Résultats : 21770 texte(s)
Détail
Liste
17101
p. 2668-2672
LETTRE de M. Thiout, Horloger, à M. le Chevalier de .... au sujet de la Pendule que M. Pierre le Roy annonce dans le Mercure de Septembre dernier.
Début :
MONSIEUR, Les marques d'estime dont vous m'honorez, et [...]
Mots clefs :
Pierre Le Roy, Pendule, Roue, Cercle, Quantième, Palette, Temps vrai, Ressort, Description, Cadran, Minutes, Roues, Pignon, Justesse, Échappement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Thiout, Horloger, à M. le Chevalier de .... au sujet de la Pendule que M. Pierre le Roy annonce dans le Mercure de Septembre dernier.
LETTRE de M. Thiout , Horloger
à M. le Chevalier de .... au sujet de
la Pendule que M. Pierre le Roy annonce
dans le Mercure de Sept.mbre dernier.
MONSIEUR ,
Les marques d'estime dont vous m'honorez ',
et l'envie que vous m'avez témoignée de sçavoir
par moi les proprietez de la Pendule que M.Pierre
le Roy annonce, confirment l'interêt que vous
prenez au progrès des Arts . Je vais donc Monsieur
, m'en acquitter le plus succinctement qu'il
me sera possible , selon la description que vous
en avez vûë de l'Auteur.
Cette Pendule marque le temps vrai , par le
moyen d'un cercle appliqué à la circonférence
du Cadran , où sont gravez les mois et quantiémes
inégalement , selon que l'Equation le demande
; les 60. minutes y sont aussi gravées ,
I. Kd • de
DECEMBRE. 1733. 2659
He sorte qu'en le tournant à la main jusqu'an
quantiéme marqué avec deux index , l'Aiguille
des minutes marque sur ledit Cercle le temps
vrai.
Cette méthode , quoique très - bonne , a des
difficultez qui empêchent que le Public n'en tire
Pavantage qu'il desireroit , parce qu'il est diffi
cile d'en faire prendre connoissance aux personnes
même intelligentes , et en ce qu'il faut s'ap
procher du Cadran toutes les fois que l'on veut
avoir l'heure , et avoir toujours égard aux nouvelles
positions du Cercle après l'avoir mis au
quantième , ce qui n'est guère utile pour un usage
ordinaire , mais très-bon pour un Sçavant
comme étoit l'Inventeur , feu M. de la Hire , or
comme est M.du Fay ; qui l'a si bien perfec-
*tionnée.
M. le Roy a ajoûté une détente fort ingénieuse
, après ce Cercle , pour faire sonner le temps
vrai , mais M. Enderlin en a imaginé une , où
il évite les talus qui sont à celle de M. le Roy , ce
qui la rend plus parfaite et plus facile à executer.
Cette Pendule marque le quantiéme du mois
avec une roue de plus, tandis qu'il faut trois roues
et deux pignons aux autres Pendules qui le masquent
, selon M. le Roy. Je ne crois pas que son
dessein soit d'en imposer, cependant il sçait bien
que nos quantiémes ordinaires ne sont composez
que d'un pignon de 16. posé sur la roue de Cadran.
Une roue de 32. engrainée dedans ; portant
une cheville qui passe toutes les 24. heures,prend
une dent du Cercle qui fait changer le chiffre; ainsi
cela ne fait absolument que trois roues, y com
gris le pignon ce qui estbien simple )mais il paroît
que M. le Roy encherit sur cette simplicité , ne
donnant qu'une seule roue à son quantiéme. Il a,
La Volo Fy sans
1670 MERCURE DE FRANCE
sans doute , oublié de compter les deux autres of
il se sert de differentes machines qui font plus
que l'équivalent des deux roues qu'il y a de plus
au quantiéme connû,
La justesse des Pendules ne paroissant pas assez
suffisante avec l'échappement ordinaire , M.
Roy dit avoir imaginé , pour augmenter cette
justesse, un nouvel Echappement qui consiste en
une seule Palette et deux Rochets enarbrez sur le
même Axe. L'un de ces Rochets est plus grand
que l'autre, Lorsque le petit frappe la Palette et
qu'il échappe, le grand se repose sur le Cylindre
de la Verge jusqu'à- ce que la vibration lui ameng
une entaille faite dans ledit Cylindre et en passant,
le petit Rochet frappe la Palette , et ainsi succes
.sivement.. AS 2
que
Remarquez , s'il vous plait , Monsicur ,
cet échappement perd moitié de l'avantage qu'a
celui de la roue de rencontre , n'y ayant que la
moitié des vibrations de Chassées , comme s'il Y
avoit du danger de donner trop de maintien au
Pendule , il est vrai que pour recuperer cette peste
, M. le Roi est obligé de tenir la Palete grande,
mais il n'en résulte que l'inégalité de la force
motrice et du Kouage qui influe plus abondam
›ment sur une grande Palette que sur deux petites,
ce qui est évident , on pourroit s'imaginer , n'y
ayant qu'une Palette de frappée, que la vibration
ne reçoit qu'un choc plus ou moins fort , sans
autre consequence , et que la vibration reve,
nant, elle est independante de toutes causes accip
dentelles. Il faut faire attention que le choc ing-
-gal donne de grandes et de petites vibrations
ainsi celle que l'on prétendroit naturelle ne l'est
pas , étant plus ou moins grande. Il y auroit beau
coup de choses à dire là- dessus , ce que j'ai re
I. Va connú
DECEMBRE. 1753. 2677
cennu par une petite experience que j'en ai faite
en 1725. après M. du Tertre. A l'égard de sa
plus grande durée il seroit difficile de le prouver
, étant égal en avantages.
M. le Roy auroit bien du ne pas faire plus de
mistere à donner la description de rendre égale
l'action du grand ressort des l'endules , qu'il dit
avoir imaginé , qu'à donner la description de sa
détente, le Public lui en auroit sçu bon gré; mais
avec un peu d'attention , on reconnoîtra que la
maniere dont il se sert , est la même que celle que
l'on a pratiquée aux Montres à barillet tournant,
qui est, à la verité , excellente pour une Pendule ,
puisque l'on voit des Montres à minutes sur ce
principe , aller aussi régulierement 24. heures
que celles à fusée.
Voici , Monsieur , comme on dispose un mouvement
de Pendule , quand on veut se servir de
ce principe de justesse ; on donne les mêmes
nombres aux rouages comme pour aller 18 .
jours , où il ne faut que six tours de barillet ›
on noye une petite roue sur celle du barillet excentriquement
; on y ajuste quarément à l'arbres
une dent , et la petite roue en ayant 4. on fait
fait faire un bon ressort de neuf tours , dans les
quels on en chosit 4. des plus égaux , que l'on
fixe au moyen de cette petite roue excentrique ,
ainsi il y a environ trois tours de bande et deux
de reste , font cinq , et quatre d'employez , font
neuf , les quatre tours de réserves tirent douze
jours très- régulierement ; mais comme on remonte
la Pendule tous les huit jours , il n'y a
qu'environ trois tours des neuf qui travaillent ,
ce qui auginente encore la régularité
Ce qui confirme que c'est là la Méthode dont
M. le Roy se sert , c'est qu'après la fusée il ne
5. Ja Vol.
F vi peac
2872 MERCURE DE FRANCE
peut y en avoir d'autre avec laquelle on puisse
mieux regler l'action du grand ressort et qui garantisse
mieux les fractures qui peuvent arriver
en la remontant , comme M. le Roy le remar➡
que Il y a des Horlogers , qui observent encore
pour corriger l'action du ressort , de tenir le
premier pignon plus petit que d'ordinaire et
grossissent les autres en proportion .
A l'égard du bouton dont M. le Roy
se sert pour tourner le Cercle sans ouvrir
la boëte , il faut qu'il y ait long temps qu'il l'ait
imaginé , y ayant 6. ou 7. ans que moi et d'autres
le mettent en usage. Je suis très- respectueusement
, Monsieur , &c .
à M. le Chevalier de .... au sujet de
la Pendule que M. Pierre le Roy annonce
dans le Mercure de Sept.mbre dernier.
MONSIEUR ,
Les marques d'estime dont vous m'honorez ',
et l'envie que vous m'avez témoignée de sçavoir
par moi les proprietez de la Pendule que M.Pierre
le Roy annonce, confirment l'interêt que vous
prenez au progrès des Arts . Je vais donc Monsieur
, m'en acquitter le plus succinctement qu'il
me sera possible , selon la description que vous
en avez vûë de l'Auteur.
Cette Pendule marque le temps vrai , par le
moyen d'un cercle appliqué à la circonférence
du Cadran , où sont gravez les mois et quantiémes
inégalement , selon que l'Equation le demande
; les 60. minutes y sont aussi gravées ,
I. Kd • de
DECEMBRE. 1733. 2659
He sorte qu'en le tournant à la main jusqu'an
quantiéme marqué avec deux index , l'Aiguille
des minutes marque sur ledit Cercle le temps
vrai.
Cette méthode , quoique très - bonne , a des
difficultez qui empêchent que le Public n'en tire
Pavantage qu'il desireroit , parce qu'il est diffi
cile d'en faire prendre connoissance aux personnes
même intelligentes , et en ce qu'il faut s'ap
procher du Cadran toutes les fois que l'on veut
avoir l'heure , et avoir toujours égard aux nouvelles
positions du Cercle après l'avoir mis au
quantième , ce qui n'est guère utile pour un usage
ordinaire , mais très-bon pour un Sçavant
comme étoit l'Inventeur , feu M. de la Hire , or
comme est M.du Fay ; qui l'a si bien perfec-
*tionnée.
M. le Roy a ajoûté une détente fort ingénieuse
, après ce Cercle , pour faire sonner le temps
vrai , mais M. Enderlin en a imaginé une , où
il évite les talus qui sont à celle de M. le Roy , ce
qui la rend plus parfaite et plus facile à executer.
Cette Pendule marque le quantiéme du mois
avec une roue de plus, tandis qu'il faut trois roues
et deux pignons aux autres Pendules qui le masquent
, selon M. le Roy. Je ne crois pas que son
dessein soit d'en imposer, cependant il sçait bien
que nos quantiémes ordinaires ne sont composez
que d'un pignon de 16. posé sur la roue de Cadran.
Une roue de 32. engrainée dedans ; portant
une cheville qui passe toutes les 24. heures,prend
une dent du Cercle qui fait changer le chiffre; ainsi
cela ne fait absolument que trois roues, y com
gris le pignon ce qui estbien simple )mais il paroît
que M. le Roy encherit sur cette simplicité , ne
donnant qu'une seule roue à son quantiéme. Il a,
La Volo Fy sans
1670 MERCURE DE FRANCE
sans doute , oublié de compter les deux autres of
il se sert de differentes machines qui font plus
que l'équivalent des deux roues qu'il y a de plus
au quantiéme connû,
La justesse des Pendules ne paroissant pas assez
suffisante avec l'échappement ordinaire , M.
Roy dit avoir imaginé , pour augmenter cette
justesse, un nouvel Echappement qui consiste en
une seule Palette et deux Rochets enarbrez sur le
même Axe. L'un de ces Rochets est plus grand
que l'autre, Lorsque le petit frappe la Palette et
qu'il échappe, le grand se repose sur le Cylindre
de la Verge jusqu'à- ce que la vibration lui ameng
une entaille faite dans ledit Cylindre et en passant,
le petit Rochet frappe la Palette , et ainsi succes
.sivement.. AS 2
que
Remarquez , s'il vous plait , Monsicur ,
cet échappement perd moitié de l'avantage qu'a
celui de la roue de rencontre , n'y ayant que la
moitié des vibrations de Chassées , comme s'il Y
avoit du danger de donner trop de maintien au
Pendule , il est vrai que pour recuperer cette peste
, M. le Roi est obligé de tenir la Palete grande,
mais il n'en résulte que l'inégalité de la force
motrice et du Kouage qui influe plus abondam
›ment sur une grande Palette que sur deux petites,
ce qui est évident , on pourroit s'imaginer , n'y
ayant qu'une Palette de frappée, que la vibration
ne reçoit qu'un choc plus ou moins fort , sans
autre consequence , et que la vibration reve,
nant, elle est independante de toutes causes accip
dentelles. Il faut faire attention que le choc ing-
-gal donne de grandes et de petites vibrations
ainsi celle que l'on prétendroit naturelle ne l'est
pas , étant plus ou moins grande. Il y auroit beau
coup de choses à dire là- dessus , ce que j'ai re
I. Va connú
DECEMBRE. 1753. 2677
cennu par une petite experience que j'en ai faite
en 1725. après M. du Tertre. A l'égard de sa
plus grande durée il seroit difficile de le prouver
, étant égal en avantages.
M. le Roy auroit bien du ne pas faire plus de
mistere à donner la description de rendre égale
l'action du grand ressort des l'endules , qu'il dit
avoir imaginé , qu'à donner la description de sa
détente, le Public lui en auroit sçu bon gré; mais
avec un peu d'attention , on reconnoîtra que la
maniere dont il se sert , est la même que celle que
l'on a pratiquée aux Montres à barillet tournant,
qui est, à la verité , excellente pour une Pendule ,
puisque l'on voit des Montres à minutes sur ce
principe , aller aussi régulierement 24. heures
que celles à fusée.
Voici , Monsieur , comme on dispose un mouvement
de Pendule , quand on veut se servir de
ce principe de justesse ; on donne les mêmes
nombres aux rouages comme pour aller 18 .
jours , où il ne faut que six tours de barillet ›
on noye une petite roue sur celle du barillet excentriquement
; on y ajuste quarément à l'arbres
une dent , et la petite roue en ayant 4. on fait
fait faire un bon ressort de neuf tours , dans les
quels on en chosit 4. des plus égaux , que l'on
fixe au moyen de cette petite roue excentrique ,
ainsi il y a environ trois tours de bande et deux
de reste , font cinq , et quatre d'employez , font
neuf , les quatre tours de réserves tirent douze
jours très- régulierement ; mais comme on remonte
la Pendule tous les huit jours , il n'y a
qu'environ trois tours des neuf qui travaillent ,
ce qui auginente encore la régularité
Ce qui confirme que c'est là la Méthode dont
M. le Roy se sert , c'est qu'après la fusée il ne
5. Ja Vol.
F vi peac
2872 MERCURE DE FRANCE
peut y en avoir d'autre avec laquelle on puisse
mieux regler l'action du grand ressort et qui garantisse
mieux les fractures qui peuvent arriver
en la remontant , comme M. le Roy le remar➡
que Il y a des Horlogers , qui observent encore
pour corriger l'action du ressort , de tenir le
premier pignon plus petit que d'ordinaire et
grossissent les autres en proportion .
A l'égard du bouton dont M. le Roy
se sert pour tourner le Cercle sans ouvrir
la boëte , il faut qu'il y ait long temps qu'il l'ait
imaginé , y ayant 6. ou 7. ans que moi et d'autres
le mettent en usage. Je suis très- respectueusement
, Monsieur , &c .
Fermer
Résumé : LETTRE de M. Thiout, Horloger, à M. le Chevalier de .... au sujet de la Pendule que M. Pierre le Roy annonce dans le Mercure de Septembre dernier.
La lettre de M. Thiout, horloger, adressée à M. le Chevalier de..., traite des caractéristiques et des améliorations apportées à une pendule annoncée par M. Pierre le Roy dans le Mercure de septembre précédent. Cette pendule marque le temps vrai grâce à un cercle appliqué à la circonférence du cadran, où sont gravés les mois, les quantièmes inégalement, ainsi que les minutes. Cependant, cette méthode, bien que bonne, présente des difficultés pour le public en raison de sa complexité et de la nécessité de s'approcher fréquemment du cadran. M. le Roy a ajouté une détente ingénieuse pour faire sonner le temps vrai, mais M. Enderlin a proposé une solution plus parfaite et facile à exécuter. La pendule marque également le quantième du mois avec une seule roue, contrairement aux autres pendules qui en utilisent trois roues et deux pignons. M. Thiout remet en question cette simplification, estimant que le design de M. le Roy est plus complexe qu'il ne le prétend. Pour augmenter la justesse des pendules, M. le Roy a imaginé un nouvel échappement avec une seule palette et deux rochets sur le même axe. Cependant, cet échappement perd la moitié de l'avantage de celui de la roue de rencontre, ce qui entraîne des inégalités dans la force motrice et le couple. M. Thiout critique également le mystère entourant la description de la méthode de M. le Roy pour rendre égale l'action du grand ressort des pendules, notant que cette méthode est similaire à celle utilisée dans les montres à barillet tournant. Il décrit en détail la disposition du mouvement de la pendule pour garantir une régularité maximale. Enfin, M. Thiout mentionne que le bouton utilisé par M. le Roy pour tourner le cercle sans ouvrir la boîte est une innovation déjà en usage depuis plusieurs années par lui-même et d'autres horlogers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17102
p. 343-347
Suite du Journal de l'Ambassade de Siam en France. [titre d'après la table]
Début :
Aprés vous avoir envoyé en quatre Lettres differentes, un Journal [...]
Mots clefs :
Ambassade de Siam, France, Mots, Roi, Ville, Sa Majesté, Brest
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite du Journal de l'Ambassade de Siam en France. [titre d'après la table]
Aprésvous avoir envoyé en
quatre Lettres différentes
, lli1.,
Journal de l'Ambassade de Siam
en France, je croy devoirajouter
icy pour ne pas laisser cette Anv
ballade imparfaite, que les Ambassadeursontpassé
le Carnaval à
Brest en attendant que tout fust
press pour leur embarquement,
êç que leurs Balots fussentarrivez.
Ils y ont pris cous lesdivertissemens
de la Saison. Ils ont plusieursfoisesté
au Bal,& laTable
.quê leRoy leur entretenait estant
grande, nlag-nifique, & propre,
les perlonnesles plus qualifiées de
la Ville, sontsouvent venue;»manger
avec eux. Ils y on!d^iK*uré
24. jours, fie pendant cetemps
on a reccu l'ordre d'eux. Voicy
les mots qu'ils ont donnez.
Le Pcrt defvre.
Sa Vertufait n ftrfmcritç*
Sa grandeurfait nostre !èurft-r..
Se) Maximesseronsnos-Rqief.
.Jeferayvoirce/picfay vcn*.
-
.7 eseray vozr ce ecj ~zy veuLe
Vainqueur de la ViEfoire.
Sen Mifiotre fera nojtrc leïlitre.
A/onexemple nous vaincrons.
Son étoile nous guide.
Nos Voijins feront jaloux de nofire
gloire.
TJofte exemple leur rervira de Loy.
Se) profperite^feront nosfè.'icitez-
Retour triomphdnt.
11 rlie de sa fumierc.
Famille unie ,
Ministres éi-lairez,
Ses dons font precieux.
Sa memoire nomfera chere.
Regne glorieux.
La !"jlice gouverne Jonfoudre.
A (en mérité les vents obéiront.
La Renommée(idelle.
Le Méritéallie à la Vertu.
La bouche ne peut exprimer ce que
le coeur Cent.
Fartage entre la douleur & lajole,
- Vous voyez dans ces mots le
metme esprit qu'ils ont fait paroiftre
dans les quatre Relations
que je vous ay envoyées. Tout
ce qu'ils ont connu du Roy pendant
qu'ils ont demeuré en France
, tout ce qu'ils pensent de Sa
Majesté
,
& l'usàgequ'ils veulent
faire de ce qu'ils ont veu, est compris
dans ces24. mots donnez. Le
jour qu'ils partirent s'estant tournez
du costé du lieu oùon leur
dit que pouvoir estre le Roy, ils
joignirent les mains,les éleverent,
& firent cinq profondes inclinations
,comme pourremercier Sa
Majesté de tous les bons traitement
qu'ils avoient reçus. Ils forrirent
ensuite pour s'embarquer,
ce qu'ils firent au bruit de trois
décharges de toute l'Artillerie de
la Ville, &: de celle de tous les
Vaisseaux, dont le Port de Brest
estoit remply. Ainsi l'on peut dire
que tout leur a marqué la grandeurde
la France jusques au moment
qu'ils en ont quitté les Costes.
Ils sont partis les larmes aux
yeux ,
&. sur tout en embrassant
M'Torf, qui s'est si bien acquité
delaCommission que le Roy luy
avoit confiée.
quatre Lettres différentes
, lli1.,
Journal de l'Ambassade de Siam
en France, je croy devoirajouter
icy pour ne pas laisser cette Anv
ballade imparfaite, que les Ambassadeursontpassé
le Carnaval à
Brest en attendant que tout fust
press pour leur embarquement,
êç que leurs Balots fussentarrivez.
Ils y ont pris cous lesdivertissemens
de la Saison. Ils ont plusieursfoisesté
au Bal,& laTable
.quê leRoy leur entretenait estant
grande, nlag-nifique, & propre,
les perlonnesles plus qualifiées de
la Ville, sontsouvent venue;»manger
avec eux. Ils y on!d^iK*uré
24. jours, fie pendant cetemps
on a reccu l'ordre d'eux. Voicy
les mots qu'ils ont donnez.
Le Pcrt defvre.
Sa Vertufait n ftrfmcritç*
Sa grandeurfait nostre !èurft-r..
Se) Maximesseronsnos-Rqief.
.Jeferayvoirce/picfay vcn*.
-
.7 eseray vozr ce ecj ~zy veuLe
Vainqueur de la ViEfoire.
Sen Mifiotre fera nojtrc leïlitre.
A/onexemple nous vaincrons.
Son étoile nous guide.
Nos Voijins feront jaloux de nofire
gloire.
TJofte exemple leur rervira de Loy.
Se) profperite^feront nosfè.'icitez-
Retour triomphdnt.
11 rlie de sa fumierc.
Famille unie ,
Ministres éi-lairez,
Ses dons font precieux.
Sa memoire nomfera chere.
Regne glorieux.
La !"jlice gouverne Jonfoudre.
A (en mérité les vents obéiront.
La Renommée(idelle.
Le Méritéallie à la Vertu.
La bouche ne peut exprimer ce que
le coeur Cent.
Fartage entre la douleur & lajole,
- Vous voyez dans ces mots le
metme esprit qu'ils ont fait paroiftre
dans les quatre Relations
que je vous ay envoyées. Tout
ce qu'ils ont connu du Roy pendant
qu'ils ont demeuré en France
, tout ce qu'ils pensent de Sa
Majesté
,
& l'usàgequ'ils veulent
faire de ce qu'ils ont veu, est compris
dans ces24. mots donnez. Le
jour qu'ils partirent s'estant tournez
du costé du lieu oùon leur
dit que pouvoir estre le Roy, ils
joignirent les mains,les éleverent,
& firent cinq profondes inclinations
,comme pourremercier Sa
Majesté de tous les bons traitement
qu'ils avoient reçus. Ils forrirent
ensuite pour s'embarquer,
ce qu'ils firent au bruit de trois
décharges de toute l'Artillerie de
la Ville, &: de celle de tous les
Vaisseaux, dont le Port de Brest
estoit remply. Ainsi l'on peut dire
que tout leur a marqué la grandeurde
la France jusques au moment
qu'ils en ont quitté les Costes.
Ils sont partis les larmes aux
yeux ,
&. sur tout en embrassant
M'Torf, qui s'est si bien acquité
delaCommission que le Roy luy
avoit confiée.
Fermer
Résumé : Suite du Journal de l'Ambassade de Siam en France. [titre d'après la table]
Le texte décrit le séjour des ambassadeurs de Siam à Brest pendant le Carnaval, en attendant leur embarquement. Leur séjour a duré 24 jours, durant lesquels ils ont participé à divers divertissements, tels que des bals et des repas, en compagnie de personnalités locales. Ils ont reçu des ordres et formulé des vœux pour le roi de France, exprimant leur admiration et leur respect pour sa vertu, sa grandeur et son mérite. Les ambassadeurs ont également manifesté leur gratitude pour l'accueil et les bons traitements reçus en France. Lors de leur départ, ils ont salué le roi et embarqué sous les salves d'artillerie, symbolisant la grandeur de la France. Ils ont quitté les côtes françaises avec émotion, notamment en prenant congé de M. Torf, qui avait bien accompli sa mission.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17103
p. 1174-1179
La Verité fabuliste, [titre d'après la table]
Début :
LA VERITÉ FABULISTE, Comédie en un Acte, mêlée de Fables, [...]
Mots clefs :
Comédie, Fables, Théâtre italien, Recueil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : La Verité fabuliste, [titre d'après la table]
LA VERITE FABULISTE , Comédie en
un Acte , mêlée de Fables , représentée
sur le Théatre Italien le 2. Decembre dernier, de la composition de M. de Launai. \
Cette Piece a été reçûë favorablement du
Public. La Dlle Silvia , qui par le naturel
et la finesse de son jeu , s'attire toûjours
des nouveaux applaudissemens , et qui
récite les differentes Fables qui sont liées
à la Piece , a fait beaucoup de plaisir. On
trouve à la fin de la Comédie , un Recueil
de so. Fables fort ingenieuses , du même
'Auteur. Cet Ouvrage nouvellement imprimé , se vend chez Josse , rue S.Facques , à la Fleur de Lys d'or , 1732. Voisi
une des Fables de la Piece.
1. Vol LA
JUI N. 1732. 1175
La Corme et la jeune Fille.
Une Corme brillante et fraîche ,
D'une jeune fillette avoit charmé les yeux';
Mais ce fruit qui sembloit un fruit délicieux ,
Au goût parut dur et revêche.
Quoi, lui dit la fillette ! un si beau coloris ,
Cache une amertume effroyable ;
Et pour te trouver agréable,
Il faut que par le temps tes appas soient Alétris?
Que ton injustice est extrême !
Lui répondit la Corme, eh! n'es- tu pas de même, -
Par l'effet seul de ton humeur ?
Te voila jeune , fraîche , belle ,
Ton Amant est tendre et fidelle ,
Et loin d'avoir cette douceur ,
Qu'annonce de tes traits la grace naturelle ,
Ti n'as qu'amertume et qu'aigreur :
Crois moi , n'attend pas que les rides
Amortissent ton âpreté , ◊
Les injures du temps ne sont que trop rapides
C'est un cruel moyen de perdre sa fierté.
Nous donnerons ici trois Fables du
Recueil , pour mettre le Lecteur en état
de juger du merite de cet Ouvrage.-
Le Roy de Théatre et l'Ecolier.
Un Ecolier avoit dans un Spectacle ,
I. Vol Goûte
1175 MERCURE DE FRANCE.
Goûté pardessus tout un Acteur renommé,
Qui se croyoit lui-même un prodige , un miracle,
S'estimant beaucoup plus qu'il n'étoit estimé.
Notre jeune homme en étoit si charmé ,
Qu'il donnoit à l'Acteur le mérite et la gloire ,
Des. Vers , des sentimens récitez de mémoire ,
En un mot , il croyoit l'Histrion un Heros ;
C'étoit assurément bien croire ;
Voila comme toûjours nous donnons dans le faux.
Notre Ecolier opiniâtre ,
Dans son erreur , dans ses desirs ,
Epargne quelque temps sur ses menus plaisirs ,
De quoi traiter un jour l'Acteur qu'il idolâtre ;
Il l'invite à dîner , le Monarque,s'y rend ;
Mais qu'il fut trouvé different !
Soft qu'il raisonne ou qu'il folâtre ;
Ce Roy n'avoit plus rien ni de fin , ni de grand
Il n'étoit plus sur son Théatre.
L'Ecolier en rougit... Combien est-il d'objets ,
Qu'il ne faut jamais voir de près !
On riroit bien souvent du plus grand Personage,
S'il découvroit ses propres traits ;
Le Masque heureusement est pris pour le visage.
Le Maître Paulmier et son Eleve..
Un Maître de Paume , en son Art -
Instruisoit unjeune Novice,
I. Vol. Très-
JUIN. 17320 1177
Très-agile à cet exercice ,
Mais trop ardent ; et le Vieillard ,
Lui répetoit toujours : pour devenir habile ,
Possedez-vous , soyez tranquille ;
Jouer trop vivement , c'est jouer au hazard ,
La balle d'elle-même au Joueur vient se rendre,
Pour la juger , il faut l'attendre ;
Qui veut la prévenir , la perd le plus souvent.
Conseils que l'Ecolier ne pouvoit pas com
prendre ,
Quand la balle voloit , il couroit au-devant ;
Aussi manquoit-il de la prendre.
Esprits impatiens , voilà votre portrait ,
Dans un projet , dans une affaire , '
Hâtez-vous , tout devient contraire ;
Attendez , tout vient à souhait
Les Prétendus Connoisseurs.
Certain Curieux de Tableaux ,
Dans une Galerie en avoit un grand nombre ;
La placez dans un jour mi trop clair , ni trop sombre ,
Ils étoient honorez du nom d'Originaux,
Car chez les Amateurs c'est chose principale
Sur tout quand il s'y joint un air de vetusté.
Je respecte l'Antiquité ,
Je n'aime point qu'on la ravale ; «
A Vol. Fvj Mais
1178 MERCURE DE FRANCE
Mais est- elle toujours égale è
Non, sans quelque défaut il n'est point de beautés
Homere quelquefois.sommeille . ,
Et ce n'est pas une merveille
Que dans un Art en tout pareil ,
Appelles quelquefois s'abandonne au sommeil.". 1
Mais revenons à notre affaire.
Notre homme dans un Inventaire
Unjour avoit crû remarquer , ».
Un Tableau d'un beau caractere ::
Jugez s'il voulut le manquer.
Il faut d'abord vous expliquer ,
Ce que c'étoit que la merveille.
On n'y connoissoit rien , tout étoit si confus
Qu'on n'y voyoit que du noir , et rien plus ,
Pas seulement un bout d'oreille ;
Mais du noir , vraiment c'est le bean ;
A quelque prix qu'il soit , il me faut ce Tabka
Combien vaut- il ? sur son extase,
Le prix doubla, sa docte emphase 9.
Lui fit acheter cher ce bizare morceau :
Pour rendre sa gloire complette ,
Il fait chez lui convier ses amis ,...
Non pour demander leur avis ,
Mais pour faire applaudir à sa nouvelle emplette
A l'aspect du Tableau, voilà mes gens ravis ;
Quelle touche, dit l'un ! quelle expression. vive !
Quelle imitation ! quelle grace naïve !
1. Kola- Ah
JUIN. 1732 117
Ah ! dit l'autre , quel coloris !
Voyez-vous ce torrent , avec quelle furie ,
It rompt, il fait rouler ces morceaux de Rocher;.
Ces arbres qu'il vient d'arracher ,
Et qu'il pousse dans la prairie ?
Ou donc , dit le premier , où portez- vous les s
yeux ?
Ce torrent , ce sont les cheveux ,
D'une Danaé qui repose ,
Quand Jupiter... Voici bien autre chose ;
Une Danaé ! quoi cela ?
Vous me la donnez belle ! "
Oui, cest Danaé , je le soutiens , c'est elle ,
Et ces arbres couchez que vous croyez voir là ,
Sont ses jambes, voyez quelle chair naturelle ,
Jamais le Titien n'en fit comme en voila.
Allez , ignorans, dit le Maître , -
Vous ne voyez ici paroître ,
Ni Danaé , ni jambes , ni . Torrent ,
C'est d'Ulisse et d'Ajax le fameux different 3 .
Voila ce que cela doit être.
Hê bien , on juge tous lès jours,
Avec cette assurance , avec cette justesse ;
Je gémis souvent des discours ,
Que j'entens faire en toute espece 3
Ignorance et prévention ,
Font en tout la décision.
un Acte , mêlée de Fables , représentée
sur le Théatre Italien le 2. Decembre dernier, de la composition de M. de Launai. \
Cette Piece a été reçûë favorablement du
Public. La Dlle Silvia , qui par le naturel
et la finesse de son jeu , s'attire toûjours
des nouveaux applaudissemens , et qui
récite les differentes Fables qui sont liées
à la Piece , a fait beaucoup de plaisir. On
trouve à la fin de la Comédie , un Recueil
de so. Fables fort ingenieuses , du même
'Auteur. Cet Ouvrage nouvellement imprimé , se vend chez Josse , rue S.Facques , à la Fleur de Lys d'or , 1732. Voisi
une des Fables de la Piece.
1. Vol LA
JUI N. 1732. 1175
La Corme et la jeune Fille.
Une Corme brillante et fraîche ,
D'une jeune fillette avoit charmé les yeux';
Mais ce fruit qui sembloit un fruit délicieux ,
Au goût parut dur et revêche.
Quoi, lui dit la fillette ! un si beau coloris ,
Cache une amertume effroyable ;
Et pour te trouver agréable,
Il faut que par le temps tes appas soient Alétris?
Que ton injustice est extrême !
Lui répondit la Corme, eh! n'es- tu pas de même, -
Par l'effet seul de ton humeur ?
Te voila jeune , fraîche , belle ,
Ton Amant est tendre et fidelle ,
Et loin d'avoir cette douceur ,
Qu'annonce de tes traits la grace naturelle ,
Ti n'as qu'amertume et qu'aigreur :
Crois moi , n'attend pas que les rides
Amortissent ton âpreté , ◊
Les injures du temps ne sont que trop rapides
C'est un cruel moyen de perdre sa fierté.
Nous donnerons ici trois Fables du
Recueil , pour mettre le Lecteur en état
de juger du merite de cet Ouvrage.-
Le Roy de Théatre et l'Ecolier.
Un Ecolier avoit dans un Spectacle ,
I. Vol Goûte
1175 MERCURE DE FRANCE.
Goûté pardessus tout un Acteur renommé,
Qui se croyoit lui-même un prodige , un miracle,
S'estimant beaucoup plus qu'il n'étoit estimé.
Notre jeune homme en étoit si charmé ,
Qu'il donnoit à l'Acteur le mérite et la gloire ,
Des. Vers , des sentimens récitez de mémoire ,
En un mot , il croyoit l'Histrion un Heros ;
C'étoit assurément bien croire ;
Voila comme toûjours nous donnons dans le faux.
Notre Ecolier opiniâtre ,
Dans son erreur , dans ses desirs ,
Epargne quelque temps sur ses menus plaisirs ,
De quoi traiter un jour l'Acteur qu'il idolâtre ;
Il l'invite à dîner , le Monarque,s'y rend ;
Mais qu'il fut trouvé different !
Soft qu'il raisonne ou qu'il folâtre ;
Ce Roy n'avoit plus rien ni de fin , ni de grand
Il n'étoit plus sur son Théatre.
L'Ecolier en rougit... Combien est-il d'objets ,
Qu'il ne faut jamais voir de près !
On riroit bien souvent du plus grand Personage,
S'il découvroit ses propres traits ;
Le Masque heureusement est pris pour le visage.
Le Maître Paulmier et son Eleve..
Un Maître de Paume , en son Art -
Instruisoit unjeune Novice,
I. Vol. Très-
JUIN. 17320 1177
Très-agile à cet exercice ,
Mais trop ardent ; et le Vieillard ,
Lui répetoit toujours : pour devenir habile ,
Possedez-vous , soyez tranquille ;
Jouer trop vivement , c'est jouer au hazard ,
La balle d'elle-même au Joueur vient se rendre,
Pour la juger , il faut l'attendre ;
Qui veut la prévenir , la perd le plus souvent.
Conseils que l'Ecolier ne pouvoit pas com
prendre ,
Quand la balle voloit , il couroit au-devant ;
Aussi manquoit-il de la prendre.
Esprits impatiens , voilà votre portrait ,
Dans un projet , dans une affaire , '
Hâtez-vous , tout devient contraire ;
Attendez , tout vient à souhait
Les Prétendus Connoisseurs.
Certain Curieux de Tableaux ,
Dans une Galerie en avoit un grand nombre ;
La placez dans un jour mi trop clair , ni trop sombre ,
Ils étoient honorez du nom d'Originaux,
Car chez les Amateurs c'est chose principale
Sur tout quand il s'y joint un air de vetusté.
Je respecte l'Antiquité ,
Je n'aime point qu'on la ravale ; «
A Vol. Fvj Mais
1178 MERCURE DE FRANCE
Mais est- elle toujours égale è
Non, sans quelque défaut il n'est point de beautés
Homere quelquefois.sommeille . ,
Et ce n'est pas une merveille
Que dans un Art en tout pareil ,
Appelles quelquefois s'abandonne au sommeil.". 1
Mais revenons à notre affaire.
Notre homme dans un Inventaire
Unjour avoit crû remarquer , ».
Un Tableau d'un beau caractere ::
Jugez s'il voulut le manquer.
Il faut d'abord vous expliquer ,
Ce que c'étoit que la merveille.
On n'y connoissoit rien , tout étoit si confus
Qu'on n'y voyoit que du noir , et rien plus ,
Pas seulement un bout d'oreille ;
Mais du noir , vraiment c'est le bean ;
A quelque prix qu'il soit , il me faut ce Tabka
Combien vaut- il ? sur son extase,
Le prix doubla, sa docte emphase 9.
Lui fit acheter cher ce bizare morceau :
Pour rendre sa gloire complette ,
Il fait chez lui convier ses amis ,...
Non pour demander leur avis ,
Mais pour faire applaudir à sa nouvelle emplette
A l'aspect du Tableau, voilà mes gens ravis ;
Quelle touche, dit l'un ! quelle expression. vive !
Quelle imitation ! quelle grace naïve !
1. Kola- Ah
JUIN. 1732 117
Ah ! dit l'autre , quel coloris !
Voyez-vous ce torrent , avec quelle furie ,
It rompt, il fait rouler ces morceaux de Rocher;.
Ces arbres qu'il vient d'arracher ,
Et qu'il pousse dans la prairie ?
Ou donc , dit le premier , où portez- vous les s
yeux ?
Ce torrent , ce sont les cheveux ,
D'une Danaé qui repose ,
Quand Jupiter... Voici bien autre chose ;
Une Danaé ! quoi cela ?
Vous me la donnez belle ! "
Oui, cest Danaé , je le soutiens , c'est elle ,
Et ces arbres couchez que vous croyez voir là ,
Sont ses jambes, voyez quelle chair naturelle ,
Jamais le Titien n'en fit comme en voila.
Allez , ignorans, dit le Maître , -
Vous ne voyez ici paroître ,
Ni Danaé , ni jambes , ni . Torrent ,
C'est d'Ulisse et d'Ajax le fameux different 3 .
Voila ce que cela doit être.
Hê bien , on juge tous lès jours,
Avec cette assurance , avec cette justesse ;
Je gémis souvent des discours ,
Que j'entens faire en toute espece 3
Ignorance et prévention ,
Font en tout la décision.
Fermer
Résumé : La Verité fabuliste, [titre d'après la table]
La pièce 'La Vérité Fabuliste', une comédie en un acte mêlée de fables, a été représentée sur le Théâtre Italien le 2 décembre de l'année précédente. Composée par M. de Launai, elle a été bien accueillie par le public. La demoiselle Silvia, connue pour son jeu naturel et fin, a interprété les différentes fables liées à la pièce, suscitant beaucoup de plaisir. À la fin de la comédie, un recueil de seize fables ingénieuses du même auteur a été proposé. Cet ouvrage, nouvellement imprimé, est disponible chez Josse, rue Saint-Faustin, à la Fleur de Lys d'or, en 1732. La pièce inclut plusieurs fables, dont 'La Corne et la jeune Fille'. Cette fable met en scène une jeune fille déçue par l'amertume d'une corne qu'elle trouvait appétissante en apparence. La corne lui répond que, comme elle, les personnes peuvent sembler agréables mais cacher une amertume intérieure. D'autres fables du recueil sont également mentionnées. 'Le Roy de Théâtre et l'Écolier' raconte l'histoire d'un écolier admirant un acteur célèbre mais déçu lors d'une rencontre en privé. 'Le Maître Paulmier et son Élève' illustre l'importance de la patience dans l'apprentissage. Enfin, 'Les Prétendus Connoisseurs' critique les amateurs d'art qui valorisent les œuvres anciennes sans les comprendre réellement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17104
p. 114-119
LETTRE de M. de BELLISLE, Secrétaire des Commandemens de S. A S. Mgr le DUC D'ORLEANS, à M. de VELYE, Membre de la Société Littéraire de Châlons-sur-Marne, le 24 Septembre 1763.
Début :
MONSEIGNEUR LE DUC D'ORLÉANS, Monsieur, qui est quant à présent, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. de BELLISLE, Secrétaire des Commandemens de S. A S. Mgr le DUC D'ORLEANS, à M. de VELYE, Membre de la Société Littéraire de Châlons-sur-Marne, le 24 Septembre 1763.
LETTRE de M. de BELLISLE, Secrétaire
des Commandemens de S. A S.
Mgr le DUC D'ORLEANS, à M. de
VELYE, Membre de la Société Littéraire
de Châlons-sur-Marne, le 24
Septembre 1763.
MONSEIGNEUR LE DUC D'ORLÉANS,
Monsieur, qui est quant à présent,
le feul Prince appanagé de la Maiſon
de France , doit veiller avec une atten-
tion particulière , pour que perſonne ne
puiffe prétendre à un pareil titre , qui
n'eſt dû qu'aux males puînés de nos
Rois , & àl'aîné de la defcendance maf-
culine de ces puînés. En effet , l'Appa-
nage eſt une portion détachée des Do-
maines de la Couronne , que les Loix
de l'Etat donnent ,avec autant de juſtice
que de politique , aux puînés de nos
AVRIL. 1764.
115
Souverains , pour leur ſubſiſtance , &
pour leur tenir lieu du partage au Trône
qu'ils étoient en droit de prétendre fous
la première & la ſeconde Race. Une
longue expérience ayant fait fentir les
inconvéniens de cette divifion de Souve-
raineté , on y remédia au commence
mentde la troifiéme , par la Loi falutaire
des Appanages , qui font devenus dans
la ſuite reverfibles à la Couronne au dé-
faut de la ligne maſculine. Cette portion
que tientlePrince appanagé , avec des
prérogatives dignes de la fource dont
elles font émanées , & qui lui retracent
fans ceſſe l'éclat & les droits de fon ori-
gine , ainſi que ſes devoirs , eſt certai-
nement la plus noble & la plus belle de
toutes les tenures , & ne peut être affimi-
lée à aucune autre. D'après ces principes,
Monfieur ,Mgr le Duc d'Orléans n'a pu
voir fans ſurpriſe, dans le Mercure de
Francedu mois d'Avril 1760 ,tom. 2, p.
