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1
p. 8-12
Loüanges. [titre d'après la table]
Début :
Les loüanges excessives font tort à ceux qui les reçoivent [...]
Mots clefs :
Louanges, Éloges, Résolution
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texteReconnaissance textuelle : Loüanges. [titre d'après la table]
Les loüanges excessives
font tort à ceux qui
les reçoivent & à ceux
qui les donnent: les
loüanges moderées offencent
ceux qui en vou-*"
droient de plus grandes;
n'en point donner du
tout c'est une extremité
vicieuse. Je fuis bien tenté
de tomber dans ce
vice-là.
Un simple raconteur
de Nouvelles doit s'abstenir
des Panegyriques
comme il doit renoncer
à la Satyre. C'enest fait,
je prens la resolution de
ne jamais loüer ni médire
; je renonce de bon
coeur au plaisir de médire
; maisj'avouë, que je
ne fcray beaucoup de
violence pour ne point
loüer.
La premiere violence
que je vais me faire , ce
fera celle de ne pas rendre
à mon Predecesseur
toute la justice qui luy
est dûë. Je luy dois un
éloge. Ouy, je niabstiens
avec peine de
loüer feu Mr Devizé
1 dont la probité, dont le
ze le ,
dontl'exactitude
infatigable, dont le.
Maisj'oubliois pourlui
ma resolution. le veuK
prouver en m'abstenant
d'un éloge si necessaire,
que je tiendray au Public
tout ce que je luy promettray.
Ce n'est point par humeur
chagrine que j'ay
pris la resolution de ne
loüer personne. C'est seulement
pour faire plaisir
à ceux qui meritent de
vrayes loüanges. Je raconteray
simplement les
actions louables qu'ils
aurontfaites: leurs actions
feront leur éloge
,
& je ne seray point
obligé de les confondre
avec ceux qu'on ne peut
loüer que par des loüanges
verbales.
font tort à ceux qui
les reçoivent & à ceux
qui les donnent: les
loüanges moderées offencent
ceux qui en vou-*"
droient de plus grandes;
n'en point donner du
tout c'est une extremité
vicieuse. Je fuis bien tenté
de tomber dans ce
vice-là.
Un simple raconteur
de Nouvelles doit s'abstenir
des Panegyriques
comme il doit renoncer
à la Satyre. C'enest fait,
je prens la resolution de
ne jamais loüer ni médire
; je renonce de bon
coeur au plaisir de médire
; maisj'avouë, que je
ne fcray beaucoup de
violence pour ne point
loüer.
La premiere violence
que je vais me faire , ce
fera celle de ne pas rendre
à mon Predecesseur
toute la justice qui luy
est dûë. Je luy dois un
éloge. Ouy, je niabstiens
avec peine de
loüer feu Mr Devizé
1 dont la probité, dont le
ze le ,
dontl'exactitude
infatigable, dont le.
Maisj'oubliois pourlui
ma resolution. le veuK
prouver en m'abstenant
d'un éloge si necessaire,
que je tiendray au Public
tout ce que je luy promettray.
Ce n'est point par humeur
chagrine que j'ay
pris la resolution de ne
loüer personne. C'est seulement
pour faire plaisir
à ceux qui meritent de
vrayes loüanges. Je raconteray
simplement les
actions louables qu'ils
aurontfaites: leurs actions
feront leur éloge
,
& je ne seray point
obligé de les confondre
avec ceux qu'on ne peut
loüer que par des loüanges
verbales.
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Résumé : Loüanges. [titre d'après la table]
Le texte aborde les risques des louanges excessives et modérées, qui peuvent être préjudiciables tant pour ceux qui les reçoivent que pour ceux qui les donnent. L'auteur reconnaît la tentation de tomber dans l'excès de louanges et choisit de s'abstenir de toute forme de panégyrique ou de satire. Il décide de ne jamais louer ni médire, bien que cela lui semble difficile. L'auteur mentionne qu'il ne rendra pas justice à son prédécesseur, M. Devizé, malgré ses qualités de probité, de zèle et d'exactitude infatigable. Cette décision est motivée par le désir de tenir ses promesses au public et d'éviter les louanges verbales. L'auteur préfère relater simplement les actions louables des personnes méritantes, laissant leurs actions parler d'elles-mêmes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 97-113
NOUVELLES de la basse Allemagne.
Début :
On écrit de Wismar du 14. Février que le General [...]
Mots clefs :
Moscovites, Attaquer, Ordre, Confédéré, Hongrie, Traités, Résolution, Saxe, Armée ottomane
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES de la basse Allemagne.
NOUVELLES
de la basse Allemagne.
ON écrit deWismar du
14. Février que le General
Hamerstein que le Duc
d'Hanover avoit envoyé
au Comte de Steinbock
pour proposer des moyens
de faire la paix avec les
Puissances confederées, a
rapporré qu'illuy avoit dit
pour toute response qu'il
n'avoir point d'autre ordre
du Roy son Maistre
, que
de restablir les Traitez de
Trawendal & de Raenstadt.
CesmesmesLettres
portent qu'un Parti de quarante
Cavaliers Suedois
ayant appris que plusieurs
chariotsquivenoient de
Pomeranie, chargez d'habirs
& de bagages, avec
une escorte Moscovite,
marchoient vers le Holstein,
resolut de l'aller attaquer
; qu'il avait surpris
& défait l'escorte & pris
les chariots
; qu'il avoit
amené le butin & les prisonniers
à Wifmar. Celles
de l'armée des Princes confederez
, portent qu'elle
avoit passé en deux endroits
lariviere de Trene,
& que le Czar ayant trouvé
l'accèsdeFredericstadt
impraticable du costé de
l'Eyder, à cause de l'inondation
où il avoit couru
risque de se noyer, fit marcher
les Troupes vers Husum,
laissantl'inondation
de la Trene sur sa gauche.
Le 12. Février l'armée estant
arrivée prés de Fredericstadt,
sa Majesté Czarienne
se mità la testede
cinq bataillons desesGardes
& de quelques Régiments
de Dragons pour
attaquer un retranchement
gardé par les Suédois,
le combatcommença
à huit heures du matin
& dura près de cinq heures.
Les Moscovites furent
repoussez deux fois, mais
après un grand feu de canon
& de mousqueterie
ils se rendirent maistres du
retranchement
,
prirent
deux pieces de c,anon,tlueI..
ques bagages
, & firent
près de trois cents prisonniers,
on ne parle point de
la perte que les Moscovites
ont faite, qui sans doute
est considerable dans
une attaque si opiniastre.
On écrit du camp des Suedois
à Gardingen que les
Moscovites n'avoient pas
creu trouver une si vigoureuseresistance
dans l'attaque
des retranchements
faits sur la digue de Swabstede
,que le peu de TroupesSuedoisesquiy
estoient
les avoient deffendus avec
tant de valeur que les Moscovites
n'avoient pu s'en
rendre maistres que sur le
soit avec un grand carnage
de leurs gens,outreun
grand nombre suffoqué
dans le marais, & les blesfez
donc vingt chariots furent
chargez pour les conduire
à Renfbourg. Cette
grande resistance donna le
temps au General Stakelberg
de retirer de Fredericstadt
les trois mille hommes
qui y estoient en garnison,&
de faire sa retraite
vers Gardingen. Ils
avoient resolu d'attaquer
le General Sreinbock aussi-
tost la prise des retranchements;
mais ayant appris
que ce General avoit
fortifié les avenuës de son
camp par des redoutes &
des retranchements, ils
changerent de resolution.
Les dernieres Lettres de
Wismar porrent que la forteresse
de Tonningen a
esté livrée au Comte de
Steinboc K par un ordre du
jeune Prince Charles Frédéric
Duc de Holstein Gortorp
neveu du Roy de Suede
,
& qui est à Stockolm
où il a
esté déclarémajeur.
Cet ordre fut portéau General
Steinbock par OU
Courier qui passa au travers
de l'armée conféderée.
Le Colonel Wols
qui commandoit dans
Tonningen ne fit aucune
difficulté d'y obéïr
, & il
fut continué dansl'employ
de Commandant de la place.
Cette nouvelle a beaucoup
chagriné les Confederez,
qui depuis traittent
comme ennemis lesEstats
du Duc de Holstein Gottorp
; ils ontmis garnison
dansGottorp, dans Kiel &
dans Eckenforde, ils demandent
de grosses contributions
au pays, les Danois
ont fait faire l'inventaire
des meubles du Chasteau
de Gottorp dont on
fait monter la valeur à plus
de douze cens mille e
feus.'
On écrit que le Roy de
Dannemarck fait armer
quelques Vaisseaux & six
Fregates pour oster la
communication des vivres
par mer aux Suedois. Ils
menacent de ruiner lesEstats
du jeune Duc de Holstein
Gottorp
,
ils ont fait
prisonnier le sieur Breckdorf
Drossard de Gottorp
avec la garnison. Le Comte
Welling a fait publier
un Manifeste par lequel il
declare que s'ils executent
cette resolution
, les Suedois
feront un pareil traittement
aux sujets du Roy
de DannemarcK & à ceux
duRoyAuguste. LesConfederez
ont fait camper
une partie de leurs Troupes
a Oldenfworth & à
Wofbuls pour observer les
Suedois, & ils ont distiribué
le reste en quartier
d'hyver dans les Estats de
Holstein Gottorp en attendant
que le beau temps
leur donne le moyend'attaquer
les Suedois.LeCzar
a fait élever des redoutes
devant l'arméeSuedoise&
dans la Dithmarse pour
empescher qu'ils ne tirent
des vivres & des fourrages
de ces costez-là.
