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Liste
1
p. 279-282
Ils vont voir le Magasin d'Armes à la Bastille. [titre d'après la table]
Début :
Ils ont esté à la Bastille voir le Magazin d'Armes, [...]
Mots clefs :
Magasin d'armes, Bastille, Armes, Magasins, Écrire
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texteReconnaissance textuelle : Ils vont voir le Magasin d'Armes à la Bastille. [titre d'après la table]
Ils ont eſté à la Baſtille
voir le Magazin d'Armes ,
280 Voyage des Amb.
où il y en a toujours de
preſtes pour armer trente
mille hommes. Je ne vous
en fais point ledétail. Imaginez
- vous toutes les fortes
d'Armes qui peuvent
eſtre employées dans une
Armée,& ce ſera vous repreſenter
tout ce qu'on
trouve dans ce Magazin.
Rien n'en égale le bon ordre
&la propreté. C'eſt un
effer des foins de M Thiton
, mais l'établiſſement
en eſt deu à M² de Lou
de Siam: 201
vois . Il n'y en avoit point
encore eu en France. Les
Ambaffadeurs ne fe contenterent
pas de l'admirer
, mais ils ſe donnerene
la peine d'écrire& de faire
écrire par leursSecretaires
tour ce qu'ilsy virent. Om
Ieur dit qu'il y avoit en
France encore vingt Magazins
qui n'eſtoient pass
moins remplis. Ainfi ea
quelque lieu qu'on puide
envoyer des Soldats fans
Armes ils en trouvent
Aa
2
282. Voyage des Amb.
dans ces Magazins , &
cela n'a pas peu contribué
aux Conqueſtes de Sa
Majefte.
voir le Magazin d'Armes ,
280 Voyage des Amb.
où il y en a toujours de
preſtes pour armer trente
mille hommes. Je ne vous
en fais point ledétail. Imaginez
- vous toutes les fortes
d'Armes qui peuvent
eſtre employées dans une
Armée,& ce ſera vous repreſenter
tout ce qu'on
trouve dans ce Magazin.
Rien n'en égale le bon ordre
&la propreté. C'eſt un
effer des foins de M Thiton
, mais l'établiſſement
en eſt deu à M² de Lou
de Siam: 201
vois . Il n'y en avoit point
encore eu en France. Les
Ambaffadeurs ne fe contenterent
pas de l'admirer
, mais ils ſe donnerene
la peine d'écrire& de faire
écrire par leursSecretaires
tour ce qu'ilsy virent. Om
Ieur dit qu'il y avoit en
France encore vingt Magazins
qui n'eſtoient pass
moins remplis. Ainfi ea
quelque lieu qu'on puide
envoyer des Soldats fans
Armes ils en trouvent
Aa
2
282. Voyage des Amb.
dans ces Magazins , &
cela n'a pas peu contribué
aux Conqueſtes de Sa
Majefte.
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Résumé : Ils vont voir le Magasin d'Armes à la Bastille. [titre d'après la table]
Les ambassadeurs ont visité la Bastille et découvert un magasin d'armes capable d'équiper trente mille hommes. Le lieu, ordonné et propre, a été établi par Monsieur de Louv de Siam. Ils ont appris l'existence de vingt autres magasins similaires en France, facilitant l'équipement rapide des soldats et contribuant aux conquêtes royales.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 91-92
« Nos Troupes ont esté mises dans de bons Quartiers de raffraichissement [...] »
Début :
Nos Troupes ont esté mises dans de bons Quartiers de raffraichissement [...]
Mots clefs :
Gérone, Magasins
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texteReconnaissance textuelle : « Nos Troupes ont esté mises dans de bons Quartiers de raffraichissement [...] »
Ivos Troupes ont ejlemijcs
dans de bons Quartiers de rafraichissement
qui s'estendent
fortavant dans la Plaine. On
travaille icy avec beaucoup de
diligence a. remplir de grands
Magasins j
Girone devant
-nOM servirde Place d'Armes
pour aller en avant; mais ce -
ne feraqu'aprèsque lesTroupesse
serontreposées, ~&que
tous lesMagasinsserontbien
fournis.
dans de bons Quartiers de rafraichissement
qui s'estendent
fortavant dans la Plaine. On
travaille icy avec beaucoup de
diligence a. remplir de grands
Magasins j
Girone devant
-nOM servirde Place d'Armes
pour aller en avant; mais ce -
ne feraqu'aprèsque lesTroupesse
serontreposées, ~&que
tous lesMagasinsserontbien
fournis.
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3
p. 265-270
Lettre d'Arras du 3. de Mars 1712.
Début :
La nuit du premier au 2. de Mars à la [...]
Mots clefs :
Arras, Heures, Magasins, Ennemis, Tranchées
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texteReconnaissance textuelle : Lettre d'Arras du 3. de Mars 1712.
Lettre d'Arras du 3. de
Mars 1712.
La nuit du premier au t.
de Mars à la faveur de l'obscurité les ennemiss'approcherent d'Arras.
Lesécondsurlessept heures
du matinayant ouvert lu.
portes de la Ville à l'ordinaire,
les Paysansavertirent que la
ennemis travaillaient autour
de la Place, Mr le Mareschal
de Montesquiou fit AujJiroft
mettre toute la Garnison fous
les Armes, c-fitsortir lt
Cavalierie, les Grenadiers &
cinq Bataillons par la porte
.Rou'viul nous apperçûmes
les ennemis qui travailloient à
quatre censsoixante toises de
la Place, & mesmeétoient
déjà à moitié couverts dans
leur tranchées. Monsieur le
Mareschalayant envoyéreconnoijlre, apprit qu'ilsn'asoientinvesty la Ville que
depuis la rivière de Scarpe
jusquau Crinchon., il resolut
de faire attaquer les ennemis
quis'étoient rendus maistres du
Fatixbourg de Bapaume. On
leur tua baycoup de mondee
mais le combat estans trop
opiniâtre
,
nous Jugeames à
propos de mettre le feu au
Fauxbourg
en nous retirans.
Nous y avons perdu trois
braves Officiers; (9" le Colonel
du Regiment de Belsan
,
qui
commandoit cette attaque,fut
fait prisonnier. Sur les onze
heures les deserteurs affurérent
MrleMareschalque ce n'estoit
point pour assieger la Place
;
mais seulement pour brusler
les Magasins que les ennemis
stoient venus. Aussitost on
occupa la moitié de la Garnison
*défaire les Mules de soin
pour les transporter plus loin,
0* les mettre le long de la rivière
,
mais malgré les Canons de
la Ville &de la Citadelle ,sur
les quatre heures après midy ils
commencerent a jetter des Bombes & des Pots à feusur les
Magasins&sur la Citadelle;
ensuiteJur les dix heures ils tirèrent à Boulets rougessur nos
Magasins. Voyantque son éteignoit toujours le feu de leurs
bombes (7 de leurspots àfeu
a une
heure aprèsminuit, il ne
fut plus possibled'éteindre le
feu qu'ilsfaisoientavec leurs
bouletsrouges quiperçoient en.,.
tierement nos Magasins;
d'ailleurssur les dix heures du
Joir ils commencèrent à bombarder la Ville
3
ce qui obligea de relâcher tous les Bourgeois que l'onretenoit depuis
midy aux Magasins. Sur les
quatre heures de
ce matin
loyans quelques uns de nos
Magasins en feu cm quantité
de paille quonavoit allumée
exprésd'un autre costé,ils
crurent tout bruslé&craignant
quelque sortiesur des Troupes
qui s'étoient débandées
,
les
rassemblerent, ils se font retite^ cette nuit à
quatre heures.
Ily a
environ cinquante mille rations de fourages brulées ou gaflées. Il est, tombe
tant dans la Ville que dans 14
Citadelle environ deux cens
cinquante bombes & cent pots
A feu
,
ils ont esté contraints
de laisser dans leurs retranche.
ments environ trois cens bombes. On a
rasé les travaux
qu'ils ont faits, ils ont perdu
environ troiscens hommes, &
nous cent.
Mars 1712.
La nuit du premier au t.
de Mars à la faveur de l'obscurité les ennemiss'approcherent d'Arras.
Lesécondsurlessept heures
du matinayant ouvert lu.
portes de la Ville à l'ordinaire,
les Paysansavertirent que la
ennemis travaillaient autour
de la Place, Mr le Mareschal
de Montesquiou fit AujJiroft
mettre toute la Garnison fous
les Armes, c-fitsortir lt
Cavalierie, les Grenadiers &
cinq Bataillons par la porte
.Rou'viul nous apperçûmes
les ennemis qui travailloient à
quatre censsoixante toises de
la Place, & mesmeétoient
déjà à moitié couverts dans
leur tranchées. Monsieur le
Mareschalayant envoyéreconnoijlre, apprit qu'ilsn'asoientinvesty la Ville que
depuis la rivière de Scarpe
jusquau Crinchon., il resolut
de faire attaquer les ennemis
quis'étoient rendus maistres du
Fatixbourg de Bapaume. On
leur tua baycoup de mondee
mais le combat estans trop
opiniâtre
,
nous Jugeames à
propos de mettre le feu au
Fauxbourg
en nous retirans.
Nous y avons perdu trois
braves Officiers; (9" le Colonel
du Regiment de Belsan
,
qui
commandoit cette attaque,fut
fait prisonnier. Sur les onze
heures les deserteurs affurérent
MrleMareschalque ce n'estoit
point pour assieger la Place
;
mais seulement pour brusler
les Magasins que les ennemis
stoient venus. Aussitost on
occupa la moitié de la Garnison
*défaire les Mules de soin
pour les transporter plus loin,
0* les mettre le long de la rivière
,
mais malgré les Canons de
la Ville &de la Citadelle ,sur
les quatre heures après midy ils
commencerent a jetter des Bombes & des Pots à feusur les
Magasins&sur la Citadelle;
ensuiteJur les dix heures ils tirèrent à Boulets rougessur nos
Magasins. Voyantque son éteignoit toujours le feu de leurs
bombes (7 de leurspots àfeu
a une
heure aprèsminuit, il ne
fut plus possibled'éteindre le
feu qu'ilsfaisoientavec leurs
bouletsrouges quiperçoient en.,.
tierement nos Magasins;
d'ailleurssur les dix heures du
Joir ils commencèrent à bombarder la Ville
3
ce qui obligea de relâcher tous les Bourgeois que l'onretenoit depuis
midy aux Magasins. Sur les
quatre heures de
ce matin
loyans quelques uns de nos
Magasins en feu cm quantité
de paille quonavoit allumée
exprésd'un autre costé,ils
crurent tout bruslé&craignant
quelque sortiesur des Troupes
qui s'étoient débandées
,
les
rassemblerent, ils se font retite^ cette nuit à
quatre heures.
Ily a
environ cinquante mille rations de fourages brulées ou gaflées. Il est, tombe
tant dans la Ville que dans 14
Citadelle environ deux cens
cinquante bombes & cent pots
A feu
,
ils ont esté contraints
de laisser dans leurs retranche.
ments environ trois cens bombes. On a
rasé les travaux
qu'ils ont faits, ils ont perdu
environ troiscens hommes, &
nous cent.
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Résumé : Lettre d'Arras du 3. de Mars 1712.
Le 3 mars 1712, les ennemis approchèrent d'Arras durant la nuit et commencèrent à travailler autour de la ville. À sept heures du matin, les paysans avertirent de leur activité. Le maréchal de Montesquiou mobilisa la garnison et envoya la cavalerie et les grenadiers. Les ennemis avaient investi la ville depuis la rivière de Scarpe jusqu'au Crinchon. Une attaque fut lancée contre les ennemis au faubourg de Bapaume, causant de lourdes pertes, mais les forces françaises durent mettre le feu au faubourg en se retirant. Trois officiers furent tués et un colonel fut fait prisonnier. Vers onze heures, des déserteurs informèrent le maréchal que les ennemis visaient à brûler les magasins plutôt qu'à assiéger la ville. La garnison fut déployée pour protéger les magasins, mais les ennemis lancèrent des bombes et des pots à feu sur les magasins et la citadelle. Le feu ne put être éteint, et les bombardements continuèrent jusqu'au lendemain matin. Les ennemis se retirèrent à quatre heures du matin. Environ cinquante mille rations de fourrage furent brûlées ou gâchées. Environ deux cent cinquante bombes et cent pots à feu tombèrent dans la ville et la citadelle. Les ennemis laissèrent trois cents bombes dans leurs retranchements. Les travaux ennemis furent rasés, et ils perdirent environ trois cents hommes, tandis que les forces françaises perdirent cent hommes.
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4
p. 121-151
RELATION envoyée à Monsieur le Comte de Pontchartrin.
Début :
Ayant eu le malheur d'estre du nombre de ceux qui [...]
Mots clefs :
Portugais, Troupes, Rio de Janeiro, Monsieur du Clerc, Bataille, Magasins
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texteReconnaissance textuelle : RELATION envoyée à Monsieur le Comte de Pontchartrin.
RELATIO N
envoyée à Monfieur
Le Comte de Pontchartrin.
MONSEIGNEUR,
A
I
Yant eu le malheur
d'eftre du nombre de
ceux qui ont efté faits prifonniers dans la defcente de
Mr du Clerc à Rio deJaneiro ; je crois qu'il eft de
mon devoir de rendre
Juin 1712.
L •
122 MERCURE
compte à Voftre Grandeur
de mon retour en France
auffi bien que de ce qui
s'eft paffé de plus remarquable dans cette occafion.
Le Samedy 6 Aouſt
1710. On commença à voir
la terre à huit heures du
matin , d'un vent affez frais .
on n'eut pas courru deffus
trois heures , qu'on découvrit le pain de fucre; c'est
une Montagne fort élevéc
qui eft à l'entrée de la Baye
de Rio de Janeiro , & qui
fert de marque pour la ret
connoiftre : elle cft ainfi
GALANT. 123
nommée à caufe de fa
figure.
