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1
p. 194-200
Arc de Triomphe, [titre d'après la table]
Début :
Les Ambassadeurs entrerent ensuite dans le Bosquet de l'Arc [...]
Mots clefs :
Arc de triomphe, Eau, Jets d'eau, Bassins, Portiques, Degrés, Scabellons, Ornements, André Le Nôtre
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texteReconnaissance textuelle : Arc de Triomphe, [titre d'après la table]
Les Ambaſſadeurs entre
188 Suite du Voyage
rent enſuitte dans le Boſquet
de l'Arc de Triomphe. Il a esté
ainſi nommé parce que le
fond en repreſente un. Il a
trois Portiques.Au deſſus de
ces Portiques , ſont ſept Bafſins
, d'où s'élevent autant de
jets d'eau. Ces baſſins eſtant
remplis de l'eau que leur
fourniffent ces jets cette
eau retombe dans pluſieurs
autres baſſins qui font des
deux coſtés , ce qui forme
pluſieurs napes d'eau. Dans
le milieu de trois portiques ,
font trois jets , qui eftant
dans des baſſins élevez ; for-
,
ment encore autant de napes
.
des Amb. de Siam.
189
que
ue
pes. On monte à ces Portiat
ques par plufieurs degrez , &
ces degrez font tous remplis
de jets , dont l'eau retombe
dans un grand baffins quieft
th au bas. Aux deux coſtez de
det Arc de Triomphe , il y a
dh deux Obelifques entre deux
Piedeſtaux en maniere de
« Scabellons , & fur ces Scabelons
, font des baſſins , d'où
fortent des jets d'eau. On
for voit enfuite en retour
, &
Dde chaque côté , deux maqk
nieres de Pyramides élevées,
e d'un grand nombre de degrez
, & au deſſus un quarré
e d'eau , d'où pluſieurs jets for
Q
190 Suite du Voyage
tent. Aux deux côtez de ces
Pyramides font encore deux
Scabelons avec des Baffins &
des jets d'eau. Enſuite on
voit deux autres Obeliſques ,
fçavoir un de chaque côtez ,
leſquels ſe trouvent encore
chacun entre deux Scabelons,,
avec des ornemens , des Baffins
,& des jets pareils à ceux
des autres. Voila ce qui occupe
le fond & les deuxai
les de ce Boſquet. Quant à la
quatriéme face , qui eſt celle
qui regarde l'Arc de Triomphe,
elle ne laiſſe pas d'eſtre
auſſi remplie de beaucoup
d'ornemens, quoyqu'unepar
desAmb. de Siam. اوآ
لاث
3
tie en ſoit occupée pour fervir
d'entré à ce lieu. Il y a
des deux côtez des Pić-
( deſtaux avec des baffins , des
cafcades & des Figures qui
marquent les Triomphes de
la France. Quelque exacte
deſcription que je vienne de
faire de toutes ces chofes, il
* eft impoffible qu'on puifle
concevoir ſeulement la moitié
des beautez qu'elles renferment
, à moins qu'on ne
ſcache qu'outre les marbres
fort delicatement travaillez,
qui portent tant de differens
morceaux , la plupart de ces
morceaux , comme les Obe
Qij
191 Suite du Voyage
2
liſques & autres ouvrages
ſemblables , ſont faits de
bronze doré ; mais qu'il n'y
entre de cette matiere que
ce qu'il en faut pour former
le corps de ce qu'on veut
qu'elle repreſente ; de forte
qu'il y reſte beaucoup d'endroits
vuides , leſquels eftant
remplis par l'eau qui en s'é
levant vient occuper la place
de ces vuides , paroiffent
comme autant d'ouvrages de
cristal , enrichis de quantité
d'ornemens où l'or n'eſt pas
épargné par 3
Ce lieu eft du deſſein de
Mr le Noftre , dont le merdes
Amb. de Siam.
193
veilleux genie pour tout ce
qui regarde le lardinage , à
beaucoup contribué aux embelliſſemens
de la plupart des
Boſquets de Verſailles.
188 Suite du Voyage
rent enſuitte dans le Boſquet
de l'Arc de Triomphe. Il a esté
ainſi nommé parce que le
fond en repreſente un. Il a
trois Portiques.Au deſſus de
ces Portiques , ſont ſept Bafſins
, d'où s'élevent autant de
jets d'eau. Ces baſſins eſtant
remplis de l'eau que leur
fourniffent ces jets cette
eau retombe dans pluſieurs
autres baſſins qui font des
deux coſtés , ce qui forme
pluſieurs napes d'eau. Dans
le milieu de trois portiques ,
font trois jets , qui eftant
dans des baſſins élevez ; for-
,
ment encore autant de napes
.
des Amb. de Siam.
