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1
p. 1283-1288
LETTRE écrite de Montpellier, sur une inondation extraordinaire, arrivée dans le bas Languedoc, au mois d'Octobre dernier.
Début :
Je vous écris, Monsieur, encore tout consterné du triste évenement dont [...]
Mots clefs :
Inondation, Eau, Province du Languedoc, Montpellier, Rivières, Quantité, Cause
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Montpellier, sur une inondation extraordinaire, arrivée dans le bas Languedoc, au mois d'Octobre dernier.
LETTRE
écrite
de
Montpellier
,
Surune
inondation
extraordinaire
,
arrivée
dans
le
bas Languedoc
,
au
mois d'Octo
bre
dernier
.
E vous écris , Monfieur , encore tout
confterné du trifte évenement dont
vous me priez de vous marquer les prin-
cipales circonftances . La pluye commen-
ça de tomber ici, abondamment le pre-
mier jour du mois d'Octobre dernier ,
& continua jufqu'au 9. avec la même
force , & un débordement general de
toutes les Rivieres & des Ruiffeaux cir-
convoisins ; enforte que l'eau entroit par
les fenêtres & par les cheminées des mai-
fons les mieux fermées , ce qui caufa une
inondation generale. Le Faubourg de
Montpellier fut totalement entraîné , &
quantité de Tanneurs, qui y ont leurs Ma-
nufactures , y périrent. La petite Rivie-
' re qui traverfe ce Fauxbourg, fe débor-
da tellement , qu'elle entra bien avant
dans le Ville , & monta jufqu'au dernier
degré du Portail de l'Eglife des Reli-
gieufes de fainte Marie. Les Troupeaux
nombreux , qui paiffoient , felon la coû-
tume , dans la grande Prairie auprès
de la Ville , furent entraînez par le tor-
rent avec prefque tous les Bergers. Les
Efclufes du Canal de Lates en furent
renverfées , auffi bien que la Chauffée du
Pont Juvenal . Les Marchands de laine
de Montpellier ont fait en cet endroit
une perte de S. ou 600. mille livres , les
eaux ayant entraîné toutes les laines qui
étoient étenduës fur un grand Pré , voiſin
du Pont Juvenal. La maifon des Des
de Rouffel , quoique fituée fur la hauteur
de la Canourgue , promenade de Mont-
pellier , & rebâtie depuis peu , a èré abî
mée , l'eau ayant rempli les caves & en-
dommagé les fondemens ; fix' perfonnes:
furent
écrasées
&
ſubmergées
tout à
la
fois
fous
les
ruinés
.
Toutes les Campagnes voifines n'é-
toient qu'une Mer orageufe : on ne pou
voit aller qu'en bateau dans les rues des
Villes de Lunel & de Somieres , par le
débordement de la Riviere , dont tous les
Moulins ont été entraînez. L'eau caufa
le même ravage dans tous les Villages &
Hameaux d'alentour. Voici cependant un
fait , & tout enfemble un bonheur bien
fingulier, arrivé dans le Village de Claret.
Le Meûnier fe voyant tout-à- coup &
de toutes parts invefti par les ondes , pro-
pofa à fa femme de fe fauver à la nâge ;
il la fit étendre fur fon dos , lui recom-
mandant de le ferrer étroitement , & de
,n'avoir
point
de peur
:
il
prit
en
même-
temps
avec
les
dents
un
enfant
de
trois
mois
,
par
le
maillot
;
&
nonobftant ce
double
fardeau
,
il
eut
le
bonheur
d'arri
ver
fain
&
fauf à
un
rivage élevé
;
mais
la frayeur
&
le
froid ayant
faifi
la
fem-
elle
tomba
en
foibleffe
;
alors le
Meû
.
nier fe
remit dans
l'eau
&
alla
chercher
une
bouteille d'eau de
vie
qu'il
avoit
laif-
fée
dans
la
maiſon abandonnée
.
A
peine
eut
-il
pris la bouteille
,
que
la
maiſon
&
le moulin furent
abîmez
.
Il vint au fe-
cours de
fa
femme
,
qu'il fortifia
par le
moyen
de l'eau
de vie
.
Je vous affure
,
onfieur , que ce trait des plus hardis
& des plus genereux eft vrai dans toutes
fes circonftances , & qu'il fait encore icy
l'admiration de tout le monde.
Cette inondation a encore caufé de
grands ravages du côté d'Aigues-Mortes,
& fur tout au Salin de Pequés , l'un des
plus grands du Royaume , par la prodi-
gieufe quantité de fel qui y a été perdu ,
fans compter le terrain des Salines , pref-
que entierement engravé , ce qui fait un
tort immenfe , non-feulement aux Pro
prietaires , mais à toute la Province de
Languedoc, qui tiroit de- là le meilleur
Sel pour fon ufage.
L'impetuofité des torrens a été fi gran-
de , qu'elle a entierement renversé les
Ponts de la Verune , de faint Jean de
Vedas , de Ville- neuve , de Maguelone ,
de Pefenas , de Montagnac , d'Aniane, de
S. Guillain le Defert , & d'Agdes . Celui
de Lunel n'a pas été abbatu comme on
l'avoit d'abord dit.
Le Canal de communication des deux
Mers , par la Province de Languedoc ,
commence , comme l'on fçait , à la Ville
d'Agdes , dont le Port eft l'Entrepôt des
Marchandifes qu'on veut tranfporter
d'Agdes à Touloufe , & aux autres Vil-
les du hut Languedoc, & de la Guyenne
jufqu'à Bordeaux . Toutes les Marchan-
difes qui fe trouverent dans cet Entrepôt
furent emportées par ce déluge , qui prit
en quelque maniere fa naillance en ce
Port- là , où la Mer fembloit , pour ainfi
dire , tomber du Ciel en terre , les nuées
s'étant crevées à cette hauteur. Ces Mar-
chandiſes confiftant principalement , en
Vins , Bleds , Huiles , font eftimées en-
viron deux millions.
Les
autres Rivieres
qui ont
débordé
en-
même
-
temps
,
depuis
Beziers jufqu'à
Nif-
mes
,
ont
auffi
caufé
de
grands ravages
,
particulierement
celle
qu'on
nomme
leHe
.
ran
,
dont
toutes
les
Prairies voisines
ne fontplus
qu'une
Greve
ſterile
;
il
ne
reste
plus
fur
fes
bords
que
huit à
dix
arbres
d'une
infinité qu'il
y
en
avoit
,
&
qui
for-
moient
un
ſpectacle
champêtre
,
des plus
agréables ;
deforte
que
ces
bords font
à
prefent tout ruinez
&
d'une nudité
af-
freufe
.
On a obfervé que l'eau de la plûpart
de ces Rivieres débordées , eft montée
plus haut qu'elle n'a jamais fait , de 22.
Palmes Palme eft une mefure du pays ,
qui fait la cinquième partie de l'aune
de Paris. La Riviere du Lez en parti-
culier eft montée de douze pieds plus haut
qu'en l'année 1465. époque de la plus
grande inondation , dont les Archives de
la Province faffent mention
l
faudroit
un
volume
entier
pour
faire
un
détail
exact des degâts
horribles
que
celle
-
cy
a
caufé
.
Un
Voiturier qui
con-
duifoit
douze Mulets
chargez
d'Huile
,
en
fut
la
derniere
victime
,
fes
Muletsavec
leur
charge
périrent
auffi
.
On
croit
enfin
que
dix
ou
douze
millions
ré-
pareroient
à
peine
les
dommages
de
cetté
inondation
,
laquelle a
déraciné
une
gran
de
quantité
d'Oliviers
,
ce
qui
a
ruiné
beaucoup de
Particuliers
,
&
c
.
