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1
p. 152-159
« Les Campagnes du Roi representées par des figures allégoriques, avec une explication [...] »
Début :
Les Campagnes du Roi representées par des figures allégoriques, avec une explication [...]
Mots clefs :
Médaillon, Légende, Roi, Réduction, Armée des Alliés, Maréchal Comte de Saxe, Campagne, Paix
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texteReconnaissance textuelle : « Les Campagnes du Roi representées par des figures allégoriques, avec une explication [...] »
Les Campagnes du Roi representées par
des figures allégoriques, avec une explication
Historique: par M. Grosmond de
Vernon. A Paris, chezl'Auteur, rue Saint
Honoré, au coin de la rue des Boucheries,
au coq d'ot: & le sieur Vanheck, rue
d'Enfer près Saint Landry dans la Cité,
petit in folio. Prix en feuille douze livres,
& quinze livres relié.
Le sujet du premier Médaillon de cet
agréable Ouvrage est le Portrait du Roi:
le revers représente le caractere de ce
AVRIL. 1752.
153
Ptince: on y lit cette legende: Quis feli-
ces vult Deus, his talem praeficit..... Le
sujet du second Médaillon, est le Roi dé-
clarant la guerre à l'Angleterre & à la
Reine de Hongrie, avec certe legende
amore pacis arma purat .... Le sujet du
troisième Médaillon, c'est le Roi don-
nant audience dans son camp; au Comte
de Vassenaer, Ambassadeur extraordinai-
re de la République de Hollande : légen-
de, aut pax aut bellum. ... Le fujet du
quatrième Médaillon, c'est la marche du
Maréchal Comte de Saxe avec l'armée
d'obsetvation & la réduction de la Ville
de Courtray: légende, triumphans alios
molitur triumphos..... Le sujet du cinquié-
me Médaillon, c'est la réduction des Vil-
les de Menm & d'Ypres assiègées par le
Roi: légende, domat Mavors, perficit
pretas .... Lè sujet du fixième Médaillon,
c est le Roi repandant ses libéralités, &
visitant l'Hôpital de Boësingue: légende,
Rex miles, Militum fovet vuluera.... Le
sujet du septième Médaillon,, c'est la ré-
duction du Fort de Laquenoke & de la-
Ville de Furnes: légende, Cognata dex-
tra Regi. palmam colligit.... Le sujet du-
huitième Médaillon, c'est le Roi partant
pour l'Alsace, & remettant le Comman-
dement de l'Armée de Flandre au Maré-
Gv
154 MERCURE DEFRANCE.
chal Comte de Saxe: légende, pro subdi-
tis non timidus mori ..... Le sujet du
neuvième Medaillon, c'est la convales-
cence du Roi: légende dirae morti erepto,
votis omnium readito.. Le sujet du dixième
Médaillon, c est la réduction de la Ville de
Fribourg, assiégée par le Roi: légende
hoste fugato, Friburgum expugnat ... Le
fujet du onzième Médaillon, ce sont les
heureux succès des Troupes Francoises &
Espagnoles en Italie, dans la Campagne
de 1744: légende Regali Francorum stir-
pi comes Victoria ..... Le sujet du douzié-
me Médaillon, c'est le départ du Roi avec
Monseigneur le Dauphin, pour se rendre
à son Armée devant Tournay: légende,
tali tirocinio Alexander usus .... Le sujet
du treiziéme Médaillon, c'est la Bataille
de Fontenoy, gagnée par le Roi sur l'ar-
mée des Alliés, commandée par S. A. R.
le Duc de Cumberland: légende superio-
res viribus Lodoix virtute superat . ... Le
fujet du quatorzième Médaillon, c'est la
réduction de la Ville de Tournay & de sa
Citadelle, assiègées par le Roi: légende,
vicerat in campo, vincit sub moenibus.... Le
sujet du quinzieme, ce sont les Cours Su-
péricures complimentans le Roi en Flan-
dre sur les glorieux succès de ses armes:
legende plaudit & mitissima Themis.... Le
AVRIL
1752:
155
sajet du seizième Médaillon, c'est la dé-
faite de seize mille hommes des Alliés à
Male, & la réduction des Villes de Gand
& de Bruges: légende, hoste iterum profli-
gato, Gandaevum Brugosque subegit . . ...
Le sujet du dix- septième Médaillon, c'est
la réduction de la Ville d'Oudenarde : lé-
gende jubet heros, paret Aldenarda. ... Le
sujet du dix-huitième Médaillon, c'est la-
réduction de la Ville de Dendermonde: lé-
gende, una die Rex Teneramundam domat..
Le sujet du dix neuvième Médaillon,
c'est la réduction de la Ville d'Ostende:
legende Ostenda olim inexpugnabilis, intra
sex dies subacta ... Le sujet du vingtième
Médaillon, c'est l'entrée triomphante du
Roi dans Paris, au retour de la glorieuse-
Campagne de Sa Majesté: légende Gallo-
rum in animis poinpa meliore triumphat... ..
Le sujet du ving-unième Médaillon, c'est la
réduction des Villes de Nieuport & d'Ath::
legende, novo Poliorceta, cedunt Novus-
Portus & Athum... Le sujet du vingt-
deuxième Médaillon, c'est la Campagne
d'Allemagne par S. A. S. Monseigneur le
Prince de Conty; pendant l'année 1745::
legende, quis, quemve amnem, hoc probi-
bente, tranet ... Le sujet du ving. troisié-
me Médaillon, ce sont les avantages rem-
gortés en Italie pat les Troupes Françoises
Gvj
136 MERCURE DEFRANCE.
& Espagnoles dans la Campagne de l'an-
née 1745: légende, ui Annibal Alpes su-
perani, Urbes expugnam ... Le sujet du
vingt. quatriéme Médaillon c'est la réduc-
tion de Bruxelles: légende Rex imperat
Dux paret, Vrbs expugnatur ... Le sujer
du vingt-cinquième Médaillon, c'est le
Roi forçant l'Armée des Alliés à abandon-
ner entierement le Brabant, & à se reti-
rer sur les frontieres de la Holande: lé-
gende, viderunt Lodoicum hostes & fuge-
runt ... Le sujet du vingt sixième Médai-
lon, c'est la réduction de la Ville d'An-
vers & de sa Citadelle: légende, quanto
munitiores Arces, tanto nobilior Expugna-
tor .... Le sujet du ving. septième Médail-
lon, c'est la réduction de la Ville de Mons:
légende, catenis hostes Lodoions, beneficiis.
Cives vincit .... Le fujet du vingt hui-
tiéme Médaillon, c'est la réduction des vil-
les de Saint-Guissain & de Chatles le-Roi:
legende, pernici Victori alatam decet occur-
rare Hictoriam .... Le sujet du, vingt-neu-
viéme Médaillon, c'est la reduction de la
Ville de Namur & de ses Châteaux: lé-
gende Namurcum, expugnari oporiuii ui fiat-
ipexpugnabile .... Le sujet du, trentième
Médaillon, c'est la bataille de Rocoux,
gagnée par le Maréchal Comte de Saxe,
par.
tur l'Armée des Alliés, commandée,
AVRIL. 1752. 157
le Prince Charles de Lortaine : légende,
haec ulterioribus Victoria materiem adimit..
Le sujet du trente-unième Médaillon,
ce sont les Autrichieus & les Piémontois
contraints de sortit de la Provence, & de
repasser le Var: légende, est unda saluti...
Le fuiet du-trente-deuxième Médaillon,
c'est le Roi exhortant les Etats Généraux
des Provinces Unies, à mettre fin aux.
malheurs de la Guerre: légende, suadetur
meliira, deteriora sequitur. .. Le sujet du
trente troisieme Médaillon, c. est la con-
quête de la Flandre Hollandoise, sous les
ordres du Maréchal Comte de Saxe : lé-
gende, hadus respuerat, deditionem offert..
Le sujet du rrente-quatrième Médaillon,
c'est la Bataille de Lawfelt, gagnée par
le Roi sur l'Armée des Alliés, comman-
dée par S. A. R. le Duc de Cumberland:
légende, certare egregium, quid vincere?....
Le sujet du trente-cinquième Médaillon,
c'est la réduction de la Ville de Berg-op-
Zoom: légende, uni inexpugnabilis....
Le sujet du trente-sixième Médaillon,
cest le ROLoffrant de nouveau la Paix,
aux Hollandois & à leurs Alliés: légende,
bis vicit qui Victor Pacem offert.... Le su-
jet du trente-septième Médaillon, c'est la,
reduction des. Forts. Frederic. Henry & de
killo: legende, bunc illa jam vicit, hana.
18 MERCUREDE FRANCE.
minitans terret .... Le sujet du trente-hui-
tieme Médaillon, c'est la conquête du
Comté de Nice : légende, quid non per-
tumpant juncta robur & vigilantia. ... Le
sujet du trente neuvième Médaillon, c'est
la Ville de Maestreicht, assiégée par le
Maréchal Comte de Saxe, remise au Roi
pour ôtage de la Paix: légende, his cla-
vibus Jani Ades occludetur. ... Le sujet
du quarantième Médaillon, c'est la Ré-
publique de Gènes, secourue pat le Roi:
légende, quid non mortalia pectora cogit li-
bertatis amor.. ... Le sujet du quarante-
uniéme Médaillon, c'est la Paix générale
conclue à Aix la Chapelle : légende, ar-
morum gloriâ insignis, datâ Pace insignior.
Le sujet du quarante-deuxième Medail-
lon, c'est la publication de la Paix, & les
réjouissances faites à Paris à cette occasion:
legende, Regia Civitas, Regiâ fruere bene-
ficentiâ . .. Le sujet du quarante. troisième
Médaillon, c'est la Naissance de Monseig.
neur le Duc de Bourgogne: légende, cres-
cere Borboniam Sobolem toti expedit Orbi...
