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1
p. 276-305
Siege & Prise de S. Guilain. [titre d'après la table]
Début :
A peine eut-on apporté la nouvelle de Friboug rendu, [...]
Mots clefs :
Gardes, Attaque, Place, Ennemis, Troupes, Régiment, Canon, Maréchal d'Humières, Allemagne, Siège, Mr de S. Pouange, Tranchée, Navarre, Ville, Bataillon
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texteReconnaissance textuelle : Siege & Prise de S. Guilain. [titre d'après la table]
A peine eut-on apporté la nouvelle de Fribourg rendu ,
qu'elle fit méditer une autre Conqueſte. M. de S. Poüange partit en poſte de la Cour pour porter les ordres du Roy , faire préparer toutes chofes , &pref.
ſer l'execution de cequ'on avoit réſolu. Son ardeur pour le fer- vice de Sa Majesté eſt connuë,
& le zele qu'il fit voir pour la gloire de ſes armes à la Bataille de Caffel , fut fi grand , qu'il chargea luy-meſme les Enne- mis l'Epée à la main , quoy que fon Employl'en duſt diſpenſer.
Son départ fit faire de grands raiſonnemens , mais perſonne n'en devina le veritable ſujet,
&pluſieurs meſme crûment qu'il eſtoit envoyé en Allemagne.
Peu de jours apres nosTroupes deFlandre firent quelquesmou
190 LE MERCVRE
vemens. Elles inquiéterent les Ennemis , qui furent bientoft perfuadez qu'on alloit affieger Ypres , & c'eſtoit ce que l'on vouloit qu'ils crûffent. Cepen- dant S. Guilain ſe trouva inveſty , & le Gouverneur ne l'apprit qu'en le voyant. Le nombre des Troupes augmenta
en peude temps, & il y eut de- vant cette Place juſques à cent Eſcadrons , & quarante Bataillons qui ne demandoient qu'à combatre , & qui avoient meſme témoigné ſouhaiter qu'on fiſt un Siege , parce qu'ils commençoient à s'ennuyer dans leurs Garnifſons. Comme ils
avoient eſté tirez des Places des
environs , on nomma pour Of- ficiers Generaux les Gouverneurs de ces meſmes Places , à
cauſe de la facilité que chacun
GALAN T. 191
d'eux pouvoit avoirà faire venir defonGouvernementtoutes les
choſes neceſſaires pendant le Siege ; auſſi n'y manqua-t-on de rien. Toutes les Troupes fu- rent auſſi -bien nourries,& auffi
bien chaufées , qu'elles auroient pû l'eſtre dans leurs Quartiers d'Hyver , & on ne peut trop donner de loüanges aux Gou- verneurs pour les foins qu'ils ont eu de leur faire fournir tout
ce que la mauvaiſe Saifon de- mandoit qu'on leur donnaſt au delà de ce qu'elles avoient ac- coûtumé d'avoir dans le temps ordinaire de la Campagne.
Vous ne devez point vous éton- ner apres cela , Madame , fi on s'eſt rendu Maiſtre de S. Guilain, quoyque ce ſoit une Place qu'on n'euſt jamais crû de voir eſtre aſſiegée dans l'Hyver à
192 LE MERCVRE
cauſe des eaux qui l'environ- nent. C'eſt ce qui ne paroiſſoit pas vray - ſemblable ; mais les François prennent fans mena- cer ,au lieu que les Ennemis
menacent &ne viennent àbout
de rien ; &il eſt ſi vray que nos entrepriſes réüſſiſſent toûjours,
&mefme en fort peu de temps,
que je ne vous écris jamais le Siege d'une Place , que dans la
meſme Lettre je ne vous en marque la priſe ; mais il faut que je vous avoue queje man- que d'expreſſions pour parler,
comme il faudroit de la merveilleuſe conduite de la France.
Tous les termes ſont épuiſez ,
toutes les loüanges ſont uſées,
& cependant les reſſorts qui
font tout mouvoir , ne le font
pas : Au contraire , nous les
voyons tous les jours agir avec plus
GALANT. 193
plus de force , &cette derniere
Conqueſte en eſt une preuve.
Pour vous en informer plus par- ticulierement , il faut vous dire
que S. Guilain eſt une petite Ville du Hainault,à laquelle un Abbéqui vivoitvers leſeptieme Siecle , a donné ſon nom. Elle n'eſt qu'à une bonne lieuë de
Mons , ſur la Riviere de Haine.
Meſſieurs de Turenne & de la
Ferté , la prirent en 1635. en meſme temps que Condé, apres qu'on ſe fut rendu maiſtre de Landrecies. L'année ſuivante,
le Siege de Valenciennes eſtant levé , & Condé repris par les Eſpagnols, elle fut afſiegée pen- dant que M. de Turenne eſtoit devant laCapelle ; mais comme cette derniere Place reſiſta peu,
M. de Turenne eut le temps d'aller traverſer les Ennemis à
Tome X. I
194 LE MERCVRE
S. Guilain. Ils leverent le Siege fans l'attendre , & l'ayant for- médenouveau au mois de Mars
de l'année 1657. ils en vinrent à
bout parla trahiſon de quelques Etrangers qui leur livrerent les Dehors qu'ils gardoient.Quand à ce qui regarde la force de la Place , elle est environnée de
Marais. La Riviere de Haine
qui paſſe au milieu , ſe ſepare en trois bras dans la Ville, & fe
rejoint en deux pour en fortir.
Elle eſt defenduë par trois Fof- ſez pleins d'eau , par un Ou- vrage appellé le Pâté , qui eſt une eſpece de Boulevart , par
un autre Ouvrage à corne, une Demy-Lune , & pluſieurs Re- doutes , dont quelques - unes font entourées d'eau. Il me
reſte à vous apprendre les noms detous les Officiers Generaux
GALANT. 195
qui ont eu la conduite de ce Siege ſous M. le Mareſchal de
Humieres. Les Lieutenans Generaux furent M. de Nancre
Gouverneur d'Ath , & M. le
Comte Bardi - Magaloti , Gou- verneur de Valenciennes. On
choiſit pour Mareſchaux de Camp M. de Pertuis Gouverneur de Courtray , M. du Ran- ché Gouverneur du Queſnoy,
M.de SainfandouxGouverneur
de Tournay, m.le Chevalier de Tilladet , м. le Baron de Quinсу , м. de Cezan Gouverneur deCambray, & M.de Rubantel Capitaine au Regiment des Gardes. Mrs de Vauban & du
mez, qui ont la meſme qualité,
furent commandez pour la con- duite des Travaux &de l'Artillerie , & l'on peut juger par lå que le ſuccésde ces deux choIij
196 LE MERCVRE
ſes eſtoit infaillible. Les Briga- diers qui ont ſervy à ce Siege ;
font M. d'Aubarede Meſtre de
Camp du Regiment des Vaif- ſeaux , M. de S. George Meſtre deCamp du Regiment du Roy,
M. le Chevalier de Souvray
Lieutenant Colonel de Navarre , & M. Chimene. M. de Momont y a fait les fonctions de Major General. Un Siege en- trepris apres de ſi juſtes meſu- res , & qui devoit eſtre pouffé par tant de Braves , ne pouvoit manquer de réüffir. C'eſt ce qui a fait dire à un bel Eſprit de Lile , en s'adreſſant aux Ennemis ,
Espagnols, Hollandois, courez à Saint
Guilain ,
Malgréles Elemensd'Humieres le va
prendre ,
Etl'onne croitpasquedemain
GALANT.: 197 LaPlacepuiſſe ſe défendre.
Dépeſchez, &venez au moins Voirdeplus prés une Victoire Que vous auriez peut - estre peine à
croire ,
:
ON
Si vous n'en eſtiez les Témoins.YOM
Ils ont ſuivy ce confeil , &fem- blent n'eſtre venus fort pres de S. Guilain que pour en appren- dre plûtoſt la priſe. Voicy par ordre ce qui s'eſt paſſé au Siege de cette Place.
J Monfieur le mareſchal de
Humieres partit de Lile le 30.
de Novembre , avec м. lе маг- quis de Humieres ſon Fils , &
M. le Baron de Quincy. Il eſtoit accompagné delept Eſca- drons de Cavalerie , & fuiuy de M. de Sainfandoux , avec les
Troupes qui venoient du coſté de la Lys. Il arriva le premier de Decembre devant S. GuilI iij
198 LE MERCVRE
lain , à la pointedujour. Mude Nancré, deMagaloti , leChe- valier de Tilladet , du Ranché,
&de S. Riche , s'y trouverent enmeſme temps, ſuivant les or- dres qui leur avoient eſté en- voyez le jour précedent. Ils conduiſoient la Cavalerie,& les
Dragons d'Ath , Condé , Va- lenciennes , Doüay , S. Amant,
Orchies , Marchiennes , Bou- chain , &du Queſnoy , le tour au nombre de cinquante Eſca- drons. Deux Pieces de Canon
arriverent le meſme jour , &fu- rent menées à un Moulin pro- che la Redoute de Baudours.
Deux cens Dragons des Regi- mens Dauphin & Fimarcon ,
avec cinquante Mouſquetaires de la Garniſon d'Ath , l'attaquerent à l'entrée de la nuit.
Elle estoit gardée par cinquante
GALANT. 199
Hommes , qui l'abandonnerent apres avoir tiré cinquante ou ſoixante coups. Nos Gens les pourſuivirent,&en prirent dixhuitouvingt.
La Circonvalation fut reglée le lendemain , & l'Infanterie
qui devoit faire le Siege arriva au Camp. On ordonna trois Attaques. La premiere fut celle des Gardes. Elle devoit empor- ter une grande Redoute envi- ronnée de Foffez remplis d'eau,
avant que d'aprocher du Corps de la Place. Il faloit en fuite
arracher des Paliſſades qui de- fendoient le Pâté. Il ne pouvoit eſtre pris qu'en paſſant par def- fus une Digue fort étroite , &
fur laquelle on ne pouvoit aller qu'un àun.
La ſeconde Attaque , appel- lée celle de Navarre, avoit deux
I iiij
200 LE MERCVRE
grandes Redoutes à prendre ,
avec de grands Foffez pleins
d'eau.
L'Attaque de Boſſu eſtoit la troiſieme , & il faloit qu'elle gagnaſt un Ouvrage à corne ,
&une Demy-Lune , avantque d'arriver au Corps de la Place.
Le 4. on ouvrit la Tranchée
à ces trois Attaques. Onavança beaucoup le travail , principale- mentà celles de M du Ranché
& de S. George. M. le Maref- chal deHumieres demeura juf- ques àune heure apres minuit à
les viſiter continuellement depuis la teſte juſques à la queuë.
Les deux premiers Bataillons
des Gardes , de Navarre , & un du Royal , monterent la Garde,
& furent relevez le lendemain
par autant de Bataillons des meſmes Corps. Les Ennemis ne
GALANT.
:
201
tirerent que trois coups de Mouſquet , & un de Canon.
Le noſtre leur répondit le 6. au matin avec une Baterie de fix
Pieces.
une
Le 7. apres midy , on prit à.
l'Attaque de Navarre ,
grande Redoute qui n'eſtoit qu'à quarante pasdu Pâté. Elle eſtoit gardée par trois cens Hommes , qui ſe défendirent avec beaucoup de vigueur,mais ce ne fut que pour augmenter la gloire de Monfieur le Comte de Soiffons , qui s'expoſa tout- à- fait à cette Attaque,où il alla l'Epée à la main. Son Lieute.- nant Colonel eut le bras caffé,
celuy du Regiment du Pleſſis y
fut tué , & M. d'Aubarede dangereuſement bleſſe d'un coup de Mouſquet à la teſte.
Le 8. au foir , M. de SainfanIv
202 LE MERCVRE
doux monta laTranchée àl'Attaque des Gardes , avec le Re- giment de Rouffillon ; Mrs de Cezan & de Villechauve , à
celle de Navarre , avec le Regiment de Humieres ; &M.du Ranché , avec M. de Chimene,
à celle de Boſſu, avec le Regi- ment de Conty. On s'établit pendant la nuit à celle de Na- varre, dans les Logemens qu'on avoit faits. A celle de Boffu,
on paſſa l'Avant-foſſé de l'Ou- vrage à corne , & l'on y fit un Logement ſur le glacis. On dreſſa la meſme nuit une Baterie
de fixPieces,qui tiradésle point du jour ; &l'on augmenta celle de Navarre juſques au nombre de neuf ; de maniere que ces deux Bateries qui voyoient le Pâte à revers , incommoderent
fort chacunedeſon coſté.
GALANT. 203 Le 9. apres midy , fur l'avis que M. le mareſchal de Humieres eut que les Ennemis s'a- vançoient , & qu'ils n'eſtoient qu'à trois petites lieuës de mons,
il alla choiſir un Camp pour al- ler audevantd'eux,&leur donner Bataille , s'ils oſoient combatre. Il refolut en ſuite l'Attaque generale des Dehors ; &
comme lesglaces ne ſe trouve- rent pas affez fortes pour porter lesGardes qui devoient inſulter le Pâté , ils paſſerent un à un avec leur intrepidité ordinaire,
fur la Digue qui conduit à cet Ouvrage ; puis ils ſe raffem- blerent pour donner tous en... femble à l heure de l'Attaque.
Elle commença à une heure apres minuit. Huit coups de Canon enfurent le ſignal.Tou- tes nos Troupes firent égale Ivj
104 LE MERCVRE ment bien ; il eſtoit neceffaire
qu'elles montraſſent de la vi- gueur pour forcer la reſiſtance
desEnnemis qui fut tres-grande dans tous les endroits qu'on at- taqua. On ne peut voir un plus grand feu de Grenades & de Mouſqueterie que celuy qu'ef- ſuyerent nos Gens pendanttrois heures. M. le Chevalier de Tilladet commandoit l'Attaque de
Navarre , & ſe rendit maiſtre
de tous les Ouvrages juſques à
la muraille de la Ville. Les
deux Bataillons de Bourgogne y eſtoientde garde , avec M. le Chevalier de Souvray , qui s'y eſt particulierement diftingué.
On y avoit auffi envoyé les Compagnies des Grenadiers de Humieres , Navarre , & Languedoc. L'Attaque des Gardes eut tout le ſuccès qu'on pou-
GALANT. 205 voit defirer. M. de Rubantel y
ſervoit de mareſchal de Camp,
&M. de S. Germain de la Breteche y commandoit trois cens Hommes détachez du Regiment des Gardes , avec leſquels
il chaſſa les Ennemis des Ouvrages qui regardent le Baſtion de Horn , juſques à l'Attaque
deNavarre, où il joignit le Re- giment de Bourgogne. Les deux Bataillons des Fuziliers ,
&un de Stoup , eſtoient de garde à l'Attaque de Boffu.
м. de Quincy mareſchal de
Camp , y commandoit , ayant ſous luy M. de Chimene Bri- gadier. Les Troupes de cette Attaque , avec les Grenadiers de la Reyne qui avoient à leur
teſte M. Paſſillon 1un de leurs,
Capitaines, ſe mirent dans l'eau glacée juſques à la ceinture ,
206 LE MERCVRE
& ayant paſſe l'Avant - Foffé de l'Ouvrage à corne , empor- terent cet Ouvrage avec une Demy- Lune. C'eſtoit tout ce qu'on leur avoit donné ordre d'attaquer. Trois cens Dra- gons commandez par M. de Fimarcon , firent une fauffe
Attaque à la Digue de Bo- dours. Ils prirent quatre-vingts fix Soldats , & deux Officiers.
M. de Sainfandoux voulut ſe
charger de cette Attaque, quoy
qu'il ne fuſt pas de jour. On auroit entré dans la Ville , ſi on avoit eu les choſes neceſſaires
pour en rompre la Porte , ou des Echelles pour monter.
Apres la priſe du Pâté , les TTroupes des deux autres Atta- ques ſe joignirent , & il en couſta aux Ennemis quatre Pie- ces de Canon qui estoient au
GALANT. 207 bout de leur Pont- Levis , & tiroient par des embraſures. Ces meſmes Troupes apres avoir fait des Retranchemens avec
desGabions , tournerent contre
la Porte de la Ville les quatre Pieces de Canon qu'elles ve- noient de gagner. Il y en avoit encor trois autres en état de
foudroyer les Affiegez; & tout eſtant preparé pour donner un Affaut general la nuit du dix au onze , le Gouverneur qui le ſçeut fit battre la Chamade à
deux heures apres midy. M. le Mareſchal ſe rendit à l'inſtant
meſme à la Thanchée , où il
trouva les Oftages qu'on luy amenoit. Il convint avec eux
qu'ils luy remettroient une des
Portes de la Ville , où il fit entrer auffi-toſt un Bataillon des
Gardes Françoiſes , & un des
208 LE MERCVRE
Gardes Suiſſes. La Garnison
de plus de mille Hommes for- tit le onzième au matin , avec
Armes &Bagages , &une Piece de Canon , pour aller à Bru- xelles , eſcortée par quatre- vingts Maiſtres des Troupesdu Royquidevoient revenir àAth.
Les Ennemis eſtoient arrivez
le 10. au ſoir à Mons , où ils
avoient fait tous les préparatifs.
neceſſaires pour le ſecours de la Place. Ils ne manquoient pas de Troupes , mais l'importance eſtant de choiſir un Chef, tous
ceux qui pouvoient en efperer le Commandement , avoient
long-temps conferé enſemble pour voir fur qui on trouvoit à
propos qu'on le fiſt tomber.
Monfieur le Mareſchal de
Humieres a paru infatigable pendant ce Siege ; on ne ſcau-
GALAN T. 209
roit exprimer ſa vigilance ; a
paffé les nuits entieres ou à la Tranchée, ou à visiter les Poſtes,
ou au Bioüac , & preſque tous les jours à cheval. Il ſembloit auffi que les Troupes fufſent animées par ſon exemple. La rigueur du temps n'a pû les re- froidir un moment , & on a
trouvé la meſme facilité à leur
faire faire toutes choſes qu'on auroit euëdans le Mois de Juin.
M. le Prince d'Iſenghien ayant eſté averty de ce Siege , prit auffi- toft la Poſte pour y aller joindre M. le marefchal deHu- mieres fon Beaupere , &donna des preuves de fon courage avec le marquis de ce nom fon Beau- frere. Comme l'impatience des François eft grande , fur tout quand il faut courir à la gloire,
des que M. le marquis de Na
210 LE MERCVRE
vailles eut appris qu'il y avoit une Place afſiegée , il s'y rendit auſſi-toſt en poſte , &fervit dés le ſoir meſme en qualité de Vo- lontaire. Il monta la Tranchée
avec le ſecond Bataillon des
Gardes ,&il continua à faire la
meſme choſe pendant tout le Siege. Ayant ſçeu que le ſoir qu'on devoit attaquer la Con- treſcarpe , le Regiment deNa- varre auroit le plus àfouffrir , il ſe mit à la teſte de ce Regiment;
où ſon intrépidité &ſa valeur ſe firent admirer. M. le Comte
de Tonnerre alla auſſi Volontaire à la Tranchée , & il y reçeut un coup de Mouſquet. M
leMarquis des Hiſſars quicommande le Regiment de Langue- doc, fit des choſes ſurprenantes
à la teſte de ce Regiment , qui s'eſt acquis beaucoup de repu
GALANT. 211 :
tation. Celuy du Pleffis ne s'eft pas moins fignalé , & s'il avoit eu desHaches pour rompre les Portesde laVille , il feroit entré
dedans comme nos Troupes firent à Valenciennes. M du
Poncer qui en eſtoit Lieute- nant Colonel , a eſté tué. M.
Deshoy Capitaine de ce Regi- ment , & M. Bienfait de Beaulieu,s'y ſont ſignalez. M.Cham- pagne premier Brigadier des Gardes de M. le Marefchal de
Humieres , s'eſt fort diſtingué pendant ce Siege , ainſi que M. Duparc Garde dans le mef- me Corps , & M. de Tangis qui en eſtoit forty pouragir enqua- lité d'Ingénieur. On ne peut douter qu'il n'y ait donné beau- coup de marques de courage ,
puis qu'il y fut bleſſé. M. de S. Germain de la Breteche le
212 LE MERCVRE
fut auffi à l'Attaque des Gar- des, & tomba du hautde la Digue , apres avoir receu deux bleffures. M. de Soify , Fils de M. le Preſident le Bailleul , fut
bleſſé dans la meſme occafion ;
tomba dans le Foffé , & paffa la nuit furla glace, parce qu'on ne le pût trouver que le lendemain. Mª de Seraucour & de
Chéviere Sous-Lieutenans aux
Gardes , & м. de Torcy Enſei- gne, ont eſté bleſſez , &м. Сі- gogne Lieutenant , tué. M. de Pierrebaſſe Ayde- major des Gardes, a eu la teſte emportée d'une voléede Canon.
rs
La nouvelle de la priſe de S. Guilain fut apportée auRoy par M. de la Taulade Ayde de Camp de M. le mareſchal de Humieres. M. le marquis de Louvois qui le preſenta , dit à
4
GALAN T. 213 Sa majeſté que les Ennemis publioient que les Anges Tu- telaires de la France luy fer- voient d'Eſpions dans le Ciel pour l'avertir des changemens du temps qui luy eſtoient pref- que toûjours favorable. Le Duc de Villa - Hermoſa eſtoit
à Haurec fort prés de la Place,
avec douze à treize mille Hommes, faiſant porter des Echelles pour paffer les Marais, & fe vantant qu'il attaqueroit les Lignes. Lors qu'il entendit que le Canontiroit fort peu, &puis qu'il ceſſoit entierement, il crût le Siege levé , & ayant détaché trois cens Chevaux pour pren- dre langue , ils en trouverent cinquante des Noftres envoyez pour le meſme deſſein. Celuy qui les commandoit ayant eſté pris pour avoir eu fon Cheval tué ſous luy , eut peine àdeſa
214 LE MERCVRE
bufer ce Duc, en l'aſſurant qu'il avoit veu entrerles Troupes de Sa majeſté dans la Place ; &
lors que les Affiegez batoient la Chamade , Monfieur le маreſchal de Humieres faifoit
monter ſa Cavalerie à cheval
pour aller vers les Ennemis dont
il venoit d'apprendre des nou- velles.
Le Roy a donné le Gouver- nement de S. Guilain à м. СаtinalCapitaine aux Gardes, qui a fait la Campagne paſſée en qualité de major des Gardes.
M. de Longpré Capitaine au Regimentde Picardie, en a eſté fait Lieutenant de Roy; & M. de l'Apparat Capitaine dans Piémont , en a eu la majorité.
Jamais Campagne ne fut plus glorieuſement finie. Cette der- niere Conqueſte adonné lieu àces Vers.
GALANT. 215 C'est àce coup qu'ilse faut rendre,
OFlandre ,
Puisque contre Loüis
Sontvains.
tous tes efforts
Saint Omer, Saint Guilain t'en donnant des exemples
Tres-amples,
Tunepeuxfaire mieux que d'imiter tes
Saints.
qu'elle fit méditer une autre Conqueſte. M. de S. Poüange partit en poſte de la Cour pour porter les ordres du Roy , faire préparer toutes chofes , &pref.
ſer l'execution de cequ'on avoit réſolu. Son ardeur pour le fer- vice de Sa Majesté eſt connuë,
& le zele qu'il fit voir pour la gloire de ſes armes à la Bataille de Caffel , fut fi grand , qu'il chargea luy-meſme les Enne- mis l'Epée à la main , quoy que fon Employl'en duſt diſpenſer.
Son départ fit faire de grands raiſonnemens , mais perſonne n'en devina le veritable ſujet,
&pluſieurs meſme crûment qu'il eſtoit envoyé en Allemagne.
Peu de jours apres nosTroupes deFlandre firent quelquesmou
190 LE MERCVRE
vemens. Elles inquiéterent les Ennemis , qui furent bientoft perfuadez qu'on alloit affieger Ypres , & c'eſtoit ce que l'on vouloit qu'ils crûffent. Cepen- dant S. Guilain ſe trouva inveſty , & le Gouverneur ne l'apprit qu'en le voyant. Le nombre des Troupes augmenta
en peude temps, & il y eut de- vant cette Place juſques à cent Eſcadrons , & quarante Bataillons qui ne demandoient qu'à combatre , & qui avoient meſme témoigné ſouhaiter qu'on fiſt un Siege , parce qu'ils commençoient à s'ennuyer dans leurs Garnifſons. Comme ils
avoient eſté tirez des Places des
environs , on nomma pour Of- ficiers Generaux les Gouverneurs de ces meſmes Places , à
cauſe de la facilité que chacun
GALAN T. 191
d'eux pouvoit avoirà faire venir defonGouvernementtoutes les
choſes neceſſaires pendant le Siege ; auſſi n'y manqua-t-on de rien. Toutes les Troupes fu- rent auſſi -bien nourries,& auffi
bien chaufées , qu'elles auroient pû l'eſtre dans leurs Quartiers d'Hyver , & on ne peut trop donner de loüanges aux Gou- verneurs pour les foins qu'ils ont eu de leur faire fournir tout
ce que la mauvaiſe Saifon de- mandoit qu'on leur donnaſt au delà de ce qu'elles avoient ac- coûtumé d'avoir dans le temps ordinaire de la Campagne.
Vous ne devez point vous éton- ner apres cela , Madame , fi on s'eſt rendu Maiſtre de S. Guilain, quoyque ce ſoit une Place qu'on n'euſt jamais crû de voir eſtre aſſiegée dans l'Hyver à
192 LE MERCVRE
cauſe des eaux qui l'environ- nent. C'eſt ce qui ne paroiſſoit pas vray - ſemblable ; mais les François prennent fans mena- cer ,au lieu que les Ennemis
menacent &ne viennent àbout
de rien ; &il eſt ſi vray que nos entrepriſes réüſſiſſent toûjours,
&mefme en fort peu de temps,
que je ne vous écris jamais le Siege d'une Place , que dans la
meſme Lettre je ne vous en marque la priſe ; mais il faut que je vous avoue queje man- que d'expreſſions pour parler,
comme il faudroit de la merveilleuſe conduite de la France.
Tous les termes ſont épuiſez ,
toutes les loüanges ſont uſées,
& cependant les reſſorts qui
font tout mouvoir , ne le font
pas : Au contraire , nous les
voyons tous les jours agir avec plus
GALANT. 193
plus de force , &cette derniere
Conqueſte en eſt une preuve.
Pour vous en informer plus par- ticulierement , il faut vous dire
que S. Guilain eſt une petite Ville du Hainault,à laquelle un Abbéqui vivoitvers leſeptieme Siecle , a donné ſon nom. Elle n'eſt qu'à une bonne lieuë de
Mons , ſur la Riviere de Haine.
Meſſieurs de Turenne & de la
Ferté , la prirent en 1635. en meſme temps que Condé, apres qu'on ſe fut rendu maiſtre de Landrecies. L'année ſuivante,
le Siege de Valenciennes eſtant levé , & Condé repris par les Eſpagnols, elle fut afſiegée pen- dant que M. de Turenne eſtoit devant laCapelle ; mais comme cette derniere Place reſiſta peu,
M. de Turenne eut le temps d'aller traverſer les Ennemis à
Tome X. I
194 LE MERCVRE
S. Guilain. Ils leverent le Siege fans l'attendre , & l'ayant for- médenouveau au mois de Mars
de l'année 1657. ils en vinrent à
bout parla trahiſon de quelques Etrangers qui leur livrerent les Dehors qu'ils gardoient.Quand à ce qui regarde la force de la Place , elle est environnée de
Marais. La Riviere de Haine
qui paſſe au milieu , ſe ſepare en trois bras dans la Ville, & fe
rejoint en deux pour en fortir.
Elle eſt defenduë par trois Fof- ſez pleins d'eau , par un Ou- vrage appellé le Pâté , qui eſt une eſpece de Boulevart , par
un autre Ouvrage à corne, une Demy-Lune , & pluſieurs Re- doutes , dont quelques - unes font entourées d'eau. Il me
reſte à vous apprendre les noms detous les Officiers Generaux
GALANT. 195
qui ont eu la conduite de ce Siege ſous M. le Mareſchal de
Humieres. Les Lieutenans Generaux furent M. de Nancre
Gouverneur d'Ath , & M. le
Comte Bardi - Magaloti , Gou- verneur de Valenciennes. On
choiſit pour Mareſchaux de Camp M. de Pertuis Gouverneur de Courtray , M. du Ran- ché Gouverneur du Queſnoy,
M.de SainfandouxGouverneur
de Tournay, m.le Chevalier de Tilladet , м. le Baron de Quinсу , м. de Cezan Gouverneur deCambray, & M.de Rubantel Capitaine au Regiment des Gardes. Mrs de Vauban & du
mez, qui ont la meſme qualité,
furent commandez pour la con- duite des Travaux &de l'Artillerie , & l'on peut juger par lå que le ſuccésde ces deux choIij
196 LE MERCVRE
ſes eſtoit infaillible. Les Briga- diers qui ont ſervy à ce Siege ;
font M. d'Aubarede Meſtre de
Camp du Regiment des Vaif- ſeaux , M. de S. George Meſtre deCamp du Regiment du Roy,
M. le Chevalier de Souvray
Lieutenant Colonel de Navarre , & M. Chimene. M. de Momont y a fait les fonctions de Major General. Un Siege en- trepris apres de ſi juſtes meſu- res , & qui devoit eſtre pouffé par tant de Braves , ne pouvoit manquer de réüffir. C'eſt ce qui a fait dire à un bel Eſprit de Lile , en s'adreſſant aux Ennemis ,
Espagnols, Hollandois, courez à Saint
Guilain ,
Malgréles Elemensd'Humieres le va
prendre ,
Etl'onne croitpasquedemain
GALANT.: 197 LaPlacepuiſſe ſe défendre.
Dépeſchez, &venez au moins Voirdeplus prés une Victoire Que vous auriez peut - estre peine à
croire ,
:
ON
Si vous n'en eſtiez les Témoins.YOM
Ils ont ſuivy ce confeil , &fem- blent n'eſtre venus fort pres de S. Guilain que pour en appren- dre plûtoſt la priſe. Voicy par ordre ce qui s'eſt paſſé au Siege de cette Place.