Sa Majesté Czarienne
partie le 19. pour aller à
Hanover ; mais ayant appris
en chemin que le General
Sceinbock avoit fait
construireunpont sur l'Eyderà
Tonningen avec un
grand nombre de batteaux
qu'il y avoit trouvez, &
qu'il commençoit à y faire
passerses Troupes, il [uc.
pendit son voyage. Il ordonnaàles
Troupes de décamper,
& de s'avancer
vers l'Eyder pour le passer
à Fredericstatd où la pluspart
de l'infanterie arriva
lé mesme jour. Le pont
estant rompu elle ne put
estreassemblée au deça que
le 21. au nombre d'environ
dix mille hommes pour aller
joindre la Cavalerie Danoise;
cependant le General
Baver s'avança pour attaquer
les Suedois, mais
comme ils n'estoient passez
qu'environ quinze ou seize
cents chevaux, & qu'ils estoient
informez que les
Ennemis recevoient à tout
moment de nouveaux renforts,
ils se retirerent après
de rudesescarmouches, ôc
la perte a esté à peu prés
égale des deux costez. Les
Lettres de Berlin portent
que le sieurLosender qui
avoitesté envoyé à Bender
estoit revenu, qu'il
avoit rapporté que le Roy
de Suede ne vouloit point
entendre parler de la Renonciation
du Roy SraniClas
à la Couronne de Po»
logne, que les Troupes Sa»
xonnes ôc Moscovites qui
estoient à VVolgast & en
d'autres lieux de Pomeranie,
en estoient sorties pour
aller dansleHolstein joindre
l'armée confederée.
On mande deDresde qu'-
on continuoit d'exercer les
milices afin de former un
corps d'environ douze mille
hommes, qui seroit mis
dans les places pourentirer
les Troupes reglées
f
on ne croit pas que les
Estats de Saxe veuillent
fournir à leurentretien la
pays estant desja excessivement
chargé,
Les Lettres de Valaquie
du 6. Février portent que
le Roy Stanislas estoit arrivé
à Bender où le Roy de
Suede estoit encore , qu'il
n'attendait pour partir que
le resultat de la conference
qu'un Bacha envoyé par
le Grand Seigneur,&un
Député du Kam des Tartares
devoient avoir sur la
frontiere avec la Palatin
de Podolie, pour regler le
passage du Roy de Suede
par la Pologne, que le
Grand Seigneur qui estoit
tousjours à Andrinople luy
avoit de nouveau envoyé
de grandes sommes, que
le Kam des Tartaresavoit
ordre de rescorter en personne,&
de traittercomme
ennemis tous ceux qui
voudroients'opposerà son
passage; celles d'Andrinople
du 28. Janvier asseurent
que lePalatin de Masovie
Ambassadeur de Poiogne,
logne
,
avoit eu Audience
du grand ViGr, & qu'il
estoit bien [rainé) mais
que les Ambassadeurs du
Czar estoient tousjours
prisonniers au Chasteau
des sept Tours,que l'armée
Othomane devoit estre
assemblée sur le Danube
avant la fin de Mars
pour s'avancer vers l'UKraine
& en chasser les
Moscovites,afin de remettre
les Cosaques en pleine
liberté.
de la basse Allemagne.
ON écrit deWismar du
14. Février que le General
Hamerstein que le Duc
d'Hanover avoit envoyé
au Comte de Steinbock
pour proposer des moyens
de faire la paix avec les
Puissances confederées, a
rapporré qu'illuy avoit dit
pour toute response qu'il
n'avoir point d'autre ordre
du Roy son Maistre
, que
de restablir les Traitez de
Trawendal & de Raenstadt.
CesmesmesLettres
portent qu'un Parti de quarante
Cavaliers Suedois
ayant appris que plusieurs
chariotsquivenoient de
Pomeranie, chargez d'habirs
& de bagages, avec
une escorte Moscovite,
marchoient vers le Holstein,
resolut de l'aller attaquer
; qu'il avait surpris
& défait l'escorte & pris
les chariots
; qu'il avoit
amené le butin & les prisonniers
à Wifmar. Celles
de l'armée des Princes confederez
, portent qu'elle
avoit passé en deux endroits
lariviere de Trene,
& que le Czar ayant trouvé
l'accèsdeFredericstadt
impraticable du costé de
l'Eyder, à cause de l'inondation
où il avoit couru
risque de se noyer, fit marcher
les Troupes vers Husum,
laissantl'inondation
de la Trene sur sa gauche.
Le 12. Février l'armée estant
arrivée prés de Fredericstadt,
sa Majesté Czarienne
se mità la testede
cinq bataillons desesGardes
& de quelques Régiments
de Dragons pour
attaquer un retranchement
gardé par les Suédois,
le combatcommença
à huit heures du matin
& dura près de cinq heures.
Les Moscovites furent
repoussez deux fois, mais
après un grand feu de canon
& de mousqueterie
ils se rendirent maistres du
retranchement
,
prirent
deux pieces de c,anon,tlueI..
ques bagages
, & firent
près de trois cents prisonniers,
on ne parle point de
la perte que les Moscovites
ont faite, qui sans doute
est considerable dans
une attaque si opiniastre.
On écrit du camp des Suedois
à Gardingen que les
Moscovites n'avoient pas
creu trouver une si vigoureuseresistance
dans l'attaque
des retranchements
faits sur la digue de Swabstede
,que le peu de TroupesSuedoisesquiy
estoient
les avoient deffendus avec
tant de valeur que les Moscovites
n'avoient pu s'en
rendre maistres que sur le
soit avec un grand carnage
de leurs gens,outreun
grand nombre suffoqué
dans le marais, & les blesfez
donc vingt chariots furent
chargez pour les conduire
à Renfbourg. Cette
grande resistance donna le
temps au General Stakelberg
de retirer de Fredericstadt
les trois mille hommes
qui y estoient en garnison,&
de faire sa retraite
vers Gardingen. Ils
avoient resolu d'attaquer
le General Sreinbock aussi-
tost la prise des retranchements;
mais ayant appris
que ce General avoit
fortifié les avenuës de son
camp par des redoutes &
des retranchements, ils
changerent de resolution.
Les dernieres Lettres de
Wismar porrent que la forteresse
de Tonningen a
esté livrée au Comte de
Steinboc K par un ordre du
jeune Prince Charles Frédéric
Duc de Holstein Gortorp
neveu du Roy de Suede
,
& qui est à Stockolm
où il a
esté déclarémajeur.
Cet ordre fut portéau General
Steinbock par OU
Courier qui passa au travers
de l'armée conféderée.
Le Colonel Wols
qui commandoit dans
Tonningen ne fit aucune
difficulté d'y obéïr
, & il
fut continué dansl'employ
de Commandant de la place.
Cette nouvelle a beaucoup
chagriné les Confederez,
qui depuis traittent
comme ennemis lesEstats
du Duc de Holstein Gottorp
; ils ontmis garnison
dansGottorp, dans Kiel &
dans Eckenforde, ils demandent
de grosses contributions
au pays, les Danois
ont fait faire l'inventaire
des meubles du Chasteau
de Gottorp dont on
fait monter la valeur à plus
de douze cens mille e
feus.'
On écrit que le Roy de
Dannemarck fait armer
quelques Vaisseaux & six
Fregates pour oster la
communication des vivres
par mer aux Suedois. Ils
menacent de ruiner lesEstats
du jeune Duc de Holstein
Gottorp
,
ils ont fait
prisonnier le sieur Breckdorf
Drossard de Gottorp
avec la garnison. Le Comte
Welling a fait publier
un Manifeste par lequel il
declare que s'ils executent
cette resolution
, les Suedois
feront un pareil traittement
aux sujets du Roy
de DannemarcK & à ceux
duRoyAuguste. LesConfederez
ont fait camper
une partie de leurs Troupes
a Oldenfworth & à
Wofbuls pour observer les
Suedois, & ils ont distiribué
le reste en quartier
d'hyver dans les Estats de
Holstein Gottorp en attendant
que le beau temps
leur donne le moyend'attaquer
les Suedois.LeCzar
a fait élever des redoutes
devant l'arméeSuedoise&
dans la Dithmarse pour
empescher qu'ils ne tirent
des vivres & des fourrages
de ces costez-là.
