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1
p. 274-295
Nouvelles de Paris. [titre d'après la table]
Début :
Les grands évenements sont ordinairement suivis ou precedez [...]
Mots clefs :
Roi, Royaume, Parlement, Duc, Sa Majesté, Deuil, Duc d'Orléans, Régent, Cardinal, Baron, Officiers, Gardes du corps, Mort, Louis XIV, Louis XV
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Paris. [titre d'après la table]
Les grands événements sont
ordinairement suivis ou précédez
de quelques desordres.
Laconfusion qui fl otte les ef
- prits inquiets, & l'espoir de
l'impunité semblentalors autoriser
lalicence.
Il ne pouvoir pas en effet
arriver de plus grand évenement
en France, que celuy de
la mort du Roy Louis XIVv
mais pendant les cinq jour que.
le bruit de sa mort a couru,&
après qu'il a eu les yeux fermez,
les sages précautions du
Prince que le Ciel nous destinon
pour Regent, & la vigilance
& les foins des Ministres
qu'il a honoré de ses ordres ,
ont entretenu cette grande
(,
Ville &tout le Royaume dans
une tranquillitéaussi parfaite,
que s'il nyfut rien arrivé d'extraordinaire.
Tous les yeux à l'instant se
sont ouverts pour admirer la
conduite de nostre Regent,
* JL'JLiyijrvjc. qui peu de moments après la
mort du Roy arrivée le premier
de ce mois, fut rendre ses
refpeéts àMonfeigneur leDauphin,
maintenant le RoyLoüis,
XV. Il luy presentaenmême
temps les Princes & les Seigneurs
qui se trouverent alors
a Ver sailles.
Le lendemain il vint en
cette Ville, où il prit possession
de sa qualité de Regent deuë à
Ion rang,& à sa naissance,
dans la grande Chambre du
Palais,où pour cet effets'étoientaffemb!
cz le Parlement,
les Pairs du Royaume,les Marêchaux
de France,& les Gouverneurs
& Lieutenants Généraux
desProvinces, chacun
dans les rangs qui convenoienc
à leurs dignitez.
Cette ceremonie finie, le
peuple qui setrouva dans les
Places, sur le Pont Neuf
, &
dans les ruës par où passa Son
: Altesse Royale Monseigneur
le Duc d'Orleans,jetta mille
cris de joye & de benediction
de se voir un si digne Successeur
à l'autorité du grand Roy
qu'il venoit de perdre.Sa generosité
réponditsur le champ
à ces acclamations. ic; »
L'a près dîneilretourna au
Parlement,0111!piopofa avec
zeleles destins pour procurer
le payement aû des Troupes
,
le soulagement des peuples,&
enmême tems le projet
qu'il avoit formé de changer
la face du Gouvernement
qui luy paroissoit onereuse à
l'Etat, avec les intentions qu'il
avoit de contribuer de tout
son pouvoir, à la seureté,à
l'avantage, & à la tranquillité
du Royaume.
Le 4 de cemoisleClergé, le
Parlement
,
la Chambre des
Comptes&lesautres Compagnies
turent tendre leurs tcljie&
s au nouveauRoy.
Le 7. onenreg stra au Par-
,
lement uneDeclarationdu
Roy,parlaquelle de l'avisde
MMooniiffcciigo,nnccuurt le DDuucc-. dd''OOrr-.
leans, de Monsieur le Duc &
autres grands Personnages du
Royaume, Sa Majesté a prorogélesSéances
du Parlement
jusqu'au ii. de ce mois pour
le jugement de toutes les affaircs
particulieres,&, jurqu'au.
Octobre pour toutes les affailes
publiques & generales qui
pourront y estre portées par
sesordres. --
Lep.le Roy parut de Verfailles
accompagnéde Monsei
gneur le Ducd'Orléans; de
Monsieur le Duc, de Monsieur
le Duc du Maine & de Monsieurle
Comte de ':T-ouloùfc',
pour aller faire sonséjourau
Château de Vincennes.
»
3Lefoirdu même jour le
Corpsdu Roy fut porté à S.
Denis. Le Corps fut levé par
le Cardinal deRohan Grand
AumosnierdeFrance,en presence
de Monsieur le Duc,
Grand Maistre de la Maison
du;Roy.> & porté par les Gardes
de la CompagnieEscossoise
sur
sur un chariot d'armes, couvert
d'un poesle croisé de moire
d'argent, puis on marcha
en cet ordre. Le Capitaine des
Guides de la Maison du Roy,
quelques carosses des principaux
Officiers: celuy du Maî
tre des Ceremonies :celuy du
Grand Maistre des Ceremonies,
les Mousquetairesnoirs,
les Mousqueraires gris, les
Chevaux Legers de la Garde,
lesOfficiers de la Chambre &
de la Garderobe : un Carosse
du Roy, où étoient des Aumôniers
de Sa Majesté
,
son
Confesseur&le Curé de Versailles
:uncarolle du R.dy. ,ou
étoient Monsi ur le Duc, le
Cardinal de Rohan, le Duc
de Threfmes
, premier Gentilhomme
de la Chambre en
service, le Duc de la Tremoille
& leDuc de Mortemar, aussi
premiers Gentilshommesde la
Chambre ,le Duc de la Ra.
chefoucault
,
Grand MnllrCL
de la Garderobe
,
& le Chevalier
de Dampierre
,
premier
Escuyer de Monficur le Duc-.
les Trompettes de la Chambre
,
les Herauts d'armes , le Grand Maistre
,
le M-i-iftrt
& l'Aide des Ceremonies , le
Charlot &quatreAumôniers
àchevalportant les coins du
pofl;,1e Prince Charles de
Lorraine
,
Grand Elcuyer de
France&leDuc de Villeroy,
Capitaine desGardes duCorps
àcheval, les Gardes du Roy&
les Gendarmes. La marche
étoit fermée par le carosse de
Monsieur le Duc & par ceux
du Cardinal de Rohan,&
des Ducs de la Tremoille
,
de
la Rochefoucauld ,de Morttemar&
de Thresme. Le Convoy
arrivant à une demie lieue
de Saint Denis
, y fut joint
par un grand nombre d'Officiers
des sept Officesà pied,par
les Gardes de la Prevosté de
rHoftel,& par lesCent Suisses;
de la Garde,& à quelque distance,
ontrouva les Religieux
de l'Abbaye Royale de S. Denis
, au nombre d'environ six
vingt reveflus de chappes de
velours noir, & precedez par
les Paroisses
,
les Recollets &
les Officiers de Justice de la
Ville. A près les prieres ordinaires
, tous les Ecclesiastiques
precederent processionnellement
le chariot jusqu'à la
porte de l'Abbaye,oùle Cardinal
le presenta au Prieur ,
par un discours touchant, &
éloquent Le Corps fut placé
dansleChoeur de l'Eglise,entouré
de cierges, & les Religieux
commencerent à faire
autour des prieres jour & nuit.
Le lendemain les Religieuxcelebrerent
un Service, auquel
assisterent tous les Officiers qui
avoient accompagnéle Con
voy. '1 , - ,Le 12 le Roy partit de
Vincennes, pour venir au Parlement
tenir son Lit de Justice.
Il étoit precedé des deux Compagnies
de Mousquetaires &
des Chevaux Legers de laGaI
de
, ayant dans lou carosse
M^'siur le Duc d'Orleans,
Ml'f){jeur le Duc, Monsieur
le Duc du Maine
,
Madame
la Duchelle de Vantadour
Gouvernante de la personne
de Sa Mjllé
,
& le Marc*
chIlqc Villeroy. Le carouc:
étoit suivi des Gardes du
Corps & des Gendarmes. A
l'extremité du Fauxbourg
,
les Gardes de la Prevosté &
les Cent Suisses se joignirent
à la marc he i & encet ordre ,
le Duc de Thresmes, Gouverneur
deParis,luypresenta
lePrevost dtsM.u.,baod'qui,
luy si oncomr>i»mtn& à la
tête des Echevins
un genoux
en teireLes ruesestoient bordées
des Régimens des Gardes
Funçoi les& Suiflcs,juC^aju-
Palais. Le Roy entra à la
Sainte Chapelle
,
où il fut
receu & complimenté par
l'Abbé de Champigny
,
Tre-
[orier) a la têtedu Chapitre.
Quitte Presi lents & six Conseillers
,
vinrent recevoir Sa
Majestéàla Sainte Chapelle,
le conduisirent à la Grande
Chambre où il s'assit fous le
~Dis dans son Lit de Justice.
Toutes les séances eûant prises
en la maniere ordinaire,
leRoyditqu'il venoic à son
Parlement pour l'assûrer de
son affection & que son Chancelier
diroit le reste. Ensuite
le Chancelier de France expliqua
le su jet de la venuë du
Roy,après quoy ,
il prononça
l'Arrest, par lequel laRegence
,
pleine & entiere du
Royaume est deferée à Monsieur
le Duc d'Orleans.
Le 16. M.le Baron deSpaar
Ambassadeur Extraordinaire
du Roy de Suéde
, accompagn$
é de M deCronstroom son
Envoyé Ordinaire
,
firent des
compliments
compliments de condoleance
à SaMajesté sur la mort du feu
Roy.
f- ,
Le 17. le Nonce ordinaire
duPape
,
cût audiance du
Roy,conduit par M.le Baron
de Breteüil, quiestoitengrand
manteau de deüil. Le Nonce
futreceu par le Duc de Villeroy
,
Capitaine des Gardes
du Corpsen grand manteau
de deüil
,
à l'entrée de la salle
des Gardes du Corps, qui
étoient sous les armes. Monsieur
le Duc d'Orleans, Regent
du Royaume, les Princes
du Sang&les grands Officiers
quisont auprés du Roy dans
ces forres de Ceremonies,
étoient aussi en manteau de
deüil.
Le Comte de Rivazzo Envoyé
du Duc de Parme, le
Baron Simeoni
,
Envoyé de
l'Electeur de Cologne, le
Comte Bardi
,
Envoyé de
Toscane
,
le sieur du Mont
Envoyé de Holstein Gortorp
,
&le Baron d'Imhoff,Envoyé
de Brunswich
-
Woifenbutel
,
tous en grand manteau de
deüil eurent audianceduRoy.
L'Ambassadeur de Portugal
& l'AmbassadeurdeSicile,
en grand manteau de deüil
, eurentaussiaudiance du Roy,
& firent de pareils complimens
de condoleance à Sa
Majesté.
Le 16. de ce mois,on enregistra
au Par lement une
Déclaration du Roy, qui ordonne
que lorsque des Ordonnances
,
Edits, Declarations,
Lettres Patentes emanèes de
la feule autorité de Sa Majesté
feront adressées au Parlement
, avec des Lettres de
cachet pour les faire enregistrer,
le Parlement avant que
d'y procéder
, pourra representer
à Sa Majesté ce qu'il
jugeraà propos pour le bicn_
,public du Royaume. Sa Majessé
voulant donner cette
marque de sa confiance à la
Cour de Parlement ,à cause
de la fidelité, du zele & de la
soumission
, avec lesquels elle
a toujours servi le Roy son
Bjfyreul
,
sur tout dans urj
tempsou les avis d'une Compagnic
aussi rage qu'éclairée,
pueutv-einltliutyées.trbed'une.g.rande -
Lemêmejour, une autre
Pp:ljiration fut enregistrée
,
FÏ-;Lafléll_e le Roy outre le
Conseil General de Regence,
en établit six autres particuliers
, composez chacun d'un
nombre convenable de Conseillers
& de Secrétaires : ravoir
le Conseil de Conscience,
pour les affairesEcclesiastiques:
leConseil des affaires Estrangeres
:
le Conseil de guerre ,
& de tout ce qui y a rapport:
le Conseil de Finances: le
Conseil de Marine
,
& de
tout ce qui en dépend: le
Conseildes affaires du dedans
du Royaume, qui estoient
cy devant portées au Conseil
des Depesches, sans rieninnover
à l'égard du Conseil Privé,
& sans que les affaires dont la
connoissance appartient aux
Cours & aux Tribunaux du
Royaume
,
puissent estre portées
dans lesditsConseils.
Le18. le Scrutin del'Hostel
de Ville de Paris, sur presenté
au Roy,par M. le Picart
Conseiller au Parlement:
Meilleurs Fayolle &Foucault
Lschevins, nouvellementélus
presterent ferment entrt les
mains de Sa Majesté
, en prefcnce
de Monsieur le Duc
d'Orleans : M. le Prevost des
Marchands & les Eschevins
furent ensuite en Robe de
ceremonie rendre leurs ref- .s, à Son AltesseRoyale,
comme Regent. Le 19ilsont
aussi rendu leurs respects à
Madaçw
,
& à Madame la
Duchesse d'Orléans. •leRoya donné à M.leDuc
d'Albret, la charge de grand
Çhajntx11an de France, vacance
par la demissionqu''en
avoit faite M. LeDuc de Boüllon
son pere.
ordinairement suivis ou précédez
de quelques desordres.
Laconfusion qui fl otte les ef
- prits inquiets, & l'espoir de
l'impunité semblentalors autoriser
lalicence.
Il ne pouvoir pas en effet
arriver de plus grand évenement
en France, que celuy de
la mort du Roy Louis XIVv
mais pendant les cinq jour que.
le bruit de sa mort a couru,&
après qu'il a eu les yeux fermez,
les sages précautions du
Prince que le Ciel nous destinon
pour Regent, & la vigilance
& les foins des Ministres
qu'il a honoré de ses ordres ,
ont entretenu cette grande
(,
Ville &tout le Royaume dans
une tranquillitéaussi parfaite,
que s'il nyfut rien arrivé d'extraordinaire.
Tous les yeux à l'instant se
sont ouverts pour admirer la
conduite de nostre Regent,
* JL'JLiyijrvjc. qui peu de moments après la
mort du Roy arrivée le premier
de ce mois, fut rendre ses
refpeéts àMonfeigneur leDauphin,
maintenant le RoyLoüis,
XV. Il luy presentaenmême
temps les Princes & les Seigneurs
qui se trouverent alors
a Ver sailles.
Le lendemain il vint en
cette Ville, où il prit possession
de sa qualité de Regent deuë à
Ion rang,& à sa naissance,
dans la grande Chambre du
Palais,où pour cet effets'étoientaffemb!
cz le Parlement,
les Pairs du Royaume,les Marêchaux
de France,& les Gouverneurs
& Lieutenants Généraux
desProvinces, chacun
dans les rangs qui convenoienc
à leurs dignitez.
Cette ceremonie finie, le
peuple qui setrouva dans les
Places, sur le Pont Neuf
, &
dans les ruës par où passa Son
: Altesse Royale Monseigneur
le Duc d'Orleans,jetta mille
cris de joye & de benediction
de se voir un si digne Successeur
à l'autorité du grand Roy
qu'il venoit de perdre.Sa generosité
réponditsur le champ
à ces acclamations. ic; »
L'a près dîneilretourna au
Parlement,0111!piopofa avec
zeleles destins pour procurer
le payement aû des Troupes
,
le soulagement des peuples,&
enmême tems le projet
qu'il avoit formé de changer
la face du Gouvernement
qui luy paroissoit onereuse à
l'Etat, avec les intentions qu'il
avoit de contribuer de tout
son pouvoir, à la seureté,à
l'avantage, & à la tranquillité
du Royaume.
Le 4 de cemoisleClergé, le
Parlement
,
la Chambre des
Comptes&lesautres Compagnies
turent tendre leurs tcljie&
s au nouveauRoy.
Le 7. onenreg stra au Par-
,
lement uneDeclarationdu
Roy,parlaquelle de l'avisde
MMooniiffcciigo,nnccuurt le DDuucc-. dd''OOrr-.
leans, de Monsieur le Duc &
autres grands Personnages du
Royaume, Sa Majesté a prorogélesSéances
du Parlement
jusqu'au ii. de ce mois pour
le jugement de toutes les affaircs
particulieres,&, jurqu'au.
Octobre pour toutes les affailes
publiques & generales qui
pourront y estre portées par
sesordres. --
Lep.le Roy parut de Verfailles
accompagnéde Monsei
gneur le Ducd'Orléans; de
Monsieur le Duc, de Monsieur
le Duc du Maine & de Monsieurle
Comte de ':T-ouloùfc',
pour aller faire sonséjourau
Château de Vincennes.
»
3Lefoirdu même jour le
Corpsdu Roy fut porté à S.
Denis. Le Corps fut levé par
le Cardinal deRohan Grand
AumosnierdeFrance,en presence
de Monsieur le Duc,
Grand Maistre de la Maison
du;Roy.> & porté par les Gardes
de la CompagnieEscossoise
sur
sur un chariot d'armes, couvert
d'un poesle croisé de moire
d'argent, puis on marcha
en cet ordre. Le Capitaine des
Guides de la Maison du Roy,
quelques carosses des principaux
Officiers: celuy du Maî
tre des Ceremonies :celuy du
Grand Maistre des Ceremonies,
les Mousquetairesnoirs,
les Mousqueraires gris, les
Chevaux Legers de la Garde,
lesOfficiers de la Chambre &
de la Garderobe : un Carosse
du Roy, où étoient des Aumôniers
de Sa Majesté
,
son
Confesseur&le Curé de Versailles
:uncarolle du R.dy. ,ou
étoient Monsi ur le Duc, le
Cardinal de Rohan, le Duc
de Threfmes
, premier Gentilhomme
de la Chambre en
service, le Duc de la Tremoille
& leDuc de Mortemar, aussi
premiers Gentilshommesde la
Chambre ,le Duc de la Ra.
chefoucault
,
Grand MnllrCL
de la Garderobe
,
& le Chevalier
de Dampierre
,
premier
Escuyer de Monficur le Duc-.
les Trompettes de la Chambre
,
les Herauts d'armes , le Grand Maistre
,
le M-i-iftrt
& l'Aide des Ceremonies , le
Charlot &quatreAumôniers
àchevalportant les coins du
pofl;,1e Prince Charles de
Lorraine
,
Grand Elcuyer de
France&leDuc de Villeroy,
Capitaine desGardes duCorps
àcheval, les Gardes du Roy&
les Gendarmes. La marche
étoit fermée par le carosse de
Monsieur le Duc & par ceux
du Cardinal de Rohan,&
des Ducs de la Tremoille
,
de
la Rochefoucauld ,de Morttemar&
de Thresme. Le Convoy
arrivant à une demie lieue
de Saint Denis
, y fut joint
par un grand nombre d'Officiers
des sept Officesà pied,par
les Gardes de la Prevosté de
rHoftel,& par lesCent Suisses;
de la Garde,& à quelque distance,
ontrouva les Religieux
de l'Abbaye Royale de S. Denis
, au nombre d'environ six
vingt reveflus de chappes de
velours noir, & precedez par
les Paroisses
,
les Recollets &
les Officiers de Justice de la
Ville. A près les prieres ordinaires
, tous les Ecclesiastiques
precederent processionnellement
le chariot jusqu'à la
porte de l'Abbaye,oùle Cardinal
le presenta au Prieur ,
par un discours touchant, &
éloquent Le Corps fut placé
dansleChoeur de l'Eglise,entouré
de cierges, & les Religieux
commencerent à faire
autour des prieres jour & nuit.
Le lendemain les Religieuxcelebrerent
un Service, auquel
assisterent tous les Officiers qui
avoient accompagnéle Con
voy. '1 , - ,Le 12 le Roy partit de
Vincennes, pour venir au Parlement
tenir son Lit de Justice.
Il étoit precedé des deux Compagnies
de Mousquetaires &
des Chevaux Legers de laGaI
de
, ayant dans lou carosse
M^'siur le Duc d'Orleans,
Ml'f){jeur le Duc, Monsieur
le Duc du Maine
,
Madame
la Duchelle de Vantadour
Gouvernante de la personne
de Sa Mjllé
,
& le Marc*
chIlqc Villeroy. Le carouc:
étoit suivi des Gardes du
Corps & des Gendarmes. A
l'extremité du Fauxbourg
,
les Gardes de la Prevosté &
les Cent Suisses se joignirent
à la marc he i & encet ordre ,
le Duc de Thresmes, Gouverneur
deParis,luypresenta
lePrevost dtsM.u.,baod'qui,
luy si oncomr>i»mtn& à la
tête des Echevins
un genoux
en teireLes ruesestoient bordées
des Régimens des Gardes
Funçoi les& Suiflcs,juC^aju-
Palais. Le Roy entra à la
Sainte Chapelle
,
où il fut
receu & complimenté par
l'Abbé de Champigny
,
Tre-
[orier) a la têtedu Chapitre.
Quitte Presi lents & six Conseillers
,
vinrent recevoir Sa
Majestéàla Sainte Chapelle,
le conduisirent à la Grande
Chambre où il s'assit fous le
~Dis dans son Lit de Justice.
Toutes les séances eûant prises
en la maniere ordinaire,
leRoyditqu'il venoic à son
Parlement pour l'assûrer de
son affection & que son Chancelier
diroit le reste. Ensuite
le Chancelier de France expliqua
le su jet de la venuë du
Roy,après quoy ,
il prononça
l'Arrest, par lequel laRegence
,
pleine & entiere du
Royaume est deferée à Monsieur
le Duc d'Orleans.
Le 16. M.le Baron deSpaar
Ambassadeur Extraordinaire
du Roy de Suéde
, accompagn$
é de M deCronstroom son
Envoyé Ordinaire
,
firent des
compliments
compliments de condoleance
à SaMajesté sur la mort du feu
Roy.
f- ,
Le 17. le Nonce ordinaire
duPape
,
cût audiance du
Roy,conduit par M.le Baron
de Breteüil, quiestoitengrand
manteau de deüil. Le Nonce
futreceu par le Duc de Villeroy
,
Capitaine des Gardes
du Corpsen grand manteau
de deüil
,
à l'entrée de la salle
des Gardes du Corps, qui
étoient sous les armes. Monsieur
le Duc d'Orleans, Regent
du Royaume, les Princes
du Sang&les grands Officiers
quisont auprés du Roy dans
ces forres de Ceremonies,
étoient aussi en manteau de
deüil.
Le Comte de Rivazzo Envoyé
du Duc de Parme, le
Baron Simeoni
,
Envoyé de
l'Electeur de Cologne, le
Comte Bardi
,
Envoyé de
Toscane
,
le sieur du Mont
Envoyé de Holstein Gortorp
,
&le Baron d'Imhoff,Envoyé
de Brunswich
-
Woifenbutel
,
tous en grand manteau de
deüil eurent audianceduRoy.
L'Ambassadeur de Portugal
& l'AmbassadeurdeSicile,
en grand manteau de deüil
, eurentaussiaudiance du Roy,
& firent de pareils complimens
de condoleance à Sa
Majesté.
