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1
p. 257-274
Mariage de M. le Marquis de Beringhen, & de Mademoiselle d'Aumont. [titre d'après la table]
Début :
Je quite la Cour pour la Cour. En effet, Madame, [...]
Mots clefs :
Mademoiselle d'Aumont, Marquis de Beringhen, Cour, Mariage, Ordre, Chevalier de Malthe, Maison, Boulogne, Parure, Souper, Table, Dames, Opéra, Monsieur Le Tellier
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texteReconnaissance textuelle : Mariage de M. le Marquis de Beringhen, & de Mademoiselle d'Aumont. [titre d'après la table]
Je quite la Cour pour la Cour.. En effet , Madame , je croy ne m'en éloigner pas , en vous par- lant d'un Mariage qui a donné lieu icy depuis peu à une Feſte tres-magnifique. M. le Marquis de Beringhen a épousé Made- moifelled'Aumont. Je croy,Ma
GALANT. 165 dame , que vous ne demanderez pas d'autres preuves de ſa No- bleſſe , que celles qu'il a don- nées en ſe faiſant recevoir Chevalier de Malte; elles font affez
rigoureuſes pour tenir lieu de Titre de Nobleſſe. Peut- eftre
ferez-vous ſurpriſe qu'un Che- valier de Malte ſe marie ; mais
les Chevaliers de cet Ordre ne
font leurs Vœux qu'à vingt- cinq ans , & il ne les avoit pas.
Ce Marquis eſt d'une des plus anciennes Familles des Païs- Bas .
Son Grand-Pere eſtoit fort conſideré de Henry I V. qui l'em- -ploya en pluſieurs Négotiations .importantes aupres des Princes d'Allemagne. M. le Comte de Beringhen ſon Pereeſt Premier Ecuyer du Roy ( dont ilala fur- vivance)Gouverneur des Citadelles de Marseille, & Chevalier
166 LE MERCVRE
د
une
des Ordres du Roy. C'eſt un parfaitement honneſte - Hom- me , à qui une grande modeſtie en toutes chofes , une fidelité éprouvée , une exactitude de probité qui ne ſe rencontre pas en tout le monde prudence reconnuë , &une fa- geſſe qu'on admire , ont acquis l'eſtime de toute la Cour. Madame de Beringhen ſa Fem- me eſtoit Fille de feu Monfieur
le marquis d'Uxelles , Gouver- neurde Châlons. Cette Famille
originaire de Bourgogne , eſt affez connuë par ſes ſervices &
fon ancienneté. Le nomd'Uxelles afaitbruit dansles Armées.
Pluſieurs qui le portoient , en ont commandé , &pluſieurs y
font morts l'Epée àlamain pour le ſervice de leur Prince. Le
Marié eſt bien fait , de belle
GALAN T. 167
taille , il a de l'eſprit & du me- rite ;&dans pluſieurs rencon-- tres qui ont fait paroiſtre ſon courage, il s'eſt montré digne Heritierde celuy de feu M. le Marquisde Beringhen fon Fre- re , qui fut tué devant Beſan- çon. Comme il eſt demeuré Chefde ſa Famille , le Roy qui le confidere , luy a défendu de s'expoſer davantage , & par cet- te marque d'eſtime il a voulu faire connoiſtre à Monfieur le
Premier la bienveillance parti- culiere dont il l'honore. La Mariée eſt Fillede M. le Ducd'Aumont , Premier Gentilhomme
de la Chambre , Gouverneur
de Boulogne & du Païs Boulo- nois. Il avoit épousé enpremie- res Nopces une Fille de Mon- fieur le Tellier , Chevalier &
Tréſorier des Ordres duRoy,
168 LE MERCVRE
Marquis de Louvois , Seigneur de Chaville , Miniſtre & Secretaire d'Etat ; & c'eſt de ce Mariage qu'eſt mademoiselled'Au- mont dont je vous parle. Elle
eſt bien faite , a une fortgran- de jeuneſſe , &c'eſt un Charme qu'elle ſoûtient par beaucoup d'autres qui la rendent toute ai- mable. J'aurois beaucoup àvous
dire , madame , fur ce qui regar- de la Maiſon d'Aumont. Elle eſt
remplie d'un nombre infiny de grands Perſonnages , Cheva- liers des Ordres , mareſchaux
de France , Gouverneurs de
Provinces , & autres qui ont *poffedé les plus belles Charges del'Etat. Avant l'an 1381.Pier- re d'Aumont fut Chambellan
des Roys Jean & CharlesV. Et Pierre II. fi renommé dans l'Hiſtoire , le fut de Charles VI. &
Garde
GALANT. 169
Garde de l'Oriflame de France.
