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1
p. 115-121
Avanture, [titre d'après la table]
Début :
On dit qu'un bienfait n'est jamais perdu, & cela se justifie [...]
Mots clefs :
Gentilhomme, Cavalier, Valets, Chambre, Campagne, Voyage, Récit, Dispute, Rumeurs, Prison
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texteReconnaissance textuelle : Avanture, [titre d'après la table]
On dit qu'un bienfait n'eft
Kij
116 MERCURE
jamais perdu , & cela ſe juſtifie
par beaucoup d'exemples.
En voicy un auffi récent qu'il
eft remarquable. Un Gentilhomme
qui demeure à la
Campagne , retournant chez
luy un foir , rencontra deux
Cavaliers reformez , qui le
priérent fort civilement de
les fecourir dans le befoin
d'argent où ils fe trouvoient
pour achever leur Voyage.
Le Gentilhomme
les voyant
affez bien faits , & jugeant
de leur naiffance par la maniere
honnefte dont ils luy
parlérent , ne fe contenta
GALANT. 117
pas de leur donner. Il leur
dit qu'il eftoit tard , & qu'ils
feroient bien de venir chez
luy , où ils pafferoient la nuit
plus cómodement que dans
un Village. Le Party fut accepté
, les Cavaliers le fuivirent
, & payérent le Soupé
qu'il leur donna , par
la complaifance
d'écouter le long
récit de quelques Campagnes
qu'il avoit faites pendant
fes jeunes années. Apres
un entretien de trois heures,
il les conduifit dans une
Chambre qui n'eftoit ſéparée
d'une autre que par une
118 MERCURE
Cloifon d'ais. Ils fe couchérent,
mais heureuſement pour
le Gentilhomme , ils ne pûrents'endormir.
Unprofond
filence régnoit dans tout le
Logis, quand la voix de deux
Perfonnes qui parloient à
demy bas dans l'autre Chambre
, commença à les fraper.
Chacun d'eux prefta l'oreille ;
& quoy qu'ils perdiffent plufieurs
mots , ils ne laifferent
pas d'en entendre affez pour
comprendre qu'il y avoit difpute
entre deux Valets, fur le
complot d'aller égorger leur
Maitre. Il avoit vendu de
GALANT. 119
puis peu de jours pour huit
cens écus de Bled , & il s'agiffoit
entr'eux d'avoir cet
argent . L'un trembloit d'eftre
furpris en executant le crime
dont ils eftoient demeurez
d'accord, & l'autre tâchoit de
l'encourager. Enfin , ayant
entendu que ces Miserables
fortoient de leur Chambre,
ils fe leverent le plus doucement
qu'ils pûrent , & ſe jetterent
fur eux lors qu'ils entroient
dans celle du Gentilhomme
. Il s'éveilla à ce bruit,
& demanda ce qu'on luy vouloit
. Toute la Maifon fut en
120 MERCURE
rumeur. On fit aporter de la
lumiere , & les deux Valets
troublez , quoy qu'ils n'avoüaffent
rien , firent affez
voir par leur defordre & par
leur pâleur , qu'ils étoient
coupables . On leur trouva
des rafoirs , & des coût aux
fort tranchans , & on les mit
en lieu feur jufqu'au lendemain,
qu'on les mena en prifon.
Vous pouvez croire que
le Gentilhomme n'auroit pas
fi - toft congedié les Cavaliers
qui luy ont fauvé la vie, quand
leur prefence n'eût pas efté
néceffaire pour l'inftruct on
de
GALANT. 121
de ce Procez criminel . Je
m'informeray de l'évenement
pour vous le faire fçavoir.
Kij
116 MERCURE
jamais perdu , & cela ſe juſtifie
par beaucoup d'exemples.
En voicy un auffi récent qu'il
eft remarquable. Un Gentilhomme
qui demeure à la
Campagne , retournant chez
luy un foir , rencontra deux
Cavaliers reformez , qui le
priérent fort civilement de
les fecourir dans le befoin
d'argent où ils fe trouvoient
pour achever leur Voyage.
Le Gentilhomme
les voyant
affez bien faits , & jugeant
de leur naiffance par la maniere
honnefte dont ils luy
parlérent , ne fe contenta
GALANT. 117
pas de leur donner. Il leur
dit qu'il eftoit tard , & qu'ils
feroient bien de venir chez
luy , où ils pafferoient la nuit
plus cómodement que dans
un Village. Le Party fut accepté
, les Cavaliers le fuivirent
, & payérent le Soupé
qu'il leur donna , par
la complaifance
d'écouter le long
récit de quelques Campagnes
qu'il avoit faites pendant
fes jeunes années. Apres
un entretien de trois heures,
il les conduifit dans une
Chambre qui n'eftoit ſéparée
d'une autre que par une
118 MERCURE
Cloifon d'ais. Ils fe couchérent,
mais heureuſement pour
le Gentilhomme , ils ne pûrents'endormir.