J Monfieur le mareſchal de
Humieres partit de Lile le 30.
de Novembre , avec м. lе маг- quis de Humieres ſon Fils , &
M. le Baron de Quincy. Il eſtoit accompagné delept Eſca- drons de Cavalerie , & fuiuy de M. de Sainfandoux , avec les
Troupes qui venoient du coſté de la Lys. Il arriva le premier de Decembre devant S. GuilI iij
198 LE MERCVRE
lain , à la pointedujour. Mude Nancré, deMagaloti , leChe- valier de Tilladet , du Ranché,
&de S. Riche , s'y trouverent enmeſme temps, ſuivant les or- dres qui leur avoient eſté en- voyez le jour précedent. Ils conduiſoient la Cavalerie,& les
Dragons d'Ath , Condé , Va- lenciennes , Doüay , S. Amant,
Orchies , Marchiennes , Bou- chain , &du Queſnoy , le tour au nombre de cinquante Eſca- drons. Deux Pieces de Canon
arriverent le meſme jour , &fu- rent menées à un Moulin pro- che la Redoute de Baudours.
Deux cens Dragons des Regi- mens Dauphin & Fimarcon ,
avec cinquante Mouſquetaires de la Garniſon d'Ath , l'attaquerent à l'entrée de la nuit.
Elle estoit gardée par cinquante
GALANT. 199
Hommes , qui l'abandonnerent apres avoir tiré cinquante ou ſoixante coups. Nos Gens les pourſuivirent,&en prirent dixhuitouvingt.
La Circonvalation fut reglée le lendemain , & l'Infanterie
qui devoit faire le Siege arriva au Camp. On ordonna trois Attaques. La premiere fut celle des Gardes. Elle devoit empor- ter une grande Redoute envi- ronnée de Foffez remplis d'eau,
avant que d'aprocher du Corps de la Place. Il faloit en fuite
arracher des Paliſſades qui de- fendoient le Pâté. Il ne pouvoit eſtre pris qu'en paſſant par def- fus une Digue fort étroite , &
fur laquelle on ne pouvoit aller qu'un àun.
La ſeconde Attaque , appel- lée celle de Navarre, avoit deux
I iiij
200 LE MERCVRE
grandes Redoutes à prendre ,
avec de grands Foffez pleins
d'eau.
L'Attaque de Boſſu eſtoit la troiſieme , & il faloit qu'elle gagnaſt un Ouvrage à corne ,
&une Demy-Lune , avantque d'arriver au Corps de la Place.
Le 4. on ouvrit la Tranchée
à ces trois Attaques. Onavança beaucoup le travail , principale- mentà celles de M du Ranché
& de S. George. M. le Maref- chal deHumieres demeura juf- ques àune heure apres minuit à
les viſiter continuellement depuis la teſte juſques à la queuë.
Les deux premiers Bataillons
des Gardes , de Navarre , & un du Royal , monterent la Garde,
& furent relevez le lendemain
par autant de Bataillons des meſmes Corps. Les Ennemis ne
GALANT.
:
201
tirerent que trois coups de Mouſquet , & un de Canon.
Le noſtre leur répondit le 6. au matin avec une Baterie de fix
Pieces.
une
Le 7. apres midy , on prit à.
l'Attaque de Navarre ,
grande Redoute qui n'eſtoit qu'à quarante pasdu Pâté. Elle eſtoit gardée par trois cens Hommes , qui ſe défendirent avec beaucoup de vigueur,mais ce ne fut que pour augmenter la gloire de Monfieur le Comte de Soiffons , qui s'expoſa tout- à- fait à cette Attaque,où il alla l'Epée à la main. Son Lieute.- nant Colonel eut le bras caffé,
celuy du Regiment du Pleſſis y
fut tué , & M. d'Aubarede dangereuſement bleſſe d'un coup de Mouſquet à la teſte.
Le 8. au foir , M. de SainfanIv
202 LE MERCVRE
doux monta laTranchée àl'Attaque des Gardes , avec le Re- giment de Rouffillon ; Mrs de Cezan & de Villechauve , à
celle de Navarre , avec le Regiment de Humieres ; &M.du Ranché , avec M. de Chimene,
à celle de Boſſu, avec le Regi- ment de Conty. On s'établit pendant la nuit à celle de Na- varre, dans les Logemens qu'on avoit faits. A celle de Boffu,
on paſſa l'Avant-foſſé de l'Ou- vrage à corne , & l'on y fit un Logement ſur le glacis. On dreſſa la meſme nuit une Baterie
de fixPieces,qui tiradésle point du jour ; &l'on augmenta celle de Navarre juſques au nombre de neuf ; de maniere que ces deux Bateries qui voyoient le Pâte à revers , incommoderent
fort chacunedeſon coſté.
GALANT. 203 Le 9. apres midy , fur l'avis que M. le mareſchal de Humieres eut que les Ennemis s'a- vançoient , & qu'ils n'eſtoient qu'à trois petites lieuës de mons,
il alla choiſir un Camp pour al- ler audevantd'eux,&leur donner Bataille , s'ils oſoient combatre. Il refolut en ſuite l'Attaque generale des Dehors ; &
comme lesglaces ne ſe trouve- rent pas affez fortes pour porter lesGardes qui devoient inſulter le Pâté , ils paſſerent un à un avec leur intrepidité ordinaire,
fur la Digue qui conduit à cet Ouvrage ; puis ils ſe raffem- blerent pour donner tous en... femble à l heure de l'Attaque.
Elle commença à une heure apres minuit. Huit coups de Canon enfurent le ſignal.Tou- tes nos Troupes firent égale Ivj
104 LE MERCVRE ment bien ; il eſtoit neceffaire
qu'elles montraſſent de la vi- gueur pour forcer la reſiſtance
desEnnemis qui fut tres-grande dans tous les endroits qu'on at- taqua. On ne peut voir un plus grand feu de Grenades & de Mouſqueterie que celuy qu'ef- ſuyerent nos Gens pendanttrois heures. M. le Chevalier de Tilladet commandoit l'Attaque de
Navarre , & ſe rendit maiſtre
de tous les Ouvrages juſques à
la muraille de la Ville. Les
deux Bataillons de Bourgogne y eſtoientde garde , avec M. le Chevalier de Souvray , qui s'y eſt particulierement diftingué.
On y avoit auffi envoyé les Compagnies des Grenadiers de Humieres , Navarre , & Languedoc. L'Attaque des Gardes eut tout le ſuccès qu'on pou-
GALANT. 205 voit defirer. M. de Rubantel y
ſervoit de mareſchal de Camp,
&M. de S. Germain de la Breteche y commandoit trois cens Hommes détachez du Regiment des Gardes , avec leſquels
il chaſſa les Ennemis des Ouvrages qui regardent le Baſtion de Horn , juſques à l'Attaque
deNavarre, où il joignit le Re- giment de Bourgogne. Les deux Bataillons des Fuziliers ,
&un de Stoup , eſtoient de garde à l'Attaque de Boffu.
м. de Quincy mareſchal de
Camp , y commandoit , ayant ſous luy M. de Chimene Bri- gadier. Les Troupes de cette Attaque , avec les Grenadiers de la Reyne qui avoient à leur
teſte M. Paſſillon 1un de leurs,
Capitaines, ſe mirent dans l'eau glacée juſques à la ceinture ,
206 LE MERCVRE
& ayant paſſe l'Avant - Foffé de l'Ouvrage à corne , empor- terent cet Ouvrage avec une Demy- Lune. C'eſtoit tout ce qu'on leur avoit donné ordre d'attaquer. Trois cens Dra- gons commandez par M. de Fimarcon , firent une fauffe
Attaque à la Digue de Bo- dours. Ils prirent quatre-vingts fix Soldats , & deux Officiers.
M. de Sainfandoux voulut ſe
charger de cette Attaque, quoy
qu'il ne fuſt pas de jour. On auroit entré dans la Ville , ſi on avoit eu les choſes neceſſaires
pour en rompre la Porte , ou des Echelles pour monter.
Apres la priſe du Pâté , les TTroupes des deux autres Atta- ques ſe joignirent , & il en couſta aux Ennemis quatre Pie- ces de Canon qui estoient au
GALANT. 207 bout de leur Pont- Levis , & tiroient par des embraſures. Ces meſmes Troupes apres avoir fait des Retranchemens avec
desGabions , tournerent contre
la Porte de la Ville les quatre Pieces de Canon qu'elles ve- noient de gagner. Il y en avoit encor trois autres en état de
foudroyer les Affiegez; & tout eſtant preparé pour donner un Affaut general la nuit du dix au onze , le Gouverneur qui le ſçeut fit battre la Chamade à
deux heures apres midy. M. le Mareſchal ſe rendit à l'inſtant
meſme à la Thanchée , où il
trouva les Oftages qu'on luy amenoit. Il convint avec eux
qu'ils luy remettroient une des
Portes de la Ville , où il fit entrer auffi-toſt un Bataillon des
Gardes Françoiſes , & un des
208 LE MERCVRE
Gardes Suiſſes. La Garnison
de plus de mille Hommes for- tit le onzième au matin , avec
Armes &Bagages , &une Piece de Canon , pour aller à Bru- xelles , eſcortée par quatre- vingts Maiſtres des Troupesdu Royquidevoient revenir àAth.
Les Ennemis eſtoient arrivez
le 10. au ſoir à Mons , où ils
avoient fait tous les préparatifs.
neceſſaires pour le ſecours de la Place. Ils ne manquoient pas de Troupes , mais l'importance eſtant de choiſir un Chef, tous
ceux qui pouvoient en efperer le Commandement , avoient
long-temps conferé enſemble pour voir fur qui on trouvoit à
propos qu'on le fiſt tomber.
Monfieur le Mareſchal de
Humieres a paru infatigable pendant ce Siege ; on ne ſcau-
GALAN T. 209
roit exprimer ſa vigilance ; a
paffé les nuits entieres ou à la Tranchée, ou à visiter les Poſtes,
ou au Bioüac , & preſque tous les jours à cheval. Il ſembloit auffi que les Troupes fufſent animées par ſon exemple. La rigueur du temps n'a pû les re- froidir un moment , & on a
trouvé la meſme facilité à leur
faire faire toutes choſes qu'on auroit euëdans le Mois de Juin.
M. le Prince d'Iſenghien ayant eſté averty de ce Siege , prit auffi- toft la Poſte pour y aller joindre M. le marefchal deHu- mieres fon Beaupere , &donna des preuves de fon courage avec le marquis de ce nom fon Beau- frere. Comme l'impatience des François eft grande , fur tout quand il faut courir à la gloire,
des que M. le marquis de Na
210 LE MERCVRE
vailles eut appris qu'il y avoit une Place afſiegée , il s'y rendit auſſi-toſt en poſte , &fervit dés le ſoir meſme en qualité de Vo- lontaire. Il monta la Tranchée
avec le ſecond Bataillon des
Gardes ,&il continua à faire la
meſme choſe pendant tout le Siege. Ayant ſçeu que le ſoir qu'on devoit attaquer la Con- treſcarpe , le Regiment deNa- varre auroit le plus àfouffrir , il ſe mit à la teſte de ce Regiment;
où ſon intrépidité &ſa valeur ſe firent admirer. M. le Comte
de Tonnerre alla auſſi Volontaire à la Tranchée , & il y reçeut un coup de Mouſquet. M
leMarquis des Hiſſars quicommande le Regiment de Langue- doc, fit des choſes ſurprenantes
à la teſte de ce Regiment , qui s'eſt acquis beaucoup de repu
GALANT. 211 :
tation. Celuy du Pleffis ne s'eft pas moins fignalé , & s'il avoit eu desHaches pour rompre les Portesde laVille , il feroit entré
dedans comme nos Troupes firent à Valenciennes. M du
Poncer qui en eſtoit Lieute- nant Colonel , a eſté tué. M.
Deshoy Capitaine de ce Regi- ment , & M. Bienfait de Beaulieu,s'y ſont ſignalez. M.Cham- pagne premier Brigadier des Gardes de M. le Marefchal de
Humieres , s'eſt fort diſtingué pendant ce Siege , ainſi que M. Duparc Garde dans le mef- me Corps , & M. de Tangis qui en eſtoit forty pouragir enqua- lité d'Ingénieur. On ne peut douter qu'il n'y ait donné beau- coup de marques de courage ,
puis qu'il y fut bleſſé. M. de S. Germain de la Breteche le
212 LE MERCVRE
fut auffi à l'Attaque des Gar- des, & tomba du hautde la Digue , apres avoir receu deux bleffures. M. de Soify , Fils de M. le Preſident le Bailleul , fut
bleſſé dans la meſme occafion ;
tomba dans le Foffé , & paffa la nuit furla glace, parce qu'on ne le pût trouver que le lendemain. Mª de Seraucour & de
Chéviere Sous-Lieutenans aux
Gardes , & м. de Torcy Enſei- gne, ont eſté bleſſez , &м. Сі- gogne Lieutenant , tué. M. de Pierrebaſſe Ayde- major des Gardes, a eu la teſte emportée d'une voléede Canon.
rs
La nouvelle de la priſe de S. Guilain fut apportée auRoy par M. de la Taulade Ayde de Camp de M. le mareſchal de Humieres. M. le marquis de Louvois qui le preſenta , dit à
4
GALAN T. 213 Sa majeſté que les Ennemis publioient que les Anges Tu- telaires de la France luy fer- voient d'Eſpions dans le Ciel pour l'avertir des changemens du temps qui luy eſtoient pref- que toûjours favorable. Le Duc de Villa - Hermoſa eſtoit
à Haurec fort prés de la Place,
avec douze à treize mille Hommes, faiſant porter des Echelles pour paffer les Marais, & fe vantant qu'il attaqueroit les Lignes. Lors qu'il entendit que le Canontiroit fort peu, &puis qu'il ceſſoit entierement, il crût le Siege levé , & ayant détaché trois cens Chevaux pour pren- dre langue , ils en trouverent cinquante des Noftres envoyez pour le meſme deſſein. Celuy qui les commandoit ayant eſté pris pour avoir eu fon Cheval tué ſous luy , eut peine àdeſa
214 LE MERCVRE
bufer ce Duc, en l'aſſurant qu'il avoit veu entrerles Troupes de Sa majeſté dans la Place ; &
lors que les Affiegez batoient la Chamade , Monfieur le маreſchal de Humieres faifoit
monter ſa Cavalerie à cheval
pour aller vers les Ennemis dont
il venoit d'apprendre des nou- velles.
Le Roy a donné le Gouver- nement de S. Guilain à м. СаtinalCapitaine aux Gardes, qui a fait la Campagne paſſée en qualité de major des Gardes.
M. de Longpré Capitaine au Regimentde Picardie, en a eſté fait Lieutenant de Roy; & M. de l'Apparat Capitaine dans Piémont , en a eu la majorité.
Jamais Campagne ne fut plus glorieuſement finie. Cette der- niere Conqueſte adonné lieu àces Vers.
GALANT. 215 C'est àce coup qu'ilse faut rendre,
OFlandre ,
Puisque contre Loüis
Sontvains.
tous tes efforts
Saint Omer, Saint Guilain t'en donnant des exemples
Tres-amples,
Tunepeuxfaire mieux que d'imiter tes
Saints.
Fermer
Résumé : Siege & Prise de S. Guilain. [titre d'après la table]
Après la reddition de Fribourg, des préparatifs furent entrepris pour une nouvelle conquête. Monsieur de Saint-Poüange fut envoyé exécuter les ordres du roi, suscitant des spéculations sur sa destination. Les troupes en Flandre effectuèrent des mouvements pour inquiéter les ennemis, qui crurent qu'Ypres serait assiégée. Cependant, Saint-Guilain fut investi, et le gouverneur ne l'apprit qu'en voyant les troupes françaises. Le nombre de troupes augmenta rapidement, avec cent escadrons et quarante bataillons prêts à combattre. Les gouverneurs des places environnantes furent nommés officiers généraux pour faciliter l'approvisionnement. Malgré les conditions hivernales défavorables, les Français prirent Saint-Guilain, une petite ville du Hainault près de Mons, sur la rivière de Haine. La place était protégée par des marais et des ouvrages défensifs. Le siège fut dirigé par le maréchal d'Humières, avec plusieurs lieutenants généraux et maréchaux de camp. Les troupes furent bien nourries et chauffées, grâce aux efforts des gouverneurs. Le siège débuta le 30 novembre, avec des attaques sur plusieurs redoutes et ouvrages défensifs. Les Français prirent la redoute de Navarre le 7 décembre, malgré une résistance acharnée. L'attaque générale eut lieu dans la nuit du 9 au 10 décembre, avec un succès complet. Les troupes françaises forcèrent les défenses ennemies, prenant plusieurs ouvrages et entrant dans la ville. Le gouverneur demanda une trêve, et la place se rendit le 11 décembre. Le 11 avril, le maréchal de Humieres se rendit à la tranchée et convint avec des otages de la remise d'une des portes de la ville, permettant l'entrée d'un bataillon des Gardes Françaises et des Gardes Suisses. La garnison, forte de plus de mille hommes, quitta la ville au matin avec armes, bagages et une pièce de canon, escortée par quatre-vingts maîtres des troupes du roi revenant d'Ath. Les ennemis, prêts à secourir la place, hésitaient sur le choix d'un chef. Le maréchal de Humieres montra une vigilance infatigable durant le siège, passant les nuits à la tranchée ou à visiter les postes. Le prince d'Isenghien et le marquis de Navailles rejoignirent le maréchal, démontrant leur courage. Plusieurs officiers se distinguèrent par leur bravoure. Plusieurs blessés furent recensés, dont M. de Tangis, ingénieur, et M. de Pierrebasse, aide-major des Gardes. La nouvelle de la prise de Saint-Guilain fut apportée au roi par M. de la Taulade. Le duc de Villa-Hermosa, près de la place avec douze à treize mille hommes, crut le siège levé lorsqu'il entendit que le canon cessait. Le roi nomma M. Catinal gouverneur de Saint-Guilain, M. de Longpré lieutenant du roi, et M. de l'Apparat major. La campagne se conclut glorieusement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 187-239
Relation de ce que les Galeres & le Bataillon de Malte, ont fait au Siege de Coron dans la Morée, pendant la derniere Campagne de l'année 1685.
Début :
Je vous envoyay le dernier Mois une Lettre du Generalissime / L'Escadre de Malte, composée de huit Galeres, & commandée [...]
Mots clefs :
Général, Bataillon, Malte, Troupes, Chevaliers, Vénitiens, Ennemis, Galères, Siège, Étendard, Canon, Capitaine, Camp, Pape, Résistance, Éminence, Attaque, Morts, Blessés, Liste de noms
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Relation de ce que les Galeres & le Bataillon de Malte, ont fait au Siege de Coron dans la Morée, pendant la derniere Campagne de l'année 1685.
Je vous envoyay le dernier
Mois une Lettre duGeneralissimeMorosini
sur l'Affaire
de Coron, ôc aujourd'huy
jevous feray partd'une
Relation toute entiere
,,}
*
touchant le Siege &: la prise
de cette Place. Elle est exacte
& remplie de faits tout nou- 1
veaux,& de circonilancesl
qui n'ont point encore esté
sceuës, & je puis vous
~~urer
qu'on n'arien veu
surs
-
cette matiere de plus cu-^
rieux
,
& de plus digne d'être
conservédansl'Histoire
à cause des Chevaliers quij
ont faitvoir leur valeur, &-
versé leur fang en combatttant
contre les Ennemis de
laFoy. Cette Relation estve-4
nuë de Malte. Ainsi quand 1
vous trouverez, ces 1110ts,
î
1
y Les Nostres, nos fignfs, & d'autrès
semblables
,
fouvenezvous
que c'est un Maltois
*; qui parle.
1
$
Relation de ceqye les Galeres
l- & le Bàtaillon de Malte>
t, ont fait au Siege de Coron
dans la Morée
J
pendant la
1* derniere Campagne de l'année
16$y.
.i LEscadre deMaIre,com..
posée de huit Galeres,
-:! & commandée par le Bailly
Brancaccio,s'unit au cornmencement
de Juin avec
l'Escadre des cinq Galeres
deSaSainteté, qui ne portant
point d'Etendars
,
se mirent
à l'obeissance du General
de Malte. Elles arriverent
toutes ensemble vers la
my-Juin au Port de Dragoffiefire,
où estoit l'Armée
Navale des Venitiens,à la
quelle quatre Galeres du
Grand Duc s'estoient jointes
quelques jours auparavant
; & après que les choses
y furent reglées; en forte
que selon la coûtume la Capitane
de Malte futplacée
à la droite de la Reale de Venise
,
& que le premier Poste
dans les Conseils de Guerre
futaccordéau General Brancaccio,
toute l'Armée fit voile
le 20. au nombre de 17.
Vaisseaux, 5. Galeasses, 11.
Galeres de Venise, 5. du Pape,
8. de Malthe, 4. du Grand
Duc, 15. Galiottes, &15. ou
20. Barques ou Brigantins.
L'intelligence que le Capitaine
General Morosini entretenoit
depuis quelques
: mois avec les Maïnotes,pour
les animer à secoüer le joug
desTurcs,luy avoit fait esperer
qu'il pourroiraisément
faire des progrés dans la Morée,
par le moyen de ces Peuples;
mais ayant appris en
s'approchant de leur costé,
que la fortune ne leur avoit
pas esté favorable dans ce
qu'ils avoient tâché de faire
pourse procurer la liberté,&
qu'au contraire ils avoient
esté forcez de donner des Otages
au Turc,qui les avoit
exigez pour asseurance de
fidélité, il se trouva obligé
de prendre d'autres mesures
pour pouvoir entreprendre
quelque chose de considerable.
ttable. Son premier dessein lfut d'attaquer Modon,Capi-
] tale de la Morée; mais en
s ayant fait reconnoistre la firtuation
le 23.Juin,les difficulftezquife
presenterent pour
( le débarquement des Trou-
[ pes & duCanon l'en détour- ['nerent,& luy firent résoudre
t le Siege de Coron, Place qui
n'est pas d'une moindre con-
: jsiderationdans cette même
Province. Elle est éloignée parterreenvirondedouze
1 millesdeModon,&située au
,
devant du Cap Gallo, vers lePays des Maïnotes.
Le%$. au matin, on fitAéÉ
barquer lesTroupespnefquiài
portée du Canon de la Ville
sans aucun obstacle de la par
des Turcs. Elles consisftoient
en trois mille hommes de
Troupes ordinaires des Ve
nitiens ; -
mille Esclavons -
deux mille quatre cens hommes
de tres-borines Troupes
, que le Prince de Brunsvich
Duc de Hanover, avoit
envoyées avec un jeunePrince
de ses Enfans,par convenu
tion faite avec la Republique;
le Bataillon de Malte
composé de huit à neufcens
Soldats & six vingts Chevalliers;
un Bataillon du Pape
Jbdc quatre cens hommes
)
&
un autre du grand Duc de
trois cens; ce qui faisoit en
ttouc environ huit mille hommes
de pied sans Cavalerie.
Cette Armée étoit commandée
par le Comte de Saint
Paul, General, de capacité& d'experience, qui a longtemps
servy le Roy de Danemark,
& le Duc de Neubourg
; & le premier Poste
dans l'ordre de Bataille, y
seftoit occupe par le Bataillon
de Malte, dont le Commandeur
de la Tour-Maubourg
avoit le Commandement
general, avec une approbation
aussi universelle,
que celle qu'il s'étoit déjaacquife
dans un pareil Employ0
pendant le dernier Siege de
Candie. Il avoit aussile Bataillon
desGaleres de Sa Sainteté
fous son commandement.
Tout se faisoit cependant
dans le Camp, aussi-*
bien que dans l'ArméeNavale,
sous la direction du Cal
pitaine General Morosini, &
du Bailly Brancaccio, General
des Galeres de Malte,qui
estoient moüillées à la Cofte.,,
On s'approcha de la Ville
à la faveur des Oliviers qui
l'environnent, sans qu'il se
passast autre.chose que de legeres
Escarmouches, & on
ouvrit la Tranchée le 26. le
Bataillon de Malte, les
Brunfvich
,
& les Papalins
sur la droite vers la Mer, &
les Vénitiens& Esclavons sur
la gauche versun Fauxbourg
dont ilsfefendirent les maîtres
sans resistance. Lemesme
jour nous perdifmes le
Chevalier San-Vitali,Parmeran)
tué d'un coup de Mousquet
dans la Tranchée, & on
avança les travaux de part &
d'autre avec assez de facilité.
Ony éleva deux Batteries,
chacune de trois pieces de
grosCanon avec quatreMortiers
à Bombes
,
ausquels on
joignit dans la fuite deux autres
pieces de Canon. Les
Ennemis ne firent que de le-"
geres Sorties, dans lesquelles
ils furent vigoureusement repaulIèz.
Leur ~fem>ftoitassez
mediocre *
,
& faisoit juger"
qu'ils ne se disposoient pas à
résusterfort long-temps;
mais on connut dans la Cuite,'
i" t
, que leur intentionestoit de
ménager leurs gens, dans
l'esperance d'estrebien-tost
secourus par le Bacha de la
Morée,quirassèmbloit un
Camp volant de trois ou
quatre mille hommes, tant
Infanterie que Cavalerie; ce
qui obligea les nostresàfaire
des travaux considerables
pour se mettre à couvert, 8c
à fortifierentr'autres une
eminence,qui commandoit
d'un collé toutes nos lignes,
& découvroit de l'autre le
Pays d'alentour. On y éleva
une Batterie de quatre pieces
de Canon avec un Mortier.
Le Bacha de la Morée parut
en effet le 3. de Juillet, &
se vint camper à portée de
Canon de l'Armée Chrestienne;
où s'estant retranché,
il mit quatre pieces de
Canon en Batterie, qui se
croisantavec l'Artillerie de
la Place, causoient quelque
incommodité dans nos travaux.
Ce Bacha donnoit
presque tous les jours l'alarme
auxnostres par de chaudes
Escarmouches, dans lel:
quelles les Turcs furenttoû1
jours repoussez avec perte.
Les Assiegez de leur collé
redoublerent leur feu, & répondirent
avec fierté aux
chamades qu'on leur fit, en
les menaçant de mettre le
feu aux Mines où l'on travailla
loitinceflàmment-,maisavec
, moins de succés que 1on f
n'aurait souhaité, parce qu'il
les falloit conduire dans le
'1
Rocher, en forte qu'on employa
plus de trois semaines
à ces fortes de travaux.
,
_i Les Defenses de la Place
, se trouvoientalors fort ruinées
par le feu continuel de
nos Batteries,&les Bombes
y avoient fait beaucoup de
desordre; mais outre que
cette Place est d'une ÍÏtuation
avantageuse, parce qu'-
ellen'a qu'un front à garder
flanquéde grosses Tours bâties
sur le Roc, elle estoit encore
gardée de 80. pieces de
Canon, avec abondance de
munitions de guerre & de
bouche, & les Ennemis y avoient
septàhuitcens hommes
de Garnison, sans ceux
qui estoient capables de porter
les armes, parmy un Peuple
de quatre à cinq mille
ames. Ainsi on ne pouvoit
sien ouvrir l'entrée que par
les Fourneaux, & par des Assauts
vigoureux, penaartlefquels
on ne doutoit pas que -
l'on ne fûst attaque par le
Camp volant des Turcs.
- Cette disposition des choses
causoit quelque embarras
; mais enfin les mines s'etant
trouvées en estat de
joüer le 24. Juillet, on fbfolut
de faire une tentative, &
tout. se prépara pour cela.
LeChevalier de Segrés devoit
commencer l'assauta
lateste de soixante Grena..-':
diers
,
soûtenu de quelque
detachement de Fuzeliers &
d'Esclavons. Le Chevalier
dela Barre, Lieutenant General
du Bataillon de Malte
, venoitaprés avec le Chevalier
de Refuge, premier
Capitaine, à la teste d'une
partie de nos Troupes,&de
quelques Compagnies des
Papalins & Venitiens. Le
Prince de BrunfvicK le soûtenoit
avec 230. hommes de
; ses Troupes, & le Commandeur
de la Tour-Maubourg
suivoit avec un gros de Chevaliers,
au milieudesquels ij
esftoit l'Etendard de la Religion.
Il avoitaussï avec luy
quelques-unes de nos Compagnies
& de celles du Pape;
mais lors que chacun eut
pris son palle, il arriva que
la Mine n'eut pas la force de
faire fauter le Rocher, &
ainsi elle ne fit aucun effet
capable de donner jour à
l'assaut que l'on avoit pro-
1 jetté.
Cependant, dans le mefme
temps qu'on y mit le
feu, le Bacha de la Morée
vint attaquer la Redoute,
& la batterieelevée sur l'Eminence
qui couvroit nos
lignes, & cette attaque fut
telle que les Venitiens & Esclavons
qui en avoient la
defense, quoy qu'accoûtumezà
bien faire leur devoir,
ne purent luy resister. Tout
ay ant plié devant les Turcs,
ils se rendirent maistres de
la Redoute, &ilsy avoient
déjà planté plus de vingt de
leurs Etendards ou Banderoles
, lors qu'on vint avertir
le Commandeur de la
Tour de ce desordre.
On voit par la disposition
des Troupes qui étoient
commaudées pour ralfàut,
qu'il se trouvoit avec les
Chevaliers le plus proche
d'un porte si important pour
le salut de toutel'Armée. Il
connut qu'on ne pouvoit le
sauver que par une action
de vigueur;aussi ne balança-
t'il point à l'entreprendre.
Il cria aux siens qu'ils
le suivissent
,
&après avoir
baisé la Croix de nostre Etendart
par un mouvement
de cette pieté qui animoit
toutes ses actions,ils'avança
avec < une promptitude incroyable
vers l'Ennemy
(lUtale premier dans la Redoute
, & y tua de sa main
deux Turcs'qui voulurent'
luy faire teste. Un troisiéme
Turc l'ayant chargé par derriere,
luy abattitdu premier
coup de sabre un leger morion
qu'il portoit, &du Second
luy fendit la teste, & le
renversa par terre, ou l'effet,
d'un Baril de Poudre qui prici
feuacheva de luy faire perdre
la vie. Il fut suivy de prés ';
par plusieurs Chevaliers; en-j
rre lesquels le Chevalier de
Trefmes ayant passé son é-i
pée au travers du corps d'un l
j
'Turc, receut luy-mesmeun
si grand coup de sabre sur la
teste qu'il tomba mort avec
ssoonn EEnnnneemm-yy-il fût trouvé en ;-ll fût- trouve en,
cette posture aprésleCÇHTIbat.
Le Frere Servant d'armes
Michon,fut tuéd'un coup de
Mousquet en défendant le
Commandeur de la Tour,
avec beaucoup de' vigueur le Chevalier de Grandmont
reçût deux coups deSabre &:.
un coup de Mousquet. Les
Chevaliers de Bourbon &
de Gaillard & le Frere Servant
d'armes, la Motte, surent
mortellement bléssez.
