Résultats : 21737 texte(s)
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201
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, vis-à-vis [...]
Mots clefs :
Avis, Adresse, Commis, Libraires, Poste
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AV IS.
ASTOR , LENOX D
TILDEN'FOUNDATIONS ADRESSE generale eft à
1905 Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure , vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuvent fe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très- inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
oin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
oûjours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la
premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porter fur
t'heure à la Pofte , ou aux MeJageries qu'on
lui indiqueza
•
PRIX XX X. SOLS.
ASTOR , LENOX D
TILDEN'FOUNDATIONS ADRESSE generale eft à
1905 Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure , vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuvent fe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très- inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
oin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
oûjours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la
premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porter fur
t'heure à la Pofte , ou aux MeJageries qu'on
lui indiqueza
•
PRIX XX X. SOLS.
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Résumé : AVIS.
Le texte fournit des instructions pour la distribution du Mercure de France. L'adresse générale pour les envois est située à Paris, au 1905, chez Monsieur Moreau, commis au Mercure, vis-à-vis la Comédie Française. Les lecteurs peuvent également remettre leurs paquets cachetés aux libraires parisiens qui vendent le Mercure. Il est conseillé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste pour éviter qu'ils ne soient rejetés. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers souhaitant recevoir le Mercure rapidement, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau. Ce dernier préparera et expédiera les paquets sans délai, soit par la poste, soit aux messageries indiquées. Le prix du Mercure de France est de vingt sols.
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202
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure [...]
Mots clefs :
Commis, Libraires
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS:
ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis an
Mercure , vis - à - vis la Comedie Frangoife , à Paris. Ceux qui pour leur commodité voudront remettre leurs Paquets cachetez aux Libraires qui vendent le Mercure, à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
*
Onprie très-inflamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardė
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , où les Particuliers qui fouhaiteront avoir le Mercure de France de la premiere main, & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perie de temps & de les faire porter fur
l'heure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX. SOLS.
ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis an
Mercure , vis - à - vis la Comedie Frangoife , à Paris. Ceux qui pour leur commodité voudront remettre leurs Paquets cachetez aux Libraires qui vendent le Mercure, à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
*
Onprie très-inflamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardė
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , où les Particuliers qui fouhaiteront avoir le Mercure de France de la premiere main, & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perie de temps & de les faire porter fur
l'heure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX. SOLS.
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Résumé : AVIS.
L'avis porte sur la distribution du Mercure de France. Les envois doivent être adressés à Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Pour plus de commodité, les paquets peuvent être remis aux libraires parisiens qui vendent le Mercure. Il est recommandé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste afin d'éviter qu'ils ne soient rejetés et perdus. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers souhaitant recevoir le Mercure de France rapidement, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau. Ce dernier se chargera de préparer et d'expédier les paquets sans délai, soit par la poste, soit par les messageries indiquées. Le prix de cette distribution est fixé à trente sols.
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203
s. p.
Avis pour placer les Figures.
Début :
L'Air qui commence par, Une indifference cruelle, doit regarder la [...]
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texteReconnaissance textuelle : Avis pour placer les Figures.
Avis pour placer les Figures.
' Air (qui commence par , ne indifference
cruelle , doit regarder la LA
page 43 .
L'Air qui commence par , Café de-.
licieux , dont la douce amertume , doit
regarder la page 201 .
Le Plan de Bude doit regarder la .
page. 320 .
' Air (qui commence par , ne indifference
cruelle , doit regarder la LA
page 43 .
L'Air qui commence par , Café de-.
licieux , dont la douce amertume , doit
regarder la page 201 .
Le Plan de Bude doit regarder la .
page. 320 .
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204
s. p.
« Page 206. Emery, lisez Lemery. [...] »
Début :
Page 206. Emery, lisez Lemery. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Page 206. Emery, lisez Lemery. [...] »
Page 206. Emery , lifez Lemery
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205
s. p.
PRIVILEGE DU ROY.
Début :
LOUIS, par la grace de Dieu, Roi de France & de Navarre : à nos Amez & Feaux Conseillers, les [...]
Mots clefs :
Brevet, Mercure de France, Garde des sceaux
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texteReconnaissance textuelle : PRIVILEGE DU ROY.
LIBRARYVILEGE
335483
ASTOR , LENOX AND
TILDEN FOUDATIONS
•
DU ROr.
Quis par lagrace de Dieu , Roi de France & de
LNavarre à nos Amez & Feaux Confeillers , les
Gens tenans nos Cours de Parlement , Maîtres des
Requêtes ordinaires de nôtre Hôtel , Grand- Confeil
Baillifs , Senéchaux , leurs Lieutenans Civils , & au
tres nos Officiers & Jufticiers qu'il appartiendra. SALUT
: l'applaudiffement que reçoit le MERCURE DE
FRANCE , cy - devant appellé le Mercure Galant ,
Compoſé depuis l'année 1672 , par le fieur de Vifé , &
L
tres Auteurs , nous fait croire que le fieur Dufreni ,
Titulaire du dernier Brevet étant decedé , il ne con
vient pas que le Public foit à l'avenir privé d'un ou
vrage auffi utile qu'agréable , tant à nos fujets qu'aux
étrangers ; c'est dans cette vue que bien informé des
talens , & de la fazeffe du fieur ANTOINE DE LA ROQUE ,
Ecuyer , ancien Gendarme dans la Compagnie des
Gendarmes de nôtre Garde ordinaire , & Chevalier
de notre Ordre Militaire de Saint Louis ; nous l'avons
choifi pour compofer à l'avenir exclufivement à tout
autre ledit Ouvrage , fous le titre de MERCURE DE
FRANCE , & nous lui en avons à cet effet accordé nôtre
Brevet le 17. Octobre dernier , pour l'execution duquel
ledit fieur de la Roque nous a fait fupplier de
fui accorder nos Lettres de Privilege fur ce neceſſaires
:A CES CAUSES , conformément audit Brevet , Nous
lui avons permis & permettons par ces Prefentes de
compofer & donner au Public l'avenir tous les mois .
alui feul exclufivement , ledit Mercure de Fran . e , quàÎ
pourra faire imprimer en tel volume , forme , marge ,
Cara&tere , conjointement , cu feparement , & autant
de fois que bon lui femblera , chaque mois , & de le
faire vendre & débiter par tout nôtre Royaume , & ce
pendant le temps de douze années confecutives ,
compter du jour de la carte des Prefentes ; à condi .
tion neanmoins que haque volume portera fon Appro
bation expreſſe de l'Examinateur , qui aura été com
à
mis
•
9
,
,
mis à cet effet . Faifons défenfes à toutes fortes de
perfonnes , de quelques qualitez & conditions qu'elles
foient , d'en introduire d'impreffions étrangeres dans
aucun lieu de nôtre obéiffance , comme auffi à tous
Libraires , Imprimeurs , Graveurs , & autres , d'im
primer , faire imprimer , graver , vendre , faire vendre,
débiter ni contrefaire ledit Livre, ou planches , en tour
ou en partie , ni d'en faire aucun Extrait , fous quelque
prétexte que ce foit , d'augmentation correc
tions , changement de titre , ou autrement fans la
permiffion expreffe & par écrit de l'Expofant , ou de
ceux qui auront droit de luis le tout à peine de confifcation
des exemplaires contrefaits , de tcoo . livres
d'amende payables fans déport par chacun des contrevenans
, dont un tiers à Nous , un tiers à l'Hôtel-
Dieu de Paris , l'autre tiers à l'Expofant , ou à ceux
qui auront droit de lui , & de tous dépens , dommages
& interefts ; à la charge que ces Prefentes feront
enregistrées tout au long fur le Begiftre de la Com.
munauté des Libraires & Imprimeurs de Paris , & ce
dans trois mois de la datte d'icelles ; que l'impreflion
de ce Livre fera faite dans nôtre Royaume , & non
ailleurs , en fin papier , & en beau caractere , conformément
aux Reglemens de la Librairie ; & qu'avant
de l'expofer en vente , le manuferit ou imprimé qui
aura fervi de copie à l'impreflion dudit Livre fera
remis dans le même état où les Approbations y auront
été données , ès mains de nôtre très- cher &
Feal Chevalier , Garde des Sceaux de France , le
fieur FLEURIAU D'ARMENON VILLE, Commandeur de nos
ordres , & qu'il en fera enfuite remis deux Exemplai
res de chacun dans nôtre Bibliotheque publique , un
dans celle de nôtre Château du Louvre , & un dans
celle de notredit très - cher & feal Chevalier ,. Garde
des Sceaux de France ; le tout à peine de nullité des
Prefentes , du contenu defquelles Vous . enjoignons de
faire jouir ledit Expofant , ou fes ayans caufe pleine
ment & paisiblement , fans fouffrir qu'il leur foit fait
aucuns troubles & empêchemens , & à cet effet nous
avons revoqué & revoquons tous autres Privileges
qui pourroient avoir été donneż cy- devant à d'autres
qu'audic Expofant ; Voulons que la copie des Prefentes
qui fera imprimée tout au long au commencement ou
la fin dudit Livre foit tenuë pour duëment fignifiée ,
& qu'aux copies collationnées par l'un de nos Amez
& Feaux Confeiliers . Secretaires , foy foit ajoutée , &c.
335483
ASTOR , LENOX AND
TILDEN FOUDATIONS
•
DU ROr.
Quis par lagrace de Dieu , Roi de France & de
LNavarre à nos Amez & Feaux Confeillers , les
Gens tenans nos Cours de Parlement , Maîtres des
Requêtes ordinaires de nôtre Hôtel , Grand- Confeil
Baillifs , Senéchaux , leurs Lieutenans Civils , & au
tres nos Officiers & Jufticiers qu'il appartiendra. SALUT
: l'applaudiffement que reçoit le MERCURE DE
FRANCE , cy - devant appellé le Mercure Galant ,
Compoſé depuis l'année 1672 , par le fieur de Vifé , &
L
tres Auteurs , nous fait croire que le fieur Dufreni ,
Titulaire du dernier Brevet étant decedé , il ne con
vient pas que le Public foit à l'avenir privé d'un ou
vrage auffi utile qu'agréable , tant à nos fujets qu'aux
étrangers ; c'est dans cette vue que bien informé des
talens , & de la fazeffe du fieur ANTOINE DE LA ROQUE ,
Ecuyer , ancien Gendarme dans la Compagnie des
Gendarmes de nôtre Garde ordinaire , & Chevalier
de notre Ordre Militaire de Saint Louis ; nous l'avons
choifi pour compofer à l'avenir exclufivement à tout
autre ledit Ouvrage , fous le titre de MERCURE DE
FRANCE , & nous lui en avons à cet effet accordé nôtre
Brevet le 17. Octobre dernier , pour l'execution duquel
ledit fieur de la Roque nous a fait fupplier de
fui accorder nos Lettres de Privilege fur ce neceſſaires
:A CES CAUSES , conformément audit Brevet , Nous
lui avons permis & permettons par ces Prefentes de
compofer & donner au Public l'avenir tous les mois .
alui feul exclufivement , ledit Mercure de Fran . e , quàÎ
pourra faire imprimer en tel volume , forme , marge ,
Cara&tere , conjointement , cu feparement , & autant
de fois que bon lui femblera , chaque mois , & de le
faire vendre & débiter par tout nôtre Royaume , & ce
pendant le temps de douze années confecutives ,
compter du jour de la carte des Prefentes ; à condi .
tion neanmoins que haque volume portera fon Appro
bation expreſſe de l'Examinateur , qui aura été com
à
mis
•
9
,
,
mis à cet effet . Faifons défenfes à toutes fortes de
perfonnes , de quelques qualitez & conditions qu'elles
foient , d'en introduire d'impreffions étrangeres dans
aucun lieu de nôtre obéiffance , comme auffi à tous
Libraires , Imprimeurs , Graveurs , & autres , d'im
primer , faire imprimer , graver , vendre , faire vendre,
débiter ni contrefaire ledit Livre, ou planches , en tour
ou en partie , ni d'en faire aucun Extrait , fous quelque
prétexte que ce foit , d'augmentation correc
tions , changement de titre , ou autrement fans la
permiffion expreffe & par écrit de l'Expofant , ou de
ceux qui auront droit de luis le tout à peine de confifcation
des exemplaires contrefaits , de tcoo . livres
d'amende payables fans déport par chacun des contrevenans
, dont un tiers à Nous , un tiers à l'Hôtel-
Dieu de Paris , l'autre tiers à l'Expofant , ou à ceux
qui auront droit de lui , & de tous dépens , dommages
& interefts ; à la charge que ces Prefentes feront
enregistrées tout au long fur le Begiftre de la Com.
munauté des Libraires & Imprimeurs de Paris , & ce
dans trois mois de la datte d'icelles ; que l'impreflion
de ce Livre fera faite dans nôtre Royaume , & non
ailleurs , en fin papier , & en beau caractere , conformément
aux Reglemens de la Librairie ; & qu'avant
de l'expofer en vente , le manuferit ou imprimé qui
aura fervi de copie à l'impreflion dudit Livre fera
remis dans le même état où les Approbations y auront
été données , ès mains de nôtre très- cher &
Feal Chevalier , Garde des Sceaux de France , le
fieur FLEURIAU D'ARMENON VILLE, Commandeur de nos
ordres , & qu'il en fera enfuite remis deux Exemplai
res de chacun dans nôtre Bibliotheque publique , un
dans celle de nôtre Château du Louvre , & un dans
celle de notredit très - cher & feal Chevalier ,. Garde
des Sceaux de France ; le tout à peine de nullité des
Prefentes , du contenu defquelles Vous . enjoignons de
faire jouir ledit Expofant , ou fes ayans caufe pleine
ment & paisiblement , fans fouffrir qu'il leur foit fait
aucuns troubles & empêchemens , & à cet effet nous
avons revoqué & revoquons tous autres Privileges
qui pourroient avoir été donneż cy- devant à d'autres
qu'audic Expofant ; Voulons que la copie des Prefentes
qui fera imprimée tout au long au commencement ou
la fin dudit Livre foit tenuë pour duëment fignifiée ,
& qu'aux copies collationnées par l'un de nos Amez
& Feaux Confeiliers . Secretaires , foy foit ajoutée , &c.
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Résumé : PRIVILEGE DU ROY.
Le document est un privilège royal accordé par le roi de France et de Navarre à Antoine de La Roque pour la composition et la publication du 'Mercure de France'. Ce privilège remplace celui du défunt sieur Dufreni, auteur du 'Mercure Galant' depuis 1672. Le roi, impressionné par les talents et la fidélité de La Roque, lui accorde l'exclusivité de la publication de cet ouvrage mensuel pour une durée de douze années consécutives. Le privilège stipule que chaque volume doit porter l'approbation de l'examinateur et interdit toute contrefaçon ou importation de versions étrangères. Les contrevenants encourent des amendes et la confiscation des exemplaires contrefaits. L'impression doit se faire en France, sur du beau papier et en respectant les règlements de la librairie. Deux exemplaires de chaque volume doivent être remis à la bibliothèque publique et au Garde des Sceaux. Le roi révoque tous les autres privilèges antérieurs et ordonne que ce privilège soit enregistré et respecté.
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206
s. p.
TABLE DES MATIERES contenuës dans ce Volume.
Début :
Prelude. Statuë du Roy élevée à Ruel. Inscriptions qui sont [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES MATIERES contenuës dans ce Volume.
TABLE DES MATIERES
contenues dans ce Volume.
PRelude.
Statué du Roy élevée a Rut!.; Inscriptions quifom autour de cette Statuë.
5
La Nimphe de Rutl
, au Roy. il
LaFrance,auRoy. 11
Statué du Roy élevée à Caèn,&fes ln..
fcriptions
j avec le détail de toutes les
Certmonies quiJe fotit faites en cette
Dccafion. 15
Harangue faite au Roy par Mr le Recteur
de fVniverjité.H
Poème. 44.
Prix de l'Arc¡uebu'l.e. 5y
Fondationperpétuelle d'une Feflea Issoudun,.
po::r la N'ai[fance du Roy. 77
SixCièmeDiarloguoe desichorses deifficile.s à Article concernant la TbcrÙlque. 118
mu. 1;6-
Relation de tout ce qui s'estpasséa la Reception
de Madame la Duchesse de Richelieu,
à Richelien.JJS
Relation tres-curieuse du Siegede Coron,
avec des circonstances qui n'ont point
encor estéfccrÛs, & tous les noms des
Chevaliers de Malie, tant François
qu'Etrangers qui ont effectuez. & blessez
en cette-occasîon. i^'p
MMaisoon derCtasrn.av.alet. 239 Livre 24p d'Armes.
151 IIIiroucr ardant d'une grandeur extraordinaire
,&seseffets. 252 Entrée de l'sfmbaffkdeur de Pologne a
Fontainebleau, &ses Audlances. 166
Continuation des Prreres
,
fdm tufage
<CItalie,sa'tesaux Thcatins. 272.
TOI:t ce CJHIs'ejl p4jU depuis deux mois
touchant les affaires de la Rclioion Pretendue
Reformée. 274
Norrn de ceux qui ont trouvé les véritables
mots des Enigmes du mois dernier.
ng
énigmes. 34.S
Charges remplies dans laMltifln de MonfilUr.
D:ivcertis,smemenesddeFioentasin.e3bleapu.335.111
.(]()nclHfion contenant plujieurs articles re- farvez.pour le moùprochain,356
FindelaTable
contenues dans ce Volume.
PRelude.
Statué du Roy élevée a Rut!.; Inscriptions quifom autour de cette Statuë.
5
La Nimphe de Rutl
, au Roy. il
LaFrance,auRoy. 11
Statué du Roy élevée à Caèn,&fes ln..
fcriptions
j avec le détail de toutes les
Certmonies quiJe fotit faites en cette
Dccafion. 15
Harangue faite au Roy par Mr le Recteur
de fVniverjité.H
Poème. 44.
Prix de l'Arc¡uebu'l.e. 5y
Fondationperpétuelle d'une Feflea Issoudun,.
po::r la N'ai[fance du Roy. 77
SixCièmeDiarloguoe desichorses deifficile.s à Article concernant la TbcrÙlque. 118
mu. 1;6-
Relation de tout ce qui s'estpasséa la Reception
de Madame la Duchesse de Richelieu,
à Richelien.JJS
Relation tres-curieuse du Siegede Coron,
avec des circonstances qui n'ont point
encor estéfccrÛs, & tous les noms des
Chevaliers de Malie, tant François
qu'Etrangers qui ont effectuez. & blessez
en cette-occasîon. i^'p
MMaisoon derCtasrn.av.alet. 239 Livre 24p d'Armes.
151 IIIiroucr ardant d'une grandeur extraordinaire
,&seseffets. 252 Entrée de l'sfmbaffkdeur de Pologne a
Fontainebleau, &ses Audlances. 166
Continuation des Prreres
,
fdm tufage
<CItalie,sa'tesaux Thcatins. 272.
TOI:t ce CJHIs'ejl p4jU depuis deux mois
touchant les affaires de la Rclioion Pretendue
Reformée. 274
Norrn de ceux qui ont trouvé les véritables
mots des Enigmes du mois dernier.
ng
énigmes. 34.S
Charges remplies dans laMltifln de MonfilUr.
D:ivcertis,smemenesddeFioentasin.e3bleapu.335.111
.(]()nclHfion contenant plujieurs articles re- farvez.pour le moùprochain,356
FindelaTable
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Résumé : TABLE DES MATIERES contenuës dans ce Volume.
Le document est une table des matières d'un volume historique détaillant divers événements et activités liés à un roi. Il commence par des descriptions de statues et inscriptions dédiées au roi à Rueil et Caen, ainsi que les cérémonies associées. Le texte inclut des discours et poèmes, comme la harangue du recteur de l'Université et un poème. Il mentionne la création d'une fête perpétuelle à Issoudun pour célébrer la naissance du roi et un dialogue sur des sujets complexes. Le document relate ensuite plusieurs événements, tels que la réception de la Duchesse de Richelieu à Richelieu, le siège de Corone avec la liste des chevaliers blessés, et l'entrée de l'ambassadeur de Pologne à Fontainebleau. Il aborde également des questions religieuses concernant la Religion Prétendue Réformée et présente des énigmes avec leurs solutions. Enfin, il liste les charges remplies dans la milice du monarque et annonce des événements prévus pour le mois suivant.
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207
p. 5-9
Prelude dont les veritez paroîtront incontestables à ceux qui le liront, [titre d'après la table]
Début :
Depuis que le Roy a commencé à gouverner par luy [...]
Mots clefs :
Royaume, Religion, Jansénistes, Quiétistes
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texteReconnaissance textuelle : Prelude dont les veritez paroîtront incontestables à ceux qui le liront, [titre d'après la table]
EPUIS que le Roy a
commence a gouverner
par luy mesme, quoyque son
occupation ait esté grande,
soit en paix, foien guerre, ses
premiers soins ont toûjours
regardé l'a.ccrolffcmciit3li pu-
reté, & le culce de la véritable
Religion, pour laquelle il à
toujours tout sacrifié. 'Sel
Edits sur ce sujet sont sans
nombre. Il a
contribuédans
une infinité d'endroits de fom
Royaume à l'établissement des)
Temples;il a
fait construire
celuy du Val-de Grâce qui est
une des Merveilles du Monde,
& celuy des Invalides dont roifl
les Etrangers qui lont vû onn
esté charmez. Il n'a point consideré ce que la suppression de
l'Edit de Nantes coûteroit àa
son Erat
,
& il a cru qu'il gagneroit beaucoup en donnant
j lieu à tous ses Su jets Prote stans
de sortir du Royaume. Monsieur le Chancelier leTellierJ
qui signa la Revocation de cet
Edit,s'écriaaprèsl'avoirsignée,
comme le bon homme Simeon
,
Nunc dimittis servum
tuum in pace. Paroles que le
Roy repeta souvent, en disant
qu'après la revocation de cet
Edit
y
il mourroit content, en
quelque temps qu'il plût à
Dieu de l'appeller. Il a
banni
de son Royaume, non seulement les Protestans
;
mars il a
auili obligé les Jansenistes à
reconnoistre leur erreur, &les
Quietistes à renoncer à la leur,
en sorte que l'on connoist à
present à peine dans son
Royaume, les noms de Protestans
,
de Jansenistes, & de
Quietistes. On ne doit pas s'étonner après routes ces choses,
de la grande dépense qu'il a
faite pour la nouvelle Chapelle de Versaillesàlaquelle on
travaille depuis un grand nombre d'années. Rien ne lui a
coûté pour la construction &
pour les riches ornemens de
cette Chapelle,& plus elle luy
a
coûté dans un temps si difficile, plus il s'est acquis de me-
rite auprès de Dieu. On doit
dédièr-éettt Chapelle,& y celebrer la Messe, le jour de la
Pentecôte, & il y a
lieu de
croire que le Ciel continuera
de répandre ses bénédictions
sur le Roy, à qui il n'a fait
sentir quelques adversitez, que
pour mieux faire connoistre à
toute la Terre, la grandeur de
son ame, & que dans tous les
états ouceMonarque s'e st
trouvé, il a
toûjours rendu des
graces à Dieu, comme dans sa
plus grande prosperité.
commence a gouverner
par luy mesme, quoyque son
occupation ait esté grande,
soit en paix, foien guerre, ses
premiers soins ont toûjours
regardé l'a.ccrolffcmciit3li pu-
reté, & le culce de la véritable
Religion, pour laquelle il à
toujours tout sacrifié. 'Sel
Edits sur ce sujet sont sans
nombre. Il a
contribuédans
une infinité d'endroits de fom
Royaume à l'établissement des)
Temples;il a
fait construire
celuy du Val-de Grâce qui est
une des Merveilles du Monde,
& celuy des Invalides dont roifl
les Etrangers qui lont vû onn
esté charmez. Il n'a point consideré ce que la suppression de
l'Edit de Nantes coûteroit àa
son Erat
,
& il a cru qu'il gagneroit beaucoup en donnant
j lieu à tous ses Su jets Prote stans
de sortir du Royaume. Monsieur le Chancelier leTellierJ
qui signa la Revocation de cet
Edit,s'écriaaprèsl'avoirsignée,
comme le bon homme Simeon
,
Nunc dimittis servum
tuum in pace. Paroles que le
Roy repeta souvent, en disant
qu'après la revocation de cet
Edit
y
il mourroit content, en
quelque temps qu'il plût à
Dieu de l'appeller. Il a
banni
de son Royaume, non seulement les Protestans
;
mars il a
auili obligé les Jansenistes à
reconnoistre leur erreur, &les
Quietistes à renoncer à la leur,
en sorte que l'on connoist à
present à peine dans son
Royaume, les noms de Protestans
,
de Jansenistes, & de
Quietistes. On ne doit pas s'étonner après routes ces choses,
de la grande dépense qu'il a
faite pour la nouvelle Chapelle de Versaillesàlaquelle on
travaille depuis un grand nombre d'années. Rien ne lui a
coûté pour la construction &
pour les riches ornemens de
cette Chapelle,& plus elle luy
a
coûté dans un temps si difficile, plus il s'est acquis de me-
rite auprès de Dieu. On doit
dédièr-éettt Chapelle,& y celebrer la Messe, le jour de la
Pentecôte, & il y a
lieu de
croire que le Ciel continuera
de répandre ses bénédictions
sur le Roy, à qui il n'a fait
sentir quelques adversitez, que
pour mieux faire connoistre à
toute la Terre, la grandeur de
son ame, & que dans tous les
états ouceMonarque s'e st
trouvé, il a
toûjours rendu des
graces à Dieu, comme dans sa
plus grande prosperité.
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Résumé : Prelude dont les veritez paroîtront incontestables à ceux qui le liront, [titre d'après la table]
Depuis que le roi gouverne seul, il a priorisé la pureté et le culte de la véritable religion, sacrifiant tout pour cette cause. Il a édifié des temples et des bâtiments remarquables comme le Val-de-Grâce et les Invalides, attirant l'admiration des étrangers. La révocation de l'Édit de Nantes, bien que coûteuse, a été vue comme un gain spirituel, permettant aux protestants de quitter le royaume. Le chancelier Le Tellier et le roi ont exprimé leur soulagement après cette révocation. Le roi a également banni les protestants et contraint les jansénistes et les quiétistes à reconnaître leurs erreurs. Malgré les difficultés financières, il a fait construire la nouvelle chapelle de Versailles, dédiée à célébrer la messe le jour de la Pentecôte. Le roi a toujours rendu grâce à Dieu, même dans l'adversité, démontrant ainsi la grandeur de son âme.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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208
p. 6-10
LETTRE à Monsieur Pirrhon.
Début :
La Lettre suivante est d'un des plus grands Ministres de l'Europe, & d'un / J'ai cru, avec raison, ne pouvoir mieux m'adresser qu'à vous, Monsieur, [...]
Mots clefs :
Monde, Vertus, Attention, Vice, Lieu, Vertu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à Monsieur Pirrhon.
La Lettre suivante est d'un des plus
grands Ministres de l'Europe, & d'un
Citoyen digne de l'ancienne Rome. Quoi-
que le soin de soutenir la glorte & de fai-
re le bonheur de la Suede sa Patrie, ait
paru fixer toute son attention, il est par-
venu à exceller dans la morale, dans les
Belles Lettres & dans la connoissance des
Arts, parce que les hommes de génie ont
du temps pour tout. La France qui a long
tems joui de tant de talens & de vertus a
reçu en les perdant, l'unique consolation
qu'elle pouvoit espérer: le plus ancien de
ses alliés lui a donné une nouvelle marque
de considération & d'attachement par le
choix du Successeur de M. le Comte de
Tessin.
NXX(XXXXXXIXXXXXXXI
LETTRE à Monsieur Pirrhon.
J'ai cru, avec raison, ne pouvoir
mieux m'adresser qu'à vous, Monsieur,
pour le rafinement & l'exécution
Digizes b. 009
MARS. 1752.
d'une idée, peut-être mal digerée, qui
m'est venue; mais entre vos mains elle
prendra aisément & surement, si vous
voulez vous en donner la peine, le poli,
& l'air de justesse qui lui manque dans sa
premiere naissance.
Voici ce que je défire: je voudrois quę
l'on s'appliquâs à caractériser & à analy-
ser daus les Piéces comiques, les vertus,
avec la même force, la même justesse &
le même pinceau dont jusqu'ici on a ca-
ractérisé les vices; & qu'on en fit exac-
tement voit le contraste. Par exemple, si
l'on entreprennoit de peindre le Généreux
par opposition à l'Avare; le prudent ou
l'homme de conseilspout figurer contre
l'Etourdi; le vrai Brave contre le Fanfa-
ron; l'honnente homme contre mille ca-
racteres de fourbes; le sincere obligeant
contre le Flatteur; la femme vertueuse
contre la Coquette, & ainsi des autres.
Les trais brillans du vrai mérite animę-
roient, à mon avis, pour le moins autant,
& toucheroient surement davantage, que
le ridicule du vice ne canse de l'indigna-
tion, puisque ce dernier fait quasi tou-
jours rire, & perd par-là de son effet,
au lieu que l'autre est toujours respectable,
& n'a rien qui puisse diviser ou dis-
traire l'attention.
A iiij
8 MERCUREDE FRANCE.
J'en juge par moi-même: j'aime mieux
m'appliquer à imiter les exemples ver-
tueux, qu'à connoître & fuir les vi-
cieux: les derniers par eux mêmes, ne
peuvent m'inspirer qu'une inaction, au
lieu que les autres réveillent, animent &
font agir; car la différence est très-réelle
entre n'être pas vicieux, ou être vertueux.
Je pense que tout le monde sent cela
comme moi.
Il résulte encore un autre inconvenient
de ce qu'on néglige de faire voir le bien
avec la même exactitude que le mal, en ce
que l'on voit tous les jours que pour évi-
ter l'excès que l'on représente, on tom-
be, faute de connoître le vrai, dans le
défaut contraire; de sorte que, pour se
garantir de l'avarice on devient prodi-
gue; pour n'être pas coquette, on se fait
prude; & nos jeunes gens, pour ne pas
passer pour poltrons, deviennent souvent
bretteurs.
On pourroit objecter, que ce que je
souhaite est le but des Tragédies; mais
outre qu'elles nous tracent, la plupart du
temps, des vertus ou farouches, ou uni-
quement propres à l'Héroisme, elles con-
duisent toujours à un dénouëment san-
glant, qui interesse, saisit l'attention en-
tiere, & fait négliger les caracteres.
MARS.
1752.
9
Ce n'est donc pas là ce que je deman-
de; mais des actions plus unies, des
vertus à l'usage de tout le monde & plus
à portée de l'humanité, & de la vie
journaliere; & qu'au lieu de blâmer le
vice, on s'attachât principalement à ho-
norer la vertu.
A mon avis, c'est la seule chose qui
manque au Théâtre François, d'ailleurs
si parfait, tant à l'égard des Auteurs
que des Acteurs, qu'il fait le modéle
de tous les autres Théâtres du monde,
& l'admiration d'une Nation, dont les
jugemens sur le produit de l'esprit sont
si surs & si justes.
D'où vient donc ce manquement? Se-
toit-ce que les traits grossiers du vice sont
plus aisés à faisir que les trais fins &
délicats de la vertu? Car pour le jeu du
Théâtre, il seroit le même, & je pense
que si l'on représentoit la femme sage du
monde, on y pourroit mêler des sujets
qui tenterorent fa vertu, dont les fausses
démarches produiroient des Sçenes très-
réjouissantes. En un mot, je voudrois
qu on fît du moins quelques Piéces où
le Héros fût parfait, & où l'on ne
connûnt les vices que par opposition à ce
premner perfonnage, c est-a-dire, tout
le contraire des Comédies jouées, jus-
AV
10 MERCUREDEFRANCE.
qu'ici, & que l'on donne encore jour-
nellement: & par-là on apptendroit qu'il
ne susfit point de n'être pas ingrat
mais qu'il faut être reconnoissant: que
ce n'est pas assez de ne point mentir.
mais jusqu'où il faut dire vrai: & une
infinité d'autres mérites & bienséances
dont on ignore la juste définition.
Si j'en disois davantage, je passerois
ma portée, & excederois le plan que je
me suis proposé de ne vous offrir, Mon-
sieur, qu une piéce appareillée, & qui
reste à limer par la main du Maître.
Que ne doit-on pas attendte de l'Au-
reur de Gustave?
Gustave, ce grand Roi, doit sa nouvelle gloire,
Et son nouvel éclat, Pirthon, à tes écrits,
Et son nom, justement immortel dans l'Histoire
Qui ne paroissoit plus connu qu'aux beaux esprits,
Graces à tes talens, & ta Muse feconde,
Sous des traits ravissans, reparoît dans le monde.
Je suis; avec une parfaite considération.
MONSIEUR,
Votre très-humble & très-
obéissant serviteur,
LE COMTE DE TESSIN.
grands Ministres de l'Europe, & d'un
Citoyen digne de l'ancienne Rome. Quoi-
que le soin de soutenir la glorte & de fai-
re le bonheur de la Suede sa Patrie, ait
paru fixer toute son attention, il est par-
venu à exceller dans la morale, dans les
Belles Lettres & dans la connoissance des
Arts, parce que les hommes de génie ont
du temps pour tout. La France qui a long
tems joui de tant de talens & de vertus a
reçu en les perdant, l'unique consolation
qu'elle pouvoit espérer: le plus ancien de
ses alliés lui a donné une nouvelle marque
de considération & d'attachement par le
choix du Successeur de M. le Comte de
Tessin.
NXX(XXXXXXIXXXXXXXI
LETTRE à Monsieur Pirrhon.
J'ai cru, avec raison, ne pouvoir
mieux m'adresser qu'à vous, Monsieur,
pour le rafinement & l'exécution
Digizes b. 009
MARS. 1752.
d'une idée, peut-être mal digerée, qui
m'est venue; mais entre vos mains elle
prendra aisément & surement, si vous
voulez vous en donner la peine, le poli,
& l'air de justesse qui lui manque dans sa
premiere naissance.
Voici ce que je défire: je voudrois quę
l'on s'appliquâs à caractériser & à analy-
ser daus les Piéces comiques, les vertus,
avec la même force, la même justesse &
le même pinceau dont jusqu'ici on a ca-
ractérisé les vices; & qu'on en fit exac-
tement voit le contraste. Par exemple, si
l'on entreprennoit de peindre le Généreux
par opposition à l'Avare; le prudent ou
l'homme de conseilspout figurer contre
l'Etourdi; le vrai Brave contre le Fanfa-
ron; l'honnente homme contre mille ca-
racteres de fourbes; le sincere obligeant
contre le Flatteur; la femme vertueuse
contre la Coquette, & ainsi des autres.
Les trais brillans du vrai mérite animę-
roient, à mon avis, pour le moins autant,
& toucheroient surement davantage, que
le ridicule du vice ne canse de l'indigna-
tion, puisque ce dernier fait quasi tou-
jours rire, & perd par-là de son effet,
au lieu que l'autre est toujours respectable,
& n'a rien qui puisse diviser ou dis-
traire l'attention.
A iiij
8 MERCUREDE FRANCE.
J'en juge par moi-même: j'aime mieux
m'appliquer à imiter les exemples ver-
tueux, qu'à connoître & fuir les vi-
cieux: les derniers par eux mêmes, ne
peuvent m'inspirer qu'une inaction, au
lieu que les autres réveillent, animent &
font agir; car la différence est très-réelle
entre n'être pas vicieux, ou être vertueux.
Je pense que tout le monde sent cela
comme moi.
Il résulte encore un autre inconvenient
de ce qu'on néglige de faire voir le bien
avec la même exactitude que le mal, en ce
que l'on voit tous les jours que pour évi-
ter l'excès que l'on représente, on tom-
be, faute de connoître le vrai, dans le
défaut contraire; de sorte que, pour se
garantir de l'avarice on devient prodi-
gue; pour n'être pas coquette, on se fait
prude; & nos jeunes gens, pour ne pas
passer pour poltrons, deviennent souvent
bretteurs.
On pourroit objecter, que ce que je
souhaite est le but des Tragédies; mais
outre qu'elles nous tracent, la plupart du
temps, des vertus ou farouches, ou uni-
quement propres à l'Héroisme, elles con-
duisent toujours à un dénouëment san-
glant, qui interesse, saisit l'attention en-
tiere, & fait négliger les caracteres.
MARS.
1752.
9
Ce n'est donc pas là ce que je deman-
de; mais des actions plus unies, des
vertus à l'usage de tout le monde & plus
à portée de l'humanité, & de la vie
journaliere; & qu'au lieu de blâmer le
vice, on s'attachât principalement à ho-
norer la vertu.
A mon avis, c'est la seule chose qui
manque au Théâtre François, d'ailleurs
si parfait, tant à l'égard des Auteurs
que des Acteurs, qu'il fait le modéle
de tous les autres Théâtres du monde,
& l'admiration d'une Nation, dont les
jugemens sur le produit de l'esprit sont
si surs & si justes.
D'où vient donc ce manquement? Se-
toit-ce que les traits grossiers du vice sont
plus aisés à faisir que les trais fins &
délicats de la vertu? Car pour le jeu du
Théâtre, il seroit le même, & je pense
que si l'on représentoit la femme sage du
monde, on y pourroit mêler des sujets
qui tenterorent fa vertu, dont les fausses
démarches produiroient des Sçenes très-
réjouissantes. En un mot, je voudrois
qu on fît du moins quelques Piéces où
le Héros fût parfait, & où l'on ne
connûnt les vices que par opposition à ce
premner perfonnage, c est-a-dire, tout
le contraire des Comédies jouées, jus-
AV
10 MERCUREDEFRANCE.
qu'ici, & que l'on donne encore jour-
nellement: & par-là on apptendroit qu'il
ne susfit point de n'être pas ingrat
mais qu'il faut être reconnoissant: que
ce n'est pas assez de ne point mentir.
mais jusqu'où il faut dire vrai: & une
infinité d'autres mérites & bienséances
dont on ignore la juste définition.
Si j'en disois davantage, je passerois
ma portée, & excederois le plan que je
me suis proposé de ne vous offrir, Mon-
sieur, qu une piéce appareillée, & qui
reste à limer par la main du Maître.
Que ne doit-on pas attendte de l'Au-
reur de Gustave?
Gustave, ce grand Roi, doit sa nouvelle gloire,
Et son nouvel éclat, Pirthon, à tes écrits,
Et son nom, justement immortel dans l'Histoire
Qui ne paroissoit plus connu qu'aux beaux esprits,
Graces à tes talens, & ta Muse feconde,
Sous des traits ravissans, reparoît dans le monde.
Je suis; avec une parfaite considération.
MONSIEUR,
Votre très-humble & très-
obéissant serviteur,
LE COMTE DE TESSIN.
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209
p. 3-8
Prelude nouveau. [titre d'après la table]
Début :
MADEMOISELLE, Vous êtes curieuse, c'est vrayement fort bien fait [...]
Mots clefs :
Lettre, Mademoiselle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prelude nouveau. [titre d'après la table]
ADEMOISELLE,
Vous cccs curieuse
,
c'est
vrayement fort bien fait, & il
sied toujours bien aux jeunes
personnes de comme vous, vouloir s'instruirede bonneheure,
des affaires dumon,
deVous vous adressàmoy
pourcela, & vous avez raifipn,
puisque je suis, en dépit
des uns,& fous le bon plaisir
des autres ,
le porte fciiillc dix
Public. Il y ades tems 'où le
hazard me remplie d'assez
bonnes choses,& d'autres, ou
les Nouvelles serieuses & galantes
sont plus steriles& plus
froides; mais vous [avcz qu'il
faut
, comme l'on dit, prendre
letemscommeil vient:
J'avois refolud'abord devous
té.rirc une Lettre rendre, parcequej'ay
connu du premier
coup d'oeil les heureuses dispositions
que vous avez à la rendresse.
je le ferois encore ,
si
tout le monde avoit ce doux
penchant comme vous; mais
ce monde dont je dois vous entretenir
,
Mademoiselle
,
est
plein de Censeursqui ne font
le plus souvent guere amoureux
,
& les beaux discours
que je vous tiendrois sur ce
Chapitre, ne manqueroient
pas d'êtreépluchez
,
épiloguez,
& dénigrez d'un bout à
l'autre, par l'insatiable critique;
ainsi croyezmoy , en attendant
que je vous écrive une
Lettre que je feray sur que
vous ne montrerez pas à tous
les Curieux, comme celle ci,
lisez sans consequencetoutce
que je vais vous presenter. Ily
aura cependant (& je vous le
dis entre nous deux) de l'amour
par-cy ,
par-là, si vous
m'entendez comme je le fouhatte,
vous en ferez l'application
qui nous conviendra Ne
rougissez pas de cette proposition
,
j'cn ay dit autant à bien
d'autres, sans qu'il en ait été
ni plus ni moins: & vous sereztoûjours
la Maîtressede me
faire rentrer dans mon devoir.
sivousvousappercevez que je
m'écartequelquefois des bornes
de la discretion que me
prescrivent les égards que je
vous dois. Votia ma dedaraoori
qui ne une paroît pas mal
troussee
,
je vous donne trois
mois pour étudier la réponle
quevousiugerez à propos de
me faire.Si je n'avois pas l'honneur
de vous connoître plus
particulièrement que la Dame
du mois passé
,
je vous la demanderois
tout à l'heure pour
faire connoissance ; mais cela
lûtt pas necessaire, & nous
avons, tous deux le tems d'aclehdres
je vous invite ccpcndaot-
à- lire autre:chose, nous
reprendronsnôtretextequand ilnous plaira.
Vous cccs curieuse
,
c'est
vrayement fort bien fait, & il
sied toujours bien aux jeunes
personnes de comme vous, vouloir s'instruirede bonneheure,
des affaires dumon,
deVous vous adressàmoy
pourcela, & vous avez raifipn,
puisque je suis, en dépit
des uns,& fous le bon plaisir
des autres ,
le porte fciiillc dix
Public. Il y ades tems 'où le
hazard me remplie d'assez
bonnes choses,& d'autres, ou
les Nouvelles serieuses & galantes
sont plus steriles& plus
froides; mais vous [avcz qu'il
faut
, comme l'on dit, prendre
letemscommeil vient:
J'avois refolud'abord devous
té.rirc une Lettre rendre, parcequej'ay
connu du premier
coup d'oeil les heureuses dispositions
que vous avez à la rendresse.
je le ferois encore ,
si
tout le monde avoit ce doux
penchant comme vous; mais
ce monde dont je dois vous entretenir
,
Mademoiselle
,
est
plein de Censeursqui ne font
le plus souvent guere amoureux
,
& les beaux discours
que je vous tiendrois sur ce
Chapitre, ne manqueroient
pas d'êtreépluchez
,
épiloguez,
& dénigrez d'un bout à
l'autre, par l'insatiable critique;
ainsi croyezmoy , en attendant
que je vous écrive une
Lettre que je feray sur que
vous ne montrerez pas à tous
les Curieux, comme celle ci,
lisez sans consequencetoutce
que je vais vous presenter. Ily
aura cependant (& je vous le
dis entre nous deux) de l'amour
par-cy ,
par-là, si vous
m'entendez comme je le fouhatte,
vous en ferez l'application
qui nous conviendra Ne
rougissez pas de cette proposition
,
j'cn ay dit autant à bien
d'autres, sans qu'il en ait été
ni plus ni moins: & vous sereztoûjours
la Maîtressede me
faire rentrer dans mon devoir.
sivousvousappercevez que je
m'écartequelquefois des bornes
de la discretion que me
prescrivent les égards que je
vous dois. Votia ma dedaraoori
qui ne une paroît pas mal
troussee
,
je vous donne trois
mois pour étudier la réponle
quevousiugerez à propos de
me faire.Si je n'avois pas l'honneur
de vous connoître plus
particulièrement que la Dame
du mois passé
,
je vous la demanderois
tout à l'heure pour
faire connoissance ; mais cela
lûtt pas necessaire, & nous
avons, tous deux le tems d'aclehdres
je vous invite ccpcndaot-
à- lire autre:chose, nous
reprendronsnôtretextequand ilnous plaira.
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210
p. 2-7
Déclaration du Roy, [titre d'après la table]
Début :
Parmy les Affaires importantes ausquelles ce grand Prince employe souvent [...]
Mots clefs :
Affaires, Hérésie, Protestants, Articles, Édit de Nantes, Culte, Juges, Intendants, Prétendus réformés, Arrêts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Déclaration du Roy, [titre d'après la table]
Parmy
GALANT 3
les Affaires importantes aufquelles
ce grand Prince employe
fouvent les journées
entieres , il ne s'applique à
aucune avec plus d'attention
, qu'à ce qui regarde
1'Extirpation de l'Heréfie .
Cela fe connoift par les Déclarations
que l'on continue
à publier contre les abus qui
ont efté jufqu'icy fouferts
aux Prétendus Reformez.
Quoy que par l'Article 43.
des Particuliers de l'Edit de
Nantes , il ne leur foit permis
de lever fur eux que
des fommes néceffaires pour
A ij
4 MERCURE
les frais de leurs Sinodes, &
pour l'exercice de leur Religion
, dont ils doivent faire
le Département en préfence
des Juges Royaux des Lieux ,
ce qui a efté confirmé par
les Articles 11. & 35 , de la
Déclaration de Sa Majefté
du premier Janvier 1669.
neanmoins il eſt arrivé qu'abufant
de cette Permiflion,
ils ont fait en divers Lieux
des Impofitions fur eux- mémes
, de leur autorité privée,
& fans l'affiftance des Juges ,
& en d'autres impofé diverfes
fommes pour des ufages
GALANT. 5
5 A
illicites. Le Roy qui en a
efté informé , jugeant à propos
de remédier à ce defordre
, a ordonné , Que les
Habitans de la Religion Préten
due Réformée feront tenus de
reprefenter pardevant les Intendans
Commiffaires départis
dans les Provinces & Generalitez
du Royaume , les Origi
naux des Etats d'Impofitions, e
Départemens par eux faits fur
eux-mefmes depuis vingt- neuf
années , avec les Comptes qui
en ont efté rendus , les Piéces
juftificatives , Registres , & autres
Actes , afin que les Inten
6 MERCURE
7.
a
le
dans & Commiffaires départis
en ayant dreffe leurs Procez Verbaux,
qu'on rapportera à Sa Majeſté
avec leurs Avis , il foit ordonné
ce qu'il appartiendra ; autrement,
& à faute par ceux
de cette Religion d'y fatisfaire
dans le delay d'un mois apres
jour de la fignification de l'Arreft
donné fur cc fujet , Sa Majefté
leur fait défenfes de faire
aucunes Impofitions fans fa permiffion
expreffe , à peine d'eftre
વે
punis felon la rigueur des Ordonnances
; & à fes Officiers,
d'autorifer ces Impofitions , à moins
qu'ils ne juftifient par un Cer
GALANT. 7
tificat des Intendans Commiffaires
départis , qu'ils auront
fatisfait à l'Arrest ; fans préjudice
neanmoins des Contrainles
Intendans
tes par corps que
Commiffaires
départis pourront
décerner contre les Anciens
Syndics de chaque année.
GALANT 3
les Affaires importantes aufquelles
ce grand Prince employe
fouvent les journées
entieres , il ne s'applique à
aucune avec plus d'attention
, qu'à ce qui regarde
1'Extirpation de l'Heréfie .
Cela fe connoift par les Déclarations
que l'on continue
à publier contre les abus qui
ont efté jufqu'icy fouferts
aux Prétendus Reformez.
Quoy que par l'Article 43.
des Particuliers de l'Edit de
Nantes , il ne leur foit permis
de lever fur eux que
des fommes néceffaires pour
A ij
4 MERCURE
les frais de leurs Sinodes, &
pour l'exercice de leur Religion
, dont ils doivent faire
le Département en préfence
des Juges Royaux des Lieux ,
ce qui a efté confirmé par
les Articles 11. & 35 , de la
Déclaration de Sa Majefté
du premier Janvier 1669.
neanmoins il eſt arrivé qu'abufant
de cette Permiflion,
ils ont fait en divers Lieux
des Impofitions fur eux- mémes
, de leur autorité privée,
& fans l'affiftance des Juges ,
& en d'autres impofé diverfes
fommes pour des ufages
GALANT. 5
5 A
illicites. Le Roy qui en a
efté informé , jugeant à propos
de remédier à ce defordre
, a ordonné , Que les
Habitans de la Religion Préten
due Réformée feront tenus de
reprefenter pardevant les Intendans
Commiffaires départis
dans les Provinces & Generalitez
du Royaume , les Origi
naux des Etats d'Impofitions, e
Départemens par eux faits fur
eux-mefmes depuis vingt- neuf
années , avec les Comptes qui
en ont efté rendus , les Piéces
juftificatives , Registres , & autres
Actes , afin que les Inten
6 MERCURE
7.
a
le
dans & Commiffaires départis
en ayant dreffe leurs Procez Verbaux,
qu'on rapportera à Sa Majeſté
avec leurs Avis , il foit ordonné
ce qu'il appartiendra ; autrement,
& à faute par ceux
de cette Religion d'y fatisfaire
dans le delay d'un mois apres
jour de la fignification de l'Arreft
donné fur cc fujet , Sa Majefté
leur fait défenfes de faire
aucunes Impofitions fans fa permiffion
expreffe , à peine d'eftre
વે
punis felon la rigueur des Ordonnances
; & à fes Officiers,
d'autorifer ces Impofitions , à moins
qu'ils ne juftifient par un Cer
GALANT. 7
tificat des Intendans Commiffaires
départis , qu'ils auront
fatisfait à l'Arrest ; fans préjudice
neanmoins des Contrainles
Intendans
tes par corps que
Commiffaires
départis pourront
décerner contre les Anciens
Syndics de chaque année.
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Résumé : Déclaration du Roy, [titre d'après la table]
Le texte décrit les mesures prises par un grand prince pour contrer les abus commis par les réformés, malgré les dispositions de l'Édit de Nantes et des déclarations royales qui autorisent ces derniers à lever des fonds pour leurs synodes et pratiques religieuses sous supervision judiciaire. Des abus ont été relevés, notamment des impositions sans l'assistance des juges et des levées de fonds à des fins illicites. Informé de ces abus, le roi a ordonné aux réformés de présenter aux intendants et commissaires provinciaux les documents relatifs aux impositions et départements des vingt-neuf dernières années, ainsi que les comptes et justificatifs. Les intendants doivent dresser des procès-verbaux et les soumettre au roi avec leurs avis pour déterminer les mesures à prendre. À défaut de réponse satisfaisante dans un mois, toute imposition sans permission royale est interdite, sous peine de sanctions. Les officiers ne peuvent autoriser ces impositions sans certificat des intendants. Ces derniers peuvent également contraindre les anciens syndics par corps.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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211
s. p.
AU TRÈS SERENISSIME ET TRÈS PUISSANT GRAND SEIGNEUR CZAR PIERRE ALEXIEWITZ, Monarque de toute la Grande Mineure & Blanche Russie, de Moscowie, de Kiovie, de Volodimer & de Novogrod, CZAR de Casan, CZAR d'Astracan, CZAR de Siberie, Souverain de Pleskof ; Grand Duc de Smolensko, de Twer, de Jugor, de Perme, de Viatka, de Bolgarie, & des autres Duchez, Souverain & Grand Duc de Novogrod, la Basse de Czerniof, de Resan, de Rostof, de Jaroslavie, de Bielozero, d'Udorie, d'Obdorie, de Candinie, & de toute la Côte du Nord ; Souverain d'Ivetie, des Princes de Cartalinie & de Gruzinie, des Païs de Cabardin, des Princes de Circassie & de Georgie, & de plusieurs autres Etats & Provinces de l'Orient, de l'Occident & du Nord ; Heritier & Successeur Empereur de la Grande Russie.
Début :
SIRE, Je serois trop hûreux, si je pouvois me promettre [...]
Mots clefs :
Majesté, Épître, Tsar, Souverain
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texteReconnaissance textuelle : AU TRÈS SERENISSIME ET TRÈS PUISSANT GRAND SEIGNEUR CZAR PIERRE ALEXIEWITZ, Monarque de toute la Grande Mineure & Blanche Russie, de Moscowie, de Kiovie, de Volodimer & de Novogrod, CZAR de Casan, CZAR d'Astracan, CZAR de Siberie, Souverain de Pleskof ; Grand Duc de Smolensko, de Twer, de Jugor, de Perme, de Viatka, de Bolgarie, & des autres Duchez, Souverain & Grand Duc de Novogrod, la Basse de Czerniof, de Resan, de Rostof, de Jaroslavie, de Bielozero, d'Udorie, d'Obdorie, de Candinie, & de toute la Côte du Nord ; Souverain d'Ivetie, des Princes de Cartalinie & de Gruzinie, des Païs de Cabardin, des Princes de Circassie & de Georgie, & de plusieurs autres Etats & Provinces de l'Orient, de l'Occident & du Nord ; Heritier & Successeur Empereur de la Grande Russie.
AU TRÈS SERENISSIME
ET TRÈS PUISSANT
GRAND SEIGNEUR
CZAR
PIERRE ALEXIEWITZ,
Monarque de toute la Grande Mineure &
Blanche Russie, de Moscowie, de Kiovie,
de Volodimer & de Novogrod, CZAR
de Casan, CZAR d'Astracan, CZAR
de Siberie, Souverain de Pleskof ; Grand
Duc de Smolensko, de Twer, de Jugor,
de Perme, de Viatka, de Bolgarie, &
des autres Duchez, Souverain & Grand
Duc de Novogrod, la Basse de Czerniof,
de Resan, de Rostof, de Jaroslavie, de
Bielozero, d'Udorie, d'Obdorie, de
Candinie, & de toute la Côte du Nord ;
Souverain d'Ivetie, des Princes de Cartalinie
& de Gruzinie, des Païs de Cabardin,
des Princes de Circassie & de
Georgie, & de plusieurs autres Etats &
Provinces de l'Orient, de l'Occident &
du Nord ; Heritier & Successeur Empereur
de la Grande Russie.
SIRE,
Je serois trop hûreux, si je pouvois me promettre
à ij
EPITRE.
de la
part de VOTRE MAJESTE,
pour mon Ouvrage, l'accueil
favorable dont je me tiens
assuré de la part du Public:
Comme les François jouissent
du plaisir de voir le Heros
que la Renommée leur a tant
vanté; ils seront charmés de
trouver dans ce Recieil His-
torique, un Tissu fidele des
Evenemens de son Régne.
VOTRE MAJESTE
peut juger des sentimens qu'
Elle a fait naître dans leurs
coeurs, par le vif empresse-
ment avec lequel ils accourent
à Elle, toutes les fois qu'Elle
EPITRE
a la bonté de se faire voir;
Envain veut-Elle se derober
à leur curiosité, ils surpren-
nent bien- tôt le Roy sous
lhabit du Particulier; ils y
découvrent de cesTraits majes-
tueux, que les Dieux mêmes,
selon les Poëtes, ne pouvoient
tout-à-fait voiler aux yeux
des Mortels.
Ces Dieux de la Fable
furent des Héros de l'Histoire;
des Souverains, comme Vô-
TRE MAJESTE, que
leurs Peuples diviniserent
pour éterniser la Mémoire des
avantages qu'ils avoient
procure: a leurs Etats, en les
älij
EPITRE.
décorant de toutes les Riches-
ses, soit Politiques, soit Mo-
rales, qu ils avoieni recueillies
chez les Nations Etrangéres.
Si VOTRe MAJESTE
fut nee dans ces Tems Héroi-
ques, on lui auroit élevé des
Temples; mais, au défaut d'Au-
tels, l'Histoire & la Tra-
dition feront passer aux sié-
clesles plus reculés, les Mer-
veilles de Votre Régne. Le
Grand Empire que vous avés
pour ainsi dire, degrossi &
forme, n'est pas encore à
beaucoup près, monte au point
de splendeur où Vôtre Sa-
gesse le veut élever. Elle
EPITRE.
mettra sans doute le specta-
cle de la France, au nombre
des plus utiles qui se soient
offerrs à Elle. VOTRE
MAJESTe voit sous le
Prince qui nous gouverne, un
Ministère qui concilie par-
faitement la Douceur & l'Au-
torité : Elle voit des Peuples
moins soummis par la Crainte
que par l'Amour: Elle voit
enfin toutes les Sçiences,
&tous les Arts, portés
à ce haut dégré, qui font
l'objer de l'attention de Vô-
TRE MAJESTE, &
qu'Elle proposera à ses Su-
jets, comme l'Objet de leur
EPITRE.
Emulation. Je suis avec un
trés profond respect,
SIRE,
DE VOS
ESTE
Le trés-humble & trés-
obéissant Serviteur,
BUCHET.
ET TRÈS PUISSANT
GRAND SEIGNEUR
CZAR
PIERRE ALEXIEWITZ,
Monarque de toute la Grande Mineure &
Blanche Russie, de Moscowie, de Kiovie,
de Volodimer & de Novogrod, CZAR
de Casan, CZAR d'Astracan, CZAR
de Siberie, Souverain de Pleskof ; Grand
Duc de Smolensko, de Twer, de Jugor,
de Perme, de Viatka, de Bolgarie, &
des autres Duchez, Souverain & Grand
Duc de Novogrod, la Basse de Czerniof,
de Resan, de Rostof, de Jaroslavie, de
Bielozero, d'Udorie, d'Obdorie, de
Candinie, & de toute la Côte du Nord ;
Souverain d'Ivetie, des Princes de Cartalinie
& de Gruzinie, des Païs de Cabardin,
des Princes de Circassie & de
Georgie, & de plusieurs autres Etats &
Provinces de l'Orient, de l'Occident &
du Nord ; Heritier & Successeur Empereur
de la Grande Russie.
SIRE,
Je serois trop hûreux, si je pouvois me promettre
à ij
EPITRE.
de la
part de VOTRE MAJESTE,
pour mon Ouvrage, l'accueil
favorable dont je me tiens
assuré de la part du Public:
Comme les François jouissent
du plaisir de voir le Heros
que la Renommée leur a tant
vanté; ils seront charmés de
trouver dans ce Recieil His-
torique, un Tissu fidele des
Evenemens de son Régne.
VOTRE MAJESTE
peut juger des sentimens qu'
Elle a fait naître dans leurs
coeurs, par le vif empresse-
ment avec lequel ils accourent
à Elle, toutes les fois qu'Elle
EPITRE
a la bonté de se faire voir;
Envain veut-Elle se derober
à leur curiosité, ils surpren-
nent bien- tôt le Roy sous
lhabit du Particulier; ils y
découvrent de cesTraits majes-
tueux, que les Dieux mêmes,
selon les Poëtes, ne pouvoient
tout-à-fait voiler aux yeux
des Mortels.
Ces Dieux de la Fable
furent des Héros de l'Histoire;
des Souverains, comme Vô-
TRE MAJESTE, que
leurs Peuples diviniserent
pour éterniser la Mémoire des
avantages qu'ils avoient
procure: a leurs Etats, en les
älij
EPITRE.
décorant de toutes les Riches-
ses, soit Politiques, soit Mo-
rales, qu ils avoieni recueillies
chez les Nations Etrangéres.
