Résultats : 21767 texte(s)
Détail
Liste
17251
p. 157-158
AUTRE.
Début :
Je suis fille de Roi, sans esprit & sans corps ; [...]
Mots clefs :
Tontine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
E fuis fille de Rói , fans efprit & fans corps ;
Avec mes enfans je prens vie ,
Je retourne avec eux dans le fejour des morts .
Le même lait à s'aimer les convie ,
Et cependant freres dénaturés ,
Chacun d'eux voudroit voir les autres expirés.
Ils deviennent bientôt pourriture & pouffiere :
Mais moi qui fuis leur mere , après un certa in tem
Je retrouve lavie avec d'aues enfans ,
Qui comme les premiers à leur heure derniere
Dans le même tombeau renfermeront leur mere :
158 MERCURE DE FRANCE
Et c'eft ainfi que fucceffivement
Sans éprouver les coups de la maligne envie
De la mort je paffe à la vie ,
Et de la vie au monument ,
Mais fi-tôt que j'en fors , le bruit de ma naiſſance
Que je prends au ſein de la France ,
Et qui pour moi n'eſt qu'un reveil
M'annonce en tous les lieux qu'éclaire le foleil :
Alors d'adorateurs une troupe fidelle ,
De tout Pays vient me montrer fon zéle¸
Et repand en mon ſein avec profuſion
Le lait qui me nourrit , & dont en ma jeuneffe,
Prodige d'admiration !
Plus avare qu'en ma vieilleffe
Je fais moins de largeffe.
Lecteur , à ce portrait
Tu dois connoitre trait pour
Celle qui dans la France
trait
- Depuis trois mois a pris naiffance.
E fuis fille de Rói , fans efprit & fans corps ;
Avec mes enfans je prens vie ,
Je retourne avec eux dans le fejour des morts .
Le même lait à s'aimer les convie ,
Et cependant freres dénaturés ,
Chacun d'eux voudroit voir les autres expirés.
Ils deviennent bientôt pourriture & pouffiere :
Mais moi qui fuis leur mere , après un certa in tem
Je retrouve lavie avec d'aues enfans ,
Qui comme les premiers à leur heure derniere
Dans le même tombeau renfermeront leur mere :
158 MERCURE DE FRANCE
Et c'eft ainfi que fucceffivement
Sans éprouver les coups de la maligne envie
De la mort je paffe à la vie ,
Et de la vie au monument ,
Mais fi-tôt que j'en fors , le bruit de ma naiſſance
Que je prends au ſein de la France ,
Et qui pour moi n'eſt qu'un reveil
M'annonce en tous les lieux qu'éclaire le foleil :
Alors d'adorateurs une troupe fidelle ,
De tout Pays vient me montrer fon zéle¸
Et repand en mon ſein avec profuſion
Le lait qui me nourrit , & dont en ma jeuneffe,
Prodige d'admiration !
Plus avare qu'en ma vieilleffe
Je fais moins de largeffe.
Lecteur , à ce portrait
Tu dois connoitre trait pour
Celle qui dans la France
trait
- Depuis trois mois a pris naiffance.
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17252
p. 1167-1169
« CAVELIER, Libraire, rue S. Jacques, à Paris, vient d'achever d'imprimer tout nouvellement : [...] »
Début :
CAVELIER, Libraire, rue S. Jacques, à Paris, vient d'achever d'imprimer tout nouvellement : [...]
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texteReconnaissance textuelle : « CAVELIER, Libraire, rue S. Jacques, à Paris, vient d'achever d'imprimer tout nouvellement : [...] »
CAVELIER, Libraire, rue S. Jacques, à
Paris, vient d'achever d'imprimer tout nouvellement :
Memoires pour l'Histoire Naturelle de la Pro-
vince de Languedoc , divisés en trois Parties , or
nés de figures et de Cartes en Taille- douce
in 4. Paris , 1737. contenant 630, pages
compris la Préface et la Table des Chap
I. Vol.
F iij
1168 MERCURE DE FRANCE
Le même Cavelier a reçû des Pays Etrangers
les Livres suivans :
Le Febure ( Jo. ) de Usu Missionis sanguinis
ac aliarum artificialium sanguinis Evacuationum
et Cautionum in abusum ; accessit Tractatus de
natura , usu et abusu Caffé , Thé , Chocolatæ et
Tabaci , &c. 2. vol. in 4. cum figuris. Vesun-
tione , 1737.
Plateri ( Felicis ) Praxos Medica , novis Ob-
servationibus et Remediis locuplet. IV. Editio.
cum Præfatione Koericq , 3. vol. in 4. Basilea ,
1736.
Gaveti ( Jac. ) nova Febris idea
12 Geneva , 1700.
,
seu novæ
Conjectura Phisicæ circa Febris Naturam , in
Cope (Henr. ) Démonstratio Medico-Practi-
ca Prognosticorum Hippocratis , cum Ægrota-
rum Historia Gr. Lat. in 8. Dublinia , 1736.
Heisteri ( Frid. ) Apologia pro Medicis quo
eorum depellitur Cavillatio , in 8. Amst. 1736.
Bibliotheque Germanique , Tome 35. pour
l'année 1736. in 8. Amst. 1736.
Bibliotheque Raisonnée, pour les mois d'Avril ,
May , Juin , faisant Tome XV I. seconde
Partie , in 8. Amst. 1736.
La même , Tome XVII . premiere Partie ,
Juillet , Août et Septembre 1736. in 8. Amst.
Acta Eruditorum , 1736. in 4. Lipsia.
La Fisica de Peripatetici Cartesiani , al para-
gone della vera Fisica d'Aristotele , del Padre
Pace 3. vol. in 12. Venezia , 1728. fig.
Hagen ( Gof. ) Meditationes Philosophica de
Methodo Mathematica , cum Præfatione Wolfii,
in 8. Norimberga , 1734.
Miscellanea Duisburgensia Edita , inedita ad
incrementum Rei Litterariæ omnis , præcipue
I. Vol.
Eruditionis
JUIN.
7737-
1169
Eruditionis Theologica Fassiculi VIII. in 8.
Duisburgi , 1735.
Vvagenscilii (Jo. ) Sota, hoc est Liber Mischni
cis de uxore Adulteri suspecta , Hebr. Lat. in 4.
Altoorf , 1674.
Fabricii ( Jo, Alb. ) Bibliotheca Latina ined.
et infimæ Aetatis volumen quintum M. N. O,
P. Liber 12. 13. 14. et 15. in 8. Hamburgi 1736.
Bruckmanni ( Fr. ) Epistolæ 37. ad 48. inclus.
de fossilibus Metallicis Lapidibus, &c. in 4. cum
figuris. Vvolffembufiella , 1735. et 1736,
Apini ( Jac. ) Dissertatio ex jure Naturæ an
Liceat Brutorum corpora mutilare, in 4. Al-
torphii , 1732.
Redekeri ( Fr. ) de Causa Gravitatis , in 8. fig.
Semgovia, 1736.
Menschenii ( Jo. ) Vitæ Summorum dignitate
et eruditione Virorum Literato O. bi restituræ,
2. vol. in 4. Coburgi , 1735 .
Golhardi ( Jo. ) Regis Francorum Merovin
gici , in 4. Luneburgi , 1736.
Paris, vient d'achever d'imprimer tout nouvellement :
Memoires pour l'Histoire Naturelle de la Pro-
vince de Languedoc , divisés en trois Parties , or
nés de figures et de Cartes en Taille- douce
in 4. Paris , 1737. contenant 630, pages
compris la Préface et la Table des Chap
I. Vol.
F iij
1168 MERCURE DE FRANCE
Le même Cavelier a reçû des Pays Etrangers
les Livres suivans :
Le Febure ( Jo. ) de Usu Missionis sanguinis
ac aliarum artificialium sanguinis Evacuationum
et Cautionum in abusum ; accessit Tractatus de
natura , usu et abusu Caffé , Thé , Chocolatæ et
Tabaci , &c. 2. vol. in 4. cum figuris. Vesun-
tione , 1737.
Plateri ( Felicis ) Praxos Medica , novis Ob-
servationibus et Remediis locuplet. IV. Editio.
cum Præfatione Koericq , 3. vol. in 4. Basilea ,
1736.
Gaveti ( Jac. ) nova Febris idea
12 Geneva , 1700.
,
seu novæ
Conjectura Phisicæ circa Febris Naturam , in
Cope (Henr. ) Démonstratio Medico-Practi-
ca Prognosticorum Hippocratis , cum Ægrota-
rum Historia Gr. Lat. in 8. Dublinia , 1736.
Heisteri ( Frid. ) Apologia pro Medicis quo
eorum depellitur Cavillatio , in 8. Amst. 1736.
Bibliotheque Germanique , Tome 35. pour
l'année 1736. in 8. Amst. 1736.
Bibliotheque Raisonnée, pour les mois d'Avril ,
May , Juin , faisant Tome XV I. seconde
Partie , in 8. Amst. 1736.
La même , Tome XVII . premiere Partie ,
Juillet , Août et Septembre 1736. in 8. Amst.
Acta Eruditorum , 1736. in 4. Lipsia.
La Fisica de Peripatetici Cartesiani , al para-
gone della vera Fisica d'Aristotele , del Padre
Pace 3. vol. in 12. Venezia , 1728. fig.
Hagen ( Gof. ) Meditationes Philosophica de
Methodo Mathematica , cum Præfatione Wolfii,
in 8. Norimberga , 1734.
Miscellanea Duisburgensia Edita , inedita ad
incrementum Rei Litterariæ omnis , præcipue
I. Vol.
Eruditionis
JUIN.
7737-
1169
Eruditionis Theologica Fassiculi VIII. in 8.
Duisburgi , 1735.
Vvagenscilii (Jo. ) Sota, hoc est Liber Mischni
cis de uxore Adulteri suspecta , Hebr. Lat. in 4.
Altoorf , 1674.
Fabricii ( Jo, Alb. ) Bibliotheca Latina ined.
et infimæ Aetatis volumen quintum M. N. O,
P. Liber 12. 13. 14. et 15. in 8. Hamburgi 1736.
Bruckmanni ( Fr. ) Epistolæ 37. ad 48. inclus.
de fossilibus Metallicis Lapidibus, &c. in 4. cum
figuris. Vvolffembufiella , 1735. et 1736,
Apini ( Jac. ) Dissertatio ex jure Naturæ an
Liceat Brutorum corpora mutilare, in 4. Al-
torphii , 1732.
Redekeri ( Fr. ) de Causa Gravitatis , in 8. fig.
Semgovia, 1736.
Menschenii ( Jo. ) Vitæ Summorum dignitate
et eruditione Virorum Literato O. bi restituræ,
2. vol. in 4. Coburgi , 1735 .
Golhardi ( Jo. ) Regis Francorum Merovin
gici , in 4. Luneburgi , 1736.
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17253
p. 96
ENIGME.
Début :
Je ne compterai point mes rares facultés ; [...]
Mots clefs :
Rien
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
E ne compterai point mes rares facultés ;
Je n'en ai point; fans honte je l'avoue ,
On a pourtant loüé mes grandes qualités :
Il n'eſt rien qu'on ne blame , il n'eſt rien qu'on n
louë.
Souvent je broüille les Amans ;
Je donne des graces aux belles ;
J'amuſe les petits enfans ,
Et j'occupe ſouvent les plus graves cervelles.
Lecteur , voilà mon beau côté ;
Si tu me prends en ſens contraire ,
Partout je fuis craiut , détesté ;
On me mépriſe, on me préfére ,
L'animal le plus rebuté ,
Qu'on voye fur notre Hémiſphére :
C'en est aflés ; il eſt tems de me taire ;
Je me ſuis aflés maltraité.
Par M. Jacques , Marchand Eventailliste
ruë Mouffetar.
E ne compterai point mes rares facultés ;
Je n'en ai point; fans honte je l'avoue ,
On a pourtant loüé mes grandes qualités :
Il n'eſt rien qu'on ne blame , il n'eſt rien qu'on n
louë.
Souvent je broüille les Amans ;
Je donne des graces aux belles ;
J'amuſe les petits enfans ,
Et j'occupe ſouvent les plus graves cervelles.
Lecteur , voilà mon beau côté ;
Si tu me prends en ſens contraire ,
Partout je fuis craiut , détesté ;
On me mépriſe, on me préfére ,
L'animal le plus rebuté ,
Qu'on voye fur notre Hémiſphére :
C'en est aflés ; il eſt tems de me taire ;
Je me ſuis aflés maltraité.
Par M. Jacques , Marchand Eventailliste
ruë Mouffetar.
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17254
p. 158-159
ENIGME.
Début :
Nous sommes bien plusieurs, mais nous ne faisons qu'une ; [...]
Mots clefs :
Voie de bois
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Ous fommes bien plufieurs , mais nous ne
faifons qu'une ;
Avec raiſon aimant la liberté ,
Nous prenons d'ordinaire un lieu ſombre , écarté
FEVRIER 1745. 159
Pour notre retraite commune ,
Mais nous n'y trouvons pas entiere fûreté :
On arme contre nous une troupe cruelle ;
Ayant pour nous connoître une marque fidelle ,
Chacun d'eux n'écoutant que le gain , la fureur ,
Armé d'un inftrument meurtrier ou vengeur ,
Nous vient bientôt livrer une guerre mortelle ;
On nous faifit foudain : liés étroitement
On nous mêne à la ville
Quoique bleffés mortellement.
Là tout fecours nous devient inutile :
Des hommes fans pitié mais Officiers des Rois
Nous jugent en fuivant leurs regles & leurs loix ;
On no us jette auffitôt dans une humble charrette;
Et fuivis de l'exécuteur
Dufupplice qu'on nous apprête ,
Nous arrivons , helas ! dans ce lieu de douleurs ,
Où doit un fer maudit combler tous nos malheurs
Le cruel dont la bouche
Ordonne n os tourmens , d'un oeil fec & farouche
Vient préfider lui-même à l'exécution ,
Si quelqu'autre pour lui n'en fait la fonction.
Ce n'eft pas tout , lecteur , comme tu vas l'entendre ,
Nos membres difloqués font mis en un monçeau ;
Et maints cruelles gens fecondant le bourreau ,
Allument un grand feu qui les réduit en cendre ,
Ami , des affaffins , dis fe nous franchement ,
Seroient-ils done traités plus rigoureuſement ?
Par M, Gaillon
Ous fommes bien plufieurs , mais nous ne
faifons qu'une ;
Avec raiſon aimant la liberté ,
Nous prenons d'ordinaire un lieu ſombre , écarté
FEVRIER 1745. 159
Pour notre retraite commune ,
Mais nous n'y trouvons pas entiere fûreté :
On arme contre nous une troupe cruelle ;
Ayant pour nous connoître une marque fidelle ,
Chacun d'eux n'écoutant que le gain , la fureur ,
Armé d'un inftrument meurtrier ou vengeur ,
Nous vient bientôt livrer une guerre mortelle ;
On nous faifit foudain : liés étroitement
On nous mêne à la ville
Quoique bleffés mortellement.
Là tout fecours nous devient inutile :
Des hommes fans pitié mais Officiers des Rois
Nous jugent en fuivant leurs regles & leurs loix ;
On no us jette auffitôt dans une humble charrette;
Et fuivis de l'exécuteur
Dufupplice qu'on nous apprête ,
Nous arrivons , helas ! dans ce lieu de douleurs ,
Où doit un fer maudit combler tous nos malheurs
Le cruel dont la bouche
Ordonne n os tourmens , d'un oeil fec & farouche
Vient préfider lui-même à l'exécution ,
Si quelqu'autre pour lui n'en fait la fonction.
Ce n'eft pas tout , lecteur , comme tu vas l'entendre ,
Nos membres difloqués font mis en un monçeau ;
Et maints cruelles gens fecondant le bourreau ,
Allument un grand feu qui les réduit en cendre ,
Ami , des affaffins , dis fe nous franchement ,
Seroient-ils done traités plus rigoureuſement ?
Par M, Gaillon
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17255
p. 148-150
AVIS.
Début :
ON a répandu contre le sieur Desnos une calomnie que nous croyons fort [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
ON a répandu contre le sieur Desnos
une calomnie que nous croyons fort
propre à exciter le mépris des honnêter
gens ; & on s'eſt ſervi pour cet effet de
AVRIL. 1764.
149
: la voie de Gazetier d'Utrecht. Il s'agit
de l'Eclipſe du premier Avril , dont ce
Géographe a donné une Carte qui a
paru a-peu-près dans le même temps que
celle du ſieur Latré. On veut que le Sr
Defnos ait été Plagiaire & condamné
pour tel par Arrêt du Parlement. Nous
nous croyons obligés de déſabuſer le
Public de l'idée de Plagiaire dont on
veut ternir la réputation du. Sr Defnos
& du prétendu Arrêt qui n'a jamais
exiſté. Le talent a toujours des ennemis
fecrets , enmême temps qu'il ades ad-
mirateurs. Il n'eſt pas étonnant que le
fieur Defnos ait été en but aux traits
d'unejaloufie ſecrette , & nous penſons
que le Gazetier d'Utrecht n'apprendra
qu'avec indignation , que l'on s'eſt ſervi
de ſa plume pour calomnier aux yeux
du Public un Citoyen qui enrichit cha-
que jour la Géographie des plus belles
productions du burin.
F Le fieur Defnos continue toujours à
débiter cette Carte de l'Eclipſe qui nous
a paru exécutée avec beaucoup de net-
teté & de juſteſſe ( Prix , 1 liv. 4 f. ) II
demeure rue S. Jacques , à l'Enſeigne
du Globe.
On trouve chez le ſieur Deſnos deux
nouveaux Globes terreſtres , célestes, &
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
des Sphères de toutes les grandeurs
proportionnés aux Cabinets & aux Bi-
bliothèques ; les Atlas hiſtoriques &
géographiques , tant anciens que mo-
dernes. L'Atlas particulier de la France
ancienne & moderne , repréſentée dans
tous ſes différens âges par autant de Car-
tes particulières depuis ſon origine juf
qu'à nos jours , & adaptées aux Ouvra-
ges de Mézerai, du P. Daniel, de M.
Je Préſident Hénault , & particuliére-
ment pour accompagner l'Hiſtoire de
France de MM. Vély & Vilaret
و &
P'Atlas chrorographique de laGénéralité
de Paris ,vol. in-4º. même grandeur.On
trouve auſſi généralement chez lui tout
les inftrumens qui concernentles Scien-
ces.
ON a répandu contre le sieur Desnos
une calomnie que nous croyons fort
propre à exciter le mépris des honnêter
gens ; & on s'eſt ſervi pour cet effet de
AVRIL. 1764.
149
: la voie de Gazetier d'Utrecht. Il s'agit
de l'Eclipſe du premier Avril , dont ce
Géographe a donné une Carte qui a
paru a-peu-près dans le même temps que
celle du ſieur Latré. On veut que le Sr
Defnos ait été Plagiaire & condamné
pour tel par Arrêt du Parlement. Nous
nous croyons obligés de déſabuſer le
Public de l'idée de Plagiaire dont on
veut ternir la réputation du. Sr Defnos
& du prétendu Arrêt qui n'a jamais
exiſté. Le talent a toujours des ennemis
fecrets , enmême temps qu'il ades ad-
mirateurs. Il n'eſt pas étonnant que le
fieur Defnos ait été en but aux traits
d'unejaloufie ſecrette , & nous penſons
que le Gazetier d'Utrecht n'apprendra
qu'avec indignation , que l'on s'eſt ſervi
de ſa plume pour calomnier aux yeux
du Public un Citoyen qui enrichit cha-
que jour la Géographie des plus belles
productions du burin.
F Le fieur Defnos continue toujours à
débiter cette Carte de l'Eclipſe qui nous
a paru exécutée avec beaucoup de net-
teté & de juſteſſe ( Prix , 1 liv. 4 f. ) II
demeure rue S. Jacques , à l'Enſeigne
du Globe.
On trouve chez le ſieur Deſnos deux
nouveaux Globes terreſtres , célestes, &
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
des Sphères de toutes les grandeurs
proportionnés aux Cabinets & aux Bi-
bliothèques ; les Atlas hiſtoriques &
géographiques , tant anciens que mo-
dernes. L'Atlas particulier de la France
ancienne & moderne , repréſentée dans
tous ſes différens âges par autant de Car-
tes particulières depuis ſon origine juf
qu'à nos jours , & adaptées aux Ouvra-
ges de Mézerai, du P. Daniel, de M.
Je Préſident Hénault , & particuliére-
ment pour accompagner l'Hiſtoire de
France de MM. Vély & Vilaret
و &
P'Atlas chrorographique de laGénéralité
de Paris ,vol. in-4º. même grandeur.On
trouve auſſi généralement chez lui tout
les inftrumens qui concernentles Scien-
ces.
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17256
p. 1169
« Montalant, Libraire, Quay des Augustins à Paris, donne avis qu'il a reçû d'Hollande le [...] »
Début :
Montalant, Libraire, Quay des Augustins à Paris, donne avis qu'il a reçû d'Hollande le [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Montalant, Libraire, Quay des Augustins à Paris, donne avis qu'il a reçû d'Hollande le [...] »
Montalant, Libraire, Quay des Augustins à
Paris, donne avis qu'il a reçû d'Hollande le
nouveau et huitiéme volume du Grand Dictio
naire Géographique , Historique et Critique de
Bruzen de la Martiniere; ce volume contient les
Lettres Q. R. S. et son prix est de 24. livres.
On y trouve aussi des Exemplaires entiers, et les
Tomes séparés dont on peut avoir besoin. Il
distribuë en outre la nouvelle Histoire des Incas ,
Rois du Perou , en deux volumes in 4 avec les
figures dessinées par feu Bernard Picard. Prix
24. livres.
Paris, donne avis qu'il a reçû d'Hollande le
nouveau et huitiéme volume du Grand Dictio
naire Géographique , Historique et Critique de
Bruzen de la Martiniere; ce volume contient les
Lettres Q. R. S. et son prix est de 24. livres.
On y trouve aussi des Exemplaires entiers, et les
Tomes séparés dont on peut avoir besoin. Il
distribuë en outre la nouvelle Histoire des Incas ,
Rois du Perou , en deux volumes in 4 avec les
figures dessinées par feu Bernard Picard. Prix
24. livres.
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17257
p. 97
LOGOGRYPHE.
Début :
Sans rien ôter, & sans rien mettre, [...]
Mots clefs :
Niche
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
Ans rien ôter ,&fans rien mettre ,
Mais en renverſant chaque Lettre ,
On trouve en moi par un détail ſuccint ,
Une Bête , un Royaume , & la place d'un Saint
Par lemême.
Ans rien ôter ,&fans rien mettre ,
Mais en renverſant chaque Lettre ,
On trouve en moi par un détail ſuccint ,
Une Bête , un Royaume , & la place d'un Saint
Par lemême.
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17258
p. 97-98
AUTRE.
Début :
Je suis un tout, & ce tout est moitié [...]
Mots clefs :
Triangle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
JE ſuis un tout , & ce tout est moitié
D'un autre tout , dont lafigure,.
La propriété , la ſtructure ,
Tout enfin de la tête au pié,
Eſt different de ma nature.
Selon les Pays& les goûts ,
Je fers a differens uſages ,
Chés des peuples voiſins de nous.
Je ſuis ſonore , & les plus ſages ,
En m'écoutant , ſautent comme des fousi
Te marche ſur huit pieds qui me font crier gare,
Quand on les combine avec choix ;
En me détaillant mille fois ,
On n'y peut trouver qu'une tare ;
Mes pieds font huit ; écoutez bien ceci
MERCURE DE FRANCE.
Choiſiſſez entr'eux le fixiéme ,
Faites-le ſuivre du deuxième ;
Joignez-y le dernier , & fur ce dernier- co
Tirez un accent que voici 1 ,
Vous formerez un mot aimable ,
Sans lequel rien n'eſt agréable ;
Par une autre combinaiſon
,
Yous trouverez en moi ce qu'on fait à ſa tête ,
A la moindre démangeaifon ;
Ce qu'on obſerve aux jours de Fête ;
Que ſçais-je encor ; une affés laide bête,
Qui n'eſt pas plus groſſe qu'un rat ;
Si tout Lecteur n'étoit pas un ingrat ,
Je vous dirois encor bien autre choſe ,
Mais je finis ces Versen Profe ;
Voici pourtant encor un trait , qui n'eſt pas mal
En moi ſe trouve un Animal ,
Animal d'or dans un vieux Livre
Animal que l'on a vu ſuivre
L'Equipage d'un Dieu vainqueur ;
Te t'en ai dit affés ; devine ami Lecteur.
Parlemême..
JE ſuis un tout , & ce tout est moitié
D'un autre tout , dont lafigure,.
La propriété , la ſtructure ,
Tout enfin de la tête au pié,
Eſt different de ma nature.
Selon les Pays& les goûts ,
Je fers a differens uſages ,
Chés des peuples voiſins de nous.
Je ſuis ſonore , & les plus ſages ,
En m'écoutant , ſautent comme des fousi
Te marche ſur huit pieds qui me font crier gare,
Quand on les combine avec choix ;
En me détaillant mille fois ,
On n'y peut trouver qu'une tare ;
Mes pieds font huit ; écoutez bien ceci
MERCURE DE FRANCE.
Choiſiſſez entr'eux le fixiéme ,
Faites-le ſuivre du deuxième ;
Joignez-y le dernier , & fur ce dernier- co
Tirez un accent que voici 1 ,
Vous formerez un mot aimable ,
Sans lequel rien n'eſt agréable ;
Par une autre combinaiſon
,
Yous trouverez en moi ce qu'on fait à ſa tête ,
A la moindre démangeaifon ;
Ce qu'on obſerve aux jours de Fête ;
Que ſçais-je encor ; une affés laide bête,
Qui n'eſt pas plus groſſe qu'un rat ;
Si tout Lecteur n'étoit pas un ingrat ,
Je vous dirois encor bien autre choſe ,
Mais je finis ces Versen Profe ;
Voici pourtant encor un trait , qui n'eſt pas mal
En moi ſe trouve un Animal ,
Animal d'or dans un vieux Livre
Animal que l'on a vu ſuivre
L'Equipage d'un Dieu vainqueur ;
Te t'en ai dit affés ; devine ami Lecteur.
Parlemême..
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17259
p. 1169-1170
« On aprend de Lisbonne, que M, Frederic-Jacques Vveinholtz, G[e]ntilhomme Allemand, [...] »
Début :
On aprend de Lisbonne, que M, Frederic-Jacques Vveinholtz, G[e]ntilhomme Allemand, [...]
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texteReconnaissance textuelle : « On aprend de Lisbonne, que M, Frederic-Jacques Vveinholtz, G[e]ntilhomme Allemand, [...] »
On aprend de Lisbonne, que M, Frederic-Jacques Vveinholtz, G[e]ntilhomme Allemand,
1. Vol.
Fij
Jacques
110 MERCURE DE FRANCE
Sergent Major de Bataille dans les Troupes du
Roy de Portugal , a inventé une nouvelle espece
de Canon qui tire vingt coups en une minute.
1. Vol.
Fij
Jacques
110 MERCURE DE FRANCE
Sergent Major de Bataille dans les Troupes du
Roy de Portugal , a inventé une nouvelle espece
de Canon qui tire vingt coups en une minute.
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17260
p. 2851-2852
AIR A BOIRE.
Début :
L'Homme autrefois craintif et superstitieux, [...]
Mots clefs :
Avare, Amour, Tristesse, Bacchus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AIR A BOIRE.
AIR A BOIRE.
'Homme autrefois craintif et superstitieux ,
Avoit rempli le Ciel , l'Enfer , la Terre et l'Onde
De mille et mille Dieux.
Ces anciens Maîtres du Monde
Ont vú détruire leurs Autels ;
Il n'en est plus que trois qu'adorent les Mortels
L'un est le puissant Dieu qui préside aux Richesses
,
1.Vol. L'autre
2852 MERCURE DE FRANCE
L'autre inspire à nos coeurs d'amoureuses ten ■
dresses ,
Et le dernier des trois , enfin >
Par ses précieuses largesses .
Fournit nos Buffets de bon Vin.
Plutus livre l'Avare à des désirs sans fin ?
Les plaisirs de l'Amour sont mêlez de tristesse
Baccus , le seul Baccus fait un heureux destin.
'Homme autrefois craintif et superstitieux ,
Avoit rempli le Ciel , l'Enfer , la Terre et l'Onde
De mille et mille Dieux.
Ces anciens Maîtres du Monde
Ont vú détruire leurs Autels ;
Il n'en est plus que trois qu'adorent les Mortels
L'un est le puissant Dieu qui préside aux Richesses
,
1.Vol. L'autre
2852 MERCURE DE FRANCE
L'autre inspire à nos coeurs d'amoureuses ten ■
dresses ,
Et le dernier des trois , enfin >
Par ses précieuses largesses .
Fournit nos Buffets de bon Vin.
Plutus livre l'Avare à des désirs sans fin ?
Les plaisirs de l'Amour sont mêlez de tristesse
Baccus , le seul Baccus fait un heureux destin.
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Résumé : AIR A BOIRE.
Le texte relate l'évolution des croyances religieuses, passant de multiples divinités à trois dieux principaux. Plutus, dieu des richesses, suscite des désirs infinis. Le dieu de l'amour mêle plaisir et tristesse. Bacchus, dieu du vin, apporte un destin heureux.
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17261
p. 2683-2685
Isis, Opera remis, [titre d'après la table]
Début :
Le Dimanche 14. de ce mois, l'Academie Royale de Musique remit au Théatre [...]
Mots clefs :
Isis, Théâtre, Académie royale de musique, Tragédie, Lully, Quinault, Opéra
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texteReconnaissance textuelle : Isis, Opera remis, [titre d'après la table]
e Dimanche 14. de ce mois , l'Academie Royale de Musique remit au Théatre Isis , Tragédie , dont les paroles sont
de Quinault , et la Musique de Lully. C'est
le septième Opera de ces illustres Auteurs.
Ils avoient déja fait ensemble Psiché , les
Fêtes de l'Amour et de Bacchus , Cadmus et
Hermione, Alceste, Thesée, et Atys . Isis n'avoit point été repris depuis 1720. Feu Mile
Fournet y chantoit alors le principal Rôle et le sieur Thévenard celui d'Hierax.
Dans la nouveauté de cet Opera , les deux
Rôles étoient joüez par la Dlle Aubry et
par le sieur Gayes et celui de Junon par
1. Vel.
la
2684 MERCURE DE FRANCE
la Diles. Christophle. Aujourd'hui ces Rôles
sont remplis par la Dlle le Maure , par
le sieur Chassé et par la Dle Antier. On représenta Isis sur le Théatre du Château
de S. Germain en Laye , devant le Roy,
en 1677. il servit de divertissement à la
Cour pendant une partie du Carnaval.
Il parut ensuite sur le Théatre de Paris ,
au mois d'Août de la même année.
L'admirable Trio des Parques. Le fil de
la vie , &c. que M. de Lully estimoit tant.
lui-même , passe pour le plus beau qu'il
ait jamais fait en ce genre.
Isis , selon M. de Freneuse , dans sa
comparaison de la Musique Françoise à la
Musique Italienne , est le plus sçavant
Opera de la composition de M. de Lully,
et qui cependant eut le moins de succès
dans sa nouveauté.
La plainte de Pan , à la sixiéme Scene
du troisiéme Acte : Hélas ! quel bruit
entend-je? &c. est regardée comme un
chef- d'œuvre , par la maniere dont il l'a
rendue après l'avoir copiée d'après nature,
à ce qu'on prétend ; car on croit entendre le même bruit et le même siflement
fait le vent en hyver à la campagne , que dans une grande maison , lorsqu'il s'engouffre dans les portes , dans les coridors ou dans les cheminées ; ce bruit ap- ذر IVol.
proche
DECEMBRE. 1732. 2685
proche fort du sifflement plaintif que font les Roseaux et d'autres Plantes de
cette espece agitées par le vent. C'est une
imitation naïve et parfaite de la Nature.
M. le Brun , dans son Théatre Lyrique,
a raison de dire qu'il faut éviter de mettre sur le Théatre un Dieu favorisé d'une
Mortelle , comme dans cette Piece , parce
qu'on ne s'interesse guere pour un Amant
dont le bonheur égale le pouvoir , કે
moins que l'incertitude de la Divinité ne
fasse subsister l'interêt.
On reproche à l'Auteur sur ce Poëme
que la Furie Erinnis , qu'il a introduite
est trop tranquille , &c. Nous parlerons
plus amplement de cet Opera, en rendant
compte à nos Lecteurs de son exécution ,
de son succès et des observations du Public en general , et des Critiques en particulier.
de Quinault , et la Musique de Lully. C'est
le septième Opera de ces illustres Auteurs.
Ils avoient déja fait ensemble Psiché , les
Fêtes de l'Amour et de Bacchus , Cadmus et
Hermione, Alceste, Thesée, et Atys . Isis n'avoit point été repris depuis 1720. Feu Mile
Fournet y chantoit alors le principal Rôle et le sieur Thévenard celui d'Hierax.
Dans la nouveauté de cet Opera , les deux
Rôles étoient joüez par la Dlle Aubry et
par le sieur Gayes et celui de Junon par
1. Vel.
la
2684 MERCURE DE FRANCE
la Diles. Christophle. Aujourd'hui ces Rôles
sont remplis par la Dlle le Maure , par
le sieur Chassé et par la Dle Antier. On représenta Isis sur le Théatre du Château
de S. Germain en Laye , devant le Roy,
en 1677. il servit de divertissement à la
Cour pendant une partie du Carnaval.
Il parut ensuite sur le Théatre de Paris ,
au mois d'Août de la même année.
L'admirable Trio des Parques. Le fil de
la vie , &c. que M. de Lully estimoit tant.
lui-même , passe pour le plus beau qu'il
ait jamais fait en ce genre.
Isis , selon M. de Freneuse , dans sa
comparaison de la Musique Françoise à la
Musique Italienne , est le plus sçavant
Opera de la composition de M. de Lully,
et qui cependant eut le moins de succès
dans sa nouveauté.
La plainte de Pan , à la sixiéme Scene
du troisiéme Acte : Hélas ! quel bruit
entend-je? &c. est regardée comme un
chef- d'œuvre , par la maniere dont il l'a
rendue après l'avoir copiée d'après nature,
à ce qu'on prétend ; car on croit entendre le même bruit et le même siflement
fait le vent en hyver à la campagne , que dans une grande maison , lorsqu'il s'engouffre dans les portes , dans les coridors ou dans les cheminées ; ce bruit ap- ذر IVol.
proche
DECEMBRE. 1732. 2685
proche fort du sifflement plaintif que font les Roseaux et d'autres Plantes de
cette espece agitées par le vent. C'est une
imitation naïve et parfaite de la Nature.
M. le Brun , dans son Théatre Lyrique,
a raison de dire qu'il faut éviter de mettre sur le Théatre un Dieu favorisé d'une
Mortelle , comme dans cette Piece , parce
qu'on ne s'interesse guere pour un Amant
dont le bonheur égale le pouvoir , કે
moins que l'incertitude de la Divinité ne
fasse subsister l'interêt.
On reproche à l'Auteur sur ce Poëme
que la Furie Erinnis , qu'il a introduite
est trop tranquille , &c. Nous parlerons
plus amplement de cet Opera, en rendant
compte à nos Lecteurs de son exécution ,
de son succès et des observations du Public en general , et des Critiques en particulier.
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Résumé : Isis, Opera remis, [titre d'après la table]
Le 14 du mois, l'Académie Royale de Musique a présenté l'opéra 'Isis' au Théâtre Isis, avec des paroles de Quinault et la musique de Lully. Cet opéra est le septième de leur collaboration, après 'Psiché', 'Les Fêtes de l'Amour et de Bacchus', 'Cadmus et Hermione', 'Alceste', 'Thésée' et 'Atys'. 'Isis' n'avait pas été repris depuis 1720, où Mlle Fournet et le sieur Thévenard interprétaient les rôles principaux. Lors de la nouvelle représentation, les rôles étaient tenus par la Dlle Aubry, le sieur Gayes et la Dlle Christophle. Actuellement, les rôles sont interprétés par la Dlle le Maure, le sieur Chassé et la Dlle Antier. 'Isis' a été joué pour la première fois au Théâtre du Château de Saint-Germain-en-Laye devant le roi en 1677, puis à Paris en août de la même année. L'opéra est célèbre pour son admirable trio des Parques, que Lully considérait comme l'un de ses plus beaux morceaux. Selon M. de Freneuse, 'Isis' est l'opéra le plus savant de Lully, bien qu'il ait eu peu de succès lors de sa première représentation. La plainte de Pan dans la sixième scène du troisième acte est particulièrement remarquée pour son imitation parfaite des bruits naturels. M. le Brun critique l'introduction d'un dieu favorisé par une mortelle, estimant que cela réduit l'intérêt dramatique. On reproche également à l'auteur d'avoir introduit une Furie Erinnis trop tranquille.
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17262
p. 98
« On a dû expliquer l'Enigme & le Logogryphe d'Octobre par la Langue & le Logogryphe. [...] »
Début :
On a dû expliquer l'Enigme & le Logogryphe d'Octobre par la Langue & le Logogryphe. [...]
Mots clefs :
Langue, Logogriphe
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texteReconnaissance textuelle : « On a dû expliquer l'Enigme & le Logogryphe d'Octobre par la Langue & le Logogryphe. [...] »
On a dû expliquer l'Enigme & le Logogryphe
d'Octobre par la Langue & le Logogryphe..
d'Octobre par la Langue & le Logogryphe..
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17263
p. 1170
« On écrit de Madrid, que les Académiciens de l'Académie Royale Espagnole, ayant à leur tête [...] »
Début :
On écrit de Madrid, que les Académiciens de l'Académie Royale Espagnole, ayant à leur tête [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On écrit de Madrid, que les Académiciens de l'Académie Royale Espagnole, ayant à leur tête [...] »
On écrit de Madrid, que les Académiciens de
l'Académie Royale Espagnole, ayant à leur tête
le Marquis de Villena , Directeur de la Compa-
gnie , présenterent le 22. du mois passé au Roy
le cinquiéme Tome du Dictionaire de la Langue
Castillane , et qu'ils eurent tous l'honneur de
baiser la main à S. M.
l'Académie Royale Espagnole, ayant à leur tête
le Marquis de Villena , Directeur de la Compa-
gnie , présenterent le 22. du mois passé au Roy
le cinquiéme Tome du Dictionaire de la Langue
Castillane , et qu'ils eurent tous l'honneur de
baiser la main à S. M.
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17264
p. 1170
« On a apris de Petersbourg, que l'Académie des Sciences, établie en cette Ville, a élû pour [...] »
Début :
On a apris de Petersbourg, que l'Académie des Sciences, établie en cette Ville, a élû pour [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On a apris de Petersbourg, que l'Académie des Sciences, établie en cette Ville, a élû pour [...] »
On a apris de Petersbourg, que l'Académie
des Sciences, établie en cette Ville, a élû pour
Associé Etranger M. Rousset , de l'Académie
des Sciences de Berlin.
des Sciences, établie en cette Ville, a élû pour
Associé Etranger M. Rousset , de l'Académie
des Sciences de Berlin.
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17265
p. 160-161
LOGOGRYPHE. A Mlle. A.
Début :
Je suis jeune, badin, imprudent, inconstant ; [...]
Mots clefs :
Écolier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE. A Mlle. A.
LOGOGRYPHE.
A Mlle. A.
JE fuis jeune , badin , imprudent , inconftant
Un rien me met Cloris en colere & me pique ,
Mais je m'appaiſe au même inftant ;
De tout défaut je fuis un fûr critique ;
La même heure me voit joyeux , mélancholique ;
Ma tête eft , me dit- on , auffi dure qu'un roc :
Certain fçavant pourtant me compare à la cire ;
Son nom ? je n'en ſçais rien , mais je viens de le
lire.
Vous voyez que je fuis plus étourdi qu'un Coq.
Lecteur , fans doute tu dévines.
Maintenant fi tu me combines ,
Tu trouveras un Inftrument
Fort en honneur dans la Gréce & dans Rome ,
Ce qui foutient la tête d'un grand homme ,
Un continent entouré d'eau ,
Un animal , en France une riviere ,
Le nom d'une noble carriere ,
Ce qui reste au fond du tonneau ,
Le plus vieux de tous les Prophêtes ,
Un Inftrument que redoutent les bêtes
Qui vivent dans les bois : un métal précieux ,
Un bruit que la douleur excite ,
}
FEVRIER. 1745 . 161
Ou que fait quelqu'un qu'on irrite
Enfin ce qui fait voir ; peut-on ſe montrer mieux ?
A Mlle. A.
JE fuis jeune , badin , imprudent , inconftant
Un rien me met Cloris en colere & me pique ,
Mais je m'appaiſe au même inftant ;
De tout défaut je fuis un fûr critique ;
La même heure me voit joyeux , mélancholique ;
Ma tête eft , me dit- on , auffi dure qu'un roc :
Certain fçavant pourtant me compare à la cire ;
Son nom ? je n'en ſçais rien , mais je viens de le
lire.
Vous voyez que je fuis plus étourdi qu'un Coq.
Lecteur , fans doute tu dévines.
Maintenant fi tu me combines ,
Tu trouveras un Inftrument
Fort en honneur dans la Gréce & dans Rome ,
Ce qui foutient la tête d'un grand homme ,
Un continent entouré d'eau ,
Un animal , en France une riviere ,
Le nom d'une noble carriere ,
Ce qui reste au fond du tonneau ,
Le plus vieux de tous les Prophêtes ,
Un Inftrument que redoutent les bêtes
Qui vivent dans les bois : un métal précieux ,
Un bruit que la douleur excite ,
}
FEVRIER. 1745 . 161
Ou que fait quelqu'un qu'on irrite
Enfin ce qui fait voir ; peut-on ſe montrer mieux ?
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17266
p. 2852-2854
« Le 2 de ce mois, les Comédiens François, lurent dans leur assemblée une [...] »
Début :
Le 2 de ce mois, les Comédiens François, lurent dans leur assemblée une [...]
Mots clefs :
Troupe des comédiens italiens, Comédie héroïque, Tragédie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 2 de ce mois, les Comédiens François, lurent dans leur assemblée une [...] »
LE 2 de ce mois , les Comédiens François
, lurent dans leur assemblée une
Tragedie nouvelle , du Chevalier Pellegrin
, sous le titre de Pélopée , qu'ils reÇurent
unanimement. On en dit beaucoup
de bien , sur tout on la trouve bien conduite
, bien écrite et avec un grand interêt,
Ils avoient reçu quelques jours avant
une autre Tragedie nouvelle , intitulée :
Eryphile , dont on dit aussi beaucoup de
bien . On n'en sçait pas l'Auteur.
Les mêmes Comédiens ont aussi reçu ,
et doiventjouer incessamment LeGlorieux ,
Comédie en Vers et en cinq Actes , de
M. Destouches , de l'Académie Françoise.
1. Vol.
La
DECEMBRE. 1731. 2893
La réputation de cet Auteur , fort connu
par diverses excellentes Pieces de Theatres
, répond de la bonté de celle - cy.
On a remis au Theatre la Tragédie de
Médée , de feu M. de Longepierre , dont
la Dlle Balicour joue le principal rôle, avec
beaucoup d'aplaudissemens.
