1
p. 2085-2086
« LE 24 du mois dernier, le Parlement de Metz rendit ses respects à la Reine, & [...] »
Début :
LE 24 du mois dernier, le Parlement de Metz rendit ses respects à la Reine, & [...]
Mots clefs :
Metz, Reine, Monseigneur le Dauphin, Église collégiale, Saint Louis, Panégyrique, Roi
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texteReconnaissance textuelle : « LE 24 du mois dernier, le Parlement de Metz rendit ses respects à la Reine, & [...] »
LE 24 du mois dernier
,
le Parlement de
Metz rendit ses respects à la Reine , &
ensuite à Monseigneur le Dauphin,M. de
Montholon,Premier Président,portant la
parole. Ce Parlement fut présenté & conduit
chés la Reine & chés Monseigneur le
Dauphin avec les, mêmes cérémonies
,
observées,
lorsqu'il eut audience du Roi, le
lendemain de l'arrivée de S. M. à Metz, Le.
même jour, les Députés de ce Parlement eurent
l'honneur de rendre leurs respects à
Mesdames de France.
La nouvelleEgliseCollégialdeS.Louis du
LouvreJaquelle a été rebâtie par les libéralités
du Roi, étant entièrement achevée, M.
Robinet,Vicaire Général de l'Archevêque
de Paris,fit le 24 du mois dernier la cérémonie
de bénir cette Eglise.
Le lendemain, jour de la Fête de Saint
Louis,lePanégyrique de ce Saint y fut prononcé
par l'AbbéAtaud,Chanoinedumême
ChaChapitre,
qui fit une vive peinture de la:
désolation dans laquelle la maladie du Roi
avoir jette tous ses peuples. On chanta enfuite
le Te Durn en Musique, pour remercier
Dieu d'avoir conservé S. M. & l'Archevêque
de Bordeaux y officia pontificalement.
,
le Parlement de
Metz rendit ses respects à la Reine , &
ensuite à Monseigneur le Dauphin,M. de
Montholon,Premier Président,portant la
parole. Ce Parlement fut présenté & conduit
chés la Reine & chés Monseigneur le
Dauphin avec les, mêmes cérémonies
,
observées,
lorsqu'il eut audience du Roi, le
lendemain de l'arrivée de S. M. à Metz, Le.
même jour, les Députés de ce Parlement eurent
l'honneur de rendre leurs respects à
Mesdames de France.
La nouvelleEgliseCollégialdeS.Louis du
LouvreJaquelle a été rebâtie par les libéralités
du Roi, étant entièrement achevée, M.
Robinet,Vicaire Général de l'Archevêque
de Paris,fit le 24 du mois dernier la cérémonie
de bénir cette Eglise.
Le lendemain, jour de la Fête de Saint
Louis,lePanégyrique de ce Saint y fut prononcé
par l'AbbéAtaud,Chanoinedumême
ChaChapitre,
qui fit une vive peinture de la:
désolation dans laquelle la maladie du Roi
avoir jette tous ses peuples. On chanta enfuite
le Te Durn en Musique, pour remercier
Dieu d'avoir conservé S. M. & l'Archevêque
de Bordeaux y officia pontificalement.
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Résumé : « LE 24 du mois dernier, le Parlement de Metz rendit ses respects à la Reine, & [...] »
Le 24 du mois précédent, le Parlement de Metz a rendu hommage à la Reine et au Dauphin. M. de Montholon, Premier Président, a pris la parole. Les députés du Parlement ont également salué Mesdames de France. L'église collégiale Saint-Louis du Louvre, reconstruite grâce aux libéralités du Roi, a été bénie par M. Robinet, Vicaire Général de l'Archevêque de Paris. À l'occasion de la fête de Saint Louis, l'Abbé Ataud a prononcé un panégyrique du saint, évoquant la désolation causée par la maladie du Roi parmi ses sujets. Un Te Deum a ensuite été chanté en musique pour remercier Dieu de la préservation du Roi, avec l'Archevêque de Bordeaux officiant pontificalement.
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2
p. 2086-2090
Prise du Fort de Démont, [titre d'après la table]
Début :
On mande de Château Dauphin du 26 du même mois, que la tranchée ayant été [...]
Mots clefs :
Fort de Démont, Roi de Sardaigne, Prince de Conti, Magasins, Troupes, Maréchal de Noailles
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texteReconnaissance textuelle : Prise du Fort de Démont, [titre d'après la table]
On mande de Château Dauphin du 26
du même mois, que la tranchée ayant etc
ouverte devant le Fort de Démont, & que
trois batteries, l'une de mortiers,les deux
autres de canons, dont il y en avoir une de
six pièces de vingt-quatre, destinées à battre
en brèche
, ayant été mises le 16 en état
de tirer,le feu prit le 17, vers les trois heures
aprèsmidi, à un magasin de mèches, qui
étoit dans le Fort.
Les fiâmesfirent en peu de tems un progrès
si rapide. qu'elles se communiquerenr
à la maison du Gouverneur & à une grande
quantité de bois de blindage dont elle étoit
environnée. Le Gouverneur ôc la garnison
+ craignant qu'elles ne gagnaffent trois magasins
à poudre, qui n'en étoient pas éloignés,
& qu'elles ne les fissent-faut-er
,
prirent
aussi-rôt le parti d'arborer le Drapeau
blanc, ôc de sortir du Fort, pour se rendre
à discrétion
,
& ils ont été faits prisonniers
de guerre. La garnison étoit composée d'environ1000
Soldats:, de 152Canoniers&
BomBombardierg,&
de cinquante-deuxOfficers
Les assiégeans évacuèrent la tranchée
? afinden'être point incommodés des éclats
qui viendraient du Fort,, s'il arrivoit un
accident aux magasins à poudre,mais heu*
reusement cette précaution fut inutile, divers
obstacles ayant empêché les fiâmes de
s'étendre jusqu'à ces magasins. L'incendie
dura toute la nuit, & le feu s'étant appaisé
le 18 au matin,. on fit entrer dans la Place
quelques Piquets., qui travaillèrent avec
tant de diligence à éteindre le feu, que les
magasins furent bien-tôt hors de danger.
Par ce hazard heureux,les fortifications de
la Place font aussi enricres, que lorsqu'elle
était au pouvoir du Roi de Sardaigne; on
est maître de toutes les munitions qu'il y
avoit fait conduire, & l'on a,de plus, toutes
celles qu'il auroitfallu consommer pendant
le Siége; ce dernier objet est d'une grande
importance
, parce que les chemins ont été
tellement rompus par les Piedmontois , qu'on re peut y rien transporter sans beaucoup
de dimculcé..
L'événement, qui a précipité la prise du
Fort de Demont, est d'autant plus favorable
, qu'on appréhendoir que le Siège ne fin:
plus long qu'on ne s'y croit arendu Ce
Fort étoit pourvu de munitions peur six
lIlois" &ilavait été lebâti presqueentièrement
ment par ordre du Roi de Sardaigne
,
qull
y a fait travailler pendant quatre années en-l' tieres. On y a trouvé 56 pièces de canon,
dont 48 font de bronze,& 14 de 24 livres
de balles.
Quelques jours avant que le Fort de Démont
se foit rendu, le feu avoit pris en quatre
endroits différens au Village d'ison, où
l'Infant Don Philippe & le Prince de Conty
avoient établi leur quartier. La perte causée
par cet accident, qu'on ne regarde point
comme l'effet d'un simple hazard
,
& à l'occassôn
duquelonaarrêté quelques personnes
, qu'on soupçonne en être les auteurs-,
est rrès-considerable. L'Infant Don Philippe
& le Prince de Conty ont couru risque d'être
enveloppés par les fiâmes, & 60 chevaux
ou mulets du Prince de Conty ont été
brûlés.
Depuis que l'Inant est maître du Fort de
Démont, la plus grande partie des troupes
Espagnoles & Françoises a marché pour attaquer
le Roi de Sardaigne) qui étoit campé
en deçà du Pô avec son armée
y
mais ce
Princen'a pas jugé à propos de hazarder un
combat, & il a repassé précipitamment cette
Riviere.
On a fair toutes les disposîtions nécessaires,
pour asséger la Ville de Coni
,
qui devoit
être investie sur la fin du mois dernier.
On
Où apprend de Strasbourg du 19 du moi
dernier,que le Maréchal de Noailles; après
avoir campé pendant quelques jours près de
cette Ville avec le Corps de troupes que S.
M. a fait partir de Flandre pour se rendre
sur le Rhin, a été joint par l'arméequiétoit
aux ordres du Maréchal de Coigny,par
l'armée Impériale, & par les troupes que
commandoit le Duc d'Harcourt.
Toutes les troupes s'étant mises ensemble
en marche, elles arrivèrent le i 1 au camp
de Brumpt, &: comme elles étoient très fatiguées
,
le Maréchal de Noaillesjugea indispensable
de les y faire séjourner le 11 , mais il détacha trois Corps, chacun de 2000
- hommes d'Infanterie & de 1000 hommes
de Cavalerie,dont il donna le commandement
auChevaiier de Belle-Isle, au Comte
de Lowendahl & au Comte de Berchiny
Lieutenans Généraux. Son objet étoit de1
faireinquiéter par ces Détachemens l'arriere-
garde des ennemis, qui se retirerent, à
mesure que ces Détachemens avancèrent sur
eux.
Le 23 ,
le Maréchal de Noailles se porta
sur les hauteurs de Haguenau, 5c ayant
trouvé à Bicheveiller le Détachement du
Comte de Lowendahl,il le fit paffer par
Drufenheim, que les ennemisavoient abandonné.
Le Comte de Lowendahl y trouva
quatre
quatre pièces de canon qu'ils y avoient lait:
sées, & il apprit qu'ils avoient jette dans la
Maurern 7 â800 fusils & une grande quantité
de barils de poudre.
du même mois, que la tranchée ayant etc
ouverte devant le Fort de Démont, & que
trois batteries, l'une de mortiers,les deux
autres de canons, dont il y en avoir une de
six pièces de vingt-quatre, destinées à battre
en brèche
, ayant été mises le 16 en état
de tirer,le feu prit le 17, vers les trois heures
aprèsmidi, à un magasin de mèches, qui
étoit dans le Fort.
Les fiâmesfirent en peu de tems un progrès
si rapide. qu'elles se communiquerenr
à la maison du Gouverneur & à une grande
quantité de bois de blindage dont elle étoit
environnée. Le Gouverneur ôc la garnison
+ craignant qu'elles ne gagnaffent trois magasins
à poudre, qui n'en étoient pas éloignés,
& qu'elles ne les fissent-faut-er
,
prirent
aussi-rôt le parti d'arborer le Drapeau
blanc, ôc de sortir du Fort, pour se rendre
à discrétion
,
& ils ont été faits prisonniers
de guerre. La garnison étoit composée d'environ1000
Soldats:, de 152Canoniers&
BomBombardierg,&
de cinquante-deuxOfficers
Les assiégeans évacuèrent la tranchée
? afinden'être point incommodés des éclats
qui viendraient du Fort,, s'il arrivoit un
accident aux magasins à poudre,mais heu*
reusement cette précaution fut inutile, divers
obstacles ayant empêché les fiâmes de
s'étendre jusqu'à ces magasins. L'incendie
dura toute la nuit, & le feu s'étant appaisé
le 18 au matin,. on fit entrer dans la Place
quelques Piquets., qui travaillèrent avec
tant de diligence à éteindre le feu, que les
magasins furent bien-tôt hors de danger.
Par ce hazard heureux,les fortifications de
la Place font aussi enricres, que lorsqu'elle
était au pouvoir du Roi de Sardaigne; on
est maître de toutes les munitions qu'il y
avoit fait conduire, & l'on a,de plus, toutes
celles qu'il auroitfallu consommer pendant
le Siége; ce dernier objet est d'une grande
importance
, parce que les chemins ont été
tellement rompus par les Piedmontois , qu'on re peut y rien transporter sans beaucoup
de dimculcé..
L'événement, qui a précipité la prise du
Fort de Demont, est d'autant plus favorable
, qu'on appréhendoir que le Siège ne fin:
plus long qu'on ne s'y croit arendu Ce
Fort étoit pourvu de munitions peur six
lIlois" &ilavait été lebâti presqueentièrement
ment par ordre du Roi de Sardaigne
,
qull
y a fait travailler pendant quatre années en-l' tieres. On y a trouvé 56 pièces de canon,
dont 48 font de bronze,& 14 de 24 livres
de balles.
Quelques jours avant que le Fort de Démont
se foit rendu, le feu avoit pris en quatre
endroits différens au Village d'ison, où
l'Infant Don Philippe & le Prince de Conty
avoient établi leur quartier. La perte causée
par cet accident, qu'on ne regarde point
comme l'effet d'un simple hazard
,
& à l'occassôn
duquelonaarrêté quelques personnes
, qu'on soupçonne en être les auteurs-,
est rrès-considerable. L'Infant Don Philippe
& le Prince de Conty ont couru risque d'être
enveloppés par les fiâmes, & 60 chevaux
ou mulets du Prince de Conty ont été
brûlés.
Depuis que l'Inant est maître du Fort de
Démont, la plus grande partie des troupes
Espagnoles & Françoises a marché pour attaquer
le Roi de Sardaigne) qui étoit campé
en deçà du Pô avec son armée
y
mais ce
Princen'a pas jugé à propos de hazarder un
combat, & il a repassé précipitamment cette
Riviere.
On a fair toutes les disposîtions nécessaires,
pour asséger la Ville de Coni
,
qui devoit
être investie sur la fin du mois dernier.
On
Où apprend de Strasbourg du 19 du moi
dernier,que le Maréchal de Noailles; après
avoir campé pendant quelques jours près de
cette Ville avec le Corps de troupes que S.
M. a fait partir de Flandre pour se rendre
sur le Rhin, a été joint par l'arméequiétoit
aux ordres du Maréchal de Coigny,par
l'armée Impériale, & par les troupes que
commandoit le Duc d'Harcourt.
Toutes les troupes s'étant mises ensemble
en marche, elles arrivèrent le i 1 au camp
de Brumpt, &: comme elles étoient très fatiguées
,
le Maréchal de Noaillesjugea indispensable
de les y faire séjourner le 11 , mais il détacha trois Corps, chacun de 2000
- hommes d'Infanterie & de 1000 hommes
de Cavalerie,dont il donna le commandement
auChevaiier de Belle-Isle, au Comte
de Lowendahl & au Comte de Berchiny
Lieutenans Généraux. Son objet étoit de1
faireinquiéter par ces Détachemens l'arriere-
garde des ennemis, qui se retirerent, à
mesure que ces Détachemens avancèrent sur
eux.
Le 23 ,
le Maréchal de Noailles se porta
sur les hauteurs de Haguenau, 5c ayant
trouvé à Bicheveiller le Détachement du
Comte de Lowendahl,il le fit paffer par
Drufenheim, que les ennemisavoient abandonné.
Le Comte de Lowendahl y trouva
quatre
quatre pièces de canon qu'ils y avoient lait:
sées, & il apprit qu'ils avoient jette dans la
Maurern 7 â800 fusils & une grande quantité
de barils de poudre.
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Résumé : Prise du Fort de Démont, [titre d'après la table]
Le 26 du mois, une tranchée a été ouverte devant le Fort de Démont, et trois batteries ont été préparées pour tirer le 16. Le 17, un incendie s'est déclaré dans un magasin de mèches au fort, se propageant rapidement à la maison du gouverneur et à une grande quantité de bois de blindage. Par crainte que les flammes n'atteignent trois magasins à poudre, le gouverneur et la garnison, composée d'environ 1000 soldats, 152 canonniers et bombardiers, et 52 officiers, ont hissé le drapeau blanc et se sont rendus, devenant prisonniers de guerre. L'incendie s'est éteint de lui-même le 18 au matin, laissant les fortifications intactes et toutes les munitions conservées. Cet événement a accéléré la prise du fort, bien approvisionné et construit par le Roi de Sardaigne. Quelques jours auparavant, un incendie avait également touché le village d'Ison, où étaient établis l'Infant Don Philippe et le Prince de Conty, causant des pertes considérables. Après la prise du fort, les troupes espagnoles et françaises ont avancé contre le Roi de Sardaigne, qui a préféré retraverser le Pô pour éviter un combat. Des préparatifs sont en cours pour assiéger la ville de Coni. Par ailleurs, le Maréchal de Noailles, renforcé par plusieurs armées, a mené des opérations près de Strasbourg et de Haguenau, harcelant l'arrière-garde ennemie et récupérant des armes et des munitions abandonnées par les ennemis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 2090-2096
Victoires remportées sur les ennemis, [titre d'après la table]
Début :
Le Maréchal de Noailles envoya ordre aux deux autres Détachemens que commandoient [...]
Mots clefs :
Ennemis, Armée, Roi, Troupes, Maréchal de Noailles, Rhin, Compagnies, Chevalier de Belle-Isle, Village, Ponts, Grenadiers, Détachement, Santé du roi
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texteReconnaissance textuelle : Victoires remportées sur les ennemis, [titre d'après la table]
Le Maréchal de Noailles envoya ordre
aux deux autres Détachemens que commandoient
le Chevalier de Belle - Ifle & leComte
de Berchiny , de paffer la Mautern à Kalkenhaufen
, & de marcher du côté du Fort-
Louis par Schiren & par Suffelsheim . Vers
le midi , le Chevalier de Belle-Ifle lui manda
que les ennemis occupoient ce dernier Pofte
, & qu'ils y avoient un Corps de troupes ,
retranché derriere des abbatis d'Arbres , &
fur cet avis , le Maréchal de Noailles détacha
auffi-tôt fous les ordres du Comte d'Eu
& du Marquis de Clermont-Tonnerre
Lieutenans-Généraux , 16 Bataillons à la
tête defquels étoit la Brigade de Champagne
, & 16 Eſcadrons , avec fix piéces de
canon , pour foutenir le Chevalier de Belle-
Ifle , qui s'étant joint au Comte de Berchiny
, attaqua les retranchemens conſtruits
par les ennemis en deçà de Suffelsheim , &
dans lefquels il y avoit 4 à 5000 hommes ,
commandés par le Prince de Bade-Dourlach.
Ces retranchemens furent emportés l'épée à
la main , après une réſiſtance d'environ une
heure , & les troupes , qui les gardoient ,
furent pourfuivies jufqu'à l'entrée de la petite
SEPTEMBRE. 1744 2091
C
tite Plaine , qui eft entre la Forêt de Haguenau
& Suffelsheim .
Le Chevalier de Belle-lfle , après avoir
rallié fes troupes , attaqua auffi ce Village ,
qui étoit paliffadé, & dans lequel les ennemis
étoient en grand nombre , & il s'en empara.
Les ennemis , fuivant le rapport de tous
les prifonniers , ont perdu environ 1500
hommes dans ces deux actions , & il n'y a
eû , du côté des François , que 170 hommes
tués ou bleffés.
Le Comte de Lowendalh , qui étoit à une
lieuë fur la droite , ayant trouvé les ennemis
retranchés dans le Village d'Angenheim
, & jugeant qu'ils lui étoient trop fupericurs,
pour qu'il pût entreprendre de les
y forcer avec fon Détachement , il en donna
avis au Maréchal de Noailles , qui fit
avancer le Duc de Gramont à la tête de la
Brigade des Gardes Françoifes , avec ordre
de gagner la grande chauffée du Fort-Louis.
Le Maréchal de Noailles fit marcher en même-
tems de ce côté une Brigade d'artillerie
& dix piéces de canon , & ayant appris que
l'armée ennemie étoit campée , fa gauche à
fes Ponts de Benheim , & fa droite à Rechvangle
, Village fitué vis-à-vis du Fort-
Louis , il ordonna à toute l'armée , de joindre
le Détachement du Comte de Lowendalh
,
2092 MERCURE DE FRANCE
dalh , ce qui s'exécuta avec tant d'activité ,
que les troupes firent cette marche en trois
heures.
La Brigade des Gardes Françoifes s'étoit
renduë quelque-tems auparavant à Drufenheim
, & elle fe difpofoit à attaquer Angenheim
, lorfqu'elle s'apperçût que ce Village
étoit tout en feu . On y marcha fur le champ,
& comme il étoit prefque nuit , on ne penfoit
à fe former qu'au de là du Village. En
arrivant près d'un Ruiffeau bordé de Prai
ries marécageufes , & qui fe jette dans le
Rhin , un peu au- deffus du Fort- Louis , on
rencontra 32 Compagnies de Grenadiers ,
& un pareil nombre de Compagnies de Fufiliers
des ennemis , avec leurs troupes irregulieres
, qui étoient placées fur les aîles
dans les bois , & qui firent une décharge
fur nos troupes.
Les Grenadiers de l'armée du Roi franchirent
le Ruiffeau & le Foffé fur lequel les
ennemis avoient un retranchement ; ils
s'emparerent de deux redoutes ; ils pénétrerent
dans le retranchement , & ayant mis
les ennemis en fuite , il les pourfuivirent
jufqu'à dix heures du foir. La trop grande
obfcurité obligea les troupes de S. M. de
faire halte , & elles demeurerent en bataille
toute la nuit.
Le lendemain , à la pointe du jour , l'armée
SEPTEMBRE . 1744. 209
mée ayant commencé à paffer le Défilé , pour
marcher à Benheim , on reçût avis que le
Prince Charles avoit repaffé le Rhin , &
qu'il avoit brûlé fes Ponts.
Les troupes dans l'action du 23 au foir
& dans les deux attaques des retranchemens
& du Village de Suffelsheim , ont fait des
prodiges de valeur , & elles ont combattu
avec autant de bonheur que d'intrépidité
les ennemis ne nous ayant tué ou bleflé
qu'environ 200 hommes. Le Grand Prieur
de France a reçû un coup de fufil dans la
cuiffe ; M. de Fremur , Maréchal de Camp ,
a été bleffé dangereufement , ainfi que M.
Quenaut de Clermont , Maréchal de Camp
& Ingénieur , lequel eft mort depuis de fes
bleffures. M. de la Serre , Lieutenant Colonel
du Régiment du Roi , Infanterie , eft
bleffé à la jambe. M. du Tillet , Capitaine
d'une Compagnie du Régiment des Gardes
Françoifes , M. d'Amfreville , Lieutenant
de Grenadiers dans ce Régiment , & le Che
valier de la Cofte Meffeliere , Officier dans
le même Régiment , ont été tués.
La perte des ennemis monte à 3000 hommes
, tués ou bleffés , fans y comprendre les
prifonniers , dont le nombre augmentoir
tous les jours , beaucoup de Soldats ennemis
, qui n'avoient pû rejoindre leur armée ,
fortant des bois où ils s'étoient réfugiés , &
venant fe rendre à difcrétion. On
2094 MERCURE DE FRANCE.
On fit paffer le 24 une partie de l'armée
du Roi dans l'Ifle du Marquifat , & l'armée
Impériale marcha vers Germersheim , où elle
devoit paffer le Rhin fur les Ponts de Bâteaux
qu'on avoit laiffés à Philifbourg.
Le 25 & le 26 , on travailla à jetter des
Ponts vis-à- vis du Fort-Louis.
Le Chevalier de Belle Ifle fut détaché le
27 avec 22 Compagnies de Grenadiers
cinq Régimens de Dragons , trois de Huffards
, & toutes les Compagnies Franches ,
aller à la pourfuite de l'arriere-garde
pour
des ennemis.
•
Le Maréchal de Seckendorf a fait un Détachement
de l'armée Impériale , lequel devoit
joindre le 29 celui du Chevalier de
Belle - Ifle au-delà de Philifbourg.
Le Marquis de Croiffy a été nommé Lieutenant
Général des armées du Roi , & le
Comte de Montmorency , Colonel du Régiment
d'Infanterie de Flandre , a été fait
Brigadier.
,
Le premier Septembre , on célébra avec
les cérémonies accoûtumées dans l'Eglife
de l'Abbaye Royale de S. Denis , le
Service folemnel qui s'y fait tous les ans
pour le repos de l'Ame du feu Roi LOUIS
XIV , & l'Evêque de Meaux y officia pontificalement.
On
SEPTEMBRE. 1744.
2095
On mande de Strasbourg du S de ce
mois , que le Maréchal de Noailles ayant
fait jetter au Fort-Louis deux Ponts fur le
Rhin , l'armée du Roi paffa ce Fleuve depuis
le vingt-fix jufqu'au 29 du mois dernier , &
qu'ayant marché en plufieurs Divifions elle
a campé dans differens Poftes fur la route de
Stoloffen à Mulberg.
La premiere Divifion , compofée de 22
Compagnies de Grenadiers , de 36 Efca--
drons de Dragons & de Huffards , & des
Compagnies Franches , partit le 31 de Staf- ,
furt fous les ordres du Chevalier de Belle-
Ifle , Lieutenant Général , pour tâcher de
joindre l'arriere-garde des troupes de la
Reine de Hongrie.
,
L'armée Impériale , à laquelle fe font
joints les Régimens Allemands , qui font au
fervice du Roi , a paffé le Rhin à Germerfheim
, & le Comte de Seckendorf en a détaché
4000 hommes d'Infanterie & 2000,
de Cavalerie , qui font commandés par le
Comte de Piofafque , Général de Cavalerie
des troupes de l'Empereur , & par le Comte
de Segur , Lieutenant Général de celles du
Roi . Če Détachement arriva le 31 à Bretten
, & fur l'avis que les ennemis s'étoient
retirés le matin de Phortzheim , & , étoient
allés à Cauftadt , il dirigea fa marche , pour
aller paffer la Riviere d'Entz à Bietigheim.
Un
96 MERCURE DE FRANCE.
Un grand nombre de Déferreurs de l'armée
des ennemis s'eft rendu à celle du
Roi.
Le Maréchal de Noailles a paffé par Strafbourg
, en allant à Metz , où il devoit arriver
les de ce mois.
-On apprend de Metz du 8 du même mois,
que le progrès du rétabliſſement de la ſanté
du Roi étoit plus marqué depuis quelques
jours , qu'il ne l'avoit été dans ceux qui ont
fuivi les momens de la guérifon de S. M.
le Roi fe levoit vers le midi , fe promenoit
dans fon appartement , & ne ſe recouchoit
qu'à dix heures du foir,
que
S. M. dormit très-bien la nuit du 7 ; elle
s'habilla le 8 , & elle étoit dans l'état de
convalefcenee , le plus favorable qu'on pût
defirer ; ainfi l'on comptoit qu'elle fortiroit
inceffamment , & qu'en prenant l'air , elle
avanceroit beaucoup l'entier recouvrement
'de fes forces.
aux deux autres Détachemens que commandoient
le Chevalier de Belle - Ifle & leComte
de Berchiny , de paffer la Mautern à Kalkenhaufen
, & de marcher du côté du Fort-
Louis par Schiren & par Suffelsheim . Vers
le midi , le Chevalier de Belle-Ifle lui manda
que les ennemis occupoient ce dernier Pofte
, & qu'ils y avoient un Corps de troupes ,
retranché derriere des abbatis d'Arbres , &
fur cet avis , le Maréchal de Noailles détacha
auffi-tôt fous les ordres du Comte d'Eu
& du Marquis de Clermont-Tonnerre
Lieutenans-Généraux , 16 Bataillons à la
tête defquels étoit la Brigade de Champagne
, & 16 Eſcadrons , avec fix piéces de
canon , pour foutenir le Chevalier de Belle-
Ifle , qui s'étant joint au Comte de Berchiny
, attaqua les retranchemens conſtruits
par les ennemis en deçà de Suffelsheim , &
dans lefquels il y avoit 4 à 5000 hommes ,
commandés par le Prince de Bade-Dourlach.
Ces retranchemens furent emportés l'épée à
la main , après une réſiſtance d'environ une
heure , & les troupes , qui les gardoient ,
furent pourfuivies jufqu'à l'entrée de la petite
SEPTEMBRE. 1744 2091
C
tite Plaine , qui eft entre la Forêt de Haguenau
& Suffelsheim .
Le Chevalier de Belle-lfle , après avoir
rallié fes troupes , attaqua auffi ce Village ,
qui étoit paliffadé, & dans lequel les ennemis
étoient en grand nombre , & il s'en empara.