Si VOTRe MAJESTE
fut nee dans ces Tems Héroi-
ques, on lui auroit élevé des
Temples; mais, au défaut d'Au-
tels, l'Histoire & la Tra-
dition feront passer aux sié-
clesles plus reculés, les Mer-
veilles de Votre Régne. Le
Grand Empire que vous avés
pour ainsi dire, degrossi &
forme, n'est pas encore à
beaucoup près, monte au point
de splendeur où Vôtre Sa-
gesse le veut élever. Elle
EPITRE.
mettra sans doute le specta-
cle de la France, au nombre
des plus utiles qui se soient
offerrs à Elle. VOTRE
MAJESTe voit sous le
Prince qui nous gouverne, un
Ministère qui concilie par-
faitement la Douceur & l'Au-
torité : Elle voit des Peuples
moins soummis par la Crainte
que par l'Amour: Elle voit
enfin toutes les Sçiences,
&tous les Arts, portés
à ce haut dégré, qui font
l'objer de l'attention de Vô-
TRE MAJESTE, &
qu'Elle proposera à ses Su-
jets, comme l'Objet de leur
EPITRE.
Emulation. Je suis avec un
trés profond respect,
SIRE,
DE VOS
ESTE
Le trés-humble & trés-
obéissant Serviteur,
BUCHET.
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211
AU TRÈS SERENISSIME ET TRÈS PUISSANT GRAND SEIGNEUR CZAR PIERRE ALEXIEWITZ, Monarque de toute la Grande Mineure & Blanche Russie, de Moscowie, de Kiovie, de Volodimer & de Novogrod, CZAR de Casan, CZAR d'Astracan, CZAR de Siberie, Souverain de Pleskof ; Grand Duc de Smolensko, de Twer, de Jugor, de Perme, de Viatka, de Bolgarie, & des autres Duchez, Souverain & Grand Duc de Novogrod, la Basse de Czerniof, de Resan, de Rostof, de Jaroslavie, de Bielozero, d'Udorie, d'Obdorie, de Candinie, & de toute la Côte du Nord ; Souverain d'Ivetie, des Princes de Cartalinie & de Gruzinie, des Païs de Cabardin, des Princes de Circassie & de Georgie, & de plusieurs autres Etats & Provinces de l'Orient, de l'Occident & du Nord ; Heritier & Successeur Empereur de la Grande Russie.
212
p. 8-14
REFLEXIONS SUR LE GOUT.
Début :
La décadence du goût contre laquelle on avoit commencé à s'élever sur les [...]
Mots clefs :
Goût, Réflexions, Luxe, Talents, Musique, Poésie, Peinture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REFLEXIONS SUR LE GOUT.
REFLEXIONS
SUR LE GOU T.
A décadence du goût contre laquelle
L'on
on avoit commencé à s'élever fur les
dernieres années de Louis XIV , eft aujourd'hui
fenfible. La fcience eft devenue
portative , elle eft renfermée dans cinq
ou fix volumes in- 12 : on pourroit prédans
peu
elle ne formera qu'un
fumer que
almanach
.
M. de Voltaire fait à Colmar des livres
qui demeurent inconnus , ou ne parviennent
pas au -delà de Thanne & de Scheleftat
. Il continue à fon aife fes Annales de
l'Empire & fon Hiftoire univerfelle , fans
qu'on s'en embarraffe ; le titre même de
fes autres ouvrages eft ignoré.
Il ne paroit prefque plus de plus de livres
nouveaux. L'Auteur ou l'Imprimeur s'y
ruinent , felon que les frais de l'impreffion
tombent fur l'un ou fur l'autre .
La plupart des arts utiles ne fe confervent
que par la routine des vieux ouvriers ;
* Il me femble qu'on ne doit pas fe plaindre de
la quantité ni du débit ; c'eft fur la qualité qu'on
peut fe récrier.
AVRIL. 1755.
•
c'eft fur de tels appuis que roulent nos
manufactures. Les directeurs & les maîtres
ne fçauroient pas conduire leurs travaux
.
+
On fe plaint généralement du peu de
vigueur qu'on voit aujourd'hui dans la
circulation du commerce : il faudroit fe
plaindre du peu d'amour qu'on a pour les
arts * .
La recherche des commodités de la vie
& la jouiffance des plaifirs délicats font
devenues une occupation férieufe , & femblent
confondre prefque tous les états.
Quand un Artiſte a travaillé pour les
commodités d'autrui , il abandonne fon
talent , & emploie fon gain à faire travailler
pour les fiennes .
Les fages politiques qui ont cherché à
introduire le luxe , ont mal réuffi ....
( Пy a ici une lacune ) . ༡
L'excès du luxe ne peut pas nuire ;
cela n'eft vrai en bonne politique qu'en
fuppofant qu'an Marchand qui tiendra
table ouverte & donnera des concerts
ne fermera pas fa boutique ; qu'un Tailleur
qui roulera carroffe , ne ceffera pas
de faire des habits * ; mais le nombre des
Je crois que cette partie eft très- cultivée à
bien des égards .
* Le fameux P .... fait plus d'habits & d'envois
* A v
10 MERCURE DE FRANCE.
ouvriers diminuant tous les jours , on eft
obligé d'augmenter le prix des marchandifes'
, & là même d'en rendre la confompar
mation plus difficile . Rien ne prouve mieux
la richeffe d'un Etat , ou la circulation du
commerce , que le bon marché auquel on
achete tout ce qui fert aux befoins & aux
commodités de la vie . * Ainfi l'abus du
luxe ne confifte pas en ce qu'on dépenfe
trop ; mais en ce que , par un faux éclat
qu'on attache au luxe , on méprife , ou du
moins on délaiffe les arts , & on ne travaille
pas affez .
Le rapport intime d'un luxe exceffif
avec la décadence des arts , eft une de ces
vérités qui ne font pas affez connues ; les
conféquences de l'un à l'autre ne font
pas
auffi éloignées qu'elles le paroiffent.
A peine a-t- on acquis un état au-deffus
du commun du peuple , qu'on afpire à
fentir toute la fineffe que l'imagination a
inventée dans les plaifirs de pur agrément.
On veut être auffi -tôt Peintre , Poëte &
qu'il n'en a jamais faits , quoiqu'il ait depuis longtems
équipage , & le nombre de fes garçons augmente
toutes les années.
* Les provinces de France où on vit à meilleur
compte , font au contraire les moins riches , &
c'eft dans les villes où le commerce fleurit le
plus , que tout eft le plus cher.
AVRIL. 1755. II
Muficien : on aime ces talens , parce qu'ils
font rares , & qu'ils fervent beaucoup à la
parure de l'efprit : auffi nous donnent - ils
lieu de connoître la meſure des lumieres
générales , & la trempe du goût .
Rien n'eft plus commun que de trouver
ce qu'on appelle des connoiffeurs en Peinture
, en Poëfie & en Mufique , mais on
trouve rarement des gens qui fçachent
diftinguer feulement un tableau de Raphael
d'avec un de Teniers ; on parle de
coloris & de coftume fans fçavoir ce que
ces mots fignifient . En voici la preuve.
Vanloo ou Reftout trouveront deux mille
livres d'un ouvrage qui leur aura coûté
un an de travail : un barbouilleur de cabinets
& d'alcoves gagnera dix ou douze
mille livres dans cet intervalle. Tout Paris
s'empreffera de voir des peintures groffieres
qui tapifferont le bureau ou la falle
à manger d'un particulier * ; peu de monde
ira vifiter des chefs- d'oeuvres expofés au
vieux Louvre.
On fe pique de fe connoître en poëfie ,
& de l'aimer. M. de Crébillon donne une
tragédie nouvelle ; on en parle le premier
jour à un fouper : d'ailleurs on n'eft pas au
* Cette accufation eft exagérée . Le public a
couru voir en foule les tableaux expoſés dans le
dernier fallon.
A vj
12 MERCURE DE FRANCE .
tant affecté de cet événement qu'on l'étoit
autrefois d'un quatrain de Benferade.
On s'attache encore plus à prouver fon
goût pour la mufique ; cependant l'auteur
de Titon & l'Aurore expofe au goût du
public une Paftorale languedocienne ; on
la trouve d'abord froide , languiffante , &
d'une bizarrerie infoutenable ; la falle du
fpectacle eft deferte pendant un tems.
Quelques perfonnes dont le bon goût ne
peut être contredit , ayant difcerné la tendreffe
naïve & touchante qui regne dans
cet agréable ouvrage , en ont empêché la
chûte.
Théfée fervira mieux d'exemple . En
vain les bons juges ont admiré la profonde
harmonie de cet Opéra mâle & vigoureux ,
ils n'ont pu garantir Lulli de l'infulte qu'on
a faite à fes cendres. On a écouté de fangfroid
les fons raviffans de la charmante
Fel & de l'incomparable Jeliotte , les nobles
tranfports de Mlle Chevalier , & les
reftes précieux des accens majestueux de
Chaffe ; à peine a-t-on encouragé par quelques
applaudiffemens Mlle Davaux , qui
par les progrès qu'elle a faits depuis quel
que tems , donne de fi grandes efpérances.
La mufique de Lulli a été goutée par trop
de monde ; c'est pourquoi elle ne l'eft plus
AVRIL. 1755.
13
tant aujourd'hui . S'il étoit auffi facile
d'acquerir les talens que de fe revêtir d'une
nouvelle parure , les arts changeroient
comme les modes ; le nombre des connoiffeurs
fe multiplieroit avec rapidité ; &
comme pour un bon connoiffeur il y en a
cent de mauvais , le goût feroit immolé ,
plutôt qu'il ne l'eft , à la pluralité des fuffrages
: car il ne faut pas croire ce qui fe
dit vulgairement , que les changemens du
goût font le fruit de l'inconftance ; nous
devons dire au contraire , que l'inconf
tance eft l'afyle du goût . La délicateſſe &
la fenfibilité qui le caractériſent , le rendent
incompatible avec cette foule tranchante
d'afpirans préfomptueux dont il eft affiégé :
il fuit , il fe déguife , il invente ; mais
toujours également pourfuivi , il eft contraint
de céder à la force , il difparoît.
La face de la terre fe couvre de ténébres.
A des fiécles éclairés fuccédent des
tems de barbarie , où les hommes connoiffent
à peine les loix de l'humanité. L'hiftoire
nous a laiffé deux époques d'un pareil
defordre qu'il feroit à fouhaiter que
la postérité n'eût pas à nous accufer d'avoir
commencé la troifiéme ! Pour éviter
cette accufation , nous ne fçaurions trop
nous attacher à connoître les véritables
talens , & à n'honorer & à ne récompen14
MERCURE DE FRANCE.
fer que ceux -là . Bien des perfonnes qui
vivent dans le découragement , feront valoir
des talens qu'ils facrifient à l'incerti
tude des récompenfes : nous mettrons un
frein au mauvais goût , ceux qui n'auront
point de talent pour un genre en embrafferont
quelque autre qui leur fera profitable,
&
peu à pen
, chacun
rentrant
dans
fa
fphere & confultant fon génie , travaillera
pour fa patrie en travaillant pour lui-même.
SUR LE GOU T.
A décadence du goût contre laquelle
L'on
on avoit commencé à s'élever fur les
dernieres années de Louis XIV , eft aujourd'hui
fenfible. La fcience eft devenue
portative , elle eft renfermée dans cinq
ou fix volumes in- 12 : on pourroit prédans
peu
elle ne formera qu'un
fumer que
almanach
.
M. de Voltaire fait à Colmar des livres
qui demeurent inconnus , ou ne parviennent
pas au -delà de Thanne & de Scheleftat
. Il continue à fon aife fes Annales de
l'Empire & fon Hiftoire univerfelle , fans
qu'on s'en embarraffe ; le titre même de
fes autres ouvrages eft ignoré.
Il ne paroit prefque plus de plus de livres
nouveaux. L'Auteur ou l'Imprimeur s'y
ruinent , felon que les frais de l'impreffion
tombent fur l'un ou fur l'autre .
La plupart des arts utiles ne fe confervent
que par la routine des vieux ouvriers ;
* Il me femble qu'on ne doit pas fe plaindre de
la quantité ni du débit ; c'eft fur la qualité qu'on
peut fe récrier.
AVRIL. 1755.
•
c'eft fur de tels appuis que roulent nos
manufactures. Les directeurs & les maîtres
ne fçauroient pas conduire leurs travaux
.
+
On fe plaint généralement du peu de
vigueur qu'on voit aujourd'hui dans la
circulation du commerce : il faudroit fe
plaindre du peu d'amour qu'on a pour les
arts * .
La recherche des commodités de la vie
& la jouiffance des plaifirs délicats font
devenues une occupation férieufe , & femblent
confondre prefque tous les états.
Quand un Artiſte a travaillé pour les
commodités d'autrui , il abandonne fon
talent , & emploie fon gain à faire travailler
pour les fiennes .
Les fages politiques qui ont cherché à
introduire le luxe , ont mal réuffi ....
( Пy a ici une lacune ) . ༡
L'excès du luxe ne peut pas nuire ;
cela n'eft vrai en bonne politique qu'en
fuppofant qu'an Marchand qui tiendra
table ouverte & donnera des concerts
ne fermera pas fa boutique ; qu'un Tailleur
qui roulera carroffe , ne ceffera pas
de faire des habits * ; mais le nombre des
Je crois que cette partie eft très- cultivée à
bien des égards .
* Le fameux P .... fait plus d'habits & d'envois
* A v
10 MERCURE DE FRANCE.
ouvriers diminuant tous les jours , on eft
obligé d'augmenter le prix des marchandifes'
, & là même d'en rendre la confompar
mation plus difficile . Rien ne prouve mieux
la richeffe d'un Etat , ou la circulation du
commerce , que le bon marché auquel on
achete tout ce qui fert aux befoins & aux
commodités de la vie . * Ainfi l'abus du
luxe ne confifte pas en ce qu'on dépenfe
trop ; mais en ce que , par un faux éclat
qu'on attache au luxe , on méprife , ou du
moins on délaiffe les arts , & on ne travaille
pas affez .
Le rapport intime d'un luxe exceffif
avec la décadence des arts , eft une de ces
vérités qui ne font pas affez connues ; les
conféquences de l'un à l'autre ne font
pas
auffi éloignées qu'elles le paroiffent.
A peine a-t- on acquis un état au-deffus
du commun du peuple , qu'on afpire à
fentir toute la fineffe que l'imagination a
inventée dans les plaifirs de pur agrément.
On veut être auffi -tôt Peintre , Poëte &
qu'il n'en a jamais faits , quoiqu'il ait depuis longtems
équipage , & le nombre de fes garçons augmente
toutes les années.
* Les provinces de France où on vit à meilleur
compte , font au contraire les moins riches , &
c'eft dans les villes où le commerce fleurit le
plus , que tout eft le plus cher.
AVRIL. 1755. II
Muficien : on aime ces talens , parce qu'ils
font rares , & qu'ils fervent beaucoup à la
parure de l'efprit : auffi nous donnent - ils
lieu de connoître la meſure des lumieres
générales , & la trempe du goût .
Rien n'eft plus commun que de trouver
ce qu'on appelle des connoiffeurs en Peinture
, en Poëfie & en Mufique , mais on
trouve rarement des gens qui fçachent
diftinguer feulement un tableau de Raphael
d'avec un de Teniers ; on parle de
coloris & de coftume fans fçavoir ce que
ces mots fignifient . En voici la preuve.
Vanloo ou Reftout trouveront deux mille
livres d'un ouvrage qui leur aura coûté
un an de travail : un barbouilleur de cabinets
& d'alcoves gagnera dix ou douze
mille livres dans cet intervalle. Tout Paris
s'empreffera de voir des peintures groffieres
qui tapifferont le bureau ou la falle
à manger d'un particulier * ; peu de monde
ira vifiter des chefs- d'oeuvres expofés au
vieux Louvre.
On fe pique de fe connoître en poëfie ,
& de l'aimer. M. de Crébillon donne une
tragédie nouvelle ; on en parle le premier
jour à un fouper : d'ailleurs on n'eft pas au
* Cette accufation eft exagérée . Le public a
couru voir en foule les tableaux expoſés dans le
dernier fallon.
A vj
12 MERCURE DE FRANCE .
tant affecté de cet événement qu'on l'étoit
autrefois d'un quatrain de Benferade.
On s'attache encore plus à prouver fon
goût pour la mufique ; cependant l'auteur
de Titon & l'Aurore expofe au goût du
public une Paftorale languedocienne ; on
la trouve d'abord froide , languiffante , &
d'une bizarrerie infoutenable ; la falle du
fpectacle eft deferte pendant un tems.
Quelques perfonnes dont le bon goût ne
peut être contredit , ayant difcerné la tendreffe
naïve & touchante qui regne dans
cet agréable ouvrage , en ont empêché la
chûte.
Théfée fervira mieux d'exemple . En
vain les bons juges ont admiré la profonde
harmonie de cet Opéra mâle & vigoureux ,
ils n'ont pu garantir Lulli de l'infulte qu'on
a faite à fes cendres. On a écouté de fangfroid
les fons raviffans de la charmante
Fel & de l'incomparable Jeliotte , les nobles
tranfports de Mlle Chevalier , & les
reftes précieux des accens majestueux de
Chaffe ; à peine a-t-on encouragé par quelques
applaudiffemens Mlle Davaux , qui
par les progrès qu'elle a faits depuis quel
que tems , donne de fi grandes efpérances.
La mufique de Lulli a été goutée par trop
de monde ; c'est pourquoi elle ne l'eft plus
AVRIL. 1755.
13
tant aujourd'hui . S'il étoit auffi facile
d'acquerir les talens que de fe revêtir d'une
nouvelle parure , les arts changeroient
comme les modes ; le nombre des connoiffeurs
fe multiplieroit avec rapidité ; &
comme pour un bon connoiffeur il y en a
cent de mauvais , le goût feroit immolé ,
plutôt qu'il ne l'eft , à la pluralité des fuffrages
: car il ne faut pas croire ce qui fe
dit vulgairement , que les changemens du
goût font le fruit de l'inconftance ; nous
devons dire au contraire , que l'inconf
tance eft l'afyle du goût . La délicateſſe &
la fenfibilité qui le caractériſent , le rendent
incompatible avec cette foule tranchante
d'afpirans préfomptueux dont il eft affiégé :
il fuit , il fe déguife , il invente ; mais
toujours également pourfuivi , il eft contraint
de céder à la force , il difparoît.
La face de la terre fe couvre de ténébres.
A des fiécles éclairés fuccédent des
tems de barbarie , où les hommes connoiffent
à peine les loix de l'humanité. L'hiftoire
nous a laiffé deux époques d'un pareil
defordre qu'il feroit à fouhaiter que
la postérité n'eût pas à nous accufer d'avoir
commencé la troifiéme ! Pour éviter
cette accufation , nous ne fçaurions trop
nous attacher à connoître les véritables
talens , & à n'honorer & à ne récompen14
MERCURE DE FRANCE.
fer que ceux -là . Bien des perfonnes qui
vivent dans le découragement , feront valoir
des talens qu'ils facrifient à l'incerti
tude des récompenfes : nous mettrons un
frein au mauvais goût , ceux qui n'auront
point de talent pour un genre en embrafferont
quelque autre qui leur fera profitable,
&
peu à pen
, chacun
rentrant
dans
fa
fphere & confultant fon génie , travaillera
pour fa patrie en travaillant pour lui-même.
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Résumé : REFLEXIONS SUR LE GOUT.
Dans le texte 'Réflexions sur le goût', la fin du règne de Louis XIV est caractérisée par un déclin du goût et de la science. La science, bien que plus accessible, est devenue superficielle et souvent réduite à des ouvrages portatifs. Voltaire, malgré ses efforts, reste peu connu en dehors de sa région. La production de nouveaux livres diminue, rendant l'édition économique risquée. Les arts subsistent grâce à la routine des anciens artisans, mais manquent d'innovation. Le commerce et les manufactures souffrent d'un manque de dynamisme et de passion pour les arts. Le luxe est devenu une occupation sérieuse, et les artistes abandonnent leur talent après avoir travaillé pour autrui. Les politiques visant à introduire le luxe ont échoué, car l'excès de luxe nuit aux arts en réduisant le nombre d'ouvriers et en augmentant les prix des marchandises. La richesse d'un État se mesure par le bon marché des biens nécessaires. Le goût du public est critiqué pour sa superficialité, privilégiant les apparences aux véritables talents. En poésie et en musique, les œuvres classiques sont délaissées au profit de nouveautés souvent moins méritantes. Le véritable goût est souvent sacrifié par la pluralité des avis, et l'inconstance est la cause des changements de goût. Le texte, daté d'avril 1755, souligne la difficulté d'acquérir des talents authentiques face aux modes éphémères. Il évoque les périodes de barbarie succédant à des ères éclairées et insiste sur l'importance de reconnaître et de récompenser les vrais talents pour éviter une nouvelle époque de mauvais goût. De nombreuses personnes découragées possèdent des talents qu'elles négligent en raison de l'incertitude des récompenses. Valoriser les véritables talents pourrait freiner le mauvais goût et encourager chacun à développer ses aptitudes, contribuant ainsi au bien de la patrie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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213
s. p.
AVIS ET CATALOGUE des Livres qui se vendent chez la Veuve Blageart, Court Neuve du Palais, au Dauphin.
Début :
Recherches curieuses d'Antiquité, contenuës en plusieurs Dissertations, [...]
Mots clefs :
Dissertations , Sentiments, Lettres, Dialogue, Histoire, Fable, Conversions, Cérémonies, Description, Réflexion, Traité, Relations, Discours philosophiques, Dictionnaire
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texteReconnaissance textuelle : AVIS ET CATALOGUE des Livres qui se vendent chez la Veuve Blageart, Court Neuve du Palais, au Dauphin.
AVIS ET CATALOGVE
des Livres qui fe vendent chez
la Venue Blageart , Court Neuve
du Palau , au Dauphin .
RE
Echerches curieufes d'Antiquité
contenues en plufieurs Diflertations
, fur des Médailles , Bas- reliefs ,
Statuës , Mofaïques , & Infcriptions
antiques , enrichies d'un grand nombre
de Figures en taille- douce. In 4. 71 .
Heures en Vers , par feu Mr de Corneille,
30 f.
Sentimens fur les Lettres & fur l'Hiftoire
, avec des Scrupules fur le Stile.
Indouze.
Lettres diverfes de M. le Chevalier
d'Her. Indouze.
30 f.
30 f.
Nouveaux Dialogues des Morts
Premiere Partie. Indouze. 30 £
Seconde Partie des Dialogues des
Morts. Indonze.
30 f.
›
Jugement de Pluton fur les deux Parties
des Nouveaux Dialogues des
Morts,
La Ducheffe d'Eftramene .
Volumes in douze.
Le Napolitain , Nouv.Indouze.
Académie Galante , I. Partie,
Académie Galante , II. Partie ,
30f.
Deux
40 f.
20 f.
30 f.
30 f.
Cara Muftapha, dernier Grand Vizir,
Hiftoire contenant fon élevation , fes
amours dans le Serrail , fes divers emplois,
& le vray fujet qui luy a fait entreprendre
le Siege de Vienne, avec fa
30 f.
mort,
Les Dames Galantes , ou la Confidence
réciproque , en deux vol .
Les diférens Caracteres de l'Amour,
3 l.
in douze,
Le Serafkier, in douze ,
L'Illuftre Génoife, in douze,
30 .
30 f.
Fables Nouvelles en Vers,
30
f.
20 f.
Hiftoire du Siege de Luxembourg, 30f,
Relation Hiftorique de tout ce qui s'eft
fait devant Génes par l'Armée Navale
du Roy, 30 f.
X
-30 f.
is f.
15f.
10 f.
Reflexions nouvelles fur l'Acide &
fur l'Alcali. Indouze.
La Devinereffe, Comedie .
Artaxerce, avec fa Critique.
La Comete, Comedie.
Coverfions de M.Gilly& Courdil. 20f.
Cent quarante - deux Volumes du
Mercure, avec les Relations & les
Extraordinaires . Il y a huit Relations
qui contiennent
Ce qui s'eft paffé à la Ceremonie du
Mariage de Mademoiſelle avec le Roy
d'Espagne .
Le Mariage de Monfieur le Prince
de Conty avec Mademoiſelle de Blois .
Le Mariage de Monfeigneur le Dauphin
avec la Princeffe Anne - Chref
tienne Victoire de Baviere .
Le Voyage du Roy en Flandre en 1680.
La Négotiation du Mariage de M. le
Duc de Savoye avec l'Inf. de Portugal .
Deux Relations des Réjouillances
qui fe font faites pour la Naillance de
Monfeigneur le Duc de Bourgogne .
Une Defcription entiere du Siege de
量
Vienne, depuis le commencement jalqu'à
la levée du Siege en 1683 .
Les deux Relations de ce qui s'eſt ·
paflé au Carrouſel qui s'eft fait à Verfailles
par l'ordre de Monfeigneur le
Dauphin, enrichies de quatre grandes
Figures en taille douce , qui repreſentent
la Marche des deux Quadrilles
dans l'avant-Court de Verſailles ; La
Comparfe ; L'Ordre des Chevaliers
& de leur Suite pendant les Courſes;
L'Ordre de Bataille des deux Quadrilles
pour fortir de la Carriere . 45f
Traité de la Tranſpiration des [ humeurs
qui font les caufes des Maladies ,
ou la Méthode de guérir les Malades,
fans le trifte fecours de la fréquente
faignée, Difcours Philofophique. 30f.
Il y a trente Extraordinaires, qui
outre les Queſtions galantes, & d'éru
dition , & les Ouvrages de Vers , contiennent
plufieurs Difcours , Traitez,
& Origines, fçavoir.
Des Indices qu'on peut tirer fur la
maniere dont chacun forme fon Ecri
៩
ture . Des Deviſes , Emblèmes , & Revers
de Médailles De la Peinture , &
de la Sculpture. Du Parchemin , & du
Papier. Du Verre . Des Veritez qui font
contenues dans les Fables , & de l'excellence
de la Peinture. De la Contef
tion. Des Armes , Armoiries , & de leur
progrés . De l'Imprimerie. Des Rangs
& Cerémonies . Des Taliſmans. De la
Poudre à Canon. De la Pierre Philo
fophale . Des Feux dont les Anciens ſe
fervoient dans leurs Guerres, & de leur
compofition. De la fimpathie , & de
l'anthipatie des Corps . De la Dance,
de ceux qui l'ont inventée , & de ſes
diferentes efpeces . De ce qui contribue
le plus des cinq fens de Nature à la fasfaction
de l'Homme. De l'ufage de
la Glace. De la nature des Efprits folets
, s'ils font de tous Païs , & ce qu'ils
ont fait . De l'Harmonie, de ceux qui
l'ont inventée, & de fes effets . Du fréquent
ufage de la Saignée . De la Nobleffe.
Du bien & du mal que la fréquente
Saignée peut faire . Des effets
de l'Eau minérale. De la Superftition,
& des Erreurs populaires . Dela Chaſſe.
Des Metéores , & de la Comete apparue
en 1680. Des Armes de quelques
Familles de France . Du Secret d'une
Ecriture d'une nouvelle invention , tres
propre à eftre rendue univerfelle, avec
celuy d'une Langue qui en réfulte, l'un
& l'autre d'un ufage facile pour la com
munication des Nations . De l'air du
Monde, de la veritable Politeffe , & en
quoy il confifte. De la Medecine. Des
progrés & de l'état préfent de la Medecine.
Des Peintres anciens , & de leurs
manieres. De l'Eloquence ancienne &
moderne. Du Vin . De l'Honnefteté , &
de la veritable Sageffe . De la Pourpre
& de l'Ecarlate , de leur diférence , &
de leur ufage. De la marque la plus effentielle
de la veritable amitié. L'A
bregé du Dictionnaire Univerfel . Du
mépris de la Mort. De l'origine des
Couronnes , & de leurs efpeces . Des
Machines anciennes & modernes pour
élever les Eaux . Des Lunetes . Du SeCret.
De la Converfation . De la Vie
heureuſe . Des Cloches, & de leur antiquité.
Des bonnes & mauvaiſes qualitez
de l'Air. Des Bains . Du bon &
du mauvais ufage de la Lecture . De la
facile conftruction de toutes fortes de
Cadrans Solaires ; & des Jeux. Plufieurs
Traitez de l'Origine & de l'Antiquité
des Sepultures & des Monumens
.
On fera une bonne compofition à
ceux qui prendront les cent quarante
deux Volumes, ou la plus grande partie .
Quant aux nouveaux qui fe debitent
chaque mois, le prix fera toûjours de
trente fols en veau , & de vingt -cinq
en parchemin.
Elle fera toûjours les Pacquets gratis
pour les Particuliers & pour les Libraires
de Provinces . Ils n'auront le
foin que d'en acquiter le port fur les
Lieux
des Livres qui fe vendent chez
la Venue Blageart , Court Neuve
du Palau , au Dauphin .
RE
Echerches curieufes d'Antiquité
contenues en plufieurs Diflertations
, fur des Médailles , Bas- reliefs ,
Statuës , Mofaïques , & Infcriptions
antiques , enrichies d'un grand nombre
de Figures en taille- douce. In 4. 71 .
Heures en Vers , par feu Mr de Corneille,
30 f.
Sentimens fur les Lettres & fur l'Hiftoire
, avec des Scrupules fur le Stile.
Indouze.
Lettres diverfes de M. le Chevalier
d'Her. Indouze.
30 f.
30 f.
Nouveaux Dialogues des Morts
Premiere Partie. Indouze. 30 £
Seconde Partie des Dialogues des
Morts. Indonze.
30 f.
›
Jugement de Pluton fur les deux Parties
des Nouveaux Dialogues des
Morts,
La Ducheffe d'Eftramene .
Volumes in douze.
Le Napolitain , Nouv.Indouze.
Académie Galante , I. Partie,
Académie Galante , II. Partie ,
30f.
Deux
40 f.
20 f.
30 f.
30 f.
Cara Muftapha, dernier Grand Vizir,
Hiftoire contenant fon élevation , fes
amours dans le Serrail , fes divers emplois,
& le vray fujet qui luy a fait entreprendre
le Siege de Vienne, avec fa
30 f.
mort,
Les Dames Galantes , ou la Confidence
réciproque , en deux vol .
Les diférens Caracteres de l'Amour,
3 l.
in douze,
Le Serafkier, in douze ,
L'Illuftre Génoife, in douze,
30 .
30 f.
Fables Nouvelles en Vers,
30
f.
20 f.
Hiftoire du Siege de Luxembourg, 30f,
Relation Hiftorique de tout ce qui s'eft
fait devant Génes par l'Armée Navale
du Roy, 30 f.
X
-30 f.
is f.
15f.
10 f.
Reflexions nouvelles fur l'Acide &
fur l'Alcali. Indouze.
La Devinereffe, Comedie .
Artaxerce, avec fa Critique.
La Comete, Comedie.
Coverfions de M.Gilly& Courdil. 20f.
Cent quarante - deux Volumes du
Mercure, avec les Relations & les
Extraordinaires . Il y a huit Relations
qui contiennent
Ce qui s'eft paffé à la Ceremonie du
Mariage de Mademoiſelle avec le Roy
d'Espagne .
Le Mariage de Monfieur le Prince
de Conty avec Mademoiſelle de Blois .
Le Mariage de Monfeigneur le Dauphin
avec la Princeffe Anne - Chref
tienne Victoire de Baviere .
Le Voyage du Roy en Flandre en 1680.
La Négotiation du Mariage de M. le
Duc de Savoye avec l'Inf. de Portugal .
Deux Relations des Réjouillances
qui fe font faites pour la Naillance de
Monfeigneur le Duc de Bourgogne .
Une Defcription entiere du Siege de
量
Vienne, depuis le commencement jalqu'à
la levée du Siege en 1683 .
Les deux Relations de ce qui s'eſt ·
paflé au Carrouſel qui s'eft fait à Verfailles
par l'ordre de Monfeigneur le
Dauphin, enrichies de quatre grandes
Figures en taille douce , qui repreſentent
la Marche des deux Quadrilles
dans l'avant-Court de Verſailles ; La
Comparfe ; L'Ordre des Chevaliers
& de leur Suite pendant les Courſes;
L'Ordre de Bataille des deux Quadrilles
pour fortir de la Carriere . 45f
Traité de la Tranſpiration des [ humeurs
qui font les caufes des Maladies ,
ou la Méthode de guérir les Malades,
fans le trifte fecours de la fréquente
faignée, Difcours Philofophique. 30f.
Il y a trente Extraordinaires, qui
outre les Queſtions galantes, & d'éru
dition , & les Ouvrages de Vers , contiennent
plufieurs Difcours , Traitez,
& Origines, fçavoir.
Des Indices qu'on peut tirer fur la
maniere dont chacun forme fon Ecri
៩
ture . Des Deviſes , Emblèmes , & Revers
de Médailles De la Peinture , &
de la Sculpture. Du Parchemin , & du
Papier. Du Verre . Des Veritez qui font
contenues dans les Fables , & de l'excellence
de la Peinture. De la Contef
tion. Des Armes , Armoiries , & de leur
progrés . De l'Imprimerie. Des Rangs
& Cerémonies . Des Taliſmans. De la
Poudre à Canon. De la Pierre Philo
fophale . Des Feux dont les Anciens ſe
fervoient dans leurs Guerres, & de leur
compofition. De la fimpathie , & de
l'anthipatie des Corps . De la Dance,
de ceux qui l'ont inventée , & de ſes
diferentes efpeces . De ce qui contribue
le plus des cinq fens de Nature à la fasfaction
de l'Homme. De l'ufage de
la Glace. De la nature des Efprits folets
, s'ils font de tous Païs , & ce qu'ils
ont fait . De l'Harmonie, de ceux qui
l'ont inventée, & de fes effets . Du fréquent
ufage de la Saignée . De la Nobleffe.
Du bien & du mal que la fréquente
Saignée peut faire . Des effets
de l'Eau minérale. De la Superftition,
& des Erreurs populaires . Dela Chaſſe.
Des Metéores , & de la Comete apparue
en 1680. Des Armes de quelques
Familles de France . Du Secret d'une
Ecriture d'une nouvelle invention , tres
propre à eftre rendue univerfelle, avec
celuy d'une Langue qui en réfulte, l'un
& l'autre d'un ufage facile pour la com
munication des Nations . De l'air du
Monde, de la veritable Politeffe , & en
quoy il confifte. De la Medecine. Des
progrés & de l'état préfent de la Medecine.
Des Peintres anciens , & de leurs
manieres. De l'Eloquence ancienne &
moderne. Du Vin . De l'Honnefteté , &
de la veritable Sageffe . De la Pourpre
& de l'Ecarlate , de leur diférence , &
de leur ufage. De la marque la plus effentielle
de la veritable amitié. L'A
bregé du Dictionnaire Univerfel . Du
mépris de la Mort. De l'origine des
Couronnes , & de leurs efpeces . Des
Machines anciennes & modernes pour
élever les Eaux . Des Lunetes . Du SeCret.
De la Converfation . De la Vie
heureuſe . Des Cloches, & de leur antiquité.
Des bonnes & mauvaiſes qualitez
de l'Air. Des Bains . Du bon &
du mauvais ufage de la Lecture . De la
facile conftruction de toutes fortes de
Cadrans Solaires ; & des Jeux. Plufieurs
Traitez de l'Origine & de l'Antiquité
des Sepultures & des Monumens
.
On fera une bonne compofition à
ceux qui prendront les cent quarante
deux Volumes, ou la plus grande partie .
Quant aux nouveaux qui fe debitent
chaque mois, le prix fera toûjours de
trente fols en veau , & de vingt -cinq
en parchemin.
Elle fera toûjours les Pacquets gratis
pour les Particuliers & pour les Libraires
de Provinces . Ils n'auront le
foin que d'en acquiter le port fur les
Lieux
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Résumé : AVIS ET CATALOGUE des Livres qui se vendent chez la Veuve Blageart, Court Neuve du Palais, au Dauphin.
Le document est un catalogue de livres proposés à la vente par la Veuve Blageart, située au Palais du Dauphin. Il offre une large sélection d'ouvrages couvrant divers genres littéraires et historiques. Parmi les titres notables, on trouve 'Écherches curieuses d'Antiquité', enrichi de figures gravées, 'Heures en Vers' de Corneille, et 'Sentiments sur les Lettres & sur l'Histoire'. Plusieurs volumes des 'Dialogues des Morts' sont également disponibles. Le catalogue inclut des œuvres historiques telles que 'Histoire du Siège de Luxembourg' et 'Relation Historique de tout ce qui s'est fait devant Gênes par l'Armée Navale du Roy'. Des collections de 'Mercure' relatant des événements extraordinaires comme des mariages royaux et des cérémonies sont aussi mentionnées. Le document précise les prix des volumes individuels et propose des offres spéciales pour les achats en gros. De plus, les frais de port sont offerts pour les particuliers et les libraires de province.
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214
p. 5-11
AVANTURE. Au Mans le 23. Janvier 1716.
Début :
Il ne vous déplaira peut-être pas d'apprendre une petite [...]
Mots clefs :
Cheval, Equipage, Enfant, Valet, Selle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVANTURE. Au Mans le 23. Janvier 1716.
AVAIVTURE.
J4h Mans le 13. Janvier 1716.
Il ne vous déplaira peutêtre
pas d'apprendre une petite
avanture de Carnaval aussi veritable
que recente ,
arrivée à
un Officierdecette Ville donc
le caractere n'est pas moins bizarre&
extravagant, que son
humeur eli flegmatique &
sombre.
C'est un Eleu nouvellement
supprimé
,
qui est veuf avec
deux filles, donc l'aînée peut
avoir environ huit à neufans,
qu'il aime si passionnément,
qu'il ne sçait quel plaisir luy
procurer.
Cet enfant est son unique
oücc
, a toute sa tendresse, &
fait tout son amusement.
Un jour voulant la divertir,
il la prit par la main, la mena
dans sa sale, & fit venir son
Valet à qui il ordonna d'apporter
la selle de son cheval
avec la bride, à quoy le Valet
obéït ; il en fit ôter la vieille
housse
>
& y fit mettre son
plusbel équipage, avec le caparaçon
;ensuite se mettant à
quatre pieds par terre, son Valet
luy jetta la selle sur le dos,
&le sangla,mais voyant que
la bride ne convenoit point à
sa tête,il luy mit le licol du
Cheval, & mit en felle la jeune
enfant,qui charmée de ce divertissement,
prit la bride d'une
main & un foüet de l'autre,
pour animer de tems en tems
sa monture. Pendant qu'il caracoloit
& faisoit ce manegc
autour de la chambre, le Va';
1er qui rioit du tout forç coeur*
de voir son Maître si bienenharnaché,
&mécontentd'en,
avoir étémaltraitélematin,
d'ailleurs à la veille de sortir
de chez luy, souhaitoit ardemment
qu'il vint quelqu'un de
dehors
,
se promettant bien
demontrer fondit Maître au
premier venu dans ce plaisant
équipage. Sur cette eintrefaite onàlaporte, il y court.
Sajoye nefut pas petite quand
il vit queses souh ms.c&Q!cn&
exaucez,& que c'estoit un des
principaux Magistrats de la
Villequi venoit rendre une.
visire de commencementd'année
à son Maistre. Illeconduisità
laSalle,oùestant arrivé,
il fut surpris de voir Mr l'Elu
dans un tel équipage. Dansle
temps qu'il le consideroit &
qu'il ne pouvoit en estre apperceu
estant derriere luy, le
cheval crioit à sa fille : Manon ,
ma.ci)cYe Fille,tire-moy la bride,
tire fort,tire, fin cjue je megourme.
Aces mots leMagistrat &
le Valet ne pouvant se tenir i
jetterent un éclat de rire qui
donna occasion au cheval de se
retourner, & de fc lever avec
tant de précipitation qu'iljetta
sa fîtfe à l'autre bout de la Salle;
la pauvre enfant eut la tefie
cassée de cettechûte, & malgré
l'amitié qu'avoit pour cil.
Monsieur son pere, il fut si
interdit qu'il demeura debout,
ta selle sur le dos, & bridé,sans
pouvoir ni secourir son enfant,
ny répondre à sa visite , cequi
obligea-nostreMagistrat ébaï,
charmé de ce r(Xaacle,de laïC
fer MonsïeurleCheval dans
son exrase.
Quelques jours aprés il fut
dessiné sur un carton, sellé &
bridé, & au-dessus écrit en
gros caracteres:Icy on monte à
Cheval',ôc au-dessous : drade»
mie de l'Election; cc qui fut mis
à sa porte ;d'autres envoyerent
dire au Marêchal qu'il eut à luy
porter desclous à glace à cause
du mauvais temps: on y envoya
aussi le Sellier &l'Eperonnier,
qu'il receut fort mal.
Presentement quand on a befoin
de chevaux de loüage on
s'entr'envoye chez ledit Sieur.
Voila l'histoire.
J4h Mans le 13. Janvier 1716.
Il ne vous déplaira peutêtre
pas d'apprendre une petite
avanture de Carnaval aussi veritable
que recente ,
arrivée à
un Officierdecette Ville donc
le caractere n'est pas moins bizarre&
extravagant, que son
humeur eli flegmatique &
sombre.
C'est un Eleu nouvellement
supprimé
,
qui est veuf avec
deux filles, donc l'aînée peut
avoir environ huit à neufans,
qu'il aime si passionnément,
qu'il ne sçait quel plaisir luy
procurer.
Cet enfant est son unique
oücc
, a toute sa tendresse, &
fait tout son amusement.
Un jour voulant la divertir,
il la prit par la main, la mena
dans sa sale, & fit venir son
Valet à qui il ordonna d'apporter
la selle de son cheval
avec la bride, à quoy le Valet
obéït ; il en fit ôter la vieille
housse
>
& y fit mettre son
plusbel équipage, avec le caparaçon
;ensuite se mettant à
quatre pieds par terre, son Valet
luy jetta la selle sur le dos,
&le sangla,mais voyant que
la bride ne convenoit point à
sa tête,il luy mit le licol du
Cheval, & mit en felle la jeune
enfant,qui charmée de ce divertissement,
prit la bride d'une
main & un foüet de l'autre,
pour animer de tems en tems
sa monture. Pendant qu'il caracoloit
& faisoit ce manegc
autour de la chambre, le Va';
1er qui rioit du tout forç coeur*
de voir son Maître si bienenharnaché,
&mécontentd'en,
avoir étémaltraitélematin,
d'ailleurs à la veille de sortir
de chez luy, souhaitoit ardemment
qu'il vint quelqu'un de
dehors
,
se promettant bien
demontrer fondit Maître au
premier venu dans ce plaisant
équipage. Sur cette eintrefaite onàlaporte, il y court.
Sajoye nefut pas petite quand
il vit queses souh ms.c&Q!cn&
exaucez,& que c'estoit un des
principaux Magistrats de la
Villequi venoit rendre une.
visire de commencementd'année
à son Maistre. Illeconduisità
laSalle,oùestant arrivé,
il fut surpris de voir Mr l'Elu
dans un tel équipage. Dansle
temps qu'il le consideroit &
qu'il ne pouvoit en estre apperceu
estant derriere luy, le
cheval crioit à sa fille : Manon ,
ma.ci)cYe Fille,tire-moy la bride,
tire fort,tire, fin cjue je megourme.
Aces mots leMagistrat &
le Valet ne pouvant se tenir i
jetterent un éclat de rire qui
donna occasion au cheval de se
retourner, & de fc lever avec
tant de précipitation qu'iljetta
sa fîtfe à l'autre bout de la Salle;
la pauvre enfant eut la tefie
cassée de cettechûte, & malgré
l'amitié qu'avoit pour cil.
Monsieur son pere, il fut si
interdit qu'il demeura debout,
ta selle sur le dos, & bridé,sans
pouvoir ni secourir son enfant,
ny répondre à sa visite , cequi
obligea-nostreMagistrat ébaï,
charmé de ce r(Xaacle,de laïC
fer MonsïeurleCheval dans
son exrase.
Quelques jours aprés il fut
dessiné sur un carton, sellé &
bridé, & au-dessus écrit en
gros caracteres:Icy on monte à
Cheval',ôc au-dessous : drade»
mie de l'Election; cc qui fut mis
à sa porte ;d'autres envoyerent
dire au Marêchal qu'il eut à luy
porter desclous à glace à cause
du mauvais temps: on y envoya
aussi le Sellier &l'Eperonnier,
qu'il receut fort mal.
Presentement quand on a befoin
de chevaux de loüage on
s'entr'envoye chez ledit Sieur.
Voila l'histoire.
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215
p. 642-650
SUITE des Remarques sur l'Arc de Triomphe d'Orange.
Début :
Lorsque je fis mes premieres Remarques sur l'Arc de Triomphe d'Orange [...]
Mots clefs :
Arc de triomphe, Ville d'Orange, Romains, Monument, Rhône
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE des Remarques sur l'Arc de Triomphe d'Orange.
SUITE des Remarques fur l'Arc
de Triomphe d'Orange..
Liques
Orfque je fis mes premieres Remar :
ques fur l'Arc de Triomphe d'Orange
, je regardois l'opinion qui attribuoit
ce Monument à Caius Marius ,,
comme la plus fuivie & en quelque ma--
niere comme la plus plaufible ; c'eft pourquoi
je m'attachai principalement à la
détruire , & jaffectai de paffer legerement
fur celle qui faifoit Cneius Domitius
Ænobarbus & Quintus Fabius Maximus
Amilianus , Auteurs de ce Monument , ..
le peu que je difois , me paroiffant plus
que fuffifant pour la faire tomber d'ellemême.
Cependant je viens d'apprendre
que M. Guib , a embraffé ce dernier fentiment
dans une Differtation qu'il a donnée
au public , & qui fe trouve inferée
dans les Mémoires de Trévoux , du mois
de Decembre 1729. page 2142. A la ve
rité j'ai été furpris qu'une opinion que
j'avois
AVRIL. 1730. -643
ས་
j'avois crûe infoutenable reparût avec tant.
d'éclat fur la Scene , je craignois d'abord
de m'être trompé , mais après avoir examiné
les preuves , j'ai crû devoir m'en
tenir à mon premier fentiment.
Voici furquoi M. Guib s'eft fondé . Il
dit d'abord que Domitius Enobarbus vainquit
les Allobroges auprès de la Ville de
Vindalion , fituée à l'Embouchure de la
Sorgue , dans le Rhône , & parconfequent
il femble , dit-il , pouvoir affurer que les
Campagnes de la Principauté d'Orange ont
été le Théatre fur lequel ce General s'eft
fignalé d'une maniere fi diftinguée ; il ajoute .
que Fabius Maximus dompta ces mêmes.
Peuples,joints avec les Auvergnats , proche
le Rhône , fuivant Eutrope , c'eft-à- dire
felon l'avis de M. Guib , dans le Territoire
d'Orange ; enfuite il nous dit d'après Florus
que ces Generaux Romains éleverent
des Tours de pierre aux mêmes lieux où
ils avoient vaincu leurs ennemis , & conclut
enfin que fi l'on fait reflexion fur ce
qu'il vient de dire & qu'on regarde l'ancienne
fituation de la Ville d'Orange , on verra'
facilement les raisons qui engagerent ces:
Confuls Romains à choisir fon terroir pour
faire bâtir un Arc de Triomphe.
Je réponds , 1 ° . que l'Embouchure de
la Sorgue dans le Rhône & parconfequent
l'endroit où Domitius Enobarbus vain
A vj quis
644 MERCURE DE FRANCE
quit les Allobroges , n'eft pas dans la Prin
cipauté d'Orange : or cela étant un fait
notoire & inconteftable , je ne comprens
pas comment M. Guib a pû s'imaginer
que les Campagnes de cette Principauté
ayent été le Théatre fur lequel ce General
s'eft fignalé.
2. Tous les Hiftoriens conviennent
que cette Bataille a été donnée auprès de
la Ville de Vindale ; ainfi quand même
Domitius Encbarbus auroit voulu choifir
une Ville pour y conftruire un Monument
de fon Triomphe , il eft hors de
doute que ce Conful Romain auroit préferé
Vindale comme la plus proche de
l'endroit où les Allobroges avoient été
deffaits .
M. Guib a bien fenti cette difficulté
& perfuadé que les Romains n'ont dû
conftruire les Monumens en queftion que
fur le Champ de Bataille , comme je l'ai
déja prouvé dans mes premieres Remarques
, il fuppofe fort habilement que Fabius
Maximus a combattu les Allobroges
& les Auvergnats , joints enſemble , dans le
Territoire d'Orange ; j'avouë que fi cela
étoit veritable , ce feroit du moins une
raiſon affez plaufible en faveur de fon
fentiment ; mais par malheur il fe
trouve démenti par tous les Auteurs qui
difent que ce Combat a été donné un peu
au
AVRIL 1730. 645
au deffus de Valence , & dans l'endroit où
l'Ifere fe joint avec leRhône ; en effetStrabon
, dans fon IVe Livre , affure en termes
exprès & formels que Fabius Maximus
deffit les Gaulois au Confluent de l'Ifere
& du Rhône: Quo autem loco , dit-il , Ifara
Rhodanus Fluvii confluunt Q. Fabius.
Max, Emilianus ducenta millia Gallorum
concidit. Florus , dans fon Hiftoire
Romaine , Livre 3. Chap. 2. eft du même
fentiment , en parlant des Fleuves fur les
bords defquels les Gaulois avoient été
battus il nomme l'Ifere & le Rhone ,
Victoria teftes , dit-il , Ifara & impiger Flu
minum Rhodanus.
:
Eutrope même en difant que Bituitus ,
Roi des Auvergnats fut deffait proche le
Rhône , ne dit rien de contraire aux Auteurs
déja citez ; ainfi , quoique je refpecte
l'autorité de M. Guib , il me permettra
de ne le croire pas fur fa fimple parole
au fujet d'un fait qui s'eft paffé il y a près
de deux mille ans , & de m'en tenir à
ce que difent là- deffus tous les Hiftoriens;
il me femble parconfequent que je fuis
bien mieux en droit de conclure que fi
on fait reflexion fur tout ce que je viens
d'avancer & qu'on regarde la fituation de
la Ville d'Orange qui fe trouve éloignée
des lieux où Domitius Enobarbus &
Fabius Maximus ont combattu , on fera
>
ve
646 MERCURE DE FRANCE
veritablement convaincu que ces deux
Generaux n'ont pas dû conftruire les
Monumens de leurs Triomphes dans le
Territoire de cette Ville.
M. Guib nous dir pour feconde preuve,
qu'ayant confideré que dans toute la Côte
de Dauphiné , qui borde le Rhône , on
ne trouve aucune trace de Tours de pier--
res , il fe confirme encore davantage dans
fon fentiment ; Domit. Enobarbus & Fab..
Maximus , dit-il , battent les Peuples du
Dauphiné, ils font élever des Tours de pier
rès proche le Rhône , où trouver cela que:
dans notre Territoire ?
Voilà un Argument bien démonſtratif,
quoi , parcequ'on ne trouve plus aucune
trace des Tours élevées par Dom. Enobarbus
& par Fab. Maximus dans les lieux
où elles ont dû être conftruites , il faut
neceffairement qu'elles foient dans le Territoire
d'Orange ? & cela par la raifon
qu'on y voit un Arc de Triomphe ; mais
quelle comparaifon y a t'il entre des Tours
informes & groffieres , telles que Florus
les a décrites , & un Arc de Triomphe'
qu'on admire encore aujourd'hui parla
Beauté de fes bas-reliefs & de fon Architecture
? peut-on croire de bonne foi que,.
fi cet Auteur avoit voulu parler de ce mo
nument , iill nnee ll''aauurrooiitt pas fçû décrire tel
qu'il eft ? Eft-ce que de fon tems on ne
fçavoir
AVRIL. 1730. 647
fçavoit pas diftinguer un Arc d'une Tour?
or Florus nous dit en termes formels
que
Dom. Enobarbus & Fab, Maximus ne firent
conftruire que des Tours ; donc ces-
Confuls Romains n'ont pas fait élever
un Arc de Triomphe , & par conféquent
celui d'Orange ne peut pas leur être at
tribué.
Mais , dira- t'on , que font donc devenuës
les Tours ? je réponds que la longueur
des tems en a dû abolir jufqu'à là
moindre trace ; d'autant mieux que ce
font les premieres Tours qui ayent été élevées
en pareilles occafions , & qu'elles
ont été groffierement conftruites , com--
me l'attefte Florus : Saxeas erexere Turres ,
& par conféquent elles n'ont pas dû
avoir la perfection requife pour être à¹
F'épreuve d'une fi longue durée..
Paffons à la troifiéme preuve. M. Guib
nous affure que les Tridents , les Sirenes ,
les Mats , les Cordages , les Ancres &
les Navires que , l'on voit fur l'Arc de
Triomphe d'Orange conviennent parfai--
tement à Dom. Enobarbus & à Fab. Ma--
ximus , & fignifient , fuivant notre Au--
reur fo que c'étoit par le fecours des Dieux
de la Mer que les Ennemis
du Peuple Ro-- main avoient
été vaincus
, & qu'ils s'étoient
noyés dans le Rhône en voulant
le traverſer
.
2º que Bituitus
, ce formidable
Ennemi
,›
fut
648 MERCURE DE FRANCE.
fut conduit par Merjusqu'à Rome. 3 ° que
Les Romains étoient redevables aux Marfeillois
de la conquête de ces Pays .
Je pourrois me diſpenſer de répondre
à des raifons fi foibles ; en effet , peut- on
raisonnablement penfer que les Dieux de
la Mer ayent été d'un grand fecours à
Dom. Enobarbus & à Fab. Maximus , tan
dis que ces deux Generaux ont combattu
fur terre , & que ce n'eft qu'après la bataille
gagnée , & dans la fuite que quelques-
uns des Ennemis s'étoient noyés dans
le Rhône , en voulant le traverſer ; après
cela , de quelle maniere que Bituitus ait
été conduit à Rome , foit par mer , foit
par terre , cette circonftance intereffet'elle
fi fort la gloire des Vainqueurs pour
en faire mention dans un Monument
de Triomphe ? Il eft vrai enfin que la
Ville de Marfeille a été la cauſe , comme
Ciceron le dit , que les Romains ont conquis
les Gaules ; mais je ne vois pas le
rapport qu'il y a entre les Marfeillois &
les Mats , les Cordages , les Ancres &
les Navires que l'on voit fur ce Monument
; M. Guib auroit bien dû nous expliquer
en quoi confifte cette parfaite convenance
qu'il y trouve . En attendant , il
me femble que je fuis toujours en droit
de dire que tous les fymboles de Marine
neconviennent en aucune façon à Dom,
EnoAVRIL.
1730. 649
Enobarbus & à Fab. Maximus , & par
conféquent , c'eft une raifon , felon moi ,
pour foûtenir que l'Arc de Triomphe
ne peut leur être attribué.
M. Guib , après avoir établi fon opinion
fur les trois preuves que je viens de
détruire , nous fait part des decouvertes
qu'il a faites au fujet des perfonnes qui
font repréſentées fur ce Monument ; il
nous fait d'abord remarquer Bituitus avec
fon fils Congentiatus , enfuite Dom. Enobarbus
& Fab. Maximus ; il nous apprend
même le nom qu'il faut donner aux Figures
qui ne fubfiftent plus , comme
celles du Dieu Mars , d'Hercule & du
Roi Teutomalion ; enfuite il nous avertit
que la Figure de femme qu'on prenoit
pour Marche la Sirienne , eft la Deeffe de
l'efperance ; enfin , pour donner encore
plus de poids & plus de créance à tout
ce qu'il vient de dire , il nous affure
qu'il s'eft défait de toute forte de préju
gés , & que c'eft fans prévention , &
après un mur examen qu'il s'eft déterminé.
Il faut avouer que M. Guib après avoir
donné des preuves d'une fi rigide& fiexacte
Critique , ne manquera peut-être pas de
s'attirer la confiance des Lecteurs . Pour
moi , fans vouloir le contredire formellement
fur les découvertes , dont je lui laiſſe
de
650 MERCURE DE FRANCE.
at
de bon coeur toute la gloire , fçachant
d'ailleurs qu'en fait de conjectures chačun
eft en droit de fuppofer ce qu'il
veut , je me contente de dire que l'Arc
de Triomphe d'Orange ne peut être artribué
à Dom . Enobarbus & à Fab. Maximus
, comme je viens de le montrer ,
ni à Caius Marius , comme je l'ai prouvé
dans mes premieres Remarques , & que
je me confirme toujours plus dans la
penfée
de Triomphe d'Orange..
Liques
Orfque je fis mes premieres Remar :
ques fur l'Arc de Triomphe d'Orange
, je regardois l'opinion qui attribuoit
ce Monument à Caius Marius ,,
comme la plus fuivie & en quelque ma--
niere comme la plus plaufible ; c'eft pourquoi
je m'attachai principalement à la
détruire , & jaffectai de paffer legerement
fur celle qui faifoit Cneius Domitius
Ænobarbus & Quintus Fabius Maximus
Amilianus , Auteurs de ce Monument , ..
le peu que je difois , me paroiffant plus
que fuffifant pour la faire tomber d'ellemême.
Cependant je viens d'apprendre
que M. Guib , a embraffé ce dernier fentiment
dans une Differtation qu'il a donnée
au public , & qui fe trouve inferée
dans les Mémoires de Trévoux , du mois
de Decembre 1729. page 2142. A la ve
rité j'ai été furpris qu'une opinion que
j'avois
AVRIL. 1730. -643
ས་
j'avois crûe infoutenable reparût avec tant.
d'éclat fur la Scene , je craignois d'abord
de m'être trompé , mais après avoir examiné
les preuves , j'ai crû devoir m'en
tenir à mon premier fentiment.
Voici furquoi M. Guib s'eft fondé . Il
dit d'abord que Domitius Enobarbus vainquit
les Allobroges auprès de la Ville de
Vindalion , fituée à l'Embouchure de la
Sorgue , dans le Rhône , & parconfequent
il femble , dit-il , pouvoir affurer que les
Campagnes de la Principauté d'Orange ont
été le Théatre fur lequel ce General s'eft
fignalé d'une maniere fi diftinguée ; il ajoute .
que Fabius Maximus dompta ces mêmes.
Peuples,joints avec les Auvergnats , proche
le Rhône , fuivant Eutrope , c'eft-à- dire
felon l'avis de M. Guib , dans le Territoire
d'Orange ; enfuite il nous dit d'après Florus
que ces Generaux Romains éleverent
des Tours de pierre aux mêmes lieux où
ils avoient vaincu leurs ennemis , & conclut
enfin que fi l'on fait reflexion fur ce
qu'il vient de dire & qu'on regarde l'ancienne
fituation de la Ville d'Orange , on verra'
facilement les raisons qui engagerent ces:
Confuls Romains à choisir fon terroir pour
faire bâtir un Arc de Triomphe.
Je réponds , 1 ° . que l'Embouchure de
la Sorgue dans le Rhône & parconfequent
l'endroit où Domitius Enobarbus vain
A vj quis
644 MERCURE DE FRANCE
quit les Allobroges , n'eft pas dans la Prin
cipauté d'Orange : or cela étant un fait
notoire & inconteftable , je ne comprens
pas comment M. Guib a pû s'imaginer
que les Campagnes de cette Principauté
ayent été le Théatre fur lequel ce General
s'eft fignalé.