Le 16. de ce mois,on enregistra
au Par lement une
Déclaration du Roy, qui ordonne
que lorsque des Ordonnances
,
Edits, Declarations,
Lettres Patentes emanèes de
la feule autorité de Sa Majesté
feront adressées au Parlement
, avec des Lettres de
cachet pour les faire enregistrer,
le Parlement avant que
d'y procéder
, pourra representer
à Sa Majesté ce qu'il
jugeraà propos pour le bicn_
,public du Royaume. Sa Majessé
voulant donner cette
marque de sa confiance à la
Cour de Parlement ,à cause
de la fidelité, du zele & de la
soumission
, avec lesquels elle
a toujours servi le Roy son
Bjfyreul
,
sur tout dans urj
tempsou les avis d'une Compagnic
aussi rage qu'éclairée,
pueutv-einltliutyées.trbed'une.g.rande -
Lemêmejour, une autre
Pp:ljiration fut enregistrée
,
FÏ-;Lafléll_e le Roy outre le
Conseil General de Regence,
en établit six autres particuliers
, composez chacun d'un
nombre convenable de Conseillers
& de Secrétaires : ravoir
le Conseil de Conscience,
pour les affairesEcclesiastiques:
leConseil des affaires Estrangeres
:
le Conseil de guerre ,
& de tout ce qui y a rapport:
le Conseil de Finances: le
Conseil de Marine
,
& de
tout ce qui en dépend: le
Conseildes affaires du dedans
du Royaume, qui estoient
cy devant portées au Conseil
des Depesches, sans rieninnover
à l'égard du Conseil Privé,
& sans que les affaires dont la
connoissance appartient aux
Cours & aux Tribunaux du
Royaume
,
puissent estre portées
dans lesditsConseils.
Le18. le Scrutin del'Hostel
de Ville de Paris, sur presenté
au Roy,par M. le Picart
Conseiller au Parlement:
Meilleurs Fayolle &Foucault
Lschevins, nouvellementélus
presterent ferment entrt les
mains de Sa Majesté
, en prefcnce
de Monsieur le Duc
d'Orleans : M. le Prevost des
Marchands & les Eschevins
furent ensuite en Robe de
ceremonie rendre leurs ref- .s, à Son AltesseRoyale,
comme Regent. Le 19ilsont
aussi rendu leurs respects à
Madaçw
,
& à Madame la
Duchesse d'Orléans. •leRoya donné à M.leDuc
d'Albret, la charge de grand
Çhajntx11an de France, vacance
par la demissionqu''en
avoit faite M. LeDuc de Boüllon
son pere.
Fermer
2
p. 141-143
Livres nouveaux. Article digne de toute la curiosité du Lecteur, & convenable aux interêts de l'Auteur. [titre d'après la table]
Début :
Je ne seray peut-être pas mal de vous annoncer à present [...]
Mots clefs :
Roi, Louis XIV, Louis XV
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Livres nouveaux. Article digne de toute la curiosité du Lecteur, & convenable aux interêts de l'Auteur. [titre d'après la table]
Je ne feray peut- être pas
mal de vous annoncer à prefent
, avant que de paſſer aux
nouvelles du monde,quelques
Livres nouveaux.
Le Journal Hiſtorique de
toutes les circonstances qui
ont precedé la mort du Roy
LouisXIV. & de l'avenement
du Roy Louis XV. à la Couronne
de France , eſt un Livre
fi curieux , fi intereſſant , & fi
nouveau que tout le monde
142
{
MERCURE
eſt en confcience obligé de
l'acheter. Tous les grands évenemens
qui ſervent à le rempliront
été ramaffez avectoute
l'exactitude imaginable,par
l'Auteur du Mercure Galant.
Il ſe flatte,àtelle finquede rais
fon, que fon nom & fon paraphe
qui font à la tête du
Journal , pourront contribuër
à en précipiter le débit. Il en
donneroit volontiers un extrait
dans leMercure , s'il n'ap
prehendoit pas qu'on s'en tint
là ;& pour cauſe facile à deviner
, il ſe contente d'annoncer
au Public que ledit Journal fe
'GALANT. 143
vend chez les Sieurs Jollet &
Lameſle ſes Imprimeurs , au
Livre Royal , au bout du Pont
S.Michel , du côté du Marché
neuf ceux qui le trouveront
fans fon paraphe , font trés
inſtamment priez de le lui ene
voyer comme un Livre con
trefait , afin qu'il foit( comme
de juſtice ) procedé par lui à
l'examen de la contravention.
Ceparapheestcompofé d'une
L.& dedeux doubles F. enla
fées enfemble,& fermées par
un D.d'une façon inimitable,
nevarietur.
mal de vous annoncer à prefent
, avant que de paſſer aux
nouvelles du monde,quelques
Livres nouveaux.
Le Journal Hiſtorique de
toutes les circonstances qui
ont precedé la mort du Roy
LouisXIV. & de l'avenement
du Roy Louis XV. à la Couronne
de France , eſt un Livre
fi curieux , fi intereſſant , & fi
nouveau que tout le monde
142
{
MERCURE
eſt en confcience obligé de
l'acheter. Tous les grands évenemens
qui ſervent à le rempliront
été ramaffez avectoute
l'exactitude imaginable,par
l'Auteur du Mercure Galant.
Il ſe flatte,àtelle finquede rais
fon, que fon nom & fon paraphe
qui font à la tête du
Journal , pourront contribuër
à en précipiter le débit. Il en
donneroit volontiers un extrait
dans leMercure , s'il n'ap
prehendoit pas qu'on s'en tint
là ;& pour cauſe facile à deviner
, il ſe contente d'annoncer
au Public que ledit Journal fe
'GALANT. 143
vend chez les Sieurs Jollet &
Lameſle ſes Imprimeurs , au
Livre Royal , au bout du Pont
S.Michel , du côté du Marché
neuf ceux qui le trouveront
fans fon paraphe , font trés
inſtamment priez de le lui ene
voyer comme un Livre con
trefait , afin qu'il foit( comme
de juſtice ) procedé par lui à
l'examen de la contravention.
Ceparapheestcompofé d'une
L.& dedeux doubles F. enla
fées enfemble,& fermées par
un D.d'une façon inimitable,
nevarietur.
Fermer
3
p. 203-204
De Vernon, en Normandie.
Début :
Le sieur Demarre, ancien Brigadier des Gardes du Corps du [...]
Mots clefs :
Louis XIV, Louis XV
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Vernon, en Normandie.
DeVernon , en Normandie.
Le ſieur Demarre , ancien
Brigadier des Gardes du Corps
204 MERCURE
du Roy , a fait faire un Ser
vice folemnel pour le repos
de l'ame de Louis XIV. 11
a fait celebrer une grande
Meſſe de Requiem , & dire
pluſieurs Meſſes baſſes pour
la même intention; une gran.
deMeſſe pour la fanté ,conſervation
& profperité duRoi
Loüis XV. regnant , & une
grande Meſſe du Saint Eſprit
pour la conſervation de Son
Alteſſe Royale Monseigneur
le Duc d'Orleans , Regent du
Royaume.
Le ſieur Demarre , ancien
Brigadier des Gardes du Corps
204 MERCURE
du Roy , a fait faire un Ser
vice folemnel pour le repos
de l'ame de Louis XIV. 11
a fait celebrer une grande
Meſſe de Requiem , & dire
pluſieurs Meſſes baſſes pour
la même intention; une gran.
deMeſſe pour la fanté ,conſervation
& profperité duRoi
Loüis XV. regnant , & une
grande Meſſe du Saint Eſprit
pour la conſervation de Son
Alteſſe Royale Monseigneur
le Duc d'Orleans , Regent du
Royaume.
Fermer
4
p. 297-301
AVERTISSEMENT.
Début :
Je recommande encore l'affranchissement des ports de lettres, & [...]
Mots clefs :
Public, Journal, Circonstances, Louis XIV, Louis XV
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
Je recommande encore
l'affranchiffement des ports de
lettres , & j'ay mes raifons
pour ne ceffer de le faire . J'avertis
en même temps mes
Lecteurs , que je ne donne
point de chanfons fans la note,
non plus que de Livres fans
mon paraphe , composé com .
me je l'ay déja dit d'une L. &
198 MERCURE
de deux doublesF. enlaffees enfemble
& fermées par un D.
d'une façon inimitable. Si
l'on trouve quelqu'un de mes
exemplaires qui n'ait point
ces deux conditions , on m'obligera
infiniment de me le
renvoyer. Je fuis encore obligé
en confcience , d'avertir le
Public , que je lui ay donné
les premiers jours du prefent
mois , le Journal Historique
de toutes les circonftances fingulieres
qui ont precedé la
mort du Roy Louis XIV.
de l'avenement de Louis XV.
à la Couronne de France , avec
GALANT . 299
>
une Lifte exacte & étenduë de
l'établiffement des Confeils ,
des noms , qualitez , demeurés
& départements des Préfi .
dents , & des Confeillers defdits
Confeils. J'ay ajoûté à
cela,l'avis le plus rare & le plus
précieux dont on puiffe faire
part au Public. Je lui ay an
noncé M. de Villards , Auteur
de la plus merveilleufe découverte
du monde , comme un
homme à qui feront infiniment
redevables tous cen
ne fe piquent pas d'une orgueilleufe
incredulité . Mon
témoignage fondé ſur mon
300 MERCURE
experience ne fuffit pas pour
établir l'excellence de fon cau
merveilleufe ; mais plufieurs,
perfonnes dignes de foy ,en pu
blieroient les prodiges , fi les,
circonftances de leurs maladies
ne les condamnoient pas au
filence . D'ailleurs M. de Villards
ne fouhaite rien tant que
de fatisfaire les curieux , en
leur démontrant les vertus de
fon cau , qui eft certainement
un remede univerfel , dont les
qualitez ont efté amplement
déduites dans le Journal dont
je viens de parler. Ce Livre.
fe vend chez D. Joller , &.
GALANT. 301
J. Lamelle , au bout du Pont
S. Michel , du côté du Marché
neuf, au Livre Royal.
Je recommande encore
l'affranchiffement des ports de
lettres , & j'ay mes raifons
pour ne ceffer de le faire . J'avertis
en même temps mes
Lecteurs , que je ne donne
point de chanfons fans la note,
non plus que de Livres fans
mon paraphe , composé com .
me je l'ay déja dit d'une L. &
198 MERCURE
de deux doublesF. enlaffees enfemble
& fermées par un D.
d'une façon inimitable. Si
l'on trouve quelqu'un de mes
exemplaires qui n'ait point
ces deux conditions , on m'obligera
infiniment de me le
renvoyer. Je fuis encore obligé
en confcience , d'avertir le
Public , que je lui ay donné
les premiers jours du prefent
mois , le Journal Historique
de toutes les circonftances fingulieres
qui ont precedé la
mort du Roy Louis XIV.
de l'avenement de Louis XV.
à la Couronne de France , avec
GALANT . 299
>
une Lifte exacte & étenduë de
l'établiffement des Confeils ,
des noms , qualitez , demeurés
& départements des Préfi .
dents , & des Confeillers defdits
Confeils. J'ay ajoûté à
cela,l'avis le plus rare & le plus
précieux dont on puiffe faire
part au Public. Je lui ay an
noncé M. de Villards , Auteur
de la plus merveilleufe découverte
du monde , comme un
homme à qui feront infiniment
redevables tous cen
ne fe piquent pas d'une orgueilleufe
incredulité . Mon
témoignage fondé ſur mon
300 MERCURE
experience ne fuffit pas pour
établir l'excellence de fon cau
merveilleufe ; mais plufieurs,
perfonnes dignes de foy ,en pu
blieroient les prodiges , fi les,
circonftances de leurs maladies
ne les condamnoient pas au
filence . D'ailleurs M. de Villards
ne fouhaite rien tant que
de fatisfaire les curieux , en
leur démontrant les vertus de
fon cau , qui eft certainement
un remede univerfel , dont les
qualitez ont efté amplement
déduites dans le Journal dont
je viens de parler. Ce Livre.
fe vend chez D. Joller , &.
GALANT. 301
J. Lamelle , au bout du Pont
S. Michel , du côté du Marché
neuf, au Livre Royal.
Fermer
5
p. 131-175
ETAT contenant les noms des Officiers de la Maison du Roy LOUIS XV. à present regnant ; ceux de Madame, Fille de France Duchesse de Berry, de Madame, de M. le Duc d'Orleans, Regent du Royaume, & de Madame la Duchesse d'Orleans.
Début :
La Chapelle du Roy est composée du grand Aumônier de France. [...]
Mots clefs :
Louis XV, Duc d'Orléans, Régent du Royaume, Duchesse de Berry, Officiers de la Maison du roi Louis XV, Officiers de la Maison du roi, Roi, Abbé, Marquis, Chanoine, Chapelle, Aumônier, Chevalier, Écuyers, Gouverneur, Gentilshommes, Prince, Clercs, Chapelain, Écurie, Marquise , Duchesse, Chirurgien, Médecin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ETAT contenant les noms des Officiers de la Maison du Roy LOUIS XV. à present regnant ; ceux de Madame, Fille de France Duchesse de Berry, de Madame, de M. le Duc d'Orleans, Regent du Royaume, & de Madame la Duchesse d'Orleans.
ETAT contenant les noms
des Officiers de la Maiſon
du Roy Louis XV. à
preſent regnant ; ceux de
Madame , Fille de France
Ducheffe de Berry , de Madame
, de M. le Duc d'Orleans,
Regentdu Royaume,
&de Madame la Ducheſſe
d'Orleans.
La Chapelle du Roy est compofée
-du grandAumônier de France.
M. le Cardinal de Rohan
Commandeur né des Ordres
du Roy , Evêque &Prince de
Strasbourg.
132 MERCURE
Du premier Aumônier , &
autres Aumôniers de quartier.
Le premier Aumonier.
M.le Duc de Coiflin, Evêque
&Prince de Metz , Commandeur
de l'Ordre du S. Efprit ,
Le Maistre del'Oratoire.
M. l'Evêque de S Omer.
Le Confeffeur duRoy.
: Ily a buit Aumoniers , deux
àchaque Quartier.
M. l'Abbé Morel , Chanoi
ne de l'Eglise de Paris &Confeiller
au Parlement......
Mal'Abbé de Maulevrier,
Chanoine& Comte de Lyon.
pandane
GALANT
M'Abbéd Entragues ,
Abbé de Valence, couro sb
M.l'Abbé du Cambour,
M. l'Abbé d'Argentre, Abbéde
Sainte CROIXIM
M. l'Abbé de Choiſeul
M. l'Abbé de Rochebonne,
Grand Vicaire de Lyon
M. l'Abbé de Froulay ,
Grand Vicairede Toulouſe.
Ily a huit Chapelains dequartier
un ordinaire .
M Salomongod of M
M. Henrion.
M. Fauvel ; Chanoine de S.
Quentin& Abbé deClairfay.
M. de la Croix , Docteur
deSorbonne.
134 MERCURE
M. de Varcanes Docteur
de Sorbonne.
M. Traboüiller , Chanoine
deMeaux.I
M. Poiffon ,Abbé deBournet
.
MGoüault.
Un Chapelain ordinaire
&Sacristain.
M. Archon , Abbé de S.
Gilbert.
Ily a huit Clercs deChapelle.
M. Pothonier , Docteur en
Theologie
M. Pelliffier .
M. Buffon, Chanoined'Or-
Jeansd
:
1
GALANT. 135
M. Pernoſt , Prieur d'Ef-
い
pointed
2010
Ob MoHazon J.M
M. Bezançon, Chanoine de
Methonian M
M. Maupoint.
M. Johor 1 1
Le Maistre de la Chapelle-
Musique.
M. leCardinal de Polignac.
Cette Chapelle est composée des
Chapelains pour les grandes Meffes,
quifont:
M. Jouilhac
Dubais . 2.
NG
136 MERCURE
Quatre Clercs de Chapelle.
M. Bourgain ,Chanoine de
Reims papa sud.M
M. Caillet , Principal du
College des Craffins.
M. Tiſſu , Chanoine de S.
Nicolas du Louvre.
M. Poitevin Chanoine de
Reims.
Un Clerc ordinaire.
1
M. Favart , Chanoine de
Reims.
Cette Chapelle comprend tous
les Muſiciens & Symphonistes ,
quifont en tres-grand nombre.
Du
1
GALANT. 137
DuGrandMaistre de laMaiſon
du Roy
M. le Duc, Princedu Sang.
Surintendant à l'éducation
du Roy.
M. le Duc du Maine , Prince
Souverain de Dombes .
Le Gouverneur du Roy
M. le Maréchal de Villeroy.
Le Sous-Gouverneur.
M. le Comte de Ruffey.
Trois. Gentilshommes de la
Manche.
M. Dauffi .
M. Darcis .
M. de Pezé.
Decembre 1715. M
٤
138 MERCURE
4 Une Gouvernante...
Me la Ducheffe de Ventadour.
2
Une Sous-Gouvernante.
Me de la Lande .
7
Le premier Maistre d'Hostel.
M. le Marquis de Livry.
900
Douze Maistres d'Hostelfervantsparquartiers
, unMaiftre
d'Hoftel ordinaire. Mol 24
M. leComte d'Igny.
M.Dappoigny.
M. de la Godiniere.20
M. de Francine.
Mde laMeſangere.
M.Dumans.
M. Darzilliers.
GALANT 139
MadeMalegre M
Maade Cambraya
Ma de Montman l
-M.D'Herouvillo
N.... andmed
VaAdaifore d'Hostelordinaire.
M. de Vauvré , Intendant,
&du Conſeil de laRegence.
Du grand RannetierANT
-Mille Duc de Briffac.
Trente fix Gentilshommes
Servants / T
LG Le grandChambellan )
M. le Duc d'Albret
Quatre premiers Gentilshommes
de la Chambre.
M. le Duc de Threſmes.
4
Mij
140 MERCURE
M. le Duc d'Aumohrl
M. le Duc delaTremoille-
M. le DucdeMordemalt.
Quatre premiers Valers-de-
Chambre.....
M leMarquis deGambais,
Gouverneur de LimogesM
M.Bontemps
Mile Marquis de Chance-
?
Trente - deux Valets - de-
Chambre , fervans hoit par
quartierend Ahsulot M
Grand Maistre de la Garde-robe
M. lo Duc de la Rochefoucaatmida
ob sul sl .M
M
GALANT. 141
Deux Mailtresde la Garderobe:
salepМ М
M. le Marquis de la Salle
M. le Marquis de Mailleboisparovi
of of M
1 Premier Medecin.IM
M. Poirier. 71023
Huit Medecins fervans par
quartiersbou
Sous PremierChirurgien.
M. Maréchal.
M
M
Huit Chirurgiens forvans
par quartier, ashxis
Un Apotiquaire & quatre
aides , mob M
Un Directeur General des Ba
timensupig
M. le DuodAntid...
142 MERCURE
Le grand Maréchal des Logis.
M. le Marquis de Cany
Quatre Capitaines des Gardes
du Corps.
M. le Duc de Noaillesand
M. le Maréchal Duc d'Harcourt
.
M. le Duc de Villeroy.
4
M. le Duc de Charroft
M.fonFils reccuen ſurvivance.
Un Major. 11
MDavignono H
DeuxAydes Majorso q
CM. deBruzac.iroga att
M. de Parıfontaine.
12. Lieutenants fervants
par quartier.
12. Enfeignos
GALANT. 143
Capitaine des Cent- Suiffes .
M. le Marquis de Courtanvaux.
MO
Le Capitaine des Gardes
dela Porde
M. leMarquis de laChaife.
Le Capitaine des Gardos de la
Prevofté de l'Hostel.
M.leComtede Montſoreaus
Le Capitaine- Lieutenanti11
desGendarmes.
M. le Prince deRohana
Le Capitaine Litutenam
des Chevaux- Legers
M le Duc deChaulnes.
T
-LeColoneldesGardes Françoises.
M. le Duc de Guiche.
...11
144 MERCURE
Le Colonel General des Suiffes.
M.leDucduMaine,Prince
Souverain de Dombes.v
Le Colonel du Regiment
des Gardes Swiffes .
Mide Raynold.
Le GrandEcuyer.
M. le Comte d'Armagnac,
Chevalier de l'Ordre du Saint
Efpritai
Trois Ecuyers Cavalcadours.
Mode Vaux
M.de Romance.DA
M. de la Magdelaine.
Frois Ordinaires . LI
M. de Neuville.
MdAvricourt.1 M
Ν... Le
GALANT 145
Le Premier Ecuyer.
M. de Beringhen ,Chevalier
de l'Ordre du Roy.
Vingt Ecuyers ſervants par
quartier.
د. Ilyagrand nombre desPages
de la grande&petite Ecurie
, fans compter ceux de la
Chambre.
AMLe Grand Fauconnier.
Male Comte des Marets,
Le Grand Louvetier.
M. leMarquisd'Heudicourt.
LeJuge de la Cour.
LeGrand Prevoſt de France.
LeGrand-Maître desCeremonies.
M. le Marquis de Dreux.
Decembre 1715. N
146 MERCURE
Un Maître desCeremonies.
M. Deſgranges. " sh.M
Deux Introducteurs des Ambaf
Sadeurs .
M.le Marquis de Magni .
M. le Chevalier deSanctor,
MAISON DE MADAME ,
Fille de France , Duchéſſe
de Berry.
Officiers Ecclefiaftiques.
Un premier Aumônier.
M. l'AbbédeCaſtriez,Abbé
deValmagne ,& deMonaftier.
GALANT . 147
i
Quatre Aumoniers.
M. l'Abbé de Berny.
M. l'Abbé de Rouget ,
GrandVicaire d'Alby.
M. l'Abbé du Tremblay.
• M. l'Abbé Danglade.
Un Aumônier ordinaire.
M. l'Abbé d'Avejan, Prieur
du Vigan.
Quatre Chapelains.
M. Dupleffis , Chanoine de
S. Quentin.
M. Levouë , Chanoine du
Mans .
M. Girard , Chanoine de
Clermont.
Nij
148 MERCURE
M. Rafy , Chanoine d'Auxerre.
Un Chapelain ordinaire.
M. Capet.
Quatre Clercs de Chapelle.
M. Rabeuf , Principal du
Prin
College de Preſſes.
M. Francfort,
M Lucas .
M. Guinot , Chanoine de
Beaun
Un Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Bayo.
The Un Copfefleur. L
Ν...
Un Confeffeur du commun.
M. Avenel.
८
GALANT. 149
Un Sommier de Chapelle.
M. Dupuis.
CHAMBRE.
DAMES.
Une Dame d'Honneur.
Me la Duchefſſe de S. Simon.
Une Dame d'Atour.
Me la Marquifede Pons
S. Maurice.
131 Dames du Palais
&
MelaMarquiſe de Brancas.
Me la Comteſſe de Clermont.
Me la Marquiſe d'Armen
tieres.
Niij
150 MERCURE
Me la Marquiſe deBeauvau.
Une premiere Femme de
Chambre.
Mlic. Davaiſe... d
Douze Femmes de Chambre.
Quatre Huifiers de la
Chambre.
Un ordinaire .
Quatre Huiffiers du Cabinet.
Quatre Huiffiers de l'Antichambres
HUuDp M.M
Huit Valets deChambre.
Unordinaire.
Officiers de Santé.
Un premier Medecinis
M. Douté.
GALANT 151
Un Chirurgien du Corps .
M. Lardy.
Un Apoticaire du Corps.
M. Imbert.
Garderobe.
Quatre Valets de Garde-
Qua
robe.
Un ordinaire.
UnPorte- Manteau .
M. Jolly.
Chambre aux Deniers.
Un Chevalier d'Honneur.
