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1
p. 1739-1741
« CRITIQUE de la Bibliothèque des Auteurs Ecclesiastiques de M. du [...] »
Début :
CRITIQUE de la Bibliothèque des Auteurs Ecclesiastiques de M. du [...]
Mots clefs :
Critique, Auteurs ecclésiastiques , Nouvelle traduction
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texteReconnaissance textuelle : « CRITIQUE de la Bibliothèque des Auteurs Ecclesiastiques de M. du [...] »
CR
RITIQUE de la Bibliotheque des
Auteurs Ecclesiastiques de M. du
Pin, par feu M. Richard Simon. A Paris,
rue S.Jacques , chez Ganeau , 1730. 4. vol.
in 8.
NOUVELLE TRADUCTION du Livre unique
des Lettres de Ciceron à M. J.Brutus,
avec des Remarques Historiques et Critiques,
dédiée à Monseigneur le Dauphin..
Par M. de Laval . A Paris , Quay des Augustins
, chez Guill. Denis David , 1731.
2. vol. in 12.
OSTEOLOGIE , ou Traité des Os , dans
lequel on considere chaque Os par rapport
1740 MERCURE DE FRANCE
port aux Parties qui le composent , aux
cavitez qui s'y trouvent , et à ses joncfions
aux autres Os. Par M. Jean Baget ,
Chirurgien Juré à Paris , Démonstrateur
en Anatomie et Chirurgie. Rue S. Jacques
, chez Louis d'Hotelfort. In 12 .
HISTOIRE NATURELLE , Civile et Ecclesiastique
de l'Empire du Japon , composée
en Allemand , par Engelbert Kampfer,
Docteur en Médecine à Lemgow ;
et traduite en françois sur la version Angloise
de Jean Gaspard Scheuchzer
Membre de la Societé Royale, et du College
des Médecins à Londres. Ouvrage
enrichi de quantité de Figures dessinées
d'aprés le naturel par l'Auteur même.
A la Haye chez P. Gosse et J. Neaulme.
1729. in fol. z. vol . Tom. I. pag. 217 .
Tome 2. pp . 313. sans l'Appendix de
96. pag. et les Preliminaires de 52. pag. ·
Planch. détach. 45 .
REFLEXIONS POLITIQUES de Balthasar
Gracian sur les plus grands Princes , et
particulierement sur Ferdinand le Catholique.
Ouvrage traduit de l'Espagnol
avec des Notes historiques et critiques.
A Paris chez Barthelemy Alix , rue Saint-
Facques 1730. in 12. pag. 350. sans la
Preface et les Tables .
LETTRES
JUILLET . 1731. 174 *
LETTRES CRITIQUES , à M. le Comte
***, sur le Paradis perdu et reconquis
de Milton . Par R. **. A Paris chez
Cailleau, Place du Pont S. Michel. 1731 ,
in 12.
RECUEIL de Pieces d'Histoire et de
Litterature Tome 1. A Paris Quay des
Augustins , chez, Chaubert . 1731 .
RITIQUE de la Bibliotheque des
Auteurs Ecclesiastiques de M. du
Pin, par feu M. Richard Simon. A Paris,
rue S.Jacques , chez Ganeau , 1730. 4. vol.
in 8.
NOUVELLE TRADUCTION du Livre unique
des Lettres de Ciceron à M. J.Brutus,
avec des Remarques Historiques et Critiques,
dédiée à Monseigneur le Dauphin..
Par M. de Laval . A Paris , Quay des Augustins
, chez Guill. Denis David , 1731.
2. vol. in 12.
OSTEOLOGIE , ou Traité des Os , dans
lequel on considere chaque Os par rapport
1740 MERCURE DE FRANCE
port aux Parties qui le composent , aux
cavitez qui s'y trouvent , et à ses joncfions
aux autres Os. Par M. Jean Baget ,
Chirurgien Juré à Paris , Démonstrateur
en Anatomie et Chirurgie. Rue S. Jacques
, chez Louis d'Hotelfort. In 12 .
HISTOIRE NATURELLE , Civile et Ecclesiastique
de l'Empire du Japon , composée
en Allemand , par Engelbert Kampfer,
Docteur en Médecine à Lemgow ;
et traduite en françois sur la version Angloise
de Jean Gaspard Scheuchzer
Membre de la Societé Royale, et du College
des Médecins à Londres. Ouvrage
enrichi de quantité de Figures dessinées
d'aprés le naturel par l'Auteur même.
A la Haye chez P. Gosse et J. Neaulme.
1729. in fol. z. vol . Tom. I. pag. 217 .
Tome 2. pp . 313. sans l'Appendix de
96. pag. et les Preliminaires de 52. pag. ·
Planch. détach. 45 .
REFLEXIONS POLITIQUES de Balthasar
Gracian sur les plus grands Princes , et
particulierement sur Ferdinand le Catholique.
Ouvrage traduit de l'Espagnol
avec des Notes historiques et critiques.
A Paris chez Barthelemy Alix , rue Saint-
Facques 1730. in 12. pag. 350. sans la
Preface et les Tables .
LETTRES
JUILLET . 1731. 174 *
LETTRES CRITIQUES , à M. le Comte
***, sur le Paradis perdu et reconquis
de Milton . Par R. **. A Paris chez
Cailleau, Place du Pont S. Michel. 1731 ,
in 12.
RECUEIL de Pieces d'Histoire et de
Litterature Tome 1. A Paris Quay des
Augustins , chez, Chaubert . 1731 .
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Résumé : « CRITIQUE de la Bibliothèque des Auteurs Ecclesiastiques de M. du [...] »
Le document recense des publications parues entre 1729 et 1740. En 1729, 'Histoire Naturelle, Civile et Ecclesiastique de l'Empire du Japon' d'Engelbert Kaempfer, traduite de l'allemand via l'anglais par Jean Gaspard Scheuchzer, est publiée à La Haye. En 1730, 'Critique de la Bibliotheque des Auteurs Ecclesiastiques' de Richard Simon et les 'Reflexions Politiques' de Balthasar Gracian sur les princes, traduites de l'espagnol, sont publiées à Paris. En 1731, plusieurs ouvrages paraissent à Paris : 'Nouvelle Traduction du Livre unique des Lettres de Ciceron à M. J. Brutus' de M. de Laval, dédiée au Dauphin, 'Lettres Critiques' sur 'Le Paradis perdu et reconquis' de Milton par R. **, et un 'Recueil de Pieces d'Histoire et de Littérature'. En 1740, 'Ostéologie, ou Traité des Os' de Jean Baget, chirurgien et démonstrateur en anatomie, est publié à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 1741-1755
Discours sur la Comedie, ou Traité, &c. [titre d'après la table]
Début :
DISCOURS SUR LA COMEDIE, ou Traité Historique et Dogmatique des Jeux de [...]
Mots clefs :
Jeux, Poètes, Parlement, Paris, Théâtre
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texteReconnaissance textuelle : Discours sur la Comedie, ou Traité, &c. [titre d'après la table]
DISCOURS SUR LA COMEDIE , ou Traité
Historique et Dogmatique des Jeux de
Théatre & c. 2. Edition , augmentée de
plus de la moitié. par le P. le Brun de l'Oratoire
, rue S. Jacques , chez la veuve
Delaulne. 1731 .
>
Aprés l'Extrait que nous avons donné
de la premiere moitié de cet Ouvrage
sur les anciens Jeux de Théatre &c. Il
nous reste à dire quelque chose des Spectacles
et des Pieces de Théatre en France
, de leur origine , de leur succès &c.
Au treizieme Siecle , il y eut en France
beaucoup de Poëtes , et les Provenceaux
furent ceux qu'on estima dayantage.
On faisoit beaucoup de cas de la
Langue Provençale que l'on appelloit la
Langue Romaine , à cause qu'elle en
approchoit beaucoup , et que la Provence
seule avoit retenu le nom de Province ,
eu Province des Romains , qu'on don
noit
1742 MERCURE DE FRANCE
noit à toute la Gaule Narbonnoise , qui
comprenoit Toulouse et Genéve , c'està-
dire , tout ce que les Romains possedoient
dans les Gaulès , lorsque Cesar y
vint pour la premiere fois.
Depuis le X. Siecle on se piquoit presque
dans toutes les Cours de l'Europe
de parler Provençal , et les Pieces d'esprit
ne paroissoient ordinairement qu'en cette
Langue , ce qui fit qu'on appella ces Pieces
des Romans , ou Romances , à cause
qu'elles étoient écrites en langage Romain
, ou Romance , c'est - à- dire Provençal.
Comme le François se perfectionna depuis
Philippe Auguste , on voit au XIII .
Siecle par la Bible de Guiart des Moulins,
que le langage de Paris s'appelloit indifferemment
le François ou le Romain.
Quoiqu'il en soit , le desir de parler purement
Provençal , porta plusieurs Princes
à appeller des Poëtes Provençaux dans
leur Cour. Il en sortit , en effet , un assez
grand nombre de Provence , et la plupart
étoient des personnes distinguées par
leur naissance et par leur génie. Le Poëte
Foulquet qui écrivoit à Marseille au commencement
du XIII . siecle , à qui on
a attribué la gloire d'avoir le premier
donné et observé les regles de bien rimer ,
s'étant
JUILLET. 1731. 1643
•
s'étant retiré dans un Monastere , fut fait
Evêque de Marseille , puis de Toulouse ,
et plusieurs autres s'avançoient beaucoup
auprès des Princes .
Alphonse Comte de Poitiers et de Toulouse
, frere de S.Louis , avoit auprès de lui
plusieurs de ces Poëtes , et par tout on les
recherchoit avec empressement, et on leur
isoit des présens magnifiques . Ceux qui
' étoient pas fixes dans quelques Cours
Composoient de petites bandes de trois
ɔu quatre amis , Poëtes , Chantres et
Joueurs d'Instrumens , et alloient de Ville
n Ville , ou plutôt de Château en Château
, réciter leurs Ouvrages , et c'étoit
à ceux qu'on appelloit communément
les Auteurs de la Science guaye , les Troubadours
ou les Trouveres , c'est-à - dire
Inventeurs.
La plupart de ces Bouffons s'appelloient
Ministerales , Minetrales , Ministrelli
d'où est venu le nom de Menetrier. Ils
ne s'appliquoient pas seulement à réjoüir
les Princes par leurs plaisanteries , mais
encore ils chantoient au son des Instrumens
leurs loüanges et celles de leurs Ancêtres
. Quelquefois ils déclamoient agréablement
les Exploits des Héros , ou les
chantoient , jouant en même- tems du
Violon ou de quelqu'autre Instrument ,
excitant
1744 MERCURE DE FRANCE
excitant ainsi à la vertu ceux qui les écoutoient.
On voit au même endroit que dans
un Festin d'Apparat,donné par LouisVIII.
pere de S. Louis , parut un de ces Menetriers
, qui chanta les louanges du Roi au
son de la Lyre.
Ces personnes ne pouvoient pas être
censées infames , par les loix qui déclarent
que ceux qui n'avoient représenté
que dans des Maisons particulieres , ne
seront pas déclarez infames. Pline le
jeune , louant la vie d'un homme fort
distingué , dit qu'il faisoit souvent venir
à sa table un Comédien pour entendre
quelque chose de bon pendant le repas.
On trouve jusqu'au milieu du XIV . Siecle
environ cent Poëtes Provençaux des
plus distinguez , dont les vies ont été
écrites par le sçavant Cibo , Moine de L'erins
, par Huges de S. Cesaire , Moine
de Montmajour, par Rostang de Brignole,
Moine de S Victor de Marseille , et par
Jean et César Nostradamus .
Ce dernier Historien en 1344. compte
90. Poëtes , dont le Roi Robert fit recueillir
les Ouvrages . Le Cardinal de Richelieu
a fait aussi rechercher en Provence
plusieurs Pieces de cette nature , et ce
sont peut- être celles qu'on conserve dans
la Bibliotheque Royale.
Vers
JUILLET . 1731. 1745
Vers le milieu du XV. siecle , les Poëtes
Provençaux se négligerent , et leur
langue ne fut plus cultivée comme elle
l'avoit été durant quelques siecles . Mais
les Italiens , que le séjour des Papes àAvignon
avoit attirez en Provence , y étoient
devenus Poëtes . On en voyoit déja parmi
eux un grand nombre , tant bons que
méchans ; et comme en Italie on a toujours
eu beaucoup de disposition à être
Saltinbanque , il y eut bientôt plusieurs
Poëtes qui prirent le parti de monter sur
des Theatres . Les moins polis se distinguerent
par le choix de quelques Sujets
de pieté , et tels furent ces Pelerins que
M. Despréaux a dépeints ainsi dans le
troisiéme Chant de l'Art Poëtique.
Chez nos dévots Ayeux le Théatre abhorré ,
Fut long- temps dans la France un plaisir ignoré;
De Pelerins , dit-on , une Troupe grossiere ,
En public à Paris y monta la premiere ,
Et sottement zelée en sa simplicité ,
Joua les Saints , la Vierge, et Dieu par pieté.
Ces dévots Comédiens vinrent à Paris
au commencement du XIV. siecle ; et
le Cardinal le Moine , Fondateur du College
qui porte son nom , acheta l'Hôtel
de Bourgogne et le leur donna ,à condition
F qu'ils
1745 MERCURE DE FRANCE
qu'ils ne représenteroient jamais que des
Pieces pieuses. Cependant ces Jeux n'ont
pas toujours continué , comme plusieurs
semblent le croire.
Dans un Arrêt du Parlement de Paris,
donné sous François I. en 1541. il est
parlé de ces prétendues Pieces de dévotion
comme d'un usage qui ne s'étoit introduit
que depuis deux ou trois ans ,
et que le Parlement ne pouvoit tolerer.
Il l'interdit en effet sous de rigoureuses
peines par le même Arrêt , dont quelques-
uns des motifs sont , 19. Que pour
réjouir le peuple on mêle ordinairement à ces
sortes de feux des Farces ou Comédies dérisoires
, qui sont choses deffendues par les
saints Canons. 2 ° . Que les Auteurs de ces
Piecesjouant pour le gain , ils devoient pas
ser pour Histrions , Joculateurs on Bateleurs.
3. Que les Assemblées de ces Jeux donnoient
lieu à des parties ou d'assignations d'adultere
et de fornication . 4. Que cela fait dépenser
de l'argent mal à propos aux Bourgeois
et aux Artisans de la Ville.
Ces motifs montrent assez qu'il n'y
avcit pas alors d'autres Jeux de Théatre
à Paris. Il paroît que ces Comédies pieuses
furent encore jouées pendant quelque
emps. Dans une Requête présentée au
Parlement , les Auteurs de ces Jeux disent
JUILLET. 1731. 2747
sent qu'ils les faisoientjouer de temps immemorial
et par des privileges confirmez par
les Rois de France , à l'édification du commun
populaire sans offense generale ou particuliere.
Ce ne fut qu'en 1545. que leurs Jeux
cesserent , le Parlement ayant converti
en logement pour les pauvres , la Salle
de la Passion. Trois ans après , ils acheterent
une nouvelle Salle , et demanderent
que suivant lesdits Privileges , il leur
fût permis de continuer la représentation
desdits Misteres , du profit desquels , disentils
, étoit entretenu le Service divin en la
Chapelle de ladite Confrairie , avec deffenses
à tous autres de jouer à l'avenir , tant
en la Ville que Fauxbourgs et Banlieuë de
Cette Ville , sinon que ce fut sous le titre de
la dite Confrairie. Voici les termes de l'Arrêt
: La Cour a inhibé et deffendu , inhibe
et deffend ausdits Suppliants de jouer le
Mystere de la Passion de N. Sauveur , ne
autres Mysteres sacrez , sur peine d'amende
arbitraire , leur permettant neantmoins de
pouvoirjouer autres Mysteres profanes , honnêtes
et licites , sans offenser et injurier aucunes
personnes , et deffend ladite Cour de
jouer ou représenter dorénavant aucuns Jeux
ou Mysteres , tant en la Ville et Fauxbourg's ,
que Banlieue de Paris , sinon que sous le
Fij nom
1743 MERCURE DE FRANCE
nom ladite Confrairie et au profit d'icelle.
Le Parlement ne voulant point souffrir
d'autres Jeux que ceux de ces Confreres
de la Passion , la Chambre des Vacations
s'éleva le 15. Septembre 1531. contre une
Troupe de Comédiens qui depuis quelque
temps joüoient des Farces et des Jeux
publics , et avoient à ce sujet exigé de
ceux qui y avoient assisté , quatre , cinq
et six sols , somme excessive et non accoutumée
d'être levée en tel cas , qui est espece
d'exaction sur le pauvre peuple. La Cour
leur deffendit de jouer à l'avenir des Farces
sans permission , sous peine de prison et
de punition corporelle , et à tous les Manans
et Habitans de Paris et des Faux-'
bourgs , de quelque état et qualité qu'ils
fussent , d'assister à ces Jeux , sous peine
de dix livres parisis.
Cette Confrairie eût un demêlé avec
Maître René Benoît , Curé de S. Eustache
, lequel obtint de la Chambre séante
au Châtelet , que les Confreres de la
Passion n'ouvriroient les portes de leurs
Jeux , sinon aprés les Vespres dites . Ces
Confreres représenterent au Parlement
que cette Ordonnance rendoit leurs Privileges
illusoires et sans effet , parcequ'il
leur seroit impossible , étant les jours
Courts , vaquer à leursdits Jeux , pour â
les
JUILLET . 1731. 1749
les préparatifs desquels ils auroient fait
une infinité de frais . Ils disent dans cette
Requête , qu'ils payoient cent écus de
rente à la Recette du Roi pour le Logis ,
et 300. liv . Tournois de rente aux Enfans
de la Trinité , tant pour le Service divin
que pour l'entretien des Pauvres . Ils
demanderent qu'il leur fût permis d'ouvrir
les portes de leurs Jeux pour les
allans et venans en la maniere accoutumée
, à la charge toutefois qu'ils ne commenceront
leurs Jeux qu'à trois heures
sonnées , à laquelle heure les Vespres
avoient accoutumées d'être dites . Le Parlement
leur accorda ce qu'ils demandoient
, mais à condition qu'ils repondroient
des scandales qui pourroient leur
arriver. Cet Arrêt fut confirmé par un
autre rendu le 20. Septembre 1577.
Cependant dès l'an 1551. sous Henry
II. les Poëtes François avoit commencé
à faire des Tragédies et des Comédies
et Jodelle fut le premier qui en fit repré
senter , comme nous l'apprend Ronsard
dans les vers que Pasquier a cités au 7.
Livre de ses Recherches , Chap . 7•
Aprés amour la France abandonna ;
Et lors Jodelle heureusement sonna
D'une voix humble et d'une voix hardie ,
F iij
La
1750 MERCURE DE FRANCE
La Comédie avec la Tragédie ,
Et d'un ton double , ore bas , ore haut ,
Remplit premier le François Echafaut.
Sous le Regne d'Henry III , dit Mezeray
, le luxe qui cherchóit par tout des
divertissemens , appella du fond de l'Italie
, une bande de Comédiens , dont les
Pieces , toutes d'intrigues , d'amourettes
et d'inventions agréables , pour exciter
et chatouiller les plus douces passions
étoient de pernicieuses leçons d'impudicité.