Unprofond
filence régnoit dans tout le
Logis, quand la voix de deux
Perfonnes qui parloient à
demy bas dans l'autre Chambre
, commença à les fraper.
Chacun d'eux prefta l'oreille ;
& quoy qu'ils perdiffent plufieurs
mots , ils ne laifferent
pas d'en entendre affez pour
comprendre qu'il y avoit difpute
entre deux Valets, fur le
complot d'aller égorger leur
Maitre. Il avoit vendu de
GALANT. 119
puis peu de jours pour huit
cens écus de Bled , & il s'agiffoit
entr'eux d'avoir cet
argent . L'un trembloit d'eftre
furpris en executant le crime
dont ils eftoient demeurez
d'accord, & l'autre tâchoit de
l'encourager. Enfin , ayant
entendu que ces Miserables
fortoient de leur Chambre,
ils fe leverent le plus doucement
qu'ils pûrent , & ſe jetterent
fur eux lors qu'ils entroient
dans celle du Gentilhomme
. Il s'éveilla à ce bruit,
& demanda ce qu'on luy vouloit
. Toute la Maifon fut en
120 MERCURE
rumeur. On fit aporter de la
lumiere , & les deux Valets
troublez , quoy qu'ils n'avoüaffent
rien , firent affez
voir par leur defordre & par
leur pâleur , qu'ils étoient
coupables . On leur trouva
des rafoirs , & des coût aux
fort tranchans , & on les mit
en lieu feur jufqu'au lendemain,
qu'on les mena en prifon.
Vous pouvez croire que
le Gentilhomme n'auroit pas
fi - toft congedié les Cavaliers
qui luy ont fauvé la vie, quand
leur prefence n'eût pas efté
néceffaire pour l'inftruct on
de
GALANT. 121
de ce Procez criminel . Je
m'informeray de l'évenement
pour vous le faire fçavoir.
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Résumé : Avanture, [titre d'après la table]
Un gentilhomme, de retour chez lui à la campagne, rencontre deux cavaliers réformés en difficulté financière. Ému par leur apparence et leur honnêteté, il les invite à passer la nuit chez lui. Pendant la nuit, les cavaliers entendent deux valets comploter pour assassiner leur maître afin de voler de l'argent. Ils interviennent et neutralisent les valets, sauvant ainsi la vie du gentilhomme. Reconnaissant, ce dernier ne les congédie pas immédiatement, leur présence étant nécessaire pour instruire le procès des valets. L'auteur mentionne qu'il se renseignera sur l'issue de l'affaire pour en informer les lecteurs.
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2
p. 202-204
SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Début :
Des gens sans doute mal intentionnés, & jaloux de voir que le remede de M. [...]
Mots clefs :
Sieur Keyfer, Jalousie, Considération, Soldats, Dragées, Rumeurs, Vérité, Guérison, Santé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
SUPPLÉMENT
A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Hôpital de M. le Maréchal- Duc de Biron.
Des gens fans doute mal intentionnés , & jaloux
de voir que le remede de M. Keyfer non ſeulement
ne s'eft point encore démenti dans fes effets , mais
même acquiert de jour en jour la confidération
qu'il mérite , répandant fans ceffe dans Paris des
impoſtures malignes contre le remede & fes effets ,
en difant , tantôt que quantité de Soldats traités
par les dragées ont été manqués , & ont eù re-
Cours aux traitemens des Hôpitaux publics , tantôt
que la plus grande partie a la poitrine affectée &
Peftomac dérangé , tantôt qu'il fe donne des frictions
clandeftines à l'Hôpital de M. le Maréchal ,
impoſture d'autant plus groffiere & d'autant plus
ftupidement imaginée , qu'il y a trop d'yeux
non fufpects pour éclairer chaque jour les
traitemens qui s'y font , & que d'ailleurs on ne
fe fert pas même pour les panfemens de remedes
ordinaires ; pour
confondre toutes ces fauffetés
& faire une fois pour toutes parler la vérité , qui
feule préfide à cet Hôpital , M. le Maréchal ordonna
le onze du mois dernier , qu'il fût fait une
revue générale de tous les Soldats qui ont été
traités jufqu'à ce jour par ce remede , non feulement
dans fon Hôpital depuis fon établiſſement
mais même de ceux qui l'ont été il y a quinze &
dix-huit mois dans le temps des expériences faites
au Fauxbourg S.Jacques . En conféquence de quoi
>
AVRIL 1757. 203
>
cette revue s'étant faite ledit jour chez M. de
Cornillon , Major du Régiment des Gardes Fran
çoifes , en fa préfence , & celle d'un grand nom◄
bre d'Officiers & Sergens , par Meffieurs Guérin
Chirurgien-Major des Moufquetaires , Bourbelain
& Dieuzayde , Adminiſtrateurs de l'Hôpital
nous croyons devoir rendre compte & expoſer
aux yeux du Public les noms d'une trentaine de
ces Soldats traités tels qu'on les a pu raffembler ;
le refte étant abfent par congé ou montant alors
la garde à Verſailles , ajoutant néanmoins que les
Sergens des Compagnies des Soldats abfens , ont
certifié leur bon état , & qu'à leur retour il en
fera faite une pareille revue dont nous rendrons
également compte.