On a repris aussi sur le même Théatre
la Piece en deux Actes , du Magnifique
de M.de la Motte , qui est tres -bien représentée
et extrémement goûtée du Public.
Les mêmes Comédiens donnerent le
Lundy 17 de ce mois , la premiere repré
sentation d'Erigonne , Tragédie de M. de
la Grange , que le Public reçut favora
blement. Nous en parlerons plus au long.
LeChevalier Bayard , Comédie Héroïque ,
representée sur la Scene Françoise , n'eut
pas le premier jour tout le succès qu'elle
mérite , par une Caballe faite à ce qu'on
prétend pour la faire tomber. Mais elle se
releva à la seconde représentation , où elle
fut mieux entendue. On y trouva plusieurs
beaux endroits et fort pathétiques ,
des sentimens trés convenables au Héros ,
et aux principaux personnages sur qui
tombe l'interêt de la Piece , et elle a toujours
été applaudie dans quelques représentations
suivantes. Malgré cela , l'Auteur
l'a retirée , pour y corriger quelques
I.Vol deffauts,
2854 MERCURE DE FRANCE
deffauts , qui ne venoient peut - être pas
tous de sa part , et pour la rendre plus digne
de sa matiere, qui doit interesser
tout honnête homme et tout bon François.
A la premiere occasion qui se presentera
de la rendre au Public , on espere
qu'on en sera encore plus satisfait.On trou
vera dans le second volume de ce mois
l'Extrait de cette Piece, telle qu'on l'a representée.
Le sieur Riccoboni , dit Lelio , cy - devant
premier Acteur de la Troupe des
Comédiens Italiens , ordinaires du Roy
la Dule son Epouse , et le sieur Riccoboni
leur fils, qui avoient quitté le Theatre en
1729. pour se retirer en Italie leur Patrie,
sont revenus en France depuis le mois de
Novembre dernier.
Le 26 du même mois , le sieur Lélio le
fils , reparut sur le Théatre Italien , et y
joua le rôle de Valere, dans la Comédie des
Amans réunis. Cet Acteur fut parfaitement
bien reçu du public et tres aplaudi.
Le 3 Decembre , la De Lélio reparut
aussi et joüa le rôle de Suivante , dans la
Comédie de la Surprise de l'Amour. Le
sieur Lélio son fils , joüa dans la même
Piece , le rôle de l'Amant. Ils ont été tous
les deux tres- bien reçus du public.
, lurent dans leur assemblée une
Tragedie nouvelle , du Chevalier Pellegrin
, sous le titre de Pélopée , qu'ils reÇurent
unanimement. On en dit beaucoup
de bien , sur tout on la trouve bien conduite
, bien écrite et avec un grand interêt,
Ils avoient reçu quelques jours avant
une autre Tragedie nouvelle , intitulée :
Eryphile , dont on dit aussi beaucoup de
bien . On n'en sçait pas l'Auteur.
Les mêmes Comédiens ont aussi reçu ,
et doiventjouer incessamment LeGlorieux ,
Comédie en Vers et en cinq Actes , de
M. Destouches , de l'Académie Françoise.
1. Vol.
La
DECEMBRE. 1731. 2893
La réputation de cet Auteur , fort connu
par diverses excellentes Pieces de Theatres
, répond de la bonté de celle - cy.
On a remis au Theatre la Tragédie de
Médée , de feu M. de Longepierre , dont
la Dlle Balicour joue le principal rôle, avec
beaucoup d'aplaudissemens.
On a repris aussi sur le même Théatre
la Piece en deux Actes , du Magnifique
de M.de la Motte , qui est tres -bien représentée
et extrémement goûtée du Public.
Les mêmes Comédiens donnerent le
Lundy 17 de ce mois , la premiere repré
sentation d'Erigonne , Tragédie de M. de
la Grange , que le Public reçut favora
blement. Nous en parlerons plus au long.
LeChevalier Bayard , Comédie Héroïque ,
representée sur la Scene Françoise , n'eut
pas le premier jour tout le succès qu'elle
mérite , par une Caballe faite à ce qu'on
prétend pour la faire tomber. Mais elle se
releva à la seconde représentation , où elle
fut mieux entendue. On y trouva plusieurs
beaux endroits et fort pathétiques ,
des sentimens trés convenables au Héros ,
et aux principaux personnages sur qui
tombe l'interêt de la Piece , et elle a toujours
été applaudie dans quelques représentations
suivantes. Malgré cela , l'Auteur
l'a retirée , pour y corriger quelques
I.Vol deffauts,
2854 MERCURE DE FRANCE
deffauts , qui ne venoient peut - être pas
tous de sa part , et pour la rendre plus digne
de sa matiere, qui doit interesser
tout honnête homme et tout bon François.
A la premiere occasion qui se presentera
de la rendre au Public , on espere
qu'on en sera encore plus satisfait.On trou
vera dans le second volume de ce mois
l'Extrait de cette Piece, telle qu'on l'a representée.
Le sieur Riccoboni , dit Lelio , cy - devant
premier Acteur de la Troupe des
Comédiens Italiens , ordinaires du Roy
la Dule son Epouse , et le sieur Riccoboni
leur fils, qui avoient quitté le Theatre en
1729. pour se retirer en Italie leur Patrie,
sont revenus en France depuis le mois de
Novembre dernier.
Le 26 du même mois , le sieur Lélio le
fils , reparut sur le Théatre Italien , et y
joua le rôle de Valere, dans la Comédie des
Amans réunis. Cet Acteur fut parfaitement
bien reçu du public et tres aplaudi.
Le 3 Decembre , la De Lélio reparut
aussi et joüa le rôle de Suivante , dans la
Comédie de la Surprise de l'Amour. Le
sieur Lélio son fils , joüa dans la même
Piece , le rôle de l'Amant. Ils ont été tous
les deux tres- bien reçus du public.
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Résumé : « Le 2 de ce mois, les Comédiens François, lurent dans leur assemblée une [...] »
En décembre 1731, les Comédiens Français ont présenté plusieurs nouvelles œuvres. Deux tragédies, 'Pélopée' du Chevalier Pellegrin et 'Éryphile' d'auteur inconnu, ont été bien accueillies. La comédie en vers 'Le Glorieux' de M. Destouches, membre de l'Académie Française, a également été reçue favorablement. La tragédie 'Médée' de M. de Longepierre, avec la Dlle Balicour dans le rôle principal, a été remise au théâtre avec succès. La pièce 'Le Magnifique' de M. de la Motte a été reprise et bien accueillie. Le 17 décembre, 'Érigone', tragédie de M. de la Grange, a été présentée pour la première fois et favorablement reçue. La comédie héroïque 'Le Chevalier Bayard' a connu un succès mitigé lors de sa première représentation en raison d'une cabale, mais a été mieux accueillie par la suite. L'auteur l'a retirée pour la corriger. Les acteurs italiens Riccoboni sont revenus en France en novembre et ont repris leurs rôles au théâtre italien, recevant un accueil favorable du public.
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17267
p. 1170-1173
Prix de l'Académie, des Jeux Floraux, &c. et Prix réservés, [titre d'après la table]
Début :
L'Académie des Jeux Floraux distribuë tous les ans quatre Prix ou Fleurs. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prix de l'Académie, des Jeux Floraux, &c. et Prix réservés, [titre d'après la table]
L'Académie des Jeux Floraux distribuë tous
les ans quatre Prix ou Fleurs.
Le premier de ces Prix , destiné à une Ode
est une Amaranthe d'or de la valeur de quatre
cent livres.
Le second est une Violette d'argent de la va-
leur de deux cent cinquante livres. Ce Prix est
destiné à un Poëme de soixante Vers au moins
et de cent Vers au plus. Le Sujet de cette sorte
de Poëme doit être héroïque ou dans le genre
noble , et les Vers en doivent être Alexandrins.
a Le troisiéme Prix est une Eglantine d'argent
de la valeur de deux cent cinquante livres , qui
est destinée à un Piece de Prose d'un quart d'heu-
re ou d'une petite demie heure de lecture.
Le quatriéme Prix est un Souci d'argent de la
valeur de deux cent livres. Il est destiné à une
Elegie , à une Idyle ou à une Eglogue. Ces trois
I. Vol.
genres
I Val
JUI N. 1737.
1171
genres d'Ouvrages concourent ensemble pour ce
même Prix.
Le Sujet de tous les Ouvrages de Poësie est au
choix des Auteurs.
Les Ouvrages dans lesquels les Auteurs seront re-
connus plagiaires, les Ouvrages qui ne sont quedes
imitations ou des traductions , ceux qui ont parû
dans le Public , ou qui traitent de Sujets qui ont
été donnés par d'autres Académies , et les Cu-
vrages qui ont quelque chose de burlesque , d'in-
décent , de satyrique , de contraire aux bonnes
mœurs, n'entrent pas dans le concours pour les
Prix, non - plus que les Ouvrages dont les Auteurs'
sé font connoître avant le Jugement , ou pour
lesquels ils sollicitent ou font solliciter.
Les Auteurs qui traitent des Matieres Théolo-'
giques , doivent faire mettre au bas de leurs
Ouvrages l'Aprobation de deux Docteurs en
Théologie.
On remettra dans tout le mois dé Janvier de
Pannée 1738. à M. le Chevalier d'Aliés , Secre
taire Perpetuel de l'Académie des Jeux Floraux ,
demeurant dans la rue des Coûteliers à Toulou-
sé , trois Copies bien lisibles de chaque Ouvrage,
qui sera désigné seulement par une Devise ou
Sentence.
M. le Secretaire ne présentera pas à l'Acadé- '
mie les Ouvrages qu'on lui adressera par la Pos-
té en droiture, les Reglemens de cette Compagnie
le lui interdisant. On doit donc charger des Per-
sonnes domiciliées à Toulouse de lui remettre
les Ouvrages. Il en écrira devant eux la récep
tion dans son Registre , leur nom , leur qualité ,
leur demeure , et il leur expédiera les Récepissés
des Ouvrages.
Ceux qui auront remporté des Prix serent
Ey
obligés
1172 MERCURE DE FRANCE
obligés , s'ils sont à Toulouse , de venir les re-
cevoir eux-mêmes l'après midi du troisiéme
jour du mois de May , à l'Assemblée publique
de la Distribution des Prix , qui se fait dans le
grand Consistoire de l'Hôtel de Ville. S'ils sont
hors de portée de venir les recevoir eux- mêmes,
ils doivent envoyer une Procuration en bonne
forme à une Personne domicilée à Toulouse
pour les recevoir de M. le Secretaire , en lui re-
mettant les Procurations des Auteurs et les Ré-
cepissés des Ouvrages,
Après queles Auteurs se seront fait connoî→
tre , on leur donnera des Attestations portant
qu'un tel , une telle année , pour tel Ouvrage par
lui composé , a remporté un tel Prix ; et l'Ou-
vrage en Original sera attaché à ces Attestations,
sous le contre-scel des Jeux.
On ne peut remporter que trois fois en sa vie
chacun des Prix que l'Académie distribuë.
Ceux qui auront remporté trois Prix, l'un des-
quels sera l'Amarante , pouront obtenir des Let-
tres de Maître des Jeux Floraux. Ils seront du
Corps des Jeux , et auront droit d'assister et d'o-
piner commes Juges , avec le Chancelier , les
Mainteneurs ou Académiciens et les autres Maî-
tres , aux Assemblées particulieres et publiques
qui se font pour le Jugement des Ouvrages et
pour la distribution des Prix.
Jugement des Ouvrages présentés à
l'Académie l'année 1737.
L'Ode qui a pour titre , LA MORT , et pour
Devise , Pulvis es , et in pulverem reverteris , a
remporté le premier Prix .
Le Prix du Poëme a été réservé.
Le Discours qui a pour Devise , Pauci quos
I. Vol.
J
JUIN.
1737.
1173
@quus amavit Jupiter , a remporté le Prix de l'an-
née destiné à ce genre ; et un des Prix réservés
a été adjugé au Discours qui a pour Devise, Fa-
ma res quidem ardua.
L'Eglogue qui a pour Interlocuteurs , E GLE',
DAMON , et pour Devise , Quam durum dis-
jungere amantes , a remporté le Prix de ce genre.
On verra dans le Recueil de l'Académie le
nom des Auteurs de tous ces Ouvrages.
L'Académie a réservé deux Prix d'Ode ,
deux Prix de Poëme , un Prix de Discours
et deux Prix d'Eglogue ; ensorte qu'elle aura
à donner l'année prochaine trois Prix d'Ode ,
trois Prix de Poëme , deux Prix de Discours
et trois Prix d'Eglogue. Le Sujet du Discours
sera pour l'année 1738. Le Gouvernement Mo-
narchique est le meilleur de tous.
les ans quatre Prix ou Fleurs.
Le premier de ces Prix , destiné à une Ode
est une Amaranthe d'or de la valeur de quatre
cent livres.
Le second est une Violette d'argent de la va-
leur de deux cent cinquante livres. Ce Prix est
destiné à un Poëme de soixante Vers au moins
et de cent Vers au plus. Le Sujet de cette sorte
de Poëme doit être héroïque ou dans le genre
noble , et les Vers en doivent être Alexandrins.
a Le troisiéme Prix est une Eglantine d'argent
de la valeur de deux cent cinquante livres , qui
est destinée à un Piece de Prose d'un quart d'heu-
re ou d'une petite demie heure de lecture.
Le quatriéme Prix est un Souci d'argent de la
valeur de deux cent livres. Il est destiné à une
Elegie , à une Idyle ou à une Eglogue. Ces trois
I. Vol.
genres
I Val
JUI N. 1737.
1171
genres d'Ouvrages concourent ensemble pour ce
même Prix.
Le Sujet de tous les Ouvrages de Poësie est au
choix des Auteurs.
Les Ouvrages dans lesquels les Auteurs seront re-
connus plagiaires, les Ouvrages qui ne sont quedes
imitations ou des traductions , ceux qui ont parû
dans le Public , ou qui traitent de Sujets qui ont
été donnés par d'autres Académies , et les Cu-
vrages qui ont quelque chose de burlesque , d'in-
décent , de satyrique , de contraire aux bonnes
mœurs, n'entrent pas dans le concours pour les
Prix, non - plus que les Ouvrages dont les Auteurs'
sé font connoître avant le Jugement , ou pour
lesquels ils sollicitent ou font solliciter.
Les Auteurs qui traitent des Matieres Théolo-'
giques , doivent faire mettre au bas de leurs
Ouvrages l'Aprobation de deux Docteurs en
Théologie.
On remettra dans tout le mois dé Janvier de
Pannée 1738. à M. le Chevalier d'Aliés , Secre
taire Perpetuel de l'Académie des Jeux Floraux ,
demeurant dans la rue des Coûteliers à Toulou-
sé , trois Copies bien lisibles de chaque Ouvrage,
qui sera désigné seulement par une Devise ou
Sentence.
M. le Secretaire ne présentera pas à l'Acadé- '
mie les Ouvrages qu'on lui adressera par la Pos-
té en droiture, les Reglemens de cette Compagnie
le lui interdisant. On doit donc charger des Per-
sonnes domiciliées à Toulouse de lui remettre
les Ouvrages. Il en écrira devant eux la récep
tion dans son Registre , leur nom , leur qualité ,
leur demeure , et il leur expédiera les Récepissés
des Ouvrages.
Ceux qui auront remporté des Prix serent
Ey
obligés
1172 MERCURE DE FRANCE
obligés , s'ils sont à Toulouse , de venir les re-
cevoir eux-mêmes l'après midi du troisiéme
jour du mois de May , à l'Assemblée publique
de la Distribution des Prix , qui se fait dans le
grand Consistoire de l'Hôtel de Ville. S'ils sont
hors de portée de venir les recevoir eux- mêmes,
ils doivent envoyer une Procuration en bonne
forme à une Personne domicilée à Toulouse
pour les recevoir de M. le Secretaire , en lui re-
mettant les Procurations des Auteurs et les Ré-
cepissés des Ouvrages,
Après queles Auteurs se seront fait connoî→
tre , on leur donnera des Attestations portant
qu'un tel , une telle année , pour tel Ouvrage par
lui composé , a remporté un tel Prix ; et l'Ou-
vrage en Original sera attaché à ces Attestations,
sous le contre-scel des Jeux.
On ne peut remporter que trois fois en sa vie
chacun des Prix que l'Académie distribuë.
Ceux qui auront remporté trois Prix, l'un des-
quels sera l'Amarante , pouront obtenir des Let-
tres de Maître des Jeux Floraux. Ils seront du
Corps des Jeux , et auront droit d'assister et d'o-
piner commes Juges , avec le Chancelier , les
Mainteneurs ou Académiciens et les autres Maî-
tres , aux Assemblées particulieres et publiques
qui se font pour le Jugement des Ouvrages et
pour la distribution des Prix.
Jugement des Ouvrages présentés à
l'Académie l'année 1737.
L'Ode qui a pour titre , LA MORT , et pour
Devise , Pulvis es , et in pulverem reverteris , a
remporté le premier Prix .
Le Prix du Poëme a été réservé.
Le Discours qui a pour Devise , Pauci quos
I. Vol.
J
JUIN.
1737.
1173
@quus amavit Jupiter , a remporté le Prix de l'an-
née destiné à ce genre ; et un des Prix réservés
a été adjugé au Discours qui a pour Devise, Fa-
ma res quidem ardua.
L'Eglogue qui a pour Interlocuteurs , E GLE',
DAMON , et pour Devise , Quam durum dis-
jungere amantes , a remporté le Prix de ce genre.
On verra dans le Recueil de l'Académie le
nom des Auteurs de tous ces Ouvrages.
L'Académie a réservé deux Prix d'Ode ,
deux Prix de Poëme , un Prix de Discours
et deux Prix d'Eglogue ; ensorte qu'elle aura
à donner l'année prochaine trois Prix d'Ode ,
trois Prix de Poëme , deux Prix de Discours
et trois Prix d'Eglogue. Le Sujet du Discours
sera pour l'année 1738. Le Gouvernement Mo-
narchique est le meilleur de tous.
Fermer
17268
p. 142-147
LETTRE à M. DE LA PLACE, sur les Aqueducs, sur les grands Chemins, &c.
Début :
MONSIEUR, L'Histoire des grands chemins de l'Empire Romain de M. Bergier, & le [...]
Mots clefs :
Chemins, Aqueducs, Recherches, Ville, Honneur, Lecteurs, Romains
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. DE LA PLACE, sur les Aqueducs, sur les grands Chemins, &c.
LETTRE à M. DE LA PLACE , fur
les Aqueducs , fur les grands Chemins
, &c.
MONSIEUR ONSIEUR ,
,
L'Hiftoire des grands chemins de l'Einpire
Romain de M. Bergier , & le
magnifique projet de donner de l'eau
à Paris par M. Deparcieux , de l'Académie
Royale des Sciences , m'ont fait
naître une idée que je vous prie de
communiquer au Public .
M. Bergier dit dans fon Avertiffement
que plufieurs Savans de différentes Provinces
l'ont aidé à compofer fon Ouvrage
& l'on fent affez que des recherches
auffi immenfes ne peuvent
pas être faites par un feul homme.
AVRIL. 1763. 143
Ces recherches font profondes &
inftructives , & peut-être leur devonsnous
l'attention particulière , & bien
digne de la protection Royale qu'on
apporte aux grands chemins , beaucoup
plus fous ce régne & fous le précédent ,
qu'on n'a fait fous les autres.
Une histoire des aqueducs faits dans
les Gaules par la même nation pour procurer
de l'eau aux Villes , ne pourroitelle
pas avoir auffi fon objet d'utilité ?
au moins pourroit-elle fatisfaire la curiofité
de nombre de Lecteurs d'une manière
très -piquante , & par-là devenir
utile .
Il y a peu de Villes dans le Royaume
fi petites qu'elles foient, où l'on ne trouve
des hommes lettres & fouvent très-érudits.
Il feroit à fouhaiter que dans chaque
canton , où l'on trouve des reftes
d'aqueducs faits par les Romains ou par
d'autres , jufques & compris ceux faits
de nos jours pour procurer de l'eau aux
Habitans des Villes , il fe trouvât quelques
Savans qui vouluffent bien prendre
la peine de faire des recherches
fur ces refpec &tables monumens faits
pour l'utilité publique , ainfi que les
chemins.
On pourroit fuivre le plan de la dif144
MERCURE DE FRANCE .
fertation que M. de Lorme de l'Acadé
mie de Lyon a faite fur les aqueducs
conftruits par les Romains pour procurer
de l'eau à cette Ville , ou s'en faire
une autre fi le fujet l'éxige ; la differtation
de M. de Lorme , a été imprimée
à Lyon , chez Aimé de la Roche , aux
Halles de la Grenette. Il faudroit y joindre
quelques deffeins en figures quand
il en feroit befoin. Ces differtations envoyées
aux Auteurs du Mercure , ou à
l'Académie des Infcriptions & Belles-
Lettres feroient honneur à leurs Auteurs
& plaifir aux Lecteurs , & l'on en feroit
un jour un recueil en confervant à chacun
l'honneur de fon travail.
?
La prife d'eau ou le commencement
des aqueducs , leur route & leur étendue
, la defcription dés reftes tels qu'ils
font , la grandeur & la forme du paffage
de l'eau , la conftruction & la matière
qu'on y employoit , quelle eau
ils portoient de fource ou de rivière
la quantité qu'on en pouvoit prendre
à ces fources ou à ces rivières , fi l'eau
étoit menée à couvert ou à découvert ,
la quantité de pente , le nombre & l'étendue
des vallons à traverfer , avec la
hauteur que devoient avoir les pontsaqueducs
aux endroits les plus bas des
vallons
AVRIL. 1763 . 145
vallons , les montagnes ou rochers coupés
ou percés , & dans quelle longueur ,
&c , font autant de chofes qu'il eft à
fouhaiter qu'on faffe connoître quand
on le verra clairement , ou dire ce qu'on
préfume par tel ou tel indice tâcher
de dire par qui ils ont été faits , quand
on poura le fçavoir ou le préfumer ou
l'établir par quelque recherche hiſtorique.
>
Ces mêmes recherches pourront peutêtre
apprendre , pour quelques aqueducs
comme celles de M. Bergier ont fait
pour quelques chemins , s'ils ont été
faits des fonds publics de l'Etat ou de
la Ville pour laquelle ils étoient faits
ou par la générofité de quelque riche
Citoyen , auxquels il appartient de faire
les grandes chofes , quand ils penſent
affez bien pour fentir qu'un nom refpectable
laiffé à leur poftérité eft bien
plus flatteur & communément plus utile
que trop de grands biens trouvés en
naiffant , dont il ne refte fouvent rien
à la fin de la feconde ou de la troifiéme
génération. Paris en fournit nombre
d'éxemples , on ne les cherche pas
longtemps ; mais il fera toujours difficile
de perfuader aux perfonnes accoutumées
à entaffer millions für millions
I.Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE .
qu'un Particulier n'eft pas plus heureux ,
on pourroit même dire pas plus riche
avec vingt ou trente millions qu'avec
dix , & qu'une médiocre fortune avec
un nom mémorable par quelque belle
action de valeur ou de patriotisme ,
donneroient bien plus d'âme , de fentimens,
de confidération & de fatisfaction
que cet excès de richeffes feul.
Il eft probable que les aqueducs
auront trouvé des bienfaiteurs comme
les grands chemins en ont trouvé,les uns
& les autres étant de la plus grande néceffité.
Ceux qui connoiffent bien l'hiftoire
pourront fur cet objet faire des
découvertes qui intérefferont les Lecteurs
patriotes, ainfi qu'a fait M. Bergier,
pour ce qui concerne les grands chemins.
Ce Sçavant nous apprend , Liv. I.
Chap. XXIV. que plufieurs Citoyens
Romains donnoient des fommes confidérables
pour faire travailler aux chemins;
que les uns donnoient de leur
vivant, d'autres par teftament, les uns des
fommes déterminées , d'autres celles
qui étoient néceffaires pour faire conftruire
à neuf, ou faire paver ou entretenir
une longeur défignée de chemins
; d'autres s'affocioient pour faire
AVRIL. 1763.
un chemin entier qu'ils dédioient à
un Prince chéri ou bien -aimé , auquel
ils donnoient fon nom . Peut- on mieux
flatter un Maître digne de l'affection
de fes Sujets , & lui faire fa cour plus
grandement , qu'en travaillant à tranfmettre
fon nom à la postérité par des
Monumens publics , durables & utiles
qui font connoître à la fois le reſpect ,
l'attachement & l'amour qu'on avoit
pour lui ?
Lacer , affectionné à l'Empereur Trajan
, fit bâtir à fes propres frais un
pont confidérable dans la Ville d'Alicante
, à l'honneur de ce Prince . Les habitans
de la Ville de Chaves en Portugal,
lui en dédiérent un autre.
Un Médecin nommé Décimius , né
de baffe condition , mais avec des fentimens
élevés , nobles & généreux , donna
350 mille fefterces ; & un Chirurgien
oculiſte , nommé Clinicus , 309 mille
fefterces pour être employés au pavé
des chemins fommes avec lesquelles
on devoit faire alors des travaux confidérables.
J'ai l'honneur d'être , & c.
les Aqueducs , fur les grands Chemins
, &c.
MONSIEUR ONSIEUR ,
,
L'Hiftoire des grands chemins de l'Einpire
Romain de M. Bergier , & le
magnifique projet de donner de l'eau
à Paris par M. Deparcieux , de l'Académie
Royale des Sciences , m'ont fait
naître une idée que je vous prie de
communiquer au Public .
M. Bergier dit dans fon Avertiffement
que plufieurs Savans de différentes Provinces
l'ont aidé à compofer fon Ouvrage
& l'on fent affez que des recherches
auffi immenfes ne peuvent
pas être faites par un feul homme.
AVRIL. 1763. 143
Ces recherches font profondes &
inftructives , & peut-être leur devonsnous
l'attention particulière , & bien
digne de la protection Royale qu'on
apporte aux grands chemins , beaucoup
plus fous ce régne & fous le précédent ,
qu'on n'a fait fous les autres.
Une histoire des aqueducs faits dans
les Gaules par la même nation pour procurer
de l'eau aux Villes , ne pourroitelle
pas avoir auffi fon objet d'utilité ?
au moins pourroit-elle fatisfaire la curiofité
de nombre de Lecteurs d'une manière
très -piquante , & par-là devenir
utile .
Il y a peu de Villes dans le Royaume
fi petites qu'elles foient, où l'on ne trouve
des hommes lettres & fouvent très-érudits.
Il feroit à fouhaiter que dans chaque
canton , où l'on trouve des reftes
d'aqueducs faits par les Romains ou par
d'autres , jufques & compris ceux faits
de nos jours pour procurer de l'eau aux
Habitans des Villes , il fe trouvât quelques
Savans qui vouluffent bien prendre
la peine de faire des recherches
fur ces refpec &tables monumens faits
pour l'utilité publique , ainfi que les
chemins.
On pourroit fuivre le plan de la dif144
MERCURE DE FRANCE .
fertation que M. de Lorme de l'Acadé
mie de Lyon a faite fur les aqueducs
conftruits par les Romains pour procurer
de l'eau à cette Ville , ou s'en faire
une autre fi le fujet l'éxige ; la differtation
de M. de Lorme , a été imprimée
à Lyon , chez Aimé de la Roche , aux
Halles de la Grenette. Il faudroit y joindre
quelques deffeins en figures quand
il en feroit befoin. Ces differtations envoyées
aux Auteurs du Mercure , ou à
l'Académie des Infcriptions & Belles-
Lettres feroient honneur à leurs Auteurs
& plaifir aux Lecteurs , & l'on en feroit
un jour un recueil en confervant à chacun
l'honneur de fon travail.
?
La prife d'eau ou le commencement
des aqueducs , leur route & leur étendue
, la defcription dés reftes tels qu'ils
font , la grandeur & la forme du paffage
de l'eau , la conftruction & la matière
qu'on y employoit , quelle eau
ils portoient de fource ou de rivière
la quantité qu'on en pouvoit prendre
à ces fources ou à ces rivières , fi l'eau
étoit menée à couvert ou à découvert ,
la quantité de pente , le nombre & l'étendue
des vallons à traverfer , avec la
hauteur que devoient avoir les pontsaqueducs
aux endroits les plus bas des
vallons
AVRIL. 1763 . 145
vallons , les montagnes ou rochers coupés
ou percés , & dans quelle longueur ,
&c , font autant de chofes qu'il eft à
fouhaiter qu'on faffe connoître quand
on le verra clairement , ou dire ce qu'on
préfume par tel ou tel indice tâcher
de dire par qui ils ont été faits , quand
on poura le fçavoir ou le préfumer ou
l'établir par quelque recherche hiſtorique.
>
Ces mêmes recherches pourront peutêtre
apprendre , pour quelques aqueducs
comme celles de M. Bergier ont fait
pour quelques chemins , s'ils ont été
faits des fonds publics de l'Etat ou de
la Ville pour laquelle ils étoient faits
ou par la générofité de quelque riche
Citoyen , auxquels il appartient de faire
les grandes chofes , quand ils penſent
affez bien pour fentir qu'un nom refpectable
laiffé à leur poftérité eft bien
plus flatteur & communément plus utile
que trop de grands biens trouvés en
naiffant , dont il ne refte fouvent rien
à la fin de la feconde ou de la troifiéme
génération. Paris en fournit nombre
d'éxemples , on ne les cherche pas
longtemps ; mais il fera toujours difficile
de perfuader aux perfonnes accoutumées
à entaffer millions für millions
I.Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE .
qu'un Particulier n'eft pas plus heureux ,
on pourroit même dire pas plus riche
avec vingt ou trente millions qu'avec
dix , & qu'une médiocre fortune avec
un nom mémorable par quelque belle
action de valeur ou de patriotisme ,
donneroient bien plus d'âme , de fentimens,
de confidération & de fatisfaction
que cet excès de richeffes feul.
Il eft probable que les aqueducs
auront trouvé des bienfaiteurs comme
les grands chemins en ont trouvé,les uns
& les autres étant de la plus grande néceffité.
Ceux qui connoiffent bien l'hiftoire
pourront fur cet objet faire des
découvertes qui intérefferont les Lecteurs
patriotes, ainfi qu'a fait M. Bergier,
pour ce qui concerne les grands chemins.
Ce Sçavant nous apprend , Liv. I.
Chap. XXIV. que plufieurs Citoyens
Romains donnoient des fommes confidérables
pour faire travailler aux chemins;
que les uns donnoient de leur
vivant, d'autres par teftament, les uns des
fommes déterminées , d'autres celles
qui étoient néceffaires pour faire conftruire
à neuf, ou faire paver ou entretenir
une longeur défignée de chemins
; d'autres s'affocioient pour faire
AVRIL. 1763.
un chemin entier qu'ils dédioient à
un Prince chéri ou bien -aimé , auquel
ils donnoient fon nom . Peut- on mieux
flatter un Maître digne de l'affection
de fes Sujets , & lui faire fa cour plus
grandement , qu'en travaillant à tranfmettre
fon nom à la postérité par des
Monumens publics , durables & utiles
qui font connoître à la fois le reſpect ,
l'attachement & l'amour qu'on avoit
pour lui ?
Lacer , affectionné à l'Empereur Trajan
, fit bâtir à fes propres frais un
pont confidérable dans la Ville d'Alicante
, à l'honneur de ce Prince . Les habitans
de la Ville de Chaves en Portugal,
lui en dédiérent un autre.
Un Médecin nommé Décimius , né
de baffe condition , mais avec des fentimens
élevés , nobles & généreux , donna
350 mille fefterces ; & un Chirurgien
oculiſte , nommé Clinicus , 309 mille
fefterces pour être employés au pavé
des chemins fommes avec lesquelles
on devoit faire alors des travaux confidérables.
J'ai l'honneur d'être , & c.
Fermer
Résumé : LETTRE à M. DE LA PLACE, sur les Aqueducs, sur les grands Chemins, &c.
La lettre adressée à M. de La Place aborde l'histoire des grands chemins et des aqueducs, s'inspirant des travaux de M. Bergier et du projet de M. Deparcieux pour approvisionner Paris en eau. L'auteur propose de compiler une histoire des aqueducs construits dans les Gaules par les Romains, afin de satisfaire la curiosité des lecteurs et de servir l'utilité publique. Il suggère que des savants dans chaque canton où subsistent des restes d'aqueducs entreprennent des recherches sur ces monuments. Ces études pourraient suivre le modèle de la dissertation de M. de Lorme sur les aqueducs romains à Lyon, incluant des descriptions détaillées des aqueducs, leur construction, leur utilisation et leur financement. L'auteur souligne que ces recherches pourraient révéler des informations sur les bienfaiteurs ayant financé ces infrastructures, qu'il s'agisse de fonds publics ou de générosité privée. Il cite des exemples de citoyens romains ayant contribué à la construction et à l'entretien des chemins, mettant en avant l'importance de ces actes de patriotisme et de générosité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17269
p. 2685
« On apprend de Vienne, qu'on y avoit représenté le 5. Novembre avec un très-grand succès [...] »
Début :
On apprend de Vienne, qu'on y avoit représenté le 5. Novembre avec un très-grand succès [...]
Mots clefs :
Opéra, Adrien, Théâtre du marché au foin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On apprend de Vienne, qu'on y avoit représenté le 5. Novembre avec un très-grand succès [...] »
On apprend de Vienne , qu'on y avoit repré- senté les . Novembre avec un très- grand succès , le nouvel Opera d'Adrien , composé à l'oc casion de l'Anniversaire de laNaissance de l'Empereur , par le sieur Caldara , Sous- Maître de la
Chapelle de Musique de S. M. Imp.
On a représenté à Londres , sur le Théatre du
Marché au Foin , le nouvel Opera de Caton ,
dont le principal Rô'e est chanté par la Signora
Celestine Gismondi , nouvelle Chanteuse Italienne,
qui est fort applaudie.
Chapelle de Musique de S. M. Imp.
On a représenté à Londres , sur le Théatre du
Marché au Foin , le nouvel Opera de Caton ,
dont le principal Rô'e est chanté par la Signora
Celestine Gismondi , nouvelle Chanteuse Italienne,
qui est fort applaudie.
Fermer
17270
p. 161
AUTRE.
Début :
Prenez mon Logogryphe en tout son composé ; [...]
Mots clefs :
Toison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Prenez mon Logogryphe en tout fon compofé ;
Jadis on me gardoit ; quiconque auroit ofé
Jufqu'à l'enlevement faire éclater fa gloire ,
N'étoit pas fûr de fa victoire.
Quelqu'un pourtant en vint à bout
Voilà que je fuis en mon tout .
Qu'en deux l'on me partage ,
Dans l'un c'eft un pronom , je fuis pour le Langage
Que l'on tient à l'inferieur ,
L'autre est pour un crieur ,
C'eft le produit de fa furie :
Ou bien c'eft la douce harmonie :
Ou bien encor c'eft le repas
D'un animal dont on fait peu de cas .
F. dA .
Prenez mon Logogryphe en tout fon compofé ;
Jadis on me gardoit ; quiconque auroit ofé
Jufqu'à l'enlevement faire éclater fa gloire ,
N'étoit pas fûr de fa victoire.
Quelqu'un pourtant en vint à bout
Voilà que je fuis en mon tout .
Qu'en deux l'on me partage ,
Dans l'un c'eft un pronom , je fuis pour le Langage
Que l'on tient à l'inferieur ,
L'autre est pour un crieur ,
C'eft le produit de fa furie :
Ou bien c'eft la douce harmonie :
Ou bien encor c'eft le repas
D'un animal dont on fait peu de cas .
F. dA .
Fermer
17271
p. 1211-1214
ALLEMAGNE.
Début :
Le Prince de Wirtemberg, qui commande par interim l'Armée que l'Empereur a [...]
Mots clefs :
Troupes, Prince, Empereur, Pálffy, Milices, Prince Louis de Wurtemberg, Armée, Grenadiers, Autriche, Prince Alexandre de Wurtemberg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
>
E Prince Louis de Wirtemberg , qui commande
par interim l'Armée. que l'Empereur a
en Italie , a écrit à S.M. Imperiale, que les Troupes
Allemandes, lorsquelles avoient passé le Po , étoient
disposées dans l'ordrde suivant : la premiere colonne
composée de 26. Bataillons , trois de
Guido - Staremberg , trois de Harrach , deux de
Lirengstein , trois de Firstenbusch trois de
Hildbourghaussen , un de Wallis , deux de Palfi ,
trois de Daun , un d'Oglivi , trois de Maximilien
Staremberg , et deux de Wachtendoncsk ;
de 28. Escadrons , sept de Saxe Gotha , sept de
Mercy , sept de Palfi , et sept de Jorger ;
et de
20. Compagnies de Grenadiers , ayant à la tête
le Baron de Lanthieri , le Prince de Livengstein ,
les Comtes de Diesbach , et de Saint- Amour ,
Lieutenants Generaux.
La seconde colonne de 17. Bataillons , un de
Welsech , deux de Culmbach , trois de Seckendorf
, rois du Grand - Maître de l'Ordre Teutonique
, deux de Ligneville , deux de Wallis , et
trois de Konigseg , de 24. Escadrons , 7. de
Lichteinstein , 6. de Veterani , 6. d'Hamilton , et
5. de Frederic de Wirtemberg , et de 14. Compagnies
de Grenadiers , sous les ordres des Comtes
de Culmbach et de Valperoso.
Dans le Conseil d'Etat que l'Empereur tint à
Vienne le 16. du mois dernier , il fut résolu
d'assembler les Milices du Royaume de Boheme
et des Provinces de Silesie et de Moravie ,
. I. Vol.
et de
faire
1212 MERCURE DE FRANCE
faire marcher à l'Armée la dixième partie des
Habitans de la Basse- Autriche qui sont en état de
porter les armes . Le bruit court qu'on a déliberé ·
dans le même Conseil si l'on obligeroic la Noblesse
de la Haute Autriche de lever et d'entretenir
à ses dépens un Corps de 10000. homines.
On apprend de Ratisbonne , que la Diete a
reglé que
e les Princes et les Cercles ne fourniroien
que les trois cinquièmes des subsides que
S. M. Imp . avoit demandé pour l'entretien des
Troupes de l'Empire , et que la Caisse Militaire
seroit établie à Francfort.
Les Régimens ie Hager , du Prince Alexandre
de Wirtemberg , de Veles , de Carolis , de Seer
et de Palfi , qui s'étoient mis en marche pour se
rendre à l'Armée sur le Rhin ont reçû ordre de
s'arrêter dans les environs de Passaw ; on croit
qu'elles y formeront un Camp ,
et que les Milices
qu'on leve dans la Basse- Autriche iront les
y joindre.
Sur l'avis qu'on a reçû d'une irruption qu'un
corps de Troupes Polonoises , composé d'environ
4000. hommes , a faite en Silesie , où il a
ravage plusieurs terres consi terables , particulierement
celles du Comte de Henkel , S. M. Imp.
a pris la résolution d'envoyer un Détachement
de Cavalerie et d'Infanterie dans cette Province,
et une partie du Régiment de Chauveray est
déja partie pour renforcer quelques postes de la
Frontiere. On assure que le Camp qu'on y doit
former , sera composé du Régiment du Prince
Alexandre de Wittemberg , de ceux de Weles ,
du Comte Louis de Palfi , de Seer , d'Ogilvi , de
Welsech , du Régiment de Grenadiers de Lorraine,
d'une partie de celui de Chauvirey , et de
ICOo homines des Milices de Transilvanie , ces
I. Vol. Troupes
JUIN. 1734. 1213
par
Troupes doivent être commandées le Baron .
de Damnitz , Feld- Maréchal , qui aura sous ses
ordres le Comte de Jorger.
Le Conseil de Guerre a ordonné à quelques
Régimens qui sont en Italie , d'en revenir, et
l'on compte qu'ils seront envoyez sur les Frontieres
de l'Electorat de Baviere , avec le nouveau
Corps des Milices qu'on leve dans le Tirol .
On a fait prendre les Armes aux Habitans de
Vienne qui sont en état de les porter , et on a
nommé des Officiers pour les commander et leur
apprendre les Exercices Militaires.
pas
L'Empereur a fait publier un Edit , portant
que tous les Particuliers qui n'auroht donné
une déclaration de leurs biens avant le temp ;
dans lequel on doit commencer à lever le Dixiéme
sur tous les revenus , seront condamnez à
payer une Taxe proportionnée à leurs facultez.
Le Marquis de Rubi , Conseiller du Conseil
Privé , et que l'Empereur a nommé Feldt Maréchal
de ses Armées , vient d'étre déclaré Viceroi
de Sicile , à la place du Comte de Sastago.
>
E Prince Louis de Wirtemberg , qui commande
par interim l'Armée. que l'Empereur a
en Italie , a écrit à S.M. Imperiale, que les Troupes
Allemandes, lorsquelles avoient passé le Po , étoient
disposées dans l'ordrde suivant : la premiere colonne
composée de 26. Bataillons , trois de
Guido - Staremberg , trois de Harrach , deux de
Lirengstein , trois de Firstenbusch trois de
Hildbourghaussen , un de Wallis , deux de Palfi ,
trois de Daun , un d'Oglivi , trois de Maximilien
Staremberg , et deux de Wachtendoncsk ;
de 28. Escadrons , sept de Saxe Gotha , sept de
Mercy , sept de Palfi , et sept de Jorger ;
et de
20. Compagnies de Grenadiers , ayant à la tête
le Baron de Lanthieri , le Prince de Livengstein ,
les Comtes de Diesbach , et de Saint- Amour ,
Lieutenants Generaux.
La seconde colonne de 17. Bataillons , un de
Welsech , deux de Culmbach , trois de Seckendorf
, rois du Grand - Maître de l'Ordre Teutonique
, deux de Ligneville , deux de Wallis , et
trois de Konigseg , de 24. Escadrons , 7. de
Lichteinstein , 6. de Veterani , 6. d'Hamilton , et
5. de Frederic de Wirtemberg , et de 14. Compagnies
de Grenadiers , sous les ordres des Comtes
de Culmbach et de Valperoso.
Dans le Conseil d'Etat que l'Empereur tint à
Vienne le 16. du mois dernier , il fut résolu
d'assembler les Milices du Royaume de Boheme
et des Provinces de Silesie et de Moravie ,
. I. Vol.
et de
faire
1212 MERCURE DE FRANCE
faire marcher à l'Armée la dixième partie des
Habitans de la Basse- Autriche qui sont en état de
porter les armes . Le bruit court qu'on a déliberé ·
dans le même Conseil si l'on obligeroic la Noblesse
de la Haute Autriche de lever et d'entretenir
à ses dépens un Corps de 10000. homines.
On apprend de Ratisbonne , que la Diete a
reglé que
e les Princes et les Cercles ne fourniroien
que les trois cinquièmes des subsides que
S. M. Imp . avoit demandé pour l'entretien des
Troupes de l'Empire , et que la Caisse Militaire
seroit établie à Francfort.
Les Régimens ie Hager , du Prince Alexandre
de Wirtemberg , de Veles , de Carolis , de Seer
et de Palfi , qui s'étoient mis en marche pour se
rendre à l'Armée sur le Rhin ont reçû ordre de
s'arrêter dans les environs de Passaw ; on croit
qu'elles y formeront un Camp ,
et que les Milices
qu'on leve dans la Basse- Autriche iront les
y joindre.