Sa Majesté Czarienne
partie le 19. pour aller à
Hanover ; mais ayant appris
en chemin que le General
Sceinbock avoit fait
construireunpont sur l'Eyderà
Tonningen avec un
grand nombre de batteaux
qu'il y avoit trouvez, &
qu'il commençoit à y faire
passerses Troupes, il [uc.
pendit son voyage. Il ordonnaàles
Troupes de décamper,
& de s'avancer
vers l'Eyder pour le passer
à Fredericstatd où la pluspart
de l'infanterie arriva
lé mesme jour. Le pont
estant rompu elle ne put
estreassemblée au deça que
le 21. au nombre d'environ
dix mille hommes pour aller
joindre la Cavalerie Danoise;
cependant le General
Baver s'avança pour attaquer
les Suedois, mais
comme ils n'estoient passez
qu'environ quinze ou seize
cents chevaux, & qu'ils estoient
informez que les
Ennemis recevoient à tout
moment de nouveaux renforts,
ils se retirerent après
de rudesescarmouches, ôc
la perte a esté à peu prés
égale des deux costez. Les
Lettres de Berlin portent
que le sieurLosender qui
avoitesté envoyé à Bender
estoit revenu, qu'il
avoit rapporté que le Roy
de Suede ne vouloit point
entendre parler de la Renonciation
du Roy SraniClas
à la Couronne de Po»
logne, que les Troupes Sa»
xonnes ôc Moscovites qui
estoient à VVolgast & en
d'autres lieux de Pomeranie,
en estoient sorties pour
aller dansleHolstein joindre
l'armée confederée.
On mande deDresde qu'-
on continuoit d'exercer les
milices afin de former un
corps d'environ douze mille
hommes, qui seroit mis
dans les places pourentirer
les Troupes reglées
f
on ne croit pas que les
Estats de Saxe veuillent
fournir à leurentretien la
pays estant desja excessivement
chargé,
Les Lettres de Valaquie
du 6. Février portent que
le Roy Stanislas estoit arrivé
à Bender où le Roy de
Suede estoit encore , qu'il
n'attendait pour partir que
le resultat de la conference
qu'un Bacha envoyé par
le Grand Seigneur,&un
Député du Kam des Tartares
devoient avoir sur la
frontiere avec la Palatin
de Podolie, pour regler le
passage du Roy de Suede
par la Pologne, que le
Grand Seigneur qui estoit
tousjours à Andrinople luy
avoit de nouveau envoyé
de grandes sommes, que
le Kam des Tartaresavoit
ordre de rescorter en personne,&
de traittercomme
ennemis tous ceux qui
voudroients'opposerà son
passage; celles d'Andrinople
du 28. Janvier asseurent
que lePalatin de Masovie
Ambassadeur de Poiogne,
logne
,
avoit eu Audience
du grand ViGr, & qu'il
estoit bien [rainé) mais
que les Ambassadeurs du
Czar estoient tousjours
prisonniers au Chasteau
des sept Tours,que l'armée
Othomane devoit estre
assemblée sur le Danube
avant la fin de Mars
pour s'avancer vers l'UKraine
& en chasser les
Moscovites,afin de remettre
les Cosaques en pleine
liberté.
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Résumé : NOUVELLES de la basse Allemagne.
En février, plusieurs événements militaires et politiques ont marqué la Basse-Allemagne et les régions voisines. Le général Hamerstein, envoyé par le duc d'Hanover, a rapporté que le comte de Steinbock avait pour mission de rétablir les traités de Trawendal et de Raenstadt. Des cavaliers suédois ont attaqué et capturé des chariots chargés de bagages, escortés par des Moscovites, près de Wismar. L'armée des Princes confédérés a traversé la rivière Trene pour attaquer des retranchements suédois près de Fredericstadt, malgré des inondations. Ce combat, qui a duré cinq heures, a permis aux Moscovites de prendre deux pièces de canon et de faire près de trois cents prisonniers. À Swabstede, les Suédois ont résisté vigoureusement, permettant au général Stakelberg de retirer ses troupes vers Gardingen. La forteresse de Tonningen a été livrée au comte de Steinbock par ordre du prince Charles Frédéric de Holstein-Gottorp, ce qui a déplu aux confédérés. Le roi de Danemark a armé des vaisseaux pour couper les vivres aux Suédois, tandis que le czar a interrompu son voyage pour empêcher les Suédois de traverser l'Eyder. Des escarmouches ont eu lieu entre les troupes danoises et suédoises. En Saxe, des milices ont été formées pour remplacer les troupes régulières. En Valachie, le roi Stanislas attendait le résultat d'une conférence pour le passage du roi de Suède à travers la Pologne. À Andrinople, l'armée ottomane se préparait à chasser les Moscovites d'Ukraine.
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3
p. 93-111
L'ISLE DES PESCHEURS. Historiette traduite de l'Italien par M. de Pré***.
Début :
Une femme trés-sensible à l'ambitionm & encore plus à [...]
Mots clefs :
Veuve, Pêcheur, Mélancolie, Amour, Magicienne, Oracle, Sacrifice, Résolution, Consolation, Mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'ISLE DES PESCHEURS. Historiette traduite de l'Italien par M. de Pré***.
L'ISLE
DES PESCHEURS.
Hitoriette traduite de l'Italien
parM.dePrè***.
UNe femme trés-sensible
à l'ambition, & encore
plus à l'amour, venoit
de perdre son mari
qu'elle , aimoit, & qui
étoit Gouverneur de
l'Isle des Pescheurs.
Elle se retira dans le
creuxd'un rocher, dont
elle ne sortoit que pour
aller pleurer sur le bord
de la mer.
Unpescheur mélancolique,
& qui pour
pescher seul s'écartoit
toûjours des autres, alla
un jour pescher de bon
matin, & se plaça sur
le bout d'un rocher, proche
decelui qu'habitoit
Zauraa. (c'étoit le nom
de la veuve ) Quoique
depuis son veuvage elle
1
n'eût éie capable de
prendre aucun plaisir,
elle trouva que celui de
la pesche étoit si mélancolique,
qu'il convenoit
à une personneaffligée:
elle regarda la pesche un
peu detemps, & ensuite
elle regarda le pescheur.
Il avoit aussi l'air
fort mélancolique; cest
ce qui luyplut d'abord:
elle s'approcha de luy,
8G se mit à pleurer. Le
gescheur, qui nesçavoit
que lui dire, se mit à
pleurer aussi, & ce fut
toute la conversation de
cette premiere entrevuë.
Zauraa rentra dans son
rocher,& le pêcheurss'en
retourna dans sa cabane.
Toute la nuit Zauraa
pensa à son défunt mari
,
& par malheur pour
elle elle n'y peut penser
sans pleurer, ni pleurer
sans se souvenir de celui
qui avoit pleuré de compagnie
-
avec elle: elle
jugea
jugea que deux pleureursvalentmieux
qu'-
un, & font plus d'honneur
au défunt. Elle retourna
àl'endroit de la
peschepouryrencontrer
son second. Dés la
pointe du jour il ne manqua
pas de s'y trouver;
carilavoitresoludeconsoler
la veuve. D'abord
ils reprirent les pleurs
où ils lesavoientlaissez
de bonesprit, & qui
sçavoit que 1g meilleur
moyen de retirer quelqu'un
de sadouleur,c'est
d'yentrer d'abord avec
lui, se mità parlerainsi.
En vérité, Madame,
vous avez bien raifonde
pleurer Monsieur vôtre
mari; car c'étoit le
meilleur & le plus honjiete
homme du monde.
Comment donc, dit
la veuve, est-ceque vous
le connoissez?Non pas,
Madame, répondit le
pescheur:mais j'en juge
par la maniere dont vous
le pleurez. Après plusieurs
autres discours de
la même espece, enfin le
pescheur la consola de si
bonne grace, qu'elle benissoit
presque le sujet
d'affliction qui luyavoit
attiré un tel consolateur.
Elle l'aima pendant quelque
temps sans s'en ap-
- percevoir;car siere comme
elle Tétoit, elle ailroit
rompu d'abord tout
commerce. Le pescheur
qui s'en étoit apperçû
d'abord, avoit fait confidence
de sa bonne fortune
à la suivante de la
veuve, à qui il promit
tout si elle conduisoit la
chose jusqu'à un bon
mariage.
Cette suivante étoit
une espece de magicienne,
c'est à dire une espece
de fourbe qui avoit
lû des livres de magic,
d'Astrologie, de Chiromancie
,& autres de pareille
trempe. Un foir,
que sa maîtresse rêvoit
profondément au pescheur,
elle lui prit la
main en badinant, &
par certaines lignes redoublées
qu'elle vit dans
sa main, elle devina qu'-
elle étoit destinée à se
remarier. Ce mot deremarier
l'irrita si fort,
que la suivante eût voulu
le retenir, 6L n'en
pnarlaépelus.de la jour-
Le lendemain cette
fiere veuve voyant à son
ordinaire pêscher le pescheur,
se surprit dans un
mouvement detendresse
si fort, qu'elle ne pouvoit
plus le meconnoître.