Etat des Soldats traités il y a 15 ou 18 mois an
: Fauxbourg Saint Jacques dans le temps des
expériences.
Bellerose , Saint-Julien , Francoeur , Laliberté ,
Tranquille , Maffon , Valentin , Laplume , Comtois
, Caumont , Latendreffe , Lefueur , Beauget ,
Lavigne , Leger.
Etat des Soldats nouvellement traités dans
l'Hôpital.
Francoeur , Simon , Blandin , Comtois , Léopold
, Lavertu , Gabriel , Acoulon , Dauvin ,
Laplante , Bavoyau , Vermenthon , Laloés , Lami
, Lourder , Briffau .
Certificat de M. Guerin , & de MM. Bourbelain
Dieuzayde.
Nous fouffignés , Chirurgien-Major des Monf
quetaires , invité par M, le Maréchal de Biron à
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
faire une revue générale de tous les Soldats du
Régiment des Gardes , traités , tant au Fauxbourg
S. Jacques , depuis le 22 Octobre 1756 , que dans
l'Hôpital du Fauxbourg S. Marceau , par les dragées
anti- véneriennes de M. Keyfer ; & nous
Bourbelain & Dieuzayde , Adminiſtrateurs dudit
Hôpital , certifions à M. le Maréchal , & à qui
il appartiendra , que tous les malades qui nous
ont été préſentés & dont les noms font ci - deffus ,
font parfaitement guéris , jouiffent de la meilleure
Tanté , & ne fe font plaint en aucune façon
de la poitrine ni de l'eftomac. En foi de quoi
nous avons figné le préfent Certificat. A Paris ,
le 12 Mars 1757. Guerin, Bourbelain , Dieuzayde.
Comme les effets des dragées anti- vénériennes
paroiffent aujourd'hui bien conftatés , & ne laiſfent
plus rien à defirer dans les comptes que nous
allons continuer de rendre tous les mois des nouveaux
traitemens , nous épargnerons aux yeux
de nos Lecteurs les détails défagréables que nous
avons inférés précédemment , & nous défignerons
feulement les noms des différens Malades, & ceux
de leurs Compagnies.
M. Keyfer nous prie de répéter qu'il fupplie
le Public d'être en garde , & de n'ajouter aucune
foi à quantité de gens qui ofent fe vanter d'avoir
de fes dragées , gens qui les contrefont , & defquels
il feroit à craindre qu'on ne devînt la
dupe, & peut-être la victime , ne répondant que
de celles qui feront adminiftrées par lui-même ,
ou par fes Affociés qui font actuellement au fait
de fa méthode.
I prie les perfonnes qui ont à lui écrire
d'adreffer leurs lettres rue & Ife S. Louis
A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Hôpital de M. le Maréchal- Duc de Biron.