Sur l'avis qu'on a reçû d'une irruption qu'un
corps de Troupes Polonoises , composé d'environ
4000. hommes , a faite en Silesie , où il a
ravage plusieurs terres consi terables , particulierement
celles du Comte de Henkel , S. M. Imp.
a pris la résolution d'envoyer un Détachement
de Cavalerie et d'Infanterie dans cette Province,
et une partie du Régiment de Chauveray est
déja partie pour renforcer quelques postes de la
Frontiere. On assure que le Camp qu'on y doit
former , sera composé du Régiment du Prince
Alexandre de Wittemberg , de ceux de Weles ,
du Comte Louis de Palfi , de Seer , d'Ogilvi , de
Welsech , du Régiment de Grenadiers de Lorraine,
d'une partie de celui de Chauvirey , et de
ICOo homines des Milices de Transilvanie , ces
I. Vol. Troupes
JUIN. 1734. 1213
par
Troupes doivent être commandées le Baron .
de Damnitz , Feld- Maréchal , qui aura sous ses
ordres le Comte de Jorger.
Le Conseil de Guerre a ordonné à quelques
Régimens qui sont en Italie , d'en revenir, et
l'on compte qu'ils seront envoyez sur les Frontieres
de l'Electorat de Baviere , avec le nouveau
Corps des Milices qu'on leve dans le Tirol .
On a fait prendre les Armes aux Habitans de
Vienne qui sont en état de les porter , et on a
nommé des Officiers pour les commander et leur
apprendre les Exercices Militaires.
pas
L'Empereur a fait publier un Edit , portant
que tous les Particuliers qui n'auroht donné
une déclaration de leurs biens avant le temp ;
dans lequel on doit commencer à lever le Dixiéme
sur tous les revenus , seront condamnez à
payer une Taxe proportionnée à leurs facultez.
Le Marquis de Rubi , Conseiller du Conseil
Privé , et que l'Empereur a nommé Feldt Maréchal
de ses Armées , vient d'étre déclaré Viceroi
de Sicile , à la place du Comte de Sastago.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le Prince Louis de Wurtemberg, commandant par intérim l'armée de l'Empereur en Italie, a rapporté la disposition des troupes allemandes après leur passage du fleuve Po. La première colonne comprenait 26 bataillons, 28 escadrons et 20 compagnies de grenadiers, sous les ordres de plusieurs officiers de haut rang. La seconde colonne était composée de 17 bataillons, 24 escadrons et 14 compagnies de grenadiers, dirigées par les Comtes de Culmbach et de Valperoso. Lors du Conseil d'État tenu à Vienne le 16 du mois précédent, il a été décidé de mobiliser les milices du Royaume de Bohême et des provinces de Silésie et de Moravie, ainsi que la dixième partie des habitants de la Basse-Autriche aptes au service militaire. Des rumeurs indiquaient que la noblesse de Haute-Autriche pourrait être contrainte de lever et entretenir un corps de 10 000 hommes. À Ratisbonne, la Diète a décidé que les princes et les cercles ne fourniraient que les trois cinquièmes des subsides demandés par l'Empereur pour l'entretien des troupes de l'Empire, et que la Caisse Militaire serait établie à Francfort. Plusieurs régiments, initialement en route pour l'armée sur le Rhin, ont reçu l'ordre de s'arrêter près de Passau pour former un camp, auquel se joindraient les milices de Basse-Autriche. En réponse à une incursion de troupes polonaises en Silésie, l'Empereur a envoyé un détachement de cavalerie et d'infanterie, renforcé par une partie du régiment de Chauveray. Un camp devait être formé avec plusieurs régiments et des milices de Transylvanie, sous le commandement du Baron de Damnitz. Le Conseil de Guerre a ordonné le retour de certains régiments d'Italie pour renforcer les frontières de l'Électorat de Bavière, accompagnés de nouvelles milices du Tyrol. Les habitants de Vienne en état de porter les armes ont été armés et des officiers nommés pour les commander. L'Empereur a publié un édit condamnant ceux qui n'avaient pas déclaré leurs biens à payer une taxe proportionnelle à leurs facultés. Le Marquis de Rubi a été nommé Vice-roi de Sicile, remplaçant le Comte de Sastago.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17272
p. 151-153
CHIRURGIE.
Début :
M. MAGET, Ancien Chirurgien Major dans la Marine, à découvert un [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHIRURGIE.
CHIRURGIE.
M. MAGET, Ancien Chirurgien
Major dans la Marine, à découvert un
reméde qui , par l'application exté-
rieure , opére la guériſon des hernies ,
ou defcentes. Les 'expériences qu'il en
a faites pendant pluſieurs années , en
Province , lui ont toujours réuffi , ce
qui eft conftaté par les témoignages
des Chirurgiens , & des Magiftrats. II
adepuis fait , en cetteVille ,des épreu-
ves de ſon reméde ,tant ſous les yeux
de M. Petit , & d'autres Médecins à qui
M. Senac , premier Médecin du Roi ,
l'avoit adreſſé pour cet effet , que ſous
ceux de MM. Martin , & Neilson , le
premier Maître en Chirurgie à Paris
Giv
,
& le ſecond Chirurgien herniaire , auſſi
àParis ,& il a obtenules mêmes ſuccès ,
152 MERCURE DE FRANCE.
Enfin s'étant fait autoriſer à entrepren-
dre de pareilles cures , dans quelques
Hôpitaux de Paris , & notamment à
l'Hôpital Général , il a été reconnu que
le fieur Maget , par fon reméde & fa
méthode , avoit opéré des cures radica-
les ; il en a même étédreſſé des Procès-
Verbaux , fignés des Médecins , Chirur-
giens & adminiftrateurs. C'eſt après
toutes ces expériences & l'éxamen de
fon reméde , fait par la commiffion
Royale de Médecine , que M. Maget
a obtenu la permiffion d'adminiſtrer fon
reméde à Paris , & dans toute l'éten
due du Royaume , comme étant très-
efficace pour la guériſon des hernies
ou deſcentes , qu'il continue d'opérer
avecles ſuccès les plus conſtans. L'exer-
pledeM.Menjaud, Contrôleurdelabou-
chedeMadame la Dauphine à Verfail-
les en eſt unepreuve : il l'a guéri d'une
hernie complette à l'âge de ſoixante-
deux ans ; il eſt aujourd'hui ſans banda-
ge , & dans la plus grande fécurité.
L'Auteur a pourtémoins de cette gran-
de cure ,M. Martin , Maître en Chirur-
gie & M. Loustoneau , Chirurgien des
Enfans de France à Versailles. Ceux
qui écrirontfont priés d'affranchir leurs
lettres. M. Maget demeure chez M.
AVRIL. 1764.
après avoir vu ,
153
Lauzeret , Maître de Penſion , rued'Or-
léans , au coin de la rue du Gril, près du
Jardin du Roi à Paris.
M. MAGET, Ancien Chirurgien
Major dans la Marine, à découvert un
reméde qui , par l'application exté-
rieure , opére la guériſon des hernies ,
ou defcentes. Les 'expériences qu'il en
a faites pendant pluſieurs années , en
Province , lui ont toujours réuffi , ce
qui eft conftaté par les témoignages
des Chirurgiens , & des Magiftrats. II
adepuis fait , en cetteVille ,des épreu-
ves de ſon reméde ,tant ſous les yeux
de M. Petit , & d'autres Médecins à qui
M. Senac , premier Médecin du Roi ,
l'avoit adreſſé pour cet effet , que ſous
ceux de MM. Martin , & Neilson , le
premier Maître en Chirurgie à Paris
Giv
,
& le ſecond Chirurgien herniaire , auſſi
àParis ,& il a obtenules mêmes ſuccès ,
152 MERCURE DE FRANCE.
Enfin s'étant fait autoriſer à entrepren-
dre de pareilles cures , dans quelques
Hôpitaux de Paris , & notamment à
l'Hôpital Général , il a été reconnu que
le fieur Maget , par fon reméde & fa
méthode , avoit opéré des cures radica-
les ; il en a même étédreſſé des Procès-
Verbaux , fignés des Médecins , Chirur-
giens & adminiftrateurs. C'eſt après
toutes ces expériences & l'éxamen de
fon reméde , fait par la commiffion
Royale de Médecine , que M. Maget
a obtenu la permiffion d'adminiſtrer fon
reméde à Paris , & dans toute l'éten
due du Royaume , comme étant très-
efficace pour la guériſon des hernies
ou deſcentes , qu'il continue d'opérer
avecles ſuccès les plus conſtans. L'exer-
pledeM.Menjaud, Contrôleurdelabou-
chedeMadame la Dauphine à Verfail-
les en eſt unepreuve : il l'a guéri d'une
hernie complette à l'âge de ſoixante-
deux ans ; il eſt aujourd'hui ſans banda-
ge , & dans la plus grande fécurité.
L'Auteur a pourtémoins de cette gran-
de cure ,M. Martin , Maître en Chirur-
gie & M. Loustoneau , Chirurgien des
Enfans de France à Versailles. Ceux
qui écrirontfont priés d'affranchir leurs
lettres. M. Maget demeure chez M.
AVRIL. 1764.
après avoir vu ,
153
Lauzeret , Maître de Penſion , rued'Or-
léans , au coin de la rue du Gril, près du
Jardin du Roi à Paris.
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17273
p. 1210-1211
« On mande de Londres qu'on y devoit représenter un [...] »
Début :
On mande de Londres qu'on y devoit représenter un [...]
Mots clefs :
Opéra, Comédiens-Français, Serments indiscrets, Procès des Sens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On mande de Londres qu'on y devoit représenter un [...] »
On mande de Londres qu'on y devoft
représenter un nouvel Opéra , intitulé :
La Restauration ou Rétablissement du Roy
Charles II. surle Thrône , ou la Vie et la
Mort de Cromwell; mais les Ministres du
Roy l'ayant fait examiner , on a jugé à
propos d'en deffendre la Répresentation.
Le Dimanche 8 de ce mois , les Comédiens François donnerent la premiere Représentation d'une Piéce de M' de Marivaux , sous le titre des Serments indiscrets,
en Prose et en 5 Actes. Elle a été interrompue par la maladie d'un Acteur.Nous
en parlerons plus au long.
Le Lundi 16 Juin , les mêmes Comé
diens donnerent une petite Piéce d'un
Acte en Vers,intitulée : Le Procès des Sens.
C'est une Critique fine , délicate et vive ,
du Balet des Sens qu'on joue à l'Opéra.
Elle a un tres- grand succès. Nous ne manL. Vol. querons
JU IN. 1732. 2TI
1
querons pas d'en rendre compteà nos Lecteurs , dans le second volume de ce mois
actuellement sous presse.
représenter un nouvel Opéra , intitulé :
La Restauration ou Rétablissement du Roy
Charles II. surle Thrône , ou la Vie et la
Mort de Cromwell; mais les Ministres du
Roy l'ayant fait examiner , on a jugé à
propos d'en deffendre la Répresentation.
Le Dimanche 8 de ce mois , les Comédiens François donnerent la premiere Représentation d'une Piéce de M' de Marivaux , sous le titre des Serments indiscrets,
en Prose et en 5 Actes. Elle a été interrompue par la maladie d'un Acteur.Nous
en parlerons plus au long.
Le Lundi 16 Juin , les mêmes Comé
diens donnerent une petite Piéce d'un
Acte en Vers,intitulée : Le Procès des Sens.
C'est une Critique fine , délicate et vive ,
du Balet des Sens qu'on joue à l'Opéra.
Elle a un tres- grand succès. Nous ne manL. Vol. querons
JU IN. 1732. 2TI
1
querons pas d'en rendre compteà nos Lecteurs , dans le second volume de ce mois
actuellement sous presse.
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Résumé : « On mande de Londres qu'on y devoit représenter un [...] »
À Londres, une pièce sur Charles II et Cromwell a été interdite. En France, le 8 juin, 'Les Serments indiscrets' de Marivaux a été joué pour la première fois, mais interrompu par la maladie d'un acteur. Le 16 juin, 'Le Procès des Sens' a connu un grand succès. Un compte rendu détaillé sera publié dans le second volume du mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17274
p. 2686-2688
IMITATION de l'Ode d'Horace, qui commence par ces mots: Sic te Diva potens Cypri, &c.
Début :
Puisses-tu de l'humide Plaine, [...]
Mots clefs :
Imitation, Ode, Horace, Rivage, Océan, Vaisseau, Ciel, Foudres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IMITATION de l'Ode d'Horace, qui commence par ces mots: Sic te Diva potens Cypri, &c.
IMITATION de l'Ode d'Horace
qui commence par ces mots : Sie te
Diva potens Cypri , &c.
Puisses-tu de l'humide Plaine ,
Heureusement fendre les Flots ,
Guidé par les freres d'Helene ,
Et par la Reine de Paphos ;
Vaisseau , daigne Eole exorable ,
T'accorder un vent favorable ,
Enchaîner les vents ennemis ,
Afin qu'à l'attique Rivage ,
Tu portes sans aucun dommage,
Mon Virgile à ta foi commis.
Quiconque fut l'homme intrépide ,
Qui le premier put s'engager ,
A courir l'Ocean perfide ,
Sur un Vaisseau frêle et leger
Sourd aux menaces furibondes ,
Des vents divers qui sur les Ondes ,
Exercent leur droit souverain ;
Oui , quand il tenta cette route ,
Il eut le cœur muni , sans doute ,
Et de chêne et d'un triple airain.
谁
Quel degré de mort épouvante ,
1. Vol. Celui
DECEMBRE. 1732. 2687
Celui qui peut voir sans terreur ,
Les Monstres que la Mer enfante ,
Ses écueils , ses flots en fureur ?
En vain le Maître du Tonnerre ,
Prudent , a séparé la Terre ,
Du profond abîme des eaux ,
Si le Détroit le plus sauvage ,
Est contraint d'ouvrir un passage ,
Anos témeraires Vaisseaux.
N
C'est ainsi qu'à l'humaine audace
Les plus grands forfaits coûtent peu.
De Japet l'insolente Race ,
Dans les Cieux déroba le feu ;
Présent à la Terre funeste !
Mille maux la fievre , la peste ,
Regnerent dès-lors ici bas ;
Bien-tôt leur rigueur excessive ,
Fit que la mort jadis tardive ,
Vers les Humains doubla le pas.
Avec les aîles qu'il sçut faire,
Dédale s'éleva dans l'air.
Pour s'emparer du fier Cerbere ,
Hercule osa forcer l'Enfer.
Rien aux Mortels n'est difficile.
Notre fureur trop indocile ,
1. Vol. H Αν
2688 MERCURE DE FRANCE
Au Ciel même adresse ses coups ;
Sans fin nos attentats horribles ,
Excitent les foudres terribles ,
Que Jupiter lance sur nous.
F. M. F.
qui commence par ces mots : Sie te
Diva potens Cypri , &c.
Puisses-tu de l'humide Plaine ,
Heureusement fendre les Flots ,
Guidé par les freres d'Helene ,
Et par la Reine de Paphos ;
Vaisseau , daigne Eole exorable ,
T'accorder un vent favorable ,
Enchaîner les vents ennemis ,
Afin qu'à l'attique Rivage ,
Tu portes sans aucun dommage,
Mon Virgile à ta foi commis.
Quiconque fut l'homme intrépide ,
Qui le premier put s'engager ,
A courir l'Ocean perfide ,
Sur un Vaisseau frêle et leger
Sourd aux menaces furibondes ,
Des vents divers qui sur les Ondes ,
Exercent leur droit souverain ;
Oui , quand il tenta cette route ,
Il eut le cœur muni , sans doute ,
Et de chêne et d'un triple airain.
谁
Quel degré de mort épouvante ,
1. Vol. Celui
DECEMBRE. 1732. 2687
Celui qui peut voir sans terreur ,
Les Monstres que la Mer enfante ,
Ses écueils , ses flots en fureur ?
En vain le Maître du Tonnerre ,
Prudent , a séparé la Terre ,
Du profond abîme des eaux ,
Si le Détroit le plus sauvage ,
Est contraint d'ouvrir un passage ,
Anos témeraires Vaisseaux.
N
C'est ainsi qu'à l'humaine audace
Les plus grands forfaits coûtent peu.
De Japet l'insolente Race ,
Dans les Cieux déroba le feu ;
Présent à la Terre funeste !
Mille maux la fievre , la peste ,
Regnerent dès-lors ici bas ;
Bien-tôt leur rigueur excessive ,
Fit que la mort jadis tardive ,
Vers les Humains doubla le pas.
Avec les aîles qu'il sçut faire,
Dédale s'éleva dans l'air.
Pour s'emparer du fier Cerbere ,
Hercule osa forcer l'Enfer.
Rien aux Mortels n'est difficile.
Notre fureur trop indocile ,
1. Vol. H Αν
2688 MERCURE DE FRANCE
Au Ciel même adresse ses coups ;
Sans fin nos attentats horribles ,
Excitent les foudres terribles ,
Que Jupiter lance sur nous.
F. M. F.
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Résumé : IMITATION de l'Ode d'Horace, qui commence par ces mots: Sic te Diva potens Cypri, &c.
Le texte est une imitation de l'Ode d'Horace, débutant par 'Sie te Diva potens Cypri'. Il s'agit d'une prière pour qu'un vaisseau traverse heureusement les flots, guidé par les frères d'Hélène et la Reine de Paphos, avec un vent favorable d'Éole. Le poème admire l'audace de celui qui osa naviguer sur l'océan pour la première fois, malgré les dangers des vents et des monstres marins. Il évoque les terrifiantes créatures marines et les écueils, soulignant que même les détroits les plus sauvages doivent céder aux navires téméraires. Le texte met en avant l'audace humaine, illustrée par des exploits mythologiques comme le vol du feu par la race de Japet, la construction d'ailes par Dédale, et la descente aux enfers par Hercule. Ces actions montrent que rien n'est impossible pour les mortels, mais que leur fureur peut aussi attirer la colère divine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17275
p. 2704-2712
MANIFESTE du Primat de Pologne.
Début :
Les faux rapports répandus dans le Public, à l'occasion de ce qui s'est passé en Pologne [...]
Mots clefs :
Élection, Roi, République, Interrègne, Liberté, Diète de convocation, Serment, Royaume, Primat, Ministres, Nation, Stanislas Leszczynski, Ennemis, Conduite, Assemblée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MANIFESTE du Primat de Pologne.
MANIFESTE du Primat de Pologne:
Es faux rapports répandus dans le Public , à
l'occasion de ce qui s'est passé en Pologne
pendant l'interregne , les insinuations injustes ,
et malicieuses dont les ennemis du repos de la
République ont tâché de noircir ma conduite ,
J. Vel.
DECEMBRE. 1733 2705
en m'accusant d'avoir gouverné le Royaume d'une
maniere affectée et interessé , ont arrêté la liberté
des suffrages et violé les droits sur lesquels cette
liberté est fondée , et la necessité enfin de faire
voir au Monde entier que nos ennemis par de
pareils procedez , n'ont eu et n'ont encore pour
but que de ruiner et renverser totalement les
droits , les prérogatives et la liberté de notre
chere Patrie , sont des motifs trop pressans , pour
que je differe plus long- temps à justifier ma
conduite , afin de convaincre tout l'Univers par
une narration succincte et sincere de ce qui s'est
passé avant et après l'Election , la fausseté de ce
qu'on a publié de contraire,
Mon premier soin , depuis la mort du Roy
Auguste, de glorieuse memoire , a été de concilier
et de réunir nos Freres , et j'eus le bonheur
d'y réussir . Je n'entrepris rien que
du consentement
et de l'aveu du Sénat et de la Noblesse encore
assemblée à l'occasion de la Diette extraor
dinaire, convoquée par le feu Roy; j'envoyai des
Ministres aux Cours voisines , je tins de fréquens
Conseils avec les Sénateurs et les Minis
tres des deux Nations ; je ne signai que ce qui
avoit été unanimement résolu ; je pris les mesu
res convenables avec les Régimentaires des deux
Nations pour assurer la sureté interieure et exte
rieure du Royaume et prévenir les inconvéniens
qui pourroient résulter des Assemblées particu
lieres et illicites ; en un mot , afin de n'avoir
rien à me reprocher , je communiquai tout à la
République et ne fis rien sans son approbation ,
quoiqu'en qualité de Primat j'usse pû m'en dis
penser en bien des choses.
Le jour de l'assemblée de la Diette de Convo
Cation étant yenu , je me contentai d'y represen
J. Vol.
2756 MERCURE DE FRANCE
ter le danger auquel le Royaume se trouvoit ex
posé , et je laissai à la prudence d'une Nation libre
le soin de le prévenir. Il y eut au commence
ment de cette Diette de grands débats pour l'E
Jection d'un Maréchal ; les esprits parurent fort
animez , ce qui dura quelques jours et retarda
l'expedition des affaires ; mais par mes soins et
ceux du Sénat , le calmne fut enfin rétabli ; on
élût le Maréchal , et la Noblesse se joignit ensui
te au Sénat ; en qualité de Primat j'écoutai les
avis des Nonces, et me conformai à ce qu'ils désiroient
et à ce qu'ils rejettoient. Le principal
objet de leur délibération regardoit la résolution
prise cy- devant, d'exclure du Trône tout Piaste;
ils ressenroient vivement l'injustice d'une telle
résolution ; ils voyoient , avec indignation , la
honte qui en résultoit à la Nation ; et afin de le
rendre plus efficace , on résolut de le confirmer
par un serment. Cette résolution passa aussi unanimement.
Il est vrai qu'il y a eu à ce sujet des
débats tres vifs , mais ils n'ont eu pour objet que
le formulaire du Serment , et non le Serment
même. Après qu'en qualité de Primat , j'eus
prêté ce Serment , par lequel non seulement
tout Erranger , mais aussi tous ceux qui posse
dent des Provinces Etrangeres , ou qui ont des
Troupes sur pied , qui ne sont pas nez de peres et
de meres Catholiques , sont exclus du Trône.
Les Evêques, Sénateurs et autres le prêterent après
moi , et le firent tous avec joie et sans la moindre
contrainte Les Evêques jurerent aussi qu'ils
m'empiéteroient point sur les Droits du Primat.
La République déclara ensuite ce Serment com
me une Loy fondamentale du Royaume. Oa
dressa quelques Constitutions , et on fixa le jour
pour la Diette d'Election, au lieu ordinaire, con
CI. Vol.
forDECEMBRE.
1733 2707
formément aux Droits ; c'est par là que finit la
Diette de Convocation.
En attendant ce jour important je m'abstins de
toute intrigue , préjudiciab.e à la République ,
et bien loin que je fusse porté par un amour
aveugle pour aucun particulier, l'évitai avec soin
d'entrer dans aucune faction , j'avoue cepen ant
que je souhaitois fort que le Serenissime Roy
Stanislas fut élevé au Trône; je l'en croyois tres
digne, et même plus qu'aucun autre , à cause de
ses éminentes qualitez ; mais je declare en même.
temps que quelque fussent mes souhaits , mon
obstination n'alloit pas jusqu'à le vouloir au
préjudice de la République. J'avois mis toute
ma confiance en Dieu ; c'est par son secours et
celui de la libre Nation Polonoise que j'esperois
voir finir les maux de la République par l'E
lection d'un Roy désiré.
On me fit des offres avantageuses , on me fir
même des menaces , mais je rejettai les premieres
et méprisai les autres ; je n'ai jamais voulų
donner les mains directement ni indirectement
à l'entrée de quelqu'Armée Etrangere. J'ai rejetté
constamment les Instances faites par les
Ministres des Puissances voisines, pour une exclusion
, parce que je voyois qu'elle n'avoit pour
but que leur interêt et leur utilité particuliere ,
et qu'une pareille exclusion ne pouvoit être que
deshonorable à la République et tendre à sa totale
ruine . Comme lesdites Puissances ne laissoient
pas de continuer leurs Instances à ce sujet
, je m'apperçûs bien- tôt qu'on avoit dessein
d'enfoncer le Poignard dans le sein de notre -
berté . J'écrivis pour cet effet au nom de la République
, representée par ceux que les deux Na-
Lions avoient nommés à la Diette de Convoca-
I. Vol. tion
2708 MERCURE DE FRANCE
tion , pour me servir de conseil , à toutes le
Cours de l'Europe , pour les prier de ne pas per
mettre qu'on opprimâ: la Répub ique , d'envoir
des Ministres à S. M 1. et à l'Illustrissime Czarine
pour leur representer que nout ctions une
Nution libre que nous ne dépen tions de personne
, que nous ne permettrions jamais qu'on
donna: Pexclusion , les pliant de se désister de
leurs Instances à ce sujet , et de ne pas se mêlet
de notre Election qui ne dépend que de nous
seuls .
Le jour de l'ouverture de la Diette d'Election
étant venu , je n'eus en vue que l'exacte exécution
des Loix établies dans la Diette de Convocation
, en ce qui regarde l'Election et le maintien
inviolable de la liberté de la Patrie , les commencemens
de cette Diette furent fort paisibles,
et le Maréchal fut élû en peu de jours ; mais cette
tranquilité ne , dura guere ; les esprits s'échaufferent
à la nouvelle de l'entrée des Russiens
dans le Royaume , certifiée et affirmée par le
Chancelier et Régimentaire de Lithuanie toute
l'Assemblée en fut troublée , on fut surpris de
la conduite du Régimentaire en cette occasion ,
et après plusieurs Discours qui ne pouvoient lui
être agréables , on résolut de ne rien négliger
pour découvrir ceux qui avoient appellé les Russiens
dans le Royaume .
·
La peur ayant saisi le Régimentaire , apparemment
par un remords de conscience , il quitta
le Champ Electoral, sans faire aucune protes-
Lation et se retira à Praage,
-On lui envoya des Députez pour demander la
cause de sa Retraite ; sa réponse fut que sa Retraite
ne troubleroit en aucune maniere l'Elec
tion .
I. Vol. Peu
DECEMBRE . 1733. 2709
Peu de jours après, les Etats dresserent un Manifeste
contre ceux qui avoient appellé les Kussiens
dans le Royaume. Nous résolumes là - dessus
de proceder incessament à l'Election ,
selon
la teneur de la Constitution de la Diette de Convocation
, qui porte que l'Election se feroit dans
le terme le plus court qu'il seroit possible , mais
qu'au cas qu'elle ne se pût faire si- tôt qu'on le
souhaiteroit , la Diette ne dureroit neanmoins
que six semaines.
·
Avant que de proceder à l'Acte d'Election je
parcourus , à Cheval , selon le Cérémonial , les
Palatinats , les Starosties et les Districts assemblez
, pour
leur demander quel Roy ils souhaitoient
, et pour leur notifier en même temps
que la Proclamation se feroit le lendemain . Pendant
que j'en faisois le tour , on n'entendit
crier par tout que Vive le Roy Stanislas. Je conviens
cependant qu'il paroissoit qu'il y en avoit
quelques- uns qui y étoient contraires , ceux - cy
se retirreent dans leurs Quartiers, apparemment
pour y dresser le Niepozvalam.
Le lendemain j'achevai le tour des Palatinats , *
Starosties et Districts , je fus obligé dele faire à
pied , mon Cheval étant devenu ombrageux
par les cris réiterez de Vive le Roy Stanislas . Ces
cris se redoublerent avec tant de zéle que je ne
pus m'empêcher de me conformer aux pressantes
Instances de l'Assemblée , et de proceder incessamment
à la nomination du Roy ; mais
avant que de le faire, je déclarai absens ceux qui
s'étoient rendus à Praage ; et comme il ne paroissoit
personne pour contre- dire , car les uns se
tûrent , les autres partirent pour leurs Terres .
parmi ces derniers , le Staroste Opoczynski
1. Vol. ᏗᏤ gu
H
2710 MERCURE DE FRANCE
qui m'assura par une Lettre , qu'il s'étoit retiré
sans contradiction .
Je procedai , en vertu de ma Charge , à la no
mination du Roy , mais je fus interrompu park:
S.Kamienski, Capitaine du District de Krziemit,
dans le Palatinat de Vobhinie , qui me présenta
son Niepozwalam , ce qui m'obligea à garder k
silence pendant quelque temps , jusqu'à ce que
s'étant enfin désisté de sa contradiction , je pro
clamé le Serenissime Roy Stanislas , à present
regnant , sans aucune opposition , dont Dieu ,
qui connoît ce qu'il y a de plus caché dans nos
coeurs , est le témoin , ainsi que le Peuple , con
sistant en plus de 100 Enseignes , et criant una
nimement et sans cesse ; Vive le Roy Stanislas,
Je regarde comme un bonheur particulier d'
voir proclamé pour Roy , celui que des Nation
envieuses ont voulu exclure du Trône ; car
elles avoient réussi dans leur dessein , c'éto
fait à jamais de notre liberté , on nous auro
toujours forcé à élire un Roy à leur gré.
Voilà le récit sincere et veritable de tout
qui s'est passé à l'égard de l'Election de not
Roy , cependant , quelqu'unanime et légitin
qu'ait été cette Election , il se trouve de fau
Freres qui la révoquent en doute ; ils osent avar
cer qu'elle n'a été faite qu'en violant la liberté
et par là , ainsi que par toute la conduite qu'i
ont tenue depuis leur retraite à Praage , ils for
voir évidemment qu'ils ont appellé les Russier
dans le Royaume , ce qui les rend coupables e
tant de sang innocent qui sera peut- être vers
Mais supposé qu'il se soit trouvé quelques Pa
sonnes d'un sentiment opposé , le nombre e
étoit tres- petit , et elles n'ont paru que le jo
I.Vel
.qu'o
DECEMBRE. 1732. 2711
qu'on annonçoit au Peuple la prochaine Election
fixée au lendemain , et non le jour de la nomination
du Roy , qui , selon les Loix ou l'usage
ne se fait jamais à Cheval , mais dans les Tran
chées ou Quartiers préparez pour cet effet , et
où il étoit libre encore à ceux qui vouloient contredire
, d'exhiber leur Niepozvalam.
Les Ennemis du Roy voulant exécuter les pernicieux
desseins qu'ils avoient tramez à Praage ,
allérent joindre les Russiens , et formérent entr'eux
une prétendue République, ou, pour mieux
dire ,un Complot tumultueux de gens qui s'é
tant déclarez eux - mêmes Ennemis de la Patrie ,
en conséquence du Manifeste qu'ils avoient signé
, ne cherchent qu'à renverser la liberté , en
opprimant la veritable et innocente République.
Ce qu'il y a de plus déplorable , c'est qu'il se
trouve parmi eux des Apôtres du Seigneur , des
Evêques , qui comme Judas , trahissent leur propre
Mere , c'est- à- dire , leur Patrie. Ce sont ces.
Evêques qui coupables d'un triple parjure endure
cissent encore davantage les coeurs des Seigneurs
séculiers , en autorisant leur témérité ,
en leur faisant accroire qu'elle est juste et per
mise.
Les Opposans retournerent enfin à Praage ; Ils,
s'imaginoient que pourvu qu'ils pûssent proceder
à une nouvelle Election avant l'échéance des
six semaines que la Diette pouvoit durer , cette
Election seroit légitime ; mais ce terme n'ayant
point été établi comme une Loy , mais comme
une prolongation , au cas qu'on ne pût parvenir
plutôt à une Election , ne peut être regardé que
comme une chimere , puisque l'Election avoit
Jéja été faite légitimement et selon les Loix. Ils
crurent aussi que s'ils pouvoient se rendre sur
1
No I. Vol.
le Hij
2712 MERCURE DE FRANCE
le Champ Electoral , entre Varsovie et Vvola ,
leur Election seroit plus valide ; ils firent tous les
efforts imaginables , mais inutiles , afin d'y parvenir,
employant pour cet effet le fer et le feu.
Pendant ce temps-là on découvrit que les Ministres
de Russie et de Saxe entretenoient une
correspondance avec les Opposans; le Régimentaire
résolut là - dessus de les faire sortir de Varsovie,
et de les attaquer, en cas de refus , ce qu'il
fit , les Ministres Etrangers ne doivent jouir des
prérogatives du Droit des Gens , qu'aussi long.
temps qu'ils observent eux- mêmes les Loix qui
y sont attachéts.
Enfin les Opposans voyant qu'ils ne pouvoient
passer la Vistule , se retirerent dans un Bois , y
dressérent une espece de Kolo , et élurent un
Roy , mais quel Roy ? Un Etranger , un Prince
qui possede des Provinces hors du Royaume , et
qui a des Troupes sur pied , un Prince né d'une
Mere Luthérienne , un Prince enfin qui veut employer
ses Troupes pour réduire une Nation libre
, à une obéissance aveugle. Grand Dieu , à
quoi servent les Constitutions établies dans la
Diette de Convocation ? A quoi sert le serment
qu'on y a prêté ? A quoi sert cette Confédéra¬
tion si solemnelle, pour n'élire qu'un Piaste? &c.
Fait à Dantzick , le 10 Octobre 1733 .
Es faux rapports répandus dans le Public , à
l'occasion de ce qui s'est passé en Pologne
pendant l'interregne , les insinuations injustes ,
et malicieuses dont les ennemis du repos de la
République ont tâché de noircir ma conduite ,
J. Vel.
DECEMBRE. 1733 2705
en m'accusant d'avoir gouverné le Royaume d'une
maniere affectée et interessé , ont arrêté la liberté
des suffrages et violé les droits sur lesquels cette
liberté est fondée , et la necessité enfin de faire
voir au Monde entier que nos ennemis par de
pareils procedez , n'ont eu et n'ont encore pour
but que de ruiner et renverser totalement les
droits , les prérogatives et la liberté de notre
chere Patrie , sont des motifs trop pressans , pour
que je differe plus long- temps à justifier ma
conduite , afin de convaincre tout l'Univers par
une narration succincte et sincere de ce qui s'est
passé avant et après l'Election , la fausseté de ce
qu'on a publié de contraire,
Mon premier soin , depuis la mort du Roy
Auguste, de glorieuse memoire , a été de concilier
et de réunir nos Freres , et j'eus le bonheur
d'y réussir . Je n'entrepris rien que
du consentement
et de l'aveu du Sénat et de la Noblesse encore
assemblée à l'occasion de la Diette extraor
dinaire, convoquée par le feu Roy; j'envoyai des
Ministres aux Cours voisines , je tins de fréquens
Conseils avec les Sénateurs et les Minis
tres des deux Nations ; je ne signai que ce qui
avoit été unanimement résolu ; je pris les mesu
res convenables avec les Régimentaires des deux
Nations pour assurer la sureté interieure et exte
rieure du Royaume et prévenir les inconvéniens
qui pourroient résulter des Assemblées particu
lieres et illicites ; en un mot , afin de n'avoir
rien à me reprocher , je communiquai tout à la
République et ne fis rien sans son approbation ,
quoiqu'en qualité de Primat j'usse pû m'en dis
penser en bien des choses.
Le jour de l'assemblée de la Diette de Convo
Cation étant yenu , je me contentai d'y represen
J. Vol.
2756 MERCURE DE FRANCE
ter le danger auquel le Royaume se trouvoit ex
posé , et je laissai à la prudence d'une Nation libre
le soin de le prévenir. Il y eut au commence
ment de cette Diette de grands débats pour l'E
Jection d'un Maréchal ; les esprits parurent fort
animez , ce qui dura quelques jours et retarda
l'expedition des affaires ; mais par mes soins et
ceux du Sénat , le calmne fut enfin rétabli ; on
élût le Maréchal , et la Noblesse se joignit ensui
te au Sénat ; en qualité de Primat j'écoutai les
avis des Nonces, et me conformai à ce qu'ils désiroient
et à ce qu'ils rejettoient. Le principal
objet de leur délibération regardoit la résolution
prise cy- devant, d'exclure du Trône tout Piaste;
ils ressenroient vivement l'injustice d'une telle
résolution ; ils voyoient , avec indignation , la
honte qui en résultoit à la Nation ; et afin de le
rendre plus efficace , on résolut de le confirmer
par un serment. Cette résolution passa aussi unanimement.
Il est vrai qu'il y a eu à ce sujet des
débats tres vifs , mais ils n'ont eu pour objet que
le formulaire du Serment , et non le Serment
même. Après qu'en qualité de Primat , j'eus
prêté ce Serment , par lequel non seulement
tout Erranger , mais aussi tous ceux qui posse
dent des Provinces Etrangeres , ou qui ont des
Troupes sur pied , qui ne sont pas nez de peres et
de meres Catholiques , sont exclus du Trône.
Les Evêques, Sénateurs et autres le prêterent après
moi , et le firent tous avec joie et sans la moindre
contrainte Les Evêques jurerent aussi qu'ils
m'empiéteroient point sur les Droits du Primat.
La République déclara ensuite ce Serment com
me une Loy fondamentale du Royaume. Oa
dressa quelques Constitutions , et on fixa le jour
pour la Diette d'Election, au lieu ordinaire, con
CI. Vol.
forDECEMBRE.
1733 2707
formément aux Droits ; c'est par là que finit la
Diette de Convocation.
En attendant ce jour important je m'abstins de
toute intrigue , préjudiciab.e à la République ,
et bien loin que je fusse porté par un amour
aveugle pour aucun particulier, l'évitai avec soin
d'entrer dans aucune faction , j'avoue cepen ant
que je souhaitois fort que le Serenissime Roy
Stanislas fut élevé au Trône; je l'en croyois tres
digne, et même plus qu'aucun autre , à cause de
ses éminentes qualitez ; mais je declare en même.
temps que quelque fussent mes souhaits , mon
obstination n'alloit pas jusqu'à le vouloir au
préjudice de la République. J'avois mis toute
ma confiance en Dieu ; c'est par son secours et
celui de la libre Nation Polonoise que j'esperois
voir finir les maux de la République par l'E
lection d'un Roy désiré.
On me fit des offres avantageuses , on me fir
même des menaces , mais je rejettai les premieres
et méprisai les autres ; je n'ai jamais voulų
donner les mains directement ni indirectement
à l'entrée de quelqu'Armée Etrangere. J'ai rejetté
constamment les Instances faites par les
Ministres des Puissances voisines, pour une exclusion
, parce que je voyois qu'elle n'avoit pour
but que leur interêt et leur utilité particuliere ,
et qu'une pareille exclusion ne pouvoit être que
deshonorable à la République et tendre à sa totale
ruine . Comme lesdites Puissances ne laissoient
pas de continuer leurs Instances à ce sujet
, je m'apperçûs bien- tôt qu'on avoit dessein
d'enfoncer le Poignard dans le sein de notre -
berté . J'écrivis pour cet effet au nom de la République
, representée par ceux que les deux Na-
Lions avoient nommés à la Diette de Convoca-
I. Vol. tion
2708 MERCURE DE FRANCE
tion , pour me servir de conseil , à toutes le
Cours de l'Europe , pour les prier de ne pas per
mettre qu'on opprimâ: la Répub ique , d'envoir
des Ministres à S. M 1. et à l'Illustrissime Czarine
pour leur representer que nout ctions une
Nution libre que nous ne dépen tions de personne
, que nous ne permettrions jamais qu'on
donna: Pexclusion , les pliant de se désister de
leurs Instances à ce sujet , et de ne pas se mêlet
de notre Election qui ne dépend que de nous
seuls .
Le jour de l'ouverture de la Diette d'Election
étant venu , je n'eus en vue que l'exacte exécution
des Loix établies dans la Diette de Convocation
, en ce qui regarde l'Election et le maintien
inviolable de la liberté de la Patrie , les commencemens
de cette Diette furent fort paisibles,
et le Maréchal fut élû en peu de jours ; mais cette
tranquilité ne , dura guere ; les esprits s'échaufferent
à la nouvelle de l'entrée des Russiens
dans le Royaume , certifiée et affirmée par le
Chancelier et Régimentaire de Lithuanie toute
l'Assemblée en fut troublée , on fut surpris de
la conduite du Régimentaire en cette occasion ,
et après plusieurs Discours qui ne pouvoient lui
être agréables , on résolut de ne rien négliger
pour découvrir ceux qui avoient appellé les Russiens
dans le Royaume .
·
La peur ayant saisi le Régimentaire , apparemment
par un remords de conscience , il quitta
le Champ Electoral, sans faire aucune protes-
Lation et se retira à Praage,
-On lui envoya des Députez pour demander la
cause de sa Retraite ; sa réponse fut que sa Retraite
ne troubleroit en aucune maniere l'Elec
tion .
I. Vol. Peu
DECEMBRE . 1733. 2709
Peu de jours après, les Etats dresserent un Manifeste
contre ceux qui avoient appellé les Kussiens
dans le Royaume. Nous résolumes là - dessus
de proceder incessament à l'Election ,
selon
la teneur de la Constitution de la Diette de Convocation
, qui porte que l'Election se feroit dans
le terme le plus court qu'il seroit possible , mais
qu'au cas qu'elle ne se pût faire si- tôt qu'on le
souhaiteroit , la Diette ne dureroit neanmoins
que six semaines.
·
Avant que de proceder à l'Acte d'Election je
parcourus , à Cheval , selon le Cérémonial , les
Palatinats , les Starosties et les Districts assemblez
, pour
leur demander quel Roy ils souhaitoient
, et pour leur notifier en même temps
que la Proclamation se feroit le lendemain . Pendant
que j'en faisois le tour , on n'entendit
crier par tout que Vive le Roy Stanislas. Je conviens
cependant qu'il paroissoit qu'il y en avoit
quelques- uns qui y étoient contraires , ceux - cy
se retirreent dans leurs Quartiers, apparemment
pour y dresser le Niepozvalam.
Le lendemain j'achevai le tour des Palatinats , *
Starosties et Districts , je fus obligé dele faire à
pied , mon Cheval étant devenu ombrageux
par les cris réiterez de Vive le Roy Stanislas . Ces
cris se redoublerent avec tant de zéle que je ne
pus m'empêcher de me conformer aux pressantes
Instances de l'Assemblée , et de proceder incessamment
à la nomination du Roy ; mais
avant que de le faire, je déclarai absens ceux qui
s'étoient rendus à Praage ; et comme il ne paroissoit
personne pour contre- dire , car les uns se
tûrent , les autres partirent pour leurs Terres .
parmi ces derniers , le Staroste Opoczynski
1. Vol. ᏗᏤ gu
H
2710 MERCURE DE FRANCE
qui m'assura par une Lettre , qu'il s'étoit retiré
sans contradiction .
Je procedai , en vertu de ma Charge , à la no
mination du Roy , mais je fus interrompu park:
S.Kamienski, Capitaine du District de Krziemit,
dans le Palatinat de Vobhinie , qui me présenta
son Niepozwalam , ce qui m'obligea à garder k
silence pendant quelque temps , jusqu'à ce que
s'étant enfin désisté de sa contradiction , je pro
clamé le Serenissime Roy Stanislas , à present
regnant , sans aucune opposition , dont Dieu ,
qui connoît ce qu'il y a de plus caché dans nos
coeurs , est le témoin , ainsi que le Peuple , con
sistant en plus de 100 Enseignes , et criant una
nimement et sans cesse ; Vive le Roy Stanislas,
Je regarde comme un bonheur particulier d'
voir proclamé pour Roy , celui que des Nation
envieuses ont voulu exclure du Trône ; car
elles avoient réussi dans leur dessein , c'éto
fait à jamais de notre liberté , on nous auro
toujours forcé à élire un Roy à leur gré.
