Résultats : 14606 texte(s)
Détail
Liste
7651
p. 801-802
REMPLACEMENT d'Officiers de Marine, fait par le Roy, le 10. Mars par lequel S. M. a nommé :
Début :
Le Comte de Béthune de Selles, Lieutenant General de ses Armées Navales. [...]
Mots clefs :
Marine, Artillerie
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texteReconnaissance textuelle : REMPLACEMENT d'Officiers de Marine, fait par le Roy, le 10. Mars par lequel S. M. a nommé :
REMPLACEMENT dOfficiers
de Marine , fait par le Roy , le 10. Mars
par lequel S. M. a nommé :
Le Comte de Béthune de Selles , Lieutenant
General de ses Armées Navales.
Mrs de Sainte- Hermine , de la Blandiniere ,
Defor
MERCURE DE FRANCE
Descoyeux , le Marquis de Languetot , le Che
valier de Camilly , et M. de Beauquaire , Chefs
d'Escadre.
M. de Radouai , Commissaire General d'Artillerie
, Mrs de Saint - Germain , et de Fondelin ,
Inspecteurs des Troupes de la Marine , et M. de
Cheylus , Major à Toulon.
Sa Majesté a fait en même- temps neuf Capitaines
de Vaisseaux , vingt Lieutenans , vingttrois
Enseignes , et trois Aydes d'Artillerie .
de Marine , fait par le Roy , le 10. Mars
par lequel S. M. a nommé :
Le Comte de Béthune de Selles , Lieutenant
General de ses Armées Navales.
Mrs de Sainte- Hermine , de la Blandiniere ,
Defor
MERCURE DE FRANCE
Descoyeux , le Marquis de Languetot , le Che
valier de Camilly , et M. de Beauquaire , Chefs
d'Escadre.
M. de Radouai , Commissaire General d'Artillerie
, Mrs de Saint - Germain , et de Fondelin ,
Inspecteurs des Troupes de la Marine , et M. de
Cheylus , Major à Toulon.
Sa Majesté a fait en même- temps neuf Capitaines
de Vaisseaux , vingt Lieutenans , vingttrois
Enseignes , et trois Aydes d'Artillerie .
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Résumé : REMPLACEMENT d'Officiers de Marine, fait par le Roy, le 10. Mars par lequel S. M. a nommé :
Le 10 mars, le roi a nommé le Comte de Béthune de Selles Lieutenant Général des Armées Navales. Plusieurs Chefs d'Escadre ont été désignés, dont Mrs de Sainte-Hermine et le Marquis de Languetot. M. de Radouai est devenu Commissaire Général d'Artillerie. Mrs de Saint-Germain et de Fondelin sont Inspecteurs des Troupes de la Marine. Neuf Capitaines de Vaisseaux et vingt Lieutenants ont été promus.
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7652
p. 802-804
OFFICIERS GENERAUX nommez par le Roy, et employez dans ses Armées pendant la Campagne prochaine.
Début :
Armée d'Italie, sous les ordres du Maréchal Duc de Villars. [...]
Mots clefs :
Armée d'Italie, Maréchal duc de Villars, Armée d'Allemagne, Maréchal duc de Berwick, Lieutenants généraux, Maréchaux de camp, Marquis, Comte, Duc
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texteReconnaissance textuelle : OFFICIERS GENERAUX nommez par le Roy, et employez dans ses Armées pendant la Campagne prochaine.
OFFICIERS GENERAUX
nommez par le Roy , et employez
dans ses Armées pendant la Campagne
prochaine. Armée d'Italie , sous les
ordres du Maréchal Duc de Villars .
Lieutenans Generaux.
Le Marquis de Coigny. Le Marq. de Maillebois.
Le Comte de Broglio.
M. le Guerchois .
Le Marquis de Savines.
Le Marquis de Cadrieu .
Le Marquis de Maulevrier
- Langeron .
Le Comte de Beuil.
M. de Contade .
M. d'Affri.
Le Marquis de Sandricourt.
Le Vicomte de Melun.
M. de Berville.
Le Marquis de Bonas-
Gondrin.
M. de St Perier , Commandant
l'Artilleric.
Maréchaux de Camp.
Le Comte de Chatillon .
Le Marquis de Bissy. Le Duc d'Harcourt.
Le Marquis de Montal . Le Marquis de Pezé.
Le Marq. de Lannion. Le Marquis de Lifle.
Le Marq . de Fervaques, Le Comte de S. Sernin.
M.
AVRIL. 1734 803
M. de Louvigny."
Le Comte Scipion de
Bozelly.
Le Marquis de Mizon.
Le Comte d'Estaing.
M. du Cayla.
Le Marquis d'Epinay. Le Marquis de Segur.
Le Comte de la Motte- Le Comte de Boissieux.
Houdancourt .
ARME'E D'ALLEMAGNE.
Officiers Generaux , sous les ordres
du Maréchal Duc de Berwick.
Lieutenans Generaux.
Le Marquis de Puysegur
, en Flandres.
Le Marquis d'Asfeldt.
Le Duc de Noailles .
Le Marquis de Cilly .
Le Duc de Levy .
Le Prince de Tingry.
Le Marq. de Guerchy.'
Le Marquis de Dreux .
Le Duc de Chaulnes:
Le Marquis de Nangis.
Le Prince d'Isenghien . M. de Valliere.
M. de Quadt.
Le Duc de Duras.
Le Prince de Robecq.
Le Prince de Carignan
Le Marquis de Leuville.
Le Comte de Belleisle.
Le Marquis de Flavacourt
.
M. de Vernassal .
M. de Tarneau.
M. de la Billarderie.
Maréchaux de Camp.
Le Marq. de Gassion.
Le Chevalier de Givry.
Le Comte de Guitault
en Flandres.
Le Comte de Laval-
Montmorency.
Le Comte d'Aubigné .
Le Marquis de la Farre.
Le Comte de Saxe.
Le Chev . de Roccozel.
Le Marquis de Clermont-
Tonnerre .
Le Comte de Montboissier.
Le Marq. de Balincourt. Le Marq. d'Houdetot,
Le Duc de Bethune. Le Baron d'Eltz .
M.
804 MERCURE DE FRANCE
M. de Terlaye.
M. de Gensac.
Le Comte de Polastron .
M. d'Herouville.
Le Marquis de Curton ,
en Flandres.
M. de Lutteaux .
Le Comte de Middelbourg
.
Le Marquis de Castelmoron
.
M. Philippes.
M. de Cherisey.
M. le Chev. d'Auger.
Le Marquis de Creil .
Le Comte de Sennec
terre , en Italie .
M. de Bulkeley.
Le Marquis de Bauffre→
mont.
Le Marquis de Clermont
d'Amboise .
M. de la Javeliere .
Le Marquis du Chaila.
Le Comte de Gramont.
Le Comte de Vaudrey.
Le Comte d'Avejan.
Le Comte de Baviere,
M. Lenck.
nommez par le Roy , et employez
dans ses Armées pendant la Campagne
prochaine. Armée d'Italie , sous les
ordres du Maréchal Duc de Villars .
Lieutenans Generaux.
Le Marquis de Coigny. Le Marq. de Maillebois.
Le Comte de Broglio.
M. le Guerchois .
Le Marquis de Savines.
Le Marquis de Cadrieu .
Le Marquis de Maulevrier
- Langeron .
Le Comte de Beuil.
M. de Contade .
M. d'Affri.
Le Marquis de Sandricourt.
Le Vicomte de Melun.
M. de Berville.
Le Marquis de Bonas-
Gondrin.
M. de St Perier , Commandant
l'Artilleric.
Maréchaux de Camp.
Le Comte de Chatillon .
Le Marquis de Bissy. Le Duc d'Harcourt.
Le Marquis de Montal . Le Marquis de Pezé.
Le Marq. de Lannion. Le Marquis de Lifle.
Le Marq . de Fervaques, Le Comte de S. Sernin.
M.
AVRIL. 1734 803
M. de Louvigny."
Le Comte Scipion de
Bozelly.
Le Marquis de Mizon.
Le Comte d'Estaing.
M. du Cayla.
Le Marquis d'Epinay. Le Marquis de Segur.
Le Comte de la Motte- Le Comte de Boissieux.
Houdancourt .
ARME'E D'ALLEMAGNE.
Officiers Generaux , sous les ordres
du Maréchal Duc de Berwick.
Lieutenans Generaux.
Le Marquis de Puysegur
, en Flandres.
Le Marquis d'Asfeldt.
Le Duc de Noailles .
Le Marquis de Cilly .
Le Duc de Levy .
Le Prince de Tingry.
Le Marq. de Guerchy.'
Le Marquis de Dreux .
Le Duc de Chaulnes:
Le Marquis de Nangis.
Le Prince d'Isenghien . M. de Valliere.
M. de Quadt.
Le Duc de Duras.
Le Prince de Robecq.
Le Prince de Carignan
Le Marquis de Leuville.
Le Comte de Belleisle.
Le Marquis de Flavacourt
.
M. de Vernassal .
M. de Tarneau.
M. de la Billarderie.
Maréchaux de Camp.
Le Marq. de Gassion.
Le Chevalier de Givry.
Le Comte de Guitault
en Flandres.
Le Comte de Laval-
Montmorency.
Le Comte d'Aubigné .
Le Marquis de la Farre.
Le Comte de Saxe.
Le Chev . de Roccozel.
Le Marquis de Clermont-
Tonnerre .
Le Comte de Montboissier.
Le Marq. de Balincourt. Le Marq. d'Houdetot,
Le Duc de Bethune. Le Baron d'Eltz .
M.
804 MERCURE DE FRANCE
M. de Terlaye.
M. de Gensac.
Le Comte de Polastron .
M. d'Herouville.
Le Marquis de Curton ,
en Flandres.
M. de Lutteaux .
Le Comte de Middelbourg
.
Le Marquis de Castelmoron
.
M. Philippes.
M. de Cherisey.
M. le Chev. d'Auger.
Le Marquis de Creil .
Le Comte de Sennec
terre , en Italie .
M. de Bulkeley.
Le Marquis de Bauffre→
mont.
Le Marquis de Clermont
d'Amboise .
M. de la Javeliere .
Le Marquis du Chaila.
Le Comte de Gramont.
Le Comte de Vaudrey.
Le Comte d'Avejan.
Le Comte de Baviere,
M. Lenck.
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Résumé : OFFICIERS GENERAUX nommez par le Roy, et employez dans ses Armées pendant la Campagne prochaine.
Le document énumère les officiers généraux nommés par le roi pour la campagne de 1734, répartis en deux armées : l'armée d'Italie et l'armée d'Allemagne. L'armée d'Italie, dirigée par le Maréchal Duc de Villars, inclut les lieutenants généraux Marquis de Coigny, Marquis de Maillebois, Comte de Broglio et Marquis de Savines. Les maréchaux de camp de cette armée comprennent le Comte de Chatillon, le Marquis de Bissy et le Duc d'Harcourt. L'armée d'Allemagne, sous le commandement du Maréchal Duc de Berwick, compte les lieutenants généraux Marquis de Puysegur, Duc de Noailles et Prince de Tingry. Les maréchaux de camp de cette armée incluent le Marquis de Gassion, le Comte de Guitault et le Comte de Saxe. Le document précise également des dates : avril 1734 pour l'armée d'Italie et une date non spécifiée pour l'armée d'Allemagne.
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7653
p. 804-810
RECEPTION de M. le Marquis de Villars à Marseille en qualité de Gouverneur de Provence. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville le 22 Mars 1734.
Début :
M. le Marquis de Villars arriva à Marseille le quinze de ce mois. La Noblesse [...]
Mots clefs :
Marquis de Villars, Gouverneur de Provence, Marquis de Pilles, Gardes, Noblesse, Marseille, Marche, Distinction, Musique, Souper
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texteReconnaissance textuelle : RECEPTION de M. le Marquis de Villars à Marseille en qualité de Gouverneur de Provence. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville le 22 Mars 1734.
RECEPTION de M. le Marquis
de Villars à Marseille en qualité de Gouverneur
de Provence. Extrait d'une Lettre
écrite de cette Ville le 22 Mars 1734.
M. le Marquis de Villars arriva à
Marseille le quinze de ce mois. La Noblesse
étoit allée audevant de lui jusqu'aux
confins du Territoire , ayant à
sa tête le Marquis de Pilles , Gouverneur-
Vignier de Marseille , qui eût l'honneur
de présenter tous les Gentilshommes ,
qui l'avoient suivi , et qui furent reçus
de la maniere du monde la plus gracieuse .
Le Marquis de Villars monta ensuite
sur un très - beau Cheval du Marquis de
Pilles , superbement harnaché , suivi de
la
AVRIL. 1734. 805
la Noblesse , et précedé de la Compagnie
de ses Gardes . Il arriva ainsi au lieu de
la Viste , marqué pour la réception que
devoient lui faire les Echevins de Mar-
'seille. Ce Lieu est remarquable par sa
situation élevée et qui offre une veuë
toute charmante , par la multiplicité des
différents objets de Terre et de Mer , qui
font ensemble une Perspective enchantée.
C'est- là que le Marquis de Pilles s'étant
mis à la tête des Echevins et les ayant
présentez au Gouverneur , l'Orateur harangua
au nom de la Ville , on tira en
même tems quantité de Boëtes , et on fit
plusieurs Salves de Mousqueterie.
>
On se remit en marche au milieu
d'une foule innombrable de peuple , accouru
de toutes parts , et on arriva aux
Portes de la Ville . Le Marquis de Villars
précedé de sa Maison , de ses Gardes et
de la Noblesse , avoit à sa droite le Marquis
de Pilles , et le premier Echevin à
sa gauche les autres Echevins étoient
derriere lui avec son Capitaine des Gardes,
suivis duCorps de Ville et des PrincipauxBourgeois
et Négocians deMarseille.
C'est avec ce Cortége qu'il entra dans
la Ville par la Porte Royale, qu'on avoit
ornée d'un fort bel Arc de Triomphe
d'ordre Corinthien. Au milieu du Frontispi806
MERCURE DE FRANCE
tispice étoit l'Ecu des Armes du Marquis
de Villars , et au bas de l'Arc de Triomphe
couloient deux Fontaines de vin .
Le Marquis de Pilles lui présenta alors,
´en qualité de Gouverneur - Viguier , les
Clefs de la Ville. C'étoient les mêmes
Clef d'or que son Bisayeul avoit eû
l'honneur de présenter à Louis XIV , le
2 Mars de l'année 1660. et que ce grand
Prince lui rendit, en lui disant:M. de Pilles
gardez ces Clefs , elles sont bien entre vos
mains. Les Ech vins présenterent ensuite
le Dais que le Gouverneur refusa.
,
-
La marche fut continuée jusqu'à l'Eglise
Cathedrale au milieu d'une double haye,
formée par les quatre Compagnies Bourgeoises
de la Ville de cent hommes chacune
, bien armez et très
proprement
habillez . Durant la marche deux Officiers
du Marquis deVillars jettoient de l'argent
au Peuple , et les Trompertes , les Tambours
et les Hautbois ne cessérent de se
faire entendre.
M. l'Evêque de Marseille l'ayant reçu
et complimenté à la tête de son Chapi
tre , il le conduisit jusqu'au Prie- Dieu
qui lui avoit été preparé dans le Sanc-
* La seule Ville de Marseille présente des Clefs
d'or. Voyez la raison de cette distinction dans le
Mercure d'Avril 1723. p. 696.
tuaire .
AVRIL. 1734 807 .
.
tuaire. Le Te Deum fut ensuite solemnellement
chanté par la Musique de la
Cathédrale ; le Choeur et le reste de l'Eglise
étant magnifiquement ornez.
Au sortir de cette cérémonie le Marquis
de Villars ,suivi du même Cortége ,
se rendit à l'Hôtel Le M. Le Bret , Conseiller
d'Etat , Premier Président du Parlement
, Intendant de Justice et du Commerce
, et Commandant en Provence . Il
remercia là le Marquis de Pilles et toute
la Noblesse qui l'avoit suivi pour se reti
rer dans son Appartement , où il reçut
peu de tems après la visite de l'Evêque
de Marseille , et les complimens des différents
Corps et Jurisdictions de la Ville.
Peu de tems après il se rendit dans la
Sale de l'Académie de Musique pour entendre
le Concert . Il trouva un magnifique
Fauteuil avec un tapis de pied placé
dans la Galerie , qui regne autour de
cette Sale ; mais comme il y avoit beaucoup
de Dames, et qu'il n'y avoit que ce
seul Fauteuil , le Marquis de Villars ne
voulut point l'occuper , il se plaça au milieu
des Principales Dames de la Ville
dans le bas de la Sale .
Après le Concert il alla à pied , précedé
de ses Gardes et suivi de la Noblesse,
souper chez le Chevalier de Pilles, Capitaine
868 MERCURE DE FRANCE
taine de Galeres , et exerçant la Charge
de Gouverneur-Viguier pendant la minorité
du Marquis de Pilles son neveu .
Toute la Maison étoit extraordinairement
éclairée en dedans et en dehors : plus de
cent personnes de distinction y souperent.
La premiere table fut servie pour
le Marquis de Villars qui y fit placer
vingt-quatre Dames. Les autres Dames
souperent à deux autres Tables avec les
principaux Gentilhommes de la Ville et
de la Province ; tout fut servi avec la
délicatesse , le bon gout , et l'ordre qui
se rencontrent rarement avec la profusion
et le grand Monde . On admira sur tout
a magnificence du Fruit qui fut tout servi
en Porcelaines rares , et en cristaux .
Le souper fut suivi du Jeu et d'un Bal.
Le lendemain matin le Marquis de
Villars fut occupé à recevoir les Corps
des Communautez Religieuses , qui vin.
rent le complimenter , et qui furent
traitées avec toute la politesse et toute la
distinction possible . Il retourna diner
chez le Chevalier de Pilles . Ce diner répondit
parfaitement au soupé de la veille
et la joye y fut entiere. On y but plusieurs
fois avec les meilleurs vins de
France , la santé du Marêchal Duc de
Villars et la sienne..
