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Liste
1
p. 78-83
Inscriptions de la Galerie de Versailles, [titre d'après la table]
Début :
Je suis bien aise, Madame, que les petites Descriptions [...]
Mots clefs :
Inscriptions, Galerie, Tableaux, Description, Versailles, Arc de triomphe
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texteReconnaissance textuelle : Inscriptions de la Galerie de Versailles, [titre d'après la table]
Je fuis bien aife, madame , que
les petites Defcriptions des Tableaux
de la petite Galerie de
Verfailles , que je vous envoyay
dernierement , vous ayent donné
la curiofité de les demander en
core plus amples . Pour cela, Madame
, trouvez bon que je vous
renvoye aux Explications que
Monfieur Charpentier , de l'Acad.
mie Françoife , en a faites par
l'ordre du Roy. Ce travail a reçeu
de Sa Majefté tous les agrémens
que l'Autheur en pouvoir
efperer ; & les Exemplaires imprimez
de cet Ouvrage , que le
Roy a fait mettre dans la Galerie
de Verſailles , ont obtenu les applaudiffemens
de toute la Cour.
le feray mon poffible pour vous
en faire avoir un , & vous y verrez
que celuy qui a fait les petites
Defcriptions que vous avez
GALANT. 79
leuës , s'eft fervy heureusement
en quelques endroits , des penfées
& des expreffions de Monfieur
Charpentier , hormis dans
les deux derniers grands Tableaux
, & dans les fix petits qui
les accompagnent , lefquels ne
font encore qu'en manufcrit entre
les mains du Roy. mais puis
que vous prenez tant de plaifir
à tout ce qui regarde la Galerie
de Verſailles , je vous diray que
d'abord on avoit mis à tous ces
Tableaux des Infcriptions Latines
; mais quelques nouvelles
refléxions ayant fait juger que
les Infcriptions Françoifes y conviendroient
mieux , Sa Majesté
commanda encore à Monfieur
Charpentier de les faire , & ce
font celles qui y font aujour
d'huy . Toutes les Dames ont
eſté ravies de ce changement,qui
D
4
80 MERCURE
leur donne le moyen de lire avec
admiration les grandes Actions
de Sa Majesté , & les Etrangers
mefmes , que le defir d'apprendre
le François attire le plus fouvent
à Paris & à la Cour , font bien
aifes de trouver icy des Infcriptions
dont le fujet eft fi noble,
& s'engagent avec plus de plaifir
à l'étude de noftre Langue . Je ne
vous parle point encore de la
plupart des Courtisans & des
Peuples, qui n'ayant pas la Langue
Latine à commandement,
demeurent d'accord qu'on leur a
fait grand plaifir de leur faciliter
l'intelligence de ces Tableaux , &
de pouvoir retenir par coeur les
Eloges de noftre grand Monarque.
Par ce glorieux fuccés, fuivy
de l'approbation du Roy & de
toute la France , Monfieur Charpentier
voit heureufement cou
GALANT. 81
ronner l'opinion qu'il a foûtenuë,
Que toutes les infcriptions des Mo
numens publics , qui s'élevent à
l'honneur du Roy , & en mémoire de
fes vertus héroïques , doivent eftre
en Langue Françoife. Ce qu'il n'a
point craint d'avancer en un
temps où il étoit prefque le feul
à s'oppofer au torrent de la prévention
contraire . C'eſt ce qui a
fervy de fujet à un des plus éloquens
& un des plus fçavans Livres
qui ayent paru de nos jours,
intitulé , Défense de la Langue
Françoife , pour l'Infcription de
l'Arc de Triomphe. Un Homme
d'un merite diftingué avoit répondu
à cet Ouvrage , par un
Ecrit Latin tres- beau & treseftimé
, mais Monfieur Charpen
tier y a fait une Replique , par
deux Volumes qui ont pour titre,
De l'Excellence de la Langue Fran
DS
82 MERCURE
çoife, où cette Queſtion a efté de
nouveau traitée d'une maniere à
n'y plus revenir ; & comme les
raifons qu'il a alleguées , pour
montrer qu'il falloit mettre en
François l'Infcription de l'Arc de
Triomphe , pouvoient aisément
s'appliquer à la Galerie de Verfailles
, c'eft vray femblablement
ce qui a fait prendre le party
party des
Infcriptions Françoifes pour cette
Galerie , puis qu'à proprement
parler , elle n'eft autre chofe
qu'un veritable Arc de Triomphe
, avec cette diference feulement
, que c'eft un Arc de Triomphe
plus étendu , & plus diverfique
ceux qui fe bâtiſſent de
Marbre & de Bronze.Les Sçavans
de vos quartiers jugeront fi le
Latin peut aller plus loin que ce
François ; mais je fçay que les
Sçavans de ces quartiers cy , qui
fié
GALANT.
$3
difoient ordinairement que Monfieur
Charpentier devoit prouver
fon opinion par les exemples,
auffi bien que par les raiſonnemens
, ont tout fujet maintenant
d'eftre fatisfaits . Vous auriez raifon
, Madame , de m'accuſer de
negligence , fi je me contentois
de vous parler de ces excellentes
Infcriptions , fans vous les envoyer.
le vous nommeray feulement
les Tableaux où elles font,
puis que vous en fçavez le fujet,
& que vous en ferez plus amplement
éclaircie par les Defcriptions
de Monfieur Charpentier
que je vous promets .
les petites Defcriptions des Tableaux
de la petite Galerie de
Verfailles , que je vous envoyay
dernierement , vous ayent donné
la curiofité de les demander en
core plus amples . Pour cela, Madame
, trouvez bon que je vous
renvoye aux Explications que
Monfieur Charpentier , de l'Acad.
mie Françoife , en a faites par
l'ordre du Roy. Ce travail a reçeu
de Sa Majefté tous les agrémens
que l'Autheur en pouvoir
efperer ; & les Exemplaires imprimez
de cet Ouvrage , que le
Roy a fait mettre dans la Galerie
de Verſailles , ont obtenu les applaudiffemens
de toute la Cour.
le feray mon poffible pour vous
en faire avoir un , & vous y verrez
que celuy qui a fait les petites
Defcriptions que vous avez
GALANT. 79
leuës , s'eft fervy heureusement
en quelques endroits , des penfées
& des expreffions de Monfieur
Charpentier , hormis dans
les deux derniers grands Tableaux
, & dans les fix petits qui
les accompagnent , lefquels ne
font encore qu'en manufcrit entre
les mains du Roy. mais puis
que vous prenez tant de plaifir
à tout ce qui regarde la Galerie
de Verſailles , je vous diray que
d'abord on avoit mis à tous ces
Tableaux des Infcriptions Latines
; mais quelques nouvelles
refléxions ayant fait juger que
les Infcriptions Françoifes y conviendroient
mieux , Sa Majesté
commanda encore à Monfieur
Charpentier de les faire , & ce
font celles qui y font aujour
d'huy . Toutes les Dames ont
eſté ravies de ce changement,qui
D
4
80 MERCURE
leur donne le moyen de lire avec
admiration les grandes Actions
de Sa Majesté , & les Etrangers
mefmes , que le defir d'apprendre
le François attire le plus fouvent
à Paris & à la Cour , font bien
aifes de trouver icy des Infcriptions
dont le fujet eft fi noble,
& s'engagent avec plus de plaifir
à l'étude de noftre Langue . Je ne
vous parle point encore de la
plupart des Courtisans & des
Peuples, qui n'ayant pas la Langue
Latine à commandement,
demeurent d'accord qu'on leur a
fait grand plaifir de leur faciliter
l'intelligence de ces Tableaux , &
de pouvoir retenir par coeur les
Eloges de noftre grand Monarque.
Par ce glorieux fuccés, fuivy
de l'approbation du Roy & de
toute la France , Monfieur Charpentier
voit heureufement cou
GALANT. 81
ronner l'opinion qu'il a foûtenuë,
Que toutes les infcriptions des Mo
numens publics , qui s'élevent à
l'honneur du Roy , & en mémoire de
fes vertus héroïques , doivent eftre
en Langue Françoife. Ce qu'il n'a
point craint d'avancer en un
temps où il étoit prefque le feul
à s'oppofer au torrent de la prévention
contraire . C'eſt ce qui a
fervy de fujet à un des plus éloquens
& un des plus fçavans Livres
qui ayent paru de nos jours,
intitulé , Défense de la Langue
Françoife , pour l'Infcription de
l'Arc de Triomphe. Un Homme
d'un merite diftingué avoit répondu
à cet Ouvrage , par un
Ecrit Latin tres- beau & treseftimé
, mais Monfieur Charpen
tier y a fait une Replique , par
deux Volumes qui ont pour titre,
De l'Excellence de la Langue Fran
DS
82 MERCURE
çoife, où cette Queſtion a efté de
nouveau traitée d'une maniere à
n'y plus revenir ; & comme les
raifons qu'il a alleguées , pour
montrer qu'il falloit mettre en
François l'Infcription de l'Arc de
Triomphe , pouvoient aisément
s'appliquer à la Galerie de Verfailles
, c'eft vray femblablement
ce qui a fait prendre le party
party des
Infcriptions Françoifes pour cette
Galerie , puis qu'à proprement
parler , elle n'eft autre chofe
qu'un veritable Arc de Triomphe
, avec cette diference feulement
, que c'eft un Arc de Triomphe
plus étendu , & plus diverfique
ceux qui fe bâtiſſent de
Marbre & de Bronze.Les Sçavans
de vos quartiers jugeront fi le
Latin peut aller plus loin que ce
François ; mais je fçay que les
Sçavans de ces quartiers cy , qui
fié
GALANT.
$3
difoient ordinairement que Monfieur
Charpentier devoit prouver
fon opinion par les exemples,
auffi bien que par les raiſonnemens
, ont tout fujet maintenant
d'eftre fatisfaits . Vous auriez raifon
, Madame , de m'accuſer de
negligence , fi je me contentois
de vous parler de ces excellentes
Infcriptions , fans vous les envoyer.
le vous nommeray feulement
les Tableaux où elles font,
puis que vous en fçavez le fujet,
& que vous en ferez plus amplement
éclaircie par les Defcriptions
de Monfieur Charpentier
que je vous promets .
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Résumé : Inscriptions de la Galerie de Versailles, [titre d'après la table]
Le texte aborde la demande de descriptions plus détaillées des tableaux de la galerie de Versailles. L'auteur mentionne un travail réalisé par Monsieur Charpentier, approuvé par le roi, qui a été bien accueilli par la cour. À la demande du roi, les inscriptions latines des tableaux ont été remplacées par des inscriptions en français. Cette modification a été favorablement reçue par les dames de la cour et les étrangers apprenant le français. La décision a été appuyée par un ouvrage intitulé 'Défense de la Langue Française' et des réponses à des écrits latins. La galerie de Versailles est comparée à un arc de triomphe, ce qui justifie l'utilisation de la langue française pour les inscriptions. L'auteur conclut en promettant d'envoyer les descriptions des tableaux et les inscriptions à la demande de la destinataire.
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2
p. 83-89
INSCRIPTIONS DES NEUF GRANDS TABLEAUX DE LA GALERIE DE VERSAILLES.
Début :
Au premier Tableau qui représente le Roy préferant la Gloire aux [...]
Mots clefs :
Inscriptions, Tableaux, Gloire, Plaisirs, Repos, Ambition, Guerre, Ennemis, Attaque, Galerie de Versailles
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texteReconnaissance textuelle : INSCRIPTIONS DES NEUF GRANDS TABLEAUX DE LA GALERIE DE VERSAILLES.
INSCRIPTIONS
DES NEUF GRANDS TABLEAUX
DE LA GALERIE DE
VERSAILLES
.
Au premier Tableau qui re
I
D 6 .
84
MERCURE
4
préfente le Roy préferant la
Gloire aux Plaifirs .
INSCRIPTION.
LOUIS LE GRAND dans la fleur
de fa jeuneſſe , prend en main le
Timon de l'Etat , & renonçant au
Repos & aux Plaifirs , je donne
tout entier à l'amour de la veritable
Gloire.
Seconde partie de ce même
Tableau de l'autre cofté du
Cintre.
"
INSCRIPTION.
L'Allemagne , l'Espagne & la
Hollande , font alarmées de la réfolution
de ce jeune Monarque , &
commencent à redouter fon Bras,
qui devoit eftre fatal à leur ambition.
Second Tableau , où le Roy
eft repréſenté , meditant fur la
GALANT. 85
Guerre qu'il voulois faire aux
Hollandois .
INSCRIPTION.
Le Roy delibere s'il attaquera les
Hollandois , & apres diverfes réflexions
que la prudence & la valeur
luyfontfaire , ilfe détermine à
la Guerre par le confeil de la
Iustice.
Troifiéme Tableau , repréſentant
les Préparatifs de la Guerre.
บ
INSCRIPTION.
Le Roy arme par mer &par terre
avec tant de grandeur & de promp
titude , que fes Ennemis n'en conçoivent
pas moins d'admiration que
d'épouvante.
Quatrième Tableau , reprefentant
l'ouverture de la Campagne
contre les Hollandois , par
quatre Siéges.
86 MERCURE
INSCRIPTION.
Le Roy forme le deffein d'affieger
en mesme temps Vvefel , Burich ,
Orfoy , Bhimberg , & en regle les
Préparatifs avec fes Genéraux.
Cinquième Tableau , repréfentant
le Paffage du Rhin à
Tholuis .
INSCRIPTION,
Le merveilleux paffage du Rhim
donne entrée aux François jufques
dans le coeur de la Hollande , & rien
ne peut refifter à la justice des armes
du Roy , ny retarder la rapidité de
Les Conquestes.
Seconde partie de ce mefme
Tableau , de l'autre cofté da
Cintre.
INSCRIPTION.
Treize jours d'Attaque rendent
le Roy maistre de Maſtrich à l'étonGALANT.
87
nement de toute l'Europe , tandis
que fes Vaiffeaux mettent enfuite
la flotte Hollandoife fur les Coftes
de l'Amérique
.
Sixième Tableau , repréſentant
l'Union de l'Allemagne , de
l'Espagne , & de la Hollande contre
la France.
INSCRIPTION.
La Hollande effrayée de tant de
pertes imprévues , & prefque incroyables
, cherche un remede à fes
malheurs , dans l'Alliance qu'elle
fait avec l'Espagne & l'Allemagne.
Septiéme Tableau , repréfentant
la feconde Conquefte de la
Franche Comté .
INSCRIPTION.
La Franche Comté foûmiſe pour
la feconde fois avec une promptitu
88 MERCURE
de extraordinaire , malgré l'oppofition
des Saifons , fait repentir
l'Espagne ; mais trop tard , de fon.
engagement contre la France.
Hoitiéme Tableau , reprefentant
la Priſe de Gand .
INSCRIPTION.
Le Roy tombe comme un Foudre
fur la Ville de Gand , & par cette
nouvelle Conquefte , ôte à la Flandre
La derniere efperance que luy reftoit .
Seconde partie de ce même
Tableau , de l'autre cofté du
Cintre.
INSCRIPTION.
La puiffance victorieufe du Roy
renverfe la Politique d'Espagne ,
éblouit fon Confeil , & déconcertefa
prévoyance.
Neuvième Tableau , repréfentant
la defunion de la Hollande
d'avec l'Espagne & l'Allemagne
.
GALANT. 89
•
INSCRIPTION
La Hollande tend les bras à la
Paix qui luy eft offerte, &le defunit
de l'Allemagne & de l'Espagne , qui
font de vains efforts pour l'arrester.
DES NEUF GRANDS TABLEAUX
DE LA GALERIE DE
VERSAILLES
.
Au premier Tableau qui re
I
D 6 .
84
MERCURE
4
préfente le Roy préferant la
Gloire aux Plaifirs .
INSCRIPTION.
LOUIS LE GRAND dans la fleur
de fa jeuneſſe , prend en main le
Timon de l'Etat , & renonçant au
Repos & aux Plaifirs , je donne
tout entier à l'amour de la veritable
Gloire.
Seconde partie de ce même
Tableau de l'autre cofté du
Cintre.
"
INSCRIPTION.
L'Allemagne , l'Espagne & la
Hollande , font alarmées de la réfolution
de ce jeune Monarque , &
commencent à redouter fon Bras,
qui devoit eftre fatal à leur ambition.
Second Tableau , où le Roy
eft repréſenté , meditant fur la
GALANT. 85
Guerre qu'il voulois faire aux
Hollandois .
INSCRIPTION.
Le Roy delibere s'il attaquera les
Hollandois , & apres diverfes réflexions
que la prudence & la valeur
luyfontfaire , ilfe détermine à
la Guerre par le confeil de la
Iustice.
Troifiéme Tableau , repréſentant
les Préparatifs de la Guerre.
บ
INSCRIPTION.
Le Roy arme par mer &par terre
avec tant de grandeur & de promp
titude , que fes Ennemis n'en conçoivent
pas moins d'admiration que
d'épouvante.
Quatrième Tableau , reprefentant
l'ouverture de la Campagne
contre les Hollandois , par
quatre Siéges.
86 MERCURE
INSCRIPTION.
Le Roy forme le deffein d'affieger
en mesme temps Vvefel , Burich ,
Orfoy , Bhimberg , & en regle les
Préparatifs avec fes Genéraux.
Cinquième Tableau , repréfentant
le Paffage du Rhin à
Tholuis .
INSCRIPTION,
Le merveilleux paffage du Rhim
donne entrée aux François jufques
dans le coeur de la Hollande , & rien
ne peut refifter à la justice des armes
du Roy , ny retarder la rapidité de
Les Conquestes.
Seconde partie de ce mefme
Tableau , de l'autre cofté da
Cintre.
INSCRIPTION.
Treize jours d'Attaque rendent
le Roy maistre de Maſtrich à l'étonGALANT.
87
nement de toute l'Europe , tandis
que fes Vaiffeaux mettent enfuite
la flotte Hollandoife fur les Coftes
de l'Amérique
.
Sixième Tableau , repréſentant
l'Union de l'Allemagne , de
l'Espagne , & de la Hollande contre
la France.
INSCRIPTION.
La Hollande effrayée de tant de
pertes imprévues , & prefque incroyables
, cherche un remede à fes
malheurs , dans l'Alliance qu'elle
fait avec l'Espagne & l'Allemagne.
Septiéme Tableau , repréfentant
la feconde Conquefte de la
Franche Comté .
INSCRIPTION.
La Franche Comté foûmiſe pour
la feconde fois avec une promptitu
88 MERCURE
de extraordinaire , malgré l'oppofition
des Saifons , fait repentir
l'Espagne ; mais trop tard , de fon.
engagement contre la France.
Hoitiéme Tableau , reprefentant
la Priſe de Gand .
INSCRIPTION.
Le Roy tombe comme un Foudre
fur la Ville de Gand , & par cette
nouvelle Conquefte , ôte à la Flandre
La derniere efperance que luy reftoit .
Seconde partie de ce même
Tableau , de l'autre cofté du
Cintre.
INSCRIPTION.
La puiffance victorieufe du Roy
renverfe la Politique d'Espagne ,
éblouit fon Confeil , & déconcertefa
prévoyance.
Neuvième Tableau , repréfentant
la defunion de la Hollande
d'avec l'Espagne & l'Allemagne
.
GALANT. 89
•
INSCRIPTION
La Hollande tend les bras à la
Paix qui luy eft offerte, &le defunit
de l'Allemagne & de l'Espagne , qui
font de vains efforts pour l'arrester.
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Résumé : INSCRIPTIONS DES NEUF GRANDS TABLEAUX DE LA GALERIE DE VERSAILLES.
Le document décrit neuf tableaux de la galerie de Versailles, chacun illustrant des moments clés du règne de Louis XIV. Le premier tableau montre Louis XIV, jeune, choisissant la gloire et prenant les rênes de l'État, suscitant l'inquiétude de l'Allemagne, de l'Espagne et de la Hollande. Le second tableau le représente méditant sur une guerre contre les Hollandais, qu'il décide d'entreprendre pour des raisons de justice. Le troisième tableau illustre les préparatifs de la guerre, avec Louis XIV armant ses forces par mer et par terre, provoquant admiration et épouvante chez ses ennemis. Le quatrième tableau montre l'ouverture de la campagne contre les Hollandais par quatre sièges. Le cinquième tableau représente le passage du Rhin à Tolhuis, la prise de Maastricht et la fuite de la flotte hollandaise en Amérique. Le sixième tableau décrit l'alliance de l'Allemagne, de l'Espagne et de la Hollande contre la France. Le septième tableau montre la soumission rapide de la Franche-Comté malgré l'opposition des Saisons, regrettée par l'Espagne. Le huitième tableau illustre la prise de Gand, privant la Flandre de ses dernières espérances et influençant la politique espagnole. Enfin, le neuvième tableau représente la désunion de la Hollande avec l'Espagne et l'Allemagne, la Hollande acceptant la paix offerte par Louis XIV.
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3
p. 89-94
INSCRIPTION DES DIX-HUIT PETITS TABLEAUX DE LA GALERIE DE VERSAILLES.
Début :
Ces petits Tableaux contiennent plusieurs Actions celebres de Sa Majesté, [...]
Mots clefs :
Inscriptions, Galerie, Versailles, Tableaux, Actions, Sa Majesté, Réparations, Galerie de Versailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : INSCRIPTION DES DIX-HUIT PETITS TABLEAUX DE LA GALERIE DE VERSAILLES.
INSCRIPTIONS
DES DIX- HUIT PETITS
TABLEAUX DE LA GALERIE
DE VERSAILLES.
temps ,
Ces petits Tableaux contiennent
plufieurs Actions celebres
de Sa Majefté , faites en divers
& font placez dans fix
larges Bandes, qui partagent toute
la Voute d'espace en eſpace ,
& qui font couchées dans les
intervalles des grands Tableaux.
le me contenteray de vous les
nommer , à commencer par la
premiere Bande du cofté des
Apartemens du Roy. Il y en a
trois fur chaque Bande . L'infcri-
1
90 MERCURE
ption en fait affez connoiftre le
fujet .
PREMIERE BANDE.
Premier Tableau , à la Clef de
la Voute.
INSCRIPTION,
Soulagement du Peuple pendant
la famine en 1662 .
Second Tableau.
INSCRIPTION.
La Hollande fecourue contre l'E
vefque de Munster.
Troifiéme Tableau .
INSCRIPTION.
Reparation de l'outrage faite à
Rome à l'Ambaffadeur de France.
SECONDE BANDE.
Premier Tableau , à la Clefs
de la Voute.
GALANT. 91
INSCRIPTION
.
Les Duels abolis.
Second Tableau.
INSCRIPTION.
L'Empire delivré de l'invasion
des Turcs.
Troifiéme Tableau.
Préfeance fur l'Espagne , con-
Servée à la France.
TROISIE'ME BANDE .
Premier Tableau , à la Clef de
la Voute .
INSCRIPTION
.
Premiere Guerre contre l'Espa
gne , pour les Droits de la Reyne.
Second Tableau .
INSCRIPTION.
L'établissement de la Navigation.
92 MERCURE
Troifiéme Tableau.
INSCRIPTION.
Reformation de la Justice.
QUATRIE ME BANDE.
Premier Tableau , à la Clefde
la Voute.
INSCRIPTION.
Paix conclue à Aix la Chapelle.
Second Tableau.
INSCRIPTION.
Ordre remis dans les Finances.
Troifiéme Tableau.
INSCRIPTION.
Protection accordée aux beaux
Arts.
CINQUIE'ME BANDE .
Premier Tableau , à la Clefde
la Voute .
GALANT.
93
INSCRIPTION.
Acquifition de Dunkerque.
Second Tableau.
INSCRIPTION.
Hoftel Royal des Invalides.
Troifiéme Tableau .
INSCRIPTION.
Ambaffades des Nations les plus
éloignées.
SIXIE'ME BANDE .
Premier Tableau , à la Clef de
la Voute.
INSCRIPTION.
Sûreté de la Ville de Paris .
Second Tableau.
INSCRIPTION.
Renouvellement d'Alliance avec
les Suiffes.
94
MERCURE
Troifiéme Tableau .
INSCRIPTION.
Fonction des deux Mers.
DES DIX- HUIT PETITS
TABLEAUX DE LA GALERIE
DE VERSAILLES.
temps ,
Ces petits Tableaux contiennent
plufieurs Actions celebres
de Sa Majefté , faites en divers
& font placez dans fix
larges Bandes, qui partagent toute
la Voute d'espace en eſpace ,
& qui font couchées dans les
intervalles des grands Tableaux.
le me contenteray de vous les
nommer , à commencer par la
premiere Bande du cofté des
Apartemens du Roy. Il y en a
trois fur chaque Bande . L'infcri-
1
90 MERCURE
ption en fait affez connoiftre le
fujet .
PREMIERE BANDE.
Premier Tableau , à la Clef de
la Voute.
INSCRIPTION,
Soulagement du Peuple pendant
la famine en 1662 .
Second Tableau.
INSCRIPTION.
La Hollande fecourue contre l'E
vefque de Munster.
Troifiéme Tableau .
INSCRIPTION.
Reparation de l'outrage faite à
Rome à l'Ambaffadeur de France.
SECONDE BANDE.
Premier Tableau , à la Clefs
de la Voute.
GALANT. 91
INSCRIPTION
.
Les Duels abolis.
Second Tableau.
INSCRIPTION.
L'Empire delivré de l'invasion
des Turcs.
Troifiéme Tableau.
Préfeance fur l'Espagne , con-
Servée à la France.
TROISIE'ME BANDE .
Premier Tableau , à la Clef de
la Voute .
INSCRIPTION
.
Premiere Guerre contre l'Espa
gne , pour les Droits de la Reyne.
Second Tableau .
INSCRIPTION.
L'établissement de la Navigation.
92 MERCURE
Troifiéme Tableau.
INSCRIPTION.
Reformation de la Justice.
QUATRIE ME BANDE.
Premier Tableau , à la Clefde
la Voute.
INSCRIPTION.
Paix conclue à Aix la Chapelle.
Second Tableau.
INSCRIPTION.
Ordre remis dans les Finances.
Troifiéme Tableau.
INSCRIPTION.
Protection accordée aux beaux
Arts.
CINQUIE'ME BANDE .
Premier Tableau , à la Clefde
la Voute .
GALANT.
93
INSCRIPTION.
Acquifition de Dunkerque.
Second Tableau.
INSCRIPTION.
Hoftel Royal des Invalides.
Troifiéme Tableau .
INSCRIPTION.
Ambaffades des Nations les plus
éloignées.
SIXIE'ME BANDE .
Premier Tableau , à la Clef de
la Voute.
INSCRIPTION.
Sûreté de la Ville de Paris .
Second Tableau.
INSCRIPTION.
Renouvellement d'Alliance avec
les Suiffes.
94
MERCURE
Troifiéme Tableau .
INSCRIPTION.
Fonction des deux Mers.
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Résumé : INSCRIPTION DES DIX-HUIT PETITS TABLEAUX DE LA GALERIE DE VERSAILLES.
Le document présente une série de dix-huit petits tableaux dans la galerie de Versailles, illustrant des actions célèbres du roi. Ces tableaux sont organisés en six bandes de trois tableaux chacune, placés entre les grands tableaux de la voûte. La première bande montre le soulagement du peuple pendant la famine de 1662, l'aide apportée à la Hollande contre l'évêque de Munster, et la réparation d'un outrage fait à Rome. La deuxième bande illustre l'abolition des duels, la délivrance de l'Empire des Turcs, et la préférence accordée à la France sur l'Espagne. La troisième bande traite de la première guerre contre l'Espagne pour les droits de la reine, l'établissement de la navigation, et la réformation de la justice. La quatrième bande montre la paix conclue à Aix-la-Chapelle, la réorganisation des finances, et la protection des beaux-arts. La cinquième bande représente l'acquisition de Dunkerque, la création de l'Hôtel Royal des Invalides, et les ambassades des nations éloignées. Enfin, la sixième bande illustre la sûreté de Paris, le renouvellement de l'alliance avec les Suisses, et la fonction des Deux Mers.
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4
p. 339-356
Description de tout ce qu'il y a de curieux à voir dans le vieux Louvre, & dans le Palais des Thuileries, où les Ambassadeurs ont esté, [titre d'après la table]
Début :
Lors qu'ils allerent au vieux Louvre, ils furent reçeus [...]
Mots clefs :
Galerie, Louvre, Salle, Fenêtres, Roi, Dorure, Ambassadeurs, Tableaux, Sculpture, Voir, Vieux Louvre, Appartement, Cabinet, Colonnes de marbre, Beauté, Majesté, Dessin, Palais, Tuileries, Machines
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description de tout ce qu'il y a de curieux à voir dans le vieux Louvre, & dans le Palais des Thuileries, où les Ambassadeurs ont esté, [titre d'après la table]
Lors qu'ils allerent au
vieux Louvre , ils furent reçeus
à la defcente du Caroſſe
par Mr Seguin , qui en eft
Capitaine. Ils entrerent d'abord
dans la Sale des Cent
• Suiffes , & traverferent tout
l'Appartement de la feuë
Reyne- Mere , dont la dorure
•
F fij
340 Voyage des Amb.
eft fort ancienne , mais fort
belle. La derniere Piece qu'-
ils y virent , fut le Cabinet
appellé des Bains . Il y a deux
voutes , qui ſont ſoûtenuës
dans le milieu par pluſieurs
colomnes de Marbre. On
ne voit en ce lieu - là pour
toutes couleurs que de l'azur
& de l'or. Tous les Portraits
de la Maiſon d'Auſtriche
en font le tour. Il y a
quelques glaces au deſſous
&dans le fond eſt une Cuve
de Marbre, où l'eau chaude
qui eft en dehors, entre par
desRobinets.Leplancher eft
deSiam.
341
de fleurs de toutes fortes de
bois rapportez. Ce fut ce
que les Ambaſſadeurs regarderent
le plus , avec les colomnes
de Marbre. Ils ſe fi
rent nommer tous les Princes
dont ils voyoient les Portraits.
En fortant de cet Appartement
ils pafferent dans
un grand Salon , où ils virent
de fort grands & de fort
beaux Tableaux , & de là ils
erent dans l'Apparte
ment de la Reyne-Mere, qui
eſt une enfilade de ſept ou
huit grandes Pieces. Toute
la Sculpture en eſt dorée , &
entrerent
Ef iij
342 Voyage des Amb.
tous les Plafonds ont eſté
peins parRomanelle,fameux
Peintre Italien. Il y a beau .
coup deTableauxdeM'Bourſon,
qui eſt un des plus fameux
Peintres que nous
ayons eu pour les veuës de
Mer. Ces Tableaux font de la
largeur des pans de muraille,
& ont eſté faits poury fervir
de Tapiſſerie . On entra enfuite
dans un Cabinet , qui
eſt tout au bout de cet Appartement
, & qui donne fur
la Riviere. On ne peut rien
ajoûter à la beauté de la dorure
; les peintures en font
de Siam.
343
tres belles , mais en petit
nombre , à cauſe qu'il y a
beaucoup de Glaces fort
grandes. Le plancher cſt de
ff belles fleurs de rapport ,
qu'on ne peut ſe laſſer de
l'admirer . En tournant de là
fur la droite on traverſa une
fort grande Piece, &l'on entra
dans la Sale des Antiques.
Cette Sale eſt toutede Marbre,
à la referve de la voûte,
qui futdétruite par le feu lors
qu'il prit à la petite Galerie
haute , un peu aprés le Ma.
riage du Roy . On paffa enfuite
dans la Galerie où Sa
F f iiij
344 Voyage des Amb.
Majefté loge tous ceux qui
excellent dans les beaux
Arts , & les Ambaſſadeurs
marquerent que le Roy ne
leur paroiffoit pas moins
grand par là,que parla beau
té des Baſtimens , & des
Apartemens qu'ils venoient
de voir. Ils monterent
chez M² Girardon , qui eſt
un de ces Illuftres logez par
leRoy , & virent ſon Cabinet
remply de pluſieurs Ouvrages
curieux & antiques ,
de Marbre & de Bronze , &
de quantité d'autres raretez .
Ils en firent le tour , & de.
de Siam. 345
manderent à eſtre éclaircis
debeaucoup de chofes , fur
leſquelles M² Girardon les
fatisfit. Ils le remercierent
avec beaucoup d'honneſteté
, & luy témoignerent le
plaifir qu'ils avoient pris à
voir tant de belles choſes.
Ils repafferent enſuite par
l'Apartement neufde la Reine-
Mere , qu'ils avoient déja
vû , & monterent chez le
Roy parle grand Efcalier du
Louvre. Des qu'ils furent entrez
dans la Sale des Gardes
ils paſſerent fur une maniere
de terraſſe , pour voir l'éten346
Voyage des Amb.
duë de la Court , & fe firent
expliquer en quoy confittoir
le Baſtiment du vieux Louvre
, & du neuf, & comment
le Louvre devoit eſtre quand
il ſeroit achevé. Aprés cela
on traverſa tout l'Apparrement
du Roy , & celuy de la
feuë Reine . Les Alcoves ,
dont on ſe ſervoit beaucoup
il y a quelques années , le ir
parutent belles & tres - bien
dorées . De là on entra dans
trois ou quatre grandes Pieces
, où ſont plufieurs TableauxduRoy.
Ils s'attacherét
avec un ſoin particulier à
de Siam .
347
confiderer ceux de l'Histoire
d'Alexandre , peints par M²
le Brun , & le premier Ambaffadeur
en fut fi charmé,
qu'il en examina toutes les
Figures les unes aprés les
autres . Il demanda enſuite
le prix de quelques autres
Tableaux , & fe fit montrer
ceux qui avoient eſté peints
en France , & ceux qui étoienr
d'Italie . On entra de
là dans la Galerie appellée
d'Apollon qui n'eſt pas achevée
; elle eſt à la place de
celle qui a eſté brulée. Tout
l'ouvrage eſt du deſſein de
r
348 Voyage des Amb.
Me le Brun , & il y a quel
ques Tableaux de fa main.
C'eſt une tres belle Sculpture
,& la Ferrure des Portes
& des Feneftres eft fort eftimée
à cause de la beauté de
la cizelure. Ce qu'il y a de
fait de cette Galerie revient
à un million. On paſſa de là
dans la grande Gallerie , qui
commence au vieux Louvre,
& finit au Palais des Thuileries.
Sa longueur furprit les
Ambaſſadeurs . Le premier
demanda combien elle avoit
de toiſes de long. On luy
répondit qu'on croyoit
de Siam.
349
د
qu'elle en avoit environ trois
cens. Lors qu'il fut vers le
milieu de la Galerie il mit
la teſte à la feneftre du coſté
de Saint Thomas du Louvre,
& regardant le vieux Louvre
& les Thuilleries , il
comprit ce qu'on luy avoit
dit du grand deſſein du Louvre
; il traça meſme ce defſein
avec ſa Cane fur le bord
de la feneftre , & y joignit
l'autre grande Galerie qui
n'eſt pas faite. Ayant enfuite
avancé juſqu'au milieu de
la Galerie , il entra furle Bal
con qui eſt au deſſus de la
350 Voyage des Amb.
Porte nommée le grand Gui
chet , regarda l'Ifle du Palais ,
les Maiſons qui ſont ſur les
Ponts , & reconnut les Tours
de Noftre Dame qu'il n'avoit
vûës qu'une fois lors
qu'il eſtoit entré dans l'Eglife.
De ce Balcon il alla
juſques au bout de la Galerie,
&mit la teſte à la feneftre
vis à vis le Pont de pierre
qu'on éleve en cet endroit.
Il l'examina avec beaucoup
d'attention , & fit pluſieurs
queſtions fur les machines avec
lesquelles on ofte l'eau ,
afin de pouvoir travailler
de Siam.
351
aux fondemens . M² Seguin
prit alors congé de luy , parce
quele reſte regardoit M²
le Marquis de Congis qui
eft Capitaine des Thuilleries.
Il parut à la porte par laquelle
on entre dans cet
autre Palais , & y receut les
Ambaſſadeurs. Ils s'attache
rent d'abord à regarder un
Theatre qui eſt dans le gros
Pavillon du bout , & qui
n'eſt la que pour les repetitions
des Opera de Sa Majefté.
On traverſa enſuite
tous les Appartemens. Je
ne vous parle ny de la Pein352
Voyagedes Amb.
,
tureny de la Dorure dont ils
font tout remplis. Comme
ce Corps de Logis eſt double
on tourna delà dans
une fort belle Galerie qui
regne le long de ces Ap.
partemens. Il y a dans cette
Galerie dix ou douze Cabinets
d'un tres-grand prix ,
dont la pluſpart ont eſté faits
aux Gobelins. Ces Cabinets
jont chacun leur nom. Les
Colomnes de ceuxqui en ont
ſont de Pierres precieuſes. Il
y a des Figures d'or , & des
Miniatures d'une beauté ſurprenante.
Il y avoit trop à
de Siam. 353
voir , & trop de foule pour
les pouvoir examiner comme
ils le meritent. On tra
verſa quelques Antichambrer
& la Salle des Gardes ,
puis on paſſa par deſſus la
Te raffe pour aller à la Salle
des Machines. Les Ambaffa
deurs s'arreſterent quelque
temps ſur la Terrafle pour
regarder le Jardin , qui leur
plut beaucoup. Ils entrerent
enfuite dans la Salle des Ma
chines, qui pour la Peinture,
la Sculpture , la Dorure , la
grandeur & la conſtruction,
eſt le plus bel Ouvrage de
Gg
354 Voyagedes Amb.
cette naturel qu'on ait jamais
veu. Il y a pluſieurs
rangs de Balcons en faillie,
qui produifent un effet admirable.
Rien n'eſt plus
beau que le Theatre qui eft
plus profond que la Salle
n'eſt longue . Cette Salle eft
du deſſein de feu M'de Vigarani
, Gentilhomme Modenois
. Celle de Modene
qu'il avoit faite , paffoit pour
la plus belle de l'Europe ,
avant qu'on euft veu la Salle
des Thuilleries , qui fut bâtie
pour le Mariage de Sa
Majefté. Me de Vigarani le
deSiam.
355
Fils qui eſt au Roy , & qui
depuis ce temps - là a eu toûjours
l'honneur d'eftre à fon
ſervice, y fit travailler avec
Mª de Vigarani ſon Pere,
aufli bien qu'au premier Balet
Intitulé Hercule , qui y
fut dancé aprés le Mariage
de ce Prince . Les Machines
en eſtoient fi grandes , & fi
furprenantes, qu'il y en avoit
qui enlevoient juſqu'à cent
Perfonnes à la fois. Au fortir
de cette Salle on defcen
dit par le Grand Efcalier,
& aprés que les Ambaſſa.
deurs l'eurent confideré ain
Ggi
58 Voyage des Amb .
ſi que la Façade du Baſti.
ment , & qu'ils eurent remercié
Me de Congis qui les
avoit accompagnez par
tour , ils furent conduits à
l'Academie Royale de Peinture
& de Sculpture , dont
M'de Louvois eſt le Prorecteur.
vieux Louvre , ils furent reçeus
à la defcente du Caroſſe
par Mr Seguin , qui en eft
Capitaine. Ils entrerent d'abord
dans la Sale des Cent
• Suiffes , & traverferent tout
l'Appartement de la feuë
Reyne- Mere , dont la dorure
•
F fij
340 Voyage des Amb.
eft fort ancienne , mais fort
belle. La derniere Piece qu'-
ils y virent , fut le Cabinet
appellé des Bains . Il y a deux
voutes , qui ſont ſoûtenuës
dans le milieu par pluſieurs
colomnes de Marbre. On
ne voit en ce lieu - là pour
toutes couleurs que de l'azur
& de l'or. Tous les Portraits
de la Maiſon d'Auſtriche
en font le tour. Il y a
quelques glaces au deſſous
&dans le fond eſt une Cuve
de Marbre, où l'eau chaude
qui eft en dehors, entre par
desRobinets.Leplancher eft
deSiam.
341
de fleurs de toutes fortes de
bois rapportez. Ce fut ce
que les Ambaſſadeurs regarderent
le plus , avec les colomnes
de Marbre. Ils ſe fi
rent nommer tous les Princes
dont ils voyoient les Portraits.
En fortant de cet Appartement
ils pafferent dans
un grand Salon , où ils virent
de fort grands & de fort
beaux Tableaux , & de là ils
erent dans l'Apparte
ment de la Reyne-Mere, qui
eſt une enfilade de ſept ou
huit grandes Pieces. Toute
la Sculpture en eſt dorée , &
entrerent
Ef iij
342 Voyage des Amb.
tous les Plafonds ont eſté
peins parRomanelle,fameux
Peintre Italien. Il y a beau .
coup deTableauxdeM'Bourſon,
qui eſt un des plus fameux
Peintres que nous
ayons eu pour les veuës de
Mer. Ces Tableaux font de la
largeur des pans de muraille,
& ont eſté faits poury fervir
de Tapiſſerie . On entra enfuite
dans un Cabinet , qui
eſt tout au bout de cet Appartement
, & qui donne fur
la Riviere. On ne peut rien
ajoûter à la beauté de la dorure
; les peintures en font
de Siam.
343
tres belles , mais en petit
nombre , à cauſe qu'il y a
beaucoup de Glaces fort
grandes. Le plancher cſt de
ff belles fleurs de rapport ,
qu'on ne peut ſe laſſer de
l'admirer . En tournant de là
fur la droite on traverſa une
fort grande Piece, &l'on entra
dans la Sale des Antiques.
Cette Sale eſt toutede Marbre,
à la referve de la voûte,
qui futdétruite par le feu lors
qu'il prit à la petite Galerie
haute , un peu aprés le Ma.
riage du Roy . On paffa enfuite
dans la Galerie où Sa
F f iiij
344 Voyage des Amb.
Majefté loge tous ceux qui
excellent dans les beaux
Arts , & les Ambaſſadeurs
marquerent que le Roy ne
leur paroiffoit pas moins
grand par là,que parla beau
té des Baſtimens , & des
Apartemens qu'ils venoient
de voir. Ils monterent
chez M² Girardon , qui eſt
un de ces Illuftres logez par
leRoy , & virent ſon Cabinet
remply de pluſieurs Ouvrages
curieux & antiques ,
de Marbre & de Bronze , &
de quantité d'autres raretez .
Ils en firent le tour , & de.
de Siam. 345
manderent à eſtre éclaircis
debeaucoup de chofes , fur
leſquelles M² Girardon les
fatisfit. Ils le remercierent
avec beaucoup d'honneſteté
, & luy témoignerent le
plaifir qu'ils avoient pris à
voir tant de belles choſes.
Ils repafferent enſuite par
l'Apartement neufde la Reine-
Mere , qu'ils avoient déja
vû , & monterent chez le
Roy parle grand Efcalier du
Louvre. Des qu'ils furent entrez
dans la Sale des Gardes
ils paſſerent fur une maniere
de terraſſe , pour voir l'éten346
Voyage des Amb.
duë de la Court , & fe firent
expliquer en quoy confittoir
le Baſtiment du vieux Louvre
, & du neuf, & comment
le Louvre devoit eſtre quand
il ſeroit achevé. Aprés cela
on traverſa tout l'Apparrement
du Roy , & celuy de la
feuë Reine . Les Alcoves ,
dont on ſe ſervoit beaucoup
il y a quelques années , le ir
parutent belles & tres - bien
dorées . De là on entra dans
trois ou quatre grandes Pieces
, où ſont plufieurs TableauxduRoy.
Ils s'attacherét
avec un ſoin particulier à
de Siam .
347
confiderer ceux de l'Histoire
d'Alexandre , peints par M²
le Brun , & le premier Ambaffadeur
en fut fi charmé,
qu'il en examina toutes les
Figures les unes aprés les
autres . Il demanda enſuite
le prix de quelques autres
Tableaux , & fe fit montrer
ceux qui avoient eſté peints
en France , & ceux qui étoienr
d'Italie . On entra de
là dans la Galerie appellée
d'Apollon qui n'eſt pas achevée
; elle eſt à la place de
celle qui a eſté brulée. Tout
l'ouvrage eſt du deſſein de
r
348 Voyage des Amb.
Me le Brun , & il y a quel
ques Tableaux de fa main.
C'eſt une tres belle Sculpture
,& la Ferrure des Portes
& des Feneftres eft fort eftimée
à cause de la beauté de
la cizelure. Ce qu'il y a de
fait de cette Galerie revient
à un million. On paſſa de là
dans la grande Gallerie , qui
commence au vieux Louvre,
& finit au Palais des Thuileries.
Sa longueur furprit les
Ambaſſadeurs . Le premier
demanda combien elle avoit
de toiſes de long. On luy
répondit qu'on croyoit
de Siam.
349
د
qu'elle en avoit environ trois
cens. Lors qu'il fut vers le
milieu de la Galerie il mit
la teſte à la feneftre du coſté
de Saint Thomas du Louvre,
& regardant le vieux Louvre
& les Thuilleries , il
comprit ce qu'on luy avoit
dit du grand deſſein du Louvre
; il traça meſme ce defſein
avec ſa Cane fur le bord
de la feneftre , & y joignit
l'autre grande Galerie qui
n'eſt pas faite. Ayant enfuite
avancé juſqu'au milieu de
la Galerie , il entra furle Bal
con qui eſt au deſſus de la
350 Voyage des Amb.
Porte nommée le grand Gui
chet , regarda l'Ifle du Palais ,
les Maiſons qui ſont ſur les
Ponts , & reconnut les Tours
de Noftre Dame qu'il n'avoit
vûës qu'une fois lors
qu'il eſtoit entré dans l'Eglife.
De ce Balcon il alla
juſques au bout de la Galerie,
&mit la teſte à la feneftre
vis à vis le Pont de pierre
qu'on éleve en cet endroit.
Il l'examina avec beaucoup
d'attention , & fit pluſieurs
queſtions fur les machines avec
lesquelles on ofte l'eau ,
afin de pouvoir travailler
de Siam.
351
aux fondemens . M² Seguin
prit alors congé de luy , parce
quele reſte regardoit M²
le Marquis de Congis qui
eft Capitaine des Thuilleries.
Il parut à la porte par laquelle
on entre dans cet
autre Palais , & y receut les
Ambaſſadeurs. Ils s'attache
rent d'abord à regarder un
Theatre qui eſt dans le gros
Pavillon du bout , & qui
n'eſt la que pour les repetitions
des Opera de Sa Majefté.
On traverſa enſuite
tous les Appartemens. Je
ne vous parle ny de la Pein352
Voyagedes Amb.
,
tureny de la Dorure dont ils
font tout remplis. Comme
ce Corps de Logis eſt double
on tourna delà dans
une fort belle Galerie qui
regne le long de ces Ap.
partemens. Il y a dans cette
Galerie dix ou douze Cabinets
d'un tres-grand prix ,
dont la pluſpart ont eſté faits
aux Gobelins. Ces Cabinets
jont chacun leur nom. Les
Colomnes de ceuxqui en ont
ſont de Pierres precieuſes. Il
y a des Figures d'or , & des
Miniatures d'une beauté ſurprenante.
Il y avoit trop à
de Siam. 353
voir , & trop de foule pour
les pouvoir examiner comme
ils le meritent. On tra
verſa quelques Antichambrer
& la Salle des Gardes ,
puis on paſſa par deſſus la
Te raffe pour aller à la Salle
des Machines. Les Ambaffa
deurs s'arreſterent quelque
temps ſur la Terrafle pour
regarder le Jardin , qui leur
plut beaucoup. Ils entrerent
enfuite dans la Salle des Ma
chines, qui pour la Peinture,
la Sculpture , la Dorure , la
grandeur & la conſtruction,
eſt le plus bel Ouvrage de
Gg
354 Voyagedes Amb.
cette naturel qu'on ait jamais
veu. Il y a pluſieurs
rangs de Balcons en faillie,
qui produifent un effet admirable.
Rien n'eſt plus
beau que le Theatre qui eft
plus profond que la Salle
n'eſt longue . Cette Salle eft
du deſſein de feu M'de Vigarani
, Gentilhomme Modenois
. Celle de Modene
qu'il avoit faite , paffoit pour
la plus belle de l'Europe ,
avant qu'on euft veu la Salle
des Thuilleries , qui fut bâtie
pour le Mariage de Sa
Majefté. Me de Vigarani le
deSiam.
355
Fils qui eſt au Roy , & qui
depuis ce temps - là a eu toûjours
l'honneur d'eftre à fon
ſervice, y fit travailler avec
Mª de Vigarani ſon Pere,
aufli bien qu'au premier Balet
Intitulé Hercule , qui y
fut dancé aprés le Mariage
de ce Prince . Les Machines
en eſtoient fi grandes , & fi
furprenantes, qu'il y en avoit
qui enlevoient juſqu'à cent
Perfonnes à la fois. Au fortir
de cette Salle on defcen
dit par le Grand Efcalier,
& aprés que les Ambaſſa.
deurs l'eurent confideré ain
Ggi
58 Voyage des Amb .
ſi que la Façade du Baſti.
ment , & qu'ils eurent remercié
Me de Congis qui les
avoit accompagnez par
tour , ils furent conduits à
l'Academie Royale de Peinture
& de Sculpture , dont
M'de Louvois eſt le Prorecteur.
Fermer
Résumé : Description de tout ce qu'il y a de curieux à voir dans le vieux Louvre, & dans le Palais des Thuileries, où les Ambassadeurs ont esté, [titre d'après la table]
Les ambassadeurs visitèrent le vieux Louvre, accueillis par M. Seguin, capitaine. Ils commencèrent par la salle des Cent Suisses et traversèrent l'appartement de la reine-mère, admirant la dorure ancienne. Ils visitèrent ensuite le cabinet des Bains, orné de colonnes de marbre et de portraits de la Maison d'Autriche, avec une cuve de marbre et un plancher de Siam. Les ambassadeurs furent particulièrement impressionnés par les colonnes de marbre et les fleurs de bois rapportées. Ils passèrent dans un grand salon avec de grands tableaux, puis dans l'appartement de la reine-mère, une enfilade de sept ou huit grandes pièces avec des sculptures dorées et des plafonds peints par Romanelli. Ils virent également des tableaux de M. Bourson représentant des vues de mer. Ils entrèrent ensuite dans un cabinet donnant sur la rivière, admirant la dorure et les peintures de Siam. Les ambassadeurs traversèrent la salle des Antiques, détruite par un incendie, et visitèrent la galerie où le roi loge les artistes. Ils montèrent chez M. Girardon, dont le cabinet était rempli d'ouvrages curieux et antiques. Ils remercièrent M. Girardon pour ses explications et traversèrent à nouveau l'appartement de la reine-mère avant de monter chez le roi par le grand escalier du Louvre. Ils visitèrent la salle des Gardes, une terrasse pour voir l'étendue de la cour, et traversèrent les appartements du roi et de la reine défunte. Ils admirèrent les alcôves dorées et plusieurs tableaux, notamment ceux de l'histoire d'Alexandre peints par M. le Brun. Ils visitèrent ensuite la galerie d'Apollon, encore inachevée, et la grande galerie, longue de trois cents toises, qui commence au vieux Louvre et finit au Palais des Tuileries. Les ambassadeurs traversèrent ensuite les Tuileries, admirant le théâtre et les appartements remplis de peintures et de dorures. Ils visitèrent une galerie avec des cabinets précieux, dont certains faits aux Gobelins, et traversèrent la salle des Machines, considérée comme l'un des plus beaux ouvrages de son temps. Ils descendirent par le grand escalier et furent conduits à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture, dont M. de Louvois est le protecteur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 356-363
Ils vont à l'Academie Royale de Peinture & de Sculpture. Description de cette Academie. [titre d'après la table]
Début :
Tout le monde sçait ce qu'elle doit à ses soins. [...]
Mots clefs :
Académie royale de peinture et de sculpture, Ambassadeurs, Charles Le Brun, Marbre, Figures, Salle, Cheval de bronze, Tableaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ils vont à l'Academie Royale de Peinture & de Sculpture. Description de cette Academie. [titre d'après la table]
Tout le monde ſçait
ce qu'elle doit à ſes ſoins.
Elle est à l'entrée de la ruë
de Richelieu dans une des
Galleries du Palais Royal.
Les Ambaſſadeurs furent reçûs
en deſcendant de Carof
ſe , par M. le Brun qui eſt
Chancelier & Directeur de
de Siam. 357
cette Academie , & par Mrs
Girardon, Desjardins , de Seye,
le Hongre , Beaubrun , &
Coëpel qui en font les principaux
Officiers , & les plus
illuftres dans leurArt. Ils efaoient
accompagnez de plufieurs
autres , & d'un grand
nombre d'Academiciens qui
ne font point du Corps des
Officiers . Les Ambaſſadeurs
virent d'abord dans la premiere
Salle pluſieurs Tableaux
& pluſieurs Basreliefs de
1 marbie, faits par lesEtudians
qui travaillent tous les ans
pour lesPrix que le Roy don358
Voyage des Amb.
ne . Ils entrerent enſuite dans
la Sale , où les Ecoliers deffinent
d'aprés les Modeles ,
& où ils travailloient alors
aprés un Groupe de deux
hommes nuds , qui estoient
au milieu de cette Sale. Le
premier Ambaſſadeur fit une
choſe qui furprit toute l'Affemblée
, & qui le fit admi
rer . Il prit les deſſeins de la
pluſpart des Ecoliers,les confidera
les uns aprés les autres
, & montra celuy qu'il
croyoit le meilleur. M le
Brun dit quil avoit jugé juſte
, & pour faire voir qu'il
de Siam.