Voilà le récit sincere et veritable de tout
qui s'est passé à l'égard de l'Election de not
Roy , cependant , quelqu'unanime et légitin
qu'ait été cette Election , il se trouve de fau
Freres qui la révoquent en doute ; ils osent avar
cer qu'elle n'a été faite qu'en violant la liberté
et par là , ainsi que par toute la conduite qu'i
ont tenue depuis leur retraite à Praage , ils for
voir évidemment qu'ils ont appellé les Russier
dans le Royaume , ce qui les rend coupables e
tant de sang innocent qui sera peut- être vers
Mais supposé qu'il se soit trouvé quelques Pa
sonnes d'un sentiment opposé , le nombre e
étoit tres- petit , et elles n'ont paru que le jo
I.Vel
.qu'o
DECEMBRE. 1732. 2711
qu'on annonçoit au Peuple la prochaine Election
fixée au lendemain , et non le jour de la nomination
du Roy , qui , selon les Loix ou l'usage
ne se fait jamais à Cheval , mais dans les Tran
chées ou Quartiers préparez pour cet effet , et
où il étoit libre encore à ceux qui vouloient contredire
, d'exhiber leur Niepozvalam.
Les Ennemis du Roy voulant exécuter les pernicieux
desseins qu'ils avoient tramez à Praage ,
allérent joindre les Russiens , et formérent entr'eux
une prétendue République, ou, pour mieux
dire ,un Complot tumultueux de gens qui s'é
tant déclarez eux - mêmes Ennemis de la Patrie ,
en conséquence du Manifeste qu'ils avoient signé
, ne cherchent qu'à renverser la liberté , en
opprimant la veritable et innocente République.
Ce qu'il y a de plus déplorable , c'est qu'il se
trouve parmi eux des Apôtres du Seigneur , des
Evêques , qui comme Judas , trahissent leur propre
Mere , c'est- à- dire , leur Patrie. Ce sont ces.
Evêques qui coupables d'un triple parjure endure
cissent encore davantage les coeurs des Seigneurs
séculiers , en autorisant leur témérité ,
en leur faisant accroire qu'elle est juste et per
mise.
Les Opposans retournerent enfin à Praage ; Ils,
s'imaginoient que pourvu qu'ils pûssent proceder
à une nouvelle Election avant l'échéance des
six semaines que la Diette pouvoit durer , cette
Election seroit légitime ; mais ce terme n'ayant
point été établi comme une Loy , mais comme
une prolongation , au cas qu'on ne pût parvenir
plutôt à une Election , ne peut être regardé que
comme une chimere , puisque l'Election avoit
Jéja été faite légitimement et selon les Loix. Ils
crurent aussi que s'ils pouvoient se rendre sur
1
No I. Vol.
le Hij
2712 MERCURE DE FRANCE
le Champ Electoral , entre Varsovie et Vvola ,
leur Election seroit plus valide ; ils firent tous les
efforts imaginables , mais inutiles , afin d'y parvenir,
employant pour cet effet le fer et le feu.
Pendant ce temps-là on découvrit que les Ministres
de Russie et de Saxe entretenoient une
correspondance avec les Opposans; le Régimentaire
résolut là - dessus de les faire sortir de Varsovie,
et de les attaquer, en cas de refus , ce qu'il
fit , les Ministres Etrangers ne doivent jouir des
prérogatives du Droit des Gens , qu'aussi long.
temps qu'ils observent eux- mêmes les Loix qui
y sont attachéts.
Enfin les Opposans voyant qu'ils ne pouvoient
passer la Vistule , se retirerent dans un Bois , y
dressérent une espece de Kolo , et élurent un
Roy , mais quel Roy ? Un Etranger , un Prince
qui possede des Provinces hors du Royaume , et
qui a des Troupes sur pied , un Prince né d'une
Mere Luthérienne , un Prince enfin qui veut employer
ses Troupes pour réduire une Nation libre
, à une obéissance aveugle. Grand Dieu , à
quoi servent les Constitutions établies dans la
Diette de Convocation ? A quoi sert le serment
qu'on y a prêté ? A quoi sert cette Confédéra¬
tion si solemnelle, pour n'élire qu'un Piaste? &c.
Fait à Dantzick , le 10 Octobre 1733 .
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Résumé : MANIFESTE du Primat de Pologne.
En décembre 1733, le Primat de Pologne publie un manifeste pour répondre aux accusations portées contre lui concernant sa conduite pendant l'interrègne. L'auteur, J. Vel., réfute les insinuations selon lesquelles il aurait gouverné de manière intéressée et violé les droits de la République. Il affirme avoir agi dans l'intérêt du royaume, en conciliant les frères et en prenant des mesures avec l'approbation du Sénat et de la Noblesse. Il mentionne avoir envoyé des ministres aux cours voisines et avoir pris des mesures pour assurer la sécurité intérieure et extérieure du royaume. Le Primat décrit les événements entourant l'élection du roi, soulignant les débats initiaux et les efforts pour rétablir le calme. Il précise avoir écouté les avis des nonces et s'être conformé à leurs désirs. La principale résolution prise fut l'exclusion des Piastes du trône, confirmée par un serment. Il déclare avoir souhaité l'élection de Stanislas, mais sans préjudice pour la République. Il rejette les offres et menaces des puissances étrangères visant à influencer l'élection. Le manifeste détaille les actions entreprises pour maintenir la liberté de la Pologne et la légitimité de l'élection de Stanislas. Il mentionne les tentatives des opposants de contester l'élection et leur alliance avec les Russiens. Le Primat conclut en affirmant la légitimité de l'élection de Stanislas et en dénonçant les actions des opposants, qu'il qualifie de traîtres à la patrie. Un autre document, daté du 10 octobre 1733 et rédigé à Dantzick, dénonce un prince possédant des provinces en dehors du Royaume et ayant des troupes armées. Ce prince, né d'une mère luthérienne, souhaite utiliser ses troupes pour soumettre une nation libre à une obéissance aveugle. Le texte s'interroge sur l'utilité des constitutions établies lors de la Diète de Convocation, du serment prêté et de la solennelle confédération, qui semblent n'avoir servi qu'à élire un Piaste.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17276
p. 99
CHANSON.
Début :
A l'Amour n'offrons point de voeux, [...]
Mots clefs :
Amour, Bacchus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON.
L'Amour n'offrons pointde voeux',
Prenons plutôt Bacchus pour Maître ;
En aimant on peut être heureux
En bûvant on eſt fûr de l'être.
L'Amour n'offrons pointde voeux',
Prenons plutôt Bacchus pour Maître ;
En aimant on peut être heureux
En bûvant on eſt fûr de l'être.
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17277
p. 153-154
« LE SIEUR ANCÉAUME a découvert dans ses travaux, un Spécifique pour la [...] »
Début :
LE SIEUR ANCÉAUME a découvert dans ses travaux, un Spécifique pour la [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LE SIEUR ANCÉAUME a découvert dans ses travaux, un Spécifique pour la [...] »
LE SIEUR ANCÉAUME a découvert
dans ses travaux, un Spécifique pour la
guériſon de la Teigne : il en a fait les
plus heureuſes expériences. Les avanta-
ges qu'on doit retirer d'un Remède auſſi
utile , conſiſte 1º. dans la guériſon ſure
& radicale de cette maladie , quelque
invétérée qu'elle puiſſe être ; 2º. àopérer
extérieurement, ſans aucun régime ,
fans douleur , & fans laiſſer à la partie
affectée aucune marque.
C'eſt ſur de pareils motifs queles plus
célébres Médecins de Paris , & nommé-
ment MM. Petit pere & fils , Thieullier ,
ancien Doyen de la Faculté, Morand',
Chirurgien des Invalides,Barbeaux, Du-
bourg & Marteaux , réſidens à l'Ecole de
Médecine , & autres , ſe ſont portés ,
ſuivi & examiné les
cures ſurprenantes opérées par ce Re-
mède , à en rendre les témoignages les
plus flatteurs , à la vuedeſquels , & après
un examen particulier de M. de Senac,
Premier Médecin du Roi , voulut , pour
que le Public profirât d'une découverte
fi importante , l'autoriſer par un Privi
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
lége qui pût le faire connoître.
Depuis ce Privilége , les ſuccès du S'
ANCÉAUME n'ont pas été moins heu-
reux. Dans les Aſſemblées particulières
de la Faculté ; on jugea même que ce
remède méritoit un Eloge public ; & en
effet , il fut fait mention dans les Jour-
naux deMédecine, des cures autant fur-
prenantes qu'il a opéré dans ce genre de
Maladie auquel il eſt deſtiné.
Le Sieur ANCÉAUME demeure rue
Grenier S. Lazare , au coin de celle de S.
Martin , à Paris. Et pour Pâques , il de-
meurera chez M. Mathieu l'aîné , Mar-
chand de Chevaux , rue & vis-à-vis la
Priſon S. Martin , au Renard. On le
trouve chez lui tous les jours.
dans ses travaux, un Spécifique pour la
guériſon de la Teigne : il en a fait les
plus heureuſes expériences. Les avanta-
ges qu'on doit retirer d'un Remède auſſi
utile , conſiſte 1º. dans la guériſon ſure
& radicale de cette maladie , quelque
invétérée qu'elle puiſſe être ; 2º. àopérer
extérieurement, ſans aucun régime ,
fans douleur , & fans laiſſer à la partie
affectée aucune marque.
C'eſt ſur de pareils motifs queles plus
célébres Médecins de Paris , & nommé-
ment MM. Petit pere & fils , Thieullier ,
ancien Doyen de la Faculté, Morand',
Chirurgien des Invalides,Barbeaux, Du-
bourg & Marteaux , réſidens à l'Ecole de
Médecine , & autres , ſe ſont portés ,
ſuivi & examiné les
cures ſurprenantes opérées par ce Re-
mède , à en rendre les témoignages les
plus flatteurs , à la vuedeſquels , & après
un examen particulier de M. de Senac,
Premier Médecin du Roi , voulut , pour
que le Public profirât d'une découverte
fi importante , l'autoriſer par un Privi
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
lége qui pût le faire connoître.
Depuis ce Privilége , les ſuccès du S'
ANCÉAUME n'ont pas été moins heu-
reux. Dans les Aſſemblées particulières
de la Faculté ; on jugea même que ce
remède méritoit un Eloge public ; & en
effet , il fut fait mention dans les Jour-
naux deMédecine, des cures autant fur-
prenantes qu'il a opéré dans ce genre de
Maladie auquel il eſt deſtiné.
Le Sieur ANCÉAUME demeure rue
Grenier S. Lazare , au coin de celle de S.
Martin , à Paris. Et pour Pâques , il de-
meurera chez M. Mathieu l'aîné , Mar-
chand de Chevaux , rue & vis-à-vis la
Priſon S. Martin , au Renard. On le
trouve chez lui tous les jours.
Fermer
17278
p. 1211-1212
TURQUIE, ET PERSE.
Début :
La Paix entre le G.S. et le Roy de Perse [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, Sérail
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE, ET PERSE.
NOUVELLES ETRANGERES.
LA
TURQUIE, ET PERSE.
A Paix entre le G.S.et le Roy de Perse ayant
été ratifiée , les Turcs ont évacué les Places
rendues aux Persans , qui commencent a jouir, de
cette précieuse tranquillité que la révolution et
les troubles avoient bannie de ce Puissant Royaume,où toutes les Manufactures d'Etoffes de Soye se rétablissent.
On mande de Constantinople qu'il y étoit ar rivé au mois de Mars dernier , un Navire Anglois richement chargé , dont le Capitaine avoit donné une féte à l'Ambassadeur du Roy d'Angleterre ; que cette Ambassadeur sortant vers les dix heures du soir de ce Vaisseau , pour retourher à son Hôtel, le Capitaine l'avoit imprudem- ment fait saluer de 15 coups de Canon; que cette
Salve faite contre les anciennes deffenses , vers la
pointe du Sérail , y avoit porté l'épouvente , et
qu'on l'avoit prise pourle signal d'une nouvelle
Révolte dans la Ville ; que le Gr. Viz.et les principaux Officiers du Sérail étoient monté d'abord
à cheval pour faire mettre les Troupes sous les
Armes; mais qu'ayant appris que tout étoit tranquille , il étoit revenu rendre compte au G. S.
de ce que les Officiers du Port lui avoient rap- L. Vol. porté
1212 MERCURE DE FRANCE
porté , que le lendemain ce premier Ministre avoit mandé l'Ambassadeur d'Angleterre; mais
que sans lui donner Audience , il avoit déclaré à
un Drogman de la Nation Angloise , que le
Lord Kinnoul ne seroit plus regardé comme
Ambassadeur.
LA
TURQUIE, ET PERSE.
A Paix entre le G.S.et le Roy de Perse ayant
été ratifiée , les Turcs ont évacué les Places
rendues aux Persans , qui commencent a jouir, de
cette précieuse tranquillité que la révolution et
les troubles avoient bannie de ce Puissant Royaume,où toutes les Manufactures d'Etoffes de Soye se rétablissent.
On mande de Constantinople qu'il y étoit ar rivé au mois de Mars dernier , un Navire Anglois richement chargé , dont le Capitaine avoit donné une féte à l'Ambassadeur du Roy d'Angleterre ; que cette Ambassadeur sortant vers les dix heures du soir de ce Vaisseau , pour retourher à son Hôtel, le Capitaine l'avoit imprudem- ment fait saluer de 15 coups de Canon; que cette
Salve faite contre les anciennes deffenses , vers la
pointe du Sérail , y avoit porté l'épouvente , et
qu'on l'avoit prise pourle signal d'une nouvelle
Révolte dans la Ville ; que le Gr. Viz.et les principaux Officiers du Sérail étoient monté d'abord
à cheval pour faire mettre les Troupes sous les
Armes; mais qu'ayant appris que tout étoit tranquille , il étoit revenu rendre compte au G. S.
de ce que les Officiers du Port lui avoient rap- L. Vol. porté
1212 MERCURE DE FRANCE
porté , que le lendemain ce premier Ministre avoit mandé l'Ambassadeur d'Angleterre; mais
que sans lui donner Audience , il avoit déclaré à
un Drogman de la Nation Angloise , que le
Lord Kinnoul ne seroit plus regardé comme
Ambassadeur.
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Résumé : TURQUIE, ET PERSE.
Le texte décrit deux événements impliquant la Turquie et la Perse. Premièrement, la paix entre le Grand Sultan et le roi de Perse a été confirmée. Les Turcs ont quitté les territoires restitués aux Persans, permettant au royaume perse de retrouver la tranquillité après les troubles révolutionnaires. Les manufactures de tissus de soie persanes commencent à se rétablir. Deuxièmement, à Constantinople, un navire anglais a provoqué un incident diplomatique en mars. Le capitaine du navire a salué l'ambassadeur d'Angleterre avec 15 coups de canon, semant la panique près du Sérail. Le Grand Vizir et les officiers du Sérail ont mobilisé les troupes, mais la situation s'est apaisée après qu'ils ont compris l'origine de la salve. Le lendemain, le Grand Vizir a convoqué l'ambassadeur d'Angleterre et a annoncé via un drogman que Lord Kinnoul ne serait plus reconnu comme ambassadeur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17279
p. 1215-1216
ITALIE.
Début :
On a appris de Rome, que la nuit du 5. au 6. May, quelques Enfans ayant mis le feu [...]
Mots clefs :
Nuit, Palais, Incendie, Prince, Te Deum
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
IT A LIE.
N a appris de Rome , que la nuit du 5. au
6. May, quelques Enfans ayant mis le feu
à un amas de paille , les flammes gagnerent un
Chantier voisin , et que le vent violent qui regnoit
cette nuit , fut cause que malgré le prompt
secours qu'on apporta , plus de 80. maisons ' , du
nombre desquelles est le Palais della Penna , appartenant
au Prince Borghese , furent entierement
brulces, et qu'il fallut en at a re plusieurs à
coups de Canon pour arrêter l'incendie.
Les difficultez qui empêchoient la Chambre
Apostolique d'accepter les sûretez offertes par le
I. Vol.
H Car
1216 MERCURE DE FRANCE
son Entrée solemnelle au bruit des acclamations
réiterées du Peuple et de plusieurs salves de
l'Artillerie des Remparts et des Châteaux , et de
la Mousqueterie de la Bourgeoisie qui étoit sous
les aimes
Il descendit à la Cathédrale , à la porte de laquelle
il fut reçû par le Cardinal Archevêque à la
tête du Chapitre , et après avoir assisté au Te
Deum , qui fut chanté à plusieurs Choeurs de
Musique , il alla faire sa Priere devant la Relique
du Sang de S. Janvier , Patron du Royaume;
et il mit à la Châsse dans laquelle il est conservé
une attache de treize Diamants , et de
six Rubis d'un grand prix.
L'Infant se rendit ensuite au Palais , où il admit
la Noblesse et les Tribunaux à lui baiser la
main. Les rues par lesquelles ce Prince passa
étoient magnifiquement ornées, et l'on avoit éle
vé en plusieurs endroits des Arcs de triomphe
chargez de Devises et d'Inscriptions,
N a appris de Rome , que la nuit du 5. au
6. May, quelques Enfans ayant mis le feu
à un amas de paille , les flammes gagnerent un
Chantier voisin , et que le vent violent qui regnoit
cette nuit , fut cause que malgré le prompt
secours qu'on apporta , plus de 80. maisons ' , du
nombre desquelles est le Palais della Penna , appartenant
au Prince Borghese , furent entierement
brulces, et qu'il fallut en at a re plusieurs à
coups de Canon pour arrêter l'incendie.
Les difficultez qui empêchoient la Chambre
Apostolique d'accepter les sûretez offertes par le
I. Vol.
H Car
1216 MERCURE DE FRANCE
son Entrée solemnelle au bruit des acclamations
réiterées du Peuple et de plusieurs salves de
l'Artillerie des Remparts et des Châteaux , et de
la Mousqueterie de la Bourgeoisie qui étoit sous
les aimes
Il descendit à la Cathédrale , à la porte de laquelle
il fut reçû par le Cardinal Archevêque à la
tête du Chapitre , et après avoir assisté au Te
Deum , qui fut chanté à plusieurs Choeurs de
Musique , il alla faire sa Priere devant la Relique
du Sang de S. Janvier , Patron du Royaume;
et il mit à la Châsse dans laquelle il est conservé
une attache de treize Diamants , et de
six Rubis d'un grand prix.
L'Infant se rendit ensuite au Palais , où il admit
la Noblesse et les Tribunaux à lui baiser la
main. Les rues par lesquelles ce Prince passa
étoient magnifiquement ornées, et l'on avoit éle
vé en plusieurs endroits des Arcs de triomphe
chargez de Devises et d'Inscriptions,
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Résumé : ITALIE.
Le texte décrit deux événements distincts. Le premier est un incendie à Rome la nuit du 5 au 6 mai. Des enfants ayant mis le feu à un amas de paille, les flammes se propagèrent à un chantier voisin. Un vent violent compliqua l'extinction, entraînant la destruction de plus de 80 maisons, dont le Palais della Penna appartenant au Prince Borghese. Des coups de canon furent nécessaires pour maîtriser l'incendie. Le second événement relate l'entrée solennelle d'un prince dans une ville. Accueilli par des acclamations et des salves d'artillerie, il se rendit à la cathédrale où il assista à un Te Deum et pria devant la relique du Sang de Saint Janvier. Il offrit une attache de treize diamants et six rubis à la châsse contenant la relique. Ensuite, il se rendit au palais où il reçut la noblesse et les tribunaux. Les rues étaient ornées et des arcs de triomphe étaient érigés avec des devises et des inscriptions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17280
p. 1173-1175
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Constantinople le 24. Janvier 1737. sur la Mort d'un Peintre Flamand.
Début :
Je profite de cette occasion pour vous informer d'une perte que nous venons de faire ici ; [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Constantinople le 24. Janvier 1737. sur la Mort d'un Peintre Flamand.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de
Constantinople le 24. Janvier 1737. sur
la Mort d'un Peintre Flamand.
Je profite de cette occasion pour vous informer
d'une perte que nous venons de faire ici ;
c'est de M. Jean- Baptiste Van- Mour , Peintre
Flamand , Natif de Valenciennes , qui est décédé
le 22. de ce mois à Constantinople , dans la 66.
année de son âge. M. de Ferriol l'y avoit attiré
en 1699. pour lui faire peindre d'après nature ,
une Suite de Tableaux réprésentant les differentes
manieres dont s'habillent les Nations du Levant,
et principalement les Turcs ces Tableaux furent
poussés jusqu'au nombre de cent, et M.de Ferriol
à son retour à Paris , permit qu'on les y gravât,
quoiqu'il ne les cût fait faire que pour sa satis-
faction particuliere , l'aplaudissement que ce
I. Vol.
F vj
grands
1174 MERCURE DE FRANCE
grand et curieux Recueil eut à la Cour , à Paris,,
dans le Royaume et dans les Pays Etrangers, est
une preuve du bon goût de M. de Ferriol pour les
Beaux- Arts , et de l'habileté de M. Van- Mour.
Ce Peintre réussissoit également dans la Portrai
ture , les Tableaux d'Histoire , la Perspective ,
l'Architecture. Il avoit de très- bons principes de
coloris et de clair- obscur , ses Draperies sont
bien jettées , et ses Paysages sont d'un grand
goût , tant par la varieté des Plans et du choix .
des Arbres , que par la legereté de leurs touches. -
Comme il étoit fort laborieux et qu'il a peint
en petit , ces Tableaux , faciles à transporter , se
sont dispersés par toute l'Europe, n'y ayant point
tû d'Ambassadeurs et autres Ministres Chrétiens -
en cette Cour , qui n'ayent envoyé dans leur
Pays , ou emporté en y tetournant , des Ouvra
ges de sa main . M. Calkoën , Ambassadeur de
Hollande à la Porte , en a un très- grand nom
bre et des plus beaux.
M. Van-Mour donna encore des preuves de
son habileté et de son génie dans les Fêtes que
M.le Marquis de Villeneuve donna ici à l'oc-
casion de la Naissance de Monseigneur le Dau-
phin , dont il peignit les Arcs de Triomphe , les
Emblêmes, &c. et qui furent alors, et sont enco-
re admirés aujourd'hui des Connoisseurs.
Si M.. Van-Mour s'est rendu recommandable
par les talens qu'il avoit pour son Art , il l'étoit
encore plus par les vertus morales qu'il posse-
doit , il étoit bon ami , ennemi de la médisance
et de la flaterie , d'une humeur égale et gaye ,.
Ce qui le faisoit aimer et estimer de tout le Monde
t particulierement de tous les Ministres qui ré-
sient ici , qui Padmettoient souvent à leur table-
etalloient le voir travailler..
I. Vale.
MI
JUIN 1737.
I Vol
1175
M. l'Ambassadeur de France envoya toute sa
Maison à son Convoy funebre, où toute la Na-
tion Françone assista ; il fut enterré dans l'Eglise
des RR. PP. Jesuites à Galata , tout proche le
Tombeau de M. le Baron de Salagnac , Ambas--
sadeur de France , qui mourat ici en 1610.
Constantinople le 24. Janvier 1737. sur
la Mort d'un Peintre Flamand.
Je profite de cette occasion pour vous informer
d'une perte que nous venons de faire ici ;
c'est de M. Jean- Baptiste Van- Mour , Peintre
Flamand , Natif de Valenciennes , qui est décédé
le 22. de ce mois à Constantinople , dans la 66.
année de son âge. M. de Ferriol l'y avoit attiré
en 1699. pour lui faire peindre d'après nature ,
une Suite de Tableaux réprésentant les differentes
manieres dont s'habillent les Nations du Levant,
et principalement les Turcs ces Tableaux furent
poussés jusqu'au nombre de cent, et M.de Ferriol
à son retour à Paris , permit qu'on les y gravât,
quoiqu'il ne les cût fait faire que pour sa satis-
faction particuliere , l'aplaudissement que ce
I. Vol.
F vj
grands
1174 MERCURE DE FRANCE
grand et curieux Recueil eut à la Cour , à Paris,,
dans le Royaume et dans les Pays Etrangers, est
une preuve du bon goût de M. de Ferriol pour les
Beaux- Arts , et de l'habileté de M. Van- Mour.
Ce Peintre réussissoit également dans la Portrai
ture , les Tableaux d'Histoire , la Perspective ,
l'Architecture. Il avoit de très- bons principes de
coloris et de clair- obscur , ses Draperies sont
bien jettées , et ses Paysages sont d'un grand
goût , tant par la varieté des Plans et du choix .
des Arbres , que par la legereté de leurs touches. -
Comme il étoit fort laborieux et qu'il a peint
en petit , ces Tableaux , faciles à transporter , se
sont dispersés par toute l'Europe, n'y ayant point
tû d'Ambassadeurs et autres Ministres Chrétiens -
en cette Cour , qui n'ayent envoyé dans leur
Pays , ou emporté en y tetournant , des Ouvra
ges de sa main . M. Calkoën , Ambassadeur de
Hollande à la Porte , en a un très- grand nom
bre et des plus beaux.
M. Van-Mour donna encore des preuves de
son habileté et de son génie dans les Fêtes que
M.le Marquis de Villeneuve donna ici à l'oc-
casion de la Naissance de Monseigneur le Dau-
phin , dont il peignit les Arcs de Triomphe , les
Emblêmes, &c. et qui furent alors, et sont enco-
re admirés aujourd'hui des Connoisseurs.
Si M.. Van-Mour s'est rendu recommandable
par les talens qu'il avoit pour son Art , il l'étoit
encore plus par les vertus morales qu'il posse-
doit , il étoit bon ami , ennemi de la médisance
et de la flaterie , d'une humeur égale et gaye ,.
Ce qui le faisoit aimer et estimer de tout le Monde
t particulierement de tous les Ministres qui ré-
sient ici , qui Padmettoient souvent à leur table-
etalloient le voir travailler..
I. Vale.
MI
JUIN 1737.
I Vol
1175
M. l'Ambassadeur de France envoya toute sa
Maison à son Convoy funebre, où toute la Na-
tion Françone assista ; il fut enterré dans l'Eglise
des RR. PP. Jesuites à Galata , tout proche le
Tombeau de M. le Baron de Salagnac , Ambas--
sadeur de France , qui mourat ici en 1610.
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17281
p. 99-101
LE RETOUR DE L'AGE D'OR, CHANSON.
Début :
O Tems heureux ! beau siécle d'or ! [...]
Mots clefs :
Temps heureux, Siècle d'or, Roi, Rois, Chéri, Renaître
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE RETOUR DE L'AGE D'OR, CHANSON.
LE RETOUR DE L'AGE D'OR ,
CHANSON.
Tems heureux ! beau fiécle d'or !"
Le plus chéri des Rois vous fait renaître encor :
Que de nos voeux ſes jours dépendent ,
Düi , nous ofons le croire , ils vont s'éternifer :
Le Ciel pourroit- il refuſer
Ce que tous les coeurs lui demandent ?
O tems heureux ! beau fiécle d'or !
Le plus chéri des Rois vous fait renaitre encor.
Nous béniſſons notre partage ,
Soumis à ſon pouvoir que régle l'équité ;
La véritable liberté
Eſt de dépendré d'un Roi fage.
;
Otems heureux ! .
*
Toujours de notre zéle extreme ,
J
100 MERCURE DE FRANCE.
Pour remplir ſes projets , il peut tout exiger;
Ah ! qu'un tribut devient léger ,
Quand on le rend à ce qu'on aime !
tems heureux , .
Quelle bonté ! quel grand courage!
Que de ſuccès Aateurs enchaînent ſes inſtans ?
En voyant tous les coeurs contens ,
Il peut dire, c'eſt mon ouvrage.
Otems heureux ! .
Le Ciel , fans doute , l'a fait naître
T
Pourgoûter les vrais biens , pour voir remplir fes
voeux ;
Monarque , Pere , Epoux heureux;
Combien il eſt digne de l'être ?
tems heureux ! &c.
Par cent vertus (puiſſans exemples :)
LaReine de ſon rang releve encor le prix ;
Ce fut ainſi qu'au tems jadis ,
Des Mortels obtinrent des Temples.
O tems heureux ! &c.
Pour un Roi quel bonheur ! il aimed
Eh peut-il trop aimer ſes illuſtres Enfans ?
Avec les graces du Printems ,
:
NOVEMBRE. 1744. ΙΟΙ
C'eſt la raifon , la vertu méme.
O tems heureux ! &c.
Dès ſon Aurore , au rang des Sages ,
Dans l'auguſte Dauphin quels dons ont éclaté ?
Le ſçavoir , les moeurs , la bonté.
Pour nos Neveux les doux préſages !
O tems heureux ! .
Voyez quel Aſtre nous éclaire ;
Venez , Peuples divers , partager nos deſtins ,
Vous n'avez que des Souverains ,
Le nôtre eſt un Dieu tutelaire .
O tems heureux ! .
*3*
S'il fuit Bellonne qui l'appelle ,
Tout s'attache à ſon Char , ou s'en fait un devoir
Le charme qu'on trouve à le voir ,
Eſt le ferment d'être fidéle .
tems heureux ! .
Oüi , votre nom s'immortalife ;
Vos vertus pour jamais nous l'ont rendu ſacre ,
Venir , voir , vaincre , être adoré ,
Grand Roi , voilà votre devife .
O tems heureux ! beau fiécle d'or !
Le plus cheri des Rois vous fait renaître encon
CHANSON.
Tems heureux ! beau fiécle d'or !"
Le plus chéri des Rois vous fait renaître encor :
Que de nos voeux ſes jours dépendent ,
Düi , nous ofons le croire , ils vont s'éternifer :
Le Ciel pourroit- il refuſer
Ce que tous les coeurs lui demandent ?
O tems heureux ! beau fiécle d'or !
Le plus chéri des Rois vous fait renaitre encor.
Nous béniſſons notre partage ,
Soumis à ſon pouvoir que régle l'équité ;
La véritable liberté
Eſt de dépendré d'un Roi fage.
;
Otems heureux ! .
*
Toujours de notre zéle extreme ,
J
100 MERCURE DE FRANCE.
Pour remplir ſes projets , il peut tout exiger;
Ah ! qu'un tribut devient léger ,
Quand on le rend à ce qu'on aime !
tems heureux , .
Quelle bonté ! quel grand courage!
Que de ſuccès Aateurs enchaînent ſes inſtans ?
En voyant tous les coeurs contens ,
Il peut dire, c'eſt mon ouvrage.
Otems heureux ! .
Le Ciel , fans doute , l'a fait naître
T
Pourgoûter les vrais biens , pour voir remplir fes
voeux ;
Monarque , Pere , Epoux heureux;
Combien il eſt digne de l'être ?
tems heureux ! &c.
Par cent vertus (puiſſans exemples :)
LaReine de ſon rang releve encor le prix ;
Ce fut ainſi qu'au tems jadis ,
Des Mortels obtinrent des Temples.
O tems heureux ! &c.
Pour un Roi quel bonheur ! il aimed
Eh peut-il trop aimer ſes illuſtres Enfans ?
Avec les graces du Printems ,
:
NOVEMBRE. 1744. ΙΟΙ
C'eſt la raifon , la vertu méme.
O tems heureux ! &c.
Dès ſon Aurore , au rang des Sages ,
Dans l'auguſte Dauphin quels dons ont éclaté ?
Le ſçavoir , les moeurs , la bonté.
Pour nos Neveux les doux préſages !
O tems heureux ! .
Voyez quel Aſtre nous éclaire ;
Venez , Peuples divers , partager nos deſtins ,
Vous n'avez que des Souverains ,
Le nôtre eſt un Dieu tutelaire .
O tems heureux ! .
*3*
S'il fuit Bellonne qui l'appelle ,
Tout s'attache à ſon Char , ou s'en fait un devoir
Le charme qu'on trouve à le voir ,
Eſt le ferment d'être fidéle .
tems heureux ! .
Oüi , votre nom s'immortalife ;
Vos vertus pour jamais nous l'ont rendu ſacre ,
Venir , voir , vaincre , être adoré ,
Grand Roi , voilà votre devife .
O tems heureux ! beau fiécle d'or !
Le plus cheri des Rois vous fait renaître encon
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17282
p. 2853-2871
Arlequin Amadis, Extrait. [titre d'après la table]
Début :
Le 27 Novembre, les Comédiens Italiens donnerent la premiere représentation [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Masque, Enfers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Arlequin Amadis, Extrait. [titre d'après la table]
Le 27 Novembre , les Comédiens Italiens
donnerent la premiere représentation
d'une Parodie nouvelle , intitulée :
Arlequin Amadis , en un Acte et en Vaudevilles
' dont voici l'Extrait. Les Sieurs
Dominique etRomagnesi sont les Auteurs .
ACTEURS.
Amadis ,
Florestan
,
Arlequin,
La Dile Belmont.
Corisande La De Thomassin.
Oriane , La Dle Silvia.
Arcabonne , Le S Thevenot.
Arcalaus , Le S Romagnesi.
Urgande ,
La Dile la Lande.
L'ombre , D'Ardan Canele.
Captifs , un Géolier , Nimphes , Bergers,
Diables , &c.
Amadis arrive sur le Théatre , qui re
présente un Palais avec Florestan son frecelui
cy lui demande la cause de sa
tristesse ; Amadis répond sur l'air de l'Opera.
re ;
Paime , hélas ! c'est assez pour être malhes
reux,
Il ajoute qu'il aime Oriane , et qu'elle
l'a condamnée à ne la jamais revoir . Florestan
lui represente qu'il doit se consoler
I. Val. avec
2856 MERCURE DE FRANCE
avec la gloire : Amadis lui répond sur un
air de
Belphegor.
J'ai choisi la gloire pour guide ,
Et marchant sur les pas d'Alcide ,
Je cours imiter sa valeur
Je n'imite que sa folie ;
En cela seul j'ai le bonheur
D'être sa fidelle copie.
Amadis se retire , Florestan reste , et
Corisande paroît; ils témoignent tous deux
le plaisir qu'ils ont de se revoir. Oriane
loue la fidélité de Florestan et se plaint de
l'inconstance d'Amadis qui aime Briolanie.
Florestan veut la désabuser , en lui
disant le couplet suivant , sur l'air : Tis
n'as pas le pouvoir.
Il est l'ennemi redouté,
De l'infidelité,
Et puisqu'il punit les ingrats
Sans doute il ne l'est pase
Oriane:
Vous contez une belle histoire
Ce Héros suivant son désir ,
Punit les ingrats pour sa gloire;
Et les imite pour son plaisir.
1. Vol. Corisande
DECEMBRE 1731 2857
Corisande et Florestan.
On sort malaisement
D'un tendre engagement
Oriane.
Ah ! quel cruel tourment
D'avoir un volage amant !
Il accable votre coeur
D'une mortelle douleur,
Tous trois.
On sort malaisément
D'un tendre engagement,
Et lorsqu'on voit changer ,
Cela vous fait
enrager.
Corisande annonce des guerriers qui
viennent , dit- elle , se battre pour divertir
Oriane. Cette Princesse demande qui
les envoye: A quoi on répond qu'on ne le
sçait pas. Hé bien , ajoute Oriane , on n'a
qu'à les renvoyer , je ne veux point d'un divertissement
anonime ; fuivez- moi.
Le Théatre change et represente une
Forêt , dont les Arbres sont chargez des
dépouilles de ceux qu'Arcalans a vaincusi
on y voit au milieu un grand Pont : Arcabone
chante sur l'air : J'ai révé toute la
nait.
J. Vol. Amour
2858 MERCURE DE FRANCE
Amour que veux tu de moi ş
Mon coeur n'est pas fait pour toi.
Je veux inspirer l'effroi
C'est-là mon emploi .
'Amour que veux - tu de moi ,
Mon coeur n'est pas fait pour toi.
bis.
'Arcalaüs arrive et demande à sa soeur ;
quel est le sujet de sa mélancolie. Arcabonne
chante sur l'air : Ah ! Pierre; Ab
Pierre.
Par sa valeur guerriere
Un Héros tres- poli ,
Contre un Monstre en colere ,
Un jour prit mon parti ;
Mon frere , mon frere ,
J'étois morte sans lui.
Bon , les enchanteurs craignent - ils les
monstres? répondArcalaus . Arcabonne continuë
sur l'air : Le Masque tombe , et l'ox
voit la Coquette.
En rendant grace au vaillant personnage,
Je m'informai de son nom vainement ,
Mais remarquez le bel évenement ,
Son Casque tombe , et je vois son visage.
I.Vol. Arca
DECEMBRE. 1731. 2859
'Arcalais chante sur l'air : Aurois-je jamais
un Amant.
Délivrez- vous de l'esclavage ,
Où le traître amour
Vous engage
Dans ce jour
:
Vous qui commandez aux Enfers
Brisez donc vos fers.
Arcabonne.
Je les briserois ,
Si je le pouvois ,
Mais je ne sçaurois.
Arcalaus.
Songez-vous , ma soeur ,
Que la fureur ,
L'effroi , l'horreur
De votre coeur ,
Sont le
partage ,
Qu'Ardan
fut occis,
Par le felon Amadis.
Ah ! que le nom d'Amadis m'inspire de
rage , s'écrie Arcabonne . Ils chantent tous
deux , sur l'air : Lucas pour se moquer de
nous.
ALV Un
2860 MERCURE DE FRANCE
Un jour pour se mocquer de nous ,
Le perfide assomma notre malheureux frere ,
Mais à ton tour il doit sentir nos coups ? nos
coups.
Livrons -nous à notre colere ,
Ma chere :
Mon frere.
Oui , qu'il périsse le pendard ,
Ah ! qu'il est doux d'exercer la vengeance 3
Punissons plutôt que plus tard ,
Pour nous mocquer de lui , frapons , perçons sa
panse ,
Frappons , morbleu , frappons , perçons à grands
coups de Poignard.
Laissez- moi l'engager dans mes enchan
temens , dit Arcalaüs. Arcabone se retire.
Arcalaus au son de la simphonie , forme
avec sa baguerte plusieurs cercles magiques,
et voyant venir Amadis; ilfaut, ajoute-
t-il,qu'il foit bien malheureux pour tomber
ainsi dans les piegés que je lui dresse.Amadis
et Corisande se cherchent dans le
bois ; ils s'appellent , et se reconnoissent.
Arcalaus s'oppose au passage d'Amadis.
en lui chantant sur l'air du Chasseur,
Arrête
I.Vol
Amadis
Crois-tu m'effraiera
AreaDECEMBRE.
1731. 2861
Arcalaus.
Ce passage est en ma puissance ;
Voi ce magnifique attelier 3
Il est le prix de ma vaillance
Je dépouille icy tout guérier.
Amadis.
3
Voyez quelle insolence ,
J'ai toujours passé sans payer ,
Sur tous les Ponts de France.
1
Tu ne passeras pas sur celui- ci , lui répond
Arcalaüs: Nous allons voir, dit Amadis.
Arcalaüs le repousse . Corisande demande
du secours à Amadis . Arcalaüs la
fait saisir par des diables qui l'enlevent.
Amadis outré de colere , rosse Arcalaüs
et chante sur l'air : Les petits valent bien
Les grands .
Maraut , tu cherches ton malheur ,
Tu vas éprouver ma valeur.
Arcalaus.
Venez empêcher ma défaite ;
Messieurs les Démons , il est temps.
Amadis , après avoir battu Arcalaüs.
Les petits tourelourirette ,
Valent bien les grands.
1. Vol.
H Une
2862 MERCURE DE FRANCE
Une Troupe de Nimphes et de Bergers
forment une danse pour enchanter Amadis
qui prend une danseuse pour Orianen
lui disant : Tene , ma Mignone
vous avez si - bien dansé que je vous fais
present de mon épés . Bon , continuët-il , je
suis bien bête , et change :
ne,
Et lon lan la ,
Que fais -je la,
Est-ce avec cèla ,
Qu'on regale les Danseuses ?
La Nimphe emmene Amadis avec elle ;
le Théatre change et represente un palais
ruiné et des cachots. Cette décoration
, qui est de M. le Maire , a été tresbien
goutée , comme toutes celles qu'il a
faites pour le Théatre Italien.
Florestan , Corisande et les Captifs qui
sortent de leurs Cachots , se plaignent
des maux qu'ils souffrent Corisande
chante sur l'air : Tarare pompon.
}
Sont- ce là les liens que l'Hymen nous prépare
?
Encor si l'on étoit dans la même prison ,
On pourroit , sort Barbare !
Se faire une raison.
Mettez- nous-y •
I. Vol.
Le
DECEMBRE 1731. 2863.
Le Géolier.
Pompon.
Tarare ,
Arcabonne sous la figure d'un gros
Chat monstrueux , descend dans la prison
et dit le couplet qui suit , sur l'air :
On n'aime plus dans nos Forêts .
Sortez , trainez icy vos fers ,
Cessez vos plaintes ennuieuses.
Les Captifs.
Des maux que nous avons soufferts ,
Terminez les rigueurs affreuses.
Arcabonne , d'un air doux.
Vous allez cesser de souffrir ,
Mes enfans vous allez mourir.
Coriande , sur l'air de Griselidis.
Avec vous la mort même
A pour moi des appas.
Florestan.
C'est aussi mon systême.
Arcabonne.
Ne vous le dis -je pas.
1. Vol.
Hij Fo
2864 MERCURE DE FRANCE
Forestan & Corisande.
Oui , le trépas ,,"
Avec ce que l'on aime
Est doux à recevoir.
Arcabonne.
Vous allez voir.
Florestan et Corisande chantent encore
un Duo langouteux et passionné ce qui
donne lieu au couplet suivant. Arcabonne
chante sur l'air : F'ai le coeur tendre .
C'est trop entendre
•
Ce maudit refrain ,
J'ai le coeur tendre ,
Il ine inet en train ,
C'est trop entendre
Ce maudit refrain.
Arcabonne évoque l'ombre de son frere,
et chante.
Toi , qui n'es qu'un reste de cendre ,
Oh , oh
Dans ce noir tombeau
Reçois , et sans plus attendre ,
Oh , oh
Le joli cadeau ,
Du sang que je vais répandre.
1. Vol. L'Om
DECEMBRE . 1737. 2865.
L'ombre du fond de son tombeau, aches
vant l'air :
Oh , oh , oh
Tourelouribeau.
Quel hurlement ! s'écrie Arcabonne , je
Jure , mon frere , que dans un instant vous
serez satisfait.
L'ombre paroissant.
Tu vas trahir ton serment-
Menteuse bis.
Tu vas trahir ton serment .
Menteuse en ce moment
Ne vous fâchez pas , mon frere , lui die
Arcabonne , j'ai juré , cela doit vous suffire.
L'Ombre, sur l'air : Je suis toujours prête
à danser.
Ah! tu vas trahir tes sermens
Le jour me blesse , je retombe ;
Le grand air me fait mal aux dents.
Je me trouve mieux dans ma tombe
Tu me suivras dans peu de
temps
Que je t'attens ,
C'est aux
I Vol.
C'est aux enfers que je t'attens ,
enfers que je t'attens.
bis.