Je
fuis
,
Monfieur
,
&
c
écrite
de
Montpellier
,
Surune
inondation
extraordinaire
,
arrivée
dans
le
bas Languedoc
,
au
mois d'Octo
bre
dernier
.
E vous écris , Monfieur , encore tout
confterné du trifte évenement dont
vous me priez de vous marquer les prin-
cipales circonftances . La pluye commen-
ça de tomber ici, abondamment le pre-
mier jour du mois d'Octobre dernier ,
& continua jufqu'au 9. avec la même
force , & un débordement general de
toutes les Rivieres & des Ruiffeaux cir-
convoisins ; enforte que l'eau entroit par
les fenêtres & par les cheminées des mai-
fons les mieux fermées , ce qui caufa une
inondation generale. Le Faubourg de
Montpellier fut totalement entraîné , &
quantité de Tanneurs, qui y ont leurs Ma-
nufactures , y périrent. La petite Rivie-
' re qui traverfe ce Fauxbourg, fe débor-
da tellement , qu'elle entra bien avant
dans le Ville , & monta jufqu'au dernier
degré du Portail de l'Eglife des Reli-
gieufes de fainte Marie. Les Troupeaux
nombreux , qui paiffoient , felon la coû-
tume , dans la grande Prairie auprès
de la Ville , furent entraînez par le tor-
rent avec prefque tous les Bergers. Les
Efclufes du Canal de Lates en furent
renverfées , auffi bien que la Chauffée du
Pont Juvenal . Les Marchands de laine
de Montpellier ont fait en cet endroit
une perte de S. ou 600. mille livres , les
eaux ayant entraîné toutes les laines qui
étoient étenduës fur un grand Pré , voiſin
du Pont Juvenal. La maifon des Des
de Rouffel , quoique fituée fur la hauteur
de la Canourgue , promenade de Mont-
pellier , & rebâtie depuis peu , a èré abî
mée , l'eau ayant rempli les caves & en-
dommagé les fondemens ; fix' perfonnes:
furent
écrasées
&
ſubmergées
tout à
la
fois
fous
les
ruinés
.
Toutes les Campagnes voifines n'é-
toient qu'une Mer orageufe : on ne pou
voit aller qu'en bateau dans les rues des
Villes de Lunel & de Somieres , par le
débordement de la Riviere , dont tous les
Moulins ont été entraînez. L'eau caufa
le même ravage dans tous les Villages &
Hameaux d'alentour. Voici cependant un
fait , & tout enfemble un bonheur bien
fingulier, arrivé dans le Village de Claret.
Le Meûnier fe voyant tout-à- coup &
de toutes parts invefti par les ondes , pro-
pofa à fa femme de fe fauver à la nâge ;
il la fit étendre fur fon dos , lui recom-
mandant de le ferrer étroitement , & de
,n'avoir
point
de peur
:
il
prit
en
même-
temps
avec
les
dents
un
enfant
de
trois
mois
,
par
le
maillot
;
&
nonobftant ce
double
fardeau
,
il
eut
le
bonheur
d'arri
ver
fain
&
fauf à
un
rivage élevé
;
mais
la frayeur
&
le
froid ayant
faifi
la
fem-
elle
tomba
en
foibleffe
;
alors le
Meû
.
nier fe
remit dans
l'eau
&
alla
chercher
une
bouteille d'eau de
vie
qu'il
avoit
laif-
fée
dans
la
maiſon abandonnée
.
A
peine
eut
-il
pris la bouteille
,
que
la
maiſon
&
le moulin furent
abîmez
.
Il vint au fe-
cours de
fa
femme
,
qu'il fortifia
par le
moyen
de l'eau
de vie
.
Je vous affure
,
onfieur , que ce trait des plus hardis
& des plus genereux eft vrai dans toutes
fes circonftances , & qu'il fait encore icy
l'admiration de tout le monde.
Cette inondation a encore caufé de
grands ravages du côté d'Aigues-Mortes,
& fur tout au Salin de Pequés , l'un des
plus grands du Royaume , par la prodi-
gieufe quantité de fel qui y a été perdu ,
fans compter le terrain des Salines , pref-
que entierement engravé , ce qui fait un
tort immenfe , non-feulement aux Pro
prietaires , mais à toute la Province de
Languedoc, qui tiroit de- là le meilleur
Sel pour fon ufage.
L'impetuofité des torrens a été fi gran-
de , qu'elle a entierement renversé les
Ponts de la Verune , de faint Jean de
Vedas , de Ville- neuve , de Maguelone ,
de Pefenas , de Montagnac , d'Aniane, de
S. Guillain le Defert , & d'Agdes . Celui
de Lunel n'a pas été abbatu comme on
l'avoit d'abord dit.
Le Canal de communication des deux
Mers , par la Province de Languedoc ,
commence , comme l'on fçait , à la Ville
d'Agdes , dont le Port eft l'Entrepôt des
Marchandifes qu'on veut tranfporter
d'Agdes à Touloufe , & aux autres Vil-
les du hut Languedoc, & de la Guyenne
jufqu'à Bordeaux . Toutes les Marchan-
difes qui fe trouverent dans cet Entrepôt
furent emportées par ce déluge , qui prit
en quelque maniere fa naillance en ce
Port- là , où la Mer fembloit , pour ainfi
dire , tomber du Ciel en terre , les nuées
s'étant crevées à cette hauteur. Ces Mar-
chandiſes confiftant principalement , en
Vins , Bleds , Huiles , font eftimées en-
viron deux millions.
Les
autres Rivieres
qui ont
débordé
en-
même
-
temps
,
depuis
Beziers jufqu'à
Nif-
mes
,
ont
auffi
caufé
de
grands ravages
,
particulierement
celle
qu'on
nomme
leHe
.
ran
,
dont
toutes
les
Prairies voisines
ne fontplus
qu'une
Greve
ſterile
;
il
ne
reste
plus
fur
fes
bords
que
huit à
dix
arbres
d'une
infinité qu'il
y
en
avoit
,
&
qui
for-
moient
un
ſpectacle
champêtre
,
des plus
agréables ;
deforte
que
ces
bords font
à
prefent tout ruinez
&
d'une nudité
af-
freufe
.
On a obfervé que l'eau de la plûpart
de ces Rivieres débordées , eft montée
plus haut qu'elle n'a jamais fait , de 22.
Palmes Palme eft une mefure du pays ,
qui fait la cinquième partie de l'aune
de Paris. La Riviere du Lez en parti-
culier eft montée de douze pieds plus haut
qu'en l'année 1465. époque de la plus
grande inondation , dont les Archives de
la Province faffent mention
l
faudroit
un
volume
entier
pour
faire
un
détail
exact des degâts
horribles
que
celle
-
cy
a
caufé
.
Un
Voiturier qui
con-
duifoit
douze Mulets
chargez
d'Huile
,
en
fut
la
derniere
victime
,
fes
Muletsavec
leur
charge
périrent
auffi
.
On
croit
enfin
que
dix
ou
douze
millions
ré-
pareroient
à
peine
les
dommages
de
cetté
inondation
,
laquelle a
déraciné
une
gran
de
quantité
d'Oliviers
,
ce
qui
a
ruiné
beaucoup de
Particuliers
,
&
c
.
Je
fuis
,
Monfieur
,
&
c
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2
p. 134-135
« On apprend de Londres, qu'on avoit apporté de Lisbonne [...] »
Début :
On apprend de Londres, qu'on avoit apporté de Lisbonne [...]
