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1
p. [2483]-2487
EPITRE A M. LE MARECHAL DUC DE VILLARS.
Début :
A des Grands sans vertus, un Auteur qui veut plaire, [...]
Mots clefs :
Maréchal, Vertu, Aïeux , Trône de Louis, Vœux
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE A M. LE MARECHAL DUC DE VILLARS.
Des Grands sans vertus,un Auteur
qui veut plaire ,
Les comble en les louant , d'une
gloire étrangere ,
Mais ce n'est point ainsi , puis qu'il faut l'avouer,
VILLARS , que l'on s'y prend lorsqu'on veut te
loüer ;
A ij Ta
2484 MERCURE DE FRANCE.
Ta vie offre à notre Art une riche matiere .
Je te vois tout brillant de ta propre lumiere ,
$
Tu nous suffis toi seul , et pour être vanté ,
Ton nom n'a pas besoin d'un éclat emprunté ;
Ce noble amas de faits , cette vertu suprême ,
Sans les chercher ailleurs , on les trouve en toimême.
Laissons-là tes emplois , ton rang et tes Ayeux ;
C'est par d'autres endroits que tu plaîs à nos yeux .
Depuis que le ciseau de la Parque inhumaine
Nous cut ravi Condé, Luxembourg et Turenne ,
On vit bien dans l'effroi qui courut nous glacer ,
Qu'il n'étoit que toi seul qui pût les remplacer.
Qüi , c'est toi dont l'effort repoussa ce grand
Homme , (*)
Plus outré contre nous , qu'Annibal contre Rome.
Par ta rare prudence et ton activité ,
Vingt fois dans ses desseins il fut déconcerté ;
Et chassant lesGuerriers qui couvroient nos Fromtieres
,
Tu sçus de cet Etar reculer les Barrières ; (6)
Aussi par mille Exploits non moins prompts
qu'inoüis ,
Ta valeur rassura le Trône de Louis.
Dès que son juste choix t'eut confié sa gloire ,
On te vit à grands pas courir à la victoire ;
Elle exauça tes voeux , et sensible à nos maux ,
(a) Le Prince Eugene.
(b) Lignes de Stoloffen.
Soudais
NOVEMBRE . 1731. 2485
Soudain en ta faveur revint sous nos Drapeaux.
C'est alors qu'appuyé de sa main foudroyante ,
Chez tous nos ennemis tu portas l'épouvante ;
Le Danube , la Sambre et l'Escaut et le Rhin ,
Te virent sur leurs bords paroitre en Souverain.
Quelqu'obstacle assez grand que t'oppose leur
rage ,
Rien ne peut t'arrêter , tout cede à ton courage ;
Tu voles sans fremir où l'honneur te conduit.
Quel air ! quels coups ! ton bras par tout se reproduit
,
Et cueillant à ton gré les Palmes les plus grandes.
Execute en Soldat ce qu'en Chef tu commandes.
Mais c'est peu que ta gloire éclate au Champ de
Mars :
Pour comble de bonheur tu chéris les beaux
Arts , (a)
Toûjours prêt à chercher quiconque a du merite
,
A de nouveaux efforts ta bonté les excite ,
Par les soins glorieux d'un Sénat d'Apollons ,
Déja nos beaux efprits sont comblez de tes
Dons , (6)
C'est ainsi que jadis banissant l'ignorance ,
FRANÇOIS (c ) dans nos climats fit fleurir la
Science , •
(a) Il est un des 40rde l'Académie Françoise:
(b) ll fournit tous les ans un Prix à l'Académie
de Marseille.
(c)François I. fut appellé le Pere des Sçavans
A iij
Aux
2496 MERCURE DE FRANCE
Aux Doctes de son siecle il prêta son appui ;
Ce Roi fit tout pour eux , ils firent tout pour lui;
Sous son Regne charmant jamais aucun Poëte ,
N'éprouva les rigueurs d'une affreuse disette ;
Mais si- tôt que la mort l'eut mit dans le cercueil,
Le Pinde consterné demeura dans le deüil.
Enfin le sort changea , les Muses affligées ,
D'Armand et de Seguier , se virent protegées ;
Et sur elles bien- tôt répandant ses bienfaits.
Le plus grand des Bourbons leur ouvrit son Palais,
Ta l'imites , VILLARS , et sur un tel exemple ,
Dans Marseille (4) aujourd'hui tu leur dresses un
Temple.
C'est-là que desormais mille Auteurs dans leurs
Vers,
Chanteront le bonheur de tes Exploits divers ,
Du Belge à ton aspect les troupes allarmées,
L'Empire jusqu'à Vienne ouvert à nos armées ,
Les Bataves domptez , leurs projets démentis ,
Et cent murs abattus aussi- tôt qu'investis.
Ton amour pour la Paix , (b) ton zele pour la
France ,
Tes moeurs , ton équité , ta vaste intelligence ,
Cet air noblé et riant qui sçait nous enchanter ,
Sont autant de sujets que leur main va traiter.