.
Amidy le Commandant
fit fon fignal, pour apelles
rousles Gardes de la Marine,
& tous les Grenadiers de
l'Eſcadre à fon bord, afin
d'entrer ce jour- là nean
moinsil étoit déja 3 heures
qu'on eftoit encore à plus
d'une lieuë de l'entrée : ainfi
on pritleparti de moüiller,
pour ne pas s'engager la
nuit dans un pays qu'on ne
connoift pas.
La Brife que l'on s'étoit
flatté d'avoir le lendemain
Lij
114 MERGURE
huit heures du matin , ne
commença qu'à deux heures
aprés midy, on leva d'abord l'Ancre pour en pro
fiter , & chacun étant bien
difpofé par l'ordre que tous
avoient receu de Mr du
Clerc de fe tenir prefts à
faire la defcente, nous nous
preſentâmes à la Barre de
Rio de Janeiro pour entrer
dans le Port avecdes Navires
du Roy, le Dimanche 17
Aouft 1710. entre trois &
quatre heures du foir; mais
le vent nous ayant manqué,
Tout à coup, dés que nous
GALANT 125
fumes à l'abry des terres, on
fut contraint de mouiller à
une grande portée de canon
du grand Fort de S, Croix
Nous n'eumes pas pluſtoſt
jetté l'Ancre, qu'il le pre5 fenta une Soumaque , petit
Baftiment venant de la Baye
de tous les Saints , qui në
balança point d'entrer fur
la foy de nos Pavillons An
glois , qu'elle nous vit à
tous : mais Mr du Clerc
jugea à propos de l'arrefter,
en paffant, afin de tirer s'il
fe pouvoit quelque éclaircif.
fement pour fon entreprife,
A
Liij
126 MERCURE
Le grand Fort , qui depuis
que nous étions moüillez ,
paroiffoit fufpendre fon jugement, & nefçavoir encore
fi nous cftions amis on ennemis , ne douta plus que
nous ne fuflions François ,
lorfquil vit arrefter le petit
Baſtiment. Il commença
déflors à tirer du canon fur
les Vaiffeaux, ce qui étoit
affez mal fervi , mettant une
intervalle confiderable entre chaque coup qu'il tiroits
enfin lorfque la nuit furvint,
& qu'il fut obligé de ceffer ,
il n'avoit pas tiré plus de
GALANT 127
1
quinze ou vinge coups de
canon qui n'avoient incommodé aucun Navire.
Mr du Clerc aprés avoir
interrogé les Portuguais
qu'il venoit de prendre, af
fembla pendant la nuit le
confeil de fes Officiers pour
fçavoir ce qu'il étoit le plus
à propos de faire , quoyque
fon avis fut de faire la def
cente cette nuit meſme qui
étoit fort obfcure , & trespropre à favorifer l'entreprife , les Chaloupes pouvant paffer à la faveur des
tenebres devant tous les
1
Liiij
128 MERCURE
Forts fans avoir rien à crain
dre,cequiauroit fans doute
furpris les ennemis qui ne
pourroient pas encore eftre
rous raffemblez , il fut ce
pendant refolu de l'avis de
fon confeil d'aller à l'IfleGrande fe rafraichir , &
qu'enfuite on iroit furpren
dre la Ville , par terre.
Il fit embarquer rout fon
monde dans les deux Fregat
tes, la Diane & l'Attalante;
* C'eft une Iſle qui eft à zo lieues
de Rio de Janeiro , où les Vaiffeaux
ont coûtume d'aller faire de l'Eau ,
& du Bois.
GALANT 125
qu'il choifir pour le tranft
port des Troupes , & ceux
qui ne purene y trouver
place fuivirent dans les Cha
loupes , & dans deux Bri
gantins.
Les trois Vaiffeaux du
Roy , l'Oriflame , la Valeur
&la Venus, refterent à l'IleGrande , fous le comman
dement de Mr de Champagnu , Lieutenant de Vaif.
feaux; & nous en partîmes
dans l'ordre que je viens de
dire le Samedy 6. Septembre, fous la conduite de
trois Noirs qui s'étant écha
M
130 MERCURE
"T
pez de la maifon de leur
Maiftres , s'étoient venus
rendre à Mr du Clerc: ils
affuroient qu'il n'y avoit à
Ja Ville que cinq à fix cens
hommes de Troupes à
combattre , & s'offrirent de
nous y conduire par terre
fans aucun obftacle.
Nousmines pied à terre
un petit Village, à douze
ou quinze lieues de Rio de
Jineiro , ce fut là que nous
scommençames la deſcenté,
Je Dimanche au foir 14. du
mois, &le Lundy matin le
refte des Troupes étant auffi
i
GALANT. 131
S
FAD
3
#
deſcendu , nous marchâmes
droit à la Ville , au nombre
de prés dehuiccens hommes
fur la bonne foy des trois
Noirs qui nous y conduifi,
fent. 20 N
Les trois premiers jours
de marche ne furent trou
blez par aucun ennemy,
ayant trouvé dans les Campagnes toutes les habita
tions defertes ; foit que les
habitans fe fuffent retirez à
la Ville comme dans un lieude feureté, foit qu'ils s'y
fuffent affemblez pour la
mieux deffendre , mais le
132 MERGURE
quatrième jour qui fut le
Jeudy 18. du mefme mois
étant arrivez avec beaucoup
de peine fur le fommet
d'une Montagne fort éle véc, peu de temps avant
midy nous y trouvâmes un
abbatis d'arbres confidera
ble, ce qui barroit entiere
ment tout le chemin , qui
étoit de luy mefme fort
étroit , mais nous étant aperceus qu'il n'y avoit perfonne derriere qui s'oppoſat
à noftre paffage , comme
nous l'avions crû d'abord ,
nousnousenfimes bien toft
GALANT. 133
un autre dans le bois à la
faveur des haches d'armes
L'aprés
que portoit la Compagnie
des Canonniers.
midy environ les deux
heures à peine la moitié des
Troupes avoit defcendu la
Montagne que la Compa
gnie des Gardes de la Marine
marchoit à la tefte fut falüée
5 de quelques coups de fuzils
qui partirent in opinement
du Bois dont , trois Gardes
de la Marine furent bleſſez
fans qu'on pût découvrir
cenx qui les venoient de
tirer. L'on fit grand feu fur
# 34 MERCURE
Pendroit d'où on avoit veu
fortir celuy des ennemis , &
l'on doubla le pas pour
pouvoir pluftaft trouver la
fin du Bois qui avoit encore
demie- lieue , & où l'on ne
pouvoit marcher au plus
que deux depfront: les
Troupes qui fuivirent ef
fuyerent encore plufieurs
coups de fuzils , dont il n'y
eut cependant que deux
Soldats bleffez , car les déb
charges continuelles que
l'on faifoit à droit & à la
gauche, par tout où l'on
paffoit , impoferent biens
GALANT. 135
toft filence à ceux qui
étoient cachez , & les ren-.
dirent bien plus mal adroits
à tirer qu'ils n'avoient eſté
dens fe commencement, ou
ils choifirent leurs objets
fans qu'on fe deffiat d'eux.
Erantenfin arrivez, caw
deboucher , &n'ayant point
trouvé d'ennemis qui nous
difputaffent l'entrée dans la
Plaine , nous nous y mîmes
en bataille à mefurd que
nous fortions du Bois , &
nous marchâmes roûjours
en bon ordre , autant que
les chemins & les lieux par
136 MERCURE
où nous paffames enfuite
nous le peurent permettre.
Sur le foir le Soleil étant
preft de fe coucher , on
apperceut de loin une Compagnie de Cavalerie qui
fembloit nous attendre dans
une grande prairie prés
d'une des maiſon des Je
fuites , qui eft à une grande
demie lieuë de la Ville : l'on
marcha droit à elle croyant
que les Portuguais avoient
toutes leurs forces prés de
cet endroit à deffein de
nous combattre ; mais
voyant ces Cavaliers ſe reM
i
GALANT. 137
tirer à mesure que nous
avancions, on jugea bien
qu'ils étoient là pour nous
obferver feulement , & non
pas pour nous engager à au.
cune affaire. Mr du Clerc
ayant jugé àpropos de faire
prendre quelque repos aux
Troupes qui étoient extre
mement fatiguées , l'on s'ar
3 refta à cette maifon des Jfuires , & l'on y paffà la
nuit.
Le lendemain toutes les
Troupes furent en bataille
à la pointe dujour, & aprés
les Prieres accoutumées on
Juin 1712 M
138 MERCURE
fe miten marche . La Com
pagnie de Cavalerie Portugaife que nousavions veuë le
Loir, fembloit nous vouloir
enfeigner les chemins qui
conduifoient à la ville &
marcha longtemps devant
nous à grande portée de canon, nous obfervant toû
jours à veuëde, moment en
moment, ilfe détachoit un
Cavalier d'entr'eux pour aller annoncer au Gouverneur
notreaproche , &l'informer
autant qu'ils en pourroient
juger du nombre que nous
étions, & des routes par lef
GALANT. 139
1
I
quelles nous marchions à lui.
Mr du Clerc ayant veu
fur une hauteur une Eglife ,
nommée Notre- Dame des
Elton , où il aprit que les
ennemis étoient retranchez,
y enuoya deux Compagnies
de Grenadiers qui s'en rendirent bien-toft Maitres
malgré le grand nombre
de ceux qui la gardoient
la plupart des Portuguais ,
s'en étant enfuys dans le
Bois aprés leur premiere
décharge ; ceux qui refterent
furent faits prifonniers. On
apprit depuis qu'ils y étoient
Mij-
140 MERCURE
retranchez, au nombre de
deux cens hommes ; onper
dit dans cette action un
Capitaine de Grenadiers , &
cinq ou fix Soldats qui y
furent tuez.
Un gros de Portugais
étant fortis de la Ville , ils
parurent le longde quelques
arcades qui n'en font qu'à
demic portée du fuzil , &
firent mine d'en vouloir
difputer l'entrée à nos
Troupes qui s'avançoient à
grands pas ; mais ils ne fou
tinrent pas long temps la
furcur Françoife; car ils
"1
GALANT 147.
1
lacherent le pied aprés leur
feconde décharge , & ren.
trerent auffi-toft en defor
dre.
Jamais Troupes ne montrerent un courage plus in
trepide que ceux qui fuivi
rent Mr du Clerc dans cette
•
entrepife ; malgré le feu
continuel des ennemis qui
faifoit tomber nos gens de
rous coſtez, ayant du monde
caché dans tous les endroits "
par où nous paffions nous
entrâmes dans la Ville avec
autant d'ardeur & d'audace
que fi le peril n'eut pas efte
142 MERCURE
pour nous, & que nous
fuffions venus dans nos propres maifons; toutfuyoit devant nous par tout où nous
nous prefentions : Cependant nous n'y marchames
pas longtemps fans êrre fort
incommodez du feu qui
nous venoit des coins de ruës
dont nos gens étoient affaf,
finez fans que nous viffions
perfonne , contre qui nous
puiffions prendre noftre revanche. Dans cette fituation
on crut devoir chercher
quelque endroit favorable
pour le mettre à couvert,
2
GALANT. 43
1
& où l'on ſe pût retrancher,
ce ne fut pas fans peine , &
fans qu'il en coûtat beaucoup, que Mr du Clerc fe
rendit Maiſtre d'un Magaſin
àfucre proche de la Merque
l'on nommele Trepiche , &
où il y avoit quantité de
Portugais retranchez qu'il
fallut forcer , on y trouva
quatre pieces de canon avec
lefquels onfit bonfeu ; mais
ne s'y érant rencontré que
fort peu de munitions , on
ne s'en pût pas fervir long
temps.at
Pendant que ces chofes
144 MERCURE
fe paffoient dans la Ville ; la
Compagnie des Canonniers
qui avoient refté derriere ,
fe trouvant féparée du gros
des Troupes; parce qu'elle
n'avoit pas pû fuivre, tomba entreles mains des ennemis, qui aprés leur avoir
fait mettre bas les armes en
་
leur promettant bon quar
tier ; par la plus lâche per
fidic , dont on ait guère
vû d'exemple , furent affez
barbares pour leur arracher
à tous la vie. Ils en firent
un horrible carnage & leur
firent fouffrir les tourmens
less
GALANT 145
les plus rigoureux que leur
eruauté leur pûr faire
inventer.
En ce moment quelques
Officiers bleffez du nombre
: defquels étoit Mr de Ruys
Lieutenant de Vailleaux
Commandant de la Colon.
nelle, s'étant retitez dans
une maison pour le faire
pånfer , y furent furpris par
les Portugais , & furent em
menez prifonniers dans une
Chapelle qui eft au dehors
de la Ville nommée Noftre
Damedu Rozaire, oùétoient
les autres François que l'or
Juin 1712.
N
1
46 MERGURE
avoit arreltez. Le Gouver
neur y vint auffi toft avec
quantité d'Officiers Portugais ; il interrogea ces nouyeaux priſonniers avec le
moins de douceur qu'il luy
fur poffible. Enfin apres
bien des façons , les Officiers
François pour éviter le fuplice de la mort, dont on
les menaçoit, furent obligez
dedéclarer que le nombrede
Troupes qui étoient defcendues à terre étoit d'environ
huit cens hommes, le Gouverneur s'étant fait rendre
compte des morts à peu
M
GALANT 47
prés autant que l'on en pourroit juger , & de tous les
prifonniers qu'il avoit déja
faits , n'eut pasde peine à
deviner que le nombre de
ceux qui étoient encore avec Mr du Clerc ne pouvoit
pas eftre bien confiderable
alors 7 ou 8 mille hommes
de Troupes Portugaifes
& qui n'avoient pas ofez
venir à noftre rencontre
pour nous empefcher d'entrer dans leut Ville ', commencerent à fe fentir quelque courage.