Les Chevaliers de Piosasque,
& Doria Brasseuze le furent
legerement ;
ôcleChevatien
de Pont qui portoit l'Eten
dart ayant esté attaqué par
deux Turcs y^n tua un d'un
coup de Pistolet, & ~persé
l'autre deson épée, sansêtre
aussi que legerement bleÍfé
Le Chevalier de Beaupré-
Choiseul fut des -p-reiniers
se jetter dans I3. redoute,ou
le Chevalier de Mechacin,
Major du Bataillon
,
Ce di-J
stingua comme luy; & tou
enfin montrérent tant de
vigueur, qu'ils chasserent
les Ennemis de ce patte)
leur prirent onze de leurs
Banderoles, & y planterent
l'Etendard de la Religion,
à la veuë du quel toute l'Armée
ayant crié Vive Malte.
les Vénitiens&Esclavons
reprirent si bien courage,
que plus de trois cens Turcs
< furent passezau fil de l'épée;
ensorte qu'il ne son {auva
aucun de ceux qui s'estoient
logezdans la Redoute. Cette
journée coûtaauxchrétiénsenvironcentcinquanttJ:
c homrftesJ. )i
Tout le Camp reconnut
les Chevaliers pour ses Libérateurs
,
& on leur donna
mille loüanges. Les OiH-~
ciers GeneraDux envoyerent
en faire Compliment au General
des Galeres de Malte;
& en effet l'action fut si t
grande & si hardie, que l'on
pourroit assurer que rien n'y
auroit manqué, s'il n'en apas
coûté la vie à tant de
braves gens, & particulièrement
au Commandeur de la
Tour, qui fut pleuré de toute
l'Armée
y
& dont le Capitaine
General Morosini
,
ne pût apprendre la mort
sans verser des larmes. Il fut
enterré avec toutes les ceremoniesqui
peuvent marquer
la considération qu'on
avoit pour son mériter l'on
conserva son Coeur & ses os
pour les apporter à Malte.
On peut dire que personne
n'a jamais eu tout ensemble
de plus grandes qualitez
qu'il en avoit. Sa pieté estoit
il exemplaire,qu'n ne sçauroit
exprimer tous les bons
effets qu'elle produisoit sur
ceux qui servoient sous luy.
Sa douceur naturelle,ses
maniérés honnestes&engageantes,
sa capacité, sa valeur,
& toutes ses autres vertus
le rendoient - si recommandable
qu'ilestimpossible
qu'on ne le regrette (ensiblement
; mais enfin comme
selon sa loüable coûtume,
il avoit communiéavant
quedallerau Champ de Bataille,
on ne doit pas douter
que le sacrificé de savie joint
à une preparation si Chrêtienne
, ne l'ait élevér un
estat qui le rend digne el'en-"
vie. Le Chevalierde la Bar-tI
, A. - ¡ requ'ontoujoursveumar- 1
cher sur de semblables traces
, a passé par là au Commandement
General du Bataillon
,& lestime que tout
le monde fait de son mérite
n'a pas peu contribué à
leconsoler d'une telle perte.
Le 30. Juillet, les Ennemis
firent une nouvelle entreprise
sur nosLignes,quelques-
uns d'entreeuxs'estant
encore jettez le sabre à la
main dans la Redoute, située
sur l'Eminence à laquelle les
Vénitiensavoient donné le
nom de Fort Saint Jean ,
depuis qu'elleavoit esté fauvéepar
la valeur des Chevaliers
; mais ces Infîdellesfurent
repoussez jusque dans
leurs Retranchemens par les
Troupes dur* Pape& de Venise&
ils trouverent une
semblable resistance en diverses
autres attaques, où
les Maltois eurent souvent
l'avantage de les voir süir,
aussi-tost que l'Etendard de
Saint Jean paroissoit; ces
Barbares criant hautement,
selon la coûtume qu'ils ont
de faire graud bruit en combattant,
que sans ce Bataillon
deMalte ilssçauroient bienvenir
nir à bout de ce qu'ils entreprenoient.
Les Assiegez pendant ce
temps là se défendoienttoûjours
avec beaucoup d'opiniatreté,
quoy qu'il y cust
une Bresche assez confide-
[
rable du costé de l'attaque
où estoient les Troupes de
; Malte, & que vers l'attaque
des Venitiens ont eût
préparé une mine de deux
cens Barils de poudre dont
on esperoit un fort grand efset.
Les nostres de leur part estoient dans l'impatience
de pouvoir donner l'assaut à
la Place; mais comme on
étoit certain que lesTurcs de
la Campagne qui s'estoient
grossisjusqu'au nombre de
prés de six mille hommes,
ne manqueroient pas d'insulter
les lignes dans le
temps qu'onmonteroit à la
brêche, on resolut de les prevenireux-
mesmesavant que
de rien tenter, & deles aller
attaquer jusque dans leurs
propres travaux.
C'est ce qui s'executa
avec tout le succez possibles
le7. jour d'Aoust. Les Troupes
estant sorties en bon
ordre de leurs lignes, les
Turcs en furent si épouvantez
qu'ils se mirent aussi-tost
> en desordre, & se laisserent
tailler en pieces sans faire
> que tres-peu de resistance.
) On gagna tous leurs Retranchemens
; on se rendit maître
de leur Batterie de quatre
pieces de Canon; on pilla
leur Camp; on leur prit un
nombre considerable deche-
^vauxj on les poussa encore bien loin dans laCampagne,
& on leur tua prés de mille
d'hommes. On ne perdit que
> deuy ou trois Soldats das toutes
nos Troupes, ôc pas utinx
seul du Bataillon de Malte
Un événement si extraordi..ib
naire fut pris avec raison
pour un coup de la main d<>b
Dieu, & on écrit que la ve~
neration qu'on avoit pour
la pieté du feu Commann.
deur de la Tour-Maubougue - faisoit dire dans toute l'Ar])
niée
,
quec'estoit sans dout
à ses prieres qu'on le devoit
attribuer.Une Barque qui est
depuisarrivée icy de
1
Patras
, dans la Moré*e,rapporteque
quelques Turcs s'estantfaut
vez du combat,y avoient
representé la déroute encore
plus grande que nous ne la
sçavons, & qu'ils avoient afsuré
que le Bacha de la Morée
y avoit esté tué, & que
son Armée s'estoit entierement
dissipée.
Le Capitaine General Morofini
fit sommer les Assiegez
aussi-tost après cette victoire
; mais ils répondirent
fierement qu'ils sçavoient
bien que leurs gensavoient
esté battus, mais qu'ils n'en
estoient pas moins resolus de
mourir tous plûtost que de
se rendre, ce qui fit qu'on
ne songea plus qu'a tenir la
mine preste pour donner un
assaut général.
Le onzième jour d'Aoust
fut assigné pour cela, & les
Troupes ayant pris leurs
postes pendant la nuit, on
fit jouer à la pointe du jour
la grande Mine de l'attaque
des Venitiens. Elle fit tout
l'effet qu'ils en avoient attendu,
ôc elle auroit pu donner
le moyen d'entrer dés
lors dans la Ville, si au lieu
de l'éprouverils ne s'estoient
pas contentez de faire um
logement sur la brèche.Cependant
aussi-tost que le
l, bruit de laMine se fûtfait
I entendre, les Troupes de
I Malte qui avoient la teste | de l'autre attaque, soutenuës
[ de celles du Pape, & de
! Brunsvick
,
gagnerent avec
vigueur le haut de la brê-
I che qui estoit ouverte depuis
t plusieurs jours, quoy que
I laccez en fût fort difficile;
I mais comme lesEnnemis
f avoient eu le temps de s'y | fortifier,ils'y forma un rude
I•combat, durant lequelles Chevaliers firent tout ce
t. qu'on se peut imaginer de
leur bravoure poufforcerles
Retranchemens, qui se trouvant
bien flanquez & garnis
de Canons & de Pierriers,
firent sur eux un feu si terrible
,
qu'il y en eut quatre
tuez sur la place
, avec le
Comte de Fenelon qui fervoit
en qualité de volontaire
avec eux, & plus de trente-
deux blessez. Le Chevalier
de la Barre Commandant
general du Bataillon,
fit paroistre toute la valeur
possible en cette dernière.
occasion.Il fut tres-bien fou-<
tenu par les Officiers du Pape
&de BrunsvicK
,
dont quelques-
uns furentaussi tuez ou
blessez; mais enfin voyant
qu'il y avait de l'impossibilitê
à surmonter tous ces
grands obstacles, on fut contraint
de se retirer.
Neantmoins
,
bien loin
que ce contre-temps rébutast
les Chevaliers, ayant reconnu
la grande ouverture que
la mine des Venitiens avoit
faite, ils se resolurent à recommencer
à une heure
aprésmidy, ôc àdonner un
nouvel assaut aux deux endroits
,mais avec plus de vigueur
à cette derniere brêche
qu'a l'autre. Toutyétoit
disposé lors que les Turcs s'êtant
apperçûs de ce dessèiny
desployerent tout d'un coup
une Baniere blanche en demandant
à capituler. Quatre
d'entre-eux s'avancerent ssir
la brèche proposant de se
rendre, pourveu qu on leur
accordait la liberré & la vie;
mais le Capitaine General
Morosini n'ayant voulu consentir
à rien qu'ils n'eussent
laissé les nostres maistres
d'un Tourillon qui assuroit
l'entrée de la Ville;le hazard
fit que pendant que cela se
- traitoit, denx Soldats Chrétiens
des plus avancez vers
la Place, se querellerent entr'eux,
& se tirerent nn cou p
?
de pistolet. La bandoliere
d'un autre prit feu dans le mesme temps. Les Turcs de
laVille croyant là dessus que
la Trêve estoit rompuë Se
qu'on nagissoit pas de bonne
foy avec les leurs, mirent
le feu à une piece de Canon
qui tua plusieurs des nostres;
il n'en salut pas davantage
1
pour faire aussi-tost réprendre
les armes. Les Chrétiens
ayant crié Trahison
,
enfoncerent
si brusquement le peu
, de Retranchemens que les Ennemis avoient
surla
Bréche,
que rien ne les put empescher
de se jetter dans la
Ville, où tout fut passé au fil
de l'épée, à la reserve de quelques
heureux,&de beaucoup
de Femmes&Enfans,leChevalicr
de la Barre ayant eu
mesmedela peine à garantir
de la fureur du Soldat les quatre
Turcs qui estoient venus
parlementer avec'luy.
Ainsi finit le Siege de Coron
, après quarante- sept
jours de Tranchéeouverte,
;' pendant lesquels l'Armée
! Clireftienne a eu à combattre
en deux endroits contre
(
des Ennemis puissans,surqui
Il elle a remporté une double viâoire, avec toute la gloire
! imaginable.Les Venitiens &
le Comte de Saint Paul
,
s'y
font acquis beaucoup d'honneur.
Le jeune Prince de
,: Brunfvich s'y est tout-à-fait
distingué avec ses Troupes.
Celles de Florence y ont
: donné des marques de leur
valeur julqua leur Rembarquement,
qui se fit quelques
jours avant la fin de ce Siege;
& il est aisé de juger quelle
est la part que le Bataillon
de Malte y a euë, avec les
TroupesduPape,quiluy ont
esté toujours unies.LeChevalier
de laBarre y a dignement
soûtenu par plusieurs belles
actions,la réputation que le
Commandeur de la Tour
s'étoit acquise. Tous lesChevaliers
s'y sont genereusement
sacrifiez pour l'interest
de la Foy, y ayant supporté
des fatigues incroyables, &
plusieurs d'entr'eux y ayant
répandu leur sang, comme
vous pouvezle voir par la Liste
que je vous envoye. J'y
ay marqué les diverses Langues
d'où ils sont.
NOMS DE e/}lESSIEVR.S
les Chevaliers, Morts &
blessez au Sieçede Coron.
FRANCOIS.
AUVERGNE. LE Commandeur de la
i
TourMaubourg, Ge
neral du Bataillon de Malte,
tué en l'occasion de la RedeU
e
De Creus, Volontaire, mm
.1 de maladie causéepar lesgrandesfatigues.
De MontchalinGarde Etendard,
blrfé.
Junius, ou Junior, Volontaire
,
b/efé.
,
Du Breüil, blesséd'uncoup de
Mousquet à la gorge, au dernierAssaut.
Goudras JJ , Sous - Lieutenant
de Grenadiers, blesé.
De Saillans d'Estans, Sous-
Lieutenant deGrenadiers,
blessé de deux coups de Adoufquet
à la cuisse.
De Corcin Mongon, Garde
Etendard, blessé d'un coup
de Mousquet à la main.
De Saint Pierre, blesséd'un coup
de mousquet à la main.
Du Pont, blessé en l'occasion de
la Redoute.
FRANCE.
De Tresmes-Gesvres,Volontaire,
mort deses liejjeuus
receuës en l'occasion de la Redoute.
De Bourgon,Volontaire.
mort aussi de ses blessures re -'
cenés en la mesme. occasion.
De Lire dela Bourdonnaye,
Volontaire, tue à ïA(faut.
Du Plessis Getté,
De la Brunetiere.
Freres,tous
deux morts
de maladiescausées par les
grandes fatigues.
Michon) Ayde-Major, tuéen toccasion de la Redoute.
De la Mothe, Volontaire,
morj de (es blesseures receuës
en l'occasion de la Redoute.
..DeBeaupré,Garde-Etendard,
Boindin, Volontaire,
Doria-Braflèule,f<?^trois blesfeK
dangereusementaudernier
Affdut.
De Bernieres, Sous-Lieutenant
de Brigadiers, blessé
d'uncoup de mousquet à 14
main.
De Reffuge,Capitaine, blessé.
De BraignyVolontaire,blessé.
DeSeffeval,Lieutenant,blessé.
De Brosias/Volontaire,blessé.
Des Aunois, Volontaire, bIefsé
d'un coup de mousquet à la
cuisse.
PROVENCE.
De Gaillard, Capitaine, mort
de ses bleseures receuës en l'occaston
de la Redoute.
De la Minoye, Volontaire, tué au dernier Assaut.
De Galean,Capitaine, Meslê
dangereusement dans la wf/L
me eccafîon.
Tondu, Volontaire, bIef;
dangereusement dans la mef
me octasion. V ij
JRoigne,Volontaire,blesséd'un
coup de mousquet à ta jambe.
Lescaillon, Volontaireblessé.
Descoulettes, ( blessé.
De Fanesin,Volontaire,blessé.
Caulet, blesé.
De Sade de Guieres, Lieutenant,
biefé.
De Cais, blessé.
Baron, Volontaire, blessé.
De Gramont,Aydede Camp,
blessé en L'occasion de la Redoute.
ITALIENS.
Le Comte de Vital, Volontaire,
tué dansla tranchée.
Citadelli l'aisné, Lieutenant,
tue dans le dernier Assaut.
Vicaris, Garde
-
Etendard r blessé dangereusement au dernier
j4jfeut.
Beccaria, Volontaire, blessé
dangereusement dans la mef
me occasion.
Carraccioli, Volontaire.,bler-
J
sé.
Pieuzaque, Volontaire, blessé
en l'occasion de la Redoute.
Perrussi, Volontaire,b pensinghi, Volontaire,blejp.
Spinola l'aisné, blefijé.
ESPAGNOLS.
CASTILLE.
Dom FélixVerra-terra, Lieti
tenant,tué dans le dernier
Ajiaut.
Dom Juan Melos, Lieutenant,
worf de maladiecausée
par les grandesfatigues.
Dom Juan de Barros, dange-
- reujement bieffé. Dora Juan Emanuel
,
Capi-
"J< taine,blessé.
JRRAGON.
Dom Emanuel de Cordoüa,
Capitaine, blejJé dangereusementaudernierAOàutd'un
coup de mousquet à la cuisse.
Dom IgnacioOurias. Il a eu
le coude cajpd'un coup de
c-
1-le Ca - mouflet au dernier AJfaurJ
& efl en d.tnver. - -
ALLEMAND.
Schesbelle
, ou Chaifeber,
Garde
-
Etendard, blessé.
Mois une Lettre duGeneralissimeMorosini
sur l'Affaire
de Coron, ôc aujourd'huy
jevous feray partd'une
Relation toute entiere
,,}
*
touchant le Siege &: la prise
de cette Place. Elle est exacte
& remplie de faits tout nou- 1
veaux,& de circonilancesl
qui n'ont point encore esté
sceuës, & je puis vous
~~urer
qu'on n'arien veu
surs
-
cette matiere de plus cu-^
rieux
,
& de plus digne d'être
conservédansl'Histoire
à cause des Chevaliers quij
ont faitvoir leur valeur, &-
versé leur fang en combatttant
contre les Ennemis de
laFoy. Cette Relation estve-4
nuë de Malte. Ainsi quand 1
vous trouverez, ces 1110ts,
î
1
y Les Nostres, nos fignfs, & d'autrès
semblables
,
fouvenezvous
que c'est un Maltois
*; qui parle.
1
$
Relation de ceqye les Galeres
l- & le Bàtaillon de Malte>
t, ont fait au Siege de Coron
dans la Morée
J
pendant la
1* derniere Campagne de l'année
16$y.
.i LEscadre deMaIre,com..
posée de huit Galeres,
-:! & commandée par le Bailly
Brancaccio,s'unit au cornmencement
de Juin avec
l'Escadre des cinq Galeres
deSaSainteté, qui ne portant
point d'Etendars
,
se mirent
à l'obeissance du General
de Malte. Elles arriverent
toutes ensemble vers la
my-Juin au Port de Dragoffiefire,
où estoit l'Armée
Navale des Venitiens,à la
quelle quatre Galeres du
Grand Duc s'estoient jointes
quelques jours auparavant
; & après que les choses
y furent reglées; en forte
que selon la coûtume la Capitane
de Malte futplacée
à la droite de la Reale de Venise
,
& que le premier Poste
dans les Conseils de Guerre
futaccordéau General Brancaccio,
toute l'Armée fit voile
le 20. au nombre de 17.
Vaisseaux, 5. Galeasses, 11.
Galeres de Venise, 5. du Pape,
8. de Malthe, 4. du Grand
Duc, 15. Galiottes, &15. ou
20. Barques ou Brigantins.
L'intelligence que le Capitaine
General Morosini entretenoit
depuis quelques
: mois avec les Maïnotes,pour
les animer à secoüer le joug
desTurcs,luy avoit fait esperer
qu'il pourroiraisément
faire des progrés dans la Morée,
par le moyen de ces Peuples;
mais ayant appris en
s'approchant de leur costé,
que la fortune ne leur avoit
pas esté favorable dans ce
qu'ils avoient tâché de faire
pourse procurer la liberté,&
qu'au contraire ils avoient
esté forcez de donner des Otages
au Turc,qui les avoit
exigez pour asseurance de
fidélité, il se trouva obligé
de prendre d'autres mesures
pour pouvoir entreprendre
quelque chose de considerable.
ttable. Son premier dessein lfut d'attaquer Modon,Capi-
] tale de la Morée; mais en
s ayant fait reconnoistre la firtuation
le 23.Juin,les difficulftezquife
presenterent pour
( le débarquement des Trou-
[ pes & duCanon l'en détour- ['nerent,& luy firent résoudre
t le Siege de Coron, Place qui
n'est pas d'une moindre con-
: jsiderationdans cette même
Province. Elle est éloignée parterreenvirondedouze
1 millesdeModon,&située au
,
devant du Cap Gallo, vers lePays des Maïnotes.
Le%$. au matin, on fitAéÉ
barquer lesTroupespnefquiài
portée du Canon de la Ville
sans aucun obstacle de la par
des Turcs. Elles consisftoient
en trois mille hommes de
Troupes ordinaires des Ve
nitiens ; -
mille Esclavons -
deux mille quatre cens hommes
de tres-borines Troupes
, que le Prince de Brunsvich
Duc de Hanover, avoit
envoyées avec un jeunePrince
de ses Enfans,par convenu
tion faite avec la Republique;
le Bataillon de Malte
composé de huit à neufcens
Soldats & six vingts Chevalliers;
un Bataillon du Pape
Jbdc quatre cens hommes
)
&
un autre du grand Duc de
trois cens; ce qui faisoit en
ttouc environ huit mille hommes
de pied sans Cavalerie.
Cette Armée étoit commandée
par le Comte de Saint
Paul, General, de capacité& d'experience, qui a longtemps
servy le Roy de Danemark,
& le Duc de Neubourg
; & le premier Poste
dans l'ordre de Bataille, y
seftoit occupe par le Bataillon
de Malte, dont le Commandeur
de la Tour-Maubourg
avoit le Commandement
general, avec une approbation
aussi universelle,
que celle qu'il s'étoit déjaacquife
dans un pareil Employ0
pendant le dernier Siege de
Candie. Il avoit aussile Bataillon
desGaleres de Sa Sainteté
fous son commandement.
Tout se faisoit cependant
dans le Camp, aussi-*
bien que dans l'ArméeNavale,
sous la direction du Cal
pitaine General Morosini, &
du Bailly Brancaccio, General
des Galeres de Malte,qui
estoient moüillées à la Cofte.,,
On s'approcha de la Ville
à la faveur des Oliviers qui
l'environnent, sans qu'il se
passast autre.chose que de legeres
Escarmouches, & on
ouvrit la Tranchée le 26. le
Bataillon de Malte, les
Brunfvich
,
& les Papalins
sur la droite vers la Mer, &
les Vénitiens& Esclavons sur
la gauche versun Fauxbourg
dont ilsfefendirent les maîtres
sans resistance. Lemesme
jour nous perdifmes le
Chevalier San-Vitali,Parmeran)
tué d'un coup de Mousquet
dans la Tranchée, & on
avança les travaux de part &
d'autre avec assez de facilité.
Ony éleva deux Batteries,
chacune de trois pieces de
grosCanon avec quatreMortiers
à Bombes
,
ausquels on
joignit dans la fuite deux autres
pieces de Canon. Les
Ennemis ne firent que de le-"
geres Sorties, dans lesquelles
ils furent vigoureusement repaulIèz.
Leur ~fem>ftoitassez
mediocre *
,
& faisoit juger"
qu'ils ne se disposoient pas à
résusterfort long-temps;
mais on connut dans la Cuite,'
i" t
, que leur intentionestoit de
ménager leurs gens, dans
l'esperance d'estrebien-tost
secourus par le Bacha de la
Morée,quirassèmbloit un
Camp volant de trois ou
quatre mille hommes, tant
Infanterie que Cavalerie; ce
qui obligea les nostresàfaire
des travaux considerables
pour se mettre à couvert, 8c
à fortifierentr'autres une
eminence,qui commandoit
d'un collé toutes nos lignes,
& découvroit de l'autre le
Pays d'alentour. On y éleva
une Batterie de quatre pieces
de Canon avec un Mortier.
Le Bacha de la Morée parut
en effet le 3. de Juillet, &
se vint camper à portée de
Canon de l'Armée Chrestienne;
où s'estant retranché,
il mit quatre pieces de
Canon en Batterie, qui se
croisantavec l'Artillerie de
la Place, causoient quelque
incommodité dans nos travaux.
Ce Bacha donnoit
presque tous les jours l'alarme
auxnostres par de chaudes
Escarmouches, dans lel:
quelles les Turcs furenttoû1
jours repoussez avec perte.
Les Assiegez de leur collé
redoublerent leur feu, & répondirent
avec fierté aux
chamades qu'on leur fit, en
les menaçant de mettre le
feu aux Mines où l'on travailla
loitinceflàmment-,maisavec
, moins de succés que 1on f
n'aurait souhaité, parce qu'il
les falloit conduire dans le
'1
Rocher, en forte qu'on employa
plus de trois semaines
à ces fortes de travaux.
,
_i Les Defenses de la Place
, se trouvoientalors fort ruinées
par le feu continuel de
nos Batteries,&les Bombes
y avoient fait beaucoup de
desordre; mais outre que
cette Place est d'une ÍÏtuation
avantageuse, parce qu'-
ellen'a qu'un front à garder
flanquéde grosses Tours bâties
sur le Roc, elle estoit encore
gardée de 80. pieces de
Canon, avec abondance de
munitions de guerre & de
bouche, & les Ennemis y avoient
septàhuitcens hommes
de Garnison, sans ceux
qui estoient capables de porter
les armes, parmy un Peuple
de quatre à cinq mille
ames. Ainsi on ne pouvoit
sien ouvrir l'entrée que par
les Fourneaux, & par des Assauts
vigoureux, penaartlefquels
on ne doutoit pas que -
l'on ne fûst attaque par le
Camp volant des Turcs.
- Cette disposition des choses
causoit quelque embarras
; mais enfin les mines s'etant
trouvées en estat de
joüer le 24. Juillet, on fbfolut
de faire une tentative, &
tout. se prépara pour cela.
LeChevalier de Segrés devoit
commencer l'assauta
lateste de soixante Grena..-':
diers
,
soûtenu de quelque
detachement de Fuzeliers &
d'Esclavons. Le Chevalier
dela Barre, Lieutenant General
du Bataillon de Malte
, venoitaprés avec le Chevalier
de Refuge, premier
Capitaine, à la teste d'une
partie de nos Troupes,&de
quelques Compagnies des
Papalins & Venitiens. Le
Prince de BrunfvicK le soûtenoit
avec 230. hommes de
; ses Troupes, & le Commandeur
de la Tour-Maubourg
suivoit avec un gros de Chevaliers,
au milieudesquels ij
esftoit l'Etendard de la Religion.
Il avoitaussï avec luy
quelques-unes de nos Compagnies
& de celles du Pape;
mais lors que chacun eut
pris son palle, il arriva que
la Mine n'eut pas la force de
faire fauter le Rocher, &
ainsi elle ne fit aucun effet
capable de donner jour à
l'assaut que l'on avoit pro-
1 jetté.
Cependant, dans le mefme
temps qu'on y mit le
feu, le Bacha de la Morée
vint attaquer la Redoute,
& la batterieelevée sur l'Eminence
qui couvroit nos
lignes, & cette attaque fut
telle que les Venitiens & Esclavons
qui en avoient la
defense, quoy qu'accoûtumezà
bien faire leur devoir,
ne purent luy resister. Tout
ay ant plié devant les Turcs,
ils se rendirent maistres de
la Redoute, &ilsy avoient
déjà planté plus de vingt de
leurs Etendards ou Banderoles
, lors qu'on vint avertir
le Commandeur de la
Tour de ce desordre.
On voit par la disposition
des Troupes qui étoient
commaudées pour ralfàut,
qu'il se trouvoit avec les
Chevaliers le plus proche
d'un porte si important pour
le salut de toutel'Armée. Il
connut qu'on ne pouvoit le
sauver que par une action
de vigueur;aussi ne balança-
t'il point à l'entreprendre.
Il cria aux siens qu'ils
le suivissent
,
&après avoir
baisé la Croix de nostre Etendart
par un mouvement
de cette pieté qui animoit
toutes ses actions,ils'avança
avec < une promptitude incroyable
vers l'Ennemy
(lUtale premier dans la Redoute
, & y tua de sa main
deux Turcs'qui voulurent'
luy faire teste. Un troisiéme
Turc l'ayant chargé par derriere,
luy abattitdu premier
coup de sabre un leger morion
qu'il portoit, &du Second
luy fendit la teste, & le
renversa par terre, ou l'effet,
d'un Baril de Poudre qui prici
feuacheva de luy faire perdre
la vie. Il fut suivy de prés ';
par plusieurs Chevaliers; en-j
rre lesquels le Chevalier de
Trefmes ayant passé son é-i
pée au travers du corps d'un l
j
'Turc, receut luy-mesmeun
si grand coup de sabre sur la
teste qu'il tomba mort avec
ssoonn EEnnnneemm-yy-il fût trouvé en ;-ll fût- trouve en,
cette posture aprésleCÇHTIbat.
Le Frere Servant d'armes
Michon,fut tuéd'un coup de
Mousquet en défendant le
Commandeur de la Tour,
avec beaucoup de' vigueur le Chevalier de Grandmont
reçût deux coups deSabre &:.
un coup de Mousquet. Les
Chevaliers de Bourbon &
de Gaillard & le Frere Servant
d'armes, la Motte, surent
mortellement bléssez.
Les Chevaliers de Piosasque,
& Doria Brasseuze le furent
legerement ;
ôcleChevatien
de Pont qui portoit l'Eten
dart ayant esté attaqué par
deux Turcs y^n tua un d'un
coup de Pistolet, & ~persé
l'autre deson épée, sansêtre
aussi que legerement bleÍfé
Le Chevalier de Beaupré-
Choiseul fut des -p-reiniers
se jetter dans I3. redoute,ou
le Chevalier de Mechacin,
Major du Bataillon
,
Ce di-J
stingua comme luy; & tou
enfin montrérent tant de
vigueur, qu'ils chasserent
les Ennemis de ce patte)
leur prirent onze de leurs
Banderoles, & y planterent
l'Etendard de la Religion,
à la veuë du quel toute l'Armée
ayant crié Vive Malte.
les Vénitiens&Esclavons
reprirent si bien courage,
que plus de trois cens Turcs
< furent passezau fil de l'épée;
ensorte qu'il ne son {auva
aucun de ceux qui s'estoient
logezdans la Redoute. Cette
journée coûtaauxchrétiénsenvironcentcinquanttJ:
c homrftesJ. )i
Tout le Camp reconnut
les Chevaliers pour ses Libérateurs
,
& on leur donna
mille loüanges. Les OiH-~
ciers GeneraDux envoyerent
en faire Compliment au General
des Galeres de Malte;
& en effet l'action fut si t
grande & si hardie, que l'on
pourroit assurer que rien n'y
auroit manqué, s'il n'en apas
coûté la vie à tant de
braves gens, & particulièrement
au Commandeur de la
Tour, qui fut pleuré de toute
l'Armée
y
& dont le Capitaine
General Morosini
,
ne pût apprendre la mort
sans verser des larmes. Il fut
enterré avec toutes les ceremoniesqui
peuvent marquer
la considération qu'on
avoit pour son mériter l'on
conserva son Coeur & ses os
pour les apporter à Malte.
On peut dire que personne
n'a jamais eu tout ensemble
de plus grandes qualitez
qu'il en avoit. Sa pieté estoit
il exemplaire,qu'n ne sçauroit
exprimer tous les bons
effets qu'elle produisoit sur
ceux qui servoient sous luy.
Sa douceur naturelle,ses
maniérés honnestes&engageantes,
sa capacité, sa valeur,
& toutes ses autres vertus
le rendoient - si recommandable
qu'ilestimpossible
qu'on ne le regrette (ensiblement
; mais enfin comme
selon sa loüable coûtume,
il avoit communiéavant
quedallerau Champ de Bataille,
on ne doit pas douter
que le sacrificé de savie joint
à une preparation si Chrêtienne
, ne l'ait élevér un
estat qui le rend digne el'en-"
vie. Le Chevalierde la Bar-tI
, A. - ¡ requ'ontoujoursveumar- 1
cher sur de semblables traces
, a passé par là au Commandement
General du Bataillon
,& lestime que tout
le monde fait de son mérite
n'a pas peu contribué à
leconsoler d'une telle perte.