148, que , dans un article où l'Auteur du
Mercure rend compte d'une Séance pu-
blique de la Société Littéraire de Châ-
lons-fur-Marne , il ſoit dit que vous
avez continué la lecture de l'Hiſtoire de
la Ville , de la Comté-Pairie de Vertus ,
&de la fuite des Seigneurs qui ont pof-
fédé ce Domaine juſqu'à M. le Maréchal
116 MERCURE DE 2 FRANCE.
Prince de Soubiſe , qui le tient aujour--
d'hui comme un Appanage de la Maiſon
de France , étant héritierpour unepartie
de l'ancienne Maison de Bretagne , qui
le poſſedoit à ce titre. Voilà en peu de
mots , Monfieur, trois aſſertions bien ex-
traordinaires. 10. M.le Prince de Soubise
n'a jamais prétendu & ne peut pas pof
féder le Comté de Vertus comme- un
Appanage de la Maiſon de France.
2°. La Maiſon de Bretagne ne l'a point
poſſédé à ce titre. 3°. M. le Maréchal de
me héritier de l'ancienne Maison de
)
Soubiſe n'en eſt point propriétaire com--
Bretagne. Un ſimple extrait des ſça-
vans Ouvrages de M. Dupin & de M.
l'Abbé de Longuerues ſuffira pour éta-
blir la négative des faits que vous avez
avancés . Lors de la réunion de la Cham-
pagne à la Couronne de France , la Sei-
gneurie de Vertus entra dans le Do-
maine du Roi ; elle y eſt demeurée juf
qu'en 1361 , que le Roi Jean la donna
enpleine propriété, avec titre de Comté,
à Jean-Galeas Viscomti , pour dot de ſa
fille Isabelle que Viſcomti épouſa. Jean-
Galeas mariant ſa fille Valentine avec
Louis , Fils de France , Duc d'Orléans ,
en 1389, lui donna de même en dot le
Comté de Vertus. Marguerite , fille de
AVRIL 1764.
H7
Valentine & de Louis , Duc d'Orléans ,
**porta ce Comté dans la Maiſon de Bre-
tagne , en épouſant Richard , Comte
d'Estampes. De leur mariage naquit
François II , Duc de Bretagne , qui en
fit don à François , ſon fils naturel , fou-
che des Seigneurs d'Avangour. Si vous
voulez , Monfieur, confulter les preuves
de l'Hiſtoire de Bretagne , tome 3 , co-
lonne 1354 , vous y verrez qu'il fut en-
joint aux Seigneurs d'Avangour , par
pluſieurs Arrêts du Parlement, de ne
pointufurper le nom de Bretagne. Ces
Seigneurs ontcontinuédejouirdu Com-
té de Vertus de mâle en mâle , juſqu'en
1746 , que leur poſtérité mafculine s'é-
tant éteinte , leur fucceffion a paſſé à
M. le Prince de Soubiſe , iſſu deMarie
d'Avangour , qui avoit pour quatriéme
ayeul François d'Avangour, fils naturel
de François II. Ce n'eſt donc point
comme héritier de l'ancienne Maiſon de
Bretagne , que M. le Prince de Soubiſe
pofſéde le Comté de Vertus , mais com-
me héritier d'une branche illégitime de
cetteMaiſon. Ce n'eſt donc point com-
me en Appanage de la Maiſon de Fran-
ce, que M. le Prince de Soubife tient
aujourd'hui ce Comté , mais comme un
héritage qui lui eſt échu du chef d'une
18 MERCURE DE FRANCE.
grand-mère, laquelle avoit recueilli par
droit de fucceffion , la donation faite à
François d'Avangour fon auteur , parle
Duc de Bretagne. Enfin dans les diver-
ſes mutations du Comté de Vertus , qui
a paffé du Roi Jean à ſa fille Isabelle ,
d'Isabelle à Valentine de Milan , ſa fille ,
de Valentineà ſa fille Marguerite,deMar-
guerite, femmede Richard Comte d'Ef-
tampes , à leur fils François , Duc de
Bretagne , & du Duc François à Fran-
çois d'Avangour ſon fils naturel; on ne
reconnoît aucun des traits qui caractéri-
fent unAppanage du la Maiſon de Fran-
ce , & d'où l'on puiſſe inférer que la
Maiſon de Bretagne ait poſſédé à ce
titre le Comté de Vertus. Ces obferva-
tions , Monfieur , que j'ai l'honneur de
vous envoyer par ordre de Mgr le Duc
d'Orléans , & dont vous pouvez faire la
vérification dans notre Hiſtoire , vous
engageront ſans doute à faire inférer
dansleMercure un Article qui puiſſe ré-
former ce qui a été avancé à ce ſujet
dans celui d'Avril 1760 ; afin que les
perſonnesqui ne ſont pas inſtruites de la
nature des Appanages , ne ſe forment
pas de cette tenure des idées fauſſes ,
qu'il eſt important pour les Princes Ap-
panagers de ne pas laiſſer accréditer ; &
AVRIL. 1764.
119
comme la Société Littéraire de Cha-
lons ſe propoſede donner bientôt au
Public le recueil de ſes Mémoires
,
SA. S. fe flatte que vous aurez l'atten-
tion de fupprimer dans celui qui con-
cerne le Comtéde Vertus, le titre d'ap-
panage dont vous l'avez décoré , avant
d'avoir approfondi cette matière.
J'ai l'honneur d'être , &c.
des Commandemens de S. A S.
Mgr le DUC D'ORLEANS, à M. de
VELYE, Membre de la Société Littéraire
de Châlons-sur-Marne, le 24
Septembre 1763.
MONSEIGNEUR LE DUC D'ORLÉANS,
Monsieur, qui est quant à présent,
le feul Prince appanagé de la Maiſon
de France , doit veiller avec une atten-
tion particulière , pour que perſonne ne
puiffe prétendre à un pareil titre , qui
n'eſt dû qu'aux males puînés de nos
Rois , & àl'aîné de la defcendance maf-
culine de ces puînés. En effet , l'Appa-
nage eſt une portion détachée des Do-
maines de la Couronne , que les Loix
de l'Etat donnent ,avec autant de juſtice
que de politique , aux puînés de nos
AVRIL. 1764.
115
Souverains , pour leur ſubſiſtance , &
pour leur tenir lieu du partage au Trône
qu'ils étoient en droit de prétendre fous
la première & la ſeconde Race. Une
longue expérience ayant fait fentir les
inconvéniens de cette divifion de Souve-
raineté , on y remédia au commence
mentde la troifiéme , par la Loi falutaire
des Appanages , qui font devenus dans
la ſuite reverfibles à la Couronne au dé-
faut de la ligne maſculine. Cette portion
que tientlePrince appanagé , avec des
prérogatives dignes de la fource dont
elles font émanées , & qui lui retracent
fans ceſſe l'éclat & les droits de fon ori-
gine , ainſi que ſes devoirs , eſt certai-
nement la plus noble & la plus belle de
toutes les tenures , & ne peut être affimi-
lée à aucune autre. D'après ces principes,
Monfieur ,Mgr le Duc d'Orléans n'a pu
voir fans ſurpriſe, dans le Mercure de
Francedu mois d'Avril 1760 ,tom. 2, p.
148, que , dans un article où l'Auteur du
Mercure rend compte d'une Séance pu-
blique de la Société Littéraire de Châ-
lons-fur-Marne , il ſoit dit que vous
avez continué la lecture de l'Hiſtoire de
la Ville , de la Comté-Pairie de Vertus ,
&de la fuite des Seigneurs qui ont pof-
fédé ce Domaine juſqu'à M. le Maréchal
116 MERCURE DE 2 FRANCE.
Prince de Soubiſe , qui le tient aujour--
d'hui comme un Appanage de la Maiſon
de France , étant héritierpour unepartie
de l'ancienne Maison de Bretagne , qui
le poſſedoit à ce titre. Voilà en peu de
mots , Monfieur, trois aſſertions bien ex-
traordinaires. 10. M.le Prince de Soubise
n'a jamais prétendu & ne peut pas pof
féder le Comté de Vertus comme- un
Appanage de la Maiſon de France.
2°. La Maiſon de Bretagne ne l'a point
poſſédé à ce titre. 3°. M. le Maréchal de
me héritier de l'ancienne Maison de
)
Soubiſe n'en eſt point propriétaire com--
Bretagne. Un ſimple extrait des ſça-
vans Ouvrages de M. Dupin & de M.
l'Abbé de Longuerues ſuffira pour éta-
blir la négative des faits que vous avez
avancés . Lors de la réunion de la Cham-
pagne à la Couronne de France , la Sei-
gneurie de Vertus entra dans le Do-
maine du Roi ; elle y eſt demeurée juf
qu'en 1361 , que le Roi Jean la donna
enpleine propriété, avec titre de Comté,
à Jean-Galeas Viscomti , pour dot de ſa
fille Isabelle que Viſcomti épouſa. Jean-
Galeas mariant ſa fille Valentine avec
Louis , Fils de France , Duc d'Orléans ,
en 1389, lui donna de même en dot le
Comté de Vertus. Marguerite , fille de
AVRIL 1764.
H7
Valentine & de Louis , Duc d'Orléans ,
**porta ce Comté dans la Maiſon de Bre-
tagne , en épouſant Richard , Comte
d'Estampes. De leur mariage naquit
François II , Duc de Bretagne , qui en
fit don à François , ſon fils naturel , fou-
che des Seigneurs d'Avangour. Si vous
voulez , Monfieur, confulter les preuves
de l'Hiſtoire de Bretagne , tome 3 , co-
lonne 1354 , vous y verrez qu'il fut en-
joint aux Seigneurs d'Avangour , par
pluſieurs Arrêts du Parlement, de ne
pointufurper le nom de Bretagne. Ces
Seigneurs ontcontinuédejouirdu Com-
té de Vertus de mâle en mâle , juſqu'en
1746 , que leur poſtérité mafculine s'é-
tant éteinte , leur fucceffion a paſſé à
M. le Prince de Soubiſe , iſſu deMarie
d'Avangour , qui avoit pour quatriéme
ayeul François d'Avangour, fils naturel
de François II. Ce n'eſt donc point
comme héritier de l'ancienne Maiſon de
Bretagne , que M. le Prince de Soubiſe
pofſéde le Comté de Vertus , mais com-
me héritier d'une branche illégitime de
cetteMaiſon. Ce n'eſt donc point com-
me en Appanage de la Maiſon de Fran-
ce, que M. le Prince de Soubife tient
aujourd'hui ce Comté , mais comme un
héritage qui lui eſt échu du chef d'une
18 MERCURE DE FRANCE.
grand-mère, laquelle avoit recueilli par
droit de fucceffion , la donation faite à
François d'Avangour fon auteur , parle
Duc de Bretagne. Enfin dans les diver-
ſes mutations du Comté de Vertus , qui
a paffé du Roi Jean à ſa fille Isabelle ,
d'Isabelle à Valentine de Milan , ſa fille ,
de Valentineà ſa fille Marguerite,deMar-
guerite, femmede Richard Comte d'Ef-
tampes , à leur fils François , Duc de
Bretagne , & du Duc François à Fran-
çois d'Avangour ſon fils naturel; on ne
reconnoît aucun des traits qui caractéri-
fent unAppanage du la Maiſon de Fran-
ce , & d'où l'on puiſſe inférer que la
Maiſon de Bretagne ait poſſédé à ce
titre le Comté de Vertus. Ces obferva-
tions , Monfieur , que j'ai l'honneur de
vous envoyer par ordre de Mgr le Duc
d'Orléans , & dont vous pouvez faire la
vérification dans notre Hiſtoire , vous
engageront ſans doute à faire inférer
dansleMercure un Article qui puiſſe ré-
former ce qui a été avancé à ce ſujet
dans celui d'Avril 1760 ; afin que les
perſonnesqui ne ſont pas inſtruites de la
nature des Appanages , ne ſe forment
pas de cette tenure des idées fauſſes ,
qu'il eſt important pour les Princes Ap-
panagers de ne pas laiſſer accréditer ; &
AVRIL. 1764.
119
comme la Société Littéraire de Cha-
lons ſe propoſede donner bientôt au
Public le recueil de ſes Mémoires
,
SA. S. fe flatte que vous aurez l'atten-
tion de fupprimer dans celui qui con-
cerne le Comtéde Vertus, le titre d'ap-
panage dont vous l'avez décoré , avant
d'avoir approfondi cette matière.
J'ai l'honneur d'être , &c.
Fermer
17105
p. 2643
Nouveaux Amusemens du Coeur & de l'Esprit, &c. [titre d'après la table]
Début :
NOUVEAUX AMUSEMENS du Coeur & de l'Esprit. Huitiéme Brochure. in-12. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouveaux Amusemens du Coeur & de l'Esprit, &c. [titre d'après la table]
NOUVEAUX AMUSEMENS du Coeur
& de l'Esprit. Huitième Brochure. in- 12 .
d'environ iso. pages. Le prix est de vingtquatre
sols , chés Bienvenu , Quai des Augustins.
1738.
Nous avons déja parlé de cet Ouvrage ,
que le Public continuë de recevoir favora
blement , ainsi nous nous bornerons à faire
connoître cette nouvelle Brochure par quelques
Morceaux de Poësie.
& de l'Esprit. Huitième Brochure. in- 12 .
d'environ iso. pages. Le prix est de vingtquatre
sols , chés Bienvenu , Quai des Augustins.
1738.
Nous avons déja parlé de cet Ouvrage ,
que le Public continuë de recevoir favora
blement , ainsi nous nous bornerons à faire
connoître cette nouvelle Brochure par quelques
Morceaux de Poësie.
Fermer
17106
p. 63-64
« Nous avions d'abord formé le dessein de donner au Public une Liste de [...] »
Début :
Nous avions d'abord formé le dessein de donner au Public une Liste de [...]
Mots clefs :
Public, Te Deum, Liste, Peuple, Roi, Compagnies, Communautés, Corps de métiers, Convalescence, Zèle, Fêtes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Nous avions d'abord formé le dessein de donner au Public une Liste de [...] »
Nde donner au Public une Liſte de
tous les Te Deum qui ont été chantés pour
la Convalescence du Roi , mais nous avons
craint que cette Liſte , trop longue& trop
uniforme , ne fatiguât nos Lecteurs & ne
remplît mal une partiede notre Recueil ,
que nous pouvons donner à des matieres
plus intéreſſantes. Il ſuffirade dire que nonſeulement
toutes les Compagnies , toutes
les Communautés , tous les Corps de Métiers
ſe ſont ſignalés à ce ſujet , mais que
même les Compagnons de chaque Métier ,
&tous lesOuvriers qui n'avoient pas encore
l'honneur de faire un Corps , ont été réiinisdans
cette circonſtance par leur zéle , au
défaut des Statuts , & ont fait célébrer des
Meffes folemnelles , ſuivies du Te Deum &
de l'Exaudiat. On n'entendra pas dire, ſans
étonnement , qu'on a vû le Public invité
par des Affiches aux Te Deum des Porteurs
d'Eau , des Bateliers du Port S. Nicolas ,
des Blanchiſſeuſes de la Grenoüillere , &
enfin des Laquais du Fauxbourg S. Germain.
Cette Cérémonie étoit ſuivie le foir
d'Illuminations , & pendant près de trois
mois , Paris n'a point été ſans être illuminé
en quelque endroit ; les Porteurs d'Eau ont
Dij
64 MERCURE DE FRANCE.
illuminé les Fontaines publiques , qui font
leur domicile le plus ordinaire.
Ces circonstances font moins frivoles
qu'elles ne le paroiſſent ; on y voit la joye
fincére du Peuple , & l'amour de la Nation
pour ſon Prince s'y développe mieux que
dans les loüanges les plus pompeuſes , car
le Peuple jamais n'a menti ni flaté.
Nous avons crû ne pouvoir nous diſpenſer
de rendre compte au Public des Fêtes qui
ont été célébrées dans les differentes Villes
du Royaume , à l'occaſion de la Convalefcence
du Roi ; nous croirions leur faire injuſtice
, ſi nous négligions de tranſmettre à
la Poſtérité ces témoignages de leur zéle ,
auſſi honorables pour elles , qu'ils font fla
teurs pour le Prince qui en eſt l'objet,
tous les Te Deum qui ont été chantés pour
la Convalescence du Roi , mais nous avons
craint que cette Liſte , trop longue& trop
uniforme , ne fatiguât nos Lecteurs & ne
remplît mal une partiede notre Recueil ,
que nous pouvons donner à des matieres
plus intéreſſantes. Il ſuffirade dire que nonſeulement
toutes les Compagnies , toutes
les Communautés , tous les Corps de Métiers
ſe ſont ſignalés à ce ſujet , mais que
même les Compagnons de chaque Métier ,
&tous lesOuvriers qui n'avoient pas encore
l'honneur de faire un Corps , ont été réiinisdans
cette circonſtance par leur zéle , au
défaut des Statuts , & ont fait célébrer des
Meffes folemnelles , ſuivies du Te Deum &
de l'Exaudiat. On n'entendra pas dire, ſans
étonnement , qu'on a vû le Public invité
par des Affiches aux Te Deum des Porteurs
d'Eau , des Bateliers du Port S. Nicolas ,
des Blanchiſſeuſes de la Grenoüillere , &
enfin des Laquais du Fauxbourg S. Germain.
Cette Cérémonie étoit ſuivie le foir
d'Illuminations , & pendant près de trois
mois , Paris n'a point été ſans être illuminé
en quelque endroit ; les Porteurs d'Eau ont
Dij
64 MERCURE DE FRANCE.
illuminé les Fontaines publiques , qui font
leur domicile le plus ordinaire.
Ces circonstances font moins frivoles
qu'elles ne le paroiſſent ; on y voit la joye
fincére du Peuple , & l'amour de la Nation
pour ſon Prince s'y développe mieux que
dans les loüanges les plus pompeuſes , car
le Peuple jamais n'a menti ni flaté.
Nous avons crû ne pouvoir nous diſpenſer
de rendre compte au Public des Fêtes qui
ont été célébrées dans les differentes Villes
du Royaume , à l'occaſion de la Convalefcence
du Roi ; nous croirions leur faire injuſtice
, ſi nous négligions de tranſmettre à
la Poſtérité ces témoignages de leur zéle ,
auſſi honorables pour elles , qu'ils font fla
teurs pour le Prince qui en eſt l'objet,
Fermer
17107
p. 326-329
LETTRE DE GAS, Epagneul de Madame Deshoulieres, A COURTE-OREILLE, Tourne-Broche de M.....
Début :
Je vous ay déja envoyé des Vers du plus agreable / J'Apprens de tous costez que malgré le destin [...]
Mots clefs :
Épagneul, Vin, Broche, Courte-oreille, Estime, Honneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE DE GAS, Epagneul de Madame Deshoulieres, A COURTE-OREILLE, Tourne-Broche de M.....
Je vous ay déja envoyé
des Vers du plus agreable
Animal du Monde, en
voicy d'autres de ſa façon,
qui je croy vous plairont
encore davantage.
IO bnEI
GALANT. 327
LETTRE DE GAS,
Epagneul de Madame
Deſ-houlieres,
A COURTE-OREILLE,
Tourne-Broche de M...
Apprens de tous costez que
malgrè le destin
Qui vous a fait naistre Matin,
Vous chassez pourtat à merveille.
Ce grand Lievre fut pris parle
preux Courte-oreille
(Disoit- on l'autre jour en ou
vrant un Pasté.)
Du Vin, du Vin, qu'à sa santè
Il soit vuide mainte Bouteille.
Lors le Verre à la main, vostre
los fat chante,
328 LE MERGURE
Vn Blondin, deux Abbez, &
plus d'une Beauté,
S'en acquiterent avec zele.
Foy d' Epagneul, j en fais un ra-
port tres-fidelle,
l'estois present à tout, & voyois
sans douleur
Toute l'estime & tout l honneur
Dont vostre Chasse estoit suivies
Aupres d'Amarillis, content de
mon bonheur,
Rien ne pouvant me faire envie.
Le me determinay dans cet heu-
reux moment
A vous dire sans compliment
Que vous avex bien fait de quit-
ter la Cuisine
Où vous estiez souvent battu.
l'estime infiniment ceux qui par
leur vertu
Dementent leur hasse origines
GALANT. 319
Iamais l'honneur d'autruy ne ma
rendu jaloux; 19
Et malgrè tant de diférence
Que le Ciel a mis entre nous,
Ie veux bien faire connoissance,
Et lier commerce avec vous.
Devenons bons amis, abandonnez
la Broche,
Allex comme Epagneul, Chien
courant, ou Limier,
Partout Pais prendre Gibier;
Ne craignez là-dessus ny plainte,
ny reproche,
Personne ne fait son Métier.
des Vers du plus agreable
Animal du Monde, en
voicy d'autres de ſa façon,
qui je croy vous plairont
encore davantage.
IO bnEI
GALANT. 327
LETTRE DE GAS,
Epagneul de Madame
Deſ-houlieres,
A COURTE-OREILLE,
Tourne-Broche de M...
Apprens de tous costez que
malgrè le destin
Qui vous a fait naistre Matin,
Vous chassez pourtat à merveille.
Ce grand Lievre fut pris parle
preux Courte-oreille
(Disoit- on l'autre jour en ou
vrant un Pasté.)
Du Vin, du Vin, qu'à sa santè
Il soit vuide mainte Bouteille.
Lors le Verre à la main, vostre
los fat chante,
328 LE MERGURE
Vn Blondin, deux Abbez, &
plus d'une Beauté,
S'en acquiterent avec zele.
Foy d' Epagneul, j en fais un ra-
port tres-fidelle,
l'estois present à tout, & voyois
sans douleur
Toute l'estime & tout l honneur
Dont vostre Chasse estoit suivies
Aupres d'Amarillis, content de
mon bonheur,
Rien ne pouvant me faire envie.
Le me determinay dans cet heu-
reux moment
A vous dire sans compliment
Que vous avex bien fait de quit-
ter la Cuisine
Où vous estiez souvent battu.
l'estime infiniment ceux qui par
leur vertu
Dementent leur hasse origines
GALANT. 319
Iamais l'honneur d'autruy ne ma
rendu jaloux; 19
Et malgrè tant de diférence
Que le Ciel a mis entre nous,
Ie veux bien faire connoissance,
Et lier commerce avec vous.
Devenons bons amis, abandonnez
la Broche,
Allex comme Epagneul, Chien
courant, ou Limier,
Partout Pais prendre Gibier;
Ne craignez là-dessus ny plainte,
ny reproche,
Personne ne fait son Métier.
Fermer
17108
p. 1175-1182
Bibliotheque Germanique, &c. [titre d'après la table]
Début :
BIBLIOTHEQUE GERMANIQUE, &c. Année M. DCC. XXIX. Tome XVII. et [...]
Mots clefs :
Édition, Enfant, Temps, Ouvrage, Dessein, Allemand, Relation, Esprit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque Germanique, &c. [titre d'après la table]
BIBLIOTHEQUE GERMANIQUE , & c. Année
M. DCC . XXIX . Tome XVII . et
XVIII. 1. vol . 12. A Amsterdam , chez
Pierre Humbert M. DCC . XXIX .
On trouve dans le III . Article du premier
de ces deux Tomes , dequoi se dedommager
de la secheresse et du peu d'interêts
qui règne dans la plupart des autres
Articles . On y rend compte d'un Livre
Allemand , dont le Titre rendu François
, est RELATION d'un Enfant extraordinairement
avancé pour son âge , &c. vol.
in 4. A Leipsic , 1728. Cette Relation
contient aussi d'autres exemples d'Enfans
extraordinaires et distingués par leur sça-
F vj voit 1Vol.
T176 MERCURE DE FRANCE
voir , et des observations utiles et inte
ressantes sur le même sujet.
Jean - Philippe Baratier , Fils de M. Baratier
, Pasteur de la R. P. R. de Schwabach
, dans le Marquisat d'Anspach , est
le principal sujet de la Relation dont le
Pere même est l'Auteur ; mais comme
il a déja été parlé de cet Enfant dans notre
Mercure , nous passerons à un autre
qui paroîtra encore plus extraordinaire.
,
C'est Chrétien Henri Heinecken , fils
d'un Peintre de Lubeck , lequel nâquit
dans cette Ville- là le 6. Fevrier 1721.et
mourut le 27. Juin 1725. Dans ce court
espace de quatre ans et près de cinq mois ,
il donna des preuves si extraordinaires de
son esprit et de sa memoire , qu'on ne
pourroit presque se resoudre à les croire
si elles n'étoient pas attestées par unghd
nombre de témoins éclairés qui ont
eux-mêmes vû et admiré cet Enfant. Ce
fut à dix mois qu'il commença à parler ,
et cela à l'occasion de diverses figures
dont il parut souhaiter l'explication ; on
la lui donna , et tout d'un coup on remarqua
qu'il observoit avec une attention
fixe les mouvemens des levres de ceux
qui lui parloient , et il vint à bout , non
sans effort , de prononcer syllabe après
syllabe ce qu'on lui disoit. Ces progrès
IVol.
furent
JUI N. 1734 1177
furent depuis ce tems - là très- rapides ,
puisqu'à un an il sçavoit les principaux
évenemens du Pentateuque; à treize mois,
l'Histoire de l'Ancien Testament ,
quatorze celle du Nouveau .
et à
Au mois de Septembre 1723. le petit
Heinecken avoit acquis une connoissance
si exacte de l'Histoire ancienne et moderne
, et de la Géographie , qu'il répondoit
pertinemment aux questions qu'on lui
faisoit sur des sujets diversifiés. Il chargea
aussi sa memoire d'une grande quantité de
mots Latins , de sorte qu'il parvint à parler
cette Langue avec facilité , et il apprit
parcoeur en cette Langue les Institutes de
Justinien. Quelque tems après il apprit
aussi passablement le François , et avant
sa quatrième année il étoit bien avancé
dal connoissance de la Genealogie des
principales Maisons de l'Europe. Jamais
onne vit plus d'ardeur à acquerir de nouvelles
connoissances , et cela même est une
preuve du genie de cet Enfant. L'Auteur
de sa vie rapporte d'ailleurs un assez bon
nombre de traits qui marquent et de l'esprit
et du jugement ; l'un et l'autre paroissent
sur tout dans l'application qu'il
faisoit des Sentences et des Passages de
Ecriture Sainte qu'il avoit appris , aux
diverses circonstances où il se trouvoit.
1. Vol. Une
1178 MERCURE DE FRANCE
Une bonne partie de sa quatrième année
fut employée au voyage de Danemarck,
où il fut admiré de toute la Cour ; il harangua
de fort bonne grace le Roi et les
Princes du Sang . De retour à Lubeck il
y apprit à écrire en fort peu de tems ,
quoiqu'il eût à peine la force de tenir sa
plume. Enfin après avoir langui quelques
mois il mourut dans le tems marqué cidessus.
C'est une chose remarquable que cet
Enfant si extraordinaire , par rapport aux
talens de son esprit , fût en même - tems
d'une complexion très - délicate. Il est
d'autant plus étonnant qu'il sçût tant de
choses que des maladies très-fâcheuses qui
se suivirent de près , lui auroient dû ,
ce semble , ôter presque tout moyen de
bien apprendre. L'Auteur de sa vie attri
bue ses infirmités presque continuelles
et sa mort prématurée à sa délicatesse natutelle
, et aux passions de sa Nourrice ,
qui eurent plus d'influences sur lui qu'elles
n'en auroient eu sur un autre , parce
qu'il ne fut sevré que quelques mois avant
sa mort , ayant témoigné beaucoup de répugnance
pour toutes sortes d'alimens
excepté le lait , et en particulier celui
de cette Nourrice . Cette repugnance fut
cause qu'il ne mâchoit qu'avec une extrê
me difficulté. Au
JUIN. 1734
1179
Au reste , la maniere sage et chrétienne
dont le petit Heincken envisagea la
mort , est à proportion aussi extraordi
naire pour son âge , que le sont les connoissances
qu'il avoit acquises pendant sa
vie.
Extrait des Nouvelles Litteraires
du XVII. Tome.
fille
De Strasbourg. Madame Linck
et femme de deux Professeurs en Droit
de cette Ville , a publié une Traduction
du Polyeucte de Corneille , en vers Allemands.
De Nuremberg. On débite une Brochu
re en forme de Dictionnaire , qui contient
la liste de tous les Bains et des Eaux
Minerales , sous le titre de Bibliotheca
cum Lexico Hydrologico.
M. Frederic Bothscholtz a formé le
projet de rassembler en deux Volumes in
folio , tous les Ouvrages qui traitent de
la Librairie et de l'Imprimerie. Chacun
paroîtra tel qu'il est , et même dans la
Langue où il a été imprimé , ou si c'est
un Ouvrage Manuscrit , dans celle où il
aura été composé.
D'Altorf.M. le Professeur Koehler, publie
toutes les semaines une Feuille qui
contient, l'explication et le dessein de
I. Vol. quel1180MERCURE
DE FRANCE
quelque Medaille. C'est à Nuremberg
que s'imprime ce nouvel Ouvrage Periodique
en Allemand .
De Goettingen. M. le Docteur Heumaun ,
Inspecteur du College de cette Ville , publiera
incessamment l'Ouvrage de Charlemagne
contre le second Concile de Nicée
, sur l'Edition que Jean du Tillet Evêque
de Meaux publia à Paris en 1549.
sans nom d'Auteur , et sans marquer le
lieu de l'impression . Cette Edition étoit
devenue extrêmement rare . M. Heumaun
joindra ses propres remarques aux corrections
de du Tillet et de Goldstat , et le
tout sera précedé d'une Dissertation dont
le dessein est de prouver que ce Traité
est de Charlemagne , et contient ses veritables
sentimens , tout au moins de la même
maniere que la Confession d'Ausbourg
doit être attribuée aux Princes qui la fignerent.
De Leipsic DISSERTATIO Epistolica ad
Eminentissimam atque Reverendissimum
Dominum Christianum Wormium , Diaceseos
Sialandica in Danuâ Episcopum, &c.
de scriptis quibusdam integris , fragmentisque
hactenus ineditis , que in itinere Gallico-
Anglico, atque Germanico reperire contigit et
nunc in lucem publicam edenda parat, virosque
eruditos insimul ad conferendas symbolas
IVol. humanisJUIN.
1734: 1181
humanissimè invitat Magnus Crusius Sles-
Wicensis V. D. M.
C'est le titre d'une Brochure de neuf
feuilles que
Gleditsch a imprimé . On
voit par ce titre que M. Crusius , ci- devant
Chapelain de l'Ambassade Danoise
en France et connu par la vie de Duplessis
Mornay qu'il a mis au jour sous ce titre:
Memorabilia Plessiaca , a ramassé de bons
materiaux dans ces voyages , et qu'il a
dessein de les communiquer au Public.
Le détail de ses acquisitions et de ses projets
se trouve dans la Lettre même . Il y
parle , entr'autres , d'une continuation
du Spicilegium Patrum de Grabe ; d'une
nouvelle Edition de S. Irenée , recommandable
par plusieurs Pieces , non imprimées
, de cet ancien Docteur , et par
des Remarques nouvelles de Thomas Aisler
, d'Edouard Bernard , de François du
Jon ou Junius , de Daniel Heinsius , et
de quelques autres Sçavans. M. Crusius
nous promet encore une Edition beaucoup
plus ample que les précedentes , des
Annales de Nicetas Choniate ; une Edition
d'Arnobe contre les Gentils , avec
'des notes de plusieurs Sçavans , lesquelles
n'ont point encore vû le jour ; et une
Histoire du Lutheranisme en France .
De Dresde. M. Mathieu Daniel Poep-
I. Vol.
pelmaun
1182 MERCURE DE FRANCE
pelmaun , Architecte du Roi de Pologne
, a publié une Description de divers
Bâtimens magnifiques de cette Ville et
des environs appartenans à Sa Majesté .
La Description est en Allemand et en
François , accompagnée de quantité de
figures qui font le principal de cet Ouvrage.
On y voit aussi le dessein de la
grande Cuve qu'on a placée depuis peu
à Koenigstein , et qui tient environ deux
cens Bariques de plus que celle de Heidelberg.
>
De Crossen. M. Samuel Ledel , Docteur
en Medecine , travaille à une Histoire de
Monstres. Il a aussi considerablement augmenté
la Centauriologia curiosa Ouvrage
que feu M. son Pere fit imprimer en
1694. à Francfort sur le Mein , et il a
dessein d'en publier une nouvelle Edition
,
M. DCC . XXIX . Tome XVII . et
XVIII. 1. vol . 12. A Amsterdam , chez
Pierre Humbert M. DCC . XXIX .
On trouve dans le III . Article du premier
de ces deux Tomes , dequoi se dedommager
de la secheresse et du peu d'interêts
qui règne dans la plupart des autres
Articles . On y rend compte d'un Livre
Allemand , dont le Titre rendu François
, est RELATION d'un Enfant extraordinairement
avancé pour son âge , &c. vol.
in 4. A Leipsic , 1728. Cette Relation
contient aussi d'autres exemples d'Enfans
extraordinaires et distingués par leur sça-
F vj voit 1Vol.
T176 MERCURE DE FRANCE
voir , et des observations utiles et inte
ressantes sur le même sujet.
Jean - Philippe Baratier , Fils de M. Baratier
, Pasteur de la R. P. R. de Schwabach
, dans le Marquisat d'Anspach , est
le principal sujet de la Relation dont le
Pere même est l'Auteur ; mais comme
il a déja été parlé de cet Enfant dans notre
Mercure , nous passerons à un autre
qui paroîtra encore plus extraordinaire.
,
C'est Chrétien Henri Heinecken , fils
d'un Peintre de Lubeck , lequel nâquit
dans cette Ville- là le 6. Fevrier 1721.et
mourut le 27. Juin 1725. Dans ce court
espace de quatre ans et près de cinq mois ,
il donna des preuves si extraordinaires de
son esprit et de sa memoire , qu'on ne
pourroit presque se resoudre à les croire
si elles n'étoient pas attestées par unghd
nombre de témoins éclairés qui ont
eux-mêmes vû et admiré cet Enfant. Ce
fut à dix mois qu'il commença à parler ,
et cela à l'occasion de diverses figures
dont il parut souhaiter l'explication ; on
la lui donna , et tout d'un coup on remarqua
qu'il observoit avec une attention
fixe les mouvemens des levres de ceux
qui lui parloient , et il vint à bout , non
sans effort , de prononcer syllabe après
syllabe ce qu'on lui disoit. Ces progrès
IVol.
furent
JUI N. 1734 1177
furent depuis ce tems - là très- rapides ,
puisqu'à un an il sçavoit les principaux
évenemens du Pentateuque; à treize mois,
l'Histoire de l'Ancien Testament ,
quatorze celle du Nouveau .
et à
Au mois de Septembre 1723. le petit
Heinecken avoit acquis une connoissance
si exacte de l'Histoire ancienne et moderne
, et de la Géographie , qu'il répondoit
pertinemment aux questions qu'on lui
faisoit sur des sujets diversifiés. Il chargea
aussi sa memoire d'une grande quantité de
mots Latins , de sorte qu'il parvint à parler
cette Langue avec facilité , et il apprit
parcoeur en cette Langue les Institutes de
Justinien. Quelque tems après il apprit
aussi passablement le François , et avant
sa quatrième année il étoit bien avancé
dal connoissance de la Genealogie des
principales Maisons de l'Europe. Jamais
onne vit plus d'ardeur à acquerir de nouvelles
connoissances , et cela même est une
preuve du genie de cet Enfant. L'Auteur
de sa vie rapporte d'ailleurs un assez bon
nombre de traits qui marquent et de l'esprit
et du jugement ; l'un et l'autre paroissent
sur tout dans l'application qu'il
faisoit des Sentences et des Passages de
Ecriture Sainte qu'il avoit appris , aux
diverses circonstances où il se trouvoit.
1. Vol. Une
1178 MERCURE DE FRANCE
Une bonne partie de sa quatrième année
fut employée au voyage de Danemarck,
où il fut admiré de toute la Cour ; il harangua
de fort bonne grace le Roi et les
Princes du Sang . De retour à Lubeck il
y apprit à écrire en fort peu de tems ,
quoiqu'il eût à peine la force de tenir sa
plume. Enfin après avoir langui quelques
mois il mourut dans le tems marqué cidessus.
C'est une chose remarquable que cet
Enfant si extraordinaire , par rapport aux
talens de son esprit , fût en même - tems
d'une complexion très - délicate. Il est
d'autant plus étonnant qu'il sçût tant de
choses que des maladies très-fâcheuses qui
se suivirent de près , lui auroient dû ,
ce semble , ôter presque tout moyen de
bien apprendre. L'Auteur de sa vie attri
bue ses infirmités presque continuelles
et sa mort prématurée à sa délicatesse natutelle
, et aux passions de sa Nourrice ,
qui eurent plus d'influences sur lui qu'elles
n'en auroient eu sur un autre , parce
qu'il ne fut sevré que quelques mois avant
sa mort , ayant témoigné beaucoup de répugnance
pour toutes sortes d'alimens
excepté le lait , et en particulier celui
de cette Nourrice . Cette repugnance fut
cause qu'il ne mâchoit qu'avec une extrê
me difficulté. Au
JUIN. 1734
1179
Au reste , la maniere sage et chrétienne
dont le petit Heincken envisagea la
mort , est à proportion aussi extraordi
naire pour son âge , que le sont les connoissances
qu'il avoit acquises pendant sa
vie.
Extrait des Nouvelles Litteraires
du XVII. Tome.
fille
De Strasbourg. Madame Linck
et femme de deux Professeurs en Droit
de cette Ville , a publié une Traduction
du Polyeucte de Corneille , en vers Allemands.
De Nuremberg. On débite une Brochu
re en forme de Dictionnaire , qui contient
la liste de tous les Bains et des Eaux
Minerales , sous le titre de Bibliotheca
cum Lexico Hydrologico.
M. Frederic Bothscholtz a formé le
projet de rassembler en deux Volumes in
folio , tous les Ouvrages qui traitent de
la Librairie et de l'Imprimerie. Chacun
paroîtra tel qu'il est , et même dans la
Langue où il a été imprimé , ou si c'est
un Ouvrage Manuscrit , dans celle où il
aura été composé.
D'Altorf.M. le Professeur Koehler, publie
toutes les semaines une Feuille qui
contient, l'explication et le dessein de
I. Vol. quel1180MERCURE
DE FRANCE
quelque Medaille. C'est à Nuremberg
que s'imprime ce nouvel Ouvrage Periodique
en Allemand .
De Goettingen. M. le Docteur Heumaun ,
Inspecteur du College de cette Ville , publiera
incessamment l'Ouvrage de Charlemagne
contre le second Concile de Nicée
, sur l'Edition que Jean du Tillet Evêque
de Meaux publia à Paris en 1549.
sans nom d'Auteur , et sans marquer le
lieu de l'impression . Cette Edition étoit
devenue extrêmement rare . M. Heumaun
joindra ses propres remarques aux corrections
de du Tillet et de Goldstat , et le
tout sera précedé d'une Dissertation dont
le dessein est de prouver que ce Traité
est de Charlemagne , et contient ses veritables
sentimens , tout au moins de la même
maniere que la Confession d'Ausbourg
doit être attribuée aux Princes qui la fignerent.
De Leipsic DISSERTATIO Epistolica ad
Eminentissimam atque Reverendissimum
Dominum Christianum Wormium , Diaceseos
Sialandica in Danuâ Episcopum, &c.
de scriptis quibusdam integris , fragmentisque
hactenus ineditis , que in itinere Gallico-
Anglico, atque Germanico reperire contigit et
nunc in lucem publicam edenda parat, virosque
eruditos insimul ad conferendas symbolas
IVol. humanisJUIN.
1734: 1181
humanissimè invitat Magnus Crusius Sles-
Wicensis V. D. M.
C'est le titre d'une Brochure de neuf
feuilles que
Gleditsch a imprimé . On
voit par ce titre que M. Crusius , ci- devant
Chapelain de l'Ambassade Danoise
en France et connu par la vie de Duplessis
Mornay qu'il a mis au jour sous ce titre:
Memorabilia Plessiaca , a ramassé de bons
materiaux dans ces voyages , et qu'il a
dessein de les communiquer au Public.
Le détail de ses acquisitions et de ses projets
se trouve dans la Lettre même . Il y
parle , entr'autres , d'une continuation
du Spicilegium Patrum de Grabe ; d'une
nouvelle Edition de S. Irenée , recommandable
par plusieurs Pieces , non imprimées
, de cet ancien Docteur , et par
des Remarques nouvelles de Thomas Aisler
, d'Edouard Bernard , de François du
Jon ou Junius , de Daniel Heinsius , et
de quelques autres Sçavans. M. Crusius
nous promet encore une Edition beaucoup
plus ample que les précedentes , des
Annales de Nicetas Choniate ; une Edition
d'Arnobe contre les Gentils , avec
'des notes de plusieurs Sçavans , lesquelles
n'ont point encore vû le jour ; et une
Histoire du Lutheranisme en France .
De Dresde. M. Mathieu Daniel Poep-
I. Vol.
pelmaun
1182 MERCURE DE FRANCE
pelmaun , Architecte du Roi de Pologne
, a publié une Description de divers
Bâtimens magnifiques de cette Ville et
des environs appartenans à Sa Majesté .
La Description est en Allemand et en
François , accompagnée de quantité de
figures qui font le principal de cet Ouvrage.
On y voit aussi le dessein de la
grande Cuve qu'on a placée depuis peu
à Koenigstein , et qui tient environ deux
cens Bariques de plus que celle de Heidelberg.