Les ennemis , fuivant le rapport de tous
les prifonniers , ont perdu environ 1500
hommes dans ces deux actions , & il n'y a
eû , du côté des François , que 170 hommes
tués ou bleffés.
Le Comte de Lowendalh , qui étoit à une
lieuë fur la droite , ayant trouvé les ennemis
retranchés dans le Village d'Angenheim
, & jugeant qu'ils lui étoient trop fupericurs,
pour qu'il pût entreprendre de les
y forcer avec fon Détachement , il en donna
avis au Maréchal de Noailles , qui fit
avancer le Duc de Gramont à la tête de la
Brigade des Gardes Françoifes , avec ordre
de gagner la grande chauffée du Fort-Louis.
Le Maréchal de Noailles fit marcher en même-
tems de ce côté une Brigade d'artillerie
& dix piéces de canon , & ayant appris que
l'armée ennemie étoit campée , fa gauche à
fes Ponts de Benheim , & fa droite à Rechvangle
, Village fitué vis-à-vis du Fort-
Louis , il ordonna à toute l'armée , de joindre
le Détachement du Comte de Lowendalh
,
2092 MERCURE DE FRANCE
dalh , ce qui s'exécuta avec tant d'activité ,
que les troupes firent cette marche en trois
heures.
La Brigade des Gardes Françoifes s'étoit
renduë quelque-tems auparavant à Drufenheim
, & elle fe difpofoit à attaquer Angenheim
, lorfqu'elle s'apperçût que ce Village
étoit tout en feu . On y marcha fur le champ,
& comme il étoit prefque nuit , on ne penfoit
à fe former qu'au de là du Village. En
arrivant près d'un Ruiffeau bordé de Prai
ries marécageufes , & qui fe jette dans le
Rhin , un peu au- deffus du Fort- Louis , on
rencontra 32 Compagnies de Grenadiers ,
& un pareil nombre de Compagnies de Fufiliers
des ennemis , avec leurs troupes irregulieres
, qui étoient placées fur les aîles
dans les bois , & qui firent une décharge
fur nos troupes.
Les Grenadiers de l'armée du Roi franchirent
le Ruiffeau & le Foffé fur lequel les
ennemis avoient un retranchement ; ils
s'emparerent de deux redoutes ; ils pénétrerent
dans le retranchement , & ayant mis
les ennemis en fuite , il les pourfuivirent
jufqu'à dix heures du foir. La trop grande
obfcurité obligea les troupes de S. M. de
faire halte , & elles demeurerent en bataille
toute la nuit.
Le lendemain , à la pointe du jour , l'armée
SEPTEMBRE . 1744. 209
mée ayant commencé à paffer le Défilé , pour
marcher à Benheim , on reçût avis que le
Prince Charles avoit repaffé le Rhin , &
qu'il avoit brûlé fes Ponts.
Les troupes dans l'action du 23 au foir
& dans les deux attaques des retranchemens
& du Village de Suffelsheim , ont fait des
prodiges de valeur , & elles ont combattu
avec autant de bonheur que d'intrépidité
les ennemis ne nous ayant tué ou bleflé
qu'environ 200 hommes. Le Grand Prieur
de France a reçû un coup de fufil dans la
cuiffe ; M. de Fremur , Maréchal de Camp ,
a été bleffé dangereufement , ainfi que M.
Quenaut de Clermont , Maréchal de Camp
& Ingénieur , lequel eft mort depuis de fes
bleffures. M. de la Serre , Lieutenant Colonel
du Régiment du Roi , Infanterie , eft
bleffé à la jambe. M. du Tillet , Capitaine
d'une Compagnie du Régiment des Gardes
Françoifes , M. d'Amfreville , Lieutenant
de Grenadiers dans ce Régiment , & le Che
valier de la Cofte Meffeliere , Officier dans
le même Régiment , ont été tués.
La perte des ennemis monte à 3000 hommes
, tués ou bleffés , fans y comprendre les
prifonniers , dont le nombre augmentoir
tous les jours , beaucoup de Soldats ennemis
, qui n'avoient pû rejoindre leur armée ,
fortant des bois où ils s'étoient réfugiés , &
venant fe rendre à difcrétion. On
2094 MERCURE DE FRANCE.
On fit paffer le 24 une partie de l'armée
du Roi dans l'Ifle du Marquifat , & l'armée
Impériale marcha vers Germersheim , où elle
devoit paffer le Rhin fur les Ponts de Bâteaux
qu'on avoit laiffés à Philifbourg.
Le 25 & le 26 , on travailla à jetter des
Ponts vis-à- vis du Fort-Louis.
Le Chevalier de Belle Ifle fut détaché le
27 avec 22 Compagnies de Grenadiers
cinq Régimens de Dragons , trois de Huffards
, & toutes les Compagnies Franches ,
aller à la pourfuite de l'arriere-garde
pour
des ennemis.
•
Le Maréchal de Seckendorf a fait un Détachement
de l'armée Impériale , lequel devoit
joindre le 29 celui du Chevalier de
Belle - Ifle au-delà de Philifbourg.
Le Marquis de Croiffy a été nommé Lieutenant
Général des armées du Roi , & le
Comte de Montmorency , Colonel du Régiment
d'Infanterie de Flandre , a été fait
Brigadier.
,
Le premier Septembre , on célébra avec
les cérémonies accoûtumées dans l'Eglife
de l'Abbaye Royale de S. Denis , le
Service folemnel qui s'y fait tous les ans
pour le repos de l'Ame du feu Roi LOUIS
XIV , & l'Evêque de Meaux y officia pontificalement.
On
SEPTEMBRE. 1744.
2095
On mande de Strasbourg du S de ce
mois , que le Maréchal de Noailles ayant
fait jetter au Fort-Louis deux Ponts fur le
Rhin , l'armée du Roi paffa ce Fleuve depuis
le vingt-fix jufqu'au 29 du mois dernier , &
qu'ayant marché en plufieurs Divifions elle
a campé dans differens Poftes fur la route de
Stoloffen à Mulberg.
La premiere Divifion , compofée de 22
Compagnies de Grenadiers , de 36 Efca--
drons de Dragons & de Huffards , & des
Compagnies Franches , partit le 31 de Staf- ,
furt fous les ordres du Chevalier de Belle-
Ifle , Lieutenant Général , pour tâcher de
joindre l'arriere-garde des troupes de la
Reine de Hongrie.
,
L'armée Impériale , à laquelle fe font
joints les Régimens Allemands , qui font au
fervice du Roi , a paffé le Rhin à Germerfheim
, & le Comte de Seckendorf en a détaché
4000 hommes d'Infanterie & 2000,
de Cavalerie , qui font commandés par le
Comte de Piofafque , Général de Cavalerie
des troupes de l'Empereur , & par le Comte
de Segur , Lieutenant Général de celles du
Roi . Če Détachement arriva le 31 à Bretten
, & fur l'avis que les ennemis s'étoient
retirés le matin de Phortzheim , & , étoient
allés à Cauftadt , il dirigea fa marche , pour
aller paffer la Riviere d'Entz à Bietigheim.
Un
96 MERCURE DE FRANCE.
Un grand nombre de Déferreurs de l'armée
des ennemis s'eft rendu à celle du
Roi.
Le Maréchal de Noailles a paffé par Strafbourg
, en allant à Metz , où il devoit arriver
les de ce mois.
-On apprend de Metz du 8 du même mois,
que le progrès du rétabliſſement de la ſanté
du Roi étoit plus marqué depuis quelques
jours , qu'il ne l'avoit été dans ceux qui ont
fuivi les momens de la guérifon de S. M.
le Roi fe levoit vers le midi , fe promenoit
dans fon appartement , & ne ſe recouchoit
qu'à dix heures du foir,
que
S. M. dormit très-bien la nuit du 7 ; elle
s'habilla le 8 , & elle étoit dans l'état de
convalefcenee , le plus favorable qu'on pût
defirer ; ainfi l'on comptoit qu'elle fortiroit
inceffamment , & qu'en prenant l'air , elle
avanceroit beaucoup l'entier recouvrement
'de fes forces.
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Résumé : Victoires remportées sur les ennemis, [titre d'après la table]
En septembre 1744, le Maréchal de Noailles mena des opérations militaires en Allemagne. Il ordonna aux troupes du Chevalier de Belle-Isle et du Comte de Berchiny de traverser la Mautern et de se diriger vers le Fort-Louis. Face à la résistance ennemie à Suffelsheim, Noailles envoya des renforts dirigés par le Comte d'Eu et le Marquis de Clermont-Tonnerre. Après une heure de combat, les Français prirent les retranchements ennemis et poursuivirent les troupes adverses. Le Chevalier de Belle-Isle captura Suffelsheim, infligeant environ 1500 pertes aux ennemis contre 170 pertes françaises. Le Comte de Lowendahl signala des ennemis retranchés à Angenheim, ce qui amena Noailles à envoyer le Duc de Gramont avec les Gardes Françaises. Ces derniers attaquèrent Angenheim, mirent en fuite les ennemis et capturèrent deux redoutes. Le lendemain, ils apprirent que le Prince Charles avait repassé le Rhin. Parallèlement, un service solennel fut organisé à l'Abbaye Royale de Saint-Denis pour le roi Louis XIV. À Strasbourg, Noailles fit construire deux ponts sur le Rhin, permettant à l'armée française de traverser du 25 au 29 septembre. L'armée se déplaça en plusieurs divisions et campa entre Stoloffen et Mulberg. La première division, sous les ordres du Chevalier de Belle-Isle, rejoignit l'arrière-garde des troupes de la reine de Hongrie. L'armée impériale, renforcée par des régiments allemands, traversa le Rhin à Germersheim. Le Maréchal de Noailles se dirigea ensuite vers Metz, où l'on rapporta une amélioration significative de la santé du roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 2096-2101
Te Deum chanté à Metz pour la guérison du Roi, [titre d'après la table]
Début :
Le 3 de ce mois après midi, la Reine, Monseigneur le Dauphin & Mesdames de [...]
Mots clefs :
Roi, Armée, Metz, Cour, Ennemis, Maréchal Comte de Saxe, Troupes, Lieutenant, Te Deum
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Te Deum chanté à Metz pour la guérison du Roi, [titre d'après la table]
Le Maréchal de Noailles envoya ordre
aux deux autres Détachemens que commandoient
le Chevalier de Belle - Ifle & leComte
de Berchiny , de paffer la Mautern à Kalkenhaufen
, & de marcher du côté du Fort-
Louis par Schiren & par Suffelsheim . Vers
le midi , le Chevalier de Belle-Ifle lui manda
que les ennemis occupoient ce dernier Pofte
, & qu'ils y avoient un Corps de troupes ,
retranché derriere des abbatis d'Arbres , &
fur cet avis , le Maréchal de Noailles détacha
auffi-tôt fous les ordres du Comte d'Eu
& du Marquis de Clermont-Tonnerre
Lieutenans-Généraux , 16 Bataillons à la
tête defquels étoit la Brigade de Champagne
, & 16 Eſcadrons , avec fix piéces de
canon , pour foutenir le Chevalier de Belle-
Ifle , qui s'étant joint au Comte de Berchiny
, attaqua les retranchemens conſtruits
par les ennemis en deçà de Suffelsheim , &
dans lefquels il y avoit 4 à 5000 hommes ,
commandés par le Prince de Bade-Dourlach.
Ces retranchemens furent emportés l'épée à
la main , après une réſiſtance d'environ une
heure , & les troupes , qui les gardoient ,
furent pourfuivies jufqu'à l'entrée de la petite
SEPTEMBRE. 1744 2091
C
tite Plaine , qui eft entre la Forêt de Haguenau
& Suffelsheim .
Le Chevalier de Belle-lfle , après avoir
rallié fes troupes , attaqua auffi ce Village ,
qui étoit paliffadé, & dans lequel les ennemis
étoient en grand nombre , & il s'en empara.
Les ennemis , fuivant le rapport de tous
les prifonniers , ont perdu environ 1500
hommes dans ces deux actions , & il n'y a
eû , du côté des François , que 170 hommes
tués ou bleffés.
Le Comte de Lowendalh , qui étoit à une
lieuë fur la droite , ayant trouvé les ennemis
retranchés dans le Village d'Angenheim
, & jugeant qu'ils lui étoient trop fupericurs,
pour qu'il pût entreprendre de les
y forcer avec fon Détachement , il en donna
avis au Maréchal de Noailles , qui fit
avancer le Duc de Gramont à la tête de la
Brigade des Gardes Françoifes , avec ordre
de gagner la grande chauffée du Fort-Louis.
Le Maréchal de Noailles fit marcher en même-
tems de ce côté une Brigade d'artillerie
& dix piéces de canon , & ayant appris que
l'armée ennemie étoit campée , fa gauche à
fes Ponts de Benheim , & fa droite à Rechvangle
, Village fitué vis-à-vis du Fort-
Louis , il ordonna à toute l'armée , de joindre
le Détachement du Comte de Lowendalh
,
2092 MERCURE DE FRANCE
dalh , ce qui s'exécuta avec tant d'activité ,
que les troupes firent cette marche en trois
heures.
La Brigade des Gardes Françoifes s'étoit
renduë quelque-tems auparavant à Drufenheim
, & elle fe difpofoit à attaquer Angenheim
, lorfqu'elle s'apperçût que ce Village
étoit tout en feu . On y marcha fur le champ,
& comme il étoit prefque nuit , on ne penfoit
à fe former qu'au de là du Village. En
arrivant près d'un Ruiffeau bordé de Prai
ries marécageufes , & qui fe jette dans le
Rhin , un peu au- deffus du Fort- Louis , on
rencontra 32 Compagnies de Grenadiers ,
& un pareil nombre de Compagnies de Fufiliers
des ennemis , avec leurs troupes irregulieres
, qui étoient placées fur les aîles
dans les bois , & qui firent une décharge
fur nos troupes.
Les Grenadiers de l'armée du Roi franchirent
le Ruiffeau & le Foffé fur lequel les
ennemis avoient un retranchement ; ils
s'emparerent de deux redoutes ; ils pénétrerent
dans le retranchement , & ayant mis
les ennemis en fuite , il les pourfuivirent
jufqu'à dix heures du foir. La trop grande
obfcurité obligea les troupes de S. M. de
faire halte , & elles demeurerent en bataille
toute la nuit.
Le lendemain , à la pointe du jour , l'armée
SEPTEMBRE . 1744. 209
mée ayant commencé à paffer le Défilé , pour
marcher à Benheim , on reçût avis que le
Prince Charles avoit repaffé le Rhin , &
qu'il avoit brûlé fes Ponts.
Les troupes dans l'action du 23 au foir
& dans les deux attaques des retranchemens
& du Village de Suffelsheim , ont fait des
prodiges de valeur , & elles ont combattu
avec autant de bonheur que d'intrépidité
les ennemis ne nous ayant tué ou bleflé
qu'environ 200 hommes. Le Grand Prieur
de France a reçû un coup de fufil dans la
cuiffe ; M. de Fremur , Maréchal de Camp ,
a été bleffé dangereufement , ainfi que M.
Quenaut de Clermont , Maréchal de Camp
& Ingénieur , lequel eft mort depuis de fes
bleffures. M. de la Serre , Lieutenant Colonel
du Régiment du Roi , Infanterie , eft
bleffé à la jambe. M. du Tillet , Capitaine
d'une Compagnie du Régiment des Gardes
Françoifes , M. d'Amfreville , Lieutenant
de Grenadiers dans ce Régiment , & le Che
valier de la Cofte Meffeliere , Officier dans
le même Régiment , ont été tués.
La perte des ennemis monte à 3000 hommes
, tués ou bleffés , fans y comprendre les
prifonniers , dont le nombre augmentoir
tous les jours , beaucoup de Soldats ennemis
, qui n'avoient pû rejoindre leur armée ,
fortant des bois où ils s'étoient réfugiés , &
venant fe rendre à difcrétion. On
2094 MERCURE DE FRANCE.
On fit paffer le 24 une partie de l'armée
du Roi dans l'Ifle du Marquifat , & l'armée
Impériale marcha vers Germersheim , où elle
devoit paffer le Rhin fur les Ponts de Bâteaux
qu'on avoit laiffés à Philifbourg.
Le 25 & le 26 , on travailla à jetter des
Ponts vis-à- vis du Fort-Louis.
Le Chevalier de Belle Ifle fut détaché le
27 avec 22 Compagnies de Grenadiers
cinq Régimens de Dragons , trois de Huffards
, & toutes les Compagnies Franches ,
aller à la pourfuite de l'arriere-garde
pour
des ennemis.
•
Le Maréchal de Seckendorf a fait un Détachement
de l'armée Impériale , lequel devoit
joindre le 29 celui du Chevalier de
Belle - Ifle au-delà de Philifbourg.
Le Marquis de Croiffy a été nommé Lieutenant
Général des armées du Roi , & le
Comte de Montmorency , Colonel du Régiment
d'Infanterie de Flandre , a été fait
Brigadier.
,
Le premier Septembre , on célébra avec
les cérémonies accoûtumées dans l'Eglife
de l'Abbaye Royale de S. Denis , le
Service folemnel qui s'y fait tous les ans
pour le repos de l'Ame du feu Roi LOUIS
XIV , & l'Evêque de Meaux y officia pontificalement.
On
SEPTEMBRE. 1744.
2095
On mande de Strasbourg du S de ce
mois , que le Maréchal de Noailles ayant
fait jetter au Fort-Louis deux Ponts fur le
Rhin , l'armée du Roi paffa ce Fleuve depuis
le vingt-fix jufqu'au 29 du mois dernier , &
qu'ayant marché en plufieurs Divifions elle
a campé dans differens Poftes fur la route de
Stoloffen à Mulberg.
La premiere Divifion , compofée de 22
Compagnies de Grenadiers , de 36 Efca--
drons de Dragons & de Huffards , & des
Compagnies Franches , partit le 31 de Staf- ,
furt fous les ordres du Chevalier de Belle-
Ifle , Lieutenant Général , pour tâcher de
joindre l'arriere-garde des troupes de la
Reine de Hongrie.
,
L'armée Impériale , à laquelle fe font
joints les Régimens Allemands , qui font au
fervice du Roi , a paffé le Rhin à Germerfheim
, & le Comte de Seckendorf en a détaché
4000 hommes d'Infanterie & 2000,
de Cavalerie , qui font commandés par le
Comte de Piofafque , Général de Cavalerie
des troupes de l'Empereur , & par le Comte
de Segur , Lieutenant Général de celles du
Roi . Če Détachement arriva le 31 à Bretten
, & fur l'avis que les ennemis s'étoient
retirés le matin de Phortzheim , & , étoient
allés à Cauftadt , il dirigea fa marche , pour
aller paffer la Riviere d'Entz à Bietigheim.
Un
96 MERCURE DE FRANCE.
Un grand nombre de Déferreurs de l'armée
des ennemis s'eft rendu à celle du
Roi.
Le Maréchal de Noailles a paffé par Strafbourg
, en allant à Metz , où il devoit arriver
les de ce mois.
-On apprend de Metz du 8 du même mois,
que le progrès du rétabliſſement de la ſanté
du Roi étoit plus marqué depuis quelques
jours , qu'il ne l'avoit été dans ceux qui ont
fuivi les momens de la guérifon de S. M.
le Roi fe levoit vers le midi , fe promenoit
dans fon appartement , & ne ſe recouchoit
qu'à dix heures du foir,
que
S. M. dormit très-bien la nuit du 7 ; elle
s'habilla le 8 , & elle étoit dans l'état de
convalefcenee , le plus favorable qu'on pût
defirer ; ainfi l'on comptoit qu'elle fortiroit
inceffamment , & qu'en prenant l'air , elle
avanceroit beaucoup l'entier recouvrement
'de fes forces.
aux deux autres Détachemens que commandoient
le Chevalier de Belle - Ifle & leComte
de Berchiny , de paffer la Mautern à Kalkenhaufen
, & de marcher du côté du Fort-
Louis par Schiren & par Suffelsheim . Vers
le midi , le Chevalier de Belle-Ifle lui manda
que les ennemis occupoient ce dernier Pofte
, & qu'ils y avoient un Corps de troupes ,
retranché derriere des abbatis d'Arbres , &
fur cet avis , le Maréchal de Noailles détacha
auffi-tôt fous les ordres du Comte d'Eu
& du Marquis de Clermont-Tonnerre
Lieutenans-Généraux , 16 Bataillons à la
tête defquels étoit la Brigade de Champagne
, & 16 Eſcadrons , avec fix piéces de
canon , pour foutenir le Chevalier de Belle-
Ifle , qui s'étant joint au Comte de Berchiny
, attaqua les retranchemens conſtruits
par les ennemis en deçà de Suffelsheim , &
dans lefquels il y avoit 4 à 5000 hommes ,
commandés par le Prince de Bade-Dourlach.
Ces retranchemens furent emportés l'épée à
la main , après une réſiſtance d'environ une
heure , & les troupes , qui les gardoient ,
furent pourfuivies jufqu'à l'entrée de la petite
SEPTEMBRE. 1744 2091
C
tite Plaine , qui eft entre la Forêt de Haguenau
& Suffelsheim .
Le Chevalier de Belle-lfle , après avoir
rallié fes troupes , attaqua auffi ce Village ,
qui étoit paliffadé, & dans lequel les ennemis
étoient en grand nombre , & il s'en empara.
Les ennemis , fuivant le rapport de tous
les prifonniers , ont perdu environ 1500
hommes dans ces deux actions , & il n'y a
eû , du côté des François , que 170 hommes
tués ou bleffés.
Le Comte de Lowendalh , qui étoit à une
lieuë fur la droite , ayant trouvé les ennemis
retranchés dans le Village d'Angenheim
, & jugeant qu'ils lui étoient trop fupericurs,
pour qu'il pût entreprendre de les
y forcer avec fon Détachement , il en donna
avis au Maréchal de Noailles , qui fit
avancer le Duc de Gramont à la tête de la
Brigade des Gardes Françoifes , avec ordre
de gagner la grande chauffée du Fort-Louis.
Le Maréchal de Noailles fit marcher en même-
tems de ce côté une Brigade d'artillerie
& dix piéces de canon , & ayant appris que
l'armée ennemie étoit campée , fa gauche à
fes Ponts de Benheim , & fa droite à Rechvangle
, Village fitué vis-à-vis du Fort-
Louis , il ordonna à toute l'armée , de joindre
le Détachement du Comte de Lowendalh
,
2092 MERCURE DE FRANCE
dalh , ce qui s'exécuta avec tant d'activité ,
que les troupes firent cette marche en trois
heures.
La Brigade des Gardes Françoifes s'étoit
renduë quelque-tems auparavant à Drufenheim
, & elle fe difpofoit à attaquer Angenheim
, lorfqu'elle s'apperçût que ce Village
étoit tout en feu . On y marcha fur le champ,
& comme il étoit prefque nuit , on ne penfoit
à fe former qu'au de là du Village. En
arrivant près d'un Ruiffeau bordé de Prai
ries marécageufes , & qui fe jette dans le
Rhin , un peu au- deffus du Fort- Louis , on
rencontra 32 Compagnies de Grenadiers ,
& un pareil nombre de Compagnies de Fufiliers
des ennemis , avec leurs troupes irregulieres
, qui étoient placées fur les aîles
dans les bois , & qui firent une décharge
fur nos troupes.
Les Grenadiers de l'armée du Roi franchirent
le Ruiffeau & le Foffé fur lequel les
ennemis avoient un retranchement ; ils
s'emparerent de deux redoutes ; ils pénétrerent
dans le retranchement , & ayant mis
les ennemis en fuite , il les pourfuivirent
jufqu'à dix heures du foir. La trop grande
obfcurité obligea les troupes de S. M. de
faire halte , & elles demeurerent en bataille
toute la nuit.
Le lendemain , à la pointe du jour , l'armée
SEPTEMBRE . 1744. 209
mée ayant commencé à paffer le Défilé , pour
marcher à Benheim , on reçût avis que le
Prince Charles avoit repaffé le Rhin , &
qu'il avoit brûlé fes Ponts.
Les troupes dans l'action du 23 au foir
& dans les deux attaques des retranchemens
& du Village de Suffelsheim , ont fait des
prodiges de valeur , & elles ont combattu
avec autant de bonheur que d'intrépidité
les ennemis ne nous ayant tué ou bleflé
qu'environ 200 hommes. Le Grand Prieur
de France a reçû un coup de fufil dans la
cuiffe ; M. de Fremur , Maréchal de Camp ,
a été bleffé dangereufement , ainfi que M.
Quenaut de Clermont , Maréchal de Camp
& Ingénieur , lequel eft mort depuis de fes
bleffures. M. de la Serre , Lieutenant Colonel
du Régiment du Roi , Infanterie , eft
bleffé à la jambe. M. du Tillet , Capitaine
d'une Compagnie du Régiment des Gardes
Françoifes , M. d'Amfreville , Lieutenant
de Grenadiers dans ce Régiment , & le Che
valier de la Cofte Meffeliere , Officier dans
le même Régiment , ont été tués.
La perte des ennemis monte à 3000 hommes
, tués ou bleffés , fans y comprendre les
prifonniers , dont le nombre augmentoir
tous les jours , beaucoup de Soldats ennemis
, qui n'avoient pû rejoindre leur armée ,
fortant des bois où ils s'étoient réfugiés , &
venant fe rendre à difcrétion. On
2094 MERCURE DE FRANCE.
On fit paffer le 24 une partie de l'armée
du Roi dans l'Ifle du Marquifat , & l'armée
Impériale marcha vers Germersheim , où elle
devoit paffer le Rhin fur les Ponts de Bâteaux
qu'on avoit laiffés à Philifbourg.
Le 25 & le 26 , on travailla à jetter des
Ponts vis-à- vis du Fort-Louis.
Le Chevalier de Belle Ifle fut détaché le
27 avec 22 Compagnies de Grenadiers
cinq Régimens de Dragons , trois de Huffards
, & toutes les Compagnies Franches ,
aller à la pourfuite de l'arriere-garde
pour
des ennemis.
•
Le Maréchal de Seckendorf a fait un Détachement
de l'armée Impériale , lequel devoit
joindre le 29 celui du Chevalier de
Belle - Ifle au-delà de Philifbourg.
Le Marquis de Croiffy a été nommé Lieutenant
Général des armées du Roi , & le
Comte de Montmorency , Colonel du Régiment
d'Infanterie de Flandre , a été fait
Brigadier.
,
Le premier Septembre , on célébra avec
les cérémonies accoûtumées dans l'Eglife
de l'Abbaye Royale de S. Denis , le
Service folemnel qui s'y fait tous les ans
pour le repos de l'Ame du feu Roi LOUIS
XIV , & l'Evêque de Meaux y officia pontificalement.
On
SEPTEMBRE. 1744.
2095
On mande de Strasbourg du S de ce
mois , que le Maréchal de Noailles ayant
fait jetter au Fort-Louis deux Ponts fur le
Rhin , l'armée du Roi paffa ce Fleuve depuis
le vingt-fix jufqu'au 29 du mois dernier , &
qu'ayant marché en plufieurs Divifions elle
a campé dans differens Poftes fur la route de
Stoloffen à Mulberg.
La premiere Divifion , compofée de 22
Compagnies de Grenadiers , de 36 Efca--
drons de Dragons & de Huffards , & des
Compagnies Franches , partit le 31 de Staf- ,
furt fous les ordres du Chevalier de Belle-
Ifle , Lieutenant Général , pour tâcher de
joindre l'arriere-garde des troupes de la
Reine de Hongrie.
,
L'armée Impériale , à laquelle fe font
joints les Régimens Allemands , qui font au
fervice du Roi , a paffé le Rhin à Germerfheim
, & le Comte de Seckendorf en a détaché
4000 hommes d'Infanterie & 2000,
de Cavalerie , qui font commandés par le
Comte de Piofafque , Général de Cavalerie
des troupes de l'Empereur , & par le Comte
de Segur , Lieutenant Général de celles du
Roi . Če Détachement arriva le 31 à Bretten
, & fur l'avis que les ennemis s'étoient
retirés le matin de Phortzheim , & , étoient
allés à Cauftadt , il dirigea fa marche , pour
aller paffer la Riviere d'Entz à Bietigheim.
