1
p. 107-109
« L'USAGE des Globes célestes & terrest[r]es, & des spheres, suivant les differens [...] »
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L'USAGE des Globes célestes & terrest[r]es, & des spheres, suivant les differens [...]
Mots clefs :
Globes célestes, Description, Livre, Sphères, Usage, Monde, Univers
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texteReconnaissance textuelle : « L'USAGE des Globes célestes & terrest[r]es, & des spheres, suivant les differens [...] »
L'USAGE des Globes célestes & terrest[r]es,
& des spheres, suivant les differens
systêmes du monde, précedé d'un
Traité de Cosmographie, ou est expliqué
avec ordre tout ce qu'il y a de plus curieux
dans la description de l'univers, suivant
les Mémoires & les observations des plus
habiles Astronomes & Géographes, ac-
compagné des figures nécessaires, dédié
au Roi. Sixiéme édition, revûe & corri-
gée par M. Bion, Ingénieur du Roi pour
les instrumens de Mathématiques. Sur le
Quai de l'Horloge du Palais, où l'on
trouve des sphéres & des globes de tou-
tes façons. A Paris, chez Jacques Guerin
& Nyon, fils, 1751.
Cet ouvrage, dont l'usage est devenu
avec raison si génétal, & qui passe pour
le meilleur de ce genre, est distribué en
trois Livres. On explique dans le premier,
tout ce qui appartient aux corps célestes,
leur nombre, leur disposition, leur figu-
re, leut mouvement, leur distance de la
terre, leur grosseur, & généralement tou-
tes leurs propriétés, suivant les diffe-
rens systêmes. Celui de Copernic est plus
EvI
Dustnes vd
108 MERCURE DE FRANCE.
développé, comme le plus généralement
reçu. Le premier Livre est terminé pa l'ex-
plication des principaux phenomènes de la
Nature, comme le flux & reflux de la mer,
les metéores, &c. & quelques autres ques-
tions qui sortent un peu du sujet.
Le second Livre contient tout ce qui
peut appartenir à la description de la ter-
re & de l'eau, par rapport à la Géogra-
phie. On y trouve de plus plusieurs me-
thodes curieuses, pour parvenit à la con-
noissance des longitudes des Villes, & à
scavoir mesurer la circonference de la ter-
re. Ce Livre finit par une description his-
torique, courte, & pourtant suffisante
des Etats un peu considérables qui parta-
gent l'univers.
On trouve dans le troisiéme & dernier
Livre, la maniere de tracer les fuseaux
pour la construction, des globes célestes &
terrestres, & les Cartes de Géographie
générales & particulieres. On y rapporte
plus de cent usages differens, les plus
beaux & les plus utiles qni puissents ap-
pliquer aux spheres & aux globes célestes
& terrestres, &c.
M. Bion, le fils, qui donne l'édition
que nous annonçons, a suivi exactement
la cinquieme qui avoit été publiée par
l'Auteur; il a eu seulement l'attention de
zed by Goc
109
JANVIER. 1752.
téformer ce qui regarde le Baromêtre &
le Thermomêtre, qui ont été portés de-
puis quelque tems à un grand degré de
perfection; & de faire à la description
géographique & historique des quatre
parties du monde, les changemens que
les tems, l'ambition & les évenemens Y
ont fait.
& des spheres, suivant les differens
systêmes du monde, précedé d'un
Traité de Cosmographie, ou est expliqué
avec ordre tout ce qu'il y a de plus curieux
dans la description de l'univers, suivant
les Mémoires & les observations des plus
habiles Astronomes & Géographes, ac-
compagné des figures nécessaires, dédié
au Roi. Sixiéme édition, revûe & corri-
gée par M. Bion, Ingénieur du Roi pour
les instrumens de Mathématiques. Sur le
Quai de l'Horloge du Palais, où l'on
trouve des sphéres & des globes de tou-
tes façons. A Paris, chez Jacques Guerin
& Nyon, fils, 1751.
Cet ouvrage, dont l'usage est devenu
avec raison si génétal, & qui passe pour
le meilleur de ce genre, est distribué en
trois Livres. On explique dans le premier,
tout ce qui appartient aux corps célestes,
leur nombre, leur disposition, leur figu-
re, leut mouvement, leur distance de la
terre, leur grosseur, & généralement tou-
tes leurs propriétés, suivant les diffe-
rens systêmes. Celui de Copernic est plus
EvI
Dustnes vd
108 MERCURE DE FRANCE.
développé, comme le plus généralement
reçu. Le premier Livre est terminé pa l'ex-
plication des principaux phenomènes de la
Nature, comme le flux & reflux de la mer,
les metéores, &c. & quelques autres ques-
tions qui sortent un peu du sujet.
Le second Livre contient tout ce qui
peut appartenir à la description de la ter-
re & de l'eau, par rapport à la Géogra-
phie. On y trouve de plus plusieurs me-
thodes curieuses, pour parvenit à la con-
noissance des longitudes des Villes, & à
scavoir mesurer la circonference de la ter-
re. Ce Livre finit par une description his-
torique, courte, & pourtant suffisante
des Etats un peu considérables qui parta-
gent l'univers.
On trouve dans le troisiéme & dernier
Livre, la maniere de tracer les fuseaux
pour la construction, des globes célestes &
terrestres, & les Cartes de Géographie
générales & particulieres. On y rapporte
plus de cent usages differens, les plus
beaux & les plus utiles qni puissents ap-
pliquer aux spheres & aux globes célestes
& terrestres, &c.
M. Bion, le fils, qui donne l'édition
que nous annonçons, a suivi exactement
la cinquieme qui avoit été publiée par
l'Auteur; il a eu seulement l'attention de
zed by Goc
109
JANVIER. 1752.
téformer ce qui regarde le Baromêtre &
le Thermomêtre, qui ont été portés de-
puis quelque tems à un grand degré de
perfection; & de faire à la description
géographique & historique des quatre
parties du monde, les changemens que
les tems, l'ambition & les évenemens Y
ont fait.
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Résumé : « L'USAGE des Globes célestes & terrest[r]es, & des spheres, suivant les differens [...] »
L'ouvrage 'L'Usage des Globes célestes & terrestres', publié en 16ème édition en 1751 par Jacques Guerin & Nyon, fils, est un traité de cosmographie dédié au roi. Révisé et corrigé par M. Bion, ingénieur du Roi pour les instruments de mathématiques, il est reconnu comme le meilleur de son genre. L'ouvrage est divisé en trois livres. Le premier livre explore les corps célestes, leur nombre, disposition, figure, mouvement, distance de la Terre, taille et propriétés, en s'appuyant sur divers systèmes, notamment celui de Copernic. Il conclut avec l'explication des phénomènes naturels tels que le flux et reflux de la mer et les météores. Le deuxième livre traite de la géographie terrestre et aquatique, incluant des méthodes pour déterminer les longitudes des villes et mesurer la circonférence terrestre, ainsi qu'une description historique des États importants. Le troisième livre détaille la construction des globes célestes et terrestres et des cartes géographiques, en présentant plus de cent usages variés. M. Bion a mis à jour les sections sur le baromètre et le thermomètre, et intégré les récentes modifications dans la description géographique et historique des quatre parties du monde.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 109
« DE l'origine des Germains, & de leurs anciennes migrations avec ce qui leur est [...] »
Début :
DE l'origine des Germains, & de leurs anciennes migrations avec ce qui leur est [...]
Mots clefs :
Germains, Migrations
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texteReconnaissance textuelle : « DE l'origine des Germains, & de leurs anciennes migrations avec ce qui leur est [...] »
DE l'origine des Germains, & de leurs
anciennes migrations avec ce qui leur est
arrivé de plus remarquable; deux Livres
par Jean-George Eccard, & publiés par
M. Scheidius. A Gottingen, 1750. Un vo-
lume in 4°. en Latin.
Cee ouvrage plein de recherches & de
conjectures, & dans lequel il s'est glissé
quelques erreurs, ne va que jusqu'à l'Em-
pereur Commode, inclusivement. L'Edi-
teur promet une continuation jusqu'à
Charlemagne; il pourroit la pousser plus
loin, sans craindre de se livrer à un tra-
vail inutile.
anciennes migrations avec ce qui leur est
arrivé de plus remarquable; deux Livres
par Jean-George Eccard, & publiés par
M. Scheidius. A Gottingen, 1750. Un vo-
lume in 4°. en Latin.
Cee ouvrage plein de recherches & de
conjectures, & dans lequel il s'est glissé
quelques erreurs, ne va que jusqu'à l'Em-
pereur Commode, inclusivement. L'Edi-
teur promet une continuation jusqu'à
Charlemagne; il pourroit la pousser plus
loin, sans craindre de se livrer à un tra-
vail inutile.
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Résumé : « DE l'origine des Germains, & de leurs anciennes migrations avec ce qui leur est [...] »
L'ouvrage 'De l'origine des Germains, & de leurs anciennes migrations avec ce qui leur est arrivé de plus remarquable' a été écrit par Jean-George Eccard et publié par M. Scheidius à Göttingen en 1750. Rédigé en latin, il traite des événements jusqu'à l'empereur Commode. Il inclut des recherches et des conjectures, mais comporte aussi des erreurs. L'éditeur envisage de poursuivre l'histoire jusqu'à Charlemagne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 109-110
« PREMIERE Lettre critique sur les Hymnes attribuées à Homere, & sur Hésiode [...] »
Début :
PREMIERE Lettre critique sur les Hymnes attribuées à Homere, & sur Hésiode [...]
Mots clefs :
Hymnes, Homère, Hésiode
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texteReconnaissance textuelle : « PREMIERE Lettre critique sur les Hymnes attribuées à Homere, & sur Hésiode [...] »
PREMIERE Lettre critique sur les Hymnes
attribuées à Homere, & sur Hésiode
adressée à M. Valckenard. Par M. David
Rubnken, en Latin. A Leyde, chez Cor-
neille de Perker.
Il y a deux siécles que cette brochure
auroit fait la réputation de son Auteur. Il
tized by Goc
110 MERCUREDEFRANCE.
a toute la sagacité des meilleurs Scholias
tes. Son travail se réduit à des corrections
de passages, & à quelques observations
sur le texte des Hymnes, attribuées à
Homere, & sut les Poësies d'Hesiode,
intitulées: les Travaux & les Jours, & la
Theogonie.
attribuées à Homere, & sur Hésiode
adressée à M. Valckenard. Par M. David
Rubnken, en Latin. A Leyde, chez Cor-
neille de Perker.
Il y a deux siécles que cette brochure
auroit fait la réputation de son Auteur. Il
tized by Goc
110 MERCUREDEFRANCE.
a toute la sagacité des meilleurs Scholias
tes. Son travail se réduit à des corrections
de passages, & à quelques observations
sur le texte des Hymnes, attribuées à
Homere, & sut les Poësies d'Hesiode,
intitulées: les Travaux & les Jours, & la
Theogonie.
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Résumé : « PREMIERE Lettre critique sur les Hymnes attribuées à Homere, & sur Hésiode [...] »
La brochure 'Première lettre critique sur les Hymnes attribuées à Homère, & sur Hésiode' de David Rubnken, publiée à Leyde, corrige des passages et analyse les Hymnes homériques ainsi que 'Les Travaux et les Jours' et 'La Théogonie' d'Hésiode. Elle est appréciée pour sa perspicacité et a été étudiée par les meilleurs scholiastes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 110
« HERCULIS quies & expiatio in eximio Farnesiano marmore expressa Florentiae, in-folio, [...] »
Début :
HERCULIS quies & expiatio in eximio Farnesiano marmore expressa Florentiae, in-folio, [...]
Mots clefs :
Hercule, Marbre, Inscriptions grecques
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texteReconnaissance textuelle : « HERCULIS quies & expiatio in eximio Farnesiano marmore expressa Florentiae, in-folio, [...] »
HERCULIS quies & expiatio in eximio
Farnesiano marmore expressa Florentiae, in-folio,
1751. C'est l'explication du mar-
bre si justement célébre, où sont gravées
plusieurs inscriptions Grecques sur les tra-
vaux d'Hercu e, dont on ne pouvoit dis-
tinguer les! caractères effacés par l'injure
des tems. Le fameux Pere Corsini en est
l'Auteur.
Farnesiano marmore expressa Florentiae, in-folio,
1751. C'est l'explication du mar-
bre si justement célébre, où sont gravées
plusieurs inscriptions Grecques sur les tra-
vaux d'Hercu e, dont on ne pouvoit dis-
tinguer les! caractères effacés par l'injure
des tems. Le fameux Pere Corsini en est
l'Auteur.
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5
p. 110
« DICTIONNAIRE des Fleurs & des Plantes, in-8o. 1751, quatriéme édition. [...] »
Début :
DICTIONNAIRE des Fleurs & des Plantes, in-8o. 1751, quatriéme édition. [...]
Mots clefs :
Fleurs, Plantes
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texteReconnaissance textuelle : « DICTIONNAIRE des Fleurs & des Plantes, in-8o. 1751, quatriéme édition. [...] »
DICTIONNAIRE des Fleurs & des Plantes,
in-8o. 1751, quatriéme édition.
Cet ouvrage qui est écrit en Allemand,
méri:eroit bien d'être traduit. On y trou-
ve dans chaque article, les noms, le gen-
re, l'espéce, la forme, la propriété &
l'usage de chaque plante pour la Méde-
cine.
in-8o. 1751, quatriéme édition.
Cet ouvrage qui est écrit en Allemand,
méri:eroit bien d'être traduit. On y trou-
ve dans chaque article, les noms, le gen-
re, l'espéce, la forme, la propriété &
l'usage de chaque plante pour la Méde-
cine.
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6
p. 110-111
« NOUVEAU Traité sur les végétaux d'Angleterre & des Pays étrangers, qu'on employe [...] »
Début :
NOUVEAU Traité sur les végétaux d'Angleterre & des Pays étrangers, qu'on employe [...]
Mots clefs :
Végétaux d'Angleterre, Vaisseau, Électricité, Métallurgie
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texteReconnaissance textuelle : « NOUVEAU Traité sur les végétaux d'Angleterre & des Pays étrangers, qu'on employe [...] »
NOUVEAU Traité sur les végétaux d'Angleterre
& des Pays étrangers, qu'on employe
dans la pratique de la Médecint,
itized by Goc
JANVIER.
1752.
111
en Anglois, 1751. Chez Davitt, Un vo-
lume in. 8°.
INTERFRETE naval, ou explication des
mots & termes, concernant les parties,
les qualités, la construction, les agrets,
la fourniture, & l'équipement d'un Vais-
seau pour la mer, avec toutes les espéces
de provisions, reçues dans les magazins
& leur emploi; les titres de tous les bas
Officiers d'un Vaisseau, & leurs fonctions
respectives. Par Thomas Biley Blankley,
en Anglois. A Londres, in-fol. 1751.
EXDERIENCES & observations sur l'Elec-
tricité, fuites à Philadelphie, en Anglois.
Par M. Benjamin Frantliu. A Londres,
chez Cæve, 1751.e
LA Métallurgie, on l'Art de tirer & de
purifier les métaux, avec les Dissertations
les plus rares pour les mines & les opéra-
tions métalliques. A la Haye, 1751.
Deux volumes in- 12.
& des Pays étrangers, qu'on employe
dans la pratique de la Médecint,
itized by Goc
JANVIER.
1752.
111
en Anglois, 1751. Chez Davitt, Un vo-
lume in. 8°.
INTERFRETE naval, ou explication des
mots & termes, concernant les parties,
les qualités, la construction, les agrets,
la fourniture, & l'équipement d'un Vais-
seau pour la mer, avec toutes les espéces
de provisions, reçues dans les magazins
& leur emploi; les titres de tous les bas
Officiers d'un Vaisseau, & leurs fonctions
respectives. Par Thomas Biley Blankley,
en Anglois. A Londres, in-fol. 1751.
EXDERIENCES & observations sur l'Elec-
tricité, fuites à Philadelphie, en Anglois.
Par M. Benjamin Frantliu. A Londres,
chez Cæve, 1751.e
LA Métallurgie, on l'Art de tirer & de
purifier les métaux, avec les Dissertations
les plus rares pour les mines & les opéra-
tions métalliques. A la Haye, 1751.
Deux volumes in- 12.
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Résumé : « NOUVEAU Traité sur les végétaux d'Angleterre & des Pays étrangers, qu'on employe [...] »
Le document énumère des publications de 1751 et 1752, dont 'Nouveau Traité sur les végétaux' traduit par Goc, 'Interprète naval' de Thomas Biley Blankley sur les vaisseaux et leurs officiers, 'Expériences et observations sur l'Électricité' de Benjamin Franklin, et 'La Métallurgie' en deux volumes sur les mines et les métaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 111-121
« REFLEXIONS décisives sur le Judaisme. A Paris, chez Quillau, pere, rue Galande, [...] »
Début :
REFLEXIONS décisives sur le Judaisme. A Paris, chez Quillau, pere, rue Galande, [...]
Mots clefs :
Dieu, Vérité, Religion, Juifs, Nations, Condamner, Mort, Abraham, Homme, Siècles
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texteReconnaissance textuelle : « REFLEXIONS décisives sur le Judaisme. A Paris, chez Quillau, pere, rue Galande, [...] »
REFLEXIONS décisives sur le Judaisme.
A Paris, chez Quillau, pere, rue Galande,
1751. Brochure de 44 pages.
Les Juifs ont été pendant long. tems le
leul peuple de l'univers qui ait connu le
Dgsiras ye0
II2MERCUREDE FRANCE.
vrai Dieu, aujourd'hui presque toutes les
Nations le connoissent. Comment fut
opéré ce grand changement? par la pré-
dication & le culte d'un homme qu'ils
ont condamné, & mis à mort comme
séducteur; de manière qu'au nom d'un
homme condamné, & mis à mort par les
Juifs, les Nations ont été converties, &
amenées à la connoissance du Dieu des
Juifs. Ce qu'il y a encore d'étrange dans
cet évenement, c'est que l'a conversion
opérée au nom de l'homme condamné
& mis à mort, est précisement l'époque
des disgraces du peuple qui la condamné.
Ces disgraces durent encore après dix-
sept siécles, & avec ce caractére singu-
lier, que ce peuple disgracié & opprimé sur-
vit tonjours à ses oppresseurs, & patoît com
me indestructible. Cet état est trop éloigné
du cours ordinaire pour qu'on puisse y
méconnoitre la main toure-puissante du
Dieu d'Abraham; cela est clair pour les
moins clairvoyans: ce même état, qui
fait l'humiliation des. Juifs, fait par op-
position le triomphe des Chrétiens. D'où.
il résulte que ce triomphe des Chrétiens
& l'humiliation des Juifs, sont deux ef-
fets de l'ordre de Dieu sur les deux socié-
tés Chrétienne & Judaique. Quelles sont
les suites de cet ordre? C'est de faire par
JANVIER. 1752.
113
provision succomber la société Judaique,
& de faire an contraire prévaloir la so-
ciété Chrétienne. Sur quoi l'Aureur des
Réflexions propose les deux problêmes
suivans. Premiet problême: Si le parti
Judaique est celui de la véritè, Dieu a i'il
permis qu'il ait succombé? Second problê-
me : Si le parti du Christianisme ast celui de
l'erreur; Dicu a-i'il pu permeitre qu'il ait
prévalu? Après une discussion nette, for-
te, élegante même des deux problêmes
& un résultat conforme à la Religion &
à la raison, l'Auteur dit aux Juifs
Il y a dix-sept siécles que vous attendez
le Messie qui vous délivrera du joug des
Nations, & que vous combattez celui
que les Nations adorent, sans avoit en-
core pû obtenit ce que vous attendez, ni
vaincre ce que vous combattez.
Inutilement représentez- vous à Dieu
que votre cause est la fienne propre, &
que vos disgraces, en fournissant des ar-
mes à vos adversaires, tiennent la vérité
captive, & font prévaloir le mensonge &
l'impiété ? Le Ciel autresois propice à vos
voeux, jusqu'à les prévenir, est devenu
d'airain pour vons, & autrefois jaloux de
sa gloire, jusqu'à en venger les droits par
les prodiges les plus éclatans, l'a aban-
donné depuis dix-sept siécles, jusqu'à lui
tized by C
114 MERCURE DEFRANCE.
tefuser les attentions d'une providence
ordinaire. Inutilement aussi voulez-vous
faire entendre aux Nations que le Messie
qu'elles adorent n est qu'un imposteur,
& que rien n est plus injuste que le pré-
jugé odieux qui s'est établi contre vous ?
Séduits dans tous les tems par des systê-
mes de Religion bien plus grossiers que
le vôtre, qui est néanmoins le seul qui nait
pû les séduire, & d'autre part disposés
à s'humaniser avec des peuples bien moins
sociables que vous; vous etes néanmoins
le seul peuple, vis à-vis duquel elles
ayent soutenu leur fierté: quelle étrange
& universel renversement de tous les prin-
cipes de conduite, & du côté de Dieu,
& du côté des hommes?
Or si le Ciel & la terre, concourent ainsi
à opprimer le Judaisme, & à élever le
Christianisuue; qui êtes- vous pour vouloir
soutenit ce qui est opprimé, pour vou-
loir détruire ce qui est protégé par ces
deux puissances?
