance des matières nous force
à regret de remettre à parler plus au
long de cette Edition foigneufement
exécutée , ornée des portraits de M. & de
Mde Favart, avec des frontifpices & des
vignettes très-bien gravés.
,
N. B. Nous avons annoncé dans le
Mercure de Mai , un Ouvrage intitulé
le Jardinier d'Artois ou Elémens de
la culture des Jardins potagers & fruitiers.
Nombre de perfonnes fe font
adreffées au fieur le Clerc , Libraire
quai des Auguftins , pour s'en procurer
des Exemplaires , qui ne lui étoient
point encore parvenus. Il nous prie
d'informer le Public qu'il vient d'en recevoir
une caiffe qu'il débitera au prix
ci-devant indiqué.
M. DOUCHET , Avocat en Parlement
110 MERCURE DE FRANCE
,
& ancien Profeffeur Royal en Langue
Latine , a propofé par foufcription des
Conférences fur la Langue & fur la
Littérature Françoife . Ces Conférences
fe tiendront les Mardi , Jeudi & Samedi
de chaque femaine , depuis trois
heures & demie de l'après- midijufqu'à
cinq heures du foir , rue de Condé,dans
le paffage du riche Laboureur. chez
M. l'Abbé de la Pouyade fon Collégue.
Le cours entier fera de fix mois.
Il a dû ouvrir le 31 Mai , & continuera
jufqu'au premier Septembre. La feconde
partie du cours commencera le premier
Décembre , & s'étendra jufqu'au
premier Mars de l'année prochaine. La
foufcription fera de 36 liv. pour chaque
demi-cours , à raifon de 12 liv . par
mois. Ceux qui ne voudront pas foufcrire
, payeront 18 liv. au commencement
de chaque mois.
,
ZELIS au bain Poëme en quatre
Chants. Geneve , 1763. Et fe trouve à
Paris , chez Jorry , rue & vis- à -vis la
Comédie Françoife .
Nous rendrons compte avec plaifir
de cet agréable Ouvrage.
Fermer
Résumé : ANNONCES DE LIVRES.
En juillet 1763, plusieurs ouvrages ont été publiés, notamment 'Bibliographie instructive' de Guillaume-François Debure, qui traite des livres rares et précieux. Parmi les autres publications, on trouve des ouvrages grammaticaux tels que les 'Principes généraux & raisonnés de la Grammaire Française' de M. Restaut et un abrégé de grammaire de M. de Wailly. Le document mentionne également 'L'Esprit de la Mothe le Vayer', 'Histoire des Drufes' de M. Puget de Saint-Pierre, ainsi que divers essais poétiques et discours académiques. Des pièces de théâtre comme 'La Nouvelle Suivante' de M. Beliard et 'La Manie des Arts' de M. Rochon de Chabannes ont été annoncées, ainsi qu'un recueil de comédies et opéras-comiques intitulé 'Théâtre de M. Favart'. Le texte informe également des conférences de M. Douchet sur la langue et la littérature française et de la disponibilité du livre 'Le Jardinier d'Artois'. Une deuxième partie de cours débutera le 1er décembre et se prolongera jusqu'au 1er mars suivant. La souscription pour chaque demi-cours est fixée à 36 livres, soit 12 livres par mois, tandis que le paiement mensuel sans souscription est de 18 livres. Enfin, le poème 'Zélis au bain' en quatre chants, édité à Genève en 1763, est disponible à Paris chez Jorry, près de la Comédie Française.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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196
p. 211-214
SUPPLÉMENT à la Liste alphabétique des Abonnés au Mercure, que se trouve dans le volume de Décembre dernier.
Début :
ABONNÉS DE PARIS. Messieurs, Bondy, receveur Général des Finances, [...]
Mots clefs :
Abonnés, Paris, Provinces
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT à la Liste alphabétique des Abonnés au Mercure, que se trouve dans le volume de Décembre dernier.
SUPPLÉMENT à la Lifte alphabétique
des Abonnés au Mercure , quife trouve
dans le volume de Décembre dernier.
ABONNÉS DE PARIS.
MESSIEURS ,
BONDY , Receveur Général des Finances , rue đứt
Clery.
Carlin , de la Comédie Italienne , rue S. Denis į
au vieux Grand-Cerf.
Duchêne , chez M. Gruguelu , Marchand , rue Saine
Denis .
Guyot , Marchand de Papier , rue des Arcis , à la
petite Vertu.
Laître (de ) , Entreprer ear des Habillemens de Théâ
tre de l'Opéra & des Menus - Plaifirs du Roi ,
rue S. Nicaife .
Lemaitre , Ecuyer , rue & ifle S. Louis.
Mauclerc , Directeur Général des Vivres de la Mas
rine , rue Sainte Anne , Butte S. Roch.
Meunier , Subſtitut de M. le Procureur du Roi- au
212 MERCURE DE FRANCE.
Châtelet , rue de Condé.
Midrey , Infpecteur Général des Domaines , rue
des Moulins , Butte S. Roch.
Montbruel ( de ) & Ferrand , à l'Hôtel de Combourg
, quai des Céleftins .
Montgotfier ( de ) , Marchand de Bois , rue de Surenne
, près le Boulevard , pour deux exemplaires.
Nicol , Directeur de la Régie des Cartes , à l'Hôtel
de la Force , rue des Ballets .
Teflier , Fermier Général , rue Tiquetonne.
Ximenes ( le Marquis de ) , rue neuve des Bons-
Enfans.
Les Directeurs du Bureau d'Indication , en leur
Bureau , rue S. Honoré , à l'Hôtel d'Aligre.
ABONNÉS DE PROVINCE.
MESSIEURS ,
Bufnel ( de ) , Prévôt- Juge Royal , à Philippeville.
Cazin de Valferie , Préfident , à Troyes .
Colin , Receveur des Tailles , à Riom en Auvergne.
Lucé ( le Comte de ) Maître de la Garderobe du
Roi , Colonel du Régimeur des Gardes de Lorraine
, au Château , à Verfailles.
David ( Nicolas ) , rue S. Pierre , à Caen.
François , ancien Officier de Cavalerie , à Uzès.
Gualy ( le Baron de ) , Lieutenant de MM . les
Maréchaux de France , à Milhau en Rouergue.
Jame , rue S Meleine , à Morlaix.
La Befcau ( de , Capitaine au Commiſſaire Général
, en Garnifon à Heldin en Artois.
Lahaye ( la Marquiſe de ) , au Château de Lifle ,
par Avallon en Bourgogne."
Manfigny ( de ) , Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , à Eftrepagny , par les Tilliers ,
Vexin Normand.
Morlange ( Madame de ) rue de l'Hôpital , au
Havre.
1
JANVIER. 1764 .
213
Narbonne- Pelet ( le Marquis de , à Alais.
Paulinier , Chanoine , Théologal du Chapitre de
Foix , à Foix !
Periffe ( les Freres ) Libraires , à Lyon.
Preyfing ( Madame la Baronne de ) , aux Dames
Religieufes de la Congrégation de N.D.à Nancy .
Rochechouart ( le Comte de ) , Capitaine de Dragons
, à Bordeaux .
Saint- Sulpice l'Abbé de ) , en fon Abbaye , a
Belley en Bugey , route de Lyon.
Salmon , à Laval , Bas- Mayne.
Souchay , Secrétaire du Roi , à Lyon.
Tarbé , Imprimeur- Libraire , à Sens.
Tolofan & Compagnie , à Lyon,
Valleberg le Baron de ) ( 9 à Treves,
Meffieurs de l'Académie de la Rochelle , à la Ro
chelle.
Le Prieur de l'Abbaye de Montperoux , à Thiers
en Auvergne.
FAUTES à corriger dans la Lifte du Mercure de
Décembre dernier.
M. Frémin , Greffier Plumitif de la Tournelle , an
lieu de Greffier au Greffe Civil du Parlement
ligne 3 , pag. 12.
Suppléer M. Boudet , Procureur Général de Saint
Antoine , au petit S. Antoine , rue du Roi de
Sicile ; au lieu de Boudet , Pro ..... , ligne 13
page 4 de la Lifte.
Supprimer un i , & lire Boutren, page 4 à la der
nière ligne:
Subftituer Procureur au Châtelet à M. Courlevaux,
page 7 ligne 15.
Page 20 , ligne 19 , lifex Petit de Limeil , au lieu
de Perilimeil.
Page 41 , ligne 17 , lifex Victor ( Marquile de ) ,
en fon Château de Victót,
274 MERCURE DE FRANCE .
Page 45 , lignes 6 & 7 , au lieu de Major , lifez
Lieutenant- Colonel d'Artillerie , & Directeur
des Bâtimens de S. A. S. M. le Duc de Wirtemberg.
Lig. 13 & 14 , lifez M. le Comte de Montmartin ,
Premier Miniftre d'Etat & du Cabinet de S. A. S.
M. le Duc Régnant de Wirtemberg .
Page 34 , au lieu de Flandres , Hainault , lifeg
Cottiau ( l'Abbé ) , Chanoine de Sainte Croix.
des Abonnés au Mercure , quife trouve
dans le volume de Décembre dernier.
ABONNÉS DE PARIS.
MESSIEURS ,
BONDY , Receveur Général des Finances , rue đứt
Clery.
Carlin , de la Comédie Italienne , rue S. Denis į
au vieux Grand-Cerf.
Duchêne , chez M. Gruguelu , Marchand , rue Saine
Denis .
Guyot , Marchand de Papier , rue des Arcis , à la
petite Vertu.
Laître (de ) , Entreprer ear des Habillemens de Théâ
tre de l'Opéra & des Menus - Plaifirs du Roi ,
rue S. Nicaife .
Lemaitre , Ecuyer , rue & ifle S. Louis.
Mauclerc , Directeur Général des Vivres de la Mas
rine , rue Sainte Anne , Butte S. Roch.
Meunier , Subſtitut de M. le Procureur du Roi- au
212 MERCURE DE FRANCE.
Châtelet , rue de Condé.
Midrey , Infpecteur Général des Domaines , rue
des Moulins , Butte S. Roch.
Montbruel ( de ) & Ferrand , à l'Hôtel de Combourg
, quai des Céleftins .
Montgotfier ( de ) , Marchand de Bois , rue de Surenne
, près le Boulevard , pour deux exemplaires.
Nicol , Directeur de la Régie des Cartes , à l'Hôtel
de la Force , rue des Ballets .