Sur
AVRIL. 1734- 805
و
Sur la fin du Repas arriveren tles
Prudhommes du Quartier S. Jean , Cefs
et Juges du Corps des Pescheurs de la
Ville avec leurs habits de cérémonie à
l'Antiquité , l'épée nue sur l'épaule , appareil
assez singulier qui ne déplût pas
au Marquis de Villars il les reçût avec
beaucoup de bonté , loüa leur probité ,
leur exacte et briéve justice.
:
Il alla ensuite à la Comédie , dont il
vit la Représentation sur le Theatre , où
étoient aussi placées avec lui trente des
principales Dames de la Ville . Le Spectacle
étoit des plus brillants par les ornemens
extraordinaires et par le beau
Monde, La Sale étoit absolument touse
remplie.
Je ne finirois point s'il falloit ajouter
ici le détail du souper , que donna le
Biême jour au Marquis de Villars Monsieur
d'Hericourt , Intendant des Galeres ,
de celui que lui donna le lendemain M. de
S. Cannat , de la Fête et du Bal qu'il y
cut dans la Sale de l'Académie de Musique
, établie à Marseille sous la protection
particuliere du Gouverneur de la
Province. Tout fut magnifique et somptueux
par tout où il fut receu , et ce Seigneur
donna tout des marques
par tout de politesse
et de bonté , qui l'ont fait adorer
ence pays- cy.
810 MERCURE DE FRANCE .
I le quitta après avoir séjourné deux
jours et demi , témoignant autant d'empressement
d'y revenir que nous en avons
nous mêmes de le posseder un plus longtems.
Il partit hier pour Toulon suivi
du Marquis de Rognes , Premier Procureur
des Etats et Pays de Provence , du
Marquis de Pilles , qui l'accompagne en
Italie , pour servir en qualité d Ayde de
Camp du Maréchal de Villars , du Marquis
de Foresta , du Comte de Flotte et
de plusieurs autres Gentilhommes qualifiez
de la Province.
de Villars à Marseille en qualité de Gouverneur
de Provence. Extrait d'une Lettre
écrite de cette Ville le 22 Mars 1734.
M. le Marquis de Villars arriva à
Marseille le quinze de ce mois. La Noblesse
étoit allée audevant de lui jusqu'aux
confins du Territoire , ayant à
sa tête le Marquis de Pilles , Gouverneur-
Vignier de Marseille , qui eût l'honneur
de présenter tous les Gentilshommes ,
qui l'avoient suivi , et qui furent reçus
de la maniere du monde la plus gracieuse .
Le Marquis de Villars monta ensuite
sur un très - beau Cheval du Marquis de
Pilles , superbement harnaché , suivi de
la
AVRIL. 1734. 805
la Noblesse , et précedé de la Compagnie
de ses Gardes . Il arriva ainsi au lieu de
la Viste , marqué pour la réception que
devoient lui faire les Echevins de Mar-
'seille. Ce Lieu est remarquable par sa
situation élevée et qui offre une veuë
toute charmante , par la multiplicité des
différents objets de Terre et de Mer , qui
font ensemble une Perspective enchantée.
C'est- là que le Marquis de Pilles s'étant
mis à la tête des Echevins et les ayant
présentez au Gouverneur , l'Orateur harangua
au nom de la Ville , on tira en
même tems quantité de Boëtes , et on fit
plusieurs Salves de Mousqueterie.
>
On se remit en marche au milieu
d'une foule innombrable de peuple , accouru
de toutes parts , et on arriva aux
Portes de la Ville . Le Marquis de Villars
précedé de sa Maison , de ses Gardes et
de la Noblesse , avoit à sa droite le Marquis
de Pilles , et le premier Echevin à
sa gauche les autres Echevins étoient
derriere lui avec son Capitaine des Gardes,
suivis duCorps de Ville et des PrincipauxBourgeois
et Négocians deMarseille.
C'est avec ce Cortége qu'il entra dans
la Ville par la Porte Royale, qu'on avoit
ornée d'un fort bel Arc de Triomphe
d'ordre Corinthien. Au milieu du Frontispi806
MERCURE DE FRANCE
tispice étoit l'Ecu des Armes du Marquis
de Villars , et au bas de l'Arc de Triomphe
couloient deux Fontaines de vin .
Le Marquis de Pilles lui présenta alors,
´en qualité de Gouverneur - Viguier , les
Clefs de la Ville. C'étoient les mêmes
Clef d'or que son Bisayeul avoit eû
l'honneur de présenter à Louis XIV , le
2 Mars de l'année 1660. et que ce grand
Prince lui rendit, en lui disant:M. de Pilles
gardez ces Clefs , elles sont bien entre vos
mains. Les Ech vins présenterent ensuite
le Dais que le Gouverneur refusa.
,
-
La marche fut continuée jusqu'à l'Eglise
Cathedrale au milieu d'une double haye,
formée par les quatre Compagnies Bourgeoises
de la Ville de cent hommes chacune
, bien armez et très
proprement
habillez . Durant la marche deux Officiers
du Marquis deVillars jettoient de l'argent
au Peuple , et les Trompertes , les Tambours
et les Hautbois ne cessérent de se
faire entendre.
M. l'Evêque de Marseille l'ayant reçu
et complimenté à la tête de son Chapi
tre , il le conduisit jusqu'au Prie- Dieu
qui lui avoit été preparé dans le Sanc-
* La seule Ville de Marseille présente des Clefs
d'or. Voyez la raison de cette distinction dans le
Mercure d'Avril 1723. p. 696.
tuaire .
AVRIL. 1734 807 .
.
tuaire. Le Te Deum fut ensuite solemnellement
chanté par la Musique de la
Cathédrale ; le Choeur et le reste de l'Eglise
étant magnifiquement ornez.
Au sortir de cette cérémonie le Marquis
de Villars ,suivi du même Cortége ,
se rendit à l'Hôtel Le M. Le Bret , Conseiller
d'Etat , Premier Président du Parlement
, Intendant de Justice et du Commerce
, et Commandant en Provence . Il
remercia là le Marquis de Pilles et toute
la Noblesse qui l'avoit suivi pour se reti
rer dans son Appartement , où il reçut
peu de tems après la visite de l'Evêque
de Marseille , et les complimens des différents
Corps et Jurisdictions de la Ville.
Peu de tems après il se rendit dans la
Sale de l'Académie de Musique pour entendre
le Concert . Il trouva un magnifique
Fauteuil avec un tapis de pied placé
dans la Galerie , qui regne autour de
cette Sale ; mais comme il y avoit beaucoup
de Dames, et qu'il n'y avoit que ce
seul Fauteuil , le Marquis de Villars ne
voulut point l'occuper , il se plaça au milieu
des Principales Dames de la Ville
dans le bas de la Sale .
Après le Concert il alla à pied , précedé
de ses Gardes et suivi de la Noblesse,
souper chez le Chevalier de Pilles, Capitaine
868 MERCURE DE FRANCE
taine de Galeres , et exerçant la Charge
de Gouverneur-Viguier pendant la minorité
du Marquis de Pilles son neveu .
Toute la Maison étoit extraordinairement
éclairée en dedans et en dehors : plus de
cent personnes de distinction y souperent.
La premiere table fut servie pour
le Marquis de Villars qui y fit placer
vingt-quatre Dames. Les autres Dames
souperent à deux autres Tables avec les
principaux Gentilhommes de la Ville et
de la Province ; tout fut servi avec la
délicatesse , le bon gout , et l'ordre qui
se rencontrent rarement avec la profusion
et le grand Monde . On admira sur tout
a magnificence du Fruit qui fut tout servi
en Porcelaines rares , et en cristaux .
Le souper fut suivi du Jeu et d'un Bal.
Le lendemain matin le Marquis de
Villars fut occupé à recevoir les Corps
des Communautez Religieuses , qui vin.
rent le complimenter , et qui furent
traitées avec toute la politesse et toute la
distinction possible . Il retourna diner
chez le Chevalier de Pilles . Ce diner répondit
parfaitement au soupé de la veille
et la joye y fut entiere. On y but plusieurs
fois avec les meilleurs vins de
France , la santé du Marêchal Duc de
Villars et la sienne..
Sur
AVRIL. 1734- 805
و
Sur la fin du Repas arriveren tles
Prudhommes du Quartier S. Jean , Cefs
et Juges du Corps des Pescheurs de la
Ville avec leurs habits de cérémonie à
l'Antiquité , l'épée nue sur l'épaule , appareil
assez singulier qui ne déplût pas
au Marquis de Villars il les reçût avec
beaucoup de bonté , loüa leur probité ,
leur exacte et briéve justice.
:
Il alla ensuite à la Comédie , dont il
vit la Représentation sur le Theatre , où
étoient aussi placées avec lui trente des
principales Dames de la Ville . Le Spectacle
étoit des plus brillants par les ornemens
extraordinaires et par le beau
Monde, La Sale étoit absolument touse
remplie.
Je ne finirois point s'il falloit ajouter
ici le détail du souper , que donna le
Biême jour au Marquis de Villars Monsieur
d'Hericourt , Intendant des Galeres ,
de celui que lui donna le lendemain M. de
S. Cannat , de la Fête et du Bal qu'il y
cut dans la Sale de l'Académie de Musique
, établie à Marseille sous la protection
particuliere du Gouverneur de la
Province. Tout fut magnifique et somptueux
par tout où il fut receu , et ce Seigneur
donna tout des marques
par tout de politesse
et de bonté , qui l'ont fait adorer
ence pays- cy.
810 MERCURE DE FRANCE .
I le quitta après avoir séjourné deux
jours et demi , témoignant autant d'empressement
d'y revenir que nous en avons
nous mêmes de le posseder un plus longtems.
Il partit hier pour Toulon suivi
du Marquis de Rognes , Premier Procureur
des Etats et Pays de Provence , du
Marquis de Pilles , qui l'accompagne en
Italie , pour servir en qualité d Ayde de
Camp du Maréchal de Villars , du Marquis
de Foresta , du Comte de Flotte et
de plusieurs autres Gentilhommes qualifiez
de la Province.
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Résumé : RECEPTION de M. le Marquis de Villars à Marseille en qualité de Gouverneur de Provence. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville le 22 Mars 1734.
Le 15 mars 1734, le Marquis de Villars arriva à Marseille pour prendre ses fonctions de Gouverneur de Provence. Il fut accueilli par la noblesse, dirigée par le Marquis de Pilles, Gouverneur-Viguier de Marseille, aux confins du territoire. Le Marquis de Villars monta un cheval superbement harnaché fourni par le Marquis de Pilles et fut escorté jusqu'à un lieu de visite élevé offrant une vue charmante. Là, le Marquis de Pilles présenta les échevins au Gouverneur, qui fut harangué au nom de la ville, tandis que des salves de mousqueterie étaient tirées. La procession continua vers Marseille, accompagnée par une foule innombrable. Le Marquis de Villars entra dans la ville par la Porte Royale, ornée d'un arc de triomphe corinthien avec les armes du Marquis et deux fontaines de vin. Le Marquis de Pilles lui remit les clefs d'or de la ville, les mêmes que son aïeul avait présentées à Louis XIV en 1660. Les échevins offrirent ensuite un dais, que le Gouverneur refusa. La marche se poursuivit jusqu'à la cathédrale, flanquée de compagnies bourgeoises armées. Durant la marche, des officiers jetaient de l'argent au peuple et des musiciens jouaient. À la cathédrale, l'évêque de Marseille accueillit le Marquis de Villars, qui assista au Te Deum. Après la cérémonie, il se rendit à l'hôtel du Conseiller d'État Le Bret, où il remercia le Marquis de Pilles et la noblesse. Le Marquis de Villars se rendit ensuite à l'Académie de Musique, puis soupa chez le Chevalier de Pilles. Le lendemain, il reçut les corps des communautés religieuses et dina à nouveau chez le Chevalier de Pilles. Il assista également à une représentation théâtrale et à divers soupers et bals donnés en son honneur. Après un séjour de deux jours et demi, le Marquis de Villars quitta Marseille pour Toulon, accompagné de plusieurs gentilshommes de la province.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7654
p. 810-819
ENTRÉE SOLEMNELLE de M. l'Evêque d'Orleans, faite le 2 Mars 1734.
Début :
Le Mardy deuxiéme jour de Mars, M. Nicolas Joseph de Paris, Evêque d'Orleans, fit sa nouvelle [...]
Mots clefs :
Évêque d'Orléans, Nouvel évêque, Entrée solennelle, Joyeuse entrée, Officiers de la bourgeoisie, Cathédrale, Église, Prélat, Abbaye, Chanoines, Bailliage et siège présidial
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texteReconnaissance textuelle : ENTRÉE SOLEMNELLE de M. l'Evêque d'Orleans, faite le 2 Mars 1734.
ENTRE E SOLEMNELLE
de M. l'Evêque d'Orleans , faite le 2
Mars 1734.
Le Mardy deuxième jour de Mars, M. Nicolas
Joseph de Paris , Evêque d'Orleans , fit sa nouvelle
er joyeuse Entrée dans sa Ville Episcopale
et dans son Eglise , avec les cérémonies observées
sous les Evêques ses Prédecesseurs , dont
voici le détail.
Ce Prélat suivant l'ancien usage se rendit la
surveille à la Cour Dieu , Abbaye de l'Ordre de
Citeaux dans la Forêt d'Orleans , à six lieues de
cette Vile , il avoit avec lui son Official , son
Promoteur , le Bailly et es autres Officiers de
sa Justice temporelle , le Syndic et un autre
Chano ne député de la Cathédrale , qui l'ont
accompagné dans toutes les cérémonies. Il fut
reçu à a Porte et en dehors de l'Abbaye par le
Prieur
AVRIL. 1734 811
Prieur à la tête de ses Religieux en Chapes , qui
le conduisirent à l'eglise , où après avoir fait sa
priere il donna la Benediction , i se retira ensuite
dans l'Hôtel Abbatial , où on lui avoit pipare à
souper pour lui et pour sa suite. L'Abbaye de
la Cour Dieu est tenue à ce souper par le droit
de Procuration ou de Giste qu'ont sur elle les
nouveaux Evêques d'Orleans à l'occasion de
lenr Entrée. "
Le lendemain après le déjeuner le nouvel Evê
que partit pour Orleans , et arriva dans l'aprèsdîuer
à S. Loup, Abbaye de filles de l'Ordre de
S. Bernard , à un quart de lieue seulement de la
Vilie , où il fit la visite de la Maison ; il y cut
à ce sujet quelques contestations , sur les représentations
de l'Abbesse qui demeurant d'accord
que l'Evêque comme Ordinaire, pouvoit, quand il
vouloit, faire sa visite, prétendoit que cette visite
ne pouvoit être faite en veue et par rapport à
son Entrée , qui ne l'obligcoit ni son Abbaye à
aucune servitu le, et de fait on ne présenta point
Ja collation que les Abbesses précedentes avoient
offerte et chacun verbalisa de son côté.
·D S. Loup le nouvel Evêque arriva sur le soir
P'Abbaye de S Euverte de l'Ordre de S. Augustin
, dont les Chanoines - Réguliers sont de la
Congrégation de France , situez dans la Ville.
Il fut reçu par le Prieur et les Religieux de la
Maison avec les mêmes cérémonies qu'à la
Cour Dieu . On avoit preparé, dans la Maison
Abbatiale de la part de l'Abbé un grand souper
qu'on lui offrit , après toutefois qu'il eut accepté
Fancienne redevance de deux oeufs frais qui est
tout ce que les Abbez de S. Euverte se croyent
obligez de présenter aux nouveaux Evêques dans
ces occasions , et qu'on cut averti qu'on avoit
fair
812 MERCURE DE FRANCE
fait mettre du foin dans l'Ecurie pour sa Mule
sous les protestations en outre que le repas offert
étant par honneur et volontaire , il ne pourroit
nuire aux Abbez ses Successeurs.
Le Mardy 2 Mars jour de l'Entrée , dès les
six heures du matin le nouvel Evêque accompa
gné comme la veille et ayant avec lui les Garde
du Gouvernement, fut conduit par les Religieux
à l'Eglise , où après sa priere faite , on le dé
chaussa et on lui mit des sandales ; on le revêtit
ensuite d'un Aube et d'une Etole blanche on
lui mit sur la tête une Mitre blanche unie et sa
Crosse fut couverte d'un taffetas blanc. Jusquesici
ce Prélat avoit toujours été en Rochet et en
Mantelet.
"
En sortant du Choeur de S. Euverte , le Recteur
de l'Université à la tête des Docteurs et des
Officiers de ce Corps , eut l'honneur de compli
menter ce Prélat , après quoi ils se retirerent sans
assister à la Procession , et cela à cause du rang
que les Chanoines des deux Collegiales de Saint
Pierre Empont et de S. Pierre le Puellier venoient
d'obtenir sur eux par Arrest contradictoire rendu
au Parlement le dernier jour de Décembre.
Le Maire et les Echevins en Robbes rouges,
à la tête du Corps de Ville et des Officiers de la
Bourgeoisie, se présenterent ensuite , le Maire et
leCommandant de la Bourgeoisie le complimenterent
, après quoi l'Evêque alla se mettre debout,
les mains jointes, sur le süeil de la porte, en
dehors de l'Abbaye,d'où il vit arriver son Clergé
qui le venoit prendre .
La marche commença par les Pauvres de l'Hô
pital , de l'un et de l'autre sexe , conduits par les
Administrateurs accompagnez de leurs Appariteurs
; suivoient les Communautez Religieuses ,
les
AVRIL 1734- 813
les Minîmes , les Capucins , les Recollets , les
Jacobins , les Augustins et les Carmes anciens.
Tous les Ecclesiastiques , Prêtres habituez et
Vicaires de la Ville précedez de toutes leurs
Croix et suivis des Curez en Etole , les deux
Chapitres de S. Pierre Empont et de S. Pierre le
Puellier , suivis de celui de la Cathedrale ayant
A devant eux leurs Croix : venoit ensuite le Sacristain
portant la Croix de vermeil , suivi d'un
Chanoine en Aube et Tunique, portant le Livre
des S S. Evangiles , qu'il fit baiser au nouvel
Evêque , lequel commença à marcher ayant derriere
lui le Corps de Ville et les Officiers de la
Bourgeoisie , et étant environné des Gardes du
Gouvernement.