>
De Crossen. M. Samuel Ledel , Docteur
en Medecine , travaille à une Histoire de
Monstres. Il a aussi considerablement augmenté
la Centauriologia curiosa Ouvrage
que feu M. son Pere fit imprimer en
1694. à Francfort sur le Mein , et il a
dessein d'en publier une nouvelle Edition
,
Fermer
Résumé : Bibliotheque Germanique, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente un compte rendu de la Bibliothèque Germanique, publié en 1729 à Amsterdam. Le troisième article du premier tome mentionne un livre allemand intitulé 'Relation d'un Enfant extraordinairement avancé pour son âge', publié à Leipzig en 1728. Ce livre relate les exploits de Jean-Philippe Baratier et de Chrétien Henri Heinecken, deux enfants prodiges. Chrétien Henri Heinecken, né à Lübeck le 6 février 1721 et décédé le 27 juin 1725, a démontré des capacités intellectuelles exceptionnelles. À dix mois, il a commencé à parler et a rapidement acquis des connaissances en histoire, géographie, et langues (latin et français). À quatre ans, il maîtrisait les Institutes de Justinien en latin et avait des connaissances en généalogie européenne. Malgré une santé fragile, il a continué à apprendre et à impressionner par son esprit et son jugement. Heinecken est décédé à l'âge de quatre ans et demi, après avoir été admiré par la cour danoise et avoir appris à écrire. Le texte mentionne également diverses publications et projets littéraires, notamment une traduction du 'Polyeucte' de Corneille en allemand par Madame Linck, un dictionnaire des bains et eaux minérales, et plusieurs ouvrages académiques et historiques en préparation ou récemment publiés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17109
p. 2649-2659
Cassius et Victorinus, Tragédie, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
La Tragédie de Cassius et Victorinus n'ayant été représentée au Théatre françois [...]
Mots clefs :
Tragédie, Cassius et Victorinus, Théâtre-Français, Histoire ecclésiastique, Chrétiens, Épée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Cassius et Victorinus, Tragédie, Extrait, [titre d'après la table]
La Tragédie de Cassius et Victorinus
n'ayant été représentée au Théatre françois qu'une au deux fois tout au plus par
semaine , il ne nous a pas été possible de
retenir la disposition du Poëme , scene par
scene, c'est pourquoi nous n'en donnerons
pas un Extrait bien précis ; le nom de M
de la Grange doit suffire au Lecteur , pour
lui persuader que rien n'y a manqué du
côtéde ce qu'on appelle Théatral ; nous
n'avons guere d'Auteurs qui s'y connoissent mieux que M. de la Grange. Il a pris
I. Vol son F vj
2650 MERCURE DE FRANCE
son sujet , selon toutes les apparences, dans
Gregoire de Tours ; voici ce que cet Historien en dit : C'est dans ce lieu , c'est-à- dire à Clermont en Auvergne , que Cassius
et Victorinus , unis en Jesus- Christ par un
amour vraimentfraternel, ont gagné le Royaumedes Cieux auprix de leur sang car l'Antiquité rapporte que Victorinus fut esclave
d'un Grand- Prêtre des faux Dieux , &
qu'ayant souvent exercé ses persécutions dans
un bourg qu'on appelloit communément le
bourg des Chrétiens , il en trouva un qui
s'appelloit Cassius , qui l'amena à la foi
de Jesus Christ par ses prédications et par ses
miracles ; il en fut si touché que renonçant
au culte des Idoles , et consacré par le baptê- me il se donna tout entier à l'exercice de
toutes les vertus chrétiennes. Peu de tems après
ayant été tous deux associez à la palme du
Martyre, ils monterent ensemble au Royaume des Cieux.
&
2
·
M. Baillet ne dit rien là- dessus qui ne
s'accorde parfaitement à ce que nous venons de dire ; voici ses paroles : S. Cassi
et S. Victorin honorez à Clermont en Auvergne le 15 de Mai, avec 6266. Martyrs tuez
par des barbares idolâtres , venus d'au- delà
du Rhin. S. Prix , Evêque de Clermont au
VII. siécle aroit composé leurs. Actes , qui
sontperdus. Victorin servoit un Prêtre idoİ. Vol. Tatre a
DECEMBRE. 1732. * 2651
latre; mais par la fréquentation qu'il avoit
avec Cassi , il se convertit et fut martyrisé.
et celui de S. Cassi se gardoient
encore à Clermont au dixiéme siécie.
Son
corps
Voilà tout ce que l'Histoire Ecclésiastique a fourni à l'Auteur de la Tragédie en
question ; ce qu'on appelle la Fable étoit
en bonnes mains. M. de la Grange a ennobli les personnages dont il avoit besoin ;
Victorinus , de simple serviteur ou esclave
d'un Grand Prêtre , cft devenu Grand- Prê
tre lui- même , et Cassius à qui Gregoire de
Tours nedonne aucune qualité, que celle de
Prédicateur de l'Evangile, est tiré de l'obscurité ou peut être le Ciel l'avoit fait naî
tre , pour se voir Pere d'un Empereur
sans avoir été Empereur lui-même ; ce
Claudius que M. de la Grange lui donne pour fils ne peut être que celui qu'on
appelle Claude le Gothique ; pour Victorinus , il ne suffisoit pas pour accommoder l'action théatrale aux mœurs du tems,
d'en avoir fait un Grand - Prêtre , il falloit
lui donner une fille digne de la recherche
d'un Empereur ; cette fille s'appelle Justine , et c'est elle qui donne lieu au peu
d'amour qui regne dans cette Tragédie ;
on auroit mêmefouhaité qu'il n'y en cut
point eu du tout.
Le premier Acte est employé presque
I. Vol. tout
2652 MERCURE DE FRANCE
>
tout entier à en exposer le sujet. Justine,
fille de Victorinus Grand-Prêtre des
faux Dieux , ouvre la scene avec sa confidente , laquelle la félicite sur la nouvel→
le dignité de Claudius son Amant que
l'armée vient d'elever à l'Empire. La joie
de Justine est balancée par la crainte de
F'avenir , la clémence que Victorinus son
Pere exerce envers les Chrétiens la fait
trembler pour lui ; elle sçait que Claudius
est porté à les persecuter par un motif
qu'on apprend dans la suite de la Piece ;
son Pere , loin de calmer ses allarmes ,
les redouble ; cependant il lui commande d'accepter la main qui la doit élever à
l'Empire ; quand même elle seroit teinte
du sang de celui qui lui a donné la vie.
Victorinus s'ouvre avec plus de liberté à
son confident : il lui dit qu'aussi-tôt qu'il
a appris la prochaine arrivée de l'Empereur , il a mis Gelas en lieu de seureté ;
ce Gelas qui passe pour son esclave , est
un Chrétien qui par un effet miraculeux
a sauvé sa fille Justine d'un monstre auquel elle étoit dévouée par les Oracles des Dieux. Son confident tâche de le rassurer en lui représentant que l'amour de
' Empereur pour sa fille , l'empêchera
bien de donner la mort à unChrétien qui
a sauvé sa Maîtresse.
I. Vol. L'arrivée
DECEMBRE. 1732. 2653
3.
L'arrivée deClaudius redouble la frayeur
de Victorinus ; ce Prince lui apprend
qu'en approchant de ce lieu, que l'Auteur
n'a pas designé aux spectateurs , il est entré dans des souterrains où des Chrétiens
célebroient leurs mysteres ; que ces victi
mes se sont jertées en foule au devant du
fer qui les attendoit ; qu'un seul de cette
troupe attendoit la mort sans la chercher,.
qu il n'a pû soutenir l'aspect de ce vénerable vieillard , sans un saisissement qui
Pa rendu immobile; qu'il a ordonné qu'on
l'épargnar's il se flatte que ce Chrétien
touch de sa clémence , pourra lui apprendre quels ont été les meurtriers de son
Pere , qui ayant disparu depuis quelques
années, sans qu'on en ait jamais oui parler,
avoit donné lieu de soupçonner que les
Chrétiens dont il étoit alors le plus ardent persécuteur , l'avoient assassiné. Le
portrait que Claudius fait de ce vieillard,
le lieu , et toutes les autres circonstances
ne laissent point douter Victorinus que
ce ne soit Gelas ; il demande grace pour
lui à l'Empereur , et pour le mieux exciter à la clémence , il lui dit que ce Chrétien a sauvé Justine d'une mort certaine;
Claudius attribue le respect et les sentimens de tendresse qu'il a conçus à l'asde ce Chrétien à une espece de pres- pect
>
I. Vola sentiment
2654 MERCURE DE FRANCE
sentiment qui lui a annoncé au fond du
cœur l'obligation qu'il lui avoit.
Le vieillard eft bientôt présenté à Claudius qui ne peut le revoir sans trouble ;
on verra dans peu que c'est un nouveau
pressentiment que la nature ajoute à celui
de la reconnoissance , et que ce premier
partoit de la même source. Gelas résiste
avec fermeté à la priere que Claudius lui
fait de renoncer au Christianisme , ou du
moins de le feindre , pour se dérober à la
fureur du peuple , des Prêtres et même de
l'armée. Claudius ajoute à cette priere le
motif qui le porte lui- même plus particu
liérement à persécuter ceux qu'il croit
avoir été les meurtriers de son Pere Cassius. Gelas après lui avoir dit que les Chrétiens sont incapables de pareils forfaits ,
lui annonce que son pere est encore vivant , qu'il est plus près de lui qu'il ne
pense , mais qu'il ne le connoîtra qu'après
qu'il lui aura fait donner la mort à luimême, par qui il apprend qu'il est encore
en vie. Cette espece d'Oracle prononcé
par une bouche si respectée , met Claudius dans une très - cruclle situation ; il ne
sçait à quoi se résoudre, et charge Victorinus,qui arrive , d'arracher le malheureux
à la mort.
Cette Scene entre Gelas et Victorinus
I. Vol.
DECEMBRE. 1732. 2655
'est une des plus interessantes de la Tragédie , et c'est pourtant celle qui a donné
plus de prise à la Critique ; nous allons
en exposer le fond pour mettre nos Lecteurs en état d'en juger. Dans la Scene
précédente les Spectateurs viennent d'apprendre que Cassius n'est pas mort , mais
ils ne s'attendent pas à le revoir revivre en la personne de Gelas même ; ce
même Gelas , qui ne s'est pas découvert
à son propre fils , se fait connoître à Victorinus pour ce même Cassius que Claudius croit avoir été assassiné par les Chrétiens , et qu'il vange par tout ce que sa
fureur lui peut inspirer de plus cruel
contre ces innocentes victimes. Ce Cassius
avoit été , comme nous l'avons déja dit
un des plus implacables persecuteurs des
Chrétiens ; il raconte à Victorinus comment il a été converti à la Foy ; cette
description est très-belle , l'Auteur n'a
pas crû en pouvoir choisir un modele
plus frappant que dans les Actes des
Apôtres , et les Spectateurs lui ont sçû
bon gré de l'avoir puisée dans une sour
ce si capable d'inspirer une sainte terreur.
Mais comme ce qui nous saisit le plus
dans un Ouvrage , nous paroît le plus
digne de nos reflexions , on examine cette
Scene avec plus de séverité que toutes
I. Vol. les
2656 MERCURE DE FRANCE
les autres ; on ne souffre qu'avec beau,
coup de peine qu'un pere , dont le fils est
prêt à devenir le parricide , ne se fasse
pas connoître à lui ; on pese le silence
avec le mo if, et le motif n'est pas toutà-fait satisfaisant. Le faux Gelas dit à
Victorinus qu'il a fait serment de ne se
faire connoître à P rsonne pour Cassius :
pourquoi, done,dit-on, découvre-t'il son
nom et sa condition à Victorinus ? Son
serment est-il moins violé et ne seroitil pas plus raisonnable qu'il eût juré de
ne se faire jamais connoître à son fils , de
peur que la tendresse paternelle ne le
trahît jusqu'au point de retomber dans
ses erreurs par une foiblesse dont il craindroit de ne pouvoir triompher ? ce motif auroit quelque lueur de vrai-semblan- ·
ce , et contribueroit un peu à faire excuser l'indiscretion du serment. Ce serment, ajoûte- t'on , seroit toûjours trèscondamnable , puisqu'il seroit fait contre
son propre fils , qui , par le silence de
son pere , perd la grace de la conversion
et par l'erreur dont ce même pere devient complice , est visiblement exposé à
devenir parricide : un pere , dit-on , est
obligé parmi les Chrétiens , à élever son
fils dans la seule Religion où il peut se
sauver , et celui- cy laisse le sien dans le
1. Vol.
Paganisme
DECEMBRE. 1732. 2657
Paganisme qui doit le perdre à jamais.
Voilà les plus fortes Critiques qu'on a
faites sur cette Tragédie ; achevons d'instruire le Lecteur de ce qui lui reste encore à sçavoir. Victorinus après quelques
objections très-sensées qu'il a faites à Cassius , lui promet le secret qu'il lui demande , d'autant plus qu'il s'y est déja
engagé par serment avant que de rien
apprend e. L'Auteur a même pris soin
de le faire jurer , non-seulement par les
Dieux des Payens , mais par le Dieu que
Cassius adore , et qu'il brule d'impatience
de connoître pour l'adorer à son tour.
Les Prêtres qui lui sont subordonnez sont
bien loin d'une si heureuse disposition
le fanatisme s'empare de leurs cœurs , jusqu'à refuser l'entrée de leur Temple à
leur Empereur, s'il ne leur livre le faux
Gelas ; le Peuple et l'Armée suivent un
exemple si pernicieux ; la désobeïssance
et la félonie regnent par tout ; Victorinus
déja à demi Chrétien , pour réprimer
cette insolence , tire une épée que Gelas
ayoit mis entre ses mains , comme un
gage assuré de la victoire ; le saint enchantement , s'il nous est permis de nous
expliquer ainsi , se trouve en deffaut
on lui arrache cette épée dont l'Auteur
a besoin pour un nouvel incident théa
I. Vol. tral
2658 MERCURE DE FRANCE
tral ; cette fatale épée est reconnuë pour
être la même dont Cassius étoit autrefois
armé. Claudius est confirmé par là dans
la croyance où il a toûjours été , que ce
sont les Chrétiens qui ont assassiné son
pere ; il accuse Victorinus d'avoir part à
ce meurtre, et ordonne qu'on l'aille chercher pour le punir de sa perfidie ; le faux
Gelas dit à Claudius que Victorinus est
innocent de ce meurtre, et lui déclare que
c'est lui-même qui a donné cette épée à
son ami ; Claudius irrité lui demande de
qui il la tenoit lui-même ; le faux Gelas lui
dit que c'est un secret qu'il ne sçauroit
Jui réveler. Claudius ne doutant plus.
que ce ne soit lui-même qui a tué son
pere , ordonne qu'on le mene à la mort ;
le faux Gelas reçoit cet Arrêt comme une
grace , et lui promet en reconnoissance
qu'il va bien-tôt reconnoître son pere ;
on emmene la victime ; Justine , dont
nous avons très-peu parlé , parce qu'elle'
est très- peu nécessaire à la Piece , vient
protester à Claudius qu'il n'y a plus d'amour ni d'hymen pour eux , si Victorinus
son pere , et Gelas , son libérateur , périssent. Claudius ne peut tenir contre cette
menace ; il ordonne qu'on aille révoquer
les ordres sanglans qu'il a donnez ; Justine y va elle-même , mais c'en est déja
I. Vol. fait ;
DECEMBRE. 1732. 2659
fait. Victorinus ayant rencontré Cassius
qu'on menoit au supplice , a voulu être le
compagnon de son martyre , sur l'assurance que Cassius lui a donnée que son
sang versé lui tiendroit lieu de Baptême.
Il s'est déclaré Chrétien , et a été soudain accablé d'une grêle de fleches.
Cassius a eu le même sort ; mais le Ciela permis qu'il lui reste encore assez de
vie pour venir se faire reconnoître à son
pere , et pour l'inviter à se faire Chrétien ; il lui prédit que bien- tôt un Empereur doit établir la Foy de Jesus- Christ,
et l'exhorte à mériter que ce choix le
regarde cependant Claudius n'est touché que du parricide dont il vient de
se soüiller et son pere expiré , il ne
songe qu'à empêcher Justine de se donner la mort , ou qu'à mourir avec elle.
ر
Cette Piece , au reste , est très - bien répresentée par la Dile Baron, et par les
sieurs Grandval , Sarrazin et le Grand ,
qui remplissent les principaux Rôles de
Justine , de Claudius , de Cassius et de
Victorinus.
n'ayant été représentée au Théatre françois qu'une au deux fois tout au plus par
semaine , il ne nous a pas été possible de
retenir la disposition du Poëme , scene par
scene, c'est pourquoi nous n'en donnerons
pas un Extrait bien précis ; le nom de M
de la Grange doit suffire au Lecteur , pour
lui persuader que rien n'y a manqué du
côtéde ce qu'on appelle Théatral ; nous
n'avons guere d'Auteurs qui s'y connoissent mieux que M. de la Grange. Il a pris
I. Vol son F vj
2650 MERCURE DE FRANCE
son sujet , selon toutes les apparences, dans
Gregoire de Tours ; voici ce que cet Historien en dit : C'est dans ce lieu , c'est-à- dire à Clermont en Auvergne , que Cassius
et Victorinus , unis en Jesus- Christ par un
amour vraimentfraternel, ont gagné le Royaumedes Cieux auprix de leur sang car l'Antiquité rapporte que Victorinus fut esclave
d'un Grand- Prêtre des faux Dieux , &
qu'ayant souvent exercé ses persécutions dans
un bourg qu'on appelloit communément le
bourg des Chrétiens , il en trouva un qui
s'appelloit Cassius , qui l'amena à la foi
de Jesus Christ par ses prédications et par ses
miracles ; il en fut si touché que renonçant
au culte des Idoles , et consacré par le baptê- me il se donna tout entier à l'exercice de
toutes les vertus chrétiennes. Peu de tems après
ayant été tous deux associez à la palme du
Martyre, ils monterent ensemble au Royaume des Cieux.
&
2
·
M. Baillet ne dit rien là- dessus qui ne
s'accorde parfaitement à ce que nous venons de dire ; voici ses paroles : S. Cassi
et S. Victorin honorez à Clermont en Auvergne le 15 de Mai, avec 6266. Martyrs tuez
par des barbares idolâtres , venus d'au- delà
du Rhin. S. Prix , Evêque de Clermont au
VII. siécle aroit composé leurs. Actes , qui
sontperdus. Victorin servoit un Prêtre idoİ. Vol. Tatre a
DECEMBRE. 1732. * 2651
latre; mais par la fréquentation qu'il avoit
avec Cassi , il se convertit et fut martyrisé.
et celui de S. Cassi se gardoient
encore à Clermont au dixiéme siécie.
Son
corps
Voilà tout ce que l'Histoire Ecclésiastique a fourni à l'Auteur de la Tragédie en
question ; ce qu'on appelle la Fable étoit
en bonnes mains. M. de la Grange a ennobli les personnages dont il avoit besoin ;
Victorinus , de simple serviteur ou esclave
d'un Grand Prêtre , cft devenu Grand- Prê
tre lui- même , et Cassius à qui Gregoire de
Tours nedonne aucune qualité, que celle de
Prédicateur de l'Evangile, est tiré de l'obscurité ou peut être le Ciel l'avoit fait naî
tre , pour se voir Pere d'un Empereur
sans avoir été Empereur lui-même ; ce
Claudius que M. de la Grange lui donne pour fils ne peut être que celui qu'on
appelle Claude le Gothique ; pour Victorinus , il ne suffisoit pas pour accommoder l'action théatrale aux mœurs du tems,
d'en avoir fait un Grand - Prêtre , il falloit
lui donner une fille digne de la recherche
d'un Empereur ; cette fille s'appelle Justine , et c'est elle qui donne lieu au peu
d'amour qui regne dans cette Tragédie ;
on auroit mêmefouhaité qu'il n'y en cut
point eu du tout.
Le premier Acte est employé presque
I. Vol. tout
2652 MERCURE DE FRANCE
>
tout entier à en exposer le sujet. Justine,
fille de Victorinus Grand-Prêtre des
faux Dieux , ouvre la scene avec sa confidente , laquelle la félicite sur la nouvel→
le dignité de Claudius son Amant que
l'armée vient d'elever à l'Empire. La joie
de Justine est balancée par la crainte de
F'avenir , la clémence que Victorinus son
Pere exerce envers les Chrétiens la fait
trembler pour lui ; elle sçait que Claudius
est porté à les persecuter par un motif
qu'on apprend dans la suite de la Piece ;
son Pere , loin de calmer ses allarmes ,
les redouble ; cependant il lui commande d'accepter la main qui la doit élever à
l'Empire ; quand même elle seroit teinte
du sang de celui qui lui a donné la vie.
Victorinus s'ouvre avec plus de liberté à
son confident : il lui dit qu'aussi-tôt qu'il
a appris la prochaine arrivée de l'Empereur , il a mis Gelas en lieu de seureté ;
ce Gelas qui passe pour son esclave , est
un Chrétien qui par un effet miraculeux
a sauvé sa fille Justine d'un monstre auquel elle étoit dévouée par les Oracles des Dieux. Son confident tâche de le rassurer en lui représentant que l'amour de
' Empereur pour sa fille , l'empêchera
bien de donner la mort à unChrétien qui
a sauvé sa Maîtresse.
I. Vol. L'arrivée
DECEMBRE. 1732. 2653
3.
L'arrivée deClaudius redouble la frayeur
de Victorinus ; ce Prince lui apprend
qu'en approchant de ce lieu, que l'Auteur
n'a pas designé aux spectateurs , il est entré dans des souterrains où des Chrétiens
célebroient leurs mysteres ; que ces victi
mes se sont jertées en foule au devant du
fer qui les attendoit ; qu'un seul de cette
troupe attendoit la mort sans la chercher,.
qu il n'a pû soutenir l'aspect de ce vénerable vieillard , sans un saisissement qui
Pa rendu immobile; qu'il a ordonné qu'on
l'épargnar's il se flatte que ce Chrétien
touch de sa clémence , pourra lui apprendre quels ont été les meurtriers de son
Pere , qui ayant disparu depuis quelques
années, sans qu'on en ait jamais oui parler,
avoit donné lieu de soupçonner que les
Chrétiens dont il étoit alors le plus ardent persécuteur , l'avoient assassiné. Le
portrait que Claudius fait de ce vieillard,
le lieu , et toutes les autres circonstances
ne laissent point douter Victorinus que
ce ne soit Gelas ; il demande grace pour
lui à l'Empereur , et pour le mieux exciter à la clémence , il lui dit que ce Chrétien a sauvé Justine d'une mort certaine;
Claudius attribue le respect et les sentimens de tendresse qu'il a conçus à l'asde ce Chrétien à une espece de pres- pect
>
I. Vola sentiment
2654 MERCURE DE FRANCE
sentiment qui lui a annoncé au fond du
cœur l'obligation qu'il lui avoit.
Le vieillard eft bientôt présenté à Claudius qui ne peut le revoir sans trouble ;
on verra dans peu que c'est un nouveau
pressentiment que la nature ajoute à celui
de la reconnoissance , et que ce premier
partoit de la même source. Gelas résiste
avec fermeté à la priere que Claudius lui
fait de renoncer au Christianisme , ou du
moins de le feindre , pour se dérober à la
fureur du peuple , des Prêtres et même de
l'armée. Claudius ajoute à cette priere le
motif qui le porte lui- même plus particu
liérement à persécuter ceux qu'il croit
avoir été les meurtriers de son Pere Cassius. Gelas après lui avoir dit que les Chrétiens sont incapables de pareils forfaits ,
lui annonce que son pere est encore vivant , qu'il est plus près de lui qu'il ne
pense , mais qu'il ne le connoîtra qu'après
qu'il lui aura fait donner la mort à luimême, par qui il apprend qu'il est encore
en vie. Cette espece d'Oracle prononcé
par une bouche si respectée , met Claudius dans une très - cruclle situation ; il ne
sçait à quoi se résoudre, et charge Victorinus,qui arrive , d'arracher le malheureux
à la mort.
Cette Scene entre Gelas et Victorinus
I. Vol.
DECEMBRE. 1732. 2655
'est une des plus interessantes de la Tragédie , et c'est pourtant celle qui a donné
plus de prise à la Critique ; nous allons
en exposer le fond pour mettre nos Lecteurs en état d'en juger. Dans la Scene
précédente les Spectateurs viennent d'apprendre que Cassius n'est pas mort , mais
ils ne s'attendent pas à le revoir revivre en la personne de Gelas même ; ce
même Gelas , qui ne s'est pas découvert
à son propre fils , se fait connoître à Victorinus pour ce même Cassius que Claudius croit avoir été assassiné par les Chrétiens , et qu'il vange par tout ce que sa
fureur lui peut inspirer de plus cruel
contre ces innocentes victimes. Ce Cassius
avoit été , comme nous l'avons déja dit
un des plus implacables persecuteurs des
Chrétiens ; il raconte à Victorinus comment il a été converti à la Foy ; cette
description est très-belle , l'Auteur n'a
pas crû en pouvoir choisir un modele
plus frappant que dans les Actes des
Apôtres , et les Spectateurs lui ont sçû
bon gré de l'avoir puisée dans une sour
ce si capable d'inspirer une sainte terreur.
Mais comme ce qui nous saisit le plus
dans un Ouvrage , nous paroît le plus
digne de nos reflexions , on examine cette
Scene avec plus de séverité que toutes
I. Vol. les
2656 MERCURE DE FRANCE
les autres ; on ne souffre qu'avec beau,
coup de peine qu'un pere , dont le fils est
prêt à devenir le parricide , ne se fasse
pas connoître à lui ; on pese le silence
avec le mo if, et le motif n'est pas toutà-fait satisfaisant. Le faux Gelas dit à
Victorinus qu'il a fait serment de ne se
faire connoître à P rsonne pour Cassius :
pourquoi, done,dit-on, découvre-t'il son
nom et sa condition à Victorinus ? Son
serment est-il moins violé et ne seroitil pas plus raisonnable qu'il eût juré de
ne se faire jamais connoître à son fils , de
peur que la tendresse paternelle ne le
trahît jusqu'au point de retomber dans
ses erreurs par une foiblesse dont il craindroit de ne pouvoir triompher ? ce motif auroit quelque lueur de vrai-semblan- ·
ce , et contribueroit un peu à faire excuser l'indiscretion du serment. Ce serment, ajoûte- t'on , seroit toûjours trèscondamnable , puisqu'il seroit fait contre
son propre fils , qui , par le silence de
son pere , perd la grace de la conversion
et par l'erreur dont ce même pere devient complice , est visiblement exposé à
devenir parricide : un pere , dit-on , est
obligé parmi les Chrétiens , à élever son
fils dans la seule Religion où il peut se
sauver , et celui- cy laisse le sien dans le
1. Vol.
Paganisme
DECEMBRE. 1732. 2657
Paganisme qui doit le perdre à jamais.
Voilà les plus fortes Critiques qu'on a
faites sur cette Tragédie ; achevons d'instruire le Lecteur de ce qui lui reste encore à sçavoir. Victorinus après quelques
objections très-sensées qu'il a faites à Cassius , lui promet le secret qu'il lui demande , d'autant plus qu'il s'y est déja
engagé par serment avant que de rien
apprend e. L'Auteur a même pris soin
de le faire jurer , non-seulement par les
Dieux des Payens , mais par le Dieu que
Cassius adore , et qu'il brule d'impatience
de connoître pour l'adorer à son tour.
Les Prêtres qui lui sont subordonnez sont
bien loin d'une si heureuse disposition
le fanatisme s'empare de leurs cœurs , jusqu'à refuser l'entrée de leur Temple à
leur Empereur, s'il ne leur livre le faux
Gelas ; le Peuple et l'Armée suivent un
exemple si pernicieux ; la désobeïssance
et la félonie regnent par tout ; Victorinus
déja à demi Chrétien , pour réprimer
cette insolence , tire une épée que Gelas
ayoit mis entre ses mains , comme un
gage assuré de la victoire ; le saint enchantement , s'il nous est permis de nous
expliquer ainsi , se trouve en deffaut
on lui arrache cette épée dont l'Auteur
a besoin pour un nouvel incident théa
I. Vol. tral
2658 MERCURE DE FRANCE
tral ; cette fatale épée est reconnuë pour
être la même dont Cassius étoit autrefois
armé. Claudius est confirmé par là dans
la croyance où il a toûjours été , que ce
sont les Chrétiens qui ont assassiné son
pere ; il accuse Victorinus d'avoir part à
ce meurtre, et ordonne qu'on l'aille chercher pour le punir de sa perfidie ; le faux
Gelas dit à Claudius que Victorinus est
innocent de ce meurtre, et lui déclare que
c'est lui-même qui a donné cette épée à
son ami ; Claudius irrité lui demande de
qui il la tenoit lui-même ; le faux Gelas lui
dit que c'est un secret qu'il ne sçauroit
Jui réveler. Claudius ne doutant plus.
que ce ne soit lui-même qui a tué son
pere , ordonne qu'on le mene à la mort ;
le faux Gelas reçoit cet Arrêt comme une
grace , et lui promet en reconnoissance
qu'il va bien-tôt reconnoître son pere ;
on emmene la victime ; Justine , dont
nous avons très-peu parlé , parce qu'elle'
est très- peu nécessaire à la Piece , vient
protester à Claudius qu'il n'y a plus d'amour ni d'hymen pour eux , si Victorinus
son pere , et Gelas , son libérateur , périssent. Claudius ne peut tenir contre cette
menace ; il ordonne qu'on aille révoquer
les ordres sanglans qu'il a donnez ; Justine y va elle-même , mais c'en est déja
I. Vol. fait ;
DECEMBRE. 1732. 2659
fait. Victorinus ayant rencontré Cassius
qu'on menoit au supplice , a voulu être le
compagnon de son martyre , sur l'assurance que Cassius lui a donnée que son
sang versé lui tiendroit lieu de Baptême.
Il s'est déclaré Chrétien , et a été soudain accablé d'une grêle de fleches.
Cassius a eu le même sort ; mais le Ciela permis qu'il lui reste encore assez de
vie pour venir se faire reconnoître à son
pere , et pour l'inviter à se faire Chrétien ; il lui prédit que bien- tôt un Empereur doit établir la Foy de Jesus- Christ,
et l'exhorte à mériter que ce choix le
regarde cependant Claudius n'est touché que du parricide dont il vient de
se soüiller et son pere expiré , il ne
songe qu'à empêcher Justine de se donner la mort , ou qu'à mourir avec elle.
ر
Cette Piece , au reste , est très - bien répresentée par la Dile Baron, et par les
sieurs Grandval , Sarrazin et le Grand ,
qui remplissent les principaux Rôles de
Justine , de Claudius , de Cassius et de
Victorinus.
Fermer
Résumé : Cassius et Victorinus, Tragédie, Extrait, [titre d'après la table]
Le texte présente la tragédie 'La Tragédie de Cassius et Victorinus', représentée au Théâtre français et écrite par M. de la Grange. Cette œuvre s'inspire de l'histoire de Cassius et Victorinus, deux martyrs chrétiens mentionnés par Grégoire de Tours. Selon cet historien, Victorinus, esclave d'un grand-prêtre païen, se convertit au christianisme grâce aux prédications et miracles de Cassius. Les deux hommes furent martyrisés peu après leur conversion. La tragédie modifie certains éléments historiques pour des raisons théâtrales. Victorinus devient grand-prêtre et Cassius est présenté comme le père de l'empereur Claude le Gothique. La pièce introduit également Justine, fille de Victorinus, qui est promise à Claude. L'intrigue se concentre sur les persécutions des chrétiens et les dilemmes moraux des personnages. La tragédie commence par une discussion entre Justine et son confident à propos de son futur mariage avec Claude. Victorinus, inquiet pour les chrétiens, cache Gelas, un chrétien qui a sauvé Justine. L'arrivée de Claude révèle qu'il a épargné un vieillard chrétien, Gelas, qui se révèle être Cassius, le père de Claude. Cassius, autrefois persécuteur des chrétiens, se convertit et est prêt à mourir pour sa foi. La pièce se termine par le martyre de Cassius et Victorinus, qui se déclarent chrétiens avant leur exécution. Claude, bouleversé, tente de sauver Justine de la détresse. La tragédie est bien interprétée par des acteurs tels que la Dile Baron, Grandval, Sarrazin et le Grand.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17110
p. 2644
SONNET d'un Amant à sa Maîtresse convalescente.
Début :
Amarante, à la fin nous avons l'avantage, [...]
Mots clefs :
Amarante, Mourir, Fin, Convalescente
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET d'un Amant à sa Maîtresse convalescente.
SONNET d'un Amant à sa Maîtresse
convalescente.
g
Amarante , à la fin nous avons l'avantage
Vous avez triomphé des horreurs du trépas ;
La Parque sur vos jours ne l'emportera pas ',
Et le Ciel sauve en vous son plus parfait ouvrage.
Au milieu des langueurs de votre beau visage ,
La Mort même sembloit avoir quelques apas ;
Et vos yeux presque éteints dans ces rudes combats,
En excitant nos pleurs , attiroient notre hommage.
Ces Astres vont briller avec plus de clarté
Vos charmes renaîtront avec votre santé
Que deviendra mon coeur ,
2
adorable Amarante ?
La fin de votre mal n'est pas celle du mien ,
Je me meurs de douleur quand je vous vois mourante,
Et je me meurs d'amour quand vous vous portez
bien.
convalescente.
g
Amarante , à la fin nous avons l'avantage
Vous avez triomphé des horreurs du trépas ;
La Parque sur vos jours ne l'emportera pas ',
Et le Ciel sauve en vous son plus parfait ouvrage.
Au milieu des langueurs de votre beau visage ,
La Mort même sembloit avoir quelques apas ;
Et vos yeux presque éteints dans ces rudes combats,
En excitant nos pleurs , attiroient notre hommage.
Ces Astres vont briller avec plus de clarté
Vos charmes renaîtront avec votre santé
Que deviendra mon coeur ,
2
adorable Amarante ?
La fin de votre mal n'est pas celle du mien ,
Je me meurs de douleur quand je vous vois mourante,
Et je me meurs d'amour quand vous vous portez
bien.
Fermer
Résumé : SONNET d'un Amant à sa Maîtresse convalescente.
Le poème 'Sonnet d'un Amant à sa Maîtresse convalescente' célèbre la guérison de la maîtresse de l'auteur après une grave maladie. La Parque n'a pas pris sa vie, et le ciel a protégé sa beauté. Pendant sa maladie, la mort semblait indécise, et ses yeux éteints provoquaient larmes et respect. Aujourd'hui, ses charmes reviennent. L'amant souffre de la voir malade mais meurt d'amour lorsqu'elle est en bonne santé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17111
p. 2644
MADRIGAL sur le Portrait de Madame DU HALLAY, peint par M. de Largilliere.
Début :
En vain par quelques traits aux vôtres ressemblans, [...]
Mots clefs :
Portrait, Madame du Hallay, Nicolas de Largillierre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL sur le Portrait de Madame DU HALLAY, peint par M. de Largilliere.
MADRIGAL sur le Portrait de Madame
DU HALLAY,peint par M. de Largilliere.
En vain par quelques traits aux vôtres reffemblans ,
On croiroit , DU HALLAY , votre image finie ;
Aux vertus d'Artemise , aux graces de Lesbie
Qui joindroit de Sapho l'esprit & les talens ,
N'auroit encor de vous qu'une foible copie .
DU HALLAY,peint par M. de Largilliere.
En vain par quelques traits aux vôtres reffemblans ,
On croiroit , DU HALLAY , votre image finie ;
Aux vertus d'Artemise , aux graces de Lesbie
Qui joindroit de Sapho l'esprit & les talens ,
N'auroit encor de vous qu'une foible copie .
Fermer
17112
p. 130-131
« DISCOURS à la louange de LOUIS XV. surnommé le Bien-aimé, dediés à la [...] »
Début :
DISCOURS à la louange de LOUIS XV. surnommé le Bien-aimé, dediés à la [...]
Mots clefs :
Louis XV, Zèle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « DISCOURS à la louange de LOUIS XV. surnommé le Bien-aimé, dediés à la [...] »
DISCOURS à la louange de LOUIS
JUIN 1746. 131
XV. furnommé le Bien - aimé , dediés à la
Reine par le P. Eutrope , Religieux Carme,
& Aumônier du Château Trompette . Bordeaux
1746 in 12 chés . Pierre Séjourné.
L'Auteur ne pouvoit choifir un fujet plus
augufte , plus fécond & plus au goût de tout
le monde . C'eſt une carriere qui chaque jour
devient plus vafte. Nous applaudifſons trèsfincerement
au zéle de l'Orateur , & à l'emploi
qu'il a fait de les talens.
JUIN 1746. 131
XV. furnommé le Bien - aimé , dediés à la
Reine par le P. Eutrope , Religieux Carme,
& Aumônier du Château Trompette . Bordeaux
1746 in 12 chés . Pierre Séjourné.
L'Auteur ne pouvoit choifir un fujet plus
augufte , plus fécond & plus au goût de tout
le monde . C'eſt une carriere qui chaque jour
devient plus vafte. Nous applaudifſons trèsfincerement
au zéle de l'Orateur , & à l'emploi
qu'il a fait de les talens.
Fermer
17113
p. 65
SAINT QUENTIN.
Début :
La Ville de Saint Quentin s'est extrêmement distinguée ; une Procession solemnelle [...]
Mots clefs :
Saint-Quentin, Église collégiale, Te Deum, Procession, Illumination, Feu d'artifice, Messe en musique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SAINT QUENTIN.
SAINT QUENTIN.
A Ville de
:
L
Saint Quentin s'eft extrê
mement diftinguée; une Proceſſion ſolemnelle
& unTe Deum , ordonnés par l'Evêque
de Noyon , n'ayant pas ſuffi au zéle
des Chanoines de P'Egliſe Collégiale , ils
ont chanté une grande Meſſe en Muſique ;
tous les Corps y ont aſſiſté. Une illumination
magnifique & très -bien entenduë , orna
l'Egliſe Collégiale , & l'Hôtel de Ville
qui fit tirer un très-beau Feu d'artifice ;
beaucoup des Habitans ont fait la même dépenſe
, & les coeurs Picards ont fait briller
leur candeur & leur vivacité naturelles .
A Ville de
:
L
Saint Quentin s'eft extrê
mement diftinguée; une Proceſſion ſolemnelle
& unTe Deum , ordonnés par l'Evêque
de Noyon , n'ayant pas ſuffi au zéle
des Chanoines de P'Egliſe Collégiale , ils
ont chanté une grande Meſſe en Muſique ;
tous les Corps y ont aſſiſté. Une illumination
magnifique & très -bien entenduë , orna
l'Egliſe Collégiale , & l'Hôtel de Ville
qui fit tirer un très-beau Feu d'artifice ;
beaucoup des Habitans ont fait la même dépenſe
, & les coeurs Picards ont fait briller
leur candeur & leur vivacité naturelles .
Fermer
17114
p. 2645
Autre Madrigal de M. d'Arnaud. LE PEINTRE TIMIDE.
Début :
En vérité, belle Isabeau, [...]
Mots clefs :
Peintre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre Madrigal de M. d'Arnaud. LE PEINTRE TIMIDE.
Autre Madrigal de M. d'Arnaud.
LE PEINTRE TIMIDE.
En vérité , belle Isabeau ,
Vouloir que sous mes traits moi-même je me peigne,
Ce projet me paroît nouveau.
Il n'est rien qu'un Peintre ne craigne ,
Lorsqu'il n'a pas ta main pour guider son pinceau.
LE PEINTRE TIMIDE.
En vérité , belle Isabeau ,
Vouloir que sous mes traits moi-même je me peigne,
Ce projet me paroît nouveau.
Il n'est rien qu'un Peintre ne craigne ,
Lorsqu'il n'a pas ta main pour guider son pinceau.
Fermer
17115
p. 2645
« On trouve ensuite une Idylle de M. CHEVAYE, adressée à M. TITON DU TILLET, [...] »
Début :
On trouve ensuite une Idylle de M. CHEVAYE, adressée à M. TITON DU TILLET, [...]
Mots clefs :
Poètes anciens, Poètes modernes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On trouve ensuite une Idylle de M. CHEVAYE, adressée à M. TITON DU TILLET, [...] »
On trouve ensuite une Idylle de M. CHEVAYE
adressée à M. TITON DU TILLET ,
sur la préference entre les Poëtes anciens &
les Poëtes modernes . Voici les Vers de la fin.
>
TITON , qui sur ton Parnasse
As si bien reglé les rangs
De tant d'esprits differens ,
Dont la Poëtique audace
A signalé les Talens ;
Juge , si ma main novice
A crayonner des Portraits ,
Dépeint assés bien les traits
De ceux qu'un hardi caprice
M'a fait prendre pour objets
Si je puis , par cet Ouvrage ,
Gagner ton docte suffrage ,
Je suis assés honoré ;
Et c'est l'unique avantage
Où ma Muse ait aspiré
adressée à M. TITON DU TILLET ,
sur la préference entre les Poëtes anciens &
les Poëtes modernes . Voici les Vers de la fin.
>
TITON , qui sur ton Parnasse
As si bien reglé les rangs
De tant d'esprits differens ,
Dont la Poëtique audace
A signalé les Talens ;
Juge , si ma main novice
A crayonner des Portraits ,
Dépeint assés bien les traits
De ceux qu'un hardi caprice
M'a fait prendre pour objets
Si je puis , par cet Ouvrage ,
Gagner ton docte suffrage ,
Je suis assés honoré ;
Et c'est l'unique avantage
Où ma Muse ait aspiré
Fermer
Résumé : « On trouve ensuite une Idylle de M. CHEVAYE, adressée à M. TITON DU TILLET, [...] »
M. Chevaye dédie une 'Idylle' à M. Titon du Tillet, discutant des mérites des poètes anciens et modernes. Il admire l'organisation et la reconnaissance des talents poétiques de M. Titon du Tillet. L'auteur souhaite son évaluation et voit son approbation comme un grand honneur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17116
p. 2821-2822
Nouveaux Principes de l'art d'écrire. [titre d'après la table]
Début :
LES NOUVEAUX PRINCIPES DE L'ART D'ECRIRE, ou la vraye Méthode d'y exceller [...]