189
que
ue
pes. On monte à ces Portiat
ques par plufieurs degrez , &
ces degrez font tous remplis
de jets , dont l'eau retombe
dans un grand baffins quieft
th au bas. Aux deux coſtez de
det Arc de Triomphe , il y a
dh deux Obelifques entre deux
Piedeſtaux en maniere de
« Scabellons , & fur ces Scabelons
, font des baſſins , d'où
fortent des jets d'eau. On
for voit enfuite en retour
, &
Dde chaque côté , deux maqk
nieres de Pyramides élevées,
e d'un grand nombre de degrez
, & au deſſus un quarré
e d'eau , d'où pluſieurs jets for
Q
190 Suite du Voyage
tent. Aux deux côtez de ces
Pyramides font encore deux
Scabelons avec des Baffins &
des jets d'eau. Enſuite on
voit deux autres Obeliſques ,
fçavoir un de chaque côtez ,
leſquels ſe trouvent encore
chacun entre deux Scabelons,,
avec des ornemens , des Baffins
,& des jets pareils à ceux
des autres. Voila ce qui occupe
le fond & les deuxai
les de ce Boſquet. Quant à la
quatriéme face , qui eſt celle
qui regarde l'Arc de Triomphe,
elle ne laiſſe pas d'eſtre
auſſi remplie de beaucoup
d'ornemens, quoyqu'unepar
desAmb. de Siam. اوآ
لاث
3
tie en ſoit occupée pour fervir
d'entré à ce lieu. Il y a
des deux côtez des Pić-
( deſtaux avec des baffins , des
cafcades & des Figures qui
marquent les Triomphes de
la France. Quelque exacte
deſcription que je vienne de
faire de toutes ces chofes, il
* eft impoffible qu'on puifle
concevoir ſeulement la moitié
des beautez qu'elles renferment
, à moins qu'on ne
ſcache qu'outre les marbres
fort delicatement travaillez,
qui portent tant de differens
morceaux , la plupart de ces
morceaux , comme les Obe
Qij
191 Suite du Voyage
2
liſques & autres ouvrages
ſemblables , ſont faits de
bronze doré ; mais qu'il n'y
entre de cette matiere que
ce qu'il en faut pour former
le corps de ce qu'on veut
qu'elle repreſente ; de forte
qu'il y reſte beaucoup d'endroits
vuides , leſquels eftant
remplis par l'eau qui en s'é
levant vient occuper la place
de ces vuides , paroiffent
comme autant d'ouvrages de
cristal , enrichis de quantité
d'ornemens où l'or n'eſt pas
épargné par 3
Ce lieu eft du deſſein de
Mr le Noftre , dont le merdes
Amb. de Siam.
193
veilleux genie pour tout ce
qui regarde le lardinage , à
beaucoup contribué aux embelliſſemens
de la plupart des
Boſquets de Verſailles.
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Résumé : Arc de Triomphe, [titre d'après la table]
Le texte relate la visite des Ambassadeurs de Siam dans le Bosquet de l'Arc de Triomphe à Versailles. Ce bosquet, nommé ainsi en raison de sa représentation d'un arc de triomphe, comprend trois portiques surmontés de sept bassins avec des jets d'eau. L'eau retombe dans des bassins latéraux, formant plusieurs napes. Au centre des portiques, trois jets d'eau s'élèvent de bassins surélevés. L'accès aux portiques se fait par des escaliers remplis de jets d'eau retombant dans un grand bassin en bas. De chaque côté de l'arc de triomphe, deux obélisques sont placés entre des piédestaux ornés de bassins et de jets d'eau. Deux pyramides avec des degrés et un carré d'eau d'où sortent plusieurs jets sont également présentes, accompagnées de piédestaux avec des bassins et des jets d'eau. Deux obélisques supplémentaires complètent le décor. La quatrième face du bosquet, tournée vers l'arc de triomphe, est richement ornée avec des piédestaux, des cascades et des figures marquant les triomphes de la France. La beauté des lieux est soulignée par les marbres délicatement travaillés et les ouvrages en bronze doré, imitant le cristal et enrichis d'ornements en or. Ce bosquet est l'œuvre de Monsieur Le Nôtre, célèbre pour son génie en matière de jardinage et son apport aux embellissements des bosquets de Versailles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 807-808
FESTE donnée à m. le Vicomte de Polignac, à l'occasion de sa convalescence.
Début :
Rien n'est plus flateur pour un Maître digne d' [...]
Mots clefs :
Vicomte de Polignac, Zèle, Maladie, Convalescence, Portiques, Guirlandes, Lustres, Abbé de Neuville, Fête
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texteReconnaissance textuelle : FESTE donnée à m. le Vicomte de Polignac, à l'occasion de sa convalescence.
FESTE donnée à M. le Vicomte de
Polignac , à l'occasion de sa convalescence.
R
Ien n'est plus flateur pour un Maître
digne d'être aimé , que l'interêt vif
et sensible que prennent ses Domestiques
à tout ce qui les regarde ; ceux de M. le
Vicomte de Polignac ont témoigné leur
zele pour lui , non - seulement dans le cours
de la maladie de ce Seigneur, si justement
cheri et respecté ; mais encore ils ont célebré
sa convalescence d'une maniere qui
a charmé tous ceux qui en furent les témoins.