(a) Il est Protecteur de l'Académie de Marseille.
(b) Il conclud la Paix à Rastad.
Pour
NOVEMBRE . 1731. 2487
Pour moi , qui là- dessus brule souvent d'écrire ,
Je crains d'en dire moins , qu'il ne m'en faudroit
dire ,
Si-tôt que mon esprit vent peindre ta grandeur ,
Je ressens que ma force est moindre que mon
coeur ;
Toutesfois sur tes faits mes Muses attentives ,
Cherchent pour les tracer les couleurs les plus
vives ;
Heureux si dans l'ardeur qui me vient enflamer
Par de beaux traits enfin , je puis les exprimer !
Mais que dis -je , exprimer ! la chose est difficile ;
Je n'oserois tenter l'Eloge d'un Achile ;
VILLARS , je me connois , et ne vois pas comment,
Je pourrois par des Vers te louer dignement ;
Ainsi donc retenu par mon peu d'éloquence
Content de t'admirer , je garde le silence.
MANUEL , de la Doctrine Chrétienne,
qui veut plaire ,
Les comble en les louant , d'une
gloire étrangere ,
Mais ce n'est point ainsi , puis qu'il faut l'avouer,
VILLARS , que l'on s'y prend lorsqu'on veut te
loüer ;
A ij Ta
2484 MERCURE DE FRANCE.
Ta vie offre à notre Art une riche matiere .
Je te vois tout brillant de ta propre lumiere ,
$
Tu nous suffis toi seul , et pour être vanté ,
Ton nom n'a pas besoin d'un éclat emprunté ;
Ce noble amas de faits , cette vertu suprême ,
Sans les chercher ailleurs , on les trouve en toimême.
Laissons-là tes emplois , ton rang et tes Ayeux ;
C'est par d'autres endroits que tu plaîs à nos yeux .
Depuis que le ciseau de la Parque inhumaine
Nous cut ravi Condé, Luxembourg et Turenne ,
On vit bien dans l'effroi qui courut nous glacer ,
Qu'il n'étoit que toi seul qui pût les remplacer.
Qüi , c'est toi dont l'effort repoussa ce grand
Homme , (*)
Plus outré contre nous , qu'Annibal contre Rome.
Par ta rare prudence et ton activité ,
Vingt fois dans ses desseins il fut déconcerté ;
Et chassant lesGuerriers qui couvroient nos Fromtieres
,
Tu sçus de cet Etar reculer les Barrières ; (6)
Aussi par mille Exploits non moins prompts
qu'inoüis ,
Ta valeur rassura le Trône de Louis.
Dès que son juste choix t'eut confié sa gloire ,
On te vit à grands pas courir à la victoire ;
Elle exauça tes voeux , et sensible à nos maux ,
(a) Le Prince Eugene.
(b) Lignes de Stoloffen.
Soudais
NOVEMBRE . 1731. 2485
Soudain en ta faveur revint sous nos Drapeaux.
C'est alors qu'appuyé de sa main foudroyante ,
Chez tous nos ennemis tu portas l'épouvante ;
Le Danube , la Sambre et l'Escaut et le Rhin ,
Te virent sur leurs bords paroitre en Souverain.
Quelqu'obstacle assez grand que t'oppose leur
rage ,
Rien ne peut t'arrêter , tout cede à ton courage ;
Tu voles sans fremir où l'honneur te conduit.
Quel air ! quels coups ! ton bras par tout se reproduit
,
Et cueillant à ton gré les Palmes les plus grandes.
Execute en Soldat ce qu'en Chef tu commandes.
Mais c'est peu que ta gloire éclate au Champ de
Mars :
Pour comble de bonheur tu chéris les beaux
Arts , (a)
Toûjours prêt à chercher quiconque a du merite
,
A de nouveaux efforts ta bonté les excite ,
Par les soins glorieux d'un Sénat d'Apollons ,
Déja nos beaux efprits sont comblez de tes
Dons , (6)
C'est ainsi que jadis banissant l'ignorance ,
FRANÇOIS (c ) dans nos climats fit fleurir la
Science , •
(a) Il est un des 40rde l'Académie Françoise:
(b) ll fournit tous les ans un Prix à l'Académie
de Marseille.
(c)François I. fut appellé le Pere des Sçavans
A iij
Aux
2496 MERCURE DE FRANCE
Aux Doctes de son siecle il prêta son appui ;
Ce Roi fit tout pour eux , ils firent tout pour lui;
Sous son Regne charmant jamais aucun Poëte ,
N'éprouva les rigueurs d'une affreuse disette ;
Mais si- tôt que la mort l'eut mit dans le cercueil,
Le Pinde consterné demeura dans le deüil.
Enfin le sort changea , les Muses affligées ,
D'Armand et de Seguier , se virent protegées ;
Et sur elles bien- tôt répandant ses bienfaits.
Le plus grand des Bourbons leur ouvrit son Palais,
Ta l'imites , VILLARS , et sur un tel exemple ,
Dans Marseille (4) aujourd'hui tu leur dresses un
Temple.