Mots clefs :
Art d'écrire, Plume, Posture du corps
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouveaux Principes de l'art d'écrire. [titre d'après la table]
LES NOUVEAUX PRINCIPES DE L'ART
D'ECRIRE , ou la vraye Méthode d'y exceller
, divisée en deux parties. La premiere
,, par Demandes et par Réponses ',
et la seconde en six Tables . Dédiée à
M. le Premier Président du Parlement ,
par le seur Royellet , Expert Ecrivain Juré,
demeurant à Paris , ruë de la Verrerie.
A Paris , rue S. Severin , chez Alex. Mesnier
, 1731 petit infolio de 36. pages
pour la premiere Partie , et 18. pour la
seconde , sans compter l'Epitre Dédicatoire
, l'Avis au Lecteur , la Dissertation
sur l'Ecriture et un très- grand nombre
de Planches.
و
Cet Ouvrage est divisé en deux Parties ,
la premiere contient dix-Chapitres , dans
lesquels on explique la maniere de tailler"
IsVol.·
Fy la
2822 MERCURE DE FRANCE
·la plume , la posture du corps , des bras,
et les moyens de former les Mineures et
les Majeures , &c. La seconde Partie est
formée par six Tables de differens caracteres
, &c. Elles paroissent fort méthodiques
ec fort instructives , ainsi que les
principes établis pour apprendre à écrire
correctement de soi -même ; ouvrage utile
aux Commençans et à ceux qui aspirent
à la plus grande perfection de cet Art.
Les Planches sont fort bien gravées et le
Livre fort bien imprimé. Il coute 7. livres
10. sols pour la Province.
D'ECRIRE , ou la vraye Méthode d'y exceller
, divisée en deux parties. La premiere
,, par Demandes et par Réponses ',
et la seconde en six Tables . Dédiée à
M. le Premier Président du Parlement ,
par le seur Royellet , Expert Ecrivain Juré,
demeurant à Paris , ruë de la Verrerie.
A Paris , rue S. Severin , chez Alex. Mesnier
, 1731 petit infolio de 36. pages
pour la premiere Partie , et 18. pour la
seconde , sans compter l'Epitre Dédicatoire
, l'Avis au Lecteur , la Dissertation
sur l'Ecriture et un très- grand nombre
de Planches.
و
Cet Ouvrage est divisé en deux Parties ,
la premiere contient dix-Chapitres , dans
lesquels on explique la maniere de tailler"
IsVol.·
Fy la
2822 MERCURE DE FRANCE
·la plume , la posture du corps , des bras,
et les moyens de former les Mineures et
les Majeures , &c. La seconde Partie est
formée par six Tables de differens caracteres
, &c. Elles paroissent fort méthodiques
ec fort instructives , ainsi que les
principes établis pour apprendre à écrire
correctement de soi -même ; ouvrage utile
aux Commençans et à ceux qui aspirent
à la plus grande perfection de cet Art.
Les Planches sont fort bien gravées et le
Livre fort bien imprimé. Il coute 7. livres
10. sols pour la Province.
Fermer
Résumé : Nouveaux Principes de l'art d'écrire. [titre d'après la table]
Le texte présente 'Les Nouveaux Principes de l'Art d'Ecrire, ou la vraye Méthode d'y exceller', publié en 1731 à Paris par Alexandre Mesnier. L'auteur, le sieur Royellet, expert écrivain juré, dédie cet ouvrage à M. le Premier Président du Parlement. Le livre est structuré en deux parties. La première, composée de dix chapitres, détaille la manière de tailler la plume, la posture du corps et des bras, ainsi que les techniques pour former les minuscules et les majuscules. La seconde partie comprend six tables de différents caractères, offrant des principes méthodiques et instructifs pour apprendre à écrire correctement. L'ouvrage inclut également une épître dédicatoire, un avis au lecteur, une dissertation sur l'écriture et de nombreuses planches gravées. Imprimé avec soin, le livre coûte 7 livres 10 sols en province. Il est particulièrement destiné aux débutants et à ceux qui visent la perfection dans l'art de l'écriture.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17117
p. 65-66
ANGOULESME.
Début :
Dès que l'Evêque d'Angoulême apprit l'heureuse nouvelle de la guérison du Roi, [...]
Mots clefs :
Angoulême, Évêque, Miracle, Paysans, Peuple, Repas
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANGOULESME.
ANGOULESME.
Dès que l'Evêque d'Angoulême apprit
l'heureuſe nouvelle de la guérifon du Roi ,
il fit illuminer le clocher de la Cathédrale ,
pour informerpromptement de ce Miracle
,
Diij,
66 MERCURE DE FRANCE.
les Payſans des Villages voiſins, qui chaque
jour venoient en pleurs ſçavoir l'état de la
ſanté de leur Souverain. Toutes les actions
de graces furent renduës avec ſolemnité par
l'Eglife, le Magiſtrat& laBourgeoisie. L'Evêque
fit ſervir cinq tables abondantes&
délicates , & pendant ce repas il fit prodiguer
au Peuple des vivres , du pain & de
l'argent. Le Maire & divers Particuliers firentdreffer
des tables dans leurs ruës, où les
paſſans étoient gracieuſement admis.
Dès que l'Evêque d'Angoulême apprit
l'heureuſe nouvelle de la guérifon du Roi ,
il fit illuminer le clocher de la Cathédrale ,
pour informerpromptement de ce Miracle
,
Diij,
66 MERCURE DE FRANCE.
les Payſans des Villages voiſins, qui chaque
jour venoient en pleurs ſçavoir l'état de la
ſanté de leur Souverain. Toutes les actions
de graces furent renduës avec ſolemnité par
l'Eglife, le Magiſtrat& laBourgeoisie. L'Evêque
fit ſervir cinq tables abondantes&
délicates , & pendant ce repas il fit prodiguer
au Peuple des vivres , du pain & de
l'argent. Le Maire & divers Particuliers firentdreffer
des tables dans leurs ruës, où les
paſſans étoient gracieuſement admis.
Fermer
17118
p. 2687-2688
ENIGME.
Début :
Je sçais tirer du sein de l'ombre [...]
Mots clefs :
Crayon ou pastel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
E fçais tirer du fein de l'ombre
Tout le brillant du plus beau jour ;
Et cependant un lieu trop fombre
Pour mon ufage eft un mauvais féjour.
Sous mes pas on voit tour à tour
Se former l'eau, le feu , le ferpent & les roles ,
L'Hyver , l'Automne , le Printemps :
Quoique légerement, je traite à fond les chofes ,
Et même
2688 MERCURE DE FRANCE
Et même en diſant vrai , je ments .
Trifte victime du génie !
Je m'épuife en productions ,
Et la plus parfaite Harmonie ,
Naît de mes contradictions.
E fçais tirer du fein de l'ombre
Tout le brillant du plus beau jour ;
Et cependant un lieu trop fombre
Pour mon ufage eft un mauvais féjour.
Sous mes pas on voit tour à tour
Se former l'eau, le feu , le ferpent & les roles ,
L'Hyver , l'Automne , le Printemps :
Quoique légerement, je traite à fond les chofes ,
Et même
2688 MERCURE DE FRANCE
Et même en diſant vrai , je ments .
Trifte victime du génie !
Je m'épuife en productions ,
Et la plus parfaite Harmonie ,
Naît de mes contradictions.
Fermer
17119
p. 1137-1146
ASSEMBLÉE Publique de l'Académie Royale des Sciences, du ....
Début :
Monsieur de M. y lût un Discours sur la Propagation du Son dans les [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ASSEMBLÉE Publique de l'Académie Royale des Sciences, du ....
ASSEMBLÉE Publique de l'Académie
Royale des Sciences, du ....
Monsieur de M. y lût un Discours
sur la Propagation du Son dans les
differensTons qui le modifient . Il considere le
Son dans quatre sujets differens ; dans le
Corps sonore qui enfait le sujet immédiat par
ses vibrations ; dans l'air , qui en est
le milieu , en tant que susceptible des vi-
brations du corps sonore dans l'organe de
Louie , ébranlé par les vibrations de l'air z
et enfin dans le sentiment que l'ame en re-
çoit . De ces quatre Parties de la ques-
tion du Son , qui se lient et s'éclairent
1. Vol.
A
mutuel.
13 MERCURE DE FRANCE
mutuellement
M. de M. n'a pris à
tâche d'aprofondir que la seconde ,
sçavoir la maniere dont le son est pro-
duit dans l'air , et il ne s'arrête même
dans celle- ci qu'au son modifié en tel ou
tel Ton, aigu ou grave, haut ou bas; en
un mot aux differens Tons qui font l'ob
jet de la Musique. Cependant , à cause
de la liaison de cette Partie avec les trois
autres , il les parcourt toutes dans l'or
dre que nous les avons énoncées, et il en
tire des preuves ou des éclaircissemens
curieux par raport à son hypothese sur
la seconde.
Cette hypothese consiste à admettre
dans l'air autant de particules de diffe-
rente élasticité , et capables par là de vi-
brations d'autant de differentes durées ,
qu'il y a de Tons differens dans les corps
sonores , ou que nous avons de percep-
tions en vertu des differens Tons qui fra-
pent notfe organe : l'ébranlement total
où les vibrations de toutes ces particules
ensemble produisent le Son en géneral
ou le bruit.
M. de M. avoit communiqué son idée
à l'Académie sur ce sujet , il y a plus de
dix- sept ans , car il en est fait mention
dans le Volume des Mémoires de cette
Compagnie de 1720. Il l'avoit même ex-
1. Vol.
pliquée
JUI N.
1737.
1139
pliquée depuis à plusieurs Personnes ,
soit de vive voix , soit par écrit. Aussi
quelques Sçavans s'en étoient-ils déja
servi dans leurs Ouvrages ; mais de ma-
niere
jour
sans doute , que l'Auteur a crû
devoir la mettre lui- même dans tout son
et c'est ce qu'il execute ici . Il se
fait gloire de dire que son systême sur la
Propagation du Son
9
et des differens
Tons , est une imitation de celui de M.
Nevvton sur la lumiere et les couleurs,
L'on voit en effet d'un côté autant d'espe
ces de corpuscules lumineux de differente
refrangibilité , que de couleurs ; de l'autre .
autant de particules sonores d'air de diffe-
rente élasticité, que de Tons : Là le mêlange
de tous les corpuscules lumineux et colorés
produit la lumiere ; ici le fremissement de
toutes les particules sonores et toniques forme
le bruit.
Ce qui a conduit l'Auteur à admet
tre dans l'air cette diversité de parties
intégrantes susceptibles de vibrations de
differente durée , et capables par- là de re-
tenir et de transmettre jusqu'à l'oreille
tous les Tons du corps sonore ,c'est l'im-
possibilité où l'on se trouve, sans cela , de
concevoir comment plusieurs Tons diffe-
rens peuvent se faire entendre à la fois ;
par exemple , plusieurs Parties chantan-
1. Vol.
E
tes
1140 MERCURE DE FRANCE
tes , ou les Tons differens de plusieurs
cordes d'Instrument. Car la difference
méchanique des Tons , ne consistant que
dans le nombre de vibrations que don-
nent les differens corps sonores en temps
égal, comment la même masse d'air peute
elle frémir en même temps avec differen-
tes vîtesses , comme ut , par exemple , et
comme sol , et faire trois vibrations dans
le même instant qu'elle n'en fait que
deux ? On sçait que 2. et 3. forment
le raport numerique des vibrations de la
quinte à celles du Ton fondamental ,
comme 1. et 2. celui de l'Octave ,
5. celui de la Tierce majeure , & c.
4. et
En vain croit- on répondre à la diffi-
culté par la comparaison des ondes que
produisent plusieurs pierres jettées en
même tems sur la surface d'une eau tran-
quille. M. de M.... fait voir combien
cette comparaison ,
si rebatuë , et adop-
tée par des Personnes d'ailleurs très - ha-
biles , est défectueuse , et capable d'in-
duire en erreur. Une des principales dif
ferences entre les Ondes et les Sons , est
que les Ondes resultent du mouvement
de masses d'eau plus ou moins grandes ,
et les Sons , au contraire , ne sont pro-
duits que par les vibrations des parties
insensibles ou intégrantes de l'air. Aussi
1. Vol.
la
JUIN.
1737.
1141
la vitesse du progrès des Ondes peut elle
être plus ou moins grande, selon la gran-
deur , ou , comme on dit , la latitude des
Ondes ; mais la propagation du Son ,
fort ou foible, dans un air calme ou agité,
est toujours la même , parce que la con-
traction
,
ou la dilatation des ressorts, en
quoi consiste le Son , se fait toujours en
temps égal. C'est pourquoi le bruit du
Canon , qui va plus loir. , et qui se sou-
tient plus long - temps que celui du Mous-
quet , ne va pas plus vite , et va aussi
vîte à la fin qu'au commencement ; l'un
et l'autre parcourant également environ
180. toises par seconde. Ainsi il est très-
possible que differentes portions d'eau
s'élevent et s'abaissent alternativement à
sa surface avec differentes vîtesses , quel
qu'uniforme que soit l'eau dans ses par-
ties insensibles. Mais il n'est pas possible
que les parties insensibles de l'air frémis-
sent avec differentes vîtesses , à moins
qu'on ne les supose de differente élasti-
cité les unes à l'égard des autres.
M. de M. se fait encore cette difficulté:
Comment les vibrations ou les frémisse-
mens du corps sonore de tel ou tel Ton
vont- ils ébranler , entre les particules
d'air qui l'environnent précisément
celles qui répondent à ce Ton , par pré-
I. Vol.
E ij
férence
1142 MERCURE DE FRANCE
férence à toutes les autres ? A quoi il ré-
pond par le Phenomene connu de deux
Instrumens accordés à l'Unisson , et dont
l'un répete , comme une espece d'Echo
les airs que l'on joue sur l'autre ; tout de
même le corps sonore par ses vibrations
et ses frémissemens ébranle , sans dis-
tinction , toutes les parties du milieu qui
l'environnent ; mais les vibrations com-
muniquées par lui à ce milieu , ne se sou-
tiennent, et ne deviennentsensibles par des
secousses réiterées , que dans les particu
les Isochrones ; c'est-à- dire , dont les vi
brations sont de la même durée.
Ilraporte ensuite une experience moins
connue , quoique très ancienne , et très-
certaine ; c'est celle d'une corde touchée
à vuide , et qui rend avec le Son fonda-
mental, qui est de beaucoup le plus fort,
la plupart de ses Sons harmoniques , sa
Tierce majeure, sa Quinte , &c. ou leurs
Octaves.Et il fait voir que ce Phénomene
est inexplicable par tout autre hypothe
se que par celle des differentes élastici-
tés ou frequences de vibration , que les
particules de l'air ont entr'elles. Voilà ,
ajoûte- t il , les principales Loix de l'Har-
monie , diciées par la nature même , l'accord
parfaitfondé sur la correspondance que les
particules harmoniques de l'air ont entr'ele
1.fol.
les,
JUIN.
1737
1143
les , et une source féconde de regles que l'art
et le calcul peuvent étendre , et que la Phi-
losophie poura avomer. Il se dispense
d'entrer là- dessus dans aucun détail , en
avertissant qu'un célébre Musicien de
nos jours , à qui ces idées , et cette hy-
pothese ne sont pas inconnuës , va faire
paroître un Traité de Musique qui porte
sur cette même Théorie. Il n'est Person-
ne qui n'ait reconnu ici M. Rameau, qui
a presenté et dédié à l'Académie des
Sciences un Traité des Générations Har
moniques , qu'on imprime actuellement
où il a adopté l'hypothese de M. de M.
sur la Propagation du Son.
Le reste du Discours , qui en fait peut-
être la partie la plus curieuse , et la plus
interessante, est en même temps la moins-
susceptible d'extrait, ou demanderoit un
extrait d'une toute autre étenduë que cel-
le que nous avons résolu de donner à ce-
lui- ci. Nous ne ferons donc qu'en indi-
quer succinctement la teneur.
Il s'agit de la relation que les fibres de
FOrgane de l'Oüie ont avec les differen-
tes vibrations de l'air , et dé ses diverses
,
particules toniques ; de l'Origine du sen-
timent confus , mais invariable de l'Har-
monie , commun aux Hommes de tous
les temps et de tous les Pays ; et enfin
I. Vol.
E iij
de
144 MERCURE DE FRANCE
de la source du plaisir attaché au senti-
ment de l'Harmonie et des Consonnan-
ces , en oposition à la douleur , ou à l'es-
pece d'inquiétude que causent les mau-
vais accords.
L'Organe immédiat de l'Oüie est se-
lon M. de M. qui suit en ceci l'opinion
des plus fameux Anatomistes , un veri-
table Instrument de Musique , comme
l'œil est une vraie lunette d'aproche.C'est
une espece de Clavecin , où se trouvent
une infinité de cordes de differente lon-
gueur , et de differente tension , qui ré-
pondent à toutes les vibrations de l'air.
Il donne une description du Limaçon ,
qu'on sçait qui termine l'oreille interne,
et de la Lame spirale qui partage le Li-
maçon en deux rampes , pour preuve et
pour exemple de ce raport , qui est en
effet surprenant.
Le sentiment naturel de l'Harmonie
est attribué à cette correspondance des
ébranlemens des fibres de l'organe avec
ceux de l'air et du corps sonore , dont
nous éprouvons les effets depuis notre
naissance , et d'où s'est formé ce senti-
ment par une habitude nécessaire et in-
volontaire,
L'Auteur rapelle à cette occasion la
guérison de deux maladies extraordinai-
I. Vol.
res,
JUIN.
1737.
1145
res , accompagnées de délire et de con-
vulsions,dont il est parlé dans les Mémoi
res de l'Académie , et qui , après avoir
resisté à tous les remedes communément
reçûs , céderent enfin aux douces im
pressions de l'Harmonie. Il n'est point
en effet d'organe , dont les ébranlemens
se communiquent plus promptement à
tout le genre nerveux que ceux de l'or-
gane de l'ouie. C'étoient aussi des Musi-
ciens , sur qui ces guerisons furent opé-
rées , c'est- à- dire des sujets en qui l'ha-
bitude de sentir l'Harmonie se trouvoit
la plus forte.
Quant à la sensation délicieuse que
cause l'harmonie , et la peine secrete , ou
même la douleur que produisent les Sons
discordans , M. de M.... n'hésite pas à
leur donner pour cause la conservation
de l'organe favorisée dans un cas , et sa
destruction prochaine , ou commencée
dans l'autre
organes.
;
et c'est- là , dit il , en effet
et en général , la source de tous les plai-
sirs des sens , ou de la douleur que nous
›
éprouvons par leur moyen , en consé-
quence des loix de l'union de l'ame à ses
Il répond à quelques exceptions, qu'on
pouroit alleguer contre cette Théorie ; et
il finit par une Experience remarquable
1. Vol.
E iiij.
qu'il
146 MERCURE DE FRANCE
qu'il fit à Beziers en 1723. et qui tend à
prouver que, malgré la Propagation uni-
forme du Son en général , les differens
Tons qui le modifient pouroient bien
souffrir quelque difference dans les vî-
tesses de leurs Propagations particulieres ,
comme la lumiere hétérogene des diffe
rentes couleurs souffre differentes réfrac-
tions , quoique la lumiere en général, su-
posée homogene, se rompe toujours éga-
lement, en traversant les mêmes milieux.
L'aparell de cette Experience, qui est dé-
ja fort abregé dans le Discours de l'Au-
teur , ne nous permet pas de la raporter.
M. de M... s'est aussi reservé d'éclaircir
quelques autres points de cette matiere ,
dans des Remarques qu'il y ajoûtera , et
qui ne sont destinées que pour les As-
semblées particulieres de l'Académie.
Royale des Sciences, du ....
Monsieur de M. y lût un Discours
sur la Propagation du Son dans les
differensTons qui le modifient . Il considere le
Son dans quatre sujets differens ; dans le
Corps sonore qui enfait le sujet immédiat par
ses vibrations ; dans l'air , qui en est
le milieu , en tant que susceptible des vi-
brations du corps sonore dans l'organe de
Louie , ébranlé par les vibrations de l'air z
et enfin dans le sentiment que l'ame en re-
çoit . De ces quatre Parties de la ques-
tion du Son , qui se lient et s'éclairent
1. Vol.
A
mutuel.
13 MERCURE DE FRANCE
mutuellement
M. de M. n'a pris à
tâche d'aprofondir que la seconde ,
sçavoir la maniere dont le son est pro-
duit dans l'air , et il ne s'arrête même
dans celle- ci qu'au son modifié en tel ou
tel Ton, aigu ou grave, haut ou bas; en
un mot aux differens Tons qui font l'ob
jet de la Musique. Cependant , à cause
de la liaison de cette Partie avec les trois
autres , il les parcourt toutes dans l'or
dre que nous les avons énoncées, et il en
tire des preuves ou des éclaircissemens
curieux par raport à son hypothese sur
la seconde.
Cette hypothese consiste à admettre
dans l'air autant de particules de diffe-
rente élasticité , et capables par là de vi-
brations d'autant de differentes durées ,
qu'il y a de Tons differens dans les corps
sonores , ou que nous avons de percep-
tions en vertu des differens Tons qui fra-
pent notfe organe : l'ébranlement total
où les vibrations de toutes ces particules
ensemble produisent le Son en géneral
ou le bruit.
M. de M. avoit communiqué son idée
à l'Académie sur ce sujet , il y a plus de
dix- sept ans , car il en est fait mention
dans le Volume des Mémoires de cette
Compagnie de 1720. Il l'avoit même ex-
1. Vol.
pliquée
JUI N.
1737.
1139
pliquée depuis à plusieurs Personnes ,
soit de vive voix , soit par écrit. Aussi
quelques Sçavans s'en étoient-ils déja
servi dans leurs Ouvrages ; mais de ma-
niere
jour
sans doute , que l'Auteur a crû
devoir la mettre lui- même dans tout son
et c'est ce qu'il execute ici . Il se
fait gloire de dire que son systême sur la
Propagation du Son
9
et des differens
Tons , est une imitation de celui de M.
Nevvton sur la lumiere et les couleurs,
L'on voit en effet d'un côté autant d'espe
ces de corpuscules lumineux de differente
refrangibilité , que de couleurs ; de l'autre .
autant de particules sonores d'air de diffe-
rente élasticité, que de Tons : Là le mêlange
de tous les corpuscules lumineux et colorés
produit la lumiere ; ici le fremissement de
toutes les particules sonores et toniques forme
le bruit.
Ce qui a conduit l'Auteur à admet
tre dans l'air cette diversité de parties
intégrantes susceptibles de vibrations de
differente durée , et capables par- là de re-
tenir et de transmettre jusqu'à l'oreille
tous les Tons du corps sonore ,c'est l'im-
possibilité où l'on se trouve, sans cela , de
concevoir comment plusieurs Tons diffe-
rens peuvent se faire entendre à la fois ;
par exemple , plusieurs Parties chantan-
1. Vol.
E
tes
1140 MERCURE DE FRANCE
tes , ou les Tons differens de plusieurs
cordes d'Instrument. Car la difference
méchanique des Tons , ne consistant que
dans le nombre de vibrations que don-
nent les differens corps sonores en temps
égal, comment la même masse d'air peute
elle frémir en même temps avec differen-
tes vîtesses , comme ut , par exemple , et
comme sol , et faire trois vibrations dans
le même instant qu'elle n'en fait que
deux ? On sçait que 2. et 3. forment
le raport numerique des vibrations de la
quinte à celles du Ton fondamental ,
comme 1. et 2. celui de l'Octave ,
5. celui de la Tierce majeure , & c.
4. et
En vain croit- on répondre à la diffi-
culté par la comparaison des ondes que
produisent plusieurs pierres jettées en
même tems sur la surface d'une eau tran-
quille. M. de M.... fait voir combien
cette comparaison ,
si rebatuë , et adop-
tée par des Personnes d'ailleurs très - ha-
biles , est défectueuse , et capable d'in-
duire en erreur. Une des principales dif
ferences entre les Ondes et les Sons , est
que les Ondes resultent du mouvement
de masses d'eau plus ou moins grandes ,
et les Sons , au contraire , ne sont pro-
duits que par les vibrations des parties
insensibles ou intégrantes de l'air. Aussi
1. Vol.
la
JUIN.
1737.
1141
la vitesse du progrès des Ondes peut elle
être plus ou moins grande, selon la gran-
deur , ou , comme on dit , la latitude des
Ondes ; mais la propagation du Son ,
fort ou foible, dans un air calme ou agité,
est toujours la même , parce que la con-
traction
,
ou la dilatation des ressorts, en
quoi consiste le Son , se fait toujours en
temps égal. C'est pourquoi le bruit du
Canon , qui va plus loir. , et qui se sou-
tient plus long - temps que celui du Mous-
quet , ne va pas plus vite , et va aussi
vîte à la fin qu'au commencement ; l'un
et l'autre parcourant également environ
180. toises par seconde. Ainsi il est très-
possible que differentes portions d'eau
s'élevent et s'abaissent alternativement à
sa surface avec differentes vîtesses , quel
qu'uniforme que soit l'eau dans ses par-
ties insensibles. Mais il n'est pas possible
que les parties insensibles de l'air frémis-
sent avec differentes vîtesses , à moins
qu'on ne les supose de differente élasti-
cité les unes à l'égard des autres.
M. de M. se fait encore cette difficulté:
Comment les vibrations ou les frémisse-
mens du corps sonore de tel ou tel Ton
vont- ils ébranler , entre les particules
d'air qui l'environnent précisément
celles qui répondent à ce Ton , par pré-
I. Vol.
E ij
férence
1142 MERCURE DE FRANCE
férence à toutes les autres ? A quoi il ré-
pond par le Phenomene connu de deux
Instrumens accordés à l'Unisson , et dont
l'un répete , comme une espece d'Echo
les airs que l'on joue sur l'autre ; tout de
même le corps sonore par ses vibrations
et ses frémissemens ébranle , sans dis-
tinction , toutes les parties du milieu qui
l'environnent ; mais les vibrations com-
muniquées par lui à ce milieu , ne se sou-
tiennent, et ne deviennentsensibles par des
secousses réiterées , que dans les particu
les Isochrones ; c'est-à- dire , dont les vi
brations sont de la même durée.
Ilraporte ensuite une experience moins
connue , quoique très ancienne , et très-
certaine ; c'est celle d'une corde touchée
à vuide , et qui rend avec le Son fonda-
mental, qui est de beaucoup le plus fort,
la plupart de ses Sons harmoniques , sa
Tierce majeure, sa Quinte , &c. ou leurs
Octaves.Et il fait voir que ce Phénomene
est inexplicable par tout autre hypothe
se que par celle des differentes élastici-
tés ou frequences de vibration , que les
particules de l'air ont entr'elles. Voilà ,
ajoûte- t il , les principales Loix de l'Har-
monie , diciées par la nature même , l'accord
parfaitfondé sur la correspondance que les
particules harmoniques de l'air ont entr'ele
1.fol.
les,
JUIN.
1737
1143
les , et une source féconde de regles que l'art
et le calcul peuvent étendre , et que la Phi-
losophie poura avomer. Il se dispense
d'entrer là- dessus dans aucun détail , en
avertissant qu'un célébre Musicien de
nos jours , à qui ces idées , et cette hy-
pothese ne sont pas inconnuës , va faire
paroître un Traité de Musique qui porte
sur cette même Théorie. Il n'est Person-
ne qui n'ait reconnu ici M. Rameau, qui
a presenté et dédié à l'Académie des
Sciences un Traité des Générations Har
moniques , qu'on imprime actuellement
où il a adopté l'hypothese de M. de M.
sur la Propagation du Son.
Le reste du Discours , qui en fait peut-
être la partie la plus curieuse , et la plus
interessante, est en même temps la moins-
susceptible d'extrait, ou demanderoit un
extrait d'une toute autre étenduë que cel-
le que nous avons résolu de donner à ce-
lui- ci. Nous ne ferons donc qu'en indi-
quer succinctement la teneur.
Il s'agit de la relation que les fibres de
FOrgane de l'Oüie ont avec les differen-
tes vibrations de l'air , et dé ses diverses
,
particules toniques ; de l'Origine du sen-
timent confus , mais invariable de l'Har-
monie , commun aux Hommes de tous
les temps et de tous les Pays ; et enfin
I. Vol.
E iij
de
144 MERCURE DE FRANCE
de la source du plaisir attaché au senti-
ment de l'Harmonie et des Consonnan-
ces , en oposition à la douleur , ou à l'es-
pece d'inquiétude que causent les mau-
vais accords.
L'Organe immédiat de l'Oüie est se-
lon M. de M. qui suit en ceci l'opinion
des plus fameux Anatomistes , un veri-
table Instrument de Musique , comme
l'œil est une vraie lunette d'aproche.C'est
une espece de Clavecin , où se trouvent
une infinité de cordes de differente lon-
gueur , et de differente tension , qui ré-
pondent à toutes les vibrations de l'air.
Il donne une description du Limaçon ,
qu'on sçait qui termine l'oreille interne,
et de la Lame spirale qui partage le Li-
maçon en deux rampes , pour preuve et
pour exemple de ce raport , qui est en
effet surprenant.
Le sentiment naturel de l'Harmonie
est attribué à cette correspondance des
ébranlemens des fibres de l'organe avec
ceux de l'air et du corps sonore , dont
nous éprouvons les effets depuis notre
naissance , et d'où s'est formé ce senti-
ment par une habitude nécessaire et in-
volontaire,
L'Auteur rapelle à cette occasion la
guérison de deux maladies extraordinai-
I. Vol.
res,
JUIN.
1737.
1145
res , accompagnées de délire et de con-
vulsions,dont il est parlé dans les Mémoi
res de l'Académie , et qui , après avoir
resisté à tous les remedes communément
reçûs , céderent enfin aux douces im
pressions de l'Harmonie. Il n'est point
en effet d'organe , dont les ébranlemens
se communiquent plus promptement à
tout le genre nerveux que ceux de l'or-
gane de l'ouie. C'étoient aussi des Musi-
ciens , sur qui ces guerisons furent opé-
rées , c'est- à- dire des sujets en qui l'ha-
bitude de sentir l'Harmonie se trouvoit
la plus forte.
Quant à la sensation délicieuse que
cause l'harmonie , et la peine secrete , ou
même la douleur que produisent les Sons
discordans , M. de M.... n'hésite pas à
leur donner pour cause la conservation
de l'organe favorisée dans un cas , et sa
destruction prochaine , ou commencée
dans l'autre
organes.
;
et c'est- là , dit il , en effet
et en général , la source de tous les plai-
sirs des sens , ou de la douleur que nous
›
éprouvons par leur moyen , en consé-
quence des loix de l'union de l'ame à ses
Il répond à quelques exceptions, qu'on
pouroit alleguer contre cette Théorie ; et
il finit par une Experience remarquable
1. Vol.
E iiij.
qu'il
146 MERCURE DE FRANCE
qu'il fit à Beziers en 1723. et qui tend à
prouver que, malgré la Propagation uni-
forme du Son en général , les differens
Tons qui le modifient pouroient bien
souffrir quelque difference dans les vî-
tesses de leurs Propagations particulieres ,
comme la lumiere hétérogene des diffe
rentes couleurs souffre differentes réfrac-
tions , quoique la lumiere en général, su-
posée homogene, se rompe toujours éga-
lement, en traversant les mêmes milieux.
L'aparell de cette Experience, qui est dé-
ja fort abregé dans le Discours de l'Au-
teur , ne nous permet pas de la raporter.
M. de M... s'est aussi reservé d'éclaircir
quelques autres points de cette matiere ,
dans des Remarques qu'il y ajoûtera , et
qui ne sont destinées que pour les As-
semblées particulieres de l'Académie.
Fermer
17120
p. 109-123
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
DICTIONNAIRE domestique portatif, contenant toutes les connoissances relatives à l'œconomie domestique [...]
Mots clefs :
Libraire, Académie, Ouvrage, Imprimeur, Édition, Dynamique, Mouvement, Volumes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
DICTIONNAIRE domeftique portatif
, contenant toutes les connoiffances
relatives à l'oeconomie domestique &
rurale ; où l'on détaille les différentes
110 MERCURE DE FRANCE.
branches de l'agriculture , la manière
de foigner les chevaux , celle de nourrir
& de conferver toute forte de beftiaux
, celle d'élever les abeilles , les
vers à foie ; & dans lequel on trouve
les inftructions néceffaires fur la Chaffe,
la Pêche , les Arts , le Commerce , la
Procédure , l'Office la Cuifine & c .
Ouvrage également utile à ceux qui vivent
de leurs rentes ou qui ont des terres
, comme aux Fermiers , aux Jardi
niers , aux Commerçans & aux Artiſtes.
Par une Société de gens de Lettres . In-
8° . Paris , 1763. Chez Vincent , Imprimeur-
Libraire , rue S. Severin .
,
Nous avons annoncé , l'année dernière
, la première partie du premier volume
de cet Ouvrage utile , contenant
les lettres A & B. Celle que nous annonçons
aujourd'hui , renferme la lettre
C.
LE GENTILHOMME CULTIVATEUR
, ou Corps complet d'Agriculture
, traduit de l'Anglois de M. Hall ,
& tiré des Auteurs qui ont le mieux
écrit fur cet Art. Par M. Dupuy d'Emportes
,
de l'Académie de Florence.
Tome 5. in-4°. Paris , 1763.. Chez
P. G. Simon , Imprimeur du Parlement,
AVRIL. 1763.
rue de la Harpe ; Durand , Libraire,
rue du Foin ; Bauche , Libraire , quai
des Auguftins ; & à Bordeaux , chez
Chapuis l'aîné.
din ,
HISTOIRE DE SALADIN , Sultan
d'Egypte & de Syrie ; avec une Introduction
, ou Hiftoire abrégée de la dynaftie
des Ayoubites fondée par Salades
notes critiques , hiftoriques ,
géographiques , & quelques piéces juftificatives.
Par M. Marin , de la Société
Royale des Sciences & Belles -Lettres
de Lorraine , de l'Académie de
Marſeille , & Cenfeur Royal.
Quis nefcit primam effe hiftoriæ legem , he
quid falfi dicere audeat , deinde ne quid
veri non audeat ?
Cic. de Orat. Lib . II,
Pont
2 volumes in- 12 . Paris , 1763. Chez
Grangé , Imprimeur- Libraire
Notre- Dame , près la Pompé , au Cabinet
de la Nouveauté ; Bauche , quai
des Auguftins ; & Dufour , quai de
Gêvres , à l'Ange Gardien ."
Le fuccès de la première Edition de
cet Ouvrage garantit celui de la feconde.
ESPRIT , Saillies & Singularités du
112 MERCURE DE FRANCE.
P. Caftel. In- 12 . Amfterdam , 1763. Et
fe trouve à Paris , chez Vincent , rue
S. Severin .
Nous rendrons compte avec plaifir
de cet Ouvrage rempli d'idées auffi fingulières
qu'amufantes.
MANDEMENT & Inftruction paſtorale
de Mgr l'Archevêque de Lyon ,
portant condamnation des trois parties
de l'hiftoire du Peuple de Dieu , compofée
par le F. Berruyer, de la Compagnie
de Jefus , des écrits imprimés
pour la défenſe de ladite hiftoire , & du
Commentaire latin du F. Hardouin , de
da même Compagnie , fur le Nouveau
Teftament. In- 12. Lyon , 1763. de
l'Imprimerie & chez Aimé de la Roche ,
Imprimeur de Mgr l'Archevêque & du
Clergé aux Halles de la Grenette ;
chez Claude Cizeron , Libraire , à la
defcente du pont de pierre , du côté de
S. Nizier. Et fe trouve à Paris , chez
Pankoucke , Libraire , rue & à côté de
la Comédie Françoife.
RECUEIL DE PIECES en Profe &
en Vers , lues dans les Affemblées publiques
de l'Académie Royale de la
Rochelle dédié à S. A. S. Mgr. leAVRIL.
1763. 113
Et
e
Prince de Conti , Protecteur de ladite
Académie . Tome 3. in- 8° . A La Rochel
le , 1763. Chez Jérôme Legier , Imprimeur
de l'Académie , au Canton des
Flamands ; & fe trouve à Paris , chez
Merigot Père , quai des Auguftins . Prix,
31. 10 f. broché , 4 1. 10 f. relié.
On trouve chez le même Libraire
l'Ordonnance de la Marine commentée
par M. Valier. In-4°. 2 vol . Prix ,
24 liv. relié.
LE LANGAGE DE LA RAISON ;
par l'Auteur de la jouillance de foimême.
Venitefilii , audite me ; timorem Domini
docebo vos.
Pf. 33. V. II .
Paris , 1763. Chez Nyon , Libraire ,
quai des Auguftins , à l'Occafion .
HISTOIRE Univerfelle , Sacrée &
Profane , compofée par ordre de Mefdames
de France. Tomes 15 & 16. in-
12. Paris , 1763. Chez Louis Cellot
Imprimeur - Libraire Grand'Salle du
Palais , à l'Ecu de France & rue Dauphine.
Ces deux nouveaux volumes ne font
•
114 MERCURE DE FRANCE.
que confirmer la réputation juftement
acquife de leur Auteur ( M. Hardion
de l'Académie Françoife ) dont l'Ouvrage
traduit en Italien fe trouve chez
le même Libraire .
VOYAGE Pittorefque des environs
de Paris , ou defcription des Maifons.
Royales , Châteaux , & autres lieux de
plaifance , fituées à quinze lieues aux
environs de cette Ville . Par M. D ***.
Nouvelle Edition , corrigée & augmentée.
In- 12. Paris , 1763. Chez Debure
Père , quai des Auguftins , à l'Image
S. Paul ; & Debure , fils aîné , même
quai , à la Bible d'or .
MELANGE de Maximes , de Réfléxions
& de Caractères. Par M. Durey
d'Harnoncourt , Licentié en Droit. On
y a joint une Traduction des Conclufioni
d'Amore de Scipion Maffei , avec
le Texte à côté. Nouv. Edition , revue
& corrigée par l'Auteur;in -8 °; Bruxelles,
1763 ; & fe vend à Paris , chez Valleyrefils
, Imprimeur-Libraire , rue de la
vieille Bouclerie , à l'Arbre de Jeffé.
L'Auteur dit , dans fa Préface , qu'il
s'eft propofé les deux grands modéles
qui font nos maîtres dans l'art de peinAVRIL.
1763. 115
dre les hommes , la Rochefoucault &
la Bruyere ; mais fans fe flatter de les
atteindre , & fans s'affujettir à leur manière
, c'est-à-dire à la précifion du premier
, & à la méthode de l'autre. On
trouvera ( dit - il ) ici , comme l'annonce
le titre , des maximes , des réfléxions
& des portraits ; mais ce ne font que
des découpures jettées fans ordre fur
le papier. On a cru que la diverfité qui
fait le prix de ces fortes d'Ouvrages
demandoit cette efpéce de négligence .
On peut comparer , ce me femble , les
écrits de ce caractère à ces bofquets
dont les arbres , plantés irréguliérement
par les feules mains de la Nature , donnent
à la vue un plaifir plus touchant ,
que ces jardins fomptueux , dont tous
les plans font alignés & tirés au cordeau
, & c.
Nous ne tarderons pas à rendre compte
de cet Ouvrage , qui fait honneur
à fon Auteur.
NOUVELLES Obfervations théoriques
& pratiques fur la Goutte , avec
le détail des plantes , &c , qui forment
le reméde fpécifique calmant la goutte ;
dédiées à M. le Marquis de Marigny
Commandeur des Ordres du Roi , Di116
MERCURE DE FRANCE.
recteur général de fes Bâtimens , &c.
Par M. Chavy de Mongerbet , Médecin
des Bâtimens du Roi. On a joint , à la
fin de ce Traité celui des hernies
avec le traitement de ces maladies &
de celles des relâchemens de matrice &
de fondement.
,
Hic non agitur de verbis , fed de rebus.
In-12. Paris , 1763. Chez Michel Lambert
, rue & à côté de la Comédie Françoife.
LA LOUISIADE , ou le Voyage de
la Terre-Sainte , Poëme héroïque . Par
M. Moline , Avocaten Parlement.
Dùmnumerat palmas , credidit eſſe ſenem. Mart.
in-8° . Paris , 1763. Chez Defaint , junior
, à la Bonne-foi.
CONTES MORAUX dans le goût de
ceux de M. Marmontel , tirés de divers
Auteurs , & publiés par Mlle Uncy ; tomes
III & IV , chez Vincent , rue S. Severin.
Nous rendrons compte à la fois de
ces deux nouveaux volumes, & des deux
qui les ont précédés.
ODE SUR LA PAIX , par M. Pioger,
Capitaine de Cavalerie. In -8 °, Paris
1763. Chez Cuiſſart , Libraire , Pont au
AVRIL. 1763. 117
1
1
1
Change , à la Harpe. Nous en rendrons
compte dans le Mercure prochain .
LE BUCHERON , ou les trois Souhaits
, Comédie en un Acte , mêlée d'ariettes
. Repréfentée pour la première
fois par les Comédiens Italiens ordinaires
du Roi , le Lundi 28 Février 1763 ,
in-8° . à Paris , chez Claude Hériffant,
Imprimeur-Libraire , rue Neuve Notre
- Dame , à la Croix d'or . Prix , 1 liv.
