Résultats : 19 texte(s)
Accéder à la liste des mots clefs.
Détail
Liste
1
p. 76-77
Place de Monsieur Collot remplie par Monsieur Tolet, [titre d'après la table]
Début :
Au commencement de ce mois, Monsieur Daquin, Premier Medecin, presenta [...]
Mots clefs :
Médecin, Maitre Chirurgien, Hôpital, Chirurgien du roi, Accession à des charges, Antoine d'Aquin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Place de Monsieur Collot remplie par Monsieur Tolet, [titre d'après la table]
Au commencement de ce
mois , Monfieur Daquin , Premier
Medecin , prefenta à fa мajefté
Monfieur Tolet , Maiftre
Chirurgien Juré à Paris , & l'un
de ceux du grand Hôpital de la
Charité , pour eftre reçû à la
Charge de Chirurgien. Seul
Operateur du Roy pour l'extraGALANT.
77
"
ction de la Pierre . Cette Charge
eftoit poffedée , auparavant
par feu Monfieur Jerôme Collor,
l'un des plus habiles Operateurs
de fon temps pour cette maladie .
On eft perfuadé du bon choix
que Monfieur le Premier Medecin
a fait de Monfieur Tolet , qui
a déja donné des marques de fon
fçavoir & de fon expérience ,
eftant un des Eleves de Monfieur
Jonnot , & luy ayant fuccedé dés
l'année 1674. ayant même compofé
fur cette Operation un Livre
enrichy de plufieurs Tailles
douces , par le moyen desquelles
il eft aifé de comprendre tout ce
qu'il faut faire pour foulager ceux
qui font incommodez de ce mal.
Sa Majefté fit l'honneur à Monfieur
Talet de recevoir un de fes
Livres , ainfi que Monſeigneur,
& Monfieur.
mois , Monfieur Daquin , Premier
Medecin , prefenta à fa мajefté
Monfieur Tolet , Maiftre
Chirurgien Juré à Paris , & l'un
de ceux du grand Hôpital de la
Charité , pour eftre reçû à la
Charge de Chirurgien. Seul
Operateur du Roy pour l'extraGALANT.
77
"
ction de la Pierre . Cette Charge
eftoit poffedée , auparavant
par feu Monfieur Jerôme Collor,
l'un des plus habiles Operateurs
de fon temps pour cette maladie .
On eft perfuadé du bon choix
que Monfieur le Premier Medecin
a fait de Monfieur Tolet , qui
a déja donné des marques de fon
fçavoir & de fon expérience ,
eftant un des Eleves de Monfieur
Jonnot , & luy ayant fuccedé dés
l'année 1674. ayant même compofé
fur cette Operation un Livre
enrichy de plufieurs Tailles
douces , par le moyen desquelles
il eft aifé de comprendre tout ce
qu'il faut faire pour foulager ceux
qui font incommodez de ce mal.
Sa Majefté fit l'honneur à Monfieur
Talet de recevoir un de fes
Livres , ainfi que Monſeigneur,
& Monfieur.
Fermer
Résumé : Place de Monsieur Collot remplie par Monsieur Tolet, [titre d'après la table]
Au début du mois, Monsieur Daquin, Premier Médecin, a présenté à Sa Majesté Monsieur Tolet, Maître Chirurgien Juré à Paris et chirurgien de l'Hôpital de la Charité, pour le poste de Chirurgien du Roi spécialisé dans l'extraction de la pierre. Ce poste était précédemment occupé par Monsieur Jérôme Collot, connu pour son expertise. La nomination de Monsieur Tolet est considérée comme judicieuse en raison de ses compétences et de son expérience. Élève de Monsieur Jonnot, il lui a succédé en 1674 et a rédigé un livre sur cette opération, illustré de tailles douces pour clarifier les procédures destinées à soulager les patients atteints de cette maladie. Sa Majesté, ainsi que Monseigneur et Monsieur, ont accepté un exemplaire de ce livre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3
p. 121-168
SATIRE Contre les Maris. / SATIRE.
Début :
Non chere Eudoxe, non, je ne puis plus me taire, [...]
Mots clefs :
Maris, Époux, Femme, Amour, Coeur, Laquais, Victoire, Hôpital
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SATIRE Contre les Maris. / SATIRE.
SATIRE
Contre les Maris.
Preface.
Quelque chose que je
dise contre le Mariage,
mon dessein n'est pas d'en
détourner ceux qui y font
portez par une inclination
naturelle; mais feulement
de faire voir que les dégoûts
& les chagrinsqui c? en font presque infëparable
viennent pour l'ordinaire
plustost du costé des
Maris que de celuy des
Femmes. Contre le fentimens
de Mf Despreaux,
j'espere qu'en faveur de la
cause que j'entreprends,
on excusera les defauts qui
se trouveront dans cet ouvrage
: Je me flatte du
moins que les Dames se.
ront pourmoy;SeàFabry
d'une si illustre protection
je ne crains point les traits
de la Critique la plus envenance.
SATIRE.
Non chere Eudoxe, non,
je ne puis plus me
taire,
Jeveux te détourner d'une
Himen téméraire
D'autres filles sans toy
vendant leur liberté
Sechargeront du foin de
la posterité.
D'autres s'embarqueront
sans crainte du nau.
frage
Mais toj voyant téeueil
sans quitter le riruagc)
Tu riiraspointesclave af
servie à l'amour
Sous le joug d'un époux
t'engaglirsans retour
Ny d'unJervile usage approuvant
linjufiice
De tes biensy de ton coeur
luyfaire unsacrifice,
Abandonner ton ame à
milleJoins divers,
Et toy même à jamais
forger tes propresfers.
JSle t'imagines pAS que l'ardeur
de médire
f
Arme aujourd'huy fila
- main des traits de la
Satire9
Kîy que par un Censeur le
beauftxeoutragé
Ait bcfoin de mes Vers
pour en estre vangc
Ce Sexe plein d'attraits
sans secours & sans
âmes
Peut assez,f deffcndre auecses
propres charmes,
Et les traits d'un Critique
ajfoibli par les ans
Sont tomber deles mains
sansforce & languifi
sans:
Mon tjprit antre-foisenchanté
de ses rimes
Luy comptoit pour rvertus
sessatiriques crimes,
Et livroit avecjoye à ses
nobles fureurs3
Vn tas infortuné d'inflpides
Auteurs;
Maisje riay pu foujfrir
1 qu'une indiscrete veine
Le forçatmieux Athlete
a rentrer Atrl'arene.
Et que laissant en paix
tant de mauvais écrits
NouveauPredicateur il
vint en cheveuxgris
D'un esprit peu chrétien
blâmerde chastesflammes
Et par des Vers malins
nous faire horreur des
j,
femmes
Si l'Himen aprè1s fiy
trame tant de d'goujts,
On n'en doit imputer la
faute qu'auxépoux.
Lesfemmes font toujours
dinnocentesvicitmeç
Que des loix d'interejfJ:J
que defausses maximes
Immolentlâchementà des
Maristrompeurs..
On ne s'informeplus ny
durangnydesmoeurs
Crispin, roux & mancellU,
vient d'epoufir
Julie
Il eji du genre humain&
L'opprobre & lalie
On trouvcroit encore à
quelque vieuxpillter
Son dernier hahit verd
pendu cheXj lefripier:
ParJes concussions fatales
à la France
lia déjàvingtfois affrontélapotence
;
Mais cent rvafts d'argent
parent(es longs buffets
11 - jivecpeine unguèret traversi
[es guèrets
y
Que faut-il davantage?
aujourd'huy la richesse
Ne tient-elle pas lieu di
vertuy de nobleffi?
Et pourfaire un époux,
que voudroit-on déplus?
Que dixterres en Beauce9
avecvingt mil écus.
RegardeDorilas9 cet échape
d*Esope 0z ne peut discerner
quavec un Micro/cope;
Dontle corps de travers&
tefpritplus malfait
D'un Therfite à nos yeux
retracent leportrait
Que t'en emhle dis-moy?
penses-tu quunefille
Qui ria Û cet amant
qu'au travers d'une
grille
Et qui depuis dix Ans
NourrieàPortRoyal
A paffé du parloir dans le
lit nuptial;
Puis-je garderlongtemps
uneforcetendrefie
En faveur d'un Maryd'une
si rare especey
Quand la Cour&la Ville
presententàfis yeux
Desflots d'adorateurs qui
la mertte mieux.
MatsJe veux que du Ciel
une heureuje influence
Rassemble en ton époux
&mérité & naissance
Infortunéjoueur,ilperdra
tousfisbiens
Quun contrat malheureux
confond avec les
fitns
Entrons dans le Brelandy
ou s'arrête à la
porte
De laquais mal payel^Ja
maligne cohorte
Voy les cornets en l'airjettes
avec transport,
Quon veut rendre garend
des caprices du fort.
Voy ces pâlesJoueurs qui
pleinsd'extravagance
D'un destin insolent affronte
l'inconstance
Etsur trois des maudits
lisent l'arrêtfatal
Qui les condamne enfin
d'aller à l'Hôpital.
Pénétrons plus avant
voy cette table ronde
Autet que avarice éleva
dés lemonde
Ou tous les forceriez, fem*
blent avoir faitvoeu
Dese facnfierau noir demon
duJeu,
Vois-tu sur cette carte un
contrat difparotfire
Sur cet autre unChajieau
prêt à changerdemaître
Quelsoudain desespoirsaisit
le malheureux?
Qfuieavfieinntedr'aun
coupegorgeaffreux
MaisfuyonsfousJespieas
tous les parquets gemissent
Defermns tous nouveaux
les platfonds retentifsint
Et par lefort cruel d'une
fatalenuity
, De vOIr enfinGalet a
l'Hôpital reduit,
Sa femme cependant di
centfrayeurs atteinre
Boitchez,elle a longs traits
& le fiel & Cabfmte
Ou traînant aprèsJoy d'infortunete1ans
Va chercher un azjileauprès
desesparenss
Harpagon cftatteit de
, toutautrefolie,
Le Ciell'avantagead'une
femme accomplie
re-ç)utpmrsa dotplus 1 -, 7 , li} deûus^alafois ': — Quun balancier nenpeut
reformer ensix mois.
Sa femmefeflattait de la
douce esperance
De "voirfleurir chez., elle
une heureuseabondance,
ElIecroyait au moins que
deux ou trois amisj
Pourvoientfoir&matinà
sa tableeflreadmis
Mais Harpagon aride&
presqueDiaphane-
Par les jeûnes cruels auf
quels ilse condamne: Nereçoitpointd'amis aux
dépens de son pain
Toutse ressentcheijuy des
langueursde lafaim,
Si pour fournir aux frais
d'un hahit necefaim
Saffmmt-^lÙJ-\'mande
une somme Itgere3
Son vifoegesoudain pre%d
une autre couLfur,
Ses valets font en butte à
sa ma,uvaife humeur,
UAvarice bien-tft au
teint livide &blême,
Surfincoffre defer va taF
foir elle-même3
Pour ne le point ouvrir il
abondeenraisons
Ses hqtes sans payer ont
vidêfts massons
D'un vent,venu du Nord • d^maligne, influence
t
A motjjonésesfruits avec
Ion esperance,
Où de fougueux Torrens
inondansiesFallons,
Ont noyésans pitié thonnAeur
desye~sj fyi/lions,
uiinfitoujours rétif, rien
nefléchitson ame
Pour avoir un habit il
faudra quesafemme
jittende que la mort k
mettant au cercueil,
Luyfaffe enfin unfalutafr
re dueil.
Mais,pourquoy diraJtu9
cette injujtc querelle
Les époux font ilsfaitsftr
lemêmemodelie,
jilcipe nflejf-il pas exempt
deces dejfauts,
Que tu viens de tracer
dans tes piquans tableaux
D'accord, il efi bien fait,
genereux3 noble, {age,
Mats à se ruiner(On propre
honneur l'engage
Si-tost que la victoire un
laurier a la main
appellera Louis Jur les
rives du Rhin
Que des Zephirs nouveaux
les fecondes haleines
Feront verdir nos bois (;;'
refleurir nos plaines:
,Ses Muletsimportais bisarrementornez
Et d'un airain bruyant9
par tout environnez
Sous des tapis brode si
suivantalafile,
ut pas Majeftueux tra«
verseront la Ville.
Tout le peuple attentifAU
bruit deses Mulets
Verrapasserauloin,Surtous9
Fourgons" Vdlets,
Chevaux de main Fringans,
insultant a la
terre.,
Pompe digne en effet des
enfans de laguerre
Mais pour donner fef7
sir à ce noble embarras
Combien cbez, le Notaire
A-t-ilfait des contrats?
Lesjoyaux de sa femme
oonntteétteérmnitsseenn gage
jyunsomptueux buffet le
pompeux étalagé
Que du débris commun il nyapAugarentir.,
Rentre cheZlc Marchand
dont on l'a vu sortir.
Pour assembler unfond de
deux mtlle pi[tôles
Combien nouveau Prothée
at-jt joüé de rôles:
Combien a-t-il fait voir
que leplusfierguerrier
Elplus humble aujourd'huy
qu'un indigne
Vfùrler.
Ilpart, enfin, il mene avec
luy l'abondance
Tout le Camp se ressent de
sa nobU difence
Des Cutfmiers fameux
pour luy fournir des
mets,
Epuisentchaque jonr les
Aiers & les Forefis*
Quefait sa femme alors?
dans le fond d'un Vil,lage Ellevasansargentdepio^
rer
rerfin veuvage
Dans fis jardins defirts
promenersa douleur
Et des champs paresseux
exciter la lenteur.
On voit six mois apre's,
tout ce trainmagnifique
Reduit à la moitiérevenir,
faible étique,
On voit sur les chemins l'équipage
en lambeaux
Des mulets decharneZ, des
ombres de chevauxy
Qui dans ce tri(teétatri0.
fantpresqueparoifire
S'en vont droit au marché
chercher un autre maî*-
tre
Cependant auprintemps il
_faut recommencer, Ilfautsur nouveauxfrais
emprunter9 dépenfer,
Mais nous verrons bientofl
une ltfte cruelle
1)u trépas de l'époux apporter
la nouvelle,
Etpourpayer enfin de tris
tes creancIers,
Ilne laijje après luy qu'un
tas de vains lauriers.
Ilefid'autres Maris
volages) infidellts;
Fatigans damerets/Tirans
nez, des ruelles,
Qu'on voidmaigre l'Hymen
&ses facreZu
flambeaux
S'enrôler chaquejourfous
de nouveaux drapeaux9
Quid'un coeur plein de
feux à leur devoir
contraires
Encensent follement des
beautez, étrdngeres;
Le foin toujours pressant
de leurs galans exploits;
En vingt lieuxdijferends
les appelleà lafois.
Wgaton dans Paris
court à bride abbatué
Malheur à qUI pour lors
est à pied dans la rue
D'un & d'autres cojtezj,
les chevaux bondijjans
D'un déluge deboueinondent
loespassans,
Tout .fuit aux environs,
chacun cherche un aile
Avec plus de rviteifè il
traverse la Ville
Que les courftersp uireux
que l'on vid les pre.
miers,
Du combat de Nervvinde
apporter les lauriers;
Et qui de la victoire emprunterent
les ailes
Pour en donner au Roy les
premieres nouvelles.
De cet ernprejfement lefajet
inconnu
Quelejl-ilen effet?eh quoyi
l'ignores tu?
o 11 va fade amoureux de
theâtre en theâtre
Annoncer un habitdontil
est idolâtre
Dans le même moment on
le retrouve au Cours
Hors la filey au grand
trot ilyfait plu/leurs
tours,
Tout hors d'haleine enfin
il rentre aux Thmlleries,
Cherchantpartoutmatiere
à sesgalanteries,
Ilreçoit tous lesjours mille
tendres billets
Ses brasfontjufquati coude
cntouez., de portraitsy
On voit briller dans l'or9
des blondes& des brunes
Qtitl porte pour garends
de ses bonnesfortunes.
jîux yeux de son épouje il
en fait vanité
Il prétend qu'en dépit des
loix de l'équité
Safemme luy confcrve une
amour éternelle
Tandis qu'il aime ailleurs,
& court de belle en
belle.
D'autres amours en- cor.mais non d'un
tel dficours
Il ne meji pas permis de
prolonger le cours.
lAaplume se rifule a ma
timide rueine
Eut-on crû que leTibre
eutcoulédans la Seine
Etqu'il eut corrompu les
moeurs de nos François
Pour confoltr le Rhin de
leurs fameuxexploits.
Je voudrois bien Eudoxe
abregeant la matiere
Calmer ici ma bile &finir
ma carrure
Maispuis-jefàpprimer le
portrait d'unjaloux
Qui sans cesse agité d'un
mouvement peu doux
Et paré des dehors d'une
tendresse vaine
Aime, mais d'un amour
qui ressemble à la haine?
dlidor vientici s'offrir
à monpinceau
Ilejldesa moitié l'amant
& le bourreau
Partout illapourfuit>fans
cesseUlaquer,lie
Il nepeut la fuitterJ riy
demeurerprès d'elle,
L'erreur au double fronts
le devorant ennuy.
Lesfunefies Joubçons vollent
autour de luys
Ungejle indifférénd un regardsans
étude>
Va deIon coeurjaloux ai.
grlr l*inquiétude,
Sans cejjeilse consume en
projetsfuperjlus
Il voit3 il entend tout, il
en croit encor plus;
Ileflmalgré ses foins, &
fisconstantesveilLes
uéveugle avec centyeux,
Jouràaveccent oretlles.
Chaque objet de son coeur
vient arracher la.pAi
Marbres, bronzées, tableauxyportiers.
cocher,
laquais
Ceux même quaux de-
Jerts de Vardente Guinée
Le Soleil a couvert d'une
peau basanée9
Tout luy paroistamatitfatal
à son honneur
Il craint des héritiers de
plus d'une couleur.
Quun folâtre Zephir arvec
trop de licence
Des cheveux desafemme
ait détruit l'ordonnance
Sa mainsarme aussi-tost
dufer& dupoison
D'unprétendu rival il
veut tirerraisons
Si la crainte des loix fufpendfafrenefte,
Pour l'immoler centfois il
luy laisse la vies
Dans quelque vieux châ.
teau retraitedeshiboux
Dont quelque jour peutejfre
il deviendra jaloux
,
Il trame en exil comme
une criminelle
Et eour la tourmenter il
S'enferme avec elle,
Dans le Jauvage lieu des
vivans ignoré
D'un sosjé large & creux
doublement entouré
Cette tri(le rviéfime, affligét"
eperdue*
Sur les funefies bords croit
ejfredescendue,
Lorsque la parque enfin répondantà/
es voeux
Vient terminer le cours de
ses jours malheureux.
Nomme moysitupeux
quelquemary sans
vice
MaMust cft toute prête
a luy rendre jufttce,
Sera-ce Lijirlas? qui met
avec éclat
Safemme en un convent
par arrejf du Sénat
Et qui trois mois après devenu
doux &Jage
Celebre en un parloir un
fécond mariage.
Sera-ce Lifimon qui toûjours
lntete
Convoqueavecgrandbruit
toute la Facu/té?
Et sur son fort douteux
confiiltant Hipocrate
Fait qu'aux yeux du public
son deshonneur
éclate:
Quel champ!sije parlois
d'un époux furieux
Quiprofanantsans ceJft un
chef-d'oeuvre des cieux
Ofe dans les transports de
sa rage cruelle
Porter sursonépouse une
main criminelle.
Maisje te veux encore
ébaucher un tableau
Remontonssurla Scene&
tirons le rideau.
Dieux que vois-je en dépit
d'une épaifefumée
Que répand dans les airs
maintepipe allumée
Tarmy desflots de vin en
tous lieux répandu9
J'apperçois Trafimontsur
le ventre étendu;
Qui tout pâle& defait rejettefouslatable
Les rebuts odieux d'un repas
qui l'accables
Jlfait pour se lever des effortsviolens,
La terresedérobé à (es pas
chance/ans
De mortelles vapeurs fil
tesse encore peine
Sous de honteux debris de
nouveau le rentrainej
Ilretombe& bien-tojttau*
rore en ce redutt
Viendra nous découvrir
les excés de la nuit;
Bien-tost avec le jour
nous allons voir paroiifre
atre insolens laquais
aussi fMouas isqturee leur
Oui charmez, dans leur
coeur de ce honteuxfracas
Prés de sa femme au lit
le portentfous les bras.
Quelcharme! quelplaifïr!
pour cette trijlefemme
Defsvoir le temain de ce
fPeOaclt infâme
Defintir des vapeurs de
vin & de tabac,
QUexaleprès de foy, un
perfide efiomach.
Tufremis?toutefois dans
le Stecle où noussommes
Chere Eudoxe3voila commefontfaits
les hom-
Quelmérmietés:quelstitresfoapurvèsertaoiunts!
quels titrfsfluverains
Rendent donc les maris &
fifiers&sivains,
Osent-ils se flatter qu'un.
contratautentique>
Leur doine sur les coeurs
un pouvoir tirannique?
Pensent
-
ils que brutaux,
peu comptasans, fâcheux
:A.vares,neghgens, debauchez,,
ombrigeux,
PArez, du nom dépoux ih
ferontsursdeplaire,
du mépris d'un amani
fournis, tendre sincere,
Complaisant,libéral, qui
Jefait nuit &jour
Vnfointoûjours nouveau
de prouverson amour.
Non non, cestseflatter
d'une erreur condamnable
Etpoursefaire aimer, il
faut se rendre aimables
,
Aprés tous cesportraits
bien ou mal ébauchez:..,
Et tant d'autres encor
que jeriay pas tou- cbe
Jras-tu me traitant etennuyeux
pédagogue?
Des martirs de tHimen
grossîr le catalogue,
Non? dans un plein repos
arrête ton dessin,
Ctfi le premier des biens
de vivresans chagrin.
Si dans des vers pi
quansJuvenal enfurie
fait poejfcr pourfou ce.
luy qui semarie3
D'un esprit plus sènsé
concluons aujourd'huy
Que celle qui repoulé est
plus folle que luy.
J. L.D.L.
Contre les Maris.
Preface.
Quelque chose que je
dise contre le Mariage,
mon dessein n'est pas d'en
détourner ceux qui y font
portez par une inclination
naturelle; mais feulement
de faire voir que les dégoûts
& les chagrinsqui c? en font presque infëparable
viennent pour l'ordinaire
plustost du costé des
Maris que de celuy des
Femmes. Contre le fentimens
de Mf Despreaux,
j'espere qu'en faveur de la
cause que j'entreprends,
on excusera les defauts qui
se trouveront dans cet ouvrage
: Je me flatte du
moins que les Dames se.
ront pourmoy;SeàFabry
d'une si illustre protection
je ne crains point les traits
de la Critique la plus envenance.
SATIRE.