C'est-là que desormais mille Auteurs dans leurs
Vers,
Chanteront le bonheur de tes Exploits divers ,
Du Belge à ton aspect les troupes allarmées,
L'Empire jusqu'à Vienne ouvert à nos armées ,
Les Bataves domptez , leurs projets démentis ,
Et cent murs abattus aussi- tôt qu'investis.
Ton amour pour la Paix , (b) ton zele pour la
France ,
Tes moeurs , ton équité , ta vaste intelligence ,
Cet air noblé et riant qui sçait nous enchanter ,
Sont autant de sujets que leur main va traiter.
(a) Il est Protecteur de l'Académie de Marseille.
(b) Il conclud la Paix à Rastad.
Pour
NOVEMBRE . 1731. 2487
Pour moi , qui là- dessus brule souvent d'écrire ,
Je crains d'en dire moins , qu'il ne m'en faudroit
dire ,
Si-tôt que mon esprit vent peindre ta grandeur ,
Je ressens que ma force est moindre que mon
coeur ;
Toutesfois sur tes faits mes Muses attentives ,
Cherchent pour les tracer les couleurs les plus
vives ;
Heureux si dans l'ardeur qui me vient enflamer
Par de beaux traits enfin , je puis les exprimer !
Mais que dis -je , exprimer ! la chose est difficile ;
Je n'oserois tenter l'Eloge d'un Achile ;
VILLARS , je me connois , et ne vois pas comment,
Je pourrois par des Vers te louer dignement ;
Ainsi donc retenu par mon peu d'éloquence
Content de t'admirer , je garde le silence.
MANUEL , de la Doctrine Chrétienne,
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Résumé : EPITRE A M. LE MARECHAL DUC DE VILLARS.
Le texte est un éloge du maréchal de Villars, mettant en avant ses qualités et ses exploits militaires. L'auteur critique ceux qui louent les grands en utilisant des gloires étrangères, affirmant que Villars n'a pas besoin de cela pour être reconnu. Il souligne que la vie de Villars offre une riche matière pour l'art poétique et que ses qualités intrinsèques suffisent à le louer. Le texte rappelle les grandes figures militaires françaises disparues, telles que Condé, Luxembourg et Turenne, et souligne que Villars a su les remplacer. Il décrit ses victoires contre des ennemis puissants, notamment le prince Eugène, et ses exploits militaires qui ont rassuré le trône de Louis XIV. Villars est également loué pour son soutien aux arts et aux lettres, comparé à François Ier, protecteur des savants et des poètes. L'auteur mentionne les contributions de Villars à l'Académie de Marseille et son rôle dans la conclusion de la paix à Rastatt. Il exprime son admiration pour Villars, tout en reconnaissant son incapacité à le louer dignement en raison de son manque d'éloquence.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 3093-3094
RÉPONSE DE MADAME LA COMTESSE DU ROURE, Aux Vers de M. de Montel, sur les mêmes Rimes.
Début :
Vous m'avez fort bien étrennée ; [...]
Mots clefs :
Cœur, Vœux, Laurier
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE DE MADAME LA COMTESSE DU ROURE, Aux Vers de M. de Montel, sur les mêmes Rimes.
REPONSE
DE MADAME
LA COMTESSE DU ROURE ,
Aux Vers de M. de Montel , sur les mêmes
Rimes..
Vous m'avez fort bien étrennée ;
Et mon coeur vous souhaite aussi ,
Avec la plus heureuse année
Force Ducats gagnez icy.
Si j'étois assez fortunée
Pour orner votre front cheri ;
De belle tocque enluminée ,
Lors mes voeux auroient reüssi,
J'en dis autant à de Poncy ,
Digne de même destinée¸
Ila.Vola
3094 MERCURE DE FRANCE
Et dont la tête jusqu'ici ,
Mest que de Laurier couronnée.
DE MADAME
LA COMTESSE DU ROURE ,
Aux Vers de M. de Montel , sur les mêmes
Rimes..
Vous m'avez fort bien étrennée ;
Et mon coeur vous souhaite aussi ,
Avec la plus heureuse année
Force Ducats gagnez icy.
Si j'étois assez fortunée
Pour orner votre front cheri ;
De belle tocque enluminée ,
Lors mes voeux auroient reüssi,
J'en dis autant à de Poncy ,
Digne de même destinée¸
Ila.Vola
3094 MERCURE DE FRANCE
Et dont la tête jusqu'ici ,
Mest que de Laurier couronnée.
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3
p. 69
MADRIGAL.
Début :
Je cherche à faire une maîtresse ; [...]
Mots clefs :
Maîtresse, Sagesse, Esprit, Vœux
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texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL.
MADRIGAL.
Je cherche àfaire une maîtreſſe ;
E
Voila ce qui me rend rêveur :
Car je voudrois elprit , fagelfe ,
Beauté complette & ten fre coeur.