Vous êtes choqués, dites vous, de
voir un homme que vous avez crucihié,
& mis à mort comme séducteur, jouit
impunément des honneurs divins; mais
avez-vous premietement plus d'intérêt
dans cette cause, ou plus de zéle & de
pouvoir pour la défendre que Dien même?
JANVIER. 1752,
119
Et si Dieu qui est la vérité même, la puis-
sance même, souffre néanmoins depuis
dix-sept siècles que le monde l'invoque
pat le Crucifié, l'adore indivisiblement
avec le Crucifié, quelle mission avez- vous
pour réclamer contre ce que Dieu auto-
tise? quelle vertu pour vaincre ce qui au-
toit prévalu sur Dieu même?
Secondement, croyez-vous, de bonne
foi, avoir aussi plus de lumieres que le
monde entier? & si hors les Nations ido-
latres, dont le jugement est sans consé-
quence en matiere de Religion, le mon-
de entier Chrétien, on Mahométan, ado-
te comme Messie, ou revêre comme Pro-
phete celui que vous avez condamné com-
me séducteur, comment persistez vous à
tenit pour justement condamné, celui que
se monde entier justifie & revêre, malgré
votre condamnation?
Oovrez donc enfin les yeux à la lumiere,
& les oreilles aux sons de la vérité, & ne
soyez pas toujours comme les idoles, qui
in des yeux, & ne voyent point; des oreilles,
Gn'entendent point.
Voyex, comme lu pierre qui a étè rejetteo
par les Architectes, est devenue la pirrre
& l'angle. Voyez comme les Gentils étran-
gers dans la Maison d'Abraham, & que
Jesus-Christ avoit dit, qu'il étoit moins
114 MERCURE DEFRANCE.
tefuser les attentions d'une providence
ordinaire. Inutilement aussi voulez-vous
faire entendre aux Nations que le Messie
qu'elles adorent n est qu'un imposteur,
& que rien n'est plus injuste que le pré-
jugé odieux qui s'est établi contre vous ?
Séduits dans tous les tems par des systê-
mes de Religion bien plus grossiers que
le vontre, qui est néanmoins le seul qui nait
pû les séduire, & d'autre part disposés
à s'humaniser avec des peuples bien moins
sociables que vous; vous êtes néanmoins
le seul peuple, vis à-vis duquel elles
ayent sourenu leur fierté: quelle étrange
& universel renversement de tous les prin-
cipes de conduite, & du côté de Dieu,
& du côté des hommes?
Or si le Ciel & la terre, concourent ainsi
à opprimer le Judaisme, & à élever le
Christianisue; qui êtes- vous pour vouloir
soutenit ce qui est opprimé, pour vou-
loit détruire ce qui est protégé par ces
deux puissances?
Vous êtes choqués, dites vous, de
voir un homme que vous avez crucihé,
& mis à mort comme séducteur, jouit
impunément des honneurs divins; mais
avez-vous premierement plus d'intérêt
dans cetre cause, ou plus de zéle & de
pouvoit pour la défendre que Dien même?
e
JANVIER. 1752,
119
Et si Dieu qui est la vérité même, la puis-
since même, souffre néanmoins depuis
dix-sept siècles que le monde l'invoque
pat le Crucifié, l'adore indivisiblement
avec le Crucifié, quelle mission avez-vous
pour réclamer contre ce que Dicu auto-
tise? quelle vertu pour vaincre ce qui au-
toit prévalu sur Dieu même?
Secondement, croyez-vous, de bonne
foi, avoir aussi plus de lumieres que le
monde entier? & si hors les Nations ido-
latres, dont le jugement est sans consé-
quence en matiere de Religion, le mon-
de entier Chrétien, on Mahométan, ado-
te comme Messie, ou revêre comme Pro-
phete celui que vous avez condamné com-
me séducteur, comment persistez vous à
tenit pour justement condamné, celui que
se monde entier justifie & revére, malgré
votre condamnation ?
Ouvrez donc enfin les yeux à la lumiere,
& les oreilles aux sons de la vérité, & ne
soyez pas toujours comme les idoles, qui
in des yeux, & ne voyent point; des oreilles,
n'entendent point.
Voyez, comme lu pierre qui a étè rejettéo
par les Architectes, est devenue la piorre
& l'angle. Voyez comme les Gentils étran-
gers dans la Maison d'Abraham, & que
Jesus-Christ avoit dit, qu'il étoit moins
Digires vOO
116 MERCUREDE FRANCE.
envoyé pout eux, que pour la Malson
d'Israël; & encore en parlant à la Cana-
néenne, qu'il ne falloit pas oter le pain aux
enfans pour le donner aux chiens, sont néan-
moins entrés dans les droits & les privi-
leges de la filiation, en renonçant aux Ido-
les, & en adorant comme vous un Etre
spirituel, infini, Créateur de toutes cho-
ses, en un mot, le Dieu d'Abraham,
d'Isaac & de Jacob.
Voyez encore comme ces Gentils ont
mis la main sur le dêpôt sacré de vos Li-
vres, & comment, sans recourit à vous
ils ont développé le sens, expliqué les
difficultés, dévoilé les mystéres, jusqu'à
se croire en état d'en faire leçon à vos
plus grands Maîtres.
Voyez d'un autre côté, combien le
Christianisme a formé d'illustres person-
nages! combien de Martyrs qui ont con-
fessé comme vos Machabées; combien
de grands Pontifes, comme votre Osias,
que l'impiété même a été forcée de res-
pecter! combien enfin de personnes de
tout âge, de tout sexe, de toute condi-
tion, qui ont honoré la Religion du vrai
Dieu par des vertus les moins equivoques,
probité exacte, désintéressement, patien-
ce dans les afflictions, amour des ennemis,
mépris des honneurs, des richesses, des
plaisirs & de la vie même.
JANVIER.
1712.
117
Enfin, voyez comme l'Eglise des Gen-
uls s'avance avec majesté vers son terme
qui est l'éternité, & comment sans d'au-
ues armes que son humilité & sa patience,
elle a combattu & terrassé l'Idolâtrie,
triomphé des persécutions, foudroyé les
hérésies, élevé des Temples au vrai Dieu,
afert un meme sacrifice de l'Orieni à l'Occi-
ant; en un mot, honoré le Dieu d'Abra-
lum par un culte uniforme, dont la ma-
jestueuse simplicité a effacé la pompe des
Rois, & donné la plus haute idée du sou-
verain Etre.
Jusqu'à quand serez-vous donc simples
spectateurs de tant de merveilles, & sous-
frrez- vous que les étrangers fassent les
honneurs d'une Religion, dont vous êtes
les dépositaires primitifs ? Quand on est
tombé, disoit autrefois le Seigneur à vos
peres pat la bouche de Jeremie, ne se re-
leve t'on pas ? Et si les Gentils, qui ne
sont entrés, pour ainsi dire, qu'accessoi-
rement dans les desseins de miséricorde
du Dien d'Abraham, ont néanmoins trou-
rè grace devant lui; combien plus trouve-
ront grace les enfans d'Abraham eux-
menmes?
Elevez plus haut vos regards, si ces
rrêmes Gentils, aggregés seulement par
adoption à la famille d'Abraham, ont fait
aed by Goc
1:8 MERCUREDEFRANCE.
de si grandes choses, que ne doit-on pas
attendre des propres enfans naturels,
quand une fois ils seront rentrés dans l'or-
dre de la filiation.
Il est certain, que si on en juge par les
écrits de Saint Paul, on ne peut s'attendre
qu'à des choses admirables, cat voici
comme s'en explique cet Apôtre dans son
Epitre aux Romains: Si la chute des Juifs a
été le salut des Gentils, quelles graces ne ver-
rons-nous pas reluire au tems de leur retour?
Ce serae une resurrection de mort à vie.
Ot prenez garde que quoique cette au-
torité n'ait pas droit de vous affecter com
me Juifs, elle vous presente cependant le
motif le plus pressant d'embrasser le Chri
stianisme.
Car, ou la prédiction renfermée dan
ces paroles s'accomplira, ou elle ne s'ac
complira pas. Si la prédiction s'accomplit
& que votre conversion ait cet éclat, &
procure cette abondance de graces &
benedictions qu'on puisse regarder comm
une résurection de mort à vie, vous êtes fos
cés par avance de reconnoître F'œeuvre d
Dieu dans votre conversion au Christianis
me, & par conséquent l'œeuvre de Did
dans le Christianisme. Si au contraire
prédiction ne s'accomplit pas, & que vo
tre conversion ne marque point dans
ieres hOO
JANVIER. 1752.
119
Chrétienneté cette grande révolution
qui doit la faire changer de face aux termes
de la Prophétie, dès-lors quittes & déga-
gés envers une Religion que vous n'aurez
embrassée que sur la foi de ses Oracles, &
dont l'Oracle le plus important, désavoué
pat l'esprit de Dicu, se trouvera par l'é-
venement faux aux yeux de tout l'Univers,
non-seulement vous retournerez avec gloi-
re au Judaisme, mais vous l'annoncerez
avec gloire à toute la Terre, comme la
Religion qui aura finalement triomphé
de toutes les autres Religions, ce qui la
rendra infailliblement dominante.
Ce n est pas tout encore. Comme par
votre conversion au Christianisme, la
Gentilité aura perdu le seul titre, en vertu
duquel elle prétend pouvoit vous tenir
dans la sujetion, en même tems que vous
serez victorieux dans l'ordre de la Reli-
gion, vous vous trouverez aussi affranchis
dans l'ordre politique du joug qui vous
fait gémir depuis tant de siécles.
Ainsi il est par avance démontré que
votre accession au Christianisme, que
d'ailleurs toutes les régles du bon sens jus-
tifient après une attente si vaine & si mal-
heureuse, ne peut être que le triomphe de
la vérité & de l'époque du rétablissement
de votre nation dans les droits de sa glo-
rieuse primogéniture.
iluss h
120 MERCURE DEFRANCE.
Mais indépendament de tous ces mo-
tifs, si vous voulez réfléchir de bonne-foi
sur le tems, les causes, & les caractéres
de votre dispersion, vous comprendrez
aisément que comme la croix a été le prin-
cipe supérieur & invincible qui vous a
bani de la terre de vos Peres; il n'est aussi
que la croix qui puisse vous y rétablir: &
que comme il ny eut de salut pour vos
peres, mordus par le Serpent dans le desert
qu'en regardant la sigure des mêmes Ser-
pens élevés au milieu d'Israel; il n'y a de
même de salut pour vous, après l'anathê-
me terrible que votre Dieu lança contre
vous lorsqu'il vit son Christ attaché par
vous à la Croix, qu'en regardant avec
douleur, & en esprit de réparation la figu-
re du même Christ élevée au milieu de
l'Eglise Chrétienne, ce qui est peut-être
le regard dont a entendu parler Zacharie,
quand il dit, Que vous avez. regardè celui
que vous avet, transperee.
Enfin quand vous pourriez résister à
tous les motifs sans nombre que vous
fournit la Théologie Historique & Dog-
matique des livres Saints, vous êtes obli-
gez de vous rendre à ce principe invaria-
ble de la Théologie naturelle, que comme
la Justice, la bonté & la vérité souveraine
ne peuvent jamais se démentir, ce que
Dicu
JANVIER. 1752.
121
Dieu ne paroit point condamner, lotsque
sa justice, sa souveraine vérité seroient in-
teressées à le condamnern est point en effet
condamnable, & ce que Dieu ne paroît
pas justifier, lorsque sa bonté & sa souve-
raine vérité seroient inéressées à le justi-
fier, & sans esperance de l'être, principo
dont tout homme sensé & de bonne foi
tirera la consequence, que le Christianis-
me est sanc erreur, & le Judaisme sans ef-
pérance.
A Paris, chez Quillau, pere, rue Galande,
1751. Brochure de 44 pages.
Les Juifs ont été pendant long. tems le
leul peuple de l'univers qui ait connu le
Dgsiras ye0
II2MERCUREDE FRANCE.
vrai Dieu, aujourd'hui presque toutes les
Nations le connoissent. Comment fut
opéré ce grand changement? par la pré-
dication & le culte d'un homme qu'ils
ont condamné, & mis à mort comme
séducteur; de manière qu'au nom d'un
homme condamné, & mis à mort par les
Juifs, les Nations ont été converties, &
amenées à la connoissance du Dieu des
Juifs. Ce qu'il y a encore d'étrange dans
cet évenement, c'est que l'a conversion
opérée au nom de l'homme condamné
& mis à mort, est précisement l'époque
des disgraces du peuple qui la condamné.
Ces disgraces durent encore après dix-
sept siécles, & avec ce caractére singu-
lier, que ce peuple disgracié & opprimé sur-
vit tonjours à ses oppresseurs, & patoît com
me indestructible. Cet état est trop éloigné
du cours ordinaire pour qu'on puisse y
méconnoitre la main toure-puissante du
Dieu d'Abraham; cela est clair pour les
moins clairvoyans: ce même état, qui
fait l'humiliation des. Juifs, fait par op-
position le triomphe des Chrétiens. D'où.
il résulte que ce triomphe des Chrétiens
& l'humiliation des Juifs, sont deux ef-
fets de l'ordre de Dieu sur les deux socié-
tés Chrétienne & Judaique. Quelles sont
les suites de cet ordre? C'est de faire par
JANVIER. 1752.
113
provision succomber la société Judaique,
& de faire an contraire prévaloir la so-
ciété Chrétienne. Sur quoi l'Aureur des
Réflexions propose les deux problêmes
suivans. Premiet problême: Si le parti
Judaique est celui de la véritè, Dieu a i'il
permis qu'il ait succombé? Second problê-
me : Si le parti du Christianisme ast celui de
l'erreur; Dicu a-i'il pu permeitre qu'il ait
prévalu? Après une discussion nette, for-
te, élegante même des deux problêmes
& un résultat conforme à la Religion &
à la raison, l'Auteur dit aux Juifs
Il y a dix-sept siécles que vous attendez
le Messie qui vous délivrera du joug des
Nations, & que vous combattez celui
que les Nations adorent, sans avoit en-
core pû obtenit ce que vous attendez, ni
vaincre ce que vous combattez.
Inutilement représentez- vous à Dieu
que votre cause est la fienne propre, &
que vos disgraces, en fournissant des ar-
mes à vos adversaires, tiennent la vérité
captive, & font prévaloir le mensonge &
l'impiété ? Le Ciel autresois propice à vos
voeux, jusqu'à les prévenir, est devenu
d'airain pour vons, & autrefois jaloux de
sa gloire, jusqu'à en venger les droits par
les prodiges les plus éclatans, l'a aban-
donné depuis dix-sept siécles, jusqu'à lui
tized by C
114 MERCURE DEFRANCE.
tefuser les attentions d'une providence
ordinaire. Inutilement aussi voulez-vous
faire entendre aux Nations que le Messie
qu'elles adorent n est qu'un imposteur,
& que rien n est plus injuste que le pré-
jugé odieux qui s'est établi contre vous ?
Séduits dans tous les tems par des systê-
mes de Religion bien plus grossiers que
le vôtre, qui est néanmoins le seul qui nait
pû les séduire, & d'autre part disposés
à s'humaniser avec des peuples bien moins
sociables que vous; vous etes néanmoins
le seul peuple, vis à-vis duquel elles
ayent soutenu leur fierté: quelle étrange
& universel renversement de tous les prin-
cipes de conduite, & du côté de Dieu,
& du côté des hommes?
Or si le Ciel & la terre, concourent ainsi
à opprimer le Judaisme, & à élever le
Christianisuue; qui êtes- vous pour vouloir
soutenit ce qui est opprimé, pour vou-
loir détruire ce qui est protégé par ces
deux puissances?
Vous êtes choqués, dites vous, de
voir un homme que vous avez crucihié,
& mis à mort comme séducteur, jouit
impunément des honneurs divins; mais
avez-vous premietement plus d'intérêt
dans cette cause, ou plus de zéle & de
pouvoir pour la défendre que Dien même?
JANVIER. 1752,
119
Et si Dieu qui est la vérité même, la puis-
sance même, souffre néanmoins depuis
dix-sept siècles que le monde l'invoque
pat le Crucifié, l'adore indivisiblement
avec le Crucifié, quelle mission avez- vous
pour réclamer contre ce que Dieu auto-
tise? quelle vertu pour vaincre ce qui au-
toit prévalu sur Dieu même?
Secondement, croyez-vous, de bonne
foi, avoir aussi plus de lumieres que le
monde entier? & si hors les Nations ido-
latres, dont le jugement est sans consé-
quence en matiere de Religion, le mon-
de entier Chrétien, on Mahométan, ado-
te comme Messie, ou revêre comme Pro-
phete celui que vous avez condamné com-
me séducteur, comment persistez vous à
tenit pour justement condamné, celui que
se monde entier justifie & revêre, malgré
votre condamnation?
Oovrez donc enfin les yeux à la lumiere,
& les oreilles aux sons de la vérité, & ne
soyez pas toujours comme les idoles, qui
in des yeux, & ne voyent point; des oreilles,
Gn'entendent point.
Voyex, comme lu pierre qui a étè rejetteo
par les Architectes, est devenue la pirrre
& l'angle. Voyez comme les Gentils étran-
gers dans la Maison d'Abraham, & que
Jesus-Christ avoit dit, qu'il étoit moins
114 MERCURE DEFRANCE.
tefuser les attentions d'une providence
ordinaire. Inutilement aussi voulez-vous
faire entendre aux Nations que le Messie
qu'elles adorent n est qu'un imposteur,
& que rien n'est plus injuste que le pré-
jugé odieux qui s'est établi contre vous ?
Séduits dans tous les tems par des systê-
mes de Religion bien plus grossiers que
le vontre, qui est néanmoins le seul qui nait
pû les séduire, & d'autre part disposés
à s'humaniser avec des peuples bien moins
sociables que vous; vous êtes néanmoins
le seul peuple, vis à-vis duquel elles
ayent sourenu leur fierté: quelle étrange
& universel renversement de tous les prin-
cipes de conduite, & du côté de Dieu,
& du côté des hommes?
Or si le Ciel & la terre, concourent ainsi
à opprimer le Judaisme, & à élever le
Christianisue; qui êtes- vous pour vouloir
soutenit ce qui est opprimé, pour vou-
loit détruire ce qui est protégé par ces
deux puissances?
Vous êtes choqués, dites vous, de
voir un homme que vous avez crucihé,
& mis à mort comme séducteur, jouit
impunément des honneurs divins; mais
avez-vous premierement plus d'intérêt
dans cetre cause, ou plus de zéle & de
pouvoit pour la défendre que Dien même?
e
JANVIER. 1752,
119
Et si Dieu qui est la vérité même, la puis-
since même, souffre néanmoins depuis
dix-sept siècles que le monde l'invoque
pat le Crucifié, l'adore indivisiblement
avec le Crucifié, quelle mission avez-vous
pour réclamer contre ce que Dicu auto-
tise? quelle vertu pour vaincre ce qui au-
toit prévalu sur Dieu même?
Secondement, croyez-vous, de bonne
foi, avoir aussi plus de lumieres que le
monde entier? & si hors les Nations ido-
latres, dont le jugement est sans consé-
quence en matiere de Religion, le mon-
de entier Chrétien, on Mahométan, ado-
te comme Messie, ou revêre comme Pro-
phete celui que vous avez condamné com-
me séducteur, comment persistez vous à
tenit pour justement condamné, celui que
se monde entier justifie & revére, malgré
votre condamnation ?
Ouvrez donc enfin les yeux à la lumiere,
& les oreilles aux sons de la vérité, & ne
soyez pas toujours comme les idoles, qui
in des yeux, & ne voyent point; des oreilles,
n'entendent point.
Voyez, comme lu pierre qui a étè rejettéo
par les Architectes, est devenue la piorre
& l'angle. Voyez comme les Gentils étran-
gers dans la Maison d'Abraham, & que
Jesus-Christ avoit dit, qu'il étoit moins
Digires vOO
116 MERCUREDE FRANCE.
envoyé pout eux, que pour la Malson
d'Israël; & encore en parlant à la Cana-
néenne, qu'il ne falloit pas oter le pain aux
enfans pour le donner aux chiens, sont néan-
moins entrés dans les droits & les privi-
leges de la filiation, en renonçant aux Ido-
les, & en adorant comme vous un Etre
spirituel, infini, Créateur de toutes cho-
ses, en un mot, le Dieu d'Abraham,
d'Isaac & de Jacob.
Voyez encore comme ces Gentils ont
mis la main sur le dêpôt sacré de vos Li-
vres, & comment, sans recourit à vous
ils ont développé le sens, expliqué les
difficultés, dévoilé les mystéres, jusqu'à
se croire en état d'en faire leçon à vos
plus grands Maîtres.
Voyez d'un autre côté, combien le
Christianisme a formé d'illustres person-
nages! combien de Martyrs qui ont con-
fessé comme vos Machabées; combien
de grands Pontifes, comme votre Osias,
que l'impiété même a été forcée de res-
pecter! combien enfin de personnes de
tout âge, de tout sexe, de toute condi-
tion, qui ont honoré la Religion du vrai
Dieu par des vertus les moins equivoques,
probité exacte, désintéressement, patien-
ce dans les afflictions, amour des ennemis,
mépris des honneurs, des richesses, des
plaisirs & de la vie même.