4 f. Mufique de M. Philidor. Voyez
L'Article des Spectacles,
NOUVEAUX Elémens de Dynamique
& de Méchanique , par M. Mathon
de la Cour , de l'Académie Royale
des Sciences & Belles - Lettres de
Lyon ; à Paris chez les Frères Periffe ;
& fe trouve à Paris , chez Rollin
rue S. Jacques , vol. in -8 ° de 130
pages avec figures. 2 liv. 10 f. broché,
Les Principes de la Méchanique & de
la Dynamique font abftraits difficiles
, même pour les Géométres ; les
plus habiles n'ont pas dédaigné de s'en
occuper de la manière , ce femble , la
plus élémentaire , & ils ne font pas
toujours d'accord fur les premières vérités
d'où il s'agit de partir.
118 MERCURE DE FRANCE.
L'ouvrage de M. Mathon eft traite
d'une manière nouvelle , & fa méthode
n'avoit point encore paru ; elle fe
réduit à l'équilibre ou à l'oppofition
qu'il y a dans les forces motrices ; jointe
à la réfiftance que l'Auteur fuppofe
dans la matière pour toute efpéce de
mouvement.
Les propriétés de l'équilibre font 1º.
l'égalité qu'il y a néceffairement entre
les fommes des forces oppofées, en quelque
fens que ce foit qu'on les décompofe.
2. L'égalité entre les fommes
des momens oppofés par rapport
à un point quelconque du plan dans
lequel font les directions des forces ,
ou par rapport à un axe quelconque
qu'on peut imaginer à volonté dans le
cas où les directions des forces ne feroient
pas toutes dans un même plan .
M. Mathon tire de ces deux propriétés
plufieurs équations algébriques qu'il
applique aux principaux problêmes de
la Dynamique ; ceux qui ont le plus de
rapport avec les grandes queftions qui
ont ététraitées par les Géométres; il s'agit
par exemple de trouver le mouvement
que recevra un fyftême de corps agité
par des forces quelconques ; de trouver
le mouvement que doivent prendre
L
AVRIL. 1763. 119
?
plufieurs corps frappés à la fois par
un autre ; la plupart des problêmes de
Dynamique viennent fe placer comme
de fimples corollaires des principes lumineux
que l'Auteur y établit tels
font les théories des centres d'ofcillations
des centres de rotations
des plans inclinés , des poulies , des
frottemens ; la charge que fupportent
ces points d'appui , ces léviers
& plufieurs autres queftions importantes
& délicates. Ce Traité quoique fort
court , ne laiffe pas de développer les
élémens de cette Science avec plus de
netteté qu'on ne l'a fait en même
temps qu'il s'éléve à des recherches
très-fçavantes ; on y voit l'efprit mathé
matique , c'eft-à-dire d'ordre, de fimplification
, de déduction , les nouveaux
théorêmes donnés par M. le Chevalier
d'Arcy , y font démontrés d'une ma
nière très-fimple. Et cet Ouvrage paroît
fort néceffaire à ceux qui voudroient
entreprendre de lire feuls ce
qu'ont écrit fur la Dynamique les Auteurs
illuftres qui s'en font occupés , tels
que MM. Bernoulli , Herman , Euler,
Clairaut , d'Alembert , &c .
,
CHARPENTIER , Libraire , quai des
120 MERCURE DE FRANCE
Auguftins , près le Pont S. Michel , à
S. Chryfoftome , a acheté de M. Prault,
petit-fils , les OEuvres de Nivelle de la
Chauffée , de l'Académie Françoiſe ,
nouvelle Edition , corrigée & augmentée
de plufieurs Piéces qui n'avoient
point encore paru . 1763.5 vol. in-12.
petit format. Cette Edition mérite à
toutes fortes d'égards d'être recherchée .
On la doit à un ami de l'Auteur,M . Sablier
, Affocié de l'Académie des Belles-
Lettres de Marfeille. Les OEuvres de
Deftouches , 10 vol . in- 12. petit format.
Les OEuvres de Théâtre de M. de Saint-
Foix , nouvelle Edition revue , corrigée
& augmentée de plufieurs Comédies
4 vol. in-12. 1762 . ,
AVIS AU PUBLIC,
SUR le Mémoire de M. DEPARCIEUX.
Nous avons dit dans notre dernier
Mercure, qu'on n'avoit tiré du Mémoire
de M. Deparcieux , fur le moyen
' d'amener la riviere d'Yvette à Paris ,
à la porte S. Michel , que le nombre
d'exemplaires qu'on vouloit donner ,
& cela étoit vrai ; mais on avoit eu
la précaution de ne pas rompre les
formes ; & voyant que bien des perfonnes
AVRIL. 1763.
121
fonnes le demandoient , on en a tiré
depuis quelques exemplaires qui fe
vendent chez M. Durand , Libraire ,
rue du Foin .
Quelques perfonnes,mais en petit nombre
, ont marqué de l'inquiétude fur le
goût de vafe ou de Marais , dont M.
Dep. parle dans fon Mémoire. Il a'oublié
de faire obferver que l'eau fur
laquelle ont été faites toutes les épreuves
, a été puifée dans le temps que les
feuilles des arbres achevoient de tomber
, encore toutes vertes & pleines de
fuc , qu'elles ne pouvoient manquer de
communiquer à l'eau , joint à ce qu'elle
doit néceffairement enlever des dépôts
qui font dans prèfque tout le cours de
cette rivière , qu'on ne cure jamais
ou que par parties , & de loin en loin
y ayant tels endroits que perfonne du
lieu n'a jamais vu curer ; goût qu'elle
ne prendra plus quand on fera obferver
le réglement pour le curage de la
rivière. Car il ne faut pas être grand
Phyficien pour fentir que l'eau ne peut
avoir ce goût en fortant de la terre &
après avoir été filtrée par un terrein qui
eft prèfque partout de fable vitrifiable
qu'elle lave depuis des Siétles ' ;
terrein de même nature que ceux des
I. Vol. F
>
122 MERCURE DE FRANCE.
hauts de S. Cloud , ville Davré , Ro
quencourt , Meudon , Vanvres Clamart
, Buc , & c. dont les eaux font
pourtant excellentes.
,
Pour ne laiffer aucun doute fur un
projet auffi important pour la Ville de
Paris , M. Dep. fe propofe de lever plus
expreffement toutes ces difficultés , quí
dans le fond ne peuvent guères faire
d'impreffion fur l'efprit des Magiſtrats
éclairés que cela regarde , qui s'en rapporteront
au jugement des perfonnes
capables d'examiner , qui affurent que
l'eau expofée à l'air libre , fans chaleur
& fans mouvement , a entièrement
perdu ce goût au bout de quelques
jours. On pourroit dire d'après cela ,
qu'importeroit-il qu'elle eût ce goût
en fortant de terre , puifqu'elle le perd ?
( fuppofition gratuite. ) Au furplus, c'eft
un goût qu'elle a de commun avec
l'eau de toutes les rivières plus ou
moins fort ; la Seine elle -même n'en
eft pas exempte quand elle eft baffe
en Automne ; on n'y fait pas attention
parce que perfonne n'en parle , &
cela parce que perfonne ne boit l'eau
de la Seine qu'après qu'elle a repofé
dans un réfervoir ou qu'elle a paffé par
une fontaine fablée ; il faudroit dans
AVRIL. 1763: 123
le's comparaifons mettre toujours toutes
chofes égales.
DICTIONNAIRE domeftique portatif
, contenant toutes les connoiffances
relatives à l'oeconomie domestique &
rurale ; où l'on détaille les différentes
110 MERCURE DE FRANCE.
branches de l'agriculture , la manière
de foigner les chevaux , celle de nourrir
& de conferver toute forte de beftiaux
, celle d'élever les abeilles , les
vers à foie ; & dans lequel on trouve
les inftructions néceffaires fur la Chaffe,
la Pêche , les Arts , le Commerce , la
Procédure , l'Office la Cuifine & c .
Ouvrage également utile à ceux qui vivent
de leurs rentes ou qui ont des terres
, comme aux Fermiers , aux Jardi
niers , aux Commerçans & aux Artiſtes.
Par une Société de gens de Lettres . In-
8° . Paris , 1763. Chez Vincent , Imprimeur-
Libraire , rue S. Severin .
,
Nous avons annoncé , l'année dernière
, la première partie du premier volume
de cet Ouvrage utile , contenant
les lettres A & B. Celle que nous annonçons
aujourd'hui , renferme la lettre
C.
LE GENTILHOMME CULTIVATEUR
, ou Corps complet d'Agriculture
, traduit de l'Anglois de M. Hall ,
& tiré des Auteurs qui ont le mieux
écrit fur cet Art. Par M. Dupuy d'Emportes
,
de l'Académie de Florence.
Tome 5. in-4°. Paris , 1763.. Chez
P. G. Simon , Imprimeur du Parlement,
AVRIL. 1763.
rue de la Harpe ; Durand , Libraire,
rue du Foin ; Bauche , Libraire , quai
des Auguftins ; & à Bordeaux , chez
Chapuis l'aîné.
din ,
HISTOIRE DE SALADIN , Sultan
d'Egypte & de Syrie ; avec une Introduction
, ou Hiftoire abrégée de la dynaftie
des Ayoubites fondée par Salades
notes critiques , hiftoriques ,
géographiques , & quelques piéces juftificatives.
Par M. Marin , de la Société
Royale des Sciences & Belles -Lettres
de Lorraine , de l'Académie de
Marſeille , & Cenfeur Royal.
Quis nefcit primam effe hiftoriæ legem , he
quid falfi dicere audeat , deinde ne quid
veri non audeat ?
Cic. de Orat. Lib . II,
Pont
2 volumes in- 12 . Paris , 1763. Chez
Grangé , Imprimeur- Libraire
Notre- Dame , près la Pompé , au Cabinet
de la Nouveauté ; Bauche , quai
des Auguftins ; & Dufour , quai de
Gêvres , à l'Ange Gardien ."
Le fuccès de la première Edition de
cet Ouvrage garantit celui de la feconde.
ESPRIT , Saillies & Singularités du
112 MERCURE DE FRANCE.
P. Caftel. In- 12 . Amfterdam , 1763. Et
fe trouve à Paris , chez Vincent , rue
S. Severin .
Nous rendrons compte avec plaifir
de cet Ouvrage rempli d'idées auffi fingulières
qu'amufantes.
MANDEMENT & Inftruction paſtorale
de Mgr l'Archevêque de Lyon ,
portant condamnation des trois parties
de l'hiftoire du Peuple de Dieu , compofée
par le F. Berruyer, de la Compagnie
de Jefus , des écrits imprimés
pour la défenſe de ladite hiftoire , & du
Commentaire latin du F. Hardouin , de
da même Compagnie , fur le Nouveau
Teftament. In- 12. Lyon , 1763. de
l'Imprimerie & chez Aimé de la Roche ,
Imprimeur de Mgr l'Archevêque & du
Clergé aux Halles de la Grenette ;
chez Claude Cizeron , Libraire , à la
defcente du pont de pierre , du côté de
S. Nizier. Et fe trouve à Paris , chez
Pankoucke , Libraire , rue & à côté de
la Comédie Françoife.
RECUEIL DE PIECES en Profe &
en Vers , lues dans les Affemblées publiques
de l'Académie Royale de la
Rochelle dédié à S. A. S. Mgr. leAVRIL.
1763. 113
Et
e
Prince de Conti , Protecteur de ladite
Académie . Tome 3. in- 8° . A La Rochel
le , 1763. Chez Jérôme Legier , Imprimeur
de l'Académie , au Canton des
Flamands ; & fe trouve à Paris , chez
Merigot Père , quai des Auguftins . Prix,
31. 10 f. broché , 4 1. 10 f. relié.
On trouve chez le même Libraire
l'Ordonnance de la Marine commentée
par M. Valier. In-4°. 2 vol . Prix ,
24 liv. relié.
LE LANGAGE DE LA RAISON ;
par l'Auteur de la jouillance de foimême.
Venitefilii , audite me ; timorem Domini
docebo vos.
Pf. 33. V. II .
Paris , 1763. Chez Nyon , Libraire ,
quai des Auguftins , à l'Occafion .
HISTOIRE Univerfelle , Sacrée &
Profane , compofée par ordre de Mefdames
de France. Tomes 15 & 16. in-
12. Paris , 1763. Chez Louis Cellot
Imprimeur - Libraire Grand'Salle du
Palais , à l'Ecu de France & rue Dauphine.
Ces deux nouveaux volumes ne font
•
114 MERCURE DE FRANCE.
que confirmer la réputation juftement
acquife de leur Auteur ( M. Hardion
de l'Académie Françoife ) dont l'Ouvrage
traduit en Italien fe trouve chez
le même Libraire .
VOYAGE Pittorefque des environs
de Paris , ou defcription des Maifons.
Royales , Châteaux , & autres lieux de
plaifance , fituées à quinze lieues aux
environs de cette Ville . Par M. D ***.
Nouvelle Edition , corrigée & augmentée.
In- 12. Paris , 1763. Chez Debure
Père , quai des Auguftins , à l'Image
S. Paul ; & Debure , fils aîné , même
quai , à la Bible d'or .
MELANGE de Maximes , de Réfléxions
& de Caractères. Par M. Durey
d'Harnoncourt , Licentié en Droit. On
y a joint une Traduction des Conclufioni
d'Amore de Scipion Maffei , avec
le Texte à côté. Nouv. Edition , revue
& corrigée par l'Auteur;in -8 °; Bruxelles,
1763 ; & fe vend à Paris , chez Valleyrefils
, Imprimeur-Libraire , rue de la
vieille Bouclerie , à l'Arbre de Jeffé.
L'Auteur dit , dans fa Préface , qu'il
s'eft propofé les deux grands modéles
qui font nos maîtres dans l'art de peinAVRIL.
1763. 115
dre les hommes , la Rochefoucault &
la Bruyere ; mais fans fe flatter de les
atteindre , & fans s'affujettir à leur manière
, c'est-à-dire à la précifion du premier
, & à la méthode de l'autre. On
trouvera ( dit - il ) ici , comme l'annonce
le titre , des maximes , des réfléxions
& des portraits ; mais ce ne font que
des découpures jettées fans ordre fur
le papier. On a cru que la diverfité qui
fait le prix de ces fortes d'Ouvrages
demandoit cette efpéce de négligence .
On peut comparer , ce me femble , les
écrits de ce caractère à ces bofquets
dont les arbres , plantés irréguliérement
par les feules mains de la Nature , donnent
à la vue un plaifir plus touchant ,
que ces jardins fomptueux , dont tous
les plans font alignés & tirés au cordeau
, & c.
Nous ne tarderons pas à rendre compte
de cet Ouvrage , qui fait honneur
à fon Auteur.
NOUVELLES Obfervations théoriques
& pratiques fur la Goutte , avec
le détail des plantes , &c , qui forment
le reméde fpécifique calmant la goutte ;
dédiées à M. le Marquis de Marigny
Commandeur des Ordres du Roi , Di116
MERCURE DE FRANCE.
recteur général de fes Bâtimens , &c.
Par M. Chavy de Mongerbet , Médecin
des Bâtimens du Roi. On a joint , à la
fin de ce Traité celui des hernies
avec le traitement de ces maladies &
de celles des relâchemens de matrice &
de fondement.
,
Hic non agitur de verbis , fed de rebus.
In-12. Paris , 1763. Chez Michel Lambert
, rue & à côté de la Comédie Françoife.
LA LOUISIADE , ou le Voyage de
la Terre-Sainte , Poëme héroïque . Par
M. Moline , Avocaten Parlement.
Dùmnumerat palmas , credidit eſſe ſenem. Mart.
in-8° . Paris , 1763. Chez Defaint , junior
, à la Bonne-foi.
CONTES MORAUX dans le goût de
ceux de M. Marmontel , tirés de divers
Auteurs , & publiés par Mlle Uncy ; tomes
III & IV , chez Vincent , rue S. Severin.
Nous rendrons compte à la fois de
ces deux nouveaux volumes, & des deux
qui les ont précédés.
ODE SUR LA PAIX , par M. Pioger,
Capitaine de Cavalerie. In -8 °, Paris
1763. Chez Cuiſſart , Libraire , Pont au
AVRIL. 1763. 117
1
1
1
Change , à la Harpe. Nous en rendrons
compte dans le Mercure prochain .
LE BUCHERON , ou les trois Souhaits
, Comédie en un Acte , mêlée d'ariettes
. Repréfentée pour la première
fois par les Comédiens Italiens ordinaires
du Roi , le Lundi 28 Février 1763 ,
in-8° . à Paris , chez Claude Hériffant,
Imprimeur-Libraire , rue Neuve Notre
- Dame , à la Croix d'or . Prix , 1 liv.
4 f. Mufique de M. Philidor. Voyez
L'Article des Spectacles,
NOUVEAUX Elémens de Dynamique
& de Méchanique , par M. Mathon
de la Cour , de l'Académie Royale
des Sciences & Belles - Lettres de
Lyon ; à Paris chez les Frères Periffe ;
& fe trouve à Paris , chez Rollin
rue S. Jacques , vol. in -8 ° de 130
pages avec figures. 2 liv. 10 f. broché,
Les Principes de la Méchanique & de
la Dynamique font abftraits difficiles
, même pour les Géométres ; les
plus habiles n'ont pas dédaigné de s'en
occuper de la manière , ce femble , la
plus élémentaire , & ils ne font pas
toujours d'accord fur les premières vérités
d'où il s'agit de partir.
118 MERCURE DE FRANCE.
L'ouvrage de M. Mathon eft traite
d'une manière nouvelle , & fa méthode
n'avoit point encore paru ; elle fe
réduit à l'équilibre ou à l'oppofition
qu'il y a dans les forces motrices ; jointe
à la réfiftance que l'Auteur fuppofe
dans la matière pour toute efpéce de
mouvement.
Les propriétés de l'équilibre font 1º.
l'égalité qu'il y a néceffairement entre
les fommes des forces oppofées, en quelque
fens que ce foit qu'on les décompofe.
2. L'égalité entre les fommes
des momens oppofés par rapport
à un point quelconque du plan dans
lequel font les directions des forces ,
ou par rapport à un axe quelconque
qu'on peut imaginer à volonté dans le
cas où les directions des forces ne feroient
pas toutes dans un même plan .
M. Mathon tire de ces deux propriétés
plufieurs équations algébriques qu'il
applique aux principaux problêmes de
la Dynamique ; ceux qui ont le plus de
rapport avec les grandes queftions qui
ont ététraitées par les Géométres; il s'agit
par exemple de trouver le mouvement
que recevra un fyftême de corps agité
par des forces quelconques ; de trouver
le mouvement que doivent prendre
L
AVRIL. 1763. 119
?
plufieurs corps frappés à la fois par
un autre ; la plupart des problêmes de
Dynamique viennent fe placer comme
de fimples corollaires des principes lumineux
que l'Auteur y établit tels
font les théories des centres d'ofcillations
des centres de rotations
des plans inclinés , des poulies , des
frottemens ; la charge que fupportent
ces points d'appui , ces léviers
& plufieurs autres queftions importantes
& délicates. Ce Traité quoique fort
court , ne laiffe pas de développer les
élémens de cette Science avec plus de
netteté qu'on ne l'a fait en même
temps qu'il s'éléve à des recherches
très-fçavantes ; on y voit l'efprit mathé
matique , c'eft-à-dire d'ordre, de fimplification
, de déduction , les nouveaux
théorêmes donnés par M. le Chevalier
d'Arcy , y font démontrés d'une ma
nière très-fimple. Et cet Ouvrage paroît
fort néceffaire à ceux qui voudroient
entreprendre de lire feuls ce
qu'ont écrit fur la Dynamique les Auteurs
illuftres qui s'en font occupés , tels
que MM. Bernoulli , Herman , Euler,
Clairaut , d'Alembert , &c .
,
CHARPENTIER , Libraire , quai des
120 MERCURE DE FRANCE
Auguftins , près le Pont S. Michel , à
S. Chryfoftome , a acheté de M. Prault,
petit-fils , les OEuvres de Nivelle de la
Chauffée , de l'Académie Françoiſe ,
nouvelle Edition , corrigée & augmentée
de plufieurs Piéces qui n'avoient
point encore paru . 1763.5 vol. in-12.
petit format. Cette Edition mérite à
toutes fortes d'égards d'être recherchée .
On la doit à un ami de l'Auteur,M . Sablier
, Affocié de l'Académie des Belles-
Lettres de Marfeille. Les OEuvres de
Deftouches , 10 vol . in- 12. petit format.
Les OEuvres de Théâtre de M. de Saint-
Foix , nouvelle Edition revue , corrigée
& augmentée de plufieurs Comédies
4 vol. in-12. 1762 . ,
AVIS AU PUBLIC,
SUR le Mémoire de M. DEPARCIEUX.
Nous avons dit dans notre dernier
Mercure, qu'on n'avoit tiré du Mémoire
de M. Deparcieux , fur le moyen
' d'amener la riviere d'Yvette à Paris ,
à la porte S. Michel , que le nombre
d'exemplaires qu'on vouloit donner ,
& cela étoit vrai ; mais on avoit eu
la précaution de ne pas rompre les
formes ; & voyant que bien des perfonnes
AVRIL. 1763.
121
fonnes le demandoient , on en a tiré
depuis quelques exemplaires qui fe
vendent chez M. Durand , Libraire ,
rue du Foin .
Quelques perfonnes,mais en petit nombre
, ont marqué de l'inquiétude fur le
goût de vafe ou de Marais , dont M.
Dep. parle dans fon Mémoire. Il a'oublié
de faire obferver que l'eau fur
laquelle ont été faites toutes les épreuves
, a été puifée dans le temps que les
feuilles des arbres achevoient de tomber
, encore toutes vertes & pleines de
fuc , qu'elles ne pouvoient manquer de
communiquer à l'eau , joint à ce qu'elle
doit néceffairement enlever des dépôts
qui font dans prèfque tout le cours de
cette rivière , qu'on ne cure jamais
ou que par parties , & de loin en loin
y ayant tels endroits que perfonne du
lieu n'a jamais vu curer ; goût qu'elle
ne prendra plus quand on fera obferver
le réglement pour le curage de la
rivière. Car il ne faut pas être grand
Phyficien pour fentir que l'eau ne peut
avoir ce goût en fortant de la terre &
après avoir été filtrée par un terrein qui
eft prèfque partout de fable vitrifiable
qu'elle lave depuis des Siétles ' ;
terrein de même nature que ceux des
I. Vol. F
>
122 MERCURE DE FRANCE.
hauts de S. Cloud , ville Davré , Ro
quencourt , Meudon , Vanvres Clamart
, Buc , & c. dont les eaux font
pourtant excellentes.
,
Pour ne laiffer aucun doute fur un
projet auffi important pour la Ville de
Paris , M. Dep. fe propofe de lever plus
expreffement toutes ces difficultés , quí
dans le fond ne peuvent guères faire
d'impreffion fur l'efprit des Magiſtrats
éclairés que cela regarde , qui s'en rapporteront
au jugement des perfonnes
capables d'examiner , qui affurent que
l'eau expofée à l'air libre , fans chaleur
& fans mouvement , a entièrement
perdu ce goût au bout de quelques
jours. On pourroit dire d'après cela ,
qu'importeroit-il qu'elle eût ce goût
en fortant de terre , puifqu'elle le perd ?
( fuppofition gratuite. ) Au furplus, c'eft
un goût qu'elle a de commun avec
l'eau de toutes les rivières plus ou
moins fort ; la Seine elle -même n'en
eft pas exempte quand elle eft baffe
en Automne ; on n'y fait pas attention
parce que perfonne n'en parle , &
cela parce que perfonne ne boit l'eau
de la Seine qu'après qu'elle a repofé
dans un réfervoir ou qu'elle a paffé par
une fontaine fablée ; il faudroit dans
AVRIL. 1763: 123
le's comparaifons mettre toujours toutes
chofes égales.
Fermer
Résumé : ANNONCES DE LIVRES.
En avril 1763, le Mercure de France publie plusieurs annonces de livres. Parmi eux, un 'DICTIONNAIRE DOMESTIQUE PORTATIF' traite de divers aspects de l'économie domestique et rurale, édité par une société de gens de lettres. Le 'GENTILHOMME CULTIVATEUR', traduit de l'anglais par M. Dupuy d'Emportes, est annoncé dans son cinquième tome. L''HISTOIRE DE SALADIN' par M. Marin, membre de plusieurs académies, est publiée en deux volumes. D'autres ouvrages mentionnés incluent 'ESPRIT, Saillies & Singularités' de P. Castel, un 'MANDEMENT & INSTRUCTION PASTORALE' de l'Archevêque de Lyon condamnant certains écrits, et un 'RECUEIL DE PIECES' de l'Académie Royale de la Rochelle. Le texte évoque également des publications sur la dynamique, la médecine, la poésie, et des recueils de maximes. Plusieurs de ces ouvrages sont disponibles chez divers libraires à Paris et dans d'autres villes. Par ailleurs, le texte aborde les propriétés de l'eau et sa perception gustative. Il observe que l'eau exposée à l'air libre, sans chaleur ni mouvement, perd son goût au bout de quelques jours. Cette observation remet en question l'importance du goût de l'eau lorsqu'elle sort de terre, car elle le perd rapidement. Le texte considère cette idée comme une supposition gratuite. Il note également que ce goût est partagé par l'eau de toutes les rivières, plus ou moins fortement. Par exemple, la Seine peut avoir ce goût en automne lorsqu'elle est basse, mais cela passe inaperçu car les gens boivent l'eau après qu'elle a reposé dans un réservoir ou passé par une fontaine filtrée. Le texte insiste sur l'importance de comparer des conditions égales pour évaluer ces caractéristiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17121
p. 2646
« Parmi la Poësie, on trouve quelques Piéces en Prose, entr'autres, un quatriéme [...] »
Début :
Parmi la Poësie, on trouve quelques Piéces en Prose, entr'autres, un quatriéme [...]
Mots clefs :
Poésie, Prose, Géométrie naturelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Parmi la Poësie, on trouve quelques Piéces en Prose, entr'autres, un quatriéme [...] »
Parmi la Poësie , on trouve quelques Piéces
en Prose , entr'autres , un quatrième
Entretien sur la Géométrie naturelle , & dans
le genre des trois premiers , où regne un
esprit de discernement & de méthode
qui cherche la vérité , &c·
Cette huitiéme Brochure acheve le second
Tome des Nouveaux Amusemens , & c. dont
le Prix est de 3. liv. douze sols , & on promet
d'avertir le Public quand il y aura de
nouvelles Suites.
en Prose , entr'autres , un quatrième
Entretien sur la Géométrie naturelle , & dans
le genre des trois premiers , où regne un
esprit de discernement & de méthode
qui cherche la vérité , &c·
Cette huitiéme Brochure acheve le second
Tome des Nouveaux Amusemens , & c. dont
le Prix est de 3. liv. douze sols , & on promet
d'avertir le Public quand il y aura de
nouvelles Suites.
Fermer
17122
p. 66-67
ROUEN.
Début :
La Ville de Roüen, par l'éclat des Fêtes occasionnées pour la Convalescence du Roi, [...]
Mots clefs :
Rouen, Fête, Abbaye Saint-Ouen, Te Deum, Feu d'artifice, Royaume
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ROUEN.
ROUEN..
La Ville de Roiien , par l'éclat des Fêtes
occaſionnéespour la Convalefcence duRoi,
s'eſt montrée digne d'être la Capitale d'une
des plus conſidérables Provinces du Royaume.
Le Parlement, le Préſident de la Londe,
qui préſide à la Chambre des Vacations,M.
de la Bourdonnaie , Intendant , enfin tous
les Corps Supérieurs & toutes les Communautés
de la Ville , ont prouvé qu'en Normandie
leur coeur vaut bien leur eſprit.
L'Abbaye de S.Oiien a célébré cette Fête,
comme une des principales Abbayes du
Royaume. Elle a décoré fuperbement fon
Eglife , tiré un beau Feu d'artifice. Après le
Te Deum , accompagné de ſalves de canon ,
les quatre Chantres , précédés de la Comr
NOVEMBRE. 1744. 67
pagnie , appellée la Cinquantaine , allumemerent
le Feu élevé dans la Place , qui repréſentoit
quatre Baſtions.
La Ville de Roiien , par l'éclat des Fêtes
occaſionnéespour la Convalefcence duRoi,
s'eſt montrée digne d'être la Capitale d'une
des plus conſidérables Provinces du Royaume.
Le Parlement, le Préſident de la Londe,
qui préſide à la Chambre des Vacations,M.
de la Bourdonnaie , Intendant , enfin tous
les Corps Supérieurs & toutes les Communautés
de la Ville , ont prouvé qu'en Normandie
leur coeur vaut bien leur eſprit.
L'Abbaye de S.Oiien a célébré cette Fête,
comme une des principales Abbayes du
Royaume. Elle a décoré fuperbement fon
Eglife , tiré un beau Feu d'artifice. Après le
Te Deum , accompagné de ſalves de canon ,
les quatre Chantres , précédés de la Comr
NOVEMBRE. 1744. 67
pagnie , appellée la Cinquantaine , allumemerent
le Feu élevé dans la Place , qui repréſentoit
quatre Baſtions.
Fermer
17123
p. 2688-2689
LOGOGRYPHE A Mlle L....
Début :
Je ne vous dirai rien, Iris, de ma nature, [...]
Mots clefs :
Oiseau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE A Mlle L....
LOGOGRYPHE
A Mile L ....
J E ne vous dirai rien , Iris , de ma nature ,
Il ne s'agit que de mon nom ,
Qui n'eft pas de fort grand renom ,
Mais au moins de rare ftructure ,
Car fi vous en ôtez certain membre tortu ,
Il vous refte a e ,i , O u. > >
Remis en mon entier , que l'on jette en arriere
Mes deux lettres du bout , je fuis une Riviere ,
Du nom de qui le membre avant dernier
Etant par votre fcin devenu le premier ,
Dans l'inftant à vous le prefente
Une parricide innocente ,
Qui , par un déplorable fort ,
Ne sert , qu'en assûrant la mort.
Au Pere infortuné qui lui donne la vie
Sous vos Loix en la vit mainte fois affervie ,
Entre
DECEMBRE. 1740. 2689
Entre vos belles mains ,
Par d'utiles replis enchanter les humains.
Arrachez à fon nom la tête ,
Il devient aquatique Bête ;
Ajoutez à mon tout certaine Lettre en chef ,
C'eft chofe très - facile à faire ,
Iris , je vous affûre en bref ,
Que vous me trouverez dans votre Baptiftaire ?
A Mile L ....
J E ne vous dirai rien , Iris , de ma nature ,
Il ne s'agit que de mon nom ,
Qui n'eft pas de fort grand renom ,
Mais au moins de rare ftructure ,
Car fi vous en ôtez certain membre tortu ,
Il vous refte a e ,i , O u. > >
Remis en mon entier , que l'on jette en arriere
Mes deux lettres du bout , je fuis une Riviere ,
Du nom de qui le membre avant dernier
Etant par votre fcin devenu le premier ,
Dans l'inftant à vous le prefente
Une parricide innocente ,
Qui , par un déplorable fort ,
Ne sert , qu'en assûrant la mort.
Au Pere infortuné qui lui donne la vie
Sous vos Loix en la vit mainte fois affervie ,
Entre
DECEMBRE. 1740. 2689
Entre vos belles mains ,
Par d'utiles replis enchanter les humains.
Arrachez à fon nom la tête ,
Il devient aquatique Bête ;
Ajoutez à mon tout certaine Lettre en chef ,
C'eft chofe très - facile à faire ,
Iris , je vous affûre en bref ,
Que vous me trouverez dans votre Baptiftaire ?
Fermer
17124
p. 2672-2675
AVIS touchant un Supplement aux Mémoires de l'Académie Royale des Sciences.
Début :
Les Libraires qui avoient entrepris l'Edition du Recueil des Memoires de l'Académie des Sciences [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Mémoires, Machines, Libraires, Animaux, Histoire des animaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS touchant un Supplement aux Mémoires de l'Académie Royale des Sciences.
AVIS touchant un Supplement aux Mèmoires
de l'Académie Royale des Sciences.
Les Libraires qui avoient enrrepris l'Edition du
Recueil des Memoires de l'Académie des Sciences
depuis son établissement en 1666. jusqu'à son
renouvellement en 1699. compris en 13. vol.
in 4. se flattent d'avoir rempli leurs engagemens
a la satisfaction du Public. Le même zele les
porte à proposer une Suite qui rendra cet ancien
Recueil plus complet , et qui se liera naturellement
avec les Mémoires donnez depuis 1699.
dont elle facilitera Pusage.
Cette Suite sera composée des Ouvrages suivans
.
1º. La troisiéme Partie des Memoires pour sexvir
à l'Histoire des Animaux , rédigée par feu M.
Perrault ; et qui n'a jamais parû . Les Figures ont
été gravées sur les Desseins originaux de cet
Académicien. On trouvera dans ce volume la
Description de seize Animaux ; sçavoir :
I
I. Le
DECEMBRE. 1733. 267)
1. Le Tigre.
2. La Panthere.
3. La Palette.
4. La Marmotte .
J. Le Loir.
6. Le Becharu.
7. La Poule Sultane.
8. L'Ibis
9. La Cigogne.
10. La Salamandre.
11. Le Lézard- écaillé.
12. L'Elephant.
13. Le Crocodile.
14. Le Pelican .
15. LOiseau Royal
16. Le Griffon.
ce qui fera 32. Planches de la grandeur de celles
des deux premieres Parties.
2. Un volume de Tables des Matieres contetenues
dans tous les tomes de l'ancien Recueil
depuis 1666. jusqu'en 1699 , dans laquelle Table
Les matieres de la troisiéme Partie de l'Histoire
des Animaux seront comprises ,
3º. Un autre volume de Tables des Matieres.
des Memoires de l'Académie , depuis et compris
1721. jusques et compris 1730,
Les Libraires n'entreprendront point de faire
connoître l'importance de ces Ouvrages dont
Putilité se fait assez sentir. Il leur suffit de
pros
mettre de leur part les mêmes soins et la même
exactitude pour ces nouveaux volumes qu'ils ont
employez dans l'execution des 13. tomes qu'ils
ont distribuez au Public.
Quoiqu'il semble qu'il n'y auroit rien à desirer
de plus pour la perfection des Recueils de
l'Académie , on s'est neanmoins apperçû qu'il y
manquoit une Partie très - essentielle . C'est la Représentation
de toutes les Machines ou Inventions
présentées à l'Académie , et qui ont été
honorées de son approbation depuis son établis-
-sement jusqu'à present ; et qu'on trouve seule
ment indiquées à la fin de l'Histoire de chaqueannée.
Cette refléxion communiquée aux mêmes
Libraires par des personnes éclairées , les a en-
La Vol gagé
2674 MERCURE DE FRANCE
gagez à demander le consentement de l'Academie
pour cette nouvelle entreprise. L'ayant obteau , ils
ont travaillé sous les ordres de cet illustre Com «
pagne , qui a nommé Messieurs de Reaumur et
de Mairan pour Commissaires ; ils ont formé un
Recueil complet de ces Machines , dont ils ont
fait graver depuis quatre ans , environ quatre
cent Planches.
M. Golin , de la même Académie , a revû les
Machines gravées et leurs Descriptions , qui avec
les Desseins , ont été fournies par M. Gallon que
l'Académi : avoit agréé pour ce travail . Elles
sont en état d'ètre exposées à la curiosité de ceux
qui voudront prendre la peine de les venir voir
chez lesdits Libraires. Ce nouvel Ouvrage sera
divisé en six volumes in 4. de la même grandeur
que ceux des Recueils de l'Académie .
Après cet Exposé , les Libraires ont crû devoir
proposer une suite de Souscription en faveur de
ceux qui ont souscrit précedemment .
Les neuf volumes , sçavoir , les trois de supplé
ment aux Mémoires de l'Académie , et les six des
Machines , seront fournis dans le courant de
Pannée 1734 .
Le payement s'en fera de la maniere qui suit
En souscrivant ,
En recevant les 3. vol. des Memoires ,
En recevant les 6. volumes dés Machines
Ceux qui souhaiteront souscrire pour
les Machines , séparement payeront
en souscrivant
30. liv.
30 liv.
30. liv.
90. liv.
36. liv.
En recevant les 6. vol. pareille somme de 36. liv.
72. live
Ceux qui n'auront pas souscrit payeront les
I. Vol.
neuf
DECEMB -R-E ; ~ 1733. · 2674
neuf volumes en feuilles tro. liv. er pour le
Recueil des Machines séparément , aussi c
feuilles 120. liv.
Le prix des treize tomes distribuez au Public
lesquels par leur étendue ne peuvent se partager
en quinze volumes , est pour ceux qui n'ont pas
souscrit , de 180. liv, en feuilles .
On pourra souscrire jusqu'au premier Février
1734. chez G. Martin , Coignard fils , et Guerin
Taine , raë S. Jacques.
de l'Académie Royale des Sciences.
Les Libraires qui avoient enrrepris l'Edition du
Recueil des Memoires de l'Académie des Sciences
depuis son établissement en 1666. jusqu'à son
renouvellement en 1699. compris en 13. vol.
in 4. se flattent d'avoir rempli leurs engagemens
a la satisfaction du Public. Le même zele les
porte à proposer une Suite qui rendra cet ancien
Recueil plus complet , et qui se liera naturellement
avec les Mémoires donnez depuis 1699.
dont elle facilitera Pusage.
Cette Suite sera composée des Ouvrages suivans
.
1º. La troisiéme Partie des Memoires pour sexvir
à l'Histoire des Animaux , rédigée par feu M.
Perrault ; et qui n'a jamais parû . Les Figures ont
été gravées sur les Desseins originaux de cet
Académicien. On trouvera dans ce volume la
Description de seize Animaux ; sçavoir :
I
I. Le
DECEMBRE. 1733. 267)
1. Le Tigre.
2. La Panthere.
3. La Palette.
4. La Marmotte .
J. Le Loir.
6. Le Becharu.
7. La Poule Sultane.
8. L'Ibis
9. La Cigogne.
10. La Salamandre.
11. Le Lézard- écaillé.
12. L'Elephant.
13. Le Crocodile.
14. Le Pelican .
15. LOiseau Royal
16. Le Griffon.
ce qui fera 32. Planches de la grandeur de celles
des deux premieres Parties.
2. Un volume de Tables des Matieres contetenues
dans tous les tomes de l'ancien Recueil
depuis 1666. jusqu'en 1699 , dans laquelle Table
Les matieres de la troisiéme Partie de l'Histoire
des Animaux seront comprises ,
3º. Un autre volume de Tables des Matieres.
des Memoires de l'Académie , depuis et compris
1721. jusques et compris 1730,
Les Libraires n'entreprendront point de faire
connoître l'importance de ces Ouvrages dont
Putilité se fait assez sentir. Il leur suffit de
pros
mettre de leur part les mêmes soins et la même
exactitude pour ces nouveaux volumes qu'ils ont
employez dans l'execution des 13. tomes qu'ils
ont distribuez au Public.
Quoiqu'il semble qu'il n'y auroit rien à desirer
de plus pour la perfection des Recueils de
l'Académie , on s'est neanmoins apperçû qu'il y
manquoit une Partie très - essentielle . C'est la Représentation
de toutes les Machines ou Inventions
présentées à l'Académie , et qui ont été
honorées de son approbation depuis son établis-
-sement jusqu'à present ; et qu'on trouve seule
ment indiquées à la fin de l'Histoire de chaqueannée.
Cette refléxion communiquée aux mêmes
Libraires par des personnes éclairées , les a en-
La Vol gagé
2674 MERCURE DE FRANCE
gagez à demander le consentement de l'Academie
pour cette nouvelle entreprise. L'ayant obteau , ils
ont travaillé sous les ordres de cet illustre Com «
pagne , qui a nommé Messieurs de Reaumur et
de Mairan pour Commissaires ; ils ont formé un
Recueil complet de ces Machines , dont ils ont
fait graver depuis quatre ans , environ quatre
cent Planches.
M. Golin , de la même Académie , a revû les
Machines gravées et leurs Descriptions , qui avec
les Desseins , ont été fournies par M. Gallon que
l'Académi : avoit agréé pour ce travail . Elles
sont en état d'ètre exposées à la curiosité de ceux
qui voudront prendre la peine de les venir voir
chez lesdits Libraires. Ce nouvel Ouvrage sera
divisé en six volumes in 4. de la même grandeur
que ceux des Recueils de l'Académie .
Après cet Exposé , les Libraires ont crû devoir
proposer une suite de Souscription en faveur de
ceux qui ont souscrit précedemment .
Les neuf volumes , sçavoir , les trois de supplé
ment aux Mémoires de l'Académie , et les six des
Machines , seront fournis dans le courant de
Pannée 1734 .
Le payement s'en fera de la maniere qui suit
En souscrivant ,
En recevant les 3. vol. des Memoires ,
En recevant les 6. volumes dés Machines
Ceux qui souhaiteront souscrire pour
les Machines , séparement payeront
en souscrivant
30. liv.
30 liv.
30. liv.
90. liv.
36. liv.
En recevant les 6. vol. pareille somme de 36. liv.
72. live
Ceux qui n'auront pas souscrit payeront les
I. Vol.
neuf
DECEMB -R-E ; ~ 1733. · 2674
neuf volumes en feuilles tro. liv. er pour le
Recueil des Machines séparément , aussi c
feuilles 120. liv.
Le prix des treize tomes distribuez au Public
lesquels par leur étendue ne peuvent se partager
en quinze volumes , est pour ceux qui n'ont pas
souscrit , de 180. liv, en feuilles .
On pourra souscrire jusqu'au premier Février
1734. chez G. Martin , Coignard fils , et Guerin
Taine , raë S. Jacques.
Fermer
Résumé : AVIS touchant un Supplement aux Mémoires de l'Académie Royale des Sciences.