Mots clefs :
Diamants, Brésil, Londres, Édimbourg, Inondation, Tamise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On apprend de Londres, qu'on avoit apporté de Lisbonne [...] »
On apprend de Londres , qu'on y avoit
apporté de Lisbonne une grande quantité
de Diamans de la nouvelle Mine, découverte
au Brésil ; et comme ils sont
d'une aussi belle eau que ceux d'Orient ,
quoique moins durs, on croit que ces derniers
diminueront le prix.
Le 11 Janvier , il y eut à Londres la
plus haute Marée qui ait été veuë depuis
50 ans ; l'eau monta 6 pouces plus que
dans
JANVIER. 1731. 135
dans la Marée extraordinaire , qui causa la
bréche de Dagenham ; ce qui fit un- dommage
incroyable sur le bord de la Tamise,
par l'inondation de plusieurs Chantiers.
On aprend aussi d'Edimbourg que le
25 de ce mois , la femme d'un nommé
Jacques Beabrie , Charpentier de Vaisseau
, qui est âgé de plus de 80 ans , y
étoit accouchée de 3 enfans mâles , qui
avoient été baptisez , et se portoient bien .
apporté de Lisbonne une grande quantité
de Diamans de la nouvelle Mine, découverte
au Brésil ; et comme ils sont
d'une aussi belle eau que ceux d'Orient ,
quoique moins durs, on croit que ces derniers
diminueront le prix.
Le 11 Janvier , il y eut à Londres la
plus haute Marée qui ait été veuë depuis
50 ans ; l'eau monta 6 pouces plus que
dans
JANVIER. 1731. 135
dans la Marée extraordinaire , qui causa la
bréche de Dagenham ; ce qui fit un- dommage
incroyable sur le bord de la Tamise,
par l'inondation de plusieurs Chantiers.
On aprend aussi d'Edimbourg que le
25 de ce mois , la femme d'un nommé
Jacques Beabrie , Charpentier de Vaisseau
, qui est âgé de plus de 80 ans , y
étoit accouchée de 3 enfans mâles , qui
avoient été baptisez , et se portoient bien .
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Résumé : « On apprend de Londres, qu'on avoit apporté de Lisbonne [...] »
À Londres, des diamants brésiliens de qualité comparable à ceux d'Orient ont été apportés, pouvant influencer leurs prix. Le 11 janvier, une marée record a causé des inondations sur la Tamise. À Édimbourg, le 25 janvier, une octogénaire a accouché de triplés en bonne santé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 784-785
PORTUGAL.
Début :
On mande de Lisbonne qu'on y reçoit presque tous [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Fâcheuses nouvelles, Inondation, Magasin de sel, Forteresse de S. Julien
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PORTUGAL.
PORTUGAL..
N mande de Lisbonne qu'on y reçoit presque
tous les jours de fâcheuses nouvelles du dom
mage que la tempête du 7. de Février a causé
dans plusieurs Provinces. On apprend d'Abrantes
, que l'inondation y avoit été si considerable ,
que depuis cent ans on n'en avoit point vu de
semblable , et qu'à Porto il y avoit plus de quatre
pieds de neige dans les rues.
8. et le
Les Lettres des Algarves , portent que le 7. le
9. la Mer étoit montée infiniment plus.
haut que dans les plus grandes Marées , qu'ayant
fait remonter l'eau des Rivieres , elles s'étoient répandues
dans les Plaines à la hauteur de 6. à 7 .
pieds ; que les maisons d'un grand nombre de
villages.
AVRIL. RIL. 1731 783
#
Villages avoient été entraînées par les torrens ,
ainsi que la plupart des maisons de la Ville d'Albufeira
; qu'il n'étoit pas resté pierre sur pierre
dans celle d'Alvor , où il y avoit des Magazins
de Sel considerables ; que tous les arbres le long
de la Côte avoient été déracinez ; qu'une partie
du mur de la Tour de S. Laurent avoit été renversée
par les vagues de la Mer , et qu'elles avoient
passé pardessus les murs de la Forteresse de S. Julien.
N mande de Lisbonne qu'on y reçoit presque
tous les jours de fâcheuses nouvelles du dom
mage que la tempête du 7. de Février a causé
dans plusieurs Provinces. On apprend d'Abrantes
, que l'inondation y avoit été si considerable ,
que depuis cent ans on n'en avoit point vu de
semblable , et qu'à Porto il y avoit plus de quatre
pieds de neige dans les rues.
8. et le
Les Lettres des Algarves , portent que le 7. le
9. la Mer étoit montée infiniment plus.
haut que dans les plus grandes Marées , qu'ayant
fait remonter l'eau des Rivieres , elles s'étoient répandues
dans les Plaines à la hauteur de 6. à 7 .
pieds ; que les maisons d'un grand nombre de
villages.
AVRIL. RIL. 1731 783
#
Villages avoient été entraînées par les torrens ,
ainsi que la plupart des maisons de la Ville d'Albufeira
; qu'il n'étoit pas resté pierre sur pierre
dans celle d'Alvor , où il y avoit des Magazins
de Sel considerables ; que tous les arbres le long
de la Côte avoient été déracinez ; qu'une partie
du mur de la Tour de S. Laurent avoit été renversée
par les vagues de la Mer , et qu'elles avoient
passé pardessus les murs de la Forteresse de S. Julien.
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Résumé : PORTUGAL.
Le 7 février, une tempête a causé des dégâts considérables dans plusieurs provinces du Portugal. À Abrantes, une inondation inédite depuis un siècle a été enregistrée. À Porto, plus de quatre pieds de neige ont recouvert les rues. Dans les Algarves, la mer a monté de manière exceptionnelle, submergeant les plaines jusqu'à six à sept pieds de hauteur. Cette montée des eaux a détruit de nombreuses maisons dans divers villages, notamment à Albufeira et Alvor, où les magasins de sel ont été ravagés. Les arbres le long de la côte ont été déracinés. La Tour de S. Laurent et la Forteresse de S. Julien ont subi des dommages significatifs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 2627-2634
Bibliotheque Germanique, &c. [titre d'après la table]
Début :
BIBLIOTHEQUE GERMANIQUE, ou Histoire Litteraire d'Allemagne, de Suisse et [...]
Mots clefs :
Bibliothèque germanique, Histoire littéraire, Article, Société royale des sciences de Berlin, Inondation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque Germanique, &c. [titre d'après la table]
BIBLIOTHEQUE GERMANIQUE , ou Histoire Litteraire d'Allemagne , de Suisse et
I- Vol, des
2628 MERCURE DE FRANCE
des Pays du Nord , année 1730. Tome
19 et 20. A Amsterdam , chez P. Humbert , 1730. in- 12 de plus de 550 pages
sans les Tables.
Le deuxième article de ce Volume regarde les Mémoires de la Societé Royale des
Sciences de Berlin. Troisiéme vol. in-4.
1727. avec fig.
Page 38. Il n'y a point de Ville en Allemagne , ni guére ailleurs , où l'on puis
se faire plus d'Observations Anatomiques
que dans le Théatre de l'Académie de
Berlin. Chaque année on y disséque jusqu'à soixante cadavres humains , sous la
démonstration de M. Buddéus , Docteur
en Médecine , Professeur en Anatomie
et Directeur de la Classe de Physique et
de Médecine.
ans ,
Pag. 39. Une femme âgée d'environ 20
étant devenuë furieuse , fut enfermée dans une prison , où elle mourut l'an
1726 ; étant ouverte , on remarqua dans
le cerveau quelques singularitez qu'on
ne jugea pas avoir causé la manie , non
plus que celles de la poitrine : mais l'ouverture du bas- ventre étonna. Outre que
les intestins pliés et entortillés , n'étoient
point dans leur place naturelle , l'ovaire
droit étoit aussi gros qu'un œufde poule pesoit un once , et au-dedans étoit
1. Vol.
plein
DECEMBRE. 1732. 2619
plein d'une touffe de poils , long de deux
pouces , crépus vers le milieu , et environnés d'une matiere semblable à du suif
mais séparée en petits grains. Ces poils ,
brulés à la chandelle, rendoient une mauvaise odeur comme les autres poils , ou
les ongles.
