Résultats : 21767 texte(s)
Détail
Liste
17201
p. 146-147
LOGOGRYPHE.
Début :
Douze pieds de mon nom font le vocabulaire. [...]
Mots clefs :
Escarpolette
17202
p. 1192-1193
AIR.
Début :
Vous troublez les humides Plaines, [...]
Mots clefs :
Tyrans des airs, Ciel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AIR.
AIR.
Vous troublez les humides Plaines ,
Fiers et fougueux Tyrans des Airs ;
Et par vos bruyantes haleines ,
Vous ravagez tout l'Univers.
Quand vous grondez sur nous , vous effrayez
mon ame ;
Vous , pour armer le Ciel , que la Terre produit ,
Vous, Foudres, Aquilons , qui faites tant de bruit,
Vous en faites moins que ma femme.
Ces Paroles et la Musique sont de E.
M. J. D. L.
Vous troublez les humides Plaines ,
Fiers et fougueux Tyrans des Airs ;
Et par vos bruyantes haleines ,
Vous ravagez tout l'Univers.
Quand vous grondez sur nous , vous effrayez
mon ame ;
Vous , pour armer le Ciel , que la Terre produit ,
Vous, Foudres, Aquilons , qui faites tant de bruit,
Vous en faites moins que ma femme.
Ces Paroles et la Musique sont de E.
M. J. D. L.
Fermer
17203
p. 124-127
SÉANCE publique de l'Académie de BESANÇON pour la distribution des Prix.
Début :
LE 24 Août 1762, l'Académie de Besançon fit célébrer dans l'Eglise des [...]
Mots clefs :
Académie, Prix, Séance, Ordre, Besançon, Discours, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SÉANCE publique de l'Académie de BESANÇON pour la distribution des Prix.
SÉANCE publique de l'Académie de
BESANÇON pour la diftribution
des Prix.
LE 24 Août 1762 , l'Académie de
Befançon fit célébrer dans l'Eglife des
P P. Carmes une Meffe avec un Motet ;
le Panégyrique de S. Louis fut enfuite
AVRIL. 1763. 125
prononcé par M. Pavoy , Docteur en
Théologie , Curé de Pugé en Franche-
Comté. L'après - midi du même jour
l'Académie tint une Séance publique
pour la diftribution des Prix . M. de
Frafne , Avocat Général Honoraire du
Parlement de Franche-Comté , Préfident
de l'Académie , fit un difcours
relatif à l'objet de cette Séance. Il obferva
fur la réferve du Prix d'éloquence
pour l'année prochaine : " Que c'eſt un
» moment de repos qui devient l'affu-
» rance d'une récolte plus abondante
» pour l'avenir ; que d'efprit n'eft pas
» toujours également fertile dans fes
» productions ; qu'expofé à des varia-
» tions qui le rendent fouvent mécon-
» noiffable à lui-même , il reffent ainſi
» que la Nature , les influences du temps
» & des circonftances ; que dans un
" Sujet propofé pour un Difcours ,
" tout dépend de la manière de l'apper-
» cevoir , de l'impreffion plus ou moins
» vive qu'il fait dans l'âme & des idées
» qui en résultent ; que de là naît cet-
» te heureufe facilité à préfenter le
L
chofes fous l'afpect qui leur con-
» vient , à les traiter avec ordre , à leur
» appliquer des principes qui devien-
» nent une fource féconde de confé-
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
» quences , & à répandre à propos fur
» tout l'ouvrage les agrémens du colo-
» ris ; qu'au contraire fi l'efprit foible-
» ment affecté ne faifit pas le véritable
» point de la queſtion à difcuter , il fe
» rétrécit en quelque forte , il tombe
» dans la langueur & de là dans les
» écarts.
M. de Frafne déclara enfuite que le
prix d'érudition avoit été décerné à
Dom Berthod , Bénédictin , Bibliothé
caire de l'Abbaye de S. Vincent de Befançon
, Auteur déja couronné plus d'une
fois par l'Académie ; que l'Acceffit
avoit été déféré en premier ordre à Dom
Coudret, Religieux de la même Abbaye,
& à l'Auteur de la Differtation qui a pour
devife Vivit poft funera Virtus. Le
mérite de ces deux derniers Ouvrages
fit remarquer à M. de Frafne » que
» quand on fuit d'auffi près le vainqueur
, on participe à fa gloire , &
» qu'il femble même que l'on peut
détacher
quelques fleurs de fa couronne
fans en diminuer l'éclat.
M. de Frafne annonça enfin que le
prix des Arts avoit été également adjugé
à M. Perreciot , Etudiant en Médecine
à Befançon & à André Vautheret,
Thuillier , demeurantau Village
AVRIL 1763. 127
"
de Four en Franche-Comté. Cette décifion
occafionna un acte de générosité
dont l'Académie eut la fatisfaction d'être
témoin avec le Public ; M. Perreciot
refufa de profiter du partage dont le
prix étoit fufceptible ; il s'empreffa de
céder à fon concurrent la médaille d'or
qui eft de la valeur de 200 liv . il ne fe
réferva que la gloire de la mériter deux
fois. Un procédé fi digne des Arts &
des Lettres aufquels il confacre fa jeuneffe
, excita l'admiration de toute l'Af
femblée. Dans la même Séance on inftalla
parmi les Affociés étrangers de l'Académie
le R. P. Pacioudi , Théatin
ancien Procureur général de fon Ordre,
Hiftoriographe de l'Ordre de Malthe ,
Bibliothécaire & Antiquaire de S. A. R.
le Duc de Parme , Membre de l'Académie
des Infcriptions & Belles-Lettres
de Paris , de celles de Florence , de Cortone
, de Pefaro , &c . On dérogea en
faveur de ce fçavant Etranger à l'ufage
des Académies de France ; on lui permit
de faire en Latin fon Difcours de réception,
auquel M. de Frafne , en qualité
de Préfident, répondit en François . La
Séance fut terminée par la lecture du
Programme des Sujets propofés pour
les Prix de 1763.
BESANÇON pour la diftribution
des Prix.
LE 24 Août 1762 , l'Académie de
Befançon fit célébrer dans l'Eglife des
P P. Carmes une Meffe avec un Motet ;
le Panégyrique de S. Louis fut enfuite
AVRIL. 1763. 125
prononcé par M. Pavoy , Docteur en
Théologie , Curé de Pugé en Franche-
Comté. L'après - midi du même jour
l'Académie tint une Séance publique
pour la diftribution des Prix . M. de
Frafne , Avocat Général Honoraire du
Parlement de Franche-Comté , Préfident
de l'Académie , fit un difcours
relatif à l'objet de cette Séance. Il obferva
fur la réferve du Prix d'éloquence
pour l'année prochaine : " Que c'eſt un
» moment de repos qui devient l'affu-
» rance d'une récolte plus abondante
» pour l'avenir ; que d'efprit n'eft pas
» toujours également fertile dans fes
» productions ; qu'expofé à des varia-
» tions qui le rendent fouvent mécon-
» noiffable à lui-même , il reffent ainſi
» que la Nature , les influences du temps
» & des circonftances ; que dans un
" Sujet propofé pour un Difcours ,
" tout dépend de la manière de l'apper-
» cevoir , de l'impreffion plus ou moins
» vive qu'il fait dans l'âme & des idées
» qui en résultent ; que de là naît cet-
» te heureufe facilité à préfenter le
L
chofes fous l'afpect qui leur con-
» vient , à les traiter avec ordre , à leur
» appliquer des principes qui devien-
» nent une fource féconde de confé-
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
» quences , & à répandre à propos fur
» tout l'ouvrage les agrémens du colo-
» ris ; qu'au contraire fi l'efprit foible-
» ment affecté ne faifit pas le véritable
» point de la queſtion à difcuter , il fe
» rétrécit en quelque forte , il tombe
» dans la langueur & de là dans les
» écarts.
M. de Frafne déclara enfuite que le
prix d'érudition avoit été décerné à
Dom Berthod , Bénédictin , Bibliothé
caire de l'Abbaye de S. Vincent de Befançon
, Auteur déja couronné plus d'une
fois par l'Académie ; que l'Acceffit
avoit été déféré en premier ordre à Dom
Coudret, Religieux de la même Abbaye,
& à l'Auteur de la Differtation qui a pour
devife Vivit poft funera Virtus. Le
mérite de ces deux derniers Ouvrages
fit remarquer à M. de Frafne » que
» quand on fuit d'auffi près le vainqueur
, on participe à fa gloire , &
» qu'il femble même que l'on peut
détacher
quelques fleurs de fa couronne
fans en diminuer l'éclat.
M. de Frafne annonça enfin que le
prix des Arts avoit été également adjugé
à M. Perreciot , Etudiant en Médecine
à Befançon & à André Vautheret,
Thuillier , demeurantau Village
AVRIL 1763. 127
"
de Four en Franche-Comté. Cette décifion
occafionna un acte de générosité
dont l'Académie eut la fatisfaction d'être
témoin avec le Public ; M. Perreciot
refufa de profiter du partage dont le
prix étoit fufceptible ; il s'empreffa de
céder à fon concurrent la médaille d'or
qui eft de la valeur de 200 liv . il ne fe
réferva que la gloire de la mériter deux
fois. Un procédé fi digne des Arts &
des Lettres aufquels il confacre fa jeuneffe
, excita l'admiration de toute l'Af
femblée. Dans la même Séance on inftalla
parmi les Affociés étrangers de l'Académie
le R. P. Pacioudi , Théatin
ancien Procureur général de fon Ordre,
Hiftoriographe de l'Ordre de Malthe ,
Bibliothécaire & Antiquaire de S. A. R.
le Duc de Parme , Membre de l'Académie
des Infcriptions & Belles-Lettres
de Paris , de celles de Florence , de Cortone
, de Pefaro , &c . On dérogea en
faveur de ce fçavant Etranger à l'ufage
des Académies de France ; on lui permit
de faire en Latin fon Difcours de réception,
auquel M. de Frafne , en qualité
de Préfident, répondit en François . La
Séance fut terminée par la lecture du
Programme des Sujets propofés pour
les Prix de 1763.
Fermer
Résumé : SÉANCE publique de l'Académie de BESANÇON pour la distribution des Prix.
Le 24 août 1762, l'Académie de Besançon organisa une messe suivie d'un panégyrique de Saint Louis à l'église des Pères Carmes. L'après-midi, une séance publique eut lieu pour la distribution des prix. M. de Frafne, Président de l'Académie, prononça un discours soulignant que l'esprit n'est pas toujours également fertile. Le prix d'érudition fut attribué à Dom Berthod, Bénédictin et Bibliothécaire de l'Abbaye de Saint Vincent de Besançon, tandis que l'accessit fut partagé entre Dom Coudret et l'auteur de la dissertation 'Vivit post funera Virtus'. Le prix des Arts fut décerné à M. Perreciot et André Vautheret, ce dernier habitant Four en Franche-Comté. M. Perreciot céda sa médaille d'or à son concurrent, suscitant l'admiration de l'assemblée. La séance se conclut par l'installation du R. P. Pacioudi parmi les associés étrangers de l'Académie, qui fit un discours en latin, auquel M. de Frafne répondit en français. La séance se termina par la lecture des sujets proposés pour les prix de 1763.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17204
p. 147-148
AUTRE.
Début :
J'ai dix pieds qui d'abord presentent à tes yeux [...]
Mots clefs :
Pèlerinage
17205
p. 1191-1192
AIR.
Début :
Ciel ! quel orage affreux ! quel horrible Tonnerre ! [...]
Mots clefs :
Onde, Trembler
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AIR.
AIR.
Clell quel orage affreux ! quel horrible Ton-
L'Onde s'unit aux vents pour ravager la Terre ..
Quel péril menaçant ! les Cieux fond.nt en eau.
1 Vol,
Gi
Prêt
1192 MERCURE DE FRANCE
Prête à nous écraser, dans l'Air la Foudre gronde.
Tremblez , Mortels , tremblez , un Déluge nouveau
,
Dans l'éternelle nuit ensevelit le Monde.
Mais je crains peu sa rage , Amis , dans mon
Caveau ,
Four le braver ,je veux que Bacchus me seconde;
Je veux , quand j'aurai fait de mon ventre un
tonneau
?
Que l'Aquilon le berce et qu'il flote sur l'Onde.
Clell quel orage affreux ! quel horrible Ton-
L'Onde s'unit aux vents pour ravager la Terre ..
Quel péril menaçant ! les Cieux fond.nt en eau.
1 Vol,
Gi
Prêt
1192 MERCURE DE FRANCE
Prête à nous écraser, dans l'Air la Foudre gronde.
Tremblez , Mortels , tremblez , un Déluge nouveau
,
Dans l'éternelle nuit ensevelit le Monde.
Mais je crains peu sa rage , Amis , dans mon
Caveau ,
Four le braver ,je veux que Bacchus me seconde;
Je veux , quand j'aurai fait de mon ventre un
tonneau
?
Que l'Aquilon le berce et qu'il flote sur l'Onde.
Fermer
Résumé : AIR.
Une tempête violente ravage la Terre, avec des vents puissants et des pluies torrentielles. La foudre menace et un déluge ensevelit le monde. Le narrateur souhaite être protégé dans son caveau et demande à Bacchus de transformer son ventre en tonneau pour flotter, bercé par le vent du nord.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17206
p. 81-85
RELATION d'une Fête champêtre, donnée par M. de Rol Montpellier, le 20 Septembre 1744, dans son Château de Montpellier, sur la Dour, à deux lieuës de Bayonne.
Début :
M. de Rol Montpellier, Chevalier de l'Ordre de S. Michel, voulant donner [...]
Mots clefs :
Fête, Instruments, Rivière, Roi, Tambours, Terrasse, Enclos, Joie, Bosquets, Te Deum, Vive le roi, Milice, Bal, Paysans, Canot
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION d'une Fête champêtre, donnée par M. de Rol Montpellier, le 20 Septembre 1744, dans son Château de Montpellier, sur la Dour, à deux lieuës de Bayonne.
RELATION d'une Fête champêtre .
donnée par M. de Rol Montpellier , lo
20 Septembre 1744 , dans son Chateau
de Montpellier , fur la Dour , à deux
lieuës de Bayonne,
Midde
.deRol Montpellier , Chevalier de
S. Michel , voulant donner
des marques de ſon zéle ardent pour la
perſonne ſacrée de S. M. réſolut de faire
chanter le Te Deum dans ſa Chapelle , en
action de graces de la Convalescence du
Roi , & de faire des Réjoüiſſances , auſquelles
ſa maiſon , ſes amis & tous ſes tenanciers
priſſent part. Ayant pris jour pour le Dimanche
vingt Septembre , la Fête fut annoncée
par laGénérale , qui fut battuë à
ſept heures du matin par une bande d'excellens
Tambours , accompagnés de Flutes
du Pays , de Violons & de Cors de Chaſſe ;
àneuf heures on battit l'aſſemblée,& à onze
le Drapeau : à ce ſignal un Canot , extrêmement
propre , moiiillé en face d'une trèsbelle
Terraſſe , qui borde tout l'enclos , fut
orné de Pavois , de Pavillons & de flames ;
toutes les rames étoient peintes avec goût &
placées ſur les bancs ; à midi ce Canor,bien
82 MERCURE DE FRANCE.
équippé , vogua comme un trait le long des
deux rives ; les Matelots criant continuellement
Vive le Roi , ce que les habitans des
deux bords répétoient avec des tranſports
de joye&de tendreſſe , qui rendoient parfaitement
leurs ſentimens : ce Canot vint
enfuite remoüiller à ſon premier poſte
pendant que la Compagnie dîna.
د
Sur les trois heures , tous les tenanciers &
les voiſins s'aſſemblerent en armes & en
très -grand nombre,dans le meilleur équipage
qu'il leur fut poflible. Une multitude infinie
de curieux des deux ſexes ſe rendirent
auffi dans l'enclos ; les Dames leur diſtribuerent
des Cocardes & des Bouquets ; ils
formerent dans les Boſquets & ſur les Terraſſes
plufieurs troupes de Danſeurs au fon
de divers Inſtrumens ; à cinq heures le Te
Deum fut chanté dans la Chapelle, après lequel
M. de Rol , ſuivi des Cavaliers qu'il
avoit invitées à cetre Fête ,& de la plupart
de ſa famille, alla ſe mettre à la tête de la
Milice , qui étoit en bataille dans un avantcour
; il marcha enfuite l'Eſponton à la
main , revêtu de l'Ordre de S. Michel pardeſſus
ſon habit, la troupe défilant par quatre
, au ſon de tous les Inſtrumens ; il fit
tout le tour de l'enclos , qui eſt vaſte , & arrivant
à un bout de la Terraſſe , qui eſt le
long de la Dour , il la fit border , la droite
NOVEMBRE. 1744- 83
appuyée à une eſpece de Baſtion ,& la gauche
à un grand Pavillon , qui avance également
dans la riviere;une demie heure après
il alluma le Feu de joye, placé entre le Château
& la riviere . On fit à l'inſtant une décharge
de toute la mouſqueterie ,& les cris
de VIVE LE ROI ſe firententendre de toutes
parts. Tous ceux qui étoient répandus fur
le bord de la riviere , dans une étenduë
d'une demie- lieuë , répétoient ces mêmes
cris avec une émulation charmante. Vers
les 7 heures du ſoir , on diſtribua des viandes
, du pain , du vin , & des fruits à tout
lemonde ; un peu avant la nuit , les Tambours
rappellerent , & la Milice ayant repris
ſon poſte , les Tambours battant la
Charge , firent une ſeconde décharge, après
laquelle il y eut un grand fouper. Trois tables
furent ſervies avec autantde délicateffe
que de profuſion ; vers les dix heures , le
ſignal ayant été donné par des fuſées volantes
, leChâteau , le Canot & la Terraſſe furent
illuminés , & la Milice fit une troiſiéme
décharge , pendant que les Tambours& les
autres Inſtrumens faisoient un bruit de
guerre , qui fut très-bien exécuté. Enfaite
tout le Peuple ſe diſperſa par bandes dans
les Bois &dans les Boſquets , qui étoient
éclairés , pour danſer au ſondes Inſtrumens
& à la voix ; tandis que la Compagnie pla
84 MERCURE DE FRANCE.
cée ſous un Berceau illuminé avec art, commença
un Bal qui dura juſqu'au jour , les
rafraîchiſſemens furent ſervis avec abondance
, & deux Fontaines de Vin , placées
dans les Boſquets , coulerent pendant tout
ce tems pour les Payſans , qui y paſſerent la
nuit ; les fuſées & les décharges ranimoient
de tems en tems la joye& le bruyant de
cette Fête. Avant le pointdu jour , le Canot
avec ſes armemens & fes falots , & équipé
des plus vigoureux nâgeurs , reconnus pour
les meilleurs qu'il y ait en France , vogua
comme un trait. Un grand nombre de Cavaliers
s'y étoient embarqués avec la Symphonie
; la force des rameurs & l'habileté
duPilote imitoient parfaitement desDanſes
en rond au milieu de la riviere , au ſon des
Inſtrumens ; les rivages retentiſſoient des
cris continuels de Vive le Roi , & la moufqueterie
, faiſant de nouvelles décharges toutes
les fois que le Canot paffoit le long de
la Terraſſe , il parcourut les bords de la riviere
extrêmement garnie de maiſons , dont
les habitans,ſe levant en ſurſaut,ſe plaçoient
aux fenêtres , ou fortoient à demi nuds
pour ſuivre le Canot,& joindre leurs acclamations
& leurs cris à ceux de cette troupe
Horante. La Fête fut terminée par une Danſe
générale du Pays , nommée la Panperuque ,
YesTambours battant un air extrêmement
gay :
NOVEMBRE . 1744 . 85
gay: toutes les Dames , les Cavaliers , les
Payſans& les Payſannes faiſant une chaîne
qui tenoir tout l'enclos.
Il eſt aiſé de donner des Fêtes plus magnifiques
, mais il n'eſt pas poſſible d'en
voir de plus vives ; l'amour & la joye éclatoient
de toutes parts ; les diſcours des Payfans
valoient des Panégyriques , & les Piéces
les plus achevées que les meilleures plumes
ont produit dans un événement auffi
intéreſſant.
donnée par M. de Rol Montpellier , lo
20 Septembre 1744 , dans son Chateau
de Montpellier , fur la Dour , à deux
lieuës de Bayonne,
Midde
.deRol Montpellier , Chevalier de
S. Michel , voulant donner
des marques de ſon zéle ardent pour la
perſonne ſacrée de S. M. réſolut de faire
chanter le Te Deum dans ſa Chapelle , en
action de graces de la Convalescence du
Roi , & de faire des Réjoüiſſances , auſquelles
ſa maiſon , ſes amis & tous ſes tenanciers
priſſent part. Ayant pris jour pour le Dimanche
vingt Septembre , la Fête fut annoncée
par laGénérale , qui fut battuë à
ſept heures du matin par une bande d'excellens
Tambours , accompagnés de Flutes
du Pays , de Violons & de Cors de Chaſſe ;
àneuf heures on battit l'aſſemblée,& à onze
le Drapeau : à ce ſignal un Canot , extrêmement
propre , moiiillé en face d'une trèsbelle
Terraſſe , qui borde tout l'enclos , fut
orné de Pavois , de Pavillons & de flames ;
toutes les rames étoient peintes avec goût &
placées ſur les bancs ; à midi ce Canor,bien
82 MERCURE DE FRANCE.
équippé , vogua comme un trait le long des
deux rives ; les Matelots criant continuellement
Vive le Roi , ce que les habitans des
deux bords répétoient avec des tranſports
de joye&de tendreſſe , qui rendoient parfaitement
leurs ſentimens : ce Canot vint
enfuite remoüiller à ſon premier poſte
pendant que la Compagnie dîna.
د
Sur les trois heures , tous les tenanciers &
les voiſins s'aſſemblerent en armes & en
très -grand nombre,dans le meilleur équipage
qu'il leur fut poflible. Une multitude infinie
de curieux des deux ſexes ſe rendirent
auffi dans l'enclos ; les Dames leur diſtribuerent
des Cocardes & des Bouquets ; ils
formerent dans les Boſquets & ſur les Terraſſes
plufieurs troupes de Danſeurs au fon
de divers Inſtrumens ; à cinq heures le Te
Deum fut chanté dans la Chapelle, après lequel
M. de Rol , ſuivi des Cavaliers qu'il
avoit invitées à cetre Fête ,& de la plupart
de ſa famille, alla ſe mettre à la tête de la
Milice , qui étoit en bataille dans un avantcour
; il marcha enfuite l'Eſponton à la
main , revêtu de l'Ordre de S. Michel pardeſſus
ſon habit, la troupe défilant par quatre
, au ſon de tous les Inſtrumens ; il fit
tout le tour de l'enclos , qui eſt vaſte , & arrivant
à un bout de la Terraſſe , qui eſt le
long de la Dour , il la fit border , la droite
NOVEMBRE. 1744- 83
appuyée à une eſpece de Baſtion ,& la gauche
à un grand Pavillon , qui avance également
dans la riviere;une demie heure après
il alluma le Feu de joye, placé entre le Château
& la riviere . On fit à l'inſtant une décharge
de toute la mouſqueterie ,& les cris
de VIVE LE ROI ſe firententendre de toutes
parts. Tous ceux qui étoient répandus fur
le bord de la riviere , dans une étenduë
d'une demie- lieuë , répétoient ces mêmes
cris avec une émulation charmante. Vers
les 7 heures du ſoir , on diſtribua des viandes
, du pain , du vin , & des fruits à tout
lemonde ; un peu avant la nuit , les Tambours
rappellerent , & la Milice ayant repris
ſon poſte , les Tambours battant la
Charge , firent une ſeconde décharge, après
laquelle il y eut un grand fouper. Trois tables
furent ſervies avec autantde délicateffe
que de profuſion ; vers les dix heures , le
ſignal ayant été donné par des fuſées volantes
, leChâteau , le Canot & la Terraſſe furent
illuminés , & la Milice fit une troiſiéme
décharge , pendant que les Tambours& les
autres Inſtrumens faisoient un bruit de
guerre , qui fut très-bien exécuté. Enfaite
tout le Peuple ſe diſperſa par bandes dans
les Bois &dans les Boſquets , qui étoient
éclairés , pour danſer au ſondes Inſtrumens
& à la voix ; tandis que la Compagnie pla
84 MERCURE DE FRANCE.
cée ſous un Berceau illuminé avec art, commença
un Bal qui dura juſqu'au jour , les
rafraîchiſſemens furent ſervis avec abondance
, & deux Fontaines de Vin , placées
dans les Boſquets , coulerent pendant tout
ce tems pour les Payſans , qui y paſſerent la
nuit ; les fuſées & les décharges ranimoient
de tems en tems la joye& le bruyant de
cette Fête. Avant le pointdu jour , le Canot
avec ſes armemens & fes falots , & équipé
des plus vigoureux nâgeurs , reconnus pour
les meilleurs qu'il y ait en France , vogua
comme un trait. Un grand nombre de Cavaliers
s'y étoient embarqués avec la Symphonie
; la force des rameurs & l'habileté
duPilote imitoient parfaitement desDanſes
en rond au milieu de la riviere , au ſon des
Inſtrumens ; les rivages retentiſſoient des
cris continuels de Vive le Roi , & la moufqueterie
, faiſant de nouvelles décharges toutes
les fois que le Canot paffoit le long de
la Terraſſe , il parcourut les bords de la riviere
extrêmement garnie de maiſons , dont
les habitans,ſe levant en ſurſaut,ſe plaçoient
aux fenêtres , ou fortoient à demi nuds
pour ſuivre le Canot,& joindre leurs acclamations
& leurs cris à ceux de cette troupe
Horante. La Fête fut terminée par une Danſe
générale du Pays , nommée la Panperuque ,
YesTambours battant un air extrêmement
gay :
NOVEMBRE . 1744 . 85
gay: toutes les Dames , les Cavaliers , les
Payſans& les Payſannes faiſant une chaîne
qui tenoir tout l'enclos.
Il eſt aiſé de donner des Fêtes plus magnifiques
, mais il n'eſt pas poſſible d'en
voir de plus vives ; l'amour & la joye éclatoient
de toutes parts ; les diſcours des Payfans
valoient des Panégyriques , & les Piéces
les plus achevées que les meilleures plumes
ont produit dans un événement auffi
intéreſſant.
Fermer
17207
p. 2667-2673
Arlequin au Parnasse, ou la Folie de Melpomene, &c. [titre d'après la table]
Début :
Les Comédiens Italiens donnerent le 4. de ce mois la premiere représentation [...]
Mots clefs :
Arlequin, Comédiens-Italiens, Parodie, Zaïre, Parnasse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Arlequin au Parnasse, ou la Folie de Melpomene, &c. [titre d'après la table]
es Comédiens Italiens donnerent le 4.
de ce mois la premiere représentation
d'une Parodie de la Tragédie de Zaire.
Cette petite Piece est intitulée : Arlequin
au Parnasse , ou la Folie de Melpomene.
Comme l'Auteur à qui on` l'attribue la
désavoie , nous nous dispenserons de le
nommer ; mais comme nous ne devons
pas moins à nos engagemens envers le Public , qu'à la modestie des Autheurs qui
veulent se dérober à la gloire qui leur est
D. I. Vel. duë, G iij
2368 MERCURE DE FRANCE
düe , nous n'avons garde de nous imposer
silence sur une maniere de Parodier, qui a
parû très singuliere et tout- à-fait neuve
aux connoisseurs ; voicy en peu de mots
l'idée de l'Autheur anonime.
LeThéatre represente le Mont Parnasse,
Arlequin et un de ses camarades forment
le noble dessein d'y monter pour obtenir
de Thalie quelqu'heureuse nouveauté ,
qui attire des spectateurs à leur Théatre.
La difficulté rebute Arlequin ; il ne veut
pas se donner la peine de grimper si haut,
et prétend en être suffisamment dispensé
par l'exemple de bien des Auteurs qui du
pied du Parnasse , prétendent égaler ceux
qui s'élevent jusqu'à la double cime. Il se
croit inspiré , il tient déja le titre d'une
Piece nouvelle ; voilà le Parnasse , dit-il,
et me voicy; je n'ai donc qu'à intituler
ma Piéce , Arlequin au Parnasse : son camarade a beau lui diré , qu'un titre ne suf
fit pas , et qu'il faut inventer de quoi le
remplir , il lui répond que cela pourra venir chemin faisant.
Thalie vient finir la contestation , et
leur dit qu'elle leur apporte le sujet, attendu que sa sœur Melpomene vient de devenir folle tout subitement ; cet heureux
évenement donne lieu à la seconde partie du titre de la Piece et les extravaganI. Vol ces
DECEMBRE. 1732. 2669
tes deMelpomene en fournissent le sujet.
Thalie cede la place à Melpomene qui s'avance; elle fait entendre qu'elle va rejoindre Apollon qui doit déliberer en plein conseil sur les moyens les plus propres à remé
dier aux folles saillies de la Muse tragique.
Melpomene arrive ; l'entousiasme dont
elle est transportée , lui fait tenir des discours injurieux au Sophocle et à l'Euripide de la France ; l'idée dont elle est remplie lui promet des succès infiniment plus
éclatants que tous ceux des Corneilles et
des Racines ; des routes nouvelles s'ouvrent devant ses pas ; elle y va entrer pour
La premiere fois , et tout lui répond de
remplir dignement la brillante carriere
qu'elle se propose de commencer. Le camarade d'Arlequin ne lui faithumblement
La réverence que sous le nom de Comédien François ; pour Arlequin , ne pouvant l'aborder à la faveur de la même
imposture , attendu que son habit et son
masque le décéleroient aux yeux de la superbe Muse, il prend le parti de suivre Thalie , comme Muse de sa connoissance. Melpomene trompée par le nom
de Comédien François , que le camarade
d'Arlequin se donne , lui dit qu'ils n'ont
ses heureux camarades et lui , qu'à préparer leurs cofres-forts , et que la riche
I. Vol. Giiij idée
2670 MERCURE DE FRANCE
idée qu'elle roule dans sa tête sera un Perou pour leur Troupe. Comme cette idée
n'est pas encore assez débrouillée , la Muse se jette sur un lit de gazon pour y rêver et elle s'y endort. Des songes chimeriques se présentent à elle , et achevent de
lui faire digerer le Chef d'oeuvre qu'elle
s'est promis. Elle s'éveille enfin et fait entendre que son ouvrage est consommé.
Le Comédien Italien , soi disant Comédien François , la prie de lui donner sa
Tragédie ; elle ne lui répond que par de
magnifiques promesses réïterées , sans se
donner la peine de lui dire ni quel est le
sujet de sa Piece , ni quelle en est la distribution : il y a des Auteurs , ajoute- t-elle,
qui croyent se couvrir de gloire, en disant
qu'ils ont fait cinq Actes en trois semaines , et moi je ne demande que trois minutes , et si tu en veux voir une épreuve,
je vais te la donner sur le champ : allons ,
poursuit- elle, que les cinq Actes dont j'ai
besoin obéissent à ma voix ; qu'ils paroissent à mes yeux. A peine a- t-elle parlé ;
qu'on voit sortir cinq Actes personifiez et
numerotez du premier au cinquiéme par
une étiquette qui les distingue les uns des autres.
Chacun de ces Actės , à commencer par
le premier , rend compte de la fonction
I.Vol.
qu'il
DECEMBRE. 1732. 2871
qu'il a dans la nouvelle Tragédie qui doit
attirer tout Paris. L'ordre de la marche
théatrale est un peu troublé par une petite.
altercation qui s'éleve entre le second et
le troisiéme , qui se reprochent récipro-.
quement d'être déplacez ; les autres se
suivent conformément au numero qu'on.
leur a assigné.
Le cinquiéme Acte paroit enfin , tout
fier d'être destiné à finir un si bel ouvrage ; voici les derniers vers qu'il récite
avec une parfaite sécurité , en parlant de
son Héros.
Du même fer il se perce lui-même;
At-onjamais fini par un plus beau Morceau ?
Melpomene en est si satisfaite qu'elle en
pleure de joie. Quoi ? Muse, vous pleurez!
dit le cinquiéme Acte personifié ; la Muse remplit le dernier hémistiche , par ces paroles que l'admiration lui arrache , trèsbeau , très-beau , très- beau.
Le ravissement de la Muse tragique et
de ses cinq Actes est troublé par l'arrivée.
de Thalie , qui dit d'un air malicieux
qu'elle apporte le sixième Acte ; Melpomene jette sur elle de fiers regards qui lui
annoncent le cas qu'elle fait de l'addition
qu'elle prétend faire à son chef- d'œuvre
mais Thalie.rabbat son orgueil , en lui ap1. Vol.
Gy pre-
2672 MERCURE DE FRANCE
prenant que le Conseil du Mont sacré
vient de la condamner aux petites Maisons , et ses cinq Actes à l'oubli. Melpomene en est au désespoir , et ses cinq Actes se reprochent les uns aux autres l'affront qu'ils viennent de recevoir ; on auroit souhaitté que l'Auteur eut saisi ce
nouyer incident pour critiquer la Piéce
qui est l'objet de la Parodie , et que chaque Acte fit voir maniere de reproche les défauts qu'on y peut censurer.
Les cinq Actes ayant enfin disparu ,
Melpomene finit par ces Vers , parodiez du Čid.
par
Pleurez , pleurez mes yeux ; fondez en cata ractes ;
Je perds toute ma gloire en perdant mes cinq Actes.
,
Au reste , tous les Amateurs de Piéces
de Théatre ont été surpris , que l'Auteur
d'une idée si neuve , et si susceptible de
traits comiques l'ait si négligemment
remplie ; on diroit qu'il n'a voulu donner qu'une esquisse , pour apprendre aux
faiseurs de Parodies , qu'on peut s'écartér
des sentiers trop battus dans ce genre de
Comédie , qui pourroit être très- utile , si
l'on ne s'y attachoit plutôt à divertir qu'à
instruire et à corriger. Nous n'avons vû
1. Vol. depuis
DECEMBRE. 1732. 2673
depuis plusieurs années que très-peu de
Parodies dignes d'être estimées ; telles
sont , Oedipe travesti , Agnés de Chaillot , et le mauvais Ménage ; la plupart
des autres ne sont qu'une imitation servile des Tragédies qu'elles prétendent tourner en ridicule ; ce genre est sans contredit le plus aisé ; mais il s'en faut bien qu'il
soit le plus estimable , et le plus couru ,
à moins qu'on n'y trouve quelque heureux incident qui attire le Public , soit
par la beauté du Spectacle , soit par quelque chose de bruyant , tel que la fureur
que de Roland , &c.
de ce mois la premiere représentation
d'une Parodie de la Tragédie de Zaire.
Cette petite Piece est intitulée : Arlequin
au Parnasse , ou la Folie de Melpomene.
Comme l'Auteur à qui on` l'attribue la
désavoie , nous nous dispenserons de le
nommer ; mais comme nous ne devons
pas moins à nos engagemens envers le Public , qu'à la modestie des Autheurs qui
veulent se dérober à la gloire qui leur est
D. I. Vel. duë, G iij
2368 MERCURE DE FRANCE
düe , nous n'avons garde de nous imposer
silence sur une maniere de Parodier, qui a
parû très singuliere et tout- à-fait neuve
aux connoisseurs ; voicy en peu de mots
l'idée de l'Autheur anonime.
LeThéatre represente le Mont Parnasse,
Arlequin et un de ses camarades forment
le noble dessein d'y monter pour obtenir
de Thalie quelqu'heureuse nouveauté ,
qui attire des spectateurs à leur Théatre.
La difficulté rebute Arlequin ; il ne veut
pas se donner la peine de grimper si haut,
et prétend en être suffisamment dispensé
par l'exemple de bien des Auteurs qui du
pied du Parnasse , prétendent égaler ceux
qui s'élevent jusqu'à la double cime. Il se
croit inspiré , il tient déja le titre d'une
Piece nouvelle ; voilà le Parnasse , dit-il,
et me voicy; je n'ai donc qu'à intituler
ma Piéce , Arlequin au Parnasse : son camarade a beau lui diré , qu'un titre ne suf
fit pas , et qu'il faut inventer de quoi le
remplir , il lui répond que cela pourra venir chemin faisant.
Thalie vient finir la contestation , et
leur dit qu'elle leur apporte le sujet, attendu que sa sœur Melpomene vient de devenir folle tout subitement ; cet heureux
évenement donne lieu à la seconde partie du titre de la Piece et les extravaganI. Vol ces
DECEMBRE. 1732. 2669
tes deMelpomene en fournissent le sujet.
Thalie cede la place à Melpomene qui s'avance; elle fait entendre qu'elle va rejoindre Apollon qui doit déliberer en plein conseil sur les moyens les plus propres à remé
dier aux folles saillies de la Muse tragique.
Melpomene arrive ; l'entousiasme dont
elle est transportée , lui fait tenir des discours injurieux au Sophocle et à l'Euripide de la France ; l'idée dont elle est remplie lui promet des succès infiniment plus
éclatants que tous ceux des Corneilles et
des Racines ; des routes nouvelles s'ouvrent devant ses pas ; elle y va entrer pour
La premiere fois , et tout lui répond de
remplir dignement la brillante carriere
qu'elle se propose de commencer. Le camarade d'Arlequin ne lui faithumblement
La réverence que sous le nom de Comédien François ; pour Arlequin , ne pouvant l'aborder à la faveur de la même
imposture , attendu que son habit et son
masque le décéleroient aux yeux de la superbe Muse, il prend le parti de suivre Thalie , comme Muse de sa connoissance. Melpomene trompée par le nom
de Comédien François , que le camarade
d'Arlequin se donne , lui dit qu'ils n'ont
ses heureux camarades et lui , qu'à préparer leurs cofres-forts , et que la riche
I. Vol. Giiij idée
2670 MERCURE DE FRANCE
idée qu'elle roule dans sa tête sera un Perou pour leur Troupe. Comme cette idée
n'est pas encore assez débrouillée , la Muse se jette sur un lit de gazon pour y rêver et elle s'y endort. Des songes chimeriques se présentent à elle , et achevent de
lui faire digerer le Chef d'oeuvre qu'elle
s'est promis. Elle s'éveille enfin et fait entendre que son ouvrage est consommé.
Le Comédien Italien , soi disant Comédien François , la prie de lui donner sa
Tragédie ; elle ne lui répond que par de
magnifiques promesses réïterées , sans se
donner la peine de lui dire ni quel est le
sujet de sa Piece , ni quelle en est la distribution : il y a des Auteurs , ajoute- t-elle,
qui croyent se couvrir de gloire, en disant
qu'ils ont fait cinq Actes en trois semaines , et moi je ne demande que trois minutes , et si tu en veux voir une épreuve,
je vais te la donner sur le champ : allons ,
poursuit- elle, que les cinq Actes dont j'ai
besoin obéissent à ma voix ; qu'ils paroissent à mes yeux. A peine a- t-elle parlé ;
qu'on voit sortir cinq Actes personifiez et
numerotez du premier au cinquiéme par
une étiquette qui les distingue les uns des autres.
Chacun de ces Actės , à commencer par
le premier , rend compte de la fonction
I.Vol.
qu'il
DECEMBRE. 1732. 2871
qu'il a dans la nouvelle Tragédie qui doit
attirer tout Paris. L'ordre de la marche
théatrale est un peu troublé par une petite.
altercation qui s'éleve entre le second et
le troisiéme , qui se reprochent récipro-.
quement d'être déplacez ; les autres se
suivent conformément au numero qu'on.
leur a assigné.
Le cinquiéme Acte paroit enfin , tout
fier d'être destiné à finir un si bel ouvrage ; voici les derniers vers qu'il récite
avec une parfaite sécurité , en parlant de
son Héros.
Du même fer il se perce lui-même;
At-onjamais fini par un plus beau Morceau ?
Melpomene en est si satisfaite qu'elle en
pleure de joie. Quoi ? Muse, vous pleurez!
dit le cinquiéme Acte personifié ; la Muse remplit le dernier hémistiche , par ces paroles que l'admiration lui arrache , trèsbeau , très-beau , très- beau.
Le ravissement de la Muse tragique et
de ses cinq Actes est troublé par l'arrivée.
de Thalie , qui dit d'un air malicieux
qu'elle apporte le sixième Acte ; Melpomene jette sur elle de fiers regards qui lui
annoncent le cas qu'elle fait de l'addition
qu'elle prétend faire à son chef- d'œuvre
mais Thalie.rabbat son orgueil , en lui ap1. Vol.
Gy pre-
2672 MERCURE DE FRANCE
prenant que le Conseil du Mont sacré
vient de la condamner aux petites Maisons , et ses cinq Actes à l'oubli. Melpomene en est au désespoir , et ses cinq Actes se reprochent les uns aux autres l'affront qu'ils viennent de recevoir ; on auroit souhaitté que l'Auteur eut saisi ce
nouyer incident pour critiquer la Piéce
qui est l'objet de la Parodie , et que chaque Acte fit voir maniere de reproche les défauts qu'on y peut censurer.
Les cinq Actes ayant enfin disparu ,
Melpomene finit par ces Vers , parodiez du Čid.
par
Pleurez , pleurez mes yeux ; fondez en cata ractes ;
Je perds toute ma gloire en perdant mes cinq Actes.
,
Au reste , tous les Amateurs de Piéces
de Théatre ont été surpris , que l'Auteur
d'une idée si neuve , et si susceptible de
traits comiques l'ait si négligemment
remplie ; on diroit qu'il n'a voulu donner qu'une esquisse , pour apprendre aux
faiseurs de Parodies , qu'on peut s'écartér
des sentiers trop battus dans ce genre de
Comédie , qui pourroit être très- utile , si
l'on ne s'y attachoit plutôt à divertir qu'à
instruire et à corriger. Nous n'avons vû
1. Vol. depuis
DECEMBRE. 1732. 2673
depuis plusieurs années que très-peu de
Parodies dignes d'être estimées ; telles
sont , Oedipe travesti , Agnés de Chaillot , et le mauvais Ménage ; la plupart
des autres ne sont qu'une imitation servile des Tragédies qu'elles prétendent tourner en ridicule ; ce genre est sans contredit le plus aisé ; mais il s'en faut bien qu'il
soit le plus estimable , et le plus couru ,
à moins qu'on n'y trouve quelque heureux incident qui attire le Public , soit
par la beauté du Spectacle , soit par quelque chose de bruyant , tel que la fureur
que de Roland , &c.
Fermer
Résumé : Arlequin au Parnasse, ou la Folie de Melpomene, &c. [titre d'après la table]
Le 4 décembre, les Comédiens Italiens ont présenté la première représentation d'une parodie intitulée 'Arlequin au Parnasse, ou la Folie de Melpomene', inspirée de la tragédie 'Zaire'. L'auteur de cette pièce est resté anonyme par respect pour sa modestie. L'intrigue se déroule sur le Mont Parnasse, où Arlequin et un camarade cherchent une nouveauté pour attirer des spectateurs. Arlequin, paresseux, préfère rester au pied du Mont Parnasse et se contente de trouver un titre pour sa pièce. Thalie intervient alors pour annoncer que Melpomene, la muse de la tragédie, est devenue folle, fournissant ainsi le sujet de la parodie. Dans son délire, Melpomene critique les tragédiens français et promet des succès éclatants. Elle s'endort et rêve de son œuvre, qu'elle présente ensuite sous forme de cinq actes personnifiés. Thalie interrompt finalement Melpomene en annonçant que le conseil du Mont Parnasse a condamné Melpomene aux petites maisons et ses actes à l'oubli. La pièce se termine par une parodie de vers du 'Cid'. Les amateurs de théâtre ont été surpris par la négligence de l'auteur, qui n'a pas pleinement exploité le potentiel comique de son idée. La parodie est vue comme une esquisse, encourageant les futurs auteurs à innover dans ce genre. Le texte mentionne quelques parodies estimables comme 'Oedipe travesti', 'Agnès de Chaillot' et 'Le mauvais ménage', mais critique la plupart des autres pour leur imitation servile des tragédies.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17208
p. 1192-1201
Tragédie d'Adelaïde, &c. [titre d'après la table]
Début :
Sur les plaintes qu'on a faites, de n'avoir fait qu'annoncer la Tragedie [...]
Mots clefs :
Duc de Vendôme, Adélaïde du Guesclin, Duc de Nemours, Coucy, Frère, Amour, Gardes, Mort, Prison, Vengeance, Voltaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tragédie d'Adelaïde, &c. [titre d'après la table]
Ur les plaintes qu'on a faites , de n'avoir
fait qu'annoncer la Tragedie
d'Adelaide de M. de Voltaire , après
avoir promis d'en parler plus au long :
nous avons composé l'Extrait qu'on va
lire , avec le plus de soin qu'il nous a été
possible.
Adelaïde du Guesclin , niéce du Conétable
de ce nom , est l'Heroine de ce Poëme.
L'époque de l'action Theatrale , est
le tems des guerres de Charles VII . contre
les Anglois , et la Ville de Lille est
le lieu de la Scene .
.
Adelaide commence la Piece avec le
1. Vol -Sire
JUIN. 1734. 1193
-
Sire de Coucy , Seigneur François . Ce der
nier a aimé Adelaïde avant qu'elle fût
aimée du Duc de Vendôme ; son amitié
pour ce Prince du Sang des Bourbons le
porte non seulement à sacrifier son
amour , mais encore à parler en faveur
de son Rival . Quelques Critiques auroient
souhaité que son amitié ne fut pas allée
plus loin , et jusqu'à lui fire prendre les
armes contre son Maître legitime. Adelaïde
lui fait presser.tir qu'elle ne sçauroit
donner ni son coeur , ni sa main au
Duc de Vendôme , et le prie de détourner
son Ami d'une passion qui le rendroit
malheureux ; Coucy se refuse à ce
bon office , sous prétexte
, sous prétexte qu'il ne veut
pas affliger Vendôme.
Adelaïde allarmée d'un faux bruit qui
court sur la mort du Duc de Nemours ,
Frere du Duc de Vendôme , fait connoî
tre par sa frayeur qu'elle aime Nemours,
elle l'avoue même à Jaise d'Aglure , sa
confidente.
Vendôme vient , il parle d'amour à
Adelaide ; elle lui demande si Coucy ne
lui a point parlé ; le nom de Nemours
lui échappe elle n'en dit pas davantage
, ou plutôt elle pallie ce demi aveu
par une feinte ingenieuse , en lui disant
que le bruit de la mort d'un frere si cher
1.Vol.
Giij ne
194 MERCURE DE FRANCE
ne lui permet pas de parler d'Hymen .
Heureusement pour elle Coucy vient annoncer
à Vendôme que les Troupes du
Dauphin s'avancent à grand pas . Vendôme
est obligé de partir incertain de son
sort.
Adelaïde , ayant appris dans la Scene
précedente , que non- seulement son cher
Nemours n'est pas mort , mais qu'il est
à la tête des Troupes qui s'avancent vers
Lille , flotte entre l'esperance et la crainte .
Vendôme et Coucy ouvrent la Scene
du II . Acre , et font entendre que les
Assiegeans ont été repoussez vigoureusement.
Vendôme rend justice à la valeur
d'un de leurs Chefs qu'il n'a fait prisonnier
qu'après l'avoir blessé ; il dit même
qu'en le combattant il a senti des mouvemens
de pitié qu'il attribuë à l'amour
qu'il sent pour Adelaide , qui ne lui permet
plus cette ferocité qu'il avoit autrefois
dans les combats .
On amene le Prisonnier blessé , c'est
Nemours lui même;Vendôme court l'embrasser
; Nemours se refuse à ses caresses ;
il lui reproche sa rebellion contre son
Prince , et son union avec les Ennemis.
de sa Patrie ; Vendôme ne peut entendre
ces reproches sans colere , et prie son Frere
de les lui épargner ; il l'invite à la fêre
I. Vol.
qui ..
JUIN. 1734.
1195
qui se prépare pour son Hymen avec Ade
laïde. Nemours lui reproche son amour
comme violent et même effrené ; Vendô
me lui répond que la vûë de cet aimable
objet va suffire pour justifier la violence
de sa passion : Il ordonne qu'on fasse venir
Adelaïde.
A la vûë d'Adelaïde , la blessure de
Nemours se rouvre , Vendôme en est allarmé
, il suit ce malheureux Frere qu'on
em porte.
Adelaïde se plaint au Ciel de ce qu'il
ne lui rend son Amant que pour le lui
faire perdre une seconde fois .
Vendôme revient , Adelaïde lui demande
avec empressement des nouvelles de
Nemours ; il lui répond qu'il a arrêté son
sang et Ini reparle d'Amour et d'Hymen.
Adelaïde lui répond fierement
qu'elle ne donnera jamais ni sa main , ni
son coeur à un Prince armé contre son
Roi Vendôme éclate de colere contre
elle. Adelaide le quitte avec une noble
intrépidité , et en l'assurant qu'elle sera
toujours la même. Vendôme ne sçait à
quoi attribuer la resolution d'Adelaïde ,
il en soupçonne quelque secrette inclination;
le silense que Coucy a gardé depuis
qu'il l'a prié de disposer le coeur d'Adelaïde
en sa faveur , lui fait croire qu'il est
I. Vol.
Giljson
1198 MERCURE DE FRANCE
sa parole , il ne peut la suivre sans se deshonorer
; elle lui dit tendrement que la
fortune jalouse lui a toujours envié le nom
de son Epouse ; Nemours lui dir que la
foi qu'il a donnée n'a pas besoin de l'appareil
pompeux qui ne sert qu'à la rendre
plus éclatante sans la rendre plus sûre`s
il atteste les Manes des Rois ses Ayeux ,
et l'ombre du Grand - du Guesclin
dont la cendre repose avec celle de ses
Maîtres ; et c'est sur de si Illustres Garans
qu'il lui jure une foi immortelle.
Adelaide rassurée par de si augustes sermens
, se resout à partir d'un lieu qui
peut lui devenir fatal...