M. le Marquis de Goëtenfao
, Lieutenant general des
Armées du Roy...M
Un premier Maistre d'Hostel.
M. le Comte de Saumery.
Niij
152 MERCURE
QuatreMaistres d'Hostel.
M. de la Marc..
M. Tourole. BRO
M. Juffan . admi.M
M. de la Valette.
1
Un Maistre d'Hostel ordinaire.
M. Bertin.
Doux Controlleurs generaux.
M. Levesque.
IN
M. le Baſtier.T.M
Huit Gentilshommesfervants.
M. Champion.S
M.Pingré.
Mol M
MdeCourcelles.pilo
M. Deſenelos.chsmA
M.de Bertun.
M.Larconcau.M
GALANT. 153
M. Porot.
M. de la Girardiere.
Un Gentilhomme ſervant
simordinaire M
M. deLaverdina LŨ
Un Controlleur Clercd'Office.
M. Pezier.
QuatreControlleursClercs
2000
Ecurie.
Un premier Ecuyer.
M. le Chevalier d'Hautefort
, Maréchal des Camps &
Armées du Roy.
ໂຄວ
Quatre Ecuyers.
M. de Makan
M. Boubée , Capitaine de
Cavalcric.
154 MERCURE
2 M. de Suzanges .
M. du Faure.05.11
Un Ecuyer Cavalcadour.
M. de la Vaſſorerie .
Un Maréchal des Logis
Un Fourier.RODU
Un Controlleur generaldes
Un Secretaire des Commandemens,
Maison, Finances.
M. deMontgelas
Un Surintendant des Maiſons
Finances, 1101 t
M. de Maynon.
Un Intendant des Maiſons
Finances. M
th Mi Paulmier, deng.M
A
رک
GALANT. ISS
Six Secretaires de Finances.
Un Secretaire ordinaire.
Un Treforier General de la
maison.
M. de Merandon .
UnGouverneur & un ſous-
Gouverneur des Pages.
Un Chapelain & Precepteur.
M. Stephanel , Chanoine
dePignetol.
Do Gardes duCorps François.
M. de Roye,Marquis dela
Rochefoucault, Maréchal des
Camps & Armées du Roy ,
Capitaine LieutenantdesGen
darmes Flamands.
156 MERCURE
:
Vn Lieutenant.
M. le Comte de Rion.
Vn Enseigne.
M. le Chevalier deCourtemer.
DeuxExempts.
M. le Marquis de Sabran.
M. le Marquis deBriquemaure.
Doux Maréchaux de Logis.
M. du Coudray.
N.
Un Officier des Gardes du
Corps Suiffes.ов М
CinquanteGardesduCorps.
UnTrompette.
Un Tymbalieriσμο
Vn Treforier
M. de S. Bonet.
GALANT. 157
********
MAISON DE MADAME ,
Ducheffe d Orleans .
Un premier Aumônier,
M. l'Abbé de Magnas.
Quatre Aumonters, M
M. l'Abbé Berthet , Prieur
de S. Leonard de Dreux!
M.I Abbé de Verthamont,
Grand Vicaire de Nantes.
A M. l'Abbé de Belle Fontaine.
M. l'Abbé Dubuc
Un Aumônier ordinaire.
M ! Abbé de Lagors,Chanoine
de Metz. ;
158 MERCURE
Quaire Chapelains..
M. Mouchet.
M Cornuo.
M. Roblattre.
Ν....
Un Chapelain ordinaire.
M. Refſeguier.
Quatre Clercs de Chapelle.
M. de Lamothe Vilbray.
M. de Maumonet.
M. Bloüin .
M. de S. Martin , Archidiacre
de S. Brieuc.
Un Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Maillard.
Confeßeur ordinaire.
Le R. P. de Linieres,Jeſuite.
GALANT 139
- Un Aumômerdu Commun.
M Coſtel , Chanoine de
SainteOpportuni
Un Confeßeur du Commun.
M.Morlet .
Un Sommier de Chapelle.
M Prevons dou
CHAMBRE.
DA ME
Dame d'Honneur
Madame la Ducheffe de
- Brancas.
Dame d'Atour.
Madame de Chaſteautiers.
12. Femmes de Chambre.
160 MERCURE)
Premier Medecin.
MoTered biob M
Un Chirurgien du Corps.2
M. Carrere.
Vn Apoticairedu Corps.M
M. Bolduc. eine 2
Un Chevalier d'Honneur.
M. le Marquis de Soliers.
DeuxpremiersMaistres d'Hôtel.
M. de Collins,Seigneur de
Lucante.
M. Leauthier ,Capitaine de
Vaificau .
Quatre Maistres d'Hostel
M. Boüillerot.
M. Chapotin.
M. Aubert.
Μ.
1
GALANT. 161
M. Dazy.
Un Maistre d'Hostel ordinaire.
M. Hardy.
Deux Controlleurs Generaux.
M. de la Fonſtiere.
M. Le Grand..
Huit Gentilshommes fervants.
Quatre Controlleurs.
Un Controlleur ordinaire.
Ecurie.
Un premier Ecuyer.
M. le Comte de Simianes.
Quatres Ecuyers..
M. le Roy
M. de Leſcure.
Decembre 17.15.
:
A
162 MERCURE
M. Moët.
N. !
Vn Ecuyer ordinaire.
M. de Balenne.
Deux Ecuyers Cavalcadours.
M. de Vaux..
- M. Sevin.
Un Secretaire des Comman
licdemens.
M. de Baudry , Maître des
Requeſtes , & du Conſeil de
Regence.
Vn Treforier de la maison.
MidaPigisaree of M
Vn Gouverneur des Pages.
M. de Grandchamp.
Vn Precepteur &Aumônier.
M. Baſtide.
GALANT. 163
MAISON DE MONSIEUR
le Duc d'Orleans , Petit Fils
de France , Regent du
Royaume.
Officiers Ecclefiaftiques.
Un premier Aumônier.
M. l'Abbé de Treſſan ,
Comte de Lyon , Abbé de
Longpont & de Lepau.
Le R. P. Confeffeur.
Le R. P. du Trevou, Jeſuite.
Vn Maistre de l'Oratoire,
M. l'Abbé de Simiane.
Vn Maistre de la Chapelle &
Mufique.
M. l'Abbé Pajot. Oij
164 MERCURE
Quatre Aumôniers.
M. Abbé Mallet
M. l'Abbé Dionis .......
M. l'Abbé Sonning , Abbé
deBaugency.
M'Abbé de Ruaudě.
Vn Aumônier ordinaire.
M. l'Abbé de Rabines, Abbé
de S. Jean en Vallée &
Chanoine du Mans
Quatre Chapelains.nod
M. Larcher , Chanoine de
Clery.c
4
M. de Bremond
M. Caper.
M. Bayo.
AM
Quatre Clercs de Chapelle.
M.Domino.CATM
GALANT. 165
M. Gervais , Chanoine de
Clery.
Ν. Ν.
Vn Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Harcourt! TO
Vn Aumônier & Confeffeur de
laMaison.
* M. Seiguenor.
LaChambre.
Deux premiers Gentilshommes
de la Chambre.
M. le Marquis d'Armentieres.
M. le Marquis de Simiane.
Quatre Chambellans.
M. le Marquis de la Guierthe
intent o
166 MERCURE
M. Cabre.
M. Fargis.
M. Maſparo.
Vn Chambellan ordinaire.
M. de Turmenyes.
Plufieurs Gentilshommes
de la Chambre.
Vn Introducteur des Ambaſladeurs
.
M Marpre scars Cl
Vn Gouverneur des Pages.
لا
Officiers de Santé.
.201
Vn premier Medecin .
M. de Chirac , Profeſſeur
en l'Univerſité de Montpellier
& de l'Académie des
Sciences.
د
GALANT. 167
Quatre Medecins.
M. Helvetius.
M. Vignon.
M. Seignette.
M Imbert .
Vn premier Chirurgien.
M. Hardy.
Quatre Chirurgiens.
M.Batıffier.
M. Franchet.
M. Lemoine.
M. Creſpin.
2
Vn Chirurgien ordinaire.
M. Dumont...
QuatrepremiersValetsde-Chambres
ordinaires...
M. Coche.
168 MERCURE
M. de S. Leger.
M. Imbert.
M. Deſnots.
Pluſieurs Huiffiers pour la
Chambre ,, anti Chambre &
Cabinet.
Huit Valetsde Chambre.
Un ordinaire..
Garderobe.
10
Deux Maistres de la Garderobe..
M. le Marquis de Pluvaut.
M. le Comte deBreauté.
Vn premier Maistre d'Hoſtel.
M. de Matarel. JM
Quatre Maistres d'Hostel
' M. Gaillard.
M. lc Febvre.
M
GALANT .. 169
M. Maupoint.
M. Coufin
Deux Controlleurs Generaux.
M. de Lurel.
M. de Freſquiere. M
Huit Gentilshommesfervans.
Ecurie.
1
Un premier Ecuyer.
M. leMarquis Deffiat, Chevalier
de l'Ordre du S. Eſprit.
Quatre Ecuyers.
M. le Caron.
M. Dombrer.de
M. Duchefne.
Ν. TM
Decembre 1715 . P
170 MERCURE
Un Capitaine des Gardes de la
Porte.
A
M. de Longeville.
Un Lieutenant.
M. Torfe. A
Gens du Confeil.
Un Chancelier & garde des
Sceaux.
M. Terat , Marquis de
Chantôme , Officier de l'Ordre
du S. Eíprit.
Deux Secretaires des Commandemens.
M. l'Abbé de Theſut .
M. Doublet.
Un Sur- Intendant des Finances.
M. Terat.
GALANT. 171
Deux Intendans.
M. de S. Jorry.
M. Baille.
Un Aumônier pour l'Ecurie.
M. Boüillerot
Un premier Veneur.
M. le Marquis d'Effiar .
Gardes du Corps Francois.
Deux Capitaines.
M. le Marquis d'Etampes ,
Chevalier de l'Ordre du S.
Eſprit .
M. le Marquis de la Fare.
Deux Lieutenans.
M. de Lagni .
M. de Marolles.
Pij
172 MERCURE
Deux Enseignes .
M. de S. Germain,
M. de la Bachelerie.
Gardes du Corps Suißes.
Un Capitaine .
M. le Marquis de Nancré.
Deux Lieutenans.
M. de Chevry.
M. de Filtz .
Un Sur-Intendant des Bastimens.
M. de Terat...
Un Intendant.
M. Girard.
GALANT. 173
********
MAISON DE MADAME
la Ducheſſe d'Orleans .
Officiers Ecclefiaftiques.
M. l'Abbé Genais de l'Académie
Françoiſe .
M. l'Abbé Boulanger.
Un Chapelain.
M. le Page.
-Un Clerc de Chapelle .
M. le Page.
DAMES .
La Dame d'Honneur.
Madame la Maréchale de
Rochefort.
Piij
174 MERCURE
La Dame d'Atour.
Madame la Marquiſe de
Caftriez .
1
Dames du Palais.
Madame la Marquiſe de
Conflans . :
Madame la Comteffe de
Tonnerre.
Madame la Comteſſe de
Poitiers .
Madame la Marquiſe d'Epinay.
Premiere Femme de Chambre.
Madame Imbert .
Onze Femmes de Chambre.
•Le Chevalier d'Honneur.
M le Marquis deCaſtriez.
GALANT. 175
e
Maistres d'Hostel.c
Un ControlleurGeneral.
11
M. Fronton de Vaugelas.
ном за Есuries DO 2109
Premier Ecuyer
1: Male Comte de S. Pierre.
Dlux Ecuyers.
Ma de la Serre Panat
MaGirautis
Eruyers Cavalcadours.
Made Buffe
LM.xDurand vanaiol !
Un Secretaire des Commande;
ios mensol sh 1
M. de S. Preſtros
des Officiers de la Maiſon
du Roy Louis XV. à
preſent regnant ; ceux de
Madame , Fille de France
Ducheffe de Berry , de Madame
, de M. le Duc d'Orleans,
Regentdu Royaume,
&de Madame la Ducheſſe
d'Orleans.
La Chapelle du Roy est compofée
-du grandAumônier de France.
M. le Cardinal de Rohan
Commandeur né des Ordres
du Roy , Evêque &Prince de
Strasbourg.
132 MERCURE
Du premier Aumônier , &
autres Aumôniers de quartier.
Le premier Aumonier.
M.le Duc de Coiflin, Evêque
&Prince de Metz , Commandeur
de l'Ordre du S. Efprit ,
Le Maistre del'Oratoire.
M. l'Evêque de S Omer.
Le Confeffeur duRoy.
: Ily a buit Aumoniers , deux
àchaque Quartier.
M. l'Abbé Morel , Chanoi
ne de l'Eglise de Paris &Confeiller
au Parlement......
Mal'Abbé de Maulevrier,
Chanoine& Comte de Lyon.
pandane
GALANT
M'Abbéd Entragues ,
Abbé de Valence, couro sb
M.l'Abbé du Cambour,
M. l'Abbé d'Argentre, Abbéde
Sainte CROIXIM
M. l'Abbé de Choiſeul
M. l'Abbé de Rochebonne,
Grand Vicaire de Lyon
M. l'Abbé de Froulay ,
Grand Vicairede Toulouſe.
Ily a huit Chapelains dequartier
un ordinaire .
M Salomongod of M
M. Henrion.
M. Fauvel ; Chanoine de S.
Quentin& Abbé deClairfay.
M. de la Croix , Docteur
deSorbonne.
134 MERCURE
M. de Varcanes Docteur
de Sorbonne.
M. Traboüiller , Chanoine
deMeaux.I
M. Poiffon ,Abbé deBournet
.
MGoüault.
Un Chapelain ordinaire
&Sacristain.
M. Archon , Abbé de S.
Gilbert.
Ily a huit Clercs deChapelle.
M. Pothonier , Docteur en
Theologie
M. Pelliffier .
M. Buffon, Chanoined'Or-
Jeansd
:
1
GALANT. 135
M. Pernoſt , Prieur d'Ef-
い
pointed
2010
Ob MoHazon J.M
M. Bezançon, Chanoine de
Methonian M
M. Maupoint.
M. Johor 1 1
Le Maistre de la Chapelle-
Musique.
M. leCardinal de Polignac.
Cette Chapelle est composée des
Chapelains pour les grandes Meffes,
quifont:
M. Jouilhac
Dubais . 2.
NG
136 MERCURE
Quatre Clercs de Chapelle.
M. Bourgain ,Chanoine de
Reims papa sud.M
M. Caillet , Principal du
College des Craffins.
M. Tiſſu , Chanoine de S.
Nicolas du Louvre.
M. Poitevin Chanoine de
Reims.
Un Clerc ordinaire.
1
M. Favart , Chanoine de
Reims.
Cette Chapelle comprend tous
les Muſiciens & Symphonistes ,
quifont en tres-grand nombre.
Du
1
GALANT. 137
DuGrandMaistre de laMaiſon
du Roy
M. le Duc, Princedu Sang.
Surintendant à l'éducation
du Roy.
M. le Duc du Maine , Prince
Souverain de Dombes .
Le Gouverneur du Roy
M. le Maréchal de Villeroy.
Le Sous-Gouverneur.
M. le Comte de Ruffey.
Trois. Gentilshommes de la
Manche.
M. Dauffi .
M. Darcis .
M. de Pezé.
Decembre 1715. M
٤
138 MERCURE
4 Une Gouvernante...
Me la Ducheffe de Ventadour.
2
Une Sous-Gouvernante.
Me de la Lande .
7
Le premier Maistre d'Hostel.
M. le Marquis de Livry.
900
Douze Maistres d'Hostelfervantsparquartiers
, unMaiftre
d'Hoftel ordinaire. Mol 24
M. leComte d'Igny.
M.Dappoigny.
M. de la Godiniere.20
M. de Francine.
Mde laMeſangere.
M.Dumans.
M. Darzilliers.
GALANT 139
MadeMalegre M
Maade Cambraya
Ma de Montman l
-M.D'Herouvillo
N.... andmed
VaAdaifore d'Hostelordinaire.
M. de Vauvré , Intendant,
&du Conſeil de laRegence.
Du grand RannetierANT
-Mille Duc de Briffac.
Trente fix Gentilshommes
Servants / T
LG Le grandChambellan )
M. le Duc d'Albret
Quatre premiers Gentilshommes
de la Chambre.
M. le Duc de Threſmes.
4
Mij
140 MERCURE
M. le Duc d'Aumohrl
M. le Duc delaTremoille-
M. le DucdeMordemalt.
Quatre premiers Valers-de-
Chambre.....
M leMarquis deGambais,
Gouverneur de LimogesM
M.Bontemps
Mile Marquis de Chance-
?
Trente - deux Valets - de-
Chambre , fervans hoit par
quartierend Ahsulot M
Grand Maistre de la Garde-robe
M. lo Duc de la Rochefoucaatmida
ob sul sl .M
M
GALANT. 141
Deux Mailtresde la Garderobe:
salepМ М
M. le Marquis de la Salle
M. le Marquis de Mailleboisparovi
of of M
1 Premier Medecin.IM
M. Poirier. 71023
Huit Medecins fervans par
quartiersbou
Sous PremierChirurgien.
M. Maréchal.
M
M
Huit Chirurgiens forvans
par quartier, ashxis
Un Apotiquaire & quatre
aides , mob M
Un Directeur General des Ba
timensupig
M. le DuodAntid...
142 MERCURE
Le grand Maréchal des Logis.
M. le Marquis de Cany
Quatre Capitaines des Gardes
du Corps.
M. le Duc de Noaillesand
M. le Maréchal Duc d'Harcourt
.
M. le Duc de Villeroy.
4
M. le Duc de Charroft
M.fonFils reccuen ſurvivance.
Un Major. 11
MDavignono H
DeuxAydes Majorso q
CM. deBruzac.iroga att
M. de Parıfontaine.
12. Lieutenants fervants
par quartier.
12. Enfeignos
GALANT. 143
Capitaine des Cent- Suiffes .
M. le Marquis de Courtanvaux.
MO
Le Capitaine des Gardes
dela Porde
M. leMarquis de laChaife.
Le Capitaine des Gardos de la
Prevofté de l'Hostel.
M.leComtede Montſoreaus
Le Capitaine- Lieutenanti11
desGendarmes.
M. le Prince deRohana
Le Capitaine Litutenam
des Chevaux- Legers
M le Duc deChaulnes.
T
-LeColoneldesGardes Françoises.
M. le Duc de Guiche.
...11
144 MERCURE
Le Colonel General des Suiffes.
M.leDucduMaine,Prince
Souverain de Dombes.v
Le Colonel du Regiment
des Gardes Swiffes .
Mide Raynold.
Le GrandEcuyer.
M. le Comte d'Armagnac,
Chevalier de l'Ordre du Saint
Efpritai
Trois Ecuyers Cavalcadours.
Mode Vaux
M.de Romance.DA
M. de la Magdelaine.
Frois Ordinaires . LI
M. de Neuville.
MdAvricourt.1 M
Ν... Le
GALANT 145
Le Premier Ecuyer.
M. de Beringhen ,Chevalier
de l'Ordre du Roy.
Vingt Ecuyers ſervants par
quartier.
د. Ilyagrand nombre desPages
de la grande&petite Ecurie
, fans compter ceux de la
Chambre.
AMLe Grand Fauconnier.
Male Comte des Marets,
Le Grand Louvetier.
M. leMarquisd'Heudicourt.
LeJuge de la Cour.
LeGrand Prevoſt de France.
LeGrand-Maître desCeremonies.
M. le Marquis de Dreux.
Decembre 1715. N
146 MERCURE
Un Maître desCeremonies.
M. Deſgranges. " sh.M
Deux Introducteurs des Ambaf
Sadeurs .
M.le Marquis de Magni .
M. le Chevalier deSanctor,
MAISON DE MADAME ,
Fille de France , Duchéſſe
de Berry.
Officiers Ecclefiaftiques.
Un premier Aumônier.
M. l'AbbédeCaſtriez,Abbé
deValmagne ,& deMonaftier.
GALANT . 147
i
Quatre Aumoniers.
M. l'Abbé de Berny.
M. l'Abbé de Rouget ,
GrandVicaire d'Alby.
M. l'Abbé du Tremblay.
• M. l'Abbé Danglade.
Un Aumônier ordinaire.
M. l'Abbé d'Avejan, Prieur
du Vigan.
Quatre Chapelains.
M. Dupleffis , Chanoine de
S. Quentin.
M. Levouë , Chanoine du
Mans .
M. Girard , Chanoine de
Clermont.
Nij
148 MERCURE
M. Rafy , Chanoine d'Auxerre.
Un Chapelain ordinaire.
M. Capet.
Quatre Clercs de Chapelle.
M. Rabeuf , Principal du
Prin
College de Preſſes.
M. Francfort,
M Lucas .
M. Guinot , Chanoine de
Beaun
Un Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Bayo.
The Un Copfefleur. L
Ν...
Un Confeffeur du commun.
M. Avenel.
८
GALANT. 149
Un Sommier de Chapelle.
M. Dupuis.
CHAMBRE.
DAMES.
Une Dame d'Honneur.
Me la Duchefſſe de S. Simon.
Une Dame d'Atour.
Me la Marquifede Pons
S. Maurice.
131 Dames du Palais
&
MelaMarquiſe de Brancas.
Me la Comteſſe de Clermont.
Me la Marquiſe d'Armen
tieres.
Niij
150 MERCURE
Me la Marquiſe deBeauvau.
Une premiere Femme de
Chambre.
Mlic. Davaiſe... d
Douze Femmes de Chambre.
Quatre Huifiers de la
Chambre.
Un ordinaire .
Quatre Huiffiers du Cabinet.
Quatre Huiffiers de l'Antichambres
HUuDp M.M
Huit Valets deChambre.
Unordinaire.
Officiers de Santé.
Un premier Medecinis
M. Douté.
GALANT 151
Un Chirurgien du Corps .
M. Lardy.
Un Apoticaire du Corps.
M. Imbert.
Garderobe.
Quatre Valets de Garde-
Qua
robe.
Un ordinaire.
UnPorte- Manteau .
M. Jolly.
Chambre aux Deniers.
Un Chevalier d'Honneur.
M. le Marquis de Goëtenfao
, Lieutenant general des
Armées du Roy...M
Un premier Maistre d'Hostel.
M. le Comte de Saumery.
Niij
152 MERCURE
QuatreMaistres d'Hostel.
M. de la Marc..
M. Tourole. BRO
M. Juffan . admi.M
M. de la Valette.
1
Un Maistre d'Hostel ordinaire.
M. Bertin.
Doux Controlleurs generaux.
M. Levesque.
IN
M. le Baſtier.T.M
Huit Gentilshommesfervants.
M. Champion.S
M.Pingré.
Mol M
MdeCourcelles.pilo
M. Deſenelos.chsmA
M.de Bertun.
M.Larconcau.M
GALANT. 153
M. Porot.
M. de la Girardiere.
Un Gentilhomme ſervant
simordinaire M
M. deLaverdina LŨ
Un Controlleur Clercd'Office.
M. Pezier.
QuatreControlleursClercs
2000
Ecurie.
Un premier Ecuyer.