Teflier , Fermier Général , rue Tiquetonne.
Ximenes ( le Marquis de ) , rue neuve des Bons-
Enfans.
Les Directeurs du Bureau d'Indication , en leur
Bureau , rue S. Honoré , à l'Hôtel d'Aligre.
ABONNÉS DE PROVINCE.
MESSIEURS ,
Bufnel ( de ) , Prévôt- Juge Royal , à Philippeville.
Cazin de Valferie , Préfident , à Troyes .
Colin , Receveur des Tailles , à Riom en Auvergne.
Lucé ( le Comte de ) Maître de la Garderobe du
Roi , Colonel du Régimeur des Gardes de Lorraine
, au Château , à Verfailles.
David ( Nicolas ) , rue S. Pierre , à Caen.
François , ancien Officier de Cavalerie , à Uzès.
Gualy ( le Baron de ) , Lieutenant de MM . les
Maréchaux de France , à Milhau en Rouergue.
Jame , rue S Meleine , à Morlaix.
La Befcau ( de , Capitaine au Commiſſaire Général
, en Garnifon à Heldin en Artois.
Lahaye ( la Marquiſe de ) , au Château de Lifle ,
par Avallon en Bourgogne."
Manfigny ( de ) , Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , à Eftrepagny , par les Tilliers ,
Vexin Normand.
Morlange ( Madame de ) rue de l'Hôpital , au
Havre.
1
JANVIER. 1764 .
213
Narbonne- Pelet ( le Marquis de , à Alais.
Paulinier , Chanoine , Théologal du Chapitre de
Foix , à Foix !
Periffe ( les Freres ) Libraires , à Lyon.
Preyfing ( Madame la Baronne de ) , aux Dames
Religieufes de la Congrégation de N.D.à Nancy .
Rochechouart ( le Comte de ) , Capitaine de Dragons
, à Bordeaux .
Saint- Sulpice l'Abbé de ) , en fon Abbaye , a
Belley en Bugey , route de Lyon.
Salmon , à Laval , Bas- Mayne.
Souchay , Secrétaire du Roi , à Lyon.
Tarbé , Imprimeur- Libraire , à Sens.
Tolofan & Compagnie , à Lyon,
Valleberg le Baron de ) ( 9 à Treves,
Meffieurs de l'Académie de la Rochelle , à la Ro
chelle.
Le Prieur de l'Abbaye de Montperoux , à Thiers
en Auvergne.
FAUTES à corriger dans la Lifte du Mercure de
Décembre dernier.
M. Frémin , Greffier Plumitif de la Tournelle , an
lieu de Greffier au Greffe Civil du Parlement
ligne 3 , pag. 12.
Suppléer M. Boudet , Procureur Général de Saint
Antoine , au petit S. Antoine , rue du Roi de
Sicile ; au lieu de Boudet , Pro ..... , ligne 13
page 4 de la Lifte.
Supprimer un i , & lire Boutren, page 4 à la der
nière ligne:
Subftituer Procureur au Châtelet à M. Courlevaux,
page 7 ligne 15.
Page 20 , ligne 19 , lifex Petit de Limeil , au lieu
de Perilimeil.
Page 41 , ligne 17 , lifex Victor ( Marquile de ) ,
en fon Château de Victót,
274 MERCURE DE FRANCE .
Page 45 , lignes 6 & 7 , au lieu de Major , lifez
Lieutenant- Colonel d'Artillerie , & Directeur
des Bâtimens de S. A. S. M. le Duc de Wirtemberg.
Lig. 13 & 14 , lifez M. le Comte de Montmartin ,
Premier Miniftre d'Etat & du Cabinet de S. A. S.
M. le Duc Régnant de Wirtemberg .
Page 34 , au lieu de Flandres , Hainault , lifeg
Cottiau ( l'Abbé ) , Chanoine de Sainte Croix.
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Résumé : SUPPLÉMENT à la Liste alphabétique des Abonnés au Mercure, que se trouve dans le volume de Décembre dernier.
Le document est un supplément à la liste alphabétique des abonnés au Mercure de France, publié en janvier 1764. Il répertorie les abonnés de Paris et de province, ainsi que les corrections à apporter à la liste précédente de décembre 1763. Les abonnés parisiens incluent des personnalités telles que Bondy, Receveur Général des Finances, Carlin de la Comédie Italienne, Duchêne, Guyot, Marchand de Papier, Laître, Entrepreneur des Habillemens de Théâtre de l'Opéra, Lemaitre, Ecuyer, Mauclerc, Directeur Général des Vivres de la Marine, Meunier, Substitut du Procureur du Roi, Midrey, Inspecteur Général des Domaines, Montbruel et Ferrand, Nicol, Directeur de la Régie des Cartes, Teflier, Fermier Général, Ximenes, Marquis de, et les Directeurs du Bureau d'Indication. Les abonnés de province comprennent de Bufnel, Prévôt-Juge Royal à Philippeville, Cazin de Valferie, Président à Troyes, Colin, Receveur des Tailles à Riom, le Comte de Lucé, Maître de la Garderobe du Roi, David à Caen, François, ancien Officier de Cavalerie à Uzès, le Baron de Gualy, Lieutenant des Maréchaux de France à Milhau, Jame à Morlaix, de La Bescau, Capitaine au Commissaire Général en garnison à Heldin, la Marquise de Lahaye au Château de Lisle, de Mansigny, Chevalier de l'Ordre Militaire de S. Louis à Estrepagny, Madame de Morlange au Havre, le Marquis de Narbonne-Pelet à Alais, Paulinier, Chanoine à Foix, les Frères Perisse, Libraires à Lyon, Madame la Baronne de Preyfing à Nancy, le Comte de Rochechouart à Bordeaux, l'Abbé de Saint-Sulpice à Belley, Salmon à Laval, Souchay, Secrétaire du Roi à Lyon, Tarbé, Imprimeur-Libraire à Sens, Tolofan & Compagnie à Lyon, le Baron de Valleberg à Trèves, les Messieurs de l'Académie de la Rochelle, et le Prieur de l'Abbaye de Montperoux à Thiers. Le document liste également les fautes à corriger dans la liste précédente, telles que les erreurs concernant M. Frémin, M. Boudet, M. Courlevaux, Petit de Limeil, et le Marquis de Victor.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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197
p. 211-213
SECOND SUPPLÉMENT à la Liste des Abonnés au Mercure, qui se trouve dans le Volume de Décembre dernier, & dont le premier Supplément est dans le Mercure du premier Janvier.
Début :
Abonnés de Paris. Messieurs, Antoine, à l'Ecu Dauphin, rue Bourg-l'Abbé. [...]
Mots clefs :
Abonnés, Liste, Noms, Paris, Province
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SECOND SUPPLÉMENT à la Liste des Abonnés au Mercure, qui se trouve dans le Volume de Décembre dernier, & dont le premier Supplément est dans le Mercure du premier Janvier.
SECOND SUPPLÉMENT à la Lifte des
Abonnés au Mercure , qui fe trouve
dans le Volume de Décembre dernier ,
& dont lepremier Supplément eft dans
le Mercure du premier Janvier. *
ABONNÉS DE PARIS.
MESSIEURS ,
-ANTOINE , à l'Ecu Dauphin , rue Bourg- l'Abbé..
Bardou de Farceville , rue d'Argenteuil.
Chardon , Fermier du Roi , rue Montmartre , vis--
à-vis la rue du Jours
Chopin , Confeiller au Grand-Confeil , à l'Hôtel
d'Aumont , rue de Jouy.
Cochu , Médecin , cloître Notre-Dame.
D'Aihene , Maître des Requêtes , rue des Deux
Portes:
D'Hémery ( Madame ) , rue des Poftes..
La Bonne ( de ) , Lieutenant de MM . les Maré--
chaux de France rue du Bacq , à l'Hôtel de
Nevers.
Le Fevre , Avocat au Parlement , rue la Tixeran--
derie .
* Onfoufcrit en tout temps pour le Mercure , chez
M. LUTTON , Greffier au Parlement , rue Sainte
Anne , Butte S. Roch , au Bureau du Mercure de
France. En fe faifant infcrire chez lui , on reçoit le
Mercure plus promptement , & plus exactement
212 MERCURE DE FRANCE .
Noël , Marchand de Bois , place de la Baftille.
Paulain , Commiffaire des Guerres , rue des Francs-
Bourgeois.
Puffan , Fermier Général , rue S Marc.
Puiffan , Premier Commis de la Police, rue Saint-
Marc.
Wimpffen ( le Baron de ) , Brigadier des Armées
du Roi , Colonel - Commandant da Régiment
de la Marck , à l'Hôtel de Luxembourg , rue S.
Marc
ABONNÉS DE PROVINCE.
MESSIEURS
Alcock & Compagnie , Entrepreneur de la Manufacture
Royale , à la Charitéfür Loire,
Barrey ( le Chevalier de , Capitaine d'Infanterie,
à Bernay en Normandie .
Batlematon l'aîné , à Quimper.
Beaufort le Comte de ) , en
lé en Artois.
fon Château de Moul-
Blachere , Directeur de la Pofte , à l'Argentiere ,
par Aubenas en Vivarais.
Boillelet ( de ) , ancien Moufquetaire du Roi , au
Château de la Noue , près Vierzon.
Cannac , à Lyon.
Champdoré de , ancien Notaire , à Fontenayle-
Comte en Bas- Poitou .
Comcy de ) , Maréchal de Camp , Commandant
à Toulon.
Courrejolles ( de ) , Négociant , à Baïonne .
Crefcia ( la Marquife de ) , enfa Terre de Crefcia ,
près d'Orgelet , en Franche-Comté .
Dupin , à Saint Jean-pied-de-port.
Geoffroy de Vaudiere, Secrétaire du 'Roi , à Epernay
en Champagne.
Gros , Libraire , à Lons -le-Saunier en Franche-
Comté,
JANVIER . 1764.
213
Hébert , Tréforier de France honoraire au Bureau
des Finances , à Soiffons.
La Baupaumerie ( de , Lieutenant Général , à
Montere u-faut- Yonne.
Laporte ( de ) , Directeur des Poftes , à Betfort.
Le Baron l'aîné , Libraire , à Caën .
Le Roux , Libraire , à Strasbourg , deux exemplaires.
L'Efcouer le Marquis de ) , au Château de L'Efquiffiou
, près Morlaix.
Lobreau ( Madame ) , Directrice des Spectacles , à
Lyon .