JANVIER.
1712.
117
Enfin, voyez comme l'Eglise des Gen-
uls s'avance avec majesté vers son terme
qui est l'éternité, & comment sans d'au-
ues armes que son humilité & sa patience,
elle a combattu & terrassé l'Idolâtrie,
triomphé des persécutions, foudroyé les
hérésies, élevé des Temples au vrai Dieu,
afert un meme sacrifice de l'Orieni à l'Occi-
ant; en un mot, honoré le Dieu d'Abra-
lum par un culte uniforme, dont la ma-
jestueuse simplicité a effacé la pompe des
Rois, & donné la plus haute idée du sou-
verain Etre.
Jusqu'à quand serez-vous donc simples
spectateurs de tant de merveilles, & sous-
frrez- vous que les étrangers fassent les
honneurs d'une Religion, dont vous êtes
les dépositaires primitifs ? Quand on est
tombé, disoit autrefois le Seigneur à vos
peres pat la bouche de Jeremie, ne se re-
leve t'on pas ? Et si les Gentils, qui ne
sont entrés, pour ainsi dire, qu'accessoi-
rement dans les desseins de miséricorde
du Dien d'Abraham, ont néanmoins trou-
rè grace devant lui; combien plus trouve-
ront grace les enfans d'Abraham eux-
menmes?
Elevez plus haut vos regards, si ces
rrêmes Gentils, aggregés seulement par
adoption à la famille d'Abraham, ont fait
aed by Goc
1:8 MERCUREDEFRANCE.
de si grandes choses, que ne doit-on pas
attendre des propres enfans naturels,
quand une fois ils seront rentrés dans l'or-
dre de la filiation.
Il est certain, que si on en juge par les
écrits de Saint Paul, on ne peut s'attendre
qu'à des choses admirables, cat voici
comme s'en explique cet Apôtre dans son
Epitre aux Romains: Si la chute des Juifs a
été le salut des Gentils, quelles graces ne ver-
rons-nous pas reluire au tems de leur retour?
Ce serae une resurrection de mort à vie.
Ot prenez garde que quoique cette au-
torité n'ait pas droit de vous affecter com
me Juifs, elle vous presente cependant le
motif le plus pressant d'embrasser le Chri
stianisme.
Car, ou la prédiction renfermée dan
ces paroles s'accomplira, ou elle ne s'ac
complira pas. Si la prédiction s'accomplit
& que votre conversion ait cet éclat, &
procure cette abondance de graces &
benedictions qu'on puisse regarder comm
une résurection de mort à vie, vous êtes fos
cés par avance de reconnoître F'œeuvre d
Dieu dans votre conversion au Christianis
me, & par conséquent l'œeuvre de Did
dans le Christianisme. Si au contraire
prédiction ne s'accomplit pas, & que vo
tre conversion ne marque point dans
ieres hOO
JANVIER. 1752.
119
Chrétienneté cette grande révolution
qui doit la faire changer de face aux termes
de la Prophétie, dès-lors quittes & déga-
gés envers une Religion que vous n'aurez
embrassée que sur la foi de ses Oracles, &
dont l'Oracle le plus important, désavoué
pat l'esprit de Dicu, se trouvera par l'é-
venement faux aux yeux de tout l'Univers,
non-seulement vous retournerez avec gloi-
re au Judaisme, mais vous l'annoncerez
avec gloire à toute la Terre, comme la
Religion qui aura finalement triomphé
de toutes les autres Religions, ce qui la
rendra infailliblement dominante.
Ce n est pas tout encore. Comme par
votre conversion au Christianisme, la
Gentilité aura perdu le seul titre, en vertu
duquel elle prétend pouvoit vous tenir
dans la sujetion, en même tems que vous
serez victorieux dans l'ordre de la Reli-
gion, vous vous trouverez aussi affranchis
dans l'ordre politique du joug qui vous
fait gémir depuis tant de siécles.
Ainsi il est par avance démontré que
votre accession au Christianisme, que
d'ailleurs toutes les régles du bon sens jus-
tifient après une attente si vaine & si mal-
heureuse, ne peut être que le triomphe de
la vérité & de l'époque du rétablissement
de votre nation dans les droits de sa glo-
rieuse primogéniture.
iluss h
120 MERCURE DEFRANCE.
Mais indépendament de tous ces mo-
tifs, si vous voulez réfléchir de bonne-foi
sur le tems, les causes, & les caractéres
de votre dispersion, vous comprendrez
aisément que comme la croix a été le prin-
cipe supérieur & invincible qui vous a
bani de la terre de vos Peres; il n'est aussi
que la croix qui puisse vous y rétablir: &
que comme il ny eut de salut pour vos
peres, mordus par le Serpent dans le desert
qu'en regardant la sigure des mêmes Ser-
pens élevés au milieu d'Israel; il n'y a de
même de salut pour vous, après l'anathê-
me terrible que votre Dieu lança contre
vous lorsqu'il vit son Christ attaché par
vous à la Croix, qu'en regardant avec
douleur, & en esprit de réparation la figu-
re du même Christ élevée au milieu de
l'Eglise Chrétienne, ce qui est peut-être
le regard dont a entendu parler Zacharie,
quand il dit, Que vous avez. regardè celui
que vous avet, transperee.
Enfin quand vous pourriez résister à
tous les motifs sans nombre que vous
fournit la Théologie Historique & Dog-
matique des livres Saints, vous êtes obli-
gez de vous rendre à ce principe invaria-
ble de la Théologie naturelle, que comme
la Justice, la bonté & la vérité souveraine
ne peuvent jamais se démentir, ce que
Dicu
JANVIER. 1752.
121
Dieu ne paroit point condamner, lotsque
sa justice, sa souveraine vérité seroient in-
teressées à le condamnern est point en effet
condamnable, & ce que Dieu ne paroît
pas justifier, lorsque sa bonté & sa souve-
raine vérité seroient inéressées à le justi-
fier, & sans esperance de l'être, principo
dont tout homme sensé & de bonne foi
tirera la consequence, que le Christianis-
me est sanc erreur, & le Judaisme sans ef-
pérance.
Fermer
Résumé : « REFLEXIONS décisives sur le Judaisme. A Paris, chez Quillau, pere, rue Galande, [...] »
Le texte 'Réflexions décisives sur le Judaisme', publié en 1751 à Paris, explore la relation entre le judaïsme et le christianisme. Les Juifs sont présentés comme les premiers à avoir connu le vrai Dieu, mais cette connaissance s'est répandue à travers le christianisme, fondé par un homme condamné par les Juifs. Cet événement marque le début des malheurs juifs, qui durent depuis dix-sept siècles malgré les persécutions. La survie des Juifs est interprétée comme une manifestation divine, humiliante pour eux mais triomphante pour les chrétiens. L'auteur pose deux questions centrales : pourquoi le judaïsme a-t-il succombé s'il est la vérité, et pourquoi le christianisme a-t-il prévalu s'il est une erreur ? Il conclut que les Juifs doivent reconnaître la divinité de Jésus-Christ et l'importance du christianisme. Le texte souligne l'adoption du christianisme par diverses nations, y compris les Gentils, et ses contributions positives, telles que la formation de personnages vertueux et la résistance aux persécutions. L'auteur invite les Juifs à embrasser le christianisme, affirmant qu'ils retrouveront ainsi leur gloire et seront libérés de leur domination politique. La conversion est justifiée par la logique et les événements historiques. La situation juive est comparée à celle des Israélites sauvés par la vision d'un serpent dans le désert. La croix, symbole chrétien, est présentée comme la clé du salut juif. Le texte affirme que la justice et la vérité divines confirment la véracité du christianisme et l'absence d'espoir pour le judaïsme.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
8
p. 121-126
« DISPUTE des Armes d'Achille, tirée du treiziéme Livre des Métamorphoses [...] »
Début :
DISPUTE des Armes d'Achille, tirée du treiziéme Livre des Métamorphoses [...]
Mots clefs :
Ajax, Palais, Ulysse, Traduction, Nuit, Bras, Dispute, Armes, Métamorphoses d'Ovide
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « DISPUTE des Armes d'Achille, tirée du treiziéme Livre des Métamorphoses [...] »
DISPUTE des Armes d'Achille, tirée
du treiziéme Livre des Métamorphoses
d'Ovide. Traduction en vers par M. le
Chevalier de Cogolin. A aris chez Pierre-
Alexandte Leprieur, rue S. Jacques. 1751.
in. 12. Brochure de 56 pages.
L'Auteur de la Traduction que nous
annonçons est heureux dans le choix des
morceaux de l'antiquité qu'il nous donne
en notre langue. Lan derniet il traduisit
l'Episode d'Aristée, & cette année, il a
choisi la dispute des Armes d'Achille. On
va voir pat les endroits que nous allons
transcrire que M. de Cogolin ne défigure
pas les anciens en les traduisant. Voici
comment il fait parler Ajax:
I. Vol.
Digsitres vOO
122 MERCUREDEFRANCE.
Quoi, devant ces vaisleaux, sauvés par ma vail-
lance
Ulysse ose d'Ajax briguer la técompense !
Ulysse qu'on a vû fuit loin de ces vaisseaux
Lors qu'Hector les venoit embraser sur les eaux,
Et qu'Ajax des Troyens repoussant la furie,
Mettoit en fuite Hector & sauvoit sa patrie.
Mon Rival plus prudent, trouve moins de danger
A haranguer les Grecs, qu'Ajax à les venger.
Mais si de l'éloquence Ulysse a l'avantage,
Je lui cede en discours, qu'il me cede en courage.
A quoi bon rappellet les perils, les exploits
Où mon zéle pour vous m'engagea tant de sois:
C'est à vos yeux qu'Ajix remporta la victoire.
Ulysse, la nuit seule est témoin de ta gloire.
Je l'avouray; le prix que je demande est grand:
Mais ce prix s'avillit par un tel concurrant.
Toute noble qu'elle est, la palme est moins bril-
lante
Dès que de la cueillir il a couçu l'attente;
Et quand la Grece à moi l'auroit vû comparé,
Ulisse en me cedant sera trop honoré.
Voici ce que répond Ulisse:
Tu signales ton bras, Ajax, au chimp de Mars:
Moi, je regis ta fougue au milieu des hazards.
Ta valeureuse ardeur ignore la prudence.
Tu sçais combattre, & moi j'use de prévoyance,
C'est Atride avec moi qui regions le combat,
Mon esprit qui préside & ton coipi qui combat.
JANVIER. 1752.
123
Autant qu'un Nautonnier, rompli d'expérience
Du grossier Matelot sui passe la science:
Autant qu'à ses soldats le Chef doit commander;
A mes vertus autant, Ajax, tu dois céder.
Car la noble vigueur du beau feu qui m'enflame
S'annonce par mes coups, & brille dans mon ame.
C'est l'amour, dout ion cœur pour la Grece est
épris
Cet amour vigilant, qui mérite le prix.
Courennez de ce don les soins de tant d'années;
C'en est fait j'ay forcé les fières destinées:
Eh, n'est-ce pas avoir tiiomphé des Troyens
Qu'avoir de leur d'éfaite afsuré les moyens:
Par cette Déité, de son temple enlevée,
Pour le bonheur des Grecs, à mon bras réservée
Recompensez Ulysse; il n'est point de danger,
Où son zele pour vous ne puisse l'engager.
Mais, si je n'obtiens pas la gloire qui m'est due,
Qu'on l'accorde à Pallas, dont voici la statue.
La traduction de la dispute des Armes
d'Achillle, est suivie de celle de la des-
cription du Palais de la Renommée.
Il est un lieu fameux, vers le centre du monde,
Entre le Ciel, la Tetre & l'Empite de l'Onde,
Où chaque évenement de ce vaste Univers
De l'oreille & des yeux frappe les sens divers.
Au faite d'une tour qui se perd dans les nuës,
Od mille portes vont répondre à mille issues,
Fij
009
124 MERCUREDEFRANCE.
La Déesse aux cent voix a fixé son séjour,
Sans relâche elle y veille, & la nuit, & le jour
Son Palais est d'airain, dont la voûte sonnante
Fait retentir le bruit, le répete, & l'augmente»
Et le frémissement de ses murs ébranlés
A l'aide des échos, rend les sons redoublés.
En ces lieux point de paix, de repos de silence,
Ce n'est pas toutesois de grands cris qu'on y lances
C'est un bruit sourd, confus, & tel que quelque-
fois
On l'entend se former d'un murmure de voix:
Ainsi lorsque la Mer jusqu'aux Cieux est portéej
Parvient au loin le choc de la vague agitée;
Ou si soudain l'orage a crevé dans les airs,
Le tonnerre affoibli, meurt avec les éclaits.
La Cour de ce Palais sans relâche obsedée
Fourmille de l'essain dont elle est innondée,
Qui de vaines terreurs composant ses discours,
Fait du vrai, joint au faux, un bisarre concours.
Les uns font à eeux-ci des récits peu croyables,
Pour des faits avérés, d'autres donnent leurs fables
Et leur mensonge orné de cent fausses couleurs,
Se grossit en marchant, d'une foule d'erreurs,
L'aveugle confiance, & les craintes mortelles,
Sont de ses volontés les Ministres fidéles
L'Espor, la fausse Joye, au rire concerté,
Et le Meurtre, levant son bras ensanglanté.
La Renommée enfin d'un œeil que tout embrasse,
De la mer à son gré voit & parcourt la face;
JANVIER 1752.
125
Et portant ses regards sur la terre & les Cieux,
Pénetre les secrets des hommes & des Dieux.
La brochure finit par la description du
Palais du Sommeil. La traduction de ce
morceau qui fait la quinzième Fable des
Métamorphoses est remplie comme les
autres de bons vers.
Parmi d'affreux rochers, sur les bords de l'averne,
Est le goustre profond d'une antique caverne
Où le Dieu du Sommeil, entouré de pavots,
Paroit enseveli dans les bras du repos;
Jamais l'astre biillant qui répand la lumiere
D'aucuns de ses ravons n'efleura sa paupiere,
La sombre obscurité regne dans ce séjour
Et seul dans l'Univers, il est privé du jour.
Atravers des brouillards, la voûte ténébreuse
Laisse à peine percer une clarté douteuse
Lont la pale lueur que chaque instant détruit
N'est que l'avant- coureur des ombres de la nuit.
Cet oiscau vigilant, dont le chant nous réveille
De ce Dicu n'a jamais épouvanté l'oreille;
Et le dogue bruyant qui garde nos Palais,
Des éclats de sa voix ne le troubla jamais.
Au fond de ces deserts, nul être ne respire,
Le calme est éternel, & le plus doux Zephire
D'un sousse n'oseroit agiter ces forêts
Que le tems a peuplé de funebres Cyprès.
Le Silence y préside, & penché sur son Urne,
Fiij
3O
126 MERCURE DEFRANCE.
Le Lethé voit couler son onde taciturne,
Qui roulant mollement sur un terrain mousseux.,
Assoupit au bruit lent de se flots poresseux.
Auptes de l'antre, on voit des pavors innombra.
bles
Et les plantes comme eux au repos favorables,
Dont la nuit exprimant la vertu dans les airs
Forme ce doux sommeil, charme de l'Univets.
Ce Palais escarpé, l'horreur de la Nature,
N'a ni gardes, ni murs, ni portes, ni ferrure;
De crainte que les gonde, s'ils venoient à gémir
En reveillant le Dieu, ne le fissent frémir.
Du plus tendre duvet, au sein de la molesse;
La vo'upté forma sa couche enchanteresse;
En foule on voit errer les songes à l'entour:
Ministres assidus de sa paisible Cour.
Qui pour plaire à leur Roi, sous d'aimables figures
Font à ses sens trompés, de douces impostures,
Et leur nombre est égal aux feuilles des Forêts,
Au sable du rivage; aux épics de Cérès.
du treiziéme Livre des Métamorphoses
d'Ovide. Traduction en vers par M. le
Chevalier de Cogolin. A aris chez Pierre-
Alexandte Leprieur, rue S. Jacques. 1751.
in. 12. Brochure de 56 pages.
L'Auteur de la Traduction que nous
annonçons est heureux dans le choix des
morceaux de l'antiquité qu'il nous donne
en notre langue. Lan derniet il traduisit
l'Episode d'Aristée, & cette année, il a
choisi la dispute des Armes d'Achille. On
va voir pat les endroits que nous allons
transcrire que M. de Cogolin ne défigure
pas les anciens en les traduisant. Voici
comment il fait parler Ajax:
I. Vol.
Digsitres vOO
122 MERCUREDEFRANCE.
Quoi, devant ces vaisleaux, sauvés par ma vail-
lance
Ulysse ose d'Ajax briguer la técompense !
Ulysse qu'on a vû fuit loin de ces vaisseaux
Lors qu'Hector les venoit embraser sur les eaux,
Et qu'Ajax des Troyens repoussant la furie,
Mettoit en fuite Hector & sauvoit sa patrie.
Mon Rival plus prudent, trouve moins de danger
A haranguer les Grecs, qu'Ajax à les venger.
Mais si de l'éloquence Ulysse a l'avantage,
Je lui cede en discours, qu'il me cede en courage.
A quoi bon rappellet les perils, les exploits
Où mon zéle pour vous m'engagea tant de sois:
C'est à vos yeux qu'Ajix remporta la victoire.
Ulysse, la nuit seule est témoin de ta gloire.
Je l'avouray; le prix que je demande est grand:
Mais ce prix s'avillit par un tel concurrant.
Toute noble qu'elle est, la palme est moins bril-
lante
Dès que de la cueillir il a couçu l'attente;
Et quand la Grece à moi l'auroit vû comparé,
Ulisse en me cedant sera trop honoré.
Voici ce que répond Ulisse:
Tu signales ton bras, Ajax, au chimp de Mars:
Moi, je regis ta fougue au milieu des hazards.
Ta valeureuse ardeur ignore la prudence.
Tu sçais combattre, & moi j'use de prévoyance,
C'est Atride avec moi qui regions le combat,
Mon esprit qui préside & ton coipi qui combat.
JANVIER. 1752.
123
Autant qu'un Nautonnier, rompli d'expérience
Du grossier Matelot sui passe la science:
Autant qu'à ses soldats le Chef doit commander;
A mes vertus autant, Ajax, tu dois céder.
Car la noble vigueur du beau feu qui m'enflame
S'annonce par mes coups, & brille dans mon ame.
C'est l'amour, dout ion cœur pour la Grece est
épris
Cet amour vigilant, qui mérite le prix.
Courennez de ce don les soins de tant d'années;
C'en est fait j'ay forcé les fières destinées:
Eh, n'est-ce pas avoir tiiomphé des Troyens
Qu'avoir de leur d'éfaite afsuré les moyens:
Par cette Déité, de son temple enlevée,
Pour le bonheur des Grecs, à mon bras réservée
Recompensez Ulysse; il n'est point de danger,
Où son zele pour vous ne puisse l'engager.
Mais, si je n'obtiens pas la gloire qui m'est due,
Qu'on l'accorde à Pallas, dont voici la statue.
La traduction de la dispute des Armes
d'Achillle, est suivie de celle de la des-
cription du Palais de la Renommée.
Il est un lieu fameux, vers le centre du monde,
Entre le Ciel, la Tetre & l'Empite de l'Onde,
Où chaque évenement de ce vaste Univers
De l'oreille & des yeux frappe les sens divers.
Au faite d'une tour qui se perd dans les nuës,
Od mille portes vont répondre à mille issues,
Fij
009
124 MERCUREDEFRANCE.
La Déesse aux cent voix a fixé son séjour,
Sans relâche elle y veille, & la nuit, & le jour
Son Palais est d'airain, dont la voûte sonnante
Fait retentir le bruit, le répete, & l'augmente»
Et le frémissement de ses murs ébranlés
A l'aide des échos, rend les sons redoublés.
En ces lieux point de paix, de repos de silence,
Ce n'est pas toutesois de grands cris qu'on y lances
C'est un bruit sourd, confus, & tel que quelque-
fois
On l'entend se former d'un murmure de voix:
Ainsi lorsque la Mer jusqu'aux Cieux est portéej
Parvient au loin le choc de la vague agitée;
Ou si soudain l'orage a crevé dans les airs,
Le tonnerre affoibli, meurt avec les éclaits.
La Cour de ce Palais sans relâche obsedée
Fourmille de l'essain dont elle est innondée,
Qui de vaines terreurs composant ses discours,
Fait du vrai, joint au faux, un bisarre concours.
Les uns font à eeux-ci des récits peu croyables,
Pour des faits avérés, d'autres donnent leurs fables
Et leur mensonge orné de cent fausses couleurs,
Se grossit en marchant, d'une foule d'erreurs,
L'aveugle confiance, & les craintes mortelles,
Sont de ses volontés les Ministres fidéles
L'Espor, la fausse Joye, au rire concerté,
Et le Meurtre, levant son bras ensanglanté.
La Renommée enfin d'un œeil que tout embrasse,
De la mer à son gré voit & parcourt la face;
JANVIER 1752.
125
Et portant ses regards sur la terre & les Cieux,
Pénetre les secrets des hommes & des Dieux.