Mais ne fe confiants pas
Nij
148 MERCURE
encore tout à fait à ce qu'ils,
venoient d'entendre de la
bouche des prifonniers; le
Gouverneur engagea Mr de
Ruys d'écrire à Mr du
Clerc , pour luy aprendre,
combien les forces Portu
gaifes étoient confiderables , & pour le foliciter de
fe rendre.
Mr du Clerc répondit
qu'il avoit encore de la poudre & des balles , & que
tandis qu'elles dureroient ,
il ne fe rendroit point; cependant il n'étoit point fans
affaires & fans embarras
GALANT. 149
dans le Trepiche depuis que
nous l'y avions laiffe , étant
obligé d'effuyer le feu continuel de deux Fregattes qui
s'étant avancées fort prés du
Magafin où nous étions ,
firent de grandes bréches ,
à l'aide de leur canon qu'elles
tiroient fans ceffe , & qui
nousfaifoit perdre toûjours
du monde, & en incommodoit beaucoup par les éclats.
Fevvous pafferay icy un long
détail d'une defenfe qui coûta
aux Portugais dixfoldats pour
un des noſtres ; mais ils
eftoient encore en trop grand
"
N iij
150 MERCURE
nombre pour leur reſiſter. On
leur fit pourtant fignifier qu'on
alloitfortirfur euxlabayonette
au bout dufufil, ce qu'ils crait
gnirent tant qu'ils firent une
Capitulation tres-vantageufe:
mais ils la rompirent enfuite
avec une perfidie dont il n'y a
jamais eu d'exemples , en fai
fans fauffrir avec des crùautez
inoüies à leurs Prifonniers tous
les indignitez
C
Les tourmens
imaginables.
Voila en peu de mors
ane legere peinture de ce
qui s'eſt paſſé à Rio de Janeiro entre les François &
GALANT 156
les Portugais , le Vendredy
19. Septembre 17.no) val
Cette action qui dura
depuis les dix heures du matin , jufqu'à cinq heures du
foir , à été de plus chaudes ,
& des plus fanglantes done
on ait our parler, depuis
fort longtemps : il refta
deux cens hommes de tuez
fur la place , huic Officiers
Be trois Gardesde la Marine ;
deux cens autres furent
Bleffez , avec quinze Officiers & deux Gardes de la
Marine.
envoyée à Monfieur
Le Comte de Pontchartrin.
MONSEIGNEUR,
A
I
Yant eu le malheur
d'eftre du nombre de
ceux qui ont efté faits prifonniers dans la defcente de
Mr du Clerc à Rio deJaneiro ; je crois qu'il eft de
mon devoir de rendre
Juin 1712.
L •
122 MERCURE
compte à Voftre Grandeur
de mon retour en France
auffi bien que de ce qui
s'eft paffé de plus remarquable dans cette occafion.
Le Samedy 6 Aouſt
1710. On commença à voir
la terre à huit heures du
matin , d'un vent affez frais .
on n'eut pas courru deffus
trois heures , qu'on découvrit le pain de fucre; c'est
une Montagne fort élevéc
qui eft à l'entrée de la Baye
de Rio de Janeiro , & qui
fert de marque pour la ret
connoiftre : elle cft ainfi
GALANT. 123
nommée à caufe de fa
figure.
.
Amidy le Commandant
fit fon fignal, pour apelles
rousles Gardes de la Marine,
& tous les Grenadiers de
l'Eſcadre à fon bord, afin
d'entrer ce jour- là nean
moinsil étoit déja 3 heures
qu'on eftoit encore à plus
d'une lieuë de l'entrée : ainfi
on pritleparti de moüiller,
pour ne pas s'engager la
nuit dans un pays qu'on ne
connoift pas.
La Brife que l'on s'étoit
flatté d'avoir le lendemain
Lij
114 MERGURE
huit heures du matin , ne
commença qu'à deux heures
aprés midy, on leva d'abord l'Ancre pour en pro
fiter , & chacun étant bien
difpofé par l'ordre que tous
avoient receu de Mr du
Clerc de fe tenir prefts à
faire la defcente, nous nous
preſentâmes à la Barre de
Rio de Janeiro pour entrer
dans le Port avecdes Navires
du Roy, le Dimanche 17
Aouft 1710. entre trois &
quatre heures du foir; mais
le vent nous ayant manqué,
Tout à coup, dés que nous
GALANT 125
fumes à l'abry des terres, on
fut contraint de mouiller à
une grande portée de canon
du grand Fort de S, Croix
Nous n'eumes pas pluſtoſt
jetté l'Ancre, qu'il le pre5 fenta une Soumaque , petit
Baftiment venant de la Baye
de tous les Saints , qui në
balança point d'entrer fur
la foy de nos Pavillons An
glois , qu'elle nous vit à
tous : mais Mr du Clerc
jugea à propos de l'arrefter,
en paffant, afin de tirer s'il
fe pouvoit quelque éclaircif.
fement pour fon entreprife,
A
Liij
126 MERCURE
Le grand Fort , qui depuis
que nous étions moüillez ,
paroiffoit fufpendre fon jugement, & nefçavoir encore
fi nous cftions amis on ennemis , ne douta plus que
nous ne fuflions François ,
lorfquil vit arrefter le petit
Baſtiment. Il commença
déflors à tirer du canon fur
les Vaiffeaux, ce qui étoit
affez mal fervi , mettant une
intervalle confiderable entre chaque coup qu'il tiroits
enfin lorfque la nuit furvint,
& qu'il fut obligé de ceffer ,
il n'avoit pas tiré plus de
GALANT 127
1
quinze ou vinge coups de
canon qui n'avoient incommodé aucun Navire.
Mr du Clerc aprés avoir
interrogé les Portuguais
qu'il venoit de prendre, af
fembla pendant la nuit le
confeil de fes Officiers pour
fçavoir ce qu'il étoit le plus
à propos de faire , quoyque
fon avis fut de faire la def
cente cette nuit meſme qui
étoit fort obfcure , & trespropre à favorifer l'entreprife , les Chaloupes pouvant paffer à la faveur des
tenebres devant tous les
1
Liiij
128 MERCURE
Forts fans avoir rien à crain
dre,cequiauroit fans doute
furpris les ennemis qui ne
pourroient pas encore eftre
rous raffemblez , il fut ce
pendant refolu de l'avis de
fon confeil d'aller à l'IfleGrande fe rafraichir , &
qu'enfuite on iroit furpren
dre la Ville , par terre.
Il fit embarquer rout fon
monde dans les deux Fregat
tes, la Diane & l'Attalante;
* C'eft une Iſle qui eft à zo lieues
de Rio de Janeiro , où les Vaiffeaux
ont coûtume d'aller faire de l'Eau ,
& du Bois.
GALANT 125
qu'il choifir pour le tranft
port des Troupes , & ceux
qui ne purene y trouver
place fuivirent dans les Cha
loupes , & dans deux Bri
gantins.
Les trois Vaiffeaux du
Roy , l'Oriflame , la Valeur
&la Venus, refterent à l'IleGrande , fous le comman
dement de Mr de Champagnu , Lieutenant de Vaif.
feaux; & nous en partîmes
dans l'ordre que je viens de
dire le Samedy 6. Septembre, fous la conduite de
trois Noirs qui s'étant écha
M
130 MERCURE
"T
pez de la maifon de leur
Maiftres , s'étoient venus
rendre à Mr du Clerc: ils
affuroient qu'il n'y avoit à
Ja Ville que cinq à fix cens
hommes de Troupes à
combattre , & s'offrirent de
nous y conduire par terre
fans aucun obftacle.
Nousmines pied à terre
un petit Village, à douze
ou quinze lieues de Rio de
Jineiro , ce fut là que nous
scommençames la deſcenté,
Je Dimanche au foir 14. du
mois, &le Lundy matin le
refte des Troupes étant auffi
i
GALANT. 131
S
FAD
3
#
deſcendu , nous marchâmes
droit à la Ville , au nombre
de prés dehuiccens hommes
fur la bonne foy des trois
Noirs qui nous y conduifi,
fent. 20 N
Les trois premiers jours
de marche ne furent trou
blez par aucun ennemy,
ayant trouvé dans les Campagnes toutes les habita
tions defertes ; foit que les
habitans fe fuffent retirez à
la Ville comme dans un lieude feureté, foit qu'ils s'y
fuffent affemblez pour la
mieux deffendre , mais le
132 MERGURE
quatrième jour qui fut le
Jeudy 18. du mefme mois
étant arrivez avec beaucoup
de peine fur le fommet
d'une Montagne fort éle véc, peu de temps avant
midy nous y trouvâmes un
abbatis d'arbres confidera
ble, ce qui barroit entiere
ment tout le chemin , qui
étoit de luy mefme fort
étroit , mais nous étant aperceus qu'il n'y avoit perfonne derriere qui s'oppoſat
à noftre paffage , comme
nous l'avions crû d'abord ,
nousnousenfimes bien toft
GALANT. 133
un autre dans le bois à la
faveur des haches d'armes
L'aprés
que portoit la Compagnie
des Canonniers.
midy environ les deux
heures à peine la moitié des
Troupes avoit defcendu la
Montagne que la Compa
gnie des Gardes de la Marine
marchoit à la tefte fut falüée
5 de quelques coups de fuzils
qui partirent in opinement
du Bois dont , trois Gardes
de la Marine furent bleſſez
fans qu'on pût découvrir
cenx qui les venoient de
tirer. L'on fit grand feu fur
# 34 MERCURE
Pendroit d'où on avoit veu
fortir celuy des ennemis , &
l'on doubla le pas pour
pouvoir pluftaft trouver la
fin du Bois qui avoit encore
demie- lieue , & où l'on ne
pouvoit marcher au plus
que deux depfront: les
Troupes qui fuivirent ef
fuyerent encore plufieurs
coups de fuzils , dont il n'y
eut cependant que deux
Soldats bleffez , car les déb
charges continuelles que
l'on faifoit à droit & à la
gauche, par tout où l'on
paffoit , impoferent biens
GALANT. 135
toft filence à ceux qui
étoient cachez , & les ren-.
dirent bien plus mal adroits
à tirer qu'ils n'avoient eſté
dens fe commencement, ou
ils choifirent leurs objets
fans qu'on fe deffiat d'eux.
Erantenfin arrivez, caw
deboucher , &n'ayant point
trouvé d'ennemis qui nous
difputaffent l'entrée dans la
Plaine , nous nous y mîmes
en bataille à mefurd que
nous fortions du Bois , &
nous marchâmes roûjours
en bon ordre , autant que
les chemins & les lieux par
136 MERCURE
où nous paffames enfuite
nous le peurent permettre.
Sur le foir le Soleil étant
preft de fe coucher , on
apperceut de loin une Compagnie de Cavalerie qui
fembloit nous attendre dans
une grande prairie prés
d'une des maiſon des Je
fuites , qui eft à une grande
demie lieuë de la Ville : l'on
marcha droit à elle croyant
que les Portuguais avoient
toutes leurs forces prés de
cet endroit à deffein de
nous combattre ; mais
voyant ces Cavaliers ſe reM
i
GALANT. 137
tirer à mesure que nous
avancions, on jugea bien
qu'ils étoient là pour nous
obferver feulement , & non
pas pour nous engager à au.
cune affaire. Mr du Clerc
ayant jugé àpropos de faire
prendre quelque repos aux
Troupes qui étoient extre
mement fatiguées , l'on s'ar
3 refta à cette maifon des Jfuires , & l'on y paffà la
nuit.
Le lendemain toutes les
Troupes furent en bataille
à la pointe dujour, & aprés
les Prieres accoutumées on
Juin 1712 M
138 MERCURE
fe miten marche . La Com
pagnie de Cavalerie Portugaife que nousavions veuë le
Loir, fembloit nous vouloir
enfeigner les chemins qui
conduifoient à la ville &
marcha longtemps devant
nous à grande portée de canon, nous obfervant toû
jours à veuëde, moment en
moment, ilfe détachoit un
Cavalier d'entr'eux pour aller annoncer au Gouverneur
notreaproche , &l'informer
autant qu'ils en pourroient
juger du nombre que nous
étions, & des routes par lef
GALANT. 139
1
I
quelles nous marchions à lui.
Mr du Clerc ayant veu
fur une hauteur une Eglife ,
nommée Notre- Dame des
Elton , où il aprit que les
ennemis étoient retranchez,
y enuoya deux Compagnies
de Grenadiers qui s'en rendirent bien-toft Maitres
malgré le grand nombre
de ceux qui la gardoient
la plupart des Portuguais ,
s'en étant enfuys dans le
Bois aprés leur premiere
décharge ; ceux qui refterent
furent faits prifonniers. On
apprit depuis qu'ils y étoient
Mij-
140 MERCURE
retranchez, au nombre de
deux cens hommes ; onper
dit dans cette action un
Capitaine de Grenadiers , &
cinq ou fix Soldats qui y
furent tuez.
Un gros de Portugais
étant fortis de la Ville , ils
parurent le longde quelques
arcades qui n'en font qu'à
demic portée du fuzil , &
firent mine d'en vouloir
difputer l'entrée à nos
Troupes qui s'avançoient à
grands pas ; mais ils ne fou
tinrent pas long temps la
furcur Françoife; car ils
"1
GALANT 147.
1
lacherent le pied aprés leur
feconde décharge , & ren.
trerent auffi-toft en defor
dre.