May ( de ) , Officier au Régiment de la Ferre , à
Perpignan.
Portalis ( de ) , Chevalier de S. Louis , Commiffaire
Ordonnateur des Guerres , à Toulon.
Portally , Négociant , à Toulon.
Rannon , Lieutenant de l'Amirauté , à Quimper.
Saint-Vaft ( de ) , ancien Capitaine de Cavalerie ,
Chevalier de l'Ordre Røyal & Militaire de Saint
Louis , à Tinchebray.
Turin ( le Comte de ) , au Mans .
Abonnés au Mercure , qui fe trouve
dans le Volume de Décembre dernier ,
& dont lepremier Supplément eft dans
le Mercure du premier Janvier. *
ABONNÉS DE PARIS.
MESSIEURS ,
-ANTOINE , à l'Ecu Dauphin , rue Bourg- l'Abbé..
Bardou de Farceville , rue d'Argenteuil.
Chardon , Fermier du Roi , rue Montmartre , vis--
à-vis la rue du Jours
Chopin , Confeiller au Grand-Confeil , à l'Hôtel
d'Aumont , rue de Jouy.
Cochu , Médecin , cloître Notre-Dame.
D'Aihene , Maître des Requêtes , rue des Deux
Portes:
D'Hémery ( Madame ) , rue des Poftes..
La Bonne ( de ) , Lieutenant de MM . les Maré--
chaux de France rue du Bacq , à l'Hôtel de
Nevers.
Le Fevre , Avocat au Parlement , rue la Tixeran--
derie .
* Onfoufcrit en tout temps pour le Mercure , chez
M. LUTTON , Greffier au Parlement , rue Sainte
Anne , Butte S. Roch , au Bureau du Mercure de
France. En fe faifant infcrire chez lui , on reçoit le
Mercure plus promptement , & plus exactement
212 MERCURE DE FRANCE .
Noël , Marchand de Bois , place de la Baftille.
Paulain , Commiffaire des Guerres , rue des Francs-
Bourgeois.
Puffan , Fermier Général , rue S Marc.
Puiffan , Premier Commis de la Police, rue Saint-
Marc.
Wimpffen ( le Baron de ) , Brigadier des Armées
du Roi , Colonel - Commandant da Régiment
de la Marck , à l'Hôtel de Luxembourg , rue S.
Marc
ABONNÉS DE PROVINCE.
MESSIEURS
Alcock & Compagnie , Entrepreneur de la Manufacture
Royale , à la Charitéfür Loire,
Barrey ( le Chevalier de , Capitaine d'Infanterie,
à Bernay en Normandie .
Batlematon l'aîné , à Quimper.
Beaufort le Comte de ) , en
lé en Artois.
fon Château de Moul-
Blachere , Directeur de la Pofte , à l'Argentiere ,
par Aubenas en Vivarais.
Boillelet ( de ) , ancien Moufquetaire du Roi , au
Château de la Noue , près Vierzon.
Cannac , à Lyon.
Champdoré de , ancien Notaire , à Fontenayle-
Comte en Bas- Poitou .
Comcy de ) , Maréchal de Camp , Commandant
à Toulon.
Courrejolles ( de ) , Négociant , à Baïonne .
Crefcia ( la Marquife de ) , enfa Terre de Crefcia ,
près d'Orgelet , en Franche-Comté .
Dupin , à Saint Jean-pied-de-port.
Geoffroy de Vaudiere, Secrétaire du 'Roi , à Epernay
en Champagne.
Gros , Libraire , à Lons -le-Saunier en Franche-
Comté,
JANVIER . 1764.
213
Hébert , Tréforier de France honoraire au Bureau
des Finances , à Soiffons.
La Baupaumerie ( de , Lieutenant Général , à
Montere u-faut- Yonne.
Laporte ( de ) , Directeur des Poftes , à Betfort.
Le Baron l'aîné , Libraire , à Caën .
Le Roux , Libraire , à Strasbourg , deux exemplaires.
L'Efcouer le Marquis de ) , au Château de L'Efquiffiou
, près Morlaix.
Lobreau ( Madame ) , Directrice des Spectacles , à
Lyon .
May ( de ) , Officier au Régiment de la Ferre , à
Perpignan.
Portalis ( de ) , Chevalier de S. Louis , Commiffaire
Ordonnateur des Guerres , à Toulon.
Portally , Négociant , à Toulon.
Rannon , Lieutenant de l'Amirauté , à Quimper.
Saint-Vaft ( de ) , ancien Capitaine de Cavalerie ,
Chevalier de l'Ordre Røyal & Militaire de Saint
Louis , à Tinchebray.
Turin ( le Comte de ) , au Mans .
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Résumé : SECOND SUPPLÉMENT à la Liste des Abonnés au Mercure, qui se trouve dans le Volume de Décembre dernier, & dont le premier Supplément est dans le Mercure du premier Janvier.
Le document est un supplément à la liste des abonnés au Mercure de France, publié en janvier 1764. Il répertorie les abonnés de Paris et de province. Parmi les abonnés parisiens figurent des personnalités telles que Antoine, Bardou de Farceville, Chardon, Chopin, Cochu, D'Aihene, D'Hémery, La Bonne, Le Fevre, Noël, Paulain, Puffan, Puiffan, et le Baron de Wimpffen. Les abonnés de province incluent Alcock & Compagnie, le Chevalier de Barrey, Batlematon l'aîné, le Comte de Beaufort, Blachere, de Boillelet, Cannac, Champdoré, Comcy de, Courrejolles, la Marquise de Crescia, Dupin, Geoffroy de Vaudiere, Gros, Hébert, de La Baupaumerie, Laporte, Le Baron l'aîné, Le Roux, le Marquis de L'Escouër, Madame Lobreau, de May, Portalis, Portally, Rannon, de Saint-Vast, et le Comte de Turin. Les abonnements peuvent être souscrits auprès de M. LUTTON, greffier au Parlement, rue Sainte Anne, Butte S. Roch, au Bureau du Mercure de France.
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198
p. 199-202
AVIS DIVERS.
Début :
On a établi depuis peu dans cette Capitale, par privilége exclusif [...]
Mots clefs :
Bureau, Paris, Vente, Adresse, Lettres, Étrangers, Établissement, Renseignements, Province, Objets, Négociants, Marchands, Privilège
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS DIVERS.
A VIS DIVER S.
On a établi depuis peu dans cette Capitale ,
par privilége exclufif , un Bureau Général d'Indication
, d'Avis , d'Adreffe & de Rencontre.
Cet Etabliſſement , confacré à l'utilité publique,
a pour but d'indiquer par voies d'adreffe , tous
les objets à vendre ou à louer tant à Paris qu'en
Provinces , comme Terres , Maiſons , Domaines ,
Rentes , Charges , Fonds de Commerce , Meubles
, Bijoux , &c. Meubles ou Appartemens
meublés ou non-meublés ; en forte que les perfonnes
tant de Paris que des Provinces qui ont
quelques objets à vendre , à louer ou à acheter ,
peuvent en adreffer à ce Bureau une note circonftancice
, franche de port , en payant feulement
pour tous frais ; fçavoir , pour les objets à
vendre , une livre ; quatre fols, pour ceux du prix
jufqu'à 1000 liv . 3 liv. pour ceux juſqu'à 10000
liv. & 6 liv. pour ceux de 10 , 15 , 20000 liv . &
au-deffus. A l'égard de ceux à louer , les enregiftremens
font de fix fols pour le loyer jufqu'à
300 liv . de douze fols jufqu'à 1000 liv . & de
vingt-quatre fols jufqu'à 3000 liv. & de trois liv.
pour ceux de 3000 liv . & au- deffus. L'on paye le
double de ce prix pour le renfeignement , & lorfque
les perfonnes ne s'accommodent pas de l'ob-
Liv
200 MERCURE DE FRANCE.
et dont on a délivré lé renfeignement , on leur
en donne d'autres gratis , jnfqu'a ce qu'elles foient
fatisfaites.
Ce Bureau préfente enfin au Public un avantage
fupérieur à toutes les voies dont on s'eft fervi
jufqu'à préfent , foit pour vendre , foit pour rencontrer
l'objet que l'on a envie de fe procurer :
1 ° , par la réunion générale de toutes les chofes
qui fe trouvoient auparavant difperfées , & qui
échappoient à ceux qui en faifoient la recherche :
2 ° , parce que les objets que l'on y fait enregif
trer ne font fupprimés du Tableau qui leur eft
propre , qu'après que l'on en a difpofé.
Les Etrangers qui defireront auſſi trouver à
leur arrivée à Paris un appartement prêt à occuper
, pourront écrire directement à ce Bureau ,
qui fe chargera de leur en procurer , enjoignant.
feulement a leur Lettre un Mandat payable à
Paris , au moins pour le montant du premier
mois .
On peut aufli s'y adreffer pour les Extraits de
Baptême , Mariages , Sépultures , & c. & pour
toutes autres recherches & expéditions .
Ce Bureau , pour ne négliger aucun des objets
utiles à la Société , enregistre auffi les diverſes
Penfions Collégiales , Conventuelles & Bourgeoifes
, tant de Paris que des Provinces , moyennant
un abonnement de 3 liv . par année ſealement , &
à la faveur du Tableau détaillé que l'on y aura
fait inférer des prix , nourritures , foins & éducations
qu'on y reçoit , le Particulier ou le Père
de Famille feront moins embarraffés dans le
choix que leur fortune ou les circonstances exigeront.
On a encore réuni un nouvel objet à ce Bureau
qui intérefle particulièrement les Etrangers qui
NOVEMBRE. 1764. 20-
venant à Paris , n'ayant pas de domicile abfoluz
ment fixe & permanent , font fouvent expofes
perdre les Letrres ou effets qui leur font adref
fés , foit par les fréquens changemens de demeu
re , ou par la négligence de ceux chez qui l'on
pourroit le les faire adreffer , foit enfin pour év
ter les incommodités qui peuvent réfulter de la
curiofité , fouvent même de l'indifcrétion de ceux
entre les mains de qui pourroient tomber ces
Lettres. Or ce Bureau préfente un moyen facile
de prévenir ces fortes de défagrémens , par la
railon qu'on peut s'y faire adreffer directement
ces Lettres comme à un domicile qui devient
commun à tous Etrangers & Citoyens ; & que par
l'ordre qu'on y tient, elles font exactement remifes
à la volonté des Commettans , ce qui s'entend
pareillement de toutes les Villes où l'on fe
propofe d'établir de femblables Bureaux .