M. le Chevalier d'Hautefort
, Maréchal des Camps &
Armées du Roy.
ໂຄວ
Quatre Ecuyers.
M. de Makan
M. Boubée , Capitaine de
Cavalcric.
154 MERCURE
2 M. de Suzanges .
M. du Faure.05.11
Un Ecuyer Cavalcadour.
M. de la Vaſſorerie .
Un Maréchal des Logis
Un Fourier.RODU
Un Controlleur generaldes
Un Secretaire des Commandemens,
Maison, Finances.
M. deMontgelas
Un Surintendant des Maiſons
Finances, 1101 t
M. de Maynon.
Un Intendant des Maiſons
Finances. M
th Mi Paulmier, deng.M
A
رک
GALANT. ISS
Six Secretaires de Finances.
Un Secretaire ordinaire.
Un Treforier General de la
maison.
M. de Merandon .
UnGouverneur & un ſous-
Gouverneur des Pages.
Un Chapelain & Precepteur.
M. Stephanel , Chanoine
dePignetol.
Do Gardes duCorps François.
M. de Roye,Marquis dela
Rochefoucault, Maréchal des
Camps & Armées du Roy ,
Capitaine LieutenantdesGen
darmes Flamands.
156 MERCURE
:
Vn Lieutenant.
M. le Comte de Rion.
Vn Enseigne.
M. le Chevalier deCourtemer.
DeuxExempts.
M. le Marquis de Sabran.
M. le Marquis deBriquemaure.
Doux Maréchaux de Logis.
M. du Coudray.
N.
Un Officier des Gardes du
Corps Suiffes.ов М
CinquanteGardesduCorps.
UnTrompette.
Un Tymbalieriσμο
Vn Treforier
M. de S. Bonet.
GALANT. 157
********
MAISON DE MADAME ,
Ducheffe d Orleans .
Un premier Aumônier,
M. l'Abbé de Magnas.
Quatre Aumonters, M
M. l'Abbé Berthet , Prieur
de S. Leonard de Dreux!
M.I Abbé de Verthamont,
Grand Vicaire de Nantes.
A M. l'Abbé de Belle Fontaine.
M. l'Abbé Dubuc
Un Aumônier ordinaire.
M ! Abbé de Lagors,Chanoine
de Metz. ;
158 MERCURE
Quaire Chapelains..
M. Mouchet.
M Cornuo.
M. Roblattre.
Ν....
Un Chapelain ordinaire.
M. Refſeguier.
Quatre Clercs de Chapelle.
M. de Lamothe Vilbray.
M. de Maumonet.
M. Bloüin .
M. de S. Martin , Archidiacre
de S. Brieuc.
Un Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Maillard.
Confeßeur ordinaire.
Le R. P. de Linieres,Jeſuite.
GALANT 139
- Un Aumômerdu Commun.
M Coſtel , Chanoine de
SainteOpportuni
Un Confeßeur du Commun.
M.Morlet .
Un Sommier de Chapelle.
M Prevons dou
CHAMBRE.
DA ME
Dame d'Honneur
Madame la Ducheffe de
- Brancas.
Dame d'Atour.
Madame de Chaſteautiers.
12. Femmes de Chambre.
160 MERCURE)
Premier Medecin.
MoTered biob M
Un Chirurgien du Corps.2
M. Carrere.
Vn Apoticairedu Corps.M
M. Bolduc. eine 2
Un Chevalier d'Honneur.
M. le Marquis de Soliers.
DeuxpremiersMaistres d'Hôtel.
M. de Collins,Seigneur de
Lucante.
M. Leauthier ,Capitaine de
Vaificau .
Quatre Maistres d'Hostel
M. Boüillerot.
M. Chapotin.
M. Aubert.
Μ.
1
GALANT. 161
M. Dazy.
Un Maistre d'Hostel ordinaire.
M. Hardy.
Deux Controlleurs Generaux.
M. de la Fonſtiere.
M. Le Grand..
Huit Gentilshommes fervants.
Quatre Controlleurs.
Un Controlleur ordinaire.
Ecurie.
Un premier Ecuyer.
M. le Comte de Simianes.
Quatres Ecuyers..
M. le Roy
M. de Leſcure.
Decembre 17.15.
:
A
162 MERCURE
M. Moët.
N. !
Vn Ecuyer ordinaire.
M. de Balenne.
Deux Ecuyers Cavalcadours.
M. de Vaux..
- M. Sevin.
Un Secretaire des Comman
licdemens.
M. de Baudry , Maître des
Requeſtes , & du Conſeil de
Regence.
Vn Treforier de la maison.
MidaPigisaree of M
Vn Gouverneur des Pages.
M. de Grandchamp.
Vn Precepteur &Aumônier.
M. Baſtide.
GALANT. 163
MAISON DE MONSIEUR
le Duc d'Orleans , Petit Fils
de France , Regent du
Royaume.
Officiers Ecclefiaftiques.
Un premier Aumônier.
M. l'Abbé de Treſſan ,
Comte de Lyon , Abbé de
Longpont & de Lepau.
Le R. P. Confeffeur.
Le R. P. du Trevou, Jeſuite.
Vn Maistre de l'Oratoire,
M. l'Abbé de Simiane.
Vn Maistre de la Chapelle &
Mufique.
M. l'Abbé Pajot. Oij
164 MERCURE
Quatre Aumôniers.
M. Abbé Mallet
M. l'Abbé Dionis .......
M. l'Abbé Sonning , Abbé
deBaugency.
M'Abbé de Ruaudě.
Vn Aumônier ordinaire.
M. l'Abbé de Rabines, Abbé
de S. Jean en Vallée &
Chanoine du Mans
Quatre Chapelains.nod
M. Larcher , Chanoine de
Clery.c
4
M. de Bremond
M. Caper.
M. Bayo.
AM
Quatre Clercs de Chapelle.
M.Domino.CATM
GALANT. 165
M. Gervais , Chanoine de
Clery.
Ν. Ν.
Vn Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Harcourt! TO
Vn Aumônier & Confeffeur de
laMaison.
* M. Seiguenor.
LaChambre.
Deux premiers Gentilshommes
de la Chambre.
M. le Marquis d'Armentieres.
M. le Marquis de Simiane.
Quatre Chambellans.
M. le Marquis de la Guierthe
intent o
166 MERCURE
M. Cabre.
M. Fargis.
M. Maſparo.
Vn Chambellan ordinaire.
M. de Turmenyes.
Plufieurs Gentilshommes
de la Chambre.
Vn Introducteur des Ambaſladeurs
.
M Marpre scars Cl
Vn Gouverneur des Pages.
لا
Officiers de Santé.
.201
Vn premier Medecin .
M. de Chirac , Profeſſeur
en l'Univerſité de Montpellier
& de l'Académie des
Sciences.
د
GALANT. 167
Quatre Medecins.
M. Helvetius.
M. Vignon.
M. Seignette.
M Imbert .
Vn premier Chirurgien.
M. Hardy.
Quatre Chirurgiens.
M.Batıffier.
M. Franchet.
M. Lemoine.
M. Creſpin.
2
Vn Chirurgien ordinaire.
M. Dumont...
QuatrepremiersValetsde-Chambres
ordinaires...
M. Coche.
168 MERCURE
M. de S. Leger.
M. Imbert.
M. Deſnots.
Pluſieurs Huiffiers pour la
Chambre ,, anti Chambre &
Cabinet.
Huit Valetsde Chambre.
Un ordinaire..
Garderobe.
10
Deux Maistres de la Garderobe..
M. le Marquis de Pluvaut.
M. le Comte deBreauté.
Vn premier Maistre d'Hoſtel.
M. de Matarel. JM
Quatre Maistres d'Hostel
' M. Gaillard.
M. lc Febvre.
M
GALANT .. 169
M. Maupoint.
M. Coufin
Deux Controlleurs Generaux.
M. de Lurel.
M. de Freſquiere. M
Huit Gentilshommesfervans.
Ecurie.
1
Un premier Ecuyer.
M. leMarquis Deffiat, Chevalier
de l'Ordre du S. Eſprit.
Quatre Ecuyers.
M. le Caron.
M. Dombrer.de
M. Duchefne.
Ν. TM
Decembre 1715 . P
170 MERCURE
Un Capitaine des Gardes de la
Porte.
A
M. de Longeville.
Un Lieutenant.
M. Torfe. A
Gens du Confeil.
Un Chancelier & garde des
Sceaux.
M. Terat , Marquis de
Chantôme , Officier de l'Ordre
du S. Eíprit.
Deux Secretaires des Commandemens.
M. l'Abbé de Theſut .
M. Doublet.
Un Sur- Intendant des Finances.
M. Terat.
GALANT. 171
Deux Intendans.
M. de S. Jorry.
M. Baille.
Un Aumônier pour l'Ecurie.
M. Boüillerot
Un premier Veneur.
M. le Marquis d'Effiar .
Gardes du Corps Francois.
Deux Capitaines.
M. le Marquis d'Etampes ,
Chevalier de l'Ordre du S.
Eſprit .
M. le Marquis de la Fare.
Deux Lieutenans.
M. de Lagni .
M. de Marolles.
Pij
172 MERCURE
Deux Enseignes .
M. de S. Germain,
M. de la Bachelerie.
Gardes du Corps Suißes.
Un Capitaine .
M. le Marquis de Nancré.
Deux Lieutenans.
M. de Chevry.
M. de Filtz .
Un Sur-Intendant des Bastimens.
M. de Terat...
Un Intendant.
M. Girard.
GALANT. 173
********
MAISON DE MADAME
la Ducheſſe d'Orleans .
Officiers Ecclefiaftiques.
M. l'Abbé Genais de l'Académie
Françoiſe .
M. l'Abbé Boulanger.
Un Chapelain.
M. le Page.
-Un Clerc de Chapelle .
M. le Page.
DAMES .
La Dame d'Honneur.
Madame la Maréchale de
Rochefort.
Piij
174 MERCURE
La Dame d'Atour.
Madame la Marquiſe de
Caftriez .
1
Dames du Palais.
Madame la Marquiſe de
Conflans . :
Madame la Comteffe de
Tonnerre.
Madame la Comteſſe de
Poitiers .
Madame la Marquiſe d'Epinay.
Premiere Femme de Chambre.
Madame Imbert .
Onze Femmes de Chambre.
•Le Chevalier d'Honneur.
M le Marquis deCaſtriez.
GALANT. 175
e
Maistres d'Hostel.c
Un ControlleurGeneral.
11
M. Fronton de Vaugelas.
ном за Есuries DO 2109
Premier Ecuyer
1: Male Comte de S. Pierre.
Dlux Ecuyers.
Ma de la Serre Panat
MaGirautis
Eruyers Cavalcadours.
Made Buffe
LM.xDurand vanaiol !
Un Secretaire des Commande;
ios mensol sh 1
M. de S. Preſtros
Fermer
6
p. 138-153
Récapitulation generale des évenemens les plus remarquables de l'année 1716.
Début :
J'ai crû qu'il ne seroit point hors de propos de / I. Dans la situation où se trouvoient les affaires au commencement de [...]
Mots clefs :
Paix, Désordres, Pologne, Porte ottomane, Guerre, Hongrie, Campagne militaire, Victoire, Angleterre, France, Alliance, Revenus de l'État, Prince régent, Louis XV, Tsar, Traité, Naissance, Cour impériale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Récapitulation generale des évenemens les plus remarquables de l'année 1716.
J'ai crû qu'il ne feroit point
hors de propos de préfenter
ici un Tableau general des évemens
les plus importans arrivés
dans l'année derniere 1716. Je
l'ai tiré en partie du Suplément
de la Gazette d'Amfterdam , perfuadé
qu'il étoit difficile de pouvoir
en donner un plus fidel
crayon.
MERCURE. 139
Recapitulation generale des évenemens
les plus remarquables
de l'année 1716 .
D
I.
Ans la fituation où fe trouvoient
les affaires au commencement
de l'année derniere ,
il étoit bien difficile de prévoir
qu'elles en feroient les fuites
& de porter un jugement certain
parmi tant de changements qui
arrivoient tous les jours . La Paix
dont plufieurs Etats commençoient
à jouir , ne paroiffoit pas
encore bien affermie , & les laiffoit
dans l'embarras de remedier
1
140 LE NOUVEAU
à tant de maux , & de défordres
caufez par une fi longue guerre .
Celle du Nord , bien loin de finir
, fembloit prendre de nouvelles
forces , depuis le retour
du Roy de Suede dans fes Etats ,
où ce Prince toujours le même,
nonobftant toutes les difgraces,
fe propofoit de recouvrer les
Provinces qu'il avoit perduës .
Les troubles augmentoient auffi
en Pologne , à mesure que l'on
travailloità les pacifier ; & même
on en étoit venu à diverfes
hoftilitez .
Tout cela faifoit craindre de
fâcheufes influences de la partde
la Porte Ottomane , qui ne
cherchoit qu'à profiter de ces
divifions ; & qui , fière de fes
MERCURE. 141
conquêtes dans la Morée , nefe
de porter
flattoit pas moins que
la terreur en Italie , d'envahit
en même- tems la Hongrie
& les autres Provinces võifines ,
afin de couper tout fecours aux
Venitiens. L'Empereur de foncô
té voyoit bienlagrandeurdu peril
, & la neceffité indifpenfable
de fecourir promptement fes
Alliez Mais il fortoit d'une
guerre qui l'avoit mis prefque
hors d'état d'en entreprendre
une nouvelle ; & il Y avõit peu
d'apparence qu'il pût être fecouru
affez toft pour ſe charger
d'un fi pefant fardeau , dans un
tems ou toutes fes Provinces
Hereditaires , & l'Empire même
avoient befoin de foulagement
142 LE NOUVEAU
& de repos : de forte qu'en confiderant
toutes ces difpofitions ,
on voyoit par tout beaucoup
plus de fujet de craindre que
d'efperer.
I I.
On a donc été agréablement
furpris , de voir les affaires
changer fitôt de face , & prendre
de tous côtés un train de redreffement,
qui donne de fifavorables
efpérances pour l'avenir .
Pour commencer par la Hongrie,
on a admiré que l'Empereur
ait pû oppofer à tems de forces
capables de faire tête à cellesdes
en nemis , compofées de l'élite de
leurs Troupes, qui étoient fi fort
fuperieures en nombre aux
MERCUR . 143
1
troupes
Impérialles
. Il eſt vrai
celles-ci étoient
comman- que
dées par le Prince Eugene de
Savoye Mais il faut avoüer
ne s'attendoit
qu'on
pas
que ce General
, quelque
haute
opinion
qu'on cut de fa conduite
, pourroit
mander
fitôt
(& de l'attente
- même du Grand
Vizir ) l'entiere
défaite
de l'Armée
Ottomae
, prés de Peter-
Varadin
& d'une manierefi
com
pléte , qu'il n'a pas été poffible
auTurc defe rétablir
da refte de
la Campagne
. Cette
fameule
Victoire
fuivie de la conquétede
.
l'importante
Place deTemifvvar
& de plufieurs
autres
avantages
, a non feulement
délivré
Ja Hongrie , la Tranfilvanie
144 LE NOVEAUU
& les autres Provinces voifi.
nes , mais elle a porté la terreur
dans l'EmpireOttoman , & l'a ré,
duit àfontour àfouhaiter la paix:
Elle a relevé l'honneur des Armes
Chrêtiennes , & contribuć
par cette diverfion au foulagement
de la Dalmatie , à la retraite
précipitée de la flote Ottomane
, & à la levée du mémotable
Siége de Corfou , où le
Maréchal de Schulembourg a fibien
mérité par fa belle deffenfe ,
les honneurs qui lui ont été
décernez par le Sénat de Venife .
La République a commencé à
reprendre divers autres poftes ;
& elle fe voit en état de pouffer
heureufement fes progrés la
Campagne prochaine , par le fecours
MERCURE. 145
cours des forces auxiliaires d'Efpagne
, de Portugal , & des autres
Puiffances , qui fe trouvent
à la portée d'ouvrir la Campagne
de bonheur.
L'Italie le voit en même tems
délivrée de crainte , auffi bien
que la Pologne , où l'efprit de
pacification femble avoir repris
entierement le deffus : Et enfia
il y a lieu d'efperer que les
mefures que tant de grands
Princes prennent de concert ,
pour rétablir la paix du Nord,
produiront enfin leur effet pour
le bien de tous les Etats qui y
font interreffez , & pour le repos
de tant de peuples , qui fouffrent
depuis filong tems.
146 MERCURE
.
III.
L'Angleterre aprés avoir été
agitée violemment par deux Partis
oppofés , jouit à préfent d'un
calme , qui par les précautions
qu'elle a prifes , doit être du
rable. La nouvelle confédération
qu'elle vient de former avec
la France fur les fondements
folides d'une mutuelle confiance
, femble devoir en repondre .
Par cette Alliance , les deux
Royaumes ne fe trouvans plus ,
pour ainfi dire, en oppofition, comme
ci - devant : mais pûtôt en
conjonction ; l'un & l'autre Peuple
ne s'occupera à l'avenir qu'à
travailler l'envy à leur commune
confervation
MERCURE. 147
IV.
A l'égard de la France , quand
on confidere l'état où l'avoit réduit
la derniere Guerre , les dettes
immenfes contractées , les
Domaines de la Couronne alićnez
, les revenus de l'Etat prefque'anéantis
par une infinité de
Charges ; les Impofitions ordinaires
confommées par avance,
& les peuples épuifez ; on ne
peut s'empêcher de reconnoître
le bonheur du Royaume , d'a
voir trouvé un Prince Régent
pendant la Minorité du Nouveau
Roy , cap ble de foûtenig
un poids fi accablant , de dé
O ij
148 LE NOUVEAU
brouiller ce Cahos , & de s'ouvrir
une route fûre , pour procurer
enfin le foulagement des
Peuples , pour rétablir l'abondance
dans le Royaume , pour
pacifier les troubles de l'Eglife ,
& pour affermir la Paix au dedans
& au dehors . S. A. Royale
y a déja travaillé avec tant de
fuccés , & on eft fi perfuadé
que toutes ſes maximes tendent
à ce but , qu'on en peut efperer
qu'une très heureuſe iffuë ,
V.
L'Arrivée du Czar dans les
Provinces Unies , eft un évenement
des plus remarquables de
l'année derniere , & d'un bon
MERCURE . 149
augure pour l'avancement de la
Paix du Nord. La defcente en
Scanie , n'ayant pu avoir lieu au
temps marqué , à caufe de divers
contre- temps furvenus , &
ayant été renvoyée au Printems
prochain , Sa Majesté Czarienne
enfuite de quelques conferences
avec le Roy de Danemark
s'étoit renduë de Copenhague à
Havelberg, pour conferer avec
le Roi de Pruffe , aprés avoir
fait marcher fes Troupes dans le
Metklebourg , & fa Cavalerie en
Pologne , pour être à portée de
paffer au Printemps en Danemark.
En attendant , S M. eft
venue faire un tour en Hollande ,
ayant voulu revoir encore un
Pais pour lequel elle a toûjours
150 LEN OUVEAU
confervé beaucoup d'affection ,
depuis le voyage qu'elle y fie
en 1697. On efpere que le féjour
que S. M. y fera , ne fera pas
infructueux pour la Paix du
Nord : & que l'entre- vûë qu'elle
fe propofe d'avoir avec le Roi
de la Grande Bretagne , contribu
ra à faciliter l'execution
d'un fi bon deffein , pour lequel
leurs Majeftez ont une forte inclination.
Au refte , on ne peut
affez admirer l'attention de S.M.
Czarienne , à remarquer ce qu'il
ya de plus curieux dans les
Arts & les Sciences , & fon ap
plication à tout ce qui peut contribuer
à perf &tionner fes Sujets ,
àfon exemple , dans les connoiffances
utiles , outre toutes les
MERCURE. 15
autres grandes chofes qu'elle a
faites , & qui la font regarder
comme le Fondateur & le Legiflateur
d'un nouvel Empire .
le
On ne peut paffer fous filence
le Traité d'Alliance qui fut figné
4. de Janvier entre la France
& leurs Hautes- Puiffances , conjointement
avec 1 Angleterre
quoiqu'il anticipe fur l'année
1717. Ces Puiffances voisines
vont devenir en quelque maniere
le même Peuple : l'interêt
commun de fe maintenir dans
P'état tranquille dont ellesjoüiffent
par la Paix , fera un lien
puiffant, qui les tiendra unis in-
Téparablement.
152 LE NOUVEAU
VI.
ainf L'année derniere
que les précédentes , a fourni
diversexemples , qui remet
tent devant les yeux la fragilité,
& la viciffitude des chofes
humaines . Tel eft celui de
la naiſſance du Séréniffime Archiduc
, qui aprés avoir été un
fi grand fujet de joie pour la
Cour Imperiale , a été fi tốt
changé en un fujer de deuil , par
la mort de ce jeune Prince ; fans
néanmoins qu'il ait éteint les
efperances que l'on avoit conçûës
, puifqu'on a la confolation
de
MERCURE
.
153
de les voir renaître par l'heureufegroffeffe
de l'Imperatrice
.
hors de propos de préfenter
ici un Tableau general des évemens
les plus importans arrivés
dans l'année derniere 1716. Je
l'ai tiré en partie du Suplément
de la Gazette d'Amfterdam , perfuadé
qu'il étoit difficile de pouvoir
en donner un plus fidel
crayon.
MERCURE. 139
Recapitulation generale des évenemens
les plus remarquables
de l'année 1716 .
D
I.
Ans la fituation où fe trouvoient
les affaires au commencement
de l'année derniere ,
il étoit bien difficile de prévoir
qu'elles en feroient les fuites
& de porter un jugement certain
parmi tant de changements qui
arrivoient tous les jours . La Paix
dont plufieurs Etats commençoient
à jouir , ne paroiffoit pas
encore bien affermie , & les laiffoit
dans l'embarras de remedier
1
140 LE NOUVEAU
à tant de maux , & de défordres
caufez par une fi longue guerre .
Celle du Nord , bien loin de finir
, fembloit prendre de nouvelles
forces , depuis le retour
du Roy de Suede dans fes Etats ,
où ce Prince toujours le même,
nonobftant toutes les difgraces,
fe propofoit de recouvrer les
Provinces qu'il avoit perduës .
Les troubles augmentoient auffi
en Pologne , à mesure que l'on
travailloità les pacifier ; & même
on en étoit venu à diverfes
hoftilitez .
Tout cela faifoit craindre de
fâcheufes influences de la partde
la Porte Ottomane , qui ne
cherchoit qu'à profiter de ces
divifions ; & qui , fière de fes
MERCURE. 141
conquêtes dans la Morée , nefe
de porter
flattoit pas moins que
la terreur en Italie , d'envahit
en même- tems la Hongrie
& les autres Provinces võifines ,
afin de couper tout fecours aux
Venitiens. L'Empereur de foncô
té voyoit bienlagrandeurdu peril
, & la neceffité indifpenfable
de fecourir promptement fes
Alliez Mais il fortoit d'une
guerre qui l'avoit mis prefque
hors d'état d'en entreprendre
une nouvelle ; & il Y avõit peu
d'apparence qu'il pût être fecouru
affez toft pour ſe charger
d'un fi pefant fardeau , dans un
tems ou toutes fes Provinces
Hereditaires , & l'Empire même
avoient befoin de foulagement
142 LE NOUVEAU
& de repos : de forte qu'en confiderant
toutes ces difpofitions ,
on voyoit par tout beaucoup
plus de fujet de craindre que
d'efperer.