Un
96 MERCURE DE FRANCE.
Un grand nombre de Déferreurs de l'armée
des ennemis s'eft rendu à celle du
Roi.
Le Maréchal de Noailles a paffé par Strafbourg
, en allant à Metz , où il devoit arriver
les de ce mois.
-On apprend de Metz du 8 du même mois,
que le progrès du rétabliſſement de la ſanté
du Roi étoit plus marqué depuis quelques
jours , qu'il ne l'avoit été dans ceux qui ont
fuivi les momens de la guérifon de S. M.
le Roi fe levoit vers le midi , fe promenoit
dans fon appartement , & ne ſe recouchoit
qu'à dix heures du foir,
que
S. M. dormit très-bien la nuit du 7 ; elle
s'habilla le 8 , & elle étoit dans l'état de
convalefcenee , le plus favorable qu'on pût
defirer ; ainfi l'on comptoit qu'elle fortiroit
inceffamment , & qu'en prenant l'air , elle
avanceroit beaucoup l'entier recouvrement
'de fes forces.
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Résumé : Te Deum chanté à Metz pour la guérison du Roi, [titre d'après la table]
En septembre 1744, le Maréchal de Noailles mena des opérations militaires en Allemagne. Il ordonna aux troupes du Chevalier de Belle-Isle et du Comte de Berchiny de traverser la Mautern et de se diriger vers le Fort-Louis. Face à la résistance ennemie à Suffelsheim, Noailles envoya des renforts dirigés par le Comte d'Eu et le Marquis de Clermont-Tonnerre. Après une heure de combat, les Français prirent les retranchements ennemis et poursuivirent les troupes adverses. Le Chevalier de Belle-Isle captura Suffelsheim, infligeant environ 1500 pertes aux ennemis contre 170 pertes françaises. Le Comte de Lowendahl signala des ennemis retranchés à Angenheim, ce qui amena Noailles à envoyer le Duc de Gramont avec les Gardes Françaises. Ces derniers attaquèrent Angenheim, mirent en fuite les ennemis et capturèrent deux redoutes. Le lendemain, ils apprirent que le Prince Charles avait repassé le Rhin. Parallèlement, un service solennel fut organisé à l'Abbaye Royale de Saint-Denis pour le roi Louis XIV. À Strasbourg, Noailles fit construire deux ponts sur le Rhin, permettant à l'armée française de traverser du 25 au 29 septembre. L'armée se déplaça en plusieurs divisions et campa entre Stoloffen et Mulberg. La première division, sous les ordres du Chevalier de Belle-Isle, rejoignit l'arrière-garde des troupes de la reine de Hongrie. L'armée impériale, renforcée par des régiments allemands, traversa le Rhin à Germersheim. Le Maréchal de Noailles se dirigea ensuite vers Metz, où l'on rapporta une amélioration significative de la santé du roi.
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5
p. 2101-2105
Te Deum chanté aux Quinze-Vingt, & exécuté par les Freres Aveugles, [titre d'après la table]
Début :
Le 2 Septembre à quatre heures du soir, on chanta dans l'Eglise de l'Hôpital Royal [...]
Mots clefs :
Capitaine, Anglais, Vaisseau, Corsaire, Hôpital, Nantes, Bâtiment, Bayonne, Te Deum, Quinze-vingts, Jean-Baptiste Lully, Concert
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texteReconnaissance textuelle : Te Deum chanté aux Quinze-Vingt, & exécuté par les Freres Aveugles, [titre d'après la table]
Le 2 Septembre à quatre heures du foir
on chanta dans l'Eglife de l'Hôpital Royal
des Quinze-Vingt , pour la Convalefcence
du Roi, un Te Deum , en Mufique, avec Sym-
...l Hiij pho
2102 MERCURE DE FRANCE.
phonie , exécuté par les Freres Aveugles de
cet Hôpital . Le foir il y eut une grande illumination
dans la grande cour de cette Maifon
, avec un Concert , compofé des plus
beaux morceaux de Muſique du célébre Lully
, exécutés par les mêmes Freres- Aveugles
, lefquels étoient placés fur un Amphitéatre
, conftruit exprès. Ce Concert
fut parfaitement
bien exécuté & très- applaudi
par les plus grands connoiffeurs
. Le
tout avoit été ordonné & dirigé par les foins
du Maître de cet Hôpital , qui en a l'Infpection
fous les ordres de M. le Cardinal de
Rohan , Grand Aumônier
de France , Superieur
de cette Maifon . Entre les grandes illuminations
qu'on y voyoit , celle qui étoit
à la façade de la Maifon du Maître de cet
Hôpital , fe faifoit remarquer principalement
par un VIVE LE ROI , en Lampions, artiftement
difpofés. On avoit fufpendu au
milieu de la Cour un cercle lumineux , autour
duquel on diftinguoit le Soleil & la
Lune , en mouvement
; le tout fut trouvé
très ingénieufement
compofé. Pendant
qu'on chantoit le Te Deum , on fit plufieurs
falves de petit canon, ce qu'on répéta quand
il fut fini.
--
Le Baron de Donop , Général Major dans
les troupes de Heffe , & que le Prince Guillaume
SEPTEMBRE. 1744. 2103
laume de Heffe a envoyé à Metz , pour , au
nom du Roi de Suede , fon Frere , faire au
Roi un compliment fur le rétabliffement
de la fanté de S. M. s'eft acquitté de cette
commiffion le 8 de ce mois , & il a été préfenté
au Roi par le Chevalier de Sainctot ,
Introducteur des Ambaffadeurs .
Le Capitaine Pierre Thomas , comman
dant le Vaiffeau le Duteillay , armé en courfe
à Nantes , a délivré le Bâtiment la Vierge,
d'Olonne , qui avoit été pris par un Arma-
-teur Anglois.
On mande de Granville , que le Vaiffeau
le Charles Grenot , dont le Capitaine Jacques
Clement a le commandement , y a conduit
-un Navire Anglois , de 160 tonneaux, nonmé
la Marie , dont la charge confiftoit en
200 Boucaux de Sucre fin , en Coton & en
Bois de Gayac.
Un autre Bâtiment de la même Nation a
été mené à Cherbourg par le Corfaire la
Subtile.
Le Corfaire le Harang Couronné , armé à
Dunkerque ,,
par le Capitaine Billevalt
s'eft emparé d'un Vaiffeau de Limerick .
>
On a appris de Bayonne , qu'un Armateur
de ce Port avoit enlevé un Bâtiment
de Philadelphie , chargé de Farines , de Fer
& de Merrains.
Hiiij Les
2104 MERCURE DE FRANCE.
Les lettres de Breft marquent que les
Vaiffeaux la Malice , de Granville , & le
Barnabas , de S. Malo , commandés par les
Capitaines Sorel & Defmarais , ont repris le
Navire le Charles , de Bordeaux , dont les
Anglois s'étoient emparés , & que les Capitaines
Donat & Charon , qui montent les
Vaiffeaux la Biche , de S. Malo , & la Va-
Leur , de Nantes , fe font rendus maîtres des
Bâtimens Anglois l'Elizabeth & le Rubis ,
chargés de Riz , de Terebentine & de Pelleteries
.
Suivant les avis reçûs de S. Malo , le Corfaire
la Veftale , que commande le Capitaine
Garnier de Fougeray , a enlevé le Brigantin
Le Guillaume & Marie , de Waterford , à
bord duquel on a trouvé une grande quantité
de Salaifons.
On a appris de Nantes & de Bayonne ,
deux Vaiffeaux François en ont pris 25
de la Jamaïque.
que
Le Capitaine du Ler , commandant le
Corfaire la Victoire , eft entré dans le Pott
de Bayonne avec le Vaiffeau Anglois la
Marie - Anne , de Philadelphie , armé de
quatre canons & de deux pierriers, & chatgé
de Farines , de Fer & de Merrains. Ce
Capitaine s'eft auffi rendu maître d'un autre
Navire Anglois , à deux ponts , dont la cargaifon
confiftoit en Gaudron & en Cacao ,
&
SEPTEMBRE. 1744 . 2105
& qu'il a conduit à Ribadeos , en Espagne.
on chanta dans l'Eglife de l'Hôpital Royal
des Quinze-Vingt , pour la Convalefcence
du Roi, un Te Deum , en Mufique, avec Sym-
...l Hiij pho
2102 MERCURE DE FRANCE.
phonie , exécuté par les Freres Aveugles de
cet Hôpital . Le foir il y eut une grande illumination
dans la grande cour de cette Maifon
, avec un Concert , compofé des plus
beaux morceaux de Muſique du célébre Lully
, exécutés par les mêmes Freres- Aveugles
, lefquels étoient placés fur un Amphitéatre
, conftruit exprès. Ce Concert
fut parfaitement
bien exécuté & très- applaudi
par les plus grands connoiffeurs
. Le
tout avoit été ordonné & dirigé par les foins
du Maître de cet Hôpital , qui en a l'Infpection
fous les ordres de M. le Cardinal de
Rohan , Grand Aumônier
de France , Superieur
de cette Maifon . Entre les grandes illuminations
qu'on y voyoit , celle qui étoit
à la façade de la Maifon du Maître de cet
Hôpital , fe faifoit remarquer principalement
par un VIVE LE ROI , en Lampions, artiftement
difpofés. On avoit fufpendu au
milieu de la Cour un cercle lumineux , autour
duquel on diftinguoit le Soleil & la
Lune , en mouvement
; le tout fut trouvé
très ingénieufement
compofé. Pendant
qu'on chantoit le Te Deum , on fit plufieurs
falves de petit canon, ce qu'on répéta quand
il fut fini.
--
Le Baron de Donop , Général Major dans
les troupes de Heffe , & que le Prince Guillaume
SEPTEMBRE. 1744. 2103
laume de Heffe a envoyé à Metz , pour , au
nom du Roi de Suede , fon Frere , faire au
Roi un compliment fur le rétabliffement
de la fanté de S. M. s'eft acquitté de cette
commiffion le 8 de ce mois , & il a été préfenté
au Roi par le Chevalier de Sainctot ,
Introducteur des Ambaffadeurs .
Le Capitaine Pierre Thomas , comman
dant le Vaiffeau le Duteillay , armé en courfe
à Nantes , a délivré le Bâtiment la Vierge,
d'Olonne , qui avoit été pris par un Arma-
-teur Anglois.
On mande de Granville , que le Vaiffeau
le Charles Grenot , dont le Capitaine Jacques
Clement a le commandement , y a conduit
-un Navire Anglois , de 160 tonneaux, nonmé
la Marie , dont la charge confiftoit en
200 Boucaux de Sucre fin , en Coton & en
Bois de Gayac.
Un autre Bâtiment de la même Nation a
été mené à Cherbourg par le Corfaire la
Subtile.
Le Corfaire le Harang Couronné , armé à
Dunkerque ,,
par le Capitaine Billevalt
s'eft emparé d'un Vaiffeau de Limerick .
>
On a appris de Bayonne , qu'un Armateur
de ce Port avoit enlevé un Bâtiment
de Philadelphie , chargé de Farines , de Fer
& de Merrains.
Hiiij Les
2104 MERCURE DE FRANCE.
Les lettres de Breft marquent que les
Vaiffeaux la Malice , de Granville , & le
Barnabas , de S. Malo , commandés par les
Capitaines Sorel & Defmarais , ont repris le
Navire le Charles , de Bordeaux , dont les
Anglois s'étoient emparés , & que les Capitaines
Donat & Charon , qui montent les
Vaiffeaux la Biche , de S. Malo , & la Va-
Leur , de Nantes , fe font rendus maîtres des
Bâtimens Anglois l'Elizabeth & le Rubis ,
chargés de Riz , de Terebentine & de Pelleteries
.
Suivant les avis reçûs de S. Malo , le Corfaire
la Veftale , que commande le Capitaine
Garnier de Fougeray , a enlevé le Brigantin
Le Guillaume & Marie , de Waterford , à
bord duquel on a trouvé une grande quantité
de Salaifons.
On a appris de Nantes & de Bayonne ,
deux Vaiffeaux François en ont pris 25
de la Jamaïque.
que
Le Capitaine du Ler , commandant le
Corfaire la Victoire , eft entré dans le Pott
de Bayonne avec le Vaiffeau Anglois la
Marie - Anne , de Philadelphie , armé de
quatre canons & de deux pierriers, & chatgé
de Farines , de Fer & de Merrains. Ce
Capitaine s'eft auffi rendu maître d'un autre
Navire Anglois , à deux ponts , dont la cargaifon
confiftoit en Gaudron & en Cacao ,
&
SEPTEMBRE. 1744 . 2105
& qu'il a conduit à Ribadeos , en Espagne.
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Résumé : Te Deum chanté aux Quinze-Vingt, & exécuté par les Freres Aveugles, [titre d'après la table]
Le 2 septembre, un Te Deum fut chanté à l'église de l'Hôpital Royal des Quinze-Vingt pour célébrer la convalescence du roi. Cet événement fut suivi d'une grande illumination dans la cour principale, avec un concert de musique de Lully dirigé par le maître de l'hôpital sous les ordres du Cardinal de Rohan. Les illuminations formaient 'VIVE LE ROI' et représentaient le Soleil et la Lune en mouvement. Des salves de petit canon furent tirées pendant et après le Te Deum. Par ailleurs, le Baron de Donop remit un compliment au roi pour son rétablissement au nom du roi de Suède. En mer, plusieurs actions navales furent rapportées : le capitaine Pierre Thomas libéra 'la Vierge', capturé par un armateur anglais. Le vaisseau 'le Charles Grenot' captura un navire anglais à Granville. Le corsaire 'la Subtile' mena un bâtiment anglais à Cherbourg, et 'le Harang Couronné' s'empara d'un vaisseau de Limerick. À Bayonne, un armateur captura un bâtiment de Philadelphie chargé de farines, de fer et de merrains. Les vaisseaux 'la Malice' et 'le Barnabas' reprirent le navire 'le Charles' aux Anglais. Les capitaines Donat et Charon capturèrent les bâtiments anglais 'l'Elizabeth' et 'le Rubis'. Le corsaire 'la Vestale' enleva le brigantin 'Le Guillaume et Marie'. Deux vaisseaux français capturèrent 25 navires de la Jamaïque, et le capitaine du Ler amena à Bayonne le vaisseau anglais 'la Marie-Anne' ainsi qu'un autre navire chargé de goudron et de cacao, conduit à Rib.
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6
p. 2105
Te Deum chanté à N. D. [titre d'après la table]
Début :
Le 10, on chanta le Te Deum dans l'Eglise Métropolitaine, pour remercier Dieu d'avoir [...]
Mots clefs :
Te Deum, Église métropolitaine, Église de Notre-Dame de Paris, Archevêque de Paris, Cérémonie, Conseillers d'État, Chancelier de France, Maîtres des requêtes, Parlement, Chambre des comptes, Cour des aides, Corps de ville, Michel II Ancel Desgranges
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texteReconnaissance textuelle : Te Deum chanté à N. D. [titre d'après la table]
Le 10 , on chanta le Te Deum dans l'Eglife
Métropolitaine , pour remercier Dieu d'avoir
accordé la confervation du Roi aux
voeux de fes Sujets,, & l'Archevêque de
Paris y officia pontificalement. Le Chancelier
de France , accompagné d'un grand
nombre de Confeillers d'Etat & de Maîtres
des Requêtes , y affifta , ainfi que le Parlement
, la Chambre des Comptes , la Cour
des Aides & le Corps de Ville , qui avoient
été invités par M. Desgranges , Maître des
Cérémonies. Il s'y trouva un concours extraordinaire
de perfonnes de tous les Ordres
, que le plaifir de remplir un devoir ,
& non le defir de fatisfaire une vaine curiofité
, conduifit à cette Cérémonie .
Métropolitaine , pour remercier Dieu d'avoir
accordé la confervation du Roi aux
voeux de fes Sujets,, & l'Archevêque de
Paris y officia pontificalement. Le Chancelier
de France , accompagné d'un grand
nombre de Confeillers d'Etat & de Maîtres
des Requêtes , y affifta , ainfi que le Parlement
, la Chambre des Comptes , la Cour
des Aides & le Corps de Ville , qui avoient
été invités par M. Desgranges , Maître des
Cérémonies. Il s'y trouva un concours extraordinaire
de perfonnes de tous les Ordres
, que le plaifir de remplir un devoir ,
& non le defir de fatisfaire une vaine curiofité
, conduifit à cette Cérémonie .
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Résumé : Te Deum chanté à N. D. [titre d'après la table]
Le 10, un Te Deum fut chanté à l'Église métropolitaine pour remercier Dieu d'avoir protégé le roi. L'archevêque de Paris officia. Le chancelier de France, des conseillers d'État, des maîtres des requêtes, et des représentants du Parlement, de la Chambre des Comptes, de la Cour des Aides et du Corps de Ville assistèrent à la cérémonie. Une grande foule se rassembla par devoir.
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7
p. 2105-2110
FESTE donné à l'Hôtel Royal des Invalides.
Début :
Le Dimanche 13 Septembre, on chanta processionnellement dans la grande Cour de [...]
Mots clefs :
Hôtel royal des Invalides, Te Deum, Alexandre Milon de Mesme, Procession, Illumination, Pots à feu, Lampions, Peuple, Roi
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texteReconnaissance textuelle : FESTE donné à l'Hôtel Royal des Invalides.
FESTE donné à l'Hôtel Royal des Invalides.
Le Dimanche 13 Septembre , on chanta
proceffionnellement dans la grande Cour de
Î'Hôtel Royal des Invalides , pour la Convalefcence
du Roi un , Te Deum folemnel au
bruit des Timballes , des Trompettes , du
canon & de la moufqueterie. M. Milon
Evêque de Valence , y officia enfuite pontificalement
au Salut , & donna la Bénédic
tion du S. Sacrement. Le Curé de l'Hôtel fe
Hv char-
›
2106 MERCURE DE FRANCE.
chargea de conduire la Proceflion , qu'il fit
marcher dans un très bel ordre . Le Clergé ,
foutenu des plus belles Baffes de la Muſique
de la Cathédrale , & accompagné d'un grand
nombre d'autres Eccléfiaftiques , tous en
Chapes & converts de ces magnifiques
Ornemens en broderie, qui font une des
curiofités de l'Hôtel , étoit precedé de 20
jeunes Clercs , couronnés de fleurs , & revêtus
de belles Aubes & de ceintures couleur
de feu . Le bruit de guerre qui fe faifoit
entendre dans l'intervalle des Verfets du
Te Deum , joint à la modeftie de tous les
Soldats de l'Hôtel , qui précédoient la Proceffion
, ou qui marchoient à la fuite , ayant
à leur tête M. de la Courneufve , Gouverneur
, accompagné de l'Erat Major , infpiroit
tout enfemble la joie & la dévotion au
grand nombre de Peuple , qui fut attiré par
la beauté & par la nouveauté de cette Cérémonie.
Elle fut fuivie à l'entrée de la nuit , d'une
Illumination la plus brillante & la mieux
entendue , que l'on eût encore offerte aux
yeux du Public ; la face immenfe de l'Hôtel
étoit parfaitement bien éclairée de plus de
10 mille gros Lampions , arrangés fuivant
l'ordre de fon Architecture ; les vaftes côtés
de la grande Porte d'entrée , appellée la
Porte Royale , ceux des Portes collaterales ,
les
SEPTEMBRE. 1744. 2107
, les les chambranles de toutes les croifées
pilaftres & généralement toutes les principales
piéces de l'Edifice en étoient remplies.
Les plintes de chaque étage formoient fans
interruption de grandes lignes de lumieres ,
les corniches & tout l'entablement étoient
garnis de grands pots à feu , & le vuide des
croifées du corps avancé , orné de magnifiques
Girandoles.
Les deux petits Pavillons , qui accompagnent
la grille de la premiere Porte d'entrée,
auffi - bien que les Trophées qui les couronnent
, étoient illuminés en plein , & les
parapets des foffés garnis de groffes terrines,
à très-peu de distance l'une de l'autre. Sur
le devant de l'avant cour , étoient rangées
fur des piédeftaux feize grandes & hautes
Girandoles , en forme d'Epicias , dont
la lumiere éclatante , jointe à celle de l'Illumination
, changeoit la nuit en un trèsbeau
jour.
Le Periftile de l'entrée de la cour Royale
étoit auffi illuminé en dedans par des pots à
feu , des Lampions & des Luftres .
Les trois grandes Portes de l'Eglife , en,
tierement fermées , étoient auffi éclairées-
& toute l'Architecture du Portail , ornée de
Lampions & de pots à feu ; une grande al+
lée d'autres pots à feu > l'on avoit tra
cée dans toute la longueur de la cour Roya→
H vj
que
le ,
L108 MERCURE DE FRANCE.
le , réuniffoit l'Illumination du Portail de
l'Eglife à celle du Périftile , ce qui formoit
dans l'éloignement une charmante perſpecti
ve , & faifoit paroître tout l'interieur de
l'Hôtel en feu .
Un Monde prodigieux rempliffoit toute
l'étendue du Cours la Reine , où étoit le
plus beau coup d'oeil , & la chauffée du chemin
de Verfailles , qui paffe devant ce
Cours , étoit occupée de fix rangs de caroffes
de Spectateurs diftingués. Tous les environs
de l'Hôtel n'en étoient pas moins rémplis
, & le Peuple à qui l'on permit d'entrer
dans les cours , s'y réjouit bien avant dans
la nuit , à la brillante lumiere de ces Illuminations
, en faifant à plufieurs repriſes des
acclamations de VIVE LE ROI.
Plufieurs Maréchaux de France , les Familles
des Ambaſſadeurs Etrangers & grand
nombre de Dames du premier rang , voulurent
honorer cette Fête de leur préfence.
On fit au Peuple une diftribution de plufieurs
piéces de Vin hors l'enceinte de l'Hôtel
, où tout ſe paffa avec beaucoup d'ordre ,
& de tranquillité.
Le Grand Confeil fit chanter le 27 du
mois dernier le Te Deum dans fa Chapelle.
Les Sécretaires du Roi & les Payeurs des
Rentes l'ont fait chanter , les premiers dans
I'ESEPTEMBRE.
1744. 2109
•
l'Eglife des Céleftins , & les feconds dans
celle des Religieux de Notre-Dame de la
Mercy.
Le 11 de ce mois , le Marquis Doria , Envoyé
Extraordinaire de la République de
Génes , eut une audience particuliere du
Roi , & il préfenta à S. M. le Marquis Pallavicini
, qui fut la nouvelle de la marche
du Roi , pour aller en Allemagne , avoit
reçû ordre de la République de Génes , de
fe rendre auprès de S. M. en qualité d'Envoyé
Extraordinaire , & qui après avoir
rempli la commiflion pour laquelle il eft
allé à Metz , félicita le Roi de la part de la
République fur la guérifon de S. M. Ces
deux Miniftres furent conduits à cette audience
par le Chevalier de Sainctot , Introducteur
des Ambaffadeurs.
>
On mande de Metz du 15 de ce mois ,
que le Roi fe portoit de mieux en mieux
qu'il avoit de l'appetit , qu'il paffoit les
nuits , auffi tranquillement qu'on pouvoit
le defirer , que fes forces fe rétablilfoient
chaque jour fenfiblement , & que S. M.
avoit tenu depuis huit jours deux Confeils
d'Etat , & elle a travaillé plufieurs fois
avec fes Miniftres .
-
Elle s'eft promenée le 14 en caroffe dans
les dehors de la Vilie , fans en être fatiguée
,
2110 MERCURE DE FRANCE.
guée , & elle eft allée le 15 après midi jufqu'à
Frefcati , qui eft à une lieuë de Metz.
Le Dimanche 13 Septembre , on chanta
proceffionnellement dans la grande Cour de
Î'Hôtel Royal des Invalides , pour la Convalefcence
du Roi un , Te Deum folemnel au
bruit des Timballes , des Trompettes , du
canon & de la moufqueterie. M. Milon
Evêque de Valence , y officia enfuite pontificalement
au Salut , & donna la Bénédic
tion du S. Sacrement. Le Curé de l'Hôtel fe
Hv char-
›
2106 MERCURE DE FRANCE.
chargea de conduire la Proceflion , qu'il fit
marcher dans un très bel ordre . Le Clergé ,
foutenu des plus belles Baffes de la Muſique
de la Cathédrale , & accompagné d'un grand
nombre d'autres Eccléfiaftiques , tous en
Chapes & converts de ces magnifiques
Ornemens en broderie, qui font une des
curiofités de l'Hôtel , étoit precedé de 20
jeunes Clercs , couronnés de fleurs , & revêtus
de belles Aubes & de ceintures couleur
de feu . Le bruit de guerre qui fe faifoit
entendre dans l'intervalle des Verfets du
Te Deum , joint à la modeftie de tous les
Soldats de l'Hôtel , qui précédoient la Proceffion
, ou qui marchoient à la fuite , ayant
à leur tête M. de la Courneufve , Gouverneur
, accompagné de l'Erat Major , infpiroit
tout enfemble la joie & la dévotion au
grand nombre de Peuple , qui fut attiré par
la beauté & par la nouveauté de cette Cérémonie.
Elle fut fuivie à l'entrée de la nuit , d'une
Illumination la plus brillante & la mieux
entendue , que l'on eût encore offerte aux
yeux du Public ; la face immenfe de l'Hôtel
étoit parfaitement bien éclairée de plus de
10 mille gros Lampions , arrangés fuivant
l'ordre de fon Architecture ; les vaftes côtés
de la grande Porte d'entrée , appellée la
Porte Royale , ceux des Portes collaterales ,
les
SEPTEMBRE. 1744. 2107
, les les chambranles de toutes les croifées
pilaftres & généralement toutes les principales
piéces de l'Edifice en étoient remplies.
Les plintes de chaque étage formoient fans
interruption de grandes lignes de lumieres ,
les corniches & tout l'entablement étoient
garnis de grands pots à feu , & le vuide des
croifées du corps avancé , orné de magnifiques
Girandoles.
Les deux petits Pavillons , qui accompagnent
la grille de la premiere Porte d'entrée,
auffi - bien que les Trophées qui les couronnent
, étoient illuminés en plein , & les
parapets des foffés garnis de groffes terrines,
à très-peu de distance l'une de l'autre. Sur
le devant de l'avant cour , étoient rangées
fur des piédeftaux feize grandes & hautes
Girandoles , en forme d'Epicias , dont
la lumiere éclatante , jointe à celle de l'Illumination
, changeoit la nuit en un trèsbeau
jour.
Le Periftile de l'entrée de la cour Royale
étoit auffi illuminé en dedans par des pots à
feu , des Lampions & des Luftres .
Les trois grandes Portes de l'Eglife , en,
tierement fermées , étoient auffi éclairées-
& toute l'Architecture du Portail , ornée de
Lampions & de pots à feu ; une grande al+
lée d'autres pots à feu > l'on avoit tra
cée dans toute la longueur de la cour Roya→
H vj
que
le ,
L108 MERCURE DE FRANCE.
le , réuniffoit l'Illumination du Portail de
l'Eglife à celle du Périftile , ce qui formoit
dans l'éloignement une charmante perſpecti
ve , & faifoit paroître tout l'interieur de
l'Hôtel en feu .
Un Monde prodigieux rempliffoit toute
l'étendue du Cours la Reine , où étoit le
plus beau coup d'oeil , & la chauffée du chemin
de Verfailles , qui paffe devant ce
Cours , étoit occupée de fix rangs de caroffes
de Spectateurs diftingués. Tous les environs
de l'Hôtel n'en étoient pas moins rémplis
, & le Peuple à qui l'on permit d'entrer
dans les cours , s'y réjouit bien avant dans
la nuit , à la brillante lumiere de ces Illuminations
, en faifant à plufieurs repriſes des
acclamations de VIVE LE ROI.
Plufieurs Maréchaux de France , les Familles
des Ambaſſadeurs Etrangers & grand
nombre de Dames du premier rang , voulurent
honorer cette Fête de leur préfence.