Le sujet du dernier Médaillon, est la con-
clusion de l'Histoire des Campagnes du
Roi: légende, Ludovicus XV. Rex inter
oaeteros boneficentissimus.
Nous sommes fâchés que l'abondance
dos matieres ne nous permette pas de nous
AVRIL.
1752. 159.
arrênter davantage sur un Ouvrage qui in-
téresse l'honneur de la Nation. Nous ex-
hortons nos Lecteurs à se le procurer; ils,
y trouveront des allégories justes & ingé-
nieuses, des explications claires & preci-
ses, & des Médaillons, la plupart agréa-
blement gravés.
des figures allégoriques, avec une explication
Historique: par M. Grosmond de
Vernon. A Paris, chezl'Auteur, rue Saint
Honoré, au coin de la rue des Boucheries,
au coq d'ot: & le sieur Vanheck, rue
d'Enfer près Saint Landry dans la Cité,
petit in folio. Prix en feuille douze livres,
& quinze livres relié.
Le sujet du premier Médaillon de cet
agréable Ouvrage est le Portrait du Roi:
le revers représente le caractere de ce
AVRIL. 1752.
153
Ptince: on y lit cette legende: Quis feli-
ces vult Deus, his talem praeficit..... Le
sujet du second Médaillon, est le Roi dé-
clarant la guerre à l'Angleterre & à la
Reine de Hongrie, avec certe legende
amore pacis arma purat .... Le sujet du
troisième Médaillon, c'est le Roi don-
nant audience dans son camp; au Comte
de Vassenaer, Ambassadeur extraordinai-
re de la République de Hollande : légen-
de, aut pax aut bellum. ... Le fujet du
quatrième Médaillon, c'est la marche du
Maréchal Comte de Saxe avec l'armée
d'obsetvation & la réduction de la Ville
de Courtray: légende, triumphans alios
molitur triumphos..... Le sujet du cinquié-
me Médaillon, c'est la réduction des Vil-
les de Menm & d'Ypres assiègées par le
Roi: légende, domat Mavors, perficit
pretas .... Lè sujet du fixième Médaillon,
c est le Roi repandant ses libéralités, &
visitant l'Hôpital de Boësingue: légende,
Rex miles, Militum fovet vuluera.... Le
sujet du septième Médaillon,, c'est la ré-
duction du Fort de Laquenoke & de la-
Ville de Furnes: légende, Cognata dex-
tra Regi. palmam colligit.... Le sujet du-
huitième Médaillon, c'est le Roi partant
pour l'Alsace, & remettant le Comman-
dement de l'Armée de Flandre au Maré-
Gv
154 MERCURE DEFRANCE.
chal Comte de Saxe: légende, pro subdi-
tis non timidus mori ..... Le sujet du
neuvième Medaillon, c'est la convales-
cence du Roi: légende dirae morti erepto,
votis omnium readito.. Le sujet du dixième
Médaillon, c est la réduction de la Ville de
Fribourg, assiégée par le Roi: légende
hoste fugato, Friburgum expugnat ... Le
fujet du onzième Médaillon, ce sont les
heureux succès des Troupes Francoises &
Espagnoles en Italie, dans la Campagne
de 1744: légende Regali Francorum stir-
pi comes Victoria ..... Le sujet du douzié-
me Médaillon, c'est le départ du Roi avec
Monseigneur le Dauphin, pour se rendre
à son Armée devant Tournay: légende,
tali tirocinio Alexander usus .... Le sujet
du treiziéme Médaillon, c'est la Bataille
de Fontenoy, gagnée par le Roi sur l'ar-
mée des Alliés, commandée par S. A. R.
le Duc de Cumberland: légende superio-
res viribus Lodoix virtute superat . ... Le
fujet du quatorzième Médaillon, c'est la
réduction de la Ville de Tournay & de sa
Citadelle, assiègées par le Roi: légende,
vicerat in campo, vincit sub moenibus.... Le
sujet du quinzieme, ce sont les Cours Su-
péricures complimentans le Roi en Flan-
dre sur les glorieux succès de ses armes:
legende plaudit & mitissima Themis.... Le
AVRIL
1752:
155
sajet du seizième Médaillon, c'est la dé-
faite de seize mille hommes des Alliés à
Male, & la réduction des Villes de Gand
& de Bruges: légende, hoste iterum profli-
gato, Gandaevum Brugosque subegit . . ...
Le sujet du dix- septième Médaillon, c'est
la réduction de la Ville d'Oudenarde : lé-
gende jubet heros, paret Aldenarda. ... Le
sujet du dix-huitième Médaillon, c'est la-
réduction de la Ville de Dendermonde: lé-
gende, una die Rex Teneramundam domat..
Le sujet du dix neuvième Médaillon,
c'est la réduction de la Ville d'Ostende:
legende Ostenda olim inexpugnabilis, intra
sex dies subacta ... Le sujet du vingtième
Médaillon, c'est l'entrée triomphante du
Roi dans Paris, au retour de la glorieuse-
Campagne de Sa Majesté: légende Gallo-
rum in animis poinpa meliore triumphat... ..
Le sujet du ving-unième Médaillon, c'est la
réduction des Villes de Nieuport & d'Ath::
legende, novo Poliorceta, cedunt Novus-
Portus & Athum... Le sujet du vingt-
deuxième Médaillon, c'est la Campagne
d'Allemagne par S. A. S. Monseigneur le
Prince de Conty; pendant l'année 1745::
legende, quis, quemve amnem, hoc probi-
bente, tranet ... Le sujet du ving. troisié-
me Médaillon, ce sont les avantages rem-
gortés en Italie pat les Troupes Françoises
Gvj
136 MERCURE DEFRANCE.
& Espagnoles dans la Campagne de l'an-
née 1745: légende, ui Annibal Alpes su-
perani, Urbes expugnam ... Le sujet du
vingt. quatriéme Médaillon c'est la réduc-
tion de Bruxelles: légende Rex imperat
Dux paret, Vrbs expugnatur ... Le sujer
du vingt-cinquième Médaillon, c'est le
Roi forçant l'Armée des Alliés à abandon-
ner entierement le Brabant, & à se reti-
rer sur les frontieres de la Holande: lé-
gende, viderunt Lodoicum hostes & fuge-
runt ... Le sujet du vingt sixième Médai-
lon, c'est la réduction de la Ville d'An-
vers & de sa Citadelle: légende, quanto
munitiores Arces, tanto nobilior Expugna-
tor .... Le sujet du ving. septième Médail-
lon, c'est la réduction de la Ville de Mons:
légende, catenis hostes Lodoions, beneficiis.
Cives vincit .... Le fujet du vingt hui-
tiéme Médaillon, c'est la réduction des vil-
les de Saint-Guissain & de Chatles le-Roi:
legende, pernici Victori alatam decet occur-
rare Hictoriam .... Le sujet du, vingt-neu-
viéme Médaillon, c'est la reduction de la
Ville de Namur & de ses Châteaux: lé-
gende Namurcum, expugnari oporiuii ui fiat-
ipexpugnabile .... Le sujet du, trentième
Médaillon, c'est la bataille de Rocoux,
gagnée par le Maréchal Comte de Saxe,
par.
tur l'Armée des Alliés, commandée,
AVRIL. 1752. 157
le Prince Charles de Lortaine : légende,
haec ulterioribus Victoria materiem adimit..
Le sujet du trente-unième Médaillon,
ce sont les Autrichieus & les Piémontois
contraints de sortit de la Provence, & de
repasser le Var: légende, est unda saluti...
Le fuiet du-trente-deuxième Médaillon,
c'est le Roi exhortant les Etats Généraux
des Provinces Unies, à mettre fin aux.
malheurs de la Guerre: légende, suadetur
meliira, deteriora sequitur. .. Le sujet du
trente troisieme Médaillon, c. est la con-
quête de la Flandre Hollandoise, sous les
ordres du Maréchal Comte de Saxe : lé-
gende, hadus respuerat, deditionem offert..
Le sujet du rrente-quatrième Médaillon,
c'est la Bataille de Lawfelt, gagnée par
le Roi sur l'Armée des Alliés, comman-
dée par S. A. R. le Duc de Cumberland:
légende, certare egregium, quid vincere?....
Le sujet du trente-cinquième Médaillon,
c'est la réduction de la Ville de Berg-op-
Zoom: légende, uni inexpugnabilis....
Le sujet du trente-sixième Médaillon,
cest le ROLoffrant de nouveau la Paix,
aux Hollandois & à leurs Alliés: légende,
bis vicit qui Victor Pacem offert.... Le su-
jet du trente-septième Médaillon, c'est la,
reduction des. Forts. Frederic. Henry & de
killo: legende, bunc illa jam vicit, hana.
18 MERCUREDE FRANCE.
minitans terret .... Le sujet du trente-hui-
tieme Médaillon, c'est la conquête du
Comté de Nice : légende, quid non per-
tumpant juncta robur & vigilantia. ... Le
sujet du trente neuvième Médaillon, c'est
la Ville de Maestreicht, assiégée par le
Maréchal Comte de Saxe, remise au Roi
pour ôtage de la Paix: légende, his cla-
vibus Jani Ades occludetur. ... Le sujet
du quarantième Médaillon, c'est la Ré-
publique de Gènes, secourue pat le Roi:
légende, quid non mortalia pectora cogit li-
bertatis amor.. ... Le sujet du quarante-
uniéme Médaillon, c'est la Paix générale
conclue à Aix la Chapelle : légende, ar-
morum gloriâ insignis, datâ Pace insignior.
Le sujet du quarante-deuxième Medail-
lon, c'est la publication de la Paix, & les
réjouissances faites à Paris à cette occasion:
legende, Regia Civitas, Regiâ fruere bene-
ficentiâ . .. Le sujet du quarante. troisième
Médaillon, c'est la Naissance de Monseig.
neur le Duc de Bourgogne: légende, cres-
cere Borboniam Sobolem toti expedit Orbi...
