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1
p. 411-415
DÉPIT CONTRE LE TEMS. ODE.
Début :
Source des Tourmens que j'endure, [...]
Mots clefs :
Temps, Coeur, Avenir, Jeux, Ris, Mort, Dépit
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texteReconnaissance textuelle : DÉPIT CONTRE LE TEMS. ODE.
DE'PIT CONTRE LE TEMS.
S
O D E.
Ource des Tourments que j'endure
,
Cruel ennemi des Mortels ,
Tyran de l'Art , de la Nature ,
Je viens renverser tes Autels .
En vain , tu reçois du vulgaire ,
A ij Des
412 MERCURE DE FRANCE
Des Noms , des Titres glorieux ,
Seroit- ce donc notre misére ,
Qui te rendroit si précieux ?
'Ainsi qu'un Pere impitoïable ,
Qui dévore es propres fruits ,
Je te vois , Temps inexorable ,
Détruire ce que tu produits ,
A moissonner ce qui respire ,
La mort borne ses attentats ;
Le Temps exerce son Empire ,
Sur tous les Etres d'icy-bas .
•
C'est la source toujours féconde ,
De mille changemens divers ;
Les premiers Citoyens du monde ,
Ne virent point notre Univers.
Plus inconstant que le nuage ,
Il est bien plus à redouter ;
Sans cesse il promene l'orage ,
Qui sur nos jours doit éclater.
Plus rapide que l'Hyrondelle ,
Que Flore rappelle à sa Cour ,
Maic
MARS.
413
1733.
s'en faut qu'il soit si fidelle
Quand il s'enfuit , c'est sans retour.
Ainsi que dans un gouffre immense
Mes jours , mes ans se sont perdus ;
Que reste-t-il en ma puissance ?
Un moment qui n'est déją plus .
Sur le teint brillant d'une Aurore ,
Je voïois germer mille fleurs ;
Elle ne faisoient que d'éclore ,
Le Temps a flétri leurs couleurs.
Ce qui fit jadis mes délices ,
N'a plus ni charme ni douceur ;
C'est toi , l'auteur de mes caprices
Qui fais ainsi tourner mon coeur,
Par mille plaintes criminelles
Que l'on n'outrage plus l'Amour ;
C'est toi qui lui prêtes tes aîles ,
Pour disparoître sans retour .
Nos Edifices , nos Portiques ,
Des Dieux prêchent la Majesté ;
Ce sont leurs ruines tragiques
Qui prouvent ta Divinité.
Awiij
414 MERCURE DE FRANCE
Fameux Héros , votre mémoire ,
Auroit triomphé de la mort ;
Le Temps plus sûr de sa victoire ,
L'anéantirà sans effort .
Le plaisir auquel je me livre ,
Vient bien- tôt à se démentir ;
Un moment ne peut garentir
L'autre moment qui le doit suivre.
Envain je cherche à pénétrer
De son avenir les Mysteres ;
Il veut nous cacher nos miseres ,
Il craint de nous y préparer.
Les Ris , les Jeux , troupe fidele ,
Egayoient mes tristes esprits ;
Mais le Temps passe , et cd'un coup d'aile
Dissipe les Jeux et les Ris.
A quelque chagrin suis - je en proye ?
Le cruel paroît s'arrêter ;
Mon coeur nag - t- il dans la joye ?
Il s'empresse de me quitter.
Si quelque fateuse esperance
Me, fait désirer l'avenir ,
Pour
MARS.
41 $ 1733•
Pour retarder ma jouissance ,
Son cours paroît se rallentir.
Sur le present , mon coeur soupire ;
Er l'avenir me fait trembler ;
Le passé même me déchire ;
Il reparoît pour me troubler.
Et quand le poids des ans m'accable ;
Pour me tourmenter de nouveau ,
Dans l'âge le plus vénerable ,
Il me fait rentrer au Berceau.
Cependant son humeur sauvage ,
Ne nous le fait point détester
Il fuit , il vole , et le volage ,
Se fait encore regretter.
Passe , vole , Temps homicide ,
Je n'en verserai point de pleurs ;
Plus ta course devient rapide ,
Plus elle abrége mes malheurs,
Si dans le portrait de tes crimes ,
Mes Vers paroissent sans appas ;
Je craignois de devoir mes Rimes ,
A l'ennemi que je combats.
LE CHAP
S
O D E.
Ource des Tourments que j'endure
,
Cruel ennemi des Mortels ,
Tyran de l'Art , de la Nature ,
Je viens renverser tes Autels .
En vain , tu reçois du vulgaire ,
A ij Des
412 MERCURE DE FRANCE
Des Noms , des Titres glorieux ,
Seroit- ce donc notre misére ,
Qui te rendroit si précieux ?
'Ainsi qu'un Pere impitoïable ,
Qui dévore es propres fruits ,
Je te vois , Temps inexorable ,
Détruire ce que tu produits ,
A moissonner ce qui respire ,
La mort borne ses attentats ;
Le Temps exerce son Empire ,
Sur tous les Etres d'icy-bas .
•
C'est la source toujours féconde ,
De mille changemens divers ;
Les premiers Citoyens du monde ,
Ne virent point notre Univers.
Plus inconstant que le nuage ,
Il est bien plus à redouter ;
Sans cesse il promene l'orage ,
Qui sur nos jours doit éclater.
Plus rapide que l'Hyrondelle ,
Que Flore rappelle à sa Cour ,
Maic
MARS.
413
1733.
s'en faut qu'il soit si fidelle
Quand il s'enfuit , c'est sans retour.
Ainsi que dans un gouffre immense
Mes jours , mes ans se sont perdus ;
Que reste-t-il en ma puissance ?
Un moment qui n'est déją plus .
Sur le teint brillant d'une Aurore ,
Je voïois germer mille fleurs ;
Elle ne faisoient que d'éclore ,
Le Temps a flétri leurs couleurs.
Ce qui fit jadis mes délices ,
N'a plus ni charme ni douceur ;
C'est toi , l'auteur de mes caprices
Qui fais ainsi tourner mon coeur,
Par mille plaintes criminelles
Que l'on n'outrage plus l'Amour ;
C'est toi qui lui prêtes tes aîles ,
Pour disparoître sans retour .
Nos Edifices , nos Portiques ,
Des Dieux prêchent la Majesté ;
Ce sont leurs ruines tragiques
Qui prouvent ta Divinité.
Awiij
414 MERCURE DE FRANCE
Fameux Héros , votre mémoire ,
Auroit triomphé de la mort ;
Le Temps plus sûr de sa victoire ,
L'anéantirà sans effort .
Le plaisir auquel je me livre ,
Vient bien- tôt à se démentir ;
Un moment ne peut garentir
L'autre moment qui le doit suivre.
Envain je cherche à pénétrer
De son avenir les Mysteres ;
Il veut nous cacher nos miseres ,
Il craint de nous y préparer.
Les Ris , les Jeux , troupe fidele ,
Egayoient mes tristes esprits ;
Mais le Temps passe , et cd'un coup d'aile
Dissipe les Jeux et les Ris.
A quelque chagrin suis - je en proye ?
Le cruel paroît s'arrêter ;
Mon coeur nag - t- il dans la joye ?
Il s'empresse de me quitter.
Si quelque fateuse esperance
Me, fait désirer l'avenir ,
Pour
MARS.
41 $ 1733•
Pour retarder ma jouissance ,
Son cours paroît se rallentir.
Sur le present , mon coeur soupire ;
Er l'avenir me fait trembler ;
Le passé même me déchire ;
Il reparoît pour me troubler.
Et quand le poids des ans m'accable ;
Pour me tourmenter de nouveau ,
Dans l'âge le plus vénerable ,
Il me fait rentrer au Berceau.
Cependant son humeur sauvage ,
Ne nous le fait point détester
Il fuit , il vole , et le volage ,
Se fait encore regretter.
Passe , vole , Temps homicide ,
Je n'en verserai point de pleurs ;
Plus ta course devient rapide ,
Plus elle abrége mes malheurs,
Si dans le portrait de tes crimes ,
Mes Vers paroissent sans appas ;
Je craignois de devoir mes Rimes ,
A l'ennemi que je combats.
LE CHAP
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Résumé : DÉPIT CONTRE LE TEMS. ODE.
Le texte 'De'Pit contre le Temps' exprime une critique amère du temps, décrit comme un ennemi cruel et inexorable. Le narrateur accuse le temps de détruire ce qu'il produit, de moissonner ce qui respire et de régner sur tous les êtres terrestres. Il souligne l'inconstance et la rapidité du temps, comparé à un nuage orageux ou à une hirondelle infidèle. Le narrateur déplore la perte de ses jours et de ses années, réduits à un moment éphémère. Il observe comment le temps flétrit les beautés et les plaisirs passés, rendant les délices d'antan sans charme. Le texte met en avant la puissance du temps, capable d'anéantir même la mémoire des héros célèbres. Le narrateur constate que les plaisirs sont éphémères et que le temps disperse les joies et les rires. Il exprime son désarroi face à l'incertitude du futur et à la douleur du passé. Malgré sa cruauté, le temps est paradoxalement regretté lorsqu'il s'enfuit. Le narrateur conclut en acceptant la rapidité du temps, espérant qu'elle abrège ses malheurs. Il craint que ses vers ne soient sans attrait, mais il assume de les écrire contre l'ennemi qu'il combat.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 416-421
LETTRE sur la Ville Capitale de Guyenne, s'il faut l'appeller Bordeaux ou Bourdeaux.
Début :
La question, Monsieur, dont il s'agit icy, me rappelle celle que fit autrefois [...]
Mots clefs :
Bordeaux, Ville, Nom, Burdigala, Diphtongue, Garonne, Origine
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE sur la Ville Capitale de Guyenne, s'il faut l'appeller Bordeaux ou Bourdeaux.
LETTRE sur la Ville Capitale de
Guyenne , s'il faut l'appeller Bordeaux
ou Bourdeaux.
L
A question , Monsieur , dont il s'agit
icy , me rappelle telle que fit autrefois
Pompée aux Sçavans de son temps,
pour sçavoir s'il falloit mettre dans l'Inscription
de ses Titres , au Temple de la
Victoire , tertiò ou tertium Consul. Ciceron
se fit une occupation grave d'y penser
, pour e donner sérieusement son
avis , qui nous est rapporté par Aulügelle
, dans son bel Ouvrage , Noctes Attica..
Je ne me sens pas moins obligé que l'Ora
teur Romain , d'avoir de l'application
pour la Critique du nom d'une des principales
Villes du Royaume ; et qui par le
Testament de Charlemagne est qualifiée
une des Métropoles de son Empire .
Une personne qui seroit de la famille .
du deffunt Président de Bordeaux , qui fut
Ambassadeur en Angleterre , pourroit
prendre parti pour Bordeaux , afin d'avoir
un nom commun avee une grande
et b.lle Ville ; mais ni vous ni moi n'avons
pas cet interêt particulier , au préjudice
du bon cho.x qu'il faut faire.
Une
MAR S. 1733. 417
Une prétendue Etymologic a donné
lieu au doute . Il y a bien des gens qui lisent
et écrivent Bordeaux , sur l'imagination
qu'ils ont que le nom de cette Ville
lui vient du Bord des Eaux ; et qu'ainsi il
faut en conformité, lá nommer Bordeaux.
Cette origine n'est pas de distinction , et
de plus elle n'est pas raisonnable. Ce
n'est qu'une petite allusion qui vient d'abord
à la bouche , et qui n'étant pas véritable
, ne fait nulle conséquence pour la
dénomination de la Ville. A suivre le
cours des grandes Rivieres de France , et
de la Garonne en particulier , depuis la
source jusqu'à l'embouchure , il y a plu
sieurs Villes bâties sur le bas des Eaux
ce qui est si commun , n'est pas plus propre
à nommer cette Ville que les autres.
Il y a même quelque turpitude dans cette
origine , qu'il faut laisser à ces lieux
de débauche , qu'on dit en avoir été appellez
dans le vieux stile , Bordeaux , à
cause que ces Loges de prostitution ont
été autrefois sur le bord de l'eau . Ciceron
en fait mention : Ad partem littoris
positis tabernaculis castra luxuria collocaverat.
Après avoir fait dresser des Tentes
sur un endroit du Rivage , il y avoit placé
le Camp de la Luxure. Enfin Burdidala
, le mot Latin, étant plus ancien que
A v de
418 MERCURE DE FRANCE
le mot François , car on le trouve dans
Ausone , Burdigala est natale solum , & c.
Il n'y a aucune sillable qui donne la
moindre idée du bord de l'eau . Il n'en
est pas de même dans Aigues mortes , où
le Latin contient et exprime les eaux du
nom François , Aqua- mortua .
Il faut donc chercher l'origine du mot
François dans Burdigala latin . Elle se presente
en deux gros Ruisseaux , Bourdes
et Jalles , qui ne sont pas éloignez de la
Ville , et qui à l'endroit où ils entrent
dans la Garonne , qu'on dit être à present
sous l'Eglise de S. Pierre , ont marqué
celui où la Ville a été bâtie. Or on
voit dans ce premier Ruisseau , Bourdes ,
qu'il faut dire Bourdeaux , et non pas
Bordeaux. Le Fleuve de la Judée , qui de
deux Fontaines , Jor et Dan , à été nommé
en Latin Jordanis , est nommé en
François , Jourdain.
Le mot Burdigala , même sans l'Etymologie
, est favorable à Bourdeaux , parce
que lorsque le Latin souffre une conversion
de lettres au François , u se change
en la diphtongue ou ; exemples : Cubitus
, Coude ; Curvus , Courbes Dulcis ,
Doux Turma , Troupe , et non pas
Trope , qu'on trouve barbare dans Ronsard
, Nutrix , Nourrice , et non pas Norrice
›
MARS. 1733
419
rice , qu'on ne peut souffrir dans plusieurs
femmes de Paris ; de même Burdigala ,
fait Bourdeaux.
Il y a un double exemple où la Garonne
entre dans l'Ocean : Tumis Cor
duana , Tour de Cordouan. Les autres
Villes changent de même , u en' on . Turones
, Tours ; Bituriges , Bourges , & c. Le
Palais du Roy , Lupara , le Louvre , et
le nom même du Roy Ludovicus
LOUIS . Il ne faut pas ôter à Bourdeaux
la dignité d'être en communauté d'une
diphtongue douce , avec des Villes considérables
, et avec des noms Augustes.
>
Une nouvelle preuve paroît dans le
nom Grec de la Ville , rapporté par Strabon
, qui vivoit du temps d'Auguste. On
lit au 4 Livre de sa Géographie , Bourde
gala. Or le François ayant beaucoup d'affinité
avec le Grec , doit retenir la diphtongue
ou pour Bourdeaux. Les Latins
mêmes ont été jaloux de la douceur de
cette diphtongue dans les Grecs , et l'ont
quelquefois imitée trois fois dans un même
mot , prononçant Lucullus , contme
s'il y avoit Loucoullous. Notre Langue la
conserve dans ces grands Noms , Bourbon,
Bourgogne ; il faut pareillement la conserver
dans la grande Ville de Bourdeaux.
Il y a des Auteurs qui tiennent que ses
A vj habi420
MERCURE DE FRANCE
habitans ont été autrefois appellez Bitu
riges , patce que des familles de Bourges ,
en ont été les premiers Citoyens ; et que
de Bituriges on a substitué dans la basse
Latinité par contraction Bourga ou Bourgi.
Tout cela établit le nom de Bourdeaux .
On doit supposer que les habitans sçavent
le nom de leur Ville , comme un fils
sçait le nom de son Pere. Or il est constant
qu'ils disoient Bourden, dans le vieux
langage , et depuis ils disent Bourdeaux ,
comme il paroît dans la Chronique Bourdeloise
, et dans ses Archives de familles.
Elie Vinet , ce sçavant Homme , qui fit
honneur à l'Université de la Ville , présenta
à Charles IX . en 1564. les Antiquitez
de la Ville de Bourdeaux ; et au devant
de son Discours , on voit une Estampe
de la Ville , où il y a en haut Bourdeaux.
C'est l'affaire des Géographes de sçavoir
les noms des Villes , aussi bien des
que
Montagnes et des Rivieres . On lit dans les
Cartes de Samson de Duval et de de Fer,
Bourdeaux; et M' d'Audifret qui a donné,
avec de petites Cartes , la Géographie an
cienne , moderne et historique , a mis
dans son Discours , et fait graver dans sa
Carte , Bourdeaux.
Enfin pour achever de vuider entierement
MARS. 1733. 42
an- ment le partage qui depuis plusieurs
nées est dans le monde entre Bordeaux
et Bourdeaux , on peut alléguer , en faveur
du bel usage , trois Auteurs Illustres.
Mr le Maitre , fameux Avocat du
Parlement de Paris , dans son Plaidoyer
29. parle d'une Dame , qui fait , dit - il ,
compassion à tout Bourdeaux. Mr Pelisson
dans son Histoire de l'Académie Françoise
, à l'article de M' le Comte de Servien
, dont il rapporte les Titres , y met
celui de Premier President au Parlement de
Bourdeaux. Et le P. Bouhours , dont les
nouvelles Remarques sur la Langue Françoise
peuvent être jointes à celles de
Vaugelas , comme de la Broderie sur du
Velours , dit aussi Bourdeaux. C'est dans
son premier Entretien , qui est de la Mer:
Au contraire , à la côte de Bourdeaux It
Flux eft de sept heures. Il me semble que
voilà le nom de Bourdeaux au si - bien soutenu
, à l'exclusion de Bordeaux , que si
Mile Maitre en avoit fait un Plaidoyer 5
M' Pélisson , une Histoire ; et le P. Bouhours
, un Entretien . Je suis , &c.
Guyenne , s'il faut l'appeller Bordeaux
ou Bourdeaux.
L
A question , Monsieur , dont il s'agit
icy , me rappelle telle que fit autrefois
Pompée aux Sçavans de son temps,
pour sçavoir s'il falloit mettre dans l'Inscription
de ses Titres , au Temple de la
Victoire , tertiò ou tertium Consul. Ciceron
se fit une occupation grave d'y penser
, pour e donner sérieusement son
avis , qui nous est rapporté par Aulügelle
, dans son bel Ouvrage , Noctes Attica..
Je ne me sens pas moins obligé que l'Ora
teur Romain , d'avoir de l'application
pour la Critique du nom d'une des principales
Villes du Royaume ; et qui par le
Testament de Charlemagne est qualifiée
une des Métropoles de son Empire .
Une personne qui seroit de la famille .
du deffunt Président de Bordeaux , qui fut
Ambassadeur en Angleterre , pourroit
prendre parti pour Bordeaux , afin d'avoir
un nom commun avee une grande
et b.lle Ville ; mais ni vous ni moi n'avons
pas cet interêt particulier , au préjudice
du bon cho.x qu'il faut faire.
Une
MAR S. 1733. 417
Une prétendue Etymologic a donné
lieu au doute . Il y a bien des gens qui lisent
et écrivent Bordeaux , sur l'imagination
qu'ils ont que le nom de cette Ville
lui vient du Bord des Eaux ; et qu'ainsi il
faut en conformité, lá nommer Bordeaux.
Cette origine n'est pas de distinction , et
de plus elle n'est pas raisonnable. Ce
n'est qu'une petite allusion qui vient d'abord
à la bouche , et qui n'étant pas véritable
, ne fait nulle conséquence pour la
dénomination de la Ville. A suivre le
cours des grandes Rivieres de France , et
de la Garonne en particulier , depuis la
source jusqu'à l'embouchure , il y a plu
sieurs Villes bâties sur le bas des Eaux
ce qui est si commun , n'est pas plus propre
à nommer cette Ville que les autres.
Il y a même quelque turpitude dans cette
origine , qu'il faut laisser à ces lieux
de débauche , qu'on dit en avoir été appellez
dans le vieux stile , Bordeaux , à
cause que ces Loges de prostitution ont
été autrefois sur le bord de l'eau . Ciceron
en fait mention : Ad partem littoris
positis tabernaculis castra luxuria collocaverat.
Après avoir fait dresser des Tentes
sur un endroit du Rivage , il y avoit placé
le Camp de la Luxure. Enfin Burdidala
, le mot Latin, étant plus ancien que
A v de
418 MERCURE DE FRANCE
le mot François , car on le trouve dans
Ausone , Burdigala est natale solum , & c.
Il n'y a aucune sillable qui donne la
moindre idée du bord de l'eau . Il n'en
est pas de même dans Aigues mortes , où
le Latin contient et exprime les eaux du
nom François , Aqua- mortua .
Il faut donc chercher l'origine du mot
François dans Burdigala latin . Elle se presente
en deux gros Ruisseaux , Bourdes
et Jalles , qui ne sont pas éloignez de la
Ville , et qui à l'endroit où ils entrent
dans la Garonne , qu'on dit être à present
sous l'Eglise de S. Pierre , ont marqué
celui où la Ville a été bâtie. Or on
voit dans ce premier Ruisseau , Bourdes ,
qu'il faut dire Bourdeaux , et non pas
Bordeaux. Le Fleuve de la Judée , qui de
deux Fontaines , Jor et Dan , à été nommé
en Latin Jordanis , est nommé en
François , Jourdain.
Le mot Burdigala , même sans l'Etymologie
, est favorable à Bourdeaux , parce
que lorsque le Latin souffre une conversion
de lettres au François , u se change
en la diphtongue ou ; exemples : Cubitus
, Coude ; Curvus , Courbes Dulcis ,
Doux Turma , Troupe , et non pas
Trope , qu'on trouve barbare dans Ronsard
, Nutrix , Nourrice , et non pas Norrice
›
MARS. 1733
419
rice , qu'on ne peut souffrir dans plusieurs
femmes de Paris ; de même Burdigala ,
fait Bourdeaux.
Il y a un double exemple où la Garonne
entre dans l'Ocean : Tumis Cor
duana , Tour de Cordouan. Les autres
Villes changent de même , u en' on . Turones
, Tours ; Bituriges , Bourges , & c. Le
Palais du Roy , Lupara , le Louvre , et
le nom même du Roy Ludovicus
LOUIS . Il ne faut pas ôter à Bourdeaux
la dignité d'être en communauté d'une
diphtongue douce , avec des Villes considérables
, et avec des noms Augustes.
>
Une nouvelle preuve paroît dans le
nom Grec de la Ville , rapporté par Strabon
, qui vivoit du temps d'Auguste. On
lit au 4 Livre de sa Géographie , Bourde
gala. Or le François ayant beaucoup d'affinité
avec le Grec , doit retenir la diphtongue
ou pour Bourdeaux. Les Latins
mêmes ont été jaloux de la douceur de
cette diphtongue dans les Grecs , et l'ont
quelquefois imitée trois fois dans un même
mot , prononçant Lucullus , contme
s'il y avoit Loucoullous. Notre Langue la
conserve dans ces grands Noms , Bourbon,
Bourgogne ; il faut pareillement la conserver
dans la grande Ville de Bourdeaux.
Il y a des Auteurs qui tiennent que ses
A vj habi420
MERCURE DE FRANCE
habitans ont été autrefois appellez Bitu
riges , patce que des familles de Bourges ,
en ont été les premiers Citoyens ; et que
de Bituriges on a substitué dans la basse
Latinité par contraction Bourga ou Bourgi.
Tout cela établit le nom de Bourdeaux .
On doit supposer que les habitans sçavent
le nom de leur Ville , comme un fils
sçait le nom de son Pere. Or il est constant
qu'ils disoient Bourden, dans le vieux
langage , et depuis ils disent Bourdeaux ,
comme il paroît dans la Chronique Bourdeloise
, et dans ses Archives de familles.
Elie Vinet , ce sçavant Homme , qui fit
honneur à l'Université de la Ville , présenta
à Charles IX . en 1564. les Antiquitez
de la Ville de Bourdeaux ; et au devant
de son Discours , on voit une Estampe
de la Ville , où il y a en haut Bourdeaux.
C'est l'affaire des Géographes de sçavoir
les noms des Villes , aussi bien des
que
Montagnes et des Rivieres . On lit dans les
Cartes de Samson de Duval et de de Fer,
Bourdeaux; et M' d'Audifret qui a donné,
avec de petites Cartes , la Géographie an
cienne , moderne et historique , a mis
dans son Discours , et fait graver dans sa
Carte , Bourdeaux.
Enfin pour achever de vuider entierement
MARS. 1733. 42
an- ment le partage qui depuis plusieurs
nées est dans le monde entre Bordeaux
et Bourdeaux , on peut alléguer , en faveur
du bel usage , trois Auteurs Illustres.
Mr le Maitre , fameux Avocat du
Parlement de Paris , dans son Plaidoyer
29. parle d'une Dame , qui fait , dit - il ,
compassion à tout Bourdeaux. Mr Pelisson
dans son Histoire de l'Académie Françoise
, à l'article de M' le Comte de Servien
, dont il rapporte les Titres , y met
celui de Premier President au Parlement de
Bourdeaux. Et le P. Bouhours , dont les
nouvelles Remarques sur la Langue Françoise
peuvent être jointes à celles de
Vaugelas , comme de la Broderie sur du
Velours , dit aussi Bourdeaux. C'est dans
son premier Entretien , qui est de la Mer:
Au contraire , à la côte de Bourdeaux It
Flux eft de sept heures. Il me semble que
voilà le nom de Bourdeaux au si - bien soutenu
, à l'exclusion de Bordeaux , que si
Mile Maitre en avoit fait un Plaidoyer 5
M' Pélisson , une Histoire ; et le P. Bouhours
, un Entretien . Je suis , &c.
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Résumé : LETTRE sur la Ville Capitale de Guyenne, s'il faut l'appeller Bordeaux ou Bourdeaux.
La lettre traite de la dénomination correcte de la ville capitale de Guyenne, se demandant s'il faut l'appeler Bordeaux ou Bourdeaux. L'auteur compare cette question à celle posée par Pompée concernant l'inscription de ses titres. Il souligne que la ville est qualifiée de métropole dans le testament de Charlemagne. L'origine étymologique du nom est débattue : certains pensent que Bordeaux vient du bord des eaux, mais cette explication est jugée peu distinguée et incorrecte. L'auteur mentionne également une connotation négative liée à la prostitution. Le mot latin Burdigala, plus ancien que le mot français, ne contient aucune syllabe évoquant le bord de l'eau. L'auteur propose que le nom français dérive de Burdigala et des ruisseaux Bourdes et Jalles, situés près de la ville. Il argue que le latin u se transforme en ou en français, comme dans les exemples Cubitus (Coude) et Curvus (Courbes). Le nom grec de la ville, rapporté par Strabon, est également cité en faveur de Bourdeaux. Des auteurs et des cartes géographiques, comme celles de Samson, Duval, et de Fer, utilisent le nom Bourdeaux. Enfin, l'auteur cite trois auteurs illustres, M. le Maître, M. Pelisson, et le P. Bouhours, qui utilisent également le nom Bourdeaux dans leurs œuvres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 422-423
A MLLE ROSE de S... N... en lui envoyant des Vers Provençaux.
Début :
Dans l'aimable Saison où les Ris et les Graces [...]
Mots clefs :
Rose, Vers, Jeux, Beau, Belle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MLLE ROSE de S... N... en lui envoyant des Vers Provençaux.
A MLLE ROSE de S ... N ... en
lui envoyant des Vers Provençaux.
Ans l'aimable Saison où les Ris et les Gráces
S'empressent , jeune Rose , à marcher sur vos
traces ;
Dois -je me flatter que des Vers ,
Enfans engourdis d'une Muse ,
Qui compte déja trente hyvers ,
Seront pour vous des jeux où votre esprit s'amuse
?
Mais songez que ces jeux ont emprunté de vous ,
Ce qu'ils ont d'amusant , ce qu'ils ont d'agréable;
Passe- temps d'une Enfance aimable ,
Vous devez passer jusqu'à nous .
Recevez , belle Rose , un légitime hommage ,
Je ne viens vous offrir que votre propre Ouvrage.
Pour bannir l'Art et son secours ,
Je vais me servir du langage ,
Dont se servoient les Troubadours ,
Qui les premiers sur ce Rivage ,
Ont mis en rime des Discours.
Vous qui nâquites toute belle ,
Vous qu'on ne sçauroit voir sans qu'on en soit
épris ,
Qui serez du beau Sexe à jamais le moż
dele ,
SouMARS.
1733
423
Soutenez mes accords , animez mes esprits
D'une beauté toûjours nouvelle ;
Heureux , si je la fais passer en mes Ecrits !
Mille Rivaux jaloux respecteront ma gloire ,
Mes Vers vainqueurs de l'Onde noire ,
A l'abri de votre beau noin ,
Loin de l'Empire de Pluton ,
Iront au Temple de Memoire.
lui envoyant des Vers Provençaux.
Ans l'aimable Saison où les Ris et les Gráces
S'empressent , jeune Rose , à marcher sur vos
traces ;
Dois -je me flatter que des Vers ,
Enfans engourdis d'une Muse ,
Qui compte déja trente hyvers ,
Seront pour vous des jeux où votre esprit s'amuse
?
Mais songez que ces jeux ont emprunté de vous ,
Ce qu'ils ont d'amusant , ce qu'ils ont d'agréable;
Passe- temps d'une Enfance aimable ,
Vous devez passer jusqu'à nous .
Recevez , belle Rose , un légitime hommage ,
Je ne viens vous offrir que votre propre Ouvrage.
Pour bannir l'Art et son secours ,
Je vais me servir du langage ,
Dont se servoient les Troubadours ,
Qui les premiers sur ce Rivage ,
Ont mis en rime des Discours.
Vous qui nâquites toute belle ,
Vous qu'on ne sçauroit voir sans qu'on en soit
épris ,
Qui serez du beau Sexe à jamais le moż
dele ,
SouMARS.
1733
423
Soutenez mes accords , animez mes esprits
D'une beauté toûjours nouvelle ;
Heureux , si je la fais passer en mes Ecrits !
Mille Rivaux jaloux respecteront ma gloire ,
Mes Vers vainqueurs de l'Onde noire ,
A l'abri de votre beau noin ,
Loin de l'Empire de Pluton ,
Iront au Temple de Memoire.
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Résumé : A MLLE ROSE de S... N... en lui envoyant des Vers Provençaux.
En 1733, 'SouMARS' adresse une lettre poétique à Mlle Rose de S... N..., comparant cette dernière à une rose, symbole de jeunesse et de beauté. L'auteur espère que ses vers provençaux, bien que écrits par une muse âgée, divertiront et amuseront Mlle Rose. Il souligne que ses vers tirent leur charme de la personne même de Mlle Rose. Il se propose d'utiliser le langage des troubadours, les premiers poètes provençaux, et de bannir l'artifice. L'auteur loue la beauté et le charme de Mlle Rose, affirmant qu'elle sera à jamais le modèle du beau sexe. Il souhaite que ses écrits soient inspirés par la beauté de Mlle Rose et trouvent une place durable dans le Temple de la Mémoire, loin des rivaux jaloux et des dangers représentés par Pluton.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 423-426
LOU CAPOUCHIN DÉ SUCRÉ, CONTÉ.
Début :
Marsillo passo à bouen drech en beouta, [...]
Mots clefs :
Capouchin, Capucin, Sucre, Mero, Mère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOU CAPOUCHIN DÉ SUCRÉ, CONTÉ.
LOU CAPOUCHIN DE' SUCRE',
MArsillo
CONTE'.
Arsillo passo à bouen drech en beouta ,
Per son coumerço et son antiquita ,
Per sa grandour , fouessos Villos dau Mondé ,
La ges de Ben qu'en ello noun aboundé :
L'ordré li regno et tout les ben mena ,
Per leis Consouls que lou sort la douna.
Venguens au fait. Si trobo dins Marsillo ,
Entré dex millo , une poulido Fillo ,
Que la Naturo our et de seis presens ,
En quèlesprit a devança lou temps ;
Ello dau Conté a fourni la matiero ,
N'ai qué l'hounour de lou mettre en lumiero ;
En trabaillant sur un sujet tan beou ,
S'agradi pas , Pegazo es un Cameou .
La jouino Roso ( es lou nom de la Fillo )
Fasié la gau d'un aimablo Famillo ,
Que
424 MERCURE DE FRANCE
Que néro pas sourtido dau mailloué ,
N'aurien pas fa changi contro un Pitoué .
La changearien aujourd'hui mens encaro.
Ren n'es plus beau que son Amo et sa Caro,
Dau Ciel en tout adouren les raisouns ,
Es nado Fillo , et d'autres sount Garçouns.
Per amusar leis innoucens capricis ,
D'aquel Enfant , que fasié leis delicis ,
Et d'une Mero , et dun Pero encantats ;
Chacun courrié cerquar de tous coustats
Mille juguets l'avie jamai de Fiero , :
Que n'oun Venguesso ou Pipado de Ciero ,
Ou siblets d'or garnis de Cascaveous ,
Ou ben Rampaus emé seis auri peous :
Mai son esprit , que deja poun chejavo ,
Anavo au Bouen , lou saisissié , laimavo ;
Avie per tout , hors dau sucré , un mesprés ,
Danquau degun faou que siegue susprés.
D'un Capouchin , fa de pasto de Geno ,
Li fan presen per faire Leno Leno :"
Gardas lou ben , Roso , se lou lipas ,
Li dit sa Mero , iou non Vaimarai pas.
L'ordré es douna , mai la Filletto penso ,
Coumo pourran l'envejo et la deffenso ,
S'accoumoudar , et commo entamanar ,
Lou Capouchin : lou fai donc proumenar ,
* Termes dont se servent les Nourrices en Prewence
pour amuser les Enfans.
Devant
MARS.
425 1733
Devant seis ueils et devant sa bouqueto ;
Eou li fasié terriblement ligueto.
Quand quau quaren en quint'agi que sié ,
Es defendu , per lors fa mai d'enscié.
Enfin un jour. que la barbo sucrado ,
S'aprouchet traou , Roso d'une lipado
La démouchet ; Capouchin benhuroux ,
Aro ton sort farié fouessos gieloux.
Au Capouchin fa sentir sa dent primo ;
Une autre fes la sandalo s'esprimo ;
Na plus qu'un bras , lou nás un beou matin,
Es escourchi , puis lou soir lou gourdin.
Coumo a toujours fouert crignu la Cridesto ,
Songet dabord d'avé léxcuse lesto :
Roso vesen que lou sucra santoun ,
De jour en jour si fasié plus pichoun ,
Et que ben leon n'aurié pas brigo entiero ,
N'avertisset sa Mero la premiero ,
Mero ben digno ( à va dire en passant ,
De mettre au jour un tant aimable Enfant ! )
Vaviou ti pas , diguet dabord la Mero ,
Fasen semblant de si mettré en coulero ,
Ben deffendût que noun lou lipessias ?