I I.
On a donc été agréablement
furpris , de voir les affaires
changer fitôt de face , & prendre
de tous côtés un train de redreffement,
qui donne de fifavorables
efpérances pour l'avenir .
Pour commencer par la Hongrie,
on a admiré que l'Empereur
ait pû oppofer à tems de forces
capables de faire tête à cellesdes
en nemis , compofées de l'élite de
leurs Troupes, qui étoient fi fort
fuperieures en nombre aux
MERCUR . 143
1
troupes
Impérialles
. Il eſt vrai
celles-ci étoient
comman- que
dées par le Prince Eugene de
Savoye Mais il faut avoüer
ne s'attendoit
qu'on
pas
que ce General
, quelque
haute
opinion
qu'on cut de fa conduite
, pourroit
mander
fitôt
(& de l'attente
- même du Grand
Vizir ) l'entiere
défaite
de l'Armée
Ottomae
, prés de Peter-
Varadin
& d'une manierefi
com
pléte , qu'il n'a pas été poffible
auTurc defe rétablir
da refte de
la Campagne
. Cette
fameule
Victoire
fuivie de la conquétede
.
l'importante
Place deTemifvvar
& de plufieurs
autres
avantages
, a non feulement
délivré
Ja Hongrie , la Tranfilvanie
144 LE NOVEAUU
& les autres Provinces voifi.
nes , mais elle a porté la terreur
dans l'EmpireOttoman , & l'a ré,
duit àfontour àfouhaiter la paix:
Elle a relevé l'honneur des Armes
Chrêtiennes , & contribuć
par cette diverfion au foulagement
de la Dalmatie , à la retraite
précipitée de la flote Ottomane
, & à la levée du mémotable
Siége de Corfou , où le
Maréchal de Schulembourg a fibien
mérité par fa belle deffenfe ,
les honneurs qui lui ont été
décernez par le Sénat de Venife .
La République a commencé à
reprendre divers autres poftes ;
& elle fe voit en état de pouffer
heureufement fes progrés la
Campagne prochaine , par le fecours
MERCURE. 145
cours des forces auxiliaires d'Efpagne
, de Portugal , & des autres
Puiffances , qui fe trouvent
à la portée d'ouvrir la Campagne
de bonheur.
L'Italie le voit en même tems
délivrée de crainte , auffi bien
que la Pologne , où l'efprit de
pacification femble avoir repris
entierement le deffus : Et enfia
il y a lieu d'efperer que les
mefures que tant de grands
Princes prennent de concert ,
pour rétablir la paix du Nord,
produiront enfin leur effet pour
le bien de tous les Etats qui y
font interreffez , & pour le repos
de tant de peuples , qui fouffrent
depuis filong tems.
146 MERCURE
.
III.
L'Angleterre aprés avoir été
agitée violemment par deux Partis
oppofés , jouit à préfent d'un
calme , qui par les précautions
qu'elle a prifes , doit être du
rable. La nouvelle confédération
qu'elle vient de former avec
la France fur les fondements
folides d'une mutuelle confiance
, femble devoir en repondre .
Par cette Alliance , les deux
Royaumes ne fe trouvans plus ,
pour ainfi dire, en oppofition, comme
ci - devant : mais pûtôt en
conjonction ; l'un & l'autre Peuple
ne s'occupera à l'avenir qu'à
travailler l'envy à leur commune
confervation
MERCURE. 147
IV.
A l'égard de la France , quand
on confidere l'état où l'avoit réduit
la derniere Guerre , les dettes
immenfes contractées , les
Domaines de la Couronne alićnez
, les revenus de l'Etat prefque'anéantis
par une infinité de
Charges ; les Impofitions ordinaires
confommées par avance,
& les peuples épuifez ; on ne
peut s'empêcher de reconnoître
le bonheur du Royaume , d'a
voir trouvé un Prince Régent
pendant la Minorité du Nouveau
Roy , cap ble de foûtenig
un poids fi accablant , de dé
O ij
148 LE NOUVEAU
brouiller ce Cahos , & de s'ouvrir
une route fûre , pour procurer
enfin le foulagement des
Peuples , pour rétablir l'abondance
dans le Royaume , pour
pacifier les troubles de l'Eglife ,
& pour affermir la Paix au dedans
& au dehors . S. A. Royale
y a déja travaillé avec tant de
fuccés , & on eft fi perfuadé
que toutes ſes maximes tendent
à ce but , qu'on en peut efperer
qu'une très heureuſe iffuë ,
V.
L'Arrivée du Czar dans les
Provinces Unies , eft un évenement
des plus remarquables de
l'année derniere , & d'un bon
MERCURE . 149
augure pour l'avancement de la
Paix du Nord. La defcente en
Scanie , n'ayant pu avoir lieu au
temps marqué , à caufe de divers
contre- temps furvenus , &
ayant été renvoyée au Printems
prochain , Sa Majesté Czarienne
enfuite de quelques conferences
avec le Roy de Danemark
s'étoit renduë de Copenhague à
Havelberg, pour conferer avec
le Roi de Pruffe , aprés avoir
fait marcher fes Troupes dans le
Metklebourg , & fa Cavalerie en
Pologne , pour être à portée de
paffer au Printemps en Danemark.
En attendant , S M. eft
venue faire un tour en Hollande ,
ayant voulu revoir encore un
Pais pour lequel elle a toûjours
150 LEN OUVEAU
confervé beaucoup d'affection ,
depuis le voyage qu'elle y fie
en 1697. On efpere que le féjour
que S. M. y fera , ne fera pas
infructueux pour la Paix du
Nord : & que l'entre- vûë qu'elle
fe propofe d'avoir avec le Roi
de la Grande Bretagne , contribu
ra à faciliter l'execution
d'un fi bon deffein , pour lequel
leurs Majeftez ont une forte inclination.
Au refte , on ne peut
affez admirer l'attention de S.M.
Czarienne , à remarquer ce qu'il
ya de plus curieux dans les
Arts & les Sciences , & fon ap
plication à tout ce qui peut contribuer
à perf &tionner fes Sujets ,
àfon exemple , dans les connoiffances
utiles , outre toutes les
MERCURE. 15
autres grandes chofes qu'elle a
faites , & qui la font regarder
comme le Fondateur & le Legiflateur
d'un nouvel Empire .
le
On ne peut paffer fous filence
le Traité d'Alliance qui fut figné
4. de Janvier entre la France
& leurs Hautes- Puiffances , conjointement
avec 1 Angleterre
quoiqu'il anticipe fur l'année
1717. Ces Puiffances voisines
vont devenir en quelque maniere
le même Peuple : l'interêt
commun de fe maintenir dans
P'état tranquille dont ellesjoüiffent
par la Paix , fera un lien
puiffant, qui les tiendra unis in-
Téparablement.
152 LE NOUVEAU
VI.
ainf L'année derniere
que les précédentes , a fourni
diversexemples , qui remet
tent devant les yeux la fragilité,
& la viciffitude des chofes
humaines . Tel eft celui de
la naiſſance du Séréniffime Archiduc
, qui aprés avoir été un
fi grand fujet de joie pour la
Cour Imperiale , a été fi tốt
changé en un fujer de deuil , par
la mort de ce jeune Prince ; fans
néanmoins qu'il ait éteint les
efperances que l'on avoit conçûës
, puifqu'on a la confolation
de
MERCURE
.
153
de les voir renaître par l'heureufegroffeffe
de l'Imperatrice
.
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7
p. 77-80
Traduction de la Lettre du Moufty, au Roy.
Début :
LA gloire des plus majestueux Monarques de la Croyance de [...]
Mots clefs :
Gloire, Croyance, Jésus, Honneur, Sa Majesté, Louis XV, Amitié, Roi victorieux, Comte, Ambassadeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Traduction de la Lettre du Moufty, au Roy.
Traduction de la Lettre du
Moufty , au Roy .
A gloire des plus majestueux
Monarques de la Croyance de
JESUS - CHRIST , choifi d'entre
les Princes glorieux de la Religion
du Meifie , l'Arbitre de toutes
les Nations Chrêtienes , Seigneur
de Majefté , & d'honneur ,
digne de loüange , & de gloire,
Notre très fincere , & très honoré
Seigneur LOUIS XV , Empereur
Giij
78 LE NOUVEAU
de France , que la fin de vos
jours foit comblée de bonheur ; après
vous avoir affûré de mes bons
Offices , & de mes très affectueux
Saluts. V. M. fçaura , que la Lettre
d'amitié qu'Elle a écrite à Notre
très Illuftre & très Puiffant
Empereur , qui eft le foûtien de
notre Religion , le Deffenfeur de
tout le monde , & le Puiffant victorieux
Roi, des Rois, le SE de la Terre
& des deux Mers , le Serviteur des
deux plus Auguftes , & plus facrées
Citées. La MEQUE & MEDINE , fils
de l'Empereur Muhamed , & petit
fils de l'Empereur Ibrahim , que fon
Régne dure jufqu'au jour du Jugement
, lui a été rendue par l'entremife
de fon Mini tre, le très-heureux
& trés-puiffant Ibrahim Pacha Kaimacham
de l'Etrier. Elle contenoit
en fubftance , que Mr le COMTE
DESALLEURS, qui réfide à la fublime
Porte , s'eft acquité des fonctions
de fon Ambaffade , de la maniere
que V. M. le fouhaittoit que de
l'avis deVotreONCLEMONSEIGNEUR
MERCURE. 19
LEDUC D'ORLEANS , le plus glorieux
d'entre les Princes de la Nation
Chrêtiene , & de la croyance du
Meffie , qui eft préfentement Régent
durant votre Minorité ; Elle a jugé
à propos de le rapeler auprès d'Elle:
Elle contenoit encore , que V. M.
maintiendroit , & feroit toujours
conitante dans l'amitié qui eft entre
vous , & la fublime Porte. Voilà
à peu près fon contenu . Préfentement
que vous demandés le fufdit
Ambaſſadeur , on lui a donné pleine
liberté de partir , quand bon lui femblera
, & V. M. jugera par la préfente
, que nous ne défirons rien tant
que de voir régner , comme nous
ávons vû par le paffé , l'union &
l'amitié qui a été plufieurs fiécles
entre les deux Empires : & fondez
que nous fommes fur cette ancienne
amitié , il a été configné au fufdit
Ambaffadeur , la Lettre qu'il vous
remettra de la part de notre Empereur
. J'ai été très fatisfait de voir
l'anciene amitié queV.M. a toujours
confervée pour la fublime Porte , &
LE NOUVEAU
d'avoir eu l'honneur de recevoir
une de vos Lettres , qui me témoigne
votre amitié & votre affection.
Ainfi pour y correfpondre , j'écris
cette Lettre à V. M. que j'envoye
avec celle de notre Empereur , par
laquelle je lui fais fçavoir que je
prendrai toujours beaucoup de part
à ce qui la regarde. Au reste , nous
elperons que V. M. voudra bien
agréer les fincéres proteftations que
nous lui faifons , & qu'Elle aura
la bonté d'y correfpondre , comme
Elle a fait jufques à préfent.
ABDULRAHIM MOUFTY.
Donné le premier du mois de Zilkide
-Icherif , l'an 1128.
Moufty , au Roy .
A gloire des plus majestueux
Monarques de la Croyance de
JESUS - CHRIST , choifi d'entre
les Princes glorieux de la Religion
du Meifie , l'Arbitre de toutes
les Nations Chrêtienes , Seigneur
de Majefté , & d'honneur ,
digne de loüange , & de gloire,
Notre très fincere , & très honoré
Seigneur LOUIS XV , Empereur
Giij
78 LE NOUVEAU
de France , que la fin de vos
jours foit comblée de bonheur ; après
vous avoir affûré de mes bons
Offices , & de mes très affectueux
Saluts. V. M. fçaura , que la Lettre
d'amitié qu'Elle a écrite à Notre
très Illuftre & très Puiffant
Empereur , qui eft le foûtien de
notre Religion , le Deffenfeur de
tout le monde , & le Puiffant victorieux
Roi, des Rois, le SE de la Terre
& des deux Mers , le Serviteur des
deux plus Auguftes , & plus facrées
Citées. La MEQUE & MEDINE , fils
de l'Empereur Muhamed , & petit
fils de l'Empereur Ibrahim , que fon
Régne dure jufqu'au jour du Jugement
, lui a été rendue par l'entremife
de fon Mini tre, le très-heureux
& trés-puiffant Ibrahim Pacha Kaimacham
de l'Etrier. Elle contenoit
en fubftance , que Mr le COMTE
DESALLEURS, qui réfide à la fublime
Porte , s'eft acquité des fonctions
de fon Ambaffade , de la maniere
que V. M. le fouhaittoit que de
l'avis deVotreONCLEMONSEIGNEUR
MERCURE. 19
LEDUC D'ORLEANS , le plus glorieux
d'entre les Princes de la Nation
Chrêtiene , & de la croyance du
Meffie , qui eft préfentement Régent
durant votre Minorité ; Elle a jugé
à propos de le rapeler auprès d'Elle:
Elle contenoit encore , que V. M.
maintiendroit , & feroit toujours
conitante dans l'amitié qui eft entre
vous , & la fublime Porte. Voilà
à peu près fon contenu . Préfentement
que vous demandés le fufdit
Ambaſſadeur , on lui a donné pleine
liberté de partir , quand bon lui femblera
, & V. M. jugera par la préfente
, que nous ne défirons rien tant
que de voir régner , comme nous
ávons vû par le paffé , l'union &
l'amitié qui a été plufieurs fiécles
entre les deux Empires : & fondez
que nous fommes fur cette ancienne
amitié , il a été configné au fufdit
Ambaffadeur , la Lettre qu'il vous
remettra de la part de notre Empereur
. J'ai été très fatisfait de voir
l'anciene amitié queV.M. a toujours
confervée pour la fublime Porte , &
LE NOUVEAU
d'avoir eu l'honneur de recevoir
une de vos Lettres , qui me témoigne
votre amitié & votre affection.
Ainfi pour y correfpondre , j'écris
cette Lettre à V. M. que j'envoye
avec celle de notre Empereur , par
laquelle je lui fais fçavoir que je
prendrai toujours beaucoup de part
à ce qui la regarde. Au reste , nous
elperons que V. M. voudra bien
agréer les fincéres proteftations que
nous lui faifons , & qu'Elle aura
la bonté d'y correfpondre , comme
Elle a fait jufques à préfent.
ABDULRAHIM MOUFTY.
Donné le premier du mois de Zilkide
-Icherif , l'an 1128.
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8
p. 38-47
EXTRAIT d'un Discours Latin prononcé au College de Louis le Grand, sur la longue durée de la paix dont jouit la France, sous le Regne de Louis XV.
Début :
Le I. Decembre, le Pere de la Sante, Jesuite, l'un des Professeurs [...]
Mots clefs :
Paix, Orateur, Règne, Louis XV
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'un Discours Latin prononcé au College de Louis le Grand, sur la longue durée de la paix dont jouit la France, sous le Regne de Louis XV.
EX' TRAIT£un Discours. Latin prononcé
au College de Louis le Grand , fur la
longue durée de la. paix dont jouit la
France ? fous le Regne de Louis XV.
LE Decembre , le Pere de lai
Sante, Jésuite, l'un des Professeurs
de Rethorique , au College de Louis le
Grand , fit l'éloge de la Paix t dont joiiit
la France depuis plusieursannées, fous le
regne de Louis XV. La salle où se pafla
cette action ,étoit magnifiquement parée.
Ce discours fut prononcé .en prescnee de
M. le Cardinal dè ;Bilïy,de quantité de
Prélats , & de personnes de distinction ,
& il répond ;pa.rfaitetnent à la reputa
tion que s'£Ét' Acquit l'Auteur par d'au-
..E'a : . ' ; "«
7 AN VIE R. 1714. 39
tres íemblables Pieces d'Eloquence , dorçt
nous avons donné l'Extrait les années
precedentes.
' L'Orateur commence par insinuer ,
que comme chaque Roi de l'auguste
Maison de Bourbon , a merité un nom
dlstinctif , qui caracterise les principaux
évenemensde íà vie , chaque Regne de
vrait auffi avoir un nom particulier qui
le distinguat des autres. Sur ce principe
'il .voudrait qu'on appellât le regne de
tìenry I V. le regne de la clemence ,
celui de Louis X IH. le regne de la jus-
.cice , celui de Louis X 1 V. Je regne
de. la victoire , enfin celui de Louis
X V. le regne de la pai.x , puiíqu'elle
est née , puisqu'elle a crû avec ce Monar
que , & que vrai.semblablement elle diu
rera autant , ou plus que si*n regne.
Ce début conduit naturellement le Pa
negyriste à la division de iòn diícours,
où il prétend faire voir la naissance , le
progrès , & la durée de la derniere paix ,
dont il mesure en quelque íorte les disselens
âges, fus ceux même du Roi. Il
montre qu'elle a commencée íôus d'heujreux
auspices , qu'elle s'est avancée par
de sages conseils , qu'elle est íondée fur
4es conditions propres à la perpetuer.
Ces trois propositions partagent l'éloge
de la paix.
^0 MERCURE DE FRANCE.
.1/
Les commencemens de cette paix sem>;
îblent d'autant plus heureux à l'Orateur ,
qu'on entra en négociation dans un.tems
où la paix étoit plus ineíperée , &où elle
pouyoit être plus glorieuse &c plus avan
tageuse à la Francç.
.Paix inesperée , vô la difference de
caractere & d'interêt des nations qui
étoient alors en .guerre , &jque l'Orateur j
Concilie toutes , en les faisant. se regarder I
c.hacune par l'endroit le plus capable de
réiinir tant de genies .opposes , & en
leur faisant trouver un interêt commua
dans cette réunion. Cet endroit a été pour
l'habile Orateur , un de ces morceaux que
l'éloquence embellit de tout ce qu'elle
peut emprunter de la beauté du style , de
k délicateíse des pensées, de la solidité
des reflexions & de la vivacité de l'acr
tion.
Paix glorieuse , parce que ce n'est
qu'après nous être glorieusement relevez
de nos pertes par la victoire de Denain ,
par le recouvrement de la plupart de
nos places de Flandre f parla prise de
quelques.unes des plus fortes Villes de ï.
l'Allemagne qu'on a procedé tout de
bon à la paix generale, Ceci donne lieu à
un magnifique éloge du Maréchal de VilJ
ANVIER i7t4. 41
lars ,& à une élegante description de la
conference qu'il eut à Rastad avec le
Prmce Eugene , dont le caractere est
heureusement pris. L'Orateur fait un
gracieux paralelle de ces deux grands
Generaux avec Scipion & Annibal réunis
pour traiter de la paix ; mais il fait voir
l'avantage jqu'ont les deux Heros mo
dernes fur les deux anciens. Ce trait est
nouveau.
Enfin , paix avantageuse , vûlebeíôin
qu'en avoient les nations d'Europe , qui
toutes y ont trouvé leur compte , comme
l'Orateur le prouve , fie vu les conjonc
tures où elle a été negociée , c'est.à.dire,
quand la France étoit íùr le point de per
dre un grand Roi , & à là veille d'une
minorité ., source seconde de troubles ,
íîir tout quand le Royaume n'est pas en
paix au dehors.
.Rien de plus intereilânt pour le Roi ,
que la conclusion de cette premiere par-
Eie. L'Orateur felicite ce Prince d'avoir
goûté les prémices de la paix aveccelles
du Trône ; en cela plus heureux qu'Au
guste , qui ne put jouir des douceurs de
la paix que íûr la fin de íòn Empire , en
core fut-ce une paix achetée au prix de
bien des cruautez , au lieu que celle ci
n'a point coûté de sang au Roi , qui l'a
vûë naî;re avec lui , & a eu le bonheur
C d'à
4* MERCURE DE FRANCE.
d'avoir ce crait de ressemblance avec 1$
Roi des Rois , donc il est la viye image
fur lacerre.
Ce premier poinc ne rapprochanc que
des objets pour la plupart éloignés , avpit
besoin de couce l'adrefle & de touce l'é
loquence de l'Orateur , pour être recíi
aussi favorablement qu'U l'a été.
Il'
Le íêcond est beaucoup plus piquant , ij[
a les gfaces de la nouveauté par la proxi
mité des choies qu'on y traite. L'Orateur
y peint les progrès merveilleux que fit
la paix , par les foins du feu Duc d'Or
leans. Il represente ce Prince comme uç
habile & grand politique , qui fait ser
vir à la paix un rare genie soutenu d'une
admirable fermeté d'ame ; genie qu'il em.
ploye à presenter íàns cesle de nouvel
les amorces de paix 5 fermeté dont il use
pour en écarter les obstacles.
Le premier article est un portrait na
turel de cet heureux genie occupé à exa
miner & £ connoître à fond les divers in
terêts des Puislances étrangeres , à pene
trer leurs yûès , à discerner le fort & le
foible de chaque nation , à les amener
toutes par differentes voyes à son but ,
à se rendre lui.même impenetrable aux
esprits les plus clair.voyans , à déguiser
JANVIER i724, 4j
iles plus importans projets fous un air
aisé, ou vert & ingenu i à couvrit ses
desseins d'un eípece de jeu i à faire du
secret fame- de ses entreprises , & à in
spirer la même dexterité, la même sageslè,
& la même aisance à. tous ceux qui le
servoient dans les négociations de paix.
Le íecond article est une peinture alle
gorique, mais des plus brillantes de la ma
noeuvre que fit cet habile Pilote qui tint
toujours ferme le gouvernail ,qui sembla
.«'être rendu maître des .vents , qui lçut le
grand art de prévenir -ou d'écarter les tem
pêtes , d'éviter ou de bxaver les écueils,
d'entretenir le calme & de conduire ion
vaiíîeau à bon port.
La mort de ce grand Prince , les lar
mes de la pieuse Princesse , son épouse ,
les regrets d'un auguste fils , si digne de
íâ tendreíïe , & si cher à toute la France,
terminent ces deux articles qui furent
maniés par le Panegyriste avec une fi
nesse d'expressions , & un goût de pen
sées , dont l'Assemblée fit l'éloge par ses
applaudissemens. Il retombe eníuite íur
l'heureux choix qu'a fait le Roi de
Monsieur le Duc, pour remplacer le Prin-
.ce-, que la France vient de perdre. Le ca
ractere de cet auguste Ministre n'e<t des
plus brillans que parce qu'il est vrai. Ou*
»tie plusieurs grandes quaU'ez dont l'ex.