Page 40. M. Trisch , fait partau Public
d'un secret qu'il a appris de M. de HuneKen , Seigneur de Carpzow , et dont il a
lui- même vû les épreuves. Lorsque le
tronc des arbres a quelque chose qui choque les yeux , ou fait soupçonner quelque maladie , lorsque l'écorce d'un pomier ou d'un poirier est trop raboteuse ;
lorsque la résine coule d'un cerisier , ou
qu'il s'y forme de gros boutons , &c. pour
les rendre plus beaux , et en même tems
plus fertiles , il faut leur ôter entierement
toute l'écorce , depuis l'espece de couronne que forment les premieres branches
jusqu'à terre : ensorte que le bois blanc
de l'arbre soit égal et bien uni. Le tems
le plus propre est le Solstice d'Eté , ou
quand le suc de l'arbre coule plus abondamment , et il est aisé de le rendre égal
par tout , avec une plume d'oye. Mais
autant qu'on le peut, il faut le deffendre
contre la trop grande ardeur des rayons du Soleil , ou contre le sable que le vent
I. Vol.
Y
2630 MERCURE DE FRANCE
y peut pousser : soit en étendant des linges , ou en plantant des roseaux , ou de
quelqu'autre maniere.
Page 46. Mémoire de M. Scheuchzer
Docteur en Médecine , et Professeur en
Mathématique à Zurich , &c. L'hyver le
plus doux qu'on eut vû en Suisse depuis
long- tems , fut suivi d'une Eclipse totale
du Soleil , qui arriva le 22 Mai au soir
1724. et d'une inondation furieuse qui
survint deux jours après , avec des Tonneres extraordinaires. Pendant le fort de
l'Eclipse , on vit autour du Soleil un anneau , ou une couronne lumineuse , deux
fois plus large et plus claire que celle
qu'on remarqua durant l'Eclipse totale de
l'an 1706. et que les Astronomes attribuerent à l'Atmosphere de la Lune. M.
Scheuchzer étoit alors à Kusnac , où le
Soleil se coucha entierement éclipsé : mais
quand il fut sous l'horizon la clarté
revint , et les ténébres furent dissipées.
>
L'inondation fit de grands ravages à
l'Eglise et aux environs. Durant la tempête, le Tonnerre brûla le drap d'un Tailleur qui travailloit dans son poele , déchira l'habit qui lui couvroit la poitrine ;
lui arracha un soulier et le blessa en plusieurs endroits : les fenêtres furent détruiI. Vol.
tes
DECEMBR E. 1732. 263r
tes , sans que le plomb fut endommagé ;
ailleurs le plomb fut fondu , le verre demeurant entier en d'autres , les seules
verges de fer furent fsappées : il y eut un
Poele , dont toutes les fenêtres furent jettées sur le pavé , &c.
:
Page 48. Au mois d'Octobre mourut
un homme , qui un an auparavant avoit
perdu tout d'un coup les cheveux et la
barbe. Au bout d'un tems les cheveux
étoient revenus blancs , déliés comme de
la soye , et crépus comme la laine de
brebis: mais trois semaines avant sa mort,
ils reprirent leur couleur naturelle. En ce
tems là vivoit un autre homme à qui la
moitié de la barbe devint blanche après
avoir été touchée par une femme , qui à
cause de cela fut cruë sorciere : mais appliquée à la question , elle ne confessa
rien.
On trouve à la page 18 3. à l'article des
nouvelles de Schwabach , l'extrait d'une
Lettre de M. Baratier , au sujet des progrès de son fils, cet Enfant précoce, dont
il a été parlé dans le 17. de cette Bibliotheque , et dont nous avons aussi déja
parlé plusieurs fois nous mêmes. Voici
I'Extrait de cette Lettre.
Par la Grace de Dieu , la santé de mon
fils s'est bien fortifiée depuis deux ans ,
I.Vol. ct
2632 MERCURE DE FRANCE
•
et il continue à faire des progrès dans ses
Etudes , proportionnés à ceux qu'il a fait
ci- devant. Je n'entreprendrai pas de vous
en faire le récit , le tems ne me le permettant pas. Je dirai seulement en gros
que sa principale étude jusqu'à présent , a
été la Langue Hébraïque , dans laquelle
il a fait de tels progrès , qu'on peut dire
qu'il l'a presque épuisée ; je veux dire
qu'il se trouvera très-s - peu de mots ou de
passages , si rares ou si obscurs et énigmatiques qu'ils soyent , dont il ne puisse
rendre raison , dans tout le Canon Hebreu ou Chaldaïque de l'Ecriture Sainte.
Il sçait par cœur en Hebreu tous les Pseaumes, les Proverbes et le Livre de Job ,
outre le Recueil des Passages des autres
Livres de l'Ecriture - Sainte , tant Chaldaïques qu'Hebreux , dans les Biblia parva Henr. Optii. Il a écrit pour la seconde
fois un Dictionnaire Hebreu , où il a recüeilli tous les mots , ou rares , ou difficiles ou équivoques , qui se trouvent
dans l'Original de la Bible , où il allégue
en même-tems les Passages où ils se trouvent , sur lesquels il exerce sa petite critique. Il a copié le Livre dont je viens de
faire mention , en Hebreu , avec une Version de sa façon des Biblia parva. La
Critique et la Philologie Sacrée ont fait
,
I. Vol.
pen-
DECEMBRE. 1732. 2633
1
pendant quelque-tems ses délices. Outre
la Synopse de Polus qu'il consulte souvent , il a parcouru divers bons Auteurs
en ce genre d'Etude , tels que Buxtorfii
Synagoga , Hottingeri Thesaurus Phylologicus, Carpzovii critica Sacra , Leusden
Glassius , Bochart , Lightfoot , &c. qu'il n'a pas lûs à la verité tout entiers , surtout ces trois derniers , mais dont il a parcouru les Ouvrages à ses heures de ré-
· création , en s'arrêtant aux endroits qui
lui plaisoient. Présentement il se divertit
à l'Histoire et à la Géographie , tant ancienne que moderne : la lecture de la Geographie de Bochart lui a fait naître le
goût de cette Science , que je lui laisse
cultiver tout seul , comme il pourra , sans
m'en mêler. Il est d'une avidité extrême
et d'une curiosité insatiable pour toutes
sortes de Langues et de Sciences. Les idées
qu'il en puise dans les diverses lectures
qu'il fait , irritent de telle sorte sa curiosité , qu'il voudroit tout d'un coup embrasser l'Encyclopedie des Sciences. Mais
comme cela le distrait trop des Etudes
qui conviennent à son âge , et l'occuperoit trop prématurement , je suis obligé
de reprimer cette avidité , et de lui défendre sous peine des verges , de lire aucun Livre sans ma permission. Châtiment
I. Vol. qu'il
2634 MERCURE DE FRANCE
qu'il n'a pourtant encorejamais éprouvé ,
depuis cette fois , dont j'ai fait mention
dans mon Traité. Il possede de telle sorte les Racines Hebraïques , ou Chaldaïques , de l'Ecriture Sainte , qu'il peut dire ce que telle Racine signifie , en Arabe ,
en Ethiopien , en Syriaque , ou faire l'application de ces diverses significations
dans les passages où ces mots se rencontrent , pour leur donner diverses interprétations , ou pour juger des differentes
Versions ; en quoi il fait paroître un jugement et une étudition qui le feroient
souffrir dans une Conference , ou dans
une conversation de Sçavans avec lesquels aussi il prend beaucoup de plaisir de converser.