2. Tous les Hiftoriens conviennent
que cette Bataille a été donnée auprès de
la Ville de Vindale ; ainfi quand même
Domitius Encbarbus auroit voulu choifir
une Ville pour y conftruire un Monument
de fon Triomphe , il eft hors de
doute que ce Conful Romain auroit préferé
Vindale comme la plus proche de
l'endroit où les Allobroges avoient été
deffaits .
M. Guib a bien fenti cette difficulté
& perfuadé que les Romains n'ont dû
conftruire les Monumens en queftion que
fur le Champ de Bataille , comme je l'ai
déja prouvé dans mes premieres Remarques
, il fuppofe fort habilement que Fabius
Maximus a combattu les Allobroges
& les Auvergnats , joints enſemble , dans le
Territoire d'Orange ; j'avouë que fi cela
étoit veritable , ce feroit du moins une
raiſon affez plaufible en faveur de fon
fentiment ; mais par malheur il fe
trouve démenti par tous les Auteurs qui
difent que ce Combat a été donné un peu
au
AVRIL 1730. 645
au deffus de Valence , & dans l'endroit où
l'Ifere fe joint avec leRhône ; en effetStrabon
, dans fon IVe Livre , affure en termes
exprès & formels que Fabius Maximus
deffit les Gaulois au Confluent de l'Ifere
& du Rhône: Quo autem loco , dit-il , Ifara
Rhodanus Fluvii confluunt Q. Fabius.
Max, Emilianus ducenta millia Gallorum
concidit. Florus , dans fon Hiftoire
Romaine , Livre 3. Chap. 2. eft du même
fentiment , en parlant des Fleuves fur les
bords defquels les Gaulois avoient été
battus il nomme l'Ifere & le Rhone ,
Victoria teftes , dit-il , Ifara & impiger Flu
minum Rhodanus.
:
Eutrope même en difant que Bituitus ,
Roi des Auvergnats fut deffait proche le
Rhône , ne dit rien de contraire aux Auteurs
déja citez ; ainfi , quoique je refpecte
l'autorité de M. Guib , il me permettra
de ne le croire pas fur fa fimple parole
au fujet d'un fait qui s'eft paffé il y a près
de deux mille ans , & de m'en tenir à
ce que difent là- deffus tous les Hiftoriens;
il me femble parconfequent que je fuis
bien mieux en droit de conclure que fi
on fait reflexion fur tout ce que je viens
d'avancer & qu'on regarde la fituation de
la Ville d'Orange qui fe trouve éloignée
des lieux où Domitius Enobarbus &
Fabius Maximus ont combattu , on fera
>
ve
646 MERCURE DE FRANCE
veritablement convaincu que ces deux
Generaux n'ont pas dû conftruire les
Monumens de leurs Triomphes dans le
Territoire de cette Ville.
M. Guib nous dir pour feconde preuve,
qu'ayant confideré que dans toute la Côte
de Dauphiné , qui borde le Rhône , on
ne trouve aucune trace de Tours de pier--
res , il fe confirme encore davantage dans
fon fentiment ; Domit. Enobarbus & Fab..
Maximus , dit-il , battent les Peuples du
Dauphiné, ils font élever des Tours de pier
rès proche le Rhône , où trouver cela que:
dans notre Territoire ?
Voilà un Argument bien démonſtratif,
quoi , parcequ'on ne trouve plus aucune
trace des Tours élevées par Dom. Enobarbus
& par Fab. Maximus dans les lieux
où elles ont dû être conftruites , il faut
neceffairement qu'elles foient dans le Territoire
d'Orange ? & cela par la raifon
qu'on y voit un Arc de Triomphe ; mais
quelle comparaifon y a t'il entre des Tours
informes & groffieres , telles que Florus
les a décrites , & un Arc de Triomphe'
qu'on admire encore aujourd'hui parla
Beauté de fes bas-reliefs & de fon Architecture
? peut-on croire de bonne foi que,.
fi cet Auteur avoit voulu parler de ce mo
nument , iill nnee ll''aauurrooiitt pas fçû décrire tel
qu'il eft ? Eft-ce que de fon tems on ne
fçavoir
AVRIL. 1730. 647
fçavoit pas diftinguer un Arc d'une Tour?
or Florus nous dit en termes formels
que
Dom. Enobarbus & Fab, Maximus ne firent
conftruire que des Tours ; donc ces-
Confuls Romains n'ont pas fait élever
un Arc de Triomphe , & par conféquent
celui d'Orange ne peut pas leur être at
tribué.
Mais , dira- t'on , que font donc devenuës
les Tours ? je réponds que la longueur
des tems en a dû abolir jufqu'à là
moindre trace ; d'autant mieux que ce
font les premieres Tours qui ayent été élevées
en pareilles occafions , & qu'elles
ont été groffierement conftruites , com--
me l'attefte Florus : Saxeas erexere Turres ,
& par conféquent elles n'ont pas dû
avoir la perfection requife pour être à¹
F'épreuve d'une fi longue durée..
Paffons à la troifiéme preuve. M. Guib
nous affure que les Tridents , les Sirenes ,
les Mats , les Cordages , les Ancres &
les Navires que , l'on voit fur l'Arc de
Triomphe d'Orange conviennent parfai--
tement à Dom. Enobarbus & à Fab. Ma--
ximus , & fignifient , fuivant notre Au--
reur fo que c'étoit par le fecours des Dieux
de la Mer que les Ennemis
du Peuple Ro-- main avoient
été vaincus
, & qu'ils s'étoient
noyés dans le Rhône en voulant
le traverſer
.
2º que Bituitus
, ce formidable
Ennemi
,›
fut
648 MERCURE DE FRANCE.
fut conduit par Merjusqu'à Rome. 3 ° que
Les Romains étoient redevables aux Marfeillois
de la conquête de ces Pays .
Je pourrois me diſpenſer de répondre
à des raifons fi foibles ; en effet , peut- on
raisonnablement penfer que les Dieux de
la Mer ayent été d'un grand fecours à
Dom. Enobarbus & à Fab. Maximus , tan
dis que ces deux Generaux ont combattu
fur terre , & que ce n'eft qu'après la bataille
gagnée , & dans la fuite que quelques-
uns des Ennemis s'étoient noyés dans
le Rhône , en voulant le traverſer ; après
cela , de quelle maniere que Bituitus ait
été conduit à Rome , foit par mer , foit
par terre , cette circonftance intereffet'elle
fi fort la gloire des Vainqueurs pour
en faire mention dans un Monument
de Triomphe ? Il eft vrai enfin que la
Ville de Marfeille a été la cauſe , comme
Ciceron le dit , que les Romains ont conquis
les Gaules ; mais je ne vois pas le
rapport qu'il y a entre les Marfeillois &
les Mats , les Cordages , les Ancres &
les Navires que l'on voit fur ce Monument
; M. Guib auroit bien dû nous expliquer
en quoi confifte cette parfaite convenance
qu'il y trouve . En attendant , il
me femble que je fuis toujours en droit
de dire que tous les fymboles de Marine
neconviennent en aucune façon à Dom,
EnoAVRIL.
1730. 649
Enobarbus & à Fab. Maximus , & par
conféquent , c'eft une raifon , felon moi ,
pour foûtenir que l'Arc de Triomphe
ne peut leur être attribué.
M. Guib , après avoir établi fon opinion
fur les trois preuves que je viens de
détruire , nous fait part des decouvertes
qu'il a faites au fujet des perfonnes qui
font repréſentées fur ce Monument ; il
nous fait d'abord remarquer Bituitus avec
fon fils Congentiatus , enfuite Dom. Enobarbus
& Fab. Maximus ; il nous apprend
même le nom qu'il faut donner aux Figures
qui ne fubfiftent plus , comme
celles du Dieu Mars , d'Hercule & du
Roi Teutomalion ; enfuite il nous avertit
que la Figure de femme qu'on prenoit
pour Marche la Sirienne , eft la Deeffe de
l'efperance ; enfin , pour donner encore
plus de poids & plus de créance à tout
ce qu'il vient de dire , il nous affure
qu'il s'eft défait de toute forte de préju
gés , & que c'eft fans prévention , &
après un mur examen qu'il s'eft déterminé.
Il faut avouer que M. Guib après avoir
donné des preuves d'une fi rigide& fiexacte
Critique , ne manquera peut-être pas de
s'attirer la confiance des Lecteurs . Pour
moi , fans vouloir le contredire formellement
fur les découvertes , dont je lui laiſſe
de
650 MERCURE DE FRANCE.
at
de bon coeur toute la gloire , fçachant
d'ailleurs qu'en fait de conjectures chačun
eft en droit de fuppofer ce qu'il
veut , je me contente de dire que l'Arc
de Triomphe d'Orange ne peut être artribué
à Dom . Enobarbus & à Fab. Maximus
, comme je viens de le montrer ,
ni à Caius Marius , comme je l'ai prouvé
dans mes premieres Remarques , & que
je me confirme toujours plus dans la
penfée
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Résumé : SUITE des Remarques sur l'Arc de Triomphe d'Orange.
Le texte traite de l'attribution de l'Arc de Triomphe d'Orange. Initialement, l'auteur rejetait l'idée que ce monument soit attribué à Caius Marius et penchait plutôt pour Cneius Domitius Ænobarbus et Quintus Fabius Maximus Amilianus. Cependant, il découvre que M. Guib a adopté cette dernière opinion dans une dissertation publiée en décembre 1729. L'auteur examine les arguments de M. Guib, qui se fondent sur les victoires de Domitius Ænobarbus contre les Allobroges et de Fabius Maximus contre les Auvergnats près du Rhône, ainsi que sur l'érection de tours de pierre par ces généraux. L'auteur réfute ces arguments en soulignant que les batailles mentionnées n'ont pas eu lieu dans la Principauté d'Orange, mais respectivement près de Vindale et au confluent de l'Isère et du Rhône. Il conteste également l'idée que les symboles marins sur l'Arc de Triomphe seraient liés à ces généraux, qui ont combattu sur terre. De plus, il note que les inscriptions sur l'arc mentionnent des victoires navales, ce qui renforce l'hypothèse d'une attribution à un général ayant des succès maritimes. L'auteur mentionne également des inscriptions trouvées à Nîmes et à Arles, qui pourraient indiquer des victoires navales. Il souligne que les victoires de Domitius Ænobarbus et de Fabius Maximus n'ont pas de rapport avec ces inscriptions. Enfin, il conclut que l'Arc de Triomphe d'Orange ne peut être attribué ni à Caius Marius ni à Domitius Ænobarbus et Fabius Maximus, confirmant ainsi son opinion initiale. L'auteur suggère que l'arc pourrait être lié à des victoires navales, mais il ne propose pas de nouveau candidat pour l'attribution du monument.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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216
p. 5-14
THETIS, Cantate. Sur le recouvrement de la santé de Monseigneur le Comte de Toulouse.
Début :
Nereïdes, plaignez ma peine ; [...]
Mots clefs :
Cantate, Santé, Douleur, Rétablissement, Comte de Toulouse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : THETIS, Cantate. Sur le recouvrement de la santé de Monseigneur le Comte de Toulouse.
THETIS,
Cantate.
Sur lerecouvrement delasanté
de Monseigneur le Comte
deToulouse.
THETIS.
Nercïdes, plaignez ma. pei
ne ;
Pleurez, pleurez
;
Soeurs
, mes
Cet aimable Héros, si cher
ànostre Reine
Est livré par le Sort aux plus
vives douleurs.
Plaignez ma tendresse
inutile
Qui n'a pû du Destin desar
mer les rigueurs;
Helas les maux même
d'Achile
Ne m'ont pas coûté plus
de pleurs.
Chœur des Nerti'des.
Messons nos soupirs
à ses
larmes,
Frapons l'air de nos cris
;
Denos vives alarmes
Queles rochers soient at
tendris.
THETIS.
**
Qu'avec plaisir en luy je re
voyois les charmes
Et le courage de mon fils.
* Les Nereïdes.
Menonsnossoupirsà ses lar
mes
Frapons l'air de nos cris.
THE TI S.
O Sort.injuste Sort épuise
tutes armes
:':JSur tout ce qui plaistà
Thetis ?
Les Nereïdes,
Denosvives alarmes
Que les rochers soient ac
rendris.-i 11
Symphonie.
;
THETIS..
Quelle clarté penetre en ces
grottes profondes?
Cetéclat du Soleil m'annon
ce le retour,
Ce Dieu qui rentre fous
:
les ondes
Va sur ce queje crains éclair
cir monamour.
APOLLON.
Consolez- vous belle
Decfle
THETIS.
Vous avez vû dans vôtre
cours
Cet aimableHeros pour qui
je m'interesse.
APOLLON.
Consolez- vous belle
Deesse,
Vous n'avez rien à crain
dre pour ses jours:
La Parque avoit sur luy levé
son bras perfide.
Je l'ay vû sans fremir regar
der le trépas;
Auseinde la douleuril estoit
intrepide,
Et plus Héros encore qu'au
milieu des combats.
Mais la Parque n'a fairqu'u
ne menace vaine,
Un des fis d Esculape a dé
tourné sescoups,
Et pour vostre Heros force
encorl'inhumaine
De filer les jours les plus
doux.
D'un nom celebre, ou d'un
bonheur durable
Achille jadiseue 1-e
choix,-M>iis au Fils de Louis le
Sort plusfavorable
Veut les accorder à la
fois
TH
ETIS.
Ociel ! aprés un troubleex
trême
Qjie le calmea d'attraits!
Le Destin me rend ce que
j'aime;
Je pardonne au Destin tous
lesmauxqu'il m'afaits.
Venez
, bruyans Tritons ,
venez, tendres sirencs,
Apprenez par vos chants
mon bonheur auxZephirs,
Vous partagiez mes pei
nes,
Partagezmesplaisirs.
Chœur.
Apprenons par nos chants
son bonheur aux Zephirs
,
,
Nous partagions ses pei
nes
Partageons ses plaisirs.
Cette Piece qui est de M
de la Morhe, a esté miseen
Musique par Mr de Ville
neuve
, &a esté executée le
4.Janvier par la Musiquede
Monsieur le Comte de Tou
louse, en presence de Mada
me la Duchesse d Orléans.
Il en plus rare de trouver
des Achilles de fang froid
dans l'accablement d'une
maladie cruelle ,
qu'au mi
lieu des combats, où l'am
bition & lagloire nous fou
tiennent
; l'yvresse de ces,
deuxpassions en nous étour
dissantnous cache lamoitié
du peril. Un Guerrier est
animé par l'exemple de ceux
qui l'environnent, tous ces
grands appareils de guerre
inspirentquelquefoisducou
rage à ceux même quin'en
ont point; mais le triste ap
pareilqu'étale la Chirurgie
fait souvent trembler ceux
qu'on a vûs intrepides dans
les combats
; je prefertrois
peut estre
à l'intrepidiré
guerriere cette fermeté d'a
me qui fait supporter sans
sourciller les douleurs les
plus violences; mais je n'ay
pas besoin lCY de l'art des
Panegiristes qui élevent tou
jours au-dessus des autres
vertus celle qui dominedans
le Heros du jour, puisque le
Prince dont
il s'agir icy pos
sede à un degré égal& la
fermeté d'ame & la valeur
& la bonté du cœur, sans
laquelle toutes les autres ver
tus ne meritent point de ve
ritables loüanges
Cantate.
Sur lerecouvrement delasanté
de Monseigneur le Comte
deToulouse.
THETIS.
Nercïdes, plaignez ma. pei
ne ;
Pleurez, pleurez
;
Soeurs
, mes
Cet aimable Héros, si cher
ànostre Reine
Est livré par le Sort aux plus
vives douleurs.
Plaignez ma tendresse
inutile
Qui n'a pû du Destin desar
mer les rigueurs;
Helas les maux même
d'Achile
Ne m'ont pas coûté plus
de pleurs.
Chœur des Nerti'des.
Messons nos soupirs
à ses
larmes,
Frapons l'air de nos cris
;
Denos vives alarmes
Queles rochers soient at
tendris.
THETIS.
**
Qu'avec plaisir en luy je re
voyois les charmes
Et le courage de mon fils.
* Les Nereïdes.
Menonsnossoupirsà ses lar
mes
Frapons l'air de nos cris.
THE TI S.
O Sort.injuste Sort épuise
tutes armes
:':JSur tout ce qui plaistà
Thetis ?
Les Nereïdes,
Denosvives alarmes
Que les rochers soient ac
rendris.-i 11
Symphonie.
;
THETIS..
Quelle clarté penetre en ces
grottes profondes?
Cetéclat du Soleil m'annon
ce le retour,
Ce Dieu qui rentre fous
:
les ondes
Va sur ce queje crains éclair
cir monamour.
APOLLON.
Consolez- vous belle
Decfle
THETIS.
Vous avez vû dans vôtre
cours
Cet aimableHeros pour qui
je m'interesse.
APOLLON.
Consolez- vous belle
Deesse,
Vous n'avez rien à crain
dre pour ses jours:
La Parque avoit sur luy levé
son bras perfide.
Je l'ay vû sans fremir regar
der le trépas;
Auseinde la douleuril estoit
intrepide,
Et plus Héros encore qu'au
milieu des combats.
Mais la Parque n'a fairqu'u
ne menace vaine,
Un des fis d Esculape a dé
tourné sescoups,
Et pour vostre Heros force
encorl'inhumaine
De filer les jours les plus
doux.
D'un nom celebre, ou d'un
bonheur durable
Achille jadiseue 1-e
choix,-M>iis au Fils de Louis le
Sort plusfavorable
Veut les accorder à la
fois
TH
ETIS.
Ociel ! aprés un troubleex
trême
Qjie le calmea d'attraits!
Le Destin me rend ce que
j'aime;
Je pardonne au Destin tous
lesmauxqu'il m'afaits.
Venez
, bruyans Tritons ,
venez, tendres sirencs,
Apprenez par vos chants
mon bonheur auxZephirs,
Vous partagiez mes pei
nes,
Partagezmesplaisirs.
Chœur.
Apprenons par nos chants
son bonheur aux Zephirs
,
,
Nous partagions ses pei
nes
Partageons ses plaisirs.
Cette Piece qui est de M
de la Morhe, a esté miseen
Musique par Mr de Ville
neuve
, &a esté executée le
4.Janvier par la Musiquede
Monsieur le Comte de Tou
louse, en presence de Mada
me la Duchesse d Orléans.
Il en plus rare de trouver
des Achilles de fang froid
dans l'accablement d'une
maladie cruelle ,
qu'au mi
lieu des combats, où l'am
bition & lagloire nous fou
tiennent
; l'yvresse de ces,
deuxpassions en nous étour
dissantnous cache lamoitié
du peril. Un Guerrier est
animé par l'exemple de ceux
qui l'environnent, tous ces
grands appareils de guerre
inspirentquelquefoisducou
rage à ceux même quin'en
ont point; mais le triste ap
pareilqu'étale la Chirurgie
fait souvent trembler ceux
qu'on a vûs intrepides dans
les combats
; je prefertrois
peut estre
à l'intrepidiré
guerriere cette fermeté d'a
me qui fait supporter sans
sourciller les douleurs les
plus violences; mais je n'ay
pas besoin lCY de l'art des
Panegiristes qui élevent tou
jours au-dessus des autres
vertus celle qui dominedans
le Heros du jour, puisque le
Prince dont
il s'agir icy pos
sede à un degré égal& la
fermeté d'ame & la valeur
& la bonté du cœur, sans
laquelle toutes les autres ver
tus ne meritent point de ve
ritables loüanges
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Résumé : THETIS, Cantate. Sur le recouvrement de la santé de Monseigneur le Comte de Toulouse.
La cantate 'Thétis' célèbre la guérison du Comte de Toulouse. Thétis, mère d'Achille, exprime sa douleur face aux souffrances de son fils, comparant ses maux à ceux d'Achille. Les Néréides partagent sa peine. Une lumière annonce le retour d'Apollon, qui révèle que le Comte a surmonté une menace de mort grâce à un fils d'Esculape. Apollon compare le destin favorable du Comte à celui d'Achille, soulignant que le Comte bénéficie d'un nom célèbre et d'un bonheur durable. Thétis, apaisée, exprime sa joie et invite les Tritons et les sirènes à célébrer ce bonheur. La pièce, écrite par M. de La Morlière et mise en musique par M. de Villeneuve, a été exécutée le 4 janvier en présence de Madame la Duchesse d'Orléans. Le texte loue le Comte de Toulouse pour sa fermeté, sa valeur et sa bonté de cœur, soulignant la rareté des héros intrépides face à la maladie.
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217
s. p.
Avis pour placer les Figures.
Début :
L'Air qui commence par L'Hyver ne cache plus les Fleurs [...]
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texteReconnaissance textuelle : Avis pour placer les Figures.
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Air qui commence par L'Hyverne
cacheplus les Fleurs ny les Gazons,
doit regarder la page 134.
Les Devifes doivent regarder la page
1820
***L'Air qui commence par En vain tu
peins nos Champsdes plus vivescouleurs,
doit regarder la page 296.
Air qui commence par L'Hyverne
cacheplus les Fleurs ny les Gazons,
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Les Devifes doivent regarder la page
1820
***L'Air qui commence par En vain tu
peins nos Champsdes plus vivescouleurs,
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218
s. p.
LISTE DES LIBRAIRES qui debitent le Mercure dans les Provinces du Royaume, &c.
Début :
A Toulouse, chez Enaut & Forest. Bordeaux, chez Raymond Labottiere [...]
Mots clefs :
Libraires
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texteReconnaissance textuelle : LISTE DES LIBRAIRES qui debitent le Mercure dans les Provinces du Royaume, &c.
LISTE DES LIBRAIRES
qui debitent le Mercure dans les
Provinces du Royaume , &c.
A Toulouſe , chez Enaut & Foreſt .
Bordeaux , chez Raymond Labottiere , chez
Etienne Labottiere , & chez Chapui , fils ,
au Palais , & à la Pofte.
Nantes , chez Julien Maillard , & chez du
Verger.
Rennes , chez Jofeph ' Vattar , Julien Vatar ,
Guillaume Vatar , Jouanet Vatar & la veuve
Garnier.
Blois , chez Mafſſon .
Tours , chez Gripon , & chez Maffon.
Rouen , chez Herault.
Châlons-fur - Marne , chez Seneuze
Amiens , chez la veuve François , Godard &
Redé le fils.
Arras , chez C. Duchamp.
Orleans , chez Rouzeaux.
Angers , chez Fourreau & à la Pofte.
Chartres , chez Fetil , & chez J. Roux .
Dijon , chez la veuve Armil , & à la Pofte.
Verſailles , chez Pigeon .
Befançon , chez Charmet & à la Pofte.
Saint Germain , chez Doré.
Lyon , à la Pofte.
Reims , chez Godard.
A Vitry- le-François , chez Vitalis.
Beauvais , chez De Saint.
Douay , chez Willerval.
Charleville , chez P. Thefin.
qui debitent le Mercure dans les
Provinces du Royaume , &c.
A Toulouſe , chez Enaut & Foreſt .
Bordeaux , chez Raymond Labottiere , chez
Etienne Labottiere , & chez Chapui , fils ,
au Palais , & à la Pofte.
Nantes , chez Julien Maillard , & chez du
Verger.
Rennes , chez Jofeph ' Vattar , Julien Vatar ,
Guillaume Vatar , Jouanet Vatar & la veuve
Garnier.
Blois , chez Mafſſon .
Tours , chez Gripon , & chez Maffon.
Rouen , chez Herault.
Châlons-fur - Marne , chez Seneuze
Amiens , chez la veuve François , Godard &
Redé le fils.
Arras , chez C. Duchamp.
Orleans , chez Rouzeaux.
Angers , chez Fourreau & à la Pofte.
Chartres , chez Fetil , & chez J. Roux .
Dijon , chez la veuve Armil , & à la Pofte.
Verſailles , chez Pigeon .
Befançon , chez Charmet & à la Pofte.
Saint Germain , chez Doré.
Lyon , à la Pofte.
Reims , chez Godard.
A Vitry- le-François , chez Vitalis.
Beauvais , chez De Saint.
Douay , chez Willerval.
Charleville , chez P. Thefin.
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Résumé : LISTE DES LIBRAIRES qui debitent le Mercure dans les Provinces du Royaume, &c.
Le document énumère les libraires distribuant le Mercure dans diverses provinces du Royaume. Les villes mentionnées incluent Toulouse, Bordeaux, Nantes, Rennes, Blois, Tours, Rouen, Châlons-sur-Marne, Amiens, Arras, Orléans, Angers, Chartres, Dijon, Versailles, Besançon, Saint-Germain, Lyon, Reims, Vitry-le-François, Beauvais, Douai et Charleville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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219
p. 5-6
LETTRE à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure.
Début :
ON SE PLAINT tous les jours, Monsieur, des progrès que fait l'esprit de [...]
Mots clefs :
Frivolité, République romaine, Annales, Cicéron
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure.
LETTRE à M. DE LAPLACE,
Auteur du Mercure.
N SE PLAINT tous les jours , Monfieur
, des progrès que fait l'eſprit de
frivolité chez la Nation Françoiſe. En
réfléchiffant ſur les cauſes de la décadence
du goût , j'ai cru la trouver
dans l'oubli prèſque total des grands modèles.
Les Ecrivains célébres de l'ancienne
Rome , relégués dans la pouffière des
Aiij
6 MERCURE DE FRANCE .
Ecoles , ſemblent faits poury reſter inconnus
: la lecture de leurs Ouvrages
éffraye ; on croiroit être ſuſpect de pédanterie
pour peu que l'on fût ſoupçonné
d'être en commerce avec ces illuftres
morts. Vous avez trop de lumières , Monfieur
, pour ne pas ſentir combien laRépublique
des Lettres y gagneroit , fi nous
abjurions une pareille façon de penſer.
Mon avis ne ſçauroit faire loi ; puiſſe au
moins mon éxemple être ſuivi par des Littérateurs
plus habiles. Les Plaidoyers de
Ciceron font regardés comme autantd'époques
dans les Annales de la République
Romaine. J'ai formé le deſſein d'en
donner l'Histoire au Public. En voici un
éſſai : fi vous en faites uſage , il ſera ſuivi
des Catilinaires , &c . &c. &c .
J'ai l'honneur d'être , &c .
Auteur du Mercure.
N SE PLAINT tous les jours , Monfieur
, des progrès que fait l'eſprit de
frivolité chez la Nation Françoiſe. En
réfléchiffant ſur les cauſes de la décadence
du goût , j'ai cru la trouver
dans l'oubli prèſque total des grands modèles.
Les Ecrivains célébres de l'ancienne
Rome , relégués dans la pouffière des
Aiij
6 MERCURE DE FRANCE .
Ecoles , ſemblent faits poury reſter inconnus
: la lecture de leurs Ouvrages
éffraye ; on croiroit être ſuſpect de pédanterie
pour peu que l'on fût ſoupçonné
d'être en commerce avec ces illuftres
morts. Vous avez trop de lumières , Monfieur
, pour ne pas ſentir combien laRépublique
des Lettres y gagneroit , fi nous
abjurions une pareille façon de penſer.
Mon avis ne ſçauroit faire loi ; puiſſe au
moins mon éxemple être ſuivi par des Littérateurs
plus habiles. Les Plaidoyers de
Ciceron font regardés comme autantd'époques
dans les Annales de la République
Romaine. J'ai formé le deſſein d'en
donner l'Histoire au Public. En voici un
éſſai : fi vous en faites uſage , il ſera ſuivi
des Catilinaires , &c . &c. &c .
J'ai l'honneur d'être , &c .
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220
s. p.
AVIS AU LECTEUR.
Début :
Deux de mes amis qui se devoüoient, l'un à la Chaire, [...]
Mots clefs :
Profession, Réflexions, Sollicitation, Savants, Acteurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS AU LECTEUR.
AVIS AU LECTEUR.
D
Eux de mès amis qui se devoüoient
, l'un à la Chaire ,
l'autre au Barreau , m'engagérent il
y a quelques années , à écrire cecy :
Je prétendois bien moins leur donner
des avis , que m'instruire moi-même
dans une Profeſſion : Qurique
ces Reflexions ayent été écrites comme
elles se sont présentées à mon
imagination , & qu'elles soient fort
précises &fort abbregées , elles ne
laiſſentpas de renfermer tout l'Art
de la Déclamation. Ce petit Traité
que je n'avois fait , qu'à la follicitation
de mes amis , ayant été par
eux rendu public , ût le bonheur de
ne pas déplaire à quelques Perſonnes
Illustres dans la Republique des
Lettres ; & même on me fit l'hon
neur ( Sans m'en rien communi-
Aij
quer) de l'inferer dans l'Histoire
des Ouvrages des Sçavans , au mois
deJuin 1709. Je l'offre icifort augmenté
, corrigé& en meilleur état
qu'il n'a paru en Hollande : J'ai
Suivi pour cela les conseils de plufieurs
personnes qui connoissent la
Déclamation , & j'ai profité, autant
qu'il m'a été poſſible , des lumieres
des Aiteurs de la Troupe du Roy ,
qui ont bien voulu m'honorer de
leurs avis.
D
Eux de mès amis qui se devoüoient
, l'un à la Chaire ,
l'autre au Barreau , m'engagérent il
y a quelques années , à écrire cecy :
Je prétendois bien moins leur donner
des avis , que m'instruire moi-même
dans une Profeſſion : Qurique
ces Reflexions ayent été écrites comme
elles se sont présentées à mon
imagination , & qu'elles soient fort
précises &fort abbregées , elles ne
laiſſentpas de renfermer tout l'Art
de la Déclamation. Ce petit Traité
que je n'avois fait , qu'à la follicitation
de mes amis , ayant été par
eux rendu public , ût le bonheur de
ne pas déplaire à quelques Perſonnes
Illustres dans la Republique des
Lettres ; & même on me fit l'hon
neur ( Sans m'en rien communi-
Aij
quer) de l'inferer dans l'Histoire
des Ouvrages des Sçavans , au mois
deJuin 1709. Je l'offre icifort augmenté
, corrigé& en meilleur état
qu'il n'a paru en Hollande : J'ai
Suivi pour cela les conseils de plufieurs
personnes qui connoissent la
Déclamation , & j'ai profité, autant
qu'il m'a été poſſible , des lumieres
des Aiteurs de la Troupe du Roy ,
qui ont bien voulu m'honorer de
leurs avis.
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221
p. [2483]-2487
EPITRE A M. LE MARECHAL DUC DE VILLARS.
Début :
A des Grands sans vertus, un Auteur qui veut plaire, [...]
Mots clefs :
Maréchal, Vertu, Aïeux , Trône de Louis, Vœux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE A M. LE MARECHAL DUC DE VILLARS.
Des Grands sans vertus,un Auteur
qui veut plaire ,
Les comble en les louant , d'une
gloire étrangere ,
Mais ce n'est point ainsi , puis qu'il faut l'avouer,
VILLARS , que l'on s'y prend lorsqu'on veut te
loüer ;
A ij Ta
2484 MERCURE DE FRANCE.
Ta vie offre à notre Art une riche matiere .
Je te vois tout brillant de ta propre lumiere ,
$
Tu nous suffis toi seul , et pour être vanté ,
Ton nom n'a pas besoin d'un éclat emprunté ;
Ce noble amas de faits , cette vertu suprême ,
Sans les chercher ailleurs , on les trouve en toimême.
Laissons-là tes emplois , ton rang et tes Ayeux ;
C'est par d'autres endroits que tu plaîs à nos yeux .
Depuis que le ciseau de la Parque inhumaine
Nous cut ravi Condé, Luxembourg et Turenne ,
On vit bien dans l'effroi qui courut nous glacer ,
Qu'il n'étoit que toi seul qui pût les remplacer.
Qüi , c'est toi dont l'effort repoussa ce grand
Homme , (*)
Plus outré contre nous , qu'Annibal contre Rome.
Par ta rare prudence et ton activité ,
Vingt fois dans ses desseins il fut déconcerté ;
Et chassant lesGuerriers qui couvroient nos Fromtieres
,
Tu sçus de cet Etar reculer les Barrières ; (6)
Aussi par mille Exploits non moins prompts
qu'inoüis ,
Ta valeur rassura le Trône de Louis.
Dès que son juste choix t'eut confié sa gloire ,
On te vit à grands pas courir à la victoire ;
Elle exauça tes voeux , et sensible à nos maux ,
(a) Le Prince Eugene.
(b) Lignes de Stoloffen.
Soudais
NOVEMBRE . 1731. 2485
Soudain en ta faveur revint sous nos Drapeaux.
C'est alors qu'appuyé de sa main foudroyante ,
Chez tous nos ennemis tu portas l'épouvante ;
Le Danube , la Sambre et l'Escaut et le Rhin ,
Te virent sur leurs bords paroitre en Souverain.
Quelqu'obstacle assez grand que t'oppose leur
rage ,
Rien ne peut t'arrêter , tout cede à ton courage ;
Tu voles sans fremir où l'honneur te conduit.
Quel air ! quels coups ! ton bras par tout se reproduit
,
Et cueillant à ton gré les Palmes les plus grandes.
Execute en Soldat ce qu'en Chef tu commandes.
Mais c'est peu que ta gloire éclate au Champ de
Mars :
Pour comble de bonheur tu chéris les beaux
Arts , (a)
Toûjours prêt à chercher quiconque a du merite
,
A de nouveaux efforts ta bonté les excite ,
Par les soins glorieux d'un Sénat d'Apollons ,
Déja nos beaux efprits sont comblez de tes
Dons , (6)
C'est ainsi que jadis banissant l'ignorance ,
FRANÇOIS (c ) dans nos climats fit fleurir la
Science , •
(a) Il est un des 40rde l'Académie Françoise:
(b) ll fournit tous les ans un Prix à l'Académie
de Marseille.
(c)François I. fut appellé le Pere des Sçavans
A iij
Aux
2496 MERCURE DE FRANCE
Aux Doctes de son siecle il prêta son appui ;
Ce Roi fit tout pour eux , ils firent tout pour lui;
Sous son Regne charmant jamais aucun Poëte ,
N'éprouva les rigueurs d'une affreuse disette ;
Mais si- tôt que la mort l'eut mit dans le cercueil,
Le Pinde consterné demeura dans le deüil.
Enfin le sort changea , les Muses affligées ,
D'Armand et de Seguier , se virent protegées ;
Et sur elles bien- tôt répandant ses bienfaits.
Le plus grand des Bourbons leur ouvrit son Palais,
Ta l'imites , VILLARS , et sur un tel exemple ,
Dans Marseille (4) aujourd'hui tu leur dresses un
Temple.
C'est-là que desormais mille Auteurs dans leurs
Vers,
Chanteront le bonheur de tes Exploits divers ,
Du Belge à ton aspect les troupes allarmées,
L'Empire jusqu'à Vienne ouvert à nos armées ,
Les Bataves domptez , leurs projets démentis ,
Et cent murs abattus aussi- tôt qu'investis.
Ton amour pour la Paix , (b) ton zele pour la
France ,
Tes moeurs , ton équité , ta vaste intelligence ,
Cet air noblé et riant qui sçait nous enchanter ,
Sont autant de sujets que leur main va traiter.
(a) Il est Protecteur de l'Académie de Marseille.
(b) Il conclud la Paix à Rastad.
Pour
NOVEMBRE . 1731. 2487
Pour moi , qui là- dessus brule souvent d'écrire ,
Je crains d'en dire moins , qu'il ne m'en faudroit
dire ,
Si-tôt que mon esprit vent peindre ta grandeur ,
Je ressens que ma force est moindre que mon
coeur ;
Toutesfois sur tes faits mes Muses attentives ,
Cherchent pour les tracer les couleurs les plus
vives ;
Heureux si dans l'ardeur qui me vient enflamer
Par de beaux traits enfin , je puis les exprimer !
Mais que dis -je , exprimer ! la chose est difficile ;
Je n'oserois tenter l'Eloge d'un Achile ;
VILLARS , je me connois , et ne vois pas comment,
Je pourrois par des Vers te louer dignement ;
Ainsi donc retenu par mon peu d'éloquence
Content de t'admirer , je garde le silence.
MANUEL , de la Doctrine Chrétienne,
qui veut plaire ,
Les comble en les louant , d'une
gloire étrangere ,
Mais ce n'est point ainsi , puis qu'il faut l'avouer,
VILLARS , que l'on s'y prend lorsqu'on veut te
loüer ;
A ij Ta
2484 MERCURE DE FRANCE.
Ta vie offre à notre Art une riche matiere .
Je te vois tout brillant de ta propre lumiere ,
$
Tu nous suffis toi seul , et pour être vanté ,
Ton nom n'a pas besoin d'un éclat emprunté ;
Ce noble amas de faits , cette vertu suprême ,
Sans les chercher ailleurs , on les trouve en toimême.
Laissons-là tes emplois , ton rang et tes Ayeux ;
C'est par d'autres endroits que tu plaîs à nos yeux .
Depuis que le ciseau de la Parque inhumaine
Nous cut ravi Condé, Luxembourg et Turenne ,
On vit bien dans l'effroi qui courut nous glacer ,
Qu'il n'étoit que toi seul qui pût les remplacer.
Qüi , c'est toi dont l'effort repoussa ce grand
Homme , (*)
Plus outré contre nous , qu'Annibal contre Rome.
Par ta rare prudence et ton activité ,
Vingt fois dans ses desseins il fut déconcerté ;
Et chassant lesGuerriers qui couvroient nos Fromtieres
,
Tu sçus de cet Etar reculer les Barrières ; (6)
Aussi par mille Exploits non moins prompts
qu'inoüis ,
Ta valeur rassura le Trône de Louis.
Dès que son juste choix t'eut confié sa gloire ,
On te vit à grands pas courir à la victoire ;
Elle exauça tes voeux , et sensible à nos maux ,
(a) Le Prince Eugene.
(b) Lignes de Stoloffen.
Soudais
NOVEMBRE . 1731. 2485
Soudain en ta faveur revint sous nos Drapeaux.
C'est alors qu'appuyé de sa main foudroyante ,
Chez tous nos ennemis tu portas l'épouvante ;
Le Danube , la Sambre et l'Escaut et le Rhin ,
Te virent sur leurs bords paroitre en Souverain.
Quelqu'obstacle assez grand que t'oppose leur
rage ,
Rien ne peut t'arrêter , tout cede à ton courage ;
Tu voles sans fremir où l'honneur te conduit.
Quel air ! quels coups ! ton bras par tout se reproduit
,
Et cueillant à ton gré les Palmes les plus grandes.
Execute en Soldat ce qu'en Chef tu commandes.
Mais c'est peu que ta gloire éclate au Champ de
Mars :
Pour comble de bonheur tu chéris les beaux
Arts , (a)
Toûjours prêt à chercher quiconque a du merite
,
A de nouveaux efforts ta bonté les excite ,
Par les soins glorieux d'un Sénat d'Apollons ,
Déja nos beaux efprits sont comblez de tes
Dons , (6)
C'est ainsi que jadis banissant l'ignorance ,
FRANÇOIS (c ) dans nos climats fit fleurir la
Science , •
(a) Il est un des 40rde l'Académie Françoise:
(b) ll fournit tous les ans un Prix à l'Académie
de Marseille.
(c)François I. fut appellé le Pere des Sçavans
A iij
Aux
2496 MERCURE DE FRANCE
Aux Doctes de son siecle il prêta son appui ;
Ce Roi fit tout pour eux , ils firent tout pour lui;
Sous son Regne charmant jamais aucun Poëte ,
N'éprouva les rigueurs d'une affreuse disette ;
Mais si- tôt que la mort l'eut mit dans le cercueil,
Le Pinde consterné demeura dans le deüil.
Enfin le sort changea , les Muses affligées ,
D'Armand et de Seguier , se virent protegées ;
Et sur elles bien- tôt répandant ses bienfaits.
Le plus grand des Bourbons leur ouvrit son Palais,
Ta l'imites , VILLARS , et sur un tel exemple ,
Dans Marseille (4) aujourd'hui tu leur dresses un
Temple.
C'est-là que desormais mille Auteurs dans leurs
Vers,
Chanteront le bonheur de tes Exploits divers ,
Du Belge à ton aspect les troupes allarmées,
L'Empire jusqu'à Vienne ouvert à nos armées ,
Les Bataves domptez , leurs projets démentis ,
Et cent murs abattus aussi- tôt qu'investis.
Ton amour pour la Paix , (b) ton zele pour la
France ,
Tes moeurs , ton équité , ta vaste intelligence ,
Cet air noblé et riant qui sçait nous enchanter ,
Sont autant de sujets que leur main va traiter.
(a) Il est Protecteur de l'Académie de Marseille.
(b) Il conclud la Paix à Rastad.
Pour
NOVEMBRE . 1731. 2487
Pour moi , qui là- dessus brule souvent d'écrire ,
Je crains d'en dire moins , qu'il ne m'en faudroit
dire ,
Si-tôt que mon esprit vent peindre ta grandeur ,
Je ressens que ma force est moindre que mon
coeur ;
Toutesfois sur tes faits mes Muses attentives ,
Cherchent pour les tracer les couleurs les plus
vives ;
Heureux si dans l'ardeur qui me vient enflamer
Par de beaux traits enfin , je puis les exprimer !
Mais que dis -je , exprimer ! la chose est difficile ;
Je n'oserois tenter l'Eloge d'un Achile ;
VILLARS , je me connois , et ne vois pas comment,
Je pourrois par des Vers te louer dignement ;
Ainsi donc retenu par mon peu d'éloquence
Content de t'admirer , je garde le silence.
MANUEL , de la Doctrine Chrétienne,
Fermer
Résumé : EPITRE A M. LE MARECHAL DUC DE VILLARS.
Le texte est un éloge du maréchal de Villars, mettant en avant ses qualités et ses exploits militaires. L'auteur critique ceux qui louent les grands en utilisant des gloires étrangères, affirmant que Villars n'a pas besoin de cela pour être reconnu. Il souligne que la vie de Villars offre une riche matière pour l'art poétique et que ses qualités intrinsèques suffisent à le louer. Le texte rappelle les grandes figures militaires françaises disparues, telles que Condé, Luxembourg et Turenne, et souligne que Villars a su les remplacer. Il décrit ses victoires contre des ennemis puissants, notamment le prince Eugène, et ses exploits militaires qui ont rassuré le trône de Louis XIV. Villars est également loué pour son soutien aux arts et aux lettres, comparé à François Ier, protecteur des savants et des poètes. L'auteur mentionne les contributions de Villars à l'Académie de Marseille et son rôle dans la conclusion de la paix à Rastatt. Il exprime son admiration pour Villars, tout en reconnaissant son incapacité à le louer dignement en raison de son manque d'éloquence.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
222
s. p.
AVERTISSEMENT.
Début :
Le Bureau du Mercure est chez M. LUTTON, Avocat, & Greffier-Commis [...]
Mots clefs :
Bureau du Mercure, Abonnés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
LE Bureau du Mercure eft cher M.
LUTTON , Avocat , & Greffier- Commis
au Greffe Civil du Parlement , Commis au
recouvrement du Mercure , rue Sainte Anne ,
Butte Saint Roch , entre deux Selliers.
C'est à lui qu'on prie d'adreſſer , francs
de port , les paquets & lettres , pour remettre
quant à la partie littéraire , à M. de Boiffy ,
Auteur du Mercure.
Le prix eft de 36 fols , mais l'on ne payera
d'avance , en s'abonnant , que 21 livres pour
l'année , à raison de quatorze volumes . Les
volumes d'extraordinaire feront également de
30fols pour les Abonnés , & fe payeront avec
l'année qui les fuivra.
Les perfonnes de province auxquelles on
lenverra par la pofte , payeront 31 livres
10 fols d'avance en s'abonnant , & elles le
recevront franc de port.
Celles qui auront des occafions pour le faire
venir , ou qui prendront lesfrais du port fur
leur compte , ne payeront qu'à raison de 30
fals par volume , c'est-à- dire 21 livres d'a
vance , en s'abonnant pour l'année , fans les
extraordinaires .
Les Libraires des provinces ou des pays
A ij
étrangers, qui voudront faire venir le Merà
cure , écriront à l'adreffe ci - deſſus.
On Supplie les perfonnes des provinces d'envoyerpar
la pofte , enpayant le droit , le prix
de leur abonnement , ou de donner leurs ordres,
afin que le payement en foit fait d'avance au
Bureau.
Les paquets qui ne feront pas affranchis ,
refteront au rebut.
L'on trouvera toujours quelqu'un en état
de répondre chez le fieur Lutton ; & il obfervera
de refter à fon Bureau les Mardi ,
Mercredi & Jeudi de chaque femaine , aprèsmidi.
On peut fe procurer par la voie du Mer
les autres Journaux , ainſi que les Livres
, Estampes & Mufique qu'ils annoncent,
LE Bureau du Mercure eft cher M.
LUTTON , Avocat , & Greffier- Commis
au Greffe Civil du Parlement , Commis au
recouvrement du Mercure , rue Sainte Anne ,
Butte Saint Roch , entre deux Selliers.
C'est à lui qu'on prie d'adreſſer , francs
de port , les paquets & lettres , pour remettre
quant à la partie littéraire , à M. de Boiffy ,
Auteur du Mercure.
Le prix eft de 36 fols , mais l'on ne payera
d'avance , en s'abonnant , que 21 livres pour
l'année , à raison de quatorze volumes . Les
volumes d'extraordinaire feront également de
30fols pour les Abonnés , & fe payeront avec
l'année qui les fuivra.
Les perfonnes de province auxquelles on
lenverra par la pofte , payeront 31 livres
10 fols d'avance en s'abonnant , & elles le
recevront franc de port.
Celles qui auront des occafions pour le faire
venir , ou qui prendront lesfrais du port fur
leur compte , ne payeront qu'à raison de 30
fals par volume , c'est-à- dire 21 livres d'a
vance , en s'abonnant pour l'année , fans les
extraordinaires .
Les Libraires des provinces ou des pays
A ij
étrangers, qui voudront faire venir le Merà
cure , écriront à l'adreffe ci - deſſus.
On Supplie les perfonnes des provinces d'envoyerpar
la pofte , enpayant le droit , le prix
de leur abonnement , ou de donner leurs ordres,
afin que le payement en foit fait d'avance au
Bureau.
Les paquets qui ne feront pas affranchis ,
refteront au rebut.
L'on trouvera toujours quelqu'un en état
de répondre chez le fieur Lutton ; & il obfervera
de refter à fon Bureau les Mardi ,
Mercredi & Jeudi de chaque femaine , aprèsmidi.
On peut fe procurer par la voie du Mer
les autres Journaux , ainſi que les Livres
, Estampes & Mufique qu'ils annoncent,
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Résumé : AVERTISSEMENT.
Le document est un avertissement concernant l'abonnement au Mercure. Les abonnés doivent envoyer leurs paquets et lettres à M. Lutton, avocat et greffier-commis au Greffe Civil du Parlement, rue Sainte Anne, Butte Saint Roch. Pour les correspondances littéraires, l'adresse est M. de Boiffy, auteur du Mercure. Le prix annuel de l'abonnement est de 36 sols, mais il est réduit à 21 livres pour quatorze volumes en s'abonnant à l'avance. Les volumes extraordinaires coûtent 30 sols pour les abonnés et sont payés avec l'année suivante. Les résidents de province payent 31 livres 10 sols à l'avance et reçoivent les envois franc de port. Ceux qui préfèrent prendre en charge les frais de port paient 30 sols par volume, soit 21 livres à l'avance pour l'année, sans les extraordinaires. Les libraires des provinces ou des pays étrangers doivent écrire à l'adresse indiquée pour recevoir le Mercure. Les personnes de province sont priées d'envoyer le prix de leur abonnement par la poste en payant le droit ou de donner des ordres pour un paiement anticipé. Les paquets non affranchis seront rejetés. M. Lutton est disponible à son bureau les mardi, mercredi et jeudi après-midi. Le Mercure permet également de se procurer d'autres journaux, ainsi que des livres, estampes et musique annoncés.
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223
p. 1-2
Prelude. [titre d'après la table]
Début :
C'est avec raison, Madame, que tous ceux qui ont entrepris [...]
Mots clefs :
Miracles, Éloges, Roi, Prince
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prelude. [titre d'après la table]
'Eft avec raifon,Madame,
que tous ceux
qui ont entrepris l'Eloge
du Roy, ont dit
que fa vie eftoit un conti
nuel enchainement de Miracles.
Ce quife paffe aujour
Novembre 1685. A
2 MERCURE
·
d'huy nous le fait connoiftre
, & il ne me feroit pas
difficile d'y trouver une
ample matiere aux loüanges
de ce grand Prince,
fi je n'avois accoûtumé de
me taire , quand je puis
faire parler un autre en ma
place. Je n'ay ny
le temps
de ramaffer toutes les chofes
que l'on peut dire à fa
gloire , ny l'éloquence qui
me feroit neceffaire pour
les bien repreſenter.
que tous ceux
qui ont entrepris l'Eloge
du Roy, ont dit
que fa vie eftoit un conti
nuel enchainement de Miracles.
Ce quife paffe aujour
Novembre 1685. A
2 MERCURE
·
d'huy nous le fait connoiftre
, & il ne me feroit pas
difficile d'y trouver une
ample matiere aux loüanges
de ce grand Prince,
fi je n'avois accoûtumé de
me taire , quand je puis
faire parler un autre en ma
place. Je n'ay ny
le temps
de ramaffer toutes les chofes
que l'on peut dire à fa
gloire , ny l'éloquence qui
me feroit neceffaire pour
les bien repreſenter.
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Résumé : Prelude. [titre d'après la table]
L'auteur d'une lettre évoque l'éloge du roi, décrit par certains comme une suite de miracles. Les événements de novembre 1685 illustrent cette vision. Bien qu'il puisse trouver des sujets de louange, il préfère laisser la parole à d'autres, manquant de temps et d'éloquence pour les présenter.
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224
p. 5-6
A M. LIEUTAUD.
Début :
Ainsi qu'au lever de l'aurore [...]
Mots clefs :
Aurore, Jour, Âge, Plaisir, Marseille, M. Lieutaud
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texteReconnaissance textuelle : A M. LIEUTAUD.
A M. LIEUTAUD.
AINSI qu'au lever de l'aurore
L'aftre du jour forme & colore
Les Aeurs qui parent le printemps ,
Ainfi le Dieu de l'Harmonie
Sur l'aurore de notre vie
Verfe fes plus heureux préfens.
Souftrait au claffique esclavage
Qui captive votre loifir ,
Vous allez atteindre à cet âge
Ou tout nous appelle au plaifir.
、་ ༈ }
Bientôt dans un monde futile
Pourfuivant la félicité ,
Vous verrez le tableau mobile
Des travers de l'humanité.
Vous verrez la Vertu craintive
Se confiner dans les déferts , ´
Tandis que l'Opulence active
Fait tout mouvoir dans l'univers.
Vous verrez ce Sexe volage ,
Qui n'a de prix que par
fes moeurs
N'obtenir un léger hommage
Qu'en le payant de fes faveurs .
Vous verrez l'obſcure Satyre ,
Aiguifant les traits infultans ,
Faire du crime de médire ,
A iij
MERCURE
Un plaifir de tous les inftans.
Vous verrez la Haine & l'Envie
Verfer leur fiel empoisonneur,
Et trop fouvent la Perfidie
Sous le masque de la Candeur,
Vous verrez cette multitude
Que conduit un guide impofteur,,
Trouver l'Ennui , l'Inquiétude ,
En courant après le Bonheur.
Vous verrez ... Mais ! qu'allois - je faire ?
Quittons ces objets odieux ,
Ces traits de l'humaine misère
Ne doivent point frapper vos yeux..
Trop tôt d'une fi trifte image ,
Votre efprit feroit révolté.
Goûtez les plaifirs de votre âge ,
Et laiffons la moralité.
Dans votre Ville commerçante
Dont les habitans tour- à- tour ,
De la fortune & de l'amour ,
Courent la carrière gliffante ,
Cher Lieutaud , puiffiez-vous un jour,
Du Collège où l'on vous régente ,
Ne pas regretter le féjour !
* Marſeille,
AINSI qu'au lever de l'aurore
L'aftre du jour forme & colore
Les Aeurs qui parent le printemps ,
Ainfi le Dieu de l'Harmonie
Sur l'aurore de notre vie
Verfe fes plus heureux préfens.
Souftrait au claffique esclavage
Qui captive votre loifir ,
Vous allez atteindre à cet âge
Ou tout nous appelle au plaifir.
、་ ༈ }
Bientôt dans un monde futile
Pourfuivant la félicité ,
Vous verrez le tableau mobile
Des travers de l'humanité.
Vous verrez la Vertu craintive
Se confiner dans les déferts , ´
Tandis que l'Opulence active
Fait tout mouvoir dans l'univers.
Vous verrez ce Sexe volage ,
Qui n'a de prix que par
fes moeurs
N'obtenir un léger hommage
Qu'en le payant de fes faveurs .
Vous verrez l'obſcure Satyre ,
Aiguifant les traits infultans ,
Faire du crime de médire ,
A iij
MERCURE
Un plaifir de tous les inftans.
Vous verrez la Haine & l'Envie
Verfer leur fiel empoisonneur,
Et trop fouvent la Perfidie
Sous le masque de la Candeur,
Vous verrez cette multitude
Que conduit un guide impofteur,,
Trouver l'Ennui , l'Inquiétude ,
En courant après le Bonheur.
Vous verrez ... Mais ! qu'allois - je faire ?
Quittons ces objets odieux ,
Ces traits de l'humaine misère
Ne doivent point frapper vos yeux..
Trop tôt d'une fi trifte image ,
Votre efprit feroit révolté.
Goûtez les plaifirs de votre âge ,
Et laiffons la moralité.
Dans votre Ville commerçante
Dont les habitans tour- à- tour ,
De la fortune & de l'amour ,
Courent la carrière gliffante ,
Cher Lieutaud , puiffiez-vous un jour,
Du Collège où l'on vous régente ,
Ne pas regretter le féjour !
* Marſeille,
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Résumé : A M. LIEUTAUD.
L'auteur d'une lettre poétique s'adresse à M. Lieutaud, comparant l'harmonie à l'aurore bénéfique pour la jeunesse. Il prédit que Lieutaud, libéré des contraintes de son enfance, accédera bientôt à des plaisirs adultes. Cependant, il décrit les aspects négatifs de l'âge adulte, tels que la vertu cachée, l'opulence dominante, et les travers humains comme la médisance, la haine, l'envie et la perfidie. L'auteur met en garde contre ces visions sombres et conseille à Lieutaud de profiter pleinement de sa jeunesse sans se soucier de la moralité. Il espère que Lieutaud, après avoir quitté le collège, ne regrettera pas son passé et saura naviguer entre la fortune et l'amour dans sa ville natale de Marseille.
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225
p. 6-8
LETTRE ANONYME.
Début :
Quand vous acquitterez-vous, Monsieur, de toutes les [...]
Mots clefs :
Histoire, Lettre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE ANONYME.
LETTRE ANONYME. QVand vous acquitterez
vous,Monsieur,de toutes les
promesses dont les Mercures
que vous a'Vt'Z donnez Jont
remplisfDans le premiervous
nous avez promenez suffisamment
en Pologne, & de la en
Asie, d'où vous devez sans
doute avoir appris depuis
trois mois de nouvelles circonfiances
du voyagedevotre
ami, dont les precieuses découvertes
& la longue lettre
ennuyerent raisonnablement
bien du monde.
Dans le second vous nom
avez donné parole de nous
raconter, dés que vous auriez
occasion de le faire, lafameuse
histoire du malheureux Sainte
Colombe, Lieutenant de dragons
dans Fimarcon, quifut
assassiné & Mantouë par un
marijaloux: & dans le même
livre, au milieu de l'histoire
Ju Bacha de Damas, vous
nous promttez le reste des
rares avantures delavaillante
.Adrabifta, que vous nous assurezavoirjoüéuntrès-
grand
personnage à Rome.
Dansle dernierenfin vous
nous laissez justement à la
moitié de l'histoire de vôtre
Chevalier Castillan, & de
sa belle veuve, dont vous ne
faites qu'ebaucher le mariage,
sur la foy d'un amant enyvré
de la douceur de ses esperances.
Vous devez, en un mot,
nous conterce mois-ci lesavanturesd'une
Moscoviteavec un
Lapon. Quand nous tiendrezvous
parole sur tous ces aru'
cles ? &c.
Je reponds
vous,Monsieur,de toutes les
promesses dont les Mercures
que vous a'Vt'Z donnez Jont
remplisfDans le premiervous
nous avez promenez suffisamment
en Pologne, & de la en
Asie, d'où vous devez sans
doute avoir appris depuis
trois mois de nouvelles circonfiances
du voyagedevotre
ami, dont les precieuses découvertes
& la longue lettre
ennuyerent raisonnablement
bien du monde.
Dans le second vous nom
avez donné parole de nous
raconter, dés que vous auriez
occasion de le faire, lafameuse
histoire du malheureux Sainte
Colombe, Lieutenant de dragons
dans Fimarcon, quifut
assassiné & Mantouë par un
marijaloux: & dans le même
livre, au milieu de l'histoire
Ju Bacha de Damas, vous
nous promttez le reste des
rares avantures delavaillante
.Adrabifta, que vous nous assurezavoirjoüéuntrès-
grand
personnage à Rome.
Dansle dernierenfin vous
nous laissez justement à la
moitié de l'histoire de vôtre
Chevalier Castillan, & de
sa belle veuve, dont vous ne
faites qu'ebaucher le mariage,
sur la foy d'un amant enyvré
de la douceur de ses esperances.
Vous devez, en un mot,
nous conterce mois-ci lesavanturesd'une
Moscoviteavec un
Lapon. Quand nous tiendrezvous
parole sur tous ces aru'
cles ? &c.
Je reponds
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Résumé : LETTRE ANONYME.
Une lettre anonyme reproche à un auteur de ne pas avoir tenu ses promesses concernant divers récits. L'auteur avait promis de narrer des aventures en Pologne et en Asie, ainsi que des nouvelles d'un ami voyageur. Il avait également engagé à poursuivre les aventures de la vaillante Adrabifta et à révéler l'identité d'un grand personnage rencontré à Rome. De plus, il avait prévu de raconter l'histoire du lieutenant Sainte Colombe, assassiné à Mantoue par un mari jaloux. La lettre critique l'abandon de l'histoire du Chevalier Castillan et de sa veuve, ainsi que l'absence de conclusion sur les aventures d'une Moscovite et d'un Lapon. L'auteur de la lettre demande quand il tiendra parole sur tous ces articles.
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226
p. 7-9
EPIGRAMME.
Début :
J'ai enfin été à la Comedie, & je n'ai / Sous ce tombeau gissent Plaute & Terence, [...]
Mots clefs :
Molière, Plaute
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME.
J'ai enfin
A iiij
8 MERCURE
1
été à la Comedie , & je n'ai
pû voir ces farces , ſans me
ſouvenir de cette Epigram.
me de Godart ſur le tombeau
de Moliere .
EPIGRAMME .