Hiij Allez
2866 MERCURE DE FRANCE
Allez-y toujours devant, lui répond Arcabonne
, on lui amene Amadis , qu'elle
veut immoler à sa vangeance ; mais elle
le reconnoît aussi-tôt pour le Héros qui
lui a sauvé la vie . Les armes lui tombent
des mains. Il n'est pasjuste , dit- elle , que
je tue un homme à qui j'ai tant d'obligation,
dites- vous-même , continuë t- elle ; la récom
pense de vos services , et j'y souscris . Amadis
demande qu'on donne la clef des champs
à tous ces malheureux. Il est dans l'instant
obéi ; Florestan , Corisande et tous les
Captifs sont mis en liberté. Arcabonne
dità Amadis de le suivre : Que j'aille seul
avec vous , lui dit Amadis : Je n'ose ; allons
, marchez petitgarçon , continuë Arcabonne.
Amadis chante sur l'air : Tandis
que je dresse.
Elle veut me faire
La bonne sorciere ,
Elle eut me faire
Payer leur rançon.
Arcabonne caressant Amadis,
Le joli garçon
Il est formé pour plaire.
Amadis à part.
Elle veut me faire
Payer leur rançon,
1. Vel.
Les
DECEMBRE. 1731 2867
Les Captifs se réjouissent de sortir d'esclavage.
Le Théatre change, et represente
lå Mer. Afcalaüs dit qu'il vient de faire
encore un enchantement qui leur livre
Oriane : Vous avez eu , ma soeur , bien du
plaisir à tuer Amadis , lui dit Arcalaus.
Arcabonne soupire et lui dit ingénuëment
qu'elle a trouvé dans son ennemi même
l'objet de son amour , et qu'à sa considération
, elle a donné la liberté à tous les
Captifs : Vous avez fait là une belle besogne,
répond Arcalaus , et chante sur l'air :
J'ai peur.
II vit donc ici.
Arcabonne
Oiii. •
Arcalaus.
Il est votre ami.
Arcabonne.
Oui,
Arcalans.
L'amour aujourd'hui
Vous parle donc pour lui.
Arcabonne.
Oui.
1. Vol. Hijij Arca2868
MERCURE DE FRANCE
Arcalaüs.
O foiblesse étrange ,
Prendre ainsi le change !
Arcabonne.
Plaignez une soeur ,
Qu'un tendre amour dérange,
Arca!aus.
La main me demange ;
Il faut que je vange
Sur vous mon bonneur
Ma honte et ma douleur..
Arcabonne.
J'ai peur.
Mais , ajoute Arcabonne , je sens que la
fureur l'emporte sur l'amour ; voici ma rivale
, vous allez voir tous les tours que je vais
luijouer. Oriane paroît . Arcalais vient lui :
dire qu'il a vaincu ce vainqueur invincible
: et que puisqu'elle le hait , elle doitêtre
bien contente . Il fait venir Amadis
qui paroît mort. Oriane se désespere , et
chante le couplet suivant , sur l'air ; J'ens.
tens déja le bruit des armes .
J'entens Amadis qui m'apelle ;
Pour gage certain de ma foy ,
I. Vol. Mon
DECEMBRE 1731 2869
Mon cher , dans la nuit éternelle ,
Je me précipite avec toi.
Elle tombe évanouies-
Amadis surun gazon .
Ah ! vertubleu , que ne vient - elle
S'évanouir auprès de moi.
Arcalais et Arcabonne se réjouissent :
du désespoir de ces deux amans ; aussi -tôt
on voit sur la mer un Rocher enflamé ; et
ensuite la grande Serpente , d'où sort U
gande , avec plusieurs femmes qui sont :
avec elle . Arcalaüs chante sur l'air : Je ne
suis flateur ni menteur.
D'où part ce spectacle nouveau ??
Arcabonne.
D'un pouvoir plus grand que le nôtre.
Arcalaus.
Est-ce un serpent ? Est-ce unvaisseau ?
Non
Arcabonne.
1 , non , ce n'est ni l'un ni l'autre,
Arcalaüs
Má soeur qu'est- ce donc que cela ? ?
1 Vol. Hy Arcani.
380 MERCURE DE FRANCE
Arcabonne.
Le Magazin de l'Opera.
Urgande enchante Arcabonne , et Arcalaüs
, et désenchante Oriane et Amadis , et
les mene avec elle; après avoir rendu à Arcabonne
et à Arcalaus l'usage de leurs
sens ; Arcabonne et Arcalaüs appellent les
démons de la terre à leur secours qui
combattent contre les démons de l'air, qui
obligent ceux de la terre à leur ceder la
victoire. Arcalaüs et Arcabonne se retirent
; le Theatre change et représente
l'Arc des loyaux Amans : Urgande conduit
avec elle Oriane et Amadis qu'elle a
racommodés ensemble. Si vous voulez ,
dit Amadis et Oriane , je passerai fous
l'Arc des loyaux Amans , pour vous prouver
ma fidelité : Non , non , répond Urgande
, cela seroit trop ennuyeux , passons
vite à la Chaconne. Les loyaux Amans
forment une danse avec leurs Amantes
en parodiant la Chaconne d'Amadis . La
Piece finit par un Vaudeville , dont le refraint
est :
Ce n'est plus le temps
Des loyaux Amans.
I. Vol.
•
Les
DECEMBRE 1731. 2872
Les mêmes Comédiens représenterent
le même jour une petite Piece nouvelle
en Prose , mêlée de Fables , qui a pour
titre , La Verité Fabuliste. Elle a été trèsgoûtée.
Comme on a cessé les Représentations
de cette Piece pour y ajoûter deux
Scenes nouvelles , on en parlera plus au
Jong quand elles auront paru .
On apprend de Naples , qu'on y répresente
l'Opera de Semiramis reconnue , avec
beaucoup de succès. On représente à
Londres l'Opera de Tamerlan , en Italien,
et à Vienne on répresenta le 27 du mois
dernier , devant L. M. I. sur le Théatre
du Palais , le nouvel Opera de Demetrius ,
pour lequel on a fait beaucoup de dé
penses et qui fut universellement applaudi
.
donnerent la premiere représentation
d'une Parodie nouvelle , intitulée :
Arlequin Amadis , en un Acte et en Vaudevilles
' dont voici l'Extrait. Les Sieurs
Dominique etRomagnesi sont les Auteurs .
ACTEURS.
Amadis ,
Florestan
,
Arlequin,
La Dile Belmont.
Corisande La De Thomassin.
Oriane , La Dle Silvia.
Arcabonne , Le S Thevenot.
Arcalaus , Le S Romagnesi.
Urgande ,
La Dile la Lande.
L'ombre , D'Ardan Canele.
Captifs , un Géolier , Nimphes , Bergers,
Diables , &c.
Amadis arrive sur le Théatre , qui re
présente un Palais avec Florestan son frecelui
cy lui demande la cause de sa
tristesse ; Amadis répond sur l'air de l'Opera.
re ;
Paime , hélas ! c'est assez pour être malhes
reux,
Il ajoute qu'il aime Oriane , et qu'elle
l'a condamnée à ne la jamais revoir . Florestan
lui represente qu'il doit se consoler
I. Val. avec
2856 MERCURE DE FRANCE
avec la gloire : Amadis lui répond sur un
air de
Belphegor.
J'ai choisi la gloire pour guide ,
Et marchant sur les pas d'Alcide ,
Je cours imiter sa valeur
Je n'imite que sa folie ;
En cela seul j'ai le bonheur
D'être sa fidelle copie.
Amadis se retire , Florestan reste , et
Corisande paroît; ils témoignent tous deux
le plaisir qu'ils ont de se revoir. Oriane
loue la fidélité de Florestan et se plaint de
l'inconstance d'Amadis qui aime Briolanie.
Florestan veut la désabuser , en lui
disant le couplet suivant , sur l'air : Tis
n'as pas le pouvoir.
Il est l'ennemi redouté,
De l'infidelité,
Et puisqu'il punit les ingrats
Sans doute il ne l'est pase
Oriane:
Vous contez une belle histoire
Ce Héros suivant son désir ,
Punit les ingrats pour sa gloire;
Et les imite pour son plaisir.
1. Vol. Corisande
DECEMBRE 1731 2857
Corisande et Florestan.
On sort malaisement
D'un tendre engagement
Oriane.
Ah ! quel cruel tourment
D'avoir un volage amant !
Il accable votre coeur
D'une mortelle douleur,
Tous trois.
On sort malaisément
D'un tendre engagement,
Et lorsqu'on voit changer ,
Cela vous fait
enrager.
Corisande annonce des guerriers qui
viennent , dit- elle , se battre pour divertir
Oriane. Cette Princesse demande qui
les envoye: A quoi on répond qu'on ne le
sçait pas. Hé bien , ajoute Oriane , on n'a
qu'à les renvoyer , je ne veux point d'un divertissement
anonime ; fuivez- moi.
Le Théatre change et represente une
Forêt , dont les Arbres sont chargez des
dépouilles de ceux qu'Arcalans a vaincusi
on y voit au milieu un grand Pont : Arcabone
chante sur l'air : J'ai révé toute la
nait.
J. Vol. Amour
2858 MERCURE DE FRANCE
Amour que veux tu de moi ş
Mon coeur n'est pas fait pour toi.
Je veux inspirer l'effroi
C'est-là mon emploi .
'Amour que veux - tu de moi ,
Mon coeur n'est pas fait pour toi.
bis.
'Arcalaüs arrive et demande à sa soeur ;
quel est le sujet de sa mélancolie. Arcabonne
chante sur l'air : Ah ! Pierre; Ab
Pierre.
Par sa valeur guerriere
Un Héros tres- poli ,
Contre un Monstre en colere ,
Un jour prit mon parti ;
Mon frere , mon frere ,
J'étois morte sans lui.
Bon , les enchanteurs craignent - ils les
monstres? répondArcalaus . Arcabonne continuë
sur l'air : Le Masque tombe , et l'ox
voit la Coquette.
En rendant grace au vaillant personnage,
Je m'informai de son nom vainement ,
Mais remarquez le bel évenement ,
Son Casque tombe , et je vois son visage.
I.Vol. Arca
DECEMBRE. 1731. 2859
'Arcalais chante sur l'air : Aurois-je jamais
un Amant.
Délivrez- vous de l'esclavage ,
Où le traître amour
Vous engage
Dans ce jour
:
Vous qui commandez aux Enfers
Brisez donc vos fers.
Arcabonne.
Je les briserois ,
Si je le pouvois ,
Mais je ne sçaurois.
Arcalaus.
Songez-vous , ma soeur ,
Que la fureur ,
L'effroi , l'horreur
De votre coeur ,
Sont le
partage ,
Qu'Ardan
fut occis,
Par le felon Amadis.
Ah ! que le nom d'Amadis m'inspire de
rage , s'écrie Arcabonne . Ils chantent tous
deux , sur l'air : Lucas pour se moquer de
nous.
ALV Un
2860 MERCURE DE FRANCE
Un jour pour se mocquer de nous ,
Le perfide assomma notre malheureux frere ,
Mais à ton tour il doit sentir nos coups ? nos
coups.
Livrons -nous à notre colere ,
Ma chere :
Mon frere.
Oui , qu'il périsse le pendard ,
Ah ! qu'il est doux d'exercer la vengeance 3
Punissons plutôt que plus tard ,
Pour nous mocquer de lui , frapons , perçons sa
panse ,
Frappons , morbleu , frappons , perçons à grands
coups de Poignard.
Laissez- moi l'engager dans mes enchan
temens , dit Arcalaüs. Arcabone se retire.
Arcalaus au son de la simphonie , forme
avec sa baguerte plusieurs cercles magiques,
et voyant venir Amadis; ilfaut, ajoute-
t-il,qu'il foit bien malheureux pour tomber
ainsi dans les piegés que je lui dresse.Amadis
et Corisande se cherchent dans le
bois ; ils s'appellent , et se reconnoissent.
Arcalaus s'oppose au passage d'Amadis.
en lui chantant sur l'air du Chasseur,
Arrête
I.Vol
Amadis
Crois-tu m'effraiera
AreaDECEMBRE.
1731. 2861
Arcalaus.
Ce passage est en ma puissance ;
Voi ce magnifique attelier 3
Il est le prix de ma vaillance
Je dépouille icy tout guérier.
Amadis.
3
Voyez quelle insolence ,
J'ai toujours passé sans payer ,
Sur tous les Ponts de France.
1
Tu ne passeras pas sur celui- ci , lui répond
Arcalaüs: Nous allons voir, dit Amadis.
Arcalaüs le repousse . Corisande demande
du secours à Amadis . Arcalaüs la
fait saisir par des diables qui l'enlevent.
Amadis outré de colere , rosse Arcalaüs
et chante sur l'air : Les petits valent bien
Les grands .
Maraut , tu cherches ton malheur ,
Tu vas éprouver ma valeur.
Arcalaus.
Venez empêcher ma défaite ;
Messieurs les Démons , il est temps.
Amadis , après avoir battu Arcalaüs.
Les petits tourelourirette ,
Valent bien les grands.
1. Vol.
H Une
2862 MERCURE DE FRANCE
Une Troupe de Nimphes et de Bergers
forment une danse pour enchanter Amadis
qui prend une danseuse pour Orianen
lui disant : Tene , ma Mignone
vous avez si - bien dansé que je vous fais
present de mon épés . Bon , continuët-il , je
suis bien bête , et change :
ne,
Et lon lan la ,
Que fais -je la,
Est-ce avec cèla ,
Qu'on regale les Danseuses ?
La Nimphe emmene Amadis avec elle ;
le Théatre change et represente un palais
ruiné et des cachots. Cette décoration
, qui est de M. le Maire , a été tresbien
goutée , comme toutes celles qu'il a
faites pour le Théatre Italien.
Florestan , Corisande et les Captifs qui
sortent de leurs Cachots , se plaignent
des maux qu'ils souffrent Corisande
chante sur l'air : Tarare pompon.
}
Sont- ce là les liens que l'Hymen nous prépare
?
Encor si l'on étoit dans la même prison ,
On pourroit , sort Barbare !
Se faire une raison.
Mettez- nous-y •
I. Vol.
Le
DECEMBRE 1731. 2863.
Le Géolier.
Pompon.
Tarare ,
Arcabonne sous la figure d'un gros
Chat monstrueux , descend dans la prison
et dit le couplet qui suit , sur l'air :
On n'aime plus dans nos Forêts .
Sortez , trainez icy vos fers ,
Cessez vos plaintes ennuieuses.
Les Captifs.
Des maux que nous avons soufferts ,
Terminez les rigueurs affreuses.
Arcabonne , d'un air doux.
Vous allez cesser de souffrir ,
Mes enfans vous allez mourir.
Coriande , sur l'air de Griselidis.
Avec vous la mort même
A pour moi des appas.
Florestan.
C'est aussi mon systême.
Arcabonne.
Ne vous le dis -je pas.
1. Vol.
Hij Fo
2864 MERCURE DE FRANCE
Forestan & Corisande.
Oui , le trépas ,,"
Avec ce que l'on aime
Est doux à recevoir.
Arcabonne.
Vous allez voir.
Florestan et Corisande chantent encore
un Duo langouteux et passionné ce qui
donne lieu au couplet suivant. Arcabonne
chante sur l'air : F'ai le coeur tendre .
C'est trop entendre
•
Ce maudit refrain ,
J'ai le coeur tendre ,
Il ine inet en train ,
C'est trop entendre
Ce maudit refrain.
Arcabonne évoque l'ombre de son frere,
et chante.
Toi , qui n'es qu'un reste de cendre ,
Oh , oh
Dans ce noir tombeau
Reçois , et sans plus attendre ,
Oh , oh
Le joli cadeau ,
Du sang que je vais répandre.
1. Vol. L'Om
DECEMBRE . 1737. 2865.
L'ombre du fond de son tombeau, aches
vant l'air :
Oh , oh , oh
Tourelouribeau.
Quel hurlement ! s'écrie Arcabonne , je
Jure , mon frere , que dans un instant vous
serez satisfait.
L'ombre paroissant.
Tu vas trahir ton serment-
Menteuse bis.
Tu vas trahir ton serment .
Menteuse en ce moment
Ne vous fâchez pas , mon frere , lui die
Arcabonne , j'ai juré , cela doit vous suffire.
L'Ombre, sur l'air : Je suis toujours prête
à danser.
Ah! tu vas trahir tes sermens
Le jour me blesse , je retombe ;
Le grand air me fait mal aux dents.
Je me trouve mieux dans ma tombe
Tu me suivras dans peu de
temps
Que je t'attens ,
C'est aux
I Vol.
C'est aux enfers que je t'attens ,
enfers que je t'attens.
bis.
Hiij Allez
2866 MERCURE DE FRANCE
Allez-y toujours devant, lui répond Arcabonne
, on lui amene Amadis , qu'elle
veut immoler à sa vangeance ; mais elle
le reconnoît aussi-tôt pour le Héros qui
lui a sauvé la vie . Les armes lui tombent
des mains. Il n'est pasjuste , dit- elle , que
je tue un homme à qui j'ai tant d'obligation,
dites- vous-même , continuë t- elle ; la récom
pense de vos services , et j'y souscris . Amadis
demande qu'on donne la clef des champs
à tous ces malheureux. Il est dans l'instant
obéi ; Florestan , Corisande et tous les
Captifs sont mis en liberté. Arcabonne
dità Amadis de le suivre : Que j'aille seul
avec vous , lui dit Amadis : Je n'ose ; allons
, marchez petitgarçon , continuë Arcabonne.
Amadis chante sur l'air : Tandis
que je dresse.
Elle veut me faire
La bonne sorciere ,
Elle eut me faire
Payer leur rançon.
Arcabonne caressant Amadis,
Le joli garçon
Il est formé pour plaire.
Amadis à part.
Elle veut me faire
Payer leur rançon,
1. Vel.
Les
DECEMBRE. 1731 2867
Les Captifs se réjouissent de sortir d'esclavage.
Le Théatre change, et represente
lå Mer. Afcalaüs dit qu'il vient de faire
encore un enchantement qui leur livre
Oriane : Vous avez eu , ma soeur , bien du
plaisir à tuer Amadis , lui dit Arcalaus.
Arcabonne soupire et lui dit ingénuëment
qu'elle a trouvé dans son ennemi même
l'objet de son amour , et qu'à sa considération
, elle a donné la liberté à tous les
Captifs : Vous avez fait là une belle besogne,
répond Arcalaus , et chante sur l'air :
J'ai peur.
II vit donc ici.
Arcabonne
Oiii. •
Arcalaus.
Il est votre ami.
Arcabonne.
Oui,
Arcalans.
L'amour aujourd'hui
Vous parle donc pour lui.
Arcabonne.
Oui.
1. Vol. Hijij Arca2868
MERCURE DE FRANCE
Arcalaüs.
O foiblesse étrange ,
Prendre ainsi le change !
Arcabonne.
Plaignez une soeur ,
Qu'un tendre amour dérange,
Arca!aus.
La main me demange ;
Il faut que je vange
Sur vous mon bonneur
Ma honte et ma douleur..
Arcabonne.
J'ai peur.
Mais , ajoute Arcabonne , je sens que la
fureur l'emporte sur l'amour ; voici ma rivale
, vous allez voir tous les tours que je vais
luijouer. Oriane paroît . Arcalais vient lui :
dire qu'il a vaincu ce vainqueur invincible
: et que puisqu'elle le hait , elle doitêtre
bien contente . Il fait venir Amadis
qui paroît mort. Oriane se désespere , et
chante le couplet suivant , sur l'air ; J'ens.
tens déja le bruit des armes .
J'entens Amadis qui m'apelle ;
Pour gage certain de ma foy ,
I. Vol. Mon
DECEMBRE 1731 2869
Mon cher , dans la nuit éternelle ,
Je me précipite avec toi.
Elle tombe évanouies-
Amadis surun gazon .
Ah ! vertubleu , que ne vient - elle
S'évanouir auprès de moi.
Arcalais et Arcabonne se réjouissent :
du désespoir de ces deux amans ; aussi -tôt
on voit sur la mer un Rocher enflamé ; et
ensuite la grande Serpente , d'où sort U
gande , avec plusieurs femmes qui sont :
avec elle . Arcalaüs chante sur l'air : Je ne
suis flateur ni menteur.
D'où part ce spectacle nouveau ??
Arcabonne.
D'un pouvoir plus grand que le nôtre.
Arcalaus.
Est-ce un serpent ? Est-ce unvaisseau ?
Non
Arcabonne.
1 , non , ce n'est ni l'un ni l'autre,
Arcalaüs
Má soeur qu'est- ce donc que cela ? ?
1 Vol. Hy Arcani.
380 MERCURE DE FRANCE
Arcabonne.
Le Magazin de l'Opera.
Urgande enchante Arcabonne , et Arcalaüs
, et désenchante Oriane et Amadis , et
les mene avec elle; après avoir rendu à Arcabonne
et à Arcalaus l'usage de leurs
sens ; Arcabonne et Arcalaüs appellent les
démons de la terre à leur secours qui
combattent contre les démons de l'air, qui
obligent ceux de la terre à leur ceder la
victoire. Arcalaüs et Arcabonne se retirent
; le Theatre change et représente
l'Arc des loyaux Amans : Urgande conduit
avec elle Oriane et Amadis qu'elle a
racommodés ensemble. Si vous voulez ,
dit Amadis et Oriane , je passerai fous
l'Arc des loyaux Amans , pour vous prouver
ma fidelité : Non , non , répond Urgande
, cela seroit trop ennuyeux , passons
vite à la Chaconne. Les loyaux Amans
forment une danse avec leurs Amantes
en parodiant la Chaconne d'Amadis . La
Piece finit par un Vaudeville , dont le refraint
est :
Ce n'est plus le temps
Des loyaux Amans.
I. Vol.
•
Les
DECEMBRE 1731. 2872
Les mêmes Comédiens représenterent
le même jour une petite Piece nouvelle
en Prose , mêlée de Fables , qui a pour
titre , La Verité Fabuliste. Elle a été trèsgoûtée.
Comme on a cessé les Représentations
de cette Piece pour y ajoûter deux
Scenes nouvelles , on en parlera plus au
Jong quand elles auront paru .
On apprend de Naples , qu'on y répresente
l'Opera de Semiramis reconnue , avec
beaucoup de succès. On représente à
Londres l'Opera de Tamerlan , en Italien,
et à Vienne on répresenta le 27 du mois
dernier , devant L. M. I. sur le Théatre
du Palais , le nouvel Opera de Demetrius ,
pour lequel on a fait beaucoup de dé
penses et qui fut universellement applaudi
.
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Résumé : Arlequin Amadis, Extrait. [titre d'après la table]
Le 27 novembre, les Comédiens Italiens ont présenté la première représentation de la parodie 'Arlequin Amadis' en un acte et en vaudevilles, écrite par les Sieurs Dominique et Romagnesi. La pièce met en scène plusieurs personnages, dont Amadis, Florestan, Arlequin, et Oriane. L'intrigue commence avec Amadis, qui explique à Florestan sa tristesse due à son amour pour Oriane, qui l'a condamné à ne plus la revoir. Florestan lui conseille de se consoler avec la gloire, mais Amadis préfère imiter la folie d'Alcide. La pièce se poursuit avec des interactions entre les personnages. Corisande et Florestan se réjouissent de se revoir. Oriane, quant à elle, se plaint de l'inconstance d'Amadis. Des guerriers apparaissent pour divertir Oriane, mais elle refuse un divertissement anonyme. Le théâtre change ensuite pour représenter une forêt où Arcabonne et Arcalaus discutent de leur mélancolie et de leur désir de vengeance contre Amadis. Arcalaus tente d'empêcher Amadis de passer un pont, mais Amadis le bat et libère Corisande. Plus tard, Arcabonne reconnaît Amadis comme le héros qui lui a sauvé la vie et le libère, ainsi que tous les captifs. Oriane, croyant Amadis mort, se désespère et tombe évanouie. Urgande intervient alors, enchante Arcabonne et Arcalaus, et désenchante Oriane et Amadis, les réunissant finalement. La pièce se termine par une danse parodique de la Chaconne d'Amadis et un vaudeville. Le même jour, les comédiens ont également représenté une petite pièce en prose mêlée de fables intitulée 'La Vérité Fabuliste', très appréciée du public. Par ailleurs, le texte mentionne des représentations d'opéras dans différentes villes européennes. À Naples, l'opéra 'Semiramis reconnue' rencontre un grand succès. À Londres, 'Tamerlan' est joué en italien. À Vienne, l'opéra 'Demetrius' est représenté le 27 du mois précédent devant Sa Majesté Impériale au théâtre du Palais. Cette production a nécessité des dépenses considérables et a été acclamée par le public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17283
p. 2688
DE TURQUIE ET DE PERSE.
Début :
On a appris de Perse que les Troupes du Roi qui ont travaillé aux Fortifications [...]
Mots clefs :
Perse, Turquie, Fortifications, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE TURQUIE ET DE PERSE.
DE TURQUIE ET DE PERSE.
Na appris de Perse que les Troupes du Roi qui ont travaillé aux Fortifications
d'une petite Place sur la Mer Caspienne , à six
lieues de Backi, en étoient parties pour joindre la
grande Armée qui est à présent de 180000. hommes. Elle occupe un Poste avantageux entre
Bagdat et l'Armée des Turcs , de sorte que cette .
Place ne pourra que difficilement être secouruë.
On assûre que les vivres qu'on y avoit fait entrer
en dernier lieu étoient consommez , et que les Persans se flattoient de s'en rendre maîtres avant
la fin de l'année , ne croyant pas que le Seraskier qui commande les Troupes du Grand- Seigneur osat hazarder une Bataille , parce que la plus grande partie de son Armée est composée
de Soldats levez par force.
On a appris depuis que le Serasquier qui commande l'Armée du G. S. avoit reçû des pleins
Pouvoirs pour signer une suspension d'Armes
pour six mois , pour négocier et conclureun nouveau Traité de Paix avec le Roi de Perse.
I, Vol AL
Na appris de Perse que les Troupes du Roi qui ont travaillé aux Fortifications
d'une petite Place sur la Mer Caspienne , à six
lieues de Backi, en étoient parties pour joindre la
grande Armée qui est à présent de 180000. hommes. Elle occupe un Poste avantageux entre
Bagdat et l'Armée des Turcs , de sorte que cette .
Place ne pourra que difficilement être secouruë.
On assûre que les vivres qu'on y avoit fait entrer
en dernier lieu étoient consommez , et que les Persans se flattoient de s'en rendre maîtres avant
la fin de l'année , ne croyant pas que le Seraskier qui commande les Troupes du Grand- Seigneur osat hazarder une Bataille , parce que la plus grande partie de son Armée est composée
de Soldats levez par force.
On a appris depuis que le Serasquier qui commande l'Armée du G. S. avoit reçû des pleins
Pouvoirs pour signer une suspension d'Armes
pour six mois , pour négocier et conclureun nouveau Traité de Paix avec le Roi de Perse.
I, Vol AL
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Résumé : DE TURQUIE ET DE PERSE.
Le texte décrit des événements militaires entre la Turquie et la Perse. Une armée perse de 180 000 hommes occupe une position stratégique entre Bagdad et les forces turques. La place forte turque manque de vivres. Le Seraskier turc a reçu des pleins pouvoirs pour négocier une suspension d'armes de six mois et un nouveau traité de paix avec le roi de Perse.
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17284
p. 1216-1217
Entrée solemnelle de D. Carlos à Naples, [titre d'après la table]
Début :
Le 15. May, un Courrier dépêché de Madrid apporta à l'Infant Don Carlos le Diplôme par [...]
Mots clefs :
Roi d'Espagne, Roi de Naples, Naples, Dépêche, Habitants, Te Deum, Entrée solennelle, Infant Don Carlos
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texteReconnaissance textuelle : Entrée solemnelle de D. Carlos à Naples, [titre d'après la table]
Le 15. May , un Courrier dépêché de Madrid
apporta à l'Infant Don Carlos le Diplôme par
lequel le Roy d'Espagne le déclare Roy de Naples
, et enjoint à tous les Seigneurs , Barons et
autres Habitans du Royaume , de le reconnoître
en cette qualité , et aux Magistrats des Villes
qui n'ont pas encore nommé des Députez pour
lui prêter serment de fidelité de lui en envoyer
incessamment , sous peine d'être regardez comme
rebelles et traitez selon toutes les rigueurs de
la guerre.
Ce Diplôme fut affiché et publié le même jour ,
et tous les Tribunaux en corps allerent rendre
hommage à leur nouveau Souverain qui fit ou
vrir les prisons , accorda la grace aux Criminels
2
I. Vol.
et
JUIN. 1734.: 1217
er ordonna qu'on distribuât de l'argent au
Peuple.
On chanta le Te Deum ; le soir il y eut des
Feux et des Illuminations dans toutes les rues ,
et les Habitans donnerent les plus grandes démonstrations
de joye.
Le Gouvernement a donné ordre qu'on frappât
de la Monnoye d'or et d'argent pour des
sommes considerables , au coin du nouveau Roy
de Naples.
Sa Majesté , qui étoit allée le 27. May dîner
à Baye , y reçut par le Marquis de Castellar ,
que le Comte de Montemar a dépêché au Roy
d'Espagne , la premiere nouvelle de la victoire
remportée le à Bitonto dans la Pouille , par
les Troupes Espagnoles sur celles de l'Empereur ,
commandées par le Comte de Viscomti.
*
25.
Le Roy revint aussi - tôt à Naples , où il trouva
un grand concours de Peuple qui cherchoit à lui,
marquer par ses acclamations , la part qu'il prenoit
à cet évenement, S M fit chanter ce jour là
le Te Deum dans sa Chapelle , et le lendemain il
alla en ceremonie à l'Eglise de S. Janvier , où il
fit rendre à Dieu de solemnelles actions de graces
de cette victoire , à l'occasion de laquelle il
y a cû dans la Ville pendant trois jours des Illu
minations et d'autres marques de réjouissance.
apporta à l'Infant Don Carlos le Diplôme par
lequel le Roy d'Espagne le déclare Roy de Naples
, et enjoint à tous les Seigneurs , Barons et
autres Habitans du Royaume , de le reconnoître
en cette qualité , et aux Magistrats des Villes
qui n'ont pas encore nommé des Députez pour
lui prêter serment de fidelité de lui en envoyer
incessamment , sous peine d'être regardez comme
rebelles et traitez selon toutes les rigueurs de
la guerre.
Ce Diplôme fut affiché et publié le même jour ,
et tous les Tribunaux en corps allerent rendre
hommage à leur nouveau Souverain qui fit ou
vrir les prisons , accorda la grace aux Criminels
2
I. Vol.
et
JUIN. 1734.: 1217
er ordonna qu'on distribuât de l'argent au
Peuple.
On chanta le Te Deum ; le soir il y eut des
Feux et des Illuminations dans toutes les rues ,
et les Habitans donnerent les plus grandes démonstrations
de joye.
Le Gouvernement a donné ordre qu'on frappât
de la Monnoye d'or et d'argent pour des
sommes considerables , au coin du nouveau Roy
de Naples.
Sa Majesté , qui étoit allée le 27. May dîner
à Baye , y reçut par le Marquis de Castellar ,
que le Comte de Montemar a dépêché au Roy
d'Espagne , la premiere nouvelle de la victoire
remportée le à Bitonto dans la Pouille , par
les Troupes Espagnoles sur celles de l'Empereur ,
commandées par le Comte de Viscomti.
*
25.
Le Roy revint aussi - tôt à Naples , où il trouva
un grand concours de Peuple qui cherchoit à lui,
marquer par ses acclamations , la part qu'il prenoit
à cet évenement, S M fit chanter ce jour là
le Te Deum dans sa Chapelle , et le lendemain il
alla en ceremonie à l'Eglise de S. Janvier , où il
fit rendre à Dieu de solemnelles actions de graces
de cette victoire , à l'occasion de laquelle il
y a cû dans la Ville pendant trois jours des Illu
minations et d'autres marques de réjouissance.
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Résumé : Entrée solemnelle de D. Carlos à Naples, [titre d'après la table]
Le 15 mai, un courrier de Madrid informe l'Infant Don Carlos qu'il est proclamé roi de Naples par le roi d'Espagne. Un diplôme ordonne à tous les seigneurs, barons et habitants du royaume de reconnaître Don Carlos comme roi et aux magistrats des villes de lui prêter serment de fidélité sous peine de rébellion. Le diplôme est affiché et publié le même jour. Les tribunaux rendent hommage à Don Carlos, qui libère les prisonniers, accorde la grâce aux criminels et distribue de l'argent au peuple. Des célébrations, incluant le chant du Te Deum et des illuminations, ont lieu. Le gouvernement ordonne la frappe de monnaie au nom du nouveau roi. Le 27 mai, Don Carlos apprend la victoire espagnole à Bitonto contre les troupes de l'empereur. À son retour à Naples, il fait chanter le Te Deum et organise des réjouissances publiques pour célébrer cette victoire.
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17285
p. 154-156
HOPITAL DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON. Quarante & quarante-uniéme Traitement depuis son Etablissement.
Début :
Noms des Soldats. Compagnies. TOQUET Tourville. Joly, Dudreneuc. La Fleur, [...]
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texteReconnaissance textuelle : HOPITAL DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON. Quarante & quarante-uniéme Traitement depuis son Etablissement.
HOPITAL
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Quarante & quarante-uniéme Traitement
depuis son Etablissement.
Noms des Soldats.
Compagnies.
TOQUET Tourville.
Joly, Dudreneuc.
La Fleur,
AVRIL. 1764..
La Joye ,
Dubois,
D'ambonnet ,
D'agré ,
Patris ,
Rollin ,
Vavrey ,
Beaudevin ,
Thiebault ,
LeGras,
Congé ,
S. Flour ,
Neveu ,
Robert ,
S.Michel,
Julien ,
Cadet,
Appe ,
L'eſperance ,
Sans-Regret ,
Mantelle ,
Sarre-Louis ,
155
Dudrenenc
Villers.
Rafilly.
Mithon .
Viennay.
Viennay.
Coettrieu.
Dampierre.
Dampierre.
Demoges.
Villers.
Rafilly.
Dudreneuc.
Viennay.
Pronleroy.
Démoges.
Dampierre.
Colonelle.
Dudreneuc.
DeGraffe.
Viennay.
Gvj
Rafilly.
Rafilly.
Ces vingt-cinq Soldats ont été traités
Al'ordinaire & radicalement guéris des
156 MERCURE DE FRANCE.
maladies les plus graves & les plus
difficiles.
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Quarante & quarante-uniéme Traitement
depuis son Etablissement.
Noms des Soldats.
Compagnies.
TOQUET Tourville.
Joly, Dudreneuc.
La Fleur,
AVRIL. 1764..
La Joye ,
Dubois,
D'ambonnet ,
D'agré ,
Patris ,
Rollin ,
Vavrey ,
Beaudevin ,
Thiebault ,
LeGras,
Congé ,
S. Flour ,
Neveu ,
Robert ,
S.Michel,
Julien ,
Cadet,
Appe ,
L'eſperance ,
Sans-Regret ,
Mantelle ,
Sarre-Louis ,
155
Dudrenenc
Villers.
Rafilly.
Mithon .
Viennay.
Viennay.
Coettrieu.
Dampierre.
Dampierre.
Demoges.
Villers.
Rafilly.
Dudreneuc.
Viennay.
Pronleroy.
Démoges.
Dampierre.
Colonelle.
Dudreneuc.
DeGraffe.
Viennay.
Gvj
Rafilly.
Rafilly.
Ces vingt-cinq Soldats ont été traités
Al'ordinaire & radicalement guéris des
156 MERCURE DE FRANCE.
maladies les plus graves & les plus
difficiles.
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17286
p. 1212-1222
LETTRE écrite de Constantinople, le 6 et le 14 Mars 1732. contenant la suite des nouvelles de Turquie et de Perse.
Début :
La Victoire complete que les Turcs remporterent au mois de [...]
Mots clefs :
Turquie, Perse, Constantinople, Pacha , Tauris, Achmet, Empire, Sultan, Chah, Thamas
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Constantinople, le 6 et le 14 Mars 1732. contenant la suite des nouvelles de Turquie et de Perse.
ETTRE écrite de Constantinople , le
6 et le 14 Mars 1732. contenant la suite
des nouvelles de Turquie et de Perse.
LA
A Victoire complete que les Turcs rempor
terent au mois de Septembre dernier devant
Amadan , sur l'armée Persanne , où Chah- Tahmas étoit en personne , et la prise de cette Place
et de plusieurs autres, qui furent autant de suites
glorieuses de cette Victoire , avoient si considérablement diminué les forces de ce Prince , que
voulant prévenir la perte totale de ses Etats, dont
il étoit menacé, s'il continuoit la Guerre , il résolut de faire des tentatives auprès de ses Ennemispour en obtenir la paix. Il y eut d'abord des
propositions d'accommodement faites de sa part ,
a Achmet Pacha , Séraskier ou General de l'Armée Othomane , et Gouverneur de Babilonne
qui donnerent lieu le 20 Novembre suivant , à la
tenue d'un Conseil general , à la Porte , où l'on
examina plusieurs Lettres , qu'un Courier de ce
Pacha avoit apportées la veille. Il marquoit par
la sienne au G. V. que Chah - Tahmas lui avoit
écrit et envoyé l'Itimadil-deulet , c'est- à- dire ,
son premier Ministre , pour entrer en négociation,
Cette Lettre et trois autres du Roy de Perse ,
dont elle étoit accompagnée, l'une pour le G.S.
1. Vol. dans
JUIN. 1732. 1213
s laquelle Chah- Tahmas lui demandoit la
avec instance ; l'autre pour le G. V. et la
siéme pour Achmet Pacha ; ayant été lûës
présence de tous les gens,de Loy , des Chefs ,
Milices et des principaux Ministres ; et les
litions que ce Prince y proposoit , ayant été ées de toute l'assemblée , on convint unaement de les accepter ; et le Sultan, par l'avis
Mufti , dépêcha , en conséquence , un de ses aiers Officiers , avec des plein- pouvoirs pour
met Pacha , qui le rendoit le maître abde régler la paix , de la maniere qu'il le ju- it à propos ; lui faisant seulement observer
comme Chah-Tahmas n'avoit pas toujours
Fort religieux à exécuter les promesses qu'il
tcy devant faites à la Porte , il convenoit
conservât assez de Troupes sur les Frontiepour faire tête aux Persans , en cas de beCette précaution étoit d'autant plus raison-
, qu'on assure que Chah- Tahmas même,
la Lettre qu'il avoit écrite à Achmet Pacha,
conseilloit de la prendre , parce que ne se
ant pas assez-bien affermi sur le Thrône , il
gnoit de ne pouvoir pas également contenir
les Seigneurs Persans , dont il prévoyoit quelques- uns seroient capables de continuer hostilitez sans son consentement , et malgré
ordres les plus positifs.
ette résolution de la Porte s'étant divulguée,
indit une joïe universelle dans le public , er
cun se persuada , parce qu'il le souhaitoit ,
dès- lors on alloit mettre les Armes bas de
et d'autre. Cependant le 22 Decembre , au
nd étonnement du peuple , on entendit tirer
la pointe du jour le Canon du Sérail , ce qui
repeté à midi , l'après-dîné , et les deux jours
I. Vol. sui-
1214 MERCURE DE FRANCE
*suivans, aux mêmes heures, et l'on apprit qu'Ali
Pacha , Seraskier de la seconde Armée Turque ,
s'étoit emparé de l'importante Place de Tauris et
de tout son district. Un surcroît de Conquêtes si considérables mettant les affaires des Ottomans
en beaucoup meilleure situation qu'elles n'étoient
quand Chah Tahmas fit ses propositions de Paix , lé G. S. se crut en droit de ne la faire
qu'à des conditions plus avantageuses ; et se re- pentit d'avoir donné des pouvoirs trop étendus à
Achmet-Pacha , à la sollicitation du Mufti.
-
Sa Hautesse dépêcha aussi-tôt un Courrier à
ce Gouverneur , par lequel elle lui mandoit de
se prévaloir des nouveaux succès qu'avoient eu
ses Armes, et sur tout de ne se point relâcher
sur la possession des Province et Ville de Tauris , dans le Traité auquel il travailloit avec le
Roy de Perse ; mais le 7 du mois passé il arriva
deux Courriers , l'un de cette place , et l'autre de
Babilonne. Par celui- ci, Achmet- Pacha apprenoit,
qu'il ne pouvoit plus se flatter de conclure la
Paix , à moins que Tauris et ses dépendances ne fussent restituées aux Persans ; et par l'autre, AliPacha marquoit que si l'on rendoit Tauris à
Chah-Tahmas , il étoit à craindre , malgré le consentement qu'y donneroient les Officiers de
l'Armée , que la Soldatesque ne se portât à quel- que mutinerie.
Des circonstances si opposées , jetterent la
Porte dans un grand embarras. Le Sultan fit
convoquer sur le champ un Conseil general devant lui; et quand il fut assemblé , le G. V. pour
sonder les esprits , après avoir discuté la situation des affaires en Perse , demanda s'il falloit
faire la paix, ou non. Tous les avis se réunirent
d'abord pour l'affirmative ; mais quand il vint
I. Vol.
à
JUI N. 1732 1215
l'exposition des articles, dont le principal étoit la restitution de Tauris , chacun garda un profond silence ; ce que voyant le G. S. il dit aux
assistans , qu'il leur donnoitdeux jours pour refléchir murement sur une affaire de si grande
conséquence , et leur ordonna de venir ensuite
lui communiqner ce qu'ils en penseroient, en toute liberté.
Le 9 , le Conseil s'étant rassemblé , et la matiere ayant été de nouveau agitée , l'avis le plus
general fut , qu'il ne falloit faire la Paix qu'à
Gondition que Tauris resteroit à l'Empire Othoman , et que si Chah- Tahmas s'obstinoit à en
exiger la restitution , il valloit mieux continuer
la Guerre. Quoique ce ne fut pas le sentiment du G. V. il eut ordre de faire de nouveaux préparatifs de Guerre, et le G.S. dépêcha son ( a)Bach- Chokadar au Pacha de Babilonne , et un Offi
cier de confiance àAli- Pacha. Ces deux hommes,
sur les lumieres et la fidelité desquels le Sultan
se reposoit , furent expressément chargez de s'in- former avec soin du véritable état où étoient
les Armées Turques et Persannes , et de prendre
une connoissance exacte de toutes choses , parce
que Sa Hautesse avoit conçu de violens soup
gons contre Achmet Pacha , et qu'elle appréhendoit , comme on le lui avoit déja insinué , que ce Séraskier ne se fut laissé séduire par les présens
de Chah-Tahmas. En effet, ces soupçons paroissoient d'autant mieux fondez , qu'Achmet Pacha dans toutes les Lettres qui avoient précédé sa
derniere , bien loin de parler de rendre Tauris
aux Persans , avoit toujours mandé au contraire ,
qu'ils en passeroient par tout ce qu'on voudroit
( a )Maitre de la Garderobe.