Lepuis que je vous vois , Thémire ,
Trois de mes voeux font bien remplis ;
Mais vous feule pouvez me dire ,
Si les quatre font accomplis.
Je cherche àfaire une maîtreſſe ;
E
Voila ce qui me rend rêveur :
Car je voudrois elprit , fagelfe ,
Beauté complette & ten fre coeur.
Lepuis que je vous vois , Thémire ,
Trois de mes voeux font bien remplis ;
Mais vous feule pouvez me dire ,
Si les quatre font accomplis.
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4
p. 3-12
VERS sur la Statue érigée à Sa Majesté.
Début :
ENFIN voici l'instant (a) où triomphe tes vœux, [...]
Mots clefs :
Statue, Vœux, Instant, Monarque, Prince, Arts, Trône, Bonté, Genre humain
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS sur la Statue érigée à Sa Majesté.
VERS fur la Statue érigée à Sa Majesté.
ENFIN voici l'inftant (a ) où triomphe tes voeux ,
FRANCE , enorgueillis- toi , dreffe ta tête altière ;
( a ) Il y a deux mois auffi que cet inftant eft
paffé , deux mois auffi que ce morceau de Poëfie
eft fait. L'impreffion en a été différée jufqu'à ce
jour par des raifons dont le détail feroit ici plus
qu'inutile. Au refte , fi ces vers font bons , le restard
n'eft rien. Des Sujets comme celui- ci , ont
toujours les graces de la nouveauté ; & l'éloge
d'un bon Roi n'eft jamais hors de faifon , furtout
pour des François.
II. Vol. A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
Ton Monarque aujourd'hui s'éléve vers les Cieus
Et nos foudres d'airain l'annoncent à la Terre. (b)
Allez , volez , beaux Arts , portez- le dans les airs
On peut l'offrir , fans crainte , aux yeux de l'Uni
vers ;
Qu'il juge fi ce front mérite la couronne >
Et fi çe port dément la Majefté du Trône.
Monument adorable , image de mon Roi ,
Qui pourroit contempler tes beautés immortelles
Sans t'aimer , te bénir , fans fouhaiter des aîles
Pour prendre fon éffor & s'élancer vers toi ?
"De contrastes heureux quel divin affèmblage !
Grandeur d'âme , douceur , nobleffe , humanité ,
Tout le trouve exprimé dans ce fuperbe ouvrage
Enfin , il eft fidéie , & c'eft-là fa beauté. 1
PRINCE , fi , par hazard , on pouvoit s'y mé
prendre ;
A ta noble candeur que l'Artiſte à fçu rendre
A l'augufte bonté qui perce dans ces traits
C'eft Trajan ou Titus que je devinerais.
Ainfi méritois-tu d'être immortaliſée ;
Vertu pure & vraiment digne de l'Eliſée ! ( c )
Ah ! qu'on peut déſormais donner un fi beau nom
A ce vallon chéri qu'honore ta préfence !
( b ) Il faut fe rappeller qu'on tira le canon
quand on éleva la Statue.
"
(e) Allufion au lieu où l'on à placé le Roi .
On fait que ce lieu s'appelle les Champs Elifes
JUILLET. 1763.
}
•
Il ne manque plus rien à fa magnificence ,
Tu le viens habiter ; c'eft le facré vallon.
Bruïant enfans d'Eole , épargnez ces bocages ,
Allez porter ailleurs vos funeſtes ravages ;
f
Un Dieu régne en ces lieux , un Dieu vous en
bannit...
La Nature m'entend ; voilà qu'elle obéit. ( ¿)
Dociles à ma voix , les frimats difparoiffent ;
Encore un feul moment , toutes les fleurs renaiffent
;
Tout va reffufciter dans ce lieu plein dappas ,
J'y vois déja , j'y vois fourire la Nature ;
Et l'aimable Printems , qui s'avance à grands pas ,
Y prépare à mon Prince un Temple de verdure .
Si l'on en croit Homère , ainfi le mont Ida ( e )
Accueillit autrefois le Monarque du Monde :
Sa cime en treffaillit & devint plus féconde ;
Des plus vives couleurs la Terre fe para ;
Elle ouvrit fes tréfors , fes parfums s'exhalérent
Les arbres réjouis , à l'inftant s'animerent ;
Une force nouvelle , un efprit tout divin ,
(d) La Statue ayant été placé aux approches
da Printems , c'étoit une circonftance dont il étoit
naturel que la poefie fit fon profit , d'autant plus
que cette circonſtance cadre avec celle des
Champs Elifées .
(e ) La defcente de Jupiter & de Junon fur le
Mont Ida , eft un des plus beaux endroits de l'Iliade.
Il ne faut pas faire à Homère le tort d'en
juger par cette foible imitation ,
A iv
8 MERCURE DE FRANCE.
S'y gliffa tout à- coup , & réchauffa leur fein ,
Des troncs les plus flétris , les têtes rajeunirent ,
Dans les airs étonnés leurs rameaux s'étendirent ,
Et bientôt Jupiter fe vit un dais pompeux
Qui le cédoit à peine à la voute des cieux.
la Terre en recevant fon Maître.