Sous ce tombeau giſſent Plaute
Terence ,
Et cependant le feul Mo'sere
ygit ,
Dont le bel art réjouiſſoit la
France.
Ilsfont partis, &j'ai peu d'ef
perance
De les revoir, malgré tous nos
efforts.
GALANT. 9
Ah ! pour long- temps , ſelon
toute apparence ,
Terence , Plaute , & Moliere
font morts.
A iiij
8 MERCURE
1
été à la Comedie , & je n'ai
pû voir ces farces , ſans me
ſouvenir de cette Epigram.
me de Godart ſur le tombeau
de Moliere .
EPIGRAMME .
Sous ce tombeau giſſent Plaute
Terence ,
Et cependant le feul Mo'sere
ygit ,
Dont le bel art réjouiſſoit la
France.
Ilsfont partis, &j'ai peu d'ef
perance
De les revoir, malgré tous nos
efforts.
GALANT. 9
Ah ! pour long- temps , ſelon
toute apparence ,
Terence , Plaute , & Moliere
font morts.
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227
p. 1-3
Prélude, [titre d'après la table]
Début :
L'Application du Roy est si grande pour toutes les choses [...]
Mots clefs :
Roi, Religion catholique, Piété, Arrêt du Conseil d'État, Religion prétendue réformée, Charges, Religionnaires, Ordres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prélude, [titre d'après la table]
'APPLICATION du
Roy eft fi grande
pour toutes les choſes
qui regardent le progrés
de la Religion Catholique,
qu'il travaille ſans relâche à
cequi peut l'augmenter.C'eſt
Avril 1683. A
• MERCURE
ce qui eft cauſe que depuis
pluſieurs années, je vous entretiens
chaque Mois des avantages
que luy procure ce
picux Monarque. Depuisma
derniere Lettre , il a fait rendre
un Arreſt du Conſeil d'Etat
, qui ordonne à tous Officiers
faiſant profeſſion de la
Religion Prétendue Réformée
, &qui ont Charge dans
ſa Maiſon, & dans celles de
la Reyne , de Madame la
Dauphine , de Monfieur, de
Madame , & de Monfieur le
Prince , & autres Officiers
joüiſſans des Privileges des
GALANT. 3
Commençaux , de ſe démettre
de leurs Charges dans
deux mois du jour de l'Arreft
, pour tout delay. Comme
Sa Majefté ne fait rien
qu'avec beaucoup de prudence
& de juſtice , Elle a
fixeun temps , parce qu'Elle
a ſouvent donné les meſmes?
ordres , auſquels les Religionnaires
n'ont pas obey. Ils
n'ont pas fujet de dire que
ce temps eft court, puis qu'ils
doivent eſtre préparez à une
choſe , qui leur avoit déja
eſté ordonnée pluſieurs fois.
Roy eft fi grande
pour toutes les choſes
qui regardent le progrés
de la Religion Catholique,
qu'il travaille ſans relâche à
cequi peut l'augmenter.C'eſt
Avril 1683. A
• MERCURE
ce qui eft cauſe que depuis
pluſieurs années, je vous entretiens
chaque Mois des avantages
que luy procure ce
picux Monarque. Depuisma
derniere Lettre , il a fait rendre
un Arreſt du Conſeil d'Etat
, qui ordonne à tous Officiers
faiſant profeſſion de la
Religion Prétendue Réformée
, &qui ont Charge dans
ſa Maiſon, & dans celles de
la Reyne , de Madame la
Dauphine , de Monfieur, de
Madame , & de Monfieur le
Prince , & autres Officiers
joüiſſans des Privileges des
GALANT. 3
Commençaux , de ſe démettre
de leurs Charges dans
deux mois du jour de l'Arreft
, pour tout delay. Comme
Sa Majefté ne fait rien
qu'avec beaucoup de prudence
& de juſtice , Elle a
fixeun temps , parce qu'Elle
a ſouvent donné les meſmes?
ordres , auſquels les Religionnaires
n'ont pas obey. Ils
n'ont pas fujet de dire que
ce temps eft court, puis qu'ils
doivent eſtre préparez à une
choſe , qui leur avoit déja
eſté ordonnée pluſieurs fois.
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Résumé : Prélude, [titre d'après la table]
En avril 1683, le roi de France démontre un engagement accru pour la promotion de la religion catholique. Depuis plusieurs années, ses actions en faveur de cette cause sont notées. Un arrêt du Conseil d'État a récemment ordonné aux officiers protestants exerçant dans la maison royale, celle des principaux membres de la famille royale, ainsi que ceux bénéficiant des privilèges des galants commerçants, de démissionner de leurs charges dans un délai de deux mois. Cette mesure est mise en place avec prudence et justice, car des ordres similaires avaient déjà été donnés par le passé sans être respectés par les protestants. Ces derniers ne peuvent donc pas se plaindre de la brièveté du délai, étant donné qu'ils étaient déjà conscients de cette possibilité.
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228
p. 5-7
EPITRE Présentée à M. le Prince de Soubise, par le sieur Baratte, soldat au Régiment de Penthievre Infanterie.
Début :
PRINCE, dont la grandeur sur la vertu se fonde, [...]
Mots clefs :
Prince
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE Présentée à M. le Prince de Soubise, par le sieur Baratte, soldat au Régiment de Penthievre Infanterie.
EPITRE
Préfentée à M. le Prince de Soubife , par le
fieur Baratte , foldat au Régiment de Penthievre
Infanterie.
PRINCE, RINCE , dont la grandeur fur la vertu fe
fonde ,
Qui partage avec tant d'éclat
Pour être exact , il faudroit dire qui partages;
mais c'eft une licence permife à un poëtefoldat qui
verfifie militairement.
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
Les auguftes faveurs du plus grand Roi dumonde
:
Digne héros , pere du vrai foldat ,
Soubife , ta bonté m'anime & m'encourage.
J'ofe efperer que tes regards
Ne
dédaigneront pas l'hommage
D'un jeune nouriffon de Bellone & de Mars..
Je ne fuis pas une Mufe polie ,
Admife à la table des Dieux :
Et le Nectar & l'ambroifie
Sont des mets délicats inconnus à mes yeux ..
Je fuis une Mufe guerriere ,
Qui fe plait au milieu du tumulte & des cris ,
Et qui n'ofa jamais paroître à la lumiere ,
Crainte d'effuyer des mépris.
Ami fecret de Virgile & d'Horace ,
Avec eux je paffe mes jours ,
Sans prétendre arriver par de fâcheux détours
jufques au fommet du Parnaſſe.
Lorfque je fuis en faction
Sur la pointe triangulaire
D'un rédoutable baftion ,
Et mon fufil en bandoliere ,
Je me crois fur le double mont.
L'onde fale & marécageuſe ,
Qui remplit le foffé profond ,
Eft pour moi la fontaine heureuſe
Qui baigne le facré vallon.
Quand au Pégale qui me meine
OCTOBRE. 1755. 7.
Près de ce nouvel Hypocrene ,
Et fur ce Parnaſſe charmant :
C'eft un Caporal Allemand.
A tourner un fufil , briller à l'exercice ,
Marcher différens pas , tons au fon du tambour !
M'occuper la nuit & lejour
A bien m'acquitter da fervice ;
Préférer le bruit du canon
Aux fons harmonieux des enfans d'Apollon ,
L'odeur du foufré & du falpêtre
A celle des lauriers plantés fur l'Hélicon ;
Je l'avouerai , telle doit être
Ma plus chere occupation.
Ne crains donc pas qué d'un ftyle emphatique ;
Et le plus fouvent ennuyeux ,
J'aille d'un long panégyrique
Etourdir ton oreille ou fatiguer tes yeux.
Pour un Auteur le champ fans doute eft magnifique
;
Et je n'aurois qu'à répéter
Tout ce que dit la voix publique ;
Mais la raifon me force à m'arrêter.
L'honneur de parcourir cette noble carriere
Eft réservé pour de plus grands efprits ;
Je n'ofe paffer la barriere ,
Et crains de t'ennuyer par mes foibles écrits .
Cette entreprife eft digne de Voltaire .
Pour moi fans me charger d'un emploi fi hardi :
Te voir , t'admirer , & me taire ,
Voilà mon plus fage parti.
Préfentée à M. le Prince de Soubife , par le
fieur Baratte , foldat au Régiment de Penthievre
Infanterie.
PRINCE, RINCE , dont la grandeur fur la vertu fe
fonde ,
Qui partage avec tant d'éclat
Pour être exact , il faudroit dire qui partages;
mais c'eft une licence permife à un poëtefoldat qui
verfifie militairement.
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
Les auguftes faveurs du plus grand Roi dumonde
:
Digne héros , pere du vrai foldat ,
Soubife , ta bonté m'anime & m'encourage.
J'ofe efperer que tes regards
Ne
dédaigneront pas l'hommage
D'un jeune nouriffon de Bellone & de Mars..
Je ne fuis pas une Mufe polie ,
Admife à la table des Dieux :
Et le Nectar & l'ambroifie
Sont des mets délicats inconnus à mes yeux ..
Je fuis une Mufe guerriere ,
Qui fe plait au milieu du tumulte & des cris ,
Et qui n'ofa jamais paroître à la lumiere ,
Crainte d'effuyer des mépris.
Ami fecret de Virgile & d'Horace ,
Avec eux je paffe mes jours ,
Sans prétendre arriver par de fâcheux détours
jufques au fommet du Parnaſſe.
Lorfque je fuis en faction
Sur la pointe triangulaire
D'un rédoutable baftion ,
Et mon fufil en bandoliere ,
Je me crois fur le double mont.
L'onde fale & marécageuſe ,
Qui remplit le foffé profond ,
Eft pour moi la fontaine heureuſe
Qui baigne le facré vallon.
Quand au Pégale qui me meine
OCTOBRE. 1755. 7.
Près de ce nouvel Hypocrene ,
Et fur ce Parnaſſe charmant :
C'eft un Caporal Allemand.
A tourner un fufil , briller à l'exercice ,
Marcher différens pas , tons au fon du tambour !
M'occuper la nuit & lejour
A bien m'acquitter da fervice ;
Préférer le bruit du canon
Aux fons harmonieux des enfans d'Apollon ,
L'odeur du foufré & du falpêtre
A celle des lauriers plantés fur l'Hélicon ;
Je l'avouerai , telle doit être
Ma plus chere occupation.
Ne crains donc pas qué d'un ftyle emphatique ;
Et le plus fouvent ennuyeux ,
J'aille d'un long panégyrique
Etourdir ton oreille ou fatiguer tes yeux.
Pour un Auteur le champ fans doute eft magnifique
;
Et je n'aurois qu'à répéter
Tout ce que dit la voix publique ;
Mais la raifon me force à m'arrêter.
L'honneur de parcourir cette noble carriere
Eft réservé pour de plus grands efprits ;
Je n'ofe paffer la barriere ,
Et crains de t'ennuyer par mes foibles écrits .
Cette entreprife eft digne de Voltaire .
Pour moi fans me charger d'un emploi fi hardi :
Te voir , t'admirer , & me taire ,
Voilà mon plus fage parti.
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Résumé : EPITRE Présentée à M. le Prince de Soubise, par le sieur Baratte, soldat au Régiment de Penthievre Infanterie.
L'épître est adressée au Prince de Soubise par le sieur Baratte, soldat au Régiment de Penthièvre Infanterie. Baratte s'excuse pour les libertés poétiques prises et exprime son admiration pour le prince, qu'il considère comme un héros et un père des soldats. Il se décrit comme une muse guerrière, éloignée des muses classiques. Baratte avoue être un ami secret de Virgile et d'Horace, mais ne cherche pas à atteindre le sommet du Parnasse. Lors de ses factions, il trouve inspiration dans des éléments militaires plutôt que dans des sources poétiques classiques. Il préfère l'exercice militaire et le bruit du canon aux sons harmonieux des enfants d'Apollon. Baratte craint d'ennuyer le prince avec un style emphatique et ennuyeux et reconnaît que l'honneur de décrire la carrière du prince est réservé à des esprits plus grands, comme Voltaire. Il choisit donc de se taire et de simplement admirer le prince.
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229
p. 5-8
IMITATION D'HORACE, ODE. Sic te diva potens Cypri, sic fratres Helenæ. Par feu M. D. R....
Début :
MERE du tendre amour, Déesse de Cythère, [...]
Mots clefs :
Dieux, Jours, Amour, Déesse, Frayeurs, Esclaves
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IMITATION D'HORACE, ODE. Sic te diva potens Cypri, sic fratres Helenæ. Par feu M. D. R....
IMITATION D'HORACE ,
ODE
Sic te diva potens Cypri , fic fratres Helena .
M
Par feu M. D. R....
ERE du tendre amour , Déeſſe de Cythère ,
Et vous Aſtres brillans dont l'éclat tutélaire
Du timide Nocher aſſurent le repos ,
Venez frères d'Hélène & regnez ſur les eaux.
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
On ſert les Dieux ; mais c'eſt vous que l'on aime.
Ils partagent ſouvent avec le Dia dême
Un culte faſtueux & des voeux ſolemnels ;
Vous ſeuls ſans le ſecours de votre rang ſuprême
Ne devez notre encens , notre amour qu'à vousmême
:
Vous regnez dans nos coeurs; ce ſont-là vosautels.
Je confie à vos ſoins l'objet de ma tendreſſe ;
Partagez les frayeurs d'un amant malheureux ;
Sur ce dépôt ſacré, grands Dieux, veillez ſans ceſſe,
Conduiſez le vaiſſeau qui le cache à mes yeux !
Eole , retenez dans vos grottes profondes
Ces tyrans redoutés de l'empire des ondes ,
Dont le ſouffle orageux ébranle l'Univers ,
Diſpoſe de la foudre & fait trembler les airs.
Quelle férocité , quelle aveugle manie
Nous fait donc tous les jours affronter leur furiez
Quoi ! tant de maux divers , de piéges ,de chagrins
Qui de nos triſtes jours viennent hâter la courſe ,
Ne pouvoient-ils ſuffire ànos coeurs inhumains ?
L'avarice & l'orgueil par de nouveaux chemins ,
D'une mort plus barbare ont découvert la ſource ,
Et nous enſeignent l'art d'abréger nos deſtins.
Quel Mortel intrépide , armé d'un triple airain ,
Aux efforts de ſon art aſſerviſſant Neptune ,
Vint au milieu des mers avec un front ſerein
Faire aux vents indignés reſpecter la fortune ,
Et ſeul aux élémens le premier mettre un frein ?
Les vagues en fureur , les écueils redoutables ,
T
NOVEMBRE. 1763 . 7
Les habitans des eaux, monstrueux, indomptables,
Que la Nature même enfante avec horreur ,
Nepeuvent ébranler ni fléchir ſon audace ;
Il tient l'humanité captive dans mon coeur.
En vain de l'Océan l'épouvantable maſſe
Par les Dieux oppoſée aux Mortels furieux ,
Vint borner leurs deſirs & terminer le monde ;
L'homme ingrat mépriſant leur ſageſſe profonde,
Et de mille attentats artiſan furieux ,
Fabriqua des vaiſſeaux , ſcut apprivoiſer l'onde ;
Malgré l'arrêtdu ſort , chez des peuples heureux ,
Sçut porter l'eſclavage & le fer & les feux ;
Pour prix de leurs tréſors à ces triſtes victimes
Laiſſa le déſeſpoir & l'exemple des crimes.
Que ne peut des humains l'effort audacieux !
Ardens à tout tenter , enclins a tout enfreindre ,
Et par l'horreur des loix encor plus mutinés ,
Ils s'enivrent de ſang , & leurs coeurs effrenés ,
Eſclaves d'une ardeur que rien ne peut éteindre ,
Ade nouveaux forfaits ſont ſans ceſſe entraînés !
C'eſt au fils de Japeth, c'eſt àſa violence ,
Mortels , que nous devons ce penchant odieux:
Du fort trop complaiſant , la fatale indulgence
Le laiſſa pénétrer juſques au ſein des Dieux ;
Et l'ingrat y porta la fraude & la licence;
Il déroba le feu qui brule dans les Cieux :
Mais ce rayon ſacré de la ſuprême eſſence ,
De l'immortalité ce germe précieux ,
Infecté dans ſa main ſacrilege &perfide ,
Aiv
8 MERCURE DE FRANCE.
Devint pour ſes enfans une flamme homicide ,
D'où fortit de leurs maux l'eſſain contagieux.
De la boëte funeſte on vit alors éclore
Tous les fleaux divers que la Nature abhorre ,
Les mortelles langueurs , les tranſports forcenés,
Par qui nos triſtes jours dans leurs fleurs moiffonnés
,
Nous laiſſent voir à peine & connoître la vie.
Avant ce coup affreux une heureuſe harmonie
Renouvelloit le cours de nos ans fortunés .
Le terrible fuſeau lent & prèſqu'immobile
S'arrêtoit dans les mains de la Parque facile.
•
L'induſtrieux Dédale oſa prendre des ailes ;
Et traverſant les airs par des routes nouvelles ,
Fit l'éſſai d'un talent à l'homme refuſé .
Les gouffres éternels du Tartare embrûlé
Devinrent pour Hercule un rempart inutile,
Il porta la terreur dans l'empire des Morts .
Tout fléchit ſous nos loix , tout céde à nos efforts ;
Nous attaquons des Dieux le redoutable aſyle ;
Et leur puiſſante main ne s'ouvre plus ſur nous ,
Que pour lancer la foudre & repouffer nos coups.
ODE
Sic te diva potens Cypri , fic fratres Helena .
M
Par feu M. D. R....
ERE du tendre amour , Déeſſe de Cythère ,
Et vous Aſtres brillans dont l'éclat tutélaire
Du timide Nocher aſſurent le repos ,
Venez frères d'Hélène & regnez ſur les eaux.
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
On ſert les Dieux ; mais c'eſt vous que l'on aime.
Ils partagent ſouvent avec le Dia dême
Un culte faſtueux & des voeux ſolemnels ;
Vous ſeuls ſans le ſecours de votre rang ſuprême
Ne devez notre encens , notre amour qu'à vousmême
:
Vous regnez dans nos coeurs; ce ſont-là vosautels.
Je confie à vos ſoins l'objet de ma tendreſſe ;
Partagez les frayeurs d'un amant malheureux ;
Sur ce dépôt ſacré, grands Dieux, veillez ſans ceſſe,
Conduiſez le vaiſſeau qui le cache à mes yeux !
Eole , retenez dans vos grottes profondes
Ces tyrans redoutés de l'empire des ondes ,
Dont le ſouffle orageux ébranle l'Univers ,
Diſpoſe de la foudre & fait trembler les airs.
Quelle férocité , quelle aveugle manie
Nous fait donc tous les jours affronter leur furiez
Quoi ! tant de maux divers , de piéges ,de chagrins
Qui de nos triſtes jours viennent hâter la courſe ,
Ne pouvoient-ils ſuffire ànos coeurs inhumains ?
L'avarice & l'orgueil par de nouveaux chemins ,
D'une mort plus barbare ont découvert la ſource ,
Et nous enſeignent l'art d'abréger nos deſtins.
Quel Mortel intrépide , armé d'un triple airain ,
Aux efforts de ſon art aſſerviſſant Neptune ,
Vint au milieu des mers avec un front ſerein
Faire aux vents indignés reſpecter la fortune ,
Et ſeul aux élémens le premier mettre un frein ?
Les vagues en fureur , les écueils redoutables ,
T
NOVEMBRE. 1763 . 7
Les habitans des eaux, monstrueux, indomptables,
Que la Nature même enfante avec horreur ,
Nepeuvent ébranler ni fléchir ſon audace ;
Il tient l'humanité captive dans mon coeur.
En vain de l'Océan l'épouvantable maſſe
Par les Dieux oppoſée aux Mortels furieux ,
Vint borner leurs deſirs & terminer le monde ;
L'homme ingrat mépriſant leur ſageſſe profonde,
Et de mille attentats artiſan furieux ,
Fabriqua des vaiſſeaux , ſcut apprivoiſer l'onde ;
Malgré l'arrêtdu ſort , chez des peuples heureux ,
Sçut porter l'eſclavage & le fer & les feux ;
Pour prix de leurs tréſors à ces triſtes victimes
Laiſſa le déſeſpoir & l'exemple des crimes.
Que ne peut des humains l'effort audacieux !
Ardens à tout tenter , enclins a tout enfreindre ,
Et par l'horreur des loix encor plus mutinés ,
Ils s'enivrent de ſang , & leurs coeurs effrenés ,
Eſclaves d'une ardeur que rien ne peut éteindre ,
Ade nouveaux forfaits ſont ſans ceſſe entraînés !
C'eſt au fils de Japeth, c'eſt àſa violence ,
Mortels , que nous devons ce penchant odieux:
Du fort trop complaiſant , la fatale indulgence
Le laiſſa pénétrer juſques au ſein des Dieux ;
Et l'ingrat y porta la fraude & la licence;
Il déroba le feu qui brule dans les Cieux :
Mais ce rayon ſacré de la ſuprême eſſence ,
De l'immortalité ce germe précieux ,
Infecté dans ſa main ſacrilege &perfide ,
Aiv
8 MERCURE DE FRANCE.
Devint pour ſes enfans une flamme homicide ,
D'où fortit de leurs maux l'eſſain contagieux.
De la boëte funeſte on vit alors éclore
Tous les fleaux divers que la Nature abhorre ,
Les mortelles langueurs , les tranſports forcenés,
Par qui nos triſtes jours dans leurs fleurs moiffonnés
,
Nous laiſſent voir à peine & connoître la vie.
Avant ce coup affreux une heureuſe harmonie
Renouvelloit le cours de nos ans fortunés .
Le terrible fuſeau lent & prèſqu'immobile
S'arrêtoit dans les mains de la Parque facile.
•
L'induſtrieux Dédale oſa prendre des ailes ;
Et traverſant les airs par des routes nouvelles ,
Fit l'éſſai d'un talent à l'homme refuſé .
Les gouffres éternels du Tartare embrûlé
Devinrent pour Hercule un rempart inutile,
Il porta la terreur dans l'empire des Morts .
Tout fléchit ſous nos loix , tout céde à nos efforts ;
Nous attaquons des Dieux le redoutable aſyle ;
Et leur puiſſante main ne s'ouvre plus ſur nous ,
Que pour lancer la foudre & repouffer nos coups.
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230
p. 1-4
PRelude. [titre d'après la table]
Début :
L'Auriez-vous crû, Madame, qu'aprés avoir commencé toutes mes [...]
Mots clefs :
Actions éclatantes, Louis le Grand, Hérésie, Portrait, Abjuration
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRelude. [titre d'après la table]
AURIEZ - Vous crû ,
Madame , qu'aprés
avoir
commence
toutes mes Lettres , pendant
neufannées entieres , par le
recit de quelque Action éclatante
de Sa Majeſté , je
Decembre. 1685-- A
2 MERCURE
me trouvaffe fi fort accablé
de ce que j'ay aujourd'huy
à vous en dire , que
manquant de temps pour
bien mettre dans fon jour
une fi belle matiere , je fuſſe
contraint de differer encore
àvous faire voir le Portrait
de Louis LE GRAND , Deftructeur
de l'Herefie. J'efpere
n'oublier aucun des traits
qui pourront , non pas embellir
cette peinture , mais
du moins la faire approcher
de ce qu'elle doit eftre pour
reffembler à la verité. Je fçay
que loin de pouvoir la faire
GALANT.
3
I
briller d'un éclat qui la rehauffe
, il eft mefme impoffible
de la faire paroiftre
telle que font en effet les
grandes chofes qu'elle doit
reprefenter. Ne croyez pas
cependant , Madame , que
cette Lettre ne vous doive
rien apprendre du Roy , à
caufe qu'aucune de fes Actions
n'en fait le premier
Article. Je puis vous dire
qu'il la remplira prefque
toute , puifque vous y trouverez
quantité d'Abjurations
tres-remarquables , &
que les circonftances qui les
A ij
4 MERCURE
accompagnent
, feront con
noiftre non feulement
qu'elles
font finceres
, mais que
ceux qui les ont faites , ne
doivent
qu'à ce Monarque
le falutaire avantage d'avoir
renoncé
à leurs erreurs .
Madame , qu'aprés
avoir
commence
toutes mes Lettres , pendant
neufannées entieres , par le
recit de quelque Action éclatante
de Sa Majeſté , je
Decembre. 1685-- A
2 MERCURE
me trouvaffe fi fort accablé
de ce que j'ay aujourd'huy
à vous en dire , que
manquant de temps pour
bien mettre dans fon jour
une fi belle matiere , je fuſſe
contraint de differer encore
àvous faire voir le Portrait
de Louis LE GRAND , Deftructeur
de l'Herefie. J'efpere
n'oublier aucun des traits
qui pourront , non pas embellir
cette peinture , mais
du moins la faire approcher
de ce qu'elle doit eftre pour
reffembler à la verité. Je fçay
que loin de pouvoir la faire
GALANT.
3
I
briller d'un éclat qui la rehauffe
, il eft mefme impoffible
de la faire paroiftre
telle que font en effet les
grandes chofes qu'elle doit
reprefenter. Ne croyez pas
cependant , Madame , que
cette Lettre ne vous doive
rien apprendre du Roy , à
caufe qu'aucune de fes Actions
n'en fait le premier
Article. Je puis vous dire
qu'il la remplira prefque
toute , puifque vous y trouverez
quantité d'Abjurations
tres-remarquables , &
que les circonftances qui les
A ij
4 MERCURE
accompagnent
, feront con
noiftre non feulement
qu'elles
font finceres
, mais que
ceux qui les ont faites , ne
doivent
qu'à ce Monarque
le falutaire avantage d'avoir
renoncé
à leurs erreurs .
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Résumé : PRelude. [titre d'après la table]
La lettre, datée de décembre 1685, est adressée à une dame et commence par l'expression de regrets de l'auteur, qui ne peut pas narrer des exploits glorieux du roi Louis XIV comme il l'avait fait durant les neuf années précédentes. Il se dit accablé par le sujet à traiter et manque de temps pour le faire convenablement. L'auteur promet de décrire le roi fidèlement, sans embellissements, tout en reconnaissant l'impossibilité de rendre pleinement justice à ses actions. La lettre relate principalement des abjurations remarquables, accompagnées de circonstances attestant de leur sincérité et de la responsabilité du monarque dans ces conversions.
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231
s. p.
AVIS.
Début :
Plusieurs estans persuadez que les Extraordinaires ne sont que des [...]
Mots clefs :
Mercure, Extraordinaire, Ouvrages, Matières
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
SAVPS.
PL
Lufieurs les eftans perfuadez que
Extraordinaires ne font que desabregez de ce qui eft contenu dans les
trois derniers Volumes du Mercure
qui les précedent , on a efté prié de
faire connoiftre dans le premier Volume de chaque Mercure qui fuivra
chaque Extraordinaire , les matieres
qui compoferont ces mefmes Extraordinaires qui auront precedé le Mercure qui enparlera. On verra par là
que dans ces Livres qui paroiffent au
commencement de chaque Quartier
de l'Année, iln'y a pas uneligne tirée
de ceux qui fe diftribuent le premier
jour de chaque Mois. On en va juger
par les Ouvrages que contient lequatriéme & dernier Extraordinaire qui
aparule 15.jour deJanvier.
Il eft dedié auRoy. L'Epiftren'eft
AVIS.
point de la maniere ordinaire. Elle eſt
au milieu de toutes les Conqueftes du
Roy,gravées par M. le Paultre, reprefentées au naturel, & environnées de
Devifes & d'Infcriptions . Le Volume
contient
Un Eloge en Vers de plufieurs
Pieces faites par les meilleurs Autheurs, & imprimées dans le Mercure.
Un Edit d'Amour, de dix- neuf
Stances.
Une Fefte galante donnée par l'Amour, au fujet de la Paix.
-Des Stances Morales faites par le
Fils d'un Auditeur des Comptes.
Huit Fictions diférentes fur l'ori
gine de l'Horloge de Sable , traitées.
par métamorphofe & par invention..
La huitième en Vers par un Académicien d'Arles.
Une Lettre galante qui accompagnoit un petit Amour de cire donné
pour Etrennes.
Deux Lettres galantes de Madrid.
Une Lettre de Veniſe, oùl'on voit
AVIS.
l'origine des Mouches galantes, &-les
fentimens delafçavanteMademoiſelle
Cornaro,fur la confidence deMadame
de Cleyes à fon Mary.
Six Lettres pleines d'é ulition , de
M.l'Abbé de la Valt , fur l'ufage des
Fictions.
Une Lettre fur les indices qu'on
peur tirer pour connoiftre l'Efprit,
fur la maniere dont chacun formefon
écriture. 1
Une nouvelle Lettre en chiffre.
Des Madrigaux fur divers fujets , &
des Sonnets fur l'Amour & furl'Indiférence..
Deux Difcours à la louange des
Cheveux , pour répondre à la Satire
contre les Cheveux qui eftoit dans le
troifiéme Extraordinaire.
Quatre Traductions en Vers François , des Vers Latins de M. de Sanreuil, qui fe lifent fur la Pompe du
Pont Noftre-Dame.
Plufieurs Madrigaux fervant d'explication aux Enigmes du Cœur, de
AVIS.
la Nefle , de l'Efprit , de la Mouche
galante, de la Calote, & de quelques
Enigmes en figure. Lehrstei
Un Cadran Solaire en taille- douce,
d'une nouvelle invention , dans lequel
treize des principales Actions de Sa
Majefté font marquées par autant”
d'effets du Soleil.
Une Galanterie en forme de Confeil, fur un mal d'amour,been s
Plufieurs Ouvrages en Vers à la
gloire du Roy.
Une nouvelle Hiftoire Enigmati
que.
L'Hiftoire des Amours de Grifette,
Chate de Madame des Houlieres,
contenue en huit Pieces de Vers compofées par les plus beaux Efprits du
Siecle.
Un Difcours fur les Devifes, Emblêmes, & Revers de Medailles .
Quarante- deux Revers de Medailles
à la gloire du Roy, gravées dans une
feule Planche, & tous expliquez dan s
l'Extraordinaire par autant d'Articles
féparez.
AVIS. •
Plufieurs Questions proposées pour
le cinquième Extraordinaire, qui fera
le premier del'Année 1679. les quatre
premiers faisant l'Année complète de
1678.
Tousles Ouvrages de ce quatrième
Extraordinaire fe montent à plus de
cent cinquante Pieces tant de galanterie que d'érudition.
Ce grand nombre d'Ouvrages diférens faitvoir queles Extraordinaires
font des Recueils de tout ce que l'on
peut s'imaginer, & où l'on peut avoir
recours, fuivant les matieres dont on
veutetre éclaircy
Onne propofera pas ſeulement au
Public des Queftions galantes pour
tous les Extraordinaires , mais encor
tous les Sujets qui feront envoyez, où
l'érudition pouraparoistre.
PL
Lufieurs les eftans perfuadez que
Extraordinaires ne font que desabregez de ce qui eft contenu dans les
trois derniers Volumes du Mercure
qui les précedent , on a efté prié de
faire connoiftre dans le premier Volume de chaque Mercure qui fuivra
chaque Extraordinaire , les matieres
qui compoferont ces mefmes Extraordinaires qui auront precedé le Mercure qui enparlera. On verra par là
que dans ces Livres qui paroiffent au
commencement de chaque Quartier
de l'Année, iln'y a pas uneligne tirée
de ceux qui fe diftribuent le premier
jour de chaque Mois. On en va juger
par les Ouvrages que contient lequatriéme & dernier Extraordinaire qui
aparule 15.jour deJanvier.
Il eft dedié auRoy. L'Epiftren'eft
AVIS.
point de la maniere ordinaire. Elle eſt
au milieu de toutes les Conqueftes du
Roy,gravées par M. le Paultre, reprefentées au naturel, & environnées de
Devifes & d'Infcriptions . Le Volume
contient
Un Eloge en Vers de plufieurs
Pieces faites par les meilleurs Autheurs, & imprimées dans le Mercure.
Un Edit d'Amour, de dix- neuf
Stances.
Une Fefte galante donnée par l'Amour, au fujet de la Paix.
-Des Stances Morales faites par le
Fils d'un Auditeur des Comptes.
Huit Fictions diférentes fur l'ori
gine de l'Horloge de Sable , traitées.
par métamorphofe & par invention..
La huitième en Vers par un Académicien d'Arles.
Une Lettre galante qui accompagnoit un petit Amour de cire donné
pour Etrennes.
Deux Lettres galantes de Madrid.
Une Lettre de Veniſe, oùl'on voit
AVIS.
l'origine des Mouches galantes, &-les
fentimens delafçavanteMademoiſelle
Cornaro,fur la confidence deMadame
de Cleyes à fon Mary.
Six Lettres pleines d'é ulition , de
M.l'Abbé de la Valt , fur l'ufage des
Fictions.
Une Lettre fur les indices qu'on
peur tirer pour connoiftre l'Efprit,
fur la maniere dont chacun formefon
écriture. 1
Une nouvelle Lettre en chiffre.
Des Madrigaux fur divers fujets , &
des Sonnets fur l'Amour & furl'Indiférence..
Deux Difcours à la louange des
Cheveux , pour répondre à la Satire
contre les Cheveux qui eftoit dans le
troifiéme Extraordinaire.
Quatre Traductions en Vers François , des Vers Latins de M. de Sanreuil, qui fe lifent fur la Pompe du
Pont Noftre-Dame.
Plufieurs Madrigaux fervant d'explication aux Enigmes du Cœur, de
AVIS.
la Nefle , de l'Efprit , de la Mouche
galante, de la Calote, & de quelques
Enigmes en figure. Lehrstei
Un Cadran Solaire en taille- douce,
d'une nouvelle invention , dans lequel
treize des principales Actions de Sa
Majefté font marquées par autant”
d'effets du Soleil.
Une Galanterie en forme de Confeil, fur un mal d'amour,been s
Plufieurs Ouvrages en Vers à la
gloire du Roy.
Une nouvelle Hiftoire Enigmati
que.
L'Hiftoire des Amours de Grifette,
Chate de Madame des Houlieres,
contenue en huit Pieces de Vers compofées par les plus beaux Efprits du
Siecle.
Un Difcours fur les Devifes, Emblêmes, & Revers de Medailles .
Quarante- deux Revers de Medailles
à la gloire du Roy, gravées dans une
feule Planche, & tous expliquez dan s
l'Extraordinaire par autant d'Articles
féparez.
AVIS. •
Plufieurs Questions proposées pour
le cinquième Extraordinaire, qui fera
le premier del'Année 1679. les quatre
premiers faisant l'Année complète de
1678.
Tousles Ouvrages de ce quatrième
Extraordinaire fe montent à plus de
cent cinquante Pieces tant de galanterie que d'érudition.
Ce grand nombre d'Ouvrages diférens faitvoir queles Extraordinaires
font des Recueils de tout ce que l'on
peut s'imaginer, & où l'on peut avoir
recours, fuivant les matieres dont on
veutetre éclaircy
Onne propofera pas ſeulement au
Public des Queftions galantes pour
tous les Extraordinaires , mais encor
tous les Sujets qui feront envoyez, où
l'érudition pouraparoistre.
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Résumé : AVIS.
Le document traite des 'Extraordinaires', des publications supplémentaires au 'Mercure'. Pour clarifier leur contenu, il est décidé de publier dans chaque nouveau volume du 'Mercure' les matières des 'Extraordinaires' précédents. Le quatrième et dernier 'Extraordinaire', paru le 15 janvier, est dédié au Roi et contient une épître illustrée par les conquêtes royales gravées par M. le Paultre. Ce volume inclut divers ouvrages tels qu'un éloge en vers, un édit d'amour, une fête galante, des stances morales, des fictions sur l'origine de l'horloge de sable, des lettres galantes, des lettres érudites de l'Abbé de la Valette, une lettre sur les indices de l'écriture, des madrigaux, des discours sur les cheveux, des traductions en vers, des explications d'énigmes, un cadran solaire, des galanteries, des histoires énigmatiques, des discours sur les devises et emblèmes, et des revers de médailles à la gloire du Roi. Le document mentionne également des questions proposées pour le cinquième 'Extraordinaire' de l'année 1679, complétant l'année 1678. Ce quatrième 'Extraordinaire' comprend plus de cent cinquante pièces, illustrant la diversité et l'érudition des contenus.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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232
p. 411-415
DÉPIT CONTRE LE TEMS. ODE.
Début :
Source des Tourmens que j'endure, [...]
Mots clefs :
Temps, Coeur, Avenir, Jeux, Ris, Mort, Dépit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DÉPIT CONTRE LE TEMS. ODE.
DE'PIT CONTRE LE TEMS.
S
O D E.
Ource des Tourments que j'endure
,
Cruel ennemi des Mortels ,
Tyran de l'Art , de la Nature ,
Je viens renverser tes Autels .
En vain , tu reçois du vulgaire ,
A ij Des
412 MERCURE DE FRANCE
Des Noms , des Titres glorieux ,
Seroit- ce donc notre misére ,
Qui te rendroit si précieux ?
'Ainsi qu'un Pere impitoïable ,
Qui dévore es propres fruits ,
Je te vois , Temps inexorable ,
Détruire ce que tu produits ,
A moissonner ce qui respire ,
La mort borne ses attentats ;
Le Temps exerce son Empire ,
Sur tous les Etres d'icy-bas .
•
C'est la source toujours féconde ,
De mille changemens divers ;
Les premiers Citoyens du monde ,
Ne virent point notre Univers.
Plus inconstant que le nuage ,
Il est bien plus à redouter ;
Sans cesse il promene l'orage ,
Qui sur nos jours doit éclater.
Plus rapide que l'Hyrondelle ,
Que Flore rappelle à sa Cour ,
Maic
MARS.
413
1733.
s'en faut qu'il soit si fidelle
Quand il s'enfuit , c'est sans retour.
Ainsi que dans un gouffre immense
Mes jours , mes ans se sont perdus ;
Que reste-t-il en ma puissance ?
Un moment qui n'est déją plus .
Sur le teint brillant d'une Aurore ,
Je voïois germer mille fleurs ;
Elle ne faisoient que d'éclore ,
Le Temps a flétri leurs couleurs.
Ce qui fit jadis mes délices ,
N'a plus ni charme ni douceur ;
C'est toi , l'auteur de mes caprices
Qui fais ainsi tourner mon coeur,
Par mille plaintes criminelles
Que l'on n'outrage plus l'Amour ;
C'est toi qui lui prêtes tes aîles ,
Pour disparoître sans retour .
Nos Edifices , nos Portiques ,
Des Dieux prêchent la Majesté ;
Ce sont leurs ruines tragiques
Qui prouvent ta Divinité.
Awiij
414 MERCURE DE FRANCE
Fameux Héros , votre mémoire ,
Auroit triomphé de la mort ;
Le Temps plus sûr de sa victoire ,
L'anéantirà sans effort .
Le plaisir auquel je me livre ,
Vient bien- tôt à se démentir ;
Un moment ne peut garentir
L'autre moment qui le doit suivre.
Envain je cherche à pénétrer
De son avenir les Mysteres ;
Il veut nous cacher nos miseres ,
Il craint de nous y préparer.
Les Ris , les Jeux , troupe fidele ,
Egayoient mes tristes esprits ;
Mais le Temps passe , et cd'un coup d'aile
Dissipe les Jeux et les Ris.
A quelque chagrin suis - je en proye ?
Le cruel paroît s'arrêter ;
Mon coeur nag - t- il dans la joye ?
Il s'empresse de me quitter.
Si quelque fateuse esperance
Me, fait désirer l'avenir ,
Pour
MARS.
41 $ 1733•
Pour retarder ma jouissance ,
Son cours paroît se rallentir.
Sur le present , mon coeur soupire ;
Er l'avenir me fait trembler ;
Le passé même me déchire ;
Il reparoît pour me troubler.
Et quand le poids des ans m'accable ;
Pour me tourmenter de nouveau ,
Dans l'âge le plus vénerable ,
Il me fait rentrer au Berceau.
Cependant son humeur sauvage ,
Ne nous le fait point détester
Il fuit , il vole , et le volage ,
Se fait encore regretter.
Passe , vole , Temps homicide ,
Je n'en verserai point de pleurs ;
Plus ta course devient rapide ,
Plus elle abrége mes malheurs,
Si dans le portrait de tes crimes ,
Mes Vers paroissent sans appas ;
Je craignois de devoir mes Rimes ,
A l'ennemi que je combats.
LE CHAP
S
O D E.
Ource des Tourments que j'endure
,
Cruel ennemi des Mortels ,
Tyran de l'Art , de la Nature ,
Je viens renverser tes Autels .
En vain , tu reçois du vulgaire ,
A ij Des
412 MERCURE DE FRANCE
Des Noms , des Titres glorieux ,
Seroit- ce donc notre misére ,
Qui te rendroit si précieux ?
'Ainsi qu'un Pere impitoïable ,
Qui dévore es propres fruits ,
Je te vois , Temps inexorable ,
Détruire ce que tu produits ,
A moissonner ce qui respire ,
La mort borne ses attentats ;
Le Temps exerce son Empire ,
Sur tous les Etres d'icy-bas .
•
C'est la source toujours féconde ,
De mille changemens divers ;
Les premiers Citoyens du monde ,
Ne virent point notre Univers.
Plus inconstant que le nuage ,
Il est bien plus à redouter ;
Sans cesse il promene l'orage ,
Qui sur nos jours doit éclater.
Plus rapide que l'Hyrondelle ,
Que Flore rappelle à sa Cour ,
Maic
MARS.
413
1733.
s'en faut qu'il soit si fidelle
Quand il s'enfuit , c'est sans retour.
Ainsi que dans un gouffre immense
Mes jours , mes ans se sont perdus ;
Que reste-t-il en ma puissance ?
Un moment qui n'est déją plus .
Sur le teint brillant d'une Aurore ,
Je voïois germer mille fleurs ;
Elle ne faisoient que d'éclore ,
Le Temps a flétri leurs couleurs.
Ce qui fit jadis mes délices ,
N'a plus ni charme ni douceur ;
C'est toi , l'auteur de mes caprices
Qui fais ainsi tourner mon coeur,
Par mille plaintes criminelles
Que l'on n'outrage plus l'Amour ;
C'est toi qui lui prêtes tes aîles ,
Pour disparoître sans retour .
Nos Edifices , nos Portiques ,
Des Dieux prêchent la Majesté ;
Ce sont leurs ruines tragiques
Qui prouvent ta Divinité.
Awiij
414 MERCURE DE FRANCE
Fameux Héros , votre mémoire ,
Auroit triomphé de la mort ;
Le Temps plus sûr de sa victoire ,
L'anéantirà sans effort .
Le plaisir auquel je me livre ,
Vient bien- tôt à se démentir ;
Un moment ne peut garentir
L'autre moment qui le doit suivre.
Envain je cherche à pénétrer
De son avenir les Mysteres ;
Il veut nous cacher nos miseres ,
Il craint de nous y préparer.
Les Ris , les Jeux , troupe fidele ,
Egayoient mes tristes esprits ;
Mais le Temps passe , et cd'un coup d'aile
Dissipe les Jeux et les Ris.
A quelque chagrin suis - je en proye ?
Le cruel paroît s'arrêter ;
Mon coeur nag - t- il dans la joye ?
Il s'empresse de me quitter.
Si quelque fateuse esperance
Me, fait désirer l'avenir ,
Pour
MARS.
41 $ 1733•
Pour retarder ma jouissance ,
Son cours paroît se rallentir.
Sur le present , mon coeur soupire ;
Er l'avenir me fait trembler ;
Le passé même me déchire ;
Il reparoît pour me troubler.
Et quand le poids des ans m'accable ;
Pour me tourmenter de nouveau ,
Dans l'âge le plus vénerable ,
Il me fait rentrer au Berceau.
Cependant son humeur sauvage ,
Ne nous le fait point détester
Il fuit , il vole , et le volage ,
Se fait encore regretter.
Passe , vole , Temps homicide ,
Je n'en verserai point de pleurs ;
Plus ta course devient rapide ,
Plus elle abrége mes malheurs,
Si dans le portrait de tes crimes ,
Mes Vers paroissent sans appas ;
Je craignois de devoir mes Rimes ,
A l'ennemi que je combats.
LE CHAP
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Résumé : DÉPIT CONTRE LE TEMS. ODE.
Le texte 'De'Pit contre le Temps' exprime une critique amère du temps, décrit comme un ennemi cruel et inexorable. Le narrateur accuse le temps de détruire ce qu'il produit, de moissonner ce qui respire et de régner sur tous les êtres terrestres. Il souligne l'inconstance et la rapidité du temps, comparé à un nuage orageux ou à une hirondelle infidèle. Le narrateur déplore la perte de ses jours et de ses années, réduits à un moment éphémère. Il observe comment le temps flétrit les beautés et les plaisirs passés, rendant les délices d'antan sans charme. Le texte met en avant la puissance du temps, capable d'anéantir même la mémoire des héros célèbres. Le narrateur constate que les plaisirs sont éphémères et que le temps disperse les joies et les rires. Il exprime son désarroi face à l'incertitude du futur et à la douleur du passé. Malgré sa cruauté, le temps est paradoxalement regretté lorsqu'il s'enfuit. Le narrateur conclut en acceptant la rapidité du temps, espérant qu'elle abrège ses malheurs. Il craint que ses vers ne soient sans attrait, mais il assume de les écrire contre l'ennemi qu'il combat.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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233
p. [2331]-2335
L'ENFER, ODE.
Début :
Ou suis-je ? Quel abîme s'ouvre ! [...]
Mots clefs :
Enfer, Dieu
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texteReconnaissance textuelle : L'ENFER, ODE.
L'ENFER ,
O D E.
U fuis-je ? Quel abîme s'ouvre !
Tout m'aveugle , tout m'éblouit ,
Le Soleil fuit , le Ciel fe couvre ,
Et l'Univers s'évanouit !
Quelle lumiere tenebreufe ,
Répand dans une nuit affreufe,
Des feux incertains & tremblans ?
A ij Ah !
2332 MERCURE DE FRANCE
Ah ! je fuis dans le précipice ;
Quelle Puiffance affez propice ,
Conduira mes pas chancelans ?
Je vois le centre de la Terre ,
Mais tout redouble mon effroy :
J'entends l'impatient Tonnerre ,
:
Qui gronde horriblement fous moi :
Quel bruit ! quelle ardeur dans ce Goufre!
Un feu de bitume & de fouffre ,
Seconde les efforts du fer :
Les cris , les grincemens , la rage ,
Jufqu'à moi fe font un paffage ;
Ah , Crel ! que vois-je ? c'eſt l'Enfer.
*
C'eft dans ces Cavernes brulantes ,
Grand Dieu , que ton bras tout-puiflant,
Par des chaînes toujours ardentes ,
Retient le Pécheur frémiſſant.
•
C'est là qu'une Ame criminelle ,
Brule d'une flamme éternelle
Et qui ne la confume pas :
Là , l'Adultere & le Parjure ;
Contre la gêne & la torture,
Appellent en vain le Trépas.
Quelle main invifible arrête ›
NOVEMBRE. 1730. 2333
Ces Monts & ces Rocs fufpendus ?
Ah Lque n'écrafent-ils la tête ,
De ces coupables confondus ?
Hélas ! les foupirs & les larmes ,
N'ont plus ces invincibles charmes ,
Qui defarmoient un Dieu vengeur :
Pour punir une race ingrate ,
Son pouvoir en ces lieux n'éclate ,
Que par fon extrême rigueur.
Objets de courroux & de haîne
Pour vous , il n'eft plus de pardon :
De vos crimes portez lá peine ,
Dans un éternel abandon .
Loin des bons que vous pouviez fuivre ;
Eprouvez , indignes de vivre ,
Mille morts fans pouvoir mourir.
Votre malheur eft votre ouvrage ,
Vous recevez votre partage ,
Jamais vivre & toûjours fouffrir.
*
Qu'entends-je ? Quelle voix horrible ,
Dans l'amertume de ces pleurs ,
Vient m'apprendre un mal plus terrible ;
Que les plus cuifantes douleurs ?
Quoy donc ! la flamme petillante,
Le fer ardent , l'huille bouillante ,
A iij
Ne
2334 MERCURE DE FRANCE
Ne font ici qu'un vain effort ,
Eh! quel fupplice les furmonte
Seroit - ce la fatale honte ,
Ou l'impitoyable remord
Ovous , qui vivant de chimeres
Doutez de ce qu'on ne peut voir :
Ecoutez les plaintès ameres ,
Qu'éxale un affreux deſeſpoir :
Ah , Juftice ! Ah , Loi fouveraine ,
Redouble en augmentant la peine
De nos maux l'active lenteur ;
Mais que le fort qui nous accable ,
Nous laiffe l'espoir fecourable ,
De voir un jour le Créateur.
Non , traîtres , votre ame égarée ,
Dans un Dédale de projets ,
Pour jamais fera féparée ,
Du Dieu , qu'ont armé vos forfaits,
Trop indignes de voir fa face ,
Oppofez votre vaine audace ,
Au plus terrible des malheurs ,
Mais cet invincible courage ,
N'eft plus qu'une impuiſſante rage ;
Et je n'apperçois que des pleurs.
Ainfi
NOVEMBRE. 1730. 233 5
'Ainfi gémiffent fans refſource ,
Dans les abîmes foûterrains ,
Ces hommes vains , qui dans leur courſe ,
Par le crime ont fouillé leurs mains :
Ainfi l'Avare au coeur perfide ,
Le Sacrilege parricide ,
Trouvent le prix de leur noirceur ;
Pendant qu'à leurs maux infenfible ,
Le Jufte , d'un féjour paiſible ,
Goute l'éternelle douceur.
Grand Dieu , dont la fage indulgence ,
Souffre encor mon iniquité :
J'adore & je crains ta vengeance ,
Mais j'efpere dans ta bonté.
Souvent prêt à nous mettre en poudre ;
Ton bras qui va lancer la foudre ,
Releve un coeur triſte , abbatu ;
Et toûjours ta fainte Juſtice ,
Qui dans l'Enfer punit le vice ,
Dans le Ciel place la vertu.
In malitia eorum diſperdet eos . Pl. 933
O D E.
U fuis-je ? Quel abîme s'ouvre !
Tout m'aveugle , tout m'éblouit ,
Le Soleil fuit , le Ciel fe couvre ,
Et l'Univers s'évanouit !
Quelle lumiere tenebreufe ,
Répand dans une nuit affreufe,
Des feux incertains & tremblans ?
A ij Ah !
2332 MERCURE DE FRANCE
Ah ! je fuis dans le précipice ;
Quelle Puiffance affez propice ,
Conduira mes pas chancelans ?
Je vois le centre de la Terre ,
Mais tout redouble mon effroy :
J'entends l'impatient Tonnerre ,
:
Qui gronde horriblement fous moi :
Quel bruit ! quelle ardeur dans ce Goufre!
Un feu de bitume & de fouffre ,
Seconde les efforts du fer :
Les cris , les grincemens , la rage ,
Jufqu'à moi fe font un paffage ;
Ah , Crel ! que vois-je ? c'eſt l'Enfer.
*
C'eft dans ces Cavernes brulantes ,
Grand Dieu , que ton bras tout-puiflant,
Par des chaînes toujours ardentes ,
Retient le Pécheur frémiſſant.
•
C'est là qu'une Ame criminelle ,
Brule d'une flamme éternelle
Et qui ne la confume pas :
Là , l'Adultere & le Parjure ;
Contre la gêne & la torture,
Appellent en vain le Trépas.
Quelle main invifible arrête ›
NOVEMBRE. 1730. 2333
Ces Monts & ces Rocs fufpendus ?
Ah Lque n'écrafent-ils la tête ,
De ces coupables confondus ?
Hélas ! les foupirs & les larmes ,
N'ont plus ces invincibles charmes ,
Qui defarmoient un Dieu vengeur :
Pour punir une race ingrate ,
Son pouvoir en ces lieux n'éclate ,
Que par fon extrême rigueur.
Objets de courroux & de haîne
Pour vous , il n'eft plus de pardon :
De vos crimes portez lá peine ,
Dans un éternel abandon .
Loin des bons que vous pouviez fuivre ;
Eprouvez , indignes de vivre ,
Mille morts fans pouvoir mourir.
Votre malheur eft votre ouvrage ,
Vous recevez votre partage ,
Jamais vivre & toûjours fouffrir.
*
Qu'entends-je ? Quelle voix horrible ,
Dans l'amertume de ces pleurs ,
Vient m'apprendre un mal plus terrible ;
Que les plus cuifantes douleurs ?
Quoy donc ! la flamme petillante,
Le fer ardent , l'huille bouillante ,
A iij
Ne
2334 MERCURE DE FRANCE
Ne font ici qu'un vain effort ,
Eh! quel fupplice les furmonte
Seroit - ce la fatale honte ,
Ou l'impitoyable remord
Ovous , qui vivant de chimeres
Doutez de ce qu'on ne peut voir :
Ecoutez les plaintès ameres ,
Qu'éxale un affreux deſeſpoir :
Ah , Juftice ! Ah , Loi fouveraine ,
Redouble en augmentant la peine
De nos maux l'active lenteur ;
Mais que le fort qui nous accable ,
Nous laiffe l'espoir fecourable ,
De voir un jour le Créateur.
Non , traîtres , votre ame égarée ,
Dans un Dédale de projets ,
Pour jamais fera féparée ,
Du Dieu , qu'ont armé vos forfaits,
Trop indignes de voir fa face ,
Oppofez votre vaine audace ,
Au plus terrible des malheurs ,
Mais cet invincible courage ,
N'eft plus qu'une impuiſſante rage ;
Et je n'apperçois que des pleurs.
Ainfi
NOVEMBRE. 1730. 233 5
'Ainfi gémiffent fans refſource ,
Dans les abîmes foûterrains ,
Ces hommes vains , qui dans leur courſe ,
Par le crime ont fouillé leurs mains :
Ainfi l'Avare au coeur perfide ,
Le Sacrilege parricide ,
Trouvent le prix de leur noirceur ;
Pendant qu'à leurs maux infenfible ,
Le Jufte , d'un féjour paiſible ,
Goute l'éternelle douceur.
Grand Dieu , dont la fage indulgence ,
Souffre encor mon iniquité :
J'adore & je crains ta vengeance ,
Mais j'efpere dans ta bonté.
Souvent prêt à nous mettre en poudre ;
Ton bras qui va lancer la foudre ,
Releve un coeur triſte , abbatu ;
Et toûjours ta fainte Juſtice ,
Qui dans l'Enfer punit le vice ,
Dans le Ciel place la vertu.
In malitia eorum diſperdet eos . Pl. 933
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Résumé : L'ENFER, ODE.
Le texte décrit une vision de l'Enfer, marquée par la terreur et le désespoir. Le narrateur découvre un abîme effrayant où tout semble s'évanouir, illuminé par une lumière ténébreuse et des feux incertains. Il entend des cris et des grincements de rage. L'Enfer est un lieu de souffrances éternelles, où les pécheurs sont retenus par des chaînes ardentes et brûlent d'une flamme éternelle sans jamais être consumés. Les criminels, tels que les adultères et les parjures, appellent en vain la mort pour échapper à leurs tourments. Les supplices y sont intenses et variés, mais la pire souffrance est la honte et le remord. Les âmes damnées sont privées de tout espoir de voir le Créateur. Le texte oppose les pécheurs, qui souffrent éternellement, aux justes, qui goûtent une éternelle douceur dans un séjour paisible. Le narrateur, conscient de ses propres fautes, implore la miséricorde divine, craignant la vengeance tout en espérant la bonté de Dieu. Il reconnaît que la justice divine punit le vice en Enfer et récompense la vertu au Ciel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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234
p. 7-11
VERS DE M. DUFRESNY presentez à Son Altesse Royale Monseigneur le Duc d'Orleans, Regent de France.
Début :
M. Dufresny mon devancier a bien sceu luy dire là dessus en vers, / Le bonheur de la France est ton unique objet. [...]
Mots clefs :
Duc d'Orléans, Prince, État, Rire, Médecin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS DE M. DUFRESNY presentez à Son Altesse Royale Monseigneur le Duc d'Orleans, Regent de France.
M. Du-
Aiiij
8 MERCURE
freſny mon devancier a bien
fceu luy dire là deſſus en vers ,
ce qu'à chaque moment nous
luy diſons tous en proſe. Je ne
doute pas que vous n'ayez veŭ
cettepiece ; mais fur ce point
fes voeux & les noſtres ne
fçauroient eſtre trop publics.
VERS DE M. DUFRESNY
preſentez à Son Aiteſſe
Royale. Monſeigneur le
Duc d'Orleans , Regent de
France. :
:
Le bonheur de la France est
ton unique objet.
GALANT
Oferois-je grand Prince entrer
dans ton projet ?
Je voudrois à l'Etat me rendre
neceffaire ,
Comme tant d'autres voudroient
faire.
Ton Medecin déjafans doute s'eft
vanté
D'être utile à l'Etat enfoignant
taſanté;
Sije prenois foin moy , de lafaire
bien nive
Fe dis bien , avec goût , par l'efprit
, c'est à dire ,
D'un rire convenable aux Princes
tels
quetoy,
S'il en fut oncs'entend, mais re
10 MERCURE
venons à moy?
Pour le biende l'Etat , Prince ,je
teSupplie
Que jefois Medecin de tamelancolie.
F'entre en poffeffion , j'ordonne
gravement ,
Pour taſanté queje tefaffe rire.
Il tefautdu delaſſement
Sans cela pourrois- tufuffire
Arenouveller un Empire.
Cen'est qu'unjeu pourtoy ,d'accord
, je le comprends.
Pour des confeils tous differens ,
Toûjours tes déciſions prêtes ,
Toutes justes malgré tant de diverfué!
GALANT
Le Ciel t'a donné plufieurs têtes ,
Mais tun'as, commenous ,qu'une
... Seule ſanté :
Eh ! quelle encor ? cen'eſtſanté de
Suiffe,
Il est bon qu'on t'en avertiße ,
Ton genie eft plus fort que ton
temperament.
Sur ce point ſeul aveuglement
Soûmets tes lumieres aux nôtres ,
Sur tafanté confulte nous nous
Dos autres morq
Car nousy prenons ſur ma foy ,
Beaucoup plus d'interêt que toy.
Aiiij
8 MERCURE
freſny mon devancier a bien
fceu luy dire là deſſus en vers ,
ce qu'à chaque moment nous
luy diſons tous en proſe. Je ne
doute pas que vous n'ayez veŭ
cettepiece ; mais fur ce point
fes voeux & les noſtres ne
fçauroient eſtre trop publics.
VERS DE M. DUFRESNY
preſentez à Son Aiteſſe
Royale. Monſeigneur le
Duc d'Orleans , Regent de
France. :
:
Le bonheur de la France est
ton unique objet.
GALANT
Oferois-je grand Prince entrer
dans ton projet ?
Je voudrois à l'Etat me rendre
neceffaire ,
Comme tant d'autres voudroient
faire.
Ton Medecin déjafans doute s'eft
vanté
D'être utile à l'Etat enfoignant
taſanté;
Sije prenois foin moy , de lafaire
bien nive
Fe dis bien , avec goût , par l'efprit
, c'est à dire ,
D'un rire convenable aux Princes
tels
quetoy,
S'il en fut oncs'entend, mais re
10 MERCURE
venons à moy?