Le 30. Juillet, les Ennemis
firent une nouvelle entreprise
sur nosLignes,quelques-
uns d'entreeuxs'estant
encore jettez le sabre à la
main dans la Redoute, située
sur l'Eminence à laquelle les
Vénitiensavoient donné le
nom de Fort Saint Jean ,
depuis qu'elleavoit esté fauvéepar
la valeur des Chevaliers
; mais ces Infîdellesfurent
repoussez jusque dans
leurs Retranchemens par les
Troupes dur* Pape& de Venise&
ils trouverent une
semblable resistance en diverses
autres attaques, où
les Maltois eurent souvent
l'avantage de les voir süir,
aussi-tost que l'Etendard de
Saint Jean paroissoit; ces
Barbares criant hautement,
selon la coûtume qu'ils ont
de faire graud bruit en combattant,
que sans ce Bataillon
deMalte ilssçauroient bienvenir
nir à bout de ce qu'ils entreprenoient.
Les Assiegez pendant ce
temps là se défendoienttoûjours
avec beaucoup d'opiniatreté,
quoy qu'il y cust
une Bresche assez confide-
[
rable du costé de l'attaque
où estoient les Troupes de
; Malte, & que vers l'attaque
des Venitiens ont eût
préparé une mine de deux
cens Barils de poudre dont
on esperoit un fort grand efset.
Les nostres de leur part estoient dans l'impatience
de pouvoir donner l'assaut à
la Place; mais comme on
étoit certain que lesTurcs de
la Campagne qui s'estoient
grossisjusqu'au nombre de
prés de six mille hommes,
ne manqueroient pas d'insulter
les lignes dans le
temps qu'onmonteroit à la
brêche, on resolut de les prevenireux-
mesmesavant que
de rien tenter, & deles aller
attaquer jusque dans leurs
propres travaux.
C'est ce qui s'executa
avec tout le succez possibles
le7. jour d'Aoust. Les Troupes
estant sorties en bon
ordre de leurs lignes, les
Turcs en furent si épouvantez
qu'ils se mirent aussi-tost
> en desordre, & se laisserent
tailler en pieces sans faire
> que tres-peu de resistance.
) On gagna tous leurs Retranchemens
; on se rendit maître
de leur Batterie de quatre
pieces de Canon; on pilla
leur Camp; on leur prit un
nombre considerable deche-
^vauxj on les poussa encore bien loin dans laCampagne,
& on leur tua prés de mille
d'hommes. On ne perdit que
> deuy ou trois Soldats das toutes
nos Troupes, ôc pas utinx
seul du Bataillon de Malte
Un événement si extraordi..ib
naire fut pris avec raison
pour un coup de la main d<>b
Dieu, & on écrit que la ve~
neration qu'on avoit pour
la pieté du feu Commann.
deur de la Tour-Maubougue - faisoit dire dans toute l'Ar])
niée
,
quec'estoit sans dout
à ses prieres qu'on le devoit
attribuer.Une Barque qui est
depuisarrivée icy de
1
Patras
, dans la Moré*e,rapporteque
quelques Turcs s'estantfaut
vez du combat,y avoient
representé la déroute encore
plus grande que nous ne la
sçavons, & qu'ils avoient afsuré
que le Bacha de la Morée
y avoit esté tué, & que
son Armée s'estoit entierement
dissipée.
Le Capitaine General Morofini
fit sommer les Assiegez
aussi-tost après cette victoire
; mais ils répondirent
fierement qu'ils sçavoient
bien que leurs gensavoient
esté battus, mais qu'ils n'en
estoient pas moins resolus de
mourir tous plûtost que de
se rendre, ce qui fit qu'on
ne songea plus qu'a tenir la
mine preste pour donner un
assaut général.
Le onzième jour d'Aoust
fut assigné pour cela, & les
Troupes ayant pris leurs
postes pendant la nuit, on
fit jouer à la pointe du jour
la grande Mine de l'attaque
des Venitiens. Elle fit tout
l'effet qu'ils en avoient attendu,
ôc elle auroit pu donner
le moyen d'entrer dés
lors dans la Ville, si au lieu
de l'éprouverils ne s'estoient
pas contentez de faire um
logement sur la brèche.Cependant
aussi-tost que le
l, bruit de laMine se fûtfait
I entendre, les Troupes de
I Malte qui avoient la teste | de l'autre attaque, soutenuës
[ de celles du Pape, & de
! Brunsvick
,
gagnerent avec
vigueur le haut de la brê-
I che qui estoit ouverte depuis
t plusieurs jours, quoy que
I laccez en fût fort difficile;
I mais comme lesEnnemis
f avoient eu le temps de s'y | fortifier,ils'y forma un rude
I•combat, durant lequelles Chevaliers firent tout ce
t. qu'on se peut imaginer de
leur bravoure poufforcerles
Retranchemens, qui se trouvant
bien flanquez & garnis
de Canons & de Pierriers,
firent sur eux un feu si terrible
,
qu'il y en eut quatre
tuez sur la place
, avec le
Comte de Fenelon qui fervoit
en qualité de volontaire
avec eux, & plus de trente-
deux blessez. Le Chevalier
de la Barre Commandant
general du Bataillon,
fit paroistre toute la valeur
possible en cette dernière.
occasion.Il fut tres-bien fou-<
tenu par les Officiers du Pape
&de BrunsvicK
,
dont quelques-
uns furentaussi tuez ou
blessez; mais enfin voyant
qu'il y avait de l'impossibilitê
à surmonter tous ces
grands obstacles, on fut contraint
de se retirer.
Neantmoins
,
bien loin
que ce contre-temps rébutast
les Chevaliers, ayant reconnu
la grande ouverture que
la mine des Venitiens avoit
faite, ils se resolurent à recommencer
à une heure
aprésmidy, ôc àdonner un
nouvel assaut aux deux endroits
,mais avec plus de vigueur
à cette derniere brêche
qu'a l'autre. Toutyétoit
disposé lors que les Turcs s'êtant
apperçûs de ce dessèiny
desployerent tout d'un coup
une Baniere blanche en demandant
à capituler. Quatre
d'entre-eux s'avancerent ssir
la brèche proposant de se
rendre, pourveu qu on leur
accordait la liberré & la vie;
mais le Capitaine General
Morosini n'ayant voulu consentir
à rien qu'ils n'eussent
laissé les nostres maistres
d'un Tourillon qui assuroit
l'entrée de la Ville;le hazard
fit que pendant que cela se
- traitoit, denx Soldats Chrétiens
des plus avancez vers
la Place, se querellerent entr'eux,
& se tirerent nn cou p
?
de pistolet. La bandoliere
d'un autre prit feu dans le mesme temps. Les Turcs de
laVille croyant là dessus que
la Trêve estoit rompuë Se
qu'on nagissoit pas de bonne
foy avec les leurs, mirent
le feu à une piece de Canon
qui tua plusieurs des nostres;
il n'en salut pas davantage
1
pour faire aussi-tost réprendre
les armes. Les Chrétiens
ayant crié Trahison
,
enfoncerent
si brusquement le peu
, de Retranchemens que les Ennemis avoient
surla
Bréche,
que rien ne les put empescher
de se jetter dans la
Ville, où tout fut passé au fil
de l'épée, à la reserve de quelques
heureux,&de beaucoup
de Femmes&Enfans,leChevalicr
de la Barre ayant eu
mesmedela peine à garantir
de la fureur du Soldat les quatre
Turcs qui estoient venus
parlementer avec'luy.
Ainsi finit le Siege de Coron
, après quarante- sept
jours de Tranchéeouverte,
;' pendant lesquels l'Armée
! Clireftienne a eu à combattre
en deux endroits contre
(
des Ennemis puissans,surqui
Il elle a remporté une double viâoire, avec toute la gloire
! imaginable.Les Venitiens &
le Comte de Saint Paul
,
s'y
font acquis beaucoup d'honneur.
Le jeune Prince de
,: Brunfvich s'y est tout-à-fait
distingué avec ses Troupes.
Celles de Florence y ont
: donné des marques de leur
valeur julqua leur Rembarquement,
qui se fit quelques
jours avant la fin de ce Siege;
& il est aisé de juger quelle
est la part que le Bataillon
de Malte y a euë, avec les
TroupesduPape,quiluy ont
esté toujours unies.LeChevalier
de laBarre y a dignement
soûtenu par plusieurs belles
actions,la réputation que le
Commandeur de la Tour
s'étoit acquise. Tous lesChevaliers
s'y sont genereusement
sacrifiez pour l'interest
de la Foy, y ayant supporté
des fatigues incroyables, &
plusieurs d'entr'eux y ayant
répandu leur sang, comme
vous pouvezle voir par la Liste
que je vous envoye. J'y
ay marqué les diverses Langues
d'où ils sont.
NOMS DE e/}lESSIEVR.S
les Chevaliers, Morts &
blessez au Sieçede Coron.
FRANCOIS.
AUVERGNE. LE Commandeur de la
i
TourMaubourg, Ge
neral du Bataillon de Malte,
tué en l'occasion de la RedeU
e
De Creus, Volontaire, mm
.1 de maladie causéepar lesgrandesfatigues.
De MontchalinGarde Etendard,
blrfé.
Junius, ou Junior, Volontaire
,
b/efé.
,
Du Breüil, blesséd'uncoup de
Mousquet à la gorge, au dernierAssaut.
Goudras JJ , Sous - Lieutenant
de Grenadiers, blesé.
De Saillans d'Estans, Sous-
Lieutenant deGrenadiers,
blessé de deux coups de Adoufquet
à la cuisse.
De Corcin Mongon, Garde
Etendard, blessé d'un coup
de Mousquet à la main.
De Saint Pierre, blesséd'un coup
de mousquet à la main.
Du Pont, blessé en l'occasion de
la Redoute.
FRANCE.
De Tresmes-Gesvres,Volontaire,
mort deses liejjeuus
receuës en l'occasion de la Redoute.
De Bourgon,Volontaire.
mort aussi de ses blessures re -'
cenés en la mesme. occasion.
De Lire dela Bourdonnaye,
Volontaire, tue à ïA(faut.
Du Plessis Getté,
De la Brunetiere.
Freres,tous
deux morts
de maladiescausées par les
grandes fatigues.
Michon) Ayde-Major, tuéen toccasion de la Redoute.
De la Mothe, Volontaire,
morj de (es blesseures receuës
en l'occasion de la Redoute.
..DeBeaupré,Garde-Etendard,
Boindin, Volontaire,
Doria-Braflèule,f<?^trois blesfeK
dangereusementaudernier
Affdut.
De Bernieres, Sous-Lieutenant
de Brigadiers, blessé
d'uncoup de mousquet à 14
main.
De Reffuge,Capitaine, blessé.
De BraignyVolontaire,blessé.
DeSeffeval,Lieutenant,blessé.
De Brosias/Volontaire,blessé.
Des Aunois, Volontaire, bIefsé
d'un coup de mousquet à la
cuisse.
PROVENCE.
De Gaillard, Capitaine, mort
de ses bleseures receuës en l'occaston
de la Redoute.
De la Minoye, Volontaire, tué au dernier Assaut.
De Galean,Capitaine, Meslê
dangereusement dans la wf/L
me eccafîon.
Tondu, Volontaire, bIef;
dangereusement dans la mef
me octasion. V ij
JRoigne,Volontaire,blesséd'un
coup de mousquet à ta jambe.
Lescaillon, Volontaireblessé.
Descoulettes, ( blessé.
De Fanesin,Volontaire,blessé.
Caulet, blesé.
De Sade de Guieres, Lieutenant,
biefé.
De Cais, blessé.
Baron, Volontaire, blessé.
De Gramont,Aydede Camp,
blessé en L'occasion de la Redoute.
ITALIENS.
Le Comte de Vital, Volontaire,
tué dansla tranchée.
Citadelli l'aisné, Lieutenant,
tue dans le dernier Assaut.
Vicaris, Garde
-
Etendard r blessé dangereusement au dernier
j4jfeut.
Beccaria, Volontaire, blessé
dangereusement dans la mef
me occasion.
Carraccioli, Volontaire.,bler-
J
sé.
Pieuzaque, Volontaire, blessé
en l'occasion de la Redoute.
Perrussi, Volontaire,b pensinghi, Volontaire,blejp.
Spinola l'aisné, blefijé.
ESPAGNOLS.
CASTILLE.
Dom FélixVerra-terra, Lieti
tenant,tué dans le dernier
Ajiaut.
Dom Juan Melos, Lieutenant,
worf de maladiecausée
par les grandesfatigues.
Dom Juan de Barros, dange-
- reujement bieffé. Dora Juan Emanuel
,
Capi-
"J< taine,blessé.
JRRAGON.
Dom Emanuel de Cordoüa,
Capitaine, blejJé dangereusementaudernierAOàutd'un
coup de mousquet à la cuisse.
Dom IgnacioOurias. Il a eu
le coude cajpd'un coup de
c-
1-le Ca - mouflet au dernier AJfaurJ
& efl en d.tnver. - -
ALLEMAND.
Schesbelle
, ou Chaifeber,
Garde
-
Etendard, blessé.
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Résumé : Relation de ce que les Galeres & le Bataillon de Malte, ont fait au Siege de Coron dans la Morée, pendant la derniere Campagne de l'année 1685.
En 1687, le général Morosini reçut une lettre annonçant la prise de la place de Coron en Morée. Une flotte composée de galères de Malte, du pape, de Venise et du Grand Duc se dirigea vers le port de Dragoffire. Morosini décida de mettre le siège devant Coron plutôt que Modon en raison de la situation défavorable des alliés Maïnotes. Le 25 juillet, environ huit mille hommes, incluant des troupes vénitiennes, esclavones, des soldats du prince de Brunswick, un bataillon maltais, et des bataillons du pape et du grand duc, débarquèrent sans opposition. Les travaux de siège commencèrent le 26 juillet avec des escarmouches et la construction de batteries. Les Turcs, renforcés par le bacha de la Morée, installèrent des canons et lancèrent des attaques régulières, repoussées par les chrétiens. Ces derniers élevèrent une batterie de quatre pièces de canon et un mortier. Les Turcs, bien défendus par une garnison de 700 à 800 hommes et 80 pièces de canon, résistèrent efficacement. Les assiégeants préparèrent des mines pour ouvrir une brèche, mais celles-ci échouèrent initialement. Le 24 juillet, le bacha attaqua une redoute chrétienne, repoussé par une contre-attaque menée par le Commandeur de la Tour-Maubourg, qui fut tué. Le 30 juillet, une nouvelle attaque turque fut repoussée par les troupes du Pape et de Venise. Le 7 août, les troupes chrétiennes attaquèrent et capturèrent les retranchements et canons turcs. Après cette victoire, les assiégés refusèrent de se rendre, menant à la préparation d'un assaut général le 11 août. La mine des Vénitiens explosa avec succès, permettant aux Chevaliers de Malte, soutenus par les troupes du Pape et de Brunswick, de prendre d'assaut la brèche. Le siège dura quarante-sept jours, avec des pertes significatives parmi les forces chrétiennes, notamment le comte de Fénelon et le commandeur de la Tour Maubourg. Plusieurs unités militaires subirent des pertes et des blessures, incluant des soldats français, espagnols, et allemands.
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3
p. 166-172
Nouvelles d'Allemagne.
Début :
L'Armée de l'Empire s'est entierement separée ; partie [...]
Mots clefs :
Infanterie, Cavalerie, Escadron, Bataillon, Dragons
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Allemagne.
Nouvellesd'Allemagne.
L'Armée de l'Empiré
s'etf entièrement separée
;
partie des Troupes du Cercle
du Haut Rhin fontentrées
dans Landau & Philifbourg
; celles de l'Empereur
vont en Franconie
& en Bavière. On avoit
parlé dun détachement
pour leMilanez & delà en
Catalogne; mais il n'y a
- cncore rien de réfoin.
Mr leMarefchal de Bezons
a aussi separélarniéc
de France qu'il commandoit
; voicy la Lifte des
Lieux où ses Troupes vonc
en Quartier d'hyver. AWEYSSEMBOURG,
-
& le long des Lignes.
Les Regiments de Louville,
Condé, Perry, Roufset
, Plzençon, Peysac
Lachaud, S.Leger, un Bataillon
de Boucher, un de
Labour, Chevron, Maifonriers,
un de Berry.
A STRASBOURG.
Dauphin, Toulouse ;
Royal Artillerie4.Bataillons,
Royal Baviere, deux
Bataillons d'Enghien
, un
deBoucher, les Bombardiers
Duflyy la Fare tout
Infanterie ; la Cavalerie
consiste en Vaudemont , Dupuy, du Fief, un Escadron
de Forfat
, & partie
de Bretagne, Dragons.
A HAGUENAU.
Infanterie. Sourches;un
Bataillon) Daunay
,
Rohan.
Cavalerie. Rennepont
& les Houssàrds.
AU FORT LOUIS.
Infanterie. Blaisois; un
Bataillon d'Angoumois , Maumont,
MaumontCastelet, Murat,
Chalmazel
, Auxerrois,
Turbilly.
A SAVERNE.
Orleans, Infanterie, &
un Escadron dtHarcourt.
ABOUSSONVILLIERS
Rouvroy
>
Dragons.
A PHALSBOURG.
Un Escadron de Forfat.
A SAARLOUIS.
Froulay, Infanterie
S.Blimont, Cavalerie,,iz
partie de Bretagne.
A MOLSHEIM.
Un Escadron d'Harcourt.
A SCHLESTADT.
Monroques, Tavanes;
Infanterie, & Royal Cavalerie.
A COLMAR.
Rouergue Infanterie.
AUVIEUXBRISACK.
Tallart, Quercy
, un de
Toulouse, Boisset.
AU NEUF BRISACK.
Onze Compagnies détachées.
ABEFFORT.
Hocquart, Infanterie.
A ROUFFACK.
La Compagnie Connestable.
AHUNINGUE.
Brie) Orleanois
,
les
Cuirassiers
,
Mesire de
Camp General Dragons.
AREMBERVILLIERS.
Clermont, Cavalerie.
A DOLE.
S. Germain Beaupré.
A GRAI.
Chasteau Morant, Cavalerie.
A COLIGNI. 1
Montrevel, Cavalerie.
EN COMTES
Six Regiments de Cavalerie
qui font du Luc
d'Aubusson, Chepy, Paon,,
Bouzel
,
Marfillice.
EN SAVOYE.
Du Troncq
,
Bissy &
Languedoc, Dragons.
L'Armée de l'Empiré
s'etf entièrement separée
;
partie des Troupes du Cercle
du Haut Rhin fontentrées
dans Landau & Philifbourg
; celles de l'Empereur
vont en Franconie
& en Bavière. On avoit
parlé dun détachement
pour leMilanez & delà en
Catalogne; mais il n'y a
- cncore rien de réfoin.
Mr leMarefchal de Bezons
a aussi separélarniéc
de France qu'il commandoit
; voicy la Lifte des
Lieux où ses Troupes vonc
en Quartier d'hyver. AWEYSSEMBOURG,
-
& le long des Lignes.
Les Regiments de Louville,
Condé, Perry, Roufset
, Plzençon, Peysac
Lachaud, S.Leger, un Bataillon
de Boucher, un de
Labour, Chevron, Maifonriers,
un de Berry.
A STRASBOURG.
Dauphin, Toulouse ;
Royal Artillerie4.Bataillons,
Royal Baviere, deux
Bataillons d'Enghien
, un
deBoucher, les Bombardiers
Duflyy la Fare tout
Infanterie ; la Cavalerie
consiste en Vaudemont , Dupuy, du Fief, un Escadron
de Forfat
, & partie
de Bretagne, Dragons.
A HAGUENAU.
Infanterie. Sourches;un
Bataillon) Daunay
,
Rohan.
Cavalerie. Rennepont
& les Houssàrds.
AU FORT LOUIS.
Infanterie. Blaisois; un
Bataillon d'Angoumois , Maumont,
MaumontCastelet, Murat,
Chalmazel
, Auxerrois,
Turbilly.
A SAVERNE.
Orleans, Infanterie, &
un Escadron dtHarcourt.
ABOUSSONVILLIERS
Rouvroy
>
Dragons.
A PHALSBOURG.
Un Escadron de Forfat.
A SAARLOUIS.
Froulay, Infanterie
S.Blimont, Cavalerie,,iz
partie de Bretagne.
A MOLSHEIM.
Un Escadron d'Harcourt.
A SCHLESTADT.
Monroques, Tavanes;
Infanterie, & Royal Cavalerie.
A COLMAR.
Rouergue Infanterie.
AUVIEUXBRISACK.
Tallart, Quercy
, un de
Toulouse, Boisset.
AU NEUF BRISACK.
Onze Compagnies détachées.
ABEFFORT.
Hocquart, Infanterie.
A ROUFFACK.
La Compagnie Connestable.
AHUNINGUE.
Brie) Orleanois
,
les
Cuirassiers
,
Mesire de
Camp General Dragons.
AREMBERVILLIERS.
Clermont, Cavalerie.
A DOLE.
S. Germain Beaupré.
A GRAI.
Chasteau Morant, Cavalerie.
A COLIGNI. 1
Montrevel, Cavalerie.
EN COMTES
Six Regiments de Cavalerie
qui font du Luc
d'Aubusson, Chepy, Paon,,
Bouzel
,
Marfillice.
EN SAVOYE.
Du Troncq
,
Bissy &
Languedoc, Dragons.
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Résumé : Nouvelles d'Allemagne.
Le texte décrit des mouvements militaires en Allemagne et en France. L'armée de l'Empire s'est scindée : les troupes du Cercle du Haut Rhin ont pris Landau et Philisbourg, tandis que celles de l'Empereur se dirigent vers la Franconie et la Bavière. Un détachement vers Milan et la Catalogne a été envisagé, mais sans confirmation. Le maréchal de Bezons a également séparé les troupes françaises qu'il commandait. Les régiments français sont répartis pour l'hiver dans divers lieux. À Aweyssembourg et le long des lignes se trouvent les régiments de Louville, Condé, Perry, Rouffet, Plaisançon, Peysac, Lachaud, Saint-Leger, ainsi que des bataillons de Boucher, Labour, Chevron, Maîsonniers et Berry. À Strasbourg, les régiments incluent Dauphin, Toulouse, Royal Artillerie, Royal Bavière, Enghien, Boucher, les Bombardiers, Dufly et La Fare pour l'infanterie, et Vaudemont, Dupuy, du Fief, un escadron de Forzat et une partie de Bretagne pour la cavalerie. D'autres régiments sont stationnés à Haguenau, Fort Louis, Saverne, Bouxwiller, Phalsbourg, Saarlouis, Molsheim, Schlettstadt, Colmar, Vieux-Brisach, Neuf-Brisach, Abbefort, Rouffach, Huningue, Arembourg, Dole, Gray, Coligny, et dans divers comtés ainsi qu'en Savoie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 5-13
« Les letres du 25. portent que Mr le Marquis de Folleville [...] »
Début :
Les letres du 25. portent que Mr le Marquis de Folleville [...]
Mots clefs :
Troupes, Ennemis, Marquis, Bataillon
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texteReconnaissance textuelle : « Les letres du 25. portent que Mr le Marquis de Folleville [...] »
Les letres du 25. portent
que Mr le Marquis de Folleville
qui avoit apporté la
confirmation de la prise de
ce Chasteau,loüoitbeaucoup
Mr de Matamoros,
Capitaine d'Artillerie, à
l'industrie duquel on devoit
la reduction de ce poste important;
que le Prince de
Santo-Buono, cy-devant
Ambassadeur d'Espagne à
Venise
,
avoir eu la Viceroyauté
du Perou, pour le
recompenser de ses services
& de la fidélité qu'il a toujours
gardée à son legitime
Souverain, nonobstant les
grands biens qu'il possedoit
au Royaume de Naples, &
qui ont esté confisquez.
Celles du Camp de Calaf
du 19.disent que le 16.
Mr de Vendosme partit de
Cervera avec les troupes
Espagnoles pour aller camper
à Tarosa &: ocuper le
poste de Calaf;que le même
jour les troupes Françoises
qui étoient à Agramunt,
commandées par Monsieur
le Marquis de Guerchy
arriverent à une lieuë du
Camp; que le lendemain
17. Mr de Vendosme fie
partir tous les Dragons à la
pointe du jour & qu'il les
suivit vers les sept heures
avec la Cavalerie; que Mr
le Chevalier de Croix qui
les commandoit, étant arrivé
aux hauteurs de Saint
Martin, envoya avertir ce
Prince que l'Armée ennemie
paroissoit sortir des défilezde
Capons; qu'il partit
incontinent pour l'aller joindre
après avoir envoyé ordre
à Mr le Marquis de Laver
qui étoit à la teste de la
colonne de l'Infanterie Espagnole
,
d'avancer en
grande diligence, & à la
Cavaler ie de marcher demesme.
Mais que dés que
les ennemis s'aperceurent
que l'on marchoit à eux, ils
reculerent,& après avoir
passe leruisseau de Pratz del
Rey, ils mirent leur droite
au Bourgdu même nom,
qui efl; fermé de bonnes murailles
, &, leur gauche au
Moulin de Montferrat,entouré
aussi d'une muraille
fort épaisse
, & le gros de
leur Armée de l'autre côtéde
la haureur.
Que Monsieur de Vendosme
mit la droite de la
sienne sur la hauteur du
Moulin,& la gauche sur cek
le de Prats del Rey. Qu'il fie
ensuitedresser des Batteries
qui incommoderent beaucoup
les Ennemis, & fit
avancer les Troupes pour
chasser ceux qui bordoient
le ruisseau
,
& dont plus de
cinq cens furent tuez; que
le 18. les ennemis tenrerent
de s'emparer du ruisseau;
que pour cet effet ils firent
avancer quatre Bataillons
Anglois contre deux Compagnies
des Gardes Walones
qui le gardoient,&qui
tinrent ferme, jusqu'à ce
que Monsieur de Vendosme
ayant fait marcher la
Brigade entiere, les ennemis
furent obligez de se retirer
en desordre après avoir
perdu plusde cent hommes;
que lesennemis estoient fore
- incommodez sur les - bau..
teurs qu'ils occupoient,
n'ayant point d'Artillerie
pouropposer à celle de
Monsieur de Vendosme
, la difficulté des Montagnes
ne leur permettant pas d'y
en conduire, & parce que
Monsieur de Vendosme occupant
le poste de Calafoù
il a établisonQuartier,ils
ne peuvent plus tirer des
Montagnes les provisions
qu'ils en tiroient.
Les Lettres deCadizconfirment
que la charge des
quatorze Navires Anglois
& Hollandois qui y ont
esté conduits par six Armateurs
François,est estimée
plus de trois millions;
que ces Prises ont elle faites
prés de l'embouchuredu
Tage sur une Flotte de
cinquante - deux Vaisseaux ,»
& que les autres s'estant
écartez avoient donné à
la Coste
,
où ils estoient
pétis avec leurs Charges;
qu'il y en avoit plusieurs
chargez de bled
, qui est à
un prix excessifen Portugal;
& que le bruit qui avoit
couru que toutes les Troupes
Angloises qui sont dans
ce Royaume passoient en
Catalogne ,ne s estoit pas
trouvé veritable, n'y ayant
eu que deux Bataillons fort
foibles qui s'estoientembarquez
pour aller remplacer
les Troupes de la Garniton
de Gibraltar qui avoient
deferté.
que Mr le Marquis de Folleville
qui avoit apporté la
confirmation de la prise de
ce Chasteau,loüoitbeaucoup
Mr de Matamoros,
Capitaine d'Artillerie, à
l'industrie duquel on devoit
la reduction de ce poste important;
que le Prince de
Santo-Buono, cy-devant
Ambassadeur d'Espagne à
Venise
,
avoir eu la Viceroyauté
du Perou, pour le
recompenser de ses services
& de la fidélité qu'il a toujours
gardée à son legitime
Souverain, nonobstant les
grands biens qu'il possedoit
au Royaume de Naples, &
qui ont esté confisquez.
Celles du Camp de Calaf
du 19.disent que le 16.
Mr de Vendosme partit de
Cervera avec les troupes
Espagnoles pour aller camper
à Tarosa &: ocuper le
poste de Calaf;que le même
jour les troupes Françoises
qui étoient à Agramunt,
commandées par Monsieur
le Marquis de Guerchy
arriverent à une lieuë du
Camp; que le lendemain
17. Mr de Vendosme fie
partir tous les Dragons à la
pointe du jour & qu'il les
suivit vers les sept heures
avec la Cavalerie; que Mr
le Chevalier de Croix qui
les commandoit, étant arrivé
aux hauteurs de Saint
Martin, envoya avertir ce
Prince que l'Armée ennemie
paroissoit sortir des défilezde
Capons; qu'il partit
incontinent pour l'aller joindre
après avoir envoyé ordre
à Mr le Marquis de Laver
qui étoit à la teste de la
colonne de l'Infanterie Espagnole
,
d'avancer en
grande diligence, & à la
Cavaler ie de marcher demesme.
Mais que dés que
les ennemis s'aperceurent
que l'on marchoit à eux, ils
reculerent,& après avoir
passe leruisseau de Pratz del
Rey, ils mirent leur droite
au Bourgdu même nom,
qui efl; fermé de bonnes murailles
, &, leur gauche au
Moulin de Montferrat,entouré
aussi d'une muraille
fort épaisse
, & le gros de
leur Armée de l'autre côtéde
la haureur.
Que Monsieur de Vendosme
mit la droite de la
sienne sur la hauteur du
Moulin,& la gauche sur cek
le de Prats del Rey. Qu'il fie
ensuitedresser des Batteries
qui incommoderent beaucoup
les Ennemis, & fit
avancer les Troupes pour
chasser ceux qui bordoient
le ruisseau
,
& dont plus de
cinq cens furent tuez; que
le 18. les ennemis tenrerent
de s'emparer du ruisseau;
que pour cet effet ils firent
avancer quatre Bataillons
Anglois contre deux Compagnies
des Gardes Walones
qui le gardoient,&qui
tinrent ferme, jusqu'à ce
que Monsieur de Vendosme
ayant fait marcher la
Brigade entiere, les ennemis
furent obligez de se retirer
en desordre après avoir
perdu plusde cent hommes;
que lesennemis estoient fore
- incommodez sur les - bau..
teurs qu'ils occupoient,
n'ayant point d'Artillerie
pouropposer à celle de
Monsieur de Vendosme
, la difficulté des Montagnes
ne leur permettant pas d'y
en conduire, & parce que
Monsieur de Vendosme occupant
le poste de Calafoù
il a établisonQuartier,ils
ne peuvent plus tirer des
Montagnes les provisions
qu'ils en tiroient.