Il eft effentiel d'obferver qu'on ne fe charge de
la réception defdites Lettres , qu'autant que le
port en eft acquitté , ou que l'on auroit pris avec
le Bureau des arrangemens particuliers & relatifs
à cet objet , en payant deux fols pour la remife de
chacune defdites Lettres.
N. B. Ceux qui defireront former un pareil Etabliffement
dans les principales Villes du Royaume
s'adrefferont , pour en traiter , au Bureau Général ,
rue S. Honoré , à l'Hôtel d'Aligre.
Quoique ce que nous venons d'annoncer ne
foit qu'un extrait fort abrégé de l'utilité de cet
établiſſement , nous pensons qu'il eft fuffisamment
étendu pour que chacun juge en particulier de
l'avantage qu'il peut y trouver.
Les Négocians , les Marchands ou Artiftes ,
&c , qui étant difpofés à augmenter leur Commerce
ou a quitter leur Etat , & qui n'attendent fouvent
Iy
>
202 MERCURE DE FRANCE:
que l'occafion favorable de céder leur fond , ou
enfin les Charges ou Priviléges auxquels ils font
attachés, & ceux qui n'attendent également qu'une
femblable rencontre pour former leur Etabliffement
, envifageront aifément la facilité que leur
préfente à cet égard ce nouveau Bureau. En effet
tous ceux qui font dans l'un & dans l'autre cas
pouvant ufer de la voie qui leur eft ouverte , il est
évident qu'ils feront plus à portée qu'auparavant
de remplir réciproquement leurs vues.
On conçoit qu'il en peut être la même choſe à
l'égard des perfonnes qui defirent fe procurer un
Secrétaire , un Intendant , un Régiffeur , &c , &
de celles qui defirent fe placer en cette qualité.
Nous remarquons auffi qu'il ne feroit pas
moins intéreſſant aux Négocians, aux Marchands,
foit en gros , foit en détail , & à bien d'autres
Particuliers , de faire mettre leurs adreffes audit
Bureau chaque fois qu'ils changent de demeure
, parce que quelques circonftances les obligent
à quitter un quartier où ils auront acquis une
réputation avantageufe , les perfonnes qui leur
feront attachées auront par-là un moyen fûr de
les retrouver.
On a établi depuis peu dans cette Capitale ,
par privilége exclufif , un Bureau Général d'Indication
, d'Avis , d'Adreffe & de Rencontre.
Cet Etabliſſement , confacré à l'utilité publique,
a pour but d'indiquer par voies d'adreffe , tous
les objets à vendre ou à louer tant à Paris qu'en
Provinces , comme Terres , Maiſons , Domaines ,
Rentes , Charges , Fonds de Commerce , Meubles
, Bijoux , &c. Meubles ou Appartemens
meublés ou non-meublés ; en forte que les perfonnes
tant de Paris que des Provinces qui ont
quelques objets à vendre , à louer ou à acheter ,
peuvent en adreffer à ce Bureau une note circonftancice
, franche de port , en payant feulement
pour tous frais ; fçavoir , pour les objets à
vendre , une livre ; quatre fols, pour ceux du prix
jufqu'à 1000 liv . 3 liv. pour ceux juſqu'à 10000
liv. & 6 liv. pour ceux de 10 , 15 , 20000 liv . &
au-deffus. A l'égard de ceux à louer , les enregiftremens
font de fix fols pour le loyer jufqu'à
300 liv . de douze fols jufqu'à 1000 liv . & de
vingt-quatre fols jufqu'à 3000 liv. & de trois liv.
pour ceux de 3000 liv . & au- deffus. L'on paye le
double de ce prix pour le renfeignement , & lorfque
les perfonnes ne s'accommodent pas de l'ob-
Liv
200 MERCURE DE FRANCE.
et dont on a délivré lé renfeignement , on leur
en donne d'autres gratis , jnfqu'a ce qu'elles foient
fatisfaites.
Ce Bureau préfente enfin au Public un avantage
fupérieur à toutes les voies dont on s'eft fervi
jufqu'à préfent , foit pour vendre , foit pour rencontrer
l'objet que l'on a envie de fe procurer :
1 ° , par la réunion générale de toutes les chofes
qui fe trouvoient auparavant difperfées , & qui
échappoient à ceux qui en faifoient la recherche :
2 ° , parce que les objets que l'on y fait enregif
trer ne font fupprimés du Tableau qui leur eft
propre , qu'après que l'on en a difpofé.
Les Etrangers qui defireront auſſi trouver à
leur arrivée à Paris un appartement prêt à occuper
, pourront écrire directement à ce Bureau ,
qui fe chargera de leur en procurer , enjoignant.
feulement a leur Lettre un Mandat payable à
Paris , au moins pour le montant du premier
mois .
On peut aufli s'y adreffer pour les Extraits de
Baptême , Mariages , Sépultures , & c. & pour
toutes autres recherches & expéditions .
Ce Bureau , pour ne négliger aucun des objets
utiles à la Société , enregistre auffi les diverſes
Penfions Collégiales , Conventuelles & Bourgeoifes
, tant de Paris que des Provinces , moyennant
un abonnement de 3 liv . par année ſealement , &
à la faveur du Tableau détaillé que l'on y aura
fait inférer des prix , nourritures , foins & éducations
qu'on y reçoit , le Particulier ou le Père
de Famille feront moins embarraffés dans le
choix que leur fortune ou les circonstances exigeront.
On a encore réuni un nouvel objet à ce Bureau
qui intérefle particulièrement les Etrangers qui
NOVEMBRE. 1764. 20-
venant à Paris , n'ayant pas de domicile abfoluz
ment fixe & permanent , font fouvent expofes
perdre les Letrres ou effets qui leur font adref
fés , foit par les fréquens changemens de demeu
re , ou par la négligence de ceux chez qui l'on
pourroit le les faire adreffer , foit enfin pour év
ter les incommodités qui peuvent réfulter de la
curiofité , fouvent même de l'indifcrétion de ceux
entre les mains de qui pourroient tomber ces
Lettres. Or ce Bureau préfente un moyen facile
de prévenir ces fortes de défagrémens , par la
railon qu'on peut s'y faire adreffer directement
ces Lettres comme à un domicile qui devient
commun à tous Etrangers & Citoyens ; & que par
l'ordre qu'on y tient, elles font exactement remifes
à la volonté des Commettans , ce qui s'entend
pareillement de toutes les Villes où l'on fe
propofe d'établir de femblables Bureaux .
Il eft effentiel d'obferver qu'on ne fe charge de
la réception defdites Lettres , qu'autant que le
port en eft acquitté , ou que l'on auroit pris avec
le Bureau des arrangemens particuliers & relatifs
à cet objet , en payant deux fols pour la remife de
chacune defdites Lettres.
N. B. Ceux qui defireront former un pareil Etabliffement
dans les principales Villes du Royaume
s'adrefferont , pour en traiter , au Bureau Général ,
rue S. Honoré , à l'Hôtel d'Aligre.
Quoique ce que nous venons d'annoncer ne
foit qu'un extrait fort abrégé de l'utilité de cet
établiſſement , nous pensons qu'il eft fuffisamment
étendu pour que chacun juge en particulier de
l'avantage qu'il peut y trouver.
Les Négocians , les Marchands ou Artiftes ,
&c , qui étant difpofés à augmenter leur Commerce
ou a quitter leur Etat , & qui n'attendent fouvent
Iy
>
202 MERCURE DE FRANCE:
que l'occafion favorable de céder leur fond , ou
enfin les Charges ou Priviléges auxquels ils font
attachés, & ceux qui n'attendent également qu'une
femblable rencontre pour former leur Etabliffement
, envifageront aifément la facilité que leur
préfente à cet égard ce nouveau Bureau. En effet
tous ceux qui font dans l'un & dans l'autre cas
pouvant ufer de la voie qui leur eft ouverte , il est
évident qu'ils feront plus à portée qu'auparavant
de remplir réciproquement leurs vues.
On conçoit qu'il en peut être la même choſe à
l'égard des perfonnes qui defirent fe procurer un
Secrétaire , un Intendant , un Régiffeur , &c , &
de celles qui defirent fe placer en cette qualité.
Nous remarquons auffi qu'il ne feroit pas
moins intéreſſant aux Négocians, aux Marchands,
foit en gros , foit en détail , & à bien d'autres
Particuliers , de faire mettre leurs adreffes audit
Bureau chaque fois qu'ils changent de demeure
, parce que quelques circonftances les obligent
à quitter un quartier où ils auront acquis une
réputation avantageufe , les perfonnes qui leur
feront attachées auront par-là un moyen fûr de
les retrouver.
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Résumé : AVIS DIVERS.
Un Bureau Général d'Indication, d'Avis, d'Adresse et de Rencontre a été créé à Paris. Cet établissement facilite la vente, la location ou l'achat de divers objets, tels que terres, maisons, domaines, rentes, charges, fonds de commerce, meubles, bijoux, et appartements meublés ou non. Les intéressés peuvent soumettre une note détaillée en payant des frais spécifiques selon la valeur des objets. Le Bureau propose également des services de renseignements gratuits jusqu'à satisfaction et enregistre les pensions collégiales, conventuelles et bourgeoises pour aider les particuliers dans leurs choix. Les étrangers peuvent utiliser ce Bureau pour trouver des appartements ou recevoir leur courrier, évitant ainsi les pertes dues aux changements fréquents de domicile. Le Bureau garantit la réception et la remise exacte des lettres contre paiement des frais de port. Pour établir des bureaux similaires dans d'autres villes, il est possible de contacter le Bureau Général à l'Hôtel d'Aligre, rue Saint-Honoré. Ce service est particulièrement utile pour les négociants, marchands, artisans et autres particuliers cherchant à augmenter leur commerce ou à trouver des opportunités d'emploi. Il facilite également la recherche de secrétaires, intendants, régisseurs, et autres postes similaires. Les particuliers sont encouragés à mettre à jour leurs adresses auprès du Bureau pour maintenir le contact avec leurs relations professionnelles.
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199
p. 211-213
« Le sieur DUBOIS, Fils, Maître en Chirurgie de la Communauté de Menars-la-Ville [...] »
Début :
Le sieur DUBOIS, Fils, Maître en Chirurgie de la Communauté de Menars-la-Ville [...]