Parlas ? diguas , groumande que vous sias
Es vrai : mai se lou Capouchin me lipo
Nes pas miracle ansin sé si dissipo ';
Mi yen baisar , li voue li ges de ben :
Saquo duravo , oh ! lirestarie ren,
"
426 MERCURE DE FRANCE
La Mero alors surpresso , desarmado ,
Sén va contar de plaisir penetrado ,
A son Mari ce quê degun creirié ;
Resto surprés , eh ! qu noun vaserié !
Per iou , Lectour,mon Ame es tan charmado
D'un tal esprit , d'une tallo pensado ,
D'un tau sujet , que jusques à la mouer
Laurai graya ben avant dins lou couer.
Par M. Louis Rodophile.
MArsillo
CONTE'.
Arsillo passo à bouen drech en beouta ,
Per son coumerço et son antiquita ,
Per sa grandour , fouessos Villos dau Mondé ,
La ges de Ben qu'en ello noun aboundé :
L'ordré li regno et tout les ben mena ,
Per leis Consouls que lou sort la douna.
Venguens au fait. Si trobo dins Marsillo ,
Entré dex millo , une poulido Fillo ,
Que la Naturo our et de seis presens ,
En quèlesprit a devança lou temps ;
Ello dau Conté a fourni la matiero ,
N'ai qué l'hounour de lou mettre en lumiero ;
En trabaillant sur un sujet tan beou ,
S'agradi pas , Pegazo es un Cameou .
La jouino Roso ( es lou nom de la Fillo )
Fasié la gau d'un aimablo Famillo ,
Que
424 MERCURE DE FRANCE
Que néro pas sourtido dau mailloué ,
N'aurien pas fa changi contro un Pitoué .
La changearien aujourd'hui mens encaro.
Ren n'es plus beau que son Amo et sa Caro,
Dau Ciel en tout adouren les raisouns ,
Es nado Fillo , et d'autres sount Garçouns.
Per amusar leis innoucens capricis ,
D'aquel Enfant , que fasié leis delicis ,
Et d'une Mero , et dun Pero encantats ;
Chacun courrié cerquar de tous coustats
Mille juguets l'avie jamai de Fiero , :
Que n'oun Venguesso ou Pipado de Ciero ,
Ou siblets d'or garnis de Cascaveous ,
Ou ben Rampaus emé seis auri peous :
Mai son esprit , que deja poun chejavo ,
Anavo au Bouen , lou saisissié , laimavo ;
Avie per tout , hors dau sucré , un mesprés ,
Danquau degun faou que siegue susprés.
D'un Capouchin , fa de pasto de Geno ,
Li fan presen per faire Leno Leno :"
Gardas lou ben , Roso , se lou lipas ,
Li dit sa Mero , iou non Vaimarai pas.
L'ordré es douna , mai la Filletto penso ,
Coumo pourran l'envejo et la deffenso ,
S'accoumoudar , et commo entamanar ,
Lou Capouchin : lou fai donc proumenar ,
* Termes dont se servent les Nourrices en Prewence
pour amuser les Enfans.
Devant
MARS.
425 1733
Devant seis ueils et devant sa bouqueto ;
Eou li fasié terriblement ligueto.
Quand quau quaren en quint'agi que sié ,
Es defendu , per lors fa mai d'enscié.
Enfin un jour. que la barbo sucrado ,
S'aprouchet traou , Roso d'une lipado
La démouchet ; Capouchin benhuroux ,
Aro ton sort farié fouessos gieloux.
Au Capouchin fa sentir sa dent primo ;
Une autre fes la sandalo s'esprimo ;
Na plus qu'un bras , lou nás un beou matin,
Es escourchi , puis lou soir lou gourdin.
Coumo a toujours fouert crignu la Cridesto ,
Songet dabord d'avé léxcuse lesto :
Roso vesen que lou sucra santoun ,
De jour en jour si fasié plus pichoun ,
Et que ben leon n'aurié pas brigo entiero ,
N'avertisset sa Mero la premiero ,
Mero ben digno ( à va dire en passant ,
De mettre au jour un tant aimable Enfant ! )
Vaviou ti pas , diguet dabord la Mero ,
Fasen semblant de si mettré en coulero ,
Ben deffendût que noun lou lipessias ?
Parlas ? diguas , groumande que vous sias
Es vrai : mai se lou Capouchin me lipo
Nes pas miracle ansin sé si dissipo ';
Mi yen baisar , li voue li ges de ben :
Saquo duravo , oh ! lirestarie ren,
"
426 MERCURE DE FRANCE
La Mero alors surpresso , desarmado ,
Sén va contar de plaisir penetrado ,
A son Mari ce quê degun creirié ;
Resto surprés , eh ! qu noun vaserié !
Per iou , Lectour,mon Ame es tan charmado
D'un tal esprit , d'une tallo pensado ,
D'un tau sujet , que jusques à la mouer
Laurai graya ben avant dins lou couer.
Par M. Louis Rodophile.
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Résumé : LOU CAPOUCHIN DÉ SUCRÉ, CONTÉ.
Le poème 'Lou Capouchin de' Sucre'' de Louis Rodophile raconte l'histoire de Roso, un enfant marseillais issu d'une famille aimable et noble. Roso possède un capucin en sucre, un jouet précieux offert par son père. Par curiosité et caprice, Roso mange progressivement le capucin jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un bras. Sa mère découvre alors la situation. Roso, craignant sa réaction, invente des excuses. La mère, bien que surprise, comprend la curiosité de l'enfant et décide de ne pas le punir sévèrement. Le narrateur admire l'esprit et la pensée de Roso ainsi que le sujet du poème.
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5
p. 426-431
RÉPONSE à Madame MEHEULT, Auteur de l'Histoire d'Emilie, ou des Amours de Mlle de...
Début :
Je voudrois, MADAME, pouvoir me dispenser de répondre aux raisons [...]
Mots clefs :
Emilie, Lecteur, Règles, Amour, Sentiments, Héroïne, Caractère, Histoire d'Émilie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à Madame MEHEULT, Auteur de l'Histoire d'Emilie, ou des Amours de Mlle de...
REPONSE à Madame MEHEULT
Auteur de l'Histoire d'Emilie , on
des Amours de Mule de...
J
E voudrois , MADAME , pouvoir
me dispenser de répondre aux raisons
que vous venez d'alléguer pour la deffence
d'Emilie. Outre que j'ai quelque confusjon
de combattre les sentimens d'une
Dame dont j'honore et respecte infiniment
le mérite , je sens bien que c'est
mal reconnoître la confiance que vous
avez euë pour moi ; j'aurois sans doute
sacrifié à ces considérations la vanité que
l'on peut gouter , en soûtenant ses sentimens
contre un adversaire tel que
vous , si de pressantes sollicitations ne
m'avoient pas , pour ainsi dire , forcé à
répli
MARS. 1733 . 427
répliquer ; quoiqu'il en soit , si je rentre
dans la carriere , si j'ose faire quelques
nouvelles observations , ce sera toujours
avec ces égards que l'émulation et que
les Regles de la politesse nous prescrivent.
Dès que l'on est infortuné que l'amour
d'Emilie, n'est qu'une feinte , l'esprit n'a
plus rien qui l'occupe . Voilà l'objection ;
mais vous avez négligé d'y répondre ;
on convient avec les Maitres de l'Art, que
vos Entretiens sont beaux ; s'ils sont ennu
yeux,c'est parce qu'il n'y a plus d'interêt,
et qu'ils ne concourent à rien. Vous conviendrez
que les plus grandes beautez ne
font plus d'effet , dès le moment qu'elles
sont déplacées . Les Allarmes , dites- vous,
sont le partage des Amans , il est vrai. La
crainte de l'infidélité , le moindre éloignement
de l'objet que l'on aime; les dangers
ausquels on est exposé dans le cours
de la Vie , sont pour eux des sources intarissables
de craintes et d'allarmes . Celles
que l'on reproche à Emilie ne sont pas de
cette nature ; elle craint, sans cesse , que
sa mere ne veuille pas l'unir à son cher
Comte. Mais cette appréhension est- elle
fondée ? Au contraire, il semble que tout
conspire à son bonheur ; l'union intime
des deux familles ; la naissance de l'une ,
les
$28 MERCURE DE FRANCE
}
les grands biens de l'autre , sont des rai
sons qui doivent lever tous ses doutes.
On vous reproche aussi d'avoir fait
mourir trop de personnes sans utilité
pour votre sujet. Ce raisonnement , ditesvous
, est si frivole qu'il ne merite pas la peine
d'être rélévé. Je m'en tiendrai, si vous le
souhaittez , à cette décision . Mais est- elle
sans replique ? Pour rendre les évenemens
vrai-semblables , ajoutez -vous , il faut puiser
dans les sentimens et chercher des incidens
ordinaires. Rien ne l'est plus que la morts
la douleur que nous cause un si triste moment
nous touche , nous émeut , et nous fait répandre
des larmes.Cela est incontestable .Aussi
dans une Tragédie rien n'est plus tou
chant , rien n'est si pathetique qu'une
belle reconnoissance , qu'une déclaration
d'amour , et que le récit d'une mort héroïque
et courageuse ; cependant si ces
mêmes beautez se trouvoient sept ou huit
fois dans la même Piéce , au lieu de toucher
et de plaire , elles ennuyeroient et
rebuteroient le Lecteur ; l'esprit , ainsi
que nos sens , rejette une trop grande
uniformité ; il faut émouvoir , mais diver
sement ; vous me direz peut être , que
cela est bon dans un Poëme Dragmatioù
l'action est de peu de durée ; ne
Vous y trompez pas , Madame , les Regles
que ,
MAR S. 17337 429
gles sont à peu près les mêmes dans le
Roman , et dans une pièce de Théatre; du
moins leur but est égal , et le Lecteur ne
met guere de différence entre une Tragedie
et une Histoiriette qui n'occupe qu'un
volume .
Si l'on vous condamne d'avoir rapporté
les exemples de Julie , de Messaline et
de Marguerite de Valois . Il faut , ditesvous
, proscrire les Livres qui sont entre les
mains de tout le monde ; sans vouloir icy
trancher du critique , je crois qu'on peut
hardiment avancer qu'il y a beaucoup de
Livres non-seulement inutiles , mais mê
me très- dangereux ; enfin pour exprimer
cette pensée en deux mots , je dirai seulement
qu'il est toujours d'une dangereuse
conséquence de donner l'idée du vice
à la jeunesse ; qu'il est à craindre qu'elle
n'envisage pas tant l'infamie qui suit le
crime , que l'appas du vain plaisir qui l'y
entraîne ; en un mot , point d'ignorance
avec le vice .
Vous auriez mal soutenu le caractere de
votre Héroïne , en lui faisant refuser M. de
S. Hilaire , pour Punique motif qu'elle ne
se croioit plus digne de lui.
Enfin pour la premiere fois vous vous
exprimez dans les termes de l'Art ; vous
deviez bien , suivant ces mêmes princi-.
pes
430 MERCURE DE FRANCE
pes , répondre aux objections qui vous
ont été faites , d'avoir laissé le lecteur si
long-temps en suspens ', lorsqu'Emilie a
déclaré que son amour étoit simulé ;
pourquoi les Amours du Comte et d'Emilie
viennent trop subitement; et quelle
nécessité il y avoit à faire périr tant de
personnes ; mais vous l'avez négligé, vous
avez éludé , par des raisonnemens vagues
, des accusations réclles , de sorte
que la plupart de vos repliques ne tom
bent pas même sur l'imputation . Revenons
à notre examen,
Vous avez voulu soutenir le caractere
de votre Héroïne en lui faisant conserver
toute sa fierté ; ou, je me trompe , ou
l'intervale est bien court depuis son refus
jusqu'au temps de sa retraite ; cependant
on ne voit pas que cette résolution d'entrer
dans un Convent , soit la démarche
d'une Coquette des plus étourdies, done
elle est devenue bien- tôt raisonnable ;
d'ailleurs , il faut sçavoir quelquefois sor-.
tir des Regles , sur tout lorsque cela sert
à rendre une circonstance moins désagréable.
Voilà , Madame , ce que j'ai cru neces-.
saire d'expliquer pour soûtenir ce que
j'avois avancé, et pour satisfaire le Public; ›
au reste , on ne sçauroit nier que votre
Lettre
M A R⚫S, 1733. 43 %
Lettre ne soit bien écrite , et qu'elle ne
confirme bien dans les esprits , la haute
opinion qu'on a de vos heureux talens ;
pour moi , si je me sçai quelque gré d'avoir
écrit ma Lettre , ce n'est pas tant le
succès qu'elle a eu , qui me flatte , que le
bonheur d'avoir occasionné une réponse
qui m'est si honorable , et dont je ne perdrai
jamais le souvenir , non plus que
l'occasion de vous prouver le dévoliment
respectueux avec lequel je suis , Madame,
votre , &c.
C ***
Auteur de l'Histoire d'Emilie , on
des Amours de Mule de...
J
E voudrois , MADAME , pouvoir
me dispenser de répondre aux raisons
que vous venez d'alléguer pour la deffence
d'Emilie. Outre que j'ai quelque confusjon
de combattre les sentimens d'une
Dame dont j'honore et respecte infiniment
le mérite , je sens bien que c'est
mal reconnoître la confiance que vous
avez euë pour moi ; j'aurois sans doute
sacrifié à ces considérations la vanité que
l'on peut gouter , en soûtenant ses sentimens
contre un adversaire tel que
vous , si de pressantes sollicitations ne
m'avoient pas , pour ainsi dire , forcé à
répli
MARS. 1733 . 427
répliquer ; quoiqu'il en soit , si je rentre
dans la carriere , si j'ose faire quelques
nouvelles observations , ce sera toujours
avec ces égards que l'émulation et que
les Regles de la politesse nous prescrivent.
Dès que l'on est infortuné que l'amour
d'Emilie, n'est qu'une feinte , l'esprit n'a
plus rien qui l'occupe . Voilà l'objection ;
mais vous avez négligé d'y répondre ;
on convient avec les Maitres de l'Art, que
vos Entretiens sont beaux ; s'ils sont ennu
yeux,c'est parce qu'il n'y a plus d'interêt,
et qu'ils ne concourent à rien. Vous conviendrez
que les plus grandes beautez ne
font plus d'effet , dès le moment qu'elles
sont déplacées . Les Allarmes , dites- vous,
sont le partage des Amans , il est vrai. La
crainte de l'infidélité , le moindre éloignement
de l'objet que l'on aime; les dangers
ausquels on est exposé dans le cours
de la Vie , sont pour eux des sources intarissables
de craintes et d'allarmes . Celles
que l'on reproche à Emilie ne sont pas de
cette nature ; elle craint, sans cesse , que
sa mere ne veuille pas l'unir à son cher
Comte. Mais cette appréhension est- elle
fondée ? Au contraire, il semble que tout
conspire à son bonheur ; l'union intime
des deux familles ; la naissance de l'une ,
les
$28 MERCURE DE FRANCE
}
les grands biens de l'autre , sont des rai
sons qui doivent lever tous ses doutes.
On vous reproche aussi d'avoir fait
mourir trop de personnes sans utilité
pour votre sujet. Ce raisonnement , ditesvous
, est si frivole qu'il ne merite pas la peine
d'être rélévé. Je m'en tiendrai, si vous le
souhaittez , à cette décision . Mais est- elle
sans replique ? Pour rendre les évenemens
vrai-semblables , ajoutez -vous , il faut puiser
dans les sentimens et chercher des incidens
ordinaires. Rien ne l'est plus que la morts
la douleur que nous cause un si triste moment
nous touche , nous émeut , et nous fait répandre
des larmes.Cela est incontestable .Aussi
dans une Tragédie rien n'est plus tou
chant , rien n'est si pathetique qu'une
belle reconnoissance , qu'une déclaration
d'amour , et que le récit d'une mort héroïque
et courageuse ; cependant si ces
mêmes beautez se trouvoient sept ou huit
fois dans la même Piéce , au lieu de toucher
et de plaire , elles ennuyeroient et
rebuteroient le Lecteur ; l'esprit , ainsi
que nos sens , rejette une trop grande
uniformité ; il faut émouvoir , mais diver
sement ; vous me direz peut être , que
cela est bon dans un Poëme Dragmatioù
l'action est de peu de durée ; ne
Vous y trompez pas , Madame , les Regles
que ,
MAR S. 17337 429
gles sont à peu près les mêmes dans le
Roman , et dans une pièce de Théatre; du
moins leur but est égal , et le Lecteur ne
met guere de différence entre une Tragedie
et une Histoiriette qui n'occupe qu'un
volume .
Si l'on vous condamne d'avoir rapporté
les exemples de Julie , de Messaline et
de Marguerite de Valois . Il faut , ditesvous
, proscrire les Livres qui sont entre les
mains de tout le monde ; sans vouloir icy
trancher du critique , je crois qu'on peut
hardiment avancer qu'il y a beaucoup de
Livres non-seulement inutiles , mais mê
me très- dangereux ; enfin pour exprimer
cette pensée en deux mots , je dirai seulement
qu'il est toujours d'une dangereuse
conséquence de donner l'idée du vice
à la jeunesse ; qu'il est à craindre qu'elle
n'envisage pas tant l'infamie qui suit le
crime , que l'appas du vain plaisir qui l'y
entraîne ; en un mot , point d'ignorance
avec le vice .
Vous auriez mal soutenu le caractere de
votre Héroïne , en lui faisant refuser M. de
S. Hilaire , pour Punique motif qu'elle ne
se croioit plus digne de lui.
Enfin pour la premiere fois vous vous
exprimez dans les termes de l'Art ; vous
deviez bien , suivant ces mêmes princi-.
pes
430 MERCURE DE FRANCE
pes , répondre aux objections qui vous
ont été faites , d'avoir laissé le lecteur si
long-temps en suspens ', lorsqu'Emilie a
déclaré que son amour étoit simulé ;
pourquoi les Amours du Comte et d'Emilie
viennent trop subitement; et quelle
nécessité il y avoit à faire périr tant de
personnes ; mais vous l'avez négligé, vous
avez éludé , par des raisonnemens vagues
, des accusations réclles , de sorte
que la plupart de vos repliques ne tom
bent pas même sur l'imputation . Revenons
à notre examen,
Vous avez voulu soutenir le caractere
de votre Héroïne en lui faisant conserver
toute sa fierté ; ou, je me trompe , ou
l'intervale est bien court depuis son refus
jusqu'au temps de sa retraite ; cependant
on ne voit pas que cette résolution d'entrer
dans un Convent , soit la démarche
d'une Coquette des plus étourdies, done
elle est devenue bien- tôt raisonnable ;
d'ailleurs , il faut sçavoir quelquefois sor-.
tir des Regles , sur tout lorsque cela sert
à rendre une circonstance moins désagréable.
Voilà , Madame , ce que j'ai cru neces-.
saire d'expliquer pour soûtenir ce que
j'avois avancé, et pour satisfaire le Public; ›
au reste , on ne sçauroit nier que votre
Lettre
M A R⚫S, 1733. 43 %
Lettre ne soit bien écrite , et qu'elle ne
confirme bien dans les esprits , la haute
opinion qu'on a de vos heureux talens ;
pour moi , si je me sçai quelque gré d'avoir
écrit ma Lettre , ce n'est pas tant le
succès qu'elle a eu , qui me flatte , que le
bonheur d'avoir occasionné une réponse
qui m'est si honorable , et dont je ne perdrai
jamais le souvenir , non plus que
l'occasion de vous prouver le dévoliment
respectueux avec lequel je suis , Madame,
votre , &c.
C ***
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Résumé : RÉPONSE à Madame MEHEULT, Auteur de l'Histoire d'Emilie, ou des Amours de Mlle de...
Le texte est une réponse à Madame Meheult, autrice de l'Histoire d'Émilie. L'auteur commence par exprimer sa réticence à répondre aux arguments de Madame Meheult, par respect pour son mérite et sa confiance. Cependant, il se sent obligé de répliquer en raison de pressantes sollicitations. Il souligne que les objections à l'histoire d'Émilie sont fondées sur l'absence d'intérêt et la déplacation des beautés littéraires. L'auteur critique également la mort de plusieurs personnages sans utilité pour le sujet et l'excès de scènes similaires, qui peuvent ennuyer le lecteur. Il mentionne aussi la dangerosité de donner des exemples de vice à la jeunesse. L'auteur reproche à Madame Meheult de ne pas avoir répondu aux objections sur la simulation de l'amour d'Émilie et la nécessité de la mort de certains personnages. Enfin, il reconnaît la qualité de la lettre de Madame Meheult et exprime son respect et sa gratitude pour sa réponse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 431-434
ELEGIE, Par Mlle de Malcrais de la Vigne, du Croisic en Bretagne.
Début :
Tel qu'au bord du Méandre un Cigne languissant, [...]
Mots clefs :
Amour, Coeur, Voix, Flamme, Yeux, Beauté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ELEGIE, Par Mlle de Malcrais de la Vigne, du Croisic en Bretagne.
ELEGIE ,
Par Me de Malcrais de la Vigne
du Croisic en Bretagne.
TEl
El qu'au bord du Méandre un Cigne lan
guissant ,
Annonce son trépas par un lugubre chant ,
Tel , prêt à terminer une importune vie ,
Déchû de mon bonheur , oublié de Silvie ,
Mes tourmens aujourd'hui pour la derniere fois ,
Dans ces lieux désolez font entendre ma voix.
:
Tout est changé pour moi je vis hier l'ingrate ,
L'unique objet , hélas ! dont la beauté me flate
Eile
32 MERCURE DE FRANCE
1
Elle qui me juroit mille fois chaque jour ,
Qu'elle bruloit pour moi d'un immuable amour
Je la vis ; par l'Amour la Belle ailleurs conduite
M'apperçut , et soudain voulut prendre la fuite ,
Sans un civil égard qui retenant ses pas ,
La tourna vers celui qu'elle ne cherchoit pas.
L'infidele aussi- tôt à mon abord émuë ,
Rougit , pâlit , me parle en détournant la vûë ;
Et puis m'envisageant , semble à son air gêné ,
Plaindre un leger moment autre part destiné,
Dans ses yeux incertains son inconstance est
peinte.
'Alors du désespoir sentant la vive atteinté ,
Confus , m'abandonnant aux plus âpres douleurs,
Serrant ses belles mains que je mouille de pleurs;
D'un si prompt changement je demande la cause ;
Ma flâme à sa froideur est tout ce que j'oppose ,
Mais l'ingrate éludant des propos superflús ,
Non, dit-elle , Tircis, non , je ne t'aime plus.
Je suis lasse à la fin de vivre en Esclavage ;
Puis donnant un prétexte à son humeur volage ;
Retourne où l'on t'a vû , retourne chez Cloris ,
Vanter le nouveau feu dont ton coeur est épris,
A ces mots de mes bras elle s'est échappée .
Ce discours me surprend , mon ame en est frap
pée ,
Je frémis , et ma voix étouffée en mon sein ,
Refuse de m'aider à plaindre mon destin.
SemMARS.
1723.
4༢༣
Semblable au malheureux éfleuré par la foudre ,
Quoiqu'il vive , il se croit déja réduit en poudre,
Il demeure immobile , et son oeil ne sçait pas ,
Si c'est le jour qu'il voit , ou la nuit du trépas .
L'ai- je bien entendu ? quoi , d'un amour si tendre,
C'étoit donc là le fruit que je devois attendre ?
Allez , crédules coeurs , trop fideles Amans ,
Fiez-vous désormais aux transports , aux sermens:
On vous joue à la fin par une indigne ruse ;
C'est vous que l'on trahit , et c'est vous qu'on
accuse .
Ah ! puisque vers Silvie il n'est plus de retour ,
Mourons , fermons les yeux à la clarté du jour,"
Un Amant plus aimable occupe sa pensée ,
Elle rit avec lui de ma flâme insensée .
Mais toi , cruel Amour , d'une inutile ardeur ,
Veux-tu toujours bruler mon déplorable coeur ?
Non , barbare Tyran, Venus n'est point ta Mere,
Sur les Rives du Stix un Dragon fut ton pere ,
Une Hydre te porta dans son horrible flanc ,
Alecton te nourrit de poison et de sang ,
Et contre les Humains s'armant à force ouverte,
Le Tartare béant te vomit pour leur perte.
Mais , que fais - je ? et pourquoi ces outrageu
propos ?
Servent-ils à calmer la rigueur de mes maux ?
Veux -je encor de l'Amour irriter la colere?
Aimable et puissant Dieu que l'Univers révére ,
B Pardonne
434 MERCURE DE FRANCE /
Pardonne , Amour , pardonne à mes cruels tourmens
,
L'excès injurieux de mes emportemens.
Tu sçais le triste état où l'on est quand on aimes
De tes traits autrefois tu t'es blessé toi - même ;
La beauté de Psiché fut le brillant flambeau ,
Dont l'éclat se fit voir à travers ton bandeau,
Tu l'aimas tendrement et tu sentis pour elle ,
Ce qu'aujourd'hui je sens pour Silvie infidele,
Tu n'as qu'à commmander , tu pourras . , și t
yeux ,
Dans son coeur refroidi ressusciter tes feux.
'A tes divines loix mon ame est asservie ;
Mais s'il te plaît enfin de conserver ma vie ;
De mon coeur malheureux , vien briser le lien
Ou par un juste effort y ratacher le sien.
C'étoit dans la saison nouvelle ,
Que la solitaire Malcrais ,
Près d'un buisson cachée étoit assise au frais
Mille refléxions rouloient en sa cervelle ;
Quand la voix d'un Berger sur le champ la frappa
Sensible à son cruel martire ,
Elle écouta , plaignit , voulut ensuite écrire ,
Mais son foible crayon de ses doigts échappa.
Cependant de ce trouble où la pitié l'engage ,
La sévere Raison rappellant son esprit ,
Elle s'approcha davantage ,
Pour tracer ce fidele et douloureux récit.
Par Me de Malcrais de la Vigne
du Croisic en Bretagne.
TEl
El qu'au bord du Méandre un Cigne lan
guissant ,
Annonce son trépas par un lugubre chant ,
Tel , prêt à terminer une importune vie ,
Déchû de mon bonheur , oublié de Silvie ,
Mes tourmens aujourd'hui pour la derniere fois ,
Dans ces lieux désolez font entendre ma voix.
:
Tout est changé pour moi je vis hier l'ingrate ,
L'unique objet , hélas ! dont la beauté me flate
Eile
32 MERCURE DE FRANCE
1
Elle qui me juroit mille fois chaque jour ,
Qu'elle bruloit pour moi d'un immuable amour
Je la vis ; par l'Amour la Belle ailleurs conduite
M'apperçut , et soudain voulut prendre la fuite ,
Sans un civil égard qui retenant ses pas ,
La tourna vers celui qu'elle ne cherchoit pas.
L'infidele aussi- tôt à mon abord émuë ,
Rougit , pâlit , me parle en détournant la vûë ;
Et puis m'envisageant , semble à son air gêné ,
Plaindre un leger moment autre part destiné,
Dans ses yeux incertains son inconstance est
peinte.
'Alors du désespoir sentant la vive atteinté ,
Confus , m'abandonnant aux plus âpres douleurs,
Serrant ses belles mains que je mouille de pleurs;
D'un si prompt changement je demande la cause ;
Ma flâme à sa froideur est tout ce que j'oppose ,
Mais l'ingrate éludant des propos superflús ,
Non, dit-elle , Tircis, non , je ne t'aime plus.
Je suis lasse à la fin de vivre en Esclavage ;
Puis donnant un prétexte à son humeur volage ;
Retourne où l'on t'a vû , retourne chez Cloris ,
Vanter le nouveau feu dont ton coeur est épris,
A ces mots de mes bras elle s'est échappée .
Ce discours me surprend , mon ame en est frap
pée ,
Je frémis , et ma voix étouffée en mon sein ,
Refuse de m'aider à plaindre mon destin.
SemMARS.
1723.
4༢༣
Semblable au malheureux éfleuré par la foudre ,
Quoiqu'il vive , il se croit déja réduit en poudre,
Il demeure immobile , et son oeil ne sçait pas ,
Si c'est le jour qu'il voit , ou la nuit du trépas .
L'ai- je bien entendu ? quoi , d'un amour si tendre,
C'étoit donc là le fruit que je devois attendre ?
Allez , crédules coeurs , trop fideles Amans ,
Fiez-vous désormais aux transports , aux sermens:
On vous joue à la fin par une indigne ruse ;
C'est vous que l'on trahit , et c'est vous qu'on
accuse .
Ah ! puisque vers Silvie il n'est plus de retour ,
Mourons , fermons les yeux à la clarté du jour,"
Un Amant plus aimable occupe sa pensée ,
Elle rit avec lui de ma flâme insensée .
Mais toi , cruel Amour , d'une inutile ardeur ,
Veux-tu toujours bruler mon déplorable coeur ?
Non , barbare Tyran, Venus n'est point ta Mere,
Sur les Rives du Stix un Dragon fut ton pere ,
Une Hydre te porta dans son horrible flanc ,
Alecton te nourrit de poison et de sang ,
Et contre les Humains s'armant à force ouverte,
Le Tartare béant te vomit pour leur perte.
Mais , que fais - je ? et pourquoi ces outrageu
propos ?
Servent-ils à calmer la rigueur de mes maux ?
Veux -je encor de l'Amour irriter la colere?
Aimable et puissant Dieu que l'Univers révére ,
B Pardonne
434 MERCURE DE FRANCE /
Pardonne , Amour , pardonne à mes cruels tourmens
,
L'excès injurieux de mes emportemens.
Tu sçais le triste état où l'on est quand on aimes
De tes traits autrefois tu t'es blessé toi - même ;
La beauté de Psiché fut le brillant flambeau ,
Dont l'éclat se fit voir à travers ton bandeau,
Tu l'aimas tendrement et tu sentis pour elle ,
Ce qu'aujourd'hui je sens pour Silvie infidele,
Tu n'as qu'à commmander , tu pourras . , și t
yeux ,
Dans son coeur refroidi ressusciter tes feux.
'A tes divines loix mon ame est asservie ;
Mais s'il te plaît enfin de conserver ma vie ;
De mon coeur malheureux , vien briser le lien
Ou par un juste effort y ratacher le sien.
C'étoit dans la saison nouvelle ,
Que la solitaire Malcrais ,
Près d'un buisson cachée étoit assise au frais
Mille refléxions rouloient en sa cervelle ;
Quand la voix d'un Berger sur le champ la frappa
Sensible à son cruel martire ,
Elle écouta , plaignit , voulut ensuite écrire ,
Mais son foible crayon de ses doigts échappa.
Cependant de ce trouble où la pitié l'engage ,
La sévere Raison rappellant son esprit ,
Elle s'approcha davantage ,
Pour tracer ce fidele et douloureux récit.
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Résumé : ELEGIE, Par Mlle de Malcrais de la Vigne, du Croisic en Bretagne.
L'élégie de Madame de Malcrais de la Vigne, intitulée 'ELEGIE', exprime la douleur et le désespoir du poète face à l'infidélité de Silvie. Le poète compare son état à celui d'un cygne annonçant sa mort pour décrire sa souffrance après avoir vu Silvie avec un autre homme. Silvie, qui avait autrefois déclaré un amour immuable, avoue ne plus l'aimer et lui conseille de retourner auprès de Cloris. Cette révélation plonge le poète dans la stupeur et la douleur, se comparant à un homme foudroyé. Il met en garde contre la crédulité en amour et exprime son désir de mourir. Le poète maudit ensuite l'Amour, le décrivant comme un tyran cruel, avant de lui demander pardon. Le texte se conclut par la description de Malcrais, inspiré par la voix d'un berger, écrivant cette élégie pour exprimer son martyre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 435-441
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Constantinople le 12 Novembre 1732. sur quelques sujets de Litterature.
Début :
J'ai été ravi d'apprendre par votre Lettre du 11 Août arrivée ici depuis [...]
Mots clefs :
Constantinople, Évêché de Troade, Patriarches d'Alexandrie, Patriarche, Ouvrage, Prélats, Voltaire
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Constantinople le 12 Novembre 1732. sur quelques sujets de Litterature.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Constantinople
le 12 Novembre 1732. sur
quelques sujets de Litterature.
JA
' Ai été ravi d'apprendre par votre
Lettre du 11 Août arrivée ici depuis
peu de jours , que parmi les Piéces qui
composoient mon Paquet du 6 Juin vous
en ayez trouvé qui vous ont fait plaisir.
J'ai toujours dessein de vous en procurer
quand je vous écris , et jose présumer
que j'y réussirois plus souvent , s'il m'étoit
permis de vous mander tout ce qui
vient à ma connoissance.
Je vous remercie des discours prononcez
à l'Académie Françoise contenus dans
votre derniere dépêche. Quand il me
vient de ces morceaux de main de Maître,
je les dévore , et je me rappelle avec un
vrai plaisir le goût de l'Eloquence et de
la belle diction , dont j'ai presque perdu
l'idée , à force d'entendre jargonner et
baragouiner ici le François , depuis plu
sieurs années que j'ai quitté Paris.
Quand j'aurai vû dans le Mercure que
vous m'envoyez , l'explication que vous
avez donnée de la Porte Othomane , terme
Bij usité
436 MERCURE DE FRANCE
usité pour signifier la Cour , ou le Palais
du Grand - Seigneur , je vous dirai si cette
explication s'accorde avec ce qu'on pense
ici sur le même sujet , que nul Voyageur
n'a encore traité .
Vous trouverez dans ce Paquet une
Liste , la moins imparfaite qu'on ait pû
dresser , des Patriarches d'Alexandrie, que
M. l'Ambassadeur a reçue du Caire depuis
15 jours , pour le grand Ouvrage
qui s'imprime au Louvre , et auquel vous
vous interessez . J'ai écrit fortement par
ses ordres à la personne qui a envoyé cette
Liste de redoubler ses soins pour remplir
les Lacunes , où les noms qu'on n'a
pû encore découvrir , et à une autre personne
qui est à Alexandrie , de mettre
tout en usage pour parvenir à nous dresser
des Catalogues complets , tant des
Patriarches de cette Ville , que de ceux
des Coptes , & c,
Vous avez très - bien fait de ne rien dire
de positif sur l'Etat présent de la Ville et
de l'Evêché de Troade à la fin de la Dissertation
, que vous avez publiée au sujet
d'une Médaille rare de cette ancienne Vil
le ; car le Mémoire que je vous ai envoyé
d'abord là-dessus n'est rien moins qu'éxact.
Vous en jugerez par cet article de
la Lettre que m'écrit le R, P. N, Jésuite
MARS. 1733. 437
suite , à qui je m'étois addressé pour
cela.