>
Vendôme entre sur le champ , et il
ordonne à ses Gardes de saisir Nemours : *
c'est alors que Nemours croit n'avoir plus
rien à dissimuler ; il brave la colere de
son Frere , le traite d'infidele à son Roi
et à sa Patrie ; Vendôme ordonne à ses
Gardes de le conduire en lien de sûreté
Nemours continuëà le braver , et renouvellant
son serment à Adélaïde , il dit fiement
à leur commun Tyran , qu'il l'en
rend témoin malgré lui. Adelaïde en
pleurs n'oublie rien pour desarmer son fu
bon
que
Vendo
* Les Critiques ne trouvent pas
me ne dise rien aux Spectateurs , de ce qu'il a appris
dans l'entr Acte.
1. Vel. rieux
JUIN. 1734 1199
rieux Amant ; il lui répond que la grace
de Nemours est à l'Autel , et que si elle
balance à l'y suivre , c'est fait de ce trop
heureux Rival.
Un Officier lui vient annoncer qu'on
le trahit , et que c'est le Duc de Nemours
qui est l'Auteur de la trahison
Coucy vient l'inviter à se défendre , il
répond à Coucy qu'il n'est présentement
Occupé que de sa vengeance contre son
Rival , et que dès qu'il l'aura remplie ',
il ira chercher la mort parmi ses ennemis ;
Coucy fremit de cette resolution ; Vendôme
lui dit qu'il n'attend pas ce service
de sa main , et qu'il en trouvera de plus
sûres ; Coucy craignant d'être prévenu
lui promet de lui donner des preuves de
sou zele dont il n'aura plus à douter .
Vendôme le reconnoît pour son veritable
Ami , et lui dit de l'avertir par un
coup de canon de l'execution de sa promesse.
Au V. Acte , Vendôme , tout plein de
sa vengeance dont il n'a pas voulu se reposer
sur un Ami aussi vertueux que
Coucy , demande à un de ses gardes si le
Soldat qu'il a choisi pour tuer Nemours
est prêt à executer ses ordres ; ce Garde
lui répond qu'il n'en doit point douterjet
qu'on a vû ce Soldat s'avancer vers
1. Vol.
G vj la
1200 MERCURE DE FRANCE
la prison ; Vendôme ordonne qu'on se
retire .
C'est ici le premier moment où la nature
lui fait sentir des remords , il flotte assez
long tems entre la haine et l'amitié. Il
se détermine enfin en faveur du sang ; il
appelle ses Gardes, un Officier vient; Vendôme
lui ordonne d'aller faire revoquer
l'ordre sanglant qu'il a donné contre son
Frere ; cet Officier lui fait connoître qu'il
craint qu'ikn'en soit plus tems , et qu'on
vient de transporter un Cadavre de la
Prison par l'ordre de Coucy. Vendôme
ne doute point que Coucy ne l'ait trop
bien servi ; un coup de canon qu'il entend
, ou qu'il croit entendre ne lui permet
plus de douter de l'assassinat ; il se
livre tout entier aux plus vifs remords .
Adelaïde , qui ignore ce qui peut s'être
passé , vient le trouver prête à le suivre à
'Autel , puisque la vie de son Amant
est à ce prix ; Vendôme ne lui répond que
par des gemissemens , et lui dit enfin que
Nemours n'est plus . Adelaide l'accable
de reproches et d'injures ; il veut se donner
la mort ; Coucy arrive et lui retient
le bras ; Vendôme lui reproche d'avoir
exccuté un Arrêt dicté par la jalousie s
Coucy lui répond que le crime n'en auroit
pas été moins commis , puisqu'une
1. Vola autre
JUIN. 1734. 1201
autre main en alloit être chargée. Adelaide
fait des reproches très touchans à
Coucy , dont elle n'auroit jamais soupçonné
qu'un coup si funeste pût partir.
Coucy se justifie enfin envers tous les
il déclare que le corps qu'on a vû
deux ,
sortir de la Prison est celui du Soldat qui
avoit déja le bras levé pour le poignarder
, et qui auroit achevé le crime s'il
n'avoit pas été poignardé lui même . Il ordonne
qu'on fasse venir Nemours ; ce
Prince vient , son Frere le reçoit à bras
ouverts ; il se punit des ordres cruels
qu'il avoit donnés , en se privant d'Adelaïde
, et se reconcilie avec son Frere , en
lui cedant cet objet de son Amour. La
Tragedie finit par une ferme resolution
que Vendôme fait de faire oublier ses égaremens
à force de vertus ; il consent à
rentrer sous l'obéissance de son Maître.
La fin de cette Piece à paru très- touchante.
Les principaux Roles qui sont celui
de Vendôme , d'Adelaïde , de Nemours,
et de Coucy , ont été patfaitement bien
remplis , par le sieur du Frêne , la Dlle
Gossin , le sieur Grandval , et le sieur le
Grand.
fait qu'annoncer la Tragedie
d'Adelaide de M. de Voltaire , après
avoir promis d'en parler plus au long :
nous avons composé l'Extrait qu'on va
lire , avec le plus de soin qu'il nous a été
possible.
Adelaïde du Guesclin , niéce du Conétable
de ce nom , est l'Heroine de ce Poëme.
L'époque de l'action Theatrale , est
le tems des guerres de Charles VII . contre
les Anglois , et la Ville de Lille est
le lieu de la Scene .
.
Adelaide commence la Piece avec le
1. Vol -Sire
JUIN. 1734. 1193
-
Sire de Coucy , Seigneur François . Ce der
nier a aimé Adelaïde avant qu'elle fût
aimée du Duc de Vendôme ; son amitié
pour ce Prince du Sang des Bourbons le
porte non seulement à sacrifier son
amour , mais encore à parler en faveur
de son Rival . Quelques Critiques auroient
souhaité que son amitié ne fut pas allée
plus loin , et jusqu'à lui fire prendre les
armes contre son Maître legitime. Adelaïde
lui fait presser.tir qu'elle ne sçauroit
donner ni son coeur , ni sa main au
Duc de Vendôme , et le prie de détourner
son Ami d'une passion qui le rendroit
malheureux ; Coucy se refuse à ce
bon office , sous prétexte
, sous prétexte qu'il ne veut
pas affliger Vendôme.
Adelaïde allarmée d'un faux bruit qui
court sur la mort du Duc de Nemours ,
Frere du Duc de Vendôme , fait connoî
tre par sa frayeur qu'elle aime Nemours,
elle l'avoue même à Jaise d'Aglure , sa
confidente.
Vendôme vient , il parle d'amour à
Adelaide ; elle lui demande si Coucy ne
lui a point parlé ; le nom de Nemours
lui échappe elle n'en dit pas davantage
, ou plutôt elle pallie ce demi aveu
par une feinte ingenieuse , en lui disant
que le bruit de la mort d'un frere si cher
1.Vol.
Giij ne
194 MERCURE DE FRANCE
ne lui permet pas de parler d'Hymen .
Heureusement pour elle Coucy vient annoncer
à Vendôme que les Troupes du
Dauphin s'avancent à grand pas . Vendôme
est obligé de partir incertain de son
sort.
Adelaïde , ayant appris dans la Scene
précedente , que non- seulement son cher
Nemours n'est pas mort , mais qu'il est
à la tête des Troupes qui s'avancent vers
Lille , flotte entre l'esperance et la crainte .
Vendôme et Coucy ouvrent la Scene
du II . Acre , et font entendre que les
Assiegeans ont été repoussez vigoureusement.
Vendôme rend justice à la valeur
d'un de leurs Chefs qu'il n'a fait prisonnier
qu'après l'avoir blessé ; il dit même
qu'en le combattant il a senti des mouvemens
de pitié qu'il attribuë à l'amour
qu'il sent pour Adelaide , qui ne lui permet
plus cette ferocité qu'il avoit autrefois
dans les combats .
On amene le Prisonnier blessé , c'est
Nemours lui même;Vendôme court l'embrasser
; Nemours se refuse à ses caresses ;
il lui reproche sa rebellion contre son
Prince , et son union avec les Ennemis.
de sa Patrie ; Vendôme ne peut entendre
ces reproches sans colere , et prie son Frere
de les lui épargner ; il l'invite à la fêre
I. Vol.
qui ..
JUIN. 1734.
1195
qui se prépare pour son Hymen avec Ade
laïde. Nemours lui reproche son amour
comme violent et même effrené ; Vendô
me lui répond que la vûë de cet aimable
objet va suffire pour justifier la violence
de sa passion : Il ordonne qu'on fasse venir
Adelaïde.
A la vûë d'Adelaïde , la blessure de
Nemours se rouvre , Vendôme en est allarmé
, il suit ce malheureux Frere qu'on
em porte.
Adelaïde se plaint au Ciel de ce qu'il
ne lui rend son Amant que pour le lui
faire perdre une seconde fois .
Vendôme revient , Adelaïde lui demande
avec empressement des nouvelles de
Nemours ; il lui répond qu'il a arrêté son
sang et Ini reparle d'Amour et d'Hymen.
Adelaïde lui répond fierement
qu'elle ne donnera jamais ni sa main , ni
son coeur à un Prince armé contre son
Roi Vendôme éclate de colere contre
elle. Adelaide le quitte avec une noble
intrépidité , et en l'assurant qu'elle sera
toujours la même. Vendôme ne sçait à
quoi attribuer la resolution d'Adelaïde ,
il en soupçonne quelque secrette inclination;
le silense que Coucy a gardé depuis
qu'il l'a prié de disposer le coeur d'Adelaïde
en sa faveur , lui fait croire qu'il est
I. Vol.
Giljson
1198 MERCURE DE FRANCE
sa parole , il ne peut la suivre sans se deshonorer
; elle lui dit tendrement que la
fortune jalouse lui a toujours envié le nom
de son Epouse ; Nemours lui dir que la
foi qu'il a donnée n'a pas besoin de l'appareil
pompeux qui ne sert qu'à la rendre
plus éclatante sans la rendre plus sûre`s
il atteste les Manes des Rois ses Ayeux ,
et l'ombre du Grand - du Guesclin
dont la cendre repose avec celle de ses
Maîtres ; et c'est sur de si Illustres Garans
qu'il lui jure une foi immortelle.
Adelaide rassurée par de si augustes sermens
, se resout à partir d'un lieu qui
peut lui devenir fatal...
>
Vendôme entre sur le champ , et il
ordonne à ses Gardes de saisir Nemours : *
c'est alors que Nemours croit n'avoir plus
rien à dissimuler ; il brave la colere de
son Frere , le traite d'infidele à son Roi
et à sa Patrie ; Vendôme ordonne à ses
Gardes de le conduire en lien de sûreté
Nemours continuëà le braver , et renouvellant
son serment à Adélaïde , il dit fiement
à leur commun Tyran , qu'il l'en
rend témoin malgré lui. Adelaïde en
pleurs n'oublie rien pour desarmer son fu
bon
que
Vendo
* Les Critiques ne trouvent pas
me ne dise rien aux Spectateurs , de ce qu'il a appris
dans l'entr Acte.
1. Vel. rieux
JUIN. 1734 1199
rieux Amant ; il lui répond que la grace
de Nemours est à l'Autel , et que si elle
balance à l'y suivre , c'est fait de ce trop
heureux Rival.
Un Officier lui vient annoncer qu'on
le trahit , et que c'est le Duc de Nemours
qui est l'Auteur de la trahison
Coucy vient l'inviter à se défendre , il
répond à Coucy qu'il n'est présentement
Occupé que de sa vengeance contre son
Rival , et que dès qu'il l'aura remplie ',
il ira chercher la mort parmi ses ennemis ;
Coucy fremit de cette resolution ; Vendôme
lui dit qu'il n'attend pas ce service
de sa main , et qu'il en trouvera de plus
sûres ; Coucy craignant d'être prévenu
lui promet de lui donner des preuves de
sou zele dont il n'aura plus à douter .
Vendôme le reconnoît pour son veritable
Ami , et lui dit de l'avertir par un
coup de canon de l'execution de sa promesse.
Au V. Acte , Vendôme , tout plein de
sa vengeance dont il n'a pas voulu se reposer
sur un Ami aussi vertueux que
Coucy , demande à un de ses gardes si le
Soldat qu'il a choisi pour tuer Nemours
est prêt à executer ses ordres ; ce Garde
lui répond qu'il n'en doit point douterjet
qu'on a vû ce Soldat s'avancer vers
1. Vol.
G vj la
1200 MERCURE DE FRANCE
la prison ; Vendôme ordonne qu'on se
retire .
C'est ici le premier moment où la nature
lui fait sentir des remords , il flotte assez
long tems entre la haine et l'amitié. Il
se détermine enfin en faveur du sang ; il
appelle ses Gardes, un Officier vient; Vendôme
lui ordonne d'aller faire revoquer
l'ordre sanglant qu'il a donné contre son
Frere ; cet Officier lui fait connoître qu'il
craint qu'ikn'en soit plus tems , et qu'on
vient de transporter un Cadavre de la
Prison par l'ordre de Coucy. Vendôme
ne doute point que Coucy ne l'ait trop
bien servi ; un coup de canon qu'il entend
, ou qu'il croit entendre ne lui permet
plus de douter de l'assassinat ; il se
livre tout entier aux plus vifs remords .
Adelaïde , qui ignore ce qui peut s'être
passé , vient le trouver prête à le suivre à
'Autel , puisque la vie de son Amant
est à ce prix ; Vendôme ne lui répond que
par des gemissemens , et lui dit enfin que
Nemours n'est plus . Adelaide l'accable
de reproches et d'injures ; il veut se donner
la mort ; Coucy arrive et lui retient
le bras ; Vendôme lui reproche d'avoir
exccuté un Arrêt dicté par la jalousie s
Coucy lui répond que le crime n'en auroit
pas été moins commis , puisqu'une
1. Vola autre
JUIN. 1734. 1201
autre main en alloit être chargée. Adelaide
fait des reproches très touchans à
Coucy , dont elle n'auroit jamais soupçonné
qu'un coup si funeste pût partir.
Coucy se justifie enfin envers tous les
il déclare que le corps qu'on a vû
deux ,
sortir de la Prison est celui du Soldat qui
avoit déja le bras levé pour le poignarder
, et qui auroit achevé le crime s'il
n'avoit pas été poignardé lui même . Il ordonne
qu'on fasse venir Nemours ; ce
Prince vient , son Frere le reçoit à bras
ouverts ; il se punit des ordres cruels
qu'il avoit donnés , en se privant d'Adelaïde
, et se reconcilie avec son Frere , en
lui cedant cet objet de son Amour. La
Tragedie finit par une ferme resolution
que Vendôme fait de faire oublier ses égaremens
à force de vertus ; il consent à
rentrer sous l'obéissance de son Maître.
La fin de cette Piece à paru très- touchante.
Les principaux Roles qui sont celui
de Vendôme , d'Adelaïde , de Nemours,
et de Coucy , ont été patfaitement bien
remplis , par le sieur du Frêne , la Dlle
Gossin , le sieur Grandval , et le sieur le
Grand.
Fermer
Résumé : Tragédie d'Adelaïde, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente un résumé de la tragédie 'Adelaïde' de Voltaire. L'action se déroule durant les guerres de Charles VII contre les Anglais, à Lille, et met en scène Adelaïde du Guesclin, nièce du Conétable du Guesclin. La pièce commence avec le sire de Coucy, François, qui aime Adelaïde mais renonce à elle pour le duc de Vendôme, son ami et rival. Adelaïde, alarmée par une fausse rumeur sur la mort du duc de Nemours, frère de Vendôme, avoue son amour pour Nemours à sa confidente. Vendôme, ignorant ces sentiments, déclare son amour à Adelaïde, qui lui demande s'il a parlé à Coucy. Nemours, blessé, est capturé et amené devant Vendôme, qui organise un mariage avec Adelaïde. Nemours, gravement blessé, est soigné, et Adelaïde refuse Vendôme, révélant son amour pour Nemours. Vendôme, jaloux, ordonne l'assassinat de Nemours, mais Coucy empêche l'exécution. Nemours survit, et Vendôme, rongé par les remords, se réconcilie avec son frère en lui cédant Adelaïde. La pièce se termine par la résolution de Vendôme de se racheter par des vertus et de se soumettre à son maître. Les rôles principaux ont été interprétés par le sieur du Frêne, la Dlle Gossin, le sieur Grandval, et le sieur le Grand.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17209
p. 303-304
Abjuration faite entre les mains du Piere Alexis du Buc, par Messire Charles Bohleng, natif de Suede. [titre d'après la table]
Début :
Le Dimanche 15. de ce mois le Pere Alexis du Buc, Superieur [...]
Mots clefs :
Père Alexis, Instruction, Nouveaux convertis, Religion catholique, Avantages, Abjuration
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Abjuration faite entre les mains du Piere Alexis du Buc, par Messire Charles Bohleng, natif de Suede. [titre d'après la table]
Le Dimanche 15. de ce mois
le Pere Alexis du Buc , Superieur
des Theatins , qui continuë
fes Inftructions pour les
nouveaux Convertis , avec le
zele qu'il a toûjours fait paroiftre
dans ce qui regarde
les avantages de la Religion
Catholique , receut en prefence
de plufieurs perfonnes
de qualité l'abjuration de
Meffire Charles Bohleng ,
d'une des illuftres Familles
304 MERCURE
de Suede , Capitaine au Regiment
d'Alface.
le Pere Alexis du Buc , Superieur
des Theatins , qui continuë
fes Inftructions pour les
nouveaux Convertis , avec le
zele qu'il a toûjours fait paroiftre
dans ce qui regarde
les avantages de la Religion
Catholique , receut en prefence
de plufieurs perfonnes
de qualité l'abjuration de
Meffire Charles Bohleng ,
d'une des illuftres Familles
304 MERCURE
de Suede , Capitaine au Regiment
d'Alface.
Fermer
17210
p. 1193-1195
« Les Embellissemens qu'on a faits depuis peu dans la [...] »
Début :
Les Embellissemens qu'on a faits depuis peu dans la [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Salle de l'Opéra, Loges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Embellissemens qu'on a faits depuis peu dans la [...] »
SPECTACLE S.
Es Embellissemens qu'on a faits deLpuis peu dans la Sale de l'Opera , ordonnez par le Directeur de l'Académie
Royale de Musique , aux quarante- cinq
Loges , premieres , secondes et troisiémes , aux quatre Balcons et à l'Avant-.
Scene , qui font la distribution de cette
Sale , consistent sçavoir , au - dessus.
de la premiere Loge à droite , qui est
celle du Roy , on y a peint le Buste
d'Apollon ; à celle de la Reine , qui est
vis-à-vis , celui de Minerve ; ils sont suivis, sur la même ligne , des Panneaux des
secondes Loges , des Bustes des plus celebres Poëtes et des Muses , alternativement , ornez de Bas-reliefs , relatifs aux
Bustes en Médailles , qui forment le milieu superieur de chacune des premieres
Loges , peints en camaïeu ,
enfermez par
1. Vol. Gij des
1194 MERCURE DE FRANCE
des Guirlandes de fleurs de coloris , et
soutenus par des ornemens rehaussez d'or.
On voit sur les bases des premieres
Loges des Cartouches , entremêlez d'ornemens rehaussez d'or , aussi ornez de
Festons de fleurs de coloris , dans lesquels
sont des Trophées , des Attributs d'Apollon , de Minerve , des Muses et des
Poëtes , &c. Ce sont les principales parties qui font la Décoration des premieres
et secondes Loges ; les troisièmes sont
décorées d'ornemens convenables et dans
le même goût des autres ornemens.
Toutes les Loges sont séparées par des
Palmiers sur les montans , qui s'élevent
des Consoles et des Agrafes de Sculpture ;
le.tout rehaussé d'or ou doré en plein.
Les dedans et les Plafonds des Loges
sont feints de Damas et autres riches Etoffes , de même que les Plafonds des Compartimens , au milieu desquels sont des
Rosettes en saillie dorées en plein.
4
Le grand Rideau qui ferme le Théatre
presente à la vie un grand morceau de
coloris , dont les figures sont de la proportion d'environ sept pieds , la Bordure est rehaussée d'or , composée des
parties convenables au sujet. Apollon
y paroît au milieu d'une Gloire , sur
le devant de l'Autel des Sacrifices ; il
Lo Vol Y
JUIN. 1732. 1197
y est accompagné de differents Génies,
des Muses , &c. Le Dieu des Vers semble ordonner au Génie de l'Invention
désigné par le flambeau qu'il porte , d'alTer échauffer l'imagination de ses differens Génies , à qui Melpomene , Thalie ,
Erato et Terpsicore , ont confié leurs at
tributs.
Les Armes du Roy font le couronnement de la Bordure , elles sont accompagnées de branches de deux Palmiers ,
dont les troncs prennent leurs racines des
ornemens de la base de cette Bordure ,
et en montant forment un Plan circu
laire , varié au pourtour du Tableau ; aux
troncs des Palmiers qui sont entourez de
branches et de feuilles de Lauriers , sont
attachez quatre differens Trophées 3 sça -
voir, à droite ceux qui désignent l'Héroïque et le Pastoral , et au côté opposé
ceux du Lyrique et du Satirique. Le Serpent Pithon paroît sortir des ornemens
de cette Base , vaincu et rampant , ce qui
forme le milieu du Tableau.
Le Public a fort applaudi à ces nouveaux embellissemens , dont l'invention
et la prompte execution est dûë au sieur
le Maire , Peintre fort entendu , et qui
a déja réussi bien des fois dans ces sortes
d'Ouvrages.
1. Vol.
Es Embellissemens qu'on a faits deLpuis peu dans la Sale de l'Opera , ordonnez par le Directeur de l'Académie
Royale de Musique , aux quarante- cinq
Loges , premieres , secondes et troisiémes , aux quatre Balcons et à l'Avant-.
Scene , qui font la distribution de cette
Sale , consistent sçavoir , au - dessus.
de la premiere Loge à droite , qui est
celle du Roy , on y a peint le Buste
d'Apollon ; à celle de la Reine , qui est
vis-à-vis , celui de Minerve ; ils sont suivis, sur la même ligne , des Panneaux des
secondes Loges , des Bustes des plus celebres Poëtes et des Muses , alternativement , ornez de Bas-reliefs , relatifs aux
Bustes en Médailles , qui forment le milieu superieur de chacune des premieres
Loges , peints en camaïeu ,
enfermez par
1. Vol. Gij des
1194 MERCURE DE FRANCE
des Guirlandes de fleurs de coloris , et
soutenus par des ornemens rehaussez d'or.
On voit sur les bases des premieres
Loges des Cartouches , entremêlez d'ornemens rehaussez d'or , aussi ornez de
Festons de fleurs de coloris , dans lesquels
sont des Trophées , des Attributs d'Apollon , de Minerve , des Muses et des
Poëtes , &c. Ce sont les principales parties qui font la Décoration des premieres
et secondes Loges ; les troisièmes sont
décorées d'ornemens convenables et dans
le même goût des autres ornemens.
Toutes les Loges sont séparées par des
Palmiers sur les montans , qui s'élevent
des Consoles et des Agrafes de Sculpture ;
le.tout rehaussé d'or ou doré en plein.
Les dedans et les Plafonds des Loges
sont feints de Damas et autres riches Etoffes , de même que les Plafonds des Compartimens , au milieu desquels sont des
Rosettes en saillie dorées en plein.
4
Le grand Rideau qui ferme le Théatre
presente à la vie un grand morceau de
coloris , dont les figures sont de la proportion d'environ sept pieds , la Bordure est rehaussée d'or , composée des
parties convenables au sujet. Apollon
y paroît au milieu d'une Gloire , sur
le devant de l'Autel des Sacrifices ; il
Lo Vol Y
JUIN. 1732. 1197
y est accompagné de differents Génies,
des Muses , &c. Le Dieu des Vers semble ordonner au Génie de l'Invention
désigné par le flambeau qu'il porte , d'alTer échauffer l'imagination de ses differens Génies , à qui Melpomene , Thalie ,
Erato et Terpsicore , ont confié leurs at
tributs.
Les Armes du Roy font le couronnement de la Bordure , elles sont accompagnées de branches de deux Palmiers ,
dont les troncs prennent leurs racines des
ornemens de la base de cette Bordure ,
et en montant forment un Plan circu
laire , varié au pourtour du Tableau ; aux
troncs des Palmiers qui sont entourez de
branches et de feuilles de Lauriers , sont
attachez quatre differens Trophées 3 sça -
voir, à droite ceux qui désignent l'Héroïque et le Pastoral , et au côté opposé
ceux du Lyrique et du Satirique. Le Serpent Pithon paroît sortir des ornemens
de cette Base , vaincu et rampant , ce qui
forme le milieu du Tableau.
Le Public a fort applaudi à ces nouveaux embellissemens , dont l'invention
et la prompte execution est dûë au sieur
le Maire , Peintre fort entendu , et qui
a déja réussi bien des fois dans ces sortes
d'Ouvrages.
1. Vol.
Fermer
Résumé : « Les Embellissemens qu'on a faits depuis peu dans la [...] »
Le Directeur de l'Académie Royale de Musique a ordonné des embellissements récents dans la salle de l'Opéra. Les modifications concernent les loges, les balcons et l'avant-scène. Les loges du Roi et de la Reine sont ornées de bustes d'Apollon et de Minerve. Les secondes loges présentent des bustes de poètes célèbres et de Muses, accompagnés de bas-reliefs et de médailles en camaïeu. Les décorations incluent des guirlandes de fleurs, des ornements dorés et des cartouches avec des trophées et des attributs des divinités et des poètes. Les troisièmes loges sont décorées de manière similaire. Les loges sont séparées par des palmiers sculptés et dorés, et leurs intérieurs imitent des étoffes riches. Le grand rideau du théâtre montre Apollon entouré de génies et de Muses, avec les armes du Roi couronnant la bordure. Des palmiers et des trophées symbolisant différents genres poétiques sont présents, ainsi qu'un serpent Python vaincu. Le public a apprécié ces nouveaux embellissements, attribués au sieur le Maire, un peintre compétent.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17211
p. 147-150
L'ASSEMBLÉE publique de l'Académie des Belles Lettres de Montauban, du 25 Aoust 1744.
Début :
La Société Littéraire de Montauban, érigée en Académie des Belles Lettres par Lettres patentes [...]
Mots clefs :
Académie des belles-lettres de Montauban, Roi, Discours, Prix, Te Deum, Illumination
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'ASSEMBLÉE publique de l'Académie des Belles Lettres de Montauban, du 25 Aoust 1744.
L'ASSEMBLEE publique de l'Académie
des Belles Lettres de Montauban ,
du 25 Aoust 1744 .
La Societé Littéraire de Montauban , érigée en
Académie des Belles Lettres par Lettres patentes
du mois de Juillet 1744 , enrégiftrées au Parlement
de Toulouſe le 21 Août fuivant , tint fon
affemblée publique le 25 d'Août dernier , Fête de
S. Louis. Elle avoit affifté le matin à la Meffe cé
lebrée par Mr l'Evêque , pendant laquelle on exécuta
un Motet à grand Choeur , fuivi de l'Exandiat
pour le Roi , & du Panégyrique de S. Louis prononcé
par M. l'Abbé Pons , neveu du R. P. Pons
de la Compagnie de Jefus , Prédicateur de Sa
Majesté .
La féance de l'après - midi ſe tint dans le Palais
Epifcopal , & commença par la lecture des Lettres
atentes , de la Lifte des Académiciens , du Réglement
donné par le Roi à la nouvelle Académie
, & de l'Arrêt d'Enregistrement .
M. Forestier Directeur de l'Académie parla enfuite
fur l'érection de la Societé Littéraire en Académie
des Belles Lettres , & finit par l'éloge du
Roi.
M. de Bernoy lut une Ode , qui étoit une Priere
pour le Roi.
M. l'Abbé Bellet lut un Difcours où il prouva
qu'il n'eft point de meilleur Citoyen que l'homm de Lettres.
M. Pradal lut une traduction en Vers de l'Ode
d'Horace , folvitur acris hyems , & une Epitre à M.
je Franc.
M. l'Abbé de Verthamont lut la premiere partie
1
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
d'un Difcours fur l'ufage des talens , & prouva que la
Religion fournit abondammant dequoi les exercer.
M. de Lamothe lut un Dialogue en vers de Momus
& des Mufes .
M. Duroy lut une Ode intitulée : “le Philofophe
Chrétien .
M. Duclos lut un difcours preliminaire fur la Tra
duction qu'il a faite de l'Oraifon de Ciceron pro Archia
ceta , de l'Epiſode d'Ariftée tirée du quatrieme
livre des Géorgiques , & de l'Idylle d'Aufonne
intitulée Amor cruci affixus ,
La féance fut terminée par la lecture du Programme.
A la nouvelle du Retabliffement de la fanté
du Roi l'Académie s'eft fait un devoir de faire chanter
le Te Deum en actions de graces , fuivi de l'Exaudiat,
Le Soir elle a fait faire une brillante illu
mination dans la maifon de M. Foreftier , où elle
tient fes affemblées ordinaires.
Programme de l'Académie des Belles Lettres
de Montauban.
M. l'Evêque de Montauban ayant deftiné la fomme
de 250 liv. pour donner un Prix de pareille valeur
à celui qui au jugement de la Société Littéraire
établie dans cette Ville par Permiffion du
Roi , fe trouvera avoir fait le meilleur Difcours fur
un fujet relatif à quelque point de Morale tiré des
Livres faints , fuivant l'ufage de l'Académie Françoife
; la focieté Litteraire érigée en Academie de
Belles Lettres par Lettres Patentes du mois de Juillet
1744 , enregistrées au Parlement de Toulouſe le
21 Août fuivant , avertit le Public qu'elle diftribue
ra ce prix le 25 Août prochain , Fête de S, Louis
Roi de France,
E
FEVRIER. 1745 149
Le Sujet de ce Difcours fera pour l'année 1745.
L'EPREUVE DE L'ADVERSITE' EST POUR
LE SAGE UNE SOURCE DE LUMIERE.
Conformément à ces paroles de l'Ecriture : Qui non
eft tentatus quid feit ? Ecclef. cap. 34. . 9.
Le prix de cette année ayant été reſervé , il y
en aura deux à diftribuer l'année 1745 , ce qui doit
exciter l'émulation des Auteurs .
L'Académie a lieu d'attribuer au peu de tems
que les Auteurs ont eu pour travailler à leur Ouvrage
les négligences où les fautes qui les ont
fait exclure du Prix .
Toutes fortes de perfonnés , de quelque qualité
qu'elles foient , feront reçues à prétendre au Prix ,
hors les Membres de l'Académie qui en doivent
être les Juges.
Les Difcours ne feront tout au plus que de demie
heure de lecture , & finiront toujours par une
courte Priere à JESUS - CHRIST . Ceux qui en
auront compofé , les feront remettre le mois
de Mai prochain entre les mains de M DE BERNOY
, Secretaire perpetuel de l'Académie , en fa
maiſon ruë Montmura , ou en ſon abſence , à M.
l'Abbé BELLET , en fa maiſon ruë Cour de Toulouſe.
On n'en recevra aucun qui n'ait une Approbation
fignée de deux Docteurs en Théologie . Les
Auteurs n'y mettront point leur nom , mais feulement
une marque où paraphe , avec un Paffage
de l'Ecriture - Sainte ou d'un Pére de l'Eglife qu'on
écrira auffi fur le Registre du Secretaire de l'Acadé
mie.
Le Prix ne fera délivré à aucun , qu'il ne fe nomme
,& qu'il ne fe prefente en perfonne ou par Procureur
, pour le recevoir , & pour figner le Difcours.
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
Les Auteurs font priés d'adreffer à M. le Secretaire
trois copies bien liſibles de leur Diſcours , &
d'affranchir les Paquets qui feront envoyés par la
pofte. Sans ces deux conditions , les Quvrages ne
feront point admis au concours.
des Belles Lettres de Montauban ,
du 25 Aoust 1744 .
La Societé Littéraire de Montauban , érigée en
Académie des Belles Lettres par Lettres patentes
du mois de Juillet 1744 , enrégiftrées au Parlement
de Toulouſe le 21 Août fuivant , tint fon
affemblée publique le 25 d'Août dernier , Fête de
S. Louis. Elle avoit affifté le matin à la Meffe cé
lebrée par Mr l'Evêque , pendant laquelle on exécuta
un Motet à grand Choeur , fuivi de l'Exandiat
pour le Roi , & du Panégyrique de S. Louis prononcé
par M. l'Abbé Pons , neveu du R. P. Pons
de la Compagnie de Jefus , Prédicateur de Sa
Majesté .
La féance de l'après - midi ſe tint dans le Palais
Epifcopal , & commença par la lecture des Lettres
atentes , de la Lifte des Académiciens , du Réglement
donné par le Roi à la nouvelle Académie
, & de l'Arrêt d'Enregistrement .
M. Forestier Directeur de l'Académie parla enfuite
fur l'érection de la Societé Littéraire en Académie
des Belles Lettres , & finit par l'éloge du
Roi.
M. de Bernoy lut une Ode , qui étoit une Priere
pour le Roi.
M. l'Abbé Bellet lut un Difcours où il prouva
qu'il n'eft point de meilleur Citoyen que l'homm de Lettres.
M. Pradal lut une traduction en Vers de l'Ode
d'Horace , folvitur acris hyems , & une Epitre à M.
je Franc.
M. l'Abbé de Verthamont lut la premiere partie
1
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
d'un Difcours fur l'ufage des talens , & prouva que la
Religion fournit abondammant dequoi les exercer.
M. de Lamothe lut un Dialogue en vers de Momus
& des Mufes .
M. Duroy lut une Ode intitulée : “le Philofophe
Chrétien .
M. Duclos lut un difcours preliminaire fur la Tra
duction qu'il a faite de l'Oraifon de Ciceron pro Archia
ceta , de l'Epiſode d'Ariftée tirée du quatrieme
livre des Géorgiques , & de l'Idylle d'Aufonne
intitulée Amor cruci affixus ,
La féance fut terminée par la lecture du Programme.
A la nouvelle du Retabliffement de la fanté
du Roi l'Académie s'eft fait un devoir de faire chanter
le Te Deum en actions de graces , fuivi de l'Exaudiat,
Le Soir elle a fait faire une brillante illu
mination dans la maifon de M. Foreftier , où elle
tient fes affemblées ordinaires.
Programme de l'Académie des Belles Lettres
de Montauban.
M. l'Evêque de Montauban ayant deftiné la fomme
de 250 liv. pour donner un Prix de pareille valeur
à celui qui au jugement de la Société Littéraire
établie dans cette Ville par Permiffion du
Roi , fe trouvera avoir fait le meilleur Difcours fur
un fujet relatif à quelque point de Morale tiré des
Livres faints , fuivant l'ufage de l'Académie Françoife
; la focieté Litteraire érigée en Academie de
Belles Lettres par Lettres Patentes du mois de Juillet
1744 , enregistrées au Parlement de Toulouſe le
21 Août fuivant , avertit le Public qu'elle diftribue
ra ce prix le 25 Août prochain , Fête de S, Louis
Roi de France,
E
FEVRIER. 1745 149
Le Sujet de ce Difcours fera pour l'année 1745.
L'EPREUVE DE L'ADVERSITE' EST POUR
LE SAGE UNE SOURCE DE LUMIERE.
Conformément à ces paroles de l'Ecriture : Qui non
eft tentatus quid feit ? Ecclef. cap. 34. . 9.
Le prix de cette année ayant été reſervé , il y
en aura deux à diftribuer l'année 1745 , ce qui doit
exciter l'émulation des Auteurs .
L'Académie a lieu d'attribuer au peu de tems
que les Auteurs ont eu pour travailler à leur Ouvrage
les négligences où les fautes qui les ont
fait exclure du Prix .
Toutes fortes de perfonnés , de quelque qualité
qu'elles foient , feront reçues à prétendre au Prix ,
hors les Membres de l'Académie qui en doivent
être les Juges.
Les Difcours ne feront tout au plus que de demie
heure de lecture , & finiront toujours par une
courte Priere à JESUS - CHRIST . Ceux qui en
auront compofé , les feront remettre le mois
de Mai prochain entre les mains de M DE BERNOY
, Secretaire perpetuel de l'Académie , en fa
maiſon ruë Montmura , ou en ſon abſence , à M.
l'Abbé BELLET , en fa maiſon ruë Cour de Toulouſe.
On n'en recevra aucun qui n'ait une Approbation
fignée de deux Docteurs en Théologie . Les
Auteurs n'y mettront point leur nom , mais feulement
une marque où paraphe , avec un Paffage
de l'Ecriture - Sainte ou d'un Pére de l'Eglife qu'on
écrira auffi fur le Registre du Secretaire de l'Acadé
mie.
Le Prix ne fera délivré à aucun , qu'il ne fe nomme
,& qu'il ne fe prefente en perfonne ou par Procureur
, pour le recevoir , & pour figner le Difcours.
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
Les Auteurs font priés d'adreffer à M. le Secretaire
trois copies bien liſibles de leur Diſcours , &
d'affranchir les Paquets qui feront envoyés par la
pofte. Sans ces deux conditions , les Quvrages ne
feront point admis au concours.
Fermer
17212
p. 128-129
RENTRÉE publique de l'Académie de BESANÇON, du 17 Novemb. 1762.
Début :
M. ATHALIN, Doyen des Professeurs de Médecine en l'Université de Besançon [...]
Mots clefs :
Président, Séance, Académie, Médecine, Parlement, Discours, Récipiendaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RENTRÉE publique de l'Académie de BESANÇON, du 17 Novemb. 1762.
RENTRÉE publique de l'Académie de
BESANÇON , du 17 Novemb. 1762,
M. ATHALIN , Doyen des Profeffeurs
de Médecine en l'Univerfité de
Befançon , & Vice-Préfident de l'Académie
, ouvrit la Séance par des regrets
modeftes d'avoir à fuppléer en
l'abſence de M. de Frafne & à remplacer
fes talens dans une occafion , où
il fe flatoit de n'avoir qu'à les admirer
en filence. Il indiqua enfuite le retour de
la paix comme un double fujet d'allegreffe
& pour les bons Citoyens &
pour les Gens dé Lettres , à qui elle
doit fervir d'époque d'une nouvelle
émulation . Delà il paffa à l'annonce des
ouvrages préparés pour cette Séance ,'
dont la lecture fe fit dans l'ordre fuivant.
M. Binétruy de Grand-Fontaine ,
Secrétaire perpétuel , fit l'éloge hiftorique
de M. de Clevans, Marquis de Bou-"
clans , Confeiller Honoraire du Parlement
de Franche- Comté , & de M.
le Baron de Courbouffon , Préfident à
Mortier du même Parlement. M. Rougnon
, Profeffeur de Médecine en l'Unii
AVRIL. 1763. 129
verfité de Befançon difcuta dans fon
difcours de réception , les influences
du climat & de l'air , furtout par rapport
à la Franche-Comté. M. l'Abbé
Camus , Chanoine de l'illuftre Eglife
Métropolitaine de Befançon , développa
dans fon difcours de reception les
caractéres de la vraie grandeur qui difsingue
celui qui n'ufe de fa fortune &
de fon élevation que pour devenir meilleur.
M. Athalin termina la Séance par
la réponse qu'il fit en qualité de Vice-
Préfident aux Complimens des deux
Récipiendaires.
BESANÇON , du 17 Novemb. 1762,
M. ATHALIN , Doyen des Profeffeurs
de Médecine en l'Univerfité de
Befançon , & Vice-Préfident de l'Académie
, ouvrit la Séance par des regrets
modeftes d'avoir à fuppléer en
l'abſence de M. de Frafne & à remplacer
fes talens dans une occafion , où
il fe flatoit de n'avoir qu'à les admirer
en filence. Il indiqua enfuite le retour de
la paix comme un double fujet d'allegreffe
& pour les bons Citoyens &
pour les Gens dé Lettres , à qui elle
doit fervir d'époque d'une nouvelle
émulation . Delà il paffa à l'annonce des
ouvrages préparés pour cette Séance ,'
dont la lecture fe fit dans l'ordre fuivant.
M. Binétruy de Grand-Fontaine ,
Secrétaire perpétuel , fit l'éloge hiftorique
de M. de Clevans, Marquis de Bou-"
clans , Confeiller Honoraire du Parlement
de Franche- Comté , & de M.
le Baron de Courbouffon , Préfident à
Mortier du même Parlement. M. Rougnon
, Profeffeur de Médecine en l'Unii
AVRIL. 1763. 129
verfité de Befançon difcuta dans fon
difcours de réception , les influences
du climat & de l'air , furtout par rapport
à la Franche-Comté. M. l'Abbé
Camus , Chanoine de l'illuftre Eglife
Métropolitaine de Befançon , développa
dans fon difcours de reception les
caractéres de la vraie grandeur qui difsingue
celui qui n'ufe de fa fortune &
de fon élevation que pour devenir meilleur.
M. Athalin termina la Séance par
la réponse qu'il fit en qualité de Vice-
Préfident aux Complimens des deux
Récipiendaires.
Fermer
Résumé : RENTRÉE publique de l'Académie de BESANÇON, du 17 Novemb. 1762.
Lors de la rentrée publique de l'Académie de Besançon du 17 novembre 1762, M. Athalin, Doyen des Professeurs de Médecine et Vice-Président de l'Académie, ouvrit la séance en regrettant l'absence de M. de Frafne. Il souligna la joie apportée par le retour de la paix, marquant une nouvelle ère d'émulation. La séance se poursuivit avec la présentation des ouvrages préparés. M. Binétruy de Grand-Fontaine, Secrétaire perpétuel, rendit hommage à M. de Clevans, Marquis de Bouclans, et au Baron de Courbouffon, Président à Mortier du Parlement de Franche-Comté. M. Rougnon, Professeur de Médecine, discuta des influences du climat et de l'air en Franche-Comté. L'Abbé Camus, Chanoine de l'Église Métropolitaine de Besançon, développa les caractéristiques de la vraie grandeur, qui se manifeste par l'utilisation de la fortune et de l'élévation pour devenir meilleur. M. Athalin conclut la séance en répondant aux compliments des deux récipiendaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17213
p. 136-148
LETTRE à l'Auteur du MERCURE.
Début :
JE crois, Monsieur, que vous ne serez pas fâché que je vous entretienne d'une [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à l'Auteur du MERCURE.
LETTRE à l'Auteur du MERCURE.
JE crois, Monsieur, que vous ne serez
pas fâché que je vous entretienne d'une
découverte très-intéreſſante & qui va
AVRIL. 1764.
137
donner à la Dioptrique une nouvelle
face. Nous la devons aux travaux d'un
Géomêtre célébre , & aux foins de plu-
fheurs Amateurs. Vous ſcavez , Mon-
fieur , qu'on appelle Dioptrique la-vi-
fion qui fe fait à l'aide des verres ; on
peut dire que , fi l'état où étoit précé-
demment cette ſcience eût étonné les
Anciens qui n'en avoient pas d'idée ,
fes nouveaux progrès ne paroîtroient
pasmoins admirables à Newton lui-mê-
me , au Grand Homme qui décom-
poſa la lumière , & qui avoit connu ,
fans les ſurmonter, les obſtacles qui vien-
nent d'être levés: c'eſt que l'homme qui
parcourt le plus rapidement la carrière ,
trouve un terme où il faut qu'il s'ar-
rête , & d'où part à ſon tour l'homme
de génie qui vient après lui.
Mais , avant tout , il est néceſſaire
que je vous rappelle quelques princi-
pes d'Optique qui ne vous ſont pas in-
connus ; & pour ne pas rendre la ma-
tière trop compliquée,je ne vous par-
lerai que des lunettes Aftronomiques ,
àdeuxverres convexes. Les rayons par-
tis de l'objet après s'être pliés en tra-
verfant le premier verre , qu'on nom-
me l'objectif , ſe réuniſſent dans un
point de l'axe de la lunette, qui eft
1
138 MERCURE DE FRANCE.
appellé foyer du verre , & y forment
un image devant laquelle ſe place l'O
culaire , ou le ſecond verre, qui fai-
fant l'effet d'un miſcroſcope , fert à
aggrandir cetté image ; & la lunette
groffit d'autant plus , que le foyer du
verre objectif est plus long , & que
celui du verre oculaire eſt plus court.
Ainſi une lunette de fix pieds avec un
Oculaire de trois pouces groffit vingta
quatre fois ; avec un Oculaire de dix
huit lignes elle groffiroit quarante-huit
fois. Il ſemble qu'en partantde ce prin-
cipe , on puiſſe multiplier les effets à
l'infini ; en ayant de longs objectifs &
de courts oculaires : mais on a trouvé
de très-grands obſtacles dans la figure
des verres & dans la différente réfran-
gibilité des rayons, Descartes qui porta
dans les Arts la lumière de la Géomé-
trie , avoit démontréque tous les rayons
partis d'un objet , & traverſant un ver
re objectif , fe réuniroient dans un mê
me point de l'axe de la lunette , fil'om
donnoit à l'objectif une figure hyper-
bolique ; mais ici la pratique des Arts
ne peut plus atteindre à la préciſion du
calcul. On n'a vu réuffir aucun des effais
de Descartes ,qui faisoit travailler fous
fes yeux un ouvrier intelligent ; & l'on
AVRIL. 1764.
139
a reconnu avec peine , qu'il étoit mora-
lement impoffible dedonner aux verres
une figure hyperbolique régulière.
On ſe reſtraignit à leur donner la fi-
gure ſphérique ; mais par la propriété
de cette courbure , il n'y a que les
rayons qui tombent près de l'axe , qui
foient réunis dans un même point. Les
autres , ayant un foyer différent,y pei-
gnent d'autres images , & toutes ces
images fortprès les unes des autres , en
formentune ſeule qui eſt d'autant plus
confuſe ,qu'ily en aun plus grandnom-
bre : onfut forcé dedonner peu d'éten
due àla courburede laſurfacedes objec-
tifs , & l'on y perditde la lumière, Car
vous concevez bien , Monfieur , que la
quantité de lumière dépend de la gran-
deur de l'objectif qui lui donne entrée.
Mais on s'apperçut bientôtque ces incon-
véniensétoient les moindres qu'on eût à
craindre:unhomme qui étoit appellé aux
plus brillantes découvertes dans toutes
les Sciences , portant dans la Phyſique ,
le flambeau de fon génie, trouva l'art de
décompofet la lumière , & fit voir que
chacun de ſes rayons étoit composé de
7 rayons primitifs de couleur différen-
te , rouge , orange , jaune , &c. Ces
rayons traverſant un priſme ,s'y rom
1
40 MERCURE DE FRANCE.
pent ſuivant leur différente réfrangibil
bilité , ſe ſéparent, & peignent fur le
papier où onles reçoit,les ſeptcouleurs
dans leur ordre naturel. Cette découver-
te , appliquée à l'optique, rendit raiſon
desanneauxcolorés,appellés iris,qu'on
avoit apperçus autour des images for-
mées par de longues lunettes. Le verre
objectif fait alors la fonction du prifme
qui ſépare les couleurs : on crut que la
nature de la lumière mettant un obſta-
cle invincible àla perfection de cet Art,
& la théorie ayant fait connoître que
les iris étoient plus grandes , en pro-
portion de l'ouverturede l'objectif, on
preſcrivit de nouveau de ladiminuer ;
mais en même temps on diminuoit la
quantité de lumière ſi néceſſaire à la
distinction des objets. On ne retiroit
plus par conféquent des longues lunet-
tes l'avantage qu'on en devoit eſpé-
rer; & l'incommodité de leur longueur
fubfiftoit toute entière. Les choses en
étoient là , & cette barrière reſtoit in-
furmontable.
Lorſque M. Euler , l'un des plus
grands Géométres de l'Europe , eut en
1747 l'idée heureuſe de former des
objectifs de deux matières différem-
ment réfringentes; il eſpéra que leurs
AVRIL. 1764.
141
réfractions différentes pourroient ſe
compofer & détruire les Iris , il for-
ma ſes objectifs de deux lentilles de
verre qui renfermoient de l'eau entre
elles ,& poſant une hypothéſe ſur leurs
qualités réfringentes, il en déduifit des
formules générales & très-élégantes.
M. Dollond , ſcavant Opticien An-
glois , fit uſage de la Théorie de M.
Euler ; mais il ſubſtitua avec raiſon à
ſes lois de réfraction celles de Newton ,
qui paroiffoient préférables étant fon-
dées ſur l'expérience ; les formules don-
perent alors un réſultat fâcheux , car la
réunion des rayons ne ſe pouvoit faire
que lorſque la longueur du foyer étoit
infinie. M. Euler répondoit par des
raiſons métaphyſiques très - probables ;
& M. Dollond s'appuyantde la réputa-
tion de Newton , lui oppofoit conf-
tamment ſes expériences. Cette décou-
verte dont la théorie étoit fi belle , pa-
roiſſoit donc inutile dans la pratique ;
& on croyoit déjà la devoir ranger au
nombre de ces idées ingénieuſes , qui
ſans être utiles à la Société , fonthon-
neur à l'eſprit humain. M. Klingenf-
țierna , Géométre Suédois écrivit en
1755 à M. Dollond ; & par des dé-
monstrations métaphyſiques& géomé-
142 MERCURE DE FRANCE.
triques le força de douter de l'exactitude
des expériences de Newton. M. Dol-
lond les refit& les trouva fauffes. New-
ton avoit réuffi dans des expériences
plus difficiles ; il manqua celles-ci , &
cela prouve que l'homme eft toujours
ſi près de l'erreur , que le génie même
qui l'éléve ne peut l'empêcher d'y tom-
ber quelquefois. M. Dollond reprit cou-
rage; mais il trouva que les objectifs
de verre & d'eau exigeoient des cour-
bures trop conſidérables & qui pro-
duiroient , comme nous l'avons dit plus
haut , une multitude d'images différen-
tes, qui rendent les objets peu diftincts.
Il imagina de ſubſtituer des verres de
différentes denſités ,& qui étant com-
binés pour en former un objectif, fiſſent
le même effet que l'eau unie avec le
verre. Il trouva bientôt que les deux
eſpéces de verres , que les Anglois ap-
pellent ( Crown glass) & Slint. glaff ,
dont le premier reffemble affez à notre
verre commun , avoient les propriétés
qu'il defiroit: il les combina avec des
courbures différentes ; & après beau-
coup d'expériences , il réuffit à faire
d'excellentes lunettes fans aucune iris. Il
nous en eft paffé quelques - unes en
France , & les moins bonnes de cinq
* AVRIL. 1764.