•
Le temps trop incertain qu'il faisoit empêcha
les Ecclesiastiques de se mettre en Chapes , ils
étoient en leurs habitsd'Eglise ordinaires pendant
Phyver.
La Procession étant arrivée à l'Eglise de Saint
Agnan , le nouvel Evêque trouva à la porte du
Cloître le Chantre,à la tête du Chapitre en Chapes
qui le reçût avec laCroix , l'Eau Benite et l'Encens,
et le conduisit à l'Eglise et delà dans la Sacristic
où après lui avoir lavé lés pieds , ses Aumoniers
lui mirent des Brodequins et des Sandales
de damas rouge , et le revêtirent par dessus
son Aube d'une Tunique , d'une Dalmatique ét
d'une Chape de même couleur,ils lui mirent une
Mitre en broderie d'or , et son anneau Pastoral
au doigt. Alors sa Crosse ayant été découverte
il donna sa Benediction solemnelle , ayant été
ensuite reconduit à l'Autel il y jura sur les Evangiles
la conservation des Priviléges de l'Eglise
de S. Agnan , comme ont fait tous ses Prédecesseurs
, donna la bénédiction au peuple, et fut
ins
814 MERCURE DE FRANCE
astallé dans la premiere Chaire du Choeur du
ôté droit vers l'Autel,en qualité de Chanoine.
tant sorti du Choeur , il s'assit dans un Fau
uil qui fut élevé par les quatre premieres Di
nitez du Chapitre de S.Agnan, assistées de leurs
Choristes qui le porterent jusqu'hors de leur
Cloître ; là leur ayant derechef donné sa béné
diction Episcopale , le fauteuil fut mis à bas, et le
nouvel Evêque s'assit dans un autre qui étoit
prepare,tandis que les Chanoines de S. Ågnan se
retirerent dans leur Eglise.
Le nouvel Evêque fit appeller par son Bailly
les quatre Barons ou Seigneurs qui sont obligez
de le porter depuis le Cloître de S. Agnan jusqu'à
son Eglise , et qu'il avoit fait sommer
quelques jours devant l'Entrée de s'y trouver
pour ce sujet. Ces quatre Seigneurs sont , le Bar
ron d'Yeure le Chastel , le Baron de Sully , le
Baron du Cheray et celui des Baronies d'Ascheres
et Rougemont qui s'y trouverent par des Gentilshommes
fondez de leurs procurations; après
quelques protestations de la part des Barons sur
la préséance , le fauteuil fut élevé sur les épaules
des gens de ces Gentilshommes qui mirent
chacun la main sur un des bouts duBrancard sur
lequel il étoit élevé . Après quoi chacun s'étant
mis en inarche on arriva à la vieille Porte de
Bourgogne ou tous les Magistrats de la Ville
s'étoient rendus avec le Prevôt des Maréchaux,
et y avoient fait conduire les Remissionaires
qui à la veuë du nouvel Evêque,se jetterent à ge-.
Doux et crierent trois fois Misericorde.
L'Oficial de l'Evêque harangua ensuite ce
Prélat et jura sur le Livre des Evangiles qu'il
avoit fait conduire tous les Prisonniers qui se
trouvaient dans les Prisons , et qu'il n'ep détenoit
AVRIL. 1734. 815
noit aucun ce que jurerent aussi le Lieutenane,
General au Bailliage et Siége Présidial ; un Conseiller
du Siége qui faisoit les fonctions du Lieutenant
Criminel absent , et le grand Prevôt de la
Maréchaussée. Le Lieutenant General, le Premier,
des Présidens du Présidial , et le Prevôt de la
Maréchaussée avoient harangué avant le serment
: quant aux Officiers de la Prevôté , le
Prevôt d'Orleans qui étoit en ville ne s'étant
point rendu à la Porte de Bourgogne , le Lieutenant
qui étoit à la tête des Officiers de son
Corps complimenta le nouvel Evêque ; mais il
refusa de prêter le serment , prétendant qu'il ne
le pouvoit faire n'ayant pû se transporter dans
les Prisons le Prevôt étant actuellement en
ville . ce qui suspendoit toutes fonctions de sa
part , on prit ensuite le serment des Geoliers des
deux Prisons qui marcherent à la tête des Remissionaires
qu'on fit marcher deux à deux à la
tête de la Procession , qui se remit en marche dans
le même ordre jusqu'à l'Eglise Cathedrale.
>
Le Lieutenant de la Prevôté protesta alors
contre le Prevôt de la Maréchaussée , qui avoit
obtenu un Arrêt du Conseil qui lui donnoit la
préséance en toutes Assemb ées publiques et
particulieres sur les Officiers de la Prevôté,et qui
en vertu de cet Arrêt avoit harangué avant lui ,
après quoi il se retira,
1
1
Les Officiers du Bailliage et Siége Présidial
priérent le nouvel Evêque de trouver bon qu'ils
ne suivissent pas la Procession à cause de la
grande foule , étant impossible qu'ils pussentmarcher
conjointement avec la Ville dans des
Ruës aussi étroites que le sont celles par où il
falloit passer ils se rendirent par un autre
chemin à la Cathedrale où ils prirent leur place
1 ij ordig
816 MERCURE DE FRANCE
Ordinaire dans les hautes stales du côté gauche
du Choeur.
Les nouveaux ouvrages qu'on fait pour les
Fondations des Tours de l'Eglise Cathédrale empêchant
qu'on ne put entrer dans le Cloître qui
conduit à la principale Porte , on fut obligé
d'avancer plus loin et d'entrer par un des Cloftres
des portes laterales vis - à - vis le grand Cimetiere
, sur quoi les Barons protesterent à ce
que cet allongement du chemin qu'ils étoient
obligez de faire ne leur put porter préjudice à
l'avenir , dont leur fut donné Acte.
Le nouvel Evêque étant arrivé à la Porte de
son Eglise qu'on avoit fermée, fut complimenté
par le Doyen qui lui fit jurer la conservation
des droits du Chapitre , lequel serment fait la
portefut ouverte et le Doyen en qualité de Grand
Archidiacre, dont la dignité est unie à la sienne ,
conduisant ce Prélat à l'Autel et sur son Trône, et
enfin dans une Stale de Chanoine P'installat
ainsi dans la possession de son Evêché avec les
cérémonies ordinaires. Le nouvel Evêque fut
ensuite conduit à la Sacristie où ayant pris une
Chasuble , il alla à l'Autel et célébra la Messe
pontificalement.
Mrs du Bailliage et Siége Présidial placez ;
comme on l'a dit, dans les hauts siéges du côté
gauche , le Corps de Ville et les Officiers de la
Bourgeoisie occupérent le côté droit du Choeur
entre les Chanoines et sur des siéges préparez
pour eux , ceux de la Prevôté et de l'Université
ne se trouverent point à l'Eglise , non plus que.
le Bureau des Financès , les Officiers des Eaux
et Forêts et l'Election , quoiqu'invitez à la cérémonie
les Remissionaires se répandirent
par toute l'Eglise .
La
AVRIL 817 1734
La Messe étant dite le nouvel Evêque fut reconduit
à son Palais où en entrant le Doyen lui
dit de se ressouvenir qu'il devoit ce jour là à
dîner à son Chapitre , à quoi ce Prélat répon
dit qu'il l'avoit fait inviter et qu'il l'invitoit en
core.
La table disposée en fer à cheval fut placée
an haut de la Galerie , le nouvel Evêque et
l'Evêque de Chartres qui étoit venu à Orleans .
pour voir la cérémonie , se placerent dans le
fond , entre les deux premieres dignitez de la
Cathedrale , les autres dignitez et les Chanoines
de cette Eglise occuperenr les deux côtez en dehors.
Les Chanoines de S. Aignan se placerent
dans le centre , ces derniers avoient quelque
tems avant l'Entrée presenté une Requête
M. l'Evêque pour obtenir un côté entier du
fer à cheval tandis que la Cathedrale occuperoit
l'autre côté , mais ce Prélat les ayant renvoyez
là- dessus à Mrs de la Cathédrale , ils s'étoient
pourvûs au Parlement où ils avoient obtenu un
Arrêt sur Requête qui leur confirmoit le côté
gauche par tout où ils se trouveroient avec la
Cathedrale ; mais comme il n'étoit point fait
mention de la table dans cet Arrêt , et comme
l'Evêque leur avoit declaré que le repas qu'il
donnoit à son Chapitre étoit d'obligation , au
lieu que pour eux ils ne s'y trouvoient que
comme invitez et par cérémonie , ils jugerent" à
propos de ne point faire signifier leur Arrêt et de
prendre au dîner les places qu'ils avoient occu
pées aux Entrées précedentes.
•
Après les Chanoines de S. Agnan étoient assis
les Dignitez des deux Collegiales de S. Pierre
Empont et de S. Pierre le Puellier et le Porte-
Crosse en qualité de Chapelain de l'Evêque.
I iij
11
818 MERCURE DE FRANCE
ity
avoit
une
autre
table
ou
mangerent
les
Parens
et autres
Personnes
de distinction
invitées
par
l'Evêque
, une
autre
où étoient
les Barons
et
quelques
Ecclesiastiques
; ce Prélat
donna
de
même
à dîner
au Corps
de Ville
et aux
Officiers
de la Bourgeoisie
dans
l'Hôtel
de
Ville
et dans
differentes
maisons
particulieres
, aux
Officiers
du
Bailliage
, de la Prevôté
, des
Eaux
et Forêts
,
au
Prevôr
de la Maréchaussée
, à l'Election
à l'Université
, et aux
Officiers
de la Justice
temporelle
.
>
Le repas fini , après que les Remissionaires qui
s'étoient tous rendus dans la cour du Palais Episcopal
curent entendus le Sermon qui leur fut fait,
le nouvel Evêque parut à une des fenêtres qui
donnent sur la cour ; aussi tôt qu'il parut les
Remissionaires s'étant mis à genoux ,crierent encore
trois fois Misericorde , M. l'Evêque leur fit
une Exhortation ; et leur ayant prononcé leur
Remission, il leur donna sa Bénédiction ; après
quoi on leur servit selon la coutume les restes de
la table.
On compte plus de 1300 Remissionaires d'écrouez
dans les prisons , dont plus de 1150 , ont
receu leurs Lettres de Grace. Le Bureau pour
l'examen des supliques étoit composé de M. l'Evêque
, de ses deux Grands Vicaires , de M. De
Paris de la Brosse , Conseiller de la cinquième
Chambre des Enquêtes du Parlement , de M. de
Héere Premier des Présidens au Présidial d'Orleans
, de M: Curaut , Lieutenant General au
Bailliage et Siége Présidial, du Prevôt d'Orleans
et d'un Conseiller au Bailliage , ils commencerent
à travailler à cet examen dès le 8 Février.
Il y a eu dans laChapelle Episcopale une Mission
établie pour l'instruction des Remissionaires
que
AVRIL 1734. 81
que le nouvel Evêque ouvrit par une Messe so
Temnelle qu'il y celebra le Dimanche 14. Fevrie
et après laquelle il prècha. Les RR . PP Jesuite
ont eu la direction de cette Mission , et s'en son
acquittez avec leur zele ordinaire.
de M. l'Evêque d'Orleans , faite le 2
Mars 1734.
Le Mardy deuxième jour de Mars, M. Nicolas
Joseph de Paris , Evêque d'Orleans , fit sa nouvelle
er joyeuse Entrée dans sa Ville Episcopale
et dans son Eglise , avec les cérémonies observées
sous les Evêques ses Prédecesseurs , dont
voici le détail.
Ce Prélat suivant l'ancien usage se rendit la
surveille à la Cour Dieu , Abbaye de l'Ordre de
Citeaux dans la Forêt d'Orleans , à six lieues de
cette Vile , il avoit avec lui son Official , son
Promoteur , le Bailly et es autres Officiers de
sa Justice temporelle , le Syndic et un autre
Chano ne député de la Cathédrale , qui l'ont
accompagné dans toutes les cérémonies. Il fut
reçu à a Porte et en dehors de l'Abbaye par le
Prieur
AVRIL. 1734 811
Prieur à la tête de ses Religieux en Chapes , qui
le conduisirent à l'eglise , où après avoir fait sa
priere il donna la Benediction , i se retira ensuite
dans l'Hôtel Abbatial , où on lui avoit pipare à
souper pour lui et pour sa suite. L'Abbaye de
la Cour Dieu est tenue à ce souper par le droit
de Procuration ou de Giste qu'ont sur elle les
nouveaux Evêques d'Orleans à l'occasion de
lenr Entrée. "
Le lendemain après le déjeuner le nouvel Evê
que partit pour Orleans , et arriva dans l'aprèsdîuer
à S. Loup, Abbaye de filles de l'Ordre de
S. Bernard , à un quart de lieue seulement de la
Vilie , où il fit la visite de la Maison ; il y cut
à ce sujet quelques contestations , sur les représentations
de l'Abbesse qui demeurant d'accord
que l'Evêque comme Ordinaire, pouvoit, quand il
vouloit, faire sa visite, prétendoit que cette visite
ne pouvoit être faite en veue et par rapport à
son Entrée , qui ne l'obligcoit ni son Abbaye à
aucune servitu le, et de fait on ne présenta point
Ja collation que les Abbesses précedentes avoient
offerte et chacun verbalisa de son côté.
·D S. Loup le nouvel Evêque arriva sur le soir
P'Abbaye de S Euverte de l'Ordre de S. Augustin
, dont les Chanoines - Réguliers sont de la
Congrégation de France , situez dans la Ville.
Il fut reçu par le Prieur et les Religieux de la
Maison avec les mêmes cérémonies qu'à la
Cour Dieu . On avoit preparé, dans la Maison
Abbatiale de la part de l'Abbé un grand souper
qu'on lui offrit , après toutefois qu'il eut accepté
Fancienne redevance de deux oeufs frais qui est
tout ce que les Abbez de S. Euverte se croyent
obligez de présenter aux nouveaux Evêques dans
ces occasions , et qu'on cut averti qu'on avoit
fair
812 MERCURE DE FRANCE
fait mettre du foin dans l'Ecurie pour sa Mule
sous les protestations en outre que le repas offert
étant par honneur et volontaire , il ne pourroit
nuire aux Abbez ses Successeurs.
Le Mardy 2 Mars jour de l'Entrée , dès les
six heures du matin le nouvel Evêque accompa
gné comme la veille et ayant avec lui les Garde
du Gouvernement, fut conduit par les Religieux
à l'Eglise , où après sa priere faite , on le dé
chaussa et on lui mit des sandales ; on le revêtit
ensuite d'un Aube et d'une Etole blanche on
lui mit sur la tête une Mitre blanche unie et sa
Crosse fut couverte d'un taffetas blanc. Jusquesici
ce Prélat avoit toujours été en Rochet et en
Mantelet.
"
En sortant du Choeur de S. Euverte , le Recteur
de l'Université à la tête des Docteurs et des
Officiers de ce Corps , eut l'honneur de compli
menter ce Prélat , après quoi ils se retirerent sans
assister à la Procession , et cela à cause du rang
que les Chanoines des deux Collegiales de Saint
Pierre Empont et de S. Pierre le Puellier venoient
d'obtenir sur eux par Arrest contradictoire rendu
au Parlement le dernier jour de Décembre.
Le Maire et les Echevins en Robbes rouges,
à la tête du Corps de Ville et des Officiers de la
Bourgeoisie, se présenterent ensuite , le Maire et
leCommandant de la Bourgeoisie le complimenterent
, après quoi l'Evêque alla se mettre debout,
les mains jointes, sur le süeil de la porte, en
dehors de l'Abbaye,d'où il vit arriver son Clergé
qui le venoit prendre .
La marche commença par les Pauvres de l'Hô
pital , de l'un et de l'autre sexe , conduits par les
Administrateurs accompagnez de leurs Appariteurs
; suivoient les Communautez Religieuses ,
les
AVRIL 1734- 813
les Minîmes , les Capucins , les Recollets , les
Jacobins , les Augustins et les Carmes anciens.
Tous les Ecclesiastiques , Prêtres habituez et
Vicaires de la Ville précedez de toutes leurs
Croix et suivis des Curez en Etole , les deux
Chapitres de S. Pierre Empont et de S. Pierre le
Puellier , suivis de celui de la Cathedrale ayant
A devant eux leurs Croix : venoit ensuite le Sacristain
portant la Croix de vermeil , suivi d'un
Chanoine en Aube et Tunique, portant le Livre
des S S. Evangiles , qu'il fit baiser au nouvel
Evêque , lequel commença à marcher ayant derriere
lui le Corps de Ville et les Officiers de la
Bourgeoisie , et étant environné des Gardes du
Gouvernement.
•
Le temps trop incertain qu'il faisoit empêcha
les Ecclesiastiques de se mettre en Chapes , ils
étoient en leurs habitsd'Eglise ordinaires pendant
Phyver.
La Procession étant arrivée à l'Eglise de Saint
Agnan , le nouvel Evêque trouva à la porte du
Cloître le Chantre,à la tête du Chapitre en Chapes
qui le reçût avec laCroix , l'Eau Benite et l'Encens,
et le conduisit à l'Eglise et delà dans la Sacristic
où après lui avoir lavé lés pieds , ses Aumoniers
lui mirent des Brodequins et des Sandales
de damas rouge , et le revêtirent par dessus
son Aube d'une Tunique , d'une Dalmatique ét
d'une Chape de même couleur,ils lui mirent une
Mitre en broderie d'or , et son anneau Pastoral
au doigt. Alors sa Crosse ayant été découverte
il donna sa Benediction solemnelle , ayant été
ensuite reconduit à l'Autel il y jura sur les Evangiles
la conservation des Priviléges de l'Eglise
de S. Agnan , comme ont fait tous ses Prédecesseurs
, donna la bénédiction au peuple, et fut
ins
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astallé dans la premiere Chaire du Choeur du
ôté droit vers l'Autel,en qualité de Chanoine.
tant sorti du Choeur , il s'assit dans un Fau
uil qui fut élevé par les quatre premieres Di
nitez du Chapitre de S.Agnan, assistées de leurs
Choristes qui le porterent jusqu'hors de leur
Cloître ; là leur ayant derechef donné sa béné
diction Episcopale , le fauteuil fut mis à bas, et le
nouvel Evêque s'assit dans un autre qui étoit
prepare,tandis que les Chanoines de S. Ågnan se
retirerent dans leur Eglise.