Les Lettres deCadizconfirment
que la charge des
quatorze Navires Anglois
& Hollandois qui y ont
esté conduits par six Armateurs
François,est estimée
plus de trois millions;
que ces Prises ont elle faites
prés de l'embouchuredu
Tage sur une Flotte de
cinquante - deux Vaisseaux ,»
& que les autres s'estant
écartez avoient donné à
la Coste
,
où ils estoient
pétis avec leurs Charges;
qu'il y en avoit plusieurs
chargez de bled
, qui est à
un prix excessifen Portugal;
& que le bruit qui avoit
couru que toutes les Troupes
Angloises qui sont dans
ce Royaume passoient en
Catalogne ,ne s estoit pas
trouvé veritable, n'y ayant
eu que deux Bataillons fort
foibles qui s'estoientembarquez
pour aller remplacer
les Troupes de la Garniton
de Gibraltar qui avoient
deferté.
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Résumé : « Les letres du 25. portent que Mr le Marquis de Folleville [...] »
Les lettres du 25 mentionnent la prise d'un château par le Marquis de Folleville, qui a salué le rôle crucial du Capitaine d'Artillerie Monsieur de Matamoros. Le Prince de Santo-Buono, ancien Ambassadeur d'Espagne à Venise, a été nommé Vice-roi du Pérou pour sa fidélité à son souverain, malgré la confiscation de ses biens au Royaume de Naples. Les lettres du camp de Calaf, datées du 19, rapportent que Monsieur de Vendosme a quitté Cervera avec les troupes espagnoles pour camper à Tarosa et occuper le poste de Calaf. Les troupes françaises, commandées par le Marquis de Guerchy, se sont approchées du camp. Le 17, Monsieur de Vendosme a envoyé les Dragons à l'aube, suivis par la cavalerie. Les ennemis, apercevant l'avancée des troupes, se sont retirés après avoir traversé le ruisseau de Pratz del Rey. Monsieur de Vendosme a positionné ses troupes sur les hauteurs et a dressé des batteries, tuant plus de cinq cents ennemis. Le 18, les ennemis ont tenté de reprendre le ruisseau mais ont été repoussés après avoir perdu plus de cent hommes. Les lettres de Cadix confirment la capture de quatorze navires anglo-hollandais par des armateurs français, estimée à plus de trois millions, près de l'embouchure du Tage. Plusieurs navires étaient chargés de blé. Contrairement aux rumeurs, seules deux faibles bataillons anglais se sont embarqués pour Gibraltar, et non pour la Catalogne.
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5
p. 52-90
NOUVELLES de divers endroits.
Début :
De Venise le 14. Novembre. On a fait icy pendant [...]
Mots clefs :
Ambassadeurs, Bataillon, Madrid, Courtrai, Arras, La Haye, Fort-Louis, Bayonne, Huningue, Milan, Naples, Angleterre, Grenoble, Gênes, Rome, Londres, Paix, Lisbonne, Venise, Cadix, Vaisseaux, Deuil, Guerre
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES de divers endroits.
NOUVELLES
de divers endroits.
De Venise le 14. Novembre,
On a fait icy pendant
trois jours des Prieres publiques
dans les Eglisesde
S. Marc, & de S. Roch,
avec l'Exposition du Saine
Sacrement, pour demander
à Dieu qu'illuy plaise faire
cesser le lféau dela mortalité
sur les Bestiaux qui continue
avec une grande violence.
-
Tous les Corps & toutes les
Communautez ont ercé en
Procession à ces Eglises,
; pendant ces trois jours,
durant lesquels les assemblées
particulieres ont elle
dessendues
)
& les Theatres
fermez. Cette maladie s'est
communiquée dans le Mantoüan,
dans la Stirie, &dans
la Carinthie,oùelle fait de
grands ravages.
De Milan le 11. Novembre,
Les Ambassadeurs de Venise
eurent le 7. Audiancc
de l'Archiduc. Le Comte
Antonio Rainoldi alla les
prendre au CollegeHelvetique
où ils étoient logez,
avec un Carrosse à quatre
Chevaux. Ils étoient en habit
de deüil, ainsi que toute
leur Livrée; mais les jours
suivants, ils parurent vêrus
magnifiquement,ainsi que
toote leur suite.
Le 8. le Cardinal Impenalc
Legat à Latere , envo yé
par le Pape pour complimenter
ce Prince, fit son
entréepublique. Le Comte
Rainoldi alla le prendreavec
plusieurs Carrosses à six
Chevaux au Monastere de
Castellazzo,&leconduisit
jusqu'au dehors de la Porte
Romaine où s'etant mis
sous un Dais, il donna la
Benediction au Clergé.
L'Archiduc arriva ensuite,
& après des compliments
reciproques,ils monterent àcheval
, & entrerent dans
laVille. LeClergéseculier
& regulier commençoit la
marche; les Gardes à pied
& à cheval marchoient ensuite;
puis vingt- quatre
Mulets du Legat avec de
riches couvertures,ungrand
Carrosse, & une Litiere;
douze Estafiers de l'Archiduc,
avec chacun un cheval
de main; les Valets de
Chambre du Legat avec
deux Masses; les Principaux
de sa fuite à cheval, ses
Estafiers vestus de sa livrée:
ceux de l'Archiduc étoient
en deüil. Ce Prince étoit
fous un Dais de Toiled'or
ayant le Legat à sa gauche.
Pluficurs Seigneursmarchoient
devant eux & ils
étoient suivis de douze
Evesques ouPrelats àcheval.
Le Senat venoit ensuite,
suivi des Tribunaux & des
soixante Decurions de la
Ville. Ils arriverent en cet
ordre devant l'Eglise Metropolitaine;
mais L'Archiduc
n'y entra pas, & il alla
droit au Palais. Le Legat y
entra, & fut reçu par
le
Cardinal Archinto qui en
est Archevesque;il fut ensuite
conduit au Palais dans
un Carrosse à six chevaux, ÔC
de-là au logement qui luy
avoitesté pre paré. Le lendemain
il rendit encore visite
à l'Archiduc qui le reçut à
la seconde Anti -chambre,
& le reconduisitjusqu'à la
troisiéme.
Les Ambassadeurs de la
Republique de Genes, firent
aussi leur Entrée le mesme
jour; & curent Audiance;
& le lendemain matin 10.
ceux de la Republique de
Lucques eurent aussi Audiance
, & l'aprésdînée du
mesme jour l'Archiduc
partit puur aller coucher à
Lodi.
DeLisbone le 9.Novembre.
La nouvelle qui s'étoir
répanduë depuis huit jours
que laPaix se traitoit en AnJgleterre,
a été confirmée par
un Exprés dépeché par nôtre
Ambassadeur en cette:
Cour là, qui a apporté les
Préliminaires. Le Comte do
Portmore , a reçu ordre do
remener en Angleterre les
Troupes de cette Couronne,
excepté deux Bataillons
pour remplacer les Soldats
qui manquent à la Garnison,
de Gibraltar ; sept Vaisseaux
de guerre Ancrloisqui
toient dans nostre Port, en
partirent hier pour retourneren
Angleterre. Le pain
est toujours très -
cher icy,
&on estfort en peine des
Bâtimens qui sont allez charger
des grains en Barbarie.
De Naples le 10 Novembre.
Le 3. de ce moison commença
les réjoüissances publiques
, pour l'Elcction de
Archiduc à l'Empire. Elles
levoient durer trois jours;
nais le foir du troisiémeà
ine demi- heure de nuit,il
omba une si grande pluye
qu'elle éteignit toutes les iluminations,
gasta les Tenures
qui étoient en plusieurs
endroits, & trempa tellenent
les Artifices,qu'ayant
econnu le lendemain qu'ils
le pourroient plus servir
)nIes abandonna , au pillage
tinÍi que toutes les Machines.
Le Vice-Roy qui dévoit
aller ce foir
-
là visiter les
Feux d'Artifice, préparez
sur la Mer avec de grandes
Machines chargées de
fruits
,
donna unBal dans
le Salon duPalais,pour supléer
à l'execution de ces
grands préparatifs, qu'on
renouvellera après le Couronnement.
Le S. il fitchanter
le Te Deurn dans l'Eglise
du grand Convent des,
Dominicains ,& il y tint
Chapelle; pendant laquelle
l'Infanterie Allemande qui
étoit dans la Place fit trois
décharges de Mousqueterie,
& les Canonniers des !
Chasteaux
,
firent trois salves
de toute l'Artillerie. Il
le fie chanter hier dans l'Eg'ife
des Theatins,&doit de
main le faire chanterdans
celle de la MaisonProfesse
des Jesuites,
De Cadiz le 12.Novembre.
Des Armateurs François
amenèrent avant-hier icy
trois Vaisseaux Hollandois.
qui venoient du Levant. Ils
sont chargez de Soye
,
de
Cottonfilé, deCaffé&d'autres
riches Marchandises,
letout estimé prés d'uai
million.
¡Une: FrégateFrançoise
ayant attaqué sur les costes
de Galice, un Vaisseau de
Guerre Portugais,montede
60.pieces de canon, étoit
sur le point de s'en emparer
après quatre heures de combat,
lors que le feu ayant
pris au Vaisseau, il sauta en
l'air avec tout l'Equipage,
dont on ne put sauver que
trois personnes.
Ilest encore venu quarante
sept Deserteurs de Gibraltar
)
presque tous Hollandois
,& qui continuent.
de dire que laGarnison n'est
point payée, & que les vivres
y sont à untrès- haut
prix.
De Rome le 14. Novembre,
Le trois de ce mois, la
Marquise de Prié
, comme
Ambassadrice de la Cour
de Vienne, quitta le deüil
& reçue les compliments sur
l'Election de l'Archiduc à
l'Empire. Il y eut le foir une
grande Assemblée chez elle
où se touverent la Connéta
ble Colonne,Dona Maria
Bernardina
,
les Neveux du
Pape,l'Envoyé de Portugal,
& plusîeurs autres -Perronnes
distinguées
: Le Prince
d'Avellino
,
avoit mandé à
ses principaux Domestiques
de donner part aux Cardinaux
de l'Election de l'Archiduc,
& de faire des illuminations
pendant rTois1
soirs ; mais les Maistres desj
Ceremonies ayant reprefenté
qu'il étoit contre l'ordre i
qu'il se fie fous les yeux dirr
Pape,desréjoüissances pour
une nouvelle dont on n.1avoit
point donné part à Sa|
Sainteté
>
ces
réjouifTanccsjji
ont elle differées.
110 ",
De Venise le zi. Novembre.
L'Archiducayant passéle
14. à Bussolengo
,
sur les
Frontières de l'EtatVenitien
sur sa route de Milan à Inspruch
,
les Procurateurs Pisani
& da-Lezze,Ambassadeurs
Extraordinaires de la
République,le complimencerent.
Ce Prince futconduit
au Palais qui luy avoit
été prepare; & qui étoit
magnifiquement meublé & -
illuminé,&où il trouva une
garde de deuxmille Cava -
liers ou Dragons tous habillez
de neuf Le lendemain les
Ambassadeurs luy presenterent
un Régale de Cire
,
de
Miroirs, de Crstaux, de
Confitures, &de plusieurs
autres choses galantes: On
luy servit un repas magnifi.
que après lequel il alla à Roveredo,
accompagné par les
mêmes Ambassadeurs, &
pardeuxmille Cavaliers
ou Dragons,quine le quitterent
que sur les Frontières
du Trentin. Ce Prince fie
present aux Ambassadeurs
de chacun une Boeste à portrait,
garnies de pierreries , D
& estimées nulle Pisto- les.
DtLjhonne le 13.Novembre
On esticy dans de grandes
inquiétudes, sur l'avis qu'on
a eu , que Mr du Gué-
Troüin,avoit. débarqué des
Troupes aux lsles du Cap
Vert ; & qu'érant entrée
dans la Baye de Tous -
les,.
Saints,il avoi t pillé la Ville
de San Salvador, Capitale
du Brésil
,
ainsiqu'unautre
Port, où il avoitbrûlé tous
les Vaisseaux qui y étoient.
De Londres le 24. Novembre.
Mr l'Evêque de Bristo,
Garde du Sceau Privé se prépare
à partir pour la Hollande
en qualitéd'Ambassadeur-
Pîenipotentaire pour
les Négociations de la Paix,
que tous les Pcules des trois.
Royaumes souhaitoient
avec tant d'empressement ;
qu'il avoit esté resolu en
plusieurs endroits de pre- 1
senter des Adresses à la Reine
pour la supliet de la con- 1 clure aux conditions qu'El- j
le & sonConseil jugeroienc
à propos; mais on s'en est
abstenu de crainte qu'il ne
parust qu'on voudroit donner
atteinte au pouvoirabsolu
qu'a le Souverain defaire
la Paix & la Guerre, quand
illuy plaist.
¡ Trois cens prisonniers
François ont été transportezà
Calais
, pour estre
échangez.
La Foudre étant tombée
la nuit du 16. au 17. sur l'EglisedeSouthwel
,
dansle
Comté de Nottingham.
).'
cette Eglise aété brûlée 3-
vec l'Ecole quien étoit prdche,&
les Cloches fonduës.
DupremierDécembre.
Le 25. Novembre il arriva
un Courrier du Comte
de Strafford, qui apporta le
consentement des Etats Géncraux
pour traiter de la
Paix sur le pied des Prelimi
mires,&les Passeports pour
les Ambassadeurs du Roy ]
Tres -
Chrestien. Outre les
vingt - cinq gros Vaifleatffc-«
de guerre qui ont été desarmez,
on en desarme encore
plusieurs autres.
Le28. jour de la naissance
de la Reine Elisabeth
, auquel
le menupeupleavoit
coutume, avant le regne de
JacquesII. de célebrer la
memoire de cette Princesse
en brulant l'Effigiedu Pape,
&celles de plusieurs Cardinaux
& Religieux,je Conseil
fut averti que quelques mal
intentionnez
,
avoient fait
faire secrettement de grands
préparatifs, dans le dessein
de causer quelque tulmute.
On envoya des Huissiers,
avec un Détachement de
Grenadiers commandé par
un Officier
,
dans l'endroit
qu'un avoit indiqué, & ils y
trouverent une figure du
Pape,avec plusicurs autres
de Cardinaux,& Religieux,
& même du Diable dans un
Chariot, qui fut brisé ainsi
que toutes les Figures. Le
foir du mêmejour,&la nuit
suivante on fit prendre les
armesaux Milices, qui firent
des patroüilles dans les ruës;
mais il ne se passa pas J:
moindre désordre.
De Cents le 26. Novembre.
Monsieur le Marquis de
Monteleon
,
Ambassadeur
d'Espagne ayant reçû ordre
de se rendre à Madrid pour
y recevoir ses instructions
sur les Congrez de la Paix
ausquels il doit assister
, en
qualité de Plenipotentiaire,
prit hier son Audiance de
de congé du Sénat.
Les Gx mille Allemands
qui s'étoient avancez sur
nôtre Frontiere pour y prendredesQuartiers
d'hiver,
marchent dans le Mantoüan
où ils occuperont les Quartiers
qui étoient destinez
aux Troupes. de BranSebourg
qui retournent en
Allemagne,
Il est entré h1uit mille-
Allemands sur lesTerres du
Grand DucOU\ il prennent
des Quartiers, ce Prince ayant
refusé de fournir aux
Commissaires Impériaux
les huit cens mille livres que
l'Archiduc luy avoit fais
demander,
De Grenoble30.Novembre.
Il parut il y a quelques
jours de ce costé. cy un gros
party delaGarnisondeSuze
qui étoit venu par Exiles.
Aussi tost qu'on en eut avis
on fit sortir trente Dragons
avec chacun un fantassin en
croupe: Ils trouverent les
Ennemis qui rafraichifsoient
dans un Village;Les
Fantassins yentrerent criant
qui vive, & au premier feu
que nos gens firent sur eux,
ils se retirerent. Les Dragons
qui les observoient les poursuivirent
& mirent en désordre
; cinq furent tuez &
trente cinq faits prisonnires.
De Huninguele 4. Decembre,
Nôtre garnisona faitune
course dans la Forest Noire
sans aucune oppoficion
,
&
a ramené un gros butin.
Les Lettres de Hombourg
,
portent que soixante Husfars
ennemis étant entrez
dans le Pays, avoient commencé
à piller & brûler;
mais quedesDétachemens
de certe Place & de Saar
sa Loüis, ayant été à leur poucsuite,
les avoient battus;
& repris le butin qu'ils
avoient fait.
De Bayone le 4. Décembre.
Il y a presentement icy
18 Bastimens Anglois qui
ont apporté diverses Marchandées
pour les vendre,
& ensuite chargerdes Vins
& des Eaux
-
de- vie.
Une Fregate du Roy de
34. canons a pris un Flessingois
de 32. canons & de
150. hommes d'équipage ,
dont plus de 60ont été tuez
dans le combat qui a duré
cinq heures.
Des Lettres de Gibraltar
du 20. du passé portent que
la disette y étoit si grande
que le Commandant de la
Place étoit obligé de tenir
les Portes fermées pour
empêcher la desertion:que
quatreBastimens Portugais
étant entrez dans la Baye
pour se mettre à couvert
d'un gros temps qui auroit
pû les jetter sur les costes
de Barbarie, on leur avoir
fait décharger le grains qu'ils
avoient à leur bord
, de
remboursé l'argent qu'il
leur avoit couité.
On a aussiappris que les
Maures qui sont devant
Ceuta ayant voulu emporter
parEscalade le Bastion de
S. Pierre avoient esté vivementrepoussezjusques
dans
leur Camp avec perte de
plusde 1200 hommes; &
qu'il écoit arrivé de Carthagene
à cette Place, un tenfort
de 400. hommes &
beaucoup de munitions de
guerre & de bouche.
," Du Fort-Louis le10.
DéCembrr.P
;
Le Commandant de
Lauterbourg ayant eu avis
que le 6. au foir il devoit
sortir un Bataillon de Philisbourg
pour aller a Landau
,envoya un party de
Dragons & de Grenadiers
xjui se porterent sur le chemin
en des lieux couverts.
Les Ennemisétant tombez
dans l'Embuscade, furent
envelopez; le Commandant
fut tué avec plusieurs Soldats,
& le reste pris. Ce
bataillon étoit des Troupes
de Souabe & de Franconie,
& alloit relever un autre
bataillon des mêmes Trou- pesquiestàLandau.?
De la Haye le 8. Décembre9
Le Courier que le Comte
de Goes, Envoyéde la
Cour de Vienne avoit dé*
pêche à Milan pour porter àl'Archiducles Préliminairesde
la Paix, en revint le
2.1 Novembre. Il apporta
uneLettre par laquelle cc
Prince prie les Etats Gcné-.,
raux de n'avoir point d'égard
à ces Preliminaires,
qu'il les avoir rejettez, &
qu'il protestoit contre
toutes les Assemblées&les
Negotiations qu'on pouroit
faire sur cesujet.
On a appris depuis que ce
Prince persiste dans la résolution
de ne point envoyer
de Plenipotentiaires pour
traiter de la Paix sur le pied
des Preliminaires.
Hier le Comte de Strafr!
ford
,
Ambassadeur Plenipotentiaire
d'Angleterre
communiqua aux Ministres
detous les Alliez dans une
Assemblée que l'on tint exprés,
que la Reine sa Maitrciïc
avoit nommé la Ville
d'Utrecht pour le lieu où se
tiendroient les Conferences
pour laPaix, & que l'ouverture
s'en feroit le 12, Janvier
prochain. Il remit enfuite
à chacun de ces Ministres
une Lettre de la Reine
de la Grande Bretagne
qu'elle écrivoit à leurs Maîtres
pour les inviter à y envoyer
leurs Plénipotentiaires..
D'Arras le ii. Décembre.
Monsieur le Marechal de
Montcfquiau, partit d'icy
avanthier avec la plus grande
partie de notre Garnison
pour se mettre à la teste
d'un Darachemem de trois
cens hommes par bataillon,
& de centhommes parRe- -
giment de Cavalerie & de
Dragons de. toutes lcs.,
Troupes qui sont depuis la
Meuse juiqu'àla Mer. Leur
rendez vous étoit le long de
la Scarpe depuis Douay
jusqu'à Mortagne, & le
long du Canal & de la Deule,
Ces Troupes n'ont point de
bagages, & n'ont porté des
vivres que pour quatre
jours, & des outils à remues
laterre; elles travaillent à
combler le canal en quelques
endroits, à rüiner les
Ponts, les Ecluses & les Digues
de cemême Canal
,
de
la Scarpe, & de la Deule
afin d'ôter , aux Ennemisle
moyen d'établir leurs Magasins
de vivres & de munitions
à Douay pour la Canv»
pagne prochaine,ainsi quils
l'avoient projetté.
Pendant qu'une partie de
ce gros Détachement commençoitces
travaux, Mr de
Goëbriant marchoit à la
petiteVille deLillers, où les
Ennemis avoient cinq cens
hommes qui ont esté faits
prisonniers; &les Fortifications
qu'ils y avoient faites
ont esté démolies.
De Courtray le 18. Decembre.
Un Parti de cènehommes
de la garnisond'Ipres
ayant rencontréplusieurs
Détachements de cinq Rements,
lesadéfaits l'unaprés
l'autre
,
& en a fait la plus
part prisonniers.
Le mêmejoursoixante
Hussards, furent surpris la
nuit dans un Village à deux
lieuës de Cologne
) par un
party de trente Fantassins
François qui leur enleverent
trente chevaux,
A Madrid le 3. Décembre.
Le Conséil envoyaVeridredy
dernier des instructions
aux Plénipotentiaires
qui doivent partir incessamment
pour les Conferences
de la Paix Le Roya donné
la Charge de President du
Conseil de Guerre à Mr
le Marquis de Bedmar : Les
Lettres de Malaga portent
qu'il y étoit arrivé un Bastinient
venant de Gibraltar
où il y avoit quatre - vingt
six Soldats de la Garnison ;
de cettePlace, qui ayant
monté de nuit dans ce Vais-
-
seau obligerent lesMatelots
f de mettre à la voile, aprést
avoir eux mêmes coupé les f
cables *>
de divers endroits.
De Venise le 14. Novembre,
On a fait icy pendant
trois jours des Prieres publiques
dans les Eglisesde
S. Marc, & de S. Roch,
avec l'Exposition du Saine
Sacrement, pour demander
à Dieu qu'illuy plaise faire
cesser le lféau dela mortalité
sur les Bestiaux qui continue
avec une grande violence.
-
Tous les Corps & toutes les
Communautez ont ercé en
Procession à ces Eglises,
; pendant ces trois jours,
durant lesquels les assemblées
particulieres ont elle
dessendues
)
& les Theatres
fermez. Cette maladie s'est
communiquée dans le Mantoüan,
dans la Stirie, &dans
la Carinthie,oùelle fait de
grands ravages.
De Milan le 11. Novembre,
Les Ambassadeurs de Venise
eurent le 7. Audiancc
de l'Archiduc. Le Comte
Antonio Rainoldi alla les
prendre au CollegeHelvetique
où ils étoient logez,
avec un Carrosse à quatre
Chevaux. Ils étoient en habit
de deüil, ainsi que toute
leur Livrée; mais les jours
suivants, ils parurent vêrus
magnifiquement,ainsi que
toote leur suite.
Le 8. le Cardinal Impenalc
Legat à Latere , envo yé
par le Pape pour complimenter
ce Prince, fit son
entréepublique. Le Comte
Rainoldi alla le prendreavec
plusieurs Carrosses à six
Chevaux au Monastere de
Castellazzo,&leconduisit
jusqu'au dehors de la Porte
Romaine où s'etant mis
sous un Dais, il donna la
Benediction au Clergé.
L'Archiduc arriva ensuite,
& après des compliments
reciproques,ils monterent àcheval
, & entrerent dans
laVille. LeClergéseculier
& regulier commençoit la
marche; les Gardes à pied
& à cheval marchoient ensuite;
puis vingt- quatre
Mulets du Legat avec de
riches couvertures,ungrand
Carrosse, & une Litiere;
douze Estafiers de l'Archiduc,
avec chacun un cheval
de main; les Valets de
Chambre du Legat avec
deux Masses; les Principaux
de sa fuite à cheval, ses
Estafiers vestus de sa livrée:
ceux de l'Archiduc étoient
en deüil. Ce Prince étoit
fous un Dais de Toiled'or
ayant le Legat à sa gauche.
Pluficurs Seigneursmarchoient
devant eux & ils
étoient suivis de douze
Evesques ouPrelats àcheval.
Le Senat venoit ensuite,
suivi des Tribunaux & des
soixante Decurions de la
Ville. Ils arriverent en cet
ordre devant l'Eglise Metropolitaine;
mais L'Archiduc
n'y entra pas, & il alla
droit au Palais. Le Legat y
entra, & fut reçu par
le
Cardinal Archinto qui en
est Archevesque;il fut ensuite
conduit au Palais dans
un Carrosse à six chevaux, ÔC
de-là au logement qui luy
avoitesté pre paré. Le lendemain
il rendit encore visite
à l'Archiduc qui le reçut à
la seconde Anti -chambre,
& le reconduisitjusqu'à la
troisiéme.
Les Ambassadeurs de la
Republique de Genes, firent
aussi leur Entrée le mesme
jour; & curent Audiance;
& le lendemain matin 10.
ceux de la Republique de
Lucques eurent aussi Audiance
, & l'aprésdînée du
mesme jour l'Archiduc
partit puur aller coucher à
Lodi.
DeLisbone le 9.Novembre.
La nouvelle qui s'étoir
répanduë depuis huit jours
que laPaix se traitoit en AnJgleterre,
a été confirmée par
un Exprés dépeché par nôtre
Ambassadeur en cette:
Cour là, qui a apporté les
Préliminaires. Le Comte do
Portmore , a reçu ordre do
remener en Angleterre les
Troupes de cette Couronne,
excepté deux Bataillons
pour remplacer les Soldats
qui manquent à la Garnison,
de Gibraltar ; sept Vaisseaux
de guerre Ancrloisqui
toient dans nostre Port, en
partirent hier pour retourneren
Angleterre. Le pain
est toujours très -
cher icy,
&on estfort en peine des
Bâtimens qui sont allez charger
des grains en Barbarie.
De Naples le 10 Novembre.
Le 3. de ce moison commença
les réjoüissances publiques
, pour l'Elcction de
Archiduc à l'Empire. Elles
levoient durer trois jours;
nais le foir du troisiémeà
ine demi- heure de nuit,il
omba une si grande pluye
qu'elle éteignit toutes les iluminations,
gasta les Tenures
qui étoient en plusieurs
endroits, & trempa tellenent
les Artifices,qu'ayant
econnu le lendemain qu'ils
le pourroient plus servir
)nIes abandonna , au pillage
tinÍi que toutes les Machines.
Le Vice-Roy qui dévoit
aller ce foir
-
là visiter les
Feux d'Artifice, préparez
sur la Mer avec de grandes
Machines chargées de
fruits
,
donna unBal dans
le Salon duPalais,pour supléer
à l'execution de ces
grands préparatifs, qu'on
renouvellera après le Couronnement.
Le S. il fitchanter
le Te Deurn dans l'Eglise
du grand Convent des,
Dominicains ,& il y tint
Chapelle; pendant laquelle
l'Infanterie Allemande qui
étoit dans la Place fit trois
décharges de Mousqueterie,
& les Canonniers des !
Chasteaux
,
firent trois salves
de toute l'Artillerie. Il
le fie chanter hier dans l'Eg'ife
des Theatins,&doit de
main le faire chanterdans
celle de la MaisonProfesse
des Jesuites,
De Cadiz le 12.Novembre.
Des Armateurs François
amenèrent avant-hier icy
trois Vaisseaux Hollandois.
qui venoient du Levant. Ils
sont chargez de Soye
,
de
Cottonfilé, deCaffé&d'autres
riches Marchandises,
letout estimé prés d'uai
million.
¡Une: FrégateFrançoise
ayant attaqué sur les costes
de Galice, un Vaisseau de
Guerre Portugais,montede
60.pieces de canon, étoit
sur le point de s'en emparer
après quatre heures de combat,
lors que le feu ayant
pris au Vaisseau, il sauta en
l'air avec tout l'Equipage,
dont on ne put sauver que
trois personnes.
Ilest encore venu quarante
sept Deserteurs de Gibraltar
)
presque tous Hollandois
,& qui continuent.
de dire que laGarnison n'est
point payée, & que les vivres
y sont à untrès- haut
prix.
De Rome le 14. Novembre,
Le trois de ce mois, la
Marquise de Prié
, comme
Ambassadrice de la Cour
de Vienne, quitta le deüil
& reçue les compliments sur
l'Election de l'Archiduc à
l'Empire. Il y eut le foir une
grande Assemblée chez elle
où se touverent la Connéta
ble Colonne,Dona Maria
Bernardina
,
les Neveux du
Pape,l'Envoyé de Portugal,
& plusîeurs autres -Perronnes
distinguées
: Le Prince
d'Avellino
,
avoit mandé à
ses principaux Domestiques
de donner part aux Cardinaux
de l'Election de l'Archiduc,
& de faire des illuminations
pendant rTois1
soirs ; mais les Maistres desj
Ceremonies ayant reprefenté
qu'il étoit contre l'ordre i
qu'il se fie fous les yeux dirr
Pape,desréjoüissances pour
une nouvelle dont on n.1avoit
point donné part à Sa|
Sainteté
>
ces
réjouifTanccsjji
ont elle differées.
110 ",
De Venise le zi. Novembre.
L'Archiducayant passéle
14. à Bussolengo
,
sur les
Frontières de l'EtatVenitien
sur sa route de Milan à Inspruch
,
les Procurateurs Pisani
& da-Lezze,Ambassadeurs
Extraordinaires de la
République,le complimencerent.
Ce Prince futconduit
au Palais qui luy avoit
été prepare; & qui étoit
magnifiquement meublé & -
illuminé,&où il trouva une
garde de deuxmille Cava -
liers ou Dragons tous habillez
de neuf Le lendemain les
Ambassadeurs luy presenterent
un Régale de Cire
,
de
Miroirs, de Crstaux, de
Confitures, &de plusieurs
autres choses galantes: On
luy servit un repas magnifi.
que après lequel il alla à Roveredo,
accompagné par les
mêmes Ambassadeurs, &
pardeuxmille Cavaliers
ou Dragons,quine le quitterent
que sur les Frontières
du Trentin. Ce Prince fie
present aux Ambassadeurs
de chacun une Boeste à portrait,
garnies de pierreries , D
& estimées nulle Pisto- les.