C i) trait
44. MERCURE DE FRANCE. .
trait íèroit trop long , il prouve sa bonté
pour le peuple par le premier usage qu'il
a fait de sa nouvelle autorité,pour le sou
lager , son discernement pour le vrai me
rite, & son amour pour la justice, parle
soin qu'il a eu de presenter au Roi un di
gne sujet pour mettre à la tête du pre
mier Parlement du ;Royaume. Tout le
monde a reconnu avec d'autant plus de
plaisir cet illustre Magistrat au portrait
tracé par l'Orateur , qu'il l'avoit orné de
ses veritables couleurs, & qu'il l'avoit
placé dans le jour , où M. de Novion ,
bien qu'ennemi de la louange , ai meroíc
luí.meme à se reconnoître . U finit ce se
cond point par la douce esperance dont
il flatte ses Auditeurs , que Monsieur le
Duc mettra la derniere main au grand
ouvrage de la paix , si fort avancé par le:
genie & la fermeté de son Predecesseur
de glorieuse mémoire. s
[ U I.
La troisième partie ne cede en rien à
la seconde , quoi qu'elle semble beau
coup moins fournir à l'éloquence de
l'Orateur. Il y parle des fondemens fur
lesquels est appuyée la paix , & qui la
doivent rendre durable > il les reduit à
trois principaux .. i°. à l'exacte fidelité
ayee laquelle les Puissances intéressée*
JANVIER ïfî4V 4?
observent les conventions & les traitez
reglez entr'elles. i°. Aux Alliances con
tractées entre les Maisons des Souverains
& des Princes. Aux congrès pacifi
ques établis pour donner à la' paix la der
niere perfection , & en prévenir la rup
ture. . ^
Comme' nous apprenons que lé di£
cours de l'Auteur est fous la preste, 8c
va bien-tôt paroître , nous n'entrerons
point dans les preuves de ces trois arti
cles. Qu'il nous soit feulement permis.
d'ajoûter un mot fur la conclusion de toute
la Piece. C'est une idée des plus inge
nieusement imaginées Se des plus. noble
ment remplies. L'on y represente les
Plenipotentiaires des Couronnes > envoyés
à Cambray, comme d'excellens Ouvriers
qui travaillent à la structure du Temple
de la Paix, où- chacun d'eux pose fa pierre,
jusqu'à ce que ce grand ouvrage projette
par un second David , soit consommé
par le pacifique Salomon, c'est.à.dire,
par le Roi , que l'Auteur invite à conía
crer ce monument au Dieu de la paix ,
& d'y réunir par les liens sacrez de la
même Religion tous les François , &c
tous les autres Peuples , en sorte qu'il
n'y ait plus qu'une feule bergerie 6c un
seul Pasteur. Il lui fait envisager cette
double paix de l'Eglise & de l'Europe ,
com
4* MERCURE DE FRANCË^
comme un oeuvre digne de sa pieté , de'
sa prudence, de sa qualité de Roi très-
Chrétien, & de Fils aîné de l'Eglise. En--
fin il propose le desiein d'une Inscription'
que l'on pourra graver íur le frontispice
de cet auguste édifice à la gloire du Mo
narque.
Ce seroit défigurer cette inscription ,
que de vouloir la mettre ici, après l'a
voir simplement entendue' reciter. Un
mot ou transposé , ou traduit peu correc.
tement 3lui feroit perdre son prix. Noos .
renvoyons. les Lecteurs à l'imprimé des
Discours, aufli.bien que pour les aqtres.
endroits que nous n'avons osé toucher.
Il est vrai que le papier n'aura pas tout'
l'agrément de l'action vive & animée }
mais en recompense il donnera le temps
de goûter à loisir ce que le feu de l'Ora
teur dérobe quelquefois à l'attention de
l'auditeur ; d'ailleurs ce n'est que dans
une lecture qu'on admire , comme il faut,
ces traits que k Pere de la Sante a sçû
rendre inimitables ; j'entends les caracte
res. Un caractere achevé dans l'éloquen
ce , & un portrait fini dans la peinture ,
ex kent le même sentiment, je veux dire,
ce cri d'applaudiísement universel causé
par l'agréable surprise de voir la copie
heureusement semblable en tout à l'ori
ginal. Telles étoient les acclamations
qu'on
JANVIER if 14. 47
qu'on donnoit à tous Ceux qu'a touché
l'Orateur dans le Discours Latin , dont il
feroit difficile de rendre la majesté & la
pureté de stile en François.
au College de Louis le Grand , fur la
longue durée de la. paix dont jouit la
France ? fous le Regne de Louis XV.
LE Decembre , le Pere de lai
Sante, Jésuite, l'un des Professeurs
de Rethorique , au College de Louis le
Grand , fit l'éloge de la Paix t dont joiiit
la France depuis plusieursannées, fous le
regne de Louis XV. La salle où se pafla
cette action ,étoit magnifiquement parée.
Ce discours fut prononcé .en prescnee de
M. le Cardinal dè ;Bilïy,de quantité de
Prélats , & de personnes de distinction ,
& il répond ;pa.rfaitetnent à la reputa
tion que s'£Ét' Acquit l'Auteur par d'au-
..E'a : . ' ; "«
7 AN VIE R. 1714. 39
tres íemblables Pieces d'Eloquence , dorçt
nous avons donné l'Extrait les années
precedentes.
' L'Orateur commence par insinuer ,
que comme chaque Roi de l'auguste
Maison de Bourbon , a merité un nom
dlstinctif , qui caracterise les principaux
évenemensde íà vie , chaque Regne de
vrait auffi avoir un nom particulier qui
le distinguat des autres. Sur ce principe
'il .voudrait qu'on appellât le regne de
tìenry I V. le regne de la clemence ,
celui de Louis X IH. le regne de la jus-
.cice , celui de Louis X 1 V. Je regne
de. la victoire , enfin celui de Louis
X V. le regne de la pai.x , puiíqu'elle
est née , puisqu'elle a crû avec ce Monar
que , & que vrai.semblablement elle diu
rera autant , ou plus que si*n regne.
Ce début conduit naturellement le Pa
negyriste à la division de iòn diícours,
où il prétend faire voir la naissance , le
progrès , & la durée de la derniere paix ,
dont il mesure en quelque íorte les disselens
âges, fus ceux même du Roi. Il
montre qu'elle a commencée íôus d'heujreux
auspices , qu'elle s'est avancée par
de sages conseils , qu'elle est íondée fur
4es conditions propres à la perpetuer.
Ces trois propositions partagent l'éloge
de la paix.
^0 MERCURE DE FRANCE.
.1/
Les commencemens de cette paix sem>;
îblent d'autant plus heureux à l'Orateur ,
qu'on entra en négociation dans un.tems
où la paix étoit plus ineíperée , &où elle
pouyoit être plus glorieuse &c plus avan
tageuse à la Francç.
.Paix inesperée , vô la difference de
caractere & d'interêt des nations qui
étoient alors en .guerre , &jque l'Orateur j
Concilie toutes , en les faisant. se regarder I
c.hacune par l'endroit le plus capable de
réiinir tant de genies .opposes , & en
leur faisant trouver un interêt commua
dans cette réunion. Cet endroit a été pour
l'habile Orateur , un de ces morceaux que
l'éloquence embellit de tout ce qu'elle
peut emprunter de la beauté du style , de
k délicateíse des pensées, de la solidité
des reflexions & de la vivacité de l'acr
tion.
Paix glorieuse , parce que ce n'est
qu'après nous être glorieusement relevez
de nos pertes par la victoire de Denain ,
par le recouvrement de la plupart de
nos places de Flandre f parla prise de
quelques.unes des plus fortes Villes de ï.
l'Allemagne qu'on a procedé tout de
bon à la paix generale, Ceci donne lieu à
un magnifique éloge du Maréchal de VilJ
ANVIER i7t4. 41
lars ,& à une élegante description de la
conference qu'il eut à Rastad avec le
Prmce Eugene , dont le caractere est
heureusement pris. L'Orateur fait un
gracieux paralelle de ces deux grands
Generaux avec Scipion & Annibal réunis
pour traiter de la paix ; mais il fait voir
l'avantage jqu'ont les deux Heros mo
dernes fur les deux anciens. Ce trait est
nouveau.
Enfin , paix avantageuse , vûlebeíôin
qu'en avoient les nations d'Europe , qui
toutes y ont trouvé leur compte , comme
l'Orateur le prouve , fie vu les conjonc
tures où elle a été negociée , c'est.à.dire,
quand la France étoit íùr le point de per
dre un grand Roi , & à là veille d'une
minorité ., source seconde de troubles ,
íîir tout quand le Royaume n'est pas en
paix au dehors.
.Rien de plus intereilânt pour le Roi ,
que la conclusion de cette premiere par-
Eie. L'Orateur felicite ce Prince d'avoir
goûté les prémices de la paix aveccelles
du Trône ; en cela plus heureux qu'Au
guste , qui ne put jouir des douceurs de
la paix que íûr la fin de íòn Empire , en
core fut-ce une paix achetée au prix de
bien des cruautez , au lieu que celle ci
n'a point coûté de sang au Roi , qui l'a
vûë naî;re avec lui , & a eu le bonheur
C d'à
4* MERCURE DE FRANCE.
d'avoir ce crait de ressemblance avec 1$
Roi des Rois , donc il est la viye image
fur lacerre.
Ce premier poinc ne rapprochanc que
des objets pour la plupart éloignés , avpit
besoin de couce l'adrefle & de touce l'é
loquence de l'Orateur , pour être recíi
aussi favorablement qu'U l'a été.
Il'
Le íêcond est beaucoup plus piquant , ij[
a les gfaces de la nouveauté par la proxi
mité des choies qu'on y traite. L'Orateur
y peint les progrès merveilleux que fit
la paix , par les foins du feu Duc d'Or
leans. Il represente ce Prince comme uç
habile & grand politique , qui fait ser
vir à la paix un rare genie soutenu d'une
admirable fermeté d'ame ; genie qu'il em.
ploye à presenter íàns cesle de nouvel
les amorces de paix 5 fermeté dont il use
pour en écarter les obstacles.
Le premier article est un portrait na
turel de cet heureux genie occupé à exa
miner & £ connoître à fond les divers in
terêts des Puislances étrangeres , à pene
trer leurs yûès , à discerner le fort & le
foible de chaque nation , à les amener
toutes par differentes voyes à son but ,
à se rendre lui.même impenetrable aux
esprits les plus clair.voyans , à déguiser
JANVIER i724, 4j
iles plus importans projets fous un air
aisé, ou vert & ingenu i à couvrit ses
desseins d'un eípece de jeu i à faire du
secret fame- de ses entreprises , & à in
spirer la même dexterité, la même sageslè,
& la même aisance à. tous ceux qui le
servoient dans les négociations de paix.
Le íecond article est une peinture alle
gorique, mais des plus brillantes de la ma
noeuvre que fit cet habile Pilote qui tint
toujours ferme le gouvernail ,qui sembla
.«'être rendu maître des .vents , qui lçut le
grand art de prévenir -ou d'écarter les tem
pêtes , d'éviter ou de bxaver les écueils,
d'entretenir le calme & de conduire ion
vaiíîeau à bon port.
La mort de ce grand Prince , les lar
mes de la pieuse Princesse , son épouse ,
les regrets d'un auguste fils , si digne de
íâ tendreíïe , & si cher à toute la France,
terminent ces deux articles qui furent
maniés par le Panegyriste avec une fi
nesse d'expressions , & un goût de pen
sées , dont l'Assemblée fit l'éloge par ses
applaudissemens. Il retombe eníuite íur
l'heureux choix qu'a fait le Roi de
Monsieur le Duc, pour remplacer le Prin-
.ce-, que la France vient de perdre. Le ca
ractere de cet auguste Ministre n'e<t des
plus brillans que parce qu'il est vrai. Ou*
»tie plusieurs grandes quaU'ez dont l'ex.
C i) trait
44. MERCURE DE FRANCE. .
trait íèroit trop long , il prouve sa bonté
pour le peuple par le premier usage qu'il
a fait de sa nouvelle autorité,pour le sou
lager , son discernement pour le vrai me
rite, & son amour pour la justice, parle
soin qu'il a eu de presenter au Roi un di
gne sujet pour mettre à la tête du pre
mier Parlement du ;Royaume. Tout le
monde a reconnu avec d'autant plus de
plaisir cet illustre Magistrat au portrait
tracé par l'Orateur , qu'il l'avoit orné de
ses veritables couleurs, & qu'il l'avoit
placé dans le jour , où M. de Novion ,
bien qu'ennemi de la louange , ai meroíc
luí.meme à se reconnoître . U finit ce se
cond point par la douce esperance dont
il flatte ses Auditeurs , que Monsieur le
Duc mettra la derniere main au grand
ouvrage de la paix , si fort avancé par le:
genie & la fermeté de son Predecesseur
de glorieuse mémoire. s
[ U I.
La troisième partie ne cede en rien à
la seconde , quoi qu'elle semble beau
coup moins fournir à l'éloquence de
l'Orateur. Il y parle des fondemens fur
lesquels est appuyée la paix , & qui la
doivent rendre durable > il les reduit à
trois principaux .. i°. à l'exacte fidelité
ayee laquelle les Puissances intéressée*
JANVIER ïfî4V 4?
observent les conventions & les traitez
reglez entr'elles. i°. Aux Alliances con
tractées entre les Maisons des Souverains
& des Princes. Aux congrès pacifi
ques établis pour donner à la' paix la der
niere perfection , & en prévenir la rup
ture. . ^
Comme' nous apprenons que lé di£
cours de l'Auteur est fous la preste, 8c
va bien-tôt paroître , nous n'entrerons
point dans les preuves de ces trois arti
cles. Qu'il nous soit feulement permis.
d'ajoûter un mot fur la conclusion de toute
la Piece. C'est une idée des plus inge
nieusement imaginées Se des plus. noble
ment remplies. L'on y represente les
Plenipotentiaires des Couronnes > envoyés
à Cambray, comme d'excellens Ouvriers
qui travaillent à la structure du Temple
de la Paix, où- chacun d'eux pose fa pierre,
jusqu'à ce que ce grand ouvrage projette
par un second David , soit consommé
par le pacifique Salomon, c'est.à.dire,
par le Roi , que l'Auteur invite à conía
crer ce monument au Dieu de la paix ,
& d'y réunir par les liens sacrez de la
même Religion tous les François , &c
tous les autres Peuples , en sorte qu'il
n'y ait plus qu'une feule bergerie 6c un
seul Pasteur. Il lui fait envisager cette
double paix de l'Eglise & de l'Europe ,
com
4* MERCURE DE FRANCË^
comme un oeuvre digne de sa pieté , de'
sa prudence, de sa qualité de Roi très-
Chrétien, & de Fils aîné de l'Eglise. En--
fin il propose le desiein d'une Inscription'
que l'on pourra graver íur le frontispice
de cet auguste édifice à la gloire du Mo
narque.
Ce seroit défigurer cette inscription ,
que de vouloir la mettre ici, après l'a
voir simplement entendue' reciter. Un
mot ou transposé , ou traduit peu correc.
tement 3lui feroit perdre son prix. Noos .
renvoyons. les Lecteurs à l'imprimé des
Discours, aufli.bien que pour les aqtres.
endroits que nous n'avons osé toucher.
Il est vrai que le papier n'aura pas tout'
l'agrément de l'action vive & animée }
mais en recompense il donnera le temps
de goûter à loisir ce que le feu de l'Ora
teur dérobe quelquefois à l'attention de
l'auditeur ; d'ailleurs ce n'est que dans
une lecture qu'on admire , comme il faut,
ces traits que k Pere de la Sante a sçû
rendre inimitables ; j'entends les caracte
res. Un caractere achevé dans l'éloquen
ce , & un portrait fini dans la peinture ,
ex kent le même sentiment, je veux dire,
ce cri d'applaudiísement universel causé
par l'agréable surprise de voir la copie
heureusement semblable en tout à l'ori
ginal. Telles étoient les acclamations
qu'on
JANVIER if 14. 47
qu'on donnoit à tous Ceux qu'a touché
l'Orateur dans le Discours Latin , dont il
feroit difficile de rendre la majesté & la
pureté de stile en François.
Fermer
Résumé : EXTRAIT d'un Discours Latin prononcé au College de Louis le Grand, sur la longue durée de la paix dont jouit la France, sous le Regne de Louis XV.
En décembre, un jésuite et professeur de rhétorique au Collège de Louis le Grand prononça un discours élogieux sur la longue paix dont jouissait la France sous le règne de Louis XV. Cet événement eut lieu en présence du Cardinal de Bissy, de nombreux prélats et personnes de distinction. L'orateur suggéra que chaque règne des Bourbons devrait avoir un nom distinctif, proposant d'appeler celui de Louis XV le 'règne de la paix'. Il divisa son discours en trois parties : la naissance, le progrès et la durée de cette paix. L'orateur souligna que les négociations de paix commencèrent à un moment inattendu et particulièrement glorieux pour la France. Il mentionna la victoire de Denain et le recouvrement des places de Flandre comme préludes à la paix générale. Il fit également un parallèle entre les maréchaux Villars et le Prince Eugène, les comparant à Scipion et Hannibal. La paix était avantageuse pour toutes les nations d'Europe, qui y trouvèrent leur compte. L'orateur félicita Louis XV d'avoir goûté les prémices de la paix dès le début de son règne, le comparant à Auguste qui n'en jouit qu'à la fin de son empire. Le discours détailla ensuite les progrès de la paix sous l'influence du Duc d'Orléans, décrit comme un habile politique. Après la mort du Duc, l'orateur loua le choix du Roi de nommer le Duc de Bourbon pour le remplacer. Il mentionna trois principes de la paix : la fidélité aux conventions, les alliances entre souverains et les congrès pacifiques. Le discours se conclut par une métaphore des plénipotentiaires travaillant à la construction du 'Temple de la Paix', invitant le Roi à consacrer cet ouvrage au Dieu de la paix et à unir tous les peuples sous une même religion. L'orateur proposa une inscription pour ce monument, dont la récitation exacte est renvoyée à l'impression du discours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9
p. 740-744
Sermon prêché devant le Roi, par l'Abbé Segui, &c. [titre d'après la table]
Début :
L'Abbé Seguy, prêcha le Jeudy-Saint la Cêne devant le [...]
Mots clefs :
Abbé Seguy, Jeudi Saint, Cène, Louis XV, Humilité chrétienne, Discours religieux, Sermon royal, Pied de l'autel, Modèle divin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sermon prêché devant le Roi, par l'Abbé Segui, &c. [titre d'après la table]
L'Abbé Seguy , prêcha le Jeudy- Saint
la Cêne devant le Roy. Nous avons
crû qu'on seroit bien aise de voir ici
l'Analyse de son Discours ; mais nous.
n'avons pû obtenir de lui que le Texte
et l'Exorde.
Exemplum dedi vobis, ut quemadmodum
ego feci ita et vos faciatis. Je vous ai donné
l'exemple, afin que vous fassiez ce que
Vous avez vû que j'ai fait . En S. Jean ,
Chap. 13 .
SIRE .
Divin exemple qui nous fait voir le
Fils unique du Très - Haut , exerçant aux
pieds de ses Apôtres surpris, les plus humbles
fonctions d'un Serviteur ! exemple
puissant , dont la force subjugant les Potentats
AVRIL. 1731. 741
tentats les plus fiers , les a fait descendre
du faîte de leur grandeur, pour exercer à
leur tour envers les derniers de leurs Sujets
, ce vil ministere ! Voilà , Grands , qui
m'écoutez , ce qui m'authorise à vous venir
prêcher l'humilité , oui l'humilité
l'humilité chrétienne. Je sçai que vous
ne paroissez pas faits pour entendre ce
langage ; mais je sçai que nous n'avons
point pour vous d'Evangile particulier ,
je sçai que cette Religion dont l'esprit est
un esprit d'anéantissement volontaire , est
indistinctement la regle infléxible de tous;
que l'Homme Dieu , souverainement
humble , qu'elle vous presente , n'est pas
moins votre modele que celui de vos inferieurs
, et qu'après tout pour pouvoir
alleguer avec quelque prétexte apparent
votre grandeur, vous n'êtes pas plus grands
que votre Roi , qui ne se dispense pas de
la Loi de l'humilité , et qui va vous en
donner l'exemple .
Pour vous en inspirer les sentimens , je
ne viens pas ici vous rappeller les foiblesses
et les miseres qui vous sont communes
avec le reste des hommes. Vous avez
des raisons bien plus particulieres de pratiquer
l'humilité chrétienne ; vous avez
toutes celles que peuvent avoir les autres
hommes , mais ils n'ont pas toutes celles
que vous avez , et c'est à ces dernieres
que
742 MERCURE DE FRANCE.
>
que je me borne. Je laisse des idées qu'on
vous a presentées cent fois, et m'attachant
à un motif , qui pour paroître singulier
n'en est pas moins solide , je viens vous
dire que vous devez vous abbaisser par
la raison même que vous êtes élevez . Ne
vous étonnez pas de cette proposition , toute
surprenante qu'elle est d'abord pour le
préjugé et pour l'amour propre ; elle est
fondée sur le mystere dont tout vous retrace
le souvenir , et dont il est si convenable
que je vous entretienne . C'est dans
ce mystere que vous allez voir les raisons
particulieres qui vous engagent à vous
humilier ; car vous y allez voir et l'obligation
qu'impose la grandeur de pratiquer
Thumilité chrétienne et les avantages que
P'humilité chrétienne procure à la grandeur.
Deux considerations bien capables
de préparer vos coeurs à une vertu peut
être plus necessaire encore pour vous, quoique
pour vous plus difficile , sans doute.
C'est cette vertu , SIRE , que va prêcher
bien plus efficacement le grand exem
ple que votre pieté nous prépare. L'au-
Torité suprême asservie en vous et par
vous aux plus abjectes fonctions de l'humilité
; que ce Spectacle est touchant et
qu'il est digne de la Religion qui en est
le motifunique ! Par elle seule vous vous
disposez à le donner , ce saint Spectacle ,
comme
AVRIL: 1731
743
si vocomme
par elle seule vous nous en donnez
tant d'autres non moins chrétiens ;
si vous sçavez vous garantir des pieges
nombreux qui environnent le Trône , des
écueils de la jeunesse et du souverain pouvoir
, si la volupté irritée n'a point de
traits qui ne s'émoussent sur vous ,
tre coeur , ce coeur si renfermé pour le
secret politique , est si ouvert à vos Peuples
pour la bonté , si par votre pieté
vous nous faites de si grandes leçons à
nous-mêmes , Ministres du Dieu vivant ,
dans une telle conduite je reconnois la
Religion ; c'en est là l'ouvrage : et si vous
joüiissez des benedictions du Ciel les plus
marquées , si avec la douceur d'être uni
à une Epouse digne de vous , vous goutez
celle de voir croître heureusement ,
parmi les charmes de la Paix , votre Famille
auguste et déja nombreuse , si
vos mains , en conduisant cet Empire ,
sont si bien secondées par celles qui formerent
votre enfance ; en cela je reconnois
aussi la Religion ; c'en est pour vous,
SIRE , dès cette vie même , la récompense.
Penetré de reconnoissance pour
tant de bienfaits , vous venez aux pieds
de ces Pauvres de J. C. qui vous le représentent
lui- même , rendre un hommage
plus solemnel au Dieu de bonté , et cela
dans tous les sentimens qu'inspire l'humilité
744 MERCURE DE FRANCE.
milité chrétienne. Puissai - je lui soumettre,
à cette humilité , tous les coeurs à l'aide
d'un tel exemple.
la Cêne devant le Roy. Nous avons
crû qu'on seroit bien aise de voir ici
l'Analyse de son Discours ; mais nous.
n'avons pû obtenir de lui que le Texte
et l'Exorde.