Elle en eut tant
d'horreur, qu'elle fut
prête à se précipiter dans
la mer:on dit même qu'-
elle s'y précipita,& que
le pescheur la repescha
aussitôt. Quoy qu'il en
foit
,
ello resolut de ne
le plus voir, & elle n'eût
jamais crû pouvoir tenir
sa resolution ;elle la tint
pourtant: mais quels
combatsnéprouvat-elle
point?Tantôt elle regardoit
avec horreur
l'objet de sa foiblesse;
tantôt elle prenoit plaisir
à penser à lui malgré
elle:encertains momens
elle vouloit mourir, en
d'autres momens elle se
feiitoit delà^iipeiîtîoïi
à vi vre. Enfin^a. Magicienne,
qui devinoit tout
de - qu'elle ne ---vouloi-t
point luidire,siten forte
, avec le temps & l'amour,
que la veuve conftritit'à
êtrepresenteà
Uhê^efthêmerveiHeufc
que la Magicienne * lui
Èro?o«sa, &C qui se passa
enjtféfrte'fortc.-; Entre les herbes qu'-
elleconnoissoit, il y en
avoit une pour la-qu-cllc-
,
les poissons avoient tant
d'antipatie, quelle les
faifoic fuir du plus loin
qu'ils la sentoient. Du
jus de cette herbe le pescheur
alloit toutes les
nuits froter les filetsde
ses camarades, en sorte
que pendant huit jours
on ne pur prendre aucun
poisson dans toute fine.
Les voila desolez ; car
ils ne vivoient que de
leur pesche, c'étoit tout
leur commerce.
On eut recours a l'oracle
feur & .trés-seur
car l'oracle dépendoitdu
Sacrificateur, & le Sacrificateur
dépendoitde
la Magicienne. En un
mot elle fit dire à l'oracle
que le poisson ne
viendroit point se prendre
si la veuve de leur
Gouverneur ne leur donnoit
pour chef le pescheuren
question.Apres
cela l'oracle fitunebelle
genealogie au pescheur,
pour le rendre plus digne
de commander: ensuite
sur la foy de l'oracle
on depura vers la
veuve,quirefusa, autant
qu'il en fut besoin
pour persuader qu'elle
ne se fûtjamais mariée
sans la necessité absoluë
qu'il y a d'obéir aux oracles.
Enfin l(histoireditqu'-
elle se maria pour le bien
public; que l'amourdu
bien public lui fit prendre
son mariage en patience
aussi bien qu'à son
mari, qui pour ne jamais
oublier sa baffe extraction
,fit élever un monument
magnifique, avec
un trophée superbe, ou
il appendit son habit ruftique
, sa ligne, ses filets;&
toute sadépoüille
de pescheur, & fitgraver
ces vers au-dessous.
Rustiques omemens de
mapauvrefamille,
Filets
, guetres,sabots
es barette &man- 9
dille,
Je n'ai pas de regret de
*7 * vous avoir quittez
Mais je veux vousgarder
dans mes antiquitez.,
Pour me servir un jour
contre la vaine
gloire.
C'ejl par vous que je
veux commencermon
histoire
A ceux qui curieux de
mesillustresfaits, Mecroiroientvolontiers
descendu desJafets.
Lorsque vous me verrez
un jour par avanture
Succombantsous lepoids
d'une injuste dorure,
'B,Ouff dans mon jabot
comme un pigeon
patu y, Faites-moyJouvenirque
vous m avez, vêtu.
Si quelquefatpajépour
illustrer ma race,
Retranche à mes ayeux
lefiltteS lanasse Pour , me passer sur le
rapé
D'une antique Principauté
,
Pour lors,mes chers hA"
bits,contrecetteimposture
Vous vous érigerez, en
preuves de roture.
DES PESCHEURS.
Hitoriette traduite de l'Italien
parM.dePrè***.
UNe femme trés-sensible
à l'ambition, & encore
plus à l'amour, venoit
de perdre son mari
qu'elle , aimoit, & qui
étoit Gouverneur de
l'Isle des Pescheurs.
Elle se retira dans le
creuxd'un rocher, dont
elle ne sortoit que pour
aller pleurer sur le bord
de la mer.
Unpescheur mélancolique,
& qui pour
pescher seul s'écartoit
toûjours des autres, alla
un jour pescher de bon
matin, & se plaça sur
le bout d'un rocher, proche
decelui qu'habitoit
Zauraa. (c'étoit le nom
de la veuve ) Quoique
depuis son veuvage elle
1
n'eût éie capable de
prendre aucun plaisir,
elle trouva que celui de
la pesche étoit si mélancolique,
qu'il convenoit
à une personneaffligée:
elle regarda la pesche un
peu detemps, & ensuite
elle regarda le pescheur.
Il avoit aussi l'air
fort mélancolique; cest
ce qui luyplut d'abord:
elle s'approcha de luy,
8G se mit à pleurer. Le
gescheur, qui nesçavoit
que lui dire, se mit à
pleurer aussi, & ce fut
toute la conversation de
cette premiere entrevuë.
Zauraa rentra dans son
rocher,& le pêcheurss'en
retourna dans sa cabane.
Toute la nuit Zauraa
pensa à son défunt mari
,
& par malheur pour
elle elle n'y peut penser
sans pleurer, ni pleurer
sans se souvenir de celui
qui avoit pleuré de compagnie
-
avec elle: elle
jugea
jugea que deux pleureursvalentmieux
qu'-
un, & font plus d'honneur
au défunt. Elle retourna
àl'endroit de la
peschepouryrencontrer
son second. Dés la
pointe du jour il ne manqua
pas de s'y trouver;
carilavoitresoludeconsoler
la veuve. D'abord
ils reprirent les pleurs
où ils lesavoientlaissez
de bonesprit, & qui
sçavoit que 1g meilleur
moyen de retirer quelqu'un
de sadouleur,c'est
d'yentrer d'abord avec
lui, se mità parlerainsi.
En vérité, Madame,
vous avez bien raifonde
pleurer Monsieur vôtre
mari; car c'étoit le
meilleur & le plus honjiete
homme du monde.
Comment donc, dit
la veuve, est-ceque vous
le connoissez?Non pas,
Madame, répondit le
pescheur:mais j'en juge
par la maniere dont vous
le pleurez. Après plusieurs
autres discours de
la même espece, enfin le
pescheur la consola de si
bonne grace, qu'elle benissoit
presque le sujet
d'affliction qui luyavoit
attiré un tel consolateur.
Elle l'aima pendant quelque
temps sans s'en ap-
- percevoir;car siere comme
elle Tétoit, elle ailroit
rompu d'abord tout
commerce. Le pescheur
qui s'en étoit apperçû
d'abord, avoit fait confidence
de sa bonne fortune
à la suivante de la
veuve, à qui il promit
tout si elle conduisoit la
chose jusqu'à un bon
mariage.
Cette suivante étoit
une espece de magicienne,
c'est à dire une espece
de fourbe qui avoit
lû des livres de magic,
d'Astrologie, de Chiromancie
,& autres de pareille
trempe. Un foir,
que sa maîtresse rêvoit
profondément au pescheur,
elle lui prit la
main en badinant, &
par certaines lignes redoublées
qu'elle vit dans
sa main, elle devina qu'-
elle étoit destinée à se
remarier. Ce mot deremarier
l'irrita si fort,
que la suivante eût voulu
le retenir, 6L n'en
pnarlaépelus.de la jour-
Le lendemain cette
fiere veuve voyant à son
ordinaire pêscher le pescheur,
se surprit dans un
mouvement detendresse
si fort, qu'elle ne pouvoit
plus le meconnoître.
Elle en eut tant
d'horreur, qu'elle fut
prête à se précipiter dans
la mer:on dit même qu'-
elle s'y précipita,& que
le pescheur la repescha
aussitôt. Quoy qu'il en
foit
,
ello resolut de ne
le plus voir, & elle n'eût
jamais crû pouvoir tenir
sa resolution ;elle la tint
pourtant: mais quels
combatsnéprouvat-elle
point?Tantôt elle regardoit
avec horreur
l'objet de sa foiblesse;
tantôt elle prenoit plaisir
à penser à lui malgré
elle:encertains momens
elle vouloit mourir, en
d'autres momens elle se
feiitoit delà^iipeiîtîoïi
à vi vre. Enfin^a. Magicienne,
qui devinoit tout
de - qu'elle ne ---vouloi-t
point luidire,siten forte
, avec le temps & l'amour,
que la veuve conftritit'à
êtrepresenteà
Uhê^efthêmerveiHeufc
que la Magicienne * lui
Èro?o«sa, &C qui se passa
enjtféfrte'fortc.-; Entre les herbes qu'-
elleconnoissoit, il y en
avoit une pour la-qu-cllc-
,
les poissons avoient tant
d'antipatie, quelle les
faifoic fuir du plus loin
qu'ils la sentoient. Du
jus de cette herbe le pescheur
alloit toutes les
nuits froter les filetsde
ses camarades, en sorte
que pendant huit jours
on ne pur prendre aucun
poisson dans toute fine.
Les voila desolez ; car
ils ne vivoient que de
leur pesche, c'étoit tout
leur commerce.
On eut recours a l'oracle
feur & .trés-seur
car l'oracle dépendoitdu
Sacrificateur, & le Sacrificateur
dépendoitde
la Magicienne. En un
mot elle fit dire à l'oracle
que le poisson ne
viendroit point se prendre
si la veuve de leur
Gouverneur ne leur donnoit
pour chef le pescheuren
question.Apres
cela l'oracle fitunebelle
genealogie au pescheur,
pour le rendre plus digne
de commander: ensuite
sur la foy de l'oracle
on depura vers la
veuve,quirefusa, autant
qu'il en fut besoin
pour persuader qu'elle
ne se fûtjamais mariée
sans la necessité absoluë
qu'il y a d'obéir aux oracles.