359
ne le flatoit point , il donna
le defſſein à examiner à ceux
de 'l Academie , qui estoient
autour de luy . On entra de
là dans la grande Sale , où
M's de l'Academie tiennent
leurs Affmblées Elle est toute
remplie de Tableaux, faits
par les plus excellens Peintres
que nous ayons , & de
Buftes , de Bas-reliefs , & de
Médailles de Marbre , travaillez
par les plus habiles
Sculpteurs. On peut dire que
ce font autant de Chefsd'oeuvres
, puis que ce font
en effet les Chefs-d'oeuvres ,
360 Voyage des Amb.
de tous les Peintres , & de
tous les Sculpteurs qui font
reçeus à l'Academie, où chacun
est obligé de donner ou
unTableau, ou unOuvragede
Sculpture pour y eftre reçû.
Les Ambaſſadeurs eſtant au
milieu de tant de belles choſes
, en examinerent le plus
grand nombre qu'ils pûrent,
& firent tant de queſtions ,
que la pluſpart des Academiciens
ſe trouverent occupez
en mefme temps à leur
répondre. Ils virent dans le
mefine lieu l'Hercule , & la
Flore , qui font des Figures
de
de Siam.
361
de dix pieds de haut , & demanderent
fi ces Figures eftoient
d'Italie. On leur dit
que ce n'eſtoit là que des
Modelles ; qu'il y en avoit
de ſemblables en Italie qui
eſtoient de Marbre, & qu'on
en faifoit auffi de Marbre à
Paris , pour le Roy , qui devoient
eſtre bien - toft achevées.
Aprés cela ils approcherent
des feneftres qui
donnent dans la Court de
l'Academie, & s'attacherent
à regarder un Cheval de
bronze qui eſt au milieu fur
un piedestal , & un Modelle
Hh
362 Voyage des Amb.
de plaftre de l'Empereur
Marc-Aurele à cheval. De
cette Sale ils paſſerent dans
celle où font les Portraits des
perſonnes de l'Academie,
que ceux qui ont eſté reçeus
ont choiſy de faire pour
leurs Tableaux de reception.
En entrant le premier Am..
baffadeur reconnut de loin
celuy de M² le Brun , & s'attacha
enſuite à quelques autres
, dont la peinture fembloit
donner du relief aux
Figures. Ils fortirent aprés
avoir confideré tous ces Tableaux,&
dirent à ces Ms,
de Siam.to 363
Qu'ils ne s'étonnoient pas fi l'on
voyoit tant de belles choses en
France ,puis qu'il y avoit un ft
grand nombre d'habiles Gens. Ils
furent reconduits juſques à
leur Caroffe par tous ceux
qui avoient eſtéles recevoir,
àla referve de M² le Brun ,
qui eſtoit partyun peu avant
eux, afin de les aller attendre
aux Gobelins. Les Ambaſſadeurs
eftant montez en Caroſſe
, ſaluërent encore tous
ceux de l'Academie avant
que de partir .
ce qu'elle doit à ſes ſoins.
Elle est à l'entrée de la ruë
de Richelieu dans une des
Galleries du Palais Royal.
Les Ambaſſadeurs furent reçûs
en deſcendant de Carof
ſe , par M. le Brun qui eſt
Chancelier & Directeur de
de Siam. 357
cette Academie , & par Mrs
Girardon, Desjardins , de Seye,
le Hongre , Beaubrun , &
Coëpel qui en font les principaux
Officiers , & les plus
illuftres dans leurArt. Ils efaoient
accompagnez de plufieurs
autres , & d'un grand
nombre d'Academiciens qui
ne font point du Corps des
Officiers . Les Ambaſſadeurs
virent d'abord dans la premiere
Salle pluſieurs Tableaux
& pluſieurs Basreliefs de
1 marbie, faits par lesEtudians
qui travaillent tous les ans
pour lesPrix que le Roy don358
Voyage des Amb.
ne . Ils entrerent enſuite dans
la Sale , où les Ecoliers deffinent
d'aprés les Modeles ,
& où ils travailloient alors
aprés un Groupe de deux
hommes nuds , qui estoient
au milieu de cette Sale. Le
premier Ambaſſadeur fit une
choſe qui furprit toute l'Affemblée
, & qui le fit admi
rer . Il prit les deſſeins de la
pluſpart des Ecoliers,les confidera
les uns aprés les autres
, & montra celuy qu'il
croyoit le meilleur. M le
Brun dit quil avoit jugé juſte
, & pour faire voir qu'il
de Siam.
359
ne le flatoit point , il donna
le defſſein à examiner à ceux
de 'l Academie , qui estoient
autour de luy . On entra de
là dans la grande Sale , où
M's de l'Academie tiennent
leurs Affmblées Elle est toute
remplie de Tableaux, faits
par les plus excellens Peintres
que nous ayons , & de
Buftes , de Bas-reliefs , & de
Médailles de Marbre , travaillez
par les plus habiles
Sculpteurs. On peut dire que
ce font autant de Chefsd'oeuvres
, puis que ce font
en effet les Chefs-d'oeuvres ,
360 Voyage des Amb.
de tous les Peintres , & de
tous les Sculpteurs qui font
reçeus à l'Academie, où chacun
est obligé de donner ou
unTableau, ou unOuvragede
Sculpture pour y eftre reçû.
Les Ambaſſadeurs eſtant au
milieu de tant de belles choſes
, en examinerent le plus
grand nombre qu'ils pûrent,
& firent tant de queſtions ,
que la pluſpart des Academiciens
ſe trouverent occupez
en mefme temps à leur
répondre. Ils virent dans le
mefine lieu l'Hercule , & la
Flore , qui font des Figures
de
de Siam.
361
de dix pieds de haut , & demanderent
fi ces Figures eftoient
d'Italie. On leur dit
que ce n'eſtoit là que des
Modelles ; qu'il y en avoit
de ſemblables en Italie qui
eſtoient de Marbre, & qu'on
en faifoit auffi de Marbre à
Paris , pour le Roy , qui devoient
eſtre bien - toft achevées.
Aprés cela ils approcherent
des feneftres qui
donnent dans la Court de
l'Academie, & s'attacherent
à regarder un Cheval de
bronze qui eſt au milieu fur
un piedestal , & un Modelle
Hh
362 Voyage des Amb.
de plaftre de l'Empereur
Marc-Aurele à cheval. De
cette Sale ils paſſerent dans
celle où font les Portraits des
perſonnes de l'Academie,
que ceux qui ont eſté reçeus
ont choiſy de faire pour
leurs Tableaux de reception.
En entrant le premier Am..
baffadeur reconnut de loin
celuy de M² le Brun , & s'attacha
enſuite à quelques autres
, dont la peinture fembloit
donner du relief aux
Figures. Ils fortirent aprés
avoir confideré tous ces Tableaux,&
dirent à ces Ms,
de Siam.to 363
Qu'ils ne s'étonnoient pas fi l'on
voyoit tant de belles choses en
France ,puis qu'il y avoit un ft
grand nombre d'habiles Gens. Ils
furent reconduits juſques à
leur Caroffe par tous ceux
qui avoient eſtéles recevoir,
àla referve de M² le Brun ,
qui eſtoit partyun peu avant
eux, afin de les aller attendre
aux Gobelins. Les Ambaſſadeurs
eftant montez en Caroſſe
, ſaluërent encore tous
ceux de l'Academie avant
que de partir .
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Résumé : Ils vont à l'Academie Royale de Peinture & de Sculpture. Description de cette Academie. [titre d'après la table]
Le texte relate la visite des ambassadeurs de Siam à l'Académie royale de peinture et de sculpture, située dans les Galleries du Palais Royal. Ils furent reçus par Charles Le Brun, Chancelier et Directeur de l'Académie, ainsi que par des membres éminents tels que Girardon, Desjardins, de Seye, le Hongre, Beaubrun et Coëpel. Les ambassadeurs commencèrent par admirer des tableaux et des bas-reliefs réalisés par les étudiants pour les prix royaux. Ils observèrent ensuite les élèves dessiner d'après des modèles, notamment un groupe de deux hommes nus. Un ambassadeur surprit l'assemblée en choisissant le meilleur dessin parmi ceux des élèves, choix approuvé par Le Brun. La visite se poursuivit dans la grande salle où sont exposés des chefs-d'œuvre des peintres et sculpteurs de l'Académie. Les ambassadeurs posèrent de nombreuses questions, admirèrent des figures comme l'Hercule et la Flore, et observèrent un cheval de bronze et un modèle en plâtre de l'empereur Marc-Aurèle. Ils terminèrent par la salle des portraits des membres de l'Académie, reconnaissant notamment celui de Le Brun. Avant de partir, ils complimentèrent les membres de l'Académie sur la qualité des œuvres et furent reconduits à leur carrosse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 70-77
Ce qu'ils ont veu & dit le jour qu'ils ont esté aux Chartreux. [titre d'après la table]
Début :
Ils allerent le mesme jour au Convent des Chartreux, & [...]
Mots clefs :
Couvent des chartreux, Couvert, Couvent, Religieux, Humilité, Cloître, Pères, Cour, Porte, Tableaux
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texteReconnaissance textuelle : Ce qu'ils ont veu & dit le jour qu'ils ont esté aux Chartreux. [titre d'après la table]
Ils allerent le même jour
au Convent des Chartreux
des Amb. de Siam.
67
10
-bi
& defcendirent de Carofle
dans la court devant la porte
de l'Eglife. On leur dit qu'on
ne venoit point le recevoir , parce
que ces Religieux ayant entierement
renoncé au monde ,&fai-
Sant profeſſion de la plus exacte
humilité , ils n'alloient au devant
de personne. Ils entrerent dans
l'Egliſe où il ne ſe trouva que
celuy qui leur en ouvrit la
porte qui eſtoit fermée parce
qu'il eſtoit déja tard. M
Torf s'étant mis d'abord à
genoux , ils ſuivirent ſon exemple
, & ne ſe releverent
jo
qu'aprés luy. Ils admirerent
enfuite toute la menuiferie ,
Fij
68 Suite du Voyage
qui eſt des plus belles que
l'on voye dans le Royaume.Ils
firent le tour du Choeur pour
en conſiderer les Tableaux.Ils
ont eſté faits par les plus excellens
Peintres que nous
ayons aujourd'huy. Mr Coepel
eſt du nombre. Ils remarquerent
une figure de Bronze
qui eft fur un tombeau devant
le grand Autel , & demanderent
le nom de celuy
qu'elle repreſentoit. On leur
dit que c'eſtoit un Chancelier
de France qui avoit fait
du bien à ce Convent. Hs
paſſerent de- là dans la Sacriitie
,& enſuite dans une gran
des Amb. de Siam . 69
de Salle où il y a des Tableaux
anciens & modernes ,
qu'ils trouverent tres -beaux ,
aprés quoy ils furent conduits
dans le Cloiſtre où toute
la vie de S. Bruno eſt peinte
par Feu Male Sueur. C'eſt
un grand ouvrage & fort
eſtimé de tous les connoiffeurs.
Il eſt couvert par des
volets ſur leſquels font peints
divers Païſages. On les ouvrit
tous pour leur mieux faire
voir la vie de ce Saint , qui
eſt Fondateur de l'Ordre. Aprés
avoir été quelque temps
dans le Cloiſtre où ils trouverent
le P. Vicaire qui les ac-
Füj
70 Suite du Voyage
cópagna avec quelques Religieux
dás tous les autres lieux
où ils allerent , ils entrerent
dans le Refectoire où le couvert
eſtoit mis , parce qu'ils
faifoient ce ſoir la collation
en commun . Ils remarquerent
qu'il y avoit un godet
de terre à chaque couvert
& on leur dit que l'humilité
dont ces Peres faisoient
profeſſion ne leur permettoit pas
de boire dans autre chose. Ils vi-
Grerent enfuite une des Cel
lules , & regarderent le lit ,
la Bibliotheque , & le jardin.
Ils vinrent aprés cela voir une
pompe qui eſt au milieu
,
des Amb. de siam.
71
de la court du grand Cloiſtre,
& qui éleve l'eau & la diftribuë
dans les Cellules. Le pre-
- mier Ambafſfadeur examina
tout ce qui dépend de cette
- machine, & fa curiofité le fit
paffer par des endroits d'un
accés aſſez difficile. Comme
il eſtoit déja tard , il n'eut
pas le temps de voir le reſte
de ce Convent & d'aller
dans le grand Jardin. Il fortit
par un lieu couvert , affez
long , bâty en maniere de
Cloître , & qui donne dans la
court. Il ne s'aperçeut point
que les Peres qui l'avoient
accompagné , ne l'avoient
72 Suite du Voyage
)
pas ſuivy dans ce lieu ; on
luy dit lors qu'il fut au bout
que leur Regle ne leur permettoit
pas de reconduire perſonne. Cela
l'obligea de retourner ſur ſes
pas juſqu'au bout du lieu
qu'il avoitdéja traverſé, pour
remercier ces Peres de leur
honneſteté. Les trois Ambaffadeurs
, & les Mandarins
de leur fuite furent fort édifiez
de l'humilité & de l'aufterité
de ceux de cét Ordre.
Plus les Regles des Religieux
qu'ils voïent font aufteres
, plus ils les eſtiment.
au Convent des Chartreux
des Amb. de Siam.
67
10
-bi
& defcendirent de Carofle
dans la court devant la porte
de l'Eglife. On leur dit qu'on
ne venoit point le recevoir , parce
que ces Religieux ayant entierement
renoncé au monde ,&fai-
Sant profeſſion de la plus exacte
humilité , ils n'alloient au devant
de personne. Ils entrerent dans
l'Egliſe où il ne ſe trouva que
celuy qui leur en ouvrit la
porte qui eſtoit fermée parce
qu'il eſtoit déja tard. M
Torf s'étant mis d'abord à
genoux , ils ſuivirent ſon exemple
, & ne ſe releverent
jo
qu'aprés luy. Ils admirerent
enfuite toute la menuiferie ,
Fij
68 Suite du Voyage
qui eſt des plus belles que
l'on voye dans le Royaume.Ils
firent le tour du Choeur pour
en conſiderer les Tableaux.Ils
ont eſté faits par les plus excellens
Peintres que nous
ayons aujourd'huy. Mr Coepel
eſt du nombre. Ils remarquerent
une figure de Bronze
qui eft fur un tombeau devant
le grand Autel , & demanderent
le nom de celuy
qu'elle repreſentoit. On leur
dit que c'eſtoit un Chancelier
de France qui avoit fait
du bien à ce Convent. Hs
paſſerent de- là dans la Sacriitie
,& enſuite dans une gran
des Amb. de Siam . 69
de Salle où il y a des Tableaux
anciens & modernes ,
qu'ils trouverent tres -beaux ,
aprés quoy ils furent conduits
dans le Cloiſtre où toute
la vie de S. Bruno eſt peinte
par Feu Male Sueur. C'eſt
un grand ouvrage & fort
eſtimé de tous les connoiffeurs.
Il eſt couvert par des
volets ſur leſquels font peints
divers Païſages. On les ouvrit
tous pour leur mieux faire
voir la vie de ce Saint , qui
eſt Fondateur de l'Ordre. Aprés
avoir été quelque temps
dans le Cloiſtre où ils trouverent
le P. Vicaire qui les ac-
Füj
70 Suite du Voyage
cópagna avec quelques Religieux
dás tous les autres lieux
où ils allerent , ils entrerent
dans le Refectoire où le couvert
eſtoit mis , parce qu'ils
faifoient ce ſoir la collation
en commun . Ils remarquerent
qu'il y avoit un godet
de terre à chaque couvert
& on leur dit que l'humilité
dont ces Peres faisoient
profeſſion ne leur permettoit pas
de boire dans autre chose. Ils vi-
Grerent enfuite une des Cel
lules , & regarderent le lit ,
la Bibliotheque , & le jardin.
Ils vinrent aprés cela voir une
pompe qui eſt au milieu
,
des Amb. de siam.
71
de la court du grand Cloiſtre,
& qui éleve l'eau & la diftribuë
dans les Cellules. Le pre-
- mier Ambafſfadeur examina
tout ce qui dépend de cette
- machine, & fa curiofité le fit
paffer par des endroits d'un
accés aſſez difficile. Comme
il eſtoit déja tard , il n'eut
pas le temps de voir le reſte
de ce Convent & d'aller
dans le grand Jardin. Il fortit
par un lieu couvert , affez
long , bâty en maniere de
Cloître , & qui donne dans la
court. Il ne s'aperçeut point
que les Peres qui l'avoient
accompagné , ne l'avoient
72 Suite du Voyage
)
pas ſuivy dans ce lieu ; on
luy dit lors qu'il fut au bout
que leur Regle ne leur permettoit
pas de reconduire perſonne. Cela
l'obligea de retourner ſur ſes
pas juſqu'au bout du lieu
qu'il avoitdéja traverſé, pour
remercier ces Peres de leur
honneſteté. Les trois Ambaffadeurs
, & les Mandarins
de leur fuite furent fort édifiez
de l'humilité & de l'aufterité
de ceux de cét Ordre.
Plus les Regles des Religieux
qu'ils voïent font aufteres
, plus ils les eſtiment.
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Résumé : Ce qu'ils ont veu & dit le jour qu'ils ont esté aux Chartreux. [titre d'après la table]
Les ambassadeurs de Siam visitèrent le couvent des Chartreux. Ils furent informés que les religieux ne les accueillaient pas en raison de leur vœu d'humilité. Ils admirèrent l'église, sa menuiserie et ses tableaux, notamment ceux de Mr Coepel. Ils remarquèrent une figure de bronze sur un tombeau, représentant un chancelier de France ayant aidé le couvent. Ils visitèrent la sacristie, une grande salle avec des tableaux anciens et modernes, et le cloître, où la vie de Saint Bruno est peinte par Feu Male Sueur. Accompagnés par le Père Vicaire et quelques religieux, ils observèrent dans le réfectoire que chaque couvert avait un godet de terre, symbole de l'humilité des religieux. Ils visitèrent également une cellule, la bibliothèque, le jardin et une pompe dans la cour du grand cloître. L'ambassadeur examina la pompe avec curiosité. En raison de l'heure tardive, ils ne purent voir le reste du couvent ni le grand jardin. Les religieux ne les reconduisirent pas, conformément à leur règle. Les ambassadeurs furent impressionnés par l'humilité et l'austérité des religieux.
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7
p. 77-85
Ils vont chez M. de Montarsis voir ses Pierreries, ses Médailles, & ses Tableaux, [titre d'après la table]
Début :
Le lendemain ils allerent voir quantité de pierreries chez Mr [...]
Mots clefs :
Monsieur de Montarcis, Voir, Pierreries, Roi, Europe, Ambassadeur, Cabinet, Médailles, Tableaux
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texteReconnaissance textuelle : Ils vont chez M. de Montarsis voir ses Pierreries, ses Médailles, & ses Tableaux, [titre d'après la table]
Le lendemain ils allerent
voir quantité de pierreries
chez
des Amb. de Siam. 73
oeuvre celchez
Monfieur de Montarfis
qui en a toujours des plus
belles de l'Europe , & qui
( ayant Thonneur d'eſtre au
Roy , en fournit ſouvent à Sa
Majesté , & fait mettre en
preſque toutes
Iles de la Couronne. Ils en
virét pour quelques millions,
a les examinerent toutes & en
demanderent le prix& comme
il y a desrubis de diver-
( ſes ſortes de couleurs , le Premier
Ambaſſadeur voulut
ſçavoir la diference qu'on
fait entre chaque couleur , &
et ceux que l'on eftime le plus.
Il apprit à quels ufages la
chi G
74 Suite du Voyage
&
pluſpart des pierreries qu'il
vit eſtoient deſtinées
marqua à quels endroits ſe
mettoient les pieces des dif
ferentes fortes de parures
qu'on luy montra. Ayant
aperçeu un Portrait du Roy
en miniature , & entouré de
pierreries , il le prit à diverſes
fois , dit qu'il eſtoit extrême
ment reſſemblant , & s'atacha
tellement à le confiderer , que
fon attention ceſſa pour les
pierreries qu'il examinoit auparavant
avec un ſoin ſi curieux.
Apres que Mr de Montarfis
leur cut fait voir la plus
des Amb. de Siam .
75
grande partie des pierreries
qui estoient alors chez luy
il leur montra fon cabinet de
Medailles , conſiſtant en plus
de quarante tiroirs , quicomprennent
la France , L'Eſpagne
, L'Allemagne , l'Italie,
l'Angleterre , la Pologne ,
la Suede , la Hollande , &
celles de pluſieurs autres Nations.
Il leur en expliqua
un fort grand nombre , &
fit voir dans toutes ces explications
beaucoup de prefence
d'eſprit , de memoire &
d'érudition , avec une grande
connoiſſance de l'Hiſtoi
re generale , ſans quoy il
Gij
76 Suite duVoyage
n'auroit pu répondre à diverſes
queſtions du Premier
Ambaſſadeur , qui eſt l'homme
du monde qui en faitle
plus , & de plusjuſtes. Me de
Montarſis luy expliqua tour
aulong une Medaille dont
le revers eſtoit tout remply
d'une fort longue infcription
, qui n'eſtoit pas avantageuſe
à la pluſpart des Souverains
de l'Europe. Ie ne
vous dis point le nom qu'on
donne à cette Medaille , ny
le Païs d'où elle venoit , il
ne faut point renouveller les
douleurs de ceux qui ſe font
repentis plus d'une fois de
des Amb: de siam. ブブ
1
l'avoir inventée & fait fraper.
On en fit l'hiſtoire à l'Ambafladeur
, & on luy dit que
cette medaille avoit eſté em
partie cauſe de la Guerre qui
s'eſtoit allumée en Europe
en 1672. Il la confidera attentivement
, mais avec un
air plein d'indignation , &
aprés l'avoir bien examinée ,
il la mit ſur la table , & la
pouſſa enſuite d'une maniere
mépriſante pour l'éloigner
de luy , ce qui merite d'eſtre
remarqué , puiſque l'on n'a
peut- eſtre jamais plus dit de
choſes ſans parler. On luy
montra pluſieurs Medailles
Giij
78 Suite du Voyage
f
du Roy , & aprés avoir regardé
la beauté de l'ouvrage,
& la reffemblance , il dit Que
L'imagination qu'on avoit euë de
faire des Medailles pour immortaliser
les hommes eftoit merveilleuse,
mais qu'elle estoit. inutile
pour le Roy , dont les grandes
actions feroient éternellement vi-
Fure la memoire, ſans que laposte.
vité euſt beſoin de pareils fecours
pour l'en faire souvenir. Aprés
avoir remercié Mª de Montarſis
de la peine qu'il s'eſtoit
donnée nonſeulement de luy
faire voir tant de belles choſes
, mais encore de les luy avoir
expliquées ſi nettement ,
des Amb. de Siam. 79
&de luy en avoir apris de ſi
curleuſes , il examina tous les
Tableaux de ſon cabinet les
uns aprés les autres , & fe fit
expliquer ce qu'ils reprefentoient.
Ces Tableaux donne
rent lieu à Mode Montarlis
de luy apprendre l'Hiftoire
de Christophe Colomb. La
curiofité de cet Ambaſſadeur
le porta juſques à vouloir ſçavoir
les noms , & le païs des
Peintres qui avoient fait de
fi beaux ouvrages , car il ſeeroit
difficile d'en trouver
beaucoup de plus beaux qu'il
y en a dans ce cabinet. Ce
fut ce qui l'engagea à voir le
Giiij
80 Suite du Voyage
reſte de l'apartement , où il
trouva une Pendulſe qui va
trois mois ſans eſtre montée.
Il fit enſuite civilité à
Madame de Montarfis , &
remercia encore Mr de Montarſis
à la portiere de fon
Caroſſe où il le reconduifit.
Comme les Ambaſſadeurs
n'avoient pû voir ny le Cha-
Iteau ny les Jardins de Ver-
Tailles le jour qu'ils eurent
Audience de Sa. Majesté , ils
partirent le lendemain pour
aller paffer quelques jours à
Clagny , qu'on leur avoit fait
meubler.
voir quantité de pierreries
chez
des Amb. de Siam. 73
oeuvre celchez
Monfieur de Montarfis
qui en a toujours des plus
belles de l'Europe , & qui
( ayant Thonneur d'eſtre au
Roy , en fournit ſouvent à Sa
Majesté , & fait mettre en
preſque toutes
Iles de la Couronne. Ils en
virét pour quelques millions,
a les examinerent toutes & en
demanderent le prix& comme
il y a desrubis de diver-
( ſes ſortes de couleurs , le Premier
Ambaſſadeur voulut
ſçavoir la diference qu'on
fait entre chaque couleur , &
et ceux que l'on eftime le plus.
Il apprit à quels ufages la
chi G
74 Suite du Voyage
&
pluſpart des pierreries qu'il
vit eſtoient deſtinées
marqua à quels endroits ſe
mettoient les pieces des dif
ferentes fortes de parures
qu'on luy montra. Ayant
aperçeu un Portrait du Roy
en miniature , & entouré de
pierreries , il le prit à diverſes
fois , dit qu'il eſtoit extrême
ment reſſemblant , & s'atacha
tellement à le confiderer , que
fon attention ceſſa pour les
pierreries qu'il examinoit auparavant
avec un ſoin ſi curieux.
Apres que Mr de Montarfis
leur cut fait voir la plus
des Amb. de Siam .
75
grande partie des pierreries
qui estoient alors chez luy
il leur montra fon cabinet de
Medailles , conſiſtant en plus
de quarante tiroirs , quicomprennent
la France , L'Eſpagne
, L'Allemagne , l'Italie,
l'Angleterre , la Pologne ,
la Suede , la Hollande , &
celles de pluſieurs autres Nations.
Il leur en expliqua
un fort grand nombre , &
fit voir dans toutes ces explications
beaucoup de prefence
d'eſprit , de memoire &
d'érudition , avec une grande
connoiſſance de l'Hiſtoi
re generale , ſans quoy il
Gij
76 Suite duVoyage
n'auroit pu répondre à diverſes
queſtions du Premier
Ambaſſadeur , qui eſt l'homme
du monde qui en faitle
plus , & de plusjuſtes. Me de
Montarſis luy expliqua tour
aulong une Medaille dont
le revers eſtoit tout remply
d'une fort longue infcription
, qui n'eſtoit pas avantageuſe
à la pluſpart des Souverains
de l'Europe. Ie ne
vous dis point le nom qu'on
donne à cette Medaille , ny
le Païs d'où elle venoit , il
ne faut point renouveller les
douleurs de ceux qui ſe font
repentis plus d'une fois de
des Amb: de siam. ブブ
1
l'avoir inventée & fait fraper.
On en fit l'hiſtoire à l'Ambafladeur
, & on luy dit que
cette medaille avoit eſté em
partie cauſe de la Guerre qui
s'eſtoit allumée en Europe
en 1672. Il la confidera attentivement
, mais avec un
air plein d'indignation , &
aprés l'avoir bien examinée ,
il la mit ſur la table , & la
pouſſa enſuite d'une maniere
mépriſante pour l'éloigner
de luy , ce qui merite d'eſtre
remarqué , puiſque l'on n'a
peut- eſtre jamais plus dit de
choſes ſans parler. On luy
montra pluſieurs Medailles
Giij
78 Suite du Voyage
f
du Roy , & aprés avoir regardé
la beauté de l'ouvrage,
& la reffemblance , il dit Que
L'imagination qu'on avoit euë de
faire des Medailles pour immortaliser
les hommes eftoit merveilleuse,
mais qu'elle estoit. inutile
pour le Roy , dont les grandes
actions feroient éternellement vi-
Fure la memoire, ſans que laposte.
vité euſt beſoin de pareils fecours
pour l'en faire souvenir. Aprés
avoir remercié Mª de Montarſis
de la peine qu'il s'eſtoit
donnée nonſeulement de luy
faire voir tant de belles choſes
, mais encore de les luy avoir
expliquées ſi nettement ,
des Amb. de Siam. 79
&de luy en avoir apris de ſi
curleuſes , il examina tous les
Tableaux de ſon cabinet les
uns aprés les autres , & fe fit
expliquer ce qu'ils reprefentoient.
Ces Tableaux donne
rent lieu à Mode Montarlis
de luy apprendre l'Hiftoire
de Christophe Colomb. La
curiofité de cet Ambaſſadeur
le porta juſques à vouloir ſçavoir
les noms , & le païs des
Peintres qui avoient fait de
fi beaux ouvrages , car il ſeeroit
difficile d'en trouver
beaucoup de plus beaux qu'il
y en a dans ce cabinet. Ce
fut ce qui l'engagea à voir le
Giiij
80 Suite du Voyage
reſte de l'apartement , où il
trouva une Pendulſe qui va
trois mois ſans eſtre montée.
Il fit enſuite civilité à
Madame de Montarfis , &
remercia encore Mr de Montarſis
à la portiere de fon
Caroſſe où il le reconduifit.
Comme les Ambaſſadeurs
n'avoient pû voir ny le Cha-
Iteau ny les Jardins de Ver-
Tailles le jour qu'ils eurent
Audience de Sa. Majesté , ils
partirent le lendemain pour
aller paffer quelques jours à
Clagny , qu'on leur avoit fait
meubler.
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Résumé : Ils vont chez M. de Montarsis voir ses Pierreries, ses Médailles, & ses Tableaux, [titre d'après la table]
Le lendemain, les ambassadeurs de Siam visitèrent des pierreries chez des ambassadeurs de Siam et chez Monsieur de Montarsis, connu pour posséder les plus belles pierres d'Europe et pour en fournir souvent au roi. Les ambassadeurs examinèrent les pierreries, s'intéressant particulièrement aux rubis et à leurs usages. Ils remarquèrent un portrait du roi en miniature entouré de pierreries, que le Premier Ambassadeur trouva extrêmement ressemblant. Après cette visite, Monsieur de Montarsis leur montra son cabinet de médailles, comprenant plus de quarante tiroirs avec des médailles de diverses nations. Il expliqua un grand nombre de médailles, démontrant une grande érudition et connaissance de l'histoire générale. Une médaille en particulier, dont l'inscription n'était pas avantageuse pour certains souverains européens, suscita l'indignation du Premier Ambassadeur. Ils examinèrent également plusieurs médailles du roi, et le Premier Ambassadeur exprima son admiration pour les grandes actions du roi, estimant que les médailles étaient inutiles pour immortaliser sa mémoire. Après avoir remercié Monsieur de Montarsis, ils examinèrent les tableaux de son cabinet, apprenant l'histoire de Christophe Colomb et s'intéressant aux peintres. Ils visitèrent ensuite le reste de l'appartement, où ils trouvèrent une pendule fonctionnant trois mois sans être remontée. Ils firent ensuite civilité à Madame de Montarsis et partirent pour Clagny, où ils passèrent quelques jours, n'ayant pas pu visiter le château et les jardins de Versailles lors de leur audience avec le roi.
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8
p. 88-92
Description de la Galerie de Sceaux. [titre d'après la table]
Début :
Lorsque les Ambassadeurs allerent la premiere fois à Sceaux, ils [...]
Mots clefs :
Galerie de Sceaux, Ambassadeurs, Sceaux, Jean-Baptiste Colbert de Seignelay, Portes, Décoration, Tableaux, Mansard, Charles Le Brun
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description de la Galerie de Sceaux. [titre d'après la table]
Lorſque les Ambaſſadeurs
allerent la premiere fois à
Sceaux, ils virent une Galerie
que M de Seignelay faifoit
bâtir dans ſon Jardin , &
qui n'eſtoit pas encore achevée.
Elle leur parut ſi belle
qu'ils témoignerent grande
envie de la revoir , quand le
bâtiment feroit finy. Il ſe
trouva fait , lors qu'ils étoient
fur le point de partir pour
:
des Amb. de Siam. 89
Flandre , de forte que la faifon
eftant encore belle , ils
allerent à Sceaux avant leur
départ. Voicy en quoy confifte
cette Galerie. C'eſt un
grand Bâtiment en aifle iſolés
ſeparé du Château en entrant
à main-gauche. Il a de lon
gueur 44. toiſes ſur s. dans
oeuvre & 6. ſous clef. Il eſt
flanqué au dehors par trois
avant- corps à chaque grande
face , au milieu deſquelles
font trois portes ceintrées.
Ces avant-corps font ornez
de frontons triangulaires , &
aux deux bouts il y a de pay
H
4
90 111 P. du Voyage
reilles portes de dix pieds &
demy de largeur , fur envi
ron le double de leur hauteur.
La face qui regarde le
Midy a dix grandes croiſées,
outre ces trois portes. La décoration
exterieure eſt de pierre
de refand, lecomble de cette
Galerie eſt brifé ; la decoration
du dedans eſt un lambris
de Quadres qui renfer
ment des Tableaux&des panneaux
de glaces . La voute en
ance de pannier , eft portée
par une corniche ornée de
Iculpture ; cette Galerie eft
pavée the marbre noir &
des Amb. de Siam. 91
blanc , & du deſſein de Mr
Manfard ; c'eſt un des plus
beaux ,&des plus vaſtes morceaux
d'Architecture qu'il
foit poſſible de voir. Les
Ambaſſadeurs s'y promenerent
long-temps , & quoy
quelle ne fuſtpas encore toutà-
fait meublée , ils ne laiſſerent
pas d'y remarquer de
tres belles chofes , ils recon
murent des Tableaux , dont
ils avoient veu de pareils à
Fontainebleau , ainſi que plufieurs
ouvrages deM le Brun.
M de Seignelay eſtoit alors
àFontainebleau , & perſonne
Hij
92 III. P. du Voyage
n'avoit eſté averty à Sceaux
que les Ambaſſadeurs y dufſent
aller ; cependant on les
y reçût tres-bien , & l'on fit
joüer toutes les eaux , aufquelles
ils prirent beaucoup
de plaifir , quoy qu'ils les
euſſent déja veuës.
allerent la premiere fois à
Sceaux, ils virent une Galerie
que M de Seignelay faifoit
bâtir dans ſon Jardin , &
qui n'eſtoit pas encore achevée.
Elle leur parut ſi belle
qu'ils témoignerent grande
envie de la revoir , quand le
bâtiment feroit finy. Il ſe
trouva fait , lors qu'ils étoient
fur le point de partir pour
:
des Amb. de Siam. 89
Flandre , de forte que la faifon
eftant encore belle , ils
allerent à Sceaux avant leur
départ. Voicy en quoy confifte
cette Galerie. C'eſt un
grand Bâtiment en aifle iſolés
ſeparé du Château en entrant
à main-gauche. Il a de lon
gueur 44. toiſes ſur s. dans
oeuvre & 6. ſous clef. Il eſt
flanqué au dehors par trois
avant- corps à chaque grande
face , au milieu deſquelles
font trois portes ceintrées.
Ces avant-corps font ornez
de frontons triangulaires , &
aux deux bouts il y a de pay
H
4
90 111 P. du Voyage
reilles portes de dix pieds &
demy de largeur , fur envi
ron le double de leur hauteur.
La face qui regarde le
Midy a dix grandes croiſées,
outre ces trois portes. La décoration
exterieure eſt de pierre
de refand, lecomble de cette
Galerie eſt brifé ; la decoration
du dedans eſt un lambris
de Quadres qui renfer
ment des Tableaux&des panneaux
de glaces . La voute en
ance de pannier , eft portée
par une corniche ornée de
Iculpture ; cette Galerie eft
pavée the marbre noir &
des Amb. de Siam. 91
blanc , & du deſſein de Mr
Manfard ; c'eſt un des plus
beaux ,&des plus vaſtes morceaux
d'Architecture qu'il
foit poſſible de voir. Les
Ambaſſadeurs s'y promenerent
long-temps , & quoy
quelle ne fuſtpas encore toutà-
fait meublée , ils ne laiſſerent
pas d'y remarquer de
tres belles chofes , ils recon
murent des Tableaux , dont
ils avoient veu de pareils à
Fontainebleau , ainſi que plufieurs
ouvrages deM le Brun.
M de Seignelay eſtoit alors
àFontainebleau , & perſonne
Hij
92 III. P. du Voyage
n'avoit eſté averty à Sceaux
que les Ambaſſadeurs y dufſent
aller ; cependant on les
y reçût tres-bien , & l'on fit
joüer toutes les eaux , aufquelles
ils prirent beaucoup
de plaifir , quoy qu'ils les
euſſent déja veuës.
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Résumé : Description de la Galerie de Sceaux. [titre d'après la table]
Les ambassadeurs de Siam visitèrent Sceaux et découvrirent une galerie en construction dans le jardin de M. de Seignelay. Impressionnés, ils souhaitèrent la revoir une fois achevée. La galerie, terminée avant leur départ pour la Flandre, est un grand bâtiment isolé de 44 toises de longueur et 6 toises de hauteur. Elle possède trois avant-corps sur chaque grande face, ornés de frontons triangulaires et de portes cintrées. La façade sud comporte dix grandes croisées et trois portes. La décoration extérieure est en pierre de refend, tandis que l'intérieur est orné de lambris avec des tableaux et des panneaux de glaces. La voûte, en anse de panier, est portée par une corniche sculptée. Le sol est pavé de marbre noir et blanc, selon un design de Monsieur Mansart. Les ambassadeurs apprécièrent la galerie malgré son ameublement incomplet et remarquèrent de beaux tableaux, dont certains similaires à ceux de Fontainebleau et des œuvres de Le Brun. En l'absence de M. de Seignelay, ils furent bien accueillis et admirèrent les jeux d'eau du jardin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 306-321
Valenciennes. [titre d'après la table]
Début :
Ils en partirent le 9. pour aller coucher à Valencienne. [...]
Mots clefs :
Valenciennes, Monsieur Château, Toile, Bardo di Bardi Magalotti, Tableaux, Ville, Roi, Empereur, Hainaut, Maison de Bavière, Ambassadeur, Citadelle, Cavalerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Valenciennes. [titre d'après la table]
Ils en partirent le 9. pour
aller coucher à Valencienne .
Il y a dans cette Ville - là &
dans ſes Fauxbourgs 4523 .
Maiſons , 21108. Perſonnes,
fans compter les Troupes du
Roy , 34. Eglifes , une Abbaye
, un Chapitre de Cha.
noines , 7. Paroiffes , 10.Con
desAnb. de Siam. 307
vens d'Hommes , & 11. de
Filles. La Ville eſt des plus
confiderables pour ſon antiquité.
Les Romains y établirent
diverſes Manufactures
; & ayant eſté ruinée pluſieurs
fois , l'Empereur Valentinien
la fit reparer , &
entourer de murailles vers
l'An 367. & luy donna fon
nom qu'elle retient encore
aujourd'huy. Elle demeura
fous la puiſſance Romaine
juſqu'à la venuë de Clodion,
qui la tranfmit aux Roys de
France ſes Succeſſeurs , &fut
ſous les deux premieres Races
Cc ij
308 III. P. du Voyage
de ſes Roys , comme Terre
diftinguée de limites , avec le
titre de Comté. Elle fut depuis
à des Princes qui la tenoient
en qualité de Seigneurs
, y faiſant battre de la
Monnoye à leur coin à titre
de Comtes de Valencienne.
Ce Comté comprenoit le
Païs d'Oſtrevant , de Burbant,
& l'eſpace qui eſt entre
Morchipont , Mortmal & la
Selle , qui relevoient en partie
de Lorraine & de France .
Le mariage de Matilde Comteſſe
de Valencienne , avec
Regnier IV. Fils d'Avide ,
des Amb. de Siam. 309
1
Fille de Huë- Capet Comte
de Hainaut , fit paffer cette
Ville à ſes Heritiers l'An 1030 .
à condition d'eſtre toûjours
diftinguée, & de n'eſtre point
confondue avec le Hainaut.
Par le mariage de Marguerite
d'Avefne Comteſſe de
Hainaut avec l'Empereur
Loüis de Baviere , elle paſſa à
la Maiſon de Baviere l'An
1346. juſqu'à ce que Jacqueline
de Baviere vint à mourir,
laiſſant Philippes le Bon, Duc
de Bourgogne, fon Heritier
en 1437. Elle demeura dans
ſa Famille juſqu'en 1452.
310 III . P. du Voyage
qu'elle paſſa à la Maiſon
d'Autriche par la mort de
Marie de Bourgogne Femme
de l'Empereur maximilien, à
qui elle fut juſqu'en 1677 .
que tout imprenable qu'on
la croyoit , elle fut priſe d'affaut
par les Armes invincibles
de LOUIS LE GRAND.
Ce qui eſt de remarquable,
c'eſt qu'elle peut ſe vanter
d'avoir eu deux Palais
Royaux , l'un où eſt à prefent
la Citadelle , l'autre où
eſt l'Eglife des Cordeliers ;
Que Charlemagne y tint ſes
Eftats Generaux pour la pre
des Amb. de Siam. 311
miere fois , & y reçût la Couronne
d'Auſtraſie aprés la
mort de fon Frere Carloman.
On dit que le Roy Pepin y
fonda l'Égliſe de Nôtre-Dame.
La Maiſon de Ville merite
d'y eſtre veuë. Les Ambaſſadeurs
trouverent en approchant
de cette Place, la
Cavalerie de 'la Garnifon
qui les vint recevoir , & enfuite
M. de Magalotti qui
les attendoit à la Porte. Son
viſage ouvert leur plût extrémement
; & lorſqu'il les
eut quittez pour leur laiſſer
prendre la route du lieu
r
312 III . P. du Voyage
qu'on leur avoit preparé pour
leur Logement , ils dirent de
luy mille choſes obligeantes,
quoy qu'ils ne luy euſſent
parlé qu'un moment. Ils arriverent
à leur Logis , aprés
avoir eſté ſalüez du Canon,
& des Officiers des Troupes
qui formoient deux hayes
dans la Ville. MF de Magalotti
avoit pris foin de faire
meubler la maifon où ils allerent
, & il y ayoit fait porter
quantité de fort beaux Tableaux
, & beaucoup de Portraits.
Aprés qu'ils ſe furent
un peu repoſez , il leur prefenta
des Anb. de Siam. 313
r
ſenta Ms du Magiftrat , &
M. Château Conſeiller de
Ville qui portoit la parole,
parla en ces termes.
MESSEIGNEURS ,
>
C'est dans une joye qui ne peut
s'exprimer, que leMagistrat de cette
Ville vientse presenter à vos Excellences
, pour leur témoigner les
respects & les foûmiſſions deuës
aux Perſonnes qui representent l'un
des plus Grands & des plus Augustes
Monarques de l'Afie, & dont
l'amitié estsi chere au Roy. Nous
ne ferons point , Meſſeigneurs ,le
détail des Conquestes , des Triomphes
, & des Victoires éclatantes
que nôtre Grand Monarque a rem-
Dd
314 III. P. du Voyage
portées sur ses Ennemis , dont la
gloire est fi grande , que la Renommée
s'en est répandue par toute la
Terre. Nous nous contenterons de
dire qu'entre toutes les perfections
&les vertus Royales qui reluiſent
comme les rayons du Soleil en fa
Personne facrée ,ſa fidelité inviolable
enversfes Alliez en est une
des plus brillantes. Nous prenons
la liberté , Meſſeigneurs , de prefenter
à vos Excellences les Vins
d'honneur , & quelques pieces de
Toilettes pour échantillons desManufactures
de cette Ville. Nous aurions
bien de la joye si ce Commerce
pouvoit s'établir dans vos Provinces,
à l'exemple des autres Royaumes
de l'Afie , de l'Afrique , de
l'Amerique, &deplusieurs Regions
de l'Europe où cette Manufacture
des Amb. de Siam. 315
est dans la plus haute confideration
.
Cette Harangue finie, le
Magiftrat leur preſenta trois
pieces de Toile des plus fines
de la Fabrique de Valencienne.
Chaque Piece eſtoit enveloppée
dans un Brocard
argent & bleu , & noüée avec
des Rubans de la même
couleur. Ils eurent d'abord
quelque peine à les accepter,
& dirent , qu'ils n'estoient point
accoûtumez à prendre des Pre-
Sens ; mais que puisque c'estoit
des échantillons d'une Manufa-
Eture de la Ville , ils les rete-
Ddij
316 III. P. du Voyage
r
noient pour les faire voirau Roy
leurMaistre. M de Magalotti
leur demanda l'ordre ,
& ils dirent , Miracle de nos
jours. Ils firent entendre ,
qu'ils vouloient parler de la
maniere dont la Place avoit
eſté priſe , qu'ils regardoient
come un miracle de nôtre Siecle.
Les Dames ſeules eurent le
privilege de les voir ſouper.
Le lendemain la fiévre ayant
pris à Me Torf, ils en montrerent
une grande inquietude
,& l'allerent voir pluſieurs
fois . Il leur dit qu'il n'estoit
pas de leur dignité de viſiter un
des Amb de Siam. 317
particulier. Ils répondirent
qu'ils le regardoient comme un
autre eux- mefmes, & ils allerent
ce jour-là à la Citadelle, d'où
on leur montra le Paté par où
la Place avoit eſté priſe. Ils
virent faire l'Exercice aux Cadets
, & l'Ambaſſadeur les regarda
avec rant de plaifir
qu'il ſembloit qu'il enviaft
leur bonheur. Il dit qu'il voudroit
n'estre pas Ambaſſadeur , ou
du moins n'estre pas le Premier ,
afin de faire une Campagne ou
deux avec le Roy en cas qu'ily
eût Guerre , & il ajoûta qu'il
ſçauroit faire approuver fa
Dd iij
318 III. P. duVoyage
r
conduite au Roy ſon Maiſtre. Ils
allerent diner chez M de
Magalotti . Le Repas fut ſplendide
, & ils burent de tout ce
que l'Italie a de meilleures Liqueurs.
Ils s'attacherent à confiderer
des Tableaux de petit
point de la Manufacture de
Valenciennes , qui reprefentoient
des fleurs , & comme
ils les trouverent parfaitement
beaux , M'de Magalotti voulut
les leur donner , mais ils
ne les accepterent point. Au
fortir de ce grand Repas où
il y eut deux Tables , chacune
de 20. couverts , ils allerent
desAmb . de Siam. 319
voir les Fortifications , & firent
le tour de la Ville . M² de
Magalotti leur fit une defcription
de tout le Siege ; il leur
marqua tous les quartiers , &
particulierement celuy du
Roy. Ils examinerent de nouveau
& de plus pres l'endroit
par où l'on a pris la Place , &
firent des reflexions ſur l'intrepide
valeur des François.
Ils remercierent fort M de
Magalotti de toutes ſes peines
, & luy donnerent pour
mot l'âge rend t'homme parfait,
ſes cheveux blancs leur firent
croire qu'il eſtoit plus âgé
D'dinj
320 III. P. du Voyage
qu'il ne l'eſt. Les Dames leur
tinrent encore ce foir-làbonne
compagnie pendant leur fouper.
Le lendemain M deMagalotti,
l'Estat major, &leMagiftrat
leur allerent faire compliment
fur leurdépart. Alors
l'Ambaſſadeur leur dit d'un
air riant , qu'ils leurestoientfort
obligez de toutes leurs honnestetez,
qu'ils ne les oubliroient jamais
,&qu'ils ne manqueroient
pas de les marquer au Roy leur
Maistre. Les mefmes Ceremonies
qui avoient eſté obfervées
à leur entrée , ſe firent à
leur fortie . Ils trouverent dans
des Amb. de Siam , 321
leur Caroffe les deux Tableaux
que Me de Magalotti leur avoit
offerts , & qu'il avoit fait
mettre dans de tres- riches
bordures . Cette honneſteté les
furprit extrémement ; ils les
garderent craignant de les
defobliger , s'ils les
voyoient .La Cavalerie les reconduifit
fi loin , qu'ils furent
obligez de la prier de s'en retourner
.
aller coucher à Valencienne .
Il y a dans cette Ville - là &
dans ſes Fauxbourgs 4523 .
Maiſons , 21108. Perſonnes,
fans compter les Troupes du
Roy , 34. Eglifes , une Abbaye
, un Chapitre de Cha.
noines , 7. Paroiffes , 10.Con
desAnb. de Siam. 307
vens d'Hommes , & 11. de
Filles. La Ville eſt des plus
confiderables pour ſon antiquité.
Les Romains y établirent
diverſes Manufactures
; & ayant eſté ruinée pluſieurs
fois , l'Empereur Valentinien
la fit reparer , &
entourer de murailles vers
l'An 367. & luy donna fon
nom qu'elle retient encore
aujourd'huy. Elle demeura
fous la puiſſance Romaine
juſqu'à la venuë de Clodion,
qui la tranfmit aux Roys de
France ſes Succeſſeurs , &fut
ſous les deux premieres Races
Cc ij
308 III. P. du Voyage
de ſes Roys , comme Terre
diftinguée de limites , avec le
titre de Comté. Elle fut depuis
à des Princes qui la tenoient
en qualité de Seigneurs
, y faiſant battre de la
Monnoye à leur coin à titre
de Comtes de Valencienne.
Ce Comté comprenoit le
Païs d'Oſtrevant , de Burbant,
& l'eſpace qui eſt entre
Morchipont , Mortmal & la
Selle , qui relevoient en partie
de Lorraine & de France .
Le mariage de Matilde Comteſſe
de Valencienne , avec
Regnier IV. Fils d'Avide ,
des Amb. de Siam. 309
1
Fille de Huë- Capet Comte
de Hainaut , fit paffer cette
Ville à ſes Heritiers l'An 1030 .
à condition d'eſtre toûjours
diftinguée, & de n'eſtre point
confondue avec le Hainaut.
Par le mariage de Marguerite
d'Avefne Comteſſe de
Hainaut avec l'Empereur
Loüis de Baviere , elle paſſa à
la Maiſon de Baviere l'An
1346. juſqu'à ce que Jacqueline
de Baviere vint à mourir,
laiſſant Philippes le Bon, Duc
de Bourgogne, fon Heritier
en 1437. Elle demeura dans
ſa Famille juſqu'en 1452.
310 III . P. du Voyage
qu'elle paſſa à la Maiſon
d'Autriche par la mort de
Marie de Bourgogne Femme
de l'Empereur maximilien, à
qui elle fut juſqu'en 1677 .
que tout imprenable qu'on
la croyoit , elle fut priſe d'affaut
par les Armes invincibles
de LOUIS LE GRAND.
Ce qui eſt de remarquable,
c'eſt qu'elle peut ſe vanter
d'avoir eu deux Palais
Royaux , l'un où eſt à prefent
la Citadelle , l'autre où
eſt l'Eglife des Cordeliers ;
Que Charlemagne y tint ſes
Eftats Generaux pour la pre
des Amb. de Siam. 311
miere fois , & y reçût la Couronne
d'Auſtraſie aprés la
mort de fon Frere Carloman.
On dit que le Roy Pepin y
fonda l'Égliſe de Nôtre-Dame.
La Maiſon de Ville merite
d'y eſtre veuë. Les Ambaſſadeurs
trouverent en approchant
de cette Place, la
Cavalerie de 'la Garnifon
qui les vint recevoir , & enfuite
M. de Magalotti qui
les attendoit à la Porte. Son
viſage ouvert leur plût extrémement
; & lorſqu'il les
eut quittez pour leur laiſſer
prendre la route du lieu
r
312 III . P. du Voyage
qu'on leur avoit preparé pour
leur Logement , ils dirent de
luy mille choſes obligeantes,
quoy qu'ils ne luy euſſent
parlé qu'un moment. Ils arriverent
à leur Logis , aprés
avoir eſté ſalüez du Canon,
& des Officiers des Troupes
qui formoient deux hayes
dans la Ville. MF de Magalotti
avoit pris foin de faire
meubler la maifon où ils allerent
, & il y ayoit fait porter
quantité de fort beaux Tableaux
, & beaucoup de Portraits.
Aprés qu'ils ſe furent
un peu repoſez , il leur prefenta
des Anb. de Siam. 313
r
ſenta Ms du Magiftrat , &
M. Château Conſeiller de
Ville qui portoit la parole,
parla en ces termes.
MESSEIGNEURS ,
>
C'est dans une joye qui ne peut
s'exprimer, que leMagistrat de cette
Ville vientse presenter à vos Excellences
, pour leur témoigner les
respects & les foûmiſſions deuës
aux Perſonnes qui representent l'un
des plus Grands & des plus Augustes
Monarques de l'Afie, & dont
l'amitié estsi chere au Roy. Nous
ne ferons point , Meſſeigneurs ,le
détail des Conquestes , des Triomphes
, & des Victoires éclatantes
que nôtre Grand Monarque a rem-
Dd
314 III. P. du Voyage
portées sur ses Ennemis , dont la
gloire est fi grande , que la Renommée
s'en est répandue par toute la
Terre. Nous nous contenterons de
dire qu'entre toutes les perfections
&les vertus Royales qui reluiſent
comme les rayons du Soleil en fa
Personne facrée ,ſa fidelité inviolable
enversfes Alliez en est une
des plus brillantes. Nous prenons
la liberté , Meſſeigneurs , de prefenter
à vos Excellences les Vins
d'honneur , & quelques pieces de
Toilettes pour échantillons desManufactures
de cette Ville. Nous aurions
bien de la joye si ce Commerce
pouvoit s'établir dans vos Provinces,
à l'exemple des autres Royaumes
de l'Afie , de l'Afrique , de
l'Amerique, &deplusieurs Regions
de l'Europe où cette Manufacture
des Amb. de Siam. 315
est dans la plus haute confideration
.