Jean Sire d'Aumont , qui vivoit - avant l'an 1595. reçeut le Ba- ſton de Mareſchal , qu'il merita par quantité degrandes Actions qu'il fit à une infinité de Sieges &de Batailles. Je ne vousdiray
rien de celles de feu M. le Ма-
_reſchal d'Aumont , Pere du
Duc qui porte aujourd'huy ce nom. Comme ila veſcu de nos
jours , il n'y a perſonne qui ne les ſcache. Il eſt mort Gouver neurde Paris , & l'eſtoit encor
de Boulogne &du Païs Boulonois. C'eſt un Gouvernement
attaché des lõgtemps à leur Fa- mille , qui eſt entrée dans les plusgrandes Alliaces.Vous n'en douterez pas , quand je vous ✓ auray dit que Jean VI. d'Au- mont avoit épousé Antoinette Chabot ſeconde Fille de Philip- Tome VIII. H
170 LE MERCVRE
pe Chabot Comte de Garny &
de Buzançois , Sieur de Brion ,
Admiral de France , & Gouverneur de Bourgogne , & de Françoiſe LonguyDamedePai- gny , Sœur aifnée de Jaqueline de Longuy Ducheſſe de Mont- penfier , Trifayeule maternelle d'Anne Marie Loüiſe d'Orleans,
Souveraine de Dombes , Princeffe de la Roche-fur-Yon, &
Ducheſſe de Montpenfier. Le jourdu mariage eſtant arreſté ,
on prit les ordres de Monfieur le
Ducd'Aumont. Comme il s'entend admirablement àtout, c'eſt
un des premiers Hommes du monde à n'en donner quede ju- ſtes ſur les grandes choſes. Sa prévoyance en facilite l'execu- tion , &il explique toûjours ſi.
bien ce qu'il penſe , qu'on entre ans peinedans tout ce qu'ils'eſt
GALAN T. 171
imaginé. La Nopce ſe fit dans fon Hoſtel. Il eſt d'une beauté
ſurprenante ; rien n'égale celle des Apartemens, ils font &di- féremment conſtruits , & diféremment ornez. Touty eſt d'u- ne magnificence achevée ; la propreté ſemble y difputer de prix avec la ſomptuoſité des Meubles ; Raretez partout , par tout Tableaux admirables &des
plusgrands maiſtres ; & ce qui frape furtoutes choſes, ce font pluſieurs Portraits antiques des Deſcendans de cette maiſon,qui marquentje ne-ſçay-quoy de fi noble &de fi grand , qu'il fuf- firoient preſque pour en perfua- derl'ancienneté.Vousvous imaginez aſſez la joyequiéclata fur le viſage detous les Intereſſez ſans que je m'arreſte à vous la dépeindre. Le marié parut l'air
د
Hij
172 LE MERCVRE
content , d'une parure magnifi- que, propre&bien entenduë ,
&foûtint cettegrade feſte avec un agrément toutparticulier.La Mariéequi demeuroit chezM
leTellierdepuis qu'elle eſt for- tiedu Convent, & qui a beau- coup profité de l'exemple de Madamele Tellier,dont chacun connoiſt le bon ſens &la piete,
arriva ſur les huit heures du
foir. Quoyqu'elle brillaſt d'une infinité de Pierreries, ſa Perſon- ne la paroit encor plus que tou- te autre chofe. Ellevint avecun
petit air ſérieux&nonchalant,
qui luy donnoitune gracemer- veilleufe , & jamais à quatorze ans onne s'eſt mieux tiré d'une
illuftre & grande Compagnie affembléepourelle feule, &das unjour où les Filles font le plus ſeverement critiquées. La Salle
2
GALAN T. 173 du Souper eſtoit éclairée d'un nombre infiny de Luftres. Il y
en avoitſur la Table de toutes
fortesde manieres, c'eſtoit commeun Theatrequi regnoitdans le milieu, maisdont la longueur ne caufoit aucunembarras.Tout
futfervy avec une propreté &
aune magnificence inconceva- ble. De chaque coſté de laTa- ble il y avoit deux rangs de vingt - cinq Plats chacun , qui faiſoiet centPlats en tout,& ces
centPlats furent relevez quatre fois. Le Fruit , & tout ce qu'il y a deplus delicat &de plus dé- licieux pour compoſer le plus ſuperbe Deſſert , eſtoit ſervy aumilieu de toute la longueur de la Table , dans des Baffins
de vermeil cizelé de diferentes
formes , &garnis en Pyramides tres-hautes de tout cequ'on ſe
Hiij
174 LE MERCVRE