Exemplum dedi vobis, ut quemadmodum
ego feci ita et vos faciatis. Je vous ai donné
l'exemple, afin que vous fassiez ce que
Vous avez vû que j'ai fait . En S. Jean ,
Chap. 13 .
SIRE .
Divin exemple qui nous fait voir le
Fils unique du Très - Haut , exerçant aux
pieds de ses Apôtres surpris, les plus humbles
fonctions d'un Serviteur ! exemple
puissant , dont la force subjugant les Potentats
AVRIL. 1731. 741
tentats les plus fiers , les a fait descendre
du faîte de leur grandeur, pour exercer à
leur tour envers les derniers de leurs Sujets
, ce vil ministere ! Voilà , Grands , qui
m'écoutez , ce qui m'authorise à vous venir
prêcher l'humilité , oui l'humilité
l'humilité chrétienne. Je sçai que vous
ne paroissez pas faits pour entendre ce
langage ; mais je sçai que nous n'avons
point pour vous d'Evangile particulier ,
je sçai que cette Religion dont l'esprit est
un esprit d'anéantissement volontaire , est
indistinctement la regle infléxible de tous;
que l'Homme Dieu , souverainement
humble , qu'elle vous presente , n'est pas
moins votre modele que celui de vos inferieurs
, et qu'après tout pour pouvoir
alleguer avec quelque prétexte apparent
votre grandeur, vous n'êtes pas plus grands
que votre Roi , qui ne se dispense pas de
la Loi de l'humilité , et qui va vous en
donner l'exemple .
Pour vous en inspirer les sentimens , je
ne viens pas ici vous rappeller les foiblesses
et les miseres qui vous sont communes
avec le reste des hommes. Vous avez
des raisons bien plus particulieres de pratiquer
l'humilité chrétienne ; vous avez
toutes celles que peuvent avoir les autres
hommes , mais ils n'ont pas toutes celles
que vous avez , et c'est à ces dernieres
que
742 MERCURE DE FRANCE.
>
que je me borne. Je laisse des idées qu'on
vous a presentées cent fois, et m'attachant
à un motif , qui pour paroître singulier
n'en est pas moins solide , je viens vous
dire que vous devez vous abbaisser par
la raison même que vous êtes élevez . Ne
vous étonnez pas de cette proposition , toute
surprenante qu'elle est d'abord pour le
préjugé et pour l'amour propre ; elle est
fondée sur le mystere dont tout vous retrace
le souvenir , et dont il est si convenable
que je vous entretienne . C'est dans
ce mystere que vous allez voir les raisons
particulieres qui vous engagent à vous
humilier ; car vous y allez voir et l'obligation
qu'impose la grandeur de pratiquer
Thumilité chrétienne et les avantages que
P'humilité chrétienne procure à la grandeur.
Deux considerations bien capables
de préparer vos coeurs à une vertu peut
être plus necessaire encore pour vous, quoique
pour vous plus difficile , sans doute.
C'est cette vertu , SIRE , que va prêcher
bien plus efficacement le grand exem
ple que votre pieté nous prépare. L'au-
Torité suprême asservie en vous et par
vous aux plus abjectes fonctions de l'humilité
; que ce Spectacle est touchant et
qu'il est digne de la Religion qui en est
le motifunique ! Par elle seule vous vous
disposez à le donner , ce saint Spectacle ,
comme
AVRIL: 1731
743
si vocomme
par elle seule vous nous en donnez
tant d'autres non moins chrétiens ;
si vous sçavez vous garantir des pieges
nombreux qui environnent le Trône , des
écueils de la jeunesse et du souverain pouvoir
, si la volupté irritée n'a point de
traits qui ne s'émoussent sur vous ,
tre coeur , ce coeur si renfermé pour le
secret politique , est si ouvert à vos Peuples
pour la bonté , si par votre pieté
vous nous faites de si grandes leçons à
nous-mêmes , Ministres du Dieu vivant ,
dans une telle conduite je reconnois la
Religion ; c'en est là l'ouvrage : et si vous
joüiissez des benedictions du Ciel les plus
marquées , si avec la douceur d'être uni
à une Epouse digne de vous , vous goutez
celle de voir croître heureusement ,
parmi les charmes de la Paix , votre Famille
auguste et déja nombreuse , si
vos mains , en conduisant cet Empire ,
sont si bien secondées par celles qui formerent
votre enfance ; en cela je reconnois
aussi la Religion ; c'en est pour vous,
SIRE , dès cette vie même , la récompense.
Penetré de reconnoissance pour
tant de bienfaits , vous venez aux pieds
de ces Pauvres de J. C. qui vous le représentent
lui- même , rendre un hommage
plus solemnel au Dieu de bonté , et cela
dans tous les sentimens qu'inspire l'humilité
744 MERCURE DE FRANCE.
milité chrétienne. Puissai - je lui soumettre,
à cette humilité , tous les coeurs à l'aide
d'un tel exemple.
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Résumé : Sermon prêché devant le Roi, par l'Abbé Segui, &c. [titre d'après la table]
Le texte décrit un sermon prononcé par l'Abbé Seguy lors du Jeudi Saint en présence du roi. L'Abbé commence par rappeler l'exemple d'humilité du Christ lavant les pieds de ses apôtres, un geste qui a inspiré les puissants à descendre de leur grandeur pour servir les plus humbles. Il souligne que l'humilité chrétienne est une règle applicable à tous, y compris les grands, qui doivent suivre l'exemple du roi. L'Abbé explique que les raisons de pratiquer l'humilité sont d'autant plus pertinentes pour les puissants, car leur élévation les oblige à s'abaisser. Il mentionne que le roi, par sa piété et son exemple, prépare un spectacle touchant d'humilité, évitant les pièges du pouvoir et montrant une grande bonté envers son peuple. Le sermon se conclut par une reconnaissance des bienfaits divins et un hommage à l'humilité chrétienne, avec l'espoir que tous puissent suivre cet exemple.
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10
p. 1850-1851
Nouveau Pont de Compiegne, Inscription, [titre d'après la table]
Début :
Le [1?]9 du mois de Juin dernier le Roy suivi de S. E. M. le Cardinal de Fleury, alla visiter [...]
Mots clefs :
Roi, Pont de Compiègne, Cardinal de Fleury, Louis XV, Dubois, Lahire
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texteReconnaissance textuelle : Nouveau Pont de Compiegne, Inscription, [titre d'après la table]
Le 9 du mois de Juin dernier le Roy suivi
de S. E. M. le Cardinal de Fleury , alla visiter
le Pont de Compiegne , nouvellement construit
par les Ordres de S. M. sur la Riviere
d'Oise . Ce Pont est composé de trois Arches
fort grandes et plus surbaissées que toutes celles
qui ont été faites en ce genre, de deux Pille
et de deux Culées . L'Arche du milieu est de 12
tois s d'ouverture , et celles d'à côté de onze
toises ; la largeur du Pont est d'environ 27 pieds
entre les murs des Parapets ; îl est orné de
Tours rondes , ou Paus arrondis aux 4 coins >
pour lui donner des évasemens aux Entrées.
,
4
Les Armes du Roy paroissent au haut de la
grande Arche , sculptées par le Sr Coustou le
Cadet et au dessus s'éleve sur un Piedestal
une Pyramide de 30 pieds de hauteur , portant
moitié de son épaisseur en dehors des Parapets,
et moitié en dedans. Les deux Panneaux du
Piedestal sont chargez d'Inscriptions , dont la
premiere peut être lûe de dessus le Pont, et contient
ces mots :
LUDOVICO XV.
Quod via publicâ , hinc Lutetiam, line Noviedunum
, correctâ , stratâ et munitâ , Compendium
novo Ponte lapideo decoravit. Anno M. DCC . XXX.
La seconde Inscription ne peut être lûë que
de dessus la Riviere ; Elle est ainsi gravée sur le
côté opposé :
Iter tutum viatoribus,et Nautis facilè commercium.
La
1
AOUST. 17337 1851
La Piramide est couronnée d'un Globe de cuivre
doré ; au dessus duquel , selon l'usage des
Ponts , est élevée une Croix de fer , dont les extrêmitez
sont aussi ornées d'ouvrages de . Cuivre
doré.
Ce Pont a été conduit par le Sr de la Hire ,
Inspecteur General, et sous les Ordres de M.Dubois
, Directeur General des Ponts et Chaussées
de France. Il étoit entierement achevé au mois
de May dernier ; mais comme il avoit été , pour
ainsi dire , bâti sous les yeux de S. M. qu'elle
en avoit posé la premiere Pierre en 1730. et
qu'il y a eu des Méda lles frappées la même (a )
année sur ce sujet, posées dans l'Edifice en 1732 .
M. Dubois n'a pas voulu que le Pont fut livré
au Public que le Roy ne l'eut honoré de sa visite
, et n'eut passé dessus le premier. Sa Majesté
le considera par dessus et par dessous , avec
beaucoup d'attention , lût les Inscriptions , et
parut enfin satisfaite de cet Edifice public , dont
la construction est en effet hardie , d'une noble
simplicité et d'une solidité à toute épreuve ; aussi
son Eminence et tous les Seigneurs qui accompagnoient
le Roy , dirent là - dessus des choses
fort obligeantes à M. Dubois.
( a ) La Médaille du Roy , dont le Revers represente
le nouveau Pont de Compiegne , est gravée
dans le Mercure de May 1732.
de S. E. M. le Cardinal de Fleury , alla visiter
le Pont de Compiegne , nouvellement construit
par les Ordres de S. M. sur la Riviere
d'Oise . Ce Pont est composé de trois Arches
fort grandes et plus surbaissées que toutes celles
qui ont été faites en ce genre, de deux Pille
et de deux Culées . L'Arche du milieu est de 12
tois s d'ouverture , et celles d'à côté de onze
toises ; la largeur du Pont est d'environ 27 pieds
entre les murs des Parapets ; îl est orné de
Tours rondes , ou Paus arrondis aux 4 coins >
pour lui donner des évasemens aux Entrées.
,
4
Les Armes du Roy paroissent au haut de la
grande Arche , sculptées par le Sr Coustou le
Cadet et au dessus s'éleve sur un Piedestal
une Pyramide de 30 pieds de hauteur , portant
moitié de son épaisseur en dehors des Parapets,
et moitié en dedans. Les deux Panneaux du
Piedestal sont chargez d'Inscriptions , dont la
premiere peut être lûe de dessus le Pont, et contient
ces mots :
LUDOVICO XV.
Quod via publicâ , hinc Lutetiam, line Noviedunum
, correctâ , stratâ et munitâ , Compendium
novo Ponte lapideo decoravit. Anno M. DCC . XXX.
La seconde Inscription ne peut être lûë que
de dessus la Riviere ; Elle est ainsi gravée sur le
côté opposé :
Iter tutum viatoribus,et Nautis facilè commercium.
La
1
AOUST. 17337 1851
La Piramide est couronnée d'un Globe de cuivre
doré ; au dessus duquel , selon l'usage des
Ponts , est élevée une Croix de fer , dont les extrêmitez
sont aussi ornées d'ouvrages de . Cuivre
doré.
Ce Pont a été conduit par le Sr de la Hire ,
Inspecteur General, et sous les Ordres de M.Dubois
, Directeur General des Ponts et Chaussées
de France. Il étoit entierement achevé au mois
de May dernier ; mais comme il avoit été , pour
ainsi dire , bâti sous les yeux de S. M. qu'elle
en avoit posé la premiere Pierre en 1730. et
qu'il y a eu des Méda lles frappées la même (a )
année sur ce sujet, posées dans l'Edifice en 1732 .
M. Dubois n'a pas voulu que le Pont fut livré
au Public que le Roy ne l'eut honoré de sa visite
, et n'eut passé dessus le premier. Sa Majesté
le considera par dessus et par dessous , avec
beaucoup d'attention , lût les Inscriptions , et
parut enfin satisfaite de cet Edifice public , dont
la construction est en effet hardie , d'une noble
simplicité et d'une solidité à toute épreuve ; aussi
son Eminence et tous les Seigneurs qui accompagnoient
le Roy , dirent là - dessus des choses
fort obligeantes à M. Dubois.
( a ) La Médaille du Roy , dont le Revers represente
le nouveau Pont de Compiegne , est gravée
dans le Mercure de May 1732.
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Résumé : Nouveau Pont de Compiegne, Inscription, [titre d'après la table]
Le 9 juin, le roi Louis XV, accompagné du cardinal de Fleury, visita le pont de Compiègne, nouvellement construit sur la rivière Oise. Ce pont, ordonné par le roi, comprend trois grandes arches surbaissées, deux piles et deux culées. L'arche centrale mesure 12 toises d'ouverture, et les arches latérales 11 toises. La largeur du pont est d'environ 27 pieds entre les murs des parapets. Il est orné de tours rondes aux quatre coins pour faciliter les entrées. Les armes du roi sont sculptées au sommet de la grande arche par le sieur Coustou le Cadet. Au-dessus, une pyramide de 30 pieds de hauteur porte des inscriptions. La première inscription, visible depuis le pont, mentionne la construction du pont sous Louis XV. La seconde inscription, visible depuis la rivière, parle de la sécurité des voyageurs et de la facilité du commerce. La pyramide est couronnée d'un globe de cuivre doré surmonté d'une croix de fer. La construction du pont, commencée en 1730, fut achevée en mai et inaugurée par le roi en juin 1733. Le roi examina le pont avec attention, lut les inscriptions et parut satisfait de cet édifice public.
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11
p. 74-77
ODE A M. LE DUC D'AIGUILLON, Sur la dédicace de la Statue érigée à Louis XV, dans une des places de Rennes.
Début :
Quel Dieu, de mon réduit, troublant l'heureux silence, [...]
Mots clefs :
Statue, Louis XV, Héros, Coeur, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE A M. LE DUC D'AIGUILLON, Sur la dédicace de la Statue érigée à Louis XV, dans une des places de Rennes.
ODE
A M. LE DUC D'AIGUILLON ,
Sur la dédicace de la Statue érigée à Louis
XV, dans une des places de Rennes.
Q
Uel Dieu , de mon réduit , troublant Pheureux
filence ,
Au paifible fommeil d'une chere indolence ,
Par un magique effort, vient arracher mes fens! ...
N'en doutons point , du Dieu ( de la docte manie }
C'eſt le rédoutable génie :
Puis-je le méconnoître aux tranſports que je fens
Mais loin des bords pompeux de la Seine orgueilleuſe
,
Dans quelles régions fon aîle perilleuſe ,
Entraîne malgré moi mon efprit allarmé ? ...
Que vois-je ? ... ô tendre erreur ! dans ma douce
patrie ,
Au gré de mon ame attendrie ,
Soudain je me revois , moins furpris que charmé.
O théatre chéri des jeux de mon enfance !
Quel Dieu femble fur toi déployer fa puiſſance ?
O fpectacle enchanteur dont tu frappes mes yeux !
FEVRIER.
75 1755.
Quels feux ! quels doux feftins ! quels concerts
d'allégreffe t
Bacchus , la joie & la tendreffe
Te rempliffent au loin d'un trouble précieux .
Arrête , ô peuple heureux ! que la gaité tranfporte
,
Et dont la foule aimable & m'entraîne & m'emporte
;
Apprens-moi ton bonheur , dont mon coeur fait le
fien.
Mais quel beau monument s'éleve en ton enceinte
?
J'y reconnois l'image empreinte
D'un heros pacifique & d'un Roi citoyen.
C'eft donc ce monument & d'amour & de zele ,
Que confacre à ton Roi ta franchiſe fidele ,
Qui fait naitre en ton fein l'ivreffe & les tranfports
:
Si ce bronze muet , où manque fa grandeame ,
D'une fi vive ardeur t'enflamme ,
Que feroit la préſence embelliffant tes bords
Vous , à qui les talens , la vertu généreuſe ,
Plutôt que la faveur volage & dangereuſe
Ont mis entre les mains la pleine autorité ,
Et qui ne l'exercez au fein de ma province
Que pour y faire aimer un Prince
Dij
76 MERCURE DE FRANCE ,
Dont elle adore en vous l'héroïque bonté :
Apprenez , d'Aiguillon , à ce Monarque fage
Quels furent , à l'afpect de fon augufte image ,
De nos coeurs enflaminés & l'ivreffe & les voeux.
O! que d'un tel amour la peinture fidele ,
Dans une ame fenfible & belle ,
Doit enfanter foudain de tranfports généreux
Mais cette aimable fête eft à peine paſſée ,
Et déja fecondant votre ardeur empreſſée ,
Louis verfe fur nous fes dons multipliés ,
Alors même qu'il fçait que d'utiles fervices
Et d'honorables facrifices
D'un feul de fes regards feroient affez payés .
Quand , fur fon char de fang , Bellone échevelée ,
Parcourant en fureur l'Europe defolée ,
De fon fouffle homicide , eut embrafé les coeurs ;;
Partageant d'un heros les dangers & les peines ,
On vous a vû dérober Genes
Au barbare pouvoir de fes tyrans vainqueurs.
A préfent qu'un ciel pur rayonne fur nos têtes ,
Un foin pour nous plus cher que d'illuftres conquêtes
,
Remplit votre loifir fécond & glorieux ;
La guerre offroit en vous un heros formidable ,
La paix offre un heros aimable
Qui nous affujettit en nous rendant heureux,
FEVRIER. 1755 . 77
Non , ne nous croyez pas tels que nous peirt
l'envie ,
Qu'elle s'efforce en vain de noircir notre vie ; . . .
Conftamment , du devoir , nous écoutons la voix :
Chacun de nous en fait fa plus chere fcience ,
Et nous n'apprenons dans l'enfance
Qu'à refpecter les Dieux , & qu'à chérir nos Ro
Nos coeurs , quoiqu'un peu fiers , ne font pas inflexibles
,
La gloire & la vertu les trouverent ſenſibles ,
Et jamais on n'en vit plus jaloux de l'honneur.
Mais oùregne une vile & baffe flatterie ,
On doit traiter de barbarie
Une franchiſe mâle , une noble candeur.
D'une épouse , par vous juftement adorée ,
La modefte vertu par les Graces parées ,
Les talens , la douceur , le caractere heureux ,
Prouvent que parmi nous la nature difpenfe
Ses faveurs avec abondance ,
Et qu'il y naît des coeurs nobles & généreux.
A M. LE DUC D'AIGUILLON ,
Sur la dédicace de la Statue érigée à Louis
XV, dans une des places de Rennes.
Q
Uel Dieu , de mon réduit , troublant Pheureux
filence ,
Au paifible fommeil d'une chere indolence ,
Par un magique effort, vient arracher mes fens! ...
N'en doutons point , du Dieu ( de la docte manie }
C'eſt le rédoutable génie :
Puis-je le méconnoître aux tranſports que je fens
Mais loin des bords pompeux de la Seine orgueilleuſe
,
Dans quelles régions fon aîle perilleuſe ,
Entraîne malgré moi mon efprit allarmé ? ...
Que vois-je ? ... ô tendre erreur ! dans ma douce
patrie ,
Au gré de mon ame attendrie ,
Soudain je me revois , moins furpris que charmé.
O théatre chéri des jeux de mon enfance !
Quel Dieu femble fur toi déployer fa puiſſance ?
O fpectacle enchanteur dont tu frappes mes yeux !
FEVRIER.
75 1755.
Quels feux ! quels doux feftins ! quels concerts
d'allégreffe t
Bacchus , la joie & la tendreffe
Te rempliffent au loin d'un trouble précieux .
Arrête , ô peuple heureux ! que la gaité tranfporte
,
Et dont la foule aimable & m'entraîne & m'emporte
;
Apprens-moi ton bonheur , dont mon coeur fait le
fien.
Mais quel beau monument s'éleve en ton enceinte
?
J'y reconnois l'image empreinte
D'un heros pacifique & d'un Roi citoyen.
C'eft donc ce monument & d'amour & de zele ,
Que confacre à ton Roi ta franchiſe fidele ,
Qui fait naitre en ton fein l'ivreffe & les tranfports
:
Si ce bronze muet , où manque fa grandeame ,
D'une fi vive ardeur t'enflamme ,
Que feroit la préſence embelliffant tes bords
Vous , à qui les talens , la vertu généreuſe ,
Plutôt que la faveur volage & dangereuſe
Ont mis entre les mains la pleine autorité ,
Et qui ne l'exercez au fein de ma province
Que pour y faire aimer un Prince
Dij
76 MERCURE DE FRANCE ,
Dont elle adore en vous l'héroïque bonté :
Apprenez , d'Aiguillon , à ce Monarque fage
Quels furent , à l'afpect de fon augufte image ,
De nos coeurs enflaminés & l'ivreffe & les voeux.
O! que d'un tel amour la peinture fidele ,
Dans une ame fenfible & belle ,
Doit enfanter foudain de tranfports généreux
Mais cette aimable fête eft à peine paſſée ,
Et déja fecondant votre ardeur empreſſée ,
Louis verfe fur nous fes dons multipliés ,
Alors même qu'il fçait que d'utiles fervices
Et d'honorables facrifices
D'un feul de fes regards feroient affez payés .
Quand , fur fon char de fang , Bellone échevelée ,
Parcourant en fureur l'Europe defolée ,
De fon fouffle homicide , eut embrafé les coeurs ;;
Partageant d'un heros les dangers & les peines ,
On vous a vû dérober Genes
Au barbare pouvoir de fes tyrans vainqueurs.
A préfent qu'un ciel pur rayonne fur nos têtes ,
Un foin pour nous plus cher que d'illuftres conquêtes
,
Remplit votre loifir fécond & glorieux ;
La guerre offroit en vous un heros formidable ,
La paix offre un heros aimable
Qui nous affujettit en nous rendant heureux,
FEVRIER. 1755 . 77
Non , ne nous croyez pas tels que nous peirt
l'envie ,
Qu'elle s'efforce en vain de noircir notre vie ; . . .
Conftamment , du devoir , nous écoutons la voix :
Chacun de nous en fait fa plus chere fcience ,
Et nous n'apprenons dans l'enfance
Qu'à refpecter les Dieux , & qu'à chérir nos Ro
Nos coeurs , quoiqu'un peu fiers , ne font pas inflexibles
,
La gloire & la vertu les trouverent ſenſibles ,
Et jamais on n'en vit plus jaloux de l'honneur.
Mais oùregne une vile & baffe flatterie ,
On doit traiter de barbarie
Une franchiſe mâle , une noble candeur.
D'une épouse , par vous juftement adorée ,
La modefte vertu par les Graces parées ,
Les talens , la douceur , le caractere heureux ,
Prouvent que parmi nous la nature difpenfe
Ses faveurs avec abondance ,
Et qu'il y naît des coeurs nobles & généreux.
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Résumé : ODE A M. LE DUC D'AIGUILLON, Sur la dédicace de la Statue érigée à Louis XV, dans une des places de Rennes.