Pour le biende l'Etat , Prince ,je
teSupplie
Que jefois Medecin de tamelancolie.
F'entre en poffeffion , j'ordonne
gravement ,
Pour taſanté queje tefaffe rire.
Il tefautdu delaſſement
Sans cela pourrois- tufuffire
Arenouveller un Empire.
Cen'est qu'unjeu pourtoy ,d'accord
, je le comprends.
Pour des confeils tous differens ,
Toûjours tes déciſions prêtes ,
Toutes justes malgré tant de diverfué!
GALANT
Le Ciel t'a donné plufieurs têtes ,
Mais tun'as, commenous ,qu'une
... Seule ſanté :
Eh ! quelle encor ? cen'eſtſanté de
Suiffe,
Il est bon qu'on t'en avertiße ,
Ton genie eft plus fort que ton
temperament.
Sur ce point ſeul aveuglement
Soûmets tes lumieres aux nôtres ,
Sur tafanté confulte nous nous
Dos autres morq
Car nousy prenons ſur ma foy ,
Beaucoup plus d'interêt que toy.
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235
p. 1887-1891
RÉPONSE A Mlle de Malcrais de la Vigne, par M. de Voltaire, en lui envoyant la Henriade et l'Histoire de Charles XII.
Début :
Toy, dont la voix brillante a volé sur nos Rives, [...]
Mots clefs :
Voix brillante, Art de plaire, Charles XII, Henry IV, Vers, Science, Esprits, Muses, Beaux-arts, Captivité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE A Mlle de Malcrais de la Vigne, par M. de Voltaire, en lui envoyant la Henriade et l'Histoire de Charles XII.
REPONSE
A Me de Malcrais de la Vigne , par
M. de Voltaire , en lui envoyani la
Henriade et l'Histoire de Charles XI I.
T
Oy, dont la voix brillante a volé
sur nos Rives ,
Toi , qui tiens dans Paris nos Muses attentives ,
Qui sçais si bien associer ,
Et la science et l'art de plaire ,
A ij Et
1888 MERCURE DE FRE
Et les talens de Deshoulieres ,
Et les études de Dacier ,
J'ose envoyer aux pieds de ta Muse divine ,
Quelques foibles Ecrits , enfans de mon repos ;
Charles fut seulement l'objet de mes travaux.
Henry quatre fut mon Heros ,
Et tu seras mon Héroïne.
En te donnant mes Vers , je te veux avoüer ,
Ce que je suis , ce que je voudrois être ,
Te peindre ici mon ame et te faire connoître ,
Celui que tu daignas loüer.
'Apollon présidoit au jour qui m'avu naître;
J'aurai vudans trois ans passer quarante hyvers.
Au sortir du Berceau j'ai bégayé des Vers.
Bien tôt ce Dieu puissant m'ouvrit son Sanc ruaire ;
Mon cœur vaincu par lui fut soumis à sa Loi.
D'autres ont fait des Vers par le desir d'en faire ;
Je fus Poëte malgré moi.
Tous les goûts à la fois sont entrez dans mon ame ;
Tout Art à mon hommage, et tout plaisir m'en- flamme ;
La Peinture me charme; On me voit quelquefois
Au
SEPTEMBRE. 1732. 1889
Au Palais de Philippe , ou dans celui des Rois ,
Sous les efforts de l'Art , admirer la Nature.
Du brillant Cagliari , * saisir l'Esprit divin ,
Et devorer des yeux la touche noble et sûre ,
De Raphaël et du Poussin.
De ces Apartemens qu'anime la Peinture ,
Sur les pas du Plaisir je vole à l'Opera ;
J'applaudis tout ce qui me touche :
La fertilité de Campra ,
La gayeté de Mouret , les graces de Destouches.
Pelissier par son Art , le Maure par sa voix.
L'agile Camargo, Sallé l'Enchanteresse ,
Cette austere Sallé faite pour la tendresse ,
Tour à tour ont mes vœux, et suspendent mon
choix.
Quelquefois embrassant la science hardie ,
Que la curiosité ,
Honora par vanité ,
Du nom de Philosophie ,
Je cours après Newton dans l'abîme des Cieux.
Je veux voir si des nuits la courriere inégale ,
Par le pouvoir changeant d'une force centrale ,
Paul Veronese.
A iij En
1890 MERCURE DE FRANCE
En gravitant vers nous s'approche de nos yeux ,
Et pese d'autant plus qu'elle est près de ces lieux
Dans les limites d'une ovale.
J'en entends raisonner les plus profonds esprits ;
Je les vois qui des Cieux franchissent l'intervale ,
Et je vois avec eux que je n'ai rien compris.
De ces obscuritez je passe à la morale ;.
Je'lis au cœur de l'homme, et souvent j'en rougis
J'examine avec soin les informes Ecrits ,
Les monumens épars et le stile énergique ,
De ce fameux Pascal , ce dévot satyrique.
Je vois ce rare esprit trop prompt à s'eflammer.
Je combats ses rigueurs extrêmes,
Il enseigne aux humains à se haïr eux-mêmes ;
Je voudrois, s'il se peut, leur apprendre à s'aimer..
Ainsi mes jours égaux , que les Muses remplis- sent ,
Sans soins , sans passions, sans préjugez fâcheux ,
Commencent avec joye , et vivement finissent ,
Par des soupers délicieux .
L'amour dans mes plaisirs ne mêle plus ses peines ;
J'ai quitté prudemment ce Dieu qui m'a quitté.
J'ai passé l'heureux temps fait pour la volupté .
*Les Pensées de M. Pascal.
Il
SEPTEMBRE. 7732. 18 ) F
Il est donc vrai , grands Dieux , il ne faut plus
que j'aime !
La foule des beaux Arts dont je veux tour à tour,
Remplir le vuide de moi- même ,
N'est point encor assez pour remplacer l'Amour
Je fais ce que je puis , hélas ! pour être sage ,
Pour amuser ma liberté ;
Mais si quelque jeune Beauté
Empruntant ta vivacité ,
Me parloit ton charmant langage
Je rentrerois bien- tôt dans ma captivité.
A Paris ce 15. Août 1732
A Me de Malcrais de la Vigne , par
M. de Voltaire , en lui envoyani la
Henriade et l'Histoire de Charles XI I.
T
Oy, dont la voix brillante a volé
sur nos Rives ,
Toi , qui tiens dans Paris nos Muses attentives ,
Qui sçais si bien associer ,
Et la science et l'art de plaire ,
A ij Et
1888 MERCURE DE FRE
Et les talens de Deshoulieres ,
Et les études de Dacier ,
J'ose envoyer aux pieds de ta Muse divine ,
Quelques foibles Ecrits , enfans de mon repos ;
Charles fut seulement l'objet de mes travaux.
Henry quatre fut mon Heros ,
Et tu seras mon Héroïne.
En te donnant mes Vers , je te veux avoüer ,
Ce que je suis , ce que je voudrois être ,
Te peindre ici mon ame et te faire connoître ,
Celui que tu daignas loüer.
'Apollon présidoit au jour qui m'avu naître;
J'aurai vudans trois ans passer quarante hyvers.
Au sortir du Berceau j'ai bégayé des Vers.
Bien tôt ce Dieu puissant m'ouvrit son Sanc ruaire ;
Mon cœur vaincu par lui fut soumis à sa Loi.
D'autres ont fait des Vers par le desir d'en faire ;
Je fus Poëte malgré moi.
Tous les goûts à la fois sont entrez dans mon ame ;
Tout Art à mon hommage, et tout plaisir m'en- flamme ;
La Peinture me charme; On me voit quelquefois
Au
SEPTEMBRE. 1732. 1889
Au Palais de Philippe , ou dans celui des Rois ,
Sous les efforts de l'Art , admirer la Nature.
Du brillant Cagliari , * saisir l'Esprit divin ,
Et devorer des yeux la touche noble et sûre ,
De Raphaël et du Poussin.
De ces Apartemens qu'anime la Peinture ,
Sur les pas du Plaisir je vole à l'Opera ;
J'applaudis tout ce qui me touche :
La fertilité de Campra ,
La gayeté de Mouret , les graces de Destouches.
Pelissier par son Art , le Maure par sa voix.
L'agile Camargo, Sallé l'Enchanteresse ,
Cette austere Sallé faite pour la tendresse ,
Tour à tour ont mes vœux, et suspendent mon
choix.
Quelquefois embrassant la science hardie ,
Que la curiosité ,
Honora par vanité ,
Du nom de Philosophie ,
Je cours après Newton dans l'abîme des Cieux.
Je veux voir si des nuits la courriere inégale ,
Par le pouvoir changeant d'une force centrale ,
Paul Veronese.
A iij En
1890 MERCURE DE FRANCE
En gravitant vers nous s'approche de nos yeux ,
Et pese d'autant plus qu'elle est près de ces lieux
Dans les limites d'une ovale.
J'en entends raisonner les plus profonds esprits ;
Je les vois qui des Cieux franchissent l'intervale ,
Et je vois avec eux que je n'ai rien compris.
De ces obscuritez je passe à la morale ;.
Je'lis au cœur de l'homme, et souvent j'en rougis
J'examine avec soin les informes Ecrits ,
Les monumens épars et le stile énergique ,
De ce fameux Pascal , ce dévot satyrique.
Je vois ce rare esprit trop prompt à s'eflammer.
Je combats ses rigueurs extrêmes,
Il enseigne aux humains à se haïr eux-mêmes ;
Je voudrois, s'il se peut, leur apprendre à s'aimer..
Ainsi mes jours égaux , que les Muses remplis- sent ,
Sans soins , sans passions, sans préjugez fâcheux ,
Commencent avec joye , et vivement finissent ,
Par des soupers délicieux .
L'amour dans mes plaisirs ne mêle plus ses peines ;
J'ai quitté prudemment ce Dieu qui m'a quitté.
J'ai passé l'heureux temps fait pour la volupté .
*Les Pensées de M. Pascal.
Il
SEPTEMBRE. 7732. 18 ) F
Il est donc vrai , grands Dieux , il ne faut plus
que j'aime !
La foule des beaux Arts dont je veux tour à tour,
Remplir le vuide de moi- même ,
N'est point encor assez pour remplacer l'Amour
Je fais ce que je puis , hélas ! pour être sage ,
Pour amuser ma liberté ;
Mais si quelque jeune Beauté
Empruntant ta vivacité ,
Me parloit ton charmant langage
Je rentrerois bien- tôt dans ma captivité.
A Paris ce 15. Août 1732
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Résumé : RÉPONSE A Mlle de Malcrais de la Vigne, par M. de Voltaire, en lui envoyant la Henriade et l'Histoire de Charles XII.
Dans une lettre datée du 15 août 1732, Voltaire adresse à Madame de Malcrais de la Vigne deux de ses œuvres, 'L'Henriade' et 'L'Histoire de Charles XII'. Il exprime son admiration pour la muse de Madame de Malcrais et partage ses aspirations et talents variés. Voltaire mentionne avoir écrit des vers dès son jeune âge, inspiré par Apollon. Il décrit ses multiples intérêts, allant de la poésie à la peinture, en passant par la musique et la philosophie. Il admire les œuvres de Raphaël, Poussin, Campra, Mouret, Destouches, ainsi que les danseurs Camargo et Sallé. Voltaire s'intéresse également aux découvertes scientifiques de Newton et aux pensées de Pascal, bien qu'il critique les rigueurs extrêmes de ce dernier. Il conclut en affirmant que, malgré ses efforts pour remplir ses jours de divers plaisirs et arts, il ne peut remplacer l'amour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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236
p. 2147-2151
ODE, Sur la Maladie du Roi.
Début :
QUEL tumulte affreux me réveille ? [...]
Mots clefs :
Heures, Roi, Nuit, Mort, Maladie
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texteReconnaissance textuelle : ODE, Sur la Maladie du Roi.
ODE ,
Sur la Maladie du Roi.
Uel tumulte affieux me réveille ?
Qu'entens je ? quels éclats ? Quel bruit
En des heures où tout ſommeille ,
Trouble le repos de la nuit ?
Une nombreuſe populace
Fait retentir de Place en Place
Un lugubre gémiſſement.
D'oùpart ſatriſteſſe profonde ?
2
A ij Du
(
2148 MERCURE DE FRANCE.
Du bouleverſement du Monde
Voit - elle arriver le moment ?
Pour dévoiler ce myſtere ,
Courons au Palais de nos Rois.
Quoi ! la lumiere encor l'éclaire ?
Juſte Ciel ! qu'est- ce que j'y vois ?
Une Keine , Epouſe éplorée ,
Ade triſtes tranſports livrée ,
Succombe à ſes vives douleurs,
Du Trône le précieux gage
'Avec ſes deux Socoeurs les partage ,
Et tous ſe conſument enpleurs.
UnMeſſager brûlant de zéle , (a)
Accourû ſur l'aîle du vent ,
Sembloit apporter la nouvelle
D'un favorable évenement.
En moins de ſix heures , tout change !
O révolution étrange !
Qui glace le coeur des François ! (6)
Victime du courroux céleſte ,
Ils aprennent le coup funeſte ,
Qui réduit LOUIS aux abois.
(a) M. de S. Cloud , Ecuyer de la Reine , arrive
Versaillesle 4 Août , à deux heures après midi.
(b ) Par un courier arrivé le mêmejourà 11 heures
dufoir.
Dans
OCTOBRE. 1744. 2149
Dans les momens où la Victoire
Sur le Rhin conduiſoit ſes pas ,
La Mort , jalouſe de la gloire
Que s'étoit acquiſe ſon bras ,
Oſe aiguiſer ſa faulx tranchante ,
Ét d'une valeur triomphante
Entreprend d'arrêter le cours .
Elle en arme ſa main barbare ,
Et la cruelle ſe prépare
Amoiffonner les plus beaux jours
Le ſangdans ſes veines s'allume ,
Par un redoublement nouveau ;
Le feu brûlant qui le conſume ,
S'éleve juſqu'à ſon cerveau ;
Il y forme un fombre nuage ,
Qui ſoudain interdit l'uſage ,
De ſa raiſon& de ſes ſens ;
Contreune léthargique yvreſſe ,
Qui l'engourdit& qui l'oppreſſe ,
Tous les ſecours ſont impuiſſans.
Grand Dieu ! que ta Bonté deſcende
Sur un Roi , ton prédeſtiné !
C'eſt ton Epouſe , (a) qui demande
Ta pitié pour ſon Fils aîné,
(a) L'Eglife.
A ij 11
2150 MERCURE DE FRANCE.
Il t'adore ; il te craint ; il t'aime ;
Sa vigilance fut extrême
A inaintenirta pure Loi.
S'il fût tombé dans quelque offenſe ,
Le frein d'une ferme croyance
L'eût retenu toujours à toi .
Mais Ciel ! quel prodige ! Ta Grace
Sur lui fait de ſoudains efforts ;
Sa foi l'a renduë efficace
Sur fon eſprit & fur fon corps.
Dans ſon extrêmité mortelle
Sa raiſon renaît , étincelle ,
Et va te dévoiler ſon coeur.
Il te confeſſe ſa foibleſſe ,
Prêt à t'immoler ſa Jeuneſſe ,
Sa Gloire & toute fa Grandeur.
2
Du haut de l'Empire ſuprême ,
Tu daignes deſcendre en ſon ſein.
Et tu viens t'y rendre toi-même
Le gage d'un pardon certain ;
Il te reçoit , plein d'eſpérance ,
De repentir , de confiance ,
De joye , de reſpect & d'amour ,
Et ſemble exprimer par ſes larmes
Les tranſports , lajoye & les charmes
Qu'on goûte au céleſte ſéjour.
Cependant
OCTOBRE. 1744. 215萬
Cependant de fa belle vie
Le danger devient plus preſſant ;
Pour le noeud facré qui te lie ,
OReine ! quel coup menaçant !
Il faut partir .... rien ne t'arrête;
La nuit , la chaleur , la tempête ,
Non , non , ne te retiendront pas .
Ates maux tu ne peux ſurvivre ;
De tes Enfans , qui vont te ſuivre ,
Déja tu devances les pas.
Enfin , quandtu crains ſans reſſource
Le plus grand de tous les malheurs ,
LeCiel , au milieu de ſa courſe
Vient mettre un frein à tes douleurs.
Châlons , (a) à jamais mémorable ,
Tu nous inſtruis , que favorable
LaNature a fait un effort.
Préparons de brillantes Fêtes ;
LOUIS couronne ſes conquêtes
Par le triomphe de la Mort.
4
AVersailles le 25 Août 1744 .
(a ) C'est de Châlons qu'on reçûr la premiere bonne
nouvelle fur la santé du Roi.
Sur la Maladie du Roi.
Uel tumulte affieux me réveille ?
Qu'entens je ? quels éclats ? Quel bruit
En des heures où tout ſommeille ,
Trouble le repos de la nuit ?
Une nombreuſe populace
Fait retentir de Place en Place
Un lugubre gémiſſement.
D'oùpart ſatriſteſſe profonde ?
2
A ij Du
(
2148 MERCURE DE FRANCE.
Du bouleverſement du Monde
Voit - elle arriver le moment ?
Pour dévoiler ce myſtere ,
Courons au Palais de nos Rois.
Quoi ! la lumiere encor l'éclaire ?
Juſte Ciel ! qu'est- ce que j'y vois ?
Une Keine , Epouſe éplorée ,
Ade triſtes tranſports livrée ,
Succombe à ſes vives douleurs,
Du Trône le précieux gage
'Avec ſes deux Socoeurs les partage ,
Et tous ſe conſument enpleurs.
UnMeſſager brûlant de zéle , (a)
Accourû ſur l'aîle du vent ,
Sembloit apporter la nouvelle
D'un favorable évenement.
En moins de ſix heures , tout change !
O révolution étrange !
Qui glace le coeur des François ! (6)
Victime du courroux céleſte ,
Ils aprennent le coup funeſte ,
Qui réduit LOUIS aux abois.
(a) M. de S. Cloud , Ecuyer de la Reine , arrive
Versaillesle 4 Août , à deux heures après midi.
(b ) Par un courier arrivé le mêmejourà 11 heures
dufoir.
Dans
OCTOBRE. 1744. 2149
Dans les momens où la Victoire
Sur le Rhin conduiſoit ſes pas ,
La Mort , jalouſe de la gloire
Que s'étoit acquiſe ſon bras ,
Oſe aiguiſer ſa faulx tranchante ,
Ét d'une valeur triomphante
Entreprend d'arrêter le cours .
Elle en arme ſa main barbare ,
Et la cruelle ſe prépare
Amoiffonner les plus beaux jours
Le ſangdans ſes veines s'allume ,
Par un redoublement nouveau ;
Le feu brûlant qui le conſume ,
S'éleve juſqu'à ſon cerveau ;
Il y forme un fombre nuage ,
Qui ſoudain interdit l'uſage ,
De ſa raiſon& de ſes ſens ;
Contreune léthargique yvreſſe ,
Qui l'engourdit& qui l'oppreſſe ,
Tous les ſecours ſont impuiſſans.
Grand Dieu ! que ta Bonté deſcende
Sur un Roi , ton prédeſtiné !
C'eſt ton Epouſe , (a) qui demande
Ta pitié pour ſon Fils aîné,
(a) L'Eglife.
A ij 11
2150 MERCURE DE FRANCE.
Il t'adore ; il te craint ; il t'aime ;
Sa vigilance fut extrême
A inaintenirta pure Loi.
S'il fût tombé dans quelque offenſe ,
Le frein d'une ferme croyance
L'eût retenu toujours à toi .
Mais Ciel ! quel prodige ! Ta Grace
Sur lui fait de ſoudains efforts ;
Sa foi l'a renduë efficace
Sur fon eſprit & fur fon corps.
Dans ſon extrêmité mortelle
Sa raiſon renaît , étincelle ,
Et va te dévoiler ſon coeur.
Il te confeſſe ſa foibleſſe ,
Prêt à t'immoler ſa Jeuneſſe ,
Sa Gloire & toute fa Grandeur.
2
Du haut de l'Empire ſuprême ,
Tu daignes deſcendre en ſon ſein.
Et tu viens t'y rendre toi-même
Le gage d'un pardon certain ;
Il te reçoit , plein d'eſpérance ,
De repentir , de confiance ,
De joye , de reſpect & d'amour ,
Et ſemble exprimer par ſes larmes
Les tranſports , lajoye & les charmes
Qu'on goûte au céleſte ſéjour.
Cependant
OCTOBRE. 1744. 215萬
Cependant de fa belle vie
Le danger devient plus preſſant ;
Pour le noeud facré qui te lie ,
OReine ! quel coup menaçant !
Il faut partir .... rien ne t'arrête;
La nuit , la chaleur , la tempête ,
Non , non , ne te retiendront pas .
Ates maux tu ne peux ſurvivre ;
De tes Enfans , qui vont te ſuivre ,
Déja tu devances les pas.
Enfin , quandtu crains ſans reſſource
Le plus grand de tous les malheurs ,
LeCiel , au milieu de ſa courſe
Vient mettre un frein à tes douleurs.
Châlons , (a) à jamais mémorable ,
Tu nous inſtruis , que favorable
LaNature a fait un effort.
Préparons de brillantes Fêtes ;
LOUIS couronne ſes conquêtes
Par le triomphe de la Mort.
4
AVersailles le 25 Août 1744 .
(a ) C'est de Châlons qu'on reçûr la premiere bonne
nouvelle fur la santé du Roi.
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237
p. 3-7
Prélude que l'Auteur voudroit, à la gloire de chaque Prince de l'Europe, copier tous les mois. [titre d'après la table]
Début :
*Grace au Ciel mon bonheur passe mon esperance. L'Electeur [...]
Mots clefs :
Prince, Nouvelles, Mercure
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texteReconnaissance textuelle : Prélude que l'Auteur voudroit, à la gloire de chaque Prince de l'Europe, copier tous les mois. [titre d'après la table]
*Grace au Ciel mon bonheur
1... paffe mon efperance.
Electeur que tout le
monde connoiſt en
France , de même qu'-
autrefois l'Univers connoifloit
६
:
Parodie d' Andromaque de Racine.
Janvier 17.06.15
4 MERCURE
les Empereurs Romains , &
les deſignoit en les nommant
ſimplement Cefars , a commencé
cette année , ainſi qu'il
a commencé toutes celles de
ſa vie , depuis qu'il regne en
Baviere. Ce Prince a jetté les
yeux fur tous les ſujets qu'il
honore de ſes graces & de ſes
penfions; Mercure s'eft trou
vé enrollé dans la revûë qu'il
en a faite , & aprés avoir , à ſon
ordinaire , prodigué ſes largeffes
à tous ceux qui ont l'avantage
de joüir de ſa prefence
, il a chargé M. le Comte
d'Albert fon Grand Ecuyer ,
& Protecteur dudit Mercure ,
GALANT. S
du ſoin de luy annoncer qu'il
luy continuoit avec joyc la
penfion qu'il luy a accordée
l'année paſſée , & en même
temps écrit à M. le Comte de
Monaſterole , fon Envoyé Extraordinaire
en cette Cour , de
la luy faire payer exactement ;
ce que M. de Monaſterole
qui ſçait parfaitement avec
quelle grace fon Maiſtre ajoûte
à chaque inſtant , à
toutes les actions de ſa vie
une action genereuſe , a fait
à l'égard de Mercure- preſque
de la même maniere que S.
A. E. l'eût fait elle- même.
: A iij
,
6 MERCURE
Avant de quitter un article
fi g'orieux & fi utile à Mercure
, il luy convient de vous
dire qu'on luy a écrit de Veniſe
du 28. du mois paffé , que les
équipages du Prince Electoral
de Baviere y font arrivez auſſibien
que Son Alteffe , & que
les quatre Nobles qui ont etté
nommezpour ſervir & accompagner
ce Prince pendant fon
féjour à Veniſe , ſont Mrs
Cornaro , Pizaro , Pizani , &
Erizzo. :
Voicy le reſte des Nouvelles
qu'il a reçû des affaires de cette
Republique. Il prie le Leacur
GALANT. 7
de les recevoir à ſon tour ,
ainſi que ſes autres nouvelles,
non comme des Extraits de
Gazette; mais commedes nouvelles
trés curieuſes ,& qui luy
ont eſté directement écrites
des lieux dont il parle.
1... paffe mon efperance.
Electeur que tout le
monde connoiſt en
France , de même qu'-
autrefois l'Univers connoifloit
६
:
Parodie d' Andromaque de Racine.
Janvier 17.06.15
4 MERCURE
les Empereurs Romains , &
les deſignoit en les nommant
ſimplement Cefars , a commencé
cette année , ainſi qu'il
a commencé toutes celles de
ſa vie , depuis qu'il regne en
Baviere. Ce Prince a jetté les
yeux fur tous les ſujets qu'il
honore de ſes graces & de ſes
penfions; Mercure s'eft trou
vé enrollé dans la revûë qu'il
en a faite , & aprés avoir , à ſon
ordinaire , prodigué ſes largeffes
à tous ceux qui ont l'avantage
de joüir de ſa prefence
, il a chargé M. le Comte
d'Albert fon Grand Ecuyer ,
& Protecteur dudit Mercure ,
GALANT. S
du ſoin de luy annoncer qu'il
luy continuoit avec joyc la
penfion qu'il luy a accordée
l'année paſſée , & en même
temps écrit à M. le Comte de
Monaſterole , fon Envoyé Extraordinaire
en cette Cour , de
la luy faire payer exactement ;
ce que M. de Monaſterole
qui ſçait parfaitement avec
quelle grace fon Maiſtre ajoûte
à chaque inſtant , à
toutes les actions de ſa vie
une action genereuſe , a fait
à l'égard de Mercure- preſque
de la même maniere que S.
A. E. l'eût fait elle- même.
: A iij
,
6 MERCURE
Avant de quitter un article
fi g'orieux & fi utile à Mercure
, il luy convient de vous
dire qu'on luy a écrit de Veniſe
du 28. du mois paffé , que les
équipages du Prince Electoral
de Baviere y font arrivez auſſibien
que Son Alteffe , & que
les quatre Nobles qui ont etté
nommezpour ſervir & accompagner
ce Prince pendant fon
féjour à Veniſe , ſont Mrs
Cornaro , Pizaro , Pizani , &
Erizzo. :
Voicy le reſte des Nouvelles
qu'il a reçû des affaires de cette
Republique. Il prie le Leacur
GALANT. 7
de les recevoir à ſon tour ,
ainſi que ſes autres nouvelles,
non comme des Extraits de
Gazette; mais commedes nouvelles
trés curieuſes ,& qui luy
ont eſté directement écrites
des lieux dont il parle.
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238
p. 1467-1471
CODRUS. Poëme qui a remporté le Prix de l'Académie des Jeux Floraux.
Début :
Je chante ce Héros, qui cher à sa Patrie, [...]
Mots clefs :
Codros, Sort, Sujets, Doriens, Victoire, Roi, Yeux, Oracle, Académie des Jeux floraux, Gloire, Guide, Prix
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texteReconnaissance textuelle : CODRUS. Poëme qui a remporté le Prix de l'Académie des Jeux Floraux.
CODRU S.
Poëme qui a
remporté le Prix de
l'Académic
des Feux
Floraux.
J
chante ce
ce Héros , qui cher à sa
Patrie , dev1 ...
Conserva ses
es Sujets een
immolant sa
vie; ová 19.9 3 :
Si la seule vertu
mérites votre
encens ,
Muses, vous me devez vos plus
nobles accens.
La
discorde
féconde en
implacables haines ,
A ij Guide
1468 MERCURE DE FRANCE
Guide les Doriens jusques aux murs d'Athénes ;
Incertains du succès qu'ils brûlent d'obtenir ,
Leur inquiete ardeur cherche à le prévenir .
Ils veulent que le Ciel à leurs désirs révele ,
Ce secret important que l'avenir recele.
L'Oracle leur répond , pour flater leurs souhaits,
Vous vaincrez , si Codrus échappe à tous vos
traits ;
Mais si vous immolez ce Roi rempli de gloire ,
Aussitôt loin de vous s'enfuirà la victoire ;
Perdez vos ennemis , el respectez leur Roy.
Les Doriens charmez , acceptent cette Loy',
Satisfaits à ce prix de contenter leur rage ,
Ils s'avancent , l'espoir augmente leur courage ;
A leurs cris menaçants , tout s'allarme et to
fuit.
et tout
Cet Oracle est semé , Codrus en est instruit ;
Roi des Athéniens et plus encor leur Pere ,
Il veut hâter sa mort pour finir leur misere ;
Chers Sujets , que le sort à mes loix a soumis ,
>> Leur dit- il , vous voyez vos nombreux ennemis;
Suivis de la terreur , conduits par l'esperance ,
Il viennent contre vous assouvir leur vengeance,
Mais n'appréhendez rien , je sçaurai dissiper ,
»Cet orage tout prêt à vous envelopper ,
» Si l'Arrêt du Destin les flatte et les rassure •
» Vous avezdu triomphe un plus heureux augure;
» C'est mon amour pour vous , qui prompt à
yous servir
D
JUILLET. . 1733.
1469
» A leur joug odieux va bien-tôt vous ravir ;
» Esperez tout , dans moi votre bonheur réside ,
» En vain vers la victoire un Oracle les guide ,
» Je ne veux que moi seul pour les détruire tous,
J'irai pour vous sauver m'exposer à leurs coups,
par un noble effort , irritant leur farie ,
33
» Ét
Les forcer en tremblant de m'arracher la vie.
» Vous frémissez , ô Ciel ! vous répandez des
pleurs ;
»Ah ! plus vous me montrez l'excès de vos dou-
· leurs ,
» Plus vous plaignez mon sort , et plus je dois
encore ,
» Justifiek ces pleurs dont votre amour m'honore.
Suspendez vos regrets et calmez votre effroy ,
» Si vous m'attendrissez , c'est pour vous , non
pour moi;
B
Mais c'est trop m'arrêter à ce tendre spectacle ,
» Vous méritez ma mort , je vois remplir l'O
racle ,
» Je goûte tous les biens que vous en cueillerez ,
"
Je perirai pour vous , mais vous me vengerez,
Codrus cede à ces mots , au transport qui Pa- i
nime , N
Il vole , impatient de servir de victime
Ses Peuples effrayez d'un si hardi déssein ,
Le suivent dans sa course et l'arrêtent soudain
Et
pour mieux s'assurer de sa tête sacrée ,
De Soldats vigilans sa Tente est entourée ;
A iij Ses
1470 MERCURE DE FRANCE
Ses Sujets genereux , tranquilles sur son sort ,
Accourent au combat pour y trouver la mort.
Sous les yeux de Codrus , déja les deux Armées ,
Par des motifs divers au carnage animées ,
Se mêlent en tumulte , et répandant l'horreur ,
Ne paroissent avoir qu'une même fureur ;
Quel spectacle pour lui ! que son ame est émuë !
Sur mille objets affreux il promene sa vûë
Il voit perir de loin ses Sujets malheureux ,
Il reçoit tous les coups qu'on porte à chacun
2
d'eux ;
Allarmé de leurs maux , il use d'artifice
Pour aller consommer son triste sacrifice ;
Sous de vils vétemens éclipsant sa splendeur ,
Au - dedans de lui - même il cache sa grandeur .
Bien tôt par le secours de cette noble ruse ,
Il se dérobe aux yeux des Gardes qu'il abuse,
Il s'éloigne , il arrive au milieu des hazards ,
Sous ces dehors obscurs qui trompent les regards
,
·
Il court de tous côtez où le danger l'appelle ;
Le sort en l'épargnant , aime à trahir son zele
Il cherche , furieux , le trépas qui l'a fui ;
Chaque instant qu'il respire est un crime pour
lui ,
Trop heureux , si sans nuire au projet qui l'enflamme
,
Lui-même de ses jours pouvoit couper la trame.
Ses voeux sont satisfaits , un trait mortel Patteint
,
JUILLET. 1733 . 1471
De ses yeux affoiblis la lumiere s'éteint
Il expire , aussi -tôt la victoire fidelle ,
Pour payer tout le sang qu'il a versé pour elle ,
Rappelle ses Sujets qui fuyoient éperdus ;
A leur premiere ardeur ils sont soudain rendus ;
Leur crainte se dissipe et leurs efforts redoublent ;
Les Doriens surpris, se dispersent , se troublent
L'épouvanté et l'effroi s'emparent de leur coeur;
Ils tombent sous les traits dé l'ennemi vainqueur,
Mais ce vainqueur , hélas ! dans la gloire qu'il
goûte ,
Ignore encor quel prix son triomphe lui coûte ,
Et tandis qu'abusez par ce prompt changement ,
Tous les Athéniens suivent aveuglement
Les mouvemens divers que l'allegresse enfante ,
Qu'ils courent empressez vers la fatale Tente ,
Dans la foule des morts ils decouvrent leur Roi;
A cet horrible aspect tremblants , saisis d'effroi ,
Ils détestent leur gloire , et le sort de leurs armes,
Ils embrassent son corps , qu'il baignent de leurs
- larmes ,
Et
pour éterniser son regne et ses vertus ,
Choisissent Jupiter pour remplacer Codrus.
Codrus pro Patria non timidus mori. Hor. Ode.
M. l'Abbé P *** d'Avignon.
Poëme qui a
remporté le Prix de
l'Académic
des Feux
Floraux.
J
chante ce
ce Héros , qui cher à sa
Patrie , dev1 ...
Conserva ses
es Sujets een
immolant sa
vie; ová 19.9 3 :
Si la seule vertu
mérites votre
encens ,
Muses, vous me devez vos plus
nobles accens.
La
discorde
féconde en
implacables haines ,
A ij Guide
1468 MERCURE DE FRANCE
Guide les Doriens jusques aux murs d'Athénes ;
Incertains du succès qu'ils brûlent d'obtenir ,
Leur inquiete ardeur cherche à le prévenir .
Ils veulent que le Ciel à leurs désirs révele ,
Ce secret important que l'avenir recele.
L'Oracle leur répond , pour flater leurs souhaits,
Vous vaincrez , si Codrus échappe à tous vos
traits ;
Mais si vous immolez ce Roi rempli de gloire ,
Aussitôt loin de vous s'enfuirà la victoire ;
Perdez vos ennemis , el respectez leur Roy.
Les Doriens charmez , acceptent cette Loy',
Satisfaits à ce prix de contenter leur rage ,
Ils s'avancent , l'espoir augmente leur courage ;
A leurs cris menaçants , tout s'allarme et to
fuit.
et tout
Cet Oracle est semé , Codrus en est instruit ;
Roi des Athéniens et plus encor leur Pere ,
Il veut hâter sa mort pour finir leur misere ;
Chers Sujets , que le sort à mes loix a soumis ,
>> Leur dit- il , vous voyez vos nombreux ennemis;
Suivis de la terreur , conduits par l'esperance ,
Il viennent contre vous assouvir leur vengeance,
Mais n'appréhendez rien , je sçaurai dissiper ,
»Cet orage tout prêt à vous envelopper ,
» Si l'Arrêt du Destin les flatte et les rassure •
» Vous avezdu triomphe un plus heureux augure;
» C'est mon amour pour vous , qui prompt à
yous servir
D
JUILLET. . 1733.
1469
» A leur joug odieux va bien-tôt vous ravir ;
» Esperez tout , dans moi votre bonheur réside ,
» En vain vers la victoire un Oracle les guide ,
» Je ne veux que moi seul pour les détruire tous,
J'irai pour vous sauver m'exposer à leurs coups,
par un noble effort , irritant leur farie ,
33
» Ét
Les forcer en tremblant de m'arracher la vie.
» Vous frémissez , ô Ciel ! vous répandez des
pleurs ;
»Ah ! plus vous me montrez l'excès de vos dou-
· leurs ,
» Plus vous plaignez mon sort , et plus je dois
encore ,
» Justifiek ces pleurs dont votre amour m'honore.
Suspendez vos regrets et calmez votre effroy ,
» Si vous m'attendrissez , c'est pour vous , non
pour moi;
B
Mais c'est trop m'arrêter à ce tendre spectacle ,
» Vous méritez ma mort , je vois remplir l'O
racle ,
» Je goûte tous les biens que vous en cueillerez ,
"
Je perirai pour vous , mais vous me vengerez,
Codrus cede à ces mots , au transport qui Pa- i
nime , N
Il vole , impatient de servir de victime
Ses Peuples effrayez d'un si hardi déssein ,
Le suivent dans sa course et l'arrêtent soudain
Et
pour mieux s'assurer de sa tête sacrée ,
De Soldats vigilans sa Tente est entourée ;
A iij Ses
1470 MERCURE DE FRANCE
Ses Sujets genereux , tranquilles sur son sort ,
Accourent au combat pour y trouver la mort.
Sous les yeux de Codrus , déja les deux Armées ,
Par des motifs divers au carnage animées ,
Se mêlent en tumulte , et répandant l'horreur ,
Ne paroissent avoir qu'une même fureur ;
Quel spectacle pour lui ! que son ame est émuë !
Sur mille objets affreux il promene sa vûë
Il voit perir de loin ses Sujets malheureux ,
Il reçoit tous les coups qu'on porte à chacun
2
d'eux ;
Allarmé de leurs maux , il use d'artifice
Pour aller consommer son triste sacrifice ;
Sous de vils vétemens éclipsant sa splendeur ,
Au - dedans de lui - même il cache sa grandeur .
Bien tôt par le secours de cette noble ruse ,
Il se dérobe aux yeux des Gardes qu'il abuse,
Il s'éloigne , il arrive au milieu des hazards ,
Sous ces dehors obscurs qui trompent les regards
,
·
Il court de tous côtez où le danger l'appelle ;
Le sort en l'épargnant , aime à trahir son zele
Il cherche , furieux , le trépas qui l'a fui ;
Chaque instant qu'il respire est un crime pour
lui ,
Trop heureux , si sans nuire au projet qui l'enflamme
,
Lui-même de ses jours pouvoit couper la trame.
Ses voeux sont satisfaits , un trait mortel Patteint
,
JUILLET. 1733 . 1471
De ses yeux affoiblis la lumiere s'éteint
Il expire , aussi -tôt la victoire fidelle ,
Pour payer tout le sang qu'il a versé pour elle ,
Rappelle ses Sujets qui fuyoient éperdus ;
A leur premiere ardeur ils sont soudain rendus ;
Leur crainte se dissipe et leurs efforts redoublent ;
Les Doriens surpris, se dispersent , se troublent
L'épouvanté et l'effroi s'emparent de leur coeur;
Ils tombent sous les traits dé l'ennemi vainqueur,
Mais ce vainqueur , hélas ! dans la gloire qu'il
goûte ,
Ignore encor quel prix son triomphe lui coûte ,
Et tandis qu'abusez par ce prompt changement ,
Tous les Athéniens suivent aveuglement
Les mouvemens divers que l'allegresse enfante ,
Qu'ils courent empressez vers la fatale Tente ,
Dans la foule des morts ils decouvrent leur Roi;
A cet horrible aspect tremblants , saisis d'effroi ,
Ils détestent leur gloire , et le sort de leurs armes,
Ils embrassent son corps , qu'il baignent de leurs
- larmes ,
Et
pour éterniser son regne et ses vertus ,
Choisissent Jupiter pour remplacer Codrus.
Codrus pro Patria non timidus mori. Hor. Ode.
M. l'Abbé P *** d'Avignon.
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Résumé : CODRUS. Poëme qui a remporté le Prix de l'Académie des Jeux Floraux.
Le poème 'Codrus' a remporté le Prix de l'Académie des Jeux Floraux. Il relate l'histoire de Codrus, roi athénien, prêt à sacrifier sa vie pour sauver sa patrie des Doriens. Un oracle prédit que les Doriens vaincront si Codrus échappe à leurs attaques, mais seront vaincus s'ils le tuent. Connaissant son rôle crucial, Codrus décide de se sacrifier pour assurer la victoire de son peuple. Il se déguise et se jette dans la bataille, où il trouve la mort. Sa mort inspire ses sujets, qui repoussent les Doriens et remportent la victoire. Cependant, en découvrant le corps de Codrus, les Athéniens pleurent leur roi et choisissent Jupiter pour le remplacer. Le poème met en lumière le dévouement et le sacrifice de Codrus pour sa patrie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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239
s. p.
LA JEUNESSE. ODE. A M. de Franay, Trésorier de France en la Generalité de Moulins.
Début :
Descends de la Voute azurée, [...]
Mots clefs :
Jeunesse, Hébé, Jeux, Bois
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA JEUNESSE. ODE. A M. de Franay, Trésorier de France en la Generalité de Moulins.
LA JEUNESSE,
O D E.
A M. de Franay , Trésorier de France
en la Generalité de Moulins.
D
Escends de la Voute azurée ,
Quitte , Hébé , le Buffet des Dieux;
Des Jeux , des Graces entourée ,
Viens te présenter à mes yeux.
Hebé , je vais , de ton Empire ,
Chanter les douceurs et les Loix ,
A ij Inspire
838 MERCURE DE FRANCE
Inspire-moi , touche ma Lire ;
Qui mieux que toi pourroit me dire
Ton rang, tes honneurs et tes droits ?
De quels transports , de quelle yvresse ,
Me sens-je tout à coup épris !
Est- ce toi , charmante Déesse ,
Qui viens animer mes esprits
Je la vois , un Zéphir la porte ,
Avec l'Amour , Momus la suit.
Le vieux Saturne qui l'escorte ,
Des heures forme une cohorte ,
Qui se renouvelle sans bruit.
M
Son Empire sur la Nature,
Renferme la terre et les Airs ;
Le Printemps lui doit sa verdure ,
Et les Oiseaux leurs Chants divers,
Si d'une Jeunesse immortelle,
Hebé possede les beaux jours ,
Elle en répand sur chaque Belle ,
Quelque rayon , quelque étincelle ,
Mais qui ne dure pas toûjours.
3123
Profitez , riante Jeunesse ,
Du temps de faire votre cour,
Dépêchez-
MAY. 1732. 83
Dépêchez-vous , l'heure vous presse ,
Le temps qui fuit est sans retour.
Il n'est qu'un Printemps dans l'année ,
La nuit suit de près le matin ;
Et Flore , dans une Journée ,
Des Roses dont elle est ornée ,
Commence et finit le destin.
M
En doux ébats , en Jeux , en Fêtes ,
Venez lui payer vos tributs .
Les plaisirs que Comus apprête ,
Forment d'Hebéles revenus.
Mais pour mériter à sa suite ,
La préference et sa faveur
Fuyez les fureurs du Lapithe ,
La molesse du Sybaritte ,
Le fiel du Satyre imposteur.
Quel bruit se répand dans les Plaines ?
Pan fait raisonner son Hautbois.
Les Nymphes quittent leurs Fontaines,
Les Sylvains sortent de leurs Bois.
Pendant qu'une danse legere ,
Vous marque , Hebé , leur dévouement?
La Dryade , sur la fougee ,
Pour exprimer sa joye entiere ,
Ecoute à l'écart son Amant.
f
A iij Mais
840 MERCURE DE FRANCE
Mais quel est ce Berger qui chante ;
Sa Flute rend les plus doux sons.
Il veut de l'objet qui l'enchante ,
Fléchir le cœur par ses Chansons.
Chanter pour vaincre une volage !
Berger , vous chanterez en vain ;
Poussez , pressez un cœur sauvage ,
L'Amant chantant , trace l'Ouvrage ,
L'Amant pressant , le met à fin.
M
Vous , dont la languissante veine ,
Fait souvent gémir la raison ,
En vain des Eaux de l'Hypocrêne ,
Vous enyvrez votre Apollon.
Si vous voulez de la science ,
Qu'Hebé vous ouvre le chemin.
*
Le don de plaire et l'éloquence ,
Sont à la Source de Jouvence ,
Et dans les ressorts de l'instinct.
Après neuf lustres , suis-je sage ?
Quoi : j'ose ébranler des ressorts ,
Qui sont trop vifs dans le bel âge ,
Dans le mien qui sont presque morts!
Je vois ce contraste sans peine ,
Je conseille et je n'agis pas,
Four
MA Y.. 17320 841
Pourvû, Franay , que mon halene ,
Ait , à ton gré , conduit ma veine ,
Je fais du reste peu de cas.
M. de Soultrait.
O D E.
A M. de Franay , Trésorier de France
en la Generalité de Moulins.
D
Escends de la Voute azurée ,
Quitte , Hébé , le Buffet des Dieux;
Des Jeux , des Graces entourée ,
Viens te présenter à mes yeux.
Hebé , je vais , de ton Empire ,
Chanter les douceurs et les Loix ,
A ij Inspire
838 MERCURE DE FRANCE
Inspire-moi , touche ma Lire ;
Qui mieux que toi pourroit me dire
Ton rang, tes honneurs et tes droits ?
De quels transports , de quelle yvresse ,
Me sens-je tout à coup épris !
Est- ce toi , charmante Déesse ,
Qui viens animer mes esprits
Je la vois , un Zéphir la porte ,
Avec l'Amour , Momus la suit.
Le vieux Saturne qui l'escorte ,
Des heures forme une cohorte ,
Qui se renouvelle sans bruit.
M
Son Empire sur la Nature,
Renferme la terre et les Airs ;
Le Printemps lui doit sa verdure ,
Et les Oiseaux leurs Chants divers,
Si d'une Jeunesse immortelle,
Hebé possede les beaux jours ,
Elle en répand sur chaque Belle ,
Quelque rayon , quelque étincelle ,
Mais qui ne dure pas toûjours.
3123
Profitez , riante Jeunesse ,
Du temps de faire votre cour,
Dépêchez-
MAY. 1732. 83
Dépêchez-vous , l'heure vous presse ,
Le temps qui fuit est sans retour.
Il n'est qu'un Printemps dans l'année ,
La nuit suit de près le matin ;
Et Flore , dans une Journée ,
Des Roses dont elle est ornée ,
Commence et finit le destin.
M
En doux ébats , en Jeux , en Fêtes ,
Venez lui payer vos tributs .
Les plaisirs que Comus apprête ,
Forment d'Hebéles revenus.
Mais pour mériter à sa suite ,
La préference et sa faveur
Fuyez les fureurs du Lapithe ,
La molesse du Sybaritte ,
Le fiel du Satyre imposteur.
Quel bruit se répand dans les Plaines ?
Pan fait raisonner son Hautbois.
Les Nymphes quittent leurs Fontaines,
Les Sylvains sortent de leurs Bois.
Pendant qu'une danse legere ,
Vous marque , Hebé , leur dévouement?
La Dryade , sur la fougee ,
Pour exprimer sa joye entiere ,
Ecoute à l'écart son Amant.
f
A iij Mais
840 MERCURE DE FRANCE
Mais quel est ce Berger qui chante ;
Sa Flute rend les plus doux sons.
Il veut de l'objet qui l'enchante ,
Fléchir le cœur par ses Chansons.
Chanter pour vaincre une volage !
Berger , vous chanterez en vain ;
Poussez , pressez un cœur sauvage ,
L'Amant chantant , trace l'Ouvrage ,
L'Amant pressant , le met à fin.
M
Vous , dont la languissante veine ,
Fait souvent gémir la raison ,
En vain des Eaux de l'Hypocrêne ,
Vous enyvrez votre Apollon.
Si vous voulez de la science ,
Qu'Hebé vous ouvre le chemin.
*
Le don de plaire et l'éloquence ,
Sont à la Source de Jouvence ,
Et dans les ressorts de l'instinct.
Après neuf lustres , suis-je sage ?
Quoi : j'ose ébranler des ressorts ,
Qui sont trop vifs dans le bel âge ,
Dans le mien qui sont presque morts!
Je vois ce contraste sans peine ,
Je conseille et je n'agis pas,
Four
MA Y.. 17320 841
Pourvû, Franay , que mon halene ,
Ait , à ton gré , conduit ma veine ,
Je fais du reste peu de cas.
M. de Soultrait.
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Résumé : LA JEUNESSE. ODE. A M. de Franay, Trésorier de France en la Generalité de Moulins.
Le poème est adressé à M. de Franay, Trésorier de France en la Généralité de Moulins. Il invoque Hébé, déesse de la jeunesse, pour célébrer ses douceurs et ses lois. Le poète exprime son enthousiasme et son inspiration divine. Hébé, portée par Zéphyr et accompagnée de l'Amour et de Momus, règne sur la nature, apportant verdure et chants aux oiseaux. Cependant, sa jeunesse immortelle ne dure pas éternellement pour les mortels. Le poème exhorte à profiter de la jeunesse, car le temps passe vite. Il recommande de savourer les plaisirs et les fêtes, tout en évitant les excès et les vices. Pan, les Nymphes et les Sylvains célèbrent Hébé par leurs danses et leurs chants. Un berger tente de séduire par ses chansons, mais le poète conseille de presser un cœur sauvage pour le conquérir. Le texte souligne que la science et l'éloquence proviennent de la jeunesse. Le poète reconnaît le contraste entre ses conseils et ses propres actions, avouant qu'il ne suit pas toujours ses recommandations. Il conclut en espérant que son inspiration ait plu à M. de Franay.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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240
p. 9-14
Contre le babillard.
Début :
Le babillard n'ennuie & ne pese pas moins à la [...]
Mots clefs :
Parler, Table, Babillard
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Contre le babillard.
Contre le babillard.
: Le babillard n'ennuie
& ne peſe pas moins à la
compagnie que le filentieux. S'il n'a point d'ef
prit c'eft une fonnette de
plombinfupportable aux
oreilles. Il met de l'eau .
chaude dans du vin de
Champagne , & empoi
10 MERCURE
fonne tout un repas.
Comme un crocheteur
n'eft qu'un dos , un parleur fans efprit , n'eft qu
une memoire , fi le babillard a de l'efprit , il ennuie à force d'affluence :
Il change toute une table
en auditoire de fermon.
Quel deluge de paroles
fort de fa bouche , ce ne
font que pluyes à ſeaux ,
qui n'arrofent point , de
forte qu'on diroit qu'il
en eft hydropique. Ne
GALANT.
croyez pas , parce qu'il
dogmatiſe & parle tousjours , qu'il en fçache
plus qu'un autre. Le vafe le plus vuide eft celuy
qui rend le plus de fon ;
& on peut luy attribuer
ce que Demofthene difoit à un de fes femblables : fi tu fçavois beaucoup tu parlerois moins.
Attaquez le par un raifonnement en forme , il
ne fçait plus où il en eft
les periodes font en de-
.A
MERCURE
route , & les fuperficies
dont il eft composé dif
paroiffent. Ne croyez pas
qu'il ait plus de morale
& de vertu qu'un autre ,
parce qu'il en debite par
tirades fans reprendre ha
leine . C'eſt pluſtoſt maladie que fanté , & pour
ainfi dire, un flux de morale qui fait craindrepour
les parties nobles , &
pour les principes. Il a
une forte d'éloquence il
eft vray , & fçait mettre
GALANT.
les
en phraſes allongées , &
en periodes graves ,
chofes les plus commu
nes qu'il vient d'entendre dire par un autre en
quatre paroles ; mais
qu'est- ce qu'une éloquence qui ennuie fon auditeur fans l'inftruire , &
qui fait mefme penſer
mal de fon Orateur ; car
l'homme qui a un bon
fond d'ame , & qui eft
vrai , parle naturellement
& fans fard. Ses fenti-
84 MERCURE
mens échapent bruſque
ment à fon cœur & à fon
efprit. La verité ſe prefente fans déguiſement ;
& la reprefente telle , &
telle elle luy fuffit. C'eſt
le faux qui a befoin de
paroles & d'ornement.
On foupçonne tousjours
ces beaux & grands parleurs de ne point ſentir
ce qu'ils difent , & tout
au moins de ne le point
mettre en uſage
: Le babillard n'ennuie
& ne peſe pas moins à la
compagnie que le filentieux. S'il n'a point d'ef
prit c'eft une fonnette de
plombinfupportable aux
oreilles. Il met de l'eau .
chaude dans du vin de
Champagne , & empoi
10 MERCURE
fonne tout un repas.
Comme un crocheteur
n'eft qu'un dos , un parleur fans efprit , n'eft qu
une memoire , fi le babillard a de l'efprit , il ennuie à force d'affluence :
Il change toute une table
en auditoire de fermon.
Quel deluge de paroles
fort de fa bouche , ce ne
font que pluyes à ſeaux ,
qui n'arrofent point , de
forte qu'on diroit qu'il
en eft hydropique. Ne
GALANT.
croyez pas , parce qu'il
dogmatiſe & parle tousjours , qu'il en fçache
plus qu'un autre. Le vafe le plus vuide eft celuy
qui rend le plus de fon ;
& on peut luy attribuer
ce que Demofthene difoit à un de fes femblables : fi tu fçavois beaucoup tu parlerois moins.
Attaquez le par un raifonnement en forme , il
ne fçait plus où il en eft
les periodes font en de-
.A
MERCURE
route , & les fuperficies
dont il eft composé dif
paroiffent. Ne croyez pas
qu'il ait plus de morale
& de vertu qu'un autre ,
parce qu'il en debite par
tirades fans reprendre ha
leine . C'eſt pluſtoſt maladie que fanté , & pour
ainfi dire, un flux de morale qui fait craindrepour
les parties nobles , &
pour les principes. Il a
une forte d'éloquence il
eft vray , & fçait mettre
GALANT.
les
en phraſes allongées , &
en periodes graves ,
chofes les plus commu
nes qu'il vient d'entendre dire par un autre en
quatre paroles ; mais
qu'est- ce qu'une éloquence qui ennuie fon auditeur fans l'inftruire , &
qui fait mefme penſer
mal de fon Orateur ; car
l'homme qui a un bon
fond d'ame , & qui eft
vrai , parle naturellement
& fans fard. Ses fenti-
84 MERCURE
mens échapent bruſque
ment à fon cœur & à fon
efprit. La verité ſe prefente fans déguiſement ;
& la reprefente telle , &
telle elle luy fuffit. C'eſt
le faux qui a befoin de
paroles & d'ornement.
On foupçonne tousjours
ces beaux & grands parleurs de ne point ſentir
ce qu'ils difent , & tout
au moins de ne le point
mettre en uſage
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Résumé : Contre le babillard.
Le texte critique le comportement du babillard, une personne qui parle excessivement, et le compare au filentieux, tous deux perçus comme ennuyeux en société. Le babillard, s'il manque d'esprit, est insupportable comme une sonnette de plomb. S'il a de l'esprit, il ennuie par son abondance de paroles, transformant une table en auditoire de sermon. Ses paroles sont comparées à des pluies abondantes qui n'arrosent pas. Le texte met en garde contre l'idée que le babillard sait plus que les autres simplement parce qu'il parle beaucoup, le comparant à un vase vide qui résonne le plus fort. Lorsqu'on l'attaque par un raisonnement, il perd le fil de ses pensées. Son éloquence, bien que forte, est vide de contenu instructif et suscite des soupçons sur sa sincérité. Les vrais sentiments échappent naturellement au cœur et à l'esprit, sans besoin de fard ou d'ornement. Les beaux parleurs sont souvent soupçonnés de ne pas ressentir ce qu'ils disent.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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241
s. p.
AVANT-PROPOS.
Début :
On ne sçauroit trop se préter à la curiosité publique, quand [...]
Mots clefs :
Eau de mer, Machine, Invention , Découverte, M. Gautier, Navigation, Distillation, Vaisseau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVANT-PROPOS.
AVANT- PROPOS.
Nne sçauroit trop se prêter à la
curiofitépublique , quand il s'agit
d'une Recherche auffi utile qu'est celle
de l'Eau de la Mer renduë potable .
Les Piéces juftificatives que nous avons
produites dans les Mercures précédents
touchant cette Découverte , n'ont ſervi
qu'à exciter de plus en plus le défir de
connoître tous les moyens employez pour
parvenir à la consommation de ce grand
Oeuvre Il femble après cela , que ce
feroit naturellement ici la place de donner
la defcription de la Machine avec
laquelle l'ingénieux Auteur a operé
cette Merveille. On n'auroit pas manqué
de remplir l'attente du Public , en
la faifant graver , fi M. Gautier à qui
Seul appartient l'honneur de l'Invention
, n'avoit reçû des ordres précis de
Monfeigneur le Duc Régent & du
Confeil de Marine , de n'en pas révé-
:
Aij
AVANT - PROPOS.
.
ler fitôt le Mécanisme : On a jugé à prode
la mettre en évidence
pos
avant que
de faire embarquer l'Auteur fur unVaiffeau
du Roy deftiné pour l'Amérique ;
afin d'éprouver files Equipages qui refpirent
en Mer un air falé , & qui ne
mangent que des viandes altérantes , fe
trouveront auffi bien de l'ufage de cette
Eau , que ceux qui en ont bû , étant à terre,
dans un état tranquile & dans un air plus
doux .
2. On veut voir , fi la Machine eft
à l'épreuve des agitations & desfeconfes
violentes de la Mer. Comme l'Inventeur
eft feul capable de remédier à ces Inconvéniens
, c'est ce qui l'a engagé à demander
au Confeil de Marine , de courir les
rifques d'une Navigation de long cours ;
afin d'être toujours prêt à réparer les
défordres de fa Machine, au cas qu'il en
arrivât ; & par la même occafion , de la
rectifier ou de la perfectionner , chemin
faifant : Ce qui ne lui étoit pas poſſible
d'exécuter au Port de l'Orient , où il a fait
fes expériences fur une Mer calme : Il
eft vray que l'Auteur , par Ordre de S.
A. R. en a fait un modéle en Cartons
qui a mérité L'approbation de ce Prince
1
-AVANT - PROPOS.
pas
>
celle de Meffieurs de l'Académie
des Sciences ; mais on ne craindra,
d'avancer › que ce modéle ne fuffit
pas pour donner une idée complette de
la chofe , & für lequel on puiffe tenter
des expériences avec fuccès ; l'Auteur
déclarant qu'il ne s'eft point encore expliqué
fur les Proportions , fur les Matieres
convenables & fur la Maniere de
travailler: Il affure même que la nouvelle
Machine qu'il vafaire conftruire pourfon
voyage , ne ferapas précisément la même
que le Modèle ; elle ne perdra cependant
rien de fa fimplicité , puiſqu'il ne fera que
changer la figure du Tambour. Alors,
le même feu fervira en même temps .
pour différens befoins trés néceffaires
à tout l'Equipage du Vaiffean , fans
néanmoins interrompre fon effet princi
pal qui doit être par préférence , la
diftillation de l'Eau de Mer. On y rôtira
par exemple , les Viandes & l'on
Le paffera de Fours pour cuire le pain
des Officiers : On y pourra joindre une
Chaudiere fabriquée fuivant les principes
de cette Découverte dont le Sieur
Gaultier a fait ici l'expérience , aprés
en avoir préſenté le Modéle à S. A.
ཞ་
-
A iij
AVANT - PROPOS.
Monfeigneur le Comte de Toulouſe qui
a fort approuvée . Cette Chaudiere eft
propre à toutes fortes d'ufages , foit pour
faire cuire des Pois , Fêves , &c. Ce
qu'il y a de furprenant , c'est que pour
toutes ces différentes Opérations , it
fandra fi peu confommer de matiére
combustible , de quelque nature qu'elle
foit ,, que ce ne fera plus un objet pour
la dépenfe ; fans compter que le Faif
feau en fera beaucoup moins embaraſſé.
