AUTRE EN VAUDEVILLES.
Air : Nousfommes Précepteurs d'amour.
Cinq pieds forment tout mon terrain ,
Mais j'ai bien un autre étalage ;
Lecteur , en François , en Latin ,
Décompoſez mon aſſemblage.
Air des Sabotiers Italiens : Sous un ombrage
frais fait exprès.
J'offred'abord en mon joli nom ,
Des amours maint compagnon
Sans me changer
Ce tendre berger ,
Bon ;
Qui fit un Grec d'un feul coup ,
Cou ;
Des menuets
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
Les actes les plus parfaits ;
Plus la lettre a ;
Un adverbe après cela .
En Latin le bord d'un élement ,
Que l'onde toujours gliffant
Rend.
Air:Quand l'Auteur de la nature.
Une note de mufique ,
Quelque part un bain très-ſpécifique;
Dansl'Egypte,
Hypocrite ,
Un taureau
Fêté plus qu'un poireau.
En Latin l'infecte illuftre ,
Dont les biens des Autels font le luftre,
Ce qu'à Rome
L'honnête homme
Débourfoit ,
Quand ſa dette il payoit.
Air : Ah , le bel oiſeau , maman.
'Augénitif le pays
Fertile en marbre & porphyre ,
Une ville dont Louis
Dépouilla ſes ennemis;
De l'Elide une cité ;
Dans nous un fougueux délire ,
Honte de l'humanité ,
Que la raifon doit détruire ,
CTOBRE. 1753 . 127
Cequ'au retour de ſon pré
La fermiere prefle & tire ;
Du nouvellifte entêré ,
L'argent promis , non compté.
Air : Nous venons de Barcelonette,
Un terme Latin dont Catale
Se fert pour rendre un petit pain ,
Mais que Juvenal intitule ,
Gordon d'un menton enfantin.
Air : De M. le Prevêt des Marchands.
D'égal fingulier génitif,
Du mal triſte ſuperlatif.
Dites en Latin, tu m'écorches ,
L'impératif du verbe alter,
Je vous donne afſez d'anicroches ,
Tâchez de me déceler.
Air : Quej'aime mon cher Arlequin.
Mon Edipe eſt embarraſſé,
Que je fuis folle !
Dansmon ſein peut être enfoncé ,
De mes plaiſirs il eſt laffé ,
Car je fuis ſon idole ;
Trop long-tems je l'ai tracaffé ;
Mon nom.... ah , qu'il eſt drôle !