*
Telle par ut
Ce jour le renouvelle , & tout prêt à fleurir
Ce fortuné vallon femble auffi reconnaître
L'hôte majestueux
qui le vient embéllir.
Venez y déformais , ô coeurs purs & fenfibles ,
( S'il en exifte encor dans nos jours corrompus ,
Fréquentez , chériffez ces retraites paisibles ;
Peut-on fe refufer à l'attrait des vertus ?
Pour moi , comme un oiſeau qui gémit dans le
cage ,
S'il peut fe dérober à la captivité ,
S'élance tout à coup vers le prochain bocages
Et va fur un ormeau chanter fa liberté ;
Sitôt que je pourrai m'échapper de la Ville ,
On m'y verra voler , vers cet aimable aſyle .
Quel lieu plus convenable au penchant de mon
€oeur ?
Quel lieu plus favorable à ma lyrique ardeur ?
L'image des vertus éleve , ennoblit l'âme ,
Et ravit notre efprit fur des aîles de flâme.
Je l'éprouve déja par de bouillans tranſports ;
Je fens naître l'accès du plus heureux délire…..
Mon ſang s'eſt enflammé... ce monument m'inſ
pire...
JUILLET. 1763. 9
CORNEILLE , élances- toi du rivage des morts ;
Prête moi ta vigueur , efprit mâle & ſublime ,
Qui portas jufqu'aux Cieux le grand nom des
BOURBONS ; (f)
Oui, paffe dans mon fein ; que ta verve m'anime
Et me donne aujourd'hui l'audace de fes bonds.
Peintre majestueux de la bonté d' Augufte , (g)
Où font tes grands crayons , tes célébres pinceaux
?
Reprens-les pour un Prince auffi doux aufi
jufte ,
Et retraçons encor d'auffi rares tableaux .
Les hommes , dans tes vers , n'ofoient fe reconnoître
,
Tu les peignois , dit -on , ainfi qu'ils devoient
être ;
'Ah ! peignons , s'il fe peut , celui - ci tel qu'il eft,
Nous n'aurons pas befoin de flater fon portrait.
Mais que fais- je , infenfé ! Ma voix percera -t elle
Les fombres profondeurs de la nuit éternelle ?
(f) Le grand Corneille a fait une infinité de
magniques vers à la louanges de Louis XIV , &
entr'autres un fublime morceau de poësie qui
commence ainfi :
Mánes des grands Bourbons , brillansfoudres de
guerre.
( g ) Dans Cinna,
A v
10 MERCURE DE FRANCE .
Ce grand homme à mes voeux ne fera point
rendu ,
Il eft fur fes lauriers à jamais étendu.
Ce fuperbe géant ne peut brifer la chaîne ;
Terraffé , captivé dans fon cachot poudreur ;
Il n'élevera plus cette tête hautaine
Qui touchoit à l'Olympe & l'égaloitaux Dieux.
Ainfi , ne troublons point le terrible filence
Où repoſe à préſent ſa ſublime éloquence :
En vain nous voudrions rallumer ce flambeau ,
Ce feu , qu'ont étouffé les cendres du tombeau
Eh ! quel befoin d'ailleurs d'évoquer fon génie ?
L'harmonie avec lui s'eft - elle enfevelie ?
N'avons-nous pas encor fon rival , fon vain
queur ?
O toi qui du berceau ( h ) t'élançant dans l'arène ,
Terraffa à vingt ans ce vigoureux luteur ,
Dont la chûte étonnante éffraya l'Hippocrène 3
Toi , qui n'en triomphas que pour le protéger ,
Qui prends foin de la gloire , ainſi que de ſa races
Toi qui brilles , hélas ! fous un Ciel étranger ;
Honneur d'un fiécle ingrat , Monarque du Par
naſſe ,
Pour te nommer enfin , Chantre du grand Henri ;
(h) On fçait combien M de Voltaire a été prématuré.
A vingt ans il avoit fait fon @dipe for
fupérieur à celui de Corneille.
JUILLET. 1763. II
Viens , célébrons enſemble an Roi non moins
chéri.
Ami du genre humain , chantes-en les délices.
VOLTAIRE ! fe peut-il qu'aujourd'hui tu languiffest
Si tu nous es ravi par un deftin jaloux ,
Montre- nous que ton coeur eft du moins parmi
nous.
'Accourez-tous enfin , ô modernes Orphées ;
Secondez mes éfforts , accompagnez ma voix ;
Éclatons a l'envi pour le meilleur des Rois ;
Le Pinde à fa vertu doit auffi des trophées.
Quoi ! le premier des arts marche ici le dernier
Allons , réveillez-vous , concourez à fa gloire ;
Et qu'on le voye auffi fur ce fameux courfier (i )
Qui porte les Héros au Temple de Mémoire.