Le sujet du dernier Médaillon, est la con-
clusion de l'Histoire des Campagnes du
Roi: légende, Ludovicus XV. Rex inter
oaeteros boneficentissimus.
Nous sommes fâchés que l'abondance
dos matieres ne nous permette pas de nous
AVRIL.
1752. 159.
arrênter davantage sur un Ouvrage qui in-
téresse l'honneur de la Nation. Nous ex-
hortons nos Lecteurs à se le procurer; ils,
y trouveront des allégories justes & ingé-
nieuses, des explications claires & preci-
ses, & des Médaillons, la plupart agréa-
blement gravés.
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2
p. 206-211
DE PARIS, le 18 Mars 1763.
Début :
Le Comte de Monteynard, Enseigne de la seconde Compagnie des Mousquetaires, ayant [...]
Mots clefs :
Comte, Compagnie des Mousquetaires, Statue du roi, Place, Piédestal, Ordonnances du roi, Compagnies, Réduction, Grenadiers, Officiers réformés, Régiment, Infanterie, Dragons, Colonel, Général, Soldes, Paix, Guerre, Soldats, Pensions militaires, Congé, Archevêque, Duc
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texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 18 Mars 1763.
DE PARIS. , le 18 Mars 1763.
Le Comte de Monteynard , Enſeigne de la
feconde Compagnie des Moufquetaires , ayant
obtenu du Roi la permifion de fe démettre de
cet emploi , Sa Majesté a diſpoſé de la cornette
vacante en faveur du Marquis du Hallay , Capitaine
au Régiment Royal- Etranger , Cavalerie.
Le 17 du mois dernier , fur les huit heures
du matin , le Statue du Roi , que Sa Majesté
a permis à la Ville de Paris de lui ériger , &
qui a été fondue fur le modéle du feu Sieur
Bouchardon , a commencé d'être conduite de
l'Attelier vers la place où elle doit être poſée ;
on avoit eu la précaution de la renfermer dans
une cage de charpente roulante ; par le moyen
< de Vindas & de mains d'hommes , on lui a fait
parcourir , dans l'espace de trois jours , le chemin
qu'elle avoit à tenir depuis la fortie de
l'Attelier , hors de la barrière du Fauxbourg
du Roule , jufqu'à la Place de Louis XV , en
lui faifant fuivre toute la rue dudit Fauxbourgi
& le 23 elle a été établie fur fon piedeſtal , aux
acclamations d'un grand concours de peuple.
Le fervice s'eft fait en préfence du Duc de Chevreuſe
, Gouverneur de Paris , du Prévôt des
Marchands & du Bureau de la Ville , avec tout
le fuccès que l'on pouvoit attendre des ſoins & de
l'intelligence des différentes perfonnes qui y
cétoient proposées , & en particulier du fieur
3
16
·M A 1. 1763. 207
2
'Herbette , Maître Charpentier à S. Denis , Entrepreneur
des Ponts & Chauffées & des Bâtimens
du Roi , Auteur des machines. En paffant devant
la porte de la maiſon où eft décédé le fieur Bouchardon
, on a fait une décharge de Canons &
de Boetes , pour honorer la mémoire d'un Ar
tifte fi excellent , qui par cet ouvrage immortel ,
s'eft afferé une gloire que la Nation partage
avec lui.
Il paroît quatre Ordonnances du Roi.
Par la première , en date du 21 Décembre dernier
,"Sa Majesté réduit à trente Compagnies les
quarante qui compofent actuellement le Régiment
des Carabiniers de Monfeigneur le Comte
de Provence. Les difpofitions qui concernent la
nouvelle compofition & la difcipline de ces Corps
font conformes à celles qui ont été établies par
P'Ordonnance de la Cavalerie.
Dans la feconde, du 20 Janvier 1763 , S. M.
réforme le Corps des Grenadiers- Royaux revenus
de la Martinique.
La troifiéme du 31 - da même mois , concerne
le traitement des Officiers réformés des Régimens
de Foix , de Boulonnois , de Quercy & d'Angoumois
, qui étoit de fervice à S. Domingue.
Par la quatrième , du même jour , S. M. réforme
les fx piquets d'Infanterie employés à S.
Domingue.
11 paroît encore quatres autres Ordonnances
du Roi datées du 21 Décembre dernier.
Par la première , concernant le Régiment
Royal- Italien , le Roi fupprime le Régiment d'In-
#fanterie Royal- Corfe dont les neuf Compagnies
feront incorporées dans le Régiment Royal d'Infanterie
Italienne , lequel , au n: oyen de cette inccorporation
, fera compofée de deux Bataillons."
208 MERCURE DE FRANCE.
Par la feconde , concernant les Régimens d'In
fanterie Allemande , Sa Majefté conferve fur pied
ceux d'Altace , d'Anhalt , la Marck , Royal- Bavière
, Royal - Suédois , Naffau , Royal - Deux- Ponts &
celui de Bouillon . Le Régiment d'Alface ne formera
plus que trois Bataillons ; chacun de ceux d'Anhalt
, la Marck , Royal- Bavière , Royal - Suédois ,
Naffau & Royal - Deux-Ponts ne feront compofés
que de deux , & celui de Bouillon d'un feulement
Le Bataillons excédens feront réformés & incorporés
dans ceux que Sa Majefté a jugé à propos
de conferver fur pied . Quant à ce qui concerne
la compofition des Bataillons & Compagnies ,
la création des nouvelles places , le choix & les
fonctions des Officiers , la paye de paix & de guerre
, le traitement des Officiers réformés , &c.
Les difpofitions de ces deux Ordonnances font
conformes à celles qui feront fuivies à l'égard de
l'Infanterie Françoife . Ces deux nouvelles Ordonnances
ont cela de particulier que S. M. accorde
un fol par jour avec une ration de pain aux
femmes des étrangers mariés qui voudront fervir
dans les fufdits Régimens ; mais ce traitement
n'aura lieu que tant qu'elles refteront au quartier
d'affemblée , & que leurs maris feront attachés
aux Régimens.
Par la troifiéme , Sa Majefté conferve fur
pied dix -fept Régimens de Dragons , fçavoir ,
Colonel - Général ; Meftrede Camp - Géné
ral , Royal , du Roi , de la Reine , Dauphin ,
Orléans , Bauffremont , Choifeul , d'Autichamp ,
Chabot , Coigny , Nicolaï , Chapt , Chabril
lant , Languedoc & Schomberg . Chacun de ces
Régimens fera compofé en tout temps de huit
compagnies celui de Schomberg confervera
les huit qui le compoſent ; & les feize de
MA I. 1763 . 208
shacun des autres Régimens feront doublées
pour n'en former également que huit. Chaque
compagnie fera compofée , en temps de paix
de quatre Maréchaux-des- Logis , un Fourrier ,
huit Brigadiers , huit Appointés , vingt-quatra
Dragons & un Tambour , formant quarante- fix
hommes , dont trente feront montés , & feize
refteront à pied. La paye de paix & de guerre.
eft fixée de la maniere fuivante,
COMPAGNIE S A chaque Capitaine ;
1800 livres en paix , & 3600 livres en guerre ;
à chaque Capitaine - Lieutenant des Compagnies ,
Colonel- Général & Meftre- de - Camp- Général , &
à chaque Lieutenant des autres Compagnies
800 livres en paix , & 1000 livres en guerres
au Sous- Lieutenant de la Compagnie du Colonel-
Général des Dragons , 600 livres en paix ,
& 800 livres en guerre ; au Cornette de ladite
Compagnie , 540 livres en paix , & 800 livres
en guerre ; au Sous- Lieutenant des autres Compagnies
, 500 livres en paix , & 800 livres en .
guerre à chaque Maréchal- des- Logis , 216
livres en paix , & 252 livres en guerre ; à chaque
Fourrier , 189 livres en paix , &-225 livres
en guerre ; à chaque Brigadier , 135 livres enpaix
, & 171 livres en guerre ; à chaque Appointé
, 126 livres en paix , & 162 livres en
guerre ; à chaque Dragon ou Tambour , 117
livres en paix , & 153 livres , en guerre. ETATMAJOR.
Au Meftre- de- Camp , y compris fes .
appointemens de Capitaine , 6000 livres en
paix , & 6600 livres en guerre; au Lieutenant-Colonel
, y compris fes appointemens de Capitai
ne , 3600 livres en paix , & 5400 livres en ½
guerre à chacun des Meftre- de- Camp en fe- ..
cond des Régimens du Meftre- de Camp Gé
210 MERCURE DE FRANCE.
néral , d'Orléans & de Schomberg , 2500 livres
en paix , & 3000 livres en guerre ; au Major ,
3000 livres en paix , & 4500 livres en guerre ;
à chaque Aide - Major , avec commiſſion de Capitaine
, 1800 livres en paix , & 3000 livres
en guerre à chaque Aide- Major , fans commillion
de Capitaine , 1500 livres en paix , &
2000 livres en guerre ; à chaque Sous - Aide-
Major , 1000 livres en paix , & 1200 livres en
guerre; au Quartier- Maître , 600 livres en paix ,
& 800 livres en guerre ; à chaque Porte - Guidon
, 480 livres en paix , & 540 livres en guerre
; au Tréforier , 2000 livres en paix , & 3.000
livres en guerre à l'Aumônier & au Chirurgien
, à chacun 720 livres en temps de guerre
feulement.
Les Capitaines réformés jouiront en penfion
fur le Tréfor Royal de soo livres ; les Lieutenans
, qui auront fervi dix ans , de 250 livres
; & les Cornettes , qui auront été Maréchaux-
des- Logis , de 150 livres. Quant aux Offi
ciers incorporés & réformés , à la fuite des Régimens
, ils fe retireront chez eux , & y toucheront
les appointemens qui leur ont été précédemment
accordés ; Sa Majesté ne voulant
plus entretenir d'Officiers incorporés ou réformés
à la fuite des Régimens de Dragons. Cette
* Ordonnance eft terminée par un état de l'uniforme
réglé par le Roi pour les Régimens cidefus.