peut imaginer de propre à ſatiſ- faire le gouft ; le tout dans des Porcelaines fines qui estoient là de toutes les fortes. Cette efpe- cede Montagne queformoit ce magnifique Deſſert , &qui fut trouvéeſur la Table en s'y met- tant , ne fatisfaifoit pas moins
les yeux. Quoyqu'il euſt de la fimetrie , il y avoit des endroits irréguliers , la juſteſſe ſe trou- voitdans leur inégalité , &on voyoit partout une agreabledi- verſité de couleurs. A chaque coſté du Fruit il y avoit des Flambeaux de vermeil du haut
de la Tablejuſqu'au bas,& com- me il eſtoit difficile qu'on pût ſervirfans confufion les quatre cens Plats quifurent mis àdou- ble rang des deux coſtez en quatre diférens Services , le Maistre -d'Hoſtel ſe ſervit de
GALANT. 175
aquelqu'un AUE DE LAVILL
1893
précaution. Il ranga tous ceux qui portoient leurs Plats, vis-à- vis des endroits où ils devoient
eſtreplacez , de forte qu'enpaf- fant entre leurs rangs , il les po- foit en unmoment ſur la Table
fans aucundeſordre. Cela fitdiz
re agreablement cauſe des rangs , qu'il croyoit voin N
un Exercice de Gens de Guerre. Si
la ſuite n'en eſtoit pas plus dan gereuſe , les Recruës ſe feroient facilement. Laricheſſe du Buffet ſurpaſſe l'imagination ; il eſtoit toutdevermeil , & on ne
vitjamais une ſi grande quanti- téde Vaſes cizelez. Pendant le
Souper,les Violons du Royjoüe- rent dans un grand Sallon qui répondoit à la Salle. Les Dames qui en furent eſtoient ( ſouvenez- vous je vous prie que je ne leurdonne aucun rang )Mefda Hiiij
176 LE MERCVRE
mes le Tellier , d'Aumont , de
Louvois , de Flez , dela Mote ,
dUxelles, de Frontenac,de Soubiſe , de Foix , de Coaquin , de Chaſteauneuf , de la Ferté , &
Mademoiselle d'Aumont, Fille
du feu Marquis de ce nom. Ces
dernieres eſtoient magnifique- mentparées. Au fortir de laTa- ble , on montadans des Aparte- mens enchantez. Les belles
Voix del'Opéra s'y trouverents Ia Symphonie les ſeconda , & à
minuit le Mariage fut celebré.
Je ne vous parle pointdes riches & brillans Préfens qui ont eſté faits à la Mariće parMonfieur le Tellier & Mr le Premier, je vous diray ſeulement que ceux de M'le Marquis de Louvois , &de M. l'Archeveſque de Rheims ,
fes Oncles, ont fort paru. Jugez ſi luy ayant donné unAmeuble
GALANT. 177
ment de Chambre d'argent , &
tout ce qui peut ſervir à l'orner,
il peut y avoir eu rien de plus magnifique.Je tiens ces Particu- laritez d'une belle Damequi a
plus de part que moy à cette Deſcription. Comme elle a infiniment de l'eſprit , je n'ay fait que ſuivre fidellementſes idées.
GALANT. 165 dame , que vous ne demanderez pas d'autres preuves de ſa No- bleſſe , que celles qu'il a don- nées en ſe faiſant recevoir Chevalier de Malte; elles font affez
rigoureuſes pour tenir lieu de Titre de Nobleſſe. Peut- eftre
ferez-vous ſurpriſe qu'un Che- valier de Malte ſe marie ; mais
les Chevaliers de cet Ordre ne
font leurs Vœux qu'à vingt- cinq ans , & il ne les avoit pas.
Ce Marquis eſt d'une des plus anciennes Familles des Païs- Bas .
Son Grand-Pere eſtoit fort conſideré de Henry I V. qui l'em- -ploya en pluſieurs Négotiations .importantes aupres des Princes d'Allemagne. M. le Comte de Beringhen ſon Pereeſt Premier Ecuyer du Roy ( dont ilala fur- vivance)Gouverneur des Citadelles de Marseille, & Chevalier
166 LE MERCVRE
د
une
des Ordres du Roy. C'eſt un parfaitement honneſte - Hom- me , à qui une grande modeſtie en toutes chofes , une fidelité éprouvée , une exactitude de probité qui ne ſe rencontre pas en tout le monde prudence reconnuë , &une fa- geſſe qu'on admire , ont acquis l'eſtime de toute la Cour. Madame de Beringhen ſa Fem- me eſtoit Fille de feu Monfieur
le marquis d'Uxelles , Gouver- neurde Châlons. Cette Famille
originaire de Bourgogne , eſt affez connuë par ſes ſervices &
fon ancienneté. Le nomd'Uxelles afaitbruit dansles Armées.