143
pieds groffiffoient bien davantage que
les lunettes ordinaires de la même lon-
gueur , puiſqu'elles faifoient à-peu-près
l'effet d'une lunette de 12à 15 pieds.
M. Dollond n'indiquoit pas la route
qu'il avoit ſuivie ; il eût fallu ſe réfou-
dre à imiter fervilement ſes Télescopes ,
pour en conſtruire de pareils. Vous ſen-
tez , Monfieur , l'incertitude & l'humi-
liation de cette Méthode. M. Clairaut ,
mon Confrère , connu par des ſuccès
brillans dans la Géométrie , & à qui je
rends ici avec plaifir, comme ami , la
juſtice qui lui eſt due , comme Géomè-
tre , entreprit d'établirune Théorie com-
plette des aberrations des rayons de lu-
mière , & rechercha les courbures qu'il
falloit donner aux deux matières réfrin-
gentes pourles détruire ; mais il vit d'a-
bord qu'une telle recherche devoit être
fondée ſur des expériences plus sûres
que cellesdonton s'étoit appuyéjuſqu'i-
ci , afin de connoître mieux la réfrin-
gencedesdifférentes matières. C'eſt par
où il commença. Il eſſaya fur le ( Flint
glass ) & fur notre verre commun ,
qu'il fubftitua au ( Crown glass ) ; &
leur réfiingence étantbien conſtatée , il
en déduifit bientôt les formules géné-
rales qu'il cherchoit. Ilen lutle réſultat
L
44MERCURE DE FRANCE.
à l'Affemblée publique de l'Académie
du 8 Avril 1761. Il prévoyoit dès-lors
que les Lunettes de M. Dollond, quoi-
que très-bonnes , ne produiſoient pas
tout l'effet qu'on en devoit attendre ,
puiſque les aberrations érant détruites ,
il paroiffoit qu'elles devoient ſurpaffer
les Télescopes Newtoniens , qui perdent
beaucoup de lumière par la réflection
desMiroirs.
Vous verrez inceſſamment , Mon-
ſieur , cette conjecture vérifiée par le
ſuccès que je vous annonce. Des Artif-
tes intelligens , conduits par ſa théorie ,
firent quelques eſſais qui répondirent à
ce qu'on en devoit attendre ; enfin M.
Antheaume , connu par ſa Méthode des
Aimants artificiels , qui a remporté le
Prix à l'Académie de Pétersbourg en
1760 , qui depuis long-temps , Amateur
de l'Optique , s'appliquoit à faire d'ex-
cellens Objectifs, ſuivant les pratiques
ordinaires , entreprit d'en travailler un
ſuivant les déterminations de M.Clairaut.
Le plus grandfuccès a comblé nos eſpé-
rances : il a fait un verre de ſept pieds
de foyer , qui fait l'effet d'une bonne lu-
nette de trente-cinq à quarante pieds.
Cette perfection furpaſſe de beaucoup
celle où M. Dollond avoit atteint; & ,
en
AVRIL. 1764.
145
2-
enfaiſantl'éloge de l'adreſſe de M. Az-
theaume , prouve l'excellence de la route
que M. Clairaut lui avoit tracée. J'ai vu
avec cette Lunette le diſque de Jupiter
parfaitement bien terminé ; les bandes
qu'on y obſerve partagées en plufieurs
autres bandes , & les fatellites qui l'ac-
compagnent affez groffis pour qu'on
puiſſe eſpérer d'appercevoir auſſi leur
diſque , fi l'on peut réuffir unjour auffr
dans des verres d'un foyer plus long.
S. E. Mgr le Cardinal de Luines , qui
protégeles Sciences, & dont les lumières
fur l'Optique ſont connues , en a fait
l'épreuve ; MM.de Thury , le Monnier ,
de la Lande , Chappe & moi , tous
Membres de l'Académie des Sciences ,
y avons affifté , & il n'y a eu qu'une
voix fur l'excellence de cette Lunette.
M. Antheaume s'eſt fait un plaifir de la
faire voir aux Amateurs , & particuliè-
rement à M. le Préſident Saron , qui ,
ayant beaucoup de goût & de connoif-
fance , eſt poſſeffeur d'un tres-beau Té-
leſcope * Anglois. Il l'a comparé avec
la Lunette , & il avoue lui-même qu'elle
faitplus d'effet.
Cela ne vous paroîtra pas difficile à
* Ce Miroir a 30 pouces de foyer. Il doit
groſſir environ 120 fois les objets.
I. Vol.
G
146 MERCURE DE FRANCE.
concevoir, Monfieur, en vous rappel-
lantle principe établi plus haut , que les
Lunettes groffiffent d'autant plus que le
foyerde l'Objectifestplus long, & celui
de l'Oculaire plus court; & en y ajou-
tant celui-ci , que la lumière est d'autant
plus vive que l'ouverture de l'Objectifeft
plus grande , & le foyer de l'Oculaire
plus long. Dans les Lunettes ordinaires
les aberrations forçoient de refferrer
l'ouverture des Objectifs ; &, pour con-
ſerverſuffiſammentde la lumière , on ne
pouvoitmettredes Oculaires fortcourts,
Ces nouvelles Lunettes , en détruiſant
toute aberration , permettent de faire
l'ouverture des Objectifs fort grande ,
&fouffrent, ſans perdre trop de lumiè-
re , les Oculaires les plus courts que
l'art puiſſe fournir. Vous jugez , Mon-
fieur, de la ſatisfaction que doit reſſentir
M. Clairaut des progrès d'un Art qui lui
devra la perfection. Quel champ vaſte
ouvert à nos découvertes , ſi l'on peut
porter à la même perfection des Lunet-
tes plus longues, telles que de vingt à
vingt-cinq pieds ! Que de points incer-
tains dans le Syſtême du Monde peuvent
être éclaircis ! Et pour ſe rapprocher de
la vie civile, quelle commodité pour les
Particuliers de pouvoir ſe procurer des
: AVRIL. 1764.
147
Lunettes de trois , quatre , cinq pieds ,
qui, fans être fort difficiles à manier ,
feront plus d'effet que les Télescopes or-
dinaires , qui font rarement bons , &
qu'il eſt difficilede conſerverlong-temps
bons , à cauſe du poli des Miroirs , qui
ne ſubſiſte que par les plus grands ſoins !
C'eſt ici le lieude vous parler , Mon-
ſieur ,d'un Artiſte fort intelligent'; de
M. de Létang * , qui a travaillé , dès les
commencemens , fur les principes &
ſous les yeux de M. Clairaut. Il jointà
beaucoup de lumières les plus grands
ſoins dans la pratique. Ila bien voulu
me faire voirpluſieurs Objectifs de trois
&decinq pieds, qu'il a travaillés, & qui
fontexcellens. Il ſe diſpoſe à en travail-
ler d'un foyer plus long,& je ſuis afſuré
du ſuccès. Les Aſtronômes feront très-
heureux d'avoir recours à lui pour un
Inſtrument qui leur eſt ſi néceſſaire.
M. le Bas , Artiſte connu , qui de-
meure aux Galleries du Louvre , m'a fait
voir auſſi de très-bons Objectifs de trois
*C'eſt à l'adreſſe de M. de l'Etang que M.
Clairaut eſt redevable den'avoir pas été dégoûté
de l'application de ſa théorie àla pratique : il
falloit unhomme qui ſaisît ſes idées aſſez bien,
pour ſe les rendre propres , & pour que l'exécu
tion lui en devînt facile.
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
pieds. Il ſemble que le ſeul obstacle ,
qui s'oppoſe maintenant à nos progrès ,
foitladifficultéde ce travail , qui éxige
beaucoup plus de ſoins & de précifion
qu'auparavant, & la raretédu Flintglaſs
qu'on a peine à ſe procurer ici , & que
l'on trouve ſouvent défectueux. M. Paf-
femant, qui a auſſi travaillé ſur cet ob-
jet, a la compofition d'une matière , la-
quelle étant vitrifiée pourroit être ſubſti-
tuée au Criſtal d'Angleterre. L'attention
des Amateurs doit maintenant s'y por-
ter : nous eſpérons qu'elle procurera
aux Artiſtes toutes les facilités néceſſai-
res , & leur intelligence nous promet
qu'ils ne feront pas arrêtés par la diffi-
culté du travail.
J'ai l'honneur d'être , &c.
BAILLY, de l'Acad. Royale des Sciences.
JE crois, Monsieur, que vous ne serez
pas fâché que je vous entretienne d'une
découverte très-intéreſſante & qui va
AVRIL. 1764.
137
donner à la Dioptrique une nouvelle
face. Nous la devons aux travaux d'un
Géomêtre célébre , & aux foins de plu-
fheurs Amateurs. Vous ſcavez , Mon-
fieur , qu'on appelle Dioptrique la-vi-
fion qui fe fait à l'aide des verres ; on
peut dire que , fi l'état où étoit précé-
demment cette ſcience eût étonné les
Anciens qui n'en avoient pas d'idée ,
fes nouveaux progrès ne paroîtroient
pasmoins admirables à Newton lui-mê-
me , au Grand Homme qui décom-
poſa la lumière , & qui avoit connu ,
fans les ſurmonter, les obſtacles qui vien-
nent d'être levés: c'eſt que l'homme qui
parcourt le plus rapidement la carrière ,
trouve un terme où il faut qu'il s'ar-
rête , & d'où part à ſon tour l'homme
de génie qui vient après lui.
Mais , avant tout , il est néceſſaire
que je vous rappelle quelques princi-
pes d'Optique qui ne vous ſont pas in-
connus ; & pour ne pas rendre la ma-
tière trop compliquée,je ne vous par-
lerai que des lunettes Aftronomiques ,
àdeuxverres convexes. Les rayons par-
tis de l'objet après s'être pliés en tra-
verfant le premier verre , qu'on nom-
me l'objectif , ſe réuniſſent dans un
point de l'axe de la lunette, qui eft
1
138 MERCURE DE FRANCE.
appellé foyer du verre , & y forment
un image devant laquelle ſe place l'O
culaire , ou le ſecond verre, qui fai-
fant l'effet d'un miſcroſcope , fert à
aggrandir cetté image ; & la lunette
groffit d'autant plus , que le foyer du
verre objectif est plus long , & que
celui du verre oculaire eſt plus court.
Ainſi une lunette de fix pieds avec un
Oculaire de trois pouces groffit vingta
quatre fois ; avec un Oculaire de dix
huit lignes elle groffiroit quarante-huit
fois. Il ſemble qu'en partantde ce prin-
cipe , on puiſſe multiplier les effets à
l'infini ; en ayant de longs objectifs &
de courts oculaires : mais on a trouvé
de très-grands obſtacles dans la figure
des verres & dans la différente réfran-
gibilité des rayons, Descartes qui porta
dans les Arts la lumière de la Géomé-
trie , avoit démontréque tous les rayons
partis d'un objet , & traverſant un ver
re objectif , fe réuniroient dans un mê
me point de l'axe de la lunette , fil'om
donnoit à l'objectif une figure hyper-
bolique ; mais ici la pratique des Arts
ne peut plus atteindre à la préciſion du
calcul. On n'a vu réuffir aucun des effais
de Descartes ,qui faisoit travailler fous
fes yeux un ouvrier intelligent ; & l'on
AVRIL. 1764.
139
a reconnu avec peine , qu'il étoit mora-
lement impoffible dedonner aux verres
une figure hyperbolique régulière.
On ſe reſtraignit à leur donner la fi-
gure ſphérique ; mais par la propriété
de cette courbure , il n'y a que les
rayons qui tombent près de l'axe , qui
foient réunis dans un même point. Les
autres , ayant un foyer différent,y pei-
gnent d'autres images , & toutes ces
images fortprès les unes des autres , en
formentune ſeule qui eſt d'autant plus
confuſe ,qu'ily en aun plus grandnom-
bre : onfut forcé dedonner peu d'éten
due àla courburede laſurfacedes objec-
tifs , & l'on y perditde la lumière, Car
vous concevez bien , Monfieur , que la
quantité de lumière dépend de la gran-
deur de l'objectif qui lui donne entrée.
Mais on s'apperçut bientôtque ces incon-
véniensétoient les moindres qu'on eût à
craindre:unhomme qui étoit appellé aux
plus brillantes découvertes dans toutes
les Sciences , portant dans la Phyſique ,
le flambeau de fon génie, trouva l'art de
décompofet la lumière , & fit voir que
chacun de ſes rayons étoit composé de
7 rayons primitifs de couleur différen-
te , rouge , orange , jaune , &c. Ces
rayons traverſant un priſme ,s'y rom
1
40 MERCURE DE FRANCE.
pent ſuivant leur différente réfrangibil
bilité , ſe ſéparent, & peignent fur le
papier où onles reçoit,les ſeptcouleurs
dans leur ordre naturel. Cette découver-
te , appliquée à l'optique, rendit raiſon
desanneauxcolorés,appellés iris,qu'on
avoit apperçus autour des images for-
mées par de longues lunettes. Le verre
objectif fait alors la fonction du prifme
qui ſépare les couleurs : on crut que la
nature de la lumière mettant un obſta-
cle invincible àla perfection de cet Art,
& la théorie ayant fait connoître que
les iris étoient plus grandes , en pro-
portion de l'ouverturede l'objectif, on
preſcrivit de nouveau de ladiminuer ;
mais en même temps on diminuoit la
quantité de lumière ſi néceſſaire à la
distinction des objets. On ne retiroit
plus par conféquent des longues lunet-
tes l'avantage qu'on en devoit eſpé-
rer; & l'incommodité de leur longueur
fubfiftoit toute entière. Les choses en
étoient là , & cette barrière reſtoit in-
furmontable.
Lorſque M. Euler , l'un des plus
grands Géométres de l'Europe , eut en
1747 l'idée heureuſe de former des
objectifs de deux matières différem-
ment réfringentes; il eſpéra que leurs
AVRIL. 1764.
141
réfractions différentes pourroient ſe
compofer & détruire les Iris , il for-
ma ſes objectifs de deux lentilles de
verre qui renfermoient de l'eau entre
elles ,& poſant une hypothéſe ſur leurs
qualités réfringentes, il en déduifit des
formules générales & très-élégantes.
M. Dollond , ſcavant Opticien An-
glois , fit uſage de la Théorie de M.
Euler ; mais il ſubſtitua avec raiſon à
ſes lois de réfraction celles de Newton ,
qui paroiffoient préférables étant fon-
dées ſur l'expérience ; les formules don-
perent alors un réſultat fâcheux , car la
réunion des rayons ne ſe pouvoit faire
que lorſque la longueur du foyer étoit
infinie. M. Euler répondoit par des
raiſons métaphyſiques très - probables ;
& M. Dollond s'appuyantde la réputa-
tion de Newton , lui oppofoit conf-
tamment ſes expériences. Cette décou-
verte dont la théorie étoit fi belle , pa-
roiſſoit donc inutile dans la pratique ;
& on croyoit déjà la devoir ranger au
nombre de ces idées ingénieuſes , qui
ſans être utiles à la Société , fonthon-
neur à l'eſprit humain. M. Klingenf-
țierna , Géométre Suédois écrivit en
1755 à M. Dollond ; & par des dé-
monstrations métaphyſiques& géomé-
142 MERCURE DE FRANCE.
triques le força de douter de l'exactitude
des expériences de Newton. M. Dol-
lond les refit& les trouva fauffes. New-
ton avoit réuffi dans des expériences
plus difficiles ; il manqua celles-ci , &
cela prouve que l'homme eft toujours
ſi près de l'erreur , que le génie même
qui l'éléve ne peut l'empêcher d'y tom-
ber quelquefois. M. Dollond reprit cou-
rage; mais il trouva que les objectifs
de verre & d'eau exigeoient des cour-
bures trop conſidérables & qui pro-
duiroient , comme nous l'avons dit plus
haut , une multitude d'images différen-
tes, qui rendent les objets peu diftincts.
Il imagina de ſubſtituer des verres de
différentes denſités ,& qui étant com-
binés pour en former un objectif, fiſſent
le même effet que l'eau unie avec le
verre. Il trouva bientôt que les deux
eſpéces de verres , que les Anglois ap-
pellent ( Crown glass) & Slint. glaff ,
dont le premier reffemble affez à notre
verre commun , avoient les propriétés
qu'il defiroit: il les combina avec des
courbures différentes ; & après beau-
coup d'expériences , il réuffit à faire
d'excellentes lunettes fans aucune iris. Il
nous en eft paffé quelques - unes en
France , & les moins bonnes de cinq
* AVRIL. 1764.
143
pieds groffiffoient bien davantage que
les lunettes ordinaires de la même lon-
gueur , puiſqu'elles faifoient à-peu-près
l'effet d'une lunette de 12à 15 pieds.
M. Dollond n'indiquoit pas la route
qu'il avoit ſuivie ; il eût fallu ſe réfou-
dre à imiter fervilement ſes Télescopes ,
pour en conſtruire de pareils. Vous ſen-
tez , Monfieur , l'incertitude & l'humi-
liation de cette Méthode. M. Clairaut ,
mon Confrère , connu par des ſuccès
brillans dans la Géométrie , & à qui je
rends ici avec plaifir, comme ami , la
juſtice qui lui eſt due , comme Géomè-
tre , entreprit d'établirune Théorie com-
plette des aberrations des rayons de lu-
mière , & rechercha les courbures qu'il
falloit donner aux deux matières réfrin-
gentes pourles détruire ; mais il vit d'a-
bord qu'une telle recherche devoit être
fondée ſur des expériences plus sûres
que cellesdonton s'étoit appuyéjuſqu'i-
ci , afin de connoître mieux la réfrin-
gencedesdifférentes matières. C'eſt par
où il commença. Il eſſaya fur le ( Flint
glass ) & fur notre verre commun ,
qu'il fubftitua au ( Crown glass ) ; &
leur réfiingence étantbien conſtatée , il
en déduifit bientôt les formules géné-
rales qu'il cherchoit. Ilen lutle réſultat
L
44MERCURE DE FRANCE.
à l'Affemblée publique de l'Académie
du 8 Avril 1761. Il prévoyoit dès-lors
que les Lunettes de M. Dollond, quoi-
que très-bonnes , ne produiſoient pas
tout l'effet qu'on en devoit attendre ,
puiſque les aberrations érant détruites ,
il paroiffoit qu'elles devoient ſurpaffer
les Télescopes Newtoniens , qui perdent
beaucoup de lumière par la réflection
desMiroirs.
Vous verrez inceſſamment , Mon-
ſieur , cette conjecture vérifiée par le
ſuccès que je vous annonce. Des Artif-
tes intelligens , conduits par ſa théorie ,
firent quelques eſſais qui répondirent à
ce qu'on en devoit attendre ; enfin M.
Antheaume , connu par ſa Méthode des
Aimants artificiels , qui a remporté le
Prix à l'Académie de Pétersbourg en
1760 , qui depuis long-temps , Amateur
de l'Optique , s'appliquoit à faire d'ex-
cellens Objectifs, ſuivant les pratiques
ordinaires , entreprit d'en travailler un
ſuivant les déterminations de M.Clairaut.
Le plus grandfuccès a comblé nos eſpé-
rances : il a fait un verre de ſept pieds
de foyer , qui fait l'effet d'une bonne lu-
nette de trente-cinq à quarante pieds.
Cette perfection furpaſſe de beaucoup
celle où M. Dollond avoit atteint; & ,
en
AVRIL. 1764.
145
2-
enfaiſantl'éloge de l'adreſſe de M. Az-
theaume , prouve l'excellence de la route
que M. Clairaut lui avoit tracée. J'ai vu
avec cette Lunette le diſque de Jupiter
parfaitement bien terminé ; les bandes
qu'on y obſerve partagées en plufieurs
autres bandes , & les fatellites qui l'ac-
compagnent affez groffis pour qu'on
puiſſe eſpérer d'appercevoir auſſi leur
diſque , fi l'on peut réuffir unjour auffr
dans des verres d'un foyer plus long.
S. E. Mgr le Cardinal de Luines , qui
protégeles Sciences, & dont les lumières
fur l'Optique ſont connues , en a fait
l'épreuve ; MM.de Thury , le Monnier ,
de la Lande , Chappe & moi , tous
Membres de l'Académie des Sciences ,
y avons affifté , & il n'y a eu qu'une
voix fur l'excellence de cette Lunette.
M. Antheaume s'eſt fait un plaifir de la
faire voir aux Amateurs , & particuliè-
rement à M. le Préſident Saron , qui ,
ayant beaucoup de goût & de connoif-
fance , eſt poſſeffeur d'un tres-beau Té-
leſcope * Anglois. Il l'a comparé avec
la Lunette , & il avoue lui-même qu'elle
faitplus d'effet.
Cela ne vous paroîtra pas difficile à
* Ce Miroir a 30 pouces de foyer. Il doit
groſſir environ 120 fois les objets.
I. Vol.
G
146 MERCURE DE FRANCE.
concevoir, Monfieur, en vous rappel-
lantle principe établi plus haut , que les
Lunettes groffiffent d'autant plus que le
foyerde l'Objectifestplus long, & celui
de l'Oculaire plus court; & en y ajou-
tant celui-ci , que la lumière est d'autant
plus vive que l'ouverture de l'Objectifeft
plus grande , & le foyer de l'Oculaire
plus long. Dans les Lunettes ordinaires
les aberrations forçoient de refferrer
l'ouverture des Objectifs ; &, pour con-
ſerverſuffiſammentde la lumière , on ne
pouvoitmettredes Oculaires fortcourts,
Ces nouvelles Lunettes , en détruiſant
toute aberration , permettent de faire
l'ouverture des Objectifs fort grande ,
&fouffrent, ſans perdre trop de lumiè-
re , les Oculaires les plus courts que
l'art puiſſe fournir. Vous jugez , Mon-
fieur, de la ſatisfaction que doit reſſentir
M. Clairaut des progrès d'un Art qui lui
devra la perfection. Quel champ vaſte
ouvert à nos découvertes , ſi l'on peut
porter à la même perfection des Lunet-
tes plus longues, telles que de vingt à
vingt-cinq pieds ! Que de points incer-
tains dans le Syſtême du Monde peuvent
être éclaircis ! Et pour ſe rapprocher de
la vie civile, quelle commodité pour les
Particuliers de pouvoir ſe procurer des
: AVRIL. 1764.
147
Lunettes de trois , quatre , cinq pieds ,
qui, fans être fort difficiles à manier ,
feront plus d'effet que les Télescopes or-
dinaires , qui font rarement bons , &
qu'il eſt difficilede conſerverlong-temps
bons , à cauſe du poli des Miroirs , qui
ne ſubſiſte que par les plus grands ſoins !
C'eſt ici le lieude vous parler , Mon-
ſieur ,d'un Artiſte fort intelligent'; de
M. de Létang * , qui a travaillé , dès les
commencemens , fur les principes &
ſous les yeux de M. Clairaut. Il jointà
beaucoup de lumières les plus grands
ſoins dans la pratique. Ila bien voulu
me faire voirpluſieurs Objectifs de trois
&decinq pieds, qu'il a travaillés, & qui
fontexcellens. Il ſe diſpoſe à en travail-
ler d'un foyer plus long,& je ſuis afſuré
du ſuccès. Les Aſtronômes feront très-
heureux d'avoir recours à lui pour un
Inſtrument qui leur eſt ſi néceſſaire.
M. le Bas , Artiſte connu , qui de-
meure aux Galleries du Louvre , m'a fait
voir auſſi de très-bons Objectifs de trois
*C'eſt à l'adreſſe de M. de l'Etang que M.
Clairaut eſt redevable den'avoir pas été dégoûté
de l'application de ſa théorie àla pratique : il
falloit unhomme qui ſaisît ſes idées aſſez bien,
pour ſe les rendre propres , & pour que l'exécu
tion lui en devînt facile.
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
pieds. Il ſemble que le ſeul obstacle ,
qui s'oppoſe maintenant à nos progrès ,
foitladifficultéde ce travail , qui éxige
beaucoup plus de ſoins & de précifion
qu'auparavant, & la raretédu Flintglaſs
qu'on a peine à ſe procurer ici , & que
l'on trouve ſouvent défectueux. M. Paf-
femant, qui a auſſi travaillé ſur cet ob-
jet, a la compofition d'une matière , la-
quelle étant vitrifiée pourroit être ſubſti-
tuée au Criſtal d'Angleterre. L'attention
des Amateurs doit maintenant s'y por-
ter : nous eſpérons qu'elle procurera
aux Artiſtes toutes les facilités néceſſai-
res , & leur intelligence nous promet
qu'ils ne feront pas arrêtés par la diffi-
culté du travail.
J'ai l'honneur d'être , &c.
BAILLY, de l'Acad. Royale des Sciences.
Fermer
17214
p. 1157
L'Art d'aimer, Poëme, &c. [titre d'après la table]
Début :
L'ART D'AIMER., Poëme en 3. Chants Par M. d'Alegre, de 26. pages . A Paris, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'Art d'aimer, Poëme, &c. [titre d'après la table]
L'ART D'AIMER., Poëme en 3. Chants
Par M. d'Alegre, de 26. pages . A Paris,
chés Prault , Pere , Quay de Gêvres au
Paradis . 1737.
Les quatre Vers pris de la fin du pre-
mier Chant,donneront une petite idée de
cet Ouvrage.
En voguant sur les Mers de l'amoureux Em→
pire ,
Ce n'est qu'au seul plaisir qu'un tendre cœur
afpire ,
Et ce plaisir tout seul vaut encor cent fois mieux
Que tout ce que le Gange a de plus précieux.
Par M. d'Alegre, de 26. pages . A Paris,
chés Prault , Pere , Quay de Gêvres au
Paradis . 1737.
Les quatre Vers pris de la fin du pre-
mier Chant,donneront une petite idée de
cet Ouvrage.
En voguant sur les Mers de l'amoureux Em→
pire ,
Ce n'est qu'au seul plaisir qu'un tendre cœur
afpire ,
Et ce plaisir tout seul vaut encor cent fois mieux
Que tout ce que le Gange a de plus précieux.
Fermer
17215
p. 85-86
Réjoüissances faites par les Dominiquains de Provence, [titre d'après la table]
Début :
Les Peres Dominiquains du Convent Royal de S. Maximin, en Provence, se [...]
Mots clefs :
Provence, Dominicains, Couvent royal de Saint-Maximin, Messe, Illumination, Pauvres, Inscription, Emblèmes, Te Deum, Feu d'artifice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réjoüissances faites par les Dominiquains de Provence, [titre d'après la table]
Les Peres Dominiquains du Convent
Royal de S. Maximin , en Provence , ſe
ſont diftingués par les témoignages de joye
qu'ils ont fait paroître à la Convalefcence
du Roi ; ils commencerent leur Fête par
une grande Meſſe chantée ſolemnellement ;
l'après-midi , le Prieur de la Maiſon fit diftribuer
une grande quantité de pain &d'argent
à tous les Pauvres qui ſe préſenterent ;
al'entrée de la nuit , il y eut tant au dedans
qu'au dehors de l'Egliſe une illumination
des plus brillantes , qui relevoit la beauté
de ce Temple , l'un des plus auguſtes du
Royaume , & fur la porte duquel on liſoit
cette Inſcription : Audivi orationem tuam
vidi lacrimas tuas O fanavi eum. Au-deſſus
de cette Inſcription on avoit placé les Armes
du Roi avec ces mots : Vive Louis le
1. Vol.
E
86 MERCURE DE FRANCE.
Bien-Aimé ; les traits desArmes & des Let
tres , qui étoient ménagés avec la réflexion
de la lumiere , préſentoient un coup d'oeil
des plus fatisfaiſans ; le corps de logis , qui
donne ſur la Place de devant l'Eglife , &
qui eſt deſtiné à recevoir les Rois & les
Princes , lorſqu'ils paſſent à S. Maximin, fut
pareillement illuminé avec ſymmétrie ; on
voyoit ſur la porte du Convent un Arc de
Triomphe , au-deſſus duquel étoient des
Emblêmes avec cette Inſcription au milieu ,
Oravimus ad Dominum , & exauditi fumus ,
obtulimusfacrificium &fimilaginem , & accendimus
lucernas ,& propofuimus panes. Pen
dant l'illumination on chanta le Te Deum
& l'Exaudiat avec la même ſolemnité & le
même concours de monde qu'à la grande
Meſſe. Après l'Exaudiat , pendant lequel
on fit pluſieurs décharges de boëtes , on tira
un très-beau feu d'artifice , qui repréſentoit
les Armes de l'Ordre de S. Dominique , &
qui étoit orné de pluſieurs Emblêmes.
Royal de S. Maximin , en Provence , ſe
ſont diftingués par les témoignages de joye
qu'ils ont fait paroître à la Convalefcence
du Roi ; ils commencerent leur Fête par
une grande Meſſe chantée ſolemnellement ;
l'après-midi , le Prieur de la Maiſon fit diftribuer
une grande quantité de pain &d'argent
à tous les Pauvres qui ſe préſenterent ;
al'entrée de la nuit , il y eut tant au dedans
qu'au dehors de l'Egliſe une illumination
des plus brillantes , qui relevoit la beauté
de ce Temple , l'un des plus auguſtes du
Royaume , & fur la porte duquel on liſoit
cette Inſcription : Audivi orationem tuam
vidi lacrimas tuas O fanavi eum. Au-deſſus
de cette Inſcription on avoit placé les Armes
du Roi avec ces mots : Vive Louis le
1. Vol.
E
86 MERCURE DE FRANCE.
Bien-Aimé ; les traits desArmes & des Let
tres , qui étoient ménagés avec la réflexion
de la lumiere , préſentoient un coup d'oeil
des plus fatisfaiſans ; le corps de logis , qui
donne ſur la Place de devant l'Eglife , &
qui eſt deſtiné à recevoir les Rois & les
Princes , lorſqu'ils paſſent à S. Maximin, fut
pareillement illuminé avec ſymmétrie ; on
voyoit ſur la porte du Convent un Arc de
Triomphe , au-deſſus duquel étoient des
Emblêmes avec cette Inſcription au milieu ,
Oravimus ad Dominum , & exauditi fumus ,
obtulimusfacrificium &fimilaginem , & accendimus
lucernas ,& propofuimus panes. Pen
dant l'illumination on chanta le Te Deum
& l'Exaudiat avec la même ſolemnité & le
même concours de monde qu'à la grande
Meſſe. Après l'Exaudiat , pendant lequel
on fit pluſieurs décharges de boëtes , on tira
un très-beau feu d'artifice , qui repréſentoit
les Armes de l'Ordre de S. Dominique , &
qui étoit orné de pluſieurs Emblêmes.
Fermer
17216
p. 129-131
PRIX proposés par l'Académie des Sciences, Belles-Lettres, & Arts de BESANÇON, pour l'année 1763.
Début :
L'ACADÉMIE des Sciences, Belles-Lettres, & Arts de Besançon, distribuera le [...]
Mots clefs :
Prix, Académie, Médaille, Arts, Sujet, Valeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX proposés par l'Académie des Sciences, Belles-Lettres, & Arts de BESANÇON, pour l'année 1763.
PRIX propofés par l'Académie des
Sciences , Belles - Lettres , & Arts de
BESANÇON , pour l'année 1763. ,
L'ACADÉMIE 'ACADÉMIE des Sciences , Belles-
Lettres , & Arts de Befançon , diftribuera
le 24 Août 1763 trois Prix différens.
Le premier Prix , fondé par feu M. le
Duc de Tallard , eft deſtiné pour l'Eloquence
; il confifte en une Médaille
d'or de la valeur de trois cens cinquante
ivres. Le Sujet du Difcours fera :
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
•
Combien les moeurs donnent de luftre
aux talens ?
Le Difcours doit être à-peu-près d'u
ne demi- heure de lecture. L'Académie
ayant réfervé le Prix de 1762 , en aura
deux de la même efpéce à diftribuer en
1763.
Le fecond Prix , également fondé par
feu M. le Duc de Tallard , eſt deſtiné
pour l'Erudition ; il confifte en une Médaille
d'or de la valeur de deux cens
cinquante livres . Le Sujet de la Differtation
fera :
Comment fe font établis les Comtes
héréditaires de Bourgogne ; quelle fut
d'abord leur autorité , & de quelle nature
étoit leur Domaine ?
La Differtation doit être à- peu près
de trois quarts d'heure de lecture , fans
y comprendre le chapitre de preuves ,
qui devra être placé à la fin de l'Ouvrage.
Les Auteurs qui auront à produire
des Chartres non encore imprimées ,
font priés de les tranfcrire en entier ,
pour mettre l'Académie à portée de
mieux apprécier les preuves qui en réfulteront.
Le troifiéme Prix , fondé par la V
AVRIL 1763
131
12
de Besançon , eft deftiné pour les Arts ;
il confifte en une Médaille d'or de la
valeur de deux cens livres, Le Sujet du
Mémoire fera :
Quelle eft la nature des maladies épidémiques
qui attaquent le plus fouvent
les bêtes à cornes ; quelles en font les
caufes & les fymptômes , & quels font
les moyens de les prévenir ou de les
guérir?
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms à leurs ouvrages , mais feulement
une devife ou fentence à leur choix
ils la répéteront dans un billet cacheté
dans lequel ils écriront leurs noms &
leurs adreffes . Ils enverront leurs ouvrages
francs de port , au fieur Daclin,
Imprimeur de l'Académie , avant le premier
du mois de Mai prochain.
Les ouvrages de ceux qui fe feront
connoître par eux-mêmes , ou par leurs
amis , feront exclus du concours..
Sciences , Belles - Lettres , & Arts de
BESANÇON , pour l'année 1763. ,
L'ACADÉMIE 'ACADÉMIE des Sciences , Belles-
Lettres , & Arts de Befançon , diftribuera
le 24 Août 1763 trois Prix différens.
Le premier Prix , fondé par feu M. le
Duc de Tallard , eft deſtiné pour l'Eloquence
; il confifte en une Médaille
d'or de la valeur de trois cens cinquante
ivres. Le Sujet du Difcours fera :
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
•
Combien les moeurs donnent de luftre
aux talens ?
Le Difcours doit être à-peu-près d'u
ne demi- heure de lecture. L'Académie
ayant réfervé le Prix de 1762 , en aura
deux de la même efpéce à diftribuer en
1763.
Le fecond Prix , également fondé par
feu M. le Duc de Tallard , eſt deſtiné
pour l'Erudition ; il confifte en une Médaille
d'or de la valeur de deux cens
cinquante livres . Le Sujet de la Differtation
fera :
Comment fe font établis les Comtes
héréditaires de Bourgogne ; quelle fut
d'abord leur autorité , & de quelle nature
étoit leur Domaine ?
La Differtation doit être à- peu près
de trois quarts d'heure de lecture , fans
y comprendre le chapitre de preuves ,
qui devra être placé à la fin de l'Ouvrage.
Les Auteurs qui auront à produire
des Chartres non encore imprimées ,
font priés de les tranfcrire en entier ,
pour mettre l'Académie à portée de
mieux apprécier les preuves qui en réfulteront.
Le troifiéme Prix , fondé par la V
AVRIL 1763
131
12
de Besançon , eft deftiné pour les Arts ;
il confifte en une Médaille d'or de la
valeur de deux cens livres, Le Sujet du
Mémoire fera :
Quelle eft la nature des maladies épidémiques
qui attaquent le plus fouvent
les bêtes à cornes ; quelles en font les
caufes & les fymptômes , & quels font
les moyens de les prévenir ou de les
guérir?
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms à leurs ouvrages , mais feulement
une devife ou fentence à leur choix
ils la répéteront dans un billet cacheté
dans lequel ils écriront leurs noms &
leurs adreffes . Ils enverront leurs ouvrages
francs de port , au fieur Daclin,
Imprimeur de l'Académie , avant le premier
du mois de Mai prochain.
Les ouvrages de ceux qui fe feront
connoître par eux-mêmes , ou par leurs
amis , feront exclus du concours..
Fermer
Résumé : PRIX proposés par l'Académie des Sciences, Belles-Lettres, & Arts de BESANÇON, pour l'année 1763.
L'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Besançon attribuera trois prix le 24 août 1763. Le premier prix, doté d'une médaille d'or valant 350 livres, récompense l'éloquence sur le sujet 'Combien les mœurs donnent de lustre aux talents'. Le discours doit durer environ une demi-heure. Deux prix seront distribués en 1763, car celui de 1762 a été réservé. Le second prix, fondé par le Duc de Tallard et valant 250 livres, est destiné à l'érudition et porte sur les comtes héréditaires de Bourgogne, leur autorité et leur domaine. La dissertation doit durer environ trois quarts d'heure, sans compter le chapitre des preuves. Le troisième prix, doté d'une médaille d'or valant 200 livres, est destiné aux arts et traite des maladies épidémiques des bêtes à cornes, leurs causes, symptômes et moyens de prévention ou de guérison. Les œuvres doivent être soumises anonymement, accompagnées d'une devise ou sentence, avant le 1er mai 1763. Les candidatures révélées par les auteurs ou leurs amis seront exclues.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17217
p. 1158
[Texte sans titre]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : [Texte sans titre]
DISSERTATION sur une fille de Greno-
ble , qui , depuis près de quatre ans , ne
boit ni ne mange. Par M. Charles Fonte-
nettes , Conseiller du Roy , Docteur Re-
gent de la Faculté de Medecine de l'Uni-
versité de Poitiers. A Poitiers
, 1737
Brochure in 4. de 8. pages ; il y en a un
Extrait dans le Journal des Sçavans.
ble , qui , depuis près de quatre ans , ne
boit ni ne mange. Par M. Charles Fonte-
nettes , Conseiller du Roy , Docteur Re-
gent de la Faculté de Medecine de l'Uni-
versité de Poitiers. A Poitiers
, 1737
Brochure in 4. de 8. pages ; il y en a un
Extrait dans le Journal des Sçavans.
Fermer
17218
p. 1158
« LETTRES de M. B....... sur differens sujets de Morale et de Pieté. A [...] »
Début :
LETTRES de M. B....... sur differens sujets de Morale et de Pieté. A [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LETTRES de M. B....... sur differens sujets de Morale et de Pieté. A [...] »
LETTRES de M. B....... sur differens
sujets de Morale et de Pieté. A
Paris , chés Charles Osmont , ruë Saint
Jacques , à l'Olivier , 1737. in 12.
sujets de Morale et de Pieté. A
Paris , chés Charles Osmont , ruë Saint
Jacques , à l'Olivier , 1737. in 12.
Fermer
17219
p. 1158
[Texte sans titre]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : [Texte sans titre]
COMPLIMENS Composés pour la clôtu
re et pour l'ouverture du Theatre Ita-
lien , par le sieur Sticotti , l'un des Co-
mediens du Roy , prononcés par lui mê-
me les 6. et 29. Avril. A Paris , chés la
Veuve Delormel , rue du Foin à Sainte
Genevieve, petite Brochure de 8 pp. 1737.
re et pour l'ouverture du Theatre Ita-
lien , par le sieur Sticotti , l'un des Co-
mediens du Roy , prononcés par lui mê-
me les 6. et 29. Avril. A Paris , chés la
Veuve Delormel , rue du Foin à Sainte
Genevieve, petite Brochure de 8 pp. 1737.
Fermer
17220
p. 1158-1159
Ordonnances des Rois de France, &c. [titre d'après la table]
Début :
ORDONNANCES des Rois de France, de la troisiéme Race, recueillies par Ordre [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ordonnances des Rois de France, &c. [titre d'après la table]
ORDONNANCES des Rois de France, de
la troisiéme Race, recueillies par Ordre
Chronologique , quatrième Volume , con-
tenant les Ordonnances de CHARLES V.
données depuis le commencement de
l'année 1367. jusqu'à la fin de l'année
1373. par M. SECOUSSE , ancien Avocat
L
au Parlement, et Associé à l'Academie
Is Vol
Royale
JUIN.
1737.
1159
Royale des Inscriptions , et Belles- Let
tres. In folio , à Paris de l'Imprimerie Roya
le M. DCC. XXXVII . pp. 724. sans la
Preface et les Tables.
Le merite de cette grande Compilation
et la capacité de l'Editeur sont si connus
du Public , qu'il est inutile d'ajouter ici
quelque chose à ce qui en a été dit lors-
qu'on a rendu compte des precedents
Volumes. Les matieres principales que
celui- ci embrasse et qui font l'objet des
Ordonnances rapportées , sont les Guer-
res privées , les Etats generaux & particu
liers & les Monnoyes. Par tout il y a à
aprendre et à profiter , sur tout par le
grand nombre de Notes , dont le Texte
des Ordonnances se trouve enrichi.
la troisiéme Race, recueillies par Ordre
Chronologique , quatrième Volume , con-
tenant les Ordonnances de CHARLES V.
données depuis le commencement de
l'année 1367. jusqu'à la fin de l'année
1373. par M. SECOUSSE , ancien Avocat
L
au Parlement, et Associé à l'Academie
Is Vol
Royale
JUIN.
1737.
1159
Royale des Inscriptions , et Belles- Let
tres. In folio , à Paris de l'Imprimerie Roya
le M. DCC. XXXVII . pp. 724. sans la
Preface et les Tables.
Le merite de cette grande Compilation
et la capacité de l'Editeur sont si connus
du Public , qu'il est inutile d'ajouter ici
quelque chose à ce qui en a été dit lors-
qu'on a rendu compte des precedents
Volumes. Les matieres principales que
celui- ci embrasse et qui font l'objet des
Ordonnances rapportées , sont les Guer-
res privées , les Etats generaux & particu
liers & les Monnoyes. Par tout il y a à
aprendre et à profiter , sur tout par le
grand nombre de Notes , dont le Texte
des Ordonnances se trouve enrichi.
Fermer
17221
p. 2842-2844
A LA REINE, Pour lui présenter des Ecrans,
Début :
Delices d'un Auguste Epoux, [...]
Mots clefs :
Reine, Hiver, Vivacité , Écrans
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A LA REINE, Pour lui présenter des Ecrans,
A LA REINE ,
Pour lui présenter des Ecrans,
DElices d'un AugusteEpoux ,
Reine , dont la sagesse orne le Diadême ,
O vous , que la vertu ne fit regner sur nous ,
Qu'afin de regner avec vous ,
Et de s'honorer elle-même ;
L'Hyver environné de Neige et de frimats ,
1. Vol. Fat
DECEMBRE. 1731. 2843
Fait tout trembler dans ces climats ;
A présent le foyer cessant d'être inutile ,
Devient un agréable azile >
2
Et malgré sa noirceur a pour nous des appas
S'il se pouvoit que le feu de mon zèle ,
Contre le froid piquant d'une saison cruelle
Vous fût un suffisant secours ;
Vous n'auriez rien à craindre d'elle ;
Un Printemps éternel éclaireroit vos jours."
Mais puisqu'un feu bien plus sensible
Peut seul contre l'Hyver vous mettre en sûreté,
Et que ce même feu peut vous être nuisible
Par son trop de vivacité ;
Daignez , excellente Princesse ,
Souffrir qu'aujourd'ui je m'empresse
De vous offrir de quoi temperer sa chaleur ,
Et repousser son excessive ardeur.
Pour que ces Ecrans pûssent plairé ,
On les a décorez d'ornemens curieux ,
Et leur usage gracieux ,
Sans doute empêchera la flamme témeraire
D'offenser la douceur et l'éclat de vos yeux ,
Et que jamais elle n'altere
Votre visage précieux.
Noble et charmante fleur , vous que la Provis
dence
A transplantée entre nos Lys ,
1. Vol € iiij Que
2844 MERCURE DE FRANCE
Que pour vous l'Aquilon calme sa violence ,
Et que vos rejetons adorez et chéris ,
Puissent faire à jamais l'ornement de la France.
Par M. Moraine.
Pour lui présenter des Ecrans,
DElices d'un AugusteEpoux ,
Reine , dont la sagesse orne le Diadême ,
O vous , que la vertu ne fit regner sur nous ,
Qu'afin de regner avec vous ,
Et de s'honorer elle-même ;
L'Hyver environné de Neige et de frimats ,
1. Vol. Fat
DECEMBRE. 1731. 2843
Fait tout trembler dans ces climats ;
A présent le foyer cessant d'être inutile ,
Devient un agréable azile >
2
Et malgré sa noirceur a pour nous des appas
S'il se pouvoit que le feu de mon zèle ,
Contre le froid piquant d'une saison cruelle
Vous fût un suffisant secours ;
Vous n'auriez rien à craindre d'elle ;
Un Printemps éternel éclaireroit vos jours."
Mais puisqu'un feu bien plus sensible
Peut seul contre l'Hyver vous mettre en sûreté,
Et que ce même feu peut vous être nuisible
Par son trop de vivacité ;
Daignez , excellente Princesse ,
Souffrir qu'aujourd'ui je m'empresse
De vous offrir de quoi temperer sa chaleur ,
Et repousser son excessive ardeur.
Pour que ces Ecrans pûssent plairé ,
On les a décorez d'ornemens curieux ,
Et leur usage gracieux ,
Sans doute empêchera la flamme témeraire
D'offenser la douceur et l'éclat de vos yeux ,
Et que jamais elle n'altere
Votre visage précieux.
Noble et charmante fleur , vous que la Provis
dence
A transplantée entre nos Lys ,
1. Vol € iiij Que
2844 MERCURE DE FRANCE
Que pour vous l'Aquilon calme sa violence ,
Et que vos rejetons adorez et chéris ,
Puissent faire à jamais l'ornement de la France.
Par M. Moraine.
Fermer
Résumé : A LA REINE, Pour lui présenter des Ecrans,
Le texte est une dédicace à une reine, probablement Marie Leszczyńska, épouse de Louis XV. L'auteur admire la sagesse et la vertu de la reine, soulignant que sa vertu inspire le peuple. Le poème compare la protection offerte par des écrans contre le froid à celle que la reine apporte à son peuple. Ces écrans, ornés de manière curieuse, protègent la reine de la flamme ardente, préservant ainsi la douceur et l'éclat de son visage. L'auteur espère que la reine acceptera ces écrans pour tempérer la chaleur excessive du feu. Il souhaite également que la reine, comparée à une noble fleur transplantée entre les lys de France, soit protégée des vents violents et que ses descendants soient chéris et deviennent un ornement pour la France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17222
p. 1196-1210
Le Balet des Sens, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
L'Académie Royale de Musique, donna le 5. de ce [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Ballet des sens, Musique, Théâtre, Entrées, Prologue, Dessein, Camargo, Mademoiselle Sallé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Balet des Sens, Extrait, [titre d'après la table]
L'Académie Royale de Musique , donna le 5. de ce mois la premiere Repré
sentation du Ballet des Sens le Pu- , que
blic vit avec plaisir. Des cinq Entrées qui
composent ce Ballet , on n'en a joué que
trois , on fair esperer que les autres viendront successivement. M. Mouret en a
fait la Musique , dont on a parû très- sa◄
tisfait. Quantà l'Auteur du Poëme , comme il ne juge pas encore à propos de se
nommer , nous ne l'annoncerons que
lorsqu'il voudra bien jouir de sa gloire ;
en attendant , instruisons le Public de ce
qui concerne ce Ballet.
Au Prologue , le Théatre représente
l'Assemblée des Dieux ; ils s'unissent tous
en faveur des Mortels , assujettis aux infirmitez de la vie et à la fatalité de la
mort ; Venus est la Divinité qui paroît
s'interesser le plus dans leur sort ; voici
comme elle parle au Maître des Dieux :
Ton bras soutient contre l'effort des ans.
Les Arbres , les Rochers , de ta vaste puissance ,
Trop insensibles Monumens ;
Des Mers et des Forêts les divers habitans ,
Jouissent de tes dons , mais sans reconnoissance ;
Les Humains t'adressent leurs vœux ;
Ta gloire chaque jour s'accroît par leur hom mage ,
1. Vol. Pour
JUIN. 1732. 1197
Pourquoi ton plus parfait Ouvrage ,
Est-il le moins cher à tes yeux ?
Jupiter lui répond , que tel est l'ordre
du Destin , qui n'a pas voulu leur donner l'immortalité , de peur qu'ils ne bravassent les Dieux par ingratitude , au lieu
de les encenser par reconnoissance .
Mercure se joint à Venus pour obtenir du moins en faveur des Mortels , un
usage agréable des Sens. Jupiter leur répond qu'il craint qu'ils ne rendent ce don
pernicieux par d'injustes caprices ; il ne
laisse pas d'accorder ce qu'on lui demande , et s'explique ainsi :
Volez, charmans plaisirs , volez de toutes parts
Suivez chez les Mortels la Reine de Cythere ;
Brillez , enchantez leurs regards ;
Regnez, et que le Dieu des Arts ,
Vous embellisse et vous éclaire.
leurs Tous les Dieux témoignent par
danses la part qu'ils prennent au bonheur des hommes.
L'ODORAT. Premiere Entrée.
La Scene présente aux yeux les Jardins des Rois de Babilone. Clytie , Reine
de Babylone , commence par se plaindre
de l'inconstance du Soleil , qui après l'aI. Vol.
voir Giiij
1198 MERCURE DE FRANCE
voir quelque temps aimée , a porté ses
vœux à Leucothoé , sa sœur ; Enone , sa
Confidente , vient augmenter la haine
qu'elle a déja pour sa Řivale , en lui
prenant que l'ingrat dont elle se plaint
apva rendre sa nouvelle Maîtresse immortelle. Ce dernier trait porte le désespoir
dans le cœur de Clytie , et la fait parler
ainsi :
Prevenons cet affront ; seconde ma fúrie ;
Que le fer , le poison en délivre mes yeux ;
Il vient : elle se croit au comble de ses vœux ;
Mais ce plaisir sera le dernier de sa vie.