Cette Harangue finie, le
Magiftrat leur preſenta trois
pieces de Toile des plus fines
de la Fabrique de Valencienne.
Chaque Piece eſtoit enveloppée
dans un Brocard
argent & bleu , & noüée avec
des Rubans de la même
couleur. Ils eurent d'abord
quelque peine à les accepter,
& dirent , qu'ils n'estoient point
accoûtumez à prendre des Pre-
Sens ; mais que puisque c'estoit
des échantillons d'une Manufa-
Eture de la Ville , ils les rete-
Ddij
316 III. P. du Voyage
r
noient pour les faire voirau Roy
leurMaistre. M de Magalotti
leur demanda l'ordre ,
& ils dirent , Miracle de nos
jours. Ils firent entendre ,
qu'ils vouloient parler de la
maniere dont la Place avoit
eſté priſe , qu'ils regardoient
come un miracle de nôtre Siecle.
Les Dames ſeules eurent le
privilege de les voir ſouper.
Le lendemain la fiévre ayant
pris à Me Torf, ils en montrerent
une grande inquietude
,& l'allerent voir pluſieurs
fois . Il leur dit qu'il n'estoit
pas de leur dignité de viſiter un
des Amb de Siam. 317
particulier. Ils répondirent
qu'ils le regardoient comme un
autre eux- mefmes, & ils allerent
ce jour-là à la Citadelle, d'où
on leur montra le Paté par où
la Place avoit eſté priſe. Ils
virent faire l'Exercice aux Cadets
, & l'Ambaſſadeur les regarda
avec rant de plaifir
qu'il ſembloit qu'il enviaft
leur bonheur. Il dit qu'il voudroit
n'estre pas Ambaſſadeur , ou
du moins n'estre pas le Premier ,
afin de faire une Campagne ou
deux avec le Roy en cas qu'ily
eût Guerre , & il ajoûta qu'il
ſçauroit faire approuver fa
Dd iij
318 III. P. duVoyage
r
conduite au Roy ſon Maiſtre. Ils
allerent diner chez M de
Magalotti . Le Repas fut ſplendide
, & ils burent de tout ce
que l'Italie a de meilleures Liqueurs.
Ils s'attacherent à confiderer
des Tableaux de petit
point de la Manufacture de
Valenciennes , qui reprefentoient
des fleurs , & comme
ils les trouverent parfaitement
beaux , M'de Magalotti voulut
les leur donner , mais ils
ne les accepterent point. Au
fortir de ce grand Repas où
il y eut deux Tables , chacune
de 20. couverts , ils allerent
desAmb . de Siam. 319
voir les Fortifications , & firent
le tour de la Ville . M² de
Magalotti leur fit une defcription
de tout le Siege ; il leur
marqua tous les quartiers , &
particulierement celuy du
Roy. Ils examinerent de nouveau
& de plus pres l'endroit
par où l'on a pris la Place , &
firent des reflexions ſur l'intrepide
valeur des François.
Ils remercierent fort M de
Magalotti de toutes ſes peines
, & luy donnerent pour
mot l'âge rend t'homme parfait,
ſes cheveux blancs leur firent
croire qu'il eſtoit plus âgé
D'dinj
320 III. P. du Voyage
qu'il ne l'eſt. Les Dames leur
tinrent encore ce foir-làbonne
compagnie pendant leur fouper.
Le lendemain M deMagalotti,
l'Estat major, &leMagiftrat
leur allerent faire compliment
fur leurdépart. Alors
l'Ambaſſadeur leur dit d'un
air riant , qu'ils leurestoientfort
obligez de toutes leurs honnestetez,
qu'ils ne les oubliroient jamais
,&qu'ils ne manqueroient
pas de les marquer au Roy leur
Maistre. Les mefmes Ceremonies
qui avoient eſté obfervées
à leur entrée , ſe firent à
leur fortie . Ils trouverent dans
des Amb. de Siam , 321
leur Caroffe les deux Tableaux
que Me de Magalotti leur avoit
offerts , & qu'il avoit fait
mettre dans de tres- riches
bordures . Cette honneſteté les
furprit extrémement ; ils les
garderent craignant de les
defobliger , s'ils les
voyoient .La Cavalerie les reconduifit
fi loin , qu'ils furent
obligez de la prier de s'en retourner
.
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Résumé : Valenciennes. [titre d'après la table]
Le texte décrit un voyage vers Valenciennes, une ville caractérisée par ses 4 523 maisons, 21 108 habitants, 34 églises, une abbaye, un chapitre de chanoines, 7 paroisses et 10 couvents. Valenciennes est renommée pour son antiquité et ses manufactures, établies par les Romains. En 367, l'empereur Valentinien la fit réparer et entourer de murailles. La ville passa sous la domination des rois de France avec Clodion et resta une terre distinguée sous les premières dynasties royales françaises. Par la suite, elle fut possession de divers princes et comtes, incluant les comtes de Hainaut et de Bavière, avant de devenir une possession des ducs de Bourgogne puis de la Maison d'Autriche. En 1677, Valenciennes fut prise par Louis XIV. La ville a également accueilli des figures historiques telles que Charlemagne et Pépin le Bref. Les ambassadeurs de Siam y furent reçus avec honneur, visitèrent la citadelle et les fortifications, et reçurent des présents de la ville. Ils exprimèrent leur admiration pour la prise de la ville par les Français et pour les fortifications. Lors de leur départ, ils furent escortés par la cavalerie et reçurent des tableaux en cadeau.
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10
p. 145-151
ESTAMPES.
Début :
Voicy la plus nombreuse suite de modes Etrangeres, & en [...]
Mots clefs :
Estampes, Tableaux, Turcs, Femmes, Filles, Monsieur de Ferriol, Suite, Officiers
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texteReconnaissance textuelle : ESTAMPES.
ESTAMPES.
V
Oicy la plus nombreu
fe fuite de modes Etran
geres , & en même temps la
plus finguliere qui ait encore
paru .
2
Elle eft compofée de cent
Planches differentes qui ont
chacunes treize pouces & demi
de hauteur , fur environ
neuf pouces de largeur.
Chaque Planche contient,
une , deux , trois ou quatre Fi-
N
Mars
1714.
146 MERCURE
gures , qui font toutes accom.
pagnées de fonds & de chofes
convenables à leurs habits &
à leurs dignitez ...
Cette fuite ne comprend
pas feulement le Grand Seigneur
, la Sultane Reine , les
principaux Officiers du Serail
en habit de ceremonie; mais
auffi le Moufti & tous les
gens de Loy , le Grand Vifir
& les Officiers de guerre de
Terre , le Capitant Pacha &
les Officiers de Marinebit
Aprés ceux-cy viennent les
differentes conditions des
Tures , des femmes & filles
K
GALANT , 147
Turques , des Marchands ,
Aprés quoy font les Juifs,
& Juives & autres fujets Tributaires
ou voifins des Turcs
en Europe , comme font les
Patriarches & autres Grecs ;
des femmes & filles Grecques,
les Hongrois & Hongroifes ,
Bulgares, Valaques , Albanois,
Tartares de Crimée , & entreautres
des filles de plufieurs
Ifles de l'Archipel , dont les
habits extraordinaires font un
fingulier plaifir à voir.
Differents Habitans d'Afie
viennent enfuite Arabes Armeniens
, Perfans & Indiens ,
Nij
148 MERCURE
& enfin des Afriquains & Afriquaines.
Chaque Eftampe de cette
grande fuite eft imprimée ſur
une demie feuille du plus beau
Papier du Nom de Jefus , à
la referve de la derniere Eftampe
qui eft imprimée fur une
Feuille entiere ; elle reprefente
la ceremonic d'un Mariage
Turc.
Monfieur de Ferriol , Ambaffadeur
Extraordinaire de
Sa Majesté à Conftantinople
par une curiofité toute louable
fit peindre d'ap és nature
& à grands frais ces differents
GALANT 149
habillemens en 1707. &
1708. par le fieur Vanmour
habile Peintre Flamand qui
les peignit avec tout le foin
& la fidelité imaginable ; &
aprés que ces Tableaux furent
achevez , Monfieur de Ferriol
les fic expofer à la cenfure pu
blique avant fon départ de
Conftantinople.
C'eft fur ces Tableaux O
riginaux que les Estampes qui
compofent ce Recücil ont été
gravées par les foins de Monfieur
le Hay , qui y a employe
d'excellens Graveurs. L'on
trouvera ce Recücil chez luy ,
Niij
119 MERCURE
4
ruë de Grenelle , Fauxbourg
S. Germain , proche la rue de
la Chaife , & chez Monfieur
du Change, Graveur du Roy,
ruë S. Jacques ; l'on y trouve,
ra auffi la même fuite enluminée
d'aprés les Tableaux
Originaux ; ce qui fera non
feulement connoiftre la forme
, mais encore la veritable
couleur de toutes les differentes
& riches étoffes , dont ces
habillemens font faits ; & l'on
mettra tous les foins poffibles
pour enluminer ces Eftampes
avec intelligence , afin de
leurs donner la verité & le
in
GALANT. 151
merite des Tableaux.
Cette fuite d'Eftampes
pourra fervir à orner des Cabinets
, des Galleries & des
Maifons de Campagne : on
efpere que les Sçavans , les
Curieux & le Gens de gouft
en feront affez de cas , pour
leur donner place dans leurs
porte feuilles ou dans leurs
Bibliotheques.
V
Oicy la plus nombreu
fe fuite de modes Etran
geres , & en même temps la
plus finguliere qui ait encore
paru .
2
Elle eft compofée de cent
Planches differentes qui ont
chacunes treize pouces & demi
de hauteur , fur environ
neuf pouces de largeur.
Chaque Planche contient,
une , deux , trois ou quatre Fi-
N
Mars
1714.
146 MERCURE
gures , qui font toutes accom.
pagnées de fonds & de chofes
convenables à leurs habits &
à leurs dignitez ...
Cette fuite ne comprend
pas feulement le Grand Seigneur
, la Sultane Reine , les
principaux Officiers du Serail
en habit de ceremonie; mais
auffi le Moufti & tous les
gens de Loy , le Grand Vifir
& les Officiers de guerre de
Terre , le Capitant Pacha &
les Officiers de Marinebit
Aprés ceux-cy viennent les
differentes conditions des
Tures , des femmes & filles
K
GALANT , 147
Turques , des Marchands ,
Aprés quoy font les Juifs,
& Juives & autres fujets Tributaires
ou voifins des Turcs
en Europe , comme font les
Patriarches & autres Grecs ;
des femmes & filles Grecques,
les Hongrois & Hongroifes ,
Bulgares, Valaques , Albanois,
Tartares de Crimée , & entreautres
des filles de plufieurs
Ifles de l'Archipel , dont les
habits extraordinaires font un
fingulier plaifir à voir.
Differents Habitans d'Afie
viennent enfuite Arabes Armeniens
, Perfans & Indiens ,
Nij
148 MERCURE
& enfin des Afriquains & Afriquaines.
Chaque Eftampe de cette
grande fuite eft imprimée ſur
une demie feuille du plus beau
Papier du Nom de Jefus , à
la referve de la derniere Eftampe
qui eft imprimée fur une
Feuille entiere ; elle reprefente
la ceremonic d'un Mariage
Turc.
Monfieur de Ferriol , Ambaffadeur
Extraordinaire de
Sa Majesté à Conftantinople
par une curiofité toute louable
fit peindre d'ap és nature
& à grands frais ces differents
GALANT 149
habillemens en 1707. &
1708. par le fieur Vanmour
habile Peintre Flamand qui
les peignit avec tout le foin
& la fidelité imaginable ; &
aprés que ces Tableaux furent
achevez , Monfieur de Ferriol
les fic expofer à la cenfure pu
blique avant fon départ de
Conftantinople.
C'eft fur ces Tableaux O
riginaux que les Estampes qui
compofent ce Recücil ont été
gravées par les foins de Monfieur
le Hay , qui y a employe
d'excellens Graveurs. L'on
trouvera ce Recücil chez luy ,
Niij
119 MERCURE
4
ruë de Grenelle , Fauxbourg
S. Germain , proche la rue de
la Chaife , & chez Monfieur
du Change, Graveur du Roy,
ruë S. Jacques ; l'on y trouve,
ra auffi la même fuite enluminée
d'aprés les Tableaux
Originaux ; ce qui fera non
feulement connoiftre la forme
, mais encore la veritable
couleur de toutes les differentes
& riches étoffes , dont ces
habillemens font faits ; & l'on
mettra tous les foins poffibles
pour enluminer ces Eftampes
avec intelligence , afin de
leurs donner la verité & le
in
GALANT. 151
merite des Tableaux.
Cette fuite d'Eftampes
pourra fervir à orner des Cabinets
, des Galleries & des
Maifons de Campagne : on
efpere que les Sçavans , les
Curieux & le Gens de gouft
en feront affez de cas , pour
leur donner place dans leurs
porte feuilles ou dans leurs
Bibliotheques.
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Résumé : ESTAMPES.
Le texte décrit une collection d'estampes intitulée 'Estampes', publiée en mars 1714. Cette collection se distingue par sa diversité et son caractère unique, comprenant cent planches de treize pouces et demi de hauteur sur environ neuf pouces de largeur. Chaque planche présente une à quatre figures, accompagnées de fonds et d'objets adaptés à leurs habits et dignités. La collection ne se limite pas aux figures du Grand Seigneur, de la Sultane Reine et des principaux officiers du Sérail, mais inclut également des personnages variés tels que le Moufti, des gens de loi, le Grand Vizir, des officiers de guerre et de marine, ainsi que des Turcs, des femmes et filles turques, des marchands, des Juifs, des Grecs, des Hongrois, des Bulgares, des Valaques, des Albanais, des Tartares de Crimée, des habitants de l'Archipel, des Arabes, des Arméniens, des Persans, des Indiens, des Africains et des Africaines. Les estampes sont basées sur des tableaux peints sur nature par le peintre flamand Vanmour, à la demande de Monsieur de Ferriol, ambassadeur à Constantinople en 1707 et 1708. Elles ont été gravées par Monsieur le Hay et ses graveurs. La collection est disponible chez Monsieur le Hay et chez Monsieur du Change, graveur du Roi. Une version enluminée permet de connaître les couleurs des étoffes utilisées dans les habits. Destinée à orner des cabinets, des galeries et des maisons de campagne, cette collection s'adresse aux savants, aux curieux et aux gens de goût, qui peuvent l'inclure dans leurs portefeuilles ou bibliothèques.
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11
p. 2465-2456
Nouvelles Estampes de Watteau, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît depuis peu plusieurs Estampes gravées d'après les Tableaux de Watteau qui se vendent à [...]
Mots clefs :
Antoine Watteau, Tableaux, Estampes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes de Watteau, [titre d'après la table]
Il paroît depuis peu plufieurs Eftampes gravées
d'après les Tableaux de Watteau quife vendent à
Paris chez la Veuve de F. Chereau , Graveur du
Roi , rue S. Jacques , aux deux Pilliers d'or , &
chez Surrugue , Graveur , rue des Noyers , visà-
vis S. Yves , chez qui on trouve toutes celles
qui ont paru jufquà préfent , ainfi que les deux ,
Volumes de fes deffeins d'Etude d'après nature
contenant 350. planches.
que
L'on acheve de graver les Tableaux de ce gracieux
Peintre. Si malgré les recherches exactes
l'on a fait pour les découvrir tous , tant en
France que dans les Païs Etrangers , il fe trouvoit
quelque particulier qui en eût quelqu'un
qu'il défirât de faire connoître , on le prie d'en
donner avis à M. de Julienne des Gobelins , qui
fait graver l'oeuvre.
On trouvera dans peu chez les mêmes Marchands
une Eftampe d'après un des plus beaux Tableaux
de ce Peintr;ece morceau qui repréfente un
Bal dans un Salon, eft de grande compofition; l'on ,
fe flate qu'il fatisfera toutes les perfonnes de
gout.
d'après les Tableaux de Watteau quife vendent à
Paris chez la Veuve de F. Chereau , Graveur du
Roi , rue S. Jacques , aux deux Pilliers d'or , &
chez Surrugue , Graveur , rue des Noyers , visà-
vis S. Yves , chez qui on trouve toutes celles
qui ont paru jufquà préfent , ainfi que les deux ,
Volumes de fes deffeins d'Etude d'après nature
contenant 350. planches.
que
L'on acheve de graver les Tableaux de ce gracieux
Peintre. Si malgré les recherches exactes
l'on a fait pour les découvrir tous , tant en
France que dans les Païs Etrangers , il fe trouvoit
quelque particulier qui en eût quelqu'un
qu'il défirât de faire connoître , on le prie d'en
donner avis à M. de Julienne des Gobelins , qui
fait graver l'oeuvre.
On trouvera dans peu chez les mêmes Marchands
une Eftampe d'après un des plus beaux Tableaux
de ce Peintr;ece morceau qui repréfente un
Bal dans un Salon, eft de grande compofition; l'on ,
fe flate qu'il fatisfera toutes les perfonnes de
gout.
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Résumé : Nouvelles Estampes de Watteau, [titre d'après la table]
Le texte annonce la vente d'estampes gravées d'après les tableaux de Watteau à Paris. Ces estampes sont disponibles chez la Veuve de F. Chereau, Graveur du Roi, rue Saint-Jacques, aux Deux Pilliers d'or, et chez Surrugue, Graveur, rue des Noyers, vis-à-vis Saint-Yves. Chez Surrugue, on peut également trouver deux volumes de ses dessins d'étude d'après nature, contenant 350 planches. La gravure des tableaux de Watteau est en cours d'achèvement. Les personnes possédant des œuvres de Watteau non encore découvertes sont invitées à en informer M. de Julienne des Gobelins, responsable de la gravure. Prochainement, les mêmes marchands proposeront une estampe représentant un bal dans un salon, une œuvre de grande composition qui devrait satisfaire les amateurs d'art.
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12
p. 747-748
Nouvelles Estampes de Watteau, et autres, [titre d'après la table]
Début :
Les Curieux sont avertis qu'il paroît depuis peu cinq [...]
Mots clefs :
Estampes , Gravures, Tableaux, Paris, Vente, Graveur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes de Watteau, et autres, [titre d'après la table]
Les Curieux sont avertis qu'il paroît
depuis peu cinq Estampes nouvellement
gravées d'après les Tableaux de feu Antoine
Watteau , par les soins de M. de
Julienne , dont la beauté soutient la réputation
que ce gracieux Peintre s'est acquise
; elles ont pour titre : les Plaisirs du
Bal, Entretiens amoureux , Escorte d'Equipages
, l'Occupation selon l'âge , le Portrait
de watteau. La vente s'en fait à Paris , chez
La Veuve de F. Chereau , Graveur du Roi ,
Fij ruč
748 MERCURE DE FRANCE
rue S. Jacques , aux deux Piliers d'Or
et chez Surugues , Graveur du Roi , ruë
des Noyers , vis -à - vis S. Yves.
On trouve chez les mêmes toutes les
Estampes que l'on a gravées jusqu'ici d'après
cet Auteur,
M. l'Epicier , un des meilleurs Graveurs
que nous ayons , vient de mettre au jour
une petite Estampe qui lui fait autant
d'honneur qu'elle fait de plaisir aux plus
fins connoisseurs. Elle se vend chez l'Auteur
, rue S. Jacques , près les Jacobins.
Ce tendre et précieux morceau a été gravé
d'après un excellent Tableau du Cabinet
du Comte de Morville , dans lequel l'illustre
Signora Roza - Alba Carriera , Venitienne
, a peint au pastel, une très - belle
femme avec des fleurs , représentant le
Printems. On lit ces quatie Vers au bas
de l'Estampe,
L'éclat des fleurs est peu durable ,
La beauté s'altére aisement ;
Il n'est qu'un instant favorable ,
Et cet instant est le present.
depuis peu cinq Estampes nouvellement
gravées d'après les Tableaux de feu Antoine
Watteau , par les soins de M. de
Julienne , dont la beauté soutient la réputation
que ce gracieux Peintre s'est acquise
; elles ont pour titre : les Plaisirs du
Bal, Entretiens amoureux , Escorte d'Equipages
, l'Occupation selon l'âge , le Portrait
de watteau. La vente s'en fait à Paris , chez
La Veuve de F. Chereau , Graveur du Roi ,
Fij ruč
748 MERCURE DE FRANCE
rue S. Jacques , aux deux Piliers d'Or
et chez Surugues , Graveur du Roi , ruë
des Noyers , vis -à - vis S. Yves.
On trouve chez les mêmes toutes les
Estampes que l'on a gravées jusqu'ici d'après
cet Auteur,
M. l'Epicier , un des meilleurs Graveurs
que nous ayons , vient de mettre au jour
une petite Estampe qui lui fait autant
d'honneur qu'elle fait de plaisir aux plus
fins connoisseurs. Elle se vend chez l'Auteur
, rue S. Jacques , près les Jacobins.
Ce tendre et précieux morceau a été gravé
d'après un excellent Tableau du Cabinet
du Comte de Morville , dans lequel l'illustre
Signora Roza - Alba Carriera , Venitienne
, a peint au pastel, une très - belle
femme avec des fleurs , représentant le
Printems. On lit ces quatie Vers au bas
de l'Estampe,
L'éclat des fleurs est peu durable ,
La beauté s'altére aisement ;
Il n'est qu'un instant favorable ,
Et cet instant est le present.
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Résumé : Nouvelles Estampes de Watteau, et autres, [titre d'après la table]
Le texte annonce la publication de cinq estampes gravées d'après les tableaux d'Antoine Watteau, supervisées par M. de Julienne. Intitulées 'Les Plaisirs du Bal', 'Entretiens amoureux', 'Escorte d'Equipages', 'L'Occupation selon l'âge' et 'Le Portrait de Watteau', elles sont disponibles à Paris chez La Veuve de F. Chereau et Surugues, tous deux graveurs du Roi. Ces vendeurs proposent également toutes les estampes gravées jusqu'à présent d'après Watteau. Par ailleurs, M. l'Épicier, graveur reconnu, a publié une estampe d'après un tableau du Cabinet du Comte de Morville. Cette estampe représente une femme avec des fleurs, symbolisant le printemps, peinte au pastel par la Signora Rosa Alba Carriera, artiste vénitienne. Accompagnée de quatre vers sur la fugacité de la beauté, elle est en vente chez l'auteur, rue Saint-Jacques, près des Jacobins.
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13
p. 763-764
Tableaux en petit point, [titre d'après la table]
Début :
Le Sieur Tessier, connu pour les Portraits au petit point [...]
Mots clefs :
Portraits, Société des arts, Tableaux, Aiguille, Curieux, Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tableaux en petit point, [titre d'après la table]
A Amiens le 9. Fevrier 1731 .
Le Sicur Tessier , connu pour les Portraits au
рем
764 MERCURE DE FRANCE
petit point , vient de donner de nouvelles preuves
de son habileté , et du goût qu'il a toûjours eu
pour ces sortes d'Ouvrages , par deux morceaux
qu'il a présenté à la Societé des Arts , de laquelle
il a l'honneur d'être Membre.
L'approbation que cette Compagnie lui en a
donnée , fera connoître le mérite de cet Ouvrage.
t :
Ce jourd'hui le Sieur Tessier , Peintre & Tapissier
, Associé en la Classe des Arts de
goût de ladite Societé , a présenté à la Compagnie
deux Tableaux enpetit point , représentant
le Roi & la Reine en Buste , de grandeur naturelle
, lesquels ont parû être executez avec une
grande régularité ; l'aiguille y afondu les nuan
ces des laines avec la même harmonie que le
pinceau méle & réunit les couleurs , la Societé
a jugé que ces fortes d'Ouvrages feroient plaifir
aux amateurs des beaux Arts & aux personnes
de goûts en consequence & pour faire cennoitre
le mérite & le talent admirable du Sieur
Tessier , elle a trouvé à propos de lui délivrer
le présent Extrait , à Paris ce 28. Novembre
1730.
Le Sieur Tessier a lieu d'esperer que les Curieux
s'adresseront à lui pour faire fabriquer ce
dont ils auront besoin en ce Genre . Il a actuelle
lement chez lui le Portrait du Roi et de la Reiné ,
une Vierge et une Madeleine , d'après M. le
Brun.
Sa demeure est sur le Pont Notre- Dame , près
la Pompe au Tapis de Turquie , à Paris .
Le Sicur Tessier , connu pour les Portraits au
рем
764 MERCURE DE FRANCE
petit point , vient de donner de nouvelles preuves
de son habileté , et du goût qu'il a toûjours eu
pour ces sortes d'Ouvrages , par deux morceaux
qu'il a présenté à la Societé des Arts , de laquelle
il a l'honneur d'être Membre.
L'approbation que cette Compagnie lui en a
donnée , fera connoître le mérite de cet Ouvrage.
t :
Ce jourd'hui le Sieur Tessier , Peintre & Tapissier
, Associé en la Classe des Arts de
goût de ladite Societé , a présenté à la Compagnie
deux Tableaux enpetit point , représentant
le Roi & la Reine en Buste , de grandeur naturelle
, lesquels ont parû être executez avec une
grande régularité ; l'aiguille y afondu les nuan
ces des laines avec la même harmonie que le
pinceau méle & réunit les couleurs , la Societé
a jugé que ces fortes d'Ouvrages feroient plaifir
aux amateurs des beaux Arts & aux personnes
de goûts en consequence & pour faire cennoitre
le mérite & le talent admirable du Sieur
Tessier , elle a trouvé à propos de lui délivrer
le présent Extrait , à Paris ce 28. Novembre
1730.
Le Sieur Tessier a lieu d'esperer que les Curieux
s'adresseront à lui pour faire fabriquer ce
dont ils auront besoin en ce Genre . Il a actuelle
lement chez lui le Portrait du Roi et de la Reiné ,
une Vierge et une Madeleine , d'après M. le
Brun.
Sa demeure est sur le Pont Notre- Dame , près
la Pompe au Tapis de Turquie , à Paris .
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Résumé : Tableaux en petit point, [titre d'après la table]
Le 9 février 1731, à Amiens, le Sieur Tessier, connu pour ses portraits au petit point, a présenté deux tableaux à la Société des Arts. Ces œuvres représentent le Roi et la Reine en buste, de grandeur naturelle, et ont été exécutées avec une grande régularité. L'aiguille y fond les nuances des laines de manière harmonieuse, comparable à l'utilisation du pinceau. La Société des Arts a reconnu le mérite et le talent de Tessier en délivrant un extrait le 28 novembre 1730. Tessier espère recevoir des commandes similaires. Il possède également les portraits du Roi et de la Reine, ainsi qu'une Vierge et une Madeleine, d'après M. le Brun. Sa demeure est située sur le Pont Notre-Dame, près de la Pompe au Tapis de Turquie, à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14
p. 177-179
« Le 27. les Députez des Etats de Bretagne, eurent Audience publique du [...] »
Début :
Le 27. les Députez des Etats de Bretagne, eurent Audience publique du [...]
Mots clefs :
Députés des États de Bretagne, Audience publique, Église de Notre-Dame de Paris, Décoration, Chapitre, Tableaux, Neffe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 27. les Députez des Etats de Bretagne, eurent Audience publique du [...] »
Le 27. les Députez des Etats de Breeurent Audience publique du
Roy, étant présentez par le Comte de Toulouse , Gouverneur de la Province ,
et par le Comte de S. Florentin , Secretaire d'Etat , et conduits par le Grand- Maître et le Maître des Ceremonies ; la
Députation étoit composée de l'Evêque
de S. Pol de Leon , pour le Clergé qui
porta la parole , du Comte de Kercado
pour la Noblesse , du Senechal du Quimper pour le Tiers Etat , et du Pré ident
de Bedé , Syndic de la Province. Ces Députez furent ensuite conduits à l'Audiance de la Reine, et à celles de Monseigneur
le Dauphin , de Monseigneur le Duc
d'Anjou et de Mesdames de France.
Il n'y a pas lieu d'être surpris de tous
les embellissemens qui se sont faits depuis un temps et qui se font encore dans
la celebre Eglise de Notre- Dame de Paris.
Son illustre Chapitre a toûjours eu grande attention sur ce qui regarde le culte
de Dieu , dans lequl est toujours renfermée la Décoration et la magnificence
de son Temple.
I C'est
178 MERCURE DE FRANCE
et
C'est à quoi il semble que ce Chapitre
se soit encore appliqué plus particulierement depuis un temps. Les soins et les
attentions des Abbez de la Croix , de
Fleury et de Cotte , Chanoines , et Intendans du Trésor et de la Fabrique ,
n'ont pas peu contribué à de si nobles er
de si pieuses entreprises ; et le bonheur a
voulu qu'ils ayent heureusement rencontré dans l'Abbé Colin' , Trésorier de cette
Eglise , une personne plus propre à rencherir sur leur zele , qu'à le diminuer.
Son ardeur pour tout ce qui regarde l'Eglise et sa décoration , est sans exemple
ainsi que sa vigilance et son activité.
La derniere réparation qu'on vient de
faire et qui a le plus frappé les yeux du
Public et des Curieux , est le nettoyementet la restauration de tousles Tableaux
de la Nef, qui , quoique des plus grands
Maîtres, avoient été de longue main aban.
donnez aux insultes du temps et de la
poussiere ; l'on n'y reconnoissoit plus.
rien, la plus grande partie pleins de troux
et tout écaillez. Il falloit une main legere
sçavante et habile pour les nettoyer sans
alteration et les repeindre sans qu'il y
parût, et ce fut pour cela que le sieur
Grégoire, jeune homme , Eleve de M.Reitout, neveu da celebre Jean Jouvenet
£us
JANVIER 1732. 179
1
1
fut choisi ; il s'en est acquitté si bien et
avec tant de prudence , qu'il a rendu à
tous ces Tableaux leur premier lustre et
leur ancien éclat , sans avoir rien alteré
des endroits mêmes les plus délicats. Il a
eû aussi la satisfaction de se voir applaudi , non-seulement du Public , mais même de M. Boulogne , premier Peintre du
Roy et Directeur de l'Académie , &c.
Un si, heureux succès fait esperer que
le sieur Grégoire ne se tirera pas moins
heureusement des Tableaux de la Croisée
de la même Eglise, qui sont, la plus grande partie , d'un prix infini.
Roy, étant présentez par le Comte de Toulouse , Gouverneur de la Province ,
et par le Comte de S. Florentin , Secretaire d'Etat , et conduits par le Grand- Maître et le Maître des Ceremonies ; la
Députation étoit composée de l'Evêque
de S. Pol de Leon , pour le Clergé qui
porta la parole , du Comte de Kercado
pour la Noblesse , du Senechal du Quimper pour le Tiers Etat , et du Pré ident
de Bedé , Syndic de la Province. Ces Députez furent ensuite conduits à l'Audiance de la Reine, et à celles de Monseigneur
le Dauphin , de Monseigneur le Duc
d'Anjou et de Mesdames de France.
Il n'y a pas lieu d'être surpris de tous
les embellissemens qui se sont faits depuis un temps et qui se font encore dans
la celebre Eglise de Notre- Dame de Paris.
Son illustre Chapitre a toûjours eu grande attention sur ce qui regarde le culte
de Dieu , dans lequl est toujours renfermée la Décoration et la magnificence
de son Temple.
I C'est
178 MERCURE DE FRANCE
et
C'est à quoi il semble que ce Chapitre
se soit encore appliqué plus particulierement depuis un temps. Les soins et les
attentions des Abbez de la Croix , de
Fleury et de Cotte , Chanoines , et Intendans du Trésor et de la Fabrique ,
n'ont pas peu contribué à de si nobles er
de si pieuses entreprises ; et le bonheur a
voulu qu'ils ayent heureusement rencontré dans l'Abbé Colin' , Trésorier de cette
Eglise , une personne plus propre à rencherir sur leur zele , qu'à le diminuer.
Son ardeur pour tout ce qui regarde l'Eglise et sa décoration , est sans exemple
ainsi que sa vigilance et son activité.
La derniere réparation qu'on vient de
faire et qui a le plus frappé les yeux du
Public et des Curieux , est le nettoyementet la restauration de tousles Tableaux
de la Nef, qui , quoique des plus grands
Maîtres, avoient été de longue main aban.
donnez aux insultes du temps et de la
poussiere ; l'on n'y reconnoissoit plus.
rien, la plus grande partie pleins de troux
et tout écaillez. Il falloit une main legere
sçavante et habile pour les nettoyer sans
alteration et les repeindre sans qu'il y
parût, et ce fut pour cela que le sieur
Grégoire, jeune homme , Eleve de M.Reitout, neveu da celebre Jean Jouvenet
£us
JANVIER 1732. 179
1
1
fut choisi ; il s'en est acquitté si bien et
avec tant de prudence , qu'il a rendu à
tous ces Tableaux leur premier lustre et
leur ancien éclat , sans avoir rien alteré
des endroits mêmes les plus délicats. Il a
eû aussi la satisfaction de se voir applaudi , non-seulement du Public , mais même de M. Boulogne , premier Peintre du
Roy et Directeur de l'Académie , &c.
Un si, heureux succès fait esperer que
le sieur Grégoire ne se tirera pas moins
heureusement des Tableaux de la Croisée
de la même Eglise, qui sont, la plus grande partie , d'un prix infini.
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Résumé : « Le 27. les Députez des Etats de Bretagne, eurent Audience publique du [...] »
Le 27 janvier 1732, les députés des États de Bretagne furent reçus en audience publique par le roi, en présence du comte de Toulouse et du comte de Saint-Florentin. La délégation comprenait l'évêque de Saint-Pol-de-Léon pour le clergé, le comte de Kercado pour la noblesse, le sénéchal de Quimper pour le tiers état, et le président de Bédé, syndic de la province. Ils rencontrèrent également la reine, le dauphin, le duc d'Anjou et Mesdames de France. Le texte évoque par ailleurs les travaux récents et en cours dans l'église Notre-Dame de Paris. Le chapitre de cette église a toujours accordé une grande importance au culte divin, à la décoration et à la magnificence du temple. Les abbés de la Croix, Fleury, Cotte et Colin, trésorier, ont particulièrement contribué à ces entreprises. La dernière réparation notable fut la restauration des tableaux de la nef par le sieur Grégoire, élève de M. Reitout et neveu de Jean Jouvenet. Grégoire a restauré les tableaux avec prudence, leur rendant leur lustre initial sans les altérer. Son travail a été salué par le public et par M. Boulogne, premier peintre du roi et directeur de l'Académie. Une restauration similaire est attendue pour les tableaux de la croisée de l'église.
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15
p. 769-771
Cerémonie en Estampes du Sacre du Roy, &c. [titre d'après la table]
Début :
On a obmis dans les précedens Mercures de faire mention [...]
Mots clefs :
Tableaux, Estampes, Académie royale de peinture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Cerémonie en Estampes du Sacre du Roy, &c. [titre d'après la table]
On a obmis dans les précedens Mercures de
faire mention du Volume contenant la Ceremonie,en Estampes , du Sacre du Roy , qui ut pré- Gijsenté
770 MERCURE DE FRANCE
1
senté à Sa Majesté le Lundi 24. Decembre der
nier , par le Duc de Trême , premier Gentilhom.
me de la Chambre , suivi de M. Dulin , Peintre
ordinaire du Roy et de l'Académie Royale de
Peinture , fequel en a fait les Desseins , d'après
lesquels 18. des meilleurs Graveurs de la même
Académie, ont travaillé. Ce Volume in folio , sur
du papier grand Aigle , représente les principaux
momens de l'Auguste Ceremonie du Sacre , tant
par les grandes Planches , que par les Lettres
Grises ; il a été enrichi de Sujets allegoriques et
de Devises qui répondent aux Momens histori
ques. Et comme dans ces Momens historiques les figures sont petites par rapport à leur multitude
de sieur Dulin a aussi dessiné 30. figures particu
lieres , de grandeur à pouvoir caracteriser tous
les differents habillemems que les Seigneurs,
Grands-Officiers et autres , portent dans leurs
fonctions , à cette Royale Céremonie.
Le Frontispice annonce le sujet du Volume ;
et tous les Discours qui expliquent chaque Estampe , ainsi que la Dédicace et l'Avertissement
sont renfermez dans des Bordures symboliques
très-riches et toutes differentes. L'Avertissement
qui est à la tête du Recueil , rend compte de la maniere dont l'Ouvrage a été conduit."
Il paroît une seconde Estampe du Portrait de
Ja Dlle Dangeville , dont le Public aura lieu d'ê
are plus satisfait que de la premiere.
Ce n'est pas sans fondement que le Public
avoit bien auguré de la capacité du sieur Grégoire, sur les Tableaux de la Croisée de NotreDame , qui viennent d'être posez , après avoir vû
de quelle maniere il s'étoit tiré de? ceux de da Nef
AVRÍL. 1732.® 771
Nef, applaudis universellement par tous les Con
noisseurs. On peut même dire qu'il a été au- delà de
ce qu'on pouvoit attendre de lui , principalement sur les Tableaux de Mr le Brun , et sur ceux de
Mrs Corneille , Höüasse et Jouvenet , parce qu'ils
avoient été si fort gâtez par de mauvaises drogues , qu'on avoit perdu toute esperance d'en
pouvoir jamais appercevoir aucun vestige ; d'autant que jamais personne n'avoit osé se hazarder
d'y retoucher , et qu'on les regardoit comme Ta bleaux abandonnez et perdus.
Cependant le sieur Grégoire , Eleve de M.Restout , dont ona parle à ce sujet dans le Mercure
de Janvier dernier , page 177. par un secret particulier qu'il a trouvé , vient de les rétablir entierement , et leur a rendu leur ancien lustre , en³
les rendant tels qu'ils sortirent jadis des main's de leurs celebres Auteurs.
Si le Public ne se lasse point d'admirer et d'ap
plaudir un Ouvrage regardé de tout le monde
comme une espece de Chef-d'œuvre , il a cela de
commun avec presque toute l'Académie Royale
de Peinture , puisque M. de Boullogne , premier
Peintre du Roy et Directeur de l'Académie , en a
été le premier surpris , et n'a pû lui refuser ses
suffrages , ainsi que Mrs Vancleve, de Largilliere,
Halle , Rigaud , Christophle , Restout , &c. qui
tous ont applaudi et loué le talent du sieur Grégoire sur le rétablissement de ces magnifiques Tableaux.
Au reste , le sieur Grégoire réussit également
sur tous les Tableaux de Cabinet , tant grands
que petits , quelques gâtez , défiguréz et troüez
qu'ils puiseent être. Sa demeure est Parvis de
Notre- Dame, à Paris , du côté de la grande Porte
duCloître, entre un Notaire et un Perruquier.
G iij LETT
faire mention du Volume contenant la Ceremonie,en Estampes , du Sacre du Roy , qui ut pré- Gijsenté
770 MERCURE DE FRANCE
1
senté à Sa Majesté le Lundi 24. Decembre der
nier , par le Duc de Trême , premier Gentilhom.
me de la Chambre , suivi de M. Dulin , Peintre
ordinaire du Roy et de l'Académie Royale de
Peinture , fequel en a fait les Desseins , d'après
lesquels 18. des meilleurs Graveurs de la même
Académie, ont travaillé. Ce Volume in folio , sur
du papier grand Aigle , représente les principaux
momens de l'Auguste Ceremonie du Sacre , tant
par les grandes Planches , que par les Lettres
Grises ; il a été enrichi de Sujets allegoriques et
de Devises qui répondent aux Momens histori
ques. Et comme dans ces Momens historiques les figures sont petites par rapport à leur multitude
de sieur Dulin a aussi dessiné 30. figures particu
lieres , de grandeur à pouvoir caracteriser tous
les differents habillemems que les Seigneurs,
Grands-Officiers et autres , portent dans leurs
fonctions , à cette Royale Céremonie.
Le Frontispice annonce le sujet du Volume ;
et tous les Discours qui expliquent chaque Estampe , ainsi que la Dédicace et l'Avertissement
sont renfermez dans des Bordures symboliques
très-riches et toutes differentes. L'Avertissement
qui est à la tête du Recueil , rend compte de la maniere dont l'Ouvrage a été conduit."
Il paroît une seconde Estampe du Portrait de
Ja Dlle Dangeville , dont le Public aura lieu d'ê
are plus satisfait que de la premiere.
Ce n'est pas sans fondement que le Public
avoit bien auguré de la capacité du sieur Grégoire, sur les Tableaux de la Croisée de NotreDame , qui viennent d'être posez , après avoir vû
de quelle maniere il s'étoit tiré de? ceux de da Nef
AVRÍL. 1732.® 771
Nef, applaudis universellement par tous les Con
noisseurs. On peut même dire qu'il a été au- delà de
ce qu'on pouvoit attendre de lui , principalement sur les Tableaux de Mr le Brun , et sur ceux de
Mrs Corneille , Höüasse et Jouvenet , parce qu'ils
avoient été si fort gâtez par de mauvaises drogues , qu'on avoit perdu toute esperance d'en
pouvoir jamais appercevoir aucun vestige ; d'autant que jamais personne n'avoit osé se hazarder
d'y retoucher , et qu'on les regardoit comme Ta bleaux abandonnez et perdus.
Cependant le sieur Grégoire , Eleve de M.Restout , dont ona parle à ce sujet dans le Mercure
de Janvier dernier , page 177. par un secret particulier qu'il a trouvé , vient de les rétablir entierement , et leur a rendu leur ancien lustre , en³
les rendant tels qu'ils sortirent jadis des main's de leurs celebres Auteurs.
Si le Public ne se lasse point d'admirer et d'ap
plaudir un Ouvrage regardé de tout le monde
comme une espece de Chef-d'œuvre , il a cela de
commun avec presque toute l'Académie Royale
de Peinture , puisque M. de Boullogne , premier
Peintre du Roy et Directeur de l'Académie , en a
été le premier surpris , et n'a pû lui refuser ses
suffrages , ainsi que Mrs Vancleve, de Largilliere,
Halle , Rigaud , Christophle , Restout , &c. qui
tous ont applaudi et loué le talent du sieur Grégoire sur le rétablissement de ces magnifiques Tableaux.
Au reste , le sieur Grégoire réussit également
sur tous les Tableaux de Cabinet , tant grands
que petits , quelques gâtez , défiguréz et troüez
qu'ils puiseent être. Sa demeure est Parvis de
Notre- Dame, à Paris , du côté de la grande Porte
duCloître, entre un Notaire et un Perruquier.
G iij LETT
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Résumé : Cerémonie en Estampes du Sacre du Roy, &c. [titre d'après la table]
Le texte décrit un volume illustrant la cérémonie du sacre du roi, offert à Sa Majesté le 24 décembre précédent par le Duc de Trême. Ce volume, en format in-folio sur papier grand Aigle, présente les moments clés de la cérémonie à travers des planches et des lettres grises, enrichies de sujets allégoriques et de devises. Il inclut 30 figures particulières dessinées par M. Dulin, représentant les habits portés lors de la cérémonie. Le frontispice annonce le sujet du volume, et les discours expliquant chaque estampe, ainsi que la dédicace et l'avertissement, sont encadrés dans des bordures symboliques. L'avertissement explique la réalisation de l'ouvrage. Par ailleurs, une seconde estampe du portrait de Mlle Dangeville a été publiée, suscitant une meilleure satisfaction que la première. Le texte mentionne également les travaux de restauration du sieur Grégoire sur les tableaux de la croisée de Notre-Dame. Après avoir restauré ceux de la nef, il a restauré les œuvres de M. Le Brun, M. Corneille, M. Houasse et M. Jouvenet, endommagées par de mauvaises drogues. Grâce à un secret particulier, il leur a rendu leur lustre originel, ce qui a été acclamé par l'Académie Royale de Peinture. Le sieur Grégoire réside à Paris, au Parvis de Notre-Dame, entre un notaire et un perruquier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16
p. 1400-1404
Embellisemens faits à Notre-Dame de Paris, [titre d'après la table]
Début :
On sçait que l'Eglise de Notre-Dame de Paris [...]
Mots clefs :
Église de Notre-Dame de Paris, Chapitre, Louis XIV, Cardinal de Noailles, Voûte, Tableaux
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texteReconnaissance textuelle : Embellisemens faits à Notre-Dame de Paris, [titre d'après la table]
On sçait que l'Eglise de Notre- Dame
de Paris est en possession d'attirer l'admitation de tous les habitans de cette
grande Ville et des Etrangers ; mais depuis que son illustre Chapitre a fait mettre , pour ainsi dire , la derniere main à
ce superbe Edifice , en achevant ce que
LOUIS XIV. et le feu Cardinal de Noailles
avoient commencé avec tant de zele et de
magnificence , on peut dire qu'elle paroît
dans tout son éclats car cette belle et vas
te Fabrique semble sortir des mains de
l'Ouvrier. Nous croyons faire plaisir au
public de lui donner icy une idée en racourci de ces travaux, en attendant qu'ils
soient achevez, et qu'on puisse entrer dans
un plus grand détail,
II. Vol.
Sans
JUI N. 1732 1401
Sans entrer dans le détail de la premiere origine et des differentes fondations .
de cette Eglise, bâtie dans un goût Gothique , mais des plus majestueux dans sa
simplicité;nous dirons que ce grand Vaisseau a été commencé par Maurice de Sully , Evêque de Paris , vers le milieu du
12 siécle. La premiere pierre fut mise avec
beaucoup de solemnité, par le Pape Alexandre III . alors refugié en France, lequel
fit ensuite consacrer le Grand Autel l'an
1182. par Henry, Legat Apostolique.
Ce ne fut que bien avant dans le 13
siecle que ce vaste bâtiment fut achevé ;
sa longueur est de 65 toises , sa largeur
de 24, et sa hauteur de 17 , sous clef :
il est soutenu par 20 gros Pilliers. Les
deux grosses Tours quarrées, qui s'élevent
sur le frontispice , ont 34 toises de hauteur.
LOUIS XIII. ayant résolu d'orner cette
Eglise , en conséquence d'un vœu solemnel qui interressoit tout le Royaume ; on
devoit construire un Maître-Autel , qui
répondit à sa beauté ; ce qui n'a été exécuté que par LOUIS XIV. Ce Prince est
allé au-delà des intentions de Louis le ™
Juste son Pere. On peut voir la description qui en a été faite dans Felibien,Ger
main Brice , et Piganiol de Laforce.
11. Vol G Le
402 MERCURE DE FRANCE
Le Cardinal de Noailles , Archevêque
de Paris , voulant seconder de si pieux
desseins , se proposa de continuer les décorations de ce Temple. Il commença
par la construction de la Chapelle de la
Vierge , dont l'Autel est tout de Marbre ,
avec des Colonnes enrichies d'ornemens
de Bronze doré ; il la benit le 6 de May
1719.11 fit ensuite construire la Chapellle
de S.Denys, autrement dite des Martyrs,
de la même maniere que celle de la Vierge , et dela même simétrie.
La Voute du milieu de la Croisée dépérissant de jour en jour, et la Fléche qui
est au dessus, menaçant ruine, il employa
de grandes sommes pour l'entiere réparation de l'une et de l'autre , aussi - bien que
pour la Couverture en-Plomb, dont il'a fait
refaire à neufla plus grande partie, sous la
conduite de l'Abbé de la Croix , Chanoi- ;
ne,qui s'est toujours fait un devoir de Religion d'être le Coopérateur de tant de
pieux travaux.Il a aussi présidé au rétablissementde la grande Roze qui est ducôté
de l'Archevêché ; on prétend que cette ·
seule partie a coûté près de 80000 liv. Ce
fut Claude Pinet , Appareilleur , qui executa cette entreprise en 1727. sous les ofdresde M.de Bosfrant, Architecte du Roy.
Le Cardinal de Noailles a fait aussi tra11.1.2.
vailler
JUIN. 1732. 1403
vailler à la construction d'une grande.
partie de la Chapelle , destinée pour la
Sépulture de sa Famille.
On fait monter toutes les dépenses que
le Cardinal de Noailles a faites, soit pour
les réparations ou embellissemens , à des
sommes très considérables ; et ceux qui
les estiment le moins,les portent à plus de
300000 liv.
• C'est que marcher sur ses traces ,
pour
le Chapitre s'est déterminé à achever les
réparations et les embellissemens de cette
Eglise. Il a fait reblanchir tout le dedans
par le moyen d'Echaffaurs volants , dont
P'invention hardie a été d'un tres-grand
secours ; il a fait mettre tous les Vitraux
dela Nef en Verres blancs , et réparé la
Rose du dessus de l'Orgue , qui est d'un
travail aussi ingénieux que délicat. C'est
aussi au même Chapitre que l'Orgue doit
sa parfaite restauration , et une augmen-.
tion de 1400 Tuyaux , ce qui va faire un
des Orgues les plus parfaits , et le plus
fort qu'il y ait en Europe. Le St François
Thierry a été choisi comme le plus habile
Facteur pour ces sortes d'Ouvrages , et le
S Calvieres pour le toucher; on sçait qu'il
est un des plus habiles Organistes de ce
temps.
C'est aussi aux soins , et au zéle du mêII. Vol. Gij me
1404 MERCURE DE FRANCE
me Chapitre ( a ) , qu'on est redevable de
la restauration et du nettoyement des Tableaux de cette Eglise, qui étoient depuis
long-temps dans un fort mauvais état.
Le St Gregoire, Peintre, Eleve de M² Res
tout , qui a été choisi pour cela , s'en est
acquitté avec un succès merveilleux les
deux Certificats cy - joints en font foy.
C'est aussi lui qui a donné un nouvel
arrangement à ces mêmes Tableaux,
dont les sujets , tirez de l'Evangile et des
Actes des Apôtres, étoient confondus ensemble.Il a rangé tous les sujets de l'Evangile à main gauche, en entrant dans la
Nef par le grand Portail, et les Actes des
Apôtres , à droite.
de Paris est en possession d'attirer l'admitation de tous les habitans de cette
grande Ville et des Etrangers ; mais depuis que son illustre Chapitre a fait mettre , pour ainsi dire , la derniere main à
ce superbe Edifice , en achevant ce que
LOUIS XIV. et le feu Cardinal de Noailles
avoient commencé avec tant de zele et de
magnificence , on peut dire qu'elle paroît
dans tout son éclats car cette belle et vas
te Fabrique semble sortir des mains de
l'Ouvrier. Nous croyons faire plaisir au
public de lui donner icy une idée en racourci de ces travaux, en attendant qu'ils
soient achevez, et qu'on puisse entrer dans
un plus grand détail,
II. Vol.
Sans
JUI N. 1732 1401
Sans entrer dans le détail de la premiere origine et des differentes fondations .
de cette Eglise, bâtie dans un goût Gothique , mais des plus majestueux dans sa
simplicité;nous dirons que ce grand Vaisseau a été commencé par Maurice de Sully , Evêque de Paris , vers le milieu du
12 siécle. La premiere pierre fut mise avec
beaucoup de solemnité, par le Pape Alexandre III . alors refugié en France, lequel
fit ensuite consacrer le Grand Autel l'an
1182. par Henry, Legat Apostolique.
Ce ne fut que bien avant dans le 13
siecle que ce vaste bâtiment fut achevé ;
sa longueur est de 65 toises , sa largeur
de 24, et sa hauteur de 17 , sous clef :
il est soutenu par 20 gros Pilliers. Les
deux grosses Tours quarrées, qui s'élevent
sur le frontispice , ont 34 toises de hauteur.
LOUIS XIII. ayant résolu d'orner cette
Eglise , en conséquence d'un vœu solemnel qui interressoit tout le Royaume ; on
devoit construire un Maître-Autel , qui
répondit à sa beauté ; ce qui n'a été exécuté que par LOUIS XIV. Ce Prince est
allé au-delà des intentions de Louis le ™
Juste son Pere. On peut voir la description qui en a été faite dans Felibien,Ger
main Brice , et Piganiol de Laforce.
11. Vol G Le
402 MERCURE DE FRANCE
Le Cardinal de Noailles , Archevêque
de Paris , voulant seconder de si pieux
desseins , se proposa de continuer les décorations de ce Temple. Il commença
par la construction de la Chapelle de la
Vierge , dont l'Autel est tout de Marbre ,
avec des Colonnes enrichies d'ornemens
de Bronze doré ; il la benit le 6 de May
1719.11 fit ensuite construire la Chapellle
de S.Denys, autrement dite des Martyrs,
de la même maniere que celle de la Vierge , et dela même simétrie.