1. Vol. exiger H
1216 MERCURE DE FRANCE
exiger d'eux ; et ce qui fit depuis encore présmer qu'il pouvoit y avoir quelque chose d'équivoque dans la négociation de ce Pacha, c'est que 23 de ce même mois un de ses Officiers arriva
à Constantinople avec la nouvelle que la Paix
étoit faite , et qu'il étoit convenu avec ChahTahmas de lui ceder les Ville et Province de
Tauris.
le
Le lendemain le Mufti Pasmadgi- Zadé, ressentit le premier effet que produisit certe nouvelles le G. S. piqué d'avoir , à sa persuasion ,
donné au Pacha de Babilonne des pleins pouvoirs
pour conclure et signer la Paix , le déposa et l'éxila (d'abord à Synope , Ville et Port de la Mer
noire ; ensuite ayant témoigné qu'il souhaiteroit .
de faire le pelerinage de la Mecque , Sa Hautesse y consentit , et lui fit pourtant donner un
Chiaoux pour le garder et le conduire jusqu'en Egypte ; mais cette nouveautéa yant blessé la délicatesse des Gens de Loy , ils intercederent si
puissamment en sa faveur auprês du G. V. que ce Ministre oubliant tous les sujets de mécontentemens que Pasmadgi- Zadé lui avoit donnez, lui.
ôta ce Garde, et le laissa librement partir avec son
Harem, ou maison de ses Femmes , et tous ses effets. On dit qu'il doit passer quelque temps à
la Mecque , et de là venir demeurer à Damas
dont il sera fait Moullah ou Juge en Chefpour
le reste de ses jours. Il est peu regrété , parce
que Damad- Zadé , ancien Cadilesker , qui l'a
remplacé, a toutes les qualitez qu'il faut pour s'attirer le respect , l'estime et l'amour du Public,
Le 25 , tous les Gens de Loy , et principaux
Seigneurs de l'Empire s'assemblerent à la Porte
shez le G. V, et allerent ensuite avec le nouI.Vol. Yeau
JUIN. 1732. 1217
reau Moufti chez le G. S. ou le Conseil se tint.
Après qu'on y eut fait lecture du Traité fait par
Achmet Pacha, plusieurs des premiers de l'assemblée suppliérent Sa Hautesse de vouloir bien
le ratifier , et sur tout Issac-Effendi , Cadiles ker
ou Juge suprême d'Asie , qui redoublant ses Ins
tances , representa avec force au Sultan , que s'il
désavoüoit un Traité qui n'avoit été conclu
qu'en vertu des pleins pouvoirs dont il avoit honoré le Pacha de Babilonne , on n'auroit plus de
foy à sa parole Imperiale ; et que d'ailleurs ,
tout bien considéré, une Paix solide avec la Perse,
après une Guerre si longue et si onéreuse, étoit
préférable à l'acquisition de cent Villes comme Tauris.
à sa
Le G. S. répondit que la ratification du Traité dont il s'agissoit , ne pressoit point encore
qu'il n'y avoit que peu de jours qu'il avoit dépêché son Bach- Chokadar à Achmet Pacha
pour lui signifier qu'il ne consentiroit jamais
faire la Paix qu'à condition que Tauris et ses dépendances resteroient à la Porte ; qu'après une
déclaration si précise , il ne convenoit pas
dignité de changer si-tôt de sentiment, et qu'il
êtoit dans celui d'attendre le retour des deux personnes qu'il avoit envoyées en Perse , avant que
de prendre , à cet égard , une résolution définitive. Cette réponse judicieuse, ayant fait impres- sion sur toute l'assemblée , personne n'insista
plus , et l'on se sépara sans rien conclure.
Le 1 Mars , le G. S. qui vouloit , à ce qu'on
présume , conférer avec le Mufti , sur le désordre arrivé la veille , lui envoya son premier
Asseki , et lui fit dire , avec une bonté qui fait
autant d'honneur à Sa Hautesse , qu'à ce venerable vieillard , qu'ayant à l'entretenir , et voulant
I. Vol.
Hij lui
1248 MERCURE DE FRANCE
lui épargner la peine de venir jusqu'au Serail , id
avoit fait la moitié du chemin , et qu'il le prioit
de vouloir bien se rendre à Aina , Serrail ou Serail des Miroirs , où il l'attendoit. Le Sultan fit
ordonner en même- temps au G. V. de convoquer pour le lendemain à la Porte les Officiers
les plus considerables des Troupes , et les Gens
de Loy , dont la capacité est le plus en réputation , pour former un grand Conseil en sa pré- sence , au sujet des affaires de Perse , et des Lertres qui venoient d'arriver de ce païs- là.
Cette Assemblée s'étant faite chez le G.V.après
la priere du midy , il s'y tint une courte confe-
'Lence , ensuite de laquelle on se rendit chez le
Sultan , où le Conseil dura deux heures. Voici
quel en fut le résultat : Une partie des Conseillers considerant les dommages infinis que la continuation de la Guerre pourroit apporter à l'Empire , opina qu'on ne pouvoit la terminer trop
tôt , et que sans s'opiniâtrer à vouloir conserver
tous les Païs conquis,il falloit approuver le Trai
té passé par Achmet Pacha , en y inserant les
dernieres conditions proposées par Chah - Tahmas ; le reste des Assistans soutint au contraire ,
qu'il falloit absolument rejetter l'article de la
restitution de Tauris , &c. parce que la possession de cette conquête renfermoit en quelque fa
çon de seul avantage de conséquence , qui put un
peu dedommager la Nation de tout ce qu'il lui
en avoit coûté , et justifier aux yeux de l'Univers la longue Guerre qu'elle avoit faite aux
chacun se fixant ainsi à son Persans: Si-bien que
opinion , l'Assemblée se séparoit déja sans être
convenue de rien , lorsque le G. V. s'approcha
du Sultan , et lui dit , que son zele pour les interêts de l'Empire; et en particulier pour celui
de I. Vol.
JUIN. 1732. 1219
de Sa Hautesse , ne lui permettoit pas de lui rient
déguiser de ce qu'il sçavoit,et de ce qu'il pensois
dans une conjoncture aussi délicate , que celle de faire la Paix , ou de continuer la Guerre ; que l'Asie étoit entierément ruinée que sans faire
mention de la quantité de Troupes qui péris
soient en Perse par la famine , et par les mala
dies , aucune des conquêtes qu'on y avoit faites , ne pouvoit produire un revenu suffisant à l'entretien des Garnisons qu'on seroit obligé d'y mertre ; qu'il étoit sorti du Tresor un argent im- mense en pure perte , la Porte n'en ayant retiré
aucun fruit ; qu'outre que par les raisons qu'il
venoit d'exposer , il n'y avoit point de meilleur parti à prendre que celui de confirmer la Paix faite par le Pacha de Babilonne , l'honneur et la
religion de Sa Hautesse y étoient particuliere- ment engagées , puisque ce Gouverneur n'avoit
agi qu'en consequence des pouvoirs sans limites ,
qu'elle lui avoit envoyez ; qu'enfin pour achever
de vaincre la répugnance qui paroissoit que Sa Hautesse avoit de ratifier ce Traité ; il la supplioit de considerer , que sur ce que les Troupes Othomanes n'avoient pas voulu évacuer Tauris
Ali Pacha marquoit par ses dernieres Lettres que Chah Tahmas offroit de payer â la Porte des
sommes considerables , pourvû qu'on lui rendic cette Place demantelée , avec ses dependances , et
que cette espece de tribut auquel ce Prince se sou- mettoit de lui-même , seroit aussi honorable et
plus utile à l'Empire, que la stérile gloire de pos- seder des Païs ruinez , dont on ne se priveroit
qu'en faveur d'une Paix qui étoit devenuë absolument necessaire par toute sorte d'endroits. Le G. S. touché de ce discours , fit rappeller
l'Aga des Janissaires , qui avoit déja quitté le
L. Vol. H iij Con-
1220 MERCURE DE FRANCE
Conseil , ainsi que plusieurs autres , er luj, dit
que voulant bien déferer au sentiment du Visir
il falloit qu'il fit partir le ( a) Tourmadgi-Bashi , pour aller joindre Achmet Pacha , et qu'il
dépêcha aussi un autre Officier de son Corps.
vers Ali-Pacha , qu'ils n'avoient qu'à venir pren
dre ses ordres qu'on alloit leur expedier.
Ces ordres , à ce qu'on rapporte , contenoient
en substance , que plusieurs Conseils ayant été
tenus en presence de Sa Hautesse , au sujet du
Traité conclu depuis peu entre Achmet- Pacha et le Roy de Perse , elle n'avoit pas d'abord voulu consentir à ce que Tauris et ses dépendances
fussent remises à ce Prince ; mais qu'à la priere
de tous les Grands de son Empire , et par complaisance pour ses peuples , qui désiroient la Paix,
elle se déterminoit enfin à se relâcher des droits
que lui donnoient ses Armes victorieuses ; c
qu'ainsi à l'arrivée de ses Commandemens , ong
eu à les faire lire en public , et à se mettre en
état d'y obéir , en retirant de la place de Tauris
et de son district toute l'Artillerie , et generalement toutes les Munitions , et tous les effets appartenans aux Garnisons , qui après la démolition de la Citadele de Tauris , sortiront de cette
Ville , et se retireront à Erivan jusqu'à nouvel
ordre , enjoignant à Achmet- Pacha de faire escorter ces Garnisons , afin qu'elles ne puissent
être insultées , ni souffrir aucun dommage sur
leur route de la part des Persans.
Le G. V. Topal Osman Pacha fût déposé
avant hier matin , 12 Mars , malgré tout son mé
(a ) C'est un des principaux Officiers des Janis
saires , qui est d'ailleurs comme le grand Vencur du Sultan.
I. Vol.
rite
JUIN. 1732, 1221
rite , et envoyé sur le champ à Cadi-Quevi, on
à Calcedoine , d'où il partit hier en poste avec
peu de monde, pourse rendre à Trebizonde, dont on lui a donné le Gouvernement ; le reste de ses
Gens s'est embarqué avec tous ses effets , pour
Faller joindre. On ne sçait pas bien encore la cause de sa disgrace , ni qui sera son Successeur,
En attendant Ali- Pacha Tetferdar, ou grand Tresorier , a été nommé Vekil , ou Délegué , pour
faire les fonctions de Grand Visir.
Quelques affaires de commerce ayant retardé
le départ du Bâtiment qui doit porter cette Lettre , je profite de cette prolongation ; pour ajoû
ter , aujourd'hui 14 Mars , encore quelques faits,
qui seront une nouvelle preuve de mon exacti- tude.
Le 3 Octobre , le Marquis de Villeneuve ,
Ambassadeur de France , eut sa premiere Audience du nouveau G. S. où les choses se passerent à l'ordinaire. Le 17 S. E. porta au G. V. les Lettres du Roy pour le Sultan et pour son Premier Ministre , à l'occasion de l'avenement de
S. Hautesse à l'Empire.
Le 21. le Commandement Imperial fut déli
vré , portant la permission de rebâtir les Monasteres et les Maisons des Religieux de Galata , qui
avoient été détruites par l'Incendie du 21. Juil- let ; non seulement ces Maisons sont solidement
rebâties et occupées à present , mais encore presque toutes celles des Particuliers que cet embra sement avoit consumées.
Le 30. Novembre, Chahim Mehemet , Capitan
Pacha , qui avoit été cy-devant Jannissaire- Aga,
et ensuite avoit fait les fonctions de G. V. par
interim, pendant 12..jours , depuis la déposition.
d'Ibrahim-Pacha , jusqu'à l'installation de Topal VI. Vol. Hiiij Osman
1222 MERCURE DE FRANCE
Osman Pacha , fut déposé et envoyé Pacha à la Cavée..
Le 31 Marabou Capitan , Capitaine du Port
de Constantinople , qui avoit fait les fonctions
de Capitan- Pacha depuis la déposition de Cháhim-Mehemet, fut élevé à cette dignité.
D'autres Lettres confirment la déposition du
G. V. et que le G. S..l'avoit fait conduire à Salonique , par un Détachement de Spahis , et que le Tetferdar de la Cour avoit été nommé pour
exercer cette Charge importante jusqu'à l'arrivée
du Bacha de Babylone , à qui elle est destinée.
Ces Lettres ajoûtent qu'il y avoit encore quel
ques Assemblées tumultueuses dans differens
quartiers de Constantinople, et qu'il y avoit beaucoup de mécontens dans l'Armée de Perse , qui
se plaignoient hautement de ce qu'on avoit promis de rendre la Ville de Tauris au Roy de Perse ;
que le Pacha qui y commande , avoit déclaré qu'il
n'en sortiroit qu'en vertu d'un ordre signé de la
main du G. S. et que S. H. avoit dû assembler
le grand Divan deux ou trois jours après le départ du Courier , pour déliberer sur les moyens
d'achever de rétablir la tranquillité dans l'interieur
de l'Empire.
On inande en dernier lieu de Constantinople
qu'on y avoit découvert une conspiration contre
le G. S. qu'on vouloit déposer pour mettre sur le
Trône le Sultan son oncle qui fut déposé l'année
derniere, et que S. H avoit fait punir de mort les
principaux Conjurez. On ajoute que le dernier
G. Visir déposé avoit été fait Pacha de Widin ,
et que le Pacha de Babylone , nommé pour le
remplacer , et qu'on attend incessamment , étoit fort aimé de la Milice et du Peuple.
6 et le 14 Mars 1732. contenant la suite
des nouvelles de Turquie et de Perse.
LA
A Victoire complete que les Turcs rempor
terent au mois de Septembre dernier devant
Amadan , sur l'armée Persanne , où Chah- Tahmas étoit en personne , et la prise de cette Place
et de plusieurs autres, qui furent autant de suites
glorieuses de cette Victoire , avoient si considérablement diminué les forces de ce Prince , que
voulant prévenir la perte totale de ses Etats, dont
il étoit menacé, s'il continuoit la Guerre , il résolut de faire des tentatives auprès de ses Ennemispour en obtenir la paix. Il y eut d'abord des
propositions d'accommodement faites de sa part ,
a Achmet Pacha , Séraskier ou General de l'Armée Othomane , et Gouverneur de Babilonne
qui donnerent lieu le 20 Novembre suivant , à la
tenue d'un Conseil general , à la Porte , où l'on
examina plusieurs Lettres , qu'un Courier de ce
Pacha avoit apportées la veille. Il marquoit par
la sienne au G. V. que Chah - Tahmas lui avoit
écrit et envoyé l'Itimadil-deulet , c'est- à- dire ,
son premier Ministre , pour entrer en négociation,
Cette Lettre et trois autres du Roy de Perse ,
dont elle étoit accompagnée, l'une pour le G.S.
1. Vol. dans
JUIN. 1732. 1213
s laquelle Chah- Tahmas lui demandoit la
avec instance ; l'autre pour le G. V. et la
siéme pour Achmet Pacha ; ayant été lûës
présence de tous les gens,de Loy , des Chefs ,
Milices et des principaux Ministres ; et les
litions que ce Prince y proposoit , ayant été ées de toute l'assemblée , on convint unaement de les accepter ; et le Sultan, par l'avis
Mufti , dépêcha , en conséquence , un de ses aiers Officiers , avec des plein- pouvoirs pour
met Pacha , qui le rendoit le maître abde régler la paix , de la maniere qu'il le ju- it à propos ; lui faisant seulement observer
comme Chah-Tahmas n'avoit pas toujours
Fort religieux à exécuter les promesses qu'il
tcy devant faites à la Porte , il convenoit
conservât assez de Troupes sur les Frontiepour faire tête aux Persans , en cas de beCette précaution étoit d'autant plus raison-
, qu'on assure que Chah- Tahmas même,
la Lettre qu'il avoit écrite à Achmet Pacha,
conseilloit de la prendre , parce que ne se
ant pas assez-bien affermi sur le Thrône , il
gnoit de ne pouvoir pas également contenir
les Seigneurs Persans , dont il prévoyoit quelques- uns seroient capables de continuer hostilitez sans son consentement , et malgré
ordres les plus positifs.
ette résolution de la Porte s'étant divulguée,
indit une joïe universelle dans le public , er
cun se persuada , parce qu'il le souhaitoit ,
dès- lors on alloit mettre les Armes bas de
et d'autre. Cependant le 22 Decembre , au
nd étonnement du peuple , on entendit tirer
la pointe du jour le Canon du Sérail , ce qui
repeté à midi , l'après-dîné , et les deux jours
I. Vol. sui-
1214 MERCURE DE FRANCE
*suivans, aux mêmes heures, et l'on apprit qu'Ali
Pacha , Seraskier de la seconde Armée Turque ,
s'étoit emparé de l'importante Place de Tauris et
de tout son district. Un surcroît de Conquêtes si considérables mettant les affaires des Ottomans
en beaucoup meilleure situation qu'elles n'étoient
quand Chah Tahmas fit ses propositions de Paix , lé G. S. se crut en droit de ne la faire
qu'à des conditions plus avantageuses ; et se re- pentit d'avoir donné des pouvoirs trop étendus à
Achmet-Pacha , à la sollicitation du Mufti.
-
Sa Hautesse dépêcha aussi-tôt un Courrier à
ce Gouverneur , par lequel elle lui mandoit de
se prévaloir des nouveaux succès qu'avoient eu
ses Armes, et sur tout de ne se point relâcher
sur la possession des Province et Ville de Tauris , dans le Traité auquel il travailloit avec le
Roy de Perse ; mais le 7 du mois passé il arriva
deux Courriers , l'un de cette place , et l'autre de
Babilonne. Par celui- ci, Achmet- Pacha apprenoit,
qu'il ne pouvoit plus se flatter de conclure la
Paix , à moins que Tauris et ses dépendances ne fussent restituées aux Persans ; et par l'autre, AliPacha marquoit que si l'on rendoit Tauris à
Chah-Tahmas , il étoit à craindre , malgré le consentement qu'y donneroient les Officiers de
l'Armée , que la Soldatesque ne se portât à quel- que mutinerie.
Des circonstances si opposées , jetterent la
Porte dans un grand embarras. Le Sultan fit
convoquer sur le champ un Conseil general devant lui; et quand il fut assemblé , le G. V. pour
sonder les esprits , après avoir discuté la situation des affaires en Perse , demanda s'il falloit
faire la paix, ou non. Tous les avis se réunirent
d'abord pour l'affirmative ; mais quand il vint
I. Vol.
à
JUI N. 1732 1215
l'exposition des articles, dont le principal étoit la restitution de Tauris , chacun garda un profond silence ; ce que voyant le G. S. il dit aux
assistans , qu'il leur donnoitdeux jours pour refléchir murement sur une affaire de si grande
conséquence , et leur ordonna de venir ensuite
lui communiqner ce qu'ils en penseroient, en toute liberté.
Le 9 , le Conseil s'étant rassemblé , et la matiere ayant été de nouveau agitée , l'avis le plus
general fut , qu'il ne falloit faire la Paix qu'à
Gondition que Tauris resteroit à l'Empire Othoman , et que si Chah- Tahmas s'obstinoit à en
exiger la restitution , il valloit mieux continuer
la Guerre. Quoique ce ne fut pas le sentiment du G. V. il eut ordre de faire de nouveaux préparatifs de Guerre, et le G.S. dépêcha son ( a)Bach- Chokadar au Pacha de Babilonne , et un Offi
cier de confiance àAli- Pacha. Ces deux hommes,
sur les lumieres et la fidelité desquels le Sultan
se reposoit , furent expressément chargez de s'in- former avec soin du véritable état où étoient
les Armées Turques et Persannes , et de prendre
une connoissance exacte de toutes choses , parce
que Sa Hautesse avoit conçu de violens soup
gons contre Achmet Pacha , et qu'elle appréhendoit , comme on le lui avoit déja insinué , que ce Séraskier ne se fut laissé séduire par les présens
de Chah-Tahmas. En effet, ces soupçons paroissoient d'autant mieux fondez , qu'Achmet Pacha dans toutes les Lettres qui avoient précédé sa
derniere , bien loin de parler de rendre Tauris
aux Persans , avoit toujours mandé au contraire ,
qu'ils en passeroient par tout ce qu'on voudroit
( a )Maitre de la Garderobe.
1. Vol. exiger H
1216 MERCURE DE FRANCE
exiger d'eux ; et ce qui fit depuis encore présmer qu'il pouvoit y avoir quelque chose d'équivoque dans la négociation de ce Pacha, c'est que 23 de ce même mois un de ses Officiers arriva
à Constantinople avec la nouvelle que la Paix
étoit faite , et qu'il étoit convenu avec ChahTahmas de lui ceder les Ville et Province de
Tauris.
le
Le lendemain le Mufti Pasmadgi- Zadé, ressentit le premier effet que produisit certe nouvelles le G. S. piqué d'avoir , à sa persuasion ,
donné au Pacha de Babilonne des pleins pouvoirs
pour conclure et signer la Paix , le déposa et l'éxila (d'abord à Synope , Ville et Port de la Mer
noire ; ensuite ayant témoigné qu'il souhaiteroit .
de faire le pelerinage de la Mecque , Sa Hautesse y consentit , et lui fit pourtant donner un
Chiaoux pour le garder et le conduire jusqu'en Egypte ; mais cette nouveautéa yant blessé la délicatesse des Gens de Loy , ils intercederent si
puissamment en sa faveur auprês du G. V. que ce Ministre oubliant tous les sujets de mécontentemens que Pasmadgi- Zadé lui avoit donnez, lui.
ôta ce Garde, et le laissa librement partir avec son
Harem, ou maison de ses Femmes , et tous ses effets. On dit qu'il doit passer quelque temps à
la Mecque , et de là venir demeurer à Damas
dont il sera fait Moullah ou Juge en Chefpour
le reste de ses jours. Il est peu regrété , parce
que Damad- Zadé , ancien Cadilesker , qui l'a
remplacé, a toutes les qualitez qu'il faut pour s'attirer le respect , l'estime et l'amour du Public,
Le 25 , tous les Gens de Loy , et principaux
Seigneurs de l'Empire s'assemblerent à la Porte
shez le G. V, et allerent ensuite avec le nouI.Vol. Yeau
JUIN. 1732. 1217
reau Moufti chez le G. S. ou le Conseil se tint.
Après qu'on y eut fait lecture du Traité fait par
Achmet Pacha, plusieurs des premiers de l'assemblée suppliérent Sa Hautesse de vouloir bien
le ratifier , et sur tout Issac-Effendi , Cadiles ker
ou Juge suprême d'Asie , qui redoublant ses Ins
tances , representa avec force au Sultan , que s'il
désavoüoit un Traité qui n'avoit été conclu
qu'en vertu des pleins pouvoirs dont il avoit honoré le Pacha de Babilonne , on n'auroit plus de
foy à sa parole Imperiale ; et que d'ailleurs ,
tout bien considéré, une Paix solide avec la Perse,
après une Guerre si longue et si onéreuse, étoit
préférable à l'acquisition de cent Villes comme Tauris.
à sa
Le G. S. répondit que la ratification du Traité dont il s'agissoit , ne pressoit point encore
qu'il n'y avoit que peu de jours qu'il avoit dépêché son Bach- Chokadar à Achmet Pacha
pour lui signifier qu'il ne consentiroit jamais
faire la Paix qu'à condition que Tauris et ses dépendances resteroient à la Porte ; qu'après une
déclaration si précise , il ne convenoit pas
dignité de changer si-tôt de sentiment, et qu'il
êtoit dans celui d'attendre le retour des deux personnes qu'il avoit envoyées en Perse , avant que
de prendre , à cet égard , une résolution définitive. Cette réponse judicieuse, ayant fait impres- sion sur toute l'assemblée , personne n'insista
plus , et l'on se sépara sans rien conclure.
Le 1 Mars , le G. S. qui vouloit , à ce qu'on
présume , conférer avec le Mufti , sur le désordre arrivé la veille , lui envoya son premier
Asseki , et lui fit dire , avec une bonté qui fait
autant d'honneur à Sa Hautesse , qu'à ce venerable vieillard , qu'ayant à l'entretenir , et voulant
I. Vol.
Hij lui
1248 MERCURE DE FRANCE
lui épargner la peine de venir jusqu'au Serail , id
avoit fait la moitié du chemin , et qu'il le prioit
de vouloir bien se rendre à Aina , Serrail ou Serail des Miroirs , où il l'attendoit. Le Sultan fit
ordonner en même- temps au G. V. de convoquer pour le lendemain à la Porte les Officiers
les plus considerables des Troupes , et les Gens
de Loy , dont la capacité est le plus en réputation , pour former un grand Conseil en sa pré- sence , au sujet des affaires de Perse , et des Lertres qui venoient d'arriver de ce païs- là.
Cette Assemblée s'étant faite chez le G.V.après
la priere du midy , il s'y tint une courte confe-
'Lence , ensuite de laquelle on se rendit chez le
Sultan , où le Conseil dura deux heures. Voici
quel en fut le résultat : Une partie des Conseillers considerant les dommages infinis que la continuation de la Guerre pourroit apporter à l'Empire , opina qu'on ne pouvoit la terminer trop
tôt , et que sans s'opiniâtrer à vouloir conserver
tous les Païs conquis,il falloit approuver le Trai
té passé par Achmet Pacha , en y inserant les
dernieres conditions proposées par Chah - Tahmas ; le reste des Assistans soutint au contraire ,
qu'il falloit absolument rejetter l'article de la
restitution de Tauris , &c. parce que la possession de cette conquête renfermoit en quelque fa
çon de seul avantage de conséquence , qui put un
peu dedommager la Nation de tout ce qu'il lui
en avoit coûté , et justifier aux yeux de l'Univers la longue Guerre qu'elle avoit faite aux
chacun se fixant ainsi à son Persans: Si-bien que
opinion , l'Assemblée se séparoit déja sans être
convenue de rien , lorsque le G. V. s'approcha
du Sultan , et lui dit , que son zele pour les interêts de l'Empire; et en particulier pour celui
de I. Vol.
JUIN. 1732. 1219
de Sa Hautesse , ne lui permettoit pas de lui rient
déguiser de ce qu'il sçavoit,et de ce qu'il pensois
dans une conjoncture aussi délicate , que celle de faire la Paix , ou de continuer la Guerre ; que l'Asie étoit entierément ruinée que sans faire
mention de la quantité de Troupes qui péris
soient en Perse par la famine , et par les mala
dies , aucune des conquêtes qu'on y avoit faites , ne pouvoit produire un revenu suffisant à l'entretien des Garnisons qu'on seroit obligé d'y mertre ; qu'il étoit sorti du Tresor un argent im- mense en pure perte , la Porte n'en ayant retiré
aucun fruit ; qu'outre que par les raisons qu'il
venoit d'exposer , il n'y avoit point de meilleur parti à prendre que celui de confirmer la Paix faite par le Pacha de Babilonne , l'honneur et la
religion de Sa Hautesse y étoient particuliere- ment engagées , puisque ce Gouverneur n'avoit
agi qu'en consequence des pouvoirs sans limites ,
qu'elle lui avoit envoyez ; qu'enfin pour achever
de vaincre la répugnance qui paroissoit que Sa Hautesse avoit de ratifier ce Traité ; il la supplioit de considerer , que sur ce que les Troupes Othomanes n'avoient pas voulu évacuer Tauris
Ali Pacha marquoit par ses dernieres Lettres que Chah Tahmas offroit de payer â la Porte des
sommes considerables , pourvû qu'on lui rendic cette Place demantelée , avec ses dependances , et
que cette espece de tribut auquel ce Prince se sou- mettoit de lui-même , seroit aussi honorable et
plus utile à l'Empire, que la stérile gloire de pos- seder des Païs ruinez , dont on ne se priveroit
qu'en faveur d'une Paix qui étoit devenuë absolument necessaire par toute sorte d'endroits. Le G. S. touché de ce discours , fit rappeller
l'Aga des Janissaires , qui avoit déja quitté le
L. Vol. H iij Con-
1220 MERCURE DE FRANCE
Conseil , ainsi que plusieurs autres , er luj, dit
que voulant bien déferer au sentiment du Visir
il falloit qu'il fit partir le ( a) Tourmadgi-Bashi , pour aller joindre Achmet Pacha , et qu'il
dépêcha aussi un autre Officier de son Corps.
vers Ali-Pacha , qu'ils n'avoient qu'à venir pren
dre ses ordres qu'on alloit leur expedier.
Ces ordres , à ce qu'on rapporte , contenoient
en substance , que plusieurs Conseils ayant été
tenus en presence de Sa Hautesse , au sujet du
Traité conclu depuis peu entre Achmet- Pacha et le Roy de Perse , elle n'avoit pas d'abord voulu consentir à ce que Tauris et ses dépendances
fussent remises à ce Prince ; mais qu'à la priere
de tous les Grands de son Empire , et par complaisance pour ses peuples , qui désiroient la Paix,
elle se déterminoit enfin à se relâcher des droits
que lui donnoient ses Armes victorieuses ; c
qu'ainsi à l'arrivée de ses Commandemens , ong
eu à les faire lire en public , et à se mettre en
état d'y obéir , en retirant de la place de Tauris
et de son district toute l'Artillerie , et generalement toutes les Munitions , et tous les effets appartenans aux Garnisons , qui après la démolition de la Citadele de Tauris , sortiront de cette
Ville , et se retireront à Erivan jusqu'à nouvel
ordre , enjoignant à Achmet- Pacha de faire escorter ces Garnisons , afin qu'elles ne puissent
être insultées , ni souffrir aucun dommage sur
leur route de la part des Persans.
Le G. V. Topal Osman Pacha fût déposé
avant hier matin , 12 Mars , malgré tout son mé
(a ) C'est un des principaux Officiers des Janis
saires , qui est d'ailleurs comme le grand Vencur du Sultan.
I. Vol.
rite
JUIN. 1732, 1221
rite , et envoyé sur le champ à Cadi-Quevi, on
à Calcedoine , d'où il partit hier en poste avec
peu de monde, pourse rendre à Trebizonde, dont on lui a donné le Gouvernement ; le reste de ses
Gens s'est embarqué avec tous ses effets , pour
Faller joindre. On ne sçait pas bien encore la cause de sa disgrace , ni qui sera son Successeur,
En attendant Ali- Pacha Tetferdar, ou grand Tresorier , a été nommé Vekil , ou Délegué , pour
faire les fonctions de Grand Visir.
Quelques affaires de commerce ayant retardé
le départ du Bâtiment qui doit porter cette Lettre , je profite de cette prolongation ; pour ajoû
ter , aujourd'hui 14 Mars , encore quelques faits,
qui seront une nouvelle preuve de mon exacti- tude.
Le 3 Octobre , le Marquis de Villeneuve ,
Ambassadeur de France , eut sa premiere Audience du nouveau G. S. où les choses se passerent à l'ordinaire. Le 17 S. E. porta au G. V. les Lettres du Roy pour le Sultan et pour son Premier Ministre , à l'occasion de l'avenement de
S. Hautesse à l'Empire.
Le 21. le Commandement Imperial fut déli
vré , portant la permission de rebâtir les Monasteres et les Maisons des Religieux de Galata , qui
avoient été détruites par l'Incendie du 21. Juil- let ; non seulement ces Maisons sont solidement
rebâties et occupées à present , mais encore presque toutes celles des Particuliers que cet embra sement avoit consumées.
Le 30. Novembre, Chahim Mehemet , Capitan
Pacha , qui avoit été cy-devant Jannissaire- Aga,
et ensuite avoit fait les fonctions de G. V. par
interim, pendant 12..jours , depuis la déposition.
d'Ibrahim-Pacha , jusqu'à l'installation de Topal VI. Vol. Hiiij Osman
1222 MERCURE DE FRANCE
Osman Pacha , fut déposé et envoyé Pacha à la Cavée..
Le 31 Marabou Capitan , Capitaine du Port
de Constantinople , qui avoit fait les fonctions
de Capitan- Pacha depuis la déposition de Cháhim-Mehemet, fut élevé à cette dignité.
D'autres Lettres confirment la déposition du
G. V. et que le G. S..l'avoit fait conduire à Salonique , par un Détachement de Spahis , et que le Tetferdar de la Cour avoit été nommé pour
exercer cette Charge importante jusqu'à l'arrivée
du Bacha de Babylone , à qui elle est destinée.
Ces Lettres ajoûtent qu'il y avoit encore quel
ques Assemblées tumultueuses dans differens
quartiers de Constantinople, et qu'il y avoit beaucoup de mécontens dans l'Armée de Perse , qui
se plaignoient hautement de ce qu'on avoit promis de rendre la Ville de Tauris au Roy de Perse ;
que le Pacha qui y commande , avoit déclaré qu'il
n'en sortiroit qu'en vertu d'un ordre signé de la
main du G. S. et que S. H. avoit dû assembler
le grand Divan deux ou trois jours après le départ du Courier , pour déliberer sur les moyens
d'achever de rétablir la tranquillité dans l'interieur
de l'Empire.
On inande en dernier lieu de Constantinople
qu'on y avoit découvert une conspiration contre
le G. S. qu'on vouloit déposer pour mettre sur le
Trône le Sultan son oncle qui fut déposé l'année
derniere, et que S. H avoit fait punir de mort les
principaux Conjurez. On ajoute que le dernier
G. Visir déposé avoit été fait Pacha de Widin ,
et que le Pacha de Babylone , nommé pour le
remplacer , et qu'on attend incessamment , étoit fort aimé de la Milice et du Peuple.
Fermer
Résumé : LETTRE écrite de Constantinople, le 6 et le 14 Mars 1732. contenant la suite des nouvelles de Turquie et de Perse.
En mars 1732, une lettre de Constantinople relate les événements en Turquie et en Perse. En septembre 1731, les Ottomans ont remporté une victoire décisive à Amadan contre les Perses, où le Chah Tahmas était présent. Cette victoire a permis la prise de plusieurs places fortes, affaiblissant les forces persanes. Pour éviter la perte totale de ses États, le Chah Tahmas a tenté de négocier la paix avec les Ottomans. Le 20 novembre, un conseil général à la Porte a examiné les propositions de paix du Chah, transmises par Achmet Pacha, le général de l'armée ottomane. Le Sultan a envoyé un officier avec des pleins pouvoirs pour négocier la paix, tout en maintenant des troupes aux frontières. Le 22 décembre, la prise de Tauris par Ali Pacha a renforcé la position ottomane, permettant au Sultan de durcir ses conditions de paix. Cependant, des courriers ont rapporté que la paix ne pouvait être conclue sans la restitution de Tauris aux Perses, plongeant la Porte dans l'embarras. Un conseil général a été convoqué et il a été décidé de continuer la guerre si Tauris n'était pas restitué. Le Sultan a envoyé des émissaires pour évaluer la situation des armées et les intentions d'Achmet Pacha, suspecté de trahison. Le 25 mars, une assemblée a demandé la ratification du traité de paix conclu par Achmet Pacha, mais le Sultan a préféré attendre le retour des émissaires. Le 1er mars, un grand conseil a discuté des affaires persanes. Les avis étaient partagés entre la nécessité de terminer la guerre et la volonté de conserver Tauris. Le Grand Vizir a convaincu le Sultan de ratifier le traité de paix, soulignant les ruines économiques et humaines causées par la guerre et l'honneur engagé par les pleins pouvoirs donnés à Achmet Pacha. Le texte mentionne également des troubles et des mécontentements dans l'armée perse et à Constantinople, ainsi qu'une conspiration contre le Grand Sultan, réprimée. Topal Osman Pacha, Grand Vizir, a été déposé le 12 mars et envoyé à Trebizonde. Ali-Pacha Tetferdar a été nommé Délegué pour exercer les fonctions de Grand Vizir en attendant un successeur. Le Marquis de Villeneuve, ambassadeur de France, a eu une audience avec le nouveau Grand Sultan le 3 octobre. Diverses décisions administratives ont été prises, comme la reconstruction des monastères à Galata et la déposition de Chahim Mehemet, ancien Capitain Pacha.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17287
p. 1175
« On nous a écrit depuis de Constantinople qu'il y a eu depuis peu plusieurs violentes secousses de [...] »
Début :
On nous a écrit depuis de Constantinople qu'il y a eu depuis peu plusieurs violentes secousses de [...]
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texteReconnaissance textuelle : « On nous a écrit depuis de Constantinople qu'il y a eu depuis peu plusieurs violentes secousses de [...] »
On nous a écrit depuis de Constantinople qu'il
y a eu depuis peu plusieurs violentes secousses de
tremblement de Terre , qu'un des Châteaux ´vis-
à-vis le Canal de Ronelie , a été renversé , et que
la terre s'étant entr'ouverte , il en est sorti une
telie quantité d'eau que plusieurs Villages des
environs ont été inondés.
y a eu depuis peu plusieurs violentes secousses de
tremblement de Terre , qu'un des Châteaux ´vis-
à-vis le Canal de Ronelie , a été renversé , et que
la terre s'étant entr'ouverte , il en est sorti une
telie quantité d'eau que plusieurs Villages des
environs ont été inondés.
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17288
p. 2689-2690
ALLEMAGNE.
Début :
On apprend de Vienne que la maladie contagieuse fait beaucoup de progrès dans la [...]
Mots clefs :
Allemagne, Maladie contagieuse, Conseil aulique, Impératrice, Empereur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
N apprend de Vienne , que la maladie con
ragieuse fait beaucoup de progrès dans la
Croatie , malgré les précautions qu'on a prises
pour l'empêcher de s'étendre , et on a été obligé d'interdire toute communication avec cette Province. "
Le Décret du Conseil Aulique , publié dans
le Duché de Mekelbourg , donne l'administration provisionelle de ce Duché au Duc Chrétien
Louis , jusqu'à ce que le Duc Charles Léopold
se soit soumis aux précedens Décrets de ce Conseil. Il accorde 25000. écus par an à ce Prince
Administrateur , sans compter les revenus de son
Appanage , et 40000. écus au Duc Charles Léopold , outre les revenus des Bailliages et Douanes de Domitz et Schwerin.
On vient d'apprendre que les Commissaires
subdeleguez de la Commission Imperiaie ont
fait supprimer les Exemplaires de la protestation
que le Duc Charles Léopold de Meckelbourg
avoit fait publier contre la nouvelle forme de
Régence réglée par le dernier Décret du Conseil Aulique , et qu'ils ont envoyé en même- tems des Lettres circulaires à toute la Noblesse
pour lui communiquer la nouvelle Ordonnance
qu'on doit publier au commencement de l'année
prochaine par rapport à la levée des contributions dans le pays , où on attend incessamment
un Ministre Plénipotentiaire de l'Empereur pour
installer le Duc Chrétien - Louis en qualité d'Administrateur du Duché. On croit que ce sera
le Comte de Seckendorf qui sera chargé de
-cette commission.
I. Vol. Hij L'Im
2690 MERCURE DE FRANCE
L'Imperatrice a été incommodée pendant quel
ques jours d'une fluxion catharale , espece de
rhume , qui est devenu une maladie épidemique
ou à Vienne , à 708. lieues à la ronde , et presque dans toute l'Allemagne.
雾
Il est sorti encore depuis peu 800 Lutheriens
qui vont à Ratisbonne , et un pareil nombre aus- quels la République d'Hollande donne retraite :
600 habitans du Bailliage qu'on croyoit Catholiques se sont déclarez Lutheriens , et demandent
la permission de quitter le pays.
Des Subsides que l'Empereur a demandé à ses
Etats héréditaires pour l'année prochaine , le
Royaume de Boheme en doit fournir trois millions 200. mille Florins , la Moravie un million
66065. flor. le Duché de Silesie deux millions
153333. flor. la Haute Autriche 450000. flor.
la Basse Autriche un million 100oco. flor. la
Stirie , 390000. le Tirol , 120000. la Hongrie ,
2 millions soooo. flor. la Transilvanie, 760000.
le Bannat de Temeswar 330000. l'Esclavonic
100000. la Servic , 127000. la Croatie , 24000.
et les Terres particulieres de l'Empereur en Ita
lie , 200, mille.
N apprend de Vienne , que la maladie con
ragieuse fait beaucoup de progrès dans la
Croatie , malgré les précautions qu'on a prises
pour l'empêcher de s'étendre , et on a été obligé d'interdire toute communication avec cette Province. "
Le Décret du Conseil Aulique , publié dans
le Duché de Mekelbourg , donne l'administration provisionelle de ce Duché au Duc Chrétien
Louis , jusqu'à ce que le Duc Charles Léopold
se soit soumis aux précedens Décrets de ce Conseil. Il accorde 25000. écus par an à ce Prince
Administrateur , sans compter les revenus de son
Appanage , et 40000. écus au Duc Charles Léopold , outre les revenus des Bailliages et Douanes de Domitz et Schwerin.
On vient d'apprendre que les Commissaires
subdeleguez de la Commission Imperiaie ont
fait supprimer les Exemplaires de la protestation
que le Duc Charles Léopold de Meckelbourg
avoit fait publier contre la nouvelle forme de
Régence réglée par le dernier Décret du Conseil Aulique , et qu'ils ont envoyé en même- tems des Lettres circulaires à toute la Noblesse
pour lui communiquer la nouvelle Ordonnance
qu'on doit publier au commencement de l'année
prochaine par rapport à la levée des contributions dans le pays , où on attend incessamment
un Ministre Plénipotentiaire de l'Empereur pour
installer le Duc Chrétien - Louis en qualité d'Administrateur du Duché. On croit que ce sera
le Comte de Seckendorf qui sera chargé de
-cette commission.
I. Vol. Hij L'Im
2690 MERCURE DE FRANCE
L'Imperatrice a été incommodée pendant quel
ques jours d'une fluxion catharale , espece de
rhume , qui est devenu une maladie épidemique
ou à Vienne , à 708. lieues à la ronde , et presque dans toute l'Allemagne.
雾
Il est sorti encore depuis peu 800 Lutheriens
qui vont à Ratisbonne , et un pareil nombre aus- quels la République d'Hollande donne retraite :
600 habitans du Bailliage qu'on croyoit Catholiques se sont déclarez Lutheriens , et demandent
la permission de quitter le pays.
Des Subsides que l'Empereur a demandé à ses
Etats héréditaires pour l'année prochaine , le
Royaume de Boheme en doit fournir trois millions 200. mille Florins , la Moravie un million
66065. flor. le Duché de Silesie deux millions
153333. flor. la Haute Autriche 450000. flor.
la Basse Autriche un million 100oco. flor. la
Stirie , 390000. le Tirol , 120000. la Hongrie ,
2 millions soooo. flor. la Transilvanie, 760000.
le Bannat de Temeswar 330000. l'Esclavonic
100000. la Servic , 127000. la Croatie , 24000.
et les Terres particulieres de l'Empereur en Ita
lie , 200, mille.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En Allemagne et dans les territoires sous influence autrichienne, plusieurs événements marquants se sont produits. En Croatie, une épidémie contagieuse progresse malgré les mesures prises, conduisant à l'interdiction des communications avec cette province. Dans le Duché de Meckelbourg, un décret du Conseil Aulique confie l'administration provisoire au Duc Chrétien Louis jusqu'à la soumission du Duc Charles Léopold. Le Duc Chrétien Louis recevra 25 000 écus par an, tandis que le Duc Charles Léopold percevra 40 000 écus supplémentaires. Les commissaires subdélégués de la Commission Impériale ont supprimé les exemplaires de la protestation du Duc Charles Léopold contre la nouvelle forme de régence et ont envoyé des lettres circulaires à la noblesse concernant la levée des contributions. Un ministre plénipotentiaire de l'Empereur, probablement le Comte de Seckendorf, est attendu pour installer le Duc Chrétien Louis. L'Impératrice a été indisposée par une fluxion catharale, une maladie épidémique à Vienne et dans une grande partie de l'Allemagne. Par ailleurs, 800 Lutheriens se sont réfugiés à Ratisbonne et en Hollande, et 600 habitants du Bailliage, initialement considérés comme catholiques, se sont déclarés Lutheriens et demandent la permission de quitter le pays. L'Empereur a demandé des subsides à ses États héréditaires pour l'année prochaine, avec des contributions variées selon les régions, allant de 20 000 à trois millions de florins.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17289
p. 1175-1176
« Les Lettres de Naples du 20. May, portent que le Mont Vesuve vomit depuis le 19. May [...] »
Début :
Les Lettres de Naples du 20. May, portent que le Mont Vesuve vomit depuis le 19. May [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Les Lettres de Naples du 20. May, portent que le Mont Vesuve vomit depuis le 19. May [...] »
Les Lettres de Naples du 20. May, portent
que le Mont Vesuve vomit depuis le 19. May
dernier avec un bruit semblable à celui du Ton-
nerre , une si grande quantité de pierres et de
flammes , qu'aucun des Habitans de cette Ville
ne se souvient d'avoir vu une pareille éruption.