Pluſieurs qui le portoient , en ont commandé , &pluſieurs y
font morts l'Epée àlamain pour le ſervice de leur Prince. Le
Marié eſt bien fait , de belle
GALAN T. 167
taille , il a de l'eſprit & du me- rite ;&dans pluſieurs rencon-- tres qui ont fait paroiſtre ſon courage, il s'eſt montré digne Heritierde celuy de feu M. le Marquisde Beringhen fon Fre- re , qui fut tué devant Beſan- çon. Comme il eſt demeuré Chefde ſa Famille , le Roy qui le confidere , luy a défendu de s'expoſer davantage , & par cet- te marque d'eſtime il a voulu faire connoiſtre à Monfieur le
Premier la bienveillance parti- culiere dont il l'honore. La Mariée eſt Fillede M. le Ducd'Aumont , Premier Gentilhomme
de la Chambre , Gouverneur
de Boulogne & du Païs Boulo- nois. Il avoit épousé enpremie- res Nopces une Fille de Mon- fieur le Tellier , Chevalier &
Tréſorier des Ordres duRoy,
168 LE MERCVRE
Marquis de Louvois , Seigneur de Chaville , Miniſtre & Secretaire d'Etat ; & c'eſt de ce Mariage qu'eſt mademoiselled'Au- mont dont je vous parle. Elle
eſt bien faite , a une fortgran- de jeuneſſe , &c'eſt un Charme qu'elle ſoûtient par beaucoup d'autres qui la rendent toute ai- mable. J'aurois beaucoup àvous
dire , madame , fur ce qui regar- de la Maiſon d'Aumont. Elle eſt
remplie d'un nombre infiny de grands Perſonnages , Cheva- liers des Ordres , mareſchaux
de France , Gouverneurs de
Provinces , & autres qui ont *poffedé les plus belles Charges del'Etat. Avant l'an 1381.Pier- re d'Aumont fut Chambellan
des Roys Jean & CharlesV. Et Pierre II. fi renommé dans l'Hiſtoire , le fut de Charles VI. &
Garde
GALANT. 169
Garde de l'Oriflame de France.
Jean Sire d'Aumont , qui vivoit - avant l'an 1595. reçeut le Ba- ſton de Mareſchal , qu'il merita par quantité degrandes Actions qu'il fit à une infinité de Sieges &de Batailles. Je ne vousdiray
rien de celles de feu M. le Ма-
_reſchal d'Aumont , Pere du
Duc qui porte aujourd'huy ce nom. Comme ila veſcu de nos
jours , il n'y a perſonne qui ne les ſcache. Il eſt mort Gouver neurde Paris , & l'eſtoit encor
de Boulogne &du Païs Boulonois. C'eſt un Gouvernement
attaché des lõgtemps à leur Fa- mille , qui eſt entrée dans les plusgrandes Alliaces.Vous n'en douterez pas , quand je vous ✓ auray dit que Jean VI. d'Au- mont avoit épousé Antoinette Chabot ſeconde Fille de Philip- Tome VIII. H
170 LE MERCVRE
pe Chabot Comte de Garny &
de Buzançois , Sieur de Brion ,
Admiral de France , & Gouverneur de Bourgogne , & de Françoiſe LonguyDamedePai- gny , Sœur aifnée de Jaqueline de Longuy Ducheſſe de Mont- penfier , Trifayeule maternelle d'Anne Marie Loüiſe d'Orleans,
Souveraine de Dombes , Princeffe de la Roche-fur-Yon, &
Ducheſſe de Montpenfier. Le jourdu mariage eſtant arreſté ,
on prit les ordres de Monfieur le
Ducd'Aumont. Comme il s'entend admirablement àtout, c'eſt
un des premiers Hommes du monde à n'en donner quede ju- ſtes ſur les grandes choſes. Sa prévoyance en facilite l'execu- tion , &il explique toûjours ſi.
bien ce qu'il penſe , qu'on entre ans peinedans tout ce qu'ils'eſt
GALAN T. 171
imaginé. La Nopce ſe fit dans fon Hoſtel. Il eſt d'une beauté
ſurprenante ; rien n'égale celle des Apartemens, ils font &di- féremment conſtruits , & diféremment ornez. Touty eſt d'u- ne magnificence achevée ; la propreté ſemble y difputer de prix avec la ſomptuoſité des Meubles ; Raretez partout , par tout Tableaux admirables &des
plusgrands maiſtres ; & ce qui frape furtoutes choſes, ce font pluſieurs Portraits antiques des Deſcendans de cette maiſon,qui marquentje ne-ſçay-quoy de fi noble &de fi grand , qu'il fuf- firoient preſque pour en perfua- derl'ancienneté.Vousvous imaginez aſſez la joyequiéclata fur le viſage detous les Intereſſez ſans que je m'arreſte à vous la dépeindre. Le marié parut l'air
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Hij
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content , d'une parure magnifi- que, propre&bien entenduë ,
&foûtint cettegrade feſte avec un agrément toutparticulier.La Mariéequi demeuroit chezM
leTellierdepuis qu'elle eſt for- tiedu Convent, & qui a beau- coup profité de l'exemple de Madamele Tellier,dont chacun connoiſt le bon ſens &la piete,
arriva ſur les huit heures du
foir. Quoyqu'elle brillaſt d'une infinité de Pierreries, ſa Perſon- ne la paroit encor plus que tou- te autre chofe. Ellevint avecun
petit air ſérieux&nonchalant,
qui luy donnoitune gracemer- veilleufe , & jamais à quatorze ans onne s'eſt mieux tiré d'une
illuftre & grande Compagnie affembléepourelle feule, &das unjour où les Filles font le plus ſeverement critiquées. La Salle
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GALAN T. 173 du Souper eſtoit éclairée d'un nombre infiny de Luftres. Il y
en avoitſur la Table de toutes