Ils obtinrent des Lettres Patentes
pour leur établissement , comme si c'eut
été quelque celebre Compagnie. Le Parlement
les rebuta comme personnes que
les bonnes moeurs , les SS. Canons , les
PP. de l'Eglise , et nos Rois mêmes ,
avoient toujours reputés infames
leur deffendit de jouer , ni de plus obte
nir de semblables Lettres ; et néanmoins,
dès que la Cour fut de retour de Poitiers
le Roy voulut qu'ils ouvrissent leur
Theatre.
و et
Le Concile de Bâle , dont l'autorité
est si grande en France , dans la Sess.
XX. en l'an 1435. se plaint que dans
quelques Eglises , pendant certaines Fêtes,
on voyoit des gens en habits pontifi-
'caux ,
JUILLET. 1731. 1751
caux , avec une Crosse et une Mitre ,
donner la Benediction comme les Evêques
; que d'autres s'habilloient en Rois
ou en Ducs , ce qu'on appelle dans quelques
endroits , la Fête des Foux , des
Innocens ou des Enfans, et que quelquesans
représentoient des Jeux de Theatre ,
faisoient des mascarades et des danses
d'hommes et de femmes. Ce Concile
aprés avoir exprimé l'horreur qu'il a
pour toutes ces extravagances , ordonne
aux Evêques , aux Doyens et aux Curés ,
sous peine de suspense et de privation
de leurs revenus Ecclesiastiques pendant
trois mois , de ne pas permettre à l'ave
nir de semblables bouffonneries .
. Le Concile de Tolede tenu en 1565 .
fait la même déffense . ( C'étoit principalement
le jour de la Fête des SS. Inãocens
qu'on créoit ces faux Evêques . )
Un Concile de la Province de Bordeaux
tenu à Copriniacum en 1215. et non pas
en 1260. comme le veut le P. Hardouin ,
avoit déffendu sous peine d'excommunication
, les danses qui se faisoient ce
jour- là , aussi bien que cette burlesque
création d'Evêques . Predictas balleationes
ulterius sub intimatione Anathematis fieri
prohibemus : nec non et Episcopos in predicto
Festo creari. Avec quelle force ,
Fij
continue
1752 MERCURE DE FRANCE
continue l'Auteur , ces Conciles se seroient-
ils élevé contre de Comiques
Processions semblables à celle qu'on fait
tous les ans à Aix le jour de la Fête- Dieu
où les Misteres de l'ancien et du nouveau
Testament sont deshonorez par
des Farces et des Répresentations indecentes
?
Il paroît par un Concile de Sens de
l'an 1486. que ces danses et ces répresentations
Comiques se faisoient dans les
Eglises et autres lieux sacrés.
On apprend par les Statuts Synodaux
du Diocèse de Beauvais , publiés en 1554.
que lorsque les Prêtres disoient leur
premiere
Messe , on faisoit venir des Bouffons
, des Histrions , des Joueurs d'Ins
trumens et differens autres Farceurs ; ce
desordre est severement déffendu aussi
bien que les danses et les représentations
des Spectacles dans les Eglises et les Cimetieres
. La même déffense se trouve
dans les Statuts Synodaux du Diocèse de
Soissons , imprimés en 1561. Les danses
se faisoient quelquefois devant l'Eglise .
Un autre abus aussi pernicieux , condamné
dans un Synode de Paris tenu en
1557. par Eustache du Bellay ; c'est que
les jours de Fêtes de certaines Confrairies
, on alloit avec des Images attachées
sur
JUILLET. 1731. 1783
sur des batons, aux Maisons des Laïques ;
ces burlesques Processions étoient composées
de Prêtres , de femmes et de Bouf
fons ; le Synode les déffend sous peine
d'excommunication et d'une amande arbitraire
, ordonnant aux Clercs de ne
prendre aucune part à ces folies.
En 1980. S. Charles Borromée qui
avoit long- tems travaillé à chasser les
Comédiens de son Diocèse , obtint enfin
d'un Gouverneur de Milan qu'on ne souf
friroit aucune Piece qui n'eut été examinée
et trouvée.conforme à la Morale
chrétienne , et qu'on n'en réprésenteroit
jamais ni le vendredy , ni les jours de
Fête .
eut
Le Parlement de Paris garda toujours
la même severité à l'égard des Comédiens
, jusqu'à ce que le Cardinal de Richelieu
, passionné pour la Poësie ,
fait esperer qu'on verroit des Comédies
où il n'y auroit rien qui ne fut dans la
bienséance. Par son ordre , Desmarets ,
Corneille et Colletet composerent quel
ques Pieces assés honnêtes , et en 1641
il fit enregistrer au Parlement une Déclaration
du Roy , par laquelle aprés
avoir renouvellé les peines ordinaires
contre les Comédiens , qui useront d'aucunes
paroles lascives ou à double entente
F v qui
1754 MERCURE DE FRANCE
qui puisse blesser l'honnêteté publique , it
est dit , qu'au cas qu'ils observent ces conditions
, ils ne seront pas à l'avenir notés.
d'infamie.
"
A la page 287. l'Auteur cite cette
maxime, prise , dit-il , d'un petit livre:
qui lui est tombé entre les mains , par où
nous finirons cet Extrait. Tous les grands:
divertiffemens sont dangereux pour la vie
chrétienne ; mais entre tous ceux que le monde
a inventés , il n'y en a point qui soit
plus à craindre que la Comédie. C'est une
peinture fi naturelle et fi délicate des passions
, qu'elle les anime et les fait naître
dans notre coeur , et surtout celle de l'amour
principalement lorsqu'on se represente qu'il
est chaste etfort honnête : car plus il paroît
innocent aux ames innocentes , plus elles:
sont capables d'en étre touchées . On je fait
en même-temps une conscience fondée fur
Phonnêteté de ces sentimens ; et on s'imagine
que ce n'eft pas bleffer la pureté , que d'ai
mer d'un amour fi sage. Ainsi on sort de la
Comédie le coeur si rempli de toutes les dou
ceurs de l'amour , et l'esprit si persuadé de
son innocence , qu'on eft tout préparé à recevoir
ses premieres impreffions , ou plutôt à:
chercher Poccasion de les faire naître dans.
Le coeur de quelqu'un , pour recevoir les mêmes
plaifirs et les mêmes sacrifices qu'on a
•
uns
JUILLET. 1731 1755
vus fi bien réprefentés fur le Theatre.
MEDITATIONS SUR L'EVANGILE
Ouvrage posthume de M. Jacques Benigne
Bossuet , Evêque de Meaux , Conseiller
du Roy en ses Conseils , et ordinaire
en son Conseil d'Etat, Precepteur de
Monseigneur le Dauphin , premier Aumônier
des deux derniers Dauphins. A
Paris , chez P. J. Mariette ,rue S.Jacques,.
1731. 4. volumes in 12. premier vol.
pp. 519. 2. vol . pp. 464. 3. vol . pp. 454.
4. vol . pp. 506. sans compter un Mandement
de M. l'Evêque de Troyes pour
recommander la lecture de cet Ouvrage
aux Fideles de son Diocèse , de 62. pag .
et sans les Tables .
LES VEILLE' ES DE THESSALIE . Premiere et
seconde Veillées . Rue S. Jacques , chez J.
F. Josse 1731. 2. vol. in 12 ..
La lecture de cet Ouvrage , qui est trés
bien écrit , est fort amusante. Le Librai--
re en promet la suite .
Historique et Dogmatique des Jeux de
Théatre & c. 2. Edition , augmentée de
plus de la moitié. par le P. le Brun de l'Oratoire
, rue S. Jacques , chez la veuve
Delaulne. 1731 .
>
Aprés l'Extrait que nous avons donné
de la premiere moitié de cet Ouvrage
sur les anciens Jeux de Théatre &c. Il
nous reste à dire quelque chose des Spectacles
et des Pieces de Théatre en France
, de leur origine , de leur succès &c.
Au treizieme Siecle , il y eut en France
beaucoup de Poëtes , et les Provenceaux
furent ceux qu'on estima dayantage.
On faisoit beaucoup de cas de la
Langue Provençale que l'on appelloit la
Langue Romaine , à cause qu'elle en
approchoit beaucoup , et que la Provence
seule avoit retenu le nom de Province ,
eu Province des Romains , qu'on don
noit
1742 MERCURE DE FRANCE
noit à toute la Gaule Narbonnoise , qui
comprenoit Toulouse et Genéve , c'està-
dire , tout ce que les Romains possedoient
dans les Gaulès , lorsque Cesar y
vint pour la premiere fois.
Depuis le X. Siecle on se piquoit presque
dans toutes les Cours de l'Europe
de parler Provençal , et les Pieces d'esprit
ne paroissoient ordinairement qu'en cette
Langue , ce qui fit qu'on appella ces Pieces
des Romans , ou Romances , à cause
qu'elles étoient écrites en langage Romain
, ou Romance , c'est - à- dire Provençal.
Comme le François se perfectionna depuis
Philippe Auguste , on voit au XIII .
Siecle par la Bible de Guiart des Moulins,
que le langage de Paris s'appelloit indifferemment
le François ou le Romain.
Quoiqu'il en soit , le desir de parler purement
Provençal , porta plusieurs Princes
à appeller des Poëtes Provençaux dans
leur Cour. Il en sortit , en effet , un assez
grand nombre de Provence , et la plupart
étoient des personnes distinguées par
leur naissance et par leur génie. Le Poëte
Foulquet qui écrivoit à Marseille au commencement
du XIII . siecle , à qui on
a attribué la gloire d'avoir le premier
donné et observé les regles de bien rimer ,
s'étant
JUILLET. 1731. 1643
•
s'étant retiré dans un Monastere , fut fait
Evêque de Marseille , puis de Toulouse ,
et plusieurs autres s'avançoient beaucoup
auprès des Princes .
Alphonse Comte de Poitiers et de Toulouse
, frere de S.Louis , avoit auprès de lui
plusieurs de ces Poëtes , et par tout on les
recherchoit avec empressement, et on leur
isoit des présens magnifiques . Ceux qui
' étoient pas fixes dans quelques Cours
Composoient de petites bandes de trois
ɔu quatre amis , Poëtes , Chantres et
Joueurs d'Instrumens , et alloient de Ville
n Ville , ou plutôt de Château en Château
, réciter leurs Ouvrages , et c'étoit
à ceux qu'on appelloit communément
les Auteurs de la Science guaye , les Troubadours
ou les Trouveres , c'est-à - dire
Inventeurs.
La plupart de ces Bouffons s'appelloient
Ministerales , Minetrales , Ministrelli
d'où est venu le nom de Menetrier. Ils
ne s'appliquoient pas seulement à réjoüir
les Princes par leurs plaisanteries , mais
encore ils chantoient au son des Instrumens
leurs loüanges et celles de leurs Ancêtres
. Quelquefois ils déclamoient agréablement
les Exploits des Héros , ou les
chantoient , jouant en même- tems du
Violon ou de quelqu'autre Instrument ,
excitant
1744 MERCURE DE FRANCE
excitant ainsi à la vertu ceux qui les écoutoient.
On voit au même endroit que dans
un Festin d'Apparat,donné par LouisVIII.
pere de S. Louis , parut un de ces Menetriers
, qui chanta les louanges du Roi au
son de la Lyre.
Ces personnes ne pouvoient pas être
censées infames , par les loix qui déclarent
que ceux qui n'avoient représenté
que dans des Maisons particulieres , ne
seront pas déclarez infames. Pline le
jeune , louant la vie d'un homme fort
distingué , dit qu'il faisoit souvent venir
à sa table un Comédien pour entendre
quelque chose de bon pendant le repas.
On trouve jusqu'au milieu du XIV . Siecle
environ cent Poëtes Provençaux des
plus distinguez , dont les vies ont été
écrites par le sçavant Cibo , Moine de L'erins
, par Huges de S. Cesaire , Moine
de Montmajour, par Rostang de Brignole,
Moine de S Victor de Marseille , et par
Jean et César Nostradamus .
Ce dernier Historien en 1344. compte
90. Poëtes , dont le Roi Robert fit recueillir
les Ouvrages . Le Cardinal de Richelieu
a fait aussi rechercher en Provence
plusieurs Pieces de cette nature , et ce
sont peut- être celles qu'on conserve dans
la Bibliotheque Royale.
Vers
JUILLET . 1731. 1745
Vers le milieu du XV. siecle , les Poëtes
Provençaux se négligerent , et leur
langue ne fut plus cultivée comme elle
l'avoit été durant quelques siecles . Mais
les Italiens , que le séjour des Papes àAvignon
avoit attirez en Provence , y étoient
devenus Poëtes . On en voyoit déja parmi
eux un grand nombre , tant bons que
méchans ; et comme en Italie on a toujours
eu beaucoup de disposition à être
Saltinbanque , il y eut bientôt plusieurs
Poëtes qui prirent le parti de monter sur
des Theatres . Les moins polis se distinguerent
par le choix de quelques Sujets
de pieté , et tels furent ces Pelerins que
M. Despréaux a dépeints ainsi dans le
troisiéme Chant de l'Art Poëtique.
Chez nos dévots Ayeux le Théatre abhorré ,
Fut long- temps dans la France un plaisir ignoré;
De Pelerins , dit-on , une Troupe grossiere ,
En public à Paris y monta la premiere ,
Et sottement zelée en sa simplicité ,
Joua les Saints , la Vierge, et Dieu par pieté.
Ces dévots Comédiens vinrent à Paris
au commencement du XIV. siecle ; et
le Cardinal le Moine , Fondateur du College
qui porte son nom , acheta l'Hôtel
de Bourgogne et le leur donna ,à condition
F qu'ils
1745 MERCURE DE FRANCE
qu'ils ne représenteroient jamais que des
Pieces pieuses. Cependant ces Jeux n'ont
pas toujours continué , comme plusieurs
semblent le croire.
Dans un Arrêt du Parlement de Paris,
donné sous François I. en 1541. il est
parlé de ces prétendues Pieces de dévotion
comme d'un usage qui ne s'étoit introduit
que depuis deux ou trois ans ,
et que le Parlement ne pouvoit tolerer.
Il l'interdit en effet sous de rigoureuses
peines par le même Arrêt , dont quelques-
uns des motifs sont , 19. Que pour
réjouir le peuple on mêle ordinairement à ces
sortes de feux des Farces ou Comédies dérisoires
, qui sont choses deffendues par les
saints Canons. 2 ° . Que les Auteurs de ces
Piecesjouant pour le gain , ils devoient pas
ser pour Histrions , Joculateurs on Bateleurs.
3. Que les Assemblées de ces Jeux donnoient
lieu à des parties ou d'assignations d'adultere
et de fornication . 4. Que cela fait dépenser
de l'argent mal à propos aux Bourgeois
et aux Artisans de la Ville.
Ces motifs montrent assez qu'il n'y
avcit pas alors d'autres Jeux de Théatre
à Paris. Il paroît que ces Comédies pieuses
furent encore jouées pendant quelque
emps. Dans une Requête présentée au
Parlement , les Auteurs de ces Jeux disent
JUILLET. 1731. 2747
sent qu'ils les faisoientjouer de temps immemorial
et par des privileges confirmez par
les Rois de France , à l'édification du commun
populaire sans offense generale ou particuliere.
Ce ne fut qu'en 1545. que leurs Jeux
cesserent , le Parlement ayant converti
en logement pour les pauvres , la Salle
de la Passion. Trois ans après , ils acheterent
une nouvelle Salle , et demanderent
que suivant lesdits Privileges , il leur
fût permis de continuer la représentation
desdits Misteres , du profit desquels , disentils
, étoit entretenu le Service divin en la
Chapelle de ladite Confrairie , avec deffenses
à tous autres de jouer à l'avenir , tant
en la Ville que Fauxbourgs et Banlieuë de
Cette Ville , sinon que ce fut sous le titre de
la dite Confrairie. Voici les termes de l'Arrêt
: La Cour a inhibé et deffendu , inhibe
et deffend ausdits Suppliants de jouer le
Mystere de la Passion de N. Sauveur , ne
autres Mysteres sacrez , sur peine d'amende
arbitraire , leur permettant neantmoins de
pouvoirjouer autres Mysteres profanes , honnêtes
et licites , sans offenser et injurier aucunes
personnes , et deffend ladite Cour de
jouer ou représenter dorénavant aucuns Jeux
ou Mysteres , tant en la Ville et Fauxbourg's ,
que Banlieue de Paris , sinon que sous le
Fij nom
1743 MERCURE DE FRANCE
nom ladite Confrairie et au profit d'icelle.
Le Parlement ne voulant point souffrir
d'autres Jeux que ceux de ces Confreres
de la Passion , la Chambre des Vacations
s'éleva le 15. Septembre 1531. contre une
Troupe de Comédiens qui depuis quelque
temps joüoient des Farces et des Jeux
publics , et avoient à ce sujet exigé de
ceux qui y avoient assisté , quatre , cinq
et six sols , somme excessive et non accoutumée
d'être levée en tel cas , qui est espece
d'exaction sur le pauvre peuple. La Cour
leur deffendit de jouer à l'avenir des Farces
sans permission , sous peine de prison et
de punition corporelle , et à tous les Manans
et Habitans de Paris et des Faux-'
bourgs , de quelque état et qualité qu'ils
fussent , d'assister à ces Jeux , sous peine
de dix livres parisis.
Cette Confrairie eût un demêlé avec
Maître René Benoît , Curé de S. Eustache
, lequel obtint de la Chambre séante
au Châtelet , que les Confreres de la
Passion n'ouvriroient les portes de leurs
Jeux , sinon aprés les Vespres dites . Ces
Confreres représenterent au Parlement
que cette Ordonnance rendoit leurs Privileges
illusoires et sans effet , parcequ'il
leur seroit impossible , étant les jours
Courts , vaquer à leursdits Jeux , pour â
les
JUILLET . 1731. 1749
les préparatifs desquels ils auroient fait
une infinité de frais . Ils disent dans cette
Requête , qu'ils payoient cent écus de
rente à la Recette du Roi pour le Logis ,
et 300. liv . Tournois de rente aux Enfans
de la Trinité , tant pour le Service divin
que pour l'entretien des Pauvres . Ils
demanderent qu'il leur fût permis d'ouvrir
les portes de leurs Jeux pour les
allans et venans en la maniere accoutumée
, à la charge toutefois qu'ils ne commenceront
leurs Jeux qu'à trois heures
sonnées , à laquelle heure les Vespres
avoient accoutumées d'être dites . Le Parlement
leur accorda ce qu'ils demandoient
, mais à condition qu'ils repondroient
des scandales qui pourroient leur
arriver. Cet Arrêt fut confirmé par un
autre rendu le 20. Septembre 1577.
Cependant dès l'an 1551. sous Henry
II. les Poëtes François avoit commencé
à faire des Tragédies et des Comédies
et Jodelle fut le premier qui en fit repré
senter , comme nous l'apprend Ronsard
dans les vers que Pasquier a cités au 7.
Livre de ses Recherches , Chap . 7•
Aprés amour la France abandonna ;
Et lors Jodelle heureusement sonna
D'une voix humble et d'une voix hardie ,
F iij
La
1750 MERCURE DE FRANCE
La Comédie avec la Tragédie ,
Et d'un ton double , ore bas , ore haut ,
Remplit premier le François Echafaut.