Le nouvel Evêque fit appeller par son Bailly
les quatre Barons ou Seigneurs qui sont obligez
de le porter depuis le Cloître de S. Agnan jusqu'à
son Eglise , et qu'il avoit fait sommer
quelques jours devant l'Entrée de s'y trouver
pour ce sujet. Ces quatre Seigneurs sont , le Bar
ron d'Yeure le Chastel , le Baron de Sully , le
Baron du Cheray et celui des Baronies d'Ascheres
et Rougemont qui s'y trouverent par des Gentilshommes
fondez de leurs procurations; après
quelques protestations de la part des Barons sur
la préséance , le fauteuil fut élevé sur les épaules
des gens de ces Gentilshommes qui mirent
chacun la main sur un des bouts duBrancard sur
lequel il étoit élevé . Après quoi chacun s'étant
mis en inarche on arriva à la vieille Porte de
Bourgogne ou tous les Magistrats de la Ville
s'étoient rendus avec le Prevôt des Maréchaux,
et y avoient fait conduire les Remissionaires
qui à la veuë du nouvel Evêque,se jetterent à ge-.
Doux et crierent trois fois Misericorde.
L'Oficial de l'Evêque harangua ensuite ce
Prélat et jura sur le Livre des Evangiles qu'il
avoit fait conduire tous les Prisonniers qui se
trouvaient dans les Prisons , et qu'il n'ep détenoit
AVRIL. 1734. 815
noit aucun ce que jurerent aussi le Lieutenane,
General au Bailliage et Siége Présidial ; un Conseiller
du Siége qui faisoit les fonctions du Lieutenant
Criminel absent , et le grand Prevôt de la
Maréchaussée. Le Lieutenant General, le Premier,
des Présidens du Présidial , et le Prevôt de la
Maréchaussée avoient harangué avant le serment
: quant aux Officiers de la Prevôté , le
Prevôt d'Orleans qui étoit en ville ne s'étant
point rendu à la Porte de Bourgogne , le Lieutenant
qui étoit à la tête des Officiers de son
Corps complimenta le nouvel Evêque ; mais il
refusa de prêter le serment , prétendant qu'il ne
le pouvoit faire n'ayant pû se transporter dans
les Prisons le Prevôt étant actuellement en
ville . ce qui suspendoit toutes fonctions de sa
part , on prit ensuite le serment des Geoliers des
deux Prisons qui marcherent à la tête des Remissionaires
qu'on fit marcher deux à deux à la
tête de la Procession , qui se remit en marche dans
le même ordre jusqu'à l'Eglise Cathedrale.
>
Le Lieutenant de la Prevôté protesta alors
contre le Prevôt de la Maréchaussée , qui avoit
obtenu un Arrêt du Conseil qui lui donnoit la
préséance en toutes Assemb ées publiques et
particulieres sur les Officiers de la Prevôté,et qui
en vertu de cet Arrêt avoit harangué avant lui ,
après quoi il se retira,
1
1
Les Officiers du Bailliage et Siége Présidial
priérent le nouvel Evêque de trouver bon qu'ils
ne suivissent pas la Procession à cause de la
grande foule , étant impossible qu'ils pussentmarcher
conjointement avec la Ville dans des
Ruës aussi étroites que le sont celles par où il
falloit passer ils se rendirent par un autre
chemin à la Cathedrale où ils prirent leur place
1 ij ordig
816 MERCURE DE FRANCE
Ordinaire dans les hautes stales du côté gauche
du Choeur.
Les nouveaux ouvrages qu'on fait pour les
Fondations des Tours de l'Eglise Cathédrale empêchant
qu'on ne put entrer dans le Cloître qui
conduit à la principale Porte , on fut obligé
d'avancer plus loin et d'entrer par un des Cloftres
des portes laterales vis - à - vis le grand Cimetiere
, sur quoi les Barons protesterent à ce
que cet allongement du chemin qu'ils étoient
obligez de faire ne leur put porter préjudice à
l'avenir , dont leur fut donné Acte.
Le nouvel Evêque étant arrivé à la Porte de
son Eglise qu'on avoit fermée, fut complimenté
par le Doyen qui lui fit jurer la conservation
des droits du Chapitre , lequel serment fait la
portefut ouverte et le Doyen en qualité de Grand
Archidiacre, dont la dignité est unie à la sienne ,
conduisant ce Prélat à l'Autel et sur son Trône, et
enfin dans une Stale de Chanoine P'installat
ainsi dans la possession de son Evêché avec les
cérémonies ordinaires. Le nouvel Evêque fut
ensuite conduit à la Sacristie où ayant pris une
Chasuble , il alla à l'Autel et célébra la Messe
pontificalement.
Mrs du Bailliage et Siége Présidial placez ;
comme on l'a dit, dans les hauts siéges du côté
gauche , le Corps de Ville et les Officiers de la
Bourgeoisie occupérent le côté droit du Choeur
entre les Chanoines et sur des siéges préparez
pour eux , ceux de la Prevôté et de l'Université
ne se trouverent point à l'Eglise , non plus que.
le Bureau des Financès , les Officiers des Eaux
et Forêts et l'Election , quoiqu'invitez à la cérémonie
les Remissionaires se répandirent
par toute l'Eglise .
La
AVRIL 817 1734
La Messe étant dite le nouvel Evêque fut reconduit
à son Palais où en entrant le Doyen lui
dit de se ressouvenir qu'il devoit ce jour là à
dîner à son Chapitre , à quoi ce Prélat répon
dit qu'il l'avoit fait inviter et qu'il l'invitoit en
core.
La table disposée en fer à cheval fut placée
an haut de la Galerie , le nouvel Evêque et
l'Evêque de Chartres qui étoit venu à Orleans .
pour voir la cérémonie , se placerent dans le
fond , entre les deux premieres dignitez de la
Cathedrale , les autres dignitez et les Chanoines
de cette Eglise occuperenr les deux côtez en dehors.
Les Chanoines de S. Aignan se placerent
dans le centre , ces derniers avoient quelque
tems avant l'Entrée presenté une Requête
M. l'Evêque pour obtenir un côté entier du
fer à cheval tandis que la Cathedrale occuperoit
l'autre côté , mais ce Prélat les ayant renvoyez
là- dessus à Mrs de la Cathédrale , ils s'étoient
pourvûs au Parlement où ils avoient obtenu un
Arrêt sur Requête qui leur confirmoit le côté
gauche par tout où ils se trouveroient avec la
Cathedrale ; mais comme il n'étoit point fait
mention de la table dans cet Arrêt , et comme
l'Evêque leur avoit declaré que le repas qu'il
donnoit à son Chapitre étoit d'obligation , au
lieu que pour eux ils ne s'y trouvoient que
comme invitez et par cérémonie , ils jugerent" à
propos de ne point faire signifier leur Arrêt et de
prendre au dîner les places qu'ils avoient occu
pées aux Entrées précedentes.
•
Après les Chanoines de S. Agnan étoient assis
les Dignitez des deux Collegiales de S. Pierre
Empont et de S. Pierre le Puellier et le Porte-
Crosse en qualité de Chapelain de l'Evêque.
I iij
11
818 MERCURE DE FRANCE
ity
avoit
une
autre
table
ou
mangerent
les
Parens
et autres
Personnes
de distinction
invitées
par
l'Evêque
, une
autre
où étoient
les Barons
et
quelques
Ecclesiastiques
; ce Prélat
donna
de
même
à dîner
au Corps
de Ville
et aux
Officiers
de la Bourgeoisie
dans
l'Hôtel
de
Ville
et dans
differentes
maisons
particulieres
, aux
Officiers
du
Bailliage
, de la Prevôté
, des
Eaux
et Forêts
,
au
Prevôr
de la Maréchaussée
, à l'Election
à l'Université
, et aux
Officiers
de la Justice
temporelle
.
>
Le repas fini , après que les Remissionaires qui
s'étoient tous rendus dans la cour du Palais Episcopal
curent entendus le Sermon qui leur fut fait,
le nouvel Evêque parut à une des fenêtres qui
donnent sur la cour ; aussi tôt qu'il parut les
Remissionaires s'étant mis à genoux ,crierent encore
trois fois Misericorde , M. l'Evêque leur fit
une Exhortation ; et leur ayant prononcé leur
Remission, il leur donna sa Bénédiction ; après
quoi on leur servit selon la coutume les restes de
la table.
On compte plus de 1300 Remissionaires d'écrouez
dans les prisons , dont plus de 1150 , ont
receu leurs Lettres de Grace. Le Bureau pour
l'examen des supliques étoit composé de M. l'Evêque
, de ses deux Grands Vicaires , de M. De
Paris de la Brosse , Conseiller de la cinquième
Chambre des Enquêtes du Parlement , de M. de
Héere Premier des Présidens au Présidial d'Orleans
, de M: Curaut , Lieutenant General au
Bailliage et Siége Présidial, du Prevôt d'Orleans
et d'un Conseiller au Bailliage , ils commencerent
à travailler à cet examen dès le 8 Février.
Il y a eu dans laChapelle Episcopale une Mission
établie pour l'instruction des Remissionaires
que
AVRIL 1734. 81
que le nouvel Evêque ouvrit par une Messe so
Temnelle qu'il y celebra le Dimanche 14. Fevrie
et après laquelle il prècha. Les RR . PP Jesuite
ont eu la direction de cette Mission , et s'en son
acquittez avec leur zele ordinaire.
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Résumé : ENTRÉE SOLEMNELLE de M. l'Evêque d'Orleans, faite le 2 Mars 1734.
Le 2 mars 1734, Nicolas Joseph de Paris, évêque d'Orléans, fit son entrée solennelle dans sa ville épiscopale. La veille, il se rendit à l'abbaye de la Cour Dieu, où il fut accueilli par le prieur et les religieux. Après une prière et une bénédiction, il soupa à l'hôtel abbatial. Le lendemain, il visita l'abbaye de Saint-Loup, où des contestations eurent lieu concernant sa visite. Il se rendit ensuite à l'abbaye de Saint-Euverte, où il fut reçu avec les mêmes cérémonies qu'à la Cour Dieu et accepta une ancienne redevance. Le jour de son entrée officielle, l'évêque fut conduit à l'église de Saint-Euverte, où il fut revêtu des habits liturgiques. Une procession débuta avec les pauvres de l'hôpital, suivie des communautés religieuses et des ecclésiastiques. En raison du temps incertain, les ecclésiastiques ne portaient pas de chapes. À l'église de Saint-Agnan, il fut reçu par le chantre et le chapitre, qui le conduisirent à la sacristie. Après avoir lavé ses pieds, il fut revêtu de nouveaux habits liturgiques et donna une bénédiction solennelle. Il jura ensuite la conservation des privilèges de l'église de Saint-Agnan et fut installé dans la première chaire du chœur. La procession se dirigea ensuite vers la cathédrale, où l'évêque fut complimenté par divers dignitaires et officiers. Des contestations eurent lieu concernant la préséance et les serments. L'évêque célébra la messe pontificalement et fut reconduit à son palais, où il dina avec les dignitaires et les chanoines. Des tables furent également préparées pour les parents, les personnes de distinction, les barons et les ecclésiastiques. L'évêque offrit un dîner au corps de ville et aux officiers de la bourgeoisie. Par ailleurs, une cérémonie de rémission des écroués eut lieu dans la cour du Palais Episcopal. Après un sermon et une exhortation de l'évêque, les remissionaires, agenouillés, crièrent trois fois 'Miséricorde'. L'évêque leur accorda la rémission et leur donna sa bénédiction, suivie de la distribution des restes du repas selon la coutume. Plus de 1300 remissionaires étaient incarcérés, dont plus de 1150 reçurent des lettres de grâce. Un bureau, composé de l'évêque, de ses vicaires, de conseillers du Parlement et du Bailliage, ainsi que du prévôt d'Orléans, examina les suppliques à partir du 8 février. Une mission d'instruction des remissionaires fut établie dans la chapelle épiscopale, ouverte par une messe et un sermon de l'évêque le 14 février. Les Jésuites dirigèrent cette mission avec zèle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7655
p. 819
« Jean-Antoine-François de Franquetot, Comte de Coigny, Colonel General des Dragons, par la [...] »
Début :
Jean-Antoine-François de Franquetot, Comte de Coigny, Colonel General des Dragons, par la [...]
Mots clefs :
Colonel, Brigadier, Roi, Infanterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Jean-Antoine-François de Franquetot, Comte de Coigny, Colonel General des Dragons, par la [...] »
Jean- Antoine-François de Franquetot , Comte
de Coigny , Colonel General des Dragons , par la
démission du Marquis de Coigny , son pere ,
ainsi qu'on l'a marqué dans le Mercure de Janvier
dernier , page 172. fut fait Brigadier des
Armées du Roy, le 15. du même mois de Janvier.
Le 13. Fvrier 1744. Antoine Marquis de Mon
ti , de Boulogne en Italie , Chevalier de l'Ordre
Militaire de S. Louis , Brigadier d'Infanterie du
1. Février 1719. Ambassadeur ordinaire du Roy
en Pologne depuis 1729. et Colonel de Régiment
Royal Italien, Infanterie, par commission
da 17. Juillet 1731. fut nommé Maréchal de
Camp.
Charles- Louis de Biodos , Comte de Casteja , qui
été successivement Colonel d'un Régiment
d'Infanterie , Guidon des Gendarmes Bourguignons
en 1708. Enseigne des Gendarmes de Bretagne
, Gouverneur des Ville et Château de Saint
Dizier en Champagne , le 31. Mars 1718. actuellement
Ministre et Plénipotentiaire du Roy
à la Cour de Suede , depuis 1727. et enfin Sous-
Lieutenant des Chevaux- Legers d'Orleans , depuis
le mois de Décembre 1731. a été nommé
en même-temps Brigadier de Cavalerie.
de Coigny , Colonel General des Dragons , par la
démission du Marquis de Coigny , son pere ,
ainsi qu'on l'a marqué dans le Mercure de Janvier
dernier , page 172. fut fait Brigadier des
Armées du Roy, le 15. du même mois de Janvier.
Le 13. Fvrier 1744. Antoine Marquis de Mon
ti , de Boulogne en Italie , Chevalier de l'Ordre
Militaire de S. Louis , Brigadier d'Infanterie du
1. Février 1719. Ambassadeur ordinaire du Roy
en Pologne depuis 1729. et Colonel de Régiment
Royal Italien, Infanterie, par commission
da 17. Juillet 1731. fut nommé Maréchal de
Camp.
Charles- Louis de Biodos , Comte de Casteja , qui
été successivement Colonel d'un Régiment
d'Infanterie , Guidon des Gendarmes Bourguignons
en 1708. Enseigne des Gendarmes de Bretagne
, Gouverneur des Ville et Château de Saint
Dizier en Champagne , le 31. Mars 1718. actuellement
Ministre et Plénipotentiaire du Roy
à la Cour de Suede , depuis 1727. et enfin Sous-
Lieutenant des Chevaux- Legers d'Orleans , depuis
le mois de Décembre 1731. a été nommé
en même-temps Brigadier de Cavalerie.
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Résumé : « Jean-Antoine-François de Franquetot, Comte de Coigny, Colonel General des Dragons, par la [...] »
Le texte décrit des promotions militaires et diplomatiques en France au XVIIIe siècle. Jean-Antoine-François de Franquetot, Comte de Coigny, a succédé à son père comme Colonel Général des Dragons et a été nommé Brigadier des Armées du Roy le 15 janvier. Antoine Marquis de Monti, Chevalier de l'Ordre Militaire de Saint-Louis et Brigadier d'Infanterie depuis le 1er février 1719, Ambassadeur en Pologne depuis 1729 et Colonel du Régiment Royal Italien, a été promu Maréchal de Camp le 13 février 1744. Charles-Louis de Biodos, Comte de Casteja, a occupé divers postes militaires et diplomatiques, notamment Colonel d'Infanterie, Guidon des Gendarmes Bourguignons, Enseigne des Gendarmes de Bretagne, Gouverneur de Saint-Dizier, Ministre et Plénipotentiaire à la Cour de Suède, et Sous-Lieutenant des Chevaux-Légers d'Orléans. Il a été nommé Brigadier de Cavalerie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7656
p. 820-826
PROMOTION de Lieutenant[s] Generaux, de Maréchaux de Camp et de Brigadiers, signée par le Roy le 20. Fevrier 1734. et déclarée le 7. Mars.
Début :
Lieutenans Generaux. Jean-Charles de Bournel de Namps, Marquis de [...]
Mots clefs :
Lieutenants généraux, Maréchal de camp, Régiment, Brigadier, Ordre de Saint-Louis, Mestre de camp, Régiment de cavalerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROMOTION de Lieutenant[s] Generaux, de Maréchaux de Camp et de Brigadiers, signée par le Roy le 20. Fevrier 1734. et déclarée le 7. Mars.
PROMOTION de Lieutenant
Generaux , de Maréchaux de Camp
et de Brigadiers , signée par le Roy
le 20. Fevrier 1734. et déclarée le 7.
Mars.
Lieutenans Generaux.
Jean- Charles de Bournel de Namps , Marquis
de Monchi , en 1666. Colonel d'Infanterie en
1695. Chevalier de l'Ordre Militaire de S. Louis
en 1703. Brigadier le 10. Février 1704. Maréchal
de Camp le 19. Mars 1710. et fut fait Commandeur
de l'Ordre de S. Louis , au mois de
May 1716 .