La Voute du milieu de la Croisée dépérissant de jour en jour, et la Fléche qui
est au dessus, menaçant ruine, il employa
de grandes sommes pour l'entiere réparation de l'une et de l'autre , aussi - bien que
pour la Couverture en-Plomb, dont il'a fait
refaire à neufla plus grande partie, sous la
conduite de l'Abbé de la Croix , Chanoi- ;
ne,qui s'est toujours fait un devoir de Religion d'être le Coopérateur de tant de
pieux travaux.Il a aussi présidé au rétablissementde la grande Roze qui est ducôté
de l'Archevêché ; on prétend que cette ·
seule partie a coûté près de 80000 liv. Ce
fut Claude Pinet , Appareilleur , qui executa cette entreprise en 1727. sous les ofdresde M.de Bosfrant, Architecte du Roy.
Le Cardinal de Noailles a fait aussi tra11.1.2.
vailler
JUIN. 1732. 1403
vailler à la construction d'une grande.
partie de la Chapelle , destinée pour la
Sépulture de sa Famille.
On fait monter toutes les dépenses que
le Cardinal de Noailles a faites, soit pour
les réparations ou embellissemens , à des
sommes très considérables ; et ceux qui
les estiment le moins,les portent à plus de
300000 liv.
• C'est que marcher sur ses traces ,
pour
le Chapitre s'est déterminé à achever les
réparations et les embellissemens de cette
Eglise. Il a fait reblanchir tout le dedans
par le moyen d'Echaffaurs volants , dont
P'invention hardie a été d'un tres-grand
secours ; il a fait mettre tous les Vitraux
dela Nef en Verres blancs , et réparé la
Rose du dessus de l'Orgue , qui est d'un
travail aussi ingénieux que délicat. C'est
aussi au même Chapitre que l'Orgue doit
sa parfaite restauration , et une augmen-.
tion de 1400 Tuyaux , ce qui va faire un
des Orgues les plus parfaits , et le plus
fort qu'il y ait en Europe. Le St François
Thierry a été choisi comme le plus habile
Facteur pour ces sortes d'Ouvrages , et le
S Calvieres pour le toucher; on sçait qu'il
est un des plus habiles Organistes de ce
temps.
C'est aussi aux soins , et au zéle du mêII. Vol. Gij me
1404 MERCURE DE FRANCE
me Chapitre ( a ) , qu'on est redevable de
la restauration et du nettoyement des Tableaux de cette Eglise, qui étoient depuis
long-temps dans un fort mauvais état.
Le St Gregoire, Peintre, Eleve de M² Res
tout , qui a été choisi pour cela , s'en est
acquitté avec un succès merveilleux les
deux Certificats cy - joints en font foy.
C'est aussi lui qui a donné un nouvel
arrangement à ces mêmes Tableaux,
dont les sujets , tirez de l'Evangile et des
Actes des Apôtres, étoient confondus ensemble.Il a rangé tous les sujets de l'Evangile à main gauche, en entrant dans la
Nef par le grand Portail, et les Actes des
Apôtres , à droite.
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Résumé : Embellisemens faits à Notre-Dame de Paris, [titre d'après la table]
La cathédrale Notre-Dame de Paris est renommée pour son architecture imposante et attire tant les Parisiens que les visiteurs étrangers. Le chapitre de la cathédrale a récemment terminé des travaux de restauration et d'embellissement, initiés par Louis XIV et le cardinal de Noailles. La construction de la cathédrale a été commencée par Maurice de Sully au milieu du XIIe siècle et consacrée en 1182 par le pape Alexandre III. Elle mesure 65 toises de longueur, 24 de largeur et 17 de hauteur sous clef, et est soutenue par 20 piliers. Les deux tours du frontispice atteignent 34 toises de hauteur. Louis XIII avait prévu d'orner l'église, mais c'est Louis XIV qui a réalisé ce projet. Le cardinal de Noailles a poursuivi les décorations en construisant la chapelle de la Vierge et celle de Saint-Denis, en réparant la voûte et la flèche, et en refaisant la couverture en plomb. Il a également restauré la grande rose et construit une chapelle pour la sépulture de sa famille. Les dépenses du cardinal pour les réparations et embellissements sont estimées à plus de 300 000 livres. Le chapitre de la cathédrale a continué les travaux en reblanchissant l'intérieur, en réparant les vitraux et la rose au-dessus de l'orgue, et en restaurant l'orgue en ajoutant 1400 tuyaux. Les tableaux de l'église, restaurés par le peintre Saint Grégoire, ont été réorganisés pour séparer les sujets de l'Évangile et des Actes des Apôtres.
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17
p. 1787-1798
Discours sur la Peinture, &c. [titre d'après la table]
Début :
DISCOURS SUR LA PEINTURE. prononcé dans les Conferences de l'Académie [...]
Mots clefs :
Peinture, Conférences, Académie royale de peinture et de sculpture, Charles Coypel, Art, Dessein, Jugement, Coloris, Critique, Tableaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours sur la Peinture, &c. [titre d'après la table]
DISCOURS SUR LA PEINTURE , pronondans les Conferences de l'Académie
Royale de Peinture et Sculpture. Par
2. Charles Coypel , Premier Peintre de V. le Duc d'Orleans. A Paris , chez
P. F. Mariette , rue S Jacques , 1732. Brochure in 4. de 34. pages.
Le sujet, du premier Discours est sur
necessité de recevoir des avis. La premiere chose dont le Lecteur s'apperçoit
dans la lecture agréable et utile de cet
Ouvrage , c'est que M. Coypel , outre ses
lens pour l'Art qu'il professe , a une
plume aussi sage et aussi élegante que
son Pinceau ; deux qualitez qu'on trouve assez rarement ensemble. On renarque dans ses Ecrits le même génie ,
le même tour et le même ordre qu'on
voir avec plaisir dans ses heureuses Ĉompositions , où l'on trouve tant d'expres
sions fines et délicates.
M. Coypel entre en matiere très-moaestement , en soumettant ces Refléxions
qu'il n'avoit faites , dit- il , que pour lui ,
au jugement de l'Académie , et ne pou
vant croire qu'elles puissent être utiles
à d'autres qu'à lui ; sur quoi nous- pensons
1788 MERCURE DE FRANCE
sons qu'il s'expose à un démenti de là
part de tous ses Lecteurs et peut être
de toute l'Académie.
-
Sur la necessité de recevoir des avis ,
M. Coypel s'exprime ainsi. La Peinture
est composée de tant de parties , que nous
ne devons presque jamais nous flater de
ne pas perdre de vûe les unes , en nous
attachant à chercher les autres.
Il n'est pas moins rare de trouver des
amis qui soient également touchez de
toutes ces Parties. L'un n'est sensible
qu'à la couleur , et n'est que peu flaté
de l'élegance du Dessein ; l'autre , au
contraire , prétend que sans le grand
goût, la délicatesse et la pureté du Dessein , la Peinture n'est qu'une affaire de
Mécanique. L'homme d'esprit et de sentiment ne s'attachera qu'à l'expression des
têtes et à l'ordonnance. L'homme d'érudition sera satisfait si le Costume est
scrupuleusement observé dans un Tableau , ainsi des autres.
Chacun ayant donc presque toûjours
son goût déterminé pour une partie de
la Peinture , et la préferant aux autres ,
rarement est-il possible que les avis d'un
seul ami soient suffisans ; nous devons
donc necessairement faire societé avec
des personnes de goûts differens ; l'un
apper-
AOUST. 1732. 1789
appercevra ce que l'autre avoit laissé
échapper.Nous verrons aujourd'hui notre
Ouvrage par les yeux de l'homme de
Lettres , demain il sera éclairé par les lu- mieres de l'Amateur du coloris ; une aure fois les regards du Partisan du Desçin donneront aux nôtres une nouvelle
éverité , &c.
Mais il arrive quelquefois , poursuit
Auteur sur la maniere d'avoir des avis,
que la façon dont nous les demandons
ne prouve autre chose que le desir que
nous avons de recevoir des loüanges. Souvent un Auteur trouve moyen de faire
Péloge de son Ouvrage, dans le temps mêrê qu'il semble implorer le secours de
de la Critique. Trouvez- vous , dira-t'il ,
que je me sois tiré heureusement de telle
difficulté ? Fe crains que la finesse de ces
expressions ne soit pas sentie du Public.
J'aurois moins de défiance si je n'avois
affaire qu'à des Connoisseurs tels que
vous dites moi votre sentiment. Le
moyen de dire des choses fâcheuses à
quelqu'un qui déclare que vous êtes seul
capable de connoître l'excellence de son
mérite. Ne prévenons nos Juges que sur
,
desir que nous avons de nous corriger
et sur l'obligation que nous aurions à
quelqu'un qui nous voudroit assez de
bien
1
pour nous faire part de sa critique , au
risque de nous affliger. D'ailleurs laissons
parler notre Ouvrage ; ce qu'il ne dira
pas, cest qu'il ne le peut dire, &c. Soyons
prompts à démêler sur le visage de celui
que nous consultons , l'impression qu'il
reçoit au premier coup d'œil , c'est le
sentiment que sa politesse même ne peur
nous cacher. Mais ne craignons pas de
manquer d'avis quand il sera bien établi
que nous les recevons avec plaisir.
Après avoir dit que c'est dans l'idée de
critiquer ses propres ouvrages , qu'il faut
consulter ceux des grands Maîtres anciens , il ajoute : Nous devrions faire la
même chose à la vûë de ceux des habiles
gens avec qui nous vivons. Malheureusement cela nous devient plus difficile :
nous avons peine àconvenir qu'il se trouve de notre temps des personnes qui possedent dans notre Art des perfections que
nous n'avons pû acquerir ; nous le pardonnons aux anciens; ils semblent avoir
expié cette offense en cessant de vivre.
D'ailleurs ceux de nos jours que nous
envions , sont obligés de leur rendre la
même justice ; c'est une consolation pour
notre amour propre ; mais qu'en arrive-,
t-il? Nous nous bornons à admirer ceux
qui sont venus avant nous , sans nous efforcer
AOUST. 1732 1791
forcer de les égaler ; nous renonçons à
ce noble désir , dans l'esperance que nos
contemporains ne parviendront pas plus
que nous à cet éminent dégré de perfec
tion ; et quant aux Ouvrages nouveaux
si nous y remarquons des parties qui
nous manquent, loin de tâcher de mettre
à profit le mouvement de jalousie qu'el
les nous inspirent , en les étudiant assez
pour les acquerir ; nous cherchons promtement de la consolation , en y faisant la
recherche de défauts que nous aurions
peut- être évitez. De là nous retournons
regarder nos productions avec autant de
complaisance pour nous mêmes, que nous
avons de sévérité pour les autres : Nous
y admirons la partie que nous croïons posséder ; nous ne manquons pas de lui donner la prééminence sur toutes les autres ;
nos ennemis ont la malice de nous fortifier dans cette ridicule opinion ; nos flateurs ont la fausseté de l'augmenter en
nous , et nos amis ont souvent la foiblesse de nous la laisser , et d'en prendre leur
part.
La seule comparaison de nos Ouvrages,
avec ceux des autres , peut nous rendre
nos deffauts sensibles. Lorsque nous passons notre temps vis- à-vis nos produc
tions , il est rare que nous persistions dans
1792 MERCURE DE FRANCE
dans le désir de leur chercher querelle.
Combien de femmes, dans l'arriere saison,
sont contentes de leur visage , après une
longue toilette ! La grande habitude dans
laquelle elles sont, d'y considerer toujours
le même objet , qu'elles pensent embellir
souvent par de ridicules ajustemens , leur
persuade aisément qu'il est même du remede aux Outrages du temps. Qu'une jeune et belle personne paroisse , cette vûë
leur fait sentir dans l'instant des veritez
que le Miroir leur avoit montrées vainement. Gardons-nous donc de croire que
nous puissions , sans aucun secours , parvenir à nous bien critiquer; nous sommes
trop échauffez de nos propres idées pour
conserver ce sang froid, si nécessaire pour
bien juger.
Avant le Dialogue sur la connoissance
-de la Peinture , M. Coypel rend compte
du motif qui le lui a fait composer , sur
ce principe , que la Peinture n'ayant pour
objet que la parfaite imitation de la nature ,
tout homme de bon sens et d'esprit, sans avoir
étudié les mysteres de cet art , est à portée de
sentir les grandes beautez d'un Tableau , et
defaire souvent même d'excellentes remarques
Il suppose un veritable connoisseur en
conversation , avec un homme d'esprit ,
qui
A OUST. 1732. 1793
qui n'ayant jamais eu de principes sur la
peinture , n'ose s'en rapporter à ses yeux;
ou , pour dire plus, dit- il , n'ose ceder au
plaisir qu'il ressent , en voyant des Tableaux , dans la crainte de n'être pas satisfait selon les regles , &c.
Seriez-vous dans l'erreur de croire , dit
Alcipeà Damon,comme beaucoup de gens,
que l'on ne sçauroit sentir les beautez
d'un Ouvrage que lorsque l'on sçait de
quelle main il est sorti ? ... Je conviens
que celui qui est au fait des principes de
Art, doit avoir encore plus de plaisir
qu'un autre ; mais je ne conviens pas que
cela soit absolument nécessaire. Selon
votre idée , on ne pourroit lire les Vers
avec plaisir , qu'autant qu'on seroit capable d'en faire soi-même ; et il ne seroit
plus permis qu'à ceux qui sçavent la Musique , d'écouter un Concert. Non , mon
cher Damon, les beaux Arts sont faits
pour toutes les personnes de bon sens et
d'esprit et sur tout la Peinture , qui
n'a d'autre objet que l'imitation du vrai.
Croyez qu'il y a tel homme d'esprit , qui
sera plus capable de sentir les grandes
beautez d'un Tableau , que quantité de
prétendus connoisseurs qui vous imposent par leur jargon ; de ces gens qui ont
passé leur vie à étudier les differentes maF nicres
1794 MERCURE DE FRANCE
nieres de tels et tels , sans s'appliquer à
connoître quelle partie a rendu celui-cy
plus fameux que cet autre. Il leur suffit
de reconnoître la touche du Titien, ou du
Carache dans un Tableau, pour le déclarer merveilleux. Ne croyez pas même
qu'ils aillent chercher les preuves de l'originalité dans les grandes parties ;-non ,
c'est souvent un petit coin du Tableau
la touche d'une Plante , d'un Nuage, ou
le derriere de la Toile qui les déterminent. D'ailleurs ces gens - là n'ignorent
aucuns termes de l'Art , sçavent exactement la vie des Peintres , l'Histoire de
chaque Tableau , &c.
Ce que j'y trouve de pis , c'est que ces
diseurs de grands mots sont des Éleves.
Un homme qui voudra se jetter dans la
connoissance de la Peinture , s'addressera
plutôt à eux qu'à un Peintre ; car ces
Mr ont leur interêt pour publier que les
Peintres sont ceux qui s'y connoissent le
moins. C'est-là le premier préjugé sur lequel ils établissent les autres. Si - tôt que
Eleve en est rempli , il marche à grands
pas ; en peu de jours le voilà bien persuadé qu'il peut en toute sureté , mépriser
tous les Tableaux peints sur des toiles neu--
ves ; et admirer ceux qui menacent ruine.
Jugez alors si l'amour propre est satis- fait ?
AOUST. 17320 1795
it. Quel air de capacité ne se donne
int mon homme en se récriant devant
monde sur les beautez d'un vieux Taeau noirci , où les autres ne connoisnt plus rien , et où il ne découvre plus
n lui-même on le suit , on l'écoute
Sa décision est pitoyable , mais
e lui importe ; on le prend pour un
mme capable, il est content.Car il faut
convenir ; souvent nous avons des Taaux, des Livres ; nous courons les Conts , bien moins parce que nous aimons
Peinture , les Lettres ou la Musique
pour nous donner un air de capacité.
is se le donne - t - on en réfléchissant
g-temps avant que de hazarder son
timent ? Non, c'est en décidant promient , &c.
On blâme plus volontiers les Ouvranouveaux qui paroissent , qu'on ne les
3. Je ne sçai pourquoi , dit Alcipe, mais
utencore l'avouer,à notre honte; nous
ons une secrete et détestable joïe à reher un homme qui a fait ses efforts
nous plaire ; et vû cette malheureuclination , il devient bien plus diffid'approuver un Ouvrage nouveau ,
ue de leblâmer.Dites qu'il ne vaut rien;
on vous croît , sans que vous soyez obligé de vous expliquer davantage ; mais si
Fij Vous
1796 MERCURE DE FRANCE
vous en parlez avec éloge , ( au cas qu'on
veuille bien ne vous pas traiter d'imbécille ) on vous demande au moins raison.
de votre approbation ; c'est alors qu'il
faut véritablement s'y connoître pour
prouver sa capacité ; et peut - être même
faut-il plus de gout et d'esprit pour bien
sentir les grandes beautez , que pour découvrir les deffauts. D'ailleurs , que risquons- nous en blâmant? Si l'Ouvrage est
bon et reconnu pour tel dans la suite,nous
donnons à perser , en le regardant avec
froideur , que nous avons une idée du
beau bien supérieure à celle qu'en a le
vulgaire ; mais quand par malheur la critique l'emporte sur nos applaudissemens,
nous courons risque de passer pour des
esprits bornés. A l'égard des productions
des anciens , on ne peut que se faire honneur en les louant , parce que la posterité
les a consacrez. N'allez pas croire que je
prétende dire qu'ils ne sont pas dignes de
cette admiration ; personne ne leur rend
plus de justice que moi ; et c'est parce
que je les aime , que je suis outré de les
entendre loüer par des ignorans, qui n'en
démêlent que la rareté , et point du tout
l'excellence.
Mais, quoy ! dit Damon, jugeriez-vous
à propos que j'allasse me mêler de parler
de
A O UST. 1732. 1797
de la composition d'un Tableau : Eh
pourquoi pas ? répond Alcipe. Quelle
est , à votre avis , la premiere partie de la
composition ? N'est- ce pas de vous rendre , avec vérité , le sujet que l'on vous
annonce ? Si on veut vous representer ,
par exemple , la mort de Jules - César
n'êtes-vous pas à portée de juger si le
Peintre a rendu l'image de cette Scene ?
N'en jugeriez vous pas au Théatre ? Ne
verriez-vous pas bien si César et Brutus sont les principaux objets qui frappent votre vûë ? Si les autres personnages ont dans l'action , dans laquelle ils doivent être Enfin si le mouvement de
cètte Scene vous inspire la terreur qu'il
doit vous inspirer ? Si ces principales par
ties ne s'y trouvent point , dites en sûreté
que la composion de ce Tableau ne vous
plaît pas ; et vous aurez raison ; mais ne
vous pressez pas de dire que ce Tableau
ne vaut rien ; car il pourroit se trouver
d'excellentes choses dans le détail. La
Peinture est composée de tant de parties... Regardez donc , avant de condamner entierement , si , la composition
à part , vous ne serez point frappé de la
vérité de la couleur , de l'effet du clairobscur , du relief des figures , &c.
Sur la composition , sur le dessein , sur
Fiij le
1798 MERCURE DE FRANCE
le coloris , un homme d'esprit peut dire
son sentiment , dit Alcipe , puisqu'il ne
s'agit que de comparer le vrai, avec l'imitation. Quant à l'harmonie generale
poursuit-il,pourquoi nos yeux n'auroient- ils pas les mêmes facultez que nos oreilles ? Nous ne sommes touchez du son des
Instrumens , que lorsqu'ils sont parfaitement d'accord. Les couleurs d'un Tableau
doivent faire sur nous les mêmes impressions.Si une Musique harmonieuse et brillante nous frappe plus qu'une Musique
plate , quoique nous ne sçachions pas les
regles de la composition ; pourquoi un
Tableau brillant et suave ne nous plairat-il pas plus qu'un Tableau dur et sans
accord?
Royale de Peinture et Sculpture. Par
2. Charles Coypel , Premier Peintre de V. le Duc d'Orleans. A Paris , chez
P. F. Mariette , rue S Jacques , 1732. Brochure in 4. de 34. pages.
Le sujet, du premier Discours est sur
necessité de recevoir des avis. La premiere chose dont le Lecteur s'apperçoit
dans la lecture agréable et utile de cet
Ouvrage , c'est que M. Coypel , outre ses
lens pour l'Art qu'il professe , a une
plume aussi sage et aussi élegante que
son Pinceau ; deux qualitez qu'on trouve assez rarement ensemble. On renarque dans ses Ecrits le même génie ,
le même tour et le même ordre qu'on
voir avec plaisir dans ses heureuses Ĉompositions , où l'on trouve tant d'expres
sions fines et délicates.
M. Coypel entre en matiere très-moaestement , en soumettant ces Refléxions
qu'il n'avoit faites , dit- il , que pour lui ,
au jugement de l'Académie , et ne pou
vant croire qu'elles puissent être utiles
à d'autres qu'à lui ; sur quoi nous- pensons
1788 MERCURE DE FRANCE
sons qu'il s'expose à un démenti de là
part de tous ses Lecteurs et peut être
de toute l'Académie.
-
Sur la necessité de recevoir des avis ,
M. Coypel s'exprime ainsi. La Peinture
est composée de tant de parties , que nous
ne devons presque jamais nous flater de
ne pas perdre de vûe les unes , en nous
attachant à chercher les autres.
Il n'est pas moins rare de trouver des
amis qui soient également touchez de
toutes ces Parties. L'un n'est sensible
qu'à la couleur , et n'est que peu flaté
de l'élegance du Dessein ; l'autre , au
contraire , prétend que sans le grand
goût, la délicatesse et la pureté du Dessein , la Peinture n'est qu'une affaire de
Mécanique. L'homme d'esprit et de sentiment ne s'attachera qu'à l'expression des
têtes et à l'ordonnance. L'homme d'érudition sera satisfait si le Costume est
scrupuleusement observé dans un Tableau , ainsi des autres.
Chacun ayant donc presque toûjours
son goût déterminé pour une partie de
la Peinture , et la préferant aux autres ,
rarement est-il possible que les avis d'un
seul ami soient suffisans ; nous devons
donc necessairement faire societé avec
des personnes de goûts differens ; l'un
apper-
AOUST. 1732. 1789
appercevra ce que l'autre avoit laissé
échapper.Nous verrons aujourd'hui notre
Ouvrage par les yeux de l'homme de
Lettres , demain il sera éclairé par les lu- mieres de l'Amateur du coloris ; une aure fois les regards du Partisan du Desçin donneront aux nôtres une nouvelle
éverité , &c.
Mais il arrive quelquefois , poursuit
Auteur sur la maniere d'avoir des avis,
que la façon dont nous les demandons
ne prouve autre chose que le desir que
nous avons de recevoir des loüanges. Souvent un Auteur trouve moyen de faire
Péloge de son Ouvrage, dans le temps mêrê qu'il semble implorer le secours de
de la Critique. Trouvez- vous , dira-t'il ,
que je me sois tiré heureusement de telle
difficulté ? Fe crains que la finesse de ces
expressions ne soit pas sentie du Public.
J'aurois moins de défiance si je n'avois
affaire qu'à des Connoisseurs tels que
vous dites moi votre sentiment. Le
moyen de dire des choses fâcheuses à
quelqu'un qui déclare que vous êtes seul
capable de connoître l'excellence de son
mérite. Ne prévenons nos Juges que sur
,
desir que nous avons de nous corriger
et sur l'obligation que nous aurions à
quelqu'un qui nous voudroit assez de
bien
1
pour nous faire part de sa critique , au
risque de nous affliger. D'ailleurs laissons
parler notre Ouvrage ; ce qu'il ne dira
pas, cest qu'il ne le peut dire, &c. Soyons
prompts à démêler sur le visage de celui
que nous consultons , l'impression qu'il
reçoit au premier coup d'œil , c'est le
sentiment que sa politesse même ne peur
nous cacher. Mais ne craignons pas de
manquer d'avis quand il sera bien établi
que nous les recevons avec plaisir.
Après avoir dit que c'est dans l'idée de
critiquer ses propres ouvrages , qu'il faut
consulter ceux des grands Maîtres anciens , il ajoute : Nous devrions faire la
même chose à la vûë de ceux des habiles
gens avec qui nous vivons. Malheureusement cela nous devient plus difficile :
nous avons peine àconvenir qu'il se trouve de notre temps des personnes qui possedent dans notre Art des perfections que
nous n'avons pû acquerir ; nous le pardonnons aux anciens; ils semblent avoir
expié cette offense en cessant de vivre.
D'ailleurs ceux de nos jours que nous
envions , sont obligés de leur rendre la
même justice ; c'est une consolation pour
notre amour propre ; mais qu'en arrive-,
t-il? Nous nous bornons à admirer ceux
qui sont venus avant nous , sans nous efforcer
AOUST. 1732 1791
forcer de les égaler ; nous renonçons à
ce noble désir , dans l'esperance que nos
contemporains ne parviendront pas plus
que nous à cet éminent dégré de perfec
tion ; et quant aux Ouvrages nouveaux
si nous y remarquons des parties qui
nous manquent, loin de tâcher de mettre
à profit le mouvement de jalousie qu'el
les nous inspirent , en les étudiant assez
pour les acquerir ; nous cherchons promtement de la consolation , en y faisant la
recherche de défauts que nous aurions
peut- être évitez. De là nous retournons
regarder nos productions avec autant de
complaisance pour nous mêmes, que nous
avons de sévérité pour les autres : Nous
y admirons la partie que nous croïons posséder ; nous ne manquons pas de lui donner la prééminence sur toutes les autres ;
nos ennemis ont la malice de nous fortifier dans cette ridicule opinion ; nos flateurs ont la fausseté de l'augmenter en
nous , et nos amis ont souvent la foiblesse de nous la laisser , et d'en prendre leur
part.
La seule comparaison de nos Ouvrages,
avec ceux des autres , peut nous rendre
nos deffauts sensibles. Lorsque nous passons notre temps vis- à-vis nos produc
tions , il est rare que nous persistions dans
1792 MERCURE DE FRANCE
dans le désir de leur chercher querelle.
Combien de femmes, dans l'arriere saison,
sont contentes de leur visage , après une
longue toilette ! La grande habitude dans
laquelle elles sont, d'y considerer toujours
le même objet , qu'elles pensent embellir
souvent par de ridicules ajustemens , leur
persuade aisément qu'il est même du remede aux Outrages du temps. Qu'une jeune et belle personne paroisse , cette vûë
leur fait sentir dans l'instant des veritez
que le Miroir leur avoit montrées vainement. Gardons-nous donc de croire que
nous puissions , sans aucun secours , parvenir à nous bien critiquer; nous sommes
trop échauffez de nos propres idées pour
conserver ce sang froid, si nécessaire pour
bien juger.
Avant le Dialogue sur la connoissance
-de la Peinture , M. Coypel rend compte
du motif qui le lui a fait composer , sur
ce principe , que la Peinture n'ayant pour
objet que la parfaite imitation de la nature ,
tout homme de bon sens et d'esprit, sans avoir
étudié les mysteres de cet art , est à portée de
sentir les grandes beautez d'un Tableau , et
defaire souvent même d'excellentes remarques
Il suppose un veritable connoisseur en
conversation , avec un homme d'esprit ,
qui
A OUST. 1732. 1793
qui n'ayant jamais eu de principes sur la
peinture , n'ose s'en rapporter à ses yeux;
ou , pour dire plus, dit- il , n'ose ceder au
plaisir qu'il ressent , en voyant des Tableaux , dans la crainte de n'être pas satisfait selon les regles , &c.
Seriez-vous dans l'erreur de croire , dit
Alcipeà Damon,comme beaucoup de gens,
que l'on ne sçauroit sentir les beautez
d'un Ouvrage que lorsque l'on sçait de
quelle main il est sorti ? ... Je conviens
que celui qui est au fait des principes de
Art, doit avoir encore plus de plaisir
qu'un autre ; mais je ne conviens pas que
cela soit absolument nécessaire. Selon
votre idée , on ne pourroit lire les Vers
avec plaisir , qu'autant qu'on seroit capable d'en faire soi-même ; et il ne seroit
plus permis qu'à ceux qui sçavent la Musique , d'écouter un Concert. Non , mon
cher Damon, les beaux Arts sont faits
pour toutes les personnes de bon sens et
d'esprit et sur tout la Peinture , qui
n'a d'autre objet que l'imitation du vrai.
Croyez qu'il y a tel homme d'esprit , qui
sera plus capable de sentir les grandes
beautez d'un Tableau , que quantité de
prétendus connoisseurs qui vous imposent par leur jargon ; de ces gens qui ont
passé leur vie à étudier les differentes maF nicres
1794 MERCURE DE FRANCE
nieres de tels et tels , sans s'appliquer à
connoître quelle partie a rendu celui-cy
plus fameux que cet autre. Il leur suffit
de reconnoître la touche du Titien, ou du
Carache dans un Tableau, pour le déclarer merveilleux. Ne croyez pas même
qu'ils aillent chercher les preuves de l'originalité dans les grandes parties ;-non ,
c'est souvent un petit coin du Tableau
la touche d'une Plante , d'un Nuage, ou
le derriere de la Toile qui les déterminent. D'ailleurs ces gens - là n'ignorent
aucuns termes de l'Art , sçavent exactement la vie des Peintres , l'Histoire de
chaque Tableau , &c.
Ce que j'y trouve de pis , c'est que ces
diseurs de grands mots sont des Éleves.
Un homme qui voudra se jetter dans la
connoissance de la Peinture , s'addressera
plutôt à eux qu'à un Peintre ; car ces
Mr ont leur interêt pour publier que les
Peintres sont ceux qui s'y connoissent le
moins. C'est-là le premier préjugé sur lequel ils établissent les autres. Si - tôt que
Eleve en est rempli , il marche à grands
pas ; en peu de jours le voilà bien persuadé qu'il peut en toute sureté , mépriser
tous les Tableaux peints sur des toiles neu--
ves ; et admirer ceux qui menacent ruine.
Jugez alors si l'amour propre est satis- fait ?
AOUST. 17320 1795
it. Quel air de capacité ne se donne
int mon homme en se récriant devant
monde sur les beautez d'un vieux Taeau noirci , où les autres ne connoisnt plus rien , et où il ne découvre plus
n lui-même on le suit , on l'écoute
Sa décision est pitoyable , mais
e lui importe ; on le prend pour un
mme capable, il est content.Car il faut
convenir ; souvent nous avons des Taaux, des Livres ; nous courons les Conts , bien moins parce que nous aimons
Peinture , les Lettres ou la Musique
pour nous donner un air de capacité.
is se le donne - t - on en réfléchissant
g-temps avant que de hazarder son
timent ? Non, c'est en décidant promient , &c.
On blâme plus volontiers les Ouvranouveaux qui paroissent , qu'on ne les
3. Je ne sçai pourquoi , dit Alcipe, mais
utencore l'avouer,à notre honte; nous
ons une secrete et détestable joïe à reher un homme qui a fait ses efforts
nous plaire ; et vû cette malheureuclination , il devient bien plus diffid'approuver un Ouvrage nouveau ,
ue de leblâmer.Dites qu'il ne vaut rien;
on vous croît , sans que vous soyez obligé de vous expliquer davantage ; mais si
Fij Vous
1796 MERCURE DE FRANCE
vous en parlez avec éloge , ( au cas qu'on
veuille bien ne vous pas traiter d'imbécille ) on vous demande au moins raison.
de votre approbation ; c'est alors qu'il
faut véritablement s'y connoître pour
prouver sa capacité ; et peut - être même
faut-il plus de gout et d'esprit pour bien
sentir les grandes beautez , que pour découvrir les deffauts. D'ailleurs , que risquons- nous en blâmant? Si l'Ouvrage est
bon et reconnu pour tel dans la suite,nous
donnons à perser , en le regardant avec
froideur , que nous avons une idée du
beau bien supérieure à celle qu'en a le
vulgaire ; mais quand par malheur la critique l'emporte sur nos applaudissemens,
nous courons risque de passer pour des
esprits bornés. A l'égard des productions
des anciens , on ne peut que se faire honneur en les louant , parce que la posterité
les a consacrez. N'allez pas croire que je
prétende dire qu'ils ne sont pas dignes de
cette admiration ; personne ne leur rend
plus de justice que moi ; et c'est parce
que je les aime , que je suis outré de les
entendre loüer par des ignorans, qui n'en
démêlent que la rareté , et point du tout
l'excellence.
Mais, quoy ! dit Damon, jugeriez-vous
à propos que j'allasse me mêler de parler
de
A O UST. 1732. 1797
de la composition d'un Tableau : Eh
pourquoi pas ? répond Alcipe. Quelle
est , à votre avis , la premiere partie de la
composition ? N'est- ce pas de vous rendre , avec vérité , le sujet que l'on vous
annonce ? Si on veut vous representer ,
par exemple , la mort de Jules - César
n'êtes-vous pas à portée de juger si le
Peintre a rendu l'image de cette Scene ?
N'en jugeriez vous pas au Théatre ? Ne
verriez-vous pas bien si César et Brutus sont les principaux objets qui frappent votre vûë ? Si les autres personnages ont dans l'action , dans laquelle ils doivent être Enfin si le mouvement de
cètte Scene vous inspire la terreur qu'il
doit vous inspirer ? Si ces principales par
ties ne s'y trouvent point , dites en sûreté
que la composion de ce Tableau ne vous
plaît pas ; et vous aurez raison ; mais ne
vous pressez pas de dire que ce Tableau
ne vaut rien ; car il pourroit se trouver
d'excellentes choses dans le détail. La
Peinture est composée de tant de parties... Regardez donc , avant de condamner entierement , si , la composition
à part , vous ne serez point frappé de la
vérité de la couleur , de l'effet du clairobscur , du relief des figures , &c.
Sur la composition , sur le dessein , sur
Fiij le
1798 MERCURE DE FRANCE
le coloris , un homme d'esprit peut dire
son sentiment , dit Alcipe , puisqu'il ne
s'agit que de comparer le vrai, avec l'imitation. Quant à l'harmonie generale
poursuit-il,pourquoi nos yeux n'auroient- ils pas les mêmes facultez que nos oreilles ? Nous ne sommes touchez du son des
Instrumens , que lorsqu'ils sont parfaitement d'accord. Les couleurs d'un Tableau
doivent faire sur nous les mêmes impressions.Si une Musique harmonieuse et brillante nous frappe plus qu'une Musique
plate , quoique nous ne sçachions pas les
regles de la composition ; pourquoi un
Tableau brillant et suave ne nous plairat-il pas plus qu'un Tableau dur et sans
accord?
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Résumé : Discours sur la Peinture, &c. [titre d'après la table]
En 1732, Charles Coypel, Premier Peintre du Duc d'Orléans, prononce un discours lors des conférences de l'Académie Royale de Peinture et Sculpture. Il y souligne la nécessité pour les artistes de recevoir des avis pour améliorer leur travail. La peinture, composée de nombreuses parties, peut être critiquée sous différents aspects tels que la couleur, le dessin, l'expression ou le costume. Coypel insiste sur l'importance de demander des avis de manière sincère et ouverte, sans chercher uniquement des louanges. Il critique ceux qui se contentent d'admirer les œuvres des anciens maîtres sans essayer de les égaler ou d'apprendre des contemporains. Il met également en garde contre l'habitude de trouver des défauts dans les œuvres nouvelles pour se consoler de ses propres insuffisances. Coypel aborde ensuite la capacité de chacun à apprécier les beautés d'un tableau, indépendamment des connaissances techniques. Il critique les prétendus connaisseurs qui se basent sur des détails superficiels pour juger une œuvre. Il encourage à juger les tableaux en fonction de leur composition et de leur capacité à représenter fidèlement le sujet. Le texte discute également de la perception des éléments artistiques par l'observateur, tels que la vérité de la couleur, l'effet du clair-obscur et le relief des figures. Alcipe, un personnage mentionné, affirme qu'un homme d'esprit peut exprimer son avis sur la composition, le dessin et le coloris en comparant le vrai avec l'imitation. Il compare l'harmonie générale d'un tableau à celle de la musique, suggérant que les yeux devraient avoir les mêmes facultés que les oreilles. Les couleurs d'un tableau doivent produire les mêmes impressions que les sons des instruments lorsqu'ils sont en accord parfait. De même que la musique harmonieuse et brillante est plus frappante que la musique plate, un tableau brillant et suave devrait plaire davantage qu'un tableau dur et sans accord.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18
p. 2449-2450
Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
Il y a en vente chez la Veuve Chereau, ruë S. Jacques, aux deux Pilliers d'Or; et chez [...]
Mots clefs :
Estampes, Tableaux, Antoine Watteau, Enseigne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
·Il Y a en vente chez la Veuve Chereau , rue
S. Jacques , aux deux Pilliers d'Or" ; et chez Sû
rugues , Graveur du Roy , rue des Noyers , vis- à- vis S. Yves , deux Estampes, nouvellement gra.
vées d'après les Tableaux de feu Antoine Wat- teau ; l'une a pour titre : Les agrémens de l'Eté.
Ce Tableau est dans le Cabinet de M. Glucq ,
Conseiller au Parlement. L'autre est l'Enseigne
que Watteau peignit en arrivant de Londresen
172 1. pour M. Gersain , son ami , Marchand
de Tableaux et d'Estampes , sur le Pont Notre- Dame.
Ce morceau qui a 9 pieds 6 pouces de large ,
sur spieds de haut , a toujours été regardé com-mc
2450 MERCURE DE FRANCE
me le Chef- d'œuvre de cet excellent Peintre. Îl
représente le Magazin d'un Marchand , qui est
rempli de differens Tableaux des plus grands
Maîtres ; on y reconnoît le caractere et le goût de chacun de ces Maîtres.
Cette fameuse Enseigne ne fut exposée que 15
jours ; elle fit l'admiration de tout Paris. Elle fut vendue à M. Glucq . On la voit à present dans le
Cabinet de M. Jullienne , qui l'a fait graver
pour la suite dê l'œuvre , qu'il fait toujours con tinuer. On lit ces Vers au bas de l'Estampe.
Watteau dans cette Enseigne , à la fleur de
ses ans >
Des Maîtres de son art imite la maniere ;
Leurs caracteres differens ,
Leurs touches et leur goût composent la matiere
De ces Esquisses Elegans.
Que n'attendions- nous point de tant d'heureux
Talens !
Si le Ciel eut voulu prolonger sa carriere ,
Il auroit surpassé ces Modeles charmans.
S. Jacques , aux deux Pilliers d'Or" ; et chez Sû
rugues , Graveur du Roy , rue des Noyers , vis- à- vis S. Yves , deux Estampes, nouvellement gra.
vées d'après les Tableaux de feu Antoine Wat- teau ; l'une a pour titre : Les agrémens de l'Eté.
Ce Tableau est dans le Cabinet de M. Glucq ,
Conseiller au Parlement. L'autre est l'Enseigne
que Watteau peignit en arrivant de Londresen
172 1. pour M. Gersain , son ami , Marchand
de Tableaux et d'Estampes , sur le Pont Notre- Dame.
Ce morceau qui a 9 pieds 6 pouces de large ,
sur spieds de haut , a toujours été regardé com-mc
2450 MERCURE DE FRANCE
me le Chef- d'œuvre de cet excellent Peintre. Îl
représente le Magazin d'un Marchand , qui est
rempli de differens Tableaux des plus grands
Maîtres ; on y reconnoît le caractere et le goût de chacun de ces Maîtres.
Cette fameuse Enseigne ne fut exposée que 15
jours ; elle fit l'admiration de tout Paris. Elle fut vendue à M. Glucq . On la voit à present dans le
Cabinet de M. Jullienne , qui l'a fait graver
pour la suite dê l'œuvre , qu'il fait toujours con tinuer. On lit ces Vers au bas de l'Estampe.
Watteau dans cette Enseigne , à la fleur de
ses ans >
Des Maîtres de son art imite la maniere ;
Leurs caracteres differens ,
Leurs touches et leur goût composent la matiere
De ces Esquisses Elegans.
Que n'attendions- nous point de tant d'heureux
Talens !
Si le Ciel eut voulu prolonger sa carriere ,
Il auroit surpassé ces Modeles charmans.
Fermer
Résumé : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Le texte annonce la vente de deux estampes gravées d'après les tableaux d'Antoine Watteau. La première, intitulée 'Les agrémens de l'Eté', est conservée dans le cabinet de M. Glucq, Conseiller au Parlement. La seconde est une enseigne peinte par Watteau en 1721 pour M. Gersain, un marchand de tableaux et d'estampes. Cette enseigne, mesurant 9 pieds 6 pouces de large sur 6 pieds de haut, est considérée comme le chef-d'œuvre de Watteau. Elle représente le magasin d'un marchand rempli de tableaux de grands maîtres, chacun reconnaissable par son style et son goût. Exposée seulement 15 jours, elle fut admirée par tout Paris avant d'être vendue à M. Glucq. Actuellement, elle se trouve dans le cabinet de M. Jullienne, qui l'a fait graver pour une suite d'œuvres. Une poésie accompagne l'estampe, soulignant le talent de Watteau et son imitation des maîtres de son art.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19
p. 555
Vente de Tableaux, Miniatures, Estampes, Médailles, Bronzes, Desseins, &c. [titre d'après la table]
Début :
On nous prie d'avertir que la vente des Tableaux des plus grands Maîtres d'Italie, de France, [...]
Mots clefs :
Dessins, Grands maîtres, Tableaux, Cabinet, Livres, Manuscrits
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texteReconnaissance textuelle : Vente de Tableaux, Miniatures, Estampes, Médailles, Bronzes, Desseins, &c. [titre d'après la table]
On nous prie d'avertir que la vente des Tableaux
des plus grands Maîtres d'Italie , de France
, de Flandre et d'Hollande , du Cabinet de feu
M. de la Chataigneraye , Argentier des Enfans
de France , se fera publiquement le 20. Avril prochain
et jours suivans , en l'Abbaye S. Victor
Paris.
On donne aussi avis que le 15 d'Avril prochain
et jours suivans , on fera la vente du Cabinet de
M. du Rondray , qui consiste en Desseins de Décorations
et d'habillemens de Théatre, de Fêtes et
Réjouissances publiques , de Mausolées et Pompes
funebres ; en Desseins de grands Maîtres'
François et Etrangers , Tableaux à Gouache , et
autres Desseins colorez Estampes , Planches
gravées par le Clerc, Simoneau etAudran , un nombre
considerable de Médailles antiques et modernes
;
,
Livres , &c. Livres imprimez et manuscrits,
Bibles anciennes , en gotiques , avec Miniatures ,
Heures ou Ordinaires de la Messe , écrites à la
main , enrichies de très- belles Miniatures , et
plusieurs Livres de Musique , d'Opera et autres
Airs des plus grands Maîtres Italiens et François,
manuscrits er imprimez. Cette Vente se fera à
Paris , rue du Doyenné S. Thomas du Louvre ,
dans la Maison du Doyenné.
des plus grands Maîtres d'Italie , de France
, de Flandre et d'Hollande , du Cabinet de feu
M. de la Chataigneraye , Argentier des Enfans
de France , se fera publiquement le 20. Avril prochain
et jours suivans , en l'Abbaye S. Victor
Paris.
On donne aussi avis que le 15 d'Avril prochain
et jours suivans , on fera la vente du Cabinet de
M. du Rondray , qui consiste en Desseins de Décorations
et d'habillemens de Théatre, de Fêtes et
Réjouissances publiques , de Mausolées et Pompes
funebres ; en Desseins de grands Maîtres'
François et Etrangers , Tableaux à Gouache , et
autres Desseins colorez Estampes , Planches
gravées par le Clerc, Simoneau etAudran , un nombre
considerable de Médailles antiques et modernes
;
,
Livres , &c. Livres imprimez et manuscrits,
Bibles anciennes , en gotiques , avec Miniatures ,
Heures ou Ordinaires de la Messe , écrites à la
main , enrichies de très- belles Miniatures , et
plusieurs Livres de Musique , d'Opera et autres
Airs des plus grands Maîtres Italiens et François,
manuscrits er imprimez. Cette Vente se fera à
Paris , rue du Doyenné S. Thomas du Louvre ,
dans la Maison du Doyenné.
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Résumé : Vente de Tableaux, Miniatures, Estampes, Médailles, Bronzes, Desseins, &c. [titre d'après la table]
Le texte annonce deux ventes publiques à Paris. La première, prévue pour le 20 avril et les jours suivants, concerne la vente des tableaux des plus grands maîtres d'Italie, de France, de Flandre et de Hollande, provenant du cabinet de feu M. de la Chataigneraye, Argentier des Enfants de France. Cette vente se tiendra à l'Abbaye Saint-Victor. La seconde vente, programmée pour le 15 avril et les jours suivants, concerne le cabinet de M. du Rondray. Elle inclut des dessins de décorations et d'habillemens de théâtre, de fêtes et réjouissances publiques, de mausolées et pompes funèbres, ainsi que des dessins de grands maîtres français et étrangers, des tableaux à la gouache, des estampes, des planches gravées par le Clerc, Simoneau et Audran, un nombre considérable de médailles antiques et modernes, des livres imprimés et manuscrits, des Bibles anciennes en gothiques avec miniatures, des Heures ou Ordinaires de la Messe écrites à la main et enrichies de très belles miniatures, et plusieurs livres de musique, d'opéra et autres airs des plus grands maîtres italiens et français, manuscrits et imprimés. Cette vente se déroulera à Paris, rue du Doyenné Saint-Thomas du Louvre, dans la Maison du Doyenné.
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20
p. 838-845
SUITE des Curiositez naturelles, &c. du Cabinet de M. Capperon.
Début :
Il y a dans mon Cabinet plusieurs Oyseaux naturels, posez sur leurs pieds [...]
Mots clefs :
Figure, Soleil, Tableau, Cabinet, Figure, Lune, Mort, Tableaux, Oiseaux, Couleurs naturelles, Curiosités
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE des Curiositez naturelles, &c. du Cabinet de M. Capperon.
SUITE des Curiositez naturelles, & c.
du Cabinet de M. Capperon.
I'
OYSEAU X.
Ly a dans mon Cabinet plusieurs Oyseaux
naturels , posez sur leurs pieds
comme s'ils étoient vivans , et qui y sont
depuis dix ou douze ans , sans aucune altération
, par la maniere que j'ai de les
conserver les grands sont empaillez , et
les petits en chair et en os . Il y a un Paon
entier , dont la queue bien étendue couvre
toute la Cheminée de mon Cabinet.
Un mâle de Phaisan , posé sur un piédestail
, une Cigogne , deux Pelicans , un
gros oyseau de Mer , nommé dans Jonston
, Onocrotalus , un Canard d'Afrique ,
un autre Oyseau singulier , venant de Canada
, un tres beau Perroquet ; plusieurs
autres Oyseaux de Mer ; un Lorio jaune
et noir , un Picus Varius , une Huppe
des Chardonnets , Linotes & c. L'Anser ,
Magellanicus, de Jonston, beaucoup plus.
gros
MAY. 1733 $39
que
gros qu'une Oye , dont les aîles n'ont
4 pouces de longueur . On vient de met
l'envoyer de Dieppe.
Ouvrages de l'Art.
Un morceau de Buis , de la grosseur
et de la forme d'une noix , autour duquel
sont sculptez quarante petits Tableaux
de la Vie de Notre - Seigneur. II
s'ouvre en deux para ; dans une moitié
se voïent sur le haut , Adam et Eve
proche l'Arbre du fruit deffendu , où est
le Serpent qui les tente ; auprès d'eux est
un Lion ; dans le dessous est Caïn qui tuë
son frere Abel; au côté sont deux Chevaux
d'une délicatesse surprenante , qui
labourent avec une Charue, au côté gauche
est l'Arche de Noé , et auprès un
homme étendu mort , comme noyé par
le Déluge ; par une coulisse qui s'ouvre
derriere , paroît un Mouton qui paît.
Dans l'autre moitié de cette espece de
noix , on voit sur le haut dans le milieu
le Fils de Dieu , attaché à la Croix, et les
deux Larrons ; au bas de la Croix , la
sainte Vierge, et S. Jean ; puis Longis qui
perce le côté sacré , et un Soldat qui est
un peu plus loin ; au côté droit , qui est
séparé par une colonne , délicatement
travaillée , paroît Jesus- Christ flagellé par
A v
840 MERCURE DE FRANCE
un Soldat ; et au côté gauche, séparé par
une autre colonne , il y a deux Soldats
qui gardent le Tombeau , lequel se voit
en tirant une Coulisse par derriere, et 2
autres Soldats qui le gardent de ce côté- là .
Cer Ouvrage et toutes les figures sont
d'une délicatesse surprenante. Une Urne
Sépulciale antique.Les Portraits des douze
Césars en émail.
,
Autre Ouvrage, oreillement de buis , à
peu près dans le même dessein que le précédent
mais beaucoup plus parfait ,
tant pour le grand nombre des figures ,
que pour leur beauté et leur perfection .
Cet Ouvrage est aussi rond , s'ouvrant en
deux moitiés , jointes par une Charniere
; il est à peu près de la grosseur d'une
Bale de Jeu de Paume. Dans la premiere
moitié sont plusieurs figures du même
Mystere de la Passion du Sauveur, et dans
l'autre , deux Points d'Histoire de l'ancien
Testament , le Sacrifice d'Abraham,
et le Serpent d'Airain ; le tout comprenant
un grand nombre de figures , et faisant
un ouvrage des plus achevez et des
plus finis.
Une Piramide d'Yvoire , haute de 18 pouces
& demi , faite au Tour , dont la tige
n'a guere qu'une bonne ligne de diametre
dans le bas ; elle n'eft vers le haut gros
que
MAY . 1733. 841
gros que de la grosseur d'une épingle ordinaire.
A la hauteur de six pouces est posée
sur la tige une espece de Lanterne à
jour , formée par 4 colonnes ; au milieu
de cette Lanterne sont trois figures de
personnes assises à une Table , sur laquelle
paroissent les Mets et les Bouteilles .
Cet Ouvrage est encore des plus délicats .
Deux figures de bois bronzées , d'un pied
neuf pouces de haut , posées sur deux
Guéridons , dont l'une représente Apollon
jouant de la Lyre ; et au bas , un petit
Cupidon , qui lui présente un Arc ;
l'autre , est le Dieu Pan,tenant un Sifflet,
au bas duquel est un petit Satire . Ces deux
piéces sont excellentes et d'un habile
Sculpteur , qui a travaillé à Paris , à Rome
, à Naples , & c . lequel m'en a fait
présent , par reconnoissance de ce qu'étant
un orphelin de mon ancienne Paroisse
, et lui trouvant de la disposition pour
la Sculpture , je le formai moi-même dans
cet Art.
Ouvrages de mafaçon et de mon invention.
Un Tableau de S. Ambroise , peint à
huile , d'un pied en quarré , dont la bordure
est de carton , faite avec des coins ,
à la Romaine , ornez de fleurs , le tout
doré d'or bruni . Plusieurs autres Ta-
A vj bleaux
842 MERCURE DE, FRANCE
bleaux de mon invention , lesquels ont
autant de force pour les draperies et pour
tout le reste , que s'ils étoient peints à
buile , et qui ne sont néanmoins faits.
ni en détrempe, ni en pastel . D'autres encore
plus singuliers , sçavoir , des Paysages
et des Ports de Mer en relief ; entre
autres il y en a un de deux pieds de
longueur sur un pied et quelques pouces
de hauteur , qui représente la Ville d'Eu
en Perspective , où les Eglises , Maisons ,
&c. paroissent en relief telles qu'elles paroissent
d'un point de vûe que j'ai choisi
hors de la Ville. Cet Ouvrage m'a occupé
plus d'une année. Ces sortes de Tableaux
sont faits avec de petits cartons
coupez et colez à propos , et le tout peint
ensuite à huile. Un petit Squelete où
toute l'Ostologie est parfaitement observée.
La Figure est droite sur ses pieds ,
appuyée sur une bêche et a seulement
un pied de haut ; elle est très - ressemblante
au naturel. Une Figure de bois de
deux pieds de haut, représentant un homme
mort , dont le ventre et la poitrine
sont ouverts , où se voyent le coeur , les
poulmons , le foye , l'estomac et tous les
visceres , intestins , vaisseaux , & c, dans .
leurs figures , situations et couleurs naturelles.
Un Oiseau en forme de Per-
Loquet
MAY. 1733. 84
?
roquet , tout fait avec de petites aîles de
hannetons et autres Scarabées de differentes
couleurs . Un Dragon aîlé d'un pied
et demi de long , enfermé dans une espece
de Châsse de verre aux deux extrémitez
de laquelle , en bas , sont deux
bouquets de fleurs; et au haut, dans toute:
sa longueur , pend une Guirlande aussi
de fleurs ; le tout , tant le Dragon que
les fleurs , est fait de Coquilles dans leurs
seules couleurs naturelles . Un petit Emouleur
, posé sur un piedestal , lequel par
des ressorts de mon invention , cachez.
dans le piedestal , fait tourner sa meule
avec le pied , et tourne sa tête de temps.
en temps. Une Sphere tracée en dedans
sur un Globe de verre mobile , où sont
représentez en or tous les Cercles , et les
principales Etoiles fixes avec leurs noms..
Et sur la Sphere un petit Soleil et une
Lune mobile , qu'on peut mettre chaque
jour en place sur le Zodiaque. Autre Õu--
vrage de neuf pouces de longueur , sur
six pouces de largeur, et seulement deux
pouces de hauteur , au milieu duquel est
une espece de Boussole double et mobile,,
où est la Lune , laquelle se couvre ou se
découvre , suivant l'augmentation ou la
diminution de ses phases , et par deux poin
res placées au bord. exterieur de cette
Boussole
Boussole , elle marque sur la bordure
qui est autour , les jours de la Lune et
les heures des Marées ; ayant cela de singulier
, qu'en tel sens qu'on tourne la
Machine par un mouvement secret , les
deux pointes reviennent toujours au jour
et à l'heure convenable.