DtLjhonne le 13.Novembre
On esticy dans de grandes
inquiétudes, sur l'avis qu'on
a eu , que Mr du Gué-
Troüin,avoit. débarqué des
Troupes aux lsles du Cap
Vert ; & qu'érant entrée
dans la Baye de Tous -
les,.
Saints,il avoi t pillé la Ville
de San Salvador, Capitale
du Brésil
,
ainsiqu'unautre
Port, où il avoitbrûlé tous
les Vaisseaux qui y étoient.
De Londres le 24. Novembre.
Mr l'Evêque de Bristo,
Garde du Sceau Privé se prépare
à partir pour la Hollande
en qualitéd'Ambassadeur-
Pîenipotentaire pour
les Négociations de la Paix,
que tous les Pcules des trois.
Royaumes souhaitoient
avec tant d'empressement ;
qu'il avoit esté resolu en
plusieurs endroits de pre- 1
senter des Adresses à la Reine
pour la supliet de la con- 1 clure aux conditions qu'El- j
le & sonConseil jugeroienc
à propos; mais on s'en est
abstenu de crainte qu'il ne
parust qu'on voudroit donner
atteinte au pouvoirabsolu
qu'a le Souverain defaire
la Paix & la Guerre, quand
illuy plaist.
¡ Trois cens prisonniers
François ont été transportezà
Calais
, pour estre
échangez.
La Foudre étant tombée
la nuit du 16. au 17. sur l'EglisedeSouthwel
,
dansle
Comté de Nottingham.
).'
cette Eglise aété brûlée 3-
vec l'Ecole quien étoit prdche,&
les Cloches fonduës.
DupremierDécembre.
Le 25. Novembre il arriva
un Courrier du Comte
de Strafford, qui apporta le
consentement des Etats Géncraux
pour traiter de la
Paix sur le pied des Prelimi
mires,&les Passeports pour
les Ambassadeurs du Roy ]
Tres -
Chrestien. Outre les
vingt - cinq gros Vaifleatffc-«
de guerre qui ont été desarmez,
on en desarme encore
plusieurs autres.
Le28. jour de la naissance
de la Reine Elisabeth
, auquel
le menupeupleavoit
coutume, avant le regne de
JacquesII. de célebrer la
memoire de cette Princesse
en brulant l'Effigiedu Pape,
&celles de plusieurs Cardinaux
& Religieux,je Conseil
fut averti que quelques mal
intentionnez
,
avoient fait
faire secrettement de grands
préparatifs, dans le dessein
de causer quelque tulmute.
On envoya des Huissiers,
avec un Détachement de
Grenadiers commandé par
un Officier
,
dans l'endroit
qu'un avoit indiqué, & ils y
trouverent une figure du
Pape,avec plusicurs autres
de Cardinaux,& Religieux,
& même du Diable dans un
Chariot, qui fut brisé ainsi
que toutes les Figures. Le
foir du mêmejour,&la nuit
suivante on fit prendre les
armesaux Milices, qui firent
des patroüilles dans les ruës;
mais il ne se passa pas J:
moindre désordre.
De Cents le 26. Novembre.
Monsieur le Marquis de
Monteleon
,
Ambassadeur
d'Espagne ayant reçû ordre
de se rendre à Madrid pour
y recevoir ses instructions
sur les Congrez de la Paix
ausquels il doit assister
, en
qualité de Plenipotentiaire,
prit hier son Audiance de
de congé du Sénat.
Les Gx mille Allemands
qui s'étoient avancez sur
nôtre Frontiere pour y prendredesQuartiers
d'hiver,
marchent dans le Mantoüan
où ils occuperont les Quartiers
qui étoient destinez
aux Troupes. de BranSebourg
qui retournent en
Allemagne,
Il est entré h1uit mille-
Allemands sur lesTerres du
Grand DucOU\ il prennent
des Quartiers, ce Prince ayant
refusé de fournir aux
Commissaires Impériaux
les huit cens mille livres que
l'Archiduc luy avoit fais
demander,
De Grenoble30.Novembre.
Il parut il y a quelques
jours de ce costé. cy un gros
party delaGarnisondeSuze
qui étoit venu par Exiles.
Aussi tost qu'on en eut avis
on fit sortir trente Dragons
avec chacun un fantassin en
croupe: Ils trouverent les
Ennemis qui rafraichifsoient
dans un Village;Les
Fantassins yentrerent criant
qui vive, & au premier feu
que nos gens firent sur eux,
ils se retirerent. Les Dragons
qui les observoient les poursuivirent
& mirent en désordre
; cinq furent tuez &
trente cinq faits prisonnires.
De Huninguele 4. Decembre,
Nôtre garnisona faitune
course dans la Forest Noire
sans aucune oppoficion
,
&
a ramené un gros butin.
Les Lettres de Hombourg
,
portent que soixante Husfars
ennemis étant entrez
dans le Pays, avoient commencé
à piller & brûler;
mais quedesDétachemens
de certe Place & de Saar
sa Loüis, ayant été à leur poucsuite,
les avoient battus;
& repris le butin qu'ils
avoient fait.
De Bayone le 4. Décembre.
Il y a presentement icy
18 Bastimens Anglois qui
ont apporté diverses Marchandées
pour les vendre,
& ensuite chargerdes Vins
& des Eaux
-
de- vie.
Une Fregate du Roy de
34. canons a pris un Flessingois
de 32. canons & de
150. hommes d'équipage ,
dont plus de 60ont été tuez
dans le combat qui a duré
cinq heures.
Des Lettres de Gibraltar
du 20. du passé portent que
la disette y étoit si grande
que le Commandant de la
Place étoit obligé de tenir
les Portes fermées pour
empêcher la desertion:que
quatreBastimens Portugais
étant entrez dans la Baye
pour se mettre à couvert
d'un gros temps qui auroit
pû les jetter sur les costes
de Barbarie, on leur avoir
fait décharger le grains qu'ils
avoient à leur bord
, de
remboursé l'argent qu'il
leur avoit couité.
On a aussiappris que les
Maures qui sont devant
Ceuta ayant voulu emporter
parEscalade le Bastion de
S. Pierre avoient esté vivementrepoussezjusques
dans
leur Camp avec perte de
plusde 1200 hommes; &
qu'il écoit arrivé de Carthagene
à cette Place, un tenfort
de 400. hommes &
beaucoup de munitions de
guerre & de bouche.
," Du Fort-Louis le10.
DéCembrr.P
;
Le Commandant de
Lauterbourg ayant eu avis
que le 6. au foir il devoit
sortir un Bataillon de Philisbourg
pour aller a Landau
,envoya un party de
Dragons & de Grenadiers
xjui se porterent sur le chemin
en des lieux couverts.
Les Ennemisétant tombez
dans l'Embuscade, furent
envelopez; le Commandant
fut tué avec plusieurs Soldats,
& le reste pris. Ce
bataillon étoit des Troupes
de Souabe & de Franconie,
& alloit relever un autre
bataillon des mêmes Trou- pesquiestàLandau.?
De la Haye le 8. Décembre9
Le Courier que le Comte
de Goes, Envoyéde la
Cour de Vienne avoit dé*
pêche à Milan pour porter àl'Archiducles Préliminairesde
la Paix, en revint le
2.1 Novembre. Il apporta
uneLettre par laquelle cc
Prince prie les Etats Gcné-.,
raux de n'avoir point d'égard
à ces Preliminaires,
qu'il les avoir rejettez, &
qu'il protestoit contre
toutes les Assemblées&les
Negotiations qu'on pouroit
faire sur cesujet.
On a appris depuis que ce
Prince persiste dans la résolution
de ne point envoyer
de Plenipotentiaires pour
traiter de la Paix sur le pied
des Preliminaires.
Hier le Comte de Strafr!
ford
,
Ambassadeur Plenipotentiaire
d'Angleterre
communiqua aux Ministres
detous les Alliez dans une
Assemblée que l'on tint exprés,
que la Reine sa Maitrciïc
avoit nommé la Ville
d'Utrecht pour le lieu où se
tiendroient les Conferences
pour laPaix, & que l'ouverture
s'en feroit le 12, Janvier
prochain. Il remit enfuite
à chacun de ces Ministres
une Lettre de la Reine
de la Grande Bretagne
qu'elle écrivoit à leurs Maîtres
pour les inviter à y envoyer
leurs Plénipotentiaires..
D'Arras le ii. Décembre.
Monsieur le Marechal de
Montcfquiau, partit d'icy
avanthier avec la plus grande
partie de notre Garnison
pour se mettre à la teste
d'un Darachemem de trois
cens hommes par bataillon,
& de centhommes parRe- -
giment de Cavalerie & de
Dragons de. toutes lcs.,
Troupes qui sont depuis la
Meuse juiqu'àla Mer. Leur
rendez vous étoit le long de
la Scarpe depuis Douay
jusqu'à Mortagne, & le
long du Canal & de la Deule,
Ces Troupes n'ont point de
bagages, & n'ont porté des
vivres que pour quatre
jours, & des outils à remues
laterre; elles travaillent à
combler le canal en quelques
endroits, à rüiner les
Ponts, les Ecluses & les Digues
de cemême Canal
,
de
la Scarpe, & de la Deule
afin d'ôter , aux Ennemisle
moyen d'établir leurs Magasins
de vivres & de munitions
à Douay pour la Canv»
pagne prochaine,ainsi quils
l'avoient projetté.
Pendant qu'une partie de
ce gros Détachement commençoitces
travaux, Mr de
Goëbriant marchoit à la
petiteVille deLillers, où les
Ennemis avoient cinq cens
hommes qui ont esté faits
prisonniers; &les Fortifications
qu'ils y avoient faites
ont esté démolies.
De Courtray le 18. Decembre.
Un Parti de cènehommes
de la garnisond'Ipres
ayant rencontréplusieurs
Détachements de cinq Rements,
lesadéfaits l'unaprés
l'autre
,
& en a fait la plus
part prisonniers.
Le mêmejoursoixante
Hussards, furent surpris la
nuit dans un Village à deux
lieuës de Cologne
) par un
party de trente Fantassins
François qui leur enleverent
trente chevaux,
A Madrid le 3. Décembre.
Le Conséil envoyaVeridredy
dernier des instructions
aux Plénipotentiaires
qui doivent partir incessamment
pour les Conferences
de la Paix Le Roya donné
la Charge de President du
Conseil de Guerre à Mr
le Marquis de Bedmar : Les
Lettres de Malaga portent
qu'il y étoit arrivé un Bastinient
venant de Gibraltar
où il y avoit quatre - vingt
six Soldats de la Garnison ;
de cettePlace, qui ayant
monté de nuit dans ce Vais-
-
seau obligerent lesMatelots
f de mettre à la voile, aprést
avoir eux mêmes coupé les f
cables *>
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Résumé : NOUVELLES de divers endroits.
À la fin de l'année 1700, divers événements politiques et militaires ont marqué l'Europe. À Venise, des prières publiques ont été organisées pour lutter contre une épidémie affectant le bétail, qui s'est également propagée dans le Mantouan, la Styrie et la Carinthie. À Milan, les ambassadeurs de Venise ont été reçus par l'Archiduc, et le cardinal Impérial a fait une entrée publique. Les ambassadeurs de Gênes et de Lucques ont également été accueillis. À Lisbonne, la paix en Angleterre a été confirmée par des préliminaires apportés par un ambassadeur. À Naples, les réjouissances pour l'élection de l'Archiduc à l'Empire ont été perturbées par la pluie. À Cadix, des navires hollandais chargés de marchandises ont été capturés par des armateurs français, et une frégate française a attaqué un vaisseau portugais. Des déserteurs de Gibraltar continuaient d'arriver. À Rome, la marquise de Prié a reçu des compliments pour l'élection de l'Archiduc. À Lisbonne, des inquiétudes ont surgi concernant des troupes débarquées aux îles du Cap-Vert. À Londres, des préparatifs pour la paix ont été mentionnés, et des prisonniers français ont été transportés à Calais. Des troubles ont été évités lors de la célébration de la naissance de la reine Élisabeth. À Cents, l'ambassadeur d'Espagne a pris congé du Sénat pour se rendre à Madrid. Des troupes allemandes ont occupé des quartiers d'hiver dans le Mantouan et sur les terres du Grand-Duc. À Grenoble, des dragons ont repoussé une garnison ennemie. À Huningue, une garnison a fait une course dans la Forêt-Noire. À Bayonne, des navires anglais ont apporté des marchandises, et une frégate française a capturé un vaisseau flessingois. À Gibraltar, la disette était grande, et des Maures ont été repoussés lors d'une attaque. À Fort-Louis, un bataillon ennemi a été pris en embuscade. Sur le plan militaire, un bataillon de Souabe et de Franconie se dirigeait vers Landau pour relever un autre bataillon. Le 21 novembre, le comte de Goes, envoyé de la Cour de Vienne, est revenu de Milan avec des préliminaires de paix, que l'archiduc a rejetés et contre lesquels il a protesté. L'Angleterre a proposé Utrecht comme lieu pour les conférences de paix, prévues pour le 12 janvier. Le maréchal de Montreuil a quitté Arras avec des troupes pour des travaux de défense le long de la Scarpe et du canal, afin d'empêcher les ennemis d'établir des magasins. Mr de Goëbriant a capturé des ennemis à Lillers. À Courtray, des détachements ennemis ont été défaits et des hussards ont été surpris près de Cologne. À Madrid, des instructions ont été envoyées aux plénipotentiaires pour les conférences de paix, et un bastiment est arrivé à Malaga avec des soldats de Gibraltar.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 258-26[1]
Parodie sur l'Enigme qui a pour mot les Dents.
Début :
Deux bataillons de filles non vêtuës, [...]
Mots clefs :
Dents, Bouche, Bataillon, Palais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie sur l'Enigme qui a pour mot les Dents.
Parodie sur l'Enigme
qui a pour mot les
,
Dents.
&Euxbataillons âefiles
JI
Que lA bouche met à cou-
,4.
Sont les dents qui com.
battent nuës;
On liait à que le com-
-
bat fert.
Plus chaque bataillon est
',
Plus prompt de même est
le secours;
Sous lepalais qui lesen
ferme
Le dejfoiii attaque toujours.
Dans le nombre ntilîe
suyarde,
Aucune aux gens bien
sains ne si trouve en
défaut;
Celles qui font l'Arriere-,
larde
DfJhItJent le plus terrible
asaut.
Cetteguerre en mangeant
soir & matin sallume;
Endépitdugourmanden
fin elle se'teint,
Etsa bouche pleined'écume
Détruit(on appétit, fam
détruire leur teint.
Maislaiffonslegourmad,
parlons d'unbeau
visàge,
Ou la blanchenr des dents
:
fait ungrand ornement:
Heureux, heureux cent
-
fois un vif&tendre
amant
Qui dansses doux trans
ports en éprouve la
rage
qui a pour mot les
,
Dents.
&Euxbataillons âefiles
JI
Que lA bouche met à cou-
,4.
Sont les dents qui com.
battent nuës;
On liait à que le com-
-
bat fert.
Plus chaque bataillon est
',
Plus prompt de même est
le secours;
Sous lepalais qui lesen
ferme
Le dejfoiii attaque toujours.
Dans le nombre ntilîe
suyarde,
Aucune aux gens bien
sains ne si trouve en
défaut;
Celles qui font l'Arriere-,
larde
DfJhItJent le plus terrible
asaut.
Cetteguerre en mangeant
soir & matin sallume;
Endépitdugourmanden
fin elle se'teint,
Etsa bouche pleined'écume
Détruit(on appétit, fam
détruire leur teint.
Maislaiffonslegourmad,
parlons d'unbeau
visàge,
Ou la blanchenr des dents
:
fait ungrand ornement:
Heureux, heureux cent
-
fois un vif&tendre
amant
Qui dansses doux trans
ports en éprouve la
rage
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Résumé : Parodie sur l'Enigme qui a pour mot les Dents.
Le poème décrit les dents comme des soldats, plus nombreuses pour une meilleure mastication. Le palais protège contre les attaques extérieures. Les dents arrière sont les plus puissantes. La mastication constante finit par détruire l'appétit et la santé. Un visage avec des dents blanches est beau, et l'amant admirant ces dents est heureux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 97-111
RELATION de la descente faite par Monsieur CASSARD Capitaine de Vaisseau du Roy, dans la Colonie de Surinam, appartenant aux Hollandois.
Début :
Monsieur Cassard Commandant une Escadre de six Vaisseaux & de deux Fregates [...]
Mots clefs :
Vaisseaux, Suriname, Troupes, Rivière, Cassard, Canon, Frégates, Bataillon, Gouverneur, Escadre
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texteReconnaissance textuelle : RELATION de la descente faite par Monsieur CASSARD Capitaine de Vaisseau du Roy, dans la Colonie de Surinam, appartenant aux Hollandois.
RE LATI ON
de la descente faite
par Monsieur CASSARD
Capitaine de
VaisseauduRoy, dans
la Colonie de Suri--
nam , appartenant
aux Hollandois.
MOnsieurCassardComle
dessein d'aller attaques
la Colonie Hollandoise de
Surinam.; il serendit maistre
en passant aux Isles du
Cap Verd
,
de la Ville de
saint Yago qu'il brusla
après en avoir fait sauter
les Fortifications, & enleva
les effets qui s'y trouverent.
Il continua sa route
à Surinam
,
où il arriva le
vingt Juin. Les contretemps
qu'il y receut l"empescherent
de faire sa ckC.
cente ,
& l'obligerent de
relalcherà la Guadeloupe,
Isle Françoise de l'Amerir
que , pour y prendre de
nouveaux vivres, & faire
rafraischir ses Equipages,
Il repartie le vingt - un
Aoust de cette Isle pour retourner
à Surinam
,
& y
arriva le dix Octobre. Il
fit mouiller ses Vaisseaux
au large, s'embarqua le
mesme jour sur des Chaloupes
avec les troupes du
Roy,au nombre de onze
centshommes, & entra la
nuit dans la Riviere. Les
Ennemis avertis de son
dessein avoient fait monter
plus de quatre-vingt
pieces de Canon en pîu~
sieurs batteries dans les endroits
de débarquement,
restabli les Fortifications
& muni les Forteresses de
tout ce qui estoit necessaire
pour une vigoureuse
deffense; ce qui détermina
le Sieur Cassard à les attaquer
à force ouverte ; &
pour cet effet il fit entrer
les Vaisseaux & Fregattes
: dans la Riviere, à lareserve
du Neptune qui tiroittrop
d'eau, avancer
ses Galiottes, & tenir ses
troupes prestes à la def.
cente ; mais les Vaisseaux
qui devoient la favoriser
,
& canonner la Ville & le
Fort, en échoüerent à deux
portées de Canon, ce qui
obligea le Sieur Cassard en
attendant que les grandes
marées vinssent les relever,
d'invertir le Chasteau
& la Ville
,
& de se rendre
maistre avec les troupes
,
de toute la Riviere
de Surinam: mais comme
elle se rétressit vis-à-vis du
Chasteau & delaVille, &
fait un
N
coude dont le passage
,
à portée de MopC
quet, estoic deffendu par
plus de cent trente picces
de Canon, il estoit tresimportant
,
après que les
troupes en auroientclfuye
le feu, & seroient passees
de l'autrecosté de la Riviere,
de se faire un chemin
par rerre qui traverfast
d'un bout du coude à
l'autre, pour rendre la
communication libre, des
troupes avec les Vaisseaux,
&.l'oiter aux Ennemis par
eau , & par terre avec les
habitations. Le sieur Cassarddétacha
le sieur Beaudinard
avec cent grenadiers
pour le chercherà
travers des Bois & des Marais
presque impraticables.
Il donna;avis le tendemain
au sieur Cassardqu'il
lavoit trouve, & s'estoit
saisi de la premiere habitation
de l'autre costé de
la Riviere. Le lieur Cassard
fit sur le champ marcher
le second Bataillon
pour le soustenir dans ce
Poste
y
& passa deux jours
après avec le reste des
troupes par la Riviere,avec
la Fregatte la Meduse
, &
deux batteaux qui luy portoient
desvivres&des munitions.
Les Ennemis éclairez
par des feux qu'ils avoient
allumez de l'un & de
l'autre costé delaRiviere
pour le voir passer,firent
une décharge de toute leur
Artillerie qui devoit beaucoup
l'incommoder ;mais
il n'y eut que cinq hom))
mes tuez, & cinqbleflea
dans la Chaloupe du sieur
de Gotteville Belliile qui
reccut une contusion au
bras,& un cué dans le Canot
Major , que montoic
le sieur du Breüil. La Meduse
commandée par. le
sieur d'Hericourt avec les
deux Batteaux qui la fuivoient,
passamalgré le feu
du Canon dont elle fut
criblée, & ne pouvant plus
manoeuvrer, le sieurCassard
alla audevant d'elle,
la remorqua & les Batteaux
hors de la portée du
Canon
)
& les fit reparer
avec beaucoup de diligence.
Le ficur d'Hericourt
sir dans cctre occaGcn, qni
estoit tres. delicate, tout ce
qu'on pouvoit attendre de
ion experience. Les trempes
ainsirassemblé'es,Mon;.
sieurCassard eftablic un
Camp dans l'habitation
dont le sieur Bcaudinard
s'estoit emparé) & y en
taifla la moitié fous le commandementdu
sieur de
Morgues:il détacha enfuice
le sieur d'Espinay avec cinquante
Grenadiers^ pourCe
saisir d'un poste avantageux
de l'autre cofté de la
Riviere de Para, & oster
par ce moyen toute forte
de communication aux
Ennemis. Le sieur Casri
fard se mit à la teste du
reste des troupes, avec lesquelles
il - monta vingt
lieuës dans la Riviere. Cependant
le Gouverneur détacha
deux cens hommes
pour aller attaquer lesieur
d'Espinay dans son poste
, mais il s'apperceutde leur
mouvement & les prévint;
il marcha à eux la Bayonnette
au bout du fusil, les
baitir
,
prit le Commandant
qui estoit le premier
-
Ca piraine de la Ville, avec
quatre hommes, en tuaôc -
blessa plusieurs, & força
le reste de se sauver dans
les Bois. Le sieur d'Espinay
ne perdit danscette
occasïon, qui fut trèsvive,
que deux Grenadiers & y
receut un coup de fusil
dans sa manchette. Monsieur
Cafd* avoir
laisse le sieurde Moans
avec un détachement de
troupes, au haut de la Riviere
, pour garder ce poste
,
revint au Camp pour
pouvoir profiter des grandes
marées qui approchoient
, & attaquer le
Chasteau & la Ville que
le sieurdeBandeville continuoit
tousjours de bombarder.
Le Gouverneur
in forméde ce mouvement,
offrit de convenir d'une
contribution à laquelle le
sieur Cassard consentit, ne
pouvant, sans trop risquer,
faire entrer les Vaisseaux
àcause des bancs
,
& du
peu d'eau qu'il y a dans le
Canal
,
sur tout dans cette
saison. La contribution a
esté payée en bons effets
qui produiront en Europe
plus de cinq cens mille
Escus. Le lendemain de la
Capitulation, Monsieur
Cassard a fait un détachement
de troupes avec ordre
au sieur de Moans, qui
les commandoit, d'aller
insulter Barbiche & Askebe,
qui font deux petites
Colonies appartenantes
aux Hollandois, peuestoignées
decelle de Surinam.
Onne peutrienadjoufter
à la valeur & à la fermeté
que les Officiers, &
les troupes de la Marine
>
ont marqué dans cetre occasion.
Les dernieres nouvelles
4e la Martinique donnent
lieu de juger que cette Escadre,
avant de revenir en
France, tentera encore
quelque entreprise contre
d'autres Colonies desHollandois
en Amérique.
de la descente faite
par Monsieur CASSARD
Capitaine de
VaisseauduRoy, dans
la Colonie de Suri--
nam , appartenant
aux Hollandois.
MOnsieurCassardComle
dessein d'aller attaques
la Colonie Hollandoise de
Surinam.; il serendit maistre
en passant aux Isles du
Cap Verd
,
de la Ville de
saint Yago qu'il brusla
après en avoir fait sauter
les Fortifications, & enleva
les effets qui s'y trouverent.
Il continua sa route
à Surinam
,
où il arriva le
vingt Juin. Les contretemps
qu'il y receut l"empescherent
de faire sa ckC.
cente ,
& l'obligerent de
relalcherà la Guadeloupe,
Isle Françoise de l'Amerir
que , pour y prendre de
nouveaux vivres, & faire
rafraischir ses Equipages,
Il repartie le vingt - un
Aoust de cette Isle pour retourner
à Surinam
,
& y
arriva le dix Octobre. Il
fit mouiller ses Vaisseaux
au large, s'embarqua le
mesme jour sur des Chaloupes
avec les troupes du
Roy,au nombre de onze
centshommes, & entra la
nuit dans la Riviere. Les
Ennemis avertis de son
dessein avoient fait monter
plus de quatre-vingt
pieces de Canon en pîu~
sieurs batteries dans les endroits
de débarquement,
restabli les Fortifications
& muni les Forteresses de
tout ce qui estoit necessaire
pour une vigoureuse
deffense; ce qui détermina
le Sieur Cassard à les attaquer
à force ouverte ; &
pour cet effet il fit entrer
les Vaisseaux & Fregattes
: dans la Riviere, à lareserve
du Neptune qui tiroittrop
d'eau, avancer
ses Galiottes, & tenir ses
troupes prestes à la def.
cente ; mais les Vaisseaux
qui devoient la favoriser
,
& canonner la Ville & le
Fort, en échoüerent à deux
portées de Canon, ce qui
obligea le Sieur Cassard en
attendant que les grandes
marées vinssent les relever,
d'invertir le Chasteau
& la Ville
,
& de se rendre
maistre avec les troupes
,
de toute la Riviere
de Surinam: mais comme
elle se rétressit vis-à-vis du
Chasteau & delaVille, &
fait un
N
coude dont le passage
,
à portée de MopC
quet, estoic deffendu par
plus de cent trente picces
de Canon, il estoit tresimportant
,
après que les
troupes en auroientclfuye
le feu, & seroient passees
de l'autrecosté de la Riviere,
de se faire un chemin
par rerre qui traverfast
d'un bout du coude à
l'autre, pour rendre la
communication libre, des
troupes avec les Vaisseaux,
&.l'oiter aux Ennemis par
eau , & par terre avec les
habitations. Le sieur Cassarddétacha
le sieur Beaudinard
avec cent grenadiers
pour le chercherà
travers des Bois & des Marais
presque impraticables.
Il donna;avis le tendemain
au sieur Cassardqu'il
lavoit trouve, & s'estoit
saisi de la premiere habitation
de l'autre costé de
la Riviere. Le lieur Cassard
fit sur le champ marcher
le second Bataillon
pour le soustenir dans ce
Poste
y
& passa deux jours
après avec le reste des
troupes par la Riviere,avec
la Fregatte la Meduse
, &
deux batteaux qui luy portoient
desvivres&des munitions.
Les Ennemis éclairez
par des feux qu'ils avoient
allumez de l'un & de
l'autre costé delaRiviere
pour le voir passer,firent
une décharge de toute leur
Artillerie qui devoit beaucoup
l'incommoder ;mais
il n'y eut que cinq hom))
mes tuez, & cinqbleflea
dans la Chaloupe du sieur
de Gotteville Belliile qui
reccut une contusion au
bras,& un cué dans le Canot
Major , que montoic
le sieur du Breüil. La Meduse
commandée par. le
sieur d'Hericourt avec les
deux Batteaux qui la fuivoient,
passamalgré le feu
du Canon dont elle fut
criblée, & ne pouvant plus
manoeuvrer, le sieurCassard
alla audevant d'elle,
la remorqua & les Batteaux
hors de la portée du
Canon
)
& les fit reparer
avec beaucoup de diligence.
Le ficur d'Hericourt
sir dans cctre occaGcn, qni
estoit tres. delicate, tout ce
qu'on pouvoit attendre de
ion experience. Les trempes
ainsirassemblé'es,Mon;.
sieurCassard eftablic un
Camp dans l'habitation
dont le sieur Bcaudinard
s'estoit emparé) & y en
taifla la moitié fous le commandementdu
sieur de
Morgues:il détacha enfuice
le sieur d'Espinay avec cinquante
Grenadiers^ pourCe
saisir d'un poste avantageux
de l'autre cofté de la
Riviere de Para, & oster
par ce moyen toute forte
de communication aux
Ennemis. Le sieur Casri
fard se mit à la teste du
reste des troupes, avec lesquelles
il - monta vingt
lieuës dans la Riviere. Cependant
le Gouverneur détacha
deux cens hommes
pour aller attaquer lesieur
d'Espinay dans son poste
, mais il s'apperceutde leur
mouvement & les prévint;
il marcha à eux la Bayonnette
au bout du fusil, les
baitir
,
prit le Commandant
qui estoit le premier
-
Ca piraine de la Ville, avec
quatre hommes, en tuaôc -
blessa plusieurs, & força
le reste de se sauver dans
les Bois. Le sieur d'Espinay
ne perdit danscette
occasïon, qui fut trèsvive,
que deux Grenadiers & y
receut un coup de fusil
dans sa manchette. Monsieur
Cafd* avoir
laisse le sieurde Moans
avec un détachement de
troupes, au haut de la Riviere
, pour garder ce poste
,
revint au Camp pour
pouvoir profiter des grandes
marées qui approchoient
, & attaquer le
Chasteau & la Ville que
le sieurdeBandeville continuoit
tousjours de bombarder.
Le Gouverneur
in forméde ce mouvement,
offrit de convenir d'une
contribution à laquelle le
sieur Cassard consentit, ne
pouvant, sans trop risquer,
faire entrer les Vaisseaux
àcause des bancs
,
& du
peu d'eau qu'il y a dans le
Canal
,
sur tout dans cette
saison. La contribution a
esté payée en bons effets
qui produiront en Europe
plus de cinq cens mille
Escus. Le lendemain de la
Capitulation, Monsieur
Cassard a fait un détachement
de troupes avec ordre
au sieur de Moans, qui
les commandoit, d'aller
insulter Barbiche & Askebe,
qui font deux petites
Colonies appartenantes
aux Hollandois, peuestoignées
decelle de Surinam.
Onne peutrienadjoufter
à la valeur & à la fermeté
que les Officiers, &
les troupes de la Marine
>
ont marqué dans cetre occasion.
Les dernieres nouvelles
4e la Martinique donnent
lieu de juger que cette Escadre,
avant de revenir en
France, tentera encore
quelque entreprise contre
d'autres Colonies desHollandois
en Amérique.