Sous le Regne d'Henry III , dit Mezeray
, le luxe qui cherchóit par tout des
divertissemens , appella du fond de l'Italie
, une bande de Comédiens , dont les
Pieces , toutes d'intrigues , d'amourettes
et d'inventions agréables , pour exciter
et chatouiller les plus douces passions
étoient de pernicieuses leçons d'impudicité.
Ils obtinrent des Lettres Patentes
pour leur établissement , comme si c'eut
été quelque celebre Compagnie. Le Parlement
les rebuta comme personnes que
les bonnes moeurs , les SS. Canons , les
PP. de l'Eglise , et nos Rois mêmes ,
avoient toujours reputés infames
leur deffendit de jouer , ni de plus obte
nir de semblables Lettres ; et néanmoins,
dès que la Cour fut de retour de Poitiers
le Roy voulut qu'ils ouvrissent leur
Theatre.
و et
Le Concile de Bâle , dont l'autorité
est si grande en France , dans la Sess.
XX. en l'an 1435. se plaint que dans
quelques Eglises , pendant certaines Fêtes,
on voyoit des gens en habits pontifi-
'caux ,
JUILLET. 1731. 1751
caux , avec une Crosse et une Mitre ,
donner la Benediction comme les Evêques
; que d'autres s'habilloient en Rois
ou en Ducs , ce qu'on appelle dans quelques
endroits , la Fête des Foux , des
Innocens ou des Enfans, et que quelquesans
représentoient des Jeux de Theatre ,
faisoient des mascarades et des danses
d'hommes et de femmes. Ce Concile
aprés avoir exprimé l'horreur qu'il a
pour toutes ces extravagances , ordonne
aux Evêques , aux Doyens et aux Curés ,
sous peine de suspense et de privation
de leurs revenus Ecclesiastiques pendant
trois mois , de ne pas permettre à l'ave
nir de semblables bouffonneries .
. Le Concile de Tolede tenu en 1565 .
fait la même déffense . ( C'étoit principalement
le jour de la Fête des SS. Inãocens
qu'on créoit ces faux Evêques . )
Un Concile de la Province de Bordeaux
tenu à Copriniacum en 1215. et non pas
en 1260. comme le veut le P. Hardouin ,
avoit déffendu sous peine d'excommunication
, les danses qui se faisoient ce
jour- là , aussi bien que cette burlesque
création d'Evêques . Predictas balleationes
ulterius sub intimatione Anathematis fieri
prohibemus : nec non et Episcopos in predicto
Festo creari. Avec quelle force ,
Fij
continue
1752 MERCURE DE FRANCE
continue l'Auteur , ces Conciles se seroient-
ils élevé contre de Comiques
Processions semblables à celle qu'on fait
tous les ans à Aix le jour de la Fête- Dieu
où les Misteres de l'ancien et du nouveau
Testament sont deshonorez par
des Farces et des Répresentations indecentes
?
Il paroît par un Concile de Sens de
l'an 1486. que ces danses et ces répresentations
Comiques se faisoient dans les
Eglises et autres lieux sacrés.
On apprend par les Statuts Synodaux
du Diocèse de Beauvais , publiés en 1554.
que lorsque les Prêtres disoient leur
premiere
Messe , on faisoit venir des Bouffons
, des Histrions , des Joueurs d'Ins
trumens et differens autres Farceurs ; ce
desordre est severement déffendu aussi
bien que les danses et les représentations
des Spectacles dans les Eglises et les Cimetieres
. La même déffense se trouve
dans les Statuts Synodaux du Diocèse de
Soissons , imprimés en 1561. Les danses
se faisoient quelquefois devant l'Eglise .
Un autre abus aussi pernicieux , condamné
dans un Synode de Paris tenu en
1557. par Eustache du Bellay ; c'est que
les jours de Fêtes de certaines Confrairies
, on alloit avec des Images attachées
sur
JUILLET. 1731. 1783
sur des batons, aux Maisons des Laïques ;
ces burlesques Processions étoient composées
de Prêtres , de femmes et de Bouf
fons ; le Synode les déffend sous peine
d'excommunication et d'une amande arbitraire
, ordonnant aux Clercs de ne
prendre aucune part à ces folies.
En 1980. S. Charles Borromée qui
avoit long- tems travaillé à chasser les
Comédiens de son Diocèse , obtint enfin
d'un Gouverneur de Milan qu'on ne souf
friroit aucune Piece qui n'eut été examinée
et trouvée.conforme à la Morale
chrétienne , et qu'on n'en réprésenteroit
jamais ni le vendredy , ni les jours de
Fête .
eut
Le Parlement de Paris garda toujours
la même severité à l'égard des Comédiens
, jusqu'à ce que le Cardinal de Richelieu
, passionné pour la Poësie ,
fait esperer qu'on verroit des Comédies
où il n'y auroit rien qui ne fut dans la
bienséance. Par son ordre , Desmarets ,
Corneille et Colletet composerent quel
ques Pieces assés honnêtes , et en 1641
il fit enregistrer au Parlement une Déclaration
du Roy , par laquelle aprés
avoir renouvellé les peines ordinaires
contre les Comédiens , qui useront d'aucunes
paroles lascives ou à double entente
F v qui
1754 MERCURE DE FRANCE
qui puisse blesser l'honnêteté publique , it
est dit , qu'au cas qu'ils observent ces conditions
, ils ne seront pas à l'avenir notés.
d'infamie.
"
A la page 287. l'Auteur cite cette
maxime, prise , dit-il , d'un petit livre:
qui lui est tombé entre les mains , par où
nous finirons cet Extrait. Tous les grands:
divertiffemens sont dangereux pour la vie
chrétienne ; mais entre tous ceux que le monde
a inventés , il n'y en a point qui soit
plus à craindre que la Comédie. C'est une
peinture fi naturelle et fi délicate des passions
, qu'elle les anime et les fait naître
dans notre coeur , et surtout celle de l'amour
principalement lorsqu'on se represente qu'il
est chaste etfort honnête : car plus il paroît
innocent aux ames innocentes , plus elles:
sont capables d'en étre touchées . On je fait
en même-temps une conscience fondée fur
Phonnêteté de ces sentimens ; et on s'imagine
que ce n'eft pas bleffer la pureté , que d'ai
mer d'un amour fi sage. Ainsi on sort de la
Comédie le coeur si rempli de toutes les dou
ceurs de l'amour , et l'esprit si persuadé de
son innocence , qu'on eft tout préparé à recevoir
ses premieres impreffions , ou plutôt à:
chercher Poccasion de les faire naître dans.
Le coeur de quelqu'un , pour recevoir les mêmes
plaifirs et les mêmes sacrifices qu'on a
•
uns
JUILLET. 1731 1755
vus fi bien réprefentés fur le Theatre.
MEDITATIONS SUR L'EVANGILE
Ouvrage posthume de M. Jacques Benigne
Bossuet , Evêque de Meaux , Conseiller
du Roy en ses Conseils , et ordinaire
en son Conseil d'Etat, Precepteur de
Monseigneur le Dauphin , premier Aumônier
des deux derniers Dauphins. A
Paris , chez P. J. Mariette ,rue S.Jacques,.
1731. 4. volumes in 12. premier vol.
pp. 519. 2. vol . pp. 464. 3. vol . pp. 454.
4. vol . pp. 506. sans compter un Mandement
de M. l'Evêque de Troyes pour
recommander la lecture de cet Ouvrage
aux Fideles de son Diocèse , de 62. pag .
et sans les Tables .
LES VEILLE' ES DE THESSALIE . Premiere et
seconde Veillées . Rue S. Jacques , chez J.
F. Josse 1731. 2. vol. in 12 ..
La lecture de cet Ouvrage , qui est trés
bien écrit , est fort amusante. Le Librai--
re en promet la suite .
Fermer
Résumé : Discours sur la Comedie, ou Traité, &c. [titre d'après la table]
Le texte 'Discours sur la Comédie' explore l'histoire des jeux de théâtre en France, en se concentrant sur les XIIIe au XVe siècles. Au XIIIe siècle, la France comptait de nombreux poètes, les Provençaux étant particulièrement estimés. La langue provençale, appelée langue romaine, était valorisée pour sa proximité avec le latin et était parlée dans la Gaule Narbonnaise, incluant Toulouse et Genève. Depuis le Xe siècle, le provençal était utilisé dans les cours européennes pour les pièces d'esprit, appelées romans ou romances. Avec le perfectionnement du français sous Philippe Auguste, le langage de Paris devint indifféremment appelé français ou romain. Plusieurs princes invitèrent des poètes provençaux à leurs cours, comme Alphonse, comte de Poitiers et frère de Saint Louis. Ces poètes, appelés troubadours ou trouvères, se déplaçaient en bandes pour réciter leurs œuvres et jouer de la musique. Ils étaient également connus sous le nom de ménétriers ou ministeriales et chantaient les louanges des princes et des héros. Au milieu du XIVe siècle, environ cent poètes provençaux distingués étaient répertoriés. Leur langue commença à décliner au milieu du XVe siècle, mais les Italiens, attirés par le séjour des papes à Avignon, devinrent des poètes en Provence. Certains d'entre eux commencèrent à monter sur des théâtres pour jouer des pièces de piété. À Paris, au début du XIVe siècle, des comédiens dévots jouèrent des pièces pieuses, comme la Passion du Christ, dans l'Hôtel de Bourgogne. Cependant, ces représentations furent interdites par le Parlement en 1541 en raison de leur mélange avec des farces et des comportements immoraux. Les comédiens pieux continuèrent leurs représentations jusqu'en 1545, date à laquelle le Parlement leur interdit de jouer des mystères sacrés, leur permettant seulement des mystères profanes. En 1551, sous Henri II, les poètes français commencèrent à écrire des tragédies et des comédies. Jodelle fut le premier à en faire représenter. Sous Henri III, des comédiens italiens furent invités à la cour, mais le Parlement les interdit en raison de leur réputation d'infamie. Malgré cela, le roi permit leur établissement à son retour de Poitiers. Les conciles de Bâle (1435), de Tolède (1565) et de Bordeaux (1215) condamnèrent les jeux de théâtre et les mascarades, notamment les fêtes des fous et des innocents, où des personnes se déguisaient en évêques ou en rois. Ces conciles ordonnèrent aux autorités ecclésiastiques de prohiber ces pratiques sous peine de sanctions. Le texte traite également des abus et des désordres liés aux représentations comiques et aux danses dans les lieux sacrés en France, ainsi que des mesures prises pour les interdire. En 1486, un concile de Sens condamna les danses et les représentations comiques dans les églises. Les statuts synodaux des diocèses de Beauvais (1554) et de Soissons (1561) interdirent les bouffons, histrions, et autres farceurs lors des premières messes des prêtres, ainsi que les danses et spectacles dans les églises et cimetières. Un synode de Paris en 1557 condamna les processions burlesques impliquant des prêtres, des femmes et des bouffons. Saint Charles Borromée obtint en 1580 que les pièces de théâtre soient examinées pour leur conformité à la morale chrétienne et interdites les vendredis et jours de fête. Le Parlement de Paris, sous l'influence du Cardinal de Richelieu, autorisa les comédies à condition qu'elles respectent la bienséance et n'incluent pas de paroles lascives ou à double sens.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 1755-1762
Journal Litteraire d'Italie, &c. [titre d'après la table]
Début :
GIORNALE DE LETTERATI D'ITALIA Tomo III. An. 1710, Analecta de [...]
Mots clefs :
Manière de bien penser, Journalistes, Querelle littéraire, Rome, Mouvements du soleil, Académie royale des sciences de Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Journal Litteraire d'Italie, &c. [titre d'après la table]
GIORNALE DE LETTERATI D'ITALIA
Tomo III. An . 1710,
Analecta de calamitate Litteratorum :
PETRI ALBYNOII Medices Legatus , sive
de Exilio libri duo : accessere Jo. PIERIUS
VALERIANUS et CORNELIUS TOLLIUS de
infelicitate Litteratorum , ut et JOSEPHUST
E vj BAR1756
MERCURE DE FRANCE
BARBERIUS de miseria Poëtarum Gracorum
cum Præfatione Jo . BURCHARDII
MENKENII , et Indice copioso . Lipsia
1707. in 12. pag. 593 .
Les réflexions du Marquis Orsi sur le
Livre de la maniere de bien penser , du
P. Bouhours , ayant donné occasion à
plusieurs Ecrits de part et d'autre. Les
Journalistes font (a ) un Article particulier
de cette querelle Litteraire. Ils
rendent compte avec la même exactitude
de plusieurs autres disputes qui se sont
élevées , l'une ( b ) au sujet du Livre intitulé
Acta Passionis SS . Crescii et Sociorum
Martyrum ex mmss . Codd. Bibliotheca
Medicco- Laurentiane , Metropolitana
Ecclesia Florentina , et Sapientia Romane
, nunc primum edita , et à Jacobo Laderchio
, Congregationis Oratorii urbis Presbytero
, asserta et illustrata Florentie 1707.
Fautre ( è ) au sujet delle Vindicie del sig.
Abate Giusto Fontanini et la troisiéme (d)
à l'occasion du Livre de M. Muratori della
perfetto Poesia Italiana.
Istoria della Republica di Venezia , in
tempo della Sacra lega contra Maometto IV .
( a ) P. 77.
( b ) P. 1946
( c ) P. 287.
( A) P. 357.
JUILLET. 1757 1731 .
' e tre suoi successori , di PIETRO GARSONI
Senatore in Venezia 1705. in 4. grande
pag. 838 .
Gemme Antiche figurate , date in luce d'a
Dominico de Rossi , colle sposizioni di
PAOLO-ALESSANDRO MAFFEI Patrizco Volterrano
, &c. Parte terza in Roma 1708. in
4. reale. le gemme sono 102. e le pag
224.
GIORNALE DE LITTERALI D'ITALIA
Tomo IV. 1710.
Della Scienza chiamata Cavalleresca li
bri tre. in Roma 1710. in 4° . pag. sos . le
Marquis Scipion Maffei est l'Auteur de
cet Ouvrage.
Relazione della linea Meridiana Oriszontale
, et della Elissi Polare fabricata in Ro
ma l'anno 1702 ..
Pour tracer à Rome cette Meridiene
et prévenir les variations qu'a essuyé celle
de Boulogne , on a choisi l'Eglise des
Chartreux , qui fut anciennement la principale
Salle des Thermes deDiocletien , parce
que les murs en étant très- solides et
ayant depuis tant de siécles fait leur effet ,
on ne doit plus craindre qu'ils surbaissent
et quittent leur aplomb. Cette ligne horizontale
est de bronze , longue de 205.
Palmes Romains , et incrustée dans de
Far1758
MERCURE DE FRANCE
larges carreaux de Marbre , placez au niveau
, avec toutes les divisions necessaires
pour mésurer exactement les mouvemens
du Soleil , de la Lune et des Etoiles fixes .
Ce sont Mrs Bianchini et Maraldi , tous:
deux de l'Académie Royale des Sciences
de Paris , qui l'ont tracée avec toute la
justesse possible.
Opere di Monsig. GIOVANNI DELL A
CASA , con una copiosa Giunta di Scritture
non piu stampate , &c. in Firenze 1707;
in-4°.
Gymnasii Ticinensis Historia , et vindicie
à sæculo V. ad finem XV. et plura de ejusdem
urbis antiqua nobilitate . Authore ANTONIO
GATTO , in eodem Gymnasio Antecessore,.
&c. Mediolani 1704. in-8 ° . grande pag.
166.*
RELAZIONE e notizia dell' Accademia del
Disegno in Roma.
Cette Societé fut établie dès l'année
478. sous le nom de la Compagnie de
aint Luc. Mais en 1595. elle acquit le
titre et la forme d'Academie . Girolamo
Muziani de Bresse en fut le principal
Promoteur , et Federigo Zuccari le premier
President. On avoit coutume alors
de faire quelques fonctions sólemnelles etd'exciter
des jeunes Gens par des prix que
l'on proposoit , cela se fit particulierement
JUILLET 1731. 1759
ment en 1695. année seculaire de l'Académie.
Mais cette Cérémonie n'arrivoit
que rarement , et se faisoit inter privatos
parietes. Clement XI . considerant la
gloire et l'utilité qu'aportent les beaux
Arts , ordonna que ces Assemblées se
tinssent tous les ans dans une des Salles
du Capitole , et fonda et augmenta le
nombre des Prix , sçavoir trois pour la
Peinture , trois pour la Sculpture et trois
pour l'Architecture , ils consistent en des
Médaillons que ceux qui en sont juges dignes
reçoivent de la main des Cardinaux
qui se trouvent d'ordinaire en grand nombre
à ces Assemblées . Les Sujets sont tirez
de l'Histoire Romaine , et proposez
par les Officiers de l'Académie qui en sont
aussi les Juges.
Gemme antiche figurate , date in luce da
Domenico de' Rossi , colle Sposizioni de
PAOLO- ALESSANDRO MAFFEI , & c . parte:
quarta , in Roma 1709. in - 4 ° . reale. le
Gemme sono 100. e le pagg. delle note:
206.
On ne sçauroit trop estimer ce Recuëil
, dont voici la quatrième Partie ,
les explications du Comte Paul Alexandre
Maffei répondent parfaitement à de
si grands Sujets , et se fontlire avec a utant
de plaisir que d'utilité.
On.
160 MERCURE DE FRANCE
On apprend de Rome que la traduction:
des Comédies de Terence in versi Sciolti,
par M. Fortiguerra , est achevée , et que,
le Cardinal Albani s'est chargé de la faire
imprimer magnifiquement à Urbin , avec
le Texte Latin , tel qu'il se trouve dans le
célébre Manuscrit du Vatican. On fera
graver soigneusement les Figures en miniature
qui se trouvent dans ce Manuscrit,
et qui représentent les Habits et les Masques
dont se servoient les anciens Comiques
Latins.
De Verone , que Tummormanni , Libraire
, a sous presse , Theatro del Signor
Marchese Scipione Maffei ; cioe la Tragedia
, la Comedia e il Dramma non pin
Stampato. Agiunta la Spiegazione d'alcune
antichita pertinential Teatro..
On écrit aussi de Rome que l'Abbé
Georgi , Bibliotécaire du Cardinal Impe◄
riali , a donné au Public le premier Volume
du Rituel des Papes;c'est un in-4.dédié
à Sa Sainteté . Les Ministres du Saint
Office ont fait depuis peu une recherche
exacte dans les Synagogues des Juifs , ils
y ont enlevé cinq Ballots d'une nouvelle
édition du Talmud , faite en Allemagne ,
et remplie de plus de visions et d'extravagances
que les précedentes .
Од
JUILLET. 1731. 1761
On a imprimé à Madrid un Volume
in- Folio, sous le titre de Pictor Christianus
eruditus. Ce sont des Instructions pour
le Costume , dont la plupart des Peintres
ont grand besoin.
On a imprimé à Turin une Relation
sur tout ce qui s'est passé pendant ledernier
Pontificat entre la Cour de Rome et le
Roi de Sardaigne . On croit qu'il y aura
une Réponse de la part du S. Siege.
On mande de Naples que M. Simonetti
, Nonce du Pape , va toutes les Semaines
à Pouzol respirer l'air sulphureux
de cet endroit , que les Medecins croyent
salutaire pour ses maux de Poitrine.