Les Nations Maritimes qui auroient
un interêt prochain qu'on en donnât.
an plûtôt une exacte Defcription , doivent
attendre de la libéralité de S. A.
R. que non seulement elle n'en fera
point un Secret , mais que , lorfque les
Expériences feront confommées , elle
préviendra leurs fouhaits : Elle a
même û la bonté de témoigner par
Avance , la fatisfaction qu'elle aurois
de leur en faire préfent , lorsqu'on n'aura
plus rien à défirer. L'espérance
de profiter bien-tôt de l'avantage d'une
fi hurense Découverte , dont ce Prince a
entrepris de poursuivre avec tant de générofité
& de dépense la perfection ,
doit animer les Puiffances à favorifer
AVANT- PROPOS.
,
-
*
toutes les perfounes éclairées qui ne
font occupées que de travaux utiles
à la République ; afin de tirer du fruit
de leurs veilles , des avantages qui aillent
au bien commun de la Societé des
Hommes ; mais , cette même prudence
qui doit les porter à protéger les
Arts & à examiner avec foin toutes
les Découvertes de cette nature
doit auffi les tenir en même temps ,
en garde contre ceux qui dans leurs
Systèmes entreprennent de forcer
Art & la Nature an lien de
lui obéir & de s'y plier felon les
circonftances : C'est le principe qu'à
Suivi conftamment Monfieur Gautier ,
& qui l'a conduit à ſurpaſſer la Nature
même en l'imitant ; ayant été
obligé de trouver l'Art en multipliant
les furfaces , d'en multiplier auſſi l'effet
fous trés pen de furface apparente ;
Parce que en Suivant les régles feules
de la Nature , la Machine ent été
d'un f grand volume , pour en tirer
quelque avantage , quelle feroit devenuë
impraticable.
En attendant que nous puissions mettre
au jour le deffein de fa Machine
?
A iiij
AVANT- PROPOS.
en donner un Plan exact ; j'espére
que le Leiteur fera bien- aife de trou
ver ici les Lettres qui m'ont été communiquées
touchant les premieres épreuves
de cette fameuſe expérience .
Nne sçauroit trop se prêter à la
curiofitépublique , quand il s'agit
d'une Recherche auffi utile qu'est celle
de l'Eau de la Mer renduë potable .
Les Piéces juftificatives que nous avons
produites dans les Mercures précédents
touchant cette Découverte , n'ont ſervi
qu'à exciter de plus en plus le défir de
connoître tous les moyens employez pour
parvenir à la consommation de ce grand
Oeuvre Il femble après cela , que ce
feroit naturellement ici la place de donner
la defcription de la Machine avec
laquelle l'ingénieux Auteur a operé
cette Merveille. On n'auroit pas manqué
de remplir l'attente du Public , en
la faifant graver , fi M. Gautier à qui
Seul appartient l'honneur de l'Invention
, n'avoit reçû des ordres précis de
Monfeigneur le Duc Régent & du
Confeil de Marine , de n'en pas révé-
:
Aij
AVANT - PROPOS.
.
ler fitôt le Mécanisme : On a jugé à prode
la mettre en évidence
pos
avant que
de faire embarquer l'Auteur fur unVaiffeau
du Roy deftiné pour l'Amérique ;
afin d'éprouver files Equipages qui refpirent
en Mer un air falé , & qui ne
mangent que des viandes altérantes , fe
trouveront auffi bien de l'ufage de cette
Eau , que ceux qui en ont bû , étant à terre,
dans un état tranquile & dans un air plus
doux .
2. On veut voir , fi la Machine eft
à l'épreuve des agitations & desfeconfes
violentes de la Mer. Comme l'Inventeur
eft feul capable de remédier à ces Inconvéniens
, c'est ce qui l'a engagé à demander
au Confeil de Marine , de courir les
rifques d'une Navigation de long cours ;
afin d'être toujours prêt à réparer les
défordres de fa Machine, au cas qu'il en
arrivât ; & par la même occafion , de la
rectifier ou de la perfectionner , chemin
faifant : Ce qui ne lui étoit pas poſſible
d'exécuter au Port de l'Orient , où il a fait
fes expériences fur une Mer calme : Il
eft vray que l'Auteur , par Ordre de S.
A. R. en a fait un modéle en Cartons
qui a mérité L'approbation de ce Prince
1
-AVANT - PROPOS.
pas
>
celle de Meffieurs de l'Académie
des Sciences ; mais on ne craindra,
d'avancer › que ce modéle ne fuffit
pas pour donner une idée complette de
la chofe , & für lequel on puiffe tenter
des expériences avec fuccès ; l'Auteur
déclarant qu'il ne s'eft point encore expliqué
fur les Proportions , fur les Matieres
convenables & fur la Maniere de
travailler: Il affure même que la nouvelle
Machine qu'il vafaire conftruire pourfon
voyage , ne ferapas précisément la même
que le Modèle ; elle ne perdra cependant
rien de fa fimplicité , puiſqu'il ne fera que
changer la figure du Tambour. Alors,
le même feu fervira en même temps .
pour différens befoins trés néceffaires
à tout l'Equipage du Vaiffean , fans
néanmoins interrompre fon effet princi
pal qui doit être par préférence , la
diftillation de l'Eau de Mer. On y rôtira
par exemple , les Viandes & l'on
Le paffera de Fours pour cuire le pain
des Officiers : On y pourra joindre une
Chaudiere fabriquée fuivant les principes
de cette Découverte dont le Sieur
Gaultier a fait ici l'expérience , aprés
en avoir préſenté le Modéle à S. A.
ཞ་
-
A iij
AVANT - PROPOS.
Monfeigneur le Comte de Toulouſe qui
a fort approuvée . Cette Chaudiere eft
propre à toutes fortes d'ufages , foit pour
faire cuire des Pois , Fêves , &c. Ce
qu'il y a de furprenant , c'est que pour
toutes ces différentes Opérations , it
fandra fi peu confommer de matiére
combustible , de quelque nature qu'elle
foit ,, que ce ne fera plus un objet pour
la dépenfe ; fans compter que le Faif
feau en fera beaucoup moins embaraſſé.
Les Nations Maritimes qui auroient
un interêt prochain qu'on en donnât.
an plûtôt une exacte Defcription , doivent
attendre de la libéralité de S. A.
R. que non seulement elle n'en fera
point un Secret , mais que , lorfque les
Expériences feront confommées , elle
préviendra leurs fouhaits : Elle a
même û la bonté de témoigner par
Avance , la fatisfaction qu'elle aurois
de leur en faire préfent , lorsqu'on n'aura
plus rien à défirer. L'espérance
de profiter bien-tôt de l'avantage d'une
fi hurense Découverte , dont ce Prince a
entrepris de poursuivre avec tant de générofité
& de dépense la perfection ,
doit animer les Puiffances à favorifer
AVANT- PROPOS.
,
-
*
toutes les perfounes éclairées qui ne
font occupées que de travaux utiles
à la République ; afin de tirer du fruit
de leurs veilles , des avantages qui aillent
au bien commun de la Societé des
Hommes ; mais , cette même prudence
qui doit les porter à protéger les
Arts & à examiner avec foin toutes
les Découvertes de cette nature
doit auffi les tenir en même temps ,
en garde contre ceux qui dans leurs
Systèmes entreprennent de forcer
Art & la Nature an lien de
lui obéir & de s'y plier felon les
circonftances : C'est le principe qu'à
Suivi conftamment Monfieur Gautier ,
& qui l'a conduit à ſurpaſſer la Nature
même en l'imitant ; ayant été
obligé de trouver l'Art en multipliant
les furfaces , d'en multiplier auſſi l'effet
fous trés pen de furface apparente ;
Parce que en Suivant les régles feules
de la Nature , la Machine ent été
d'un f grand volume , pour en tirer
quelque avantage , quelle feroit devenuë
impraticable.
En attendant que nous puissions mettre
au jour le deffein de fa Machine
?
A iiij
AVANT- PROPOS.
en donner un Plan exact ; j'espére
que le Leiteur fera bien- aife de trou
ver ici les Lettres qui m'ont été communiquées
touchant les premieres épreuves
de cette fameuſe expérience .
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242
p. 627-632
A S. E. M. LE CARDINAL DE FLEURY, MINISTRE D'ETAT, Sur la liberalité qu'il a faite à l'Université de Caën, pour l'augmentation de sa Bibliotheque. ODE.
Début :
D'où naît la soudaine allegresse [...]
Mots clefs :
Libéralité, Bibliothèque, Mécène, Beaux-arts, Muses, Connaissance , Prélat, Université de Caen
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texteReconnaissance textuelle : A S. E. M. LE CARDINAL DE FLEURY, MINISTRE D'ETAT, Sur la liberalité qu'il a faite à l'Université de Caën, pour l'augmentation de sa Bibliotheque. ODE.
A S. E. M.
LE CARDINAL DE FLEURY,
MINISTRE D'ETAT ,
"
Sur la liberalité qu'il a faite à l'Université
de Caën , pour l'augmentation de sa Bibliotheque.
D
O D E.
' Ou naît la soudaine allegresse
Qui transporte ici tous les coeurs ?
ON Un nouveau Mécene au Permesse
'Accorde aujourd'hui ses faveurs..
A ij Vien,
628 MERCURE DE FRANCE
Vien , mes délices , vien , ma Lyre ;
Sers la vive ardeur qui m'inspire :
Pour lui formons nos plus beaux Airs ;
Je veux que leur noble cadence
Annonce ma reconnoissance
Au Prince , au Peuple , à l'Univers
Chante un Prélat que voit la Seine
D'honneurs justement revêtu ,
Qui joint à la Pourpre Romaine
L'éclat d'une rare vertu ,
Qui sage , bienfaisant , affable ;
Tel que ce Mentor de la Fable ,
Fait chérir son autorité ,
Qui placé près du Diadême ,
Se montre auguste par
lui- même
Autant que par sa dignité.
Dans la Grandeur qui l'environne
Nul objet n'échape à ses soins ;
S'il veille aux droits de la Couronne ,
Il veille encore à nos besoins ;
Par lui la Foi , la Paix fleurissent ,
Les Loix de Thémis s'affermissent ;
Tout nous offre des jours plus beaux ;
Et de ce bonheur qu'il ménage ,
Laissant aux Sujets l'avantage ,
LEURY n'en prend que les travaux ,
Digne
AVRIL 1731. 629
Digne Emule du grand Fabrice , *
On le voit marcher sur ses pas ;
De la séduisante avarice
Son coeur méprise les appas.
Mortels ! qu'il en est peu d'exemples :
tes Trésors consacrés aux Temples
tedressent leurs murs chancelans ,
bu vont par
Dans
des routes secretes
cent tenébreuses retraites
Porter des secours consolans.
Quel riche trait pour son Histoire
Que l'apui qu'il donne aux beaux Arts f
Sur eux du milieu de sa gloire
Il jette ses plus doux regards :
Muses , troupe à ses yeux si chere
Vous n'êtes point une chimere ,
Ni des noms pleins d'un faux éclat §
Mais les filles de la Sagesse ,
Les meres de la Politesse ,
L'utile ornement d'un Eta
Un Temple fécond en miracles
Fait sur l'Orne admirer vos sons ;
* Consul Romain , le plus désinteréssé qu'ait
jamais vû la République.
L'Université.
A iij On
630 MERCURE DE FRANCE
On y voit de sçavans Oracles
Dicter vos plus pures leçons ;
Embrassant diverses matieres ,
Chacun de ses doctes lumieres
Augmente la splendeur du corps ;
Mais par combien dé découvertes
Ces fources qui leur sont offertes *
Vont-elles groffir leurs Trésors !
A quels travaux inimitables
Vois- je nos Neveux s'exciter ?
L'un écrit les faits mémorables ,
L'autre se forme à les chanter ;
Celui- ci creusant la nature ,
De l'oeil et du compas mesure
Les Eaux , l'Air , la Terre et les Cieux
Et , jusqu'à l'invisible Effence
L'autre élevant fa connoiffance
Ya fonder les Décrets des Dieux.
(
C'eft pour toi , Ville fortunée ,
Que FLEURY prodigue ses biens :
Quelle riante Destinée
Se prépare à tes Citoyens !
Tu verras tes Remparts superbes
La Bibliotheque.
En.
AVRIL. ' 1731. -631
Enfanter de nouveaux Malherbes ( a )
Des Huets , (b ) des Pyrons , ( c) des Calys ( d )
Sous l'Empire tranquile et juste
Qu'offre à nos voeux un autre Auguste ,
Tes lauriers orneront ses Lys.
Dans ton sein , Ecole sçavante ,
Faut-il qu'un noble empressement
Ne, puisse au Prélat que je vante
Dresser un pompeux monument !
Du moins signalant notre żele ,
Plaçons -y le portrait fidele ( e )
D'un si génereux Protecteur ;
Que cette immortelle Peinture
Instruise la race future
Du bienfait et du Bienfaicteur.
FLEURY , puisse un succés durable
Suivre vos projets glorieux !
(a ) Fameux Poëte.
(b) Evêque d'Avranches , et Précepteur de
M. le Dauphin , Ayeul du Roi.
$
(c) Professeur de Rhétorique au College du
Bois , et Editeur de Claudien , pour l'usage de
M. le Dauphin.
(d ) Celebre Professeur de Philosophie au
"College du Bois , Auteur de divers Ouvrages ,
centr'autres du Commentaire sur Boëce , pour
l'usage de M. le Dauphin. Tous de Caën .
(e ) Le Portrait de S. E. sera placé dans la
Bibliotheque.
A iij Puiffe
632 MERCURE DE FRANCE
Puisse la Parque inexorable.
Respecter vos jours précieux !
Soyez long- tems l'amour du PRINCE
Les délices de la Province ,
Le respect des Peuples épars ;
Soyez des Autels la défense ,
Vivez pour le bien de la France ,
Vivez pour l'honneur des beaux Arts .'
Par M. Heurtauld , Prêtre , Professeur an
College du Bois de l'Université de Caën.
LE CARDINAL DE FLEURY,
MINISTRE D'ETAT ,
"
Sur la liberalité qu'il a faite à l'Université
de Caën , pour l'augmentation de sa Bibliotheque.
D
O D E.
' Ou naît la soudaine allegresse
Qui transporte ici tous les coeurs ?
ON Un nouveau Mécene au Permesse
'Accorde aujourd'hui ses faveurs..
A ij Vien,
628 MERCURE DE FRANCE
Vien , mes délices , vien , ma Lyre ;
Sers la vive ardeur qui m'inspire :
Pour lui formons nos plus beaux Airs ;
Je veux que leur noble cadence
Annonce ma reconnoissance
Au Prince , au Peuple , à l'Univers
Chante un Prélat que voit la Seine
D'honneurs justement revêtu ,
Qui joint à la Pourpre Romaine
L'éclat d'une rare vertu ,
Qui sage , bienfaisant , affable ;
Tel que ce Mentor de la Fable ,
Fait chérir son autorité ,
Qui placé près du Diadême ,
Se montre auguste par
lui- même
Autant que par sa dignité.
Dans la Grandeur qui l'environne
Nul objet n'échape à ses soins ;
S'il veille aux droits de la Couronne ,
Il veille encore à nos besoins ;
Par lui la Foi , la Paix fleurissent ,
Les Loix de Thémis s'affermissent ;
Tout nous offre des jours plus beaux ;
Et de ce bonheur qu'il ménage ,
Laissant aux Sujets l'avantage ,
LEURY n'en prend que les travaux ,
Digne
AVRIL 1731. 629
Digne Emule du grand Fabrice , *
On le voit marcher sur ses pas ;
De la séduisante avarice
Son coeur méprise les appas.
Mortels ! qu'il en est peu d'exemples :
tes Trésors consacrés aux Temples
tedressent leurs murs chancelans ,
bu vont par
Dans
des routes secretes
cent tenébreuses retraites
Porter des secours consolans.
Quel riche trait pour son Histoire
Que l'apui qu'il donne aux beaux Arts f
Sur eux du milieu de sa gloire
Il jette ses plus doux regards :
Muses , troupe à ses yeux si chere
Vous n'êtes point une chimere ,
Ni des noms pleins d'un faux éclat §
Mais les filles de la Sagesse ,
Les meres de la Politesse ,
L'utile ornement d'un Eta
Un Temple fécond en miracles
Fait sur l'Orne admirer vos sons ;
* Consul Romain , le plus désinteréssé qu'ait
jamais vû la République.
L'Université.
A iij On
630 MERCURE DE FRANCE
On y voit de sçavans Oracles
Dicter vos plus pures leçons ;
Embrassant diverses matieres ,
Chacun de ses doctes lumieres
Augmente la splendeur du corps ;
Mais par combien dé découvertes
Ces fources qui leur sont offertes *
Vont-elles groffir leurs Trésors !
A quels travaux inimitables
Vois- je nos Neveux s'exciter ?
L'un écrit les faits mémorables ,
L'autre se forme à les chanter ;
Celui- ci creusant la nature ,
De l'oeil et du compas mesure
Les Eaux , l'Air , la Terre et les Cieux
Et , jusqu'à l'invisible Effence
L'autre élevant fa connoiffance
Ya fonder les Décrets des Dieux.
(
C'eft pour toi , Ville fortunée ,
Que FLEURY prodigue ses biens :
Quelle riante Destinée
Se prépare à tes Citoyens !
Tu verras tes Remparts superbes
La Bibliotheque.
En.
AVRIL. ' 1731. -631
Enfanter de nouveaux Malherbes ( a )
Des Huets , (b ) des Pyrons , ( c) des Calys ( d )
Sous l'Empire tranquile et juste
Qu'offre à nos voeux un autre Auguste ,
Tes lauriers orneront ses Lys.
Dans ton sein , Ecole sçavante ,
Faut-il qu'un noble empressement
Ne, puisse au Prélat que je vante
Dresser un pompeux monument !
Du moins signalant notre żele ,
Plaçons -y le portrait fidele ( e )
D'un si génereux Protecteur ;
Que cette immortelle Peinture
Instruise la race future
Du bienfait et du Bienfaicteur.
FLEURY , puisse un succés durable
Suivre vos projets glorieux !
(a ) Fameux Poëte.
(b) Evêque d'Avranches , et Précepteur de
M. le Dauphin , Ayeul du Roi.
$
(c) Professeur de Rhétorique au College du
Bois , et Editeur de Claudien , pour l'usage de
M. le Dauphin.
(d ) Celebre Professeur de Philosophie au
"College du Bois , Auteur de divers Ouvrages ,
centr'autres du Commentaire sur Boëce , pour
l'usage de M. le Dauphin. Tous de Caën .
(e ) Le Portrait de S. E. sera placé dans la
Bibliotheque.
A iij Puiffe
632 MERCURE DE FRANCE
Puisse la Parque inexorable.
Respecter vos jours précieux !
Soyez long- tems l'amour du PRINCE
Les délices de la Province ,
Le respect des Peuples épars ;
Soyez des Autels la défense ,
Vivez pour le bien de la France ,
Vivez pour l'honneur des beaux Arts .'
Par M. Heurtauld , Prêtre , Professeur an
College du Bois de l'Université de Caën.
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Résumé : A S. E. M. LE CARDINAL DE FLEURY, MINISTRE D'ETAT, Sur la liberalité qu'il a faite à l'Université de Caën, pour l'augmentation de sa Bibliotheque. ODE.
Le poème est une ode au Cardinal Fleury, ministre d'État, célébrant sa générosité envers l'Université de Caen. Il met en lumière les qualités de Fleury, telles que la sagesse, la bienveillance et l'autorité. Le texte compare Fleury à des figures emblématiques comme Mentor et Fabrice, soulignant son désintéressement et son dévouement aux arts et à la science. Fleury est présenté comme un protecteur des arts et des lettres, attentif aux besoins du peuple et soucieux de renforcer la foi, la paix et la justice. Grâce à ses dons, l'Université de Caen peut continuer à soutenir les recherches des savants et à enrichir leurs connaissances. Le poème exprime l'espoir que Fleury continuera à protéger et à promouvoir les arts et les sciences, souhaitant longévité et succès à ses initiatives.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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243
p. 1-6
Prélude, [titre d'après la table]
Début :
Le Roy qui n'est destiné qu'à de grandes choses, [...]
Mots clefs :
César, Chef-d'oeuvres, Magnificence, Art, Ouvrages, Louis le Grand, Versailles, Grandeur, Royaume de France
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texteReconnaissance textuelle : Prélude, [titre d'après la table]
E Roy qui n'eft def
tiné qu'à de grandes
chofes, vient de faire
uneEntrepriſe vrayment Romaine
, & je ne croy pas
qu'aucun des Céfars en ait
jamais réfolu une pareille..
Ce n'eft pas , Madame , que
Mars
1685.
A
2 MERCURE
1 parmy tant de Chef- d'oeuvres
qui ont rendu l'ancienne
Rome fi celebre , il n'y en
ait eu de trés -importans
, &
dans lefquels laMagnificence
.
a efte jointe à tout ce que
l'Art a de plus ingénieux
;
mais ces Ouvrages que l'on
avoit commencez fans avoir
examiné toute leur grandeur
, & fans en avoir prévû
la dépenfe , eftoient devenus
des Ouvrages de plufieurs
Régnés , au lieu que Louis
LE GRAND voit en mefme
temps , & tout ce qu'il entreprend
, & tout ce qu'il
GALANT.
faut qu'il luy en coufte . Ainfi
l'on peut affurer , que fi depuis
qu'il y a des Hommes
fur la terre , il s'eft fait une
dépenfe plus forte que celle
de conduire la Riviere d'Eure
à Verſailles , il ne s'eft jamais
conclu un Marché de tant
de millions tout à la fois, ny
mefme qui en ait approché.
Cette Riviere dont la fource
eft dans le Perche , paffe à
Chartres , à Nogent-le- Roy,
à Ivry , à Louviers , & va fe
joindre à la Seine au- deffus
du Pont de l'Arche , apres
avoir receu la Drouete , la
A ij
4 MERCURE
Blaie , l'Aure , la Vegre ,
I'Hon , l'Andelle , & divers
autres Ruiffeaux . On va commencer
à Maintenon le mer
veilleux Aqueduc qui luy
fera perdre fon cours ordinaire
, & comme la pente
qu'il faut qu'on luy donne
oblige à prendre un grand
tour, on peut juger combien
ce travail eft confidérable.
Vous ne devez point douter
qu'on ne m'envoye bientoft
la fin , puis que c'eft un
deffein du Roy, que l'on exécute.
L'utilité qu'en peut recevoir
Verfailles , & l'orne_
GALANT.
5
ment que fes fuperbes Jar
dins en tireront , n'eft pas ce
qui a le plus excité le Roy
à entreprendre un Ouvrage
fi digne de la grandeur Françoife,
telle qu'elle eft aujour
d'huy. Ce Prince a eu des
veuës plus dignes d'admiration
, & qui font connoiſtre
la bonté qu'il a pour fes Sujets.
Il a préveu que la plû
part de ceux à qui la Guerre
donnoit dequoy vivre , demeureroient
fans employ ; &
par cette grande entrepriſe il a
voulu leur fournir les moyens
de fubfifter, Il rend par là fon
A iij
6 MERCURE
Nom immortel , & la France
redoutable. Il fait connoiftre
aux Etrangers que fes Finances
ne font point épuiſées,
& que puis que fans rien diminuer
de fes autres dépen
fes , il en entreprend d'extraordinaires
prefque dans
F'instant qu'on voit la Guerre
finie , il feroit preft à la ſoûtenir
tout de nouveau , fren
troublant le repos qu'il vient .
de donner à l'Europe , on
le contraignoit de fe remettre
en Campagne .
tiné qu'à de grandes
chofes, vient de faire
uneEntrepriſe vrayment Romaine
, & je ne croy pas
qu'aucun des Céfars en ait
jamais réfolu une pareille..
Ce n'eft pas , Madame , que
Mars
1685.
A
2 MERCURE
1 parmy tant de Chef- d'oeuvres
qui ont rendu l'ancienne
Rome fi celebre , il n'y en
ait eu de trés -importans
, &
dans lefquels laMagnificence
.
a efte jointe à tout ce que
l'Art a de plus ingénieux
;
mais ces Ouvrages que l'on
avoit commencez fans avoir
examiné toute leur grandeur
, & fans en avoir prévû
la dépenfe , eftoient devenus
des Ouvrages de plufieurs
Régnés , au lieu que Louis
LE GRAND voit en mefme
temps , & tout ce qu'il entreprend
, & tout ce qu'il
GALANT.
faut qu'il luy en coufte . Ainfi
l'on peut affurer , que fi depuis
qu'il y a des Hommes
fur la terre , il s'eft fait une
dépenfe plus forte que celle
de conduire la Riviere d'Eure
à Verſailles , il ne s'eft jamais
conclu un Marché de tant
de millions tout à la fois, ny
mefme qui en ait approché.
Cette Riviere dont la fource
eft dans le Perche , paffe à
Chartres , à Nogent-le- Roy,
à Ivry , à Louviers , & va fe
joindre à la Seine au- deffus
du Pont de l'Arche , apres
avoir receu la Drouete , la
A ij
4 MERCURE
Blaie , l'Aure , la Vegre ,
I'Hon , l'Andelle , & divers
autres Ruiffeaux . On va commencer
à Maintenon le mer
veilleux Aqueduc qui luy
fera perdre fon cours ordinaire
, & comme la pente
qu'il faut qu'on luy donne
oblige à prendre un grand
tour, on peut juger combien
ce travail eft confidérable.
Vous ne devez point douter
qu'on ne m'envoye bientoft
la fin , puis que c'eft un
deffein du Roy, que l'on exécute.
L'utilité qu'en peut recevoir
Verfailles , & l'orne_
GALANT.
5
ment que fes fuperbes Jar
dins en tireront , n'eft pas ce
qui a le plus excité le Roy
à entreprendre un Ouvrage
fi digne de la grandeur Françoife,
telle qu'elle eft aujour
d'huy. Ce Prince a eu des
veuës plus dignes d'admiration
, & qui font connoiſtre
la bonté qu'il a pour fes Sujets.
Il a préveu que la plû
part de ceux à qui la Guerre
donnoit dequoy vivre , demeureroient
fans employ ; &
par cette grande entrepriſe il a
voulu leur fournir les moyens
de fubfifter, Il rend par là fon
A iij
6 MERCURE
Nom immortel , & la France
redoutable. Il fait connoiftre
aux Etrangers que fes Finances
ne font point épuiſées,
& que puis que fans rien diminuer
de fes autres dépen
fes , il en entreprend d'extraordinaires
prefque dans
F'instant qu'on voit la Guerre
finie , il feroit preft à la ſoûtenir
tout de nouveau , fren
troublant le repos qu'il vient .
de donner à l'Europe , on
le contraignoit de fe remettre
en Campagne .
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Résumé : Prélude, [titre d'après la table]
Louis XIV entreprend un projet ambitieux consistant à dévier la rivière Eure vers Versailles, comparable par son ampleur à des entreprises romaines. Contrairement aux projets antiques souvent réalisés sur plusieurs règnes, Louis XIV finance et voit immédiatement ses projets. La rivière Eure, prenant sa source dans le Perche, traverse plusieurs localités avant de se jeter dans la Seine. Un aqueduc sera construit à Maintenon pour modifier son cours, nécessitant un tracé complexe et coûteux. La principale motivation du roi n'est pas l'utilité de ce projet pour Versailles et ses jardins, mais de fournir du travail aux sujets affectés par la fin des guerres, démontrant ainsi sa bonté et sa prévision. Ce projet montre également la solidité des finances françaises, capables de soutenir de nouvelles dépenses extraordinaires malgré la fin récente des conflits.
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244
p. 2331-2336
ODE EN STROPHES LIBRES. A M. TITON DU TILLET, Commissaire Provincial des Guerres, cy-devant Capitaine de Dragons, et Maître d'Hôtel de feuë Madame la Dauphine, Mere du Roy. Par Mlle DE MALCRAIS DE LA VIGNE, du Croisic en Bretagne, en le remerciant du present qu'il lui a fait de son Ouvrage, intitulé : Le Parnasse François, dédié au Roy.
Début :
Architecte fameux, dont la sçavante main [...]
Mots clefs :
Roi, Auteur, Parnasse, Grand, Ciel, Titon du Tillet, Parnasse français
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texteReconnaissance textuelle : ODE EN STROPHES LIBRES. A M. TITON DU TILLET, Commissaire Provincial des Guerres, cy-devant Capitaine de Dragons, et Maître d'Hôtel de feuë Madame la Dauphine, Mere du Roy. Par Mlle DE MALCRAIS DE LA VIGNE, du Croisic en Bretagne, en le remerciant du present qu'il lui a fait de son Ouvrage, intitulé : Le Parnasse François, dédié au Roy.
ODE EN STROPHES LIBRES.
AM. TITON DU TTLLET , Commissaire Pro
vincial des Guerres , cy- devant Capitaine de
Dragons , et Maître d'Hôtel de feue Madame
la Dauphine , Mere du Roy.
Par Mlle DE MALCRAIS DE LA VIGNE,du Croisic
en Bretagne, en le remerciant du present qu'il
lui afait de son Ouvrage, intitulé : Le Parnasse
François, dédié au Roy.
A
Rchitecte fameux , dont la sçavante
main
Eleve un monument à l'honneur de
la France ;
La majesté pompeuse , et l'exquise élégance ,
A - ij Se
2332 MERCURE DE FRANCE
Se prêtant à l'essor de ton art souverain ,
Ont poli la matiere , et réglé l'ordonnance ;
De ton édifice divin
M
Sans avoir épuisé les deux bords de l'Hydaspe ;
Ton adresse a charmé notre goût et nos yeux ;
Et ton Ouvrage précieux ,
Tiroit l'éclat divers du Porphire et du Jaspe,
Ce Monument transmis à la Postérité ,
Des temps impétueux bravera les outrages ;
De la flamme et du vent il sera respecté ;
Et jusqu'aux derniers jours qu'auront les derniers
âges ,
Ton nom victorieux sera par tout vanté,
Jupiter même en vain voudroit réduire en pou
dre ,
Ces Côteaux triomphans des rigueurs des Hy
vers;
Les durables Lauriers , dont tu les as couverts ,
Les garantiront de la foudre.
L'ingénieuse Antiquité ,
Fit passer jusqu'à nous , d'un Parnasse inventé
L'Image ambitieuse dans son cerveau tracée ,
TIPON, par un secret qu'on n'avoit point tenté ;
Scair
NOVEMBRE . 1733. 2835
Sçait faire à la Fable éclipsée ,
Succeder la réalité.
Les habitans du Pinde écartent l'ombre noire ,
1
Qui , des terrestres demi Dieux
Tâche àcouvrir les noms d'un voile injurieux ,
Et des dents de l'envie , arrachant leur mémoire,
Leur ouvrent la porte des Cieux .
2
TITON, quel honneur doit donc suivre
Tes incomparables travaux !
Tu redonnes la vie à ceux qui font revivre
Les humains,qui bravant les dangers et les maux,
Ont eu la valeur pour Egide ,
Et que le mérite solide ,
Donne aux Dieux même pour rivaux.
Mais quel charmant Spectacle est offert à ma
vuč ?
Un Groupe incrusté d'or , se forme d'une nuë ;
Des Anges argentez , t'élevant dans les airs ,
T'y font un Thrône de leurs ailes ;
Le Ciel , la Terre en feu, répetent leurs concerts
Tout s'anime au doux son de leur voix immortelle
;
J'entends des Instrumens divers ,
Je vois la Musique et les Vers ,
A iij
S'ec2334
MERCURE DE FRANCE
S'accorder à l'envi , pour chanter tes louanges ;
Et du brillant séjour des Anges ,
Les répandre aux deux bouts de ce vaste Univers.
M
Le puissant Protecteur des Boileaux , des Corneilles
,
Du Fils du Grand Henry , le vaillant rejetton ,
Qui des nobles Esprits attentif aux merveilles ,
Sçut les encourager , récompensant leurs veilles,
De top Parnasse est l'Apollon .
Son Royal héritier , ni moins grand , ni moing
bon ,
Formé du même sang , suit son auguste trace
Et peut tenir aussi la place ,
De Monarque de l'Hélicon .
Sous son regne brillant , les beaux Arts fructí
fienr ;
A défricher leur champ , lui - même il prend
plaisir ,
Tous les Sçavans s'en glorifient :
Le Ciel en le donnant , couronna leur désir.
23
Il est l'honneur, l'exemple et l'amour de la Terre;
Des Royaumes divers que son contour enserre
Les divers Souverains n'en disconviendront pas.
·
MiNOVEMBRE.
1733 2335
Minerve est son fidele guide ;
Et portant son grand nom , gra sur son Egide,
L'annonce en précedant ses pas.
Du coeur de ses sujets, il a fait la conquête ;
Travaillez , des neuf soeurs , diligens Nourissons,
Célébrez ses vertus ; sa main est toute prête
A répandre sur vous la douceur de ses dons,
Croissez sur les doubles collines,
Jeunes et tendres Arbrisseaux ,
Le Fleuve se déborde et la source divine
Qui fait reverdir vos Rameaux ,
Yous inonde déja du trésor de ses caux.
Ah ! ciel , si tu daignois seconder mon envie ,
Et prêter l'oreille à mes voeux •
On verroit s'écrouler du Monde ruïneux ,
Dans ses creux fondemens , la machine englou
tie ;
Avant que le trépas , sous son vol ténébreux ,
Fit jamais éclipser les rayons de sa vie.
Mais si l'inclémence du sort ,
S'attache obstinément à briser la barriere ,
Que notre juste zéle oppose à son effort ,
Qu'avant de perdre la lumiere
#
A. Hij
2336 MERCURE DE FRANCE
Il puisse au moins deux fois parcourir la carriere
De ce Roy conquerant a,dont la rapidité ,
Surprit dans ses Marais le Batave indompté ;
Qui pouvoit dominer du Couchant à l'Aurore ,
S'il n'eut enfin lui-même arrêté ses progrês ,
Et que nous pleurerions encore ,
Si de son Successeur , que l'Univers adore ;
Les talens infinis n'étouffoient nos regrets.
'Alors , malgré la Parque , au Temple de Mé
moire ,
Entre les bras de la victoire ,
Près de son Bis-ayeul , notre Roy volera ;
Assis au même rang , sur ce Mont il verra
Ce VALOIS (6) renommé , qui chassant de la
France ,
L'Orgueilleuse et folle ignorance ,
Fut le Pere et l'appui des Arts qu'il illustra
Et qu'excita la recompense.
Que ne peux-tu,TITON, vivre encor jusques - là i
Sur magnifique Parnasse ,
Tu lui décernerois de cette illustre place ,
L'honneur que l'équité lui prépare déja.
a LOUIS XIV.
FRANCOIS I.
AM. TITON DU TTLLET , Commissaire Pro
vincial des Guerres , cy- devant Capitaine de
Dragons , et Maître d'Hôtel de feue Madame
la Dauphine , Mere du Roy.
Par Mlle DE MALCRAIS DE LA VIGNE,du Croisic
en Bretagne, en le remerciant du present qu'il
lui afait de son Ouvrage, intitulé : Le Parnasse
François, dédié au Roy.
A
Rchitecte fameux , dont la sçavante
main
Eleve un monument à l'honneur de
la France ;
La majesté pompeuse , et l'exquise élégance ,
A - ij Se
2332 MERCURE DE FRANCE
Se prêtant à l'essor de ton art souverain ,
Ont poli la matiere , et réglé l'ordonnance ;
De ton édifice divin
M
Sans avoir épuisé les deux bords de l'Hydaspe ;
Ton adresse a charmé notre goût et nos yeux ;
Et ton Ouvrage précieux ,
Tiroit l'éclat divers du Porphire et du Jaspe,
Ce Monument transmis à la Postérité ,
Des temps impétueux bravera les outrages ;
De la flamme et du vent il sera respecté ;
Et jusqu'aux derniers jours qu'auront les derniers
âges ,
Ton nom victorieux sera par tout vanté,
Jupiter même en vain voudroit réduire en pou
dre ,
Ces Côteaux triomphans des rigueurs des Hy
vers;
Les durables Lauriers , dont tu les as couverts ,
Les garantiront de la foudre.
L'ingénieuse Antiquité ,
Fit passer jusqu'à nous , d'un Parnasse inventé
L'Image ambitieuse dans son cerveau tracée ,
TIPON, par un secret qu'on n'avoit point tenté ;
Scair
NOVEMBRE . 1733. 2835
Sçait faire à la Fable éclipsée ,
Succeder la réalité.
Les habitans du Pinde écartent l'ombre noire ,
1
Qui , des terrestres demi Dieux
Tâche àcouvrir les noms d'un voile injurieux ,
Et des dents de l'envie , arrachant leur mémoire,
Leur ouvrent la porte des Cieux .
2
TITON, quel honneur doit donc suivre
Tes incomparables travaux !
Tu redonnes la vie à ceux qui font revivre
Les humains,qui bravant les dangers et les maux,
Ont eu la valeur pour Egide ,
Et que le mérite solide ,
Donne aux Dieux même pour rivaux.
Mais quel charmant Spectacle est offert à ma
vuč ?
Un Groupe incrusté d'or , se forme d'une nuë ;
Des Anges argentez , t'élevant dans les airs ,
T'y font un Thrône de leurs ailes ;
Le Ciel , la Terre en feu, répetent leurs concerts
Tout s'anime au doux son de leur voix immortelle
;
J'entends des Instrumens divers ,
Je vois la Musique et les Vers ,
A iij
S'ec2334
MERCURE DE FRANCE
S'accorder à l'envi , pour chanter tes louanges ;
Et du brillant séjour des Anges ,
Les répandre aux deux bouts de ce vaste Univers.
M
Le puissant Protecteur des Boileaux , des Corneilles
,
Du Fils du Grand Henry , le vaillant rejetton ,
Qui des nobles Esprits attentif aux merveilles ,
Sçut les encourager , récompensant leurs veilles,
De top Parnasse est l'Apollon .
Son Royal héritier , ni moins grand , ni moing
bon ,
Formé du même sang , suit son auguste trace
Et peut tenir aussi la place ,
De Monarque de l'Hélicon .
Sous son regne brillant , les beaux Arts fructí
fienr ;
A défricher leur champ , lui - même il prend
plaisir ,
Tous les Sçavans s'en glorifient :
Le Ciel en le donnant , couronna leur désir.
23
Il est l'honneur, l'exemple et l'amour de la Terre;
Des Royaumes divers que son contour enserre
Les divers Souverains n'en disconviendront pas.
·
MiNOVEMBRE.
1733 2335
Minerve est son fidele guide ;
Et portant son grand nom , gra sur son Egide,
L'annonce en précedant ses pas.
Du coeur de ses sujets, il a fait la conquête ;
Travaillez , des neuf soeurs , diligens Nourissons,
Célébrez ses vertus ; sa main est toute prête
A répandre sur vous la douceur de ses dons,
Croissez sur les doubles collines,
Jeunes et tendres Arbrisseaux ,
Le Fleuve se déborde et la source divine
Qui fait reverdir vos Rameaux ,
Yous inonde déja du trésor de ses caux.
Ah ! ciel , si tu daignois seconder mon envie ,
Et prêter l'oreille à mes voeux •
On verroit s'écrouler du Monde ruïneux ,
Dans ses creux fondemens , la machine englou
tie ;
Avant que le trépas , sous son vol ténébreux ,
Fit jamais éclipser les rayons de sa vie.
Mais si l'inclémence du sort ,
S'attache obstinément à briser la barriere ,
Que notre juste zéle oppose à son effort ,
Qu'avant de perdre la lumiere
#
A. Hij
2336 MERCURE DE FRANCE
Il puisse au moins deux fois parcourir la carriere
De ce Roy conquerant a,dont la rapidité ,
Surprit dans ses Marais le Batave indompté ;
Qui pouvoit dominer du Couchant à l'Aurore ,
S'il n'eut enfin lui-même arrêté ses progrês ,
Et que nous pleurerions encore ,
Si de son Successeur , que l'Univers adore ;
Les talens infinis n'étouffoient nos regrets.
'Alors , malgré la Parque , au Temple de Mé
moire ,
Entre les bras de la victoire ,
Près de son Bis-ayeul , notre Roy volera ;
Assis au même rang , sur ce Mont il verra
Ce VALOIS (6) renommé , qui chassant de la
France ,
L'Orgueilleuse et folle ignorance ,
Fut le Pere et l'appui des Arts qu'il illustra
Et qu'excita la recompense.
Que ne peux-tu,TITON, vivre encor jusques - là i
Sur magnifique Parnasse ,
Tu lui décernerois de cette illustre place ,
L'honneur que l'équité lui prépare déja.
a LOUIS XIV.
FRANCOIS I.
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Résumé : ODE EN STROPHES LIBRES. A M. TITON DU TILLET, Commissaire Provincial des Guerres, cy-devant Capitaine de Dragons, et Maître d'Hôtel de feuë Madame la Dauphine, Mere du Roy. Par Mlle DE MALCRAIS DE LA VIGNE, du Croisic en Bretagne, en le remerciant du present qu'il lui a fait de son Ouvrage, intitulé : Le Parnasse François, dédié au Roy.
L'ode est une œuvre dédiée à Titon du Tillet, Commissaire Provincial des Guerres, ancien Capitaine de Dragons et Maître d'Hôtel de la défunte Dauphine, mère du roi. Elle est écrite par Mlle de Malcrais de La Vigne du Croisic en Bretagne, en remerciement d'un présent intitulé 'Le Parnasse Français', dédié au roi. L'ode célèbre Titon du Tillet comme un architecte renommé dont les réalisations honorent la France. Son œuvre est comparée à un édifice divin, un ouvrage précieux destiné à braver les outrages du temps. L'auteur compare Titon à l'Antiquité, soulignant son habileté à transformer la fable en réalité. Le texte met en avant les honneurs dus aux travaux de Titon, qui redonne vie à ceux ayant bravé les dangers pour le mérite. Une vision spectaculaire est décrite, où Titon est élevé dans les airs par des anges, et où la musique et les vers s'accordent pour chanter ses louanges. L'ode loue également Titon comme protecteur des grands esprits tels que Boileau, Corneille, et le fils de Henri IV. Elle souligne que le roi actuel, héritier de ces grands esprits, encourage les arts et les savants. Il est décrit comme l'honneur et l'exemple de la Terre, guidé par Minerve. L'ode exprime le souhait que le roi puisse régner longtemps et que ses talents infinis étouffent les regrets. Elle espère que le roi, malgré la Parque, volera au Temple de Mémoire, près de son bisaïeul, François Ier, qui chassa l'ignorance et fut le père des arts. Titon du Tillet est invité à vivre assez longtemps pour décerner cette illustre place au roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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244
ODE EN STROPHES LIBRES. A M. TITON DU TILLET, Commissaire Provincial des Guerres, cy-devant Capitaine de Dragons, et Maître d'Hôtel de feuë Madame la Dauphine, Mere du Roy. Par Mlle DE MALCRAIS DE LA VIGNE, du Croisic en Bretagne, en le remerciant du present qu'il lui a fait de son Ouvrage, intitulé : Le Parnasse François, dédié au Roy.
245
p. 5-11
LETTRE De J. J. Rousseau de Geneve, à M. l'Abbé Raynal.
Début :
Je crois, Monsieur, que vous verrez avec plaisir l'extrait ci-joint d'une lettre [...]
Mots clefs :
Cuivre, Métal, Étamage, Guillaume-François Rouelle, Batterie, Public, Usage, Vaisseaux, Extrait, Cuisine, Chimistes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE De J. J. Rousseau de Geneve, à M. l'Abbé Raynal.
LETTRE
De J. J. Rouffeau de Geneve , à M. l'Abbé
Raynal.
JE
E crois , Monfieur , que vous verrez
avec plaifir l'extrait ci- joint d'une lettre
de Stockolm , que la perfonne à qui
elle eft adreffée me charge de vous prier
d'inferer dans le Mercure. L'objet en eft
de la derniere importance pour la vie des
hommes ; & plus la négligence du public
eft exceffive à cet égard , plus les citoyens
éclairés doivent redoubler de zéle & d'activité
pour la vaincre.
Tous les Chymiftes de l'Europe nous
avertiffent depuis long - tems des mortelles
qualités du cuivre , & des dangers aufquels
on s'expofe en faifant ufage de ce pernicieux
métal dans les batteries de cuifine .
M. Rouelle , de l'Académie des Sciences ,
eft celui de tous qui en a démontré le plus
fenfiblement les funeftes effers , & qui s'en
eft plaint avec le plus de véhémence . M.
Thierri , Docteur en Médecine , a réuni
dans une fçavante Thefe qu'il foutint en
1749 fous la préfidence de M. Falconet
une multitude de preuves capables d'ef-
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
frayer tout homme raifonnable qui fair
quelque cas de fa vie & de celle de fes
concitoyens. Ces Phyficiens ont fait voir
que le verd de gris où le cuivre diffous
eft un poifon violent , dont l'effet eſt toujours
accompagné de fymptômes affreux ;
que la vapeur même de ce métal eft dangereufe
, puifque les Ouvriers qui le travaillent
, font fujets à diverfes maladies
mortelles ou habituelles ; que toutes les
menftrues , les graiffes , les fels , & l'eau
même , diffolvent le cuivre , & en font du
verd- de gris ; que l'étamage le plus exact
ne fait que diminuer cette diffolution
que l'étaim qu'on emploie dans cet étamage
n'eft pas lui- même exemt de danger,
malgré l'ufage indifcret qu'on a fait jufqu'à
préfent de ce métal , & que ce danger
eft plus grand ou moindre , felon les diffé
rens étaims qu'on emploie , en raifon de
l'arfenic qui entre dans leur compofition ,
ou du plomb qui entre dans leur alliage
( a ) ; que même en fuppofant à l'étamage
une précaution fuffifante , c'eft une im-
( a ) Que le plomb diffous foit un poifon , les
accidens funeftes que caufent tous les jours les
vins falfifiés avec de la litharge , ne le prouvent
que trop Ainfi pour employer ce métal avec ſu →
reté , il eft important de bien connoître quels font
fes diflolvans qui l'attaquent.
JUILLET. 1753 . T
prudence inpardonnable de faire dépendre
la vie & la fanté des hommes d'une
lame d'étaim très- déliée , qui s'ufe trèspromptement
( a ) , & de l'exactitude des
Domestiques & des Cuifiniers , qui rejertent
d'ordinaire les vaiffeaux récemment
étamés , à cauſe du mauvais goût que donnent
les matieres employées à l'étamage :
ils ont fait voir combien d'accidens affreux
produits par le cuivre , font attribués
tous les jours à des caufes toutes différentes
; ils ont prouvé qu'une multitude
de gens périffent , & qu'un plus grand
nombre encore font attaqués de mille
différentes maladies , par l'ufage de ce métal
dans nos cuiſines & dans nos fontaines,
fans fe douter eux mêmes de la véritable.
caufe de leurs maux . Cependant quoique
la manufacture d'uftenfiles de fer battu &
étamé , qui, eft établie au fauxbourg Saint
Antoine , offre des moyens faciles de fub-
( a ) Il eft aifé de démontrer que de quelque
maniere qu'on s'y prenne , on ne fçauroit dans
les ufages des vaiffeaux de cuifine , s'aflurer pour
un feul jour de l'étamage le plus folide. Car
comme l'étain entre en fufion à un degré de feu
fort inférieur à celui de la graiffe bouillante ,
tes les fois qu'un Cuifinier fait rouffir du beure ,
I ne lui eft pas poffible de garantir de la fufion
quelque partie de l'étamage , ni par conséquent
le ragoût , du contact du cuivre.
tou-
A iiij
S MERCURE DE FRANCE.
ftituer dans les cuifines une batterie moins
difpendieufe , auffi commode que celle de
cuivre , & parfaitement faine , au moins
quant au métal principal , l'indolence ordinaire
aux hommes fur les chofes qui leur
font véritablement utiles , & les petites
maximes que la pareffe invente fur les
ufages établis , fur tout quand ils font mau.
vais , n'ont encore laiffé faire que peu de
progrès aux fages avis des Chymiftes , &
n'ont profcrit le cuivre que de peu de cuifines.
La répugnance des Cuifiniers à employer
d'autres vaiffeaux que ceux qu'ils
connoiffent , eft un obftacle dont on ne
fent toute la force que quand on connoit
la pareffe & la gourmandife des Maîtres.
Chacun fçait que la fociété abonde en gens :
qui préferent l'indolence au repos , & le
plaifir au bonheur ; mais on a bien de la
peine à concevoir qu'il y en ait qui aiment
mieux s'expofer à périr , eux & toute leur
famille , dans des tourmens affreux , qu'à
manger un ragoût brûlé .
Il faut raifonner avec les fages , mais
jamais avec le public. Il y a long- tems
qu'on a comparé la multitude à un troupeau
de moutons ; il lui faut des exemples
au lieu de raifons , car chacun craint beaucoup
plus d'être ridicule que d'être four
ou méchant. D'ailleurs dans toutes les
JUILLE T. 1753. 9
chofes qui concernent l'intérêt commun
prefque tous jugeant d'après leurs propres
maximes , s'attachent moins à examiner la
force des preuves qu'à pénétrer les motifs
fecrets de celui qui les propofe : par
exemple , beaucoup d'honnêtes lecteurs
foupçonneroient volontiers qu'avec de
l'argent le Chef de la fabrique de fer battu
ou l'Auteur des fontaines domestiques
excitent mon zéle en cette occafion ; défance
aflez naturelle dans un fiécle de
charlatannerie , où les plus grands fripons
ont toujours l'intérêt public à la bouche .
L'exemple eft en ceci plus perfuafif que le
raifonnement , parce que la même défiance
ayant vraisemblablement dû naître auf
dans l'efprit des autres , on eft porté .
croire que ceux qu'elle n'a point empêchés
d'adopter ce que l'on propofe , ont trouvé
pour cela des raifons décifives. Ainfi au
lieu de m'arrêter à montrer combien il eft
abfurde , même dans le doute , de laiffer
dans fa cuifine des uftenfiles fufpects de
poiſon , il vaut mieux dire que M. Duverney
vient d'ordonner une batterie de
fer pour l'Ecole militaire ; que M. le Prince
de Conti a banni tout le cuivre de la
fienne ; que M. le Duc de Duras , Ambaffa
deur en Espagne , en a fait autant , &
fon Cuisinier qu'il confulta là -deffus , lus
』་ .
que
MERCURE DE FRANCE.
dit nettement que tous ceux de fon métier
qui ne s'accommodoient pas de la batterie
de fer tout auffi bien que de celle de cuivre
, étoient des ignorans ou des gens de
mauvaiſe volonté. Plufieurs particuliers
ont fuivi cet exemple , que les perfonnes
éclairées qui m'ont remis l'extrait ci - joint ,
ont donné depuis long- tems , fans que leur
table fe fente le moins du monde de ce
changement que par la confiance , avec laquelle
on peut manger d'excellens ragoûts
très bien préparés dans des vaiffeaux de
fer.
Mais que peut- on mettre fous les yeux
du public de plus frappant que cet extrait
même ? S'il y avoit au monde une Nation
qui dût s'oppofer à l'expulfion du cuivre ,
c'eft certainement la Suéde , dont les mines
de ce métal font la principale richeffe , &
dont les Peuples en général idolâtrent leurs.
anciens ufages. C'eft pourtant ce Royaume
fi riche en cuivre , qui donne l'exemple
aux autres , d'ôter à ce métal , tous les em
plois qui le rendent dangereux & qui intéreffent
la vie des citoyens ; ce font ces
Peuples fi attachés à leurs vieilles pratiques
, qui renoncent fans peine à une multitude
de commodités qu'ils retireroient
de leurs mines , dès que la raifon & l'au
torité des fages leur montrent le rif ques
JUILLET. 17530 II
que l'ufage indifcret de ce métal leur fait
courir. Je voudrois pouvoir efpérer qu'un
fi falutaire exemple fera fuivi dans le refte
de l'Europe , où l'on ne doit pas avoir la
même répugnance à profcrire , au moins
dans les cuifines , un métal qu'on tire de
dehors. Je voudrois que les avertiffemens.
publics des Philofophes & des Gens de
lettres réveillaffent les Peuples fur les dangers
de toute efpéce aufquels leur impru
dence les expole , & rappellaffent plus
fouvent à tous les Souverains que le foin
de la confervation des hommes n'eft pas
feulement leur premier devoir , mais auffi
leur plus grand intérêt .
Je fuis , Monfieur , &c.
De J. J. Rouffeau de Geneve , à M. l'Abbé
Raynal.
JE
E crois , Monfieur , que vous verrez
avec plaifir l'extrait ci- joint d'une lettre
de Stockolm , que la perfonne à qui
elle eft adreffée me charge de vous prier
d'inferer dans le Mercure. L'objet en eft
de la derniere importance pour la vie des
hommes ; & plus la négligence du public
eft exceffive à cet égard , plus les citoyens
éclairés doivent redoubler de zéle & d'activité
pour la vaincre.
Tous les Chymiftes de l'Europe nous
avertiffent depuis long - tems des mortelles
qualités du cuivre , & des dangers aufquels
on s'expofe en faifant ufage de ce pernicieux
métal dans les batteries de cuifine .
M. Rouelle , de l'Académie des Sciences ,
eft celui de tous qui en a démontré le plus
fenfiblement les funeftes effers , & qui s'en
eft plaint avec le plus de véhémence . M.
Thierri , Docteur en Médecine , a réuni
dans une fçavante Thefe qu'il foutint en
1749 fous la préfidence de M. Falconet
une multitude de preuves capables d'ef-
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
frayer tout homme raifonnable qui fair
quelque cas de fa vie & de celle de fes
concitoyens. Ces Phyficiens ont fait voir
que le verd de gris où le cuivre diffous
eft un poifon violent , dont l'effet eſt toujours
accompagné de fymptômes affreux ;
que la vapeur même de ce métal eft dangereufe
, puifque les Ouvriers qui le travaillent
, font fujets à diverfes maladies
mortelles ou habituelles ; que toutes les
menftrues , les graiffes , les fels , & l'eau
même , diffolvent le cuivre , & en font du
verd- de gris ; que l'étamage le plus exact
ne fait que diminuer cette diffolution
que l'étaim qu'on emploie dans cet étamage
n'eft pas lui- même exemt de danger,
malgré l'ufage indifcret qu'on a fait jufqu'à
préfent de ce métal , & que ce danger
eft plus grand ou moindre , felon les diffé
rens étaims qu'on emploie , en raifon de
l'arfenic qui entre dans leur compofition ,
ou du plomb qui entre dans leur alliage
( a ) ; que même en fuppofant à l'étamage
une précaution fuffifante , c'eft une im-
( a ) Que le plomb diffous foit un poifon , les
accidens funeftes que caufent tous les jours les
vins falfifiés avec de la litharge , ne le prouvent
que trop Ainfi pour employer ce métal avec ſu →
reté , il eft important de bien connoître quels font
fes diflolvans qui l'attaquent.
JUILLET. 1753 . T
prudence inpardonnable de faire dépendre
la vie & la fanté des hommes d'une
lame d'étaim très- déliée , qui s'ufe trèspromptement
( a ) , & de l'exactitude des
Domestiques & des Cuifiniers , qui rejertent
d'ordinaire les vaiffeaux récemment
étamés , à cauſe du mauvais goût que donnent
les matieres employées à l'étamage :
ils ont fait voir combien d'accidens affreux
produits par le cuivre , font attribués
tous les jours à des caufes toutes différentes
; ils ont prouvé qu'une multitude
de gens périffent , & qu'un plus grand
nombre encore font attaqués de mille
différentes maladies , par l'ufage de ce métal
dans nos cuiſines & dans nos fontaines,
fans fe douter eux mêmes de la véritable.
caufe de leurs maux . Cependant quoique
la manufacture d'uftenfiles de fer battu &
étamé , qui, eft établie au fauxbourg Saint
Antoine , offre des moyens faciles de fub-
( a ) Il eft aifé de démontrer que de quelque
maniere qu'on s'y prenne , on ne fçauroit dans
les ufages des vaiffeaux de cuifine , s'aflurer pour
un feul jour de l'étamage le plus folide. Car
comme l'étain entre en fufion à un degré de feu
fort inférieur à celui de la graiffe bouillante ,
tes les fois qu'un Cuifinier fait rouffir du beure ,
I ne lui eft pas poffible de garantir de la fufion
quelque partie de l'étamage , ni par conséquent
le ragoût , du contact du cuivre.
tou-
A iiij
S MERCURE DE FRANCE.
ftituer dans les cuifines une batterie moins
difpendieufe , auffi commode que celle de
cuivre , & parfaitement faine , au moins
quant au métal principal , l'indolence ordinaire
aux hommes fur les chofes qui leur
font véritablement utiles , & les petites
maximes que la pareffe invente fur les
ufages établis , fur tout quand ils font mau.
vais , n'ont encore laiffé faire que peu de
progrès aux fages avis des Chymiftes , &
n'ont profcrit le cuivre que de peu de cuifines.
La répugnance des Cuifiniers à employer
d'autres vaiffeaux que ceux qu'ils
connoiffent , eft un obftacle dont on ne
fent toute la force que quand on connoit
la pareffe & la gourmandife des Maîtres.
Chacun fçait que la fociété abonde en gens :
qui préferent l'indolence au repos , & le
plaifir au bonheur ; mais on a bien de la
peine à concevoir qu'il y en ait qui aiment
mieux s'expofer à périr , eux & toute leur
famille , dans des tourmens affreux , qu'à
manger un ragoût brûlé .
Il faut raifonner avec les fages , mais
jamais avec le public. Il y a long- tems
qu'on a comparé la multitude à un troupeau
de moutons ; il lui faut des exemples
au lieu de raifons , car chacun craint beaucoup
plus d'être ridicule que d'être four
ou méchant. D'ailleurs dans toutes les
JUILLE T. 1753. 9
chofes qui concernent l'intérêt commun
prefque tous jugeant d'après leurs propres
maximes , s'attachent moins à examiner la
force des preuves qu'à pénétrer les motifs
fecrets de celui qui les propofe : par
exemple , beaucoup d'honnêtes lecteurs
foupçonneroient volontiers qu'avec de
l'argent le Chef de la fabrique de fer battu
ou l'Auteur des fontaines domestiques
excitent mon zéle en cette occafion ; défance
aflez naturelle dans un fiécle de
charlatannerie , où les plus grands fripons
ont toujours l'intérêt public à la bouche .