La brochure finit par la description du
Palais du Sommeil. La traduction de ce
morceau qui fait la quinzième Fable des
Métamorphoses est remplie comme les
autres de bons vers.
Parmi d'affreux rochers, sur les bords de l'averne,
Est le goustre profond d'une antique caverne
Où le Dieu du Sommeil, entouré de pavots,
Paroit enseveli dans les bras du repos;
Jamais l'astre biillant qui répand la lumiere
D'aucuns de ses ravons n'efleura sa paupiere,
La sombre obscurité regne dans ce séjour
Et seul dans l'Univers, il est privé du jour.
Atravers des brouillards, la voûte ténébreuse
Laisse à peine percer une clarté douteuse
Lont la pale lueur que chaque instant détruit
N'est que l'avant- coureur des ombres de la nuit.
Cet oiscau vigilant, dont le chant nous réveille
De ce Dicu n'a jamais épouvanté l'oreille;
Et le dogue bruyant qui garde nos Palais,
Des éclats de sa voix ne le troubla jamais.
Au fond de ces deserts, nul être ne respire,
Le calme est éternel, & le plus doux Zephire
D'un sousse n'oseroit agiter ces forêts
Que le tems a peuplé de funebres Cyprès.
Le Silence y préside, & penché sur son Urne,
Fiij
3O
126 MERCURE DEFRANCE.
Le Lethé voit couler son onde taciturne,
Qui roulant mollement sur un terrain mousseux.,
Assoupit au bruit lent de se flots poresseux.
Auptes de l'antre, on voit des pavors innombra.
bles
Et les plantes comme eux au repos favorables,
Dont la nuit exprimant la vertu dans les airs
Forme ce doux sommeil, charme de l'Univets.
Ce Palais escarpé, l'horreur de la Nature,
N'a ni gardes, ni murs, ni portes, ni ferrure;
De crainte que les gonde, s'ils venoient à gémir
En reveillant le Dieu, ne le fissent frémir.
Du plus tendre duvet, au sein de la molesse;
La vo'upté forma sa couche enchanteresse;
En foule on voit errer les songes à l'entour:
Ministres assidus de sa paisible Cour.
Qui pour plaire à leur Roi, sous d'aimables figures
Font à ses sens trompés, de douces impostures,
Et leur nombre est égal aux feuilles des Forêts,
Au sable du rivage; aux épics de Cérès.
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Résumé : « DISPUTE des Armes d'Achille, tirée du treiziéme Livre des Métamorphoses [...] »
La brochure publiée en 1751 à Paris présente la traduction en vers par le Chevalier de Cogolin de la 'Dispute des Armes d'Achille', extraite du treizième livre des Métamorphoses d'Ovide. Ce texte relate la dispute entre Ajax et Ulysse pour obtenir les armes d'Achille. Ajax met en avant son courage et ses exploits militaires, tandis qu'Ulysse souligne sa prudence et son rôle stratégique dans la guerre. La brochure inclut également des descriptions du Palais de la Renommée, où tous les événements du monde sont entendus et amplifiés, et du Palais du Sommeil, un lieu sombre et paisible. La traduction est louée pour sa qualité poétique et sa fidélité aux textes antiques. Le texte décrit ensuite une scène onirique autour du fleuve Léthé, dont les eaux silencieuses et lentes endorment tout ce qui les entoure. Les environs sont peuplés de pavots et de plantes favorisant le sommeil, créant un environnement apaisant. Le Palais du Sommeil est décrit comme un lieu sans gardes ni portes pour éviter les bruits perturbateurs. À l'intérieur, le dieu du Sommeil repose sur une couche douce, entouré de nombreux songes qui trompent ses sens avec des illusions agréables. Le nombre de ces songes est comparé aux feuilles des forêts, au sable du rivage et aux épis de Cérès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 126-129
« LETTRES traduites d'un Anglois. A Londres, 1751. Un volume in-12. On attribue [...] »
Début :
LETTRES traduites d'un Anglois. A Londres, 1751. Un volume in-12. On attribue [...]
Mots clefs :
Plaisirs, Sens, Éprouver, Âme, Secours, Tendresse, Amour, Horatio
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LETTRES traduites d'un Anglois. A Londres, 1751. Un volume in-12. On attribue [...] »
LETTRES traduites d'un Anglois. A
Londres, 1751. Un volume in-12. On attribue
cet Ouvrage qui ne nous paroît
point une traduction, à un homme aima-
ble, qui a de l'esprit & des connoissances.
La plupart des Lettres roulent sur des ma-
tieres de galanterie; comme la jalousie, la
tendresse, les tacommodemens, l'insensi-
res O
JANVIER.
1752.
127
bilité, la discretion, &c. Pour donnet une
idée du ton qui regne dans cette produc-
tion, & du stile de l'Auteur, nons allons
transcrire la lettre qui traite des plaisirs
de l'amour conjugal.
ISMENAA HORATIO.
Dans cette absence à laquelle vous m'a-
vez condamnée, mon cher Horatio, vous
me dites que je jouis d'un vrai bonheur,
par la certitude dans laquelle je suis que
vous êtes à présent à moi, & que la con-
noissance exacte des fentimens de votre
cœeur, doit me faire compter sur vous:
Helas! que nous pensons differemment,
& que je sens qu'il est impossible de rendre
ce qui est au-dessus de l'expression! quelle
satisfaction d'être occupé d'un autre soi-
même, qui partage nos peines, nos plai-
sirs, qui en éprouve la plus grande partie;
l'assurance que ce n'est pas pour un jout
sculement, que ce n'est point par un ca-
price que l'on aime, cette allurance rem-
plit l'ame des idées les plus délicates & les
plus voluptueuses: on ne trouveroit point
de termes assez forts pour les exprimer.
Une amitié tendre entre des personnes de
même sexe, a de tels plaisirs, de tels char-
mes que les plus grands hommes n'ont crû
faite rien de trop pour l'obtenir; les genies
Fii
OO
12S MERCIREDEFRANCE.
les plus brillans en ont fait les éloges; mais
que de délices n'éprouve t-on point quand
aux charmes effectifs, à la solidité de l'a-
mitié, on joint les transports de l'amour !
cette passion s'augmente tous les jours,
elle releve & donne le prix à chaque trans-
port, quand tous les sens la partagent, &
que l'ame & le corps semblent se prêter
un mutuel secours pour rendre ces plaisirs
parfaits. Ah! le mariage fait le bonheur
de la vie; il a en lui tous les biens qu'on
peut attendre du Ciel, quand les person-
nes qui se trouvent unies par ce lien, n'ont
qu une volonté pour les diriger l'un &
l'autre, n ont quun mouvement pour les
déterminer, & ne s'occupent que d'un
seul & même intérêt; le devoir n est plus
une gêne; ils font leurs études de se plaire
mutuellement; ce n est pas l'idée seule de
ce devoir qui les détermine, mais ils y
trouvent un plaisir véritable: ainsi que
les facultés de l'ame se trouvent satisfaites
en se prêtant mutuellement des secours
de même le mari tendre, empressé, teçoit-
il de sa femme reconnoissante le prix de
son attachement; tout ce qui se fait dans
l'Univers est indifferent à ce couple heu-
reux. Comme ils trouvent en eux-mêmes
tout ce qu'ils pourroient désirer, ils n'ont
aucun besoin de porter leurs vûes sur les
ized by Goo
JANVIER. 1752. 129
objets étrangers, pour mettre de la variété
dans leurs plaisirs; sans ce secours, leurs
entretiens sont également vifs, également
agreables; & si quelquefois l'un d'eux est
obligé de s'occuper seul de quelque chose
dont il ne puisse partager les soins avec l'au-
tre, cette distraction forcée ne fait que don-
ner un nouvel interet, dégré de vivacité de
plus à leur conversation, lorsqu'ils se font
part avec sincerité de ce qu'ils ont fait: Ainsi
que l'esprit se replie sur lui-même, & ré-
fléchit sur les objets differens dont les sens
lui transmettent l'image, de même quand
le mari & la femme se trouvent réunis,
soccupent-ils avec réflexion des choses
qu'ils ont observées en particulier. C'est
ainsi, mon cher Horatio, que nous avons
vecu depuis le moment que les cérémonies
du mariage, & notre penchant, ont formé
notre union. Lorsque la tendresse est fon-
dée sur la convenance des caracteres,
quand elle est confirmee par la raison, &
que le tems & l'habitude lui ont donné
des forces, on éprouve, en s'y livrant,
des plaisirs véritables, & qu'il m'est im-
possible d'exprimer: comme ce sont sur ces
motifs qu'est fondée notre union, je suis
assurée d'être toujours l'objet passionné-
ment aimé d'Horatio.
Londres, 1751. Un volume in-12. On attribue
cet Ouvrage qui ne nous paroît
point une traduction, à un homme aima-
ble, qui a de l'esprit & des connoissances.
La plupart des Lettres roulent sur des ma-
tieres de galanterie; comme la jalousie, la
tendresse, les tacommodemens, l'insensi-
res O
JANVIER.
1752.
127
bilité, la discretion, &c. Pour donnet une
idée du ton qui regne dans cette produc-
tion, & du stile de l'Auteur, nons allons
transcrire la lettre qui traite des plaisirs
de l'amour conjugal.
ISMENAA HORATIO.
Dans cette absence à laquelle vous m'a-
vez condamnée, mon cher Horatio, vous
me dites que je jouis d'un vrai bonheur,
par la certitude dans laquelle je suis que
vous êtes à présent à moi, & que la con-
noissance exacte des fentimens de votre
cœeur, doit me faire compter sur vous:
Helas! que nous pensons differemment,
& que je sens qu'il est impossible de rendre
ce qui est au-dessus de l'expression! quelle
satisfaction d'être occupé d'un autre soi-
même, qui partage nos peines, nos plai-
sirs, qui en éprouve la plus grande partie;
l'assurance que ce n'est pas pour un jout
sculement, que ce n'est point par un ca-
price que l'on aime, cette allurance rem-
plit l'ame des idées les plus délicates & les
plus voluptueuses: on ne trouveroit point
de termes assez forts pour les exprimer.
Une amitié tendre entre des personnes de
même sexe, a de tels plaisirs, de tels char-
mes que les plus grands hommes n'ont crû
faite rien de trop pour l'obtenir; les genies
Fii
OO
12S MERCIREDEFRANCE.
les plus brillans en ont fait les éloges; mais
que de délices n'éprouve t-on point quand
aux charmes effectifs, à la solidité de l'a-
mitié, on joint les transports de l'amour !
cette passion s'augmente tous les jours,
elle releve & donne le prix à chaque trans-
port, quand tous les sens la partagent, &
que l'ame & le corps semblent se prêter
un mutuel secours pour rendre ces plaisirs
parfaits. Ah! le mariage fait le bonheur
de la vie; il a en lui tous les biens qu'on
peut attendre du Ciel, quand les person-
nes qui se trouvent unies par ce lien, n'ont
qu une volonté pour les diriger l'un &
l'autre, n ont quun mouvement pour les
déterminer, & ne s'occupent que d'un
seul & même intérêt; le devoir n est plus
une gêne; ils font leurs études de se plaire
mutuellement; ce n est pas l'idée seule de
ce devoir qui les détermine, mais ils y
trouvent un plaisir véritable: ainsi que
les facultés de l'ame se trouvent satisfaites
en se prêtant mutuellement des secours
de même le mari tendre, empressé, teçoit-
il de sa femme reconnoissante le prix de
son attachement; tout ce qui se fait dans
l'Univers est indifferent à ce couple heu-
reux. Comme ils trouvent en eux-mêmes
tout ce qu'ils pourroient désirer, ils n'ont
aucun besoin de porter leurs vûes sur les
ized by Goo
JANVIER. 1752. 129
objets étrangers, pour mettre de la variété
dans leurs plaisirs; sans ce secours, leurs
entretiens sont également vifs, également
agreables; & si quelquefois l'un d'eux est
obligé de s'occuper seul de quelque chose
dont il ne puisse partager les soins avec l'au-
tre, cette distraction forcée ne fait que don-
ner un nouvel interet, dégré de vivacité de
plus à leur conversation, lorsqu'ils se font
part avec sincerité de ce qu'ils ont fait: Ainsi
que l'esprit se replie sur lui-même, & ré-
fléchit sur les objets differens dont les sens
lui transmettent l'image, de même quand
le mari & la femme se trouvent réunis,
soccupent-ils avec réflexion des choses
qu'ils ont observées en particulier. C'est
ainsi, mon cher Horatio, que nous avons
vecu depuis le moment que les cérémonies
du mariage, & notre penchant, ont formé
notre union. Lorsque la tendresse est fon-
dée sur la convenance des caracteres,
quand elle est confirmee par la raison, &
que le tems & l'habitude lui ont donné
des forces, on éprouve, en s'y livrant,
des plaisirs véritables, & qu'il m'est im-
possible d'exprimer: comme ce sont sur ces
motifs qu'est fondée notre union, je suis
assurée d'être toujours l'objet passionné-
ment aimé d'Horatio.
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Résumé : « LETTRES traduites d'un Anglois. A Londres, 1751. Un volume in-12. On attribue [...] »
Le texte est un recueil de lettres traduit de l'anglais, publié à Londres en 1751. L'auteur, bien que présenté comme aimable et érudit, voit son œuvre contestée quant à son authenticité en tant que traduction. Les lettres traitent principalement de thèmes liés à la galanterie, incluant la jalousie, la tendresse, les accommodements, l'insensibilité et la discrétion. Une lettre notable, écrite par Ismena à Horatio, explore les plaisirs de l'amour conjugal. Ismena exprime sa joie malgré l'absence de Horatio, convaincue de son amour. Elle décrit la satisfaction de partager ses peines et ses joies avec quelqu'un qui les comprend et les ressent également. Elle met en avant les délices de l'amitié tendre et les charmes supplémentaires apportés par l'amour, soulignant que cette passion s'intensifie avec le temps et engage à la fois l'âme et le corps. Ismena vante les mérites du mariage, affirmant qu'il procure tous les biens possibles lorsque les époux partagent une seule volonté et un seul intérêt. Dans ce cas, le devoir se transforme en plaisir véritable, et les époux trouvent en eux-mêmes tout ce qu'ils désirent, rendant les objets extérieurs indifférents. Même les séparations forcées renforcent leur complicité et leur conversation. Ismena conclut en affirmant que leur union, basée sur la compatibilité des caractères et confirmée par la raison et le temps, assure des plaisirs authentiques et durables.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 130-143
« ABREGÉ Chronologique de l'Histoire Ecclésiastique, contenant l'Hlistoire des [...] »
Début :
ABREGÉ Chronologique de l'Histoire Ecclésiastique, contenant l'Hlistoire des [...]
Mots clefs :
Abrégé chronologique, Paris, Dieu, Roi, Édit, Pape, Père, Assemblée, Clergé, Ecclésiastique, Innocent XII, M. Arnaud, Thèses, Évêque, Décret
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ABREGÉ Chronologique de l'Histoire Ecclésiastique, contenant l'Hlistoire des [...] »
ABREGÉ Chronologique de l'Histoire
Ecclésiastique, contenant l'Hlistoire des
Eglises d'Orient & d'Occident; les Con-
ciles généraux & particuliers; les Auteurs
Ecclésiastiques; les schismes, les hérésies,
les institutions des Ordres monastiques,
& c. depuis l'an 33 de l'Ere Chrétienne,
jusqu'à l'année 1700. Deux gros volumes
in 8°. A Paris, chez Jean-Thomas Heris-
sant, rue Saint Jacques, 1751.
Il n est pas possible de faire un extrait
de cet utile & commode ouvrage. Nous
avons voulu faire connoître dans le Mer-
cure de Décembre la maniere de disser-
ter de l'Auteur; pour mettre nos lec-
teurs à portée de juger de sa maniere de
narrer, nous choisirons les dix dernieres
années de son ouvrage, parceque les faits
ny sont pas en grand nombre. On verra
que l'Auteur n en présente que d'intéres-
sans, & qu'il en choisit très-bien les cir-
constances.
1690.
Alexandre VIII. proscrit par un déctet
du 14 Août, l'erreur du péché philoso-
phique; on appelleroit péché philosophi-
que, ou pé hé mora, une action qui of-
fenseroit la raison, sans offenser Dieu;
parce que celui qui la feroit, ou ignore-
tized
JANVIER. 1752.
131
roit Dieu absolument, ou ne penseroit.
point à Dieu dans le moment ou il le fe-
roit. C'est cette opinion que le Pape
proscrivit. Le Pere Meunier, Jesuite, Pro-
fesseur à Dijon, avoit fait soutenir en
1686 une Thése, qui paroissoit exprimer
cette erreur; elle étoit conçue en ces ter-
mes: Le péché philosophique commis sans
aucune connorssance de Dieu, ou sans aucune
aitention à lui, n'est point une offense de Dieu,
ni un péché mortel. Cette Thése méritoit
d'être reprise, cependant elle ne fut atta-
quée que trois ans après qu' elle fut soute-
nue, & le Jesuite, pour se justifier, dit qu'il
avoit roujours parlé du péché philosophi-
que, & de l'ignorance absolue de Dieu,
conditionnellement, & comme d'une
chose moralement impossible; plusieurs rai-
sonnemens qu on lui attribuoit, étoient
refutés dans ses cahiers.
1691.
Mort d'Alexandre VIII. le premier Fé-
vrier. Le Cardinal Antoine Pignatelli lui
succéde, le 12 Juillet, & prend le nom
d'Innocent XII.
Affaire du faux Arnaud. C'étoit un
stratagême imaginé, pour découvrir des
personnes qu'on soupçonnoit d'être atta-
che es aux sentimens de Jansénius. Un
FV
Mes
132 MERCURE DEFRANCE.
quidam prit le nom de M. Arnaud; &
sçachant que ce Docteur étoit en relation
avec les Docteurs de Douai, il saisit une
occasion qui se piésenta pour entrer avec
cux par Lettres, dans un commerce parti-
culier sur differens points de Théologie
& sur des Theses qu'il leur envoya à exa-
miner & à signer. Ces Théologiens,
croyant avoir à faire au véritable Arnaud,
lui écrivirent sur ces Théses qu'ils trou-
voient captieuses, & après bien des Let-
tres de part & d'autre, ils les signerent,
en y ajoutant des explications en forme
de jugement; mais se faux Arnaud ayant
souhaité avoir une signature pure & simple
de ses Théses, ils la lui envoyerent. Cette
intrigne étant venue à un certain point
de maturité, celui qui conduisoit la
manœuvre, fit paroître les Théses sans ex-
plication. L'affaire fit grand bruit. Ces
Docteurs furent bientôt connus, & ensui-
te exilés, comme convaincus d'avoir re-
nouvellé l'erreur des cinq propositions.
M. Arnaud s'inscrivit en faux, se plaignit
hautement de la supercherie, & ne me-
nagea pas l'Auteur, qui en effet étoit
re préhensible, d'avoir manqué si ouverte-
ment à la bonne foi.
Calinique, Patriarche de Constantino-
ple, approuve dans un Acte Synodal la
JANVIER. 1752.
133
Confession de Parthenius, & condamne
les écrits de Jean Carysophile Logotheve,
qui sous prétexte de former quelques diffi-
cultés sur le mot de Transsubstant:ation, sem-
bloit établir des erreurs conformes à cel-
les de Cyrille Lucar sur l'Eucharistie.
1692.
Les Jesuites de Pekin, Ville Capitale
de la Chine, obtinrent un Arrêt du Tri-
bunal des Rites, qui autorisoit la prédi-
cation de la Religion Chrétienne, dans
toute l'étendue de ce vaste Empire. La fa-
veur, dont ces Missionnaires jouissoient
à la Cour de l'Empereur, leut donna le
crédit d'obtenir cet Edit, dans un tems où
plusieurs Mandarins, Gouverneurs de Pro-
vinces, persécutoient ouvertement les
Chrétiens, en vertu des anciennes Loix
du Pays, qui défendoient l'exercice de la
Religion des Européens.
1693.
Le 26 Mars, Mandement de M. Mai.
grot, Prêtre du Seminaire des Missions
Etrangeres, Vicaire Apostolique dans la
Province de Fokien, à la Chine, & de-
puis Evêque de Conon, pour défendre
d'employer, en parlant de Dieu, d'autre
nom que celui de Tien-chu, au lieu de
SO
134 MERCUREDEFRANCE.
ceux de Tien & Chami, dont on se ser-
voit auparavant, & que les Missionnaires
Jesuites avoient adoptés. Ce Mande-
ment donna licu à un procès, qui a été
terminé par des Réglemens de Police &
de discipline. C'est tout ce que les souve-
rains Pontifes pouvoient faire; le fond
des articles contestés étant de nature à ne
pouvoit être jugé que sur les lieux, & par
des gens qui entendroient parfaitement la
Langue Chinoise.
Fin du differend d'entre la Cour de
Rome & celle de France. Le Roi s'étoit
relâché volontairement d'une partie des
droits des franchises, & le Pape donna
des Bulles aux Evêques nommés, après
que ceux d'entre eux qui avoient assisté
à l'assemblée de 1682, lui eurent écrit
une Lettre de soumission, & il ne contesta
plus avec le Roi pour le droit de Régale.