Un Globe Terrestre , représenté sur
une Carte mobile , ayant pour centre le
Pole Septentrional , et se terminant au
Tropique du Capricorne avec les Longitudes
et les Latitudes ; le tout environné
d'un cercle fixe , où sont marquées
les 24. heures et où est attaché par les
deux bouts un fil d'archal qui tient lieu
d'horison ; de sorte que par un Index où
est un petit Soleil mobile , on peut voir
l'heure du lever et du coucher du Soleil
, quelle heure il est dans chaque Pays,
sur quel Pays le Soleil est vertical à chaque
moment du jour , ainsi que les Eclipses
de Soleil et de Lune .
Ouvrage d'Optique de ma façon.
Deux Tableaux magiques , l'un desquels
représente une Demoiselle environnée
de branches et de feüillages , laquelle
regardée par un petit trou placé aufait
voir une Tête de Mort. L'autre
Tableau qui est au derriere du predessus
,
mier,
MAY. 1733 845
mier , représente sept differens Bustes de
Papes , Abbez , &c. sur lesquels posant
la ` même Machine où est le petit trou ,
il ne paroît que mon seul Portrait . Un Tableau
où sont écrits six Vers d'une Enigme
; au haut de ce Tableau est posé à
Angle droit , une Glace de Miroir , laquelle
étant découverte , représente le
même Tableau , où au lieu des Vers on
voit un Moulin à vent , qui est le mot
de l'Enigme. Une Figure difforme , peinte
sur un Cône de carton , large par par le bas
d'un pied sur un pied et demi de hauteur
, lequel vû d'un certain point , représente
une Religieuse tenant une Croix
dans ses mains . Plusieurs figures difformes
, qui paroissent très- agréables , étant
regardées dans un Miroir Cylindrique.
Figure particuliere et difforme , tracée
sur un Plan allongé , laquelle vûe de loin
représente une Vierge.
Voilà les Curiositez qui forment mon
Cabinet , telles que j'ai pû les assembler
dans un petit Lieu comme la Ville d'Eu ,
et que j'ai augmentées de petits Ouvrages
de mon invention , executez en differens
temps , pour me délasser de mes
autres occupations plus sérieuses et plus
nécessaires. Signé , CAPPERON
Doyen de S. Maxent.
ancien
A la Ville d'Eu , le 16. Mars 17339
du Cabinet de M. Capperon.
I'
OYSEAU X.
Ly a dans mon Cabinet plusieurs Oyseaux
naturels , posez sur leurs pieds
comme s'ils étoient vivans , et qui y sont
depuis dix ou douze ans , sans aucune altération
, par la maniere que j'ai de les
conserver les grands sont empaillez , et
les petits en chair et en os . Il y a un Paon
entier , dont la queue bien étendue couvre
toute la Cheminée de mon Cabinet.
Un mâle de Phaisan , posé sur un piédestail
, une Cigogne , deux Pelicans , un
gros oyseau de Mer , nommé dans Jonston
, Onocrotalus , un Canard d'Afrique ,
un autre Oyseau singulier , venant de Canada
, un tres beau Perroquet ; plusieurs
autres Oyseaux de Mer ; un Lorio jaune
et noir , un Picus Varius , une Huppe
des Chardonnets , Linotes & c. L'Anser ,
Magellanicus, de Jonston, beaucoup plus.
gros
MAY. 1733 $39
que
gros qu'une Oye , dont les aîles n'ont
4 pouces de longueur . On vient de met
l'envoyer de Dieppe.
Ouvrages de l'Art.
Un morceau de Buis , de la grosseur
et de la forme d'une noix , autour duquel
sont sculptez quarante petits Tableaux
de la Vie de Notre - Seigneur. II
s'ouvre en deux para ; dans une moitié
se voïent sur le haut , Adam et Eve
proche l'Arbre du fruit deffendu , où est
le Serpent qui les tente ; auprès d'eux est
un Lion ; dans le dessous est Caïn qui tuë
son frere Abel; au côté sont deux Chevaux
d'une délicatesse surprenante , qui
labourent avec une Charue, au côté gauche
est l'Arche de Noé , et auprès un
homme étendu mort , comme noyé par
le Déluge ; par une coulisse qui s'ouvre
derriere , paroît un Mouton qui paît.
Dans l'autre moitié de cette espece de
noix , on voit sur le haut dans le milieu
le Fils de Dieu , attaché à la Croix, et les
deux Larrons ; au bas de la Croix , la
sainte Vierge, et S. Jean ; puis Longis qui
perce le côté sacré , et un Soldat qui est
un peu plus loin ; au côté droit , qui est
séparé par une colonne , délicatement
travaillée , paroît Jesus- Christ flagellé par
A v
840 MERCURE DE FRANCE
un Soldat ; et au côté gauche, séparé par
une autre colonne , il y a deux Soldats
qui gardent le Tombeau , lequel se voit
en tirant une Coulisse par derriere, et 2
autres Soldats qui le gardent de ce côté- là .
Cer Ouvrage et toutes les figures sont
d'une délicatesse surprenante. Une Urne
Sépulciale antique.Les Portraits des douze
Césars en émail.
,
Autre Ouvrage, oreillement de buis , à
peu près dans le même dessein que le précédent
mais beaucoup plus parfait ,
tant pour le grand nombre des figures ,
que pour leur beauté et leur perfection .
Cet Ouvrage est aussi rond , s'ouvrant en
deux moitiés , jointes par une Charniere
; il est à peu près de la grosseur d'une
Bale de Jeu de Paume. Dans la premiere
moitié sont plusieurs figures du même
Mystere de la Passion du Sauveur, et dans
l'autre , deux Points d'Histoire de l'ancien
Testament , le Sacrifice d'Abraham,
et le Serpent d'Airain ; le tout comprenant
un grand nombre de figures , et faisant
un ouvrage des plus achevez et des
plus finis.
Une Piramide d'Yvoire , haute de 18 pouces
& demi , faite au Tour , dont la tige
n'a guere qu'une bonne ligne de diametre
dans le bas ; elle n'eft vers le haut gros
que
MAY . 1733. 841
gros que de la grosseur d'une épingle ordinaire.
A la hauteur de six pouces est posée
sur la tige une espece de Lanterne à
jour , formée par 4 colonnes ; au milieu
de cette Lanterne sont trois figures de
personnes assises à une Table , sur laquelle
paroissent les Mets et les Bouteilles .
Cet Ouvrage est encore des plus délicats .
Deux figures de bois bronzées , d'un pied
neuf pouces de haut , posées sur deux
Guéridons , dont l'une représente Apollon
jouant de la Lyre ; et au bas , un petit
Cupidon , qui lui présente un Arc ;
l'autre , est le Dieu Pan,tenant un Sifflet,
au bas duquel est un petit Satire . Ces deux
piéces sont excellentes et d'un habile
Sculpteur , qui a travaillé à Paris , à Rome
, à Naples , & c . lequel m'en a fait
présent , par reconnoissance de ce qu'étant
un orphelin de mon ancienne Paroisse
, et lui trouvant de la disposition pour
la Sculpture , je le formai moi-même dans
cet Art.
Ouvrages de mafaçon et de mon invention.
Un Tableau de S. Ambroise , peint à
huile , d'un pied en quarré , dont la bordure
est de carton , faite avec des coins ,
à la Romaine , ornez de fleurs , le tout
doré d'or bruni . Plusieurs autres Ta-
A vj bleaux
842 MERCURE DE, FRANCE
bleaux de mon invention , lesquels ont
autant de force pour les draperies et pour
tout le reste , que s'ils étoient peints à
buile , et qui ne sont néanmoins faits.
ni en détrempe, ni en pastel . D'autres encore
plus singuliers , sçavoir , des Paysages
et des Ports de Mer en relief ; entre
autres il y en a un de deux pieds de
longueur sur un pied et quelques pouces
de hauteur , qui représente la Ville d'Eu
en Perspective , où les Eglises , Maisons ,
&c. paroissent en relief telles qu'elles paroissent
d'un point de vûe que j'ai choisi
hors de la Ville. Cet Ouvrage m'a occupé
plus d'une année. Ces sortes de Tableaux
sont faits avec de petits cartons
coupez et colez à propos , et le tout peint
ensuite à huile. Un petit Squelete où
toute l'Ostologie est parfaitement observée.
La Figure est droite sur ses pieds ,
appuyée sur une bêche et a seulement
un pied de haut ; elle est très - ressemblante
au naturel. Une Figure de bois de
deux pieds de haut, représentant un homme
mort , dont le ventre et la poitrine
sont ouverts , où se voyent le coeur , les
poulmons , le foye , l'estomac et tous les
visceres , intestins , vaisseaux , & c, dans .
leurs figures , situations et couleurs naturelles.
Un Oiseau en forme de Per-
Loquet
MAY. 1733. 84
?
roquet , tout fait avec de petites aîles de
hannetons et autres Scarabées de differentes
couleurs . Un Dragon aîlé d'un pied
et demi de long , enfermé dans une espece
de Châsse de verre aux deux extrémitez
de laquelle , en bas , sont deux
bouquets de fleurs; et au haut, dans toute:
sa longueur , pend une Guirlande aussi
de fleurs ; le tout , tant le Dragon que
les fleurs , est fait de Coquilles dans leurs
seules couleurs naturelles . Un petit Emouleur
, posé sur un piedestal , lequel par
des ressorts de mon invention , cachez.
dans le piedestal , fait tourner sa meule
avec le pied , et tourne sa tête de temps.
en temps. Une Sphere tracée en dedans
sur un Globe de verre mobile , où sont
représentez en or tous les Cercles , et les
principales Etoiles fixes avec leurs noms..
Et sur la Sphere un petit Soleil et une
Lune mobile , qu'on peut mettre chaque
jour en place sur le Zodiaque. Autre Õu--
vrage de neuf pouces de longueur , sur
six pouces de largeur, et seulement deux
pouces de hauteur , au milieu duquel est
une espece de Boussole double et mobile,,
où est la Lune , laquelle se couvre ou se
découvre , suivant l'augmentation ou la
diminution de ses phases , et par deux poin
res placées au bord. exterieur de cette
Boussole
Boussole , elle marque sur la bordure
qui est autour , les jours de la Lune et
les heures des Marées ; ayant cela de singulier
, qu'en tel sens qu'on tourne la
Machine par un mouvement secret , les
deux pointes reviennent toujours au jour
et à l'heure convenable.
Un Globe Terrestre , représenté sur
une Carte mobile , ayant pour centre le
Pole Septentrional , et se terminant au
Tropique du Capricorne avec les Longitudes
et les Latitudes ; le tout environné
d'un cercle fixe , où sont marquées
les 24. heures et où est attaché par les
deux bouts un fil d'archal qui tient lieu
d'horison ; de sorte que par un Index où
est un petit Soleil mobile , on peut voir
l'heure du lever et du coucher du Soleil
, quelle heure il est dans chaque Pays,
sur quel Pays le Soleil est vertical à chaque
moment du jour , ainsi que les Eclipses
de Soleil et de Lune .
Ouvrage d'Optique de ma façon.
Deux Tableaux magiques , l'un desquels
représente une Demoiselle environnée
de branches et de feüillages , laquelle
regardée par un petit trou placé aufait
voir une Tête de Mort. L'autre
Tableau qui est au derriere du predessus
,
mier,
MAY. 1733 845
mier , représente sept differens Bustes de
Papes , Abbez , &c. sur lesquels posant
la ` même Machine où est le petit trou ,
il ne paroît que mon seul Portrait . Un Tableau
où sont écrits six Vers d'une Enigme
; au haut de ce Tableau est posé à
Angle droit , une Glace de Miroir , laquelle
étant découverte , représente le
même Tableau , où au lieu des Vers on
voit un Moulin à vent , qui est le mot
de l'Enigme. Une Figure difforme , peinte
sur un Cône de carton , large par par le bas
d'un pied sur un pied et demi de hauteur
, lequel vû d'un certain point , représente
une Religieuse tenant une Croix
dans ses mains . Plusieurs figures difformes
, qui paroissent très- agréables , étant
regardées dans un Miroir Cylindrique.
Figure particuliere et difforme , tracée
sur un Plan allongé , laquelle vûe de loin
représente une Vierge.
Voilà les Curiositez qui forment mon
Cabinet , telles que j'ai pû les assembler
dans un petit Lieu comme la Ville d'Eu ,
et que j'ai augmentées de petits Ouvrages
de mon invention , executez en differens
temps , pour me délasser de mes
autres occupations plus sérieuses et plus
nécessaires. Signé , CAPPERON
Doyen de S. Maxent.
ancien
A la Ville d'Eu , le 16. Mars 17339
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Résumé : SUITE des Curiositez naturelles, &c. du Cabinet de M. Capperon.
Le cabinet de curiosités de M. Capperon, situé à Eu, abrite une collection diversifiée d'oiseaux naturels conservés depuis dix à douze ans. Parmi ces oiseaux, on trouve un paon, un phasian, une cigogne, des pélicans, un onocrotale, un canard d'Afrique, un oiseau du Canada, un perroquet, et plusieurs autres espèces. Les grands oiseaux sont empailés, tandis que les petits sont conservés en chair et en os. En plus des oiseaux, le cabinet contient plusieurs œuvres d'art et objets rares. Notamment, un morceau de buis sculpté représentant des scènes de la vie du Christ et de l'Ancien Testament, une urne sépulcrale antique, des portraits des douze Césars en émail, et une pyramide d'ivoire. Des sculptures en bois, comme Apollon et Pan, sont également présentes. Capperon mentionne également des œuvres de sa propre invention, telles que des tableaux en relief représentant des paysages et des ports de mer, un squelette et une figure anatomique en bois. Des objets mécaniques, comme un émouleur fonctionnant par ressorts et une sphère astronomique, sont également exposés. Des œuvres d'optique, comme des tableaux magiques et des figures difformes vues à travers des miroirs, complètent la collection. Capperon souligne que ces curiosités ont été assemblées à Eu et augmentées de ses propres inventions pour le divertissement et la détente. Le texte est signé par Capperon, doyen de Saint-Maxent, et daté du 16 mai 1733.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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21
p. 1505-1513
SECONDE LETTRE écrite de Châlons en Champagne, à M. *** au sujet des Peintres Flamands, &c.
Début :
Vos reproches sont justes, Monsieur, et il est de mon interêt de vous [...]
Mots clefs :
École flamande, Dessins, Tableaux, Collection, Génie, Imagination, Peinture, Dezallier d'Argenville, Peintres, Peintres flamands
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SECONDE LETTRE écrite de Châlons en Champagne, à M. *** au sujet des Peintres Flamands, &c.
SECONDE LETTRE écrite de
Châlons en Champagne , à M. *** au 、
sujet des Peintres Flamands , &c .
V
Os reproches sont justes , Monsieur,
et il est de mon interêt de vous
répondre au sujet des Peintres de PEcole
Flamande dont j'ai parlé dans ma
Lettre inserée dans le Mercure du mois
de Mars dernier . Toutes mes inclinations,
dites - vous , semblent se renfermer dans
l'Ecole Flamande , et vous m'appliquez
ce Vers de Virgile :
Non omnes Arbusta juvant humilesque myrica
1506 MERCURE DE FRANCE
Je conviens avec vous , Monsieur , que
tous les Curieux ne sont pas du même
goût ; tous ne se contentent pas du naturel
, du simple , du naïf et du champêtre
; il leur faut du grand , du pathétique
, du sublime , de l'extraordinaire , et
la Nature toute seule ne fait presque jamais
uniquement l'objet de leur admiration
, que lorsqu'elle se présente dans ce
point de vue dans lequel les Grecs autrefois
et de nos jours les Italiens et les
François , ont eu l'art de la répresenter.
Le détail suivant suffira , je crois , pour
vous guérir de toute prévention pour
les Flamands ; et pour vous convaincre que
les Italiens et les François ont sçû trouver
dans mon estime la place qu'ils méritent.
Peut être même dois-je cette explication
au Public , aussi- bien quà vous,
pour être plus exact au sujet du Cabinet
de M. Dargenville , et justifier son goût ,
qu'on pourroit supposer , comme vous
avez fait du mien , de pancher trop pour
l'Ecole Flamande. C'est le Curieux de
tous les Pays, l'Amateur de tous les Arts ;
ses momens les plus chéris sont ceux que
des occupations plus sérieuses lui permettent
de donner au Dessein ,età la Peinture
; il sçait partager cet amour avec
tant de justesse entre les Ecoles qui ont
conJUILLET.
1733. 1507
contribué à faire fleurir les Arts , qu'on
ne peut point l'accuser de cette partialité
qui caractérise plutôt un homme préyenu
, qu'un vrai connoisseur. On ne
< voit en effet chez plusieurs Amateurs
que des Desseins et des Tableaux d'une
espece ; ils épousent , pour ainsi dire , une
Ecole et ils consacrent leur passion à ce
qu'elle a mis au jour , quelquefois au préjudice
de ce que toutes les autres ont produit.
Vous me dites si agréablement dans
votre Lettre , Monsieur , et ce sont vos
propres termes :» Vous vous êtes assez
promené dans les Paysages du Breughel,
» vous avez suffisamment pris part aux
»Scenes divertissantes de Teniers , de
» Brauver et de Van- Ostade , enfin vous
» avez assez rêvé dans les Antres sauvages
>> et au bord des Fontaines avec les Ber-
" gers de Bloemart et de Berghem ; il
faut que vous passiez des Grottes que
» la main de la Nature a creusées dans les
» Montagnes , dans les Temples dont la
» belle Architecture a décoré les céle-
»bres Villes de Rome , de Florence , de
»Venise , de Naples , de Genes et de Pa
> ris. Vous devez у considerer ce que la
>> Peinture et la Sculpture y ont fait de
plus beau , soit pour l'ornement des
>> voutes , soit pour la décoration des Au-
» tels
>>
1508 MERCURE DE FRANCE
» tels. Sortez des Cabanes et des Chau-
>> imines enfumées ; transportez - vous dans
» les Palais des Rois , dans les Hôtels des
» Grands , dans les Edifices publics , dans
» les Cabinets des Particuliers , et racontez-
>> nous ce que le Pinceau , le ciseau , la plume;
» le crayon et le burin ont produit , soit
» pour conserver la memoire des princi-
» paux évenemens de l'Antiquité sacrée
» et profane , pour donner un nouveau
» jour à l'Histoire , pour ajouter un nou-
» veau lustre à la vertu héroïque ; soit
» enfin pour faire les délices des yeux et
» pour relever les charmes de la Poësie.
»par les agrémens de la Peinture , & c.
Vous serez fatisfait , Monsieur , et
nous allons faire ensemble le voyage
d'Italie , en présentant à vos yeux ce que
la Collection de M Dargenville a de plus
favorable , pour faire voir que les grands
Maîtres d'Italie et de France dans leur
génie , leur goût , le tour d'imagination,
l'expression , la correction , et les grandes
ordonnances surpassent infiniment les
Flamands , qui n'ont de leur côté que la
couleur et le vrai en partage.
Trois cent desseins de l'Ecole Romaine
, depuis Raphaël jusqu'à Carlomarati
& ses Disciples , donnent l'idée la plus
juste de la correction et de la précifion
des
JUILLET. 1733. 1509
des contours dans ceux qui font arrêtez;
Cl ceux qui ne sont que l'effet du, premier
feu de l'imagination , secondée par une
main libre sure et legere , offrent ces
de traits hardis , ces touches fieres et spirituelles,
qui caracterisent l'impétuosité du
ezegenie ; et les uns et les autres contribuent
à faire sentir qu'elle a été la naissance
, le progrès et la perfection des plus
grands morceaux de Peinture .
On peut remarquer dans ces précieux
a restes des études des Peintres celebres , la
fécondité , la rapidité , l'exactitude , et là
netteté avec laquelle ils ont mis leurs idées
dau jour. La verité qu'ils ont donnée aux
airs de têtes , les contrastes qu'ils ont
cherchés dans les atitudes, les belles formes
equ'ils ont choisies , les graces qu'ils ont
étudiées , et les caprices ingénieux et les
bizareries élégantes dont ils se sont servis
pour reveiller l'attention du Spectateur ,
et pour jetter du vif et du piquant dans
leurs Tableaux .
Ici l'on aime la sagesse de la composition
de Raphaël ; là Jule Romain éton .
ae par les saillies de son imagination ,
l'un charme par la douce majesté de ses
figures , l'autre surprend par l'air impoant
qu'il donne aux siennes. Le premier
ffre dans ses Tableaux le sublime de
la
1510 MERCURE DE FRANCE
1
la Poësie ; le second en exprime le merveilleux,
la fureur et l'entousiasme . Leurs
Disciples se sont efforcez à l'envi de
les imiter , et dans les caracteres de douceur
ou de fierté qu'ils font sentir dans leurs
Desseins , on reconnoît lequel des deux en
particulier ils ont choisi pour modele.
Quel plaisir n'a - t'on pas d'éprouver en
quelque sorte l'impression du génie terrible
de Michel Ange , dans les Desseins de
sa main, que l'on voit à la tête de l'Ecole
Florentine ; la collection en monte à 200
pieces , dont les dernieres sont reconnues
pour être de Benedette Lutti , le plus habile
homme que cette Ecole ait produit
de nos jours vous sçavez , Monsieur ,
combien les Poëtes Toscans se sont rendus
recommandables par le beau feu de
leur imagination , l'agrément et la pureté
de leur stile. Les Peintres de cetre Nation
se sont distinguez par des qualitez
semblables ; j'en appelle à témoin les Ouvrages
du Rosso , d'André del Sarté , du
Pontorme , de Salviati , Procacini , Prietro,
de Cortone , Cyroferri , Tempeste , Stephano
della Bella , également celebres du côté des
riches inventions et des traits hardis et gracieux
sur lesquels ils ont sçû les produire.
L'Ecole Lombarde , depuis le Correge
jusqu'à Daniel Crespi , dit l'Espagnol ,
qui
JUILLET.. 1733. 1511.
*
qui est encore vivant , compose deux
gros volumes in folio , d'environ 390.
Desseins. Le nom du Correge ne vous présente-
t'il pas l'idée d'un homme qui doit
plus qu'un autre à la faveur particuliere
du genie ? et dont les Desseins portent le
caractere des graces dont personne n'a été
autant doué que lui ? excepté neanmoins le
Parmesan et le Baroche . Les Carache, le Guide
, le Dominiquain , le Lanfranc , le Guerchin
, ornent infiniment cette Ecole.
L'Ecole Venitienne , qui s'étend depuis
les Bellins jusqu'à Sebastien Ricci
encore vivant, offre environ 200. Desseins
dans un volume , où ceux de Paul Veronese
et duTintoret,brillent et par leur nombre et -
par leur choix . Vous sentez , M. combien
cet article est interessant , puisque
rien n'a été plus abondant que le génie ,
plus magnifique que l'ordonnance , et
plus fier que l'execution de ces Maîtres ,
dont les Tableaux surprenants font le
principal ornement des Eglises et des Palais
de Venise.
La cinquiéme Ecole est subdivisée en
trois autres , qui sont , l'Ecole Napolitaine
, la Genoise et celle de Luques . Cette
collection comprend environ 200. pieces,
entre lesquelles plusieurs grandes ordonnances
du Cangiage , se font remarquer
par
1512 MERCURE DE FRANCE
par la singularité de sa maniere. On y
voit aussi de beaux Morceaux de Salvator
Rosa , de Lucas fordans et de Solimene ;
Ensorte que l'Ecole d'Italie en general , en
y ajoûtant les Desseins de l'Ecole des Caraches
, est composée de 1500. Desseins.
L'Ecole Françoise , suivie depuis deux
cens ans sans interruption , est composée
de six volumes in folio , et comprend
près de 1000. Desseins choisis ; elle commence
à Freminet et à Jean Cousin , et
offrant des Ouvrages de Vouet , de Blanchan,
du Poussin , du Bourdon , de le Sueur,
de le Brun et autres , elle passe jusqu'aux
habiles Modernes actuellement vivans.
Les trois volumes de l'Ecole Flamande
dont je vous ai tant parlé précédemment ,
contiennent près de six cent Desseins , et
l'Ecole Allemande et Hollandoise , environ
400 ; de maniere qu'avec un vòlume
de Desseins d'après Nature , un autre
de Desseins à la plume , et un troisiéme
de Desseins d'Architecture ; la collection
de M. Dargenville , monte à 4000. Desseins
originaux et choisis , qu'il a apportés
de ses voyages et qu'il fait venir tous
les jours des Pays Etrangers.
4
Je ne vous dis rien de ses Tableaux
de ses Livres , de 100. volumes d'Estam-
>
pes choisies des meilleurs Maîtres , d'une
TopoJUILLET.
1733. 1513
Topographie très - ample,d'une collection
de Pierres , de Coquilles rares , de Mineraux
et d'autres Morceaux concernant
l'Histoire Naturelle .
•
Si je n'avois pas tant de preuves de
votre attachement à cette partie de l'Histoire
de l'Esprit humain , qui sert en particulier
à prouver l'ascendant du génie
la force de l'imagination , et les differens
caracteres que lui imprime la varieté des
climats , des préjugez des moeurs , et de
tout ce que M. l'Abbé du Bos entend
par Causes Phisiques et Causes Morales
je vous prierois de me pardonner un si
long détail. Mais je suis persuadé que
tout dépourvû qu'il est des graces du
stile , il vous fera quelque plaisir. Je
suis , & c.
Châlons en Champagne , à M. *** au 、
sujet des Peintres Flamands , &c .
V
Os reproches sont justes , Monsieur,
et il est de mon interêt de vous
répondre au sujet des Peintres de PEcole
Flamande dont j'ai parlé dans ma
Lettre inserée dans le Mercure du mois
de Mars dernier . Toutes mes inclinations,
dites - vous , semblent se renfermer dans
l'Ecole Flamande , et vous m'appliquez
ce Vers de Virgile :
Non omnes Arbusta juvant humilesque myrica
1506 MERCURE DE FRANCE
Je conviens avec vous , Monsieur , que
tous les Curieux ne sont pas du même
goût ; tous ne se contentent pas du naturel
, du simple , du naïf et du champêtre
; il leur faut du grand , du pathétique
, du sublime , de l'extraordinaire , et
la Nature toute seule ne fait presque jamais
uniquement l'objet de leur admiration
, que lorsqu'elle se présente dans ce
point de vue dans lequel les Grecs autrefois
et de nos jours les Italiens et les
François , ont eu l'art de la répresenter.
Le détail suivant suffira , je crois , pour
vous guérir de toute prévention pour
les Flamands ; et pour vous convaincre que
les Italiens et les François ont sçû trouver
dans mon estime la place qu'ils méritent.
Peut être même dois-je cette explication
au Public , aussi- bien quà vous,
pour être plus exact au sujet du Cabinet
de M. Dargenville , et justifier son goût ,
qu'on pourroit supposer , comme vous
avez fait du mien , de pancher trop pour
l'Ecole Flamande. C'est le Curieux de
tous les Pays, l'Amateur de tous les Arts ;
ses momens les plus chéris sont ceux que
des occupations plus sérieuses lui permettent
de donner au Dessein ,età la Peinture
; il sçait partager cet amour avec
tant de justesse entre les Ecoles qui ont
conJUILLET.
1733. 1507
contribué à faire fleurir les Arts , qu'on
ne peut point l'accuser de cette partialité
qui caractérise plutôt un homme préyenu
, qu'un vrai connoisseur. On ne
< voit en effet chez plusieurs Amateurs
que des Desseins et des Tableaux d'une
espece ; ils épousent , pour ainsi dire , une
Ecole et ils consacrent leur passion à ce
qu'elle a mis au jour , quelquefois au préjudice
de ce que toutes les autres ont produit.
Vous me dites si agréablement dans
votre Lettre , Monsieur , et ce sont vos
propres termes :» Vous vous êtes assez
promené dans les Paysages du Breughel,
» vous avez suffisamment pris part aux
»Scenes divertissantes de Teniers , de
» Brauver et de Van- Ostade , enfin vous
» avez assez rêvé dans les Antres sauvages
>> et au bord des Fontaines avec les Ber-
" gers de Bloemart et de Berghem ; il
faut que vous passiez des Grottes que
» la main de la Nature a creusées dans les
» Montagnes , dans les Temples dont la
» belle Architecture a décoré les céle-
»bres Villes de Rome , de Florence , de
»Venise , de Naples , de Genes et de Pa
> ris. Vous devez у considerer ce que la
>> Peinture et la Sculpture y ont fait de
plus beau , soit pour l'ornement des
>> voutes , soit pour la décoration des Au-
» tels
>>
1508 MERCURE DE FRANCE
» tels. Sortez des Cabanes et des Chau-
>> imines enfumées ; transportez - vous dans
» les Palais des Rois , dans les Hôtels des
» Grands , dans les Edifices publics , dans
» les Cabinets des Particuliers , et racontez-
>> nous ce que le Pinceau , le ciseau , la plume;
» le crayon et le burin ont produit , soit
» pour conserver la memoire des princi-
» paux évenemens de l'Antiquité sacrée
» et profane , pour donner un nouveau
» jour à l'Histoire , pour ajouter un nou-
» veau lustre à la vertu héroïque ; soit
» enfin pour faire les délices des yeux et
» pour relever les charmes de la Poësie.
»par les agrémens de la Peinture , & c.
Vous serez fatisfait , Monsieur , et
nous allons faire ensemble le voyage
d'Italie , en présentant à vos yeux ce que
la Collection de M Dargenville a de plus
favorable , pour faire voir que les grands
Maîtres d'Italie et de France dans leur
génie , leur goût , le tour d'imagination,
l'expression , la correction , et les grandes
ordonnances surpassent infiniment les
Flamands , qui n'ont de leur côté que la
couleur et le vrai en partage.
Trois cent desseins de l'Ecole Romaine
, depuis Raphaël jusqu'à Carlomarati
& ses Disciples , donnent l'idée la plus
juste de la correction et de la précifion
des
JUILLET. 1733. 1509
des contours dans ceux qui font arrêtez;
Cl ceux qui ne sont que l'effet du, premier
feu de l'imagination , secondée par une
main libre sure et legere , offrent ces
de traits hardis , ces touches fieres et spirituelles,
qui caracterisent l'impétuosité du
ezegenie ; et les uns et les autres contribuent
à faire sentir qu'elle a été la naissance
, le progrès et la perfection des plus
grands morceaux de Peinture .
On peut remarquer dans ces précieux
a restes des études des Peintres celebres , la
fécondité , la rapidité , l'exactitude , et là
netteté avec laquelle ils ont mis leurs idées
dau jour. La verité qu'ils ont donnée aux
airs de têtes , les contrastes qu'ils ont
cherchés dans les atitudes, les belles formes
equ'ils ont choisies , les graces qu'ils ont
étudiées , et les caprices ingénieux et les
bizareries élégantes dont ils se sont servis
pour reveiller l'attention du Spectateur ,
et pour jetter du vif et du piquant dans
leurs Tableaux .
Ici l'on aime la sagesse de la composition
de Raphaël ; là Jule Romain éton .
ae par les saillies de son imagination ,
l'un charme par la douce majesté de ses
figures , l'autre surprend par l'air impoant
qu'il donne aux siennes. Le premier
ffre dans ses Tableaux le sublime de
la
1510 MERCURE DE FRANCE
1
la Poësie ; le second en exprime le merveilleux,
la fureur et l'entousiasme . Leurs
Disciples se sont efforcez à l'envi de
les imiter , et dans les caracteres de douceur
ou de fierté qu'ils font sentir dans leurs
Desseins , on reconnoît lequel des deux en
particulier ils ont choisi pour modele.
Quel plaisir n'a - t'on pas d'éprouver en
quelque sorte l'impression du génie terrible
de Michel Ange , dans les Desseins de
sa main, que l'on voit à la tête de l'Ecole
Florentine ; la collection en monte à 200
pieces , dont les dernieres sont reconnues
pour être de Benedette Lutti , le plus habile
homme que cette Ecole ait produit
de nos jours vous sçavez , Monsieur ,
combien les Poëtes Toscans se sont rendus
recommandables par le beau feu de
leur imagination , l'agrément et la pureté
de leur stile. Les Peintres de cetre Nation
se sont distinguez par des qualitez
semblables ; j'en appelle à témoin les Ouvrages
du Rosso , d'André del Sarté , du
Pontorme , de Salviati , Procacini , Prietro,
de Cortone , Cyroferri , Tempeste , Stephano
della Bella , également celebres du côté des
riches inventions et des traits hardis et gracieux
sur lesquels ils ont sçû les produire.
L'Ecole Lombarde , depuis le Correge
jusqu'à Daniel Crespi , dit l'Espagnol ,
qui
JUILLET.. 1733. 1511.
*
qui est encore vivant , compose deux
gros volumes in folio , d'environ 390.
Desseins. Le nom du Correge ne vous présente-
t'il pas l'idée d'un homme qui doit
plus qu'un autre à la faveur particuliere
du genie ? et dont les Desseins portent le
caractere des graces dont personne n'a été
autant doué que lui ? excepté neanmoins le
Parmesan et le Baroche . Les Carache, le Guide
, le Dominiquain , le Lanfranc , le Guerchin
, ornent infiniment cette Ecole.
L'Ecole Venitienne , qui s'étend depuis
les Bellins jusqu'à Sebastien Ricci
encore vivant, offre environ 200. Desseins
dans un volume , où ceux de Paul Veronese
et duTintoret,brillent et par leur nombre et -
par leur choix . Vous sentez , M. combien
cet article est interessant , puisque
rien n'a été plus abondant que le génie ,
plus magnifique que l'ordonnance , et
plus fier que l'execution de ces Maîtres ,
dont les Tableaux surprenants font le
principal ornement des Eglises et des Palais
de Venise.
La cinquiéme Ecole est subdivisée en
trois autres , qui sont , l'Ecole Napolitaine
, la Genoise et celle de Luques . Cette
collection comprend environ 200. pieces,
entre lesquelles plusieurs grandes ordonnances
du Cangiage , se font remarquer
par
1512 MERCURE DE FRANCE
par la singularité de sa maniere. On y
voit aussi de beaux Morceaux de Salvator
Rosa , de Lucas fordans et de Solimene ;
Ensorte que l'Ecole d'Italie en general , en
y ajoûtant les Desseins de l'Ecole des Caraches
, est composée de 1500. Desseins.
L'Ecole Françoise , suivie depuis deux
cens ans sans interruption , est composée
de six volumes in folio , et comprend
près de 1000. Desseins choisis ; elle commence
à Freminet et à Jean Cousin , et
offrant des Ouvrages de Vouet , de Blanchan,
du Poussin , du Bourdon , de le Sueur,
de le Brun et autres , elle passe jusqu'aux
habiles Modernes actuellement vivans.
Les trois volumes de l'Ecole Flamande
dont je vous ai tant parlé précédemment ,
contiennent près de six cent Desseins , et
l'Ecole Allemande et Hollandoise , environ
400 ; de maniere qu'avec un vòlume
de Desseins d'après Nature , un autre
de Desseins à la plume , et un troisiéme
de Desseins d'Architecture ; la collection
de M. Dargenville , monte à 4000. Desseins
originaux et choisis , qu'il a apportés
de ses voyages et qu'il fait venir tous
les jours des Pays Etrangers.
4
Je ne vous dis rien de ses Tableaux
de ses Livres , de 100. volumes d'Estam-
>
pes choisies des meilleurs Maîtres , d'une
TopoJUILLET.
1733. 1513
Topographie très - ample,d'une collection
de Pierres , de Coquilles rares , de Mineraux
et d'autres Morceaux concernant
l'Histoire Naturelle .
•
Si je n'avois pas tant de preuves de
votre attachement à cette partie de l'Histoire
de l'Esprit humain , qui sert en particulier
à prouver l'ascendant du génie
la force de l'imagination , et les differens
caracteres que lui imprime la varieté des
climats , des préjugez des moeurs , et de
tout ce que M. l'Abbé du Bos entend
par Causes Phisiques et Causes Morales
je vous prierois de me pardonner un si
long détail. Mais je suis persuadé que
tout dépourvû qu'il est des graces du
stile , il vous fera quelque plaisir. Je
suis , & c.
Fermer
Résumé : SECONDE LETTRE écrite de Châlons en Champagne, à M. *** au sujet des Peintres Flamands, &c.
La lettre, rédigée à Châlons en Champagne, répond à des critiques concernant une prétendue préférence pour l'école flamande de peinture. L'auteur reconnaît la diversité des goûts parmi les amateurs et justifie son inclination en se référant à la collection de M. Dargenville, un connaisseur qui apprécie toutes les écoles de peinture. La lettre décrit ensuite les différentes écoles italiennes, telles que les écoles romaine, florentine, lombarde, vénitienne, napolitaine, génoise et lucquoise, en mettant en avant la qualité et la diversité des œuvres. Elle mentionne également l'école française, suivie depuis deux cents ans, ainsi que les écoles flamande, allemande et hollandaise. La collection de M. Dargenville est impressionnante, comprenant environ 4000 dessins originaux et choisis, ainsi que des tableaux, des livres, des estampes et des objets d'histoire naturelle. L'auteur conclut en exprimant son attachement à l'histoire de l'esprit humain et aux diverses manifestations du génie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
22
p. 2037-2039
« Le sieur Grégoire, Peintre, et seul Restaurateur des Tableaux de l'Eglise de Paris, a trouvé [...] »
Début :
Le sieur Grégoire, Peintre, et seul Restaurateur des Tableaux de l'Eglise de Paris, a trouvé [...]
Mots clefs :
Tableaux, Peinture, Remède, Sieur Grégoire, Toile, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Grégoire, Peintre, et seul Restaurateur des Tableaux de l'Eglise de Paris, a trouvé [...] »
Le sieur Grégoire , Peintre , et seul Restaura
teur des Tableaux de l'Eglise de Paris , a trouvé
le secret de nettoyer les Tableaux sans y causer
la moindre altération , ce qu'il a fait voir sur
ceux de Notre-Dame , qui ont été vûs et examinez
par Mrs de l'Académie Royale de Peinture
et Sculpture , qui lui en ont donné un Certificat.
Il nettoye et rétablit aussi toutes sortes de Tableaux
peints sur Toile , sur Cuivre , sur Bois ,
sur Verre , sur Papier ; Peinture en huile sur
Plâtre , et couleurs à fresque. Il nettoye aussi
toutes sortes d'Ouvrages en Marbre , comme
Statues , Bustes , Bas- Reliefs et autres , sans diminuer
aucunement l'esprit de la figure ; il entreprend
également toutes sortes de Tableaux
d'His
2018 MERCURE DE FRANCE
d'Histoire Sainte et Profane , Portraits , Paysages
, Tableaux de Fleurs , de Fruits et de Perspectives
et Tableaux d'Aurel ; et pour les Mai
sons particulieres , Dessus de Portes et de Che
minées ; entreprend géneralement tout ce qui
concerne la Peinture , Sculpture et Dorure ; remet
aussi sur toile toutes sortes de Tabicaux en
quelque état qu'ils puissent être .
Le sieur Grégoire , demeure à Paris , Parvis
Notre Dame , entre un Notaire et un Perruquier
du côté du Claire , au troisieme Appartement.
Le sieur Lescure , cy -devant Chirurgien des
Gardes du Corps de la Reine d'Espagne , continue
de distribuer avec Privilege du Roy , un
Remede en forme de Sel , specifique pour la guérison
de l'Epilepsie ou mal caduc , vapeurs , soit
convulsives , histeriques ou simples vertiges et
étourdissemens , paralisie , tremblement et foiblesses
de nerfs. Il est très bon dans toutes les
maladies qui attaquent le genre nerveux . La
preuve de son excellence , sont les Experiences
qui en ont été faites , tant à l'Hôpital General ,
que sous les yeux de plusieurs celebres Médecins
de la Faculté de Paris sur un grand nombre de
malades de tout sexe, de differens âges, et temperamens.
Ce Remede opere la guérison de ces fâcheuses
maladies avec douceur , il purifie la masse du
sang , dissipe les obstructions et corrige lès humeurs
acides et gluantes qui picottent et embarassent
les nerfs ; il est facile à prendre et n'agit
que suivant la disposition des humeurs , conser
ve toujours sa vertu et peut se transporter par
tout sans souffrir la moindre altération .
Le sieur Lescure demeure ruë du Jour , vis-àvis
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
Je suis au comble de mes voeux.
BRU
IT
IR NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
Are demeure rue du Jour , vis-àvis
8 SEPTEMBRE
. 1733. 2019
H
vis le grand Portail d: S. Eustache , à Paris ,ceux
qui lui écriront des Provinces, auront soin d'affranchir
leurs Fettres.
Le sieur Dugeron , ancien Chirurgien d'Armée
, donne avis qu'il a fait la découverte du
Remede qui préserve les dents de se gâter et de
tomber ; il donne la maniere facile d'en faire
usage , et met son nom et le prix sur ses boëtes.
Il en a de deux , de trois et de quatre livres . Sa
demeure , avec Tableau , est à Paris „ ruë du Four .
près S. Eustache.
teur des Tableaux de l'Eglise de Paris , a trouvé
le secret de nettoyer les Tableaux sans y causer
la moindre altération , ce qu'il a fait voir sur
ceux de Notre-Dame , qui ont été vûs et examinez
par Mrs de l'Académie Royale de Peinture
et Sculpture , qui lui en ont donné un Certificat.
Il nettoye et rétablit aussi toutes sortes de Tableaux
peints sur Toile , sur Cuivre , sur Bois ,
sur Verre , sur Papier ; Peinture en huile sur
Plâtre , et couleurs à fresque. Il nettoye aussi
toutes sortes d'Ouvrages en Marbre , comme
Statues , Bustes , Bas- Reliefs et autres , sans diminuer
aucunement l'esprit de la figure ; il entreprend
également toutes sortes de Tableaux
d'His
2018 MERCURE DE FRANCE
d'Histoire Sainte et Profane , Portraits , Paysages
, Tableaux de Fleurs , de Fruits et de Perspectives
et Tableaux d'Aurel ; et pour les Mai
sons particulieres , Dessus de Portes et de Che
minées ; entreprend géneralement tout ce qui
concerne la Peinture , Sculpture et Dorure ; remet
aussi sur toile toutes sortes de Tabicaux en
quelque état qu'ils puissent être .
Le sieur Grégoire , demeure à Paris , Parvis
Notre Dame , entre un Notaire et un Perruquier
du côté du Claire , au troisieme Appartement.
Le sieur Lescure , cy -devant Chirurgien des
Gardes du Corps de la Reine d'Espagne , continue
de distribuer avec Privilege du Roy , un
Remede en forme de Sel , specifique pour la guérison
de l'Epilepsie ou mal caduc , vapeurs , soit
convulsives , histeriques ou simples vertiges et
étourdissemens , paralisie , tremblement et foiblesses
de nerfs. Il est très bon dans toutes les
maladies qui attaquent le genre nerveux . La
preuve de son excellence , sont les Experiences
qui en ont été faites , tant à l'Hôpital General ,
que sous les yeux de plusieurs celebres Médecins
de la Faculté de Paris sur un grand nombre de
malades de tout sexe, de differens âges, et temperamens.
Ce Remede opere la guérison de ces fâcheuses
maladies avec douceur , il purifie la masse du
sang , dissipe les obstructions et corrige lès humeurs
acides et gluantes qui picottent et embarassent
les nerfs ; il est facile à prendre et n'agit
que suivant la disposition des humeurs , conser
ve toujours sa vertu et peut se transporter par
tout sans souffrir la moindre altération .
Le sieur Lescure demeure ruë du Jour , vis-àvis
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
Je suis au comble de mes voeux.
BRU
IT
IR NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
Are demeure rue du Jour , vis-àvis
8 SEPTEMBRE
. 1733. 2019
H
vis le grand Portail d: S. Eustache , à Paris ,ceux
qui lui écriront des Provinces, auront soin d'affranchir
leurs Fettres.
Le sieur Dugeron , ancien Chirurgien d'Armée
, donne avis qu'il a fait la découverte du
Remede qui préserve les dents de se gâter et de
tomber ; il donne la maniere facile d'en faire
usage , et met son nom et le prix sur ses boëtes.
Il en a de deux , de trois et de quatre livres . Sa
demeure , avec Tableau , est à Paris „ ruë du Four .
près S. Eustache.
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Résumé : « Le sieur Grégoire, Peintre, et seul Restaurateur des Tableaux de l'Eglise de Paris, a trouvé [...] »
Le texte met en avant trois figures principales : le sieur Grégoire, le sieur Lescure et le sieur Dugeron. Le sieur Grégoire, peintre et restaurateur des tableaux de l'Église de Paris, a développé une méthode de nettoyage des tableaux sans les altérer, validée par l'Académie Royale de Peinture et Sculpture. Il restaure divers types de tableaux et d'œuvres en marbre, et propose ses services pour des maisons particulières. Il réside au Parvis Notre-Dame, à Paris. Le sieur Lescure, ancien chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, distribue un remède en forme de sel pour traiter l'épilepsie, les vapeurs, la paralysie, les tremblements et les faiblesses nerveuses. Ce remède a été testé avec succès à l'Hôpital Général et sous les yeux de médecins parisiens. Il habite rue du Jour, vis-à-vis du grand portail de Saint-Eustache à Paris. Le sieur Dugeron, ancien chirurgien d'armée, annonce avoir découvert un remède pour préserver les dents et réside rue du Four, près de Saint-Eustache à Paris.
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23
p. 2228-2230
Tableaux et Estampes nouvellement gravées, [titre d'après la table]
Début :
Les Curieux vont voir, avec satisfaction, un Tableau nouvellement peint par le Sr J. du Mont [...]
Mots clefs :
Jacques Dumont, Estampes, Tableaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tableaux et Estampes nouvellement gravées, [titre d'après la table]
On écrit de Lisbonne , de la fin du mois dernier
, que dans la derniere Assemblée publique,
qu'a tenue l'Académi : Royale de l'Histoire , et
laquelle Don François Xavier de Menezez
Comte d'Ericeira , prêsida en qualité de Directeur
, Don Nuno de Siva-Teiles , qui est chargé
d'écrire les Mémoires du Diocèse de Porto
lut la vie d'un Evêque de ce Diocèse , et Don
Martin de Mendoca de Pina , Bibliothecaire du
Roy , lut une Dissertation sur l'ancienneté et
l'usage de certaines Tables de Pierres , taillées en
quadrangulaire , qu'on a trouvées en quelques
endroits du Royaume de Portugal , et dont on
se servoir , selon lui , pour brûler les Victimes
dans les Sacrifices , pendant les premiers siècles.
Les Curieux vont voir , avec satisfaction , un
Tableau nouvellement peint par le Sr J. du Mons
Le Romain , de l'Académie Royale de Peinture et
Sculp
OCTOBR E. 1733. 2229
Sculpture, de 11 pieds de haut sur 8 de large; les Figures
ayant 6 pieds de proportion . Il est placé
dans le Choeur de l'Eglise des Chartreux , en entrant
à droite , et represente la vocation de Simon-
Pierre et d'André son frere , selon l'Evan.
gile de S. Matt. ch. 4. v. 18. Le Peintre a pris le
moment que S. Pierre et S. André se donnent à
Jesus Christ ; et pour suivre l'Evangile plus à la
Lettre , il a fait sur son second Plan une Barque,
dans laquelle on voit S. Jacques et S. Jean , avec
Zébédée leur pere, qui racommodent leurs filets.
Il à ingénieusement enrichi l'ordonnance de ces
six Personnages, qui sont de son sujet , d'un Groupe
, composé de deux hommes , d'une femme et
d'une petite fille , qui rendent sa composition
extrémement agréable , quoique fort simple.
11 paroît depuis peu en Estampe , le Portrait
d'un homme celebre dans sa profession , gravé
par le Sr J. Daullé : Buste en hauteur avec une
main , d'après le Tableau original de feu M. de
Troy ; on lit ces Vers au bas.
EURIPIDE et SOPHOCLE en France ,
Avoient l'un et l'autre un Rival ;
Sans BARON ,dont ici , l'on voit la ressemblance,
Roscius restoit sans égal.
On vend ce Portrait , ruë de Gèvres, chez Limosin.
On vient de mettre au jour deux Estampes ,
nouvellement gravées d'après les Tableaux de
feu Antoine Watteau , dont les sujets et composítions
sont tres -agréables ; L'une a pour titre ;
La Conversation ; Pautre , Récréation Italienne ;
CCS
2230 MERCURE DE FRANCE
ces deux Estampes sont des mieux gravées , par
les Srs Lioter et Aveline ; elles se vendent dans la
rue S , Jacque , chez la veuve Chereau , aux deux
Pilliers d'or , et chez Surugues, Graveur du Roy,
rue des Noyers.
On trouve aussi chez les mêmes , toutes les
Estampes gravées , précédemment d'après les
Tableaux de ce charmant Peintre.
On nous prie d'avertir que les sieurs Gersaint
et Jourdan, Marchands, arrivez depuis peu d'Hol
lande , mettront en vente , au plus offrant , le 16.
Novembre , quantité d'excellens Desseins et d'Es
tampes des plus grands Maîtres , comme de Raphael
, Parmesan , Vieux Palme , Tintoret , Carache
, & c . de Rubens , Vandek , Rimbram, Miris
, Teniers Vauoremans , Berghem , Breugles ,
Ostade , Braur, &c. Poussin , le Brun , Le Sueur,
Vandremeulle , &c. Pour la commodité des Curieux
, on vendra séparément les Morceaux capitaux
, tant en Desseins qu'en Estainpes. On.
distribue des Catalogues chez lesdits Marchands ,
Pont Notre- Dame et Quay de Gévres.
On a imprimé depuis peu à Roterdam , le Catalogue
des Tableaux du fameux Cabinet de feu
M: Corneille Witter , Seigneur de Valkenbourg,
Originaux des plus excellens Peintres Italiens
François , Allenans et Flamands , qu'on ven tra
publiquement au commencement du mois prochain
, à Roterdam , dans la maison du defunt.
Il y en a de Paul Véronèse , Annibal Carrachè ,
Poussin , Rubens , Vandek , Paul Bril , Gérard
Daw , Miris , Rottenhamer , Ph. Wouverman ,
Corn. Polembourg , Nic. Van Berghem , & c.
, que dans la derniere Assemblée publique,
qu'a tenue l'Académi : Royale de l'Histoire , et
laquelle Don François Xavier de Menezez
Comte d'Ericeira , prêsida en qualité de Directeur
, Don Nuno de Siva-Teiles , qui est chargé
d'écrire les Mémoires du Diocèse de Porto
lut la vie d'un Evêque de ce Diocèse , et Don
Martin de Mendoca de Pina , Bibliothecaire du
Roy , lut une Dissertation sur l'ancienneté et
l'usage de certaines Tables de Pierres , taillées en
quadrangulaire , qu'on a trouvées en quelques
endroits du Royaume de Portugal , et dont on
se servoir , selon lui , pour brûler les Victimes
dans les Sacrifices , pendant les premiers siècles.
Les Curieux vont voir , avec satisfaction , un
Tableau nouvellement peint par le Sr J. du Mons
Le Romain , de l'Académie Royale de Peinture et
Sculp
OCTOBR E. 1733. 2229
Sculpture, de 11 pieds de haut sur 8 de large; les Figures
ayant 6 pieds de proportion . Il est placé
dans le Choeur de l'Eglise des Chartreux , en entrant
à droite , et represente la vocation de Simon-
Pierre et d'André son frere , selon l'Evan.
gile de S. Matt. ch. 4. v. 18. Le Peintre a pris le
moment que S. Pierre et S. André se donnent à
Jesus Christ ; et pour suivre l'Evangile plus à la
Lettre , il a fait sur son second Plan une Barque,
dans laquelle on voit S. Jacques et S. Jean , avec
Zébédée leur pere, qui racommodent leurs filets.
Il à ingénieusement enrichi l'ordonnance de ces
six Personnages, qui sont de son sujet , d'un Groupe
, composé de deux hommes , d'une femme et
d'une petite fille , qui rendent sa composition
extrémement agréable , quoique fort simple.
11 paroît depuis peu en Estampe , le Portrait
d'un homme celebre dans sa profession , gravé
par le Sr J. Daullé : Buste en hauteur avec une
main , d'après le Tableau original de feu M. de
Troy ; on lit ces Vers au bas.
EURIPIDE et SOPHOCLE en France ,
Avoient l'un et l'autre un Rival ;
Sans BARON ,dont ici , l'on voit la ressemblance,
Roscius restoit sans égal.
On vend ce Portrait , ruë de Gèvres, chez Limosin.
On vient de mettre au jour deux Estampes ,
nouvellement gravées d'après les Tableaux de
feu Antoine Watteau , dont les sujets et composítions
sont tres -agréables ; L'une a pour titre ;
La Conversation ; Pautre , Récréation Italienne ;
CCS
2230 MERCURE DE FRANCE
ces deux Estampes sont des mieux gravées , par
les Srs Lioter et Aveline ; elles se vendent dans la
rue S , Jacque , chez la veuve Chereau , aux deux
Pilliers d'or , et chez Surugues, Graveur du Roy,
rue des Noyers.