Leucothoć se plaint au Soleil de ce qu'il
la quitte si- tôt :il lui dit qu'il ne remonte
aux Cieuxque pour son propre interêt yet
que le Destin lui a promis de la rendre
immortelle; il ajoûte tendrement et galamment :
Nous unir à jamais , est le bien ou j'aspire ;
Non; dans tout l'Univers j'allume moins de feux
Que dans mon cœur n'en répandent vos yeux :
Pour les voir plus long- temps , ces beaux yeux
que j'adore ,
Je descends plus tard dans les Mers,
J'éveille plus matin l'Aurore ,
J'abbrege les nuits des hyvers.
I. Vol.
Ce
JUIN. 1732. 1199
Ce bel étalage que le Soleil fait de ses
feux , ne rassure pas Leucothoé ; ello lui
fait sentir qu'il a déja aimé sa sœur et
qu'il pourroit bien retourner à ses premieres chaînes ; le Soleil ne veut pas convenir qu'il ait déja été infidele , et par
un aveù tout des plus suspects, il lui div:
Clytie est votre sœuret votre Souveraine ;
Four votre sûreté j'adoucissois sa haine ;
Mais les Dieux vont enfin vous ouvrir leur séjour
Et vous ne craindrez plus une foible Mortelle ;
Je vais marquer au Ciel votre place nouvelle.
Le Soleil remonte aux Cieux , au grand
regret de la tendre Leucothoé. Elle fait
un. Monologue par lequel elle exprime
le desir empressé qu'elle a de revoir l'ob
jet de son amour.
Clytie vient faire avec elle une Scene
de dissimulation ; elle lui fait entendre
qu'elle ne songe plus au Soleil par ces
quatre Vers:
Pour rappeller un infidelle ,
Devons-nous perdre des soupirs ?
C'est nous couvrir d'une honte nouvelle
Et du volage encor redoubler les plaisirs.
Elle ne laisse pas de faire sentir à sa RIvale , qu'elle doit craindre le même sott
I. Kal. GAV qu'elle
1200 MERCURE DE FRANCE
qu'elle a éprouvés Leucothoé en est frappée. Clytie lui dit de l'aller attendre au
Temple , où elles se jureront une amitiééternelle ; et de peur que le Public ne
prenne le change sur sa prétendue sincerité , elle l'instruit de ses vrais sentimens.
par ce Vers :
Rivale que je hais , tu cours à ton supplice.
1
Enone vient lui montrer comme un
dépôt précieux , le Vase empoisonné qui
doit donner la mort à sa sœur ; Clytie
s'applaudit de sa prochaine vengeance
elle apperçoit la clarté renaissante du Soleil ; c'est ce qui la détermine à aller pres
ser l'execution de son barbare projet.
Le Soleil descend des Cieux ; les Heures qui forment sa Cour , forment aussi
la fête de cette premiere Entrée ; le So
leil y appelle les Babyloniens par ces quatre Vers :
Peuples de ces climats , celebrez ma conquête ;.
Dressez-lui les premiers Autels ;
Plaisirs , Amours , à cette Fête ,
Interessez les Dieux et les Mortels.
Pendant que le Soleil ordonne tranquil
lement l'Apothéose de son Amante ; Ĉlytie employe bien mieux des momens si
I. Vol. chers
JUIN. 1732. 1201
chers à sa vengeance ; il semble même
que le Soleil soit de concert avec elle ,
puisqu'il ne s'apperçoit de l'absence de
Leucothoé , que lorsqu'il n'est plus temps
d'empêcher sa mort ; voici quelle est sa
tardive reflexion :
Leucothoé devoit ici m'attendre ;
Qui peut la ravir à mes yeux ?
Cessez vos chants ; je ne puis les entendre ,
OCiel ! en quel état me la rendent les Dieux.
Ce qui donne lieu à ce dernier Vers ,
c'est l'arrivée de Leucothoé empoisonnée et expirante. Le Soleil ne reçoit plus
que ses derniers soupirs , et l'immortalité
que le Destin lui avoit promise pour elle,
se réduit à une métamorphose en l'Arbre
qui porte l'encens.
LE TOUCHER. Seconde Entrée.
Le Théatre représente le Temple de
Proserpine , au milieu duquel est la Statuë de Protesilas , Lardamie est aux pieds
de la Statue. Une Prêtresse de Proserpine
euvre la Scene par ces quatreVers :
Digne fille de Cerès ,
Reçoi les vœux d'un cœur tendre ;
Que l'objet de nos regrets ,
Puisse aujourd'hui les entendre
J. Vola G vj OFF
1202 MERCURE DE FRANCE
On voit bien que ce cœur tendre , c'èst
Laodamie , et que c'est Protesilas qui est
T'objet de ces tristes vœux. Après quelques autres Vers chantez alternativement
par la Prêtresse et par les Chœurs,et animez par des danses , Laodamie s'avance
sur le bord du Théatre , et expose le
sujet par ces. Vers.:
Illustre et cher Epour, non , non , la morg
cruelle ,
Ne sçauroit séparer nos cœurs ;
Tu respires encor dans ce Marbre fidelle ,
Qui trompe et nourrit mes douleurs ;
Je le touche, l'embrasse , et crois que j'y rap
pelle,
La vie , et nos chastes ardeurs.
Illustre et chér Epoux , &c.
Diomede , qui a quitté le Siege de Troye,
pour apporter à Laodamie l'épée et le
Diadême de Protesilas , tristes restes d'un
si cher Epoux , tâche de consoler cette
Reine gémissante; il ne s'en tient pas à
de simples complimens de condoleance,
un plus pressant motif l'a arraché au devoir que sa gloire et ses premiers sermens
lui imposaient; c'est l'amour qu'il avoit
conçu pour Laodamie , avant la mort de
Protesilas ; cette Epouse inconsolable est
si surprise et si irritée de l'aveu qu'il lui
en fair , qu'elle s'écrie :
JUIN. 1732. 1203
Qu'entends-je ? quels discours ! ô Ciel ! le puisje croire
Respectez-vous si peu mon amour et ma gloire
Diomede s'excuse du mieux qu'il peut;
mais voyant qu'il attaque un cœur plus
difficile à emporter que la Ville de Troye;
il renonce à la conquête que son amour
s'étoit proposée , pour retourner à celle
que lui présente sa gloire..
Après de nouveaux regrets ' de Laodamie, dont Proserpine est enfin touchées
cette Reine gagne tout , quand elle croit
tout perdu ; un orage soudain qui fait
tremblerla terre sous ses pas , et qui est
suivi de la foudre , abîme là Statuë de som
cher Epoux; ce nouveau malheur l'acca
ble, et lui fait dire :
ODieux ! ce Monument d'une flamme si belle
Devoit-il de la foudre attirer les éclats ?
J'ai tout perdu ; je languis , je chancelle ;
Le jour fuit ; j'entrevois les routes du trépas !
Elle tombe évanouie. Heureuse pamoi
son ! c'est dans ce même moment que
Proserpine sort des Enfers avec Protesilas , à qui elle dit : ."
Ouvre les yeux à la clarté celeste ;
Triomphe de la Mort, c'est le prix de tes feux-;-
L. Vol Bour
1204 MERCURE DE FRANCE
Pour Admete autrefois j'ai fait revivre Alceste ;
Tendre Epoux, je te rends à l'objet de tes vœux.
La Scene entre Laodamie revenuë de
son évanouissement , et Protesilas ressuscité , a paru très - touchante ; on n'a pas
bien compris comment cette Entrée peut convenir au toucher ; il n'est prequé question de ce Sens que dans ce Vers que nous
avons cité au sujet de la Statuë de Marbre :
Je le touche , l'embrasse , et crois que j'y rappelle
La vie et nos chastes ardeurs , &c.
Mais ce n'est point là , dit- on , ce qui
a ressuscité Protesilas ; c'est la bonté de.
Proserpine ; il est vrai que l'Auteur a prétendu encore nous parler du toucher dans
ces Vers que Laodamie dit à Diomede :
Voilà de mes plaisirs et l'objet et le gage:
Dans ces embrassemens je goute mille appas ;
Vous voyez dans ces traits sa fierté , son courage ;
Sa flamme dans ses yeux ne brille-t'elle pas à
Il semble de mon cœur entendre le langage,
Il semble qu'il me tend les bras.
Tout cela (continuënt les Critiques) nous
parle bien du toucher ; mais ce qu'on nous
en dit ne rend pas la vie au Héros de
I. Vol. Laodamie..
JUIN. 1732. 1205
Laodamie. Apparemment que l'Auteur a
eu ses raisons pour ne pas tirer son allegorie plus au clair ; imitons sa sagesse.
Les Ombres heureuses de la suite de
Proserpine , forment la Fête de cette Entrée, la Musique en a paruë très- touchante , mais plus convenable, dit- on , à une
Tragédie qu'à un Ballet.
LA VUE. Troisiéme Entrée.
Le Théatre représente une vaste Cam- pagne , bornée par des Côteaux fleuris.
Čet Acte a paru un des plus picquants
qu'on ait vûs dans ce genre ; on auroit
souhaité que tous ceux qui forment ce
nouveau Balet fussent sur le même ton..
L'Amour et Zephire exposent le sujet ; la
Dile le Maure représente l'Amour , et la
Die Petitpas fait le Rôle de Zephire. Jamais exposition de Piece n'a été si generalement applaudie ; les deux voix qui la
font sont des plus belles qu'on puisse entendre; la premiere n'eut jamais tant d'éclat , et l'autre a l'avantage de se soutenir à côté de son inimitable concurrente,
et de partager les suffrages avec elle. L'Amour à quitté son bandeau pour la pre
miere fois ; voici comment il expliqueP'impression que les couleurs font sur ses
yeux.
L. Vol. Mes
T206 MERCURE DE FRANCE
Mes yeux qu'un voilé épais a si long- temps cou
verts ,
S'ouvrent enfin à la lumiere ,
Cher Zephire , je crois voir naître l'Univers;
Je crois que le Soleil qui colore les Airs ,
Commence pour moi sa carriere.
Zephire l'exhorte par ces Vers à bien
user de la faveur que les Dieux viennent
de lui accorder , en lui donnant le précieux. usage de la vûë.
Songe à quel prix les Dieux t'accordent ces bienfaits.
Amour , quand ta main témeraire ,
Fait voler au hazard tes flammes et tes traits ,
Ton bandeau sert d'excuse aux mauxque tu peux
faire ;
L'excuse cesse desormais ;
C'est pour le bien des coeurs que le Destin t'éi
claire.
Dans la suite de cette Scene qui se sou
tient du commencement à la fin , l'Amour fait entendre qu'il aime Iris , voici
comment il s'exprime :
·
C'est entre la Terre et les Cieux ,
Que brille l'objet qui m'enchante :
Son Trône est un Arc radieux ,
Et toutes les couleurs qui séduisent les yeux,
L. Kol. Forment
JUIN 17320 1207
Forment sa parure éclatante ; ´´
C'est sur son front serein qu'on voit regner les
jeux ;
Sa presence toujours chérie et bienfaisante ,
Dissipe en un moment les orages affreux ;
C'est Iris , de Junon l'aimable Confidente.
A cet aveu Zephire cesse de craindre
d'avoir un Rival tel que l'Amour ; lés
ailes que le Destin leur a données à tous
deux , et d'autres traits de ressemblance lui faisoient appréhender que Flore ne le prit pour lui ; l'Auteur a imaginé
cette ressemblance , pour faire une Scenetrès-jolie entre l'Amour et Iris. Zephirequitte l'Amour pour aller prévenir Flore
sur cette ressemblance dont elle pourroit
être abusée.
L'Amour fait un beau Monologue.
sur les sentimens de son cœur , en voici
les quatre premiers Vers :
Enchantez mes regards , objets délicieux ,
Vous me dédommagez du séjour du Tonnerre ;-
Brillez , naissantes fleurs , vous êtes à la Terre ;.
Ce que
lés Astres sont aux Cieux.
Cette Scene est interrompue par un
orage qu'Iris vient dissiper ; elle paroît
sur l'Arc- en-Ciel , ce Trône radieux n'a
1. Vol jamais
1208 MERCURE DE FRANCE
jamais paru avec plus d'éclat. Voici le
premier compliment que lui fait l'Amour"
qu'elle prend pour l'inconstant Zephire.
Triomphez, belle Iris , tout ressent vos attraits ,
Et vos regards sont des beaux faits :
Vos couleurs font pâlir l'Aurore ;
Le Soleil éblouit , votre éclat est plus doux,;
Air , la Terre et les Cieux, tout s'embellit par vous.
La Versification du reste de cette Scene répond à ce gracieux début. Iris prenant l'Amour pour Zephire , le renvoye
à Flore , l'Amour est prêt à la détromper , mais il en est empêché par la brusque irruption d'Aquilon , son impetueux
Amant.Onauroit souhaité pour rendre cet
Acte plus parfait que la Scène de déclaration n'eut pas été interrompuë ; la reconnoissance qui ne vient que dans une autre Scene , auroit été plus vive et il n'étoit pas difficile de la filer avec art.
Zephire suivi de la Cour de Flore vient
faire le divertissement de cette troisiéme
Entrée : cette Fête est des plus riantes.
Nous ne parlerons point icy de la quatriéme ni de la cinquième Entrée, qui caracterisent les sens de l'Onie et du Goût ;
I. Vol nous
JUIN. 17320 1209
les
nous en rendrons compte quand elles auront été mises au Théatre , et nous ferons
part à nos Lecteurs des Observations du
Public , dont nous ne sommes que
Echos , quand il aura prononcé sur les
beautez et les deffauts qui peuvent se
trouver dans cet ouvrage.
Au Prologue, la DileErremans,le S*Chassé et le Sr Dumast remplissent les Rôles.
de Venus , de Jupiter et de Mercure.
Dans la premiere Entrée de l'Odorat, les
trois principaux Rôles de Lencothoé , de
Clitie et du Soleil , sont tres bien remplis.
par les Diles Lemaure et Antier , et par
le S Tribon.
Les Rôles de Laodamie , de Proserpine ,
de Protesilas et de Diomede sont parfaite
ment joüez par les Dules Pelissier et Julie ,
et par les S Chassé et Tribon:
Les Rôles d'Iris et d'Aquilon , à la 3 *
Entrée, sont remplis par la DeErremans,
et par le St Dun. Nous avons déja nommé les Diles Lemaure et Petitpas , en parlant de l'Amour et de Zéphire. Le triomphe de cette premiere est complet ;
il semble que le public n'ait des yeux et
des oreilles que pour elle.
Le dessein du Ballet , composé par le
S¹ Blondi , a été trouvé fort ingénieux et
I. Vol.
très-
1210 MERCURE DE FRANCE
tres-bien caracterisé , il est exécuté dans
la plus grande perfection , par les meilleurs sujets de l'Académie. La Dile Ferret
danse dans le Prologue; les S Dupré
Laval et la DeSalé , dans la premiere Entrée ; les Srs Dumoulin et Maltaires dans
la seconde , et les Srs Laval , Dumoulin et
Ja Dile Camargo dans la troisiéme.
sentation du Ballet des Sens le Pu- , que
blic vit avec plaisir. Des cinq Entrées qui
composent ce Ballet , on n'en a joué que
trois , on fair esperer que les autres viendront successivement. M. Mouret en a
fait la Musique , dont on a parû très- sa◄
tisfait. Quantà l'Auteur du Poëme , comme il ne juge pas encore à propos de se
nommer , nous ne l'annoncerons que
lorsqu'il voudra bien jouir de sa gloire ;
en attendant , instruisons le Public de ce
qui concerne ce Ballet.
Au Prologue , le Théatre représente
l'Assemblée des Dieux ; ils s'unissent tous
en faveur des Mortels , assujettis aux infirmitez de la vie et à la fatalité de la
mort ; Venus est la Divinité qui paroît
s'interesser le plus dans leur sort ; voici
comme elle parle au Maître des Dieux :
Ton bras soutient contre l'effort des ans.
Les Arbres , les Rochers , de ta vaste puissance ,
Trop insensibles Monumens ;
Des Mers et des Forêts les divers habitans ,
Jouissent de tes dons , mais sans reconnoissance ;
Les Humains t'adressent leurs vœux ;
Ta gloire chaque jour s'accroît par leur hom mage ,
1. Vol. Pour
JUIN. 1732. 1197
Pourquoi ton plus parfait Ouvrage ,
Est-il le moins cher à tes yeux ?
Jupiter lui répond , que tel est l'ordre
du Destin , qui n'a pas voulu leur donner l'immortalité , de peur qu'ils ne bravassent les Dieux par ingratitude , au lieu
de les encenser par reconnoissance .
Mercure se joint à Venus pour obtenir du moins en faveur des Mortels , un
usage agréable des Sens. Jupiter leur répond qu'il craint qu'ils ne rendent ce don
pernicieux par d'injustes caprices ; il ne
laisse pas d'accorder ce qu'on lui demande , et s'explique ainsi :
Volez, charmans plaisirs , volez de toutes parts
Suivez chez les Mortels la Reine de Cythere ;
Brillez , enchantez leurs regards ;
Regnez, et que le Dieu des Arts ,
Vous embellisse et vous éclaire.
leurs Tous les Dieux témoignent par
danses la part qu'ils prennent au bonheur des hommes.
L'ODORAT. Premiere Entrée.
La Scene présente aux yeux les Jardins des Rois de Babilone. Clytie , Reine
de Babylone , commence par se plaindre
de l'inconstance du Soleil , qui après l'aI. Vol.
voir Giiij
1198 MERCURE DE FRANCE
voir quelque temps aimée , a porté ses
vœux à Leucothoé , sa sœur ; Enone , sa
Confidente , vient augmenter la haine
qu'elle a déja pour sa Řivale , en lui
prenant que l'ingrat dont elle se plaint
apva rendre sa nouvelle Maîtresse immortelle. Ce dernier trait porte le désespoir
dans le cœur de Clytie , et la fait parler
ainsi :
Prevenons cet affront ; seconde ma fúrie ;
Que le fer , le poison en délivre mes yeux ;
Il vient : elle se croit au comble de ses vœux ;
Mais ce plaisir sera le dernier de sa vie.
Leucothoć se plaint au Soleil de ce qu'il
la quitte si- tôt :il lui dit qu'il ne remonte
aux Cieuxque pour son propre interêt yet
que le Destin lui a promis de la rendre
immortelle; il ajoûte tendrement et galamment :
Nous unir à jamais , est le bien ou j'aspire ;
Non; dans tout l'Univers j'allume moins de feux
Que dans mon cœur n'en répandent vos yeux :
Pour les voir plus long- temps , ces beaux yeux
que j'adore ,
Je descends plus tard dans les Mers,
J'éveille plus matin l'Aurore ,
J'abbrege les nuits des hyvers.
I. Vol.
Ce
JUIN. 1732. 1199
Ce bel étalage que le Soleil fait de ses
feux , ne rassure pas Leucothoé ; ello lui
fait sentir qu'il a déja aimé sa sœur et
qu'il pourroit bien retourner à ses premieres chaînes ; le Soleil ne veut pas convenir qu'il ait déja été infidele , et par
un aveù tout des plus suspects, il lui div:
Clytie est votre sœuret votre Souveraine ;
Four votre sûreté j'adoucissois sa haine ;
Mais les Dieux vont enfin vous ouvrir leur séjour
Et vous ne craindrez plus une foible Mortelle ;
Je vais marquer au Ciel votre place nouvelle.
Le Soleil remonte aux Cieux , au grand
regret de la tendre Leucothoé. Elle fait
un. Monologue par lequel elle exprime
le desir empressé qu'elle a de revoir l'ob
jet de son amour.
Clytie vient faire avec elle une Scene
de dissimulation ; elle lui fait entendre
qu'elle ne songe plus au Soleil par ces
quatre Vers:
Pour rappeller un infidelle ,
Devons-nous perdre des soupirs ?
C'est nous couvrir d'une honte nouvelle
Et du volage encor redoubler les plaisirs.
Elle ne laisse pas de faire sentir à sa RIvale , qu'elle doit craindre le même sott
I. Kal. GAV qu'elle
1200 MERCURE DE FRANCE
qu'elle a éprouvés Leucothoé en est frappée. Clytie lui dit de l'aller attendre au
Temple , où elles se jureront une amitiééternelle ; et de peur que le Public ne
prenne le change sur sa prétendue sincerité , elle l'instruit de ses vrais sentimens.
par ce Vers :
Rivale que je hais , tu cours à ton supplice.
1
Enone vient lui montrer comme un
dépôt précieux , le Vase empoisonné qui
doit donner la mort à sa sœur ; Clytie
s'applaudit de sa prochaine vengeance
elle apperçoit la clarté renaissante du Soleil ; c'est ce qui la détermine à aller pres
ser l'execution de son barbare projet.
Le Soleil descend des Cieux ; les Heures qui forment sa Cour , forment aussi
la fête de cette premiere Entrée ; le So
leil y appelle les Babyloniens par ces quatre Vers :
Peuples de ces climats , celebrez ma conquête ;.
Dressez-lui les premiers Autels ;
Plaisirs , Amours , à cette Fête ,
Interessez les Dieux et les Mortels.
Pendant que le Soleil ordonne tranquil
lement l'Apothéose de son Amante ; Ĉlytie employe bien mieux des momens si
I. Vol. chers
JUIN. 1732. 1201
chers à sa vengeance ; il semble même
que le Soleil soit de concert avec elle ,
puisqu'il ne s'apperçoit de l'absence de
Leucothoé , que lorsqu'il n'est plus temps
d'empêcher sa mort ; voici quelle est sa
tardive reflexion :
Leucothoé devoit ici m'attendre ;
Qui peut la ravir à mes yeux ?
Cessez vos chants ; je ne puis les entendre ,
OCiel ! en quel état me la rendent les Dieux.
Ce qui donne lieu à ce dernier Vers ,
c'est l'arrivée de Leucothoé empoisonnée et expirante. Le Soleil ne reçoit plus
que ses derniers soupirs , et l'immortalité
que le Destin lui avoit promise pour elle,
se réduit à une métamorphose en l'Arbre
qui porte l'encens.
LE TOUCHER. Seconde Entrée.
Le Théatre représente le Temple de
Proserpine , au milieu duquel est la Statuë de Protesilas , Lardamie est aux pieds
de la Statue. Une Prêtresse de Proserpine
euvre la Scene par ces quatreVers :
Digne fille de Cerès ,
Reçoi les vœux d'un cœur tendre ;
Que l'objet de nos regrets ,
Puisse aujourd'hui les entendre
J. Vola G vj OFF
1202 MERCURE DE FRANCE
On voit bien que ce cœur tendre , c'èst
Laodamie , et que c'est Protesilas qui est
T'objet de ces tristes vœux. Après quelques autres Vers chantez alternativement
par la Prêtresse et par les Chœurs,et animez par des danses , Laodamie s'avance
sur le bord du Théatre , et expose le
sujet par ces. Vers.:
Illustre et cher Epour, non , non , la morg
cruelle ,
Ne sçauroit séparer nos cœurs ;
Tu respires encor dans ce Marbre fidelle ,
Qui trompe et nourrit mes douleurs ;
Je le touche, l'embrasse , et crois que j'y rap
pelle,
La vie , et nos chastes ardeurs.
Illustre et chér Epoux , &c.
Diomede , qui a quitté le Siege de Troye,
pour apporter à Laodamie l'épée et le
Diadême de Protesilas , tristes restes d'un
si cher Epoux , tâche de consoler cette
Reine gémissante; il ne s'en tient pas à
de simples complimens de condoleance,
un plus pressant motif l'a arraché au devoir que sa gloire et ses premiers sermens
lui imposaient; c'est l'amour qu'il avoit
conçu pour Laodamie , avant la mort de
Protesilas ; cette Epouse inconsolable est
si surprise et si irritée de l'aveu qu'il lui
en fair , qu'elle s'écrie :
JUIN. 1732. 1203
Qu'entends-je ? quels discours ! ô Ciel ! le puisje croire
Respectez-vous si peu mon amour et ma gloire
Diomede s'excuse du mieux qu'il peut;
mais voyant qu'il attaque un cœur plus
difficile à emporter que la Ville de Troye;
il renonce à la conquête que son amour
s'étoit proposée , pour retourner à celle
que lui présente sa gloire..
Après de nouveaux regrets ' de Laodamie, dont Proserpine est enfin touchées
cette Reine gagne tout , quand elle croit
tout perdu ; un orage soudain qui fait
tremblerla terre sous ses pas , et qui est
suivi de la foudre , abîme là Statuë de som
cher Epoux; ce nouveau malheur l'acca
ble, et lui fait dire :
ODieux ! ce Monument d'une flamme si belle
Devoit-il de la foudre attirer les éclats ?
J'ai tout perdu ; je languis , je chancelle ;
Le jour fuit ; j'entrevois les routes du trépas !
Elle tombe évanouie. Heureuse pamoi
son ! c'est dans ce même moment que
Proserpine sort des Enfers avec Protesilas , à qui elle dit : ."
Ouvre les yeux à la clarté celeste ;
Triomphe de la Mort, c'est le prix de tes feux-;-
L. Vol Bour
1204 MERCURE DE FRANCE
Pour Admete autrefois j'ai fait revivre Alceste ;
Tendre Epoux, je te rends à l'objet de tes vœux.
La Scene entre Laodamie revenuë de
son évanouissement , et Protesilas ressuscité , a paru très - touchante ; on n'a pas
bien compris comment cette Entrée peut convenir au toucher ; il n'est prequé question de ce Sens que dans ce Vers que nous
avons cité au sujet de la Statuë de Marbre :
Je le touche , l'embrasse , et crois que j'y rappelle
La vie et nos chastes ardeurs , &c.
Mais ce n'est point là , dit- on , ce qui
a ressuscité Protesilas ; c'est la bonté de.
Proserpine ; il est vrai que l'Auteur a prétendu encore nous parler du toucher dans
ces Vers que Laodamie dit à Diomede :
Voilà de mes plaisirs et l'objet et le gage:
Dans ces embrassemens je goute mille appas ;
Vous voyez dans ces traits sa fierté , son courage ;
Sa flamme dans ses yeux ne brille-t'elle pas à
Il semble de mon cœur entendre le langage,
Il semble qu'il me tend les bras.
Tout cela (continuënt les Critiques) nous
parle bien du toucher ; mais ce qu'on nous
en dit ne rend pas la vie au Héros de
I. Vol. Laodamie..
JUIN. 1732. 1205
Laodamie. Apparemment que l'Auteur a
eu ses raisons pour ne pas tirer son allegorie plus au clair ; imitons sa sagesse.
Les Ombres heureuses de la suite de
Proserpine , forment la Fête de cette Entrée, la Musique en a paruë très- touchante , mais plus convenable, dit- on , à une
Tragédie qu'à un Ballet.
LA VUE. Troisiéme Entrée.
Le Théatre représente une vaste Cam- pagne , bornée par des Côteaux fleuris.
Čet Acte a paru un des plus picquants
qu'on ait vûs dans ce genre ; on auroit
souhaité que tous ceux qui forment ce
nouveau Balet fussent sur le même ton..
L'Amour et Zephire exposent le sujet ; la
Dile le Maure représente l'Amour , et la
Die Petitpas fait le Rôle de Zephire. Jamais exposition de Piece n'a été si generalement applaudie ; les deux voix qui la
font sont des plus belles qu'on puisse entendre; la premiere n'eut jamais tant d'éclat , et l'autre a l'avantage de se soutenir à côté de son inimitable concurrente,
et de partager les suffrages avec elle. L'Amour à quitté son bandeau pour la pre
miere fois ; voici comment il expliqueP'impression que les couleurs font sur ses
yeux.
L. Vol. Mes
T206 MERCURE DE FRANCE
Mes yeux qu'un voilé épais a si long- temps cou
verts ,
S'ouvrent enfin à la lumiere ,
Cher Zephire , je crois voir naître l'Univers;
Je crois que le Soleil qui colore les Airs ,
Commence pour moi sa carriere.
Zephire l'exhorte par ces Vers à bien
user de la faveur que les Dieux viennent
de lui accorder , en lui donnant le précieux. usage de la vûë.
Songe à quel prix les Dieux t'accordent ces bienfaits.
Amour , quand ta main témeraire ,
Fait voler au hazard tes flammes et tes traits ,
Ton bandeau sert d'excuse aux mauxque tu peux
faire ;
L'excuse cesse desormais ;
C'est pour le bien des coeurs que le Destin t'éi
claire.
Dans la suite de cette Scene qui se sou
tient du commencement à la fin , l'Amour fait entendre qu'il aime Iris , voici
comment il s'exprime :
·
C'est entre la Terre et les Cieux ,
Que brille l'objet qui m'enchante :
Son Trône est un Arc radieux ,
Et toutes les couleurs qui séduisent les yeux,
L. Kol. Forment
JUIN 17320 1207
Forment sa parure éclatante ; ´´
C'est sur son front serein qu'on voit regner les
jeux ;
Sa presence toujours chérie et bienfaisante ,
Dissipe en un moment les orages affreux ;
C'est Iris , de Junon l'aimable Confidente.
A cet aveu Zephire cesse de craindre
d'avoir un Rival tel que l'Amour ; lés
ailes que le Destin leur a données à tous
deux , et d'autres traits de ressemblance lui faisoient appréhender que Flore ne le prit pour lui ; l'Auteur a imaginé
cette ressemblance , pour faire une Scenetrès-jolie entre l'Amour et Iris. Zephirequitte l'Amour pour aller prévenir Flore
sur cette ressemblance dont elle pourroit
être abusée.
L'Amour fait un beau Monologue.
sur les sentimens de son cœur , en voici
les quatre premiers Vers :
Enchantez mes regards , objets délicieux ,
Vous me dédommagez du séjour du Tonnerre ;-
Brillez , naissantes fleurs , vous êtes à la Terre ;.
Ce que
lés Astres sont aux Cieux.
Cette Scene est interrompue par un
orage qu'Iris vient dissiper ; elle paroît
sur l'Arc- en-Ciel , ce Trône radieux n'a
1. Vol jamais
1208 MERCURE DE FRANCE
jamais paru avec plus d'éclat. Voici le
premier compliment que lui fait l'Amour"
qu'elle prend pour l'inconstant Zephire.
Triomphez, belle Iris , tout ressent vos attraits ,
Et vos regards sont des beaux faits :
Vos couleurs font pâlir l'Aurore ;
Le Soleil éblouit , votre éclat est plus doux,;
Air , la Terre et les Cieux, tout s'embellit par vous.
La Versification du reste de cette Scene répond à ce gracieux début. Iris prenant l'Amour pour Zephire , le renvoye
à Flore , l'Amour est prêt à la détromper , mais il en est empêché par la brusque irruption d'Aquilon , son impetueux
Amant.Onauroit souhaité pour rendre cet
Acte plus parfait que la Scène de déclaration n'eut pas été interrompuë ; la reconnoissance qui ne vient que dans une autre Scene , auroit été plus vive et il n'étoit pas difficile de la filer avec art.
Zephire suivi de la Cour de Flore vient
faire le divertissement de cette troisiéme
Entrée : cette Fête est des plus riantes.
Nous ne parlerons point icy de la quatriéme ni de la cinquième Entrée, qui caracterisent les sens de l'Onie et du Goût ;
I. Vol nous
JUIN. 17320 1209
les
nous en rendrons compte quand elles auront été mises au Théatre , et nous ferons
part à nos Lecteurs des Observations du
Public , dont nous ne sommes que
Echos , quand il aura prononcé sur les
beautez et les deffauts qui peuvent se
trouver dans cet ouvrage.
Au Prologue, la DileErremans,le S*Chassé et le Sr Dumast remplissent les Rôles.
de Venus , de Jupiter et de Mercure.
Dans la premiere Entrée de l'Odorat, les
trois principaux Rôles de Lencothoé , de
Clitie et du Soleil , sont tres bien remplis.
par les Diles Lemaure et Antier , et par
le S Tribon.
Les Rôles de Laodamie , de Proserpine ,
de Protesilas et de Diomede sont parfaite
ment joüez par les Dules Pelissier et Julie ,
et par les S Chassé et Tribon:
Les Rôles d'Iris et d'Aquilon , à la 3 *
Entrée, sont remplis par la DeErremans,
et par le St Dun. Nous avons déja nommé les Diles Lemaure et Petitpas , en parlant de l'Amour et de Zéphire. Le triomphe de cette premiere est complet ;
il semble que le public n'ait des yeux et
des oreilles que pour elle.
Le dessein du Ballet , composé par le
S¹ Blondi , a été trouvé fort ingénieux et
I. Vol.
très-
1210 MERCURE DE FRANCE
tres-bien caracterisé , il est exécuté dans
la plus grande perfection , par les meilleurs sujets de l'Académie. La Dile Ferret
danse dans le Prologue; les S Dupré
Laval et la DeSalé , dans la premiere Entrée ; les Srs Dumoulin et Maltaires dans
la seconde , et les Srs Laval , Dumoulin et
Ja Dile Camargo dans la troisiéme.
Fermer
Résumé : Le Balet des Sens, Extrait, [titre d'après la table]
Le 5 juin 1732, l'Académie Royale de Musique a présenté le ballet des 'Sens', composé de cinq entrées dont seules trois ont été jouées. La musique, composée par M. Mouret, a été très appréciée. L'auteur du poème est resté anonyme. Le prologue met en scène l'Assemblée des Dieux discutant du sort des mortels. Vénus s'intéresse particulièrement à leur bien-être. Jupiter explique que les mortels ne sont pas immortels pour éviter leur ingratitude. Mercure et Vénus demandent à Jupiter de leur accorder un usage agréable des sens. Jupiter accepte et invite les plaisirs à se répandre parmi les mortels. La première entrée, 'L'Odorat', se déroule dans les jardins des rois de Babylone. Clytie, reine de Babylone, se plaint de l'inconstance du Soleil, qui a porté ses vœux à Leucothoé. Jalouse, Clytie décide de se venger en empoisonnant sa rivale. Le Soleil, après avoir promis l'immortalité à Leucothoé, découvre trop tard sa mort et la transforme en arbre à encens. La deuxième entrée, 'Le Toucher', se passe dans le temple de Proserpine. Laodamie, veuve de Protesilas, pleure la perte de son époux. Diomède, amoureux de Laodamie, lui avoue ses sentiments, mais elle le repousse. Proserpine ressuscite Protesilas, touchée par la douleur de Laodamie. La troisième entrée, 'La Vue', se déroule dans une vaste campagne. L'Amour, ayant retrouvé la vue, exprime sa joie et son amour pour Iris. Zephire, craignant une ressemblance entre l'Amour et lui, prévient Flore. Iris apparaît sur l'arc-en-ciel et dissipe un orage. Iris, prenant l'Amour pour Zéphire, le renvoie à Flore. L'Amour est sur le point de la détromper, mais est interrompu par Aquilon, son amant impétueux. La scène de déclaration est interrompue, ce qui aurait pu rendre la reconnaissance plus vive. Zéphire, suivi de la cour de Flore, offre un divertissement riant lors de la troisième entrée. Les rôles principaux sont interprétés par des artistes renommés. Au prologue, les rôles de Vénus, Jupiter et Mercure sont tenus par les DileErremans, le Sr Chassé et le Sr Dumast. Dans la première entrée de l'odorat, Leucothoé, Clytie et le Soleil sont joués par les Diles Lemaure et Antier, et le Sr Tribon. Laodamie, Proserpine, Protesilas et Diomède sont interprétés par les Dules Pelissier et Julie, et les Srs Chassé et Tribon. Iris et Aquilon, à la troisième entrée, sont incarnés par la DileErremans et le Sr Dun. Le ballet, composé par le Sr Blondi, est exécuté avec perfection par les meilleurs sujets de l'Académie. Les danseurs mentionnés incluent la Dile Ferret, les Srs Dupré, Laval, la DeSalé, Dumoulin, Maltaires, Camargo et Ja. La première représentation a été un triomphe, captivant le public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17223
p. 2673-2674
« Le 9 Décembre les mêmes Comédiens donnerent une Piéce nouvelle en un Acte [...] »
Début :
Le 9 Décembre les mêmes Comédiens donnerent une Piéce nouvelle en un Acte [...]
Mots clefs :
Comédiens, Opéra-Comique, Pierrot, Théâtre italien
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 9 Décembre les mêmes Comédiens donnerent une Piéce nouvelle en un Acte [...] »
Le 9 Décembre les mêmes Comédiens
donnerent une Piéce nouvelle en un Acte et en Vers , sous le titre des Enfans
Trouvez , ou le Sultan poli par l'Amour.
Cette Comédie , bien écrite et ingénieusement composée est fort applaudie. Nous
en donnerons un Extrait plus détaillé
dans le second Volume du Mercure de
ce mois , actuellement sous presse.
Le premier Décembre , le sieur Hamoche ,
ancien Acteur de l'Opéra Comique , connu depuis long-tems du Public sous le nom de Pierrot ,
ayant eu ordre de débuter sur le Théatre Italien;
ily joua trois differens Rôles dans trois Comédies qui furent représentées le même jour , sça1. Vol. GV voir )
2674 MERCURE DE FRANCE
voir dans les Paysans de qualité , le Tour de Carnaval , et dans le Triomphe de l'Interêt , il a joué encore d'autres Rôles dans deux Piéces de l'ancien Théatre Italien , et il a été applaudi du Public. Il fit un compliment aux Spectateurs pour
se les rendre favorables , lequel fut terminé par
ces quatre Vers parodiez du Tartuffe.
En vous est mon espoir , mon bien , ma quiétude
De vous dépend mapeine ou ma béatitude ,
Etje vais être enfin par votre seul Arrêt
Heureux , si vous voulés , malheureux , s'il vous
plaît.
Le s Décembre , le sieur Thomassin le fils ;
reparut encore sur le Théatre Italien , et joüa
dans la Comédie du Je ne sçai quoi , le Rôle du
Maître à Chanter , qui est une Parodie d'un des
Actes du Ballet des Fêtes Venitiennes. Ce jeune
homme joue avec intelligence , et paroît avoir
du talent pour le Théatre ; il peut le perfectionner s'il s'applique à imiter ceux de son pere
qui est en possession de plaire au Public dès qu'il
paroît sur la Scene. Ce nouvel Acteur a été reçû
depuis peu dans la Troupe.
donnerent une Piéce nouvelle en un Acte et en Vers , sous le titre des Enfans
Trouvez , ou le Sultan poli par l'Amour.
Cette Comédie , bien écrite et ingénieusement composée est fort applaudie. Nous
en donnerons un Extrait plus détaillé
dans le second Volume du Mercure de
ce mois , actuellement sous presse.
Le premier Décembre , le sieur Hamoche ,
ancien Acteur de l'Opéra Comique , connu depuis long-tems du Public sous le nom de Pierrot ,
ayant eu ordre de débuter sur le Théatre Italien;
ily joua trois differens Rôles dans trois Comédies qui furent représentées le même jour , sça1. Vol. GV voir )
2674 MERCURE DE FRANCE
voir dans les Paysans de qualité , le Tour de Carnaval , et dans le Triomphe de l'Interêt , il a joué encore d'autres Rôles dans deux Piéces de l'ancien Théatre Italien , et il a été applaudi du Public. Il fit un compliment aux Spectateurs pour
se les rendre favorables , lequel fut terminé par
ces quatre Vers parodiez du Tartuffe.
En vous est mon espoir , mon bien , ma quiétude
De vous dépend mapeine ou ma béatitude ,
Etje vais être enfin par votre seul Arrêt
Heureux , si vous voulés , malheureux , s'il vous
plaît.
Le s Décembre , le sieur Thomassin le fils ;
reparut encore sur le Théatre Italien , et joüa
dans la Comédie du Je ne sçai quoi , le Rôle du
Maître à Chanter , qui est une Parodie d'un des
Actes du Ballet des Fêtes Venitiennes. Ce jeune
homme joue avec intelligence , et paroît avoir
du talent pour le Théatre ; il peut le perfectionner s'il s'applique à imiter ceux de son pere
qui est en possession de plaire au Public dès qu'il
paroît sur la Scene. Ce nouvel Acteur a été reçû
depuis peu dans la Troupe.
Fermer
Résumé : « Le 9 Décembre les mêmes Comédiens donnerent une Piéce nouvelle en un Acte [...] »
Le 9 décembre, les comédiens ont présenté 'Les Enfants Trouvés, ou le Sultan poli par l'Amour', une pièce en un acte et en vers, bien écrite et applaudie. Un extrait détaillé sera publié dans le second volume du Mercure de ce mois. Le 1er décembre, le sieur Hamoche, ancien acteur de l'Opéra Comique connu sous le nom de Pierrot, a débuté au Théâtre Italien. Il a interprété trois rôles dans 'Les Paysans de qualité', 'Le Tour de Carnaval' et 'Le Triomphe de l'Intérêt', ainsi que d'autres rôles dans deux pièces de l'ancien Théâtre Italien. Hamoche a été applaudi et a adressé un compliment aux spectateurs, concluant par des vers parodiés du 'Tartuffe'. Le 10 décembre, le sieur Thomassin le fils a joué le rôle du Maître à Chanter dans 'Le Je ne sçai quoi', une parodie du ballet 'Les Fêtes Venitiennes'. Thomassin le fils a montré intelligence et talent, et peut perfectionner son art en imitant son père, apprécié du public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17224
p. 1159-1162
Principes de l'Histoire pour l'Education de la Jeunesse, &c. [titre d'après la table]
Début :
PRINCIPES DE L'HISTOIRE pour l'éducation de la Jeunesse, quatriéme année, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Principes de l'Histoire pour l'Education de la Jeunesse, &c. [titre d'après la table]
PRINCIPES DE L'HISTOIRE pour l'éducation
de la Jeunesse, quatriéme année,
qui contient l'Histoire generale et parti-
culiere de France, Par M. l'Abbé Len-
glet du Fresnoy, in 12. à Paris , chés De
bure l'Aîné 1737.
Ce nouveau Volume des Principes de
l'Histoire est plus détaillé et plus inte-
ressant que les autres , il est vrai que ce
Volume renferme l'Histoire de notre
Nation , qui doit nous toucher beaucoup
plus que l'Histoire Etrangere. M. l'Ab-
1. Vol.
bé
1160 MERCURE DE FRANCE
bé Lenglet ne s'en tient point à une His
toire seche de nos Rois , on y trouve
encore des Principes de conduite et de
politique par le jour sous lequel il fait
paroître tous les grands Evenemens ; et
l'on peut dire que celui qui sçauroit bien
ce Volume, pouroit parler pertinemment
quoique sobrement sur l'Histoire de nos
Rois.
Leurs caracteres y sont marqués, non
par
des flatteries, ou des censures outrées;
mais par des Faits qui les peignent au na-
turel.
L'Histoire de la premiereRace n'occu-
pe pas plus de seize Leçons , dans les deux
premieres desquelles, l'Auteur traite des
Gaules avant l'irruption des Francs ou
François, et la seconde parle de ces mêmes
François depuis qu'ils sont connus dans
l'Histoire jusqu'à ce qu'ils se sont fixés
dans les Gaules . Après cette premiere Ra-
ce suit une Instruction très curieuse sur
la maniere de l'étudier succinctement, et
l'on a soin d'en marquer le caractere ge-
neral tiré d'après les actions même de
nos premiers Rois. Mais l'Auteur ne veut
que des abregés pour les Gens du Mon-
de. Il laisse aux Sçavans les Livres qui
entrent dans un grand détail.
L'Histoire de la seconde Race contient
I. Vol
les
JUIN.
1737
1161
les treize Leçons suivantes. Elle dura
moins que la premiere, mais elle fut beau-
coup plus distinguée par son amour pour
la Religion , et par la Dignité Imperiale
dont elle a joui. Il est vrai qu'elle dége-
nera : mais elle ne tarda guere à être ré
parée par une Race de benediction qui
subsiste encore aujourd'hui , et qui a
produit des Heros en tout genre.
C'est donc à la troisiéme Race que l'on
voit renaître toute la gloire de la Monar-
chie Françoise. Hugues Capet qui a com-
mencé cette Race , s'est moins distingué
par les armes que par la prudence et la
politique , Robert par sa Religion; mais
Henri et Philippe son Fils reprirent le
caractere martial qui convenoit à la Dig-
nité de la Nation ; Philippe Auguste fut
un modele de conduite et de coura-
ge , Louis IX. en fut un de Sainteté et
de valeur. L'Auteur marquè donc en
peu de mots le caractere des Regnes sui-
vans , qui n'ont pas laissé d'être exposés
à quelques revolutions , dont la plus
dangereuse fut apaisée moins par Char-
les VII. que par la sage conduite de ses
Generaux .
M. l'Abbé Lenglet fait connoître en-
suite que Louis XI . presente une toute
autre maniere de gouverner ; quoique le
1. Vol.
Royaume
2 MERCURE DE FRANCE
Royaume dût- être tranquille par l'auto-
rité legitime que ce Roy avoir sçû re-
prendre, cependant plein de petites four-
beries , dont souvent il étoit le premier
la victime,
il pensa , dit l'Auteur , red
plonger la France dans de nouveaux trou-
bles. Les caracteres des autres Rois sont
temperés par de justes loüanges ; mais
où leurs défauts ne sont pas entiere-
ment deguisés.
Une autre nature d'Histoire commen-
ce à la Leçon 87. de ce Volume , c'est
celle des grands Fiefs de la Couronne ,
qui n'avoit encore été traitée en aucun
abregé. On apelle grands Fiefs , les
Provinces du Royaume que les Seigneurs
usurperent sur la fin de la seconde Race
de nos Rois , qu'ils tenoient cependant
avec dépendance de la Couronne. L'Au-
teur fait voir le tems de leur séparation et
celui de leur réunion. Cette matiere qui
est curieuse n'y est pas traitée moins suc-
cinctement que celles des grandes Char-
ges. Enfin outre la Preface où l'on donne
des remarques solides sur la maniere d'é-
tudier notre Histoire , on y trouve enco-
re une Liste des Livres que l'Auteur croit
les plus necessaires.
de la Jeunesse, quatriéme année,
qui contient l'Histoire generale et parti-
culiere de France, Par M. l'Abbé Len-
glet du Fresnoy, in 12. à Paris , chés De
bure l'Aîné 1737.
Ce nouveau Volume des Principes de
l'Histoire est plus détaillé et plus inte-
ressant que les autres , il est vrai que ce
Volume renferme l'Histoire de notre
Nation , qui doit nous toucher beaucoup
plus que l'Histoire Etrangere. M. l'Ab-
1. Vol.
bé
1160 MERCURE DE FRANCE
bé Lenglet ne s'en tient point à une His
toire seche de nos Rois , on y trouve
encore des Principes de conduite et de
politique par le jour sous lequel il fait
paroître tous les grands Evenemens ; et
l'on peut dire que celui qui sçauroit bien
ce Volume, pouroit parler pertinemment
quoique sobrement sur l'Histoire de nos
Rois.
Leurs caracteres y sont marqués, non
par
des flatteries, ou des censures outrées;
mais par des Faits qui les peignent au na-
turel.
L'Histoire de la premiereRace n'occu-
pe pas plus de seize Leçons , dans les deux
premieres desquelles, l'Auteur traite des
Gaules avant l'irruption des Francs ou
François, et la seconde parle de ces mêmes
François depuis qu'ils sont connus dans
l'Histoire jusqu'à ce qu'ils se sont fixés
dans les Gaules . Après cette premiere Ra-
ce suit une Instruction très curieuse sur
la maniere de l'étudier succinctement, et
l'on a soin d'en marquer le caractere ge-
neral tiré d'après les actions même de
nos premiers Rois. Mais l'Auteur ne veut
que des abregés pour les Gens du Mon-
de. Il laisse aux Sçavans les Livres qui
entrent dans un grand détail.
L'Histoire de la seconde Race contient
I. Vol
les
JUIN.
1737
1161
les treize Leçons suivantes. Elle dura
moins que la premiere, mais elle fut beau-
coup plus distinguée par son amour pour
la Religion , et par la Dignité Imperiale
dont elle a joui. Il est vrai qu'elle dége-
nera : mais elle ne tarda guere à être ré
parée par une Race de benediction qui
subsiste encore aujourd'hui , et qui a
produit des Heros en tout genre.
C'est donc à la troisiéme Race que l'on
voit renaître toute la gloire de la Monar-
chie Françoise. Hugues Capet qui a com-
mencé cette Race , s'est moins distingué
par les armes que par la prudence et la
politique , Robert par sa Religion; mais
Henri et Philippe son Fils reprirent le
caractere martial qui convenoit à la Dig-
nité de la Nation ; Philippe Auguste fut
un modele de conduite et de coura-
ge , Louis IX. en fut un de Sainteté et
de valeur. L'Auteur marquè donc en
peu de mots le caractere des Regnes sui-
vans , qui n'ont pas laissé d'être exposés
à quelques revolutions , dont la plus
dangereuse fut apaisée moins par Char-
les VII. que par la sage conduite de ses
Generaux .
M. l'Abbé Lenglet fait connoître en-
suite que Louis XI . presente une toute
autre maniere de gouverner ; quoique le
1. Vol.
Royaume
2 MERCURE DE FRANCE
Royaume dût- être tranquille par l'auto-
rité legitime que ce Roy avoir sçû re-
prendre, cependant plein de petites four-
beries , dont souvent il étoit le premier
la victime,
il pensa , dit l'Auteur , red
plonger la France dans de nouveaux trou-
bles. Les caracteres des autres Rois sont
temperés par de justes loüanges ; mais
où leurs défauts ne sont pas entiere-
ment deguisés.
Une autre nature d'Histoire commen-
ce à la Leçon 87. de ce Volume , c'est
celle des grands Fiefs de la Couronne ,
qui n'avoit encore été traitée en aucun
abregé. On apelle grands Fiefs , les
Provinces du Royaume que les Seigneurs
usurperent sur la fin de la seconde Race
de nos Rois , qu'ils tenoient cependant
avec dépendance de la Couronne. L'Au-
teur fait voir le tems de leur séparation et
celui de leur réunion. Cette matiere qui
est curieuse n'y est pas traitée moins suc-
cinctement que celles des grandes Char-
ges. Enfin outre la Preface où l'on donne
des remarques solides sur la maniere d'é-
tudier notre Histoire , on y trouve enco-
re une Liste des Livres que l'Auteur croit
les plus necessaires.
Fermer
17225
p. 87-93
DESCRIPTION, des réjouissances faites par les Entrepreneurs Généraux des Poudres, au sujet de la Convalescence du Roi.