fortesde manieres, c'eſtoit commeun Theatrequi regnoitdans le milieu, maisdont la longueur ne caufoit aucunembarras.Tout
futfervy avec une propreté &
aune magnificence inconceva- ble. De chaque coſté de laTa- ble il y avoit deux rangs de vingt - cinq Plats chacun , qui faiſoiet centPlats en tout,& ces
centPlats furent relevez quatre fois. Le Fruit , & tout ce qu'il y a deplus delicat &de plus dé- licieux pour compoſer le plus ſuperbe Deſſert , eſtoit ſervy aumilieu de toute la longueur de la Table , dans des Baffins
de vermeil cizelé de diferentes
formes , &garnis en Pyramides tres-hautes de tout cequ'on ſe
Hiij
174 LE MERCVRE
peut imaginer de propre à ſatiſ- faire le gouft ; le tout dans des Porcelaines fines qui estoient là de toutes les fortes. Cette efpe- cede Montagne queformoit ce magnifique Deſſert , &qui fut trouvéeſur la Table en s'y met- tant , ne fatisfaifoit pas moins
les yeux. Quoyqu'il euſt de la fimetrie , il y avoit des endroits irréguliers , la juſteſſe ſe trou- voitdans leur inégalité , &on voyoit partout une agreabledi- verſité de couleurs. A chaque coſté du Fruit il y avoit des Flambeaux de vermeil du haut
de la Tablejuſqu'au bas,& com- me il eſtoit difficile qu'on pût ſervirfans confufion les quatre cens Plats quifurent mis àdou- ble rang des deux coſtez en quatre diférens Services , le Maistre -d'Hoſtel ſe ſervit de
GALANT. 175
aquelqu'un AUE DE LAVILL
1893
précaution. Il ranga tous ceux qui portoient leurs Plats, vis-à- vis des endroits où ils devoient
eſtreplacez , de forte qu'enpaf- fant entre leurs rangs , il les po- foit en unmoment ſur la Table
fans aucundeſordre. Cela fitdiz
re agreablement cauſe des rangs , qu'il croyoit voin N
un Exercice de Gens de Guerre. Si
la ſuite n'en eſtoit pas plus dan gereuſe , les Recruës ſe feroient facilement. Laricheſſe du Buffet ſurpaſſe l'imagination ; il eſtoit toutdevermeil , & on ne
vitjamais une ſi grande quanti- téde Vaſes cizelez. Pendant le
Souper,les Violons du Royjoüe- rent dans un grand Sallon qui répondoit à la Salle. Les Dames qui en furent eſtoient ( ſouvenez- vous je vous prie que je ne leurdonne aucun rang )Mefda Hiiij
176 LE MERCVRE
mes le Tellier , d'Aumont , de
Louvois , de Flez , dela Mote ,
dUxelles, de Frontenac,de Soubiſe , de Foix , de Coaquin , de Chaſteauneuf , de la Ferté , &
Mademoiselle d'Aumont, Fille
du feu Marquis de ce nom. Ces
dernieres eſtoient magnifique- mentparées. Au fortir de laTa- ble , on montadans des Aparte- mens enchantez. Les belles
Voix del'Opéra s'y trouverents Ia Symphonie les ſeconda , & à
minuit le Mariage fut celebré.
Je ne vous parle pointdes riches & brillans Préfens qui ont eſté faits à la Mariće parMonfieur le Tellier & Mr le Premier, je vous diray ſeulement que ceux de M'le Marquis de Louvois , &de M. l'Archeveſque de Rheims ,
fes Oncles, ont fort paru. Jugez ſi luy ayant donné unAmeuble
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ment de Chambre d'argent , &
tout ce qui peut ſervir à l'orner,
il peut y avoir eu rien de plus magnifique.Je tiens ces Particu- laritez d'une belle Damequi a
plus de part que moy à cette Deſcription. Comme elle a infiniment de l'eſprit , je n'ay fait que ſuivre fidellementſes idées.
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Résumé : Mariage de M. le Marquis de Beringhen, & de Mademoiselle d'Aumont. [titre d'après la table]
Le texte relate le mariage récent entre le Marquis de Beringhen et Mademoiselle d'Aumont. Le Marquis de Beringhen provient d'une des plus anciennes familles des Pays-Bas et a été reçu Chevalier de Malte, bien qu'il n'ait pas encore prononcé ses vœux. Son grand-père était considéré par Henri IV, et son père était Premier Écuyer du Roi et Gouverneur des citadelles de Marseille. La mariée, Mademoiselle d'Aumont, est la fille du Duc d'Aumont, Premier Gentilhomme de la Chambre et Gouverneur de Boulogne. La famille d'Aumont est connue pour ses services militaires et ses hautes charges à la cour. Le mariage a été célébré avec une grande magnificence. La fête s'est déroulée dans l'hôtel du Duc d'Aumont, décoré somptueusement avec des meubles rares et des tableaux de maîtres. La mariée, âgée de quatorze ans, a impressionné par sa grâce et son aisance. Le souper était somptueux, avec cent plats relevés quatre fois et un dessert luxueux. La soirée a été animée par les violons du Roi et des voix de l'Opéra. Des présents magnifiques ont été offerts à la mariée, notamment un ameublement de chambre en argent par le Marquis de Louvois et l'Archevêque de Reims.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 336-341
Le Roy donne la mesme Charge à Monsieur le Tellier. [titre d'après la table]
Début :
Cependant je ne puis m'empescher de parler de Monsieur [...]