Enfin l(histoireditqu'-
elle se maria pour le bien
public; que l'amourdu
bien public lui fit prendre
son mariage en patience
aussi bien qu'à son
mari, qui pour ne jamais
oublier sa baffe extraction
,fit élever un monument
magnifique, avec
un trophée superbe, ou
il appendit son habit ruftique
, sa ligne, ses filets;&
toute sadépoüille
de pescheur, & fitgraver
ces vers au-dessous.
Rustiques omemens de
mapauvrefamille,
Filets
, guetres,sabots
es barette &man- 9
dille,
Je n'ai pas de regret de
*7 * vous avoir quittez
Mais je veux vousgarder
dans mes antiquitez.,
Pour me servir un jour
contre la vaine
gloire.
C'ejl par vous que je
veux commencermon
histoire
A ceux qui curieux de
mesillustresfaits, Mecroiroientvolontiers
descendu desJafets.
Lorsque vous me verrez
un jour par avanture
Succombantsous lepoids
d'une injuste dorure,
'B,Ouff dans mon jabot
comme un pigeon
patu y, Faites-moyJouvenirque
vous m avez, vêtu.
Si quelquefatpajépour
illustrer ma race,
Retranche à mes ayeux
lefiltteS lanasse Pour , me passer sur le
rapé
D'une antique Principauté
,
Pour lors,mes chers hA"
bits,contrecetteimposture
Vous vous érigerez, en
preuves de roture.
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Résumé : L'ISLE DES PESCHEURS. Historiette traduite de l'Italien par M. de Pré***.
Le texte relate l'histoire de Zauraa, une veuve sensible et amoureuse, qui se retire dans un rocher après la perte de son mari, gouverneur de l'Isle des Pêcheurs. Elle y pleure sa douleur sur le bord de la mer. Un pêcheur mélancolique, qui s'isole pour pêcher, la rencontre et partage sa tristesse. Ils pleurent ensemble sans échanger un mot. Zauraa, incapable de trouver du réconfort, retourne voir le pêcheur le lendemain. Ils discutent de son défunt mari, et le pêcheur la console avec tant de grâce qu'elle finit par l'aimer sans s'en rendre compte. Le pêcheur, aidé par la suivante de Zauraa, une magicienne, cherche à l'épouser. La magicienne prédit à Zauraa qu'elle se remariera, ce qui la perturbe. Malgré ses efforts pour éviter le pêcheur, Zauraa finit par céder à ses sentiments. La magicienne utilise ses pouvoirs pour manipuler la situation. Elle fait en sorte que les pêcheurs de l'île ne puissent plus attraper de poissons, ce qui les pousse à consulter l'oracle. L'oracle, contrôlé par la magicienne, déclare que le pêcheur doit devenir le chef de l'île pour que la pêche reprenne. Zauraa accepte finalement de l'épouser pour le bien public. Le pêcheur, devenu gouverneur, fait ériger un monument avec ses anciens vêtements de pêcheur et des vers gravés, rappelant ses origines modestes et mettant en garde contre la vanité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 193-194
DE RATISBONNE, le 30 Janvier.
Début :
Ces jours derniers, le Prince de la Tour Taxis, premier Commissaire de l'Empereur à la [...]
Mots clefs :
Empire, Corps, Empereur, États protestants, Augsbourg, Affaire, Constitutions, Résolution, Diète
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE RATISBONNE, le 30 Janvier.
DE RATISBONNE, le 30 Janvier.
Ces jours derniers, le Prince de la Tour Taxis,
premier Commissaire de l'Empereur à la
Diette del'Empire, remit à cette Assemblée un dé-
cret de commission Impériale, portant, » Que
„l'annéé derniere les Etats Protestans de la Con-
o fession d'Ausbourg ont écrit à l'Empereur une
lettre, dans laquelle, sous prétexte de justi-
»»fier les voies d'exécution employées à l'occa-
sion de l'affaire de Hohenloë, ils ont avancé
plusieurs propositions nouvelles, contraires aux
» Constitutions de l'Empire, à la Paix de Reli-
gion, au Traité de Westphalie, ainsi qu'aux
vOtdonnances pour accelerer les exécutions, &
„ tendantes à troubler le repos du Corps Germa-
nique; que non seulement ils ont paru vouloit
soutenit la validité de leurs allégations, mais
qu'ils se sont arrogé le pouvoir de se faire droit
„ eux-mêmes, sans avoir égard ni aux loix de l'Em-
„ pire, ni aux prérogatives attachées à la dignité de
2 S. M. Impériale, ni à la ferme résolution qu'elle
2 a toujours montrée de rendre justice à chacun
„ sans partialité & sans acception des personnes ni
des Religions; que comme il ne seroit pas
n juste que les Etats de la Confession d'Ausbourg
ufissent un Corps séßaré, contre la teneur des
„ Constitutions de l'Empire, & empiétassent sur
„ l'autorité de celui qui en est le Chef, l'Em-
pereur desaprouve hautement une telle condui-
te; qu'il annulle la résolution prise le 30 du
194 MERCUREDEFRANCE.
v mois d'Octobre dernier par le Corps Evangélt.
„que; que Sa Majeste Impériale déclare com-
„me non avenue tout ce qui a été entrepris en
„conséquence, & qu'elle recommande à la
»Diette, de donner la plus grande attention à
„ cette affaire, afin de prévenir les inconvéniens
»qui pourroient en résulter.
Ces jours derniers, le Prince de la Tour Taxis,
premier Commissaire de l'Empereur à la
Diette del'Empire, remit à cette Assemblée un dé-
cret de commission Impériale, portant, » Que
„l'annéé derniere les Etats Protestans de la Con-
o fession d'Ausbourg ont écrit à l'Empereur une
lettre, dans laquelle, sous prétexte de justi-
»»fier les voies d'exécution employées à l'occa-
sion de l'affaire de Hohenloë, ils ont avancé
plusieurs propositions nouvelles, contraires aux
» Constitutions de l'Empire, à la Paix de Reli-
gion, au Traité de Westphalie, ainsi qu'aux
vOtdonnances pour accelerer les exécutions, &
„ tendantes à troubler le repos du Corps Germa-
nique; que non seulement ils ont paru vouloit
soutenit la validité de leurs allégations, mais
qu'ils se sont arrogé le pouvoir de se faire droit
„ eux-mêmes, sans avoir égard ni aux loix de l'Em-
„ pire, ni aux prérogatives attachées à la dignité de
2 S. M. Impériale, ni à la ferme résolution qu'elle
2 a toujours montrée de rendre justice à chacun
„ sans partialité & sans acception des personnes ni
des Religions; que comme il ne seroit pas
n juste que les Etats de la Confession d'Ausbourg
ufissent un Corps séßaré, contre la teneur des
„ Constitutions de l'Empire, & empiétassent sur
„ l'autorité de celui qui en est le Chef, l'Em-
pereur desaprouve hautement une telle condui-
te; qu'il annulle la résolution prise le 30 du
194 MERCUREDEFRANCE.
v mois d'Octobre dernier par le Corps Evangélt.
„que; que Sa Majeste Impériale déclare com-
„me non avenue tout ce qui a été entrepris en
„conséquence, & qu'elle recommande à la
»Diette, de donner la plus grande attention à
„ cette affaire, afin de prévenir les inconvéniens
»qui pourroient en résulter.
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5
p. 198-199
DE LONDRES, le 1 Juin.
Début :
On a été fort déconcerté ici de la résolution prise par les Puissances du Nord [...]
Mots clefs :
Résolution, Flotte, Mer baltique, Accès, Roi de Prusse, Incendies, Dégâts, Pondichéry, Combat, Amiral, Chef d'escadre, Comte, Conseil, Exécution, Maison de Shirley
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 1 Juin.
De LONDRES , le n. Juin.
On a été fort déconcerté ici de la réfolution
prife par les Puiflances du Nord de fermer à nos
Flottes l'entrée de la Mer Baltique . On ne s'atten
doit pas à la triple alliance qui vient d'être conclue.
L'impoffibilité de fecourir le Roi de Pruffe
de ce côté , paroît avoir déterminé la Cour à faire
de plus grands efforts en Allemagne
On a reçu , de Bo on , laitre nouvelle de
trois incendies confécutifs arrivés dans cette Ville.
Le dernier , qui a été le plus confidérable , a réduit
en cendres plus de quatre cens maiſons &
magazins remplis d'effers de toute espéce . Cet
événement eft du zo Mars.
Les nouvelles arrivées, depuis peu , de Madras,
font évanouir le bruit qui s'étoit répandu de la
prife de Pondichéri Elles contiennent des détails
du Combat donné , au moi d'Octobre dernier ,
entre notre flote commandée par l'Amiral Pocock
& celle de France fous les ordres du fieur
Daché , Chef d'Efcadre. Ce combat a duré trois
heures , pendant le quelles nous avons eu cinq
cens hommes tués ou bleflés . Les Lettres du continent
confirment au la nouvelle du combat
de Vandavachi , & du défavantage que nos troupes
y ont eu.