>>
و ر
» Je vous dirai , Monsieur , que les in
» formations que je vous donnai il y a
quelques mois sur l'Evêché de Troade
» me paroissent fausses aujourd'hui . Un
» habile Grec avec qui j'ai fait connois-
» sance depuis six semaines , m'en a don-
» né d'autres , auxquelles je crois devoir
» ajoûter plus de foi : c'est un Prêtre des
» plus sçavans de Constantinople ; il a
» surtout une grande connoissance des
» Evêchez , il étudie beaucoup , et espere ,
>> devenir lui - même Métropolitain au
» premier jour. Il m'a donc assuré , tant
» pour les informations qu'il a prises du
» Patriarche d'ici , que par l'autorité d'un
» Livre que le défunt Patriarche de Jeru-
» salem avoit fait imprimer quelques an-
» nées avant sa mort , que c'est le Métropolitain
de Cyzique , dont le Siege a
» été transferé au Bourg d'Arta- Queui
» et non pas celui de l'Evêque de Troade ,
» comme je vous l'avois marqué ; que ce
» Métropolitain de Cysique n'avoit pas
>> présentement un seul Suffragant sous
lui , et que depuis bien du tems il n'y
» avoit plus d'Evêché de Troade ni en
» état , ni de nom.
>>
Je pancherois fort à préférer cette der-
Bij niere
438 MERCURE DE FRANCE
niere Notice , que je viens de recevoir
de mon obligeant Jésuite , à celle qu'il
m'avoit ci -devant envoyée , et dont heureusement
vous n'avez fait aucun usage ;
ma raison est que le défunt Patriarche de
Jerusalem , dont il me parle , étoit un
Prélat fort éclairé , et qu'à moins de vouloir
douter de tout , on ne sçauroit penser
qu'il n'ait dit vrai sur ce qu'il a écrit
de l'Evêché de Troade.
Son Livre , au reste , petit in -fol. imprimé
à Terzovvitz en Valaquie , est en
Grec Vulgaire , mais si pur et si élégant ,
que plus des deux tiers sont du Grec Litteral.
J'ai déja fait quelques tentatives
pour l'acquerir , persuadé qu'il pourroit
être de quelque utilité à votre illustre
ami pour la perfection de l'Ouvrage dont
j'ai parlé ci - dessus : mais il est fort rare ;
l'Auteur , qui l'avoit fait imprimer à ses
frais , en ayant retiré tous les Exemplaires
pour en faire des présens à ses amis . Je ne
désespere pourtant pas d'avoir le plaisir
de vous l'envoyer.
J'ai écrit depuis peu et au R. P. Jesui
te et à d'autres personnes capables , au
sujet des noms des Patriarches de Constantinople
, et des Evêques , &c. que
vous me demandez , et je vous envoyerai
par la premiere occasion le fruit de leurs
ReMARS.
1733. 439
Recherches j'ai cependant une remarque
à vous faire à l'égard des Prélats , qui
sont actuellement en place , et dont vous
souhaitez avoir les noms , par rapport
à l'Ouvrage en question . C'est que les
Prélatures grecques étant sujettes à des
changemens fréquens et subits , par la
simonie , si fort en usage parmi les Moines
Schismatiques , qui vivent sous la
domination des Mahometans , vous pou
vez presque vous assurer qu'une bonne
partie des Prélats , dont je vous enverrai
les noms ne seront plus en place ,
non seulement quand vous recevrez ma
Lettre , où je vous aurai marqué ces
noms ; mais que peut être même ils au
ront déja eur plusieurs Successeurs , sans
que j'en aye pu avoir connoissance avant
que cette même Lettre parte d'ici . Inconvenient
dont nous avons un exemple récent
en la personne de Jéremie , qui vient
de remonter sur le Siége Patriarchal de
Constantinople , et qui est à la veille d'en
descendre pour la seconde fois , par les
intrigues de celui qu'il a supplanté . Inconvenient
, dis je , auquel on ne peut
guére remédier que par la Chronologie ,
et en fixant les Epoques de l'Installation ,
& c. ce qui encore n'est pas sans difficulté.
J'ai lû depuis quelques- tems la belle
B iiij
His440
MERCURE DE FRANCE
Histoire , ou plutôt , à mon avis , le bel
Abregé de l'Histoire de Charles XII . par
M. de Voltaire . Je ne sçai , et je vous
prie de m'en dire votre sentiment , si les
Gens de Lettres en sont aussi satisfaits que
les Gens de Cour , et ce qu'on appelle le
beau monde , à qui les charmes du stile
suffisent. Pour moi qui cherche à m'instiuire
à fond , et qui aime un peu le détail
, je trouve que M. de V. coule souvent
avec un peu trop de rapidité sur des
faits et sur des Evenemens , dont les particularitez
interessantes n'auroient pas , ce
me semble, moins bien figuré, que le reste
dans l'Histoire de son Heros . Je trouve
encore , et j'en suis même fâché , que ce
charmant Historien n'a pas toujours été
également bien servi en Mémoires. Il en
auroit pû trouver aisément de plus instructifs
et de plus fideles que beaucoup de
ceux qu'il a mis en oeuvre, surtout pour
ce qui regarde ce Pays-ci , dont il ne paroît
pas avoir des Notions fort éxactes .
Qui ne riroit , en effet , quand on lit
entr'autres choses que les femmes y conservent
plus long- tems leur fraicheur et
leur beauté qu'ailleurs ? tandis que ce fait
est entierement opposé à la verité , n'y
ayant peut être pas de Pays où , la fleur de
la Jeunesse s'efface plutôt chez le beau
Sexe
MARS. 1733
44
Sexe que dans celui- ci . Au surplus, M. de
V. n'a vraisemblablement erré sur cet article
que pour avoir adopté , peut - être
avec trop de confiance , les rapports de
certains esprits aussi superficiels que décisifs
, qui parlent de tout affirmativement
, quoique fort à la legere , et qui
n'ayant pas acquis à Constantinople , où
l'on se ressouvient fort bien d'eux , la réputation
de gens sur lesquels on peut fai
re fond , n'auroient pas dû trouver une
crédulité si facile dans un génie superieur
comme cet admirable Ecri
vain.
Au reste , Monsieur , je ne prétends
pas confondre ici avec les personnes dont
je viens de parler le Voyageur la Mo.
traye , qui , à peu de choses près , est fort
veridique dans ce qu'il rapporte du Rof
de Suede , et dont pour l'honneur de la
verité et de l'éxactitude , il auroit été au
contraire à souhaiter que notre Historien
eut préferé plus souvent les connoissances
à celles d'autres personnes , qui quoique
plus lumineuses , en apparence , n'
toient pas des guides si sûrs.
le 12 Novembre 1732. sur
quelques sujets de Litterature.
JA
' Ai été ravi d'apprendre par votre
Lettre du 11 Août arrivée ici depuis
peu de jours , que parmi les Piéces qui
composoient mon Paquet du 6 Juin vous
en ayez trouvé qui vous ont fait plaisir.
J'ai toujours dessein de vous en procurer
quand je vous écris , et jose présumer
que j'y réussirois plus souvent , s'il m'étoit
permis de vous mander tout ce qui
vient à ma connoissance.
Je vous remercie des discours prononcez
à l'Académie Françoise contenus dans
votre derniere dépêche. Quand il me
vient de ces morceaux de main de Maître,
je les dévore , et je me rappelle avec un
vrai plaisir le goût de l'Eloquence et de
la belle diction , dont j'ai presque perdu
l'idée , à force d'entendre jargonner et
baragouiner ici le François , depuis plu
sieurs années que j'ai quitté Paris.
Quand j'aurai vû dans le Mercure que
vous m'envoyez , l'explication que vous
avez donnée de la Porte Othomane , terme
Bij usité
436 MERCURE DE FRANCE
usité pour signifier la Cour , ou le Palais
du Grand - Seigneur , je vous dirai si cette
explication s'accorde avec ce qu'on pense
ici sur le même sujet , que nul Voyageur
n'a encore traité .
Vous trouverez dans ce Paquet une
Liste , la moins imparfaite qu'on ait pû
dresser , des Patriarches d'Alexandrie, que
M. l'Ambassadeur a reçue du Caire depuis
15 jours , pour le grand Ouvrage
qui s'imprime au Louvre , et auquel vous
vous interessez . J'ai écrit fortement par
ses ordres à la personne qui a envoyé cette
Liste de redoubler ses soins pour remplir
les Lacunes , où les noms qu'on n'a
pû encore découvrir , et à une autre personne
qui est à Alexandrie , de mettre
tout en usage pour parvenir à nous dresser
des Catalogues complets , tant des
Patriarches de cette Ville , que de ceux
des Coptes , & c,
Vous avez très - bien fait de ne rien dire
de positif sur l'Etat présent de la Ville et
de l'Evêché de Troade à la fin de la Dissertation
, que vous avez publiée au sujet
d'une Médaille rare de cette ancienne Vil
le ; car le Mémoire que je vous ai envoyé
d'abord là-dessus n'est rien moins qu'éxact.
Vous en jugerez par cet article de
la Lettre que m'écrit le R, P. N, Jésuite
MARS. 1733. 437
suite , à qui je m'étois addressé pour
cela.
>>
و ر
» Je vous dirai , Monsieur , que les in
» formations que je vous donnai il y a
quelques mois sur l'Evêché de Troade
» me paroissent fausses aujourd'hui . Un
» habile Grec avec qui j'ai fait connois-
» sance depuis six semaines , m'en a don-
» né d'autres , auxquelles je crois devoir
» ajoûter plus de foi : c'est un Prêtre des
» plus sçavans de Constantinople ; il a
» surtout une grande connoissance des
» Evêchez , il étudie beaucoup , et espere ,
>> devenir lui - même Métropolitain au
» premier jour. Il m'a donc assuré , tant
» pour les informations qu'il a prises du
» Patriarche d'ici , que par l'autorité d'un
» Livre que le défunt Patriarche de Jeru-
» salem avoit fait imprimer quelques an-
» nées avant sa mort , que c'est le Métropolitain
de Cyzique , dont le Siege a
» été transferé au Bourg d'Arta- Queui
» et non pas celui de l'Evêque de Troade ,
» comme je vous l'avois marqué ; que ce
» Métropolitain de Cysique n'avoit pas
>> présentement un seul Suffragant sous
lui , et que depuis bien du tems il n'y
» avoit plus d'Evêché de Troade ni en
» état , ni de nom.
>>
Je pancherois fort à préférer cette der-
Bij niere
438 MERCURE DE FRANCE
niere Notice , que je viens de recevoir
de mon obligeant Jésuite , à celle qu'il
m'avoit ci -devant envoyée , et dont heureusement
vous n'avez fait aucun usage ;
ma raison est que le défunt Patriarche de
Jerusalem , dont il me parle , étoit un
Prélat fort éclairé , et qu'à moins de vouloir
douter de tout , on ne sçauroit penser
qu'il n'ait dit vrai sur ce qu'il a écrit
de l'Evêché de Troade.
Son Livre , au reste , petit in -fol. imprimé
à Terzovvitz en Valaquie , est en
Grec Vulgaire , mais si pur et si élégant ,
que plus des deux tiers sont du Grec Litteral.
J'ai déja fait quelques tentatives
pour l'acquerir , persuadé qu'il pourroit
être de quelque utilité à votre illustre
ami pour la perfection de l'Ouvrage dont
j'ai parlé ci - dessus : mais il est fort rare ;
l'Auteur , qui l'avoit fait imprimer à ses
frais , en ayant retiré tous les Exemplaires
pour en faire des présens à ses amis . Je ne
désespere pourtant pas d'avoir le plaisir
de vous l'envoyer.
J'ai écrit depuis peu et au R. P. Jesui
te et à d'autres personnes capables , au
sujet des noms des Patriarches de Constantinople
, et des Evêques , &c. que
vous me demandez , et je vous envoyerai
par la premiere occasion le fruit de leurs
ReMARS.
1733. 439
Recherches j'ai cependant une remarque
à vous faire à l'égard des Prélats , qui
sont actuellement en place , et dont vous
souhaitez avoir les noms , par rapport
à l'Ouvrage en question . C'est que les
Prélatures grecques étant sujettes à des
changemens fréquens et subits , par la
simonie , si fort en usage parmi les Moines
Schismatiques , qui vivent sous la
domination des Mahometans , vous pou
vez presque vous assurer qu'une bonne
partie des Prélats , dont je vous enverrai
les noms ne seront plus en place ,
non seulement quand vous recevrez ma
Lettre , où je vous aurai marqué ces
noms ; mais que peut être même ils au
ront déja eur plusieurs Successeurs , sans
que j'en aye pu avoir connoissance avant
que cette même Lettre parte d'ici . Inconvenient
dont nous avons un exemple récent
en la personne de Jéremie , qui vient
de remonter sur le Siége Patriarchal de
Constantinople , et qui est à la veille d'en
descendre pour la seconde fois , par les
intrigues de celui qu'il a supplanté . Inconvenient
, dis je , auquel on ne peut
guére remédier que par la Chronologie ,
et en fixant les Epoques de l'Installation ,
& c. ce qui encore n'est pas sans difficulté.
J'ai lû depuis quelques- tems la belle
B iiij
His440
MERCURE DE FRANCE
Histoire , ou plutôt , à mon avis , le bel
Abregé de l'Histoire de Charles XII . par
M. de Voltaire . Je ne sçai , et je vous
prie de m'en dire votre sentiment , si les
Gens de Lettres en sont aussi satisfaits que
les Gens de Cour , et ce qu'on appelle le
beau monde , à qui les charmes du stile
suffisent. Pour moi qui cherche à m'instiuire
à fond , et qui aime un peu le détail
, je trouve que M. de V. coule souvent
avec un peu trop de rapidité sur des
faits et sur des Evenemens , dont les particularitez
interessantes n'auroient pas , ce
me semble, moins bien figuré, que le reste
dans l'Histoire de son Heros . Je trouve
encore , et j'en suis même fâché , que ce
charmant Historien n'a pas toujours été
également bien servi en Mémoires. Il en
auroit pû trouver aisément de plus instructifs
et de plus fideles que beaucoup de
ceux qu'il a mis en oeuvre, surtout pour
ce qui regarde ce Pays-ci , dont il ne paroît
pas avoir des Notions fort éxactes .
Qui ne riroit , en effet , quand on lit
entr'autres choses que les femmes y conservent
plus long- tems leur fraicheur et
leur beauté qu'ailleurs ? tandis que ce fait
est entierement opposé à la verité , n'y
ayant peut être pas de Pays où , la fleur de
la Jeunesse s'efface plutôt chez le beau
Sexe
MARS. 1733
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Sexe que dans celui- ci . Au surplus, M. de
V. n'a vraisemblablement erré sur cet article
que pour avoir adopté , peut - être
avec trop de confiance , les rapports de
certains esprits aussi superficiels que décisifs
, qui parlent de tout affirmativement
, quoique fort à la legere , et qui
n'ayant pas acquis à Constantinople , où
l'on se ressouvient fort bien d'eux , la réputation
de gens sur lesquels on peut fai
re fond , n'auroient pas dû trouver une
crédulité si facile dans un génie superieur
comme cet admirable Ecri
vain.
Au reste , Monsieur , je ne prétends
pas confondre ici avec les personnes dont
je viens de parler le Voyageur la Mo.
traye , qui , à peu de choses près , est fort
veridique dans ce qu'il rapporte du Rof
de Suede , et dont pour l'honneur de la
verité et de l'éxactitude , il auroit été au
contraire à souhaiter que notre Historien
eut préferé plus souvent les connoissances
à celles d'autres personnes , qui quoique
plus lumineuses , en apparence , n'
toient pas des guides si sûrs.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Constantinople le 12 Novembre 1732. sur quelques sujets de Litterature.
L'auteur d'une lettre datée du 12 novembre 1732 à Constantinople exprime sa satisfaction de savoir que certaines pièces envoyées ont été appréciées par le destinataire. Il souhaite poursuivre l'envoi d'informations intéressantes. Il remercie également pour les discours prononcés à l'Académie Française, qu'il trouve particulièrement agréables après avoir entendu des versions déformées du français à Constantinople. L'auteur mentionne avoir reçu une liste des Patriarches d'Alexandrie par l'intermédiaire de l'ambassadeur au Caire, destinée à un grand ouvrage imprimé au Louvre. Il a demandé à des personnes de compléter cette liste et d'en dresser d'autres pour les Patriarches d'Alexandrie et des Coptes. Concernant l'état de la ville et de l'évêché de Troade, l'auteur déconseille de faire des déclarations définitives, car les informations précédentes se sont avérées inexactes. Un Jésuite a fourni de nouvelles informations, affirmant que le Métropolitain de Cyzique, dont le siège a été transféré à Arta-Queui, est le véritable titulaire, et non l'évêque de Troade. L'auteur préfère cette nouvelle notice et espère acquérir un livre rare du défunt Patriarche de Jérusalem pour compléter l'ouvrage en question. Il a également écrit à des personnes compétentes pour obtenir les noms des Patriarches de Constantinople et des évêques, notant que les changements fréquents parmi les prélats grecs rendent ces informations rapidement obsolètes. Enfin, l'auteur commente l'ouvrage de Voltaire sur Charles XII, trouvant que Voltaire passe trop rapidement sur certains détails intéressants et qu'il n'a pas toujours été bien informé, notamment sur les femmes de Constantinople. Il apprécie cependant le style de Voltaire et regrette qu'il n'ait pas utilisé des mémoires plus fiables.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 442
A Mlle de Malcrais de la Vigne, contre le Poëte Marseillois, à qui elle a répondu dans le 2 vol. du Mercure de Decembre 1732.
Début :
Malcrais, quel Auteur caustique, [...]
Mots clefs :
Mlle de Malcrais, Femme docte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Mlle de Malcrais de la Vigne, contre le Poëte Marseillois, à qui elle a répondu dans le 2 vol. du Mercure de Decembre 1732.
A Mlle de Malcrais de la Vigne , contre le
Poëte Marseillois , à qui elle a répondu
dans le 2 vol. du Mercure de Decembre
1732 .
M Alcrais , quel Auteur caustique ;
Osa si publiquement ,
Faxe sentir sa Critique ,
A votre sexe charmant ,
Qui souvent à l'agrément ,
A sçu joindre la science ?
Je dis plus , n'eut-on jamais
Vu de Femme Docte en France ;
Vous seule , Illustre Malcrais ,
Par de talens si parfaits ,
Deviez imposer silence ,
A ses satyriques traits.
Poëte Marseillois , à qui elle a répondu
dans le 2 vol. du Mercure de Decembre
1732 .
M Alcrais , quel Auteur caustique ;
Osa si publiquement ,
Faxe sentir sa Critique ,
A votre sexe charmant ,
Qui souvent à l'agrément ,
A sçu joindre la science ?
Je dis plus , n'eut-on jamais
Vu de Femme Docte en France ;
Vous seule , Illustre Malcrais ,
Par de talens si parfaits ,
Deviez imposer silence ,
A ses satyriques traits.
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9
p. 442-452
REMARQUES sur quelques endroits de la neuviéme Lettre du Voyage de Normandie, adressées à M. D. L. R.
Début :
J'ai lû, Monsieur, avec bien du plaisir, la Relation que vous avez donnée jusqu'icy [...]
Mots clefs :
Auxerre, Bayeux, Normandie, Renobert, Saints, Église, Églises, Confraternité, Mémoires, Diocèse, Reliques, Chasuble, Exupère, Dom Mabillon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUES sur quelques endroits de la neuviéme Lettre du Voyage de Normandie, adressées à M. D. L. R.
REMARQUES sur quelques endroits
de la neuviéme Lettre du l'oyage de Nor
mandie , adressées à M. D. L. R.
J
'ai lû , Monsieur , avec bien du plaisir,
la Relation que vous avez donnée jusqu'icy
en neuf Lettres , du Voïage que
Vous
MARS. 1733.
443
Vous avez fait en Normandie. La derniere
qui a paru dans le Mercure d'Oc
tobre dernier , m'a plus frappé que les
autres , parce qu'elle roule entierement
sur une Ville où j'ai été avant que j'eusse
atteint l'âge de vingt ans , uniquement
dans le dessein de trouver la verité autant
qu'elle peut se manifester à un jeune homme.
Vous n'y parlez presque que de Ba
yeux ; vous y nommez S. Renobert, Evê
que de cette Ville ; vous y dites un mot
de sa Chasuble et du Coffre d'Ivoire qui
la renferme ; toutes choses que j'avois
vûës dès le mois d'Octobre de l'année
1707. Je ne ferai pas comme les deux
Ecrivains qui ont profité des Remarques
que vous avez publiées dans les Mémoires
de Trévoux,d'Octobre 1714,sans vous
citer aucunement , & c. Pour moi je vous
avoüerai qu'ayant recherché tout ce qu'on
pouvoit dire de S. Renobert , sept ans
avant que vous en parlassiez , j'ai profité
depuis , avec grand plaisir , de ce que
j'en trouvai dans ces Mémoires , aussiqu'il
parût.
Il s'étoit élevé icy en 1709. we dispute
au sujet du siecle où ce Saint avoit vécu.
On écrivit vivement sur cette matiere ;
et chacun cherchoit des authoritez pour
appuier son sentiment. Comme la parcie
B vj Vic444
MERCURE DE FRANCE
victorieuse a été celle qui ne plaçoit ce
Saint qu'au 7 siécle , et non au 3 *, ni au
4 ; il a été naturel de faire une honorable
mention de l'observation qui parut
depuis dans les Mémoires de Trévoux
puisqu'elle étoit conforme au sentiment
que j'avois soutenu . Je ne sçavois pas ;
M ', que ce fut vous qui y eussiez donné
occasion ni que vous eussiez suivi d'abord
la Chronologie ordinaire de Bayeux.'
Je vous félicite donc aujourd'hui de ce
que vous vous trouvez réuni au sentiment
des Sçavans Bollandistes , qui a été
suivi par Dom Mabillon , par M. Baillet,
au 16 May ,par M. l'Abbé Chastellain , dans
son Martyrologe Universel, par le nouveau
Breviaire d'Auxerre de l'an 1726. par les
Auteurs du Martyrologe de Paris , de
l'an 1727. et qui vrai -semblablement le
sera aussi par les Continuateurs de Gallia
Christiana ; au moins étoit - ce le sentiment
vers lequel inclinoit dès l'an 171 26
Dom Denys de Sainte Marthe , votre illustre
ami , suivant ce qu'il m'en écrivit
alors. La Note que vous avez mise au bas
de la page 2122. de votre dernier Journal
, démontre que vous méprisez la Chro
nologie de l'Histoire moderne de l'Eglise
de Bayeux , puisque vous dites qu'el
le est rejettée par les meilleurs Critiques ,
MARS. 1733. 445
et que S. Renobert assista en 630. à un
Concile de Reims.
La Morlieze se plaignoit autrefois dans
ses Antiquitez d'Amiens , de ce que les
Ecrivains du Catalogue des Evêques
d'Amiens , ont arrangé ces Evêques , plus
secundùm gradum sanctitatis , quam antiquitatis.
C'est ce qui est arrivé à Bayeux,
et qui a induit en erreur , jusqu'à faire
fabriquer une Légende où l'on avance que
S.Renobert fut sacré à Brive la Gaillarde,
par S. Saturnin,Evêque de Toulouse. Hors
dans les Diocèses dans de Bayeux , d'Auxerre,
et de Besançon, cette Légende ne se retrouve
gueres de nos jours ; je doute que
vous puissiez la rencontrer dans Paris.
L'endroit le plus voisin de cette Ville où
je me ressouviens de l'avoir vûë dans un
Manuscrit de 500 ans , est l'Abbaye de
S. Yved de Braine , en Soissonnois ; elle Y
est contenue dans tout son fabuleux.
J'ai composé autrefois une longue Dissertation
, pour servir à épurer les Traditions
du Païs Bessin , touchant ce Saint.
Prelat. C'est le premier de mes Ouvrages
, et le fruit du voyage que je fis à
Bayeux il y a 25 ans. J'en ai donné communication
à des Sçavans du Clergé de la
même Ville , qui m'ont déclaré n'avoir
jamais ajouté plus de foy à la tradition
Bes
446 MERCURE DE FRANCE
*
>
Bessine des derniers siècles , qu'à celle
qui s'étoit glissée à Paris , sur S. Denys ,
et ils m'ont prié de la rendre publique.
Je n'ai pas oublié d'y parler de la Chasuble
de ce Saint , que j'eus l'honneur de
voir , et qu'on m'assura avoir été regardée
par Dom Mabillon , comme infiniment
plus authentique que l'Etole et le
Manipule qu'on y joignoit. Elle est d'étoffe
de soye , à fond bleu , semée d'espece
de Tréfles , de couleur blanche. Je remarquai
sur l'Etole , qui est d'une étoffe
différente, une semence de Perles . M.Hermant
, que je vis alors dans sa Cure de
Maltor , proche Caën , n'en sçavoit pas
plus que moi , sur toutes ces choses ; et
il me déclara qu'il ne travailloit que sur
les Mémoires d'un Chanoine moderne
de Bayeux. On pourroit croire que l'Etoffe
de cette Chasuble auroit simplement
servi à couvrir les Ossemens de S. Renobert
depuis son décès , et qu'elle seroit
celle- là même que la Reine Ermentrude,
Epouse de Charles le Chauve, envoya,
sans être obligé de faire remonter son antiquité
jusqu'au septiéme siecle. On a
quelques exemples d'autres Etoffes , qui
ont servi de Poile aux Sépulcres des
* M. Hermant , Curé de Maltot , qui a écris
ene Histoire imparfaite du Diocèse de Bayeux.
Saints
MAR S. 1733. 447
Saints , et qui ont pris la dénomination
de ces mêmes Saints , en qualité de Manteau
ou de Voile , ou sous tel autre nom
qu'on a voulu leur donner après les avoir
mises en oeuvre. Au reste , ces sortes de
Reliques n'en sont pas moins vénérables
quand même eiles n'auroient pas servi
aux Saints dès leur vivant , mais seulement
après leur mort , témoins l'honneur
que les Catahois rendent au Voile du
Cercueil de Sainte Agathe ; les Auxerrois
,au Suaire de 5.Germain et la confiance
que ces peuples ont dans ces Reliques.
Quant à l'Inscription Arabe du petit of
fre qui renferme la Chasuble de S. Renobert
, vous êtes certainement le premier
qui avez appris au Public , l'explication
qui en a été faite par une personne tresentenduë.
Vous ne marquez point , Monsieur , si
c'est le Cartulaire de l'Evêché de Bayeux,
qui dit que l'ancienne confraternité de
P'Eglise Cathedrale de la même Ville
avec celle d'Auxerre , est fondée sur ce
que S. Exupere venant d'Italie passa par
la Ville d'Auxerre , et y prêcha le Christianisme
. Rien de plus vrai que l'existence
de cette ancienne confraternité; j'en ai
des preuves de plusieurs siecles ; mais il
n'y a pas d'apparence qu'elle soit établie
Suf
448 MERCURE DE FRANCE
-
sur le motif que vous citez , qui n'est
peut-être , qu'une simple conjecture des
Chanoines de Bayeux. Si le passage de
S. Exupere par notre Ville , étoit un fondement
suffisant pour une confraternité ,
pourquoi n'en eussions nous point eu
avec Messieurs du Chapitre de Rouen ,
puisque S. Mellon , leur premier Evêque ,
passa aussi par Auxerre en venant de
Rome , et qu'il y fit même une guérison
miraculeuse, rapportée dans sa vie ? Pourquoi
ne serions-nous pas en pareille liaison
avec les Chapitres de Lyon et de
Marseille, puisque notre premier Evêque ,
S. Pérégrin , y passa en venant icy , et eut
la gloire d'y prêcher de la même maniere
, le Christianisme , selon ses Actes ?
Ce n'est donc point sur le passage de
S. Exupere qu'est fondée la confraternité
des Eglises d Bayeux et d'Auxerre , quand
même on le croiroit ainsi à Bayeux ; mais
sur une raison plus recevable, et qui a fait
naître de semblables confraternitez entre
plusieurs autres Eglises. C'est que nous
possedons les Reliques de quelques - uns
de leurs Saints fameux , ou qu'ils posscdent
celles de quelques - uns des nôtres .
C'est sur ce principe que les Eglises de
Beauvais et d'Auxerre sont en confraternité
Le Corps de S. Just , Enfant
natif
MARS. 17337 445
·
,
natif d'Auxerre , repose dans la Cathe
drale de Beauvais , excepté sa tête , qui
fut transportée à Auxerre du Lieu du
Beauvoisis , où il avoit souffert le Martyre
. Ce motif est spécifié dans l'acte de
rénovation , dont on trouvera des vestitiges
dans les Registres du Chapitre de
Beauvais , au 18 Juin 1646. C'est ainsi
qu'en Espagne , les Chanoines de Saragoce
, et ceux de S. Vincent de la Rode, sont
en association dès l'an 1171. en considération
du Chef de S. Valere , Evêque de
Saragoce a. Si le passage d'un Saint pouvoit
influer dans l'origine des Confraternitez
d'Eglises éloignées , telles que sont
celles de Bayeux et d'Auxerre ; il y auroit
plus d'apparence que ce seroit celui de
S. Germain , dans le Diocèse de Bayeux ,
qui avoit contribué à cette liaison , parce
que ce grand nombre d'Eglises qui sont
sous ce nom dans la Basse - Normandie,est
une preuve que dans l'un de ses deux
Voyages de la Grande- Bretagne, il a passé
dans le Païs Bessin , en allant ou en reve
nant. On ne craint point même de montrer
à une petite lieuë de Bayeux , dans
l'Eglise du Village de Guéron, une Nappe
d'Autel , sur laquelle on dit qu'il a
célébré en passant .
2 Castellan . Bimestr. Januar. 29. pag. 444.
Mais
450 MERCURE DE FRANCE
•
que
Mais sans remonter si - haut , il y a infi
niment plus d'apparence que l'union des
Eglises d'Auxerre et de Bayeux vient du
transport fait autrefois des Reliques de
S. Renobert , celebre Evêque de cette
derniere Ville , et de S. Zénon , son Diacre
, dans fa Ville et dans le Diocèse
d'Auxerre . Leur culte y devint si fameux ,
dès le commencement du treiziéme
siécle , la seconde Paroisse de la Cité
d'Auxerre , dans laquelle est contenuë
une bonne partie du Cloître des Chanoines
, étoit sous l'invocation de ce Saint
Prélat , comme elle l'est encore aujourd'hui
. De là vient que dans la Cathédra
le et dans le Diocèse d'Auxerre on a fair
de immémorial , et au moins de- temps
puis 500 ans , l'Office de S. Renobert , et
qu'il y a plusieurs Autels de son nom ;
au lieu que jamais il n'y a été fait men
tion de S. Exupere , et qu'il n'y a aucun
Autel connu sous son invocation .
Outre l'Inscription Mahometane que
Vous avez publiée , tirée de dessus le Coffre
d'Ivoire du Trésor de Bayeux , j'au
rois souhaité que vous eussiez remarqué
dans la même Eglise une autre Inscription
bien plus récente, qui consiste en ces
deux Vers :
Cre
MARS. 1733. 45t
Credite mira Dei ; Serpens fuit hic lapis extans s
Sic transformatum Bartholus attulit buc.
L'explication des merveilles de Dieu
dont il y est parlé , est , ce me semble
de la competence des Naturalistes , et de
ceux qui font attention aux pétrifications
singulieres.
Ce n'est pas assez que le R. P. Tournemine
nous ait appris comment ce Coffre
a pû servir dès le neuvième siècle à
renfermer l'Etofe que le Roy Charles le
Chauve et la Reine Ermentrude envoyerent
pour orner les Cercueils ou la Sépulture
des Saints Renobert et Zénon 1
dont les Corps étoient alors réfugiez sur
les confins des Diocèses d'Evreux et de
Lisieux. Il ne seroit pas moins curieux et
important de découvrir le lieu d'où se fit
cet envoi. Charles étoit alors dans un Palais
Royal , appellé Vetera- Domus , que je
croi pouvoir traduire Vieux- Maison , ou
Vieille-Maison . C'est ce que nous tenons
d'un Historien du temps , imprimé au
XII Tome du Spicilege , par un autre
Historien du même siècle , imprimé an
premier Tome de la Bibliotheque des Ma
nuscrits du P. Labbe , pag. 548. et réim
primé beaucoup plus exactement l'année
derniere dans les Actes des Saints ,
du 31
Juil
452 MERCURE DE FRANCE
,
Juillet. On apprend que ce Vieux - Mal
son étoit dans le Païs Roumois : In pago
Rothomagensi. Il seroit donc à désirer que
l'Historien de Rouen , dont vous parlez
à la page 2138. de votre même Lettre ,
fit connoître au Public la situation précise
de cet ancien Palais des Rois de France;
d'autant qu'il n'en est fait aucune merition
dans la Diplomatique de Dom Mabillon
, ni dans la Notice des Gaules de
M. de Valois , non plus que dans le Glossaire
de M. du Cange . L'Eglise du Titre
de S. Germain d'Auxerre , voisine de ce
Palais , selon Héric , peut servir à faciliter
cette découverte ; et si l'on trouve un
Vieux Maison au Païs Roumois , avec
une Eglise ou Chapelle de ce Titre , qui
en soit peu éloignée , on sera suffisamment
assuré de la position de cette Mai-
´son Royale, qui est restée inconnuë jusqu'icy.
CommeCharles y tenoit ses Plaids ,
dans le temps de sa dévotion envers S.Renobert
, il me paroît que la chose est assez
importante pour mériter d'être débroüillées
et puisque dès le neuviéme siecle , ce
Palais étoit très - ancien , selon que son
nom le marque, il pouvoit avoir été bâti
sous la premiere Race de nos Rois , et
peut- être dès le temps des Romains . Je
suis , Monsieur , & c.
A Auxerre , ce 20 Novombre 1732 .
de la neuviéme Lettre du l'oyage de Nor
mandie , adressées à M. D. L. R.
J
'ai lû , Monsieur , avec bien du plaisir,
la Relation que vous avez donnée jusqu'icy
en neuf Lettres , du Voïage que
Vous
MARS. 1733.
443
Vous avez fait en Normandie. La derniere
qui a paru dans le Mercure d'Oc
tobre dernier , m'a plus frappé que les
autres , parce qu'elle roule entierement
sur une Ville où j'ai été avant que j'eusse
atteint l'âge de vingt ans , uniquement
dans le dessein de trouver la verité autant
qu'elle peut se manifester à un jeune homme.