Par la derniere , Sa Majesté conferve fur pied
les trois Régimens de Houflards de, Berchiny , de
Chamborant & de Royal - Naffau , dont chacun
fera composé de douze compagnies , formant
trois escadrons en temps de paix , & fix en
temps de guerre..Chaque compagnie fera comM
A I. 1763.
2.11
pofée de vingt- neuf hommes , dont dix monstés
, & dix -neuf à pied . Les Tymbales & Eten-.
dards de ces trois Régimens , ainfi que le Prevôt
qui eft dans le Régiment Royal - Nallau ,
feront fupprimés. Sa Majefté regle auffi pour
les Régimens confervés une paye de paix & une
paye de guerre , ainfi que l'uniforme de leur
habillement. L'Ordonnance de la Cavalerie fert
de regle aux deux nouvelles Ordonnances pour
ce qui concerne le choix , le rang & les fonctions
des Officiers , la fuppreffion de certaines
places , la création de nouvelles , l'adminiftration
de la caifle , le terme des engagemens &
la délivrance actuelle des congés , &c.
Le Comte de Taflo , jeune Seigneur Polonois ,
qui étoit en France depuis dix - huit mois , en est
reparti le deux de ce mois, pour retourner en Pologne
, après avoit eu l'honneur de prendre congé
de la Reine , qui luia marqué beaucoup de bonté.
Charles-Antoine de la Roche- Aymon Grand
Aumônier de France , ci-devant Archevêque de
Narbonne , aujourd'hui Archevêque de Rheims ,
& en cette qualité premier Pair Eccléfiaftique du
Royaume ; & le Duc de Sully , Prince d'Enrichemont
, ont été reçus le 14 de ce mois au Parlement,
& y ont pris féance en qualité de Pairs de
France. Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres ,
le Prince de Condé , le Prince de Conti , & le
Comte de la Marche , ont aſſiſté à leur récep-
Ation .
La fuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
Le Comte de Monteynard , Enſeigne de la
feconde Compagnie des Moufquetaires , ayant
obtenu du Roi la permifion de fe démettre de
cet emploi , Sa Majesté a diſpoſé de la cornette
vacante en faveur du Marquis du Hallay , Capitaine
au Régiment Royal- Etranger , Cavalerie.
Le 17 du mois dernier , fur les huit heures
du matin , le Statue du Roi , que Sa Majesté
a permis à la Ville de Paris de lui ériger , &
qui a été fondue fur le modéle du feu Sieur
Bouchardon , a commencé d'être conduite de
l'Attelier vers la place où elle doit être poſée ;
on avoit eu la précaution de la renfermer dans
une cage de charpente roulante ; par le moyen
< de Vindas & de mains d'hommes , on lui a fait
parcourir , dans l'espace de trois jours , le chemin
qu'elle avoit à tenir depuis la fortie de
l'Attelier , hors de la barrière du Fauxbourg
du Roule , jufqu'à la Place de Louis XV , en
lui faifant fuivre toute la rue dudit Fauxbourgi
& le 23 elle a été établie fur fon piedeſtal , aux
acclamations d'un grand concours de peuple.
Le fervice s'eft fait en préfence du Duc de Chevreuſe
, Gouverneur de Paris , du Prévôt des
Marchands & du Bureau de la Ville , avec tout
le fuccès que l'on pouvoit attendre des ſoins & de
l'intelligence des différentes perfonnes qui y
cétoient proposées , & en particulier du fieur
3
16
·M A 1. 1763. 207
2
'Herbette , Maître Charpentier à S. Denis , Entrepreneur
des Ponts & Chauffées & des Bâtimens
du Roi , Auteur des machines. En paffant devant
la porte de la maiſon où eft décédé le fieur Bouchardon
, on a fait une décharge de Canons &
de Boetes , pour honorer la mémoire d'un Ar
tifte fi excellent , qui par cet ouvrage immortel ,
s'eft afferé une gloire que la Nation partage
avec lui.
Il paroît quatre Ordonnances du Roi.
Par la première , en date du 21 Décembre dernier
,"Sa Majesté réduit à trente Compagnies les
quarante qui compofent actuellement le Régiment
des Carabiniers de Monfeigneur le Comte
de Provence. Les difpofitions qui concernent la
nouvelle compofition & la difcipline de ces Corps
font conformes à celles qui ont été établies par
P'Ordonnance de la Cavalerie.
Dans la feconde, du 20 Janvier 1763 , S. M.
réforme le Corps des Grenadiers- Royaux revenus
de la Martinique.
La troifiéme du 31 - da même mois , concerne
le traitement des Officiers réformés des Régimens
de Foix , de Boulonnois , de Quercy & d'Angoumois
, qui étoit de fervice à S. Domingue.
Par la quatrième , du même jour , S. M. réforme
les fx piquets d'Infanterie employés à S.
Domingue.
11 paroît encore quatres autres Ordonnances
du Roi datées du 21 Décembre dernier.
Par la première , concernant le Régiment
Royal- Italien , le Roi fupprime le Régiment d'In-
#fanterie Royal- Corfe dont les neuf Compagnies
feront incorporées dans le Régiment Royal d'Infanterie
Italienne , lequel , au n: oyen de cette inccorporation
, fera compofée de deux Bataillons."
208 MERCURE DE FRANCE.
Par la feconde , concernant les Régimens d'In
fanterie Allemande , Sa Majefté conferve fur pied
ceux d'Altace , d'Anhalt , la Marck , Royal- Bavière
, Royal - Suédois , Naffau , Royal - Deux- Ponts &
celui de Bouillon . Le Régiment d'Alface ne formera
plus que trois Bataillons ; chacun de ceux d'Anhalt
, la Marck , Royal- Bavière , Royal - Suédois ,
Naffau & Royal - Deux-Ponts ne feront compofés
que de deux , & celui de Bouillon d'un feulement
Le Bataillons excédens feront réformés & incorporés
dans ceux que Sa Majefté a jugé à propos
de conferver fur pied . Quant à ce qui concerne
la compofition des Bataillons & Compagnies ,
la création des nouvelles places , le choix & les
fonctions des Officiers , la paye de paix & de guerre
, le traitement des Officiers réformés , &c.
Les difpofitions de ces deux Ordonnances font
conformes à celles qui feront fuivies à l'égard de
l'Infanterie Françoife . Ces deux nouvelles Ordonnances
ont cela de particulier que S. M. accorde
un fol par jour avec une ration de pain aux
femmes des étrangers mariés qui voudront fervir
dans les fufdits Régimens ; mais ce traitement
n'aura lieu que tant qu'elles refteront au quartier
d'affemblée , & que leurs maris feront attachés
aux Régimens.
Par la troifiéme , Sa Majefté conferve fur
pied dix -fept Régimens de Dragons , fçavoir ,
Colonel - Général ; Meftrede Camp - Géné
ral , Royal , du Roi , de la Reine , Dauphin ,
Orléans , Bauffremont , Choifeul , d'Autichamp ,
Chabot , Coigny , Nicolaï , Chapt , Chabril
lant , Languedoc & Schomberg . Chacun de ces
Régimens fera compofé en tout temps de huit
compagnies celui de Schomberg confervera
les huit qui le compoſent ; & les feize de
MA I. 1763 . 208
shacun des autres Régimens feront doublées
pour n'en former également que huit. Chaque
compagnie fera compofée , en temps de paix
de quatre Maréchaux-des- Logis , un Fourrier ,
huit Brigadiers , huit Appointés , vingt-quatra
Dragons & un Tambour , formant quarante- fix
hommes , dont trente feront montés , & feize
refteront à pied. La paye de paix & de guerre.
eft fixée de la maniere fuivante,
COMPAGNIE S A chaque Capitaine ;
1800 livres en paix , & 3600 livres en guerre ;
à chaque Capitaine - Lieutenant des Compagnies ,
Colonel- Général & Meftre- de - Camp- Général , &
à chaque Lieutenant des autres Compagnies
800 livres en paix , & 1000 livres en guerres
au Sous- Lieutenant de la Compagnie du Colonel-
Général des Dragons , 600 livres en paix ,
& 800 livres en guerre ; au Cornette de ladite
Compagnie , 540 livres en paix , & 800 livres
en guerre ; au Sous- Lieutenant des autres Compagnies
, 500 livres en paix , & 800 livres en .
guerre à chaque Maréchal- des- Logis , 216
livres en paix , & 252 livres en guerre ; à chaque
Fourrier , 189 livres en paix , &-225 livres
en guerre ; à chaque Brigadier , 135 livres enpaix
, & 171 livres en guerre ; à chaque Appointé
, 126 livres en paix , & 162 livres en
guerre ; à chaque Dragon ou Tambour , 117
livres en paix , & 153 livres , en guerre. ETATMAJOR.
Au Meftre- de- Camp , y compris fes .
appointemens de Capitaine , 6000 livres en
paix , & 6600 livres en guerre; au Lieutenant-Colonel
, y compris fes appointemens de Capitai
ne , 3600 livres en paix , & 5400 livres en ½
guerre à chacun des Meftre- de- Camp en fe- ..
cond des Régimens du Meftre- de Camp Gé
210 MERCURE DE FRANCE.
néral , d'Orléans & de Schomberg , 2500 livres
en paix , & 3000 livres en guerre ; au Major ,
3000 livres en paix , & 4500 livres en guerre ;
à chaque Aide - Major , avec commiſſion de Capitaine
, 1800 livres en paix , & 3000 livres
en guerre à chaque Aide- Major , fans commillion
de Capitaine , 1500 livres en paix , &
2000 livres en guerre ; à chaque Sous - Aide-
Major , 1000 livres en paix , & 1200 livres en
guerre; au Quartier- Maître , 600 livres en paix ,
& 800 livres en guerre ; à chaque Porte - Guidon
, 480 livres en paix , & 540 livres en guerre
; au Tréforier , 2000 livres en paix , & 3.000
livres en guerre à l'Aumônier & au Chirurgien
, à chacun 720 livres en temps de guerre
feulement.