Mots clefs :
Maladies, Fièvres, Guérison, Eaux, Patients guéris, Rougeurs, Certificats, Paris, Elbeuf, Bouteille
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texteReconnaissance textuelle : « Le sieur DUBOIS, Fils, Maître en Chirurgie de la Communauté de Menars-la-Ville [...] »
Le fieur DUBOIS , Fils , Maître en Chirurgie
de la Communauté de Menars- la- Ville s'étant
trouvé obligé , faure de Médecin dans fa Ville ,
de s'adonner au traitement des maladies aigues
vulgairement appellées maladies en régles , &
Pleurélies , Fluctions de poitrine formées , & Fiévres
inflammatoires ou malignes a depuis un an
trouvé un moyen pour les guérir fûrement &
faus craindre les dangers de la mort .
,
Son adreffe eft à M. Dubois , Fils , Maître
en Chirurgie , demeurant grande rue près l'Ecu
de France , à Menars - la - Ville , près Blois .
212 MERCURE DE FRANCE.
Le fieur DIRBANNE , Marchand de Tabac , rue
Sainte-Anne , Butte S. Roch , du côté de la rue
S. Honoré, vis-a - vis l'Ebéniſte du Roi , pofféde le
Secret d'une Eau merveilleufe pour la guérifon
des yeux attaqués de taies , & même celles qui
fe forment par la petite-vérole , rougeurs & inflammations
, comperes- loriots , & boutons qui
fe forment autour des paupières . Elle a auffi la
vertu d'affermir la vue des perfonnes qui l'ont
foible. Le fieur Derbanne s'attire la confiance du
Public par les guérifons qu'il a faites & qu'il fair"
continuellement , fuivant les Certificats des Perfonnes
qu'il a entiérement guéries , qui font dé
polés & pallés devant M. Fortier , Notaire.
Guérifons faites à Paris :
La Dame Delaval , Maîtreffe Serrurière , rue de
Guilarde , qui avoit prefqu'entiérement perdu la
vue ; M. Bertin . Intendant de Mde la Ducheffe
d'Elbeuf , rue S. Nicaife ; M. de la Reyne , Chirurgien
de Mde la Ducheffe d'Elbeuf , a guéri différentes
Perfonnes avec cette Eau ; la fille de la
Dame Saulnier , Marchande Epicière à Puteaux ,
d'un refte de petite - vérole qui s'étoit jettée fur fes
yeux ; le fieur de la Chapt ; la Domestique du
fieur Maubeuge , & le Valet de - Chambre de
Mde la Ducheffe d'Elbeuf ; le fils dès Sieur &
Dame Grignon , Maître Boulanger à Paris ; la fille
des Sieur & Dame Trouffel , d'un refte d'humeur ,
tous demeurans à Paris.
Guérifons faités à Elbeuf.
La Dame Lefebvre , la Dame Flavigny , I
Dame Bourdon , la Dame le Noble , la Dame
Violet , le fieur Lavent , le fieur Renard , la Dame
Luce , la Dame Morel , le fieur Tellée , le fieur
NOVEMBRE. 1764. 213
Cantel , la Dame Gabot , la Dame Bardeffe , le
fieur Cobale , la Dame Potteau , les fieurs Duhamel
frères , la Dlle Sylveftre , le fieur Duhamel
le fieur Albert & la Dame Fréville , demeurans
tous audit Elbeuf. La Dame Leroi , demeurante à
Saint-Martin- la- Corneille .
Mde la Ducheffe d'Elbeuf a emporté à fes
Terres de cette Eau pour en donner aux Habicans.
Mamière de fe fervir de ladite Eau.
Il faut prendre une petite éponge groffe comme
une noifette , la mettre fur le bord du gouleau de
la bouteille , qu'il faut bien remuer , & preffer
l'éponge fur les yeux malades.
Le prix de chaque Bouteille eft de vingt-quatre fols
pour les petites, & les grandesfont de 3 liv.
de la Communauté de Menars- la- Ville s'étant
trouvé obligé , faure de Médecin dans fa Ville ,
de s'adonner au traitement des maladies aigues
vulgairement appellées maladies en régles , &
Pleurélies , Fluctions de poitrine formées , & Fiévres
inflammatoires ou malignes a depuis un an
trouvé un moyen pour les guérir fûrement &
faus craindre les dangers de la mort .
,
Son adreffe eft à M. Dubois , Fils , Maître
en Chirurgie , demeurant grande rue près l'Ecu
de France , à Menars - la - Ville , près Blois .
212 MERCURE DE FRANCE.
Le fieur DIRBANNE , Marchand de Tabac , rue
Sainte-Anne , Butte S. Roch , du côté de la rue
S. Honoré, vis-a - vis l'Ebéniſte du Roi , pofféde le
Secret d'une Eau merveilleufe pour la guérifon
des yeux attaqués de taies , & même celles qui
fe forment par la petite-vérole , rougeurs & inflammations
, comperes- loriots , & boutons qui
fe forment autour des paupières . Elle a auffi la
vertu d'affermir la vue des perfonnes qui l'ont
foible. Le fieur Derbanne s'attire la confiance du
Public par les guérifons qu'il a faites & qu'il fair"
continuellement , fuivant les Certificats des Perfonnes
qu'il a entiérement guéries , qui font dé
polés & pallés devant M. Fortier , Notaire.
Guérifons faites à Paris :
La Dame Delaval , Maîtreffe Serrurière , rue de
Guilarde , qui avoit prefqu'entiérement perdu la
vue ; M. Bertin . Intendant de Mde la Ducheffe
d'Elbeuf , rue S. Nicaife ; M. de la Reyne , Chirurgien
de Mde la Ducheffe d'Elbeuf , a guéri différentes
Perfonnes avec cette Eau ; la fille de la
Dame Saulnier , Marchande Epicière à Puteaux ,
d'un refte de petite - vérole qui s'étoit jettée fur fes
yeux ; le fieur de la Chapt ; la Domestique du
fieur Maubeuge , & le Valet de - Chambre de
Mde la Ducheffe d'Elbeuf ; le fils dès Sieur &
Dame Grignon , Maître Boulanger à Paris ; la fille
des Sieur & Dame Trouffel , d'un refte d'humeur ,
tous demeurans à Paris.
Guérifons faités à Elbeuf.
La Dame Lefebvre , la Dame Flavigny , I
Dame Bourdon , la Dame le Noble , la Dame
Violet , le fieur Lavent , le fieur Renard , la Dame
Luce , la Dame Morel , le fieur Tellée , le fieur
NOVEMBRE. 1764. 213
Cantel , la Dame Gabot , la Dame Bardeffe , le
fieur Cobale , la Dame Potteau , les fieurs Duhamel
frères , la Dlle Sylveftre , le fieur Duhamel
le fieur Albert & la Dame Fréville , demeurans
tous audit Elbeuf. La Dame Leroi , demeurante à
Saint-Martin- la- Corneille .
Mde la Ducheffe d'Elbeuf a emporté à fes
Terres de cette Eau pour en donner aux Habicans.
Mamière de fe fervir de ladite Eau.
Il faut prendre une petite éponge groffe comme
une noifette , la mettre fur le bord du gouleau de
la bouteille , qu'il faut bien remuer , & preffer
l'éponge fur les yeux malades.
Le prix de chaque Bouteille eft de vingt-quatre fols
pour les petites, & les grandesfont de 3 liv.
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Résumé : « Le sieur DUBOIS, Fils, Maître en Chirurgie de la Communauté de Menars-la-Ville [...] »
Le texte présente deux annonces de guérisseurs. La première concerne le sieur DUBOIS, Fils, Maître en Chirurgie à Menars-la-Ville, qui a développé un traitement pour les maladies aiguës telles que les maladies en règles, les pleurésies, les fluctions de poitrine et les fièvres inflammatoires ou malignes. Il réside grande rue près l'Ecu de France à Menars-la-Ville, près Blois. La seconde annonce concerne le sieur DIRBANNE, Marchand de Tabac à Paris, qui possède une eau miraculeuse pour soigner les yeux atteints de taies, y compris celles causées par la petite-vérole, ainsi que les rougeurs, inflammations, orgelets et boutons autour des paupières. Cette eau renforce également la vue des personnes ayant une vision faible. Le sieur DIRBANNE a gagné la confiance du public grâce à ses guérisons, attestées par des certificats déposés chez M. Fortier, Notaire. Plusieurs guérisons ont été réalisées à Paris et à Elbeuf. La méthode d'application de cette eau consiste à imbiber une petite éponge dans la bouteille et à l'appliquer sur les yeux malades. Le prix des bouteilles varie entre vingt-quatre sols pour les petites et trois livres pour les grandes.
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200
p. 1-8
JOURNAUX & LIVRES qui se trouvent chez LACOMBE, Libraire, à Paris.
Début :
Ce Libraire se charge d'envoyer en Province les Livres, Estampes, Musiques, &c. aux particuliers [...]
Mots clefs :
Broché, Relié, Paris, Province, Français, Dictionnaire, Port franc, Poste, Abonnement, Journal, Livre, David Hume
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : JOURNAUX & LIVRES qui se trouvent chez LACOMBE, Libraire, à Paris.
JOURNAUX & LIVRES qui ſe trouvent
chez LACOMBE , Libraire , à Paris.
CeLibraire se charge d'envoyer en Province les
Livres, Estampes , Muſiques , &c. aux particuliers
qui lui marquent leurs intentions en lui
faisant remettre d'avance les fonds néceſſaires
en argent , ou en effets à recevoir à Paris.
JOURNAUX.
Pour lesquels on s'abonne , foit pour Paris, fois
pour la Province , chez LACOMBE , Libraire.
Les Soufcripteurs de Province font priés de remettre
leur argent à la Pofte , avec une Lettre
d'avis , & d'affranchir l'un & l'autre.
ML
ERCURE DE FRANCE ; il en paroît 16 vol.
in 12 par an ; l'abonnement eſt à Paris de 24 liv.
Et pour la Province, port franc par la poſte, 32 liv.
JOURNAL DES SÇAVANS , in 4 ou in 12 , 14 vol.
àParis. 16 liv.
Franc de port en Province. 201.4f.
ANNÉE LITTÉRAIRE , compoſée de quarante
cahiers de trois feuilles chacun , à Paris, 24 liv.
En Province , port franc par la Poſte , 32 liv.