On écrit de Londres qu'on y avoit
appris de Reading dans le Comté de
Berks , qu'on y voyoit actuellement un
enfant agé de cinq ans , fils d'un Paysan
, nommé Benjamin Loder , lequel a
cinq pieds de haut. Il est assez fort à cet
âge pour porter 260. livres pesant , pour
lever d'une main un poids de cent livres
et d'un doigt un poids de cinquante. On
doit amener cet enfant à Londres , pour
le faire voir à la Famille Royale.
Nous
1762 MERCURE DE FRANCE
1
Nous sommes priez d'annoncer au Public
qu'il y a une suite des Médailles Imperiales
d'argent à vendre de la Succession
de M. de Chezelles , Lieutenant général
de Police de Montluçon , décedé en 1730.
Cette suite est de plus de mille Médailles ,
d'une Antiquité indubitable, et d'une trèsgrande
conservation. Il y a à la tête des
Médailles Imperiales , environ soixante
Médailles Consulaires , aussi très- bien
conservées. Il y a encore six belles Urnes
antiques de Verre , d'une forme singuliere
et toutes differentes , avec une Statuë
d'Hercule en Bronze , pesant 17 livres.
On s'addressera à l'Abbaye Sainte Geneviéve
de Paris , au R. P. Prévôt, Bibliotécaire
, et au R. P. Dupineau , Antiquaire
de cette Maison.
Gabriel Martin , Libraire , distribue le
Catalogue de la Bibliotéque de feu M. Bonnet
, Curé de Saint Nicolas des Champs ,
dont la vente a été commencée le 23 .
uillet. Le même Libraire imprime le
Catalogue des Livres de feu M. Dodart
Premier Médecin du Roi , dont la vente
se fera incessamment en détail .
Tomo III. An . 1710,
Analecta de calamitate Litteratorum :
PETRI ALBYNOII Medices Legatus , sive
de Exilio libri duo : accessere Jo. PIERIUS
VALERIANUS et CORNELIUS TOLLIUS de
infelicitate Litteratorum , ut et JOSEPHUST
E vj BAR1756
MERCURE DE FRANCE
BARBERIUS de miseria Poëtarum Gracorum
cum Præfatione Jo . BURCHARDII
MENKENII , et Indice copioso . Lipsia
1707. in 12. pag. 593 .
Les réflexions du Marquis Orsi sur le
Livre de la maniere de bien penser , du
P. Bouhours , ayant donné occasion à
plusieurs Ecrits de part et d'autre. Les
Journalistes font (a ) un Article particulier
de cette querelle Litteraire. Ils
rendent compte avec la même exactitude
de plusieurs autres disputes qui se sont
élevées , l'une ( b ) au sujet du Livre intitulé
Acta Passionis SS . Crescii et Sociorum
Martyrum ex mmss . Codd. Bibliotheca
Medicco- Laurentiane , Metropolitana
Ecclesia Florentina , et Sapientia Romane
, nunc primum edita , et à Jacobo Laderchio
, Congregationis Oratorii urbis Presbytero
, asserta et illustrata Florentie 1707.
Fautre ( è ) au sujet delle Vindicie del sig.
Abate Giusto Fontanini et la troisiéme (d)
à l'occasion du Livre de M. Muratori della
perfetto Poesia Italiana.
Istoria della Republica di Venezia , in
tempo della Sacra lega contra Maometto IV .
( a ) P. 77.
( b ) P. 1946
( c ) P. 287.
( A) P. 357.
JUILLET. 1757 1731 .
' e tre suoi successori , di PIETRO GARSONI
Senatore in Venezia 1705. in 4. grande
pag. 838 .
Gemme Antiche figurate , date in luce d'a
Dominico de Rossi , colle sposizioni di
PAOLO-ALESSANDRO MAFFEI Patrizco Volterrano
, &c. Parte terza in Roma 1708. in
4. reale. le gemme sono 102. e le pag
224.
GIORNALE DE LITTERALI D'ITALIA
Tomo IV. 1710.
Della Scienza chiamata Cavalleresca li
bri tre. in Roma 1710. in 4° . pag. sos . le
Marquis Scipion Maffei est l'Auteur de
cet Ouvrage.
Relazione della linea Meridiana Oriszontale
, et della Elissi Polare fabricata in Ro
ma l'anno 1702 ..
Pour tracer à Rome cette Meridiene
et prévenir les variations qu'a essuyé celle
de Boulogne , on a choisi l'Eglise des
Chartreux , qui fut anciennement la principale
Salle des Thermes deDiocletien , parce
que les murs en étant très- solides et
ayant depuis tant de siécles fait leur effet ,
on ne doit plus craindre qu'ils surbaissent
et quittent leur aplomb. Cette ligne horizontale
est de bronze , longue de 205.
Palmes Romains , et incrustée dans de
Far1758
MERCURE DE FRANCE
larges carreaux de Marbre , placez au niveau
, avec toutes les divisions necessaires
pour mésurer exactement les mouvemens
du Soleil , de la Lune et des Etoiles fixes .
Ce sont Mrs Bianchini et Maraldi , tous:
deux de l'Académie Royale des Sciences
de Paris , qui l'ont tracée avec toute la
justesse possible.
Opere di Monsig. GIOVANNI DELL A
CASA , con una copiosa Giunta di Scritture
non piu stampate , &c. in Firenze 1707;
in-4°.
Gymnasii Ticinensis Historia , et vindicie
à sæculo V. ad finem XV. et plura de ejusdem
urbis antiqua nobilitate . Authore ANTONIO
GATTO , in eodem Gymnasio Antecessore,.
&c. Mediolani 1704. in-8 ° . grande pag.
166.*
RELAZIONE e notizia dell' Accademia del
Disegno in Roma.
Cette Societé fut établie dès l'année
478. sous le nom de la Compagnie de
aint Luc. Mais en 1595. elle acquit le
titre et la forme d'Academie . Girolamo
Muziani de Bresse en fut le principal
Promoteur , et Federigo Zuccari le premier
President. On avoit coutume alors
de faire quelques fonctions sólemnelles etd'exciter
des jeunes Gens par des prix que
l'on proposoit , cela se fit particulierement
JUILLET 1731. 1759
ment en 1695. année seculaire de l'Académie.
Mais cette Cérémonie n'arrivoit
que rarement , et se faisoit inter privatos
parietes. Clement XI . considerant la
gloire et l'utilité qu'aportent les beaux
Arts , ordonna que ces Assemblées se
tinssent tous les ans dans une des Salles
du Capitole , et fonda et augmenta le
nombre des Prix , sçavoir trois pour la
Peinture , trois pour la Sculpture et trois
pour l'Architecture , ils consistent en des
Médaillons que ceux qui en sont juges dignes
reçoivent de la main des Cardinaux
qui se trouvent d'ordinaire en grand nombre
à ces Assemblées . Les Sujets sont tirez
de l'Histoire Romaine , et proposez
par les Officiers de l'Académie qui en sont
aussi les Juges.
Gemme antiche figurate , date in luce da
Domenico de' Rossi , colle Sposizioni de
PAOLO- ALESSANDRO MAFFEI , & c . parte:
quarta , in Roma 1709. in - 4 ° . reale. le
Gemme sono 100. e le pagg. delle note:
206.
On ne sçauroit trop estimer ce Recuëil
, dont voici la quatrième Partie ,
les explications du Comte Paul Alexandre
Maffei répondent parfaitement à de
si grands Sujets , et se fontlire avec a utant
de plaisir que d'utilité.
On.
160 MERCURE DE FRANCE
On apprend de Rome que la traduction:
des Comédies de Terence in versi Sciolti,
par M. Fortiguerra , est achevée , et que,
le Cardinal Albani s'est chargé de la faire
imprimer magnifiquement à Urbin , avec
le Texte Latin , tel qu'il se trouve dans le
célébre Manuscrit du Vatican. On fera
graver soigneusement les Figures en miniature
qui se trouvent dans ce Manuscrit,
et qui représentent les Habits et les Masques
dont se servoient les anciens Comiques
Latins.
De Verone , que Tummormanni , Libraire
, a sous presse , Theatro del Signor
Marchese Scipione Maffei ; cioe la Tragedia
, la Comedia e il Dramma non pin
Stampato. Agiunta la Spiegazione d'alcune
antichita pertinential Teatro..
On écrit aussi de Rome que l'Abbé
Georgi , Bibliotécaire du Cardinal Impe◄
riali , a donné au Public le premier Volume
du Rituel des Papes;c'est un in-4.dédié
à Sa Sainteté . Les Ministres du Saint
Office ont fait depuis peu une recherche
exacte dans les Synagogues des Juifs , ils
y ont enlevé cinq Ballots d'une nouvelle
édition du Talmud , faite en Allemagne ,
et remplie de plus de visions et d'extravagances
que les précedentes .
Од
JUILLET. 1731. 1761
On a imprimé à Madrid un Volume
in- Folio, sous le titre de Pictor Christianus
eruditus. Ce sont des Instructions pour
le Costume , dont la plupart des Peintres
ont grand besoin.
On a imprimé à Turin une Relation
sur tout ce qui s'est passé pendant ledernier
Pontificat entre la Cour de Rome et le
Roi de Sardaigne . On croit qu'il y aura
une Réponse de la part du S. Siege.
On mande de Naples que M. Simonetti
, Nonce du Pape , va toutes les Semaines
à Pouzol respirer l'air sulphureux
de cet endroit , que les Medecins croyent
salutaire pour ses maux de Poitrine.
On écrit de Londres qu'on y avoit
appris de Reading dans le Comté de
Berks , qu'on y voyoit actuellement un
enfant agé de cinq ans , fils d'un Paysan
, nommé Benjamin Loder , lequel a
cinq pieds de haut. Il est assez fort à cet
âge pour porter 260. livres pesant , pour
lever d'une main un poids de cent livres
et d'un doigt un poids de cinquante. On
doit amener cet enfant à Londres , pour
le faire voir à la Famille Royale.
Nous
1762 MERCURE DE FRANCE
1
Nous sommes priez d'annoncer au Public
qu'il y a une suite des Médailles Imperiales
d'argent à vendre de la Succession
de M. de Chezelles , Lieutenant général
de Police de Montluçon , décedé en 1730.
Cette suite est de plus de mille Médailles ,
d'une Antiquité indubitable, et d'une trèsgrande
conservation. Il y a à la tête des
Médailles Imperiales , environ soixante
Médailles Consulaires , aussi très- bien
conservées. Il y a encore six belles Urnes
antiques de Verre , d'une forme singuliere
et toutes differentes , avec une Statuë
d'Hercule en Bronze , pesant 17 livres.
On s'addressera à l'Abbaye Sainte Geneviéve
de Paris , au R. P. Prévôt, Bibliotécaire
, et au R. P. Dupineau , Antiquaire
de cette Maison.
Gabriel Martin , Libraire , distribue le
Catalogue de la Bibliotéque de feu M. Bonnet
, Curé de Saint Nicolas des Champs ,
dont la vente a été commencée le 23 .
uillet. Le même Libraire imprime le
Catalogue des Livres de feu M. Dodart
Premier Médecin du Roi , dont la vente
se fera incessamment en détail .
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Résumé : Journal Litteraire d'Italie, &c. [titre d'après la table]
Le texte compile des publications et événements littéraires et scientifiques entre 1705 et 1762. Parmi les ouvrages notables, les 'Analecta de calamitate Litteratorum' analysent la condition des littérateurs, tandis que le Marquis Orsi critique le 'Livre de la maniere de bien penser' du Père Bouhours. Les journaux littéraires comme le 'GIORNALE DE LETTERATI D'ITALIA' et le 'MERCURE DE FRANCE' rapportent diverses disputes littéraires et scientifiques, notamment celles concernant les 'Acta Passionis SS. Crescii' et les 'Vindicie del sig. Abate Giusto Fontanini'. Des publications historiques et artistiques sont également mentionnées, telles que l''Istoria della Republica di Venezia' de Pietro Garsoni et les 'Gemme Antiche figurate' de Domenico de Rossi. Des travaux scientifiques, comme la 'Relazione della linea Meridiana Oriszontale' tracée par Bianchini et Maraldi, sont détaillés. Le texte évoque aussi des événements culturels variés, comme la traduction des comédies de Terence par Fortiguerra et la recherche dans les synagogues des Juifs par les Ministres du Saint Office.
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4
p. 1763-1764
EXTRAIT d'un Lettre addressée à l'Auteur du Bureau Tipographique par un Principal de College de Province, le 12. Juillet 1731.
Début :
J'ai reçû, au reste, par M. le Chevalier de Bauffremont les Lettres que vous [...]
Mots clefs :
Enfants, Méthode, Observations grammaticales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'un Lettre addressée à l'Auteur du Bureau Tipographique par un Principal de College de Province, le 12. Juillet 1731.
EXTRAIT d'un Lettre addressée à l'Auteur
du Bureau Tipographique par un
Principal de College de Province , le 12.
Juillet 173 .
J
' Ai reçû , au reste , par M. le Chevalier
de Bauffremont les Lettres que vous
lui aviez remises pour moi. J'ai lû particuliérement
la sixième qui regarde le Rudiment
pratique ; et cette Lecture n'a fait
que me confirmer dans l'idée que j'en
avois déja , qui est qu'on ne pouvoit ima
giner une voye plus simple et plus proportionnée
aux Enfans pour leur appren
dre les Elemens de toutes sortes de Langues.
Je dis plus ; je soutiens que le fond
de votre Méthode qui ne consiste qu'à
commencer par les Operations les plus
simples et les plus débarassées de toutes ces
Observations Grammaticales qui ne font
que brouiller les Enfans ; je soutiens , dis- .
je , que cette Méthode toute seule dégagée
de tout l'attirail du Bureau Tipographique,
est la seule qui convienne aux Enfans.
et j'en fais moi- même ici l'expérience pour
un Neveu de six ans que j'ai auprès de
moi. Je suis même persuadé que les Maîtres
n'en emploiroient pas d'autre , s'ils
comprenoient bien eux-mêmes le Métier
qu'ils
1764 MERCURE DE FRANCE
qu'ils font , et les véritables principes sur
lesquels il est fondé. Mais la plupart n'agissent
que par routine , et se mettent peu
en peine des progrès de l'Enfant , pourvu
que leur honoraire coure toûjours . Je m'imagine
que si votre Méthode prend une
fois bien le dessus , on reviendra de tous
ces vieux préjugez qui n'ont servi jusqu'apresent
qu'à retarder les progrès des Enfans,
en tenant captive l'heureuse facilité
de quelques- uns , et en étouffant le peu
de disposision des autres. Je suis , &c .
du Bureau Tipographique par un
Principal de College de Province , le 12.
Juillet 173 .
J
' Ai reçû , au reste , par M. le Chevalier
de Bauffremont les Lettres que vous
lui aviez remises pour moi. J'ai lû particuliérement
la sixième qui regarde le Rudiment
pratique ; et cette Lecture n'a fait
que me confirmer dans l'idée que j'en
avois déja , qui est qu'on ne pouvoit ima
giner une voye plus simple et plus proportionnée
aux Enfans pour leur appren
dre les Elemens de toutes sortes de Langues.
Je dis plus ; je soutiens que le fond
de votre Méthode qui ne consiste qu'à
commencer par les Operations les plus
simples et les plus débarassées de toutes ces
Observations Grammaticales qui ne font
que brouiller les Enfans ; je soutiens , dis- .
je , que cette Méthode toute seule dégagée
de tout l'attirail du Bureau Tipographique,
est la seule qui convienne aux Enfans.
et j'en fais moi- même ici l'expérience pour
un Neveu de six ans que j'ai auprès de
moi. Je suis même persuadé que les Maîtres
n'en emploiroient pas d'autre , s'ils
comprenoient bien eux-mêmes le Métier
qu'ils
1764 MERCURE DE FRANCE
qu'ils font , et les véritables principes sur
lesquels il est fondé. Mais la plupart n'agissent
que par routine , et se mettent peu
en peine des progrès de l'Enfant , pourvu
que leur honoraire coure toûjours . Je m'imagine
que si votre Méthode prend une
fois bien le dessus , on reviendra de tous
ces vieux préjugez qui n'ont servi jusqu'apresent
qu'à retarder les progrès des Enfans,
en tenant captive l'heureuse facilité
de quelques- uns , et en étouffant le peu
de disposision des autres. Je suis , &c .
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Résumé : EXTRAIT d'un Lettre addressée à l'Auteur du Bureau Tipographique par un Principal de College de Province, le 12. Juillet 1731.
Le 12 juillet 173, un principal de collège de province écrit à un auteur pour discuter de la méthode d'enseignement des langues décrite dans la sixième lettre du 'Rudiment pratique', reçue via le Chevalier de Bauffremont. Le principal approuve cette méthode, qu'il juge la plus simple et adaptée pour les enfants. Elle commence par des opérations simples et évite les observations grammaticales complexes. Il applique cette méthode avec succès à son neveu de six ans. Le principal critique les maîtres qui agissent par routine et ne se soucient pas des progrès des enfants, tant qu'ils sont payés. Il espère que la méthode de l'auteur, si elle est bien comprise et adoptée, permettra de surmonter les préjugés anciens et d'améliorer les progrès des enfants.
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5
p. 1764-1767
Académie des Jeux Floraux, [titre d'après la table]
Début :
L'Académie des Jeux Floraux distribuëra la troisiéme jour du mois de May de l'année 1732. [...]
Mots clefs :
Académie des Jeux floraux, Amarante d'or, Violette d'argent, Églantine d'argent, Prix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Académie des Jeux Floraux, [titre d'après la table]
L'Académie des Jeux Floraux distribuëra la
troisiéme jour du mois de May de l'année 1732 .
les
quatre Prix ou Fleurs qu'elle doit donner chaque
année.
Le premier de ees Prix est une Amaranthe d'or,
de la valeur de 400 liv. qui est destiné à une Ode.
Le second est une Violette d'Argent , de la vafeur
de 250 liv. qui est destiné à un Poëme de 60
Vers au moins , ou de cent Vers au plus. Le sujet
de ce genre de Poësie doit être héroïque .
Le troisième prix est une Eglantine d'argent
de la valeur de 250 liv.qui est destinée à unePiéce
de Prose , d'un quart d'heure ou d'une petite
demie-heure de lecture , dont le sujet sera pour
l'année 173.2 .
LE SAGE PROFITE DE SES FAUTES.
Le quatriéme Prix est un Souci d'argent , de la
valeur de 200 liv. qui est destiné à une Elegie , à
une Eglogue , ou à une Idyle,
La
JUILLET. 1731. 1765
Le sujet de tous les Ouvrages de Poësie est au
choix des Auteurs ; les Poëmes , les Eglogues , les
Idyles et les Elegies doivent être en Vers Alexandrins
ou à rimes plates .
Les Ouvrages qui ne seront que des imitations,
ceux que l'on reconnoîtra avoit déjà paru,ou qui
traiteront des sujets donnez par d'autres Académies
, ceux qui auront quelque chose de burlesde
contraire aux que , de satirique , d'indécent oy
moeurs , n'entreronr point dans le concours pour
les Prix , non plus que les Ouvrages dont les Auteurs
se seront fait connoître , et pour lesquels ils
auront fait solliciter ou sollicité eux-mêmes. Les
Auteurs qui traiteront des matieres Théologiques
doivent accompagner leurs Ouvrages de l'Appro
bation de deux Docteurs en Théologie.