La Lettre que les Evêques nommés écrivi-
rent au Pape, a été regardée par les
Etrangers, comme une révocation de ce
qui s'étoit fait en 1682; & il est vrai, dit
le Pere d'Avrigny, que les termes dans les-
quels elle étoit conçue, poutroient le faire
croire, si on ne sçavoit d'ailleurs que le
Clergé en corps ne fit nulle démarche en
cette occasion, & que même les Evêques
nommés écrivirent separément à Innocent
JANVIER.
1752.
135
XII. quoique ce fût précisément dans les
mêmes termes. Le Parlement de Paris a
toufours aussi agi sur le fondement que les
quatre articles étoient si essenriels à nos
libertés qu'on ne pouvoit s'en écarter.
Enfin depuis ce tems-là, les quatre articles
ont été soûtenus en differentes occasions
& dans les Livres & daus les Théses, du
vivant de Louis XIV. preuve qu'il na pas
prétendu y renoncer.
1694.
Les disputes, touchant la signature du
Formulaire, se renouvellent en Flandres,
à l'occasion d'un décret d'Innocent XII.
en datte du 18 Janvier, par lequel Sa
Sainteté ordonne de signer le Formulaire
dans le sens qui vient à tout le mon-
de, & que les termes présentent d'eux-
mêmes à l'esprit: In snsu obvio quem ipsius
verba exhibent. Les Disciples de Jansénius
interprêterent en public ce décret à leur
avantage, de même que les deux Brefs que
le Pape fit expédier sur le même sujet, le 6
Février suivant; mais au fond ils en étoient
mal sarisfaits, c'est ce qu'ils témoignoient
dans les Lertres particulieres qu'ils s'écri-
voient réciproquement.
M. Arnauld, qui depuis la mort de
l'Abbé de Saint Cytan étoit regardé com-
jitized by Goc
136 MERCURE DEFRANCE.
me le chef des partisans de Jansénius,
meurt en Flandre le 8 Août; depuis lui
ce fut le Pere Quenel, son Disciple.
1695.
Edit célébre de Louis XIV. sur la Juris-
diction Ecelésiastique, donné au mois
d'Avril, & enregistré au Parlement de
Paris le 14 Mai suivant; tous les autres
Parlemens, excepté celui de Flandre, l'ont
vérifié dans la suite. M. le Chancelier
Boucherat, & M. le Premier Président de
Harlay avoient eu ordre du Roi, de tra-
vailler de concert à rédiger les articles de
cet Edit, qui a pour objet principal de
regler la Jurisdiction contentieuse des
gens d'Eglise; ce u est que par accident
qu'il parle de leur Jurisdiction gracieuse.
Il entre dans un grand détail sur tous les
points qui regardent la police & la disci-
pline Ecclésiastique, la correction des
mœeurs. Il établit la forme, dans laquelle
on peut faire l'instruction des procès aux
Clercs dans la Jurisdiction Seculiere &
Ecclésiastique. Il statue sur les droits,
prérogatives & honneurs dûs aux Supé-
tieurs Ecclésiastiques; enfin il prescrit des
régles sur la distinction des cas, dont les
Juges Laics & Ecclésiastiques ont droit de
drendre connoissance, chacun en particu-
JANVIER. 1752.
137
lier, ou en commun. Depuis l'établisse-
ment des appels comme d'abus dans tous
les Parlemens du Royaume, les Ecclésias-
tiques ne cessoient de faire des représen-
tations au Prince pour qu'il en arrêtât le
trop grand nombre, en décidant des cas
où ils pourroient être reçus. Il fut arrêté
dans l'assemblée de 1690, que l'on feroit
sur ce sujet de nouvelles représentations
au Roi; on le fit, & cet Edit en fut le
fruit. Voici comme l'assemblée générale
de cette année, tenue à Saint Germain-
en-Laye, en parle par la bouche de M.
de Harlay, Archevêque de Paris, & Pré-
sident de ladire assemblée, a que pour re-
„médier à la confusion qui s'étoit glissée
»depuis long. tems entre la Jurisdiction
»Séculiere & Ecclésiastique, le Clergé
»n'avoit rien négligé pour obtenir un
»Réglement qui le remît dans la jouis-
„sance de ses droits naturels & légitimes:
„qu'il avoit fait à Sa Majesté diverses re-
„montrances, sut lesquelles on avoit eu
» louvent des réponses favorables, mais
„qui faute d'enrégistrement étoient jus-
»qu'ici demeurées sans exécution :
»qu'enfin le Roi animé du zéle qu'il a
»pout l'Eglise, tout occupé qu'il étoit
ndes soins les plus pressans de son Etat,
»avoit bien voulu la veille de son départ
138 MERCURE DE FRANCE.
„pour Compiègne, examiner le projet
»de l'Edit, artiule par article, & juger
„par lui-même des raisons qu'all guoit le
» Clergé, & de celles qu on pouvoit lui
nopposer; qu'ayant fait dresser l'Edit
„dans la forme où il est, pour prévenit
„les demandes & les desirs au Clergé, Sa
»Majesté l'avoit fait publier, & enre-
»gistrer au Parlement de Paris, avant
»Pouverture de l'assemblée; que cet Edit
» étoit si favorable, qu'il y avoit lieu
„ d'en attendre des suites avantageuses
»pour le Clergé, qu'il le voit les difficul-
„tés qui arrêtoient si souvent les Evêques
»dans l'exercice de leur Jurisdiction, &
„leur ouvroit les moyens de rétablir le
»bon ordre & la discipline. Procès-ver-
bal ae l'assemblée generale au Clergé dle 1695,
du Jeudi 26 Mai.
Le Pape fait mettre à l'Index, par dé-
cret du 27 Septembre, le Livre de la de-
votion à la Sainte Vierge, & du culie qui
lui est du, par M. Baillet; & l'Année Chrè-
tienne de M. Le Tourneux. On reprochoit
à M. Baillet de s'expliquer dans son Livre
d'une maniere qui ne paroissoit pas assez
conforme aux sentimens reçus dans l'Egli-
se sur la dévotion de la Sainte Vierge,
& sur les tittes & les prérogatives qui
sont attribués à cette sainte mere de Dieu.
JANVIER. 1752. 139
1696.
Au contraire, le Pere Grasset, Reco-
let, crut rendre à la France un service im-
portant, en donniant une nouvelle Tra-
duction de la vie de la Sainte Vierge,
écrite en Espagnol par Marie de Jesus,
Abbesse du Couvent de l'Immaculée Con-
ception de la Ville d'Agreda; mais ce
Livre plein de fables & de reveries, qu'on
y débitoit comme autant de révélations,
parut plus propre à exposer la Religion
Chrétienne aux mépris des impies & des
hérétiques, qu'à faire honneur a la Sainte
Vierge; c'est le jugement que la Faculté
de Théologie de Paris en porta dans sa
Censure du 17 Septembre, & celle ci
ajosita une protestation d'honorer la Sain-
te Vierge comme mere de Dicu, de se
tenir au sentiment de ses Peres, touchant
la Conception immaculée, & de croire
son Assomption au Ciel en corps & en
ame.
1697.
Déclaration du Roi Très-Chrétien, le
11 Décembre, qui défend aux Protestans,
sous peine de la vie, d'aller s'établir dans
la Principauté d'Orange, qui venoit d'ê-
tre renduc au Roi Guillaume par la Paix
140 MERCUREDEFRANCE.
de Riswick; par une autre Déclaration
du 13 Décembre de l'année suivante,
Louis XIV. ordonna l'exécution de l'Edit
de révocation de celui de Nantes, & ôta
par-là aux Calvinistes toutes les esperan-
ces qu'ils avoient conçues à l'occasion de
la guerre que Sa Majesté avoit soutenue
contre la plus grande partie des Puissan-
ces de l'Europe.
1698.
Oa vit paroître vers la fin de cette an-
née, le fameux Problême Ecclésiastique,
qui portoit pour titre: Problême Ecclesiasti-
que propose aM. l'Abbè Boilean de l'Arcbe-
veché; à qui l'on doit croire, on à M. Loitis-
Anioine de Noailles, Evêque de Chalons en
1695, ou à M. Louis-Anioine de Noailles,
Arch: venque de Paris en 1695. M. de Noail-
les, n'étant encore qu'Evêque de Châlons
approuva par un Mandement du 13 Juin
1695, les Réflexions Morales sur le Nou-
veau Testament, que le Pere Quesnel lui
avoit dédiées. Ce Prélat transferé peu
après au Siège Archiepiscopal de Paris,
condamna l'Exposition de la Foi, touchant
la grace & la prédestination, par son Or-
donnance du 20 Août 1696, qui donna
lieu au Problême. L'Auteur y fait un pa-
tallele des réflexions morales & de l'expo-
JANVIER. 1752. 141
sition, & prétend qu'il n est pas possible
d'accorder ensemble l'Evêque & 1Arche-
vêque, parce que les deux ouvrages sont
si semblables, qu'on ne peut censurer ou
approuver l'un, que la censure ou l'ap-
probation ne torbe sur l'autre. Ce libelle
fut brulé le 15 Janvier 1699, en vertu
d'un Arrêt du Parlement de Paris, rendu
le 10, sur les Conclusions de M. Dagues-
seau, Avocat Général, depuis Procureur
Général, & ensuite Chancelier de France.
Le Problême ne fut pas plus heureux à
Rome; il y fut proscrit par un décret du
Saint Office le 2 Juillet 1700.
1699.
Une autre affaire d'éclat partageoit l'at-
tention du Public; c'étoit une dispute en-
tre M. Bossuet, Evêque de Meaux, & M.
de Fenelon, Archevêque de Cambrai,
au sujet de l'Explication des Maximes des
Sainis sur la vie intérieure, publiée par ce
dernier en 1697. M. Bossuet regardoit
cet ouvrage, comme un renouvellement
du Molinosisme; il le défera au Tribunal
du Public, par des Ecrits réitérés; & enfin
l'affaire ayant été portée jusqu'à Rome,
Innocent XII. prononça pat son décret.
du 12 Mars, sur le Livre en général & en
particulier, sur vingt- trois propositions
siues
142 MERCUREDE FRANCE.
qui paroissoient tendre pour la plupart,
à établir la réalité d'un état où l'on aime
Dieu ici-bas pour lui uniquement, qui
exclut les motifs de crainte & d'esperan-
ce, & le desir de la récompense & de la
béatitude. Le Roi ordonna aux Metropo-
litains d'assembler leurs Suffragans pour
l'acceptation du décret, & en consequen-
ce de tous ces Synodes, il donna le qua-
triême Août ses Letrres Patentes pour son
entiere exécution. Ainsi l'on peut dire que
le triomphe de M. Bossuet fut complet.
Mais si rien n est plus glorieux que de
triompher de soi même, celui de M. de
Fenelon le fut aussi. Car ce pieux & sça-
vant Prélat ne se contenta pas de se sou-
mettre au jugemeut du Saint Siége; il fut
le premier à conclure dans son propre
Synode, que le Roi seroit supplié d'or-
donner par ses Lettres Patentes, que ses
ouvrages faits pour défendre l'explication
des maximes des Saints seroient suppri-
més.
1700.
Mort d'Innocent XII. le 12 Juillet, le
Cardinal Jean François Albani lui succéde
le 23 Novembre, & prend le nom de Clé-
ment XI. Ce Pape a donné en 1713 la
Bulle Vnigenitus, qui condamne cent une
OO.
JANVIER. 1752.
143
proposition tirées du livre des Réfléxions
du Pere Quesnel.
Ecclésiastique, contenant l'Hlistoire des
Eglises d'Orient & d'Occident; les Con-
ciles généraux & particuliers; les Auteurs
Ecclésiastiques; les schismes, les hérésies,
les institutions des Ordres monastiques,
& c. depuis l'an 33 de l'Ere Chrétienne,
jusqu'à l'année 1700. Deux gros volumes
in 8°. A Paris, chez Jean-Thomas Heris-
sant, rue Saint Jacques, 1751.
Il n est pas possible de faire un extrait
de cet utile & commode ouvrage. Nous
avons voulu faire connoître dans le Mer-
cure de Décembre la maniere de disser-
ter de l'Auteur; pour mettre nos lec-
teurs à portée de juger de sa maniere de
narrer, nous choisirons les dix dernieres
années de son ouvrage, parceque les faits
ny sont pas en grand nombre. On verra
que l'Auteur n en présente que d'intéres-
sans, & qu'il en choisit très-bien les cir-
constances.
1690.
Alexandre VIII. proscrit par un déctet
du 14 Août, l'erreur du péché philoso-
phique; on appelleroit péché philosophi-
que, ou pé hé mora, une action qui of-
fenseroit la raison, sans offenser Dieu;
parce que celui qui la feroit, ou ignore-
tized
JANVIER. 1752.
131
roit Dieu absolument, ou ne penseroit.
point à Dieu dans le moment ou il le fe-
roit. C'est cette opinion que le Pape
proscrivit. Le Pere Meunier, Jesuite, Pro-
fesseur à Dijon, avoit fait soutenir en
1686 une Thése, qui paroissoit exprimer
cette erreur; elle étoit conçue en ces ter-
mes: Le péché philosophique commis sans
aucune connorssance de Dieu, ou sans aucune
aitention à lui, n'est point une offense de Dieu,
ni un péché mortel. Cette Thése méritoit
d'être reprise, cependant elle ne fut atta-
quée que trois ans après qu' elle fut soute-
nue, & le Jesuite, pour se justifier, dit qu'il
avoit roujours parlé du péché philosophi-
que, & de l'ignorance absolue de Dieu,
conditionnellement, & comme d'une
chose moralement impossible; plusieurs rai-
sonnemens qu on lui attribuoit, étoient
refutés dans ses cahiers.
1691.
Mort d'Alexandre VIII. le premier Fé-
vrier. Le Cardinal Antoine Pignatelli lui
succéde, le 12 Juillet, & prend le nom
d'Innocent XII.
Affaire du faux Arnaud. C'étoit un
stratagême imaginé, pour découvrir des
personnes qu'on soupçonnoit d'être atta-
che es aux sentimens de Jansénius. Un
FV
Mes
132 MERCURE DEFRANCE.
quidam prit le nom de M. Arnaud; &
sçachant que ce Docteur étoit en relation
avec les Docteurs de Douai, il saisit une
occasion qui se piésenta pour entrer avec
cux par Lettres, dans un commerce parti-
culier sur differens points de Théologie
& sur des Theses qu'il leur envoya à exa-
miner & à signer. Ces Théologiens,
croyant avoir à faire au véritable Arnaud,
lui écrivirent sur ces Théses qu'ils trou-
voient captieuses, & après bien des Let-
tres de part & d'autre, ils les signerent,
en y ajoutant des explications en forme
de jugement; mais se faux Arnaud ayant
souhaité avoir une signature pure & simple
de ses Théses, ils la lui envoyerent. Cette
intrigne étant venue à un certain point
de maturité, celui qui conduisoit la
manœuvre, fit paroître les Théses sans ex-
plication. L'affaire fit grand bruit. Ces
Docteurs furent bientôt connus, & ensui-
te exilés, comme convaincus d'avoir re-
nouvellé l'erreur des cinq propositions.
M. Arnaud s'inscrivit en faux, se plaignit
hautement de la supercherie, & ne me-
nagea pas l'Auteur, qui en effet étoit
re préhensible, d'avoir manqué si ouverte-
ment à la bonne foi.
Calinique, Patriarche de Constantino-
ple, approuve dans un Acte Synodal la
JANVIER. 1752.
133
Confession de Parthenius, & condamne
les écrits de Jean Carysophile Logotheve,
qui sous prétexte de former quelques diffi-
cultés sur le mot de Transsubstant:ation, sem-
bloit établir des erreurs conformes à cel-
les de Cyrille Lucar sur l'Eucharistie.
1692.
Les Jesuites de Pekin, Ville Capitale
de la Chine, obtinrent un Arrêt du Tri-
bunal des Rites, qui autorisoit la prédi-
cation de la Religion Chrétienne, dans
toute l'étendue de ce vaste Empire. La fa-
veur, dont ces Missionnaires jouissoient
à la Cour de l'Empereur, leut donna le
crédit d'obtenir cet Edit, dans un tems où
plusieurs Mandarins, Gouverneurs de Pro-
vinces, persécutoient ouvertement les
Chrétiens, en vertu des anciennes Loix
du Pays, qui défendoient l'exercice de la
Religion des Européens.
1693.
Le 26 Mars, Mandement de M. Mai.
grot, Prêtre du Seminaire des Missions
Etrangeres, Vicaire Apostolique dans la
Province de Fokien, à la Chine, & de-
puis Evêque de Conon, pour défendre
d'employer, en parlant de Dieu, d'autre
nom que celui de Tien-chu, au lieu de
SO
134 MERCUREDEFRANCE.
ceux de Tien & Chami, dont on se ser-
voit auparavant, & que les Missionnaires
Jesuites avoient adoptés. Ce Mande-
ment donna licu à un procès, qui a été
terminé par des Réglemens de Police &
de discipline. C'est tout ce que les souve-
rains Pontifes pouvoient faire; le fond
des articles contestés étant de nature à ne
pouvoit être jugé que sur les lieux, & par
des gens qui entendroient parfaitement la
Langue Chinoise.
Fin du differend d'entre la Cour de
Rome & celle de France. Le Roi s'étoit
relâché volontairement d'une partie des
droits des franchises, & le Pape donna
des Bulles aux Evêques nommés, après
que ceux d'entre eux qui avoient assisté
à l'assemblée de 1682, lui eurent écrit
une Lettre de soumission, & il ne contesta
plus avec le Roi pour le droit de Régale.
La Lettre que les Evêques nommés écrivi-
rent au Pape, a été regardée par les
Etrangers, comme une révocation de ce
qui s'étoit fait en 1682; & il est vrai, dit
le Pere d'Avrigny, que les termes dans les-
quels elle étoit conçue, poutroient le faire
croire, si on ne sçavoit d'ailleurs que le
Clergé en corps ne fit nulle démarche en
cette occasion, & que même les Evêques
nommés écrivirent separément à Innocent
JANVIER.
1752.
135
XII. quoique ce fût précisément dans les
mêmes termes. Le Parlement de Paris a
toufours aussi agi sur le fondement que les
quatre articles étoient si essenriels à nos
libertés qu'on ne pouvoit s'en écarter.
Enfin depuis ce tems-là, les quatre articles
ont été soûtenus en differentes occasions
& dans les Livres & daus les Théses, du
vivant de Louis XIV. preuve qu'il na pas
prétendu y renoncer.
1694.
Les disputes, touchant la signature du
Formulaire, se renouvellent en Flandres,
à l'occasion d'un décret d'Innocent XII.
en datte du 18 Janvier, par lequel Sa
Sainteté ordonne de signer le Formulaire
dans le sens qui vient à tout le mon-
de, & que les termes présentent d'eux-
mêmes à l'esprit: In snsu obvio quem ipsius
verba exhibent. Les Disciples de Jansénius
interprêterent en public ce décret à leur
avantage, de même que les deux Brefs que
le Pape fit expédier sur le même sujet, le 6
Février suivant; mais au fond ils en étoient
mal sarisfaits, c'est ce qu'ils témoignoient
dans les Lertres particulieres qu'ils s'écri-
voient réciproquement.
M. Arnauld, qui depuis la mort de
l'Abbé de Saint Cytan étoit regardé com-
jitized by Goc
136 MERCURE DEFRANCE.
me le chef des partisans de Jansénius,
meurt en Flandre le 8 Août; depuis lui
ce fut le Pere Quenel, son Disciple.
1695.
Edit célébre de Louis XIV. sur la Juris-
diction Ecelésiastique, donné au mois
d'Avril, & enregistré au Parlement de
Paris le 14 Mai suivant; tous les autres
Parlemens, excepté celui de Flandre, l'ont
vérifié dans la suite. M. le Chancelier
Boucherat, & M. le Premier Président de
Harlay avoient eu ordre du Roi, de tra-
vailler de concert à rédiger les articles de
cet Edit, qui a pour objet principal de
regler la Jurisdiction contentieuse des
gens d'Eglise; ce u est que par accident
qu'il parle de leur Jurisdiction gracieuse.
Il entre dans un grand détail sur tous les
points qui regardent la police & la disci-
pline Ecclésiastique, la correction des
mœeurs. Il établit la forme, dans laquelle
on peut faire l'instruction des procès aux
Clercs dans la Jurisdiction Seculiere &
Ecclésiastique. Il statue sur les droits,
prérogatives & honneurs dûs aux Supé-
tieurs Ecclésiastiques; enfin il prescrit des
régles sur la distinction des cas, dont les
Juges Laics & Ecclésiastiques ont droit de
drendre connoissance, chacun en particu-
JANVIER. 1752.