On fit au Peuple une diftribution de plufieurs
piéces de Vin hors l'enceinte de l'Hôtel
, où tout ſe paffa avec beaucoup d'ordre ,
& de tranquillité.
Le Grand Confeil fit chanter le 27 du
mois dernier le Te Deum dans fa Chapelle.
Les Sécretaires du Roi & les Payeurs des
Rentes l'ont fait chanter , les premiers dans
I'ESEPTEMBRE.
1744. 2109
•
l'Eglife des Céleftins , & les feconds dans
celle des Religieux de Notre-Dame de la
Mercy.
Le 11 de ce mois , le Marquis Doria , Envoyé
Extraordinaire de la République de
Génes , eut une audience particuliere du
Roi , & il préfenta à S. M. le Marquis Pallavicini
, qui fut la nouvelle de la marche
du Roi , pour aller en Allemagne , avoit
reçû ordre de la République de Génes , de
fe rendre auprès de S. M. en qualité d'Envoyé
Extraordinaire , & qui après avoir
rempli la commiflion pour laquelle il eft
allé à Metz , félicita le Roi de la part de la
République fur la guérifon de S. M. Ces
deux Miniftres furent conduits à cette audience
par le Chevalier de Sainctot , Introducteur
des Ambaffadeurs.
>
On mande de Metz du 15 de ce mois ,
que le Roi fe portoit de mieux en mieux
qu'il avoit de l'appetit , qu'il paffoit les
nuits , auffi tranquillement qu'on pouvoit
le defirer , que fes forces fe rétablilfoient
chaque jour fenfiblement , & que S. M.
avoit tenu depuis huit jours deux Confeils
d'Etat , & elle a travaillé plufieurs fois
avec fes Miniftres .
-
Elle s'eft promenée le 14 en caroffe dans
les dehors de la Vilie , fans en être fatiguée
,
2110 MERCURE DE FRANCE.
guée , & elle eft allée le 15 après midi jufqu'à
Frefcati , qui eft à une lieuë de Metz.
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Résumé : FESTE donné à l'Hôtel Royal des Invalides.
Le 13 septembre, une fête fut organisée à l'Hôtel Royal des Invalides pour célébrer la convalescence du roi. Une procession solennelle eut lieu dans la grande cour, accompagnée d'un Te Deum chanté au son des timbales, trompettes, canons et fusillades. M. Milon, évêque de Valence, officia et bénit le Saint-Sacrement. La procession, dirigée par le curé de l'Hôtel, comprenait des clercs en aubes et ceintures rouges, précédés par des soldats des Invalides. Cette cérémonie inspira joie et dévotion parmi le peuple présent. À la tombée de la nuit, une illumination spectaculaire éclaira l'Hôtel, avec plus de 10 000 lampions disposés selon l'architecture du bâtiment. Les façades, portes et fenêtres étaient ornées de girandoles et pots à feu, créant une perspective lumineuse impressionnante. La foule, incluant des maréchaux de France et des ambassadeurs étrangers, se rassembla pour admirer la scène. Du vin fut distribué au peuple, et tout se déroula dans l'ordre et la tranquillité. Le 27 septembre précédent, le Grand Conseil avait également chanté le Te Deum dans sa chapelle. Les secrétaires du roi et les payeurs des rentes firent de même dans leurs églises respectives. Le 11 septembre, le marquis Doria, envoyé extraordinaire de la République de Gênes, présenta au roi le marquis Pallavicini, porteur de félicitations pour la guérison du souverain. Le roi, alors à Metz, se portait mieux, passait des nuits tranquilles et avait repris ses activités, comme tenir des conseils d'État et travailler avec ses ministres. Il se promena également en voiture sans fatigue excessive.
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8
p. 2110
Grande Messe & Te Deum chantés à S. Jean en Greve, [titre d'après la table]
Début :
Le 29 Août, Mrs les Prévôt des Marchands, Echevins & Corps de Ville de Paris, [...]
Mots clefs :
Prévôt des marchands, Échevins, Corps de ville, Louis-Antoine Dornel, Messe, Te Deum, Église Saint-Jean-en-Grève
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texteReconnaissance textuelle : Grande Messe & Te Deum chantés à S. Jean en Greve, [titre d'après la table]
Le 29 Août , Mrs les Prévôt des Marchands
, Echevins & Corps de Ville de Paris
firent célébrer folemnellement une
grande Meffe , en actions de graces , dans
l'Eglife Paroiffiale de S. Jean en Greve , à la
fin de laquelle on chanta , à l'occafion de la
Convalefcence du Roi , un T: Denn en Mufique
à grand choeur , avec Symphonie
Trompettes & Timbales , de la Compoſition
de M. Dornel , Organiſte de Ste Geneviéve
, qui fut applandi par une nombreuſe
Affemblée . L'Eglife étoit extrêmement ornée
, décorée fur tout , par une tenture de
Damas Cramoifi à galons & franges d'Or ,
& éclairée d'un grand nombre de Luftres des
plus magnifiques.
, Echevins & Corps de Ville de Paris
firent célébrer folemnellement une
grande Meffe , en actions de graces , dans
l'Eglife Paroiffiale de S. Jean en Greve , à la
fin de laquelle on chanta , à l'occafion de la
Convalefcence du Roi , un T: Denn en Mufique
à grand choeur , avec Symphonie
Trompettes & Timbales , de la Compoſition
de M. Dornel , Organiſte de Ste Geneviéve
, qui fut applandi par une nombreuſe
Affemblée . L'Eglife étoit extrêmement ornée
, décorée fur tout , par une tenture de
Damas Cramoifi à galons & franges d'Or ,
& éclairée d'un grand nombre de Luftres des
plus magnifiques.
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Résumé : Grande Messe & Te Deum chantés à S. Jean en Greve, [titre d'après la table]
Le 29 août, les autorités parisiennes célébrèrent la convalescence du roi par une messe solennelle à l'église Saint-Jean-en-Grève. Un Te Deum fut chanté par un grand chœur, accompagné de symphonies, trompettes et timbales, sous la direction de Monsieur Dornel. L'église était décorée de damas cramoisi et illuminée par des lustres magnifiques.
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9
p. 2110-2113
Illuminations dans toutes les rües de Paris, [titre d'après la table]
Début :
Le jour qu'on tira le Feu d'artifice de l'Hôtel-de-Ville, toutes les maisons furent [...]
Mots clefs :
Roi, Ville, Habitants, Inscriptions, Devises, Metz, Te Deum, Fête, La Reine, Illuminations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Illuminations dans toutes les rües de Paris, [titre d'après la table]
Le jour qu'on tira le Feu d'artifice de
l'Hôtel - de-Ville , toutes les maiſons furent
illuminées. Chaque Quai , chaque Place publique,
offrit cette nuit là un Spectacle qu'on
ne voyoit qu'avec furprife , & qu'on ne
quittoit qu'avec regret . Après avoir parcouru
une partie de Paris , on croyoit avoir
épuifé fon admiration , & on trouvoit en
arrivant dans une autre partie , un nouveau
fujet d'admirer. L'ardeur du zéle chés plufieurs
habitans de cette Ville , paroiffoit
avoir
SEPTEMBRE. 1744 211
avoir eû prefque les mêmes reffources que
l'opulence . Dans plus d'un endroit , on étoit
étonné , en confiderant l'élégance & le goût
d'une Illumination , d'apprendre qu'elle
avoit été ordonnée par un particulier , connu
de fes feuls voifins . Par tout on remarquoit
des objets, qui , s'ils n'étoient pas tous
également frappans par la magnificence , du
moins étoient tous également intéreffans
par ce qu'ils avoient de flateur pour le Roi.
Les habitans qui avoient été obligés de fe
tenir dans les bornes de la fimplicité , s'étoient
efforcés de montrer qu'ils ne cédoient
aux autres que par la dépenfe , & non par
les fentimens , & ce qui n'étoit peut-être
pas encore arrivé , la plupart des Boutiques
des moindres Artifans étoient ornées d'Inf
criptions , qui loiioient d'autant mieux S.
M. qu'elles étoient moins recherchées : ces
mots , Vive Louis le Bien- Aimé , tracés prefque
par tout en caracteres de feu , annonçoient
que la Nation déféroit à notre Monarque
un Titre , qui eft au- deffus de tous
les autres , & qui les renferme tous . Pendant
toute la nuit , les rues furent remplies ,
non-feulement de peuple , qui faifoit retentir
l'air de fes cris d'allegreffe , mais encore
de perfonnes de tous les Ordres , attirées par
le plaifir de partager la joie publique. On
entendoit de toutes parts , les unes expliquer
, à celles qui n'entendoient pas le Latim
,
2112 MERCURE DE FRANCE.
tin , les Inſcriptions & les Devifes , compofées
en cette Langue ; les autres applaudir à
la jufteffe de ces Infcriptions & de ces Devifes
, les répéter plufieurs fois , les faire redire
à leurs enfans . Ce qu'on lifoit , il fembloit
qu'on l'appercevoit gravé dans tous
les coeurs. Jamais il n'y eut une plus grande
agitation dans Paris , & jamais il n'y régna
plus d'ordre , malgré la multitude prodigieufe
de caroffes qui furent en mouvement
jufqu'à trois heures du matin . Cette
Fête , à jamais mémorable par fon objet ,
par fes circonftances & par fon éclat , doit
l'ètre encore plus par l'avantage fingulier
qu'elle a eû de n'être troublée par aucun
accident ni par aucune querelle . On auroit
dit que la joie ne laiffoit place à nul autre
fentiment ; que tous les Parifiens ne compofoient
qu'une feule Famille , unie par les
liens de la tendreffe ,autant que par ceux du
Sang , & qu'ils étoient des Freres , occupés
de l'unique foin de fe réjouir de ce que leur
Pere leur étoit rendu .
Les Etrangers , qui ont été témoins de
tous les tranfports aufquels les habitans de
cette Capitale fe font livrés , ont dû , en
voyant les marques de l'affection des François
pour le Roi , trouver la France bien redoutable
à fes ennemis .
Le 8 de ce mois , Fête de la Nativité de
la Ste Vierge , la Reine ſe rendit à l'Eglife
du
SEPTEMBRE . 1744. 2113
du Monaftere des Carmélites de Metz , &
S. M. y communia par les mains de l'Archevêque
de Rouen , fon Grand Aumônier.
Depuis 15 jours , les Eglifes de cette Ville
retentiffent des actions de graces que l'on
rend à Dieu pour la guérifon du Roi , les
differens Corps des Officiers de S. M. &
ceux des habitans de la Ville , s'étant également
empreffés de remercier la Bonté Di
vine d'avoir confervé le Roi pour le bonheur
de la France , & pour celui des
perfonnes
, qui font particulierement attachées
au fervice de S. M.
La Reine , Monfeigneur le Dauphin &
Mefdames de France ont entendu les Te
Deum , qui ont été chantés à cette occafion .
Le 13 après midi , la Reine , accompa
gr ée de Monfeigneur le Dauphin & de
Mefdames & fuivie de toute la Cour
> >
affifta à celui que le Prince de Campo
Florido
, Ambaffadeur
du Roi d'Efpagne
auprès
du Roi , fit chanter
dans l'Eglife
de l'Abbaye
de S. Arnoul
de Metz , qui étoit éclaipar
un grand
nombre
de lumieres
.
rée
Le foir , le même Ambaffadeur fit illuminer
, avec autant de magnificence que le
Lieu pouvoit le permettre , la maifon qu'il
occupe en cette Ville , & la rue qui y conduit
, & après un feu d'artifice on fervit un
fouper très-fplendide pour toutes les perfonnes
de la Cour , que le Prince de Campo
Florido avoit invitées à cette Fête .
l'Hôtel - de-Ville , toutes les maiſons furent
illuminées. Chaque Quai , chaque Place publique,
offrit cette nuit là un Spectacle qu'on
ne voyoit qu'avec furprife , & qu'on ne
quittoit qu'avec regret . Après avoir parcouru
une partie de Paris , on croyoit avoir
épuifé fon admiration , & on trouvoit en
arrivant dans une autre partie , un nouveau
fujet d'admirer. L'ardeur du zéle chés plufieurs
habitans de cette Ville , paroiffoit
avoir
SEPTEMBRE. 1744 211
avoir eû prefque les mêmes reffources que
l'opulence . Dans plus d'un endroit , on étoit
étonné , en confiderant l'élégance & le goût
d'une Illumination , d'apprendre qu'elle
avoit été ordonnée par un particulier , connu
de fes feuls voifins . Par tout on remarquoit
des objets, qui , s'ils n'étoient pas tous
également frappans par la magnificence , du
moins étoient tous également intéreffans
par ce qu'ils avoient de flateur pour le Roi.
Les habitans qui avoient été obligés de fe
tenir dans les bornes de la fimplicité , s'étoient
efforcés de montrer qu'ils ne cédoient
aux autres que par la dépenfe , & non par
les fentimens , & ce qui n'étoit peut-être
pas encore arrivé , la plupart des Boutiques
des moindres Artifans étoient ornées d'Inf
criptions , qui loiioient d'autant mieux S.
M. qu'elles étoient moins recherchées : ces
mots , Vive Louis le Bien- Aimé , tracés prefque
par tout en caracteres de feu , annonçoient
que la Nation déféroit à notre Monarque
un Titre , qui eft au- deffus de tous
les autres , & qui les renferme tous . Pendant
toute la nuit , les rues furent remplies ,
non-feulement de peuple , qui faifoit retentir
l'air de fes cris d'allegreffe , mais encore
de perfonnes de tous les Ordres , attirées par
le plaifir de partager la joie publique. On
entendoit de toutes parts , les unes expliquer
, à celles qui n'entendoient pas le Latim
,
2112 MERCURE DE FRANCE.
tin , les Inſcriptions & les Devifes , compofées
en cette Langue ; les autres applaudir à
la jufteffe de ces Infcriptions & de ces Devifes
, les répéter plufieurs fois , les faire redire
à leurs enfans . Ce qu'on lifoit , il fembloit
qu'on l'appercevoit gravé dans tous
les coeurs. Jamais il n'y eut une plus grande
agitation dans Paris , & jamais il n'y régna
plus d'ordre , malgré la multitude prodigieufe
de caroffes qui furent en mouvement
jufqu'à trois heures du matin . Cette
Fête , à jamais mémorable par fon objet ,
par fes circonftances & par fon éclat , doit
l'ètre encore plus par l'avantage fingulier
qu'elle a eû de n'être troublée par aucun
accident ni par aucune querelle . On auroit
dit que la joie ne laiffoit place à nul autre
fentiment ; que tous les Parifiens ne compofoient
qu'une feule Famille , unie par les
liens de la tendreffe ,autant que par ceux du
Sang , & qu'ils étoient des Freres , occupés
de l'unique foin de fe réjouir de ce que leur
Pere leur étoit rendu .
Les Etrangers , qui ont été témoins de
tous les tranfports aufquels les habitans de
cette Capitale fe font livrés , ont dû , en
voyant les marques de l'affection des François
pour le Roi , trouver la France bien redoutable
à fes ennemis .
Le 8 de ce mois , Fête de la Nativité de
la Ste Vierge , la Reine ſe rendit à l'Eglife
du
SEPTEMBRE . 1744. 2113
du Monaftere des Carmélites de Metz , &
S. M. y communia par les mains de l'Archevêque
de Rouen , fon Grand Aumônier.
Depuis 15 jours , les Eglifes de cette Ville
retentiffent des actions de graces que l'on
rend à Dieu pour la guérifon du Roi , les
differens Corps des Officiers de S. M. &
ceux des habitans de la Ville , s'étant également
empreffés de remercier la Bonté Di
vine d'avoir confervé le Roi pour le bonheur
de la France , & pour celui des
perfonnes
, qui font particulierement attachées
au fervice de S. M.
La Reine , Monfeigneur le Dauphin &
Mefdames de France ont entendu les Te
Deum , qui ont été chantés à cette occafion .
Le 13 après midi , la Reine , accompa
gr ée de Monfeigneur le Dauphin & de
Mefdames & fuivie de toute la Cour
> >
affifta à celui que le Prince de Campo
Florido
, Ambaffadeur
du Roi d'Efpagne
auprès
du Roi , fit chanter
dans l'Eglife
de l'Abbaye
de S. Arnoul
de Metz , qui étoit éclaipar
un grand
nombre
de lumieres
.
rée
Le foir , le même Ambaffadeur fit illuminer
, avec autant de magnificence que le
Lieu pouvoit le permettre , la maifon qu'il
occupe en cette Ville , & la rue qui y conduit
, & après un feu d'artifice on fervit un
fouper très-fplendide pour toutes les perfonnes
de la Cour , que le Prince de Campo
Florido avoit invitées à cette Fête .
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Résumé : Illuminations dans toutes les rües de Paris, [titre d'après la table]
Le 21 septembre 1744, Paris fut illuminé pour célébrer un feu d'artifice tiré depuis l'Hôtel de Ville. Les maisons, quais et places publiques étaient ornés de lumières, suscitant l'admiration des habitants. L'enthousiasme et le zèle des Parisiens rivalisaient avec l'opulence, certains particuliers ayant organisé des illuminations élégantes. Des inscriptions telles que 'Vive Louis le Bien-Aimé' étaient omniprésentes, reflétant la dévotion nationale envers le roi. La nuit fut marquée par une grande agitation joyeuse et un ordre exemplaire malgré la foule. La fête fut mémorable pour son absence d'incidents et l'unité des Parisiens, comparés à une famille réunie par l'amour pour leur souverain. Les étrangers présents notèrent l'affection des Français pour le roi, renforçant l'image de la France comme une nation redoutable pour ses ennemis. Le 8 septembre, la reine se rendit à l'église du monastère des Carmélites de Metz pour communier. Depuis quinze jours, les églises de la ville résonnaient d'actions de grâce pour la guérison du roi, avec des Te Deum chantés par divers corps d'officiers et habitants. Le 13 septembre, la reine, accompagnée du dauphin et des princesses, assista à un Te Deum à l'abbaye de Saint-Arnoul de Metz, illuminée pour l'occasion. L'ambassadeur d'Espagne, le prince de Campo Florido, organisa également une illumination et un souper somptueux pour la cour.
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10
p. 2114-2115
MANDEMENT de S. E. M. le Cardinal de Tencin, au sujet de la prise de la Ville de Furnes.
Début :
PIERRE DE GUERIN DE TENCIN, Cardinal, &c. Le Seigneur ne se lasse point de nous exaucer, [...]
Mots clefs :
Furnes, Te Deum, Psaume, Oraisons, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MANDEMENT de S. E. M. le Cardinal de Tencin, au sujet de la prise de la Ville de Furnes.
MANDEMENT de S. E. M. le Cardinal
de Tencin , au fujet de la prife de la Ville
de Furnes.
Pl
IERRE DE GUERIN DE TENCIN ,
Cardinal , & c.
Le Seigneur ne fe laffe point de nous exaucer ,
mes très chers Freres , & nous comptons fes bienfaits
par nos voeux. La rapidité de nos Conquêtes a
furpaffé nos efpérances mêmes , & le prodige des
murs de Jéricho tombant au feul bruit des trompettes
du Peuple de Dieu , s'eft prefque renouvellé
en notre faveur. Puiffent nos ennemis reconnoître
enfin dans ces fuccès la juftice de nos armes , & y
voir, comme nous , la récompenfe & la preuve de
la droiture des intentions du Roi , & de fon amour
pour la Paix ! C'eft elle feule qu'il veur conquérir
dans une guerre qu'il n'a entrepriſe que par fidélité
pour fes Alliés, & après avoir inutilement tenté toutes
les voyes de la prévenir , guerre dès - lors également
jufte & néceffaire .
Mais plus S. M. a cherché à l'éviter , plus elle eſt
réfoluë à la faire avec vigueur , afin de la terminer
plus promptement . De- là le deffein qu'elle forma
d'abord , & qu'elle a exécuté avec tant de fageffe
& de courage , de commander ſes armées en perfonne:
Egredietur ante nos Rex nofter & pugnabit bel
la noftra pro nobis . Que ne devons- nous point attendre
de fa préfence en Allemagne , après ce qu'elle
à opéré en Flandre ! Mais cette jufte confiance ne
doit fervir qu'à redoubler la ferveur de nos prieres.
Jofué vainqueur alloit être vaincu à son tour , f
Moyfe avoit ceffé de tenir fes mains élevées vers le
Ciel .
Aces caules , &c.après en avoir fait conférer de notre
part avec nos vénérables Freres Mrs les Doyen ,
Chanoines
1
SEPTEMBRE. 1744. 2119
Chanoines & Chapitre de l'Eglife Comtes de Lyon,
avons ordonné & ordonnons que le Dimanche 2 du
mois d'Août , à 10 heures du matin , le TeDeum fera
chanté folemnelièment , avec le Pleaume Exau→
diat, & les Oraifons en actions de graces de la prife
de Furnes, dans notre Eglife Primatiale ,où les Com→
pagnies qui ont accoûtumé d'affifter à de pareilles
cérémonies , font invitées de fe rendre.
A l'égard des autres Villes , Bourgs & Villages
de notre Diocèfe , nous ordonnons que le Dimanche
ou la Fête après la réception de notre préfent
Mandement, on chantera pareillement le Te Deum,
le Pfeaume Exaudiat , & les Oraiſons pour le même
fujet , & c. Donné à Paris le 26 de Juillet 1744-
Signé , P. CARD . DE TENCIN .
de Tencin , au fujet de la prife de la Ville
de Furnes.
Pl
IERRE DE GUERIN DE TENCIN ,
Cardinal , & c.
Le Seigneur ne fe laffe point de nous exaucer ,
mes très chers Freres , & nous comptons fes bienfaits
par nos voeux. La rapidité de nos Conquêtes a
furpaffé nos efpérances mêmes , & le prodige des
murs de Jéricho tombant au feul bruit des trompettes
du Peuple de Dieu , s'eft prefque renouvellé
en notre faveur. Puiffent nos ennemis reconnoître
enfin dans ces fuccès la juftice de nos armes , & y
voir, comme nous , la récompenfe & la preuve de
la droiture des intentions du Roi , & de fon amour
pour la Paix ! C'eft elle feule qu'il veur conquérir
dans une guerre qu'il n'a entrepriſe que par fidélité
pour fes Alliés, & après avoir inutilement tenté toutes
les voyes de la prévenir , guerre dès - lors également
jufte & néceffaire .
Mais plus S. M. a cherché à l'éviter , plus elle eſt
réfoluë à la faire avec vigueur , afin de la terminer
plus promptement . De- là le deffein qu'elle forma
d'abord , & qu'elle a exécuté avec tant de fageffe
& de courage , de commander ſes armées en perfonne:
Egredietur ante nos Rex nofter & pugnabit bel
la noftra pro nobis . Que ne devons- nous point attendre
de fa préfence en Allemagne , après ce qu'elle
à opéré en Flandre ! Mais cette jufte confiance ne
doit fervir qu'à redoubler la ferveur de nos prieres.
Jofué vainqueur alloit être vaincu à son tour , f
Moyfe avoit ceffé de tenir fes mains élevées vers le
Ciel .
Aces caules , &c.après en avoir fait conférer de notre
part avec nos vénérables Freres Mrs les Doyen ,
Chanoines
1
SEPTEMBRE. 1744. 2119
Chanoines & Chapitre de l'Eglife Comtes de Lyon,
avons ordonné & ordonnons que le Dimanche 2 du
mois d'Août , à 10 heures du matin , le TeDeum fera
chanté folemnelièment , avec le Pleaume Exau→
diat, & les Oraifons en actions de graces de la prife
de Furnes, dans notre Eglife Primatiale ,où les Com→
pagnies qui ont accoûtumé d'affifter à de pareilles
cérémonies , font invitées de fe rendre.
A l'égard des autres Villes , Bourgs & Villages
de notre Diocèfe , nous ordonnons que le Dimanche
ou la Fête après la réception de notre préfent
Mandement, on chantera pareillement le Te Deum,
le Pfeaume Exaudiat , & les Oraiſons pour le même
fujet , & c. Donné à Paris le 26 de Juillet 1744-
Signé , P. CARD . DE TENCIN .
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Résumé : MANDEMENT de S. E. M. le Cardinal de Tencin, au sujet de la prise de la Ville de Furnes.
Le Cardinal Pierre de Guerin de Tencin, dans un mandement du 26 juillet 1744, célèbre la prise de la ville de Furnes. Il exprime sa gratitude envers Dieu pour les rapides succès militaires, comparés à la chute des murs de Jéricho. Ces victoires illustrent la justice des armes du roi et son désir de paix, la guerre ayant été déclenchée par fidélité aux alliés après l'échec des négociations diplomatiques. Le roi a décidé de diriger personnellement ses armées pour mener la guerre avec vigueur et hâte. Le cardinal appelle à intensifier les prières et ordonne que le Te Deum soit chanté solennellement le 2 août à 10 heures à l'église primatiale de Lyon, avec la participation des compagnies habituelles. Dans les autres localités du diocèse, le Te Deum sera chanté le dimanche suivant la réception du mandement ou lors de la fête suivante.
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11
p. 2115-2116
AUTRE du même Cardinal, au sujet de la prise du Château Dauphin.
Début :
PIERRE GUERIN DE TENCIN, &c. La Victoire dont nous allons rendre graces au [...]
Mots clefs :
Seigneur, Princes, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE du même Cardinal, au sujet de la prise du Château Dauphin.
AUTRE du même Cardinal , au sujet de
la prife du Château Dauphin.
IERRE GUERIN DE TENCIN , & C.
Pla Victoire dont nous allons rendre graces au
Seigneur , mes très chers Freres , renferme tout ce
qui pouvoit en relever le prix & l'éclat . Elle a été
remportée par deux. Princes de la Maifon de France
, & elle n'eft pas moins glorieuſe par la valeur
que les troupes des deux Nations ont montrée ,
qu'avantageule par les facilités qu'elle donne au
Roi d'Espagne de faire valoir la justice de fes droits
fur les Etats que le feu Empereur poffedoit en Italie.
Quelle joye pour des coeurs vraiment François ,
mes très chers Freres , & en même- teins quel puif
fant motif de confiance , de penser que nous avons
toujours été victorieux partout où le Roi & les
Princes de fon Sang ont commandé en Perfonne
Quelle fatisfaction pour Sa Majesté de voir ſe développer
fi rapidement dans ces jeunes Hé os ce
germe de bravoure & de fageffe qu'ils tiennent de
leurs
2116 MERCURE DE FRANCE.
leurs Ancêtres ! mais que notre jufte admiration
pour nos Princes, n'affoibliffe pas la reconnoiffance
que nous devons au Seigneur . Quelques naturelles
que paroiffent dans certains hommes privilegiés les
qualités & les vertus qui font les grands Hommes ,
elles n'en font pas moins des dons de Dieu . Quelque
fort que foit le bras du Vainqueur , c'est tou
jours celui de Dieu qui l'a fait vaincre . Ainfi en demandant
au Seigneur de nouveaux fuccès qui hâtent
le retour de la Paix , attendons- les de få feula
Bonté , & que nos voeux foient auffi humbles que
purs & défintereflés .
A ces caufes , &c.
la prife du Château Dauphin.
IERRE GUERIN DE TENCIN , & C.
Pla Victoire dont nous allons rendre graces au
Seigneur , mes très chers Freres , renferme tout ce
qui pouvoit en relever le prix & l'éclat . Elle a été
remportée par deux. Princes de la Maifon de France
, & elle n'eft pas moins glorieuſe par la valeur
que les troupes des deux Nations ont montrée ,
qu'avantageule par les facilités qu'elle donne au
Roi d'Espagne de faire valoir la justice de fes droits
fur les Etats que le feu Empereur poffedoit en Italie.