Des gens fans doute mal intentionnés , & jaloux
de voir que le remede de M. Keyfer non ſeulement
ne s'eft point encore démenti dans fes effets , mais
même acquiert de jour en jour la confidération
qu'il mérite , répandant fans ceffe dans Paris des
impoſtures malignes contre le remede & fes effets ,
en difant , tantôt que quantité de Soldats traités
par les dragées ont été manqués , & ont eù re-
Cours aux traitemens des Hôpitaux publics , tantôt
que la plus grande partie a la poitrine affectée &
Peftomac dérangé , tantôt qu'il fe donne des frictions
clandeftines à l'Hôpital de M. le Maréchal ,
impoſture d'autant plus groffiere & d'autant plus
ftupidement imaginée , qu'il y a trop d'yeux
non fufpects pour éclairer chaque jour les
traitemens qui s'y font , & que d'ailleurs on ne
fe fert pas même pour les panfemens de remedes
ordinaires ; pour
confondre toutes ces fauffetés
& faire une fois pour toutes parler la vérité , qui
feule préfide à cet Hôpital , M. le Maréchal ordonna
le onze du mois dernier , qu'il fût fait une
revue générale de tous les Soldats qui ont été
traités jufqu'à ce jour par ce remede , non feulement
dans fon Hôpital depuis fon établiſſement
mais même de ceux qui l'ont été il y a quinze &
dix-huit mois dans le temps des expériences faites
au Fauxbourg S.Jacques . En conféquence de quoi
>
AVRIL 1757. 203
>
cette revue s'étant faite ledit jour chez M. de
Cornillon , Major du Régiment des Gardes Fran
çoifes , en fa préfence , & celle d'un grand nom◄
bre d'Officiers & Sergens , par Meffieurs Guérin
Chirurgien-Major des Moufquetaires , Bourbelain
& Dieuzayde , Adminiſtrateurs de l'Hôpital
nous croyons devoir rendre compte & expoſer
aux yeux du Public les noms d'une trentaine de
ces Soldats traités tels qu'on les a pu raffembler ;
le refte étant abfent par congé ou montant alors
la garde à Verſailles , ajoutant néanmoins que les
Sergens des Compagnies des Soldats abfens , ont
certifié leur bon état , & qu'à leur retour il en
fera faite une pareille revue dont nous rendrons
également compte.
Etat des Soldats traités il y a 15 ou 18 mois an
: Fauxbourg Saint Jacques dans le temps des
expériences.
Bellerose , Saint-Julien , Francoeur , Laliberté ,
Tranquille , Maffon , Valentin , Laplume , Comtois
, Caumont , Latendreffe , Lefueur , Beauget ,
Lavigne , Leger.
Etat des Soldats nouvellement traités dans
l'Hôpital.
Francoeur , Simon , Blandin , Comtois , Léopold
, Lavertu , Gabriel , Acoulon , Dauvin ,
Laplante , Bavoyau , Vermenthon , Laloés , Lami
, Lourder , Briffau .
Certificat de M. Guerin , & de MM. Bourbelain
Dieuzayde.
Nous fouffignés , Chirurgien-Major des Monf
quetaires , invité par M, le Maréchal de Biron à
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
faire une revue générale de tous les Soldats du
Régiment des Gardes , traités , tant au Fauxbourg
S. Jacques , depuis le 22 Octobre 1756 , que dans
l'Hôpital du Fauxbourg S. Marceau , par les dragées
anti- véneriennes de M. Keyfer ; & nous
Bourbelain & Dieuzayde , Adminiſtrateurs dudit
Hôpital , certifions à M. le Maréchal , & à qui
il appartiendra , que tous les malades qui nous
ont été préſentés & dont les noms font ci - deffus ,
font parfaitement guéris , jouiffent de la meilleure
Tanté , & ne fe font plaint en aucune façon
de la poitrine ni de l'eftomac. En foi de quoi
nous avons figné le préfent Certificat. A Paris ,
le 12 Mars 1757. Guerin, Bourbelain , Dieuzayde.
Comme les effets des dragées anti- vénériennes
paroiffent aujourd'hui bien conftatés , & ne laiſfent
plus rien à defirer dans les comptes que nous
allons continuer de rendre tous les mois des nouveaux
traitemens , nous épargnerons aux yeux
de nos Lecteurs les détails défagréables que nous
avons inférés précédemment , & nous défignerons
feulement les noms des différens Malades, & ceux
de leurs Compagnies.
M. Keyfer nous prie de répéter qu'il fupplie
le Public d'être en garde , & de n'ajouter aucune
foi à quantité de gens qui ofent fe vanter d'avoir
de fes dragées , gens qui les contrefont , & defquels
il feroit à craindre qu'on ne devînt la
dupe, & peut-être la victime , ne répondant que
de celles qui feront adminiftrées par lui-même ,
ou par fes Affociés qui font actuellement au fait
de fa méthode.
I prie les perfonnes qui ont à lui écrire
d'adreffer leurs lettres rue & Ife S. Louis
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Résumé : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Le texte est un supplément à un article sur la chirurgie, traitant de l'hôpital du Maréchal-Duc de Biron. Des rumeurs malveillantes circulent concernant le remède de M. Keyfer, affirmant que des soldats traités par ce remède ont échoué et ont dû recourir à des soins hospitaliers publics, ou qu'ils souffrent de problèmes pulmonaires et gastriques. Ces allégations incluent également des accusations de frictions clandestines à l'hôpital. Pour réfuter ces fausses informations, le Maréchal a ordonné une revue générale des soldats traités par le remède de M. Keyfer. Cette revue a eu lieu le 11 avril 1757 chez M. de Cornillon, sous la supervision d'officiers et de chirurgiens. Une trentaine de soldats ont été examinés et déclarés guéris et en bonne santé. Les sergents des compagnies absentes ont certifié l'état de santé des soldats manquants. Un certificat signé par M. Guerin, Bourbelain et Dieuzayde confirme que les soldats traités par les dragées anti-vénériennes de M. Keyfer sont parfaitement guéris et ne souffrent d'aucun problème pulmonaire ou gastrique. M. Keyfer met en garde le public contre les contrefaçons de son remède et invite les personnes souhaitant le contacter à lui écrire rue et île Saint-Louis.