Vous n'y parlez presque que de Ba
yeux ; vous y nommez S. Renobert, Evê
que de cette Ville ; vous y dites un mot
de sa Chasuble et du Coffre d'Ivoire qui
la renferme ; toutes choses que j'avois
vûës dès le mois d'Octobre de l'année
1707. Je ne ferai pas comme les deux
Ecrivains qui ont profité des Remarques
que vous avez publiées dans les Mémoires
de Trévoux,d'Octobre 1714,sans vous
citer aucunement , & c. Pour moi je vous
avoüerai qu'ayant recherché tout ce qu'on
pouvoit dire de S. Renobert , sept ans
avant que vous en parlassiez , j'ai profité
depuis , avec grand plaisir , de ce que
j'en trouvai dans ces Mémoires , aussiqu'il
parût.
Il s'étoit élevé icy en 1709. we dispute
au sujet du siecle où ce Saint avoit vécu.
On écrivit vivement sur cette matiere ;
et chacun cherchoit des authoritez pour
appuier son sentiment. Comme la parcie
B vj Vic444
MERCURE DE FRANCE
victorieuse a été celle qui ne plaçoit ce
Saint qu'au 7 siécle , et non au 3 *, ni au
4 ; il a été naturel de faire une honorable
mention de l'observation qui parut
depuis dans les Mémoires de Trévoux
puisqu'elle étoit conforme au sentiment
que j'avois soutenu . Je ne sçavois pas ;
M ', que ce fut vous qui y eussiez donné
occasion ni que vous eussiez suivi d'abord
la Chronologie ordinaire de Bayeux.'
Je vous félicite donc aujourd'hui de ce
que vous vous trouvez réuni au sentiment
des Sçavans Bollandistes , qui a été
suivi par Dom Mabillon , par M. Baillet,
au 16 May ,par M. l'Abbé Chastellain , dans
son Martyrologe Universel, par le nouveau
Breviaire d'Auxerre de l'an 1726. par les
Auteurs du Martyrologe de Paris , de
l'an 1727. et qui vrai -semblablement le
sera aussi par les Continuateurs de Gallia
Christiana ; au moins étoit - ce le sentiment
vers lequel inclinoit dès l'an 171 26
Dom Denys de Sainte Marthe , votre illustre
ami , suivant ce qu'il m'en écrivit
alors. La Note que vous avez mise au bas
de la page 2122. de votre dernier Journal
, démontre que vous méprisez la Chro
nologie de l'Histoire moderne de l'Eglise
de Bayeux , puisque vous dites qu'el
le est rejettée par les meilleurs Critiques ,
MARS. 1733. 445
et que S. Renobert assista en 630. à un
Concile de Reims.
La Morlieze se plaignoit autrefois dans
ses Antiquitez d'Amiens , de ce que les
Ecrivains du Catalogue des Evêques
d'Amiens , ont arrangé ces Evêques , plus
secundùm gradum sanctitatis , quam antiquitatis.
C'est ce qui est arrivé à Bayeux,
et qui a induit en erreur , jusqu'à faire
fabriquer une Légende où l'on avance que
S.Renobert fut sacré à Brive la Gaillarde,
par S. Saturnin,Evêque de Toulouse. Hors
dans les Diocèses dans de Bayeux , d'Auxerre,
et de Besançon, cette Légende ne se retrouve
gueres de nos jours ; je doute que
vous puissiez la rencontrer dans Paris.
L'endroit le plus voisin de cette Ville où
je me ressouviens de l'avoir vûë dans un
Manuscrit de 500 ans , est l'Abbaye de
S. Yved de Braine , en Soissonnois ; elle Y
est contenue dans tout son fabuleux.
J'ai composé autrefois une longue Dissertation
, pour servir à épurer les Traditions
du Païs Bessin , touchant ce Saint.
Prelat. C'est le premier de mes Ouvrages
, et le fruit du voyage que je fis à
Bayeux il y a 25 ans. J'en ai donné communication
à des Sçavans du Clergé de la
même Ville , qui m'ont déclaré n'avoir
jamais ajouté plus de foy à la tradition
Bes
446 MERCURE DE FRANCE
*
>
Bessine des derniers siècles , qu'à celle
qui s'étoit glissée à Paris , sur S. Denys ,
et ils m'ont prié de la rendre publique.
Je n'ai pas oublié d'y parler de la Chasuble
de ce Saint , que j'eus l'honneur de
voir , et qu'on m'assura avoir été regardée
par Dom Mabillon , comme infiniment
plus authentique que l'Etole et le
Manipule qu'on y joignoit. Elle est d'étoffe
de soye , à fond bleu , semée d'espece
de Tréfles , de couleur blanche. Je remarquai
sur l'Etole , qui est d'une étoffe
différente, une semence de Perles . M.Hermant
, que je vis alors dans sa Cure de
Maltor , proche Caën , n'en sçavoit pas
plus que moi , sur toutes ces choses ; et
il me déclara qu'il ne travailloit que sur
les Mémoires d'un Chanoine moderne
de Bayeux. On pourroit croire que l'Etoffe
de cette Chasuble auroit simplement
servi à couvrir les Ossemens de S. Renobert
depuis son décès , et qu'elle seroit
celle- là même que la Reine Ermentrude,
Epouse de Charles le Chauve, envoya,
sans être obligé de faire remonter son antiquité
jusqu'au septiéme siecle. On a
quelques exemples d'autres Etoffes , qui
ont servi de Poile aux Sépulcres des
* M. Hermant , Curé de Maltot , qui a écris
ene Histoire imparfaite du Diocèse de Bayeux.
Saints
MAR S. 1733. 447
Saints , et qui ont pris la dénomination
de ces mêmes Saints , en qualité de Manteau
ou de Voile , ou sous tel autre nom
qu'on a voulu leur donner après les avoir
mises en oeuvre. Au reste , ces sortes de
Reliques n'en sont pas moins vénérables
quand même eiles n'auroient pas servi
aux Saints dès leur vivant , mais seulement
après leur mort , témoins l'honneur
que les Catahois rendent au Voile du
Cercueil de Sainte Agathe ; les Auxerrois
,au Suaire de 5.Germain et la confiance
que ces peuples ont dans ces Reliques.
Quant à l'Inscription Arabe du petit of
fre qui renferme la Chasuble de S. Renobert
, vous êtes certainement le premier
qui avez appris au Public , l'explication
qui en a été faite par une personne tresentenduë.
Vous ne marquez point , Monsieur , si
c'est le Cartulaire de l'Evêché de Bayeux,
qui dit que l'ancienne confraternité de
P'Eglise Cathedrale de la même Ville
avec celle d'Auxerre , est fondée sur ce
que S. Exupere venant d'Italie passa par
la Ville d'Auxerre , et y prêcha le Christianisme
. Rien de plus vrai que l'existence
de cette ancienne confraternité; j'en ai
des preuves de plusieurs siecles ; mais il
n'y a pas d'apparence qu'elle soit établie
Suf
448 MERCURE DE FRANCE
-
sur le motif que vous citez , qui n'est
peut-être , qu'une simple conjecture des
Chanoines de Bayeux. Si le passage de
S. Exupere par notre Ville , étoit un fondement
suffisant pour une confraternité ,
pourquoi n'en eussions nous point eu
avec Messieurs du Chapitre de Rouen ,
puisque S. Mellon , leur premier Evêque ,
passa aussi par Auxerre en venant de
Rome , et qu'il y fit même une guérison
miraculeuse, rapportée dans sa vie ? Pourquoi
ne serions-nous pas en pareille liaison
avec les Chapitres de Lyon et de
Marseille, puisque notre premier Evêque ,
S. Pérégrin , y passa en venant icy , et eut
la gloire d'y prêcher de la même maniere
, le Christianisme , selon ses Actes ?
Ce n'est donc point sur le passage de
S. Exupere qu'est fondée la confraternité
des Eglises d Bayeux et d'Auxerre , quand
même on le croiroit ainsi à Bayeux ; mais
sur une raison plus recevable, et qui a fait
naître de semblables confraternitez entre
plusieurs autres Eglises. C'est que nous
possedons les Reliques de quelques - uns
de leurs Saints fameux , ou qu'ils posscdent
celles de quelques - uns des nôtres .
C'est sur ce principe que les Eglises de
Beauvais et d'Auxerre sont en confraternité
Le Corps de S. Just , Enfant
natif
MARS. 17337 445
·
,
natif d'Auxerre , repose dans la Cathe
drale de Beauvais , excepté sa tête , qui
fut transportée à Auxerre du Lieu du
Beauvoisis , où il avoit souffert le Martyre
. Ce motif est spécifié dans l'acte de
rénovation , dont on trouvera des vestitiges
dans les Registres du Chapitre de
Beauvais , au 18 Juin 1646. C'est ainsi
qu'en Espagne , les Chanoines de Saragoce
, et ceux de S. Vincent de la Rode, sont
en association dès l'an 1171. en considération
du Chef de S. Valere , Evêque de
Saragoce a. Si le passage d'un Saint pouvoit
influer dans l'origine des Confraternitez
d'Eglises éloignées , telles que sont
celles de Bayeux et d'Auxerre ; il y auroit
plus d'apparence que ce seroit celui de
S. Germain , dans le Diocèse de Bayeux ,
qui avoit contribué à cette liaison , parce
que ce grand nombre d'Eglises qui sont
sous ce nom dans la Basse - Normandie,est
une preuve que dans l'un de ses deux
Voyages de la Grande- Bretagne, il a passé
dans le Païs Bessin , en allant ou en reve
nant. On ne craint point même de montrer
à une petite lieuë de Bayeux , dans
l'Eglise du Village de Guéron, une Nappe
d'Autel , sur laquelle on dit qu'il a
célébré en passant .
2 Castellan . Bimestr. Januar. 29. pag. 444.
Mais
450 MERCURE DE FRANCE
•
que
Mais sans remonter si - haut , il y a infi
niment plus d'apparence que l'union des
Eglises d'Auxerre et de Bayeux vient du
transport fait autrefois des Reliques de
S. Renobert , celebre Evêque de cette
derniere Ville , et de S. Zénon , son Diacre
, dans fa Ville et dans le Diocèse
d'Auxerre . Leur culte y devint si fameux ,
dès le commencement du treiziéme
siécle , la seconde Paroisse de la Cité
d'Auxerre , dans laquelle est contenuë
une bonne partie du Cloître des Chanoines
, étoit sous l'invocation de ce Saint
Prélat , comme elle l'est encore aujourd'hui
. De là vient que dans la Cathédra
le et dans le Diocèse d'Auxerre on a fair
de immémorial , et au moins de- temps
puis 500 ans , l'Office de S. Renobert , et
qu'il y a plusieurs Autels de son nom ;
au lieu que jamais il n'y a été fait men
tion de S. Exupere , et qu'il n'y a aucun
Autel connu sous son invocation .
Outre l'Inscription Mahometane que
Vous avez publiée , tirée de dessus le Coffre
d'Ivoire du Trésor de Bayeux , j'au
rois souhaité que vous eussiez remarqué
dans la même Eglise une autre Inscription
bien plus récente, qui consiste en ces
deux Vers :
Cre
MARS. 1733. 45t
Credite mira Dei ; Serpens fuit hic lapis extans s
Sic transformatum Bartholus attulit buc.
L'explication des merveilles de Dieu
dont il y est parlé , est , ce me semble
de la competence des Naturalistes , et de
ceux qui font attention aux pétrifications
singulieres.
Ce n'est pas assez que le R. P. Tournemine
nous ait appris comment ce Coffre
a pû servir dès le neuvième siècle à
renfermer l'Etofe que le Roy Charles le
Chauve et la Reine Ermentrude envoyerent
pour orner les Cercueils ou la Sépulture
des Saints Renobert et Zénon 1
dont les Corps étoient alors réfugiez sur
les confins des Diocèses d'Evreux et de
Lisieux. Il ne seroit pas moins curieux et
important de découvrir le lieu d'où se fit
cet envoi. Charles étoit alors dans un Palais
Royal , appellé Vetera- Domus , que je
croi pouvoir traduire Vieux- Maison , ou
Vieille-Maison . C'est ce que nous tenons
d'un Historien du temps , imprimé au
XII Tome du Spicilege , par un autre
Historien du même siècle , imprimé an
premier Tome de la Bibliotheque des Ma
nuscrits du P. Labbe , pag. 548. et réim
primé beaucoup plus exactement l'année
derniere dans les Actes des Saints ,
du 31
Juil
452 MERCURE DE FRANCE
,
Juillet. On apprend que ce Vieux - Mal
son étoit dans le Païs Roumois : In pago
Rothomagensi. Il seroit donc à désirer que
l'Historien de Rouen , dont vous parlez
à la page 2138. de votre même Lettre ,
fit connoître au Public la situation précise
de cet ancien Palais des Rois de France;
d'autant qu'il n'en est fait aucune merition
dans la Diplomatique de Dom Mabillon
, ni dans la Notice des Gaules de
M. de Valois , non plus que dans le Glossaire
de M. du Cange . L'Eglise du Titre
de S. Germain d'Auxerre , voisine de ce
Palais , selon Héric , peut servir à faciliter
cette découverte ; et si l'on trouve un
Vieux Maison au Païs Roumois , avec
une Eglise ou Chapelle de ce Titre , qui
en soit peu éloignée , on sera suffisamment
assuré de la position de cette Mai-
´son Royale, qui est restée inconnuë jusqu'icy.
CommeCharles y tenoit ses Plaids ,
dans le temps de sa dévotion envers S.Renobert
, il me paroît que la chose est assez
importante pour mériter d'être débroüillées
et puisque dès le neuviéme siecle , ce
Palais étoit très - ancien , selon que son
nom le marque, il pouvoit avoir été bâti
sous la premiere Race de nos Rois , et
peut- être dès le temps des Romains . Je
suis , Monsieur , & c.
A Auxerre , ce 20 Novombre 1732 .
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Résumé : REMARQUES sur quelques endroits de la neuviéme Lettre du Voyage de Normandie, adressées à M. D. L. R.
En mars 1733, l'auteur écrit à M. D. L. R. pour exprimer son plaisir d'avoir lu neuf lettres relatant un voyage en Normandie, notamment la dernière parue dans le Mercure d'octobre précédent, qui traite de Bayeux. L'auteur, ayant visité Bayeux avant l'âge de vingt ans, mentionne que cette lettre évoque l'évêque Saint Renobert, sa chasuble et le coffre d'ivoire qui la contient, des éléments qu'il a observés en octobre 1707. L'auteur a mené des recherches sur Saint Renobert sept ans avant la publication de M. D. L. R. et a apprécié les informations des Mémoires de Trévoux d'octobre 1714. Il note une controverse sur le siècle auquel appartenait Saint Renobert, avec des débats en 1709. La version victorieuse le place au VIIe siècle, conformément aux Bollandistes, Dom Mabillon et d'autres érudits. L'auteur félicite M. D. L. R. pour son alignement avec cette chronologie, rejetant celle de l'Histoire moderne de l'Église de Bayeux. La lettre aborde également des légendes locales, comme celle de la consécration de Saint Renobert à Brive-la-Gaillarde par Saint Saturnin, une légende peu répandue. L'auteur mentionne une dissertation qu'il a écrite pour épurer les traditions du pays Bessin concernant Saint Renobert et discute de la chasuble du saint, vue par Dom Mabillon et décrite comme plus authentique que d'autres reliques. Enfin, la lettre traite des confraternités entre les églises de Bayeux et d'Auxerre, remettant en question la raison officielle de cette liaison et suggérant qu'elle pourrait être due au transfert des reliques de Saint Renobert et de Saint Zénon. L'auteur exprime également son souhait de voir des recherches supplémentaires sur un ancien palais royal mentionné dans les sources historiques.
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10
p. 453-454
IMITATION de ces Vers de Seneque.
Début :
Stet quicumque volet potens, [...]
Mots clefs :
Sénèque, Éclat
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texteReconnaissance textuelle : IMITATION de ces Vers de Seneque.
IMITATION de ces Vers
de Seneque.
S Tet
quicumque volet potens ,
Aula culmine lubrico ;
Me dulcis saturet quies ;
Obscuro positus loco ,
Leni perfruar otio.
Nullis nota quiritibus
Aetas per tacitum fluet ;
Sic cum transierint mei
Nullo cum strepitu dies
Plebeius moriar Senex.
Illi mors gravis incubat ,
Qui notus nimis omnibus ,
Ignotus moritur sibi,
>
Déja depuis long - temps la raison triomphante ;
Des préjugez et de l'erreur ,
Dans la faveur la plus brillante ,
Ne m'offre qu'un éclat et fragile et trompeur.
A moi-même rendu dans un repos tranquile ,
Une charmante obscurité
ya
454 MERCURE DE FRANCE
De ce reste de jours , que la Parque me file ,
Va faire la félicité .
Jadis , avec plaisir , j'ai vû l'Europe entiere
Animer d'un regard mon audace guerriere ;
Frivole illusion dont je suis revenu ,
Aujourd'hui presqu'au bout de ma longue car
riere ,
Je ne me plains , hélas ! que d'être trop connu,
Tout cet éclat va disparoître.
Ah ! que la mort un jour me rempliroit d'effrois
Si content du grand Nom que je laisse après moi
Je n'eusse appris à me connoître.
de Seneque.
S Tet
quicumque volet potens ,
Aula culmine lubrico ;
Me dulcis saturet quies ;
Obscuro positus loco ,
Leni perfruar otio.
Nullis nota quiritibus
Aetas per tacitum fluet ;
Sic cum transierint mei
Nullo cum strepitu dies
Plebeius moriar Senex.
Illi mors gravis incubat ,
Qui notus nimis omnibus ,
Ignotus moritur sibi,
>
Déja depuis long - temps la raison triomphante ;
Des préjugez et de l'erreur ,
Dans la faveur la plus brillante ,
Ne m'offre qu'un éclat et fragile et trompeur.
A moi-même rendu dans un repos tranquile ,
Une charmante obscurité
ya
454 MERCURE DE FRANCE
De ce reste de jours , que la Parque me file ,
Va faire la félicité .
Jadis , avec plaisir , j'ai vû l'Europe entiere
Animer d'un regard mon audace guerriere ;
Frivole illusion dont je suis revenu ,
Aujourd'hui presqu'au bout de ma longue car
riere ,
Je ne me plains , hélas ! que d'être trop connu,
Tout cet éclat va disparoître.
Ah ! que la mort un jour me rempliroit d'effrois
Si content du grand Nom que je laisse après moi
Je n'eusse appris à me connoître.
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Résumé : IMITATION de ces Vers de Seneque.
Le texte explore la préférence pour une vie retirée et obscure plutôt que pour la renommée et la gloire. L'auteur aspire à une douce quiétude dans un lieu éloigné des tumultes du monde, où les années passeraient sans bruit. Il contraste cette vision avec la mort pesante de ceux qui sont trop connus et se méconnaissent. L'auteur évoque son passé glorieux, marqué par l'admiration pour son audace guerrière, mais revient à une vision plus humble et tranquille de la vie. Il craint la mort non pas pour elle-même, mais pour l'éclat qu'elle pourrait apporter à un nom trop célèbre. Il souhaite avoir appris à se connaître avant de mourir, trouvant ainsi une véritable félicité dans la simplicité et l'obscurité.
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11
p. 454-458
EXTRAIT d'une Lettre écrite aux Auteurs du Mercure, au mois de Décembre 1732. sur l'état de la Religion en Moscovie.
Début :
On a imprimé dans la Gazette d'Amsterdam, du 25. Novembre dernier, [...]
Mots clefs :
Russie, Religion, Ribera, Clergé, Église, Luthériens, Libelle, Moscovie
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite aux Auteurs du Mercure, au mois de Décembre 1732. sur l'état de la Religion en Moscovie.
EXTRAIT d'une Lettre écrite aux
Auteurs du Mercure , au mois de Décembre
1732. sur l'état de la Religion
en Moscovie.
O
Na imprimé dans la Gazette
d'Amsterdam , du 25. Novembre
dernier , une nouvelle qui fait le principal
sujet de cette Lettre. Cette Nouvelle
est ainsi énoncée. On écrit de Pesersbourg,
qu'on y avoit arrêté plusieurs personnes
à l'occasion d'un Libelle rempli d'in-
Vectives
MARS. 1733. 455
vectives contre les Protestans , et adressé an
Clergé de Russie.
La Moscovie fait aujourd'hui une figure
trop considerable dans l'Europe , et
la Religion Catholique est trop interessée
dans ce qui se passe au sujet du prétendu
Libelle , pour qu'on ne soit pas bien aise
de trouver dans votre Journal un petit
Commentaire , sur les paroles qui viennent
d'être rapportées .
Tout ce qu'il y a de veritables et de
zelez Moscovites , est aussi éloigné des
erreurs des Luthériens , qu'attaché au
Schisme qui les divise de l'Eglise Romaine
; mais la multitude des Luthériens
et des Calvinistes , qui depuis le Regne
de Pierre I. a commencé d'inonder la
Russie , a fait craindre au Clergé de cet
Empire , que leurs erreurs ne s'y introduisent
avec eux ; et 1Evenement n'a
que trop justifié cette crainte . Pour prévenir
ce malheur , le dernier Archevêque
de Resan , qui sous le titre d'Exarque
, étoit l'Administrateur du Patriar
chat , que le Czar a enfin aboli , et qui
étoit un Prélat également cher et rèspectable
à tous les Russes , composa un
Ouvrage en sa Langue , qu'il intitula :
Petra Fidei , et qui devoit être un préservatif
contre l'entrée et le progrès du
Lu
456 MERCURE DE FRANCE
Lutheranisme dans l'Eglise Grecque .
Cet Ouvrage allarma les Luthériens ,
qui y firent faire une Réponse par François
Buddée , l'un de leurs plus habiles
Professeurs ; c'est du moins sous son nom.
que l'Ouvrage a parû. Cette prétenduë
Apologie étant tombée entre les mains
du R. P. Ribera , Dominiquain , Docteur
en Théologie , qui avoit accompàgné
M. le Duc de Liria , Ambassadeur
de S. M. C. à la Cour de Russie , en
qualité d'Aumônier , avec le titre de
Missionnaire Apostolique ; le zele de ce
Pere s'enflamma à la vûe d'un Ouvrage
où la Religion Catholique , n'est , à la
verité , que foiblement attaquée , mais
où la passion prodiguoit les plus grossieres
calomnies , et n'épargnoit aucune
de ces expressions odieuses , dont les honnêtes
gens dans le Parti Luthérien ont
toûjours rougi.
L. P. Ribera répondit donc à cette
'Apologie ; il communiqua sa Réponse ,
avant que de la publier à des Personnes
du premier Rang dans le Clergé de
Russie , et l'Approbation unanime qu'ils
y donnerent le détermina à la dédier à
l'Imperatrice de Russie même.
La Cour de Moscovie n'auroit jamais
fait des affaires aux Partisans de cet Ouvrage
MARS. 17336
457
vrage , et n'en auroit pas même porté
ses plaintes dans des Cours Etrangeres
,
si le Ministere n'étoit composé que de
Membres
de l'Eglise Grecque ; voilà ce
que c'est que le prétendu Libelle dont
il est parlé dans la Gazette citée cy -dessus ."
Si vous voulez , avant que d'imprimer
ma Lettre , avoir une plus ample connoissance
de l'Ouvrage du P. Ribera ,.
vous en trouverez un Exemplaire chez
le R. P. le Quien , sçavant et celebre Do
miniquain du Convent de la Ruë S. Ho-'
noré , il se fera , sans doute , un plaisir
de vous le communiquer
. Je crois que
Pinterêt de la Religion doit engager les
Auteurs de differens Journaux Litteraires
d'en donner un Extrait.
Quoique ce ne soit pas le P. Ribera
qui vous écrit cette Lettre , si vous avez
besoin de quelques éclaircissemens sur
son contenu , vous pouvez vous adresser
à lui en droiture dans son Convent
à Vienne en Autriche , d'où je vous écris
ce 20 , Décembre 1732.
Je vous envoye en même-temps une
Traduction ou Imitation des fameux Vers
de Seneque. Stet quicumque volet , &c.
Elle a été faite pour le fameux Maréchal
Guy' de Staremberg , qui répetoit continuellement
et s'étoit appliqué ces Vers ;
Ç c'est
458 MERCURE DE FRANCE
que
c'est lui
le Traducteur
fait parler.
Avant que de publier la Lettre dont
on vient de lire l'Extrait , nous avons
cr devoir la communiquer
au R. P le
Quien, qui a bien voulu nous envoyer les
Observations
suivantes ,
Auteurs du Mercure , au mois de Décembre
1732. sur l'état de la Religion
en Moscovie.
O
Na imprimé dans la Gazette
d'Amsterdam , du 25. Novembre
dernier , une nouvelle qui fait le principal
sujet de cette Lettre. Cette Nouvelle
est ainsi énoncée. On écrit de Pesersbourg,
qu'on y avoit arrêté plusieurs personnes
à l'occasion d'un Libelle rempli d'in-
Vectives
MARS. 1733. 455
vectives contre les Protestans , et adressé an
Clergé de Russie.
La Moscovie fait aujourd'hui une figure
trop considerable dans l'Europe , et
la Religion Catholique est trop interessée
dans ce qui se passe au sujet du prétendu
Libelle , pour qu'on ne soit pas bien aise
de trouver dans votre Journal un petit
Commentaire , sur les paroles qui viennent
d'être rapportées .
Tout ce qu'il y a de veritables et de
zelez Moscovites , est aussi éloigné des
erreurs des Luthériens , qu'attaché au
Schisme qui les divise de l'Eglise Romaine
; mais la multitude des Luthériens
et des Calvinistes , qui depuis le Regne
de Pierre I. a commencé d'inonder la
Russie , a fait craindre au Clergé de cet
Empire , que leurs erreurs ne s'y introduisent
avec eux ; et 1Evenement n'a
que trop justifié cette crainte . Pour prévenir
ce malheur , le dernier Archevêque
de Resan , qui sous le titre d'Exarque
, étoit l'Administrateur du Patriar
chat , que le Czar a enfin aboli , et qui
étoit un Prélat également cher et rèspectable
à tous les Russes , composa un
Ouvrage en sa Langue , qu'il intitula :
Petra Fidei , et qui devoit être un préservatif
contre l'entrée et le progrès du
Lu
456 MERCURE DE FRANCE
Lutheranisme dans l'Eglise Grecque .
Cet Ouvrage allarma les Luthériens ,
qui y firent faire une Réponse par François
Buddée , l'un de leurs plus habiles
Professeurs ; c'est du moins sous son nom.
que l'Ouvrage a parû. Cette prétenduë
Apologie étant tombée entre les mains
du R. P. Ribera , Dominiquain , Docteur
en Théologie , qui avoit accompàgné
M. le Duc de Liria , Ambassadeur
de S. M. C. à la Cour de Russie , en
qualité d'Aumônier , avec le titre de
Missionnaire Apostolique ; le zele de ce
Pere s'enflamma à la vûe d'un Ouvrage
où la Religion Catholique , n'est , à la
verité , que foiblement attaquée , mais
où la passion prodiguoit les plus grossieres
calomnies , et n'épargnoit aucune
de ces expressions odieuses , dont les honnêtes
gens dans le Parti Luthérien ont
toûjours rougi.
L. P. Ribera répondit donc à cette
'Apologie ; il communiqua sa Réponse ,
avant que de la publier à des Personnes
du premier Rang dans le Clergé de
Russie , et l'Approbation unanime qu'ils
y donnerent le détermina à la dédier à
l'Imperatrice de Russie même.
La Cour de Moscovie n'auroit jamais
fait des affaires aux Partisans de cet Ouvrage
MARS. 17336
457
vrage , et n'en auroit pas même porté
ses plaintes dans des Cours Etrangeres
,
si le Ministere n'étoit composé que de
Membres
de l'Eglise Grecque ; voilà ce
que c'est que le prétendu Libelle dont
il est parlé dans la Gazette citée cy -dessus ."
Si vous voulez , avant que d'imprimer
ma Lettre , avoir une plus ample connoissance
de l'Ouvrage du P. Ribera ,.
vous en trouverez un Exemplaire chez
le R. P. le Quien , sçavant et celebre Do
miniquain du Convent de la Ruë S. Ho-'
noré , il se fera , sans doute , un plaisir
de vous le communiquer
. Je crois que
Pinterêt de la Religion doit engager les
Auteurs de differens Journaux Litteraires
d'en donner un Extrait.
Quoique ce ne soit pas le P. Ribera
qui vous écrit cette Lettre , si vous avez
besoin de quelques éclaircissemens sur
son contenu , vous pouvez vous adresser
à lui en droiture dans son Convent
à Vienne en Autriche , d'où je vous écris
ce 20 , Décembre 1732.
Je vous envoye en même-temps une
Traduction ou Imitation des fameux Vers
de Seneque. Stet quicumque volet , &c.
Elle a été faite pour le fameux Maréchal
Guy' de Staremberg , qui répetoit continuellement
et s'étoit appliqué ces Vers ;
Ç c'est
458 MERCURE DE FRANCE
que
c'est lui
le Traducteur
fait parler.
Avant que de publier la Lettre dont
on vient de lire l'Extrait , nous avons
cr devoir la communiquer
au R. P le
Quien, qui a bien voulu nous envoyer les
Observations
suivantes ,
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite aux Auteurs du Mercure, au mois de Décembre 1732. sur l'état de la Religion en Moscovie.
En décembre 1732, une lettre adressée aux auteurs du Mercure traite de la situation religieuse en Moscovie. Elle fait référence à une nouvelle de la Gazette d'Amsterdam, rapportant l'arrestation de plusieurs personnes à Pesersbourg pour un libelle contenant des attaques contre les protestants, destiné au clergé russe. La Moscovie, en raison de son importance en Europe et des intérêts de la religion catholique, attire une attention particulière concernant ce libelle. Les Moscovites sont décrits comme éloignés des erreurs luthériennes et attachés au schisme qui les sépare de l'Église romaine. Cependant, l'afflux de luthériens et de calvinistes en Russie depuis le règne de Pierre I a inquiété le clergé local, craignant l'introduction de leurs doctrines. Pour contrer cette menace, le dernier archevêque de Resan a composé un ouvrage intitulé 'Petra Fidei' pour protéger l'Église grecque contre le luthéranisme. Cet ouvrage a suscité une réponse de François Budde, un professeur luthérien. La réponse est tombée entre les mains du père Ribera, un dominicain et docteur en théologie, qui a rédigé une réfutation. Cette réfutation a été approuvée par des membres éminents du clergé russe et dédiée à l'impératrice de Russie. La lettre suggère que la cour de Moscovie n'aurait pas réagi si le ministère était composé uniquement de membres de l'Église grecque. L'auteur de la lettre propose aux auteurs du Mercure de consulter le père le Quien pour obtenir un exemplaire de l'ouvrage du père Ribera et en donner un extrait. La lettre se conclut par une traduction des vers de Sénèque, faite pour le maréchal Guy de Starhemberg.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 458-461
OBSERVATIONS du R. P. le Quien.
Début :
Il paroît par la Réponse que le P. Ribera a publiée contre le Livre du Ministre [...]
Mots clefs :
Église, Exarque, Archevêque, Grecs schismatiques, Doctrine, Ribera, Protestants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : OBSERVATIONS du R. P. le Quien.
OBSERVATIONS du R. P. le Quien.
Il paroît par la Réponse que le P. Ri
bera a publice contre le Livre du Ministre
Luthérien François Buddeus , que
celui de l'Exarque Moscovite est un Ouvrage
de conséquence , et que c'est à bon.
droit que plusieurs Personnes judicieuses
ont écrit ici de ce Pays - là , qu'il est important
pour l'interêt de l'Eglise Catholique
qu'on le traduise en Latin , comme
on a fait en Grec un semblable Ecrit,
mais plus succint , de Pierre Mogilas ,
Archevêque et Métropolitain de la petite
Russie.
L'Ouvrage de l'Archevêque de Rezan ,
est solide et sérieux , très- digne du rang
que son Anteur a tenu dans son Eglise ;
et il n'a mérité d'être traité de Libelle
le Gazetier Hollandois, que parce que
par
ayant été composé pour prémunir ceux
de la Nation Kussienne contre les Nouveautez
pernicieuses qu'on vouloit y semer,
il a été à propos d'entrer dans quelque
M.ARS. 1733
459
que détail de la vie et des moeurs des
premiers Apôtres du nouvel Evangile.
Ce Prélat a crû , avec raison , que les
Moscovites faisant la comparaison de ces
Nouveautez avec les SS. Peres de l'Eglise
, dont ils ont , graces à Dieu , conservé
les Dogies , concevroient pour eux
plus d'éloignement et d'aversion . Rien ;
à la verité , n'est plus mortifiant pour
les Sectes Protestantes , qu'après les tentatives
réïterées et fréquentes qu'ils ont
faites pour introduire leur Doctrine chez
les Grecs Schismatiques , ils n'ayent obtenu
d'eux que des anathêmes , qu'ils
leur ont lancez dans plusieurs Conciles ;
et que dans un vaste Pays comme la Moscovie
, qui a si long - temps été fermé ,
pour ainssi - dire , aux Etrangers , la même
Doctrine que les Catholiques professent
et deffendent contre les Protestans , s'y
soit conservée pute et sans tache jusqu'à
présent.
Avant notre Exarque , Adam Olearius
tout Luthérien obstiné qu'il étoit , ne l'a
pas dissimulé en décrivant ses Voyages.
Il l'a même confirmé dans une Lettre
qu'il écrivit à M. du Cambout de Pont-
Château en 1667. témoignage qu'on ne
sçauroit dire avoir été obtenu par quelque
fraude que ce puisse être ; mais
C ij - donné
460 MERCURE DE FRANCE
donné par une personne non suspecte ,
pour détruire ce qu'un Ministre Calviniste
avoit crû devoir dire , qu'il avoit
écrit cela sans reflexion .
Les Protestans ont traité de Grecs latinisez
, ceux qui ont aussi donné des
témoignages de la conformité de la Doctrine
de leur Eglise avec celle de l'Eglise
Romaine , sur les Articles qui nous divisent
; on les a si solidement réfutez
qu'ils devroient rougir d'alleguer encore
une telle deffaite . C'est un lieu commun
des plus usez ; mais c'est en quoi Buddeus
, qui s'en sert pour s'y retrancher
a fait voir combien la Cause qu'il deffend
est insoutenable. C'est pourtant son
unique ressource , il veut qu'on croye
que l'Exarque Javorski , s'est voulu vens
dre et prostituer aux Romains , en pu
bliant son Ouvrage contre Luther.
Le Livre du P. Ribera merite d'être lû,
en attendant que nous ayions une Traduc
tion exacte de celui de l'Archevêque de
Rezan. Il est intitulé : RESPONSUM ANTAFOLOGETICUM
Ecclesia Catholica contra'
calumniosas Blasphemias Joan, Francisci
Buddei nomine vulgatas in Orthodoxos La
tinos et Gracos , quo PETRÆ FIDEI , à
Stephano Favorskio Resanensi Metropolita
&c. ad evertendum Lutheri Pantheon
jacte
MARS. 1733. 461
6
jacle , repetitus ictus . Datum ad omnes Fideles
et Sereniss . Altiss. et Potentiss. Domina
ANNE JOANNOWE , totius Russia Imperatrici
, & c. dicatum . A. R. P. F. Bernar
do Ribera , Barchinonensi ex Ord. Prad.