Le prétendu Comte de S. Germain , qui avoit
été arrêté dans cette Ville , & confié à la garde
d'un Mellager d'Etat , a été relâché fous la conJUILLET.
1760.
23111 :
199
dition de fortir inceffamment du Royaume : ce
qu'il a exécuté.
1. 3
+
Laurent Shirley , Comte de Ferrers , Pair d'An- ,
gleterre , fubit , les du mois dernier , la peine
portée contre lui le 18 du mois précédent. Il fue
conduit à Tiburn , dans fon Caroffe à fix chevaux ,
& vêtu de fon habit le plus magnifique. L'échafaur
& la potence , étoient tendus de noir. Il monta
avec fermeté fur féchafauty & après une courte
priere , il fe livra à l'Exécuteur . Une heure après
T'exécution , fon corps fut envoyé, fuivant la Sentence
, à l'Amphithéâtre des Chirurgiens . Après
y avoir fervi à une jours à
démonstration anatomique, &
avoir été expofé deux jours à la vue du Public ,
il a été rendu à fes parens qui l'ont fait tranfporter
dins le Comté de Leiceftre , buieft lehchef lieu
de fa maifon & la fepulture de fes Ancêtres. Le
cercueil oùil a été dépofé , porté cette Infcription go
Laurent Ferrers éxécuté le 5 Mai 1760. La maifon!
de Shirley , dont le chef fur décoré en 1711. des
Titres héréditaires de Comte , Vicomte & Pair ▸
d'Angleterre, eft une des plus anciennes du Royau
me. Elle tire fon origine de Safwato , qui étoit un
des premiers Seigneurs Anglo- Saxons , lors de la
conquête de l'Angleterre par Guillaume , Duc de
Normandie.
On a été fort déconcerté ici de la réfolution
prife par les Puiflances du Nord de fermer à nos
Flottes l'entrée de la Mer Baltique . On ne s'atten
doit pas à la triple alliance qui vient d'être conclue.
L'impoffibilité de fecourir le Roi de Pruffe
de ce côté , paroît avoir déterminé la Cour à faire
de plus grands efforts en Allemagne
On a reçu , de Bo on , laitre nouvelle de
trois incendies confécutifs arrivés dans cette Ville.
Le dernier , qui a été le plus confidérable , a réduit
en cendres plus de quatre cens maiſons &
magazins remplis d'effers de toute espéce . Cet
événement eft du zo Mars.
Les nouvelles arrivées, depuis peu , de Madras,
font évanouir le bruit qui s'étoit répandu de la
prife de Pondichéri Elles contiennent des détails
du Combat donné , au moi d'Octobre dernier ,
entre notre flote commandée par l'Amiral Pocock
& celle de France fous les ordres du fieur
Daché , Chef d'Efcadre. Ce combat a duré trois
heures , pendant le quelles nous avons eu cinq
cens hommes tués ou bleflés . Les Lettres du continent
confirment au la nouvelle du combat
de Vandavachi , & du défavantage que nos troupes
y ont eu.
Le prétendu Comte de S. Germain , qui avoit
été arrêté dans cette Ville , & confié à la garde
d'un Mellager d'Etat , a été relâché fous la conJUILLET.
1760.
23111 :
199
dition de fortir inceffamment du Royaume : ce
qu'il a exécuté.
1. 3
+
Laurent Shirley , Comte de Ferrers , Pair d'An- ,
gleterre , fubit , les du mois dernier , la peine
portée contre lui le 18 du mois précédent. Il fue
conduit à Tiburn , dans fon Caroffe à fix chevaux ,
& vêtu de fon habit le plus magnifique. L'échafaur
& la potence , étoient tendus de noir. Il monta
avec fermeté fur féchafauty & après une courte
priere , il fe livra à l'Exécuteur . Une heure après
T'exécution , fon corps fut envoyé, fuivant la Sentence
, à l'Amphithéâtre des Chirurgiens . Après
y avoir fervi à une jours à
démonstration anatomique, &
avoir été expofé deux jours à la vue du Public ,
il a été rendu à fes parens qui l'ont fait tranfporter
dins le Comté de Leiceftre , buieft lehchef lieu
de fa maifon & la fepulture de fes Ancêtres. Le
cercueil oùil a été dépofé , porté cette Infcription go
Laurent Ferrers éxécuté le 5 Mai 1760. La maifon!
de Shirley , dont le chef fur décoré en 1711. des
Titres héréditaires de Comte , Vicomte & Pair ▸
d'Angleterre, eft une des plus anciennes du Royau
me. Elle tire fon origine de Safwato , qui étoit un
des premiers Seigneurs Anglo- Saxons , lors de la
conquête de l'Angleterre par Guillaume , Duc de
Normandie.
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Résumé : DE LONDRES, le 1 Juin.
Le 17 juin 1760, à Londres, la décision des puissances du Nord de fermer la mer Baltique aux flottes britanniques a surpris les autorités. Cette mesure, non anticipée malgré la récente triple alliance, a conduit la Cour à renforcer ses efforts en Allemagne pour aider le roi de Prusse. À Boston, trois incendies ont été signalés, le dernier ayant détruit plus de quatre cents maisons et magasins le 20 mars. Des nouvelles de Madras ont clarifié la situation à Pondichéry, détaillant un combat naval d'octobre entre les flottes britannique et française, causant la mort ou la blessure de cinq cents Britanniques. Des lettres confirment également la défaite britannique à Vandavachi. Le prétendu Comte de Saint-Germain, arrêté à Londres, a été libéré à condition de quitter le royaume. Laurent Shirley, Comte de Ferrers, a été exécuté le 5 mai 1760 à Tyburn après avoir été condamné le 18 avril précédent. Son corps a été utilisé pour des démonstrations anatomiques avant d'être rendu à sa famille pour inhumation dans le comté de Leicester. La maison de Shirley est l'une des plus anciennes du royaume, remontant à Sawato, seigneur anglo-saxon lors de la conquête normande.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 139-142
De BRUXELLES, le 17 Décembre.
Début :
Les Etats de Frise ont écrit aux Etats-Généraux assemblés à la Haye, pour demander [...]
Mots clefs :
Bruxelles, États de Frise, Villes, La Haye, République, Province, Provinces, Résolution
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De BRUXELLES, le 17 Décembre.
De BRUXELLES , le 17 Décembre.
LES Etats de Frife ont écrit aux Etats-
Généraux affemblés à la Haye , pour demander
une diminution du contingent qu'ils
doivent fournir dans les dépenfes de la
République . Cette lettre a été envoyée par
la Généralité aux Etats de chaque Province ;
ceux de Hollande ont déclaré fur-le- champ
que le tems actuel n'étoit pas celui de fonger
à une nouvelle répartition , vu que la République
étoit agitée par une guerre audehors
& des troubles au- dedans ; mais que
les repréfentations de la Frife paroiffant
juftes , ils vouloient bien fe charger de
fournir un demi-million de florins pour completter
le déficit de cette Province , comme
ils l'avoient déja fait pour la Zélande , juſqu'à
( 140 )
ce qu'on pût convenir d'une nouvelle répartition
; celle qui a lieu actuellement peut
donner une idée de l'importance & de la
confiftance respective des 7 Provinces - Unies ;
c'eft ainfi qu'une Gazette Hollandoife en
préfente le tableau.
33 Sur chaque centaine de florins à fournir par la
Généralité , les Provinces contribuent de la manière
fuivante.
La Gueldre pour
La Hollande
La Zélande
Utrecht .
La Frife
Ovéryffel .
SA. 12 13 .
58 6 4
9 3
4 16 7 .
• II
3 S.
3
11 " 5.
Groninge S IS
110 A.
Les divifions règnent toujours dans la
République , qui , dans le moment préfent
, auroit plus befoin que jamais de fe
réunir.
La Chambre des 11 villes , écrit-on de Leuwarde
, qui forme le Quatrième quartier des Etats de la
Province de Frife , s'eft conftamment oppofée aux
réfolutions des 3 autres Chambres , compofées par
les Députés , tant Nobles que Francs- Tenanciers des
trois quartiers du plat pays , & on fait que cette
conduite , fi contraire au vou du peuple , n'eft attribuće
qu'à l'influence qu'un feul individu exerce daus
chacune de ces villes , fous le nom de premier
Bourgmestre , & à la coutume qui s'étoit introduite
de rendre la nomination à toutes les charges Municipales
dépendante de la Cour Stadhoudérienne.
L'excès de cet abus a caufé , de la part du Magiftrat
de Dockum , une démarche vigoureuſe ; il a
réfola unanimement ( à l'exception du premier
( 141 )
-
Bourguemeftre ) de rendre , aux Membres de
fa Régence , l'ancienne liberté de difpofer des
Charges Provinciales qui vaqueront , d'en informer
les dix autres Villes par lettres circulaires
en les exhortant à fuivre fon exemple , & d'en prévenir
également le Prince ; ce qui a été fait par une
lettre en date du 29 Novembre. Le Magiftrat , dans
la réfolution prife le 26 , donne les motifs fuivans
de fa démarche. Qu'étonné & mécontent des avis
donnés par le Quartier des Villes dans les délibé
rations d'Etats contre le fentiment des trois autres
Quartiers , quoique tendant évidemment à avancer
le bien public dans les affaires les plus effentielles ,
il ne pouvoit attribuer un procédé fi étrange qu'aux
obligations que les principaux Députés de ce Quartier
( les premiers Bourguemeftres font conftamment
du nombre ) ont au Stathouder & à la dépendance
où ils font à fon égard : il n'a pris cette réfolution
que pour prévenir les effets de cette influence .