Les Capitaines réformés jouiront en penfion
fur le Tréfor Royal de soo livres ; les Lieutenans
, qui auront fervi dix ans , de 250 livres
; & les Cornettes , qui auront été Maréchaux-
des- Logis , de 150 livres. Quant aux Offi
ciers incorporés & réformés , à la fuite des Régimens
, ils fe retireront chez eux , & y toucheront
les appointemens qui leur ont été précédemment
accordés ; Sa Majesté ne voulant
plus entretenir d'Officiers incorporés ou réformés
à la fuite des Régimens de Dragons. Cette
* Ordonnance eft terminée par un état de l'uniforme
réglé par le Roi pour les Régimens cidefus.
Par la derniere , Sa Majesté conferve fur pied
les trois Régimens de Houflards de, Berchiny , de
Chamborant & de Royal - Naffau , dont chacun
fera composé de douze compagnies , formant
trois escadrons en temps de paix , & fix en
temps de guerre..Chaque compagnie fera comM
A I. 1763.
2.11
pofée de vingt- neuf hommes , dont dix monstés
, & dix -neuf à pied . Les Tymbales & Eten-.
dards de ces trois Régimens , ainfi que le Prevôt
qui eft dans le Régiment Royal - Nallau ,
feront fupprimés. Sa Majefté regle auffi pour
les Régimens confervés une paye de paix & une
paye de guerre , ainfi que l'uniforme de leur
habillement. L'Ordonnance de la Cavalerie fert
de regle aux deux nouvelles Ordonnances pour
ce qui concerne le choix , le rang & les fonctions
des Officiers , la fuppreffion de certaines
places , la création de nouvelles , l'adminiftration
de la caifle , le terme des engagemens &
la délivrance actuelle des congés , &c.
Le Comte de Taflo , jeune Seigneur Polonois ,
qui étoit en France depuis dix - huit mois , en est
reparti le deux de ce mois, pour retourner en Pologne
, après avoit eu l'honneur de prendre congé
de la Reine , qui luia marqué beaucoup de bonté.
Charles-Antoine de la Roche- Aymon Grand
Aumônier de France , ci-devant Archevêque de
Narbonne , aujourd'hui Archevêque de Rheims ,
& en cette qualité premier Pair Eccléfiaftique du
Royaume ; & le Duc de Sully , Prince d'Enrichemont
, ont été reçus le 14 de ce mois au Parlement,
& y ont pris féance en qualité de Pairs de
France. Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres ,
le Prince de Condé , le Prince de Conti , & le
Comte de la Marche , ont aſſiſté à leur récep-
Ation .
La fuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
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Résumé : DE PARIS, le 18 Mars 1763.
Le 18 mars 1763, le Comte de Monteynard, Enseigne des Mousquetaires, a obtenu la permission du Roi de démissionner. Le Marquis du Hallay, Capitaine au Régiment Royal-Étranger de Cavalerie, a été nommé pour le remplacer. Le 17 mars, la statue du Roi, fondue d'après le modèle du défunt Bouchardon, a été transportée de l'atelier à la Place de Louis XV. Installée sur son piédestal le 23 mars, elle a été acclamée par une grande foule en présence du Duc de Chevreuse et d'autres dignitaires. Le Maître Charpentier Herbette a supervisé les machines utilisées pour le transport. Quatre ordonnances royales ont été publiées. La première, datée du 21 décembre 1762, réduit le Régiment des Carabiniers de Monseigneur le Comte de Provence à trente compagnies. La deuxième, du 20 janvier 1763, réforme le Corps des Grenadiers-Royaux revenus de la Martinique. La troisième, du 31 janvier, concerne le traitement des officiers réformés des régiments de Foix, de Boulonnois, de Quercy et d'Angoumois, en service à Saint-Domingue. La quatrième réforme les six piquets d'infanterie employés à Saint-Domingue. Quatre autres ordonnances, datées du 21 décembre 1762, ont également été publiées. La première supprime le Régiment d'Infanterie Royal-Corse et incorpore ses compagnies dans le Régiment Royal d'Infanterie Italienne. La deuxième conserve plusieurs régiments d'infanterie allemande et réforme les bataillons excédentaires. La troisième conserve dix-sept régiments de Dragons et réforme leur composition et leur paye. La quatrième conserve trois régiments de Houzards et réforme leur composition et leur paye. Le Comte de Tarslo, un jeune seigneur polonais, a quitté la France le 2 mars pour retourner en Pologne après avoir pris congé de la Reine. Charles-Antoine de la Roche-Aymon, Grand Aumônier de France et Archevêque de Reims, et le Duc de Sully ont été reçus au Parlement le 14 mars et y ont pris séance en qualité de Pairs de France. Le Duc d'Orléans, le Duc de Chartres, le Prince de Condé, le Prince de Conti et le Comte de la Marche ont assisté à leur réception.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 116-128
SÉANCE publique de l'Académie Royale de Chirurgie, tenue le 14 Avril 1763.
Début :
LE prix de cette année, sur les maladies de l'oreille, consistant en une [...]
Mots clefs :
Corps, Académie, Malade, Chirurgien, Mémoire, Plaie, Genou, Réduction, Maladies de l'oreille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SÉANCE publique de l'Académie Royale de Chirurgie, tenue le 14 Avril 1763.
SÉANCEpublique de l'Académie Royale
de Chirurgie , tenue le 14 Avril 1763 .
L E prix de cette année , fur les maladies
de l'oreille , confiftant en une
Médaille d'or , de cinq cens livres , fondée
par feu M. de la Peyronie , a été
remporté par M. Léchevin , Chirurgien
de l'Hôpital général de Rouen.
L'Académie a adjugé une Médaille
d'or de la valeur de deux cens livres
connue fous le nom de prix d'émulation,
à M. Marrigues , Maître en Chirurgie à
Verfailles. Les cinq petites Médailles
ont été méritées par des obfervations
intéreffantes fournies dans le courant de
l'année précédente , & ont été diftribuées
à MM. Lefne & Beaupreau , Académiciens
de la Claffe des Libres ; à
M. Moublet , Chirurgien à Taiafcon ;
à M. Philippe , Chirurgien à Chartres ;
JUILLET. 1763. 117
& à M. Jean-Daniel Mittelhauffer , Phy
ficien de la Province de Weiffenfels.
Après la diftribution des prix , M. Moprononça
les éloges de M. Daviel ,
Affocié de l'Académie , & Oculiste du
Roi , & de M. Faget , Vice -Directeur
de l'Académie .
rand
M. Daviel s'étoit adonné par goût à la
Chirurgie des yeux , dans laquelle il a
bien mérité de fes Contemporains & de
la postérité par l'opération de la cataracte
dont il faifoit l'extraction , au moyen
d'une incifion demi- circulaire pratiquée
à la partie inférieure de la cornée tranfparente.
Le Mémoire qu'il a donné fur
fa Méthode d'opérer , eft inféré dans le
fecond tome de ceux de l'Académie
Royale de Chirurgie ; il étoit Membre
de plufieurs Sociétés Sçavantes , & eft
mort à Genêve , l'année derniere .
M. Faget avoit été éléve du célébre
M. Petit. Sa réputation avoit commencé
par les fuccès qu'il eut dans la maifon de
Condé , étant Chirurgien de Madame la
Ducheffe- Douairière. Elle augmenta au
point de mettre M. Faget à côté des Praticiens
le plus en vogue , & de lui mériter
de grands Seigneurs pour amis. Il étoit
Confeiller de l'Académie depuis l'année
de fa création en 1731. Il a été pendant
118 MERCURE DE FRANCE .
dix ans Chirurgien de l'Hôpital de la
Charité , tant en qualité de Subſtitut
que de Chirurgien en Chef. Il fe diftingua
dans cette place par fon zéle pour
les pauvres . Il étoit Membre de la Société
Royale de Londres , & Vice - Directeur
de l'Académie de Chirurgie , lorſqu'une
'mort prompte l'enleva l'année dernière.
Il avoit donné à ces deux Compagnies
de fort bons Mémoires fur différens
fujets.
M. Levacher lut des réfléxions fur le
changement de direction des balles , par
la réfiftance des parties molles. Pour peu
qu'on ait eu occafion de traiter des
playes d'armes à feu,on a remarqué que
l'entrée & la fortie d'une balle ne font
pas les extrêmités d'une ligne droite ; &
l'on conçoit que les parties offeufes peuvent
, en détournant le corps étranger ,
être la caufe de cette déviation . M. Leva
cher prouve par plufieurs obfervations
dont l'expofé eft utile & inftructif, que
les feules parties molles , lorfqu'elles font
frappées felon une direction affez oblique
à leur furface , font des obftacles
fuffifans pour changer la voie des balles.
A ces faits fuccéde une démonftration
par les loix du mouvement , dans
laquelle l'Auteur explique comment la
JUILLET. 1763. 119
déviation a lieu dans le choc oblique
par la ligne de direction qui participe de
la perpendiculaire & de Phoriontale.
M. Fabre fit enfuite la lecture d'un
Mémoire fur une nouvelle méthode de
réduire la luxation & la fracture de la
cuiffe & du bras . Il établit pour principe
que la difficulté des réductions vient
moins de la réfiftance qu'oppofe la contraction
involontaire des muſcles , que
du lieu où l'on applique les forces qui
font l'extenfion & la contre - extenfion.
La régle générale établie pour l'extenfion
, eft d'appliquer la puiffance à l'os
même fracturé ou luxé. M. Dupouy ,
Membre de l'Académie , dans un Mémoire
qu'il a lu précédemment , affure
avoir réuffi avec très - peu d'efforts dans
la réduction de quelques luxations , en
tirant le membre par un endroit plus
éloigné , comme au-deffus du poignet
pour la réduction de l'os du bras ; &
par le pied , pour la luxation de la cuiffe.