Sacra Theol. Doctore et Regio Prof. Publ.
apud Excell. D. Ducem DE LIRIA , &C.
Catholici Hispaniarum Regis Legatum in
Russiam , Missionario Apostolico . VIENNE
Typis Maria Theresia Volgein viduæ ,
Univ. Typogr. M. DCC . XXX I.
Cet ouvrage est d'une érudition exacte
et solide , et beaucoup plus ample que
ne l'est ordinairement celle des Théologiens
Espagnols , qui ne s'appliquent
guere à traiter de la Théologie Dogmatique.
L'Auteur témoigne qu'il ne l'a
publié qu'après l'avoir fait lire et examiner
par les Evêques de Russie , qui l'ont
exhorté à le faire au plutôt imprimer. Les
fréquentes Conférences qu'il a eûës avec
ces Prélats , lui font rendre d'eux ce témoignage
, que , quoiqu'ils se trouvent
aujourd'hui séparez de l'Eglise par la dépendance
où ils ont été de l'Eglise de
Constantinople , qui a fait schisme avec
celle de Rome , il n'a rien trouvé en eux.
de cette aversion et de cette haine que
les Grecs Schismatiques ont marqué dans
leurs Ecrits contre les Latins.
Il paroît par la Réponse que le P. Ri
bera a publice contre le Livre du Ministre
Luthérien François Buddeus , que
celui de l'Exarque Moscovite est un Ouvrage
de conséquence , et que c'est à bon.
droit que plusieurs Personnes judicieuses
ont écrit ici de ce Pays - là , qu'il est important
pour l'interêt de l'Eglise Catholique
qu'on le traduise en Latin , comme
on a fait en Grec un semblable Ecrit,
mais plus succint , de Pierre Mogilas ,
Archevêque et Métropolitain de la petite
Russie.
L'Ouvrage de l'Archevêque de Rezan ,
est solide et sérieux , très- digne du rang
que son Anteur a tenu dans son Eglise ;
et il n'a mérité d'être traité de Libelle
le Gazetier Hollandois, que parce que
par
ayant été composé pour prémunir ceux
de la Nation Kussienne contre les Nouveautez
pernicieuses qu'on vouloit y semer,
il a été à propos d'entrer dans quelque
M.ARS. 1733
459
que détail de la vie et des moeurs des
premiers Apôtres du nouvel Evangile.
Ce Prélat a crû , avec raison , que les
Moscovites faisant la comparaison de ces
Nouveautez avec les SS. Peres de l'Eglise
, dont ils ont , graces à Dieu , conservé
les Dogies , concevroient pour eux
plus d'éloignement et d'aversion . Rien ;
à la verité , n'est plus mortifiant pour
les Sectes Protestantes , qu'après les tentatives
réïterées et fréquentes qu'ils ont
faites pour introduire leur Doctrine chez
les Grecs Schismatiques , ils n'ayent obtenu
d'eux que des anathêmes , qu'ils
leur ont lancez dans plusieurs Conciles ;
et que dans un vaste Pays comme la Moscovie
, qui a si long - temps été fermé ,
pour ainssi - dire , aux Etrangers , la même
Doctrine que les Catholiques professent
et deffendent contre les Protestans , s'y
soit conservée pute et sans tache jusqu'à
présent.
Avant notre Exarque , Adam Olearius
tout Luthérien obstiné qu'il étoit , ne l'a
pas dissimulé en décrivant ses Voyages.
Il l'a même confirmé dans une Lettre
qu'il écrivit à M. du Cambout de Pont-
Château en 1667. témoignage qu'on ne
sçauroit dire avoir été obtenu par quelque
fraude que ce puisse être ; mais
C ij - donné
460 MERCURE DE FRANCE
donné par une personne non suspecte ,
pour détruire ce qu'un Ministre Calviniste
avoit crû devoir dire , qu'il avoit
écrit cela sans reflexion .
Les Protestans ont traité de Grecs latinisez
, ceux qui ont aussi donné des
témoignages de la conformité de la Doctrine
de leur Eglise avec celle de l'Eglise
Romaine , sur les Articles qui nous divisent
; on les a si solidement réfutez
qu'ils devroient rougir d'alleguer encore
une telle deffaite . C'est un lieu commun
des plus usez ; mais c'est en quoi Buddeus
, qui s'en sert pour s'y retrancher
a fait voir combien la Cause qu'il deffend
est insoutenable. C'est pourtant son
unique ressource , il veut qu'on croye
que l'Exarque Javorski , s'est voulu vens
dre et prostituer aux Romains , en pu
bliant son Ouvrage contre Luther.
Le Livre du P. Ribera merite d'être lû,
en attendant que nous ayions une Traduc
tion exacte de celui de l'Archevêque de
Rezan. Il est intitulé : RESPONSUM ANTAFOLOGETICUM
Ecclesia Catholica contra'
calumniosas Blasphemias Joan, Francisci
Buddei nomine vulgatas in Orthodoxos La
tinos et Gracos , quo PETRÆ FIDEI , à
Stephano Favorskio Resanensi Metropolita
&c. ad evertendum Lutheri Pantheon
jacte
MARS. 1733. 461
6
jacle , repetitus ictus . Datum ad omnes Fideles
et Sereniss . Altiss. et Potentiss. Domina
ANNE JOANNOWE , totius Russia Imperatrici
, & c. dicatum . A. R. P. F. Bernar
do Ribera , Barchinonensi ex Ord. Prad.
Sacra Theol. Doctore et Regio Prof. Publ.
apud Excell. D. Ducem DE LIRIA , &C.
Catholici Hispaniarum Regis Legatum in
Russiam , Missionario Apostolico . VIENNE
Typis Maria Theresia Volgein viduæ ,
Univ. Typogr. M. DCC . XXX I.
Cet ouvrage est d'une érudition exacte
et solide , et beaucoup plus ample que
ne l'est ordinairement celle des Théologiens
Espagnols , qui ne s'appliquent
guere à traiter de la Théologie Dogmatique.
L'Auteur témoigne qu'il ne l'a
publié qu'après l'avoir fait lire et examiner
par les Evêques de Russie , qui l'ont
exhorté à le faire au plutôt imprimer. Les
fréquentes Conférences qu'il a eûës avec
ces Prélats , lui font rendre d'eux ce témoignage
, que , quoiqu'ils se trouvent
aujourd'hui séparez de l'Eglise par la dépendance
où ils ont été de l'Eglise de
Constantinople , qui a fait schisme avec
celle de Rome , il n'a rien trouvé en eux.
de cette aversion et de cette haine que
les Grecs Schismatiques ont marqué dans
leurs Ecrits contre les Latins.
Fermer
Résumé : OBSERVATIONS du R. P. le Quien.
Le texte relate les observations du R. P. le Quien sur un ouvrage de l'Exarque Moscovite, considéré comme crucial pour l'Église Catholique et digne d'une traduction en latin. Cet ouvrage, rédigé par l'Archevêque de Rezan, est caractérisé par sa solidité et sa sérieux, ayant pour but de défendre les Moscovites contre les nouvelles doctrines protestantes. Les efforts des protestants pour diffuser leur doctrine en Russie ont été infructueux, comme l'a souligné Adam Olearius. Les protestants ont été contredits par des témoignages attestant de la conformité entre la doctrine de l'Église russe et celle de l'Église romaine. Le livre du P. Ribera, intitulé 'RESPONSUM ANTAFOLOGETICUM', est recommandé en attendant une traduction précise de l'ouvrage de l'Archevêque de Rezan. Cet ouvrage est apprécié pour son érudition et son ampleur. Il a été examiné par les évêques de Russie, qui n'ont manifesté aucune hostilité envers les Latins malgré le schisme avec l'Église de Rome.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13
p. 462
A MADEMOISELLE de Malcrais de la Vigne, par le Poëte de S. Denis Combarnazat, en Auvergne.
Début :
A Saint Denis combarnazat, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADEMOISELLE de Malcrais de la Vigne, par le Poëte de S. Denis Combarnazat, en Auvergne.
AMADEMOISELLE de Malcrais
de la Vigne , par le Poëte de S. Denis
Combarnazai , en Auvergne.
A Saint Denis combarnazar ,
Auriez -vous cru , Malcrais , qu'on vous préconisat
?
L'autre jour Alcidon , Magistrat respectable ,
A Table ,
Chanta sur un Bachique ton
Tout cou-ou- ouleroit dans le gosier * Breton.
Un Chanteur pointilleux , reprit sur la notte ,
Alcidon l'endormit en sifflant - la Linotte.
Belle Malcrais , vos accens gracieux ,
Annoncent vosre Gloire aux plus sauvages Lieux
Votre Muse inspire ses charmes
Aux climats où César vit arrêter ses armes
Par la valeur de Vercingetorix ;
Vous pourriez vous flater d'humaniser le Stix .
Chanson de Mlle de Malcrais.
de la Vigne , par le Poëte de S. Denis
Combarnazai , en Auvergne.
A Saint Denis combarnazar ,
Auriez -vous cru , Malcrais , qu'on vous préconisat
?
L'autre jour Alcidon , Magistrat respectable ,
A Table ,
Chanta sur un Bachique ton
Tout cou-ou- ouleroit dans le gosier * Breton.
Un Chanteur pointilleux , reprit sur la notte ,
Alcidon l'endormit en sifflant - la Linotte.
Belle Malcrais , vos accens gracieux ,
Annoncent vosre Gloire aux plus sauvages Lieux
Votre Muse inspire ses charmes
Aux climats où César vit arrêter ses armes
Par la valeur de Vercingetorix ;
Vous pourriez vous flater d'humaniser le Stix .
Chanson de Mlle de Malcrais.
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Résumé : A MADEMOISELLE de Malcrais de la Vigne, par le Poëte de S. Denis Combarnazat, en Auvergne.
Le poème 'Mademoiselle de Malcrais' pose une question rhétorique à Malcrais. Il mentionne Alcidon, un magistrat, et un chanteur pointilleux. Il loue les accents gracieux de Mademoiselle de Malcrais, capable d'inspirer des charmes même dans des climats où César affronta Vercingétorix. Il suggère qu'elle pourrait humaniser le Styx.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14
p. 463-469
DISCOURS prononcé dans l'Hôtel de Ville de la Rochelle, le 18 Juillet 1732. par M. Regnaud, l'un des Membres de la nouvelle Académie Royale, à la tête de la Compagnie.
Début :
MESSIEURS, Nous venons partager avec vous la joïe que nous [...]
Mots clefs :
Académie de La Rochelle, Établissement, La Rochelle, Société littéraire, Sciences, Public, Amour, Gloire, Province, Postérité, Belles-lettres
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texteReconnaissance textuelle : DISCOURS prononcé dans l'Hôtel de Ville de la Rochelle, le 18 Juillet 1732. par M. Regnaud, l'un des Membres de la nouvelle Académie Royale, à la tête de la Compagnie.
DISCOURS prononcé dans l'Hôtel
de Ville de la Rochelle , le 18 Juillet
1732. par M.Regnaud , l'un des Membres
de la nouvelle Académie Royale , à
la tête de la Compagnie.
M
ESSIEURS ,
Nous venons partager avec vous la
joïe que nous cause un Etablissement
aussi glorieux pour cette Ville , qu'il lui
sera utile dans la suite. Cette Société Litteraire
qui s'est formée sous vos yeux, qui
des son commencement a eu l'approba
tion de M. Bignon , Intendant de la Province
, est aujourd'hui honorée de la Protection
de Monseigneur le Prince de
Conti , et érigée en Corps Académique ,
par les Lettres Patentes , qu'il a plû au
Roy de nous accorder .
L'amour de l'Etude avoit fait naître
l'idée de cet Etablissement , la Sagesse
l'a conduit , la Vertu l'a protegé , et l'authorité
Souveraine vient de le rendre stable
, par une de ces graces singulieres que
S. M. ne répand que sur les Villes qui lúi
sont les plus attachées , les plus soumises ,
Ciiij et
464 MERCURE DE FRANCE
et , si je l'ose dire , les plus cheres.
Prérogative bien glorieuse pour nous
mais encore plus interressante ! elle nous
découvre le caractere bienfaisant du Prince,
sous les Loix duquel nous avons le bonheur
de vivre , son zele à étendre l'Empire
des Lettres jusqu'aux extrémitez de la
France , et, ce qui doit nous toucher plus
vivement, son attention à procurer à cette
Ville , tout ce qui peut lui être avantageux.
En effet , MESSIEURS , nos besoins
sont satisfaits , dès qu'il les connoît ; il
sçait que le commerce de cette Ville a
perdu de son activité et de son étenduë
que notre Port est devenu inaccessible
aux Vaisseaux ; il en ordonne le rétablis
sement , l'ouvrage est commencé , et l'expérience
de celui à qui il est confié , nous
assure du succès .
ོ་
བ་
Vraiment Pere de ses Peuples , il veille
sans cesse à leur conservation ; des maladies
Périodiques affligent les habitans de
cette Ville ; il ordonne d'en chercher la
cause, on la découvre, et déja nous voïons
près de cette Digue fameuse , qui sembloit
devoir nous éloigner de la Mer en lui
prescrivant de nouvelles bornes , mille
bras occupez au salut public.
Mieux instruit que nous sommes de
"no"
MARS. 1733.
465
nos propres interêts , il prévient les suites
funestes de cette avidité qui avoit porté
les Contrées voisines à changer l'usage de
leurs Terres , sans faire attention , qu'en
multipliant à l'excès , les fruits d'une
même espece , elles causoient une abondance
capable de ruiner la principale ressource
de cette Province.
Il semble , MESSIEURS , que cet Astre
ne soit placé sur nos têtes que pour
nous faire sentir la douceur de ses influences
; toujours attentif à recompenser
le mérite et les services de ses Sujets , il
vient de répandre un nouveau lustre
sur une Compagnie encore plus - respectable
par les qualitez de l'esprit et
du coeur , que par le nouvel éclat dont
S. M. a bien voulu l'honorer.
Secondant les voeux d'un Corps qué la
piété et le sçavoir ont toujours distingués
il veut , à l'honneur de la Religion élever
des Autels , dignes de sa Magnificence
Royale , dans les mêmes lieux où l'on regrete
encore ceux que la Guerre et l'Hérésie
ont renverses avec tant de fureur.
›
Notre reconnoissance se ranime à la
vûë de tous ces bienfaits ; mais eussionsnous
pû , MESSIEURS la marquer
d'une manière assez éclatante , si la nouvelle
faveur que nous recevons de S. M.
C v
ne
466 MERCURE DE FRANCE
ne nous mettoit en état de la rendre publique
, et de la faire passer jusqu'à la
posterité la plus reculée.
L'amour des Letttes , et leurs progrès
dans un Etat sont des marques assurées
de grandeur et de prosperité , et leur Etablissement
dans une Ville , et pour tous
les Citoiens , une source de gloire , à laquelle
chacun a droit de prétendre,à proportion
de ses talens .
Vous le sçavez , MESSIEURS , et j'ose
le dire , vous le sçavez par expérience
quels sont les avantages que l'on retire de
la connoissance et de l'amour des belles
Lettres ; jamais l'ame n'est mieux préparée
à la vertu que lorsque les Sciences y
ont répandu la lumiere , plus on est instruit
, micux on est en état de remplir ses
devoirs.
Pour nous en convaincre , parcourons
les differens états d'une Ville où les Lettres
et les Sciences sont cultivées ; nous y
verrons tous les Postes également bien
remplis ; l'authorité y esr sans aigreur ;
Pobéissance sans contrainte ; un heureux
Equilibre y entretient l'harmonie et la
paix ; il regne entre ses habitans , " une
émulation sans envie ; des moeurs douces.
et policées y rendent la société agréable ;
les Arts sont portez à leur perfection , la
ReliMAR
S. 1733 .
467
Religion est honorée et respectée, les Loix
sont en vigueur, chacun est occupé au milieu
de l'abondance.
.. Ce sont-là , MESSIEURS , les fruits
des Sciences et des Belles - Lettres , dont
vous avez jetté les premieres semences
dans cette Province , par l'établissement
de ces Ecoles publiques , où l'on cultive
sans cesse les biens les plus précieux de la
vie , la sience et la vertu.
De là sont sortis ces grands sentimens ,
ces nobles idées , qui se sont dévelopées
peu à peu , et ausquelles il ne manquoit
que le temps et l'occasion pour éclater.
Telle est aussi , MESSIEURS , l'origine de
cette Société Litteraire , à la gloire de laquelle
vous vous trouvez interressez par
des motifs si pressans.
Jettez les yeux pour un moment , sur
un avenir , qui n'est peut - être pas si
éloigné ; et vous verrez les effets de la
noble émulation que cet établissement
va exciter dans tous les coeurs de nos Concitoiens
; vous verrez que ces Plantes si
cheres que vous cultivez avec tant de précaution
, que ces Enfans , dignes de tout
votre amour , comme de tous vos soins ;
seront les premiets à profiter de tous ces
avantages ; ces genies propres aux plus
grandes choses , cultivez par une heu-
C vi reuse
468 MERCURE DE FRANCE
reuse éducation et animez par des exem-
-ples domestiques , rempliront dignement
la place de leurs Peres , et deviendront.
un jour comme eux l'honneur et la gloire
de leur Patrie.
Si le coeur se porte sans cesse vers l'objet
qu'il aime , avec quelle impatience,
MESSIEURS , n'attendez vous point
ces heureux momens où vous pourrez
faire usage de ces sentimens de générosité
qui vous sont si naturels , et qui conviennent
si - bien au poste que voire mérite
semble vous avoir procuré avant le
temps ?
Vous n'aurez , MESSIEURS, qu'à laisser
agir . votre reconnoissance , envers les
Lettres , nos désirs seront remplis , et
l'Académie aura lieu de se féliciter d'une
si heureuse circonstance.
Tour se déclare en notre faveur ; vous.
connoissez ; MESSIEURS , le prix des
Lettres , et vous en faites la matiere de
vos plus douces occupations , les uns par
d'élégantes traductions que le public attend
avec impatience ; les autres par des
Discours aussi solides qu'éloquens , prononcez
avec grace en diverses occasions ;
d'autres , par des recherches et des Anecdotes
aussi utiles à tous les Etats , que
glorieuses à ceux qui se sont appliquez à
former
MARS. 1733.
469
former ces précieux dépôts. Enfin , MESSIEURS,
Votre gout pour les Sciences et
votre zele pour l'intérêt public , nous
donnent lieu d'esperer que vous contribuerez
de tout votre pouvoir à soutenir
un Etablissement qui ne sauroit être indifferent
à ceux qu'une heureuse éducation
distingne du yulgaire.
La gloire du Roy , celle du Prince
notre Auguste Protecteur, le Bien public,
nos interêts communs . Voilà , MESSIEURS ,
les motifs qui doivent nous réunir , pour
faire éclater notre juste reconnoissance ret
pour apprendre à la postérité que les plus
brillantes Victoires des Regnes précédens
cedenr aux douceurs dont nous
jouissons sous le meilleur de tous les
Rois.
de Ville de la Rochelle , le 18 Juillet
1732. par M.Regnaud , l'un des Membres
de la nouvelle Académie Royale , à
la tête de la Compagnie.
M
ESSIEURS ,
Nous venons partager avec vous la
joïe que nous cause un Etablissement
aussi glorieux pour cette Ville , qu'il lui
sera utile dans la suite. Cette Société Litteraire
qui s'est formée sous vos yeux, qui
des son commencement a eu l'approba
tion de M. Bignon , Intendant de la Province
, est aujourd'hui honorée de la Protection
de Monseigneur le Prince de
Conti , et érigée en Corps Académique ,
par les Lettres Patentes , qu'il a plû au
Roy de nous accorder .
L'amour de l'Etude avoit fait naître
l'idée de cet Etablissement , la Sagesse
l'a conduit , la Vertu l'a protegé , et l'authorité
Souveraine vient de le rendre stable
, par une de ces graces singulieres que
S. M. ne répand que sur les Villes qui lúi
sont les plus attachées , les plus soumises ,
Ciiij et
464 MERCURE DE FRANCE
et , si je l'ose dire , les plus cheres.
Prérogative bien glorieuse pour nous
mais encore plus interressante ! elle nous
découvre le caractere bienfaisant du Prince,
sous les Loix duquel nous avons le bonheur
de vivre , son zele à étendre l'Empire
des Lettres jusqu'aux extrémitez de la
France , et, ce qui doit nous toucher plus
vivement, son attention à procurer à cette
Ville , tout ce qui peut lui être avantageux.
En effet , MESSIEURS , nos besoins
sont satisfaits , dès qu'il les connoît ; il
sçait que le commerce de cette Ville a
perdu de son activité et de son étenduë
que notre Port est devenu inaccessible
aux Vaisseaux ; il en ordonne le rétablis
sement , l'ouvrage est commencé , et l'expérience
de celui à qui il est confié , nous
assure du succès .
ོ་
བ་
Vraiment Pere de ses Peuples , il veille
sans cesse à leur conservation ; des maladies
Périodiques affligent les habitans de
cette Ville ; il ordonne d'en chercher la
cause, on la découvre, et déja nous voïons
près de cette Digue fameuse , qui sembloit
devoir nous éloigner de la Mer en lui
prescrivant de nouvelles bornes , mille
bras occupez au salut public.
Mieux instruit que nous sommes de
"no"
MARS. 1733.
465
nos propres interêts , il prévient les suites
funestes de cette avidité qui avoit porté
les Contrées voisines à changer l'usage de
leurs Terres , sans faire attention , qu'en
multipliant à l'excès , les fruits d'une
même espece , elles causoient une abondance
capable de ruiner la principale ressource
de cette Province.
Il semble , MESSIEURS , que cet Astre
ne soit placé sur nos têtes que pour
nous faire sentir la douceur de ses influences
; toujours attentif à recompenser
le mérite et les services de ses Sujets , il
vient de répandre un nouveau lustre
sur une Compagnie encore plus - respectable
par les qualitez de l'esprit et
du coeur , que par le nouvel éclat dont
S. M. a bien voulu l'honorer.
Secondant les voeux d'un Corps qué la
piété et le sçavoir ont toujours distingués
il veut , à l'honneur de la Religion élever
des Autels , dignes de sa Magnificence
Royale , dans les mêmes lieux où l'on regrete
encore ceux que la Guerre et l'Hérésie
ont renverses avec tant de fureur.
›
Notre reconnoissance se ranime à la
vûë de tous ces bienfaits ; mais eussionsnous
pû , MESSIEURS la marquer
d'une manière assez éclatante , si la nouvelle
faveur que nous recevons de S. M.
C v
ne
466 MERCURE DE FRANCE
ne nous mettoit en état de la rendre publique
, et de la faire passer jusqu'à la
posterité la plus reculée.
L'amour des Letttes , et leurs progrès
dans un Etat sont des marques assurées
de grandeur et de prosperité , et leur Etablissement
dans une Ville , et pour tous
les Citoiens , une source de gloire , à laquelle
chacun a droit de prétendre,à proportion
de ses talens .
Vous le sçavez , MESSIEURS , et j'ose
le dire , vous le sçavez par expérience
quels sont les avantages que l'on retire de
la connoissance et de l'amour des belles
Lettres ; jamais l'ame n'est mieux préparée
à la vertu que lorsque les Sciences y
ont répandu la lumiere , plus on est instruit
, micux on est en état de remplir ses
devoirs.
Pour nous en convaincre , parcourons
les differens états d'une Ville où les Lettres
et les Sciences sont cultivées ; nous y
verrons tous les Postes également bien
remplis ; l'authorité y esr sans aigreur ;
Pobéissance sans contrainte ; un heureux
Equilibre y entretient l'harmonie et la
paix ; il regne entre ses habitans , " une
émulation sans envie ; des moeurs douces.
et policées y rendent la société agréable ;
les Arts sont portez à leur perfection , la
ReliMAR
S. 1733 .
467
Religion est honorée et respectée, les Loix
sont en vigueur, chacun est occupé au milieu
de l'abondance.
.. Ce sont-là , MESSIEURS , les fruits
des Sciences et des Belles - Lettres , dont
vous avez jetté les premieres semences
dans cette Province , par l'établissement
de ces Ecoles publiques , où l'on cultive
sans cesse les biens les plus précieux de la
vie , la sience et la vertu.
De là sont sortis ces grands sentimens ,
ces nobles idées , qui se sont dévelopées
peu à peu , et ausquelles il ne manquoit
que le temps et l'occasion pour éclater.
Telle est aussi , MESSIEURS , l'origine de
cette Société Litteraire , à la gloire de laquelle
vous vous trouvez interressez par
des motifs si pressans.
Jettez les yeux pour un moment , sur
un avenir , qui n'est peut - être pas si
éloigné ; et vous verrez les effets de la
noble émulation que cet établissement
va exciter dans tous les coeurs de nos Concitoiens
; vous verrez que ces Plantes si
cheres que vous cultivez avec tant de précaution
, que ces Enfans , dignes de tout
votre amour , comme de tous vos soins ;
seront les premiets à profiter de tous ces
avantages ; ces genies propres aux plus
grandes choses , cultivez par une heu-
C vi reuse
468 MERCURE DE FRANCE
reuse éducation et animez par des exem-
-ples domestiques , rempliront dignement
la place de leurs Peres , et deviendront.
un jour comme eux l'honneur et la gloire
de leur Patrie.
Si le coeur se porte sans cesse vers l'objet
qu'il aime , avec quelle impatience,
MESSIEURS , n'attendez vous point
ces heureux momens où vous pourrez
faire usage de ces sentimens de générosité
qui vous sont si naturels , et qui conviennent
si - bien au poste que voire mérite
semble vous avoir procuré avant le
temps ?
Vous n'aurez , MESSIEURS, qu'à laisser
agir . votre reconnoissance , envers les
Lettres , nos désirs seront remplis , et
l'Académie aura lieu de se féliciter d'une
si heureuse circonstance.
Tour se déclare en notre faveur ; vous.
connoissez ; MESSIEURS , le prix des
Lettres , et vous en faites la matiere de
vos plus douces occupations , les uns par
d'élégantes traductions que le public attend
avec impatience ; les autres par des
Discours aussi solides qu'éloquens , prononcez
avec grace en diverses occasions ;
d'autres , par des recherches et des Anecdotes
aussi utiles à tous les Etats , que
glorieuses à ceux qui se sont appliquez à
former
MARS. 1733.
469
former ces précieux dépôts. Enfin , MESSIEURS,
Votre gout pour les Sciences et
votre zele pour l'intérêt public , nous
donnent lieu d'esperer que vous contribuerez
de tout votre pouvoir à soutenir
un Etablissement qui ne sauroit être indifferent
à ceux qu'une heureuse éducation
distingne du yulgaire.
La gloire du Roy , celle du Prince
notre Auguste Protecteur, le Bien public,
nos interêts communs . Voilà , MESSIEURS ,
les motifs qui doivent nous réunir , pour
faire éclater notre juste reconnoissance ret
pour apprendre à la postérité que les plus
brillantes Victoires des Regnes précédens
cedenr aux douceurs dont nous
jouissons sous le meilleur de tous les
Rois.
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Résumé : DISCOURS prononcé dans l'Hôtel de Ville de la Rochelle, le 18 Juillet 1732. par M. Regnaud, l'un des Membres de la nouvelle Académie Royale, à la tête de la Compagnie.
Le 18 juillet 1732, M. Regnaud, membre de la nouvelle Académie Royale de La Rochelle, a prononcé un discours célébrant la création d'une société littéraire dans la ville. Cette initiative a été approuvée par M. Bignon, Intendant de la Province, et protégée par Monseigneur le Prince de Conti, avant d'être officialisée par des lettres patentes du roi. L'établissement de cette académie est perçu comme une source de gloire et d'utilité pour La Rochelle. Le discours souligne la bienveillance du roi envers les villes loyales et soumises, mettant en avant son zèle pour l'expansion des lettres et son attention aux besoins de La Rochelle. Le roi a ordonné la restauration du port et la lutte contre les maladies périodiques affectant la ville. Il a également pris des mesures pour prévenir les conséquences néfastes de l'avidité agricole dans les régions voisines. L'académie est vue comme un moyen de promouvoir la vertu et la connaissance, contribuant à une société harmonieuse et prospère. Le discours encourage les membres à cultiver les lettres et les sciences, soulignant leur rôle dans le développement des talents et des vertus civiques. La reconnaissance envers le roi et le prince est exprimée, ainsi que l'espoir de voir les jeunes générations bénéficier de cette éducation et devenir un jour l'honneur de leur patrie.
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15
p. 469-471
REPONSE à la Missive du Chevalier de Leucotece, Protecteur de l'Infante Malcrais, imprimée dans le premier Volume du Mercure de Décembre.
Début :
Honneur vous soit, Seigneur de Leucotece, [...]
Mots clefs :
Leucotèce, Chevalier, Seigneur, Rimeur marseillais, Malcrais, Chevalier errant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPONSE à la Missive du Chevalier de Leucotece, Protecteur de l'Infante Malcrais, imprimée dans le premier Volume du Mercure de Décembre.
REPONSE à la Missive du Chevalier
de Leucotece , Protecteur de l'Infante
Malerais , imprimée dans le premier Volume
du Mercure de Décembre.
Honneur Onneur vous soit , Seigneur de Leucotece ;
Preux Chevalier Errant sur le Permesse ,
Vos Vers obscurs , votre stile gaulois ,
Doivent occir le Rimeur Marseillois ;
Vous
470 MERCURE DE FRANCE
Vous discourez comme un vrai Dom Quixote ,
Et méritez bon Brévet de Calotte ;
Puisqu'aussi - bien vous dites sans façon ,
Que vous n'avez ni rime ni raison ;
Mais , direz-vous , ce n'est que pour la rimés
Il me falloit faire rimer Escrime ,
Loin de manquer à ce point important ,
"J'ai mieux aimé me taxer d'ignorant ,
Bien répondu ; le Public charitable ,
En cela seul vous trouve raisonnable ;
Mais entre -nous, Chevalier valeureux
Votre courage est tant soit peu
douteux ;
Vous frissonnez à l'aspect de Voltaire ,
Avec raison votre bras le révere ,
Mais en voulant excepter l'Hélicon ,
Vous nous montrez l'image d'un Poltron.
Quant au Berger des Rives de la Seine ,
On s'apperçoit que ce Rival vos gêne ;
Vous l'attaquez en timide Soldat ,
Quin'ose point hazarder le Combat.
Et pour couvrir votre poltronnerie ,
Vous le voulés par votre calomnie ,
Faire passer pour malin Enchanteur :
Fuyez , fuyez , Chevalier sans valeur ,
Malcrais n'a pas besoin pour la deffendre ,
Que votre voix ici se fasse entendre ,
•
Ni qu'en l'honneur de ses charmans appas,
De yos Rivaux coupiez têtes et bras ;
Point
MARS.
47%
1733
Point de lui faut le secours de votre ordre ;
D'autres sans vous sçauront frapper et mordre
Le moindre mot de son aimable voix ,
Pourroit forcer le Rimeur Marseillois
A confesser que malgré son mérite ,
Et ses talens , dans son corps il habite ,
Certain esprit , qui , quoiqu'il soit divin ,
N'en est pas moins de Sexe feminin ;
Que cette Fille habile et toute aimable ,
N'est point chimere et qu'elle est très - palpable ;
Ainsi , Seigneur , n'exposez plus au vent ,
Votre Harnois de Chevalier Errant ;
Soyez tranquille , et gardez le silence ,
Ou regagnez la Manche en diligence ;
Là renfermé dans votre vieux Château ,
Pour affermir votre foible cerveau ,
Et
pour calmer l'ire qui vous transporte
Avalerez une dose un peu forte
D'un Hellebore éprouvé , bien récent,
C'est mon avis , Seigneur , profitez - en.
V. D. G.
de Leucotece , Protecteur de l'Infante
Malerais , imprimée dans le premier Volume
du Mercure de Décembre.
Honneur Onneur vous soit , Seigneur de Leucotece ;
Preux Chevalier Errant sur le Permesse ,
Vos Vers obscurs , votre stile gaulois ,
Doivent occir le Rimeur Marseillois ;
Vous
470 MERCURE DE FRANCE
Vous discourez comme un vrai Dom Quixote ,
Et méritez bon Brévet de Calotte ;
Puisqu'aussi - bien vous dites sans façon ,
Que vous n'avez ni rime ni raison ;
Mais , direz-vous , ce n'est que pour la rimés
Il me falloit faire rimer Escrime ,
Loin de manquer à ce point important ,
"J'ai mieux aimé me taxer d'ignorant ,
Bien répondu ; le Public charitable ,
En cela seul vous trouve raisonnable ;
Mais entre -nous, Chevalier valeureux
Votre courage est tant soit peu
douteux ;
Vous frissonnez à l'aspect de Voltaire ,
Avec raison votre bras le révere ,
Mais en voulant excepter l'Hélicon ,
Vous nous montrez l'image d'un Poltron.
Quant au Berger des Rives de la Seine ,
On s'apperçoit que ce Rival vos gêne ;
Vous l'attaquez en timide Soldat ,
Quin'ose point hazarder le Combat.
Et pour couvrir votre poltronnerie ,
Vous le voulés par votre calomnie ,
Faire passer pour malin Enchanteur :
Fuyez , fuyez , Chevalier sans valeur ,
Malcrais n'a pas besoin pour la deffendre ,
Que votre voix ici se fasse entendre ,
•
Ni qu'en l'honneur de ses charmans appas,
De yos Rivaux coupiez têtes et bras ;
Point
MARS.
47%
1733
Point de lui faut le secours de votre ordre ;
D'autres sans vous sçauront frapper et mordre
Le moindre mot de son aimable voix ,
Pourroit forcer le Rimeur Marseillois
A confesser que malgré son mérite ,
Et ses talens , dans son corps il habite ,
Certain esprit , qui , quoiqu'il soit divin ,
N'en est pas moins de Sexe feminin ;
Que cette Fille habile et toute aimable ,
N'est point chimere et qu'elle est très - palpable ;
Ainsi , Seigneur , n'exposez plus au vent ,
Votre Harnois de Chevalier Errant ;
Soyez tranquille , et gardez le silence ,
Ou regagnez la Manche en diligence ;
Là renfermé dans votre vieux Château ,
Pour affermir votre foible cerveau ,
Et
pour calmer l'ire qui vous transporte
Avalerez une dose un peu forte
D'un Hellebore éprouvé , bien récent,
C'est mon avis , Seigneur , profitez - en.