On doit remettre dans tous le mois de Janvier
de l'année 1732. à M. le Chevalier de Catellan
Secretaire perpetuel des Jeux Floraux , logé près
de la Place du Salin , à Toulouse , trois Copies
bien lisibles de chaque Ouvrage. Le mois de Janvier
expiré , il n'en recevra plus .
L'Académie a délibéré d'observer à la lettre
P'Article dixiéme de ses Statuts , à l'égard de la
- maniere en laquelle les Ouvrages que l'on présente
pour les Prix doivent être remis à M. le Se
cretaire perpetuel, Les Auteurs sont donc avertis
de s'adresser à une personne domiciliée àToulousé
, pour faire remettre leurs Ouvrages à M. le
Secretaire, lequel recevant les trois Copies de chaque
Ouvrage,, en écrira dans son Registre la Sen
tence , aussi- bien que le nom de celui qui le lui
aura remis , qui sera tenu d'en signer le Registre ;
après quoi M. le Secretaire lui délivrera le Recepissé
de l'Ouvrage en la forme accoûtumée .
Ceux qui auront remporté des Prix seront obligcz
1766 MERCURE DE FRANCE
gez de venir les recevoir eux-mêmes , s'ils sont à
Toulouse, l'après midi du troisiéme jour du mois
de May , dans l'Assemblée publique de la distribution
des Prix , au grand Consistoire de l'Hôtel
de Ville ; et s'ils sont hors de portée de venir les
recevoir , ils doivent envoyer une Procuration en
bonne forme , à une personne domiciliée à Toulouse
, qui en la remettant à M. le Secretaire,avec
le Recepissé de l'Ouvrage , recevra le Prix. Après
que les Auteurs se seront fait connoître , on leur
donnera des Attestations , portant qu'un tel , une
telle année , pour tel Ouvrage par lui composé ,
a remporté un tel Prix ; et l'Ouvrage en Original
y sera attaché sous le Contre- Scel des Jeux .
Les Auteurs ne peuvent remporter que trois fois
en leur vie les Prix destinez à chaque genre d'Ouvrage
, après quoi ils ne doivent plus entrer en
lice.
Celui qui aura remporté trois Prix , l'un desquels
sera l'Amaranthe , pourra obtenir des Lettres
de Maître des Jeux Floraux , et il sera toute
sa vie du Corps des Jeux , avec droit d'assister et
d'opiner comme Juge , avec le Chancelier , les
Mainteneurs et les autres Maîtres , aux Aseemblées
publiques et particulieres , qui regarderont
le jugement des Ouvrages présentez pour les Prix.
On avertit que les Recueils des Pieces d'Eloquence
et de Poësie , qui ont été présentées à
l'Academie des Jeux Floraux , pour la di tribution
des Prix de chique année , depuis 1710. fe
trouveront à Toulouse , chez le fieur Lecamus ,
Imprimeur du Roy et de l'Académie des Jeux
Floraux , rue de la Porteries chez le fieur
Huart l'aîné , Marchand Libraise à Paris , ruë
S. Jacques , proche la Fontaine S. Severin , et
cbez
JUILLET . 1731. 1767
ez le fieur Nicolas Lacourt l'aîné , Impri-
* ur du Roy , à Bordeaux , ruë S. James.
troisiéme jour du mois de May de l'année 1732 .
les
quatre Prix ou Fleurs qu'elle doit donner chaque
année.
Le premier de ees Prix est une Amaranthe d'or,
de la valeur de 400 liv. qui est destiné à une Ode.
Le second est une Violette d'Argent , de la vafeur
de 250 liv. qui est destiné à un Poëme de 60
Vers au moins , ou de cent Vers au plus. Le sujet
de ce genre de Poësie doit être héroïque .
Le troisième prix est une Eglantine d'argent
de la valeur de 250 liv.qui est destinée à unePiéce
de Prose , d'un quart d'heure ou d'une petite
demie-heure de lecture , dont le sujet sera pour
l'année 173.2 .
LE SAGE PROFITE DE SES FAUTES.
Le quatriéme Prix est un Souci d'argent , de la
valeur de 200 liv. qui est destiné à une Elegie , à
une Eglogue , ou à une Idyle,
La
JUILLET. 1731. 1765
Le sujet de tous les Ouvrages de Poësie est au
choix des Auteurs ; les Poëmes , les Eglogues , les
Idyles et les Elegies doivent être en Vers Alexandrins
ou à rimes plates .
Les Ouvrages qui ne seront que des imitations,
ceux que l'on reconnoîtra avoit déjà paru,ou qui
traiteront des sujets donnez par d'autres Académies
, ceux qui auront quelque chose de burlesde
contraire aux que , de satirique , d'indécent oy
moeurs , n'entreronr point dans le concours pour
les Prix , non plus que les Ouvrages dont les Auteurs
se seront fait connoître , et pour lesquels ils
auront fait solliciter ou sollicité eux-mêmes. Les
Auteurs qui traiteront des matieres Théologiques
doivent accompagner leurs Ouvrages de l'Appro
bation de deux Docteurs en Théologie.
On doit remettre dans tous le mois de Janvier
de l'année 1732. à M. le Chevalier de Catellan
Secretaire perpetuel des Jeux Floraux , logé près
de la Place du Salin , à Toulouse , trois Copies
bien lisibles de chaque Ouvrage. Le mois de Janvier
expiré , il n'en recevra plus .
L'Académie a délibéré d'observer à la lettre
P'Article dixiéme de ses Statuts , à l'égard de la
- maniere en laquelle les Ouvrages que l'on présente
pour les Prix doivent être remis à M. le Se
cretaire perpetuel, Les Auteurs sont donc avertis
de s'adresser à une personne domiciliée àToulousé
, pour faire remettre leurs Ouvrages à M. le
Secretaire, lequel recevant les trois Copies de chaque
Ouvrage,, en écrira dans son Registre la Sen
tence , aussi- bien que le nom de celui qui le lui
aura remis , qui sera tenu d'en signer le Registre ;
après quoi M. le Secretaire lui délivrera le Recepissé
de l'Ouvrage en la forme accoûtumée .
Ceux qui auront remporté des Prix seront obligcz
1766 MERCURE DE FRANCE
gez de venir les recevoir eux-mêmes , s'ils sont à
Toulouse, l'après midi du troisiéme jour du mois
de May , dans l'Assemblée publique de la distribution
des Prix , au grand Consistoire de l'Hôtel
de Ville ; et s'ils sont hors de portée de venir les
recevoir , ils doivent envoyer une Procuration en
bonne forme , à une personne domiciliée à Toulouse
, qui en la remettant à M. le Secretaire,avec
le Recepissé de l'Ouvrage , recevra le Prix. Après
que les Auteurs se seront fait connoître , on leur
donnera des Attestations , portant qu'un tel , une
telle année , pour tel Ouvrage par lui composé ,
a remporté un tel Prix ; et l'Ouvrage en Original
y sera attaché sous le Contre- Scel des Jeux .
Les Auteurs ne peuvent remporter que trois fois
en leur vie les Prix destinez à chaque genre d'Ouvrage
, après quoi ils ne doivent plus entrer en
lice.
Celui qui aura remporté trois Prix , l'un desquels
sera l'Amaranthe , pourra obtenir des Lettres
de Maître des Jeux Floraux , et il sera toute
sa vie du Corps des Jeux , avec droit d'assister et
d'opiner comme Juge , avec le Chancelier , les
Mainteneurs et les autres Maîtres , aux Aseemblées
publiques et particulieres , qui regarderont
le jugement des Ouvrages présentez pour les Prix.
On avertit que les Recueils des Pieces d'Eloquence
et de Poësie , qui ont été présentées à
l'Academie des Jeux Floraux , pour la di tribution
des Prix de chique année , depuis 1710. fe
trouveront à Toulouse , chez le fieur Lecamus ,
Imprimeur du Roy et de l'Académie des Jeux
Floraux , rue de la Porteries chez le fieur
Huart l'aîné , Marchand Libraise à Paris , ruë
S. Jacques , proche la Fontaine S. Severin , et
cbez
JUILLET . 1731. 1767
ez le fieur Nicolas Lacourt l'aîné , Impri-
* ur du Roy , à Bordeaux , ruë S. James.
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Résumé : Académie des Jeux Floraux, [titre d'après la table]
L'Académie des Jeux Floraux a annoncé la distribution de ses quatre prix annuels le 3 mai 1732. Les prix attribués sont les suivants : une Amaranthe d'or de 400 livres pour une ode, une Violette d'argent de 250 livres pour un poème héroïque de 60 à 100 vers, une Églantine d'argent de 250 livres pour une pièce de prose sur le sujet 'Le Sage profite de ses fautes', et un Souci d'argent de 200 livres pour une élégie, une églogue ou une idylle. Les sujets des œuvres poétiques sont laissés au choix des auteurs. Les participants doivent soumettre trois copies de leurs œuvres avant la fin du mois de janvier 1732 à M. le Chevalier de Catellan, secrétaire perpétuel des Jeux Floraux. Les œuvres doivent être remises par une personne domiciliée à Toulouse. Les lauréats doivent venir recevoir leurs prix en personne ou envoyer une procuration. Les auteurs ne peuvent remporter qu'un maximum de trois fois chaque prix au cours de leur vie. Les recueils des pièces présentées depuis 1710 sont disponibles chez plusieurs imprimeurs à Toulouse, Paris et Bordeaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 1767-1769
EPITAPHE de Madame la Duchesse de Bruntswich, composée à Vienne, par ordre de l'Impératrice Douairiere sa Fille, qu'on vient de graver sur son Tombeau, dans le Cloître de l'Abbaye Royale du Val de Grace.
Début :
SISTE VIATOR Et venerare Nomen quod MAJESTATEM sapit. Hic Jacet [...]
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texteReconnaissance textuelle : EPITAPHE de Madame la Duchesse de Bruntswich, composée à Vienne, par ordre de l'Impératrice Douairiere sa Fille, qu'on vient de graver sur son Tombeau, dans le Cloître de l'Abbaye Royale du Val de Grace.
EPITAPHE de Madame la Du
chesse de Bruntswich, composée à Vienne ,
par
ordre de l'Impératrice Douairiere sa
Fille , qu'on vient de graver sur son Tombean
, dans le Cloître de l'Abbaye Royale
du Val de Grace.
SISTE VIATOR
Et venerare Nomen quod MAJESTATEM
sapit.
Hic Jacet
SERENISSIMA BENEDICTA.
Quam
EDUARDUS , Caroli Ludovici Electoris
Comitis Palatini
ad Rhenum, Ducis Bavaria , Comitisque
Veldentiæ
Et Spanheimii Frater ,
Atque
ANNA GONZAGA Noviodunensis in
Heduis
FILIA M
Joannes Fredericus Brunsvicensium , er
Luneburgensium Dux
UXOREM
Carolina Felicitas nupta Rainaldo Atestino
, Mutinensium Duci
AUS
1768 MERCURE DE FRANCE
AUGUSTA AMALIA WILHELMINA
JOSEPHI I. ROMANORUM
IMPERATORIS
Vidua
superstes ,
MATREM ,
Auspicato habuerunt.
Effloruit Celsissima Ejus Stirps in
Coronas ;
In Sceptra pullulavit ;
SURREXIT IN SOLIA ;
Gentilitiæque Antiquitatis fulgorem ,
Propriæ virtutis radiis superavit;
Et nimia circumquaque , in orbe , luce
: diffusa ,
Vetustatem æque , ac Posteritatem
dubiam reddidit ,
Plusne ab Antecessoribus receperit ,
Vel contulerit Successoribus ;
Proinde reverere , VIATOR , BENEDICTAM
hanc ,
Feminæ fortis specimen , Principis
Christiane Exemplar ,
Quæ indolem nacta liberalem ,
Amorem in suos ,
Gratiam in familiares ,
Benevolentiam in subditos , Beneficentiam
in miseros ,
Una cum morum suavitate ,
In una sede animi sui , præclaro foedere
Junxit , et Collocavit. -
Tali
JUILLET. 1731 1769
Tali, ac tantæ Principi , nomine, et omine
"
BENEDICTE
Quæ
L X X. et IX . Annis Major
Prid. ID. Aug. Ann . A. P. V. M. D. CC.XXX.
Placide dormiturienti similis
Morte sanctorum ,
SUUM OBIIT DIEM
TU VIATOR
A DEO ,
Requiem et coelitum consortium
›
apprecare ,
Cum in ea speculum habeas Pietatis ,
Exemplum Probitatis ,
AVITE NOBILIORIS IN DOLIS DECUS ,
ET DOCUMENTUM.
chesse de Bruntswich, composée à Vienne ,
par
ordre de l'Impératrice Douairiere sa
Fille , qu'on vient de graver sur son Tombean
, dans le Cloître de l'Abbaye Royale
du Val de Grace.
SISTE VIATOR
Et venerare Nomen quod MAJESTATEM
sapit.
Hic Jacet
SERENISSIMA BENEDICTA.
Quam
EDUARDUS , Caroli Ludovici Electoris
Comitis Palatini
ad Rhenum, Ducis Bavaria , Comitisque
Veldentiæ
Et Spanheimii Frater ,
Atque
ANNA GONZAGA Noviodunensis in
Heduis
FILIA M
Joannes Fredericus Brunsvicensium , er
Luneburgensium Dux
UXOREM
Carolina Felicitas nupta Rainaldo Atestino
, Mutinensium Duci
AUS
1768 MERCURE DE FRANCE
AUGUSTA AMALIA WILHELMINA
JOSEPHI I. ROMANORUM
IMPERATORIS
Vidua
superstes ,
MATREM ,
Auspicato habuerunt.
Effloruit Celsissima Ejus Stirps in
Coronas ;
In Sceptra pullulavit ;
SURREXIT IN SOLIA ;
Gentilitiæque Antiquitatis fulgorem ,
Propriæ virtutis radiis superavit;
Et nimia circumquaque , in orbe , luce
: diffusa ,
Vetustatem æque , ac Posteritatem
dubiam reddidit ,
Plusne ab Antecessoribus receperit ,
Vel contulerit Successoribus ;
Proinde reverere , VIATOR , BENEDICTAM
hanc ,
Feminæ fortis specimen , Principis
Christiane Exemplar ,
Quæ indolem nacta liberalem ,
Amorem in suos ,
Gratiam in familiares ,
Benevolentiam in subditos , Beneficentiam
in miseros ,
Una cum morum suavitate ,
In una sede animi sui , præclaro foedere
Junxit , et Collocavit. -
Tali
JUILLET. 1731 1769
Tali, ac tantæ Principi , nomine, et omine
"
BENEDICTE
Quæ
L X X. et IX . Annis Major
Prid. ID. Aug. Ann . A. P. V. M. D. CC.XXX.
Placide dormiturienti similis
Morte sanctorum ,
SUUM OBIIT DIEM
TU VIATOR
A DEO ,
Requiem et coelitum consortium
›
apprecare ,
Cum in ea speculum habeas Pietatis ,
Exemplum Probitatis ,
AVITE NOBILIORIS IN DOLIS DECUS ,
ET DOCUMENTUM.
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Résumé : EPITAPHE de Madame la Duchesse de Bruntswich, composée à Vienne, par ordre de l'Impératrice Douairiere sa Fille, qu'on vient de graver sur son Tombeau, dans le Cloître de l'Abbaye Royale du Val de Grace.
L'épitaphe de Madame la Duchesse de Brunswick, composée à Vienne par ordre de l'Impératrice Douairière sa fille, est gravée sur son tombeau dans le cloître de l'Abbaye Royale du Val-de-Grâce. Elle commence par une invocation au passant pour vénérer le nom de la défunte, Benedicta, épouse de Jean Frédéric, Duc de Brunswick et Lunebourg. Benedicta, née Anna Gonzaga, était la fille de Rainaldo, Duc d'Este, et la mère d'Augusta Amalia Wilhelmina, veuve de l'empereur Joseph Ier. L'épitaphe met en avant sa descendance illustre, produisant des rois et des souverains, ainsi que sa noblesse, son courage et son exemple de princesse chrétienne. Benedicta est louée pour sa libéralité, son amour pour les siens, sa grâce envers ses proches, sa bienveillance envers ses sujets et sa bienfaisance envers les malheureux, le tout avec douceur. Elle est décédée en 1769, à l'âge de 89 ans, le 31 juillet, comparée à une personne endormie paisiblement. Le texte se termine par une prière pour que le passant implore pour elle le repos et la compagnie des bienheureux, en voyant en elle un miroir de piété et un exemple de probité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 1769-1777
Mort de M. de la Faye, [titre d'après la table]
Mots clefs :
Beaux-arts, Étrangers, Mousquetaire, Ratification de traités, Négociations
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texteReconnaissance textuelle : Mort de M. de la Faye, [titre d'après la table]
Les beaux Arts viennent de faire une
grande perte en la perfone de Jean - François
Leriget de la Faye, Chevalier , Seigneur
de Condé &c. Secretaire du Cabinet du
Roy , l'un des Quarante de l'Académie
Françoiſe, mort à Paris le 11 Juillet , après
fix jours de maladie , dans la 57 ° année
de fon âge , extrêmement regretté par fes
amis,dont le nombre fait honneur à la mémoire
, par les gens de la plus haute distinction
, par les Etrangers et par le Peuple.
Il avoit été Moufquetaire , Lieutenant
dans le Régiment du Roy,Capitaine d'In-
G fanteric
1770 MERCURE DE FRANCE
fanterie dans le Régiment de Laffé , &
Gentilhomme, ordinaire chez le Roy.S.M.
l'avoit nommé fon Envoyé Extraordinaire
auprès de la République de Génes ; il
ayoit été auffi Sécretaire des Commande
mens de S. A. S. M. le Duc de Bourbon ,
qui l'a toujours honoré de ſon eſtime & de
fa confiance , Secretaire de la Maifon du
Roy & Secretaire de la Province de Bourgogne
. Il fe démit de ce dernier Secretariat
dans une circonftance qui lui fit honneur.
En 1713.il étoit au Congrès d'Utrecht,
chargé de diverfes commiffions. Ce fut lui
qui rapporta la ratification des Traitez au
Roy Louis XIV. Il paffa enfuite en Angleterre
, où il fut feul pendant fix mois
chargé des affaires de France, auprès de la
Reine Anne , de laquelle il eut plufieurs
Audiences particulieres. Il fut generalement
aimé & eftimé dans cette Cour. Et
en effet le caractere doux , fouple & infinuant
de M. de la Faye , étoit très- propre
aux Négociations.Jamais homme n'a paru
fi naturel , fi ouvert , ni avoir moins de
réſerve , & n'a mieux fçû en même tems
l'art de s'arrêter où il falloit , fans rien
emettre de tout ce que la dexterité fine &
déliée de la politique peut employer. Le
Roy lui avoit accordé une penfion de trois
mille livres pour les fervices,
En
JUILLET. 1731. 1771
En 1727. il fit le voyage d'Allemagne
par ordre du Duc de Bourbon , à qui il
étoit attaché depuis long- tems . Ce fut à
fon retour que ce Prince conclut fon mariage
avec la Princefle de Heffe- Rhinfelds,
que M. de la Faye avoit vûë à Rhombourg
en Bohéme .