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Résumé : RELATION de la descente faite par Monsieur CASSARD Capitaine de Vaisseau du Roy, dans la Colonie de Surinam, appartenant aux Hollandois.
Le texte décrit les actions du capitaine Cassard, à la tête d'un vaisseau du roi, contre la colonie hollandaise de Surinam. Après avoir incendié la ville de Saint-Yago aux Îles du Cap-Vert, Cassard arriva à Surinam le 20 juin. Des difficultés logistiques le contraignirent à se retirer à la Guadeloupe pour ravitailler ses troupes. Il repartit le 21 août et revint à Surinam le 10 octobre. Les Hollandais, informés de ses intentions, avaient renforcé leurs défenses avec plus de quatre-vingts pièces de canon. Cassard lança une attaque frontale, mais ses vaisseaux s'échouèrent. Il prit alors le contrôle de la rivière de Surinam et envoya des troupes pour sécuriser des positions stratégiques malgré les tirs ennemis. Après des combats intenses, le gouverneur de Surinam accepta de payer une contribution de plus de cinq cents mille escus. Cassard envoya ensuite des troupes pour attaquer d'autres colonies hollandaises voisines, Barbiche et Askebe. Les officiers et troupes de la marine démontrèrent une grande valeur et fermeté. Les dernières nouvelles de la Martinique indiquent que l'escadre pourrait encore attaquer d'autres colonies hollandaises en Amérique avant de revenir en France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
8
p. 56-73
JOURNAL DE HONGRIE.
Début :
Dans le Mercure précédent, j'ai donné une Rélation de / Dans l'Action du 5. près de Semlim, à deux heures [...]
Mots clefs :
Prince, Ennemis, Canons, Troupes, Pont, Belgrade, Comte, Infanterie, Grenadier, Bataille, Retranchement , Empereur, Lieutenant, Compagnies, Charges, Accidents, Armes, Bataillon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : JOURNAL DE HONGRIE.
DAns le Mercureprécédent,j'aidonné
une Rélation de l'Ouverture de
laCampagne enHongrie , que j'ai conduite
jusqu'au s de Juillet. Le Lec
teur attend de moi , que je continuë de
mois en mois ce Journal , jusqu'à la finde
la Campagne ; c'est un engagement auquel
D'AOUST . 57
je dois fatisfaire avec tout le ſoin dont
je suis capable. Comme je crois être
très éxactement informé par des Lettres
particulières ,des NouvellesdeHongrie,
j'espère qu'on remarquera quantité
deCirconstances curieusesque l'on netrouvéra
point dans les Gazettes Françoises;
jenediſconvien drai pas cependant qu'à
leur exemple , je ne me fervéutilement
de deux imprimez hebdomadaires
que je reçois de Vienne ; l'un ſous le Tiire
de Eſtrato delle nuovità più effentiali
dalle lettere più freſce,c'est- à-dire,
Extrait des Nouvelles les plus confiderables
& les plus fraiches ; & l'autre en
Allemand ſous celui de Diarium , ou
Journal de l'Empire.
JOURNAL DE HONGRIE.
D
Ans l'Action du 5. près de Semlim
, à deux heures après midy,
lesdeux Vaiſſeaux de Guerre , S. François
& S. Eſtienne Imperiaux , commandés
par le Capitaine Storck , &
par le Capitaine - Lieutenant Pomerefch,
firent un feu ſi terrible de leurs
Canons chargés de Carcaffes, de Bou- 1
58 LE MERCURE
lets àCartouches &de Chaînes ; qu'.
après un Combat de deux heures &
demie , les so , tant Frégates , que
demie Galéres & Saïques Turques
ſe virent forcées de ſe retirer ſous la
Fortereffe , avec perte de plus de 400
Hommes tués ou bleſſés. Le Vice
Amiral des Turcs , qui étoit Maure&
fort âgé , mais Officier fort expérimenté
, fur tué dans ce Combat :
Quatre de leurs Fregattes , une demie
Galére & quelques Saïques
ont été coulées à fond, & pluſieurs
autres ont été fort endomagées. Nôtre
perte eſt d'environ 30 hommes',
avec quelques Chevaux tués d'un
Corps de Cavalerie ,que le General
Hauben avoit placé ſur la hauteur de
Semlim.
Le 6 , l'Ordre fut donné , que le
Vaifleau de Guerre S. Eugene , qui
étoit à Petrivaradin , vint joindre
promptement les deuxautresVaiſſeaux;
afin de tenir en reſpect les Bâtimens
Ennemis. Pour plus grande fûreté , on
plaça quelques pièces de Canon fur
une Redoute que l'on a élevée fur
le bord du Danube , en deça de la
D'AOUST.
59
Moſquée, prés de Semlim.
Le 7 , il arriva de Segédin par le
Donavvitz & le Temes , 50 ou 60 Barques
chargées de Canons , Mortiers ,
Boulets , Bombes , & Poudres. On fut
occupé le même jour , à débarquer
toutes ces Munitions deſtinées pour
le Siége. Les Princes & les Généraux
de l'Armée , ont fournis leurs Chevaux
&Chariots de Bagage,pour tranfporter
plus promptement au Camp,
des Faſcines , Paliſfades & Gabions , à
quoi l'on travaille continuellement
dans la Forêt , à une lieuë du Camp ,
ſous l'efcorte d'un Corps de Cavalerie
& d'Infanterie.
Le 8 , on a reçû avis que la Tête
des Troupes de l'Armée Ottomane ,
étoit arrivée à Niſſa avec le Grand
Vizir , & qu'il paroiſſoit que les Turcs
avoient deffein de faire une irruption
enTranſilvanie par la Vvalachie, avec
un gros Corps de Tartares & quelques
autres Renforts. Le Général
Steinville Commandant General de la
Principauté , informé de ces mouvemens,
eſt allé les attendre juſques ſur
la Frontiere , avec les Troupes de fon
Commandement renforcées des deux
60 'LE MERCURE
Regimens de Dragons , de Hauben &
de S. Amour, qui feront ſuivis de plufieurs
autres Corps que l'on tire de la
BaffeHongrie.
Trois Déſerteurs de la Place nous
rapportérent avant-hier , que l'Artillerie
retirée dans Bellegrade, étoit ſi nombreuſe
, que toutes les Ruës & les
Places en étoient embarraflées. LesRebeles
de Capagie demandent aux
Turcs un ſecours de sooo hommes,
pour ſe mettre en Campagne , conjoinrement
avec eux ; de maniére
que l'on ne ſçait pas encore fi ce ſera
à cette Diverſion , ou à une Bataille
que l'Ernemi ſe réſoudra. Le 23 du
paflé, nous fimes un Fourage genéral
, & lesInfideles nous enlevérent,
beaucoup de Chevaux &de Chariots,
tuérent & firent Prifonniers fun nombre
confiderable de nos gens. Nous
occupons les Avenues de la Place de
fi prés , que les Tures tirent fur nous
à coups de fuſil ; Ils travaillent jour
& nuit à un grand retranchement :
L'on parle toujours différemment de
la force de la Garrison ; les Uns la
diſent de 20000 hommes , d'Autres
dez0000; cependant il paroît beaucoup
de
D'AOUST. 61
de conſternation dans les Ennemis ,
qui nous ont laifles prendre tous les
Poſtes d'alentour de la Ville , & conftruire
des Ponts , fans aucune oppofition.
Le 9. le Prince Maximilien de Hefſe-
Caſſel Général de Bataille , joignit
avec ſon Regiment d'Infanterie
de trois mille hommes , le General
Hauben près de Semlim , où l'on commença
de travailler à une ligne de Circonvallation
& àdes Retranchemens ,
de même qu'à former la communication,
par lemoyen des Ponts que l'on a
conſtruits fur pluſieurs Marais.
Le 10. on joignit les travaux de la
Ville, parune nouvelle ligne de la file
poſterieure de nôtre Aîle droite , jufqu'à
la Redoute élevée près de la Savede
ce côté- cy. Le même jour , le
Prince Eugene ayant formé le deſſein
de faire attaquer le Fort des Ennemis ,
dans l'Ile de Donavvitz , chargeade
cette exécution le Comte de Mercy
lui ayantdonné à cet effet, quatre Bataillons
, dix Compagnies de Grenadiers
, deux mille quarre cent Chevaux
&quelques pieces de Canon. Ce Geveral
avoitdéja paflé la Riviere avec
Aoust 1717. F
62 LE MERCURE
fes Troupes & étoit fur le point de
faire donner l'Affaut , lorſqu'il fût
frapé d'un coup de Sang : Il tomba de
cheval , privé de l'Oüie & de la Vûë .
Cet accident fut cauſe que l'on remit
cette Expedition à un autre tems : On
ſe contenta ſeulement de prendre pofte
le long du Marais , afin de refferrer
plus étroitement les Infideles.
Un Parti de nos Huſlars en ayant
rencontréUn des Ennemis , l'a battu &
fait quelques Prifonniers , parmi leſquels
ſe trouvent deux Agas : Comme
ils ont été enlevez auprés de Sémendria
, on les a interrogé fur le nombre
& la marche de leur grande Armée.
Ils ont confirmé qu'elle étoit compofée
de 250000.hommes en Corps & qu'elle
devoit décamper inceſſamment deNifla
pour nous venir attaquer; ſans comprer
plus de cinquante millel Tartares qui
menacent la Tranfilvanie ;outre vingt
à vingt - cinq mille hommes de Troupes
ramallées , tant Allemands , Cofaques
, que Turcs & Hongrois , commandez
par les Chefs desRebelles, Efthérazi
& Bérézini : Il y a encore differens
Corps feparez à Sémendria,Orfova&
le long du Danube ; de forne
D'AOUST. 63
que ſelon la fupputation que l'on ena
faite , le Total monteroit à près de trois
Scent mille hommes d'Infanterie, & environ
cent mille Chevaux.
Le 11. le Prince Eugene fut informé
par un Exprès , que le Vaïvode de Valachie
étoit allé au devant du Seraskier
qui est a la Tête des Tartares. On est
incertain s'il tentera de pénétrer en
Tranfilvanie , ou s'il viendra ſecourir
Belgrade ; il n'y a que l'Invaſion des
Tartares que nous appréhendions en
Tranfilvanie, à cauſe de leur grand
nombre & des intelligences que les
Comtes d'Esterhazi & Bérénizi peuvent
avoir dans cette Principauté. Les
mêmes avis portent que le Prince de
Moldavie faiſoit couper Bras& Jambes
à tous ſes Sujets qui s'étoient déclarés
pour l'Empereur & abandonnoit
leurs biens au pillage. Le
Prince Eugene ayant envoyé un Exprès
au Major Herlevalle qui commande
en Tranſfilvanie , pour faire
prendre les Armes à tous ceux qui
étoient en étatde les porter ; ce Major
luia fait réponſe,que tous lesprincipaux
Paffages étoient si bien fortifiés , qu'il
étoit impoffible aux Ennemis de les
:
Fij
64 LE MERCURE
:
forcer , fans de la groſſe Artillerie.
Le 12 , le Prince Eugene &d'autres
Officiers de Distinction , rendirent vifire
au Comte de Mercy qui ſe porte
beaucoup mieux , ayant commencé à
récouvrer la Vûë & l'Oiiie : On appréhende
que cet accident ne le mette
hors d'état de fervir cette Campagne.
On a élévé pluſieurs Redoutes & autres
Ouvrages , dans les Iſles & fur le
bord du Danube , pour refferter la
Cavalerie qui est dans Belgrade ,
l'empêcher de venir fourager aux
Environs & en même tems tenir en
reſpect leurs Saïques .
On a appris que le Baronde Pétraſch
General de Bataille , s'éroit mis en
marche avec fes Milices , pour tâcher
de s'emparer de Saback, Poſte imporsantà
cauſede ſa fituation.
Le 13 , fur les fix heures du ſoir ,
il s'éléva aux Environs de Belgrade ,
un Orage fi violent accompagné
d'Eclairs , de Tonnerre & de Gréle ,
avec un Ouragant ſi impétueux , que
nos deux Ponts de Bateaux fur le Danube&
fur la Save, furent fort endommagés
; la moitié du Pont du Danube
ayant été ſéparée , & une partie de
D'AOUST
65
decelui de la Save ſubmergée;de forte
qu'en moins d'une demie heure , il y ût
plus de 90 Bâtimens emportés , outre
deux Barques chargées de Poudre &
de to Mortiers qui coulérent à fond :
Il y en ût auſſi pluſieurs autres chargées
de Vivres , de Munitions &
d'Inſtrumens à remuer la Terre , qui
arent le même fort. Il enleva quantité
de Proviſions qui étoient au bord du
Danube , & y renverſa douze Chariots
de Proviſions appartenans à des Vivandiers.
Une demie Galére Turque des Ennemis,
percée pour huit Canons, s'étant
détachée de ſon Ancre , vint donner
dans les Vaiſſeaux de l'Empereur. La
magnificence des Turbans &des Habits
à la Turque , fait juger qu'elle
étoit montée par quelques Perſonnes
deDiftinction ,dont on ne ſçait pas le
fort. On y a trouvé 2queues deCheval,
avec une Lifte éxacte de tout ce qu'il
y a dans les Magaſins de Belgrade.
La Garnifon Ottomane ayant voulu
profiter de tout ce défordre,fir tranſporter
fur des Bateaux 1000 Chevaux
avec autant de Fant.ffins , vers Semlium
; L'Infanterie ſe rabatit fur la Re
Гид
1
1
65 LE MERCURE
doute qui eſt la Tête de nôtre Pont de
Ja Save, & l'attaqua d'abord avec furie
. PluſieursTures étoient déja montés
fur le Parapet & y avoient arboré un
Drapeau ; mais un Capitaine deHeffe-
Caffel qui y commandoit avec 64 Heffiens
,ſe deffendit avec tant de valeur ,
la Bayonette au bout du Fufil , fans tirer
un ſeul coup , qu'il donna le tems
au General de Bataille Odvier , d'arriver
à ſon ſecours avec les deux Compagnies
de Grenadiers de Heiſter &de
Palfi , qui le dégagea &força l'Ennemi
deſe retirer avec perte.D'un autre côté,
leur Cavalerie s'étant jettée ſur nos
Fourageurs qui n'avoient pû repaſſer
la Save, à cauſe de l'accident du Pont ,
les mena d'abord affez rudement &
entuaune cinquantaine;mais leGeneral
Elz étant tombé àproposavec ſonDétachement
fur l'Ennem , le repouſſa ,
aprés lui avoir mishors de Combat 60
hommes. Nous avons perdu dans ces
deux Actions 20 Fantaſſins & envi-
Ton 40 Cavaliers. Les Tures en ſe retirant
dans la Place, y ont conduit plufheurs
Chevaux pris fur nos Fourageurs.
:
Le 14. le Pontde la Save étoit pref-
G
D'AOUST. 67
qu'entièrement réparé ; mais celui du
Danube ne l'étoit pas encore le 16.
Les Fourages ſont toujours trés
sares ; on eſt contraint de les aller
chercher fort loin , au-delà de la Save
&du Danube ;& il y a bien à craindre
que l'approchedesTurcs n'en augmen
te la rareté. La Garniſon de Belgrade
continue ſes Retranchemens extérieurs.
L'Ingénieur Allemand qui s'eſt
jettédans la Place , donne de bons avis
auxAffiégez
Le Prince Eugene eſt réfolu de ne
point s'engager à faire l'ouverture de
laTranchée , qu'il n'ait tout le nécef
faire en abondance dans ſon Camp ,
& qu'il n'ait reconnu le deſſein de
la grande Armée des Ennemis.
Le 15. le Prince Eugene a écrit à
l'Empereur , pour juſtifier M. Defalleurs
far les Faux bruits qui ont courus
, qu'il donnoit des avis fécrets aux
Mécontens. Ce Prince a fait en même
tems l'Eloge de tous les François qui
fervent à l'Armée :On différe toujours
le Siege , pour ne point s'embarquer
mal à propos; on veut être auparavant
certain des deſſeins du G. Vizir. On
a appris par des Priſonniers qu'il étoit
:
68 LE MERCURE
avec ſon Armèe ſur la Morava.
Un Boulet de Canon tiré d'une
Batterie des Ennemis, a coupé un Cordon
de la Tente de Mgr le Comte de
Charolois , où ce Prince étoit.
Le 16 , l'Infanterie Bávaroiſe , avec
la Garde à Cheval, arriva au Camp de
Semlim.
Le Prince Eugene ayant defleinde
conſtruire une Redoute de l'autre côté
delaSave, au confluant de cetteRiviere,
&d'y élever une batterie , afin de foudroyer
la baſſe Ville , chargea de cette
expedition M. le Comte de Mareilli
Général Major , lui donnant fous fes
ordres trois Bataillons , fix Compagnies
des Grenadiers & 300. Chevaux,
qui devoient foûtenir les Pioniers employés
à cet ouvrage. On commença
ce travail à l'entrée de la nuit &laGarniſon
de Belgrade ne s'en étant appercuë
qu'à deux heures aprés minuit,
fit alorsun feu trés vif, tant du Canon
des Saïques & de la Place , que de
la Mouſqueterie ;& tira beaucoup de
Boulets rouges pour découvrirnosTravaux;
mais tour ce fracas ne dérangea
rien.
Letz, à ſept heures du matin , 2000
-
D'AOUST.. 69
Janiſſaires étant ſortis,à la faveur d'un
feû continuel du Canon de la Forterereſſe
& de leurs Vaiſſeaux , débarquérent
au bord du Danube derriere
nos Travaux ; le Comte de Marcilli
s'avança pour les charger, n'étant ſuivi
que du Bataillon de Palfi & de 600
Grenadiers. Les Imperiaux,aprés avoir
fait leur décharge,jetterent leurs armes
&abandonnérent M. de Marcilly qui
fut tué avec le peude braves Gens qui
étoient reſtés avec lui ; une partie du
Bataillon dePalfi y perit entierement:
Le Colonel Heiſter qui avoit refuſé
d'oppoſer aux Ennemis des chevaux
de friſe , lorſqu'ils étoient à portée , fut
emporté d'un coup de Canon; & les
deux mille Hommes qu'il avoit avec
lui , coururent rifque, de même que les
Travailleurs ,d'avoir le même ſort; file
Prince Eugene n'ût fait avancer à propos
le Baron deMiglio avec 250. Cuiraffiers,
qui chargea avec tant de valeur
les Ennemis , qu'il les repouſſa &les
obligea à s'embarquer avec tant de précipitation
,qu'il y en ût ungrand nombrede
tués &de noyés. Aprés une Action
auſſi chaude,nôtreInfanterie réprit
fon poſte&recommença à travailler ,
70. LE MERCURE
#
étant couvertepar de nouvelles troupes
qu'on détacha. On compte 1000. hommes
de perte du côté des Imperiaux ,
avec 30. Officiers , dont il y à6. Capitaines
, un Lieutenant Colonel , & un
Sergent Major: Les Turcs n'ont pas été
moins maltraittés ; Ibrahim Bacha
de Romelie qui les commandoir , y
ayant perdu la vie.Un ſous- Lieutenant
du Regiment de Virmond avec 9.Grenadiers
, a tué 20. Janniſſaires , & leur
a pris un Drapeau , lequel,aprés avoir
été preſenté au Prince Eugene , fut
planté devant ſa Tente.
Le 18 , on fut informé que les Turcs
avoient jetté quatre Pons fur la Mo
rava , & que leur Armée groſſiſſoit tous
les jours conſidérablement .
Le 19 , on acheva de réparer le Pont
fur le Danube : 10 Galeres & 40 , tant
Saïques que Bâtimens Ennemis , s'avancérent
près de l'Avant-garde de
nos Vaiſſeaux de Guerre , à l'embou
chure du Témes , où elles jettérent
P'Anere.
Le 20 , cette petite Flotte ſe retira
& décendit plusbas fur leDanube jufqu'à
Semendria.
Le 21 , on apprit que tous les HabiD'AOUST
71
tans de la Boſnie , en état de porter
les armes , avoient û ordre de ſe rendre
à la grande ArméeOttomane,fous
peine du Harach. *
On perfectionna le ſecond Pont de
Barques fur la Save,commencé depuis
quelques jours ; & on pouffa avec ſuccésle
travail de l'autre côté de cette
Riviere ; afin de nous mieux couvrir&
d'achever les Rédoutes , les Batteries
& les Lignes de communication.
Le 22 ,on éleva ſur les Batteries 26
Canons de 24 liv. de bales & 20 Mortiers
, pour canoper & bombarder la
baffe-Ville. Onrecut avis certain que
l'Ennemi avoit paſſe la Morava fur
quatre Ponts & qu'il s'étoit avancé
vers Haffan-Baffa-Palanka .
Le 23 , à deux heures avant le jour ,
on commença àcanoner & à bombarder
en même tems la Fortereffe , & la
Ville d'Eau ; ce qui a continué pendant
tout le jour avec tant de ſuccès , que
nos Batteries en ont renverſé deux
des Turcs rafé tout le cordon dır
Mur & démonté leurs Canons qui
* Tribut par téte que les Chrêtiensen
Turquie , doivent payer annuellement,
fous peine de prijon.
72 LE MERCURE
font dans le flanc: L'Ennemi a été obligé
deles rétirer des Ouvrages. L'on
ne diſcontinuëra pas le feu , que l'on
n'ait ruiné entierement toutes les deffences
qui font en vuë du côté de la
Save , & que l'on n'ait reſſerré ſon
armement naval.
Les Affiegés n'avoient jamais pû
ſeperfuader qu'on pîût les attaquer par
la Riviere ; s'étant attendu qu'on l'auroit
fait du côté de la Montagne , où
ils ont pratiqué beaucoup de Mines.
Nos Bombes ont fait un ſi terrible effet
, qu'elles ont reduit la plus grande
partie de la Ville en cendre.
Comme l'Iſle fortifiée du Danube ,
derriere laquelle les Barques armées.
des Turcs font à couvert , nous incommode
beaucoup ; on diſpoſe une
double Batterie particuliere pour la
canoner & la bombarder. On fera
enfuite les diſpoſitions pour l'ouverture
de la Tranchée de ce côté-ci.
Sur l'avis que l'Armée Ottomane
arriva le 21 à Haffan-Baſſa - Palanka à
fix lieües d'ici , ſur le chemin de Semendria
, on a placé 160 piéces de Canon
fur nos Retranchemens qui reffemblent
à des Fortifications. Nous
avons
DAOUST.
73
avons ungrand amas de fourages dans
notre Camp.
On vient d'apprendre que l'Armée
des Infidéles étoit enfin arrivée à Kolov
prés Sémendria , reſoluë d'en venir
à une Action déciſive . Leur projet
eſt , à ce que l'on prétend , d'attaquer
en même tems le front des Retranchemens&
une tête de Pont , tandis que la
Garniſon attaquera l'autre. M. le Prince
Eugene a envoyé à l'Empereur uneLifte
qu'on a trouvée dans la poche d'un Aga
Turc qui a été fait Prifonnier , par la.
quelle on voir le détail des Troupes Ennemies
qui menteà 337000 hommes.
M. le Prince Eugene vient d'être
nouvellement informé , que le Comte
de Steinville a bien de la peine à contenir
les Tranſilvainsdans l'obéiffance ,
& ſurtout les Montagnards qui font
fort inclinez à la rébellion , y étant
follicitez fortement par les Comtes
Eſthérazi , Bérézini , Fortgatick &
Czaki , qui font actuellement dans
P'Armée Ottomane & qui leurs promettent
dans peu de les venir joindre
avec foooo honmes .
une Rélation de l'Ouverture de
laCampagne enHongrie , que j'ai conduite
jusqu'au s de Juillet. Le Lec
teur attend de moi , que je continuë de
mois en mois ce Journal , jusqu'à la finde
la Campagne ; c'est un engagement auquel
D'AOUST . 57
je dois fatisfaire avec tout le ſoin dont
je suis capable. Comme je crois être
très éxactement informé par des Lettres
particulières ,des NouvellesdeHongrie,
j'espère qu'on remarquera quantité
deCirconstances curieusesque l'on netrouvéra
point dans les Gazettes Françoises;
jenediſconvien drai pas cependant qu'à
leur exemple , je ne me fervéutilement
de deux imprimez hebdomadaires
que je reçois de Vienne ; l'un ſous le Tiire
de Eſtrato delle nuovità più effentiali
dalle lettere più freſce,c'est- à-dire,
Extrait des Nouvelles les plus confiderables
& les plus fraiches ; & l'autre en
Allemand ſous celui de Diarium , ou
Journal de l'Empire.
JOURNAL DE HONGRIE.
D
Ans l'Action du 5. près de Semlim
, à deux heures après midy,
lesdeux Vaiſſeaux de Guerre , S. François
& S. Eſtienne Imperiaux , commandés
par le Capitaine Storck , &
par le Capitaine - Lieutenant Pomerefch,
firent un feu ſi terrible de leurs
Canons chargés de Carcaffes, de Bou- 1
58 LE MERCURE
lets àCartouches &de Chaînes ; qu'.
après un Combat de deux heures &
demie , les so , tant Frégates , que
demie Galéres & Saïques Turques
ſe virent forcées de ſe retirer ſous la
Fortereffe , avec perte de plus de 400
Hommes tués ou bleſſés. Le Vice
Amiral des Turcs , qui étoit Maure&
fort âgé , mais Officier fort expérimenté
, fur tué dans ce Combat :
Quatre de leurs Fregattes , une demie
Galére & quelques Saïques
ont été coulées à fond, & pluſieurs
autres ont été fort endomagées. Nôtre
perte eſt d'environ 30 hommes',
avec quelques Chevaux tués d'un
Corps de Cavalerie ,que le General
Hauben avoit placé ſur la hauteur de
Semlim.
Le 6 , l'Ordre fut donné , que le
Vaifleau de Guerre S. Eugene , qui
étoit à Petrivaradin , vint joindre
promptement les deuxautresVaiſſeaux;
afin de tenir en reſpect les Bâtimens
Ennemis. Pour plus grande fûreté , on
plaça quelques pièces de Canon fur
une Redoute que l'on a élevée fur
le bord du Danube , en deça de la
D'AOUST.
59
Moſquée, prés de Semlim.
Le 7 , il arriva de Segédin par le
Donavvitz & le Temes , 50 ou 60 Barques
chargées de Canons , Mortiers ,
Boulets , Bombes , & Poudres. On fut
occupé le même jour , à débarquer
toutes ces Munitions deſtinées pour
le Siége. Les Princes & les Généraux
de l'Armée , ont fournis leurs Chevaux
&Chariots de Bagage,pour tranfporter
plus promptement au Camp,
des Faſcines , Paliſfades & Gabions , à
quoi l'on travaille continuellement
dans la Forêt , à une lieuë du Camp ,
ſous l'efcorte d'un Corps de Cavalerie
& d'Infanterie.
Le 8 , on a reçû avis que la Tête
des Troupes de l'Armée Ottomane ,
étoit arrivée à Niſſa avec le Grand
Vizir , & qu'il paroiſſoit que les Turcs
avoient deffein de faire une irruption
enTranſilvanie par la Vvalachie, avec
un gros Corps de Tartares & quelques
autres Renforts. Le Général
Steinville Commandant General de la
Principauté , informé de ces mouvemens,
eſt allé les attendre juſques ſur
la Frontiere , avec les Troupes de fon
Commandement renforcées des deux
60 'LE MERCURE
Regimens de Dragons , de Hauben &
de S. Amour, qui feront ſuivis de plufieurs
autres Corps que l'on tire de la
BaffeHongrie.
Trois Déſerteurs de la Place nous
rapportérent avant-hier , que l'Artillerie
retirée dans Bellegrade, étoit ſi nombreuſe
, que toutes les Ruës & les
Places en étoient embarraflées. LesRebeles
de Capagie demandent aux
Turcs un ſecours de sooo hommes,
pour ſe mettre en Campagne , conjoinrement
avec eux ; de maniére
que l'on ne ſçait pas encore fi ce ſera
à cette Diverſion , ou à une Bataille
que l'Ernemi ſe réſoudra. Le 23 du
paflé, nous fimes un Fourage genéral
, & lesInfideles nous enlevérent,
beaucoup de Chevaux &de Chariots,
tuérent & firent Prifonniers fun nombre
confiderable de nos gens. Nous
occupons les Avenues de la Place de
fi prés , que les Tures tirent fur nous
à coups de fuſil ; Ils travaillent jour
& nuit à un grand retranchement :
L'on parle toujours différemment de
la force de la Garrison ; les Uns la
diſent de 20000 hommes , d'Autres
dez0000; cependant il paroît beaucoup
de
D'AOUST. 61
de conſternation dans les Ennemis ,
qui nous ont laifles prendre tous les
Poſtes d'alentour de la Ville , & conftruire
des Ponts , fans aucune oppofition.
Le 9. le Prince Maximilien de Hefſe-
Caſſel Général de Bataille , joignit
avec ſon Regiment d'Infanterie
de trois mille hommes , le General
Hauben près de Semlim , où l'on commença
de travailler à une ligne de Circonvallation
& àdes Retranchemens ,
de même qu'à former la communication,
par lemoyen des Ponts que l'on a
conſtruits fur pluſieurs Marais.
Le 10. on joignit les travaux de la
Ville, parune nouvelle ligne de la file
poſterieure de nôtre Aîle droite , jufqu'à
la Redoute élevée près de la Savede
ce côté- cy. Le même jour , le
Prince Eugene ayant formé le deſſein
de faire attaquer le Fort des Ennemis ,
dans l'Ile de Donavvitz , chargeade
cette exécution le Comte de Mercy
lui ayantdonné à cet effet, quatre Bataillons
, dix Compagnies de Grenadiers
, deux mille quarre cent Chevaux
&quelques pieces de Canon. Ce Geveral
avoitdéja paflé la Riviere avec
Aoust 1717. F
62 LE MERCURE
fes Troupes & étoit fur le point de
faire donner l'Affaut , lorſqu'il fût
frapé d'un coup de Sang : Il tomba de
cheval , privé de l'Oüie & de la Vûë .
Cet accident fut cauſe que l'on remit
cette Expedition à un autre tems : On
ſe contenta ſeulement de prendre pofte
le long du Marais , afin de refferrer
plus étroitement les Infideles.
Un Parti de nos Huſlars en ayant
rencontréUn des Ennemis , l'a battu &
fait quelques Prifonniers , parmi leſquels
ſe trouvent deux Agas : Comme
ils ont été enlevez auprés de Sémendria
, on les a interrogé fur le nombre
& la marche de leur grande Armée.