V. D. G.
Fermer
Résumé : REPONSE à la Missive du Chevalier de Leucotece, Protecteur de l'Infante Malcrais, imprimée dans le premier Volume du Mercure de Décembre.
L'auteur répond à une lettre du Chevalier de Leucotece, Protecteur de l'Infante, publiée dans le Mercure de Décembre. Il critique sévèrement le style littéraire et le courage du Chevalier, le comparant à Don Quichotte. Ses vers sont jugés obscurs et son style qualifié de gaulois. Bien que le Chevalier reconnaisse ne pas maîtriser la rime et la raison, l'auteur le traite de poltron, notamment face à Voltaire et un rival berger des Rives de la Seine. Il accuse le Chevalier de calomnier ce rival pour dissimuler sa propre lâcheté. L'auteur affirme que Malcrais n'a pas besoin de la défense du Chevalier et que d'autres sauront mieux défendre ses qualités. Il conseille au Chevalier de se taire ou de regagner la Manche, suggérant qu'il avale une dose d'hellébore pour apaiser son esprit agité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16
p. 472-480
LETTRE écrite à M. D. L. R. par M. L. B. Chanoine et Sous-Chantre d'Auxerre, sur l'usage des Habits Canoniaux et Militaires, à l'occasion de ce qui est rapporté dans le Mercure du mois de Juin dernier, de la Réception de M. le Comte de Chastellux.
Début :
J'aurois bien souhaité, Monsieur, que le Mémoire qu'on vous a envoyé touchant [...]
Mots clefs :
Église, Auxerre, Chanoine, Chapitre, Ecclesia, Cathédrale, Comte de Chastellux, Chanoines, Tournon, Utrecht, Habits canoniaux
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite à M. D. L. R. par M. L. B. Chanoine et Sous-Chantre d'Auxerre, sur l'usage des Habits Canoniaux et Militaires, à l'occasion de ce qui est rapporté dans le Mercure du mois de Juin dernier, de la Réception de M. le Comte de Chastellux.
LETTRE écrite à M. D. L. R. par
M. L. B. Chanoine et Sous -Chantre
d'Auxerre , sur l'usage des Habits Canoniaux
et Militaires , à l'occasion de
ce qui est rapporté dans le Mercure du
mois deJuin dernier , de la Réception de
M. le Comte de Chastellux.
J
' Aurois bien souhaité , Monsieur ,
que
le Mémoire qu'on vous a envoyé touchant
la Réception de M. le Comte de
Chastellux , en qualité de premier Chanoine
Hereditaire de notre Eglise , eût
été plus érendu , pour la satisfaction du
Public , qui goûte assez ces sortes de détails
de Ceremonies rares ; mais cela n'a
pas dépendu de moi , et il a fallu déferer
au sentiment de quelques personnes que
je respecte , qui avoient recommandé la
brieveté .
Je suis bien aise qu'au moins on y ait
inseré l'origine du droit de la Maison de
Chastellux , et qu'on y ait parié de la
Ville de Cravan ou Crevan , conformé
ment aux Titres du XV . Siecle. Le peu
qu'on en dit me confirme dans l'idée que
j'ai eue depuis que j'ai pris connoissance
de
MARS. 1733 .
473
de nos Antiquitez , qu'on a voulu l'honorer
dans l'Eglise d'Aux erre à perpetuité
, par ce droit de Restituteur de la
principale Terre du Chapitre , de même
qu'on y honote le Donateur par des marques
d'une veneration particuliere presque
tous les jours de l'année , depuis le
temps de sa mort , arrivée au X. Siecle.
Ce seroit en effet s'exposer à être taxé
d'ingratitude , que d'en agir autrement :
Alias de ingratitudinis vitio , quod abominabile
meritò judicatur , et à quibusvis
fidelibus , præsertim viris Ecclesiasticis debet
effectualiter abhorreri , possemus non immeritò
reprehendi , disoient nos
Predecesseurs.
Les mêmes personnes qui s'exprimoient
ainsi il y a trois cent ans , te
noient par tradition de ceux qui les
avoient précedez , les marques de gratitude
qu'ils nous ont transmises envers
l'Evêque Guy le Sénonois , le premier de
tous ceux qui ont eu l'Eglise Cathédrale
pour sépulture ; et sa mémoire ne pourra
jamais tomber dans l'oubli , quoique
quelques personnes ayent contribué de
nos jours par inadvertance et peutêtre
sans le vouloir , à faire perdre de
vûë les vestiges qui restent de la reconnoissance
de ce bienfait. Je ne dis rien
sur l'origine de cette donation , qui ne
soit
474 MERCURE DE FRANCE
soit déja tout publié , et dont l'on n'ait
la preuve dans l'Histoire imprimée des
Evêques d'Auxerre aux pages 445. et
446. du premier Volume de la Bibliotheque
des Manuscrits du P. Labbe ,
Jesuite ; et les Etrangers qui examinent
soigneusement les Peintures de l'Eglise
Cathédrale d'Auxerre , ne manquent pas
d'y lire sous la figure de ce Guy, Beatus
Guydo , et d'en conclure quelque chose.
Mais ceci M. n'est pas le sujet de l'apostille
que vous avez faite au Memoire
qui vous fut envoyé au mois de Juin.
Il paroit que vous souhaiteriez sçavoir
si l'usage de voir des habits Militaires ou
Seculiers réunis avec les habits Canoniaux
sur une même personne est ancien , et s'il
est à present singulier à l'Eglise d' Auxerre.
Je ne sçaurois vous parler de l'Antiquité
de cet usage qu'en vous apprenant
en même temps qu'autrefois il n'étoit
pas si rarequil l'est de nos jours . Il étoit
assez commun de voir de gros Seigneurs
Bienfacteurs d'une Eglise avoir rang parmi
les Chanoines et se placer au Choeur
en habit Militaire , même avec des Eperons
et des Armes. Les Statuts du Chapitre
de Toul , compilez l'an 1491. s'expliquent
ainsi au Chapitre IV . Nobiles
Scutiferi et Milites specialiter hujus Ecclesia
M.A R 6. 1733. 479
sia Vassalli , cùm intrant Chorum , admitts
debent portare calcaria et arma ; et collo
cantur inter Archidiaconos et Canonicos ,
quia Defensores sunt Ecclesia pro debito
sue Nobilitatis. Ce petit Monument rédigé
en Latin , n'est point encore si curieux
à lire que celui que M. Baluse a
publié dans ses Preuves de l'Histoire de
la Maison d'Auvergne , à la page 471 .
Pour vous épargner la peine de le consulter
dans le Livre même , je transcrirai
ici en entier la Notice qu'en a donnée
ce celebre Antiquaire .
Extrait des Memoires d'André Duchesne
» Acte en datte du xxvij. Noyembre
1405. en présence de Jean Guineau ,
» Clerc Notaire , par lequel il appert
» comme Noble et Puissant Messire Gui-
» chard Dauphin , Chevalier Baron de
» la Ferté- Chauderon , Seigneur de Jali-
" gny , se transportą à la Porte de l'E-
>> glise Cathédrale de Nevers , les Epe
>> rons dorez chaussez , l'Epée ceinte et
>> le Faucon sur le poing : où étant vin-
>> rent au-devant de lui le College de la
dite Eglise , Chanoines et Chapelains ,
revétus de Chappes , avec la Croix
» l'Eau - Benite et les Cierges allumez . Et
» Messire Pierre le Clerc , Archidiacre de
» Desise
476 MERCURE DE FRANCE
"
» Desise en ladite Eglise , le prenant par
» la main , le mena en l'état cy - dessus
en l'Eglise jusques devant le Grand-
» Autel. Puis la Grand'Messe étant dite ,
>>
le menerent dans le Chapitre , où ils
>> le reçurent pour leur Confrere et Cha-
» noine , ainsi qu'il avoit été fait à ses
» Prédecesseurs , après qu'il eut donné
» son Serment sur les saints Evangiles , et
protesté qu'il ne réveleroit jamais les se-
>> crets du Chapitre en choses qui lui
» pourroient préjudicier. Puis baisa à la
» bouche ledit Archidiacre , Messire Jacques
de Besson , Jean de Maurigny et
» autres Chanoines d'icelle Eglise. Puis
>> remenerent ledit Baron en l'Eglise , et
» le firent asseoir au quatriéme Siege du
» côté de l'Archidiacte de Nevers , présens
Nobles hommes Messire Pierre de
» Veaulce , Jean de Montagu le Belin
Joseph de Citin , et Claudin Bastard
» de Jaligny , Chevaliers , Philippes de
» Villaines , Guichard de Villiers , Etien-
>> ne de Poisson, Guillaume de Chevenon,
Jean Chauderon , Jean d'Aligny le jeu
» ne , et Antoine d'Armes , Ecuyers.
Etant tombé sur un Livre intitulé ,
Le Chanoine , composé par Vital Bernard,
Chanoine du Puy en Vellay , et imprimé
en 1645. j'y ai lû aux pages 8o. et 81 .
ce
MARS. 1733
477
ce qui suit. » Le Duc de Brabant est Cha-
» noine né de l'Eglise Archiepiscopale
» d'Utrecht. Charles V. Empereur et Roy
» d'Espagne ; en cette qualité de Duc ,
» ( comme il alloit recevoir la Couronne
Imperiale en la Ville d'Aix -la - Chapelle)
» passant à Utrecht , y prit le Surplis et
>> assista au Service , comme les autres
» Chanoines, le 13. Octobre 15 20. Même
» Privilege est acquis au Seigneur de Tour-
» non , en l'Eglise de S. Just de Lyon .
"
Ici l'Auteur déclare son sentiment sur
l'origine de ce droit du Seigneur de Tournon
qu'il fait venir d'une Fondation du
quatriéme Siecle ; mais je ne veux pas
en être garant. Puis il ajoûte ce trait , qui
test plus curieux . » Paradin , en son His-
» toire de Lyon , dit qu'il assista en 1542 .
à la Prise de Possession de ce Droit
» honorifique d'un Seigneur de Tournon ,
et que Jacques de Tournon , Evêque
de Valence , son frere , le voyant re
» vétu d'une courte Robbe de Damas
» avec un Surplis dessus , l'Aumusse au
» bras et l'Epée au côté. Voilà , mon frere ,
❤ ( dit- il en le raillant ) qui représente bien
les trois Etats.
Je ne m'étends point sur un droit assez
semblable, dont jouissent 4 ou 5 Seigneurs
dans l'Eglise Cathedrale d'Auch , si on en
croit
478 MERCURE DE FRANCE
croît le même Chanoine , parce que je
n'en connois point assez les circonstances
, non plus que sur les droits de certains
Seigneurs dans l'Eglise de S. Martin
de Tours , où l'on dit que le Comte d'Anjou
est Chanoine ; de consuetudine et habet
Prebendam in blado et vino et nummis ; en
mémoire du Comte d'Anjou Ingelger ,
qui fit rapporter d'Auxerre à Tours , le
Corps de S. Martin , au neuvième siècle.
Voyez encore Héméré , en son Histoire
de S. Quentin , à la page 201.
Au reste , plus ces Auteurs sont succincts
sur ces sortes de matieres , plus ils
laissent d'obscurité
après eux ; et c'est
pour cela que je croi que le Cérémonial
observé en ces occasions , ne sçauroit être
trop expliqué. Pouvez - vous , en off.t ,
comprendre
ce que veut dire Platina ,
quand il écrit que le jour que Charles-
Quint assista au Service , dans la Cathedrale
d'Utrecht , il étoit talari indutus
linteo et sacra amictus vesie ? Vital Bernard
a tort de traduire , talare linteum , par le
mot de Surplis ; ce doit être une Aube
traînanté jusqu'aux
talons . Il laisse aussi
à deviner ce qu'étoit ce Sacra vestis qui le
couvroit ; c'étoit apparemment
une Chape
ou une Dalmatique
.
Je vous ai fait remarquer , Monsieur ,
en
MAR S. 1733- 479
en.1726. que les Empereurs lisoient encore
à Rome au xiy siécle , une Leçon à
P'Office des Grandes Fêtes , la Chape sur
le Corps , et l'Epée nuë à la main a . J'y
ajoutai une remarque touchant les Trésoriers
de quelques Cathédrales , qui anciennement
pouvoient assister à l'Office
avec des marques de distinction , sembla
bles à celles de M. de Chastellux . C'est
tout ce qui est de ma connoissance dans
la matiere dont il s'agit ; cat il ne me
reste aucune preuve qu'un semblable usag
existe dans l'Eglise de Chartres , ainsį
qu'on l'avoit divulgué , et il ne faut pas
confondre avec notre usage , celui de
Chartres, de faire présenter à l'Offrande ,
le 15 jour d'Août , par un Officier de la
Terre de Maintenon , un Epervier , pre
nant Proye ; lequel Oyseau doit être porté
par le Diacre au Régent de la Prébende
, duquel les Officiers de Maintenon
le rachetent, Ce que vous avez lû ci-dessus
, tiré des Statuts du Chapitre de Toul ,
avec ce que nous voyons dans le Nécrologe
de l'Eglise d'Auxerre , écrit au xr et
XIe siècles , et publié en partie par Dom
Martene b , où quantité de Seigneur sont
ainsi désignez ; Obiit N... Miles Sancti
a Mercure , Janvier 1726. pag. 31 et 32,
b Ampliss, Colleic, Tom. 6
Stephani
48 MERCURE DE FRANCE
Stephani , ou bien , Miles hujus Ecclesia.
Tout cela , dis- je , peut appuyer la pensée
qui vient naturellement , que le Chanoine
revêtu du Canonicat héréditaire
d'Auxerre , est à peu près dans l'état
où se trouvoient- ces anciens Deffenseurs
et Protecteurs des biens de l'Eglise .
M. Ducange , qui avoit vû cet Ouvrage
en manuscrit , n'a pas oublié dans
son Glossaire , celui qui est qualifié au
4 jour d'Avril dans ce Nécrologe : Hujus
Ecclesia Vexillarius ; et il paroît que
ce Titre de Vexillarius n'étoit pas fort
commun , puisqu'il ne rapporte que cet
exemple de Léoteric , Vicomte d'Auxer
re , qu'il joint à celui de Jacques , Roy
d'Arragon , qualifié en 1309. S. Romana
Ecclesia Vexillarius.
A Auxerre , le 10 Decembre 1732.
M. L. B. Chanoine et Sous -Chantre
d'Auxerre , sur l'usage des Habits Canoniaux
et Militaires , à l'occasion de
ce qui est rapporté dans le Mercure du
mois deJuin dernier , de la Réception de
M. le Comte de Chastellux.
J
' Aurois bien souhaité , Monsieur ,
que
le Mémoire qu'on vous a envoyé touchant
la Réception de M. le Comte de
Chastellux , en qualité de premier Chanoine
Hereditaire de notre Eglise , eût
été plus érendu , pour la satisfaction du
Public , qui goûte assez ces sortes de détails
de Ceremonies rares ; mais cela n'a
pas dépendu de moi , et il a fallu déferer
au sentiment de quelques personnes que
je respecte , qui avoient recommandé la
brieveté .
Je suis bien aise qu'au moins on y ait
inseré l'origine du droit de la Maison de
Chastellux , et qu'on y ait parié de la
Ville de Cravan ou Crevan , conformé
ment aux Titres du XV . Siecle. Le peu
qu'on en dit me confirme dans l'idée que
j'ai eue depuis que j'ai pris connoissance
de
MARS. 1733 .
473
de nos Antiquitez , qu'on a voulu l'honorer
dans l'Eglise d'Aux erre à perpetuité
, par ce droit de Restituteur de la
principale Terre du Chapitre , de même
qu'on y honote le Donateur par des marques
d'une veneration particuliere presque
tous les jours de l'année , depuis le
temps de sa mort , arrivée au X. Siecle.
Ce seroit en effet s'exposer à être taxé
d'ingratitude , que d'en agir autrement :
Alias de ingratitudinis vitio , quod abominabile
meritò judicatur , et à quibusvis
fidelibus , præsertim viris Ecclesiasticis debet
effectualiter abhorreri , possemus non immeritò
reprehendi , disoient nos
Predecesseurs.
Les mêmes personnes qui s'exprimoient
ainsi il y a trois cent ans , te
noient par tradition de ceux qui les
avoient précedez , les marques de gratitude
qu'ils nous ont transmises envers
l'Evêque Guy le Sénonois , le premier de
tous ceux qui ont eu l'Eglise Cathédrale
pour sépulture ; et sa mémoire ne pourra
jamais tomber dans l'oubli , quoique
quelques personnes ayent contribué de
nos jours par inadvertance et peutêtre
sans le vouloir , à faire perdre de
vûë les vestiges qui restent de la reconnoissance
de ce bienfait. Je ne dis rien
sur l'origine de cette donation , qui ne
soit
474 MERCURE DE FRANCE
soit déja tout publié , et dont l'on n'ait
la preuve dans l'Histoire imprimée des
Evêques d'Auxerre aux pages 445. et
446. du premier Volume de la Bibliotheque
des Manuscrits du P. Labbe ,
Jesuite ; et les Etrangers qui examinent
soigneusement les Peintures de l'Eglise
Cathédrale d'Auxerre , ne manquent pas
d'y lire sous la figure de ce Guy, Beatus
Guydo , et d'en conclure quelque chose.
Mais ceci M. n'est pas le sujet de l'apostille
que vous avez faite au Memoire
qui vous fut envoyé au mois de Juin.
Il paroit que vous souhaiteriez sçavoir
si l'usage de voir des habits Militaires ou
Seculiers réunis avec les habits Canoniaux
sur une même personne est ancien , et s'il
est à present singulier à l'Eglise d' Auxerre.
Je ne sçaurois vous parler de l'Antiquité
de cet usage qu'en vous apprenant
en même temps qu'autrefois il n'étoit
pas si rarequil l'est de nos jours . Il étoit
assez commun de voir de gros Seigneurs
Bienfacteurs d'une Eglise avoir rang parmi
les Chanoines et se placer au Choeur
en habit Militaire , même avec des Eperons
et des Armes. Les Statuts du Chapitre
de Toul , compilez l'an 1491. s'expliquent
ainsi au Chapitre IV . Nobiles
Scutiferi et Milites specialiter hujus Ecclesia
M.A R 6. 1733. 479
sia Vassalli , cùm intrant Chorum , admitts
debent portare calcaria et arma ; et collo
cantur inter Archidiaconos et Canonicos ,
quia Defensores sunt Ecclesia pro debito
sue Nobilitatis. Ce petit Monument rédigé
en Latin , n'est point encore si curieux
à lire que celui que M. Baluse a
publié dans ses Preuves de l'Histoire de
la Maison d'Auvergne , à la page 471 .
Pour vous épargner la peine de le consulter
dans le Livre même , je transcrirai
ici en entier la Notice qu'en a donnée
ce celebre Antiquaire .
Extrait des Memoires d'André Duchesne
» Acte en datte du xxvij. Noyembre
1405. en présence de Jean Guineau ,
» Clerc Notaire , par lequel il appert
» comme Noble et Puissant Messire Gui-
» chard Dauphin , Chevalier Baron de
» la Ferté- Chauderon , Seigneur de Jali-
" gny , se transportą à la Porte de l'E-
>> glise Cathédrale de Nevers , les Epe
>> rons dorez chaussez , l'Epée ceinte et
>> le Faucon sur le poing : où étant vin-
>> rent au-devant de lui le College de la
dite Eglise , Chanoines et Chapelains ,
revétus de Chappes , avec la Croix
» l'Eau - Benite et les Cierges allumez . Et
» Messire Pierre le Clerc , Archidiacre de
» Desise
476 MERCURE DE FRANCE
"
» Desise en ladite Eglise , le prenant par
» la main , le mena en l'état cy - dessus
en l'Eglise jusques devant le Grand-
» Autel. Puis la Grand'Messe étant dite ,
>>
le menerent dans le Chapitre , où ils
>> le reçurent pour leur Confrere et Cha-
» noine , ainsi qu'il avoit été fait à ses
» Prédecesseurs , après qu'il eut donné
» son Serment sur les saints Evangiles , et
protesté qu'il ne réveleroit jamais les se-
>> crets du Chapitre en choses qui lui
» pourroient préjudicier. Puis baisa à la
» bouche ledit Archidiacre , Messire Jacques
de Besson , Jean de Maurigny et
» autres Chanoines d'icelle Eglise. Puis
>> remenerent ledit Baron en l'Eglise , et
» le firent asseoir au quatriéme Siege du
» côté de l'Archidiacte de Nevers , présens
Nobles hommes Messire Pierre de
» Veaulce , Jean de Montagu le Belin
Joseph de Citin , et Claudin Bastard
» de Jaligny , Chevaliers , Philippes de
» Villaines , Guichard de Villiers , Etien-
>> ne de Poisson, Guillaume de Chevenon,
Jean Chauderon , Jean d'Aligny le jeu
» ne , et Antoine d'Armes , Ecuyers.
Etant tombé sur un Livre intitulé ,
Le Chanoine , composé par Vital Bernard,
Chanoine du Puy en Vellay , et imprimé
en 1645. j'y ai lû aux pages 8o. et 81 .
ce
MARS. 1733
477
ce qui suit. » Le Duc de Brabant est Cha-
» noine né de l'Eglise Archiepiscopale
» d'Utrecht. Charles V. Empereur et Roy
» d'Espagne ; en cette qualité de Duc ,
» ( comme il alloit recevoir la Couronne
Imperiale en la Ville d'Aix -la - Chapelle)
» passant à Utrecht , y prit le Surplis et
>> assista au Service , comme les autres
» Chanoines, le 13. Octobre 15 20. Même
» Privilege est acquis au Seigneur de Tour-
» non , en l'Eglise de S. Just de Lyon .
"
Ici l'Auteur déclare son sentiment sur
l'origine de ce droit du Seigneur de Tournon
qu'il fait venir d'une Fondation du
quatriéme Siecle ; mais je ne veux pas
en être garant. Puis il ajoûte ce trait , qui
test plus curieux . » Paradin , en son His-
» toire de Lyon , dit qu'il assista en 1542 .
à la Prise de Possession de ce Droit
» honorifique d'un Seigneur de Tournon ,
et que Jacques de Tournon , Evêque
de Valence , son frere , le voyant re
» vétu d'une courte Robbe de Damas
» avec un Surplis dessus , l'Aumusse au
» bras et l'Epée au côté. Voilà , mon frere ,
❤ ( dit- il en le raillant ) qui représente bien
les trois Etats.
Je ne m'étends point sur un droit assez
semblable, dont jouissent 4 ou 5 Seigneurs
dans l'Eglise Cathedrale d'Auch , si on en
croit
478 MERCURE DE FRANCE
croît le même Chanoine , parce que je
n'en connois point assez les circonstances
, non plus que sur les droits de certains
Seigneurs dans l'Eglise de S. Martin
de Tours , où l'on dit que le Comte d'Anjou
est Chanoine ; de consuetudine et habet
Prebendam in blado et vino et nummis ; en
mémoire du Comte d'Anjou Ingelger ,
qui fit rapporter d'Auxerre à Tours , le
Corps de S. Martin , au neuvième siècle.
Voyez encore Héméré , en son Histoire
de S. Quentin , à la page 201.
Au reste , plus ces Auteurs sont succincts
sur ces sortes de matieres , plus ils
laissent d'obscurité
après eux ; et c'est
pour cela que je croi que le Cérémonial
observé en ces occasions , ne sçauroit être
trop expliqué. Pouvez - vous , en off.t ,
comprendre
ce que veut dire Platina ,
quand il écrit que le jour que Charles-
Quint assista au Service , dans la Cathedrale
d'Utrecht , il étoit talari indutus
linteo et sacra amictus vesie ? Vital Bernard
a tort de traduire , talare linteum , par le
mot de Surplis ; ce doit être une Aube
traînanté jusqu'aux
talons . Il laisse aussi
à deviner ce qu'étoit ce Sacra vestis qui le
couvroit ; c'étoit apparemment
une Chape
ou une Dalmatique
.
Je vous ai fait remarquer , Monsieur ,
en
MAR S. 1733- 479
en.1726. que les Empereurs lisoient encore
à Rome au xiy siécle , une Leçon à
P'Office des Grandes Fêtes , la Chape sur
le Corps , et l'Epée nuë à la main a . J'y
ajoutai une remarque touchant les Trésoriers
de quelques Cathédrales , qui anciennement
pouvoient assister à l'Office
avec des marques de distinction , sembla
bles à celles de M. de Chastellux . C'est
tout ce qui est de ma connoissance dans
la matiere dont il s'agit ; cat il ne me
reste aucune preuve qu'un semblable usag
existe dans l'Eglise de Chartres , ainsį
qu'on l'avoit divulgué , et il ne faut pas
confondre avec notre usage , celui de
Chartres, de faire présenter à l'Offrande ,
le 15 jour d'Août , par un Officier de la
Terre de Maintenon , un Epervier , pre
nant Proye ; lequel Oyseau doit être porté
par le Diacre au Régent de la Prébende
, duquel les Officiers de Maintenon
le rachetent, Ce que vous avez lû ci-dessus
, tiré des Statuts du Chapitre de Toul ,
avec ce que nous voyons dans le Nécrologe
de l'Eglise d'Auxerre , écrit au xr et
XIe siècles , et publié en partie par Dom
Martene b , où quantité de Seigneur sont
ainsi désignez ; Obiit N... Miles Sancti
a Mercure , Janvier 1726. pag. 31 et 32,
b Ampliss, Colleic, Tom. 6
Stephani
48 MERCURE DE FRANCE
Stephani , ou bien , Miles hujus Ecclesia.
Tout cela , dis- je , peut appuyer la pensée
qui vient naturellement , que le Chanoine
revêtu du Canonicat héréditaire
d'Auxerre , est à peu près dans l'état
où se trouvoient- ces anciens Deffenseurs
et Protecteurs des biens de l'Eglise .
M. Ducange , qui avoit vû cet Ouvrage
en manuscrit , n'a pas oublié dans
son Glossaire , celui qui est qualifié au
4 jour d'Avril dans ce Nécrologe : Hujus
Ecclesia Vexillarius ; et il paroît que
ce Titre de Vexillarius n'étoit pas fort
commun , puisqu'il ne rapporte que cet
exemple de Léoteric , Vicomte d'Auxer
re , qu'il joint à celui de Jacques , Roy
d'Arragon , qualifié en 1309. S. Romana
Ecclesia Vexillarius.
A Auxerre , le 10 Decembre 1732.
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Résumé : LETTRE écrite à M. D. L. R. par M. L. B. Chanoine et Sous-Chantre d'Auxerre, sur l'usage des Habits Canoniaux et Militaires, à l'occasion de ce qui est rapporté dans le Mercure du mois de Juin dernier, de la Réception de M. le Comte de Chastellux.
La lettre de M. L. B., chanoine et sous-chantre d'Auxerre, aborde l'usage des habits canoniaux et militaires lors de la réception de M. le Comte de Chastellux en tant que premier chanoine héréditaire de l'Église d'Auxerre. L'auteur exprime des regrets quant à la brièveté du mémoire sur cette réception mais s'y conforme. Il rappelle l'origine du droit de la Maison de Chastellux, lié à la ville de Cravan ou Crevan, conformément aux titres du XVe siècle. L'auteur exprime sa gratitude envers l'évêque Guy le Sénonois, premier à être inhumé dans la cathédrale d'Auxerre au Xe siècle, et insiste sur l'importance de ne pas oublier cette reconnaissance malgré les tentatives de certaines personnes d'effacer ces souvenirs. Concernant l'usage des habits militaires ou séculiers avec les habits canoniaux, l'auteur note que cette pratique n'était pas rare autrefois. Il cite des exemples historiques, comme les statuts du Chapitre de Toul en 1491 et des actes du XVe siècle où des seigneurs bienfaiteurs portaient des habits militaires au chœur. Des cas similaires sont également mentionnés dans d'autres églises, telles que celles de Nevers, Utrecht et Lyon. L'auteur conclut en affirmant que le chanoine héréditaire d'Auxerre se trouve dans une situation comparable à celle des anciens défenseurs et protecteurs des biens de l'Église. Il appuie cette idée en citant des exemples tirés du nécrologe de l'Église d'Auxerre et des travaux de M. Ducange.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17
p. 480-481
CONTE, Par Mlle de Malcrais de la Vigne, du Croisic, en Bretagne.
Début :
Un gars Meunier, frapoit avec furie, [...]
Mots clefs :
Palais, Meunier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONTE, Par Mlle de Malcrais de la Vigne, du Croisic, en Bretagne.
CONTE ,
Par Me de Malcrais de la Vigne , du
Croisic , en Bretagne .
UN gars Meunier , frapoit avec furie ,
Un Baudet maigre , accablé sous le faix ;
Deux Avocats au softir du Palais ,
A
MARS.
1733-
481
A ce spectacle eurent l'ame attendrie.
Hò , cria l'un , tourne icy , gros Manant ,
Epargne un peu cette chétive Bête ,
Autant vaudroit l'écorcher à l'instant.
Alors le Drôle , ôtant d'un air honnête ,
Un vieux Chapeau , qui flotoit sur sa tête ,
Moins noir que blanc , par trop long- temps
porté ,
Excusez - donc , dit- il , ma liberté ,
Monsieur , mon Asne , entre- nous sans rancune,
Foint, jusqu'icy , noble Roy des Baudets ,
Foy de Meunier , n'avois croïance aucune
Qu'eussiez amis , ni parens au Palais.
Par Me de Malcrais de la Vigne , du
Croisic , en Bretagne .
UN gars Meunier , frapoit avec furie ,
Un Baudet maigre , accablé sous le faix ;
Deux Avocats au softir du Palais ,
A
MARS.
1733-
481
A ce spectacle eurent l'ame attendrie.
Hò , cria l'un , tourne icy , gros Manant ,
Epargne un peu cette chétive Bête ,
Autant vaudroit l'écorcher à l'instant.
Alors le Drôle , ôtant d'un air honnête ,
Un vieux Chapeau , qui flotoit sur sa tête ,
Moins noir que blanc , par trop long- temps
porté ,
Excusez - donc , dit- il , ma liberté ,
Monsieur , mon Asne , entre- nous sans rancune,
Foint, jusqu'icy , noble Roy des Baudets ,
Foy de Meunier , n'avois croïance aucune
Qu'eussiez amis , ni parens au Palais.
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Résumé : CONTE, Par Mlle de Malcrais de la Vigne, du Croisic, en Bretagne.
Un meunier bat un âne chargé. Deux avocats interviennent pour épargner l'animal. Le meunier, surpris, s'excuse et ignore que les ânes peuvent avoir des amis parmi les avocats. Ce conte, intitulé 'CONTE', est écrit par Me de Malcrais de la Vigne du Croisic en Bretagne, en mars 1733.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18
p. 481-488
LETTRE à Mr Titon du Tillet, ancien Commissaire Provincial des Guerres, &c. sur la nouvelle Edition de son Livre, intitulé Le Parnasse François.
Début :
J'ai lu, Monsieur, avec beaucoup d'attention et de plaisir la Description du [...]
Mots clefs :
Mort, Article, Académie française, Paris, Abbé d'Olivet, Parnasse français
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à Mr Titon du Tillet, ancien Commissaire Provincial des Guerres, &c. sur la nouvelle Edition de son Livre, intitulé Le Parnasse François.
LETTRE à M Titon du Tillet , ancien
Commissaire Provincial des Guerres
& c. sur la nouvelle Edition de son
Livre , intitulé Le Parnasse François
J
>
" Ai lu , Monsieur , avec beaucoup d'attention
et de plaisir la Descripilon du
Parnasse François , dont vous venez de
donner une nouvelle Edition . Cet Ouvrage
ne peut qu'être d'une extrême utilité
, et d'un agrément infini à ceux qui
voudront connoître le génie des Portes
et des Musiciens que votre zéle et vos
travaux n'immortalisent pas moins que
D les
482 MERCURE DE FRANCE
les beaux Ouvrages qu'ils ont laissez . Cependant
comme il n'est pas possible que
dans un Ouvrage si étendu , et qui a dû
vous coûter beaucoup de soins et de recherches
, il ne soit échapé quelques fau
tes ;je me suis flatté, Monsieur, que vous
ne trouveriez pas mauvais que je vous
fisse part de quelques Remarques que j'y
ai faites. C'est dans cette confiance. que
j'ai l'honneur de vous les addresser,
I
Pag. 211 , 212 , 213. ce n'est point des
Fueteaux qu'il faut écrire , mais des Yveteaux.
Pag, 225 , article de Voiture ; il nâquit
à Amiens en 1598 , & c. Selon la Lettre
de Balzac , citée par M. l'Abbé d'Olivet ,
dans son Histoire de l'Académie Françoise
, Voiture devoit être né en 1594,
Pag. 24 % Du Ryer n'est point mort en
1656 , mais en 1658, Voyez l'Histoire de
l'Académie Françoise,
Pag. 257. Guill. Colleter n'est point
mort le 25 Février , mais le 19 Février,
La date de sa naissance est omise ; c'est
le 12 Mars 196. selon Moréry.
Pag. 269. article de Saint - Amant, Il
mourut en 1661 , c'étoit sur la fin de Dé
cembre ; il étoit dans sa 67 ° année,
Pag. 281. au lieu de Pillet , il faut
écrire Pilet.
Pag.
MARS. 1733- 483
Pag. 293. article de Loret , mort en 16.5
ou 1666, il est certainement mort en 1665.
Voyez la Muse Historique , tome 4. tout
à la fin.
Pag. 294. article de Racan ; au lieu de
Honorat de Beuil , on doit écrire Honorat
de Bueil.
Pag. 334. Chapelain n'est point mort
le 2 Février , mais le 22 Février.
Pag. 344. d'Andilly n'est point mort
le 7 Septembre , mais le 17 Septembre.
Pag. 36c . Le P. Vavasseur n'est point
mort le 16 Decembre , mais le 14 De-.
cembre.
Pag. 365. Claude Nicole , il faut écrire
Nicolle , selon Bayle.
Pag . 380. Thomas Corneille , né en
165 ajoutez , le 20 Août ; et mettez par
conséquent , mort dans sa quatre- vingtcinquième
année , au lieu de dans sa quatre
vingt quatrième.
Pag. 393. et suivantes. Il faut écrire
Lulli , et non pas Lully ; car c'est faire un
nom François d'un nom Italien .
Pag. 396. ligne 34. Au lieu de Marais
des Marets , il faut lire Marais Desmarets,
car ce sont deux personnes différentes.
Pag. 437. Ménage n'est point mort le
13 Juillet , mais le 23 Juillet.
Pag 444. ( tout au bas . ) On doit écrire
Dij Mon484
MERCURE DE FRANCE
Montreul , &c. M. l'Abbé d'Olivet , dans
son Histoire de l'Académie Françoise ,
dit qu'il faut écrire Montereul.