Non chere Eudoxe, non,
je ne puis plus me
taire,
Jeveux te détourner d'une
Himen téméraire
D'autres filles sans toy
vendant leur liberté
Sechargeront du foin de
la posterité.
D'autres s'embarqueront
sans crainte du nau.
frage
Mais toj voyant téeueil
sans quitter le riruagc)
Tu riiraspointesclave af
servie à l'amour
Sous le joug d'un époux
t'engaglirsans retour
Ny d'unJervile usage approuvant
linjufiice
De tes biensy de ton coeur
luyfaire unsacrifice,
Abandonner ton ame à
milleJoins divers,
Et toy même à jamais
forger tes propresfers.
JSle t'imagines pAS que l'ardeur
de médire
f
Arme aujourd'huy fila
- main des traits de la
Satire9
Kîy que par un Censeur le
beauftxeoutragé
Ait bcfoin de mes Vers
pour en estre vangc
Ce Sexe plein d'attraits
sans secours & sans
âmes
Peut assez,f deffcndre auecses
propres charmes,
Et les traits d'un Critique
ajfoibli par les ans
Sont tomber deles mains
sansforce & languifi
sans:
Mon tjprit antre-foisenchanté
de ses rimes
Luy comptoit pour rvertus
sessatiriques crimes,
Et livroit avecjoye à ses
nobles fureurs3
Vn tas infortuné d'inflpides
Auteurs;
Maisje riay pu foujfrir
1 qu'une indiscrete veine
Le forçatmieux Athlete
a rentrer Atrl'arene.
Et que laissant en paix
tant de mauvais écrits
NouveauPredicateur il
vint en cheveuxgris
D'un esprit peu chrétien
blâmerde chastesflammes
Et par des Vers malins
nous faire horreur des
j,
femmes
Si l'Himen aprè1s fiy
trame tant de d'goujts,
On n'en doit imputer la
faute qu'auxépoux.
Lesfemmes font toujours
dinnocentesvicitmeç
Que des loix d'interejfJ:J
que defausses maximes
Immolentlâchementà des
Maristrompeurs..
On ne s'informeplus ny
durangnydesmoeurs
Crispin, roux & mancellU,
vient d'epoufir
Julie
Il eji du genre humain&
L'opprobre & lalie
On trouvcroit encore à
quelque vieuxpillter
Son dernier hahit verd
pendu cheXj lefripier:
ParJes concussions fatales
à la France
lia déjàvingtfois affrontélapotence
;
Mais cent rvafts d'argent
parent(es longs buffets
11 - jivecpeine unguèret traversi
[es guèrets
y
Que faut-il davantage?
aujourd'huy la richesse
Ne tient-elle pas lieu di
vertuy de nobleffi?
Et pourfaire un époux,
que voudroit-on déplus?
Que dixterres en Beauce9
avecvingt mil écus.
RegardeDorilas9 cet échape
d*Esope 0z ne peut discerner
quavec un Micro/cope;
Dontle corps de travers&
tefpritplus malfait
D'un Therfite à nos yeux
retracent leportrait
Que t'en emhle dis-moy?
penses-tu quunefille
Qui ria Û cet amant
qu'au travers d'une
grille
Et qui depuis dix Ans
NourrieàPortRoyal
A paffé du parloir dans le
lit nuptial;
Puis-je garderlongtemps
uneforcetendrefie
En faveur d'un Maryd'une
si rare especey
Quand la Cour&la Ville
presententàfis yeux
Desflots d'adorateurs qui
la mertte mieux.
MatsJe veux que du Ciel
une heureuje influence
Rassemble en ton époux
&mérité & naissance
Infortunéjoueur,ilperdra
tousfisbiens
Quun contrat malheureux
confond avec les
fitns
Entrons dans le Brelandy
ou s'arrête à la
porte
De laquais mal payel^Ja
maligne cohorte
Voy les cornets en l'airjettes
avec transport,
Quon veut rendre garend
des caprices du fort.
Voy ces pâlesJoueurs qui
pleinsd'extravagance
D'un destin insolent affronte
l'inconstance
Etsur trois des maudits
lisent l'arrêtfatal
Qui les condamne enfin
d'aller à l'Hôpital.
Pénétrons plus avant
voy cette table ronde
Autet que avarice éleva
dés lemonde
Ou tous les forceriez, fem*
blent avoir faitvoeu
Dese facnfierau noir demon
duJeu,
Vois-tu sur cette carte un
contrat difparotfire
Sur cet autre unChajieau
prêt à changerdemaître
Quelsoudain desespoirsaisit
le malheureux?
Qfuieavfieinntedr'aun
coupegorgeaffreux
MaisfuyonsfousJespieas
tous les parquets gemissent
Defermns tous nouveaux
les platfonds retentifsint
Et par lefort cruel d'une
fatalenuity
, De vOIr enfinGalet a
l'Hôpital reduit,
Sa femme cependant di
centfrayeurs atteinre
Boitchez,elle a longs traits
& le fiel & Cabfmte
Ou traînant aprèsJoy d'infortunete1ans
Va chercher un azjileauprès
desesparenss
Harpagon cftatteit de
, toutautrefolie,
Le Ciell'avantagead'une
femme accomplie
re-ç)utpmrsa dotplus 1 -, 7 , li} deûus^alafois ': — Quun balancier nenpeut
reformer ensix mois.
Sa femmefeflattait de la
douce esperance
De "voirfleurir chez., elle
une heureuseabondance,
ElIecroyait au moins que
deux ou trois amisj
Pourvoientfoir&matinà
sa tableeflreadmis
Mais Harpagon aride&
presqueDiaphane-
Par les jeûnes cruels auf
quels ilse condamne: Nereçoitpointd'amis aux
dépens de son pain
Toutse ressentcheijuy des
langueursde lafaim,
Si pour fournir aux frais
d'un hahit necefaim
Saffmmt-^lÙJ-\'mande
une somme Itgere3
Son vifoegesoudain pre%d
une autre couLfur,
Ses valets font en butte à
sa ma,uvaife humeur,
UAvarice bien-tft au
teint livide &blême,
Surfincoffre defer va taF
foir elle-même3
Pour ne le point ouvrir il
abondeenraisons
Ses hqtes sans payer ont
vidêfts massons
D'un vent,venu du Nord • d^maligne, influence
t
A motjjonésesfruits avec
Ion esperance,
Où de fougueux Torrens
inondansiesFallons,
Ont noyésans pitié thonnAeur
desye~sj fyi/lions,
uiinfitoujours rétif, rien
nefléchitson ame
Pour avoir un habit il
faudra quesafemme
jittende que la mort k
mettant au cercueil,
Luyfaffe enfin unfalutafr
re dueil.
Mais,pourquoy diraJtu9
cette injujtc querelle
Les époux font ilsfaitsftr
lemêmemodelie,
jilcipe nflejf-il pas exempt
deces dejfauts,
Que tu viens de tracer
dans tes piquans tableaux
D'accord, il efi bien fait,
genereux3 noble, {age,
Mats à se ruiner(On propre
honneur l'engage
Si-tost que la victoire un
laurier a la main
appellera Louis Jur les
rives du Rhin
Que des Zephirs nouveaux
les fecondes haleines
Feront verdir nos bois (;;'
refleurir nos plaines:
,Ses Muletsimportais bisarrementornez
Et d'un airain bruyant9
par tout environnez
Sous des tapis brode si
suivantalafile,
ut pas Majeftueux tra«
verseront la Ville.
Tout le peuple attentifAU
bruit deses Mulets
Verrapasserauloin,Surtous9
Fourgons" Vdlets,
Chevaux de main Fringans,
insultant a la
terre.,
Pompe digne en effet des
enfans de laguerre
Mais pour donner fef7
sir à ce noble embarras
Combien cbez, le Notaire
A-t-ilfait des contrats?
Lesjoyaux de sa femme
oonntteétteérmnitsseenn gage
jyunsomptueux buffet le
pompeux étalagé
Que du débris commun il nyapAugarentir.,
Rentre cheZlc Marchand
dont on l'a vu sortir.
Pour assembler unfond de
deux mtlle pi[tôles
Combien nouveau Prothée
at-jt joüé de rôles:
Combien a-t-il fait voir
que leplusfierguerrier
Elplus humble aujourd'huy
qu'un indigne
Vfùrler.
Ilpart, enfin, il mene avec
luy l'abondance
Tout le Camp se ressent de
sa nobU difence
Des Cutfmiers fameux
pour luy fournir des
mets,
Epuisentchaque jonr les
Aiers & les Forefis*
Quefait sa femme alors?
dans le fond d'un Vil,lage Ellevasansargentdepio^
rer
rerfin veuvage
Dans fis jardins defirts
promenersa douleur
Et des champs paresseux
exciter la lenteur.
On voit six mois apre's,
tout ce trainmagnifique
Reduit à la moitiérevenir,
faible étique,
On voit sur les chemins l'équipage
en lambeaux
Des mulets decharneZ, des
ombres de chevauxy
Qui dans ce tri(teétatri0.
fantpresqueparoifire
S'en vont droit au marché
chercher un autre maî*-
tre
Cependant auprintemps il
_faut recommencer, Ilfautsur nouveauxfrais
emprunter9 dépenfer,
Mais nous verrons bientofl
une ltfte cruelle
1)u trépas de l'époux apporter
la nouvelle,
Etpourpayer enfin de tris
tes creancIers,
Ilne laijje après luy qu'un
tas de vains lauriers.
Ilefid'autres Maris
volages) infidellts;
Fatigans damerets/Tirans
nez, des ruelles,
Qu'on voidmaigre l'Hymen
&ses facreZu
flambeaux
S'enrôler chaquejourfous
de nouveaux drapeaux9
Quid'un coeur plein de
feux à leur devoir
contraires
Encensent follement des
beautez, étrdngeres;
Le foin toujours pressant
de leurs galans exploits;
En vingt lieuxdijferends
les appelleà lafois.
Wgaton dans Paris
court à bride abbatué
Malheur à qUI pour lors
est à pied dans la rue
D'un & d'autres cojtezj,
les chevaux bondijjans
D'un déluge deboueinondent
loespassans,
Tout .fuit aux environs,
chacun cherche un aile
Avec plus de rviteifè il
traverse la Ville
Que les courftersp uireux
que l'on vid les pre.
miers,
Du combat de Nervvinde
apporter les lauriers;
Et qui de la victoire emprunterent
les ailes
Pour en donner au Roy les
premieres nouvelles.
De cet ernprejfement lefajet
inconnu
Quelejl-ilen effet?eh quoyi
l'ignores tu?
o 11 va fade amoureux de
theâtre en theâtre
Annoncer un habitdontil
est idolâtre
Dans le même moment on
le retrouve au Cours
Hors la filey au grand
trot ilyfait plu/leurs
tours,
Tout hors d'haleine enfin
il rentre aux Thmlleries,
Cherchantpartoutmatiere
à sesgalanteries,
Ilreçoit tous lesjours mille
tendres billets
Ses brasfontjufquati coude
cntouez., de portraitsy
On voit briller dans l'or9
des blondes& des brunes
Qtitl porte pour garends
de ses bonnesfortunes.
jîux yeux de son épouje il
en fait vanité
Il prétend qu'en dépit des
loix de l'équité
Safemme luy confcrve une
amour éternelle
Tandis qu'il aime ailleurs,
& court de belle en
belle.
D'autres amours en- cor.mais non d'un
tel dficours
Il ne meji pas permis de
prolonger le cours.
lAaplume se rifule a ma
timide rueine
Eut-on crû que leTibre
eutcoulédans la Seine
Etqu'il eut corrompu les
moeurs de nos François
Pour confoltr le Rhin de
leurs fameuxexploits.
Je voudrois bien Eudoxe
abregeant la matiere
Calmer ici ma bile &finir
ma carrure
Maispuis-jefàpprimer le
portrait d'unjaloux
Qui sans cesse agité d'un
mouvement peu doux
Et paré des dehors d'une
tendresse vaine
Aime, mais d'un amour
qui ressemble à la haine?
dlidor vientici s'offrir
à monpinceau
Ilejldesa moitié l'amant
& le bourreau
Partout illapourfuit>fans
cesseUlaquer,lie
Il nepeut la fuitterJ riy
demeurerprès d'elle,
L'erreur au double fronts
le devorant ennuy.
Lesfunefies Joubçons vollent
autour de luys
Ungejle indifférénd un regardsans
étude>
Va deIon coeurjaloux ai.
grlr l*inquiétude,
Sans cejjeilse consume en
projetsfuperjlus
Il voit3 il entend tout, il
en croit encor plus;
Ileflmalgré ses foins, &
fisconstantesveilLes
uéveugle avec centyeux,
Jouràaveccent oretlles.
Chaque objet de son coeur
vient arracher la.pAi
Marbres, bronzées, tableauxyportiers.
cocher,
laquais
Ceux même quaux de-
Jerts de Vardente Guinée
Le Soleil a couvert d'une
peau basanée9
Tout luy paroistamatitfatal
à son honneur
Il craint des héritiers de
plus d'une couleur.
Quun folâtre Zephir arvec
trop de licence
Des cheveux desafemme
ait détruit l'ordonnance
Sa mainsarme aussi-tost
dufer& dupoison
D'unprétendu rival il
veut tirerraisons
Si la crainte des loix fufpendfafrenefte,
Pour l'immoler centfois il
luy laisse la vies
Dans quelque vieux châ.
teau retraitedeshiboux
Dont quelque jour peutejfre
il deviendra jaloux
,
Il trame en exil comme
une criminelle
Et eour la tourmenter il
S'enferme avec elle,
Dans le Jauvage lieu des
vivans ignoré
D'un sosjé large & creux
doublement entouré
Cette tri(le rviéfime, affligét"
eperdue*
Sur les funefies bords croit
ejfredescendue,
Lorsque la parque enfin répondantà/
es voeux
Vient terminer le cours de
ses jours malheureux.
Nomme moysitupeux
quelquemary sans
vice
MaMust cft toute prête
a luy rendre jufttce,
Sera-ce Lijirlas? qui met
avec éclat
Safemme en un convent
par arrejf du Sénat
Et qui trois mois après devenu
doux &Jage
Celebre en un parloir un
fécond mariage.
Sera-ce Lifimon qui toûjours
lntete
Convoqueavecgrandbruit
toute la Facu/té?
Et sur son fort douteux
confiiltant Hipocrate
Fait qu'aux yeux du public
son deshonneur
éclate:
Quel champ!sije parlois
d'un époux furieux
Quiprofanantsans ceJft un
chef-d'oeuvre des cieux
Ofe dans les transports de
sa rage cruelle
Porter sursonépouse une
main criminelle.
Maisje te veux encore
ébaucher un tableau
Remontonssurla Scene&
tirons le rideau.
Dieux que vois-je en dépit
d'une épaifefumée
Que répand dans les airs
maintepipe allumée
Tarmy desflots de vin en
tous lieux répandu9
J'apperçois Trafimontsur
le ventre étendu;
Qui tout pâle& defait rejettefouslatable
Les rebuts odieux d'un repas
qui l'accables
Jlfait pour se lever des effortsviolens,
La terresedérobé à (es pas
chance/ans
De mortelles vapeurs fil
tesse encore peine
Sous de honteux debris de
nouveau le rentrainej
Ilretombe& bien-tojttau*
rore en ce redutt
Viendra nous découvrir
les excés de la nuit;
Bien-tost avec le jour
nous allons voir paroiifre
atre insolens laquais
aussi fMouas isqturee leur
Oui charmez, dans leur
coeur de ce honteuxfracas
Prés de sa femme au lit
le portentfous les bras.
Quelcharme! quelplaifïr!
pour cette trijlefemme
Defsvoir le temain de ce
fPeOaclt infâme
Defintir des vapeurs de
vin & de tabac,
QUexaleprès de foy, un
perfide efiomach.
Tufremis?toutefois dans
le Stecle où noussommes
Chere Eudoxe3voila commefontfaits
les hom-
Quelmérmietés:quelstitresfoapurvèsertaoiunts!
quels titrfsfluverains
Rendent donc les maris &
fifiers&sivains,
Osent-ils se flatter qu'un.
contratautentique>
Leur doine sur les coeurs
un pouvoir tirannique?
Pensent
-
ils que brutaux,
peu comptasans, fâcheux
:A.vares,neghgens, debauchez,,
ombrigeux,
PArez, du nom dépoux ih
ferontsursdeplaire,
du mépris d'un amani
fournis, tendre sincere,
Complaisant,libéral, qui
Jefait nuit &jour
Vnfointoûjours nouveau
de prouverson amour.
Non non, cestseflatter
d'une erreur condamnable
Etpoursefaire aimer, il
faut se rendre aimables
,
Aprés tous cesportraits
bien ou mal ébauchez:..,
Et tant d'autres encor
que jeriay pas tou- cbe
Jras-tu me traitant etennuyeux
pédagogue?
Des martirs de tHimen
grossîr le catalogue,
Non? dans un plein repos
arrête ton dessin,
Ctfi le premier des biens
de vivresans chagrin.
Si dans des vers pi
quansJuvenal enfurie
fait poejfcr pourfou ce.
luy qui semarie3
D'un esprit plus sènsé
concluons aujourd'huy
Que celle qui repoulé est
plus folle que luy.
J. L.D.L.
Fermer
Résumé : SATIRE Contre les Maris. / SATIRE.
Le texte est une satire contre les maris, présentée sous forme de dialogue entre l'auteur et Eudoxe. L'auteur précise que son but n'est pas de dissuader ceux qui sont naturellement enclins au mariage, mais de montrer que les désagréments et les chagrins du mariage proviennent souvent des maris plutôt que des femmes. Il espère obtenir le soutien des dames pour éviter les critiques. La satire met en garde contre les dangers et les contraintes d'un mariage hâtif. Les femmes y sont décrites comme des victimes innocentes des lois et des maximes injustes qui les soumettent à des maris trompeurs. Le texte critique les maris, souvent pardonnés et soutenus par la société malgré leurs défauts. L'auteur illustre ses propos par divers exemples de maris avares, joueurs, volages ou jaloux, qui causent du malheur à leurs épouses. Il décrit des situations où les maris ruinent leur famille par leur avarice, leur passion pour le jeu ou leurs infidélités. La satire se termine par une réflexion sur la jalousie excessive et destructrice de certains maris, qui finissent par causer leur propre malheur et celui de leurs épouses. Le texte décrit également une scène tumultueuse et chaotique, où un homme, après des efforts violents, est submergé par des vapeurs mortelles et retombe dans un réduit. Le jour venu, des témoins découvriront les excès de la nuit, observant des comportements insolents et honteux. Un homme est porté près de sa femme, charmé par cette femme malgré le chaos. Le texte critique ensuite les comportements des maris et des pères, soulignant leurs défauts tels que la brutalité, la négligence, la débauche et l'ombrage. Il oppose ces comportements à ceux d'un amant sincère et complaisant, qui prouve constamment son amour. L'auteur conclut en affirmant que pour se faire aimer, il faut se rendre aimable. Il invite à éviter les portraits négatifs et à vivre dans le repos, rejetant les martyres du mariage. En référence à Juvenal, il conclut que celle qui repousse un homme est plus folle que lui. Le texte se termine par les initiales J. L.D.L.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4
p. 688-692
CONTE.
Début :
Un bon Badaut, s'il en fut un en France, [...]
Mots clefs :
Badaud, Provence, Figue, Citrouille, Colique, Médecin, Apprentissage, Hôpital
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONTE.
CONTE.
N bon Badaut , s'il en fut un en France ,
Et d'esprit assez dépourvû ;
L'un de ces gens qui n'ont jamais rien vû ,
Un
AVRIL
689 1731 .
Un beau matin partit pour la Provence.
Qu'alloit-il faire en ce beau Pays-là ,
Me direz-vous ? vouloit-il , le bon homme ,
Se mettre en mer , aller ensuite à Rome ,
Voir le Saint Pere ? Oh ! rien de tout cela ;
Il avoit autre chose en tête ,
Projet nouveau , dont il se faisoit fête ,
Depuis long- temps , mais il n'en sonnoit mot
C'étoit , dit-on , d'aller manger des Figues.
Certain Gascon , qui n'étoit pas manchot ,
Né pour former de pareilles intrigues ,
Et qui vouloit aux dépens du Marmot ,
Faire voyage et bonne chere ,
L'assiegeoit les jours et les nuits ,
Et lui vantoit la Provence et ses fruits.
Oui , disoit - il , la Provence est la mere ,
Des plaisirs innoccns que l'on goute ici bas ,
Les fleurs y naissent sous les pas ;
Elle fournit en abondance ,
Tout ce qu'on peut et veut avoir ,
Tout est bon à manger, tout est charmant à voir.'
Cadedis , vive la Provence ;
Il exaltoit sur tout la Figue et sa douceur ,
Son gout exquis , son extréme grosseur
Gascon sçait à propos employer l'hyperbole ,
Faire Elephant d'un Moucheron ;
Badaut croyoit sur sa parole ,
Que Figue étoit un fruit gros comme un Potiron,
Car
690 MERCURE DE FRANCE
Car il n'en avoit de sa vie ,
Vu ni mangé , mais plutôt que plus tard ,
Il veut contenter son envie.
Bientôt tout est prêt , et l'on part ;
Non sans avoir la bourse bien garnic ;
Car après tout vous aurez beau chercher ,
De quoi voyager à votre aise ;
Foin d'un Carosse ou d'une Chaise ,
Si l'argent ne sert de Cocher.
Le Gascon chargé de la bourse ,
L'avoit fait remplir jusqu'au haut ,
>
Et plus qu'il ne falloit pour achever la course
Qu'il méditoit de faire avec notre Badaut.
Enfin on arrive en Provence ,
Badaut crut être au bout de l'Univers ,
Gascon conduit son Excellence ,
En un Jardin tout planté d'arbres verds.
Du haut de leurs branches chargées ,
Pendoient comme festons des Citrouilles rangées ,
Dont l'énorme grosseur venoit frapper les yeux;
Voilà , dit le Gascon , le fruit délicieux
Qu'on vous destine ici ; mangez sur ma parole ,
Pendant que mon Badaut sur ses deux piés planté ,
Admire l'objet si vanté ,
Gascon commence un autre rôle ,
Et sans Trompette délogeant ,
Emporte la bourse et l'argent ,
Faisant à son ami la Figue ;
Mais
AVRIL.
9 1731.
Mais le Badaut qui n'étoit pas si fin ,
Et qui prenoit courge pour Figue
Fait saut en l'air , en saisit une enfin ,
Il la fend d'un coup de mâchoire ,
Mais le mal fut qu'ayant grand faim ,
Il fit un grand repas sans boire ,
en mange à crever , et se sentant rendu ,
Il se couche à terre étendu.
Ce n'est pas fait , une affreuse colique ,
Soit venteuse , soit néphretique ,
Je n'en sçais rien , à l'instant l'assaillit .