Jamais Troupes ne montrerent un courage plus in
trepide que ceux qui fuivi
rent Mr du Clerc dans cette
•
entrepife ; malgré le feu
continuel des ennemis qui
faifoit tomber nos gens de
rous coſtez, ayant du monde
caché dans tous les endroits "
par où nous paffions nous
entrâmes dans la Ville avec
autant d'ardeur & d'audace
que fi le peril n'eut pas efte
142 MERCURE
pour nous, & que nous
fuffions venus dans nos propres maifons; toutfuyoit devant nous par tout où nous
nous prefentions : Cependant nous n'y marchames
pas longtemps fans êrre fort
incommodez du feu qui
nous venoit des coins de ruës
dont nos gens étoient affaf,
finez fans que nous viffions
perfonne , contre qui nous
puiffions prendre noftre revanche. Dans cette fituation
on crut devoir chercher
quelque endroit favorable
pour le mettre à couvert,
2
GALANT. 43
1
& où l'on ſe pût retrancher,
ce ne fut pas fans peine , &
fans qu'il en coûtat beaucoup, que Mr du Clerc fe
rendit Maiſtre d'un Magaſin
àfucre proche de la Merque
l'on nommele Trepiche , &
où il y avoit quantité de
Portugais retranchez qu'il
fallut forcer , on y trouva
quatre pieces de canon avec
lefquels onfit bonfeu ; mais
ne s'y érant rencontré que
fort peu de munitions , on
ne s'en pût pas fervir long
temps.at
Pendant que ces chofes
144 MERCURE
fe paffoient dans la Ville ; la
Compagnie des Canonniers
qui avoient refté derriere ,
fe trouvant féparée du gros
des Troupes; parce qu'elle
n'avoit pas pû fuivre, tomba entreles mains des ennemis, qui aprés leur avoir
fait mettre bas les armes en
་
leur promettant bon quar
tier ; par la plus lâche per
fidic , dont on ait guère
vû d'exemple , furent affez
barbares pour leur arracher
à tous la vie. Ils en firent
un horrible carnage & leur
firent fouffrir les tourmens
less
GALANT 145
les plus rigoureux que leur
eruauté leur pûr faire
inventer.
En ce moment quelques
Officiers bleffez du nombre
: defquels étoit Mr de Ruys
Lieutenant de Vailleaux
Commandant de la Colon.
nelle, s'étant retitez dans
une maison pour le faire
pånfer , y furent furpris par
les Portugais , & furent em
menez prifonniers dans une
Chapelle qui eft au dehors
de la Ville nommée Noftre
Damedu Rozaire, oùétoient
les autres François que l'or
Juin 1712.
N
1
46 MERGURE
avoit arreltez. Le Gouver
neur y vint auffi toft avec
quantité d'Officiers Portugais ; il interrogea ces nouyeaux priſonniers avec le
moins de douceur qu'il luy
fur poffible. Enfin apres
bien des façons , les Officiers
François pour éviter le fuplice de la mort, dont on
les menaçoit, furent obligez
dedéclarer que le nombrede
Troupes qui étoient defcendues à terre étoit d'environ
huit cens hommes, le Gouverneur s'étant fait rendre
compte des morts à peu
M
GALANT 47
prés autant que l'on en pourroit juger , & de tous les
prifonniers qu'il avoit déja
faits , n'eut pasde peine à
deviner que le nombre de
ceux qui étoient encore avec Mr du Clerc ne pouvoit
pas eftre bien confiderable
alors 7 ou 8 mille hommes
de Troupes Portugaifes
& qui n'avoient pas ofez
venir à noftre rencontre
pour nous empefcher d'entrer dans leut Ville ', commencerent à fe fentir quelque courage.
Mais ne fe confiants pas
Nij
148 MERCURE
encore tout à fait à ce qu'ils,
venoient d'entendre de la
bouche des prifonniers; le
Gouverneur engagea Mr de
Ruys d'écrire à Mr du
Clerc , pour luy aprendre,
combien les forces Portu
gaifes étoient confiderables , & pour le foliciter de
fe rendre.
Mr du Clerc répondit
qu'il avoit encore de la poudre & des balles , & que
tandis qu'elles dureroient ,
il ne fe rendroit point; cependant il n'étoit point fans
affaires & fans embarras
GALANT. 149
dans le Trepiche depuis que
nous l'y avions laiffe , étant
obligé d'effuyer le feu continuel de deux Fregattes qui
s'étant avancées fort prés du
Magafin où nous étions ,
firent de grandes bréches ,
à l'aide de leur canon qu'elles
tiroient fans ceffe , & qui
nousfaifoit perdre toûjours
du monde, & en incommodoit beaucoup par les éclats.
Fevvous pafferay icy un long
détail d'une defenfe qui coûta
aux Portugais dixfoldats pour
un des noſtres ; mais ils
eftoient encore en trop grand
"
N iij
150 MERCURE
nombre pour leur reſiſter. On
leur fit pourtant fignifier qu'on
alloitfortirfur euxlabayonette
au bout dufufil, ce qu'ils crait
gnirent tant qu'ils firent une
Capitulation tres-vantageufe:
mais ils la rompirent enfuite
avec une perfidie dont il n'y a
jamais eu d'exemples , en fai
fans fauffrir avec des crùautez
inoüies à leurs Prifonniers tous
les indignitez
C
Les tourmens
imaginables.
Voila en peu de mors
ane legere peinture de ce
qui s'eſt paſſé à Rio de Janeiro entre les François &
GALANT 156
les Portugais , le Vendredy
19. Septembre 17.no) val
Cette action qui dura
depuis les dix heures du matin , jufqu'à cinq heures du
foir , à été de plus chaudes ,
& des plus fanglantes done
on ait our parler, depuis
fort longtemps : il refta
deux cens hommes de tuez
fur la place , huic Officiers
Be trois Gardesde la Marine ;
deux cens autres furent
Bleffez , avec quinze Officiers & deux Gardes de la
Marine.
Fermer
Résumé : RELATION envoyée à Monsieur le Comte de Pontchartrin.
En juin 1712, un individu capturé lors de la descente de M. du Clerc à Rio de Janeiro en 1710 envoya une relation au Comte de Pontchartrain. Le 6 août 1710, les navires français aperçurent la terre et le Pain de Sucre, repère pour l'entrée de la baie de Rio de Janeiro. Le commandant rassembla les gardes et les grenadiers, mais le vent manqua, obligeant les navires à mouiller loin du fort de Saint-Croix. Une soumaque portugaise fut arrêtée pour obtenir des informations. Le fort ouvrit le feu sans causer de dommages significatifs. M. du Clerc, après avoir interrogé des prisonniers portugais, décida de se rendre à l'île Grande pour se rafraîchir avant d'attaquer la ville. Les troupes furent transportées par des frégates et des chaloupes, guidées par trois Noirs évadés qui affirmèrent que Rio de Janeiro n'avait que cinq à six cents hommes de troupes. Le 14 septembre, les troupes débarquèrent et marchèrent vers Rio de Janeiro. Après trois jours de marche sans encombre, elles rencontrèrent un abattis d'arbres le quatrième jour. Malgré quelques tirs de fusils, les troupes françaises continuèrent leur avancée et se mirent en bataille dans une plaine. Le lendemain, les troupes françaises attaquèrent et prirent une église où étaient retranchés les ennemis, faisant plusieurs prisonniers. Un groupe de Portugais tenta de défendre l'entrée de la ville mais recula après une seconde décharge. Les troupes françaises entrèrent dans la ville malgré le feu ennemi caché dans les coins de rues. M. du Clerc prit un magasin à sucre près de la mer, où il trouva des canons et des munitions. Cependant, la compagnie des canonniers, séparée du gros des troupes, fut capturée et massacrée par les Portugais. Quelques officiers français, blessés, furent faits prisonniers et interrogés par le gouverneur. Ce dernier, informé du nombre réduit de troupes françaises restantes, tenta de négocier avec M. du Clerc, mais ce dernier affirma qu'il avait encore de la poudre et des balles. Le 19 septembre 1710, une bataille intense eut lieu à Rio de Janeiro. Les Français, positionnés dans le Trepiche, subissaient des attaques continues de deux frégates portugaises, causant des pertes humaines et des dommages importants. Malgré les efforts des Français pour se défendre, les Portugais, en surnombre, infligeaient des pertes lourdes. Les Français menacèrent d'attaquer à la baïonnette, poussant les Portugais à accepter une capitulation avantageuse. Cependant, les Portugais violèrent cette capitulation en infligeant des cruautés à leurs prisonniers. La bataille, qui dura de 10 heures du matin à 5 heures du soir, fut particulièrement sanglante, laissant 200 hommes tués sur le champ de bataille, dont huit officiers et trois gardes de la marine, ainsi que 200 autres blessés, dont quinze officiers et deux gardes de la marine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 100-107
Nouvelles d'Espagne.
Début :
Le Roy a fait Brigadier de ses armées Don Francisco [...]
Mots clefs :
Brigadier, Armées, Colonel, Recrues, Magasins, Officiers, Gouvernement, Catalogne, Évacuation, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Espagne.
Nouvellesd'Espagne.
Le Roy a fait Brigadier
de ses armées Don Francisco
Bruno de Cano, Colonel
du regiment d'infanterie
d'Ostende,enconsideration
des services qu'il
a rendus aux Pays-Bas,surtout
au blocus de Girone,
où il s'est fort distingué.
Les recruës & la remonte
de la cavalerie sont achevées,
& tous les magasins
de la frontiere font remplis
: neanmoins le Roy a
fait donner quatre cent
mille écus aux Munitionnaires,
de l'argent qui lui
est venu des Indes, afin que
les troupes soient abondamment
pourvues de toutes
les choses necessaires.
Sa Majeste a nommc
cinq Officiers de Robe,tous
Catalans, pour regler le
gouvernement politique
de la Caralogne, avec ordre
d'accorder a cette Principauré
tous les privileges
qui ne porteront point de
prejudice à sa Souveraineté.
On croit qu'ils seront
reglez sur le pied des
Royaumes d'Arragon & de
Valence.
Les lettres de Catalogne
du 19 Juin portent que Tefcadre
Angloise étoit revenuë
dePort Mahon,oùdie
e,rolt retourne,e pour y
charger des provisions,pendant
que le Vice-Amiral
Jennings, qui étoitresté a |
arcelone, prenoit avec le
Comte de Staremberg des
mesures pour lembarquement
des troupes Allemanles;
que le Marquis de Cera
Grimaldi, Commissaire
general pour l'évacuation
le la Catalogne, avoit reçû
me lettre du Comte de Staemberg
,
qui lui marquoic
que s'il vouloit se rendre le
3.àCervera,ilytrouveaoít
un Commissaire Alleman,
qu'il avoit nomine
pour regler avec lui la sortie
des troupes de l'Archiduc,
& qu'on croit qu'on
fera avancer l'armée du
Roy pour couvrir leur em
barquement, & empêcher
qu'elles ne soient insultées
par les Catalans, qui [ontj
irritez de leur depart; que
les Officiers Allemans étoient
obligez de vendre la
plupart de leurs equipages,
à cause qu'ils manquoienc
de vaisseaux de transport
pour les embarquer tous.
Les dernieres lettres de
Catalogne portent que le
Marquis de Ceva Grimaldi
& Don FranciscoPineda
qui ont été nommez CommiiTaires
pour regler l'évacuation
de la Catalog ne, &
v assister,s'ecoienc assemblez
à Cervera avec les
Commissaires nommez par
le General Staremberg;
que les troupes du Roy
s'assembloient
pour prendre
possession decette Principauré:
mais que l'evacuadon
étoit retardée, parce fluil n'y avoir Dre pas un nom, suffisant de bátimens de
charge pour transporter
toutes les troupes Allemandes
} qu une partie de ceux
tG.u'on avoir fretez en Italie
refusoient de partir, à moins
qu'on ne leur payât d'avance
ce qui leura ere promis.
On écrit de Girone que
le Sieur de Maleden, Commandant
de Cadaquez
,
ayant appcrcù quatre galiotes
Majorquines faisant
route vers le Cap de Creus,
jugea qu'elles viendroient
se mettre à l'abri de la petite
Ille Fredosa, pour enlever
huit barques chargées
de farine qui alloient à Roses
,
prit cinquante grenadiers
du regiment Suisse de
Castelas, & alla se mettre
n embuscade dans cette
sle. Deux galiotes,l'une
pontée de quatre-vingtix
hommes, ôc l'autre de
eize, entrerent dans le
rort) les aucres les suivant: -
nais ayant été decouvert,
1 fut contraint de charger
es deux premiéres, qui
iprés avoir soutenu un
grand feu, furent obligées
de se rendre, aprés avoir
eu quinze hommes tuez, plusieurs blessez, IX soixante
& quinze faits prisonniers.
Le Roy a fait Brigadier
de ses armées Don Francisco
Bruno de Cano, Colonel
du regiment d'infanterie
d'Ostende,enconsideration
des services qu'il
a rendus aux Pays-Bas,surtout
au blocus de Girone,
où il s'est fort distingué.
Les recruës & la remonte
de la cavalerie sont achevées,
& tous les magasins
de la frontiere font remplis
: neanmoins le Roy a
fait donner quatre cent
mille écus aux Munitionnaires,
de l'argent qui lui
est venu des Indes, afin que
les troupes soient abondamment
pourvues de toutes
les choses necessaires.
Sa Majeste a nommc
cinq Officiers de Robe,tous
Catalans, pour regler le
gouvernement politique
de la Caralogne, avec ordre
d'accorder a cette Principauré
tous les privileges
qui ne porteront point de
prejudice à sa Souveraineté.
On croit qu'ils seront
reglez sur le pied des
Royaumes d'Arragon & de
Valence.