Quelle joye pour des coeurs vraiment François ,
mes très chers Freres , & en même- teins quel puif
fant motif de confiance , de penser que nous avons
toujours été victorieux partout où le Roi & les
Princes de fon Sang ont commandé en Perfonne
Quelle fatisfaction pour Sa Majesté de voir ſe développer
fi rapidement dans ces jeunes Hé os ce
germe de bravoure & de fageffe qu'ils tiennent de
leurs
2116 MERCURE DE FRANCE.
leurs Ancêtres ! mais que notre jufte admiration
pour nos Princes, n'affoibliffe pas la reconnoiffance
que nous devons au Seigneur . Quelques naturelles
que paroiffent dans certains hommes privilegiés les
qualités & les vertus qui font les grands Hommes ,
elles n'en font pas moins des dons de Dieu . Quelque
fort que foit le bras du Vainqueur , c'est tou
jours celui de Dieu qui l'a fait vaincre . Ainfi en demandant
au Seigneur de nouveaux fuccès qui hâtent
le retour de la Paix , attendons- les de få feula
Bonté , & que nos voeux foient auffi humbles que
purs & défintereflés .
A ces caufes , &c.
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Résumé : AUTRE du même Cardinal, au sujet de la prise du Château Dauphin.
Dans une lettre adressée à ses frères, le Cardinal célèbre la récente prise du Château Dauphin, attribuant cette victoire à deux princes de la Maison de France. La bravoure des troupes des deux nations impliquées est soulignée. Cette victoire permet au roi d'Espagne de revendiquer ses droits sur les États italiens autrefois détenus par l'empereur défunt. Le Cardinal exprime sa joie et sa confiance, notant que la France a toujours triomphé lorsque le roi et les princes de son sang ont commandé en personne. Il admire le courage et le dévouement des jeunes héros, hérités de leurs ancêtres. Toutefois, il rappelle que ces qualités sont des dons de Dieu et que toute victoire est due à la volonté divine. Il conclut en appelant à des succès futurs pour hâter la paix, tout en restant humble et désintéressé dans leurs prières.
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12
p. 2116-2117
AUTRE du même, au sujet du rétablissement de la santé du Roi.
Début :
PIERRE GUERIN DE TENCIN, &c. La maladie du Roi, mes très-chers Freres, a [...]
Mots clefs :
Roi, Santé, Dieu, Prince, Sujets, Maladie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE du même, au sujet du rétablissement de la santé du Roi.
AUTRE du même , au ſujet du rétabliſſement
de la fanté du Roi.
TERRE DR TENCÍN , & C.
PLARAK GUEROANDes très-chers Freres,
frappé toute la France de la plus vive terreur . Le
péril n'a point été gioffi par nos craintes ; il étoit
extrême: Les idées les plus funeftes s'empatoient de
tous les efprits. Beni foit le Pere des miféricordes &
le Dieu de toate confolation . Il a rendu au Roi
cette fanté que lui demandoient tant de voeux, fi ardens
& fi fincéres . Dans les vues de fa Providence ,
cette effrayante maladie n'étoit qu'un nouveau
moyen de faire encore mieux connoître au Prince
combien il eft aimé de fes Sujets , & aux Sujets
combien le Prince eft digne de leur amour. Ce religieux
Monarque fait éclatter aux pieds du Roi des
Rois fon humble reconnoiffance; il protefte qu'il ne
veut employer les jours qui lui font confervés , qu'à
travailler pour la gloire de ce fouverain Maître , &
pour le bonheur des Peuples qui lui font foumis.
Quel heureux avenir ne promettent point des difpotions
également héroiques & Chrétiennes ! U
niffonsSEPTEMBRE.
1744. 2117
niffons-nous donc , mes très chers Freres , pour
rendre à Dieu de folemnelles actions de grace d'une
fi précieufe faveur , & conjurons- le en même tems
de nous épargner déformais de fi cruelles allarmes,
A ces caufes , &c.
Donné à Metz le premier Septembre 1744.
de la fanté du Roi.
TERRE DR TENCÍN , & C.
PLARAK GUEROANDes très-chers Freres,
frappé toute la France de la plus vive terreur . Le
péril n'a point été gioffi par nos craintes ; il étoit
extrême: Les idées les plus funeftes s'empatoient de
tous les efprits. Beni foit le Pere des miféricordes &
le Dieu de toate confolation . Il a rendu au Roi
cette fanté que lui demandoient tant de voeux, fi ardens
& fi fincéres . Dans les vues de fa Providence ,
cette effrayante maladie n'étoit qu'un nouveau
moyen de faire encore mieux connoître au Prince
combien il eft aimé de fes Sujets , & aux Sujets
combien le Prince eft digne de leur amour. Ce religieux
Monarque fait éclatter aux pieds du Roi des
Rois fon humble reconnoiffance; il protefte qu'il ne
veut employer les jours qui lui font confervés , qu'à
travailler pour la gloire de ce fouverain Maître , &
pour le bonheur des Peuples qui lui font foumis.
Quel heureux avenir ne promettent point des difpotions
également héroiques & Chrétiennes ! U
niffonsSEPTEMBRE.
1744. 2117
niffons-nous donc , mes très chers Freres , pour
rendre à Dieu de folemnelles actions de grace d'une
fi précieufe faveur , & conjurons- le en même tems
de nous épargner déformais de fi cruelles allarmes,
A ces caufes , &c.
Donné à Metz le premier Septembre 1744.
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Résumé : AUTRE du même, au sujet du rétablissement de la santé du Roi.
La lettre informe des frères du rétablissement du roi de France après une maladie qui avait semé la peur en France. La guérison du roi est attribuée à une intervention divine. Cette épreuve a renforcé l'amour réciproque entre le roi et ses sujets. Le roi exprime sa reconnaissance envers Dieu et s'engage à consacrer ses jours restants à la gloire divine et au bien-être de son peuple. La lettre invite à des actions de grâce et prie pour éviter de futures inquiétudes. Elle est datée du 1er septembre 1744 et signée à Metz.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13
p. 2117-2118
MANDEMENT de M. l'Evêque de Bayeux.
Début :
PAUL D'ALBERT DE LUYNES, &c. Ce n'est plus, mes chers Freres, une simple [...]
Mots clefs :
Dieu, Église, Te Deum, Actions de grâce, Rochers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MANDEMENT de M. l'Evêque de Bayeux.
MANDEMENT de. M, P'Evêque
de Bayeux,
P
AUL D'ALBERT DE LUYN ES , &C.
Ce n'eft plus , mes chers Freres , uné fimple
protection que Dieu accorde aux troupes de France
& d'Efpagne ; il paroît que ce font des miracles
qu'il opére en leur faveur ; on arrive au fommet des
rochers qu'on regardoit comme inacceffibles , on
franchit des barrieres redoutables ; des Fortere fles
que la Nature & l'Art fembloient avoir rendues
imprenables , font emportées d'affaut , malgré la
multitude & le courage des Soldats qui les défendent
; tout cède à la valeur & l'impétuofité des
troupes Françoifes & Efpagnoles ; chaque Soldat
eft un Heros , dont les actions prodigieufes méritent
qu'on les tranfmette à la poftérité , les corps
morts fervent d'échelle aux François pour escalader
les Remparts & pour arriver à la Victoire .
? Les Philiftins étant campés à Machmas , infultoient
au Peuple d'Ifraël , fe confiant dans les 10-
chers efcarpés qui les couvroient , erant autem inter
afcenfus ... eminentes petra ex utraque parte &
quafi in modum dentium fcopuli hinc inde prarurpti.
Jonathas , plein de confiance dans la protection
du Seigneur , entreprend d'aller les attaquer
par des chemins qui paroiffoient impraticables ; il
arrive au haut des rochers , grimpant avec les pieds
Philiftins;
les mains ; la terreur fe met dans le camp des
2118 MERCURE DE FRANCE.
Philiftios ; leur armée eft taillée en piéces ; tout le
Pays fut faifi d'effroi , dit l'Ecriture , & il parut
que c'étoit Dieu qui avoit fait un miracle : Conturbata
eft terra & accidit quafi miraculum à Deo.
Ne femble-t'il pas , mes chers Freres , que ce foit là
l'hiftoire des prodiges dont nous allors rendre à
Dieu nos actions de grace ? le Seigneur Dieu des
Armées a fufcité dans le Prince de Conty un autre
Jonathas pour la gloire de fon Peuple , & a livré
nos ennemis entre nos mains : Tradidit enim eos Dominus
in manus Ifraël . Marquons lui avec effufion de
coeur notre vive reconnoiffance.
A ces caufes , après en avoir conferé avec nos vénérables
Freres les Chanoines & Chapitre de notre
Eglife Cathédrale , nous chanterons Dimanche 23
Août , folemnellement le Te Deum dans notre dite
Eglife , après les Vêpres , avec les cérémonies accoûtumées,
en actions de grace de la profperité des
armes du Roi , & le Dimanche ſuivant 30 du même
mois , dans l'Eglife de S. Pierre de Caen, às heures
du foir , où tout le Clergé Séculier & Régulier fe
rendra , felon l'ufage.
Ordonnons que le premier Dimanche après la réception
de notre préfent Mandement , on chantera
dans toutes les autres Eglifes de notre Diocèfe le
Te Deum, avec l'Orailon pro gratiarum actioné , & le
-Pleaume Exaudiat , avec l'Oraifon pro Rege & ejus
exercitu. Si mandons , &c . Donné à Bayeux dan's
notre Palais Epifcopal , le 22 Août 1744. Signé,
PAUL , Evêque de Bayeux.
de Bayeux,
P
AUL D'ALBERT DE LUYN ES , &C.
Ce n'eft plus , mes chers Freres , uné fimple
protection que Dieu accorde aux troupes de France
& d'Efpagne ; il paroît que ce font des miracles
qu'il opére en leur faveur ; on arrive au fommet des
rochers qu'on regardoit comme inacceffibles , on
franchit des barrieres redoutables ; des Fortere fles
que la Nature & l'Art fembloient avoir rendues
imprenables , font emportées d'affaut , malgré la
multitude & le courage des Soldats qui les défendent
; tout cède à la valeur & l'impétuofité des
troupes Françoifes & Efpagnoles ; chaque Soldat
eft un Heros , dont les actions prodigieufes méritent
qu'on les tranfmette à la poftérité , les corps
morts fervent d'échelle aux François pour escalader
les Remparts & pour arriver à la Victoire .
? Les Philiftins étant campés à Machmas , infultoient
au Peuple d'Ifraël , fe confiant dans les 10-
chers efcarpés qui les couvroient , erant autem inter
afcenfus ... eminentes petra ex utraque parte &
quafi in modum dentium fcopuli hinc inde prarurpti.
Jonathas , plein de confiance dans la protection
du Seigneur , entreprend d'aller les attaquer
par des chemins qui paroiffoient impraticables ; il
arrive au haut des rochers , grimpant avec les pieds
Philiftins;
les mains ; la terreur fe met dans le camp des
2118 MERCURE DE FRANCE.
Philiftios ; leur armée eft taillée en piéces ; tout le
Pays fut faifi d'effroi , dit l'Ecriture , & il parut
que c'étoit Dieu qui avoit fait un miracle : Conturbata
eft terra & accidit quafi miraculum à Deo.
Ne femble-t'il pas , mes chers Freres , que ce foit là
l'hiftoire des prodiges dont nous allors rendre à
Dieu nos actions de grace ? le Seigneur Dieu des
Armées a fufcité dans le Prince de Conty un autre
Jonathas pour la gloire de fon Peuple , & a livré
nos ennemis entre nos mains : Tradidit enim eos Dominus
in manus Ifraël . Marquons lui avec effufion de
coeur notre vive reconnoiffance.
A ces caufes , après en avoir conferé avec nos vénérables
Freres les Chanoines & Chapitre de notre
Eglife Cathédrale , nous chanterons Dimanche 23
Août , folemnellement le Te Deum dans notre dite
Eglife , après les Vêpres , avec les cérémonies accoûtumées,
en actions de grace de la profperité des
armes du Roi , & le Dimanche ſuivant 30 du même
mois , dans l'Eglife de S. Pierre de Caen, às heures
du foir , où tout le Clergé Séculier & Régulier fe
rendra , felon l'ufage.
Ordonnons que le premier Dimanche après la réception
de notre préfent Mandement , on chantera
dans toutes les autres Eglifes de notre Diocèfe le
Te Deum, avec l'Orailon pro gratiarum actioné , & le
-Pleaume Exaudiat , avec l'Oraifon pro Rege & ejus
exercitu. Si mandons , &c . Donné à Bayeux dan's
notre Palais Epifcopal , le 22 Août 1744. Signé,
PAUL , Evêque de Bayeux.
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Résumé : MANDEMENT de M. l'Evêque de Bayeux.
Le mandement de Paul, évêque de Bayeux, adressé à Paul d'Albert de Luynes, célèbre les miracles accomplis par les troupes françaises et espagnoles, comparant leurs exploits à ceux de Jonathan contre les Philistins. L'évêque exprime sa gratitude envers Dieu pour la victoire des armées du roi. Il ordonne que le Te Deum soit chanté solennellement le 23 août dans la cathédrale de Bayeux et le 30 août dans l'église Saint-Pierre de Caen, avec la participation de tout le clergé. De plus, il demande que le Te Deum soit chanté dans toutes les églises du diocèse le premier dimanche suivant la réception du mandement, accompagné de prières de gratitude pour le roi et ses armées. Le document est daté du 22 août 1744.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14
p. 2118-2122
« Le Samedi 15 Août, la nouvelle de la maladie du Roi s'étant répanduë, l'Abbé de Ste Geneviéve ordonna [...] »
Début :
Le Samedi 15 Août, la nouvelle de la maladie du Roi s'étant répanduë, l'Abbé de Ste Geneviéve ordonna [...]
Mots clefs :
Châsse de sainte Geneviève, Roi, Découverte, Santé, Rétablissement, Cloches, François Patot, Mandement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Samedi 15 Août, la nouvelle de la maladie du Roi s'étant répanduë, l'Abbé de Ste Geneviéve ordonna [...] »
Le Samedi 15 Août, la nouvelle de la maladie du
"Roi s'étant répanduë , l'Abbé de Ste Geneviève ordonna
que la Châffe de la Ste Patronne de Paris ,
feroit découverte par devant, & qu'on chanteroit des
Saluts , pour demander à Dieu le rétabliſſement de
la
SEPTEMBRE. 1744. 2119
-
la fanté de S. M. En conféquence la Châffe fut découverte
au fon de toutes les cloches de l'Abbaye.
Le même jour , fur les 9 heures du foir , M. Dufranc
, Greffier du Parlement , & l'un des Sécretai
res du Roi , fervant en la Cour , fe rendit à Ste Geneviève
, & dit que MM. les Premier Préfident &
Procureur Général , ayant confulté les Registres du
Parlement , y avoient remarqué qu'on avoit ordon
né en pareil cas la découverte de la Châffe , avant
même que le Parlement eût rendu Arrêt , &que devant
être infailliblement rendu le Lundi 17 , les
circonstances actuelles exigeoient provifionellement
cette découverte .
Le Dimanche 16 , cela fut promptement exécuté
pour la grand-Meffe , & le tout annoncé par une
volée des 10 cloches , qui fut repetée le foir à 8
heures.
Le Lundi 17 , M. Yfabeau , auffi Greffier du Parlement
, & Sécretaire du Roi , fervant en cette
Cour , apporta l'Arrêt , portant que ce même jour
M. le Premier Préfident avoit dit à la Cour que la
nouvelle du fâcheux étar ou étoit le Roi , étant arrivée
à Paris , il avoit crû pouvoir ordonner , de concert
avec M. le Procurer Général , que la Chaffe de
Ste Genevieve feroit découverte , afin d'obtenir par
le fecours de la Patronne de la Ville capitale & du
Royaume , la confervation d'un fi grand Monarque
dont la vie eft fi précieuſe à la France ; o ü ile Pro.
cureur Général du Roi, la matiére miſe en délibération
, LA COUR a arrêté & ordonné , que conformément
aux Mandemens qui feront donnés par l'Archevêque
de Paris , il fera fait des Prieres publiques
pour le rétabliſſement de la fanté du Rol , pendant
lefquelles la Châffe de Ste Genevieve demanrera
découverte, ce qui fera mandé aux Abbé & Religieux
de ladite Abbaye, par l'un des Sécretaires du
Roi , fervant en la Cour.
Auffi-tôr
120 MERCURE DE FRANCE.
Auffi tôt l'Abbé de Ste Geneviève donna le Mandement
imprimé , qui va être rapporté.
Ce même jour 17 , fut célebrée , comme le porte
le Mandement , une Meffe folemnelle pour commencer
la Neuvaine .
Mrs les Prevôt des Marchands & Echevins de la
Ville de Paris , toujours attentifs à reclamer leur
Ste Patronne, & à témoigner leur zéle pour la Perfonne
facrée de S. M. avertirent que le lendemain
ils affifteroient à la grande Meffe & qu'ils continue
roient pendant toute la Neuvaine.
Le Mardi 18 , ces Meffieurs furent reçûs à la porte
de l'Eglife par le R. P. Abbé , à la tête de toute fa
Communauté, au fon des cloches & de l'orgue Ils y
font revenus les jours fuivans jufqu'au 26 inclufivement
, & pour témoigner leur joye & leur reconnoiffance
du meilleur état de la fanté du Roi , ils
parurent en Robes rouges de Cérémonie . La Meſſe
d'actions de graces fut célebrée ; on avoit chanté le
Te Deum la veille , auquel avoit pareillement affisté
le Corps de Ville.
Le Mandement du R. P. Abbé de Ste Genevieve
contenoit ce qui fuit.
FRANÇOIS PATOT , Abbé de l'Abbaye
Royale de Ste Geneviève au Mont de Paris , &c.
Nous venons de faire retentir les Temples facrés des
chants de joye & d'allegreffe , & nous avons rendų
de folemnelles actions de graces au Dieu des Armées
, de la protection qu'il a accordée à celles de
notre invincible Monarque , qui lui en a rapporté
toute la gloire ,fans l'attribuer ni à ſon courage, ni
à la valeur de les troupes. Aujourd'hui nos vænx
ont pour objet la fanté de ce Prince , fi chere & fi
précieuse à tous les Sujets ; la moindre altération
qu'elle peut fouffrir , nous allarme & nous engage
à recourir au fouverain Arbitre de nos vies , afin
que
SEPTEMBRE . 1744. 2121
que fléchi par nos prieres , il conferve des jours
d'où dépendent notre bonheur & notre tranquillité .
La Religion & la reconnoiffance exigent de nous
ce tribut. Les fatigues & les travaux que l'amour du
Roi pour fes Sujets l'a porté à effuyer , afin de les
mettre à couvert de la fureur de les ennemis ; les
dangers qu'il a courus , les longs & pénibles voyages
qu'il a entrepris dans cette faifon , tant de preuves
de fa tendreffe , demandent de nous un retour
qui nous rende fenfibles au parfait rétabliſſement
d'une fanté qu'il n'a point craint de facrifier au bien
particulier & commun de fes Peuples . Le Ciel qui
nous a donné ce Prince ficher dans les jours de les
miféricordes , les prolongera pour le bien de la Religion
& de l'Etat , & diffipera les juftes fujets de
nos craintes . Cette Protectrice de la France , qui a
toujours été l'objet de la confiance & de la pieté de
nos Rois , & de celle de leurs Sujets , comme un autre
Ifaïe , nous dira, attendrie fur nos gémiflemens ,
que le Seigneur a écouté les voeux que nous lui
avons adreflés , & que déja celui pour lequel nous
les avons formés en reffent les effets. Renouvellons.
les fans ceffe; nous ne pouvons les interrompre, fans
nous rendre coupables de l'ingratitude la plus condamnable.
A ces caufes , pour nous conformer à l'Arrêt de
ce jour , rendu par la Cour de Parlement , nous ordonnons
que la Châffe de Ste Geneviève , Patronne
de Paris & du Royaume , fera découverte cejourd'hui
, dont la Ville fera avertie par le fon de toutes
les cloches de notre Abbaye ; que le même jour on
célébrera une Meffe folemnelle à neuf heures du
matin ; que pendant le tems que la Châffe demeurera
découverte , on dira au grand Autel des Mefles ,
depuis cinq heures du matin jufqu'à midi ; que quatre
Chanoines Réguliers de cette Eglife iront faire
leurs
2122 MERCURE DE FRANCE.
leurs prieres fucceffivement , felon l'ordre qui leur
fera marqué , devant ladite Châffe , hors le tems des
Meffes qui fe diront au grand Autel , & que tous
lés foirs après Complies fera fait un Salut , qui com .
mencera par une Proceffion dans l'Eglife , à laquelle
on chantera , 1° . les Litanies Aufer à nobis , &c.2°.
l'Antienne de Ste Geneviève , O felix Ancilla , &c.
3°. le Répons , Virtutes ; l'Antienne de la Ste Vierge
, Sub tuum prafidium , & Domine falvum fac Regem
, & l'Antienne Da Pacem ; le y . Dominus opem
ferat illi ; R. Super lectum doloris ejus. Les Orailous ,
la premiere pour le rétablissement de la fanté du
Roi , Omnipotens fempiterne Deus, &c . la deuxième ,
de la Ste Vierge , Concede nos famulos , &c . la troiféme
, de Ste Geneviève , Prafta quafumus , &c. &
la quatrième , pour la Paix , Deus, à quo fanita defideria
, c.
- Nous ordonnons de plus , que pendant que la
Châffe demeurera exposée à la dévotion des Fidéles ,
tous les Prêtres qui célébreront la Meſſe dans notre
Eglife , continueront de dire les Oraifons , Secrettes
& Poftcommunions intitulées dans le Miffel , Pro
Infirmis , pour le Roi . Donné à Paris , en notre Ab.
baye Royale de Ste Geneviève , le 17 Août 1744.
Signé , Fr. François Paror , Abbé de Ste Genevieve
, &c.
"Roi s'étant répanduë , l'Abbé de Ste Geneviève ordonna
que la Châffe de la Ste Patronne de Paris ,
feroit découverte par devant, & qu'on chanteroit des
Saluts , pour demander à Dieu le rétabliſſement de
la
SEPTEMBRE. 1744. 2119
-
la fanté de S. M. En conféquence la Châffe fut découverte
au fon de toutes les cloches de l'Abbaye.
Le même jour , fur les 9 heures du foir , M. Dufranc
, Greffier du Parlement , & l'un des Sécretai
res du Roi , fervant en la Cour , fe rendit à Ste Geneviève
, & dit que MM. les Premier Préfident &
Procureur Général , ayant confulté les Registres du
Parlement , y avoient remarqué qu'on avoit ordon
né en pareil cas la découverte de la Châffe , avant
même que le Parlement eût rendu Arrêt , &que devant
être infailliblement rendu le Lundi 17 , les
circonstances actuelles exigeoient provifionellement
cette découverte .
Le Dimanche 16 , cela fut promptement exécuté
pour la grand-Meffe , & le tout annoncé par une
volée des 10 cloches , qui fut repetée le foir à 8
heures.
Le Lundi 17 , M. Yfabeau , auffi Greffier du Parlement
, & Sécretaire du Roi , fervant en cette
Cour , apporta l'Arrêt , portant que ce même jour
M. le Premier Préfident avoit dit à la Cour que la
nouvelle du fâcheux étar ou étoit le Roi , étant arrivée
à Paris , il avoit crû pouvoir ordonner , de concert
avec M. le Procurer Général , que la Chaffe de
Ste Genevieve feroit découverte , afin d'obtenir par
le fecours de la Patronne de la Ville capitale & du
Royaume , la confervation d'un fi grand Monarque
dont la vie eft fi précieuſe à la France ; o ü ile Pro.
cureur Général du Roi, la matiére miſe en délibération
, LA COUR a arrêté & ordonné , que conformément
aux Mandemens qui feront donnés par l'Archevêque
de Paris , il fera fait des Prieres publiques
pour le rétabliſſement de la fanté du Rol , pendant
lefquelles la Châffe de Ste Genevieve demanrera
découverte, ce qui fera mandé aux Abbé & Religieux
de ladite Abbaye, par l'un des Sécretaires du
Roi , fervant en la Cour.
Auffi-tôr
120 MERCURE DE FRANCE.
Auffi tôt l'Abbé de Ste Geneviève donna le Mandement
imprimé , qui va être rapporté.
Ce même jour 17 , fut célebrée , comme le porte
le Mandement , une Meffe folemnelle pour commencer
la Neuvaine .
Mrs les Prevôt des Marchands & Echevins de la
Ville de Paris , toujours attentifs à reclamer leur
Ste Patronne, & à témoigner leur zéle pour la Perfonne
facrée de S. M. avertirent que le lendemain
ils affifteroient à la grande Meffe & qu'ils continue
roient pendant toute la Neuvaine.
Le Mardi 18 , ces Meffieurs furent reçûs à la porte
de l'Eglife par le R. P. Abbé , à la tête de toute fa
Communauté, au fon des cloches & de l'orgue Ils y
font revenus les jours fuivans jufqu'au 26 inclufivement
, & pour témoigner leur joye & leur reconnoiffance
du meilleur état de la fanté du Roi , ils
parurent en Robes rouges de Cérémonie . La Meſſe
d'actions de graces fut célebrée ; on avoit chanté le
Te Deum la veille , auquel avoit pareillement affisté
le Corps de Ville.
Le Mandement du R. P. Abbé de Ste Genevieve
contenoit ce qui fuit.
FRANÇOIS PATOT , Abbé de l'Abbaye
Royale de Ste Geneviève au Mont de Paris , &c.
Nous venons de faire retentir les Temples facrés des
chants de joye & d'allegreffe , & nous avons rendų
de folemnelles actions de graces au Dieu des Armées
, de la protection qu'il a accordée à celles de
notre invincible Monarque , qui lui en a rapporté
toute la gloire ,fans l'attribuer ni à ſon courage, ni
à la valeur de les troupes. Aujourd'hui nos vænx
ont pour objet la fanté de ce Prince , fi chere & fi
précieuse à tous les Sujets ; la moindre altération
qu'elle peut fouffrir , nous allarme & nous engage
à recourir au fouverain Arbitre de nos vies , afin
que
SEPTEMBRE . 1744. 2121
que fléchi par nos prieres , il conferve des jours
d'où dépendent notre bonheur & notre tranquillité .
La Religion & la reconnoiffance exigent de nous
ce tribut. Les fatigues & les travaux que l'amour du
Roi pour fes Sujets l'a porté à effuyer , afin de les
mettre à couvert de la fureur de les ennemis ; les
dangers qu'il a courus , les longs & pénibles voyages
qu'il a entrepris dans cette faifon , tant de preuves
de fa tendreffe , demandent de nous un retour
qui nous rende fenfibles au parfait rétabliſſement
d'une fanté qu'il n'a point craint de facrifier au bien
particulier & commun de fes Peuples . Le Ciel qui
nous a donné ce Prince ficher dans les jours de les
miféricordes , les prolongera pour le bien de la Religion
& de l'Etat , & diffipera les juftes fujets de
nos craintes . Cette Protectrice de la France , qui a
toujours été l'objet de la confiance & de la pieté de
nos Rois , & de celle de leurs Sujets , comme un autre
Ifaïe , nous dira, attendrie fur nos gémiflemens ,
que le Seigneur a écouté les voeux que nous lui
avons adreflés , & que déja celui pour lequel nous
les avons formés en reffent les effets. Renouvellons.
les fans ceffe; nous ne pouvons les interrompre, fans
nous rendre coupables de l'ingratitude la plus condamnable.
A ces caufes , pour nous conformer à l'Arrêt de
ce jour , rendu par la Cour de Parlement , nous ordonnons
que la Châffe de Ste Geneviève , Patronne
de Paris & du Royaume , fera découverte cejourd'hui
, dont la Ville fera avertie par le fon de toutes
les cloches de notre Abbaye ; que le même jour on
célébrera une Meffe folemnelle à neuf heures du
matin ; que pendant le tems que la Châffe demeurera
découverte , on dira au grand Autel des Mefles ,
depuis cinq heures du matin jufqu'à midi ; que quatre
Chanoines Réguliers de cette Eglife iront faire
leurs
2122 MERCURE DE FRANCE.
leurs prieres fucceffivement , felon l'ordre qui leur
fera marqué , devant ladite Châffe , hors le tems des
Meffes qui fe diront au grand Autel , & que tous
lés foirs après Complies fera fait un Salut , qui com .
mencera par une Proceffion dans l'Eglife , à laquelle
on chantera , 1° . les Litanies Aufer à nobis , &c.2°.
l'Antienne de Ste Geneviève , O felix Ancilla , &c.