Un homme s'étoit luxé la cuiffe en
montant derrière un caroffe : la tête de
l'os fut portée avec violence à la partie
poftérieure de la cavité de l'os de la
hanche , & fe logea dans l'intervalle
des muſcles feffiers. Un Chirurgien qui
vit le malade prèſqu'à l'inſtant de l'acci120
MERCURE DE FRANCE.
dent fit beaucoup d'efforts inutiles
quoique bien dirigés fuivant les régles
reçues pour la réduction de cette luxation
. M. Dupouy appellé dans cette circonftance
, étendit horizontalement la
cuiffe malade contre la faine , & pendant
qu'un aide appuyoit avec les mains
fur le genou , il alla prendre le pied : à
peine l'eut - il tiré , fans employer beaucoup
de forces , que le bruit de la tête
de l'os annonça qu'elle étoit rentrée
dans fa cavité. L'événement qui furprit
tout le monde , fut prèfque auffi prompt
qu'un clin d'oeil. M. Fabre adopte le procédé
qui a eu un fuccès fi favorable : il
a eu l'occafion de prouver la fupériorité
de cette méthode ; & il rend raiſon de
la facilité avec laquelle cette opération
réuffit. Les liens deftinés à faire les
extenfions n'agiffent plus fur les muſcles
qui doivent être allongés, de là vient
la moindre douleur , & l'abfence des obftacles
qui s'oppofoient au fuccès de l'extenfion.
M.Fabre rend à cet égard tout ce
qui eftdû à M. Dupouy; mais on n'a levé,
dit il, par cette perfection , que la moindre
des difficultés qu'on rencontre dans
la réduction du fémur ou de l'humerus
luxés ou fracturés , furtout près de
leur col. La principale vient , felon M.
Fabre ,
JUILLET. 1763. 121
Fabre , de la manière dont fe fait la contre-
extenfion . Il y avoit bien eu quelques
objections , il y a environ quarante
ans,contre une nouvelle méthode d'opérer
dans la luxation du bras ,par lefquelles
on blâmoit l'effort qu'on y faifoit contre
les muſcles ; mais M. Fabre ne fe contente
pas de la connoiffance du mal ;
occupé de la recherche des moyens de
faire le bien , il abandonne une critique
jufte mais ftérile , & donne des
principes lumineux fur la manière de
faire la contre - extenfion . Il prouve
que dans la réduction de lacuiffe , par
exemple , le lacq pofé dans le pli de
l'aîne , pour empêcher le corps de fuivre
l'extenfion , s'il eft mis , comme il
étoit d'ufage , du côté malade , porte
fur l'attache des mufcles triceps , & que
ce moyen nuit à la contre- extenfion au
lieu de la favorifer ; puifqu'il comprime
des muſcles qui doivent céder aux efforts
de l'extenfion . M. Fabre confeille
de retenir le corps en plaçant le lacq du
côté fain ; & pour empêcher que le baffin
n'obéiffe obliquement du côté malade
aux extenfions , il prefcrit un ſecond
lacq qui embraffe le baffin du
côté malade , dans l'intervalle qui est
entre la crête de l'os des îles & l'articu-
II. Vol. F
122 MERCURE DE FRANCE .
lation de la cuiffe : on en fait tenir les
extrémités , du côté oppofé , obliquement
de bas en haut. Par ce double
moyen le baffin eft fixé immobilement
& les mufcles font libres.
On ne peut trop louer des vues auffi
méthodiques , dont l'application aux
différentes parties du corps , rendra donavant
la Chirurgie des fractures & des
luxations , plus douce & plus parfaite.
M. Louis lut enfuite un Mémoire fur
une queftion anatomique relative à la
Jurifprudence , dans lequel il établit les
principes , pour diftinguer à l'infpection
d'un corps trouvé pendu , les fignes du
fuicide d'avec ceux de l'affaffinat. L'utilité
dont cet Ouvrage a été jugé , a
déterminé l'Auteur à le faire imprimer
peu de temps après ; & il en a été rendu
compte dans un des Mercures précédens
, comme d'une nouveauté littéraire
: nous renvoyons à cet extrait
pour le fonds de la doctrine , & nous nous
contenterons de rappeller ici un point
particulier de ce Mémoire.
Le principal foin d'un Chirurgien ap
pellé pour conftater l'état d'un homme
trouvé pendu , n'eft pas fimplement ,
dit M. Louis , de remarquer d'un premier
coup d'oeil , toutes les circonftances
JUILLET. 1763 . 123
qui peuvent l'aider dans le jugement
qu'il aura à porter ; mais il doit examiner
fi le Sujet ne feroit pas encore dans
le cas de recevoir des fecours capables de
le rappeller à la vie . L'expérience a prouvé
que des hommes qu'un délire mélancolique
avoit portés à fe défaire euxmêmes
, ont été délivrés à temps du lien
fatal qui auroit rendu leur mort inévita
ble. On a même fauvé la vie à des gens
qui avoient paffé par les mains de l'Exécuteur
de la Juftice : c'eft furtout dans
les armées que ces exemples ont été fréquens.
En fuppofant , continue l'Auteur,
que les bienfaits de l'Art , ne puiffent
dans aucun cas être refervés aux malfaiteurs
, les refufera-t- on aux victimes infortunées
du dérangement de leur propre
efprit. M. Louis applique aux pendus
les raifons qui permettent de donner des
fecours à ceux qu'on croit noyés, avant
toute formalité de Juftice . On perdroit
un temps trop précieux s'il falloit dans
ces différens cas , attendre que les Officiers
chargés de la Police euffent fait les
Procès- verbaux auxquels leurs fonctions
les obligent. L'humanité profcrit tout
délai dans des occafions auffi preffantes.
Ce feroit une barbarie que de différer
P'ufage des moyens capables de rappeller
"
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
à la vie ceux qui paroîtroient fufceptibles
de quelques fecours. La Juſtice eft
intéreffée elle -même à les ordonner'
parce que les foins d'un habile Chirurgien
peuvent procurerla plus parfaite connoiffance
des caufes du délit. M. Louis
cite à ce fujet l'opération faite par le
célébre Ambroife Paré à un Allemand :
Penfionnaire d'un Banquier de Paris ,
qui s'étoit coupé la gorge dans un accès
de phrénéfie. Le domeftique du bleffé
& fon Hôte , prifonniers au Châtelet de
Paris , auroient eu peine à ſe juſtifier de
l'accufation de l'avoir affaffiné , fi la
playe quoique mortelle par fa nature ,
n'avoit pas été méthodiquement réunie .
Ce fecours ne pouvoit être d'aucune
utilité à la confervation de la vie du
bleffé ; mais il le mit en état de parler ,
& de confeffer qu'il avoit attenté luimême
à fa vie. M. Louis tire de ce fait
intéreffant des inductions concernant
l'affaire de Toulouſe. Il paroît par diverfes
circonstances que le Sujet trouvé
pendu pouvoit n'être pas mort , lorsqu'il
a été vifité par l'Eléve en Chirurgie
appellé dans l'intention de le fecourir :
quel contrafte dans les fuites de cette
funefte avanture , fi cet homme avoit été
fecouru , & qu'il eût pu l'être efficaceJUILLET.
1763. 125
ment ! L'Auteur ajoute pour l'intérêt public
, que l'on néglige trop la connoiffance
des vrais fignes qui caractèrifent
la mort certaine ; connoiffance dont on
a tant d'occafions de faire ufage dans le
cours de la vie , foit pour fes parens ,
foit pour fes amis; & que chacun devroit
defirer dans les autres afin d'en tirer le
fruit foi -même dans le cas malheureux
d'une mortincertaine . M. Louis rappelle
à ce fujet fon traité fur la certitude des la
fignes de mort , où il raffure les Citoyens
de la crainte d'être enterrés vivans.
Après la lecture de ce Mémoire , M.
Sabatier fit celle d'une obfervation fur
un Corps étranger placé dans l'articula .
tion du genou. Un Soldat invalide avoit
les mouvemens de cette partie douloureux
& extrêmement difficiles. On y
fentoit un corps étranger d'une figure
irrégulière , du volume d'une féve de
haricot & fort mobile . Le malade. penfoit
que ce corps s'étoit détaché fubitement
de deffous la rotule , & cela
avoit été précédé de douleurs & de gonflemens
qui ne cédérent aux faignées &
aux émolliens qu'au bout de quatre
jours. Ce corps étranger étoit tantôt au
côté interne , tantôt au côté externe du
genou. M. Sabatier , pour qui cette
Fi
126 MERCURE DE FRANCE.
maladie ' étoit nouvelle , n'eut pas la timidité
des Chirurgiens que le malade
avoit confultés précédemment : aucun
n'avoit ofé en faire l'extraction ; il l'a
pratiqué ; le corps étranger , quoique
fort mobile , pouvoit aifément être affujetti.
Il étoit facile de faire une incifion
& de le tirer ; mais les Confrères dont
P'Auteur rechercha les confeils , ne le
raffuroient pas fur l'événement , Les uns
craignoient une ankylofe ou foudure
de l'articulation ; les autres une fiftule.
Ces craintes ne rallentirent pas le zéle
de M. Sabatier pour le foulagement du
malade . L'opération ne fut ni longue ni
douloureufe. Le corps étranger avoit la
couleur & la confiftance de vrai cartilage.
La fortie de ce corps fut fuivie de
l'écoulement d'une médiocre quantité
de fynovie. La réunion de la playe fur
tentée par un bandage uniffant & par
la fituation de la partie maintenue dans
des fanons ; le quatrième jour le gonflement
du genou & une tumeur formée
par l'amas de la fynovie , obligérent d'écarter
les bords de la playe pour procu
rer une libre iffue à cette humeur. On
laiffa la playe dans cet état ; au bout de
huit jours la fynovie ceffa de couler ,
les lévres de la playe fe rapprochérent
JUILLET. 1763. 127
infenfiblement , & elle fe confolida entiérement.