Alexandre- Louis - Philippe de Foüilleuse , Marquis
de Flavacourt , il a long- temps servi en Espagne
, où il étoit devenu Officier General , et
étant revenu en France après la mort du Roy
Louis XIV, Il fut fait Maréchal de Camp le 11 .
Février 1718.
Jacques de Vassal, Seigneur , Marquis de Montviel
, il fut fait Brigadier le 23. Décembre 1701 .
il eut la Croix de S. Louis en 1703. servit en
Flandres en 1709. en qualité de Maréchal des
Logis de l'Armée , fut fait Inspecteur general
d'Infanterie le 25. May 1716. et Maréchal de
Camp le 8. Mars 1718 .
Jean - Louis d'Hautefort , appellé le Comte
d'Hautefort-Bozen , Lieutenant de Roy en Périgord.
Il fut fait au mois de Novembre
1695. Colonel d'un Régiment d'Infanterie
qui fut réformé en 1697. il eut permission
au mois de Janvier 1701. de lever un nouveau
Régiment , mais il fut fait la même année
Colonel
AVRIL. 1
821
1 734.1
Colonel -Lieutenant de celui de Toulouze , Infanterie
, Brigadier , le 26. Octobre 1704. Chevalier
de S. Louis en 1705. Maréchal de Camp
le 8. Mars 1718. Gouverneur des Ville , Chateau
et Fort de S. Malo le 20. Juillet 1727 .
Louis - François de Bouschet , Comte de Sourches
, il fut d'abord Enseigne au Régiment des
Gardes Françoises , puis au mois de Novembre
mil six cent quatre- vingt quinze , Colonel d'un
Régiment d'Infanterie , qui fut réformé en
1697. il fut remplacé le 17. Octobre, 1703. Je
Roy lui ayant donné celui de Sanzay, et il fut fait
Brigadier le 26. Octobre 1704. il eut au mois de
Septembre 1706. le Régiment de Vaudreuil , auparavant
Sourches , Chef de Brigade , et fut nom .
mé Maréchal de Camp le 5. Mars 1718. il a été
autrefois connu sous le nom de Chevalier de
Sourches , ayant été reçû dans l'Ordre de Malthe
le 19. Février 1693. il quitta la Croix de
Malthe en se mariant en 1715. il est frere puîné
de Louis de Bouschet , Comte de Montsoreau ,
Grand- Prévôt de France , et Lieutenant General
des Armées du Roy.
›
N.... de Lastic , Seigneur de Siougent. Il fut
d'abord Enseigne au Régiment des Gardes Françoises
, puis Colonel d'un Régiment d'Infanterie
au mois de Novembre 1695. réfor
mé après la Paix de Riswik , Chevalier de
S. Louis en 1703. Brigadier le 26. Octobre 1704
Colonel du Régiment de Bearn au mois de Décembre
1714, et enfin Maréchal de Camp le 8.
Mars 1718.
Louis du Plessis-Chastillon , Marquis dudit Licu
et de Nonant. Il fut fait Colonel du Régiment
de Provence, Infanterie, le 9. Mars 1700. Briga4-
dier le 26. Octobre 1704. et Maréchal de Camp
e 3. Mars 1718, Louis
22 MERCURE DE FRANCE
Louis-François de Saint Simon , Marquis de
Sandricourt. Il fut fait Mestre de Camp du Régiment
de Berry , Cavalerie , en 1702. Brigadier
le 14. Octobre 1705. et Maréchal de Camp le
8. Mars 1718.
N.... de Vassignac , Sieur de la Loge d'Imécourt.
Il fut Lieutenant Colonel du Régiment de
Fourbin , Cavalerie , avec Brevet de Mestre de
Camp , créé Brigadier le 7. Mars 1706. depuis
Mestre de Camp d'un Régiment de Cavalerie ,
cy- devant Croy, réformé en 1714.après la Paix
d'Utrecht , et enfin fait Maréchal de Camp le .
Mars 1718 .
·
Nicolas Alexandre le Cordier , Marquis du
Troncq . Il fut fait en 1702. Mestre de Camp d'un
Régiment de Cavalerie , cy- devant Narbonne ,
Chevalier de S. Louis , Brigadier le 12. Octobre
1706. et Maréchal de Camp le 8. Mars 1718.
Gabriel de Melun , des Vicomtes de Gand , Cadets
des Princes d'Espinoy , appellé le Vicomte de
Melun , et Commandant à Abbeville. Il fut d'abord
Capitaine dans le Régiment de Cavalerie
d'Alexandre Comte de M.lun , son frere aîné ,
et en fut fait Mestre de Camp par sa démission ,
au mois de Décembre 1702. Brigadier le 12 .
Octobre 1706. et Maréchal de Camp le 8. Mars
1718.
N .... de Carion de Nizas , étant Colonel
d'Infanterie réformé , et commandant le Régiment
de la Marine , il fut fait Colonel de celui
de Tierache au mois d'Août 1702 puis Brigadier
le 16. Août 1707. et Maréchal de Camp le
8. Mars 1718.
• Gilles , Marquis de Trecesson , en Bretagne ,
Seigneur de Berneant et de la Lande , & c. Il fut
d'abord Capitaine dans le Régiment Royal Artil
lerie ,
AVRIL. 1734. 823
lerie , puis Colonel d'un Régiment d'Infanterie
en 1695. fait Brigadier le 10.Février 1704. et
Chevalier de S. Louis en 1705. Maréchal de
Camp le premier Février 1719.
Louis - Jean - Baptiste Goyon de Matignon , Comte
de Gacé , et de Montmartin , Baron de Gié ,
appellé le Comte de Matignon , fut fait Mestre
de Camp , Lieutenant du Régiment de Tou-
Jouze , Cavalerie , au mois de Février 1702 .
obtint au mois de Septembre 1706. le Régiment
Dauphin Etranger , et fait Brigadier
le 29. Janvier 1709. il fut pourvû du Gouvernement
et de la Lieutenance generale des Païs
d'Aunis , Ville et Gouvernement de la Rochelle,
Ile de Ré, Brouage, Oleron , Païs et Iſles adjacentes
, sur la démission du Maréchal de Matignon
, son pere , par Lettres du 25. May 1710.
le Gouvernement particulier des Ville et Tour de
la Rochelle, fut réuni en sa faveur au Gouverne .
ment et à la Lieutenance generale du Païs d'Aunis
, par Lettres du 2. Février 17 17. il fut créé
Maréchal de Camp le premier Février 1719. et
ayant été proposé le 2 Février 1724. pour être
Chevalier des Ordres du Roy , il en reçut la
Croix et le Collier le 3. Juin suivant.
Charles le Gendre , Seigneur de Berville , de
Romilly , de Fourneau et de Livarot ; il fut fait
Mestre de Camp, Lieutenant du Régiment Colonel
General des Dragons , en Janvier 1702. Brigadier
le 29. Janvier 1709. Maréchal de Camp
le premier Février 1719. et enfin Commandeur
de l'Ordre Militaire de S. Louis , par expectative,
au mois de Septembre 1721.
Maximilien de la Roche de Vernassal , il obtint
un Brevet de Mestre de Camp de Cavalerie ,
étant Exempt des Gardes du Corps , au mois de
I vj
Février
824 MERCURE DE FRANCE
Février 1702. et fut fait Ayde- Major au mois de
Janvier 1703. il en devint depuis successivement
Enseigne et Lieutenant. Il fut fait Brigadier le
29. Janvier 1709. Maréchal de Camp le premier
Février 1719. et Gouverneur de Rocroy au mois
de Juin 1730.
André - Joseph d'Aubusson , Seigneur de Castelnouvel
, Marquis de S. Paul , &c. étant Capitaine
dans le Régiment de Cavalerie de la Feuillade
, il en fut fait Mestre de Camp par la démission
du Duc de la Feüillade , en 1702. Brigadier
le 29. Janvier 1709. et Maréchal de Camp
le premier Février 1719..
N..... de Tarneau , il fut fait . Mestre de
Camp d'un Régiment de Cavalerie , en 1702.
Brigadier le 29. Janvier 1709. Inspecteur General
de Cavalerie le 2. Mars 1712. et Maréchal
de Camp le premier Février 1719.
Pons Auguste Sublet , Marquis d'Heudicourt ,
Seigneur de S. Paire , Bezu , S. Eloy' , la Brosse ,
le Mesnil, Boischarmant en Saintonge, &c . Il fut
fait Mestre de Camp d'un Régiment de Cavalerie
, cy- devant vivant , en Décembre 1702. Che
va lier de S. Louis , Brigadier le 29. Janvier 1709
et Maréchal de Camp le premier Février 1719
il est Grand-Louvetier de France , ayant été
pourvû de cette Charge par la démission de feu
son pere , au mois d'Avril 1718 ..
Charles- Cesar de Flahaut , Seigneur de la Billarderie
, et de S. Remy en l'Eau , étant Lieute
hant-Colonel du Régiment de Cavalerie de Brissac
; il fut fait Exempt des Gardes du Corps da
Roy , en 1701. eut un Brevet de Mestre de Camp
en 1702. et la Croix de S. Louis en 1795 f
fait au mois de Décembre de la même année Ensegne
des Gardes du Corps dans la premiere
1
fut
Com
AVRIL 1734. 829
Compagnie , dont ensuite il devint Lieute
nant. Fut nommé Brigadier le 29. Janvier 1709
et Maréchal de Camp le premier Février 1719.
Commandeur de l'Ordre de S. Louis par expectative
, au mois de Décembre suivant ; eut une
place vacante de Commandeur , avec la pension
de 3000. livres au mois de May 1721. et fur
fait Gouverneur de S. Venant , au mois de Décembre
1725 .
Guy- Auguste de Rohan- Chabot , appellé le
Comte de Chabot . Il est né le 18. Avril 1683. il
fut fait Mestre de Camp d'un Régiment de Dragons
, cy- devant de Sainte- Hermine , au mois
de Décembre 1702. Brigadier le 29. Janvier .
1709. Chevalier de S. Louis , et Maréchal de
Camp le premier Février 1719 .
Jacques de Badier , Seigneur de Verseilles. Il fut
Capitaine dans le Régiment du Roy , Cheva
lier de S. Louis en 1704. puis Mestre de Camp
d'un Régiment de Hussarts ; fait Maréchal Ge
neral des Logis des Camps et Armées du Roy au
mois de Mars 1708. Brigadier de Cavalerie le
29. Janvier 1709. servit la même année et les
suivantes en Allemagne , en qualité de Maréchal
des Logis de l'Armée , fut fait Maréchal de
Camp le premier Février 1719. et depuis aussi
Commandeur de l'Ordré Militaire de S. Louis.
N... de Pardaillan , Marquis de Bonas-
Gondrin , il a été Lieutenant- Colonel du Régiment
de Ruffey , depuis Marsillac , eut un Bré
vet de Mestre de Camp au mois de Mars 1705 .
et la Croix de S. Louis la même année . Il fut
fair Brigadier le 29. Janvier 1709. Maréchal de
Camp le premier Février 1719. et depuis aussi
Commandeur de l'Ordre de S. Louis .
N...de S. Perrier , Chevalier de S. Louis
depuis
826 MERCURE DE FRANCE
depuis 1705. Lieutenant General d'Artillerie ,
fait Brigadier d'Infanterie le 30. Mars 1710.
étant alors Chef de l'Artillerie en Espagne ,
réchal de Camp du premier Février 1719.
Ma
N…….. de Valliere , Lieutenant General d'Artillerie
; il fut dabord Capitaine d'une Compagaie
de Mineurs , fait Chevalier de S. Louis
en 1705. Brigadier d'Infanterie le 9. Décembre
1170. Maréchal de Camp le premier Février
1719. et Inspecteur General des Ecoles et Instructions
des Bataillons du Régiment Royal Artillerie
, au mois de Février 1720, il en eut la
Direction generale au mois de Mars 1726. Il
est aussi Commandeur de l'Ordre de S. Louis.
On donnera la Liste des Maréchaux de
Camp dans le prochain Mercure .
Generaux , de Maréchaux de Camp
et de Brigadiers , signée par le Roy
le 20. Fevrier 1734. et déclarée le 7.
Mars.
Lieutenans Generaux.
Jean- Charles de Bournel de Namps , Marquis
de Monchi , en 1666. Colonel d'Infanterie en
1695. Chevalier de l'Ordre Militaire de S. Louis
en 1703. Brigadier le 10. Février 1704. Maréchal
de Camp le 19. Mars 1710. et fut fait Commandeur
de l'Ordre de S. Louis , au mois de
May 1716 .
Alexandre- Louis - Philippe de Foüilleuse , Marquis
de Flavacourt , il a long- temps servi en Espagne
, où il étoit devenu Officier General , et
étant revenu en France après la mort du Roy
Louis XIV, Il fut fait Maréchal de Camp le 11 .
Février 1718.
Jacques de Vassal, Seigneur , Marquis de Montviel
, il fut fait Brigadier le 23. Décembre 1701 .
il eut la Croix de S. Louis en 1703. servit en
Flandres en 1709. en qualité de Maréchal des
Logis de l'Armée , fut fait Inspecteur general
d'Infanterie le 25. May 1716. et Maréchal de
Camp le 8. Mars 1718 .
Jean - Louis d'Hautefort , appellé le Comte
d'Hautefort-Bozen , Lieutenant de Roy en Périgord.
Il fut fait au mois de Novembre
1695. Colonel d'un Régiment d'Infanterie
qui fut réformé en 1697. il eut permission
au mois de Janvier 1701. de lever un nouveau
Régiment , mais il fut fait la même année
Colonel
AVRIL. 1
821
1 734.1
Colonel -Lieutenant de celui de Toulouze , Infanterie
, Brigadier , le 26. Octobre 1704. Chevalier
de S. Louis en 1705. Maréchal de Camp
le 8. Mars 1718. Gouverneur des Ville , Chateau
et Fort de S. Malo le 20. Juillet 1727 .
Louis - François de Bouschet , Comte de Sourches
, il fut d'abord Enseigne au Régiment des
Gardes Françoises , puis au mois de Novembre
mil six cent quatre- vingt quinze , Colonel d'un
Régiment d'Infanterie , qui fut réformé en
1697. il fut remplacé le 17. Octobre, 1703. Je
Roy lui ayant donné celui de Sanzay, et il fut fait
Brigadier le 26. Octobre 1704. il eut au mois de
Septembre 1706. le Régiment de Vaudreuil , auparavant
Sourches , Chef de Brigade , et fut nom .
mé Maréchal de Camp le 5. Mars 1718. il a été
autrefois connu sous le nom de Chevalier de
Sourches , ayant été reçû dans l'Ordre de Malthe
le 19. Février 1693. il quitta la Croix de
Malthe en se mariant en 1715. il est frere puîné
de Louis de Bouschet , Comte de Montsoreau ,
Grand- Prévôt de France , et Lieutenant General
des Armées du Roy.
›
N.... de Lastic , Seigneur de Siougent. Il fut
d'abord Enseigne au Régiment des Gardes Françoises
, puis Colonel d'un Régiment d'Infanterie
au mois de Novembre 1695. réfor
mé après la Paix de Riswik , Chevalier de
S. Louis en 1703. Brigadier le 26. Octobre 1704
Colonel du Régiment de Bearn au mois de Décembre
1714, et enfin Maréchal de Camp le 8.
Mars 1718.
Louis du Plessis-Chastillon , Marquis dudit Licu
et de Nonant. Il fut fait Colonel du Régiment
de Provence, Infanterie, le 9. Mars 1700. Briga4-
dier le 26. Octobre 1704. et Maréchal de Camp
e 3. Mars 1718, Louis
22 MERCURE DE FRANCE
Louis-François de Saint Simon , Marquis de
Sandricourt. Il fut fait Mestre de Camp du Régiment
de Berry , Cavalerie , en 1702. Brigadier
le 14. Octobre 1705. et Maréchal de Camp le
8. Mars 1718.
N.... de Vassignac , Sieur de la Loge d'Imécourt.
Il fut Lieutenant Colonel du Régiment de
Fourbin , Cavalerie , avec Brevet de Mestre de
Camp , créé Brigadier le 7. Mars 1706. depuis
Mestre de Camp d'un Régiment de Cavalerie ,
cy- devant Croy, réformé en 1714.après la Paix
d'Utrecht , et enfin fait Maréchal de Camp le .
Mars 1718 .
·
Nicolas Alexandre le Cordier , Marquis du
Troncq . Il fut fait en 1702. Mestre de Camp d'un
Régiment de Cavalerie , cy- devant Narbonne ,
Chevalier de S. Louis , Brigadier le 12. Octobre
1706. et Maréchal de Camp le 8. Mars 1718.
Gabriel de Melun , des Vicomtes de Gand , Cadets
des Princes d'Espinoy , appellé le Vicomte de
Melun , et Commandant à Abbeville. Il fut d'abord
Capitaine dans le Régiment de Cavalerie
d'Alexandre Comte de M.lun , son frere aîné ,
et en fut fait Mestre de Camp par sa démission ,
au mois de Décembre 1702. Brigadier le 12 .
Octobre 1706. et Maréchal de Camp le 8. Mars
1718.
N .... de Carion de Nizas , étant Colonel
d'Infanterie réformé , et commandant le Régiment
de la Marine , il fut fait Colonel de celui
de Tierache au mois d'Août 1702 puis Brigadier
le 16. Août 1707. et Maréchal de Camp le
8. Mars 1718.
• Gilles , Marquis de Trecesson , en Bretagne ,
Seigneur de Berneant et de la Lande , & c. Il fut
d'abord Capitaine dans le Régiment Royal Artil
lerie ,
AVRIL. 1734. 823
lerie , puis Colonel d'un Régiment d'Infanterie
en 1695. fait Brigadier le 10.Février 1704. et
Chevalier de S. Louis en 1705. Maréchal de
Camp le premier Février 1719.