Les lettres de Catalogne
du 19 Juin portent que Tefcadre
Angloise étoit revenuë
dePort Mahon,oùdie
e,rolt retourne,e pour y
charger des provisions,pendant
que le Vice-Amiral
Jennings, qui étoitresté a |
arcelone, prenoit avec le
Comte de Staremberg des
mesures pour lembarquement
des troupes Allemanles;
que le Marquis de Cera
Grimaldi, Commissaire
general pour l'évacuation
le la Catalogne, avoit reçû
me lettre du Comte de Staemberg
,
qui lui marquoic
que s'il vouloit se rendre le
3.àCervera,ilytrouveaoít
un Commissaire Alleman,
qu'il avoit nomine
pour regler avec lui la sortie
des troupes de l'Archiduc,
& qu'on croit qu'on
fera avancer l'armée du
Roy pour couvrir leur em
barquement, & empêcher
qu'elles ne soient insultées
par les Catalans, qui [ontj
irritez de leur depart; que
les Officiers Allemans étoient
obligez de vendre la
plupart de leurs equipages,
à cause qu'ils manquoienc
de vaisseaux de transport
pour les embarquer tous.
Les dernieres lettres de
Catalogne portent que le
Marquis de Ceva Grimaldi
& Don FranciscoPineda
qui ont été nommez CommiiTaires
pour regler l'évacuation
de la Catalog ne, &
v assister,s'ecoienc assemblez
à Cervera avec les
Commissaires nommez par
le General Staremberg;
que les troupes du Roy
s'assembloient
pour prendre
possession decette Principauré:
mais que l'evacuadon
étoit retardée, parce fluil n'y avoir Dre pas un nom, suffisant de bátimens de
charge pour transporter
toutes les troupes Allemandes
} qu une partie de ceux
tG.u'on avoir fretez en Italie
refusoient de partir, à moins
qu'on ne leur payât d'avance
ce qui leura ere promis.
On écrit de Girone que
le Sieur de Maleden, Commandant
de Cadaquez
,
ayant appcrcù quatre galiotes
Majorquines faisant
route vers le Cap de Creus,
jugea qu'elles viendroient
se mettre à l'abri de la petite
Ille Fredosa, pour enlever
huit barques chargées
de farine qui alloient à Roses
,
prit cinquante grenadiers
du regiment Suisse de
Castelas, & alla se mettre
n embuscade dans cette
sle. Deux galiotes,l'une
pontée de quatre-vingtix
hommes, ôc l'autre de
eize, entrerent dans le
rort) les aucres les suivant: -
nais ayant été decouvert,
1 fut contraint de charger
es deux premiéres, qui
iprés avoir soutenu un
grand feu, furent obligées
de se rendre, aprés avoir
eu quinze hommes tuez, plusieurs blessez, IX soixante
& quinze faits prisonniers.
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Résumé : Nouvelles d'Espagne.
Le roi a promu Don Francisco Bruno de Cano au grade de brigadier pour ses services aux Pays-Bas, notamment lors du blocus de Girone. Les recrutements et les approvisionnements de la cavalerie sont achevés, et le roi a alloué quatre cent mille écus aux munitionnaires pour assurer l'approvisionnement des troupes. Sa Majesté a nommé cinq officiers catalans pour régler le gouvernement politique de la Catalogne, en accordant des privilèges similaires à ceux des royaumes d'Aragon et de Valence. Les lettres de Catalogne du 19 juin rapportent le retour de la flotte anglaise à Port Mahon pour charger des provisions, tandis que le vice-amiral Jennings et le comte de Staremberg prenaient des mesures pour l'embarquement des troupes allemandes. Le marquis de Ceva Grimaldi, commissaire général pour l'évacuation de la Catalogne, a reçu une lettre du comte de Staremberg proposant une rencontre à Cervera pour régler la sortie des troupes de l'Archiduc. L'évacuation est retardée en raison du manque de navires de transport. À Girone, le sieur de Maleden a capturé deux galiotes majorquines après une embuscade, faisant quinze morts, plusieurs blessés et soixante-quinze prisonniers.
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6
p. 171-172
Incendie à Morlaix, [titre d'après la table]
Début :
Le Sieur Rumen Minihy, Maire de Morlaix, écrivit le 8. [...]
Mots clefs :
Morlaix, Feu, Magasins, Marchandises, Tabac, Commerce des toiles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Incendie à Morlaix, [titre d'après la table]
Le Sieur Rumen Minihy , Maire de
Morlaix , écrivit le 8. Janvier à Paris au
Marquis de Coetanfao , Gouverneur de
cette Ville , que le 6. à midi le feu ayane
pris
172 MERCURE DE FRANCE
pris à l'Hopital General avec violence , il
fut consumé entierement en peu d'heures
, et que delà s'étant communiqué aux
Maisons de la rue aux Fils ,il y avoit brûlé
beaucoup de Magazins remplis de fil et
de toiles. Cinq Maisons de quatre étages
avec des Magazins pleins de marchandises
ont été brûlés de fond en comble ;
cinq autres maisons pareilles ont été à demi
brûlées et ruinées ; quatre maisons dont
la couverture , le comble et les premiers
étages ont été coupés et abbatus pour arrêter
le progrès du feu . Il y a eu 25. personnes
écrasées sous les ruines ou qui ont
péri dans les flammes ,du nombre desquels
sont quelques notables habitans , entr'au
tres le SieurGoüezou , Capitaine de Navire,
Armateur et Négociant. On a fait des Services
solemnels à la Collegiale et dans toutes
les Paroisses de laVille,où tout leClergé
Seculier et Regulier a assisté,pour le repos
de l'ame du Sieur Goüezou et de toutes
les autres personnes qui , à son exemple,
travaillant pour le bien public , ont péri
dans l'incendie.
La Ville de Morlaix est connue pour
être l'une des plus florissantes de la Province
de Bretagne , particulierement pour
le commerce des toiles avec l'Espagne. Il
s'y fabrique aussi une grande quantité de
Tabac .
Morlaix , écrivit le 8. Janvier à Paris au
Marquis de Coetanfao , Gouverneur de
cette Ville , que le 6. à midi le feu ayane
pris
172 MERCURE DE FRANCE
pris à l'Hopital General avec violence , il
fut consumé entierement en peu d'heures
, et que delà s'étant communiqué aux
Maisons de la rue aux Fils ,il y avoit brûlé
beaucoup de Magazins remplis de fil et
de toiles. Cinq Maisons de quatre étages
avec des Magazins pleins de marchandises
ont été brûlés de fond en comble ;
cinq autres maisons pareilles ont été à demi
brûlées et ruinées ; quatre maisons dont
la couverture , le comble et les premiers
étages ont été coupés et abbatus pour arrêter
le progrès du feu . Il y a eu 25. personnes
écrasées sous les ruines ou qui ont
péri dans les flammes ,du nombre desquels
sont quelques notables habitans , entr'au
tres le SieurGoüezou , Capitaine de Navire,
Armateur et Négociant. On a fait des Services
solemnels à la Collegiale et dans toutes
les Paroisses de laVille,où tout leClergé
Seculier et Regulier a assisté,pour le repos
de l'ame du Sieur Goüezou et de toutes
les autres personnes qui , à son exemple,
travaillant pour le bien public , ont péri
dans l'incendie.
La Ville de Morlaix est connue pour
être l'une des plus florissantes de la Province
de Bretagne , particulierement pour
le commerce des toiles avec l'Espagne. Il
s'y fabrique aussi une grande quantité de
Tabac .
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Résumé : Incendie à Morlaix, [titre d'après la table]
Le 6 janvier, un incendie a ravagé l'Hôpital Général de Morlaix, se propageant ensuite aux maisons de la rue aux Fils, où de nombreux magasins remplis de fil et de toiles ont brûlé. Cinq maisons de quatre étages avec des magasins de marchandises ont été entièrement détruites, cinq autres ont été à moitié brûlées et ruinées, et quatre autres ont dû être démolies pour stopper l'avancée des flammes. L'incendie a causé la mort de 25 personnes, dont des notables comme le Sieur Goüezou, Capitaine de Navire, Armateur et Négociant. Des services religieux ont été organisés pour le repos de l'âme des victimes. Morlaix est connue pour son commerce florissant, notamment des toiles avec l'Espagne, et pour la fabrication de tabac.
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7
p. 205-206
DE LEYPSICK, le 18 Avril.
Début :
Le Prince Henri, informé de l'état où se trouvoient les quartiers de l'Armée [...]
Mots clefs :
Prince Henri, Prusse, Troupes, Bohême, Infanterie, Attaque, Cavalerie, Fuite , Magasins, Incendie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LEYPSICK, le 18 Avril.
e LEX PSICK , le 18 Avril.
Le Prince Henri , informé de l'état où le trou-
voient les quartiers de l'Armée Autrichienne en-
deça de l'Elbe , forma ces jours paffés le projet
d'enlever & de détruire les magazins de cette Ar-
mée. Le 1s de ce mois il entra en Bohême du cố-
té de Peterfwalde avec une divifion de les troupes.
Le Général Hulfen pénétra du côté de Gafberg ,
avec une autre divifion . Il rencontra un abattis fur
fon pallage. Il difpofa fon Infanterie pour l'attaque
de ce retranchement ; & comme elle y trouvoir
beaucoup de réfiftance , il fit marcher fa Cavale-
rie fur Pillnitz pour prendre les Autrichiens à dos.
Ce mouvement les intimida , ils prirent la fuite
en défordre , & le Général Hulfen leur fit près de
deux mille Prifonniers. Enfuite le Prince Henri
partagea fon avant- garde en deux corps , dont
J'un marcha à Toplitz , & l'autre fe porta à Auffig.
a pillé & brûlé les magafins que les Autrichiens
5a09971261
206
MERCURE
DE
FRANCE
.
avoient
à
Lowofitz
&
à
Leitmezitz
.
Il
s'eſt
avancé
enfuite
avec
toute fa
divifion
jufqu'à
Budin
tandis
que
le
Général
Hullen
a
marché
avec
la
fienne
fur
Saatz
.
On
apprend
par
des
lettres
nouvellement
arri
vées
,
que
le
Prince
Henri de
Pruffe
eft
forti
de
la
Bohêne
avec
le
corps
qu'il
commande
Le Prince Henri , informé de l'état où le trou-
voient les quartiers de l'Armée Autrichienne en-
deça de l'Elbe , forma ces jours paffés le projet
d'enlever & de détruire les magazins de cette Ar-
mée. Le 1s de ce mois il entra en Bohême du cố-
té de Peterfwalde avec une divifion de les troupes.
Le Général Hulfen pénétra du côté de Gafberg ,
avec une autre divifion . Il rencontra un abattis fur
fon pallage. Il difpofa fon Infanterie pour l'attaque
de ce retranchement ; & comme elle y trouvoir
beaucoup de réfiftance , il fit marcher fa Cavale-
rie fur Pillnitz pour prendre les Autrichiens à dos.
Ce mouvement les intimida , ils prirent la fuite
en défordre , & le Général Hulfen leur fit près de
deux mille Prifonniers. Enfuite le Prince Henri
partagea fon avant- garde en deux corps , dont
J'un marcha à Toplitz , & l'autre fe porta à Auffig.
a pillé & brûlé les magafins que les Autrichiens
5a09971261
206
MERCURE
DE
FRANCE
.
avoient
à
Lowofitz
&
à
Leitmezitz
.
Il
s'eſt
avancé
enfuite
avec
toute fa
divifion
jufqu'à
Budin
tandis
que
le
Général
Hullen
a
marché
avec
la
fienne
fur
Saatz
.
On
apprend
par
des
lettres
nouvellement
arri
vées
,
que
le
Prince
Henri de
Pruffe
eft
forti
de
la
Bohêne
avec
le
corps
qu'il
commande
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Résumé : DE LEYPSICK, le 18 Avril.
Le 18 avril, le Prince Henri décida de s'emparer et de détruire les magasins de l'Armée Autrichienne au-delà de l'Elbe. Le 1er avril, il pénétra en Bohême avec une division de troupes près de Peterfwalde, tandis que le Général Hulfen entra du côté de Gafberg avec une autre division. Hulfen rencontra un abattis et déploya son infanterie pour attaquer ce retranchement. Face à la résistance, il fit avancer sa cavalerie vers Pillnitz pour prendre les Autrichiens à revers, ce qui les fit fuir en désordre, permettant à Hulfen de faire près de deux mille prisonniers. Le Prince Henri divisa ensuite son avant-garde en deux corps : l'un marcha vers Toplitz, l'autre vers Auffig, pillant et brûlant les magasins autrichiens à Lowofitz et à Leitmezitz. Le Prince Henri avança avec toute sa division jusqu'à Budin, tandis que le Général Hulfen marcha vers Saatz. Des lettres récentes indiquent que le Prince Henri de Prusse a quitté la Bohême avec le corps qu'il commandait.
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8
p. 206-207
DE FRANCFORT, le 20 Avril.
Début :
Les Alliés, après avoir perdu la bataille de Berghen, se retirèrent d'abord [...]
Mots clefs :
Alliés, Bataille, Retraite, Armée, Prisonniers, Prince Ferdinand , Troupes impériales, Duc de Broglie, Quartier, Maréchal, Saxe, Baron, Magasins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE FRANCFORT, le 20 Avril.
De
FRANCFORT
,
le
20
Avril
.
Les
Alliés
,
après
avoir
perdu
la
bataille
de
Berg-
hen
,
le
retirèrent
d'abord à
Weindeckein
,
où
ils
coupèrent
le
14
:
le
lendemain
ils
continuèrent
leur
retraite
&
le
portèrent
à
Staden
;
le
16
,
leur
Armée
arriva
à
Hunger
,
où
elle
campa
le
17
.
Le
corps
de
Fifcher
,
&
celui
que
commande
le
Baron
du
Blaifel
,
ont côtoyé
cette
Armée
fur la
gauche
,
&
n'ont
pas
celle
de
la
harceler
.
Ils lui
ont
fait
beaucoup de
prifonniers
au
paffage
de la
riviere d'Arloff
près
de
Hungen
.