Leur zele et leur amour pour
leur Maître ont été leurs seuls guides.
Dimanche au soir 22. d'Avril , l'Hôtel
fut illuminé sur la façade du dehors depuis
le haut jusqu'enbas. Le Temple de
la Santé s'élevoit au fond de la cour dont:
les côtez étoient tendus de riches Tapisseries
; neuf Portiques formoient l'enceinte,
ornez de Guirlandes, Lustres , Giron
doles , &c. Au- dessous de chaque Pillastre
étoient les Armes de Polignac ; elles :
brilloient au fond sur le Portique du
milieu , dans un grand Tableau éclairé de
chaque côté de deux Piramides , de Lampions
,
ainsi que tout le corps du Plan ;
au bas on lisoit les Vers suivans de M. l'Abbé
de Neuville.
Enfin
808 MERCURE DE FRANCE
Enfin nos voeux sont exaucez ;
Le Ciel vous rend à nous; et pour nous c'est assez.
Agréez en ce jour notre public hommage ;
Vous en auriez de plus pompeux,
Si nous sçavions exprimer mieux ,
De notre coeur le vrai langage ;
C'est le coeur seul que demandent les Dieux ;
Nous ne sçaurions vous offrir davantage ;
D'autres que nous diront en Vers harmonieux
Par combien de vertus vous êtes estimable ,
Mais nous avouerons que les Cieux ,
Ne formerent jamais de Maître plus aimable.
Le tour de l'enceinte du Plan étoit chargé
et illuminé de fambaeux de cire blanche.
La Fête fut annoncée par une décharge
de quantité de Boëtes , suivie d'un Feu
d'artifice trés - bien entendu , et enfin
terminée par une seconde décharge de
Boëtes, le tout au bruit des Trompettes et
au son des Basses et des Violons , Le Peuple
fut ensuite admis au Bal et aux rafraîchissemens
qui durerent jusqu'à quatre
heures du matin.
L'Auteur et Conducteur de la Fête est
le sieur Chabanet de la Combe , qui en
cette occasion n'a pas moins manqué de
goût et d'intelligence que de zele et d'amour
pour son Maître.
Polignac , à l'occasion de sa convalescence.
R
Ien n'est plus flateur pour un Maître
digne d'être aimé , que l'interêt vif
et sensible que prennent ses Domestiques
à tout ce qui les regarde ; ceux de M. le
Vicomte de Polignac ont témoigné leur
zele pour lui , non - seulement dans le cours
de la maladie de ce Seigneur, si justement
cheri et respecté ; mais encore ils ont célebré
sa convalescence d'une maniere qui
a charmé tous ceux qui en furent les témoins.
Leur zele et leur amour pour
leur Maître ont été leurs seuls guides.
Dimanche au soir 22. d'Avril , l'Hôtel
fut illuminé sur la façade du dehors depuis
le haut jusqu'enbas. Le Temple de
la Santé s'élevoit au fond de la cour dont:
les côtez étoient tendus de riches Tapisseries
; neuf Portiques formoient l'enceinte,
ornez de Guirlandes, Lustres , Giron
doles , &c. Au- dessous de chaque Pillastre
étoient les Armes de Polignac ; elles :
brilloient au fond sur le Portique du
milieu , dans un grand Tableau éclairé de
chaque côté de deux Piramides , de Lampions
,
ainsi que tout le corps du Plan ;
au bas on lisoit les Vers suivans de M. l'Abbé
de Neuville.
Enfin
808 MERCURE DE FRANCE
Enfin nos voeux sont exaucez ;
Le Ciel vous rend à nous; et pour nous c'est assez.
Agréez en ce jour notre public hommage ;
Vous en auriez de plus pompeux,
Si nous sçavions exprimer mieux ,
De notre coeur le vrai langage ;
C'est le coeur seul que demandent les Dieux ;
Nous ne sçaurions vous offrir davantage ;
D'autres que nous diront en Vers harmonieux
Par combien de vertus vous êtes estimable ,
Mais nous avouerons que les Cieux ,
Ne formerent jamais de Maître plus aimable.
Le tour de l'enceinte du Plan étoit chargé
et illuminé de fambaeux de cire blanche.
La Fête fut annoncée par une décharge
de quantité de Boëtes , suivie d'un Feu
d'artifice trés - bien entendu , et enfin
terminée par une seconde décharge de
Boëtes, le tout au bruit des Trompettes et
au son des Basses et des Violons , Le Peuple
fut ensuite admis au Bal et aux rafraîchissemens
qui durerent jusqu'à quatre
heures du matin.
L'Auteur et Conducteur de la Fête est
le sieur Chabanet de la Combe , qui en
cette occasion n'a pas moins manqué de
goût et d'intelligence que de zele et d'amour
pour son Maître.
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Résumé : FESTE donnée à m. le Vicomte de Polignac, à l'occasion de sa convalescence.