Louis - Jean - Baptiste Goyon de Matignon , Comte
de Gacé , et de Montmartin , Baron de Gié ,
appellé le Comte de Matignon , fut fait Mestre
de Camp , Lieutenant du Régiment de Tou-
Jouze , Cavalerie , au mois de Février 1702 .
obtint au mois de Septembre 1706. le Régiment
Dauphin Etranger , et fait Brigadier
le 29. Janvier 1709. il fut pourvû du Gouvernement
et de la Lieutenance generale des Païs
d'Aunis , Ville et Gouvernement de la Rochelle,
Ile de Ré, Brouage, Oleron , Païs et Iſles adjacentes
, sur la démission du Maréchal de Matignon
, son pere , par Lettres du 25. May 1710.
le Gouvernement particulier des Ville et Tour de
la Rochelle, fut réuni en sa faveur au Gouverne .
ment et à la Lieutenance generale du Païs d'Aunis
, par Lettres du 2. Février 17 17. il fut créé
Maréchal de Camp le premier Février 1719. et
ayant été proposé le 2 Février 1724. pour être
Chevalier des Ordres du Roy , il en reçut la
Croix et le Collier le 3. Juin suivant.
Charles le Gendre , Seigneur de Berville , de
Romilly , de Fourneau et de Livarot ; il fut fait
Mestre de Camp, Lieutenant du Régiment Colonel
General des Dragons , en Janvier 1702. Brigadier
le 29. Janvier 1709. Maréchal de Camp
le premier Février 1719. et enfin Commandeur
de l'Ordre Militaire de S. Louis , par expectative,
au mois de Septembre 1721.
Maximilien de la Roche de Vernassal , il obtint
un Brevet de Mestre de Camp de Cavalerie ,
étant Exempt des Gardes du Corps , au mois de
I vj
Février
824 MERCURE DE FRANCE
Février 1702. et fut fait Ayde- Major au mois de
Janvier 1703. il en devint depuis successivement
Enseigne et Lieutenant. Il fut fait Brigadier le
29. Janvier 1709. Maréchal de Camp le premier
Février 1719. et Gouverneur de Rocroy au mois
de Juin 1730.
André - Joseph d'Aubusson , Seigneur de Castelnouvel
, Marquis de S. Paul , &c. étant Capitaine
dans le Régiment de Cavalerie de la Feuillade
, il en fut fait Mestre de Camp par la démission
du Duc de la Feüillade , en 1702. Brigadier
le 29. Janvier 1709. et Maréchal de Camp
le premier Février 1719..
N..... de Tarneau , il fut fait . Mestre de
Camp d'un Régiment de Cavalerie , en 1702.
Brigadier le 29. Janvier 1709. Inspecteur General
de Cavalerie le 2. Mars 1712. et Maréchal
de Camp le premier Février 1719.
Pons Auguste Sublet , Marquis d'Heudicourt ,
Seigneur de S. Paire , Bezu , S. Eloy' , la Brosse ,
le Mesnil, Boischarmant en Saintonge, &c . Il fut
fait Mestre de Camp d'un Régiment de Cavalerie
, cy- devant vivant , en Décembre 1702. Che
va lier de S. Louis , Brigadier le 29. Janvier 1709
et Maréchal de Camp le premier Février 1719
il est Grand-Louvetier de France , ayant été
pourvû de cette Charge par la démission de feu
son pere , au mois d'Avril 1718 ..
Charles- Cesar de Flahaut , Seigneur de la Billarderie
, et de S. Remy en l'Eau , étant Lieute
hant-Colonel du Régiment de Cavalerie de Brissac
; il fut fait Exempt des Gardes du Corps da
Roy , en 1701. eut un Brevet de Mestre de Camp
en 1702. et la Croix de S. Louis en 1795 f
fait au mois de Décembre de la même année Ensegne
des Gardes du Corps dans la premiere
1
fut
Com
AVRIL 1734. 829
Compagnie , dont ensuite il devint Lieute
nant. Fut nommé Brigadier le 29. Janvier 1709
et Maréchal de Camp le premier Février 1719.
Commandeur de l'Ordre de S. Louis par expectative
, au mois de Décembre suivant ; eut une
place vacante de Commandeur , avec la pension
de 3000. livres au mois de May 1721. et fur
fait Gouverneur de S. Venant , au mois de Décembre
1725 .
Guy- Auguste de Rohan- Chabot , appellé le
Comte de Chabot . Il est né le 18. Avril 1683. il
fut fait Mestre de Camp d'un Régiment de Dragons
, cy- devant de Sainte- Hermine , au mois
de Décembre 1702. Brigadier le 29. Janvier .
1709. Chevalier de S. Louis , et Maréchal de
Camp le premier Février 1719 .
Jacques de Badier , Seigneur de Verseilles. Il fut
Capitaine dans le Régiment du Roy , Cheva
lier de S. Louis en 1704. puis Mestre de Camp
d'un Régiment de Hussarts ; fait Maréchal Ge
neral des Logis des Camps et Armées du Roy au
mois de Mars 1708. Brigadier de Cavalerie le
29. Janvier 1709. servit la même année et les
suivantes en Allemagne , en qualité de Maréchal
des Logis de l'Armée , fut fait Maréchal de
Camp le premier Février 1719. et depuis aussi
Commandeur de l'Ordré Militaire de S. Louis.
N... de Pardaillan , Marquis de Bonas-
Gondrin , il a été Lieutenant- Colonel du Régiment
de Ruffey , depuis Marsillac , eut un Bré
vet de Mestre de Camp au mois de Mars 1705 .
et la Croix de S. Louis la même année . Il fut
fair Brigadier le 29. Janvier 1709. Maréchal de
Camp le premier Février 1719. et depuis aussi
Commandeur de l'Ordre de S. Louis .
N...de S. Perrier , Chevalier de S. Louis
depuis
826 MERCURE DE FRANCE
depuis 1705. Lieutenant General d'Artillerie ,
fait Brigadier d'Infanterie le 30. Mars 1710.
étant alors Chef de l'Artillerie en Espagne ,
réchal de Camp du premier Février 1719.
Ma
N…….. de Valliere , Lieutenant General d'Artillerie
; il fut dabord Capitaine d'une Compagaie
de Mineurs , fait Chevalier de S. Louis
en 1705. Brigadier d'Infanterie le 9. Décembre
1170. Maréchal de Camp le premier Février
1719. et Inspecteur General des Ecoles et Instructions
des Bataillons du Régiment Royal Artillerie
, au mois de Février 1720, il en eut la
Direction generale au mois de Mars 1726. Il
est aussi Commandeur de l'Ordre de S. Louis.
On donnera la Liste des Maréchaux de
Camp dans le prochain Mercure .
Fermer
Résumé : PROMOTION de Lieutenant[s] Generaux, de Maréchaux de Camp et de Brigadiers, signée par le Roy le 20. Fevrier 1734. et déclarée le 7. Mars.
Le document présente une liste de promotions militaires signées par le roi le 20 février 1734 et déclarées le 7 mars 1734. Ces promotions concernent des Lieutenants Généraux, des Maréchaux de Camp et des Brigadiers. Voici les points essentiels concernant les Lieutenants Généraux : Jean-Charles de Bournel de Namps, Marquis de Monchy, a été Colonel d'Infanterie en 1695, Chevalier de l'Ordre Militaire de S. Louis en 1703, Brigadier en 1704, Maréchal de Camp en 1710, et Commandeur de l'Ordre de S. Louis en mai 1716. Alexandre-Louis-Philippe de Foüilleuse, Marquis de Flavacourt, a servi en Espagne et est devenu Officier Général. Revenu en France après la mort de Louis XIV, il fut fait Maréchal de Camp en 1718. Jacques de Vassal, Seigneur, Marquis de Montviel, a été Brigadier en 1701, Chevalier de S. Louis en 1703, Maréchal de Camp en 1718, et a servi en Flandres en 1709. Jean-Louis d'Hautefort, Comte d'Hautefort-Bozen, a été Lieutenant de Roi en Périgord, Colonel d'Infanterie en 1695, Brigadier en 1704, Chevalier de S. Louis en 1705, Maréchal de Camp en 1718, et Gouverneur de Saint-Malo en 1727. Louis-François de Bouschet, Comte de Sourches, a été Enseigne au Régiment des Gardes Françoises, Colonel d'Infanterie en 1695, Brigadier en 1704, Maréchal de Camp en 1718, et anciennement Chevalier de Malthe. N.... de Lastic, Seigneur de Siougent, a été Enseigne au Régiment des Gardes Françoises, Colonel d'Infanterie en 1695, Chevalier de S. Louis en 1703, Brigadier en 1704, et Maréchal de Camp en 1718. Louis du Plessis-Chastillon, Marquis de Nonant, a été Colonel du Régiment de Provence en 1700, Brigadier en 1704, et Maréchal de Camp en 1718. Louis-François de Saint Simon, Marquis de Sandricourt, a été Mestre de Camp du Régiment de Berry en 1702, Brigadier en 1705, et Maréchal de Camp en 1718. N.... de Vassignac, Sieur de la Loge d'Imécourt, a été Lieutenant Colonel du Régiment de Fourbin, Brigadier en 1706, et Maréchal de Camp en 1718. Nicolas Alexandre le Cordier, Marquis du Troncq, a été Mestre de Camp d'un Régiment de Cavalerie en 1702, Chevalier de S. Louis, Brigadier en 1706, et Maréchal de Camp en 1718. Gabriel de Melun, Vicomte de Melun, a été Capitaine puis Mestre de Camp d'un Régiment de Cavalerie en 1702, Brigadier en 1706, et Maréchal de Camp en 1718. N.... de Carion de Nizas a été Colonel d'Infanterie réformé, Brigadier en 1707, et Maréchal de Camp en 1718. Gilles, Marquis de Trecesson, a été Capitaine puis Colonel d'Infanterie en 1695, Brigadier en 1704, Chevalier de S. Louis en 1705, et Maréchal de Camp en 1719. Louis-Jean-Baptiste Goyon de Matignon, Comte de Matignon, a été Mestre de Camp Lieutenant du Régiment de Touloze en 1702, Brigadier en 1709, Maréchal de Camp en 1719, et Chevalier des Ordres du Roy en 1724. Charles le Gendre, Seigneur de Berville, a été Mestre de Camp Lieutenant du Régiment Colonel Général des Dragons en 1702, Brigadier en 1709, Maréchal de Camp en 1719, et Commandeur de l'Ordre Militaire de S. Louis en 1721.
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7657
p. 826-829
MORTS NAISSANCES,
Début :
Le 20. Février, Jean-René Joüenne d'Esgrigny Brigadier des Armées du Roy, Colonel du [...]
Mots clefs :
Régiment, Lieutenant général, Conseiller au Parlement, Colonel, Chambre des comptes, Grand maître des eaux et forêts, Armées du roi, Jean-René de Jouenne d'Esgrigny, Pierre-Philémon de Savary
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS NAISSANCES,
MORTS NAISSANCES ,
L Brigadier desArmées du Roy,Colour du
E 20. Février , Jean- René Jouenne d'Esgrigny
2
Régiment de Forêt et Chevalier de S.Louis , mourut
après une longue maladie à Villiers - le- Brulé,
en Champagne , âgé d'environ 5 r . ans Il fut d'abord
Cornette dans les Carabiniers , et servit en
cette qualité au siege de Barcelone en 1697. Il
passa ensuite dans le Régiment de Bourrggogne en
qualité de Lieutenant , y obtint une Compagnie
au mois de Mars 1702, et fut fait Colonel d'un
Régiment d'Infanterie par commission du 13 .
Décembre 1704. 11 se distingua à la Bataille de
Castiglione dans le Mantouan , le 9. Septembre
1706.
AVRIL. 1734. 827
mil sept cent six , et à la levée du Siége
de Toulon en 1707. étant entré le premier à la
tête des Grenadiers qu'il commandoit , dans les
retranchemens des Ennemis , où il tua et fit Prisonniers
la plus grande partie de ceux qui les dé
fendoient , son Regiment ayant été licentié en
1714. après la Paix , il fut fait Colonel reformé
à la suite du Regiment de la Marine , fut nommé
Brigadier le premier Février 1719. et obtint
au mois de Decembre 1729. comme plus ancien
Colonel à remplacer, le Regiment de Forêts. Il
étoit fils aîné de René Jouenne , Seigneur d'Esgrigny
, du Mesnil , de Fontenay S. Pere
Hervilly , et Beauval , autrefois Intendant des
Armées du Roy en Irlande, Catalogne , et Lombardie
, mort le 9 May 1732. à l'âge de 84 ans,
et de Barbe- Angelique Gerard , sa veuve , il
avoit été marié le 10 Juin 1711. avec Marie
Quantin , fille de feu Jean Quantin , Seigneur
de Champlot , et de Villiers , Maître d'Hôtel du
Roy , et son premier Valet de Garderobe , et de
feue Angelique Poisson . Il en laisse des enfans.
?
Le 21 Mars , Dame Marie-Marguerite Chauvin
, épouse de Daniel - Charles Trudaine , Seigneur
de Montigny , et de Champigny , Maître
des Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy , et
Intendant de Justice , Police et Finances en Au
vergne , qu'elle avoit épousé le 19 Février 1727.
mourut à Clermont en Auvergne , âgée de 23
ans 2 mois et 21 jours , étant née le premier
Janvier 1711. elle étoit fille unique de feu Michel
Chauvin , Conseiller au Parlement de Paris ,
et Commissaire aux Requêtes du Palais , mort
à l'âge de 35 ans , le 20 Novembre , 1715. et
de feue D. Marie- Catherine de Bragelongne
morte
828 MERCURE DE FRANCE
morte le 7 Janvier 1711. âgée de 20 ans. elle
a laissé 3 enfans,
Marguerite du Tilloy , native de Cheles près
de Compiegne , mourut le à de ce mois à Paris,
dans la 112 année de son âge.
Le Vendredy 2 Avril , Geneviève Dubillon
veuve en deuxième noces de Jacques Guerbet ,
Maître Cordonnier , a été inhumée au Cimetiere
des SS. Innocens , dans la 97 année de
son âge.
›
•
Le 3 de ce mois Pierre Philemon Savary ,
Seigneur de S. Just près de Vernon en Normandie
, Conseiller du Roy en ses Conseils , Grand
Maître des Eaux et Forêts de France au dépar
tement de Rouen , mourut à Paris , âgé de 60
ans , étant né au mois d'Avril 1674. Il étoit
fils aîné de feu Pierre Savary, Seigneur de S. Just,
et de Boutervilliers. aussi Grand Maître des
Eaux et Forêts au même département de Rouen,
et auparavant Lieutenant General des Eaux et
Forêts de France au Siége de la Table de Marbre
du Palais à Paris , mort le 4 May 1694 et de
feue Catherine Ragueneau , morte le 20 Septembre
1676. et il avoit épousé au mois de Sep--
tembre , 1696. Marie- Angelique le Cordier du
Troncq, Soeur de Nicolas - Alexandre le Cordier,
Marquis du Troncq . , Lieutenant General des
Armées du Roy , de la Promotion du 20 Février
dernier , et fille de Nicolas le Cordier ,
Seigneur du
Troncq , Premier Président en la
Chambre des Comptes de Normandie , et de
Marie Bontemps. Il en laisse outre trois filles
Religieuses trois fils , qui sont , Pierre- Louis Savary
, agé de 27 ans Diacre du Diocèse de
Paris , Licentie en Théologie de la Maison et
Societé de Sorbonne , Abbé Commandataire de
l'Abbaye
AVRIL. 1734. 829
•
l'Abbaye de N. D. de Beaulieu , Diocèse de
Langres , à laquelle il a été nommé les Avril
1733. Chanoine de l'Eglise Cathédrale d'Evreux.
et nommé Vicaire General de l'Evêque d'Evreux,
Louis-Alexandre Savary , âgé de 21 ans , Enseigne
à Drapeau dans le Regiment des Gardes
Françoises , qui vient d'obtenir l'agrément pour
la charge de Grand Maître qu'avoit son pere
et Pierre Philemon Savary , âge de 19 ans >
Lieutenant au Régiment de Touraine qui a
aussi obtenu l'agrément de l'Enseigne à Drapeau
de son frere.
>
Le premier Avril , il s'est fait un Mariage à
Dijon de M. Bouhier , Seigneur de Chevigny ,
Conseiller au Parlement , fils de M. Bouhier de
Vérsalieux , Président à Mortier , et de Dame
N.. Berbis de Longecour , avec Dile Marie- Bonavanture
de Lanthe , fille de Pierre Bocquinet
Ecuyer , Seigneur de Lanthe , et de Dame Maric
Moreau , petite- fille de feu Etienne Moreau
Avocat Genéral de la Chambre des Comptes de
Bourgogne , et de Dame Marie Remond , niéce
de M. le Procureur General du Parlement , et
petite niéce de M. Moreau de Mautour , l'Ancien
des Conseillers Auditeurs de la Chambre
des Comptes de Paris , l'un des Pensionaires de
l'Académie Royale des Inscriptions et Belles
Lettres. M. Bouhier Evêque de Dijon , grand
oncle du nouveau marié , a fait dans sa Chapelle
la cérémonie du Mariage de ces deux jeunes
Epoux , qui ensemble ne font pas quarante ans.
On sçait de quelle ancienneté et de quelle Illustration
sont les familles de Bouhier et de Berbis
dans le Parlement, dans la Ville de Dijon et dans .
la Province de Bourgogne.
L Brigadier desArmées du Roy,Colour du
E 20. Février , Jean- René Jouenne d'Esgrigny
2
Régiment de Forêt et Chevalier de S.Louis , mourut
après une longue maladie à Villiers - le- Brulé,
en Champagne , âgé d'environ 5 r . ans Il fut d'abord
Cornette dans les Carabiniers , et servit en
cette qualité au siege de Barcelone en 1697. Il
passa ensuite dans le Régiment de Bourrggogne en
qualité de Lieutenant , y obtint une Compagnie
au mois de Mars 1702, et fut fait Colonel d'un
Régiment d'Infanterie par commission du 13 .
Décembre 1704. 11 se distingua à la Bataille de
Castiglione dans le Mantouan , le 9. Septembre
1706.