On trouve aussi chez les mêmes , toutes les
Estampes gravées , précédemment d'après les
Tableaux de ce charmant Peintre.
On nous prie d'avertir que les sieurs Gersaint
et Jourdan, Marchands, arrivez depuis peu d'Hol
lande , mettront en vente , au plus offrant , le 16.
Novembre , quantité d'excellens Desseins et d'Es
tampes des plus grands Maîtres , comme de Raphael
, Parmesan , Vieux Palme , Tintoret , Carache
, & c . de Rubens , Vandek , Rimbram, Miris
, Teniers Vauoremans , Berghem , Breugles ,
Ostade , Braur, &c. Poussin , le Brun , Le Sueur,
Vandremeulle , &c. Pour la commodité des Curieux
, on vendra séparément les Morceaux capitaux
, tant en Desseins qu'en Estainpes. On.
distribue des Catalogues chez lesdits Marchands ,
Pont Notre- Dame et Quay de Gévres.
On a imprimé depuis peu à Roterdam , le Catalogue
des Tableaux du fameux Cabinet de feu
M: Corneille Witter , Seigneur de Valkenbourg,
Originaux des plus excellens Peintres Italiens
François , Allenans et Flamands , qu'on ven tra
publiquement au commencement du mois prochain
, à Roterdam , dans la maison du defunt.
Il y en a de Paul Véronèse , Annibal Carrachè ,
Poussin , Rubens , Vandek , Paul Bril , Gérard
Daw , Miris , Rottenhamer , Ph. Wouverman ,
Corn. Polembourg , Nic. Van Berghem , & c.
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Résumé : Tableaux et Estampes nouvellement gravées, [titre d'après la table]
En octobre 1733, plusieurs événements culturels et académiques ont eu lieu à Lisbonne et en France. À Lisbonne, l'Académie Royale de l'Histoire a organisé une assemblée publique présidée par Don François Xavier de Menezez, Comte d'Ericeira. Lors de cette réunion, Don Nuno de Siva-Teiles a présenté la vie d'un évêque du Diocèse de Porto, et Don Martin de Mendoca de Pina a lu une dissertation sur l'ancienneté et l'usage de tables de pierre quadrangulaires trouvées au Portugal, utilisées pour des sacrifices. En France, un tableau représentant la vocation de Simon-Pierre et d'André, peint par le Sr J. du Mons, a été installé dans le chœur de l'Église des Chartreux. Ce tableau, de 11 pieds de haut sur 8 de large, inclut des figures de Saint Jacques, Saint Jean et Zébédée. Par ailleurs, un portrait gravé par le Sr J. Daullé, d'après un tableau de M. de Troy, était disponible à la vente. Deux estampes gravées d'après les tableaux d'Antoine Watteau, intitulées 'La Conversation' et 'Récréation Italienne', étaient également en vente. Les marchands Gersaint et Jourdan ont annoncé une vente aux enchères de dessins et estampes de grands maîtres, tels que Raphaël, Parmesan, Rubens et Poussin, le 16 novembre. Un catalogue des tableaux du cabinet de feu M. Corneille Witter, incluant des œuvres de Paul Véronèse, Annibal Carrache et Rubens, devait être publié et mis en vente à Rotterdam.
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24
p. 2663-2666
Morts d'Hommes Illustres, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le 21 Novembre 1733. Loüis de Boullongne, Ecuyer, Chevalier de l'Ordre [...]
Mots clefs :
Louis de Boullogne, Tableaux, Académie royale de peinture et de sculpture, Académie royale des inscriptions et belles-lettres, Grands tableaux, Receveur général des finances, Tableaux de cabinet
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texteReconnaissance textuelle : Morts d'Hommes Illustres, &c. [titre d'après la table]
Le 21 Novembre 1733. Louis de Boullongne
, Ecuyer , Chevalier de l'Ordre
1. Val.
Fij de
2664 MERCURE DE FRANCE
de S. Michel , premier Peintre du Roy ,
Directeur et Recteur de l'Académic
Royale de Peinture et Sculpture , Pensionnaire
et Dessinateur de celle des Inscriptions
et Belles Lettres , mourut à Paris
, âgé de 79 ans.
Il avoit acquis la réputation d'un des
plus grands Peintres de son temps, par un
grand nombre d'excellens Ouvrages , dont
nous allons indiquer les Principaux .
Il a peint dans l'Eglise de l'Hôtel Royal
des Invalides la Chapelle de S. Augustin,
à Fresque , et un Choeur d'Anges dans la
croisée à droite; dans la Chapelle du Château
de Versailles , six Apôtres dans les
Voûtes de la Tribune, à droite, et la Chapelle
de la Vierge; dans le Cheur de Notre
- Dame de Paris , deux des huit grands
Tableaux , dont l'un represente la Purification
de la Vierge au Temple ; et l'autre
, la Fuite en Egypte. Il y a aussi deux
grands Tableaux de lui dans la Nef , représentant
le Miracle du Centènier et la
Samaritaine.
Il a peint dans le Salon de Marly , l'un
des quatre grands Tableaux , et beaucoup
d'autres dans les Châteaux de Fontainebleau
, Meudon , Trianon et la Ménagerie,
Il a excellé principalement dans l'élé
gance de la composition et dans la correction
I. Voh
DECEMBRE . 1735. 266
fection du dessein.Il a fait un tres- grand
nombre de Tableaux de Cabinet , qui sont
fort estimez , et dans lesquels on remarque
sur tout un caractere gracieux , qui
faisoit en général l'ame de sa composition .
Le Roy , pour récompenser ses talens,
l'avoit annobli , lui et sa posterité. Il a
laissé pour enfans Jean de Boullongne
Conseiller au Parlement de Mets et premier
Commis des Finances , et Marie-
Anne de Boullongne , femme de Jean-
Pierre Richard , Receveur General des
Finances de la Généralité de Tours. Il
avoit encore un fils qui mourut revêtu
de la même Charge de Receveur General
des Finances de Tours , au mois de
Decembre de l'année derniere , âgé de
30 ans , sans avoir laissé de posterité.
Les Vers qu'on va lire , sont de My
TANEVOT.
Ecoute-moi , Coustou , prends ton Ciseau
Et du fameux Boullongne éleve le Tombeau.
Place au milieu sa Muse désolée ,
Regardant les Graces en pleurs ,
Assises près du Mausolée ,
Qu'au pied , plus d'un Géme exprime ses dou
kurs
Par son air et son attitude ;
Fais-y voir la conftante Etude ,
I. Fol Fiij Lo
2866 MER CURE DE FRANCE
Le Coloris et la Correction ,
L'Ordonnance , l'Invention ,
Et qu'un Amour à tire -d'aîle ,
Forte jusqu'aux Cicux son image immortelle.
, Ecuyer , Chevalier de l'Ordre
1. Val.
Fij de
2664 MERCURE DE FRANCE
de S. Michel , premier Peintre du Roy ,
Directeur et Recteur de l'Académic
Royale de Peinture et Sculpture , Pensionnaire
et Dessinateur de celle des Inscriptions
et Belles Lettres , mourut à Paris
, âgé de 79 ans.
Il avoit acquis la réputation d'un des
plus grands Peintres de son temps, par un
grand nombre d'excellens Ouvrages , dont
nous allons indiquer les Principaux .
Il a peint dans l'Eglise de l'Hôtel Royal
des Invalides la Chapelle de S. Augustin,
à Fresque , et un Choeur d'Anges dans la
croisée à droite; dans la Chapelle du Château
de Versailles , six Apôtres dans les
Voûtes de la Tribune, à droite, et la Chapelle
de la Vierge; dans le Cheur de Notre
- Dame de Paris , deux des huit grands
Tableaux , dont l'un represente la Purification
de la Vierge au Temple ; et l'autre
, la Fuite en Egypte. Il y a aussi deux
grands Tableaux de lui dans la Nef , représentant
le Miracle du Centènier et la
Samaritaine.
Il a peint dans le Salon de Marly , l'un
des quatre grands Tableaux , et beaucoup
d'autres dans les Châteaux de Fontainebleau
, Meudon , Trianon et la Ménagerie,
Il a excellé principalement dans l'élé
gance de la composition et dans la correction
I. Voh
DECEMBRE . 1735. 266
fection du dessein.Il a fait un tres- grand
nombre de Tableaux de Cabinet , qui sont
fort estimez , et dans lesquels on remarque
sur tout un caractere gracieux , qui
faisoit en général l'ame de sa composition .
Le Roy , pour récompenser ses talens,
l'avoit annobli , lui et sa posterité. Il a
laissé pour enfans Jean de Boullongne
Conseiller au Parlement de Mets et premier
Commis des Finances , et Marie-
Anne de Boullongne , femme de Jean-
Pierre Richard , Receveur General des
Finances de la Généralité de Tours. Il
avoit encore un fils qui mourut revêtu
de la même Charge de Receveur General
des Finances de Tours , au mois de
Decembre de l'année derniere , âgé de
30 ans , sans avoir laissé de posterité.
Les Vers qu'on va lire , sont de My
TANEVOT.
Ecoute-moi , Coustou , prends ton Ciseau
Et du fameux Boullongne éleve le Tombeau.
Place au milieu sa Muse désolée ,
Regardant les Graces en pleurs ,
Assises près du Mausolée ,
Qu'au pied , plus d'un Géme exprime ses dou
kurs
Par son air et son attitude ;
Fais-y voir la conftante Etude ,
I. Fol Fiij Lo
2866 MER CURE DE FRANCE
Le Coloris et la Correction ,
L'Ordonnance , l'Invention ,
Et qu'un Amour à tire -d'aîle ,
Forte jusqu'aux Cicux son image immortelle.
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Résumé : Morts d'Hommes Illustres, &c. [titre d'après la table]
Louis de Boullongne, Écuyer et Chevalier de l'Ordre de Saint-Michel, décéda à Paris le 21 novembre 1733 à l'âge de 79 ans. Il occupait les postes de premier Peintre du Roi, Directeur et Recteur de l'Académie Royale de Peinture et Sculpture, ainsi que Pensionnaire et Dessinateur de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres. Boullongne était renommé pour ses nombreuses œuvres remarquables. Parmi ses principales réalisations, on trouve des fresques dans l'église de l'Hôtel Royal des Invalides, notamment la Chapelle de Saint-Augustin et un chœur d'anges. À Versailles, il peignit six apôtres et la Chapelle de la Vierge. Dans le chœur de Notre-Dame de Paris, il réalisa deux des huit grands tableaux, représentant la Purification de la Vierge au Temple et la Fuite en Égypte, ainsi que deux grands tableaux dans la nef, illustrant le Miracle du Centurion et la Samaritaine. Il travailla également dans le Salon de Marly et dans les châteaux de Fontainebleau, Meudon, Trianon et la Ménagerie. Boullongne était apprécié pour l'élégance de ses compositions et la correction de ses dessins, et il réalisa de nombreux tableaux de cabinet très estimés. Le Roi le récompensa en l'anoblissant, lui et sa postérité. Il laissa deux enfants, Jean de Boullongne, Conseiller au Parlement de Metz et premier Commis des Finances, et Marie-Anne de Boullongne, épouse de Jean-Pierre Richard, Receveur Général des Finances de la Généralité de Tours. Un autre fils, également Receveur Général des Finances de Tours, décéda en décembre de l'année précédente à l'âge de 30 ans sans laisser de postérité.
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25
p. 2927-2928
Nouveaux Tableaux de l'Ordre du S. Esprit, aux Grands Augustins de Paris, [titre d'après la table]
Début :
L'Ordre du S. Esprit vient de faire exécuter les Ouvrages ordonnez par délibération [...]
Mots clefs :
Ordre du Saint-Esprit, Tableaux, Monastère
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texteReconnaissance textuelle : Nouveaux Tableaux de l'Ordre du S. Esprit, aux Grands Augustins de Paris, [titre d'après la table]
L'Ordre du S. Esprit vient de faire
exécuter les Ouvrages ordonnez par délibération
de Chapitre et Assemblées de
Commissaires , pour établir dans le Monastere
des Grands Augustins de Paris où
se sont faites les premieres Cérémonies
des Monumens de sa grandeur, aussi honorables
pour les Maisons Illustres du
Royaume,qu'interressans et curieux pour
les Etrangers. Ces Monumens sont :
1. Cinq grands Tableaux représentant
chacun une cérémonie de cet Ordre ,
sous les cinq Grands- Maîtres , qui ont re
gné depuis sa fondation ; sçavoir , Henry
III. fondateur , Henry IV. Louis XIII .
Louis XIV. et Louis XV. Ces Tableaux
ont été placez dans le Choeur de l'Eglise
de ce Monastere , et accompagnez de
Pilastres et autres Ornemens qui réünissent
une noble simplicité , avec beaucoup
de magnificence. Les habiles Maîtres, Auteurs
de ces Tableaux , sont les Srs Cham,
pagne , de Troyes , et Vanloo .
2º . On a décoré les deux Salles de co
II. Vol. Hiiij Me12928
292 MERCURE
DE FRANCE
Monastére , affectées à l'Ordre du S. Esprit
, de Boiserie , Sculpture, et Dorure ,
convenables à la dignité du sujet , autant
que l'étendue de ces Salles l'a permis.
On y verra par rang de receptions les
Portraits en Buste , avec les Armes et principales
qualitez de tous les Cardinaux ,
Prélats , Commandeurs et Chevaliers reçûs
dans cet Ordre , depuis son établissement
, jusqu'à ce jour. On avertit les
Maisons auxquelles on a demandé ceux de
ces Portraits qui manquent , de les fournir
le plutôt qu'elles pourront , et en attendant
ces Places resteront vuides.
On est redevable de l'exécution de ces
Ouvrages à la vigilance de M. l'Abbé de
Pomponne, Commandeur et Chancelier
des Ordres du Roy , et Conseiller d'Etat
ordinaire , et aux soins de M. le Marquis
de Breteuil , Commandeur et Prevôt ,
Maître des Cérémonies des mêmes Ordres
.
Ceux qui voudront voir ces Salles, s'adresseront
au R. P. Bouge, Religieux Augustin
, chargé par l'Ordre du ŠS.. Esprit ,
de les tenir ouvertes, et d'y accompagner
les Curieux tous les Mercredy et Jeudy
de chaque semaine , fête ou non fête , depuis
onze heures et demi du matin , jusqu'à
quatre heures après midi.
exécuter les Ouvrages ordonnez par délibération
de Chapitre et Assemblées de
Commissaires , pour établir dans le Monastere
des Grands Augustins de Paris où
se sont faites les premieres Cérémonies
des Monumens de sa grandeur, aussi honorables
pour les Maisons Illustres du
Royaume,qu'interressans et curieux pour
les Etrangers. Ces Monumens sont :
1. Cinq grands Tableaux représentant
chacun une cérémonie de cet Ordre ,
sous les cinq Grands- Maîtres , qui ont re
gné depuis sa fondation ; sçavoir , Henry
III. fondateur , Henry IV. Louis XIII .
Louis XIV. et Louis XV. Ces Tableaux
ont été placez dans le Choeur de l'Eglise
de ce Monastere , et accompagnez de
Pilastres et autres Ornemens qui réünissent
une noble simplicité , avec beaucoup
de magnificence. Les habiles Maîtres, Auteurs
de ces Tableaux , sont les Srs Cham,
pagne , de Troyes , et Vanloo .
2º . On a décoré les deux Salles de co
II. Vol. Hiiij Me12928
292 MERCURE
DE FRANCE
Monastére , affectées à l'Ordre du S. Esprit
, de Boiserie , Sculpture, et Dorure ,
convenables à la dignité du sujet , autant
que l'étendue de ces Salles l'a permis.
On y verra par rang de receptions les
Portraits en Buste , avec les Armes et principales
qualitez de tous les Cardinaux ,
Prélats , Commandeurs et Chevaliers reçûs
dans cet Ordre , depuis son établissement
, jusqu'à ce jour. On avertit les
Maisons auxquelles on a demandé ceux de
ces Portraits qui manquent , de les fournir
le plutôt qu'elles pourront , et en attendant
ces Places resteront vuides.
On est redevable de l'exécution de ces
Ouvrages à la vigilance de M. l'Abbé de
Pomponne, Commandeur et Chancelier
des Ordres du Roy , et Conseiller d'Etat
ordinaire , et aux soins de M. le Marquis
de Breteuil , Commandeur et Prevôt ,
Maître des Cérémonies des mêmes Ordres
.
Ceux qui voudront voir ces Salles, s'adresseront
au R. P. Bouge, Religieux Augustin
, chargé par l'Ordre du ŠS.. Esprit ,
de les tenir ouvertes, et d'y accompagner
les Curieux tous les Mercredy et Jeudy
de chaque semaine , fête ou non fête , depuis
onze heures et demi du matin , jusqu'à
quatre heures après midi.
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Résumé : Nouveaux Tableaux de l'Ordre du S. Esprit, aux Grands Augustins de Paris, [titre d'après la table]
L'Ordre du Saint-Esprit a entrepris des travaux dans le monastère des Grands Augustins à Paris, conformément à une délibération du Chapitre et des Assemblées de Commissaires. Ces travaux visent à établir des monuments célébrant la grandeur de l'Ordre et honorant les maisons illustres du royaume, tout en intéressant les étrangers. Les monuments comprennent cinq grands tableaux, chacun représentant une cérémonie de l'Ordre sous les cinq Grands-Maîtres successifs : Henri III, Henri IV, Louis XIII, Louis XIV et Louis XV. Ces tableaux, réalisés par les maîtres Champagne de Troyes et Vanloo, sont placés dans le chœur de l'église du monastère et accompagnés de pilastres et autres ornements alliant simplicité et magnificence. Deux salles du monastère, dédiées à l'Ordre du Saint-Esprit, ont été décorées de boiseries, sculptures et dorures. Elles présentent les portraits en buste des cardinaux, prélats, commandeurs et chevaliers reçus dans l'Ordre depuis sa fondation, par ordre de réception. Les maisons concernées sont invitées à fournir les portraits manquants. L'exécution de ces travaux est attribuée à la vigilance de l'abbé de Pomponne, Commandeur et Chancelier des Ordres du Roi, et aux soins du marquis de Breteuil, Commandeur et Prévôt, Maître des Cérémonies des mêmes Ordres. Les visiteurs peuvent accéder à ces salles les mercredis et jeudis de chaque semaine, de onze heures et demie du matin à quatre heures de l'après-midi, sous la guidance du religieux augustin Bouge.
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26
p. 346-349
Morts illustres, [titre d'après la table]
Début :
L'Académie Royale de Peinture, a fait une perte très-considerable en la personne de Jean [...]
Mots clefs :
Tableaux, Tableau, Peinture, Séjour en Italie, Jean Raoux, Prince de Vendôme, Cabinets de Paris, Robert de Séry, Académie royale de peinture
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texteReconnaissance textuelle : Morts illustres, [titre d'après la table]
L'Académie Royale de Peinture , a fait une
perte très - considerable en la personne de Jean
Raoux , Peintre , natif de Montpellier , mort le
10. de ce mois , âgé d'environ 57. ans , il étoit
Eleve de feu M. de Boullogne l'Aîné ; et il avoit
fait un long séjour en Italie , sur tout à Venise,
od les Tableaux qu'il y a faits sont fort estimez.
C'est feu M. de Vendôme , Grand - Prieur de
France , qui aimoit les Arts et qui avoit connu
tout des premiers le mérite de M. Raoux , qui
l'avoit engagé à faire quelque séjour en Italie.
Sa maniere de peindre étoit tendre , délicate
agréable à la vue et extrémement finie.Il fut reçu
àl'Académie le 28. Août 1717. et on y conserve
de lui un très - beau Tableau , où il a peint la
Fable de Pigmalion.
On voit dans les meilleurs Cabinets de Paris
quantité de ses Tableaux , voici ceux qui sont
venus à notre connoissance.
Un Portrait en grand du feu Prince de Vendôme
, ouvrage d'une grande composition , historié
, avec un fond de Paysage , et d'un beau
fini ; il est dans le Cabinet du Prince de Conti.
M.
FEVRIER. 1734. 347
M. Porlier , Maître des Comptes , demeurant au
Temple , Ami particulier de cet habile Artiste ,
conserve précieusément l'esquisse de ce Tableau ,
fini par l'Auteur , d'après nature.
Quatre Tableaux de Chevalet , faits à Bologne
pendant son séjour en Italie , représentant les
quatre Ages , sont dans le Cabinet de M. le Chevalier
d'Orleans , Grand- Prieur de France.
Le Portrait en pied du même Chevalier d'Or
leans , représenté comme General des Galeres ,
montant la Galere Reale, au bas duquel est un Esclave
qui lui présente son Bouclier ; cet Ouvrage
qui est d'une très - belle execution , est dans la
grande Salle du Palais Prieural du Temple.
On voit dans une autre Salle du même Palais ,
plusieurs excellens Tableaux de Chevalet , repré
sentant differens Sujets des Arts , comme la Mu.
sique , la Peinture , l'Astronomie , l'Histoire ,
l'Architecture , & c.
Le même M. Porlier , possede du même Auteur
les Originaux d'une Liseuse , du Silence ,
d'une Fille qui cherche une puce à une autre
fille qui fait rôtir des Marons , et de deux Filles
qui concertent ensemble.
M. lePeletier des Forts a deux excellens Tableaux
représentans des Vestales , conservant le Feu sacré,
M. Prat , Receveur General des Finances ,
possede dans sa Maison de Valenton auprès de
Paris , un grand Tableau qui représente une Ves
tale , un autre de même grandeur , qui est un
Retour de Chasse , et un autre où l'on voit les
cinq Sens de Nature.
On voit plusieurs Tableaux gracieux , peints.
par le même Peintre , dans le Cabinet de M. de
Senosan .
Le sieur Dupré , Chirurgien du Temple , a
Giiij 10-
348 MERCURE DE FRANCE
POriginal d'une Vierge , dont les Connoisseurs
font grand cas.
Il a fait aussi quantité d'excellens Portraits ,
ceux des Diles Journet , en Prêtresse de Diane ,
Prevôt , en Bacchante ,Quinault , en Amphitrite,
Sylvia , en Thalie , et tout récemment celui de
Mad. B *** morte depuis peu.
Mais ce que nous pouvons dire de plus avantageux
à la memoire de M. Raoux , c'est la maniere
dont feu M. le Duc d'Orleans , Amateur
éclairé des Beaux Arts , reçut le Tableau peint
par lui et présenté par feu M. le Prince de Vendôme
; S. A. R. le fit placer dans son grand Appartement
après avoir rendu justice au mérite
de l'Ouvrage. Ce Tableau représente Telemaque
dans l'Ile de Calypso , après son nauffrage , racontant
, &c . On peut voir la Description de
cette riche et variée composition , dans le Mercure
de Juillet 1722. page 120.
On a aussi perdu dans M. Robert de Sery , un
'Artiste qui avoit beaucoup de talents naturels pour
la Peinture , sur tout au jugement des Connoisseurs
, pour la belle disposition des Figures et les
expressions. Lorsque M. le Cardinal de Rohan
le ramena de Rome , où il avoit travaillé 18 ans ,
il en a rapporté une Collection importante de
Calques et d'Esquisses à huile , faites de sa main ,
des Tableaux des meilleurs Maîtres. Ces riches
études doivent être vendues dans peu , avec plusieurs
Statues et des Modelles de terre cuite , au
profit de ses heritiers .
Il a été enterré dans l'Eglise des Capucins du
Marais on lit sur sa Tombe l'Inscription que
Joici.
:
Cy git Paul-Ponce- Antoine Robert , Peintre de
S.
FEVRIER. 1714. 349
S.A. E. M. le C. de Rohan , né à Sery en Portien
, le 11. Janvier 1686. Reims l'a élevé , Rome
a perfectionné ses talens . Paris possede un petit
nombre de ses Ouvrages . Son Pinceau est regretté
de tous les Connoisseurs . Ses lumieres et sa probité
ne le sont pas moins de tous ses Amis. Il mourut le
29. Décembre 1733.
perte très - considerable en la personne de Jean
Raoux , Peintre , natif de Montpellier , mort le
10. de ce mois , âgé d'environ 57. ans , il étoit
Eleve de feu M. de Boullogne l'Aîné ; et il avoit
fait un long séjour en Italie , sur tout à Venise,
od les Tableaux qu'il y a faits sont fort estimez.
C'est feu M. de Vendôme , Grand - Prieur de
France , qui aimoit les Arts et qui avoit connu
tout des premiers le mérite de M. Raoux , qui
l'avoit engagé à faire quelque séjour en Italie.
Sa maniere de peindre étoit tendre , délicate
agréable à la vue et extrémement finie.Il fut reçu
àl'Académie le 28. Août 1717. et on y conserve
de lui un très - beau Tableau , où il a peint la
Fable de Pigmalion.
On voit dans les meilleurs Cabinets de Paris
quantité de ses Tableaux , voici ceux qui sont
venus à notre connoissance.
Un Portrait en grand du feu Prince de Vendôme
, ouvrage d'une grande composition , historié
, avec un fond de Paysage , et d'un beau
fini ; il est dans le Cabinet du Prince de Conti.
M.
FEVRIER. 1734. 347
M. Porlier , Maître des Comptes , demeurant au
Temple , Ami particulier de cet habile Artiste ,
conserve précieusément l'esquisse de ce Tableau ,
fini par l'Auteur , d'après nature.
Quatre Tableaux de Chevalet , faits à Bologne
pendant son séjour en Italie , représentant les
quatre Ages , sont dans le Cabinet de M. le Chevalier
d'Orleans , Grand- Prieur de France.
Le Portrait en pied du même Chevalier d'Or
leans , représenté comme General des Galeres ,
montant la Galere Reale, au bas duquel est un Esclave
qui lui présente son Bouclier ; cet Ouvrage
qui est d'une très - belle execution , est dans la
grande Salle du Palais Prieural du Temple.
On voit dans une autre Salle du même Palais ,
plusieurs excellens Tableaux de Chevalet , repré
sentant differens Sujets des Arts , comme la Mu.
sique , la Peinture , l'Astronomie , l'Histoire ,
l'Architecture , & c.
Le même M. Porlier , possede du même Auteur
les Originaux d'une Liseuse , du Silence ,
d'une Fille qui cherche une puce à une autre
fille qui fait rôtir des Marons , et de deux Filles
qui concertent ensemble.
M. lePeletier des Forts a deux excellens Tableaux
représentans des Vestales , conservant le Feu sacré,
M. Prat , Receveur General des Finances ,
possede dans sa Maison de Valenton auprès de
Paris , un grand Tableau qui représente une Ves
tale , un autre de même grandeur , qui est un
Retour de Chasse , et un autre où l'on voit les
cinq Sens de Nature.
On voit plusieurs Tableaux gracieux , peints.
par le même Peintre , dans le Cabinet de M. de
Senosan .
Le sieur Dupré , Chirurgien du Temple , a
Giiij 10-
348 MERCURE DE FRANCE
POriginal d'une Vierge , dont les Connoisseurs
font grand cas.
Il a fait aussi quantité d'excellens Portraits ,
ceux des Diles Journet , en Prêtresse de Diane ,
Prevôt , en Bacchante ,Quinault , en Amphitrite,
Sylvia , en Thalie , et tout récemment celui de
Mad. B *** morte depuis peu.
Mais ce que nous pouvons dire de plus avantageux
à la memoire de M. Raoux , c'est la maniere
dont feu M. le Duc d'Orleans , Amateur
éclairé des Beaux Arts , reçut le Tableau peint
par lui et présenté par feu M. le Prince de Vendôme
; S. A. R. le fit placer dans son grand Appartement
après avoir rendu justice au mérite
de l'Ouvrage. Ce Tableau représente Telemaque
dans l'Ile de Calypso , après son nauffrage , racontant
, &c . On peut voir la Description de
cette riche et variée composition , dans le Mercure
de Juillet 1722. page 120.
On a aussi perdu dans M. Robert de Sery , un
'Artiste qui avoit beaucoup de talents naturels pour
la Peinture , sur tout au jugement des Connoisseurs
, pour la belle disposition des Figures et les
expressions. Lorsque M. le Cardinal de Rohan
le ramena de Rome , où il avoit travaillé 18 ans ,
il en a rapporté une Collection importante de
Calques et d'Esquisses à huile , faites de sa main ,
des Tableaux des meilleurs Maîtres. Ces riches
études doivent être vendues dans peu , avec plusieurs
Statues et des Modelles de terre cuite , au
profit de ses heritiers .
Il a été enterré dans l'Eglise des Capucins du
Marais on lit sur sa Tombe l'Inscription que
Joici.
:
Cy git Paul-Ponce- Antoine Robert , Peintre de
S.
FEVRIER. 1714. 349
S.A. E. M. le C. de Rohan , né à Sery en Portien
, le 11. Janvier 1686. Reims l'a élevé , Rome
a perfectionné ses talens . Paris possede un petit
nombre de ses Ouvrages . Son Pinceau est regretté
de tous les Connoisseurs . Ses lumieres et sa probité
ne le sont pas moins de tous ses Amis. Il mourut le
29. Décembre 1733.
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Résumé : Morts illustres, [titre d'après la table]
Jean Raoux, peintre originaire de Montpellier, est décédé le 10 février 1734 à l'âge d'environ 57 ans. Élève de M. de Boullogne l'Aîné, Raoux a séjourné en Italie, notamment à Venise, où ses œuvres étaient très appréciées. Ce séjour en Italie a été encouragé par M. de Vendôme, Grand-Prieur de France. Son style de peinture était caractérisé par une manière tendre, délicate et extrêmement finie. Raoux a été reçu à l'Académie Royale de Peinture le 28 août 1717, qui conserve un tableau de lui représentant la fable de Pigmalion. Plusieurs de ses œuvres sont notables, notamment un portrait du Prince de Vendôme dans le cabinet du Prince de Conti, des tableaux représentant les quatre âges dans le cabinet du Chevalier d'Orléans, et divers autres tableaux dans les collections de M. Porlier, M. le Peletier des Forts, M. Prat, et M. de Senosan. Raoux a également réalisé plusieurs portraits, dont ceux des Dames Journet, Prévôt, Quinault, Sylvia, et Madame B***. Le Duc d'Orléans a reconnu le travail de Raoux en faisant placer un de ses tableaux dans son grand appartement. Par ailleurs, le texte mentionne la mort de Robert de Sery, un autre artiste talentueux ramené de Rome par le Cardinal de Rohan. Les œuvres et collections de Robert de Sery doivent être vendues au profit de ses héritiers. Robert de Sery est enterré dans l'église des Capucins du Marais.
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27
p. 753
Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Début :
On a mis en vente chez la Veuve Chereau, ruë S. Jacques, aux deux Pilliers d'or, et chez [...]
Mots clefs :
Estampes, Tableaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
On a mis en vente chez la Veuve Chereau
ruë S. Jacques , aux deux Pilliers d'or , et chez
Surrugues , Graveur du Roy , rue des Noyers ,
deux Estampes nouvellement gravées d'après les
Tableaux de feu Antoine Watteau , Peintre Flamand
, de l'Académie Royale de Peinture et de
Sculpture.
On trouve aussi chez les mêmes toute la Suite.
des Estampes gravées d'après les Tableaux et.
Desseins de ce charmant Peintre .
Les deux Estampes que nous annonçons , sont
gravées en large par les sieurs Fessard et Aubert ,-
de la même grandeur des Originaux , qui sont
dans le Cabinet de M. Morel , Banquier ; l'une
est intitulée les Enfans de Bacchus , et l'autre ,
Fête au Dieu Pan . Paysages.
ruë S. Jacques , aux deux Pilliers d'or , et chez
Surrugues , Graveur du Roy , rue des Noyers ,
deux Estampes nouvellement gravées d'après les
Tableaux de feu Antoine Watteau , Peintre Flamand
, de l'Académie Royale de Peinture et de
Sculpture.
On trouve aussi chez les mêmes toute la Suite.
des Estampes gravées d'après les Tableaux et.
Desseins de ce charmant Peintre .
Les deux Estampes que nous annonçons , sont
gravées en large par les sieurs Fessard et Aubert ,-
de la même grandeur des Originaux , qui sont
dans le Cabinet de M. Morel , Banquier ; l'une
est intitulée les Enfans de Bacchus , et l'autre ,
Fête au Dieu Pan . Paysages.
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Résumé : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Deux estampes gravées d'après les tableaux d'Antoine Watteau, peintre flamand et membre de l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture, sont en vente. Intitulées 'Les Enfants de Bacchus' et 'Fête au Dieu Pan', elles sont disponibles chez la Veuve Chereau et Surrugues. Ces estampes sont en grand format et de la même taille que les originaux de M. Morel. Les vendeurs proposent également l'ensemble des estampes gravées d'après les œuvres de Watteau.
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28
p. 940-942
Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
Le sieur Cochin, de l'Académie Royale de Peinture, vient de graver deux Tableaux de Watteau, [...]
Mots clefs :
Nouvelles estampes, Tableaux, Estampe, Théâtre, Originaux, Cochin, Filloeul, Joullain
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Le sieur Cochin , de l'Académie Royale de
Peinture, vient de graver deux Tableaux de Watdes
plus terminez qu'il ait faits , l'un représente
l'Amour au Théatre François , et l'autre ,
l'Amour au Théatre Italien , du Cabinet de M. de
Rosnel . Ils sont gravez de la même grandeur des
Originaux er au miroir , pour que toutes les actions
soient à droite , comme dans les Tableaux ,
Ces Estampes se vendent à Paris , chez la veuve
Chereau , sue S. Jacques , et chez Gautrot ,
Quay de la Mégisserie.
Il paroît deux nouvelles Estampes , gravées par
le sieur Moyreau , d'après Wauvermans , la premiere
intitulée , la Buvette des Chasseurs , où l'on
voit dans un beau Paysage , un Equipage de
Chasse , des Chevaux et des Chiens dans l'eau ,
&c. Cette Estampe est de la même grandeur du
Tableau Original , qui a 19. pouces de large sur
15. de haut.
La deuxième Estampe, intitulée la Fontaine des
Chasseurs , est moins grande , mais d'une composition
plus heureuse et plus picquante. Ce charmant
Tableau est dans le fameux Cabinet de la
Comtesse de Verrue , et il est bien digne d'y
être.
MAY. 1734 941
.
Ces Estampes se veadent chez le Graveur , rue
Galande , vis - à - vis S. Blaise . Ces deux derniers
Morceaux terminent une suite de 12. Pieces, gra.
vées par le même Auteur, d'après le même Maître.
Il paroît aussi depuis peu deux nouvelles Estampes
, gravées par le sieur Filloul , chez lequel
elles se vendent , ruë Bordet à l'Hôtel de Vendosme
, près sainte Geneviève. Elles sont faites
d'après deux Tableaux du sieur Pater , qui a traité
deux Sujets tirez de la Fontaine , les Voeux
indiscrets et la Courtisanne Amoureuse.
Le même Auteur à gravé au trait seulement
d'après les Desseins Originaux de Watteau , une
suite de 27. Planches , qu'on vend chez lui sous
ce titre : Livre de differens caracteres de têtes , ¿c.
Le sieur Joullain , vient de mettre au jour deux
Chasses qu'il a gravées , l'une de Loup et l'autre
de Sanglier , d'après M. Desportes , dont les Tableaux
Originaux sont dans le Château de Virginie
, appartenant à M. Glucq , à qui ces Estampes
sont dédiées ; l'Auteur les donne au
Public en conséquence du Privilege qu'il en a obtenu
.
Le même Auteur a aussi gravé un fort beau
Portrait de M. Desportes en Chasseur , six figures
de la Comédie Italienne , d'après feu M. Gillot
, 84 autres figures de Théatre , d'après le
même ; trois Estampes intitulées , les Agrémens
de la Campagne ; le Concert Pastoral , et la Récréation
Champêtre , d'après M. Lancret. Le tout
se vend chez le sieur Gautrot , Marchands d'Estampes
, sur le Quay de la Mégisserie , à la Ville
de Rome , où l'on trouve aussi toutes sortes
d'i sta npes anciennes et modernes.
Il
942 MERCURE DE FRANCE
Il paroît encore une très -belle Estampe , gra
vée en hauteur par M. Larmessin , d'après un
Portrait en pied du sieur Vanloo , Peintre de
l'Académie Royale de Peinture . On lit au bas ,
à côté des Ecussons accolez . CATHERINE OPALINSKA
, REINE DE POLOGNE.
Cette Estampe se vend chez N. de Larmessin , Gra
veur du Roy , ruë des Noyers .
Peinture, vient de graver deux Tableaux de Watdes
plus terminez qu'il ait faits , l'un représente
l'Amour au Théatre François , et l'autre ,
l'Amour au Théatre Italien , du Cabinet de M. de
Rosnel . Ils sont gravez de la même grandeur des
Originaux er au miroir , pour que toutes les actions
soient à droite , comme dans les Tableaux ,
Ces Estampes se vendent à Paris , chez la veuve
Chereau , sue S. Jacques , et chez Gautrot ,
Quay de la Mégisserie.
Il paroît deux nouvelles Estampes , gravées par
le sieur Moyreau , d'après Wauvermans , la premiere
intitulée , la Buvette des Chasseurs , où l'on
voit dans un beau Paysage , un Equipage de
Chasse , des Chevaux et des Chiens dans l'eau ,
&c. Cette Estampe est de la même grandeur du
Tableau Original , qui a 19. pouces de large sur
15. de haut.
La deuxième Estampe, intitulée la Fontaine des
Chasseurs , est moins grande , mais d'une composition
plus heureuse et plus picquante. Ce charmant
Tableau est dans le fameux Cabinet de la
Comtesse de Verrue , et il est bien digne d'y
être.
MAY. 1734 941
.
Ces Estampes se veadent chez le Graveur , rue
Galande , vis - à - vis S. Blaise . Ces deux derniers
Morceaux terminent une suite de 12. Pieces, gra.
vées par le même Auteur, d'après le même Maître.
Il paroît aussi depuis peu deux nouvelles Estampes
, gravées par le sieur Filloul , chez lequel
elles se vendent , ruë Bordet à l'Hôtel de Vendosme
, près sainte Geneviève. Elles sont faites
d'après deux Tableaux du sieur Pater , qui a traité
deux Sujets tirez de la Fontaine , les Voeux
indiscrets et la Courtisanne Amoureuse.
Le même Auteur à gravé au trait seulement
d'après les Desseins Originaux de Watteau , une
suite de 27. Planches , qu'on vend chez lui sous
ce titre : Livre de differens caracteres de têtes , ¿c.
Le sieur Joullain , vient de mettre au jour deux
Chasses qu'il a gravées , l'une de Loup et l'autre
de Sanglier , d'après M. Desportes , dont les Tableaux
Originaux sont dans le Château de Virginie
, appartenant à M. Glucq , à qui ces Estampes
sont dédiées ; l'Auteur les donne au
Public en conséquence du Privilege qu'il en a obtenu
.
Le même Auteur a aussi gravé un fort beau
Portrait de M. Desportes en Chasseur , six figures
de la Comédie Italienne , d'après feu M. Gillot
, 84 autres figures de Théatre , d'après le
même ; trois Estampes intitulées , les Agrémens
de la Campagne ; le Concert Pastoral , et la Récréation
Champêtre , d'après M. Lancret. Le tout
se vend chez le sieur Gautrot , Marchands d'Estampes
, sur le Quay de la Mégisserie , à la Ville
de Rome , où l'on trouve aussi toutes sortes
d'i sta npes anciennes et modernes.
Il
942 MERCURE DE FRANCE
Il paroît encore une très -belle Estampe , gra
vée en hauteur par M. Larmessin , d'après un
Portrait en pied du sieur Vanloo , Peintre de
l'Académie Royale de Peinture . On lit au bas ,
à côté des Ecussons accolez . CATHERINE OPALINSKA
, REINE DE POLOGNE.
Cette Estampe se vend chez N. de Larmessin , Gra
veur du Roy , ruë des Noyers .
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Résumé : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Le texte présente plusieurs gravures et estampes récemment réalisées par divers artistes. Le sieur Cochin, membre de l'Académie Royale de Peinture, a gravé deux tableaux de Watteau : 'L'Amour au Théâtre Français' et 'L'Amour au Théâtre Italien', appartenant au Cabinet de M. de Rosnel. Ces estampes sont vendues à Paris chez la veuve Chereau et chez Gautrot. Moyreau a gravé deux estampes d'après Wauvermans : 'La Buvette des Chasseurs' et 'La Fontaine des Chasseurs', cette dernière étant particulièrement remarquée pour sa composition. Ces œuvres se vendent chez le graveur, rue Galande. Filloul a gravé deux estampes d'après les tableaux du sieur Pater, inspirés de la Fontaine : 'Les Voeux indiscrets' et 'La Courtisanne Amoureuse'. Joullain a mis au jour deux chasses, 'Loup' et 'Sanglier', d'après Desportes, ainsi que plusieurs autres œuvres, dont un portrait de Desportes et des figures de la comédie italienne. Larmessin a gravé un portrait en pied du sieur Vanloo, représentant Catherine Opalinska, Reine de Pologne. Ces estampes sont disponibles chez leurs respectifs graveurs et marchands.
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29
p. 942-943
AVIS aux Personnes curieuses d'excellens Tableaux, &c.
Début :
Il y en a un actuellement à vendre au petit Hôtel de S. Poüange, ruë neuve des Petits Champt [sic], [...]
Mots clefs :
Tableaux, Dents, Broderies de Constantinople, Sieur Durand, Opiat, Gencives
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS aux Personnes curieuses d'excellens Tableaux, &c.
AVIS aux Personnes curieuses d'excellens
Tableaux , & c.
Il y en a un actuellement à vendre au petit Hôtel
de S. Poüange , ruë neuve des Petits Champt ,
Original de Vendick , représentant un sujet de pieté,
composé de treize fignres grandes comme Nature..
Cette Piece a dix pieds de haut sur sept et demi delarge
, et a été trouvée admirable partous les Connoisseurs
qui l'ont déja vûë.
Le sieur Porlier , de la Societé des Arts , demeure
présentement au Caffé qui fait le coin de la rue
des Nonaindieres , au bout du Pont Marie à Paris.
Il continue avec succès les Broderies de Constanti
nople , et blanchit , par un secret à lui particulier ;
toutes les Etoffes brodées , brochées en or , argent et
en Soye , auxquelles il conserve les couleurs , fausse
ou fine. Il ne se sert point de Calendre; on peut
avoir recours à lui pour toutes ces sortes d'Etoffes
qui auront été mal blanchies Il dessine aussi pour
toute sorte de Broderie dans le goût des Indes.
L'altération qui vient aux dents , selon le sieur
Durand , ne procede que de la carie on de l'ébranlement.
La premiere entame et fait une perforation
douloureuse , qui jette dans la nécessité de les faire
arrar
MAY. 173 . 943
arracher ; l'autre moins sensible , mais d'un plus
grand progrès , est engendrée par l'exhalaison des
mauvais levains de l'estomach . Cette vapeur qui
s'éleve et qui se condense , fait le tartre qui attaque
Les dents par le pied et prend peu à pen la place des
gencives qui sont leurs bases . Il ne faut point s'étonner
si la négligence ou l'inattention fait que les
personnes , quoique fort jeunes , perdent leurs dents.
Quand elles branlent et que la gencive est rangée,
on est obligé de les faire tirer ; et en effet si elles
sont sorties de leurs alveoles , il n'y a plus de remede,
mais hors ce cas, le sieur Durand, reçû à S.Côme, a
joint à son experience et à sa dexterité pour tout ce
qui concerne son Art,la découverte d'un Opiat trèssalutaire
, puisqu'en rendant et conservant l'émail
des dents , elle produit la régeneration des gencives
et les deffend contre le tartre , entretenant leur blancheur,
leur beauté et leur assiette naturelle . Il n'y a
dit- il, ni abscès ni chancres qui résistent à la vertu
de cet Opiat ; il dissout même le sang grossier , dont
Les gencives sont souvent.abreuvées et qui cause
d'ordinaire de petits abscès entre deux dents ; ensorte
qu'on croit avoir une dent gâtée , on la fait tirer
at au lieu d'une on en perd deux , comme ledit sieur
Durand l'a vu arriver plusieurs fois . D'ailleurs cet
Opiat nourrit la gencive et l'empêche de se retirer ,
fortifiant la dent la plus vacillante , il est aussi un
préservatif des maux de dents et empêche que l'on
ne sente de la bouche.
Les Pots d'Opiat rouge , dit des Sultannes , sont
de trois livres et de six livres , il se transporte dans .
les Provinces les plus éloignées ; on donne par écrit
la maniere de s'en servir. Le sieur Durand sort le:
matin , et l'après midi on le trouve chez lui , rue
S. Honoré, vis-à- vis la Croix du Traboir , à la
Coupe d'or , avec Tableau..
Tableaux , & c.
Il y en a un actuellement à vendre au petit Hôtel
de S. Poüange , ruë neuve des Petits Champt ,
Original de Vendick , représentant un sujet de pieté,
composé de treize fignres grandes comme Nature..
Cette Piece a dix pieds de haut sur sept et demi delarge
, et a été trouvée admirable partous les Connoisseurs
qui l'ont déja vûë.
Le sieur Porlier , de la Societé des Arts , demeure
présentement au Caffé qui fait le coin de la rue
des Nonaindieres , au bout du Pont Marie à Paris.
Il continue avec succès les Broderies de Constanti
nople , et blanchit , par un secret à lui particulier ;
toutes les Etoffes brodées , brochées en or , argent et
en Soye , auxquelles il conserve les couleurs , fausse
ou fine. Il ne se sert point de Calendre; on peut
avoir recours à lui pour toutes ces sortes d'Etoffes
qui auront été mal blanchies Il dessine aussi pour
toute sorte de Broderie dans le goût des Indes.
L'altération qui vient aux dents , selon le sieur
Durand , ne procede que de la carie on de l'ébranlement.
La premiere entame et fait une perforation
douloureuse , qui jette dans la nécessité de les faire
arrar
MAY. 173 . 943
arracher ; l'autre moins sensible , mais d'un plus
grand progrès , est engendrée par l'exhalaison des
mauvais levains de l'estomach . Cette vapeur qui
s'éleve et qui se condense , fait le tartre qui attaque
Les dents par le pied et prend peu à pen la place des
gencives qui sont leurs bases . Il ne faut point s'étonner
si la négligence ou l'inattention fait que les
personnes , quoique fort jeunes , perdent leurs dents.
Quand elles branlent et que la gencive est rangée,
on est obligé de les faire tirer ; et en effet si elles
sont sorties de leurs alveoles , il n'y a plus de remede,
mais hors ce cas, le sieur Durand, reçû à S.Côme, a
joint à son experience et à sa dexterité pour tout ce
qui concerne son Art,la découverte d'un Opiat trèssalutaire
, puisqu'en rendant et conservant l'émail
des dents , elle produit la régeneration des gencives
et les deffend contre le tartre , entretenant leur blancheur,
leur beauté et leur assiette naturelle . Il n'y a
dit- il, ni abscès ni chancres qui résistent à la vertu
de cet Opiat ; il dissout même le sang grossier , dont
Les gencives sont souvent.abreuvées et qui cause
d'ordinaire de petits abscès entre deux dents ; ensorte
qu'on croit avoir une dent gâtée , on la fait tirer
at au lieu d'une on en perd deux , comme ledit sieur
Durand l'a vu arriver plusieurs fois . D'ailleurs cet
Opiat nourrit la gencive et l'empêche de se retirer ,
fortifiant la dent la plus vacillante , il est aussi un
préservatif des maux de dents et empêche que l'on
ne sente de la bouche.
Les Pots d'Opiat rouge , dit des Sultannes , sont
de trois livres et de six livres , il se transporte dans .
les Provinces les plus éloignées ; on donne par écrit
la maniere de s'en servir. Le sieur Durand sort le:
matin , et l'après midi on le trouve chez lui , rue
S. Honoré, vis-à- vis la Croix du Traboir , à la
Coupe d'or , avec Tableau..
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Résumé : AVIS aux Personnes curieuses d'excellens Tableaux, &c.
L'avis concerne la vente d'un tableau original de Vendick, représentant un sujet de piété avec treize figures grandeur nature. Cette œuvre, mesurant dix pieds de haut sur sept pieds et demi de large, a été jugée admirable par les connaisseurs. Le sieur Porlier, membre de la Société des Arts, réside au Café au coin de la rue des Nonaindières, au bout du Pont Marie à Paris. Il excelle dans les broderies à la manière de Constantinople et blanchit les étoffes brodées en or, argent et soie sans altérer les couleurs. Il propose également ses services pour les étoffes mal blanchies et dessine des broderies au goût des Indes. Le texte aborde également les problèmes dentaires. Selon le sieur Durand, les altérations dentaires proviennent de la carie ou de l'ébranlement. La carie cause des perforations douloureuses nécessitant l'extraction des dents, tandis que l'ébranlement, moins douloureux mais progressif, est dû aux exhalaisons des mauvais levains de l'estomac, formant du tartre qui attaque les dents. Durand, reçu à Saint-Côme, a découvert un opiat salutaire qui régénère les gencives, prévient le tartre et conserve la blancheur des dents. Cet opiat dissout également le sang grossier causant des abscès et prévient les maux de dents. Les pots d'opiat rouge, appelés des Sultannes, sont disponibles en poids de trois et six livres et peuvent être expédiés dans les provinces éloignées. Durand est joignable le matin et l'après-midi à son domicile rue Saint-Honoré, vis-à-vis la Croix du Traboir, à la Coupe d'or.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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30
p. 1405-1406
Tableaux exposez à la Place Dauphine, [titre d'après la table]
Début :
Le Public et les Curieux en Peinture, ont vû avec plaisir le jour de l'Octave de la Fête Dieu, [...]
Mots clefs :
Tableaux, Enfants, Musique, Sujets, Goût, Portraits, Place Dauphine, Jean Siméon Chardin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tableaux exposez à la Place Dauphine, [titre d'après la table]
Le Public et les Curieux en Peinture , ont vu
avec plaisir le jour de l'Octave de la Fêre Dieu ,
dans la Place Dauphine , quelques Tableaux de
divers Maîtres et de plusieurs jeunes Peintres ,
exposez par eux , ou par ceux qui les possedent.
On en voyoit deux en hauteur , de M. de Troy ,
avec une extrême satisfaction , dont l'un représente
une Fuite en Egypte , et l'autre , un Sujet
François et très- galant , c'est une Dame à sa
Toilette , debout dans le moment qu'on l'habille .
Seize Tableaux du sieur Chardin ; le plas
grand représente une jeune personne qui attend
avec impatience qu'on lui donne de la lumiere
pour cacheter uneiLettre.Les figures sont grandes
comme Nature.
Les autres Tableaux du même Auteur , sont
des Jeux d'Enfans , fort bien caracterisez , des
1 I. Vol.
G iij Tro7406
MERCURE DE FRANCE
Trophées de Musique , des Animaux morts er
vivans , et aures Sujets dans le goût de Tenier ,
où l'on trouve une grande verité.
Deux du sieur Natoire , digne Eleve de M. le
Moine . Ce sont deux Sujets tirez de la Fable
une Galathée, & Tableaux de Chevalet.
Quatre du sieur le Sueur , petit neveu du célebre
Eustache le Sueur. Le Portrait d'un Musicien
en Arménien , tenant une Flute. Autre Por
trait d'un Peintre , & c. Deux Enfans dans le
goût de Grimoud ; le petit Garçon tient une
Flute, et la petite Fille un papier de Musique, &c.
Deux Portraits du sieur Toquet.
Trois Portraits du sieur Autreau
Un grand Tableau du Sieur Lami , représen
tant une Assomption .
Deux Paysages en large, du sieur Charles du
Bois de Valencienne , & c.
avec plaisir le jour de l'Octave de la Fêre Dieu ,
dans la Place Dauphine , quelques Tableaux de
divers Maîtres et de plusieurs jeunes Peintres ,
exposez par eux , ou par ceux qui les possedent.
On en voyoit deux en hauteur , de M. de Troy ,
avec une extrême satisfaction , dont l'un représente
une Fuite en Egypte , et l'autre , un Sujet
François et très- galant , c'est une Dame à sa
Toilette , debout dans le moment qu'on l'habille .
Seize Tableaux du sieur Chardin ; le plas
grand représente une jeune personne qui attend
avec impatience qu'on lui donne de la lumiere
pour cacheter uneiLettre.Les figures sont grandes
comme Nature.
Les autres Tableaux du même Auteur , sont
des Jeux d'Enfans , fort bien caracterisez , des
1 I. Vol.
G iij Tro7406
MERCURE DE FRANCE
Trophées de Musique , des Animaux morts er
vivans , et aures Sujets dans le goût de Tenier ,
où l'on trouve une grande verité.
Deux du sieur Natoire , digne Eleve de M. le
Moine . Ce sont deux Sujets tirez de la Fable
une Galathée, & Tableaux de Chevalet.