Le lendemain
le
Prince
Ferdinand
s'étant
retiré
au
-
delà
de
Grum-
berg
,
ces
deux
corps attaquèrent
fon
arriere-
garde
près
de
cette Ville
;
ils
taillèrent
en
piéce
un
Bataillon
de
Grenadiers
&
deux
Efcadrons
duRégiment de
Finkenſtein
,
Dragons
.
Ils
lui
enle-
vèrent
deux
Etendarts
,
avec
la
Caille militaire
de
ce
Régiment
,
&
forcèrent
les trois
autres
Elca-
drons de mettre
bas
les
armes
&
de
fe
rendre
pri-
fonniers
de
Guerre
.
Les
troupes
de
l'Empire
attaquèrent
un
déta-
chement de
l'Armée
des
Alliés
,
près
de Fulde
,,
qui fut
défait
&
difperfé
.
Les
Alliés
n'ont
pas con-fervé
un
feul
pofte
dans
la
Franconie
.
Ils
ont
laiffé
dans
leur
retraite
un
très
grand
nombre de
blef-fés
.
On
en a trouvé huit cens à Veindeckein
,
avec
un
Trompette que
le
Prince
Ferdinand
avoit
char-
gé
de
les
recommander
aux bontés
du Duc de
Broglie
.
Jufqu'à préfent
il
ne
s'eſt
pallé
aucunjour fans
que
les
détachemens
François qui font
à
JUIN
.
1759
.
207
t
1
la pourfuite des Alliés , aient amené des prifon-
niers en grand nombre.
L'Armée du Duc de Broglie eft rentrée le 19
dans les quartiers de cantonnement. Le Prince de
Deux-Ponts qui a fon quartier général à Bamberg,
a raſſemblé fon armée en plufieurs corps, qui font
· cantonnés aux environs de cette place .
Du
30
.
Le
Maréchal
de
Contades
arriva
ici
le
25.
Le
jour
de fon
arrivée
,
le
Baron d'Hyrn
,
Général des
troupes
Saxones
,
mourut
des
bleffures
qu'il
avoit
reçues
à
la
journée
du
13
.
Du
7
Mai
.
L'armée Pruffienne qui eft en Saxe aux ordres
du Prince Henri , après avoir fait une courte irrup-
tion en Bohême , s'eft remife en mouvement.
L'objet du Prince Henri, dans cette nouvelle expé-
dition , eft d'attaquer l'armée de l'Empire , &
qu'il eft réfolu de forcer fa marche pour la fur-
prendre , avant que les François aient pu raffem-
bler leurs quartiers pour la foutenir. On ajoute
qu'il a dégarni fans crainte la partie de la Saxe qui
confine à la Bohême , parce qu'il eft perfuadé que
les Autrichiens , dont il a ruiné les magaſins , fe-
ront hors de rien entreprendre de ce côté-là. Le
corps de troupes Pruffiennes , qui s'étoit mis en
marchepourjoindre l'armée du Prince Ferdinand,
a retrogradé , & fe porte du côté de Magte-
bourg.
FRANCFORT
,
le
20
Avril
.
Les
Alliés
,
après
avoir
perdu
la
bataille
de
Berg-
hen
,
le
retirèrent
d'abord à
Weindeckein
,
où
ils
coupèrent
le
14
:
le
lendemain
ils
continuèrent
leur
retraite
&
le
portèrent
à
Staden
;
le
16
,
leur
Armée
arriva
à
Hunger
,
où
elle
campa
le
17
.
Le
corps
de
Fifcher
,
&
celui
que
commande
le
Baron
du
Blaifel
,
ont côtoyé
cette
Armée
fur la
gauche
,
&
n'ont
pas
celle
de
la
harceler
.
Ils lui
ont
fait
beaucoup de
prifonniers
au
paffage
de la
riviere d'Arloff
près
de
Hungen
.
Le lendemain
le
Prince
Ferdinand
s'étant
retiré
au
-
delà
de
Grum-
berg
,
ces
deux
corps attaquèrent
fon
arriere-
garde
près
de
cette Ville
;
ils
taillèrent
en
piéce
un
Bataillon
de
Grenadiers
&
deux
Efcadrons
duRégiment de
Finkenſtein
,
Dragons
.
Ils
lui
enle-
vèrent
deux
Etendarts
,
avec
la
Caille militaire
de
ce
Régiment
,
&
forcèrent
les trois
autres
Elca-
drons de mettre
bas
les
armes
&
de
fe
rendre
pri-
fonniers
de
Guerre
.
Les
troupes
de
l'Empire
attaquèrent
un
déta-
chement de
l'Armée
des
Alliés
,
près
de Fulde
,,
qui fut
défait
&
difperfé
.
Les
Alliés
n'ont
pas con-fervé
un
feul
pofte
dans
la
Franconie
.
Ils
ont
laiffé
dans
leur
retraite
un
très
grand
nombre de
blef-fés
.
On
en a trouvé huit cens à Veindeckein
,
avec
un
Trompette que
le
Prince
Ferdinand
avoit
char-
gé
de
les
recommander
aux bontés
du Duc de
Broglie
.
Jufqu'à préfent
il
ne
s'eſt
pallé
aucunjour fans
que
les
détachemens
François qui font
à
JUIN
.
1759
.
207
t
1
la pourfuite des Alliés , aient amené des prifon-
niers en grand nombre.
L'Armée du Duc de Broglie eft rentrée le 19
dans les quartiers de cantonnement. Le Prince de
Deux-Ponts qui a fon quartier général à Bamberg,
a raſſemblé fon armée en plufieurs corps, qui font
· cantonnés aux environs de cette place .
Du
30
.
Le
Maréchal
de
Contades
arriva
ici
le
25.
Le
jour
de fon
arrivée
,
le
Baron d'Hyrn
,
Général des
troupes
Saxones
,
mourut
des
bleffures
qu'il
avoit
reçues
à
la
journée
du
13
.
Du
7
Mai
.
L'armée Pruffienne qui eft en Saxe aux ordres
du Prince Henri , après avoir fait une courte irrup-
tion en Bohême , s'eft remife en mouvement.
L'objet du Prince Henri, dans cette nouvelle expé-
dition , eft d'attaquer l'armée de l'Empire , &
qu'il eft réfolu de forcer fa marche pour la fur-
prendre , avant que les François aient pu raffem-
bler leurs quartiers pour la foutenir. On ajoute
qu'il a dégarni fans crainte la partie de la Saxe qui
confine à la Bohême , parce qu'il eft perfuadé que
les Autrichiens , dont il a ruiné les magaſins , fe-
ront hors de rien entreprendre de ce côté-là. Le
corps de troupes Pruffiennes , qui s'étoit mis en
marchepourjoindre l'armée du Prince Ferdinand,
a retrogradé , & fe porte du côté de Magte-
bourg.
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Résumé : DE FRANCFORT, le 20 Avril.
Après la défaite à la bataille de Berg-hen le 20 avril 1759, les Alliés se retirèrent successivement à Weindeckein, Staden, et Hunger. Les corps de Fifcher et du Baron du Blaifel escortèrent l'armée alliée, capturant de nombreux prisonniers près de la rivière d'Arloff. Le Prince Ferdinand se retira au-delà de Grum-berg, permettant à ces corps d'attaquer son arrière-garde, détruisant un bataillon de grenadiers et deux escadrons du régiment de Finkenstein, Dragons, et capturant deux étendards et la caisse militaire. Les troupes de l'Empire vainquirent un détachement des Alliés près de Fulde. Les Alliés laissèrent derrière eux un grand nombre de bêtes à somme, notamment huit cents à Weindeckein. Le 19 avril, l'armée du Duc de Broglie rentra dans ses quartiers de cantonnement. Le Prince de Deux-Ponts rassembla son armée autour de Bamberg. Le 30 avril, le Maréchal de Contades arriva à Francfort, où le Baron d'Hyrn, Général des troupes Saxones, mourut des blessures reçues le 13 avril. Le 7 mai, l'armée prussienne du Prince Henri se mit en mouvement pour attaquer l'armée de l'Empire, visant à la surprendre avant que les Français puissent rassembler leurs quartiers. Le Prince Henri dégarni la partie de la Saxe frontalière avec la Bohême, convaincu que les Autrichiens ne tenteraient rien de ce côté. Le corps de troupes prussiennes destiné à rejoindre l'armée du Prince Ferdinand se dirigea vers Magdebourg.
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9
p. 203-205
Du Quartier-général de l'armée de l'Empire, le 25 Août.
Début :
Le Prince des Deux-Ponts s'étant rendu maître de Torgau, la garnison Prussienne [...]
Mots clefs :
Prince, Garnison, Canons, Régiment, Fort, Prisonniers, Attaques, Magasins, Provisions, Cavalerie, Généraux, Ville, Comte, Dresde, Baron, Capitulation, Roi de Prusse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Quartier-général de l'armée de l'Empire, le 25 Août.
Du Quartier -général de l'armée de l'Empire ,
le 25 Août.
LEE Prince des Deux-Ponts s'étant rendu maître
de Torgau , la garniſon Prufſienne fortit de cette
Ville le 1 avec douze piéces de canon & leurs
caillons. Elle prit la route de Wittemberg.
Pendant la marche cette garnifon le révolta ,
ainfi qu'il étoit déja arrivé à celle de Léipfick s
les rébelles déferterent au nombre de huit cens
hommes , qui font venus joindre l'armée.
Le Régiment de Bade-Baden fut mis en gar-
nifon dans la place ; & le Fort fut occupé par un
détachement de Croates. Nous avons trouvé dans
Torgau trois cens prifonniers de troupes Autri-
chiennes & de l'Empire ; un grand nombre de
piéces de canon qui appartiennent au Roi de Polo-
gne , Electeur de Saxe , & un Magafin qui eſt ef-
timé à deux cens mille écus.
Le 20
,
le
Général Kleefeld
marcha
fur
Wit-
temberg
,
avec ordre
de
tenter
une
entrepriſe
contre
cette
place
.
Il
fit
avancer
le
21
un
gros dé-
tachement aux
ordres
du
Colonel Soly
.
Cer Of-
ficier
s'empara des
Fauxbourgs
.
Il
fomma
le
Gé-
néral
Horn
de
fe
rendre
.
Ce Commandant
de-
manda
à
capituler
.
Le
22
,
les
Grenadiers de Badeoccuperent
la porte
de
l'Elftre
,
&
la
garnison
,
compofée de
trois
Bataillons
,
fortit
avec
les
hon
meurs
de la guerre
.
I
vj
204
MERCURE
DE
FRANCE
.
Du
28
.
Les Magafins que les Pruffiens ont été forcés
d'abandonner à Léïpfick & à Torgau confiftent en
38177 mefures de grain , 32656 quintaux de fa-
rine , 10090 rations de biſcuit , 38360 meſures
d'avoine , 10092 mesures d'orge , 7 £24 quintaux
de foin , 28695 bottes de paille , & 4000 tonneaux
remplis de vivres.
Le Régiment de Bade- Baden a été mis en gar-
nifon à Wittemberg avec un détachement de
Croates & de Cavalerie. Torgau eft occupé par
un Régiment d'Infanterie des troupes Electorales
de Trêves.
Les Généraux Autrichiens tiennent la Ville de
Drefde bloquée des deux côtés de l'Elbe. Le fieur
de Churield , Colonel au ſervice de l'Impératrice-
Reine , fomma le Comte de Schmettau de fe
rendre. Ce Commandant répondit qu'il avoir
ordre de fe défendre jufqu'à la derniere extrémité.
Sur cette réponſe le Prince de Deux- Ponts donna
ordre de hârer le tranfport de la groffe artillerie-
qui vient de Prague, & de faire promptement tou-
tes les difpofitions néceffaires pour l'attaque.
Le Comte de Maquire eft pofté fur les hauteurs
qui font vis-à-vis de Dreſde , fur la rive droite de
l'Elbe ; & il a fait jetter un pont fur ce fleuve
pour établir la communication.
Le 27 au matin , le Comte de Maquire donna
avis que la garaifon , après avoir fait miner le
pont de Dreide , avoit évacué la Ville neuve , &
s'étoit retirée précipitamment dans la vieille
Ville ; qu'auth- tôt il avoit donné ordre au Géné
ral de Vehla d'occuper la Ville neuve avec les
Troupes , & qu'on y avoit trouvé un magaſin
confidérable, des armes & des munitions de touse.
elpèce. Le Prince de Deux-Ponts, après avoir bien
OCTOBRE
.
17597
205
affuré fon camp , fe porta au corps du Comte de
Maquire , afin de reconnoître exactement l'état
de la Place , & de faire fes difpofitions en confé-
quence. Les Pruffiens l'ont rendue le 5 Septem-
bre. ( Voyez l'article de la Cour.)
Du
2
Septembre
.
Le Baron de Saint-André manda le 3 I du mois
dernier que la petite garnifon que nous avions à
Wittemberg avoit rendu cette Ville par capitula-
tion , à l'approche d'un corps nombreux détaché
de l'armée du Roi de Prufle , & qu'elle s'étoit
retirée à Léipfick, 2
Le premier de ce mois nous apprîmes que
Torgau s'étoit ren lu la veille au corps de trou-
pes Pruffiennes qui avoit repris Wittemberg. On
aflure que ce corps eft compofé de huit mille
hommes aux ordres du Général Wunſch.
le 25 Août.
LEE Prince des Deux-Ponts s'étant rendu maître
de Torgau , la garniſon Prufſienne fortit de cette
Ville le 1 avec douze piéces de canon & leurs
caillons. Elle prit la route de Wittemberg.
Pendant la marche cette garnifon le révolta ,
ainfi qu'il étoit déja arrivé à celle de Léipfick s
les rébelles déferterent au nombre de huit cens
hommes , qui font venus joindre l'armée.