Le texte relate une fête organisée par les domestiques du Vicomte de Polignac pour célébrer sa convalescence. Le dimanche 22 avril, l'hôtel du vicomte fut illuminé et décoré somptueusement. La cour était ornée de riches tapisseries, de portiques décorés de guirlandes et de lustres, avec les armes de Polignac en évidence. Un poème de l'Abbé de Neuville fut lu, exprimant la joie et la gratitude des domestiques. La fête inclut des feux d'artifice, des détonations de boîtes à feu et de la musique. Le peuple fut ensuite invité à danser et à se rafraîchir jusqu'à quatre heures du matin. L'organisateur, le sieur Chabanet de la Combe, montra son goût, son intelligence et son dévouement envers son maître.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 140-143
Arrivée de Leurs Majestés à Versailles, & Réjouissances faites dans cette Ville, [titre d'après la table]
Début :
Leurs Majestés arriverent enfin à Versailles. Les Habitans de cette Ville n'avoient [...]
Mots clefs :
Versailles, Roi, Avenue, Portiques, Portique, Arc de triomphe, Colonnes, Pilastres, Statue, Renommée, Château, Compagnies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Arrivée de Leurs Majestés à Versailles, & Réjouissances faites dans cette Ville, [titre d'après la table]
Leurs Majestés arriverent enfin à Verfailles
. Les Habitans de cette Ville n'avoient
pas été moins empreſſés , que ceux
de Paris , à faire éclater la joie que leur
caufoit le retour du Roi.
Ils avoient fait élever vis-à-vis du Château,
à l'entrée de la principale Avenuë, entre
la Grande & la Petite Ecurie , un Arc
de Triomphe , compofé de trois Portiques
, dont celui du milieu avoit trentehuit
pieds de haut fur vingt de large. La
NOVEMBRE. 1744. 141
hauteur des deux autres Portiques étoit de
trente - quatre pieds , & leur largeur de
quinze. Ces Portiques étoient accompa
gnés de Colonnes & de Pilastres d'Ordre
Corinthien avec les Chapiteaux ornés de
Volutes & de feuillages d'or. Les Colonnes
& les Pilaſtres foutenoient un Entablement
, furmonté d'une Balustrade dont la
Friſe étoit embellie par pluſieurs Guirlandesde
fleurs .
د
Au-deſſus de la Balustrade , du côté de
l'Avenuë , on voyoit fur le Portique du
milieu , un Tableau de trente pieds de hauteur
dans lequel la Muſe de l'Hiſtoire
étoit repréſentée , écrivant dans un Livre
que portoit le Tems , les actions du Roi ,
dictées par la Renommée. Des Palmes &
des branches de Laurier entrelaffées achevoient
le Couronnement. Dans le retour
circulaire , étoient à droite la Statuë de la
Gloire , & à gauche celle de l'Amour de la
Patrie , chacune ſur un Piédeſtal & entre
deux Pilaſtres ..
La Constance & la Clémence étoient placées
, l'une à la gauche du Portique de la
droite ,& l'autre à la droite du Portique de
la gauche , chacune entre deux Colonnes
entourées de Guirlandes. A la droite du
premier de ces deux Portiques & à la gau
Gy
142 MERCURE DEFRANCE.
chedu ſecond s'élévoit entre deux Pilaſtres
un ſuperbe Trophée , poſé ſur un Cul de
Lampe , dans lequel étoit un Ecuffon avec
trois Lis d'Or .
Dans la façade du côté du Château , on
liſoit à l'Architrave du grand Portique cette
Infcription , Regi , Patri , Heroi. Un
Globe avec les Armes de France , foutenu
par deux Eſclaves , faifoit le Couronnement.
La Renommée au-deſſus de ceGlobe
tenoit le Portrait du Roi , tandis qu'un Genie
deſcendoit du Ciel , pour couronner
Sa Majefté . Aux pieds de la Renommée
quelques autres Genies badinoient avec
une Guirlande de fleurs. On avoit placé
aux deux côtés de ce Portique la Valeur &
la Libéralité,
6
L'Humanité & la Force occupoient dans
cette façade les mêmes places que la Conftance
& la Clémence dans la façade du côté
de l'Avenue , & la Décoration étoit terminée
de même par deux Trophées. Les Platfonds
des trois Portiques étoient revêtus
dedivers ornemens relevés en Or , & l'on
avoit peintdes Trophées dans les Cloifons.
Entre cet Arc de Triomphe & le Châreau
, étoient ſous les Armes , d'un côté
cent Enfans de douze à quatorze ans , tous
vêtus de blanc , & de l'autre la Garde de la
,
NOVEMBRE. 1744 143
Ville. Huit Compagnies Bourgeoiſes , de
cent cinquante 'hommes chacune , cinq de
la Ville-Neuve , & trois du vieux Verfailles
, bordoient le paſſage du Roi depuis
l'Arcde Triomphe juſqu'à la moitié de l'Avenuë.
Trois autres Compagnies , à cheval
, dont une avoit un Uniforme bleu
avec des Brandebourgs d'argent &les.
deux autres un Uniforme écarlate avec des
veſtes galonnées d'or , chapeaux bordés
avec des plumets , allerent au-devant du
Roi juſqu'à l'extrêmité de l'Avenue ,&
elles avoient à leur tête le Comte de Noailles
, Gouverneur de Verſailles.