Quatre du sieur le Sueur , petit neveu du célebre
Eustache le Sueur. Le Portrait d'un Musicien
en Arménien , tenant une Flute. Autre Por
trait d'un Peintre , & c. Deux Enfans dans le
goût de Grimoud ; le petit Garçon tient une
Flute, et la petite Fille un papier de Musique, &c.
Deux Portraits du sieur Toquet.
Trois Portraits du sieur Autreau
Un grand Tableau du Sieur Lami , représen
tant une Assomption .
Deux Paysages en large, du sieur Charles du
Bois de Valencienne , & c.
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Résumé : Tableaux exposez à la Place Dauphine, [titre d'après la table]
Le 10 septembre 1725, lors de l'Octave de la Fête Dieu, divers tableaux de maîtres et jeunes peintres ont été exposés sur la Place Dauphine. Parmi les œuvres remarquées, deux tableaux de M. de Troy ont été particulièrement appréciés : une 'Fuite en Égypte' et une scène galante représentant une dame à sa toilette. Seize tableaux de Chardin étaient également exposés, dont le plus grand montrait une jeune femme attendant de la lumière pour cacheter une lettre. Les autres œuvres de Chardin incluaient des jeux d'enfants, des trophées de musique, des animaux morts et vivants, et des sujets dans le style de Tenier, caractérisés par leur grande véracité. Deux tableaux de Natoire, élève de M. le Moine, étaient tirés de la fable et réalisés sur chevalet. Le Sueur, petit-neveu d'Eustache Le Sueur, présentait quatre œuvres, dont des portraits et des enfants dans le style de Grimoud. Toquet et Autreau exposaient également des portraits. Un grand tableau représentant une Assomption était signé Lami, et deux paysages en large étaient l'œuvre de Charles du Bois de Valencienne.
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31
p. 152-160
DÉCOUVERTE IMPORTANTE.
Début :
M. le Comte de Caylus, qui aime, qui pratique les Arts depuis long-tems, [...]
Mots clefs :
Anne Claude de Caylus, Manières de peindre, Arts, Estampes, Tableaux, Graveurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DÉCOUVERTE IMPORTANTE.
DÉCOUVERTE IMPORTANTE.
M. le Comte de Caylus , qui aime
qui pratique les Arts depuis long- tems ,
& qui leur a été utile de toutes les manieres
poffibles , a fait part au public dans
l'Affemblée publique de l'Académie des
Infcriptions & Belles - Lettres , tenue le
12 Novembre dernier , d'une des plus
belles découvertes qui ayent été faites depuis
plufieurs fiécles : il a retrouvé une des
manieres de peindre des anciens. C'eſt le
fruit de fes immenfes recherches , & enDECEMBRE.
1754 155
del
•
core plus de fes profondes réflexions. Dès
l'an 1745 il avoit donné une differtation
fur quelques paffages de Pline qui concernoient
les arts dépendans du deffein . Un
de ces paffages roule fur la facon de peindre
pratiquée dans l'antiquité , mais inconnue
de nos jours , que Pline nomme
peinture encaustique * , & dont il diftingue
jufques à trois efpéces.
Ces trois efpéces , dans lefquelles le feu
étoit néceffaire , n'ont aucun rapport avec
l'émail , quoiqu'en difent les interpretes de
Pline, plus fçavans que connoiffeurs. M. de
Caylus , après les avoir combattus dans fa
differtation de 1745 , propofoit des conjectures
vagues fur chacune des efpéces de
Le paffage fuivant eft un de ceux qui ont mis
M. de Caylus fur les voies qui l'ont mené à fa
belle découverte.
Ceris pingere , ac picturam inurere qui primus
excogitaverit , non conftat. Quidam Ariftidis inventum
putant , poftea confummatum à Praxitele . Sed
aliquanto vetuftiores encaustica pictura extitere ,
ut Polygnoti, & Nicanoris , & Arcefilai Pariorum.
Lyfippus quoque Agina picturafua incripfit ,
érixaveer , quod profectò non feciffet , nifi encaufiica
inventa.
Pamphilus quoque Apellis praceptor non pinxiffe
tantum encaufta , fed etiam docuiffe traditur . Paufian
Sicyonium primum in hoc genere nobilem. Brieis
filius hic fuit , ejufdemque primo difcipulus..
- Plinius , lib. 35. cap . XI..
Gy
154 MERCURE DE FRANCE.
peinture encauftique. Il entrevoyoit pour
tant qu'il pourroit retrouver un jour la
maniere de les pratiquer. Les expériences
qu'il a faites depuis , & une lecture trèsrefléchie
de Pline , lui ont fait découvrir
la premiere des trois efpéces. Nous en
parlons avec d'autant plus d'affurance que
nous avons vû , & que tout Paris a vû à
l'Académie la démonftration de ce que
nous avançons. M. de Caylus y a expofé
un tableau qui a été deffiné d'après un
bufte antique de Minerve qui lui appartient
, & colorié d'après nature. M. Vien ,
jeune Peintre , de grande réputation , n'y
a employé que des cires chargées de couleurs
: elles l'ont mis en état d'opérer avec
autant de facilité que le mêlange de l'huile
en peut procurer.
Quelque vif qu'ait été le defir que le
public a montré pour connoître les détails
d'une opération fi curieufe , M. de Caylus
a été forcé de les renvoyer, à cauſe de leur
longueur , à un autre tems. Il s'eft contenté
d'avertir que cette façon de peindre oubliée
depuis tant de fiécles , fournit plus
de fecours que la maniere ordinaire pour
la vérité de l'imitation , qu'elle donne plus
d'éclat & de folidité aux couleurs où l'air
ni les années ne doivent caufer aucune altération
, & qu'enfin on pourra retoucher
DECEMBRE . 1754. 155
5
les ouvrages de ce genre long tems après
qu'ils auront paru , & même auffi fouvent
qu'on le voudra , fans craindre de faire
jamais appercevoir la retouche , ni de fatiguer,
moins encore de tourmenter la couleur.
De tels avantages paroiffent à M. de
Caylus confirmer ce que les auteurs ont
écrit fur les effets de cette ancienne peinture.
Il a obfervé que ces mêmes avantages
pourront être mieux fentis par une plus
longue fuite de pratique. Dans tous les
arts , les premiers effais ont des difficultés
que levent enfin le genie des artiftes. Cependant
, les préparations une fois trouvées
, M. Vien a réuffi fans peine & promptement.
Les amateurs des arts & de l'antiquité
doivent voir reparoître avec plaifir les
moyens que plufieurs grands peintres de la
Grece ont employés pour charmer & pour
inftruire les Grecs , c'eft- à- dire les hommes
dont le goût a été le plus délicat , le plus
jufte & le plus épuré.
On pourroit regarder , ce me femble ,
la gravûre comme une langue que tout le
monde parle , mais dont peu de perfonnes
connoiffent les fineffes. Comme on
voit beaucoup de gens conferver des mots
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
d'habitude , ne fçavoir pas fufpendre leu ?
ton , s'exprimer avec monotonie , &c. on
voit beaucoup de Graveurs qui prennent
un trait fans confiderer l'efprit de l'auteur
, copient le trait fervilement , mettent
enfuite des ombres & des clairs à- peupiès
dans les endroits indiqués par l'original
, & croyent avoir fait une eftampe ;
on ne pourra même en douter , car le nom
du Peintre fera écrit au bas de la planche.
Les maîtres dont le talent eft facile &
l'ordonnance agréable , font d'autant plus
exposés au malheur de ces mauvaiſes traductions
, que leurs compofitions font plus
defirées , & que ces artiſtes étant aimés ,
on veut avoir tout ce qu'ils ont produit.
J'ai vu plus d'une fois des hommes , même
affez éclairés , rougir des mauvaiſes chofes
qu'ils avoient raffemblées , & dire pour excufe
: il faut bien tout avoir. On me dira
que cette néceffité pouffée par - delà les bornes
dans les recueils d'eftampes , eft un
avantage pour foutenir & élever de jeunes
Graveurs ; mais le plus fouvent ils en abufent
; ils travaillent fans attention , & difent
, pour fe confoler de leur peu d'application
ou de leur ignorance , le maître eft
aimé , on a déja beaucoup de fes more
ceaux , il faudra que celui-ci entre dans
la fuite ; & l'ignorant ou le parcffeux fe
DECEMBRE
1754. 357
"
trouve en effet récompenfé d'un travail
dont il auroit mérité d'être puni , du moins
du côté de l'argent. Ces raifons font que
M. Boucher fe trouve plus expofé qu'un
autre à de pareils inconvéniens , & je le
crois trop amateur de fon talent pour n'ê
tre pas perfuadé qu'il feroit charmé d'avoir
toujours été auffi bien rendu qu'il
vient de l'être par M. Daullé dans les deux
ovales qui me restent à décrire. Ils repréfentent
la Mufique Paftorale & les Amufemens
de la campagne ; ce font leurs titres.
Le jeune homme qui tient , dans le dernier
, la corde d'un filet tendu pour prendre
des oifeaux , n'allarme point le fpectateur
pour leur liberté ; il n'eft occupé avec
raifon , que de la jeune perfonne auprès
de laquelle il eft affis ; elle paroît à fon
égard dans la même fituation , & fur- toutne
point aimer cette chaffe , à laquelle elle
tourne abfolument le dos. Le brillant des
chairs , la dégradation du payfage. , le travail
des terraffes , & celui d'une fabrique
placée au- deffus du filet , ne peuvent être
mieux traités. Cependant il faut convenir
que les mêmes beautés . fe trouvent nonfeulement
dans le morceau de la mufique
paftorale , mais que le grouppe des deux
jeunes gens de fexe différent , dont il
eft compofé , eft plus riche de lumiere
158 MERCURE DE FRANCE.
qu'elle eft répandue avec plus d'art &
moins d'interruption. Ces deux pendans ,
traités en ovale dans le quarré , feront l'ornement
de plus d'un cabinet , aujourd'hui
que le nombre des eftampes montées fait
une riante décoration pour un très-grand
nombre de perfonnes qui ne font point
en état de fatisfaire leur goût fur une curiofité
plus confidérable .
On trouvera ces deux eftampes chez
Daullé , rue du Plâtre S. Jacques , & chez
Buldet , rue de Gefvres.
BULDET , rue de Gefvres , au Grand
coeur , vient de mettre en vente trois eftampes
gravées par Pelletier. La premiere
d'après M. Natoire , repréfente Jupiter &
Califto ; la feconde & la troifiéme d'après
M. Pierre , repréfentent le Marché de Tivoli
, & l'Inconftance punie.
DANS le grand nombre d'amateurs qui
ne poffedent des chef- d'oeuvres que pour
eux , il s'en trouve quelques- uns qui cher
chent à répandre le goût des arts , & qui
communiquent volontiers au public tout
ce qui peut l'éclairer. Un des plus ardens
à répandre la lumiere , c'eft M. le Comte
de Vence. Son cabinet eft ouvert à tous
les Graveurs qui ont du talent & de la
DECEMBRE . 1754 159
probité. Il ne leur donne pas indifféremment
fes tableaux ; mais il diftribue à chacun
ce qu'il peut bien rendre . Quoique
fes choix ayent été fort heureux jufqu'ici ,
il en a peu fait qui ayent été auffi généralement
approuvés que celui de M. Wille
, Allemand , pour rendre un des plus
beaux tableaux de Netfcher.
Ce Peintre Allemand , établi dans les
Pays-bas , n'a gueres fait que des portraits ;
il jouit pourtant d'une très- grande réputation
c'eft qu'il a réuffi fi parfaitement
dans la maniere de traiter les étoffes , les
fatins fur-tout , que fes portraits ont mérité
d'être mêlés avec les ouvrages des plus
grands maîtres dans les principaux cabinets
de l'Europe .
Quelque talent qu'eût Netfcher pour
le portrait , il ne s'y eft pas tout-à-fait fixé ,
& il s'eft quelquefois élevé jufqu'à l'hiftoire.
La mort de Cléopatre eft celui de fes
tableaux qui eft le plus connu . Outre le
mérite qu'il a dans fes autres ouvrages ,
il y a jetté une expreffion & une nobleſſe
qu'on cherchoit vainement dans les autres
Peintres de fon école.
M. Wille , déja très- connu par la beauté
de fon burin , a rendu ce beau tableau
avec toute la force & les graces poffibles.
Cet habile Graveur demeure quai
160 MERCURE DE FRANCE .
des Auguftins , à côté de l'Hôtel d'Auver
gne.
Nos Graveurs auroient encore plus de
réputation qu'ils n'en ont en Europe , s'ils
s'attachoient plus fouvent à rendre les
tableaux des grands maîtres. On voit donc
avec plaifir que P. B. Audran , qui porte
un nom fi recommandable dans l'art`qu'il
profeffe , s'eft appliqué à nous donner deux
planches , l'une d'après le Titien , qui repréfente
Apparition de Jefus - Chriſt aux
Pelerins d'Emaus , & l'autre une Defceme
de Croix , dans laquelle le Pouffin a fait
fentir tout le mérite de fon expreffion .
Ces deux eftampes font dédiées à M. le
Comte de Brulh . Ce Miniftre & le Roi
fon maître , poffedent les tréfors de l'Italie
; ils l'augmentent tous les jours , &
bientôt on fera contraint de faire le voyage
de Drefde pour acquerir les plus fûres connoiffances
dans la maniere des grands maî
tres. Le jugement & les yeux ne font formés
que par la comparaiſon.
Audran demeure rue S. Jacques , à la
ville de Paris , entre les rues de la Parche
minerie & du Foin.
M. le Comte de Caylus , qui aime
qui pratique les Arts depuis long- tems ,
& qui leur a été utile de toutes les manieres
poffibles , a fait part au public dans
l'Affemblée publique de l'Académie des
Infcriptions & Belles - Lettres , tenue le
12 Novembre dernier , d'une des plus
belles découvertes qui ayent été faites depuis
plufieurs fiécles : il a retrouvé une des
manieres de peindre des anciens. C'eſt le
fruit de fes immenfes recherches , & enDECEMBRE.
1754 155
del
•
core plus de fes profondes réflexions. Dès
l'an 1745 il avoit donné une differtation
fur quelques paffages de Pline qui concernoient
les arts dépendans du deffein . Un
de ces paffages roule fur la facon de peindre
pratiquée dans l'antiquité , mais inconnue
de nos jours , que Pline nomme
peinture encaustique * , & dont il diftingue
jufques à trois efpéces.
Ces trois efpéces , dans lefquelles le feu
étoit néceffaire , n'ont aucun rapport avec
l'émail , quoiqu'en difent les interpretes de
Pline, plus fçavans que connoiffeurs. M. de
Caylus , après les avoir combattus dans fa
differtation de 1745 , propofoit des conjectures
vagues fur chacune des efpéces de
Le paffage fuivant eft un de ceux qui ont mis
M. de Caylus fur les voies qui l'ont mené à fa
belle découverte.
Ceris pingere , ac picturam inurere qui primus
excogitaverit , non conftat. Quidam Ariftidis inventum
putant , poftea confummatum à Praxitele . Sed
aliquanto vetuftiores encaustica pictura extitere ,
ut Polygnoti, & Nicanoris , & Arcefilai Pariorum.
Lyfippus quoque Agina picturafua incripfit ,
érixaveer , quod profectò non feciffet , nifi encaufiica
inventa.
Pamphilus quoque Apellis praceptor non pinxiffe
tantum encaufta , fed etiam docuiffe traditur . Paufian
Sicyonium primum in hoc genere nobilem. Brieis
filius hic fuit , ejufdemque primo difcipulus..
- Plinius , lib. 35. cap . XI..
Gy
154 MERCURE DE FRANCE.
peinture encauftique. Il entrevoyoit pour
tant qu'il pourroit retrouver un jour la
maniere de les pratiquer. Les expériences
qu'il a faites depuis , & une lecture trèsrefléchie
de Pline , lui ont fait découvrir
la premiere des trois efpéces. Nous en
parlons avec d'autant plus d'affurance que
nous avons vû , & que tout Paris a vû à
l'Académie la démonftration de ce que
nous avançons. M. de Caylus y a expofé
un tableau qui a été deffiné d'après un
bufte antique de Minerve qui lui appartient
, & colorié d'après nature. M. Vien ,
jeune Peintre , de grande réputation , n'y
a employé que des cires chargées de couleurs
: elles l'ont mis en état d'opérer avec
autant de facilité que le mêlange de l'huile
en peut procurer.
Quelque vif qu'ait été le defir que le
public a montré pour connoître les détails
d'une opération fi curieufe , M. de Caylus
a été forcé de les renvoyer, à cauſe de leur
longueur , à un autre tems. Il s'eft contenté
d'avertir que cette façon de peindre oubliée
depuis tant de fiécles , fournit plus
de fecours que la maniere ordinaire pour
la vérité de l'imitation , qu'elle donne plus
d'éclat & de folidité aux couleurs où l'air
ni les années ne doivent caufer aucune altération
, & qu'enfin on pourra retoucher
DECEMBRE . 1754. 155
5
les ouvrages de ce genre long tems après
qu'ils auront paru , & même auffi fouvent
qu'on le voudra , fans craindre de faire
jamais appercevoir la retouche , ni de fatiguer,
moins encore de tourmenter la couleur.
De tels avantages paroiffent à M. de
Caylus confirmer ce que les auteurs ont
écrit fur les effets de cette ancienne peinture.
Il a obfervé que ces mêmes avantages
pourront être mieux fentis par une plus
longue fuite de pratique. Dans tous les
arts , les premiers effais ont des difficultés
que levent enfin le genie des artiftes. Cependant
, les préparations une fois trouvées
, M. Vien a réuffi fans peine & promptement.
Les amateurs des arts & de l'antiquité
doivent voir reparoître avec plaifir les
moyens que plufieurs grands peintres de la
Grece ont employés pour charmer & pour
inftruire les Grecs , c'eft- à- dire les hommes
dont le goût a été le plus délicat , le plus
jufte & le plus épuré.
On pourroit regarder , ce me femble ,
la gravûre comme une langue que tout le
monde parle , mais dont peu de perfonnes
connoiffent les fineffes. Comme on
voit beaucoup de gens conferver des mots
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
d'habitude , ne fçavoir pas fufpendre leu ?
ton , s'exprimer avec monotonie , &c. on
voit beaucoup de Graveurs qui prennent
un trait fans confiderer l'efprit de l'auteur
, copient le trait fervilement , mettent
enfuite des ombres & des clairs à- peupiès
dans les endroits indiqués par l'original
, & croyent avoir fait une eftampe ;
on ne pourra même en douter , car le nom
du Peintre fera écrit au bas de la planche.
Les maîtres dont le talent eft facile &
l'ordonnance agréable , font d'autant plus
exposés au malheur de ces mauvaiſes traductions
, que leurs compofitions font plus
defirées , & que ces artiſtes étant aimés ,
on veut avoir tout ce qu'ils ont produit.
J'ai vu plus d'une fois des hommes , même
affez éclairés , rougir des mauvaiſes chofes
qu'ils avoient raffemblées , & dire pour excufe
: il faut bien tout avoir. On me dira
que cette néceffité pouffée par - delà les bornes
dans les recueils d'eftampes , eft un
avantage pour foutenir & élever de jeunes
Graveurs ; mais le plus fouvent ils en abufent
; ils travaillent fans attention , & difent
, pour fe confoler de leur peu d'application
ou de leur ignorance , le maître eft
aimé , on a déja beaucoup de fes more
ceaux , il faudra que celui-ci entre dans
la fuite ; & l'ignorant ou le parcffeux fe
DECEMBRE
1754. 357
"
trouve en effet récompenfé d'un travail
dont il auroit mérité d'être puni , du moins
du côté de l'argent. Ces raifons font que
M. Boucher fe trouve plus expofé qu'un
autre à de pareils inconvéniens , & je le
crois trop amateur de fon talent pour n'ê
tre pas perfuadé qu'il feroit charmé d'avoir
toujours été auffi bien rendu qu'il
vient de l'être par M. Daullé dans les deux
ovales qui me restent à décrire. Ils repréfentent
la Mufique Paftorale & les Amufemens
de la campagne ; ce font leurs titres.
Le jeune homme qui tient , dans le dernier
, la corde d'un filet tendu pour prendre
des oifeaux , n'allarme point le fpectateur
pour leur liberté ; il n'eft occupé avec
raifon , que de la jeune perfonne auprès
de laquelle il eft affis ; elle paroît à fon
égard dans la même fituation , & fur- toutne
point aimer cette chaffe , à laquelle elle
tourne abfolument le dos. Le brillant des
chairs , la dégradation du payfage. , le travail
des terraffes , & celui d'une fabrique
placée au- deffus du filet , ne peuvent être
mieux traités. Cependant il faut convenir
que les mêmes beautés . fe trouvent nonfeulement
dans le morceau de la mufique
paftorale , mais que le grouppe des deux
jeunes gens de fexe différent , dont il
eft compofé , eft plus riche de lumiere
158 MERCURE DE FRANCE.
qu'elle eft répandue avec plus d'art &
moins d'interruption. Ces deux pendans ,
traités en ovale dans le quarré , feront l'ornement
de plus d'un cabinet , aujourd'hui
que le nombre des eftampes montées fait
une riante décoration pour un très-grand
nombre de perfonnes qui ne font point
en état de fatisfaire leur goût fur une curiofité
plus confidérable .
On trouvera ces deux eftampes chez
Daullé , rue du Plâtre S. Jacques , & chez
Buldet , rue de Gefvres.
BULDET , rue de Gefvres , au Grand
coeur , vient de mettre en vente trois eftampes
gravées par Pelletier. La premiere
d'après M. Natoire , repréfente Jupiter &
Califto ; la feconde & la troifiéme d'après
M. Pierre , repréfentent le Marché de Tivoli
, & l'Inconftance punie.
DANS le grand nombre d'amateurs qui
ne poffedent des chef- d'oeuvres que pour
eux , il s'en trouve quelques- uns qui cher
chent à répandre le goût des arts , & qui
communiquent volontiers au public tout
ce qui peut l'éclairer. Un des plus ardens
à répandre la lumiere , c'eft M. le Comte
de Vence. Son cabinet eft ouvert à tous
les Graveurs qui ont du talent & de la
DECEMBRE . 1754 159
probité. Il ne leur donne pas indifféremment
fes tableaux ; mais il diftribue à chacun
ce qu'il peut bien rendre . Quoique
fes choix ayent été fort heureux jufqu'ici ,
il en a peu fait qui ayent été auffi généralement
approuvés que celui de M. Wille
, Allemand , pour rendre un des plus
beaux tableaux de Netfcher.
Ce Peintre Allemand , établi dans les
Pays-bas , n'a gueres fait que des portraits ;
il jouit pourtant d'une très- grande réputation
c'eft qu'il a réuffi fi parfaitement
dans la maniere de traiter les étoffes , les
fatins fur-tout , que fes portraits ont mérité
d'être mêlés avec les ouvrages des plus
grands maîtres dans les principaux cabinets
de l'Europe .
Quelque talent qu'eût Netfcher pour
le portrait , il ne s'y eft pas tout-à-fait fixé ,
& il s'eft quelquefois élevé jufqu'à l'hiftoire.
La mort de Cléopatre eft celui de fes
tableaux qui eft le plus connu . Outre le
mérite qu'il a dans fes autres ouvrages ,
il y a jetté une expreffion & une nobleſſe
qu'on cherchoit vainement dans les autres
Peintres de fon école.
M. Wille , déja très- connu par la beauté
de fon burin , a rendu ce beau tableau
avec toute la force & les graces poffibles.
Cet habile Graveur demeure quai
160 MERCURE DE FRANCE .
des Auguftins , à côté de l'Hôtel d'Auver
gne.
Nos Graveurs auroient encore plus de
réputation qu'ils n'en ont en Europe , s'ils
s'attachoient plus fouvent à rendre les
tableaux des grands maîtres. On voit donc
avec plaifir que P. B. Audran , qui porte
un nom fi recommandable dans l'art`qu'il
profeffe , s'eft appliqué à nous donner deux
planches , l'une d'après le Titien , qui repréfente
Apparition de Jefus - Chriſt aux
Pelerins d'Emaus , & l'autre une Defceme
de Croix , dans laquelle le Pouffin a fait
fentir tout le mérite de fon expreffion .
Ces deux eftampes font dédiées à M. le
Comte de Brulh . Ce Miniftre & le Roi
fon maître , poffedent les tréfors de l'Italie
; ils l'augmentent tous les jours , &
bientôt on fera contraint de faire le voyage
de Drefde pour acquerir les plus fûres connoiffances
dans la maniere des grands maî
tres. Le jugement & les yeux ne font formés
que par la comparaiſon.
Audran demeure rue S. Jacques , à la
ville de Paris , entre les rues de la Parche
minerie & du Foin.
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Résumé : DÉCOUVERTE IMPORTANTE.
Le 12 novembre 1754, le comte de Caylus a présenté à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres une découverte majeure : la redécouverte de la technique de peinture encaustique antique. Cette méthode, décrite par Pline, utilise des cires chargées de couleurs, permettant une imitation plus fidèle, un éclat et une solidité accrus des couleurs, ainsi que la possibilité de retouches sans altérer l'œuvre. M. de Caylus a exposé un tableau réalisé selon cette technique pour démontrer sa validité. Il a souligné les avantages significatifs de cette méthode par rapport aux techniques modernes. Les amateurs d'art et d'antiquité ont apprécié cette redécouverte, qui rappelle les méthodes utilisées par les grands peintres grecs. Le texte mentionne également des aspects techniques et des références à des artistes contemporains, tels que M. Vien et M. Boucher. Des discussions sur la gravure et la reproduction des œuvres d'art ont également eu lieu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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32
p. 145-146
PEINTURE.
Début :
Il y a des surprises dans les productions des arts comme dans les ouvrages de [...]
Mots clefs :
Estampes, Tableaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PEINTURE.
PEINTURE.
y a des furpriſes dans les productions
des arts comme dans les ouvrages de
littérature ; il eſt également important de
garantir le public des unes & des autres ,
tant pour la perfection de fes connoiffances
que pour l'honneur des arts & la réputation
légitime de chaque artiſte . On
ne peut donc fe difpenfer d'informer tous
les amateurs de la peinture , qu'une fuitë
d'eſtampes nouvellement mife au jour par
le fieur Duflos , comme étant d'après les
tableaux du fieur Boucher , Peintre du Roi ,
n'a été gravée que fur des deffeins informes
, furtivement tirés par les éleves de
ce Peintre , les moins capables & les moins
avancés , livrés enfuite , à fon infçu , au
Graveur , lequel à fon tour a terminé &
mis en vente ces eftampes fans la participation
de l'auteur des tableaux , qui ne peut
G
146 MERCURE DE FRANCE:
ni les reconnoître , ni encore moins les
avouer dans des copies auffi infideles.
y a des furpriſes dans les productions
des arts comme dans les ouvrages de
littérature ; il eſt également important de
garantir le public des unes & des autres ,
tant pour la perfection de fes connoiffances
que pour l'honneur des arts & la réputation
légitime de chaque artiſte . On
ne peut donc fe difpenfer d'informer tous
les amateurs de la peinture , qu'une fuitë
d'eſtampes nouvellement mife au jour par
le fieur Duflos , comme étant d'après les
tableaux du fieur Boucher , Peintre du Roi ,
n'a été gravée que fur des deffeins informes
, furtivement tirés par les éleves de
ce Peintre , les moins capables & les moins
avancés , livrés enfuite , à fon infçu , au
Graveur , lequel à fon tour a terminé &
mis en vente ces eftampes fans la participation
de l'auteur des tableaux , qui ne peut
G
146 MERCURE DE FRANCE:
ni les reconnoître , ni encore moins les
avouer dans des copies auffi infideles.
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Résumé : PEINTURE.
Une controverse entoure des estampes publiées par Duflos, prétendument basées sur les œuvres de Boucher. Ces estampes ont été gravées à partir de dessins réalisés par les élèves les moins compétents de Boucher, sans son accord. Boucher ne reconnaît pas ces copies, jugées infidèles. Le texte insiste sur l'importance d'informer le public pour préserver l'honneur des arts et la réputation des artistes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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33
p. 146-151
LETTRE A M. *** Sur la Peinture encaustique.
Début :
Le goût que vous avez pour les arts m'étoit garant de la satisfaction que [...]
Mots clefs :
Peinture à l'encaustique, Peinture, Tableaux, Couleurs, Ombres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE A M. *** Sur la Peinture encaustique.
LETTRE
@
A M. **
Sur la Peinture encaustique .
E goût que vous avez pour les arts
m'étoit garant de la fatisfaction que
devoit vous procurer la découverte qu'on
vient de faire , & j'étois perfuadé d'avance
que vous feriez infiniment flaté d'apprendre
qu'on pouvoit avoir retrouvé une façon
de peindre perdue depuis un fi grand
nombre de fiécles. Mais je fuis fâché d'être
hors d'état de fatisfaire votre curiofité, qui
eft bien naturelle à un amateur tel que vous.
Tous les papiers publics , dites-vous , vous
ont parlé de la peinture encauftique , mais
aucun ne vous à dévoilé le myftere de cette
maniere de peindre . Comment vous en auroient-
ils inftruit , puifque malgré toutes
mes démarches , je ne puis vous en parler
moi-même qu'en général ? Vous avez raiſon
d'obferver qu'il y a un très-grand avan
tage à préfenter aux Peintres une augmen
tation de moyens pour le charme de nos
yeux .
L'impatience de nos Artiftes , qui n'eft
dans eux qu'une noble émulation , en a
MARS. 1755. 147
déja engagé plufieurs à peindre avec de
la cire. Ils font même parvenus à faire des
chofes très belles & très - agréables ; mais
leur préparation avantageufe en elle - même,
ne me paroît point être celle du tableau
que M. Vien a expofé à la derniere
affemblée publique de l'Académie des Belles-
Lettres. J'ai eu occafion d'examiner de
près ce beau buite de Minerve , j'ai confideré
avec toute l'attention dont je fuis
capable , les tableaux des autres Artiſtes
dont je viens de vous parler , & je vous
avoue que par cette comparaifon j'ai cru
reconnoître de grandes différences dans
leur pratique ; & foit que le feu ait moins
de part à l'opération de ces derniers ; je
fuis perfuadé que peindre à la cine n'eft
pas la maniere encauftique dont on eſt
occupé,
Pour éclaircir mes doutes & les vôtres ,
j'ai été voir M. le Comte de Caylus ; &
fur les queftions que je lui ai faites , il
m'a répondu avec cette franchiſe que vous
Jui connoiffez , qu'il ne pouvoit m'inftrui.
re. J'ai témoigné avoir envie de confulter
auffi M. Majault , Médecin de la Faculté ,
qui l'a aidé de fes lumieres dans la recherche
de la peinture en queftion ; mais il m'a
très fort affuré que je ne ferois pas plus
heureux auprès de ce Docteur , & qu'il
-
?
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
uferoit de la même difcrétion . Au reſte
M. le C. de Caylus ne m'a point laiffé
ignorer le motif de fon filence : il eft dans
le deffein de rendre cette pratique publique
, & il ne veut point découvrir fon fecret
avant ce tems- là. Il m'a affuré n'avoir
point d'autre objet que l'explication de
quelques paffages de Pline , mais il eſt retenu
par une idée de bon citoyen. Il voudroit
que la pratique en queſtion ne fût
connue , au moins pendant quelques mois ,
que par les Peintres de l'école françoiſe ;
mais l'exécution de ce projet eft d'autant
plus difficile , qu'une Académie entiere n'a
jamais gardé de fecret : ainfi j'efpere que
nous ferons bientôt éclaircis du véritable
moyen qui vraiſemblablement doit êtrè
le plus approchant de celui des anciens.
Nous aurons à la fois toutes les préparations
néceffaires pour employer l'encauftique
fur le bois , la toile , le plâtre & la
pierre on me l'a ainfi perfuadé. Mais
avant que nous foyons inftruits des détails
de cette découverte , permettez que je
vous communique quelques réflexions gé
nérales , qui pourront fervir de réponſe à
plufieurs de vos questions.
Il ne doit jamais y avoir d'exclufion
dans les Arts. Un moyen de plus eft un
avantage pour l'art & pour l'Artifte ; cat
MAR S. 1755 149
enfin une pratique peut convenir à un objet
plutôt qu'une autre. La peinture encauftique
, par exemple , a plus d'attrait
pour l'oeil , & peut être préférée pour une
place au plus grand jour , à un jour de face ,
car elle n'a point de luifant & fe voit également
de tous les points de vûe : d'ailleurs
, comme vous l'avez très -bien obfervé
, elle ne change rien au génie , non plus
qu'au faire d'un Artifte , & le maniment
de l'outil ne cauſe aucune différence ; il eſt
abfolument le même , & ne craignez pas
que l'encauftique porte aucun préjudice à
la peinture à l'huile. La premiere n'eft qu'un
moyen de plus , une variété dans l'exécution
: je prévois qu'elle pourra produire
un grand avantage , celui de conduire les
Artiſtes à fe donner plus de foin pour le
choix & pour la préparation des couleurs.
Vous fçavez , Monfieur , que la peinture
n'eft qu'une oppofition de la lumiere aux
ombres ; vous n'ignorez pas que l'huile
jaunit toutes les couleurs , les plus claires
ne font pas à l'abri de cet inconvénient ,
qui fe fait fentir , pour ainfi dire , même
fur la palette . Par une conféquence
néceffaire les ombres font toujours plus
fortes ; c'eft ce qui a fait contracter l'habitude
du noir. Cette habitude eft d'autant
plus dangereufe que le public regarde les
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
tableaux dans lefquels les ombres font
noircies au point de ne rien diftinguer ,
comme des tableaux vigoureux : cette vigueur
eft vraie quelquefois , mais elle n'a
point fon principe dans une couleur outrée
, mais feulement dans la maniere de
penfer de l'artiſte & dans fa façon de voir
la nature. Quoiqu'il en foit , les tableaux
des plus grands Maîtres ont tellement noirci
, qu'il n'y a plus d'harmonie , & que
nous ne jugeons aujourd'hui dans le plus
grand nombre de leurs ouvrages , que du
trait & de la beauté du pinceau dans les
clairs , fans qu'il foit poffible d'avoir une
idée jufte de l'harmonie ; on eft presque
toujours dans la néceffité de la fuppofer.
Au contraire une peinture toujours claire ,
dont les lumieres font rendues avec plus
de vérité , dont les ombres font vraies fans
être chargées , & dans lefquelles l'oeil fe
promene , accoutumera ceux qui pratiquent
l'une & l'autre maniere , à éviter le
noir fi funefte au Peintre & à la peinture.
L'encauftique fera plus encore , elle por
tera ceux qui travailleront à l'huile , &
qui verront dans les cabinets , dans les
Eglifes , &c. des tableaux plus lumineux ,
à fe tenir eux - mêmes plus hauts & plus
clairs enfin l'harmonie , cette fille du
ciel, fe confervera plus long-tems dans leurs
:
M. AR S. 1755. 151
ouvrages , telle qu'ils l'auront produite..
Un grand bien qui pourroit encore en réfulter
, c'eft d'engager les artiftes à fe donner
pour les couleurs qu'ils employent en
travaillant à l'huile , les attentions , les foins
& la propreté dont nous admirons le fuccès
& le fruit dans les ouvrages des plus
anciens Peintres modernes , c'eft - à - dire
ceux qui ont travaillé dans les commencemens
de la découverte de la peinture à
F'huile. Les artistes de ce tems faifoient
préparer leurs couleurs fous leurs yeux &
dans leur attelier , ainfi que les Médecins
des premiers fiécles compofoient eux-mê
mes leurs remedes ; mais depuis long- tems
ils fe confient entierement , ceux-ci aux
pharmaciens , les autres aux marchands de
couleurs , & la peinture en fouffre confidérablement.
Mais en voilà affez fur cette
matiere : je me fuis jetté dans des réflexions
générales , parce que je ne pouvois vous
inftruire de ce qui fait l'objet de votre
lettre. Vous me pardonnerez les longueurs
de celle - ci , à cauſe du motif qui m'anime.
Je fuis , & c.
P. S, J'ouvre ma lettre pour vous dire
qu'ayant été de nouveau chez M. Vien
j'y ai vû une tête d'Anacréon peinte en
encauftique fur un des plus gros coutils
& qui produit un effet furprenant.
@
A M. **
Sur la Peinture encaustique .
E goût que vous avez pour les arts
m'étoit garant de la fatisfaction que
devoit vous procurer la découverte qu'on
vient de faire , & j'étois perfuadé d'avance
que vous feriez infiniment flaté d'apprendre
qu'on pouvoit avoir retrouvé une façon
de peindre perdue depuis un fi grand
nombre de fiécles. Mais je fuis fâché d'être
hors d'état de fatisfaire votre curiofité, qui
eft bien naturelle à un amateur tel que vous.
Tous les papiers publics , dites-vous , vous
ont parlé de la peinture encauftique , mais
aucun ne vous à dévoilé le myftere de cette
maniere de peindre . Comment vous en auroient-
ils inftruit , puifque malgré toutes
mes démarches , je ne puis vous en parler
moi-même qu'en général ? Vous avez raiſon
d'obferver qu'il y a un très-grand avan
tage à préfenter aux Peintres une augmen
tation de moyens pour le charme de nos
yeux .
L'impatience de nos Artiftes , qui n'eft
dans eux qu'une noble émulation , en a
MARS. 1755. 147
déja engagé plufieurs à peindre avec de
la cire. Ils font même parvenus à faire des
chofes très belles & très - agréables ; mais
leur préparation avantageufe en elle - même,
ne me paroît point être celle du tableau
que M. Vien a expofé à la derniere
affemblée publique de l'Académie des Belles-
Lettres. J'ai eu occafion d'examiner de
près ce beau buite de Minerve , j'ai confideré
avec toute l'attention dont je fuis
capable , les tableaux des autres Artiſtes
dont je viens de vous parler , & je vous
avoue que par cette comparaifon j'ai cru
reconnoître de grandes différences dans
leur pratique ; & foit que le feu ait moins
de part à l'opération de ces derniers ; je
fuis perfuadé que peindre à la cine n'eft
pas la maniere encauftique dont on eſt
occupé,
Pour éclaircir mes doutes & les vôtres ,
j'ai été voir M. le Comte de Caylus ; &
fur les queftions que je lui ai faites , il
m'a répondu avec cette franchiſe que vous
Jui connoiffez , qu'il ne pouvoit m'inftrui.
re. J'ai témoigné avoir envie de confulter
auffi M. Majault , Médecin de la Faculté ,
qui l'a aidé de fes lumieres dans la recherche
de la peinture en queftion ; mais il m'a
très fort affuré que je ne ferois pas plus
heureux auprès de ce Docteur , & qu'il
-
?
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
uferoit de la même difcrétion . Au reſte
M. le C. de Caylus ne m'a point laiffé
ignorer le motif de fon filence : il eft dans
le deffein de rendre cette pratique publique
, & il ne veut point découvrir fon fecret
avant ce tems- là. Il m'a affuré n'avoir
point d'autre objet que l'explication de
quelques paffages de Pline , mais il eſt retenu
par une idée de bon citoyen. Il voudroit
que la pratique en queſtion ne fût
connue , au moins pendant quelques mois ,
que par les Peintres de l'école françoiſe ;
mais l'exécution de ce projet eft d'autant
plus difficile , qu'une Académie entiere n'a
jamais gardé de fecret : ainfi j'efpere que
nous ferons bientôt éclaircis du véritable
moyen qui vraiſemblablement doit êtrè
le plus approchant de celui des anciens.
Nous aurons à la fois toutes les préparations
néceffaires pour employer l'encauftique
fur le bois , la toile , le plâtre & la
pierre on me l'a ainfi perfuadé. Mais
avant que nous foyons inftruits des détails
de cette découverte , permettez que je
vous communique quelques réflexions gé
nérales , qui pourront fervir de réponſe à
plufieurs de vos questions.
Il ne doit jamais y avoir d'exclufion
dans les Arts. Un moyen de plus eft un
avantage pour l'art & pour l'Artifte ; cat
MAR S. 1755 149
enfin une pratique peut convenir à un objet
plutôt qu'une autre. La peinture encauftique
, par exemple , a plus d'attrait
pour l'oeil , & peut être préférée pour une
place au plus grand jour , à un jour de face ,
car elle n'a point de luifant & fe voit également
de tous les points de vûe : d'ailleurs
, comme vous l'avez très -bien obfervé
, elle ne change rien au génie , non plus
qu'au faire d'un Artifte , & le maniment
de l'outil ne cauſe aucune différence ; il eſt
abfolument le même , & ne craignez pas
que l'encauftique porte aucun préjudice à
la peinture à l'huile. La premiere n'eft qu'un
moyen de plus , une variété dans l'exécution
: je prévois qu'elle pourra produire
un grand avantage , celui de conduire les
Artiſtes à fe donner plus de foin pour le
choix & pour la préparation des couleurs.
Vous fçavez , Monfieur , que la peinture
n'eft qu'une oppofition de la lumiere aux
ombres ; vous n'ignorez pas que l'huile
jaunit toutes les couleurs , les plus claires
ne font pas à l'abri de cet inconvénient ,
qui fe fait fentir , pour ainfi dire , même
fur la palette . Par une conféquence
néceffaire les ombres font toujours plus
fortes ; c'eft ce qui a fait contracter l'habitude
du noir. Cette habitude eft d'autant
plus dangereufe que le public regarde les
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
tableaux dans lefquels les ombres font
noircies au point de ne rien diftinguer ,
comme des tableaux vigoureux : cette vigueur
eft vraie quelquefois , mais elle n'a
point fon principe dans une couleur outrée
, mais feulement dans la maniere de
penfer de l'artiſte & dans fa façon de voir
la nature. Quoiqu'il en foit , les tableaux
des plus grands Maîtres ont tellement noirci
, qu'il n'y a plus d'harmonie , & que
nous ne jugeons aujourd'hui dans le plus
grand nombre de leurs ouvrages , que du
trait & de la beauté du pinceau dans les
clairs , fans qu'il foit poffible d'avoir une
idée jufte de l'harmonie ; on eft presque
toujours dans la néceffité de la fuppofer.
Au contraire une peinture toujours claire ,
dont les lumieres font rendues avec plus
de vérité , dont les ombres font vraies fans
être chargées , & dans lefquelles l'oeil fe
promene , accoutumera ceux qui pratiquent
l'une & l'autre maniere , à éviter le
noir fi funefte au Peintre & à la peinture.
L'encauftique fera plus encore , elle por
tera ceux qui travailleront à l'huile , &
qui verront dans les cabinets , dans les
Eglifes , &c. des tableaux plus lumineux ,
à fe tenir eux - mêmes plus hauts & plus
clairs enfin l'harmonie , cette fille du
ciel, fe confervera plus long-tems dans leurs
:
M. AR S. 1755. 151
ouvrages , telle qu'ils l'auront produite..
Un grand bien qui pourroit encore en réfulter
, c'eft d'engager les artiftes à fe donner
pour les couleurs qu'ils employent en
travaillant à l'huile , les attentions , les foins
& la propreté dont nous admirons le fuccès
& le fruit dans les ouvrages des plus
anciens Peintres modernes , c'eft - à - dire
ceux qui ont travaillé dans les commencemens
de la découverte de la peinture à
F'huile. Les artistes de ce tems faifoient
préparer leurs couleurs fous leurs yeux &
dans leur attelier , ainfi que les Médecins
des premiers fiécles compofoient eux-mê
mes leurs remedes ; mais depuis long- tems
ils fe confient entierement , ceux-ci aux
pharmaciens , les autres aux marchands de
couleurs , & la peinture en fouffre confidérablement.
Mais en voilà affez fur cette
matiere : je me fuis jetté dans des réflexions
générales , parce que je ne pouvois vous
inftruire de ce qui fait l'objet de votre
lettre. Vous me pardonnerez les longueurs
de celle - ci , à cauſe du motif qui m'anime.
Je fuis , & c.
P. S, J'ouvre ma lettre pour vous dire
qu'ayant été de nouveau chez M. Vien
j'y ai vû une tête d'Anacréon peinte en
encauftique fur un des plus gros coutils
& qui produit un effet furprenant.
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Résumé : LETTRE A M. *** Sur la Peinture encaustique.
La lettre aborde la redécouverte de la peinture encaustique, une technique ancienne perdue depuis des siècles. L'auteur regrette de ne pas pouvoir fournir des détails précis sur cette méthode, malgré de nombreuses tentatives. Plusieurs artistes ont expérimenté la peinture à la cire, mais les résultats obtenus diffèrent et ne correspondent pas toujours à la véritable technique encaustique. L'auteur a consulté le Comte de Caylus et le médecin Majault, tous deux impliqués dans la recherche, mais ils ont refusé de divulguer le secret, souhaitant le garder confidentiel jusqu'à ce qu'il soit partagé avec les peintres de l'école française. La lettre met en avant les avantages potentiels de la peinture encaustique, notamment son attrait visuel et son absence de luisant, ce qui la rend adaptée pour des expositions en plein jour. L'auteur espère que cette redécouverte encouragera les artistes à accorder plus d'attention à la préparation et au choix des couleurs, améliorant ainsi la qualité et la durabilité des œuvres. Il conclut en exprimant l'espoir que cette nouvelle technique bénéficiera à l'art et aux artistes, sans porter préjudice à la peinture à l'huile.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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34
p. 177-187
PEINTURE. Réflexions sommaires sur les ouvrages exposés au Louvre cette année.
Début :
C'est à l'émulation que les artistes doivent leurs succès, mais c'est des [...]
Mots clefs :
Louvre, Tableaux, Ouvrage, Beauté, Portrait, Succès, Dessin, Composition, Public
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texteReconnaissance textuelle : PEINTURE. Réflexions sommaires sur les ouvrages exposés au Louvre cette année.
PEINTURE.
Réflexionsfommaires fur les ouvrages expofes
C
au Louvre cette année.
EST à l'émulation que les artiſtes
doivent leurs fuccès , mais c'eſt des
connoiffeurs qu'ils en attendent la récompenfe.
Peu flattés des éloges que leur prodigue
l'ignorance , parce qu'elle admire
tout fans choix , & qu'elle confond dans
le tribut injurieux qu'elle offre aux talens ,
le beau & le médiocre , peu touchés des
efforts de la malignité & de l'envie , qui
fufcitent contr'eux des écrivains plus indigens
qu'éclairés , ils méprifent également
les louanges immoderées des panégyriſtes ,
& la licence effrénée de leurs Zoïles . Trop
grands pour être agités par ces petites paffions
qui ne caracterifentque les hommes
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
médiocres , ils n'emploient point un tems
entierement dévoué aux arts , à écouter
ces rumeurs inutiles , ou à y répondre le
génie , le gout enfante leurs travaux ; c'eſt
du genie , c'est du gout qu'ils s'efforcent
de mériter l'hommage. L'encens dont ils
les honorent eft précieux , la critique épurée
à ces rayons eft utile à la perfection
de leur art . L'un leur fert à marcher avec
encore plus de fuccès dans la route heureufe
qu'ils fe font tracée , l'autre leur
fait éviter dans la fuite les écueils où ils
font tombés. Ainfi tout jufqu'à leurs fautes
même leur devient utile. C'est dans cette
vue que fe fait l'expofition des peintures ,
fculptures & gravures . Dans les éloges que
l'on donne ici aux chefs -d'oeuvre en tout
genre qui s'y font faits remarquer , on a
le bonheur d'être à la fois l'interprete du
public & l'organe de la verité.
On a vu avec plaifir dans les tableaux de
M. Reftout ce même feu qui diftingue fi
bien tous fes ouvrages ; cette chaleur dans
la compofition digne de l'illuftre Jouvenet
fon oncle , cette grande ordonnance ,
cette belle difpofition fe font admirer dans
un grand tableau de cet auteur , repréfentant
Jesus-Chrift qui lave les pieds aux
Apôtres. Tout y eft digne de la grandeur
du fujer .
NOVEMBRE. 1755. 179
M. Carlo- Vanloo , déja fi connu par la
beauté de fon pinceau , & la vigueur de fon
coloris , eft digne des plus grands éloges.
Qu'on trouve de dignité dans fes deux
grands tableaux , dont l'an repréfente le
Baptême de S. Auguftin , celui d'Alipe
fon ami , & d'Adeodat fon fils ; l'autre le
même Docteur prechant devant Valere ,
Evêque d'Hyppone ! Le caractere de nobletfe
qui paroît fur le front des deux Evêques
qui font dans ce tableau , eft tel qu'on
fe fent pénetré de refpect & de veneration
à leur vue. Dans le premier de ces tableaux
on a reconnu facilement l'auteur
fous la figure d'un Acolyte , tenant un livre
à la main. Le public , quoiqu'accoutumé
depuis long- tems à ne rien voir que
d'admirable fortir des mains de ce maître ,
n'a vu cependant qu'avec furprife un tableau
de chevalet , réprefentant une converſation
. Il n'eft pas poffible de faire un
tableau mieux peint , plus galant & plus
gracieufement traité . Ce tableau auroit
fait honneur à Wandeik pour la couleur ,
& à Netfcher pour le fini. On peut donner
les mêmes éloges à deux deffus de porte
du même auteur , dont l'un reprefente
deux Sultanes travaillant à la tapifferie , &
l'autre une Sultane prenant du caffé.
MM. Collin de Vermont & Natoire fou-
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
tiennent dignement la réputation qu'ils fe
font acquife par la nobleffe de leur compofition
, & par l'élegance & la préciſion
de leur deffein .
On ne peut donner que
des
applaudiffemens
à M. Jeaurat . Semblable aux
grands Poëtes tragiques, qui ne dédaignent
point de prendre le brodequin après avoir
long- tems chauffé le Cothurne , on l'a vu
avec plaifir remporter la palme dans un
genre moins élevé que le fien , mais qui
n'a cependant pas moins de difficultés . Il
a rendu avec verité ces petits évenemens
qui fe multiplient fi fouvent dans la vie
populaire . Dans l'un de fes tableaux on
voit un Commiffaire vengeur de l'honnêteté
publique violée ; dans l'autre , un demenagement
troublé par des créanciers
importuns ; l'attelier du Peintre n'a pas
été moins applaudi.
M. Halle parcourt fa carriere avec
gloire. Il foutient avec fuccès un nom
déja cher aux amateurs . Le tableau de cet
auteur reprefentant les Difciples d'Emmaüs
eft bien compofé , & fait un bel
effet.
Le merite de M. Vien a peut - être été
encore plutôt connu que fa perfonne A
peine fes premiers ouvrages ont-ils paruque
le fuccès les a couronnés ? La repuNOVEMBRE
. 1755. 181
tation de cet artifte eft déja faite dans un
âge , où il eſt beau de l'avoir commencée.
Chacun de ſes tableaux a réuni les fuftrages
. On a rendu juftice à la beauté du
deffein , & à la fageffe de la compofition
dans le tableau repréfentant S. Germain &
S. Vincent. Sa maniere de traiter l'hiftoire
nous paroît la meilleure : elle eft vraie &
fimple .
L'illufion ne fe diffipe qu'à peine en
touchant le tableau de M. Chardin , imitant
un bas- relief de bronze.
Dans la foule des portaits dont le fallon
étoit decoré , celui de M. Elvetius , par M.
Louis- Michel Vanloo , m'a frappé ainfi que
la multitude . Il a le merite de la reffemblance
; on peut dire qu'il eft bien portrait
. On apperçoit d'ailleurs dans le deffein
une jufteffe qui décele aux yeux des
connoiffeurs le peintre d'hiftoire. Le portrait
de feue Madame Henriette de France
eft auffi parfaitement reffemblant , & fait
honneur au pinceau de M. Nattier. M.
Tocqué a foutenu fa grande réputation par
le portrait de M. le Duc de Chartres &
par celui de M. le Marquis de Marigny.
L'un eft d'une verité exacte , & l'autre
d'une force de pinceau finguliere. M. Jelyotte
peint en Apollon , ajoute un nouveau
rayon à la gloire de ce Maître. M.
182 MERCURE DE FRANCE.
de la Tour dans le portrait de Madame de
Pompadour , a montré la fuperiorité de
fes talens déja tant de fois applaudis . Il a
égalé fon fujet par la maniere habile dont
il l'a traité. Plus on a vu ce portrait, plus
on l'a eftimé. Il forme un tableau de la
plus grande beauté , & qui gagne à l'examen.
Tous les détails & les ornemens en
font finis .
M. Aved ne s'eft pas moins diftingué.
On a trouvé l'ordonnance & la compofition
du portrait de M. l'Evêque de Meaux
noble & belle , l'exécution heureufe , le
coloris vigoureux & la reffemblance parfaite.
Les regards du public fe font auth
arrêtés fur fes autres tableaux auxquels on
a rendu la juftice qu'ils meritoient.
Un grand tableau peint en cire , fuivant
la découverte ou procedé de M. Bachelier
, qu'il appelle inuftion , c'eſt-àdire
cire brulée , a recueilli toutes les voix .
Deja connu par des talens précieux , mais
moins grands, moins developpés que ceux
qu'il préfente aujourd'hui , il rend la perte
de M. Oudry moins amere ; & la peinture
defolée d'avoir perdu fou la Fontaine
féche fes pleurs en trouvant fon fucceffeur
dans M. Bachelier. Ce tableau repréſente
la fable du cheval & du loup.