Le 18. Aouft 17 : 9 . il préfenta ces Vers
à Madame la Ducheffe , pour celebrer fa
naiffance.
Allez , mes Vers , allez à la Princesse ,
Rendre mon hommage en ce jour :
Elle a d'Hébé la grace & la jeunesse ,
Minerve l'éclaira des dous de sa sagesse ,
Sa beauté ravit tout , & Paris & la Cour.
L'aimable douceur qu'elle allie
Aux devoirs , à la Dignité ,
Vous peut faire accueillir ; tout essent sa bonté,
Bien que , fans Apollon , la chanter foit folie ,
Dites , pour excuser votre témérité ,
Que si vous savez mal celebrer la beauté ,
Je me connois du moins en Princesse accomplie.
M. de la Faye joüissoit d'une assez bonne
santé , quoique d'une complexion délicate
; sobre , presqu'insensible au plaisir
de la Table. Il étoit d'une taille médiocre,
mais bien prise; le visage ouvert, le regard
Gij spiri1772
MERCURE DE FRANCE
\
spirituel et fin , accompagné d'un souris
agréable , l'air aisé , prévenant , vif et empressé.
On lui avoit fait l'Opération de
I'Empiéme il y a près de 7 ans. Il n'avoit
point été marié , et ne laisse qu'une soeur ,
veuve du Marquis de Vesc , qui n'a point
d'enfans , et un neveu âgé de 19 ans , fils de
son frere aîné , mort Capitaine au Regiment
des Gardes Françoises. Le Roy vient
de lui accorder la Charge de Secretaire
du Cabinet.
M. de la Faye avoit beaucoup d'amour
et de goût pour les Arts , et il en étoit
l'Amateur et le Bienfaicteur. Il n'épargnoit
rien pour leur avancement et pour
en posseder les belles productions. Le prix
ne le rebutoit point quand il trouvoit
dans un Ouvrage le vrai , le beau et sur
tout le gracieux. La distinction de temps,
de païs , de grande ou foible réputation
d'un nom , ne faisoit aucune impression
sur lui ; en sorte qu'avec un choix exquis
et sans prévention pour les grands Maitres
d'Italie , il avoit fait une collection
considérable d'excellens Tableaux, la plupart
de moyenne grandeur , Flamands ,
François , &c. anciens et modernes ; en´
Estampes , Pierres gravées en creux et en
relief , bronze , figures et bas relief de
Marbre , Porcelaine ; ouvrage de la Chine
-
et
JUILLET. 1731 1773
•
et du Japon , &c . et on peut dire que ja→
mais aucun Cabinet n'a été si ouvert , ni
d'un accès si facile aux Curieux et aux
Gens de l'Art.
1
Nous ne disons rien des ornemens , de
la symetrie et de l'arrangement de ce Cabinet,
où l'art et le goût se faisoient admirer,
non plus que de sonCabinet de Livres ,
presque tous de Poësie et belles Lettres
précieux par le choix et d'une grande pro
preté.
A son goût pour la Peinture, etc. M.de
la Faye joignoit celui de la Poësie et de la
Musique ; il avoit l'oreille délicate , il expliquoit
fort bien les differentes sortes
d'harmonies, et les divers goûts de chants,
tant de France que d'Italie . Son talent favori
et son amour ardent pour les Vers a
assez paru dans les petits Poëmes que nous
avons de lui , qu'il récitoit si agréablement
et sans trop se faire prier, mais toutefois
sans se jetter , pour ainsi dire , à læ
tête car il étoit toujours le dernier à croire
qu'il eût fait quelque chose de bon . Il avoit
si peu d'amour propre qu'il recevoit avec
plaisir les corrections ; il en adoptoit même
trop légèrement.
M. de la Faye n'étoit pas sçavant profond
, aussi ne s'en piquoit- il nullement,
mais avec un esprit juste , beaucoup de
Giij saga
1774 MERCURE DE FRANCE
sagacité et une excellente mémoire ; il
avoit si bien sçû mettre à profit ses lcctures
et ses liaisons intimes avec les plus
beaux esprits de notre temps , qu'il avoit
acquis une connoissance telle, qu'aucunes
matieres, sur tout de Belles - Lettres, ne lui
étoient étrangeres.
Il avoit voyagé en Italie et dans les principales
Cours de l'Europe ; il s'y étoit acquis
l'estime et l'amitié de quantité de personnes
de considération dont il parloit les
Langues fort correctement et avec une extrême
facilité . Sa Maison étoit ouverte et
tres fréquentée par les Etrangers qui voyagent
en France , et qui ne le quittoient ja
mais sans marquer un déplaisir égal, à l'empressement
qu'ils avoient eu de le voir.
Son extrême affabilité , sa modestie et sa
simplicité rendoient son commerce tresaimable;
il sembloit apporter dans les conversations
, dans les disputes - même, quelque
chose de doux , qui concilioit , et qui
en donnant du mouvement à l'esprit , y
mettoit beaucoup d'agrément; ce qui faisoit
trouver dans ceux qui l'écoutoient des
ressources d'esprit qu'ils n'auroient peutêtre
pas euës sans ce secours . D'ailleurs ,
amusant délicat agréable ; plaisant
dans ces récits , et jamais aux dépens
de personne
, même dans les occa
> >
sions
JUILLET. 1731. 1775
sions où il est quelquefois permis de se
donner un peu de liberté . Dans sa jeunes
se, un peu volage ; mais toujours ami solide
, constant et genereux ; sensible aux
malheurs des affligez , et secourable aux
nécessiteux,
Jamais homme ne fut plus ennemi da
faste et des airs guindez et importans. Il
les méprisoit souverainement dans les autres
, mais il les supportoit patiamment,
sans dire ou témoigner rien de désobligeant
; car le fond de son caractere étoit
d'être continuellement appliqué à détourner
ce qui pouvoit faire de la peine à quelqu'un
, ou à prévenir ce qui pouvoit lui
faire plaisir.
Il s'énonçoit naturellement et toujours
en bons termes , et il avoit l'art de glisser
à propos dans la conversation , selon le
caractere des personnes , des matieres con.
venables et toujours variées par quelque
chose d'ingénieux , de piquant et de guai.
Il n'est pas surprenant qu'avec ces qualitez
, une humeur égale , et un esprit enjoüé
, M. de la Faye fût souhaité dans le
commerce du monde ; aussi l'aimoit-il
beaucoup. Il sembloit être né plus préci
sément que les autres hommes pour la
société , et je ne sçai si on ne pourroit pas
le regarder comme un modele à cet égard.
Gilij Au
1776 MERCURE DE FRANCE
Au reste , il ne parloit jamais de lui que
pour faire sentir qu'il se plaçoit toujours
au dessous des autres , et presque toujours
à la derniere place , lors même que personne
n'auroit pû lui disputer la premiere.
Il ne connoissoit presque point d'inferieur
, pas même dans son Domestique.
Nos sensibles regrets , fondez sur quelques
liaisons d'amitié , ont peut être donné
trop d'étendue à cet article ; nous le terminerons
par ce trait remarquable de feu
M. l'Abbé de la Grange-Trianer , Chanoine
de N. D. l'homme peut- être le plus
poli de notre siecle , et l'esprit le plus fin
et le plus délié : il disoit que si pour donner
une idée juste et avantageuse du caractere
gracieux et poli des François , il
falloit choisir parmi nous un homme propre
à voyager dans les Païs Etrangers; le
choix devoit tomber sur M. de la Faye.
Il n'est donc plus cet homme aimable
Qui sçavoit allier un génie agréable ,
Aux plus pures clartez de la droite raison !
Cet ami tendre et sécourable ,
Ce Poëte comblé des faveurs d'Apollon !
Grands Dieux ! la Parque inéxorable
A déployé sur luy, ses funestes rigueurs ;
Et vous l'avez permis ! mais la douleur m'a ccable
.
Non
JUILLET. 173T. 1777
Non , non , le Ciel est équitable
La Faye vit encore ; il vit dans tous les coeurs.
Amoris triste Monumentum.
Par l'Abbé de Neuville.
Voici d'autres Vers d'un excellent
Poëte , qui nous sont tombés entre les:
mains, et qui caracterisent bien celui qui
donne lieu à cet Article .
Je vois le cas dont j'étois desireux ;
Malgré l'envie et sa triste rancune ,
Je vois enfin le vrai merite heureux ,
Et ne manquant de recompense aucune ::
La Faye a joye , amis , santé , pecune.
Or désormais gens à plume ou pinceau ,
Avisez-y , quand peindrez la Fortune :
Elle y voit clair , peignez - là sans bandeau..
grande perte en la perfone de Jean - François
Leriget de la Faye, Chevalier , Seigneur
de Condé &c. Secretaire du Cabinet du
Roy , l'un des Quarante de l'Académie
Françoiſe, mort à Paris le 11 Juillet , après
fix jours de maladie , dans la 57 ° année
de fon âge , extrêmement regretté par fes
amis,dont le nombre fait honneur à la mémoire
, par les gens de la plus haute distinction
, par les Etrangers et par le Peuple.
Il avoit été Moufquetaire , Lieutenant
dans le Régiment du Roy,Capitaine d'In-
G fanteric
1770 MERCURE DE FRANCE
fanterie dans le Régiment de Laffé , &
Gentilhomme, ordinaire chez le Roy.S.M.
l'avoit nommé fon Envoyé Extraordinaire
auprès de la République de Génes ; il
ayoit été auffi Sécretaire des Commande
mens de S. A. S. M. le Duc de Bourbon ,
qui l'a toujours honoré de ſon eſtime & de
fa confiance , Secretaire de la Maifon du
Roy & Secretaire de la Province de Bourgogne
. Il fe démit de ce dernier Secretariat
dans une circonftance qui lui fit honneur.
En 1713.il étoit au Congrès d'Utrecht,
chargé de diverfes commiffions. Ce fut lui
qui rapporta la ratification des Traitez au
Roy Louis XIV. Il paffa enfuite en Angleterre
, où il fut feul pendant fix mois
chargé des affaires de France, auprès de la
Reine Anne , de laquelle il eut plufieurs
Audiences particulieres. Il fut generalement
aimé & eftimé dans cette Cour. Et
en effet le caractere doux , fouple & infinuant
de M. de la Faye , étoit très- propre
aux Négociations.Jamais homme n'a paru
fi naturel , fi ouvert , ni avoir moins de
réſerve , & n'a mieux fçû en même tems
l'art de s'arrêter où il falloit , fans rien
emettre de tout ce que la dexterité fine &
déliée de la politique peut employer. Le
Roy lui avoit accordé une penfion de trois
mille livres pour les fervices,
En
JUILLET. 1731. 1771
En 1727. il fit le voyage d'Allemagne
par ordre du Duc de Bourbon , à qui il
étoit attaché depuis long- tems . Ce fut à
fon retour que ce Prince conclut fon mariage
avec la Princefle de Heffe- Rhinfelds,
que M. de la Faye avoit vûë à Rhombourg
en Bohéme .
Le 18. Aouft 17 : 9 . il préfenta ces Vers
à Madame la Ducheffe , pour celebrer fa
naiffance.
Allez , mes Vers , allez à la Princesse ,
Rendre mon hommage en ce jour :
Elle a d'Hébé la grace & la jeunesse ,
Minerve l'éclaira des dous de sa sagesse ,
Sa beauté ravit tout , & Paris & la Cour.
L'aimable douceur qu'elle allie
Aux devoirs , à la Dignité ,
Vous peut faire accueillir ; tout essent sa bonté,
Bien que , fans Apollon , la chanter foit folie ,
Dites , pour excuser votre témérité ,
Que si vous savez mal celebrer la beauté ,
Je me connois du moins en Princesse accomplie.
M. de la Faye joüissoit d'une assez bonne
santé , quoique d'une complexion délicate
; sobre , presqu'insensible au plaisir
de la Table. Il étoit d'une taille médiocre,
mais bien prise; le visage ouvert, le regard
Gij spiri1772
MERCURE DE FRANCE
\
spirituel et fin , accompagné d'un souris
agréable , l'air aisé , prévenant , vif et empressé.
On lui avoit fait l'Opération de
I'Empiéme il y a près de 7 ans. Il n'avoit
point été marié , et ne laisse qu'une soeur ,
veuve du Marquis de Vesc , qui n'a point
d'enfans , et un neveu âgé de 19 ans , fils de
son frere aîné , mort Capitaine au Regiment
des Gardes Françoises. Le Roy vient
de lui accorder la Charge de Secretaire
du Cabinet.
M. de la Faye avoit beaucoup d'amour
et de goût pour les Arts , et il en étoit
l'Amateur et le Bienfaicteur. Il n'épargnoit
rien pour leur avancement et pour
en posseder les belles productions. Le prix
ne le rebutoit point quand il trouvoit
dans un Ouvrage le vrai , le beau et sur
tout le gracieux. La distinction de temps,
de païs , de grande ou foible réputation
d'un nom , ne faisoit aucune impression
sur lui ; en sorte qu'avec un choix exquis
et sans prévention pour les grands Maitres
d'Italie , il avoit fait une collection
considérable d'excellens Tableaux, la plupart
de moyenne grandeur , Flamands ,
François , &c. anciens et modernes ; en´
Estampes , Pierres gravées en creux et en
relief , bronze , figures et bas relief de
Marbre , Porcelaine ; ouvrage de la Chine
-
et
JUILLET. 1731 1773
•
et du Japon , &c . et on peut dire que ja→
mais aucun Cabinet n'a été si ouvert , ni
d'un accès si facile aux Curieux et aux
Gens de l'Art.
1
Nous ne disons rien des ornemens , de
la symetrie et de l'arrangement de ce Cabinet,
où l'art et le goût se faisoient admirer,
non plus que de sonCabinet de Livres ,
presque tous de Poësie et belles Lettres
précieux par le choix et d'une grande pro
preté.
A son goût pour la Peinture, etc. M.de
la Faye joignoit celui de la Poësie et de la
Musique ; il avoit l'oreille délicate , il expliquoit
fort bien les differentes sortes
d'harmonies, et les divers goûts de chants,
tant de France que d'Italie . Son talent favori
et son amour ardent pour les Vers a
assez paru dans les petits Poëmes que nous
avons de lui , qu'il récitoit si agréablement
et sans trop se faire prier, mais toutefois
sans se jetter , pour ainsi dire , à læ
tête car il étoit toujours le dernier à croire
qu'il eût fait quelque chose de bon . Il avoit
si peu d'amour propre qu'il recevoit avec
plaisir les corrections ; il en adoptoit même
trop légèrement.
M. de la Faye n'étoit pas sçavant profond
, aussi ne s'en piquoit- il nullement,
mais avec un esprit juste , beaucoup de
Giij saga
1774 MERCURE DE FRANCE
sagacité et une excellente mémoire ; il
avoit si bien sçû mettre à profit ses lcctures
et ses liaisons intimes avec les plus
beaux esprits de notre temps , qu'il avoit
acquis une connoissance telle, qu'aucunes
matieres, sur tout de Belles - Lettres, ne lui
étoient étrangeres.
Il avoit voyagé en Italie et dans les principales
Cours de l'Europe ; il s'y étoit acquis
l'estime et l'amitié de quantité de personnes
de considération dont il parloit les
Langues fort correctement et avec une extrême
facilité . Sa Maison étoit ouverte et
tres fréquentée par les Etrangers qui voyagent
en France , et qui ne le quittoient ja
mais sans marquer un déplaisir égal, à l'empressement
qu'ils avoient eu de le voir.
Son extrême affabilité , sa modestie et sa
simplicité rendoient son commerce tresaimable;
il sembloit apporter dans les conversations
, dans les disputes - même, quelque
chose de doux , qui concilioit , et qui
en donnant du mouvement à l'esprit , y
mettoit beaucoup d'agrément; ce qui faisoit
trouver dans ceux qui l'écoutoient des
ressources d'esprit qu'ils n'auroient peutêtre
pas euës sans ce secours . D'ailleurs ,
amusant délicat agréable ; plaisant
dans ces récits , et jamais aux dépens
de personne
, même dans les occa
> >
sions
JUILLET. 1731. 1775
sions où il est quelquefois permis de se
donner un peu de liberté . Dans sa jeunes
se, un peu volage ; mais toujours ami solide
, constant et genereux ; sensible aux
malheurs des affligez , et secourable aux
nécessiteux,
Jamais homme ne fut plus ennemi da
faste et des airs guindez et importans. Il
les méprisoit souverainement dans les autres
, mais il les supportoit patiamment,
sans dire ou témoigner rien de désobligeant
; car le fond de son caractere étoit
d'être continuellement appliqué à détourner
ce qui pouvoit faire de la peine à quelqu'un
, ou à prévenir ce qui pouvoit lui
faire plaisir.
Il s'énonçoit naturellement et toujours
en bons termes , et il avoit l'art de glisser
à propos dans la conversation , selon le
caractere des personnes , des matieres con.
venables et toujours variées par quelque
chose d'ingénieux , de piquant et de guai.
Il n'est pas surprenant qu'avec ces qualitez
, une humeur égale , et un esprit enjoüé
, M. de la Faye fût souhaité dans le
commerce du monde ; aussi l'aimoit-il
beaucoup. Il sembloit être né plus préci
sément que les autres hommes pour la
société , et je ne sçai si on ne pourroit pas
le regarder comme un modele à cet égard.
Gilij Au
1776 MERCURE DE FRANCE
Au reste , il ne parloit jamais de lui que
pour faire sentir qu'il se plaçoit toujours
au dessous des autres , et presque toujours
à la derniere place , lors même que personne
n'auroit pû lui disputer la premiere.
Il ne connoissoit presque point d'inferieur
, pas même dans son Domestique.
Nos sensibles regrets , fondez sur quelques
liaisons d'amitié , ont peut être donné
trop d'étendue à cet article ; nous le terminerons
par ce trait remarquable de feu
M. l'Abbé de la Grange-Trianer , Chanoine
de N. D. l'homme peut- être le plus
poli de notre siecle , et l'esprit le plus fin
et le plus délié : il disoit que si pour donner
une idée juste et avantageuse du caractere
gracieux et poli des François , il
falloit choisir parmi nous un homme propre
à voyager dans les Païs Etrangers; le
choix devoit tomber sur M. de la Faye.
Il n'est donc plus cet homme aimable
Qui sçavoit allier un génie agréable ,
Aux plus pures clartez de la droite raison !
Cet ami tendre et sécourable ,
Ce Poëte comblé des faveurs d'Apollon !
Grands Dieux ! la Parque inéxorable
A déployé sur luy, ses funestes rigueurs ;
Et vous l'avez permis ! mais la douleur m'a ccable
.
Non
JUILLET. 173T. 1777
Non , non , le Ciel est équitable
La Faye vit encore ; il vit dans tous les coeurs.
Amoris triste Monumentum.
Par l'Abbé de Neuville.
Voici d'autres Vers d'un excellent
Poëte , qui nous sont tombés entre les:
mains, et qui caracterisent bien celui qui
donne lieu à cet Article .
Je vois le cas dont j'étois desireux ;
Malgré l'envie et sa triste rancune ,
Je vois enfin le vrai merite heureux ,
Et ne manquant de recompense aucune ::
La Faye a joye , amis , santé , pecune.