L'ode célèbre l'érection d'une statue de Louis XV sur une place de Rennes, dédiée à M. le Duc d'Aiguillon. Le poète exprime son admiration pour cette statue, symbole d'un roi pacifique et citoyen. Il décrit la joie et la fierté du peuple rennais face à ce monument. Le texte loue le duc d'Aiguillon pour ses talents et sa vertu, soulignant qu'il exerce son autorité pour faire aimer le prince. La statue est vue comme un témoignage de l'amour et du zèle du peuple. Le poète mentionne les services rendus par le duc, notamment la libération de Gênes des tyrans, et son rôle bénéfique durant la paix. Il conclut en affirmant la loyauté et le sens du devoir du peuple, tout en critiquant la flatterie et en valorisant la franchise et la noblesse des cœurs.
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12
p. 10
LOUIS XV.
Début :
Son règne à jamais mémorable [...]
Mots clefs :
Règne, Amour, Monument, Louis XV
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOUIS XV.
LOUIS. X V.
Son règne à jamais mémorable
Des fiècles à venir fera l'étonnement.
L'Amour de fes Sujets pofa ce Monument ,
Attendant que l'hiftoire en fonde un plus durable.
PIRON.
Son règne à jamais mémorable
Des fiècles à venir fera l'étonnement.
L'Amour de fes Sujets pofa ce Monument ,
Attendant que l'hiftoire en fonde un plus durable.
PIRON.
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13
p. 211-216
CÉRÉMONIES ET FESTES, A L'OCCASION DE L'INAUGURATION DE LA STATUE DU ROI, DANS LA PLACE DE LOUIS XV ET DE LA PUBLICATION DE LA PAIX.
Début :
Le Corps de la Ville de Paris sembloit n'avoir consulté que son zèle & celui [...]
Mots clefs :
Citoyens, Statue, Roi de France, Réjouissances publiques, Cérémonie, Louis XV, Duc, Cortège, Richesse, Broderie, Perles, Couleurs, Musique, Illumination, Hommages, Feu d'artifice, Spectacles, Repas, Inscriptions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CÉRÉMONIES ET FESTES, A L'OCCASION DE L'INAUGURATION DE LA STATUE DU ROI, DANS LA PLACE DE LOUIS XV ET DE LA PUBLICATION DE LA PAIX.
CÉRÉMONIES ET FESTES ,
A L'OCCASION DE L'INAUGURA-.
TION DE LA STATUE DU ROI
DANS LA PLACE DE LOUIS XV.
ET DE LA PUBLICATION DE LA
PAIX.
L.E Corps de la Ville de Paris fembloit n'avoir
confulté que ſon zéle & celui des Citoyens , dans
les premiers Projets de fêtes qu'elle fe propofoit
de faire éxécuter fur les dellens du fieur
Moreau fon Architecte , & qu'elle avoit eu l'honneur
de préfenter au Roi . L'attention paternelle
212 MERCURE DE FRANCE.
de Sa Majesté a daigné réduire les dépenfes confidérables
où elle avoit intention de s'engager par
la magnificence de fes Projets , en ne lui permettant
pour les réjouillances publiques que ce qui a
été fait pendant les 20 , 21 & 22 du mois précédent
, ainfi que nous allons le décrire.
Le premier jour zo Juin , deſtiné à célébrer
l'inauguration de la Statue du Roi dans la Place
de Louis XV. on a fait le matin la Cavalcade &
Cérémonies d'ufage.
Le Corps de Ville , en robes de Cérémonie à
cheval & en équipages très magnifiques accom
pagné de fes Gardes , fe rendit vers les dix heures
du matin à l'Hôtel de M. le Duc de Chevreufe
, Gouverneur de Paris , pour le joindre , & continuer
avec lui la marche juſqu'à la Place de
Louis XV . Il étoit accompagné de fes Gardes ,
tous avec des nouveaux uniformes , & d'un nombreux
Cortége de Domeftiques , de Gentilshommes
& de Pages fuperbement vêtus . L'équipage
de fon cheval étoit de la plus grande richelle &
chargé de diamans. Celui des chevaux de main
n'étoit pas moins riche ,, par les magnifiques
broderies qui en couvroient les houffes , ainfi que
celle d'un très-beau cheval de parade , tenu avec
des longes de treffe d'or par deux hommes d'écurie.
Lui même monté fur un cheval gris & dans
l'habit le plus riche , entre deux Ecuyers ou Gentilshommes
, jettoit avec profufion de l'argent au
Peuple , pendant tout le cours de la marche ; &
les trompettes d'argent de M. le Gouverneur accompagnées
des timballes, ainfi que celles de la
Ville , fonnoient inceffament des fanfares. Le
Négre , Timballier de M. le Gouverneur étoit
fingulierement remarquable , par la richeffe de
fon habillement , & par une coëffure en forme
de turban , ornée de divers rangs de perles & de
JUILLET. 1763. 213
diamans de couleurs , le tout furmonté d'un trèsbeau
pannache de plumes.
Lorfque cette marche entra dans la Place au
bruit des fanfares de fa mufique & de très - nombreux
orcheſtres difpofès près du Pont tournant
des Thuileries , ainfi qu'à celui des acclamations
de la multitude qui rempliffoit ce vafte eſpace ;
les voiles qui couvroient la Statue & Piedeſtal
devoient tomber ; mais l'imprudence d'un Ouvrier
avoit avancé de quelques momens ce point
de la Cérémonie. Toute la Cavalcade fit le tour
de la Place , & parvenue en face de la Statue ,
chacun de ceux qui la compofoient s'arrêtant & ſe
découvrant , on fit les faluts d'hommage ufités en
pareille occafion , au bruit des boëtes , du canon •
des bruyantes fymphonies , de la mufique , & des
cris d'allegrelle de tout le Peuple. Enfuite toute
cette marche retourna dans le même ordre juf
qu'a l'Hôtel de M. le Gouverneur où elle le reconduifit
, & de- là à l'Hôtel- de- Ville .
Le foir , il y eut illumination dans la Place par
des cordons de lumière fur les baluftres dont elle
eft environée , & par des girandoles pofées fur des
piedeftaux dans toute fon enceinte . On avoit difpofé
deux rangs de lumières fur des poteaux élevés
, dans la longueur de la grande allée des
Thuileries , qui conduifoient jufqu'à un amphi
théâtre illuminé élevé contre la façade du Palais
, fur lequel fe donnoit la ferenade de fymphonies
par l'Académie Royale de Mufique , dont
nous avons parlé dans l'Article des Spectacles.
Le 2me jour 21 Juin , la Paix a été publiée
dans 14 endroits de la Ville , y compris la nouvelle
Place , par la Ville & la Jurifdiction du Châ
telet réunies , avec les céremonies & formalités
accoutumées. L'efpace qu'avoit à parcourir cette
214 MERCURE DE FRANCE
nombreufe cavalcade , remplit tout le temps.de
cette journée. a)
Le troisième jour 22 Juin confacré aux Fêtes &
Réjouiffances publiques dans toute la Ville , fut
annoncé par les Salves ordinaires du Canon , &
le Te Deum fat chanté à Notre- Dame avec le
Cérémonial ufité .
On avoit préparé dans la longueur de plus de
480 pieds fur la Terraffe du Palais de Bourbon ,
des Loges ornées en Damas cramoifi , avec un
Luftre dans chaque divifion , pour contenir environ
, 000 perfonnes ; s'étant trouvées toutes remplies
vers les cing heures après midi , la Fête , fur
la Rivière , commença par des Joûtes qu'exécuté- ,
rent des Bateliers vêtus de blanc & ornés de rubans
fur des Bateaux peints de diverfes couleurs , auxquels
on diftribua des Prix .
A l'entrée de la nuit , on tira le grand Feu
d'Artifice qui avoit été préparé fur la Rivière ,
mais le violent Orage qui étoit furvenu ce même
jour fur les deux heures , avoit tellement endommagé
tout l'Artifice figuré de Feux de lances de
diverfes couleurs qui compofoient la décoration
du Temple élevé fur une Terraffe de Rochers ,
qu'aucune partie ne put prendre , & que l'on fut
privé par cet accident, pour ce jour- là , de la partie
principale de ce magnifique Spectacle ; ( b ) mais
ce qui en formoit un , denton ne peut le faire une
trop grande idée , étoit le vafte Baffin du Pont
Royal jufqu'à Chaillot , dont les Berges & les
Quais entiérement couverts d'une multitude innombrable
de Spectateurs , offroit l'image réelle
( a ) On donnera dans le Mercure prochain des
états détaillés des marches & cavalcades .
(b ) Le corps de Ville pour remplir l'objet de fon'
zéle & la fatisfaction des Citoyens , doitfaire éxéJUILLET.
1763 . 215
d'une Nation entière affemblée pour une grande
Solemnité . On conçoit de quelle variété de couleurs
étoit peint cet immenfe tableau , dont les
figures fur des plans en gradation , quoique
tranquiles & fans confufion , produiloient cependant
un mouvement léger & continuel qui l'animoit
& foutenoit perpétuellement l'agrément de
la vue. L'artifice , qu'on appelle Feux d'air qu'il
avoit été plus facile de préierver de l'humidité, eut
plus de fuccès . On admira de très - belles fufées
d'honneur , des Bombes d'un fort bel effet & des
Gerbes ou Girandes d'une multitude de fufées
très -brillantes. Le feu de Rivière en ferpenteaux
& autres figures , fournit fans difcontinuation ,
pendant tout le temps du feu des effets très- agréables
& très-variés fur l'eau.
Il y eut le même foir des fontaines de vin avec
des Orchestres dans toutes les places & dans tous
les lieux marqués de la Ville . Toutes les maifons
des Particuliers furent illuminées , & les Hôtels
des Princes , Seigneurs , Magiftrats , s'étoient
diftingués par des illuminations décorées & des
plus brillantes. Celle de la Place de Louis XV ,
qui mérite une defcription particulière , formoit
en lumières la repréfentation des grandes façades
des deux corps de bâtimens qui l'accompagnent
, dont la riche Architecture étoit deffinée
en lumières , ainfi que les appuis des Baluftres ,
avec des Girandoles dans tout fon circuit , & des
Obélifques de pots- à feu fur toutes les guérites
ou petits pavillons , conftruits en différens endroits
de cette Place.
cuter le Dimanche 3 du préfent mois cette partie
brillante du Feu , après y avoir fait faire les réparations
néceffaires . On inftruira les Lecteurs dans
le fecond volume de ce mois , du fucces de cette réparation
, & l'on donnera une defcription entière
de ce Feu.
216 MERCURE DE FRANCE.
Le grand & brillant effet de cette Place con
duifoit , & d'une certaine diftance , paroiffoit toucher
à celui de l'élégante & en même temps
fuperbe illumination des Jardins de l'Hôtel de
Pompadour ( ci - devant l'Hôtel d'Evreux ) qui
font ouverts dans toute leur étendue fur les
Champs Elifées , à peu de diftance de la Place.
Cette Illumination particulière que l'on décrira
avec plus de détail , ainfi que quelques autres qui
ont embelli la Fête générale a retenu jufqu'à
cinq heures du matin un concours incroyable de
Spectateurs tant en carrolle qu'à pied."
On n'a prèfque jamais remarqué en aucune
occafion plus de joie , plus de mouvement &
plus de fatisfaction dans le Public , que pendant
ces Fêtes. La gaîté du Peuple furtout & fon
allégreffe pourroit fe prouver par la prodigieuſe
confommation du Vin & des Alimens qu'il y
a cu à Paris pendant quelques jours.
Les deux Hôtels des Comédiens du Roi étoient
auffi illuminés avec décorations & autant de magnificence
, que leur étendue le comportoir. On
Tifoit , à celui des Comédiens François dans des
cartels pofés entre les lumières , les deux Inſcriptions
fuivantes.
PACE RESTITUTA
REGE DILECTISSIMO
POSITO
FASTILUSUS.
JOCORUM MATER
PAX ALMA REDIT
JOCOSA SOLVIT
THALIA VOTUM .
Les Nouvelles Politiques au Mercure prochain .
A L'OCCASION DE L'INAUGURA-.
TION DE LA STATUE DU ROI
DANS LA PLACE DE LOUIS XV.
ET DE LA PUBLICATION DE LA
PAIX.
L.E Corps de la Ville de Paris fembloit n'avoir
confulté que ſon zéle & celui des Citoyens , dans
les premiers Projets de fêtes qu'elle fe propofoit
de faire éxécuter fur les dellens du fieur
Moreau fon Architecte , & qu'elle avoit eu l'honneur
de préfenter au Roi . L'attention paternelle
212 MERCURE DE FRANCE.
de Sa Majesté a daigné réduire les dépenfes confidérables
où elle avoit intention de s'engager par
la magnificence de fes Projets , en ne lui permettant
pour les réjouillances publiques que ce qui a
été fait pendant les 20 , 21 & 22 du mois précédent
, ainfi que nous allons le décrire.
Le premier jour zo Juin , deſtiné à célébrer
l'inauguration de la Statue du Roi dans la Place
de Louis XV. on a fait le matin la Cavalcade &
Cérémonies d'ufage.
Le Corps de Ville , en robes de Cérémonie à
cheval & en équipages très magnifiques accom
pagné de fes Gardes , fe rendit vers les dix heures
du matin à l'Hôtel de M. le Duc de Chevreufe
, Gouverneur de Paris , pour le joindre , & continuer
avec lui la marche juſqu'à la Place de
Louis XV . Il étoit accompagné de fes Gardes ,
tous avec des nouveaux uniformes , & d'un nombreux
Cortége de Domeftiques , de Gentilshommes
& de Pages fuperbement vêtus . L'équipage
de fon cheval étoit de la plus grande richelle &
chargé de diamans. Celui des chevaux de main
n'étoit pas moins riche ,, par les magnifiques
broderies qui en couvroient les houffes , ainfi que
celle d'un très-beau cheval de parade , tenu avec
des longes de treffe d'or par deux hommes d'écurie.
Lui même monté fur un cheval gris & dans
l'habit le plus riche , entre deux Ecuyers ou Gentilshommes
, jettoit avec profufion de l'argent au
Peuple , pendant tout le cours de la marche ; &
les trompettes d'argent de M. le Gouverneur accompagnées
des timballes, ainfi que celles de la
Ville , fonnoient inceffament des fanfares. Le
Négre , Timballier de M. le Gouverneur étoit
fingulierement remarquable , par la richeffe de
fon habillement , & par une coëffure en forme
de turban , ornée de divers rangs de perles & de
JUILLET. 1763. 213
diamans de couleurs , le tout furmonté d'un trèsbeau
pannache de plumes.
Lorfque cette marche entra dans la Place au
bruit des fanfares de fa mufique & de très - nombreux
orcheſtres difpofès près du Pont tournant
des Thuileries , ainfi qu'à celui des acclamations
de la multitude qui rempliffoit ce vafte eſpace ;
les voiles qui couvroient la Statue & Piedeſtal
devoient tomber ; mais l'imprudence d'un Ouvrier
avoit avancé de quelques momens ce point
de la Cérémonie. Toute la Cavalcade fit le tour
de la Place , & parvenue en face de la Statue ,
chacun de ceux qui la compofoient s'arrêtant & ſe
découvrant , on fit les faluts d'hommage ufités en
pareille occafion , au bruit des boëtes , du canon •
des bruyantes fymphonies , de la mufique , & des
cris d'allegrelle de tout le Peuple. Enfuite toute
cette marche retourna dans le même ordre juf
qu'a l'Hôtel de M. le Gouverneur où elle le reconduifit
, & de- là à l'Hôtel- de- Ville .
Le foir , il y eut illumination dans la Place par
des cordons de lumière fur les baluftres dont elle
eft environée , & par des girandoles pofées fur des
piedeftaux dans toute fon enceinte . On avoit difpofé
deux rangs de lumières fur des poteaux élevés
, dans la longueur de la grande allée des
Thuileries , qui conduifoient jufqu'à un amphi
théâtre illuminé élevé contre la façade du Palais
, fur lequel fe donnoit la ferenade de fymphonies
par l'Académie Royale de Mufique , dont
nous avons parlé dans l'Article des Spectacles.
Le 2me jour 21 Juin , la Paix a été publiée
dans 14 endroits de la Ville , y compris la nouvelle
Place , par la Ville & la Jurifdiction du Châ
telet réunies , avec les céremonies & formalités
accoutumées. L'efpace qu'avoit à parcourir cette
214 MERCURE DE FRANCE
nombreufe cavalcade , remplit tout le temps.de
cette journée. a)
Le troisième jour 22 Juin confacré aux Fêtes &
Réjouiffances publiques dans toute la Ville , fut
annoncé par les Salves ordinaires du Canon , &
le Te Deum fat chanté à Notre- Dame avec le
Cérémonial ufité .
On avoit préparé dans la longueur de plus de
480 pieds fur la Terraffe du Palais de Bourbon ,
des Loges ornées en Damas cramoifi , avec un
Luftre dans chaque divifion , pour contenir environ
, 000 perfonnes ; s'étant trouvées toutes remplies
vers les cing heures après midi , la Fête , fur
la Rivière , commença par des Joûtes qu'exécuté- ,
rent des Bateliers vêtus de blanc & ornés de rubans
fur des Bateaux peints de diverfes couleurs , auxquels
on diftribua des Prix .
A l'entrée de la nuit , on tira le grand Feu
d'Artifice qui avoit été préparé fur la Rivière ,
mais le violent Orage qui étoit furvenu ce même
jour fur les deux heures , avoit tellement endommagé
tout l'Artifice figuré de Feux de lances de
diverfes couleurs qui compofoient la décoration
du Temple élevé fur une Terraffe de Rochers ,
qu'aucune partie ne put prendre , & que l'on fut
privé par cet accident, pour ce jour- là , de la partie
principale de ce magnifique Spectacle ; ( b ) mais
ce qui en formoit un , denton ne peut le faire une
trop grande idée , étoit le vafte Baffin du Pont
Royal jufqu'à Chaillot , dont les Berges & les
Quais entiérement couverts d'une multitude innombrable
de Spectateurs , offroit l'image réelle
( a ) On donnera dans le Mercure prochain des
états détaillés des marches & cavalcades .
(b ) Le corps de Ville pour remplir l'objet de fon'
zéle & la fatisfaction des Citoyens , doitfaire éxéJUILLET.
1763 . 215
d'une Nation entière affemblée pour une grande
Solemnité . On conçoit de quelle variété de couleurs
étoit peint cet immenfe tableau , dont les
figures fur des plans en gradation , quoique
tranquiles & fans confufion , produiloient cependant
un mouvement léger & continuel qui l'animoit
& foutenoit perpétuellement l'agrément de
la vue. L'artifice , qu'on appelle Feux d'air qu'il
avoit été plus facile de préierver de l'humidité, eut
plus de fuccès . On admira de très - belles fufées
d'honneur , des Bombes d'un fort bel effet & des
Gerbes ou Girandes d'une multitude de fufées
très -brillantes. Le feu de Rivière en ferpenteaux
& autres figures , fournit fans difcontinuation ,
pendant tout le temps du feu des effets très- agréables
& très-variés fur l'eau.
Il y eut le même foir des fontaines de vin avec
des Orchestres dans toutes les places & dans tous
les lieux marqués de la Ville . Toutes les maifons
des Particuliers furent illuminées , & les Hôtels
des Princes , Seigneurs , Magiftrats , s'étoient
diftingués par des illuminations décorées & des
plus brillantes. Celle de la Place de Louis XV ,
qui mérite une defcription particulière , formoit
en lumières la repréfentation des grandes façades
des deux corps de bâtimens qui l'accompagnent
, dont la riche Architecture étoit deffinée
en lumières , ainfi que les appuis des Baluftres ,
avec des Girandoles dans tout fon circuit , & des
Obélifques de pots- à feu fur toutes les guérites
ou petits pavillons , conftruits en différens endroits
de cette Place.
cuter le Dimanche 3 du préfent mois cette partie
brillante du Feu , après y avoir fait faire les réparations
néceffaires . On inftruira les Lecteurs dans
le fecond volume de ce mois , du fucces de cette réparation
, & l'on donnera une defcription entière
de ce Feu.
216 MERCURE DE FRANCE.
Le grand & brillant effet de cette Place con
duifoit , & d'une certaine diftance , paroiffoit toucher
à celui de l'élégante & en même temps
fuperbe illumination des Jardins de l'Hôtel de
Pompadour ( ci - devant l'Hôtel d'Evreux ) qui
font ouverts dans toute leur étendue fur les
Champs Elifées , à peu de diftance de la Place.
Cette Illumination particulière que l'on décrira
avec plus de détail , ainfi que quelques autres qui
ont embelli la Fête générale a retenu jufqu'à
cinq heures du matin un concours incroyable de
Spectateurs tant en carrolle qu'à pied."
On n'a prèfque jamais remarqué en aucune
occafion plus de joie , plus de mouvement &
plus de fatisfaction dans le Public , que pendant
ces Fêtes. La gaîté du Peuple furtout & fon
allégreffe pourroit fe prouver par la prodigieuſe
confommation du Vin & des Alimens qu'il y
a cu à Paris pendant quelques jours.
Les deux Hôtels des Comédiens du Roi étoient
auffi illuminés avec décorations & autant de magnificence
, que leur étendue le comportoir. On
Tifoit , à celui des Comédiens François dans des
cartels pofés entre les lumières , les deux Inſcriptions
fuivantes.
PACE RESTITUTA
REGE DILECTISSIMO
POSITO
FASTILUSUS.
JOCORUM MATER
PAX ALMA REDIT
JOCOSA SOLVIT
THALIA VOTUM .
Les Nouvelles Politiques au Mercure prochain .
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Résumé : CÉRÉMONIES ET FESTES, A L'OCCASION DE L'INAUGURATION DE LA STATUE DU ROI, DANS LA PLACE DE LOUIS XV ET DE LA PUBLICATION DE LA PAIX.
Le texte relate les cérémonies et les fêtes organisées à l'occasion de l'inauguration de la statue du roi sur la place de Louis XV et de la publication de la paix. La Ville de Paris avait initialement prévu des projets somptueux, mais le roi a réduit les dépenses, permettant des réjouissances publiques les 20, 21 et 22 juin. Le 20 juin, une cavalcade et des cérémonies traditionnelles ont marqué l'inauguration de la statue. Le Corps de Ville, accompagné du gouverneur de Paris et de nombreux domestiques, s'est rendu à la place de Louis XV. Malgré un incident technique, la statue a été dévoilée au milieu des acclamations et des salves d'artillerie. Le 21 juin, la paix a été proclamée dans 14 endroits de la ville, avec les cérémonies habituelles. Le 22 juin, des fêtes et des réjouissances publiques ont été organisées dans toute la ville. Un Te Deum a été chanté à Notre-Dame, et des illuminations ont été préparées. Des loges ont été installées au Palais de Bourbon pour les spectateurs, et des jeux nautiques ont été organisés sur la rivière. Un feu d'artifice était prévu, mais un orage a endommagé une partie de la décoration. Les fontaines de vin et les illuminations ont marqué la soirée, avec des illuminations remarquables à la place de Louis XV et aux Jardins de l'Hôtel de Pompadour. La joie et la satisfaction du public ont été remarquables, avec une consommation excessive de vin et d'aliments. Les théâtres ont également été illuminés, affichant des inscriptions célébrant la paix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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