: Ces trois dernieres Compagnies accom
pagnerent Sa Majesté dans le reſte de ſa
marche juſqu'au Château , qui étoit illuminé,
ainſi que l'Arc de Triomphe , avec
autant de goût que de magnificence.
Le foir , avant le fouper du Roi , la Ville
fit tirer un feu d'artifice ily eut des illu
minations dans toutes les rues , & l'on
n'entendoit de toutes parts que des acclamations
réitérées ,d'autant plus flateuſes
pour Sa Majesté , qu'on pouvoit lire dans
tous les yeux , que ces hommages étoient
rendus moins à ſon rang quà ſa per
fonne.
. Les Habitans de cette Ville n'avoient
pas été moins empreſſés , que ceux
de Paris , à faire éclater la joie que leur
caufoit le retour du Roi.
Ils avoient fait élever vis-à-vis du Château,
à l'entrée de la principale Avenuë, entre
la Grande & la Petite Ecurie , un Arc
de Triomphe , compofé de trois Portiques
, dont celui du milieu avoit trentehuit
pieds de haut fur vingt de large. La
NOVEMBRE. 1744. 141
hauteur des deux autres Portiques étoit de
trente - quatre pieds , & leur largeur de
quinze. Ces Portiques étoient accompa
gnés de Colonnes & de Pilastres d'Ordre
Corinthien avec les Chapiteaux ornés de
Volutes & de feuillages d'or. Les Colonnes
& les Pilaſtres foutenoient un Entablement
, furmonté d'une Balustrade dont la
Friſe étoit embellie par pluſieurs Guirlandesde
fleurs .
د
Au-deſſus de la Balustrade , du côté de
l'Avenuë , on voyoit fur le Portique du
milieu , un Tableau de trente pieds de hauteur
dans lequel la Muſe de l'Hiſtoire
étoit repréſentée , écrivant dans un Livre
que portoit le Tems , les actions du Roi ,
dictées par la Renommée. Des Palmes &
des branches de Laurier entrelaffées achevoient
le Couronnement. Dans le retour
circulaire , étoient à droite la Statuë de la
Gloire , & à gauche celle de l'Amour de la
Patrie , chacune ſur un Piédeſtal & entre
deux Pilaſtres ..
La Constance & la Clémence étoient placées
, l'une à la gauche du Portique de la
droite ,& l'autre à la droite du Portique de
la gauche , chacune entre deux Colonnes
entourées de Guirlandes. A la droite du
premier de ces deux Portiques & à la gau
Gy
142 MERCURE DEFRANCE.
chedu ſecond s'élévoit entre deux Pilaſtres
un ſuperbe Trophée , poſé ſur un Cul de
Lampe , dans lequel étoit un Ecuffon avec
trois Lis d'Or .
Dans la façade du côté du Château , on
liſoit à l'Architrave du grand Portique cette
Infcription , Regi , Patri , Heroi. Un
Globe avec les Armes de France , foutenu
par deux Eſclaves , faifoit le Couronnement.
La Renommée au-deſſus de ceGlobe
tenoit le Portrait du Roi , tandis qu'un Genie
deſcendoit du Ciel , pour couronner
Sa Majefté . Aux pieds de la Renommée
quelques autres Genies badinoient avec
une Guirlande de fleurs. On avoit placé
aux deux côtés de ce Portique la Valeur &
la Libéralité,
6
L'Humanité & la Force occupoient dans
cette façade les mêmes places que la Conftance
& la Clémence dans la façade du côté
de l'Avenue , & la Décoration étoit terminée
de même par deux Trophées. Les Platfonds
des trois Portiques étoient revêtus
dedivers ornemens relevés en Or , & l'on
avoit peintdes Trophées dans les Cloifons.
Entre cet Arc de Triomphe & le Châreau
, étoient ſous les Armes , d'un côté
cent Enfans de douze à quatorze ans , tous
vêtus de blanc , & de l'autre la Garde de la
,
NOVEMBRE. 1744 143
Ville. Huit Compagnies Bourgeoiſes , de
cent cinquante 'hommes chacune , cinq de
la Ville-Neuve , & trois du vieux Verfailles
, bordoient le paſſage du Roi depuis
l'Arcde Triomphe juſqu'à la moitié de l'Avenuë.
Trois autres Compagnies , à cheval
, dont une avoit un Uniforme bleu
avec des Brandebourgs d'argent &les.
deux autres un Uniforme écarlate avec des
veſtes galonnées d'or , chapeaux bordés
avec des plumets , allerent au-devant du
Roi juſqu'à l'extrêmité de l'Avenue ,&
elles avoient à leur tête le Comte de Noailles
, Gouverneur de Verſailles.
: Ces trois dernieres Compagnies accom
pagnerent Sa Majesté dans le reſte de ſa
marche juſqu'au Château , qui étoit illuminé,
ainſi que l'Arc de Triomphe , avec
autant de goût que de magnificence.