Or désormais gens à plume ou pinceau ,
Avisez-y , quand peindrez la Fortune :
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Résumé : Mort de M. de la Faye, [titre d'après la table]
Jean-François Leriget de la Faye, Chevalier et Seigneur de Condé, est décédé à Paris le 11 juillet à l'âge de 57 ans après six jours de maladie. Secrétaire du Cabinet du Roi et membre des Quarante de l'Académie Française, il était très regretté par ses amis, les personnes de haute distinction, les étrangers et le peuple. De la Faye a occupé divers postes militaires et diplomatiques, notamment celui d'Envoyé Extraordinaire auprès de la République de Gênes et de Secrétaire des Commandements du Duc de Bourbon. En 1713, il a participé au Congrès d'Utrecht et a rapporté la ratification des traités au Roi Louis XIV. Il a également été chargé des affaires de France en Angleterre auprès de la Reine Anne. En 1727, il a effectué un voyage en Allemagne pour le Duc de Bourbon. De la Faye était connu pour son caractère doux, souple et insinuant, idéal pour les négociations. Il a reçu une pension de trois mille livres pour ses services. Il était amateur et bienfaiteur des arts, possédant une collection considérable de tableaux, estampes, pierres gravées, bronzes et porcelaines. Il avait un goût prononcé pour la poésie et la musique, et était apprécié pour son esprit juste et sa mémoire excellente. De la Faye était également connu pour son affabilité, sa modestie et sa simplicité, rendant son commerce très aimable. Il était ennemi du faste et des airs importants, préférant toujours se placer en dessous des autres. Son décès a été profondément regretté, et il est décrit comme un modèle de sociabilité et de politesse.
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8
p. 1777-1781
Tableaux et Estampes, [titre d'après la table]
Début :
Quantité de personnes vont voir aux Gobelins, chez M. Charles Parossel, Peintre de l'Académie [...]
Mots clefs :
Académie royale de peinture, Cavalcade, Ambassadeur du grand seigneur, Palais des Tuileries, Estampes
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texteReconnaissance textuelle : Tableaux et Estampes, [titre d'après la table]
Quantité de personnes vont voir aux Gol
lins , chez M. Charles Parossel , Peintre de l'Académie
Royale de Peinture , un Tableau de sa
composition , de 22. pieds de large sur 12: de
hauteur , entierement rempli d'ouvrage et qui
fait un effet admirable . Il représente la Cavalcade
et l'arrivée au Palais des Thuilleries de
Mehemet- Effendi , Ambassadeur du Grand Sei--
gneur , arrivant au Palais des Thuilleries pour
avoir son Audience du Roy. C'est une des pluss
belles Ordonnances et des plus nombreuses qu'on
G puisse
17778 MERCURE
DE FRANCE
puisse mettre daus un Tableau. Les Figures sur
la premiere ligne sont à peu prés grandes comme
demi nature , et paroissent beaucoup plus grandes
par la force du Coloris , la distribution des
groupes , la justesse du dessein , la distribution
du jour et des ombres , tout paroît animé ; les
Chevaux surtout sont d'une force et d'une position
admirable . On voit dans la seconde ligne
du Tableau les Gardes Françoises et Suisses , les
Officiers à la tête , et sur la troisiéme ligne une
foule de Spectateurs dont les differens caracteres
font un extrême plaisir. Ce magnifique Tableau
qu'on va mettre en Tapisserie pour le Roy , fait
beaucoup d'honneur au talent de M. Parossel.
Ces deux Tableaux doivent être suivis de deux
autres du même Auteur, dont on voit les esquis
ses qui réprésenteront la Marche à pied de
l'Ambassadeur et de sa suite , dans leJardin des
Thuilleries , et son départ aprés l'Audience.
Il paroit depuis peu deux trés-belles Estampes
en hauteur , de même grandeur , excellement
gravées par M, Louis Desplaces , d'aprés deux
beaux Tableaux du Cabinet du Duc de Mortemart
, peints Par M. Parossel , réprésentant.
deux Chasses du Lion et du Tigre..
On croit devoir avertir les Curieux , que
dans le nombre de Tableaux choisis , trouvés
dans la succession de M. Perrault , Grand
Maitre des Eaux et Forests, du département de
Bourgogne , que ses heritiers doivent vendre ,
il y en a deux de distinction.
›
Le premier est original du célebre Annibal
Carache , de cinq pieds neuf pouces de hauteur
sur douze pieds et demi de longueur. Ce Tableau
est terminé en demi ceintre les figures
"
sont
JUILLET. 1731. 1779
sont plus grandes que le naturel . On y voit la
Sainte Vierge au milieu ,
assise dans une espece
de Thrône , élevé sur des marches ; elle tient
l'Enfant Jesus debout qui se tourne vers S. Charles
Borromée , lequel est à genoux à sa droite , revêtu
de sa cappe rouge. Ce Saint Cardinal a les
mains jointes dans une attitude qui exprime parfai
tement son humilité et sa ferveur. Il paroit derriere
un jeune Clerc ou porte-Croix qui n'est
presque qu'en buste , et qui semble regarder les
Spectateurs. On prétend que le Peintre s'est peint
lui-même dans cette figure , dans laquelle la
distraction et la vivacité , si propre à la jeunesse
, est aussi parfaitement exprimée , que la
ferveur et la pieté dans celle de S. Charles.
On voit deux autres Figures à la gauche de
la Sainte Vierge , S. Joseph et S. François d'Assise
. On lit sur la seconde marche du Thrône
ces paroles. Gio Mariâ rial , feçë fare.
Ce fameux Tableau qui est peint à quelque
égard dans le goût du Titien et d'une excellen
te beauté , se conserve chez les heritiers de feu
M. Perrault à Châlons sur Saône.
L'autre Tableau est original d'Albert Dure',
peint sur bois , représentant les sept Sacremens
de six pieds trois pouces de hauteur sur trois pieds.
un pouce de largeur . C'est l'interieur d'une Égli→
se,"d'une noble et superbe Architecture ; au milieu
de laquelle est placé un grand. Crucifix.
On voit au pié de la Croix la Sainte Vierge de
hout accablée de douleur , soutenuë par S. Jean
er les deux Maries. On voit un Autel principal
où un Prêtre célebre la Messe , de même qu'à
d'autres Autels , placés dans des Chapelles , et
plusieurs autres figures .
Deux autres Tableaux , de trois pieds neuf
pouces
1780 MERCURE DE FRANCE
pouces de hauteur sur 23. pouces. de largeur chacun
, pour être placés à côté de celui qu'on
vient de décrire , représentent les six autres Sacremens
administrés par un Evêque et des Prê
tres.
Ce Tableau est en dépôt à l'Arcenal , chez
M. le Commissaire general des Poudres à Paris.
Il y a aussi des Figures de Bronze , des Brutes
et Bas-reliefs , Antiques et Modernes , d'un
excellent goût ,
On donne avis aux Curieux , que l'on a mis
en vente depuis peu deux Estampes nouvellement
gravées d'après les Tableaux originaux de Watteau.
La premiere représente la Contredanse ,.
gravée par Brillon . La seconde est la Surprise ,.
gravée par Audran. Elles se vendent à Paris
avec toutes celles qui ont été gravées précedemment
, chez la Veuve de François Chereau
ruë S. Jacques , aux deux Pilliers d'or , et chez
Surugue , rue des Noyers , vis- à- vis S. Yves.
Il va aussi paroître dans peu une suite d'Es
tampes gravées d'après les Figures Chinoises ,
peintes par le même Watteau , dans le Cabinet
au Roi au Château de la Muette.
On acheve , autant qu'il est possible , de gra
ver tous les Tableaux de ce gracieux Peintre , ce
qui formera'une OEuvre des plus interessantes qui
ayent encore paru.
Nous avons averti le mois passé que lè sicur
L. Surugue , Graveur du Roy , donneroit incessamment
les six et septiéme Estampes du Roman
Comique de Scaron ; mais le desir qu'il a de
remplir l'attente du Public dans cet Ouvrage ,
ne lui permettant pas d'en délivrer aucune Piece
qu'elle
JUILLET. 1731. 1781
quelle ne soit en êtat d'avoir son Approbation ,.
il donne seulement à present la sixième Estampe,
qui est l'Arrivée de l'Operateur à l'Hôtellerie.
Il a fait venir d'Allemagne , sur la demande de
plusieurs personnes distinguées , de très - jolies
Estampes colorées , faites exprès pour Iss Ouvrages
de Découpures , dont on trouvera les assortimens
chez lui , à l'entrée de la rue des Noyers ,
vis-à-vis. le mur de S. Yves.
Le goût pour la Musique devenant tous les
jours plus universel , on a établi au mois d'Avril
dernier une Académie de Musique à Nancy ,
sous la protection et par Lettres Patentes du Duc
de Lorraine , qui en approuve les Assemblées et
les Statuts et Reglemens des Académiciens , selon:
lesquels chaque Académicien ordinaire et honoraire
payera cent livres par an. Les Concerts :
qu'on donnera le Jeudi et le Dimanche de chaque
Semaine , commenceront à cinq heures. Les Aca
démiciens Ordinaires et Honoraires , pourront
conduire deux Dames au Concert ; les Académi–
ciens Asso ciez , une Dame seulement. L'entrée
sera interdite aux enfans au- dessous de l'âge de
dix ans..
Le 19. Article des Reglemens regarde les Sujets
qui pourroient être utiles à l'Académie et hors .
d'état d'avoir des Maîtres et des secours , à quoi
l'Académie pourvoira. Le Sceau de cette Acadé…
mie représente une Lyre avec cette Devise
Allicit etsociat.
lins , chez M. Charles Parossel , Peintre de l'Académie
Royale de Peinture , un Tableau de sa
composition , de 22. pieds de large sur 12: de
hauteur , entierement rempli d'ouvrage et qui
fait un effet admirable . Il représente la Cavalcade
et l'arrivée au Palais des Thuilleries de
Mehemet- Effendi , Ambassadeur du Grand Sei--
gneur , arrivant au Palais des Thuilleries pour
avoir son Audience du Roy. C'est une des pluss
belles Ordonnances et des plus nombreuses qu'on
G puisse
17778 MERCURE
DE FRANCE
puisse mettre daus un Tableau. Les Figures sur
la premiere ligne sont à peu prés grandes comme
demi nature , et paroissent beaucoup plus grandes
par la force du Coloris , la distribution des
groupes , la justesse du dessein , la distribution
du jour et des ombres , tout paroît animé ; les
Chevaux surtout sont d'une force et d'une position
admirable . On voit dans la seconde ligne
du Tableau les Gardes Françoises et Suisses , les
Officiers à la tête , et sur la troisiéme ligne une
foule de Spectateurs dont les differens caracteres
font un extrême plaisir. Ce magnifique Tableau
qu'on va mettre en Tapisserie pour le Roy , fait
beaucoup d'honneur au talent de M. Parossel.
Ces deux Tableaux doivent être suivis de deux
autres du même Auteur, dont on voit les esquis
ses qui réprésenteront la Marche à pied de
l'Ambassadeur et de sa suite , dans leJardin des
Thuilleries , et son départ aprés l'Audience.
Il paroit depuis peu deux trés-belles Estampes
en hauteur , de même grandeur , excellement
gravées par M, Louis Desplaces , d'aprés deux
beaux Tableaux du Cabinet du Duc de Mortemart
, peints Par M. Parossel , réprésentant.
deux Chasses du Lion et du Tigre..
On croit devoir avertir les Curieux , que
dans le nombre de Tableaux choisis , trouvés
dans la succession de M. Perrault , Grand
Maitre des Eaux et Forests, du département de
Bourgogne , que ses heritiers doivent vendre ,
il y en a deux de distinction.
›
Le premier est original du célebre Annibal
Carache , de cinq pieds neuf pouces de hauteur
sur douze pieds et demi de longueur. Ce Tableau
est terminé en demi ceintre les figures
"
sont
JUILLET. 1731. 1779
sont plus grandes que le naturel . On y voit la
Sainte Vierge au milieu ,
assise dans une espece
de Thrône , élevé sur des marches ; elle tient
l'Enfant Jesus debout qui se tourne vers S. Charles
Borromée , lequel est à genoux à sa droite , revêtu
de sa cappe rouge. Ce Saint Cardinal a les
mains jointes dans une attitude qui exprime parfai
tement son humilité et sa ferveur. Il paroit derriere
un jeune Clerc ou porte-Croix qui n'est
presque qu'en buste , et qui semble regarder les
Spectateurs. On prétend que le Peintre s'est peint
lui-même dans cette figure , dans laquelle la
distraction et la vivacité , si propre à la jeunesse
, est aussi parfaitement exprimée , que la
ferveur et la pieté dans celle de S. Charles.
On voit deux autres Figures à la gauche de
la Sainte Vierge , S. Joseph et S. François d'Assise
. On lit sur la seconde marche du Thrône
ces paroles. Gio Mariâ rial , feçë fare.
Ce fameux Tableau qui est peint à quelque
égard dans le goût du Titien et d'une excellen
te beauté , se conserve chez les heritiers de feu
M. Perrault à Châlons sur Saône.
L'autre Tableau est original d'Albert Dure',
peint sur bois , représentant les sept Sacremens
de six pieds trois pouces de hauteur sur trois pieds.
un pouce de largeur . C'est l'interieur d'une Égli→
se,"d'une noble et superbe Architecture ; au milieu
de laquelle est placé un grand. Crucifix.
On voit au pié de la Croix la Sainte Vierge de
hout accablée de douleur , soutenuë par S. Jean
er les deux Maries. On voit un Autel principal
où un Prêtre célebre la Messe , de même qu'à
d'autres Autels , placés dans des Chapelles , et
plusieurs autres figures .
Deux autres Tableaux , de trois pieds neuf
pouces
1780 MERCURE DE FRANCE
pouces de hauteur sur 23. pouces. de largeur chacun
, pour être placés à côté de celui qu'on
vient de décrire , représentent les six autres Sacremens
administrés par un Evêque et des Prê
tres.
Ce Tableau est en dépôt à l'Arcenal , chez
M. le Commissaire general des Poudres à Paris.
Il y a aussi des Figures de Bronze , des Brutes
et Bas-reliefs , Antiques et Modernes , d'un
excellent goût ,
On donne avis aux Curieux , que l'on a mis
en vente depuis peu deux Estampes nouvellement
gravées d'après les Tableaux originaux de Watteau.
La premiere représente la Contredanse ,.
gravée par Brillon . La seconde est la Surprise ,.
gravée par Audran. Elles se vendent à Paris
avec toutes celles qui ont été gravées précedemment
, chez la Veuve de François Chereau
ruë S. Jacques , aux deux Pilliers d'or , et chez
Surugue , rue des Noyers , vis- à- vis S. Yves.
Il va aussi paroître dans peu une suite d'Es
tampes gravées d'après les Figures Chinoises ,
peintes par le même Watteau , dans le Cabinet
au Roi au Château de la Muette.
On acheve , autant qu'il est possible , de gra
ver tous les Tableaux de ce gracieux Peintre , ce
qui formera'une OEuvre des plus interessantes qui
ayent encore paru.
Nous avons averti le mois passé que lè sicur
L. Surugue , Graveur du Roy , donneroit incessamment
les six et septiéme Estampes du Roman
Comique de Scaron ; mais le desir qu'il a de
remplir l'attente du Public dans cet Ouvrage ,
ne lui permettant pas d'en délivrer aucune Piece
qu'elle
JUILLET. 1731. 1781
quelle ne soit en êtat d'avoir son Approbation ,.
il donne seulement à present la sixième Estampe,
qui est l'Arrivée de l'Operateur à l'Hôtellerie.
Il a fait venir d'Allemagne , sur la demande de
plusieurs personnes distinguées , de très - jolies
Estampes colorées , faites exprès pour Iss Ouvrages
de Découpures , dont on trouvera les assortimens
chez lui , à l'entrée de la rue des Noyers ,
vis-à-vis. le mur de S. Yves.
Le goût pour la Musique devenant tous les
jours plus universel , on a établi au mois d'Avril
dernier une Académie de Musique à Nancy ,
sous la protection et par Lettres Patentes du Duc
de Lorraine , qui en approuve les Assemblées et
les Statuts et Reglemens des Académiciens , selon:
lesquels chaque Académicien ordinaire et honoraire
payera cent livres par an. Les Concerts :
qu'on donnera le Jeudi et le Dimanche de chaque
Semaine , commenceront à cinq heures. Les Aca
démiciens Ordinaires et Honoraires , pourront
conduire deux Dames au Concert ; les Académi–
ciens Asso ciez , une Dame seulement. L'entrée
sera interdite aux enfans au- dessous de l'âge de
dix ans..
Le 19. Article des Reglemens regarde les Sujets
qui pourroient être utiles à l'Académie et hors .
d'état d'avoir des Maîtres et des secours , à quoi
l'Académie pourvoira. Le Sceau de cette Acadé…
mie représente une Lyre avec cette Devise
Allicit etsociat.
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Résumé : Tableaux et Estampes, [titre d'après la table]
En 1778, Charles Parossel, Peintre de l'Académie Royale de Peinture, présenta un tableau de 22 pieds de large sur 12 pieds de hauteur, représentant la cavalcade et l'arrivée au Palais des Tuileries de Mehmet-Effendi, Ambassadeur du Grand Seigneur, pour son audience avec le Roi. Cette œuvre, riche en détails, était acclamée pour son effet admirable et ses nombreuses ordonnances. Les figures de la première ligne étaient grandeur nature, et les chevaux étaient particulièrement remarquables. La seconde ligne montrait les Gardes Françaises et Suisses, ainsi que les officiers, tandis que la troisième ligne représentait une foule de spectateurs aux caractères variés. Ce tableau, destiné à être transformé en tapisserie pour le Roi, fut suivi de deux autres œuvres de Parossel représentant la marche à pied de l'ambassadeur et son départ après l'audience. De plus, deux estampes gravées par Louis Desplaces d'après des tableaux de Parossel, représentant des chasses au lion et au tigre, furent également mises en avant. En 1779, deux tableaux de la succession de M. Perrault, Grand Maître des Eaux et Forêts du département de Bourgogne, furent mis en vente. Le premier était un original d'Annibal Carrache, mesurant cinq pieds neuf pouces de hauteur sur douze pieds et demi de longueur, représentant la Sainte Vierge avec l'Enfant Jésus et Saint Charles Borromée. Le second était un original d'Albert Dürer, peint sur bois, représentant les sept sacrements, mesurant six pieds trois pouces de hauteur sur trois pieds un pouce de largeur. Deux autres tableaux, représentant les six autres sacrements, étaient destinés à être placés à côté du précédent. En 1781, des estampes gravées d'après les tableaux originaux de Watteau, telles que 'La Contredanse' et 'La Surprise', furent mises en vente à Paris. Une suite d'estampes représentant des figures chinoises peintes par Watteau devait également paraître. Par ailleurs, la sixième estampe du 'Roman Comique' de Scarron fut publiée par L. Surugue, Graveur du Roi. Enfin, une Académie de Musique fut établie à Nancy sous la protection du Duc de Lorraine, avec des concerts organisés les jeudis et dimanches, et des règlements spécifiques pour les académiciens et les visiteurs.