Début :
Les Entrepreneurs Généraux des Poudres & Salpêtres de France, desirant [...]
Mots clefs :
Entrepreneurs des Poudres, Te Deum, Église des Célestins, Jardin, Décoration, Arsenal, Terrasse, Girandole, Bateaux, Lampions, Lumières, Rivière, Feu d'artifice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DESCRIPTION, des réjouissances faites par les Entrepreneurs Généraux des Poudres, au sujet de la Convalescence du Roi.
DESCRIPTION , des réjouiſſances
faites par les Entrepreneurs Généraux des
Poudres , au sujet de la Convalescence du
Roi.
L
,
defi-
Es Entrepreneurs Généraux des Poudres
& Salpêtres de France
rant donner des témoignages publics de la
joye fincere qu'ils ont reſſentie du rétabliſſement
de la ſanté du Roi , réſolurent d'en
rendre graces à Dieu par un Te Deum, chanté
dans l'Egliſe des R. R. Peres Célestins , d'illuminer
le Jardin de l'Arcenal , & de donner
un feu d'artifice ſur la riviere , en face
de l'extrêmité de la Terraſſe de ce Jardin.
M. le Comte d'Eu , Grand- Maître de l'Artillerie
, leur avoit permis de ſe ſervir des
boëtes qui font gardées dans les magaſins de
l'Arcenal.
Le Lundi 21 Septembre à 6 heures du
matin , il fut fait une décharge de cent boëtes
, pour annoncer la joye de ce jour. Il en
fut fait une ſeconde à midi. La troifiéme à
4 heures. La quatrième à 6 heures , avant
quede commencer le Te Deum. Lacinquiéme
à 8 heures , après le Te Deum. La fixiéme
Eij
88 MERCURE DEFRANCE.
à 10 heures après le feu d'artifice. La ſeptiéme&
derniere à minuit.
TEDEUM, & Décoration dans l'Eglife
des Célestins.
La Nef de l'Egliſe des Célestins étoit décorée
de ſept grands Luſtres de criſtal , garnis
de bougies , cinq dans l'avant-Choeur ,
&deux autres dans le retour , du côté des
Chapelles.
T
Le Choeur étoit éclairé de 336 Lampions
decire , placés tout le long de la corniche du
lambris , au-deſſus des Stalles , & de quatre
girandoles de criſtal , garnies auſſi de bougies
aux quatre extrêmités du lambris.
Le grand Autel , outre les cierges ordinaires
, étoit orné de ſeize girandoles de
criſtal , garnies de bougies , placées ſur les
appuis des Baluſtres de marbre , qui forment
l'enceinte du Sanctuaire , & fur deux traverſes
en diagonale , qui accompagnent
l'Autel ; la régularité du deſſein de ces Baluſtres
favoriſoit extrêmement la diſpoſition
des lumieres , qui fut trouvée de bon goût,
Le Te Deum commença à 6 heures & un
quart , immédiatement après la quatriéme
décharge des boëtes ; on exécuta celui de
M. de la Lande , ſous la direction de Mrs
Rebel & Francoeur , Sur-Intendans de la
NOVEMBRE. 1744. 89
Muſique du Roi en ſurvivance. Le Concert
étoit compoſé de 80 Muſiciens de la Muſique
du Roi , & autres ; l'exécution fut
trouvée parfaite , & dura près d'une heure .
L'Egliſe des Célestins n'ayant point de
Jubé , on avoit conſtruit au-deſſus de la
porte du Choeur , en dehors , dans toute la
largeur de la façade , une Tribune de charpente
, large&commode , avec des Gradins
pour y placer la Muſique , dont le bâtis
étoit couvert de tapiſſerie.
La porte & l'intérieur de l'Egliſe étoient
gardés par des Suiſſes du Régiment des Gardes,
commandés par leurs Sergens, ils furent
aufli placés à la porte ,& dans l'intérieur
du Jardin.
DECORATION DU JARDIN.
Au fortirdu Te Deum , on entra à l'Arcenal
par la porte qui eſt ſur le Quai des Céleftins
, joignant l'Eglife ; cette porte étoit
décorée de deux Pilaſtres , ſurmontés d'une
archivolte , qui portoit trois Girandoles Pyramidales
garnies de Lampions.
Toutes les cours de l'Arcenal , depuis
cette porte , étoient éclairées par des Terrines
, dont la porte qui donne ſur la ruë
de la Ceriſaye , étoit auſſi garnie.
Laporte du Jardin garnie auffi de Terri-
E iij
. MERCURE DEFRANCE.
nes ſur le cintre , étoit maſquée en dedans
au fond du Parterre de ce côté , & en face
de la principale allée qui finit à la Terraffe ,
de trois grandes Arcades de 24 pieds de
haut, furmontées chacune d'une Girandole ;
du cintre de chacune de ces Arcades , il
pendoit une autre Girandole , en forme de
Luftre , foutenuë par une Guirlande de lumieres
, le tout formé de Lampions . L'allée
en face , étoit garnie à droite & à gauche de
40 piedeſtaux , portant chacun une Girandole
des pieds de haut , placée dans les intervales
des Ifs qui entourent les compartimens
du Parterre ,& fur la pointe de chas
cun de ces Ifs étoit placée une groffe Terrine
; cette allée , & le baſſin qui eſt aumilieu
, étoient bordés d'un filet de Terrines ;
aux extrêmités des bordures du Parterre ,
étoient placées deux grandes Pyramides de
lumieres de 21 pieds de haut , terminées
chacune par une Girandole ;& en retour
des Parterres , fur la même ligne des Pyramides
, étoient placés de chacun des côtés
quatre piédeſtaux , portant chacun leur Girandole
, le tout garni de Lampions .
Dans les intervales des Arbres , qui forment
les allées qui accompagnent les côtés
du Parterre , depuis la porte du Jardin jufqu'à
leurs extrêmités , au bord de la Terraffe
, on avoit attaché des fils d'archal , où
NOVEMBRE. 1744. 91
pendoient des Lampes de Sureine , qui formoient
un filet de lumiere .
On avoit rempli de même les intervales
desArbres , qui formoient l'allée de la Terraffe
, depuis le mur de la Baſtille où elle
commence , juſqu'à l'autre extrêmité ſur le
bord de la riviere , ainſi que dans le retour
que la Terraſſe forme en baſtion à cet endroit,
où eſt le Cabinet de plaiſance de S. A.
S. Mad. la Ducheſſe du Maine , ce qui comprend
une longueur au moins de deux cent
toiſes .
Dans toute cette même longueur , depuis
le mur de la Baſtille juſqu'à l'extrêmité fur
la riviere , y compris le rerourdont on vient
de parler , le Parapet de la Terraſſe , qui
n'eſt interrompu que par le magaſin des
Poudres , conftruit dans le foſſe , ſur l'appui
de la Terraſſe , étoit auſſi garni d'un filet de
lumieres , formé par des Terrines à deux
pieds & demi de diſtance l'une de l'autre ,
qui répétoit celui des Lampes de Sureine
placées dans les intervales des Arbres.
FEU D'ARTIFIGE .
Après avoir obtenu la permiffion de M.
le Prevôt des Marchands , on plaça à l'endroit
qu'il lui avoit plû d'indiquer , dans le
milieude la riviere , vis- à- vis de l'extrémité
د
E iiij
MERCURE DE FRANCE.
de la Terraſſe de l'Arcenal , au-deſſus de la
Patache , deux bateaux marnois l'un auprès
de l'autre , de 10 à 12 toiſes de long , fur
18 à 20 pieds de large ,ſur lesquels on avoit
bâti un plancher; autour de ces deux grands ,
étoient rangés fix petits bateaux chargés de
l'artifice .
On avoit pofé ſur le plancher des deux
grands bateaux , quatre chevalets , ſur lefquels
on tira pendant une demie heure 500
fuſées volantes , des cinq plus belles façons
dont on les puiſſe compofer , qui partirent
quatre à quatre ; sçavoir , 382 fufées , appellées
des trois douzaines , 43 , dites de
quatre douzaines, 17, dites de cinq douzaines
, 5 dites, de ſix douzaines , 53 , dites fufées
d'honneur , de 2 pouces & demi de diamétre.
On fit partir enſuite 64 douzaines de fufées
volantes, doubles marquiſes, diſtribuées
en 32 Caiſſes , de deux douzaines chacune ,
tirées des deux extrêmités des bateaux
après leſquelles parut un brin de quatre
douzaines de Pots-à-feu , & une Girande
compoſée de 38 douzaines de fuſées volantes,
auffi doubles marquiſes ; ce qui fut ſuivi
de l'effet de deux Soleils tournans , placés
aux extrêmités des bateaux .
Le feu fut terminé par un Soleil fixe à
douze rayons , à chaque côté duquel on tira
NOVEMBRE. 1744. 93
trois Pots à Aigrettes , remplis de Serpenteaux&
d'Etoiles.
Cette journée finit par le ſouper , qui fut
fervi après le feu à une table de 25 couverts
,& qui dura juſqu'après minuit : on
laiſſa entrer dans la Sale , qui est trèsgrande
, tous ceux , en affés grand nombre ,
qui eurent la curiofité d'être les témoins
par eux-mêmes , de la joye vive & fincere
des Convives , de l'événement heureux
qui les raſſembloit ; celle des Spectateurs
peinte ſur leurs viſages , laiſſoit affés voir
àquel point ils la partageoient & la reffentoient.
Il y eut dans le Jardin des Violons , &
des Danſes , qui durerent juſqu'à trois ou
quatre heures , & ne finirent qu'à l'extinc
tion totale de l'illumination.
faites par les Entrepreneurs Généraux des
Poudres , au sujet de la Convalescence du
Roi.
L
,
defi-
Es Entrepreneurs Généraux des Poudres
& Salpêtres de France
rant donner des témoignages publics de la
joye fincere qu'ils ont reſſentie du rétabliſſement
de la ſanté du Roi , réſolurent d'en
rendre graces à Dieu par un Te Deum, chanté
dans l'Egliſe des R. R. Peres Célestins , d'illuminer
le Jardin de l'Arcenal , & de donner
un feu d'artifice ſur la riviere , en face
de l'extrêmité de la Terraſſe de ce Jardin.
M. le Comte d'Eu , Grand- Maître de l'Artillerie
, leur avoit permis de ſe ſervir des
boëtes qui font gardées dans les magaſins de
l'Arcenal.
Le Lundi 21 Septembre à 6 heures du
matin , il fut fait une décharge de cent boëtes
, pour annoncer la joye de ce jour. Il en
fut fait une ſeconde à midi. La troifiéme à
4 heures. La quatrième à 6 heures , avant
quede commencer le Te Deum. Lacinquiéme
à 8 heures , après le Te Deum. La fixiéme
Eij
88 MERCURE DEFRANCE.
à 10 heures après le feu d'artifice. La ſeptiéme&
derniere à minuit.
TEDEUM, & Décoration dans l'Eglife
des Célestins.
La Nef de l'Egliſe des Célestins étoit décorée
de ſept grands Luſtres de criſtal , garnis
de bougies , cinq dans l'avant-Choeur ,
&deux autres dans le retour , du côté des
Chapelles.
T
Le Choeur étoit éclairé de 336 Lampions
decire , placés tout le long de la corniche du
lambris , au-deſſus des Stalles , & de quatre
girandoles de criſtal , garnies auſſi de bougies
aux quatre extrêmités du lambris.
Le grand Autel , outre les cierges ordinaires
, étoit orné de ſeize girandoles de
criſtal , garnies de bougies , placées ſur les
appuis des Baluſtres de marbre , qui forment
l'enceinte du Sanctuaire , & fur deux traverſes
en diagonale , qui accompagnent
l'Autel ; la régularité du deſſein de ces Baluſtres
favoriſoit extrêmement la diſpoſition
des lumieres , qui fut trouvée de bon goût,
Le Te Deum commença à 6 heures & un
quart , immédiatement après la quatriéme
décharge des boëtes ; on exécuta celui de
M. de la Lande , ſous la direction de Mrs
Rebel & Francoeur , Sur-Intendans de la
NOVEMBRE. 1744. 89
Muſique du Roi en ſurvivance. Le Concert
étoit compoſé de 80 Muſiciens de la Muſique
du Roi , & autres ; l'exécution fut
trouvée parfaite , & dura près d'une heure .
L'Egliſe des Célestins n'ayant point de
Jubé , on avoit conſtruit au-deſſus de la
porte du Choeur , en dehors , dans toute la
largeur de la façade , une Tribune de charpente
, large&commode , avec des Gradins
pour y placer la Muſique , dont le bâtis
étoit couvert de tapiſſerie.
La porte & l'intérieur de l'Egliſe étoient
gardés par des Suiſſes du Régiment des Gardes,
commandés par leurs Sergens, ils furent
aufli placés à la porte ,& dans l'intérieur
du Jardin.
DECORATION DU JARDIN.
Au fortirdu Te Deum , on entra à l'Arcenal
par la porte qui eſt ſur le Quai des Céleftins
, joignant l'Eglife ; cette porte étoit
décorée de deux Pilaſtres , ſurmontés d'une
archivolte , qui portoit trois Girandoles Pyramidales
garnies de Lampions.
Toutes les cours de l'Arcenal , depuis
cette porte , étoient éclairées par des Terrines
, dont la porte qui donne ſur la ruë
de la Ceriſaye , étoit auſſi garnie.
Laporte du Jardin garnie auffi de Terri-
E iij
. MERCURE DEFRANCE.
nes ſur le cintre , étoit maſquée en dedans
au fond du Parterre de ce côté , & en face
de la principale allée qui finit à la Terraffe ,
de trois grandes Arcades de 24 pieds de
haut, furmontées chacune d'une Girandole ;
du cintre de chacune de ces Arcades , il
pendoit une autre Girandole , en forme de
Luftre , foutenuë par une Guirlande de lumieres
, le tout formé de Lampions . L'allée
en face , étoit garnie à droite & à gauche de
40 piedeſtaux , portant chacun une Girandole
des pieds de haut , placée dans les intervales
des Ifs qui entourent les compartimens
du Parterre ,& fur la pointe de chas
cun de ces Ifs étoit placée une groffe Terrine
; cette allée , & le baſſin qui eſt aumilieu
, étoient bordés d'un filet de Terrines ;
aux extrêmités des bordures du Parterre ,
étoient placées deux grandes Pyramides de
lumieres de 21 pieds de haut , terminées
chacune par une Girandole ;& en retour
des Parterres , fur la même ligne des Pyramides
, étoient placés de chacun des côtés
quatre piédeſtaux , portant chacun leur Girandole
, le tout garni de Lampions .
Dans les intervales des Arbres , qui forment
les allées qui accompagnent les côtés
du Parterre , depuis la porte du Jardin jufqu'à
leurs extrêmités , au bord de la Terraffe
, on avoit attaché des fils d'archal , où
NOVEMBRE. 1744. 91
pendoient des Lampes de Sureine , qui formoient
un filet de lumiere .
On avoit rempli de même les intervales
desArbres , qui formoient l'allée de la Terraffe
, depuis le mur de la Baſtille où elle
commence , juſqu'à l'autre extrêmité ſur le
bord de la riviere , ainſi que dans le retour
que la Terraſſe forme en baſtion à cet endroit,
où eſt le Cabinet de plaiſance de S. A.
S. Mad. la Ducheſſe du Maine , ce qui comprend
une longueur au moins de deux cent
toiſes .
Dans toute cette même longueur , depuis
le mur de la Baſtille juſqu'à l'extrêmité fur
la riviere , y compris le rerourdont on vient
de parler , le Parapet de la Terraſſe , qui
n'eſt interrompu que par le magaſin des
Poudres , conftruit dans le foſſe , ſur l'appui
de la Terraſſe , étoit auſſi garni d'un filet de
lumieres , formé par des Terrines à deux
pieds & demi de diſtance l'une de l'autre ,
qui répétoit celui des Lampes de Sureine
placées dans les intervales des Arbres.
FEU D'ARTIFIGE .
Après avoir obtenu la permiffion de M.
le Prevôt des Marchands , on plaça à l'endroit
qu'il lui avoit plû d'indiquer , dans le
milieude la riviere , vis- à- vis de l'extrémité
د
E iiij
MERCURE DE FRANCE.
de la Terraſſe de l'Arcenal , au-deſſus de la
Patache , deux bateaux marnois l'un auprès
de l'autre , de 10 à 12 toiſes de long , fur
18 à 20 pieds de large ,ſur lesquels on avoit
bâti un plancher; autour de ces deux grands ,
étoient rangés fix petits bateaux chargés de
l'artifice .
On avoit pofé ſur le plancher des deux
grands bateaux , quatre chevalets , ſur lefquels
on tira pendant une demie heure 500
fuſées volantes , des cinq plus belles façons
dont on les puiſſe compofer , qui partirent
quatre à quatre ; sçavoir , 382 fufées , appellées
des trois douzaines , 43 , dites de
quatre douzaines, 17, dites de cinq douzaines
, 5 dites, de ſix douzaines , 53 , dites fufées
d'honneur , de 2 pouces & demi de diamétre.
On fit partir enſuite 64 douzaines de fufées
volantes, doubles marquiſes, diſtribuées
en 32 Caiſſes , de deux douzaines chacune ,
tirées des deux extrêmités des bateaux
après leſquelles parut un brin de quatre
douzaines de Pots-à-feu , & une Girande
compoſée de 38 douzaines de fuſées volantes,
auffi doubles marquiſes ; ce qui fut ſuivi
de l'effet de deux Soleils tournans , placés
aux extrêmités des bateaux .
Le feu fut terminé par un Soleil fixe à
douze rayons , à chaque côté duquel on tira
NOVEMBRE. 1744. 93
trois Pots à Aigrettes , remplis de Serpenteaux&
d'Etoiles.
Cette journée finit par le ſouper , qui fut
fervi après le feu à une table de 25 couverts
,& qui dura juſqu'après minuit : on
laiſſa entrer dans la Sale , qui est trèsgrande
, tous ceux , en affés grand nombre ,
qui eurent la curiofité d'être les témoins
par eux-mêmes , de la joye vive & fincere
des Convives , de l'événement heureux
qui les raſſembloit ; celle des Spectateurs
peinte ſur leurs viſages , laiſſoit affés voir
àquel point ils la partageoient & la reffentoient.
Il y eut dans le Jardin des Violons , &
des Danſes , qui durerent juſqu'à trois ou
quatre heures , & ne finirent qu'à l'extinc
tion totale de l'illumination.
Fermer
17226
p. 2692-2693
« Les Comédiens François ont remis au Théatre depuis peu une petite Comédie [...] »
Début :
Les Comédiens François ont remis au Théatre depuis peu une petite Comédie [...]
Mots clefs :
Comédiens-Français, Comédie, Dancourt, Piron, Poisson l'aîné
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Comédiens François ont remis au Théatre depuis peu une petite Comédie [...] »
Les Comédiens François ont remis au
Théatre depuis peu une petite Comédie
de feu M. Dancour , intitulée : Le Retour
des Officiers , qui n'avoit pas été représentée
depuis tres- long- temps.
>
Ils ont aussi repris la Tragédie nouvelle
de Gustave , de M. Piron , que le
Public revoit avec un nouveau plaisir ,
ainsi que
la Comédie des Fils - Îngrats ,
du même Auteur , qu'on vient de remettre
au Théatre.
Les mêmes Comédiens ont donné la
premiere Représentation d'une petite Comédie
nouvelle , en Vers , de M. Poisson,
1. Vole l'aîné,
DECEMBRE . 1733. 2693
l'aîné , sous le Titre de l'Impromptu de
Campagne , qui a été fort applaudie. On
en parlera plus au long.
Théatre depuis peu une petite Comédie
de feu M. Dancour , intitulée : Le Retour
des Officiers , qui n'avoit pas été représentée
depuis tres- long- temps.
>
Ils ont aussi repris la Tragédie nouvelle
de Gustave , de M. Piron , que le
Public revoit avec un nouveau plaisir ,
ainsi que
la Comédie des Fils - Îngrats ,
du même Auteur , qu'on vient de remettre
au Théatre.
Les mêmes Comédiens ont donné la
premiere Représentation d'une petite Comédie
nouvelle , en Vers , de M. Poisson,
1. Vole l'aîné,
DECEMBRE . 1733. 2693
l'aîné , sous le Titre de l'Impromptu de
Campagne , qui a été fort applaudie. On
en parlera plus au long.
Fermer
Résumé : « Les Comédiens François ont remis au Théatre depuis peu une petite Comédie [...] »
En décembre 1733, les Comédiens François ont présenté plusieurs œuvres au théâtre. Ils ont repris 'Le Retour des Officiers' de Dancour, 'Gustave' et 'Les Fils Ingrats' de Piron. Ils ont également créé 'L'Impromptu de Campagne', une comédie en vers de Poisson, très applaudie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17227
p. 2844-2846
AVIS touchant l'Horlogerie.
Début :
Le Sieur de la Richardiere a inventé trois moyens très-utiles aux Horlogers. [...]
Mots clefs :
Horlogers, Cadrans, Pendule, Aiguille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS touchant l'Horlogerie.
AVIS touchant l'Horlogerie.
Le Sieur de la Richardiere a inventé
trois moyens très- utiles aux Horlogers.
Sçavoir , d'éviter de percer les Cadrans ,
qui le sont toûjours au moins en deux
endroits ; en sorte que par une Machine
fort simple de son invention , sans rouës,
pignons, corde ni chaine , il fait trouver
I'Arbre qui reçoit la Clef pour monter
la Pendulle , aussi éloigné du Cadran
qu'on le peut désirer , sans que le plus
comme le moins de détachement cause
plus d'ouvrage , ni change ce moyen en
aucune autre forme.
›
Ce premier moyen , outre qu'il évite
la difformité qui se trouve dans les Cadrans
percés , évite encore l'incommodité
d'attendre pour monter la Pendulle
,
, que les Eguilles qui se trouvent
souvent sur ces trous , soient passées audelà
; à moins de les ranger , en les avançant
ou réculant , ce qui cause un contretemps
également incommode et préjudiciable
à la régularité de la Pendulle , ou-
I. Vol. tre
DECEMBR E. 1731. 2845
les Eguilles au danger
tre que
d'être
cassées.
cela expose
Ce moyen est également utile pour les
Pendulles qui n'ont qu'un ressort pour
les deux mouvemens .
→
Le second moyen , qui est aussi sans
rouës , pignons , cordes ni chaines , est
de fixer la portée des grands ressors à
un point déterminé ensorte qu'on ne
pourra pas les outrer ni les porter à leur
plus haut degré , quelques efforts qu'on
fasse en les montant. Ainsi n'étant
jamais dans le plus ni dans le moins,
la Pendulle non- seulement en va plus.
juste , étant par cette nouvelle machine ,
montée toujours également ; mais encore
on n'est jamais dans le danger de
casser les ressorts ; et on est d'ailleurs
toujours assuré de monter la Pendulle
pour la longueur du temps pour laquelle
elle aura été faite.
Le troisiéme moyen est une répetition
dite tyrage de Pendulle à demy- quart , réduit
à une seule et simple rouë , divisée
en vingt , n'ayant qu'un seul pignon servant
au Rateau on supprime aussi la
fusée pour remedier à l'effort préjudiciable
qu'elle fait faire entre le Rateau
et son Pignon aux répetitions ordinaires.
La surprise est d'une invention simple et
I. Vol. G v d'une
2846 MERCURE DE FRANCE
d'une infaillibilité certaine à ne pouvoir
laisser jamais décompter prévenant le
tirage d'une intervale suffisant.
,
Les pieces qui composent ce tirage ,
se placent sans démonter la cage , et dans
un instant.
›
L'Auteur a fait aussi qu'avec l'Aiguille
des heures on transpose tout d'un coup
le Limaçon à l'heure desirée sans être
obligé , lorsqu'il s'en trouve éloigné , de
faire faire à l'Aiguille des minutes , plusieurs
fois le tour du Cadran.-
Il donnera encore la maniere d'une
Rouë en Rochet , avec son Ancre , d'une
façon extraordinaire où l'échapement
se fait égal.
"
Il demeure à Paris , rue de la vieille Bouelerie
, chez Mr. Gissey , Imprimeur , à
Arbre de Jessé.
Le Sieur de la Richardiere a inventé
trois moyens très- utiles aux Horlogers.
Sçavoir , d'éviter de percer les Cadrans ,
qui le sont toûjours au moins en deux
endroits ; en sorte que par une Machine
fort simple de son invention , sans rouës,
pignons, corde ni chaine , il fait trouver
I'Arbre qui reçoit la Clef pour monter
la Pendulle , aussi éloigné du Cadran
qu'on le peut désirer , sans que le plus
comme le moins de détachement cause
plus d'ouvrage , ni change ce moyen en
aucune autre forme.
›
Ce premier moyen , outre qu'il évite
la difformité qui se trouve dans les Cadrans
percés , évite encore l'incommodité
d'attendre pour monter la Pendulle
,
, que les Eguilles qui se trouvent
souvent sur ces trous , soient passées audelà
; à moins de les ranger , en les avançant
ou réculant , ce qui cause un contretemps
également incommode et préjudiciable
à la régularité de la Pendulle , ou-
I. Vol. tre
DECEMBR E. 1731. 2845
les Eguilles au danger
tre que
d'être
cassées.
cela expose
Ce moyen est également utile pour les
Pendulles qui n'ont qu'un ressort pour
les deux mouvemens .
→
Le second moyen , qui est aussi sans
rouës , pignons , cordes ni chaines , est
de fixer la portée des grands ressors à
un point déterminé ensorte qu'on ne
pourra pas les outrer ni les porter à leur
plus haut degré , quelques efforts qu'on
fasse en les montant. Ainsi n'étant
jamais dans le plus ni dans le moins,
la Pendulle non- seulement en va plus.
juste , étant par cette nouvelle machine ,
montée toujours également ; mais encore
on n'est jamais dans le danger de
casser les ressorts ; et on est d'ailleurs
toujours assuré de monter la Pendulle
pour la longueur du temps pour laquelle
elle aura été faite.
Le troisiéme moyen est une répetition
dite tyrage de Pendulle à demy- quart , réduit
à une seule et simple rouë , divisée
en vingt , n'ayant qu'un seul pignon servant
au Rateau on supprime aussi la
fusée pour remedier à l'effort préjudiciable
qu'elle fait faire entre le Rateau
et son Pignon aux répetitions ordinaires.
La surprise est d'une invention simple et
I. Vol. G v d'une
2846 MERCURE DE FRANCE
d'une infaillibilité certaine à ne pouvoir
laisser jamais décompter prévenant le
tirage d'une intervale suffisant.
,
Les pieces qui composent ce tirage ,
se placent sans démonter la cage , et dans
un instant.
›
L'Auteur a fait aussi qu'avec l'Aiguille
des heures on transpose tout d'un coup
le Limaçon à l'heure desirée sans être
obligé , lorsqu'il s'en trouve éloigné , de
faire faire à l'Aiguille des minutes , plusieurs
fois le tour du Cadran.-
Il donnera encore la maniere d'une
Rouë en Rochet , avec son Ancre , d'une
façon extraordinaire où l'échapement
se fait égal.
"
Il demeure à Paris , rue de la vieille Bouelerie
, chez Mr. Gissey , Imprimeur , à
Arbre de Jessé.
Fermer
Résumé : AVIS touchant l'Horlogerie.
Le document 'AVIS touchant l'Horlogerie' expose trois inventions du Sieur de la Richardiere visant à améliorer les mécanismes des horloges. La première invention permet de positionner l'arbre de la clé de remontage sans percer les cadrans, évitant ainsi les problèmes liés aux aiguilles bloquées. La deuxième invention fixe la portée des grands ressorts à un point déterminé, assurant une montée constante de la pendule. La troisième invention simplifie le mécanisme de répétition à demi-quart en utilisant une seule roue divisée en vingt parties, supprimant la fusée et réduisant les efforts préjudiciables. De plus, l'auteur propose une méthode pour transposer rapidement le limaçon à l'heure désirée sans tourner l'aiguille des minutes. Il mentionne également une invention concernant une roue en rochet avec son ancre, permettant un échappement égal. Le Sieur de la Richardiere réside à Paris, rue de la vieille Bouclerie, chez Monsieur Gissey, imprimeur, à l'Arbre de Jessé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17228
p. 2674-2683
EXTRAIT de la Tragédie de Biblis, annoncée dans le dernier Mercure.
Début :
Le Théatre représente d'abord le Palais de Neptune; Amphitrite paroît [...]
Mots clefs :
Tragédie, Biblis, Sujets, Théâtre, Dieux, Oracle, Opéra, Chant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT de la Tragédie de Biblis, annoncée dans le dernier Mercure.
EXTRAIT de la Tragédie de Biblis
annoncée dans le dernier Mercure.
LEE Théatre représente d'abord le Palais de Neptune ; Amphitrite paroît
sur un Trône , entouré de Nymphes
de Nereides, de DieuxMarins, et de FleuI. Vol.
ves.
DECEMBRE. 732 2678
ves. Amphitrite expose le sujet du Prolo
gue par ces Vers :
Vous qui formez la Cour du Souverain dest Mers ,
Glorieux soutiens de son Trône
Célebrez avec moi l'heureux jour où Latone
Evita le courroux de la Reine des Airs :
Par les bienfaits du Dieu de l'Onde
Apollon et Diane embellissent le monde.
Les Sujets de Neptune et d'Amphitri
te célebrent cet heureux évenement
Neptune vient se joindre à cette Fête. Junon la vient troubler , et fait connoître.
son indignation par ces Vers qui lient le
Prologue à la Tragédie.
Neptune est donc toujours contraire à mes de sirs ! & c.
Ah ! si le Dieu du jour et sa coupable mere
N'ont point éprouvé mon courroux ,
Du moins faisons tomber mes coups
Sur ce sang criminel qui ne sçauroit me plaire
Hâtons-nous , suivons ma fureur ;
Que l'Amour seconde ma haine ;
Qu'il allume des feux dont la coupable ar deur
Rende ma vangeance certaine , &c.
La Scene est à Milet. Au premier Acte
I. Val.
le
2676 MERCURE DE FRANCE
,
le Théatre représente le Temple d'Apollon. Caunus , frere de Biblis , ouvre la
Scene avec Ismene , Souveraine de la Carie. Après lui avoir parlé de son amour
il lui dit que le bonheur que lui fait esperer la Victoire qu'il vient de remporter
sur les Rebelles de ses Etats , est troublé
par la langueur mortelle de sa Sœur. Ils
implorent tous deux le secours du Ciel.
Biblis vient ; Ismene la laisse avec son
frere.
Biblis ne dit rien à Caunus qui puisse
lui faire soupçonner le détestable amour
dont elle brûle pour lui ; elle lui fait seulement entendre que les Dieux , et surtout Apollon dont elle est Prêtresse, sont
irritez contre elle. Pour rendre le calme
à ses États et à son cœur , elle le prie
d'accepter la Couronne que sa qualité de
grande Prêtresse du Dieu qui leur a donné la naissance a fait tomber sur sa tête ;
elle le presse de renvoyer Ismene dans ses
Etats ; ce dernier ordre le surprend ; il
persiste à refuser la Couronne , mais elle
lui apprend que tout est disposé à le reconnoître pour Roi ; elle lui prescrit ce, -
qui lui reste à faire par ces Vers :
Le peuple vient ici se ranger sous vos loix ;
Recevez son premier hommage ;
1. Vol.
Il
DECEMBRE. 1732. 2677
Il faut
gage A
que dans ce Temple un serment vous enrespecter les Décrets de nos Rois.
Le couronnement de Caunus est le sujet de la Fête de cet Acte ; le nouveau Roi
fait le serment que Biblis lui a imposé ;
le serment est interrompu par le bruit du
Tonnerre, et Apollon fait entendre l'Ora-›
cle que voici.
Tremble , malheureux , tremble , à l'aspect de ces lieux ;
Laisse jouir Biblis de la Couronne ;
Le plus cruel malheur pour toi seul l'environne ,
Fui ; respecte mon sang , et le Trône et les
Dieux.
Caunus se résout à obéïr aux Dieux ; les
peuples sortent avec lui ; Biblis reste seule
et fait connoître que c'est elle que l'Oracle regarde ; elle s'exprime ainsi :
Quelle fatale ardeur dans mon ame s'allume !
Ou suis-je ? qu'est- ce que je voi ?
Le feu mortel qui me consume
Dans un abîme affreux m'entraîne malgré moi ?
Le Théatre représente un Port de mer
au second Acte ; on y voit des Vaisseaux préparés pour le départ d'Ismene.
I. Vol. Ipis
2678 MERCURE DE FRANCE
Iphis , Prince d'Ionie , et amoureux de
Biblis , témoigne sa frayeur sur le péril
de sa Princesse.
Biblis vient le prier d'empêcher le départ de Caunus ; Iphis refuse de lui
obeïr , fondé sur la menace et l'ordre absolu d'Apollon ; Biblis lui deffend de la
voir jamais , s'il n'éxécute ce qu'elle lui
ordonne ; il se détermine enfin à lui
obeïr , quoiqu'il lui en puisse coûter.
Ismene se plaint tendrement à Caunus
de ce qu'il la renvoye dans ses Etats sans
l'y suivre ; Caunus lui répond qu'il n'ose l'associer à ses malheurs ; enfin touché
de ses larmes et excité par son amour , il
se réfout à partir avec elle.
Les Sujets d'Ismene et une Troupe de
Matelots, viennent célebrer la Victoire qui
a rétabli leur Souveraine sur le Trônequ'on avoit usurpé sur elle. Cette Fête a
fait un très grand plaisir , tant par rapport aux Danses parfaitement éxécutées
par les Dlles Camargo et Salé , que par les
Canevats chantés par la Dlle Petitpas.
La Fête est interrompue par Iphis , qui
vient annoncer à Caunus que Biblis se
soustrait pour jamais aux yeux de ses
Peuples ; tous les Ioniens le conjurent de
ne point partir et de régner sur eux ;
Caunus oppose à leurs prieres les mena- ,
I. Vol. ces
DECEMBRE. 1732 2679
ces d'Apollon ; il ne se détermine à rien ,
et fait entendre seulement qu'il va consulter les Dieux une seconde fois.
Au troisiéme Acte , le Théatre représente un Antre ; on y voit un Tombeau en
forme de Pyramide , où sont les Ancêtres
de Biblis. Elle se plaint de son sort par
ces Vers :
Séjour impénetrable à la clarté des Cieux ,
Antres affreux , objets funebres ,
Frémissez avec moi de mon sort rigoureux ;
Mais n'en rougissez pas , Manes de mes Ayeux ;
Je viens cacher mes feux dans l'horreur des te nebres.
Je n'ai point fait l'aveu du crime de mon cœur ,
Ma mort va lui donner sa premiere innocence ;
excitez la vengeance,
Dont je vais punir mon ardeur.
Ranimez mon courage ,
Séjour impénetrable , &c.
Iphis arrive ; Biblis irritée , lui ordonne
de la laisser dans ce lieu d'horreur ; Iphis
lui dit que Caunus viendra bien- tôt se
joindre à lui pour la rendre à la lumiere;
ce dernier coup accable Biblis ; elle de
mande à Iphis d'où vient que Caunus
n'est point parti ; Iphis étonné , lui répond que ce n'est que par son ordre exprès qu'il l'a retenu ; Biblis lui dit qu'il
I. Vol.
ne
2680 MERCURE DE FRANCE
ne devoit point lui obéïr ; elle lui deffend
d'apprendre à Caunus en quel lieu elle
s'est retirée et exige même un serment de lui sur ce sujet, Iphis la quitte en
l'assurant qu'il amenera bientôt son frere.
Biblis accablée de douleur , s'endort ; le
Théatre change et représente les Champs
Elisées. Des Songes sous la forme d'Amans heureux et d'Amans malheureux ,
se présentent à elle ; les premiers expos
sent leurs plaisirs par leurs danses et par
leurs chants , et les derniers expriment
leurs tourmens. Cette funeste image éveille Biblis en sursaut ; elle continuë à gé
mir des maux où le Ciel la condamne.
Caunus vient , sa présence augmente
le supplice de Biblis ; elle lui fait même
sentir que plus elle le voit , et plus elle
est malheureuse ; Caunus ne peut rien
comprendre à ce mystere. Biblis prend
enfin une derniere et noble résolution
qu'elle fait connoître par ces Vers qui finissent ce troisiéme Acte.
Venez , le Ciel m'éclaire ,
Je puis , sans l'offenser , voir encor la lumiere;
Couronnons de tendres ardeurs ;
Que l'Hymen àjamais vous joigne avec Ismene,
à
part.
Dieux , que ce Sacrifice appaise votre haine.
I. Vol.
Le
DECEMBRE. 1732. 1681
Le Théatre représente au quatriéme
'Acte , un lieu embelli pour celebrer l'Hymen de Caunus et d'Ismene. Celle- cy se
livre au doux plaisir de l'esperance. Biblis vient ; ismene lui témoigne sa reconnoissance au sujet de son Hymen , auquel elle a bien voulu consentir ; elle la
presse de renoncer au dessein qu'elle a
formé de quitter la Couronne et la vie ;
Biblis lui fait entendre qu'elle est toû
jours dans la résolution de cesser de vivre.
Caunus vient , suivi d'une troupe de
Peuples de divers endroits de la Grece ;
il invite sa sœur Biblis à couronner la
constance d'Iphis , comme Ismene va
couronner la sienne. La Fête commence ;
les Peuples témoignent par leurs chants
et par leurs jeux , le plaisir qu'ils ont de
voir finir leurs malheurs. Biblis invite
Caunus et Ismene à s'approcher de l'Autel pour être unis à jamais , et leur parle
ainsi :
Approchez, il est temps que l'Hymen vous unisse
Joignez vous à mes vœux au pié de cet Autel ;
Il faut qu'un sacrifice auguste et solemnel ,
Rende à jamais le Ciel à votre Hymen propice.
On amene la victime , sous prétexte
de l'immoler : Biblis veut s'immoler ellemême; Caunus lui retient le bras , elle
s'en plaint par ces Vers :
2682 MERCURE DE FRANCE
Dieux ! faudra t'il toujours par un funeste sort ,
Me voir retenir à la vie ,
Par cette même main qui me donne la mort.
Au cinquiéme Acte , le Théatre représente le Palais de Biblis. Caunus commence à soupçonner l'amour incestueux
de sa sœur , du moins il le fait connoître
par ces Vers qui commencent le dernier
Acte.
Qu'ai-je entendu ? grands Dieux ! et quel Démon barbare ,
A conduit la main de Biblis ?
Une soudaine horreur de mon ame s'empare ;
Où suis- je ? qu'ai-je vû ; je tremble ¦ je fréq
mis , &c.
Ismene vient s'affliger avec Caunus , du funeste présage qui vient de préceder leur Hymen ; Iphis tout éperdu ,
annonce à Caunus que Biblis persiste
dans le dessein de mourir , et que son
nom est sorti cent fois de la bouche
de cette sœur infortunée. Caunus veut
partir sans la voir , pour obéïr aux Dieux.
Biblis vient , elle prie Iphis , et Ismene.
de se retirer ; l'affreuse verité lui échappe,
Caunus en est épouvanté ; elle saisit le
moment de sa mortelle frayeur pour se
frapper.
1. Vol.
On
DECEMBRE. 1732: 2683
On a trouvé ce cinquiéme Acte superAu ; et tout le monde convient que la
Tragédie auroit beaucoup mieux fini par
' le sacrifice volontaire de Biblis , qui auroit pû être suivi de l'aveu de son amour
incestueux , auqel cas il auroit fallu mettre un Acte intermediaire. Au reste cette
Tragédie a été parfaitement executée.
Les Diles le Maure et Pélissier y ont
soutenu la réputation qu'elles se sont si
justement acquise par la beauté du chant
et par la justesse de l'action . Le sieur Dupré se fait tous les jours plus admirer par
la noblesse , la legereté et la finesse de sa danse,
annoncée dans le dernier Mercure.
LEE Théatre représente d'abord le Palais de Neptune ; Amphitrite paroît
sur un Trône , entouré de Nymphes
de Nereides, de DieuxMarins, et de FleuI. Vol.
ves.
DECEMBRE. 732 2678
ves. Amphitrite expose le sujet du Prolo
gue par ces Vers :
Vous qui formez la Cour du Souverain dest Mers ,
Glorieux soutiens de son Trône
Célebrez avec moi l'heureux jour où Latone
Evita le courroux de la Reine des Airs :
Par les bienfaits du Dieu de l'Onde
Apollon et Diane embellissent le monde.
Les Sujets de Neptune et d'Amphitri
te célebrent cet heureux évenement
Neptune vient se joindre à cette Fête. Junon la vient troubler , et fait connoître.
son indignation par ces Vers qui lient le
Prologue à la Tragédie.
Neptune est donc toujours contraire à mes de sirs ! & c.
Ah ! si le Dieu du jour et sa coupable mere
N'ont point éprouvé mon courroux ,
Du moins faisons tomber mes coups
Sur ce sang criminel qui ne sçauroit me plaire
Hâtons-nous , suivons ma fureur ;
Que l'Amour seconde ma haine ;
Qu'il allume des feux dont la coupable ar deur
Rende ma vangeance certaine , &c.
La Scene est à Milet. Au premier Acte
I. Val.
le
2676 MERCURE DE FRANCE
,
le Théatre représente le Temple d'Apollon. Caunus , frere de Biblis , ouvre la
Scene avec Ismene , Souveraine de la Carie. Après lui avoir parlé de son amour
il lui dit que le bonheur que lui fait esperer la Victoire qu'il vient de remporter
sur les Rebelles de ses Etats , est troublé
par la langueur mortelle de sa Sœur. Ils
implorent tous deux le secours du Ciel.
Biblis vient ; Ismene la laisse avec son
frere.
Biblis ne dit rien à Caunus qui puisse
lui faire soupçonner le détestable amour
dont elle brûle pour lui ; elle lui fait seulement entendre que les Dieux , et surtout Apollon dont elle est Prêtresse, sont
irritez contre elle. Pour rendre le calme
à ses États et à son cœur , elle le prie
d'accepter la Couronne que sa qualité de
grande Prêtresse du Dieu qui leur a donné la naissance a fait tomber sur sa tête ;
elle le presse de renvoyer Ismene dans ses
Etats ; ce dernier ordre le surprend ; il
persiste à refuser la Couronne , mais elle
lui apprend que tout est disposé à le reconnoître pour Roi ; elle lui prescrit ce, -
qui lui reste à faire par ces Vers :
Le peuple vient ici se ranger sous vos loix ;
Recevez son premier hommage ;
1. Vol.
Il
DECEMBRE. 1732. 2677
Il faut
gage A
que dans ce Temple un serment vous enrespecter les Décrets de nos Rois.
Le couronnement de Caunus est le sujet de la Fête de cet Acte ; le nouveau Roi
fait le serment que Biblis lui a imposé ;
le serment est interrompu par le bruit du
Tonnerre, et Apollon fait entendre l'Ora-›
cle que voici.
Tremble , malheureux , tremble , à l'aspect de ces lieux ;
Laisse jouir Biblis de la Couronne ;
Le plus cruel malheur pour toi seul l'environne ,
Fui ; respecte mon sang , et le Trône et les
Dieux.
Caunus se résout à obéïr aux Dieux ; les
peuples sortent avec lui ; Biblis reste seule
et fait connoître que c'est elle que l'Oracle regarde ; elle s'exprime ainsi :
Quelle fatale ardeur dans mon ame s'allume !
Ou suis-je ? qu'est- ce que je voi ?
Le feu mortel qui me consume
Dans un abîme affreux m'entraîne malgré moi ?
Le Théatre représente un Port de mer
au second Acte ; on y voit des Vaisseaux préparés pour le départ d'Ismene.
I. Vol. Ipis
2678 MERCURE DE FRANCE
Iphis , Prince d'Ionie , et amoureux de
Biblis , témoigne sa frayeur sur le péril
de sa Princesse.
Biblis vient le prier d'empêcher le départ de Caunus ; Iphis refuse de lui
obeïr , fondé sur la menace et l'ordre absolu d'Apollon ; Biblis lui deffend de la
voir jamais , s'il n'éxécute ce qu'elle lui
ordonne ; il se détermine enfin à lui
obeïr , quoiqu'il lui en puisse coûter.
Ismene se plaint tendrement à Caunus
de ce qu'il la renvoye dans ses Etats sans
l'y suivre ; Caunus lui répond qu'il n'ose l'associer à ses malheurs ; enfin touché
de ses larmes et excité par son amour , il
se réfout à partir avec elle.
Les Sujets d'Ismene et une Troupe de
Matelots, viennent célebrer la Victoire qui
a rétabli leur Souveraine sur le Trônequ'on avoit usurpé sur elle. Cette Fête a
fait un très grand plaisir , tant par rapport aux Danses parfaitement éxécutées
par les Dlles Camargo et Salé , que par les
Canevats chantés par la Dlle Petitpas.
La Fête est interrompue par Iphis , qui
vient annoncer à Caunus que Biblis se
soustrait pour jamais aux yeux de ses
Peuples ; tous les Ioniens le conjurent de
ne point partir et de régner sur eux ;
Caunus oppose à leurs prieres les mena- ,
I. Vol. ces
DECEMBRE. 1732 2679
ces d'Apollon ; il ne se détermine à rien ,
et fait entendre seulement qu'il va consulter les Dieux une seconde fois.
Au troisiéme Acte , le Théatre représente un Antre ; on y voit un Tombeau en
forme de Pyramide , où sont les Ancêtres
de Biblis. Elle se plaint de son sort par
ces Vers :
Séjour impénetrable à la clarté des Cieux ,
Antres affreux , objets funebres ,
Frémissez avec moi de mon sort rigoureux ;
Mais n'en rougissez pas , Manes de mes Ayeux ;
Je viens cacher mes feux dans l'horreur des te nebres.
Je n'ai point fait l'aveu du crime de mon cœur ,
Ma mort va lui donner sa premiere innocence ;
excitez la vengeance,
Dont je vais punir mon ardeur.
Ranimez mon courage ,
Séjour impénetrable , &c.
Iphis arrive ; Biblis irritée , lui ordonne
de la laisser dans ce lieu d'horreur ; Iphis
lui dit que Caunus viendra bien- tôt se
joindre à lui pour la rendre à la lumiere;
ce dernier coup accable Biblis ; elle de
mande à Iphis d'où vient que Caunus
n'est point parti ; Iphis étonné , lui répond que ce n'est que par son ordre exprès qu'il l'a retenu ; Biblis lui dit qu'il
I. Vol.
ne
2680 MERCURE DE FRANCE
ne devoit point lui obéïr ; elle lui deffend
d'apprendre à Caunus en quel lieu elle
s'est retirée et exige même un serment de lui sur ce sujet, Iphis la quitte en
l'assurant qu'il amenera bientôt son frere.
Biblis accablée de douleur , s'endort ; le
Théatre change et représente les Champs
Elisées. Des Songes sous la forme d'Amans heureux et d'Amans malheureux ,
se présentent à elle ; les premiers expos
sent leurs plaisirs par leurs danses et par
leurs chants , et les derniers expriment
leurs tourmens. Cette funeste image éveille Biblis en sursaut ; elle continuë à gé
mir des maux où le Ciel la condamne.
Caunus vient , sa présence augmente
le supplice de Biblis ; elle lui fait même
sentir que plus elle le voit , et plus elle
est malheureuse ; Caunus ne peut rien
comprendre à ce mystere. Biblis prend
enfin une derniere et noble résolution
qu'elle fait connoître par ces Vers qui finissent ce troisiéme Acte.
Venez , le Ciel m'éclaire ,
Je puis , sans l'offenser , voir encor la lumiere;
Couronnons de tendres ardeurs ;
Que l'Hymen àjamais vous joigne avec Ismene,
à
part.
Dieux , que ce Sacrifice appaise votre haine.
I. Vol.
Le
DECEMBRE. 1732. 1681
Le Théatre représente au quatriéme
'Acte , un lieu embelli pour celebrer l'Hymen de Caunus et d'Ismene. Celle- cy se
livre au doux plaisir de l'esperance. Biblis vient ; ismene lui témoigne sa reconnoissance au sujet de son Hymen , auquel elle a bien voulu consentir ; elle la
presse de renoncer au dessein qu'elle a
formé de quitter la Couronne et la vie ;
Biblis lui fait entendre qu'elle est toû
jours dans la résolution de cesser de vivre.
Caunus vient , suivi d'une troupe de
Peuples de divers endroits de la Grece ;
il invite sa sœur Biblis à couronner la
constance d'Iphis , comme Ismene va
couronner la sienne. La Fête commence ;
les Peuples témoignent par leurs chants
et par leurs jeux , le plaisir qu'ils ont de
voir finir leurs malheurs. Biblis invite
Caunus et Ismene à s'approcher de l'Autel pour être unis à jamais , et leur parle
ainsi :
Approchez, il est temps que l'Hymen vous unisse
Joignez vous à mes vœux au pié de cet Autel ;
Il faut qu'un sacrifice auguste et solemnel ,
Rende à jamais le Ciel à votre Hymen propice.
On amene la victime , sous prétexte
de l'immoler : Biblis veut s'immoler ellemême; Caunus lui retient le bras , elle
s'en plaint par ces Vers :
2682 MERCURE DE FRANCE
Dieux ! faudra t'il toujours par un funeste sort ,
Me voir retenir à la vie ,
Par cette même main qui me donne la mort.
Au cinquiéme Acte , le Théatre représente le Palais de Biblis. Caunus commence à soupçonner l'amour incestueux
de sa sœur , du moins il le fait connoître
par ces Vers qui commencent le dernier
Acte.
Qu'ai-je entendu ? grands Dieux ! et quel Démon barbare ,
A conduit la main de Biblis ?
Une soudaine horreur de mon ame s'empare ;
Où suis- je ? qu'ai-je vû ; je tremble ¦ je fréq
mis , &c.