AVRIL. 1734. 827
mil sept cent six , et à la levée du Siége
de Toulon en 1707. étant entré le premier à la
tête des Grenadiers qu'il commandoit , dans les
retranchemens des Ennemis , où il tua et fit Prisonniers
la plus grande partie de ceux qui les dé
fendoient , son Regiment ayant été licentié en
1714. après la Paix , il fut fait Colonel reformé
à la suite du Regiment de la Marine , fut nommé
Brigadier le premier Février 1719. et obtint
au mois de Decembre 1729. comme plus ancien
Colonel à remplacer, le Regiment de Forêts. Il
étoit fils aîné de René Jouenne , Seigneur d'Esgrigny
, du Mesnil , de Fontenay S. Pere
Hervilly , et Beauval , autrefois Intendant des
Armées du Roy en Irlande, Catalogne , et Lombardie
, mort le 9 May 1732. à l'âge de 84 ans,
et de Barbe- Angelique Gerard , sa veuve , il
avoit été marié le 10 Juin 1711. avec Marie
Quantin , fille de feu Jean Quantin , Seigneur
de Champlot , et de Villiers , Maître d'Hôtel du
Roy , et son premier Valet de Garderobe , et de
feue Angelique Poisson . Il en laisse des enfans.
?
Le 21 Mars , Dame Marie-Marguerite Chauvin
, épouse de Daniel - Charles Trudaine , Seigneur
de Montigny , et de Champigny , Maître
des Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy , et
Intendant de Justice , Police et Finances en Au
vergne , qu'elle avoit épousé le 19 Février 1727.
mourut à Clermont en Auvergne , âgée de 23
ans 2 mois et 21 jours , étant née le premier
Janvier 1711. elle étoit fille unique de feu Michel
Chauvin , Conseiller au Parlement de Paris ,
et Commissaire aux Requêtes du Palais , mort
à l'âge de 35 ans , le 20 Novembre , 1715. et
de feue D. Marie- Catherine de Bragelongne
morte
828 MERCURE DE FRANCE
morte le 7 Janvier 1711. âgée de 20 ans. elle
a laissé 3 enfans,
Marguerite du Tilloy , native de Cheles près
de Compiegne , mourut le à de ce mois à Paris,
dans la 112 année de son âge.
Le Vendredy 2 Avril , Geneviève Dubillon
veuve en deuxième noces de Jacques Guerbet ,
Maître Cordonnier , a été inhumée au Cimetiere
des SS. Innocens , dans la 97 année de
son âge.
›
•
Le 3 de ce mois Pierre Philemon Savary ,
Seigneur de S. Just près de Vernon en Normandie
, Conseiller du Roy en ses Conseils , Grand
Maître des Eaux et Forêts de France au dépar
tement de Rouen , mourut à Paris , âgé de 60
ans , étant né au mois d'Avril 1674. Il étoit
fils aîné de feu Pierre Savary, Seigneur de S. Just,
et de Boutervilliers. aussi Grand Maître des
Eaux et Forêts au même département de Rouen,
et auparavant Lieutenant General des Eaux et
Forêts de France au Siége de la Table de Marbre
du Palais à Paris , mort le 4 May 1694 et de
feue Catherine Ragueneau , morte le 20 Septembre
1676. et il avoit épousé au mois de Sep--
tembre , 1696. Marie- Angelique le Cordier du
Troncq, Soeur de Nicolas - Alexandre le Cordier,
Marquis du Troncq . , Lieutenant General des
Armées du Roy , de la Promotion du 20 Février
dernier , et fille de Nicolas le Cordier ,
Seigneur du
Troncq , Premier Président en la
Chambre des Comptes de Normandie , et de
Marie Bontemps. Il en laisse outre trois filles
Religieuses trois fils , qui sont , Pierre- Louis Savary
, agé de 27 ans Diacre du Diocèse de
Paris , Licentie en Théologie de la Maison et
Societé de Sorbonne , Abbé Commandataire de
l'Abbaye
AVRIL. 1734. 829
•
l'Abbaye de N. D. de Beaulieu , Diocèse de
Langres , à laquelle il a été nommé les Avril
1733. Chanoine de l'Eglise Cathédrale d'Evreux.
et nommé Vicaire General de l'Evêque d'Evreux,
Louis-Alexandre Savary , âgé de 21 ans , Enseigne
à Drapeau dans le Regiment des Gardes
Françoises , qui vient d'obtenir l'agrément pour
la charge de Grand Maître qu'avoit son pere
et Pierre Philemon Savary , âge de 19 ans >
Lieutenant au Régiment de Touraine qui a
aussi obtenu l'agrément de l'Enseigne à Drapeau
de son frere.
>
Le premier Avril , il s'est fait un Mariage à
Dijon de M. Bouhier , Seigneur de Chevigny ,
Conseiller au Parlement , fils de M. Bouhier de
Vérsalieux , Président à Mortier , et de Dame
N.. Berbis de Longecour , avec Dile Marie- Bonavanture
de Lanthe , fille de Pierre Bocquinet
Ecuyer , Seigneur de Lanthe , et de Dame Maric
Moreau , petite- fille de feu Etienne Moreau
Avocat Genéral de la Chambre des Comptes de
Bourgogne , et de Dame Marie Remond , niéce
de M. le Procureur General du Parlement , et
petite niéce de M. Moreau de Mautour , l'Ancien
des Conseillers Auditeurs de la Chambre
des Comptes de Paris , l'un des Pensionaires de
l'Académie Royale des Inscriptions et Belles
Lettres. M. Bouhier Evêque de Dijon , grand
oncle du nouveau marié , a fait dans sa Chapelle
la cérémonie du Mariage de ces deux jeunes
Epoux , qui ensemble ne font pas quarante ans.
On sçait de quelle ancienneté et de quelle Illustration
sont les familles de Bouhier et de Berbis
dans le Parlement, dans la Ville de Dijon et dans .
la Province de Bourgogne.
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Résumé : MORTS NAISSANCES,
En février et avril 1734, plusieurs événements marquants, notamment des décès et une naissance, ont été enregistrés. Jean-René Jouenne d'Esgrigny, Brigadier des Armées du Roy et Chevalier de Saint-Louis, est décédé le 20 février à Villiers-le-Brulé, en Champagne, à l'âge d'environ 55 ans. Il avait servi dans les Carabiniers lors du siège de Barcelone en 1697 et dans le Régiment de Bourgogne comme Lieutenant. Il avait obtenu une Compagnie en mars 1702 et était devenu Colonel d'un Régiment d'Infanterie en décembre 1704. Il s'était distingué lors de la Bataille de Castiglione en 1706 et à la levée du siège de Toulon en 1707. Après la paix de 1714, il avait été nommé Brigadier en février 1719 et avait obtenu le Régiment de Forêts en décembre 1729. Il était le fils de René Jouenne, Intendant des Armées du Roy, et de Barbe-Angélique Gérard. Il avait épousé Marie Quantin en juin 1711 et avait eu des enfants. Le 21 mars, Dame Marie-Marguerite Chauvin, épouse de Daniel-Charles Trudaine, Intendant en Auvergne, est décédée à Clermont à l'âge de 23 ans. Elle était la fille unique de Michel Chauvin, Conseiller au Parlement de Paris, et de Marie-Catherine de Bragelongne. Elle laissait trois enfants. Le 2 avril, Geneviève Dubillon, veuve de Jacques Guerbet, a été inhumée à Paris à l'âge de 97 ans. Le 3 avril, Pierre Philemon Savary, Seigneur de Saint-Just et Grand Maître des Eaux et Forêts de France, est décédé à Paris à l'âge de 60 ans. Il était le fils de Pierre Savary et de Catherine Ragueneau, et avait épousé Marie-Angélique le Cordier du Troncq en septembre 1696. Il laissait trois filles religieuses et trois fils, dont Pierre-Louis Savary, Abbé Commandataire, Louis-Alexandre Savary, Enseigne dans les Gardes Françaises, et Pierre Philemon Savary, Lieutenant au Régiment de Touraine. Le 1er avril, un mariage a eu lieu à Dijon entre M. Bouhier, Seigneur de Chevigny, et Marie-Bonaventure de Lanthe. Les familles Bouhier et Berbis sont notées pour leur ancienneté et leur illustration dans le Parlement et la Province de Bourgogne.
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7658
p. 830
« Julien Deslandes Marchand Cirier à Versailles, ruë Dauphine, près la Paroisse Nôtre-Dame, a [...] »
Début :
Julien Deslandes Marchand Cirier à Versailles, ruë Dauphine, près la Paroisse Nôtre-Dame, a [...]
Mots clefs :
Julien Deslandes, Bougie
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texteReconnaissance textuelle : « Julien Deslandes Marchand Cirier à Versailles, ruë Dauphine, près la Paroisse Nôtre-Dame, a [...] »
Julien Deslandes Marchand Cirier à Versailles,
rue Dauphine, près la Paroisse Nôtre - Dame a
frouvé une nouvelle maniere d'une petite Bougie
pour la nuit , de trente -deux à la livre , chaque
Bougie dure dix heures et demie. On la met dans
un petit flambeau creux rempli d'eau .
Elle se vend chez ledit Julien Deslandes,cinquante
sols la livre , et le petit flambeau dix sols
rue Dauphine, près la Paroisse Nôtre - Dame a
frouvé une nouvelle maniere d'une petite Bougie
pour la nuit , de trente -deux à la livre , chaque
Bougie dure dix heures et demie. On la met dans
un petit flambeau creux rempli d'eau .
Elle se vend chez ledit Julien Deslandes,cinquante
sols la livre , et le petit flambeau dix sols
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7659
p. 830-834
ARRESTS NOTABLES.
Début :
ARREST du 29. Decembre, portant Reglement pour la vente des Offices Municipaux, [...]
Mots clefs :
Roi, Ordonnance du roi, Arrêt, Amende, Défenses, Règlement, Cavalerie, Ordre du Saint-Esprit
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texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLES .
RREST du 29. Decembre
portant
paux , créez et rétablis par Edit du mois de Novembre
1732 par lequel S. M. ordonne l'execu
tion des XIX . Articles contenus dans ledit
Arrêt.
EDIT DU ROY , donné à Marly au
mois de Janvier 1734. portant confirmation des
Privileges à l'Ordre du S Esprit , et Creation de
deux Offices de Trésoriers Generaux du Marc
d'Or , et de deux Controlleurs dessus Trésoriers
, en vertu de l'acceptation de S. M. des
offres à elle faites par les Princes du Sang , Car.
dinaux , Prélats , Chevaliers et Officiers -Commandeurs
des Ordres du Roy , de lui donner un
million à titre de confirmation de leurs Privile
ges et d'Exemptions au rachapt , en tant que be
soin est , ou seroit , de la levée du Dixiéme denier
sur les revenus dudit Ordre , Gages , Pen.
sions et Commandes , payez sur lesdits Revenus
, &c.
LETAVRIL.
1734. 831
LETTRES PATENTES en forme
d'Edit , portant création d'une Charge de Notaire
au Village de Marly. Données à Versailles
au mois de Janvier 1734 Registrées en Parlement
et Chambre des Comptes le 29. Janvier et
19. Fevrier.
.
ARREST du 2 Janvier , portant que les
Fabriquans de la Ville et Territoire de Marseille,
seront tenus de mettre leur nom et surnom sur
chaque piece d'Etoffes et de Toiles qu'ils fabriqueront
, avec un plomb à chaque bout , qui en
contiendra l'aunage ; et ordonne que lesdites
Etoffes et Toiles qui se trouveront sans marques
ni plombs de fabrique , lors des visites qui en
seront faites dans les Bureaux des Fermes , seront
confisquées , et les conducteurs condamnez
en trois mille livres d'amende.
AUTRE du s . Janvier , qui ordonne la
modération à moitié des droits de Marc d'or ,
sceau et autres frais de provisions , reception et
installation des Offices taxez vacans ou de nouvelles
créations , qui se leveront aux revenus casuels
pendant le courant de l'année 1734 .
SENTENCE de Police , du 15. Janvier ,
qui renouvelle les deffenses de tenir aucunes Assemblées
de Jeux , et de jouer à aucuns Jeux prohibez
; et qui condamne en trois mille livres
d'amende les sieur et Dame de Montferrand
pour y avoir contrevenu.
REGLEMENT du 16. Janvier , pour la
construction des Sabres à l'usage de la Cavalerie,
en conséquence de l'Ordonnance de Sa Majesté
du 28. May 1733.
832 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 16. Janvier , concernant
l'entrée dans le Royaume , des harangs saurs qui
seront apportez sur des Bâtimens Hollandois ,
comme provenaut des pesches faites et saurez en
Hollande , par lequel S. M. ordonne l'execution
des VII. Articles contenus audit Arrêt.
REGLEMENT fait par le Roy , étant à Marly
le 18. Janvier , pour la construction et épreu
ve des Mousquetons , Carabines et Pistolets à
l'usage de la Cavalerie , en conséquence de l'Or
donnance de S. M. du 28. May 1733.
ARREST du 19. Janvier , concernant l'em
barquement et le débarquement des Matelots
dans les Ports du Royaume et dans les Pays
Etrangers , et au sujet des acomtes qui peuvent
être donnez ausdits Matelots et du lieu où le
payement de leurs salaires au désarmement , peut
leur être fait.
AUTRE du même jour , qui nomme des Com
missaires du Conseil , pour examiner les oppositions
qui pourront être formées à l'execution
des rôles qui seront arrêtez au Conseil , en execution
de la Déclaration du 17. Novembre der
nier,pour la levée du Dixiéme des biens .
SENTENCE de Police du même jour , qui
condamne le sieur Chazelet en trois mille livres
d'amende, pour avoir, contre les deffenses , don
né à jouer au Pharaon .
ORDONNANCE DU ROY , du 28. Janvier
, concernant la levée , la masse et le paye
ment des Troupes d'augmentation dans l'Infan
terie , la Cavalerie et les Dragons,
AVRIL . 1734.
833
EDIT DU ROY , qui supprime les deux Offices
de Payeurs, et les deux Offices de Controlleurs
, créez par Edit du mois de Novembre
1733. pour faire le payement et le controlle des
Rentes Viageres en forme de Tontine , créées
par autre Edit du même mois .
Ordonne que le payement desdites Rentes sera
fait par les Payeurs des Rentes de l'Hôtel de
Ville de Paris . Donné à Versailles , au mois de
Fevrier 1734. Registré en la Chambre des
Comptes le 17 dudit mois.
ARREST du Conseil d'Etat , du 2 Février ,
et Lettres Patentes sur icelui. Registré en la
Cour des Aydes le 27 Mars. Portant Reglement
pour le transit des Sucres raffinez à Bourdeaux,
et qui sont destinez pour le Pays Etranger , par
lequel S. M. ordonne l'exécution des dix articles
contenus audit Arrêt.
Février
ORDONNANCE du Roy , du 2
portant que les fusils de milices Gardes - côte de
la Capitainerie du Tréport , seront déposez chez
les Syndics de chaque Paroisse , à peine contre
ceux qui n'y auront pas satisfait d'être séverement
punis .
; ORDONNANCE du Roy , du 7 Février
Pour former dans l'Hôtel des Invalides une
nouvelle Compagnie de bas Officiers , composée
des anciens Sergens , Marêchaux des logis , et
Gendarmes des Compagnies d'ordonnance , qui
sont en état d'être détachez aux garnisons des
Citadelles et Chasteaux,
OR
834 MERCURE DE FRANCE
ORDONNANCE de Police du 12 Février ,
qui renouvelle les deffenses à toutes personnes
masquées , de quelque qua iré qu'elles soient , de
porter des épées , batons ou autres arines, le tout
conformement à l'Ordonnance du Roy du 11 .
Janvier 1725. à peine de desobéissance contre
les Maîtres, et de prison contre les Domestiques.
ARREST du 16. Février , qui ordonne qu'il
sera arreté par les sieurs Intendans er Commissaires
départis dans les Provinces et Generalitez
du Royaume , des Rôles du Dixiémè , en attendant
ceux qui doivent être arrêtez au Conseil
et que lesdits Rôles seront executez selon leur
forme et teneur , tant à l'égard de ceux qui auront
fourni les déclarations de leurs biens , que.
de ceux qui seront en demeure de le faire .
RREST du 29. Decembre
portant
paux , créez et rétablis par Edit du mois de Novembre
1732 par lequel S. M. ordonne l'execu
tion des XIX . Articles contenus dans ledit
Arrêt.
EDIT DU ROY , donné à Marly au
mois de Janvier 1734. portant confirmation des
Privileges à l'Ordre du S Esprit , et Creation de
deux Offices de Trésoriers Generaux du Marc
d'Or , et de deux Controlleurs dessus Trésoriers
, en vertu de l'acceptation de S. M. des
offres à elle faites par les Princes du Sang , Car.
dinaux , Prélats , Chevaliers et Officiers -Commandeurs
des Ordres du Roy , de lui donner un
million à titre de confirmation de leurs Privile
ges et d'Exemptions au rachapt , en tant que be
soin est , ou seroit , de la levée du Dixiéme denier
sur les revenus dudit Ordre , Gages , Pen.
sions et Commandes , payez sur lesdits Revenus
, &c.
LETAVRIL.
1734. 831
LETTRES PATENTES en forme
d'Edit , portant création d'une Charge de Notaire
au Village de Marly. Données à Versailles
au mois de Janvier 1734 Registrées en Parlement
et Chambre des Comptes le 29. Janvier et
19. Fevrier.
.
ARREST du 2 Janvier , portant que les
Fabriquans de la Ville et Territoire de Marseille,
seront tenus de mettre leur nom et surnom sur
chaque piece d'Etoffes et de Toiles qu'ils fabriqueront
, avec un plomb à chaque bout , qui en
contiendra l'aunage ; et ordonne que lesdites
Etoffes et Toiles qui se trouveront sans marques
ni plombs de fabrique , lors des visites qui en
seront faites dans les Bureaux des Fermes , seront
confisquées , et les conducteurs condamnez
en trois mille livres d'amende.
AUTRE du s . Janvier , qui ordonne la
modération à moitié des droits de Marc d'or ,
sceau et autres frais de provisions , reception et
installation des Offices taxez vacans ou de nouvelles
créations , qui se leveront aux revenus casuels
pendant le courant de l'année 1734 .