137
lier, ou en commun. Depuis l'établisse-
ment des appels comme d'abus dans tous
les Parlemens du Royaume, les Ecclésias-
tiques ne cessoient de faire des représen-
tations au Prince pour qu'il en arrêtât le
trop grand nombre, en décidant des cas
où ils pourroient être reçus. Il fut arrêté
dans l'assemblée de 1690, que l'on feroit
sur ce sujet de nouvelles représentations
au Roi; on le fit, & cet Edit en fut le
fruit. Voici comme l'assemblée générale
de cette année, tenue à Saint Germain-
en-Laye, en parle par la bouche de M.
de Harlay, Archevêque de Paris, & Pré-
sident de ladire assemblée, a que pour re-
„médier à la confusion qui s'étoit glissée
»depuis long. tems entre la Jurisdiction
»Séculiere & Ecclésiastique, le Clergé
»n'avoit rien négligé pour obtenir un
»Réglement qui le remît dans la jouis-
„sance de ses droits naturels & légitimes:
„qu'il avoit fait à Sa Majesté diverses re-
„montrances, sut lesquelles on avoit eu
» louvent des réponses favorables, mais
„qui faute d'enrégistrement étoient jus-
»qu'ici demeurées sans exécution :
»qu'enfin le Roi animé du zéle qu'il a
»pout l'Eglise, tout occupé qu'il étoit
ndes soins les plus pressans de son Etat,
»avoit bien voulu la veille de son départ
138 MERCURE DE FRANCE.
„pour Compiègne, examiner le projet
»de l'Edit, artiule par article, & juger
„par lui-même des raisons qu'all guoit le
» Clergé, & de celles qu on pouvoit lui
nopposer; qu'ayant fait dresser l'Edit
„dans la forme où il est, pour prévenit
„les demandes & les desirs au Clergé, Sa
»Majesté l'avoit fait publier, & enre-
»gistrer au Parlement de Paris, avant
»Pouverture de l'assemblée; que cet Edit
» étoit si favorable, qu'il y avoit lieu
„ d'en attendre des suites avantageuses
»pour le Clergé, qu'il le voit les difficul-
„tés qui arrêtoient si souvent les Evêques
»dans l'exercice de leur Jurisdiction, &
„leur ouvroit les moyens de rétablir le
»bon ordre & la discipline. Procès-ver-
bal ae l'assemblée generale au Clergé dle 1695,
du Jeudi 26 Mai.
Le Pape fait mettre à l'Index, par dé-
cret du 27 Septembre, le Livre de la de-
votion à la Sainte Vierge, & du culie qui
lui est du, par M. Baillet; & l'Année Chrè-
tienne de M. Le Tourneux. On reprochoit
à M. Baillet de s'expliquer dans son Livre
d'une maniere qui ne paroissoit pas assez
conforme aux sentimens reçus dans l'Egli-
se sur la dévotion de la Sainte Vierge,
& sur les tittes & les prérogatives qui
sont attribués à cette sainte mere de Dieu.
JANVIER. 1752. 139
1696.
Au contraire, le Pere Grasset, Reco-
let, crut rendre à la France un service im-
portant, en donniant une nouvelle Tra-
duction de la vie de la Sainte Vierge,
écrite en Espagnol par Marie de Jesus,
Abbesse du Couvent de l'Immaculée Con-
ception de la Ville d'Agreda; mais ce
Livre plein de fables & de reveries, qu'on
y débitoit comme autant de révélations,
parut plus propre à exposer la Religion
Chrétienne aux mépris des impies & des
hérétiques, qu'à faire honneur a la Sainte
Vierge; c'est le jugement que la Faculté
de Théologie de Paris en porta dans sa
Censure du 17 Septembre, & celle ci
ajosita une protestation d'honorer la Sain-
te Vierge comme mere de Dicu, de se
tenir au sentiment de ses Peres, touchant
la Conception immaculée, & de croire
son Assomption au Ciel en corps & en
ame.
1697.
Déclaration du Roi Très-Chrétien, le
11 Décembre, qui défend aux Protestans,
sous peine de la vie, d'aller s'établir dans
la Principauté d'Orange, qui venoit d'ê-
tre renduc au Roi Guillaume par la Paix
140 MERCUREDEFRANCE.
de Riswick; par une autre Déclaration
du 13 Décembre de l'année suivante,
Louis XIV. ordonna l'exécution de l'Edit
de révocation de celui de Nantes, & ôta
par-là aux Calvinistes toutes les esperan-
ces qu'ils avoient conçues à l'occasion de
la guerre que Sa Majesté avoit soutenue
contre la plus grande partie des Puissan-
ces de l'Europe.
1698.
Oa vit paroître vers la fin de cette an-
née, le fameux Problême Ecclésiastique,
qui portoit pour titre: Problême Ecclesiasti-
que propose aM. l'Abbè Boilean de l'Arcbe-
veché; à qui l'on doit croire, on à M. Loitis-
Anioine de Noailles, Evêque de Chalons en
1695, ou à M. Louis-Anioine de Noailles,
Arch: venque de Paris en 1695. M. de Noail-
les, n'étant encore qu'Evêque de Châlons
approuva par un Mandement du 13 Juin
1695, les Réflexions Morales sur le Nou-
veau Testament, que le Pere Quesnel lui
avoit dédiées. Ce Prélat transferé peu
après au Siège Archiepiscopal de Paris,
condamna l'Exposition de la Foi, touchant
la grace & la prédestination, par son Or-
donnance du 20 Août 1696, qui donna
lieu au Problême. L'Auteur y fait un pa-
tallele des réflexions morales & de l'expo-
JANVIER. 1752. 141
sition, & prétend qu'il n est pas possible
d'accorder ensemble l'Evêque & 1Arche-
vêque, parce que les deux ouvrages sont
si semblables, qu'on ne peut censurer ou
approuver l'un, que la censure ou l'ap-
probation ne torbe sur l'autre. Ce libelle
fut brulé le 15 Janvier 1699, en vertu
d'un Arrêt du Parlement de Paris, rendu
le 10, sur les Conclusions de M. Dagues-
seau, Avocat Général, depuis Procureur
Général, & ensuite Chancelier de France.
Le Problême ne fut pas plus heureux à
Rome; il y fut proscrit par un décret du
Saint Office le 2 Juillet 1700.
1699.
Une autre affaire d'éclat partageoit l'at-
tention du Public; c'étoit une dispute en-
tre M. Bossuet, Evêque de Meaux, & M.
de Fenelon, Archevêque de Cambrai,
au sujet de l'Explication des Maximes des
Sainis sur la vie intérieure, publiée par ce
dernier en 1697. M. Bossuet regardoit
cet ouvrage, comme un renouvellement
du Molinosisme; il le défera au Tribunal
du Public, par des Ecrits réitérés; & enfin
l'affaire ayant été portée jusqu'à Rome,
Innocent XII. prononça pat son décret.
du 12 Mars, sur le Livre en général & en
particulier, sur vingt- trois propositions
siues
142 MERCUREDE FRANCE.
qui paroissoient tendre pour la plupart,
à établir la réalité d'un état où l'on aime
Dieu ici-bas pour lui uniquement, qui
exclut les motifs de crainte & d'esperan-
ce, & le desir de la récompense & de la
béatitude. Le Roi ordonna aux Metropo-
litains d'assembler leurs Suffragans pour
l'acceptation du décret, & en consequen-
ce de tous ces Synodes, il donna le qua-
triême Août ses Letrres Patentes pour son
entiere exécution. Ainsi l'on peut dire que
le triomphe de M. Bossuet fut complet.
Mais si rien n est plus glorieux que de
triompher de soi même, celui de M. de
Fenelon le fut aussi. Car ce pieux & sça-
vant Prélat ne se contenta pas de se sou-
mettre au jugemeut du Saint Siége; il fut
le premier à conclure dans son propre
Synode, que le Roi seroit supplié d'or-
donner par ses Lettres Patentes, que ses
ouvrages faits pour défendre l'explication
des maximes des Saints seroient suppri-
més.
1700.
Mort d'Innocent XII. le 12 Juillet, le
Cardinal Jean François Albani lui succéde
le 23 Novembre, & prend le nom de Clé-
ment XI. Ce Pape a donné en 1713 la
Bulle Vnigenitus, qui condamne cent une
OO.
JANVIER. 1752.
143
proposition tirées du livre des Réfléxions
du Pere Quesnel.
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Résumé : « ABREGÉ Chronologique de l'Histoire Ecclésiastique, contenant l'Hlistoire des [...] »
L'ouvrage 'Abrégé Chronologique de l'Histoire Ecclésiastique' couvre la période de l'an 33 à 1700, en se concentrant sur les églises d'Orient et d'Occident, les conciles, les auteurs ecclésiastiques, les schismes, les hérésies et les ordres monastiques. Publié en 1751 à Paris, il est apprécié pour la qualité de sa narration et le choix des faits présentés. En 1690, le pape Alexandre VIII condamne l'erreur du 'péché philosophique'. Il meurt en 1691 et est succédé par Innocent XII. La même année, l'affaire du faux Arnaud éclate, impliquant des théologiens de Douai dans des thèses jansénistes. Le patriarche Calinique de Constantinople condamne les écrits de Jean Carysophile Logothete sur l'Eucharistie. En 1692, les jésuites de Pékin obtiennent un arrêt autorisant la prédication chrétienne en Chine. En 1693, un conflit survient entre le vicaire apostolique de la province de Fokien et les jésuites. En 1694, des disputes concernant la signature du Formulaire resurgissent en Flandre. Antoine Arnauld, chef des partisans de Jansénius, décède en août 1694. En avril 1695, Louis XIV publie un édit sur la juridiction ecclésiastique, enregistré au Parlement de Paris. En septembre 1695, le pape met à l'Index deux livres. En 1696, le Père Grasset traduit un livre espagnol sur la vie de la Sainte Vierge. En 1697, une déclaration royale interdit aux protestants de s'installer dans la Principauté d'Orange. En 1698, Louis XIV ordonne l'exécution de l'Édit de révocation de l'Édit de Nantes. La même année, le 'Problème Ecclésiastique' est publié et brûlé en 1699 par le Parlement de Paris. En 1699, une controverse oppose Bossuet et Fénelon. Innocent XII meurt en 1700 et est remplacé par Clément XI, qui publiera en 1713 la Bulle Unigenitus condamnant des propositions de Quesnel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 143
« LES vrais principes de l'Art d'écrire, ou les vérités de cet Art rendues faciles par [...] »
Début :
LES vrais principes de l'Art d'écrire, ou les vérités de cet Art rendues faciles par [...]
Mots clefs :
Art d'écrire, Principes, Paris
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texteReconnaissance textuelle : « LES vrais principes de l'Art d'écrire, ou les vérités de cet Art rendues faciles par [...] »
LES vrais principes de l'Art d'écrire, ou
les vérités de cet Art rendues faciles par
demandes & par réponses, par le sieur
Royllet Expert Juré Ecrivain, à Paris rue
de la Verrerie, au Livre d'Or. Volume in-4
qui se vend 2 livtes 10 sols broché, &
3 livres 10 sols relié, nouvelle édition.
On ne peut rien voir de plus clair, de
plus sage & de plus méthodique que le
livre que nous annonçons; il seroit à sou-
haiter qu'il fût entre les mains de tous les
jeunes gens, & qu on en adop: ât généra-
lement les principes. M. Royllet joint à
une connoissance fort rare de son Art, un
zéle digne des plus grands éloges; sa ca-
pacité & sa réputation ayant fait souhaiter
aux jeunes Maîtres à écrire de Paris &: de
Province, de pouvoir montrer suivant ses
principes, il leur donne des démonstrations
gratuites tous les soirs depuis six jusqu'à
huit heures. Toutes ces operations se font
rélativement à la méthode que M. Royllet
a imaginée pour l'Ecole Militaire.
les vérités de cet Art rendues faciles par
demandes & par réponses, par le sieur
Royllet Expert Juré Ecrivain, à Paris rue
de la Verrerie, au Livre d'Or. Volume in-4
qui se vend 2 livtes 10 sols broché, &
3 livres 10 sols relié, nouvelle édition.
On ne peut rien voir de plus clair, de
plus sage & de plus méthodique que le
livre que nous annonçons; il seroit à sou-
haiter qu'il fût entre les mains de tous les
jeunes gens, & qu on en adop: ât généra-
lement les principes. M. Royllet joint à
une connoissance fort rare de son Art, un
zéle digne des plus grands éloges; sa ca-
pacité & sa réputation ayant fait souhaiter
aux jeunes Maîtres à écrire de Paris &: de
Province, de pouvoir montrer suivant ses
principes, il leur donne des démonstrations
gratuites tous les soirs depuis six jusqu'à
huit heures. Toutes ces operations se font
rélativement à la méthode que M. Royllet
a imaginée pour l'Ecole Militaire.
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Résumé : « LES vrais principes de l'Art d'écrire, ou les vérités de cet Art rendues faciles par [...] »
Le texte présente 'Les vrais principes de l'Art d'écrire' de Royllet, expert juré écrivain à Paris. Cet ouvrage, clair et méthodique, est recommandé aux jeunes. Royllet propose des démonstrations gratuites à Paris et en province. Le livre est disponible en deux formats : broché à 2 livres 10 sols et relié à 3 livres 10 sols.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 143-144
« ALMANACH de Normandie pour l'année 1752. A Rouen chez Besongne fils. [...] »
Début :
ALMANACH de Normandie pour l'année 1752. A Rouen chez Besongne fils. [...]
Mots clefs :
Almanach, Normandie, Rouen
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texteReconnaissance textuelle : « ALMANACH de Normandie pour l'année 1752. A Rouen chez Besongne fils. [...] »
ALMANACH de Normandie pour
l'année 1752. A Rouen chez Besongne fils.
Cet Almanach devient tous les jours plus
curieux; outre les choses communes à
144 MERCUREDE FRANCE.
presque tous les Almanachs, on trouve
dans celui que nous annonçons, une
infinité de particulatités utiles & intéres-
santes pour la Province à laquelle il est
destiné; comme la listedes Abbayes & Prieu-
rés, la demeure des Membres du Parle-
ment de Rouen, de la Chambre des
Comptes & les foires, les jours de poste,
les carosses & messageries, & mille au-
tres choses d'un usage très fréquent.
l'année 1752. A Rouen chez Besongne fils.
Cet Almanach devient tous les jours plus
curieux; outre les choses communes à
144 MERCUREDE FRANCE.
presque tous les Almanachs, on trouve
dans celui que nous annonçons, une
infinité de particulatités utiles & intéres-
santes pour la Province à laquelle il est
destiné; comme la listedes Abbayes & Prieu-
rés, la demeure des Membres du Parle-
ment de Rouen, de la Chambre des
Comptes & les foires, les jours de poste,
les carosses & messageries, & mille au-
tres choses d'un usage très fréquent.
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Résumé : « ALMANACH de Normandie pour l'année 1752. A Rouen chez Besongne fils. [...] »
L'Almanach de Normandie pour 1752, édité à Rouen par Besongne fils, contient des informations sur les abbayes, prieurés, adresses des membres du Parlement de Rouen et de la Chambre des Comptes. Il liste aussi les dates des foires, des jours de poste, et les horaires des carrosses et messageries, utiles aux habitants normands.
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13
p. 144
« TARIF des glaces de la Manufacture Royale. A Paris chez C. P. Gueffier, Parvis [...] »
Début :
TARIF des glaces de la Manufacture Royale. A Paris chez C. P. Gueffier, Parvis [...]
Mots clefs :
Tarif, Manufacture royale des glaces
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texteReconnaissance textuelle : « TARIF des glaces de la Manufacture Royale. A Paris chez C. P. Gueffier, Parvis [...] »
TARIF des glaces de la Manufacture
Royale. A Paris chez C. P. Gueffier, Parvis
Notre-Dame. 1752.
Depuis l'établissement de la Manufactu-
re Royale des glaces en 1666, il a paru
plusieurs tarifs en chiffres rangés par colon-
nes, qui indiquent le prix de chaque gla-
ce, mais sans enseigner la maniere de sen
servir. L'Auteur du nouveau Tarif a sup-
pléé à ce qui avoit échappé aux autres.
Royale. A Paris chez C. P. Gueffier, Parvis
Notre-Dame. 1752.
Depuis l'établissement de la Manufactu-
re Royale des glaces en 1666, il a paru
plusieurs tarifs en chiffres rangés par colon-
nes, qui indiquent le prix de chaque gla-
ce, mais sans enseigner la maniere de sen
servir. L'Auteur du nouveau Tarif a sup-
pléé à ce qui avoit échappé aux autres.
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14
p. 144-145
« LES parties de plaisirs de la Bourgeoisie, Almanach pour l'année 1752, dedié aux [...] »
Début :
LES parties de plaisirs de la Bourgeoisie, Almanach pour l'année 1752, dedié aux [...]
Mots clefs :
Almanach, Bourgeoisie
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texteReconnaissance textuelle : « LES parties de plaisirs de la Bourgeoisie, Almanach pour l'année 1752, dedié aux [...] »
LES parties de plaisirs de la Bourgeoisie,
Almanach pour l'année 1752, dedié aux
nouveaux mariés. A Paris chez Guyllain
Quai des Augustins, au lis d'or.
Cet Almanach contient 1°. les noms des
Acteurs & Actrices de l'Opera & des Co-
médies Italienne & Françoise, & la liste
des ouvrages les plus célêbres qu'on y re-
présente.
JANVIER.
1752.
145
présente. 2. une indicarion des choses
dignes d'être remarquées dans les Maisons
Royales, & des quartiers de Paris affec-
tés à certaines marchandises, ce qui est
commode pour les étrangers & les gens
de Province nouvellement arrivés à Pa-
ris. 3. Des Chansons sur des airs fort con-
nus dans les lieux où la Bourgeoisie fait
ordinairement ses parties de plaisit.
Almanach pour l'année 1752, dedié aux
nouveaux mariés. A Paris chez Guyllain
Quai des Augustins, au lis d'or.
Cet Almanach contient 1°. les noms des
Acteurs & Actrices de l'Opera & des Co-
médies Italienne & Françoise, & la liste
des ouvrages les plus célêbres qu'on y re-
présente.
JANVIER.
1752.
145
présente. 2. une indicarion des choses
dignes d'être remarquées dans les Maisons
Royales, & des quartiers de Paris affec-
tés à certaines marchandises, ce qui est
commode pour les étrangers & les gens
de Province nouvellement arrivés à Pa-
ris. 3. Des Chansons sur des airs fort con-
nus dans les lieux où la Bourgeoisie fait
ordinairement ses parties de plaisit.
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Résumé : « LES parties de plaisirs de la Bourgeoisie, Almanach pour l'année 1752, dedié aux [...] »
L'Almanach pour l'année 1752, dédié aux nouveaux mariés, est publié à Paris par Guyllain. Il présente les acteurs et actrices de l'Opéra et des comédies, ainsi que les œuvres célèbres. Il indique des lieux d'intérêt dans les maisons royales et les quartiers parisiens spécialisés dans certaines marchandises, utile pour les étrangers et provinciaux. Il contient aussi des chansons populaires parmi la bourgeoisie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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15
p. 145
« LA VIE & les avantures du petit Pompée, histoire critique, traduite de l'Anglois [...] »
Début :
LA VIE & les avantures du petit Pompée, histoire critique, traduite de l'Anglois [...]
Mots clefs :
Pompée, Plaisanterie, Empire, Arabes
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texteReconnaissance textuelle : « LA VIE & les avantures du petit Pompée, histoire critique, traduite de l'Anglois [...] »
LA VIE & les avantures du petit Pompée,
histoire critique, traduite de l'Anglois
par M. Toussaint in- 12. 2 volumes. A
Londres, & se trouve à Paris chez David
jeune.
C'est une plaisanterie, mais c'est la plai-
santerie d'un Philosophe dont nous ren-
drons compte le mois prochain, aussi bien
que du livre qui suit.
Histoire des révolutions de l'Empire des
Arabes, par M. l'Abbé de Marigny, to-
me troisième & quatrième. A Paris chez
Gissey, Bordelet & Ganean. 1751.
histoire critique, traduite de l'Anglois
par M. Toussaint in- 12. 2 volumes. A
Londres, & se trouve à Paris chez David
jeune.
C'est une plaisanterie, mais c'est la plai-
santerie d'un Philosophe dont nous ren-
drons compte le mois prochain, aussi bien
que du livre qui suit.
Histoire des révolutions de l'Empire des
Arabes, par M. l'Abbé de Marigny, to-
me troisième & quatrième. A Paris chez
Gissey, Bordelet & Ganean. 1751.
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16
p. 145-153
« LETTRES de M. l'Abbé de *** à ses éleves, pour servir d'introduction à [...] »
Début :
LETTRES de M. l'Abbé de *** à ses éleves, pour servir d'introduction à [...]
Mots clefs :
Sens littéral, Écritures saintes, Double sens, Église, Verbe, Jésus-Christ, Prophétie, Prophéties, Corps, Termes
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texteReconnaissance textuelle : « LETTRES de M. l'Abbé de *** à ses éleves, pour servir d'introduction à [...] »
LETTRES de M. l'Abbé de *** à
ses éleves, pour servir d'introduction à
l'intelligence des divines écritures, &
principalement des livtes prophetiques,
rélativement à la langue originale. Tom
premier, à Paris chez Colombat. 1751.
Un ouvrage qui n'a d'autre objet que
I.Vol.
gitized by GoC
146 MERCURE DEFRANCE.
celui de réveiller l'étude & l'amour des di-
vines écritures, doit être bien reçu.