Le Malade s'agite , il frissonne , il pâlit ,
Son coeur palpite et la tête lui groüille &
On entend son ventre de loin ,
Croasser comme une Grenouille :
Tant la malheureuse Citroüille ,
Fait de dégât ; En ce pressant besoin ,
De tous côtez on vient à la récousse.
Le Médecin portant l'Apoticaire en trousse ,
Arrive , ordonne un Anodin ,
Monsieur Cussifle avec la flute en main
Fait son devoir en galant Mousquetaire ;
Car pour seringuer un clistere ,
Il n'est pas dans le monde entier ,
De Mortel plus habile en ce noble métier ;
Le succès passa l'esperance ,
Ventre se vuide et malade guérit.
Le mal passé , chacun en rit ;
Mais
592 MERCURE DE FRANCE
Mais voici bien autre chevance ,
Il faut compter , Gascon ne paroît plus ;
Gousset est vuide , et les écus ,
Ont avec lui pris la volée.
Voilà notre Badaut réduit à l'Hôpital ,
Et tombé de fievre en chaud mal.
Chagrin au coeur et l'ame desolée ,
Ayant rendu plus qu'il n'a pris ;
Purgé bien et dûment il retourne à Paris ,
Non sans avoir pour son apprentissage ,
Dont il a payé tous les frais ,
Fait voir aux Provençaux assez mal satisfaits ,
Son grand génie et son double visage.
N bon Badaut , s'il en fut un en France ,
Et d'esprit assez dépourvû ;
L'un de ces gens qui n'ont jamais rien vû ,
Un
AVRIL
689 1731 .
Un beau matin partit pour la Provence.
Qu'alloit-il faire en ce beau Pays-là ,
Me direz-vous ? vouloit-il , le bon homme ,
Se mettre en mer , aller ensuite à Rome ,
Voir le Saint Pere ? Oh ! rien de tout cela ;
Il avoit autre chose en tête ,
Projet nouveau , dont il se faisoit fête ,
Depuis long- temps , mais il n'en sonnoit mot
C'étoit , dit-on , d'aller manger des Figues.
Certain Gascon , qui n'étoit pas manchot ,
Né pour former de pareilles intrigues ,
Et qui vouloit aux dépens du Marmot ,
Faire voyage et bonne chere ,
L'assiegeoit les jours et les nuits ,
Et lui vantoit la Provence et ses fruits.
Oui , disoit - il , la Provence est la mere ,
Des plaisirs innoccns que l'on goute ici bas ,
Les fleurs y naissent sous les pas ;
Elle fournit en abondance ,
Tout ce qu'on peut et veut avoir ,
Tout est bon à manger, tout est charmant à voir.'
Cadedis , vive la Provence ;
Il exaltoit sur tout la Figue et sa douceur ,
Son gout exquis , son extréme grosseur
Gascon sçait à propos employer l'hyperbole ,
Faire Elephant d'un Moucheron ;
Badaut croyoit sur sa parole ,
Que Figue étoit un fruit gros comme un Potiron,
Car
690 MERCURE DE FRANCE
Car il n'en avoit de sa vie ,
Vu ni mangé , mais plutôt que plus tard ,
Il veut contenter son envie.
Bientôt tout est prêt , et l'on part ;
Non sans avoir la bourse bien garnic ;
Car après tout vous aurez beau chercher ,
De quoi voyager à votre aise ;
Foin d'un Carosse ou d'une Chaise ,
Si l'argent ne sert de Cocher.
Le Gascon chargé de la bourse ,
L'avoit fait remplir jusqu'au haut ,
>
Et plus qu'il ne falloit pour achever la course
Qu'il méditoit de faire avec notre Badaut.
Enfin on arrive en Provence ,
Badaut crut être au bout de l'Univers ,
Gascon conduit son Excellence ,
En un Jardin tout planté d'arbres verds.
Du haut de leurs branches chargées ,
Pendoient comme festons des Citrouilles rangées ,
Dont l'énorme grosseur venoit frapper les yeux;
Voilà , dit le Gascon , le fruit délicieux
Qu'on vous destine ici ; mangez sur ma parole ,
Pendant que mon Badaut sur ses deux piés planté ,
Admire l'objet si vanté ,
Gascon commence un autre rôle ,
Et sans Trompette délogeant ,
Emporte la bourse et l'argent ,
Faisant à son ami la Figue ;
Mais
AVRIL.
9 1731.
Mais le Badaut qui n'étoit pas si fin ,
Et qui prenoit courge pour Figue
Fait saut en l'air , en saisit une enfin ,
Il la fend d'un coup de mâchoire ,
Mais le mal fut qu'ayant grand faim ,
Il fit un grand repas sans boire ,
en mange à crever , et se sentant rendu ,
Il se couche à terre étendu.
Ce n'est pas fait , une affreuse colique ,
Soit venteuse , soit néphretique ,
Je n'en sçais rien , à l'instant l'assaillit .
Le Malade s'agite , il frissonne , il pâlit ,
Son coeur palpite et la tête lui groüille &
On entend son ventre de loin ,
Croasser comme une Grenouille :
Tant la malheureuse Citroüille ,
Fait de dégât ; En ce pressant besoin ,
De tous côtez on vient à la récousse.
Le Médecin portant l'Apoticaire en trousse ,
Arrive , ordonne un Anodin ,
Monsieur Cussifle avec la flute en main
Fait son devoir en galant Mousquetaire ;
Car pour seringuer un clistere ,
Il n'est pas dans le monde entier ,
De Mortel plus habile en ce noble métier ;
Le succès passa l'esperance ,
Ventre se vuide et malade guérit.
Le mal passé , chacun en rit ;
Mais
592 MERCURE DE FRANCE
Mais voici bien autre chevance ,
Il faut compter , Gascon ne paroît plus ;
Gousset est vuide , et les écus ,
Ont avec lui pris la volée.
Voilà notre Badaut réduit à l'Hôpital ,
Et tombé de fievre en chaud mal.
Chagrin au coeur et l'ame desolée ,
Ayant rendu plus qu'il n'a pris ;
Purgé bien et dûment il retourne à Paris ,
Non sans avoir pour son apprentissage ,
Dont il a payé tous les frais ,
Fait voir aux Provençaux assez mal satisfaits ,
Son grand génie et son double visage.
Fermer
Résumé : CONTE.
En avril 1731, un homme surnommé Badaut décide de se rendre en Provence, influencé par un Gascon qui vante la douceur et la taille des figues locales. Badaut, n'ayant jamais vu ni goûté de figues, se laisse convaincre et part avec une bourse bien garnie. À son arrivée, le Gascon lui montre des citrouilles, que Badaut prend pour des figues. Après en avoir mangé plusieurs, Badaut souffre d'une violente colique. Un médecin et un apothicaire interviennent et le soignent. Cependant, le Gascon disparaît avec l'argent de Badaut. Ruiné et malade, Badaut retourne à Paris après avoir été soigné à l'hôpital.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5
p. 1135-1136
EXTRAIT d'une Lettre, écrite de Paris, le 14 May 1731. au sujet de l'Opération de la Taille.
Début :
On fit l'Opération de la Taille Vendredi dernier, dans l'Hôpital de la Charité des Hommes. [...]
Mots clefs :
Opération, Hôpital, Chirurgien, Pauvres, Victimes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre, écrite de Paris, le 14 May 1731. au sujet de l'Opération de la Taille.
EXTRAIT d'une Lettre , écrite de Paris
, le 14 May 1731. au sujet de l'Opération
de la Taille.
On fit l'Opération de la Taille Vendredi dernier
, dans l'Hôpital de la Charité des Hommes.
M. Maréchal , premier Chirurgien du Roy , toujours
plein de zéle et d'affection pour les pauvres ,
voulut non seulement y être present , mais encore
y opérer.Il fit trois Tailles . M.de la Perronie, premier
Chirurgien du Roy en survivance , en fit
aussi trois .
M. Morand , Chirurgien Major de cet Hôpital
, en fit deux .
M. Guérin pere , Chirurgien Major des Gardes
Françoises , et ancien Chirurgien Major de
cet Hôpital , en fit une.
M. Guérin fils , Substitut du même Hôpital ,
en fit une ; enfin M. Perché , gagnant Maîtrise
G au
1135 MERCURE DE FRANCE
au même Hôpital,fit la derniere. Le tout se passa
sous la direction de M. Rénéaume , Médecin en
quartier de cet Hôpital .
La Taille,par l'Opération Latérale que M. Morand
avoit promis de faire , avoit attiré beaucoup
de curieux ; mais M. Maréchal qui connoît les
inconveniens de cette Opération , en disposa autrement
, en exécutant lui - même , et faisant exécuter
l'Opération , à la maniere ordinaire ; et,
il confia le soin de cet Hôpital à M. Guérin.
Pere. Vous voïez par là qu'on ne sçauroit
trop louer la sagesse et la charité de M. Maréchal.
Par là les pauvres serviront d'instruction an
Eleves , sans être leurs victimes.
, le 14 May 1731. au sujet de l'Opération
de la Taille.
On fit l'Opération de la Taille Vendredi dernier
, dans l'Hôpital de la Charité des Hommes.
M. Maréchal , premier Chirurgien du Roy , toujours
plein de zéle et d'affection pour les pauvres ,
voulut non seulement y être present , mais encore
y opérer.Il fit trois Tailles . M.de la Perronie, premier
Chirurgien du Roy en survivance , en fit
aussi trois .
M. Morand , Chirurgien Major de cet Hôpital
, en fit deux .
M. Guérin pere , Chirurgien Major des Gardes
Françoises , et ancien Chirurgien Major de
cet Hôpital , en fit une.
M. Guérin fils , Substitut du même Hôpital ,
en fit une ; enfin M. Perché , gagnant Maîtrise
G au
1135 MERCURE DE FRANCE
au même Hôpital,fit la derniere. Le tout se passa
sous la direction de M. Rénéaume , Médecin en
quartier de cet Hôpital .
La Taille,par l'Opération Latérale que M. Morand
avoit promis de faire , avoit attiré beaucoup
de curieux ; mais M. Maréchal qui connoît les
inconveniens de cette Opération , en disposa autrement
, en exécutant lui - même , et faisant exécuter
l'Opération , à la maniere ordinaire ; et,
il confia le soin de cet Hôpital à M. Guérin.
Pere. Vous voïez par là qu'on ne sçauroit
trop louer la sagesse et la charité de M. Maréchal.
Par là les pauvres serviront d'instruction an
Eleves , sans être leurs victimes.
Fermer
Résumé : EXTRAIT d'une Lettre, écrite de Paris, le 14 May 1731. au sujet de l'Opération de la Taille.
Le 10 mai 1731, une série de tailles a été réalisée à l'Hôpital de la Charité des Hommes à Paris. Plusieurs chirurgiens ont participé à cette opération. M. Maréchal, premier chirurgien du roi, a effectué trois tailles et a supervisé l'ensemble de l'opération. M. de la Perronie, premier chirurgien du roi en survivance, en a réalisé trois également. M. Morand, chirurgien major de l'hôpital, en a effectué deux. M. Guérin père, chirurgien major des Gardes Françaises et ancien chirurgien major de l'hôpital, a réalisé une taille, tout comme son fils, M. Guérin, substitut de l'hôpital. M. Perché, en voie d'obtenir sa maîtrise, a réalisé la dernière taille. Toutes les opérations ont été dirigées par M. Rénéaume, médecin en quartier de l'hôpital. Initialement, une opération latérale promise par M. Morand avait attiré de nombreux curieux, mais M. Maréchal a décidé de procéder à l'opération de manière ordinaire. Cette décision visait à éviter les inconvénients de l'opération latérale et à assurer que les pauvres patients servent d'instruction aux élèves sans en être les victimes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6
p. 1804-1806
LETTRE écrite par M. Morand, le 14. Août, à M. de la R.
Début :
J'ay rendu compte au Public, Monsieur, en 1730. et 1731. de ce qui s'étoit [...]
Mots clefs :
Chirurgien, Taille latérale, Hôpital, Académie royale des sciences, Opération
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite par M. Morand, le 14. Août, à M. de la R.
LETTRE écrite par M. Morand,
le 14. Août , à M. de la R.
J'
' Ay rendu compte au Public , Monsieur , en 1730. et 1731. de ce qui s'étoit passé sur la Taille Laterale par la
Méthode de M. Cheselden , Chirurgien
Anglois. Il y en a eu quatre dans le Printemps de cette année 1732. qui ont réüssi
toutes quatre. Voici les noms de ceux qui
ont opéré , et les noms des Taillez. Andry
AOUST. 1732. 1809
dry Querru , âgé de 3. ans et demi , fils
du Vigneron des Religieux Feüillans à
Montmorency, a été taillé par leur Chirurgien , Eleve de l'Hôpital de la Charité,
qui lui a tiré deux Pierres ; il a été entierement guéri au bout de quinze jours.
J'ai taillé François Coquelin , âgé de
18. ans et demi , retiré aux Incurables ,
parce qu'il est contrefait et très- incommodé. Il avoit été taillé à l'Hôtel- Dieu
à l'âge de 4. ans , par la méthode ordinaire , et depuis ce temps- là il perdoit ses urines involontairement. Je lui ai tiré une
assez grosse Pierre , en présence de M. Syl
va, de plusieurs Maîtres Chirurgiens , du
Chirurgien Major des Incurables , de plusieurs Chirurgiens de l'Hôpital de la Charité , et de quelques Etrangers. Il est parfaitement guéri , et retient ses urines. Il
m'étoit recommandé par Madame la Duchesse de la Rochefoucault , Doüairiere.
George Lite , âgé de 14 ans , a été taillé
à Gaillon , Maison de l'Archevêque de
Rouen, par le sieur le Cat , éleve de l'Hôpital de la Charité , et reçû en survivance
Chirurgien Major de l'Hôtel- Dieu de
Rouen , je lui tenois sa Sónde dans l'Operation, il a tiré une Pierre grosse comme un Abricot , noire et fort dure ; le
Malade a été guéri en zo. jours.
Jacques
1
1806 MERCURE DE FRANCE
Jacques Lienard , âgé de 7. ans , a été
taillé à Gaillon , par le même Chirurgien,
je lui tenois sa Sonde , il a tiré une petite
Pierre. Le Malade a rendu plusieurs vers
dans le cours du traitement ; il a été guéri
en 23. jours. Ces quatre Taillez ont été
présentez le 13. d'Août dans l'Assemblée
de l'Académie Royale des Sciences. Ces
Messieurs ont vû les Sujets, leurs Pierres
et leurs cicatrices.
P. S. Il faut , Monsieur , pour l'exactitude de l'histoire de cette Operation ,
ajoûter à la fin de 1731. une Taille à la
Méthode de M. Cheselden , faite à Mante,
par M. Garengeot , et dont le Malade est
guéri ; une autre faite à Paris , par M. Perchet , dont le Malade est mort ; et deux
faites par M. Foubert , avec quelques
changemens , dont il a fait part à l'Académie de Chirurgie ; ses deux Malades
ont été guéris. Je suis , &c.
le 14. Août , à M. de la R.
J'
' Ay rendu compte au Public , Monsieur , en 1730. et 1731. de ce qui s'étoit passé sur la Taille Laterale par la
Méthode de M. Cheselden , Chirurgien
Anglois. Il y en a eu quatre dans le Printemps de cette année 1732. qui ont réüssi
toutes quatre. Voici les noms de ceux qui
ont opéré , et les noms des Taillez. Andry
AOUST. 1732. 1809
dry Querru , âgé de 3. ans et demi , fils
du Vigneron des Religieux Feüillans à
Montmorency, a été taillé par leur Chirurgien , Eleve de l'Hôpital de la Charité,
qui lui a tiré deux Pierres ; il a été entierement guéri au bout de quinze jours.
J'ai taillé François Coquelin , âgé de
18. ans et demi , retiré aux Incurables ,
parce qu'il est contrefait et très- incommodé. Il avoit été taillé à l'Hôtel- Dieu
à l'âge de 4. ans , par la méthode ordinaire , et depuis ce temps- là il perdoit ses urines involontairement. Je lui ai tiré une
assez grosse Pierre , en présence de M. Syl
va, de plusieurs Maîtres Chirurgiens , du
Chirurgien Major des Incurables , de plusieurs Chirurgiens de l'Hôpital de la Charité , et de quelques Etrangers. Il est parfaitement guéri , et retient ses urines. Il
m'étoit recommandé par Madame la Duchesse de la Rochefoucault , Doüairiere.
George Lite , âgé de 14 ans , a été taillé
à Gaillon , Maison de l'Archevêque de
Rouen, par le sieur le Cat , éleve de l'Hôpital de la Charité , et reçû en survivance
Chirurgien Major de l'Hôtel- Dieu de
Rouen , je lui tenois sa Sónde dans l'Operation, il a tiré une Pierre grosse comme un Abricot , noire et fort dure ; le
Malade a été guéri en zo. jours.
Jacques
1
1806 MERCURE DE FRANCE
Jacques Lienard , âgé de 7. ans , a été
taillé à Gaillon , par le même Chirurgien,
je lui tenois sa Sonde , il a tiré une petite
Pierre. Le Malade a rendu plusieurs vers
dans le cours du traitement ; il a été guéri
en 23. jours. Ces quatre Taillez ont été
présentez le 13. d'Août dans l'Assemblée
de l'Académie Royale des Sciences. Ces
Messieurs ont vû les Sujets, leurs Pierres
et leurs cicatrices.
P. S. Il faut , Monsieur , pour l'exactitude de l'histoire de cette Operation ,
ajoûter à la fin de 1731. une Taille à la
Méthode de M. Cheselden , faite à Mante,
par M. Garengeot , et dont le Malade est
guéri ; une autre faite à Paris , par M. Perchet , dont le Malade est mort ; et deux
faites par M. Foubert , avec quelques
changemens , dont il a fait part à l'Académie de Chirurgie ; ses deux Malades
ont été guéris. Je suis , &c.
Fermer
Résumé : LETTRE écrite par M. Morand, le 14. Août, à M. de la R.
Dans une lettre du 14 août, M. Morand informe M. de la R. des opérations de taille latérale réalisées selon la méthode de M. Cheselden. En 1732, quatre interventions ont été couronnées de succès. André Querru, âgé de 3 ans et demi, a été opéré à Montmorency par un élève de l'Hôpital de la Charité. Deux pierres ont été retirées, et l'enfant a guéri en quinze jours. François Coquelin, 18 ans et demi, a été opéré par M. Morand aux Incurables, où une grosse pierre a été retirée en présence de plusieurs chirurgiens et étrangers. Coquelin a guéri et retient désormais ses urines. George Lite, 14 ans, a été opéré à Gaillon par le sieur le Cat, qui a retiré une pierre grosse comme un abricot, et le patient a guéri en vingt jours. Jacques Lienard, 7 ans, a également été opéré à Gaillon par le même chirurgien, avec retrait d'une petite pierre et guérison en vingt-trois jours. Ces quatre cas ont été présentés à l'Académie Royale des Sciences le 13 août. M. Morand mentionne aussi une opération réussie à Mante par M. Garengeot, une opération mortelle à Paris par M. Perchet, et deux opérations réussies par M. Foubert avec quelques modifications.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7
p. 2274-2276
ESPAGNE.
Début :
Le Roi a donné des ordres pour faire lever deux nouveaux Régimens et les Recruës nécessaires [...]
Mots clefs :
Espagne, Tempête, Provisions, Vaisseaux, Siège de Ceuta, Hôpital
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
E Roi a donné des ordres pour faire lever
deux nouveaux Régimens et les Recruës né
cessaires pour ceux qui ont servi cette année sux la Côte d'Afrique.
On écrit de Madrid que la nuit du sau 6 Septembre il y eut une tempête terrible du côté
de l'Escurial ; le Tonnere étant tombé sur ce
magnifique Couvent , mit le feu à la charpente
de la couverture du côté du Nord. Comme on
ne s'en apperçut que deux heures après , l'embra
sement étoit déja si considérable , que tous les
secours qu'on apporta pour éteindre le feu , furent inutiles ; il se communiqua au centre de ce
Monastere , du côté du Palais du Roi ; il détruisic
1
la
་
•
OCTOBRE. 1732. 2275
la Tour , embrasa l'Appartement du Patriarche et
le quartier des Chapelains , avec tant de violence qu'on ne pouvoit en approcher pour l'éteindre. Les Religieux se mirent en priere pour implorer le secours divin , et ils y porterent ensui te le S. Sacrement en procession : aussi-tôt que
le Prieur eut donné la bénédiction , on s'apperçût que les flammes faisoient moins de progrès ;
et leur violence s'étant ralentie , on acheva de
les éteindre : cependant le dommage que cet incendie a causé , est très-considérable , et on se- ra obligé de rebâtir à neuf tout ce que le feu a
attaqué , parce que toutes les pierres sont cal cinées.
Les Gouverneurs de Cadix , de Cartagene
d'Alicante et de Barcelone , ont ordre de rassembler des provisions dans les Magazins de ces
Villes , et le bruit court qu'on doit y armer
dans peu une Escadre de vingt-quatre vaisseaux
de Guerre.
Les derniers Vaisseaux richement chargez , arrivez en dernier lieu des Indes à Cadix , ont ap
porté pour le Roi une Perle d'une très-grande beauté , estimée 7500. Piastres.
Des Lettres de Tetouan portent , que le Roi
de Maroc paroissoit avoir abandonné son projet
de faire le Siége de Ceuta ; que ses Troupes qui
s'étoient approchées de cette Place , s'étoient retirées depuis un mois dans les Montagnes , et
qu'on ne doutoit pas que ce Prince ne fit ressentir au Duc de Riperda les effets de son indignation à l'occasion de cette entreprise dont il lui
avoit promis la réussite , en lui faisant accroire
qu'il avoit des intelligences dans la Ville .
Le 29 Septembre , l'Evêque de Laren fit la
sérémonie de la Dédicace de la nouvelle Eglise
Hvj de
2275 MENUURE DE ΓΙΑΝVUE
de l'Hôpital que les Prêtres de la Congrégation
de S. Pierre , natifs de Madrid , ont fait bâtir.
pour nourrir , habiller et inhumer les pauvres
Prêtres , tant Espagnols qu'Etrangers , qui auront
besoin du secours de cet Hôpital
E Roi a donné des ordres pour faire lever
deux nouveaux Régimens et les Recruës né
cessaires pour ceux qui ont servi cette année sux la Côte d'Afrique.