L'avis concerne un supplément aux Mémoires de l'Académie Royale des Sciences, couvrant la période de 1666 à 1699. Les libraires, ayant déjà publié 13 volumes, proposent une suite pour compléter et faciliter l'usage de cet ancien recueil. Cette suite inclut trois ouvrages principaux : la troisième partie des Mémoires pour servir à l'Histoire des Animaux, rédigée par feu M. Perrault et contenant des descriptions de seize animaux illustrés par 32 planches ; un volume de tables des matières pour les tomes de 1666 à 1699, incluant la troisième partie de l'Histoire des Animaux ; et un autre volume de tables des matières pour les Mémoires de l'Académie de 1721 à 1730. Les libraires soulignent également l'absence d'une représentation des machines et inventions approuvées par l'Académie depuis sa création. Ils ont obtenu le consentement de l'Académie pour publier un recueil complet de ces machines, avec environ quatre cents planches gravées sous la supervision de M. Golin et M. Gallon. Ce nouvel ouvrage sera divisé en six volumes. Les libraires proposent une souscription pour les neuf volumes (trois de supplément aux Mémoires et six des Machines) à livrer en 1734, avec des modalités de paiement spécifiques. Les souscriptions seront acceptées jusqu'au 1er février 1734 chez G. Martin, Coignard fils, et Guerin Taine, rue Saint-Jacques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17125
p. 2822-2830
Poësies du P. Vaniere, Jesuite, &c. [titre d'après la table]
Début :
On ne sçauroit trop multiplier les bons Livres, Robert, Libraire à Toulouze, [...]
Mots clefs :
Chasse, Poules, Jeunesse, Inaction, Ménage des champs, Agriculture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Poësies du P. Vaniere, Jesuite, &c. [titre d'après la table]
On ne sçauroit trop multiplier les
bons Livres , Robert , Libraire à Toulouze,
a réimprimé les Poësies du R. P. Vaniere
Jesuite , sur l'Agriculture , et le Ménage
des Champs. Cette Edition surpasse de
beaucoup les précedentes , non- seulement
à cause de l'augmentation de deux Livres,
P'une sur les Maladies des Arbres , l'autre
sur les Abeilles , mais parce que l'Auteur
a retouché beaucoup d'endroits , et qu'il
a répandu d'ailleurs dans tout l'Ouvrage
des Digressions , qui en rendent la lectu
re plus agréable par la beauté et par la
varieté des images.
Les bornes qui nous resserrent , nous
permettent à peine d'indiquer quelques-
I. Fol. unes
DECEMBRE 1731. 2823
unes de ces agréables Additions. Dans la
Digression sur la maniere dont il faut se
loger à la Campagne , l'Auteur , après
avoir preferé l'ancienne mode à la nou
velle , qui est d'éclairer extrémement les
Bâtimens , conclud que les François sont
si fort tyrannisez par les modes que in
morem sit venerit , aurum argentumque levi
placeat mutare papyro , &c . ce que l'Histoire
ne confirmera que trop un jour.
Dans le second Livre , rempli d'excellens
préceptes et d'images brillantes , on
trouve un trait réjouissant sur les Paniers
des Dames , qu'un Vilageois obligé de
faire un voyage à la Ville , voit pour
premiere fois. On ne peut guere mieux
exprimer le ridicule de cette mode que
par ce trait,
Obstupet in primis cum spectat in urbe puellas ,
Purpureis grandes intexere vestibus orbes ,
Qualibus ille solet sua cingere dolia vinclis :
Occupat una vias , laxosque Canephora vicos ,
Vixque suas intrat foribus bipatentibus ædes ;
Protensis latè tunicis , inflantur ut Austro ,
Carbusa , cum plenis sulcat ratis æquora velis.
la
Une Nôce de Village , morceau travaillé
avec soin finit agreablement ce
Livre.
*
1. Vol.
F vj
Le
2824 MERCURE DE FRANCE
Le troisiéme contient une Digression
bien differente , et non moins artistement
maniée ; elle est sur la Peste de Marseille ,
dont le Poëte fait le triomphe de notre Religion
, qui seule peut apprendre aux hommes
à exposer leur vie pour sauver celle de
leur Prochain. Les Ministres du Seigneur
accourent en foule pour ce pieux sujet ,
jusqu'à traverser à la nâge un Fleuve ra
pide pour arriver plutôt à Marseille.
Iter per Alumina quærunt ,
Nec dubitant ( via quæ sibi visa brevissima }
vastos ,
Amnis inexpertinando perrumpere fluctus ,
Et duplici fortes animas committere fato.
Ce grand exemple de courage et de
charité fut donné par deux PP. Capucins.
Le P. Vaniere n'oublie pas le grand
mobile de l'oeuvre de Dieu dans Marseille
, durant tout le temps que dura
cette affreuse calamité , c'est- à - dire M. l'Evêque
, dont le nom seul sera toujours un
grand Eloge.
Fecerat hos animos vitæ qui Præsul et auri ,
Prodigus , assiduis animas et corpora curis ,
Sustinuit , mortem visus calcare metumque ,
latrepida vadens per strata cadavera passu .
I. Fol.. Less
1
"
(
DECEMBRE 1731. 2825
Les justes louanges dues en cette occasion
à M les Officiers des Galeres ne
sont pas non- plus omises. Ils ne convien
dront cependant pas eux-mêmes de tout
ce que l'enthousiasme poëtique fait dire
à notre Auteur de ces combats de Mer ,
ausquels ils se sont , dit-il , auparavant
trouvez , &c. On sçait que les Galéres
n'en ont point donné depuis près 'd'un ·
siecle , faure d'occasion , mais cela ne fair
aucun tort à leur veritable gloire sur le
sujet dont il s'agit ici ..
Necisque Ministram ,
Inter bella manum vitæ admovere tuendæ ;
Afflatam neque peste magis timuere , cruentam -
Quam prius horruerant media inter prælia mor-
Iem ..
Nous passons bien des choses agréables
et utiles , par la raison que nous
avons dite , pour ne point omettre quelques
endroits qui méritent d'être particu
lierement remarquez ; par exemple , dans
le dixiéme Livre le Poëte s'exprime ainsi
sur les Larmes de la Vigne , utiles pour :
le soulagement des douleurs de la Pierre,
et your faire passer l'yvresse .
Si largius olim ,
Hausta nocent quæ vina dabit , præsaga futuri , )
I. Vol. Pro
2826 MERCURE DE FRANCE
Providet auxilium succo lacrymosa salubri ,
Vulnus opemque ferens uno de stipite vitis.
Dans le XII . la peinture et tout ce qu'il
dit du Paon , a quelque chose qui frappe
et qui doit contenter les Connoisseurs les
plus difficiles.
En pictas ut in orbem gemineus alas ,
Explicat ; et caudæ longo quasi syrmate verrens,
Atria , gallinas inter gallumque minorem ,
Atque humiles inter capos , anatumque cohortem
Fluctivagam , cunctis mirantibus , altior unus ,
Ingreditur , plumisque tumens , cristâque su
perbus ,
Regia fastosa jactat diademata frontis.
Et un peu plus bas sur l'usage des Plu
mes de ce superbe Oyseau.
Pictæ det gemmea caudæ ,
Ornamenta Ducum Galeis , det et aurea Flabra
Queis molles animant Zephiros æstate Puellæ,
L'empressement qu'ont les meres ambitieuses
des jeunes Paons , de les produire
avant qu'elles ayent suffisamment couvé
tous les oeufs , donne ici lieu au P. Vaniere
de les comparer , avec son énergie
ordinaire , aux Poëtes trop avides de gloi-
> qui ne prennent pas assez de peine
I. Vol. • pous
DECEMBRE. 1731. 4 2827
pour rendre leurs Ouvrages finis et parfaits
, avant que de les exposer au grand
jour.
Ce qu'il a ajoûté dans le même Livre
au sujet des Poules , est également d'un
excellent Poëte et d'un bon Physicien .
Quoique les Poules se levent et se couchent
ordinairement avec le Soleil , l'Auteur
les a vûës se retirer à Midi pendant
l'Eclipse du mois de May 1715.
et sortir incessamment après que le Soleil'
eut reparû .
Obstupuere breues tenebras , er solis oborti ,
Præcipitem , Gallo non compellante, recursum
Le XIII. Livre destiné à chanter les Colombes
, a reçû aussi des changemens et des
Additions heureuses de la main de l'habile
Auteur. Par exemple , sur l'attachement
qu'ont les Pigeons pour leur ancienne
demeure , il n'a pas oublié l'avantage que
les Romains en tirerent pendant le Siege
de la Ville de Modene. Ils avoient transporté
au Camp des Pigeons de la Ville ,
et ils avoient envoyé au Gouverneur de
la Place des Pigeons de la Campagne
qu'on lâchoit de part et d'autre , quand
il y avoit quelque chose d'important à
faire sçavoir.
I. Vol
-
Ob
2828 MERCURE DE FRANCE
Obsessis tellure viis , it nuncia Coelo ,
Sub pennis nexas ultro citroque tabellas ;
Telorum secura ferens.
Notre Poëté a sans doute ignoré , car
il en auroit dit un mot , que la mêmé
chose se pratique encore tous les jours
entre nos Marchands François d'Alep ;
et leurs Correspondans d'Alexandrete ,
lesquels par le moyen des Pigeons , se
donnent réciproquement avis de l'arrivée
des Vaisseaux d'Europe , de leurs charges
mens, du prix courant des Marchandises ,
du passage des Caravannes et de tout ce
qui peut interesser leur Commerce."
Nous finirons par une Digression heu
reuse et des mieux travaillées , sur les Chasses
du Roi , ajoutée au seiziéme Livre .
Ce noble exercice donne à la Jeunesse
des avantages,sur lesquels le Poëte préludè
d'abord en ces termes :
Nobilium labor ille virum est, bellique cruenti ,
Dulce rudimentum : Juvenes exercita cursu ,
Corpora venando durant ad frigus et æstum ,
Corda sibi generosa parant, animamque capacem3.
Mortis et expertem media inter tela pavoris :
Exercent et ad arma manus ; astuque ferarum ,
At nemorum insidiis et bellica furte docentur , 1
Is Vol. HostilesDECEMBRE.
1731. 2825
Hostilesque dolos ; domitorum strage Luporum ,
Nobile Martis opus discunt ; et ab hoste tuentur ,
Defensos Apris à vastatoribus agros.
Il n'y a que la Chasse , ajoûte- t'il , qui
puisse disposer la Jeunesse aux penibles
travaux de la guerre , et suppléer à l'utilité
des Carousels et des autres exercices
depuis long- temps abandonnez , les .
quels fortifioient le corps en délassant
Besprit.
Fluxit in hos juvenum nunc mollis inertia mores
Ut nisi venandi studium firmaverit artus
Torpeat enervi cum corpore bellicus ardor :
Deservere pilam, simulacraque ludricæ pugnæ ,
Et celeres in equo cursus , &c....
Vestitu indulgent muliebrite , oraque fuco
Dedecorant , speculumque magis quàm ferrea
tractant
Tela manu : dant vel choreis vel amoribus unum ,
Dulcibus aut epulis ludum ; resolutaque luxu
Corpora militiæ tradunt ; nisi forte Dianæ .
Quam Veneri servire , ferisque nivosa sequendis,
Per loca maluerint acri praludere bello.
Pour remedier à l'inaction , source des
desordres du temps,que le Poëte vient de
remarquer ; un grand Roy , continuë- t'il ,
L.. Vol. yeut
2830 MERCURE DE FRANCE
veut tacher par son exemple d'inspirer
l'amour de la Chasse à la Noblesse Françoise
et empêcher par ce laborieux exercice
qu'une longue Paix n'énerve enfin
son courage.
Exemplo mores et tempora Princeps
Emendare volens , ubi magna negotia Regni
Explicuit ; vacuas rerum venatibus horas
Dans Lodoix , bellum Gallos desuescere longâ ,
Pace vetat : juvenum ftoremper acerba Locorum
Indefessus agit vaga post vestigia cervi :
Et soles hyememque pati , Martisque labores
Ferre docet,presensque levat : duce Principe sudor
Erroresque placent ; neque jam palatia curant ,
Cum populi Lodoix amor inde recedit , et
Aulæ
Delicias secum montes transmutat in altos,
bons Livres , Robert , Libraire à Toulouze,
a réimprimé les Poësies du R. P. Vaniere
Jesuite , sur l'Agriculture , et le Ménage
des Champs. Cette Edition surpasse de
beaucoup les précedentes , non- seulement
à cause de l'augmentation de deux Livres,
P'une sur les Maladies des Arbres , l'autre
sur les Abeilles , mais parce que l'Auteur
a retouché beaucoup d'endroits , et qu'il
a répandu d'ailleurs dans tout l'Ouvrage
des Digressions , qui en rendent la lectu
re plus agréable par la beauté et par la
varieté des images.
Les bornes qui nous resserrent , nous
permettent à peine d'indiquer quelques-
I. Fol. unes
DECEMBRE 1731. 2823
unes de ces agréables Additions. Dans la
Digression sur la maniere dont il faut se
loger à la Campagne , l'Auteur , après
avoir preferé l'ancienne mode à la nou
velle , qui est d'éclairer extrémement les
Bâtimens , conclud que les François sont
si fort tyrannisez par les modes que in
morem sit venerit , aurum argentumque levi
placeat mutare papyro , &c . ce que l'Histoire
ne confirmera que trop un jour.
Dans le second Livre , rempli d'excellens
préceptes et d'images brillantes , on
trouve un trait réjouissant sur les Paniers
des Dames , qu'un Vilageois obligé de
faire un voyage à la Ville , voit pour
premiere fois. On ne peut guere mieux
exprimer le ridicule de cette mode que
par ce trait,
Obstupet in primis cum spectat in urbe puellas ,
Purpureis grandes intexere vestibus orbes ,
Qualibus ille solet sua cingere dolia vinclis :
Occupat una vias , laxosque Canephora vicos ,
Vixque suas intrat foribus bipatentibus ædes ;
Protensis latè tunicis , inflantur ut Austro ,
Carbusa , cum plenis sulcat ratis æquora velis.
la
Une Nôce de Village , morceau travaillé
avec soin finit agreablement ce
Livre.
*
1. Vol.
F vj
Le
2824 MERCURE DE FRANCE
Le troisiéme contient une Digression
bien differente , et non moins artistement
maniée ; elle est sur la Peste de Marseille ,
dont le Poëte fait le triomphe de notre Religion
, qui seule peut apprendre aux hommes
à exposer leur vie pour sauver celle de
leur Prochain. Les Ministres du Seigneur
accourent en foule pour ce pieux sujet ,
jusqu'à traverser à la nâge un Fleuve ra
pide pour arriver plutôt à Marseille.
Iter per Alumina quærunt ,
Nec dubitant ( via quæ sibi visa brevissima }
vastos ,
Amnis inexpertinando perrumpere fluctus ,
Et duplici fortes animas committere fato.
Ce grand exemple de courage et de
charité fut donné par deux PP. Capucins.
Le P. Vaniere n'oublie pas le grand
mobile de l'oeuvre de Dieu dans Marseille
, durant tout le temps que dura
cette affreuse calamité , c'est- à - dire M. l'Evêque
, dont le nom seul sera toujours un
grand Eloge.
Fecerat hos animos vitæ qui Præsul et auri ,
Prodigus , assiduis animas et corpora curis ,
Sustinuit , mortem visus calcare metumque ,
latrepida vadens per strata cadavera passu .
I. Fol.. Less
1
"
(
DECEMBRE 1731. 2825
Les justes louanges dues en cette occasion
à M les Officiers des Galeres ne
sont pas non- plus omises. Ils ne convien
dront cependant pas eux-mêmes de tout
ce que l'enthousiasme poëtique fait dire
à notre Auteur de ces combats de Mer ,
ausquels ils se sont , dit-il , auparavant
trouvez , &c. On sçait que les Galéres
n'en ont point donné depuis près 'd'un ·
siecle , faure d'occasion , mais cela ne fair
aucun tort à leur veritable gloire sur le
sujet dont il s'agit ici ..
Necisque Ministram ,
Inter bella manum vitæ admovere tuendæ ;
Afflatam neque peste magis timuere , cruentam -
Quam prius horruerant media inter prælia mor-
Iem ..
Nous passons bien des choses agréables
et utiles , par la raison que nous
avons dite , pour ne point omettre quelques
endroits qui méritent d'être particu
lierement remarquez ; par exemple , dans
le dixiéme Livre le Poëte s'exprime ainsi
sur les Larmes de la Vigne , utiles pour :
le soulagement des douleurs de la Pierre,
et your faire passer l'yvresse .
Si largius olim ,
Hausta nocent quæ vina dabit , præsaga futuri , )
I. Vol. Pro
2826 MERCURE DE FRANCE
Providet auxilium succo lacrymosa salubri ,
Vulnus opemque ferens uno de stipite vitis.
Dans le XII . la peinture et tout ce qu'il
dit du Paon , a quelque chose qui frappe
et qui doit contenter les Connoisseurs les
plus difficiles.
En pictas ut in orbem gemineus alas ,
Explicat ; et caudæ longo quasi syrmate verrens,
Atria , gallinas inter gallumque minorem ,
Atque humiles inter capos , anatumque cohortem
Fluctivagam , cunctis mirantibus , altior unus ,
Ingreditur , plumisque tumens , cristâque su
perbus ,
Regia fastosa jactat diademata frontis.
Et un peu plus bas sur l'usage des Plu
mes de ce superbe Oyseau.
Pictæ det gemmea caudæ ,
Ornamenta Ducum Galeis , det et aurea Flabra
Queis molles animant Zephiros æstate Puellæ,
L'empressement qu'ont les meres ambitieuses
des jeunes Paons , de les produire
avant qu'elles ayent suffisamment couvé
tous les oeufs , donne ici lieu au P. Vaniere
de les comparer , avec son énergie
ordinaire , aux Poëtes trop avides de gloi-
> qui ne prennent pas assez de peine
I. Vol. • pous
DECEMBRE. 1731. 4 2827
pour rendre leurs Ouvrages finis et parfaits
, avant que de les exposer au grand
jour.
Ce qu'il a ajoûté dans le même Livre
au sujet des Poules , est également d'un
excellent Poëte et d'un bon Physicien .
Quoique les Poules se levent et se couchent
ordinairement avec le Soleil , l'Auteur
les a vûës se retirer à Midi pendant
l'Eclipse du mois de May 1715.
et sortir incessamment après que le Soleil'
eut reparû .
Obstupuere breues tenebras , er solis oborti ,
Præcipitem , Gallo non compellante, recursum
Le XIII. Livre destiné à chanter les Colombes
, a reçû aussi des changemens et des
Additions heureuses de la main de l'habile
Auteur. Par exemple , sur l'attachement
qu'ont les Pigeons pour leur ancienne
demeure , il n'a pas oublié l'avantage que
les Romains en tirerent pendant le Siege
de la Ville de Modene. Ils avoient transporté
au Camp des Pigeons de la Ville ,
et ils avoient envoyé au Gouverneur de
la Place des Pigeons de la Campagne
qu'on lâchoit de part et d'autre , quand
il y avoit quelque chose d'important à
faire sçavoir.
I. Vol
-
Ob
2828 MERCURE DE FRANCE
Obsessis tellure viis , it nuncia Coelo ,
Sub pennis nexas ultro citroque tabellas ;
Telorum secura ferens.
Notre Poëté a sans doute ignoré , car
il en auroit dit un mot , que la mêmé
chose se pratique encore tous les jours
entre nos Marchands François d'Alep ;
et leurs Correspondans d'Alexandrete ,
lesquels par le moyen des Pigeons , se
donnent réciproquement avis de l'arrivée
des Vaisseaux d'Europe , de leurs charges
mens, du prix courant des Marchandises ,
du passage des Caravannes et de tout ce
qui peut interesser leur Commerce."
Nous finirons par une Digression heu
reuse et des mieux travaillées , sur les Chasses
du Roi , ajoutée au seiziéme Livre .
Ce noble exercice donne à la Jeunesse
des avantages,sur lesquels le Poëte préludè
d'abord en ces termes :
Nobilium labor ille virum est, bellique cruenti ,
Dulce rudimentum : Juvenes exercita cursu ,
Corpora venando durant ad frigus et æstum ,
Corda sibi generosa parant, animamque capacem3.
Mortis et expertem media inter tela pavoris :
Exercent et ad arma manus ; astuque ferarum ,
At nemorum insidiis et bellica furte docentur , 1
Is Vol. HostilesDECEMBRE.
1731. 2825
Hostilesque dolos ; domitorum strage Luporum ,
Nobile Martis opus discunt ; et ab hoste tuentur ,
Defensos Apris à vastatoribus agros.
Il n'y a que la Chasse , ajoûte- t'il , qui
puisse disposer la Jeunesse aux penibles
travaux de la guerre , et suppléer à l'utilité
des Carousels et des autres exercices
depuis long- temps abandonnez , les .
quels fortifioient le corps en délassant
Besprit.
Fluxit in hos juvenum nunc mollis inertia mores
Ut nisi venandi studium firmaverit artus
Torpeat enervi cum corpore bellicus ardor :
Deservere pilam, simulacraque ludricæ pugnæ ,
Et celeres in equo cursus , &c....
Vestitu indulgent muliebrite , oraque fuco
Dedecorant , speculumque magis quàm ferrea
tractant
Tela manu : dant vel choreis vel amoribus unum ,
Dulcibus aut epulis ludum ; resolutaque luxu
Corpora militiæ tradunt ; nisi forte Dianæ .
Quam Veneri servire , ferisque nivosa sequendis,
Per loca maluerint acri praludere bello.
Pour remedier à l'inaction , source des
desordres du temps,que le Poëte vient de
remarquer ; un grand Roy , continuë- t'il ,
L.. Vol. yeut
2830 MERCURE DE FRANCE
veut tacher par son exemple d'inspirer
l'amour de la Chasse à la Noblesse Françoise
et empêcher par ce laborieux exercice
qu'une longue Paix n'énerve enfin
son courage.
Exemplo mores et tempora Princeps
Emendare volens , ubi magna negotia Regni
Explicuit ; vacuas rerum venatibus horas
Dans Lodoix , bellum Gallos desuescere longâ ,
Pace vetat : juvenum ftoremper acerba Locorum
Indefessus agit vaga post vestigia cervi :
Et soles hyememque pati , Martisque labores
Ferre docet,presensque levat : duce Principe sudor
Erroresque placent ; neque jam palatia curant ,
Cum populi Lodoix amor inde recedit , et
Aulæ
Delicias secum montes transmutat in altos,
Fermer
Résumé : Poësies du P. Vaniere, Jesuite, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente une réimpression des 'Poësies' du Père Vaniere, jésuite, spécialisées dans l'agriculture et le ménage des champs. Cette édition, réalisée par Robert, libraire à Toulouse, est enrichie par l'ajout de deux nouveaux livres : l'un sur les maladies des arbres et l'autre sur les abeilles. De plus, l'auteur a apporté des retouches et des digressions qui enrichissent le contenu original. Parmi les digressions notables, l'auteur critique les nouvelles modes d'éclairage des bâtiments, comparant les changements fréquents des modes françaises aux changements de papyrus. Dans le second livre, une description humoristique des paniers des dames est mise en avant. Le troisième livre contient une digression sur la peste de Marseille, soulignant le courage et la charité des ministres du Seigneur, notamment deux pères capucins et l'évêque de Marseille. Le texte mentionne également des louanges pour les officiers des galères, bien que leur rôle dans les combats de mer soit discuté. D'autres digressions traitent des larmes de la vigne, utiles pour soulager les douleurs de la pierre, et des caractéristiques du paon. Le treizième livre, dédié aux colombes, inclut des anecdotes historiques sur l'utilisation des pigeons pour la communication. Enfin, une digression sur les chasses du roi est ajoutée au seizième livre. Cette digression souligne les avantages de cet exercice pour la jeunesse et son utilité pour préparer à la guerre. Le roi est présenté comme un modèle pour inspirer la noblesse française à pratiquer la chasse et à maintenir leur courage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17126
p. 67
LES BENEDICTINS DE L'ABBAYE DE REBETS.
Début :
L'Abbé de Ceilles de Fleuri, de concert avec les Religieux Bénédictins de l'Abbaye [...]
Mots clefs :
Abbaye de Rebetz, Bénédictins, Feu d'artifice, Arc de triomphe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES BENEDICTINS DE L'ABBAYE DE REBETS.
LES BENEDICTINS DE L'ABBAYE
DE REBETS .
L'Abbé de Ceilles de Fleuri , de concert
avec les Religieux Bénédictins de l'Abbaye
de Rebets , a fêté magnifiquement la
Convalefcence du Roi. Les actions degraces
furent folemnelles.On tira dans la grande
Place un Feu d'artifice , & on y éleva un
grand Arc de triomphe , orné de Feſtons &
deGuirlandes .
DE REBETS .
L'Abbé de Ceilles de Fleuri , de concert
avec les Religieux Bénédictins de l'Abbaye
de Rebets , a fêté magnifiquement la
Convalefcence du Roi. Les actions degraces
furent folemnelles.On tira dans la grande
Place un Feu d'artifice , & on y éleva un
grand Arc de triomphe , orné de Feſtons &
deGuirlandes .
Fermer
17127
p. 67-68
LAON.
Début :
La Ville de Laon a donné les plus éclatantes marques de sa joye au retour de la [...]
Mots clefs :
Laon, Te Deum, Illumination, Spectacle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LAON.
LAON.
La Ville de Laon a donné les plus éclatantes
marques de ſa joye au retour de la
ſanté du Roi. L'Egliſe Cathédrale a chanté
folemnellement le Te Deum. L'Illumination
a été générale & brillante. L'Evêque a allumé
le feu préparé dans la Place de l'Hôtel
de Ville ; il étoit accompagné par le Corps
de Ville , précédé des Gardes du Gouverneur
& du Lieutenant Général de la Province
, & de toutes les Compagnies Bourgeoiſes.
UneDécoration,d'un goût fingulier,
forma un Spectacle applaudi , ainſi que le
1
Dij
68 MERCURE DE FRANCE.
:
Théarre de l'artifice , qui en partit longtems
avec profuſion .
La Ville de Laon a donné les plus éclatantes
marques de ſa joye au retour de la
ſanté du Roi. L'Egliſe Cathédrale a chanté
folemnellement le Te Deum. L'Illumination
a été générale & brillante. L'Evêque a allumé
le feu préparé dans la Place de l'Hôtel
de Ville ; il étoit accompagné par le Corps
de Ville , précédé des Gardes du Gouverneur
& du Lieutenant Général de la Province
, & de toutes les Compagnies Bourgeoiſes.
UneDécoration,d'un goût fingulier,
forma un Spectacle applaudi , ainſi que le
1
Dij
68 MERCURE DE FRANCE.
:
Théarre de l'artifice , qui en partit longtems
avec profuſion .
Fermer
17128
p. 2689-2690
AUTRE.
Début :
D'onze Lettres formé, je chante les hauts faits [...]
Mots clefs :
Martyrologe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
D'Onze Lettres formé, je chante les hauts faits
De ces héros comblés de gloire ,
De ces braves , dont la mémoire
Doit être précieufe & célébre à jamais
Un de mes pieds ôté , qu'en deux on me divife ,
La premiere moitié préfente à vos efprits .
Un athlete vainqueur qui remporte le prix ,
Superieur à ceux que l'on vantoit à Pife .
Dans la feconde on renferme les foux .
Dix , huit , neuf; cinq , trois , onze. Ah ! que je
fuis aimable !
De moi tous les grands coeurs font épris ,font jaloux.
Quatre, cinq , dix, trois, onze , Animal redoutable ;
Un, deux, dix , cinq , & onze ; un cas pendable;
Quatre , cinq, trois : un Royaume cité
En plufieurs lieux de l'Evangile ;
Deux, cinq , donne un Vin fort vanté .
Deux, trois, un, fept, cinq , fix & onze : un meuble
utile ,
Dix
2690 MERCURE DE FRANCE
Dix, fept, deux : Lieu connu par l'Inquifition ,
Huit, neuf, cinq, dix & onze , eft Riviere fameuſe
Cinq, trois & onze , aveugle Paffion ,
Un, fept, cinq, trois & onze , Etoffe précieuſe ,
Un , deux , fix , onze : Eau croupie & bourbeufe,
Cinq , un & deux , dix & onze , autrefois
L'hérétique a tenté de détruire mon culte ,
Onze, huit, deux , d'lfraël un des Rois ,
Trois , cinq , quatre, onze , avant l'Office on me
confulte .
Sept, trois , dix & onze , eft un Grain ,
Dont quelquefois on fait du Pain ,
Un, deux, fix, cinq , mon nom , belle Agnès, vous
fait rire ,
Deux, cinq & trois , l'on me refpire ,
Quatre, deux, dix & onze , un Fleuve renommé,
Deux, un & cinq , chofe rare en ce monde ,
Six,deux,un, onze , Inftrument qui fend l'Onde
Un , deux, fix , dix & onze , eſt à tout imprimé ;
Mais crainte qu'à la fin l'Eſprit ne s'alambique ,
En quatre mots , cher Lecteur , on finit ,
On trouve en moi trois Notes de Mufique ,
Et cinq Villes encore , et je n'ai pas tout dite
D'Onze Lettres formé, je chante les hauts faits
De ces héros comblés de gloire ,
De ces braves , dont la mémoire
Doit être précieufe & célébre à jamais
Un de mes pieds ôté , qu'en deux on me divife ,
La premiere moitié préfente à vos efprits .
Un athlete vainqueur qui remporte le prix ,
Superieur à ceux que l'on vantoit à Pife .
Dans la feconde on renferme les foux .
Dix , huit , neuf; cinq , trois , onze. Ah ! que je
fuis aimable !
De moi tous les grands coeurs font épris ,font jaloux.
Quatre, cinq , dix, trois, onze , Animal redoutable ;
Un, deux, dix , cinq , & onze ; un cas pendable;
Quatre , cinq, trois : un Royaume cité
En plufieurs lieux de l'Evangile ;
Deux, cinq , donne un Vin fort vanté .
Deux, trois, un, fept, cinq , fix & onze : un meuble
utile ,
Dix
2690 MERCURE DE FRANCE
Dix, fept, deux : Lieu connu par l'Inquifition ,
Huit, neuf, cinq, dix & onze , eft Riviere fameuſe
Cinq, trois & onze , aveugle Paffion ,
Un, fept, cinq, trois & onze , Etoffe précieuſe ,
Un , deux , fix , onze : Eau croupie & bourbeufe,
Cinq , un & deux , dix & onze , autrefois
L'hérétique a tenté de détruire mon culte ,
Onze, huit, deux , d'lfraël un des Rois ,
Trois , cinq , quatre, onze , avant l'Office on me
confulte .
Sept, trois , dix & onze , eft un Grain ,
Dont quelquefois on fait du Pain ,
Un, deux, fix, cinq , mon nom , belle Agnès, vous
fait rire ,
Deux, cinq & trois , l'on me refpire ,
Quatre, deux, dix & onze , un Fleuve renommé,
Deux, un & cinq , chofe rare en ce monde ,
Six,deux,un, onze , Inftrument qui fend l'Onde
Un , deux, fix , dix & onze , eſt à tout imprimé ;
Mais crainte qu'à la fin l'Eſprit ne s'alambique ,
En quatre mots , cher Lecteur , on finit ,
On trouve en moi trois Notes de Mufique ,
Et cinq Villes encore , et je n'ai pas tout dite
Fermer
17129
p. 119-122
RÉPONSE à la Lettre précédente, par M. FRADET, Secrétaire de la Société Littéraire de CHAALONS-SUR-MARNE, du 2 Février 1764.
Début :
MONSIEUR, Vous avez pris la peine d'écrire le 24 [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à la Lettre précédente, par M. FRADET, Secrétaire de la Société Littéraire de CHAALONS-SUR-MARNE, du 2 Février 1764.
RÉPONSE à la Lettre précédente, par
M. FRADET, Secrétaire de la Société
Littéraire de CHAALONS-SUR-MARNE,
du 2 Février 1764.
MONSIEUR,
Vous avez pris la peine d'écrire le 24
Septembre dernier à M. de Velye, l'un
desMembres de la Société Littéraire de
Châalons ; vous lui avez marqué que
S. A. S. Mgr le DUCD'ORLÉANS ,
avoit lû avec ſurpriſe dans le 2º. Vol.
du Mercure de France du mois d'Avril
1760 , que notre Aſſocié avoit avancé
dans ſonHiſtoire de Vertus , que cette
Comté-Pairie étoit aujourd'hui tenue
|
20 MERCURE DE FRANCE.
par M. le Maréchal Prince de Soubife ,
comme un appanage de la Maiſon de
France , étant héritier pour une par-
tie de l'ancienne Maison de Bretagne
qui la poſſédoit à ce titre , & vous
lui avez démontré 1º. que Monfieur
le Prince de Soubiſe , n'avoit jamais
prétendu & ne pouvoit pas poſſéder le
Comté de Vertus comme un appanage
de la Maiſon de France. 2°. Que la
Maiſon deBretagne ne l'avoit point pof-
ſédé à ce titre. 3°. Que M. le Maréchal
de Soubiſe n'en étoit point propriétaire
comme héritier de l'ancienne Maiſon
de Bretagne. M. de Velye auroit eu
l'honneur de vous faire réponſe , & de
réformer ſon erreur , qui peut donner
de faufſes idées de la nature des appana-
ges aux perſonnes qui n'en ſont pas
bien inſtruites ; mais il étoit , lorsde la
réception de votre lettre , attaqué de la
maladie qui nous l'a enlevé environ
deuxmois après. Cette lettre s'eſt trouvée
parmi ſes papiers , qui viennent de nous
être remis ; & la Société ſe fait un devoir
de fatisfaire aux obligations qu'il n'a
pu remplir , & de donner à Mgr le Duc
d'Orléans des marques de ſon profond
reſpect. Elle peut uniquement dire pour
ſa juſtification & pour celle de fon Af-
focié
AVRIL. 1764.
121
ſocié , qu'elle n'a toléré cette aſſertion,
& qu'elle n'a été haſardée dans l'hiſtoi-
re du Comté de Vertus , que ſur la foi
d'un paſſage de M. de Ste Marthe dans
fon Hiſtoire de la Maiſon de France ,
Liv. 8. c. 3. furJean. 2°. Cet Auteurdit
qu'Iſabelle de France fut alliée vers 1360
avecJeanGaleas Viscomti,Duc deMilan,
& que par lettres du mois d'Avril 1361 ,
futfaitlechangementdu Comtéde Som-
myévre en Languedoc , baillé en ap-
panage à cette Princeſſe en faveur de
ſon mariage , à la charge de retour à la
Couronne défaillants fils & filles, avec la
Seigneurie de Vertus en Champagne ,
pour ce ,érigéeen Comté : mais fi MM. ,
de Sainte Marthe & de Velye avoient
faitattentionquel'appanage eſt une por-
tion détachée du Domaine de la Cou-
ronne, que les loix de l'Etat donnent à
charge de retour au défaut de la ligne
mafculine , aux mâles puinés de Fran-
ce pour leur ſubſiſtance ,& pour leur
tenir lieu du partage au Throne qu'ils
étoient endroitde prétendre ſous la pre-
mière & la ſeconde race de nos Rois ,
ils n'auroient pas dit que le Comté de
Vertus avoit été donné en appanage
à Isabelle de France , lors de fon ma-
riage avec Jean Galeas Viſcomti. MM.
I. Vol.
F
/
122 MERCURE DE FRANCE.
de Sainte Marthe & M. de Vélye n'a-
voient pas vu non plus fans doute les
lettres du moisd'Avril 1361 , citées par
le premier. On ne trouve rien dans ces
lettres , dont il m'a été remis une copie
que je crois fidelle , qui annonce que
les Terres de Sommyevre & de Vertus ,
ont été données en appanage à Isabelle
de France ; il paroit ſeulement que la
première lui a été donnée en dot , & la
feconde en remplacement de celle-ci ,
dont elle ne pouvoit jouir par les rai-
fonsdétaillées dans les lettres. C'eſt donc
une dot conftituée à Isabelle de France
&non un appanage , & aucun des pof-
fefſeurs de cette Terre n'a pu la tenir
depuis & la tranſmettre à perſonne fous
le titre d'appanage. La Société a re-
tranché cette affertion fi erronnée , de
l'écrit où elle s'étoit gliffée ; & elle ne
paroîtra point quand ſes mémoires ſe-
ront donnés à l'impreſſion. Je ſuis char-
gé de vous prier de ſa part ,de faire
agréer cette déclaration à Mgr leDuc
d'Orléans , & j'oſe eſpérer que S. A. S.
en ſera fatisfaite.
J'ai l'honneur d'être , &c.
M. FRADET, Secrétaire de la Société
Littéraire de CHAALONS-SUR-MARNE,
du 2 Février 1764.
MONSIEUR,
Vous avez pris la peine d'écrire le 24
Septembre dernier à M. de Velye, l'un
desMembres de la Société Littéraire de
Châalons ; vous lui avez marqué que
S. A. S. Mgr le DUCD'ORLÉANS ,
avoit lû avec ſurpriſe dans le 2º. Vol.
du Mercure de France du mois d'Avril
1760 , que notre Aſſocié avoit avancé
dans ſonHiſtoire de Vertus , que cette
Comté-Pairie étoit aujourd'hui tenue
|
20 MERCURE DE FRANCE.
par M. le Maréchal Prince de Soubife ,
comme un appanage de la Maiſon de
France , étant héritier pour une par-
tie de l'ancienne Maison de Bretagne
qui la poſſédoit à ce titre , & vous
lui avez démontré 1º. que Monfieur
le Prince de Soubiſe , n'avoit jamais
prétendu & ne pouvoit pas poſſéder le
Comté de Vertus comme un appanage
de la Maiſon de France. 2°. Que la
Maiſon deBretagne ne l'avoit point pof-
ſédé à ce titre. 3°. Que M. le Maréchal
de Soubiſe n'en étoit point propriétaire
comme héritier de l'ancienne Maiſon
de Bretagne. M. de Velye auroit eu
l'honneur de vous faire réponſe , & de
réformer ſon erreur , qui peut donner
de faufſes idées de la nature des appana-
ges aux perſonnes qui n'en ſont pas
bien inſtruites ; mais il étoit , lorsde la
réception de votre lettre , attaqué de la
maladie qui nous l'a enlevé environ
deuxmois après. Cette lettre s'eſt trouvée
parmi ſes papiers , qui viennent de nous
être remis ; & la Société ſe fait un devoir
de fatisfaire aux obligations qu'il n'a
pu remplir , & de donner à Mgr le Duc
d'Orléans des marques de ſon profond
reſpect. Elle peut uniquement dire pour
ſa juſtification & pour celle de fon Af-
focié
AVRIL. 1764.
121
ſocié , qu'elle n'a toléré cette aſſertion,
& qu'elle n'a été haſardée dans l'hiſtoi-
re du Comté de Vertus , que ſur la foi
d'un paſſage de M. de Ste Marthe dans
fon Hiſtoire de la Maiſon de France ,
Liv. 8. c. 3. furJean. 2°. Cet Auteurdit
qu'Iſabelle de France fut alliée vers 1360
avecJeanGaleas Viscomti,Duc deMilan,
& que par lettres du mois d'Avril 1361 ,
futfaitlechangementdu Comtéde Som-
myévre en Languedoc , baillé en ap-
panage à cette Princeſſe en faveur de
ſon mariage , à la charge de retour à la
Couronne défaillants fils & filles, avec la
Seigneurie de Vertus en Champagne ,
pour ce ,érigéeen Comté : mais fi MM. ,
de Sainte Marthe & de Velye avoient
faitattentionquel'appanage eſt une por-
tion détachée du Domaine de la Cou-
ronne, que les loix de l'Etat donnent à
charge de retour au défaut de la ligne
mafculine , aux mâles puinés de Fran-
ce pour leur ſubſiſtance ,& pour leur
tenir lieu du partage au Throne qu'ils
étoient endroitde prétendre ſous la pre-
mière & la ſeconde race de nos Rois ,
ils n'auroient pas dit que le Comté de
Vertus avoit été donné en appanage
à Isabelle de France , lors de fon ma-
riage avec Jean Galeas Viſcomti. MM.
I. Vol.
F
/
122 MERCURE DE FRANCE.
de Sainte Marthe & M. de Vélye n'a-
voient pas vu non plus fans doute les
lettres du moisd'Avril 1361 , citées par
le premier. On ne trouve rien dans ces
lettres , dont il m'a été remis une copie
que je crois fidelle , qui annonce que
les Terres de Sommyevre & de Vertus ,
ont été données en appanage à Isabelle
de France ; il paroit ſeulement que la
première lui a été donnée en dot , & la
feconde en remplacement de celle-ci ,
dont elle ne pouvoit jouir par les rai-
fonsdétaillées dans les lettres. C'eſt donc
une dot conftituée à Isabelle de France
&non un appanage , & aucun des pof-
fefſeurs de cette Terre n'a pu la tenir
depuis & la tranſmettre à perſonne fous
le titre d'appanage. La Société a re-
tranché cette affertion fi erronnée , de
l'écrit où elle s'étoit gliffée ; & elle ne
paroîtra point quand ſes mémoires ſe-
ront donnés à l'impreſſion. Je ſuis char-
gé de vous prier de ſa part ,de faire
agréer cette déclaration à Mgr leDuc
d'Orléans , & j'oſe eſpérer que S. A. S.
en ſera fatisfaite.
J'ai l'honneur d'être , &c.
Fermer
17130
p. 134
ENIGME.
Début :
Nous sommes bien des soeurs, étroitement unies, [...]
Mots clefs :
Cartes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Ous fommes bien des foeurs , étroitement
unies ,
Qui comptons parmi nous des Reines & des Rois.
Nous tenons des mortels nos differentes loix ,
Et fommes quelquefois injuftement punies.
Que notre fort hélas , eft trifte & rigoureux !