3°. le Répons , Virtutes ; l'Antienne de la Ste Vierge
, Sub tuum prafidium , & Domine falvum fac Regem
, & l'Antienne Da Pacem ; le y . Dominus opem
ferat illi ; R. Super lectum doloris ejus. Les Orailous ,
la premiere pour le rétablissement de la fanté du
Roi , Omnipotens fempiterne Deus, &c . la deuxième ,
de la Ste Vierge , Concede nos famulos , &c . la troiféme
, de Ste Geneviève , Prafta quafumus , &c. &
la quatrième , pour la Paix , Deus, à quo fanita defideria
, c.
- Nous ordonnons de plus , que pendant que la
Châffe demeurera exposée à la dévotion des Fidéles ,
tous les Prêtres qui célébreront la Meſſe dans notre
Eglife , continueront de dire les Oraifons , Secrettes
& Poftcommunions intitulées dans le Miffel , Pro
Infirmis , pour le Roi . Donné à Paris , en notre Ab.
baye Royale de Ste Geneviève , le 17 Août 1744.
Signé , Fr. François Paror , Abbé de Ste Genevieve
, &c.
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Résumé : « Le Samedi 15 Août, la nouvelle de la maladie du Roi s'étant répanduë, l'Abbé de Ste Geneviéve ordonna [...] »
Le 15 août, la nouvelle de la maladie du roi se répandit à Paris. L'abbé de Sainte-Geneviève ordonna la découverte de la châsse de Sainte Geneviève et des prières publiques pour implorer le rétablissement du roi. Cette décision fut confirmée par M. Dufranc, greffier du Parlement, jusqu'au 17 août. Le 16 août, la châsse fut découverte pour la grand-messe, annoncée par des cloches. Le 17 août, M. Yfabeau apporta l'arrêt du Parlement confirmant ces mesures. L'abbé publia un mandement ordonnant des prières et des messes solennelles. Les autorités parisiennes participèrent aux messes quotidiennes jusqu'au 26 août, célébrant une messe d'actions de grâces et chantant le Te Deum. Le mandement appelait à la prière pour la santé du roi, soulignant ses sacrifices pour ses sujets et exprimant l'espoir de son rétablissement. Le document détaille les pratiques religieuses à suivre dans l'église. Chaque jour après les Complies, une procession aura lieu avec des chants spécifiques, incluant les Litanies 'Aufer à nobis', l'antienne de Sainte Geneviève 'O felix Ancilla', et d'autres prières. Quatre oraisons seront prononcées : une pour la santé du roi, une pour la Sainte Vierge, une pour Sainte Geneviève, et une pour la paix. Pendant l'exposition de la châsse, les prêtres diront des oraisons pour le roi lors de chaque messe. Le document est signé par Frère François Paror, abbé de Sainte Geneviève, et daté du 17 août 1744 à l'abbaye royale de Sainte Geneviève à Paris.
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15
p. 2122-2123
LETTRE du Roi, écrite à M. l'Arche[vê]que de Paris, pour faire chanter le Te Deum, en actions de graces du rétablissement de la santé de Sa Majesté.
Début :
MON COUSIN, les graces signalées que je viens de recevoir de la Bonté du Tout-Puissant, [...]
Mots clefs :
Te Deum, Convalescence, Paris, Sujets
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE du Roi, écrite à M. l'Arche[vê]que de Paris, pour faire chanter le Te Deum, en actions de graces du rétablissement de la santé de Sa Majesté.
LETTRE du Roi , écrite à M. l'Archeque
de Paris , pour faire chanter le Te
Deum , en actions de graces du rétabliffe
ment de lafanté de Sa Majesté.
ON COUSIN , les graces fignalées que je
fant , dans la maladie dont il a permis que je fulle
attaqué , font une nouvelle preuve bien fentible de
la
SEPTEMBRE. 1744. 2123
Ja protection finguliere dont il daigne me favorifer .
Je ne puis mieux employer les premiers momens de
ma convalefcence , qu'à lui donner des témoigna
ges publics de ma vive reconnoiffance , & le lupplier
de m'accorder pendant le rette des jours qu'il
voudra bien me conferver , les fecours qui me font
néceffaires , pour n'être occupé que de la gloire &
du bonheur de mes Sujets . Les marques & touchantes
d'attachement que j'ai reçues d'eux dans cette
conjoncture , m'ont rempli de la plus douce confolation
; elles me font efperer , que la ferveur de
leurs prieres attirera fur moi & fur mon Royaume
de nouvelles bénédictions , que je defire principalement
, pour les rendre heureux. C'eft dans ces fentimens
que je vous écris cette Lettre, pour vous dire
que mon intention eft , que vous falliez chanter le
Te Deum dans l'Eglife Métropolitaine de ma bonne
Ville de Paris , le jour que le Grand-Maître ou le
Maître des Cérémonies vous dira de ma part ; fur ce,
je prie Dieu , qu'il vous ait , MoN COUSIN , en fa
fainte & digne garde. Ecrite à Metz le 4 Septembre
· 1744. Signé , LOUIS , & plus bas , PHELY PEAUX .
de Paris , pour faire chanter le Te
Deum , en actions de graces du rétabliffe
ment de lafanté de Sa Majesté.
ON COUSIN , les graces fignalées que je
fant , dans la maladie dont il a permis que je fulle
attaqué , font une nouvelle preuve bien fentible de
la
SEPTEMBRE. 1744. 2123
Ja protection finguliere dont il daigne me favorifer .
Je ne puis mieux employer les premiers momens de
ma convalefcence , qu'à lui donner des témoigna
ges publics de ma vive reconnoiffance , & le lupplier
de m'accorder pendant le rette des jours qu'il
voudra bien me conferver , les fecours qui me font
néceffaires , pour n'être occupé que de la gloire &
du bonheur de mes Sujets . Les marques & touchantes
d'attachement que j'ai reçues d'eux dans cette
conjoncture , m'ont rempli de la plus douce confolation
; elles me font efperer , que la ferveur de
leurs prieres attirera fur moi & fur mon Royaume
de nouvelles bénédictions , que je defire principalement
, pour les rendre heureux. C'eft dans ces fentimens
que je vous écris cette Lettre, pour vous dire
que mon intention eft , que vous falliez chanter le
Te Deum dans l'Eglife Métropolitaine de ma bonne
Ville de Paris , le jour que le Grand-Maître ou le
Maître des Cérémonies vous dira de ma part ; fur ce,
je prie Dieu , qu'il vous ait , MoN COUSIN , en fa
fainte & digne garde. Ecrite à Metz le 4 Septembre
· 1744. Signé , LOUIS , & plus bas , PHELY PEAUX .
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Résumé : LETTRE du Roi, écrite à M. l'Arche[vê]que de Paris, pour faire chanter le Te Deum, en actions de graces du rétablissement de la santé de Sa Majesté.
Le roi adresse une lettre à l'archevêque de Paris pour annoncer son rétablissement après une maladie. Il exprime sa gratitude envers Dieu pour les grâces reçues et sollicite Sa protection continue. Le roi utilise ses premiers moments de convalescence pour témoigner publiquement de sa reconnaissance et demande l'aide divine pour gouverner en faveur de la gloire et du bonheur de ses sujets. Il mentionne les marques d'attachement et de soutien qu'il a reçues de ses sujets, ce qui le remplit de consolation et d'espoir. En conséquence, il ordonne que le Te Deum soit chanté dans l'église métropolitaine de Paris à une date fixée par le Grand-Maître ou le Maître des Cérémonies. La lettre est datée du 4 septembre 1744 et signée par Louis et Phély Peaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16
p. 2125-2127
Mandement en conséquence, [titre d'après la table]
Début :
En conséquence l'Archevêque de Paris donna un Mandement, dont voici la teneur. / CHARLES-GASPARD-GUILLAUME DE VINTIMILLE, &c. Au Clergé Séculier & Régulier, & aux [...]
Mots clefs :
Seigneur, Roi, Monarque, Dieu, Vie, Aux portes de la mort, Te Deum
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texteReconnaissance textuelle : Mandement en conséquence, [titre d'après la table]
En conféquence l'Archevêque de Paris donna un
Mandement , dont voici la teneur.
CHARLES GASPARD- GUILLAUME DE VINTI .
MILLE , & c. Au Clergé Séculier & Régulier , & aux
Fidéles de notre Diocèfe : Salut & Bénédiction.
Dans un tems , mes très- Chers Freres , où nous
attendions de jour en jour , que le Roi , à la tête de
fon armée , attaqueroit fes ennemis , & les forceroit
d'abandonner cette riche Province, de laquelle
ils s'étoient flatés de faire le théatre de leurs triomphes
, quelle fût notre affliction d'apprendre , que
S. M. réduite fur un lit de douleur, par une maladie
violente , étoit dans l'impuiflance d'exécuter la généreuse
réfolution qu'elle avoit prife !.
I ij Mais
2124 MERCURE DE FRANCE.
Mais quel furcroît de déſolation & d'accablement
pour nous , lorfque nous ne pûmes ignorer , que
malgré la vigueur de l'âge & tous les fecours humains
, ce Frince fe trouvoit dans une extrêmité ,
femblable à celle qui fit dire autrefois au Roi Ezechias
: N'étant encore qu'à la moitié de mes jours , je
me vois aux portes de la mort . . Je ne verrai plus le
-Seigneur dans la terre des vivans ; les hommes qui l'kabitent
vont difparoître à mes yeux , & ma vie n'eft plus
que comme la tente d'un Berger , qu'on plie, pour l'emporter
ailleurs.
·
Au bruit du péril auquel le trouvoit exposée une
vie dont dépendent le bonheur & le falut de la
France , la confternation fut générale ; les Grands
comme les Petits , les Riches comme les Pauvres ,
tous firent éclater leur douleur, & donnerent à l'envi
des marques de leur attachement pour la Perfon-
' ne facrée de leur Roi .On accouroit en foule dans nos
Eglifes , & furtout dans ce célebre Temple dédié
fous l'invocation de la Mere de Dieu , où les Miniftres
du Seigneur , profternés jour & nuit au pied
de l'Autel , s'efforçoient de fléchir la colere du Ĉiel,
& de détourner le coup terrible dont nous étions
menacés.
S'il en coûte à notre coeur de rouvrir dans le vôtre
, par le fouvenir de ces triftes objets , une
playe douloureufe , il est bien confolant de pouvoir
vous affûrer , que le fujer de nos allarmes eft entierement
diffipé, & que l'Augufte Monarque , que
nous avons pleuré comme mort , aujourd'hui plein
de vie & de fanté, eft en état d'accomplir les glorieux
projets que lui dicteront fon amour pour fesPeuples,
& fon zèle pour le rétabliſſement de la tranquillité
de l'Europe.
Beni foit , mille & mille fois le Seigneur , qui n'a
pas rejetté notre priere , ni éloigné fa miféricorde do
defus
SEPTEMBRE. 1744. 2125
deffus nous ! C'est lui , c'eft le Tout - Puiffant qui
conduit ce Prince jufqu'aux portes de la mort , & qui
l'en a retiré : la même main qui nous avoit bleffés ,
nous a guéris . Le Dieu de toute confolation a fait
fucceder à la tempête , aux larmes aux soupirs le
calme la joye : touché de tant de voeux , de tant
de prieres , de tant d'oeuvres de mortification & de
pénitence , il nous rend ce Monarque , plus digne
que jamais & de notre reſpect & de notre amour.
Dans ces circonftances , S. M. perfuadée comme
nous , que fa vie renouvellée , eft un bienfait de
celui qui a fur les Souverains comme fur les Sujets ,
un pouvoir abfolu de vie de mort , veut que nous
lui en rendions de très-humbles actions de graces ,
& par une fuite des fentimens qu'elle a fait paroître ,
dans le tems de la tribulation , elle nous ordonne de
demander les fecours dont elle a befoin , pour n'être
déformais occupée que de la gloire du Seigneur & du
bonheur defes Peuples.
לג
Obéiffons à des ordres fi refpectables . Remercions
Dieu de nous avoir épargné le plus redoutable trait
de la colere , que nous n'avions peut- être que trop
mérité. Demandons lui qu'il comble ce Monarque
de fes faveurs céleftes & des dons inestimables de fa
grace ; qu'il lui faffe goûter de plus en plus cette
belle Maxime de S. Auguftin , que la condition
des Souverains n'eft véritablement heureuſe , que
quand ils commandent avec juſtice ; qu'ils ne s'élevent
point avec orgueil , ni des éloges flateurs , ni
» des hommages féduifans de ceux qui les environ-
>>nent ; qu'ils fe fervent de leur autorité pour éten-
» dre le culte Divin ; qu'ils craignent Dieu , l'ai-
» ment & le fervent avec fidelité , qu'ils font plus
» de cas du Royaume qu'ils efperent dans le Ciel ,
» que de celui qu'ils poffedent fur la Terre ; qu'ils
répriment leurs paffions avec d'autant plus de loin .
I iij » qu'il
37
2126 MERCURE DE FRANCE.
» qu'il leur eft plus facile de les fatisfaire , & qu'ils
préferent l'avantage de les foûmettre & de les
dompter , à celui de commander au monde entier.
Enfin conjurons le Seigneur de nous conferver
long-tems le Tréfor qu'il nous a rendu , & de nous
faire jouir avec tranquillité , pendant une longue
fuite d'années , du fruit de nos voeux , en ajoûtant de
nouveaux jours à ceux d'un Roi , qui par un des plus
nobles fentimens que la Religion & l'Héroïfie
Chrétien peuvent infpirer , ne veut vivre que pour
faire honorer Dieu & pour nous rendre heureux-
A ces caufes , après en avoir conferé avec nos
vénérables Freres les Doyen , Chanoines & Chapitre
de notre Eglife Métropolitaine,Nous ordonnons
que le Te Deum avec le Verfet Benedicamus Patrem
Filium , &c. & l'Oraifon Pro reftituta Regis fani.
tate ; l'Antienne , Domine falvum fac Regem , &c. le
Verfet Fiat manus tua , &c . & l'Orailon Pro Ree
& ejus Exercitu , fera chanté Jeudi 10 Septembre ,
dans notredite Eglife; Dimanche 13 du même mois,
dans toutes les Abbayes , Chapitres , Patoiffes &
Communautés Séculieres & Régulieres de la Ville
& des Fauxbourgs de Paris , & le Dimanche qui fuivra
la réception de notre préfent Mandement , dans
toutes les autres Eglifes de notre Diocèfe . Nous ordonnons
en outre , que depuis le jour que le Te
Deum aura été chanté dans notredite Eglife Métropolitaine
, jufqu'au premier du mois d'Octobre exclufivement
, on récitera à toutes les Meffes la fufdite
Oraiſon avec la Secrete & la Poftcommunion
qui la fuivent. Nous recommandons aux Curés &
Vicaires de notre Diocèle , d'exhorter les Fidéles
dans leurs Prônes & autres Inftructions , de demander
au Ciel , ainfi que S. M. le défire , l'aſſiſtance
dont elle a befoin , pour faire de la fanté qu'elle a
recouvrée , un ufage agréable à Dieu & utile à fes
Peuples.
Si
SEPTEMBRE. 1744. 2127
Si mandons aux Archiprêtres , &c . Donné à Patis
en notre Palais Archiepifcopal le 6 Septembte
1744. Signé, CHARLES, Archevêque de Paris , & c.
Mandement , dont voici la teneur.
CHARLES GASPARD- GUILLAUME DE VINTI .
MILLE , & c. Au Clergé Séculier & Régulier , & aux
Fidéles de notre Diocèfe : Salut & Bénédiction.
Dans un tems , mes très- Chers Freres , où nous
attendions de jour en jour , que le Roi , à la tête de
fon armée , attaqueroit fes ennemis , & les forceroit
d'abandonner cette riche Province, de laquelle
ils s'étoient flatés de faire le théatre de leurs triomphes
, quelle fût notre affliction d'apprendre , que
S. M. réduite fur un lit de douleur, par une maladie
violente , étoit dans l'impuiflance d'exécuter la généreuse
réfolution qu'elle avoit prife !.
I ij Mais
2124 MERCURE DE FRANCE.
Mais quel furcroît de déſolation & d'accablement
pour nous , lorfque nous ne pûmes ignorer , que
malgré la vigueur de l'âge & tous les fecours humains
, ce Frince fe trouvoit dans une extrêmité ,
femblable à celle qui fit dire autrefois au Roi Ezechias
: N'étant encore qu'à la moitié de mes jours , je
me vois aux portes de la mort . . Je ne verrai plus le
-Seigneur dans la terre des vivans ; les hommes qui l'kabitent
vont difparoître à mes yeux , & ma vie n'eft plus
que comme la tente d'un Berger , qu'on plie, pour l'emporter
ailleurs.
·
Au bruit du péril auquel le trouvoit exposée une
vie dont dépendent le bonheur & le falut de la
France , la confternation fut générale ; les Grands
comme les Petits , les Riches comme les Pauvres ,
tous firent éclater leur douleur, & donnerent à l'envi
des marques de leur attachement pour la Perfon-
' ne facrée de leur Roi .On accouroit en foule dans nos
Eglifes , & furtout dans ce célebre Temple dédié
fous l'invocation de la Mere de Dieu , où les Miniftres
du Seigneur , profternés jour & nuit au pied
de l'Autel , s'efforçoient de fléchir la colere du Ĉiel,
& de détourner le coup terrible dont nous étions
menacés.
S'il en coûte à notre coeur de rouvrir dans le vôtre
, par le fouvenir de ces triftes objets , une
playe douloureufe , il est bien confolant de pouvoir
vous affûrer , que le fujer de nos allarmes eft entierement
diffipé, & que l'Augufte Monarque , que
nous avons pleuré comme mort , aujourd'hui plein
de vie & de fanté, eft en état d'accomplir les glorieux
projets que lui dicteront fon amour pour fesPeuples,
& fon zèle pour le rétabliſſement de la tranquillité
de l'Europe.
Beni foit , mille & mille fois le Seigneur , qui n'a
pas rejetté notre priere , ni éloigné fa miféricorde do
defus
SEPTEMBRE. 1744. 2125
deffus nous ! C'est lui , c'eft le Tout - Puiffant qui
conduit ce Prince jufqu'aux portes de la mort , & qui
l'en a retiré : la même main qui nous avoit bleffés ,
nous a guéris . Le Dieu de toute confolation a fait
fucceder à la tempête , aux larmes aux soupirs le
calme la joye : touché de tant de voeux , de tant
de prieres , de tant d'oeuvres de mortification & de
pénitence , il nous rend ce Monarque , plus digne
que jamais & de notre reſpect & de notre amour.
Dans ces circonftances , S. M. perfuadée comme
nous , que fa vie renouvellée , eft un bienfait de
celui qui a fur les Souverains comme fur les Sujets ,
un pouvoir abfolu de vie de mort , veut que nous
lui en rendions de très-humbles actions de graces ,
& par une fuite des fentimens qu'elle a fait paroître ,
dans le tems de la tribulation , elle nous ordonne de
demander les fecours dont elle a befoin , pour n'être
déformais occupée que de la gloire du Seigneur & du
bonheur defes Peuples.
לג
Obéiffons à des ordres fi refpectables . Remercions
Dieu de nous avoir épargné le plus redoutable trait
de la colere , que nous n'avions peut- être que trop
mérité. Demandons lui qu'il comble ce Monarque
de fes faveurs céleftes & des dons inestimables de fa
grace ; qu'il lui faffe goûter de plus en plus cette
belle Maxime de S. Auguftin , que la condition
des Souverains n'eft véritablement heureuſe , que
quand ils commandent avec juſtice ; qu'ils ne s'élevent
point avec orgueil , ni des éloges flateurs , ni
» des hommages féduifans de ceux qui les environ-
>>nent ; qu'ils fe fervent de leur autorité pour éten-
» dre le culte Divin ; qu'ils craignent Dieu , l'ai-
» ment & le fervent avec fidelité , qu'ils font plus
» de cas du Royaume qu'ils efperent dans le Ciel ,
» que de celui qu'ils poffedent fur la Terre ; qu'ils
répriment leurs paffions avec d'autant plus de loin .
I iij » qu'il
37
2126 MERCURE DE FRANCE.
» qu'il leur eft plus facile de les fatisfaire , & qu'ils
préferent l'avantage de les foûmettre & de les
dompter , à celui de commander au monde entier.
Enfin conjurons le Seigneur de nous conferver
long-tems le Tréfor qu'il nous a rendu , & de nous
faire jouir avec tranquillité , pendant une longue
fuite d'années , du fruit de nos voeux , en ajoûtant de
nouveaux jours à ceux d'un Roi , qui par un des plus
nobles fentimens que la Religion & l'Héroïfie
Chrétien peuvent infpirer , ne veut vivre que pour
faire honorer Dieu & pour nous rendre heureux-
A ces caufes , après en avoir conferé avec nos
vénérables Freres les Doyen , Chanoines & Chapitre
de notre Eglife Métropolitaine,Nous ordonnons
que le Te Deum avec le Verfet Benedicamus Patrem
Filium , &c. & l'Oraifon Pro reftituta Regis fani.
tate ; l'Antienne , Domine falvum fac Regem , &c. le
Verfet Fiat manus tua , &c . & l'Orailon Pro Ree
& ejus Exercitu , fera chanté Jeudi 10 Septembre ,
dans notredite Eglife; Dimanche 13 du même mois,
dans toutes les Abbayes , Chapitres , Patoiffes &
Communautés Séculieres & Régulieres de la Ville
& des Fauxbourgs de Paris , & le Dimanche qui fuivra
la réception de notre préfent Mandement , dans
toutes les autres Eglifes de notre Diocèfe . Nous ordonnons
en outre , que depuis le jour que le Te
Deum aura été chanté dans notredite Eglife Métropolitaine
, jufqu'au premier du mois d'Octobre exclufivement
, on récitera à toutes les Meffes la fufdite
Oraiſon avec la Secrete & la Poftcommunion
qui la fuivent. Nous recommandons aux Curés &
Vicaires de notre Diocèle , d'exhorter les Fidéles
dans leurs Prônes & autres Inftructions , de demander
au Ciel , ainfi que S. M. le défire , l'aſſiſtance
dont elle a befoin , pour faire de la fanté qu'elle a
recouvrée , un ufage agréable à Dieu & utile à fes
Peuples.
Si
SEPTEMBRE. 1744. 2127
Si mandons aux Archiprêtres , &c . Donné à Patis
en notre Palais Archiepifcopal le 6 Septembte
1744. Signé, CHARLES, Archevêque de Paris , & c.
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Résumé : Mandement en conséquence, [titre d'après la table]
En septembre 1744, Charles Gaspard-Guillaume de Vintimille, Archevêque de Paris, publie un mandement suite à la maladie grave du roi, qui avait provoqué une grande affliction et des prières dans toute la nation. La population, de tous les milieux sociaux, s'était rassemblée dans les églises pour implorer la guérison du souverain. La nouvelle de la récupération du roi est accueillie avec joie et soulagement. Reconnaissant cette guérison comme un miracle divin, le roi ordonne des actions de grâce et des prières pour sa santé et son règne juste. L'archevêque prescrit la récitation de prières spécifiques et le chant du Te Deum dans les églises du diocèse pour célébrer la guérison du roi et demander la continuation de sa santé et de son règne bénéfique. La directive ecclésiastique, datée du 6 septembre 1744, ordonne également la récitation de l'Oraison avec la Secrète et la Postcommunion à toutes les messes. Les curés et vicaires sont encouragés à inciter les fidèles à prier pour la reine, afin qu'elle utilise sa santé retrouvée de manière bénéfique pour elle-même et pour ses sujets.
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17
p. 2127-2128
« Le 12 du même mois, le Grand-Prieur de l'Abbaye Royale de S. Germain des Prez donna aussi son / JEAN BOURDET, Grand-Prieur de l'Abbaye Royale de S. Germain des Prez, &c. [...] »
Début :
Le 12 du même mois, le Grand-Prieur de l'Abbaye Royale de S. Germain des Prez donna aussi son / JEAN BOURDET, Grand-Prieur de l'Abbaye Royale de S. Germain des Prez, &c. [...]
Mots clefs :
Seigneur, Abbaye de Saint-Germain-des-Prés, Actions de grâce, Te Deum
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texteReconnaissance textuelle : « Le 12 du même mois, le Grand-Prieur de l'Abbaye Royale de S. Germain des Prez donna aussi son / JEAN BOURDET, Grand-Prieur de l'Abbaye Royale de S. Germain des Prez, &c. [...] »
Le 12 du même mois , le Grand - Prieur de l'Abbaye
Royale de S. Germain des Prez donna auffi fon
Mandement fur le même fujet , contenant ce qui fuit.
JEAN BOURD E T , Grand- Prieur de l'Abbaye
Royale de S. Germain des Prez , & c.
Le Ciel , flechi par nos Prieres , vient enfin de tarir
nos larmes ; il les a fait couler pour nous porter
à l'appaifer , & la grandeur de la Victime qu'il a
menacé de frapper , nous montre combien il étoit
irrité contre nous. Nos profperités nos éblouiffoient;
nous mettions notre confiance dans nos Chars , dans
nos armées. Nous avions oublié que le nom du
Seigneur doit être toute notre efpérance , & que
celui qui la fonde fur un bras de chair , eft foumis à
Panathême & à la malédiction . Lafageffe qui préfide
au Confeil de notre Augufte Monarque , fes Allian
ces , le courage qu'il infpire à fes troupes , les Lau
Fiers qui ceignoient fon front , enlevoient notre encens
& nos hommages . En vain nous ordonnoit - il
lui même d'en rapporter la gloire à celui par qui regnent
les Rois , qui infpire aux Législateurs toute
juftice ; nous avons manqué de nous conformer à de
fi pieufes intentions , & tandis qu'au dehors nos
Temples retentiffoient d'actions de graces adreffées
au Très-Haut , comme à l'Auteur de nos fuccès ,
nous nourriffions peut - être dans le fond de nos
coeurs unpeu trop de complaifance & d'admiration
pour celui qui n'en étoit que le glorieux inftrument.
Le Seigneur peu content de nos difpofitions , a changé
nos Fêtes en deuil , & nos Cantiques de triomphe
en lamentations . Il a paru vouloir convertir nos
Lauriers en Cyprès , en renverfant le fondement de
notre
2128 MERCURE DE FRANC .
notre orgueil ; il a fait briller fon &
la foudre , il a élevé fon bras , & il a ún. ~ ejo
moi qui fuis le Seigneur , c'est moi qui frape
& qui guéris ; qui ote & qui donne la vie , qui
conduis au tombeau & qui en retire ; reconnoiffez qu'il
n'eft point d'autre Dieu que moi. Sa voix s'eft fait entendre
à l'oreille de notre coeur ; nous nous fommes
humiliés fous fa puiffante main . Cet heureux changement
a détourné le coup terriblequi menaçoit une
Tête fi chere. Aux jours de deüil & d'amertume ont
fuccedé des jours ferains ; le nouvel Ezechias nous
a été rendu , & l'ombre du Soleil eft retourné en arrie◄
re de dix dégrés en notre faveur. Hâtons - nous donc ,
mes très- chers Freres , de redoubler les Actions de
graces que nous devons au Seigneur , qui rend à
nos voeux & à nos befoins ce Prince bien - aimé , &
faifons éclatter notre reconnoiffance à proportion
du bienfait que nous avons reçû. A ces caufes , nous
ordonnons que le Te Deum fera chanté dans notre
Eglife Dimanche 13 Septembre , & que jufqu'au
premier jour d'Octobre exclusivement , on récitera
à toutes les Meffes l'Oraifon , la Secrette & la Poftcommunion
Pro reftituta Regis fanitate . Donné en
l'Abbaye Royale de S. Germain des Prez le 12 de
Septembre 1744. Signé, Fr. JEAN BOURDET, Grand-
Prieur & Vicaire Général de S. A. S. & c .
Royale de S. Germain des Prez donna auffi fon
Mandement fur le même fujet , contenant ce qui fuit.
JEAN BOURD E T , Grand- Prieur de l'Abbaye
Royale de S. Germain des Prez , & c.