Le foir , avant le fouper du Roi , la Ville
fit tirer un feu d'artifice ily eut des illu
minations dans toutes les rues , & l'on
n'entendoit de toutes parts que des acclamations
réitérées ,d'autant plus flateuſes
pour Sa Majesté , qu'on pouvoit lire dans
tous les yeux , que ces hommages étoient
rendus moins à ſon rang quà ſa per
fonne.
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4
p. 162-167
ILLUMINATION des Jardins de l'Hôtel de Pompadour
Début :
Indépendamment des fêtes données par la Ville, le même motif avoit porté [...]
Mots clefs :
Potagers, Lumières, Lampions, Terrasse, Illumination, Jardins, Pavillons, Portiques, Guirlandes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ILLUMINATION des Jardins de l'Hôtel de Pompadour
ILLUMINATION des Jardins de
l'Hôtel de Pompadour
Indépendamment des fêtes données
par la Ville , le même motif avoit porté
tous ceux qui occupent de grands Hôtels
à contribuer à la pompe des réjouiffances
, par des illuminations plus ou
moins fomptueufes , felon ce que prêtoit
de plus officieux chaque Hôtel ou
Maiſon particuliere. De toutes ces illuminations
, la plus remarquable étoit
celle des Jardins de l'Hôtel de Pompadour
, ouverts du côté des Champs -Elifées
fur une longueur d'environ cent.
cinquante toifes , & n'étant enclos que
par des foffés , qui laiffent librement
découvrir toute l'étendue de ces Jardins.
Les potagers avancent au - delà de
l'allignement des autres Jardins du
Fauxbourg Saint - Honoré d'environ
JUILLET. 1763. 163
་
quarante toifes ; enforte que l'on en
appercevoit l'illumination dès la Place ,
& que d'une certaine diftance elle paroiffoit
s'y joindre .
La premiere ligne des potagers , le
long du foffé de cent cinquante toifes
étoit ornée de grands orangers naturels
dans leurs caiffes , accouplés par des guirlandes
de fleurs qui en enchaînoient les
tiges & retomboient en feftons fur les
caiffes. Ils étoient entremêlés de gros
Ifs ou grandes girandoles de lumières
portés fur des piédeftaux peints en marbre
de diverfes couleurs , & ornés auffi
de guirlandes & feftons de fleurs. Cette
ligne étoit éclairée dans le bas par le
même cordon de terrines , très - ferrées
les unes contre les autres , qui deffinoit
tous les compartimens en treillages de
ces vaftes potagers , & par conféquent
couvroit de lumières prèfque toute
la fuperficie. A chaque extrêmité , dans
des centres d'étoiles formées par ces
compartimens , on avoit élevé un obélifque
triangulaire de trente pieds de
hauteur chacun , furmonté d'un globe ,
le tout garni en plein de lampions.
Le grand Jardin des Parterres , élevé
d'environ quatre pieds au-deffus de ces
Potagers, eft ouvert par une terrafſe ſur
164 MERCURE DE FRANCE
en partie ceintrée extérieurement &
bordée de chaque côté par de grandes
allées de maronniers.
:
L'appui de cette terraffe étoit deffiné
par des cordons de lumières & les focles
chargés de grandes girandoles. Les gradins
du perron étoient de même deffinés
par des terrines. De chaque côté de
cette terraffe on avoit conftruit deux
grands corps d'architecture en boffages
formant des pavillons carrés , fur la face
des Potagers & en retour fur ce Jardin ,
qui mafquoient & enveloppoient la
naiffance des grandes allées . Ces pavillons
joignoient à deux galleries d'environ
16 ou 17 toifes de longueur für les
potagers ; les pilaftres , les frontons, entablemens
, corniches , & généralement
toutes les parties de ces édifices: étoient
formées en plein & diftin&tement deffinées
par des lampions. Les focles dè
l'appui de l'entablement ainfi que les
acroteres portoient des vafes & gros
bouquets de lumières. Le bas des gal
leries & faces des pavillons extérieurs
du côté des potagers étoient revêtus d'un
foubaffement en compartimens de lampions
qui continuoit le long du murd'appui
de la terraffe & qui produifoit un
très-agréableeffet . Ces corps d'architectu
re formoient deux fortes maffes de lumiè
JUILLET. 1763 . 165
res expofées à la vue ,ainfi que l'illumination
des potagers dans un efpace immenfe
& qui pouvoient être apperçues
de diftances très- éloignées ; le terrein
des Champs Elifées étant à préfent entiérement
découvert.