Mots clefs :
Monsieur Le Tellier, Ministre, Charge, Chancelier, Garde des sceaux, Mérite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Roy donne la mesme Charge à Monsieur le Tellier. [titre d'après la table]
Cependant je ne puism'empécher de parler de M. le Tellier, pour apprendre da bonneheu- re à la France les avantages qu'elle doit tirer du choix que Sa Majefté.
vient de faire de ce Miniſtre pour la Charge de Chancelier &Garde des Sceaux de France. Me le Tellier, apres avoir paſſe pluſieurs années dans les Charges de Procureur du Roy au Chaſtelet &de Conſeiller au Grand
Conſeil , où il eut pluſieurs Commif
130 LE MERCVRE fions importantes, fut fait Maiſtre des Requeſtes , &en ſuite Intendant du Roy dans ſon Armée en Piémont,
puis ſon Amabaſſadeur aupres de Leurs Alteſſes Royales de Savoye ;
d'où eſtant revenu ,la Cour eftant per- fuadéedeſon merite par les Services importans qu'il avoit rendus à la Cou- ronne dans ces diférens Emplois,il fut choiſypar la ReyneMeredu Roypen- dant ſa Régence , pour eftre l'un des Secretaires d'Etat. Le Département de laGuerre luy eſtant échû, il ſervitdans cette Charge d'une maniere ſi utile à
l'Etat , & fi agreable aux Gens de Guerre , qu'on luy remit bientoſt le foindetoutes les Affaires qui la regar- doient. Il entra quelque temps apres dans le Conſeil enqualitéde Miniſtre.
Sa prudence y atoûjours paru ,& fon zele y a toûjours éclaté pour le Servi ce duRoy. Il a ſervy ce Prince pens dant les temps les plus difficiles ,avec une fidelité à l'épreuve de toutes cho- fes;&lamaniere dont il a veſcu avec
ceux qui s'écartoientde ce qu'ils de voient à leur Souverain ,leur a tou
GALANT. 213.F
B
F
1
jours fait appréhender ſes remontran- ées,& lors qu'ils ont voulu rentrer dans leur devoir, ils ont tenté pluſieurs foisd'obtenir leur pardon pat fon mo- yen ,ne connoiffant perſonne en qui l'on pût mettre plus ſeûrement en dé- poſt ſon honneur&ſa vie. De fi gran- des qualitez luy ontacquisenpluſieurs temps de grands honneurs , & luy avoient donné la confidence entiere de
la Reyne Mere ,dont il a reçeu des marques éclatantes par ſonTeftament &par les dernieres actions de ſa vie.. Tantde choſes avantageuſes luy ont attiréune conſidération particuliere du Grand Prince qu'il ſert aujourd'huy.
Onatoûjours admiréen luy une mo- dération ſans exemple, quela Fortune &les Honneurs n'ont jamais pu cor rompre ; mais parmy ces avantages il doit compter celuy d'avoir un Fils qui fert ſi bien & le Roy & l'Etat. Ie ne m'étendray point davantage ſur les grandesqualitez de ces deuxMiniſtres,
ils font tous deux imcomparables, &je dirayſeulement encorune fois ce que toute laTerre doit publier avec moys
232 LE MERCVRE CeChancelierchoiſy par le plusgrand des Roys pour remplir la premiere Chargede ſon Royaume , adonné un Homme à SaMajesté qui ſçait parfai- tement executer toutes les volontez de
cepuiſſantMonarque,&qui faitreüif- firdes chofer quin'ont jamais eſté me- ditées que par un ſi grand Roy , ny executées que par un ſi grandMini- Are.
ALyon ce 6. Novembre 1677.
vient de faire de ce Miniſtre pour la Charge de Chancelier &Garde des Sceaux de France. Me le Tellier, apres avoir paſſe pluſieurs années dans les Charges de Procureur du Roy au Chaſtelet &de Conſeiller au Grand
Conſeil , où il eut pluſieurs Commif
130 LE MERCVRE fions importantes, fut fait Maiſtre des Requeſtes , &en ſuite Intendant du Roy dans ſon Armée en Piémont,
puis ſon Amabaſſadeur aupres de Leurs Alteſſes Royales de Savoye ;
d'où eſtant revenu ,la Cour eftant per- fuadéedeſon merite par les Services importans qu'il avoit rendus à la Cou- ronne dans ces diférens Emplois,il fut choiſypar la ReyneMeredu Roypen- dant ſa Régence , pour eftre l'un des Secretaires d'Etat. Le Département de laGuerre luy eſtant échû, il ſervitdans cette Charge d'une maniere ſi utile à
l'Etat , & fi agreable aux Gens de Guerre , qu'on luy remit bientoſt le foindetoutes les Affaires qui la regar- doient. Il entra quelque temps apres dans le Conſeil enqualitéde Miniſtre.