Le Ciel , flechi par nos Prieres , vient enfin de tarir
nos larmes ; il les a fait couler pour nous porter
à l'appaifer , & la grandeur de la Victime qu'il a
menacé de frapper , nous montre combien il étoit
irrité contre nous. Nos profperités nos éblouiffoient;
nous mettions notre confiance dans nos Chars , dans
nos armées. Nous avions oublié que le nom du
Seigneur doit être toute notre efpérance , & que
celui qui la fonde fur un bras de chair , eft foumis à
Panathême & à la malédiction . Lafageffe qui préfide
au Confeil de notre Augufte Monarque , fes Allian
ces , le courage qu'il infpire à fes troupes , les Lau
Fiers qui ceignoient fon front , enlevoient notre encens
& nos hommages . En vain nous ordonnoit - il
lui même d'en rapporter la gloire à celui par qui regnent
les Rois , qui infpire aux Législateurs toute
juftice ; nous avons manqué de nous conformer à de
fi pieufes intentions , & tandis qu'au dehors nos
Temples retentiffoient d'actions de graces adreffées
au Très-Haut , comme à l'Auteur de nos fuccès ,
nous nourriffions peut - être dans le fond de nos
coeurs unpeu trop de complaifance & d'admiration
pour celui qui n'en étoit que le glorieux inftrument.
Le Seigneur peu content de nos difpofitions , a changé
nos Fêtes en deuil , & nos Cantiques de triomphe
en lamentations . Il a paru vouloir convertir nos
Lauriers en Cyprès , en renverfant le fondement de
notre
2128 MERCURE DE FRANC .
notre orgueil ; il a fait briller fon &
la foudre , il a élevé fon bras , & il a ún. ~ ejo
moi qui fuis le Seigneur , c'est moi qui frape
& qui guéris ; qui ote & qui donne la vie , qui
conduis au tombeau & qui en retire ; reconnoiffez qu'il
n'eft point d'autre Dieu que moi. Sa voix s'eft fait entendre
à l'oreille de notre coeur ; nous nous fommes
humiliés fous fa puiffante main . Cet heureux changement
a détourné le coup terriblequi menaçoit une
Tête fi chere. Aux jours de deüil & d'amertume ont
fuccedé des jours ferains ; le nouvel Ezechias nous
a été rendu , & l'ombre du Soleil eft retourné en arrie◄
re de dix dégrés en notre faveur. Hâtons - nous donc ,
mes très- chers Freres , de redoubler les Actions de
graces que nous devons au Seigneur , qui rend à
nos voeux & à nos befoins ce Prince bien - aimé , &
faifons éclatter notre reconnoiffance à proportion
du bienfait que nous avons reçû. A ces caufes , nous
ordonnons que le Te Deum fera chanté dans notre
Eglife Dimanche 13 Septembre , & que jufqu'au
premier jour d'Octobre exclusivement , on récitera
à toutes les Meffes l'Oraifon , la Secrette & la Poftcommunion
Pro reftituta Regis fanitate . Donné en
l'Abbaye Royale de S. Germain des Prez le 12 de
Septembre 1744. Signé, Fr. JEAN BOURDET, Grand-
Prieur & Vicaire Général de S. A. S. & c .
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Résumé : « Le 12 du même mois, le Grand-Prieur de l'Abbaye Royale de S. Germain des Prez donna aussi son / JEAN BOURDET, Grand-Prieur de l'Abbaye Royale de S. Germain des Prez, &c. [...] »
Le 12 septembre 1744, Jean Bourdet, Grand-Prieur de l'Abbaye Royale de Saint-Germain-des-Prés, a publié un mandement exprimant la gratitude envers le Ciel pour avoir épargné une 'Tête chère', probablement un roi ou un haut dignitaire. Le texte note que les succès militaires et la confiance excessive en les forces humaines avaient éloigné la population de la foi divine. Le Seigneur, irrité par cet orgueil, a transformé les fêtes en deuil et les triomphes en lamentations. Après une période de repentir, un changement favorable est survenu, et le prince bien-aimé a été rétabli. Le mandement ordonne de chanter le Te Deum le 13 septembre et de réciter des prières spécifiques jusqu'au 1er octobre pour remercier le Seigneur.
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18
p. 2128-2129
Illuminations & rejoüissances à l'Abbaye S. Germain, [titre d'après la table]
Début :
Le 13, le Grand-Prieur & les Religieux de l'Eglise de l'Abbaye de S. Germain des Prez rendirent [...]
Mots clefs :
Religieux, Cour, Palais abbatial, Grand tableau allégorique, Santé, Peuple, Illumination, Façade
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texteReconnaissance textuelle : Illuminations & rejoüissances à l'Abbaye S. Germain, [titre d'après la table]
Le 13 , le Grand- Prieur & les Religieux de l'Eglife
de l'Abbaye de S. Germain des Prez rendirent
à Dieu leurs publiques actions de graces , & il y eut
pendant la journée plufieurs falves de canon . Le foir,
on tira une grande quantité d'Artifice dans la cour
du Palais Abbatial , dont la façade , ainfi que
celle de la maifon des Religieux , fut illuminée
avec beaucoup de magnificence . Les enceintes des
deux cours , dans lefquelles on avoit fufpendu des
Luftres de Criſtal , à la place des Lanternes ordinaires
,
SEPTEMBRE. 1744. 2129
res , le furent pareillement , & un concours extraordinaire
de peuple pr : t part aux réjoüiffances de
cette Abbaye.
On voyoit fous le principal Portique du Palais
Abbatial ,un grand Tableau Allégorique fur le retour
de la fanté du Roi , fanté qui fait le bonheur ,
& pour ainfi-dire , le falut de fon Peuple, ce qui étoit
exprimé par ces mots , SALUS A SALUT 6 .
Dans la cour des Religieux , un autre grand Tableau
Allégorique ornoit le milieu de la façade de
leur Maifon , les Symboles , quoique differens
ávoient le mêine objet , & on y lifoit cette Infcription
REGI REDIVIVO.PIO.VICTORI.PATRI PATRIÆ.
>
On peut dire que le zéle du R.P.René Laneau , Supérieur
Général des Bénédictins de la Congrégation
de S. Maur , qui fait fa réfidence dans cette Abbaye ,
n'a pas peu contribué à rendre cette Fête l'une des
plus brillantes de la Ville,furtout par la magnifique
& ingénieufe Illumination de la cour , dont on vient
de parler , Illumination dont ce R. P. a fait les
frais , ayant d'ailleurs préfidé à tout l'ordre qui a
été obfervé .
de l'Abbaye de S. Germain des Prez rendirent
à Dieu leurs publiques actions de graces , & il y eut
pendant la journée plufieurs falves de canon . Le foir,
on tira une grande quantité d'Artifice dans la cour
du Palais Abbatial , dont la façade , ainfi que
celle de la maifon des Religieux , fut illuminée
avec beaucoup de magnificence . Les enceintes des
deux cours , dans lefquelles on avoit fufpendu des
Luftres de Criſtal , à la place des Lanternes ordinaires
,
SEPTEMBRE. 1744. 2129
res , le furent pareillement , & un concours extraordinaire
de peuple pr : t part aux réjoüiffances de
cette Abbaye.
On voyoit fous le principal Portique du Palais
Abbatial ,un grand Tableau Allégorique fur le retour
de la fanté du Roi , fanté qui fait le bonheur ,
& pour ainfi-dire , le falut de fon Peuple, ce qui étoit
exprimé par ces mots , SALUS A SALUT 6 .
Dans la cour des Religieux , un autre grand Tableau
Allégorique ornoit le milieu de la façade de
leur Maifon , les Symboles , quoique differens
ávoient le mêine objet , & on y lifoit cette Infcription
REGI REDIVIVO.PIO.VICTORI.PATRI PATRIÆ.
>
On peut dire que le zéle du R.P.René Laneau , Supérieur
Général des Bénédictins de la Congrégation
de S. Maur , qui fait fa réfidence dans cette Abbaye ,
n'a pas peu contribué à rendre cette Fête l'une des
plus brillantes de la Ville,furtout par la magnifique
& ingénieufe Illumination de la cour , dont on vient
de parler , Illumination dont ce R. P. a fait les
frais , ayant d'ailleurs préfidé à tout l'ordre qui a
été obfervé .
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Résumé : Illuminations & rejoüissances à l'Abbaye S. Germain, [titre d'après la table]
Le 13 septembre 1744, les membres de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés, y compris le Grand-Prieur et les religieux, ont organisé des actions de grâce publiques pour célébrer le retour à la santé du roi. Des salves de canon et des feux d'artifice ont marqué la journée, tandis que les façades du Palais Abbatial et de la maison des religieux étaient illuminées. Les cours étaient décorées de lustres en cristal, attirant une grande foule. Un tableau allégorique intitulé 'SALUS A SALUTO' symbolisait le bonheur et le salut du peuple sous le portique principal. Un autre tableau, 'REGI REDIVIVO.PIO.VICTORI.PATRI PATRIÆ', ornait la façade de la cour des religieux. Le Père René Laneau, Supérieur Général des Bénédictins de Saint-Maur, a joué un rôle crucial dans la splendeur de ces festivités, finançant et supervisant les illuminations et l'organisation générale.
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19
p. 2129-2130
Te Deum chanté dans plusieurs Eglises, [titre d'après la table]
Début :
Le 28 du mois dernier, la Chambre des Comptes, en action de graces du rétablissement de la santé du [...]
Mots clefs :
Chanter, Te Deum, Église, Académie
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texteReconnaissance textuelle : Te Deum chanté dans plusieurs Eglises, [titre d'après la table]
Le 28 du mois dernier , la Chambre des Comptes,
en action de graces du rétabliffement de la fanté du
Roi , fit chanter dans la Ste Chapelle le Te Deum
auquel leChantre du Chapitre de cette Eglife officia.
La Cour des Aides & la Cour des Monnoyes ont
montré , en s'acquittant du même devoir , la part
qu'elles prennent à la joye publique.
Les Préfidens Tréforiers de France affifterent auffi
le 29 dans la même Eglife, au Te Deum , qu'ils y firent
chanter à la mème occafion .
Le premier Septembre , la Compagnie des Avocats
aux Confeils du Roi , fit chanter folemnellement
le Te Deum en l'Eglife des Grands Auguftins , en ac
tions de graces de l'heureufe convalefcence de S. M.
I v L'A2130
MERCURE DE FRANCE.
L'Académie Royale des Infcriptions & Belles
Lettres , & celle des Sciences , s'acquitterent le 9
de ce mois , du même devoir dans l'Eglife des Prêtres
de l'Oratoire .
Quelques difficultés ayant empêché l'Académie
Françoife de donner dès les de ce mois, comme elle
l'avoit réfolu , des marques publiques de fon zéle &
de fon attachement pour fon Augufte Protecteur ,
elle n'a pu jouir que le 12 de cette fatisfaction . Elle
fit chanter ce jour- là le Te Deum en Mufique , dans
la Chapelle du Louvre, auquel l'Evêque de Bayeux,
l'un des Quarante de l'Académie , officia .
L'Académie d'Architecture s'en acquitta le 14
dans l'Eglife des Prêtres de l'Oratoire , où les fix
Corps des Marchands avoient auffi le 12 fait chanter le
Te Deum,pour remercier Dieu d'avoir confervé Š.M.
en action de graces du rétabliffement de la fanté du
Roi , fit chanter dans la Ste Chapelle le Te Deum
auquel leChantre du Chapitre de cette Eglife officia.
La Cour des Aides & la Cour des Monnoyes ont
montré , en s'acquittant du même devoir , la part
qu'elles prennent à la joye publique.
Les Préfidens Tréforiers de France affifterent auffi
le 29 dans la même Eglife, au Te Deum , qu'ils y firent
chanter à la mème occafion .
Le premier Septembre , la Compagnie des Avocats
aux Confeils du Roi , fit chanter folemnellement
le Te Deum en l'Eglife des Grands Auguftins , en ac
tions de graces de l'heureufe convalefcence de S. M.
I v L'A2130
MERCURE DE FRANCE.
L'Académie Royale des Infcriptions & Belles
Lettres , & celle des Sciences , s'acquitterent le 9
de ce mois , du même devoir dans l'Eglife des Prêtres
de l'Oratoire .
Quelques difficultés ayant empêché l'Académie
Françoife de donner dès les de ce mois, comme elle
l'avoit réfolu , des marques publiques de fon zéle &
de fon attachement pour fon Augufte Protecteur ,
elle n'a pu jouir que le 12 de cette fatisfaction . Elle
fit chanter ce jour- là le Te Deum en Mufique , dans
la Chapelle du Louvre, auquel l'Evêque de Bayeux,
l'un des Quarante de l'Académie , officia .
L'Académie d'Architecture s'en acquitta le 14
dans l'Eglife des Prêtres de l'Oratoire , où les fix
Corps des Marchands avoient auffi le 12 fait chanter le
Te Deum,pour remercier Dieu d'avoir confervé Š.M.
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Résumé : Te Deum chanté dans plusieurs Eglises, [titre d'après la table]
En août, la Chambre des Comptes, la Cour des Aides et la Cour des Monnoyes ont célébré le rétablissement de la santé du Roi par un Te Deum dans la Sainte-Chapelle. Les Présidents Trésoriers de France ont organisé un Te Deum le 29 août dans la même église. Le 1er septembre, la Compagnie des Avocats aux Conseils du Roi a chanté le Te Deum à l'église des Grands Augustins. Le 9 septembre, l'Académie Royale des Inscriptions & Belles Lettres et l'Académie des Sciences ont accompli ce devoir dans l'église des Prêtres de l'Oratoire. L'Académie Française a chanté le Te Deum le 12 septembre dans la Chapelle du Louvre, avec l'Évêque de Bayeux officiant. Le même jour, les Six Corps des Marchands ont également chanté le Te Deum dans l'église des Prêtres de l'Oratoire. Enfin, l'Académie d'Architecture a célébré le Te Deum le 14 septembre dans la même église.
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20
p. 2130
EPIGRAMME sur la convalescence du Roi, envoyée à M. le Premier Président.
Début :
LA mort, aveugle en ses fureurs, [...]
Mots clefs :
Roi, Mort, René-Charles de Maupeou
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texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME sur la convalescence du Roi, envoyée à M. le Premier Président.
EPIGRAMME fur la convalescence dis
Roi , envoyée à M. le Premier Président.
LA mort , aveugle en fes fureurs ,
Sans refpecter le Diadême ,
Alloit fraper l'objet de notre amour extrême.
Son bras s'arrête , en entendant nos pleurs ;
Elle vit bien à nos frayeurs ,
Que malgré la mort même ,
LOUIS vivroit dans tous les coeurs,
ENVO I
En lifant le Bultin qu'apporte le courier ,
Mon coeur peint dans ces Vers toute fon allegreſſe.
DeMaupeon , pour fon Roi je connois la tendreffe ;
C'est à Maupeon de les voir le premier.
Roi , envoyée à M. le Premier Président.
LA mort , aveugle en fes fureurs ,
Sans refpecter le Diadême ,
Alloit fraper l'objet de notre amour extrême.
Son bras s'arrête , en entendant nos pleurs ;
Elle vit bien à nos frayeurs ,
Que malgré la mort même ,
LOUIS vivroit dans tous les coeurs,
ENVO I
En lifant le Bultin qu'apporte le courier ,
Mon coeur peint dans ces Vers toute fon allegreſſe.
DeMaupeon , pour fon Roi je connois la tendreffe ;
C'est à Maupeon de les voir le premier.
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Résumé : EPIGRAMME sur la convalescence du Roi, envoyée à M. le Premier Président.
L'épigramme célèbre la guérison du roi Louis XIV, épargné par la mort qui a reculé face aux pleurs de ses sujets. L'auteur exprime sa joie après avoir lu le bulletin de santé apporté par un courrier. Il souligne la tendresse de Maupeou envers le roi, qui doit être le premier à lire ces vers.
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21
p. 2131-2132
LETTRE à M. L. C. D. L. R. en lui envoyant un Essai de Médaillon sur la convalescence du Roi.
Début :
AU milieu des transports du plus tendre & du plus fidéle des Peuples, avec lequel j'ai passé successivement [...]
Mots clefs :
Roi, Médaillon, Dieu, Voeux, Prince, Convalescence, Portrait
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. L. C. D. L. R. en lui envoyant un Essai de Médaillon sur la convalescence du Roi.
LETTRE à M. L. C. D. L. R. en lui
envoyant un Effai de Médaillon fur la
convalefcence du Roi.
D
සා
ce
A
U milieu des tranfports du plus tendre & du
plus fidéle des Peuples, avec lequel j'ai paffé
fucceffivement , ( par le danger où étoit le Roi ,
& par la convalefcence de ce grand Prince , ) de la
plus grande affliction à la joye la plus exceffive ;
j'ai , M. comme fon fidéle Sujet , partagé des fen-
» timens fi juftes , & mon zéle m'a fuggeré cet Effai
» de Médaillon , que je vous envoye . Je fçais bien
que mon Ouvrage eft fort au- deffous de mon ab
jet , mais enfin , c'eft un Enfant de l'amour que
" tous les François ont pour leur Pere & pour le plus
aimable des Rois . J'attends de votre amitié que
vous en ferez l'ufage qu'elle vous dictera ; vous
en trouverez l'Explication au bas de ma Lettre . Je
vous prie de me continuer les bontés dont vous
m'honorez , & de me croire avec tous les fentimens
queje vous dois, M. Votre , & c. GOSMOND.
A Paris , ce 3 Septembre 1744-
30
Explication du Médaillon.
Ce Médaillon repréfente la France à genoux ,
qui a dépofé fon Sceptre & fa Couronne au pied
d'un Autel , fur la face duquel on voit gravé un Anchre
, Symbole de l'Efperance qu'on a toûjours eû
que
la bonté du Tout- Puiffant retireroit le Roi du
danger où il fe trouvoit . Au deffous de cet Autel ,
font deux Enfans , qui caractériſent l'innocence &
la fincérité des voeux de toute la Nation pour le Roi,
& qui levent les mains au Ciel , pour implorer fa
mifericorde en faveur de ce Prince & de nous.
* Dieu , exauçant des voeux fi purs & fi juftes , fair:
I vj defcen2132
MERCURE DE FRANCE.
defcendre la Santé du Giel . Elle porte dans un Mé
daillon le Portrait du Roi , qu'elle remet entre les
mains de la France , pour lui marquer que la Divine
Providence a bien voulu lui rendre fon Monarque :
la France le reçoit avec transport .
La Religion , avec les attributs , paroît au- deffus.
Elle montre le S. Nom de Dieu dans fa gloire , &
nous fait voir par- là que ce n'eft qu'à Dieu feul
qui l'on doit la vie du Roi.
On remarque du côté oppofé , l'Ange du Seigneur
, qui , avec un glaive de feu , précipite la
Mort dans les abîmes .
Dans le fond du Médaillon , on voit plufieurs petits
Autels flamboyans , qui marquent que les voeux
que l'on faifoit pour ce Prince , étoient univerfels.
Au haut du Médaillon , on lit cette Infcription :
CUM DEO OMNIA , SINE DEO NIHIL ,
c'est-à dire , Tout vient de Dieu , fans lui il n'y a rien.
Autour du Portrait du Roi eft cette autre Infcription :
LUDOVICUS QUINDECIMUS ,
REX OPTIMUS
GENTIUM CONSENSU
MAXIMUS.
炒菜
LOUIS QUINZIEME ,
ROI TRE'S- Bon ,
ROI TRE's - GRAND ,
DE L'AVEU DE TOUS LES PEUPLES.
Il y a dans l'Exergue : X V. AUG . M. DCC . XLIV.
Jour à jamais mémorable pour la France , puifque
c'eſt dans ce jour fortuné pour elle , qué Dieu lui a
rendu fon Monarque BIEN - AIM E.
envoyant un Effai de Médaillon fur la
convalefcence du Roi.
D
සා
ce
A
U milieu des tranfports du plus tendre & du
plus fidéle des Peuples, avec lequel j'ai paffé
fucceffivement , ( par le danger où étoit le Roi ,
& par la convalefcence de ce grand Prince , ) de la
plus grande affliction à la joye la plus exceffive ;
j'ai , M. comme fon fidéle Sujet , partagé des fen-
» timens fi juftes , & mon zéle m'a fuggeré cet Effai
» de Médaillon , que je vous envoye . Je fçais bien
que mon Ouvrage eft fort au- deffous de mon ab
jet , mais enfin , c'eft un Enfant de l'amour que
" tous les François ont pour leur Pere & pour le plus
aimable des Rois . J'attends de votre amitié que
vous en ferez l'ufage qu'elle vous dictera ; vous
en trouverez l'Explication au bas de ma Lettre . Je
vous prie de me continuer les bontés dont vous
m'honorez , & de me croire avec tous les fentimens
queje vous dois, M. Votre , & c. GOSMOND.
A Paris , ce 3 Septembre 1744-
30
Explication du Médaillon.
Ce Médaillon repréfente la France à genoux ,
qui a dépofé fon Sceptre & fa Couronne au pied
d'un Autel , fur la face duquel on voit gravé un Anchre
, Symbole de l'Efperance qu'on a toûjours eû
que
la bonté du Tout- Puiffant retireroit le Roi du
danger où il fe trouvoit . Au deffous de cet Autel ,
font deux Enfans , qui caractériſent l'innocence &
la fincérité des voeux de toute la Nation pour le Roi,
& qui levent les mains au Ciel , pour implorer fa
mifericorde en faveur de ce Prince & de nous.
* Dieu , exauçant des voeux fi purs & fi juftes , fair:
I vj defcen2132
MERCURE DE FRANCE.
defcendre la Santé du Giel . Elle porte dans un Mé
daillon le Portrait du Roi , qu'elle remet entre les
mains de la France , pour lui marquer que la Divine
Providence a bien voulu lui rendre fon Monarque :
la France le reçoit avec transport .
La Religion , avec les attributs , paroît au- deffus.
Elle montre le S. Nom de Dieu dans fa gloire , &
nous fait voir par- là que ce n'eft qu'à Dieu feul
qui l'on doit la vie du Roi.
On remarque du côté oppofé , l'Ange du Seigneur
, qui , avec un glaive de feu , précipite la
Mort dans les abîmes .
Dans le fond du Médaillon , on voit plufieurs petits
Autels flamboyans , qui marquent que les voeux
que l'on faifoit pour ce Prince , étoient univerfels.
Au haut du Médaillon , on lit cette Infcription :
CUM DEO OMNIA , SINE DEO NIHIL ,
c'est-à dire , Tout vient de Dieu , fans lui il n'y a rien.
Autour du Portrait du Roi eft cette autre Infcription :
LUDOVICUS QUINDECIMUS ,
REX OPTIMUS
GENTIUM CONSENSU
MAXIMUS.
炒菜
LOUIS QUINZIEME ,
ROI TRE'S- Bon ,
ROI TRE's - GRAND ,
DE L'AVEU DE TOUS LES PEUPLES.
Il y a dans l'Exergue : X V. AUG . M. DCC . XLIV.
Jour à jamais mémorable pour la France , puifque
c'eſt dans ce jour fortuné pour elle , qué Dieu lui a
rendu fon Monarque BIEN - AIM E.
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Résumé : LETTRE à M. L. C. D. L. R. en lui envoyant un Essai de Médaillon sur la convalescence du Roi.
La lettre à M. L. C. D. L. R. exprime la joie et la gratitude du peuple français pour le rétablissement du roi Louis XV après une maladie. L'auteur envoie un essai de médaillon commémorant cet événement. Le médaillon montre la France agenouillée devant un autel orné d'une ancre, symbole d'espoir. Deux enfants représentent l'innocence et la sincérité des prières nationales. La Santé, personnifiée, présente le portrait du roi, soulignant l'intervention divine. La Religion apparaît avec le nom de Dieu, affirmant que la vie du roi est un don divin. Un ange chasse la Mort dans les abîmes, et plusieurs autels flamboyants illustrent l'universalité des prières. Les inscriptions 'CUM DEO OMNIA, SINE DEO NIHIL' et 'LOUIS QUINZIEME, ROI TRES-BON, ROI TRES-GRAND, DE L'AVEU DE TOUS LES PEUPLES' célèbrent le roi et reconnaissent la puissance divine. La date 'X V. AUG. M. DCC. XLIV.' marque ce jour comme mémorable pour la France.
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22
p. 2133-2135
LA Convalescence du ROI.
Début :
ILS sont passés ces jours de douleur & d'effroi, [...]
Mots clefs :
Temps, Dieu, Coeurs, France
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texteReconnaissance textuelle : LA Convalescence du ROI.
LA Convalescence du Ro1.
ILs font paffés ces jours de douleur & d'effroi ,
Et l'empire François renaît avec fon Roi.
Avions- nous mérité que le courroux Céleste
Fit fubir à nos coeurs cette épreuve funeſte ?
Nous perdions pour jamais ce tréfor précieux ,
Au moment qu'il étoit le plus cher à nos yeux.
Nos coeurs tournés vers lui dès fa plus tendre enfance
,
S'étoient liés encor par la reconnoiffance ;
Nos befoins en tout tems remplis , ou prevenus ;
Le Commerce affermi , nos voifins foutenus ;
Nos Champs fertilifés par une paix profonde ;
Tout immortalifoit le bienfaiteur du monde .
Mais enfin l'Univers s'eſt laffé d'être heureux ;
La Diſcorde s'éveille ; elle exhale fes feux ;
La grandeur du Héros bien- tôt fe développe ;
Le danger l'encourage , il fait trembler l'Europe :
Des rives de l'Escaut , il vole aux bords du Rhin.
A la fureur impie il va donner un frein......
Ciel ! Quelle affreuſe ſcéne à nos regards offerte !
Là , le Char de Triomphe , ici , la Tombe ouverte
De funébres clameurs s'élèvent jufqu'aux Cieux.
Ceffez bruyans Concerts d'an camp victorieux ;
La foudre va tomber ; l'inftant fatal s'avance ','
Et le coup retentit aux deux bouts de la France .
Lévi2134
MERCURE DE FRANCE.
Lévites , Magiftrats , Citoyens confternés ,
Et tout fexe , & tout âge aux Autels profternés ,
Attendent le ſecours que leur ferveur implore :
Le jour meurt , & renaît ; ils gémiffent encore.
La vieilleffe s'épuiſe en foûpirs languiffans ;
L'enfance étouffe & perd ſes timides accens.
Un peuple qu'adopta la Sageffe éternelle ,
Heureux , favorisé , tant qu'il reſta fidéle ,
Dans fes Temples profcrits reclame les bontés
D'un Dieu , qui dès long-tems les a deshérités :
Il femble qu'à Louis ils s'empreffent de rendre
L'hommage , qu'autrefois reçut d'eux Alexandre
Des Mortels féparés , & de culte & de loix ,
Un intérêt fi cher a réuni les voix.
Des Remparts de Paris & Vierge tutélaire ,
De tes concitoyens n'es- tu donc plus la Mere ?
Et ce Roi dans les Cieux couronné de nos Lys ,
Ne reconnoît- il plus fes fujets & fon Fils ?
Quelle nouvelle horreur nous frape , & nous ac
cable !
L'objet le plus augufte & le plus déplorable
Une Epouſe ... Elle part... Quel ſpectacle l'attend ?
Et toi , digne foutien de ce Trône flotant ,
Tu la fuis... Faudra t'il craindre auffi pour ta vie
Ton défeſpoir , tes pleurs te l'ont presque ravie.
Volez , volez tous deux à fes embraffemens ;
Recevez-les... Hélas ! Peut- être il n'eſt plus tems.
La
SEPTEMBRE . 1744: 2135
La Nature s'éteint ; l'Art n'a plus de reffource ;
Nouvel Ezéchias , au milieu de fa courſe ,
Il tombe ; courageux fans fafte & ſans effort ,
Il nous plaint , & ne craint , ni ne brave la mort.
Grand Dieu , qui nous êtois toute ombre d'eſpé
rance ,
Tu voulois au miracle affûrer l'évidence ;
Tu te voiles fouvent fous les fecours humains ;
Ici tu fais briller l'Ouvrage de tes mains.