L'exemple eft en ceci plus perfuafif que le
raifonnement , parce que la même défiance
ayant vraisemblablement dû naître auf
dans l'efprit des autres , on eft porté .
croire que ceux qu'elle n'a point empêchés
d'adopter ce que l'on propofe , ont trouvé
pour cela des raifons décifives. Ainfi au
lieu de m'arrêter à montrer combien il eft
abfurde , même dans le doute , de laiffer
dans fa cuifine des uftenfiles fufpects de
poiſon , il vaut mieux dire que M. Duverney
vient d'ordonner une batterie de
fer pour l'Ecole militaire ; que M. le Prince
de Conti a banni tout le cuivre de la
fienne ; que M. le Duc de Duras , Ambaffa
deur en Espagne , en a fait autant , &
fon Cuisinier qu'il confulta là -deffus , lus
』་ .
que
MERCURE DE FRANCE.
dit nettement que tous ceux de fon métier
qui ne s'accommodoient pas de la batterie
de fer tout auffi bien que de celle de cuivre
, étoient des ignorans ou des gens de
mauvaiſe volonté. Plufieurs particuliers
ont fuivi cet exemple , que les perfonnes
éclairées qui m'ont remis l'extrait ci - joint ,
ont donné depuis long- tems , fans que leur
table fe fente le moins du monde de ce
changement que par la confiance , avec laquelle
on peut manger d'excellens ragoûts
très bien préparés dans des vaiffeaux de
fer.
Mais que peut- on mettre fous les yeux
du public de plus frappant que cet extrait
même ? S'il y avoit au monde une Nation
qui dût s'oppofer à l'expulfion du cuivre ,
c'eft certainement la Suéde , dont les mines
de ce métal font la principale richeffe , &
dont les Peuples en général idolâtrent leurs.
anciens ufages. C'eft pourtant ce Royaume
fi riche en cuivre , qui donne l'exemple
aux autres , d'ôter à ce métal , tous les em
plois qui le rendent dangereux & qui intéreffent
la vie des citoyens ; ce font ces
Peuples fi attachés à leurs vieilles pratiques
, qui renoncent fans peine à une multitude
de commodités qu'ils retireroient
de leurs mines , dès que la raifon & l'au
torité des fages leur montrent le rif ques
JUILLET. 17530 II
que l'ufage indifcret de ce métal leur fait
courir. Je voudrois pouvoir efpérer qu'un
fi falutaire exemple fera fuivi dans le refte
de l'Europe , où l'on ne doit pas avoir la
même répugnance à profcrire , au moins
dans les cuifines , un métal qu'on tire de
dehors. Je voudrois que les avertiffemens.
publics des Philofophes & des Gens de
lettres réveillaffent les Peuples fur les dangers
de toute efpéce aufquels leur impru
dence les expole , & rappellaffent plus
fouvent à tous les Souverains que le foin
de la confervation des hommes n'eft pas
feulement leur premier devoir , mais auffi
leur plus grand intérêt .
Je fuis , Monfieur , &c.
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Résumé : LETTRE De J. J. Rousseau de Geneve, à M. l'Abbé Raynal.
La lettre de J. J. Rouffeau de Genève à l'Abbé Raynal met en garde contre les dangers du cuivre dans les ustensiles de cuisine. Les chimistes européens, notamment M. Rouelle et le Dr Thierri, ont identifié les propriétés toxiques du cuivre, qui peut se dissoudre et former du vert-de-gris, un poison violent. Les vapeurs de cuivre sont également nocives pour les ouvriers. L'étamage, censé protéger le cuivre, est inefficace à long terme et peut contenir de l'arsenic ou du plomb. Les accidents liés au cuivre sont souvent mal diagnostiqués, et beaucoup ignorent la véritable cause de leurs maladies. Malgré l'existence d'alternatives comme les batteries de fer battu et étamé, la résistance au changement et la paresse freinent leur adoption. Les cuisiniers préfèrent les ustensiles de cuivre familiers, et le public suit des exemples plutôt que des raisons. La méfiance rend difficile la promotion de nouvelles pratiques, même fondées sur des preuves solides. La transition vers le fer dans les cuisines est motivée par des raisons de sécurité. Des figures influentes comme M. Duverney, le Prince de Conti et le Duc de Duras ont adopté cette pratique. Le Mercure de France critique ceux qui persistent à utiliser le cuivre, les qualifiant d'ignorants ou de malveillants. De nombreux particuliers ont suivi cet exemple sans problème. La Suède, malgré ses richesses en cuivre, a abandonné son usage dans les cuisines pour des raisons de sécurité. L'auteur espère que cet exemple sera suivi en Europe et que les avertissements des philosophes sensibiliseront les peuples aux dangers de l'imprudence, rappelant aux souverains leur devoir de protéger leurs sujets.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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246
p. 1-7
Prelude. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy fait tant, & de si grandes choses pour [...]
Mots clefs :
Roi, Royaume, Église, Religion chrétienne, Église, Terre, Livres, Missions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prelude. [titre d'après la table]
E Roy fait tant, &
de fi grandes chofes
pour l'intereft de l'Eglife
, que depuis plufieurs
années,je ne vous ay pas écrit
une feule fois ,fans vous man.
der quelque chofe de nou-
Aoust 1686.
A
1
2 MERCURE
veau fur cette matiere, toû、
jours à la gloire de cet Augufte
& Pieux Monarque .
Il n'agit pas feulement dans
fon Royaume, mais fon zele
s'étend par toute la terre,
& ce n'eft qu'en faveur de
la Religion qu'il employe
fon credit auprés de ces
grands Souverains , qui char
mez de tout ce qu'il a fait
de grand , ne luy refuſent
rien de ce qu'il demande.
Je parle mefme de ceux qui
ne font que rarement des
graces aux Rois , & jamais
aux Chreftiens , comme le
GALANT.
3
Grand Seigneur , qui vient
d'accorder au Roy tout ce
qu'il luy a demandé pour
des Religieux de la Terre-
Sainte. Que n'a - t - il point
fait dans le Royaume de
Siam , pour y établir la Religion
Chreftienne , & pour
y faire connoiftre le vray
Dieu, puis que c'eſt à cette
feule confideration qu'il a
fait la dépense d'envoyer un
Ambaffadeur avec une nombreuſe
fuite à fix mille
lieues de fon Royaume. Auffi
la Religion Chreftienne
en a non feulement reçeu
A ij
4 MERCURE
des avantages tres- conſiderables
, mais elle eft fur le
point d'en tirer encore de
plus grands , & il y a fujet
d'efperer qu'elle fera un jour
un entier progrés dans tout
tes les Indes. Pendant que
le Roy fonge à l'établir en
Orient , il s'applique à l'affermir
dans fes Etats , avec
des dépenfes qui répondent
à la grandeur de fes foins ; &
c'eft une chofe incroyable
,
que la quantité de Livres
qu'il a fait imprimer à fes
dépens , & qu'on a diſtribuez
par fon ordre à tous les nouGALANT.
5
veaux Convertis , dans toutes
les Provinces de fon
Royaume. Cela joint aux
Miffions qu'il a fait faire
preſque dans toutes les Villes
, où les Prétendus Reformez
ont efté en grand nombre,
a pour ainfi dire, converty
une feconde fois ceux
qui n'eftoient pas encore
bien affermis dans la croyance
des Veritez Catholiques ,
& je puis vous affeurer que
rien n'a mieux fait paroiftre.
le zele du Roy , ny produit
un plus grand fruit que ces
Miffions , & cette diftribu
A
iij
6 MERCURE
tion de Livres, fi propres à
éclairer lorsque l'on s'en fert
de bonne foy. En effet, pourveu
qu'on veuille examiner
ferieufement dequoy il s'agit
, fans cette prévention
aveugle , qui perd tous les
obftinez , il eft impoffible
qu'on ne fe détrompe , &
que les Erreurs où Calvin a
engagé ceux de fon Party ,
ne paroiffent manifeſtes .
C'est
par là qu'une
Dame
tres
-fpirituelle
& d'un
grand
merite
, Femme
de Mr
le
Procureur
du
Roy
de Bergerac
, a reconnu
l'eftat
déGALANT.
7
plorable , où l'a retenue longtemps
le malheur de fa naiffance.
Voïcy ce qu'elle a
écrit fur fon changement, à
une Dame de fes Parentes ,.
Femme d'un Confeiller au
Parlement de Guyenne.
de fi grandes chofes
pour l'intereft de l'Eglife
, que depuis plufieurs
années,je ne vous ay pas écrit
une feule fois ,fans vous man.
der quelque chofe de nou-
Aoust 1686.
A
1
2 MERCURE
veau fur cette matiere, toû、
jours à la gloire de cet Augufte
& Pieux Monarque .
Il n'agit pas feulement dans
fon Royaume, mais fon zele
s'étend par toute la terre,
& ce n'eft qu'en faveur de
la Religion qu'il employe
fon credit auprés de ces
grands Souverains , qui char
mez de tout ce qu'il a fait
de grand , ne luy refuſent
rien de ce qu'il demande.
Je parle mefme de ceux qui
ne font que rarement des
graces aux Rois , & jamais
aux Chreftiens , comme le
GALANT.
3
Grand Seigneur , qui vient
d'accorder au Roy tout ce
qu'il luy a demandé pour
des Religieux de la Terre-
Sainte. Que n'a - t - il point
fait dans le Royaume de
Siam , pour y établir la Religion
Chreftienne , & pour
y faire connoiftre le vray
Dieu, puis que c'eſt à cette
feule confideration qu'il a
fait la dépense d'envoyer un
Ambaffadeur avec une nombreuſe
fuite à fix mille
lieues de fon Royaume. Auffi
la Religion Chreftienne
en a non feulement reçeu
A ij
4 MERCURE
des avantages tres- conſiderables
, mais elle eft fur le
point d'en tirer encore de
plus grands , & il y a fujet
d'efperer qu'elle fera un jour
un entier progrés dans tout
tes les Indes. Pendant que
le Roy fonge à l'établir en
Orient , il s'applique à l'affermir
dans fes Etats , avec
des dépenfes qui répondent
à la grandeur de fes foins ; &
c'eft une chofe incroyable
,
que la quantité de Livres
qu'il a fait imprimer à fes
dépens , & qu'on a diſtribuez
par fon ordre à tous les nouGALANT.
5
veaux Convertis , dans toutes
les Provinces de fon
Royaume. Cela joint aux
Miffions qu'il a fait faire
preſque dans toutes les Villes
, où les Prétendus Reformez
ont efté en grand nombre,
a pour ainfi dire, converty
une feconde fois ceux
qui n'eftoient pas encore
bien affermis dans la croyance
des Veritez Catholiques ,
& je puis vous affeurer que
rien n'a mieux fait paroiftre.
le zele du Roy , ny produit
un plus grand fruit que ces
Miffions , & cette diftribu
A
iij
6 MERCURE
tion de Livres, fi propres à
éclairer lorsque l'on s'en fert
de bonne foy. En effet, pourveu
qu'on veuille examiner
ferieufement dequoy il s'agit
, fans cette prévention
aveugle , qui perd tous les
obftinez , il eft impoffible
qu'on ne fe détrompe , &
que les Erreurs où Calvin a
engagé ceux de fon Party ,
ne paroiffent manifeſtes .
C'est
par là qu'une
Dame
tres
-fpirituelle
& d'un
grand
merite
, Femme
de Mr
le
Procureur
du
Roy
de Bergerac
, a reconnu
l'eftat
déGALANT.
7
plorable , où l'a retenue longtemps
le malheur de fa naiffance.
Voïcy ce qu'elle a
écrit fur fon changement, à
une Dame de fes Parentes ,.
Femme d'un Confeiller au
Parlement de Guyenne.
Fermer
Résumé : Prelude. [titre d'après la table]
En août 1686, un texte décrit les actions du roi en faveur de l'Église catholique. L'auteur, après plusieurs années de silence, souligne les nombreuses initiatives royales pour soutenir la religion. Le roi agit tant dans son royaume qu'à l'échelle mondiale, utilisant son influence auprès des grands souverains pour promouvoir la foi chrétienne. Par exemple, il a obtenu des faveurs du 'Grand Seigneur' pour des religieux en Terre Sainte et a envoyé une ambassade au Siam pour établir la religion chrétienne. En Orient, il œuvre à l'établissement de la foi, tandis qu'en Occident, il renforce la religion dans ses États par des dépenses considérables pour l'impression et la distribution de livres religieux. Ces actions, accompagnées de missions dans les villes où les protestants étaient nombreux, ont converti de nombreux nouveaux fidèles et affermi la croyance catholique. Une dame spirituelle et méritante, femme du procureur du roi à Bergerac, témoigne de son changement de foi, reconnaissant l'erreur de ses précédentes croyances calvinistes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
247
s. p.
AVERTISSEMENT.
Début :
NOUS avons lieu de rendre de nouvelles graces à nos Lecteurs, en leur [...]
Mots clefs :
Mercure, Pièces en prose et en vers, Livre, Public, Nouvelles, Mérite, Ouvrages, Mémoires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERLTISSEMENT;
NQUS avons lieu de rendre de noul
‘ vielles graves a nos Lecteurs, en leur
présentant aucommencement de cette année
‘Wëïïëëëëïëïäïîï '
le cent soixante-sixiéme Volume du Merm
cure de France , auquel nous travaillons de4
puis le mois de fuir: 17 u. sans que ce Li
‘ure ait soufièrt aucune interruption: il a.
toujours parû relgulierement au temps marqué
et quelquefois même avec des Supplémens ,'
selon Fexigence des cas. Nous redouàleroizs
nos soins et notre application pour que la
lecture du Mercure soit désormais encore
plus utile et plus agreable.
En remerciant nos Lecteurs du cas qu’ils
claignent faire de ce Livre ,V nous leur de
mandons toujours quelque ‘indulgence pourles
endroits qui leur paraîtront négligez et ois
la diction ne sera pas assez chatiée. Le Lec
teur judicieux fera _, s’il lui plaît , reflexiore
que dans un Ouvrage ‘tel que celui- ci , il
t5! îVÊI-ñisë de manquer, même dans les
choses les plus communes , dont chacune m
particulier est facile, mais qui ramassées ,'
font ensemHe une multiplicité si grande,
A n; ‘qm
AVERTISSEMENT.
qu'il est hien malaisé de donner à toutes la mg
me atfentio/Lquelqiue soin qu'on y apporte; sur
Iout quand une telle collection est faite en
aussi peu de temps. L’Auteur du Mercure
ne peut jamais avoir celui de faire sur cha
que article les reflésçions qu'y ferait une per
sonne qui n’a que cet article en tête, le seul
aitquel elle s’interesse et peut- être ‘le ‘seul
qu'elle lit. Une chose qui parois un Peu in
" juste , c'est qu'on nous reproche quelquefois
des inattentions , et qu'on ne nous sfache au
cun gré des corrections sans nomhre qu'on
fait et des fautes qu'on évite.
Nous; faisons de la part du Puhlic, de
nouvelles instances aux Lihraires qui en
woyent des Livres pour les annoncer dans
le Mercure, d'en marquer le prix au juste,
cela sert hcaucoup dans les Provinces aux
personnes qui se déterminent lit-dessus 2; les
acheter‘, et qui ne sont pas sûrs ‘de l’exac
litnde des Messagers et des autres persan-q
ne: qu’elles chagent de leurs commissions ,_
qui soin/en: les font surpayer. o
On invite aussi les Marchands et les Ou?
wriers qui ont quelques nouvelles Modes,
soit par des Etofles nouvelles _, Hahits _,
.Ajustemens , Perruques, C oeflures, Ornemens
de tête et autres parures , ainsiqtte de Meu
bles , Carosses , Chaises etautres choses , soit
four futilité _, soit pour Pagrément, d'en don
W57‘
AVERTISSEMENT.
mr quelques Memoires pour en avertir le
Public, ce qui pourra faire plaisir}; divers
Particuliers , et procurer un débit avantae
geux aux Marchands et aux Ouvriers.
Plusieurs Piéces en Prose et en Vers , en
voyées pour le Mercure , sont souvent si mal
écrites qu’on ne peut les déchzfrer, et elles sont
pourcela rejettées; d’autres sont bonnes. a quel;
ques égards et défectueuses a d’aittres; lors
qu’elles peuvent en valoir la peine , nous les
retoucloons avec soin s mais comme nous ne
prenons ce parti qu’a:vcc répugnance , nous
prions les Auteurs de ne le pas trouver mau
vais , et de travailler leurs Ouvrages avec le
plus d’attentian qu’il leur sera possible. «fi on
servait leur adresse _, on leur indiqueroit‘ les
corrections a faire. . '
Les Scavans et les Curieux sont priez. de
vouloir concourir avec nous pour rendre ce
Livre plus utile , en nous communiquant les
Mémoires et les Pièces en Prose et en Vers
qui peuvent instruire et amuser. Aucun genre
de Littérature n’est exclus‘ de ce Recueil, ou
l ’on tâche de faire regnerune agréable variété;
Poësie , -Elaquence , nouvelles Découvertes
dans les Arts et dans les Sciences, Morale,
Politique, Antiquitez, Histoire sacre’: et pro
fane, Voyages, Historiettes, Mythologie, Phy
sique et Métaphysique , Piéees de T/gäum ,
jurisprudence , Anatomie et Médocine _, Cri
» A iiij ' tique
I 2
AVERTISSEMENT.
tique , Mathématique, Mémoires , Projets;
Traductions , Grammaires , Piéccs amusan
tes et récréatives cÿc. Quand les morceaux
d’une certaine considération seront trop longs,
on les placera dans unVolumc extraordinaire,
tt on fera cnsorte qu’on puisse les en détacher
facilement pour la satisfaction des Ans/tours
et des personnes qui ne ‘veulent avoir que cer
taines Piéccs.
A [égard de la Jurisprudence, nous con?‘ 7
tinucrons autant que nous le pourrons, de faire
part au Public des Questions importantes,
nouvelles ou singuliers: qui se presentcront é! '
I
qui seront discutees et jugées‘ dans les diflè
rens Parlement et autres Cours S uperieures du
Royaume , en observant l'ordre et la métho
deque nous avons déja tenu en pareille ma.
tien , ‘sur quoi nous prions Messieurs les
Avocats et les Parties interessées de vouloir
bien nous fournir les [Mémoires nécessaires.
Il n’:st peut-être point dZ/Irticlc dans ce Li
vre qui regarde plus directement le bien pu
blic que celui-la _, et qui se fassc plus lim‘
Qtelques Morceaux de Pros: et de Vers
rtjetttz. par bonnes raisons , ont souvent don
né lieu a des plaintes de la part des person
nes intéressées; mais nous les prions de con
‘siderer que c’est toujours malgré nous que car-i
tains: Picces sont rclzutées ; nous ne nous en
rappartonspas toitjours à notre seul jigemflnt ,
- ñïh
I
w
I?‘
AVERTISSEMENT.
3ans l: choix que nous faisons de telles qui
méritent Ffmprossion. '
‘Un: autre espace d: plainte qui nous est
venue depuis pou , merite de trouver ici su
place. On est surpris, dit-on , de voir dun:
la Aigreur; ‘des Enigmes ct des Logogrjiphes
sur des mots qui ne sont point propres , et on
a raison: il faut dans la honno reg/e que l:
sujet en soit un mot purement physique. Les
noms de Villes ni de Lieux n’)! conviennent
point : moins encore des noms épiteihiqueLUn
Lagagqphe surlæidjectfCurie uxÿommc celui
du mois dejuillet dernier n'est pus régulier,
non plus que celui dont le mot est la Belouzc
dans le même endroit _, à muse de Partial: la
qui ne peut fumais entrer dans lu oomhinkison
du substantif, s. sujet du Logogiyphe Üo‘.
Qgpiqtfon dit toujours la précaution de
faire mettre un mais à lu tête de chaque Mer
cure , pour avertir qu’on ne recevra point de
Lettres ni de Paquets par lu Poste dont I:
port ne soit afinnchi , il en vient cependant -
quelquefois qu’on est obligé de rehutor. Ceux
qui n’uuront pas pris cette précaution ne doi
' vent point, être surpris de ne pus woirparoi
tre les Piéces qu’ils ont envoyées, lesquelles
sont dÿzilleurs perduës pour aux s’ils n’en
ont pusgurdé de Copie. '
Les personnes qui desireront riz/air le Mer
mrt des premiers , soit dans les Provinces ait
' A _v_ dans
A VERTISSEMÈNT.
dans le: Pais Etrangers , n'auront qu’): s’aol
dresser a NI. Moreau, Commis au Mer
cure , vis-à-viç la Comédie Françoise, à
Paris , qui leleur envoyera par la voie la
plu: convenable , et avant qu’il soit en vente
ici. Le: amis à qui on {adresse pour cela ne
sont pas ordinairement fort exacts: il: n’en—
voyant ‘gzteres acheter ce Livre précisément
dans le tems qu’il paraît ', ils ne manquent
pas de le lire , souvent il: le prÊtent, et ne«
Ëenvoyent enfin que fort tard, sou: le prétexte
specieux que le Mercure n’a pas paru plûtot.
a Nous renouvellon: la priere que nous avons
' olëja faite, quand on envoye des Piëees, soit en
Vers soit en Prose , ole le: faire transcrire lisi
blement sur de: papier: séparez et d'une gran
deur raisonnable avec des marges et que les
noms propres, surtout, soient exactement écrits.
Nous aurons toujours les même: égard: pour
les Auteurs qui ne veulent pas se faire con
naître; mai: il serait bon qu’ils olonnassent
une adresse, sur tout quanol il fagit de quel
que Ouvrage qui peut demander des éclair
cissemens ; car souvent faute aÏ’un tel secours
des Pièces nous restent entre les qnains sans
pouvoir le: employer. —
Nous prions peux , qui , par le moyen de
leur: corresponelance: , reçoivent des nouvel
les ÆAfrique . du Levant, de Perse , de
'* Tartarie , du Japon ,_ de la Chine , de: In
des
ÀVERTISS E MENT.
‘1"'
des Orientales et _Occidentales et d’autre:
Pays et Contrées éloignées; les Capitaines ,
Pilotes et Ofiiciers de Navires et les Voya
geurs , de vouloir nous faire part de ces Nou
velles a Padresse generale du Mercure. Ces
matieres peuvent rouler surles Guerres présen
tes de ces Etats et de leurs Voisinsgles Révo
lutions, les ‘Traitez. de Paix ou de Treve;
les- occupations ‘des Souverains , la Religion
des Peuples, leurs Céremonies , Coritumes et
‘Usages, les Phénomenes e_t ‘les Productions
de la Nature et de FArt, comme Pier
res précieuses, Pierres figurées , Marcassites
rares , Pétrifications et Cristalisations ex
traordtnaires , Coquillages _, eÿc Edzfices ,
anciens ei modernes , ‘Ruines , Statues , Bas-y
Reliefs , Inscriptions , qMédailles , Pierres
gravées , Tableaux , 0%.. _
Nous serons plus attentifs que jamais a
apprendre au Public la mort des Scavans
et de ceux qui se sont distinguée dans les
Arts et dans les Mécaniques; on y joindra
le récit cle leurs principales occupations , de
leurs Ouvrages et des plus consideraltles
actions de leur vie. L’Histoire des Lettres
et des Arts doit cette marque de reconnais
sance a la mémoire de ceux qui sjisont rené
dus celeltres ou qui les ont cultivez. avec
soin. Nous esperons que les parens et les
amiÿsde ces illustres Morts aideront volon
A vj fiers
i
AVERTISSEMENT.
,\.
tiers a leur rendre ce devoir par les instrucè‘
' ‘ tions qu’tls voudront bien nous fournir. Ce
que nous venons de dire, regarde, non-seu
lement Paris , mais encore toutes les Province:
du Royaume et lesPays Etrangersgqui peuvent
fournir des évenemens considerables, Morts ,
Mariages , Actes solemnels , FÊtes et autre!
faits dignes d'être transmis 2; la Pesterité.
On a fait au Mercure , et même plul
sieurs fois l'honneur ‘de le critiquer; c’est une
gloire qui manquait a ce Livre. On a beau
dire , nous ne changerons rien a notre
méthode, puisque nos Lecteurs la trouvent
passablement bonne. Un Ottvrage de la na
ture de celui- ci ne sgauroit plaire également
à tout le monde, à cause de la ntultiplicitê
et de la variera’ des matieres , dont quelques
unes sont lues parcertains Lecteurs avec plai
sir et avidité, et par'd’autres avec des dispo
sitions contraires. M du Fresni avait bien
raison de dire que pour que le Mercure fi:
generalement approuvé , ilfaudrait que com
me un autre Prothée , il pût prendre entre
les mains de chaque Lecteur, une forme cons
venable a l'idée qu’il s’en est faite.
C’est'assez pour ce Livre, de contribuer
tous les mois en quelque chose a l'instruc
tion et a Pamusement des Citoyens ; Le
Mercure ne doit rien ‘prétendre au-delä.
Nous sfavons, il est ‘vrai , que la Critique
outre:
AVERTISSEMENT’.
' 0m70’! ou la médisance, plus ou moins ma3
ligmmsflt épicée, fut toujours un mets dé.
llfitñîv‘ pour beaucoup de Lecteurs; mai!
outre que nous n‘): avons pas le moindre
perle/tant , nous renoncons et de très- bon coeur
àqla dangereuse gloire d’être lies et applaudi!
aux dépens dfpersonne.
Nou: serons encore plus retenus sur les
lvûflflgflî, que quelques Lecteurs n’ont pas
approuvées, et en eflet , nous nous sommes
apparent que nous y trouvions peu d’a—
vanrage; au contraire , nous nous somme!
_ vûs exposez. a des especes de reproches , au
lieu de témoignages de reconnaissances, sur
tout de l'a part des gens a talens , car
tel qrfon loue , ne doute nullement que ce
W r01‘! une cbose qui lui est absolument
dûë, souvent même il trouve qu’on ne le
loue pas assez, et ceux quîon neloue pas,‘
du qu’on loue moins , sonttres-indisposez; et
prétendant qu’on loite les autres à leurs dé
‘pans , ils sont doublement fêcloez.
Nous donnons ordinairement des Extraits
des Pieces nouvellesiqui paraissent ‘sur les
‘Ï/oéatres de Paris , et nous faisons quelques
observations d’aprês le jugement du Public,‘
sur les beautez. et sur les défiants qu’on y
V0M/63 la crainte de blesser la délicates-fi‘
des Auteurs , nous retient quelquefois et nous
empêche d’aller plus loin , et crainte aussi
quo
AVERTISSEMENT.
que voulant être plus sinceres , on ne nous‘
accuse efÊtre parriaux. Si les Aztteur: eux
même: voulaient bien prendre sur eux cl:
faire un Extrait ou un [Mémoire "de leur:
Ouvrage: , sans dissimuler les eieflauts qifon
y trouve, cela nous donnerait la hardiesse
a"e"tre un peu plu: severe:, le Lecteur leur
en sftturoit gré , et il: n’): periroient pas, par
les remarques , a charge et a décharge, que
nous ne manquerions paseïajoûter , sans au
Hier de faire remarquer Pextrême difiïculte’
qu'il y al de plaire aujourolVoui au Public
et le péril que courent tous les Ouvrages ot"es
prit qu’on lui présente : nous faisons avec
efaurant plus de confiance cette priere aux
Auteurs Dramatiques et à tous aietres , que
certainement Corneille, Qiinault , Moliere ,
Racine‘, Üc, nauroient pas rougi el’avouer
de: deflaut: dans leurs Pieces.
Nous têclaerons de conserver‘ dan: no:
Narration: la simplicitéJa clarté et la précision
que nous tâchons d) mettre, ainsi que Perdre
dans Farangement de: Pieces en Prose et en
Ver: , et dans la disposition des fait: , afin
qu’une infinité de circonstances que nous rap
portons et le grand détail dans lequelnoits som
mes souvent obligez. a"entrer, ne soient point a
charge aux Lecteurs , et ce qui est encore plus
essentiel dans un Ouvrage tel que celui-c): ,
nous zêcleeron: de soutenir le caractere de mo
' ‘ - ‘ deration
‘AVERTISSEMENT.
‘deration , de :incerité et olïmpartialité , qu'on
itou: a aléja fait la justice de nou: attribuer.
Le: Pieces :er0nt toûjours placée: sans af
fectation ole rang et sans distinction pour le
mérite et la primauté. Le: premiere: yeçtas
seront toûjours le: pretniere: employées, hors le
ca: qzfun Ouvrage soit tellement du temps qu’il
mérite pour cela seulement la prefirence.
Le: honnête: gens nous, scavent gré el’a4
voir garanti ce Livre depuis près ale-douze
an: que nous y travaillons , non-seulement
de toute Satyre , mai: mérite de Portrait: trop
ironique: , trop ressemhlan: et trop sus
ceptible: ofapplication. Mais nous admet
"zron: tres-volontier: le: Ouvrages dans les
quel: une plume legere sïelgayera, même vi
vement, contre divers caracteres bien incom
mode: et souvent très- dangereux dan: la
Sllclûté‘, encore y faut- il mettre cette clause ,
t que le Lecteur n’): puisse reconnaître une telle
permntte en paniculier, mai: que chaque Pa r
ticulier se puisse reconnaître en quelque chose
dan: la peinture gîflfiflîllf de: vice: et ale: ri
dicules ale :on siecle. _
Il nou: reste a marquer notre reconnoi:
sauce et a remercier au nom du Public, plu
Jieuïa‘ Sçavan: du premier ordre , Æaimahles
JI/Iuse: , et quantité ol’autre: permnne: Æun
mérite distingué , dont les Production: enri
chissent le Mercure, et le font lire et re
chercher,
NQUS avons lieu de rendre de noul
‘ vielles graves a nos Lecteurs, en leur
présentant aucommencement de cette année
‘Wëïïëëëëïëïäïîï '
le cent soixante-sixiéme Volume du Merm
cure de France , auquel nous travaillons de4
puis le mois de fuir: 17 u. sans que ce Li
‘ure ait soufièrt aucune interruption: il a.
toujours parû relgulierement au temps marqué
et quelquefois même avec des Supplémens ,'
selon Fexigence des cas. Nous redouàleroizs
nos soins et notre application pour que la
lecture du Mercure soit désormais encore
plus utile et plus agreable.
En remerciant nos Lecteurs du cas qu’ils
claignent faire de ce Livre ,V nous leur de
mandons toujours quelque ‘indulgence pourles
endroits qui leur paraîtront négligez et ois
la diction ne sera pas assez chatiée. Le Lec
teur judicieux fera _, s’il lui plaît , reflexiore
que dans un Ouvrage ‘tel que celui- ci , il
t5! îVÊI-ñisë de manquer, même dans les
choses les plus communes , dont chacune m
particulier est facile, mais qui ramassées ,'
font ensemHe une multiplicité si grande,
A n; ‘qm
AVERTISSEMENT.
qu'il est hien malaisé de donner à toutes la mg
me atfentio/Lquelqiue soin qu'on y apporte; sur
Iout quand une telle collection est faite en
aussi peu de temps. L’Auteur du Mercure
ne peut jamais avoir celui de faire sur cha
que article les reflésçions qu'y ferait une per
sonne qui n’a que cet article en tête, le seul
aitquel elle s’interesse et peut- être ‘le ‘seul
qu'elle lit. Une chose qui parois un Peu in
" juste , c'est qu'on nous reproche quelquefois
des inattentions , et qu'on ne nous sfache au
cun gré des corrections sans nomhre qu'on
fait et des fautes qu'on évite.
Nous; faisons de la part du Puhlic, de
nouvelles instances aux Lihraires qui en
woyent des Livres pour les annoncer dans
le Mercure, d'en marquer le prix au juste,
cela sert hcaucoup dans les Provinces aux
personnes qui se déterminent lit-dessus 2; les
acheter‘, et qui ne sont pas sûrs ‘de l’exac
litnde des Messagers et des autres persan-q
ne: qu’elles chagent de leurs commissions ,_
qui soin/en: les font surpayer. o
On invite aussi les Marchands et les Ou?
wriers qui ont quelques nouvelles Modes,
soit par des Etofles nouvelles _, Hahits _,
.Ajustemens , Perruques, C oeflures, Ornemens
de tête et autres parures , ainsiqtte de Meu
bles , Carosses , Chaises etautres choses , soit
four futilité _, soit pour Pagrément, d'en don
W57‘
AVERTISSEMENT.
mr quelques Memoires pour en avertir le
Public, ce qui pourra faire plaisir}; divers
Particuliers , et procurer un débit avantae
geux aux Marchands et aux Ouvriers.
Plusieurs Piéces en Prose et en Vers , en
voyées pour le Mercure , sont souvent si mal
écrites qu’on ne peut les déchzfrer, et elles sont
pourcela rejettées; d’autres sont bonnes. a quel;
ques égards et défectueuses a d’aittres; lors
qu’elles peuvent en valoir la peine , nous les
retoucloons avec soin s mais comme nous ne
prenons ce parti qu’a:vcc répugnance , nous
prions les Auteurs de ne le pas trouver mau
vais , et de travailler leurs Ouvrages avec le
plus d’attentian qu’il leur sera possible. «fi on
servait leur adresse _, on leur indiqueroit‘ les
corrections a faire. . '
Les Scavans et les Curieux sont priez. de
vouloir concourir avec nous pour rendre ce
Livre plus utile , en nous communiquant les
Mémoires et les Pièces en Prose et en Vers
qui peuvent instruire et amuser. Aucun genre
de Littérature n’est exclus‘ de ce Recueil, ou
l ’on tâche de faire regnerune agréable variété;
Poësie , -Elaquence , nouvelles Découvertes
dans les Arts et dans les Sciences, Morale,
Politique, Antiquitez, Histoire sacre’: et pro
fane, Voyages, Historiettes, Mythologie, Phy
sique et Métaphysique , Piéees de T/gäum ,
jurisprudence , Anatomie et Médocine _, Cri
» A iiij ' tique
I 2
AVERTISSEMENT.
tique , Mathématique, Mémoires , Projets;
Traductions , Grammaires , Piéccs amusan
tes et récréatives cÿc. Quand les morceaux
d’une certaine considération seront trop longs,
on les placera dans unVolumc extraordinaire,
tt on fera cnsorte qu’on puisse les en détacher
facilement pour la satisfaction des Ans/tours
et des personnes qui ne ‘veulent avoir que cer
taines Piéccs.
A [égard de la Jurisprudence, nous con?‘ 7
tinucrons autant que nous le pourrons, de faire
part au Public des Questions importantes,
nouvelles ou singuliers: qui se presentcront é! '
I
qui seront discutees et jugées‘ dans les diflè
rens Parlement et autres Cours S uperieures du
Royaume , en observant l'ordre et la métho
deque nous avons déja tenu en pareille ma.
tien , ‘sur quoi nous prions Messieurs les
Avocats et les Parties interessées de vouloir
bien nous fournir les [Mémoires nécessaires.
Il n’:st peut-être point dZ/Irticlc dans ce Li
vre qui regarde plus directement le bien pu
blic que celui-la _, et qui se fassc plus lim‘
Qtelques Morceaux de Pros: et de Vers
rtjetttz. par bonnes raisons , ont souvent don
né lieu a des plaintes de la part des person
nes intéressées; mais nous les prions de con
‘siderer que c’est toujours malgré nous que car-i
tains: Picces sont rclzutées ; nous ne nous en
rappartonspas toitjours à notre seul jigemflnt ,
- ñïh
I
w
I?‘
AVERTISSEMENT.
3ans l: choix que nous faisons de telles qui
méritent Ffmprossion. '
‘Un: autre espace d: plainte qui nous est
venue depuis pou , merite de trouver ici su
place. On est surpris, dit-on , de voir dun:
la Aigreur; ‘des Enigmes ct des Logogrjiphes
sur des mots qui ne sont point propres , et on
a raison: il faut dans la honno reg/e que l:
sujet en soit un mot purement physique. Les
noms de Villes ni de Lieux n’)! conviennent
point : moins encore des noms épiteihiqueLUn
Lagagqphe surlæidjectfCurie uxÿommc celui
du mois dejuillet dernier n'est pus régulier,
non plus que celui dont le mot est la Belouzc
dans le même endroit _, à muse de Partial: la
qui ne peut fumais entrer dans lu oomhinkison
du substantif, s. sujet du Logogiyphe Üo‘.
Qgpiqtfon dit toujours la précaution de
faire mettre un mais à lu tête de chaque Mer
cure , pour avertir qu’on ne recevra point de
Lettres ni de Paquets par lu Poste dont I:
port ne soit afinnchi , il en vient cependant -
quelquefois qu’on est obligé de rehutor. Ceux
qui n’uuront pas pris cette précaution ne doi
' vent point, être surpris de ne pus woirparoi
tre les Piéces qu’ils ont envoyées, lesquelles
sont dÿzilleurs perduës pour aux s’ils n’en
ont pusgurdé de Copie. '
Les personnes qui desireront riz/air le Mer
mrt des premiers , soit dans les Provinces ait
' A _v_ dans
A VERTISSEMÈNT.
dans le: Pais Etrangers , n'auront qu’): s’aol
dresser a NI. Moreau, Commis au Mer
cure , vis-à-viç la Comédie Françoise, à
Paris , qui leleur envoyera par la voie la
plu: convenable , et avant qu’il soit en vente
ici. Le: amis à qui on {adresse pour cela ne
sont pas ordinairement fort exacts: il: n’en—
voyant ‘gzteres acheter ce Livre précisément
dans le tems qu’il paraît ', ils ne manquent
pas de le lire , souvent il: le prÊtent, et ne«
Ëenvoyent enfin que fort tard, sou: le prétexte
specieux que le Mercure n’a pas paru plûtot.
a Nous renouvellon: la priere que nous avons
' olëja faite, quand on envoye des Piëees, soit en
Vers soit en Prose , ole le: faire transcrire lisi
blement sur de: papier: séparez et d'une gran
deur raisonnable avec des marges et que les
noms propres, surtout, soient exactement écrits.
Nous aurons toujours les même: égard: pour
les Auteurs qui ne veulent pas se faire con
naître; mai: il serait bon qu’ils olonnassent
une adresse, sur tout quanol il fagit de quel
que Ouvrage qui peut demander des éclair
cissemens ; car souvent faute aÏ’un tel secours
des Pièces nous restent entre les qnains sans
pouvoir le: employer. —
Nous prions peux , qui , par le moyen de
leur: corresponelance: , reçoivent des nouvel
les ÆAfrique . du Levant, de Perse , de
'* Tartarie , du Japon ,_ de la Chine , de: In
des
ÀVERTISS E MENT.
‘1"'
des Orientales et _Occidentales et d’autre:
Pays et Contrées éloignées; les Capitaines ,
Pilotes et Ofiiciers de Navires et les Voya
geurs , de vouloir nous faire part de ces Nou
velles a Padresse generale du Mercure. Ces
matieres peuvent rouler surles Guerres présen
tes de ces Etats et de leurs Voisinsgles Révo
lutions, les ‘Traitez. de Paix ou de Treve;
les- occupations ‘des Souverains , la Religion
des Peuples, leurs Céremonies , Coritumes et
‘Usages, les Phénomenes e_t ‘les Productions
de la Nature et de FArt, comme Pier
res précieuses, Pierres figurées , Marcassites
rares , Pétrifications et Cristalisations ex
traordtnaires , Coquillages _, eÿc Edzfices ,
anciens ei modernes , ‘Ruines , Statues , Bas-y
Reliefs , Inscriptions , qMédailles , Pierres
gravées , Tableaux , 0%.. _
Nous serons plus attentifs que jamais a
apprendre au Public la mort des Scavans
et de ceux qui se sont distinguée dans les
Arts et dans les Mécaniques; on y joindra
le récit cle leurs principales occupations , de
leurs Ouvrages et des plus consideraltles
actions de leur vie. L’Histoire des Lettres
et des Arts doit cette marque de reconnais
sance a la mémoire de ceux qui sjisont rené
dus celeltres ou qui les ont cultivez. avec
soin. Nous esperons que les parens et les
amiÿsde ces illustres Morts aideront volon
A vj fiers
i
AVERTISSEMENT.
,\.
tiers a leur rendre ce devoir par les instrucè‘
' ‘ tions qu’tls voudront bien nous fournir. Ce
que nous venons de dire, regarde, non-seu
lement Paris , mais encore toutes les Province:
du Royaume et lesPays Etrangersgqui peuvent
fournir des évenemens considerables, Morts ,
Mariages , Actes solemnels , FÊtes et autre!
faits dignes d'être transmis 2; la Pesterité.
On a fait au Mercure , et même plul
sieurs fois l'honneur ‘de le critiquer; c’est une
gloire qui manquait a ce Livre. On a beau
dire , nous ne changerons rien a notre
méthode, puisque nos Lecteurs la trouvent
passablement bonne. Un Ottvrage de la na
ture de celui- ci ne sgauroit plaire également
à tout le monde, à cause de la ntultiplicitê
et de la variera’ des matieres , dont quelques
unes sont lues parcertains Lecteurs avec plai
sir et avidité, et par'd’autres avec des dispo
sitions contraires. M du Fresni avait bien
raison de dire que pour que le Mercure fi:
generalement approuvé , ilfaudrait que com
me un autre Prothée , il pût prendre entre
les mains de chaque Lecteur, une forme cons
venable a l'idée qu’il s’en est faite.
C’est'assez pour ce Livre, de contribuer
tous les mois en quelque chose a l'instruc
tion et a Pamusement des Citoyens ; Le
Mercure ne doit rien ‘prétendre au-delä.
Nous sfavons, il est ‘vrai , que la Critique
outre:
AVERTISSEMENT’.
' 0m70’! ou la médisance, plus ou moins ma3
ligmmsflt épicée, fut toujours un mets dé.
llfitñîv‘ pour beaucoup de Lecteurs; mai!
outre que nous n‘): avons pas le moindre
perle/tant , nous renoncons et de très- bon coeur
àqla dangereuse gloire d’être lies et applaudi!
aux dépens dfpersonne.
Nou: serons encore plus retenus sur les
lvûflflgflî, que quelques Lecteurs n’ont pas
approuvées, et en eflet , nous nous sommes
apparent que nous y trouvions peu d’a—
vanrage; au contraire , nous nous somme!
_ vûs exposez. a des especes de reproches , au
lieu de témoignages de reconnaissances, sur
tout de l'a part des gens a talens , car
tel qrfon loue , ne doute nullement que ce
W r01‘! une cbose qui lui est absolument
dûë, souvent même il trouve qu’on ne le
loue pas assez, et ceux quîon neloue pas,‘
du qu’on loue moins , sonttres-indisposez; et
prétendant qu’on loite les autres à leurs dé
‘pans , ils sont doublement fêcloez.
Nous donnons ordinairement des Extraits
des Pieces nouvellesiqui paraissent ‘sur les
‘Ï/oéatres de Paris , et nous faisons quelques
observations d’aprês le jugement du Public,‘
sur les beautez. et sur les défiants qu’on y
V0M/63 la crainte de blesser la délicates-fi‘
des Auteurs , nous retient quelquefois et nous
empêche d’aller plus loin , et crainte aussi
quo
AVERTISSEMENT.
que voulant être plus sinceres , on ne nous‘
accuse efÊtre parriaux. Si les Aztteur: eux
même: voulaient bien prendre sur eux cl:
faire un Extrait ou un [Mémoire "de leur:
Ouvrage: , sans dissimuler les eieflauts qifon
y trouve, cela nous donnerait la hardiesse
a"e"tre un peu plu: severe:, le Lecteur leur
en sftturoit gré , et il: n’): periroient pas, par
les remarques , a charge et a décharge, que
nous ne manquerions paseïajoûter , sans au
Hier de faire remarquer Pextrême difiïculte’
qu'il y al de plaire aujourolVoui au Public
et le péril que courent tous les Ouvrages ot"es
prit qu’on lui présente : nous faisons avec
efaurant plus de confiance cette priere aux
Auteurs Dramatiques et à tous aietres , que
certainement Corneille, Qiinault , Moliere ,
Racine‘, Üc, nauroient pas rougi el’avouer
de: deflaut: dans leurs Pieces.
Nous têclaerons de conserver‘ dan: no:
Narration: la simplicitéJa clarté et la précision
que nous tâchons d) mettre, ainsi que Perdre
dans Farangement de: Pieces en Prose et en
Ver: , et dans la disposition des fait: , afin
qu’une infinité de circonstances que nous rap
portons et le grand détail dans lequelnoits som
mes souvent obligez. a"entrer, ne soient point a
charge aux Lecteurs , et ce qui est encore plus
essentiel dans un Ouvrage tel que celui-c): ,
nous zêcleeron: de soutenir le caractere de mo
' ‘ - ‘ deration
‘AVERTISSEMENT.
‘deration , de :incerité et olïmpartialité , qu'on
itou: a aléja fait la justice de nou: attribuer.
Le: Pieces :er0nt toûjours placée: sans af
fectation ole rang et sans distinction pour le
mérite et la primauté. Le: premiere: yeçtas
seront toûjours le: pretniere: employées, hors le
ca: qzfun Ouvrage soit tellement du temps qu’il
mérite pour cela seulement la prefirence.
Le: honnête: gens nous, scavent gré el’a4
voir garanti ce Livre depuis près ale-douze
an: que nous y travaillons , non-seulement
de toute Satyre , mai: mérite de Portrait: trop
ironique: , trop ressemhlan: et trop sus
ceptible: ofapplication. Mais nous admet
"zron: tres-volontier: le: Ouvrages dans les
quel: une plume legere sïelgayera, même vi
vement, contre divers caracteres bien incom
mode: et souvent très- dangereux dan: la
Sllclûté‘, encore y faut- il mettre cette clause ,
t que le Lecteur n’): puisse reconnaître une telle
permntte en paniculier, mai: que chaque Pa r
ticulier se puisse reconnaître en quelque chose
dan: la peinture gîflfiflîllf de: vice: et ale: ri
dicules ale :on siecle. _
Il nou: reste a marquer notre reconnoi:
sauce et a remercier au nom du Public, plu
Jieuïa‘ Sçavan: du premier ordre , Æaimahles
JI/Iuse: , et quantité ol’autre: permnne: Æun
mérite distingué , dont les Production: enri
chissent le Mercure, et le font lire et re
chercher,
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Résumé : AVERTISSEMENT.
Le texte est un avertissement concernant la publication du cent soixante-sixième volume du Mercure de France. L'éditeur exprime sa gratitude aux lecteurs et demande leur indulgence pour les éventuelles négligences, soulignant la difficulté de maintenir une attention constante sur chaque article, surtout compte tenu du délai de publication. Il invite les libraires à indiquer le prix exact des livres annoncés et les marchands à partager les nouvelles modes et produits. L'éditeur mentionne également la réception de pièces en prose et en vers, certaines étant rejetées pour des raisons de lisibilité ou de qualité. Les savants et curieux sont encouragés à contribuer avec des mémoires et des pièces instructives et amusantes. Le Mercure couvre divers genres littéraires et scientifiques, et les articles trop longs sont placés dans des volumes extraordinaires. L'éditeur promet de continuer à informer le public des questions juridiques importantes et des événements notables. Il demande également aux lecteurs de bien transcrire les pièces envoyées et de fournir des nouvelles de diverses régions du monde. Le Mercure vise à instruire et à divertir les citoyens chaque mois, sans prétendre à une approbation universelle. L'éditeur exprime son désir de recevoir des extraits ou des mémoires des auteurs eux-mêmes, afin de pouvoir offrir des critiques constructives. Par ailleurs, le texte est un avertissement préliminaire à un ouvrage. L'auteur souligne l'importance de la modération, de l'honnêteté et de l'impartialité dans son travail. Les pièces seront présentées sans affectation, sans distinction de mérite ou de primauté, sauf si l'ouvrage est ancien et mérite une préférence pour cette raison. L'auteur garantit que le livre, rédigé sur une période de près de douze ans, est exempt de satire et de portraits trop ironiques ou susceptibles d'application personnelle. Cependant, il accepte les œuvres où une plume légère critique des caractères incommodes et dangereux, à condition que chaque lecteur puisse se reconnaître dans la peinture des vices et des ridicules de son siècle. Enfin, l'auteur exprime sa reconnaissance et remercie divers savants, muses et personnes de mérite distingué dont les productions enrichissent le Mercure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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248
p. [1627]-1637
ODE A Made *** Mere d'une jeune Religieuse, morte à Amiens au mois de Mars 1731.
Début :
Quelle douleur obstinée, [...]
Mots clefs :
Tombeau, Chagrin, Funèbres couleurs, Ombre, Douleur extrême, Destin, Mort, Gémir, Ennui, Mânes paisibles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE A Made *** Mere d'une jeune Religieuse, morte à Amiens au mois de Mars 1731.
ODE
A Made *** Mere.d'une jeune Religieuse,
morte à Amiens au mois de Mars 1731.
Uelle douleur obstinée ,
Change en nuits vos plus beaux
jours ?
Près d'un Tombeau prosternée ,
Voulez-vous pleurer toûjours ?
Le chagrin qui vous dévore ,
Chaque jour , avant l'Aurore ,
A ij Remet
SHIP
1628
MERCURE DE
FRANCE
Remet votre esprit aux fers :
La nuit vient , et trouve encore
Vos yeux aux larmes ouverts.
Les Graces accoûtumées ,
'A servir votre enjoûment ,
Sont surprises , allarmées ,
De cet affreux changement ;
Elles ne sçauroient se plaire ,
Dans ce réduit solitaire ,
Peint de funebres couleurs , *
Où votre ennui volontaire ,
Vient se nourrir dans les pleurs.
Trop justement attendrie ,
Vous avez dû pour un temps ,
Plaindre une fille chérie ,
Moissonnée en son printemps :
Dans ces premieres allarmes ,
La plainte même a des charmes ,
Dont un coeur triste est jaloux ;
Loin de condamner vos larmes ,
J'en répandois avec vous.
Mais c'est être trop constante ,
Dans de mortels déplaisirs :
La Nature se contente ,
T
D'u
JUILLET.
16.29
1731.
D'un mois entier de soupirs.
Hélas ! un chagrin si tendre,
Ranimera- t'il ta cendre
Ombre , encor chere à nos coeurs ?
Non , tu ne peux nous entendre ,
Ni répondre à nos clameurs.
C'en est fait : son jour suprême ,
Est expiré sans retour.;
Er votre douleur extrême ,
Ne peut lui rendre un seul jour.
Si les larmes maternelles ,
Du sein des nuits éternelles ,
Pouvoient enfin l'arracher ,
Vos yeux à l'amour fidelles ,
Ne devroient point se sécher..
La plainte la plus amére ,
N'attendrit pas le Destin :
Malgré les cris d'une mere "
La Mort retient sọn butin ;
Avide de funerailles ,
Ce Monstre né sans entrailles ,
g Sans cesse armé de flambeaux
Erre autour de nos Murailles
Pour nous creuser des Tombeaux,
y
A iij La
1630 MERCURE DE FRANCE
La Mort dans sa vaste course ,
Voit des Parens éplorez ,
Gémir ( trop foible ressource ! )
Sur des Enfans expirez ;
Sourde à leur plainte importune ,
Elle unit leur infortune-
Aux objets de leurs regrets ,
Dans une tombe commune
Et sous les mêmes Cyprès.
Des Enfers pâle Ministre ,
L'Ennui , comme un fier Vautour
Suit leurs pas d'un vol sinistre ,
Et les devore à leur tour.
De leur tragique tristesse ,
N'imitez point la foiblesse ;
Victime de vos langueurs 2
Bientôt à notre tendresse ,
Vous couteriez d'autres pleurs.
Soupirez-vous par coutume ,
Comme ces sombres Esprits ,
`Qui traînent dans l'amertume ,
La chaîne de leurs ennuis ?
C'est à tort que le Portique ,
Avec le Parnasse antiquè ,
Tient qu'il est doux de gémir ;
Un
JUILLET. 1731 , 1631
Un deüil lent et léthargique
Ne fut jamais un plaisir.
Quelle constance insensée ,
Veut nous dévouer aux Morts ?
Croit- on leur cendre glacée ,
Jalouse de ces transports ?
Pourquoi ces sanglots pénibles ,
Qui chez les Mânes paisibles ,
Ne seront point entendus ?
Leurs Ombres sont insensibles
Er nos soupirs sont perdus.
Dans l'horreur d'un bois sauvage ,
La Tourterelle gémie ,
Mais des peines du veuvage ,
Le Temps enfin l'affranchit ;
Semblable à la Tourterelle ,
En vain la douleur fidelle
T
Veut conserver son dégout ,
Le Temps triomphe enfin d'elle ,
Comme il triomphe de tout.
' D'Iphigénie immolée ,
Je vois le Bucher fumant:
Clytemnestre désolée ,
A iiij
Veut
1622
MERCURE DE FRANCE
Veut la suivre au Monument ;.
Une si triste manie ,
Par Egisthe fut bannie ,
L'Amour essuya ses pleurs.
Tels , de notre Iphigénie ,
Nous oublirons les malheurs.
Sur son aîle fugitive ,
Si le Temps doit emporter ,
Cette tristesse plaintive ,
Que vous semblez, respecter 3.
Sans attendre en servitude
Que de votre inquiétude ,
Il chasse le noir poison ,
Combattez-en l'habitude ,
Et vainquez-vous par raison.
D'une Grecque
magnanime ,
L'Héroïque fermeté ,
D'un chagrin pusillanime ,
Vous apprend l'indignité ;
Céphise , d'un oeil austere ,
Voit sa fille la plus chere ,
Entre ses bras expirer ,
Plus Heroïne que mere ,.
Elle craint de soupirer.,
D&
JUILLET. 1731. 1633
De son courage infléxible ,
Nature , ne te plains pas ;
Un coeur peut être sensible,
Sans cris pompeux sans éclats.
A la Parque en vain rebelle ,
Pourquoi m'affliger , dit-elle ,
J'y songeai , dès soǹ Berceau
J'élevois une Mortelle
Soumise au fatal Cizeau.
Mais non , Stoïques exemples ,,
Vous êtes d'un vain secours ;
Ce n'est que dans tes saints Temples ,
Grand Dieu , qu'est notre recours :
Pour guérir ce coup
funeste
Il faut une main Celeste ,
N'esperons rien des Mortels;
Un Consolateur nous reste
Il nous attend aux Autels.
"
Portez donc au Sanctuaire ,,
Soumise aux Divins Arrêts ,
Portez le coeur d'une mere
97
Chrétienne dans ses regrets..
Adorez- y , dans vos peines ,
L'Auteur des Loix souveraines ,
Qui décident de nos jours :
Av
1634 MERCURE DE FRANCE
Il rompt nos plus tendres chaînes,
Pour fixer seul nos amours.
Son choix nous l'avoit ravie ,
Celle dont j'écris le sórt ,
Long -temps avant que sa vie ,
Fût éteinte par la Mort.
D'un Monde que P'erreur vante
Une retraite fervente ,
Lui fermoit tous les chemins ;
Pour Dieu seul encor vivante ,
Elle étoit morte aux Humains...
La Victime , Dieu propice ,
A l'Autel alloit marcher ;
Déja pour le Sacrifice ,
L'Amour Saint dresse un Bucher ;
L'Encens , les Fleurs , tout s'aprête ,
Bien- tôt ta jeune Conquête ,
Va s'offrir ... Que dis-je ? helas !
J'allois chanter une Fête ,
Il faut pleurer un Trépas.
Qu'entens -je ? quels cris funebres !"
* Quelque temps avant sa derniere maladie
alle étoit sur le point de faire ses voeux ; elle
les prononça au lit de la mort,
Je
JUILLET. 1731. 1635
Je vois la Jeunesse en deuil :
Dans ces profondes tenebres.
Pour qui s'ouvre le cercueil ?
O Mort ! s'il est temps encore
De ses jours , dans leur Aurore
Ne tranche point le tissu ;
Cruelle ! envain je t'implore ,
Elle expire ! elle a vécu.
Ainsi périt une Rose ,
Que frappe un souffle mortel
On la cueille à peine éclose ,
Pour en parer un Autel
Depuis l'Aube matinale ,
La douce odeur qu'elle exhale
Parfume un Temple enchanté ;
Le jour fuit , la nuit fatale
Ensevelit sa beauté.
}
Ciel , nous plaignons sa jeunesse ,
Dont tes Loix ferment le cours ,
de ta Sagesse
Mais aux yeux
Elle avoit rempli ses jours ;
Ce n'est point par la durée,
Que doit être mesurée ,
La course de tes Elus ::
La mort n'est prématurée ,
Que pour qui meurt sans vertusä
A vj Pour
1636 MERCURE DE FRANCE
Pour départir ses Couronnes
Dieu ne compte point les ans ,
De ceux qu'aux Celestes Trônes ,
Sa main place avant le temps ;
Oui , d'un âge exempe de vices,
Les innocentes Prémices ,
Egalent , devant ses yeux ,
Vos plus nombreux sacrifices ,
Heros , vicillis pour les Cieux..
Vous donc Objet de mes rimes
De votre coeur abbatu ,
Par ces solides maximes ,
Fortifiez la vertu ; .·
A mille maux asservie ,,
Celle qui vous est ravie
Sembloit née à la douleur ::
Pour elle une courte vie ,
Fut un bienfait du Seigneur..
Si le Ciel est son partage ),
Gardez d'elle à l'avenir ,
Sans la pleurer davantage ,
112 .
uile souvenir ;.
Arbitre des années ,
(
Dieu, qui voit nos destinées:
Eclore et s'évanouir ,
Joigne
JUILLET. 1637 1737.
Joigne à vos ans les journées ,
Dont elle auroit dû joüit.
A Tours....
A Made *** Mere.d'une jeune Religieuse,
morte à Amiens au mois de Mars 1731.
Uelle douleur obstinée ,
Change en nuits vos plus beaux
jours ?
Près d'un Tombeau prosternée ,
Voulez-vous pleurer toûjours ?
Le chagrin qui vous dévore ,
Chaque jour , avant l'Aurore ,
A ij Remet
SHIP
1628
MERCURE DE
FRANCE
Remet votre esprit aux fers :
La nuit vient , et trouve encore
Vos yeux aux larmes ouverts.
Les Graces accoûtumées ,
'A servir votre enjoûment ,
Sont surprises , allarmées ,
De cet affreux changement ;
Elles ne sçauroient se plaire ,
Dans ce réduit solitaire ,
Peint de funebres couleurs , *
Où votre ennui volontaire ,
Vient se nourrir dans les pleurs.
Trop justement attendrie ,
Vous avez dû pour un temps ,
Plaindre une fille chérie ,
Moissonnée en son printemps :
Dans ces premieres allarmes ,
La plainte même a des charmes ,
Dont un coeur triste est jaloux ;
Loin de condamner vos larmes ,
J'en répandois avec vous.
Mais c'est être trop constante ,
Dans de mortels déplaisirs :
La Nature se contente ,
T
D'u
JUILLET.
16.29
1731.
D'un mois entier de soupirs.
Hélas ! un chagrin si tendre,
Ranimera- t'il ta cendre
Ombre , encor chere à nos coeurs ?
Non , tu ne peux nous entendre ,
Ni répondre à nos clameurs.
C'en est fait : son jour suprême ,
Est expiré sans retour.;
Er votre douleur extrême ,
Ne peut lui rendre un seul jour.
Si les larmes maternelles ,
Du sein des nuits éternelles ,
Pouvoient enfin l'arracher ,
Vos yeux à l'amour fidelles ,
Ne devroient point se sécher..