En 24 heures tout l'espace qui est depuis le
sommet de la Montagne jusqu'au bord de la
Mer et qui contient douze mille , a été entiere-
ment rempli de souffre et de bitume.Les Villages
et les Bourgades des environs ont été couverts
de cendres. Les pierres qui sortoient du gouffre
étoient d'une grosseur énorme , et en tombant
elles ont fait trembler toute la Ville. Pendant la
nuit , la Montagne ressembloit à un tourbillon?
de feu , et le jour il en sortoit une épaisse fumée
qui s'élevoit à une hauteur extraordinaire.
On a lieu de conjecturer que cette éruption at
préservé ce Pays de quelque grand tremblement.
de Terre , et que tant de matieres bitumineuses
et sulphureuses renfermées dans le sein de la
Terre ;
1176 MERCURE DE FRANCE
Terre , auroient pû causer de grands ravages , si
elles n'avoient pas trouvé quelque moyen de
s'échaper.
que le Mont Vesuve vomit depuis le 19. May
dernier avec un bruit semblable à celui du Ton-
nerre , une si grande quantité de pierres et de
flammes , qu'aucun des Habitans de cette Ville
ne se souvient d'avoir vu une pareille éruption.
En 24 heures tout l'espace qui est depuis le
sommet de la Montagne jusqu'au bord de la
Mer et qui contient douze mille , a été entiere-
ment rempli de souffre et de bitume.Les Villages
et les Bourgades des environs ont été couverts
de cendres. Les pierres qui sortoient du gouffre
étoient d'une grosseur énorme , et en tombant
elles ont fait trembler toute la Ville. Pendant la
nuit , la Montagne ressembloit à un tourbillon?
de feu , et le jour il en sortoit une épaisse fumée
qui s'élevoit à une hauteur extraordinaire.
On a lieu de conjecturer que cette éruption at
préservé ce Pays de quelque grand tremblement.
de Terre , et que tant de matieres bitumineuses
et sulphureuses renfermées dans le sein de la
Terre ;
1176 MERCURE DE FRANCE
Terre , auroient pû causer de grands ravages , si
elles n'avoient pas trouvé quelque moyen de
s'échaper.
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17290
p. 1217-1222
DEFAITE des Troupes Imperiales, commandées par le Comte Viscomti.
Début :
Selon les Lettres du Royaume de Naples, ce Corps de Troupes, composé de 7000. hommes [...]
Mots clefs :
Comte de Montemart, Troupes impériales, Cavalerie, Camp, Ennemis, Hommes d'infanterie, Régiments, Régiment, Comte Visconti, Bitonto
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texteReconnaissance textuelle : DEFAITE des Troupes Imperiales, commandées par le Comte Viscomti.
DEFAITE des Troupes Imperiales ,
commandées
par
le Comte Viscomti.
Elon les Lettres du Royaume de Naples , ce
Corps de Troupes , composé de 7000, hommes
d'Infanterie , de 2000. de Cavalerie , et de
40c . Hussarts , avoit marché de Bari à Bitonto,
où il s'etoit posté dans un Camp aussi avanta-
I.-Vol. geux , H iij
1218 MERCURE DE FRANCE
geux , tant par sa situation , que par les retran→
chemens qui le défendoient.
Le Comte de Montemar étant arrivé avec les
Troupes Espagnoles à la vue de ce Camp le 24
du mois dernier , attaqua les Ennemis le lende
main matin , il força leurs retranchemens et se
rendit maître de leur Camp , dans lequel ils ont
été obligez de laisser les Tentes et la plus grande
partie des Equipages.
Malgré la vivacité de cette Action , qui a duré
trois heures , on ne sçait pas encore si les Impe -
riaux ont cû grand nombre de Soldats de tuez
mais on a fait dans le Camp 1400. prisonniers
sans compter 1200. hommes d'Infanterie , qui
s'étant réfugiez dans les Convents de Bitonto ,
ont éte pris avec leurs Officiers . Le reste de l'Infanterie
est bloqué dans differens endroits. La
Cavalerie voyant le Camp forcé , a pris la fuite
et s'est dispersée , &c . On a appris depuis , le dé➡
tail suivant de l'Action .
Le Comte de Montemar , qui avoit été envoyé
par le Roy pour se mettre à la tête des Troupes
détachées pour suivre les Imperiaux , ayant été
informé que le Comte de Viscomti avoit déja
reçû quelques secours , et qu'il en attendoit encore
de nouveaux , prit le parti de marcher aux
Ennemis qui avoient quitté Tarente , où ils s'étoient
d'abord retirez , et qui s'étoient répandus
dans la Pouille pour en tirer des contributions .
Ce General regla sa marche sur les differens
mouvemens des Ennemis , et songeant principa
lement à leur ôter le moyen d'executer le dessein
dans lequel ils étoient de se ménager une retraite
du côté de la Mer , il marcha à Bary où il les
croyoit.
Les Imperiaux en étoient partis , et ils s'étoien
I. Vol. *avance z
JUIN. 1734- 1219
avancez à Bitonto , où ils roient campez dans
un poste aussi avantageux r sa situation ,
qu'impraticable pour la Cavaleri .
Le Comte de Montemar , qui n'étoit qu'à neuf
mille de Bitonto , détacha quelques Corps de
Cavalerie pour aller reconnoître les Ennemis , et
sur ce qu'on lui rapporta que leur Infanterie et
Jeur Cavalerie y étoient déja arrivées , il prit le
parti de marcher à eux avec toutes ses Trou
pes. Il les distribua en sept colonnes , com
mandées , la premiere par le Marquis de Pozo
blanco , la seconde par le Duc de Liria , la troisiéme
par le Duc de Castro Pignano , la quatrié
me par le Marquis de Bay , la cinquième par le
Marquis de Châteaufort , la sixiéme par le Com
te de Maceda , et la septième par le Marquis de
La Mina.
Ce Corps de Troupes étoit composé des six
Bataillons des Régimens des Gardes Espagnoles
et Vallones , des deux Bataillons du Régiment de
Lombardie , des deux de celui de la Couronne ,
des deux Bataillons du Régiment Suisse de Bet-
Jer , et de 20. Compagnies de Grenadiers de differens
Régimens.
Le Comte de Montemar , outre cette Infanterie
, avoit sous ses ordres 600. Carabiniers
Royaux, 150. Grenadieis Royaux , les 12. Escadrons
des Régimens de Bourbon , d'Estramadoure
, de Milan , de Malte , de Flandres et
d'Andalousie , les 4. Escadrons des Régimens de
Dragons de Pavie et de France , les Compagnies
des Grenadiers à Cheval des Regimens de Tarragone
et de Batavia , jo . Dragons de ces deux
Regimens , et un Détachement d'Artillerie de
150. hommes .
Le Comte de Montemar fit marcher toutes ces
I. Vol. Hj Trou
1220 MERCURE DE FRANCE
Troupes par differens chemins , afin de choisir
P'endroit le plus convenable pour attaquer les
Ennemis , et il fit avancer quelques Détachemens
de Cavalerie qui battirent les Hussarts qu'ils rencontrerent.
Les Imperiaux s'étant résolus à demeurer dans.
leurs retranchemens, Conite de Montemar s'en
approcha assez près pour reconnoître leurs dis.
positions sur lesquelles il se détermina à changer
la sienne , et à faire passer de la droite à la gau
che la plus grande partie de sa Cavalerie .
L'attaque commença par le centre de la colon.
ne , à la tête de laquelle étoit le Comte d'Uceda,
et qui étoit composée de trois Bataillons du Régiment
des Gardes Vallonnes , des deux Bataillons
du Régiment Suisses de Betler , et de huit
Compagnies de Grenadiers . Ces Troupes , quoique
plus foibles que celles que les Imperiaux leut
opposerent dans cet endroit de l'attaque , entrerent
dans les retranchemens avec tant de valeur ,
que les Ennemis , après une longue résistance ,
furent mis en déroute. Le Comte de Montemar
s'en étant apperçû , fit avancer toutes ces Troupes
qui mirent en fuite ce qui se présenta devant
elles , sans être arrêtées par les murailles et par
les fossez qui couvroient le Camp des Ennemis
et qui paroissoient le rendre inaccessible.
Le Comte de Montemar ayant penetré dans
Jeur Camp , détacha quelque Cavalerie pour suivre
celle des Imperiaux , qui dans le premier
moment de l'attaque avoit quitté le Camp , et
avoit pris la fuite avec un grand désordre .
Il fit ensuite attaquer differents postes dans
lesquels les Imperiaux qui s'y étoient retirez ,
furent faits prisonniers. Le General Rodeski ,
General de l'Infanterie se sauva dans Bitonto
66
I. Vol. qui
JUIN. 1734. 122 I
qui est entouré de murailles , et il s'y deffendit
jusqu'à la nuit , mais il fut obligé le lendemain
de se rendre.
La Cavalerie se sépara dans sa fuite en plusieurs
corps qui étant poursuivis par la Cavalerie
Espagnole , furent presque détruits . Le plus
considerable , après avoir perdu beaucoup de
monde , se refugia dans Bary où le Comte de
Monteinar ayant marché le 26 , le bloqua , et
obligea le Prince de Belmonte qui le commandoit
de se rendre.
Les Troupes Imperiales consistoient selon
l'état qu'on en a trouvé , en 6500 hommes d'Infanterie
, 1500 hommes de Cavalerie et 400
Hussarts , desquels 200 se sont sauvez dans les
Montagnes de la Calabre.
›
On a pris aux Ennemis 15 Drapeaux , 24
Etendarts , et deux paires de Timballes , leurs
Tentes , les vivres , les munitions de Gnerre et
la plus grande partie des équipages .
›
Les Espagnols n'ont pas eû un grand nombre
'de Soldats tuez ou blessez , mais ils y ont perdu
le Comte de Briard , et le Comte de Bonamour
, Capitaines au Regiment des Gardes Va.
lónnes , Don Louis de Porte Maréchal de
Camp , y a été blessé dangereusement. Il est
Capitaine des Grenadiers de ce Regiment , qui ,
ayant penetré le premier dans les retranchements
malgré la vigoureuse résistance des Ennemis , a
cû la plus grande part à cette victoire.
Le Détachement de Cavalerie que le Comte ,
de Montemar , après avoir forcé le Camp du
Comte Viscomti , avoit envoié à la poursuite
des Hussarts , qui dans le premier moment
de l'attaque avoient pris la fuite , n'a pû joindre
qu'au commencement de ce mois ceux qui
1. Vol.
HY s'é-
/
1222 MERCURE DE FRANCE
s'étoient sauvez dans la Calabre , et il les a entierement
défaits .
Le Comte de Viscomti qui s'étoit retiré à
Brindisi , s'y est embarqué dans une Felouque
avec une partie de ses Domestiques , mais on ne
sçait pas encore quelle route il a prise .
Le Roy a suprimé plusieurs Charges qui
avoient été accordées sous le précedent Gouvernement
, tant aux Napolitains , qu'à des Espagnols
, et dont les apointemens se montoient
par an à 900000 Ducats.
Le 27 May , il arriva dans ce Port sous
Pescorte de quatre Vaisserux de Guerre Espagnols
, plusieurs Bâtimens chargez d'une partie
des Troupes que le Roy d'Espagne envoye pour
renforcer celles qui sont dans le Royaume de
Naples , et l'on en attend incessamment de Livourne
quelques autres qui doivent apporter ici
des munitions de Guerre , et une somme considérable
d'argent.
Le Comte de Charny , Lieutenant General
du Royaume , a déja reçu au nom du Roy
T'hominage de la plus grande partie des Deputez
des Villes , et des Barons de cet Etat.
Sa Majesté a nommédes Commissaires pour
faire conjointement avec le Conseil Collateral
l'estimation des dommages que les Troupes Espagnoles
ont causez dans les lieux où elles ont
passé , et elle a fait expédier des ordres pour
qu'ils soient payez avec l'exactitude la plus ri
goureuse.
commandées
par
le Comte Viscomti.
Elon les Lettres du Royaume de Naples , ce
Corps de Troupes , composé de 7000, hommes
d'Infanterie , de 2000. de Cavalerie , et de
40c . Hussarts , avoit marché de Bari à Bitonto,
où il s'etoit posté dans un Camp aussi avanta-
I.-Vol. geux , H iij
1218 MERCURE DE FRANCE
geux , tant par sa situation , que par les retran→
chemens qui le défendoient.
Le Comte de Montemar étant arrivé avec les
Troupes Espagnoles à la vue de ce Camp le 24
du mois dernier , attaqua les Ennemis le lende
main matin , il força leurs retranchemens et se
rendit maître de leur Camp , dans lequel ils ont
été obligez de laisser les Tentes et la plus grande
partie des Equipages.
Malgré la vivacité de cette Action , qui a duré
trois heures , on ne sçait pas encore si les Impe -
riaux ont cû grand nombre de Soldats de tuez
mais on a fait dans le Camp 1400. prisonniers
sans compter 1200. hommes d'Infanterie , qui
s'étant réfugiez dans les Convents de Bitonto ,
ont éte pris avec leurs Officiers . Le reste de l'Infanterie
est bloqué dans differens endroits. La
Cavalerie voyant le Camp forcé , a pris la fuite
et s'est dispersée , &c . On a appris depuis , le dé➡
tail suivant de l'Action .
Le Comte de Montemar , qui avoit été envoyé
par le Roy pour se mettre à la tête des Troupes
détachées pour suivre les Imperiaux , ayant été
informé que le Comte de Viscomti avoit déja
reçû quelques secours , et qu'il en attendoit encore
de nouveaux , prit le parti de marcher aux
Ennemis qui avoient quitté Tarente , où ils s'étoient
d'abord retirez , et qui s'étoient répandus
dans la Pouille pour en tirer des contributions .
Ce General regla sa marche sur les differens
mouvemens des Ennemis , et songeant principa
lement à leur ôter le moyen d'executer le dessein
dans lequel ils étoient de se ménager une retraite
du côté de la Mer , il marcha à Bary où il les
croyoit.
Les Imperiaux en étoient partis , et ils s'étoien
I. Vol. *avance z
JUIN. 1734- 1219
avancez à Bitonto , où ils roient campez dans
un poste aussi avantageux r sa situation ,
qu'impraticable pour la Cavaleri .
Le Comte de Montemar , qui n'étoit qu'à neuf
mille de Bitonto , détacha quelques Corps de
Cavalerie pour aller reconnoître les Ennemis , et
sur ce qu'on lui rapporta que leur Infanterie et
Jeur Cavalerie y étoient déja arrivées , il prit le
parti de marcher à eux avec toutes ses Trou
pes. Il les distribua en sept colonnes , com
mandées , la premiere par le Marquis de Pozo
blanco , la seconde par le Duc de Liria , la troisiéme
par le Duc de Castro Pignano , la quatrié
me par le Marquis de Bay , la cinquième par le
Marquis de Châteaufort , la sixiéme par le Com
te de Maceda , et la septième par le Marquis de
La Mina.
Ce Corps de Troupes étoit composé des six
Bataillons des Régimens des Gardes Espagnoles
et Vallones , des deux Bataillons du Régiment de
Lombardie , des deux de celui de la Couronne ,
des deux Bataillons du Régiment Suisse de Bet-
Jer , et de 20. Compagnies de Grenadiers de differens
Régimens.
Le Comte de Montemar , outre cette Infanterie
, avoit sous ses ordres 600. Carabiniers
Royaux, 150. Grenadieis Royaux , les 12. Escadrons
des Régimens de Bourbon , d'Estramadoure
, de Milan , de Malte , de Flandres et
d'Andalousie , les 4. Escadrons des Régimens de
Dragons de Pavie et de France , les Compagnies
des Grenadiers à Cheval des Regimens de Tarragone
et de Batavia , jo . Dragons de ces deux
Regimens , et un Détachement d'Artillerie de
150. hommes .
Le Comte de Montemar fit marcher toutes ces
I. Vol. Hj Trou
1220 MERCURE DE FRANCE
Troupes par differens chemins , afin de choisir
P'endroit le plus convenable pour attaquer les
Ennemis , et il fit avancer quelques Détachemens
de Cavalerie qui battirent les Hussarts qu'ils rencontrerent.
Les Imperiaux s'étant résolus à demeurer dans.
leurs retranchemens, Conite de Montemar s'en
approcha assez près pour reconnoître leurs dis.
positions sur lesquelles il se détermina à changer
la sienne , et à faire passer de la droite à la gau
che la plus grande partie de sa Cavalerie .
L'attaque commença par le centre de la colon.
ne , à la tête de laquelle étoit le Comte d'Uceda,
et qui étoit composée de trois Bataillons du Régiment
des Gardes Vallonnes , des deux Bataillons
du Régiment Suisses de Betler , et de huit
Compagnies de Grenadiers . Ces Troupes , quoique
plus foibles que celles que les Imperiaux leut
opposerent dans cet endroit de l'attaque , entrerent
dans les retranchemens avec tant de valeur ,
que les Ennemis , après une longue résistance ,
furent mis en déroute. Le Comte de Montemar
s'en étant apperçû , fit avancer toutes ces Troupes
qui mirent en fuite ce qui se présenta devant
elles , sans être arrêtées par les murailles et par
les fossez qui couvroient le Camp des Ennemis
et qui paroissoient le rendre inaccessible.
Le Comte de Montemar ayant penetré dans
Jeur Camp , détacha quelque Cavalerie pour suivre
celle des Imperiaux , qui dans le premier
moment de l'attaque avoit quitté le Camp , et
avoit pris la fuite avec un grand désordre .
Il fit ensuite attaquer differents postes dans
lesquels les Imperiaux qui s'y étoient retirez ,
furent faits prisonniers. Le General Rodeski ,
General de l'Infanterie se sauva dans Bitonto
66
I. Vol. qui
JUIN. 1734. 122 I
qui est entouré de murailles , et il s'y deffendit
jusqu'à la nuit , mais il fut obligé le lendemain
de se rendre.
La Cavalerie se sépara dans sa fuite en plusieurs
corps qui étant poursuivis par la Cavalerie
Espagnole , furent presque détruits . Le plus
considerable , après avoir perdu beaucoup de
monde , se refugia dans Bary où le Comte de
Monteinar ayant marché le 26 , le bloqua , et
obligea le Prince de Belmonte qui le commandoit
de se rendre.
Les Troupes Imperiales consistoient selon
l'état qu'on en a trouvé , en 6500 hommes d'Infanterie
, 1500 hommes de Cavalerie et 400
Hussarts , desquels 200 se sont sauvez dans les
Montagnes de la Calabre.
›
On a pris aux Ennemis 15 Drapeaux , 24
Etendarts , et deux paires de Timballes , leurs
Tentes , les vivres , les munitions de Gnerre et
la plus grande partie des équipages .
›
Les Espagnols n'ont pas eû un grand nombre
'de Soldats tuez ou blessez , mais ils y ont perdu
le Comte de Briard , et le Comte de Bonamour
, Capitaines au Regiment des Gardes Va.
lónnes , Don Louis de Porte Maréchal de
Camp , y a été blessé dangereusement. Il est
Capitaine des Grenadiers de ce Regiment , qui ,
ayant penetré le premier dans les retranchements
malgré la vigoureuse résistance des Ennemis , a
cû la plus grande part à cette victoire.
Le Détachement de Cavalerie que le Comte ,
de Montemar , après avoir forcé le Camp du
Comte Viscomti , avoit envoié à la poursuite
des Hussarts , qui dans le premier moment
de l'attaque avoient pris la fuite , n'a pû joindre
qu'au commencement de ce mois ceux qui
1. Vol.
HY s'é-
/
1222 MERCURE DE FRANCE
s'étoient sauvez dans la Calabre , et il les a entierement
défaits .
Le Comte de Viscomti qui s'étoit retiré à
Brindisi , s'y est embarqué dans une Felouque
avec une partie de ses Domestiques , mais on ne
sçait pas encore quelle route il a prise .
Le Roy a suprimé plusieurs Charges qui
avoient été accordées sous le précedent Gouvernement
, tant aux Napolitains , qu'à des Espagnols
, et dont les apointemens se montoient
par an à 900000 Ducats.
Le 27 May , il arriva dans ce Port sous
Pescorte de quatre Vaisserux de Guerre Espagnols
, plusieurs Bâtimens chargez d'une partie
des Troupes que le Roy d'Espagne envoye pour
renforcer celles qui sont dans le Royaume de
Naples , et l'on en attend incessamment de Livourne
quelques autres qui doivent apporter ici
des munitions de Guerre , et une somme considérable
d'argent.
Le Comte de Charny , Lieutenant General
du Royaume , a déja reçu au nom du Roy
T'hominage de la plus grande partie des Deputez
des Villes , et des Barons de cet Etat.
Sa Majesté a nommédes Commissaires pour
faire conjointement avec le Conseil Collateral
l'estimation des dommages que les Troupes Espagnoles
ont causez dans les lieux où elles ont
passé , et elle a fait expédier des ordres pour
qu'ils soient payez avec l'exactitude la plus ri
goureuse.
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Résumé : DEFAITE des Troupes Imperiales, commandées par le Comte Viscomti.
Le 24 mai 1734, les troupes espagnoles, dirigées par le Comte de Montemar, ont attaqué et vaincu les forces impériales du Comte Viscomti à Bitonto, près de Bari. Les impériaux, constitués de 7 000 hommes d'infanterie, 2 000 de cavalerie et 400 hussards, avaient établi un camp fortifié. Montemar, à la tête de 6 000 hommes d'infanterie et de diverses unités de cavalerie et d'artillerie, a réussi à forcer les retranchements ennemis en trois heures. Les impériaux ont abandonné leurs tentes et équipements, laissant derrière eux 1 400 prisonniers, dont 1 200 réfugiés dans des couvents. La cavalerie impériale s'est dispersée. Après cette victoire, Montemar a bloqué et capturé des troupes impériales à Bari. Les pertes espagnoles incluent les Comtes de Briard et de Bonamour, ainsi que le Maréchal de Camp Don Louis de Porte, blessé. Les impériaux ont perdu 15 drapeaux, 24 étendards et deux paires de timbales. Le Comte Viscomti a fui à Brindisi. En réponse à cette victoire, le roi d'Espagne a envoyé des renforts et des munitions à Naples et a nommé des commissaires pour indemniser les dommages causés par les troupes espagnoles.
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17291
p. 163-170
Suite des Réfléxions sur les Ballets.
Début :
Nous avons rapporté le témoignage de Lucien en faveur de la Danse, parce que [...]
Mots clefs :
Danse, Ballets, Danseur, Pantomime, Lucien, Anciens, Théâtre, Opéra, Fêtes, Comédie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Réfléxions sur les Ballets.
Suite des Réfléxions fur les Ballets.
Nous avons rapporté le témoignage de
Lucien en faveur de la Danfe , parce que
le fuffrage d'un Critique mérite plus de foi
que les amplifications fleuries des Panegiriftes.
Ce railleur impitoyable qui perfécutoit
fans ceffe les Philofophes & les Rhéteurs
Grecs les plus accrédités , & qui n'épargnoit
pas même les Dieux que la fçavante Athêne
adoroit, a fait très-férieuſement l'apologie
de la Danſe, condamnée par les faux la184
MERCURE DE FRANCE.
ges ; ( car les hypocrites font auffi anciens
que les Religions. ) Oui , Lucien nous traçant
la route que nous allons fuivre n'a pas
donné fon fentiment comme l'unique garand
du mérité de la Danſe . Il s'eft appuyé des
citations les plus impofantes , tant de fon
fiécle que de l'Antiquité la plus voifine de
la Création du monde. La Créte , la Phrygie
, les Phéaques , les Theffaliens , les Deliens
, les Indiens , les Ethiopiens , les Bithiniens
, les Tirrheniens , l'Egypte ou la
Fable de Prothée , doit fon origine * à un
excellent Danfeur dont le corps fouple & l'ef
prit ingenieux fçavoient tout contrefaire &
tout imiterfi adroitement qu'il fembloit devenir
ce qu'il imitoit , enfin l'auftere & vertueufe
Lacedémone lui fournit mille preuves
fon opinion , foutenue encore par l'autorité
d'Hefiode , d'Homere & du divin Platon .
Quelle idée n'avoit- on pas alors de la Danfe
? Nous allons laiffer parler Lucien ' luimême
, on croiroit que nous plaifanterions
fi nous ofions prendre fur notre compte ce
qu'il exige des Maîtres de cet Art . Je repréfenterai
, dit-il , les qualités que doit avoir un
bon Danfeur pour faire voir que fa profeffion
n'eft pas des plus faciles , car il faut que le
Pantomime on Danfeur de Ballets qui eft celui
dont j'entens parler,fcache plufieurs chofes, com-
* Luc. Apol, de la Danfe.
de
FEVRIER 1745. 165
me la Poëfie , la Géometrie , la Musique &
la Philofophie même , quoiqu'il n'ait pas
befoin
des Ergo de la Dialectique ; il faut qu'il
ait auffi le fecret d'exprimer les Paffions & les
Mouvemens de l'ime que la Rethorique enfeigne
, & qu'il emprunte de la Peinture & de
la Sculpture les diverfes Poftures & Contenan
ces , enforte qu'il ne le cede point à Phidias ni
à Appelle pour ce regard ; mais furtout il a
befoin de mémoire , car il faut que comme Calchas
il fache le passé , le préfent & l'avenir
& qu'il les ait toujourspréfens dans fon efprit
pour les pouvoir repréfenter dans l'occafion.
Mais il doit fçavoir particulierement expliquer
les conceptions de l'Ame & découvrir fes
Sentimens par les geftes & les mouvemens du
corps ; enfin il doit avoir ce que Thucidide attribue
à Pericles , le fecret de voir par tout ce
qui convient.
Enfuite il fait une longue énumeration
de tous les Tableaux que l'excellent Pantomime
doit fçavoir peindre , & ce détail
embraffe tous les évenemens rapportés par
l'Hiftoire où inventés par la Fable.
Nous croyons que c'eft ici l'occafion de
détruire une erreur moderne généralement
répandue non-feulement dans le Public qui
fouvent ne connoît pas les principes des
plaifirs qu'il goute , mais qui eft encore
1.66 MERCURE DE FRANCE.
plus enracinée dans la tête des Maîtres de
Danfe. Ils n'entendent tous ordinairement
par le mot de Pantomime qu'un danfeur Comique
digne feulement de n'exercer ſes talens
qu'aux Spectacles de la Foire ; ils fe figurent
que toute la ſcienſe doit être bornée au genre
badin & même burleſque . Les Pantomimes
eux-mêmes , du moins ceux que nous avons
ûs fur nos Théatres partagent cette injufte
erreur avec les danfeurs férieux qui les méprifent.
Ils ne connoiffent pas leurs droits &
fe reftraignent à un grotefque bas & rifible
que l'ignorance prefque univerfelle leur affigne.
Que les uns & les autres apprennent
que la Danfe Pantomime renferme tous les
differens caracteres Comiques & Tragiques ,
imaginés & imaginables, que le danfeur Pantomime
, c'eft- à- dire , le parfait danfeur
fuivant la définition des Sçavans de tous les
fiecles, doit être noble & ferieux dans les
Ballets Heroïques , galand & naif dans les
Paftorales , terrible & furieux dans les entrées
de Demons. Enfin que tout bon danfeur
doit être Pantomime fur le Théatre , &
que tout Baller doit être un Tableau expreffif
& changeant où l'on reconnoiffe les
perfonnages repréſentés par leurs habillemens,
leurs cocffures , leurs attitudes & leurs
geftes. Nos Ballets de l'Opera manquent
Louvent de toutes ces marques diftinctives 8
>
FEVRIER $ 745 , 169
sh y voit des Matelots fans rames ; des Bergeres
coëffées en femmes de la Cour & des
Magiciennes en Bavolet ; cependant la Danſe
qui eft muette a befoin pour fe faire entendre
du fecours des fymboles & des ornemens . Si
Jupiter danfoit , il devroit danfer avec fon
foudre , & Mercure avec fon Caducée.
Qu'on ne fe figure pas que ces réflexions
n'appartiennent qu'au fiécle d'Homere, quoiqu'elles
foient plus anciennes que l'enlevement
d'Hélene , & que le long fiége de
Troye,qu'on ne croye pas qu'elles ne foient
approuvées que par Lucien & par la foule
étonnante des Auteurs qu'il a cités . Nous
avons des autorités récentes qui préconiſent
laDanfe Pantomime & qui n'admettent qu'elle
fur le Théatre où l'on doit toujours voir ,
comme le dit Athenée dans fes Entretiens
que le Ballet eft une imitation fidelle des chofes
que l'on dit& que l'onfait,
Nous avons omis ce qui honore le plus la
Danfe ; on nous permettra de le placer ici.
Nous n'avons pas promis un difcours fcrupuleufement
arrangé , qu'on ne nous faffe
donc point de procès fur les défauts de liaifon.
Nous ne fommes comptables que de'
la jufteffe des idées & non pas deleur ordre.
Voici la plus grande cauſe de ſurpriſe
pour les Amateurs & même les Profeffeurs
de la Danfe , c'eft que cet exercice regardé
à prefent comme une occupation frivole
68 MERCURE DE FRANCE. '
de la jeuneffe légere & diffipée , doit fon
origine à la Religion . * Nous foupçonnons
bien d'illuftres Danfeurs de ne pas fçavoir
la génealogie de leur Art & de n'en avoir
jamais feuilleté les Titres. ) Les Juifs à qui
Dieu donna lui -même les Loix & les Cerémonie
qu'ils obferverent , l'introduisirent dans
leurs Fêtes & les Payens après eux la confacrerent
à leurs Dieux.
Ainfi donc la Danfe eft non feulement
célebre par les Fêtes de la Politique , mais
encore par celles de la Religion . Nous n'accumulerons
point ici tous les paffages de
l'Ecriture & des Peres de l'Eglife qui confirment
cette Propofition . On peut verifier
cette immenfe multitude de Collections qui
font l'Eloge de la Danfe dans le Traité des
Ballets anciens & modernes felon les Regles du
Theatre.Compofé par le R. P.Menetrier, Sçayant
Jefuite, & dedié à M. le Duc d'Aumont,
Nous nous contenterons de nommer David
le Prophête Royal , qui danfa devant
l'Arche quand on la portoit de la maiſon
d'Obédedon en Bethićem.
Ce n'eft pas pour trancher des Erudits
que nous avons entaffé tant de doctes Citations.
C'eſt pour montrer que nous ne
rifquons pas des Opinions nouvelles & que
notre fentiment eſt foutenu par celui des
Des Ballets anciens & modernes
Sages
FEVRIER 1745 169
Sages de la Grece . Nous fçavons que bien.
des Lecteurs déferent plus à la célébrité
des noms qu'à la force des raifons , & que
tel qui réfifte opiniatrément à l'évidence fe
rend dès qu'on lui allegue' Ciceron ; fi
c'eft un opiniatre qui n'eftime pas les Anciens
, il faut lui opofer Defcartes & encore
mieux Newton. Nous efperons fondés fur
cette connoiffance exacte du pouvoir immenfe
des préjugés , qu'on ne nous regardera
pas comme l'intimé de la Comedie
des Plaideurs , qui remonte à la Création
du Monde pour tomber fur un chien
qui a dérobé un chapon. On ne nous mettra
pas auffi dans la Claffe de cet Herille
que peint le Moralifte la Bruiere parmi fes
excellens Portraits , de cet Herille qui fait dire
an Prince des Philofophes que l'eau l'enyvre ,
& à l'Orateur Romain que l'eau le tempere.
Les Comediens François ont interrompu
les repréſentations de Mahomet II. Les
fêtes préparées pour Verfailles les occupent
trop pour leur permettre de donner inceffamment
une Comedie en cinq Actes de
M. de Boiffi , dont ils ont pourtant déja
commencé les Répétitions .
On a continué à la Comédie Italienne le Siege
de Grenade & ony a ajouté Arlequin Thefee,
Parodie nouvelle de la Tragedie de Thefée,
qui a été repréſentée pour la premiere-
H
170 MERCURE DE FRANCE.
fois le Samedi trente Janvier. C'eft une imitation
comique & fuivie des principales Scenes
de l'Opera; il y a des Vaudevilles heureufement
appliqués ; en voici un échantillon
dans le dénouement, lorfque le Roi d'Athêne
reconnoit fon fils par fon Epée.
EGEE A EGLE',
Oui je reconnois cette lame
Voilà la marque fur mon ame
Que ce cher Enfant doit avoir .
Quel bonheur imprévu , Madame !
Ici pour aider mon pouvoir ,
J'avois un fils grace à ma femme ,
Sans le fçavoir,
Les Ballets font naifs , ingénieux & parodiés
de ceux de l'Opéra,
Nous avons rapporté le témoignage de
Lucien en faveur de la Danfe , parce que
le fuffrage d'un Critique mérite plus de foi
que les amplifications fleuries des Panegiriftes.
Ce railleur impitoyable qui perfécutoit
fans ceffe les Philofophes & les Rhéteurs
Grecs les plus accrédités , & qui n'épargnoit
pas même les Dieux que la fçavante Athêne
adoroit, a fait très-férieuſement l'apologie
de la Danſe, condamnée par les faux la184
MERCURE DE FRANCE.
ges ; ( car les hypocrites font auffi anciens
que les Religions. ) Oui , Lucien nous traçant
la route que nous allons fuivre n'a pas
donné fon fentiment comme l'unique garand
du mérité de la Danſe . Il s'eft appuyé des
citations les plus impofantes , tant de fon
fiécle que de l'Antiquité la plus voifine de
la Création du monde. La Créte , la Phrygie
, les Phéaques , les Theffaliens , les Deliens
, les Indiens , les Ethiopiens , les Bithiniens
, les Tirrheniens , l'Egypte ou la
Fable de Prothée , doit fon origine * à un
excellent Danfeur dont le corps fouple & l'ef
prit ingenieux fçavoient tout contrefaire &
tout imiterfi adroitement qu'il fembloit devenir
ce qu'il imitoit , enfin l'auftere & vertueufe
Lacedémone lui fournit mille preuves
fon opinion , foutenue encore par l'autorité
d'Hefiode , d'Homere & du divin Platon .
Quelle idée n'avoit- on pas alors de la Danfe
? Nous allons laiffer parler Lucien ' luimême
, on croiroit que nous plaifanterions
fi nous ofions prendre fur notre compte ce
qu'il exige des Maîtres de cet Art . Je repréfenterai
, dit-il , les qualités que doit avoir un
bon Danfeur pour faire voir que fa profeffion
n'eft pas des plus faciles , car il faut que le
Pantomime on Danfeur de Ballets qui eft celui
dont j'entens parler,fcache plufieurs chofes, com-
* Luc. Apol, de la Danfe.
de
FEVRIER 1745. 165
me la Poëfie , la Géometrie , la Musique &
la Philofophie même , quoiqu'il n'ait pas
befoin
des Ergo de la Dialectique ; il faut qu'il
ait auffi le fecret d'exprimer les Paffions & les
Mouvemens de l'ime que la Rethorique enfeigne
, & qu'il emprunte de la Peinture & de
la Sculpture les diverfes Poftures & Contenan
ces , enforte qu'il ne le cede point à Phidias ni
à Appelle pour ce regard ; mais furtout il a
befoin de mémoire , car il faut que comme Calchas
il fache le passé , le préfent & l'avenir
& qu'il les ait toujourspréfens dans fon efprit
pour les pouvoir repréfenter dans l'occafion.
Mais il doit fçavoir particulierement expliquer
les conceptions de l'Ame & découvrir fes
Sentimens par les geftes & les mouvemens du
corps ; enfin il doit avoir ce que Thucidide attribue
à Pericles , le fecret de voir par tout ce
qui convient.
Enfuite il fait une longue énumeration
de tous les Tableaux que l'excellent Pantomime
doit fçavoir peindre , & ce détail
embraffe tous les évenemens rapportés par
l'Hiftoire où inventés par la Fable.
Nous croyons que c'eft ici l'occafion de
détruire une erreur moderne généralement
répandue non-feulement dans le Public qui
fouvent ne connoît pas les principes des
plaifirs qu'il goute , mais qui eft encore
1.66 MERCURE DE FRANCE.
plus enracinée dans la tête des Maîtres de
Danfe. Ils n'entendent tous ordinairement
par le mot de Pantomime qu'un danfeur Comique
digne feulement de n'exercer ſes talens
qu'aux Spectacles de la Foire ; ils fe figurent
que toute la ſcienſe doit être bornée au genre
badin & même burleſque . Les Pantomimes
eux-mêmes , du moins ceux que nous avons
ûs fur nos Théatres partagent cette injufte
erreur avec les danfeurs férieux qui les méprifent.
Ils ne connoiffent pas leurs droits &
fe reftraignent à un grotefque bas & rifible
que l'ignorance prefque univerfelle leur affigne.
Que les uns & les autres apprennent
que la Danfe Pantomime renferme tous les
differens caracteres Comiques & Tragiques ,
imaginés & imaginables, que le danfeur Pantomime
, c'eft- à- dire , le parfait danfeur
fuivant la définition des Sçavans de tous les
fiecles, doit être noble & ferieux dans les
Ballets Heroïques , galand & naif dans les
Paftorales , terrible & furieux dans les entrées
de Demons. Enfin que tout bon danfeur
doit être Pantomime fur le Théatre , &
que tout Baller doit être un Tableau expreffif
& changeant où l'on reconnoiffe les
perfonnages repréſentés par leurs habillemens,
leurs cocffures , leurs attitudes & leurs
geftes. Nos Ballets de l'Opera manquent
Louvent de toutes ces marques diftinctives 8
>
FEVRIER $ 745 , 169
sh y voit des Matelots fans rames ; des Bergeres
coëffées en femmes de la Cour & des
Magiciennes en Bavolet ; cependant la Danſe
qui eft muette a befoin pour fe faire entendre
du fecours des fymboles & des ornemens . Si
Jupiter danfoit , il devroit danfer avec fon
foudre , & Mercure avec fon Caducée.
Qu'on ne fe figure pas que ces réflexions
n'appartiennent qu'au fiécle d'Homere, quoiqu'elles
foient plus anciennes que l'enlevement
d'Hélene , & que le long fiége de
Troye,qu'on ne croye pas qu'elles ne foient
approuvées que par Lucien & par la foule
étonnante des Auteurs qu'il a cités . Nous
avons des autorités récentes qui préconiſent
laDanfe Pantomime & qui n'admettent qu'elle
fur le Théatre où l'on doit toujours voir ,
comme le dit Athenée dans fes Entretiens
que le Ballet eft une imitation fidelle des chofes
que l'on dit& que l'onfait,
Nous avons omis ce qui honore le plus la
Danfe ; on nous permettra de le placer ici.
Nous n'avons pas promis un difcours fcrupuleufement
arrangé , qu'on ne nous faffe
donc point de procès fur les défauts de liaifon.
Nous ne fommes comptables que de'
la jufteffe des idées & non pas deleur ordre.
Voici la plus grande cauſe de ſurpriſe
pour les Amateurs & même les Profeffeurs
de la Danfe , c'eft que cet exercice regardé
à prefent comme une occupation frivole
68 MERCURE DE FRANCE. '
de la jeuneffe légere & diffipée , doit fon
origine à la Religion . * Nous foupçonnons
bien d'illuftres Danfeurs de ne pas fçavoir
la génealogie de leur Art & de n'en avoir
jamais feuilleté les Titres. ) Les Juifs à qui
Dieu donna lui -même les Loix & les Cerémonie
qu'ils obferverent , l'introduisirent dans
leurs Fêtes & les Payens après eux la confacrerent
à leurs Dieux.
Ainfi donc la Danfe eft non feulement
célebre par les Fêtes de la Politique , mais
encore par celles de la Religion . Nous n'accumulerons
point ici tous les paffages de
l'Ecriture & des Peres de l'Eglife qui confirment
cette Propofition . On peut verifier
cette immenfe multitude de Collections qui
font l'Eloge de la Danfe dans le Traité des
Ballets anciens & modernes felon les Regles du
Theatre.Compofé par le R. P.Menetrier, Sçayant
Jefuite, & dedié à M. le Duc d'Aumont,
Nous nous contenterons de nommer David
le Prophête Royal , qui danfa devant
l'Arche quand on la portoit de la maiſon
d'Obédedon en Bethićem.
Ce n'eft pas pour trancher des Erudits
que nous avons entaffé tant de doctes Citations.
C'eſt pour montrer que nous ne
rifquons pas des Opinions nouvelles & que
notre fentiment eſt foutenu par celui des
Des Ballets anciens & modernes
Sages
FEVRIER 1745 169
Sages de la Grece . Nous fçavons que bien.
des Lecteurs déferent plus à la célébrité
des noms qu'à la force des raifons , & que
tel qui réfifte opiniatrément à l'évidence fe
rend dès qu'on lui allegue' Ciceron ; fi
c'eft un opiniatre qui n'eftime pas les Anciens
, il faut lui opofer Defcartes & encore
mieux Newton. Nous efperons fondés fur
cette connoiffance exacte du pouvoir immenfe
des préjugés , qu'on ne nous regardera
pas comme l'intimé de la Comedie
des Plaideurs , qui remonte à la Création
du Monde pour tomber fur un chien
qui a dérobé un chapon. On ne nous mettra
pas auffi dans la Claffe de cet Herille
que peint le Moralifte la Bruiere parmi fes
excellens Portraits , de cet Herille qui fait dire
an Prince des Philofophes que l'eau l'enyvre ,
& à l'Orateur Romain que l'eau le tempere.
Les Comediens François ont interrompu
les repréſentations de Mahomet II. Les
fêtes préparées pour Verfailles les occupent
trop pour leur permettre de donner inceffamment
une Comedie en cinq Actes de
M. de Boiffi , dont ils ont pourtant déja
commencé les Répétitions .
On a continué à la Comédie Italienne le Siege
de Grenade & ony a ajouté Arlequin Thefee,
Parodie nouvelle de la Tragedie de Thefée,
qui a été repréſentée pour la premiere-
H
170 MERCURE DE FRANCE.
fois le Samedi trente Janvier. C'eft une imitation
comique & fuivie des principales Scenes
de l'Opera; il y a des Vaudevilles heureufement
appliqués ; en voici un échantillon
dans le dénouement, lorfque le Roi d'Athêne
reconnoit fon fils par fon Epée.
EGEE A EGLE',
Oui je reconnois cette lame
Voilà la marque fur mon ame
Que ce cher Enfant doit avoir .