Depuis les angles des pavillons intérieurs
le long des grandes allées qui
bordent les parterres & conduifent jufqu'à
la terraffe des appartemens, régnoit
un cordon de lumières alligné à l'appui
de la première terraffe ; il étoit interrompu
par des orangers , des grenadiers ,
des ifs de différentes formes & des pyramides
, le tout entiérement en lampions ,
entremêlés de girandoles de lumières
fur leurs piédeſtaux de marbre. Comme
ces objets étoient placés fort près les
uns des autres , ils paroiffoient fe toucher
; & fur le fond le plus heureux , produit
par la verdure des arbres paliffadés ,
on voyoit deux allées de lumières variées
qui fe terminoient à deux portiques d'ordre
dorique en baffage ornés de colonnes
accouplés & furmontés de vafes
& bouquets de lampions. Ces portiques
, joignoient la terraffe des Appartemens
qui étoit , ainfi que la première ,
deffinées en lumières , fes ficles chargés
de girandoles & fon perron tracé par
166 MERCURE DE FRANCE.
des terrines. Au fond de cette terraffe
on'avoit adoffé au Bâtiment une grande
décoration formée par un portique de
lumières ouvert en cinq arcardes proportionnées
, dont celle du milieu avec
fon couronnement , s'élévoir à plus de
cinquante pieds. Les fonds de cette,
décoration ainfi que des grands amortiffemens
qui terminoient le portique
de chaque côté , étoient en marbres de
diverfes couleurs & en dorures , le tout
chargé de lampions qui marquoient &
diftinguoient les ornemens.
avons
Entre les amortiffemens du grand
portique jufqu'au bord de la terraffe
& les portiques , dont nous
parlé, qui terminoient les allées , étoient
placées de chaque côté deux Pyramides
en lampions d'environ vingt - cinq à
trente pieds de haut , qui parroiffoient
joindre ces portiques inférieurs à celui
de la façade , par une ligne circulaire.
Enforte que toute certe brillante
décoration depuis les potagers
jufques à la face du fond des Jardins
ne formoit qu'un feul & même enfemble
lié & proportionné dans toutes
fes parties.
Dans les ceintres de chaque arcade
des portiques du fond ainfi que dans
JUILLET. 1763. 167
ceux des fenêtres des pavillons & galleries
fur les potagers étoient fufpendus
, par des guirlandes de fleurs naturelles
en feflons , des luftres de forts
lampions porportionnés aux dimenfions
des arcades .
Le milieu de ce vafte & lumineux
théâtre étoit éclairé par des terrines
qui deffinoient régulierement les deux
grands parterres , ainfi que le grand
baffin du Jardin & les ronds de fleurs
des potagers . Pour marquer plus diftin&
tement les deffeins , on avoit mis
aux angles des pots à feu qui donnoient
une lumiere plus forte que les
autres.
Il eft arrivé à cette illumination ce
qui avoit paru jufqu'alors d'une difficulté
infurmontable , c'eft de conferver
par la variété des lumières & par
leur difpofition les effets de perfpective,
& de faire diftinguer nettement tous
les plans .
L'affluence prodigieufe du Public &
fon conftant attachement jufqu'au matin
à admirer cette magnifiqne & finguliere
illumination , en fait un éloge
affez flatteur : nous nous difpenferons
de répéter ici tous ceux qui ont été déja
donnés à cet e brillante fête dans les
differentes relations qui ont paru.
l'Hôtel de Pompadour
Indépendamment des fêtes données
par la Ville , le même motif avoit porté
tous ceux qui occupent de grands Hôtels
à contribuer à la pompe des réjouiffances
, par des illuminations plus ou
moins fomptueufes , felon ce que prêtoit
de plus officieux chaque Hôtel ou
Maiſon particuliere. De toutes ces illuminations
, la plus remarquable étoit
celle des Jardins de l'Hôtel de Pompadour
, ouverts du côté des Champs -Elifées
fur une longueur d'environ cent.
cinquante toifes , & n'étant enclos que
par des foffés , qui laiffent librement
découvrir toute l'étendue de ces Jardins.
Les potagers avancent au - delà de
l'allignement des autres Jardins du
Fauxbourg Saint - Honoré d'environ
JUILLET. 1763. 163
་
quarante toifes ; enforte que l'on en
appercevoit l'illumination dès la Place ,
& que d'une certaine diftance elle paroiffoit
s'y joindre .
La premiere ligne des potagers , le
long du foffé de cent cinquante toifes
étoit ornée de grands orangers naturels
dans leurs caiffes , accouplés par des guirlandes
de fleurs qui en enchaînoient les
tiges & retomboient en feftons fur les
caiffes. Ils étoient entremêlés de gros
Ifs ou grandes girandoles de lumières
portés fur des piédeftaux peints en marbre
de diverfes couleurs , & ornés auffi
de guirlandes & feftons de fleurs. Cette
ligne étoit éclairée dans le bas par le
même cordon de terrines , très - ferrées
les unes contre les autres , qui deffinoit
tous les compartimens en treillages de
ces vaftes potagers , & par conféquent
couvroit de lumières prèfque toute
la fuperficie. A chaque extrêmité , dans
des centres d'étoiles formées par ces
compartimens , on avoit élevé un obélifque
triangulaire de trente pieds de
hauteur chacun , furmonté d'un globe ,
le tout garni en plein de lampions.