L'AVANT- COUREUR , feuille qui paroît le lundi
de chaque ſemaine , & qui donne la notice
des nouveautés des Sciences , des Arts libéraux
&méchaniques , de l'Induſtrie &de la Littérature
. L'abonnement , ſoit pour Paris , ſoit pour
laProvince, port franc par la poſte,eſtde 12 liv.
2
JOURNAL ECCLÉSIASTIQUE , par M. l'Abbé Dinouart
; il en paroît 14 vol. par an . L'abonnement
pour Paris eft de 9 liv. 16 fols.
Et pour la Province, port franc par la poſte, 14 1.
EPHÉMÉRIDES DU CITOYEN, ou bibliotheque rai-
:Yonnée des Sciences morale & politique, in- 12 ,
12 vol . par an. L'abonnement pour Paris eft
de 18 liv.
Et pour la Province, port franc par la poſte, 24 1.
JOURNAL ENCYCLOPÉDIQUE , in- 12 , composé de
24 vol . par an , port franc par la poſte , à Pa-
-ris& en Province 33 liv. 12 f.
JOURNAL POLITIQUE , port franc par la poſte à
Paris& en Province 14liv.
LIVRES.
DICTIONNAIRE raiſonné univerſel d'HISTOIRE
NATURELLE, par M. Valmont de Bomare , nouvelle
édition , 6 vol. in-8°. relié. 27 liv .
Et en 4 vol. in- 4°. relié. 48 liv.
Dictionnaire de CHYMIE, par M. Macquer, 2 vol.
-in-8º reliés . 9 liv .
vol . in 8° . reliés . 9 liv.
Dictionnaire portatif des ARTS ET METIERS , 2
Dictionnaire de CHIRURGIE, 2 vol. in-8°. rel. 9 liv .
Dictionnaire interprete de MATIERE MEDICALE ,
*&c. vol. in-8 ° d'environ 900 pages relić. s liv .
Dict. d'ANECDOTES , de traits caractériſtiques &
finguliers, faillies , bons mots & réparties ingénieufes
,&c . I vol. in- 8º relié. 4liv. 10f.
Dict. des PORTRAITS HISTORIQUES , anecdotes ,
& traits remarquables des hommes illuftres , 3
vol. in 8 reliés . Is liv.
Diet. ECCLESIASTIQUE & CANONIQUE , portatif ,
vophin-80 reliés .
وliv.
Dict. portatif de Jurisprudence & de pratique ,
3 vol. in 8º reliés. τοliv. to
Dict. lyrique , portatif , ou choix des plus jolies
ariettes de tous les genres , diſpoſées pour la
voix & les inſtrumens , avec les paroles fran
çoiſes ſous la muſique , 2 vol. in-8° , Is liv.
Dict. typographique , historique & critique des
livres rares ,finguliers , estimés & recherchés ,
avec les prix , 2 vol. in- 8º reliés .
Dict. historique , par M. l'abbé Ladvocat, 2 vol.
10 liv. 10 f.
و liv.
in- 8 reliés .
Dict. géographique de Voſgien, revu par M. l'abbé
Ladvocat, 2 vol . in- 8°, nouv.édit. 4liv. 10 6.
Dict. de droit canonique , par Durandde Maillane,
2 vol. in -4° reliés . 24 liv.
Dict. de phyſique , par le Pere Paulian , 3 vol .
in-4° brochés. 27.1.
Dict. univerſel des fofſiles propres &des folfiles
accidentels , &c. in - 8º , par M. Bertrand , relić.
41. 10 f.
Dict. anglois & françois , françois & anglois
in-8° relié. 10 liv.
Dict. allemand & françois , & françois & alle.
mand , in- 80 , relié. 61.
-Idem in 4°. relié. 121.
Dict.dedroit&de pratiq. 2 vol. in- 4°. relié. 20 1.
Avis aux meres qui veulent nourrir leurs enfans
, broché. I liv.
Trois avis au peuple fur leblé , la farine & le
pain.
Almanach philofophique.
2 liv. 12
1 liv. 4C.
Anecdotes de médecine , in- 12 relié.
Antropologie , 2 vol, in- 12 , broché,
L
3 liv.
-Idem. in- 4º broché.
4
liv
.
6lix.
Anatomie du corps humain , par M. J. Proſteval,
in - 4° relié.
t
12liv.
Almahide , 8 vol. in- 8 , reliés . 3.2liv.
ai
4
LeBotaniste François , 2 vol. reliés. s liv
Le bon Fermier , ou l'Ami des Laboureurs , in - 12
broché. 2 liv.
La bonne Fermiere , broché. 1 liv. 16 (.
Bocace Italien, édit, de Londres, in- 4°, br. 24 liv .
Bibliotheque des jeunes négocians , par Jean Larue
, 2 vol. in 4º relié. 18 liv.
La ſainte Bible par le Cêne, 2 vol. in- fol. rel . 40 1.
Catéch.de Montpell. en lat. 6 vol. in 4º, br. 48 1.
Celiane , ou les Amans féduits par leur vertu ,
in- 12 , broché. 1 liv. 10 f.
Le Citoyen défintéreſſé, 2 vol. in-8 ° , br. 4 1. 10 f.
Commentaire des aphorismes de médecine d'Herman
Bse have par Wans Wieten en françois
, 2 vol. in- 12 , brochés. 4liv.
Conférence de Bornier , 2 vol . in-4º , reliés. 24 1.
Controverfefur la religion chrétienne & celle des
Mahometans, in- 12 , 1767 , broché. 1 1. 16 (.
Le Docteur Panſophe , ou lettre de M. de Voltaire
a M. Home , in 12 , broché. 12 C.
Les DELASSEMENS CHAMPÊTRES , 2 vol. in- 12
brochés. 4liv.
Difputationes ad morborum hiftoriam & curationem
, &c. Albertus Hallerus , 6 vol . in 4º ,
reliés. 60 liv.
Difputationes chirurgicæ ſelectæ , Albertus Hallerus
, vol. in 4º , reliés . so liv.
Diſpenſatorium Pharmaceuticum , in-4 ° , 2 vol.
brochés. 24 liv.
Differtation fur la littérature , 4 vol. in 80. 6 liv .
Elemens de pharmacie , théorique & pratique , par
M. Beaumé , Maître Apothicaire de Paris ,
I vol. in 8 °, grand papier, avec fig. relić. 6 liv .
Examen des faits qui fervent de fondement à la
religion chrétienne , 3 vol. in- 12 , par M. l'abbé
François , reliés . 7 liv . 10 f.
Eſſai fur les erreurs & fuperftitions anciennes&
5
modernes , nouvelle édition , augmentée ,
1767 , grand in- 8 ° , relié. sliv.
Elemens de philofophie rurale , broché 2liv.
Effſaisfur l'art de la guerre , avec cartes &planches,
parM. le comte deTurpin , 2vol. in-4 ,
brochés. 24 liv.
24f.
Exposéfuccinct de la contestationdeM. Rousseau
avec M. Hume , in 12,broché.
Eſſai ſur l'hiſt. des belles lettres, 4vol. rel. 12 liv.
Entretien d'une ame pénitente, in 12 broché. 2 liv.
Les élémens de la médecine pratique , par M.
Bouillet , in 4º , relié. 7 liv.
Elém. de métaph. facrée&profane, in-sobr. 3 liv.
Histoire naturelle de l'homme dans l'état demaladie,
in-89 , 2 vol . relié. 9 liv.
Hift. desprogrès de l'esprit kumaindans lesſciences
exactes , & dans les arts qui endépendent ,
&c. par M. Saverien , grand in- 8 ° relić. 5 liv.
Hift. de Christine , Reine de Suede , in- 12 , relié.
2 liv. 10 f.
Hift. de la prédication, 1 vol. in- 12, rel.2 liv. 10 f.
Hift. des Empereurs , 12 vol. reliés in- 12..361.
Hift. du bas Empire , 10 vol. reliés . 30 liv.
Hift. ecclef. de Racine , 15 vol.in- 12, relié. 48 liv.
in-4° , 13 vol. 130 liv.
Hift. de France de Vely , 18 vol . reliés , in 12.
54 liv.
Hift. moderne , 12 vol. reliés , in- 12 . 36 liv .
Hift. de Lucie Weller , 2 vol. in 12 , broché. 4 liv .
Hift. des révolutions de Florence ſous les Medicis ,
3 vol. in- 12 reliés . 7liv. 10 f.
Hift. de l'Afrique ( nouvelle ) françoise , 2 vol.
in- 12 , reliés. 6liv.
Hift. de l'empire ottoman , in-4º, relić . 9 liv.
Hift. des navigations aux terres Auſtrales , 2 vol.
in-4° , reliés. 24liv.
6
Hift.navaled'Angleterre,3 vol. in-4°.rel. 27 liv.
Mélangesintéreſſans & curieux , contenant l'hiſ-
12 , re'iés .
toire naturelle , morale , civile & politique
de l'Afie , de l'Afrique & des terres Polaires ,
par M. Rouffelor de Surgy , 1766 , 10 vol. in-
25 liv.
Mém. de Mile de Valcourt , 2 vol. broc. 2 liv . 8 .
M.decine rurale& pratique , rel . in- 12. 21. 10 f.
Henry IV, ou la réduction de Paris , poëme en
1 liv. 4 (.
Manu'l de chymie , par M. Beaumé , nouvelle
édition augmentée , in- 12 , relié. 2 liv. ro f.
Manuel lexique , par M. l'abbé Prevôt , 2 vol.
in 8 ° , reliés .
trois actes.
و liv.
Manuel harmonique, &c . par M. Dubreuil , maître
de clavecin , in- 8 ° ; 1767 , broché . 1 liv. 16 f.
Mémoires militaires , & voyages du Pere de Singlande
, 2.vol. in-12 , 1766 , broc.
Mémoirefur l'adminiſtration des finances d'Angle-
21.101.
terre , in -4° , broché. 6liv.
Maladies des gens de mer , par M. Poiffonnier ,
in 8°, relić. sliv.
Monades de Leibnitz , in , broché. 9liv
Mémoire ſur le ſafran , in- 80 , broché. I liv. 4
Notesfur la lettre de M. de Voltaire , br. 9 fols .
Oeuvres dramatiques , avec des obſervations , par
M. Marin , in 8° , broché. 2 liv.
Olave ou le jeune Pompée , ou le Triumvirat ,
avec des notes & des morceaux hiſtoriques ,
I vol. in- 8 ° , broché . 1 liv. 16
Les OEuvres de Rouſſeau , in- 12 , petit format ,
5 vol. reliés. 10liv.