Quel bonheur imprévu , Madame !
Ici pour aider mon pouvoir ,
J'avois un fils grace à ma femme ,
Sans le fçavoir,
Les Ballets font naifs , ingénieux & parodiés
de ceux de l'Opéra,
Fermer
17292
p. 148
COUPLETS Sur l'AIR : Laissez danser vos Mamans. SUR l'Elévation de la Statue du Roi ; & sur la PAIX.
Début :
QUELS transports ! quelle émotion ! [...]
Mots clefs :
Roi, Statue, Paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COUPLETS Sur l'AIR : Laissez danser vos Mamans. SUR l'Elévation de la Statue du Roi ; & sur la PAIX.
COUPLETS
Sur l'AIR : Laiffex danfer vos Mamans.
SUR l'Elévation de la Statue du Roi ;
& fur la PAIX.
Q
UELS tranfports ! quelle émotion !
En voyant de Louis l'Image ?
Des Enfans de Pygmalion
C'eſt pour nous le plus bel ouvrage ;
Notre Roi s'élève à nos yeux ,
Au moment qu'il nous rend heureux !
Français , bons Français ,
Chantons Louis & la Paix ,
Le laurier croît dans les cyprès ,
Et fa recherche eſt une yvreffe :
L'olivier produit des Sujets ,
Et c'eft d'un bon Roi la richeffe :
LOUIS a les fiens dans fon coeur
Et fa gloire eft dans leur bonheur.
Français , bons Français !
Chantons Louis & la Paix.
Par M. B,,... Auteur de deux petites Piéces de
Vers inférées par erreur dans le Mercure de Mars
fous le nom de Madame B……….. pag. $ 9 & 60 . .....
Sur l'AIR : Laiffex danfer vos Mamans.
SUR l'Elévation de la Statue du Roi ;
& fur la PAIX.
Q
UELS tranfports ! quelle émotion !
En voyant de Louis l'Image ?
Des Enfans de Pygmalion
C'eſt pour nous le plus bel ouvrage ;
Notre Roi s'élève à nos yeux ,
Au moment qu'il nous rend heureux !
Français , bons Français ,
Chantons Louis & la Paix ,
Le laurier croît dans les cyprès ,
Et fa recherche eſt une yvreffe :
L'olivier produit des Sujets ,
Et c'eft d'un bon Roi la richeffe :
LOUIS a les fiens dans fon coeur
Et fa gloire eft dans leur bonheur.
Français , bons Français !
Chantons Louis & la Paix.
Par M. B,,... Auteur de deux petites Piéces de
Vers inférées par erreur dans le Mercure de Mars
fous le nom de Madame B……….. pag. $ 9 & 60 . .....
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Résumé : COUPLETS Sur l'AIR : Laissez danser vos Mamans. SUR l'Elévation de la Statue du Roi ; & sur la PAIX.
Le poème 'COUPLETS' célèbre l'élévation de la statue du roi Louis et la paix. Les auteurs expriment leur admiration pour le roi, comparé à l'œuvre de Pygmalion. La statue symbolise la prospérité et le bonheur des sujets, représentés par le laurier et l'olivier. La gloire du roi est liée au bien-être de ses sujets. Le poème se conclut par un appel à chanter Louis et la paix. L'auteur est M. B.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17293
p. 102-103
« L'Enigme, les Logogryphes, les Chansons enfin, seront tout ce que ce premier [...] »
Début :
L'Enigme, les Logogryphes, les Chansons enfin, seront tout ce que ce premier [...]
Mots clefs :
Volume, Mercure, Public, Roi, Ouvrage, Antoine de La Roque, Volumes, Satisfaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Enigme, les Logogryphes, les Chansons enfin, seront tout ce que ce premier [...] »
L'Enigme , les Logogryphes , les Chanſons
enfin , feront tout ce que ce premier
Volume conſervera de la forme ordinaire
du Mercure ; ce n'eſt pas que nous voulions
abandonner en rien un Planjudicieux que le
Public a approuvé , mais nous ſommes encore
plus empreſſés de fatisfaire la curiofité
de nos Lecteurs , fur tout ce qui regarde le
Roi , & ce qui s'eſt paffé à Paris & à Verfailles
à l'arrivée de S. M. Ainſi nous renvoyons
les matieres ordinaires du Mercure
au Volume que nous donnons par extraordinaire
dans ce mois : heureux de commencer
notre Ouvrage par un ſujet auſſi auguſte
& auffi intéreſſant pour les peuples ! c'eſt
ici le lieu de dire que nous prions ceux qui
pourroient avoir envoyé des Ouvrages
feu M. de la Roque , de n'être point ſurpris
s'ils ne les voyent point imprimés. On ne
nous a point remis ces papiers ; il faut que
ceux qui voudront voir paroître leurs Piéces
, ayent la bonté d'envoyer de ſecondes
Copies , affranchies de Port , ſuivant la
coutume ; nous aurons tous les égards- convenables
pour fatisfaire les Auteurs & le
Public.
Ce premier Volume paroîtra le 15 de
Décembre ; c'eſt encore quelques jours plu
NOVEMBRE. 1744. 103
tôt que le tems où notre Prédeffeur donnoit
ſon Ouvrage. Cependant ſans les embarras
inévitables dans une adminiſtration nouvelle
, nous aurions ſervi le Public dès le
premier du mois : nous demandons grace
encore pour les deux Volumes que l'on a
coutume de fournir en Décembre , & paffé
ce terme , le Mercure paroîtra le premier
de chaque mois ; deux Volumes au mois de
Juin &deux Volumes au mois de Décembre
, comme on a fait juſqu'à préſent.
enfin , feront tout ce que ce premier
Volume conſervera de la forme ordinaire
du Mercure ; ce n'eſt pas que nous voulions
abandonner en rien un Planjudicieux que le
Public a approuvé , mais nous ſommes encore
plus empreſſés de fatisfaire la curiofité
de nos Lecteurs , fur tout ce qui regarde le
Roi , & ce qui s'eſt paffé à Paris & à Verfailles
à l'arrivée de S. M. Ainſi nous renvoyons
les matieres ordinaires du Mercure
au Volume que nous donnons par extraordinaire
dans ce mois : heureux de commencer
notre Ouvrage par un ſujet auſſi auguſte
& auffi intéreſſant pour les peuples ! c'eſt
ici le lieu de dire que nous prions ceux qui
pourroient avoir envoyé des Ouvrages
feu M. de la Roque , de n'être point ſurpris
s'ils ne les voyent point imprimés. On ne
nous a point remis ces papiers ; il faut que
ceux qui voudront voir paroître leurs Piéces
, ayent la bonté d'envoyer de ſecondes
Copies , affranchies de Port , ſuivant la
coutume ; nous aurons tous les égards- convenables
pour fatisfaire les Auteurs & le
Public.
Ce premier Volume paroîtra le 15 de
Décembre ; c'eſt encore quelques jours plu
NOVEMBRE. 1744. 103
tôt que le tems où notre Prédeffeur donnoit
ſon Ouvrage. Cependant ſans les embarras
inévitables dans une adminiſtration nouvelle
, nous aurions ſervi le Public dès le
premier du mois : nous demandons grace
encore pour les deux Volumes que l'on a
coutume de fournir en Décembre , & paffé
ce terme , le Mercure paroîtra le premier
de chaque mois ; deux Volumes au mois de
Juin &deux Volumes au mois de Décembre
, comme on a fait juſqu'à préſent.
Fermer
17294
p. 2690-2692
ITALIE.
Début :
L'Abbé Federa a été nommé par le Pape pour aller fonder dans la Calabre un College en [...]
Mots clefs :
Italie, Infant, Don Carlos, Turin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
'Abbé Federa a été nommé par le Pape pout L'aller fonder dans la Calabre un College en
faveur des jeunes Grecs Catholiques : on y reeevra aussi les jeunes Ecclésiastiques Schismatiques qui voudront s'y faire instruire.
Le Prince Caraccioli , Napolitain , ancien Of
ficier General dans les Troupes du Roi d'Espa-.
gne , et qui est âgé de 114. ans , est venu à
Rome passer quelques jours chez le Cardinal
2
I. Vol, Cien
DE CEMBRE. 1732. 2691
Cienfuegos , dont il a pris congé pour retourner chez les Hermites de Spolette , où il s'est retiré.
L'Infant D. Carlos est revenu de Plaisance à
Parme , et l'on assûre qu'il retournera à Florence au Printems prochain.
On mande de cette derniere Ville que le
Comte Caimo , Envoyé extraordinaire de l'Empereur , avoit reçu de Vienne un Décret de S.
M. I. que ce Ministre avoit fait remettre au Senat de Florence par une personne inconnuë
mais que les Senateurs n'avoient pas voulu ouvrir le paquet , et qu'ils l'avoient envoyé cacheté
aux Secretaires d'Etat du Grand Duc. On a appris depuis que ce paquet avoit été ouvert par les
Ministres du Grand Duc, qui ont eu en cette occasion quelques conferences avec le Ministre de S. M. I.
On mande de Pontemole , petite Ville du Duché de Toscane , sur les Confins du Duché de
Parme er de l'Etat de Genes , que le débordement des Rivieres y avoit causé de très- grands
dommages ; qu'elles en avoient emporté le Pont et les maisons voisines démoli l'Eglise de
S. Sebastien , l'Hôpital de S. Antoine et une
partie du Couvent qui est hors de cette Ville , et
fait périr plus de soo personnes.
>
>
A la recommandation du Roi d'Espagne , la
République de Genes a rendu la liberté à M. Camille Doria , qui avoit été envoyé dans la
Forteresse de Savone , pour donner satisfaction
à S. M. C. d'une insulte faite au Consul Espa,
gnol de la Bastia.
On mande de Turin , qu'on croyoit que la
Comtesse de Spigno , veuve du feu Roi Victor- Amedée se retireroit volontairement dans un
Couvent en Piedmont.
I. Vol
'Abbé Federa a été nommé par le Pape pout L'aller fonder dans la Calabre un College en
faveur des jeunes Grecs Catholiques : on y reeevra aussi les jeunes Ecclésiastiques Schismatiques qui voudront s'y faire instruire.
Le Prince Caraccioli , Napolitain , ancien Of
ficier General dans les Troupes du Roi d'Espa-.
gne , et qui est âgé de 114. ans , est venu à
Rome passer quelques jours chez le Cardinal
2
I. Vol, Cien
DE CEMBRE. 1732. 2691
Cienfuegos , dont il a pris congé pour retourner chez les Hermites de Spolette , où il s'est retiré.
L'Infant D. Carlos est revenu de Plaisance à
Parme , et l'on assûre qu'il retournera à Florence au Printems prochain.
On mande de cette derniere Ville que le
Comte Caimo , Envoyé extraordinaire de l'Empereur , avoit reçu de Vienne un Décret de S.
M. I. que ce Ministre avoit fait remettre au Senat de Florence par une personne inconnuë
mais que les Senateurs n'avoient pas voulu ouvrir le paquet , et qu'ils l'avoient envoyé cacheté
aux Secretaires d'Etat du Grand Duc. On a appris depuis que ce paquet avoit été ouvert par les
Ministres du Grand Duc, qui ont eu en cette occasion quelques conferences avec le Ministre de S. M. I.
On mande de Pontemole , petite Ville du Duché de Toscane , sur les Confins du Duché de
Parme er de l'Etat de Genes , que le débordement des Rivieres y avoit causé de très- grands
dommages ; qu'elles en avoient emporté le Pont et les maisons voisines démoli l'Eglise de
S. Sebastien , l'Hôpital de S. Antoine et une
partie du Couvent qui est hors de cette Ville , et
fait périr plus de soo personnes.
>
>
A la recommandation du Roi d'Espagne , la
République de Genes a rendu la liberté à M. Camille Doria , qui avoit été envoyé dans la
Forteresse de Savone , pour donner satisfaction
à S. M. C. d'une insulte faite au Consul Espa,
gnol de la Bastia.
On mande de Turin , qu'on croyoit que la
Comtesse de Spigno , veuve du feu Roi Victor- Amedée se retireroit volontairement dans un
Couvent en Piedmont.
I. Vol
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Résumé : ITALIE.
En Italie, l'abbé Federa a été désigné par le Pape pour créer un collège en Calabre destiné aux jeunes Grecs catholiques et aux jeunes ecclésiastiques schismatiques. Le prince Caraccioli, ancien officier général des troupes du roi d'Espagne, âgé de 114 ans, a séjourné à Rome avant de retourner chez les ermites de Spolette. L'infant Don Carlos est revenu de Plaisance à Parme et devrait retourner à Florence au printemps. À Florence, le comte Caimo, envoyé extraordinaire de l'empereur, a reçu un décret impérial que le Sénat a refusé d'ouvrir et a transmis aux secrétaires d'État du Grand Duc. Ce paquet a été ouvert par les ministres du Grand Duc, entraînant des conférences avec le ministre impérial. En Toscane, des inondations à Pontemole ont causé des dommages considérables, détruisant un pont, des maisons, une église, un hôpital et une partie d'un couvent, et faisant plus de 500 victimes. À la demande du roi d'Espagne, la République de Gênes a libéré Camille Doria, emprisonné à Savone pour une insulte au consul espagnol de Bastia. À Turin, il est rapporté que la comtesse de Spigno, veuve du roi Victor-Amédée, pourrait se retirer dans un couvent en Piémont.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17295
p. 156-157
LETTRE de M. IMBERT, Chancelier la Faculté de Médecine de Montpellier, & Inspecteur Général des Hopitaux du Roi à M. KEYSER, en date du 20 Janvier 1764.
Début :
J'ai fait hier, Monsieur, avec MM. Fournier & Goulard, une visite à l'Hôpital [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. IMBERT, Chancelier la Faculté de Médecine de Montpellier, & Inspecteur Général des Hopitaux du Roi à M. KEYSER, en date du 20 Janvier 1764.
LETTRE de M. IMBERT, Chancelier
la Faculté de Médecine de Montpellier,
& Inspecteur Général des Hopitaux
du Roi à M. KEYSER, en
date du 20 Janvier 1764.
J'ai fait hier, Monsieur, avec MM.
Fournier & Goulard, une visite à l'Hôpital
des Vénériens de cette Ville pour
y éxaminer un à un , ſoixante & dix
malades Vénériens , que j'y ai trouvés ;
&tout m'a paru au mieux ; & ceux des
ſuſdits malades qui ſont depuis long-
temps dans ledit Hôpital , y ont effuié
des maladies diſtinctes du mal vénérien,
comme fiévres & autres. J'ai remarqué
•dans ma viſite, un cas unique que je ne
veux pas vous laiſſer ignorer: ſçavoir,un
cordon ſpermatique , devenu ſquirreux
dans toute ſa longueur, qu'on pouvoit
toucher hors du bas-ventre ; vos dra-
gées ont entiérement fondu cette du-
•reté, dont les Praticiens connoiſſent fi
fort le danger. Une autre tumeur dure
fur unautre malade m'a paru faire le
ſujet d'une belle obfervation ; c'eſt une
dureté conſidérable,étendue fur prèſque
AVRIL. 1764.
157
tout le muſcle pectoral du côté droit
menaçant de venir entiérement carcino-
mateuſe ,& votre reméde a pareillement
fondu cette dureté.
L'on m'a mandé de Toulon, que les
ſuccès y étoient continuellement tels
que je les y avois remarqués lors de ma
dernière viſite. J'ai l'honneur d'être , &c.
IMBERT.
la Faculté de Médecine de Montpellier,
& Inspecteur Général des Hopitaux
du Roi à M. KEYSER, en
date du 20 Janvier 1764.
J'ai fait hier, Monsieur, avec MM.
Fournier & Goulard, une visite à l'Hôpital
des Vénériens de cette Ville pour
y éxaminer un à un , ſoixante & dix
malades Vénériens , que j'y ai trouvés ;
&tout m'a paru au mieux ; & ceux des
ſuſdits malades qui ſont depuis long-
temps dans ledit Hôpital , y ont effuié
des maladies diſtinctes du mal vénérien,
comme fiévres & autres. J'ai remarqué
•dans ma viſite, un cas unique que je ne
veux pas vous laiſſer ignorer: ſçavoir,un
cordon ſpermatique , devenu ſquirreux
dans toute ſa longueur, qu'on pouvoit
toucher hors du bas-ventre ; vos dra-
gées ont entiérement fondu cette du-
•reté, dont les Praticiens connoiſſent fi
fort le danger. Une autre tumeur dure
fur unautre malade m'a paru faire le
ſujet d'une belle obfervation ; c'eſt une
dureté conſidérable,étendue fur prèſque
AVRIL. 1764.
157
tout le muſcle pectoral du côté droit
menaçant de venir entiérement carcino-
mateuſe ,& votre reméde a pareillement
fondu cette dureté.
L'on m'a mandé de Toulon, que les
ſuccès y étoient continuellement tels
que je les y avois remarqués lors de ma
dernière viſite. J'ai l'honneur d'être , &c.
IMBERT.
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17296
p. 1176-1179
Estampes Nouvelles.
Début :
Le sieur J. Rigaud, de Marseille, Dessinateur et Graveur très-habile, qui a un talent particulier [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampes Nouvelles.
Estampes Nouvelles.
Le sieur J. Rigaud, de Marseille, Dessinateur
et Graveur très-habile, qui a un talent particulier
pour le Paysage et les Vues en Perspectives,
vient de mettre au jour six beaux Morceaux en
large , des diverses Vûës du Château de Sceaux
près Paris,apartenant au feu Duc du Maine, 1736.-
sçavoir , la Vue du côté de la grande Avenue ,
prise à la premiere Grille.
• Vûë du même Château et du petit Parterre
qui conduit à l'Orangerie.
Autre , prise du haut de l'Allée de Diane.
Vues des Parterres et du grand Canal dans
Péloignement.
Vue de la Cascade.
Autre Vue du Château , prise dans l'éloigne-
ment , en face du côté du Village de Chatenay.
Outre la justesse et la magnificence des Lieux
représentés et qu'on croit voir , on sçait encore
bon gré à l'Auteur de plusieurs Ornemens ,
Montagnes et Côteaux placés vers l'Horison
Bocages , Figures et Animaux , dont son génie
a enrichi sa composition.
Ces Estampes , qui ne sont pas moins recher-
chées que celles que nous avons déja annoncées,
des belles Maisons de Campagne des Environs de
Londres , se vendent chés l'Auteur , ruë S. Jac-
ques , vis-à-vis le College du Plessis.
Voici encore une nouvelle Estampe en large
d'aprè
vatteau , gravée par le sieur Ravenet
1. Vol.
qui
I. Vol.
JUIN.
1737.
1177
qui vient de paroître sous le titre de Départ de
Garnison. C'est une composition aussi riche que
pittoresque , et dont le sujet est traité et carac-
terisé parfaitement. Elle se vend chés le sieur
Gersaint , Marchand , Pont Notre Dame , et
chés le sieur Suruque , Graveur du Roy , rue
des Noyers.
Il paroît onze Estampes nouvelles de la gran-
deur de 18. pouces de haut , sur 14. de large ,
représentant la Vie du B. Vincent de Paule ,
d'après les Tableaux qui sont dans l'Eglise de
S. Lazare à Paris , peints par Mrs de Troy , Ga-
loche, Restout , le Frere André , & c. et dessinées
d'après les Originaux , par le sieur Bonnart ,
ancien Professeur de l'Académie Royale de saint
Luc , avec une grande précision et correction
ces onze Desseins sont gravés sous sa conduite
par differens Graveurs des plus habiles.
Ces Estampes se vendent à Paris , chés le sieur
Herisset , Graveur , ruë S. Jacques , vis- à- vis les
Jésuites.
On voit depuis peu du sieur Bonnart, une très-
belle Perspective à la Ménagerie de Clagny, peinte
à huile , ayant 14. pieds de large , sur 12. Elle
est située au bout d'une Allée , formée à droite
par un Jardin Fleuriste, et à gauche par un Bois-
L'ingénieux Artiste a représenté , à s'y tromper,
un Vestibule ouvert , à travers duquel on voit la
continuation du Jardin et du Bois de haute fu-
taye dont on vient de parler , et terminé dans le
lointain par un beau Pays de Chasse , où l'on voit
le Prince de Dombes chassant un Cerf. Aux deux
Côtés sur le devant du Vestibule , sont deux Ter-
mes d'un goût nouveau , représentant le Dieu
Pan et la Déesse Flore.
La
1178 MERCURE DE -FRANCE
La saire des Portraits des grands Hommes
et des Personnes illustres dans les Arts et dans
Ies Sciences , se continue avec succès , chés
Odieuvre , Marchand d'Estampes , sur le Quay
de l'Ecole. Il vient de faire paroître , et tou-
jours de la même grandeur :
LOUIS-ANTOINE CARDINAL DE NOAILLES,
Archevêque de Paris , né le 27. May 1651 .
mort le 4. May 1729. grávé par Ravenet.
LOUIS-HECTOR DUC DE VILLARS ,
Maréchal general des Camps et Armées du Roy,
baptisé à Moulins le 21. May 1653.mort à Tu-
rin le 17. Juin 1734. peint par Hiacinte Rigaud
gravé par G. F. Schmidt.
Jacob , Graveur, demeurant ruë S. Jacques chés
M. Armand, Libraire , attenant la rue du Plâtre;
vend tout nouvellement :
Le Portrait de Louis-Henry de Bourbon , Prin
cé de Condé, peint par M. Gobert , et gravé par
Jacob.
Celui de Caroline de Hesse- Rhinfels , Duchesse
de Bourbon , peint par M. Gober , et gravé par
Jacob.
La belle Cuisiniere , peinte par M. Boucher , et
gravée par le sieur Line.
Mlle Pélissier , peinte par M. Dronais, et grad
vée pa le sieur Daullé.
Charité Romaine , peinte par M. N. Coipel , et
gravée par le sieur Le Bas.
Venus avec l'Amour , sommeillant, peinte par
M. Boucher, et gravée par le sieur Aubert.
Printemps , peint par M. Boucher , et gravé˜
par le sieur Aveline.
Ceres , peinte par M. Boucher , et gravée par ·
Plicur Possud.
Fi Vol
Angdique
JUIN.
1737.
1179
Angelique et Medor , peints par M. Courtin ,
&c. et plusieurs autres Morceaux de dévotion
9
que le Sr Jacob vend avec Privilege du Roy.Il gra
ve les Pendants des Planches annoncées cy-dessus
et autres Morceaux dénommés dans son Pri-
vilege.
Le sieur J. Rigaud, de Marseille, Dessinateur
et Graveur très-habile, qui a un talent particulier
pour le Paysage et les Vues en Perspectives,
vient de mettre au jour six beaux Morceaux en
large , des diverses Vûës du Château de Sceaux
près Paris,apartenant au feu Duc du Maine, 1736.-
sçavoir , la Vue du côté de la grande Avenue ,
prise à la premiere Grille.
• Vûë du même Château et du petit Parterre
qui conduit à l'Orangerie.
Autre , prise du haut de l'Allée de Diane.
Vues des Parterres et du grand Canal dans
Péloignement.
Vue de la Cascade.
Autre Vue du Château , prise dans l'éloigne-
ment , en face du côté du Village de Chatenay.
Outre la justesse et la magnificence des Lieux
représentés et qu'on croit voir , on sçait encore
bon gré à l'Auteur de plusieurs Ornemens ,
Montagnes et Côteaux placés vers l'Horison
Bocages , Figures et Animaux , dont son génie
a enrichi sa composition.
Ces Estampes , qui ne sont pas moins recher-
chées que celles que nous avons déja annoncées,
des belles Maisons de Campagne des Environs de
Londres , se vendent chés l'Auteur , ruë S. Jac-
ques , vis-à-vis le College du Plessis.
Voici encore une nouvelle Estampe en large
d'aprè
vatteau , gravée par le sieur Ravenet
1. Vol.
qui
I. Vol.
JUIN.
1737.
1177
qui vient de paroître sous le titre de Départ de
Garnison. C'est une composition aussi riche que
pittoresque , et dont le sujet est traité et carac-
terisé parfaitement. Elle se vend chés le sieur
Gersaint , Marchand , Pont Notre Dame , et
chés le sieur Suruque , Graveur du Roy , rue
des Noyers.
Il paroît onze Estampes nouvelles de la gran-
deur de 18. pouces de haut , sur 14. de large ,
représentant la Vie du B. Vincent de Paule ,
d'après les Tableaux qui sont dans l'Eglise de
S. Lazare à Paris , peints par Mrs de Troy , Ga-
loche, Restout , le Frere André , & c. et dessinées
d'après les Originaux , par le sieur Bonnart ,
ancien Professeur de l'Académie Royale de saint
Luc , avec une grande précision et correction
ces onze Desseins sont gravés sous sa conduite
par differens Graveurs des plus habiles.
Ces Estampes se vendent à Paris , chés le sieur
Herisset , Graveur , ruë S. Jacques , vis- à- vis les
Jésuites.
On voit depuis peu du sieur Bonnart, une très-
belle Perspective à la Ménagerie de Clagny, peinte
à huile , ayant 14. pieds de large , sur 12. Elle
est située au bout d'une Allée , formée à droite
par un Jardin Fleuriste, et à gauche par un Bois-
L'ingénieux Artiste a représenté , à s'y tromper,
un Vestibule ouvert , à travers duquel on voit la
continuation du Jardin et du Bois de haute fu-
taye dont on vient de parler , et terminé dans le
lointain par un beau Pays de Chasse , où l'on voit
le Prince de Dombes chassant un Cerf. Aux deux
Côtés sur le devant du Vestibule , sont deux Ter-
mes d'un goût nouveau , représentant le Dieu
Pan et la Déesse Flore.
La
1178 MERCURE DE -FRANCE
La saire des Portraits des grands Hommes
et des Personnes illustres dans les Arts et dans
Ies Sciences , se continue avec succès , chés
Odieuvre , Marchand d'Estampes , sur le Quay
de l'Ecole. Il vient de faire paroître , et tou-
jours de la même grandeur :
LOUIS-ANTOINE CARDINAL DE NOAILLES,
Archevêque de Paris , né le 27. May 1651 .
mort le 4. May 1729. grávé par Ravenet.
LOUIS-HECTOR DUC DE VILLARS ,
Maréchal general des Camps et Armées du Roy,
baptisé à Moulins le 21. May 1653.mort à Tu-
rin le 17. Juin 1734. peint par Hiacinte Rigaud
gravé par G. F. Schmidt.
Jacob , Graveur, demeurant ruë S. Jacques chés
M. Armand, Libraire , attenant la rue du Plâtre;
vend tout nouvellement :
Le Portrait de Louis-Henry de Bourbon , Prin
cé de Condé, peint par M. Gobert , et gravé par
Jacob.
Celui de Caroline de Hesse- Rhinfels , Duchesse
de Bourbon , peint par M. Gober , et gravé par
Jacob.
La belle Cuisiniere , peinte par M. Boucher , et
gravée par le sieur Line.
Mlle Pélissier , peinte par M. Dronais, et grad
vée pa le sieur Daullé.
Charité Romaine , peinte par M. N. Coipel , et
gravée par le sieur Le Bas.
Venus avec l'Amour , sommeillant, peinte par
M. Boucher, et gravée par le sieur Aubert.
Printemps , peint par M. Boucher , et gravé˜
par le sieur Aveline.
Ceres , peinte par M. Boucher , et gravée par ·
Plicur Possud.
Fi Vol
Angdique
JUIN.
1737.
1179
Angelique et Medor , peints par M. Courtin ,
&c. et plusieurs autres Morceaux de dévotion
9
que le Sr Jacob vend avec Privilege du Roy.Il gra
ve les Pendants des Planches annoncées cy-dessus
et autres Morceaux dénommés dans son Pri-
vilege.
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17297
p. 149
VERS à S. A. S. Mgr le Prince LOUIS DE ROHAN, Coadjuteur de Strasbourg, sur fa convalescence.
Début :
Du trépas Ministre perfide, [...]
Mots clefs :
Prince, Respect, Zèle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS à S. A. S. Mgr le Prince LOUIS DE ROHAN, Coadjuteur de Strasbourg, sur fa convalescence.
VERS à S. A. S. Mgr le Prince
LOUIS DE ROHAN , Coadjuteur
de Strasbourg, fur fa convalefcence .
Du trépas Miniftre perfide ,
Un fouffe empoisonné , par fon progrès rapide ,
Alloit vous enlever au printemps de vos jours ;
Mais , du mortel venin pour arrêter le cours,
Votre Compagne & votre Guide ,
Minerve oppoſe ſon Egide,
Et des Cieux la Santé vient à votre ſecours,
Ah! puiffe auprès de vous fe fixer l'immortelle !
PRINCE , fi l'amitié , le reſpect & le zélé
Pouvoient la fuppléer , vous vivriez toujours.
Par M. l'Abbé DANGERVILLE.
LOUIS DE ROHAN , Coadjuteur
de Strasbourg, fur fa convalefcence .
Du trépas Miniftre perfide ,
Un fouffe empoisonné , par fon progrès rapide ,
Alloit vous enlever au printemps de vos jours ;
Mais , du mortel venin pour arrêter le cours,
Votre Compagne & votre Guide ,
Minerve oppoſe ſon Egide,
Et des Cieux la Santé vient à votre ſecours,
Ah! puiffe auprès de vous fe fixer l'immortelle !
PRINCE , fi l'amitié , le reſpect & le zélé
Pouvoient la fuppléer , vous vivriez toujours.
Par M. l'Abbé DANGERVILLE.
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Résumé : VERS à S. A. S. Mgr le Prince LOUIS DE ROHAN, Coadjuteur de Strasbourg, sur fa convalescence.
Louis de Rohan adresse un poème à un prince convalescent après une tentative d'empoisonnement. Minerve et la santé venue des cieux ont protégé et guéri le prince. Le poète souhaite une santé immortelle pour le prince et affirme que l'amitié, le respect et le zèle pourraient assurer son éternité. Le poème est signé par l'Abbé Dangerville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17298
p. 149-150
REGRETS d'un Habitant du Parterre, sur la retraite de Mlle DANGEVILLE.
Début :
O DANGEVILLE ! ô trop digne Mortelle ! [...]
Mots clefs :
Cœur, Regrets, Adieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REGRETS d'un Habitant du Parterre, sur la retraite de Mlle DANGEVILLE.
REGRETS d'un Habitant du Parterre ,
fur la retraite de Mlle DANGEVILLE
.
DANGEVILLE ! & trop digne Mortelle !
Avec qui rien ne peut entrer en parallèle ;
Que de talens ! quel naturel , quel feu
Tuviens de nous montrer dans la Piéce nouvelle:(a)
( a ) L'Anglois à Bordeaux.
Għiij
150 MERCURE DE FRANCE.
Combien d'efprit ! que d'agrémens ! quel jeu
Actrice inimitable & cependant cruelle,
C'est donc là ton dernier adieu
Mon coeur en fait un libre aveu ,
Oui , ce coeur que ta perte touche ,
A fon chagrin ne met point de milieu.
Quand je vois cet Anglois farouche
S'attendrir par degrès , fe foumettre à ta loi , ¡
Je dévore les mots qui fortent de ta bouche :
Mais ce qui plus me charme en toì ,
C'eft cette ardeur , ce zéle pour ton Roi .
De la Marquife * on ne voit plas le Rôle ,
C'eft Dangeville & c'eft fon coeur qui vole
En chantant de la Paix l'ouvrage confommé
Et les bontés de ce Ror BIEN - AIMÉ.
Va , fois conrente , fois heureufe ,
C'eſt l'objet de tous mes fouhaits :
Ta retraite est bien glorieufe ;
Mais fouvien s- toi que pour jamais
Tu mets le comble à d'éternels regrets.
(b ) Mlle Dangeville yjoue le rôle de Marquife,
fur la retraite de Mlle DANGEVILLE
.
DANGEVILLE ! & trop digne Mortelle !
Avec qui rien ne peut entrer en parallèle ;
Que de talens ! quel naturel , quel feu
Tuviens de nous montrer dans la Piéce nouvelle:(a)
( a ) L'Anglois à Bordeaux.
Għiij
150 MERCURE DE FRANCE.
Combien d'efprit ! que d'agrémens ! quel jeu
Actrice inimitable & cependant cruelle,
C'est donc là ton dernier adieu
Mon coeur en fait un libre aveu ,
Oui , ce coeur que ta perte touche ,
A fon chagrin ne met point de milieu.
Quand je vois cet Anglois farouche
S'attendrir par degrès , fe foumettre à ta loi , ¡
Je dévore les mots qui fortent de ta bouche :
Mais ce qui plus me charme en toì ,
C'eft cette ardeur , ce zéle pour ton Roi .
De la Marquife * on ne voit plas le Rôle ,
C'eft Dangeville & c'eft fon coeur qui vole
En chantant de la Paix l'ouvrage confommé
Et les bontés de ce Ror BIEN - AIMÉ.
Va , fois conrente , fois heureufe ,
C'eſt l'objet de tous mes fouhaits :
Ta retraite est bien glorieufe ;
Mais fouvien s- toi que pour jamais
Tu mets le comble à d'éternels regrets.
(b ) Mlle Dangeville yjoue le rôle de Marquife,
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Résumé : REGRETS d'un Habitant du Parterre, sur la retraite de Mlle DANGEVILLE.
Le poème 'REGRETS d'un Habitant du Parterre' exprime la tristesse de l'auteur face à la retraite de Mlle Dangeville, une actrice renommée. L'auteur admire ses talents exceptionnels, son naturel et son esprit, notamment dans la pièce 'L'Anglois à Bordeaux'. Il loue particulièrement son interprétation du rôle de la Marquise, où elle démontre une ardeur et un zèle remarquables pour son roi. Sa performance émeut profondément, même les personnages les plus farouches. L'auteur regrette sa retraite, qualifiée de glorieuse, mais avoue que cette décision laisse un vide incommensurable.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17299
p. 157-158
LETTRE de M. BEAUREGARD, Maître & Démonstrateur en Chirurgie à Avignon, à M. KEYSER, en date du 25 Janvier 1764.
Début :
MONSIEUR, Le bruit qui s'étoit répandu sur l'excellence [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. BEAUREGARD, Maître & Démonstrateur en Chirurgie à Avignon, à M. KEYSER, en date du 25 Janvier 1764.
LETTRE de M. BEAUREGARD, Maître
& Démonstrateur en Chirurgie à
Avignon, à M. KEYSER, en date
du 25 Janvier 1764.
MONSIEUR,
Le bruit qui s'étoit répandu sur l'excellence
de vos dragées, m'ayant fait
defirer de les connoître par moi-même ,
jene puis plus différerde vous témoigner
ainſi qu'à la vérité,combienj'ai été furpris
& émerveillé de ces effets dans diffé-
rentes cures qu'il vient d'opérer par mes
mains dans la Ville d'Avignon , & aux
environs. Je ne vous diffimulerai même
pas ,que pluſieurs des malades que je
viens de guérir radicalement , ayant été
manqués plufieurs fois par les frictions,
n'avoient prèſque plus de reſſources ;
1
158 MERCURE DE FRANCE.
aumoyen de quoi il faut être de bonne
foi , & convenir que votre reméde eſt
le plus grand antivénérien qui ſoit en-
core connu dans la Médecine & la Chi
rurgie. Je vous enverrai inceſſamment
le récit hiſtorique de 3 ou 4 cures qui
ne contribueront pas peu à luifairehon-
neur , ainſi qu'à fon Auteur; & il eft
heureux que l'humanité ait pu ſe pro-
curer par les bontés de notre glorieux
Monarque & celles de M. de le Duc
de Choifeul, un ſecours auſſi précieux.
J'ai l'honneur d'être avec la plus par
faite conſidération &c. Beauregard.
& Démonstrateur en Chirurgie à
Avignon, à M. KEYSER, en date
du 25 Janvier 1764.
MONSIEUR,
Le bruit qui s'étoit répandu sur l'excellence
de vos dragées, m'ayant fait
defirer de les connoître par moi-même ,
jene puis plus différerde vous témoigner
ainſi qu'à la vérité,combienj'ai été furpris
& émerveillé de ces effets dans diffé-
rentes cures qu'il vient d'opérer par mes
mains dans la Ville d'Avignon , & aux
environs. Je ne vous diffimulerai même
pas ,que pluſieurs des malades que je
viens de guérir radicalement , ayant été
manqués plufieurs fois par les frictions,
n'avoient prèſque plus de reſſources ;
1
158 MERCURE DE FRANCE.
aumoyen de quoi il faut être de bonne
foi , & convenir que votre reméde eſt
le plus grand antivénérien qui ſoit en-
core connu dans la Médecine & la Chi
rurgie. Je vous enverrai inceſſamment
le récit hiſtorique de 3 ou 4 cures qui
ne contribueront pas peu à luifairehon-
neur , ainſi qu'à fon Auteur; & il eft
heureux que l'humanité ait pu ſe pro-
curer par les bontés de notre glorieux
Monarque & celles de M. de le Duc
de Choifeul, un ſecours auſſi précieux.
J'ai l'honneur d'être avec la plus par
faite conſidération &c. Beauregard.
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17300
p. 103-105
JOURNAL du Voyage du Roi, depuis son départ de Fribourg.
Début :
LE Roi partit le 9 de ce mois du Village de Muntsingen, où étoit le quartier de [...]
Mots clefs :
Roi, Sa Majesté, Carosse, Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : JOURNAL du Voyage du Roi, depuis son départ de Fribourg.
JOURNAL du Voyage du Roi , depuis
Son départ de Fribourg.
L
:
ERoi partit le 9 de ce mois du Village
de Muntfingen , où étoit le quarrierde
Sa Majesté , pendant le ſiége de Fribourg ,
& arriva à Huningue versdeux heures après
midi . Il deſcendit de caroſſe à la porte de la
Ville , & vit les Fortifications de la Place.
Sa Majesté vint coucher le 10 à Vezoul , où
elle fut reçûë par le Duc de Randan , LieutenantGénéral
au Gouvernement du Comté
de Bourgogne , & Commandant dans cette
Province.
Leu le Roi coucha à Chaumont en
104 MERCURE DE FRANCE.
Baſſigni,où l'Evêque de Langres s'étoit ren
du pour recevoir Sa Majeſté.
Le 12 , il coucha à la Chapelle , Château
fitué près de Nogent ſur Seine , & appartenant
à M. Orri , Miniſtre d'Etat , & Contrôleur
Général des Finances.
Toutes les Villes par leſquelles le Roi a
paffé , ont donné toutes les marques de joie
qu'on pouvoit attendre de leur tendre &
reſpectueux attachement pour la perſonne
de Sa Majefté.
Quoiqu'elle n'ait point ſéjourné à Befort
, cette Ville s'eſt diftinguée , & SaMajeſté
a eu la bonté de témoigner qu'Elle
étoit contente des efforts qu'avoient fait
les Habitans , ce qui eſt le prix le plus glorieux
qu'ils puſſent efpérer de leurs foins.
Le 13 , Sa Majesté arriva à Paris, vers les
fix heures du ſoir. Une Salve des Canons
de la Ville , & d'un grand nombre de Boëtes
avoit annoncé au Peuple dès cinq
heures du matin , que ce jour étoit le jour
déſiré de l'arrivée du Monarque.
د
Les caroffes de Sa Majesté , les Détachemens
de fa Maiſon & le Vol du Cabinet ,
P'attendoient à Charenton ; Elle quitta ſon
caroſſe de Voyage & monta dans un autre
, où elle ſe placa ſeule dans le fond ; les
places du devant & des portieres du Catoffe
furent remplies par ſes principauxOf
NOVEMBRE . 1744. 105
ficiers , & Sa Majeſté prit le chemin de la
Barriere de Rambouillet.
Les Détachemens des Gardes du Corps ,
des Gendarmes , des Chevau-Légers , &
des deux Compagnies des Mouſquaires
de la Garde du Roi , étoient dans leurs
rangs accoûtumés , devant &derriere le
caroſſe de Sa Majesté ; les Officiers de ces
différens Corps occupoient auprès du Roi
dans cette marche les places qui leur ont
été marquées par le Réglement du mois de
Novembre 1724 , & le Vol du cabinet
précédoit immédiatement le premier Caroſſe
de ſuite. La Compagnie du Guet à
cheval , ſon Tymbalier & ſes Trompettes
àla tête , & les Inſpecteurs de Police avec
Tymbales, Trompettes , & Hautbois , marchoient
en avant.
Son départ de Fribourg.
L
:
ERoi partit le 9 de ce mois du Village
de Muntfingen , où étoit le quarrierde
Sa Majesté , pendant le ſiége de Fribourg ,
& arriva à Huningue versdeux heures après
midi . Il deſcendit de caroſſe à la porte de la
Ville , & vit les Fortifications de la Place.
Sa Majesté vint coucher le 10 à Vezoul , où
elle fut reçûë par le Duc de Randan , LieutenantGénéral
au Gouvernement du Comté
de Bourgogne , & Commandant dans cette
Province.
Leu le Roi coucha à Chaumont en
104 MERCURE DE FRANCE.
Baſſigni,où l'Evêque de Langres s'étoit ren
du pour recevoir Sa Majeſté.
Le 12 , il coucha à la Chapelle , Château
fitué près de Nogent ſur Seine , & appartenant
à M. Orri , Miniſtre d'Etat , & Contrôleur
Général des Finances.
Toutes les Villes par leſquelles le Roi a
paffé , ont donné toutes les marques de joie
qu'on pouvoit attendre de leur tendre &
reſpectueux attachement pour la perſonne
de Sa Majefté.
Quoiqu'elle n'ait point ſéjourné à Befort
, cette Ville s'eſt diftinguée , & SaMajeſté
a eu la bonté de témoigner qu'Elle
étoit contente des efforts qu'avoient fait
les Habitans , ce qui eſt le prix le plus glorieux
qu'ils puſſent efpérer de leurs foins.
Le 13 , Sa Majesté arriva à Paris, vers les
fix heures du ſoir. Une Salve des Canons
de la Ville , & d'un grand nombre de Boëtes
avoit annoncé au Peuple dès cinq
heures du matin , que ce jour étoit le jour
déſiré de l'arrivée du Monarque.
د
Les caroffes de Sa Majesté , les Détachemens
de fa Maiſon & le Vol du Cabinet ,
P'attendoient à Charenton ; Elle quitta ſon
caroſſe de Voyage & monta dans un autre
, où elle ſe placa ſeule dans le fond ; les
places du devant & des portieres du Catoffe
furent remplies par ſes principauxOf
NOVEMBRE . 1744. 105
ficiers , & Sa Majeſté prit le chemin de la
Barriere de Rambouillet.
Les Détachemens des Gardes du Corps ,
des Gendarmes , des Chevau-Légers , &
des deux Compagnies des Mouſquaires
de la Garde du Roi , étoient dans leurs
rangs accoûtumés , devant &derriere le
caroſſe de Sa Majesté ; les Officiers de ces
différens Corps occupoient auprès du Roi
dans cette marche les places qui leur ont
été marquées par le Réglement du mois de
Novembre 1724 , & le Vol du cabinet
précédoit immédiatement le premier Caroſſe
de ſuite. La Compagnie du Guet à
cheval , ſon Tymbalier & ſes Trompettes
àla tête , & les Inſpecteurs de Police avec
Tymbales, Trompettes , & Hautbois , marchoient
en avant.
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