Le Régiment de Bade-Baden fut mis en gar-
nifon dans la place ; & le Fort fut occupé par un
détachement de Croates. Nous avons trouvé dans
Torgau trois cens prifonniers de troupes Autri-
chiennes & de l'Empire ; un grand nombre de
piéces de canon qui appartiennent au Roi de Polo-
gne , Electeur de Saxe , & un Magafin qui eſt ef-
timé à deux cens mille écus.
Le 20
,
le
Général Kleefeld
marcha
fur
Wit-
temberg
,
avec ordre
de
tenter
une
entrepriſe
contre
cette
place
.
Il
fit
avancer
le
21
un
gros dé-
tachement aux
ordres
du
Colonel Soly
.
Cer Of-
ficier
s'empara des
Fauxbourgs
.
Il
fomma
le
Gé-
néral
Horn
de
fe
rendre
.
Ce Commandant
de-
manda
à
capituler
.
Le
22
,
les
Grenadiers de Badeoccuperent
la porte
de
l'Elftre
,
&
la
garnison
,
compofée de
trois
Bataillons
,
fortit
avec
les
hon
meurs
de la guerre
.
I
vj
204
MERCURE
DE
FRANCE
.
Du
28
.
Les Magafins que les Pruffiens ont été forcés
d'abandonner à Léïpfick & à Torgau confiftent en
38177 mefures de grain , 32656 quintaux de fa-
rine , 10090 rations de biſcuit , 38360 meſures
d'avoine , 10092 mesures d'orge , 7 £24 quintaux
de foin , 28695 bottes de paille , & 4000 tonneaux
remplis de vivres.
Le Régiment de Bade- Baden a été mis en gar-
nifon à Wittemberg avec un détachement de
Croates & de Cavalerie. Torgau eft occupé par
un Régiment d'Infanterie des troupes Electorales
de Trêves.
Les Généraux Autrichiens tiennent la Ville de
Drefde bloquée des deux côtés de l'Elbe. Le fieur
de Churield , Colonel au ſervice de l'Impératrice-
Reine , fomma le Comte de Schmettau de fe
rendre. Ce Commandant répondit qu'il avoir
ordre de fe défendre jufqu'à la derniere extrémité.
Sur cette réponſe le Prince de Deux- Ponts donna
ordre de hârer le tranfport de la groffe artillerie-
qui vient de Prague, & de faire promptement tou-
tes les difpofitions néceffaires pour l'attaque.
Le Comte de Maquire eft pofté fur les hauteurs
qui font vis-à-vis de Dreſde , fur la rive droite de
l'Elbe ; & il a fait jetter un pont fur ce fleuve
pour établir la communication.
Le 27 au matin , le Comte de Maquire donna
avis que la garaifon , après avoir fait miner le
pont de Dreide , avoit évacué la Ville neuve , &
s'étoit retirée précipitamment dans la vieille
Ville ; qu'auth- tôt il avoit donné ordre au Géné
ral de Vehla d'occuper la Ville neuve avec les
Troupes , & qu'on y avoit trouvé un magaſin
confidérable, des armes & des munitions de touse.
elpèce. Le Prince de Deux-Ponts, après avoir bien
OCTOBRE
.
17597
205
affuré fon camp , fe porta au corps du Comte de
Maquire , afin de reconnoître exactement l'état
de la Place , & de faire fes difpofitions en confé-
quence. Les Pruffiens l'ont rendue le 5 Septem-
bre. ( Voyez l'article de la Cour.)
Du
2
Septembre
.
Le Baron de Saint-André manda le 3 I du mois
dernier que la petite garnifon que nous avions à
Wittemberg avoit rendu cette Ville par capitula-
tion , à l'approche d'un corps nombreux détaché
de l'armée du Roi de Prufle , & qu'elle s'étoit
retirée à Léipfick, 2
Le premier de ce mois nous apprîmes que
Torgau s'étoit ren lu la veille au corps de trou-
pes Pruffiennes qui avoit repris Wittemberg. On
aflure que ce corps eft compofé de huit mille
hommes aux ordres du Général Wunſch.
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Résumé : Du Quartier-général de l'armée de l'Empire, le 25 Août.
Le 25 août, le Prince des Deux-Ponts s'empare de Torgau. La garnison prussienne, composée de 1 200 hommes et de douze pièces de canon, se rend et se dirige vers Wittemberg. En chemin, 800 hommes désertent pour rejoindre l'armée adverse. Les troupes occupantes découvrent 300 prisonniers autrichiens et impériaux, ainsi que des pièces de canon et un magasin évalué à 200 000 écus. Le 20 août, le Général Kleefeld reçoit l'ordre de marcher sur Wittemberg. Le 21, un détachement sous le Colonel Soly prend les faubourgs. Le Général Horn demande à capituler, et le 22, la garnison, composée de trois bataillons, se rend avec les honneurs de la guerre. Les magasins abandonnés par les Prussiens à Leipzig et Torgau contiennent des quantités importantes de grain, de farine, de biscuit, d'avoine, d'orge, de foin, de paille et de vivres. Wittemberg et Torgau sont occupés par le Régiment de Bade-Baden et des Croates, ainsi qu'un régiment d'infanterie des troupes électorales de Trêves. Les Autrichiens bloquent Dresde. Le Comte de Schmettau refuse de se rendre, et le Prince des Deux-Ponts prépare une attaque. Le Comte de Maquire établit un pont sur l'Elbe et occupe la Ville neuve de Dresde, y trouvant des magasins et des munitions. Les Prussiens se retirent dans la vieille ville et se rendent le 5 septembre. Le 2 septembre, Wittemberg et Torgau sont reprises par les troupes prussiennes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 201
DE LEIPSICK, le 16 Décembre.
Début :
Après l'affaire de Meissen, le Général Beck s'est porté sur Torgau avec un [...]
Mots clefs :
Général, Torgau, Troupes, Attaque, Magasins, Ennemis, Prussiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LEIPSICK, le 16 Décembre.
De LEIPSICK , le 16 Décembre.
Après l'affaire de Meiffen , le Général Beck
s'eft porté fur Torgau avec un Corps de feize
mille hommes . Il a rencontré fur l'Elbe foixante
barques chargées de proviſions pour les Pruffiens .
Il a fait attaquer ce convoi , & toutes les barques
ont été brulées ou coulées à fond . Il a brulé les
magafins que les Ennemis avoient à Riella , à
Striehlen & à Belgern ; enfuire il s'eft préſenté
devant Torgau. Mais ayant reconnu qu'il lui
étoit impoffible de tenter le paffage de l'Elbe ,
il s'eft contenté de jetter quelques bombes dans
la Place , & il s'eft replié fur Efter werda .
Le 23 , les Pruffiens évacuerent Dippoldiswalde
, que le Général Prentano fit occuper fur le
champ ; & ils fe retirerent fur Freyberg.
Après l'affaire de Meiffen , le Général Beck
s'eft porté fur Torgau avec un Corps de feize
mille hommes . Il a rencontré fur l'Elbe foixante
barques chargées de proviſions pour les Pruffiens .
Il a fait attaquer ce convoi , & toutes les barques
ont été brulées ou coulées à fond . Il a brulé les
magafins que les Ennemis avoient à Riella , à
Striehlen & à Belgern ; enfuire il s'eft préſenté
devant Torgau. Mais ayant reconnu qu'il lui
étoit impoffible de tenter le paffage de l'Elbe ,
il s'eft contenté de jetter quelques bombes dans
la Place , & il s'eft replié fur Efter werda .
Le 23 , les Pruffiens évacuerent Dippoldiswalde
, que le Général Prentano fit occuper fur le
champ ; & ils fe retirerent fur Freyberg.
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Résumé : DE LEIPSICK, le 16 Décembre.
Le 16 décembre, le général Beck, à la tête de seize mille hommes, intercepta et détruisit des barques de provisions prussiennes sur l'Elbe. Il incendia des magasins ennemis à Riella, Striehlen et Belgern, puis attaqua Torgau sans succès. Le 23 décembre, les Prussiens quittèrent Dippoldiswalde, occupé par le général Prentano.
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11
p. 199
DE DRESDE, le 31 Mars.
Début :
Tout annonce ici l'ouverture de la Campagne. Le 20 de ce mois, l'armée Prussienne [...]
Mots clefs :
Campagne militaire, Armée prussienne, Garnison, Roi de Prusse, Maréchal Daun, Offensive, Comte, Magasins, Espions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE DRESDE, le 31 Mars.
De DRESDE , le 31 Mars,
Tout annonce ici l'ouverture de la Campagne.
Le 20 de ce mois , l'armée Pruffienne fortit de fes
cantonnemens , & s'approcha de Friderichstadt .
La garnifon Autrichienne fortit aufſitôt de cette
Ville. Ce mouvement n'a cependant rien produit
d'important. Le Roi de Prulle a établi fon quartier
général à Cloffer- zell , à deux milles de Drefde .
Le Maréchal de Daun n'a point encore fait de
difpofitions offenfives. dl a fon quartier alternativement
à Pyrna & à Sonneftein . Le Comte de
Lafcy lui a remis le plan d'opérations arrêté
par la Cour de Vienne. On a pris un Eſpion
qui avoit deffein de brûler nos magazins.
Tout annonce ici l'ouverture de la Campagne.
Le 20 de ce mois , l'armée Pruffienne fortit de fes
cantonnemens , & s'approcha de Friderichstadt .
La garnifon Autrichienne fortit aufſitôt de cette
Ville. Ce mouvement n'a cependant rien produit
d'important. Le Roi de Prulle a établi fon quartier
général à Cloffer- zell , à deux milles de Drefde .
Le Maréchal de Daun n'a point encore fait de
difpofitions offenfives. dl a fon quartier alternativement
à Pyrna & à Sonneftein . Le Comte de
Lafcy lui a remis le plan d'opérations arrêté
par la Cour de Vienne. On a pris un Eſpion
qui avoit deffein de brûler nos magazins.
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Résumé : DE DRESDE, le 31 Mars.
Le 31 mars, Dresde se prépare pour la campagne militaire. Le 20 mars, l'armée prussienne a avancé vers Friderichstadt, forçant la garnison autrichienne à se retirer. Le roi de Prusse est à Cloffer-zell, près de Dresde. Le maréchal de Daun, commandant autrichien, est entre Pyrna et Sonneftein. Un espion projetant d'incendier des magasins a été capturé.
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12
p. 193-197
De PARIS, le 25 Octobre.
Début :
Sa Majesté, par son Edit portant établissement de l'Ecole Royale [...]
Mots clefs :
Édit, École royale militaire, Admission, Enfants, Comte, Majestés impériales, Célébration, Mariage, Général, Prisonniers, Magasins, Prince de Deux-Ponts, Place, Attaque, Garnison, Marquis, Prince héréditaire, Blessés et morts, Combat, Infanterie, Troupes, Ennemis, Officiers, Pertes, Loterie de l'école royale militaire, Tirage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 25 Octobre.
De PARIS , le 25 Octobre
€ Sa Majellé , par fon Edit portant établiſſement
de l'Ecole Royale Militaire , avoit ordonné que ,
dans l'admiffion des Enfans qui feroient préſentés
pour entrer dans cette Ecole , on donnât la préférence
à ceux dont les Peres feroient encore actuéllement
au Service , fe réſervant néanmoins de
s'expliquer dans la fuite fur les cas où l'on pour
roit s'écarter de cette régle , ainfi que fur quelques
autres difpofitions du même Edit . Elle vient d'ordonner
par une nouvelle Déclaration , que les Enfans
des Peres que leurs bleffures , ou des infirmi
tés & des accidens naturels auront mis hors d'état
de lui continuer leurs fervices , foient reçus concurremment
avec ceux dont les Peres font encore
dans les Armées. Sa Majesté entend auffi que les
Enfans des Peres qui ont obtenu la permiffion de
fe retirer , après trente années de fervice , jouiffent
du même privilége.
Le Comte de Colloredo , Chambellan de l'Em--
pereur & de l'Impératrice , Reine de Hongrie &
de Bohême , que Leurs Majeftés Impériales ont
envoyé pour annoncer au Roi la célébration du
Mariage de l'Infante Ifabelle avec l'Archi fuc Jofeph
, arriva en cette Ville le 18 de ce mois ; il
alla le lendemain à Fontainebleau , & il s'ac
quitta de fa commiflion auprès du Roi. Il fut
préfenté à Sa Majesté par le Comte de Starhem-
I
194 MERCURE DE FRANCE.
berg , Amballadeur de Leurs Majeftés Impéria
les. Le Comte de Colloredo fut préfenté le mê-.
me jour à Monfeigneur le Dauphin , à Madame
la Dauphine, & à Madame Adélaïde, à Meſdames
Victoire , Sophie & Louife. Il fe rendit le 20 à
Verfailles , où il fut préfenté à la Reine , à Monfeigneur
le Duc de Bourgogne , Monſeigneur le
Duc de Berry, Monfeigneur le Comte de Provence
, Monfeigneur le Comte d'Artois , & à
Madame.
Nous apprenons encore que le Général Comte
de Lafcy eft entré , le 9 de ce mois , dans Berlin ,
en même temps que les Ruffes. La Garniſon de
cette Ville , compofée de trois mille hommes , a
été faite prifonniere de guerre. Les Commandans
des troupes Autrichiennes & Ruffes ont fait
obferver la plus grande difcipline . Il n'eſt entré
dans Berlin & dans Poftdam que quelques bataillons
de Grenadiers néceffaires pour garder
ces deux Places . Les Officiers des deux Nations
n'y font entrés qu'avec des permiffions par écrit
de leurs Généraux , de forte qu'il ne s'y eft pas
commis le moindre défordre , & les boutiques
des Marchands n'ont pas été fermées. Mais on a
ruiné les Fabriques de toute efpéce qui ont rapport
à la guerre. On a abandonné aux Soldats
tous les magafins remplis d'effets deſtinés à l'entretien
& à l'habillement des troupes Pruffiennes.