La plainte la plus amére ,
N'attendrit pas le Destin :
Malgré les cris d'une mere "
La Mort retient sọn butin ;
Avide de funerailles ,
Ce Monstre né sans entrailles ,
g Sans cesse armé de flambeaux
Erre autour de nos Murailles
Pour nous creuser des Tombeaux,
y
A iij La
1630 MERCURE DE FRANCE
La Mort dans sa vaste course ,
Voit des Parens éplorez ,
Gémir ( trop foible ressource ! )
Sur des Enfans expirez ;
Sourde à leur plainte importune ,
Elle unit leur infortune-
Aux objets de leurs regrets ,
Dans une tombe commune
Et sous les mêmes Cyprès.
Des Enfers pâle Ministre ,
L'Ennui , comme un fier Vautour
Suit leurs pas d'un vol sinistre ,
Et les devore à leur tour.
De leur tragique tristesse ,
N'imitez point la foiblesse ;
Victime de vos langueurs 2
Bientôt à notre tendresse ,
Vous couteriez d'autres pleurs.
Soupirez-vous par coutume ,
Comme ces sombres Esprits ,
`Qui traînent dans l'amertume ,
La chaîne de leurs ennuis ?
C'est à tort que le Portique ,
Avec le Parnasse antiquè ,
Tient qu'il est doux de gémir ;
Un
JUILLET. 1731 , 1631
Un deüil lent et léthargique
Ne fut jamais un plaisir.
Quelle constance insensée ,
Veut nous dévouer aux Morts ?
Croit- on leur cendre glacée ,
Jalouse de ces transports ?
Pourquoi ces sanglots pénibles ,
Qui chez les Mânes paisibles ,
Ne seront point entendus ?
Leurs Ombres sont insensibles
Er nos soupirs sont perdus.
Dans l'horreur d'un bois sauvage ,
La Tourterelle gémie ,
Mais des peines du veuvage ,
Le Temps enfin l'affranchit ;
Semblable à la Tourterelle ,
En vain la douleur fidelle
T
Veut conserver son dégout ,
Le Temps triomphe enfin d'elle ,
Comme il triomphe de tout.
' D'Iphigénie immolée ,
Je vois le Bucher fumant:
Clytemnestre désolée ,
A iiij
Veut
1622
MERCURE DE FRANCE
Veut la suivre au Monument ;.
Une si triste manie ,
Par Egisthe fut bannie ,
L'Amour essuya ses pleurs.
Tels , de notre Iphigénie ,
Nous oublirons les malheurs.
Sur son aîle fugitive ,
Si le Temps doit emporter ,
Cette tristesse plaintive ,
Que vous semblez, respecter 3.
Sans attendre en servitude
Que de votre inquiétude ,
Il chasse le noir poison ,
Combattez-en l'habitude ,
Et vainquez-vous par raison.
D'une Grecque
magnanime ,
L'Héroïque fermeté ,
D'un chagrin pusillanime ,
Vous apprend l'indignité ;
Céphise , d'un oeil austere ,
Voit sa fille la plus chere ,
Entre ses bras expirer ,
Plus Heroïne que mere ,.
Elle craint de soupirer.,
D&
JUILLET. 1731. 1633
De son courage infléxible ,
Nature , ne te plains pas ;
Un coeur peut être sensible,
Sans cris pompeux sans éclats.
A la Parque en vain rebelle ,
Pourquoi m'affliger , dit-elle ,
J'y songeai , dès soǹ Berceau
J'élevois une Mortelle
Soumise au fatal Cizeau.
Mais non , Stoïques exemples ,,
Vous êtes d'un vain secours ;
Ce n'est que dans tes saints Temples ,
Grand Dieu , qu'est notre recours :
Pour guérir ce coup
funeste
Il faut une main Celeste ,
N'esperons rien des Mortels;
Un Consolateur nous reste
Il nous attend aux Autels.
"
Portez donc au Sanctuaire ,,
Soumise aux Divins Arrêts ,
Portez le coeur d'une mere
97
Chrétienne dans ses regrets..
Adorez- y , dans vos peines ,
L'Auteur des Loix souveraines ,
Qui décident de nos jours :
Av
1634 MERCURE DE FRANCE
Il rompt nos plus tendres chaînes,
Pour fixer seul nos amours.
Son choix nous l'avoit ravie ,
Celle dont j'écris le sórt ,
Long -temps avant que sa vie ,
Fût éteinte par la Mort.
D'un Monde que P'erreur vante
Une retraite fervente ,
Lui fermoit tous les chemins ;
Pour Dieu seul encor vivante ,
Elle étoit morte aux Humains...
La Victime , Dieu propice ,
A l'Autel alloit marcher ;
Déja pour le Sacrifice ,
L'Amour Saint dresse un Bucher ;
L'Encens , les Fleurs , tout s'aprête ,
Bien- tôt ta jeune Conquête ,
Va s'offrir ... Que dis-je ? helas !
J'allois chanter une Fête ,
Il faut pleurer un Trépas.
Qu'entens -je ? quels cris funebres !"
* Quelque temps avant sa derniere maladie
alle étoit sur le point de faire ses voeux ; elle
les prononça au lit de la mort,
Je
JUILLET. 1731. 1635
Je vois la Jeunesse en deuil :
Dans ces profondes tenebres.
Pour qui s'ouvre le cercueil ?
O Mort ! s'il est temps encore
De ses jours , dans leur Aurore
Ne tranche point le tissu ;
Cruelle ! envain je t'implore ,
Elle expire ! elle a vécu.
Ainsi périt une Rose ,
Que frappe un souffle mortel
On la cueille à peine éclose ,
Pour en parer un Autel
Depuis l'Aube matinale ,
La douce odeur qu'elle exhale
Parfume un Temple enchanté ;
Le jour fuit , la nuit fatale
Ensevelit sa beauté.
}
Ciel , nous plaignons sa jeunesse ,
Dont tes Loix ferment le cours ,
de ta Sagesse
Mais aux yeux
Elle avoit rempli ses jours ;
Ce n'est point par la durée,
Que doit être mesurée ,
La course de tes Elus ::
La mort n'est prématurée ,
Que pour qui meurt sans vertusä
A vj Pour
1636 MERCURE DE FRANCE
Pour départir ses Couronnes
Dieu ne compte point les ans ,
De ceux qu'aux Celestes Trônes ,
Sa main place avant le temps ;
Oui , d'un âge exempe de vices,
Les innocentes Prémices ,
Egalent , devant ses yeux ,
Vos plus nombreux sacrifices ,
Heros , vicillis pour les Cieux..
Vous donc Objet de mes rimes
De votre coeur abbatu ,
Par ces solides maximes ,
Fortifiez la vertu ; .·
A mille maux asservie ,,
Celle qui vous est ravie
Sembloit née à la douleur ::
Pour elle une courte vie ,
Fut un bienfait du Seigneur..
Si le Ciel est son partage ),
Gardez d'elle à l'avenir ,
Sans la pleurer davantage ,
112 .
uile souvenir ;.
Arbitre des années ,
(
Dieu, qui voit nos destinées:
Eclore et s'évanouir ,
Joigne
JUILLET. 1637 1737.
Joigne à vos ans les journées ,
Dont elle auroit dû joüit.
A Tours....
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Résumé : ODE A Made *** Mere d'une jeune Religieuse, morte à Amiens au mois de Mars 1731.
L'ode commémore une jeune religieuse décédée à Amiens en mars 1731. Le texte exprime la douleur intense et persistante de la mère de la défunte, qui pleure sa fille emportée en pleine jeunesse. Les Grâces, habituées à servir le bonheur, sont surprises par ce changement funeste et ne peuvent se plaire dans ce lieu de deuil. La mère reconnaît la légitimité de son chagrin après une telle perte, mais critique la constance excessive dans la douleur. Elle souligne que les larmes maternelles ne peuvent ramener les morts. La Mort est décrite comme un monstre avide, indifférent aux pleurs des parents. Le poème met en garde contre l'imitation de la faiblesse tragique et encourage à surmonter la tristesse par la raison. Il évoque l'exemple de Céphise, une mère stoïque qui, malgré sa douleur, ne se laisse pas submerger par les pleurs. La mère de la jeune religieuse trouve finalement du réconfort dans la foi chrétienne, adore Dieu et accepte la volonté divine. Elle rappelle que la mort n'est prématurée que pour ceux qui meurent sans vertus et que Dieu récompense les âmes pures, indépendamment de leur âge. Elle conclut en souhaitant que les jours perdus par la défunte soient ajoutés à sa propre vie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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249
s. p.
AVERTISSEMENT.
Début :
C'est ici le cent cinquante-deuxiéme Volume du Mercure [...]
Mots clefs :
Avertissement, Public, Charles Dufresny, Donneau de Visé, Lefèvre de Fontenay, Buchet, Libraires, Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
VERTISSEMENT.
CE
Est ici le cent cinquante - deuxième
Volume du Mercure de France que
nous avons l'honneur de préfenter au Roy et
au Public , depuis le mois de Juin 1721 .
que nousy travaillons,fans que ce Livre ait
fouffert aucune interruption; il a toujours paru
régulierement au temps marqué , et quelquefois même avec des Supplemens , felon l'exigence des cas , de quoi nos Lecteurs ne
fe font pas plaints. Nous redoublerons nos
foins et notre application pour que la lecture du Mercure foit deformais encore plus
utile et plus agréable.
Nousfommes encore bien éloignez du nombre des Mercures de la compofition de feu
M. de Visé, qui jufques et compris le
mois de May 1710. temps de fa mort , en
avoit fait paroître 483. Volumes , lefquels
font aujourd'hui fort recherchez pour quan
tité de faits hiftoriques qu'on ne trouve que
dans cet Ouvrage , et dont il n'y a peutêtrepas de collection parfaitement complette , que celle qui eft à la Bibliotheque du
Roy, où il ne manque pas un feul Volume
de toute la fuite des Mercures depuis les
premiers de M.de Vifé en 1672. jufqu'au
jourd'hui.
Aij M.
AVERTISSEMENT.
M. du Frefni fucceda à M. de Viſe , et
fit paroître au mois de Septembre 1710.un
Volumefous le mêmetitre deMercureGalant
contenant les mois de Juin , fuillet et Août
1710. jufques et compris le mois d'Avril
1714. il parut 44. Volumes du même
Auteur.
M. le Fevre de Fontenay , fuccceffeur de
M. du Frefni , a commencé par le mois de
May 1714. il continua juſques et compris
le mois d'Octobre 1716 et donna 30. Volumes. En Novembre et Décembre 1716.
il n'y eut point de Mercures,
Au mois deJanvier 1717.feu M. l'Ab„.
bé Buchet travailla à cet Ouvrage fous
le titre de Nouveau Mercure , et le fit
paroître régulierement pendant quatre an
nées et cinq mois, ce quifait 5 3. Mercurės.
En remerciant nos Lecteurs du cas qu'ils.
daignent faire de notre Livre, nous leur demandons toujours quelque indulgence pourles
endroits qui paroit, ont negligez , et dont la
diction ne fera pas affez châtiée. Le Lec
teur judicieux fera , s'il lui plaît , refléxion.
que dans un Ouvrage tel que celui-cy , il
eft très-aisé de manquer, même dans les chofes le plus communes , dont chacune en particulier eft facile , mais qui ramaffées , font
une multiplicité fi grande , qu'il eft bien
mal aife de donner à toutes la même attention
AVERTISSEMENT.
tion , quelque foin qu'on y apporte fur
tout quand une telle collection eft faite en
auffi peu de temps. Une chose qui paroît
un peu injuste , c'est qu'on nous réproche
affez souvent des inattentions , & qu'on ne
nous fçache aucun gré des correction's fans
nombre qu'on fait , & des fautes qu'or
évite.
Nousfaifons , de la part du Public , de
nouvelles inftances aux Libraires qui envoyent des Livres pour les annoncer dans
le Mercure , d'en marquer le prix aujustes
sela fert beaucoup dans les Provinces , aux
Perfonnes qui fe déterminent là deffus à les
acheter , &qui ne font pasfürs de l'exactitude des Meffagers , & des autres Perfonnes qu'elles chargent de leurs commiffions ,
qui , fouvent , les font furpayer.
On invite icy les Marchands & les Ouriers qui ont quelques nouvelles modes ,
foit par des Etoffes nouvelles , Habits
Ajuftemens , Perruques , Coëffures , Ornemens de tête , et autres parures , ainsi que
de Meubles, Caroffes , Chaifes , & autres
chofes , foit pour l'utilité , foit pour l'agrément , d'en donner quelques Memoires pour
en avertir le Public , ce qui pourrafaire
plaifir à divers Particuliers , et procurer un
débit avantageux aux Marchands & aux
Quvriers.
A iiij Pl
AVERTISSEMENT.
Plufieurs Pieces en Profe & en Vers
envoyées pour le Mercure , font fouvent fo
mal écrites , qu'on ne peut les déchiffrer , et
elles font pour cela rejettées ; d'autres font
bonnes à quelques égards , et défectueuses
en d'autres lorfqu'elles peuvent en valoir
la peine , nous les retouchons avec foin ;
mais comme nous ne prenons ce party qu'avec répugnance nous prions les Auteurs
de ne le pas trouver mauvais , & de travailler leurs Ouvrages avec le plus d'atten
tion qu'il leur fera poffible. Si on Sçavoir
leur adreffe , on leur indiqueroit les défectuofitez les corrections àfaire.
'
Les Sçavans & les Curieux font priez
de vouloir concourir avec nous pour rendre
ce Livre encore plus utile & plus agréable,
en nous communiquant les Memoires et les
Pieces en Profe & en Vers , qui peuvent
inftruire & amufer. Aucun genre de Litte
rature n'eft exclu de ce Recueil , où l'on
tâche de mettre une agréable varieté , Poëfie , Eloquence , nouvelles découvertes dans
les Arts & dans les Sciences , Morale
Antiquitez , Hiftoire facrée &
profane ,
Hiftoriette, Mythologie , Phyfique & Métaphyfique , Picces de Théatre , Jurisprudence , Anatomie & Medecine , Critique ,
Mathématique , Memoires , Projets , Traductions , Grammaires , Pieces amusantes
تو
et
AVERTISSEMENT.
récréatives , &c. Quand les morceaux
Pune certaine confideration feront trop
tongs , on les placera dans un Volume extraordinaire , et onfera enforte qu'on puiffe
les en détacher facilement , pour la fatisfaction des Auteurs et des personnes qui ne.
veulent avoir que certaines Pieces.-
Al'égard de la Jurisprudence , nous con--
tinuerons autant que nous le pourrons defaire
part au Public des Questions importantes ,
nouvelles ou fingulieres qui fe préfenteront,
et qui feront difcutées &jugées dans les differens Parlements autres Coursfupérieures du Royaume , en obfervant l'ordre et la
méthode que nous avons déja tenue en pareille matiere ; fur quoy nous prions Meffieurs les Avocats , et les Parties intereffees , &c. de vouloir bien nous fournir les
Memoires néceffaires. Il n'eft peut - être
point d'article dans no re Livre qui rega de
plus directement le bien public , que celuy-·
là, & qui fe faffe plus lire.
Quelques morceaux de Prose et de Vers:
rejettez par bonnes raisons , ont souvent
donné lieu à des plaintes de la part des
personnes interessées ; mais nous les prions
de considerer que cest toûjours malgré nous
que certaines Pieces sont rebutées ; nous
ne nous en rapportons pas toujours à notreseul jugement dans le choix que nous fai A.Y sonss
AVERTISSEMENT:
sons de celles qui méritent l'impression.
Quoiqu'on ait toujours la précaution de
mettre un Avis à la tête de chaque Mer-..
cure, pour avertir qu'on ne recevra point
de Lettres ni de Paquets par la Poste dont
le port ne soit affranchi , il en vient cepen-.
dant quelquefois qu'on est obligé de rebuter.
Ceux quin'aurontpas pris cette précaution,
ne doivent pas être su pris de ne pas voir.
paroître les Pieces qu'ils ont envoyées , lesquelles sont dailleurs perdues pour eux, s'ils.
n'en ont pas gardé de copie.
Lespersonnes qui desirent avoir le Mer
cure des premiers, soit dans les Provinces:
ou dans les Pays Etrangers , n'auront qu'à.
sadresser à M. Moreau , Commis au
Mercure , vis-à-vis la Comédie Françoise , à Paris , qui le leur envoyera par
la voye la plus convenable , et avant qu'il
soit en vente ici. Les amis à qui on s'adress pour cela ne sont pas ordinairement.
fort exacts ; ils n'envoyent gueres acheter ce
Livre précisément dans le temps qu'il paroit; ils ne manquent pas de le lire , souvent ils le prêtent , et ne l'envoyent enfin
que fort tard, sous le prétexte specieux que
le Mercure n'a pas pa u plutôt.
Nous renouvellons la priere que nous
avons déja faite , quand on envoye des Pieees , soit en Vers , soit en Prose, de les
ร
faire
AVERTISSEMENT.
·
Faire transcrire lisiblement sur des papiez séparez , et d'une grandeur raisonnable, avec des marges pour placer les
additions ou corrections convenables , et que
les noms propres, sur tout , soient exactement écrits..
Nous aurons toûjours les mêmes égards
pourles Auteurs qui ne veulent pas se faire
connoître; mais il seroit bon qu'ils donnas--
sent une adresse , fur tout quand il s'agit
de quelque Ouvrage qui peut demander des
éclairciffemens; car fouvent faute d'un tel
Lecours , des Pieces nous reftent entre les
mains, fans pouvoir les employer.
Nous prions ceux, qui par le moyen de
leurs correfpondances reçoivent des nouvelles
d'Affrique , du Levant , de Perfe , de Tar
tarie , du Japon , de la Chine, des Indes
Orientales et Occidentales et d'autres Pays
et Contrées éloignées ; les Capitaines, Pi--
lotes et Officiers des Navires et Voyageurs
de vouloir nousfaire part de ces Nouvelles
à l'adreffe generale du Mercure. Ces ma--
tieres peuvent rouler fur les Guerres pré--
fentes des Etats voisins , leurs Révolutions,
les Traitez de Paix ou de Treve, les occupations des Souverains , la Religion des
Peuples , leurs Cérémonies , Coûtumes et
fages , les Phenomenes et les Productions
de la Nature et de l'Art , &c. comme.
A vj Pierres
AVERTISSEMENT.
Pierres précieufes , Pierres figurées , Mar
caffites rares , Pétrifications et Chriftalifations extraordinaires , Coquillages , &c.
Edifices anciens et modernes , Ruines
Statues , Bas-Reliefs , Infcriptions , Médailles , Tableaux , &c.
9.
Nous serons plus attentifs que jamais
à apprendre au Public la Mort des Sçavans et de tous ceux qui se sont distinguez
dans les Arts et dans les Mécaniques ; on
y joindra le récit de leurs principales occupations et des plus considerables actions
de leur vie. L'Histoire des Lettres et des
Arts doit cette marque de reconnoissance
à la memoire de ceux qui s'y sont rendus
celeb es, ou qui les ont cultivez avec soin.
Nous esperons que les Parens et les Amis
de ces illustres Morts aideront volontiers
à leur rendre ce devoir par les instructions
qu'ils voudront bien nous fournir.
Ce que nous venons de dire , regarde ,
non-seulement Paris , mais encore toutes les
Provinces du Royaume et les Pays Etrangers, qui peuvent fournir des Evenemens
considerables, Morts , Mariages , Actes.
solemnels , Fêtes et autres Faits dignes d'êtres transmis à la Posterité.
On a fait au Mercure , et même plus
d'une fois, l'honneur de le critiquer ; c'est
une gloire qui manquoit à ce Livre. On a
beau
AVERTISSEMENT.
beau dire ; Nous ne changerons rien à notre
méthode, puisque nos Lecteurs la trouvent
passablement bonne. Un Ouvrage de la
nature de celui-cy ne sçauroit plaire également à tout le monde , à cause de la multiplicité et de la varieté des Matieres , dont
quelques unes sont lûes par certains Lecteurs avec plaisir et avidité , et par d'autres avec des dispositions contraires. M. di
Fresny avoit bien raison de dire que pour
que le Mercurefut generalement approuvé,
il faudroit que comme un autre Protée , il
put prendre entre les mains de chaque Lecteur uneforme convenable à l'idée qu'il s'en
est faitė.
C'est assez pour ce Livre de contribuer
tous les mois en quelque chose à l'instruc→
tion et à l'amusement des Citoyens qui vivent ensemble , paisiblement et agréablement. Le Mercure ne doit rien prétendre
au-delà. Nous savons , il est vrai , que la
médisance , plus ou moins malignement épicée , fur toujours un mets délicieux pour la
plupart des Lecteurs , mais outre que nous
ny avons pas le moindre penchant , nous
renonçons et de très-bon cœur , à la dangereuse gloire d'être lûs et applaudis aux
dépens du Prochain.
2
Nous continuerons à donner des mor
ceaux de Critique , mais nous n'y souffrirons
AVERTISSEMENT.
rons jamais rien de trop libre , d'indecent
ni rien qui puisse desobliger ou offenſer personne, Nous ne sommes point hardis et ne
nous en picquons nullement ; nous serons
même plus engarde que jamais sur les per--
nicieux exemples qu'on pourroit nous don
mer là-dessus.
"
Nous serons encore plus retenus sur les
louanges , que quelques Lecteurs n'ont pas:
generalement approuvées , en effet nous
nous sommes apperçus que nous y trouvions
peu d'avantage ; au contraire nous nous
sommes vus exposez à des especes de re--
proches, au lieu des témoignages de recon
noissance , sur tout de la part des gens à ta◄
lens,parce que tel qu'on loue nefait nuldoute
que ce ne soit une chose qui lui est absolument dûë , souvent même il trouve qu'on:
ne le loie pas assez; et ceux qu'on ne loie
pas , ou qu'on loue moins , sont très-indispo
sez; car prétendant qu'on loue les autres
à leurs dépens , ils sont doublement fachez.. Nous donnons ordinairement des Extraits
des Pieces nouvelles qui paroissent sur lesThéatres de Paris , et nousfaisons quelques
Observations d'après le jugement du Pu
blic sur les beautez etfur les deffauts qu'on:
y trouve la crainte de blesser la délicatesse.
des Auteurs nous retient quelquefois et nous
empêche d'aller plus loin , et crainte aussi
;
que
AVERTISSEMENT.
que voulant être plus sinceres on ne nous
accuse d'être partiaux. Si les Auteurs eux
mêmes vouloient bien prendre sur eux de
faire un Extrait ou Memoire de leurs Ouvrages , sans dissimuler les deffauts, qu'on
y trouve , cela nous donneroit la hardiesse·
d'être un peu plus severes , le Lecteur leur
en sçauroit gré, et ils n'y perdroient pas par
les Remarques , à charge et à décharge , que
nous ne manquerions pas d'ajouter , sans
oublier de faire obferver l'extrême diff
culté qu'il y a de plaire aujourd'hui au Public , et le péril que courent tous les Ou
vrages d'esprit qu'on lui présente ; nous faisons avec d'autant plus de confiance cette
priere aux Auteurs Dramatiques et à tous
autres, que certainement Corneille , Quinault , Moliere , kacine , &c. n'auroient
pas rougi d'avouer des deffauts dans leurs.
Pieces,
Il nous reste à marquer notre reconnoissance et à remercier au nom du Public.
plusieurs Sçavans du premier ordre, d'aimables Muses et quantité d'autres Personnes d'un mérite distingué , dont les produc
tions enrichissent le Mercure et le font lire.
et rechercher
CE
Est ici le cent cinquante - deuxième
Volume du Mercure de France que
nous avons l'honneur de préfenter au Roy et
au Public , depuis le mois de Juin 1721 .
que nousy travaillons,fans que ce Livre ait
fouffert aucune interruption; il a toujours paru
régulierement au temps marqué , et quelquefois même avec des Supplemens , felon l'exigence des cas , de quoi nos Lecteurs ne
fe font pas plaints. Nous redoublerons nos
foins et notre application pour que la lecture du Mercure foit deformais encore plus
utile et plus agréable.
Nousfommes encore bien éloignez du nombre des Mercures de la compofition de feu
M. de Visé, qui jufques et compris le
mois de May 1710. temps de fa mort , en
avoit fait paroître 483. Volumes , lefquels
font aujourd'hui fort recherchez pour quan
tité de faits hiftoriques qu'on ne trouve que
dans cet Ouvrage , et dont il n'y a peutêtrepas de collection parfaitement complette , que celle qui eft à la Bibliotheque du
Roy, où il ne manque pas un feul Volume
de toute la fuite des Mercures depuis les
premiers de M.de Vifé en 1672. jufqu'au
jourd'hui.
Aij M.
AVERTISSEMENT.
M. du Frefni fucceda à M. de Viſe , et
fit paroître au mois de Septembre 1710.un
Volumefous le mêmetitre deMercureGalant
contenant les mois de Juin , fuillet et Août
1710. jufques et compris le mois d'Avril
1714. il parut 44. Volumes du même
Auteur.
M. le Fevre de Fontenay , fuccceffeur de
M. du Frefni , a commencé par le mois de
May 1714. il continua juſques et compris
le mois d'Octobre 1716 et donna 30. Volumes. En Novembre et Décembre 1716.
il n'y eut point de Mercures,
Au mois deJanvier 1717.feu M. l'Ab„.
bé Buchet travailla à cet Ouvrage fous
le titre de Nouveau Mercure , et le fit
paroître régulierement pendant quatre an
nées et cinq mois, ce quifait 5 3. Mercurės.
En remerciant nos Lecteurs du cas qu'ils.
daignent faire de notre Livre, nous leur demandons toujours quelque indulgence pourles
endroits qui paroit, ont negligez , et dont la
diction ne fera pas affez châtiée. Le Lec
teur judicieux fera , s'il lui plaît , refléxion.
que dans un Ouvrage tel que celui-cy , il
eft très-aisé de manquer, même dans les chofes le plus communes , dont chacune en particulier eft facile , mais qui ramaffées , font
une multiplicité fi grande , qu'il eft bien
mal aife de donner à toutes la même attention
AVERTISSEMENT.
tion , quelque foin qu'on y apporte fur
tout quand une telle collection eft faite en
auffi peu de temps. Une chose qui paroît
un peu injuste , c'est qu'on nous réproche
affez souvent des inattentions , & qu'on ne
nous fçache aucun gré des correction's fans
nombre qu'on fait , & des fautes qu'or
évite.
Nousfaifons , de la part du Public , de
nouvelles inftances aux Libraires qui envoyent des Livres pour les annoncer dans
le Mercure , d'en marquer le prix aujustes
sela fert beaucoup dans les Provinces , aux
Perfonnes qui fe déterminent là deffus à les
acheter , &qui ne font pasfürs de l'exactitude des Meffagers , & des autres Perfonnes qu'elles chargent de leurs commiffions ,
qui , fouvent , les font furpayer.
On invite icy les Marchands & les Ouriers qui ont quelques nouvelles modes ,
foit par des Etoffes nouvelles , Habits
Ajuftemens , Perruques , Coëffures , Ornemens de tête , et autres parures , ainsi que
de Meubles, Caroffes , Chaifes , & autres
chofes , foit pour l'utilité , foit pour l'agrément , d'en donner quelques Memoires pour
en avertir le Public , ce qui pourrafaire
plaifir à divers Particuliers , et procurer un
débit avantageux aux Marchands & aux
Quvriers.
A iiij Pl
AVERTISSEMENT.
Plufieurs Pieces en Profe & en Vers
envoyées pour le Mercure , font fouvent fo
mal écrites , qu'on ne peut les déchiffrer , et
elles font pour cela rejettées ; d'autres font
bonnes à quelques égards , et défectueuses
en d'autres lorfqu'elles peuvent en valoir
la peine , nous les retouchons avec foin ;
mais comme nous ne prenons ce party qu'avec répugnance nous prions les Auteurs
de ne le pas trouver mauvais , & de travailler leurs Ouvrages avec le plus d'atten
tion qu'il leur fera poffible. Si on Sçavoir
leur adreffe , on leur indiqueroit les défectuofitez les corrections àfaire.
'
Les Sçavans & les Curieux font priez
de vouloir concourir avec nous pour rendre
ce Livre encore plus utile & plus agréable,
en nous communiquant les Memoires et les
Pieces en Profe & en Vers , qui peuvent
inftruire & amufer. Aucun genre de Litte
rature n'eft exclu de ce Recueil , où l'on
tâche de mettre une agréable varieté , Poëfie , Eloquence , nouvelles découvertes dans
les Arts & dans les Sciences , Morale
Antiquitez , Hiftoire facrée &
profane ,
Hiftoriette, Mythologie , Phyfique & Métaphyfique , Picces de Théatre , Jurisprudence , Anatomie & Medecine , Critique ,
Mathématique , Memoires , Projets , Traductions , Grammaires , Pieces amusantes
تو
et
AVERTISSEMENT.
récréatives , &c. Quand les morceaux
Pune certaine confideration feront trop
tongs , on les placera dans un Volume extraordinaire , et onfera enforte qu'on puiffe
les en détacher facilement , pour la fatisfaction des Auteurs et des personnes qui ne.
veulent avoir que certaines Pieces.-
Al'égard de la Jurisprudence , nous con--
tinuerons autant que nous le pourrons defaire
part au Public des Questions importantes ,
nouvelles ou fingulieres qui fe préfenteront,
et qui feront difcutées &jugées dans les differens Parlements autres Coursfupérieures du Royaume , en obfervant l'ordre et la
méthode que nous avons déja tenue en pareille matiere ; fur quoy nous prions Meffieurs les Avocats , et les Parties intereffees , &c. de vouloir bien nous fournir les
Memoires néceffaires. Il n'eft peut - être
point d'article dans no re Livre qui rega de
plus directement le bien public , que celuy-·
là, & qui fe faffe plus lire.
Quelques morceaux de Prose et de Vers:
rejettez par bonnes raisons , ont souvent
donné lieu à des plaintes de la part des
personnes interessées ; mais nous les prions
de considerer que cest toûjours malgré nous
que certaines Pieces sont rebutées ; nous
ne nous en rapportons pas toujours à notreseul jugement dans le choix que nous fai A.Y sonss
AVERTISSEMENT:
sons de celles qui méritent l'impression.
Quoiqu'on ait toujours la précaution de
mettre un Avis à la tête de chaque Mer-..
cure, pour avertir qu'on ne recevra point
de Lettres ni de Paquets par la Poste dont
le port ne soit affranchi , il en vient cepen-.
dant quelquefois qu'on est obligé de rebuter.
Ceux quin'aurontpas pris cette précaution,
ne doivent pas être su pris de ne pas voir.
paroître les Pieces qu'ils ont envoyées , lesquelles sont dailleurs perdues pour eux, s'ils.
n'en ont pas gardé de copie.
Lespersonnes qui desirent avoir le Mer
cure des premiers, soit dans les Provinces:
ou dans les Pays Etrangers , n'auront qu'à.
sadresser à M. Moreau , Commis au
Mercure , vis-à-vis la Comédie Françoise , à Paris , qui le leur envoyera par
la voye la plus convenable , et avant qu'il
soit en vente ici. Les amis à qui on s'adress pour cela ne sont pas ordinairement.
fort exacts ; ils n'envoyent gueres acheter ce
Livre précisément dans le temps qu'il paroit; ils ne manquent pas de le lire , souvent ils le prêtent , et ne l'envoyent enfin
que fort tard, sous le prétexte specieux que
le Mercure n'a pas pa u plutôt.
Nous renouvellons la priere que nous
avons déja faite , quand on envoye des Pieees , soit en Vers , soit en Prose, de les
ร
faire
AVERTISSEMENT.
·
Faire transcrire lisiblement sur des papiez séparez , et d'une grandeur raisonnable, avec des marges pour placer les
additions ou corrections convenables , et que
les noms propres, sur tout , soient exactement écrits..
Nous aurons toûjours les mêmes égards
pourles Auteurs qui ne veulent pas se faire
connoître; mais il seroit bon qu'ils donnas--
sent une adresse , fur tout quand il s'agit
de quelque Ouvrage qui peut demander des
éclairciffemens; car fouvent faute d'un tel
Lecours , des Pieces nous reftent entre les
mains, fans pouvoir les employer.
Nous prions ceux, qui par le moyen de
leurs correfpondances reçoivent des nouvelles
d'Affrique , du Levant , de Perfe , de Tar
tarie , du Japon , de la Chine, des Indes
Orientales et Occidentales et d'autres Pays
et Contrées éloignées ; les Capitaines, Pi--
lotes et Officiers des Navires et Voyageurs
de vouloir nousfaire part de ces Nouvelles
à l'adreffe generale du Mercure. Ces ma--
tieres peuvent rouler fur les Guerres pré--
fentes des Etats voisins , leurs Révolutions,
les Traitez de Paix ou de Treve, les occupations des Souverains , la Religion des
Peuples , leurs Cérémonies , Coûtumes et
fages , les Phenomenes et les Productions
de la Nature et de l'Art , &c. comme.
A vj Pierres
AVERTISSEMENT.
Pierres précieufes , Pierres figurées , Mar
caffites rares , Pétrifications et Chriftalifations extraordinaires , Coquillages , &c.
Edifices anciens et modernes , Ruines
Statues , Bas-Reliefs , Infcriptions , Médailles , Tableaux , &c.
9.
Nous serons plus attentifs que jamais
à apprendre au Public la Mort des Sçavans et de tous ceux qui se sont distinguez
dans les Arts et dans les Mécaniques ; on
y joindra le récit de leurs principales occupations et des plus considerables actions
de leur vie. L'Histoire des Lettres et des
Arts doit cette marque de reconnoissance
à la memoire de ceux qui s'y sont rendus
celeb es, ou qui les ont cultivez avec soin.
Nous esperons que les Parens et les Amis
de ces illustres Morts aideront volontiers
à leur rendre ce devoir par les instructions
qu'ils voudront bien nous fournir.
Ce que nous venons de dire , regarde ,
non-seulement Paris , mais encore toutes les
Provinces du Royaume et les Pays Etrangers, qui peuvent fournir des Evenemens
considerables, Morts , Mariages , Actes.
solemnels , Fêtes et autres Faits dignes d'êtres transmis à la Posterité.
On a fait au Mercure , et même plus
d'une fois, l'honneur de le critiquer ; c'est
une gloire qui manquoit à ce Livre. On a
beau
AVERTISSEMENT.
beau dire ; Nous ne changerons rien à notre
méthode, puisque nos Lecteurs la trouvent
passablement bonne. Un Ouvrage de la
nature de celui-cy ne sçauroit plaire également à tout le monde , à cause de la multiplicité et de la varieté des Matieres , dont
quelques unes sont lûes par certains Lecteurs avec plaisir et avidité , et par d'autres avec des dispositions contraires. M. di
Fresny avoit bien raison de dire que pour
que le Mercurefut generalement approuvé,
il faudroit que comme un autre Protée , il
put prendre entre les mains de chaque Lecteur uneforme convenable à l'idée qu'il s'en
est faitė.
C'est assez pour ce Livre de contribuer
tous les mois en quelque chose à l'instruc→
tion et à l'amusement des Citoyens qui vivent ensemble , paisiblement et agréablement. Le Mercure ne doit rien prétendre
au-delà. Nous savons , il est vrai , que la
médisance , plus ou moins malignement épicée , fur toujours un mets délicieux pour la
plupart des Lecteurs , mais outre que nous
ny avons pas le moindre penchant , nous
renonçons et de très-bon cœur , à la dangereuse gloire d'être lûs et applaudis aux
dépens du Prochain.
2
Nous continuerons à donner des mor
ceaux de Critique , mais nous n'y souffrirons
AVERTISSEMENT.
rons jamais rien de trop libre , d'indecent
ni rien qui puisse desobliger ou offenſer personne, Nous ne sommes point hardis et ne
nous en picquons nullement ; nous serons
même plus engarde que jamais sur les per--
nicieux exemples qu'on pourroit nous don
mer là-dessus.
"
Nous serons encore plus retenus sur les
louanges , que quelques Lecteurs n'ont pas:
generalement approuvées , en effet nous
nous sommes apperçus que nous y trouvions
peu d'avantage ; au contraire nous nous
sommes vus exposez à des especes de re--
proches, au lieu des témoignages de recon
noissance , sur tout de la part des gens à ta◄
lens,parce que tel qu'on loue nefait nuldoute
que ce ne soit une chose qui lui est absolument dûë , souvent même il trouve qu'on:
ne le loie pas assez; et ceux qu'on ne loie
pas , ou qu'on loue moins , sont très-indispo
sez; car prétendant qu'on loue les autres
à leurs dépens , ils sont doublement fachez.. Nous donnons ordinairement des Extraits
des Pieces nouvelles qui paroissent sur lesThéatres de Paris , et nousfaisons quelques
Observations d'après le jugement du Pu
blic sur les beautez etfur les deffauts qu'on:
y trouve la crainte de blesser la délicatesse.
des Auteurs nous retient quelquefois et nous
empêche d'aller plus loin , et crainte aussi
;
que
AVERTISSEMENT.
que voulant être plus sinceres on ne nous
accuse d'être partiaux. Si les Auteurs eux
mêmes vouloient bien prendre sur eux de
faire un Extrait ou Memoire de leurs Ouvrages , sans dissimuler les deffauts, qu'on
y trouve , cela nous donneroit la hardiesse·
d'être un peu plus severes , le Lecteur leur
en sçauroit gré, et ils n'y perdroient pas par
les Remarques , à charge et à décharge , que
nous ne manquerions pas d'ajouter , sans
oublier de faire obferver l'extrême diff
culté qu'il y a de plaire aujourd'hui au Public , et le péril que courent tous les Ou
vrages d'esprit qu'on lui présente ; nous faisons avec d'autant plus de confiance cette
priere aux Auteurs Dramatiques et à tous
autres, que certainement Corneille , Quinault , Moliere , kacine , &c. n'auroient
pas rougi d'avouer des deffauts dans leurs.
Pieces,
Il nous reste à marquer notre reconnoissance et à remercier au nom du Public.
plusieurs Sçavans du premier ordre, d'aimables Muses et quantité d'autres Personnes d'un mérite distingué , dont les produc
tions enrichissent le Mercure et le font lire.
et rechercher
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Résumé : AVERTISSEMENT.
Le Mercure de France, périodique publié sans interruption depuis juin 1721, présente son cent cinquante-deuxième volume. Les éditeurs s'engagent à rendre le Mercure encore plus utile et agréable. Ils évoquent la collection précédente de M. de Visé, qui a publié 483 volumes jusqu'à sa mort en mai 1710, très recherchée pour ses faits historiques. Après M. de Visé, M. du Fresny a publié 44 volumes de juin 1710 à avril 1714, suivi par M. le Fevre de Fontenay avec 30 volumes jusqu'en octobre 1716. En janvier 1717, l'abbé Buchet a repris la publication sous le titre de Nouveau Mercure pendant quatre ans et cinq mois, soit 53 volumes. Les éditeurs sollicitent l'indulgence des lecteurs pour les erreurs et les négligences et invitent les libraires à indiquer les prix des livres annoncés. Ils encouragent les marchands et artisans à partager les nouvelles modes et innovations. Les pièces envoyées pour publication doivent être bien écrites, et les auteurs sont priés de corriger leurs œuvres. Le Mercure accepte divers genres littéraires et scientifiques, les pièces trop longues étant placées dans des volumes extraordinaires. Les éditeurs continuent de publier des questions juridiques importantes et prient les avocats de fournir les mémoires nécessaires. Ils demandent également aux correspondants de partager les nouvelles des régions éloignées. Le Mercure annonce la mort des savants et des personnes distinguées dans les arts, et invite les parents et amis à fournir des informations. Le périodique a été critiqué, mais les éditeurs maintiennent leur méthode, reconnaissant que toutes les matières ne plaisent pas à tous les lecteurs. Ils continuent de publier des critiques tout en évitant les propos indécents ou offensants. Ils sont prudents dans leurs louanges pour éviter les reproches et les malentendus. Ils publient des extraits de pièces de théâtre avec des observations sur les beautés et les défauts, tout en évitant de blesser la sensibilité des auteurs. Le texte aborde la difficulté de plaire au public contemporain et les risques que courent les œuvres littéraires soumises à son jugement. Il exprime une demande de compréhension et de tolérance envers les auteurs dramatiques et autres écrivains, soulignant que des figures emblématiques comme Corneille, Quinault, Molière et Racine n'auraient pas hésité à reconnaître les défauts dans leurs pièces. Le texte se conclut par une expression de gratitude envers divers savants, muses aimables et autres personnes de mérite distingué, dont les contributions enrichissent le Mercure et en augmentent la popularité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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250
s. p.
PREFACE.
Début :
LE nouveau Mercure François, ayant été établi pour amuser le [...]
Mots clefs :
Mercure galant, Correspondances, Auteur, Diversité, République des Lettres, Livre, Censure, Poésie, Nouvelles, Lecteurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PREFACE.
PREFAC E.
E nouveau Mercure François
, ayant été établi pour
amufer le Public du ſpéctacle
varié des révolutions politiques,
& des nouvelles , tant civiles
, que litteraires ; la principale
attention de celui qui en eft
chargé , doit être, de fe ménager
des liaifons , & des correfpondances,
par le moyen defquelles,
il foit en état de fatisfaire au devoir
qui lui eft impofé ; c'eſt à
quoi j'ai donné mes prémiers
foins ;mais il s'en faut beaucoup
que je fois tranquile fur la foy de
Fanvier 1717.
a ij
PREFACE.
ces correfpondances . Je fçai
que pour rendre ce Livre digne
de l'eftime publique , il faudroit
que l'Auteur fut foûtenu
d'une Société choisie de Gens
de Lettres , qui vouluſſent perfévéramment
orner fon Recueil
de leurs differents travaux .
Un Ouvrage ainſi diverſifié
par les morceaux qui fe fuccéderoient
les uns aux autres ,
deviendroit fans doute un mélange
très curieux , qui ne pouroit
que plaire.
J'ai fi bien reconnu la néceffitê
d'une liaiſon pareille ,
que pour un Ouvrage pério .
dique , tel que celui - ci , dont
les termes fe touchent de fi
prés ; j'ai crû devoir engager
PREFACE.
quelques amis éclairez à m'ais
der de leurs lumieres .
Mais je croirai y avoir pourvû
encore plus efficacement
fi je puis affocier le Public
dans mon entrepriſe ; fes productions
pour lors deviendroient
les miénes , & par - là
il s'y interrefferoit , non feulement
comme Lecteur , mais
comme Auteur .
En attendant que je puiffe
mettre à profit ce que chacun
aura la bonté de me communiquer
, je lui offre ce premier
effai : quelques perfonnes affés
connues dans la République
des Lettres y ont contribué
généreufement ; & fi partie des
Piéces qui y entrent , a de quoi
aiij
PREFACE.
ne pas déplaîre , j'avouë fincerement
que je le tiens d'eux .
Oferois - je me promettre
,
que leur exemple aura des Imitateurs
, le tems feul m'en inftruira
: C'eft un fond de referve
pour moi , que je n'échangerois
pas contre tous les Porte
- Feuilles des Savants .
J'envifage à préfent l'avenir ,
comme un Livre immenſe ,
dont chaque jour fera comme
une grande feüille , dans laquelle
je trouverai prefque toûjours
écrit , quelque morceau
affés curieux , pour interreffer
mon Lecteur .
J'aurai furtout une attention
particuliere , à ne choifir
que ce qui m'en parroîtra de
PREFACE.
plus raiſonnable & de plus amufant.
›
Que cependant l'on ne s'attende
point, que j'aye affés de docilité
pour fervir les paffions & les
reffentimens de qui que ce foit.
Tout Satyrique perfonel ,
Piéces licentieuſes Portraits
trop reffemblants , Ecrits injurieux
,Applications offenfantes ,
& générallement tout ce que
l'on foupçonnera de trop picquant
, feront , fans nul égard ,
rejettés de ce Livre.
On n'y inférera que ce qui
être communement lû
poura
& entendu .
Sans ces fecours malins , ne
peut - on intereffer la curiofité
par d'autres endroits .
á iiij
PREFACE.
Poëme , Critique , Differtations
, Fables , Contes & Hiftoriettes
; Extrait d'Hiftoires ,
de Romans , de Voyages ,
Aventures , Relations , Lettres
curieuſes , Découvertes nouvelles
, Expériences ; Piéces de
Théatres , Edits , Déclarations ,
Plaidoyers , Factums , Difcours
facrés & profanes , Nouvelles
publiques & particulieres , Piéces
originales , Dialogues , Généalogies
, Morts , Mariages ,
Queſtions , Problêmes jufques
à l'Enigme & la Chanfon ,
font du reffort du Mercure
& entrent naturellement & de
droit dans fon appanage
.
>
De forte que ce Livre , une
fois bien apprécié , eft comme
PREFACE.
un magafin public , où l'on
doit trouver fous la main , toutes
les nouveautez du tems .
Il faut que la vigilance de
l'Auteur à raffembler ce qui
s eft paffé de plus remarquable
pendant le mois , exempte
chaque particulier du foin qu'il
fe donnoit de recueillir les Piéces
fugitives , & qu'il s'en remette
à fa diligence.
On cite encore aujourd'huy
avec éloge l'ancien Mercure
François, compofé par J.Cayer ;
on a raiſon ; on reconnoît que
cet Ecrivain étoit exactement
informé de tous les événemens
les plus confidérables , qu'il a
prefque tous fondés fur des
Piéces originales .
PREFACE.
Je te donne , avertit - il , dans
fa Préface , toutes les chofes les
plusremarquables , avenuësdepuis
Pan 1604 , lesquelles mon Meffager
, que j'appelle Mercure François
, m'a apportees des quatres
parties du monde , en diverfes
langues , & quej'ai faites Frangoifes
à ma mode,le plus fuccinctement
que j'ai pû.
>
L'Ouvrage entier contient
25 vol . in - 8º commençant
depuis l'année 1605 , jufques à
la fin de 1644.
Ces Mémoires ainfi compilés
à la fin de chaque année
, devoient être d'autant
plus recherchés , que l'on ne
connoiffoit point alors les Gazettes
dont on doit l'infti-
>
PREFACE.
.
tution au célébre Monfieur
Renaudot.
Tel eft le Mercure de Victorio
Siri, dont les huit premiers
vol . in-4° intitulés , Memorie
reconditè , c'eft- à dire Mémoires
fécrets , reprennent les affaires
généralles depuis 1601 juſques
en 1640
Ces Mémoires furent fuivis
de quinze autres vol . in- 4® , ſous
le titre de , il Mercurio è vero
hiftoria de tempicorrenti ; c'eſt- à--
dire , l'Hiftoire de fon temps
depuis l'an 1635 , jufques en
1650 , mais ces deux Ouvrages
doivent être plûtôt confidérés ,
comme des corps d'hiftoires
univerfelles de leur fiécle ,
que comme des Journaux femPREFACE.
blables à ce nouveau Mercure
Celui- ci eft un Livre de tous
les mois , qui doit avoir pour
objet principale , d'égayer plûtôt
l'efprit par la légèreté des
matiéres , que de l'accabler
par des narrations hiftoriques
circonftanciées
.
&
trop
C'est ce qui détermina M. de
Vifé à le qualifier du nom de
Mercure Galant : comme le cours
d'une année auroit paru trop
long , pour répondre à l'impatience
de la Nation , il s'impofa
le pénible employ de le donner
au commencement de chaque
mois. Tout concouroit pour
lors à lui rendre ce projet d'une
facile execution ; les beaux efprits
de fon fiécle , tels que le
PREFACE .
*
,
Duc de S. Aignan , les Piliffens ,
Pavillons , Benferade , la Fontaine
, la Comteffe de la Sufe
M. Deshouliers & Mile
Scudery , &c . s'empreffoient
avec émulation à lui fournir
leurs Productions ; & les Armes
de la France profpérants de
toutes parts , il ne falloit pas
faire de grands efforts pour
remplir fon engagement au
terme prefcrit : auffi convienton
que les Recueils des cinq ou
fix premieres années qui ont le
moins couté à cet Auteur ,
font cependant à préfent les
plus recherchés ,
Dans la fuite , l'eftime que
l'on faifoit de ces Collections ,
ayant baiffé infenſiblement par
PREFACE.
l'alliage du mauvais avec le
bon , le bon s'en eft féparé ,
& le mauvais eft refté .
On crût pouvoir s'en paffer ,
en y fubftituant des Amplifi
cations de Gazettes , on pouffoit
les détails juſques aux minuties
; de forte que le Lecteur
inftruit par avance de ce qu'il
alloit lire , n'avoit pas fouvent
le courage d'en voir la fine
Ainfi une fine & délicate
Critique de quelque Livre
nouveau , ou de quelque Piéce
de Théatre , parroiffoit trop
fortir du ton ordinaire , pour
Y être inférée , on trouvoit qu'il
étoit plus à propos d'y placer
des louanges rebatuës & ufées ,
que de flater le goût des honPREFACE.
nêtes
gens , par des morceaux
de recherche .
Cette maniere de procéder ,
rebuta bientôt les perfonnes
à talents , d'hazarder leurs Piéces
au Tribunal du Mercure,
Il n'y eut plus que des Ecrivains
obfcurs & inconnus , qui
follicitaffent les Directeurs de
cet Ouvrage , de leur permettre
d y enregiſtrer leurs fades compofitions.
Il s'eft maintenu juſques à
ce jour dans cet état de décri ,
& je ne fçai fi je dois affez préfumer
de moi même , pour devoir
efpérer que je l'en retirerai.
Si pour le remettre en hon .
neur , il ne faut qu'entretenir
PREFACE.
des correfpondances , tant dans
les Païs Etrangers , que dans les
principalles Villes du Royaume,
inviter les gens de Lettres
à me fournir des fecours , &
furtout m'appliquer à être régulierement
informé de ce qui
fe paffe fur le grand Théatre
de Paris. Je puis prefques répondre
que j'en renderai par
la fuite un fidel compte .
Selon ce plan , à mesure que
ce nouveau Mercure ira en
avant , il doit faire de nouvelles
acquifitions au profit du
Lecteur ; ce fera ma faute , je
l'avoue , s'il décline , au lieu
d'augmenter.
E nouveau Mercure François
, ayant été établi pour
amufer le Public du ſpéctacle
varié des révolutions politiques,
& des nouvelles , tant civiles
, que litteraires ; la principale
attention de celui qui en eft
chargé , doit être, de fe ménager
des liaifons , & des correfpondances,
par le moyen defquelles,
il foit en état de fatisfaire au devoir
qui lui eft impofé ; c'eſt à
quoi j'ai donné mes prémiers
foins ;mais il s'en faut beaucoup
que je fois tranquile fur la foy de
Fanvier 1717.
a ij
PREFACE.
ces correfpondances . Je fçai
que pour rendre ce Livre digne
de l'eftime publique , il faudroit
que l'Auteur fut foûtenu
d'une Société choisie de Gens
de Lettres , qui vouluſſent perfévéramment
orner fon Recueil
de leurs differents travaux .
Un Ouvrage ainſi diverſifié
par les morceaux qui fe fuccéderoient
les uns aux autres ,
deviendroit fans doute un mélange
très curieux , qui ne pouroit
que plaire.
J'ai fi bien reconnu la néceffitê
d'une liaiſon pareille ,
que pour un Ouvrage pério .
dique , tel que celui - ci , dont
les termes fe touchent de fi
prés ; j'ai crû devoir engager
PREFACE.
quelques amis éclairez à m'ais
der de leurs lumieres .
Mais je croirai y avoir pourvû
encore plus efficacement
fi je puis affocier le Public
dans mon entrepriſe ; fes productions
pour lors deviendroient
les miénes , & par - là
il s'y interrefferoit , non feulement
comme Lecteur , mais
comme Auteur .
En attendant que je puiffe
mettre à profit ce que chacun
aura la bonté de me communiquer
, je lui offre ce premier
effai : quelques perfonnes affés
connues dans la République
des Lettres y ont contribué
généreufement ; & fi partie des
Piéces qui y entrent , a de quoi
aiij
PREFACE.
ne pas déplaîre , j'avouë fincerement
que je le tiens d'eux .
Oferois - je me promettre
,
que leur exemple aura des Imitateurs
, le tems feul m'en inftruira
: C'eft un fond de referve
pour moi , que je n'échangerois
pas contre tous les Porte
- Feuilles des Savants .
J'envifage à préfent l'avenir ,
comme un Livre immenſe ,
dont chaque jour fera comme
une grande feüille , dans laquelle
je trouverai prefque toûjours
écrit , quelque morceau
affés curieux , pour interreffer
mon Lecteur .
J'aurai furtout une attention
particuliere , à ne choifir
que ce qui m'en parroîtra de
PREFACE.
plus raiſonnable & de plus amufant.
›
Que cependant l'on ne s'attende
point, que j'aye affés de docilité
pour fervir les paffions & les
reffentimens de qui que ce foit.
Tout Satyrique perfonel ,
Piéces licentieuſes Portraits
trop reffemblants , Ecrits injurieux
,Applications offenfantes ,
& générallement tout ce que
l'on foupçonnera de trop picquant
, feront , fans nul égard ,
rejettés de ce Livre.
On n'y inférera que ce qui
être communement lû
poura
& entendu .
Sans ces fecours malins , ne
peut - on intereffer la curiofité
par d'autres endroits .
á iiij
PREFACE.
Poëme , Critique , Differtations
, Fables , Contes & Hiftoriettes
; Extrait d'Hiftoires ,
de Romans , de Voyages ,
Aventures , Relations , Lettres
curieuſes , Découvertes nouvelles
, Expériences ; Piéces de
Théatres , Edits , Déclarations ,
Plaidoyers , Factums , Difcours
facrés & profanes , Nouvelles
publiques & particulieres , Piéces
originales , Dialogues , Généalogies
, Morts , Mariages ,
Queſtions , Problêmes jufques
à l'Enigme & la Chanfon ,
font du reffort du Mercure
& entrent naturellement & de
droit dans fon appanage
.
>
De forte que ce Livre , une
fois bien apprécié , eft comme
PREFACE.
un magafin public , où l'on
doit trouver fous la main , toutes
les nouveautez du tems .
Il faut que la vigilance de
l'Auteur à raffembler ce qui
s eft paffé de plus remarquable
pendant le mois , exempte
chaque particulier du foin qu'il
fe donnoit de recueillir les Piéces
fugitives , & qu'il s'en remette
à fa diligence.
On cite encore aujourd'huy
avec éloge l'ancien Mercure
François, compofé par J.Cayer ;
on a raiſon ; on reconnoît que
cet Ecrivain étoit exactement
informé de tous les événemens
les plus confidérables , qu'il a
prefque tous fondés fur des
Piéces originales .
PREFACE.
Je te donne , avertit - il , dans
fa Préface , toutes les chofes les
plusremarquables , avenuësdepuis
Pan 1604 , lesquelles mon Meffager
, que j'appelle Mercure François
, m'a apportees des quatres
parties du monde , en diverfes
langues , & quej'ai faites Frangoifes
à ma mode,le plus fuccinctement
que j'ai pû.
>
L'Ouvrage entier contient
25 vol . in - 8º commençant
depuis l'année 1605 , jufques à
la fin de 1644.
Ces Mémoires ainfi compilés
à la fin de chaque année
, devoient être d'autant
plus recherchés , que l'on ne
connoiffoit point alors les Gazettes
dont on doit l'infti-
>
PREFACE.
.
tution au célébre Monfieur
Renaudot.
Tel eft le Mercure de Victorio
Siri, dont les huit premiers
vol . in-4° intitulés , Memorie
reconditè , c'eft- à dire Mémoires
fécrets , reprennent les affaires
généralles depuis 1601 juſques
en 1640
Ces Mémoires furent fuivis
de quinze autres vol . in- 4® , ſous
le titre de , il Mercurio è vero
hiftoria de tempicorrenti ; c'eſt- à--
dire , l'Hiftoire de fon temps
depuis l'an 1635 , jufques en
1650 , mais ces deux Ouvrages
doivent être plûtôt confidérés ,
comme des corps d'hiftoires
univerfelles de leur fiécle ,
que comme des Journaux femPREFACE.
blables à ce nouveau Mercure
Celui- ci eft un Livre de tous
les mois , qui doit avoir pour
objet principale , d'égayer plûtôt
l'efprit par la légèreté des
matiéres , que de l'accabler
par des narrations hiftoriques
circonftanciées
.
&
trop
C'est ce qui détermina M. de
Vifé à le qualifier du nom de
Mercure Galant : comme le cours
d'une année auroit paru trop
long , pour répondre à l'impatience
de la Nation , il s'impofa
le pénible employ de le donner
au commencement de chaque
mois. Tout concouroit pour
lors à lui rendre ce projet d'une
facile execution ; les beaux efprits
de fon fiécle , tels que le
PREFACE .
*
,
Duc de S. Aignan , les Piliffens ,
Pavillons , Benferade , la Fontaine
, la Comteffe de la Sufe
M. Deshouliers & Mile
Scudery , &c . s'empreffoient
avec émulation à lui fournir
leurs Productions ; & les Armes
de la France profpérants de
toutes parts , il ne falloit pas
faire de grands efforts pour
remplir fon engagement au
terme prefcrit : auffi convienton
que les Recueils des cinq ou
fix premieres années qui ont le
moins couté à cet Auteur ,
font cependant à préfent les
plus recherchés ,
Dans la fuite , l'eftime que
l'on faifoit de ces Collections ,
ayant baiffé infenſiblement par
PREFACE.
l'alliage du mauvais avec le
bon , le bon s'en eft féparé ,
& le mauvais eft refté .
On crût pouvoir s'en paffer ,
en y fubftituant des Amplifi
cations de Gazettes , on pouffoit
les détails juſques aux minuties
; de forte que le Lecteur
inftruit par avance de ce qu'il
alloit lire , n'avoit pas fouvent
le courage d'en voir la fine
Ainfi une fine & délicate
Critique de quelque Livre
nouveau , ou de quelque Piéce
de Théatre , parroiffoit trop
fortir du ton ordinaire , pour
Y être inférée , on trouvoit qu'il
étoit plus à propos d'y placer
des louanges rebatuës & ufées ,
que de flater le goût des honPREFACE.
nêtes
gens , par des morceaux
de recherche .
Cette maniere de procéder ,
rebuta bientôt les perfonnes
à talents , d'hazarder leurs Piéces
au Tribunal du Mercure,
Il n'y eut plus que des Ecrivains
obfcurs & inconnus , qui
follicitaffent les Directeurs de
cet Ouvrage , de leur permettre
d y enregiſtrer leurs fades compofitions.
Il s'eft maintenu juſques à
ce jour dans cet état de décri ,
& je ne fçai fi je dois affez préfumer
de moi même , pour devoir
efpérer que je l'en retirerai.
Si pour le remettre en hon .
neur , il ne faut qu'entretenir
PREFACE.
des correfpondances , tant dans
les Païs Etrangers , que dans les
principalles Villes du Royaume,
inviter les gens de Lettres
à me fournir des fecours , &
furtout m'appliquer à être régulierement
informé de ce qui
fe paffe fur le grand Théatre
de Paris. Je puis prefques répondre
que j'en renderai par
la fuite un fidel compte .
Selon ce plan , à mesure que
ce nouveau Mercure ira en
avant , il doit faire de nouvelles
acquifitions au profit du
Lecteur ; ce fera ma faute , je
l'avoue , s'il décline , au lieu
d'augmenter.
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