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3
p. 227-230
AVIS. NOUVELLES EAUX DE PASSY.
Début :
M. Le Veillard, Gentilhomme servant ordinaire du Roi, & propriétaire des Nouvelles [...]
Mots clefs :
Eaux minérales, Rumeurs, Mensonges, Vertus, Authenticité, Faculté de médecine, Médecins, Analyse, Expérience
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texteReconnaissance textuelle : AVIS. NOUVELLES EAUX DE PASSY.
AVIS.
NOUVELLES EAUX DE PASSY.
M.
J
LEVEILLARD , Gentilhomme fervant
ordinaire du Roi , & propriétaire des Nouvelles
eaux minérales de Pafly , ayant appris que quelques
perfonnes ou mal inftruites , ou mal intentionnées
, faifoient courir fur les eaux des bruits
228 MERCURE DE FRANCE.
défavantageux , en les accufant d'être changées
de nature , & par conféquent dépourvues des
vertus qu'on leur avoit attribuées jufqu'à préfent ,
en les taxant même de factices , a cru qu'il devoit
prendre des mefures pour détruire , par une
preuve autentique , ces faufletés , & pour confirmer
le Public dans la confiance qu'il a eue juf
qu'à préfent dans fes eaux.
Pour cet effet , il a préfenté une requête à la
Faculté de Médecine , pour qu'il lui plût de nommer
des Commiflaires qui fiffent un nouvel examen
, & une nouvelle analyte des nouvelles eaux
de Paffy. La Faculté de Médecine lui , ayant acordé
fa demande , nomma l'été dernier , fix Docteurs
, qui furent MM. Mercy , Chomel , Vieillard
, Cofnier , Latier , & Delarivière , qui fe
tranfporterent à Pally avec M. Boyer , Doyen de
la Faculté : & après avoir fait mettre à fec les
fources , & en avoir examiné les environs avec
la plus févère attention ; ils emporterent des eaux
pour en faire l'analyfe , dans le laboratoire des
écoles . L'analyſe finie , après avoir afluré que les
e aux ne pouvoient être factices , tant à caufe de
lexamen qu'ils en avoient fait , que par ce qu'ils
croyoient impoffible de les contrefaire , ils expofent
leur analyfe,par laquelle ils ons trouvé exactement
les mêmes principes que M. Bolduc , il y a
trente ans , & concluent ainfi .
Par cette analyſe,& ces expériences , nous vous
avons démontré que les nouvelles eaux de Pally
renferment en el es mêmes un vrai vitriol de
mars , du fel de glauber naturel , du fel marin',
une terre alkaline , & de la felenite ; par conféquent
, c'est avec jufte raifon que ces eaux ont été
appellées , Nouvelles Eaux minérales ferrugineufes
de Paffy que par la connoiffance que tout Médecin
doit avoir des effets que produisent ces
AVRIL 1760 . 229
différentes matières unies & combinées enfemble,
elles peuvent & doivent être très - utiles dans les
maladies chroniques & d'obftruction , toutes les
fois qu'il s'agira de lever les embarras caufés par
l'épaiffiffement des liqueurs & la diminution du
reffort des folides ; & qu'enfin ces eaux doivent
être regardées comme un remède d'autant plus
falutaire , qu'il eft donné des mains de la fimple
nature.