Page 186. M. J. Seb. Stedler , Professeur de Mathématique , &c. a observé
sur le grand hyver qu'il y a eu à la fin de 1728. et au commencement de 1729.
que près des maisons , et même dans des
endroits sabloneux , la terre a été gelée
jusqu'à quinze pouces de profondeur , et
que le froid a été dde trois degrez plus violent qu'en 1709.
I- Vol, des
2628 MERCURE DE FRANCE
des Pays du Nord , année 1730. Tome
19 et 20. A Amsterdam , chez P. Humbert , 1730. in- 12 de plus de 550 pages
sans les Tables.
Le deuxième article de ce Volume regarde les Mémoires de la Societé Royale des
Sciences de Berlin. Troisiéme vol. in-4.
1727. avec fig.
Page 38. Il n'y a point de Ville en Allemagne , ni guére ailleurs , où l'on puis
se faire plus d'Observations Anatomiques
que dans le Théatre de l'Académie de
Berlin. Chaque année on y disséque jusqu'à soixante cadavres humains , sous la
démonstration de M. Buddéus , Docteur
en Médecine , Professeur en Anatomie
et Directeur de la Classe de Physique et
de Médecine.
ans ,
Pag. 39. Une femme âgée d'environ 20
étant devenuë furieuse , fut enfermée dans une prison , où elle mourut l'an
1726 ; étant ouverte , on remarqua dans
le cerveau quelques singularitez qu'on
ne jugea pas avoir causé la manie , non
plus que celles de la poitrine : mais l'ouverture du bas- ventre étonna. Outre que
les intestins pliés et entortillés , n'étoient
point dans leur place naturelle , l'ovaire
droit étoit aussi gros qu'un œufde poule pesoit un once , et au-dedans étoit
1. Vol.
plein
DECEMBRE. 1732. 2619
plein d'une touffe de poils , long de deux
pouces , crépus vers le milieu , et environnés d'une matiere semblable à du suif
mais séparée en petits grains. Ces poils ,
brulés à la chandelle, rendoient une mauvaise odeur comme les autres poils , ou
les ongles.
Page 40. M. Trisch , fait partau Public
d'un secret qu'il a appris de M. de HuneKen , Seigneur de Carpzow , et dont il a
lui- même vû les épreuves. Lorsque le
tronc des arbres a quelque chose qui choque les yeux , ou fait soupçonner quelque maladie , lorsque l'écorce d'un pomier ou d'un poirier est trop raboteuse ;
lorsque la résine coule d'un cerisier , ou
qu'il s'y forme de gros boutons , &c. pour
les rendre plus beaux , et en même tems
plus fertiles , il faut leur ôter entierement
toute l'écorce , depuis l'espece de couronne que forment les premieres branches
jusqu'à terre : ensorte que le bois blanc
de l'arbre soit égal et bien uni. Le tems
le plus propre est le Solstice d'Eté , ou
quand le suc de l'arbre coule plus abondamment , et il est aisé de le rendre égal
par tout , avec une plume d'oye. Mais
autant qu'on le peut, il faut le deffendre
contre la trop grande ardeur des rayons du Soleil , ou contre le sable que le vent
I. Vol.
Y
2630 MERCURE DE FRANCE
y peut pousser : soit en étendant des linges , ou en plantant des roseaux , ou de
quelqu'autre maniere.
Page 46. Mémoire de M. Scheuchzer
Docteur en Médecine , et Professeur en
Mathématique à Zurich , &c. L'hyver le
plus doux qu'on eut vû en Suisse depuis
long- tems , fut suivi d'une Eclipse totale
du Soleil , qui arriva le 22 Mai au soir
1724. et d'une inondation furieuse qui
survint deux jours après , avec des Tonneres extraordinaires. Pendant le fort de
l'Eclipse , on vit autour du Soleil un anneau , ou une couronne lumineuse , deux
fois plus large et plus claire que celle
qu'on remarqua durant l'Eclipse totale de
l'an 1706. et que les Astronomes attribuerent à l'Atmosphere de la Lune. M.
Scheuchzer étoit alors à Kusnac , où le
Soleil se coucha entierement éclipsé : mais
quand il fut sous l'horizon la clarté
revint , et les ténébres furent dissipées.
>
L'inondation fit de grands ravages à
l'Eglise et aux environs. Durant la tempête, le Tonnerre brûla le drap d'un Tailleur qui travailloit dans son poele , déchira l'habit qui lui couvroit la poitrine ;
lui arracha un soulier et le blessa en plusieurs endroits : les fenêtres furent détruiI. Vol.
tes
DECEMBR E. 1732. 263r
tes , sans que le plomb fut endommagé ;
ailleurs le plomb fut fondu , le verre demeurant entier en d'autres , les seules
verges de fer furent fsappées : il y eut un
Poele , dont toutes les fenêtres furent jettées sur le pavé , &c.
:
Page 48. Au mois d'Octobre mourut
un homme , qui un an auparavant avoit
perdu tout d'un coup les cheveux et la
barbe. Au bout d'un tems les cheveux
étoient revenus blancs , déliés comme de
la soye , et crépus comme la laine de
brebis: mais trois semaines avant sa mort,
ils reprirent leur couleur naturelle. En ce
tems là vivoit un autre homme à qui la
moitié de la barbe devint blanche après
avoir été touchée par une femme , qui à
cause de cela fut cruë sorciere : mais appliquée à la question , elle ne confessa
rien.
On trouve à la page 18 3. à l'article des
nouvelles de Schwabach , l'extrait d'une
Lettre de M. Baratier , au sujet des progrès de son fils, cet Enfant précoce, dont
il a été parlé dans le 17. de cette Bibliotheque , et dont nous avons aussi déja
parlé plusieurs fois nous mêmes. Voici
I'Extrait de cette Lettre.
Par la Grace de Dieu , la santé de mon
fils s'est bien fortifiée depuis deux ans ,
I.Vol. ct
2632 MERCURE DE FRANCE
•
et il continue à faire des progrès dans ses
Etudes , proportionnés à ceux qu'il a fait
ci- devant. Je n'entreprendrai pas de vous
en faire le récit , le tems ne me le permettant pas. Je dirai seulement en gros
que sa principale étude jusqu'à présent , a
été la Langue Hébraïque , dans laquelle
il a fait de tels progrès , qu'on peut dire
qu'il l'a presque épuisée ; je veux dire
qu'il se trouvera très-s - peu de mots ou de
passages , si rares ou si obscurs et énigmatiques qu'ils soyent , dont il ne puisse
rendre raison , dans tout le Canon Hebreu ou Chaldaïque de l'Ecriture Sainte.