On a trouvé dans Berlin & dans Potſdam une
grande quantité d'armes dont on a détruit les
Manufactures , ainfi que les Fonderies d'artille
rie.
Les Ruffes ont exigé quinze cens mille écus de
contributions.
Le Prince de Deux- Ponts ayant appris que le
Roi de Pruffe avoit détaché feize mille hommes
de fon armée pour fecourir Wittemberg , prit la
NOVEMBRE. 1760. 195
réfolution de brufquer le fiége qu'il faifoit de cette
Place , en l'attaquant en même temps de plufieurs
côtés ; ce qui fut exécuté le 13. Le Commandant
de Wittemberg , qui n'avoit porté fon attention
que fur la partie la plus foible de la Place , fe
trouvant preflé de toutes parts , prit le parti de
faire battre la chamade , & de capituler le 14 au
matin ; il s'est rendu prifonnier de guerre avec
fa Garniſon , aux mêmes conditions qui avoient
été accordées à la ville de Torgau . Cette Garnifon
étoit de trois Bataillons & de quatre cens
Soldats convalefcens. On a trouvé dans la Ville
trente piéces de canon , dont douze de vingt- quatre
livres , huit mortiers , & une grande quantité
de munitions. Toutes les fortifications ont été
rafées.
On a reçu le 20 de ce mois un Courier dépêché
le 16 au foir par le Marquis de Caftries ,
Lieutenant Général , pour apporter la nouvelle
d'un Combat qui s'eſt donné le même jour près
de Rhinberg , entre les troupes du Roi , qui étoient
à les ordres , & celles qui étoient commandées
par le Prince Héréditaire de Brunfwik. L'action
a commencé une heure avant le jour , & après
un feu très- long & très- vif , le Prince Héréditaire
a été forcé de ſe retirer avec une perte trèsconfidérable
, laiffant en notre pouvoir le plus
grand nombre de fes Bleffés .
On a appris par un autre Courier dépêché le
18 , que le Prince Héréditaire de Brunfwik arepaffé
le Rhin fur les deux Ponts qu'il avoit établis
au-deffous de Wefel , & qu'il a entierement levé
le fiége de cette Place . On affure qu'il avoit pris
le chemin de Halleren fur la Lippe. Son arrieregarde
a été attaquée vivement en deçà du Rhin ,
& elle a été forcée de paffer ce fleuve en déſor-
I ij
196 MERCURE DE FRANCE
1
dre , après avoir perdu beaucoup de monde , &
fans avoir pû replier fes ponts , dont nous fommes
reflés maîtres . Dès le is , le Marquis de Caftries
avoit fait attaquer le pofte de Rhinberg ,
qu'on avoit emporté l'épée la main . Il avoit
fait entrer en même temps dans Wefel , le fieur
de Boisclaireau , Brigadier , avec fix cens hommes
d'élite. Le 18 , il y a fait entrer huit Batail-
Ions.
Le corps aux ordres du Prince Héréditaire de
vant Wefel étoit d'environ vingt- cinq mille hommes
; mais il paroît n'avoir eu au Combat que
quinze mille hommes d'Infanterie , & trois à
quatre mille chevaux . La difficulté du terein n'à
permis au Marquis de Caftries de faire combattre
que les quatre brigades d'Infanterie, de Normanmandie
, d'Auvergne , de la Tour- Dupin & d'Alface.
Ces troupes ont combattu avec la plus grande
valeur & avec la plus grande fermeré , ainfi que
la troupe
du fieur Fifcher , qui a foutenu les premiers
éfforts des ennemis à l'Abbaye de Clofter-
Camp. On n'a pas encore de détail de tout ce qui
s'eft paffé pendant l'action , ni l'état des Officiers
qui ont été tués ou bleffés ; on fçait feulement
que le Marquis de Segur , Lieutenant Général , a
été bleffé légèrement & qu'il a été fait priſonnier.
Les Marquis de Perufe & de la Tour-Dupin & le
Baron de Vangen , Brigadiers , ont auffi été bleffés
, & ce dernier a étéfait prifonnier. La Gendarmerie
, qui étoit à l'action , n'a perdu d'Officiers'
que le fieur de Greneville qui a été tué. Le Marquis
de Caftries fait les plus grands éloges des
Troupes & des Officiers Généraux & particuliers
qui ont combattu.
Nous donnerons ci- après la perte que nous avons
faire à cette journée.
NOVEMBRE. 1760. 197
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Mili
taire s'eft fait , en la maniere accoutuinée , dans
'Hôtel-de- Ville de Paris , le de ce mois. Les
Numeros qui font fortis de la roue de fortune font
57, 32 , 26 , 84 , 38. Le prochain tirage fe fera
le 6 du mois de Novembre.
€ Sa Majellé , par fon Edit portant établiſſement
de l'Ecole Royale Militaire , avoit ordonné que ,
dans l'admiffion des Enfans qui feroient préſentés
pour entrer dans cette Ecole , on donnât la préférence
à ceux dont les Peres feroient encore actuéllement
au Service , fe réſervant néanmoins de
s'expliquer dans la fuite fur les cas où l'on pour
roit s'écarter de cette régle , ainfi que fur quelques
autres difpofitions du même Edit . Elle vient d'ordonner
par une nouvelle Déclaration , que les Enfans
des Peres que leurs bleffures , ou des infirmi
tés & des accidens naturels auront mis hors d'état
de lui continuer leurs fervices , foient reçus concurremment
avec ceux dont les Peres font encore
dans les Armées. Sa Majesté entend auffi que les
Enfans des Peres qui ont obtenu la permiffion de
fe retirer , après trente années de fervice , jouiffent
du même privilége.
Le Comte de Colloredo , Chambellan de l'Em--
pereur & de l'Impératrice , Reine de Hongrie &
de Bohême , que Leurs Majeftés Impériales ont
envoyé pour annoncer au Roi la célébration du
Mariage de l'Infante Ifabelle avec l'Archi fuc Jofeph
, arriva en cette Ville le 18 de ce mois ; il
alla le lendemain à Fontainebleau , & il s'ac
quitta de fa commiflion auprès du Roi. Il fut
préfenté à Sa Majesté par le Comte de Starhem-
I
194 MERCURE DE FRANCE.
berg , Amballadeur de Leurs Majeftés Impéria
les. Le Comte de Colloredo fut préfenté le mê-.
me jour à Monfeigneur le Dauphin , à Madame
la Dauphine, & à Madame Adélaïde, à Meſdames
Victoire , Sophie & Louife. Il fe rendit le 20 à
Verfailles , où il fut préfenté à la Reine , à Monfeigneur
le Duc de Bourgogne , Monſeigneur le
Duc de Berry, Monfeigneur le Comte de Provence
, Monfeigneur le Comte d'Artois , & à
Madame.
Nous apprenons encore que le Général Comte
de Lafcy eft entré , le 9 de ce mois , dans Berlin ,
en même temps que les Ruffes. La Garniſon de
cette Ville , compofée de trois mille hommes , a
été faite prifonniere de guerre. Les Commandans
des troupes Autrichiennes & Ruffes ont fait
obferver la plus grande difcipline . Il n'eſt entré
dans Berlin & dans Poftdam que quelques bataillons
de Grenadiers néceffaires pour garder
ces deux Places . Les Officiers des deux Nations
n'y font entrés qu'avec des permiffions par écrit
de leurs Généraux , de forte qu'il ne s'y eft pas
commis le moindre défordre , & les boutiques
des Marchands n'ont pas été fermées. Mais on a
ruiné les Fabriques de toute efpéce qui ont rapport
à la guerre. On a abandonné aux Soldats
tous les magafins remplis d'effets deſtinés à l'entretien
& à l'habillement des troupes Pruffiennes.
On a trouvé dans Berlin & dans Potſdam une
grande quantité d'armes dont on a détruit les
Manufactures , ainfi que les Fonderies d'artille
rie.
Les Ruffes ont exigé quinze cens mille écus de
contributions.
Le Prince de Deux- Ponts ayant appris que le
Roi de Pruffe avoit détaché feize mille hommes
de fon armée pour fecourir Wittemberg , prit la
NOVEMBRE. 1760. 195
réfolution de brufquer le fiége qu'il faifoit de cette
Place , en l'attaquant en même temps de plufieurs
côtés ; ce qui fut exécuté le 13. Le Commandant
de Wittemberg , qui n'avoit porté fon attention
que fur la partie la plus foible de la Place , fe
trouvant preflé de toutes parts , prit le parti de
faire battre la chamade , & de capituler le 14 au
matin ; il s'est rendu prifonnier de guerre avec
fa Garniſon , aux mêmes conditions qui avoient
été accordées à la ville de Torgau . Cette Garnifon
étoit de trois Bataillons & de quatre cens
Soldats convalefcens. On a trouvé dans la Ville
trente piéces de canon , dont douze de vingt- quatre
livres , huit mortiers , & une grande quantité
de munitions. Toutes les fortifications ont été
rafées.
On a reçu le 20 de ce mois un Courier dépêché
le 16 au foir par le Marquis de Caftries ,
Lieutenant Général , pour apporter la nouvelle
d'un Combat qui s'eſt donné le même jour près
de Rhinberg , entre les troupes du Roi , qui étoient
à les ordres , & celles qui étoient commandées
par le Prince Héréditaire de Brunfwik. L'action
a commencé une heure avant le jour , & après
un feu très- long & très- vif , le Prince Héréditaire
a été forcé de ſe retirer avec une perte trèsconfidérable
, laiffant en notre pouvoir le plus
grand nombre de fes Bleffés .
On a appris par un autre Courier dépêché le
18 , que le Prince Héréditaire de Brunfwik arepaffé
le Rhin fur les deux Ponts qu'il avoit établis
au-deffous de Wefel , & qu'il a entierement levé
le fiége de cette Place . On affure qu'il avoit pris
le chemin de Halleren fur la Lippe. Son arrieregarde
a été attaquée vivement en deçà du Rhin ,
& elle a été forcée de paffer ce fleuve en déſor-
I ij
196 MERCURE DE FRANCE
1
dre , après avoir perdu beaucoup de monde , &
fans avoir pû replier fes ponts , dont nous fommes
reflés maîtres . Dès le is , le Marquis de Caftries
avoit fait attaquer le pofte de Rhinberg ,
qu'on avoit emporté l'épée la main . Il avoit
fait entrer en même temps dans Wefel , le fieur
de Boisclaireau , Brigadier , avec fix cens hommes
d'élite. Le 18 , il y a fait entrer huit Batail-
Ions.
Le corps aux ordres du Prince Héréditaire de
vant Wefel étoit d'environ vingt- cinq mille hommes
; mais il paroît n'avoir eu au Combat que
quinze mille hommes d'Infanterie , & trois à
quatre mille chevaux . La difficulté du terein n'à
permis au Marquis de Caftries de faire combattre
que les quatre brigades d'Infanterie, de Normanmandie
, d'Auvergne , de la Tour- Dupin & d'Alface.
Ces troupes ont combattu avec la plus grande
valeur & avec la plus grande fermeré , ainfi que
la troupe
du fieur Fifcher , qui a foutenu les premiers
éfforts des ennemis à l'Abbaye de Clofter-
Camp. On n'a pas encore de détail de tout ce qui
s'eft paffé pendant l'action , ni l'état des Officiers
qui ont été tués ou bleffés ; on fçait feulement
que le Marquis de Segur , Lieutenant Général , a
été bleffé légèrement & qu'il a été fait priſonnier.
Les Marquis de Perufe & de la Tour-Dupin & le
Baron de Vangen , Brigadiers , ont auffi été bleffés
, & ce dernier a étéfait prifonnier. La Gendarmerie
, qui étoit à l'action , n'a perdu d'Officiers'
que le fieur de Greneville qui a été tué. Le Marquis
de Caftries fait les plus grands éloges des
Troupes & des Officiers Généraux & particuliers
qui ont combattu.
Nous donnerons ci- après la perte que nous avons
faire à cette journée.
NOVEMBRE. 1760. 197
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Mili
taire s'eft fait , en la maniere accoutuinée , dans
'Hôtel-de- Ville de Paris , le de ce mois. Les
Numeros qui font fortis de la roue de fortune font
57, 32 , 26 , 84 , 38. Le prochain tirage fe fera
le 6 du mois de Novembre.
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Résumé : De PARIS, le 25 Octobre.
En octobre 1760, plusieurs événements militaires et administratifs ont marqué la scène politique et militaire. Le roi a décrété que les enfants des pères blessés, malades ou ayant obtenu la permission de se retirer après trente années de service soient admis à l'École Royale Militaire, aux mêmes conditions que ceux dont les pères sont encore en service. Le comte de Colloredo, représentant de l'empereur et de l'impératrice, est arrivé à Paris pour annoncer le mariage de l'infante Isabelle avec l'archiduc Joseph. Il a été reçu par le roi et plusieurs membres de la famille royale. Sur le front militaire, le général comte de Laffy, accompagné des Russes, a pris Berlin et fait prisonnier la garnison de la ville. Les troupes autrichiennes et russes ont montré une discipline exemplaire. Par ailleurs, le prince de Deux-Ponts a conquis Wittemberg après un assaut. Le marquis de Castries a remporté une victoire près de Rhinberg contre le prince héréditaire de Brunswick, forçant ce dernier à lever le siège de Wesel. À Paris, le tirage de la loterie de l'École Royale Militaire a eu lieu, révélant les numéros gagnants : 57, 32, 26, 84 et 38. Ces événements illustrent une période intense d'activités diplomatiques et militaires, marquée par des décisions royales, des alliances matrimoniales et des succès militaires significatifs.
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