Venez auffi , venez célébrer, fes bienfaits ,
vous tous qui portez le beau nom de Français
Que chacun avec moi l'honore à ſa manière ,
Saluons notre Roi , beniffons notre père ;;
Aux tranſports de nos coeurs donnons un libre
cours ;
Que nos cris redoublés s'élevent dans la nue
Importunons le Ciel en faveur de fes jours,
Et qu'il puiffe durer autant que fa Statue !
Quand nos foibles voix les honorent ,
( *) Alluſion à la Statue qui eft équestre,
A vj
12 MERCURE DE FRANCE.
Les Dieux prennent pitié de nos bégaiemens
Et leur attention ſe borne aux fentimens ,
Aux voeux de ceux qui les adorent.
Si mon léger tribut t'eſt jamais préſenté ,
Daignes donc , ô mon Roi , le voir avec bonté ,
Ne décourages point ma plume ;
Un Soleil tempéré fait profiter les fleurs ;
Un Soleil brûlant les confume ,
Er dévore àjamais leurs brillantes couleurs.
Par M. GERMAIN DE CRAIN.
ENFIN voici l'inftant (a ) où triomphe tes voeux ,
FRANCE , enorgueillis- toi , dreffe ta tête altière ;
( a ) Il y a deux mois auffi que cet inftant eft
paffé , deux mois auffi que ce morceau de Poëfie
eft fait. L'impreffion en a été différée jufqu'à ce
jour par des raifons dont le détail feroit ici plus
qu'inutile. Au refte , fi ces vers font bons , le restard
n'eft rien. Des Sujets comme celui- ci , ont
toujours les graces de la nouveauté ; & l'éloge
d'un bon Roi n'eft jamais hors de faifon , furtout
pour des François.
II. Vol. A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
Ton Monarque aujourd'hui s'éléve vers les Cieus
Et nos foudres d'airain l'annoncent à la Terre. (b)
Allez , volez , beaux Arts , portez- le dans les airs
On peut l'offrir , fans crainte , aux yeux de l'Uni
vers ;
Qu'il juge fi ce front mérite la couronne >
Et fi çe port dément la Majefté du Trône.
Monument adorable , image de mon Roi ,
Qui pourroit contempler tes beautés immortelles
Sans t'aimer , te bénir , fans fouhaiter des aîles
Pour prendre fon éffor & s'élancer vers toi ?
"De contrastes heureux quel divin affèmblage !
Grandeur d'âme , douceur , nobleffe , humanité ,
Tout le trouve exprimé dans ce fuperbe ouvrage
Enfin , il eft fidéie , & c'eft-là fa beauté. 1
PRINCE , fi , par hazard , on pouvoit s'y mé
prendre ;
A ta noble candeur que l'Artiſte à fçu rendre
A l'augufte bonté qui perce dans ces traits
C'eft Trajan ou Titus que je devinerais.
Ainfi méritois-tu d'être immortaliſée ;
Vertu pure & vraiment digne de l'Eliſée ! ( c )
Ah ! qu'on peut déſormais donner un fi beau nom
A ce vallon chéri qu'honore ta préfence !
( b ) Il faut fe rappeller qu'on tira le canon
quand on éleva la Statue.
"
(e) Allufion au lieu où l'on à placé le Roi .
On fait que ce lieu s'appelle les Champs Elifes
JUILLET. 1763.
}
•
Il ne manque plus rien à fa magnificence ,
Tu le viens habiter ; c'eft le facré vallon.
Bruïant enfans d'Eole , épargnez ces bocages ,
Allez porter ailleurs vos funeſtes ravages ;
f
Un Dieu régne en ces lieux , un Dieu vous en
bannit...
La Nature m'entend ; voilà qu'elle obéit. ( ¿)
Dociles à ma voix , les frimats difparoiffent ;
Encore un feul moment , toutes les fleurs renaiffent
;
Tout va reffufciter dans ce lieu plein dappas ,
J'y vois déja , j'y vois fourire la Nature ;
Et l'aimable Printems , qui s'avance à grands pas ,
Y prépare à mon Prince un Temple de verdure .
Si l'on en croit Homère , ainfi le mont Ida ( e )
Accueillit autrefois le Monarque du Monde :
Sa cime en treffaillit & devint plus féconde ;
Des plus vives couleurs la Terre fe para ;
Elle ouvrit fes tréfors , fes parfums s'exhalérent
Les arbres réjouis , à l'inftant s'animerent ;
Une force nouvelle , un efprit tout divin ,
(d) La Statue ayant été placé aux approches
da Printems , c'étoit une circonftance dont il étoit
naturel que la poefie fit fon profit , d'autant plus
que cette circonſtance cadre avec celle des
Champs Elifées .
(e ) La defcente de Jupiter & de Junon fur le
Mont Ida , eft un des plus beaux endroits de l'Iliade.