Ils ont confirmé qu'elle étoit compofée
de 250000.hommes en Corps & qu'elle
devoit décamper inceſſamment deNifla
pour nous venir attaquer; ſans comprer
plus de cinquante millel Tartares qui
menacent la Tranfilvanie ;outre vingt
à vingt - cinq mille hommes de Troupes
ramallées , tant Allemands , Cofaques
, que Turcs & Hongrois , commandez
par les Chefs desRebelles, Efthérazi
& Bérézini : Il y a encore differens
Corps feparez à Sémendria,Orfova&
le long du Danube ; de forne
D'AOUST. 63
que ſelon la fupputation que l'on ena
faite , le Total monteroit à près de trois
Scent mille hommes d'Infanterie, & environ
cent mille Chevaux.
Le 11. le Prince Eugene fut informé
par un Exprès , que le Vaïvode de Valachie
étoit allé au devant du Seraskier
qui est a la Tête des Tartares. On est
incertain s'il tentera de pénétrer en
Tranfilvanie , ou s'il viendra ſecourir
Belgrade ; il n'y a que l'Invaſion des
Tartares que nous appréhendions en
Tranfilvanie, à cauſe de leur grand
nombre & des intelligences que les
Comtes d'Esterhazi & Bérénizi peuvent
avoir dans cette Principauté. Les
mêmes avis portent que le Prince de
Moldavie faiſoit couper Bras& Jambes
à tous ſes Sujets qui s'étoient déclarés
pour l'Empereur & abandonnoit
leurs biens au pillage. Le
Prince Eugene ayant envoyé un Exprès
au Major Herlevalle qui commande
en Tranſfilvanie , pour faire
prendre les Armes à tous ceux qui
étoient en étatde les porter ; ce Major
luia fait réponſe,que tous lesprincipaux
Paffages étoient si bien fortifiés , qu'il
étoit impoffible aux Ennemis de les
:
Fij
64 LE MERCURE
:
forcer , fans de la groſſe Artillerie.
Le 12 , le Prince Eugene &d'autres
Officiers de Distinction , rendirent vifire
au Comte de Mercy qui ſe porte
beaucoup mieux , ayant commencé à
récouvrer la Vûë & l'Oiiie : On appréhende
que cet accident ne le mette
hors d'état de fervir cette Campagne.
On a élévé pluſieurs Redoutes & autres
Ouvrages , dans les Iſles & fur le
bord du Danube , pour refferter la
Cavalerie qui est dans Belgrade ,
l'empêcher de venir fourager aux
Environs & en même tems tenir en
reſpect leurs Saïques .
On a appris que le Baronde Pétraſch
General de Bataille , s'éroit mis en
marche avec fes Milices , pour tâcher
de s'emparer de Saback, Poſte imporsantà
cauſede ſa fituation.
Le 13 , fur les fix heures du ſoir ,
il s'éléva aux Environs de Belgrade ,
un Orage fi violent accompagné
d'Eclairs , de Tonnerre & de Gréle ,
avec un Ouragant ſi impétueux , que
nos deux Ponts de Bateaux fur le Danube&
fur la Save, furent fort endommagés
; la moitié du Pont du Danube
ayant été ſéparée , & une partie de
D'AOUST
65
decelui de la Save ſubmergée;de forte
qu'en moins d'une demie heure , il y ût
plus de 90 Bâtimens emportés , outre
deux Barques chargées de Poudre &
de to Mortiers qui coulérent à fond :
Il y en ût auſſi pluſieurs autres chargées
de Vivres , de Munitions &
d'Inſtrumens à remuer la Terre , qui
arent le même fort. Il enleva quantité
de Proviſions qui étoient au bord du
Danube , & y renverſa douze Chariots
de Proviſions appartenans à des Vivandiers.
Une demie Galére Turque des Ennemis,
percée pour huit Canons, s'étant
détachée de ſon Ancre , vint donner
dans les Vaiſſeaux de l'Empereur. La
magnificence des Turbans &des Habits
à la Turque , fait juger qu'elle
étoit montée par quelques Perſonnes
deDiftinction ,dont on ne ſçait pas le
fort. On y a trouvé 2queues deCheval,
avec une Lifte éxacte de tout ce qu'il
y a dans les Magaſins de Belgrade.
La Garnifon Ottomane ayant voulu
profiter de tout ce défordre,fir tranſporter
fur des Bateaux 1000 Chevaux
avec autant de Fant.ffins , vers Semlium
; L'Infanterie ſe rabatit fur la Re
Гид
1
1
65 LE MERCURE
doute qui eſt la Tête de nôtre Pont de
Ja Save, & l'attaqua d'abord avec furie
. PluſieursTures étoient déja montés
fur le Parapet & y avoient arboré un
Drapeau ; mais un Capitaine deHeffe-
Caffel qui y commandoit avec 64 Heffiens
,ſe deffendit avec tant de valeur ,
la Bayonette au bout du Fufil , fans tirer
un ſeul coup , qu'il donna le tems
au General de Bataille Odvier , d'arriver
à ſon ſecours avec les deux Compagnies
de Grenadiers de Heiſter &de
Palfi , qui le dégagea &força l'Ennemi
deſe retirer avec perte.D'un autre côté,
leur Cavalerie s'étant jettée ſur nos
Fourageurs qui n'avoient pû repaſſer
la Save, à cauſe de l'accident du Pont ,
les mena d'abord affez rudement &
entuaune cinquantaine;mais leGeneral
Elz étant tombé àproposavec ſonDétachement
fur l'Ennem , le repouſſa ,
aprés lui avoir mishors de Combat 60
hommes. Nous avons perdu dans ces
deux Actions 20 Fantaſſins & envi-
Ton 40 Cavaliers. Les Tures en ſe retirant
dans la Place, y ont conduit plufheurs
Chevaux pris fur nos Fourageurs.
:
Le 14. le Pontde la Save étoit pref-
G
D'AOUST. 67
qu'entièrement réparé ; mais celui du
Danube ne l'étoit pas encore le 16.
Les Fourages ſont toujours trés
sares ; on eſt contraint de les aller
chercher fort loin , au-delà de la Save
&du Danube ;& il y a bien à craindre
que l'approchedesTurcs n'en augmen
te la rareté. La Garniſon de Belgrade
continue ſes Retranchemens extérieurs.
L'Ingénieur Allemand qui s'eſt
jettédans la Place , donne de bons avis
auxAffiégez
Le Prince Eugene eſt réfolu de ne
point s'engager à faire l'ouverture de
laTranchée , qu'il n'ait tout le nécef
faire en abondance dans ſon Camp ,
& qu'il n'ait reconnu le deſſein de
la grande Armée des Ennemis.
Le 15. le Prince Eugene a écrit à
l'Empereur , pour juſtifier M. Defalleurs
far les Faux bruits qui ont courus
, qu'il donnoit des avis fécrets aux
Mécontens. Ce Prince a fait en même
tems l'Eloge de tous les François qui
fervent à l'Armée :On différe toujours
le Siege , pour ne point s'embarquer
mal à propos; on veut être auparavant
certain des deſſeins du G. Vizir. On
a appris par des Priſonniers qu'il étoit
:
68 LE MERCURE
avec ſon Armèe ſur la Morava.
Un Boulet de Canon tiré d'une
Batterie des Ennemis, a coupé un Cordon
de la Tente de Mgr le Comte de
Charolois , où ce Prince étoit.
Le 16 , l'Infanterie Bávaroiſe , avec
la Garde à Cheval, arriva au Camp de
Semlim.
Le Prince Eugene ayant defleinde
conſtruire une Redoute de l'autre côté
delaSave, au confluant de cetteRiviere,
&d'y élever une batterie , afin de foudroyer
la baſſe Ville , chargea de cette
expedition M. le Comte de Mareilli
Général Major , lui donnant fous fes
ordres trois Bataillons , fix Compagnies
des Grenadiers & 300. Chevaux,
qui devoient foûtenir les Pioniers employés
à cet ouvrage. On commença
ce travail à l'entrée de la nuit &laGarniſon
de Belgrade ne s'en étant appercuë
qu'à deux heures aprés minuit,
fit alorsun feu trés vif, tant du Canon
des Saïques & de la Place , que de
la Mouſqueterie ;& tira beaucoup de
Boulets rouges pour découvrirnosTravaux;
mais tour ce fracas ne dérangea
rien.
Letz, à ſept heures du matin , 2000
-
D'AOUST.. 69
Janiſſaires étant ſortis,à la faveur d'un
feû continuel du Canon de la Forterereſſe
& de leurs Vaiſſeaux , débarquérent
au bord du Danube derriere
nos Travaux ; le Comte de Marcilli
s'avança pour les charger, n'étant ſuivi
que du Bataillon de Palfi & de 600
Grenadiers. Les Imperiaux,aprés avoir
fait leur décharge,jetterent leurs armes
&abandonnérent M. de Marcilly qui
fut tué avec le peude braves Gens qui
étoient reſtés avec lui ; une partie du
Bataillon dePalfi y perit entierement:
Le Colonel Heiſter qui avoit refuſé
d'oppoſer aux Ennemis des chevaux
de friſe , lorſqu'ils étoient à portée , fut
emporté d'un coup de Canon; & les
deux mille Hommes qu'il avoit avec
lui , coururent rifque, de même que les
Travailleurs ,d'avoir le même ſort; file
Prince Eugene n'ût fait avancer à propos
le Baron deMiglio avec 250. Cuiraffiers,
qui chargea avec tant de valeur
les Ennemis , qu'il les repouſſa &les
obligea à s'embarquer avec tant de précipitation
,qu'il y en ût ungrand nombrede
tués &de noyés. Aprés une Action
auſſi chaude,nôtreInfanterie réprit
fon poſte&recommença à travailler ,
70. LE MERCURE
#
étant couvertepar de nouvelles troupes
qu'on détacha. On compte 1000. hommes
de perte du côté des Imperiaux ,
avec 30. Officiers , dont il y à6. Capitaines
, un Lieutenant Colonel , & un
Sergent Major: Les Turcs n'ont pas été
moins maltraittés ; Ibrahim Bacha
de Romelie qui les commandoir , y
ayant perdu la vie.Un ſous- Lieutenant
du Regiment de Virmond avec 9.Grenadiers
, a tué 20. Janniſſaires , & leur
a pris un Drapeau , lequel,aprés avoir
été preſenté au Prince Eugene , fut
planté devant ſa Tente.
Le 18 , on fut informé que les Turcs
avoient jetté quatre Pons fur la Mo
rava , & que leur Armée groſſiſſoit tous
les jours conſidérablement .
Le 19 , on acheva de réparer le Pont
fur le Danube : 10 Galeres & 40 , tant
Saïques que Bâtimens Ennemis , s'avancérent
près de l'Avant-garde de
nos Vaiſſeaux de Guerre , à l'embou
chure du Témes , où elles jettérent
P'Anere.
Le 20 , cette petite Flotte ſe retira
& décendit plusbas fur leDanube jufqu'à
Semendria.
Le 21 , on apprit que tous les HabiD'AOUST
71
tans de la Boſnie , en état de porter
les armes , avoient û ordre de ſe rendre
à la grande ArméeOttomane,fous
peine du Harach. *
On perfectionna le ſecond Pont de
Barques fur la Save,commencé depuis
quelques jours ; & on pouffa avec ſuccésle
travail de l'autre côté de cette
Riviere ; afin de nous mieux couvrir&
d'achever les Rédoutes , les Batteries
& les Lignes de communication.
Le 22 ,on éleva ſur les Batteries 26
Canons de 24 liv. de bales & 20 Mortiers
, pour canoper & bombarder la
baffe-Ville. Onrecut avis certain que
l'Ennemi avoit paſſe la Morava fur
quatre Ponts & qu'il s'étoit avancé
vers Haffan-Baffa-Palanka .
Le 23 , à deux heures avant le jour ,
on commença àcanoner & à bombarder
en même tems la Fortereffe , & la
Ville d'Eau ; ce qui a continué pendant
tout le jour avec tant de ſuccès , que
nos Batteries en ont renverſé deux
des Turcs rafé tout le cordon dır
Mur & démonté leurs Canons qui
* Tribut par téte que les Chrêtiensen
Turquie , doivent payer annuellement,
fous peine de prijon.
72 LE MERCURE
font dans le flanc: L'Ennemi a été obligé
deles rétirer des Ouvrages. L'on
ne diſcontinuëra pas le feu , que l'on
n'ait ruiné entierement toutes les deffences
qui font en vuë du côté de la
Save , & que l'on n'ait reſſerré ſon
armement naval.
Les Affiegés n'avoient jamais pû
ſeperfuader qu'on pîût les attaquer par
la Riviere ; s'étant attendu qu'on l'auroit
fait du côté de la Montagne , où
ils ont pratiqué beaucoup de Mines.
Nos Bombes ont fait un ſi terrible effet
, qu'elles ont reduit la plus grande
partie de la Ville en cendre.
Comme l'Iſle fortifiée du Danube ,
derriere laquelle les Barques armées.
des Turcs font à couvert , nous incommode
beaucoup ; on diſpoſe une
double Batterie particuliere pour la
canoner & la bombarder. On fera
enfuite les diſpoſitions pour l'ouverture
de la Tranchée de ce côté-ci.
Sur l'avis que l'Armée Ottomane
arriva le 21 à Haffan-Baſſa - Palanka à
fix lieües d'ici , ſur le chemin de Semendria
, on a placé 160 piéces de Canon
fur nos Retranchemens qui reffemblent
à des Fortifications. Nous
avons
DAOUST.
73
avons ungrand amas de fourages dans
notre Camp.
On vient d'apprendre que l'Armée
des Infidéles étoit enfin arrivée à Kolov
prés Sémendria , reſoluë d'en venir
à une Action déciſive . Leur projet
eſt , à ce que l'on prétend , d'attaquer
en même tems le front des Retranchemens&
une tête de Pont , tandis que la
Garniſon attaquera l'autre. M. le Prince
Eugene a envoyé à l'Empereur uneLifte
qu'on a trouvée dans la poche d'un Aga
Turc qui a été fait Prifonnier , par la.
quelle on voir le détail des Troupes Ennemies
qui menteà 337000 hommes.
M. le Prince Eugene vient d'être
nouvellement informé , que le Comte
de Steinville a bien de la peine à contenir
les Tranſilvainsdans l'obéiffance ,
& ſurtout les Montagnards qui font
fort inclinez à la rébellion , y étant
follicitez fortement par les Comtes
Eſthérazi , Bérézini , Fortgatick &
Czaki , qui font actuellement dans
P'Armée Ottomane & qui leurs promettent
dans peu de les venir joindre
avec foooo honmes .
Fermer
9
p. 171-175
A Venise, le 14 Aoust 1717.
Début :
Le Capitaine Général Pisani a joint avec 7 Galeres & [...]
Mots clefs :
Capitaine, Galères, Combat, Vaisseaux, Duc de Parme, Bataillon, Turcs, Bâtiments, Vénitiens, Sénat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Venise, le 14 Aoust 1717.
A Veniſe , le 14. Aoust 1717.
E Capitaine Général Pisani a
joint avec 7. Galeres & avec
tous les Vaffeaux Auxiliaires la flotte
Kénitienne , es la ramenée aux Ifles de
Sapienza , affin de la radouber. Quoi
que elle ait étéfort maltraittée , on se
comfole néantmoins de ce que celle des
Turcs l'a été encore d'avantage: Ge quis
on fau juger ainsi , c'est qu'ils se sont
retiré au-delà des Dardanelles, pour reparer
le defordre qu'on y a causé. Le
Combat a étéfi vif , que dans la den--
xiéme Canonade dis 14 , il y a û 12. CRpitaines
de Vaisseaux Vénitiens tués
on blessés..
Le Duc de Parme a fourni un ſecond
Bataillon. à la République
le troifiéme qu'il a promis est presque
complet..
Il arriva icille 10. un Exprés par
Otrante , avec 2. lettres ; l'une du ficur
Capello Capitaine de Galeaffes , dattées
de Zante le 15.Juillet , & l'autre
a
D'AOUST. 173
du Chevalser Antoine Lorédano , Provéditeur
Général des Isles , écrites de Corfan
le 28. Selon ces avis la flotte Véni
tienne a remporté une Victoiresignalée
fur cette des Turcs.
L'un & lautremandent qu'ayant envoyé
une Felouqueàla découverte,le Patron as
voit raportéqu'il avoit entendu tirerfors
tement,le 19 a la hauteur de Coron ;d'ob
iljugeoit que les 2. Flottes étoient ves
nuës de nouveau aux mains ; que ce
bruit avoit été entendu de toute la côte
de la Morée. L: 24 un petit Batiment
Mainote étant abordé au Zante avoir
afuré que l'Armée Vénitiennese trou
vant entre Calamata & Coron en Morée,
avoit pris le 17 : une Barque d'avis
dépéchée à la Flotte Turque. Le Capi--
taine Général informé par l'Equipage
de cette Barque , qu'elle étoit furgie
da 6 Barbara ques ou Saiques,fous l'éf
corte de deux Vaisseaux de Guerre
avoit surpris te 18. ce Convoy : Que les
Prifoniers lui ayant confirméque la Flot
se-Ottomane-composée de 33 Vaisseaux
**Bâtiment dont ſe ſerven les Had
bitans de la côte , entre le Gap Ma
tapan& le CapAngelo."
4
$74 LE MERCURE
étoit dans la Plagede Modon, iladsit
pris la résolution de l'aller attaquer avec
toute la Flotte & avec les Auxiliaires
faiſans 36 Vaiſſeaux , outre les Ga
leres ; que le Combat s'étoit donné le19.
à la hauteur de Coron , & avoit duré
10 où 12 heures : Qu'enfin les Venitiens
ayant l'avantage du vent, avoient fi bien
manoeuvré,qu'ils avoientſeparédu Cor--
donEnnemi , 18. Sultanes dont une par--
tie avoit été coulée à fond on brulée ,
&l'autre prife: Que le Capitaine Géné
ral poursuivoit les débris de la flotte
Ennemie dont il avoit étépourtant fe--
paré par la nuit. Voila lefondement de
cette grande Nouvelle qui est encor incertaine
: On en témoigna d'abord une
grande joye l'on formoit déjà des projets
confiderables. Le College enfit auffitôt
donner part au Nonce & al'Am--
bassadeur de l'Empereur qui depécha
une Staffette: Depuis ce tems là, onn'a û
ancun autre avis & l'on a ſuſpendu d'en
fairedesfeux de joye. Le Pape n'a point
répondu à la part que leVénitiens lui ont
donnée de l'avantage qu'ils prétendent
avoir û dans la premiere Action ; parce
qu'en le faiſant , le S. Pere n'apas
trouvé la Letire affez réſportnense
D'AOUST.
175
par laquelle ils ſemblent, lui imputer le
rétardement de la jonition des forces
Auxiliaires.
Le Senat paroit fort intrigué du def-
Sein que l'Empereur a formé , de réta
blir le Port Ré , dans le Golphe Adriatique
, & de le rendre Libre à toutes
Les Nations , pour attirer le commerceen
Allemagne de ce côté la ; mais les
Vénitiens y font trop intereſſsés pour ne
pas s'y opposerde toutes leursforces : Ils
tiennentfrequemment des Conseils pour
en empecher l'éxécution ; étant auſſiJalouxde
ladomination de la Mer Adria--
tique , que du commerce de Vénife-qui en
Souffriroit confiderablement .
Le Prince Electoral de Saxe a
pris congéde la République , il passera
à Fadone & à Verone , pour s'enrétourner
en Allemagne.
E Capitaine Général Pisani a
joint avec 7. Galeres & avec
tous les Vaffeaux Auxiliaires la flotte
Kénitienne , es la ramenée aux Ifles de
Sapienza , affin de la radouber. Quoi
que elle ait étéfort maltraittée , on se
comfole néantmoins de ce que celle des
Turcs l'a été encore d'avantage: Ge quis
on fau juger ainsi , c'est qu'ils se sont
retiré au-delà des Dardanelles, pour reparer
le defordre qu'on y a causé. Le
Combat a étéfi vif , que dans la den--
xiéme Canonade dis 14 , il y a û 12. CRpitaines
de Vaisseaux Vénitiens tués
on blessés..
Le Duc de Parme a fourni un ſecond
Bataillon. à la République
le troifiéme qu'il a promis est presque
complet..
Il arriva icille 10. un Exprés par
Otrante , avec 2. lettres ; l'une du ficur
Capello Capitaine de Galeaffes , dattées
de Zante le 15.Juillet , & l'autre
a
D'AOUST. 173
du Chevalser Antoine Lorédano , Provéditeur
Général des Isles , écrites de Corfan
le 28. Selon ces avis la flotte Véni
tienne a remporté une Victoiresignalée
fur cette des Turcs.
L'un & lautremandent qu'ayant envoyé
une Felouqueàla découverte,le Patron as
voit raportéqu'il avoit entendu tirerfors
tement,le 19 a la hauteur de Coron ;d'ob
iljugeoit que les 2. Flottes étoient ves
nuës de nouveau aux mains ; que ce
bruit avoit été entendu de toute la côte
de la Morée. L: 24 un petit Batiment
Mainote étant abordé au Zante avoir
afuré que l'Armée Vénitiennese trou
vant entre Calamata & Coron en Morée,
avoit pris le 17 : une Barque d'avis
dépéchée à la Flotte Turque. Le Capi--
taine Général informé par l'Equipage
de cette Barque , qu'elle étoit furgie
da 6 Barbara ques ou Saiques,fous l'éf
corte de deux Vaisseaux de Guerre
avoit surpris te 18. ce Convoy : Que les
Prifoniers lui ayant confirméque la Flot
se-Ottomane-composée de 33 Vaisseaux
**Bâtiment dont ſe ſerven les Had
bitans de la côte , entre le Gap Ma
tapan& le CapAngelo."
4
$74 LE MERCURE
étoit dans la Plagede Modon, iladsit
pris la résolution de l'aller attaquer avec
toute la Flotte & avec les Auxiliaires
faiſans 36 Vaiſſeaux , outre les Ga
leres ; que le Combat s'étoit donné le19.
à la hauteur de Coron , & avoit duré
10 où 12 heures : Qu'enfin les Venitiens
ayant l'avantage du vent, avoient fi bien
manoeuvré,qu'ils avoientſeparédu Cor--
donEnnemi , 18. Sultanes dont une par--
tie avoit été coulée à fond on brulée ,
&l'autre prife: Que le Capitaine Géné
ral poursuivoit les débris de la flotte
Ennemie dont il avoit étépourtant fe--
paré par la nuit. Voila lefondement de
cette grande Nouvelle qui est encor incertaine
: On en témoigna d'abord une
grande joye l'on formoit déjà des projets
confiderables. Le College enfit auffitôt
donner part au Nonce & al'Am--
bassadeur de l'Empereur qui depécha
une Staffette: Depuis ce tems là, onn'a û
ancun autre avis & l'on a ſuſpendu d'en
fairedesfeux de joye. Le Pape n'a point
répondu à la part que leVénitiens lui ont
donnée de l'avantage qu'ils prétendent
avoir û dans la premiere Action ; parce
qu'en le faiſant , le S. Pere n'apas
trouvé la Letire affez réſportnense
D'AOUST.
175
par laquelle ils ſemblent, lui imputer le
rétardement de la jonition des forces
Auxiliaires.
Le Senat paroit fort intrigué du def-
Sein que l'Empereur a formé , de réta
blir le Port Ré , dans le Golphe Adriatique
, & de le rendre Libre à toutes
Les Nations , pour attirer le commerceen
Allemagne de ce côté la ; mais les
Vénitiens y font trop intereſſsés pour ne
pas s'y opposerde toutes leursforces : Ils
tiennentfrequemment des Conseils pour
en empecher l'éxécution ; étant auſſiJalouxde
ladomination de la Mer Adria--
tique , que du commerce de Vénife-qui en
Souffriroit confiderablement .
Le Prince Electoral de Saxe a
pris congéde la République , il passera
à Fadone & à Verone , pour s'enrétourner
en Allemagne.
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10
p. 2663-2664
ADDITION.
Début :
Par les dernieres Lettres de Constantinople, on a appris que c'étoit Osman, Pacha de [...]
Mots clefs :
Constantinople, Grand vizir, Divan, Milice, Tremblement de terre, Bataillon, Lisbonne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ADDITION.
ADDITION.
Ar les dernieres Lettres de Constantinople ;
on a appris que c'étoit Osman , Pacha de
Bosnie , qui avoit été nommé Grand Visir
qu'il avoit fait uue Entrée magnifique ; que le .
Peuple l'avoit reçu avec de grandes acclama
tions ; que les trois jours après son Entrée , it
avoit fait assembler le Divan , pour lui faireconnoître
la nécessité qu'il y avoit de prendre
des mesures pour rétablir la bonne intelligence
entre le G. S , la Milice et le Peuple ; qu'il falloit
cesser les poursuites qu'on faisoit avec trop
de rigueur contre ceux qui n'étoient que soupçonnez
d'avoir eû part aux dernieres revoltes ;
que c'étoit le seul moyen qu'il croyoit capable
de rétablir la tranquillité dans la Ville ; qu'en
conséquence de cet avis , on avoit déchiré tous
les Procès qu'on avoit commencé d'instruire:
contre divers Particuliers , et qu'on avoit r'ouvert
les Caffés publics qui avoient été fermez
par ordre du dernier G. V ; que le G. S. avoit
nommé un nouvel Aga des Jannissaires , et un
nouveau Capitan Pacha.
On mande de Moscou , qu'un Officier arrivé
de Derbent avoit confirmé les premiers avis. "
d'une
2664 MERCURE DE FRANCE
'd'une Victoire remportée par le Roi de Perse
sur le secours que le G. S. envoyoit au Gouver
neur d'Erivan. Ce secours qui étoit de 20000 .
hommes ayant été attaqué par les Persans à
une journée de Bagdad , dans un défilé où il ne
pouvoit se mettre en bataille , 8000. Turcs y
furent tués sur la place , 2000. faits Prisonniers,
et le reste s'étant sauvé abandonna ses provisions
ses munitions de Guerre et quelques
pieces de Canon.
2
›
,
Par les Lettres de Naples on apprend que le
Tremblement de Terre du 17. du inois dernier ,
avoit été très - violent dans la Pouille et dans
l'Abruzze ; qu'il avoit renversé près des deux
tiers de la petite Ville de Barletta , et un grand
nombre de Maisons dans celle de Canosa , et
que plusieurs habitans de ces deux Villes avoient
péri sous les ruines.
Deux Bataillons du Regiment de Ligneville ,
et le Regiment de Dragons de Saxe- Gotha , qui
étoient dans le Royaume de Napies , se préparent
à partir dans peu pour Genes où ils feront
partie du troisiéme Corps de Troupes que
l'Empereur a accordé à cette Republique , pour
soumettre les Rebelles de l'Isle de Corse .
จ
On apprend de Lisbonne le , que 10 Octobre
on publia un Decret , par lequel le Roy de
Portugal a levé toutes les deffenses faites aa
mois de Juillet 1728 , d'avoir aucune correspons
dance avec la Cour de Rome.
Ar les dernieres Lettres de Constantinople ;
on a appris que c'étoit Osman , Pacha de
Bosnie , qui avoit été nommé Grand Visir
qu'il avoit fait uue Entrée magnifique ; que le .
Peuple l'avoit reçu avec de grandes acclama
tions ; que les trois jours après son Entrée , it
avoit fait assembler le Divan , pour lui faireconnoître
la nécessité qu'il y avoit de prendre
des mesures pour rétablir la bonne intelligence
entre le G. S , la Milice et le Peuple ; qu'il falloit
cesser les poursuites qu'on faisoit avec trop
de rigueur contre ceux qui n'étoient que soupçonnez
d'avoir eû part aux dernieres revoltes ;
que c'étoit le seul moyen qu'il croyoit capable
de rétablir la tranquillité dans la Ville ; qu'en
conséquence de cet avis , on avoit déchiré tous
les Procès qu'on avoit commencé d'instruire:
contre divers Particuliers , et qu'on avoit r'ouvert
les Caffés publics qui avoient été fermez
par ordre du dernier G. V ; que le G. S. avoit
nommé un nouvel Aga des Jannissaires , et un
nouveau Capitan Pacha.
On mande de Moscou , qu'un Officier arrivé
de Derbent avoit confirmé les premiers avis. "
d'une
2664 MERCURE DE FRANCE
'd'une Victoire remportée par le Roi de Perse
sur le secours que le G. S. envoyoit au Gouver
neur d'Erivan. Ce secours qui étoit de 20000 .
hommes ayant été attaqué par les Persans à
une journée de Bagdad , dans un défilé où il ne
pouvoit se mettre en bataille , 8000. Turcs y
furent tués sur la place , 2000. faits Prisonniers,
et le reste s'étant sauvé abandonna ses provisions
ses munitions de Guerre et quelques
pieces de Canon.
2
›
,
Par les Lettres de Naples on apprend que le
Tremblement de Terre du 17. du inois dernier ,
avoit été très - violent dans la Pouille et dans
l'Abruzze ; qu'il avoit renversé près des deux
tiers de la petite Ville de Barletta , et un grand
nombre de Maisons dans celle de Canosa , et
que plusieurs habitans de ces deux Villes avoient
péri sous les ruines.
Deux Bataillons du Regiment de Ligneville ,
et le Regiment de Dragons de Saxe- Gotha , qui
étoient dans le Royaume de Napies , se préparent
à partir dans peu pour Genes où ils feront
partie du troisiéme Corps de Troupes que
l'Empereur a accordé à cette Republique , pour
soumettre les Rebelles de l'Isle de Corse .
จ
On apprend de Lisbonne le , que 10 Octobre
on publia un Decret , par lequel le Roy de
Portugal a levé toutes les deffenses faites aa
mois de Juillet 1728 , d'avoir aucune correspons
dance avec la Cour de Rome.
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Résumé : ADDITION.
Le texte décrit plusieurs événements politiques et militaires. À Constantinople, Osman, Pacha de Bosnie, a été nommé Grand Visir et a proposé des mesures pour rétablir la paix entre le Grand Sultan, la milice et le peuple. Il a recommandé de cesser les poursuites contre les suspects des récentes révoltes et de rouvrir les cafés publics, ce qui a conduit à l'abandon des procès en cours et à la nomination de nouveaux responsables militaires. À Moscou, une victoire du roi de Perse sur une troupe ottomane de 20 000 hommes près de Bagdad a été confirmée. En Italie, un tremblement de terre a détruit une grande partie de Barletta et de nombreuses maisons à Canosa, causant plusieurs morts. Par ailleurs, deux bataillons du régiment de Ligneville et le régiment de dragons de Saxe-Gotha se préparent à partir pour Gênes pour renforcer les troupes impériales contre les rebelles corses. À Lisbonne, un décret royal a levé les interdictions de correspondance avec la Cour de Rome, mises en place en juillet 1728.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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