On écrit de Madrid que la nuit du sau 6 Septembre il y eut une tempête terrible du côté
de l'Escurial ; le Tonnere étant tombé sur ce
magnifique Couvent , mit le feu à la charpente
de la couverture du côté du Nord. Comme on
ne s'en apperçut que deux heures après , l'embra
sement étoit déja si considérable , que tous les
secours qu'on apporta pour éteindre le feu , furent inutiles ; il se communiqua au centre de ce
Monastere , du côté du Palais du Roi ; il détruisic
1
la
་
•
OCTOBRE. 1732. 2275
la Tour , embrasa l'Appartement du Patriarche et
le quartier des Chapelains , avec tant de violence qu'on ne pouvoit en approcher pour l'éteindre. Les Religieux se mirent en priere pour implorer le secours divin , et ils y porterent ensui te le S. Sacrement en procession : aussi-tôt que
le Prieur eut donné la bénédiction , on s'apperçût que les flammes faisoient moins de progrès ;
et leur violence s'étant ralentie , on acheva de
les éteindre : cependant le dommage que cet incendie a causé , est très-considérable , et on se- ra obligé de rebâtir à neuf tout ce que le feu a
attaqué , parce que toutes les pierres sont cal cinées.
Les Gouverneurs de Cadix , de Cartagene
d'Alicante et de Barcelone , ont ordre de rassembler des provisions dans les Magazins de ces
Villes , et le bruit court qu'on doit y armer
dans peu une Escadre de vingt-quatre vaisseaux
de Guerre.
Les derniers Vaisseaux richement chargez , arrivez en dernier lieu des Indes à Cadix , ont ap
porté pour le Roi une Perle d'une très-grande beauté , estimée 7500. Piastres.
Des Lettres de Tetouan portent , que le Roi
de Maroc paroissoit avoir abandonné son projet
de faire le Siége de Ceuta ; que ses Troupes qui
s'étoient approchées de cette Place , s'étoient retirées depuis un mois dans les Montagnes , et
qu'on ne doutoit pas que ce Prince ne fit ressentir au Duc de Riperda les effets de son indignation à l'occasion de cette entreprise dont il lui
avoit promis la réussite , en lui faisant accroire
qu'il avoit des intelligences dans la Ville .
Le 29 Septembre , l'Evêque de Laren fit la
sérémonie de la Dédicace de la nouvelle Eglise
Hvj de
2275 MENUURE DE ΓΙΑΝVUE
de l'Hôpital que les Prêtres de la Congrégation
de S. Pierre , natifs de Madrid , ont fait bâtir.
pour nourrir , habiller et inhumer les pauvres
Prêtres , tant Espagnols qu'Etrangers , qui auront
besoin du secours de cet Hôpital
Fermer
Résumé : ESPAGNE.
En Espagne, le roi a ordonné la levée de deux nouveaux régiments et le recrutement de soldats ayant servi sur la côte d'Afrique. Le 6 septembre, une tempête à l'Escurial a provoqué un incendie majeur au couvent, détruisant la tour, l'appartement du patriarche et le quartier des chapelains. Les flammes ont été maîtrisées après une procession avec le Saint-Sacrement, mais les dégâts nécessitent une reconstruction complète. Les gouverneurs de Cadix, Carthagène, Alicante et Barcelone ont reçu l'ordre de rassembler des provisions, et une escadre de vingt-quatre vaisseaux de guerre doit être armée prochainement. Des vaisseaux des Indes ont apporté au roi une perle estimée à 7500 piastres. Des lettres de Tétouan indiquent que le roi du Maroc a abandonné son projet de siège de Ceuta, et ses troupes se sont retirées dans les montagnes. Le duc de Riperda pourrait subir la colère du roi du Maroc pour cette entreprise. Le 29 septembre, l'évêque de Laren a dédié une nouvelle église de l'hôpital construit par les Prêtres de la Congrégation de Saint-Pierre à Madrid, destiné à nourrir, habiller et inhumer les pauvres prêtres, espagnols et étrangers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
8
p. 6[0]5-606
GRANDE BRETAGNE.
Début :
La Chambre des Communes résolut en grand Commité le 26. du mois dernier, d'accorder [...]
Mots clefs :
Roi, Officiers, Dépenses, Chevalier, Rang, Amiral, Hôpital, Chambre des communes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
résolutd'accor- LA
A Chambre des Communes résolut en grand
der du Roy 202670. livres sterlins pour la Flotte,
y compris les appointemens des Officiers de Ma
rine à la demie paye pour cette année , dix mille
pour l'Hôpital de Greenwich , 48126. pour les
dépenses auxquelles le Parlement n'avoit pas
pourvû dans la derniere Session , 25057. pour
les Pensionnaires externes de l'Hôpital de Chelsea
; 52690. pour les Officiers réformez de Terre
et de Mer , 5386. pour les pensions des veuves
d'Officiers , 85199. pour les dépenses du Bureau
de l'Artillerie ; 1614. pour quelques dépenses
extraordinaires , et 287343. pour suppléer aux
non- valeurs des fonds accordez l'année derniere.
Le 9. de ce mois , le Roy nomma pour commander
laFlote que S. M. doit avoir en Mer
I iij
Cette
606 MERCURE DE FRANCE
cette année , le Chevalier Jean Norris , qui doit
arborer son Pavillon à bord duVaisseau de guerre
la Britannia du premier rang , de 110. Pieces
de Canon et de roco. hommes d'Equipage , et
qu'il aura sous ses ordres le Chevalier Georges
Valton, Vice- Amiral de l'Escadre Rouge , et le
Contre-Amiral Stevvart , lesquels arboreront
leurs Pavillons , le premier abord du Vaisseau
le Namur , du second rang , et de 90. Canons ,
et le second abord du Torbay , de 80. Canons
et du troisiéme rang . Le Lord Forbes , Envoyé
Extraordinaire du Roy à Petersbourg , et le Capitaine
Nicolas Haddork , ont été faits Amiraux,
à la place du Chevalier Jean Jennings , et de l'Amiral
Guillaume Morres , qui ont remis , leurs
Emplois , à cause de leurs infirmitez.
résolutd'accor- LA
A Chambre des Communes résolut en grand
der du Roy 202670. livres sterlins pour la Flotte,
y compris les appointemens des Officiers de Ma
rine à la demie paye pour cette année , dix mille
pour l'Hôpital de Greenwich , 48126. pour les
dépenses auxquelles le Parlement n'avoit pas
pourvû dans la derniere Session , 25057. pour
les Pensionnaires externes de l'Hôpital de Chelsea
; 52690. pour les Officiers réformez de Terre
et de Mer , 5386. pour les pensions des veuves
d'Officiers , 85199. pour les dépenses du Bureau
de l'Artillerie ; 1614. pour quelques dépenses
extraordinaires , et 287343. pour suppléer aux
non- valeurs des fonds accordez l'année derniere.
Le 9. de ce mois , le Roy nomma pour commander
laFlote que S. M. doit avoir en Mer
I iij
Cette
606 MERCURE DE FRANCE
cette année , le Chevalier Jean Norris , qui doit
arborer son Pavillon à bord duVaisseau de guerre
la Britannia du premier rang , de 110. Pieces
de Canon et de roco. hommes d'Equipage , et
qu'il aura sous ses ordres le Chevalier Georges
Valton, Vice- Amiral de l'Escadre Rouge , et le
Contre-Amiral Stevvart , lesquels arboreront
leurs Pavillons , le premier abord du Vaisseau
le Namur , du second rang , et de 90. Canons ,
et le second abord du Torbay , de 80. Canons
et du troisiéme rang . Le Lord Forbes , Envoyé
Extraordinaire du Roy à Petersbourg , et le Capitaine
Nicolas Haddork , ont été faits Amiraux,
à la place du Chevalier Jean Jennings , et de l'Amiral
Guillaume Morres , qui ont remis , leurs
Emplois , à cause de leurs infirmitez.
Fermer
Résumé : GRANDE BRETAGNE.
La Chambre des Communes en Grande-Bretagne a alloué 606 270 livres sterling pour diverses dépenses militaires. Cette somme inclut 202 670 livres pour la Flotte, les appointements des officiers de marine à demi-paye, et les hôpitaux de Greenwich et Chelsea. Des fonds ont également été attribués aux officiers réformés, aux veuves d'officiers, aux dépenses du Bureau de l'Artillerie, et pour compenser les non-valeurs des fonds accordés l'année précédente. Le 9 du mois, le roi a nommé le Chevalier Jean Norris pour commander la flotte à bord du vaisseau Britannia. Norris sera assisté par les Chevaliers Georges Valton, Vice-Amiral, et Stevvart, Contre-Amiral. De plus, le Lord Forbes et le Capitaine Nicolas Haddork ont été nommés Amiraux, remplaçant les Chevaliers Jean Jennings et Guillaume Morres en raison de leurs infirmités.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9
p. 163-178
EXTRAIT du rapport de M. Hosty, Docteur-Régent de la Faculté de Médecine de Paris, pendant son séjour à Londres, au sujet de l'Inoculation.
Début :
Ma profession de Médecin, ma qualité de sujet de la Grande Bretagne, [...]
Mots clefs :
Inoculation, Médecin, Faculté de médecine de Paris, Angleterre, Londres, Hôpital, Enfant, Maladie, Petite vérole
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du rapport de M. Hosty, Docteur-Régent de la Faculté de Médecine de Paris, pendant son séjour à Londres, au sujet de l'Inoculation.
MEDECINE.
EXTRAIT du rapport de M. Hofty ,
Docteur- Régent de la Faculté de Médeci
ne de Paris , pendant ſon féjour à Londres,
au fujet de l'Inoculation .
Mite de fujet de la Grande Bretagne ,
A profeffion de Médecin , ma qualité
& la connoiffance que j'ai de la langue ,
m'ont procuré l'avantage d'être appellé de164
MERCURE DE FRANCE.
puis la paix par la plupart de més compatriotes
, qui voyagent à Paris , & qui y
font tombés malades , & de m'entretenir
avec eux fur ce qui pouvoit être relatif à
la pratique de la Médecine en Angleterre ;
mais pour me mettre encore plus au fait
j'ai formé le deffein de me tranfporter à
Londres , afin d'y juger par moi- même des
variations arrivées depuis quelques années
en ce pays dans l'art de guérir.
Les fuccès conftans qu'a depuis trente
ans à Londres l'Inoculation de la petite
vérole , & les avantages que la France
pourroit retirer en l'introduifant chez elle ,
m'ont fur-tout déterminé à entreprendre
ce voyage .
J'arrivai à Londres le 12 Mars 1755 .
Mon premier foin fut d'aller voir MM .
Cox Willmod , Médecin du Roi , Hoadly ,
Garnier , Ranby , Mideleton , Hawkins ,
Gataker , Truifdal , Adair , Taylor , Heberdin
, Médecin de la Cour , Shaw , Kirk
Patrick , auteur de l'analyse de l'Inoculation
, le Docteur Maty , auteur du Journal
britannique , M. Pringle , connu par fon
excellent ouvrage fur les maladies des armées
, qui eft en commerce de lettres avec
M. Senac , les Docteurs Clephane , Jarnagagne,
Connel, MM . Bell, Pingfton , Brumfield,
Wal , Chirurgien de l'Hôpital de l'Inocu-
1
A O UST. 1755 : 165
lation , Tompkins , Chirurgien des Enfans
trouvés , M. Morton qui en eft le Médecin.
Je cite tous ces Meffieurs comme autant
de garans de la vérité de ce rapport.
Ce font les praticiens les plus employés à
Londres , & les plus connus en France.
Il n'eft pas poffible de marquer plus de
zéle pour le bien du genre humain qu'ils
en ont fait éclater à mes yeux , ni plus
d'envie de répandre dans toute l'Europe
une pratique qu'ils jugent fi falutaire.
Les facilités qu'ils m'ont procurées pour
l'exécution de mon projet en font des
preuves autentiques .
L'Evêque de Worceſter , fi recommandable
par fa charité envers les pauvres , ce
Prélat qu'on peut regarder comme le fondateur
de l'Hôpital de l'Inoculation dont
il eft actuellemeut Préfident , & qui fans
contrédit eft l'homme d'Angleterre le plus
éclairé fur tous les faits qui concernent
l'Inoculation , s'eft fait un mérite de m'inftruire
de tout ce qui y avoit rapport :
d'ailleurs , la protection dont m'a honoré
M. le Duc de Mirepoix à la recommendation
de M. Rouillé , Miniftre des affaires
étrangeres , & la connoiffance que j'avois
déja faite à Paris de plufieurs Seigneurs
anglois , ne m'ont laiffé rien à defirer fur
ce qui faifoit le principal objet de mon
voyage.
166 MERCURE DE FRANCE.
Pendant le tems que j'ai été à Londres
j'ai fuivi tant aux Hôpitaux qu'en ville
deux cens cinquante-deux perfonnes ino
culées , de différens âges & de conditions
différentes , qui m'ont fourni les obſerva
tions fuivantes . *
Le fujet qu'on veut inoculer étant préparé
, on lui fait une incifion très - légere à
un ou aux deux bras , fuivant l'idée de l'Inoculateur
; on y infére un fil impreigné de
la matiere variolique bien choifie , on
daiffe ce fil dans l'incifion l'efpace de
trente-fix heures , on l'ôte enfuite. Quelques-
uns appliquent fur la plaie une emplâtre
, mais d'autres n'y mettent rien du
tout ; elle paroît ordinairement guérie au
bout de quarante heures ; mais le troifiéme
ou quatrième jour elle s'enflamme de
nouveau , les bords en deviennent rouges,
J'en ai vû inoculer depuis l'âge de trois jufqu'à
vingt-huit , & même jufqu'à trente- fix ans.
&
Il me paroît démontré que les adultes qu'on
voit inoculer à préfent , font les enfans d'autant
de gens autrefois ennemis de cette pratique , qui
ne le font rendus qu'à l'évidence du fuccès ,
qui forment aujourd'hui des preuves éclatantes
du progrès & de la bonté de cette méthode. J'ofe
dire que dans peu d'années il ne ſe trouvera perfonne
en Angleterre , à l'âge de quinze ans , qui
n'ait eu la petite vérole naturellement , ou par
infertion.
A O UST . 1755. 167
fignes prefque certains que l'infertion a
bien pris. Le cinq ou fix on apperçoit une
ligne blanche dans le milieu , l'urine eft
de couleur de citron , indications plus fu
res que les précédentes. Le feptiéme ou le
huitième , le malade qui jufqu'alors n'a
point apperçu de changement dans fon
état , commence à fentir une douleur plus
ou moins vive , à une aiffelle , & quelquefois
aux deux . C'eſt pour l'ordinaire le
premier fymptome , enfuite un malaiſe ,
une fievre plus ou moins forte , un mal
de tête , de reins , des naufées fuivies de
vomiffemens . Le neuvième ou le dixiéme
il paroît une fueur très - abondante , ac
compagnée d'une éruption milliaire par
tout le corps. Ces deux fymptomes prééédent
communément de vingt- quatre heures
, plus ou moins , l'éruption de la petite
verole , & difparoiffent avec les autres , a
mefare que
fe fait cette éruption , qui
arrive pour l'ordinaire vers le dixiéme
jour de l'infertion ; dès qu'elle eft parfaite
le malade ne fouffre plus , il eft cenfé hors
de danger , puifqu'autant que l'expérience
me l'a fait voir , l'on n'a rien à craindre
de la fievre de fuppuration , qui eft fi dangereufe
, & fouvent fi funefte dans cette
maladie , lorfqu'on l'a naturellement . Les
inoculés paffent prefque toujours ce roms
}
16S MERCURE DE FRANCE.
fans fievre & fans accident , ce que les
Médecins regardent comme une preuve
convaincante des avantages de l'inoculation
; la fuppuration finit vers le feizième,
& la deffication vers le vingtiéme . On
purge plufieurs fois le malade , on lui donne
alors des alimens plus folides. Pendant
le cours de la maladie on ne permet que
des végétaux , ou des chofes légeres en
ufage dans le
des
que
pays , telles
des afperges , &c, mais ni viande ni poiffon.
navets
Les ulceres de l'incifion fe dilatent &
fuppurent confidérablement vers l'état de
la maladie ; cette fuppuration continue
quelquefois après le traitement , ce qui
provient principalement de la profondeur
de l'incifion , & n'arrive que très- rarement
depuis qu'on ne fait plus qu'une incifion
très-fuperficielle , ou pour mieux dire une
égratignure ; les fymptomes font quelquefois
fi légers , & le nombre des boutons fi
petit , qu'à la diete près , le malade vit à
fon ordinaire , s'occupe & s'amufe fuivant
fon âge , & n'eft pas obligé de garder
le lit. L'Envoyé de Dannemarck en Angleterre
qui s'eft fait inoculer avec la permiffion
de fa Cour & du confentement de
fa famille , à qui cette maladie a été fouvent
fatale , n'a prefque rien changé à fa
maniere
AOUST. 1755: 169
maniere de vivre accoutumée ; c'eft de
tui-même que j'ai eu le détail journalier
de fon traitement .
Le fils de l'Ambaffadeur de Sardaigne
s'eft foumis avec le même fuccès à cette
pratique.
Je paffe aux effets de cette méthode .
Les deux cens cinquante -deux perſonnes
que j'ai vûes inoculées , ont toutes
été guéries fans aucunes fuites fâcheufes ,
elles m'ont paru fe fortifier après le traitement,
& pas une d'elles n'a été marquée;
mais ce qui m'a bien furpris , c'eft que
ceux - mêmes qui avoient beaucoup de
boutons & fort gros , ne paroiffoient pref
que pas rouges après la deffication , comme
ils le font dans la petite vérole naturelle.
L'avantage de conferver la beauté
n'a pas peu contribué à accréditer cette
méthode , auffi eft-il rare de voir à Londres
quelqu'un au- deffous de vingt ans
défiguré par la petite vérole , à moins que
ce ne foit parmi le bas peuple qui n'a pas
le moyen de fe faire inoculer , où qui conferve
encore les anciens préjugés .
OBSERVATIONS PARTICULIERES.
19. Des deux cens cinquante - deux perfonnes
dont j'ai fuivi l'inoculation , deux
H
170 MERCURE DE FRANCE.
feulement m'ont paru en danger. L'un
étoit le fils du Major Jennings , homme de
condition , fort riche , âgé de trois ans ,
inoculé avec fa foeur , âgée de quatre ans ,
& fa gouvernante âgée de vingt trois. Cet
enfant a eu fix accès de convulfions dans
l'efpace de dix- huit heures , immédiatement
avant l'éruption , ce qui a donné de
vives allarmes à fes parens , mais non aux
Médecins ni aux Chirurgiens ; il a évacué
par le moyen de deux remedes , l'éruption
s'eft bien faite , & auffi- tôt tous les acci
dens ont difparu . Au refte cet enfant eft
fujet à ces accès convulfifs , il en avoit eus
antérieurement dans deux autres maladies.
2°. Il m'a paru que les enfans délicats
& les filles avoient les fymptomes moins
violens , plufieurs praticiens n'ont fait aucunes
obfervations là-deffus .
3°. Les Anglois pour fauver leurs enfans
du danger de cette maladie , m'ont
paru anticiper fur l'âge convénable en les
faifant inoculer à la mammelle & au - def
fous de quatre ans . J'ai obfervé conftamment
que l'âge depuis quatre ans jufqu'à
quinze , étoit le plus propre , & que les
perfonnes au -deffus de quinze fouffroient
moins les enfans au-deffous de quatre que
ans. Cette remarque eft conforme à celles
des gens de l'art.
;
AOUST. 1755. 171
” . J'ai vû des adultes des deux fexes ,
même forts , replets & très- robuftes guérir
fans accident , & d'une façon furprenante,
5°. Quoiqu'on choififfe pour l'inoculation
le tems qui fuit immédiatement les
régles , elles furviennent cependant prefque
toujours dans le cours de la maladie
ont plus ou moins de durée , & finiffent
fans aucun accident.
6°. J'ai vû plufieurs perfonnes n'avoir
que très-peu de boutons , quelquefois feulement
autour de l'incifion , comme la
fille du Comte de Fitz Williams . Un adulte
en eut une douzaine ; le premier lui
vint au gros doigt du pied , remarque curieufe
, & qui prouve inconteftablement
que le virus a circulé par toute la maffe du
fang , quoiqu'il n'y eut que peu de boutons.
Quelquefois la feule fuppuration des
ulceres tient lieu de tout.
7°. Les fymptomes & l'éruption paroiffent
quelquefois fort tard . La fille de Mylord
Dalkitk à qui ils n'ont paru que le
quatorziéme jour après l'infertion , & un
enfant trouvé , dont je parlerai plus bas ,
auquel ils n'ont paru que le vingt-fix en
font des exemples.
8°. Cinq perfonnes n'ont pu prendre la
petite vérole , quoiqu'on eut réitéré l'infertion
; l'un étoit en ville , & les quatre
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
autres aux Hôpitaux ; & quoiqu'ils fuffent
tous cinq expofés pendant le traitement
des autres à l'infection , ils ne la contracterent
pas.
Les deux Hôpitaux dans lefquels fe pra
tique cette méthode , font celui de la petite
verole , ainfi nommé , parce que l'on
n'y traite que cette feule maladie , foit naturelle
, foit artificielle , & celui des Enfans
trouvés. J'ai apporté tout ce qui regarde
l'établiffement & les réglemens de ces Hôpitaux
, auffi - bien que l'hiftoire de l'inoculation
, depuis le jour de leur établiſſement
jufqu'à celui de mon départ , qui m'ont été
remis par ordre du Commité : en voici
le détail . *
Depuis le 26 Septembre 1746 , jour de
l'ouverture de l'Hôpital de l'Inoculation ,
jufqu'au 14 Mai 1755 , il y a eu fix cens
quatre inoculés , y compris quatre- vingtdix-
fept de cette année. Les cinq premieres
années de fon établiſſement cette méthode
Y étant encore dans fon enfance , & l'hôpital
n'étant pas encore en état de fournir
toutes les commodités aux malades , de cent
trente une perfonnes , il en eft mort deux ;
l'une attaquée de vers , l'autre foupçonnée
d'avoir cette maladie naturellement dans
le tems de fon inoculation * . Les quatre
* L'Hôpital pour l'Inoculation eft encore bieg
A O UST. 1755 . 173
dernieres années , de quatre cens foixantetreize
, un feul eft mort ; & fuivant les regiftres
de ce même hôpital , de neuf perfonnes
qui ont la petite vérole naturelle ,
il en meurt deux .
Depuis 1741 , on a inoculé aux Enfans
trouvés deux cens quarante-fept , dont un
feul eft mort , ce que l'on croit , par un
accident étranger à l'inoculation.
à
Total des inoculés dans les deux Hôpitaux
,
Morts ,
851.
4.