Il ne faut pas faire à Homère le tort d'en
juger par cette foible imitation ,
A iv
8 MERCURE DE FRANCE.
S'y gliffa tout à- coup , & réchauffa leur fein ,
Des troncs les plus flétris , les têtes rajeunirent ,
Dans les airs étonnés leurs rameaux s'étendirent ,
Et bientôt Jupiter fe vit un dais pompeux
Qui le cédoit à peine à la voute des cieux.
la Terre en recevant fon Maître.
*
Telle par ut
Ce jour le renouvelle , & tout prêt à fleurir
Ce fortuné vallon femble auffi reconnaître
L'hôte majestueux
qui le vient embéllir.
Venez y déformais , ô coeurs purs & fenfibles ,
( S'il en exifte encor dans nos jours corrompus ,
Fréquentez , chériffez ces retraites paisibles ;
Peut-on fe refufer à l'attrait des vertus ?
Pour moi , comme un oiſeau qui gémit dans le
cage ,
S'il peut fe dérober à la captivité ,
S'élance tout à coup vers le prochain bocages
Et va fur un ormeau chanter fa liberté ;
Sitôt que je pourrai m'échapper de la Ville ,
On m'y verra voler , vers cet aimable aſyle .
Quel lieu plus convenable au penchant de mon
€oeur ?
Quel lieu plus favorable à ma lyrique ardeur ?
L'image des vertus éleve , ennoblit l'âme ,
Et ravit notre efprit fur des aîles de flâme.
Je l'éprouve déja par de bouillans tranſports ;
Je fens naître l'accès du plus heureux délire…..
Mon ſang s'eſt enflammé... ce monument m'inſ
pire...
JUILLET. 1763. 9
CORNEILLE , élances- toi du rivage des morts ;
Prête moi ta vigueur , efprit mâle & ſublime ,
Qui portas jufqu'aux Cieux le grand nom des
BOURBONS ; (f)
Oui, paffe dans mon fein ; que ta verve m'anime
Et me donne aujourd'hui l'audace de fes bonds.
Peintre majestueux de la bonté d' Augufte , (g)
Où font tes grands crayons , tes célébres pinceaux
?
Reprens-les pour un Prince auffi doux aufi
jufte ,
Et retraçons encor d'auffi rares tableaux .
Les hommes , dans tes vers , n'ofoient fe reconnoître
,
Tu les peignois , dit -on , ainfi qu'ils devoient
être ;
'Ah ! peignons , s'il fe peut , celui - ci tel qu'il eft,
Nous n'aurons pas befoin de flater fon portrait.
Mais que fais- je , infenfé ! Ma voix percera -t elle
Les fombres profondeurs de la nuit éternelle ?
(f) Le grand Corneille a fait une infinité de
magniques vers à la louanges de Louis XIV , &
entr'autres un fublime morceau de poësie qui
commence ainfi :
Mánes des grands Bourbons , brillansfoudres de
guerre.
( g ) Dans Cinna,
A v
10 MERCURE DE FRANCE .
Ce grand homme à mes voeux ne fera point
rendu ,
Il eft fur fes lauriers à jamais étendu.
Ce fuperbe géant ne peut brifer la chaîne ;
Terraffé , captivé dans fon cachot poudreur ;
Il n'élevera plus cette tête hautaine
Qui touchoit à l'Olympe & l'égaloitaux Dieux.
Ainfi , ne troublons point le terrible filence
Où repoſe à préſent ſa ſublime éloquence :
En vain nous voudrions rallumer ce flambeau ,
Ce feu , qu'ont étouffé les cendres du tombeau
Eh ! quel befoin d'ailleurs d'évoquer fon génie ?
L'harmonie avec lui s'eft - elle enfevelie ?
N'avons-nous pas encor fon rival , fon vain
queur ?
O toi qui du berceau ( h ) t'élançant dans l'arène ,
Terraffa à vingt ans ce vigoureux luteur ,
Dont la chûte étonnante éffraya l'Hippocrène 3
Toi , qui n'en triomphas que pour le protéger ,
Qui prends foin de la gloire , ainſi que de ſa races
Toi qui brilles , hélas ! fous un Ciel étranger ;
Honneur d'un fiécle ingrat , Monarque du Par
naſſe ,
Pour te nommer enfin , Chantre du grand Henri ;
(h) On fçait combien M de Voltaire a été prématuré.
A vingt ans il avoit fait fon @dipe for
fupérieur à celui de Corneille.
JUILLET. 1763. II
Viens , célébrons enſemble an Roi non moins
chéri.
Ami du genre humain , chantes-en les délices.
VOLTAIRE ! fe peut-il qu'aujourd'hui tu languiffest
Si tu nous es ravi par un deftin jaloux ,
Montre- nous que ton coeur eft du moins parmi
nous.
'Accourez-tous enfin , ô modernes Orphées ;
Secondez mes éfforts , accompagnez ma voix ;
Éclatons a l'envi pour le meilleur des Rois ;
Le Pinde à fa vertu doit auffi des trophées.
Quoi ! le premier des arts marche ici le dernier
Allons , réveillez-vous , concourez à fa gloire ;
Et qu'on le voye auffi fur ce fameux courfier (i )
Qui porte les Héros au Temple de Mémoire.