Faifons - nous quelque bien ? nous caufons du
dommage ;
Si l'un en eft content , l'autre en fecret enrage ,
Et fouvent furieux , de fa cruelle main ,
En nous injuriant , nous déchire le ſein .
Sans répandre de fang , nous fouffrons le martyre,
Nous périffons enfin , & ne pouvons rien dire.
Par M. M .....
Ous fommes bien des foeurs , étroitement
unies ,
Qui comptons parmi nous des Reines & des Rois.
Nous tenons des mortels nos differentes loix ,
Et fommes quelquefois injuftement punies.
Que notre fort hélas , eft trifte & rigoureux !
Faifons - nous quelque bien ? nous caufons du
dommage ;
Si l'un en eft content , l'autre en fecret enrage ,
Et fouvent furieux , de fa cruelle main ,
En nous injuriant , nous déchire le ſein .
Sans répandre de fang , nous fouffrons le martyre,
Nous périffons enfin , & ne pouvons rien dire.
Par M. M .....
Fermer
17131
p. 68
NOYON.
Début :
Noyon ne l'a pas cédé à Laon, & les Bénédictins de l'Abbaye de S. Eloi, & même [...]
Mots clefs :
Noyon, Réjouissances, Clergé, Magistrat, Habitants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOYON.
NOYON.
Noyon ne l'a pas cédé à Laon , & les Bénédictins
de l'Abbaye de S. Eloi , & même
le Convent des Capucins , enfin le Clergé
Séculier & Régulier , le Magiftrat & tous
les Habitans ſe ſont diftingués dans leurs
Réjoüifſſances publiques &particulieres .
Noyon ne l'a pas cédé à Laon , & les Bénédictins
de l'Abbaye de S. Eloi , & même
le Convent des Capucins , enfin le Clergé
Séculier & Régulier , le Magiftrat & tous
les Habitans ſe ſont diftingués dans leurs
Réjoüifſſances publiques &particulieres .
Fermer
17132
p. 68
LIMOGES.
Début :
Nous nous garderons bien d'oublier les Réjoüissances du Chapitre de l'Eglise Royale [...]
Mots clefs :
Limoges, Présidial de Limoges, Église, Te Deum, Bourgeois, Flambeaux, Lustres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LIMOGES.
LIMOGES.
Nous nous garderons bien d'oublier les
Réjoüiffances du Chapitre de l'Egliſe Royale&
Collégiale de cette Ville & de fon
Préfidial , ainſi que du Corps de Ville , &
de ſoixante notables Bourgeois du Quartier
S. Martial , qui aſſiſterent au Te Deum , en
habits uniformes. Plus de deux mille Flambeaux
& des Luſtres innombrables , éclairerent
la principale façade de l'Eglife .
Nous nous garderons bien d'oublier les
Réjoüiffances du Chapitre de l'Egliſe Royale&
Collégiale de cette Ville & de fon
Préfidial , ainſi que du Corps de Ville , &
de ſoixante notables Bourgeois du Quartier
S. Martial , qui aſſiſterent au Te Deum , en
habits uniformes. Plus de deux mille Flambeaux
& des Luſtres innombrables , éclairerent
la principale façade de l'Eglife .
Fermer
17133
p. 68-69
PONTOISE.
Début :
Mad. d'Argouges de Ranes, Prieur de S. Nicolas de Pontoise, & les Religieuses de ce [...]
Mots clefs :
Pontoise, Prieur, Religieuses, Te Deum, Illumination
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PONTOISE.
PONTOISE.
Mad. d'Argouges de Ranes , Prieur de S.
Nicolas de Pontoiſe,& les Religieuſes de ec
Convent, ont chanté , après le Te Deum, un
Exaudiat , mis en Muſique par le Curé de
NOVEMBRE. 1744. 69
l'Egliſe de S. Pierre de Pontoiſe. L'illumination
a parfaitement réüffi.
Mad. d'Argouges de Ranes , Prieur de S.
Nicolas de Pontoiſe,& les Religieuſes de ec
Convent, ont chanté , après le Te Deum, un
Exaudiat , mis en Muſique par le Curé de
NOVEMBRE. 1744. 69
l'Egliſe de S. Pierre de Pontoiſe. L'illumination
a parfaitement réüffi.
Fermer
17134
p. 1180-1183
LES EPITRES HEROÏQUES D'OVIDE, traduites en Vers François par Mlle l'Heritier. A Paris, Quay de Gesvres, chez Prault, 1732. in 12 de 366. pages, sans l'Epitre, l'Avertissement et la Table.
Début :
Nous croyons avec l'Auteur, que les Ouvrages d'Ovide [...]
Mots clefs :
Épître héroïques, Ovide, Mlle L'Héritier, Nouvelle traduction
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES EPITRES HEROÏQUES D'OVIDE, traduites en Vers François par Mlle l'Heritier. A Paris, Quay de Gesvres, chez Prault, 1732. in 12 de 366. pages, sans l'Epitre, l'Avertissement et la Table.
LES EPITRES HEROÏQUES D'OVIDE
traduites en Vers François par Me l'Heritier. A Paris , Quay de Gesures , chez
Prault, 1732. in 12. de 366. pages , sans
l'Epitre , l'Avertissement et la Table.
Nous croyons avec l'Auteur , que les
Ouvrages d'Ovide étant aussi aimez qu'ils
le sont , le Public verra avec plaisir une
nouvelle Traduction en Vers des Epitres
de cet excellent Auteur. Il est extrémement difficile, sans doute , de les rendre
en notre Langue avec toutes leurs beautez;
et c'est aparemment cette difficulté qui est
cause qu'on n'en a point vû en Vers de
traduction entiere , depuis plus de 200.
ans.
2
J'ai apporté tant d'application et de soins à bien suivre le sens de mon- Auteur , continuë Mlle l'Heritier , dans son
Avertissement qu'on me flatte que j'ai
réussi ; excepté que je l'ai un peu adouci
dans les endroits où les bienseances auroient pû être blessées , je l'ai toûjours.
suivi avec une grande exactitude.
Ces Epitres sont tradui es en differentes
manieres ; on en trouvera en Vers suivis,
en Quatrains et en Vers de divers' s mesures. Il y en a même un nombre en Prose
pour rendre la varieré plus complette et
satisfaire les goûts differens.
I. Vol.
Pour
JUIN. 1732. 1181
*
Four donnér une idée de cet Ouvrage,
nous prendrons sans choix à l'entrée du
Livre , quelques Strophes de la premiere
Epitre de Penelope à Ulisse.
Penelope t'écrit , et dans sa peine extrême ,
T'accuse d'un oubli qu'elle a peu mérité :
Pars au lieu de répondre , et lui vien par to même ,
Confirmer les sermens de ta fidelité.
讚
Troye autrefois si fiere , elle dont la memoire;
Donne aux femmes de Grece une si juste horreur, -
Cette Troye a peri , mais quelle en est la gloire
De dix ans de combats vaut elle la fureur? ·
Plut aux Dieux qu'au moment que pour ravir Helene ,
Le coupable Pâris osoit fendre les eaux ,
Des fougueux Aquilons l'impetueuse haleine ,
But fait au fond des Mers abimer ses Vaisseaux !
Je n'aurois point passé dans un triste veuvage,
Cette affreuse longueur de jours dont je me
plains ;
Et l'assidu travail d'un importun ouvrage ,
Ne m'obligeroit point à me lasser les mains
器
J. Vol . Je
1182 MERCURE DE FRANCE
Combien, le cœur serré , les yeux baignez de larmes ,
Ai-jocraint des périls qui ne t'attendoient pas
Le veritable amour est sujet aux allarmes
Et dans l'inquietude il trouve des appas.
Je croyois toujours voir quelque Troupe enne mie ,
S'avancer pour ta perte et n'en vouloir qu'à tois
Et pleine des dangers qui menaçoient ta vie ,
Dès qu'on nommoit Hector , je palissois d'effroi..
Par ce fils de Priam aux-Grecs si redoutable,
Antiloque vaincu , me mettoit aux abois.
Ma tendresse pour toi craignoit un sort sem→
blable ,
Et mes pleurs dans ce trouble ont coulé milla
fois.
Combien m'en a-t'on va verser pour Tlépoleme;
Qui du fier Sarpedon en vain crut fuir le bras t
Sa mort renouvella l'inquietude extréme ,
Qui de ce que j'aimois me peignoit le trépas.
Quand Patrocle tomba sous les armes d'Achille ,
Ah! m'écriai-je alors , nos efforts seront vains !`
Ulisse aura peut- être une adresse inutile ,
Pour dérober ses jours auxmalheurs que je crains!
I. Vol Enfin
JUI N. 17320 1183:
Enfin , aucun des Grecs ne restoit sur la place,
En perdant pour jamais la lumiere du jour ,
Que dans l'instant mon sein ne fut plus froid.
que glace ,
Quoiqu'il brulât d'ailleurs des flammes de l'a
mour.
Mais un Dieu favorable à cet amour fidelle .
Dissipant mes frayeurs , m'a mise en sureté ,
Troye en cendre réduite , a fini la querelle ,
Et, quand elle n'est plus , Ulisse m'est resté. &e.
traduites en Vers François par Me l'Heritier. A Paris , Quay de Gesures , chez
Prault, 1732. in 12. de 366. pages , sans
l'Epitre , l'Avertissement et la Table.
Nous croyons avec l'Auteur , que les
Ouvrages d'Ovide étant aussi aimez qu'ils
le sont , le Public verra avec plaisir une
nouvelle Traduction en Vers des Epitres
de cet excellent Auteur. Il est extrémement difficile, sans doute , de les rendre
en notre Langue avec toutes leurs beautez;
et c'est aparemment cette difficulté qui est
cause qu'on n'en a point vû en Vers de
traduction entiere , depuis plus de 200.
ans.
2
J'ai apporté tant d'application et de soins à bien suivre le sens de mon- Auteur , continuë Mlle l'Heritier , dans son
Avertissement qu'on me flatte que j'ai
réussi ; excepté que je l'ai un peu adouci
dans les endroits où les bienseances auroient pû être blessées , je l'ai toûjours.
suivi avec une grande exactitude.
Ces Epitres sont tradui es en differentes
manieres ; on en trouvera en Vers suivis,
en Quatrains et en Vers de divers' s mesures. Il y en a même un nombre en Prose
pour rendre la varieré plus complette et
satisfaire les goûts differens.
I. Vol.
Pour
JUIN. 1732. 1181
*
Four donnér une idée de cet Ouvrage,
nous prendrons sans choix à l'entrée du
Livre , quelques Strophes de la premiere
Epitre de Penelope à Ulisse.
Penelope t'écrit , et dans sa peine extrême ,
T'accuse d'un oubli qu'elle a peu mérité :
Pars au lieu de répondre , et lui vien par to même ,
Confirmer les sermens de ta fidelité.
讚
Troye autrefois si fiere , elle dont la memoire;
Donne aux femmes de Grece une si juste horreur, -
Cette Troye a peri , mais quelle en est la gloire
De dix ans de combats vaut elle la fureur? ·
Plut aux Dieux qu'au moment que pour ravir Helene ,
Le coupable Pâris osoit fendre les eaux ,
Des fougueux Aquilons l'impetueuse haleine ,
But fait au fond des Mers abimer ses Vaisseaux !
Je n'aurois point passé dans un triste veuvage,
Cette affreuse longueur de jours dont je me
plains ;
Et l'assidu travail d'un importun ouvrage ,
Ne m'obligeroit point à me lasser les mains
器
J. Vol . Je
1182 MERCURE DE FRANCE
Combien, le cœur serré , les yeux baignez de larmes ,
Ai-jocraint des périls qui ne t'attendoient pas
Le veritable amour est sujet aux allarmes
Et dans l'inquietude il trouve des appas.
Je croyois toujours voir quelque Troupe enne mie ,
S'avancer pour ta perte et n'en vouloir qu'à tois
Et pleine des dangers qui menaçoient ta vie ,
Dès qu'on nommoit Hector , je palissois d'effroi..
Par ce fils de Priam aux-Grecs si redoutable,
Antiloque vaincu , me mettoit aux abois.
Ma tendresse pour toi craignoit un sort sem→
blable ,
Et mes pleurs dans ce trouble ont coulé milla
fois.
Combien m'en a-t'on va verser pour Tlépoleme;
Qui du fier Sarpedon en vain crut fuir le bras t
Sa mort renouvella l'inquietude extréme ,
Qui de ce que j'aimois me peignoit le trépas.
Quand Patrocle tomba sous les armes d'Achille ,
Ah! m'écriai-je alors , nos efforts seront vains !`
Ulisse aura peut- être une adresse inutile ,
Pour dérober ses jours auxmalheurs que je crains!
I. Vol Enfin
JUI N. 17320 1183:
Enfin , aucun des Grecs ne restoit sur la place,
En perdant pour jamais la lumiere du jour ,
Que dans l'instant mon sein ne fut plus froid.
que glace ,
Quoiqu'il brulât d'ailleurs des flammes de l'a
mour.
Mais un Dieu favorable à cet amour fidelle .
Dissipant mes frayeurs , m'a mise en sureté ,
Troye en cendre réduite , a fini la querelle ,
Et, quand elle n'est plus , Ulisse m'est resté. &e.
Fermer
Résumé : LES EPITRES HEROÏQUES D'OVIDE, traduites en Vers François par Mlle l'Heritier. A Paris, Quay de Gesvres, chez Prault, 1732. in 12 de 366. pages, sans l'Epitre, l'Avertissement et la Table.
Le texte présente une édition des 'Épîtres héroïques' d'Ovide, traduites en vers français par Mlle l'Heritier et publiées à Paris en 1732. L'ouvrage, de 366 pages, propose diverses traductions des épîtres en vers, en quatrains, en vers de différentes mesures et même en prose, afin de répondre à divers goûts littéraires. L'auteure souligne la difficulté de traduire les œuvres d'Ovide tout en conservant leurs beautés. Elle précise que sa traduction est la première en vers complète depuis plus de 200 ans. Elle a cherché à suivre fidèlement le sens original tout en adoucissant certains passages pour respecter les bienséances. Le texte inclut des extraits de la première épître de Pénélope à Ulysse, abordant les thèmes de l'amour, de l'anxiété et des dangers affrontés par Ulysse durant la guerre de Troie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17135
p. 69
AVIGNON.
Début :
La joye universelle de la France s'est communiquée à cette Ville Etrangere ; le [...]
Mots clefs :
Avignon, Ville étrangère, Concert, Dîner, Feu d'artifice, Vice-légat, Carlo Genuini
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIGNON.
AVIGNON.
زر
La joye univerſelle de la France s'eft
communiquée à cette Ville Etrangere ; le
Vice-Légat , les Confuls & tous les Tribunaux
, ont parû François dans cette occafion.
Après les devoirs pieux rendus, un Concert
&une collation magnifiques, précédés d'un
dîner ſomptueux chés le Vice-Légat , on
tira un Feu d'artifice des plus beaux , compoſé
par Il Signor Carlo Genuini,un des plus
célébres Artificiers d'Italie .
زر
La joye univerſelle de la France s'eft
communiquée à cette Ville Etrangere ; le
Vice-Légat , les Confuls & tous les Tribunaux
, ont parû François dans cette occafion.
Après les devoirs pieux rendus, un Concert
&une collation magnifiques, précédés d'un
dîner ſomptueux chés le Vice-Légat , on
tira un Feu d'artifice des plus beaux , compoſé
par Il Signor Carlo Genuini,un des plus
célébres Artificiers d'Italie .
Fermer
17137
p. 2675-2676
« Le Sieur Julien Apotiquaire ordinaire du Roi, en son Artillerie de France, continuë avec succès [...] »
Début :
Le Sieur Julien Apotiquaire ordinaire du Roi, en son Artillerie de France, continuë avec succès [...]
Mots clefs :
Élixir, Maladies, Sirop stomacal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Sieur Julien Apotiquaire ordinaire du Roi, en son Artillerie de France, continuë avec succès [...] »
Le Sieur Julien Apotiquaire ordinaire du Roi,
'en son Artillerie de France , continue avec succès
de débiter son Sirop connu sous le nom de
Stomachal , souverain pour guerir les maladies
de poitrine , la toux séche et quand on est tourmenté
de fluxions chaudes et subtiles qui tom
bent sur la trachée - artere et les poulmons ; il
en adoucit l'acrimonie , soulage les phtisiqnes
et asmatiques . Sa doze est d'une cuillerée
bouche , trois fois par jour , il est très agréable
à prendre , on le peut prendre en une seule fois
dans du Thé , Prisanne , eau chaude &c .
ου
I
Ou trouvera aussi chez lui la véritable Pâte
de Guimauve , Jus de regliffe blanc , de même
que les Tablettes de soulphre d'une nouvelle
Composition pont le soulagement des asmatiques.
Sa demeure est toujours à Paris > rue de la
Verrerie , proche la rue des Billettes.
On donne avis au Public que Madame d'Algret
a composé un Elixir fortifient & anodin
excellent pour toutes les maladies du cerveau
et de l'estomach , et pour les personnes avancées
en âge ,exténuées par de longues maladies ;
il est encore bon pour toutes les coliques , pour
I. Vol
toutes
2676 MERCURE DE FRANCE
toutes les tranchées des femmes nouvellement
accouchées,il guerit des vomissements et procure
l'évacuation des vidanges lorsqu'elles sont suprimées.
C'est en conséquence des preuves que
Madame d'Algret a fait sous les yeux de M. le
premier Médecin , de la bonté de ce remede &
de l'examen qui en a été fait au Bureau de la
Commission par Mrs les Commissaires, qu'il lui
a été permis le le vendre et distribuct par Brevet
de la Commission.
Le prix de cet Elixir est de 60 livres la pinte,
qui se distribue en bouteilles de différens prix
dont les moindres sont de six et de trois livres.'
Madame d'Algret demeure rue des Poulies , an
petit Hôtel de Conti , vis- à- vis la rue Bailleul
dans la premiere cour , et premier escalier à main
droite , elle avertit le Public pour qu'il ne soit pas
trompé , qu'elle distribue elle même cet Elixir
et n'en fait distribuer par personne ni ailleurs
que chez elle ; on donne avec les bouteilles qui
sont cachetées de fon cachet , la maniere de se
servir de cet Elixir qui se transporte par tout et
ne se corrompt jamais , et qui est fort agréable à
prendre.
'en son Artillerie de France , continue avec succès
de débiter son Sirop connu sous le nom de
Stomachal , souverain pour guerir les maladies
de poitrine , la toux séche et quand on est tourmenté
de fluxions chaudes et subtiles qui tom
bent sur la trachée - artere et les poulmons ; il
en adoucit l'acrimonie , soulage les phtisiqnes
et asmatiques . Sa doze est d'une cuillerée
bouche , trois fois par jour , il est très agréable
à prendre , on le peut prendre en une seule fois
dans du Thé , Prisanne , eau chaude &c .
ου
I
Ou trouvera aussi chez lui la véritable Pâte
de Guimauve , Jus de regliffe blanc , de même
que les Tablettes de soulphre d'une nouvelle
Composition pont le soulagement des asmatiques.
Sa demeure est toujours à Paris > rue de la
Verrerie , proche la rue des Billettes.
On donne avis au Public que Madame d'Algret
a composé un Elixir fortifient & anodin
excellent pour toutes les maladies du cerveau
et de l'estomach , et pour les personnes avancées
en âge ,exténuées par de longues maladies ;
il est encore bon pour toutes les coliques , pour
I. Vol
toutes
2676 MERCURE DE FRANCE
toutes les tranchées des femmes nouvellement
accouchées,il guerit des vomissements et procure
l'évacuation des vidanges lorsqu'elles sont suprimées.
C'est en conséquence des preuves que
Madame d'Algret a fait sous les yeux de M. le
premier Médecin , de la bonté de ce remede &
de l'examen qui en a été fait au Bureau de la
Commission par Mrs les Commissaires, qu'il lui
a été permis le le vendre et distribuct par Brevet
de la Commission.
Le prix de cet Elixir est de 60 livres la pinte,
qui se distribue en bouteilles de différens prix
dont les moindres sont de six et de trois livres.'
Madame d'Algret demeure rue des Poulies , an
petit Hôtel de Conti , vis- à- vis la rue Bailleul
dans la premiere cour , et premier escalier à main
droite , elle avertit le Public pour qu'il ne soit pas
trompé , qu'elle distribue elle même cet Elixir
et n'en fait distribuer par personne ni ailleurs
que chez elle ; on donne avec les bouteilles qui
sont cachetées de fon cachet , la maniere de se
servir de cet Elixir qui se transporte par tout et
ne se corrompt jamais , et qui est fort agréable à
prendre.
Fermer
Résumé : « Le Sieur Julien Apotiquaire ordinaire du Roi, en son Artillerie de France, continuë avec succès [...] »
Le texte décrit deux remèdes médicaux et leurs fabricants. Julien, apothicaire du Roi en son Artillerie de France, propose le sirop Stomachal, efficace contre les maladies de poitrine, la toux sèche et les fluxions chaudes affectant la trachée-artère et les poumons. Ce sirop adoucit l'acrimonie et soulage les phtisiques et les asthmatiques. La dose recommandée est d'une cuillerée à bouche, trois fois par jour, dans du thé, de la prasine ou de l'eau chaude. Julien vend également de la pâte de guimauve, du jus de réglisse blanc et des tablettes de soufre pour les asthmatiques à Paris, rue de la Verrerie, proche la rue des Billettes. Madame d'Algret a composé un élixir fortifiant et anodin, bénéfique pour les maladies du cerveau et de l'estomac, ainsi que pour les personnes âgées ou affaiblies par de longues maladies. Cet élixir est également indiqué pour les coliques, les tranchées des femmes nouvellement accouchées, les vomissements et les problèmes d'évacuation. Après des preuves et un examen par des commissaires, Madame d'Algret a obtenu un brevet pour vendre et distribuer cet élixir. Le prix varie selon la taille des bouteilles, les plus petites coûtant six ou trois livres. Madame d'Algret réside rue des Poulies, au petit Hôtel de Conti, et distribue elle-même l'élixir pour éviter toute tromperie. Les bouteilles sont cachetées et accompagnées d'instructions d'utilisation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17138
p. 135-136
AUTRE.
Début :
On connoît par expérience [...]
Mots clefs :
Lit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
ON connoît par expérience
Le prix de mon utilité ,
Car chaque homme dès fa naiffance ,
Eprouve ma néceffité.
Lecteur , je gage que peut-être ,
( Sans me vanter mal à propos )
C'eſtpar mon fecours que ton être
Eft enfin forti du cahos.
Par les douceurs que je procure ,
Je compte partager tes jours ,
Mais j'en ufe bien , je t'affûre ,
Puifque j'en conferve le cours.
Par un contrafte , dont perfonne
Ne fçauroit le trouver exempt ,
Mon fein eft bien des fois le champ
Dans lequel Atropos moiffonne.
Témoin des plus fecrets plaifirs,
J'en donne fouvent les défirs.
Plus à ceux dont je fuis l'ouvrage ;
Je coûte de peine à hauffer ;
Plus ceux qui de moi font uſage ,
Ont de plaifir à m'abaiffer.
Comme le Paon , c'eft de mes plumes
Dont on fait en moi plus de cas ;
La moindre careffe du bras
136 MERCURE DE FRANCE,
En groffit bien-tôt les volumes .
J'admets à ma comparaiſon ,
Ou la fougere ou le gazon ;
C'en eft allez pour fçavoir comme
Mon tout par trois lettres fe nomme.
Par le même.
ON connoît par expérience
Le prix de mon utilité ,
Car chaque homme dès fa naiffance ,
Eprouve ma néceffité.
Lecteur , je gage que peut-être ,
( Sans me vanter mal à propos )
C'eſtpar mon fecours que ton être
Eft enfin forti du cahos.
Par les douceurs que je procure ,
Je compte partager tes jours ,
Mais j'en ufe bien , je t'affûre ,
Puifque j'en conferve le cours.
Par un contrafte , dont perfonne
Ne fçauroit le trouver exempt ,
Mon fein eft bien des fois le champ
Dans lequel Atropos moiffonne.
Témoin des plus fecrets plaifirs,
J'en donne fouvent les défirs.
Plus à ceux dont je fuis l'ouvrage ;
Je coûte de peine à hauffer ;
Plus ceux qui de moi font uſage ,
Ont de plaifir à m'abaiffer.
Comme le Paon , c'eft de mes plumes
Dont on fait en moi plus de cas ;
La moindre careffe du bras
136 MERCURE DE FRANCE,
En groffit bien-tôt les volumes .
J'admets à ma comparaiſon ,
Ou la fougere ou le gazon ;
C'en eft allez pour fçavoir comme
Mon tout par trois lettres fe nomme.
Par le même.
Fermer
17139
p. 69-73
SOISSONS.
Début :
Les bornes, prescrites à ce Journal, ne permettent pas de détailler tout ce qui s'est [...]
Mots clefs :
Soissons, Intendant, Abbaye Saint-Jean-des-Vignes, François de Fitz-James, Roi, Te Deum, Charles-Blaise Méliand, Illumination, Feu d'artifice, Emblème, Divertissement, Pierre-Charles Roy
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SOISSONS.
SOISSONS .
1
Les bornes , preſcrites à ce Journal , ne
permettent pas de détailler tout ce qui s'eſt
paffé à Soiffons, quand laConvalefcence du
Roi y a été annoncée. Le Duc de Fitsjames,
Evêque de Soiſſons & Premier Aumônier
du Roi , a peint dans ſon Mandement le
coeur de ce Monarque , & le peindre , c'eſt
le loüer fans adulation. Les vertus n'ont
pas beſoin d'ornemens . Le Te Deum de la
compofition de M. Morel , Organiſte de la
célebre Abbaye de S. Jean des, Vignes , fut
chanté au bruit d'une triple ſalve d'Arcille
Dv
70 MERCURE DE FRANCE.
rie. M. le Comte de Buron , Lieutenant
Général de la Province ,& le Corps de Ville,
accompagnés des Gardes de M.le Duc de
Gêvres , Gouverneur ,& de ceux duComte
deBuron ,y affifterent,ainſi que le Préfidial,
qui les avoit devancés, l'illumination , les
feſtins & les largeſſes faites au Peuple , ca
ractériſerent la fatisfaction généralé. M.
Méliand , Intendant de la Province, ſe dif
ringua dans tout ce qu'il fit dans ces jours
fortunés ; on donna la Comédie fur un
Théatre dreffé dans la Place publique , exécutée
par uneTroupe arrivée à propos.L'ingénieux
Feu d'artifice répréſentoit le Templedu
Deſtin , & quoique l'ordonnance en
fût des plus nobles &des plus frappantes ,
il étoit encore plus orné par les Inſcriptions
qui le décoroient. Il faudroit les tranfcrire
toutes ici , fi on vouloit y rappeller les plus
belles. On ne donnera que le premier Emblême
, compoſé par M. Racine , le petitfils
, âgé de dix ans ; ainſi le nom de Racine
eſt un Eloge depuis trois générations. Cet
Emblême , déſignant le Roi en danger de
mourir , eſt une belle fleur , qu'un Moiffonneur
ſemble reſpecter,avec cette Inſcripzion
: Eft gloria Terra .
Moiffonneur , qu'en ta main cruelle
La Faux s'arrête en ce moment !
NOVEMBRE. 1744. 71
Ah ! reſpecte une fleur fi belle ;
De la Terre elle eſt l'ornement.
L'Emblême deuxième mérite d'être cité ,
puiſqu'il exprime des ſentimens que toutes
les Provinces de France ont également fait
éclater ; c'eſt un Roi d'Abeilles, languiſſant,
environné d'un grand nombre d'Abeilles ,
dont les unes l'épluchent , les autres lui
préſentent du miel au bout de leurs trompes
,d'autres fe gliſſent ſous lui,pour le foulever
, avec cette intéreſſante Inſcription =
Regemfic obfervant nulli.
L'Abeille est l'Image fidelle
Des ſentimens & des coeurs des François
Quel Peuple eut jamais plus de zéle,
Plus de reſpect& d'amour pour ſes Rois !
2
I
Pluſieurs Dames & Cavaliers de la Ville
exécuterent chés M. l'Intendant un Diver
tiſſement , dont les paroles ſontde M. Roy,
Chevalier de l'Ordre de S. Michel , & la
Muſique de M. Morel ,Organiſte de S. Jean
des Vignes , qui fut applaudi par les Connoiffeurs.
On ſouhaiteroit pouvoir donner
ici tout ce Divertiſſement , intitulé : Les
Bergers de l' Aiſne , où l'Auteur ſans s'écarter
du genre lyrique , a raſſemble des traits de
notre Hiſtoire & de la Fable. Voici ſeule-
Dvj
72 MERCURE DE FRANCE.
:
ment la troifiéme & derniere Scéne chantée
par Apollon.
APOLLON AUX BERGERS DE L'AISNE.
Reſpirez après tant d'allarmes,
Vous, * Monſtres de l'Enfer rentrez-y pour jamais
Miniſtres de la mort, ma main briſe vos traits;
Admete , ouvre les yeux à la clartéCéleste ,
Mais à tant de faveurs Apollon aujourd'hui
N'impoſe point de loi funeſte ;
On vous rend un Pere , un appui ,
Sans qu'il en coute à la fidéle Alceſte ,
Des jours que ſa tendreſſe auroit donnés pour lui.
Triomphe , Victoire ;
De vos chants frappez les airs ,
Trompettes & Tambours par vos bruyans Concerts
De ce jour confacrez la gloire ;
C'eſt la Fête de l'Univers.
Le Chapitre & l'Abbaye de S. Jean des
Vignes, ont auſſi donné des Fêtes, qui méritent
une ample Deſcription .
Monſeigneur le Dauphin & Mesdames
de France , en revenant de Metz , firent
l'honneur à M. l'Intendant de ſouper & de
coucher chés lui. Ils virent l'illumination
&le feu d'artifice,d'un goût nouveau,inven-
Al'Envie &sasuite.
NOVEMBRE. 1744. 73
té& exécutépar le frere Philbert, Religieux
Capucin à la Fere .
Les Curieux liront la Relation de ces
Fêtes, imprimée à Soiſſons , chés la veuve de
Charles Courtois , Imprimeur du Roi , près
l'Election ; ils y verront avec plaiſir le Compliment
fait à M. Meliand , Intendant, par
M. Carrier , Maire ; une Paftorale & un
Vaudeville de M. Berſon ; la Nymphe de
l'Aiſne au Roi , de M. de Royaucourt ; une
Ode de M. l'Abbé Portes , Chanoine de
l'Egliſe de Laon .
1
Les bornes , preſcrites à ce Journal , ne
permettent pas de détailler tout ce qui s'eſt
paffé à Soiffons, quand laConvalefcence du
Roi y a été annoncée. Le Duc de Fitsjames,
Evêque de Soiſſons & Premier Aumônier
du Roi , a peint dans ſon Mandement le
coeur de ce Monarque , & le peindre , c'eſt
le loüer fans adulation. Les vertus n'ont
pas beſoin d'ornemens . Le Te Deum de la
compofition de M. Morel , Organiſte de la
célebre Abbaye de S. Jean des, Vignes , fut
chanté au bruit d'une triple ſalve d'Arcille
Dv
70 MERCURE DE FRANCE.
rie. M. le Comte de Buron , Lieutenant
Général de la Province ,& le Corps de Ville,
accompagnés des Gardes de M.le Duc de
Gêvres , Gouverneur ,& de ceux duComte
deBuron ,y affifterent,ainſi que le Préfidial,
qui les avoit devancés, l'illumination , les
feſtins & les largeſſes faites au Peuple , ca
ractériſerent la fatisfaction généralé. M.
Méliand , Intendant de la Province, ſe dif
ringua dans tout ce qu'il fit dans ces jours
fortunés ; on donna la Comédie fur un
Théatre dreffé dans la Place publique , exécutée
par uneTroupe arrivée à propos.L'ingénieux
Feu d'artifice répréſentoit le Templedu
Deſtin , & quoique l'ordonnance en
fût des plus nobles &des plus frappantes ,
il étoit encore plus orné par les Inſcriptions
qui le décoroient. Il faudroit les tranfcrire
toutes ici , fi on vouloit y rappeller les plus
belles. On ne donnera que le premier Emblême
, compoſé par M. Racine , le petitfils
, âgé de dix ans ; ainſi le nom de Racine
eſt un Eloge depuis trois générations. Cet
Emblême , déſignant le Roi en danger de
mourir , eſt une belle fleur , qu'un Moiffonneur
ſemble reſpecter,avec cette Inſcripzion
: Eft gloria Terra .
Moiffonneur , qu'en ta main cruelle
La Faux s'arrête en ce moment !
NOVEMBRE. 1744. 71
Ah ! reſpecte une fleur fi belle ;
De la Terre elle eſt l'ornement.
L'Emblême deuxième mérite d'être cité ,
puiſqu'il exprime des ſentimens que toutes
les Provinces de France ont également fait
éclater ; c'eſt un Roi d'Abeilles, languiſſant,
environné d'un grand nombre d'Abeilles ,
dont les unes l'épluchent , les autres lui
préſentent du miel au bout de leurs trompes
,d'autres fe gliſſent ſous lui,pour le foulever
, avec cette intéreſſante Inſcription =
Regemfic obfervant nulli.
L'Abeille est l'Image fidelle
Des ſentimens & des coeurs des François
Quel Peuple eut jamais plus de zéle,
Plus de reſpect& d'amour pour ſes Rois !
2
I
Pluſieurs Dames & Cavaliers de la Ville
exécuterent chés M. l'Intendant un Diver
tiſſement , dont les paroles ſontde M. Roy,
Chevalier de l'Ordre de S. Michel , & la
Muſique de M. Morel ,Organiſte de S. Jean
des Vignes , qui fut applaudi par les Connoiffeurs.
On ſouhaiteroit pouvoir donner
ici tout ce Divertiſſement , intitulé : Les
Bergers de l' Aiſne , où l'Auteur ſans s'écarter
du genre lyrique , a raſſemble des traits de
notre Hiſtoire & de la Fable. Voici ſeule-
Dvj
72 MERCURE DE FRANCE.
:
ment la troifiéme & derniere Scéne chantée
par Apollon.
APOLLON AUX BERGERS DE L'AISNE.
Reſpirez après tant d'allarmes,
Vous, * Monſtres de l'Enfer rentrez-y pour jamais
Miniſtres de la mort, ma main briſe vos traits;
Admete , ouvre les yeux à la clartéCéleste ,
Mais à tant de faveurs Apollon aujourd'hui
N'impoſe point de loi funeſte ;
On vous rend un Pere , un appui ,
Sans qu'il en coute à la fidéle Alceſte ,
Des jours que ſa tendreſſe auroit donnés pour lui.
Triomphe , Victoire ;
De vos chants frappez les airs ,
Trompettes & Tambours par vos bruyans Concerts
De ce jour confacrez la gloire ;
C'eſt la Fête de l'Univers.
Le Chapitre & l'Abbaye de S. Jean des
Vignes, ont auſſi donné des Fêtes, qui méritent
une ample Deſcription .
Monſeigneur le Dauphin & Mesdames
de France , en revenant de Metz , firent
l'honneur à M. l'Intendant de ſouper & de
coucher chés lui. Ils virent l'illumination
&le feu d'artifice,d'un goût nouveau,inven-
Al'Envie &sasuite.
NOVEMBRE. 1744. 73
té& exécutépar le frere Philbert, Religieux
Capucin à la Fere .
Les Curieux liront la Relation de ces
Fêtes, imprimée à Soiſſons , chés la veuve de
Charles Courtois , Imprimeur du Roi , près
l'Election ; ils y verront avec plaiſir le Compliment
fait à M. Meliand , Intendant, par
M. Carrier , Maire ; une Paftorale & un
Vaudeville de M. Berſon ; la Nymphe de
l'Aiſne au Roi , de M. de Royaucourt ; une
Ode de M. l'Abbé Portes , Chanoine de
l'Egliſe de Laon .
Fermer
17140
p. 349-350
AUTRE ENIGME.
Début :
ROSELINDE, écoutez, je suis une Geane [...]
Mots clefs :
Montagne
17141
p. 1182-1183
« On apprend de Venise, que J. B. Pasqualini, a achevé d'imprimer la nouvelle [...] »
Début :
On apprend de Venise, que J. B. Pasqualini, a achevé d'imprimer la nouvelle [...]
Mots clefs :
Londres, Shakespeare, Histoire byzantine, Marbres d'Arundel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On apprend de Venise, que J. B. Pasqualini, a achevé d'imprimer la nouvelle [...] »
On apprend de Venise , que J. B. Pasqualini
, a achevé d'imprimer la nouvelle
Edition de l'Histoire Bizantine , en 22 .
vol. in -fol. et qu'il commence à debiter
le 23. vol. de cet ample Recueil .
On écrit de Londres , que Guillaume
Bowyer y a imprimé le Supplement aux
Marbres d' Arundel ou d'Oxfort , que M.
Maittaire a publié depuis peu sous ce ti-
· I. Vol. tre,
JUIN. 1734. 1183
tre : Appendix ad Marmora Academia
Oxionensis , sive graca trium Marmorum
recens repertorum Inscriptiones , cum Latina
Versione et Notis 1733 .
On a fait depuis peu à Londres une
Edition complette de Pieces de Theatre
de Shakespear, avec des Notes de M.
7heobald , en 7. vol . in 8. en Anglois.
, a achevé d'imprimer la nouvelle
Edition de l'Histoire Bizantine , en 22 .
vol. in -fol. et qu'il commence à debiter
le 23. vol. de cet ample Recueil .
On écrit de Londres , que Guillaume
Bowyer y a imprimé le Supplement aux
Marbres d' Arundel ou d'Oxfort , que M.
Maittaire a publié depuis peu sous ce ti-
· I. Vol. tre,
JUIN. 1734. 1183
tre : Appendix ad Marmora Academia
Oxionensis , sive graca trium Marmorum
recens repertorum Inscriptiones , cum Latina
Versione et Notis 1733 .
On a fait depuis peu à Londres une
Edition complette de Pieces de Theatre
de Shakespear, avec des Notes de M.
7heobald , en 7. vol . in 8. en Anglois.
Fermer
Résumé : « On apprend de Venise, que J. B. Pasqualini, a achevé d'imprimer la nouvelle [...] »
À Venise, J. B. Pasqualini a publié une nouvelle édition de l'Histoire Byzantine en 22 volumes, avec un 23e en distribution. À Londres, Guillaume Bowyer a imprimé un supplément aux Marbres d'Arundel, contenant des inscriptions grecques traduites en latin, publié en 1733. Londres a également vu la parution des œuvres complètes de Shakespeare en 7 volumes, annotées par M. Theobald.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17142
p. 136-137
ENIGME EN LOGOGRYPHE.
Début :
Je ne suis que figure & non réalité, [...]
Mots clefs :
Masque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME EN LOGOGRYPHE.
ENIGME EN LOGOGRYPHE.
J E ne fuis que figure & non réalité ,
Ornement de plaifir produit par la folie.
Ennemi du chagrin , de la mélancolie ,
Je fais naître les ris , j'inſpire la gaité .
Certains jours confacrés à mes jeux , à ma gloire ,
?
Font à mes Sectateurs goûter bien des plaifirs
Favorable aux amans , à leurs tendres défirs
J'ai fçû plus d'une fois procurer la victoire .
Je m'en tais , cher Lecteur, je ne dois tout au plus
Révéler que l'effet de tous mes attributs.
Souffre qu'en plufieurs fens ici je les explique .
Plus mes traits font hideux , plus ils font trouvés
beaux .
Par le femblant du vrai je fuis pere du faux ,
Vice chez les petits , chez les Grands politique.
L'oppofé du dehors , contrafte du dedans ;
L'apparence du bien , mais du mal le fûr guide ;
Pour le crime un manteau ,l'audace du timide.
DECEMBRE . 1749. 137,
Voila quel eft mon art ; tels font mes partiſans ;
Tranche ma tête enfin,& pour te mieux paroître,
A la place tu peux mettre celle d'un corps ;
Je fuis de nos Héros, changeant de nom & d'être,
Cette fuperbe armure offerte à leurs tranſports ,
Quand dans les champs de Mars ils vont pour Fa
Patrie
S'expofer au danger , facrifier leur vie .
Mais, Lecteur , j'en dis trop , déja tu me connois ,
Et je ceffe dès-lors d'être ce que j'étois .
J E ne fuis que figure & non réalité ,
Ornement de plaifir produit par la folie.
Ennemi du chagrin , de la mélancolie ,
Je fais naître les ris , j'inſpire la gaité .
Certains jours confacrés à mes jeux , à ma gloire ,
?
Font à mes Sectateurs goûter bien des plaifirs
Favorable aux amans , à leurs tendres défirs
J'ai fçû plus d'une fois procurer la victoire .
Je m'en tais , cher Lecteur, je ne dois tout au plus
Révéler que l'effet de tous mes attributs.
Souffre qu'en plufieurs fens ici je les explique .
Plus mes traits font hideux , plus ils font trouvés
beaux .
Par le femblant du vrai je fuis pere du faux ,
Vice chez les petits , chez les Grands politique.
L'oppofé du dehors , contrafte du dedans ;
L'apparence du bien , mais du mal le fûr guide ;
Pour le crime un manteau ,l'audace du timide.
DECEMBRE . 1749. 137,
Voila quel eft mon art ; tels font mes partiſans ;
Tranche ma tête enfin,& pour te mieux paroître,
A la place tu peux mettre celle d'un corps ;
Je fuis de nos Héros, changeant de nom & d'être,
Cette fuperbe armure offerte à leurs tranſports ,
Quand dans les champs de Mars ils vont pour Fa
Patrie
S'expofer au danger , facrifier leur vie .
Mais, Lecteur , j'en dis trop , déja tu me connois ,
Et je ceffe dès-lors d'être ce que j'étois .
Fermer
17143
p. 2676-2677
CHANSON.
Début :
Ciel ! quel orage affreux ! quel horrible Tonnerre ! [...]