Les Cuvres de M. d'Héricourt , 4 vol. in-4 ° ,
reliés.. 40liv.
Obfervationsfur la mouture des bleds , & fur leur
produit. 101.
La poétique de M. de Voltaire , 2 part. en un
7
grand in- 8° , relić. s liv .
Pensées & réflexions morales , nouv. édit. revue &
augmentée , broché. I liv. 10 f.
Polypes d'eau douce , ou lettre de M. Romé de
l'Iſle à M. Bertrand , &c. broché . 12 .
La paſſion de notre Seigneur Jesus- Chrift , miſe
en vers & en dialogues , in-8 ° , broché. 12 f.
Richardet , poëme héroï- comique , en 12 chants ,
dans le goût de l'Arioſte , I vol. grand in-8°,
relić.
s liv.
Les Scythes , tragédie de M. de Voltaire , nouv .
11.10 6. édition , in- 8 ° , broché.
Syphilis , ou le mal vénérien , poëme latin de
Jerôme Fracaſtor , avec la traduction en françois
& des notes , I vol . in. 8 ° broché . 1 1. 10 f.
La Sechia Rapita , 2 vol . in- 8º reliés. 36 liv.
Table des monnoies courantes dans les quatre
parties du monde , brochés. 1 1.4f.
Traité de toutes les coliques , in-12 , 1767 ,
broché. 1 liv. 10(.
Traité des principaux objets de médecine , 2 vol.
in- 12 , reliés . sliv.
Théorie du plaifir , I vol. broché. 1 liv. 16f.
Traité des jacinthes , broché. 1 liv. 4 f.
Traitédes tulipes , broché. I liv. 106.
2 liv. Traité des renoncules , broché.
Recueil de divers traités ſur l'hiſtoire naturelle de
laterre & des foſſiles , in-4° , broché. 9 liv.
Virgile d'Annibal Carro, 2 vol, in- 8 °, reliés. 36 1.
OUVRAGES fous preſſe & qui doivent paroître
inceffamment.
in-89.
Supplément pour la premiere édition du dictionnaire
d'histoire naturelle , volume
Hiſtoire du Patriotisme François , ou nouvelle
hiſtoire de France , dans laquelle on s'eft
8
S
principalement attaché à décrire les traits de
patriotiline qui ont illustré nos Rois , la Nobleſle
& le Peuple François , depuis l'origine
de la monarchie , juſqu'a nos jours , 6vol.
in- 12.
Variétés littéraires , ou choix de morceaux intéreffans
& curieux , concernant les ſciences ,
les arts & la littérature , 4 vol . in- 12.
Dictionnaire de Telocution françoise , contenant
les regles & les exemples de la grammaire ,
de l'éloquence&de la poéſie , 2 vol. in-১০.
Hiſtoire littérairedes Femmes Françoises , contenant
une analyte raifonnée de leurs ouvrages ,
&c. s vol. grand in 8°.
Hiltoire des théâtres de la Comédie Italienne
& de l'Opéra- comique , depuis leur établiſſement
en France juſqu'à nos jours , avec l'analyſe
raiſonnée , & Thiſtoire anecdotiquede
ces théâtres , 6 vol. in 12.
Les Nuits parifiennes , ou recueil de traits finguliers
, d'anecdotes , de pentées , &c. 2 vol.
in-8°.
Les deux áges du goût & du génie , ou les efforts
& les progrès du goût & du génie dans
les ſciences , les arts & la littérature , ſous
les regnes de Louis XIV & de Louis XV ,
vol. grand in-8°.
Nouvelles recherches fur les êtres microscopiques
, & fur la génération des corps orgapifés
, vol. grand in 80 , avec figures.
Dictionnaire de lagéographie ancienne , vol. in-8º.
chez LACOMBE , Libraire , à Paris.
CeLibraire se charge d'envoyer en Province les
Livres, Estampes , Muſiques , &c. aux particuliers
qui lui marquent leurs intentions en lui
faisant remettre d'avance les fonds néceſſaires
en argent , ou en effets à recevoir à Paris.
JOURNAUX.
Pour lesquels on s'abonne , foit pour Paris, fois
pour la Province , chez LACOMBE , Libraire.
Les Soufcripteurs de Province font priés de remettre
leur argent à la Pofte , avec une Lettre
d'avis , & d'affranchir l'un & l'autre.
ML
ERCURE DE FRANCE ; il en paroît 16 vol.
in 12 par an ; l'abonnement eſt à Paris de 24 liv.
Et pour la Province, port franc par la poſte, 32 liv.
JOURNAL DES SÇAVANS , in 4 ou in 12 , 14 vol.
àParis. 16 liv.
Franc de port en Province. 201.4f.
ANNÉE LITTÉRAIRE , compoſée de quarante
cahiers de trois feuilles chacun , à Paris, 24 liv.
En Province , port franc par la Poſte , 32 liv.
L'AVANT- COUREUR , feuille qui paroît le lundi
de chaque ſemaine , & qui donne la notice
des nouveautés des Sciences , des Arts libéraux
&méchaniques , de l'Induſtrie &de la Littérature
. L'abonnement , ſoit pour Paris , ſoit pour
laProvince, port franc par la poſte,eſtde 12 liv.
2
JOURNAL ECCLÉSIASTIQUE , par M. l'Abbé Dinouart
; il en paroît 14 vol. par an . L'abonnement
pour Paris eft de 9 liv. 16 fols.
Et pour la Province, port franc par la poſte, 14 1.
EPHÉMÉRIDES DU CITOYEN, ou bibliotheque rai-
:Yonnée des Sciences morale & politique, in- 12 ,
12 vol . par an. L'abonnement pour Paris eft
de 18 liv.
Et pour la Province, port franc par la poſte, 24 1.
JOURNAL ENCYCLOPÉDIQUE , in- 12 , composé de
24 vol . par an , port franc par la poſte , à Pa-
-ris& en Province 33 liv. 12 f.
JOURNAL POLITIQUE , port franc par la poſte à
Paris& en Province 14liv.
LIVRES.
DICTIONNAIRE raiſonné univerſel d'HISTOIRE
NATURELLE, par M. Valmont de Bomare , nouvelle
édition , 6 vol. in-8°. relié. 27 liv .
Et en 4 vol. in- 4°. relié. 48 liv.
Dictionnaire de CHYMIE, par M. Macquer, 2 vol.
-in-8º reliés . 9 liv .
vol . in 8° . reliés . 9 liv.
Dictionnaire portatif des ARTS ET METIERS , 2
Dictionnaire de CHIRURGIE, 2 vol. in-8°. rel. 9 liv .
Dictionnaire interprete de MATIERE MEDICALE ,
*&c. vol. in-8 ° d'environ 900 pages relić. s liv .
Dict. d'ANECDOTES , de traits caractériſtiques &
finguliers, faillies , bons mots & réparties ingénieufes
,&c . I vol. in- 8º relié. 4liv. 10f.
Dict. des PORTRAITS HISTORIQUES , anecdotes ,
& traits remarquables des hommes illuftres , 3
vol. in 8 reliés . Is liv.
Diet. ECCLESIASTIQUE & CANONIQUE , portatif ,
vophin-80 reliés .
وliv.
Dict. portatif de Jurisprudence & de pratique ,
3 vol. in 8º reliés. τοliv. to
Dict. lyrique , portatif , ou choix des plus jolies
ariettes de tous les genres , diſpoſées pour la
voix & les inſtrumens , avec les paroles fran
çoiſes ſous la muſique , 2 vol. in-8° , Is liv.
Dict. typographique , historique & critique des
livres rares ,finguliers , estimés & recherchés ,
avec les prix , 2 vol. in- 8º reliés .
Dict. historique , par M. l'abbé Ladvocat, 2 vol.
10 liv. 10 f.
و liv.
in- 8 reliés .
Dict. géographique de Voſgien, revu par M. l'abbé
Ladvocat, 2 vol . in- 8°, nouv.édit. 4liv. 10 6.
Dict. de droit canonique , par Durandde Maillane,
2 vol. in -4° reliés . 24 liv.
Dict. de phyſique , par le Pere Paulian , 3 vol .
in-4° brochés. 27.1.
Dict. univerſel des fofſiles propres &des folfiles
accidentels , &c. in - 8º , par M. Bertrand , relić.
41. 10 f.
Dict. anglois & françois , françois & anglois
in-8° relié. 10 liv.
Dict. allemand & françois , & françois & alle.
mand , in- 80 , relié. 61.
-Idem in 4°. relié. 121.
Dict.dedroit&de pratiq. 2 vol. in- 4°. relié. 20 1.
Avis aux meres qui veulent nourrir leurs enfans
, broché. I liv.
Trois avis au peuple fur leblé , la farine & le
pain.
Almanach philofophique.
2 liv. 12
1 liv. 4C.
Anecdotes de médecine , in- 12 relié.
Antropologie , 2 vol, in- 12 , broché,
L
3 liv.
-Idem. in- 4º broché.
4
liv
.
6lix.
Anatomie du corps humain , par M. J. Proſteval,
in - 4° relié.
t
12liv.
Almahide , 8 vol. in- 8 , reliés . 3.2liv.
ai
4
LeBotaniste François , 2 vol. reliés. s liv
Le bon Fermier , ou l'Ami des Laboureurs , in - 12
broché. 2 liv.
La bonne Fermiere , broché. 1 liv. 16 (.
Bocace Italien, édit, de Londres, in- 4°, br. 24 liv .
Bibliotheque des jeunes négocians , par Jean Larue
, 2 vol. in 4º relié. 18 liv.
La ſainte Bible par le Cêne, 2 vol. in- fol. rel . 40 1.
Catéch.de Montpell. en lat. 6 vol. in 4º, br. 48 1.
Celiane , ou les Amans féduits par leur vertu ,
in- 12 , broché. 1 liv. 10 f.
Le Citoyen défintéreſſé, 2 vol. in-8 ° , br. 4 1. 10 f.
Commentaire des aphorismes de médecine d'Herman
Bse have par Wans Wieten en françois
, 2 vol. in- 12 , brochés. 4liv.
Conférence de Bornier , 2 vol . in-4º , reliés. 24 1.
Controverfefur la religion chrétienne & celle des
Mahometans, in- 12 , 1767 , broché. 1 1. 16 (.
Le Docteur Panſophe , ou lettre de M. de Voltaire
a M. Home , in 12 , broché. 12 C.