Venez auffi , venez célébrer, fes bienfaits ,
vous tous qui portez le beau nom de Français
Que chacun avec moi l'honore à ſa manière ,
Saluons notre Roi , beniffons notre père ;;
Aux tranſports de nos coeurs donnons un libre
cours ;
Que nos cris redoublés s'élevent dans la nue
Importunons le Ciel en faveur de fes jours,
Et qu'il puiffe durer autant que fa Statue !
Quand nos foibles voix les honorent ,
( *) Alluſion à la Statue qui eft équestre,
A vj
12 MERCURE DE FRANCE.
Les Dieux prennent pitié de nos bégaiemens
Et leur attention ſe borne aux fentimens ,
Aux voeux de ceux qui les adorent.
Si mon léger tribut t'eſt jamais préſenté ,
Daignes donc , ô mon Roi , le voir avec bonté ,
Ne décourages point ma plume ;
Un Soleil tempéré fait profiter les fleurs ;
Un Soleil brûlant les confume ,
Er dévore àjamais leurs brillantes couleurs.
Par M. GERMAIN DE CRAIN.
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Résumé : VERS sur la Statue érigée à Sa Majesté.
En juillet 1763, deux textes distincts rendent hommage à des figures notables. Le premier texte est un poème célébrant un monarque, probablement Louis XV, à l'occasion de l'érection d'une statue royale aux Champs-Élysées. Cette statue symbolise la noblesse, la douceur et l'humanité du roi. Les festivités incluent un tir de canons. Le poète compare la réaction de la nature à l'arrivée du roi à celle décrite par Homère et exprime son désir de s'inspirer de la statue. Il invoque l'esprit de Pierre Corneille pour trouver l'inspiration, tout en reconnaissant que ce dernier ne peut plus célébrer le roi actuel. Le second texte est une ode de Germain de Craïn dédiée à Voltaire. L'auteur souligne que Voltaire, à seulement vingt ans, avait déjà surpassé Corneille avec son œuvre Œdipe. Il déplore la mort de Voltaire et encourage les poètes modernes à célébrer le roi, décrit comme un ami du genre humain. L'ode insiste sur la nécessité de rendre hommage au roi et de prier pour sa longévité, comparant les louanges à un soleil tempéré favorisant la croissance des fleurs. L'auteur espère que ses vers seront bien accueillis par le roi sans décourager sa plume.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 58
SUR la convalescence de M. D. V.
Début :
LE destin vous rend à nos vœux, [...]
Mots clefs :
Convalescence, Destin, Vœux, Famille, Pleurs, Crainte, Alarmes, Allégresse
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texteReconnaissance textuelle : SUR la convalescence de M. D. V.
SUR la convalefcence de M. D. V.
LE deftin yous rend à nos voeur ,
Vous refpirez : la mort avide
Détourne le glaive homicide
! Qui vous menaçoit à nos yeux. iv ul
Les pleurs d'une famille entière,
Les foins tendres de vos amis ,"
- " Les craintes , les larmes d'un fils
Vous rappellent à la lumière.
Vous venez enfin de jouir
De la vérité de nos larmes ;
Quel motif pouvoit adoucir
Et nos regrets , & nos allarmes !
Que peut l'intérêt fur des coeurs
Abandonnés à la trifteffe ,
Tremblans du comble des malheurs ,
Morts à la joie , à l'allégreffe unɔbngat .
Sentoient-ils rien que leurs douleurs 201
De l'amitié les douces flâmes
Eteignoient les autres tranſports.
**
2
Combien voudroient du fein des morts
Revenir lire dans nos âmes !
D
I
Jouiffez du plaifir flatteuritarvob en
De vous voir chéri pour vous-même isola
Faites longtemps notre bonheur ;
Vivez autant que l'on vous aime.
Par M. le M. D. V.
LE deftin yous rend à nos voeur ,
Vous refpirez : la mort avide
Détourne le glaive homicide
! Qui vous menaçoit à nos yeux. iv ul
Les pleurs d'une famille entière,
Les foins tendres de vos amis ,"
- " Les craintes , les larmes d'un fils
Vous rappellent à la lumière.
Vous venez enfin de jouir
De la vérité de nos larmes ;
Quel motif pouvoit adoucir
Et nos regrets , & nos allarmes !
Que peut l'intérêt fur des coeurs
Abandonnés à la trifteffe ,
Tremblans du comble des malheurs ,
Morts à la joie , à l'allégreffe unɔbngat .
Sentoient-ils rien que leurs douleurs 201
De l'amitié les douces flâmes
Eteignoient les autres tranſports.
**
2
Combien voudroient du fein des morts
Revenir lire dans nos âmes !
D
I
Jouiffez du plaifir flatteuritarvob en
De vous voir chéri pour vous-même isola
Faites longtemps notre bonheur ;
Vivez autant que l'on vous aime.
Par M. le M. D. V.
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