Ismene vient s'affliger avec Caunus , du funeste présage qui vient de préceder leur Hymen ; Iphis tout éperdu ,
annonce à Caunus que Biblis persiste
dans le dessein de mourir , et que son
nom est sorti cent fois de la bouche
de cette sœur infortunée. Caunus veut
partir sans la voir , pour obéïr aux Dieux.
Biblis vient , elle prie Iphis , et Ismene.
de se retirer ; l'affreuse verité lui échappe,
Caunus en est épouvanté ; elle saisit le
moment de sa mortelle frayeur pour se
frapper.
1. Vol.
On
DECEMBRE. 1732: 2683
On a trouvé ce cinquiéme Acte superAu ; et tout le monde convient que la
Tragédie auroit beaucoup mieux fini par
' le sacrifice volontaire de Biblis , qui auroit pû être suivi de l'aveu de son amour
incestueux , auqel cas il auroit fallu mettre un Acte intermediaire. Au reste cette
Tragédie a été parfaitement executée.
Les Diles le Maure et Pélissier y ont
soutenu la réputation qu'elles se sont si
justement acquise par la beauté du chant
et par la justesse de l'action . Le sieur Dupré se fait tous les jours plus admirer par
la noblesse , la legereté et la finesse de sa danse,
Fermer
Résumé : EXTRAIT de la Tragédie de Biblis, annoncée dans le dernier Mercure.
La tragédie de Biblis, présentée au théâtre, commence par un prologue où Amphitrite, entourée de nymphes et de dieux marins, célèbre la protection d'Apollon et Diane contre Junon. Neptune rejoint la fête, mais Junon intervient pour exprimer sa colère et sa vengeance. L'action se déroule à Milet. Au premier acte, dans le temple d'Apollon, Caunus, frère de Biblis, parle à Ismene, souveraine de Carie, de son amour et de la maladie de sa sœur. Biblis apparaît et, sans révéler son amour incestueux pour Caunus, lui demande de devenir roi et de renvoyer Ismene. Caunus refuse la couronne mais accepte de renvoyer Ismene. Lors de son couronnement, une voix divine interrompt le serment, révélant que Biblis est maudite. Au deuxième acte, dans un port de mer, Iphis, amoureux de Biblis, refuse de retenir Caunus. Ismene et Caunus décident de partir ensemble. Une fête est interrompue par Iphis, annonçant la disparition de Biblis. Au troisième acte, dans une grotte, Biblis se plaint de son sort et décide de se sacrifier. Iphis lui annonce que Caunus viendra la chercher. Biblis, accablée, s'endort et fait des cauchemars. À son réveil, Caunus arrive, mais Biblis décide de se sacrifier pour apaiser les dieux. Au quatrième acte, lors de la célébration du mariage de Caunus et Ismene, Biblis tente de se sacrifier mais est arrêtée par Caunus. Au cinquième acte, dans le palais de Biblis, Caunus découvre la vérité sur l'amour incestueux de sa sœur. Biblis, épouvantée, se frappe mortellement. La tragédie se termine par la mort de Biblis, et l'exécution est saluée pour sa qualité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17229
p. 2693
TURQUIE.
Début :
On a appris de Constantinople que le Grand Visir avoit déclaré par ordre du Grand [...]
Mots clefs :
Grand vizir, Effendi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE.
TUR QUI E.
Na appris de Constantinople que le Grand
Visit voit déclaré par ordre du Grand
Seigneur , au Résident de Moscovie à la Porte
que S H. regardoit comme une infraction aux
Traitez faits entre les Turcs et les Moscovites
l'entrée de ces derniers sur les Terres de la République
de Pologne.
>
On ajoute que le Mufti- Damas- Zadé- Effendi
avoit été déposé, et qu'Isaac Effendi, fils du Prédécesseur
de Damas - Zadé , avoit été nommé
pour lui succeder.
Selon des Lettres de cette même Ville , le Ministre
de l'Empereur à la Cour Othomane, a demandé
audience au G. S. pour lui faire part de
la prétendue Election faite par les Opposans de
Fologne en faveur de l'Electeur de Saxe.
Na appris de Constantinople que le Grand
Visit voit déclaré par ordre du Grand
Seigneur , au Résident de Moscovie à la Porte
que S H. regardoit comme une infraction aux
Traitez faits entre les Turcs et les Moscovites
l'entrée de ces derniers sur les Terres de la République
de Pologne.
>
On ajoute que le Mufti- Damas- Zadé- Effendi
avoit été déposé, et qu'Isaac Effendi, fils du Prédécesseur
de Damas - Zadé , avoit été nommé
pour lui succeder.
Selon des Lettres de cette même Ville , le Ministre
de l'Empereur à la Cour Othomane, a demandé
audience au G. S. pour lui faire part de
la prétendue Election faite par les Opposans de
Fologne en faveur de l'Electeur de Saxe.
Fermer
Résumé : TURQUIE.
Le texte relate des événements impliquant l'Empire ottoman et des puissances européennes. Le Grand Seigneur a dénoncé l'entrée des Moscovites en Pologne comme une violation des traités. Le Mufti Damas-Zadé Effendi a été remplacé par Isaac Effendi. Le Ministre de l'Empereur a annoncé au Grand Seigneur l'élection de l'Électeur de Saxe par les opposants polonais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17230
p. 132
SÉANCE publique de l'Académie Royale des Sciences & Beaux-Arts de PAU.
Début :
M. LE Baron de Navailles Pocyferre, Chevalier d'honneur au Parlement, ouvrit [...]
Mots clefs :
Académie, Discours, Directeur, Sciences, Arts, Parlement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SÉANCE publique de l'Académie Royale des Sciences & Beaux-Arts de PAU.
SÉANCE publique de l'Académie Royale
des Sciences & Beaux - Arts de
PAU.
M. LE Baron de Navailles Pocyferre,
Chevalier d'honneur au Parlement , ouvrit
la féance par un Difcours fur les
avantages que l'on retire à célébrer les
grands hommes. Avantages également
précieux au coeur & à l'efprit. Il étoit
écrit avec goût & avec éloquence.
On fit lecture enfuite d'un Poëme
qui a remporté le Prix. Le Sujet propofé
étoit le Pacte de famille . M. Le
Mefle , de l'Académie des Sciences
Belles-Lettres & Arts de Rouen en eft
l'Auteur.
M. de Bordenave Caffou , Confeiller
au Parlement , & M. Bourdier de Bauregard,
Directeur des Domaines du Roi
en Bearn, qui avoient été élus pour remplir
deux places vacantes, y prononcerent
leur difcours de remercîment. M. le Directeur
( Navailles Pocyferre ) y répondit
au nom de l'Académie. L'Affemblée
étoit brillante & nombreufe , & applaudit
généralement & au Difcours
AVRIL. 1763. 133.
des Récipiendaires & à ceux du Directeur
qui méritoient les plus juftes éloges.
des Sciences & Beaux - Arts de
PAU.
M. LE Baron de Navailles Pocyferre,
Chevalier d'honneur au Parlement , ouvrit
la féance par un Difcours fur les
avantages que l'on retire à célébrer les
grands hommes. Avantages également
précieux au coeur & à l'efprit. Il étoit
écrit avec goût & avec éloquence.
On fit lecture enfuite d'un Poëme
qui a remporté le Prix. Le Sujet propofé
étoit le Pacte de famille . M. Le
Mefle , de l'Académie des Sciences
Belles-Lettres & Arts de Rouen en eft
l'Auteur.
M. de Bordenave Caffou , Confeiller
au Parlement , & M. Bourdier de Bauregard,
Directeur des Domaines du Roi
en Bearn, qui avoient été élus pour remplir
deux places vacantes, y prononcerent
leur difcours de remercîment. M. le Directeur
( Navailles Pocyferre ) y répondit
au nom de l'Académie. L'Affemblée
étoit brillante & nombreufe , & applaudit
généralement & au Difcours
AVRIL. 1763. 133.
des Récipiendaires & à ceux du Directeur
qui méritoient les plus juftes éloges.
Fermer
Résumé : SÉANCE publique de l'Académie Royale des Sciences & Beaux-Arts de PAU.
En avril 1763, l'Académie Royale des Sciences et Beaux-Arts de Pau a organisé une séance publique. Le Baron de Navailles Pocyferre, Chevalier d'honneur au Parlement, a inauguré la séance par un discours sur les mérites de célébrer les grands hommes, bénéfiques pour le cœur et l'esprit. Ce discours a été salué pour son goût et son éloquence. Par la suite, un poème sur le Pacte de famille, rédigé par M. Le Mesle de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen, a été lu et a remporté le prix. M. de Bordenave Caffou, Conseiller au Parlement, et M. Bourdier de Bauregard, Directeur des Domaines du Roi en Béarn, ont prononcé des discours de remerciement après leur élection pour occuper deux places vacantes. M. le Directeur, Navailles Pocyferre, a répondu au nom de l'Académie. L'assemblée, nombreuse et brillante, a applaudi les discours des récipiendaires et du directeur, jugés dignes des plus grands éloges.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17231
p. 1201-1202
« La Dlle Conel, nouvelle Actrice, dont on a parlé dans le dernier Mercure a reparu [...] »
Début :
La Dlle Conel, nouvelle Actrice, dont on a parlé dans le dernier Mercure a reparu [...]
Mots clefs :
Mademoiselle Connell, Agathe, École des femmes, Tragédie, Didon, La Pupille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Dlle Conel, nouvelle Actrice, dont on a parlé dans le dernier Mercure a reparu [...] »
La Dlle Conel , nouvelle Actrice , dont
on a parlé dans le dernier Mercure , a re-
I. Vol. paru
1202 MERCURE DE FRANCE
•
paru sur la Scene au commencement de
cc mois et a rempli avec succès les
Rôles d'Agnés , dans l'Ecole des Femmes ;
d'Agathe, dans les Folies Amoureuses ; de
Monime , dans Mithridate ; d'Isabelle
dans l'Ecole des Maris ; d'Andromaque ,
dans la Tragedie de ce nom ; d'Aricie ,
dans le Phedre ; d'Agathe , dans Attendezmoi
sous l'Orme ; d'Irene , dans Andronic
, et de Chimene , dans le Cid.
On a donné le Lundi 21. de ce mois, la
premiereReprésention d'Enée et de Didon,
Tragedie que le Puplic a reçûë avec de
très grands applaudissemens ; nous en
parlerons plus au long.
On doit donner sur le même Théatre
une petite Comédie en Prose , en un Acte ,
intitulée , La Pupile , dont nous rendrons
compte.
on a parlé dans le dernier Mercure , a re-
I. Vol. paru
1202 MERCURE DE FRANCE
•
paru sur la Scene au commencement de
cc mois et a rempli avec succès les
Rôles d'Agnés , dans l'Ecole des Femmes ;
d'Agathe, dans les Folies Amoureuses ; de
Monime , dans Mithridate ; d'Isabelle
dans l'Ecole des Maris ; d'Andromaque ,
dans la Tragedie de ce nom ; d'Aricie ,
dans le Phedre ; d'Agathe , dans Attendezmoi
sous l'Orme ; d'Irene , dans Andronic
, et de Chimene , dans le Cid.
On a donné le Lundi 21. de ce mois, la
premiereReprésention d'Enée et de Didon,
Tragedie que le Puplic a reçûë avec de
très grands applaudissemens ; nous en
parlerons plus au long.
On doit donner sur le même Théatre
une petite Comédie en Prose , en un Acte ,
intitulée , La Pupile , dont nous rendrons
compte.
Fermer
Résumé : « La Dlle Conel, nouvelle Actrice, dont on a parlé dans le dernier Mercure a reparu [...] »
Le texte mentionne la Dlle Conel, nouvelle actrice dont la carrière a été présentée dans le Mercure de France. Elle a interprété plusieurs rôles, dont Agnès dans 'L'École des Femmes' et Chimène dans 'Le Cid'. Le 21 du mois, la tragédie 'Enée et Didon' a été applaudie. La comédie 'La Pupille' est également prévue.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17232
p. 2693-2697
POLOGNE.
Début :
On a appris sur la fin du mois dernier, par un Courrier, arrivé de l'Ukraine à Dantzik, [...]
Mots clefs :
Troupes, Moscovites, Général, Comte, Pologne, Armée, Varsovie, Noblesse, Gdańsk, Élection
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
ONa sur la fin dernier, un Courrier , arrivé de l'Ukraine à Dantzik
, que le Kan de Budziack , qui étoit campé
près de Choczim , avec un Corps considérable
de Tartares , s'étoit avancé dans cette Province ;
qu'il avoit attaqué les Troupes , commandées
par le Général Wiesbach ; que la Victoire avoit
1. Vol Gy été
2694 MERCURE
DE FRANCE
été dispurée pendant long- temps ; mais qu'enfin
Jes Moscovites avoient été contraints de prendre
la fure , qu'ils avoient perdu beaucoup de monde
, et s étoient retirez sous le Canon de la Ville
de Kiow , avec le reste des Troupes Moscovites.
་
Le Comte Pocci a envoyé au Roy une Lettre
, dont un Officier Moscovite , qui a été arrêté
par quelques Soldats des Troupes de Lithuanie
etoit chargé pour le Général Lesci , et
par laquelle le Baron d'Osterman mande à ce
Général , que la Czarine ne lui envoyera pas
nouveau secours de Troupes qu'il avoit demandé.
le
Il arrive à Dantzick de temps en temps quelques
uns des Gentils- Hommes qui ont assisté à
la prétendue Election faite en faveur de l'Electeur
de Saxe , et qui ne pouvant se résoudre à
paroître avoir part aux violences que le Général
Moscovite exerce dans la Pologne , se dérobent
de son Camp pour se rendre auprès du Roy; ils
ont rapporté que l'Armée ennemie souffroit une
extrême disette , parce que la plupart des Villa- .
ges des environs de Warsovie avoient été abandonnez
par les Païsans , qui ayant eu la précau.
tion de faire voiturer leurs provisions en lieu de
sûreté , avant l'arrivée des Moscovites ,
retirez dans la Forêt d'Ostrolensko , pour ne pas
payer les contributions excessives que les Ennemis
exigeoient d'eux ; les mêmes Gentils hommes
assurent que si le Général Lesci décampe
des environs de Warsovie , ce sera pour trou
ver moyen de faire subsister ses Troupes plutôr
que pour former quelqu'entreprise ; tous confirment
qu'il n'y avoir pas un seul Gentil - homme
de la grande Pologne , parmi les Opposans , lorsque
les Moscovites les forcerent de prociames
I. Vol.
s'étoient
PEDECEMBR
E. 1733. 2695
L'Electeur de Saxe , et que le Prince Wienovieski
après la proclamation de ce Prince , avoit fait
signer l'Acte d'Election à deux jeunes gens de la
Maison de Dialenski , qui étudient les Humanitez
à Warsovie , et au fils du feu Comte Potocki
, âgé seulement de 7 ans , afin qu'on ne pût
dire que la Noblesse de la premiere et de la plus
grande partie du Royaume , n'avoit cu aucune
part à cette Election ; ils ajoûtent qu'elle a été
faite au milieu de l'Armée Moscovire , et que
c'est une Hôtellerie qui a servi de lieu d'Assemblée
pour recueillir les suffrages.
La Noblesse des Palatinats , de Prusse, de Mariemboug
et de Russie , qui est assemblée depuis
quelque- temps à Graudentz , selon les Or
dres portez par les Universaux ; a fait une Confédération
, par laquelle elle s'engage à ne point
quitter les Armes que les Troupes Moscovites et
Saxones ne soient sorties des Terres de la Ré
publique et l'on assure que la plus grande par
tie de la Noblesse des autres Palatinats entrera
dans cette Confédération .
;
Plusieurs Villes et diverses Abbayes de la
Prusse Polonoise , et des autres Provinces Sep
tentrionales de la Pologne , font lever des Troupes
à leurs dépens pour le service du Roy.
On a reçu avis que le Comte Potoski , Régi
mentaire de la Couronne, étoit campé entre Sandomir
et Ospatow avec l'Armée , qui est aug
mentée considérablement , et que le Palatin de
Lublin s'étoit avancé vers Cracovie , avec um
Corps considérable de Troupes , pour empêcher
les Ennemis de s'en rendre maîtres.
Le Comte Poniatowski , Palatin de Masovie ,
qui est allé à Berlin , a écrit au Roy , que le 23
1. Vol. Gv No
2696 MERCURE DE FRANCE
Novembre il avoit eu audience de S. M. Pruss
sienne.
On apprend par Lettre de Dantzică du commencement
du mois , que les Troupes Moscovires
ne pouvant plus demeurer près de Warsovie ,
à cause de la disette des Vivres et des Fourages,
sont a lées campet à Lowitz , où elles exercent
beaucoup de violences,mais qu'elles éprouveront
bien-tôt dans leur nouveau Camp les mêmes incommoditez
qu'elles souffroient dans celui qu'el
Jes ont quitté , parce que la plupart des Pay sans
ont suivi l'exemple de ceux des Villages voisins de
Warsovie, et se sont retirez avec leurs Provisions
dans des Bois et sur des Montagnes d'un accès
fort difficile.
Le Regimentaire de la Couronne est toujours
campé entre Ospatow et Sandomir , er son Armée
est actuellement d'environ 25000 hommes.
Les deux Corps de Troupes qui sont sous les or
dres du Palatin de Lublin et du Comte Pocci,sont
fort augmentez: Le premier est à présent dans le
voisinage de Cracovie , et le second s'est avancé
dans le Palat nat de Russie , pour être plus à por
rée d'arrêter les Convois des Moscovites .
On croit que ces trois Généraux ne réuniront
pas si - tôt leurs Troupes , et que leur dessein est
de détruire l'Armée Ennemie , en lui ôtant tout
de subsister et en l'affoiblissant par des moyen
Combats continuels.
Les Levées que la Ville de Danzick et quelquesautres
de la Prusse Polonoise ont ordonnées,
se font avec beaucoup de succès , et l'on compte
Passembler incessamment dans cette Province
10 ou 12000 hommes de Troupes réglées. Plusieurs
Seigneurs ont fait prendre les Armes à
leurs Vassaux , et ils incommodent extrêmement
1. Vol Les
DECEMBRE. 1733. 2697
les Moscovites , à qui ils enlevent presque tous
les jours quelque Parti ou quelque Convoi. Celui
d'Artillerie et d'Argent qui est arrivé depuis pea
de Moscovie , a été suivi pendant quelques jours
par le Comte Pocci , et l'Escorte a eu à soutenir
contre lui plusieurs Combats , dans lesquels les
Ennemis ont beaucoup perdu des leurs.
Le Général Lesci fait tous les jours de nou
velles instances auprès de la Czarine pour obte
nir un nouveau renfort de Troupes , mais on ne
croit pas que S. M. Czarienne soit en état de lui
en envoyer.
Le Roy a reçu une copie de l'Acte de confé
dération , par lequel la Noblesse de quelques
Palatinats s'est engagée à ne point quitter les
Armes , jusqu'à ce que la Pologne soit délivrée
des Troupes Etrangeres qui l'oppriment.
ONa sur la fin dernier, un Courrier , arrivé de l'Ukraine à Dantzik
, que le Kan de Budziack , qui étoit campé
près de Choczim , avec un Corps considérable
de Tartares , s'étoit avancé dans cette Province ;
qu'il avoit attaqué les Troupes , commandées
par le Général Wiesbach ; que la Victoire avoit
1. Vol Gy été
2694 MERCURE
DE FRANCE
été dispurée pendant long- temps ; mais qu'enfin
Jes Moscovites avoient été contraints de prendre
la fure , qu'ils avoient perdu beaucoup de monde
, et s étoient retirez sous le Canon de la Ville
de Kiow , avec le reste des Troupes Moscovites.
་
Le Comte Pocci a envoyé au Roy une Lettre
, dont un Officier Moscovite , qui a été arrêté
par quelques Soldats des Troupes de Lithuanie
etoit chargé pour le Général Lesci , et
par laquelle le Baron d'Osterman mande à ce
Général , que la Czarine ne lui envoyera pas
nouveau secours de Troupes qu'il avoit demandé.
le
Il arrive à Dantzick de temps en temps quelques
uns des Gentils- Hommes qui ont assisté à
la prétendue Election faite en faveur de l'Electeur
de Saxe , et qui ne pouvant se résoudre à
paroître avoir part aux violences que le Général
Moscovite exerce dans la Pologne , se dérobent
de son Camp pour se rendre auprès du Roy; ils
ont rapporté que l'Armée ennemie souffroit une
extrême disette , parce que la plupart des Villa- .
ges des environs de Warsovie avoient été abandonnez
par les Païsans , qui ayant eu la précau.
tion de faire voiturer leurs provisions en lieu de
sûreté , avant l'arrivée des Moscovites ,
retirez dans la Forêt d'Ostrolensko , pour ne pas
payer les contributions excessives que les Ennemis
exigeoient d'eux ; les mêmes Gentils hommes
assurent que si le Général Lesci décampe
des environs de Warsovie , ce sera pour trou
ver moyen de faire subsister ses Troupes plutôr
que pour former quelqu'entreprise ; tous confirment
qu'il n'y avoir pas un seul Gentil - homme
de la grande Pologne , parmi les Opposans , lorsque
les Moscovites les forcerent de prociames
I. Vol.
s'étoient
PEDECEMBR
E. 1733. 2695
L'Electeur de Saxe , et que le Prince Wienovieski
après la proclamation de ce Prince , avoit fait
signer l'Acte d'Election à deux jeunes gens de la
Maison de Dialenski , qui étudient les Humanitez
à Warsovie , et au fils du feu Comte Potocki
, âgé seulement de 7 ans , afin qu'on ne pût
dire que la Noblesse de la premiere et de la plus
grande partie du Royaume , n'avoit cu aucune
part à cette Election ; ils ajoûtent qu'elle a été
faite au milieu de l'Armée Moscovire , et que
c'est une Hôtellerie qui a servi de lieu d'Assemblée
pour recueillir les suffrages.
La Noblesse des Palatinats , de Prusse, de Mariemboug
et de Russie , qui est assemblée depuis
quelque- temps à Graudentz , selon les Or
dres portez par les Universaux ; a fait une Confédération
, par laquelle elle s'engage à ne point
quitter les Armes que les Troupes Moscovites et
Saxones ne soient sorties des Terres de la Ré
publique et l'on assure que la plus grande par
tie de la Noblesse des autres Palatinats entrera
dans cette Confédération .
;
Plusieurs Villes et diverses Abbayes de la
Prusse Polonoise , et des autres Provinces Sep
tentrionales de la Pologne , font lever des Troupes
à leurs dépens pour le service du Roy.
On a reçu avis que le Comte Potoski , Régi
mentaire de la Couronne, étoit campé entre Sandomir
et Ospatow avec l'Armée , qui est aug
mentée considérablement , et que le Palatin de
Lublin s'étoit avancé vers Cracovie , avec um
Corps considérable de Troupes , pour empêcher
les Ennemis de s'en rendre maîtres.
Le Comte Poniatowski , Palatin de Masovie ,
qui est allé à Berlin , a écrit au Roy , que le 23
1. Vol. Gv No
2696 MERCURE DE FRANCE
Novembre il avoit eu audience de S. M. Pruss
sienne.
On apprend par Lettre de Dantzică du commencement
du mois , que les Troupes Moscovires
ne pouvant plus demeurer près de Warsovie ,
à cause de la disette des Vivres et des Fourages,
sont a lées campet à Lowitz , où elles exercent
beaucoup de violences,mais qu'elles éprouveront
bien-tôt dans leur nouveau Camp les mêmes incommoditez
qu'elles souffroient dans celui qu'el
Jes ont quitté , parce que la plupart des Pay sans
ont suivi l'exemple de ceux des Villages voisins de
Warsovie, et se sont retirez avec leurs Provisions
dans des Bois et sur des Montagnes d'un accès
fort difficile.
Le Regimentaire de la Couronne est toujours
campé entre Ospatow et Sandomir , er son Armée
est actuellement d'environ 25000 hommes.
Les deux Corps de Troupes qui sont sous les or
dres du Palatin de Lublin et du Comte Pocci,sont
fort augmentez: Le premier est à présent dans le
voisinage de Cracovie , et le second s'est avancé
dans le Palat nat de Russie , pour être plus à por
rée d'arrêter les Convois des Moscovites .
On croit que ces trois Généraux ne réuniront
pas si - tôt leurs Troupes , et que leur dessein est
de détruire l'Armée Ennemie , en lui ôtant tout
de subsister et en l'affoiblissant par des moyen
Combats continuels.
Les Levées que la Ville de Danzick et quelquesautres
de la Prusse Polonoise ont ordonnées,
se font avec beaucoup de succès , et l'on compte
Passembler incessamment dans cette Province
10 ou 12000 hommes de Troupes réglées. Plusieurs
Seigneurs ont fait prendre les Armes à
leurs Vassaux , et ils incommodent extrêmement
1. Vol Les
DECEMBRE. 1733. 2697
les Moscovites , à qui ils enlevent presque tous
les jours quelque Parti ou quelque Convoi. Celui
d'Artillerie et d'Argent qui est arrivé depuis pea
de Moscovie , a été suivi pendant quelques jours
par le Comte Pocci , et l'Escorte a eu à soutenir
contre lui plusieurs Combats , dans lesquels les
Ennemis ont beaucoup perdu des leurs.
Le Général Lesci fait tous les jours de nou
velles instances auprès de la Czarine pour obte
nir un nouveau renfort de Troupes , mais on ne
croit pas que S. M. Czarienne soit en état de lui
en envoyer.
Le Roy a reçu une copie de l'Acte de confé
dération , par lequel la Noblesse de quelques
Palatinats s'est engagée à ne point quitter les
Armes , jusqu'à ce que la Pologne soit délivrée
des Troupes Etrangeres qui l'oppriment.
Fermer
Résumé : POLOGNE.
En Pologne, des rapports récents signalent que le Khan de Budziack, à la tête d'un corps de Tartares, a attaqué les troupes du Général Wiesbach en Ukraine. Après une bataille indécise, les Moscovites se sont retirés à Kiow. Le Comte Pocci a transmis une lettre révélant que la Czarine ne fournira pas de nouveaux secours au Général Lesci. Des nobles ayant assisté à l'élection de l'Électeur de Saxe en Pologne rapportent que l'armée ennemie souffre de disette, les paysans ayant caché leurs provisions. Ils confirment que l'élection a été faite sous la contrainte des Moscovites et que la noblesse n'y a pas participé. La noblesse de plusieurs palatinats a formé une confédération pour chasser les troupes moscovites et saxonnes. Des villes et abbayes lèvent des troupes pour le service du Roi. Le Comte Potoski, avec une armée de 25 000 hommes, est campé entre Sandomir et Ospatow, tandis que le Palatin de Lublin et le Comte Pocci avancent avec leurs troupes pour contrer les ennemis. Les Moscovites, ayant quitté Warsovie, campent à Lowitz mais continuent de subir des attaques. Les levées de troupes dans la Prusse Polonoise se font avec succès, et plusieurs seigneurs harcèlent les Moscovites en attaquant leurs convois. Le Général Lesci demande en vain des renforts à la Czarine. Le Roi a reçu une copie de l'acte de confédération de la noblesse polonaise.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17233
p. 133-142
OBSERVATIONS sur l'Histoire de la MÉDECINE.
Début :
PLUSIEURS Sçavans se sont fait une réputation distinguée, en écrivant historiquement [...]
Mots clefs :
Chirurgie, Médecine, Art, Temps, Livre, Recherches, Collège, Réputation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : OBSERVATIONS sur l'Histoire de la MÉDECINE.
OBSERVATIONS fur l'Hiftoire de la
MÉDECINE.
PLUSIEURS Sçavans fe font fait une
réputation diftinguée , en écrivant hiftoriquement
fur la Médecine : Daniel le
Clerc & le Docteur Freind ont travaillé
d'une manière digne de la poſtérité.
Les éffais de Bernier , tout fatyriques
qu'ils font , ou peut-être auffi
parce qu'ils font fatyriques , fe font lire
avec pláifir , & joignent l'agrément
à l'inftruction. Nous ne citons pas le
livre de la Métrie , qui n'eft qu'une
invective raiſonnée. Ces Ouvrages fourniroient
à peine quelques matériaux
pour l'hiſtoire de la Médecine en
France. Pour la faire utilement , il
faudroit bien connoître les Auteurs &
leurs travaux ; rappeller quels ont ét
les fyftêmes fuivant lefquels les Prati
ciens ont éxércé dans les différens temps
expofer les progrès fucceffifs de l'art
134 MERCURE DE FRANCE .
les viciffitudes qu'il a éffuyées , le ca
price des différentes opinions d'où la
vie des hommes a dépendu ; marquer ,
fi l'on pouvoit , le fatal enchaînement
des circonftances qui ont donné de la
vogue aux Charlatans , & fait préférer
des affronteurs , à ceux qui méritoient
l'eftime du Public & qui pouvoient fe
rendre dignes de fa reconnoiffance ;
dire enfin quelles fuites malheureuſes a
eues cette confiance mal placée, & faire
voir que la protection qu'on accorde
aux uns aux dépens des autres , eft une
vraie confpiration contre l'humanité
dont les fiécles même qu'on accufe de
barbarie , n'ont pas eu à rougir.
Mais quelles connoiffances , quelles
recherches , quelle fagacité & quel
temps ne demanderoit pas un pareil
travail ! Nous n'en fommes pas dédommagés
par une brochure nouvelle qui
à pour titre Effai hiftorique fur la Médecine
en France. Ce que ce livre contient
de relatif à fon titre , ſe borne
à une lifte des noms & furnoms , des
premiers Médecins de nos Rois ; à celle
des noms & furnoms des Doyens de
la Faculté de Médecine de Paris , depuis
1395 , jufques & compris 1761 ,
élus chaque année le premier Samedi
AVRIL. 1763. 135
après la Touffaint ; ce qui n'eft pas
plus intéreffant , que les loix , les ftatuts
& les ufages de cette Faculté, qu'on
donne en entier , fans obmettre l'article
des fonctions des Bedeaux . On parle
plus au long d'Hippocrate , d'Afclepiade
, & de Galien , que de Fernel , de
Baillou & de Riolan. Eh ! qu'importe
à la Médecine Françoife ce qu'on dit
de S. Charles Borromée , qui dans la
deuxième partie des Actes du premier
Concile de Milan , a défendu aux Moines,
aux Chanoines réguliers & aux Clercs
de faire la Médecine ? L'Auteur de cet
éffai eft fans doute un jeune homme, nou
vellement forti des Ecoles , & qui aime à
tranfcrire du Latin. Il a pourtant bien
fenti que fes Lecteurs pourroient en être
fatigués: on n'approuvera peur-être pas ,
dit-il dans fa préface , plufieurs paffages
Latins dans un ouvrage François : j'écris
furtout pour mes Confrères & pour les
jeunes Médecins qui ne font pas fâchés
de rencontrer du Latin. C'eft ce qui fait
qu'on ne s'eft pas gêné là - deffus , & il
n'y a peut-être pas un grand inconvénient.
Mais ce que l'on auroit dû éviter , c'eſt
une fatyre perfonnelle contre le célébre
Tronchin,Médecin de Genêve , & avoir
un peu plus de modération fur les
136 MERCURE DE FRANCE .
à
Chirurgiens en général , parmi lesquels
il y en a qui font honneur à leur art ,
leur nation & à leur fiécle . C'eſt un
zéle de novice , que la maturité de l'ârendra
quelque jour plus difcret. ge
J'éffayerai de faire connoître l'eſprit
de recherches néceffaires pour écrire
l'hiftoire d'un art , par la difcuffion de
deux points dont il eft queftion dans
la brochure que je viens de citer. L'un
regarde la perfonne de Lanfranc , &
l'autre l'origine de la maladie honteufe
qui eft le fruit de la débauche .
Suivant l'Auteur de l'Effai hiftorique ,
on apprend par les écrits de Lanfranc de
Milan , qui arriva à Paris en 1295 ,
que cette Ville,dont pour lors l'enceinte
étoit peu étendue , avoit néanmoins
un affez grand nombre de Médecins qui
formoit un Collége ou Société qui étoit en
grande réputation. Il ajoute qu'il ignore
fur quel fondement les Auteurs anonymes
d'une efpéce de Factum , fans fignature,
qu'on diftribuoit il y a quelques années
furtivement avec un grand nombre de
cartons , & qu'on avoit décoré du titre
impofant de Recherches fur l'origine &
les progrès de la Chirurgie en Franont
fait Lanfranc de Milan
Membre du foi-difant Collége de Saint
ce >
AVRIL 1763. 137
els
>
Louis ; tandis que cette efpéce de Livre
avance dans un autre endroit que
Jean Pitard qui vivoit vers 1320 , en
étoit le Fondateur. On fe feroit bien
donné de garde , ajoute- t-on , de faire
de Lanfranc un Chirurgien , & furtout
un Chirurgien François , fi l'on avoit
pris la peine de lire fa Chirurgie , trèsbeau
Manufcrit de la Bibliothéque
Royale . En effet , continue l'Auteur
après avoir donné les plus grands éloges
aux Médecins de Paris , Lanfranc
gémit dans plus d'un endroit de l'état
miférable où étoit réduite de fon temps
Ja Chirurgie en France. Il. dit que les
Chirurgiens y étoient prèfque tous
idiots (fçachant à peine leur langue
tous laïques , vrais manoeuvres & fi
ignorans qu'à peine trouvoit- on un Chirurgien
rationel ; qu'ils ne fçavoient
point mettre de différence entre le cautère
actuel & le cautère potentiel , ce
qui étoit caufe qu'en France on ne fe
fervoit plus de cautère .
Dans toute cette injurieufe tirade , il
y a plus de fautes que de mots ; c'eſt ce
qu'il eft facile de prouver. L'Auteur qui
paroît ne connoître que le manufcrit de
la Chirurgie de Lanfranc à la Bibliothéque
Royale , ne fçait pas que cet
138 MERCURE DE FRANCE .
Ouvrage eft public par diverfes éditions
imprimées à Venife & ailleurs en
1490 , 1519 , 1544 & 1553 ; qu'il y en
a même une Traduction Françoife,trèsbien
imprimée en caractères femblables
à ceux d'un Livret qui a pour titre la
Civilité puérile & honnête . Or nous trouvons
dans la lecture même de Lanfranc
où l'on nous renvoye , le contraire de
tout ce qu'on allégue fur cet ancien Auteur
dans l'Effai hiftorique.
Il étoit Chirurgien. Il vint en France
forcément , comme plufieurs autres Italiens
que le malheur des temps chaffa de
leur pays pendant les factions des Guelphes
& des Gibelins. Il s'arrêta à Lyon
où il a exercé la Chirurgie ; il eft venu
à Paris où il a pratiqué & enfeigné cet
art avec la plus grande diftinction : donc
il étoit Chirurgien. La fource de l'erreur
qui a fait croire qu'il étoit ce que
nous appellons préfentement un Médecin
, vient de ce que ce terme étoit employé
alors dans fa vraie fignification .
Medicus , qui medetur. Tout homme
appliqué à la guérifon des maladies.
étoit Médecin ; c'eft pourquoi le Chirurgien
Lanfranc en prend le nom . On
diftinguoit par l'épithète de Phyficien
celui qui donnoit fon application à la
AVRIL. 1763 . 139
Médecine ſpéculativement,qui ne voyoit
ད །། point de malades , ou qui en les voyant
bornoit fes foins à des confeils & à
des avis ; tels font encore aujourd'hui
nos Médecins . Leurs Prédéceffeurs étoient
Eccléfiaftiques , & la plupart Chanoines
de Notre- Dame. Le mot de Chirurgien
étoit auffi une épithéte qui fervoir à défigner
fpécialement le Médecin qui opéroit
de la main , & Lanfranc même ne
fe fervoit pas fubftantivement du terme
Chirurgus , mais de l'Adjectif Cyrurgicus.
De même le mot Phyficus fuppofoit
toujours le fubftantif générique
medicus ; fans quoi le terme auroit
manqué la fignification dans laquelle
on l'employoit ; car la Phyfique a bien
d'autres parties que la Médecine ; &
ceux qui s'y appliquoient étoient certainement
des Phyficiens.
Les Médecins qui formoient à Paris
du temps de Lanfranc un Collége ou
Société en grande réputation étoient les
Pères du Collége de Chirurgie , pour
lequel Jean Pitard , premier Chirurgien
de S. Louis & de Philippe- le- Bel a obtenu
des Statuts & des Loix . Dans le
Chapitre fecond de fa grande Chirurgie
, Lanfranc traite des qualités néceffaires
à un Chirurgien , de qualitate,
140 MERCURE DE FRANCE.
formá , moribus & fcientiâ Cyrurgici . II
éxige de lui beaucoup plus qu'on ne
requiert aujourd'hui du Médecin. Il
établit des régles morales qui montrent
combien on étoit attentif à vouloir que
les Chirurgiens fuffent des Perfonnages
auffi refpectables par leur probité que
par le fçavoir. Au Chapitre XV , du
fpafme qui furvient à une playe , il
parle d'une bleffure à la tête qui avoit
été traitée à Milan par un de fes écoliers
Chirurgien , nommé Oliverius de monte
orphano : il le reprend d'avoir confoli- >
dé cette playe à l'extérieur , avant que
d'en avoir détergé le fond ; & pour ne
pas repéter fon nom , après l'avoir défigné
par le mot fcholaris Cyrurgicus ;
il l'appelle un peu plus bas , ille Medicus.
Que pourroit oppofer à des preuves
auffi convaincantes l'Auteur de l'Ef
fai hiftorique ?
Lanfranc , donne à fon ami Bernard,
les motifs qui l'ont engagé à écrire fur
la Chirurgie : pour l'amour de lui ; propter
amorem tuum , Bernarde cariffime.
Il s'y est déterminé par les prières &
par les ordres des Médecins ; propter
preces præceptaque venerabilium Phyfi
ca Magiftrorum. Il ne faut pas perdre
de vue les termes refpectueux dont il
*
AVRIL. 1763. 141
fe fert dans l'expreffion de ce motif ,
præcepta venerabilium ; & il faut les
comparer à ceux du motif fuivant , qui
eft l'amitié fraternelle qu'il portoit aux
-Eléves en Chirurgie qui le fuivoient
dans l'exercice de cet art pour en apprendre
la pratique fous un auffi grand
Maître : propter fraternum amorem valentium
Medicinae fcolarium , mihi tam
honorabilem facientium comitivam, On
ne voit nulle-part qu'il ait parlé injurieufement
des Chirurgiens , comme on
l'avance ; il dit au contraire formellement
qu'il n'a jamais offenfé perfonne
& qu'il a prié Dieu pour fes perfécuteurs.
Les recherches fur l'origine de la
Chirurgie qu'on appelle une espéce de
Livre , ne font pas de Lanfranc un Chirurgien
François . Elles difent qu'il étoit
de Milan , & qu'il a enfeigné & pratiqué
la Chirurgie à Paris. M. Winflow étoit
Danois & Médecin de Paris. Lanfranc
étoit contemporain de Jean Pitard, que
l'Auteur de l'Effai hiſtorique donne
pour vivant vers 1320. Il eſt mort fort
âgé en 1315. C'est dans la force de l'âge
& au retour de fon voyage de la Terre-
Sainte où il avoit accompagné S. Louis,
qu'il réunit les Chirurgiens en Corps.
1
142 MERCURE DE FRANCE.
Ils formoient une Société dès l'an 1260.
& Lanfranc n'eft venu à Paris qu'en
1295 ; où eft donc la contradiction de
le mettre au nombre des Chirurgiens de
Paris , c'est -à - dire de ceux qui éxerçoient
la Chirurgie dans cette Capitale ?
La fuite au Mercure prochain.
MÉDECINE.
PLUSIEURS Sçavans fe font fait une
réputation diftinguée , en écrivant hiftoriquement
fur la Médecine : Daniel le
Clerc & le Docteur Freind ont travaillé
d'une manière digne de la poſtérité.
Les éffais de Bernier , tout fatyriques
qu'ils font , ou peut-être auffi
parce qu'ils font fatyriques , fe font lire
avec pláifir , & joignent l'agrément
à l'inftruction. Nous ne citons pas le
livre de la Métrie , qui n'eft qu'une
invective raiſonnée. Ces Ouvrages fourniroient
à peine quelques matériaux
pour l'hiſtoire de la Médecine en
France. Pour la faire utilement , il
faudroit bien connoître les Auteurs &
leurs travaux ; rappeller quels ont ét
les fyftêmes fuivant lefquels les Prati
ciens ont éxércé dans les différens temps
expofer les progrès fucceffifs de l'art
134 MERCURE DE FRANCE .
les viciffitudes qu'il a éffuyées , le ca
price des différentes opinions d'où la
vie des hommes a dépendu ; marquer ,
fi l'on pouvoit , le fatal enchaînement
des circonftances qui ont donné de la
vogue aux Charlatans , & fait préférer
des affronteurs , à ceux qui méritoient
l'eftime du Public & qui pouvoient fe
rendre dignes de fa reconnoiffance ;
dire enfin quelles fuites malheureuſes a
eues cette confiance mal placée, & faire
voir que la protection qu'on accorde
aux uns aux dépens des autres , eft une
vraie confpiration contre l'humanité
dont les fiécles même qu'on accufe de
barbarie , n'ont pas eu à rougir.
Mais quelles connoiffances , quelles
recherches , quelle fagacité & quel
temps ne demanderoit pas un pareil
travail ! Nous n'en fommes pas dédommagés
par une brochure nouvelle qui
à pour titre Effai hiftorique fur la Médecine
en France. Ce que ce livre contient
de relatif à fon titre , ſe borne
à une lifte des noms & furnoms , des
premiers Médecins de nos Rois ; à celle
des noms & furnoms des Doyens de
la Faculté de Médecine de Paris , depuis
1395 , jufques & compris 1761 ,
élus chaque année le premier Samedi
AVRIL. 1763. 135
après la Touffaint ; ce qui n'eft pas
plus intéreffant , que les loix , les ftatuts
& les ufages de cette Faculté, qu'on
donne en entier , fans obmettre l'article
des fonctions des Bedeaux . On parle
plus au long d'Hippocrate , d'Afclepiade
, & de Galien , que de Fernel , de
Baillou & de Riolan. Eh ! qu'importe
à la Médecine Françoife ce qu'on dit
de S. Charles Borromée , qui dans la
deuxième partie des Actes du premier
Concile de Milan , a défendu aux Moines,
aux Chanoines réguliers & aux Clercs
de faire la Médecine ? L'Auteur de cet
éffai eft fans doute un jeune homme, nou
vellement forti des Ecoles , & qui aime à
tranfcrire du Latin. Il a pourtant bien
fenti que fes Lecteurs pourroient en être
fatigués: on n'approuvera peur-être pas ,
dit-il dans fa préface , plufieurs paffages
Latins dans un ouvrage François : j'écris
furtout pour mes Confrères & pour les
jeunes Médecins qui ne font pas fâchés
de rencontrer du Latin. C'eft ce qui fait
qu'on ne s'eft pas gêné là - deffus , & il
n'y a peut-être pas un grand inconvénient.
Mais ce que l'on auroit dû éviter , c'eſt
une fatyre perfonnelle contre le célébre
Tronchin,Médecin de Genêve , & avoir
un peu plus de modération fur les
136 MERCURE DE FRANCE .
à
Chirurgiens en général , parmi lesquels
il y en a qui font honneur à leur art ,
leur nation & à leur fiécle . C'eſt un
zéle de novice , que la maturité de l'ârendra
quelque jour plus difcret. ge
J'éffayerai de faire connoître l'eſprit
de recherches néceffaires pour écrire
l'hiftoire d'un art , par la difcuffion de
deux points dont il eft queftion dans
la brochure que je viens de citer. L'un
regarde la perfonne de Lanfranc , &
l'autre l'origine de la maladie honteufe
qui eft le fruit de la débauche .
Suivant l'Auteur de l'Effai hiftorique ,
on apprend par les écrits de Lanfranc de
Milan , qui arriva à Paris en 1295 ,
que cette Ville,dont pour lors l'enceinte
étoit peu étendue , avoit néanmoins
un affez grand nombre de Médecins qui
formoit un Collége ou Société qui étoit en
grande réputation. Il ajoute qu'il ignore
fur quel fondement les Auteurs anonymes
d'une efpéce de Factum , fans fignature,
qu'on diftribuoit il y a quelques années
furtivement avec un grand nombre de
cartons , & qu'on avoit décoré du titre
impofant de Recherches fur l'origine &
les progrès de la Chirurgie en Franont
fait Lanfranc de Milan
Membre du foi-difant Collége de Saint
ce >
AVRIL 1763. 137
els
>
Louis ; tandis que cette efpéce de Livre
avance dans un autre endroit que
Jean Pitard qui vivoit vers 1320 , en
étoit le Fondateur. On fe feroit bien
donné de garde , ajoute- t-on , de faire
de Lanfranc un Chirurgien , & furtout
un Chirurgien François , fi l'on avoit
pris la peine de lire fa Chirurgie , trèsbeau
Manufcrit de la Bibliothéque
Royale . En effet , continue l'Auteur
après avoir donné les plus grands éloges
aux Médecins de Paris , Lanfranc
gémit dans plus d'un endroit de l'état
miférable où étoit réduite de fon temps
Ja Chirurgie en France. Il. dit que les
Chirurgiens y étoient prèfque tous
idiots (fçachant à peine leur langue
tous laïques , vrais manoeuvres & fi
ignorans qu'à peine trouvoit- on un Chirurgien
rationel ; qu'ils ne fçavoient
point mettre de différence entre le cautère
actuel & le cautère potentiel , ce
qui étoit caufe qu'en France on ne fe
fervoit plus de cautère .
Dans toute cette injurieufe tirade , il
y a plus de fautes que de mots ; c'eſt ce
qu'il eft facile de prouver. L'Auteur qui
paroît ne connoître que le manufcrit de
la Chirurgie de Lanfranc à la Bibliothéque
Royale , ne fçait pas que cet
138 MERCURE DE FRANCE .
Ouvrage eft public par diverfes éditions
imprimées à Venife & ailleurs en
1490 , 1519 , 1544 & 1553 ; qu'il y en
a même une Traduction Françoife,trèsbien
imprimée en caractères femblables
à ceux d'un Livret qui a pour titre la
Civilité puérile & honnête . Or nous trouvons
dans la lecture même de Lanfranc
où l'on nous renvoye , le contraire de
tout ce qu'on allégue fur cet ancien Auteur
dans l'Effai hiftorique.
Il étoit Chirurgien. Il vint en France
forcément , comme plufieurs autres Italiens
que le malheur des temps chaffa de
leur pays pendant les factions des Guelphes
& des Gibelins. Il s'arrêta à Lyon
où il a exercé la Chirurgie ; il eft venu
à Paris où il a pratiqué & enfeigné cet
art avec la plus grande diftinction : donc
il étoit Chirurgien. La fource de l'erreur
qui a fait croire qu'il étoit ce que
nous appellons préfentement un Médecin
, vient de ce que ce terme étoit employé
alors dans fa vraie fignification .
Medicus , qui medetur. Tout homme
appliqué à la guérifon des maladies.
étoit Médecin ; c'eft pourquoi le Chirurgien
Lanfranc en prend le nom . On
diftinguoit par l'épithète de Phyficien
celui qui donnoit fon application à la
AVRIL. 1763 . 139
Médecine ſpéculativement,qui ne voyoit
ད །། point de malades , ou qui en les voyant
bornoit fes foins à des confeils & à
des avis ; tels font encore aujourd'hui
nos Médecins . Leurs Prédéceffeurs étoient
Eccléfiaftiques , & la plupart Chanoines
de Notre- Dame. Le mot de Chirurgien
étoit auffi une épithéte qui fervoir à défigner
fpécialement le Médecin qui opéroit
de la main , & Lanfranc même ne
fe fervoit pas fubftantivement du terme
Chirurgus , mais de l'Adjectif Cyrurgicus.
De même le mot Phyficus fuppofoit
toujours le fubftantif générique
medicus ; fans quoi le terme auroit
manqué la fignification dans laquelle
on l'employoit ; car la Phyfique a bien
d'autres parties que la Médecine ; &
ceux qui s'y appliquoient étoient certainement
des Phyficiens.
Les Médecins qui formoient à Paris
du temps de Lanfranc un Collége ou
Société en grande réputation étoient les
Pères du Collége de Chirurgie , pour
lequel Jean Pitard , premier Chirurgien
de S. Louis & de Philippe- le- Bel a obtenu
des Statuts & des Loix . Dans le
Chapitre fecond de fa grande Chirurgie
, Lanfranc traite des qualités néceffaires
à un Chirurgien , de qualitate,
140 MERCURE DE FRANCE.
formá , moribus & fcientiâ Cyrurgici . II
éxige de lui beaucoup plus qu'on ne
requiert aujourd'hui du Médecin. Il
établit des régles morales qui montrent
combien on étoit attentif à vouloir que
les Chirurgiens fuffent des Perfonnages
auffi refpectables par leur probité que
par le fçavoir. Au Chapitre XV , du
fpafme qui furvient à une playe , il
parle d'une bleffure à la tête qui avoit
été traitée à Milan par un de fes écoliers
Chirurgien , nommé Oliverius de monte
orphano : il le reprend d'avoir confoli- >
dé cette playe à l'extérieur , avant que
d'en avoir détergé le fond ; & pour ne
pas repéter fon nom , après l'avoir défigné
par le mot fcholaris Cyrurgicus ;
il l'appelle un peu plus bas , ille Medicus.
Que pourroit oppofer à des preuves
auffi convaincantes l'Auteur de l'Ef
fai hiftorique ?
Lanfranc , donne à fon ami Bernard,
les motifs qui l'ont engagé à écrire fur
la Chirurgie : pour l'amour de lui ; propter
amorem tuum , Bernarde cariffime.