La premiere fois que je vifitai l'Hôpital
de l'Inoculation , je fus témoin d'un contrafte
bien frappant. Il y avoit fur le même
quarré deux falles ; l'une deftinée à la
petite vérole naturelle , l'autre à la petite
vérole , qui s'y donne par infertion. Dans
la premiere de ces falles je vis des malades
qui excitoient non feulement la compaffion
, mais la terreur , hideux , gémiffans
, prêts à rendre l'ame ; on les auroit
cru frappés de la maladie la plus cruelle
& la plus dégoûtante. Dans l'autre falle
pauvre , ce qui oblige de mettre les inoculés avec
ceux qui font attaqués de la petite vérole naturelle
ce qui ne peut manquer d'infecter l'air , &
de rendre en cet endroit la pratique de l'inoculation
plus fujette à des accidens qu'ailleurs,
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE.
on n'entendoit ni cris de douleur , ni voix
mourante ; on ne voyoit ni fouffrance ni
accidens , ni même aucun malaiſe : au contraire
les malades étoient gais , & jouoient
entr'eux. Il y avoit vingt-fix filles inocu-
1ées , depuis l'âge de dix ans jufqu'à vingtquatre
, qui n'étoient point alitées , qui
couroient les unes après les autres , & fe
divertiffoient comme on a coutume de le
faire à cet âge , lorfqu'on fe porte bien .
J'eus occafion de faire aux Enfans trou
vés une obfervation très intéreffante fur le
nommé Claringdon , âgé de cinq ans , qui
fe trouva pris de la rougeole , fans que
T'on s'en fût apperçu , dans le tems qu'il fut
inoculé. Le lendemain les fymptomes de
la rougeole fe manifefterent avec affez de
violence pour faire craindre pour fa vie ,
les taches parurent au tems ordinaire ; la
maladie prenant fon cours fe termina heureufement.
Le vingt- fixième jour de l'inoculation
la petite vérole parut en affez
grande quantité , & eut fon cours fans
aucun accident remarquable . Le malade
guérit des deux maladies , ce qui prouve le
peu de danger de cette pratique , & que
l'humeur de la petite vérole eft différente
des autres humeurs , & ne fe mêle point
avec elles.
AOUST. 1755 175
FAITS ET INFORMATIONS.
1º. Je n'ai pu trouver dans tout Londres
un feul Medecin , Chirurgien ou
Apoticaire qui s'oppofât à l'inoculation ,
ils en font au contraire tellement partifans
qu'ils font tous inoculer leurs propres
enfans. Ils regardent cette pratique
comme la plus grande découverte que
l'on ait fait en médecine depuis Hyppocrate
.
J'ai vu inoculer avec fuccès les deux
filles du Docteur Ruffel , l'une âgée de 2 9
ans , l'autre de 23 .
20. M. Ranby , premier chirurgien du
Roy d'Angleterre m'a affuré avoir inoculé
plus de 1600 perfonnes fans qu'il en foit
mort une feule. M. Bell , éleve de M. Morand
, 90 , avec le même fuccès. Enfin
M. Hadow , médecin à Warvick & ami du
docteur Pringle , inocule depuis 18 ans
avec un fuccès furprenant (a) .
( a ) Le Docteur Pringle connu de M. Senac , a
écrit au docteur Hadow pendant mon féjour à
Londres , pour le prier de répondre à quelques
queftions que j'avois faites par écrit . J'ai reçu la
réponse aux trois premieres avec une lettre du
Docteur Pringle , depuis mon arrivée à Paris . J'ajoute
ici la traduction des deux lettres . Ces Mefhieurs
me promettent de répondre aux douze autres
questions.
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE.
3°. Il ne fe trouve pas un feul exemple
qu'une perfonne qui ait eu la petite vérole
bien caractérisée par l'inoculation , l'ait eu
une feconde fois , cela eft fondé fur plu
fieurs expériences réïtérées & bien avérées.
Pour décider que le malade eft à l'abri de
cette infection , ils ne demandent qu'une
preuve non équivoque que le virus a opéré
fur la maffe du fang : quelques boutons fur
le corps , ou la fuppuration des incifions
fans éruption leur fuffifent.
4°. Il ne fe trouve pas d'exemple d'aucune
autre humeur fcorbutique , &c. qui
ait été introduite par l'inoculation , cela
eft même confirmé par quelques expériences
, hardies à la vérité ; auffi l'on ne s'inquiette
plus à cet égard d'ailleurs il eſt
facile par le choix du fujet qui fournit la
matiere d'en éviter le rifque (a).
5. Il ne fe trouve point un médecin à
Londres , autant que je l'ai pû apprendre ,
qui croye que l'on ait la petite vérole plufieurs
fois (b).
(a ) L'exemple de la complication de la rougeole
& de la petite vérole dans l'enfant trouvé
dont je viens de parler , me paroît ne laiffer aucun
doute là -deffus.
(b ) Le docteur Maty , qui avoit eu la petite.
vérole naturelle , voulant fe convaincre de ce fait,
s'eft inoculé lui-même fans pouvoir . ſe la donnen
AOUST. 1755. 177
6. Les Catholiques s'y foumettent ainſi
que les Proteftans , Mylord Dillon a fait
inoculer fon fils & fa fille aînée ; Madame
Chelldon , fa parente , craignant beaucoup
cette maladie , s'eft fait inoculer ce printemps
à l'âge de trente- fix ans , & mere de
douze enfans aufquels elle a ainfi donné
l'exemple du courage.
La fille du Duc de Beaufort , âgée de 15
ans, m'a fourni un fecond exemple de réfolution
, elle s'eft fait inoculer le 25 Avril
dernier de fon propre mouvement . On la
regarde comme la beauté de l'Angleterre ;
tout le monde s'intéreffoit à cet évenement ,
& le fuccès a répondu aux voeux que le
public formoit pour elle. J'ai retardé mon
retour de quinze jours pour affifter à fon
traitement.
Je pourrois citer plufieurs autres obfervations
curieufes & intéreffantes touchant
cette pratique que je tiens de perſonnes
très- dignes de foi , mais voyant que ce
rapport paffe les bornes convenables , &
n'ayant d'autres but que de rapporter fimplement
ce que j'ai vâ , & nullement de
décider la queſtion , je finirai en affurant
que les libéralités des perfonnes prévenues
autrefois contre cette pratique par religion
Ce détail ſe trouve dans fon Journal Britannique
des mois de Novembre & Décembre 1754
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
ou par quelque autre motif, font aujour
d'hui le principal revenu de l'hôpital de
l'inoculation , & que les regiftres font
remplis d'exemples curieux & touchans de
peres & meres qui ayant été maltraités par
la petite vérole naturelle ont eu recours
malgré leurs préjugés à l'inoculation fouvent
pour fe conferver l'unique enfant qui
leur reftoit.
EXTRAIT du rapport de M. Hofty ,
Docteur- Régent de la Faculté de Médeci
ne de Paris , pendant ſon féjour à Londres,
au fujet de l'Inoculation .
Mite de fujet de la Grande Bretagne ,
A profeffion de Médecin , ma qualité
& la connoiffance que j'ai de la langue ,
m'ont procuré l'avantage d'être appellé de164
MERCURE DE FRANCE.
puis la paix par la plupart de més compatriotes
, qui voyagent à Paris , & qui y
font tombés malades , & de m'entretenir
avec eux fur ce qui pouvoit être relatif à
la pratique de la Médecine en Angleterre ;
mais pour me mettre encore plus au fait
j'ai formé le deffein de me tranfporter à
Londres , afin d'y juger par moi- même des
variations arrivées depuis quelques années
en ce pays dans l'art de guérir.
Les fuccès conftans qu'a depuis trente
ans à Londres l'Inoculation de la petite
vérole , & les avantages que la France
pourroit retirer en l'introduifant chez elle ,
m'ont fur-tout déterminé à entreprendre
ce voyage .
J'arrivai à Londres le 12 Mars 1755 .
Mon premier foin fut d'aller voir MM .
Cox Willmod , Médecin du Roi , Hoadly ,
Garnier , Ranby , Mideleton , Hawkins ,
Gataker , Truifdal , Adair , Taylor , Heberdin
, Médecin de la Cour , Shaw , Kirk
Patrick , auteur de l'analyse de l'Inoculation
, le Docteur Maty , auteur du Journal
britannique , M. Pringle , connu par fon
excellent ouvrage fur les maladies des armées
, qui eft en commerce de lettres avec
M. Senac , les Docteurs Clephane , Jarnagagne,
Connel, MM . Bell, Pingfton , Brumfield,
Wal , Chirurgien de l'Hôpital de l'Inocu-
1
A O UST. 1755 : 165
lation , Tompkins , Chirurgien des Enfans
trouvés , M. Morton qui en eft le Médecin.
Je cite tous ces Meffieurs comme autant
de garans de la vérité de ce rapport.
Ce font les praticiens les plus employés à
Londres , & les plus connus en France.
Il n'eft pas poffible de marquer plus de
zéle pour le bien du genre humain qu'ils
en ont fait éclater à mes yeux , ni plus
d'envie de répandre dans toute l'Europe
une pratique qu'ils jugent fi falutaire.
Les facilités qu'ils m'ont procurées pour
l'exécution de mon projet en font des
preuves autentiques .
L'Evêque de Worceſter , fi recommandable
par fa charité envers les pauvres , ce
Prélat qu'on peut regarder comme le fondateur
de l'Hôpital de l'Inoculation dont
il eft actuellemeut Préfident , & qui fans
contrédit eft l'homme d'Angleterre le plus
éclairé fur tous les faits qui concernent
l'Inoculation , s'eft fait un mérite de m'inftruire
de tout ce qui y avoit rapport :
d'ailleurs , la protection dont m'a honoré
M. le Duc de Mirepoix à la recommendation
de M. Rouillé , Miniftre des affaires
étrangeres , & la connoiffance que j'avois
déja faite à Paris de plufieurs Seigneurs
anglois , ne m'ont laiffé rien à defirer fur
ce qui faifoit le principal objet de mon
voyage.
166 MERCURE DE FRANCE.
Pendant le tems que j'ai été à Londres
j'ai fuivi tant aux Hôpitaux qu'en ville
deux cens cinquante-deux perfonnes ino
culées , de différens âges & de conditions
différentes , qui m'ont fourni les obſerva
tions fuivantes . *
Le fujet qu'on veut inoculer étant préparé
, on lui fait une incifion très - légere à
un ou aux deux bras , fuivant l'idée de l'Inoculateur
; on y infére un fil impreigné de
la matiere variolique bien choifie , on
daiffe ce fil dans l'incifion l'efpace de
trente-fix heures , on l'ôte enfuite. Quelques-
uns appliquent fur la plaie une emplâtre
, mais d'autres n'y mettent rien du
tout ; elle paroît ordinairement guérie au
bout de quarante heures ; mais le troifiéme
ou quatrième jour elle s'enflamme de
nouveau , les bords en deviennent rouges,
J'en ai vû inoculer depuis l'âge de trois jufqu'à
vingt-huit , & même jufqu'à trente- fix ans.
&
Il me paroît démontré que les adultes qu'on
voit inoculer à préfent , font les enfans d'autant
de gens autrefois ennemis de cette pratique , qui
ne le font rendus qu'à l'évidence du fuccès ,
qui forment aujourd'hui des preuves éclatantes
du progrès & de la bonté de cette méthode. J'ofe
dire que dans peu d'années il ne ſe trouvera perfonne
en Angleterre , à l'âge de quinze ans , qui
n'ait eu la petite vérole naturellement , ou par
infertion.
A O UST . 1755. 167
fignes prefque certains que l'infertion a
bien pris. Le cinq ou fix on apperçoit une
ligne blanche dans le milieu , l'urine eft
de couleur de citron , indications plus fu
res que les précédentes. Le feptiéme ou le
huitième , le malade qui jufqu'alors n'a
point apperçu de changement dans fon
état , commence à fentir une douleur plus
ou moins vive , à une aiffelle , & quelquefois
aux deux . C'eſt pour l'ordinaire le
premier fymptome , enfuite un malaiſe ,
une fievre plus ou moins forte , un mal
de tête , de reins , des naufées fuivies de
vomiffemens . Le neuvième ou le dixiéme
il paroît une fueur très - abondante , ac
compagnée d'une éruption milliaire par
tout le corps. Ces deux fymptomes prééédent
communément de vingt- quatre heures
, plus ou moins , l'éruption de la petite
verole , & difparoiffent avec les autres , a
mefare que
fe fait cette éruption , qui
arrive pour l'ordinaire vers le dixiéme
jour de l'infertion ; dès qu'elle eft parfaite
le malade ne fouffre plus , il eft cenfé hors
de danger , puifqu'autant que l'expérience
me l'a fait voir , l'on n'a rien à craindre
de la fievre de fuppuration , qui eft fi dangereufe
, & fouvent fi funefte dans cette
maladie , lorfqu'on l'a naturellement . Les
inoculés paffent prefque toujours ce roms
}
16S MERCURE DE FRANCE.
fans fievre & fans accident , ce que les
Médecins regardent comme une preuve
convaincante des avantages de l'inoculation
; la fuppuration finit vers le feizième,
& la deffication vers le vingtiéme . On
purge plufieurs fois le malade , on lui donne
alors des alimens plus folides. Pendant
le cours de la maladie on ne permet que
des végétaux , ou des chofes légeres en
ufage dans le
des
que
pays , telles
des afperges , &c, mais ni viande ni poiffon.
navets
Les ulceres de l'incifion fe dilatent &
fuppurent confidérablement vers l'état de
la maladie ; cette fuppuration continue
quelquefois après le traitement , ce qui
provient principalement de la profondeur
de l'incifion , & n'arrive que très- rarement
depuis qu'on ne fait plus qu'une incifion
très-fuperficielle , ou pour mieux dire une
égratignure ; les fymptomes font quelquefois
fi légers , & le nombre des boutons fi
petit , qu'à la diete près , le malade vit à
fon ordinaire , s'occupe & s'amufe fuivant
fon âge , & n'eft pas obligé de garder
le lit. L'Envoyé de Dannemarck en Angleterre
qui s'eft fait inoculer avec la permiffion
de fa Cour & du confentement de
fa famille , à qui cette maladie a été fouvent
fatale , n'a prefque rien changé à fa
maniere
AOUST. 1755: 169
maniere de vivre accoutumée ; c'eft de
tui-même que j'ai eu le détail journalier
de fon traitement .
Le fils de l'Ambaffadeur de Sardaigne
s'eft foumis avec le même fuccès à cette
pratique.
Je paffe aux effets de cette méthode .
Les deux cens cinquante -deux perſonnes
que j'ai vûes inoculées , ont toutes
été guéries fans aucunes fuites fâcheufes ,
elles m'ont paru fe fortifier après le traitement,
& pas une d'elles n'a été marquée;
mais ce qui m'a bien furpris , c'eft que
ceux - mêmes qui avoient beaucoup de
boutons & fort gros , ne paroiffoient pref
que pas rouges après la deffication , comme
ils le font dans la petite vérole naturelle.
L'avantage de conferver la beauté
n'a pas peu contribué à accréditer cette
méthode , auffi eft-il rare de voir à Londres
quelqu'un au- deffous de vingt ans
défiguré par la petite vérole , à moins que
ce ne foit parmi le bas peuple qui n'a pas
le moyen de fe faire inoculer , où qui conferve
encore les anciens préjugés .
OBSERVATIONS PARTICULIERES.
19. Des deux cens cinquante - deux perfonnes
dont j'ai fuivi l'inoculation , deux
H
170 MERCURE DE FRANCE.
feulement m'ont paru en danger. L'un
étoit le fils du Major Jennings , homme de
condition , fort riche , âgé de trois ans ,
inoculé avec fa foeur , âgée de quatre ans ,
& fa gouvernante âgée de vingt trois. Cet
enfant a eu fix accès de convulfions dans
l'efpace de dix- huit heures , immédiatement
avant l'éruption , ce qui a donné de
vives allarmes à fes parens , mais non aux
Médecins ni aux Chirurgiens ; il a évacué
par le moyen de deux remedes , l'éruption
s'eft bien faite , & auffi- tôt tous les acci
dens ont difparu . Au refte cet enfant eft
fujet à ces accès convulfifs , il en avoit eus
antérieurement dans deux autres maladies.
2°. Il m'a paru que les enfans délicats
& les filles avoient les fymptomes moins
violens , plufieurs praticiens n'ont fait aucunes
obfervations là-deffus .
3°. Les Anglois pour fauver leurs enfans
du danger de cette maladie , m'ont
paru anticiper fur l'âge convénable en les
faifant inoculer à la mammelle & au - def
fous de quatre ans . J'ai obfervé conftamment
que l'âge depuis quatre ans jufqu'à
quinze , étoit le plus propre , & que les
perfonnes au -deffus de quinze fouffroient
moins les enfans au-deffous de quatre que
ans. Cette remarque eft conforme à celles
des gens de l'art.
;
AOUST. 1755. 171
” . J'ai vû des adultes des deux fexes ,
même forts , replets & très- robuftes guérir
fans accident , & d'une façon furprenante,
5°. Quoiqu'on choififfe pour l'inoculation
le tems qui fuit immédiatement les
régles , elles furviennent cependant prefque
toujours dans le cours de la maladie
ont plus ou moins de durée , & finiffent
fans aucun accident.
6°. J'ai vû plufieurs perfonnes n'avoir
que très-peu de boutons , quelquefois feulement
autour de l'incifion , comme la
fille du Comte de Fitz Williams . Un adulte
en eut une douzaine ; le premier lui
vint au gros doigt du pied , remarque curieufe
, & qui prouve inconteftablement
que le virus a circulé par toute la maffe du
fang , quoiqu'il n'y eut que peu de boutons.
Quelquefois la feule fuppuration des
ulceres tient lieu de tout.
7°. Les fymptomes & l'éruption paroiffent
quelquefois fort tard . La fille de Mylord
Dalkitk à qui ils n'ont paru que le
quatorziéme jour après l'infertion , & un
enfant trouvé , dont je parlerai plus bas ,
auquel ils n'ont paru que le vingt-fix en
font des exemples.
8°. Cinq perfonnes n'ont pu prendre la
petite vérole , quoiqu'on eut réitéré l'infertion
; l'un étoit en ville , & les quatre
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
autres aux Hôpitaux ; & quoiqu'ils fuffent
tous cinq expofés pendant le traitement
des autres à l'infection , ils ne la contracterent
pas.
Les deux Hôpitaux dans lefquels fe pra
tique cette méthode , font celui de la petite
verole , ainfi nommé , parce que l'on
n'y traite que cette feule maladie , foit naturelle
, foit artificielle , & celui des Enfans
trouvés. J'ai apporté tout ce qui regarde
l'établiffement & les réglemens de ces Hôpitaux
, auffi - bien que l'hiftoire de l'inoculation
, depuis le jour de leur établiſſement
jufqu'à celui de mon départ , qui m'ont été
remis par ordre du Commité : en voici
le détail . *
Depuis le 26 Septembre 1746 , jour de
l'ouverture de l'Hôpital de l'Inoculation ,
jufqu'au 14 Mai 1755 , il y a eu fix cens
quatre inoculés , y compris quatre- vingtdix-
fept de cette année. Les cinq premieres
années de fon établiſſement cette méthode
Y étant encore dans fon enfance , & l'hôpital
n'étant pas encore en état de fournir
toutes les commodités aux malades , de cent
trente une perfonnes , il en eft mort deux ;
l'une attaquée de vers , l'autre foupçonnée
d'avoir cette maladie naturellement dans
le tems de fon inoculation * . Les quatre
* L'Hôpital pour l'Inoculation eft encore bieg
A O UST. 1755 . 173
dernieres années , de quatre cens foixantetreize
, un feul eft mort ; & fuivant les regiftres
de ce même hôpital , de neuf perfonnes
qui ont la petite vérole naturelle ,
il en meurt deux .
Depuis 1741 , on a inoculé aux Enfans
trouvés deux cens quarante-fept , dont un
feul eft mort , ce que l'on croit , par un
accident étranger à l'inoculation.
à
Total des inoculés dans les deux Hôpitaux
,
Morts ,
851.
4.
La premiere fois que je vifitai l'Hôpital
de l'Inoculation , je fus témoin d'un contrafte
bien frappant. Il y avoit fur le même
quarré deux falles ; l'une deftinée à la
petite vérole naturelle , l'autre à la petite
vérole , qui s'y donne par infertion. Dans
la premiere de ces falles je vis des malades
qui excitoient non feulement la compaffion
, mais la terreur , hideux , gémiffans
, prêts à rendre l'ame ; on les auroit
cru frappés de la maladie la plus cruelle
& la plus dégoûtante. Dans l'autre falle
pauvre , ce qui oblige de mettre les inoculés avec
ceux qui font attaqués de la petite vérole naturelle
ce qui ne peut manquer d'infecter l'air , &
de rendre en cet endroit la pratique de l'inoculation
plus fujette à des accidens qu'ailleurs,
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE.
on n'entendoit ni cris de douleur , ni voix
mourante ; on ne voyoit ni fouffrance ni
accidens , ni même aucun malaiſe : au contraire
les malades étoient gais , & jouoient
entr'eux. Il y avoit vingt-fix filles inocu-
1ées , depuis l'âge de dix ans jufqu'à vingtquatre
, qui n'étoient point alitées , qui
couroient les unes après les autres , & fe
divertiffoient comme on a coutume de le
faire à cet âge , lorfqu'on fe porte bien .
J'eus occafion de faire aux Enfans trou
vés une obfervation très intéreffante fur le
nommé Claringdon , âgé de cinq ans , qui
fe trouva pris de la rougeole , fans que
T'on s'en fût apperçu , dans le tems qu'il fut
inoculé. Le lendemain les fymptomes de
la rougeole fe manifefterent avec affez de
violence pour faire craindre pour fa vie ,
les taches parurent au tems ordinaire ; la
maladie prenant fon cours fe termina heureufement.
Le vingt- fixième jour de l'inoculation
la petite vérole parut en affez
grande quantité , & eut fon cours fans
aucun accident remarquable . Le malade
guérit des deux maladies , ce qui prouve le
peu de danger de cette pratique , & que
l'humeur de la petite vérole eft différente
des autres humeurs , & ne fe mêle point
avec elles.
AOUST. 1755 175
FAITS ET INFORMATIONS.
1º. Je n'ai pu trouver dans tout Londres
un feul Medecin , Chirurgien ou
Apoticaire qui s'oppofât à l'inoculation ,
ils en font au contraire tellement partifans
qu'ils font tous inoculer leurs propres
enfans. Ils regardent cette pratique
comme la plus grande découverte que
l'on ait fait en médecine depuis Hyppocrate
.
J'ai vu inoculer avec fuccès les deux
filles du Docteur Ruffel , l'une âgée de 2 9
ans , l'autre de 23 .
20. M. Ranby , premier chirurgien du
Roy d'Angleterre m'a affuré avoir inoculé
plus de 1600 perfonnes fans qu'il en foit
mort une feule. M. Bell , éleve de M. Morand
, 90 , avec le même fuccès. Enfin
M. Hadow , médecin à Warvick & ami du
docteur Pringle , inocule depuis 18 ans
avec un fuccès furprenant (a) .