Il n'y avoit plus que de la roideur
qu'on tâcha de vaincre vers le
vingtiéme jour , & l'on y parvint peuà
-peu. La guérifon paroiffoit complette
au bout de trois mois ; mais le malade
eft retombé depuis dans un état qui
approche du premier. Il a conftamment ,
fous la rotule une douleur qu'il croit caufée
par un nouveau corps étranger, parce
qu'elle eft toute femblable à celle qu'il
éprouvoit avant qu'on l'opérât.Ce corps
ne s'eft pas encore rendu fenfible au
toucher. S'il le devenoit & qu'il fût mobile
comme le premier , faudroit- il faire
une opération pour en délivrer le
malade M. Sabatier defire que ceux
qui auroient des obfervations de ce
genre les communiquent à l'Académie .
Il feroit utile de conftater la nature de
cette espéce de corps étranger ; de fçavoir
fi l'ouverture des articulations ne
peut point avoir de fuites fâcheufes , &
fi les récidives font plus ou moins à
craindre . On ne peut trop multiplier ces
faits , combiner de raifons , & prévoir
de conféquences pour établir fur tous ces
points des principes certains & falutaires .
M. Pibrac , Directeur de l'Académie ,
termina la Séance par la lecture d'un
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
Mémoire très- utile & qui fut fort applau
di , fur l'ufage du ſublimé corrofif dans
le traitement des maladies vénériennes.
M. Pibrac ne s'eft pas laiffé féduire par
les autorités qui ont voulu accréditer un
poifon plus dangereux que la maladie
qu'on a prétendu guérir par fon ufage:
Il en fait connoître les pernicieux effets
dans l'application extérieure ; il paffe enfuite
aux dangers dont le fublimé corrofif
a été fuivi lorfqu'on l'a adminiſtré
intérieurement. Il a recueilli des faits fur
cette pratique meurtrière qu'il feroit
avantageux de publier pour le bien de
l'humanité : on doit l'efpérer du zele
de M. Pibrac ; pour l'y déterminer , il
fuffira de lui rappeller ce qu'il dit dans
fon Mémoire d'après le jugement de la
Faculté de Halle contre ceux qui employent
le fublimé corrofif, même extérieurement
.... Le fort de ceux- là eft .
à plaindre , qui ont le malheur de tomber
entre les mains de pareils affaffins ;
car quand bien même il leur arrive d'échapper
à la mort , leur fanté ne manque
pas de recevoir des atteintes funeftes
: ils traînent une vie languiffante ;
& ce qu'il y a de plus fatal , c'eft qu'ils
ne foupçonnent feulement pas la fource
des maux qu'ils endurent....
de Chirurgie , tenue le 14 Avril 1763 .
L E prix de cette année , fur les maladies
de l'oreille , confiftant en une
Médaille d'or , de cinq cens livres , fondée
par feu M. de la Peyronie , a été
remporté par M. Léchevin , Chirurgien
de l'Hôpital général de Rouen.
L'Académie a adjugé une Médaille
d'or de la valeur de deux cens livres
connue fous le nom de prix d'émulation,
à M. Marrigues , Maître en Chirurgie à
Verfailles. Les cinq petites Médailles
ont été méritées par des obfervations
intéreffantes fournies dans le courant de
l'année précédente , & ont été diftribuées
à MM. Lefne & Beaupreau , Académiciens
de la Claffe des Libres ; à
M. Moublet , Chirurgien à Taiafcon ;
à M. Philippe , Chirurgien à Chartres ;
JUILLET. 1763. 117
& à M. Jean-Daniel Mittelhauffer , Phy
ficien de la Province de Weiffenfels.
Après la diftribution des prix , M. Moprononça
les éloges de M. Daviel ,
Affocié de l'Académie , & Oculiste du
Roi , & de M. Faget , Vice -Directeur
de l'Académie .
rand
M. Daviel s'étoit adonné par goût à la
Chirurgie des yeux , dans laquelle il a
bien mérité de fes Contemporains & de
la postérité par l'opération de la cataracte
dont il faifoit l'extraction , au moyen
d'une incifion demi- circulaire pratiquée
à la partie inférieure de la cornée tranfparente.
Le Mémoire qu'il a donné fur
fa Méthode d'opérer , eft inféré dans le
fecond tome de ceux de l'Académie
Royale de Chirurgie ; il étoit Membre
de plufieurs Sociétés Sçavantes , & eft
mort à Genêve , l'année derniere .
M. Faget avoit été éléve du célébre
M. Petit. Sa réputation avoit commencé
par les fuccès qu'il eut dans la maifon de
Condé , étant Chirurgien de Madame la
Ducheffe- Douairière. Elle augmenta au
point de mettre M. Faget à côté des Praticiens
le plus en vogue , & de lui mériter
de grands Seigneurs pour amis. Il étoit
Confeiller de l'Académie depuis l'année
de fa création en 1731. Il a été pendant
118 MERCURE DE FRANCE .
dix ans Chirurgien de l'Hôpital de la
Charité , tant en qualité de Subſtitut
que de Chirurgien en Chef. Il fe diftingua
dans cette place par fon zéle pour
les pauvres . Il étoit Membre de la Société
Royale de Londres , & Vice - Directeur
de l'Académie de Chirurgie , lorſqu'une
'mort prompte l'enleva l'année dernière.
Il avoit donné à ces deux Compagnies
de fort bons Mémoires fur différens
fujets.
M. Levacher lut des réfléxions fur le
changement de direction des balles , par
la réfiftance des parties molles. Pour peu
qu'on ait eu occafion de traiter des
playes d'armes à feu,on a remarqué que
l'entrée & la fortie d'une balle ne font
pas les extrêmités d'une ligne droite ; &
l'on conçoit que les parties offeufes peuvent
, en détournant le corps étranger ,
être la caufe de cette déviation . M. Leva
cher prouve par plufieurs obfervations
dont l'expofé eft utile & inftructif, que
les feules parties molles , lorfqu'elles font
frappées felon une direction affez oblique
à leur furface , font des obftacles
fuffifans pour changer la voie des balles.
A ces faits fuccéde une démonftration
par les loix du mouvement , dans
laquelle l'Auteur explique comment la
JUILLET. 1763. 119
déviation a lieu dans le choc oblique
par la ligne de direction qui participe de
la perpendiculaire & de Phoriontale.
M. Fabre fit enfuite la lecture d'un
Mémoire fur une nouvelle méthode de
réduire la luxation & la fracture de la
cuiffe & du bras . Il établit pour principe
que la difficulté des réductions vient
moins de la réfiftance qu'oppofe la contraction
involontaire des muſcles , que
du lieu où l'on applique les forces qui
font l'extenfion & la contre - extenfion.
La régle générale établie pour l'extenfion
, eft d'appliquer la puiffance à l'os
même fracturé ou luxé. M. Dupouy ,
Membre de l'Académie , dans un Mémoire
qu'il a lu précédemment , affure
avoir réuffi avec très - peu d'efforts dans
la réduction de quelques luxations , en
tirant le membre par un endroit plus
éloigné , comme au-deffus du poignet
pour la réduction de l'os du bras ; &
par le pied , pour la luxation de la cuiffe.
Un homme s'étoit luxé la cuiffe en
montant derrière un caroffe : la tête de
l'os fut portée avec violence à la partie
poftérieure de la cavité de l'os de la
hanche , & fe logea dans l'intervalle
des muſcles feffiers. Un Chirurgien qui
vit le malade prèſqu'à l'inſtant de l'acci120
MERCURE DE FRANCE.
dent fit beaucoup d'efforts inutiles
quoique bien dirigés fuivant les régles
reçues pour la réduction de cette luxation
. M. Dupouy appellé dans cette circonftance
, étendit horizontalement la
cuiffe malade contre la faine , & pendant
qu'un aide appuyoit avec les mains
fur le genou , il alla prendre le pied : à
peine l'eut - il tiré , fans employer beaucoup
de forces , que le bruit de la tête
de l'os annonça qu'elle étoit rentrée
dans fa cavité. L'événement qui furprit
tout le monde , fut prèfque auffi prompt
qu'un clin d'oeil. M. Fabre adopte le procédé
qui a eu un fuccès fi favorable : il
a eu l'occafion de prouver la fupériorité
de cette méthode ; & il rend raiſon de
la facilité avec laquelle cette opération
réuffit. Les liens deftinés à faire les
extenfions n'agiffent plus fur les muſcles
qui doivent être allongés, de là vient
la moindre douleur , & l'abfence des obftacles
qui s'oppofoient au fuccès de l'extenfion.
M.Fabre rend à cet égard tout ce
qui eftdû à M. Dupouy; mais on n'a levé,
dit il, par cette perfection , que la moindre
des difficultés qu'on rencontre dans
la réduction du fémur ou de l'humerus
luxés ou fracturés , furtout près de
leur col. La principale vient , felon M.
Fabre ,
JUILLET. 1763. 121
Fabre , de la manière dont fe fait la contre-
extenfion . Il y avoit bien eu quelques
objections , il y a environ quarante
ans,contre une nouvelle méthode d'opérer
dans la luxation du bras ,par lefquelles
on blâmoit l'effort qu'on y faifoit contre
les muſcles ; mais M. Fabre ne fe contente
pas de la connoiffance du mal ;
occupé de la recherche des moyens de
faire le bien , il abandonne une critique
jufte mais ftérile , & donne des
principes lumineux fur la manière de
faire la contre - extenfion . Il prouve
que dans la réduction de lacuiffe , par
exemple , le lacq pofé dans le pli de
l'aîne , pour empêcher le corps de fuivre
l'extenfion , s'il eft mis , comme il
étoit d'ufage , du côté malade , porte
fur l'attache des mufcles triceps , & que
ce moyen nuit à la contre- extenfion au
lieu de la favorifer ; puifqu'il comprime
des muſcles qui doivent céder aux efforts
de l'extenfion . M. Fabre confeille
de retenir le corps en plaçant le lacq du
côté fain ; & pour empêcher que le baffin
n'obéiffe obliquement du côté malade
aux extenfions , il prefcrit un ſecond
lacq qui embraffe le baffin du
côté malade , dans l'intervalle qui est
entre la crête de l'os des îles & l'articu-
II. Vol. F
122 MERCURE DE FRANCE .
lation de la cuiffe : on en fait tenir les
extrémités , du côté oppofé , obliquement
de bas en haut. Par ce double
moyen le baffin eft fixé immobilement
& les mufcles font libres.
