A Caudebec , le 19 Août 1721. Je vous ai
promis , Monfieur , de vous mander la fête que
M. de Francheville , Gentilhomme fervant de
Sa Majefté , a donné pour le rétabliſſement de la
fanté du Roy tout y a été magnifique , bien
ordonné & bien executé. Le 17 dès que le feu
de joye de la Ville fut fait il fit tirer trois
coups de canon pour annoncer fa fête pour le
lendemain & commença par envoyer de la
vande aux Religieufes , aux Capucins , & à
l'Hôpital , avec du Cidre , & à chacun un fac
de bled , & aux pauvres Prifonniers de l'argent.
Le 18 à fix heures du matin il fit tirer le canon,
& à dix tous les principaux Mrs. & Dames de
la Ville fe rendirent chez lui pour aller à l'Eglife
, qui étoit tendue magnifiquement. La
grande Meffe fut chantée , & enfuite le Te Deum
au bruit du canon & de la moufqueterie. On
forcie
168 LE MERCURE
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fortit de la cour de M. de Francheville dans
cet ordre ; la Compagnie des Archers du Prevôt
à cheval , l'épée à la main un Trompette a
lear têtes enfuite une Compagnie de Bourgeois
avec fix Tambours , fix Violons & deux Baffes ;
après M. & Madame de Francheville & tous les
conviés , & une infinité de Peuple qui crioit
Vive le Roy. On revint de la même maniere de
l'Eglife ; il y eut trois tables fervies à midy ;
& fur les fept heures on fut dans le même or
dre qu'à l'Eglife , allumer le feu fur le Quay ,
où il y avoit un tonneau de Cidre pour le
Peuple. Cette Ceremonie fe fit au bruit de plufeurs
décharges de canon & de moufqueterie.
On rentra enfuite dans la maifon , qui étoit il
luminée de routes parts , où le bal commença ;
il fut interrompu à dix heures pour fervi les
tables, On but cent fois la fanté du Roy , toujours
au bruit du canon . La fête dura jufqu'à
fix heures du matin ; j'oubliois de vous dire que
M, de Francheville donna so fols par tête à tours
les Fuzeliers , qu'il y eut le foir une table pour
les Archers du Prevôt , &c.