Mais comme la Faculté , Meffieurs , nous a
moins chargés de nous affurer de la nature des
nouvelles eaux de Paffy , des principes qui les
compofent , & des vertus qui leur font propres ,
que d'examiner avec la derniere attention , fi les
bruits qui fe font répandus de fources éteintes ,
de principes dénaturés , & dé vertus détruites ,
font fondés en raiſon ; pour remplir l'étendue de
notre Miffion , nous n'hésiterons pas à vous confirmer
, que les defcentes que nous avons faites
fur les lieux le fond des baffins , que nous avons
fait mettre à fec , & fouillé à différentes repriſes
les plus petits coins & recoins qui n'ont point
échappés à nos recherches , les eaux que nous
avons vû ruiffeler en abondance & de plufieurs
endroits , leur limpidité & leur faveur , le caractère
de la nature qui s'eft manifefté partout , &
enfin notre analyfe & nos expériences , doivent
'convaincre tout efprit raisonnable , qu'actuellement
aux nouvelles eaux minérales de Paffy , les
eaux y coulent de la même manière qu'en 1720 ,
que la Faculté s'y tranfporta pour la premiere
fois , & en quantité plus que fuffifante pour fournir
aux befoins des Citoyens ; que leur nature & la
combinaiſon de leurs différens principes n'étant
point changés , il eft impoffible que leurs vertus
médicinales foient détruites ; & que les bruits dé
Lavantageux qui fe font répandus au fujet defdites
230 MERCURE DE FRANCE.
eaux , ne peuvent partir que de la prévention ou
de l'ignorance.
Nous concluons donc , Meffieurs , en finiffant
notre rapport , que fi la Faculté n'a pas héfité
en 1720, pour le bien & l'utilité publique , de mettre
en crédit , par fon approbation, des eaux qui
n'avoient pas encore l'attache & le fceau de l'expérience
confirmée , elle doit aujourd'hui, par un
decret autentique, affermir les Citoyens dans la
confiance qui eft due aux mêmes eaux , fur l'utilité
defquelles 40 années d'ufage & d'effers falutaires,
fous les yeux des Médecins, ne permettent
pas de former aucun doute.
NOUVELLES EAUX DE PASSY.
M.
J
LEVEILLARD , Gentilhomme fervant
ordinaire du Roi , & propriétaire des Nouvelles
eaux minérales de Pafly , ayant appris que quelques
perfonnes ou mal inftruites , ou mal intentionnées
, faifoient courir fur les eaux des bruits
228 MERCURE DE FRANCE.
défavantageux , en les accufant d'être changées
de nature , & par conféquent dépourvues des
vertus qu'on leur avoit attribuées jufqu'à préfent ,
en les taxant même de factices , a cru qu'il devoit
prendre des mefures pour détruire , par une
preuve autentique , ces faufletés , & pour confirmer
le Public dans la confiance qu'il a eue juf
qu'à préfent dans fes eaux.
Pour cet effet , il a préfenté une requête à la
Faculté de Médecine , pour qu'il lui plût de nommer
des Commiflaires qui fiffent un nouvel examen
, & une nouvelle analyte des nouvelles eaux
de Paffy. La Faculté de Médecine lui , ayant acordé
fa demande , nomma l'été dernier , fix Docteurs
, qui furent MM. Mercy , Chomel , Vieillard
, Cofnier , Latier , & Delarivière , qui fe
tranfporterent à Pally avec M. Boyer , Doyen de
la Faculté : & après avoir fait mettre à fec les
fources , & en avoir examiné les environs avec
la plus févère attention ; ils emporterent des eaux
pour en faire l'analyfe , dans le laboratoire des
écoles . L'analyſe finie , après avoir afluré que les
e aux ne pouvoient être factices , tant à caufe de
lexamen qu'ils en avoient fait , que par ce qu'ils
croyoient impoffible de les contrefaire , ils expofent
leur analyfe,par laquelle ils ons trouvé exactement
les mêmes principes que M. Bolduc , il y a
trente ans , & concluent ainfi .
Par cette analyſe,& ces expériences , nous vous
avons démontré que les nouvelles eaux de Pally
renferment en el es mêmes un vrai vitriol de
mars , du fel de glauber naturel , du fel marin',
une terre alkaline , & de la felenite ; par conféquent
, c'est avec jufte raifon que ces eaux ont été
appellées , Nouvelles Eaux minérales ferrugineufes
de Paffy que par la connoiffance que tout Médecin
doit avoir des effets que produisent ces
AVRIL 1760 . 229
différentes matières unies & combinées enfemble,
elles peuvent & doivent être très - utiles dans les
maladies chroniques & d'obftruction , toutes les
fois qu'il s'agira de lever les embarras caufés par
l'épaiffiffement des liqueurs & la diminution du
reffort des folides ; & qu'enfin ces eaux doivent
être regardées comme un remède d'autant plus
falutaire , qu'il eft donné des mains de la fimple
nature.