On ne peut trop louer des vues auffi
méthodiques , dont l'application aux
différentes parties du corps , rendra donavant
la Chirurgie des fractures & des
luxations , plus douce & plus parfaite.
M. Louis lut enfuite un Mémoire fur
une queftion anatomique relative à la
Jurifprudence , dans lequel il établit les
principes , pour diftinguer à l'infpection
d'un corps trouvé pendu , les fignes du
fuicide d'avec ceux de l'affaffinat. L'utilité
dont cet Ouvrage a été jugé , a
déterminé l'Auteur à le faire imprimer
peu de temps après ; & il en a été rendu
compte dans un des Mercures précédens
, comme d'une nouveauté littéraire
: nous renvoyons à cet extrait
pour le fonds de la doctrine , & nous nous
contenterons de rappeller ici un point
particulier de ce Mémoire.
Le principal foin d'un Chirurgien ap
pellé pour conftater l'état d'un homme
trouvé pendu , n'eft pas fimplement ,
dit M. Louis , de remarquer d'un premier
coup d'oeil , toutes les circonftances
JUILLET. 1763 . 123
qui peuvent l'aider dans le jugement
qu'il aura à porter ; mais il doit examiner
fi le Sujet ne feroit pas encore dans
le cas de recevoir des fecours capables de
le rappeller à la vie . L'expérience a prouvé
que des hommes qu'un délire mélancolique
avoit portés à fe défaire euxmêmes
, ont été délivrés à temps du lien
fatal qui auroit rendu leur mort inévita
ble. On a même fauvé la vie à des gens
qui avoient paffé par les mains de l'Exécuteur
de la Juftice : c'eft furtout dans
les armées que ces exemples ont été fréquens.
En fuppofant , continue l'Auteur,
que les bienfaits de l'Art , ne puiffent
dans aucun cas être refervés aux malfaiteurs
, les refufera-t- on aux victimes infortunées
du dérangement de leur propre
efprit. M. Louis applique aux pendus
les raifons qui permettent de donner des
fecours à ceux qu'on croit noyés, avant
toute formalité de Juftice . On perdroit
un temps trop précieux s'il falloit dans
ces différens cas , attendre que les Officiers
chargés de la Police euffent fait les
Procès- verbaux auxquels leurs fonctions
les obligent. L'humanité profcrit tout
délai dans des occafions auffi preffantes.
Ce feroit une barbarie que de différer
P'ufage des moyens capables de rappeller
"
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
à la vie ceux qui paroîtroient fufceptibles
de quelques fecours. La Juſtice eft
intéreffée elle -même à les ordonner'
parce que les foins d'un habile Chirurgien
peuvent procurerla plus parfaite connoiffance
des caufes du délit. M. Louis
cite à ce fujet l'opération faite par le
célébre Ambroife Paré à un Allemand :
Penfionnaire d'un Banquier de Paris ,
qui s'étoit coupé la gorge dans un accès
de phrénéfie. Le domeftique du bleffé
& fon Hôte , prifonniers au Châtelet de
Paris , auroient eu peine à ſe juſtifier de
l'accufation de l'avoir affaffiné , fi la
playe quoique mortelle par fa nature ,
n'avoit pas été méthodiquement réunie .
Ce fecours ne pouvoit être d'aucune
utilité à la confervation de la vie du
bleffé ; mais il le mit en état de parler ,
& de confeffer qu'il avoit attenté luimême
à fa vie. M. Louis tire de ce fait
intéreffant des inductions concernant
l'affaire de Toulouſe. Il paroît par diverfes
circonstances que le Sujet trouvé
pendu pouvoit n'être pas mort , lorsqu'il
a été vifité par l'Eléve en Chirurgie
appellé dans l'intention de le fecourir :
quel contrafte dans les fuites de cette
funefte avanture , fi cet homme avoit été
fecouru , & qu'il eût pu l'être efficaceJUILLET.
1763. 125
ment ! L'Auteur ajoute pour l'intérêt public
, que l'on néglige trop la connoiffance
des vrais fignes qui caractèrifent
la mort certaine ; connoiffance dont on
a tant d'occafions de faire ufage dans le
cours de la vie , foit pour fes parens ,
foit pour fes amis; & que chacun devroit
defirer dans les autres afin d'en tirer le
fruit foi -même dans le cas malheureux
d'une mortincertaine . M. Louis rappelle
à ce fujet fon traité fur la certitude des la
fignes de mort , où il raffure les Citoyens
de la crainte d'être enterrés vivans.
Après la lecture de ce Mémoire , M.
Sabatier fit celle d'une obfervation fur
un Corps étranger placé dans l'articula .
tion du genou. Un Soldat invalide avoit
les mouvemens de cette partie douloureux
& extrêmement difficiles. On y
fentoit un corps étranger d'une figure
irrégulière , du volume d'une féve de
haricot & fort mobile . Le malade. penfoit
que ce corps s'étoit détaché fubitement
de deffous la rotule , & cela
avoit été précédé de douleurs & de gonflemens
qui ne cédérent aux faignées &
aux émolliens qu'au bout de quatre
jours. Ce corps étranger étoit tantôt au
côté interne , tantôt au côté externe du
genou. M. Sabatier , pour qui cette
Fi
126 MERCURE DE FRANCE.
maladie ' étoit nouvelle , n'eut pas la timidité
des Chirurgiens que le malade
avoit confultés précédemment : aucun
n'avoit ofé en faire l'extraction ; il l'a
pratiqué ; le corps étranger , quoique
fort mobile , pouvoit aifément être affujetti.
Il étoit facile de faire une incifion
& de le tirer ; mais les Confrères dont
P'Auteur rechercha les confeils , ne le
raffuroient pas fur l'événement , Les uns
craignoient une ankylofe ou foudure
de l'articulation ; les autres une fiftule.
Ces craintes ne rallentirent pas le zéle
de M. Sabatier pour le foulagement du
malade . L'opération ne fut ni longue ni
douloureufe. Le corps étranger avoit la
couleur & la confiftance de vrai cartilage.
La fortie de ce corps fut fuivie de
l'écoulement d'une médiocre quantité
de fynovie. La réunion de la playe fur
tentée par un bandage uniffant & par
la fituation de la partie maintenue dans
des fanons ; le quatrième jour le gonflement
du genou & une tumeur formée
par l'amas de la fynovie , obligérent d'écarter
les bords de la playe pour procu
rer une libre iffue à cette humeur. On
laiffa la playe dans cet état ; au bout de
huit jours la fynovie ceffa de couler ,
les lévres de la playe fe rapprochérent
JUILLET. 1763. 127
infenfiblement , & elle fe confolida entiérement.
Il n'y avoit plus que de la roideur
qu'on tâcha de vaincre vers le
vingtiéme jour , & l'on y parvint peuà
-peu. La guérifon paroiffoit complette
au bout de trois mois ; mais le malade
eft retombé depuis dans un état qui
approche du premier. Il a conftamment ,
fous la rotule une douleur qu'il croit caufée
par un nouveau corps étranger, parce
qu'elle eft toute femblable à celle qu'il
éprouvoit avant qu'on l'opérât.Ce corps
ne s'eft pas encore rendu fenfible au
toucher. S'il le devenoit & qu'il fût mobile
comme le premier , faudroit- il faire
une opération pour en délivrer le
malade M. Sabatier defire que ceux
qui auroient des obfervations de ce
genre les communiquent à l'Académie .
Il feroit utile de conftater la nature de
cette espéce de corps étranger ; de fçavoir
fi l'ouverture des articulations ne
peut point avoir de fuites fâcheufes , &
fi les récidives font plus ou moins à
craindre . On ne peut trop multiplier ces
faits , combiner de raifons , & prévoir
de conféquences pour établir fur tous ces
points des principes certains & falutaires .
M. Pibrac , Directeur de l'Académie ,
termina la Séance par la lecture d'un
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
Mémoire très- utile & qui fut fort applau
di , fur l'ufage du ſublimé corrofif dans
le traitement des maladies vénériennes.
M. Pibrac ne s'eft pas laiffé féduire par
les autorités qui ont voulu accréditer un
poifon plus dangereux que la maladie
qu'on a prétendu guérir par fon ufage:
Il en fait connoître les pernicieux effets
dans l'application extérieure ; il paffe enfuite
aux dangers dont le fublimé corrofif
a été fuivi lorfqu'on l'a adminiſtré
intérieurement. Il a recueilli des faits fur
cette pratique meurtrière qu'il feroit
avantageux de publier pour le bien de
l'humanité : on doit l'efpérer du zele
de M. Pibrac ; pour l'y déterminer , il
fuffira de lui rappeller ce qu'il dit dans
fon Mémoire d'après le jugement de la
Faculté de Halle contre ceux qui employent
le fublimé corrofif, même extérieurement
.... Le fort de ceux- là eft .
à plaindre , qui ont le malheur de tomber
entre les mains de pareils affaffins ;
car quand bien même il leur arrive d'échapper
à la mort , leur fanté ne manque
pas de recevoir des atteintes funeftes
: ils traînent une vie languiffante ;
& ce qu'il y a de plus fatal , c'eft qu'ils
ne foupçonnent feulement pas la fource
des maux qu'ils endurent....
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