Il s'y est déterminé par les prières &
par les ordres des Médecins ; propter
preces præceptaque venerabilium Phyfi
ca Magiftrorum. Il ne faut pas perdre
de vue les termes refpectueux dont il
*
AVRIL. 1763. 141
fe fert dans l'expreffion de ce motif ,
præcepta venerabilium ; & il faut les
comparer à ceux du motif fuivant , qui
eft l'amitié fraternelle qu'il portoit aux
-Eléves en Chirurgie qui le fuivoient
dans l'exercice de cet art pour en apprendre
la pratique fous un auffi grand
Maître : propter fraternum amorem valentium
Medicinae fcolarium , mihi tam
honorabilem facientium comitivam, On
ne voit nulle-part qu'il ait parlé injurieufement
des Chirurgiens , comme on
l'avance ; il dit au contraire formellement
qu'il n'a jamais offenfé perfonne
& qu'il a prié Dieu pour fes perfécuteurs.
Les recherches fur l'origine de la
Chirurgie qu'on appelle une espéce de
Livre , ne font pas de Lanfranc un Chirurgien
François . Elles difent qu'il étoit
de Milan , & qu'il a enfeigné & pratiqué
la Chirurgie à Paris. M. Winflow étoit
Danois & Médecin de Paris. Lanfranc
étoit contemporain de Jean Pitard, que
l'Auteur de l'Effai hiſtorique donne
pour vivant vers 1320. Il eſt mort fort
âgé en 1315. C'est dans la force de l'âge
& au retour de fon voyage de la Terre-
Sainte où il avoit accompagné S. Louis,
qu'il réunit les Chirurgiens en Corps.
1
142 MERCURE DE FRANCE.
Ils formoient une Société dès l'an 1260.
& Lanfranc n'eft venu à Paris qu'en
1295 ; où eft donc la contradiction de
le mettre au nombre des Chirurgiens de
Paris , c'est -à - dire de ceux qui éxerçoient
la Chirurgie dans cette Capitale ?
La fuite au Mercure prochain.
Fermer
Résumé : OBSERVATIONS sur l'Histoire de la MÉDECINE.
Le texte examine l'histoire de la médecine en France, mettant en lumière les contributions de savants tels que Daniel le Clerc et le Docteur Freind. Les œuvres de Bernier, bien que satiriques, sont reconnues pour leur agrément et leur valeur instructive. Le texte critique un ouvrage récent intitulé 'Essai historique sur la Médecine en France', le jugeant insuffisant pour une histoire complète de la médecine. Cet essai se limite à des listes de noms et de lois, manquant de profondeur sur les systèmes médicaux, les progrès et les vicissitudes de l'art médical. Il mentionne des figures historiques comme Hippocrate, Asclépiade et Galien, mais néglige des médecins français importants tels que Fernel, Baillou et Riolan. L'auteur de l'essai est décrit comme un jeune homme récemment sorti des écoles, appréciant la transcription du latin. Le texte critique également une satire personnelle contre le célèbre médecin Tronchin et manque de modération envers les chirurgiens. Il discute ensuite de la figure de Lanfranc de Milan, clarifiant son rôle en tant que chirurgien et son influence sur la chirurgie à Paris. Le texte rectifie les erreurs de l'essai historique concernant Lanfranc, affirmant qu'il était un chirurgien respecté et non un médecin au sens moderne. Il conclut en soulignant l'importance de recherches approfondies pour écrire l'histoire de la médecine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17234
p. 2846-2847
Ouverture du College Royal.
Début :
Les Professeurs du College Royal de France, fondé à Paris par le Roy François [...]
Mots clefs :
Collège royal de France, Chaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ouverture du College Royal.
Ouverture du College Royal
Les Professeurs du College Royal de
France , fondé à Paris par le Roy François
I. le Pere et le Restaurateur des Lettres
, reprirent leurs exercices , et commencerent
leur Année Académique le
Lundi 19 Novembre . Voici les noms des
Sçavans qui remplissent actuellement les
I. Vol. Chaires
DECEMBRE 2847 1732 .
Chaires de ce fameux College , sous l'ins,
pection de M. Clement.
Pour la Langue Hébraïque.
Mrs. Sallier et Henri.
Pour la Langue Grecque.
Mrs. Capperonnier et N ....
Pour les Mathematiques:
Mrs. Chevalier et Pothenot.
Pour la Philosophie.
Mrs. Terrasson et Privat de Molieres
Pour l'Eloquence Latine.
Mrs. Rollin et N....
Pour la Medecine , la Chirurgie ,
la Pharmacie et la Botanique.
Mrs. Andry , Burette , Astruc et N ....
Pour la Langue Arabe.
Mrs. de Fiennes , Secretaire , Interprete
ordinaire du Roy , et Fourmont.
Pour le Droit Canon .
Mrs. Cappon et le Merre.
Pour la Langue Syriaque.
M. l'Abbé Fourmont.
Les Professeurs du College Royal de
France , fondé à Paris par le Roy François
I. le Pere et le Restaurateur des Lettres
, reprirent leurs exercices , et commencerent
leur Année Académique le
Lundi 19 Novembre . Voici les noms des
Sçavans qui remplissent actuellement les
I. Vol. Chaires
DECEMBRE 2847 1732 .
Chaires de ce fameux College , sous l'ins,
pection de M. Clement.
Pour la Langue Hébraïque.
Mrs. Sallier et Henri.
Pour la Langue Grecque.
Mrs. Capperonnier et N ....
Pour les Mathematiques:
Mrs. Chevalier et Pothenot.
Pour la Philosophie.
Mrs. Terrasson et Privat de Molieres
Pour l'Eloquence Latine.
Mrs. Rollin et N....
Pour la Medecine , la Chirurgie ,
la Pharmacie et la Botanique.
Mrs. Andry , Burette , Astruc et N ....
Pour la Langue Arabe.
Mrs. de Fiennes , Secretaire , Interprete
ordinaire du Roy , et Fourmont.
Pour le Droit Canon .
Mrs. Cappon et le Merre.
Pour la Langue Syriaque.
M. l'Abbé Fourmont.
Fermer
Résumé : Ouverture du College Royal.
Le Collège Royal de France, fondé par François Ier, a repris ses activités académiques le 19 novembre 1732 sous la supervision de M. Clément. Les chaires sont occupées par des savants renommés dans divers domaines, dont M. Sallier et M. Henri pour l'hébreu, M. Chevalier et M. Pothenot pour les mathématiques, et M. Andry pour la médecine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17235
p. 1202-1203
MADRIGAL. POUR Mlle P...... qui joua le Role de Teglis dans la Tragedie de Pyrrhus et Teglis, représentée à l'Arsenal.
Début :
Quand sous l'habit de Melpomene, [...]
Mots clefs :
Pyrrhus et Téglis, Tragédie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL. POUR Mlle P...... qui joua le Role de Teglis dans la Tragedie de Pyrrhus et Teglis, représentée à l'Arsenal.
MADRIGAL.
POUR Mlle P .... qui joua le Role de
Teglis dans la Tragedie de Pyrrhus et
Teglis , représentée à l'Arsenal.
Uand sous l'habit de Melpomene ,
Attirant tous les coeurs à vous ,
L'Amour vous , voit verser des larmes sur la
Scene ;
Il vous croit tendre , et tombe à vos genoux ,
>
I. Vol.
Yous
JUIN. $ 734. 1203
Vous entretenir de sa peine ;
Mais bien loin deflater son amoureux tourment ,
Voyant qu'on ne veut pas l'écouter seulement ;
Ah ! dit ce petit Dieu , fondant en pleurs luimême
,
Vous feignez de pleurer , charmant objet que
j'aime ,
Et je pleure sincerement.
Mlle Malcrais de la Vigne.
POUR Mlle P .... qui joua le Role de
Teglis dans la Tragedie de Pyrrhus et
Teglis , représentée à l'Arsenal.
Uand sous l'habit de Melpomene ,
Attirant tous les coeurs à vous ,
L'Amour vous , voit verser des larmes sur la
Scene ;
Il vous croit tendre , et tombe à vos genoux ,
>
I. Vol.
Yous
JUIN. $ 734. 1203
Vous entretenir de sa peine ;
Mais bien loin deflater son amoureux tourment ,
Voyant qu'on ne veut pas l'écouter seulement ;
Ah ! dit ce petit Dieu , fondant en pleurs luimême
,
Vous feignez de pleurer , charmant objet que
j'aime ,
Et je pleure sincerement.
Mlle Malcrais de la Vigne.
Fermer
Résumé : MADRIGAL. POUR Mlle P...... qui joua le Role de Teglis dans la Tragedie de Pyrrhus et Teglis, représentée à l'Arsenal.
Le madrigal, daté de juin 1734, est dédié à Mlle Malcrais de la Vigne, qui joue Teglis dans 'Pyrrhus et Teglis'. L'Amour, ému par ses larmes sur scène, comprend qu'elles sont feintes pour toucher le public. Déçu, il pleure en reconnaissant son talent.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17237
p. 310-312
ENIGME.
Début :
Sans contredit les Enfers m'ont fait naistre [...]
Mots clefs :
Petite vérole
17238
p. 1162-1167
« HISTOIRES du Comté d'Oxfort, de Miledy d'Herby, d'Eustache de Saint [...] »
Début :
HISTOIRES du Comté d'Oxfort, de Miledy d'Herby, d'Eustache de Saint [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « HISTOIRES du Comté d'Oxfort, de Miledy d'Herby, d'Eustache de Saint [...] »
HISTOIRES du Comté d'Oxfort, de Miledy d'Herby, d'Eustache de Saint
I. Vol.
de
JUIN.
1737
1168
Pierre , et de Beatrix de Guinés , au Sie-
ge de Calais
sous le Regne de Philipe
de Valois , Roy de France. Par Madame
de Gomez. A Paris , chés de Poilly , Li-
braire , Quay de Conty , au coin de la
ruë Guenegault , aux Armes d'Angleter-
se , 1737. in 12.
PHILOCTETE, ou Voyage instructif
et amusant, avec des Refléxions Politiques,
Militaires et Morales. Par M. An-
sart , Lieutenant de Dragons ; enrichi de
figures en Taille douce. A Paris, chés le
même Libraire , 1737. in 12.
LA PRETENDUE VEUVE, ou l'Epoux
Magicien, Comédie en cinq Actes, traduite
de l'Anglois de feu M. Adisson , et
mise en Vers par M.Descazeaux Desgran-
•
ges. A Paris , chés Bauche et le Breton,
Quay des Augustins , Gissey , ruë de la
vieille Bouclerie, Briasson, rue S. Jacques,
et Debats , Grand'Salle du Palais , in 12.
1737. Prix 30. sols.
DISCOURS SUR L'HARMONIE.
A Paris, au Palais, chés Jacques-Nicolas
le Clerc , 1737. pages 89.e
REMARQUES Chronologiques sur l'Ancien Testament, proposées à l'examen
1. Vol
F
l'Ancien
1164 MERCURE DE FRANCE
des Sçavans , avec le Plan d'une
Explication des saintes Ecritures. A Pa
ris , chés Kollin , fils , 1737. in 8 .
NOUVEAU COURS de Chymie,
suivant les principes de Newton et de
Sthall . Avec un Discours Historique sur
l'origine et les progrès de la Chymie.
Nouvelle Edition , revûë et corrigée. A
Paris , chés Jacques Vincent , ruë S. Se-
verin , 1737. in 12. deux Parties.
LA VIE de S. Thomas d'Aquin, de
l'Ordre des Freres Prêcheurs, Docteur
de l'Eglise, Avec un Exposé de sa Doc-
trine et de ses Ouvrages. Par le P. A.
Touron , du même Ordre. A Paris ,
bre de Jessé , 1737. vol. in 4.e
chés
Gissey , ruë de la vieille Bouclerie , à l'Ar-
MEMOIRES de M. de la Colonie,
Maréchal de Camp des Armées de l'Electeur
de Baviere , contenant les Eve-
nemens de la guerre depuis le Siege de
Namur en 1692. jusqu'à la Bataille de
Bellegrade en 1717. Les motifs qui enga-
gerent l'Electeur de Baviere a prendre le
parti de la France contre l'Empereur en
1701. La description circonstanciée des
1. Vol
Batailles
JUI N.
1737.
1165
Batailles et des Sieges en Allemagne , en
Flandres, en Espagne, &c. avec les Avan-
tures et les Combats particuliers l'Au-
teur. A Bruxelles , 1737. deux vol. in 12 .
MEMOIRES POSTHUMES du Com
te de D ... B ... avant son retour à Dieu,
fondé sur l'expérience des vanités humai-
nes. Par M. le Chevalier de Mouby , troi-
siéme Partic. A Paris , au Palais , chés
Gregoire- Antoine Dupuis, au cinquième
Pilier de la Grand'Salle , au S. Esprit ,
1737. in 12.
MEMOIRES de Milord *** , Tra-
duits de l'Anglois par M. D. L. P. A
Paris , chés Prault, Pere , Quay de Gê
vres , au Paradis , 1737. in 12.
DISSERTATION sur la Pierre des
Reins et de la Vessie , avec une Méthode
simple et facile pour la dissoudre sans
endommager les organes de l'urine ; avec
la réponse à certains traits de Critique
de M. Astruc , contre la Dissertation de
M. de Sault , sur la Maladie Venerienne,
lesquels se trouvent dans le Livre du mê
me M. Astruc de Morbis Venereis. A Pa-
ris , chés Jacques Guerin , Libraire - Im-
primeur, Quay des Augustins, 1736. vol,
in 12. de 307. pages.
I. Vol.
Fij
SUPLE-
1166 MERCURE DE FRANCE
SUPLEMENT au Glossaire du Roman
de la Rose , contenant des Notes Criti-
ques, Historiques et Grammaticales. Une
Dissertation sur les Auteurs de ce Ro-
man. L'Analyse de ce Poëme. Un Dis
cours sur l'utilité des Glossaires . Les Va-
riantes restituées sur un Manuscrit de
M. le Président Bouhier de Savigny , et
une Table des Auteurs cités dans cet Ou-
vrage.
Multa renascentur qua jam cecidere, cadentque
Qua nunc sunt in honore vocabula.
Q. Horatii , de Arte Poëtica. Lib.
A Dijon , chés J. Sirot , Imprimeurs
Libraire , Place S. Etienne , 1737. vol. in
12. de 344. pages , sans la Table des
Auteurs.
L'ANATOMIE d'Oribase , tirée des
Livres de Galien , avec la Version Latinę
de J. B. Rasario , et les Notes de Guil
laume Dundass , qui a pris soin de cette
Edition . A Leyde , chés Jean Arn. Lans
gerack , 1735. in 4. de 287. pages , sans la
Table et les Additions.
LOGIQUE , ou Systême abregé de Re-
fléxions qui peuvent contribuer à la net-
teté et à l'étendue de nos connoissances,
I. Vol
Par
JUIN.
1737.
1167
Par M. de Crousaz. Seconde Edition , re-
vûë et corrigée par l'Auteur . A Amster
dam , chés Chatelain , 1736. 2. vol. in 8 .
LA GEOGRAPHIE Moderne , Na-
turelle , Historique et Politique , dans
une Méthode nouvelle et aisée. par M.
Abraham Dubois , Géographe ; divisée
en 4. Tomes , avec plusieurs Cartes et
une Table des Matieres . A la Haye chés
Jacques Vanden Kieboom et Gerard Block,
1736. in 4.
RECUEIL des Lettres de Madame la
Marquise de Sévigné, à Mad. la Comtesse
de Grignan , sa fille , Tomes V. et VI.
A Paris , chés Rollin , fils , Quay des
Augustins , 1737, in 12.
LETTRE Critique et Historique à
Auteur de la Vie de Pierre Gassendi. A
Paris, chés F. Herissant, ruë neuve N. D.
à la Providence , 1737. in 12.
I. Vol.
de
JUIN.
1737
1168
Pierre , et de Beatrix de Guinés , au Sie-
ge de Calais
sous le Regne de Philipe
de Valois , Roy de France. Par Madame
de Gomez. A Paris , chés de Poilly , Li-
braire , Quay de Conty , au coin de la
ruë Guenegault , aux Armes d'Angleter-
se , 1737. in 12.
PHILOCTETE, ou Voyage instructif
et amusant, avec des Refléxions Politiques,
Militaires et Morales. Par M. An-
sart , Lieutenant de Dragons ; enrichi de
figures en Taille douce. A Paris, chés le
même Libraire , 1737. in 12.
LA PRETENDUE VEUVE, ou l'Epoux
Magicien, Comédie en cinq Actes, traduite
de l'Anglois de feu M. Adisson , et
mise en Vers par M.Descazeaux Desgran-
•
ges. A Paris , chés Bauche et le Breton,
Quay des Augustins , Gissey , ruë de la
vieille Bouclerie, Briasson, rue S. Jacques,
et Debats , Grand'Salle du Palais , in 12.
1737. Prix 30. sols.
DISCOURS SUR L'HARMONIE.
A Paris, au Palais, chés Jacques-Nicolas
le Clerc , 1737. pages 89.e
REMARQUES Chronologiques sur l'Ancien Testament, proposées à l'examen
1. Vol
F
l'Ancien
1164 MERCURE DE FRANCE
des Sçavans , avec le Plan d'une
Explication des saintes Ecritures. A Pa
ris , chés Kollin , fils , 1737. in 8 .
NOUVEAU COURS de Chymie,
suivant les principes de Newton et de
Sthall . Avec un Discours Historique sur
l'origine et les progrès de la Chymie.
Nouvelle Edition , revûë et corrigée. A
Paris , chés Jacques Vincent , ruë S. Se-
verin , 1737. in 12. deux Parties.
LA VIE de S. Thomas d'Aquin, de
l'Ordre des Freres Prêcheurs, Docteur
de l'Eglise, Avec un Exposé de sa Doc-
trine et de ses Ouvrages. Par le P. A.
Touron , du même Ordre. A Paris ,
bre de Jessé , 1737. vol. in 4.e
chés
Gissey , ruë de la vieille Bouclerie , à l'Ar-
MEMOIRES de M. de la Colonie,
Maréchal de Camp des Armées de l'Electeur
de Baviere , contenant les Eve-
nemens de la guerre depuis le Siege de
Namur en 1692. jusqu'à la Bataille de
Bellegrade en 1717. Les motifs qui enga-
gerent l'Electeur de Baviere a prendre le
parti de la France contre l'Empereur en
1701. La description circonstanciée des
1. Vol
Batailles
JUI N.
1737.
1165
Batailles et des Sieges en Allemagne , en
Flandres, en Espagne, &c. avec les Avan-
tures et les Combats particuliers l'Au-
teur. A Bruxelles , 1737. deux vol. in 12 .
MEMOIRES POSTHUMES du Com
te de D ... B ... avant son retour à Dieu,
fondé sur l'expérience des vanités humai-
nes. Par M. le Chevalier de Mouby , troi-
siéme Partic. A Paris , au Palais , chés
Gregoire- Antoine Dupuis, au cinquième
Pilier de la Grand'Salle , au S. Esprit ,
1737. in 12.
MEMOIRES de Milord *** , Tra-
duits de l'Anglois par M. D. L. P. A
Paris , chés Prault, Pere , Quay de Gê
vres , au Paradis , 1737. in 12.
DISSERTATION sur la Pierre des
Reins et de la Vessie , avec une Méthode
simple et facile pour la dissoudre sans
endommager les organes de l'urine ; avec
la réponse à certains traits de Critique
de M. Astruc , contre la Dissertation de
M. de Sault , sur la Maladie Venerienne,
lesquels se trouvent dans le Livre du mê
me M. Astruc de Morbis Venereis. A Pa-
ris , chés Jacques Guerin , Libraire - Im-
primeur, Quay des Augustins, 1736. vol,
in 12. de 307. pages.
I. Vol.
Fij
SUPLE-
1166 MERCURE DE FRANCE
SUPLEMENT au Glossaire du Roman
de la Rose , contenant des Notes Criti-
ques, Historiques et Grammaticales. Une
Dissertation sur les Auteurs de ce Ro-
man. L'Analyse de ce Poëme. Un Dis
cours sur l'utilité des Glossaires . Les Va-
riantes restituées sur un Manuscrit de
M. le Président Bouhier de Savigny , et
une Table des Auteurs cités dans cet Ou-
vrage.
Multa renascentur qua jam cecidere, cadentque
Qua nunc sunt in honore vocabula.
Q. Horatii , de Arte Poëtica. Lib.
A Dijon , chés J. Sirot , Imprimeurs
Libraire , Place S. Etienne , 1737. vol. in
12. de 344. pages , sans la Table des
Auteurs.
L'ANATOMIE d'Oribase , tirée des
Livres de Galien , avec la Version Latinę
de J. B. Rasario , et les Notes de Guil
laume Dundass , qui a pris soin de cette
Edition . A Leyde , chés Jean Arn. Lans
gerack , 1735. in 4. de 287. pages , sans la
Table et les Additions.
LOGIQUE , ou Systême abregé de Re-
fléxions qui peuvent contribuer à la net-
teté et à l'étendue de nos connoissances,
I. Vol
Par
JUIN.
1737.
1167
Par M. de Crousaz. Seconde Edition , re-
vûë et corrigée par l'Auteur . A Amster
dam , chés Chatelain , 1736. 2. vol. in 8 .
LA GEOGRAPHIE Moderne , Na-
turelle , Historique et Politique , dans
une Méthode nouvelle et aisée. par M.
Abraham Dubois , Géographe ; divisée
en 4. Tomes , avec plusieurs Cartes et
une Table des Matieres . A la Haye chés
Jacques Vanden Kieboom et Gerard Block,
1736. in 4.
RECUEIL des Lettres de Madame la
Marquise de Sévigné, à Mad. la Comtesse
de Grignan , sa fille , Tomes V. et VI.
A Paris , chés Rollin , fils , Quay des
Augustins , 1737, in 12.
LETTRE Critique et Historique à
Auteur de la Vie de Pierre Gassendi. A
Paris, chés F. Herissant, ruë neuve N. D.
à la Providence , 1737. in 12.
Fermer
17240
p. 372-373
AUTRE ENIGME.
Début :
Je ne dois point le jour à qui m'a donné l'estre, [...]
Mots clefs :
Ombre
17241
p. 1203-1204
« L'Académie Royale de Musique, continuë toujours avec succès les Représentations [...] »
Début :
L'Académie Royale de Musique, continuë toujours avec succès les Représentations [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Ballet des Éléments, Comédiens-Italiens, Petit Maître amoureux, Ballet, Musique, Succès, Opéra
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Académie Royale de Musique, continuë toujours avec succès les Représentations [...] »
L'Académie Royale de Musique , continue
toujours avec succès les Représentations
du Ballet des Elemens ; c'est le même
qui fut dansé par le Roi en son Château
des Thuilleries au mois de Decembre
1721. Nous avons déja donné un Extrait
du Poëme , de la composition de
M.Roy, qu'on peut voir dans le Mercure
de Janvier 1722. Ce Ballet qui fut remis
ensuite au Theatre de l'Opera en Mai
1625. et en Fevrier 1727. est toujours
composé d'un Prologue , dont le sujet est.
·le Cabos, et de quatre differentes Entrées ,
l'Air , le Feu , l'Eau , et laTerre . Les Dlles
Antier , le Maure et Petitpas remplissent
parfaitement bien les principaux Rôles
les Sieurs Dun ,
que
Tribou et Jeliot. Le Ballet composé par le
Sr. Blondi , fait beaucoup de plaisir , et
les danses en particulier sont très- bien cade
même
I. Vol.
Chassé ,
racte1204
MERCURE DE FRANCE
racterisées , distribuées avec art et parfaitement
executées par les meilleurs Sujets
de l'Académie.Cet Opera a un fort grand
succès , la Musique est de M. Destouches .
Les Comediens Italiens préparent une
Comedie nouvelle , sous le titre du Petit
Maître Amoureux , dont on parlera en
son tems.
toujours avec succès les Représentations
du Ballet des Elemens ; c'est le même
qui fut dansé par le Roi en son Château
des Thuilleries au mois de Decembre
1721. Nous avons déja donné un Extrait
du Poëme , de la composition de
M.Roy, qu'on peut voir dans le Mercure
de Janvier 1722. Ce Ballet qui fut remis
ensuite au Theatre de l'Opera en Mai
1625. et en Fevrier 1727. est toujours
composé d'un Prologue , dont le sujet est.
·le Cabos, et de quatre differentes Entrées ,
l'Air , le Feu , l'Eau , et laTerre . Les Dlles
Antier , le Maure et Petitpas remplissent
parfaitement bien les principaux Rôles
les Sieurs Dun ,
que
Tribou et Jeliot. Le Ballet composé par le
Sr. Blondi , fait beaucoup de plaisir , et
les danses en particulier sont très- bien cade
même
I. Vol.
Chassé ,
racte1204
MERCURE DE FRANCE
racterisées , distribuées avec art et parfaitement
executées par les meilleurs Sujets
de l'Académie.Cet Opera a un fort grand
succès , la Musique est de M. Destouches .
Les Comediens Italiens préparent une
Comedie nouvelle , sous le titre du Petit
Maître Amoureux , dont on parlera en
son tems.
Fermer
Résumé : « L'Académie Royale de Musique, continuë toujours avec succès les Représentations [...] »
L'Académie Royale de Musique présente avec succès le Ballet des Éléments, initialement dansé par le Roi au Château des Tuileries en décembre 1721. Un extrait du poème de M. Roy a été publié dans le Mercure de janvier 1722. Ce ballet a été repris au Théâtre de l'Opéra en mai 1625 et en février 1727. Il comprend un prologue sur le Chaos et quatre entrées représentant l'Air, le Feu, l'Eau et la Terre. Les rôles principaux sont interprétés par les demoiselles Antier, le Maure et Petitpas, ainsi que par les sieurs Dun, Tribou et Jeliot. Le ballet, chorégraphié par M. Blondi, est apprécié pour ses danses bien exécutées par les meilleurs sujets de l'Académie. La musique est composée par M. Destouches. Par ailleurs, les Comédiens Italiens préparent une nouvelle comédie intitulée 'Le Petit Maître Amoureux'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17243
p. 312-313
AUTRE ENIGME.
Début :
Malgré mon teint obscur dont noire est la couleur, [...]
Mots clefs :
Fer à repasser le linge
17244
p. 2848-2851
SUITE des Nouvelles du Bureau Typographique.
Début :
On écrit de Londres que le Bureau Typographique y a excité la curiosité des François [...]
Mots clefs :
Chirurgien, Inflammations, Actrice, Bureau typographique, Tropes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE des Nouvelles du Bureau Typographique.
SUITE des Nouvelles du Bureau Typographique.
N écrit de Londres que le Bureau Typographique
y a excité la curiosité des François
et des Anglois. On demande sur la construction
et l'usage de ce Bureau , les éclaircissemens nécessaires
, et tout ce qui a paru pour et contre
cette nouvelle maniere de montrer aux Enfans
les premiers élemens des Lettres.
Bien des Personnes à Paris trouvent la Machine
du Bureau trop longue pour être placée
dans un appartement ; mais on a déja fait voir
le peude place qu'elle occupe derriere trois Fauteuils
, sans déranger la Chambre de ceux qui
préferent l'arangement des Meubles à l'éducation
de leurs Enfans : d'ailleurs , en faisant faire de
plus petites cartes que celles dont on se sert ordinairement
, il sera facile d'avoir des Bureaux
plus courts et moins larges.
Trois Enfans du Bureau Typographique sont
heureusement guéris , deux de la petite Verole ,
et l'autre d'une maladie encore plus dangereuse :
si le Seigneur en avoit pris quelqu'un , les critiques
n'auroient pas manqué d'en mettre la mort
sur le compte de la nouvelle methode , ne résonmant
pas plus juste en cela que si l'on attribuoit
Jeur guérison au précedent Exercice Typographique
.
Pierre Wite , rue S. Jacques , à l'Ange Gardien
, vend une Brochure in 12. de 108. pages
intitulée , Réponse de M. Perquis , Maître de
Philosophie , d'Humanités et de Typographie
à la Lettre d'un Professeur anonime , de l'Uni
versité de Paris , inserée dans le Mercure d
4. Vol. Fevrie
DECEMBRE 1731. 2849
dit
Fevrier 1731. Ce Professeur anonime est ,
on , le nouvel Editeur de la Methode de M. Le
Fevre , Methode bien differente de celles des Colleges.
L'Auteur des Tropes , dans le 2d Vol. du
Mercure du mois de Juin , a justifié contre ce Professeur
anonime , l'Article des nouvelles Metho
des. La réponse de M. Perquis , quoique de vieille
datte , pourra cependant servir de réponse et de
réplique aux adversaires du Bureau , qui préferent
toujours les anciennes méthodes aux nouvelles.
L'on verra par cette Brochure , que le
Maître de Bureau Typographique ne soûtient
pas mal sa qualité de Maître de Philosophie ,
par la force et la justesse des raisonnemens dont
sa vive réponse est remplie ; cela paroît d'autant
plus surprenant dans un Humaniste , qu'il
y en a peu de sensibles à l'esprit philosophique ,
ou à l'art de raisonner.
Les curieux qui voudront faire faire des Bureaux
à leur Menuisier , et prendre eux -mêmes
la peine de les garnir , trouveront des Abécés
sur cuivre , ou des lettres à jour chez le Sr. Le
Comte , rue Jacob , à la porte de la Charité ,
et chez le Sr. Cadoret , aux Charniers des Sts.
Innocents , du côté de la rue au Fer , à l'Enseigne
du Bureau Typographique.
Les Personnes qui souhaitteront faire usage
des Classes du Bureau , en trouveront de toutes
garnies dans la maison atenant la porte du College
de Lisieux , du côté de S. Etienne des Grès.
On y trouvera aussi des grands et des petits
Abécés , imprimés sur des cartes , avec la feüille
élementaire en Placard pour la démonstration ,
la dénomination des Lettres la premiere silabisation
, &c.
>
Quoique les matieres de Chirurgie ne soient
I. Vol pas
2850 MERCURE DE FRANCE
pas entierement du ressort du Mercure › nous
pune
nous dispenserons pas , ( attendu l'utilité
blique , d'annoncer un Livre imprimé chez
Charles Osmont , rue S. Jacques , intitulé , Observations
de Chirurgie , par Henry Ledran
Chirurgien Juré à Paris , de la Societé des Arts
Ce qui nous engage à en parler , c'est qu'on
nous a montré un livre du même Auteur , intitulé
, Parallele des differentes manieres de parà
ler , qui se vend chez le même Imprimeur , et
que Mr. Duglas , fameux Docteur en Medecine
à Londres a traduit en Anglois sans y faire
aucun changement. Il a fait honneur à notre
Chirurgie , et le Public ne sera pas fâché d'apprendre
que les Etrangers ne dédaignent pas
d'adopter nos manieres de penser , et d'operer
dans un Art aussi nécessaire à la vie , qui a fait
tant de progrès chez nous , et qui se perfectionne
tous les jours,
Il paroît depuis peu une Estampe qui a un
très-grand débit , et qui mérite bien l'approbation
qu'elle a des Curieux. C'est une très - heureuse
production du Pinceau et duBurin deMrs.Charles
Coypel et N. Drevet , dont la réputation est
assez connuë par des morceaux de plus grande
conséquence ; mais on peut dire , qu'en son
genre , celui- cy doit passer pour leur chef- d'oeu
vre. C'est le Portrait de Mlle Le Couvreur
Actrice du Theatre François , celebre par ses talens
pour la déclamation , morte , generalement
regrettée, au mois de Mars 1730. On en trouvera
un Article assez étendu dans le Mercure de ce
mois-là. Elle est representée en Cornelie , tenant
P'Urne qui renferme les cendres de Pompée.
Cette Estampe se vend chez Mr. Francoeur
1. Vol. дыё
?
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
2
4
DECEMBRE 1731. 28 Fr
rue neuve des petits Champs , vis - à-vis la Com
pagnie des Indes , et chez Mr. Drevet , aux Galleries
du Louvre.
L'Utilité publique nous engage de publier l'Avis
qui suit :
Par Brevet de M. le premier Medecin du Roy
le Sr. Decourbiere fait distribuer une Poudre
composée de Simples , pour la guérison radicalle
des Hemorroïdes . Elle appaise les Enflammations,
gonflemens et douleurs en cinq ou six prises
Elle est facile à prendre , et ne cause aucune révolution
; elle se conserve , et on peut l'envoyer
par tout. Il faut s'adresser à Paris , au Sieur La
Coste , Chirurgien , rue du petit Lion , Fauxbourg
S. Germain , chez Madame Frontier . Ceux
qui auront besoin de ce Remede sont priez
d'envoyer des gens
fideles ; il est le seul qui le
distribuë , et il donne les prises cachetées , avec
la maniere de les prendre.
N écrit de Londres que le Bureau Typographique
y a excité la curiosité des François
et des Anglois. On demande sur la construction
et l'usage de ce Bureau , les éclaircissemens nécessaires
, et tout ce qui a paru pour et contre
cette nouvelle maniere de montrer aux Enfans
les premiers élemens des Lettres.
Bien des Personnes à Paris trouvent la Machine
du Bureau trop longue pour être placée
dans un appartement ; mais on a déja fait voir
le peude place qu'elle occupe derriere trois Fauteuils
, sans déranger la Chambre de ceux qui
préferent l'arangement des Meubles à l'éducation
de leurs Enfans : d'ailleurs , en faisant faire de
plus petites cartes que celles dont on se sert ordinairement
, il sera facile d'avoir des Bureaux
plus courts et moins larges.
Trois Enfans du Bureau Typographique sont
heureusement guéris , deux de la petite Verole ,
et l'autre d'une maladie encore plus dangereuse :
si le Seigneur en avoit pris quelqu'un , les critiques
n'auroient pas manqué d'en mettre la mort
sur le compte de la nouvelle methode , ne résonmant
pas plus juste en cela que si l'on attribuoit
Jeur guérison au précedent Exercice Typographique
.
Pierre Wite , rue S. Jacques , à l'Ange Gardien
, vend une Brochure in 12. de 108. pages
intitulée , Réponse de M. Perquis , Maître de
Philosophie , d'Humanités et de Typographie
à la Lettre d'un Professeur anonime , de l'Uni
versité de Paris , inserée dans le Mercure d
4. Vol. Fevrie
DECEMBRE 1731. 2849
dit
Fevrier 1731. Ce Professeur anonime est ,
on , le nouvel Editeur de la Methode de M. Le
Fevre , Methode bien differente de celles des Colleges.
L'Auteur des Tropes , dans le 2d Vol. du
Mercure du mois de Juin , a justifié contre ce Professeur
anonime , l'Article des nouvelles Metho
des. La réponse de M. Perquis , quoique de vieille
datte , pourra cependant servir de réponse et de
réplique aux adversaires du Bureau , qui préferent
toujours les anciennes méthodes aux nouvelles.
L'on verra par cette Brochure , que le
Maître de Bureau Typographique ne soûtient
pas mal sa qualité de Maître de Philosophie ,
par la force et la justesse des raisonnemens dont
sa vive réponse est remplie ; cela paroît d'autant
plus surprenant dans un Humaniste , qu'il
y en a peu de sensibles à l'esprit philosophique ,
ou à l'art de raisonner.
Les curieux qui voudront faire faire des Bureaux
à leur Menuisier , et prendre eux -mêmes
la peine de les garnir , trouveront des Abécés
sur cuivre , ou des lettres à jour chez le Sr. Le
Comte , rue Jacob , à la porte de la Charité ,
et chez le Sr. Cadoret , aux Charniers des Sts.
Innocents , du côté de la rue au Fer , à l'Enseigne
du Bureau Typographique.
Les Personnes qui souhaitteront faire usage
des Classes du Bureau , en trouveront de toutes
garnies dans la maison atenant la porte du College
de Lisieux , du côté de S. Etienne des Grès.
On y trouvera aussi des grands et des petits
Abécés , imprimés sur des cartes , avec la feüille
élementaire en Placard pour la démonstration ,
la dénomination des Lettres la premiere silabisation
, &c.
>
Quoique les matieres de Chirurgie ne soient
I. Vol pas
2850 MERCURE DE FRANCE
pas entierement du ressort du Mercure › nous
pune
nous dispenserons pas , ( attendu l'utilité
blique , d'annoncer un Livre imprimé chez
Charles Osmont , rue S. Jacques , intitulé , Observations
de Chirurgie , par Henry Ledran
Chirurgien Juré à Paris , de la Societé des Arts
Ce qui nous engage à en parler , c'est qu'on
nous a montré un livre du même Auteur , intitulé
, Parallele des differentes manieres de parà
ler , qui se vend chez le même Imprimeur , et
que Mr. Duglas , fameux Docteur en Medecine
à Londres a traduit en Anglois sans y faire
aucun changement. Il a fait honneur à notre
Chirurgie , et le Public ne sera pas fâché d'apprendre
que les Etrangers ne dédaignent pas
d'adopter nos manieres de penser , et d'operer
dans un Art aussi nécessaire à la vie , qui a fait
tant de progrès chez nous , et qui se perfectionne
tous les jours,
Il paroît depuis peu une Estampe qui a un
très-grand débit , et qui mérite bien l'approbation
qu'elle a des Curieux. C'est une très - heureuse
production du Pinceau et duBurin deMrs.Charles
Coypel et N. Drevet , dont la réputation est
assez connuë par des morceaux de plus grande
conséquence ; mais on peut dire , qu'en son
genre , celui- cy doit passer pour leur chef- d'oeu
vre. C'est le Portrait de Mlle Le Couvreur
Actrice du Theatre François , celebre par ses talens
pour la déclamation , morte , generalement
regrettée, au mois de Mars 1730. On en trouvera
un Article assez étendu dans le Mercure de ce
mois-là. Elle est representée en Cornelie , tenant
P'Urne qui renferme les cendres de Pompée.
Cette Estampe se vend chez Mr. Francoeur
1. Vol. дыё
?
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
2
4
DECEMBRE 1731. 28 Fr
rue neuve des petits Champs , vis - à-vis la Com
pagnie des Indes , et chez Mr. Drevet , aux Galleries
du Louvre.
L'Utilité publique nous engage de publier l'Avis
qui suit :
Par Brevet de M. le premier Medecin du Roy
le Sr. Decourbiere fait distribuer une Poudre
composée de Simples , pour la guérison radicalle
des Hemorroïdes . Elle appaise les Enflammations,
gonflemens et douleurs en cinq ou six prises
Elle est facile à prendre , et ne cause aucune révolution
; elle se conserve , et on peut l'envoyer
par tout. Il faut s'adresser à Paris , au Sieur La
Coste , Chirurgien , rue du petit Lion , Fauxbourg
S. Germain , chez Madame Frontier . Ceux
qui auront besoin de ce Remede sont priez
d'envoyer des gens
fideles ; il est le seul qui le
distribuë , et il donne les prises cachetées , avec
la maniere de les prendre.
Fermer
Résumé : SUITE des Nouvelles du Bureau Typographique.
Le texte décrit l'intérêt suscité par le Bureau Typographique à Londres, tant par les Français que par les Anglais, qui cherchent des informations sur sa construction et son usage pour l'éducation des enfants. À Paris, certains jugent la machine trop volumineuse pour les appartements, mais des solutions comme réduire la taille des cartes ou adapter l'aménagement sont envisagées. Le texte souligne également la guérison de trois enfants ayant utilisé le Bureau Typographique, réfutant ainsi toute critique sur une éventuelle mort liée à son utilisation. Pierre Wite vend une brochure intitulée 'Réponse de M. Perquis' contre un professeur anonyme de l'Université de Paris, qui critique la méthode de M. Lefèvre. Cette brochure défend les nouvelles méthodes pédagogiques contre les anciennes. Les intéressés peuvent se procurer des abécédaires et des lettres chez Le Comte et Cadoret, ou des classes complètes près du Collège de Lisieux. Le texte mentionne également divers sujets, tels qu'un livre de chirurgie de Henry Ledran, traduit en anglais par Mr. Duglas, et une estampe de Mme Le Couvreur réalisée par Charles Coypel et N. Drevet. Enfin, il est fait référence à une poudre pour soigner les hémorroïdes distribuée par le Sr. Decourbiere, disponible chez le Sr. La Coste et Madame Frontier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17245
p. 1204-1211
POLOGNE.
Début :
On apprend de Dantzig que la nuit du 7. au 8. Mai, les Moscovites pousserent leurs [...]
Mots clefs :
Troupes, Gdańsk, Siège de Dantzig, Fort de Wechselmunde, Pièces de canon, Ennemis, Roi, Ville, Moscovites, Camp, Attaque, Feu, Comte de Munich
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
N apprend de Dantzick que la nuit du 7.
au 3.
au 8. Mai , les- Moscovites pousserent leurs
approches jusqu'à une petite distance du Fort de
Wechselmunde , et qu'ils avoient commencé une
parallele pour ôter à ce Fort toute communication
du côté de la terre ; mais le 8. et les jouts
suivans on fit un si grand feu sur les travaux
qu'on en ruina la plus grande partie , en sorte
que leurs Travailleurs et les Troupes qui les soutenoient
furent obligés d'abandonner leur entreprise.
Le 8. le Comte de Munich , le General Lesci
et le Major General Biron , à la tête d'un détachement
de Cosaques , s'avancerent à la portée
du fusil , de la Montagne de Hahelsberg , afin de
reconnoître le Fort et les autres Ouvrages qui sont
construits sur la hauteur , et dont les Assicgeans
avoient formé le dessein de s'emparer.
1
I. Vo! Le
JUIN. I - 34. 1205
Le General Moscovite ayant trouvé que le côté
droit de la Montagne étoit très - escarpé , et presque
inaccessible , que d'ailleurs il étoit défendu
par un Ouvrage à Corne regulier , avec un Ravelin
et une Contrescarpe qui couvroit le principal
Rempart et le Ravelin jusqu'au Parapet , et que
toutes ces fortifications étoient pallissadées et
munies d'un grand nombre de pieces de canon ,
il se détermina à faire son attaque par le côté
gauche , dont les fortifications , qui ne sont que
de terre , n'ont ni chemins couverts , ni contrescarpe
, et ne sont environnées que d'un Fossé
sec.
Les Ennemis firent le lendemain toutes les dispositions
necessaires pour executer leur projet ,
et à 10. heures du soir 3000. hommes que le
Comte de Munich avoit commandés pour attaquer
l'Ouvrage qu'il avoit jugé le plus facile à
eimporter, s'assemblerent près de Siganskenberg,
où ils prirent leurs facines et leurs échelles , mar
chant sur trois colones ; et pour faciliter la veritable
attaque , ils en firent trois en même- tems,
P'une du côté de Schiedlitz , l'autre de celui du
Bissehapsberg , et la troisiéme de l'autre côté de
la Vistule ; mais ayant été repoussés de toutes
parts , ils réunirent leurs forces du côté qu'ils
avoient resolu d'attaquer ; et après avoir arraché
les premieres Pallissades et avoir passé le
Fossé , ils monterent à l'assaut , et se rendirent
maîtres d'une Batterie de six pieces de canon ;
mais les Troupes qui défendoient ce poste , chargerent
les Ennemis si à propos et avec tant de
valeur , qu'elles les contraignirent bientôt de l'abandonner.
Les Moscovites , malgré ce mauvais succès , se
préparoient à donner un second assaut , lorsqu'ils
1. Vol furcat
1206 MERCURE DE FRANCE
furent attaqués en flanc par un corps de Troupes
que le Roi avoit fait sortir de la Ville. Ils soutinrent
pendant quelque tems le feu qu'ils avoient
à essuyer de deux côtés , et ils ne prirent le parti de
se retirer qu'après que tous les Officiers qui le
commandoient eurent été tués .
La perte que les Assiegeans ont faite en cette
occasion , et qui monte à 1000. hommes , est
d'autant plus considerable que leur entreprise a
couté la vie à la plupart de leurs Officiers les plus
distingués , par le rang ou par la, bravoure , et à
tous leurs Ingenieurs .
Des Lettres de Dantzick , sur la fin du mois
dernier , marquent qu'une partie des Troupes
que le Roi de France y envoye étoit arrivée le
10. à la Rade de cette Ville , et que le même jour
on avoit commencé le débarquement , mais on
a appris depuis que ces Troupes n'étant pas en
assez grand nombre pour aller attaquer les Moscovites
, et pour pouvoir penetrer dans la Ville ,
étoient retournées à la Rade de Coppenhague ,
où elles avoient trouvé un nouveau corps de
Troupes Françoises , que les vents contraires ý
avoient retenu. D'autres Lettres, marquent que
toutes ces Troupes étoient parties de Coppenhague
le 21. Mai , sous l'escorte de cinq Vaisseaux
de Guerre pour se rendre à Dantzick , et que le
Comte de Plelo , Ambassadeur du Roi de France
, auprès du Roi de Dannemarck' , s'étoit embarqué
avec ces Troupes. :
Le Comte de Munich ayant été averti du pre
mier débarquement , fit marcher la plus grande
partie de son Armée pour être en état d'empêcher
ces Troupes de penetrer dans la Ville .La nuit suivante
les Ennemis travaillerent à perfectionner la
parallele qu'ils avoient commencé , dans le des
I.Vol.
Scin
JUIN. 1734. 1207
-
sein d'oter au Fort de Wechselmunde toute communication
du côté de la terre , et le feu continuel
qu'ils eurent à essuyer ne les empêcha pas
de continuer leurs travaux , qui se trouverent le
lendemain fort avancés.
Le 11. le Comte de Murich ordonna qu'on
augmentât le nombre des Travailleurs employés
à interrompre la navigation de la Vistule, et qu'on
tendît des cables de distance en distance , afin de
fermer le passage aux petits Bâtimens.
Les Assiegeans commencerent le 12. à élever
deux redoutes aux extremités de la parallele ,
qu'ils avoient tracée près du Fort de Wechselmunde
, et ils en perfectionnerent deux autres , ausquels
ils travailloient depuis plusieurs jours sur
le bord de la mer.
Le 13. les Troupes Françoises se rembarquerent
pour Coppenhague , comme on vient de le dire.
Les Ennemis emporterent le 14. quelques Ouvrages
peu considerables près de Stoltzemberg ,
et après s'y être établis , ils commencerent une
ligne de communication entre ce poste et celui
de Schiellitz.
Le Regiment de Bello Cher , qui vient de
Varsovie , arriva le même jour dans leur Camp.
Les Assiegeans acheverent le 17. le retranchement
qu'ils ont fait pour enfermer une partie du
Fort de Wechselmunde , et qui est couvert de
de plusieurs redoutes , et fortifié par divers épaulemens
depuis la Vistule jusqu'à la Mer. Ils construisirent
aussi une redoute en deçà de la Riviere ,
vis - à- vis le Winsterschantz , et ils tirerent une
ligne pour communiquer de cette redoute au Canal
de Botsmantslache. Le soir le Roi fit mettre
le feu à quelques maisons qui étoient bâties sur
le Stoltzemberg , et qui pouvoient fa , riser les
approches des ennemis. On
1208 MERCURE DE FRANCE
On apprend par les Lettres du commencement
de ce mois , que l'Escadre avec les Troupes Françoises
partie de Coppenhague le 21. Mai , étoit
arrivée le 23. au matin à la Rade de Dantzick ,
sous l'escomte de 5. Vaisseaux de guerre ; que
' ces Troupes avoient débarqué sans opposition ,
et qu'elles étoient campées au Fahrwasser ,
le canon du Fort de Wechselmunde ,
sous
Le Comte de Munich jugeant que ces Troupes
attaqueroient les Assiegeans et les retranchemens
qu'ils ont faits pour enfermer le Fort , donna
ordre au Major General Vrushof de s'avancer
vers Nehrung avec trois Regimens de Dragons ,
et il renforça les postes qui étoient les plus exposés
.
Le 27. Mai les Troupes Françoises , après
avoir donné les signaux pour avertir la Garnison
de Dantzick , de favoriser l'attaque à laquelle
elles se disposoisnt , sortirent de leur Camp,
et ayant marché sur trois colones , elles attaquerent
les retranchemens des Moscovites. Les François
arracherent les Pallissades et forcerent la
Barriere ; mais les Troupes qui défendoient ce
retranchement , leur étant fort superieures en
nombre , ils furent obligés de se retirer dans leur
Camp.
Le Major General Vrushofa, aussitôt après leur
retraite, marcha avec les trois Regimens de Dragons
qu'il commandoit , contre les Troupes qui
étoient sorties de la Ville pour attaquer le même
retranchement , et qui ayant à combattre plusieurs
détachemens que le Comte de Munich
avoit fait avancer pour soutenir les Moscovites,
prirent le parti de rentrer dans la Ville.
Le Comte de Plelo a été tué à l'attaque de ce
retranchement , et les François y ont perdu 60.
hommes. Le
JUIN. 1724. 1209
Le Corps des Troupes Saxones , que commande
le Duc de Saxe Wesseinfels , et qui est composé
de 8. Bataillons et 22 Escadrons , arriva le
25. et le 26. à Langefurt , où l'Electeur de Saxe
a envoyé plusieurs pieces de canon , et quelques
Ingenieurs destinez à servir dans le Camp des
Assiegeans..
Le Roia quitté le Palais qu'il occupoit , pour
aller demeurer dans la maison de M. Ossalinski ,
Grand Tresorier de la Couronne , située dans
le quartier de Lang- Carten , et Sa Majesté qui
continue de jouir d'une parfaite santé , visite regulierement
tous les jours les principaux postes,
er anime les Troupes par son empressement à se
transporter dans tous les lieux où leur presence
est necessaire .
Pendant les deux jours qu'a duré une suspension
d'armes dont on étoit convenu avec les Ennemis,
les Magistrats de Dantzick ont fait nettoyer la
Ville , et renouvelier le fumier avec lequel on
avoit couvert les maisons. Ils ont eu aussi pendant
ce tems plusieurs conferences avec M. de
Brand , Ministre du Roi de Prusse , qui étoit
venu leur faire quelques propositions de la part
de S M Prussienne
Les Ennemis ont ajouté deux re loutes au retranchement
qui enferme la plus grande partie
du Fort de Wechselmunde , et ils l'ont fortifié de
plusieurs épaulemens défendus par de fortes Palissades.
La batterie sur le Vinsterschantz fait un feu'
continuel sur la redoute qu'ils ont construite en
deçà de la Riviere , vis à - vis de ce poste , et sur
la ligne de communication qu'ils ont tracée depais
cette redoute jusqu'au Canal de Bostmantslache
, et l'on a détruit une partie des travaux
qu'ils avoient fait de ce côté.