Sa prudence y atoûjours paru ,& fon zele y a toûjours éclaté pour le Servi ce duRoy. Il a ſervy ce Prince pens dant les temps les plus difficiles ,avec une fidelité à l'épreuve de toutes cho- fes;&lamaniere dont il a veſcu avec
ceux qui s'écartoientde ce qu'ils de voient à leur Souverain ,leur a tou
GALANT. 213.F
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jours fait appréhender ſes remontran- ées,& lors qu'ils ont voulu rentrer dans leur devoir, ils ont tenté pluſieurs foisd'obtenir leur pardon pat fon mo- yen ,ne connoiffant perſonne en qui l'on pût mettre plus ſeûrement en dé- poſt ſon honneur&ſa vie. De fi gran- des qualitez luy ontacquisenpluſieurs temps de grands honneurs , & luy avoient donné la confidence entiere de
la Reyne Mere ,dont il a reçeu des marques éclatantes par ſonTeftament &par les dernieres actions de ſa vie.. Tantde choſes avantageuſes luy ont attiréune conſidération particuliere du Grand Prince qu'il ſert aujourd'huy.
Onatoûjours admiréen luy une mo- dération ſans exemple, quela Fortune &les Honneurs n'ont jamais pu cor rompre ; mais parmy ces avantages il doit compter celuy d'avoir un Fils qui fert ſi bien & le Roy & l'Etat. Ie ne m'étendray point davantage ſur les grandesqualitez de ces deuxMiniſtres,
ils font tous deux imcomparables, &je dirayſeulement encorune fois ce que toute laTerre doit publier avec moys
232 LE MERCVRE CeChancelierchoiſy par le plusgrand des Roys pour remplir la premiere Chargede ſon Royaume , adonné un Homme à SaMajesté qui ſçait parfai- tement executer toutes les volontez de
cepuiſſantMonarque,&qui faitreüif- firdes chofer quin'ont jamais eſté me- ditées que par un ſi grand Roy , ny executées que par un ſi grandMini- Are.
ALyon ce 6. Novembre 1677.
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Résumé : Le Roy donne la mesme Charge à Monsieur le Tellier. [titre d'après la table]
Le texte relate la nomination de Michel Le Tellier au poste de Chancelier et Garde des Sceaux de France par le Roi. Le Tellier a occupé plusieurs fonctions prestigieuses, telles que Procureur du Roi au Châtelet, Conseiller au Grand Conseil, Maître des Requêtes, Intendant de l'Armée en Piémont et Ambassadeur auprès des Altesses Royales de Savoie. Il a ensuite été choisi par la Reine Mère pour devenir Secrétaire d'État, où il a dirigé le Département de la Guerre avec succès. Sa prudence et son dévouement au service du Roi ont été reconnus, même dans les périodes difficiles. Sa réputation d'intégrité et de loyauté lui a valu la confiance de la Reine Mère et du Roi. Le Tellier est décrit comme un homme capable d'exécuter parfaitement les volontés du monarque. Le document souligne également les qualités exceptionnelles de son fils, qui sert également le Roi et l'État. Le texte est daté du 6 novembre 1677.
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p. 196-200
Complimens faits à M. le Tellier par M. Iassaut Doyen des Maistres des Requestes, M. Varoquier President au Bureau des Finances, & M. Berrier Secretaire du Conseil. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay déja dit beaucoup de choses de Monsieur [...]