Le grand Jardin des Parterres , élevé
d'environ quatre pieds au-deffus de ces
Potagers, eft ouvert par une terrafſe ſur
164 MERCURE DE FRANCE
en partie ceintrée extérieurement &
bordée de chaque côté par de grandes
allées de maronniers.
:
L'appui de cette terraffe étoit deffiné
par des cordons de lumières & les focles
chargés de grandes girandoles. Les gradins
du perron étoient de même deffinés
par des terrines. De chaque côté de
cette terraffe on avoit conftruit deux
grands corps d'architecture en boffages
formant des pavillons carrés , fur la face
des Potagers & en retour fur ce Jardin ,
qui mafquoient & enveloppoient la
naiffance des grandes allées . Ces pavillons
joignoient à deux galleries d'environ
16 ou 17 toifes de longueur für les
potagers ; les pilaftres , les frontons, entablemens
, corniches , & généralement
toutes les parties de ces édifices: étoient
formées en plein & diftin&tement deffinées
par des lampions. Les focles dè
l'appui de l'entablement ainfi que les
acroteres portoient des vafes & gros
bouquets de lumières. Le bas des gal
leries & faces des pavillons extérieurs
du côté des potagers étoient revêtus d'un
foubaffement en compartimens de lampions
qui continuoit le long du murd'appui
de la terraffe & qui produifoit un
très-agréableeffet . Ces corps d'architectu
re formoient deux fortes maffes de lumiè
JUILLET. 1763 . 165
res expofées à la vue ,ainfi que l'illumination
des potagers dans un efpace immenfe
& qui pouvoient être apperçues
de diftances très- éloignées ; le terrein
des Champs Elifées étant à préfent entiérement
découvert.
Depuis les angles des pavillons intérieurs
le long des grandes allées qui
bordent les parterres & conduifent jufqu'à
la terraffe des appartemens, régnoit
un cordon de lumières alligné à l'appui
de la première terraffe ; il étoit interrompu
par des orangers , des grenadiers ,
des ifs de différentes formes & des pyramides
, le tout entiérement en lampions ,
entremêlés de girandoles de lumières
fur leurs piédeſtaux de marbre. Comme
ces objets étoient placés fort près les
uns des autres , ils paroiffoient fe toucher
; & fur le fond le plus heureux , produit
par la verdure des arbres paliffadés ,
on voyoit deux allées de lumières variées
qui fe terminoient à deux portiques d'ordre
dorique en baffage ornés de colonnes
accouplés & furmontés de vafes
& bouquets de lampions. Ces portiques
, joignoient la terraffe des Appartemens
qui étoit , ainfi que la première ,
deffinées en lumières , fes ficles chargés
de girandoles & fon perron tracé par
166 MERCURE DE FRANCE.
des terrines. Au fond de cette terraffe
on'avoit adoffé au Bâtiment une grande
décoration formée par un portique de
lumières ouvert en cinq arcardes proportionnées
, dont celle du milieu avec
fon couronnement , s'élévoir à plus de
cinquante pieds. Les fonds de cette,
décoration ainfi que des grands amortiffemens
qui terminoient le portique
de chaque côté , étoient en marbres de
diverfes couleurs & en dorures , le tout
chargé de lampions qui marquoient &
diftinguoient les ornemens.
avons
Entre les amortiffemens du grand
portique jufqu'au bord de la terraffe
& les portiques , dont nous
parlé, qui terminoient les allées , étoient
placées de chaque côté deux Pyramides
en lampions d'environ vingt - cinq à
trente pieds de haut , qui parroiffoient
joindre ces portiques inférieurs à celui
de la façade , par une ligne circulaire.
Enforte que toute certe brillante
décoration depuis les potagers
jufques à la face du fond des Jardins
ne formoit qu'un feul & même enfemble
lié & proportionné dans toutes
fes parties.
Dans les ceintres de chaque arcade
des portiques du fond ainfi que dans
JUILLET. 1763. 167
ceux des fenêtres des pavillons & galleries
fur les potagers étoient fufpendus
, par des guirlandes de fleurs naturelles
en feflons , des luftres de forts
lampions porportionnés aux dimenfions
des arcades .
Le milieu de ce vafte & lumineux
théâtre étoit éclairé par des terrines
qui deffinoient régulierement les deux
grands parterres , ainfi que le grand
baffin du Jardin & les ronds de fleurs
des potagers . Pour marquer plus diftin&
tement les deffeins , on avoit mis
aux angles des pots à feu qui donnoient
une lumiere plus forte que les
autres.
Il eft arrivé à cette illumination ce
qui avoit paru jufqu'alors d'une difficulté
infurmontable , c'eft de conferver
par la variété des lumières & par
leur difpofition les effets de perfpective,
& de faire diftinguer nettement tous
les plans .
L'affluence prodigieufe du Public &
fon conftant attachement jufqu'au matin
à admirer cette magnifiqne & finguliere
illumination , en fait un éloge
affez flatteur : nous nous difpenferons
de répéter ici tous ceux qui ont été déja
donnés à cet e brillante fête dans les
differentes relations qui ont paru.
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