Les DELASSEMENS CHAMPÊTRES , 2 vol. in- 12
brochés. 4liv.
Difputationes ad morborum hiftoriam & curationem
, &c. Albertus Hallerus , 6 vol . in 4º ,
reliés. 60 liv.
Difputationes chirurgicæ ſelectæ , Albertus Hallerus
, vol. in 4º , reliés . so liv.
Diſpenſatorium Pharmaceuticum , in-4 ° , 2 vol.
brochés. 24 liv.
Differtation fur la littérature , 4 vol. in 80. 6 liv .
Elemens de pharmacie , théorique & pratique , par
M. Beaumé , Maître Apothicaire de Paris ,
I vol. in 8 °, grand papier, avec fig. relić. 6 liv .
Examen des faits qui fervent de fondement à la
religion chrétienne , 3 vol. in- 12 , par M. l'abbé
François , reliés . 7 liv . 10 f.
Eſſai fur les erreurs & fuperftitions anciennes&
5
modernes , nouvelle édition , augmentée ,
1767 , grand in- 8 ° , relié. sliv.
Elemens de philofophie rurale , broché 2liv.
Effſaisfur l'art de la guerre , avec cartes &planches,
parM. le comte deTurpin , 2vol. in-4 ,
brochés. 24 liv.
24f.
Exposéfuccinct de la contestationdeM. Rousseau
avec M. Hume , in 12,broché.
Eſſai ſur l'hiſt. des belles lettres, 4vol. rel. 12 liv.
Entretien d'une ame pénitente, in 12 broché. 2 liv.
Les élémens de la médecine pratique , par M.
Bouillet , in 4º , relié. 7 liv.
Elém. de métaph. facrée&profane, in-sobr. 3 liv.
Histoire naturelle de l'homme dans l'état demaladie,
in-89 , 2 vol . relié. 9 liv.
Hift. desprogrès de l'esprit kumaindans lesſciences
exactes , & dans les arts qui endépendent ,
&c. par M. Saverien , grand in- 8 ° relić. 5 liv.
Hift. de Christine , Reine de Suede , in- 12 , relié.
2 liv. 10 f.
Hift. de la prédication, 1 vol. in- 12, rel.2 liv. 10 f.
Hift. des Empereurs , 12 vol. reliés in- 12..361.
Hift. du bas Empire , 10 vol. reliés . 30 liv.
Hift. ecclef. de Racine , 15 vol.in- 12, relié. 48 liv.
in-4° , 13 vol. 130 liv.
Hift. de France de Vely , 18 vol . reliés , in 12.
54 liv.
Hift. moderne , 12 vol. reliés , in- 12 . 36 liv .
Hift. de Lucie Weller , 2 vol. in 12 , broché. 4 liv .
Hift. des révolutions de Florence ſous les Medicis ,
3 vol. in- 12 reliés . 7liv. 10 f.
Hift. de l'Afrique ( nouvelle ) françoise , 2 vol.
in- 12 , reliés. 6liv.
Hift. de l'empire ottoman , in-4º, relić . 9 liv.
Hift. des navigations aux terres Auſtrales , 2 vol.
in-4° , reliés. 24liv.
6
Hift.navaled'Angleterre,3 vol. in-4°.rel. 27 liv.
Mélangesintéreſſans & curieux , contenant l'hiſ-
12 , re'iés .
toire naturelle , morale , civile & politique
de l'Afie , de l'Afrique & des terres Polaires ,
par M. Rouffelor de Surgy , 1766 , 10 vol. in-
25 liv.
Mém. de Mile de Valcourt , 2 vol. broc. 2 liv . 8 .
M.decine rurale& pratique , rel . in- 12. 21. 10 f.
Henry IV, ou la réduction de Paris , poëme en
1 liv. 4 (.
Manu'l de chymie , par M. Beaumé , nouvelle
édition augmentée , in- 12 , relié. 2 liv. ro f.
Manuel lexique , par M. l'abbé Prevôt , 2 vol.
in 8 ° , reliés .
trois actes.
و liv.
Manuel harmonique, &c . par M. Dubreuil , maître
de clavecin , in- 8 ° ; 1767 , broché . 1 liv. 16 f.
Mémoires militaires , & voyages du Pere de Singlande
, 2.vol. in-12 , 1766 , broc.
Mémoirefur l'adminiſtration des finances d'Angle-
21.101.
terre , in -4° , broché. 6liv.
Maladies des gens de mer , par M. Poiffonnier ,
in 8°, relić. sliv.
Monades de Leibnitz , in , broché. 9liv
Mémoire ſur le ſafran , in- 80 , broché. I liv. 4
Notesfur la lettre de M. de Voltaire , br. 9 fols .
Oeuvres dramatiques , avec des obſervations , par
M. Marin , in 8° , broché. 2 liv.
Olave ou le jeune Pompée , ou le Triumvirat ,
avec des notes & des morceaux hiſtoriques ,
I vol. in- 8 ° , broché . 1 liv. 16
Les OEuvres de Rouſſeau , in- 12 , petit format ,
5 vol. reliés. 10liv.
Les Cuvres de M. d'Héricourt , 4 vol. in-4 ° ,
reliés.. 40liv.
Obfervationsfur la mouture des bleds , & fur leur
produit. 101.
La poétique de M. de Voltaire , 2 part. en un
7
grand in- 8° , relić. s liv .
Pensées & réflexions morales , nouv. édit. revue &
augmentée , broché. I liv. 10 f.
Polypes d'eau douce , ou lettre de M. Romé de
l'Iſle à M. Bertrand , &c. broché . 12 .
La paſſion de notre Seigneur Jesus- Chrift , miſe
en vers & en dialogues , in-8 ° , broché. 12 f.
Richardet , poëme héroï- comique , en 12 chants ,
dans le goût de l'Arioſte , I vol. grand in-8°,
relić.
s liv.
Les Scythes , tragédie de M. de Voltaire , nouv .
11.10 6. édition , in- 8 ° , broché.
Syphilis , ou le mal vénérien , poëme latin de
Jerôme Fracaſtor , avec la traduction en françois
& des notes , I vol . in. 8 ° broché . 1 1. 10 f.
La Sechia Rapita , 2 vol . in- 8º reliés. 36 liv.
Table des monnoies courantes dans les quatre
parties du monde , brochés. 1 1.4f.
Traité de toutes les coliques , in-12 , 1767 ,
broché. 1 liv. 10(.
Traité des principaux objets de médecine , 2 vol.
in- 12 , reliés . sliv.
Théorie du plaifir , I vol. broché. 1 liv. 16f.
Traité des jacinthes , broché. 1 liv. 4 f.
Traitédes tulipes , broché. I liv. 106.
2 liv. Traité des renoncules , broché.
Recueil de divers traités ſur l'hiſtoire naturelle de
laterre & des foſſiles , in-4° , broché. 9 liv.
Virgile d'Annibal Carro, 2 vol, in- 8 °, reliés. 36 1.
OUVRAGES fous preſſe & qui doivent paroître
inceffamment.
in-89.
Supplément pour la premiere édition du dictionnaire
d'histoire naturelle , volume
Hiſtoire du Patriotisme François , ou nouvelle
hiſtoire de France , dans laquelle on s'eft
8
S
principalement attaché à décrire les traits de
patriotiline qui ont illustré nos Rois , la Nobleſle
& le Peuple François , depuis l'origine
de la monarchie , juſqu'a nos jours , 6vol.
in- 12.
Variétés littéraires , ou choix de morceaux intéreffans
& curieux , concernant les ſciences ,
les arts & la littérature , 4 vol . in- 12.
Dictionnaire de Telocution françoise , contenant
les regles & les exemples de la grammaire ,
de l'éloquence&de la poéſie , 2 vol. in-১০.
Hiſtoire littérairedes Femmes Françoises , contenant
une analyte raifonnée de leurs ouvrages ,
&c. s vol. grand in 8°.
Hiltoire des théâtres de la Comédie Italienne
& de l'Opéra- comique , depuis leur établiſſement
en France juſqu'à nos jours , avec l'analyſe
raiſonnée , & Thiſtoire anecdotiquede
ces théâtres , 6 vol. in 12.
Les Nuits parifiennes , ou recueil de traits finguliers
, d'anecdotes , de pentées , &c. 2 vol.
in-8°.
Les deux áges du goût & du génie , ou les efforts
& les progrès du goût & du génie dans
les ſciences , les arts & la littérature , ſous
les regnes de Louis XIV & de Louis XV ,
vol. grand in-8°.
Nouvelles recherches fur les êtres microscopiques
, & fur la génération des corps orgapifés
, vol. grand in 80 , avec figures.
Dictionnaire de lagéographie ancienne , vol. in-8º.
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Résumé : JOURNAUX & LIVRES qui se trouvent chez LACOMBE, Libraire, à Paris.
Le document présente une liste de journaux et de livres disponibles chez Lacombe, un libraire parisien. Lacombe propose l'envoi de livres, estampes, musiques, etc., en province contre paiement préalable. Les tarifs d'abonnement pour divers journaux sont détaillés : 'Mercure de France' coûte 24 livres à Paris et 32 livres en province, 'Journal des Sçavans' 16 livres à Paris et 20 livres 4 sous en province, 'Année Littéraire' 24 livres à Paris et 32 livres en province, 'L'Avant-Coureur' 12 livres pour Paris et la province, 'Journal Ecclésiastique' 9 livres 16 sols à Paris et 14 livres en province, 'Éphémérides du Citoyen' 18 livres à Paris et 24 livres en province, 'Journal Encyclopédique' 33 livres 12 sous à Paris et en province, et 'Journal Politique' 14 livres à Paris et en province. Le document énumère également divers dictionnaires et ouvrages, tels que le 'Dictionnaire raisonné universel d'HISTOIRE NATURELLE' de Valmont de Bomare et le 'Dictionnaire de CHYMIE' de Macquer. Parmi les ouvrages littéraires et scientifiques mentionnés figurent 'Almahide', 'Le Botaniste Français', 'La sainte Bible', ainsi que des traités médicaux et philosophiques. Les prix et formats (reliés ou brochés) des livres sont spécifiés. La liste inclut des essais, des histoires, des traités médicaux, des poèmes, des mémoires, et des recueils divers, couvrant des sujets variés comme l'art de la guerre, l'histoire, la médecine, et les sciences naturelles. Certains ouvrages sont des éditions révisées ou augmentées, et quelques-uns sont en cours de publication.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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