-
Cette réfolution a été mise à exécution fur- lechamp
, en nommant à deux places qui ont vaqué
dans le Confeil Municipal. La lettre circulaire , expédiée
aux dix autres Villes , y a été déja miſe en
délibération ,
Pendant ces difcuffions , qui annoncent
néceffairement du mécontentemenr les
Bourgeois de la Haye , à la fuite d'une fête
qu'ils font dans l'ufage de donner au Stathouder
, avoient projetté de lui offrir une
adreffe , pour le remercier des ouvertures
franches & fatisfaifantes , & des foins paternels
qu'il a montrés dans la direction des
affaires maritimes. Cette pièce , qui a paru
dans la Gazette de la Haye , a femblé bleffer
les Etats de plufieurs Provinces , qui demandent
des éclairciffemens fur cette direction
. Le Stadhouder a paru defirer lui(
142 )
même qu'on ne lui offrit point cette
adreffe , & il en a été rédigé une autre ,
où les Bourgeois fe contentent de complimenter
le Prince , fans entrer dans aucune
difcuffion d'objets qui n'appartiennent qu'aux
Etats Souverains.
LES Etats de Frife ont écrit aux Etats-
Généraux affemblés à la Haye , pour demander
une diminution du contingent qu'ils
doivent fournir dans les dépenfes de la
République . Cette lettre a été envoyée par
la Généralité aux Etats de chaque Province ;
ceux de Hollande ont déclaré fur-le- champ
que le tems actuel n'étoit pas celui de fonger
à une nouvelle répartition , vu que la République
étoit agitée par une guerre audehors
& des troubles au- dedans ; mais que
les repréfentations de la Frife paroiffant
juftes , ils vouloient bien fe charger de
fournir un demi-million de florins pour completter
le déficit de cette Province , comme
ils l'avoient déja fait pour la Zélande , juſqu'à
( 140 )
ce qu'on pût convenir d'une nouvelle répartition
; celle qui a lieu actuellement peut
donner une idée de l'importance & de la
confiftance respective des 7 Provinces - Unies ;
c'eft ainfi qu'une Gazette Hollandoife en
préfente le tableau.
33 Sur chaque centaine de florins à fournir par la
Généralité , les Provinces contribuent de la manière
fuivante.
La Gueldre pour
La Hollande
La Zélande
Utrecht .
La Frife
Ovéryffel .
SA. 12 13 .
58 6 4
9 3
4 16 7 .
• II
3 S.
3
11 " 5.
Groninge S IS
110 A.
Les divifions règnent toujours dans la
République , qui , dans le moment préfent
, auroit plus befoin que jamais de fe
réunir.
La Chambre des 11 villes , écrit-on de Leuwarde
, qui forme le Quatrième quartier des Etats de la
Province de Frife , s'eft conftamment oppofée aux
réfolutions des 3 autres Chambres , compofées par
les Députés , tant Nobles que Francs- Tenanciers des
trois quartiers du plat pays , & on fait que cette
conduite , fi contraire au vou du peuple , n'eft attribuće
qu'à l'influence qu'un feul individu exerce daus
chacune de ces villes , fous le nom de premier
Bourgmestre , & à la coutume qui s'étoit introduite
de rendre la nomination à toutes les charges Municipales
dépendante de la Cour Stadhoudérienne.
L'excès de cet abus a caufé , de la part du Magiftrat
de Dockum , une démarche vigoureuſe ; il a
réfola unanimement ( à l'exception du premier
( 141 )
-
Bourguemeftre ) de rendre , aux Membres de
fa Régence , l'ancienne liberté de difpofer des
Charges Provinciales qui vaqueront , d'en informer
les dix autres Villes par lettres circulaires
en les exhortant à fuivre fon exemple , & d'en prévenir
également le Prince ; ce qui a été fait par une
lettre en date du 29 Novembre. Le Magiftrat , dans
la réfolution prife le 26 , donne les motifs fuivans
de fa démarche. Qu'étonné & mécontent des avis
donnés par le Quartier des Villes dans les délibé
rations d'Etats contre le fentiment des trois autres
Quartiers , quoique tendant évidemment à avancer
le bien public dans les affaires les plus effentielles ,
il ne pouvoit attribuer un procédé fi étrange qu'aux
obligations que les principaux Députés de ce Quartier
( les premiers Bourguemeftres font conftamment
du nombre ) ont au Stathouder & à la dépendance
où ils font à fon égard : il n'a pris cette réfolution
que pour prévenir les effets de cette influence .
-
Cette réfolution a été mise à exécution fur- lechamp
, en nommant à deux places qui ont vaqué
dans le Confeil Municipal. La lettre circulaire , expédiée
aux dix autres Villes , y a été déja miſe en
délibération ,
Pendant ces difcuffions , qui annoncent
néceffairement du mécontentemenr les
Bourgeois de la Haye , à la fuite d'une fête
qu'ils font dans l'ufage de donner au Stathouder
, avoient projetté de lui offrir une
adreffe , pour le remercier des ouvertures
franches & fatisfaifantes , & des foins paternels
qu'il a montrés dans la direction des
affaires maritimes. Cette pièce , qui a paru
dans la Gazette de la Haye , a femblé bleffer
les Etats de plufieurs Provinces , qui demandent
des éclairciffemens fur cette direction
. Le Stadhouder a paru defirer lui(
142 )
même qu'on ne lui offrit point cette
adreffe , & il en a été rédigé une autre ,
où les Bourgeois fe contentent de complimenter
le Prince , fans entrer dans aucune
difcuffion d'objets qui n'appartiennent qu'aux
Etats Souverains.
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Résumé : De BRUXELLES, le 17 Décembre.
Le 17 décembre, les États de Frise ont sollicité une réduction de leur contribution financière aux dépenses de la République auprès des États-Généraux réunis à La Haye. Cette requête a été relayée par la Généralité aux États de chaque province. Les États de Hollande ont refusé de reconsidérer la répartition des charges financières en raison des troubles internes et de la guerre extérieure. Cependant, ils ont accepté de fournir un demi-million de florins pour combler le déficit de la Frise, comme ils l'avaient déjà fait pour la Zélande, en attendant une nouvelle répartition. Des divisions persistent au sein de la République, nécessitant une réunion. En Frise, la Chambre des 11 villes, représentant le quatrième quartier des États, s'oppose régulièrement aux décisions des trois autres chambres. Cette opposition est attribuée à l'influence d'un individu occupant le poste de premier bourgmestre dans chaque ville et à la pratique de nomination des charges municipales sous l'influence de la Cour Stadhoudérienne. Le magistrat de Dokkum a pris une mesure décisive en rétablissant l'ancienne liberté de disposer des charges provinciales vacantes et a encouragé les dix autres villes à suivre cet exemple. Cette décision a été immédiatement appliquée avec la nomination de membres pour deux postes vacants dans le conseil municipal. Par ailleurs, les bourgeois de La Haye prévoyaient d'adresser une lettre de remerciement au Stathouder pour ses actions dans les affaires maritimes. Cette initiative a suscité des réactions variées parmi les États de plusieurs provinces, qui ont demandé des clarifications. Le Stathouder a opté pour une adresse plus neutre, évitant ainsi toute discussion sur des sujets relevant des États souverains.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 142-144
Suite de la Lettre circulaire des Etats de Frise.
Début :
Quel jugement portera la direction de la Marine, en considérant ce qui s'est passé à l'égard [...]
Mots clefs :
États de Frise, Résolution, Lettre, Sortir, Brest, Ordre, Vaisseaux, Délibérations
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texteReconnaissance textuelle : Suite de la Lettre circulaire des Etats de Frise.
Suite de la Lettre circulaire des Etats de Frife.
Quel jugement portera la direction de la
Marine , en confidérant ce qui s'eft paffé à l'égard
du vaiffeau la Gueldre , qui arriva le 8
Octobre de deffous le Vlierer au Texel , & qui fat
défigné par S. A. pour fortir avec l'eſcadre ; le
Vice-Amiral Harifinck avertit S. A. , par une lettre
du 13 Octobre , qu'il s'en falloit de beaucoup que
l'équipage de ce vaiffeaa fût complet ; que les
canons de fa première batterie avoient été mis à
terre à Medembik , & qu'ainfi il étoit hors d'état
de remplir les intentions de S. A. pour la fortie.