( a ) Le Docteur Pringle connu de M. Senac , a
écrit au docteur Hadow pendant mon féjour à
Londres , pour le prier de répondre à quelques
queftions que j'avois faites par écrit . J'ai reçu la
réponse aux trois premieres avec une lettre du
Docteur Pringle , depuis mon arrivée à Paris . J'ajoute
ici la traduction des deux lettres . Ces Mefhieurs
me promettent de répondre aux douze autres
questions.
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE.
3°. Il ne fe trouve pas un feul exemple
qu'une perfonne qui ait eu la petite vérole
bien caractérisée par l'inoculation , l'ait eu
une feconde fois , cela eft fondé fur plu
fieurs expériences réïtérées & bien avérées.
Pour décider que le malade eft à l'abri de
cette infection , ils ne demandent qu'une
preuve non équivoque que le virus a opéré
fur la maffe du fang : quelques boutons fur
le corps , ou la fuppuration des incifions
fans éruption leur fuffifent.
4°. Il ne fe trouve pas d'exemple d'aucune
autre humeur fcorbutique , &c. qui
ait été introduite par l'inoculation , cela
eft même confirmé par quelques expériences
, hardies à la vérité ; auffi l'on ne s'inquiette
plus à cet égard d'ailleurs il eſt
facile par le choix du fujet qui fournit la
matiere d'en éviter le rifque (a).
5. Il ne fe trouve point un médecin à
Londres , autant que je l'ai pû apprendre ,
qui croye que l'on ait la petite vérole plufieurs
fois (b).
(a ) L'exemple de la complication de la rougeole
& de la petite vérole dans l'enfant trouvé
dont je viens de parler , me paroît ne laiffer aucun
doute là -deffus.
(b ) Le docteur Maty , qui avoit eu la petite.
vérole naturelle , voulant fe convaincre de ce fait,
s'eft inoculé lui-même fans pouvoir . ſe la donnen
AOUST. 1755. 177
6. Les Catholiques s'y foumettent ainſi
que les Proteftans , Mylord Dillon a fait
inoculer fon fils & fa fille aînée ; Madame
Chelldon , fa parente , craignant beaucoup
cette maladie , s'eft fait inoculer ce printemps
à l'âge de trente- fix ans , & mere de
douze enfans aufquels elle a ainfi donné
l'exemple du courage.
La fille du Duc de Beaufort , âgée de 15
ans, m'a fourni un fecond exemple de réfolution
, elle s'eft fait inoculer le 25 Avril
dernier de fon propre mouvement . On la
regarde comme la beauté de l'Angleterre ;
tout le monde s'intéreffoit à cet évenement ,
& le fuccès a répondu aux voeux que le
public formoit pour elle. J'ai retardé mon
retour de quinze jours pour affifter à fon
traitement.
Je pourrois citer plufieurs autres obfervations
curieufes & intéreffantes touchant
cette pratique que je tiens de perſonnes
très- dignes de foi , mais voyant que ce
rapport paffe les bornes convenables , &
n'ayant d'autres but que de rapporter fimplement
ce que j'ai vâ , & nullement de
décider la queſtion , je finirai en affurant
que les libéralités des perfonnes prévenues
autrefois contre cette pratique par religion
Ce détail ſe trouve dans fon Journal Britannique
des mois de Novembre & Décembre 1754
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
ou par quelque autre motif, font aujour
d'hui le principal revenu de l'hôpital de
l'inoculation , & que les regiftres font
remplis d'exemples curieux & touchans de
peres & meres qui ayant été maltraités par
la petite vérole naturelle ont eu recours
malgré leurs préjugés à l'inoculation fouvent
pour fe conferver l'unique enfant qui
leur reftoit.
Fermer
Résumé : EXTRAIT du rapport de M. Hosty, Docteur-Régent de la Faculté de Médecine de Paris, pendant son séjour à Londres, au sujet de l'Inoculation.
Le Dr. Hofty, Docteur-Régent de la Faculté de Médecine de Paris, a effectué un séjour à Londres pour étudier l'inoculation de la petite vérole, une pratique médicale couronnée de succès depuis trente ans. Grâce à ses compétences linguistiques et médicales, Hofty a été consulté par de nombreux compatriotes malades à Paris, ce qui l'a incité à se rendre à Londres pour observer les méthodes locales. À Londres, Hofty a rencontré des médecins et chirurgiens éminents, tels que Cox Willmoth, Médecin du Roi, et l'Évêque de Worcester, fondateur de l'Hôpital de l'Inoculation. Il a suivi 252 personnes inoculées, de différents âges et conditions, et a observé les procédures et les symptômes de la maladie. L'inoculation consiste à faire une incision légère sur le bras, y introduire un fil imprégné de matière variolique, et laisser la plaie se guérir. Les symptômes apparaissent généralement entre le troisième et le dixième jour, avec une éruption de boutons qui se résorbe vers le vingtième jour. Hofty a noté que les adultes inoculés étaient souvent des enfants de parents autrefois opposés à cette pratique, mais convaincus par son succès. Il a également observé que les symptômes étaient moins violents chez les enfants délicats et les filles. Les Anglais pratiquent l'inoculation dès l'âge de quatre ans, jugé le plus propice. Les hôpitaux londoniens pratiquant l'inoculation sont l'Hôpital de la petite vérole et celui des Enfants trouvés. Depuis l'ouverture de l'Hôpital de l'Inoculation en 1746, sur 851 inoculés, seulement quatre sont morts, contre deux sur neuf pour la petite vérole naturelle. Hofty a constaté un contraste frappant entre les malades atteints naturellement et ceux inoculés, ces derniers ne montrant presque aucun malaise ou souffrance. En août 1755, un observateur a noté une expérience intéressante concernant un enfant nommé Claringdon, âgé de cinq ans, qui contracta la rougeole peu après avoir été inoculé contre la variole. La rougeole se manifesta violemment le lendemain, mais l'enfant guérit sans complications. Vingt-cinq jours après l'inoculation, la variole apparut en grande quantité et se déroula sans incidents, prouvant ainsi que l'inoculation est peu dangereuse et que l'humeur de la variole ne se mélange pas avec d'autres maladies. À Londres, aucun médecin, chirurgien ou apothicaire ne s'opposait à l'inoculation, la considérant comme une grande découverte médicale. Plusieurs chirurgiens et médecins ont inoculé des centaines de personnes avec succès. Il n'existe aucun cas documenté de réinfection par la variole après une inoculation réussie. Les expériences montrent également que d'autres humeurs morbides, comme le scorbut, ne sont pas introduites par l'inoculation. Les catholiques et les protestants, y compris des nobles comme Mylord Dillon et la fille du Duc de Beaufort, se soumettent à l'inoculation. Les libéralités des personnes autrefois prévenues contre cette pratique contribuent désormais au revenu de l'hôpital de l'inoculation. Les registres de l'hôpital contiennent de nombreux exemples de parents ayant recours à l'inoculation pour protéger leurs enfants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10
p. 230-233
SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Début :
Nous avons rendu compte dans le second Volume du mois de [...]
Mots clefs :
Chirurgie, Hôpital, Dragées, Maladies vénériennes, Registres des malades, Guérison, Soins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
SUPPLEMENT
A
L'ARTICLE
CHIRURGIE.
Nous avons rendu compte dans le fecond Vo
lume du mois de Février dernier , du
tement fait audit Hôpital par la méthode & avec
premier trailes
dragées anti-vénériennes de M. Keyfer. Nous
avons promis de continuer
fucceffivement à fur &
mefure qu'il entreroit des malades audit Hôpital.
En conféquence , voici le compte du fecond traitement
opéré fous les yeux des Docteurs en Médecine
& Maîtres en Chirurgie , que nous avons
précédemment
annoncés.
EXTRAIT des Regiftres de l'Hôpital , en date
du 30 Décembre
1756,
Le nommé
Vermanthon , douzieme malade du
premier traitement , & qui n'eft point forti avec
les autres , ne fortira point encore
ayant un ulcere au pli de l'aine , occafionné par
, ce foldat
in p .... chancreux , dont la cicatrice eft d'ordi
naire très-longue & très- difficile ; étant très -bien
guéri d'ailleurs , ne faifant plus ufage de remedes ,
& dans le meilleur
embonpoint.Meffieurs Morand ,
Guérin , Faget & du Fouard en ont donné leurs
certificats , & l'on peut aller voir ce malade.
Etat des onze Soldats entrés le 30 Décembre 1756.
Premier malade. Le nomméDupré qui avoit une
quantité de p . & autres fymptomes vénériens
bien
caractérisés , eft forti le premier Février entiérement
guéri.
....
Deuxieme malade . Le nommé Léopold qui avoit
des ch .... & beaucoup de puſtules en
différentes
MAR S. 1757. 231
parties du corps , eft également forti le premier
Février entiérement guéri.
Troisieme malade. Le nommé l'Evêque eft tombé
le furlendemain de fon entrée à l'Hôpital ma
lade d'une fluxion de poitrine : l'on avoit à peine
commencé à lui adminiftrer le remede pour la maladie
vénérienne , il a fallu le fufpendre ; & quoique
cette complication ait fait appréhender beaucoup
pour fa vie , les foins continuels & généreux
de M. Bourbelain , Maître en Chirurgie , ont fau
vé les jours de ce malheureux : comme fa convalefcence
ne permet pas encore de lui adminiftrer
les dragées , il eft forti pour ſe remettre & fe difpofer
à rentrer , pour y être traité de ſa maladie
vénérienne. Nous rendrons compte en fon temps
de fa maladie & de fon traitement.
Quatrieme malade. Le nommé l'Ami , quí
avoit un ch ... conſidérable , un commencement
d'exoftofe bien conftaté au front , & un gonflement
très- douloureux au genouil , eft forti le 8 Fé
vrier entiérement guéri.
Cinquieme malade. Le nommé Sourdet , qui
avoit des ch ... des p ... & une dartre confidérable
à l'anus , & des douleurs très-vives au genouil,
eft forti le même jour entiérement guéri,
Sixieme malade. Le nommé Montplaifir , qui
avoit une ch ... depuis quatre mois , & quantité
de ch.... à l'anus & ailleurs , eft forti le même
jour entiérement guéri..
Septieme malade. Le nommé Sans fouci , qui
avoit deux p.... dont un ouvert & l'autre fuppurant
, des puftules , ragattes ; &c. , eft forti le mê
me jour entiérement guéti.
Huitieme malade. Le nommé Laplante , quil
avoit un phim.... très- conſidérable , occafionné
par des ch.... au couronnement & des puftules
232 MERCURE DE FRANCE.
eft forti le même jour entiérement guéri fans opé
ration ni topique quelconque .
Neuvieme malade. Le nomméAcoulon,qui avoit
des crêtes très-confidérables , & des ch... à toute
la circonférence de l'anus , avec un engorgement
dans les glandes inguinales , eft forti le 15 Février
entiérement guéri.
Le nommé Dauvain , qui avoit quantité de ch...
une dartre humide à la cuiffe gauche , un ulcere à
la cloiſon & aux amigdales , avec une quantité de
puftules très-confidérables fur toute l'habitude du
corps , eft forti le même jour 15 Février entiérement
guéri.
Onzieme malade. Le nommé Decombe , qui
avoit quatre exoftofes , fçavoir un à la clavicule
droite , un à la partie fupérieure du fternum , un
à la partie moyenne & latérale du même os , & un
à la derniere des vraies côtes , large de fix travers
de doigts , des douleurs partout le corps , & une
tumeur à la partie fupérieure du coronal , qui paroiffoit
lymphatique , eft refté à l'Hôpital , pour
attendre l'exfoliation de l'os malade , M. Bourbelain
ayant apperçu une carie qui pénétroit juſqu'au
diploé. Ce foldat étoit dans un état véritablement
déplorable ; il eft actuellement dans le meilleur
train de guérifon. Nous annoncerons dans le tems
fa fortie , ainfi que l'état où il fe trouvera ; & il
eft aifé de fentir que les traitemens de maladies
aufli graves demanderont un peu plus de temps &
de foins.
10
11 eft inutile de répéter que tous ces malades
font fuivis & éclairés par les yeux les plus habiles,
-& qu'il n'en eft pas un feul dont le traitement &
la guérifon ne foit atteftée par des certificats authentiques
, & couchés fur les regiftres de l'Hô~
pital.
MARS. 1757. 233
Il eſt entré dix malades , dont nous rendrons
compte le mois prochain .
M. Keyfer croit devoir avertir le Public qu'il y
a beaucoup de gens qui ofent fe vanter d'avoir de
fes dragées , & qui , foit en les imitant , foit en
prétendant en avoir la compofition , en donnent à
divers malades , fous fon nom , & comme venant
de lui : que cependant il n'en donne à qui que ce
foit , finon à fes Affociés : que fon remede eft indécompofable
, & que tout autre eft une impofture
contre laquelle il prie le Public d'être en garde ,
ne répondant que de celui qu'il adminiſtrera luimême
, ou qui le fera par fes Affociés.
Comme on lui adreffe des lettres journellement
à l'Hôpital , & qu'il n'y demeure point , il prie
ceux qui lui feront l'honneur de lui écrire , de
mettre fon adreffe , rue & Iſle S. Louis , où il demeure.
A
L'ARTICLE
CHIRURGIE.
Nous avons rendu compte dans le fecond Vo
lume du mois de Février dernier , du
tement fait audit Hôpital par la méthode & avec
premier trailes
dragées anti-vénériennes de M. Keyfer. Nous
avons promis de continuer
fucceffivement à fur &
mefure qu'il entreroit des malades audit Hôpital.
En conféquence , voici le compte du fecond traitement
opéré fous les yeux des Docteurs en Médecine
& Maîtres en Chirurgie , que nous avons
précédemment
annoncés.
EXTRAIT des Regiftres de l'Hôpital , en date
du 30 Décembre
1756,
Le nommé
Vermanthon , douzieme malade du
premier traitement , & qui n'eft point forti avec
les autres , ne fortira point encore
ayant un ulcere au pli de l'aine , occafionné par
, ce foldat
in p .... chancreux , dont la cicatrice eft d'ordi
naire très-longue & très- difficile ; étant très -bien
guéri d'ailleurs , ne faifant plus ufage de remedes ,
& dans le meilleur
embonpoint.Meffieurs Morand ,
Guérin , Faget & du Fouard en ont donné leurs
certificats , & l'on peut aller voir ce malade.
Etat des onze Soldats entrés le 30 Décembre 1756.
Premier malade. Le nomméDupré qui avoit une
quantité de p . & autres fymptomes vénériens
bien
caractérisés , eft forti le premier Février entiérement
guéri.
....
Deuxieme malade . Le nommé Léopold qui avoit
des ch .... & beaucoup de puſtules en
différentes
MAR S. 1757. 231
parties du corps , eft également forti le premier
Février entiérement guéri.
Troisieme malade. Le nommé l'Evêque eft tombé
le furlendemain de fon entrée à l'Hôpital ma
lade d'une fluxion de poitrine : l'on avoit à peine
commencé à lui adminiftrer le remede pour la maladie
vénérienne , il a fallu le fufpendre ; & quoique
cette complication ait fait appréhender beaucoup
pour fa vie , les foins continuels & généreux
de M. Bourbelain , Maître en Chirurgie , ont fau
vé les jours de ce malheureux : comme fa convalefcence
ne permet pas encore de lui adminiftrer
les dragées , il eft forti pour ſe remettre & fe difpofer
à rentrer , pour y être traité de ſa maladie
vénérienne. Nous rendrons compte en fon temps
de fa maladie & de fon traitement.
Quatrieme malade. Le nommé l'Ami , quí
avoit un ch ... conſidérable , un commencement
d'exoftofe bien conftaté au front , & un gonflement
très- douloureux au genouil , eft forti le 8 Fé
vrier entiérement guéri.
Cinquieme malade. Le nommé Sourdet , qui
avoit des ch ... des p ... & une dartre confidérable
à l'anus , & des douleurs très-vives au genouil,
eft forti le même jour entiérement guéri,
Sixieme malade. Le nommé Montplaifir , qui
avoit une ch ... depuis quatre mois , & quantité
de ch.... à l'anus & ailleurs , eft forti le même
jour entiérement guéri..
Septieme malade. Le nommé Sans fouci , qui
avoit deux p.... dont un ouvert & l'autre fuppurant
, des puftules , ragattes ; &c. , eft forti le mê
me jour entiérement guéti.
Huitieme malade. Le nommé Laplante , quil
avoit un phim.... très- conſidérable , occafionné
par des ch.... au couronnement & des puftules
232 MERCURE DE FRANCE.
eft forti le même jour entiérement guéri fans opé
ration ni topique quelconque .
Neuvieme malade. Le nomméAcoulon,qui avoit
des crêtes très-confidérables , & des ch... à toute
la circonférence de l'anus , avec un engorgement
dans les glandes inguinales , eft forti le 15 Février
entiérement guéri.
Le nommé Dauvain , qui avoit quantité de ch...
une dartre humide à la cuiffe gauche , un ulcere à
la cloiſon & aux amigdales , avec une quantité de
puftules très-confidérables fur toute l'habitude du
corps , eft forti le même jour 15 Février entiérement
guéri.
Onzieme malade. Le nommé Decombe , qui
avoit quatre exoftofes , fçavoir un à la clavicule
droite , un à la partie fupérieure du fternum , un
à la partie moyenne & latérale du même os , & un
à la derniere des vraies côtes , large de fix travers
de doigts , des douleurs partout le corps , & une
tumeur à la partie fupérieure du coronal , qui paroiffoit
lymphatique , eft refté à l'Hôpital , pour
attendre l'exfoliation de l'os malade , M. Bourbelain
ayant apperçu une carie qui pénétroit juſqu'au
diploé. Ce foldat étoit dans un état véritablement
déplorable ; il eft actuellement dans le meilleur
train de guérifon. Nous annoncerons dans le tems
fa fortie , ainfi que l'état où il fe trouvera ; & il
eft aifé de fentir que les traitemens de maladies
aufli graves demanderont un peu plus de temps &
de foins.
10
11 eft inutile de répéter que tous ces malades
font fuivis & éclairés par les yeux les plus habiles,
-& qu'il n'en eft pas un feul dont le traitement &
la guérifon ne foit atteftée par des certificats authentiques
, & couchés fur les regiftres de l'Hô~
pital.
MARS. 1757. 233
Il eſt entré dix malades , dont nous rendrons
compte le mois prochain .
M. Keyfer croit devoir avertir le Public qu'il y
a beaucoup de gens qui ofent fe vanter d'avoir de
fes dragées , & qui , foit en les imitant , foit en
prétendant en avoir la compofition , en donnent à
divers malades , fous fon nom , & comme venant
de lui : que cependant il n'en donne à qui que ce
foit , finon à fes Affociés : que fon remede eft indécompofable
, & que tout autre eft une impofture
contre laquelle il prie le Public d'être en garde ,
ne répondant que de celui qu'il adminiſtrera luimême
, ou qui le fera par fes Affociés.
Comme on lui adreffe des lettres journellement
à l'Hôpital , & qu'il n'y demeure point , il prie
ceux qui lui feront l'honneur de lui écrire , de
mettre fon adreffe , rue & Iſle S. Louis , où il demeure.
Fermer
Résumé : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
En décembre 1756, douze malades ont été traités à l'hôpital avec des dragées anti-vénériennes de M. Keyfer. Parmi eux, Vermanthon, bien que guéri de la syphilis, est resté hospitalisé en raison d'un ulcère à l'aine. Le 30 décembre 1756, onze autres soldats ont reçu le même traitement. Dix d'entre eux ont été guéris de diverses manifestations syphilitiques, telles que des chancres, des pustules et des douleurs articulaires. L'Évêque, le troisième malade, a développé une fluxion de poitrine et a dû interrompre son traitement. Decombe, le onzième malade, souffrait d'exostoses et d'une carie osseuse, nécessitant une hospitalisation prolongée pour une guérison complète. Tous les traitements ont été supervisés par des médecins et des chirurgiens compétents, et des certificats authentiques ont été délivrés. M. Keyfer a mis en garde le public contre les imitations de son remède, affirmant qu'il ne le distribue qu'à ses associés et ne répond que de celui qu'il administre personnellement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
11
p. 198-200
SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE. Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron.
Début :
Le nommé Leroi, de la Compagnie Colonelles, avoit, outre les syptômes [...]
Mots clefs :
Hôpital, Symptômes, M. Keyser, Maladies, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE. Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron.
SUPPLEMENT
A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron.
E
Quatrieme traitement depuis ſon établiſſement.
Ls nommé Leroi , de la Compagnie Colonelle
avoit , outre les fymptômes les plus graves , un ulcere
confidérable , des chairs fongueufes à la racine
du gros orteil du pied gauche : on l'avoit traité
plufieurs fois inutilement fans pouvoir le guérir ,
& ce n'eft qu'au remede de M. Keyfer, & auxfoins
particuliers de M. Bourbelain , Maître en Chirurgie
& Adminiftrateur dudit Hôpital , qu'il doit
aujourd'hui fa guériſon . Il est entré le 10 Mars &
eft forti le 3 Mai.
JUIN. 1757.
199
Le nommé Briere , de la Compagnie de Ma
than , eft entré le 24 Mars , & eft forti le 3 Mai
parfaitement guéri.
Le nommé Vivarais , de la Compagnie Colonelle
, eft entré le 17 Mars , & eft forti le 10 Mai
parfaitement guéri.
Le nommé Jefquy , de la Compagnie de Launoy
, eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10 Mai.
Ce foldat étoit dans un état fâcheux tous les
fymptômes de fa maladie ont été bien effacés ;
mais l'on ne répond point de la guérifon , parce
que quelque inftance qu'on ait pu lui faire , il n'a
pas été poffible de lui faire prendre exactement le
remede , & qu'il auroit été néceffaire qu'il en prft
encore quelques jours.
Le nommé Bromont, de la Compagnie de Broc,
eft entré le 24 Mars , & eft forti le zo Mai parfaitement
guéri.
Le nommé Point du Jour , de la Compagnie de
la Sône , eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10
Mai parfaitement guéri.
Le nommé Orléans , de la Compagnie du Trévon
, avoit des douleurs infupportables par tout le
corps , & furtout à la tête où elles étoient continuelles
; il en étoit fi cruellement tourmenté pendant
la nuit , que depuis long-temps il ne pouvoit
fermer l'oeil. Il eſt entré le 24 Mars , & eft ſorti le
10 Mai parfaitement guéri.
Le nommé le Bon , de la Compagnie de la Ferriere
; ce Soldat , outre les fymptômes ordinaires ,
avoit le bras droit impotent , des douleurs trèsvives
dans les lombes & à la cuiffe du même côté.