Le 3.
1210 MERCURE DE FRANCE
Le
3.
de ce mois, le Roi fit sortir de Dantzick
un détachement considerable de la Garnison , lequel
ayant attaqué les Ouvrages que les Moscovites
ont construits vis - à - vis de Hagelsberg
ruina une partie de leurs fravaux , encloua deux
pieces de canon et un mortier , tua un grand
nombre de ceux qui défendoient ces Ouvrages ,
et fit plusieurs Prisonniers de guerre.
On croit que les Troupes Françoises qui sont
toujours campées sous le canon du Fort de Wechselmunde
, se disposent à faire une nouvelle
tentative pour forcer les retranchemens des Assiegeans
, et pour penetrer dans la Ville , dont
les Habitans marquent toujours tant de zele
pour le Roi et pour les interêts de la Nation
que la pluspart de ceux qui sont en état de porter
les Armes , ont demandé la permission desuivre
à l'avenir tous les Détachemens qui feroient
des sorties.
Le Comte Potocki , Régimentaire de la Couronne
, est arrivé au commencement de ce mois
dans la Prusse Polonoise , et l'Armée qu'il commande
ayant été renforcée par les differens
Corps que le Palatin de Lublin , le Palatin de Lubelski
, et le Staroste Rudzinski , ont sous leurs
ordres , est composé d'environ 40000. hommes.
Ce General s'est mis en état , par les postes qu'il
occupe , d'empêcher le Corps de Troupes Moscovites
, qui est parti de Varsovie , d'arriver au
Camp des Ennemis ; et comme il n'aura besoin
que de la moindre partie de ses forces pour empêcher
ces Troupes de se joindre aux Assiegeans,
on compte qu'il marchera avec le reste de son
Armée pour attaquer les Ennemis.
Le Comee de Munich , allarmé de l'approche
des Troupes Polonoises , a donné ordre au Ge-
1. Vol. neral
JUIN. 1734. 1211
neral Lesci , de faire augmenter les retranchements
du quartier où il commande , et il a fait
revenir à son Camp les Troupes qu'il avoit mises
en garnison dans Thorn et dans Elbing.
N apprend de Dantzick que la nuit du 7.
au 3.
au 8. Mai , les- Moscovites pousserent leurs
approches jusqu'à une petite distance du Fort de
Wechselmunde , et qu'ils avoient commencé une
parallele pour ôter à ce Fort toute communication
du côté de la terre ; mais le 8. et les jouts
suivans on fit un si grand feu sur les travaux
qu'on en ruina la plus grande partie , en sorte
que leurs Travailleurs et les Troupes qui les soutenoient
furent obligés d'abandonner leur entreprise.
Le 8. le Comte de Munich , le General Lesci
et le Major General Biron , à la tête d'un détachement
de Cosaques , s'avancerent à la portée
du fusil , de la Montagne de Hahelsberg , afin de
reconnoître le Fort et les autres Ouvrages qui sont
construits sur la hauteur , et dont les Assicgeans
avoient formé le dessein de s'emparer.
1
I. Vo! Le
JUIN. I - 34. 1205
Le General Moscovite ayant trouvé que le côté
droit de la Montagne étoit très - escarpé , et presque
inaccessible , que d'ailleurs il étoit défendu
par un Ouvrage à Corne regulier , avec un Ravelin
et une Contrescarpe qui couvroit le principal
Rempart et le Ravelin jusqu'au Parapet , et que
toutes ces fortifications étoient pallissadées et
munies d'un grand nombre de pieces de canon ,
il se détermina à faire son attaque par le côté
gauche , dont les fortifications , qui ne sont que
de terre , n'ont ni chemins couverts , ni contrescarpe
, et ne sont environnées que d'un Fossé
sec.
Les Ennemis firent le lendemain toutes les dispositions
necessaires pour executer leur projet ,
et à 10. heures du soir 3000. hommes que le
Comte de Munich avoit commandés pour attaquer
l'Ouvrage qu'il avoit jugé le plus facile à
eimporter, s'assemblerent près de Siganskenberg,
où ils prirent leurs facines et leurs échelles , mar
chant sur trois colones ; et pour faciliter la veritable
attaque , ils en firent trois en même- tems,
P'une du côté de Schiedlitz , l'autre de celui du
Bissehapsberg , et la troisiéme de l'autre côté de
la Vistule ; mais ayant été repoussés de toutes
parts , ils réunirent leurs forces du côté qu'ils
avoient resolu d'attaquer ; et après avoir arraché
les premieres Pallissades et avoir passé le
Fossé , ils monterent à l'assaut , et se rendirent
maîtres d'une Batterie de six pieces de canon ;
mais les Troupes qui défendoient ce poste , chargerent
les Ennemis si à propos et avec tant de
valeur , qu'elles les contraignirent bientôt de l'abandonner.
Les Moscovites , malgré ce mauvais succès , se
préparoient à donner un second assaut , lorsqu'ils
1. Vol furcat
1206 MERCURE DE FRANCE
furent attaqués en flanc par un corps de Troupes
que le Roi avoit fait sortir de la Ville. Ils soutinrent
pendant quelque tems le feu qu'ils avoient
à essuyer de deux côtés , et ils ne prirent le parti de
se retirer qu'après que tous les Officiers qui le
commandoient eurent été tués .
La perte que les Assiegeans ont faite en cette
occasion , et qui monte à 1000. hommes , est
d'autant plus considerable que leur entreprise a
couté la vie à la plupart de leurs Officiers les plus
distingués , par le rang ou par la, bravoure , et à
tous leurs Ingenieurs .
Des Lettres de Dantzick , sur la fin du mois
dernier , marquent qu'une partie des Troupes
que le Roi de France y envoye étoit arrivée le
10. à la Rade de cette Ville , et que le même jour
on avoit commencé le débarquement , mais on
a appris depuis que ces Troupes n'étant pas en
assez grand nombre pour aller attaquer les Moscovites
, et pour pouvoir penetrer dans la Ville ,
étoient retournées à la Rade de Coppenhague ,
où elles avoient trouvé un nouveau corps de
Troupes Françoises , que les vents contraires ý
avoient retenu. D'autres Lettres, marquent que
toutes ces Troupes étoient parties de Coppenhague
le 21. Mai , sous l'escorte de cinq Vaisseaux
de Guerre pour se rendre à Dantzick , et que le
Comte de Plelo , Ambassadeur du Roi de France
, auprès du Roi de Dannemarck' , s'étoit embarqué
avec ces Troupes. :
Le Comte de Munich ayant été averti du pre
mier débarquement , fit marcher la plus grande
partie de son Armée pour être en état d'empêcher
ces Troupes de penetrer dans la Ville .La nuit suivante
les Ennemis travaillerent à perfectionner la
parallele qu'ils avoient commencé , dans le des
I.Vol.
Scin
JUIN. 1734. 1207
-
sein d'oter au Fort de Wechselmunde toute communication
du côté de la terre , et le feu continuel
qu'ils eurent à essuyer ne les empêcha pas
de continuer leurs travaux , qui se trouverent le
lendemain fort avancés.
Le 11. le Comte de Murich ordonna qu'on
augmentât le nombre des Travailleurs employés
à interrompre la navigation de la Vistule, et qu'on
tendît des cables de distance en distance , afin de
fermer le passage aux petits Bâtimens.
Les Assiegeans commencerent le 12. à élever
deux redoutes aux extremités de la parallele ,
qu'ils avoient tracée près du Fort de Wechselmunde
, et ils en perfectionnerent deux autres , ausquels
ils travailloient depuis plusieurs jours sur
le bord de la mer.
Le 13. les Troupes Françoises se rembarquerent
pour Coppenhague , comme on vient de le dire.
Les Ennemis emporterent le 14. quelques Ouvrages
peu considerables près de Stoltzemberg ,
et après s'y être établis , ils commencerent une
ligne de communication entre ce poste et celui
de Schiellitz.
Le Regiment de Bello Cher , qui vient de
Varsovie , arriva le même jour dans leur Camp.
Les Assiegeans acheverent le 17. le retranchement
qu'ils ont fait pour enfermer une partie du
Fort de Wechselmunde , et qui est couvert de
de plusieurs redoutes , et fortifié par divers épaulemens
depuis la Vistule jusqu'à la Mer. Ils construisirent
aussi une redoute en deçà de la Riviere ,
vis - à- vis le Winsterschantz , et ils tirerent une
ligne pour communiquer de cette redoute au Canal
de Botsmantslache. Le soir le Roi fit mettre
le feu à quelques maisons qui étoient bâties sur
le Stoltzemberg , et qui pouvoient fa , riser les
approches des ennemis. On
1208 MERCURE DE FRANCE
On apprend par les Lettres du commencement
de ce mois , que l'Escadre avec les Troupes Françoises
partie de Coppenhague le 21. Mai , étoit
arrivée le 23. au matin à la Rade de Dantzick ,
sous l'escomte de 5. Vaisseaux de guerre ; que
' ces Troupes avoient débarqué sans opposition ,
et qu'elles étoient campées au Fahrwasser ,
le canon du Fort de Wechselmunde ,
sous
Le Comte de Munich jugeant que ces Troupes
attaqueroient les Assiegeans et les retranchemens
qu'ils ont faits pour enfermer le Fort , donna
ordre au Major General Vrushof de s'avancer
vers Nehrung avec trois Regimens de Dragons ,
et il renforça les postes qui étoient les plus exposés
.
Le 27. Mai les Troupes Françoises , après
avoir donné les signaux pour avertir la Garnison
de Dantzick , de favoriser l'attaque à laquelle
elles se disposoisnt , sortirent de leur Camp,
et ayant marché sur trois colones , elles attaquerent
les retranchemens des Moscovites. Les François
arracherent les Pallissades et forcerent la
Barriere ; mais les Troupes qui défendoient ce
retranchement , leur étant fort superieures en
nombre , ils furent obligés de se retirer dans leur
Camp.
Le Major General Vrushofa, aussitôt après leur
retraite, marcha avec les trois Regimens de Dragons
qu'il commandoit , contre les Troupes qui
étoient sorties de la Ville pour attaquer le même
retranchement , et qui ayant à combattre plusieurs
détachemens que le Comte de Munich
avoit fait avancer pour soutenir les Moscovites,
prirent le parti de rentrer dans la Ville.
Le Comte de Plelo a été tué à l'attaque de ce
retranchement , et les François y ont perdu 60.
hommes. Le
JUIN. 1724. 1209
Le Corps des Troupes Saxones , que commande
le Duc de Saxe Wesseinfels , et qui est composé
de 8. Bataillons et 22 Escadrons , arriva le
25. et le 26. à Langefurt , où l'Electeur de Saxe
a envoyé plusieurs pieces de canon , et quelques
Ingenieurs destinez à servir dans le Camp des
Assiegeans..
Le Roia quitté le Palais qu'il occupoit , pour
aller demeurer dans la maison de M. Ossalinski ,
Grand Tresorier de la Couronne , située dans
le quartier de Lang- Carten , et Sa Majesté qui
continue de jouir d'une parfaite santé , visite regulierement
tous les jours les principaux postes,
er anime les Troupes par son empressement à se
transporter dans tous les lieux où leur presence
est necessaire .
Pendant les deux jours qu'a duré une suspension
d'armes dont on étoit convenu avec les Ennemis,
les Magistrats de Dantzick ont fait nettoyer la
Ville , et renouvelier le fumier avec lequel on
avoit couvert les maisons. Ils ont eu aussi pendant
ce tems plusieurs conferences avec M. de
Brand , Ministre du Roi de Prusse , qui étoit
venu leur faire quelques propositions de la part
de S M Prussienne
Les Ennemis ont ajouté deux re loutes au retranchement
qui enferme la plus grande partie
du Fort de Wechselmunde , et ils l'ont fortifié de
plusieurs épaulemens défendus par de fortes Palissades.
La batterie sur le Vinsterschantz fait un feu'
continuel sur la redoute qu'ils ont construite en
deçà de la Riviere , vis à - vis de ce poste , et sur
la ligne de communication qu'ils ont tracée depais
cette redoute jusqu'au Canal de Bostmantslache
, et l'on a détruit une partie des travaux
qu'ils avoient fait de ce côté.
Le 3.
1210 MERCURE DE FRANCE
Le
3.
de ce mois, le Roi fit sortir de Dantzick
un détachement considerable de la Garnison , lequel
ayant attaqué les Ouvrages que les Moscovites
ont construits vis - à - vis de Hagelsberg
ruina une partie de leurs fravaux , encloua deux
pieces de canon et un mortier , tua un grand
nombre de ceux qui défendoient ces Ouvrages ,
et fit plusieurs Prisonniers de guerre.
On croit que les Troupes Françoises qui sont
toujours campées sous le canon du Fort de Wechselmunde
, se disposent à faire une nouvelle
tentative pour forcer les retranchemens des Assiegeans
, et pour penetrer dans la Ville , dont
les Habitans marquent toujours tant de zele
pour le Roi et pour les interêts de la Nation
que la pluspart de ceux qui sont en état de porter
les Armes , ont demandé la permission desuivre
à l'avenir tous les Détachemens qui feroient
des sorties.
Le Comte Potocki , Régimentaire de la Couronne
, est arrivé au commencement de ce mois
dans la Prusse Polonoise , et l'Armée qu'il commande
ayant été renforcée par les differens
Corps que le Palatin de Lublin , le Palatin de Lubelski
, et le Staroste Rudzinski , ont sous leurs
ordres , est composé d'environ 40000. hommes.
Ce General s'est mis en état , par les postes qu'il
occupe , d'empêcher le Corps de Troupes Moscovites
, qui est parti de Varsovie , d'arriver au
Camp des Ennemis ; et comme il n'aura besoin
que de la moindre partie de ses forces pour empêcher
ces Troupes de se joindre aux Assiegeans,
on compte qu'il marchera avec le reste de son
Armée pour attaquer les Ennemis.
Le Comee de Munich , allarmé de l'approche
des Troupes Polonoises , a donné ordre au Ge-
1. Vol. neral
JUIN. 1734. 1211
neral Lesci , de faire augmenter les retranchements
du quartier où il commande , et il a fait
revenir à son Camp les Troupes qu'il avoit mises
en garnison dans Thorn et dans Elbing.
Fermer
Résumé : POLOGNE.
En mai 1734, les Moscovites avancèrent jusqu'au Fort de Wechselmunde et commencèrent à couper ses communications terrestres. Les défenseurs ripostèrent par un feu intense, forçant les Moscovites à abandonner leurs travaux. Le 8 mai, des officiers, dont le Comte de Munich, reconnurent les fortifications ennemies. Les Moscovites décidèrent d'attaquer par le côté gauche, moins fortifié. Le 9 mai, 3000 hommes attaquèrent les ouvrages mais furent repoussés après avoir pris une batterie de canons, subissant de lourdes pertes, y compris de nombreux officiers. Des troupes françaises arrivèrent à Dantzick mais retournèrent à Coppenhague faute de nombre suffisant. Elles repartirent le 21 mai sous escorte navale. Le Comte de Munich mobilisa ses troupes pour empêcher leur entrée dans la ville. Les Moscovites continuèrent leurs travaux de siège, construisant des redoutes et des lignes de communication. Le 27 mai, les troupes françaises attaquèrent les retranchements moscovites mais furent repoussées, et le Comte de Plelo fut tué. En juin, des troupes saxonnes arrivèrent à Langefurt pour renforcer les assiégeants. Le roi de Pologne visita régulièrement les postes et anima les troupes. Pendant une suspension d'armes, les magistrats de Dantzick nettoyèrent la ville et eurent des conférences avec un ministre prussien. Les Moscovites renforcèrent leurs retranchements autour du Fort de Wechselmunde. Le 3 juin, un détachement de Dantzick attaqua les ouvrages moscovites, causant des dégâts et faisant des prisonniers. Les troupes françaises se préparaient à une nouvelle tentative pour forcer les retranchements. Le Comte Potocki, avec une armée de 40 000 hommes, empêcha les renforts moscovites d'atteindre le camp ennemi. Le Comte de Munich renforça les retranchements et rappela les troupes de Thorn et Elbing.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17246
p. 139-140
AUTRE. Dans lequel on ne fait point entrer la voyelle A.
Début :
Huit pieds soutiennent mon tout, [...]
Mots clefs :
Armoirie
17247
p. 2697-2704
PARALLELE, de l'Election à la Couronne de Pologne, faite en faveur du Serénissime STANISLAS LESZCZYNSKI, & du Sérénissime FREDERIC AUGUSTE.
Début :
1o. Le Serénissime Stanislas Leszczynski a eu pour lui les suffrages unanimes et prompts de [...]
Mots clefs :
Élection, Stanislas Leszczynski, Auguste III de Pologne, République, Royaume, Nomination, Constitution, Pologne, Diète de convocation, Suffrages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PARALLELE, de l'Election à la Couronne de Pologne, faite en faveur du Serénissime STANISLAS LESZCZYNSKI, & du Sérénissime FREDERIC AUGUSTE.
PARALLELE , de l'Election à la
Couronne de Pologne , faite en faveur du
Serenissime STANISLAS LESZCZYNSKI ,
du Serénissime FREDERIC AUGUSTE.
de
1°. Le Serénissime Stanislas Leszczynski a en
pour lui les suffrages unanimes et prompts
la Republique entiere , assemblée légitimement ,
c'est- à-dire de tous les Palatinats , Territoires
et Districts , au nombre de plus de 60000 hommes,
après que S. A.le Primat leur a eu demandễ
qui on devoit nommer Roi de Pologne ; et le
Grand Maréchal de la Couronne a proclamé ce
Prince en cette qualité .
I. De tant de milliers d'Hommes qui étoient ,
dans le Camp Electoral , pas un n'a nommé le
Serenissime Frédéric Auguste , et par conséquent
s'il n'a été proposé ni à la République ni par la
L. Voli
Ré
2698 MERCURE DE FRANCE
République , il n'a på en aucune maniere êtrè
nommé.
En quel tems .
2°. Le S. Stanislas a été élû dans le terme fixé
par unc constitution de la Diette de convocation
tenue cette année. Ainsi , on s'est conformé en
l'élisant à cette constitution qui prescrit pour des
raisons très importantes de terminer sans délai
P'Election du Roy , outre que dans le tempsmême
de l'Election , les Palatinats demandoient
qu'on pressa la nomination , comme il s'étoit
pratiqué dans un cas semblable ; sçavoir à l'Election
d'Uladislas IV. à laquelle les Russiens vou
loient mettre obstacle .
II. Lorsque le S. Frédéric Auguste a été élû ,
le temps de l'Election étoit passé , parce que cel
le du S Stanislas étant légitimement terminée
par la même , la Dietre d'Election l'étoit aussi ,
et que tous les Palatinats, Territoires et Districts
s'étoient retirez du Champ d'Election , après
avoir reçu les adieux de leur Maréchal , sans
avoir limité l'Acte d'Election , de sorte que si la
premiere Election avoit été deffectueuse , il en
faudroit faire une nouvelle , indiquer une nouvelle
Diette de Convocation , assembler de nouveau
les Diettines, expédier pour ce sujet de noupeaux
Universaux , & c,
En quel lieu.
3 °. Le S. Stanislas a été élû dans le lieu désigné
par une foule de Constitutions du Royaume,
et dernierement encore par celle de la Distte de
Convocation , tenue cette année ; c'est - à-dire
dans le Champ Electoral , ainsi qu'on l'appelle
proprement , entre Warsovie et le Village de
I. Vol. Vuola
DECEMBRE. 1733. 2899.
Vvola , où de temps immémorial des Elections
ont coûtume de se faire selon les anciennes Cons◄
titutions.
III. Le S. Frédéric- Auguste a été élû de l'autre
côté de la Vistule , dans la Plaine de Praage
joignant un Bois , près d'un Village , nommé
Kamien ; et là un grand Chemin a servi de
Champ Electoral , et une Hôtellerie de Szopa .
pour les Sénateurs au mépris des Constitutions,
Usages et Coutumes , et quoique les Dieures de
Convocation fixent toujours le temps et le lieu
où de tels Actes se doivent passer; tellement qu'un
Acte célébré hors du lieu , marqué par la Loy
est déslois absolument nul.
Par qui él .
4°. Le S. Stanislas a eu dans son E'ection , ce
qui en fait le point le plus essentiel ; sçavoir , la,
présence de tous les Palatinats , Terres , et Disericts
, sans en excepter un seul , qui après les
solemnitez ordinaires , Pont élû librement et de
plein gré, tellement que pour lui se sont réunies
les voix de plus de 60000 hommes , et d'un Peu-,
ple Electeur , dont la conduite et le droit song
irreprochables.
IV. Il ne s'est trouvé à l'Election du S. Frédéric-
Auguste, aucun Palatinar , Territoire , ni
District. li n'a été élû que par un petit nombre
de Gens et par de simples Particuliers , à qui la,
République n'avoit point donné pouvoir de le.
faire. Il a été élû par des Gens qu'on arrêta
lorsqu'ils retournoient chez eux après l'Election
et dont les uns donnérent leurs voix , ‹ffrayez,
par les Universaux du Général Lesci , qui menaçoit
de mettre tout à feu et à sang , tandis que
les autres vendirent bien leurs suffrages.
J. Vol.
ป
2700 MERCURE DE FRANCE
Il a été élû par des Parjures , dont quelques
uns avoient juré deux ou trois fois , que , se con
formant à l'intention unanime de la République
et aux Instructions expresses de la plupart des
Palatinats , Terres et Districts , ils n'éliroient
point de Candidat qui ne fut né de pere et de
mere Catholiques Romains , et qui cût des Domaines
ou des Armées hots du Royaume.
Il a eu pour Electeurs des Proscrits et des Ennemis
de la Patrie , déclarez tels , en partie par la
Constitution de la Diette de Convocation , contre
ceux qui éliroient un Roy étranger et ayant
des Domaines hors du Royaume, et en partie par
le Decret de la République entiere , assemblée
dans le Champ Electoral, Décret qu'elle a inséré
dans son Manifeste , contre l'invasion des Russiens
, et que signérent ceux - là même qui ont
adhéré à ces Russiens dans l'Election du S. Fré
deric- Auguste.
Au reste , je dis par le Décret , parce qu'effec
tivement il comprend , non seulement ceux qui
ont attiré l'Armée Russienne , mais encore tous
ceux qui pourroient dans la suite adhérer aux
Russiens , et que la République les y a déclareztous
également Ennemis de la Patrie , abandonnez
à la vengeance d'un chacun , &c.
Il faut aussi remarquer que n'y ayant à l'E
Tection aucun Député de la Grande Pologne , on
ya appellé deux jeunes Seigneurs du nom de
Dzialynski , qui faisoient leurs Etudes à Varsovie.
Ce qu'il y a de plus étrange , c'est qu'ur
Enfant de sept ans , Fils de l'Illustrissime Seigneur
Potocki, Maréchal de la Cour du Royaume
, a été invité à l'Election , et qu'on lui en a
fait signer l'Acte, afin , sans doute , qu'en voyant
ce nom parmi les autres , on puisse croire que
I. Fol. quel
DECEMBRE. 1733. 2701
quelqu'un de la Maison Potocki adhére au parti
de l'Electeur de Saxe.
Par qui nommé.
s . Le S. Stanislas a été nommé par Monsei
gneur Théodore Potocki , Archevêque de Gnêsne,
Primat du Royaume , c'est - à dire , un Prélat à
qui les Loix du Royaume , les Bulles des Papes ,
et particulierement la Constitution de la Diette
de Convocation , Constitution confirmée par le
serment des Evêques , conférent expres ément
et privativement à tous autres Evêques , le droit
de nommer le Roy. Tous sont donc exclus par
leurs sermens et sous certaines peines du droit
de nommer les Rois. Il y a même une Bulle du
Pape Sixte V. qui porté que , si un Roy a été
nommé par un autre que par le Primat du
Royaume , non - seulement l'Evêque qui a fait la
nomination , encourt des peines exprimées dans
cette Bulle , mais encore que cette nomination
est nulle et sans force.
V. Le S. Frederic Auguste a été nommé , non
par le Primat , mais par M. Hostus , Evêque de
Posnanie , en quoi ce Prélat a violé p.emierement
le serment géneral qu'il a prêté comme
Sénateur , de détourner tout ce qui peut être préjudiciable
à la République , puisque par sa nomination
il a attiré sur elle les plus grands maux,
porté atteinte à la liberté des Elections , occasionné
le renversement de l'Etat et des Loix ,
procuré l'effusion du sang humain , la désolation
du Royaume , l'oppression des Pauvres , la vio
lation des immunitez Ecclesiastiques , et enfin
le pillage des biens appartenans au Clergé .
Il a violé en second lieu le serment general
par lequel il s'est obligé dans la Diette de Con-
L. Vol. Vocation
2702 MERCURE DE FRANCE
vocation , de ne point élire de Roy étranger , on
ayant ses Domaines hors du Royaume.
Il a violé enfin le serment particulier que les au
tres Evêques et lui - même ont fait dans la susdite
Diette, de ne point attenter au droit de nommer
le Roy , droit que les Loix ont attaché à la dignité
du Primat. En un mot , le S. Auguste s'est
trouvé n'avoir que la nomination d'un Prélat ,
qui par cette nomination - là même , violoit tout
la fois trois sermens , et qui en même temps
encouroit les peines exprimées par le Decret que
la République entiere a inseré dans son Manifeste
et auquel lui - même a souscrit,
De quelle maniere ?
6. Le S. Stanillas a été élû par la République
avec une entiere liberté , et sans qu'il y cûr ni
Armée ni Troupes qui arrachassent les suffrages
de qui que ce soit en faveur d'un Candidat. Il a
été élú avec le consentement unanime de tous
ceux qui étoient dans le Champ Electoral , et sans
la moindre contradiction : Car il ne faut pas regarder
comme telles ni les oppositions que
M. Kaminski commençoit à faire dans le lieu
de la nomination , ni la retraite du Staroste d'O
poczyn , qui la veille de l'Election sortit du
Champ Electoral; le premier ramené par des re
montrances amiables et par de bons conseils , ré.
voqua son opposition de bon coeur et sans qu'on
lui fit la moindre violence ; il la révoqua à l'instant
et sur le lieu même , et il cria Vive Stanislase
Le second marqua par une Lettre la joye qu'il
avoit de l'heureux succès de l'Election et félicita
le Prince , sur qui elle étoit tombée , et quant
aux autres Electeurs , le lendemain de l'Election
ils allerent saluer l'Elû et l'assurer d'une parfaite
soumission.
DECEMBRE. 1733. 2703.
VI. Le S. Frederic Auguste a été élû avec
tout ce qui marque la derniere violence, puisque
les Electeurs étoient environnez d'une Armée
nombreuse , et qu'on n'obtint leurs suffrages
que par des persuasions armées . L'Election n'a
donc pas été libre. Mais comment eût - ele pů
l'être , lorsqu'un petit nombre de Citoyens pri-"
vez partagez en quatre Candidats , et devant
élire un Roy par confédération , voyoient dans
le parti du S. Frederic Auguste , le General Lesci,
agissant avec une autorité souveraine , nommer
et proclamer le premier ce Prince ? entraînez par.
la force superieure , ils ont accedé à cette Election
avec moins de joye que d'apparence de respect
, et on en trouve les preuves dans une Let-'
tre originale du même General Lesci au Comte
d'Osterman , où il s'exprime en ces termes :
Les Seigneurs Polonois étant divisez entre eux
sur le choix d'un Candidat , je les ai obligez par
des promesses et plus encore par des menaces , à dé
ferer la Couronne à l'Electeur de Saxe. Il sera assez
puissant pour se maintenir sur le Trône et pour
deffendre ceux qui l'y ont élevé.
L'Election du Sérenissime Auguste II. de
glorieuse mémoire , quoique faite par une Session
, a de grands avantages sur la prétendue
Election du S. Frederic Auguste. La premiere
fut l'ouvrage d'une partie considerable de la République
, légitimement assemblée dans le lieu
accoûtumé et désigné par la Constitution et le
temps de l'Election n'étoit pas encore écoulé ,
de sorte qu'en même- temps et au même endroit,
on nomma les deux Candidats en présence de
tous les Palatinats , Terres et Districts . La se
conde n'a été faite ni dans le lieu ni au temps
que les Loix marquaient , ni à la face de la Ré
山
1. Vol. publique
2704 MERCURE DE FRANCE
publique assemblée , et le S. Frederic Augusté a
été proclamé par une poignée d'hommes desti ."
tuez de tout pouvoir et autorité , par des hommes
que les Loix ont notez , par des hommes"
Sujets aux peines décernées contre les Traîtres ,'
et enfin sans qu'il ait assisté à cet Acte aucun
Palatinat , Territoire ni District.
Sans y être mieux
autorisé
, on a transferé
de
Praage
à Warsovie
, les Séances
touchant
les
Pacta
Conventa
, et on les y a continuées
15.
jours de suite aprés cette fausse
Election
. Par les´
mêmes
Pacta-Conventa
, on a ouvert
aux Trou."
pes Russiennes
le passage
en Pologne
, et on leur
a permis
d'y aller en tels lieux qu'il leur plairoit.
On a bien voulu
fournir
par là une occasion
continuelle
à des troubles
domestiques
, et
de justes
raisons
aux Etrangers
de nous déclarer
la guerre
, et on s'est peu soucié
d'einbarasser
la République.
Nous soumettons ce fidelle et exact Parallele
au jugement de l'Univers . Qu'on juge qui il
faut reconnoître pour légitime Roy de Pologne,
ou d'un Prince élû contre toutes sortes de Loix
et Constitutions et par la seule force des Armes
ou d'un autre qui a été élû selon ces Loix er
Constitutions , et que les suffrages libres et unanimes
de tout ce qu'il y avoit d'Electeurs , ont
élevé sur le Trône.
Couronne de Pologne , faite en faveur du
Serenissime STANISLAS LESZCZYNSKI ,
du Serénissime FREDERIC AUGUSTE.
de
1°. Le Serénissime Stanislas Leszczynski a en
pour lui les suffrages unanimes et prompts
la Republique entiere , assemblée légitimement ,
c'est- à-dire de tous les Palatinats , Territoires
et Districts , au nombre de plus de 60000 hommes,
après que S. A.le Primat leur a eu demandễ
qui on devoit nommer Roi de Pologne ; et le
Grand Maréchal de la Couronne a proclamé ce
Prince en cette qualité .
I. De tant de milliers d'Hommes qui étoient ,
dans le Camp Electoral , pas un n'a nommé le
Serenissime Frédéric Auguste , et par conséquent
s'il n'a été proposé ni à la République ni par la
L. Voli
Ré
2698 MERCURE DE FRANCE
République , il n'a på en aucune maniere êtrè
nommé.
En quel tems .
2°. Le S. Stanislas a été élû dans le terme fixé
par unc constitution de la Diette de convocation
tenue cette année. Ainsi , on s'est conformé en
l'élisant à cette constitution qui prescrit pour des
raisons très importantes de terminer sans délai
P'Election du Roy , outre que dans le tempsmême
de l'Election , les Palatinats demandoient
qu'on pressa la nomination , comme il s'étoit
pratiqué dans un cas semblable ; sçavoir à l'Election
d'Uladislas IV. à laquelle les Russiens vou
loient mettre obstacle .
II. Lorsque le S. Frédéric Auguste a été élû ,
le temps de l'Election étoit passé , parce que cel
le du S Stanislas étant légitimement terminée
par la même , la Dietre d'Election l'étoit aussi ,
et que tous les Palatinats, Territoires et Districts
s'étoient retirez du Champ d'Election , après
avoir reçu les adieux de leur Maréchal , sans
avoir limité l'Acte d'Election , de sorte que si la
premiere Election avoit été deffectueuse , il en
faudroit faire une nouvelle , indiquer une nouvelle
Diette de Convocation , assembler de nouveau
les Diettines, expédier pour ce sujet de noupeaux
Universaux , & c,
En quel lieu.
3 °. Le S. Stanislas a été élû dans le lieu désigné
par une foule de Constitutions du Royaume,
et dernierement encore par celle de la Distte de
Convocation , tenue cette année ; c'est - à-dire
dans le Champ Electoral , ainsi qu'on l'appelle
proprement , entre Warsovie et le Village de
I. Vol. Vuola
DECEMBRE. 1733. 2899.
Vvola , où de temps immémorial des Elections
ont coûtume de se faire selon les anciennes Cons◄
titutions.
III. Le S. Frédéric- Auguste a été élû de l'autre
côté de la Vistule , dans la Plaine de Praage
joignant un Bois , près d'un Village , nommé
Kamien ; et là un grand Chemin a servi de
Champ Electoral , et une Hôtellerie de Szopa .
pour les Sénateurs au mépris des Constitutions,
Usages et Coutumes , et quoique les Dieures de
Convocation fixent toujours le temps et le lieu
où de tels Actes se doivent passer; tellement qu'un
Acte célébré hors du lieu , marqué par la Loy
est déslois absolument nul.
Par qui él .
4°. Le S. Stanislas a eu dans son E'ection , ce
qui en fait le point le plus essentiel ; sçavoir , la,
présence de tous les Palatinats , Terres , et Disericts
, sans en excepter un seul , qui après les
solemnitez ordinaires , Pont élû librement et de
plein gré, tellement que pour lui se sont réunies
les voix de plus de 60000 hommes , et d'un Peu-,
ple Electeur , dont la conduite et le droit song
irreprochables.
IV. Il ne s'est trouvé à l'Election du S. Frédéric-
Auguste, aucun Palatinar , Territoire , ni
District. li n'a été élû que par un petit nombre
de Gens et par de simples Particuliers , à qui la,
République n'avoit point donné pouvoir de le.
faire. Il a été élû par des Gens qu'on arrêta
lorsqu'ils retournoient chez eux après l'Election
et dont les uns donnérent leurs voix , ‹ffrayez,
par les Universaux du Général Lesci , qui menaçoit
de mettre tout à feu et à sang , tandis que
les autres vendirent bien leurs suffrages.
J. Vol.
ป
2700 MERCURE DE FRANCE
Il a été élû par des Parjures , dont quelques
uns avoient juré deux ou trois fois , que , se con
formant à l'intention unanime de la République
et aux Instructions expresses de la plupart des
Palatinats , Terres et Districts , ils n'éliroient
point de Candidat qui ne fut né de pere et de
mere Catholiques Romains , et qui cût des Domaines
ou des Armées hots du Royaume.
Il a eu pour Electeurs des Proscrits et des Ennemis
de la Patrie , déclarez tels , en partie par la
Constitution de la Diette de Convocation , contre
ceux qui éliroient un Roy étranger et ayant
des Domaines hors du Royaume, et en partie par
le Decret de la République entiere , assemblée
dans le Champ Electoral, Décret qu'elle a inséré
dans son Manifeste , contre l'invasion des Russiens
, et que signérent ceux - là même qui ont
adhéré à ces Russiens dans l'Election du S. Fré
deric- Auguste.
Au reste , je dis par le Décret , parce qu'effec
tivement il comprend , non seulement ceux qui
ont attiré l'Armée Russienne , mais encore tous
ceux qui pourroient dans la suite adhérer aux
Russiens , et que la République les y a déclareztous
également Ennemis de la Patrie , abandonnez
à la vengeance d'un chacun , &c.
Il faut aussi remarquer que n'y ayant à l'E
Tection aucun Député de la Grande Pologne , on
ya appellé deux jeunes Seigneurs du nom de
Dzialynski , qui faisoient leurs Etudes à Varsovie.
Ce qu'il y a de plus étrange , c'est qu'ur
Enfant de sept ans , Fils de l'Illustrissime Seigneur
Potocki, Maréchal de la Cour du Royaume
, a été invité à l'Election , et qu'on lui en a
fait signer l'Acte, afin , sans doute , qu'en voyant
ce nom parmi les autres , on puisse croire que
I. Fol. quel
DECEMBRE. 1733. 2701
quelqu'un de la Maison Potocki adhére au parti
de l'Electeur de Saxe.
Par qui nommé.
s . Le S. Stanislas a été nommé par Monsei
gneur Théodore Potocki , Archevêque de Gnêsne,
Primat du Royaume , c'est - à dire , un Prélat à
qui les Loix du Royaume , les Bulles des Papes ,
et particulierement la Constitution de la Diette
de Convocation , Constitution confirmée par le
serment des Evêques , conférent expres ément
et privativement à tous autres Evêques , le droit
de nommer le Roy. Tous sont donc exclus par
leurs sermens et sous certaines peines du droit
de nommer les Rois. Il y a même une Bulle du
Pape Sixte V. qui porté que , si un Roy a été
nommé par un autre que par le Primat du
Royaume , non - seulement l'Evêque qui a fait la
nomination , encourt des peines exprimées dans
cette Bulle , mais encore que cette nomination
est nulle et sans force.
V. Le S. Frederic Auguste a été nommé , non
par le Primat , mais par M. Hostus , Evêque de
Posnanie , en quoi ce Prélat a violé p.emierement
le serment géneral qu'il a prêté comme
Sénateur , de détourner tout ce qui peut être préjudiciable
à la République , puisque par sa nomination
il a attiré sur elle les plus grands maux,
porté atteinte à la liberté des Elections , occasionné
le renversement de l'Etat et des Loix ,
procuré l'effusion du sang humain , la désolation
du Royaume , l'oppression des Pauvres , la vio
lation des immunitez Ecclesiastiques , et enfin
le pillage des biens appartenans au Clergé .
Il a violé en second lieu le serment general
par lequel il s'est obligé dans la Diette de Con-
L. Vol. Vocation
2702 MERCURE DE FRANCE
vocation , de ne point élire de Roy étranger , on
ayant ses Domaines hors du Royaume.
Il a violé enfin le serment particulier que les au
tres Evêques et lui - même ont fait dans la susdite
Diette, de ne point attenter au droit de nommer
le Roy , droit que les Loix ont attaché à la dignité
du Primat. En un mot , le S. Auguste s'est
trouvé n'avoir que la nomination d'un Prélat ,
qui par cette nomination - là même , violoit tout
la fois trois sermens , et qui en même temps
encouroit les peines exprimées par le Decret que
la République entiere a inseré dans son Manifeste
et auquel lui - même a souscrit,
De quelle maniere ?
6. Le S. Stanillas a été élû par la République
avec une entiere liberté , et sans qu'il y cûr ni
Armée ni Troupes qui arrachassent les suffrages
de qui que ce soit en faveur d'un Candidat. Il a
été élú avec le consentement unanime de tous
ceux qui étoient dans le Champ Electoral , et sans
la moindre contradiction : Car il ne faut pas regarder
comme telles ni les oppositions que
M. Kaminski commençoit à faire dans le lieu
de la nomination , ni la retraite du Staroste d'O
poczyn , qui la veille de l'Election sortit du
Champ Electoral; le premier ramené par des re
montrances amiables et par de bons conseils , ré.
voqua son opposition de bon coeur et sans qu'on
lui fit la moindre violence ; il la révoqua à l'instant
et sur le lieu même , et il cria Vive Stanislase
Le second marqua par une Lettre la joye qu'il
avoit de l'heureux succès de l'Election et félicita
le Prince , sur qui elle étoit tombée , et quant
aux autres Electeurs , le lendemain de l'Election
ils allerent saluer l'Elû et l'assurer d'une parfaite
soumission.
DECEMBRE. 1733. 2703.
VI. Le S. Frederic Auguste a été élû avec
tout ce qui marque la derniere violence, puisque
les Electeurs étoient environnez d'une Armée
nombreuse , et qu'on n'obtint leurs suffrages
que par des persuasions armées . L'Election n'a
donc pas été libre. Mais comment eût - ele pů
l'être , lorsqu'un petit nombre de Citoyens pri-"
vez partagez en quatre Candidats , et devant
élire un Roy par confédération , voyoient dans
le parti du S. Frederic Auguste , le General Lesci,
agissant avec une autorité souveraine , nommer
et proclamer le premier ce Prince ? entraînez par.
la force superieure , ils ont accedé à cette Election
avec moins de joye que d'apparence de respect
, et on en trouve les preuves dans une Let-'
tre originale du même General Lesci au Comte
d'Osterman , où il s'exprime en ces termes :
Les Seigneurs Polonois étant divisez entre eux
sur le choix d'un Candidat , je les ai obligez par
des promesses et plus encore par des menaces , à dé
ferer la Couronne à l'Electeur de Saxe. Il sera assez
puissant pour se maintenir sur le Trône et pour
deffendre ceux qui l'y ont élevé.
L'Election du Sérenissime Auguste II. de
glorieuse mémoire , quoique faite par une Session
, a de grands avantages sur la prétendue
Election du S. Frederic Auguste. La premiere
fut l'ouvrage d'une partie considerable de la République
, légitimement assemblée dans le lieu
accoûtumé et désigné par la Constitution et le
temps de l'Election n'étoit pas encore écoulé ,
de sorte qu'en même- temps et au même endroit,
on nomma les deux Candidats en présence de
tous les Palatinats , Terres et Districts . La se
conde n'a été faite ni dans le lieu ni au temps
que les Loix marquaient , ni à la face de la Ré
山
1. Vol. publique
2704 MERCURE DE FRANCE
publique assemblée , et le S. Frederic Augusté a
été proclamé par une poignée d'hommes desti ."
tuez de tout pouvoir et autorité , par des hommes
que les Loix ont notez , par des hommes"
Sujets aux peines décernées contre les Traîtres ,'
et enfin sans qu'il ait assisté à cet Acte aucun
Palatinat , Territoire ni District.
Sans y être mieux
autorisé
, on a transferé
de
Praage
à Warsovie
, les Séances
touchant
les
Pacta
Conventa
, et on les y a continuées
15.
jours de suite aprés cette fausse
Election
. Par les´
mêmes
Pacta-Conventa
, on a ouvert
aux Trou."
pes Russiennes
le passage
en Pologne
, et on leur
a permis
d'y aller en tels lieux qu'il leur plairoit.
On a bien voulu
fournir
par là une occasion
continuelle
à des troubles
domestiques
, et
de justes
raisons
aux Etrangers
de nous déclarer
la guerre
, et on s'est peu soucié
d'einbarasser
la République.
Nous soumettons ce fidelle et exact Parallele
au jugement de l'Univers . Qu'on juge qui il
faut reconnoître pour légitime Roy de Pologne,
ou d'un Prince élû contre toutes sortes de Loix
et Constitutions et par la seule force des Armes
ou d'un autre qui a été élû selon ces Loix er
Constitutions , et que les suffrages libres et unanimes
de tout ce qu'il y avoit d'Electeurs , ont
élevé sur le Trône.
Fermer
Résumé : PARALLELE, de l'Election à la Couronne de Pologne, faite en faveur du Serénissime STANISLAS LESZCZYNSKI, & du Sérénissime FREDERIC AUGUSTE.
Le texte compare les élections de Stanislas Leszczynski et Frédéric Auguste au trône de Pologne. Stanislas Leszczynski a été élu de manière unanime par plus de 60 000 hommes représentant tous les palatinats, territoires et districts de la République. Cette élection a eu lieu dans le champ électoral entre Varsovie et le village de Wola, conformément aux usages traditionnels et aux constitutions. Elle s'est déroulée dans le lieu et le temps prescrits par les lois en vigueur. En revanche, l'élection de Frédéric Auguste a eu lieu après l'expiration du délai légal et dans un lieu non désigné par les constitutions. Elle n'a pas impliqué la présence des palatinats, territoires et districts. Frédéric Auguste a été élu par un petit nombre de particuliers, souvent sous la contrainte et la menace, notamment de l'armée russe. De plus, il a été nommé par un évêque qui a violé plusieurs serments et constitutions, contrairement à Stanislas Leszczynski, nommé par le Primat du Royaume, en conformité avec les lois. L'élection de Stanislas Leszczynski s'est faite librement et sans violence, tandis que celle de Frédéric Auguste a été marquée par la présence de l'armée et des menaces. Le texte conclut en soumettant ce parallèle au jugement de l'univers pour déterminer le roi légitime de Pologne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17248
p. 2850
Portrait gravé de la Dlle Le Couvreur. [titre d'après la table]
Début :
Il paroît depuis peu une Estampe qui a un très-grand débit, et qui mérite bien l'approbation [...]
Mots clefs :
Estampe, Actrice du Théâtre-Français
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Portrait gravé de la Dlle Le Couvreur. [titre d'après la table]
Il paroît depuis peu une Estampe qui a un
très-grand débit , et qui mérite bien l'approbation
qu'elle a des Curieux. C'est une très - heureuse
production du Pinceau et duBurin deMrs.Charles
Coypel et N. Drevet , dont la réputation est
assez connuë par des morceaux de plus grande
conséquence ; mais on peut dire , qu'en son
genre , celui- cy doit passer pour leur chef- d'oeu
vre. C'est le Portrait de Mlle Le Couvreur
Actrice du Theatre François , celebre par ses talens
pour la déclamation , morte , generalement
regrettée, au mois de Mars 1730. On en trouvera
un Article assez étendu dans le Mercure de ce
mois-là. Elle est representée en Cornelie , tenant
P'Urne qui renferme les cendres de Pompée.
Cette Estampe se vend chez Mr. Francoeur
1. Vol. дыё neuve des petits Champs , vis - à-vis la Com
pagnie des Indes , et chez Mr. Drevet , aux Galleries
du Louvre.
très-grand débit , et qui mérite bien l'approbation
qu'elle a des Curieux. C'est une très - heureuse
production du Pinceau et duBurin deMrs.Charles
Coypel et N. Drevet , dont la réputation est
assez connuë par des morceaux de plus grande
conséquence ; mais on peut dire , qu'en son
genre , celui- cy doit passer pour leur chef- d'oeu
vre. C'est le Portrait de Mlle Le Couvreur
Actrice du Theatre François , celebre par ses talens
pour la déclamation , morte , generalement
regrettée, au mois de Mars 1730. On en trouvera
un Article assez étendu dans le Mercure de ce
mois-là. Elle est representée en Cornelie , tenant
P'Urne qui renferme les cendres de Pompée.
Cette Estampe se vend chez Mr. Francoeur
1. Vol. дыё neuve des petits Champs , vis - à-vis la Com
pagnie des Indes , et chez Mr. Drevet , aux Galleries
du Louvre.
Fermer
Résumé : Portrait gravé de la Dlle Le Couvreur. [titre d'après la table]
L'estampe, œuvre de Charles Coypel et N. Drevet, représente Mlle Le Couvreur dans le rôle de Cornélie. Actrice célèbre du Théâtre Français, elle est décédée en mars 1730. L'estampe est disponible chez M. Francoeur et M. Drevet. Un article détaillé sur Mlle Le Couvreur est publié dans le Mercure du même mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17249
p. 94-95
LE DORMEUR.
Début :
Pour un Dormeur l'insuportable chose [...]
Mots clefs :
Dormeur, Ennemis, Louis, Victoires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE DORMEUR.
LE DORMEUR.
Our un Dormeur l'inſuportable choſe
Que des Exploits , des Victoires ſans fin ;
Qu'un Roi qui fait tout ce qu'il ſe propoſe!
C'étoit d'abord Ypre , Furne , Menin ,
Puis Montalban , Démont , Château- Dauphin ;
Aujourd'hui c'eſt Fribourg . Au diable qui repoſe ,
Quand Louisa les Armes à la main..
La Bastille & les Invalides
De tels Lauriers toujours avides ,
Braquant leur Airain triomphal ,
Pour mieux honorer la Conquête ,
Se font un devoir capital ,
Dans les bras du ſommeil ,de vous fendre la tête.
Je m'éveille en ſurſaut , je jure , je tempête :
C'eſt encor , me dit-on , des Ennemis à bas.
Alors je me tapis ,& j'enrage tout bas ,
NOVEMBRE. 1744 . 95
Non de nos Ennemis, bien aſſommés fans doute ,
Mais de mes Pavots en déroute ,
Dont je ne sçaurois trop gémir.
C'en est fait , je perds patience.
LOUIS veut vaincre , & moi , je veux dormir.
Ilme faut donc ailleurs fixer ma réſidence ,
Et fuir dans un Climat lointain .
Qüi , je me léve , & pars ſoudain :
Je vais chercher au bout du monde
Quelqu'azile , où , ſans embarras ,
Je puiſſe enfin goûter , entre deux draps ,
Une tranquillité profonde ;
Où , toujours à l'abri des boëtes , du canon,
Et laiſſant à Louis ſignaler ſon courage ,
Je n'entende jamais , dans ma nouvelle Plage,
De bruit que celui de fon nom,
Our un Dormeur l'inſuportable choſe
Que des Exploits , des Victoires ſans fin ;
Qu'un Roi qui fait tout ce qu'il ſe propoſe!
C'étoit d'abord Ypre , Furne , Menin ,
Puis Montalban , Démont , Château- Dauphin ;
Aujourd'hui c'eſt Fribourg . Au diable qui repoſe ,
Quand Louisa les Armes à la main..
La Bastille & les Invalides
De tels Lauriers toujours avides ,
Braquant leur Airain triomphal ,
Pour mieux honorer la Conquête ,
Se font un devoir capital ,
Dans les bras du ſommeil ,de vous fendre la tête.
Je m'éveille en ſurſaut , je jure , je tempête :
C'eſt encor , me dit-on , des Ennemis à bas.
Alors je me tapis ,& j'enrage tout bas ,
NOVEMBRE. 1744 . 95
Non de nos Ennemis, bien aſſommés fans doute ,
Mais de mes Pavots en déroute ,
Dont je ne sçaurois trop gémir.
C'en est fait , je perds patience.
LOUIS veut vaincre , & moi , je veux dormir.
Ilme faut donc ailleurs fixer ma réſidence ,
Et fuir dans un Climat lointain .
Qüi , je me léve , & pars ſoudain :
Je vais chercher au bout du monde
Quelqu'azile , où , ſans embarras ,
Je puiſſe enfin goûter , entre deux draps ,
Une tranquillité profonde ;
Où , toujours à l'abri des boëtes , du canon,
Et laiſſant à Louis ſignaler ſon courage ,
Je n'entende jamais , dans ma nouvelle Plage,
De bruit que celui de fon nom,
Fermer