Il sçait par cœur en Hebreu tous les Pseaumes, les Proverbes et le Livre de Job ,
outre le Recueil des Passages des autres
Livres de l'Ecriture - Sainte , tant Chaldaïques qu'Hebreux , dans les Biblia parva Henr. Optii. Il a écrit pour la seconde
fois un Dictionnaire Hebreu , où il a recüeilli tous les mots , ou rares , ou difficiles ou équivoques , qui se trouvent
dans l'Original de la Bible , où il allégue
en même-tems les Passages où ils se trouvent , sur lesquels il exerce sa petite critique. Il a copié le Livre dont je viens de
faire mention , en Hebreu , avec une Version de sa façon des Biblia parva. La
Critique et la Philologie Sacrée ont fait
,
I. Vol.
pen-
DECEMBRE. 1732. 2633
1
pendant quelque-tems ses délices. Outre
la Synopse de Polus qu'il consulte souvent , il a parcouru divers bons Auteurs
en ce genre d'Etude , tels que Buxtorfii
Synagoga , Hottingeri Thesaurus Phylologicus, Carpzovii critica Sacra , Leusden
Glassius , Bochart , Lightfoot , &c. qu'il n'a pas lûs à la verité tout entiers , surtout ces trois derniers , mais dont il a parcouru les Ouvrages à ses heures de ré-
· création , en s'arrêtant aux endroits qui
lui plaisoient. Présentement il se divertit
à l'Histoire et à la Géographie , tant ancienne que moderne : la lecture de la Geographie de Bochart lui a fait naître le
goût de cette Science , que je lui laisse
cultiver tout seul , comme il pourra , sans
m'en mêler. Il est d'une avidité extrême
et d'une curiosité insatiable pour toutes
sortes de Langues et de Sciences. Les idées
qu'il en puise dans les diverses lectures
qu'il fait , irritent de telle sorte sa curiosité , qu'il voudroit tout d'un coup embrasser l'Encyclopedie des Sciences. Mais
comme cela le distrait trop des Etudes
qui conviennent à son âge , et l'occuperoit trop prématurement , je suis obligé
de reprimer cette avidité , et de lui défendre sous peine des verges , de lire aucun Livre sans ma permission. Châtiment
I. Vol. qu'il
2634 MERCURE DE FRANCE
qu'il n'a pourtant encorejamais éprouvé ,
depuis cette fois , dont j'ai fait mention
dans mon Traité. Il possede de telle sorte les Racines Hebraïques , ou Chaldaïques , de l'Ecriture Sainte , qu'il peut dire ce que telle Racine signifie , en Arabe ,
en Ethiopien , en Syriaque , ou faire l'application de ces diverses significations
dans les passages où ces mots se rencontrent , pour leur donner diverses interprétations , ou pour juger des differentes
Versions ; en quoi il fait paroître un jugement et une étudition qui le feroient
souffrir dans une Conference , ou dans
une conversation de Sçavans avec lesquels aussi il prend beaucoup de plaisir de converser.
Page 186. M. J. Seb. Stedler , Professeur de Mathématique , &c. a observé
sur le grand hyver qu'il y a eu à la fin de 1728. et au commencement de 1729.
que près des maisons , et même dans des
endroits sabloneux , la terre a été gelée
jusqu'à quinze pouces de profondeur , et
que le froid a été dde trois degrez plus violent qu'en 1709.
Fermer
Résumé : Bibliotheque Germanique, &c. [titre d'après la table]
Le texte est un extrait de la 'Bibliothèque Germanique' ou 'Histoire Littéraire d'Allemagne, de Suisse et des Pays du Nord' pour l'année 1730, publié à Amsterdam. Il présente divers articles et observations scientifiques et littéraires. Un article notable provient des Mémoires de la Société Royale des Sciences de Berlin, où des dissections anatomiques sont régulièrement effectuées. Par exemple, une femme de 20 ans, devenue furieuse et décédée en 1726, a révélé des anomalies dans ses organes internes, notamment des poils anormaux dans son ovaire droit. Un autre article, rédigé par M. Trisch, décrit une méthode pour soigner les arbres malades en enlevant leur écorce et en protégeant le bois exposé. M. Scheuchzer, professeur à Zurich, rapporte une éclipse totale du Soleil en 1724, suivie d'une inondation et de phénomènes météorologiques extrêmes. Il décrit également divers dommages causés par la foudre. Le texte mentionne également des cas médicaux inhabituels, comme un homme ayant perdu et récupéré ses cheveux, et une femme accusée de sorcellerie après avoir touché la barbe d'un homme. Enfin, une lettre de M. Baratier parle des progrès exceptionnels de son fils dans l'étude de la langue hébraïque et d'autres disciplines académiques. L'enfant maîtrise déjà de nombreux textes sacrés et montre une curiosité insatiable pour diverses sciences.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5
p. 1240-1245
INONDATION de la Riviere de Loire. Extrait d'une Lettre écrite d'Orleans, le 8 Juin 1733.
Début :
La Riviere qui avoit commencé à croître la premiere Fête de la Pentecôte, se [...]
Mots clefs :
Inondation, Loire, Pont, Rivière, Levées, Maisons, Eaux , Côte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : INONDATION de la Riviere de Loire. Extrait d'une Lettre écrite d'Orleans, le 8 Juin 1733.
INONDATION de la Riviere de
Loire. Extrait d'une Lettre écrite d'Or
leans , le 8 Juin 1733 .
La Riviere qui avoit commencé à croî
tre la premiere Fête de la Pentecôte , se
trouva tres grosse le Mercredy au soir ,
et ce qu'on appelle , en plein chantier ; ce
qui n'étonna encor personne ; cette Riviere
croissant d'ordinaire considérable-,
I. Vol.
ment
JUIN. 1733. 121
ment vers ce temps cy. C'est ce que nos
Mariniers nomment , je ne sçais - pourquoi
; La crûë des Sapins Depuis , la Riviere
augm nta de telle sorte , qu'elle se
trouva au Niveau de Lévées , se répandit
ensuite sur les Quais , entra dans la
Ville e inonda les rues basses ; mais comme
Orleans est bâti sur le penchant d'un
côteau , elle ne pût s'avancer beaucoup
de ce côté là. Il n'en fut pas de même
de l'autre côté , dans le Fauxbourg , appellé
Portereau, qui fut tout inonde étant
dans un Terrain bas , égal à celui du Val
de Loire.
Comme on ne douta point que les Lévées
ne rompissent , l'eau augmentant
toujours , et une partie des Arches du
Pont , proche des Lévées , étant bouchées;
on sonna le Tocsin dans les Paroisses du
Val , pour avertir les Habitans de se précautionner
contre l'Inondation . Les plus
prochains accoururent à laVille,avec leurs
Enfans et leurs Bestiaux . Les autres montèrent
dans les Greniers de leurs maisons .
La nuit arriva, qui augmenta de beaucoup
la terreur et la confusion où tout se trouvoit
; et ce fut dans ce temps- là que sur
les 9 à 10 heures , un petit Pont de pierre
, qui fait la communication du grand
Pont à une des Mottes , qui forment une
1. Vol. I iiij Isle
1242 MERCURE DE FRANCE
Isle au milieu , vint tout à coup à s'écrouler
et emporta une quinzaine de
personnes , entre lesquelles on compte
trois jeunes Ecoliers avec leur Précepteur,
un mari et une femme , qui laissent neuf
à dix enfans , et d'autres personnes de
differens états.
Pendant la nuit la Riviére passa par
dessus les Levées , et entra dans le Fauxbourg
, en montant vers les Capucins.
Elle rompit les Levées en trois endroits .
La rupture la plus violente fut celle qui
se fit à côté des Ursulines de S. Charles ,
où l'eau emporta les Murs du Monastére ,
renversa cinq ou six maisons de fond
en comble , en dispersa les Décombres
et se répandit comme un torrent affreux
dans le Val. Tout ce qui se trouva à l'opposite
des deux autres ruptures, éprouva
le même sort . Plus de 40 toises de Murailles
du revêtement des Mottes du Pont
furent entraînées , aussi bien que deux
Maisons qui étoient sur le grand Pont ,
dont l'une fut entierement renversée , et
l'autre tellement ébranlée qu'on la démolit
actuellement.