Il eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10 Mai parfaitement
guéri .
Le nommé Chamarais , de la Compagnie de
Bouville , eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10
liv
200 MERCURE DE FRANCE
Mai parfaitement guéri.
Le nommé Vitré , de la Compagnie de Coettrieux
, eft entré le 31 Mars , & eft forti le 10 Mai
parfaitement guéri.
Le nommé Gallée , de la Compagnie de Champignelles
; ce Soldat étoit dans un état cruel ,
reffentant depuis plus de deux ans des douleurs
de tête qui lui caufoient des étourdiffemens
continuels ; il en reffentoit encore à toutes les
extrêmités ; il ne pouvoit repoſer ni travailler . II
eft entré le 31 Mars ,& eft forti le 10 Mai parfaitement
guéri .
Le nommé Beaufoleil , de la Compagnie de
Poudeux, eft entré le 31 Mars , & eft forti le 17
Mai parfaitement guéri.
Il vient d'entrer douze autres malades dont on
rendra pareillement compte le mois prochain.
A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron.
E
Quatrieme traitement depuis ſon établiſſement.
Ls nommé Leroi , de la Compagnie Colonelle
avoit , outre les fymptômes les plus graves , un ulcere
confidérable , des chairs fongueufes à la racine
du gros orteil du pied gauche : on l'avoit traité
plufieurs fois inutilement fans pouvoir le guérir ,
& ce n'eft qu'au remede de M. Keyfer, & auxfoins
particuliers de M. Bourbelain , Maître en Chirurgie
& Adminiftrateur dudit Hôpital , qu'il doit
aujourd'hui fa guériſon . Il est entré le 10 Mars &
eft forti le 3 Mai.
JUIN. 1757.
199
Le nommé Briere , de la Compagnie de Ma
than , eft entré le 24 Mars , & eft forti le 3 Mai
parfaitement guéri.
Le nommé Vivarais , de la Compagnie Colonelle
, eft entré le 17 Mars , & eft forti le 10 Mai
parfaitement guéri.
Le nommé Jefquy , de la Compagnie de Launoy
, eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10 Mai.
Ce foldat étoit dans un état fâcheux tous les
fymptômes de fa maladie ont été bien effacés ;
mais l'on ne répond point de la guérifon , parce
que quelque inftance qu'on ait pu lui faire , il n'a
pas été poffible de lui faire prendre exactement le
remede , & qu'il auroit été néceffaire qu'il en prft
encore quelques jours.
Le nommé Bromont, de la Compagnie de Broc,
eft entré le 24 Mars , & eft forti le zo Mai parfaitement
guéri.
Le nommé Point du Jour , de la Compagnie de
la Sône , eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10
Mai parfaitement guéri.
Le nommé Orléans , de la Compagnie du Trévon
, avoit des douleurs infupportables par tout le
corps , & furtout à la tête où elles étoient continuelles
; il en étoit fi cruellement tourmenté pendant
la nuit , que depuis long-temps il ne pouvoit
fermer l'oeil. Il eſt entré le 24 Mars , & eft ſorti le
10 Mai parfaitement guéri.
Le nommé le Bon , de la Compagnie de la Ferriere
; ce Soldat , outre les fymptômes ordinaires ,
avoit le bras droit impotent , des douleurs trèsvives
dans les lombes & à la cuiffe du même côté.
Il eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10 Mai parfaitement
guéri .
Le nommé Chamarais , de la Compagnie de
Bouville , eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10
liv
200 MERCURE DE FRANCE
Mai parfaitement guéri.
Le nommé Vitré , de la Compagnie de Coettrieux
, eft entré le 31 Mars , & eft forti le 10 Mai
parfaitement guéri.
Le nommé Gallée , de la Compagnie de Champignelles
; ce Soldat étoit dans un état cruel ,
reffentant depuis plus de deux ans des douleurs
de tête qui lui caufoient des étourdiffemens
continuels ; il en reffentoit encore à toutes les
extrêmités ; il ne pouvoit repoſer ni travailler . II
eft entré le 31 Mars ,& eft forti le 10 Mai parfaitement
guéri .
Le nommé Beaufoleil , de la Compagnie de
Poudeux, eft entré le 31 Mars , & eft forti le 17
Mai parfaitement guéri.
Il vient d'entrer douze autres malades dont on
rendra pareillement compte le mois prochain.
Fermer
Résumé : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE. Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron.
En juin 1757, un supplément à un article sur la chirurgie relate le quatrième traitement effectué à l'hôpital du Maréchal-Duc de Biron. Plusieurs soldats ont été traités avec succès. Leroi, de la Compagnie Colonelle, souffrait d'un ulcère et de chairs fongueuses au gros orteil. Après plusieurs traitements infructueux, il a été guéri grâce au remède de M. Keyfer et aux soins de M. Bourbelain, entrant le 10 mars et sortant le 3 mai. D'autres soldats, tels que Briere, Vivarais, Bromont, Point du Jour, Orléans, le Bon, Chamarais, Vitré, Gallée et Beaufoleil, ont également été guéris de diverses affections après des périodes de traitement allant du 24 mars au 17 mai. Jefquy, bien que montrant des améliorations, n'a pas suivi correctement le traitement, rendant sa guérison incertaine. Douze nouveaux malades sont récemment entrés à l'hôpital.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
12
p. 211-212
« M. Keyser supplie le Public d'observer que voila déja plus de trente [...] »
Début :
M. Keyser supplie le Public d'observer que voila déja plus de trente [...]
Mots clefs :
M. Keyser, Villes, Satisfaction, Remèdes, Hôpital, Correspondances, Vérité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. Keyser supplie le Public d'observer que voila déja plus de trente [...] »
M. Keyſer ſupplie le Public d'obſerver que
voila déja plus de trente des principales villes du
royaume , qui ont fait avec la plus grande fatisfaction
, les épreuves les plus authentiques de fes
dragées , qu'il n'y a peut- être jamais eu de remede
dont on ait rendu un compte fi exact , &
qui ait fubi autant d'examens , puiſqu'indépen
damment d'un hôpital fondé en ſa faveur, & treize
traitemens confécutifs qui y ont déja été faits , il
réſulte de tous les endroits où il l'a envoyé , des
témoignages à la vérité deſquels il ſeroit impoffible
de ſe refufer ; & il ofe fe flotter de n'avoir plus
beſoin d'afficher dorénavant , la continuité de ſes
ſuccès , pour perfuader le Public , & étouffer les
faux & mauvais propos que la jaloufie de ſes adverſaires
ſe plaît d'enfanter chaque jour.
Il prie Meſſieurs ſes Correſpondans de ne pas
s'impatienter s'ils ne trouvent pas encore leurs
Lettres& Certificats inférés dans les Mercures , ne
pouvant en mettre que deux ou trois à la fois ,
12 MERCURE DE FRANCE .
&les annoncer les uns après les autres.
Il eſpere donner dans les volumes prochains,
la lifte générale de ſes correſpondans actuels , &
n'attend plus pour cela , que les réponſes de quelques-
uns , &la fin des épreuves de quelques autres.
Il a l'honneur de prévenir auſſi ceux qui pourroient
par fauſſe prévention ou autres raiſons , ne
pas deſirer de voir leurs noms inférés dans la liſte ,
de lui en écrire avant le 15 Octobre , ne voulant
les gêner en aucune façon , & ne leur demandant
que ce que la vérité & la justice pourront leur
dicter à cet égard pour le bien de l'humanité.
voila déja plus de trente des principales villes du
royaume , qui ont fait avec la plus grande fatisfaction
, les épreuves les plus authentiques de fes
dragées , qu'il n'y a peut- être jamais eu de remede
dont on ait rendu un compte fi exact , &
qui ait fubi autant d'examens , puiſqu'indépen
damment d'un hôpital fondé en ſa faveur, & treize
traitemens confécutifs qui y ont déja été faits , il
réſulte de tous les endroits où il l'a envoyé , des
témoignages à la vérité deſquels il ſeroit impoffible
de ſe refufer ; & il ofe fe flotter de n'avoir plus
beſoin d'afficher dorénavant , la continuité de ſes
ſuccès , pour perfuader le Public , & étouffer les
faux & mauvais propos que la jaloufie de ſes adverſaires
ſe plaît d'enfanter chaque jour.
Il prie Meſſieurs ſes Correſpondans de ne pas
s'impatienter s'ils ne trouvent pas encore leurs
Lettres& Certificats inférés dans les Mercures , ne
pouvant en mettre que deux ou trois à la fois ,
12 MERCURE DE FRANCE .
&les annoncer les uns après les autres.
Il eſpere donner dans les volumes prochains,
la lifte générale de ſes correſpondans actuels , &
n'attend plus pour cela , que les réponſes de quelques-
uns , &la fin des épreuves de quelques autres.
Il a l'honneur de prévenir auſſi ceux qui pourroient
par fauſſe prévention ou autres raiſons , ne
pas deſirer de voir leurs noms inférés dans la liſte ,
de lui en écrire avant le 15 Octobre , ne voulant
les gêner en aucune façon , & ne leur demandant
que ce que la vérité & la justice pourront leur
dicter à cet égard pour le bien de l'humanité.
Fermer
Résumé : « M. Keyser supplie le Public d'observer que voila déja plus de trente [...] »
M. Keyser annonce que ses dragées, un remède dont l'efficacité est prouvée, ont été testées avec satisfaction dans plus de trente villes principales du royaume. Les preuves de son efficacité incluent la création d'un hôpital et treize traitements consécutifs réalisés dans cet établissement. Des témoignages de diverses régions confirment ces résultats, rendant toute contestation impossible. M. Keyser affirme ne plus avoir besoin de publier continuellement ses succès malgré les critiques de ses adversaires jaloux. Il demande à ses correspondants de ne pas s'impatienter si leurs lettres et certificats ne sont pas immédiatement publiés dans les Mercures, car il ne peut en publier que deux ou trois à la fois. Il prévoit de publier prochainement une liste générale de ses correspondants actuels, en attendant les réponses de certains et la fin des épreuves d'autres. M. Keyser prévient également ceux qui ne souhaitent pas voir leurs noms publiés de le lui écrire avant le 15 octobre, afin de respecter leur volonté et la vérité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
13
p. 207
Eclaircissement de quelques faits concernant l'Hôpital.
Début :
Quelques Soldats qui ont passé par cet Hôpital, & qui y ont été [...]
Mots clefs :
Soldats, Hôpital, Traitement, Maladies vénériennes, M. Keyser, Honte, Vérité, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Eclaircissement de quelques faits concernant l'Hôpital.
Eclairciffemens de quelques faits concernant.
l'Hôpital.
Quelques Soldats qui ont paffé par cet Hôpital ,
& qui y ont été traités , & bien radicalement guéris
de la maladie Vénérienne , gens accoutumés au
libertinage , & que rien ne peut corriger , ayant
regagné de nouveaux maux , au lieu de fe repréfenter
à l'Hôpital , ont mieux aimé s'aller faire
traiter incognito dans les Hôpitaux publics , ce
qui leur eft fort permis , parce qu'aucun foldat n'a
jamais été gêné ni forcé de venir dans celui - ci ,
mais comme ces gens malades de nouveau , par
leur faute , difent avoir paffé par les remedes de
M. Keyſer , fans avouer leur déreglement , on
doit à la vérité de dire qu'ils n'y avoient pas moins
été guéris , & que la raifon qui les empêche de fe
repréfenter eft:""
1º. La honte de retomber perpétuellement dans
le même vice.
2º. La crainte de la punition comme mauvais
fujets reconnus.
3 °. Qu'ils font bien plus gênés dans leur Hôpital
par les défenfes qui y font faites de leur laiffer
voir leurs créatures , & des étrangers , que dans
aucun autre Hôpital où ils ont la liberté de voir
toutes perfonnes qu'ils veulent. Ces faits font dans
la plus exacte vérité , & feront atteftés par per
fonnes impartiales , & non fufpectes.
l'Hôpital.
Quelques Soldats qui ont paffé par cet Hôpital ,
& qui y ont été traités , & bien radicalement guéris
de la maladie Vénérienne , gens accoutumés au
libertinage , & que rien ne peut corriger , ayant
regagné de nouveaux maux , au lieu de fe repréfenter
à l'Hôpital , ont mieux aimé s'aller faire
traiter incognito dans les Hôpitaux publics , ce
qui leur eft fort permis , parce qu'aucun foldat n'a
jamais été gêné ni forcé de venir dans celui - ci ,
mais comme ces gens malades de nouveau , par
leur faute , difent avoir paffé par les remedes de
M. Keyſer , fans avouer leur déreglement , on
doit à la vérité de dire qu'ils n'y avoient pas moins
été guéris , & que la raifon qui les empêche de fe
repréfenter eft:""
1º. La honte de retomber perpétuellement dans
le même vice.
2º. La crainte de la punition comme mauvais
fujets reconnus.
3 °. Qu'ils font bien plus gênés dans leur Hôpital
par les défenfes qui y font faites de leur laiffer
voir leurs créatures , & des étrangers , que dans
aucun autre Hôpital où ils ont la liberté de voir
toutes perfonnes qu'ils veulent. Ces faits font dans
la plus exacte vérité , & feront atteftés par per
fonnes impartiales , & non fufpectes.
Fermer
Résumé : Eclaircissement de quelques faits concernant l'Hôpital.
Certains soldats, traités et guéris de la maladie vénérienne à l'Hôpital, rechutent et préfèrent se faire soigner incognito dans des hôpitaux publics plutôt que de revenir à l'Hôpital. Ces soldats, habitués au libertinage et difficiles à corriger, ne sont jamais contraints de revenir. Ils attribuent leur guérison aux remèdes de M. Keyser sans reconnaître leurs dérèglements. Plusieurs raisons expliquent leur absence : la honte de retomber dans le même vice, la crainte de la punition en tant que mauvais sujets, et les restrictions imposées à l'Hôpital concernant la visite de leurs compagnes ou d'étrangers. Ces faits sont présentés comme véridiques et peuvent être attestés par des personnes impartiales et non suspectes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14
p. 258-260
EFFET miraculeux, opéré par le Baume de vie de M. Le Lievre, Distillateur ordinaire du Roi, à Paris. Relation curieuse & véritable de Jeanne Pierrette, fille légitime d'Anatoile Michel, originaire de Mignovillard en Montagne, Recteur d'Ecole à Domblans ; & de Marie-Therese Guillaume, son épouse, Diocèse de Besançon, Baillage de Lons-le-Saunier.
Début :
Ladire Jeanne-Pierrette Michel, âgée pour lors de quinze ans, qu'elle passa [...]
Mots clefs :
Tristesse, Mutisme, Arrêt de l'alimentation, Bouillon, Maladie, Odeur, Hôpital, Médecins, Opération, Baume de vie, Guérison, Santé, Cure, Certificats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EFFET miraculeux, opéré par le Baume de vie de M. Le Lievre, Distillateur ordinaire du Roi, à Paris. Relation curieuse & véritable de Jeanne Pierrette, fille légitime d'Anatoile Michel, originaire de Mignovillard en Montagne, Recteur d'Ecole à Domblans ; & de Marie-Therese Guillaume, son épouse, Diocèse de Besançon, Baillage de Lons-le-Saunier.
EFFET miraculeux , opéré par le Baume de vie de
M. LE LIEVRE , Diſtillateur ordinaire du Roi ,
à Paris.
Relation curieufe & véritable de Jeanne Pierrette ,
fille légitime d'Anatoile Michel , originaire de
Mignovillard en Montagne , Recteur d'Ecole à
Domblans ; & de Marie- Therefe Guillaume ,
fon épouse , Diocèse de Besançon , Bailliage de
Lons-le- Saunier.
Ladire Jeanne- Pierrette Michel , âgée pour lors
de quinze ans , qu'elle paffa avec fa grand- mere
maternelle . Cette derniere vint à mourir ; elle fut
fi affligée de la mort de cette grand- mere , qu'elle
fut pendant fix mois à pleurer jours & nuits : pendant
tout ce tems- là , elle ne prit aucune nourri
ture que celle que l'on auroit fait prendre à un
enfant d'un an. On la ramena chez fon pere , à
quelques lieues de là ; elle fut toujours auffi affligée
qu'auparavant ; elle perdit dès ce moment
l'ufage de la parole : elle refta dans cet état
cinq ans & demi fans prendre aucune nourriture,
toutes les fonctions du corps humain étant interdites
; l'on faifoit cependant ce que l'on pouvoit
pour lui faite avaler par force quelques gouttes de
bouillon tous les deux ou trois jours , quelquefois
quinze & même plus : & l'on s'accoutuma fi
fort à la voir dans cet état- la , que l'on n'y faifoit
prèfque plus d'attention ; le pere & la mere s'éAVRIL
1760. 259
tant ruinés pour tâcher de la tirer d'affaire , mais
inutilement. Elle étoit continuellement dans une
grande fueur , exhalant une odeur qui infectoit ,
les yeux chaffieux , & écumant par la bouche :
voilà l'état de fa maladie, pendant lefdits cinq ans
& demi.
On la mena au Saint Suaire à Besançon , auquel
on l'avoit vouée ; l'on le lui fit toucher , &
elle fe frotta les yeux avec la main gauche : voilà
uniquement le feul figne de vie qu'elle ait donné
pendant toute fa maladie.
On la tranfporta à l'Hôpital dudit Besançon ,
où elle refta quatre mois , ne prenant toujours
que quelques gouttes de bouillon.
Meffieurs les Médecins & Chirurgiens de la
Ville de Befançon & des environs , s'affemblerent
& la vifiterent , fans qu'ils puffent lui apporter le
moindre foulagement ; ce qui les détermina à
faire plufieurs épreuves pour fçavoir fi elle avoit
encore de la fenfibilité ; & pour cela , ils lui percerent
la main avec une épingle d'argent , d'outre
en outre , fans qu'ils fe foient apperçus d'aucune
émotion on fit la même opération dans une
veine du côté gauche , fans qu'il en fortît ni fang
ni aucune humidité de quelque efpéce que ce
fût, On lui fondit de la cire d'Espagne fur le
front & fur le menton ; on lui brûlà la joue avec
de la chandelle allumée , & les pieds avec des charbons
ardens,fans qu'elle parût fenfible à tout cela .
Son pere, voyant l'inutilité de la laiffer davantage à
Befançon , alla la rechercher & la ramena chez lui
à Domblans , où elle reſta dans cette fituation
encore quatre mois ; après lequel tems Madame
la révérende Dame Abbeffe de la Royale Abbaye
de Château Châlons , qui l'avoit été voir plufieurs
fois avec fes Dames , dit un jour ; j'ai bien envie
de lui envoyer une bouteille de Baume de vie
260 MERCURE DE FRANCE.
(
"
fait par M. le Lievre , à Paris ; ce qu'elle exécuta
le lendemain avec la façon de s'en fervir. On
lui en donna pour la premiere fois quelques
gouttes dans une cueillerée de bouillon ; peu après
elle fit un mouvement de la tête & des bras 5
elle rendit avec abondance une matière jaune
par la bouche , comme de la bile : l'on continua
à lui faire prendre de ce Baume de M. le Lievre
jufqu'à trois fois , un peu plus amplement. A la
feconde fois , elle s'affit fur fon lit , & à la troifiéme
fois , elle fe leva & marcha par la chambres
& regardant , d'un air fort étonné , elle commença
à fe plaindre & à parler . Sa mere lui
ayant demandé ce qu'elle regardoit , elle lui répondit
qu'elle n'en fçavoit rien , mais que l'on
lui fit venir M. Mourrau , pour lors Vicaire à
Domblans , pour ſe confeffer à lui ; ce qui s'exécuta
: & de jours en jours elle prenoit plus de
nourriture & par conféquent plus de force , au
point qu'elle partit trois heures avant le jour de
chez fon pere le lendemain de Noël dernier
iucognitò , pour aller à quatre lieues de là , dans
la maison où étoit morte fa grand - mere ; où elle
vit & travaille actuellement comme une autre .
Nota , qu'elle ne le fouvient nullement de tout
ce qui lui eft arrivé pendant tout le cours de fa
maladie , & qu'elle n'a pas ufé à beaucoup près ,
toute la bouteille de Baume de vie de M. le
Lievre , qui n'étoit pas bien grande.
du
La préfente cure eft conftatée par les certificats
pere de la malade , des Echevins & habitans
de Domblans , fignés Michel pere , le Mouillard ,
Vicaire à Domblans , Guillermet , Claude- François
Duard , & Hugues Rougnon , Echevins ;
Beaupoil , Notaire & Procureur d'Office , J.J.
Gallion , M. Pujet , J. Duard , P. Duard , C. P.
Pernet , J. Pujet , H. Ardet , J. M. Defgrès , &c.
M. LE LIEVRE , Diſtillateur ordinaire du Roi ,
à Paris.
Relation curieufe & véritable de Jeanne Pierrette ,
fille légitime d'Anatoile Michel , originaire de
Mignovillard en Montagne , Recteur d'Ecole à
Domblans ; & de Marie- Therefe Guillaume ,
fon épouse , Diocèse de Besançon , Bailliage de
Lons-le- Saunier.
Ladire Jeanne- Pierrette Michel , âgée pour lors
de quinze ans , qu'elle paffa avec fa grand- mere
maternelle . Cette derniere vint à mourir ; elle fut
fi affligée de la mort de cette grand- mere , qu'elle
fut pendant fix mois à pleurer jours & nuits : pendant
tout ce tems- là , elle ne prit aucune nourri
ture que celle que l'on auroit fait prendre à un
enfant d'un an. On la ramena chez fon pere , à
quelques lieues de là ; elle fut toujours auffi affligée
qu'auparavant ; elle perdit dès ce moment
l'ufage de la parole : elle refta dans cet état
cinq ans & demi fans prendre aucune nourriture,
toutes les fonctions du corps humain étant interdites
; l'on faifoit cependant ce que l'on pouvoit
pour lui faite avaler par force quelques gouttes de
bouillon tous les deux ou trois jours , quelquefois
quinze & même plus : & l'on s'accoutuma fi
fort à la voir dans cet état- la , que l'on n'y faifoit
prèfque plus d'attention ; le pere & la mere s'éAVRIL
1760. 259
tant ruinés pour tâcher de la tirer d'affaire , mais
inutilement. Elle étoit continuellement dans une
grande fueur , exhalant une odeur qui infectoit ,
les yeux chaffieux , & écumant par la bouche :
voilà l'état de fa maladie, pendant lefdits cinq ans
& demi.
On la mena au Saint Suaire à Besançon , auquel
on l'avoit vouée ; l'on le lui fit toucher , &
elle fe frotta les yeux avec la main gauche : voilà
uniquement le feul figne de vie qu'elle ait donné
pendant toute fa maladie.
On la tranfporta à l'Hôpital dudit Besançon ,
où elle refta quatre mois , ne prenant toujours
que quelques gouttes de bouillon.