LOUIS refpire enfin , objet de tant d'allarmes ,
Une feconde fois racheté pat nos larmes.
Que fes premiers périls nous en firent verſer ,
Quand cer Aftre naiffant fut près de s'éclipfer !
Les plus ardens tranfports, les Fêtes les plus belles;
Signalerent la fin de nos frayeurs mortelles .
Plus fortunés encor , & plus reconnoiſſans ,
Allons offrir au Ciel nos voeux & notre encens :
Le Sénat a donné le fignal d'allegreffe ;
L'organe de nos Loix , l'eft de notre tendreffe.
France , adore la main , qui rend en ce grand
jour ,
Un Héros à ta gloire , un Pere à ton amour.
Par M. Roy , Chevalier de l'Ordre de
Saint Michel.
ILs font paffés ces jours de douleur & d'effroi ,
Et l'empire François renaît avec fon Roi.
Avions- nous mérité que le courroux Céleste
Fit fubir à nos coeurs cette épreuve funeſte ?
Nous perdions pour jamais ce tréfor précieux ,
Au moment qu'il étoit le plus cher à nos yeux.
Nos coeurs tournés vers lui dès fa plus tendre enfance
,
S'étoient liés encor par la reconnoiffance ;
Nos befoins en tout tems remplis , ou prevenus ;
Le Commerce affermi , nos voifins foutenus ;
Nos Champs fertilifés par une paix profonde ;
Tout immortalifoit le bienfaiteur du monde .
Mais enfin l'Univers s'eſt laffé d'être heureux ;
La Diſcorde s'éveille ; elle exhale fes feux ;
La grandeur du Héros bien- tôt fe développe ;
Le danger l'encourage , il fait trembler l'Europe :
Des rives de l'Escaut , il vole aux bords du Rhin.
A la fureur impie il va donner un frein......
Ciel ! Quelle affreuſe ſcéne à nos regards offerte !
Là , le Char de Triomphe , ici , la Tombe ouverte
De funébres clameurs s'élèvent jufqu'aux Cieux.
Ceffez bruyans Concerts d'an camp victorieux ;
La foudre va tomber ; l'inftant fatal s'avance ','
Et le coup retentit aux deux bouts de la France .
Lévi2134
MERCURE DE FRANCE.
Lévites , Magiftrats , Citoyens confternés ,
Et tout fexe , & tout âge aux Autels profternés ,
Attendent le ſecours que leur ferveur implore :
Le jour meurt , & renaît ; ils gémiffent encore.
La vieilleffe s'épuiſe en foûpirs languiffans ;
L'enfance étouffe & perd ſes timides accens.
Un peuple qu'adopta la Sageffe éternelle ,
Heureux , favorisé , tant qu'il reſta fidéle ,
Dans fes Temples profcrits reclame les bontés
D'un Dieu , qui dès long-tems les a deshérités :
Il femble qu'à Louis ils s'empreffent de rendre
L'hommage , qu'autrefois reçut d'eux Alexandre
Des Mortels féparés , & de culte & de loix ,
Un intérêt fi cher a réuni les voix.
Des Remparts de Paris & Vierge tutélaire ,
De tes concitoyens n'es- tu donc plus la Mere ?
Et ce Roi dans les Cieux couronné de nos Lys ,
Ne reconnoît- il plus fes fujets & fon Fils ?
Quelle nouvelle horreur nous frape , & nous ac
cable !
L'objet le plus augufte & le plus déplorable
Une Epouſe ... Elle part... Quel ſpectacle l'attend ?
Et toi , digne foutien de ce Trône flotant ,
Tu la fuis... Faudra t'il craindre auffi pour ta vie
Ton défeſpoir , tes pleurs te l'ont presque ravie.
Volez , volez tous deux à fes embraffemens ;
Recevez-les... Hélas ! Peut- être il n'eſt plus tems.
La
SEPTEMBRE . 1744: 2135
La Nature s'éteint ; l'Art n'a plus de reffource ;
Nouvel Ezéchias , au milieu de fa courſe ,
Il tombe ; courageux fans fafte & ſans effort ,
Il nous plaint , & ne craint , ni ne brave la mort.
Grand Dieu , qui nous êtois toute ombre d'eſpé
rance ,
Tu voulois au miracle affûrer l'évidence ;
Tu te voiles fouvent fous les fecours humains ;
Ici tu fais briller l'Ouvrage de tes mains.
LOUIS refpire enfin , objet de tant d'allarmes ,
Une feconde fois racheté pat nos larmes.
Que fes premiers périls nous en firent verſer ,
Quand cer Aftre naiffant fut près de s'éclipfer !
Les plus ardens tranfports, les Fêtes les plus belles;
Signalerent la fin de nos frayeurs mortelles .
Plus fortunés encor , & plus reconnoiſſans ,
Allons offrir au Ciel nos voeux & notre encens :
Le Sénat a donné le fignal d'allegreffe ;
L'organe de nos Loix , l'eft de notre tendreffe.
France , adore la main , qui rend en ce grand
jour ,
Un Héros à ta gloire , un Pere à ton amour.
Par M. Roy , Chevalier de l'Ordre de
Saint Michel.
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Résumé : LA Convalescence du ROI.
Le roi de France, Louis XV, a récemment surmonté une grave maladie, suscitant un profond soulagement et une grande gratitude au sein de la nation. Pendant sa convalescence, la France entière avait été plongée dans l'angoisse, avec des scènes de désolation et des prières dans les temples. Tous les citoyens, indépendamment de leur âge ou de leur condition, imploraient la guérison du roi, considéré comme un bienfaiteur ayant apporté prospérité et paix au pays. La reine et le dauphin étaient particulièrement affectés par cette situation. Après son rétablissement, des célébrations ont eu lieu et des remerciements ont été adressés au ciel. Le Sénat a annoncé la bonne nouvelle, invitant la France à honorer Louis XV, qualifié de héros et de père de la nation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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23
p. 2136-2139
LETTRE écrite de CHOISI-LE-ROI, le 18 Septembre, par M. G***, au sujet de la Fête qui y a été donnée.
Début :
SI tous les Sujets de S. M. ont donné des marques de la plus vive douleur, en apprenant sa maladie, [...]
Mots clefs :
Roi, Fête, Château, Officiers, Bourgeois, Habitants, Table, Santé, Cour
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de CHOISI-LE-ROI, le 18 Septembre, par M. G***, au sujet de la Fête qui y a été donnée.
LETTRE écrite de CHOISI - LE -ROL,
le 18 Septembre , par M. G *** , au fujer
de la Fête qui y a été donnée .
S
Í tous les sujets de S. M. ont donné des marques
de la plus vive douleur , en apprenant fa maladie
, ceux de Choifi - le-Roi ont été des premiers à
témoigner combien ils y étoient fenfibles ; à peine le
Curé de cette Paroiffe Royale eut-il annoncé les
Prietes que l'on devoit faire pour que Dieu rendir
ce Monarque aux voeux de toute la France, que fon
Eglife fe trouva remplie d'Officiers du Château , de
Bourgeois & d'Habitans , qui par des larmes bien
finceres , faifoient connoître jufqu'à quel point ils
s'intéreffoient à la fanté de S. M. Ce ne fut plus dès
ce moment qu'un concours étonnant ; toutes les
maifons fe trouverent vuides , & l'Eglife n'étant pas
aflés grande , pour contenir tous les Paroiffiens , on
voyoit autant de monde en-dehors qu'en- dedans , &
pendant les neuf jours qu'on a continué les Prieres,
perfonne du Village ne s'eft difpenfé d y affifter.
L'heureufe nouvelle du rétabliffement de la fanté
du Roi ayant été annoncée , & qu'il n'y avoit plus
rien à craindre pour une vie aufli précieuſe, tous les
Officiers du Château , les perfonnes employées dans
les Bâtimens, les Bourgeois , les Habitans de Choifile-
Roi , & tous les Ouvriers qui font occupés aux
differens travaux , donnerent en général & en particulier
, des marques de la joye la plus parfaite.
La veille de la Fête de S. Louis , vers les fept heures
du foir, on tira le canon en préfence du jeuneMarquis
de Coigny & de Mrs fes freres,qui allumerent en mè
me-tems le Feu qu'on avoit placé à la demi -Lune ,
qui donne fur la riviere ; M. Filleul , Concierge du
Château de Choifi , avoit fait illuminer très ingé
nieu-
1
SEPTEMBRE. 1744. 2137
Menfement une grande partie des Jardins de ce cô
à , & toute la façade du Château. A fon exem
ple , Mrs Tiphaine , Gueullette , Guilier de Nonac,
Triperet , & la Dlle Brachet , qui ont leurs maifons
dans ce Village, firent auffi illuminer , à l'envi les uns.
des autres , leurs maiſons , ce qui faifo t un très bel
effet , par l'heureuſe difpofition du Lieu ; tous les
Particuliers , employés dans les Bâtimens du Roi ,
firent à peu près les mêmes Illuminations.M.deJanfon
, qui en eft l'Inspecteur , s'y diftingua par un Feu
particulier , qu'on renouvella depuis huit heures du
foir jufqu'à deux heures du matin. On ne voyoir
partout que des Danfes & des réjouiffances au bas
de fa maiſon , fituée fur le bord de la Seine , & on
préfenta du vin & des rafraîchiffemens à tout le
monde .
Comme les nouvelles qui arrivoient tous les jours
de Metz , confirmoient la convalefcence du Roi , &
que S. M. étoit entierement hors de danger , Mrs
Filleul , Mautuits , le Noble , & Aubry , Officiers
du Château , & M. Bayard , Chirurgien du Roi à
Choifi , réfolurent de témoigner plus particuliere->
ment leur joye par un grand repas & une Fête qu'ils
donnerent le 8 de ce mois, à laquelle les Dames &
les principaux Bourgeois furent invités.
Ce même jour, à dix heures du matin , conformé
ment aux ordres de M. l'Archevêque , on partir de
la Paroiffe en Proceffion , pour aller célébrer la
gtande Meffe à la Chapelle du Château , où le S.
Sacrement fut expoſé juſqu'à ſix heures du foir ; l'a- "
près midi on y chanta les Vêpres , le Salut , le Te-
Deum & l'Exaudiat , au bruit de plufieurs décharges
de canon.
La Dile Filleul , fille aînée du Concierge , fit une
quête abondante pour les Pauvres.
A l'entrée de la nuit , la Cour des Princes fut illuminée
2138 MERCURE DE FRANCE.
luminée par un grand nombre de Terrines , artiſtes
ment diftribuées ; la Colonade qui regne le longde
de la Galerie & de la Sale à manger du Roi , ornée
de Tapifferies de la Couronne , fut éclairée par fix
Luftres , garnis de Bougies.
On n'avoit rien omis pour rendre la Fête des plus
brillantes ; on avoit placé fur des Gradins un nombre
fuffifant de Symphoniftes ; on ouvrit le Bal de
bonne heure , & il , ne finit qu'à 5 heures du natin.
On avoit dreffé au milieu de la cour de la maiſon
une Table de 30 couverts . Cette Table fe trouva directement
au- deffous de la Marquife de la Tente qu'on
yavoit tendue; c'eft la même Tente que l'Ambaffadeur
de la Porte préfenta au Roi de la part du G. S.
A côté , on avoit dreffé un Buffet en ligne circulaire
, fort orné , & garni de tout ce qu'on pouvois
fouhaiter en Vins & en Liqueurs.
Deux autres Tables , l'une de quinze & l'autre de
dix couverts , étoient placées , la premiere à côté de
la grande Table fous la Marquife , & l'autre fous la
Tente du Buffet ; ces Tables étoient occupées par
des jeunes Gens priés de la Fête ; la grande Table
étoit éclairée par un Luftre magnifique & par un
Surtout de Cristal , fur lequel on avoit placé des Girandoles
& des Bras garn's de Bougies.
Le Repas étoit compofé de quatre Services , de
feize plats chacun , & le tout fut fervi abondamment
& avec autant d'ordre que de propreté.
Tous les Convives firent parfaitement bien les
honneurs du Repas . La fanté du Roi ayant été portée
aux Conviés par M. Filleul , on la but debout &
découvert , au bruit du canon & des acclamations
réiterées ; le Souper dura au moins trois grandes
heures , & toujours avec la même gayeté ; on avoit
mis plufieurs banquettes autour de la grande Table,
pour pouvoir y placer plufieurs perfonnes , que la
Fête
SEPTEMBRE. 1744. 2139
Fêre avoit attirées ; &on fit diftribuer généralement
à tout le monde des rafraîchiffemens . Au bout de la
cour , on diftribuoit auffi du Pain , du Vin ,' des Langues
& de la Viande aux Habitans & aux Ouvriers
qui fe préfenterent , & à deux heures du matin on
fervit du Caffé .
Pour maintenir l'ordre & contenir le Peuple , outre
les Suiffes du Château de Choifi, les Brigades des
Maréchauffées de Villejuif & de Charenton étoient
dans la cour , & tout s'y paffa dans la plus grande
tranquillité & fans le moindre défordre . La jeune
Dile Filleul , qui eft remplie d'agrémens , & d'une
très jolie figure , s'y eft fort diftinguée , & fur tour
dans la Danfe , par un grand nombre de differentes
contre-danfes , qu'elle exécuta avec autant de grace
que de vivacité ,lesquelles terminerent la Fête.
le 18 Septembre , par M. G *** , au fujer
de la Fête qui y a été donnée .
S
Í tous les sujets de S. M. ont donné des marques
de la plus vive douleur , en apprenant fa maladie
, ceux de Choifi - le-Roi ont été des premiers à
témoigner combien ils y étoient fenfibles ; à peine le
Curé de cette Paroiffe Royale eut-il annoncé les
Prietes que l'on devoit faire pour que Dieu rendir
ce Monarque aux voeux de toute la France, que fon
Eglife fe trouva remplie d'Officiers du Château , de
Bourgeois & d'Habitans , qui par des larmes bien
finceres , faifoient connoître jufqu'à quel point ils
s'intéreffoient à la fanté de S. M. Ce ne fut plus dès
ce moment qu'un concours étonnant ; toutes les
maifons fe trouverent vuides , & l'Eglife n'étant pas
aflés grande , pour contenir tous les Paroiffiens , on
voyoit autant de monde en-dehors qu'en- dedans , &
pendant les neuf jours qu'on a continué les Prieres,
perfonne du Village ne s'eft difpenfé d y affifter.
L'heureufe nouvelle du rétabliffement de la fanté
du Roi ayant été annoncée , & qu'il n'y avoit plus
rien à craindre pour une vie aufli précieuſe, tous les
Officiers du Château , les perfonnes employées dans
les Bâtimens, les Bourgeois , les Habitans de Choifile-
Roi , & tous les Ouvriers qui font occupés aux
differens travaux , donnerent en général & en particulier
, des marques de la joye la plus parfaite.
La veille de la Fête de S. Louis , vers les fept heures
du foir, on tira le canon en préfence du jeuneMarquis
de Coigny & de Mrs fes freres,qui allumerent en mè
me-tems le Feu qu'on avoit placé à la demi -Lune ,
qui donne fur la riviere ; M. Filleul , Concierge du
Château de Choifi , avoit fait illuminer très ingé
nieu-
1
SEPTEMBRE. 1744. 2137
Menfement une grande partie des Jardins de ce cô
à , & toute la façade du Château. A fon exem
ple , Mrs Tiphaine , Gueullette , Guilier de Nonac,
Triperet , & la Dlle Brachet , qui ont leurs maifons
dans ce Village, firent auffi illuminer , à l'envi les uns.
des autres , leurs maiſons , ce qui faifo t un très bel
effet , par l'heureuſe difpofition du Lieu ; tous les
Particuliers , employés dans les Bâtimens du Roi ,
firent à peu près les mêmes Illuminations.M.deJanfon
, qui en eft l'Inspecteur , s'y diftingua par un Feu
particulier , qu'on renouvella depuis huit heures du
foir jufqu'à deux heures du matin. On ne voyoir
partout que des Danfes & des réjouiffances au bas
de fa maiſon , fituée fur le bord de la Seine , & on
préfenta du vin & des rafraîchiffemens à tout le
monde .
Comme les nouvelles qui arrivoient tous les jours
de Metz , confirmoient la convalefcence du Roi , &
que S. M. étoit entierement hors de danger , Mrs
Filleul , Mautuits , le Noble , & Aubry , Officiers
du Château , & M. Bayard , Chirurgien du Roi à
Choifi , réfolurent de témoigner plus particuliere->
ment leur joye par un grand repas & une Fête qu'ils
donnerent le 8 de ce mois, à laquelle les Dames &
les principaux Bourgeois furent invités.
Ce même jour, à dix heures du matin , conformé
ment aux ordres de M. l'Archevêque , on partir de
la Paroiffe en Proceffion , pour aller célébrer la
gtande Meffe à la Chapelle du Château , où le S.
Sacrement fut expoſé juſqu'à ſix heures du foir ; l'a- "
près midi on y chanta les Vêpres , le Salut , le Te-
Deum & l'Exaudiat , au bruit de plufieurs décharges
de canon.
La Dile Filleul , fille aînée du Concierge , fit une
quête abondante pour les Pauvres.
A l'entrée de la nuit , la Cour des Princes fut illuminée
2138 MERCURE DE FRANCE.
luminée par un grand nombre de Terrines , artiſtes
ment diftribuées ; la Colonade qui regne le longde
de la Galerie & de la Sale à manger du Roi , ornée
de Tapifferies de la Couronne , fut éclairée par fix
Luftres , garnis de Bougies.
On n'avoit rien omis pour rendre la Fête des plus
brillantes ; on avoit placé fur des Gradins un nombre
fuffifant de Symphoniftes ; on ouvrit le Bal de
bonne heure , & il , ne finit qu'à 5 heures du natin.
On avoit dreffé au milieu de la cour de la maiſon
une Table de 30 couverts . Cette Table fe trouva directement
au- deffous de la Marquife de la Tente qu'on
yavoit tendue; c'eft la même Tente que l'Ambaffadeur
de la Porte préfenta au Roi de la part du G. S.
A côté , on avoit dreffé un Buffet en ligne circulaire
, fort orné , & garni de tout ce qu'on pouvois
fouhaiter en Vins & en Liqueurs.
Deux autres Tables , l'une de quinze & l'autre de
dix couverts , étoient placées , la premiere à côté de
la grande Table fous la Marquife , & l'autre fous la
Tente du Buffet ; ces Tables étoient occupées par
des jeunes Gens priés de la Fête ; la grande Table
étoit éclairée par un Luftre magnifique & par un
Surtout de Cristal , fur lequel on avoit placé des Girandoles
& des Bras garn's de Bougies.
Le Repas étoit compofé de quatre Services , de
feize plats chacun , & le tout fut fervi abondamment
& avec autant d'ordre que de propreté.
Tous les Convives firent parfaitement bien les
honneurs du Repas . La fanté du Roi ayant été portée
aux Conviés par M. Filleul , on la but debout &
découvert , au bruit du canon & des acclamations
réiterées ; le Souper dura au moins trois grandes
heures , & toujours avec la même gayeté ; on avoit
mis plufieurs banquettes autour de la grande Table,
pour pouvoir y placer plufieurs perfonnes , que la
Fête
SEPTEMBRE. 1744. 2139
Fêre avoit attirées ; &on fit diftribuer généralement
à tout le monde des rafraîchiffemens . Au bout de la
cour , on diftribuoit auffi du Pain , du Vin ,' des Langues
& de la Viande aux Habitans & aux Ouvriers
qui fe préfenterent , & à deux heures du matin on
fervit du Caffé .
Pour maintenir l'ordre & contenir le Peuple , outre
les Suiffes du Château de Choifi, les Brigades des
Maréchauffées de Villejuif & de Charenton étoient
dans la cour , & tout s'y paffa dans la plus grande
tranquillité & fans le moindre défordre . La jeune
Dile Filleul , qui eft remplie d'agrémens , & d'une
très jolie figure , s'y eft fort diftinguée , & fur tour
dans la Danfe , par un grand nombre de differentes
contre-danfes , qu'elle exécuta avec autant de grace
que de vivacité ,lesquelles terminerent la Fête.
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Résumé : LETTRE écrite de CHOISI-LE-ROI, le 18 Septembre, par M. G***, au sujet de la Fête qui y a été donnée.
Le 18 septembre, une lettre de Choisi-le-Roi rapporta la réaction des habitants à la maladie du roi. À l'annonce des prières publiques, l'église se remplissait d'officiers, de bourgeois et d'habitants, tous manifestant leur inquiétude par des larmes sincères. Les prières se poursuivirent sans interruption pendant neuf jours. Lorsque le rétablissement du roi fut annoncé, la joie fut générale. La veille de la fête de Saint-Louis, des feux d'artifice et des illuminations furent organisés, impliquant divers notables et habitants. Le 8 septembre, une fête fut organisée par plusieurs officiers du château et le chirurgien du roi. Une procession partit de la paroisse pour célébrer une messe à la chapelle du château, suivie de vêpres, salut, Te Deum et Exaudiat, accompagnés de salves de canon. La fille aînée du concierge fit une quête pour les pauvres. La soirée inclut des illuminations, de la musique, des danses et un grand repas avec plusieurs tables, dont une principale sous une tente offerte par l'ambassadeur de la Porte. Le repas, composé de quatre services de seize plats chacun, fut servi avec ordre et propreté. La santé du roi fut portée et acclamée. La fête se poursuivit jusqu'à cinq heures du matin, avec des rafraîchissements distribués à tous. L'ordre fut maintenu par les gardes et les brigades des maréchaussées. La jeune filleule, dotée de nombreux charmes, se distingua particulièrement dans la danse, exécutant plusieurs contre-danses avec grâce et vivacité, mettant ainsi fin à la célébration.
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24
p. 2139-2140
MORTS.
Début :
LE .... Août, Charles de Tarneau, Lieutenant Général des Armées du Roi du 20 Février 1734, [...]
Mots clefs :
Lieutenant général, Conseiller au Parlement, Armées du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
E .... Août , Charles de Tarnean , Lieutenant
LGénéral des Armées du Roi du 20 Février 1734,
Gouverneur des Ville & Château de Béthune , cidevant
Inspecteur Général de Cavalerie , mourut à
Courbevoye , âgé de 76 ans. Il avoit été reçû Page
du Roi en fa Grande Ecurie en 1684. Il étoit fils de
Jofeph de Tarneau , Confeiller au Parlement de
Bourdaux , & de D. Catherine de Merignac , &
fortoit d'une Famille qui a donné des Confeillers
& des Préfidens à ce Parlement depuis l'an 1573 ,
dont les Armes font d'Azur , à une bande d'or
un Chef auffi d'or, émanché de trois piéces d'Azur.
Les , Robert Machet ( du Canton de Soleure )
Lieutenant Général des armées du Roi du 23 Mars
17362
1140 MERCURE DE FRANCE.
1736 , ci devant Lieutenant Colonel du Régimens
des Gardes Suiffes du mois de Septembre 1726 ,
mourut à Paris , âgé de 80 ans ; il étoit veuf depuis
le 15 Mars 1741 ,de D. Françoife, Gabrielle Macher,
dont la mort eft rapportée dans le Mercure d'Avril
1741 .
Le 8 , D. Marie Louife -Magdeleine de Lamoignon,
veuve depuis le 11 Juillet 1740 de Robert le Peletier
, Seigneur des Foits , Miniftre d'Etat , & ci devant
Contrôleur Général des Finances , avec lequel
elle avoit été mariée le 12 Septembre 1706 , mourut
à Paris , âgée de 57 ans . Elle étoit fille de Nicolas de
Lamoignon Bafville , Comte de Launay Courfon ,
Confeiller d'Etat ordinaire , & Intendant de la Province
de Languedoc , & de D. Anne Louiſe Bonnin
de Chalucet . Elle avoit eû pour fils unique Anne-
Louis Michel le Peletier , Comte de S. Fargeau ,
Confeiller au Parlement de Paris , mort à l'âge de
26 ans le 4 Juillet 1739 , laiffant des enfans de D.
Maric Charlotte- Marguerite d'Aligre , qu'il avoit
épousée le 21 Février 1735. Voyez pour la Généa
logie de la Famille de Lamoignon , l'Hiftoire da
Parlement de Paris par Blanchard , & le Dictionnai
re Hiftorique de Morery , derniere Edition , dans
lequel fe trouve auffi partie de la Généologie de la
Famille de le Peletier.
E .... Août , Charles de Tarnean , Lieutenant
LGénéral des Armées du Roi du 20 Février 1734,
Gouverneur des Ville & Château de Béthune , cidevant
Inspecteur Général de Cavalerie , mourut à
Courbevoye , âgé de 76 ans. Il avoit été reçû Page
du Roi en fa Grande Ecurie en 1684. Il étoit fils de
Jofeph de Tarneau , Confeiller au Parlement de
Bourdaux , & de D. Catherine de Merignac , &
fortoit d'une Famille qui a donné des Confeillers
& des Préfidens à ce Parlement depuis l'an 1573 ,
dont les Armes font d'Azur , à une bande d'or
un Chef auffi d'or, émanché de trois piéces d'Azur.
Les , Robert Machet ( du Canton de Soleure )
Lieutenant Général des armées du Roi du 23 Mars
17362
1140 MERCURE DE FRANCE.
1736 , ci devant Lieutenant Colonel du Régimens
des Gardes Suiffes du mois de Septembre 1726 ,
mourut à Paris , âgé de 80 ans ; il étoit veuf depuis
le 15 Mars 1741 ,de D. Françoife, Gabrielle Macher,
dont la mort eft rapportée dans le Mercure d'Avril
1741 .
Le 8 , D. Marie Louife -Magdeleine de Lamoignon,
veuve depuis le 11 Juillet 1740 de Robert le Peletier
, Seigneur des Foits , Miniftre d'Etat , & ci devant
Contrôleur Général des Finances , avec lequel
elle avoit été mariée le 12 Septembre 1706 , mourut
à Paris , âgée de 57 ans . Elle étoit fille de Nicolas de
Lamoignon Bafville , Comte de Launay Courfon ,
Confeiller d'Etat ordinaire , & Intendant de la Province
de Languedoc , & de D. Anne Louiſe Bonnin
de Chalucet . Elle avoit eû pour fils unique Anne-
Louis Michel le Peletier , Comte de S. Fargeau ,
Confeiller au Parlement de Paris , mort à l'âge de
26 ans le 4 Juillet 1739 , laiffant des enfans de D.
Maric Charlotte- Marguerite d'Aligre , qu'il avoit
épousée le 21 Février 1735. Voyez pour la Généa
logie de la Famille de Lamoignon , l'Hiftoire da
Parlement de Paris par Blanchard , & le Dictionnai
re Hiftorique de Morery , derniere Edition , dans
lequel fe trouve auffi partie de la Généologie de la
Famille de le Peletier.
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Résumé : MORTS.
En 1734, Charles de Tarnean, Lieutenant Général des Armées du Roi, Gouverneur de Béthune et ancien Inspecteur Général de Cavalerie, est décédé à Courbevoye à 76 ans. Sa carrière débuta en 1684 comme Page du Roi, et il appartenait à une famille de conseillers et présidents au Parlement de Bordeaux depuis 1573. Robert Machet, Lieutenant Général des armées du Roi depuis 1736 et ancien Lieutenant Colonel du Régiment des Gardes Suisses, est décédé à Paris à 80 ans. Il était veuf de Dame Françoise Gabrielle Macher depuis 1741. Le 8 août, Dame Marie Louise-Madeleine de Lamoignon, veuve de Robert Le Pelletier, Ministre d'État et ancien Contrôleur Général des Finances, est décédée à Paris à 57 ans. Elle était la fille de Nicolas de Lamoignon Basville, Conseiller d'État et Intendant de Languedoc, et de Dame Anne Louise Bonnin de Chalucet. Son fils unique, Anne-Louis Michel Le Pelletier, Comte de Saint-Fargeau, Conseiller au Parlement de Paris, était décédé en 1739 à 26 ans, laissant des enfants de son mariage avec Dame Marie Charlotte-Marguerite d'Aligre.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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