Ily eut encore une rupture à un quart
de lieuë en deçà des Ponts , toutes ces Eaux
se réunissant à celles du Loiret , qui se
regonflérent et inondérent bien- tôt tout
J. Vol. le
JUI N. 1733. 1243
le Val. De plus, comme la Riviere avoit
emporté un Déchargeoir , pratiqué dans
les Levées , du côté de Darnoi , à trois
lieues d'Orleans, en remontant , les Eaux
qui entrerent par cette rupture , recevant
celles qui venoient d'une rupture
plus haute à un endroit nommé Bouteilles,
ne firent plus , jointes ensemble , qu'un
Lac de tout le Val de Loire , sur lequel
Lac on ne voioit que la Cime des Arbres,
et le Toît des Maisons . Cette désolation
a duré vingt quatre heures ; pendant le
quel temps , Messieurs de Ville firent
tout ce qu'on devoit attendre de leur
zéle , envoïant par tout , malgré le danger
des Barques, pour sauver ceux que
la
ruine de leurs Maisons , où le peu de
hauteur du terrain , mettoit en danger
de périr , et faisant porter des vivres à
ceux qui avoient pû trouver quelque retraite
dans leurs Greniers. On ne dit
point qu'il soit péri personne , si ce n'est
ceux que l'accident du petit Pont de la
Motte a emportez , mais on a perdu beau
coup de Bétail . Les Eaux se sont enfin retirées
, et nous ont laissé voir un triste
Tableau de leur fureur.Des Maisons renversées
de fond en comble , leurs Décom
breş dispersez çà et là , des Murs et des
Chemins rompus , les Bleds et les Foins
1. Vol. I'v perdus
1244 MERCURE DE FRANCE
perdus , ou par les Sables que la Riviere
a jettez sur les terres , ou par la Fange
qui se durcissant au Soleil , les brûle
après les avoir abbatus ; les Vignes , dans
les endroits où les Eaux ont séjourné ,
sans esperance de récolte , et dans les courans
, emportées ; les Marais qui sont de ce
côté- là en plus grand nombre,et qui font
la richesse de tout le Fauxbourg , enticrement
ruinez. Je n'entrerai point dans
le détail de toutes les pertes que l'Inondation
peut avoir causées ; il est immense
, et plus on examine ces pertes , plus
on les trouve grandes. Voilà le triste état
où se trouve la Ville d'Orléans . Je ne
parle que de ce que nous pouvons voir
du haut de nos Murs ; j'ajouterai seulement
que le Pont de le Pont de Gergeau , à quatre
lieuës au dessus d'Orleans , a eu deux Arches
d'emportées ; comme c'est un grand
passage,principalement pour les Bestiaux,
cela incommodera beaucoup le commerce
, & c.
La Loire , selon une Lettre de Blois ,
s'est tellement débordée, qu'il n'est ici personne
qui se souvienne de l'avoir vûë
en cet état. Sans en faire un plus grand
détail , je vous dirai seulement que l'on
ne voyoit que l'Arche du milieu de notre
Pont , les eaux avoient entierement bou-
I. Vola ché
JUIN. 17337
1245
ché les autres. On ne voyoit flotter sur
la Riviere que bestiaux de toute espece et
morceaux de Charpente de la démolition
des maisons . Les Ponts Chastré et celui de
S. Michel , ont été rompus en differens
endroits. Les Garennes et les Vignes ont
été déracinées , les Prez et les Bleds sont
sans aucune esperance de récolte . Les Levées
ont été rompues en plusieurs endroits;
il s'est même trouvé des gens sur des
morceaux de Levées , tout environneg
d'eau , luttant contre la faim et contre la
crainte que la terre ne vint à leur manquer
tout-à- fait. Le pain a valu jusqu'à 20. sols
la livre pendant cette huitaine.
On dit qu'il y a eû aussi de grand ravages
à Tours , &c.
Loire. Extrait d'une Lettre écrite d'Or
leans , le 8 Juin 1733 .
La Riviere qui avoit commencé à croî
tre la premiere Fête de la Pentecôte , se
trouva tres grosse le Mercredy au soir ,
et ce qu'on appelle , en plein chantier ; ce
qui n'étonna encor personne ; cette Riviere
croissant d'ordinaire considérable-,
I. Vol.
ment
JUIN. 1733. 121
ment vers ce temps cy. C'est ce que nos
Mariniers nomment , je ne sçais - pourquoi
; La crûë des Sapins Depuis , la Riviere
augm nta de telle sorte , qu'elle se
trouva au Niveau de Lévées , se répandit
ensuite sur les Quais , entra dans la
Ville e inonda les rues basses ; mais comme
Orleans est bâti sur le penchant d'un
côteau , elle ne pût s'avancer beaucoup
de ce côté là. Il n'en fut pas de même
de l'autre côté , dans le Fauxbourg , appellé
Portereau, qui fut tout inonde étant
dans un Terrain bas , égal à celui du Val
de Loire.
Comme on ne douta point que les Lévées
ne rompissent , l'eau augmentant
toujours , et une partie des Arches du
Pont , proche des Lévées , étant bouchées;
on sonna le Tocsin dans les Paroisses du
Val , pour avertir les Habitans de se précautionner
contre l'Inondation . Les plus
prochains accoururent à laVille,avec leurs
Enfans et leurs Bestiaux . Les autres montèrent
dans les Greniers de leurs maisons .
La nuit arriva, qui augmenta de beaucoup
la terreur et la confusion où tout se trouvoit
; et ce fut dans ce temps- là que sur
les 9 à 10 heures , un petit Pont de pierre
, qui fait la communication du grand
Pont à une des Mottes , qui forment une
1. Vol. I iiij Isle
1242 MERCURE DE FRANCE
Isle au milieu , vint tout à coup à s'écrouler
et emporta une quinzaine de
personnes , entre lesquelles on compte
trois jeunes Ecoliers avec leur Précepteur,
un mari et une femme , qui laissent neuf
à dix enfans , et d'autres personnes de
differens états.
Pendant la nuit la Riviére passa par
dessus les Levées , et entra dans le Fauxbourg
, en montant vers les Capucins.
Elle rompit les Levées en trois endroits .
La rupture la plus violente fut celle qui
se fit à côté des Ursulines de S. Charles ,
où l'eau emporta les Murs du Monastére ,
renversa cinq ou six maisons de fond
en comble , en dispersa les Décombres
et se répandit comme un torrent affreux
dans le Val. Tout ce qui se trouva à l'opposite
des deux autres ruptures, éprouva
le même sort . Plus de 40 toises de Murailles
du revêtement des Mottes du Pont
furent entraînées , aussi bien que deux
Maisons qui étoient sur le grand Pont ,
dont l'une fut entierement renversée , et
l'autre tellement ébranlée qu'on la démolit
actuellement.