Pag. 465. article de Santeul , né à Paris
, le 12 Mars 1630. mort le 5 Aout 1697 .
dans sa soixante-septième année. puisqu'il
étoit né au mois de Mars 1630 , il est clair
qu'au mois d'Août 1697. il couroit sa
soixante huitième année .
Pag. 473. Racine ne vint pas au monde
en 1640 mais le 21 Decembre 1639 .
Voyez son Eloge , au devant de l'Edition
de Londres , et encore l'Histoire de
l'Académie Françoise .
Pag. 478. article de Ségrais. La date de
sa naissance est omise ; c'est le 22 Août
1624. Voyez Segraisiana.
Pag. 5oz. Joseph - François Duché. Cet
Auteur signe Duché de Vancy , au bas de
l'Epître Dédicatoire de sa Tragédie de
Jonathas. On a oublié de dire qu'il est
Auteur de la Traduction anonyme des
Préceptes de Phocylide , qui fut imprimée à
Paris , chez Delaulne , en 1698 .
Pag. 519. article de Fléchier. On a oublié
de mettre la date de sa naissance ; il
nâquit le 10 Juin 1632 .
Pag. 533. article de Boileau Despréaux.
il n'est point mort le 11 Mars , mais le 13
Mars.
Pag.
MARS . 485 1733
Pag. 541. Ferme - l'Huis , c'est Fermelhuis.
mais de Piles.
Ce n'est point De Pilles ,
Pag. 553. article de Tourreil , né le 8
Novembre ; il faut mettre le 18 Novembre.
Voyez son Eloge , par M. de Boze ;
Histoire et Mémoires de l'Académie des
Inscriptions et Belles - Lettres .
Pag. 574. M. Huet n'est point mort en
1711. mais en 1721 .
Pag. 584. article de Campistron.
M. le Duc de Vendôme lui demanda de
composer les paroles d'un Divertissement
- pour son Château d'Anet. Il n'eût été
pas
hors de propos de mettre le Titre de cette
Piéce , et en quel temps elle fut fatte.
Vous sçavez , Monsieur , que c'est la Pastorale
d'Acis et Galatée , qui fut mise en
Musique par le celebre Jean Baptiste
Lulli , en 1686. et représentée la même
année à Anet , et l'année suivante à Paris,
avec un succès prodigieux.
·
Pag. 612. au lieu de Richard de la Lande
, il faut écrire , Richard de Lalande.
Pag. 629. M. de la Monnoye , nâquit le
16 Juin 1641. Cette date est omise.
Voyez son Eloge , par M. de Sallengre ,
il est à la tête de ses Poësies .
Pag. 647. Celle de M. de Valincour n'y
Diij est
486 MERCURE DE FRANCE
est point non plus ; il nâquit le 1 Mars
153. Voyez , Monsieur , son Eloge , par
M. de Fontenelle , Histoire et Mémoires
de l'Académie des Sciences , année 1730.
Pag. 650. celle de M. du Cerceau est
aussi oubliée ; c'est le 12 Novemb. 1670 .
Pag. 655 celle de M. de la Motte a
échappé pareillement ; il nâquit le 26
Janvier 1672. Voy.la Lettre de M.l'Abbé
Trublet.
Article de Chaulieu. Ce n'est point
Guillaume Auffrie , ni Guiaume Ansfric,
comme l'écrit M. l'Abbé d'Olivet
, mais Guillaume Amfrye. Sa famille
étoit originaire d'Angleterre , ce nom le .
désigne assez . Il nâquit en 1639. Voyez
la nouvelle Edition de ses Oeuvres.
Le nom d'une Illustre Chanteuse est
tout- à fait défiguré; on doit écrire Mlie de
Leufroy, et non Milele Froid.
On doit être surpris de ne point trouver
parmi les Poëtes le célebre Jean de
Lingendes , qui étoit un Poëte fort tendre :
et fort châtié dans ses expressions Il n'est
pas obligé dans le Recueil de Barbin .
Voicy le Titre d'un de ses Ouvrages :
Les Changemens de la Bergere Iris. Paris
Toussaint du Bray , 1618 in 12. Ce Volume
est d'environ 300 pag. Ce ne sont
d'un bout à l'autre que des Stances sur le
même sujet. M.
MARS. 7733. 487
M. Doujat , de l'Académie Françoise ,
devoit aussi avoir un article dans votre
Livre. Quoique ce Sçavant homme n'ait
pas tiré sa principale gloire de ses Poësies;
il y en a pourtant de lui qui ne sont pas
à mépriser . Il en a fait de Latines et de
Françoises en assez grand nombre , mais
qui n'ont point été recueillies en un corps.
Voici le Titre d'un de ses Ouvrages , en
Vers , qu'il a fait imprimer l'année même
de sa mort : Eloges des Personnes Illustres
de l'ancien Testament , pour donner
quelque teinture de l'Histoire Sacrée : A
Pusage de Monseigneur le Duc de Bour
gogne. Paris , Gab. Martin , 1688. in 8 .
Vous deviez sans doute, Monsieur, par
ler de cet Auteur , comme vous avez fait
mention de Charpentier , et de quelques
autres , dont les Vers ne sont pas , à la vé→
rité , dans la bouche de tout le monde ,
mais que le Public , et sur- tout les Gens
de Lettres , sont bien aises de connoître.
- Entre les Musiciens François , il n'est
point fait mention des deux Boësset , Pere
et Fils , qui pourtant avoient beaucoup
de réputation , et qui sont encore trèsconnus
aujourd'hui par une infinité de
beaux Airs , qui ont été imprimez et que
tout le monde admire ; le Pere est Auteur
entr'autres de celui qu'on appele
D`iiij les
488 MERCURE DE FRANCE
les Folies d'Espagne , sur lequel M. de Sé
grais a fait des paroles charmantes.
Voilà , Monsieur , les Remarquès et les
Observations que j'ai faites sur votre excellent
Ouvrage .J'ai l'honneur d'être, & c.
C. G. M.
Commissaire Provincial des Guerres
& c. sur la nouvelle Edition de son
Livre , intitulé Le Parnasse François
J
>
" Ai lu , Monsieur , avec beaucoup d'attention
et de plaisir la Descripilon du
Parnasse François , dont vous venez de
donner une nouvelle Edition . Cet Ouvrage
ne peut qu'être d'une extrême utilité
, et d'un agrément infini à ceux qui
voudront connoître le génie des Portes
et des Musiciens que votre zéle et vos
travaux n'immortalisent pas moins que
D les
482 MERCURE DE FRANCE
les beaux Ouvrages qu'ils ont laissez . Cependant
comme il n'est pas possible que
dans un Ouvrage si étendu , et qui a dû
vous coûter beaucoup de soins et de recherches
, il ne soit échapé quelques fau
tes ;je me suis flatté, Monsieur, que vous
ne trouveriez pas mauvais que je vous
fisse part de quelques Remarques que j'y
ai faites. C'est dans cette confiance. que
j'ai l'honneur de vous les addresser,
I
Pag. 211 , 212 , 213. ce n'est point des
Fueteaux qu'il faut écrire , mais des Yveteaux.
Pag, 225 , article de Voiture ; il nâquit
à Amiens en 1598 , & c. Selon la Lettre
de Balzac , citée par M. l'Abbé d'Olivet ,
dans son Histoire de l'Académie Françoise
, Voiture devoit être né en 1594,
Pag. 24 % Du Ryer n'est point mort en
1656 , mais en 1658, Voyez l'Histoire de
l'Académie Françoise,
Pag. 257. Guill. Colleter n'est point
mort le 25 Février , mais le 19 Février,
La date de sa naissance est omise ; c'est
le 12 Mars 196. selon Moréry.
Pag. 269. article de Saint - Amant, Il
mourut en 1661 , c'étoit sur la fin de Dé
cembre ; il étoit dans sa 67 ° année,
Pag. 281. au lieu de Pillet , il faut
écrire Pilet.
Pag.
MARS. 1733- 483
Pag. 293. article de Loret , mort en 16.5
ou 1666, il est certainement mort en 1665.
Voyez la Muse Historique , tome 4. tout
à la fin.
Pag. 294. article de Racan ; au lieu de
Honorat de Beuil , on doit écrire Honorat
de Bueil.
Pag. 334. Chapelain n'est point mort
le 2 Février , mais le 22 Février.
Pag. 344. d'Andilly n'est point mort
le 7 Septembre , mais le 17 Septembre.
Pag. 36c . Le P. Vavasseur n'est point
mort le 16 Decembre , mais le 14 De-.
cembre.
Pag. 365. Claude Nicole , il faut écrire
Nicolle , selon Bayle.
Pag . 380. Thomas Corneille , né en
165 ajoutez , le 20 Août ; et mettez par
conséquent , mort dans sa quatre- vingtcinquième
année , au lieu de dans sa quatre
vingt quatrième.
Pag. 393. et suivantes. Il faut écrire
Lulli , et non pas Lully ; car c'est faire un
nom François d'un nom Italien .
Pag. 396. ligne 34. Au lieu de Marais
des Marets , il faut lire Marais Desmarets,
car ce sont deux personnes différentes.
Pag. 437. Ménage n'est point mort le
13 Juillet , mais le 23 Juillet.
Pag 444. ( tout au bas . ) On doit écrire
Dij Mon484
MERCURE DE FRANCE
Montreul , &c. M. l'Abbé d'Olivet , dans
son Histoire de l'Académie Françoise ,
dit qu'il faut écrire Montereul.
Pag. 465. article de Santeul , né à Paris
, le 12 Mars 1630. mort le 5 Aout 1697 .
dans sa soixante-septième année. puisqu'il
étoit né au mois de Mars 1630 , il est clair
qu'au mois d'Août 1697. il couroit sa
soixante huitième année .
Pag. 473. Racine ne vint pas au monde
en 1640 mais le 21 Decembre 1639 .
Voyez son Eloge , au devant de l'Edition
de Londres , et encore l'Histoire de
l'Académie Françoise .
Pag. 478. article de Ségrais. La date de
sa naissance est omise ; c'est le 22 Août
1624. Voyez Segraisiana.
Pag. 5oz. Joseph - François Duché. Cet
Auteur signe Duché de Vancy , au bas de
l'Epître Dédicatoire de sa Tragédie de
Jonathas. On a oublié de dire qu'il est
Auteur de la Traduction anonyme des
Préceptes de Phocylide , qui fut imprimée à
Paris , chez Delaulne , en 1698 .
Pag. 519. article de Fléchier. On a oublié
de mettre la date de sa naissance ; il
nâquit le 10 Juin 1632 .
Pag. 533. article de Boileau Despréaux.
il n'est point mort le 11 Mars , mais le 13
Mars.
Pag.
MARS . 485 1733
Pag. 541. Ferme - l'Huis , c'est Fermelhuis.
mais de Piles.
Ce n'est point De Pilles ,
Pag. 553. article de Tourreil , né le 8
Novembre ; il faut mettre le 18 Novembre.
Voyez son Eloge , par M. de Boze ;
Histoire et Mémoires de l'Académie des
Inscriptions et Belles - Lettres .
Pag. 574. M. Huet n'est point mort en
1711. mais en 1721 .
Pag. 584. article de Campistron.
M. le Duc de Vendôme lui demanda de
composer les paroles d'un Divertissement
- pour son Château d'Anet. Il n'eût été
pas
hors de propos de mettre le Titre de cette
Piéce , et en quel temps elle fut fatte.
Vous sçavez , Monsieur , que c'est la Pastorale
d'Acis et Galatée , qui fut mise en
Musique par le celebre Jean Baptiste
Lulli , en 1686. et représentée la même
année à Anet , et l'année suivante à Paris,
avec un succès prodigieux.
·
Pag. 612. au lieu de Richard de la Lande
, il faut écrire , Richard de Lalande.
Pag. 629. M. de la Monnoye , nâquit le
16 Juin 1641. Cette date est omise.
Voyez son Eloge , par M. de Sallengre ,
il est à la tête de ses Poësies .
Pag. 647. Celle de M. de Valincour n'y
Diij est
486 MERCURE DE FRANCE
est point non plus ; il nâquit le 1 Mars
153. Voyez , Monsieur , son Eloge , par
M. de Fontenelle , Histoire et Mémoires
de l'Académie des Sciences , année 1730.
Pag. 650. celle de M. du Cerceau est
aussi oubliée ; c'est le 12 Novemb. 1670 .
Pag. 655 celle de M. de la Motte a
échappé pareillement ; il nâquit le 26
Janvier 1672. Voy.la Lettre de M.l'Abbé
Trublet.
Article de Chaulieu. Ce n'est point
Guillaume Auffrie , ni Guiaume Ansfric,
comme l'écrit M. l'Abbé d'Olivet
, mais Guillaume Amfrye. Sa famille
étoit originaire d'Angleterre , ce nom le .
désigne assez . Il nâquit en 1639. Voyez
la nouvelle Edition de ses Oeuvres.
Le nom d'une Illustre Chanteuse est
tout- à fait défiguré; on doit écrire Mlie de
Leufroy, et non Milele Froid.
On doit être surpris de ne point trouver
parmi les Poëtes le célebre Jean de
Lingendes , qui étoit un Poëte fort tendre :
et fort châtié dans ses expressions Il n'est
pas obligé dans le Recueil de Barbin .
Voicy le Titre d'un de ses Ouvrages :
Les Changemens de la Bergere Iris. Paris
Toussaint du Bray , 1618 in 12. Ce Volume
est d'environ 300 pag. Ce ne sont
d'un bout à l'autre que des Stances sur le
même sujet. M.
MARS. 7733. 487
M. Doujat , de l'Académie Françoise ,
devoit aussi avoir un article dans votre
Livre. Quoique ce Sçavant homme n'ait
pas tiré sa principale gloire de ses Poësies;
il y en a pourtant de lui qui ne sont pas
à mépriser . Il en a fait de Latines et de
Françoises en assez grand nombre , mais
qui n'ont point été recueillies en un corps.
Voici le Titre d'un de ses Ouvrages , en
Vers , qu'il a fait imprimer l'année même
de sa mort : Eloges des Personnes Illustres
de l'ancien Testament , pour donner
quelque teinture de l'Histoire Sacrée : A
Pusage de Monseigneur le Duc de Bour
gogne. Paris , Gab. Martin , 1688. in 8 .
Vous deviez sans doute, Monsieur, par
ler de cet Auteur , comme vous avez fait
mention de Charpentier , et de quelques
autres , dont les Vers ne sont pas , à la vé→
rité , dans la bouche de tout le monde ,
mais que le Public , et sur- tout les Gens
de Lettres , sont bien aises de connoître.
- Entre les Musiciens François , il n'est
point fait mention des deux Boësset , Pere
et Fils , qui pourtant avoient beaucoup
de réputation , et qui sont encore trèsconnus
aujourd'hui par une infinité de
beaux Airs , qui ont été imprimez et que
tout le monde admire ; le Pere est Auteur
entr'autres de celui qu'on appele
D`iiij les
488 MERCURE DE FRANCE
les Folies d'Espagne , sur lequel M. de Sé
grais a fait des paroles charmantes.
Voilà , Monsieur , les Remarquès et les
Observations que j'ai faites sur votre excellent
Ouvrage .J'ai l'honneur d'être, & c.
C. G. M.
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Résumé : LETTRE à Mr Titon du Tillet, ancien Commissaire Provincial des Guerres, &c. sur la nouvelle Edition de son Livre, intitulé Le Parnasse François.
L'auteur écrit à M. Titon du Tillet, ancien commissaire provincial des guerres, pour discuter de la nouvelle édition de son ouvrage 'Le Parnasse François'. Il exprime son enthousiasme pour cet ouvrage, le jugeant à la fois utile et agréable pour découvrir le génie des poètes et des musiciens. Cependant, il note plusieurs erreurs factuelles et orthographiques qu'il a identifiées. Parmi les corrections proposées, figurent des rectifications concernant les dates de naissance et de décès de divers auteurs, des corrections de noms propres et des précisions sur des détails biographiques. L'auteur signale également des omissions notables, comme l'absence de certains poètes ou musiciens célèbres dans le recueil. Il insiste sur l'importance de ces corrections pour garantir l'exactitude et la complétude de l'ouvrage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19
p. 488-489
AUTRE CONTE. Par Mlle de Malcrais de la Vigne.
Début :
J'etois à la Campagne, et tout haut, par hazard, [...]
Mots clefs :
Henri, Paysan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE CONTE. Par Mlle de Malcrais de la Vigne.
AUTRE CONTE .
Par Me de Malerais de la Vigne.
'Etois à la Campagne , et tout haut' , par ha
zard ,
J'
Devant un Païsan attentif , à l'écart ,
Je lisois la brillante histoire ,
Du grand Henri , dont la Mémoire ,
Doit être pour toujours respectable aux Fran
çois.
Quand j'en fus à l'endroit de son Illustre Vie ;
Cer endroit déplorable , où le traître Angoû
mois ,
Perça d'une pointe ennemie ,
Ce Prince en cent combats dans la Guerre
épargné.
Le gros Rustre soudain , se levant indigné ,
Vit-il encor , ce misérable ;
Me dit- il , d'un air renfrogné ?
Non , répondis -je , le coupable ,
fut
MAR S. 1733.
489
Fut tôt après exterminé .
Morgué , tant mieux pour lui , j'eusse à ce trop
tôt né ,
Tout exprès à Paris couru bailler la gratte ,
Reprit-il , en jurant comme un déterminé ,
Et si dans l'autre monde , il tombe sous ma
*
patte ;
Oui , je veux , Maugrebi , lui flanquer pour le
moins , •
Avec cent coup de pieds , autant de coups de
poings.
Par Me de Malerais de la Vigne.
'Etois à la Campagne , et tout haut' , par ha
zard ,
J'
Devant un Païsan attentif , à l'écart ,
Je lisois la brillante histoire ,
Du grand Henri , dont la Mémoire ,
Doit être pour toujours respectable aux Fran
çois.
Quand j'en fus à l'endroit de son Illustre Vie ;
Cer endroit déplorable , où le traître Angoû
mois ,
Perça d'une pointe ennemie ,
Ce Prince en cent combats dans la Guerre
épargné.
Le gros Rustre soudain , se levant indigné ,
Vit-il encor , ce misérable ;
Me dit- il , d'un air renfrogné ?
Non , répondis -je , le coupable ,
fut
MAR S. 1733.
489
Fut tôt après exterminé .
Morgué , tant mieux pour lui , j'eusse à ce trop
tôt né ,
Tout exprès à Paris couru bailler la gratte ,
Reprit-il , en jurant comme un déterminé ,
Et si dans l'autre monde , il tombe sous ma
*
patte ;
Oui , je veux , Maugrebi , lui flanquer pour le
moins , •
Avec cent coup de pieds , autant de coups de
poings.
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Résumé : AUTRE CONTE. Par Mlle de Malcrais de la Vigne.
Un individu lit à voix haute l'histoire du roi Henri IV à un paysan. À l'annonce de l'assassinat d'Henri IV par François Ravaillac, le paysan exprime sa colère et son désir de vengeance. Il souhaite punir Ravaillac, déclarant qu'il le frapperait avec cent coups de pied et autant de coups de poing.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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20
p. 489-494
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Châlons en Champagne, au mois de Decembre 1732. dans laquelle il est parlé des Ouvrages de differens Peintres renommez.
Début :
Je n'ai pas de meilleur moïen pour prévenir les accès de l'ennui que de [...]
Mots clefs :
Châlons-en-Champagne, Plaisir, Esprit, Ouvrages, Chasse, Peintres
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Châlons en Champagne, au mois de Decembre 1732. dans laquelle il est parlé des Ouvrages de differens Peintres renommez.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Chálons
en Champagne , au mois de Decembre
1732. dans laquelle il est parlé des
Ouvrages de differens Peintres renammez.
E n'ai pas de meilleur moïen pour
prévenir les accès de l'ennui que de
me rappeller ces beaux jours dont nous
avons passé ensemble la plus grande
partie. Je me transporte en esprit auprès
de vous . Il me semble que nous allons encore
, avec M. le Chevalier Dorigny, voir
le riche Cabinet de M. de Julienne aux
Gobelins. L'esprit également rempli des
idées riantes , que nous ont données les
Ouvrages de Katean, et de celles lais
J ledeche de
que
D v sept
490 MERCURE DE FRANCE
•
sent les manieres gracieuses de l'illustre
Curieux qui travaille avec tant de succès
à l'immortaliser ; nous courons chercher
de nouveaux plaisirs chez M. d'Argenville.
Il nous ouvre le Porte - feü: lle qui
contient un grand nombre de desseins
Originaux des meilleurs Maîtres des
Païs bas. Alors je ne me crois plus renfermé
dans l'enceinte de son appartement.
Je me promene avec vous dans les agréa
bles Païsages de Brugbel. Herman Svavenwelt
nous conduit auprès des Ruines
et des Solitudes des environs de Rome ,
dans lesquelles il se retiroit pour étudier
plus tranquillement la nature. Fosse de
Mompré nous égare quelquefois dans de
vastes Déserts , er du Sommet d'un Montagne
escarpée , où son génie nous transport
, il nous fait découvrir une prodigieuse
étendue de Païs . Ici nous voïons
des Vallées profondes ; là des Forêts de
Chênes et de Sapins , qui les couvrent de
leur ombre ; un amas de Cabannes nous
présente un peu plus loin l'Image de la
retraite de l'Innocence .
ť
A quelque distance s'éleve un Château
, dont les Jardins délicieux s'étendent
jusqu'aux bords d'un Fleuve , qui
serpente en formant plusieurs Isles . Ne
diroit- on pas que ses Eaux portent l'abonMAR
S. 1733 . 491
bondance dans les Campagnes qu'il ar-
Fose , et qu'elles facilitent le commerce
d'un nombre de Villes et de Bourgades
qui se perdent dans l'éloignement ? A
peine sommes - nous descendus de la Mon
tagne de Mompré , que Bloemaert nous
invite à nous reposer avec ses Bergers.
Appuyez contre le Tronc noüeux d'un
vieux Chesne , nous les considerons quel
que- temps ; leur simplicité , leur candeur
nous disposent à trouver du plaisir dans
une Chaumine enfumée , dans laquelle
Rinbrant nous conduit.
Après que nous avons raisonné sur la
Phisionomie d'un vieux Pere de famille
qui fixe Pattention de son Epouse et de
ses Enfans , par la lecture qu'il leur fait ,
à la clarté d'une Lampe. D. Teniers , nous
tire de ce réduit , pour nous donner le
Spectacle d'une . Fête de Village, Pierre
de Laert , Brauver et Van Ostade , nous
font entrer au Cabaret : par bonheur malgré
ce qu'ils nous y montrent de divertissant
nous n'aimons pas à y rester autant
qu'eux ; nous sortons pour prendre
dans les Champs un plaisir plus digne de
nous. Bergheim nous le Procure ; nous
entendons le Bêlement de ses Brebis , et le
Mugissement de ses Boeufs , auprès d'une
Cascade qui se précipite à travers des Ro
Dvj chers
492 MERCURE DE FRANCE
chers qui ne paroissent accessibles qu'aux
Chévres qui vont y dépouiller les Buissons.
Cette vûë nous porte à d'agréables réveries
; mais tout à'coup nous voïons accourir
une troupe de Dames et de Cavaliers
, montez sur les plus beaux Chevaux
de l'Ecurie de Vanverman. Ils reviennent
ensemble de la Chasse ; nous
nous en appercevons aux Veneurs , aux
Fauconniers , aux Chiens , aux Оyseaux
de Proye , aux Valets chargez de Gibier ,
qui les suivent. Les Païsans sortent de
feurs Maisons pour admirer leur Equipage
leste et galant ; d'un côté les Meres
font remarquer à leurs Enfans la grosseur
énorme du Sanglier qui vient d'être
pris ; et d'un autre elles retirent avec
précipitation ceux qu'une curiosité témeraire
expose trop à la vivacité des
Chevaux .
Que dirai - je du Regal dont nous sommes
redevables aux attentions de Jean
Bol? Rien ne lui a échappé dans la nature
de tout ce qui pouvoit nous réjouir
la Chasse , la Pêche , les Occupations
, les Amusemens de la Campagne ,
les Oyseaux , les Animaux , les Poissons ,
les Insectes , les Reptiles , les Fleurs , les
Fruits , les Plantes et les Coquillages
pous
MAR S. 1733-
493
nous sont offerts dans le petit espace de
son Domaine. Enfin Corneille Poclenbourg
permet à Diane et à ses Nimphes de se
baigner devant nous , et Rotenhamer n'a
pas moins de complaisance.
Voilà , Monsieur , les douces illusions
que je ne cesse d'entretenir ; voilà les temedes
les plus efficaces que j'employe
pour détourner la mélancolie , qui pourroit
répandre sur mon esprit autant de
nuages que la triste saison de l'Hyver répand
autour de moi de Brouillars et de
Frimats. C'est ainsi que j'écarte l'ennui
de ma solitude je suis aidé par quelques:
Estampes que je viens de recevoir d'Allemagne
, le dessein et la gravure ne les
rendent pas recommandables . Qu'importe
? Elles m'ainusent par la variété des objets
qu'elles représentent , et, mon imagination
prend plaisir à finir ce qu'ellės:
n'ont fait qu'ébaucher ; je m'y promene
dans de vastes Jardins sans me lasser, j'en
parcours les Labyrintes sans m'égarer , je
m'y retire dans des Grottes dont je ne
crains pas que l'humidité m'incommode
; j'y vois de près les Ours et les Sangliers
sans redouter ni les Grifes des uns ,
ni les Deffenses meutrieres des autres; j'y
partage les travaux des Païsans de Souabe
sans me fatiguer , et leurs divertissemens
Sans
494 MERCURE
DE FRANCE
sans me compromettre
; enfin il me sems
ble ( n'est- ce pas ce que l'on peut penser
de plus flateur ? ) que je fais l'amour aux
plus jolies Bergeres sans avoir rien à
craindre , ni de la satire des envieux , ni
de la persécution des jaloux.
en Champagne , au mois de Decembre
1732. dans laquelle il est parlé des
Ouvrages de differens Peintres renammez.
E n'ai pas de meilleur moïen pour
prévenir les accès de l'ennui que de
me rappeller ces beaux jours dont nous
avons passé ensemble la plus grande
partie. Je me transporte en esprit auprès
de vous . Il me semble que nous allons encore
, avec M. le Chevalier Dorigny, voir
le riche Cabinet de M. de Julienne aux
Gobelins. L'esprit également rempli des
idées riantes , que nous ont données les
Ouvrages de Katean, et de celles lais
J ledeche de
que
D v sept
490 MERCURE DE FRANCE
•
sent les manieres gracieuses de l'illustre
Curieux qui travaille avec tant de succès
à l'immortaliser ; nous courons chercher
de nouveaux plaisirs chez M. d'Argenville.
Il nous ouvre le Porte - feü: lle qui
contient un grand nombre de desseins
Originaux des meilleurs Maîtres des
Païs bas. Alors je ne me crois plus renfermé
dans l'enceinte de son appartement.
Je me promene avec vous dans les agréa
bles Païsages de Brugbel. Herman Svavenwelt
nous conduit auprès des Ruines
et des Solitudes des environs de Rome ,
dans lesquelles il se retiroit pour étudier
plus tranquillement la nature. Fosse de
Mompré nous égare quelquefois dans de
vastes Déserts , er du Sommet d'un Montagne
escarpée , où son génie nous transport
, il nous fait découvrir une prodigieuse
étendue de Païs . Ici nous voïons
des Vallées profondes ; là des Forêts de
Chênes et de Sapins , qui les couvrent de
leur ombre ; un amas de Cabannes nous
présente un peu plus loin l'Image de la
retraite de l'Innocence .
ť
A quelque distance s'éleve un Château
, dont les Jardins délicieux s'étendent
jusqu'aux bords d'un Fleuve , qui
serpente en formant plusieurs Isles . Ne
diroit- on pas que ses Eaux portent l'abonMAR
S. 1733 . 491
bondance dans les Campagnes qu'il ar-
Fose , et qu'elles facilitent le commerce
d'un nombre de Villes et de Bourgades
qui se perdent dans l'éloignement ? A
peine sommes - nous descendus de la Mon
tagne de Mompré , que Bloemaert nous
invite à nous reposer avec ses Bergers.
Appuyez contre le Tronc noüeux d'un
vieux Chesne , nous les considerons quel
que- temps ; leur simplicité , leur candeur
nous disposent à trouver du plaisir dans
une Chaumine enfumée , dans laquelle
Rinbrant nous conduit.
Après que nous avons raisonné sur la
Phisionomie d'un vieux Pere de famille
qui fixe Pattention de son Epouse et de
ses Enfans , par la lecture qu'il leur fait ,
à la clarté d'une Lampe. D. Teniers , nous
tire de ce réduit , pour nous donner le
Spectacle d'une . Fête de Village, Pierre
de Laert , Brauver et Van Ostade , nous
font entrer au Cabaret : par bonheur malgré
ce qu'ils nous y montrent de divertissant
nous n'aimons pas à y rester autant
qu'eux ; nous sortons pour prendre
dans les Champs un plaisir plus digne de
nous. Bergheim nous le Procure ; nous
entendons le Bêlement de ses Brebis , et le
Mugissement de ses Boeufs , auprès d'une
Cascade qui se précipite à travers des Ro
Dvj chers
492 MERCURE DE FRANCE
chers qui ne paroissent accessibles qu'aux
Chévres qui vont y dépouiller les Buissons.
Cette vûë nous porte à d'agréables réveries
; mais tout à'coup nous voïons accourir
une troupe de Dames et de Cavaliers
, montez sur les plus beaux Chevaux
de l'Ecurie de Vanverman. Ils reviennent
ensemble de la Chasse ; nous
nous en appercevons aux Veneurs , aux
Fauconniers , aux Chiens , aux Оyseaux
de Proye , aux Valets chargez de Gibier ,
qui les suivent. Les Païsans sortent de
feurs Maisons pour admirer leur Equipage
leste et galant ; d'un côté les Meres
font remarquer à leurs Enfans la grosseur
énorme du Sanglier qui vient d'être
pris ; et d'un autre elles retirent avec
précipitation ceux qu'une curiosité témeraire
expose trop à la vivacité des
Chevaux .
Que dirai - je du Regal dont nous sommes
redevables aux attentions de Jean
Bol? Rien ne lui a échappé dans la nature
de tout ce qui pouvoit nous réjouir
la Chasse , la Pêche , les Occupations
, les Amusemens de la Campagne ,
les Oyseaux , les Animaux , les Poissons ,
les Insectes , les Reptiles , les Fleurs , les
Fruits , les Plantes et les Coquillages
pous
MAR S. 1733-
493
nous sont offerts dans le petit espace de
son Domaine. Enfin Corneille Poclenbourg
permet à Diane et à ses Nimphes de se
baigner devant nous , et Rotenhamer n'a
pas moins de complaisance.
Voilà , Monsieur , les douces illusions
que je ne cesse d'entretenir ; voilà les temedes
les plus efficaces que j'employe
pour détourner la mélancolie , qui pourroit
répandre sur mon esprit autant de
nuages que la triste saison de l'Hyver répand
autour de moi de Brouillars et de
Frimats. C'est ainsi que j'écarte l'ennui
de ma solitude je suis aidé par quelques:
Estampes que je viens de recevoir d'Allemagne
, le dessein et la gravure ne les
rendent pas recommandables . Qu'importe
? Elles m'ainusent par la variété des objets
qu'elles représentent , et, mon imagination
prend plaisir à finir ce qu'ellės:
n'ont fait qu'ébaucher ; je m'y promene
dans de vastes Jardins sans me lasser, j'en
parcours les Labyrintes sans m'égarer , je
m'y retire dans des Grottes dont je ne
crains pas que l'humidité m'incommode
; j'y vois de près les Ours et les Sangliers
sans redouter ni les Grifes des uns ,
ni les Deffenses meutrieres des autres; j'y
partage les travaux des Païsans de Souabe
sans me fatiguer , et leurs divertissemens
Sans
494 MERCURE
DE FRANCE
sans me compromettre
; enfin il me sems
ble ( n'est- ce pas ce que l'on peut penser
de plus flateur ? ) que je fais l'amour aux
plus jolies Bergeres sans avoir rien à
craindre , ni de la satire des envieux , ni
de la persécution des jaloux.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Châlons en Champagne, au mois de Decembre 1732. dans laquelle il est parlé des Ouvrages de differens Peintres renommez.
En décembre 1732, à Châlons en Champagne, une lettre évoque les souvenirs agréables partagés entre l'auteur et un ami. Ils se remémorent la visite du riche cabinet de M. de Julienne aux Gobelins, où ils ont admiré les œuvres de peintres tels que Katean et Le Deche de Septembre. Par la suite, ils se rendent chez M. d'Argenville pour contempler des dessins originaux des maîtres des Pays-Bas. La lettre décrit ensuite des promenades imaginaires à travers divers paysages et œuvres d'art. Ils se promènent dans les paysages de Brughel, explorent les ruines romaines de Herman Svavenwelt, et traversent les vastes déserts de Fosse de Mompré. Ils visitent également des scènes pastorales de Bloemaert, des intérieurs de Rembrandt, et des fêtes de village de David Teniers. La lettre se conclut par des scènes de chasse et des paysages campagnards, illustrant comment l'auteur utilise son imagination pour échapper à l'ennui et à la mélancolie hivernale.
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21
p. 494-495
ODE IVe du premier Livre d'Horace. Solvitur acris hyems.
Début :
Ne craignons plus l'Hyver et ses ravages ; [...]
Mots clefs :
Faune, Temps
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE IVe du premier Livre d'Horace. Solvitur acris hyems.
ODE IVe du premier Livre d'Horace .
N
Solvitur acris hyems.
E craignons plus l'Hyver et ses ra
vages ;
Enfin il fait place au Printemps' ;
Nos Vaisseaux quittent les Rivages ,
Et les Troupeaux bondissent dans les
Champs.
Déja , Vénus se montre , et sur ses traces,
Folâtrent les Ris et les Jeux ,
Et l'on voit par tout avec eux ,
Danser les Nimphes et les Graces ,
Tandis qu'au Mont Æthna , Vulcain dans ses
Fourneaux ,
De ses noirs compagnons anime les Travaux.
Qu'il sied bien à présent de couronner sa têtë ;
De Myrthe ou de nouvelles Fleurs ;
Faune
.MARS . 1733.
498
Faune nous appelle à sa fête ,
Portons-lui nos voeux et nos coeurs
Ami du temps qui fuit , faisons un bon usage ,
La mort inexorable abbat des mêmes traits ,
" Les Pauvres sous le Chaume et les Rois sous le
Dais.