Mots clefs :
Monsieur Le Tellier, Maîtres des requêtes, Compliments, Compagnies, Charge, Bureau des finances, Secrétaire
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texteReconnaissance textuelle : Complimens faits à M. le Tellier par M. Iassaut Doyen des Maistres des Requestes, M. Varoquier President au Bureau des Finances, & M. Berrier Secretaire du Conseil. [titre d'après la table]
Je vous ay dejadit beaucoup de choſes de Monfieur le TellierqueleRoyluy adonnépour Succeſſeur. Si-toſt qu'il eutprê- té le Serment accouſtumé, Mefſieurs les Maiſtres des Requê- tes , les Treſoriersde France de
Paris , & les Secretaires du Roy,
luy allerent faire leurs Compli- mens , ces trois Ordres d'Officiers ayant d'autant plus d'obli- gationdeprévenir toutesles autres Compagnies , qu'ils preſtent eux-meſmes le Serment de fidelité au Roy entre les mains des Chanceliers de France , à cauſe
de l'ancienne Dignité de leurs Charges , & de ce qu'ils font Commenſaux de la Maiſon du
Fij
124 LE MERCVRE Roy. M. Taſſaut , Doyen des Maiſtres des Requeſtes porta la parole pour leur Corps , & s'en acquita fort dignement. M. de Vvaroquier , Chevalier de l'un des Ordres du Roy , Preſident
au Bureau des Finances , Gen- tilhomme de noble & ancienne
Maiſon des Pays-Bas , & d'un merite connu , parla pour les Treſoriersde France , &parla à
ſon ordinaire , c'eſt àdire en ter- mes aiſez & infinuans , qui ſen- tent plus ſon Homme de Quali- té , qu'un Orateurqui veut dé- ployer ſon éloquence. Il loüa particulierement comme il le dévoit, ledigne choix de noſtre Auguſte Monarque qui avoit rendu la juſtice qui eſtoit deuë aux longs & confiderables fer- vices de Monfieur le Chancelier , auquel il ſouhaita de voir
GALAN T. 125
fer
tt
exercer cette grande Charge autant d'années qu'avoit fait feu Monfieur le Chancelier Seguier , afin qu'il joüiſt plus
'
longtemps du plaifir que luy
t
donneroient les ſervices qu'il rendroit encor à l'Estat , & ceux
qu'on doit attendre du zele qui attache ſans relâche Monfieur
le Marquis de Louvois à tout ce qui peut contribuer à la gloire de fon Maiſtre. M. Berrier Secretaire du Confeil , & Procu- reur perpetuel de la Commu- nauté des Secretaires du Roy,. le complimenta pourleurCorps,
& tout ce qu'il dit fut tres-di- gne d'eſtre écouté. Monfieur le Chancelier répondit à chacun d'eux avec ſon honneſteté ordinaire , & avec cette juſteſſe de paroles qui ne luyeſtpas moins particuliere que naturell
Paris , & les Secretaires du Roy,
luy allerent faire leurs Compli- mens , ces trois Ordres d'Officiers ayant d'autant plus d'obli- gationdeprévenir toutesles autres Compagnies , qu'ils preſtent eux-meſmes le Serment de fidelité au Roy entre les mains des Chanceliers de France , à cauſe
de l'ancienne Dignité de leurs Charges , & de ce qu'ils font Commenſaux de la Maiſon du
Fij
124 LE MERCVRE Roy. M. Taſſaut , Doyen des Maiſtres des Requeſtes porta la parole pour leur Corps , & s'en acquita fort dignement. M. de Vvaroquier , Chevalier de l'un des Ordres du Roy , Preſident
au Bureau des Finances , Gen- tilhomme de noble & ancienne
Maiſon des Pays-Bas , & d'un merite connu , parla pour les Treſoriersde France , &parla à
ſon ordinaire , c'eſt àdire en ter- mes aiſez & infinuans , qui ſen- tent plus ſon Homme de Quali- té , qu'un Orateurqui veut dé- ployer ſon éloquence. Il loüa particulierement comme il le dévoit, ledigne choix de noſtre Auguſte Monarque qui avoit rendu la juſtice qui eſtoit deuë aux longs & confiderables fer- vices de Monfieur le Chancelier , auquel il ſouhaita de voir
GALAN T. 125
fer
tt
exercer cette grande Charge autant d'années qu'avoit fait feu Monfieur le Chancelier Seguier , afin qu'il joüiſt plus
'
longtemps du plaifir que luy
t
donneroient les ſervices qu'il rendroit encor à l'Estat , & ceux
qu'on doit attendre du zele qui attache ſans relâche Monfieur
le Marquis de Louvois à tout ce qui peut contribuer à la gloire de fon Maiſtre. M. Berrier Secretaire du Confeil , & Procu- reur perpetuel de la Commu- nauté des Secretaires du Roy,. le complimenta pourleurCorps,
& tout ce qu'il dit fut tres-di- gne d'eſtre écouté. Monfieur le Chancelier répondit à chacun d'eux avec ſon honneſteté ordinaire , & avec cette juſteſſe de paroles qui ne luyeſtpas moins particuliere que naturell
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Résumé : Complimens faits à M. le Tellier par M. Iassaut Doyen des Maistres des Requestes, M. Varoquier President au Bureau des Finances, & M. Berrier Secretaire du Conseil. [titre d'après la table]
Le texte décrit la succession d'un chancelier et les hommages reçus par divers corps d'officiers. Après avoir prêté serment, le nouveau chancelier reçoit les félicitations des Maîtres des Requêtes, des Trésoriers de France de Paris et des Secrétaires du Roi. Ces trois ordres doivent une fidélité particulière au roi en raison de l'antiquité de leurs charges et de leur rôle de commensaux de la Maison du Roi. M. Tassaut, Doyen des Maîtres des Requêtes, s'exprime au nom de son corps. M. de Varroquier, Chevalier et Président au Bureau des Finances, parle pour les Trésoriers de France, louant le choix du monarque et souhaitant au nouveau chancelier une longue carrière. M. Berrier, Secrétaire du Conseil et Procureur perpétuel des Secrétaires du Roi, complimente également le nouveau chancelier. Ce dernier répond à chacun avec honneur et justesse.
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