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9
p. 1781-1784
Lanterne Marine, &c. [titre d'après la table]
Début :
Sur les Découvertes dont nous avons parlé dans le dernier Mercure, page 1560. au sujet des [...]
Mots clefs :
Découvertes, Académie royale des sciences, Lanterne, Chaises mouvantes, Cheval marin
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texteReconnaissance textuelle : Lanterne Marine, &c. [titre d'après la table]
Sur les Découvertes dont nous avons parlé
dans le dernier Mercure , page 1560. au sujet des
differentes manoeuvres qu'on peut faire au fond
de la Mer M. Vergile a. donné à l'Académie
Royale:
1782 MERCURE DE FRANCE
Royale des Sciences un Memoire et les instructions
necessaires , surquoi Mrs de Cassini et Pitot,
Membres de cette Académie , et nommez pour
examiner ces Découvertes , ont dit leur sentiment
à M. Vergile , en ces termes.
et
Nous déclarons que M. Vergile nous a fait voir
une Lanterne qu'il alluma à l'air , et l'ayant fermée
elle s'éteignit un moment après. La Lanterne
fut encore rallumée et ensuite fermée
comme elle alloit s'éteindre , elle fut enfoncée
dans l'eau où elle se ralluma tout- à - fait et où elle
éclaira pendant l'espace de trois minutes , quoiqu'elle
fûr entierement couverte d'eau .
Par l'explication du Mécanisme de cette Lanterne
que M. Vergile nous fit , nous avons reconnu
que cette Lanterne peut éclairer à une grande
profondeur d'eau , et qu'on peut aisément en
augmenter la durée.
Cette Lanterne n'a aucune communication
avec l'air superieur .
M. Vergile prétend, encore avoir fait des Découvertes
bien plus considerables , sçavoir
Un moyen sûr et facile de trouver les Vaisseaux
qui ont coulé bas.
Un moyen sûr et facile de remettre à flot ces
mêmes Vaisseaux , pourvû toutefois , qu'ils ne.
soient point adherens au fond de la Mer.
Un moyen sûr et aisé de faire rester dans l'eau
un homme sans incommodité , et en état de manoeuvrer
de toutes les façons pendant 20. et 30 .
heures ; il pourra même y manger et y
boire..
M. Vergile nous expliqua le moyen de trouver
les Vaisseaux au fond de la Mer..
Sur quoi il nous a paru que le moyen a toutes
les qualitez proposées , et qu'il est de peu de dépense
, pourvu toutefois que le moyen de respirer
dans
JUILLET. 1731. 1783
dans l'eau , qu'il suppose , soit sûr , et c'est sur
quoi nous ne pouvons rien dire , M. Vergile
n'ayant pas trouvé à propos de nous le déclarer.
Il en est à peu près de même du moyen de
manger et de boire , qui est sûr , pourvû que d'ailleurs
l'homme qui est dans l'eau puisse respirer.
M. Vergile n'a pas expliqué sa manoeuvre pour
retirer les Vaisseaux du fond de la Mer et les remettre
à flot ..
Le sieur Maillard , Maître Menuisier et Machiniste
, a obtenu le premier Juin 1731. le Privilege
exclusif de fabriquer , vendre et debiter seul deux
Chaises mouvantes, de son invention ; l'une pour
se faire mener par un homme assis derriere, où il
y aura un Volant capable d'augmenter considerablement
la force de l'homme et de soulager ses
bras ; l'autre pour se promener et faire aller soimême
, par le même mouvement , la Chaise roulante
, posée sur trois roues. L'Académie Royale
des Sciences a approuvé et reconnu l'utilité de
cette Invention par un Certificat.
a encore inventé plusieurs autres Machines ,.
comme un Cigne qui paroît vivant , jusqu'à s'y
tromper , qui a du mouvement dans la tête et
dans le col , et qui a la même allure sur l'eau .
Un Cheval Marin en petit , qui tire une Gondole
où paroît Apollon au milieu des Muses , qui
ont du nouvement .
Un petit Cheval , qui part d'une vitesse surattelé
à une Calêche , dans laquelle sont
prenante ,
deux petites Figures à terre..
On voit encore chez lui deux Phaetons o
Calêches sans ressorts ni soupentes , tirées chacune
par un Cheval naturel , fort differentes de
tout ce qu'on a vu jusqu'à present en ce genre ,.
Pune
7784 MERCURE DE FRANCE
Pune est propre pour la Chasse et pour aller
dans les bois touffus où à peine un cheval peut
passer. L'autre montée sur un Train de Chaisede
Poste très solide et très - douce, sans ressorts ni
elle pesera environ 600. livres et coûtera
beaucoup moins que les Chaises de Poste ordinaires
, parce qu'il y aura beaucoup moins de:
ferrare.
soupentes ;
>
Le sieur Maillard , dans ses nouvelles Machines
a joint l'utile à l'agréable. Il demeure Fau
bourg S. Honoré , rue de la bonne Moruë , dont
un bout donne dans la Place du Pont Tournant.
des Thuilleries.
dans le dernier Mercure , page 1560. au sujet des
differentes manoeuvres qu'on peut faire au fond
de la Mer M. Vergile a. donné à l'Académie
Royale:
1782 MERCURE DE FRANCE
Royale des Sciences un Memoire et les instructions
necessaires , surquoi Mrs de Cassini et Pitot,
Membres de cette Académie , et nommez pour
examiner ces Découvertes , ont dit leur sentiment
à M. Vergile , en ces termes.
et
Nous déclarons que M. Vergile nous a fait voir
une Lanterne qu'il alluma à l'air , et l'ayant fermée
elle s'éteignit un moment après. La Lanterne
fut encore rallumée et ensuite fermée
comme elle alloit s'éteindre , elle fut enfoncée
dans l'eau où elle se ralluma tout- à - fait et où elle
éclaira pendant l'espace de trois minutes , quoiqu'elle
fûr entierement couverte d'eau .
Par l'explication du Mécanisme de cette Lanterne
que M. Vergile nous fit , nous avons reconnu
que cette Lanterne peut éclairer à une grande
profondeur d'eau , et qu'on peut aisément en
augmenter la durée.
Cette Lanterne n'a aucune communication
avec l'air superieur .
M. Vergile prétend, encore avoir fait des Découvertes
bien plus considerables , sçavoir
Un moyen sûr et facile de trouver les Vaisseaux
qui ont coulé bas.
Un moyen sûr et facile de remettre à flot ces
mêmes Vaisseaux , pourvû toutefois , qu'ils ne.
soient point adherens au fond de la Mer.
Un moyen sûr et aisé de faire rester dans l'eau
un homme sans incommodité , et en état de manoeuvrer
de toutes les façons pendant 20. et 30 .
heures ; il pourra même y manger et y
boire..
M. Vergile nous expliqua le moyen de trouver
les Vaisseaux au fond de la Mer..
Sur quoi il nous a paru que le moyen a toutes
les qualitez proposées , et qu'il est de peu de dépense
, pourvu toutefois que le moyen de respirer
dans
JUILLET. 1731. 1783
dans l'eau , qu'il suppose , soit sûr , et c'est sur
quoi nous ne pouvons rien dire , M. Vergile
n'ayant pas trouvé à propos de nous le déclarer.
Il en est à peu près de même du moyen de
manger et de boire , qui est sûr , pourvû que d'ailleurs
l'homme qui est dans l'eau puisse respirer.
M. Vergile n'a pas expliqué sa manoeuvre pour
retirer les Vaisseaux du fond de la Mer et les remettre
à flot ..
Le sieur Maillard , Maître Menuisier et Machiniste
, a obtenu le premier Juin 1731. le Privilege
exclusif de fabriquer , vendre et debiter seul deux
Chaises mouvantes, de son invention ; l'une pour
se faire mener par un homme assis derriere, où il
y aura un Volant capable d'augmenter considerablement
la force de l'homme et de soulager ses
bras ; l'autre pour se promener et faire aller soimême
, par le même mouvement , la Chaise roulante
, posée sur trois roues. L'Académie Royale
des Sciences a approuvé et reconnu l'utilité de
cette Invention par un Certificat.
a encore inventé plusieurs autres Machines ,.
comme un Cigne qui paroît vivant , jusqu'à s'y
tromper , qui a du mouvement dans la tête et
dans le col , et qui a la même allure sur l'eau .
Un Cheval Marin en petit , qui tire une Gondole
où paroît Apollon au milieu des Muses , qui
ont du nouvement .
Un petit Cheval , qui part d'une vitesse surattelé
à une Calêche , dans laquelle sont
prenante ,
deux petites Figures à terre..
On voit encore chez lui deux Phaetons o
Calêches sans ressorts ni soupentes , tirées chacune
par un Cheval naturel , fort differentes de
tout ce qu'on a vu jusqu'à present en ce genre ,.
Pune
7784 MERCURE DE FRANCE
Pune est propre pour la Chasse et pour aller
dans les bois touffus où à peine un cheval peut
passer. L'autre montée sur un Train de Chaisede
Poste très solide et très - douce, sans ressorts ni
elle pesera environ 600. livres et coûtera
beaucoup moins que les Chaises de Poste ordinaires
, parce qu'il y aura beaucoup moins de:
ferrare.
soupentes ;
>
Le sieur Maillard , dans ses nouvelles Machines
a joint l'utile à l'agréable. Il demeure Fau
bourg S. Honoré , rue de la bonne Moruë , dont
un bout donne dans la Place du Pont Tournant.
des Thuilleries.
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Résumé : Lanterne Marine, &c. [titre d'après la table]
En 1782, le Mercure de France a rapporté les découvertes de M. Vergile dans le domaine des manœuvres sous-marines. M. Vergile a présenté à l'Académie Royale des Sciences une lanterne capable de s'allumer sous l'eau et d'éclairer pendant trois minutes. Les membres de l'Académie, notamment M. de Cassini et M. Pitot, ont validé cette invention, confirmant qu'elle peut fonctionner à grande profondeur et que sa durée d'éclairage peut être prolongée. La lanterne ne nécessite aucune communication avec l'air extérieur. M. Vergile a également revendiqué d'autres inventions, telles qu'un moyen de localiser et de remonter des vaisseaux coulés, à condition qu'ils ne soient pas fixés au fond de la mer. Il a aussi conçu un dispositif permettant à un homme de rester sous l'eau pendant 20 à 30 heures, de manger et de boire. Cependant, il n'a pas fourni de détails sur le mécanisme de respiration sous-marine ou sur la méthode pour remonter les vaisseaux. Par ailleurs, le sieur Maillard, maître menuisier et machiniste, a obtenu un privilège exclusif pour fabriquer et vendre deux types de chaises roulantes innovantes. L'Académie Royale des Sciences a approuvé ces inventions. Maillard a également créé plusieurs machines, dont un cigne mécanique, un cheval marin tirant une gondole, et des phaétons sans ressorts. Il réside à Paris, rue de la Bonne Moruë.
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10
p. 1784-1786
SUR LE RETOUR DU PRINTEMPS, COUPLETS, A Mademoiselle D.. L..
Début :
A l'ombre de ce Hêtre, [...]
Mots clefs :
Berger, Printemps, Cœurs, Amant, Candeur, Froideur
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texteReconnaissance textuelle : SUR LE RETOUR DU PRINTEMPS, COUPLETS, A Mademoiselle D.. L..
SUR LE RETOUR
A
DU PRINTEMPS ,
COUPLETS ,
A Mademoiselle D.. L..
L'ombre de ce Hêtre ,
Un Berger d'alentour ,
Sur sa Flute champêtre ,
Fredonnoit l'autre jour ;
Doux Printemps , ta naissance ,
fait naître mille ardeurs ,
» Et ta seule présence ,
Ranime tous les coeurs..
La
Juille
Vivement.
* 2
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY.
ASTOR, LENOX AND
TILDEN
FOUNDATIONS.
ARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
JUILLET. 1731. 1785
La Chanson se répete ,
Belise enfin l'entend :
Elle accourt , et seulette ,
Vient trouver son Amant :
La Candeur , l'Innocence "
Accompagnent ses pas ;
Mais un air d'indolence ,
Relevé ses appas.
D'une subite flâme
Le Berger transporté ,
2.
Rappelle dans son ame ,
En vain la liberté :
Il se trouble , il chancelle
Il pousse des soupirs ;
Et les yeux de la Belle ,
Irritent ses desirs .
Bergere , qui t'amene ,
Lui dit-il , dans ces lieux ?
Viens- tu finir la peine ,
Que causent tes beaux yeux ?
Voi , dessous ton Empire ,
Ce que souffre mon coeur ;
Songe que mon Martire ,
Condamne ta froideur.
Depuis
1786 MERCURE DE FRANCE
Depuis maintes années ,
Je languis près de toi ,
Bornant mes destinées ,
A vivre sous ta loi ;
Mais toujours inhumaine ,
Et rebelle à mes feux.
Tu te ris de ma peine ,
Tu méprises mes voeux .
諾
A ce tendre reproche ,
Bélise se rendit ;
Son coeur toûjours de roche ,
En vain se deffendit ;
Ah ! c'en est trop , dit-elle ,
Amour est mon vainqueur ,
Reçoi , Berger fidele ,
Le prix de ton ardeur
Ε Ν Τ Ο Υ.
Imitons , Eulalie ,
Leur conduite en ce jour ;
Aimons , mais sans folie ;
Suivons le Dieu d'Amour.
L'amitié qui nous presse ,
A des charmes plus doux ;
C'est Vertu , c'est Sagesse ,
De ceder à ses coups .
Par M. N. C.
A
DU PRINTEMPS ,
COUPLETS ,
A Mademoiselle D.. L..
L'ombre de ce Hêtre ,
Un Berger d'alentour ,
Sur sa Flute champêtre ,
Fredonnoit l'autre jour ;
Doux Printemps , ta naissance ,
fait naître mille ardeurs ,
» Et ta seule présence ,
Ranime tous les coeurs..
La
Juille
Vivement.
* 2
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY.
ASTOR, LENOX AND
TILDEN
FOUNDATIONS.
ARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
JUILLET. 1731. 1785
La Chanson se répete ,
Belise enfin l'entend :
Elle accourt , et seulette ,
Vient trouver son Amant :
La Candeur , l'Innocence "
Accompagnent ses pas ;
Mais un air d'indolence ,
Relevé ses appas.
D'une subite flâme
Le Berger transporté ,
2.
Rappelle dans son ame ,
En vain la liberté :
Il se trouble , il chancelle
Il pousse des soupirs ;
Et les yeux de la Belle ,
Irritent ses desirs .
Bergere , qui t'amene ,
Lui dit-il , dans ces lieux ?
Viens- tu finir la peine ,
Que causent tes beaux yeux ?
Voi , dessous ton Empire ,
Ce que souffre mon coeur ;
Songe que mon Martire ,
Condamne ta froideur.
Depuis
1786 MERCURE DE FRANCE
Depuis maintes années ,
Je languis près de toi ,
Bornant mes destinées ,
A vivre sous ta loi ;
Mais toujours inhumaine ,
Et rebelle à mes feux.
Tu te ris de ma peine ,
Tu méprises mes voeux .
諾
A ce tendre reproche ,
Bélise se rendit ;
Son coeur toûjours de roche ,
En vain se deffendit ;
Ah ! c'en est trop , dit-elle ,
Amour est mon vainqueur ,
Reçoi , Berger fidele ,
Le prix de ton ardeur
Ε Ν Τ Ο Υ.
Imitons , Eulalie ,
Leur conduite en ce jour ;
Aimons , mais sans folie ;
Suivons le Dieu d'Amour.
L'amitié qui nous presse ,
A des charmes plus doux ;
C'est Vertu , c'est Sagesse ,
De ceder à ses coups .
Par M. N. C.
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Résumé : SUR LE RETOUR DU PRINTEMPS, COUPLETS, A Mademoiselle D.. L..
Le poème 'Sur le retour du printemps' est adressé à Mademoiselle D.. L.. Il décrit un berger jouant de la flûte sous un hêtre, célébrant le printemps et ses effets sur les cœurs. La jeune femme Belise, attirée par la musique, rejoint son amant. La présence de Belise trouble le berger, qui exprime sa passion et son martyre. Belise, d'abord résistante, finit par céder aux avances du berger. Le poème se conclut par une exhortation à imiter cet amour modéré et à privilégier l'amitié, présentée comme plus sage et vertueuse. Le texte est daté de juillet 1731 et mentionne des fondations de la New York Public Library ainsi que le Mercure de France en 1786.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 1787-1788
LES VESTALES.
Début :
Pour garder le feu de Vesta, [...]
Mots clefs :
Vestales, Feu
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texteReconnaissance textuelle : LES VESTALES.
LES VESTALES.
Pour garder le feu de Vesta ,
Crédules Romaines ,
Ah ! que de peines ,
Que de gênes ,
Il vous en coûta !
Nourrir le feu d'un tendre amour ,.
Est un emploi bien plus facile ,
Et plus utile :
Son ardeur brille ,
Et sans aucun soin s'accroît de jour en jour.
Sa puissance est divine ;
Elle détermine ,
Tous nos desirs.
Elle est la seule origine ,
De tous nos plaisirs ;
Elle agit et domine ,
Sur l'Univers ,
Et remplit la Terre , les Mers ,
Les vastes Airs.
M. Dornel , Maître de Musique et Organiste
de sainte Geneviève , qui a fait l'Air de ces paroles
, s'est déja fait connoître par divers bons Ouvrages
Il vient de publier encore un Livre qui contient
48 Pieces de Clavecin fort estimées et de très - facile
execution. Ce Livre se vend chez l'Auteur,
Mon1788
MERCURE DE FRANCE
Montagne sainte Genevieve , au Mont Parnas–
se , ruë S. Jean de Beauvais , ruë S. Honoré ,
la Regle d'Or , et rue du Roulle, à la Croix d'Or.
Pour garder le feu de Vesta ,
Crédules Romaines ,
Ah ! que de peines ,
Que de gênes ,
Il vous en coûta !
Nourrir le feu d'un tendre amour ,.
Est un emploi bien plus facile ,
Et plus utile :
Son ardeur brille ,
Et sans aucun soin s'accroît de jour en jour.
Sa puissance est divine ;
Elle détermine ,
Tous nos desirs.
Elle est la seule origine ,
De tous nos plaisirs ;
Elle agit et domine ,
Sur l'Univers ,
Et remplit la Terre , les Mers ,
Les vastes Airs.
M. Dornel , Maître de Musique et Organiste
de sainte Geneviève , qui a fait l'Air de ces paroles
, s'est déja fait connoître par divers bons Ouvrages
Il vient de publier encore un Livre qui contient
48 Pieces de Clavecin fort estimées et de très - facile
execution. Ce Livre se vend chez l'Auteur,
Mon1788
MERCURE DE FRANCE
Montagne sainte Genevieve , au Mont Parnas–
se , ruë S. Jean de Beauvais , ruë S. Honoré ,
la Regle d'Or , et rue du Roulle, à la Croix d'Or.
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Résumé : LES VESTALES.
Le texte évoque les Vestales, prêtresses romaines gardant le feu sacré de Vesta. Il compare cette tâche à l'entretien d'un amour tendre, doté d'une puissance divine. Il mentionne M. Dornel, Maître de Musique et Organiste de sainte Geneviève, auteur de 48 pièces de clavecin disponibles à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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