L'Auteur, M. Villefroy, Abbé de l'Ab-
baye de Blasimont, Censeur Royal &
Sécretaire de S. A. S. M. le Duc d'Or-
léans, a commencé par donner des princi-
pes à ses élèves, & il leur coumunique
maintenant ses connoissances.
Dix Lettres écrites dans un style sim-
ple, mais qui n exclut ni le grand, ni le
sublime; lorsqu'ils sont nécessaires, for-
ment le Volume que nous annonçons.
La premiere Lettre peu susceptible
d'extrait, parce que tout y est essentiel,
contient les raisons qui ont occasioné
cet ouvrage; la route que l'Auteur s'est
frayée pour acquérir les connoissances qu'il
a communiquées à ses élèves; le nombre
des I.ivres Sacrés qu'ils ont traduit sous ses
yeux & le nom des langues Orientales aus-
quelles ils se sont appliqués.
Ensuite M. l'Abbé Villefroy leur fait
envisager les dissicultés, qu'ils ont à sur-
monter pour parvenir à l'intelligence du
texte original de l'Ecriture Sainte & pour
donner des versions sur l'Hébreu, plus intel.
ligibles & plus suivies que celles de plu-
sieurs modernes, qui n'ont pas rendu tou-
te cette admirable harmonie, qui fair une
partie du sublime des Livres Divins, &
JANVIER.
1752.
147
qui se rrouve dans l'original.
L'Auteur parle ensuite du double sem
litréral, il croit le trouver dans tontes les
prophéties qui regardent le corps de l'E-
glise avant l'incarnation du Verbe; il in-
sinue en meme-tems que tont ce qui s'est
passé concernant le Peuple de Dicu, de-
puis la publication des Oracles des Pro-
phetes, jusqu'à la naissance de Jesus-Christ,
est une prophétie de ce qui s'est passé réla-
tivement au corps entier de l'Eglise chré-
tienne, jusqu'à nos jours.
Aptès ce point de vuë, on apperçoit les
titres des 10 Lettres qui composent le
premier volume, & des 6 qui forme-
ront le deuxième, si le premier est bien
reçu.
Cette Lettre finit par un grand éloge du
sçavoir & de la sagacité de Saint Jérôme.
Les II, III, IV & V, Lettres sont
un précis de la conduite de Dieu sur les
hommes, en matiere de religion. On
voit dans l'étendue de 127 pages, un ta-
bleau qui représente une alternative con-
tinuelle de la justice & de la miféricorde
du Verbe sur les hommes: alternative
néanmoins où la clémence l'emporte fur la
sevérité; ce précis est vif & instructif. Il faut
lire, & même méditer la IV. I ettre; l'his-
toire qu'elle contiem sert de base au sem
Gij
148 MERCUREDEFRANCE.
littéral, accompli depuis la publication
des Propheties, jusqu'à la naissance du
Verbe incarné; pendant que la cinquiéme
Lettre renferme les faits sur lesquels por-
te un deuxième sens littéral & historique
accompli dans Jesus-Christ, & dans le
corps entier de sou Eglise.
La sixiéme Lettre, propre seulement à
ceux qui cherchent la vraie ptononciation
des Lettres Hebraiques, contient les carac-
téres de cette langue, dont le son & la
valeur sont exprimés, non selon l'opinion
des Rabbins, mais d'après Origêne qui
nous a laissé le premier chapitre Hébreu
de la Genèse, transcrit en caractéres Gręcs.
L'Auteur s'appuie aussi sur les noms propres
rendus par le Grec, la Vulgate & quelques
Versions Orientales. Cette Lettre finit par
les régles que l'Auteur donne à ses Eleves,
pour transcrire l'Hébreu en caractéres Fran-
çois, de maniere à ne rien perdre de la
prononciation & du son que les consou-
nes & les points voyelles ont dans l'origi-
nal. Ressource assez utile pour des trans-
criptions de longue haleine.
La septième Lettre est employée toute en-
tiere à établit le double sens littéral dont
nous venons de parler.
L'Auteur commence par déclarer après
S. Thomas, que le sens littéral n'est autre
JANVIER. 1752.
149
que le sens historique, & il le distingne
exactement du sens spirituel, que ce S.
Docteur divise en tropologique ou mo-
ral, allégorique ou figuré, & anogo-
gique, ou sens qui regarde l'éternité.
L'Auteur donne des idées nettes de ces
trois sortes de sens spirituels, afin qu'on
ne les confonde pas avec le sens littéral,
qui est le seul dont on puisse tirer un argu-
ment. Ex quo solo, dit Saint Thomas, po-
test trahi argumenium.
Le mélange de ces sens avec le sens lit-
téral, fait un mauvais effet dans les com-
mentaires, puisqu'en expliquant quelques
versets dans le sens littéral, & les suivans
dans le sens spirituel, on rompt l'harmo-
nie qui se trouve dans les écrits des Pro-
phetes: or quand cette harmonie est rom-
pue, comment suivre le fil, je ne dis pas
seulement du double sens littéral, mais.
même du premier sens historique? On peut
lire à ce sujet ce qui est marqué depuis
le milieu de la page 220, jusqu'à la page
223.
Au milieu de la page 223, l'Auteur ap-
porte la raison qui lui fait admettre un dou-
ble sens littéral dans toutes les prophéties
qui regardent le corps entier de l'Eglise
avant la naissance du Messie. Cette raison
est fondée sur la conduite du Verbe en
G iij
150 MERCURE DEFRANCE.
matiere de religion, qui est la même dans
l'Eglise chrétienne, que celle qu'il a te-
nue dans l'Eglise qui précéda l'incarnation.
L'Auteur fait ensuite un parallele de cette
double conduite, auquel nous croyons
qu'il est difficile de se refuser.
De là il passe à l'utilité qui résulte de ce-
double sens littéral.
Le premiet avantage qu'on en retire est
de défendre l'Ecritute, & surtout les li-
vtes prophétiques, des reproches & des
insultes des Déistes, qui faute d'entendre
le sens de la Vulgate, d'après l'original
Hébreu, ne trouvent aucune harmonie
de discours dans les livres saints. On peut
lire les objections de ces incrédules & la
réponse qu'on y fait. Elles commencent à
la page 235 & finissent à la page 241.
L'Auteur se promet un deuxième avan-
tage dans la découvetre du double sens
littéral. En effet, dès que l'on fera voir à
un Juif raisonnable, que le Messie, rejetté
& crucifié par ses Peres, est prédit avec
son Eglise, par le même texte & par les
mêmes expressions qui caractérisent l'E-
glise du Verbe avant son incarnation,
que peut répondre alors cet ennemi du
Christianisme? ne verra t'il pas que ces
termes peignent également l'étât de l'E-
glise avant Jesus-Christ & celui de l'Eglise
Chrétienne?
JANVIER. 1752.
151
Les huitième & neuvième Lettres sont
employées à faire voir que le double sens
littéral se trouve dans la prophétie con-
tenue dans les Chapitres 58 & 59 d'Isaie.
On peut voir à la lecture de cette version
& des notes Françoises qui la suivent,
que la découverte du double sens littéral,
n est pas si difficile, que l'on pense, pout
un homme qui sçait manier la langue Ori-
ginale & qui connoit tonte la valeur des
termes énigmatiques. Qui croiroit que
ces deux Chapitres d'Isaie, que Vatable
a pris pour une piéce de morale, for-
ment depuis le commencement jusqu'à la
fin une Prophétie des plus intéressantes,
où le fil du double sens littéral est suivi
partout sans la plus légere interruption ?
On remarque une faute considérable d'im-
pression dans la version de cette prophétie
page 283 ligne 12, au lieu de celui que, il
fant lire, celui-ci qui.
VI. La dixième Lettre finit ce volu-
me; son objet est de prouver que si l'Au-
teur admet un double sens littéral dans
beaucoup de prophéties, il ne s'ensuit
pas quil prétende le trouver par tout;
puisqu'il y a des Oracles où Jesus- Christ
est l'unique point de vuë du Prophéte.
C'est donc pour démontrer cette vérité,
qu'il a choisi le Pscaume huirième dont
G uii
a
152 MERCUREDE FRANCE.
il attribue le sens littéral à Jesus-Christ,
exclusivement à tout autre objet. Les com-
mentateurs ne voyent, dans ce Pleaume,
que les versets 3 & 6 qui conviennent à
Jesus-Christ; mais l'Auteur soutient que
tous les versets & toutes ies expressions de
cette Poësie, appartiennent au Verbe in-
carné, quoiqu'on ait imaginé que le corps
du Pseaume regarde l'homme en géné-
ral.
La version soit Latine, soit Françoise
de cette prophétie, est précédée de cinqe
observations, la premiere tend à prouver
que le raisonnement fait par Saint Paul
Hibr. II. 56, &c. ne permet pas de
reconnoitre dans cette Poësie sacréc, d'au-
tre objet que J. C.
La deuxième observation examine co
Pseaume selon les régles de la Grammaire,
suivant lesquelles on essaye de rendre sen-
sible la liaison qui se trouve entre tous les
versers qui composent cette prophetie.
Dans la troisième on examine la signifi-
cation donnée par l'Ancien Testament aux
termes énigmatiques, Cieur, Lune, Etoi-
les.
La quatrième explique en quel sens
les prophéties ont pris les termes énigma-
tiques de Brebis, de Beuf, Anmaux
des champs, Oiseavx du ciel, Poissous &
Mers.
tized by Goo-
JANVIER. 1752.
153
La cinquième justifie les significations
des termes précédens, par l'autorité du
Nouveau Testament, qui, sur leur va-
leur, est parfaitement d'accord avec l'An-
cien.
Ces observations sont suivies d'une tra-
duction Latine, & Françoise, & accompa-
gnees de petites notes qui renvoient aux
marques qui précédent. On verra dans ce
Ps. une harmonie & une noblesse d'expres-
sion bien rare dans les versions de cette
espéce.
Ces Lettres sont le fruit d'une longue
étude; on y trouve des réfléxions très
solides & des vues dignes d'être approfon-
dies. Le style en est clair & naturel; tout
est neuf dans ce grand travail & rien ce-
pendant n'y respire la nouveauté.
ses éleves, pour servir d'introduction à
l'intelligence des divines écritures, &
principalement des livtes prophetiques,
rélativement à la langue originale. Tom
premier, à Paris chez Colombat. 1751.
Un ouvrage qui n'a d'autre objet que
I.Vol.
gitized by GoC
146 MERCURE DEFRANCE.
celui de réveiller l'étude & l'amour des di-
vines écritures, doit être bien reçu.
L'Auteur, M. Villefroy, Abbé de l'Ab-
baye de Blasimont, Censeur Royal &
Sécretaire de S. A. S. M. le Duc d'Or-
léans, a commencé par donner des princi-
pes à ses élèves, & il leur coumunique
maintenant ses connoissances.
Dix Lettres écrites dans un style sim-
ple, mais qui n exclut ni le grand, ni le
sublime; lorsqu'ils sont nécessaires, for-
ment le Volume que nous annonçons.
La premiere Lettre peu susceptible
d'extrait, parce que tout y est essentiel,
contient les raisons qui ont occasioné
cet ouvrage; la route que l'Auteur s'est
frayée pour acquérir les connoissances qu'il
a communiquées à ses élèves; le nombre
des I.ivres Sacrés qu'ils ont traduit sous ses
yeux & le nom des langues Orientales aus-
quelles ils se sont appliqués.
Ensuite M. l'Abbé Villefroy leur fait
envisager les dissicultés, qu'ils ont à sur-
monter pour parvenir à l'intelligence du
texte original de l'Ecriture Sainte & pour
donner des versions sur l'Hébreu, plus intel.
ligibles & plus suivies que celles de plu-
sieurs modernes, qui n'ont pas rendu tou-
te cette admirable harmonie, qui fair une
partie du sublime des Livres Divins, &
JANVIER.
1752.
147
qui se rrouve dans l'original.
L'Auteur parle ensuite du double sem
litréral, il croit le trouver dans tontes les
prophéties qui regardent le corps de l'E-
glise avant l'incarnation du Verbe; il in-
sinue en meme-tems que tont ce qui s'est
passé concernant le Peuple de Dicu, de-
puis la publication des Oracles des Pro-
phetes, jusqu'à la naissance de Jesus-Christ,
est une prophétie de ce qui s'est passé réla-
tivement au corps entier de l'Eglise chré-
tienne, jusqu'à nos jours.
Aptès ce point de vuë, on apperçoit les
titres des 10 Lettres qui composent le
premier volume, & des 6 qui forme-
ront le deuxième, si le premier est bien
reçu.
Cette Lettre finit par un grand éloge du
sçavoir & de la sagacité de Saint Jérôme.
Les II, III, IV & V, Lettres sont
un précis de la conduite de Dieu sur les
hommes, en matiere de religion. On
voit dans l'étendue de 127 pages, un ta-
bleau qui représente une alternative con-
tinuelle de la justice & de la miféricorde
du Verbe sur les hommes: alternative
néanmoins où la clémence l'emporte fur la
sevérité; ce précis est vif & instructif. Il faut
lire, & même méditer la IV. I ettre; l'his-
toire qu'elle contiem sert de base au sem
Gij
148 MERCUREDEFRANCE.
littéral, accompli depuis la publication
des Propheties, jusqu'à la naissance du
Verbe incarné; pendant que la cinquiéme
Lettre renferme les faits sur lesquels por-
te un deuxième sens littéral & historique
accompli dans Jesus-Christ, & dans le
corps entier de sou Eglise.
La sixiéme Lettre, propre seulement à
ceux qui cherchent la vraie ptononciation
des Lettres Hebraiques, contient les carac-
téres de cette langue, dont le son & la
valeur sont exprimés, non selon l'opinion
des Rabbins, mais d'après Origêne qui
nous a laissé le premier chapitre Hébreu
de la Genèse, transcrit en caractéres Gręcs.
L'Auteur s'appuie aussi sur les noms propres
rendus par le Grec, la Vulgate & quelques
Versions Orientales. Cette Lettre finit par
les régles que l'Auteur donne à ses Eleves,
pour transcrire l'Hébreu en caractéres Fran-
çois, de maniere à ne rien perdre de la
prononciation & du son que les consou-
nes & les points voyelles ont dans l'origi-
nal. Ressource assez utile pour des trans-
criptions de longue haleine.
La septième Lettre est employée toute en-
tiere à établit le double sens littéral dont
nous venons de parler.
L'Auteur commence par déclarer après
S. Thomas, que le sens littéral n'est autre
JANVIER. 1752.
149
que le sens historique, & il le distingne
exactement du sens spirituel, que ce S.
Docteur divise en tropologique ou mo-
ral, allégorique ou figuré, & anogo-
gique, ou sens qui regarde l'éternité.
L'Auteur donne des idées nettes de ces
trois sortes de sens spirituels, afin qu'on
ne les confonde pas avec le sens littéral,
qui est le seul dont on puisse tirer un argu-
ment. Ex quo solo, dit Saint Thomas, po-
test trahi argumenium.
Le mélange de ces sens avec le sens lit-
téral, fait un mauvais effet dans les com-
mentaires, puisqu'en expliquant quelques
versets dans le sens littéral, & les suivans
dans le sens spirituel, on rompt l'harmo-
nie qui se trouve dans les écrits des Pro-
phetes: or quand cette harmonie est rom-
pue, comment suivre le fil, je ne dis pas
seulement du double sens littéral, mais.
même du premier sens historique? On peut
lire à ce sujet ce qui est marqué depuis
le milieu de la page 220, jusqu'à la page
223.
Au milieu de la page 223, l'Auteur ap-
porte la raison qui lui fait admettre un dou-
ble sens littéral dans toutes les prophéties
qui regardent le corps entier de l'Eglise
avant la naissance du Messie. Cette raison
est fondée sur la conduite du Verbe en
G iij
150 MERCURE DEFRANCE.
matiere de religion, qui est la même dans
l'Eglise chrétienne, que celle qu'il a te-
nue dans l'Eglise qui précéda l'incarnation.
L'Auteur fait ensuite un parallele de cette
double conduite, auquel nous croyons
qu'il est difficile de se refuser.
De là il passe à l'utilité qui résulte de ce-
double sens littéral.
Le premiet avantage qu'on en retire est
de défendre l'Ecritute, & surtout les li-
vtes prophétiques, des reproches & des
insultes des Déistes, qui faute d'entendre
le sens de la Vulgate, d'après l'original
Hébreu, ne trouvent aucune harmonie
de discours dans les livres saints. On peut
lire les objections de ces incrédules & la
réponse qu'on y fait. Elles commencent à
la page 235 & finissent à la page 241.
L'Auteur se promet un deuxième avan-
tage dans la découvetre du double sens
littéral. En effet, dès que l'on fera voir à
un Juif raisonnable, que le Messie, rejetté
& crucifié par ses Peres, est prédit avec
son Eglise, par le même texte & par les
mêmes expressions qui caractérisent l'E-
glise du Verbe avant son incarnation,
que peut répondre alors cet ennemi du
Christianisme? ne verra t'il pas que ces
termes peignent également l'étât de l'E-
glise avant Jesus-Christ & celui de l'Eglise
Chrétienne?
JANVIER. 1752.
151
Les huitième & neuvième Lettres sont
employées à faire voir que le double sens
littéral se trouve dans la prophétie con-
tenue dans les Chapitres 58 & 59 d'Isaie.
On peut voir à la lecture de cette version
& des notes Françoises qui la suivent,
que la découverte du double sens littéral,
n est pas si difficile, que l'on pense, pout
un homme qui sçait manier la langue Ori-
ginale & qui connoit tonte la valeur des
termes énigmatiques. Qui croiroit que
ces deux Chapitres d'Isaie, que Vatable
a pris pour une piéce de morale, for-
ment depuis le commencement jusqu'à la
fin une Prophétie des plus intéressantes,
où le fil du double sens littéral est suivi
partout sans la plus légere interruption ?
On remarque une faute considérable d'im-
pression dans la version de cette prophétie
page 283 ligne 12, au lieu de celui que, il
fant lire, celui-ci qui.
VI. La dixième Lettre finit ce volu-
me; son objet est de prouver que si l'Au-
teur admet un double sens littéral dans
beaucoup de prophéties, il ne s'ensuit
pas quil prétende le trouver par tout;
puisqu'il y a des Oracles où Jesus- Christ
est l'unique point de vuë du Prophéte.
C'est donc pour démontrer cette vérité,
qu'il a choisi le Pscaume huirième dont
G uii
a
152 MERCUREDE FRANCE.
il attribue le sens littéral à Jesus-Christ,
exclusivement à tout autre objet. Les com-
mentateurs ne voyent, dans ce Pleaume,
que les versets 3 & 6 qui conviennent à
Jesus-Christ; mais l'Auteur soutient que
tous les versets & toutes ies expressions de
cette Poësie, appartiennent au Verbe in-
carné, quoiqu'on ait imaginé que le corps
du Pseaume regarde l'homme en géné-
ral.
La version soit Latine, soit Françoise
de cette prophétie, est précédée de cinqe
observations, la premiere tend à prouver
que le raisonnement fait par Saint Paul
Hibr. II. 56, &c. ne permet pas de
reconnoitre dans cette Poësie sacréc, d'au-
tre objet que J. C.
La deuxième observation examine co
Pseaume selon les régles de la Grammaire,
suivant lesquelles on essaye de rendre sen-
sible la liaison qui se trouve entre tous les
versers qui composent cette prophetie.
Dans la troisième on examine la signifi-
cation donnée par l'Ancien Testament aux
termes énigmatiques, Cieur, Lune, Etoi-
les.
La quatrième explique en quel sens
les prophéties ont pris les termes énigma-
tiques de Brebis, de Beuf, Anmaux
des champs, Oiseavx du ciel, Poissous &
Mers.
tized by Goo-
JANVIER. 1752.
153
La cinquième justifie les significations
des termes précédens, par l'autorité du
Nouveau Testament, qui, sur leur va-
leur, est parfaitement d'accord avec l'An-
cien.
Ces observations sont suivies d'une tra-
duction Latine, & Françoise, & accompa-
gnees de petites notes qui renvoient aux
marques qui précédent. On verra dans ce
Ps. une harmonie & une noblesse d'expres-
sion bien rare dans les versions de cette
espéce.
Ces Lettres sont le fruit d'une longue
étude; on y trouve des réfléxions très
solides & des vues dignes d'être approfon-
dies. Le style en est clair & naturel; tout
est neuf dans ce grand travail & rien ce-
pendant n'y respire la nouveauté.