Meffieurs les Médecins & Chirurgiens de la
Ville de Befançon & des environs , s'affemblerent
& la vifiterent , fans qu'ils puffent lui apporter le
moindre foulagement ; ce qui les détermina à
faire plufieurs épreuves pour fçavoir fi elle avoit
encore de la fenfibilité ; & pour cela , ils lui percerent
la main avec une épingle d'argent , d'outre
en outre , fans qu'ils fe foient apperçus d'aucune
émotion on fit la même opération dans une
veine du côté gauche , fans qu'il en fortît ni fang
ni aucune humidité de quelque efpéce que ce
fût, On lui fondit de la cire d'Espagne fur le
front & fur le menton ; on lui brûlà la joue avec
de la chandelle allumée , & les pieds avec des charbons
ardens,fans qu'elle parût fenfible à tout cela .
Son pere, voyant l'inutilité de la laiffer davantage à
Befançon , alla la rechercher & la ramena chez lui
à Domblans , où elle reſta dans cette fituation
encore quatre mois ; après lequel tems Madame
la révérende Dame Abbeffe de la Royale Abbaye
de Château Châlons , qui l'avoit été voir plufieurs
fois avec fes Dames , dit un jour ; j'ai bien envie
de lui envoyer une bouteille de Baume de vie
260 MERCURE DE FRANCE.
(
"
fait par M. le Lievre , à Paris ; ce qu'elle exécuta
le lendemain avec la façon de s'en fervir. On
lui en donna pour la premiere fois quelques
gouttes dans une cueillerée de bouillon ; peu après
elle fit un mouvement de la tête & des bras 5
elle rendit avec abondance une matière jaune
par la bouche , comme de la bile : l'on continua
à lui faire prendre de ce Baume de M. le Lievre
jufqu'à trois fois , un peu plus amplement. A la
feconde fois , elle s'affit fur fon lit , & à la troifiéme
fois , elle fe leva & marcha par la chambres
& regardant , d'un air fort étonné , elle commença
à fe plaindre & à parler . Sa mere lui
ayant demandé ce qu'elle regardoit , elle lui répondit
qu'elle n'en fçavoit rien , mais que l'on
lui fit venir M. Mourrau , pour lors Vicaire à
Domblans , pour ſe confeffer à lui ; ce qui s'exécuta
: & de jours en jours elle prenoit plus de
nourriture & par conféquent plus de force , au
point qu'elle partit trois heures avant le jour de
chez fon pere le lendemain de Noël dernier
iucognitò , pour aller à quatre lieues de là , dans
la maison où étoit morte fa grand - mere ; où elle
vit & travaille actuellement comme une autre .
Nota , qu'elle ne le fouvient nullement de tout
ce qui lui eft arrivé pendant tout le cours de fa
maladie , & qu'elle n'a pas ufé à beaucoup près ,
toute la bouteille de Baume de vie de M. le
Lievre , qui n'étoit pas bien grande.
du
La préfente cure eft conftatée par les certificats
pere de la malade , des Echevins & habitans
de Domblans , fignés Michel pere , le Mouillard ,
Vicaire à Domblans , Guillermet , Claude- François
Duard , & Hugues Rougnon , Echevins ;
Beaupoil , Notaire & Procureur d'Office , J.J.
Gallion , M. Pujet , J. Duard , P. Duard , C. P.
Pernet , J. Pujet , H. Ardet , J. M. Defgrès , &c.
Fermer
Résumé : EFFET miraculeux, opéré par le Baume de vie de M. Le Lievre, Distillateur ordinaire du Roi, à Paris. Relation curieuse & véritable de Jeanne Pierrette, fille légitime d'Anatoile Michel, originaire de Mignovillard en Montagne, Recteur d'Ecole à Domblans ; & de Marie-Therese Guillaume, son épouse, Diocèse de Besançon, Baillage de Lons-le-Saunier.
Le texte raconte l'histoire de Jeanne Pierrette Michel, une jeune fille de quinze ans originaire de Mignovillard en Montagne. Après le décès de sa grand-mère maternelle, Jeanne fut profondément affectée et cessa de parler et de s'alimenter normalement. Pendant cinq ans et demi, elle ne consomma aucune nourriture, à l'exception de quelques gouttes de bouillon forcées. Elle était continuellement fiévreuse, exhalait une odeur infecte, et présentait des yeux chassieux ainsi qu'une écume à la bouche. Jeanne fut transportée à l'Hôpital de Besançon, où elle resta quatre mois sans montrer d'amélioration. Les médecins et chirurgiens tentèrent diverses épreuves pour vérifier sa sensibilité, mais sans succès. Son père la ramena alors à Domblans. Madame la révérende Dame Abbesse de la Royale Abbaye de Château Châlons décida de lui envoyer une bouteille de Baume de vie fabriqué par M. le Lievre, distillateur du Roi à Paris. Après avoir pris ce baume, Jeanne montra des signes de récupération : elle rendit une matière jaune, se leva, marcha et recommença à parler. Elle reprit des forces et retourna travailler. La guérison de Jeanne est attestée par plusieurs certificats, incluant ceux de son père, des échevins et habitants de Domblans, ainsi que du vicaire et d'autres notables.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14
EFFET miraculeux, opéré par le Baume de vie de M. Le Lievre, Distillateur ordinaire du Roi, à Paris. Relation curieuse & véritable de Jeanne Pierrette, fille légitime d'Anatoile Michel, originaire de Mignovillard en Montagne, Recteur d'Ecole à Domblans ; & de Marie-Therese Guillaume, son épouse, Diocèse de Besançon, Baillage de Lons-le-Saunier.
15
p. 208
AVIS AU PUBLIC.
Début :
Dans le Mercure de Septembre 1760, on a inséré la Commission [...]
Mots clefs :
Commission, Hôpital, Conseillers d'État, Grand Conseil, Procureur général
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS AU PUBLIC.
AVIS AU PUBLIC.
ANS le Mercure de Septembre 1760 , on a
inféré la Commiffion pour les affaires de l'Hôpital
de la Grave de Touloufe . Cette Commiſſion eſt
compofée des quatre Confeillers d'Etat y dénommés
, des quatre Maîtres des Requêtes dont les
noms font rapportés dans le Mercure ; mais on a
obmis les quatre Confeillers au Grand Confeil
qui font partie de la Commiffion , & le Procureur
Général , qui font MM. Guignace de Villeneuve
Duport , Michel de Monpezat & Sorronet
de Bougy ; Debonnaire , Procureur Général .
ANS le Mercure de Septembre 1760 , on a
inféré la Commiffion pour les affaires de l'Hôpital
de la Grave de Touloufe . Cette Commiſſion eſt
compofée des quatre Confeillers d'Etat y dénommés
, des quatre Maîtres des Requêtes dont les
noms font rapportés dans le Mercure ; mais on a
obmis les quatre Confeillers au Grand Confeil
qui font partie de la Commiffion , & le Procureur
Général , qui font MM. Guignace de Villeneuve
Duport , Michel de Monpezat & Sorronet
de Bougy ; Debonnaire , Procureur Général .
Fermer
Résumé : AVIS AU PUBLIC.
En septembre 1760, le Mercure a publié une commission sur l'Hôpital de la Grave de Toulouse. Elle comprend quatre conseillers d'État, quatre maîtres des requêtes, quatre conseillers au Grand Conseil et le procureur général. Les noms des conseillers d'État et des maîtres des requêtes ont été mentionnés, mais ceux des conseillers au Grand Conseil et du procureur général, MM. Guignace de Villeneuve Duport, Michel de Monpezat, Sorronet de Bougy et Debonnaire, ont été omis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
16
p. 56-57
ENIGME.
Début :
Quoique le Maître à qui je suis [...]
Mots clefs :
Hôpital
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Quoiqua le Maître à qui je ſuis
Paffe en grandeur toute puiſſance ,
C'eſt toujours avec répugnance
Que ceux qu'à me chercher le malheur a réduits ,
Me font témoin de leur ſouffrance .
Ce qui devroit contribuer
OCTOBRE. 1762.. 57
A rendre leur peine finie ,
C'eſt qu'ils font jour & nuit engrande compagnie,
Que rarement on voit diminuer.
Mais ce n'eſt pas comme en certaines fêtes ,
Oùplus on eſt & plus on rit.
Ceux pour qui j'ai des faveurs toujours prêtes
Auroient , s'ils étoient ſeuls , moins de trouble en
l'eſprit.
Par moi de grands ſecours s'obtiennent ;
Et quoique le ſéjour ait dequoi dégouter ,
Et que plufieurs avec joie en reviennent ,
Il en eſt beaucoup qui s'y tiennent ,
Juſqu'à ce qu'on mette ordre à les faire emporter,
Quoiqua le Maître à qui je ſuis
Paffe en grandeur toute puiſſance ,
C'eſt toujours avec répugnance
Que ceux qu'à me chercher le malheur a réduits ,
Me font témoin de leur ſouffrance .
Ce qui devroit contribuer
OCTOBRE. 1762.. 57
A rendre leur peine finie ,
C'eſt qu'ils font jour & nuit engrande compagnie,
Que rarement on voit diminuer.
Mais ce n'eſt pas comme en certaines fêtes ,
Oùplus on eſt & plus on rit.
Ceux pour qui j'ai des faveurs toujours prêtes
Auroient , s'ils étoient ſeuls , moins de trouble en
l'eſprit.
Par moi de grands ſecours s'obtiennent ;
Et quoique le ſéjour ait dequoi dégouter ,
Et que plufieurs avec joie en reviennent ,
Il en eſt beaucoup qui s'y tiennent ,
Juſqu'à ce qu'on mette ordre à les faire emporter,
Fermer
17
p. 161-163
HOPITAL. DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Début :
Trente-quatrième & trente-cinquième Traitements faits à l'Hôpital des Gardes Françoises [...]
Mots clefs :
Hôpital, Soldats, Gardes, Frictions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HOPITAL. DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
HOPITAL
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Trente - quatrième & trente - cinquième
Traitemens faits à l'Hôpital des Gardes
Françoifes depuis fon Etabliſſement.
Noms des Soldats .
BELAMOUR ,
Parifien ,
Tardu ,
CadetGoffelin ,
t
Compagnies.
1
Guergorlay.
Daldart.
La Sône.
Chevalier,
162 MERCURE DE FRANCE,
Voiſemont , Colonelle.
Toucé , Mathan.
Dumont , Pronleroy.
Cheneau ,.. Viennay.
Vannier , Nolivos.
Fleur d'épine , Chatulé.
Sérion , d'Obſonville .
S. Jofeph , Mithon .
Fabvre , Marfay.
Bigot , Dampierre.
La Cour , d'Anterroche.
Cadet le grand , Pronleroy.
Lecomte ,
Liffant ,
Lafage ,
Lafortune ,
Gauffreſt ,
Rafilly.
Colonelle.
Rafilly.
Pronleroy.
Villers.
Rafilly . Violet,
Doré ,
Bar ,
Hulmé ,
Viennay.
Dampierre.
Mithon.
Ces vingt- cinq Soldats ont été traités
& radicalement guéris ; plufieurs d'entr'eux
avoient déja inutilement été traités
par la méthode des frictions.
JUI N. 1763 . 163
Par les Regiſtres des Hôpitaux des
'Armées du Roi pendant les deux dernières
campagnes , & les états envoyés
à Mgr le Duc de Choiseuil , ceux de
l'Hôpital des Gardes Françoiſes , & tous
ceux de vingt- cinq Hôpitaux militaires,
&de la Marine où l'on traite par ordre
du Roi les maladies vénériennes ,
par la ſeule méthode du ſieur Keyfer ,
il appert qu'il s'y eſt traité & guéri
juſqu'à cette époque fix mille cent quarante-
deux Soldats , Cavaliers , Dragons
; qu'il ne leur eſt arrivé aucun
accident ; que beaucoup de maladies fort
graves & anciennes qui avoient réfifté
à la méthode des frictions , ont cédé
à l'uſage des Dragées; & il paroît en général
que MM. les Chirurgiens Majors
de tous ces Hôpitaux font très-fatisfaits
par les éloges qu'ils en ont faits àMgr
le Duc de Choifent , à qui ils en ont
adreffé leurs Certificats. On rendra fucceſſivement
publics leurs témoignages
par la voie du Mercure.
1
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Trente - quatrième & trente - cinquième
Traitemens faits à l'Hôpital des Gardes
Françoifes depuis fon Etabliſſement.
Noms des Soldats .
BELAMOUR ,
Parifien ,
Tardu ,
CadetGoffelin ,
t
Compagnies.
1
Guergorlay.
Daldart.
La Sône.
Chevalier,
162 MERCURE DE FRANCE,
Voiſemont , Colonelle.
Toucé , Mathan.
Dumont , Pronleroy.
Cheneau ,.. Viennay.
Vannier , Nolivos.
Fleur d'épine , Chatulé.
Sérion , d'Obſonville .
S. Jofeph , Mithon .
Fabvre , Marfay.
Bigot , Dampierre.
La Cour , d'Anterroche.
Cadet le grand , Pronleroy.
Lecomte ,
Liffant ,
Lafage ,
Lafortune ,
Gauffreſt ,
Rafilly.
Colonelle.
Rafilly.
Pronleroy.
Villers.
Rafilly . Violet,
Doré ,
Bar ,
Hulmé ,
Viennay.
Dampierre.
Mithon.
Ces vingt- cinq Soldats ont été traités
& radicalement guéris ; plufieurs d'entr'eux
avoient déja inutilement été traités
par la méthode des frictions.
JUI N. 1763 . 163
Par les Regiſtres des Hôpitaux des
'Armées du Roi pendant les deux dernières
campagnes , & les états envoyés
à Mgr le Duc de Choiseuil , ceux de
l'Hôpital des Gardes Françoiſes , & tous
ceux de vingt- cinq Hôpitaux militaires,
&de la Marine où l'on traite par ordre
du Roi les maladies vénériennes ,
par la ſeule méthode du ſieur Keyfer ,
il appert qu'il s'y eſt traité & guéri
juſqu'à cette époque fix mille cent quarante-
deux Soldats , Cavaliers , Dragons
; qu'il ne leur eſt arrivé aucun
accident ; que beaucoup de maladies fort
graves & anciennes qui avoient réfifté
à la méthode des frictions , ont cédé
à l'uſage des Dragées; & il paroît en général
que MM. les Chirurgiens Majors
de tous ces Hôpitaux font très-fatisfaits
par les éloges qu'ils en ont faits àMgr
le Duc de Choifent , à qui ils en ont
adreffé leurs Certificats. On rendra fucceſſivement
publics leurs témoignages
par la voie du Mercure.
1
Fermer
18
p. 164-165
COPIE de la Lettre de M. LERICHE, Chirurgien Major de l'Hôpital de STRASBOURG, à Mgr le Duc DE CHOISEUL, en date du 20 Janvier.
Début :
MONSIEUR, Je crois ne pouvoir me dispenser d'avoir l'honneur de rendre compte à votre [...]
Mots clefs :
Hôpital, Remède, Vénériens, Grandeur, Virus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COPIE de la Lettre de M. LERICHE, Chirurgien Major de l'Hôpital de STRASBOURG, à Mgr le Duc DE CHOISEUL, en date du 20 Janvier.
COPIE de la Lettre de M. LERICHE ,
Chirurgien Major de l'Hôpital de
STRASBOURG , à Mgr le Duc DE
CHOISEUL , en date du 20 Janvier.
1
1
ONSEIGNEUR ,
Je crois ne pouvoir me diſpenſer d'avoir
l'honneur de rendre compte à votre
Grandeur , que depuis le 22 de Novembre
que j'ai commencé de traiter les
Vénériens de cet Hôpital avec les dragées
de M. Keyfer , je ſuis très- fatisfait
des effets que ce reméde produit , en ce
qu'il s'ouvre promptement & fans aucun
effort, les iffues par leſquels le virus doit
fortir , & que ces effets diminuent d'abord
les ſymptômes de la maladie & les
font diſparoître enfuite dans uneſpacede
temps plus ou moins grand. C'eſt ceque
j'ai obſervé ſur pluſieurs qui ſont guéris
& fortis , comme fur d'autres qui fuivront
de près ces premiers , dans le nombre
deſquels il s'eſt trouvé des maladies
de toutes eſpéces & des mieux caractérifées.
Depuis plus de 30 ans , Monfei
JUIN. 1763 . 165
gneur , que j'exerce ma profeſſion dans
cet Hôpital , où l'on a toujours traité
beaucoup de Vénériens , je dois dire à
votre Grandeur , que je n'ai point trouvéde
remédes , dont les opérations fufſent
ſi bien ſuivies & fi bien réglées ,
& c'eſt là certainement un grand préjugé
pour la fureté &la folidité de ces
cures ; car on eft bien aiſe de voir
agir un reméde quelconque , toutes les
fois qu'il eſt queſtion de détruire un vice
connu , & nous ne ſommes jamais fi
inquiets ſur les événemens , que lorſque
les effets ne ſe montrent pas bien , ou
même lorſqu'ils font retardés. C'eſt ici
tout le contraire , & c'eſt cette raifon
qui m'a fait bien augurer de ce reméde
la première fois que je l'ai mis en ufage
à cet Hôpital , pour en faire l'épreuve .
Ceux qui font fortis de même que ceux
qui vont fortir inceſſamment , ont conſervé
leurs forces , & on ne diroit pas à
les voir qu'ils viennent de paſſer par les
remédes.
Je ſuis avec reſpect .
Signé LE RICHE .
Chirurgien Major de l'Hôpital de
STRASBOURG , à Mgr le Duc DE
CHOISEUL , en date du 20 Janvier.
1
1
ONSEIGNEUR ,
Je crois ne pouvoir me diſpenſer d'avoir
l'honneur de rendre compte à votre
Grandeur , que depuis le 22 de Novembre
que j'ai commencé de traiter les
Vénériens de cet Hôpital avec les dragées
de M. Keyfer , je ſuis très- fatisfait
des effets que ce reméde produit , en ce
qu'il s'ouvre promptement & fans aucun
effort, les iffues par leſquels le virus doit
fortir , & que ces effets diminuent d'abord
les ſymptômes de la maladie & les
font diſparoître enfuite dans uneſpacede
temps plus ou moins grand. C'eſt ceque
j'ai obſervé ſur pluſieurs qui ſont guéris
& fortis , comme fur d'autres qui fuivront
de près ces premiers , dans le nombre
deſquels il s'eſt trouvé des maladies
de toutes eſpéces & des mieux caractérifées.
Depuis plus de 30 ans , Monfei
JUIN. 1763 . 165
gneur , que j'exerce ma profeſſion dans
cet Hôpital , où l'on a toujours traité
beaucoup de Vénériens , je dois dire à
votre Grandeur , que je n'ai point trouvéde
remédes , dont les opérations fufſent
ſi bien ſuivies & fi bien réglées ,
& c'eſt là certainement un grand préjugé
pour la fureté &la folidité de ces
cures ; car on eft bien aiſe de voir
agir un reméde quelconque , toutes les
fois qu'il eſt queſtion de détruire un vice
connu , & nous ne ſommes jamais fi
inquiets ſur les événemens , que lorſque
les effets ne ſe montrent pas bien , ou
même lorſqu'ils font retardés. C'eſt ici
tout le contraire , & c'eſt cette raifon
qui m'a fait bien augurer de ce reméde
la première fois que je l'ai mis en ufage
à cet Hôpital , pour en faire l'épreuve .
Ceux qui font fortis de même que ceux
qui vont fortir inceſſamment , ont conſervé
leurs forces , & on ne diroit pas à
les voir qu'ils viennent de paſſer par les
remédes.
Je ſuis avec reſpect .
Signé LE RICHE .
Fermer
19
p. 166-167
COPIE de la Lettre de M. BERNIER, Chirurgien Major des Hôpitaux Militaires de BESANÇON à Mgr le Duc DE CHOISEUL, en date du 24 Février 1763.
Début :
MONSEIGNEUR, Les avantages que je reçois journellement du reméde de M. Keyser dans [...]
Mots clefs :
Remède, Hôpital, Usage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COPIE de la Lettre de M. BERNIER, Chirurgien Major des Hôpitaux Militaires de BESANÇON à Mgr le Duc DE CHOISEUL, en date du 24 Février 1763.
COPIE de la Lettre de M. BERNIER ,
Chirurgien Major des Hópitaux Militaires
de BESANÇON à Mgr le Duc
DE CHOISEUL , en date du 24 Février
1763 .
MONSEIGNEUR ,
Les avantages que je reçois journellement
du reméde de M. Keyfer dans
l'Hôpital dont j'ai l'honneur d'être chargé
, ne me permettent pas de différer
plus longtemps à vous en inſtruire. Je
m'acquitte de ce devoir avec d'autant
plus d'empreſſement , qu'il ne peut que
contribuer au bien des Sujets de S. M.
& rendre plus grand & plus efficace un
reméde , dont vous vous êtes rendu le
Protecteur pour le bien de l'humanité.
Le reméde dont il s'agit , mérite d'autant
plus d'éloges , qu'il a non-feulement
la vertu de guérir , mais encore , parce
que les Sujets qui en font uſage , le
ſupportent avec plus de facilité , en reçoivent
moins de fatigue , & ne font
point énervés ni défigurés , comme on a
pu l'obſerver par l'uſage des frictions.
4
JUIN. 1763 . 167
Au contraire , ils ſe trouvent en bon
état & propres à faire leurs ſervices au
fortir de l'Hôpital.
Je ſuis avec reſpect.
Signé BERNIER.
Chirurgien Major des Hópitaux Militaires
de BESANÇON à Mgr le Duc
DE CHOISEUL , en date du 24 Février
1763 .
MONSEIGNEUR ,
Les avantages que je reçois journellement
du reméde de M. Keyfer dans
l'Hôpital dont j'ai l'honneur d'être chargé
, ne me permettent pas de différer
plus longtemps à vous en inſtruire. Je
m'acquitte de ce devoir avec d'autant
plus d'empreſſement , qu'il ne peut que
contribuer au bien des Sujets de S. M.
& rendre plus grand & plus efficace un
reméde , dont vous vous êtes rendu le
Protecteur pour le bien de l'humanité.
Le reméde dont il s'agit , mérite d'autant
plus d'éloges , qu'il a non-feulement
la vertu de guérir , mais encore , parce
que les Sujets qui en font uſage , le
ſupportent avec plus de facilité , en reçoivent
moins de fatigue , & ne font
point énervés ni défigurés , comme on a
pu l'obſerver par l'uſage des frictions.
4
JUIN. 1763 . 167
Au contraire , ils ſe trouvent en bon
état & propres à faire leurs ſervices au
fortir de l'Hôpital.
Je ſuis avec reſpect.
Signé BERNIER.
Fermer