Mais comme la Faculté , Meffieurs , nous a
moins chargés de nous affurer de la nature des
nouvelles eaux de Paffy , des principes qui les
compofent , & des vertus qui leur font propres ,
que d'examiner avec la derniere attention , fi les
bruits qui fe font répandus de fources éteintes ,
de principes dénaturés , & dé vertus détruites ,
font fondés en raiſon ; pour remplir l'étendue de
notre Miffion , nous n'hésiterons pas à vous confirmer
, que les defcentes que nous avons faites
fur les lieux le fond des baffins , que nous avons
fait mettre à fec , & fouillé à différentes repriſes
les plus petits coins & recoins qui n'ont point
échappés à nos recherches , les eaux que nous
avons vû ruiffeler en abondance & de plufieurs
endroits , leur limpidité & leur faveur , le caractère
de la nature qui s'eft manifefté partout , &
enfin notre analyfe & nos expériences , doivent
'convaincre tout efprit raisonnable , qu'actuellement
aux nouvelles eaux minérales de Paffy , les
eaux y coulent de la même manière qu'en 1720 ,
que la Faculté s'y tranfporta pour la premiere
fois , & en quantité plus que fuffifante pour fournir
aux befoins des Citoyens ; que leur nature & la
combinaiſon de leurs différens principes n'étant
point changés , il eft impoffible que leurs vertus
médicinales foient détruites ; & que les bruits dé
Lavantageux qui fe font répandus au fujet defdites
230 MERCURE DE FRANCE.
eaux , ne peuvent partir que de la prévention ou
de l'ignorance.
Nous concluons donc , Meffieurs , en finiffant
notre rapport , que fi la Faculté n'a pas héfité
en 1720, pour le bien & l'utilité publique , de mettre
en crédit , par fon approbation, des eaux qui
n'avoient pas encore l'attache & le fceau de l'expérience
confirmée , elle doit aujourd'hui, par un
decret autentique, affermir les Citoyens dans la
confiance qui eft due aux mêmes eaux , fur l'utilité
defquelles 40 années d'ufage & d'effers falutaires,
fous les yeux des Médecins, ne permettent
pas de former aucun doute.
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Résumé : AVIS. NOUVELLES EAUX DE PASSY.
M. Leveillard, gentilhomme ordinaire du Roi et propriétaire des Nouvelles eaux minérales de Passy, a réagi aux rumeurs défavorables circulant sur ses eaux, les accusant d'être changées de nature ou factices. Pour rétablir la vérité, il a sollicité la Faculté de Médecine afin de nommer des commissaires pour examiner et analyser les eaux. La Faculté a désigné six docteurs pour se rendre à Passy et examiner les sources ainsi que leurs environs. Après analyse, les docteurs ont confirmé que les eaux contenaient les mêmes principes que ceux identifiés trente ans auparavant par M. Bolduc, notamment du vitriol de Mars, du sel de Glauber naturel, du sel marin, une terre alcaline et de la sélénite. Ils ont conclu que ces eaux étaient efficaces pour traiter les maladies chroniques et d'obstruction, en levant les embarras causés par l'épaississement des liquides et la diminution de la force des solides. Les docteurs ont également affirmé que les rumeurs sur les sources éteintes ou les principes dénaturés étaient infondées. Les eaux coulaient abondamment et leur nature n'avait pas changé, garantissant ainsi leurs vertus médicinales. La Faculté doit donc confirmer l'utilité publique de ces eaux, comme elle l'avait fait en 1720, après quarante années d'usage et d'effets bénéfiques sous la surveillance des médecins.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 208-209
SUPPLEMENT à l'Article du Théâtre. Mort de M. Roy, Chevalier de l'Ordre de S. Michel, Poëte Lyrique.
Début :
Le 3 Octobre dernier est décédé à Paris M. Pierre-Charles Roy, Chevalier de S. [...]
Mots clefs :
Chevalier, Théâtre lyrique, Ouvrages, Poète, Recueil de poésies, Rumeurs, Éloge
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texteReconnaissance textuelle : SUPPLEMENT à l'Article du Théâtre. Mort de M. Roy, Chevalier de l'Ordre de S. Michel, Poëte Lyrique.
SUPPLEMENT à l'Article du Théâtre.
Mort de M. Roy , Chevalier de l'Ordre de
S. Michel , Poëte Lyrique.
LR 3 Octobre dernier eſt décédé à Paris M •
Pierre- Charles Ror , Chevalier de S. Michel,
DECEMBRE . 1764. 209
>
Callirrhoé & le Ballet des Elémens faffiroient à la
célébrité des talens de ce Poëte pour le Théâtre
Lyrique. On connoît de lui beaucoup d'autres
Ouvrages du même genre , qui ne font pas
moins d'honneur à fa Mufe. Le caractère particulier
du génie de ce Poëte étoit d'avoir tellement
étudié les Poëtes Latins & principale- .
ment Ovide , qu'il fe les étoit appropriés. Il a
fait paffer une grande quantité de leurs pentées ,
on pourroit dire prèfque de leurs vers dans les
fiens Il a compofé auffi un Recueil de Poéfies
diverfes , imprimé depuis long -temps , où l'on
trouve des chofes affez agréablement imaginées ,.