Mots clefs :
Onde, Orage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON.
Tel ! quel orage affreux ! quel horrible Ton
Celnerre !
L'Onde s'unit aux vents pour ravager la Terre,
Quel péril menaçant les Cieux fondent en eau.
Prête à nous écraser dans l'air la foudre gronde
I. Vabe Tremble
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
:
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
DECEMBRE. 1733 : 2677
Tremblez , Mortels , tremblez , un Déluge nouveau
,
Dans l'éternelle nuit ensevelit le Monde ;
Mais je crains peu sa rage , Amis , dans mon
Caveau ,
Pour le braver, je veux que Bacchus me seconde;'
Je veux , quand j'aurai fait de mon ventre un
tonneau ,
Que l'Aquilon le berce, et qu'il flote sur l'Onde.
Tel ! quel orage affreux ! quel horrible Ton
Celnerre !
L'Onde s'unit aux vents pour ravager la Terre,
Quel péril menaçant les Cieux fondent en eau.
Prête à nous écraser dans l'air la foudre gronde
I. Vabe Tremble
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
:
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
DECEMBRE. 1733 : 2677
Tremblez , Mortels , tremblez , un Déluge nouveau
,
Dans l'éternelle nuit ensevelit le Monde ;
Mais je crains peu sa rage , Amis , dans mon
Caveau ,
Pour le braver, je veux que Bacchus me seconde;'
Je veux , quand j'aurai fait de mon ventre un
tonneau ,
Que l'Aquilon le berce, et qu'il flote sur l'Onde.
Fermer
Résumé : CHANSON.
Le texte décrit une tempête violente avec des vents et des vagues destructeurs. La foudre gronde, semant la peur et l'angoisse. Le narrateur ne craint pas ce déluge, espérant être protégé par Bacchus. Il imagine flotter sur les vagues, bercé par l'Aquilon. Le poème est daté de décembre 1733 et provient de la New York Public Library.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17144
p. 2683
ENIGME.
Début :
J'ai trois soeurs ; le Tems est mon pere ; [...]
Mots clefs :
Hiver
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
' Ai trois foeurs ; le Tems eft mon pere ;
Je fuis & ne fuis plus ; je meurs & je renais ,
Tantôt plus doux , & tantôt plus mauvais ;
A tous les Elémens je déclare la guerre .
Je n'ai , mon cher Lecteur , ni pieds , ni mains , ni
bras ,
Et cependant je fais , moi feul , plus de fracas
Que n'en fait une armée entiere ;
Souvent je porte avec moi le trépas
Une chofe certaine eft qu'on ne m'aime guére.
Je régne en cent climats divers ;
Mon nom fait trembler l'Univers ;
Les Vieillards , les Enfans , tous craignent mon ap
proche ,
Et je puis dire , fans reproche ,
Qu'on ne me craint point aux Enfers .
C. Suicer , de Châlons fur Marne .
' Ai trois foeurs ; le Tems eft mon pere ;
Je fuis & ne fuis plus ; je meurs & je renais ,
Tantôt plus doux , & tantôt plus mauvais ;
A tous les Elémens je déclare la guerre .
Je n'ai , mon cher Lecteur , ni pieds , ni mains , ni
bras ,
Et cependant je fais , moi feul , plus de fracas
Que n'en fait une armée entiere ;
Souvent je porte avec moi le trépas
Une chofe certaine eft qu'on ne m'aime guére.
Je régne en cent climats divers ;
Mon nom fait trembler l'Univers ;
Les Vieillards , les Enfans , tous craignent mon ap
proche ,
Et je puis dire , fans reproche ,
Qu'on ne me craint point aux Enfers .
C. Suicer , de Châlons fur Marne .
Fermer
17145
p. 137-138
LOGOGRYPHE.
Début :
Mon nom se prend en deux sens differens. [...]
Mots clefs :
Comète
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
Mon nom fe prend en deux fens differens.
Je fuis dans l'un , au gré de bien des gens ,
D'un fâcheux préfage à la vue ,
Leur ame , en me voyant , eft triftement émue
Et dans l'autre je fuis de ces amuſemens
Qui fervent à paffer le tems.
Je renferme en fix pieds, qui forment ma fubftance,
Un titre , dont plus d'un Seigneur
Se décore & fe fait honneur ,
En Angleterre , ainfi qu'en France ;
Une Cité du Duché de Milan ,
Ou fi tu veux le nom d'un Saint, & d'un brigand ;
Le fynonime de volume ;
Ce que dans fon chaudron la harangere allume
138 MERCURE DE FRANCE.
Pour oppofer aux traits d'un froid plein de rigueat;
Et ce qu'au premier homme ôta le Créateur.
Brunet , de Dijon.
Mon nom fe prend en deux fens differens.
Je fuis dans l'un , au gré de bien des gens ,
D'un fâcheux préfage à la vue ,
Leur ame , en me voyant , eft triftement émue
Et dans l'autre je fuis de ces amuſemens
Qui fervent à paffer le tems.
Je renferme en fix pieds, qui forment ma fubftance,
Un titre , dont plus d'un Seigneur
Se décore & fe fait honneur ,
En Angleterre , ainfi qu'en France ;
Une Cité du Duché de Milan ,
Ou fi tu veux le nom d'un Saint, & d'un brigand ;
Le fynonime de volume ;
Ce que dans fon chaudron la harangere allume
138 MERCURE DE FRANCE.
Pour oppofer aux traits d'un froid plein de rigueat;
Et ce qu'au premier homme ôta le Créateur.
Brunet , de Dijon.
Fermer
17146
p. 123-125
EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale des SCIENCES. Du 22 Février 1764.
Début :
NOUS avons examiné par ordre de l'Académie, un Mémoire de M. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale des SCIENCES. Du 22 Février 1764.
EXTRAIT des Registres de l'Académie
Royale des SCIENCES.
Du 22 Février 1764.
NOUS avons examiné par ordre
de l'Académie, un Mémoire de M.
Biesta , Mª Horloger à Paris , fur une
nouvelle conſtruction de Montres, dans
leſquelles tout ce qui appartient à l'é-
chappement peut s'enlever ſans démon-
ter le reſte de la montre. Il eſt exacte-
ment vrai , & M. Biesta le dit dans ſon
Mémoire ,que la plus grande partie des
dérangemens & des accidens qui arri-
ventà une montre , viennent de l'altéra-
tion de l'échappement , & que très-fou-
vent on n'auroit nul beſoin de démon-
ter le reſte de la montre pour y remé-
dier , s'il étoit poffible d'y toucher fans
cela ; c'eſt cet avantage que M. Biefta
avoulu procurer aux montres. Par la
conſtruction qu'il propoſe : la potence,
la cantre-potence , le cocq , la couliffe ,
la roſette , le balancier , le piton , & le
reffort ſpiral y font portés par une pla-
que d'acier , tenant par trois vis à la
platine du nom qui eſt percée en cet
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
endroit pour donner paſſage à la roue de
rencontre , la potence &la contre-po-
tence. Cette conſtruction peut être ap-
pliquée à toutes les montres déjà faites,
& il eſt aisé de ſentir combien elle
peut être avantageuſe , ſur-tout pour
les Piéces compoſées , comme pour les
montres à ſonnerie , ou à répétition ,
qu'on ne ſera plus obligé de démonter
en entier pour le moindre dérangement
arrivé à l'échappement; ce qui peut
être d'autant plus utile, qu'on eft quel-
quefois obligé en voyage de ſe ſervir
d'Ouvriers médiocres qui pourroient
aifément gâter des parties auſſi délica-
tes , & qui leur font trop ſouvent in-
connues ; au lieu que les effets de l'é-
chappement font généralement connus
de tous ceux qui ont pratiqué l'Horlo-
gerie. Ces avantages font que nous ne
pouvons qu'applaudir à la conſtruction
deM. Biefta , qui nous a paru ingénieu-
fe , & mériter l'approbation de l'Aca-
démie. Signé, CAMUS & DE FOUCHY.
L'Auteur de cette invention eſt le
même qui a trouvé la manière d'ap-
pliquer aifément aux Pendules à ſecon-
des le temps vrai , également approuvé
par l'Académie Royale des Sciences. Il
demeure préfentement Cloître S. Ger-
AVRIL. 1764.
main - l'Auxerrois
Paris.
125
, en entrant par le
Louvre à gauche , au Temps vrai , à
Le prix pour appliquer ſon équation
aux Pendules à ſecondes , eft de huit
louis ; & l'application dela conftruction
mentionnée au certificat ci-joint ne
renchérit pas chez l'Auteur les montres
neuves ; mais pour donner les mêmes
avantages à celles qui ſont déjà faites ,
il prend pour une montre fimple deux
louis , & pour une à répétition trois
louis ; & MM. les Horlogers ſes Con-
frères peuvent compoſer avec l'Auteur ,
parce qu'ils pourront ſe réſerver cer-
tains Ouvrages pour eux-mêmes.
Royale des SCIENCES.
Du 22 Février 1764.
NOUS avons examiné par ordre
de l'Académie, un Mémoire de M.
Biesta , Mª Horloger à Paris , fur une
nouvelle conſtruction de Montres, dans
leſquelles tout ce qui appartient à l'é-
chappement peut s'enlever ſans démon-
ter le reſte de la montre. Il eſt exacte-
ment vrai , & M. Biesta le dit dans ſon
Mémoire ,que la plus grande partie des
dérangemens & des accidens qui arri-
ventà une montre , viennent de l'altéra-
tion de l'échappement , & que très-fou-
vent on n'auroit nul beſoin de démon-
ter le reſte de la montre pour y remé-
dier , s'il étoit poffible d'y toucher fans
cela ; c'eſt cet avantage que M. Biefta
avoulu procurer aux montres. Par la
conſtruction qu'il propoſe : la potence,
la cantre-potence , le cocq , la couliffe ,
la roſette , le balancier , le piton , & le
reffort ſpiral y font portés par une pla-
que d'acier , tenant par trois vis à la
platine du nom qui eſt percée en cet
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
endroit pour donner paſſage à la roue de
rencontre , la potence &la contre-po-
tence. Cette conſtruction peut être ap-
pliquée à toutes les montres déjà faites,
& il eſt aisé de ſentir combien elle
peut être avantageuſe , ſur-tout pour
les Piéces compoſées , comme pour les
montres à ſonnerie , ou à répétition ,
qu'on ne ſera plus obligé de démonter
en entier pour le moindre dérangement
arrivé à l'échappement; ce qui peut
être d'autant plus utile, qu'on eft quel-
quefois obligé en voyage de ſe ſervir
d'Ouvriers médiocres qui pourroient
aifément gâter des parties auſſi délica-
tes , & qui leur font trop ſouvent in-
connues ; au lieu que les effets de l'é-
chappement font généralement connus
de tous ceux qui ont pratiqué l'Horlo-
gerie. Ces avantages font que nous ne
pouvons qu'applaudir à la conſtruction
deM. Biefta , qui nous a paru ingénieu-
fe , & mériter l'approbation de l'Aca-
démie. Signé, CAMUS & DE FOUCHY.
L'Auteur de cette invention eſt le
même qui a trouvé la manière d'ap-
pliquer aifément aux Pendules à ſecon-
des le temps vrai , également approuvé
par l'Académie Royale des Sciences. Il
demeure préfentement Cloître S. Ger-
AVRIL. 1764.
main - l'Auxerrois
Paris.
125
, en entrant par le
Louvre à gauche , au Temps vrai , à
Le prix pour appliquer ſon équation
aux Pendules à ſecondes , eft de huit
louis ; & l'application dela conftruction
mentionnée au certificat ci-joint ne
renchérit pas chez l'Auteur les montres
neuves ; mais pour donner les mêmes
avantages à celles qui ſont déjà faites ,
il prend pour une montre fimple deux
louis , & pour une à répétition trois
louis ; & MM. les Horlogers ſes Con-
frères peuvent compoſer avec l'Auteur ,
parce qu'ils pourront ſe réſerver cer-
tains Ouvrages pour eux-mêmes.
Fermer
17147
p. 1183-1186
PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences pour l'année 1736.
Début :
Feu M. Roüillé de Meslay, ancien Conseiller au Parlement de Paris, ayant conçu le noble [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Prix, Devise, Secrétaire, Récépissé, Testament, Orbites des planètes, Sentence, Système général du monde, Astronomie physique, Pièces
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences pour l'année 1736.
PRIX proposé par l'Académie Royale
des Sciences pour l'année 1736.
Eu M. Rouillé de Melay , ancien Conseiller
Fu Marement de Paris , ayant no
au Parlement de Paris , ayant conçu le noble
dessein de contribuer au progrès des Sciences
, et à l'utilité que le Public en pouvoit reti
ter, a legué à l'Académie Royale des Sciences
un fonds pour deux Prix , qui seront distribucz
à ceux qui , au jugement de cette Compagnie
auront le mieux réussi sur deux differentes sorrés
de Sujets , qu'il a indiquez dans son Testament
, et dont il a donné des exemples.
Les Sujets du premier Prix regardent le Syste
me general du Monde; et l'Astronomie Physique.
Ce Prix devroit être de 2000. livres , aux termes
du Testament , et se distribuer tous les ans,
Mais la diminution des Rentes a obligé de ne
le donner que tous les deux ans , afin de le rendre
plus considerable , et il sera de 1500. livres.
Les Sujets du second Prix regardent la Navigation
et le Commerce .
Il ne se donnera que tous les deux ans , et scra
de 2000. livres .
L'Académie , lorsqu'elle proposa la question
sur l'Inclinaison des Plans des Orbites des Pla-
1. Vol. netes
1184 MERCURE DE FRANCE
netes , en désiroit la solution plus qu'elle ne l'est
peroit ; aucun des ouvrages qui lui furent envoyez
ne lui parut mériter le Prix de l'annéc
1732. et elle laissa encore pour deux ans la même
matiere proposée aux recherches des Sçavans
avec un Prix double . L'Académie voit aujourd'hui
le succès de son délai ; parmi les Pieces
qu'elle a reçûës , elle en a trouvé deux qui méritent
le Prix et qui , par des beautez differentes ,
lui ont paru chacune y avoir un droit égal .
Dans ce cas , où l'égalité ne permet pas de
choisir , et semble d'elle - même établir la loi
de récompenser également des mérites égaux
l'Académie est encore authorisée par l'Arrêt du
Parlement qui a expliqué le Testament de M.de
Meflay ; elle a donc jugé que le Prix double de
cette année seroit partagé également entre les
deux Auteurs des Pieces dont les ' numeros sont
19. et 20. * la Devise de celle- cy est ,
Felices anima quibus hac cognoscere primùm.
Inque domos superas scandere cura fuit.
Et celle de la Piece 19. Virtutum pretium in ipais
est , et rectè facti merces est, fecisse.
Cependant l'Académie avant que de prononcer
son jugement avoit ré olu de renouveller dans
cette occasion un avertissement qu'elle à déja
fait autrefois : Comme elle ne restraint à aucun
Sistême les explications qu'elle demande des Phénomenes
, le suffrage aussi qu'elle donne à ces explications
n'est point une adoption des principes sur
lesquels elles sont fondées , ni de toutes les conséquences
qu'on en tire.
Les trois Pieces qui ont le plus approché du
* Les Numeros marquent seulement l'ordre dans
lequel les Pieces ont été reçûës.
I. Vol.
Prix
JUIN, 1714. 1185.
Prix , sont la Piece 26. dont la Devise est , Deus
autem noster in coelo omnia quacumque voluit , fecit
, la Piece 17. dont la Devise est , Emendantur
priora posterioribus , et la Piece 28 dont la Devise
inclinavit cælos , et descendit , et caligo sub
est ,
pedibus ejus.
M. Jean Bernoulli , Professeur en Mathématique
à Bâle , et M. Daniel Bernoulli , son fils ,
qui l'a été à Petersbourg , ont remporté le Prix
de 1734-
L'Académie se conformant aux vûës et aux
intentions du Testateur , propose pour sujet du
premier Prix qui tombe dans l'année 1736 .
Comment se fait la Propagation de la Lumiere.
Les Sçavans de toutes les Nations sont invitez
à travailler sur ces Sajets , et même les Associez
Etrangers de l'Académie. Elle s'est fait la Loi
d'exclure les Académiciens regnicoles de piétendre
aux Prix .
Ceux qui composeront sont invitez à écrire en
François ou en Latin , mais sans aucune obligation.
Ils pourront écrire en telle Langue qu'ils
voudront , et l'Académie fera traduire leurs Ou
vrages .
On les prie que leurs Ecrits soient fort lisibles,
sur tout quand il y aura des Calculs d'Algebre .
Ils ne mettront point leurs noms à leurs Onvrages
, mais seulement une Sentence ou Devise.
Ils pourront , s'ils veulent , attacher à leur Ecrit
un Billet séparé et cacheté par eux , où seront ,
avec cette même Sentence, leur nom , leurs qualitez
et leur adresse ; et ce Billet ne sera ouvert
par l'Académie , qu'en cas que la Piece ait remporté
le Prix.
Ceux qui travailleront pour le Prix , adresseront
leurs Ouvrages à Paris au Secretaire perpe-
I. Vol. tuel
1186 MERCURE DE FRANCE
ruel de l'Académie , ou les lui feront remettre
entre les mains. Dans ce second cas le Secretaire
en donnera en même- temps à celui qui les fui`
aura remis son Récepissé , où sera marquée la
Sentence de l'Ouvrage et son numero selon l'ordre
ou le temps dans lequel il aura été reçû.
Les Ouvrages ne seront reçûs que jusqu'au premier
Septembre 1735. exclusivement.
L'Académie à son Assemblée publique d'après
Pâques 1736.proclamera la Piece qui aura ce Prix.
S'il y a un Récepissé du Secretaire pour la
Piece qui aura remporté le Prix , le Trésorier de
l'Académie délivrera la somme du Prix à celui
qui lui rapportera ce Récepissé. Il n'y aura à ce
la nulle autre formalité.
S'il n'y a pas de Récepissé du Secretaire , le
Trésorier ne délivrera le Prix qu'à l'Auteur même
, qui se fera connoître , ou au Porteur d'une
Procuration de sa part.
des Sciences pour l'année 1736.
Eu M. Rouillé de Melay , ancien Conseiller
Fu Marement de Paris , ayant no
au Parlement de Paris , ayant conçu le noble
dessein de contribuer au progrès des Sciences
, et à l'utilité que le Public en pouvoit reti
ter, a legué à l'Académie Royale des Sciences
un fonds pour deux Prix , qui seront distribucz
à ceux qui , au jugement de cette Compagnie
auront le mieux réussi sur deux differentes sorrés
de Sujets , qu'il a indiquez dans son Testament
, et dont il a donné des exemples.
Les Sujets du premier Prix regardent le Syste
me general du Monde; et l'Astronomie Physique.
Ce Prix devroit être de 2000. livres , aux termes
du Testament , et se distribuer tous les ans,
Mais la diminution des Rentes a obligé de ne
le donner que tous les deux ans , afin de le rendre
plus considerable , et il sera de 1500. livres.
Les Sujets du second Prix regardent la Navigation
et le Commerce .
Il ne se donnera que tous les deux ans , et scra
de 2000. livres .
L'Académie , lorsqu'elle proposa la question
sur l'Inclinaison des Plans des Orbites des Pla-
1. Vol. netes
1184 MERCURE DE FRANCE
netes , en désiroit la solution plus qu'elle ne l'est
peroit ; aucun des ouvrages qui lui furent envoyez
ne lui parut mériter le Prix de l'annéc
1732. et elle laissa encore pour deux ans la même
matiere proposée aux recherches des Sçavans
avec un Prix double . L'Académie voit aujourd'hui
le succès de son délai ; parmi les Pieces
qu'elle a reçûës , elle en a trouvé deux qui méritent
le Prix et qui , par des beautez differentes ,
lui ont paru chacune y avoir un droit égal .
Dans ce cas , où l'égalité ne permet pas de
choisir , et semble d'elle - même établir la loi
de récompenser également des mérites égaux
l'Académie est encore authorisée par l'Arrêt du
Parlement qui a expliqué le Testament de M.de
Meflay ; elle a donc jugé que le Prix double de
cette année seroit partagé également entre les
deux Auteurs des Pieces dont les ' numeros sont
19. et 20. * la Devise de celle- cy est ,
Felices anima quibus hac cognoscere primùm.
Inque domos superas scandere cura fuit.
Et celle de la Piece 19. Virtutum pretium in ipais
est , et rectè facti merces est, fecisse.
Cependant l'Académie avant que de prononcer
son jugement avoit ré olu de renouveller dans
cette occasion un avertissement qu'elle à déja
fait autrefois : Comme elle ne restraint à aucun
Sistême les explications qu'elle demande des Phénomenes
, le suffrage aussi qu'elle donne à ces explications
n'est point une adoption des principes sur
lesquels elles sont fondées , ni de toutes les conséquences
qu'on en tire.
Les trois Pieces qui ont le plus approché du
* Les Numeros marquent seulement l'ordre dans
lequel les Pieces ont été reçûës.
I. Vol.
Prix
JUIN, 1714. 1185.
Prix , sont la Piece 26. dont la Devise est , Deus
autem noster in coelo omnia quacumque voluit , fecit
, la Piece 17. dont la Devise est , Emendantur
priora posterioribus , et la Piece 28 dont la Devise
inclinavit cælos , et descendit , et caligo sub
est ,
pedibus ejus.
M. Jean Bernoulli , Professeur en Mathématique
à Bâle , et M. Daniel Bernoulli , son fils ,
qui l'a été à Petersbourg , ont remporté le Prix
de 1734-
L'Académie se conformant aux vûës et aux
intentions du Testateur , propose pour sujet du
premier Prix qui tombe dans l'année 1736 .
Comment se fait la Propagation de la Lumiere.
Les Sçavans de toutes les Nations sont invitez
à travailler sur ces Sajets , et même les Associez
Etrangers de l'Académie. Elle s'est fait la Loi
d'exclure les Académiciens regnicoles de piétendre
aux Prix .
Ceux qui composeront sont invitez à écrire en
François ou en Latin , mais sans aucune obligation.
Ils pourront écrire en telle Langue qu'ils
voudront , et l'Académie fera traduire leurs Ou
vrages .
On les prie que leurs Ecrits soient fort lisibles,
sur tout quand il y aura des Calculs d'Algebre .
Ils ne mettront point leurs noms à leurs Onvrages
, mais seulement une Sentence ou Devise.
Ils pourront , s'ils veulent , attacher à leur Ecrit
un Billet séparé et cacheté par eux , où seront ,
avec cette même Sentence, leur nom , leurs qualitez
et leur adresse ; et ce Billet ne sera ouvert
par l'Académie , qu'en cas que la Piece ait remporté
le Prix.
Ceux qui travailleront pour le Prix , adresseront
leurs Ouvrages à Paris au Secretaire perpe-
I. Vol. tuel
1186 MERCURE DE FRANCE
ruel de l'Académie , ou les lui feront remettre
entre les mains. Dans ce second cas le Secretaire
en donnera en même- temps à celui qui les fui`
aura remis son Récepissé , où sera marquée la
Sentence de l'Ouvrage et son numero selon l'ordre
ou le temps dans lequel il aura été reçû.
Les Ouvrages ne seront reçûs que jusqu'au premier
Septembre 1735. exclusivement.
L'Académie à son Assemblée publique d'après
Pâques 1736.proclamera la Piece qui aura ce Prix.
S'il y a un Récepissé du Secretaire pour la
Piece qui aura remporté le Prix , le Trésorier de
l'Académie délivrera la somme du Prix à celui
qui lui rapportera ce Récepissé. Il n'y aura à ce
la nulle autre formalité.
S'il n'y a pas de Récepissé du Secretaire , le
Trésorier ne délivrera le Prix qu'à l'Auteur même
, qui se fera connoître , ou au Porteur d'une
Procuration de sa part.
Fermer
Résumé : PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences pour l'année 1736.
En 1736, l'Académie Royale des Sciences a institué deux prix grâce à un legs de M. Rouillé de Meslay, ancien conseiller au Parlement de Paris. Le premier prix, d'une valeur de 1500 livres, concerne le système général du monde et l'astronomie physique, et est attribué tous les deux ans. Le second prix, de 2000 livres, porte sur la navigation et le commerce, également attribué tous les deux ans. Pour l'année 1732, l'Académie avait proposé une question sur l'inclinaison des plans des orbites planétaires, mais aucun ouvrage n'avait mérité le prix. En 1734, deux œuvres ont été jugées dignes du prix double, partagé entre les auteurs des pièces numéros 19 et 20. Les devises des œuvres lauréates étaient 'Felices anima quibus hac cognoscere primum' et 'Virtutum pretium in ipsis est, et rectè facti merces est, fecisse'. L'Académie a renouvelé un avertissement précisant que son suffrage sur les explications des phénomènes n'implique pas l'adoption des principes sur lesquels elles sont fondées. Les pièces les plus proches du prix étaient les numéros 26, 17 et 28. Pour le prix de 1736, l'Académie propose le sujet 'Comment se fait la propagation de la lumière'. Les savants de toutes les nations sont invités à soumettre leurs travaux en français ou en latin, ou dans toute autre langue de leur choix. Les œuvres doivent être envoyées au secrétaire perpétuel de l'Académie avant le 1er septembre 1735. Le prix sera proclamé lors de l'assemblée publique d'après Pâques 1736.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17148
p. 1183-1186
LA BIBLIOTHEQUE DES ENFANS, ou les premiers Elemens des Lettres, contenant le systeme du Bureau Typographique, à l'usage de Monseigneur le Dauphin et de Messeigneurs les Enfans de France. A Paris, chez Pierre Simon, ruë de la Harpe, et chez P. Witte, ruë S. Jacques, 1732.
Début :
Il y a deux ans que l'on parle du [...]
Mots clefs :
Bibliothèque des enfants, Système du bureau typographique, A, B, C Latin, A, B, C Français, Orthographe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA BIBLIOTHEQUE DES ENFANS, ou les premiers Elemens des Lettres, contenant le systeme du Bureau Typographique, à l'usage de Monseigneur le Dauphin et de Messeigneurs les Enfans de France. A Paris, chez Pierre Simon, ruë de la Harpe, et chez P. Witte, ruë S. Jacques, 1732.
LA BIBLIOTHEQUE DES ENFANS , on les
premiers Elemens des Lettres , contenant la
systeme du Bureau Typographique , à l'usage de Monseigneur le Dauphin et de Mes
seigneurs les Enfans de France. A Paris
chez Pierre Simon , rue de la Harpe , es
shez P. Witte , ruë S. Jacques , 1732.
Il y a deux ans que l'on parle du BiBu
reau Typographique dans les Mercures
de France. On a donné quatorze Lettres
sur ce sujet , ou sur l'importante matiere
qui regarde la premiere éducation des
Enfans. L'abregé de ces Lettres donnera
le volume qui roule précisement sur le
sistême du Bureau Typographique ; mais
voici un Livre dont tous les Parens , tous
les Maîtres et tous les Enfans pourront
se servir utilement , soit qu'ils ayent des
1. Vala Bureaux
1184 MERCURE DE FRANCE
par
Bureaux , soit qu'ils n'en ayent point.
C'est un nouvel A, B, C, Latin ,
le moyen duquel on apprendra par principes plus facilement et en moins de tems
les premiers élemens des Lettres ignorez
ordinairement par le plus grand nombre
de ceux qui se mêlent de les montrer.
Ce Livre que l'Auteur a eu l'honneur
de dédier et de présenter à MONSEIGNEUR
LE DAUPHIN , Contient en 24. pages , l'Epitre Dédicatoire, un Avertissement Préliminaire sur l'Ortographe passagere d'Enfans et des sons ou de l'oreille , en attendant l'Ortographe permanente d'hom- me , des yeux ou de l'usage ; la Préface
en deux feuilles de gros Romain , l'Extrait du Registre des Déliberations de la
Societé des Arts , qui a fait examiner le
Bureau Typographique ; ce Livre contient encore la Table des Leçons de trois
A, B, C, Latins , celle des noms de dixhuit sortes de Caracteres employez pour
varier utilement l'impression de ce volume , et enfin un Avis aux Parens et
aux Maîtres dans lequel l'Auteur dit qu'il
donnera de la même maniere in 4° . et in
16. les A, B, C , François pour la suite
de la Bibliotheque des Enfans.
Le premier A, B, C , Latin contient
en 38. pages 21. Leçons pour le Maître
=
L. Vol. et
JUIN. 1731. 1185
"
et alternativement autant pour l'Enfant ,
il ne s'agit dans cet A, B, C, que de
la seule connoissance et de la seule dénomination des Lettres ou des sons , avec
laquelle dénomination l'Enfant lira bientôt des sillabes et des mots , même sans
épeler , comme dans les Leçons 12. 13.
14. 15. 16. 17. 18. et 19.
Le second A, B , C , Latin contient en
20. pages 15. Leçons pour le Maître , et
autant pour l'Enfant ; il s'agit dans cet
A, B, C , de Lettres du Sillabaire , ou
du Recueil des sillabes élementaires , sur
lesquelles il faut tâcher de rendre imperturbable Enfant auquel on veut montrer à lire.
Le troisiéme A, B , C , Latin contient
en 38. pages , 14. Leçons pour le Maître
et autant pour l'Enfant ; il s'agit dans
cet A , B, C , des Lettres de l'épellation de la sillabe et de la Lettre ordinaire et extraordinaire.
On peut dire que cet Ouvrage estsingu
lier et peut-être unique dans ce goût- là ,
c'est pourquoi le Lecteur y est prié d'avoir quelque indulgence pour l'Auteur ,
qui avoue son ignorance ou sa négligence
à l'égard de l'expression , de la précision
et de la ponctuation. On doit s'attacher
aux choses , plutôt qu'aux mots ; heureux
1. Vol. qui-
1186 MERCURE DE FRANCE
qui possede également bien l'art de penser et l'art de s'exprimer dans les grandes et dans les petites choses. La matiere
Abécédique paroît en general si mince et
et si méprisée , qu'on trouvera peut- être
difficile , obscure ou abstraite , la maniere
dont l'Auteur a essayé de la traiter. Mais
il faut esperer que dans la suite on rendra le sujet plus clair, et qu'enfin on le
perfectionnera , sur tout si M M. de l'Académie Françoise daignent un jour revoir l'Ouvrage en faveur des Enfans
de notre Empire et de tous les enfans de
l'Europe.
Les Critiques du Bureau Typographi
que , au reste , en attaquant ce nouvel
A, B, C, pourront continuer de faire
connoître leur goût et leur discernement
en fait d'institution morale et litteraire.
Le Public continuera aussi d'admirer la
prévention et la simplicité des Latinistes.
scandalisez mal- à- propos de la moindre
nouveauté élementaire et du moindre solecisme; mais peu accoûtumez à l'Analise
des pensées , à l'exactitude et à la justesse
d'un raisonnement suivi et philosophique; justesse cependant à laquelle de- vroient tendre nos lectures et nos études,
tout autre motif ne paroît tolerable
dans un homme payé pour parler, plutôt que
que pour penser.
premiers Elemens des Lettres , contenant la
systeme du Bureau Typographique , à l'usage de Monseigneur le Dauphin et de Mes
seigneurs les Enfans de France. A Paris
chez Pierre Simon , rue de la Harpe , es
shez P. Witte , ruë S. Jacques , 1732.
Il y a deux ans que l'on parle du BiBu
reau Typographique dans les Mercures
de France. On a donné quatorze Lettres
sur ce sujet , ou sur l'importante matiere
qui regarde la premiere éducation des
Enfans. L'abregé de ces Lettres donnera
le volume qui roule précisement sur le
sistême du Bureau Typographique ; mais
voici un Livre dont tous les Parens , tous
les Maîtres et tous les Enfans pourront
se servir utilement , soit qu'ils ayent des
1. Vala Bureaux
1184 MERCURE DE FRANCE
par
Bureaux , soit qu'ils n'en ayent point.
C'est un nouvel A, B, C, Latin ,
le moyen duquel on apprendra par principes plus facilement et en moins de tems
les premiers élemens des Lettres ignorez
ordinairement par le plus grand nombre
de ceux qui se mêlent de les montrer.
Ce Livre que l'Auteur a eu l'honneur
de dédier et de présenter à MONSEIGNEUR
LE DAUPHIN , Contient en 24. pages , l'Epitre Dédicatoire, un Avertissement Préliminaire sur l'Ortographe passagere d'Enfans et des sons ou de l'oreille , en attendant l'Ortographe permanente d'hom- me , des yeux ou de l'usage ; la Préface
en deux feuilles de gros Romain , l'Extrait du Registre des Déliberations de la
Societé des Arts , qui a fait examiner le
Bureau Typographique ; ce Livre contient encore la Table des Leçons de trois
A, B, C, Latins , celle des noms de dixhuit sortes de Caracteres employez pour
varier utilement l'impression de ce volume , et enfin un Avis aux Parens et
aux Maîtres dans lequel l'Auteur dit qu'il
donnera de la même maniere in 4° . et in
16. les A, B, C , François pour la suite
de la Bibliotheque des Enfans.
Le premier A, B, C , Latin contient
en 38. pages 21. Leçons pour le Maître
=
L. Vol. et
JUIN. 1731. 1185
"
et alternativement autant pour l'Enfant ,
il ne s'agit dans cet A, B, C, que de
la seule connoissance et de la seule dénomination des Lettres ou des sons , avec
laquelle dénomination l'Enfant lira bientôt des sillabes et des mots , même sans
épeler , comme dans les Leçons 12. 13.
14. 15. 16. 17. 18. et 19.
Le second A, B , C , Latin contient en
20. pages 15. Leçons pour le Maître , et
autant pour l'Enfant ; il s'agit dans cet
A, B, C , de Lettres du Sillabaire , ou
du Recueil des sillabes élementaires , sur
lesquelles il faut tâcher de rendre imperturbable Enfant auquel on veut montrer à lire.
Le troisiéme A, B , C , Latin contient
en 38. pages , 14. Leçons pour le Maître
et autant pour l'Enfant ; il s'agit dans
cet A , B, C , des Lettres de l'épellation de la sillabe et de la Lettre ordinaire et extraordinaire.
On peut dire que cet Ouvrage estsingu
lier et peut-être unique dans ce goût- là ,
c'est pourquoi le Lecteur y est prié d'avoir quelque indulgence pour l'Auteur ,
qui avoue son ignorance ou sa négligence
à l'égard de l'expression , de la précision
et de la ponctuation. On doit s'attacher
aux choses , plutôt qu'aux mots ; heureux
1. Vol. qui-
1186 MERCURE DE FRANCE
qui possede également bien l'art de penser et l'art de s'exprimer dans les grandes et dans les petites choses. La matiere
Abécédique paroît en general si mince et
et si méprisée , qu'on trouvera peut- être
difficile , obscure ou abstraite , la maniere
dont l'Auteur a essayé de la traiter. Mais
il faut esperer que dans la suite on rendra le sujet plus clair, et qu'enfin on le
perfectionnera , sur tout si M M. de l'Académie Françoise daignent un jour revoir l'Ouvrage en faveur des Enfans
de notre Empire et de tous les enfans de
l'Europe.
Les Critiques du Bureau Typographi
que , au reste , en attaquant ce nouvel
A, B, C, pourront continuer de faire
connoître leur goût et leur discernement
en fait d'institution morale et litteraire.
Le Public continuera aussi d'admirer la
prévention et la simplicité des Latinistes.
scandalisez mal- à- propos de la moindre
nouveauté élementaire et du moindre solecisme; mais peu accoûtumez à l'Analise
des pensées , à l'exactitude et à la justesse
d'un raisonnement suivi et philosophique; justesse cependant à laquelle de- vroient tendre nos lectures et nos études,
tout autre motif ne paroît tolerable
dans un homme payé pour parler, plutôt que
que pour penser.
Fermer
Résumé : LA BIBLIOTHEQUE DES ENFANS, ou les premiers Elemens des Lettres, contenant le systeme du Bureau Typographique, à l'usage de Monseigneur le Dauphin et de Messeigneurs les Enfans de France. A Paris, chez Pierre Simon, ruë de la Harpe, et chez P. Witte, ruë S. Jacques, 1732.
Le texte présente 'LA BIBLIOTHEQUE DES ENFANS', un ouvrage éducatif publié en 1732 à Paris. Destiné à l'éducation des enfants, il est dédié à Monseigneur le Dauphin et aux Enfants de France. L'ouvrage propose un système d'enseignement des lettres via le Bureau Typographique et a été mentionné dans les Mercures de France à travers quatorze lettres sur l'éducation des enfants. Il est conçu pour être utile à tous les parents, maîtres et enfants, indépendamment de la possession de Bureaux Typographiques. L'ouvrage est structuré en plusieurs sections : une épître dédicatoire, un avertissement préliminaire sur l'orthographe, une préface, un extrait du registre des délibérations de la Société des Arts, une table des leçons, une liste des caractères typographiques, et un avis aux parents et maîtres. Il inclut trois sections intitulées A, B, C Latins, chacune contenant des leçons pour les maîtres et les enfants. Le premier A, B, C se concentre sur la connaissance et la dénomination des lettres, permettant aux enfants de lire des syllabes et des mots sans épeler. Le second A, B, C traite des syllabes élémentaires, et le troisième des techniques d'épellation. L'auteur reconnaît l'unicité de l'ouvrage et demande indulgence pour les imperfections de style. Il espère que l'Académie Française pourrait un jour examiner et améliorer l'ouvrage pour le bénéfice des enfants en Europe. Le texte mentionne également les critiques potentielles et la simplicité des latinistes face aux nouvelles méthodes éducatives.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17149
p. 138
AUTRE.
Début :
Le caprice & l'occasion [...]
Mots clefs :
Impromptu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LE caprice & l'occafion
Ont tous deux part à ma naiffance ,
Un feul inftant me donne l'exiſtence ,
Et je péris par la refléxion .
Neuf pieds compoſent ma ſubſtance.
Ufant de tranfpofition ,
Mes deux extrémités font deux tons de mufique ;
Par une autre opération
J'offre à tes yeux métal , Ville , vafe aquatique ;
Souverain ; Nymphe ; adverbe ; incivile action ;
Mot commun dáns la vénerie ;
Synonime de vif; grand fleuve d'Italie ;
Pour maint Convent commode invention ;
Terme où du Nautonnier tend la direction ;
D'un bâtiment une partie ;
L'affreufe Déité , qui fans diftinction ,
Sans égard , fans exception ,
Tient tôt ou tard les humains fous fa griffe ;
Je fuis à cet afpect , & plein d'émotion ,
J'abandonne le Logogryphe.
Par le même.
LE caprice & l'occafion
Ont tous deux part à ma naiffance ,
Un feul inftant me donne l'exiſtence ,
Et je péris par la refléxion .
Neuf pieds compoſent ma ſubſtance.
Ufant de tranfpofition ,
Mes deux extrémités font deux tons de mufique ;
Par une autre opération
J'offre à tes yeux métal , Ville , vafe aquatique ;
Souverain ; Nymphe ; adverbe ; incivile action ;
Mot commun dáns la vénerie ;
Synonime de vif; grand fleuve d'Italie ;
Pour maint Convent commode invention ;
Terme où du Nautonnier tend la direction ;
D'un bâtiment une partie ;
L'affreufe Déité , qui fans diftinction ,
Sans égard , fans exception ,
Tient tôt ou tard les humains fous fa griffe ;
Je fuis à cet afpect , & plein d'émotion ,
J'abandonne le Logogryphe.
Par le même.
Fermer
17150
p. 2684
LOGOGRYPHE.
Début :
Dès que l'hyver cruel, d'un glacial Empire [...]
Mots clefs :
Pincette
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
DE's que l'hyver cruel , d'un glacial Empire
Sur nos rivages nuds vient étendre les loix ;
Dès que le Dieu bouffi , dans fon bruyant délire ,
D'un fouffle venimeux vient deffecher nos bois ,
Je commence à fervir , & mon uſage utile
Aux Champs affés connû, l'eft partout à la Ville.
Un Jésuite fçavant d'un pinceau délicat
De mon mérite rare a relevé l'éclat.
Sans craindre les frimats , j'exerce mon adreffe ;
Je détruits , je refais , j'abbats & je redreffe .
Huit lettres font mon tout ; fans peine ,fans efforts ,
Tu trouves dans ma queue un de nos moindres Ports;
Dans ma tête un grand arbre, & ina métamorphofe
T'offre ce que l'on craint, quand on cueille une rofe;
Bien- tôt , autres effets de la combinaiſon ;
Je te préfente , ami , la plus chaude faifon ;
De tout corps animé la plus belle partie ;
Un Port de Mer , voifin de France & d'Italie.
Si j'en dis trop , tant mieux ; je cherche à t'amuſer ,
Avare de ton tems , je crains d'en abuſer.
DE's que l'hyver cruel , d'un glacial Empire
Sur nos rivages nuds vient étendre les loix ;
Dès que le Dieu bouffi , dans fon bruyant délire ,
D'un fouffle venimeux vient deffecher nos bois ,
Je commence à fervir , & mon uſage utile
Aux Champs affés connû, l'eft partout à la Ville.
Un Jésuite fçavant d'un pinceau délicat
De mon mérite rare a relevé l'éclat.
Sans craindre les frimats , j'exerce mon adreffe ;
Je détruits , je refais , j'abbats & je redreffe .
Huit lettres font mon tout ; fans peine ,fans efforts ,
Tu trouves dans ma queue un de nos moindres Ports;
Dans ma tête un grand arbre, & ina métamorphofe
T'offre ce que l'on craint, quand on cueille une rofe;
Bien- tôt , autres effets de la combinaiſon ;
Je te préfente , ami , la plus chaude faifon ;
De tout corps animé la plus belle partie ;
Un Port de Mer , voifin de France & d'Italie.
Si j'en dis trop , tant mieux ; je cherche à t'amuſer ,
Avare de ton tems , je crains d'en abuſer.
Fermer