Le temps de cette vie est un trop court passage .
Pour former de vastes projets ,
Bien- tôt sujets du Roy des ombres ,
Nous descendrons dans ses Royaumes sombres,
Alors , plus d'amoureux désirs ,
Plus de festins , plus de plaisirs
P. R. T.
N
Solvitur acris hyems.
E craignons plus l'Hyver et ses ra
vages ;
Enfin il fait place au Printemps' ;
Nos Vaisseaux quittent les Rivages ,
Et les Troupeaux bondissent dans les
Champs.
Déja , Vénus se montre , et sur ses traces,
Folâtrent les Ris et les Jeux ,
Et l'on voit par tout avec eux ,
Danser les Nimphes et les Graces ,
Tandis qu'au Mont Æthna , Vulcain dans ses
Fourneaux ,
De ses noirs compagnons anime les Travaux.
Qu'il sied bien à présent de couronner sa têtë ;
De Myrthe ou de nouvelles Fleurs ;
Faune
.MARS . 1733.
498
Faune nous appelle à sa fête ,
Portons-lui nos voeux et nos coeurs
Ami du temps qui fuit , faisons un bon usage ,
La mort inexorable abbat des mêmes traits ,
" Les Pauvres sous le Chaume et les Rois sous le
Dais.
Le temps de cette vie est un trop court passage .
Pour former de vastes projets ,
Bien- tôt sujets du Roy des ombres ,
Nous descendrons dans ses Royaumes sombres,
Alors , plus d'amoureux désirs ,
Plus de festins , plus de plaisirs
P. R. T.
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Résumé : ODE IVe du premier Livre d'Horace. Solvitur acris hyems.
L'ode IVe du premier Livre d'Horace célèbre la fin de l'hiver et l'arrivée du printemps. Les vaisseaux quittent les rivages, les troupeaux retournent aux champs, et Vénus apparaît, accompagnée de rires, de jeux, de nymphes et de grâces. Pendant ce temps, Vulcain travaille dans ses fourneaux sur le mont Æthna. Le texte invite à profiter de cette période en couronnant sa tête de myrthe ou de nouvelles fleurs, et à participer à la fête de Faune. Il met en garde contre la brièveté de la vie et l'inévitabilité de la mort, qui frappe aussi bien les pauvres que les rois. Le temps de la vie est décrit comme un passage court, rendant nécessaire de faire un bon usage du temps présent pour éviter de devenir rapidement sujets du roi des ombres.
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22
p. 495-497
LETTRE de M. Renauld, Horloger, écrite de Châlons en Champagne, le 10 Février 1733. sur l'Horlogerie.
Début :
J'ai l'honneur de vous envoyer, Monsieur, un petit Memoire, concernant [...]
Mots clefs :
Répétition, Sonner, Réveil, Demie, Quarts, Heures, Mouvement, Frapper
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Renauld, Horloger, écrite de Châlons en Champagne, le 10 Février 1733. sur l'Horlogerie.
LETTRE de M. Renauld, Horloger ,
écrite de Châlons en Champagne , le so
Février 1733. sur l'Horlogerie.
J'A
'Ai l'honneur de vous envoyer , Mon
sieur , un petit Memoire , concernant
une abréviation dans des Ouvrages d'Horlogerie
, que je vous prie de faire inserer
dans le Mercure , qui est telle :
J'ai trouvé le moyen de faire faire l'ef
fet du Réveil à l'Angloise , à une Montre
à Répetition à doubles quarts , sans
aug496
MERCURE DE FRANCE
augmentation d'aucune Rouë ni Marteaux
; sinon d'un double Rocher , et
d'une Détente ; de sorte que le mouvement
ou ravage , et les Marteaux de la
Répétition servent pour le Reveil ; sans
neanmoins que l'effet de l'un puisse nuire
à l'autre , de façon que quand on auroit
disposé le Réveil le soir, pour sonner
le lendemain matin , on peut faire sonner
la Répetition la nuit , tant que l'on
veut.
Il se trouve plusieurs avantages dans
cette construction de Montre. Le premier
,eft que l'on a dans un même tems , la
Répetition et le Réveil , sans la rendre
plus pesante ; le second est que nonobstant
ces utilitez , la Machine n'en est pas
plus composée ; et qu'avec deux mouvemens
, qui sont celui qui fait marquer
les heures et celui de Répetition , on a
l'effet de trois.
Je fais aussi sonner à une Pendule , le
quart, la demie , les 3 et 4 quarts sur plusieurs
Timbres , et les heures ensuite sur
un autre ; le tout par le même mouvement
, en retranchant le troisiéme , que
l'on a coutume de mettre à celles qui
sonnent les quarts , au moïen de quoi je
diminue l'ouvrage presque d'un tiers.
Je fais , de plus , sonner la demie sur
deux
MARS. 1733. 497
deux Timbres , de même que la sonnent .
les Pendules à quarts , à celles qui ont
été construires pour ne frapper qu'un
coup; sans autre augmentation que d'une
levée d'un Marteau et d'un Timbre , qui
soit d'un ton plus haut que celui qui sert
pour les heures , sans que les coups de cette
demie puissent frapper en distance différente
, quand même on voudroit la
faire faire par l'Eguille.
Ceci est d'autant plus commode , que
lorsque l'on entend la nuit , frapper un
coup aux autres Pendules , on ne sçait si
c'est une heure après minuit , ou une
demie ; ce que l'on peut distinguer par
cette derniere façon.
Je ne crois pas que ces choses ayent jamais
paru , sur tout dans la maniere plus,
simple dont je les construis , n'en ayant
vû ,aucune de ce goût dans Paris ni ailleurs.
J'ai l'honneur d'être , &c .
Vous me ferez plaisir , Monsieur, de me
faire sçavoir le nom de la personne qui
cite sa demeure à Villeneuve- lez- Avignon
, dans le dernier Mercure , et qui
y a donné un Discours touchant l'impos
sibilité du Mouvement perpetuel , parce
que je lui communiquerai quelque
chose.
écrite de Châlons en Champagne , le so
Février 1733. sur l'Horlogerie.
J'A
'Ai l'honneur de vous envoyer , Mon
sieur , un petit Memoire , concernant
une abréviation dans des Ouvrages d'Horlogerie
, que je vous prie de faire inserer
dans le Mercure , qui est telle :
J'ai trouvé le moyen de faire faire l'ef
fet du Réveil à l'Angloise , à une Montre
à Répetition à doubles quarts , sans
aug496
MERCURE DE FRANCE
augmentation d'aucune Rouë ni Marteaux
; sinon d'un double Rocher , et
d'une Détente ; de sorte que le mouvement
ou ravage , et les Marteaux de la
Répétition servent pour le Reveil ; sans
neanmoins que l'effet de l'un puisse nuire
à l'autre , de façon que quand on auroit
disposé le Réveil le soir, pour sonner
le lendemain matin , on peut faire sonner
la Répetition la nuit , tant que l'on
veut.
Il se trouve plusieurs avantages dans
cette construction de Montre. Le premier
,eft que l'on a dans un même tems , la
Répetition et le Réveil , sans la rendre
plus pesante ; le second est que nonobstant
ces utilitez , la Machine n'en est pas
plus composée ; et qu'avec deux mouvemens
, qui sont celui qui fait marquer
les heures et celui de Répetition , on a
l'effet de trois.
Je fais aussi sonner à une Pendule , le
quart, la demie , les 3 et 4 quarts sur plusieurs
Timbres , et les heures ensuite sur
un autre ; le tout par le même mouvement
, en retranchant le troisiéme , que
l'on a coutume de mettre à celles qui
sonnent les quarts , au moïen de quoi je
diminue l'ouvrage presque d'un tiers.
Je fais , de plus , sonner la demie sur
deux
MARS. 1733. 497
deux Timbres , de même que la sonnent .
les Pendules à quarts , à celles qui ont
été construires pour ne frapper qu'un
coup; sans autre augmentation que d'une
levée d'un Marteau et d'un Timbre , qui
soit d'un ton plus haut que celui qui sert
pour les heures , sans que les coups de cette
demie puissent frapper en distance différente
, quand même on voudroit la
faire faire par l'Eguille.
Ceci est d'autant plus commode , que
lorsque l'on entend la nuit , frapper un
coup aux autres Pendules , on ne sçait si
c'est une heure après minuit , ou une
demie ; ce que l'on peut distinguer par
cette derniere façon.
Je ne crois pas que ces choses ayent jamais
paru , sur tout dans la maniere plus,
simple dont je les construis , n'en ayant
vû ,aucune de ce goût dans Paris ni ailleurs.
J'ai l'honneur d'être , &c .
Vous me ferez plaisir , Monsieur, de me
faire sçavoir le nom de la personne qui
cite sa demeure à Villeneuve- lez- Avignon
, dans le dernier Mercure , et qui
y a donné un Discours touchant l'impos
sibilité du Mouvement perpetuel , parce
que je lui communiquerai quelque
chose.
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Résumé : LETTRE de M. Renauld, Horloger, écrite de Châlons en Champagne, le 10 Février 1733. sur l'Horlogerie.
Dans une lettre du 5 février 1733, M. Renauld, horloger, décrit des innovations en horlogerie. Il présente une méthode pour intégrer le réveil à l'anglaise dans une montre à répétition à doubles quarts sans ajouter de roues ou de marteaux supplémentaires. Utilisant un double rochet et une détente, cette innovation permet d'utiliser les mêmes mécanismes pour la répétition et le réveil sans interférence, autorisant la programmation du réveil pour le matin sans empêcher l'utilisation de la répétition la nuit. Renauld souligne les avantages de cette construction, notamment la légèreté de la montre et l'efficacité de deux mouvements pour obtenir l'effet de trois. Il mentionne également ses améliorations sur les pendules, permettant de sonner les quarts, les demies, les trois quarts et les heures sur différents timbres avec le même mouvement, réduisant ainsi l'ouvrage d'environ un tiers. De plus, il modifie les pendules pour sonner la demie sur deux timbres, facilitant la distinction entre les heures et les demies la nuit. Renauld affirme que ces innovations n'ont jamais été vues auparavant, surtout dans la simplicité de leur construction. Il demande aussi des informations sur une personne ayant publié un discours sur l'impossibilité du mouvement perpétuel dans le dernier Mercure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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23
p. 498-500
IMITATION de l'Ode d'Horace, qui commence par ces mots : Otium Divos, &c.
Début :
Si tôt que sur l'Egée un tenebreux nuage, [...]
Mots clefs :
Horace, Heureux, Inutiles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IMITATION de l'Ode d'Horace, qui commence par ces mots : Otium Divos, &c.
1MITATION de l'Ode d'Horace
qui commence par ces mots Ocium
Divos , & c .
Si tôt que sur l'Egée un tenebreux nuage ,
Ravit aux Matelots la lumiere des Cieux ,
Le plus hardi Pilote effrayé de l'orage ,
Demande le repos aux Dieux .
M
Grosphe , le Mede même et la Thrace indomptée,
Desirent ardemment ce précieux trésor ,
Dont la possession ne peut être achetée
në Ni par la Pourpre , ne par l'or.
Un magnifique Train , le Crédit , la Richesse ,
Inutiles secours , ne banniront jamais ,
Les Chagrins , les ennuis qui voltigent sans cesse
Autour des superbes Palais.
Celui- là vit heureux , qui frugal et modeste ,
Est content d'un repas simple et sans appareil
Qu'un sordide desir , qu'une crainte funeste ,
N'éloignent jamais du sommeil.
Pourquoi
MARS. 1733- 499
Pourquoi tant de projets avec si peu de vie ?
Dans un autre Climat pourquoi nous transporter?
Quél homme assez heureux , en fuyant sa Patric
A pû soi- même s'éviter ?
Dans les riches Vaisseaux le noir souci demeure
Pour y gêner sans fin l'avare Nautonnier.
Plus leger que le Cerf, plus rapide que l'Eure
Il suit par tout le Cavalier ,
Occupez du présent , sur l'avenir tranquilles à
Sçachons par le plaisir temperer la douleur :
Au surplus , renonçons à des soins inutiles :
Il n'est point de parfait bonheur.
M
Achille , jeune encor termine sa carriere :
Tithon accablé d'ans , languit foible et miné¿
Et ce que le Destin refuse à ta priere ,
Me sera peut-être donné.
M
Tandis qu'à cent Troupeaux tu fournis la pâture
Que pour traîner ton Char ces Coursiers sont
nourris ,
Et que de ton habit la superbe teinture ,
Attire les regards surpris.
La
388778
500 MERCURE DE FRANCE
La Parque favorable , avec un bien modiqué ,
*
Du Chantre de Lesbos m'accordant le talent ,
Entretient en mon ame un mépris héroïque ,
Four le vulgaire petulant.
* Alcée , Poëte Lyrique , qu'Horace a imité.
F. M. F.
qui commence par ces mots Ocium
Divos , & c .
Si tôt que sur l'Egée un tenebreux nuage ,
Ravit aux Matelots la lumiere des Cieux ,
Le plus hardi Pilote effrayé de l'orage ,
Demande le repos aux Dieux .
M
Grosphe , le Mede même et la Thrace indomptée,
Desirent ardemment ce précieux trésor ,
Dont la possession ne peut être achetée
në Ni par la Pourpre , ne par l'or.
Un magnifique Train , le Crédit , la Richesse ,
Inutiles secours , ne banniront jamais ,
Les Chagrins , les ennuis qui voltigent sans cesse
Autour des superbes Palais.
Celui- là vit heureux , qui frugal et modeste ,
Est content d'un repas simple et sans appareil
Qu'un sordide desir , qu'une crainte funeste ,
N'éloignent jamais du sommeil.
Pourquoi
MARS. 1733- 499
Pourquoi tant de projets avec si peu de vie ?
Dans un autre Climat pourquoi nous transporter?
Quél homme assez heureux , en fuyant sa Patric
A pû soi- même s'éviter ?
Dans les riches Vaisseaux le noir souci demeure
Pour y gêner sans fin l'avare Nautonnier.
Plus leger que le Cerf, plus rapide que l'Eure
Il suit par tout le Cavalier ,
Occupez du présent , sur l'avenir tranquilles à
Sçachons par le plaisir temperer la douleur :
Au surplus , renonçons à des soins inutiles :
Il n'est point de parfait bonheur.
M
Achille , jeune encor termine sa carriere :
Tithon accablé d'ans , languit foible et miné¿
Et ce que le Destin refuse à ta priere ,
Me sera peut-être donné.
M
Tandis qu'à cent Troupeaux tu fournis la pâture
Que pour traîner ton Char ces Coursiers sont
nourris ,
Et que de ton habit la superbe teinture ,
Attire les regards surpris.
La
388778
500 MERCURE DE FRANCE
La Parque favorable , avec un bien modiqué ,
*
Du Chantre de Lesbos m'accordant le talent ,
Entretient en mon ame un mépris héroïque ,
Four le vulgaire petulant.
* Alcée , Poëte Lyrique , qu'Horace a imité.
F. M. F.
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Résumé : IMITATION de l'Ode d'Horace, qui commence par ces mots : Otium Divos, &c.
Le texte est une imitation de l'Ode d'Horace, débutant par 'Ocium Divos, & c.' Il explore la quête du repos et du bonheur, inatteignable par la richesse ou le pouvoir. Les vers soulignent que les chagrins et les ennuis persistent malgré les luxes. Le bonheur est trouvé dans la frugalité et la modestie, loin des désirs avides et des craintes. Le poète s'interroge sur la fuite des hommes vers d'autres climats et sur l'impossibilité d'éviter ses propres malheurs. Il observe que les soucis accompagnent même les plus riches. Il prône de vivre l'instant présent et de tempérer la douleur par le plaisir, tout en renonçant à la quête d'un bonheur parfait. Le texte mentionne Achille et Tithon pour illustrer la brièveté de la vie et l'inévitabilité du destin. Le poète exprime son désir d'un talent poétique, comme celui accordé à Alcée, pour nourrir un mépris héroïque envers le vulgaire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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24
p. 500-5[0]3
LETTRE de M. C. Avocat au Parlement de Normandie, écrite à M... au sujet de quelques Epithetes et Qualifications singulieres, &c.
Début :
L'Etude des Loix et le tumulte du Barreau, ne m'empêchent pas, Monsieur, [...]
Mots clefs :
Noms, Avocat, Qualifications, Histoire, Paris, Origine, Italie, Sociétés
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. C. Avocat au Parlement de Normandie, écrite à M... au sujet de quelques Epithetes et Qualifications singulieres, &c.
LETTRE de M. C. Avocat au Parlement
de Normandie , écrite à M...
au sujet de quelques Epithetes et Qualifications
singulieres , & c.
'Etude des Loix et le tumulte du
Barreau , ne m'empêchent pas ,
Monsieur
, de donner toujours quelque tems
à une certaine Litterature agréable , qui
en instruisant , délasse des études sérieuses
qu'éxige notre Profession . Vous m'avze
envoyé un peu tard le Mercure * dans lequel,
à l'occasion d'un Extrait de la Bibliotheque
Italique , les Auteurs de ce Journal
ont donné un dénombrement des Académics
d'Italie , surtout de celles qui ont
pris des noms tout-à- fait bizares . Je vous
avoue que cette lecture m'a beaucoup
• Mercure de Janvier 17 32. page 123.
réjoui ,
MARS. 1733
Sor
réjoui , et que n'en déplaise à ces Messicurs
du Mercure , qui veulent qu'on
garde là- dessus le sérieux. Risum teneatis
Amici , j'aurai bien de la peine de ne
pas rire un peu des noms de Mrs les En- `
dormis , les Immobiles , les Fantasques , les
Etourdis , les Opiniâtres , les Insensez , les
Enchainez , les Absurdes , & c.
Il est vrai que la Lettre d'un habile
Italien , rapportée sur ce sujet dans le
même Livre , engage à suspendre son jugement
, et à présumer que les noms en
question n'auront pas été donnez au hazard
par des Iraliens , naturellement spirituels
et par des Italiens Gens de Lettres.
En attendant qu'il vienne là- dessus quelbonne
instruction de l'Italie même ,
que
comme il semble qu'on le fait esperer
dans le Mercure , j'ai pensé qu'il ne seroit
peut-être pas impossible de trouver
des exemples de pareilles ou d'approchantes
Qualifications hors de l'Italie ,
en France même , où je sçai qu'en certains
Cantons les Epithetes burlesques ct les
sobriquets ont été et sont peut- être encore
en vogue ; mais où chercher ces
preuves et ces autoritez je vous en laisse
le soin , Monsieur , yous qui êtes le maître
de tout votre temps et qui ne manquez
ni de curiosité ni de lumieres.
Je
502 MERCURE DE FRANCE
Je vous dirai cependant ce que j'ai
trouvé depuis peu là- dessus , sans le cherchet
et en feuilletant un Livre des plus
sérieux qui puissent tomber entre les
mains d'un Avocat ; cela justifiera d'ail
leurs ce que je viens de vous dire des
Sobriquets plaisants et des Qualifications
burlesques , usitées dans plusieurs endroits
du Royaume . Ce Livre est celui
dont voici le Titre : OBSERVATIONS et
Maximes sur les Matieres Criminelles ,
Avec des Remarques , & c . Par M. Antoine
Bruneau , Avocat au Farlement. 1 .
vol. in 4. Paris , chez Guill. Cavelier
fils , 1715.
Une Procedure Criminelle dont je
suis chargé , m'engagea de lire cet Auteur
, et je trouvai dans la I. Partie
T. XXIII . De la maniere de faire le Procès
aux Communautez des Villes , Bourgs
et Villages , Corps et Compagnies , ce qui
suit , page 215 .
» Je n'ai point prétendu parler de ces
Societez burlesques des Pertantineux à
» Paris , de ceux d'Orleans de la Poule
» à quatre oeufs , des Enfans de quatre
» heures à Amiens , des Goulifats à Mon-
» targis , des Mirandolins de Joigny , de
» la Gueuse à Boulogne - sur - Mer , et à
>> Montreuil des Enfans de la Lune , et
>> de
MARS. 1733 .
de la Messe de Minuit à Clermont en
593
» Auvergne ; à la fin de cette Liste réjouissante
, l'Auteur cite Jover , en sa
Bibliotheque , in verbo , Jeux de hazard ;
il cite aussi , mais je n'en vois pas bien
l'application , le III. L. des Instituts
Tit, 26. de Societate , quale de illicitis factionibus
timeri solet.
Si vous vous embarquez dans cette Recherche
, observez , s'il vous plaît , que
M. Bruneau s'appuye aussi un peu auparavant
, de l'autorité de Cujas , qu'il cite
de cette maniere , Sunt quarum usus , & c.
Recherches de la France et de celle de
Mezeray , dans l'Histoire de Clotaire I.
lesquels ont , dit il , parlé de l'origine de
notre Langue , et dans l'Histoire de Phi
lippe Auguste , de l'origine des Noms,
Vous verrez quel rapport tout cela peut
avoir au sujet en question ; car encore
une fois , je n'ai pas le temps
d'entrer
moi- même dans cette discussion , qui ne
consiste pas tant à rapporter
des cxemples
de pareilles dénominations , qu'à en
découvrir l'origine ou la cause , ce qui
peut fournir des Faits anecdotes et servir
même à l'Histoire generale et partiliere.
Je suis , Mousieur , & c.
A Paris le premier Février 1733 .
de Normandie , écrite à M...
au sujet de quelques Epithetes et Qualifications
singulieres , & c.
'Etude des Loix et le tumulte du
Barreau , ne m'empêchent pas ,
Monsieur
, de donner toujours quelque tems
à une certaine Litterature agréable , qui
en instruisant , délasse des études sérieuses
qu'éxige notre Profession . Vous m'avze
envoyé un peu tard le Mercure * dans lequel,
à l'occasion d'un Extrait de la Bibliotheque
Italique , les Auteurs de ce Journal
ont donné un dénombrement des Académics
d'Italie , surtout de celles qui ont
pris des noms tout-à- fait bizares . Je vous
avoue que cette lecture m'a beaucoup
• Mercure de Janvier 17 32. page 123.
réjoui ,
MARS. 1733
Sor
réjoui , et que n'en déplaise à ces Messicurs
du Mercure , qui veulent qu'on
garde là- dessus le sérieux. Risum teneatis
Amici , j'aurai bien de la peine de ne
pas rire un peu des noms de Mrs les En- `
dormis , les Immobiles , les Fantasques , les
Etourdis , les Opiniâtres , les Insensez , les
Enchainez , les Absurdes , & c.
Il est vrai que la Lettre d'un habile
Italien , rapportée sur ce sujet dans le
même Livre , engage à suspendre son jugement
, et à présumer que les noms en
question n'auront pas été donnez au hazard
par des Iraliens , naturellement spirituels
et par des Italiens Gens de Lettres.
En attendant qu'il vienne là- dessus quelbonne
instruction de l'Italie même ,
que
comme il semble qu'on le fait esperer
dans le Mercure , j'ai pensé qu'il ne seroit
peut-être pas impossible de trouver
des exemples de pareilles ou d'approchantes
Qualifications hors de l'Italie ,
en France même , où je sçai qu'en certains
Cantons les Epithetes burlesques ct les
sobriquets ont été et sont peut- être encore
en vogue ; mais où chercher ces
preuves et ces autoritez je vous en laisse
le soin , Monsieur , yous qui êtes le maître
de tout votre temps et qui ne manquez
ni de curiosité ni de lumieres.
Je
502 MERCURE DE FRANCE
Je vous dirai cependant ce que j'ai
trouvé depuis peu là- dessus , sans le cherchet
et en feuilletant un Livre des plus
sérieux qui puissent tomber entre les
mains d'un Avocat ; cela justifiera d'ail
leurs ce que je viens de vous dire des
Sobriquets plaisants et des Qualifications
burlesques , usitées dans plusieurs endroits
du Royaume . Ce Livre est celui
dont voici le Titre : OBSERVATIONS et
Maximes sur les Matieres Criminelles ,
Avec des Remarques , & c . Par M. Antoine
Bruneau , Avocat au Farlement. 1 .
vol. in 4. Paris , chez Guill. Cavelier
fils , 1715.
Une Procedure Criminelle dont je
suis chargé , m'engagea de lire cet Auteur
, et je trouvai dans la I. Partie
T. XXIII . De la maniere de faire le Procès
aux Communautez des Villes , Bourgs
et Villages , Corps et Compagnies , ce qui
suit , page 215 .
» Je n'ai point prétendu parler de ces
Societez burlesques des Pertantineux à
» Paris , de ceux d'Orleans de la Poule
» à quatre oeufs , des Enfans de quatre
» heures à Amiens , des Goulifats à Mon-
» targis , des Mirandolins de Joigny , de
» la Gueuse à Boulogne - sur - Mer , et à
>> Montreuil des Enfans de la Lune , et
>> de
MARS. 1733 .
de la Messe de Minuit à Clermont en
593
» Auvergne ; à la fin de cette Liste réjouissante
, l'Auteur cite Jover , en sa
Bibliotheque , in verbo , Jeux de hazard ;
il cite aussi , mais je n'en vois pas bien
l'application , le III. L. des Instituts
Tit, 26. de Societate , quale de illicitis factionibus
timeri solet.
Si vous vous embarquez dans cette Recherche
, observez , s'il vous plaît , que
M. Bruneau s'appuye aussi un peu auparavant
, de l'autorité de Cujas , qu'il cite
de cette maniere , Sunt quarum usus , & c.
Recherches de la France et de celle de
Mezeray , dans l'Histoire de Clotaire I.
lesquels ont , dit il , parlé de l'origine de
notre Langue , et dans l'Histoire de Phi
lippe Auguste , de l'origine des Noms,
Vous verrez quel rapport tout cela peut
avoir au sujet en question ; car encore
une fois , je n'ai pas le temps
d'entrer
moi- même dans cette discussion , qui ne
consiste pas tant à rapporter
des cxemples
de pareilles dénominations , qu'à en
découvrir l'origine ou la cause , ce qui
peut fournir des Faits anecdotes et servir
même à l'Histoire generale et partiliere.
Je suis , Mousieur , & c.
A Paris le premier Février 1733 .
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Résumé : LETTRE de M. C. Avocat au Parlement de Normandie, écrite à M... au sujet de quelques Epithetes et Qualifications singulieres, &c.
Dans une lettre datée du 1er février 1733, M. C., avocat au Parlement de Normandie, s'adresse à un destinataire pour discuter des épithètes et qualifications singulières mentionnées dans le Mercure de Janvier 1732. L'auteur exprime sa joie en découvrant les noms d'académies italiennes tels que 'les Endormis', 'les Immobiles' et 'les Fantasques', trouvant ces dénominations amusantes malgré le sérieux des auteurs du Mercure. Il mentionne une lettre d'un Italien qui suggère que ces noms n'ont pas été choisis au hasard. M. C. propose de chercher des exemples similaires en France, où les sobriquets burlesques sont également en vogue. Il cite un livre sérieux, 'Observations et Maximes sur les Matieres Criminelles' de M. Antoine Bruneau, qui mentionne des sociétés burlesques comme 'les Pertantineux' à Paris et 'les Enfans de la Lune' à Montreuil. L'auteur invite son destinataire à explorer l'origine de ces dénominations, ce qui pourrait enrichir l'histoire générale et particulière.
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25
p. 504
« La Pipe et le Moucheron, sont les mots des deux Enigmes du mois de février. Les [...] »
Début :
La Pipe et le Moucheron, sont les mots des deux Enigmes du mois de février. Les [...]
Mots clefs :
Pipe, Moucheron, Trente, Collier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Pipe et le Moucheron, sont les mots des deux Enigmes du mois de février. Les [...] »
La Pipe et le Moucheron , sont les mots
des deux Enigmes du mois de février.Les
deux Logogriphes doivent s'expliquer par
Trente et Collier
des deux Enigmes du mois de février.Les
deux Logogriphes doivent s'expliquer par
Trente et Collier
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26
p. 504
ENIGME.
Début :
Venez, Iris, que j'orne votre sein ; [...]
Mots clefs :
Violette
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Venez ,Iris , que j'orne votre scia ;
Quoique je sois d'une couleur fort brune ,
Ma beauté n'est pas si commune ,
Plus d'un Mortel me cherche le matin .
Je dois ma naissance à l'Aurore ,
Et peut-être je suis un des premiers présens ,
Que ses larmes fassent éclore ,
Pour exciter un de vos Sens.
Venez ,Iris , que j'orne votre scia ;
Quoique je sois d'une couleur fort brune ,
Ma beauté n'est pas si commune ,
Plus d'un Mortel me cherche le matin .
Je dois ma naissance à l'Aurore ,
Et peut-être je suis un des premiers présens ,
Que ses larmes fassent éclore ,
Pour exciter un de vos Sens.
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27
p. 504-505
ENIGME-LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis à tous Vivans funeste et favorable ; [...]
Mots clefs :
Sépulcre
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME-LOGOGRYPHE.
ENIGME-LOGOGRYHE
E suis à tous Vivans funeste et favorable ;
On me trouve souvent dans l'eau ;
Je ne fus jamais agréable ,
Cependant en Latin on peut me trouver beau ;
Pourvu qu'on me tranche la tête ;
Pour mon ventre , daignez lui préter un zero
Vous y verrez une méchante bête ,
Un Loup; en le nommant , c'est la féve au gâteau›
Mais
MARS.
505 17338
Mais non ; mes pieds encore augmentent le mistere
,
J'en ai quatre qui font la moitié du Chrétien ;
Voilà dequoi rêver sur nouveau frais ; oh bien ,
Devine si tu peux , Lecteur , c'est ton affaire.
E suis à tous Vivans funeste et favorable ;
On me trouve souvent dans l'eau ;
Je ne fus jamais agréable ,
Cependant en Latin on peut me trouver beau ;
Pourvu qu'on me tranche la tête ;
Pour mon ventre , daignez lui préter un zero
Vous y verrez une méchante bête ,
Un Loup; en le nommant , c'est la féve au gâteau›
Mais
MARS.
505 17338
Mais non ; mes pieds encore augmentent le mistere
,
J'en ai quatre qui font la moitié du Chrétien ;
Voilà dequoi rêver sur nouveau frais ; oh bien ,
Devine si tu peux , Lecteur , c'est ton affaire.
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28
p. 505
LOGOGRYPHE.
Début :
On peut prendre mon tout d'une double maniere ; [...]
Mots clefs :
Poste
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
N peut prendre mon tout d'une double maniere
;
Dans l'une je galoppe avec legereté ;
Dans l'autre de Métail , je deviens meurtriere ,
Si je ne donne de côté ;
De mes cinq pars retranchez la finale ,
Et celle qui tient le milieu ,
Je prends effrontément la place principale ,
Et me campe au milieu du feu.
Rognez encore un peu , je suis une Riviere ,
Fameuse par le sort d'un jeune témeraire.
Cherchez-moi bien , Lecteur , vous me tiendrez
dans peu.
N peut prendre mon tout d'une double maniere
;
Dans l'une je galoppe avec legereté ;
Dans l'autre de Métail , je deviens meurtriere ,
Si je ne donne de côté ;
De mes cinq pars retranchez la finale ,
Et celle qui tient le milieu ,
Je prends effrontément la place principale ,
Et me campe au milieu du feu.
Rognez encore un peu , je suis une Riviere ,
Fameuse par le sort d'un jeune témeraire.
Cherchez-moi bien , Lecteur , vous me tiendrez
dans peu.
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29
p. 505-506
AUTRE.
Début :
De plusieurs animaux je suis la nourriture ; [...]
Mots clefs :
Fourrage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
E plusieurs animaux je suis la nourriture ;
Le Villageois souvent n'a de moi qu'à demi :
Maint Cavalier , pour trouver avanture ,
Me cherche en Pays ennemi.
De mes sept parts prenez les trois premieres ,
Vous trouverez un attribut ,
E Qui
5c6 MERCURE DE FRANCE
Qui convient en mille manieres ,
A tous Poëtes de rebut ,
A tous Soufleurs et suppôts de Musique ;
Qui tous dans la cervelle ont quelque vertigo ;
Joignez -y la suivante , et dans l'Histoire antique, ·
Vous verrez que dans moi chanterent à gogo ,
Midrac , Sidrac , Abdenago ,
Et que plus d'un Métier me place en sa Boutique,
Mettez ces quatre à part , les trois qui resteront ,
Forment ce que chacun porte écrit sur son front,
Et que de cacher on se picque ,
Quoique le divulguer ne soit point un affront.
Remettez mon tout à sa place ,
Et vous verrez que deux , quatre , cinq , six en
sept ,
D'une juste frayeur est souvent le sujet.
}
Un , deux , quatre , six , sept , à des gens pleine
de crasse ,
Fait suivre nuit et jour le Métier de Vulcain..
Deux , quatre , six , sept , est un grain ;
Et deux , quatre , un Métail qu'avec soin Po
entasse,
E plusieurs animaux je suis la nourriture ;
Le Villageois souvent n'a de moi qu'à demi :
Maint Cavalier , pour trouver avanture ,
Me cherche en Pays ennemi.
De mes sept parts prenez les trois premieres ,
Vous trouverez un attribut ,
E Qui
5c6 MERCURE DE FRANCE
Qui convient en mille manieres ,
A tous Poëtes de rebut ,
A tous Soufleurs et suppôts de Musique ;
Qui tous dans la cervelle ont quelque vertigo ;
Joignez -y la suivante , et dans l'Histoire antique, ·
Vous verrez que dans moi chanterent à gogo ,
Midrac , Sidrac , Abdenago ,
Et que plus d'un Métier me place en sa Boutique,
Mettez ces quatre à part , les trois qui resteront ,
Forment ce que chacun porte écrit sur son front,
Et que de cacher on se picque ,
Quoique le divulguer ne soit point un affront.
Remettez mon tout à sa place ,
Et vous verrez que deux , quatre , cinq , six en
sept ,
D'une juste frayeur est souvent le sujet.
}
Un , deux , quatre , six , sept , à des gens pleine
de crasse ,
Fait suivre nuit et jour le Métier de Vulcain..
Deux , quatre , six , sept , est un grain ;
Et deux , quatre , un Métail qu'avec soin Po
entasse,
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30
p. 506
AUTRE LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis en vous ce qui vous fait connoître, [...]
Mots clefs :
Vérité
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE LOGOGRYPHE.
AUTRE LOGOGRYPHE.
JE
E suis en vous ce qui vous fait connoître ;
Objet aimable ou peu charmant,
Un membre à part , ce changement ,
Exprime un Fruit que vous aimez peut- être,
L. H. D.
JE
E suis en vous ce qui vous fait connoître ;
Objet aimable ou peu charmant,
Un membre à part , ce changement ,
Exprime un Fruit que vous aimez peut- être,
L. H. D.
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