& far-tout fort correctement verfifiées . Il eft mort
à l'âge de 81 ans , ignoré du Monde & de la Société
depuis plus de dix ou douze ans.
Nous avions par erreur , & fur la foi d'une.
rumeur publique , annoncé la mort de cet Auteur
dès l'année précédente. Nous avons été ou prévenus
ou fuivis , dans cette erreur , par tous les Journaliſtes
& tous les Papiers publics : enforte que
l'Auteur du nouveau Nécrologe , en annonçant il
y a quelques mois celui du mois de Janvier prochain
, promettoit , entr'autres Eloges hiftoriques
de Perfonnes célèbres décédées dans le courant de
cette année , celui de M. Roy , qui n'étoit pas encore
mort alors. Que ceux qui condamnent les
erreurs trop fréquentes des Hiftoriographes du
Théâtre ou de la Littérature , fondées fur celles
des Ecrivains contemporains , apprennent par
cet exemple , que la plupart font dues à la négligence
impardonnable des familles ; lefquelles ,
comme en cette occafion , loin de prendre l'intérêt
convenable pour informer la Poftérité de ce qui
concerne les talens qui les ont honorées , ne,
daignent pas même faire conftater le temps & le
terme de leur exiſtence.
Mort de M. Roy , Chevalier de l'Ordre de
S. Michel , Poëte Lyrique.
LR 3 Octobre dernier eſt décédé à Paris M •
Pierre- Charles Ror , Chevalier de S. Michel,
DECEMBRE . 1764. 209
>
Callirrhoé & le Ballet des Elémens faffiroient à la
célébrité des talens de ce Poëte pour le Théâtre
Lyrique. On connoît de lui beaucoup d'autres
Ouvrages du même genre , qui ne font pas
moins d'honneur à fa Mufe. Le caractère particulier
du génie de ce Poëte étoit d'avoir tellement
étudié les Poëtes Latins & principale- .
ment Ovide , qu'il fe les étoit appropriés. Il a
fait paffer une grande quantité de leurs pentées ,
on pourroit dire prèfque de leurs vers dans les
fiens Il a compofé auffi un Recueil de Poéfies
diverfes , imprimé depuis long -temps , où l'on
trouve des chofes affez agréablement imaginées ,.
& far-tout fort correctement verfifiées . Il eft mort
à l'âge de 81 ans , ignoré du Monde & de la Société
depuis plus de dix ou douze ans.
Nous avions par erreur , & fur la foi d'une.
rumeur publique , annoncé la mort de cet Auteur
dès l'année précédente. Nous avons été ou prévenus
ou fuivis , dans cette erreur , par tous les Journaliſtes
& tous les Papiers publics : enforte que
l'Auteur du nouveau Nécrologe , en annonçant il
y a quelques mois celui du mois de Janvier prochain
, promettoit , entr'autres Eloges hiftoriques
de Perfonnes célèbres décédées dans le courant de
cette année , celui de M. Roy , qui n'étoit pas encore
mort alors. Que ceux qui condamnent les
erreurs trop fréquentes des Hiftoriographes du
Théâtre ou de la Littérature , fondées fur celles
des Ecrivains contemporains , apprennent par
cet exemple , que la plupart font dues à la négligence
impardonnable des familles ; lefquelles ,
comme en cette occafion , loin de prendre l'intérêt
convenable pour informer la Poftérité de ce qui
concerne les talens qui les ont honorées , ne,
daignent pas même faire conftater le temps & le
terme de leur exiſtence.
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Résumé : SUPPLEMENT à l'Article du Théâtre. Mort de M. Roy, Chevalier de l'Ordre de S. Michel, Poëte Lyrique.
Le 3 octobre 1764, à Paris, est décédé M. Pierre-Charles Roy, Chevalier de l'Ordre de Saint-Michel et poète lyrique. Ses œuvres les plus célèbres incluent 'Callirrhoé' et 'le Ballet des Éléments'. Roy a également écrit de nombreux ouvrages lyriques et un recueil de poésies diverses, imprimé depuis longtemps, contenant des textes imaginatifs et correctement versifiés. Son génie se caractérisait par une étude approfondie des poètes latins, notamment Ovide, dont il a adapté de nombreuses pensées et presque des vers entiers. Roy est mort à l'âge de 81 ans, après avoir été ignoré du monde et de la société pendant plus de dix ou douze ans. Une erreur avait été commise par divers journaux et publications, annonçant sa mort l'année précédente, alors qu'il était encore en vie. Cet exemple illustre la négligence des familles qui ne prennent pas l'intérêt convenable pour informer la postérité des talents de leurs membres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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