L'oeil s'eft fixé avec bien de la fatisfacNOVEMBRE.
1755. 183
tion fur cinq tableaux de M. Vernet. Deux
d'entr'eux reprefentent deux différentes
vues du port du Marfeille ; le troiſieme
une vue du port neuf , ou de l'arfenal de
Toulon ; le quatrieme une pêche du thon ;
& le dernier une tempête. Que de beautés
dans tous ces tableaux , & qu'ils font ingénieufement
variés ! Ce n'eft point une
peinture , ce n'eft plus une repréfentation
d'objets , c'eft l'exiftence , c'eft la réalité
même. Vous y voyez ces ouvrages admirables
fi utiles au commerce de la nation .
Vous y voyez les habitans des quatre parties
du monde reunis par l'interêt & le
bien public agir , commercer enſemble. Le
deffein de l'auteur eft digne du Pouffin . Le
fpectateur eft effrayé à la vue de la tempê
te & du naufrage . Les vagues irritées engloutiffent
les débris d'un vaiffeau dont
quelques hommes s'échappent à peine. Les
figures de ce tableau paroiffent être de la
main de Salvator Roze.
L'art de la miniature s'embellit , & devient
un grand talent dans celles de M.
Venevault .
M. de La Grenée , jeune peintre d'hiftoire
, expofe dans une âge où l'on ne donne
guere que de grandes efperances , des
ouvrages qui font deja les fruits de la maturité
du genie.
184 MERCURE DE FRANCE.
MM. Roflin & Dronais le fils , tiennerit
un rang dittingué dans leur genre.
Dans fes payfages M. Juliard rend bien
les effets de la nature .
M. Antoine Le Bel a auffi fon merite.
M. de la Rue marche fur les pas du fameux
Parrocel , dont les connoiffeurs regretteront
long- tems la perte. M. Greuze
nourri par l'étude des Peintres Flamans ,
ces hommes fi habiles à faifir la nature ,
& fi propres à arracher de la bouche du
fpectateur ce cri d'admiration , qu'on ne
peut refufer à la verité de l'expreffion &
de l'imitation , n'eft point inférieur à ces
grands Maîtres. Il eft tout-à- la fois imitateur
heureux , & créateur aimable .
La Sculpture n'a montré que peu d'ouvrages.
Le bufte de M. le Marechal de
Coigny nous a paru d'une grande vérité ,
& digne de M. Confton.
Dans le Milon Crotoniate de M.Falconnet
, on a admiré la beauté du deffein , la
jufteffe des contours & la force du cifeau .
Ce morceau de fculpture repréſente un
lion devorant l'athlete . Il remplit à la fois
de terreur & de compaffion . M. Michel-
Ange Slodiz a expofé l'efquiffe d'un grouppe
de la victoire qui ramene la paix ,
d'une très- belle compofition , ainfi que le
projet d'une chaire de Prédicateur pour S.
NOVEMBRE . 1755. 185
Sulpice , qui en fait fouhaiter l'exécution.
Par quelle fatalité les Bouchardons , les
Pigalles fe refufent- ils à nos applaudiffemens
? Faits pour les obtenir tous , nous
priveront- ils encore long- tems des fruits
de leurs cifeaux ? *
* Nous fommes également fondés à former
cette plainte à l'égard de la peinture . M. Boucher
nous a tenu rigueur à ce fallon , de même que M.
Pierre. La plus belle moitié du public a foupiré de
n'y rien voir de ce Peintre aimable , qui eft le fien ,
puifqu'il eft celui des graces & de la beauté. On
foupçonne que ces petits écrits furtifs , que l'envie
ou le befoin produifent contre le talent à chaque
expofition , en font la caufe fecrete . On craint
même que les autres artiftes du premier ordre
comme lui , ne fuivent fon exemple. Tous fe plaignent
, dit- on , que ces fatyres , quelques méprifables
qu'elles foient, font impreffion dans la province
, & y nuifent à leur gloire , comme à leur
intérêt . On voit bien que les Peintres ne font pas
aguerris ainfi que les auteurs. Il est vrai qu'ils
difent pour leurs raifons que les ouvrages de ces
derniers vont partout en même tems que leurs
critiques , & leur fervent de contre-poifon ; au
lieu que leurs tableaux reſtent dans les cabinets
de la capitale , & que les libelles qui les déchirent
, courent feuls la province. La crainte que
j'ai de nous voir privés par là des nouveaux tréfors
dont ces grands Maîtres peuvent nous enrichir
, m'oblige à leur répondre , pour les raffurer,
que la gravure vient à leur fecours . Elle devient
chaque jour fi parfaite , qu'on peut l'appeller une
traduction auffi fidelle qu'élégante de leurs ta
186, MERCURE DE FRANCE.
Le genie de M. Cochin fait pour les délices
de la nation , l'enchante fans l'étonner.
L'imagination & l'agrément animent
à la fois fon crayon & fon burin .
MM. Cars, Surugue , Le Bas , Tardieu ;
Dupuis, & autres artistes anffi diftingués par
leurs talens , ne laiffent rien à defirer
que
de nouvelles productions de leur part. M.
Guay fait revivre le gout antique dont fes
ouvrages ont toute la beauté. Il excelle
dans un art négligé depuis long-tems, mais
cultivé auparavant avec fuccès par ces
bleaux. Elle en rend l'efprit avec les traits ; les
eftampes que fon burin met au jour d'après leur
pinceau , fe répandent dans toute la France , &
font partout leur apologie. Ces Meffieurs m'objecteront
peut-être que leurs grands tableaux ne
font pas traduits , & que d'ailleurs il refte toujours
une partie effentielle fur laquelle ils ne
font pas juftifiés , qui eft la couleur que la gravure
ne peut jamais rendre. Mais pour y fuppléer
les Journaux publics avertiffent les provinces &
même les pays étrangers où ils parviennent , du
mépris qu'on doit faire de ces critiques informes,
& du difcrédit où elles font à Paris . Tous ces petits
faifeurs de brochures peuvent inquietter un
moment nos Appelles françois , ou leur faire
tout au plus une piquure paflagere ; mais ces infectes
n'exiftent qu'un Automne. Le premier
froid de Phyver les tue heureufement & nous en
délivre , tandis que les chefs - d'oeuvres qu'ils attaquent
font confacrés par les années , & durent
éternellement.
NOVEMBRE . 1755. 187
hommes rares qui confacroient leurs travaux
à immortalifer les traits d'un Cefar ,
d'un Trajan . Il en fait un auffi bel ufage
qu'eux. Il les confacre à retracer à la pofterité
ceux d'un Monarque auffi grand que
ces heros. Siecle heureux , où tout concourt
à la gloire des arts , où il fe trouve
des hommes qui les cultivent , des connoiffeurs
qui les aiment , un Mecene qui
les encourage , & un Prince qui les recompenſe
!
Réflexionsfommaires fur les ouvrages expofes
C
au Louvre cette année.
EST à l'émulation que les artiſtes
doivent leurs fuccès , mais c'eſt des
connoiffeurs qu'ils en attendent la récompenfe.
Peu flattés des éloges que leur prodigue
l'ignorance , parce qu'elle admire
tout fans choix , & qu'elle confond dans
le tribut injurieux qu'elle offre aux talens ,
le beau & le médiocre , peu touchés des
efforts de la malignité & de l'envie , qui
fufcitent contr'eux des écrivains plus indigens
qu'éclairés , ils méprifent également
les louanges immoderées des panégyriſtes ,
& la licence effrénée de leurs Zoïles . Trop
grands pour être agités par ces petites paffions
qui ne caracterifentque les hommes
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
médiocres , ils n'emploient point un tems
entierement dévoué aux arts , à écouter
ces rumeurs inutiles , ou à y répondre le
génie , le gout enfante leurs travaux ; c'eſt
du genie , c'est du gout qu'ils s'efforcent
de mériter l'hommage. L'encens dont ils
les honorent eft précieux , la critique épurée
à ces rayons eft utile à la perfection
de leur art . L'un leur fert à marcher avec
encore plus de fuccès dans la route heureufe
qu'ils fe font tracée , l'autre leur
fait éviter dans la fuite les écueils où ils
font tombés. Ainfi tout jufqu'à leurs fautes
même leur devient utile. C'est dans cette
vue que fe fait l'expofition des peintures ,
fculptures & gravures . Dans les éloges que
l'on donne ici aux chefs -d'oeuvre en tout
genre qui s'y font faits remarquer , on a
le bonheur d'être à la fois l'interprete du
public & l'organe de la verité.
On a vu avec plaifir dans les tableaux de
M. Reftout ce même feu qui diftingue fi
bien tous fes ouvrages ; cette chaleur dans
la compofition digne de l'illuftre Jouvenet
fon oncle , cette grande ordonnance ,
cette belle difpofition fe font admirer dans
un grand tableau de cet auteur , repréfentant
Jesus-Chrift qui lave les pieds aux
Apôtres. Tout y eft digne de la grandeur
du fujer .
NOVEMBRE. 1755. 179
M. Carlo- Vanloo , déja fi connu par la
beauté de fon pinceau , & la vigueur de fon
coloris , eft digne des plus grands éloges.
Qu'on trouve de dignité dans fes deux
grands tableaux , dont l'an repréfente le
Baptême de S. Auguftin , celui d'Alipe
fon ami , & d'Adeodat fon fils ; l'autre le
même Docteur prechant devant Valere ,
Evêque d'Hyppone ! Le caractere de nobletfe
qui paroît fur le front des deux Evêques
qui font dans ce tableau , eft tel qu'on
fe fent pénetré de refpect & de veneration
à leur vue. Dans le premier de ces tableaux
on a reconnu facilement l'auteur
fous la figure d'un Acolyte , tenant un livre
à la main. Le public , quoiqu'accoutumé
depuis long- tems à ne rien voir que
d'admirable fortir des mains de ce maître ,
n'a vu cependant qu'avec furprife un tableau
de chevalet , réprefentant une converſation
. Il n'eft pas poffible de faire un
tableau mieux peint , plus galant & plus
gracieufement traité . Ce tableau auroit
fait honneur à Wandeik pour la couleur ,
& à Netfcher pour le fini. On peut donner
les mêmes éloges à deux deffus de porte
du même auteur , dont l'un reprefente
deux Sultanes travaillant à la tapifferie , &
l'autre une Sultane prenant du caffé.
MM. Collin de Vermont & Natoire fou-
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
tiennent dignement la réputation qu'ils fe
font acquife par la nobleffe de leur compofition
, & par l'élegance & la préciſion
de leur deffein .
On ne peut donner que
des
applaudiffemens
à M. Jeaurat . Semblable aux
grands Poëtes tragiques, qui ne dédaignent
point de prendre le brodequin après avoir
long- tems chauffé le Cothurne , on l'a vu
avec plaifir remporter la palme dans un
genre moins élevé que le fien , mais qui
n'a cependant pas moins de difficultés . Il
a rendu avec verité ces petits évenemens
qui fe multiplient fi fouvent dans la vie
populaire . Dans l'un de fes tableaux on
voit un Commiffaire vengeur de l'honnêteté
publique violée ; dans l'autre , un demenagement
troublé par des créanciers
importuns ; l'attelier du Peintre n'a pas
été moins applaudi.
M. Halle parcourt fa carriere avec
gloire. Il foutient avec fuccès un nom
déja cher aux amateurs . Le tableau de cet
auteur reprefentant les Difciples d'Emmaüs
eft bien compofé , & fait un bel
effet.
Le merite de M. Vien a peut - être été
encore plutôt connu que fa perfonne A
peine fes premiers ouvrages ont-ils paruque
le fuccès les a couronnés ? La repuNOVEMBRE
. 1755. 181
tation de cet artifte eft déja faite dans un
âge , où il eſt beau de l'avoir commencée.
Chacun de ſes tableaux a réuni les fuftrages
. On a rendu juftice à la beauté du
deffein , & à la fageffe de la compofition
dans le tableau repréfentant S. Germain &
S. Vincent. Sa maniere de traiter l'hiftoire
nous paroît la meilleure : elle eft vraie &
fimple .
L'illufion ne fe diffipe qu'à peine en
touchant le tableau de M. Chardin , imitant
un bas- relief de bronze.
Dans la foule des portaits dont le fallon
étoit decoré , celui de M. Elvetius , par M.
Louis- Michel Vanloo , m'a frappé ainfi que
la multitude . Il a le merite de la reffemblance
; on peut dire qu'il eft bien portrait
. On apperçoit d'ailleurs dans le deffein
une jufteffe qui décele aux yeux des
connoiffeurs le peintre d'hiftoire. Le portrait
de feue Madame Henriette de France
eft auffi parfaitement reffemblant , & fait
honneur au pinceau de M. Nattier. M.
Tocqué a foutenu fa grande réputation par
le portrait de M. le Duc de Chartres &
par celui de M. le Marquis de Marigny.
L'un eft d'une verité exacte , & l'autre
d'une force de pinceau finguliere. M. Jelyotte
peint en Apollon , ajoute un nouveau
rayon à la gloire de ce Maître. M.
182 MERCURE DE FRANCE.
de la Tour dans le portrait de Madame de
Pompadour , a montré la fuperiorité de
fes talens déja tant de fois applaudis . Il a
égalé fon fujet par la maniere habile dont
il l'a traité. Plus on a vu ce portrait, plus
on l'a eftimé. Il forme un tableau de la
plus grande beauté , & qui gagne à l'examen.
Tous les détails & les ornemens en
font finis .
M. Aved ne s'eft pas moins diftingué.
On a trouvé l'ordonnance & la compofition
du portrait de M. l'Evêque de Meaux
noble & belle , l'exécution heureufe , le
coloris vigoureux & la reffemblance parfaite.
Les regards du public fe font auth
arrêtés fur fes autres tableaux auxquels on
a rendu la juftice qu'ils meritoient.
Un grand tableau peint en cire , fuivant
la découverte ou procedé de M. Bachelier
, qu'il appelle inuftion , c'eſt-àdire
cire brulée , a recueilli toutes les voix .
Deja connu par des talens précieux , mais
moins grands, moins developpés que ceux
qu'il préfente aujourd'hui , il rend la perte
de M. Oudry moins amere ; & la peinture
defolée d'avoir perdu fou la Fontaine
féche fes pleurs en trouvant fon fucceffeur
dans M. Bachelier. Ce tableau repréſente
la fable du cheval & du loup.
L'oeil s'eft fixé avec bien de la fatisfacNOVEMBRE.
1755. 183
tion fur cinq tableaux de M. Vernet. Deux
d'entr'eux reprefentent deux différentes
vues du port du Marfeille ; le troiſieme
une vue du port neuf , ou de l'arfenal de
Toulon ; le quatrieme une pêche du thon ;
& le dernier une tempête. Que de beautés
dans tous ces tableaux , & qu'ils font ingénieufement
variés ! Ce n'eft point une
peinture , ce n'eft plus une repréfentation
d'objets , c'eft l'exiftence , c'eft la réalité
même. Vous y voyez ces ouvrages admirables
fi utiles au commerce de la nation .
Vous y voyez les habitans des quatre parties
du monde reunis par l'interêt & le
bien public agir , commercer enſemble. Le
deffein de l'auteur eft digne du Pouffin . Le
fpectateur eft effrayé à la vue de la tempê
te & du naufrage . Les vagues irritées engloutiffent
les débris d'un vaiffeau dont
quelques hommes s'échappent à peine. Les
figures de ce tableau paroiffent être de la
main de Salvator Roze.
L'art de la miniature s'embellit , & devient
un grand talent dans celles de M.
Venevault .
M. de La Grenée , jeune peintre d'hiftoire
, expofe dans une âge où l'on ne donne
guere que de grandes efperances , des
ouvrages qui font deja les fruits de la maturité
du genie.
184 MERCURE DE FRANCE.
MM. Roflin & Dronais le fils , tiennerit
un rang dittingué dans leur genre.
Dans fes payfages M. Juliard rend bien
les effets de la nature .
M. Antoine Le Bel a auffi fon merite.
M. de la Rue marche fur les pas du fameux
Parrocel , dont les connoiffeurs regretteront
long- tems la perte. M. Greuze
nourri par l'étude des Peintres Flamans ,
ces hommes fi habiles à faifir la nature ,
& fi propres à arracher de la bouche du
fpectateur ce cri d'admiration , qu'on ne
peut refufer à la verité de l'expreffion &
de l'imitation , n'eft point inférieur à ces
grands Maîtres. Il eft tout-à- la fois imitateur
heureux , & créateur aimable .
La Sculpture n'a montré que peu d'ouvrages.
Le bufte de M. le Marechal de
Coigny nous a paru d'une grande vérité ,
& digne de M. Confton.
Dans le Milon Crotoniate de M.Falconnet
, on a admiré la beauté du deffein , la
jufteffe des contours & la force du cifeau .
Ce morceau de fculpture repréſente un
lion devorant l'athlete . Il remplit à la fois
de terreur & de compaffion . M. Michel-
Ange Slodiz a expofé l'efquiffe d'un grouppe
de la victoire qui ramene la paix ,
d'une très- belle compofition , ainfi que le
projet d'une chaire de Prédicateur pour S.
NOVEMBRE . 1755. 185
Sulpice , qui en fait fouhaiter l'exécution.
Par quelle fatalité les Bouchardons , les
Pigalles fe refufent- ils à nos applaudiffemens
? Faits pour les obtenir tous , nous
priveront- ils encore long- tems des fruits
de leurs cifeaux ? *
* Nous fommes également fondés à former
cette plainte à l'égard de la peinture . M. Boucher
nous a tenu rigueur à ce fallon , de même que M.
Pierre. La plus belle moitié du public a foupiré de
n'y rien voir de ce Peintre aimable , qui eft le fien ,
puifqu'il eft celui des graces & de la beauté. On
foupçonne que ces petits écrits furtifs , que l'envie
ou le befoin produifent contre le talent à chaque
expofition , en font la caufe fecrete . On craint
même que les autres artiftes du premier ordre
comme lui , ne fuivent fon exemple. Tous fe plaignent
, dit- on , que ces fatyres , quelques méprifables
qu'elles foient, font impreffion dans la province
, & y nuifent à leur gloire , comme à leur
intérêt . On voit bien que les Peintres ne font pas
aguerris ainfi que les auteurs. Il est vrai qu'ils
difent pour leurs raifons que les ouvrages de ces
derniers vont partout en même tems que leurs
critiques , & leur fervent de contre-poifon ; au
lieu que leurs tableaux reſtent dans les cabinets
de la capitale , & que les libelles qui les déchirent
, courent feuls la province. La crainte que
j'ai de nous voir privés par là des nouveaux tréfors
dont ces grands Maîtres peuvent nous enrichir
, m'oblige à leur répondre , pour les raffurer,
que la gravure vient à leur fecours . Elle devient
chaque jour fi parfaite , qu'on peut l'appeller une
traduction auffi fidelle qu'élégante de leurs ta
186, MERCURE DE FRANCE.
Le genie de M. Cochin fait pour les délices
de la nation , l'enchante fans l'étonner.
L'imagination & l'agrément animent
à la fois fon crayon & fon burin .
MM. Cars, Surugue , Le Bas , Tardieu ;
Dupuis, & autres artistes anffi diftingués par
leurs talens , ne laiffent rien à defirer
que
de nouvelles productions de leur part. M.
Guay fait revivre le gout antique dont fes
ouvrages ont toute la beauté. Il excelle
dans un art négligé depuis long-tems, mais
cultivé auparavant avec fuccès par ces
bleaux. Elle en rend l'efprit avec les traits ; les
eftampes que fon burin met au jour d'après leur
pinceau , fe répandent dans toute la France , &
font partout leur apologie. Ces Meffieurs m'objecteront
peut-être que leurs grands tableaux ne
font pas traduits , & que d'ailleurs il refte toujours
une partie effentielle fur laquelle ils ne
font pas juftifiés , qui eft la couleur que la gravure
ne peut jamais rendre. Mais pour y fuppléer
les Journaux publics avertiffent les provinces &
même les pays étrangers où ils parviennent , du
mépris qu'on doit faire de ces critiques informes,
& du difcrédit où elles font à Paris . Tous ces petits
faifeurs de brochures peuvent inquietter un
moment nos Appelles françois , ou leur faire
tout au plus une piquure paflagere ; mais ces infectes
n'exiftent qu'un Automne. Le premier
froid de Phyver les tue heureufement & nous en
délivre , tandis que les chefs - d'oeuvres qu'ils attaquent
font confacrés par les années , & durent
éternellement.
NOVEMBRE . 1755. 187
hommes rares qui confacroient leurs travaux
à immortalifer les traits d'un Cefar ,
d'un Trajan . Il en fait un auffi bel ufage
qu'eux. Il les confacre à retracer à la pofterité
ceux d'un Monarque auffi grand que
ces heros. Siecle heureux , où tout concourt
à la gloire des arts , où il fe trouve
des hommes qui les cultivent , des connoiffeurs
qui les aiment , un Mecene qui
les encourage , & un Prince qui les recompenſe
!
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Résumé : PEINTURE. Réflexions sommaires sur les ouvrages exposés au Louvre cette année.
En 1755, le Louvre a accueilli des expositions de peintures, sculptures et gravures, où les artistes cherchaient l'émulation et la reconnaissance des connaisseurs, valorisant les critiques constructives et les éloges mérités. Plusieurs artistes ont été particulièrement remarqués pour leurs œuvres. M. Restout a été loué pour son tableau représentant Jésus-Christ lavant les pieds des Apôtres. M. Carlo Vanloo a été admiré pour ses tableaux du Baptême de Saint Augustin et de Saint Augustin prêchant devant Valère. M. Jeaurat a été apprécié pour ses scènes de la vie populaire. M. Halle a été salué pour son tableau des Disciples d'Emmaüs. M. Vien a été reconnu pour son tableau de Saint Germain et Saint Vincent. M. Chardin a impressionné avec son imitation de bas-relief en bronze. Les portraits de M. Elvetius par Louis-Michel Vanloo, de Madame Henriette de France par Nattier, et de Madame de Pompadour par La Tour ont également été remarqués pour leur ressemblance et leur qualité. M. Bachelier a été félicité pour son tableau en cire représentant la fable du cheval et du loup. M. Vernet a été acclamé pour ses tableaux de vues maritimes et de tempêtes. En sculpture, les œuvres de M. Falconet et de M. Michel-Ange Slodtz ont été admirées. Le texte déplore l'absence de certaines figures emblématiques comme Boucher et Pigalle, attribuant cela à des critiques malveillantes. La gravure a été saluée pour sa capacité à diffuser les œuvres des peintres et à contrer les critiques provinciales. Enfin, le texte célèbre un siècle où les arts sont cultivés, aimés, encouragés et récompensés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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35
p. 187-189
« M. GAUTIER nous assure qu'il est l'inventeur de l'art d'imprimer les tableaux à [...] »
Début :
M. GAUTIER nous assure qu'il est l'inventeur de l'art d'imprimer les tableaux à [...]
Mots clefs :
Tableaux, Anatomie, Jacques Gautier d'Agoty, Couleurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. GAUTIER nous assure qu'il est l'inventeur de l'art d'imprimer les tableaux à [...] »
M. GAUTIER nous affure qu'il eft l'inventeur
de l'art d'imprimer les tableaux à
quatre cuivres. Les tentatives infructueufes
qui ont été faites pour y parvenir depuis
plus de foixante ans , prouvent les
difficultés qu'il y a de réuffit dans ce nouveau
genre de gravure. Son origine comme
celle de toutes les autres inventions ,
eſt priſe dans les ſources les plus anciennes;
c'eft des Manufactures d'indiennes de Marfeille
que M. Gautier a conçu l'idée de
frapper des tableaux , comme on frappe
des fleurs fur ces fortes de toiles peintes ,
& il prétend avoir réuffi par la raifon qu'il
poffede la théorie des couleurs. Ces fortes
de tableaux peuvent fervir à l'Hiftoire natarelle
, à l'Anatomie , ainfi qu'à l'ornement
des cabinets. Jean - Baptifte - André
188 MERCURE DE FRANCE..
Gautier fon fils aîné , tient déja le burin ,
& va le feconder dans fes entrepriſes. Il
annonce au public , fous la direction & la
touche de fon pere , deux tableaux dans ce
genre , dont l'un repréfente la Toilette du
Soir , d'apres Arnoldus Boonen ; & l'autre
le Magifter Hollandois & fa jeure Ecoliere ,
d'après Therbourk , tous deux tirés du cabinet
de M. le Comte de Vence , & préfentés
à M. le Marquis de Marigny , avec
l'approbation de plufieurs Académiciens.
M. Gautier nous promet après la fecon-
Cde édition de fon cours d'Anatomie auquel
uel il eft fcrupuleufement attaché , de
donner des fuites de tableaux de plusieurs
genres , & les fuites d'Hiftoire naturelle
qu'il ne difcontinue point.
·
Les deux tableaux que nous venons d'annoncer
font fur toile de buit , c'est- à - dire de
quinze pouces de haut fur douze de large.
Le prix eft de trois livres en feuilles , & quatre
livres collés fur toile & vernis .
M. Gautier avertit les amateurs d'Anatomie
, que l'homme en cire n'eft plus chez
lui. Ce morceau a été moulé fur un fujet
difféqué aux Invalides de Paris , & repréfentant
exactement les vifceres , les mufcles
, les vaiffeaux & les nerfs , comme la
nature même ; il eft beaucoup eftimé des
connoiffeurs dans ce genre , & a été vu
NOVEMBRE. 1755. 189
de bien des perfonnes qui en ont loué le
travail & l'exactitude. C'eſt afin que l'on
ne fe donne plus la peine de l'aller voir
chez lui qu'il donne cet avis ; cependant'
les perfonnes de diftinction aufquelles on
ne peut rien réfufer , apprendront chez
M. Gautier où il eft actuellement , & le'
nom de l'amateur qui en a fait l'acquifi-'
tion ; & fi quelque Seigneur veut avoir une
pareille figure , les moules étant encore
entiers , il aura la bonté d'avertir un an
d'avance. Le prix eft de fix mille livres ,
avec la fuite des parties détachées , en
cire également.
de l'art d'imprimer les tableaux à
quatre cuivres. Les tentatives infructueufes
qui ont été faites pour y parvenir depuis
plus de foixante ans , prouvent les
difficultés qu'il y a de réuffit dans ce nouveau
genre de gravure. Son origine comme
celle de toutes les autres inventions ,
eſt priſe dans les ſources les plus anciennes;
c'eft des Manufactures d'indiennes de Marfeille
que M. Gautier a conçu l'idée de
frapper des tableaux , comme on frappe
des fleurs fur ces fortes de toiles peintes ,
& il prétend avoir réuffi par la raifon qu'il
poffede la théorie des couleurs. Ces fortes
de tableaux peuvent fervir à l'Hiftoire natarelle
, à l'Anatomie , ainfi qu'à l'ornement
des cabinets. Jean - Baptifte - André
188 MERCURE DE FRANCE..
Gautier fon fils aîné , tient déja le burin ,
& va le feconder dans fes entrepriſes. Il
annonce au public , fous la direction & la
touche de fon pere , deux tableaux dans ce
genre , dont l'un repréfente la Toilette du
Soir , d'apres Arnoldus Boonen ; & l'autre
le Magifter Hollandois & fa jeure Ecoliere ,
d'après Therbourk , tous deux tirés du cabinet
de M. le Comte de Vence , & préfentés
à M. le Marquis de Marigny , avec
l'approbation de plufieurs Académiciens.
M. Gautier nous promet après la fecon-
Cde édition de fon cours d'Anatomie auquel
uel il eft fcrupuleufement attaché , de
donner des fuites de tableaux de plusieurs
genres , & les fuites d'Hiftoire naturelle
qu'il ne difcontinue point.
·
Les deux tableaux que nous venons d'annoncer
font fur toile de buit , c'est- à - dire de
quinze pouces de haut fur douze de large.
Le prix eft de trois livres en feuilles , & quatre
livres collés fur toile & vernis .
M. Gautier avertit les amateurs d'Anatomie
, que l'homme en cire n'eft plus chez
lui. Ce morceau a été moulé fur un fujet
difféqué aux Invalides de Paris , & repréfentant
exactement les vifceres , les mufcles
, les vaiffeaux & les nerfs , comme la
nature même ; il eft beaucoup eftimé des
connoiffeurs dans ce genre , & a été vu
NOVEMBRE. 1755. 189
de bien des perfonnes qui en ont loué le
travail & l'exactitude. C'eſt afin que l'on
ne fe donne plus la peine de l'aller voir
chez lui qu'il donne cet avis ; cependant'
les perfonnes de diftinction aufquelles on
ne peut rien réfufer , apprendront chez
M. Gautier où il eft actuellement , & le'
nom de l'amateur qui en a fait l'acquifi-'
tion ; & fi quelque Seigneur veut avoir une
pareille figure , les moules étant encore
entiers , il aura la bonté d'avertir un an
d'avance. Le prix eft de fix mille livres ,
avec la fuite des parties détachées , en
cire également.
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Résumé : « M. GAUTIER nous assure qu'il est l'inventeur de l'art d'imprimer les tableaux à [...] »
M. Gautier se présente comme l'inventeur de l'impression des tableaux à quatre cuivres, une technique inspirée par les manufactures d'indiennes de Marseille. Cette méthode permet de reproduire des tableaux comme on imprime des fleurs sur des toiles. Gautier attribue son succès à sa maîtrise de la théorie des couleurs. Ces impressions peuvent être utilisées pour l'histoire naturelle, l'anatomie ou l'ornementation de cabinets. Son fils, Jean-Baptiste-André Gautier, collabore avec lui et annonce deux tableaux : 'La Toilette du Soir' d'après Arnoldus Boonen et 'Le Magistre Hollandois et sa jeune Écolière' d'après Therbourk. Ces œuvres, tirées du cabinet de M. le Comte de Vence, ont été présentées à M. le Marquis de Marigny avec l'approbation de plusieurs académiciens. Après la seconde édition de son cours d'anatomie, Gautier prévoit de publier des suites de tableaux de divers genres et des suites d'histoire naturelle. Les deux tableaux annoncés sont sur toile de buit, mesurant quinze pouces de haut sur douze de large, et sont vendus trois livres en feuilles et quatre livres collés sur toile et vernis. Gautier informe également les amateurs d'anatomie que son modèle en cire de l'homme, moulé sur un sujet aux Invalides de Paris, a été acquis par un amateur. Il propose de reproduire le modèle pour ceux intéressés, à condition d'être averti un an à l'avance, pour un prix de six mille livres incluant la suite des parties détachées en cire.
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36
p. 257-258
GRAVURE.
Début :
Nous annonçâmes en 1758, deux estampes gravées par M. Gaillard, d'après M. Boucher, [...]
Mots clefs :
Estampes, Grâce, Beauté, Tableaux, Plaisir, Nouveautés
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texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
Nous annonçâmes en 1758 , deux eftampest
gravées par M. Gaillard , d'après M. Boucher ,
& qui ont pour titre , les amansfurpris , & l'agréa
ble leçon. Le gracieux de ces eftampes , ayant
parfaitement imité la beauté des tableaux , le
Public a marqué combien elles lui faifoient de
258 MERCURE DE FRANCE.
plaifir , par le prompt débit qui s'en eft fait . Ainfi
on a lieu d'efpérer , qu'il recevra avec le même
agrément deux autres nouvelles Eftampes , gravées
par la même main , d'après le mêine grand
Peintre , & de la forme des précédentes . Elles ont
pour titre , le Berger récompenfé , & le Panier
mystérieux.
Elles fe vendent chez l'Auteur , rue S. Jacques ,
au-deilus des Jacobins , entre un Perruquier &
une Lingére.
Nous annonçâmes en 1758 , deux eftampest
gravées par M. Gaillard , d'après M. Boucher ,
& qui ont pour titre , les amansfurpris , & l'agréa
ble leçon. Le gracieux de ces eftampes , ayant
parfaitement imité la beauté des tableaux , le
Public a marqué combien elles lui faifoient de
258 MERCURE DE FRANCE.
plaifir , par le prompt débit qui s'en eft fait . Ainfi
on a lieu d'efpérer , qu'il recevra avec le même
agrément deux autres nouvelles Eftampes , gravées
par la même main , d'après le mêine grand
Peintre , & de la forme des précédentes . Elles ont
pour titre , le Berger récompenfé , & le Panier
mystérieux.
Elles fe vendent chez l'Auteur , rue S. Jacques ,
au-deilus des Jacobins , entre un Perruquier &
une Lingére.
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Résumé : GRAVURE.
En 1758, M. Gaillard publie deux gravures inspirées par Boucher : 'Les amants surpris' et 'L'agréable leçon'. Leur succès commercial est rapide. Deux autres gravures, 'Le Berger récompensé' et 'Le Panier mystérieux', sont annoncées. Elles sont disponibles chez l'auteur, rue Saint-Jacques, entre un perruquier et une lingère.
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37
p. 113-118
PEINTURE. ACADÉMIE de Peinture, de Sculpture & autres Arts de MARSEILLE.
Début :
LE 29, dernier Dimanche du mois d'Août, à quatre heures & demie après-midi [...]
Mots clefs :
Peintre, Exposition, Portrait, Tableaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PEINTURE. ACADÉMIE de Peinture, de Sculpture & autres Arts de MARSEILLE.
PEINTURE.
ACADÉMIE de Peinture , de Sculpture
& autres Arts de MARSEILLE .
LEE 29 , dernier Dimanche du mois
d'Août , à quatre heures & demie aprèsmidi
, l'Académie de Peinture , de Sculp
ture & autres Arts , tint fon affemblée
publique dans la grande Salle de l'Hôtel-
de-Ville. MM. de l'Académie des
Belles-Lettres & MM. les Amateurs
Honoraires y furent invités. M. Verdiguier
, Directeur ouvrit la féance par
un Difcours adreffé aux Eléves médailliftes
pour les exciter à faire de mieux
en mieux , après qu'il eut fait l'éloge des
protecteurs des Beaux- Arts en la perfonne
de MM. les Echevins qui diftribuerent
enfuite les Médailles adjugées aux Eléves
pour leurs deffeins académiques . La
premiere fut donnée à M. J. B. Cofte ,
fils de Profeffeur. La feconde à M. Antoine
Blanc , & la troifiéme à M. Michel
Henri. Les Médailles diftribuées
114 MERCURE DE FRANCE .
M. Dageville , Architecte , Voyer particulier
de Marfeille & Profeffeur d'Architecture
, prononça un difcours fur
l'état des eaux de la Ville , fur leur
diftribution & fur un projet de décoration
générale relativement à l'Hydraulique.
M. Moulinneuf, Profeffeur &
Secrétaire perpétuel , termina la féance
par quelques obfervations fur la Peinture
& fur la Sculpture. L'Affemblée fut
fort attentive à toutes ces differtations
qui marquoient combien l'Académie
s'empreffe de contribuer au bien & à
P'utilité du Public. Le meme jour il y
á eu dans la maifon de la veuve Androny
, rue de Paradis , vis - à - vis l'Eglife
S. Régis , l'expofition des ouvrages de
divers membres de l'Académie . Cette
expofition a continué le matin & l'après-
dîné pendant l'efpace de quinze
jours.
EXPOSITION des ouvrages de divers
Membres de l'Académie de Peinture ,
de Sculpture & autres Arts de Marfeille.
DIRECTEURS.
M. VERDIGUIER , Sculpteur.
Douze figures de cabinet en rondeJANVIER.
1763. 115
boffe , repréſentant divers fujets ; l'étude
d'un Encelade ; quatre petits basreliefs
.
M. VERNET , Peintre du Roi.
Deux tableaux payfages & marines
du cabinet de M. Poulhafiés.
PROFESSEURS.
M. COSTE , Peintre .
Deux Deffeins de Paftorales ; un Payfage
à la Gouache.
M. PICHAUME , Peintre.
Un grand Portrait & huit en Buftes.-
M. MOULINNEUF , Peintre.
Deux grands Tableaux de nature
morte repréfentant un cabinet de Mufique
& un de chaffe. Quatre Deffeins
fujets tirés de l'Hiftoire de S. George ,
éxécutés en grands tableaux pour M. le
Marquis de Roux. Trois Portraits en
mignature.
M. ZIRIO , Peintre.
Un Portrait en bufte. Une Magdeleine
, & un S. François en bufte .
་
116 MERCURE DE FRANCE.
M. BEAUFORT' , Peintre.
Deux Efquiffes en gouache repréfentant
, l'un Loth & fes deux filles , &
l'autre Noel couvert d'un manteau par
deux de fes fils . Un deffein à la fanguine
qui repréfente Dédale ajuſtant
des aîles à fon fils Icare.
M. KAPELLER , Peintre.
Deux Tableaux de Payfages , deux
de marine. Un d'architecture. Quatre de
fleurs. Quatre deffeins. Deux gouaches.
M. REVELLY , Peintre.
Un Portrait en_grand. Un moindre.
Deux en bufte. Trois en mignature.
M. ARNAUD , Peintre.
Trois portraits en buftes . Une efquiffe
repréfentant l'Afcenfion. Une têt de
vieillard. Uue Vierge peinte en mignature.
ACADEMICIENS.
M. DESPECHES , Peintre ,
Un tableau en Payfage.
M. Loys , Peintre.
Un petit tableau fur cuivre repréfenJANVIER.
1763. 117
tant la tentation de S. Antoine. Trois
têtes de caractère . Deux portraits en
bufte. Une efquiffe de l'Afcenfion. Un
Portrait en mignature.
M. DE CUGIS , Peintre.
Son tableau de réception repréfentant
la Pithoniffe qui fait voir à Sail
l'ombre de Samuël. Une efquiffe de Sufanne.
Une autre de la Nativité de N. S.
AGRÉGÉS.
M. CELONY , Peintre.
Deux tableaux , l'un repréfentant Abigail
aux genoux de David , & l'autre
Moyfe qui défend des infultes de quelques
Bergers les filles de Raguel , Prêtre
de Madian ; du cabinet de M. le
Marquis d'Arcuffia.
M. VIEL , Peintre.
Un Portrait au paftel.
M. BOUTON , Peintre en mignature ,
Membre de l'Académie Royale de
Peinture , de Sculpture & d'Architecture
de Toulouse.
Plufieurs mignatures dans un grand
tableau .
118 MERCURE DE FRANCE.
Outre cette expofition , il y a eu de
la main de M.Verduſſen, un grand tableau
de bataille qui appartenant à l'Académie
, & deux autres repréfentans un
marché de Poiffons & un marché de
toutes efpéces de denrées & volailles ;
du cabinet de M. Poulhariés.
ACADÉMIE de Peinture , de Sculpture
& autres Arts de MARSEILLE .
LEE 29 , dernier Dimanche du mois
d'Août , à quatre heures & demie aprèsmidi
, l'Académie de Peinture , de Sculp
ture & autres Arts , tint fon affemblée
publique dans la grande Salle de l'Hôtel-
de-Ville. MM. de l'Académie des
Belles-Lettres & MM. les Amateurs
Honoraires y furent invités. M. Verdiguier
, Directeur ouvrit la féance par
un Difcours adreffé aux Eléves médailliftes
pour les exciter à faire de mieux
en mieux , après qu'il eut fait l'éloge des
protecteurs des Beaux- Arts en la perfonne
de MM. les Echevins qui diftribuerent
enfuite les Médailles adjugées aux Eléves
pour leurs deffeins académiques . La
premiere fut donnée à M. J. B. Cofte ,
fils de Profeffeur. La feconde à M. Antoine
Blanc , & la troifiéme à M. Michel
Henri. Les Médailles diftribuées
114 MERCURE DE FRANCE .
M. Dageville , Architecte , Voyer particulier
de Marfeille & Profeffeur d'Architecture
, prononça un difcours fur
l'état des eaux de la Ville , fur leur
diftribution & fur un projet de décoration
générale relativement à l'Hydraulique.
M. Moulinneuf, Profeffeur &
Secrétaire perpétuel , termina la féance
par quelques obfervations fur la Peinture
& fur la Sculpture. L'Affemblée fut
fort attentive à toutes ces differtations
qui marquoient combien l'Académie
s'empreffe de contribuer au bien & à
P'utilité du Public. Le meme jour il y
á eu dans la maifon de la veuve Androny
, rue de Paradis , vis - à - vis l'Eglife
S. Régis , l'expofition des ouvrages de
divers membres de l'Académie . Cette
expofition a continué le matin & l'après-
dîné pendant l'efpace de quinze
jours.
EXPOSITION des ouvrages de divers
Membres de l'Académie de Peinture ,
de Sculpture & autres Arts de Marfeille.
DIRECTEURS.
M. VERDIGUIER , Sculpteur.
Douze figures de cabinet en rondeJANVIER.
1763. 115
boffe , repréſentant divers fujets ; l'étude
d'un Encelade ; quatre petits basreliefs
.
M. VERNET , Peintre du Roi.
Deux tableaux payfages & marines
du cabinet de M. Poulhafiés.
PROFESSEURS.
M. COSTE , Peintre .
Deux Deffeins de Paftorales ; un Payfage
à la Gouache.
M. PICHAUME , Peintre.
Un grand Portrait & huit en Buftes.-
M. MOULINNEUF , Peintre.
Deux grands Tableaux de nature
morte repréfentant un cabinet de Mufique
& un de chaffe. Quatre Deffeins
fujets tirés de l'Hiftoire de S. George ,
éxécutés en grands tableaux pour M. le
Marquis de Roux. Trois Portraits en
mignature.
M. ZIRIO , Peintre.
Un Portrait en bufte. Une Magdeleine
, & un S. François en bufte .
་
116 MERCURE DE FRANCE.
M. BEAUFORT' , Peintre.
Deux Efquiffes en gouache repréfentant
, l'un Loth & fes deux filles , &
l'autre Noel couvert d'un manteau par
deux de fes fils . Un deffein à la fanguine
qui repréfente Dédale ajuſtant
des aîles à fon fils Icare.
M. KAPELLER , Peintre.
Deux Tableaux de Payfages , deux
de marine. Un d'architecture. Quatre de
fleurs. Quatre deffeins. Deux gouaches.
M. REVELLY , Peintre.
Un Portrait en_grand. Un moindre.
Deux en bufte. Trois en mignature.
M. ARNAUD , Peintre.
Trois portraits en buftes . Une efquiffe
repréfentant l'Afcenfion. Une têt de
vieillard. Uue Vierge peinte en mignature.
ACADEMICIENS.
M. DESPECHES , Peintre ,
Un tableau en Payfage.
M. Loys , Peintre.
Un petit tableau fur cuivre repréfenJANVIER.
1763. 117
tant la tentation de S. Antoine. Trois
têtes de caractère . Deux portraits en
bufte. Une efquiffe de l'Afcenfion. Un
Portrait en mignature.
M. DE CUGIS , Peintre.
Son tableau de réception repréfentant
la Pithoniffe qui fait voir à Sail
l'ombre de Samuël. Une efquiffe de Sufanne.
Une autre de la Nativité de N. S.
AGRÉGÉS.
M. CELONY , Peintre.
Deux tableaux , l'un repréfentant Abigail
aux genoux de David , & l'autre
Moyfe qui défend des infultes de quelques
Bergers les filles de Raguel , Prêtre
de Madian ; du cabinet de M. le
Marquis d'Arcuffia.
M. VIEL , Peintre.
Un Portrait au paftel.
M. BOUTON , Peintre en mignature ,
Membre de l'Académie Royale de
Peinture , de Sculpture & d'Architecture
de Toulouse.
Plufieurs mignatures dans un grand
tableau .
118 MERCURE DE FRANCE.
Outre cette expofition , il y a eu de
la main de M.Verduſſen, un grand tableau
de bataille qui appartenant à l'Académie
, & deux autres repréfentans un
marché de Poiffons & un marché de
toutes efpéces de denrées & volailles ;
du cabinet de M. Poulhariés.
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Résumé : PEINTURE. ACADÉMIE de Peinture, de Sculpture & autres Arts de MARSEILLE.
Le 29 août, l'Académie de Peinture, de Sculpture et autres Arts de Marseille organisa une assemblée publique dans la grande salle de l'Hôtel-de-Ville. M. Verdiguier, Directeur, inaugura la séance par un discours encourageant les élèves médaillés à s'améliorer. Les échevins remirent ensuite des médailles aux élèves pour leurs dessins académiques : la première à M. J. B. Coste, la seconde à M. Antoine Blanc, et la troisième à M. Michel Henri. M. Dageville, Architecte, prononça un discours sur l'état des eaux de la ville, leur distribution et un projet de décoration hydraulique. M. Moulinneuf, Professeur et Secrétaire perpétuel, conclut la séance par des observations sur la peinture et la sculpture. L'assemblée témoigna de l'engagement de l'Académie pour le bien public. Le même jour, une exposition des œuvres de divers membres de l'Académie eut lieu chez la veuve Androny, rue de Paradis, face à l'église Saint-Régis, et dura quinze jours. Les œuvres exposées incluaient des figures de cabinet, des études, des bas-reliefs, des tableaux de paysages, des marines, des portraits, des natures mortes, et des dessins historiques. Parmi les exposants figuraient M. Verdiguier, M. Vernet, M. Coste, M. Pichaume, M. Moulinneuf, M. Zirio, M. Beaufort, M. Kapeller, M. Revelly, M. Arnaud, M. Despeches, M. Loys, M. de Cugis, M. Celony, M. Viel, et M. Bouton. De plus, un grand tableau de bataille de M. Verdussen, ainsi que deux autres tableaux représentant un marché de poissons et un marché de denrées, furent également exposés.
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38
p. 197-199
MECANIQUE. PLANS en relief de Bâtimens & de Paysages garnis de figures mouvantes, pour orner des cheminées & faire des milieux de desserts.
Début :
On a fait anciennement des tableaux mouvans, mais il n'y avoit que la peinture qui dérachât [...]
Mots clefs :
Tableaux, Peinture, Bâtiments, Paysages, Cheminées, Façades, Mouvements, Maître de maison, Femme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MECANIQUE. PLANS en relief de Bâtimens & de Paysages garnis de figures mouvantes, pour orner des cheminées & faire des milieux de desserts.
MECANIQUE.
PLANSen relief de Bâtimens
nis de
&dePaysages,gar
figures mouvantes , pourorner deschemi
nées&faire des milieux de deſſerts .
ON
N a fait anciennement des tableaux mou
L
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
vans, mais il n'y avoit que la peinture qui dérachât
les figures du fond du tableau , & il
falloit les regarder un peu de loin. Les Dlles
PASSEMANT font de petits Bâtimens , des Payſages
ornés de Figures mouvantes , leſquelles font
placées en avant , & ſe ſoutiennent d'elles-mêmes
, ſans être appliquées à rien. Au milieu d'une
campagne riante & garnie d'Arbres,Arbriffeaux ,
&Fleurs d'émail,on voit Charpentiers , Scieurs
de long , Tailleurs de pierres , Rémouleurs , Forgerons
, Batteurs en grange , Tonneliers , Pêcheurs
, Femmes qui battent le linge àla rivière,
d'autres qui battent le beurre , des Bergers qui
gardent leur troupeau , des Moulins à eau , des
Moulins à vent. Une Méchanique intérieure &
cachée au milieu du Bâtiment donne le mouvementàtout.
Il y a de ces Bâtimens aſſez petits pour être
mis ſur des cheminées ſous des glaces pour les
conſerver , d'autres plus grands ſur des tables ou
commodes auſſi ſous des glaces , d'autres enfin
qui ſont à quatre faces pour ſervir de milieu
dans un deſſert. Il y en a même de fort grands
dont la baſe a deux pieds & demi de long fur
deux pieds de large , compoſée de quatre gradins
deglace: au-deſlus eſt une Montagne couverte
d'arbres formans des allées ; on y voit des Moutons
, des chiens pour les garder , d'un autre
côté , des cerfs & autres animaux , une chute
deau fait mouvoir un moulin , de petits bâtimens
ſont épars ſur la montagne dont le ſommet
eſt courronné par un grand bâtiment à
quatre faces & à pluſieurs étages terminés par
une baluſtrade , chaque façade eſt garnie de figures
mouvantes , il y en a juſques ſur la terraſſes
d'autres également mouvantes ſont placées àdifférens
endroits du contour de laMontagne,
DECEMBRE. 1763. 199 19
Au milieu du Deſſert , le Maître de la maifor
peut ſurprendre agréablement les Convives en
tirant une petite ſoye , plus de trente figures font
miſés en mouvement & paroiffent toutes différemment
occupées & agiſſent pendant une demie
heure ..
On trouvede ces Ouvrages depuis deux Louis
juſqu'à vingt, chez les Diles PASSEMANT. Elles
demeurent chez M. PASSEMANT , leur Pere , aw
Louvre , au-deſſus de l'Académie Françoiſe.
Comme ces ingénieuſes machines peuvent être
très-agréables pour les préſens d'étrennes , nous
croyons faire plaifir d'en informer le Public , &
ſpécialement les curieux quiconnoiffent & refpectent
les grands talens du Pere de ces Demoiſelles.
PLANSen relief de Bâtimens
nis de
&dePaysages,gar
figures mouvantes , pourorner deschemi
nées&faire des milieux de deſſerts .
ON
N a fait anciennement des tableaux mou
L
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
vans, mais il n'y avoit que la peinture qui dérachât
les figures du fond du tableau , & il
falloit les regarder un peu de loin. Les Dlles
PASSEMANT font de petits Bâtimens , des Payſages
ornés de Figures mouvantes , leſquelles font
placées en avant , & ſe ſoutiennent d'elles-mêmes
, ſans être appliquées à rien. Au milieu d'une
campagne riante & garnie d'Arbres,Arbriffeaux ,
&Fleurs d'émail,on voit Charpentiers , Scieurs
de long , Tailleurs de pierres , Rémouleurs , Forgerons
, Batteurs en grange , Tonneliers , Pêcheurs
, Femmes qui battent le linge àla rivière,
d'autres qui battent le beurre , des Bergers qui
gardent leur troupeau , des Moulins à eau , des
Moulins à vent. Une Méchanique intérieure &
cachée au milieu du Bâtiment donne le mouvementàtout.
Il y a de ces Bâtimens aſſez petits pour être
mis ſur des cheminées ſous des glaces pour les
conſerver , d'autres plus grands ſur des tables ou
commodes auſſi ſous des glaces , d'autres enfin
qui ſont à quatre faces pour ſervir de milieu
dans un deſſert. Il y en a même de fort grands
dont la baſe a deux pieds & demi de long fur
deux pieds de large , compoſée de quatre gradins
deglace: au-deſlus eſt une Montagne couverte
d'arbres formans des allées ; on y voit des Moutons
, des chiens pour les garder , d'un autre
côté , des cerfs & autres animaux , une chute
deau fait mouvoir un moulin , de petits bâtimens
ſont épars ſur la montagne dont le ſommet
eſt courronné par un grand bâtiment à
quatre faces & à pluſieurs étages terminés par
une baluſtrade , chaque façade eſt garnie de figures
mouvantes , il y en a juſques ſur la terraſſes
d'autres également mouvantes ſont placées àdifférens
endroits du contour de laMontagne,
DECEMBRE. 1763. 199 19
Au milieu du Deſſert , le Maître de la maifor
peut ſurprendre agréablement les Convives en
tirant une petite ſoye , plus de trente figures font
miſés en mouvement & paroiffent toutes différemment
occupées & agiſſent pendant une demie
heure ..
On trouvede ces Ouvrages depuis deux Louis
juſqu'à vingt, chez les Diles PASSEMANT. Elles
demeurent chez M. PASSEMANT , leur Pere , aw
Louvre , au-deſſus de l'Académie Françoiſe.
Comme ces ingénieuſes machines peuvent être
très-agréables pour les préſens d'étrennes , nous
croyons faire plaifir d'en informer le Public , &
ſpécialement les curieux quiconnoiffent & refpectent
les grands talens du Pere de ces Demoiſelles.
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Résumé : MECANIQUE. PLANS en relief de Bâtimens & de Paysages garnis de figures mouvantes, pour orner des cheminées & faire des milieux de desserts.
Les demoiselles Passemant créent des 'tableaux mouvants' représentant des bâtiments, paysages et figures en mouvement. Les figures, placées en avant, se soutiennent seules sans fixation. Les scènes incluent divers métiers et activités comme des charpentiers, pêcheurs, bergers, et des moulins. Une mécanique intérieure cachee anime les figures. Ces œuvres existent en différentes tailles : certaines sont petites pour cheminées ou tables, d'autres servent de centre de table pour desserts. Les plus grands modèles atteignent deux pieds et demi de long sur deux pieds de large, avec plusieurs gradins de glace, une montagne couverte d'arbres et d'animaux, et un grand bâtiment à plusieurs étages. Lors des repas, le maître de maison peut activer une corde pour mettre en mouvement plus de trente figures pendant une demi-heure. Ces œuvres, disponibles à des prix variés de deux à vingt louis, peuvent être achetées chez M. Passemant, père des demoiselles, au Louvre, au-dessus de l'Académie Française. Le texte souligne leur intérêt comme présents d'étrennes et rend hommage aux talents du père des demoiselles Passemant.
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