Enfin , pourra-t - on fe faire une idée nette de la
direction des affaires de la Marine , fi l'on confidère
que lorfque L. H. P. , renonçant le 9 Octobre à
l'expédition de Breft prirent le même jour la
réfolution de faire fortir une efcadre , pour aller
prendre le convoi de Drontheim mouillé à Bergen ,
S. A. avoit déjà envoyé le 7 Octobre précédent
au Vice Amiral Hartfinck l'ordre de faire d'abord
fortir les vaiffeaux prêts à appareiller , & cela
( comme il appert par l'ordre donné ) pour faire
une courfe dans la mer du Nord ? Comment cet
ordre anticipé de S. A. , tandis que LL. HH. PP.
n'avoient pas encore terminé leurs délibérations
fur l'envoi de l'efcadre , fur le tems de fa fortie
& fur fa deftination , peut-il ſe juſtifier ? En effet ,
deux chofes font certaines : Ou , au cas que LL.
HH. PP. , en ordonnant promptement de remédier
aux difficultés propofées & de pourvoir les vaiffeaux
( 143 )
du néceffaire , euffent cru ce nonobftant devoir ſe
déterminer à l'expédition de Breft , leur réfolution
fur ce point important auroit été rendue illufoire
& abfolument impraticable contre leur attente &
durant le cours de leurs délibérations : Ou , fi LL..
HH. PP. euffent écouté les avertiffemens férieux
qui , felon la lettre du Vice- Amiral du 5 Octobre ,
ont été donnés par les Pilotes - côtiers ; favoir , que
les vaiffeaux ne pouvoient plus être conduits dehors
fans dangers , & que , la bonne faifon étant paffée',
il falloit bien plutôt leur faire quitter la rade & les
faire entrer au mouillage d hiver ; fi fuivant ce
confeil ( puifque le voyage de Breft avoit échoué )
elles euffent jugé à propos de prendre une réfolution
en conféquence , la fuite en auroit été , que les
ordres préalables de S. A. , qui avoient fi évidemment
anticipé fur les délibérations de LL. HH . PP. ,
auroient rendu l'exécution de la réfolution impoffible
& l'auroient anéantie dans le fait. Si nous faisons
donc réflexion fur toutes ces circonftances , & fi
nous confidérons en même-tems , comment S. A. S.
femble éviter , d'une façon inconcevable , de s'intéreſler
le moins du monde à tout ce qui concerne
une affaire , qui a caufé tant de furprife & d'éclat ,
tandis que LL. HH . PP. ont renvoyé tout ce qui
n'eſt pallé , quant aux rapports reçus , à délibération
ultérieure , fans rien de plus . Nous nous
perdons dans un abîme de perplexité . C'eft par ces
motifs , N. & P. S. , que d'une part le fentiment
douloureux des embarras dont nous nous voyons
environnés de tous côtés , & le defir de nous raffurer
au fujet des difficultés fus - mentionnées , ( qui ne font
qu'une partie de la conduite incompréhensible tenue
à tous égards ) puifque nous ne faurions nous procurer
aucunes lumières ni éclairciffemens ; d'autre
part , la perception affligeante de la fituation de
notre chère patrie , dont le danger s'accroît tous
les jours , nous excitent à nous adreffer de nou
-
( 144 )
veau à V. N. P. , à les exhorter & exciter par tout
ce qui nous cft, cher, & de, la manière la plus
folemnelle , à ne plus refter fanière
う
, mais a concourir
fans perte de tems , en mettant de côté
tous intérêts particuliers , pour faire de concert les
efforts les plus extrêmes , & pour nous réunir tous enfemble
avec franchife & un patriotifme ardent , dans
la vue d'effectuer un prompt redreffement dans les
affaires , de façon qu'on concerte avec une intention
Pure & avec promptitude les moyens les plus falutaires
& les plus efficaces pour cette fin , qui fait
aujourd'hui l'objet principal de nos devoirs.
La fuite à l'ordinaire prochain.
Quel jugement portera la direction de la
Marine , en confidérant ce qui s'eft paffé à l'égard
du vaiffeau la Gueldre , qui arriva le 8
Octobre de deffous le Vlierer au Texel , & qui fat
défigné par S. A. pour fortir avec l'eſcadre ; le
Vice-Amiral Harifinck avertit S. A. , par une lettre
du 13 Octobre , qu'il s'en falloit de beaucoup que
l'équipage de ce vaiffeaa fût complet ; que les
canons de fa première batterie avoient été mis à
terre à Medembik , & qu'ainfi il étoit hors d'état
de remplir les intentions de S. A. pour la fortie.
Enfin , pourra-t - on fe faire une idée nette de la
direction des affaires de la Marine , fi l'on confidère
que lorfque L. H. P. , renonçant le 9 Octobre à
l'expédition de Breft prirent le même jour la
réfolution de faire fortir une efcadre , pour aller
prendre le convoi de Drontheim mouillé à Bergen ,
S. A. avoit déjà envoyé le 7 Octobre précédent
au Vice Amiral Hartfinck l'ordre de faire d'abord
fortir les vaiffeaux prêts à appareiller , & cela
( comme il appert par l'ordre donné ) pour faire
une courfe dans la mer du Nord ? Comment cet
ordre anticipé de S. A. , tandis que LL. HH. PP.
n'avoient pas encore terminé leurs délibérations
fur l'envoi de l'efcadre , fur le tems de fa fortie
& fur fa deftination , peut-il ſe juſtifier ? En effet ,
deux chofes font certaines : Ou , au cas que LL.
HH. PP. , en ordonnant promptement de remédier
aux difficultés propofées & de pourvoir les vaiffeaux
( 143 )
du néceffaire , euffent cru ce nonobftant devoir ſe
déterminer à l'expédition de Breft , leur réfolution
fur ce point important auroit été rendue illufoire
& abfolument impraticable contre leur attente &
durant le cours de leurs délibérations : Ou , fi LL..
HH. PP. euffent écouté les avertiffemens férieux
qui , felon la lettre du Vice- Amiral du 5 Octobre ,
ont été donnés par les Pilotes - côtiers ; favoir , que
les vaiffeaux ne pouvoient plus être conduits dehors
fans dangers , & que , la bonne faifon étant paffée',
il falloit bien plutôt leur faire quitter la rade & les
faire entrer au mouillage d hiver ; fi fuivant ce
confeil ( puifque le voyage de Breft avoit échoué )
elles euffent jugé à propos de prendre une réfolution
en conféquence , la fuite en auroit été , que les
ordres préalables de S. A. , qui avoient fi évidemment
anticipé fur les délibérations de LL. HH . PP. ,
auroient rendu l'exécution de la réfolution impoffible
& l'auroient anéantie dans le fait. Si nous faisons
donc réflexion fur toutes ces circonftances , & fi
nous confidérons en même-tems , comment S. A. S.
femble éviter , d'une façon inconcevable , de s'intéreſler
le moins du monde à tout ce qui concerne
une affaire , qui a caufé tant de furprife & d'éclat ,
tandis que LL. HH . PP. ont renvoyé tout ce qui
n'eſt pallé , quant aux rapports reçus , à délibération
ultérieure , fans rien de plus . Nous nous
perdons dans un abîme de perplexité . C'eft par ces
motifs , N. & P. S. , que d'une part le fentiment
douloureux des embarras dont nous nous voyons
environnés de tous côtés , & le defir de nous raffurer
au fujet des difficultés fus - mentionnées , ( qui ne font
qu'une partie de la conduite incompréhensible tenue
à tous égards ) puifque nous ne faurions nous procurer
aucunes lumières ni éclairciffemens ; d'autre
part , la perception affligeante de la fituation de
notre chère patrie , dont le danger s'accroît tous
les jours , nous excitent à nous adreffer de nou
-
( 144 )
veau à V. N. P. , à les exhorter & exciter par tout
ce qui nous cft, cher, & de, la manière la plus
folemnelle , à ne plus refter fanière
う
, mais a concourir
fans perte de tems , en mettant de côté
tous intérêts particuliers , pour faire de concert les
efforts les plus extrêmes , & pour nous réunir tous enfemble
avec franchife & un patriotifme ardent , dans
la vue d'effectuer un prompt redreffement dans les
affaires , de façon qu'on concerte avec une intention
Pure & avec promptitude les moyens les plus falutaires
& les plus efficaces pour cette fin , qui fait
aujourd'hui l'objet principal de nos devoirs.
La fuite à l'ordinaire prochain.
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Résumé : Suite de la Lettre circulaire des Etats de Frise.
La Lettre circulaire des États de Frise aborde divers problèmes affectant la Marine. Le vaisseau 'la Gueldre', arrivé le 8 octobre, ne pouvait pas partir en raison d'un équipage incomplet et de canons démontés. Le Vice-Amiral Harffinck en informa Son Altesse le 13 octobre. Les Hautes Puissances Prussiennes annulèrent l'expédition de Brest le 9 octobre et décidèrent d'envoyer une escadre à Bergen. Cependant, Son Altesse avait déjà ordonné le 7 octobre la sortie des vaisseaux prêts à appareiller pour une course en mer du Nord. Cet ordre anticipé pose des questions sur sa justification, car il pourrait compromettre l'exécution des décisions ultérieures des Hautes Puissances. De plus, les pilotes côtiers avaient signalé des dangers pour les vaisseaux. La situation est marquée par une confusion administrative : Son Altesse semble éviter toute implication directe, tandis que les Hautes Puissances reportent les rapports à une délibération ultérieure. Face à cette confusion et aux dangers croissants pour la patrie, les auteurs exhortent les destinataires à agir rapidement et de concert pour redresser la situation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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