Ily eut encore une rupture à un quart
de lieuë en deçà des Ponts , toutes ces Eaux
se réunissant à celles du Loiret , qui se
regonflérent et inondérent bien- tôt tout
J. Vol. le
JUI N. 1733. 1243
le Val. De plus, comme la Riviere avoit
emporté un Déchargeoir , pratiqué dans
les Levées , du côté de Darnoi , à trois
lieues d'Orleans, en remontant , les Eaux
qui entrerent par cette rupture , recevant
celles qui venoient d'une rupture
plus haute à un endroit nommé Bouteilles,
ne firent plus , jointes ensemble , qu'un
Lac de tout le Val de Loire , sur lequel
Lac on ne voioit que la Cime des Arbres,
et le Toît des Maisons . Cette désolation
a duré vingt quatre heures ; pendant le
quel temps , Messieurs de Ville firent
tout ce qu'on devoit attendre de leur
zéle , envoïant par tout , malgré le danger
des Barques, pour sauver ceux que
la
ruine de leurs Maisons , où le peu de
hauteur du terrain , mettoit en danger
de périr , et faisant porter des vivres à
ceux qui avoient pû trouver quelque retraite
dans leurs Greniers. On ne dit
point qu'il soit péri personne , si ce n'est
ceux que l'accident du petit Pont de la
Motte a emportez , mais on a perdu beau
coup de Bétail . Les Eaux se sont enfin retirées
, et nous ont laissé voir un triste
Tableau de leur fureur.Des Maisons renversées
de fond en comble , leurs Décom
breş dispersez çà et là , des Murs et des
Chemins rompus , les Bleds et les Foins
1. Vol. I'v perdus
1244 MERCURE DE FRANCE
perdus , ou par les Sables que la Riviere
a jettez sur les terres , ou par la Fange
qui se durcissant au Soleil , les brûle
après les avoir abbatus ; les Vignes , dans
les endroits où les Eaux ont séjourné ,
sans esperance de récolte , et dans les courans
, emportées ; les Marais qui sont de ce
côté- là en plus grand nombre,et qui font
la richesse de tout le Fauxbourg , enticrement
ruinez. Je n'entrerai point dans
le détail de toutes les pertes que l'Inondation
peut avoir causées ; il est immense
, et plus on examine ces pertes , plus
on les trouve grandes. Voilà le triste état
où se trouve la Ville d'Orléans . Je ne
parle que de ce que nous pouvons voir
du haut de nos Murs ; j'ajouterai seulement
que le Pont de le Pont de Gergeau , à quatre
lieuës au dessus d'Orleans , a eu deux Arches
d'emportées ; comme c'est un grand
passage,principalement pour les Bestiaux,
cela incommodera beaucoup le commerce
, & c.
La Loire , selon une Lettre de Blois ,
s'est tellement débordée, qu'il n'est ici personne
qui se souvienne de l'avoir vûë
en cet état. Sans en faire un plus grand
détail , je vous dirai seulement que l'on
ne voyoit que l'Arche du milieu de notre
Pont , les eaux avoient entierement bou-
I. Vola ché
JUIN. 17337
1245
ché les autres. On ne voyoit flotter sur
la Riviere que bestiaux de toute espece et
morceaux de Charpente de la démolition
des maisons . Les Ponts Chastré et celui de
S. Michel , ont été rompus en differens
endroits. Les Garennes et les Vignes ont
été déracinées , les Prez et les Bleds sont
sans aucune esperance de récolte . Les Levées
ont été rompues en plusieurs endroits;
il s'est même trouvé des gens sur des
morceaux de Levées , tout environneg
d'eau , luttant contre la faim et contre la
crainte que la terre ne vint à leur manquer
tout-à- fait. Le pain a valu jusqu'à 20. sols
la livre pendant cette huitaine.
On dit qu'il y a eû aussi de grand ravages
à Tours , &c.
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Résumé : INONDATION de la Riviere de Loire. Extrait d'une Lettre écrite d'Orleans, le 8 Juin 1733.
Le 8 juin 1733, Orléans a été frappée par une inondation majeure de la Loire. La rivière avait commencé à monter lors de la Pentecôte et avait atteint un niveau critique le mercredi soir, submergeant les quais et les rues basses de la ville. Orléans, construite sur une colline, a été partiellement protégée, mais le faubourg de Portereau, situé dans une zone basse, a été entièrement inondé. La population, craignant la rupture des levées, s'est réfugiée dans les greniers ou a fui vers la ville. La nuit, un petit pont s'est effondré, entraînant la mort de quinze personnes. L'eau a finalement débordé, rompant les levées en plusieurs endroits et causant des destructions massives. Les murs du monastère des Ursulines et plusieurs maisons ont été renversés. Les eaux de la Loire et du Loiret se sont réunies, formant un lac sur le Val de Loire. Les autorités ont organisé des secours pour sauver les habitants et distribuer des vivres. Les dégâts matériels sont considérables, avec des maisons détruites, des cultures perdues et des marais ruinés. Le pont de Gergeau a également subi des dommages, affectant le commerce. À Blois, la Loire a également débordé, causant des ravages similaires. Le prix du pain a augmenté en raison de la crise. Des inondations importantes ont également été signalées à Tours.
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6
p. 175-176
ALLEMAGNE.
Début :
Selon les avis reçus de Templin, ville située à douze lieues de [...]
Mots clefs :
Berlin, Crue, Inondation, Débordement des rivières, Puanteur
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
A L L E M A G N E.
D E B E R L 1 N, le 6 Decembre.
Selon les avis reçus de Templin , ville ſituée
à douze lieues de cette capitale, & à trente de la
mer Baltique : le premier Novembre, entre onze
heures & midi , le tems étant fort calme , les
H iv
176 MERCURE DE FR A NC E.
eaux des Lacs Netzo , Muhlgaſt, Roddelin &
Libbeſé , commencerent à bouillonner avec un
mugiſſement effrayant. Peu après elles s'éleverent .
tellement au - deſſus de leur niveau ordinaire,
qu'elles ſubmergerent les campagnes voiſines.
Elles s'y arrêterent quelques minutes , & ſe re
tirerent enſuite dans leur lit avec la même rapi
dité qu'elles en étoient ſorties. Ce flux & reflux
ſe répéterent ſix fois pendant l'intervalle d'une
demi-heure Au dernier reflux il ſe répandit dans
l'air une puanteur qu'il étoit difficile de ſupporter.
Des Pêcheurs qui ſe ſont trouvés ſur le bord du
Lac Netzo , dans les premiers momens du phé
noméne , ont rapporté qu'à plus de cinquante
pas du Lac ils avoient eu de l'eau juſqu'au-deſſus
de la génouillere de leurs bottes, & qu'ils avoient
couru riſque d'être entraînés par la violence du
reflux.
D E B E R L 1 N, le 6 Decembre.
Selon les avis reçus de Templin , ville ſituée
à douze lieues de cette capitale, & à trente de la
mer Baltique : le premier Novembre, entre onze
heures & midi , le tems étant fort calme , les
H iv
176 MERCURE DE FR A NC E.
eaux des Lacs Netzo , Muhlgaſt, Roddelin &
Libbeſé , commencerent à bouillonner avec un
mugiſſement effrayant. Peu après elles s'éleverent .
tellement au - deſſus de leur niveau ordinaire,
qu'elles ſubmergerent les campagnes voiſines.
Elles s'y arrêterent quelques minutes , & ſe re
tirerent enſuite dans leur lit avec la même rapi
dité qu'elles en étoient ſorties. Ce flux & reflux
ſe répéterent ſix fois pendant l'intervalle d'une
demi-heure Au dernier reflux il ſe répandit dans
l'air une puanteur qu'il étoit difficile de ſupporter.
Des Pêcheurs qui ſe ſont trouvés ſur le bord du
Lac Netzo , dans les premiers momens du phé
noméne , ont rapporté qu'à plus de cinquante
pas du Lac ils avoient eu de l'eau juſqu'au-deſſus
de la génouillere de leurs bottes, & qu'ils avoient
couru riſque d'être entraînés par la violence du
reflux.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 6 décembre, des rapports de Templin, située à douze lieues de Berlin et trente lieues de la mer Baltique, signalent un phénomène inhabituel survenu le 1er novembre. Entre onze heures et midi, par temps calme, les eaux des lacs Netzo, Muhlgast, Roddelin et Libbesé ont commencé à bouillonner bruyamment avant de s'élever au-dessus de leur niveau habituel, submergeant les campagnes environnantes. Ce flux et reflux s'est répété six fois en l'espace d'une demi-heure. Lors du dernier reflux, une odeur nauséabonde s'est répandue dans l'air. Des pêcheurs présents sur les bords du lac Netzo ont témoigné avoir eu de l'eau jusqu'au-dessus des genoux à plus de cinquante pas du lac, risquant d'être emportés par la violence du reflux.
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