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Résumé : « LETTRES de M. l'Abbé de *** à ses éleves, pour servir d'introduction à [...] »
L'ouvrage 'Lettres de M. l'Abbé de *** à ses élèves, pour servir d'introduction à l'intelligence des divines écritures, & principalement des livres prophétiques, relativement à la langue originale' a été publié en 1751 à Paris par l'Abbé Villefroy. Ce livre vise à promouvoir l'étude et l'amour des Écritures saintes. L'auteur, également Abbé de l'Abbaye de Blasimont, Censeur Royal et Secrétaire du Duc d'Orléans, partage ses connaissances à travers dix lettres rédigées dans un style simple mais élégant. La première lettre présente les motivations de l'ouvrage et les efforts de l'auteur pour acquérir et transmettre des connaissances sur les livres sacrés traduits en langues orientales. Les lettres suivantes abordent les difficultés d'interprétation du texte original de l'Écriture Sainte et proposent des versions plus intelligibles et harmonieuses. L'Abbé Villefroy discute du double sens littéral des prophéties, présent dans toutes les prophéties concernant l'Église avant l'incarnation du Verbe. Il suggère que les événements concernant le peuple de Dieu, de la publication des Oracles des Prophètes à la naissance de Jésus-Christ, constituent une prophétie relative à l'Église chrétienne jusqu'à nos jours. Les lettres II à V illustrent la conduite de Dieu envers les hommes en matière de religion, alternant justice et miséricorde, avec une prédominance de la clémence. La sixième lettre traite de la prononciation des lettres hébraïques, tandis que la septième développe le concept du double sens littéral, distinguant le sens historique du sens spirituel. L'auteur critique les objections des déistes concernant l'harmonie des livres saints, notamment en raison de leur méconnaissance de l'hébreu original. Les lettres VIII et IX explorent la prophétie des chapitres 58 et 59 d'Isaïe, montrant qu'ils prédisent à la fois le Messie et son Église. La lettre X conclut le volume en prouvant que certaines prophéties se concentrent uniquement sur Jésus-Christ, comme illustré dans le Psaume 80. L'auteur soutient que tous les versets de ce psaume concernent le Verbe incarné.
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17
p. 154-155
ECLAIRCISSEMENT Sur le Mémoire de M. Maraldi, dont l'extrait se trouve dans le deuxiéme Mercure de Décembre.
Début :
Il semble qu'on a voulu jetter des doutes sur la longitude du Cap de Bonne-Espérance, [...]
Mots clefs :
Éclipse, Lune, Marseille, Nuages, Maraldi
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texteReconnaissance textuelle : ECLAIRCISSEMENT Sur le Mémoire de M. Maraldi, dont l'extrait se trouve dans le deuxiéme Mercure de Décembre.
ECLAIRCISSEMENT
Sur le Mémoire de M. Maraldi, dont l'extrait
se trouve dans le deuxiéme Mercure
de Décembre.
Il semble qu'on a voulu jetter des doutes
sur la longitude du Cap de Bonne-Espérance,
déterminée par le moyen de
l'éclipse de lune du 9 Juin au matin de
Pannée derniere 1751, observée au Cap
par M. l'Abbé de la Caille, & comparée
aux observations qui en ont été faites à
Marseille & à Turin, puisqu'on a avancé
dans le premier tome du Mercure du mois
de Décembre derniet, qu'il y a près de 4
minutes de difference dans le commencement de
l'é. lipse observe (en reduisant au méridien de
Paris) à Marseille & à Turin. Mais où a
t'on pris le commencement de cet te éclip-
se observée à Marseille? M. Maraldi qui
s'est servi de l'observation faite à Mat seille
par le Pere Pezenas Jésuite, n'en connoit
pas d'autre, & assure que ce Pere n'a pas
observé le commencement de cette éclipse,
parce que le Ciel étoit couyert de nuages,
il est en état de le prouver pat la relation
de cette observation envoyée à M. de l'Iste
by God
JANVIER. 1752.
155
& communiquée à l'Académie des Scien-
ces avant les vacances, & par une copie du
Journal des observations du Pere Pezenas,
écrite de sa main, & envoyée à M. Rou-
lier, Ministre & Secrétaite d'Etat. Voici
ce qu'on lit dans ce Journal.
8 Juin. Le soir, nuages.
9 Juin éclipse de lune. Elle ne paroissoit
pas commencée à 12 heures 26.
On voyoit cependant une espece
de pénombre, que l'on ne pouvoit
pas distinguer des nuages.
A I heure 16 minutes, plus de la moi-
tié de la lune parut éclipsée.
Sur le Mémoire de M. Maraldi, dont l'extrait
se trouve dans le deuxiéme Mercure
de Décembre.
Il semble qu'on a voulu jetter des doutes
sur la longitude du Cap de Bonne-Espérance,
déterminée par le moyen de
l'éclipse de lune du 9 Juin au matin de
Pannée derniere 1751, observée au Cap
par M. l'Abbé de la Caille, & comparée
aux observations qui en ont été faites à
Marseille & à Turin, puisqu'on a avancé
dans le premier tome du Mercure du mois
de Décembre derniet, qu'il y a près de 4
minutes de difference dans le commencement de
l'é. lipse observe (en reduisant au méridien de
Paris) à Marseille & à Turin. Mais où a
t'on pris le commencement de cet te éclip-
se observée à Marseille? M. Maraldi qui
s'est servi de l'observation faite à Mat seille
par le Pere Pezenas Jésuite, n'en connoit
pas d'autre, & assure que ce Pere n'a pas
observé le commencement de cette éclipse,
parce que le Ciel étoit couyert de nuages,
il est en état de le prouver pat la relation
de cette observation envoyée à M. de l'Iste
by God
JANVIER. 1752.
155
& communiquée à l'Académie des Scien-
ces avant les vacances, & par une copie du
Journal des observations du Pere Pezenas,
écrite de sa main, & envoyée à M. Rou-
lier, Ministre & Secrétaite d'Etat. Voici
ce qu'on lit dans ce Journal.
8 Juin. Le soir, nuages.
9 Juin éclipse de lune. Elle ne paroissoit
pas commencée à 12 heures 26.
On voyoit cependant une espece
de pénombre, que l'on ne pouvoit
pas distinguer des nuages.
A I heure 16 minutes, plus de la moi-
tié de la lune parut éclipsée.
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Résumé : ECLAIRCISSEMENT Sur le Mémoire de M. Maraldi, dont l'extrait se trouve dans le deuxiéme Mercure de Décembre.
Le texte aborde un débat sur la détermination de la longitude du Cap de Bonne-Espérance lors de l'éclipse lunaire du 9 juin 1751. Une divergence de près de quatre minutes entre les observations de Marseille et celles de Turin a suscité des interrogations. M. Maraldi soutient que le Père Pezenas, observateur à Marseille, n'a pas vu le début de l'éclipse en raison de la couverture nuageuse. Pour étayer cette hypothèse, Maraldi se réfère à une relation d'observation envoyée à M. de l'Isle et à une copie du journal des observations du Père Pezenas, adressée à M. Roullier. Selon ce journal, à 12 heures 26, l'éclipse n'était pas visible en raison des nuages, mais à 13 heures 16 minutes, plus de la moitié de la Lune était éclipsée.
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18
p. 156
« DICTIONNAIRE apostolique à l'usage de Messieurs les Curés des Villes & [...] »
Début :
DICTIONNAIRE apostolique à l'usage de Messieurs les Curés des Villes & [...]
Mots clefs :
Dictionnaire apostolique, Curés, Prêcher
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texteReconnaissance textuelle : « DICTIONNAIRE apostolique à l'usage de Messieurs les Curés des Villes & [...] »
DICTIONNAIRE apostolique à l'usage
de Messieurs les Curés des Villes &
de la campagne, & de tous ceux qui se
destinent à la chaire. Par le Pere Hyacinthe
de Montargon, Augustin de la Place des
Victoires, Prédicateur du Roi, Aumonier
du Roi de Pologne, Duc de Loraine &
de Bar. APris chez la veuve Littin &
Butard, & ch. z l'Auteur, 1751, tome pre-
mier; gros in 89.
Nous rendrons compte le mois pro-
chain de cette entreprise utile à tous ceux
qui prêchent, & nécessaire à la plupart.
de Messieurs les Curés des Villes &
de la campagne, & de tous ceux qui se
destinent à la chaire. Par le Pere Hyacinthe
de Montargon, Augustin de la Place des
Victoires, Prédicateur du Roi, Aumonier
du Roi de Pologne, Duc de Loraine &
de Bar. APris chez la veuve Littin &
Butard, & ch. z l'Auteur, 1751, tome pre-
mier; gros in 89.
Nous rendrons compte le mois pro-
chain de cette entreprise utile à tous ceux
qui prêchent, & nécessaire à la plupart.
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19
p. 156-157
« EPHEMERIDES cosmographiques, où le cours aparent & réel du soleil & des [...] »
Début :
EPHEMERIDES cosmographiques, où le cours aparent & réel du soleil & des [...]
Mots clefs :
Éphémérides, Astronomie physique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « EPHEMERIDES cosmographiques, où le cours aparent & réel du soleil & des [...] »
EPHEMERIDES cosmographiques,
où le cours aparent & réel du soleil & des
planeres est représenté par des planches
d'après les calculs & régles astronomiques
pour l'année 1752. avec d'importantes ob-
servations sur la Cosmographie, l'Astro-
nomie Phisique, & l'Histoire naturelle qui
forment une suite à celles des Ephéméri-
des en tables & en figures de 1750 &
1751.
Le titre de l'ouvrage en fait connoître
le but & l'utilité: c'est le fruit du travail
& des réflexions d'un homme de qualité
qui fait servir ses études à l'honneur de la
religion, & aux progrès de l'Astronomie
JANVIER. 1752.
157
& de la Phisique. Nous invitons nos Lec-
teurs à voir sur tout dans le livre que
nous annonçons, deux chapitres fort cu-
rieux; le premier traite de l'antorité des
vérités révélées en Phisique, & le deuxié-
me, de la liaison de la Philosophie mo-
der ne avec la Théologie.
où le cours aparent & réel du soleil & des
planeres est représenté par des planches
d'après les calculs & régles astronomiques
pour l'année 1752. avec d'importantes ob-
servations sur la Cosmographie, l'Astro-
nomie Phisique, & l'Histoire naturelle qui
forment une suite à celles des Ephéméri-
des en tables & en figures de 1750 &
1751.
Le titre de l'ouvrage en fait connoître
le but & l'utilité: c'est le fruit du travail
& des réflexions d'un homme de qualité
qui fait servir ses études à l'honneur de la
religion, & aux progrès de l'Astronomie
JANVIER. 1752.
157
& de la Phisique. Nous invitons nos Lec-
teurs à voir sur tout dans le livre que
nous annonçons, deux chapitres fort cu-
rieux; le premier traite de l'antorité des
vérités révélées en Phisique, & le deuxié-
me, de la liaison de la Philosophie mo-
der ne avec la Théologie.
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Résumé : « EPHEMERIDES cosmographiques, où le cours aparent & réel du soleil & des [...] »
L'ouvrage 'Éphémérides cosmographiques' pour 1752 présente le mouvement apparent et réel du Soleil et des planètes, basé sur des calculs astronomiques. Il inclut des observations sur la cosmographie, l'astronomie physique et l'histoire naturelle. L'auteur vise à honorer la religion et à promouvoir les progrès scientifiques. Le livre comprend deux chapitres : l'un sur l'autorité des vérités révélées en physique, l'autre sur la liaison entre philosophie moderne et théologie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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20
p. 157-158
Livres nouvellement arrivés chez Briasson, Libraire rue Saint Jacques à Paris.
Début :
CONSTANTINI Porphyrogeneti, Imp. C. P. de Ceremoniis aulae Bysantinae, prodeunt [...]
Mots clefs :
Byzantine, Templiers, Politique, Tranquilliser
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Livres nouvellement arrivés chez Briasson, Libraire rue Saint Jacques à Paris.
Livres nouvellement arrivés chez Briasson,
Libraire rue Saint Jacques à Paris.
CONSTANTINI Porphyrogeneti,
Imp. C. P. de Ceremoniis aulae Bysantinae,
prodeunt nunc primum, fol. G.,
& c. Lat. Cum notis, Lipsiæ 1751.
Ce livre important est une suite néces-
saire au bean recueil des Historiens qu on
nomme laBysantine. Il est imprimé avec un
très-grand soin & sur du très beau papier.
Histoire de l'Ordre des Templiers, par
Dupuy, nouvelle édition avec les preu-
ves, & des notes, in 4. fig. Bruss. 1751.
La réimpression de cet ouvrage qui est
aujourd'hui cher & rare, doic faire un
vrai plaisir aux amateurs de l'Histoire.
Ludwig. (Gott.) terrae musaei regii & ter-
rarum sigillarum fige. fol. fig. Lypsiæ. 748.
Sendelii (nath.) Historia succinorum
corpora aliena involventium fol. fig. Lip-
siæe 1742.
138 MERCURE DEFRANCE
La véritable politique des Gens de qua-
lité in- 12 Ital. & fr. Strasbourg. 1752.
Mémoires de l'Accadémie Royale des
Sciences de Berlin, année 1740. in 4° fig.
Berlin 1751.
L'Art de se tranquiliser dans tous les
événemens de la vie, trad. du Latin de
Sarraza. in-8°. Strasbourg 1752.
Libraire rue Saint Jacques à Paris.
CONSTANTINI Porphyrogeneti,
Imp. C. P. de Ceremoniis aulae Bysantinae,
prodeunt nunc primum, fol. G.,
& c. Lat. Cum notis, Lipsiæ 1751.
Ce livre important est une suite néces-
saire au bean recueil des Historiens qu on
nomme laBysantine. Il est imprimé avec un
très-grand soin & sur du très beau papier.
Histoire de l'Ordre des Templiers, par
Dupuy, nouvelle édition avec les preu-
ves, & des notes, in 4. fig. Bruss. 1751.
La réimpression de cet ouvrage qui est
aujourd'hui cher & rare, doic faire un
vrai plaisir aux amateurs de l'Histoire.
Ludwig. (Gott.) terrae musaei regii & ter-
rarum sigillarum fige. fol. fig. Lypsiæ. 748.
Sendelii (nath.) Historia succinorum
corpora aliena involventium fol. fig. Lip-
siæe 1742.
138 MERCURE DEFRANCE
La véritable politique des Gens de qua-
lité in- 12 Ital. & fr. Strasbourg. 1752.
Mémoires de l'Accadémie Royale des
Sciences de Berlin, année 1740. in 4° fig.
Berlin 1751.
L'Art de se tranquiliser dans tous les
événemens de la vie, trad. du Latin de
Sarraza. in-8°. Strasbourg 1752.
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Résumé : Livres nouvellement arrivés chez Briasson, Libraire rue Saint Jacques à Paris.
Le document énumère plusieurs livres nouvellement disponibles chez Briasson, libraire parisien situé rue Saint-Jacques. Parmi eux, 'Constantini Porphyrogeneti, Imp. C. P. de Ceremoniis aulae Bysantinae', publié en 1751 à Leipzig, est une suite indispensable au recueil des Historiens byzantins, imprimée avec soin sur du beau papier. 'Histoire de l'Ordre des Templiers' par Dupuy, réédité en 1751 à Bruxelles, inclut des preuves et des notes, destiné aux passionnés d'histoire. Le document mentionne aussi 'Ludwig. (Gott.) terrae musaei regii & terrarum sigillarum' publié en 1748 à Leipzig, et 'Sendelii (nath.) Historia succinorum corpora aliena involventium' publié en 1742 à Leipzig. D'autres titres incluent 'La véritable politique des Gens de qualité' en italien et français, publié en 1752 à Strasbourg, les 'Mémoires de l'Académie Royale des Sciences de Berlin' pour l'année 1740, publiés en 1751 à Berlin, et 'L'Art de se tranquiliser dans tous les événemens de la vie', traduit du latin de Sarraza, publié en 1752 à Strasbourg.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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21
p. 158-160
PRIX Proposé par l'Académie Royale de Chirurgie, pour l'année 1753.
Début :
L'Académie Royale de Chirurgie, désirant contribuer au progrès de cet [...]
Mots clefs :
Académie royale de chirurgie, Prix, Médaille, Mémoire, Marque distinctive
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX Proposé par l'Académie Royale de Chirurgie, pour l'année 1753.
PRIX
Proposé par l'Académie Royale de Chirurgie,
pour l'année 1753.
L'Académie Royale de Chirurgie, désirant
contribuer au progrès de cet
Art & à l'utilité publique, propose pour
le Prix de l'Année 1753. la Question sui-
vante:
Le Feu ou Cautere actuel n'a-t' il pas été
trop employé par les Anciens, & trop négligé
par les Modernes? En quels cas ce moyen doit-
il être preferé aux autres pour la Cure des
Maladies Chirurgicales, & quelles sont les
raisons de préférence?
Ceux qui travailleront sur ce sujet au-
JANVIER. 1752. 159
ront soin d'appuyer leur doctrine sur l'ex-
périence & sur l'Observation, & de com-
muniquer le Manuel particulier qu'ils au-
xont suivi.
Ils sont priés d'écrite en François, ou
en Latin; & d'avoir attention que leurs
Ecrits soient fort lisibles.
Ils mettront à leurs Memoires une
marque distinctive, comme Sentence,
Devise, Paraphe ou Signature; & cette
marque sera couverte d'un papier collé,
ou cacheté, qui ne fera levé qu' en cas que
la Piéce ait remporté le Prix.
Ils adresseront leurs Ouvrages, francs
de port, à M. Morand, Sécrétaire perpé-
tuel de l'Açadémie Royale de Chirurgie,
à Paris; ou les lui feront remettre entre
les mains.
Toutes personnes de quelque qualité
& pays qu elles soient, pourtont aspirer
au Prix; on n'excepte que les Membres
de l'Académie.
Le prix est une Médaille d'or de la va-
leur de cinq cens livres, fondé par Mon-
hieut de LAPERONIB, qui sera donnée à
celui qui, au jugement de l'Académie,
aura fait le meilleur Mémoire sur le sujet
proposé.
La Médaille sera délivrée à l'Auteur
même qui se fera connoîitre, ou au Por-
Iitzed by Goo
160 MERCUREDEFRANCE.
teur d'une procuration de sa part; l'un ou
l'autre représentant la marque distinctive,
& une copie nette du Mémoire.
Les Ouvrages seront reçus jusqu'au der-
nier jour de Janvier 1753. inclusivement,
& l'Académie, à son Assemblée publique
qui se tiendra le jeudi d'après la quinzaine
de Pâques, proclamera la piéce qui aura
remporté le Prix.
Proposé par l'Académie Royale de Chirurgie,
pour l'année 1753.
L'Académie Royale de Chirurgie, désirant
contribuer au progrès de cet
Art & à l'utilité publique, propose pour
le Prix de l'Année 1753. la Question sui-
vante:
Le Feu ou Cautere actuel n'a-t' il pas été
trop employé par les Anciens, & trop négligé
par les Modernes? En quels cas ce moyen doit-
il être preferé aux autres pour la Cure des
Maladies Chirurgicales, & quelles sont les
raisons de préférence?
Ceux qui travailleront sur ce sujet au-
JANVIER. 1752. 159
ront soin d'appuyer leur doctrine sur l'ex-
périence & sur l'Observation, & de com-
muniquer le Manuel particulier qu'ils au-
xont suivi.
Ils sont priés d'écrite en François, ou
en Latin; & d'avoir attention que leurs
Ecrits soient fort lisibles.
Ils mettront à leurs Memoires une
marque distinctive, comme Sentence,
Devise, Paraphe ou Signature; & cette
marque sera couverte d'un papier collé,
ou cacheté, qui ne fera levé qu' en cas que
la Piéce ait remporté le Prix.
Ils adresseront leurs Ouvrages, francs
de port, à M. Morand, Sécrétaire perpé-
tuel de l'Açadémie Royale de Chirurgie,
à Paris; ou les lui feront remettre entre
les mains.
Toutes personnes de quelque qualité
& pays qu elles soient, pourtont aspirer
au Prix; on n'excepte que les Membres
de l'Académie.
Le prix est une Médaille d'or de la va-
leur de cinq cens livres, fondé par Mon-
hieut de LAPERONIB, qui sera donnée à
celui qui, au jugement de l'Académie,
aura fait le meilleur Mémoire sur le sujet
proposé.
La Médaille sera délivrée à l'Auteur
même qui se fera connoîitre, ou au Por-
Iitzed by Goo
160 MERCUREDEFRANCE.
teur d'une procuration de sa part; l'un ou
l'autre représentant la marque distinctive,
& une copie nette du Mémoire.
Les Ouvrages seront reçus jusqu'au der-
nier jour de Janvier 1753. inclusivement,
& l'Académie, à son Assemblée publique
qui se tiendra le jeudi d'après la quinzaine
de Pâques, proclamera la piéce qui aura
remporté le Prix.
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Résumé : PRIX Proposé par l'Académie Royale de Chirurgie, pour l'année 1753.
En 1752, l'Académie Royale de Chirurgie a lancé un concours pour l'année 1753 afin de stimuler les avancées en chirurgie et l'intérêt public. La question posée était de déterminer l'usage excessif du feu ou du cautère par les Anciens et sa négligence par les Modernes, ainsi que les cas où ce traitement devait être privilégié. Les participants devaient baser leurs réponses sur des expériences et observations, et indiquer le manuel suivi. Les mémoires, rédigés en français ou en latin, devaient inclure une marque distinctive cachée. Les travaux étaient à envoyer à M. Morand, secrétaire perpétuel de l'Académie, à Paris, avant le 31 janvier 1753. Le prix, une médaille d'or valant cinq cents livres offerte par Monhieu de Laperonib, serait remis au lauréat ou à son représentant lors de l'assemblée publique suivant la quinzaine de Pâques.
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