SENTENCE de Police , du 15. Janvier ,
qui renouvelle les deffenses de tenir aucunes Assemblées
de Jeux , et de jouer à aucuns Jeux prohibez
; et qui condamne en trois mille livres
d'amende les sieur et Dame de Montferrand
pour y avoir contrevenu.
REGLEMENT du 16. Janvier , pour la
construction des Sabres à l'usage de la Cavalerie,
en conséquence de l'Ordonnance de Sa Majesté
du 28. May 1733.
832 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 16. Janvier , concernant
l'entrée dans le Royaume , des harangs saurs qui
seront apportez sur des Bâtimens Hollandois ,
comme provenaut des pesches faites et saurez en
Hollande , par lequel S. M. ordonne l'execution
des VII. Articles contenus audit Arrêt.
REGLEMENT fait par le Roy , étant à Marly
le 18. Janvier , pour la construction et épreu
ve des Mousquetons , Carabines et Pistolets à
l'usage de la Cavalerie , en conséquence de l'Or
donnance de S. M. du 28. May 1733.
ARREST du 19. Janvier , concernant l'em
barquement et le débarquement des Matelots
dans les Ports du Royaume et dans les Pays
Etrangers , et au sujet des acomtes qui peuvent
être donnez ausdits Matelots et du lieu où le
payement de leurs salaires au désarmement , peut
leur être fait.
AUTRE du même jour , qui nomme des Com
missaires du Conseil , pour examiner les oppositions
qui pourront être formées à l'execution
des rôles qui seront arrêtez au Conseil , en execution
de la Déclaration du 17. Novembre der
nier,pour la levée du Dixiéme des biens .
SENTENCE de Police du même jour , qui
condamne le sieur Chazelet en trois mille livres
d'amende, pour avoir, contre les deffenses , don
né à jouer au Pharaon .
ORDONNANCE DU ROY , du 28. Janvier
, concernant la levée , la masse et le paye
ment des Troupes d'augmentation dans l'Infan
terie , la Cavalerie et les Dragons,
AVRIL . 1734.
833
EDIT DU ROY , qui supprime les deux Offices
de Payeurs, et les deux Offices de Controlleurs
, créez par Edit du mois de Novembre
1733. pour faire le payement et le controlle des
Rentes Viageres en forme de Tontine , créées
par autre Edit du même mois .
Ordonne que le payement desdites Rentes sera
fait par les Payeurs des Rentes de l'Hôtel de
Ville de Paris . Donné à Versailles , au mois de
Fevrier 1734. Registré en la Chambre des
Comptes le 17 dudit mois.
ARREST du Conseil d'Etat , du 2 Février ,
et Lettres Patentes sur icelui. Registré en la
Cour des Aydes le 27 Mars. Portant Reglement
pour le transit des Sucres raffinez à Bourdeaux,
et qui sont destinez pour le Pays Etranger , par
lequel S. M. ordonne l'exécution des dix articles
contenus audit Arrêt.
Février
ORDONNANCE du Roy , du 2
portant que les fusils de milices Gardes - côte de
la Capitainerie du Tréport , seront déposez chez
les Syndics de chaque Paroisse , à peine contre
ceux qui n'y auront pas satisfait d'être séverement
punis .
; ORDONNANCE du Roy , du 7 Février
Pour former dans l'Hôtel des Invalides une
nouvelle Compagnie de bas Officiers , composée
des anciens Sergens , Marêchaux des logis , et
Gendarmes des Compagnies d'ordonnance , qui
sont en état d'être détachez aux garnisons des
Citadelles et Chasteaux,
OR
834 MERCURE DE FRANCE
ORDONNANCE de Police du 12 Février ,
qui renouvelle les deffenses à toutes personnes
masquées , de quelque qua iré qu'elles soient , de
porter des épées , batons ou autres arines, le tout
conformement à l'Ordonnance du Roy du 11 .
Janvier 1725. à peine de desobéissance contre
les Maîtres, et de prison contre les Domestiques.
ARREST du 16. Février , qui ordonne qu'il
sera arreté par les sieurs Intendans er Commissaires
départis dans les Provinces et Generalitez
du Royaume , des Rôles du Dixiémè , en attendant
ceux qui doivent être arrêtez au Conseil
et que lesdits Rôles seront executez selon leur
forme et teneur , tant à l'égard de ceux qui auront
fourni les déclarations de leurs biens , que.
de ceux qui seront en demeure de le faire .
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Résumé : ARRESTS NOTABLES.
Le document expose une série de décrets et d'édits royaux principalement émis en janvier et février 1734. Le 29 décembre 1733, un arrêt ordonne l'exécution des XIX articles d'un édit de novembre 1732. En janvier 1734, plusieurs arrêtés et édits sont promulgués. Parmi ceux-ci, la confirmation des privilèges de l'Ordre du Saint-Esprit et la création de nouveaux offices sont notables. Un autre édit réglemente les fabricants de Marseille, leur imposant de marquer leurs produits. Des mesures sont également prises pour modérer les droits de création d'offices, interdire les jeux prohibés, et réglementer les armes pour la cavalerie. Des arrêtés concernent aussi l'entrée des harengs saurs, l'embarquement des matelots, et la nomination de commissaires pour examiner les oppositions aux rôles de la levée du dixième des biens. En février 1734, des édits suppriment des offices de payeurs et contrôleurs des rentes viagères, et réglementent le transit des sucres raffinés à Bordeaux. D'autres ordonnances traitent du dépôt des fusils de milice, de la formation d'une nouvelle compagnie de bas officiers aux Invalides, et de mesures de police contre les personnes masquées.
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7660
p. 834-[836]
TABLE
Début :
Pieces Fugitives, Ode imitée d'Horace, 623 Suite de la Dissertation sur les Plantes, 627 [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE
TABLE
Ieces Fugitives , Ode imitée d'Horace , 623
P.Suite de la Dissertation sur les Plantes , 627
Tantale , Cantate ,
Lettre sur les Enfans de Latone , & c.
Les Douceurs du Printemps . Poëme ,
Comparaison de Descartes à Newton ,
640
644
657
659
Poesie Anacréontique de Mile de Maicrais , 669
Lettre sur la nouvelle Histoire de la Ville et de
l'Abbaye de Tournus ,
Le Triomphe de la Raison , Epitre ,
670-
6861
Réponse à la Ler re au sujet des Refléxions sur
la Poesie en general , sur la Fabie , & c. 690
Vou à Mile * * * 697
Lettre au sujet du Systême Typographyque, 698
A Mile , pour le jour de sa naissance , 706
Lettre sur l'Edition nouvelle de Morery , faite i
Bâle ,
Epigrammes
,
idid.
715
Lettre sur une nouvelle Carte du Paraguay , ibid.
Enigmes , Logogryphes , &c .
720
NOUVELLES LITTERAIRES des Beaux Arts ,
726
&c.
Memoires du P. Niceron , sur les Hommes Illustres
, & c.
Memoires pour l'Histoire des Sciences et des
Beaux-Arts , & c.
Les Souverains du Monde , & c.
729
741
742
Réponse sur le Fiux et Reflux de la Mer , 744
Carte Chronologique et Portraits des Comtes de
Provence ,
Epitaphe de Mlle P'Héritier ,
Nouvelles Estampes ,
747
751
753
Maniere aisée pour apprendre à regler les Montres
,
Chansons notées ,
714
ibid.
Spectacles, Décoration de l'Opera de Jephté, 756
Compliment , &c.
Mort du sicur Dominique ,
719
761
Tragédie nouvelle , jouée à l'Arsenal , et Prologue
,
Ballet Dansé à Londres , &c.
Nouvelles Etrangeres , de Pologne ,
D'Allemagne , d'Italie , de Naples & c.
764
770
773 .
775
D'Espagne , Portugal , Reglement pour les Mi-
Hollande et Grande Bretagne ,
nes de Diamans ,
Morts dés Pays Etrangers ,
781
785
791
France , Nouvelles de la Cour, de Paris, &c. 793
Armée d'Allemagne. , 798
807
Promotion dans la Gendarmerie , Remplacement,
d'Officiels de Marine,
> Officiers Generaux nomméz poar les Armées
d'Italie , et d'Allemagne ,
802
Réception du Marquis de Villars , Gouverneur
de Provence à Marseille , 805
Entrée solemnelle de l'Evêque d'Orleans , ( 810
Promotion de Lieutenans Generaux , & c. 820
Morts , Mariages , &c.
Arrêts Notables.
826
830
Ieces Fugitives , Ode imitée d'Horace , 623
P.Suite de la Dissertation sur les Plantes , 627
Tantale , Cantate ,
Lettre sur les Enfans de Latone , & c.
Les Douceurs du Printemps . Poëme ,
Comparaison de Descartes à Newton ,
640
644
657
659
Poesie Anacréontique de Mile de Maicrais , 669
Lettre sur la nouvelle Histoire de la Ville et de
l'Abbaye de Tournus ,
Le Triomphe de la Raison , Epitre ,
670-
6861
Réponse à la Ler re au sujet des Refléxions sur
la Poesie en general , sur la Fabie , & c. 690
Vou à Mile * * * 697
Lettre au sujet du Systême Typographyque, 698
A Mile , pour le jour de sa naissance , 706
Lettre sur l'Edition nouvelle de Morery , faite i
Bâle ,
Epigrammes
,
idid.
715
Lettre sur une nouvelle Carte du Paraguay , ibid.
Enigmes , Logogryphes , &c .
720
NOUVELLES LITTERAIRES des Beaux Arts ,
726
&c.
Memoires du P. Niceron , sur les Hommes Illustres
, & c.
Memoires pour l'Histoire des Sciences et des
Beaux-Arts , & c.
Les Souverains du Monde , & c.
729
741
742
Réponse sur le Fiux et Reflux de la Mer , 744
Carte Chronologique et Portraits des Comtes de
Provence ,
Epitaphe de Mlle P'Héritier ,
Nouvelles Estampes ,
747
751
753
Maniere aisée pour apprendre à regler les Montres
,
Chansons notées ,
714
ibid.
Spectacles, Décoration de l'Opera de Jephté, 756
Compliment , &c.
Mort du sicur Dominique ,
719
761
Tragédie nouvelle , jouée à l'Arsenal , et Prologue
,
Ballet Dansé à Londres , &c.
Nouvelles Etrangeres , de Pologne ,
D'Allemagne , d'Italie , de Naples & c.
764
770
773 .
775
D'Espagne , Portugal , Reglement pour les Mi-
Hollande et Grande Bretagne ,
nes de Diamans ,
Morts dés Pays Etrangers ,
781
785
791
France , Nouvelles de la Cour, de Paris, &c. 793
Armée d'Allemagne. , 798
807
Promotion dans la Gendarmerie , Remplacement,
d'Officiels de Marine,
> Officiers Generaux nomméz poar les Armées
d'Italie , et d'Allemagne ,
802
Réception du Marquis de Villars , Gouverneur
de Provence à Marseille , 805
Entrée solemnelle de l'Evêque d'Orleans , ( 810
Promotion de Lieutenans Generaux , & c. 820
Morts , Mariages , &c.
Arrêts Notables.
826
830
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Résumé : TABLE
Le document énumère diverses œuvres littéraires et événements historiques. Les œuvres littéraires incluent des poèmes, des lettres, des cantates, des épîtres, des épigrammes, des énigmes et des logogryphes. Parmi les titres notables figurent 'Ieces Fugitives' (une ode imitée d'Horace), 'Les Douceurs du Printemps' (un poème), et 'Poesie Anacréontique de Mile de Maicrais'. Les lettres traitent de sujets variés comme les enfants de Latone, l'histoire de la ville et de l'abbaye de Tournus, et le système typographique. La liste comprend également des mémoires, des cartes, des épitaphes, des chansons notées, des spectacles, des tragédies, des ballets, et des nouvelles étrangères provenant de pays tels que la Pologne, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, la Hollande, et la Grande-Bretagne. Les événements historiques mentionnés incluent des promotions militaires, des réceptions officielles, des entrées solennelles, des décès, des mariages, et des arrêts notables.
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7661
s. p.
Errata de Mars.
Début :
Page 459. ligne 2. Méduse, lisez Medus. P. 460. l. 11. c'est de-là, l. c'est-là. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Errata de Mars.
Errata de Mars.
Page 459. ligne 2. Méduse , lisez Medus.
P. 460. l. 11. c'est de-là , l. c'est - là .
P. 582. 1. 19. n'en , l. ne.
P. 487. 1. 3. du bas , 1415. l. 1451 .
P. 40. 1. 2. du bas , S. Louis , I. Clovis:
Page 459. ligne 2. Méduse , lisez Medus.
P. 460. l. 11. c'est de-là , l. c'est - là .
P. 582. 1. 19. n'en , l. ne.
P. 487. 1. 3. du bas , 1415. l. 1451 .
P. 40. 1. 2. du bas , S. Louis , I. Clovis:
Fermer
7662
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Paage [sic] 628. ligne 9. d'estomuch, lisez d'estomach. P. 629. l. 13. Ladunum, l. Ladanum. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fautes à corriger dans ce Livre.
826
830
PAage 628. ligne 9. d'estomuch , lisez d'estomach.
P. 629.1. 13. Ladunum , 7. Ladanum.
P. 630. 1. 2.du bas , oléogineuscs , l. oléagineuses,
P. 631. 1. 7. seront , l. servent.
P. 686. I. 14. trois , l . deux.
P.759. 1. 4. Parinne , l. Parisienne.
P. 770. l . 15. l'Auteur , l. l'Acteur.
P. 779. l. 3. ici , l. Naples.
P. 783. 1. 8. Meque , Ï. Médine.
826
830
PAage 628. ligne 9. d'estomuch , lisez d'estomach.
P. 629.1. 13. Ladunum , 7. Ladanum.
P. 630. 1. 2.du bas , oléogineuscs , l. oléagineuses,
P. 631. 1. 7. seront , l. servent.
P. 686. I. 14. trois , l . deux.
P.759. 1. 4. Parinne , l. Parisienne.
P. 770. l . 15. l'Auteur , l. l'Acteur.
P. 779. l. 3. ici , l. Naples.
P. 783. 1. 8. Meque , Ï. Médine.
Fermer
7663
s. p.
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7664
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AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paris, Paquets, Libraires
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
TILDEN BUNDAS ESSE generale est à
Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventſe ſervir de cette voye
pour lesfaire tenir.
On prie très- inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , ..fin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrage mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porter fur
T'heure à la Pofte, on aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX. SOLS.
TILDEN BUNDAS ESSE generale est à
Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventſe ſervir de cette voye
pour lesfaire tenir.
On prie très- inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , ..fin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrage mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porter fur
T'heure à la Pofte, on aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX. SOLS.
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Résumé : AVIS.
Le document traite de la distribution du Mercure, une publication. Le général Tilden Bundas Essé recommande de remettre les paquets cachetés aux libraires parisiens vendant le Mercure ou de les envoyer directement à Monsieur Moreau, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Il est conseillé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste pour éviter qu'ils ne soient rejetés. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers souhaitant recevoir le Mercure de France rapidement, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau. Ce dernier préparera et expédiera les paquets sans délai, soit par la poste, soit par les messageries indiquées. Le prix du Mercure est de trente sols.
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7665
p. 879-881
LA NATURE ET L'ART. FABLE. A Mlle de N***.
Début :
Enflé de ses progrès et fier de ses appas, [...]
Mots clefs :
Nature, Art
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texteReconnaissance textuelle : LA NATURE ET L'ART. FABLE. A Mlle de N***.
LA NATURE ET L'ART .
FABLE.
A Mile de N **
ENAé de ses progrès et fier de sés appas ;
On dit qu'un jour à la Nature ,
L'Art voulut disputer le pas ;
Qui de nous deux ( dit- il ) a de l'Architecture , ]
De l'ingénieuse Peinture
Et de l'agreable Sculpture ,
Reglé les operations.
C'est l'Art , sa science féconde
Do
380 MERCURE DE FRANCE
De nouvelles productions ,
Chaque jour enrichit le Monde.
Au corps le plus matériel ,
L'Art donne un air leger et d'agréables formes
Qu'on s'en tienne au contraire au simple naturel !
Que de confusion et que d'objets informes,
Que l'Art les mette en oeuvre : à peine ils son
polis
Que nous les trouvons embellis.
En un mot , sans cet Art en Beautez si fertile
Tout ce que parmi vous la Nature produit ,
Mortels , deviendroit inutile.
Ton amour propre te séduit ,
Dit la Nature ; ch ! quelle est ta folic,
De vouloir me donner la Loy ?
Mais , là , parlons de bonne foi ,
Ces chef- d'oeuvres fameux que ton orgueil public
Sçais -tu bien qu'ils ne sont jamais de bon alloi
Qu'autant qu'ils approchent de moi
Cette simplicite que ton affecterie ,
Contre moi tourne en raillerie ,
Mon cher , ne va pas t'y tromper ,
Il te faut du travail pour pouvoir l'attraper
Et souvent ta main l'estropie .
Je ris quand je vois l'Art me traiter en Rival ,
Il me semble voir la Copie ,
Se mocquer de l'Original .
ENMAY:
888 1734
ENVO r.
Vous, qui par un noble partage ,
Faites éclater à nos yeux
Le rare et brillant assemblage ,,
Des talens les plus précieux ;
Daignez , charmante Iris , en lisant cette Fable ,
L'honorer d'un regard affable ,
Jadis par ses naïvetez , }
Pleines de graces nouvelles ,
D'instructions et de beautez ,
La Fontaine auprès des Belles
S'ouvrit un favorable accès ;
Je travaille pour vous , comme il rimoit pour
elles ,
Peut-être , je l'avoue , avec moins de succès ,
Vous avez bien reçû des dons de la Nature ;
Mais il n'en est aucun ( tout en vous m'en assure)
Que l'Art n'ait aussi cultivé ;
Un petit differend entre eux s'est élevé ,
La Nature vous fit ce qui dépendit d'elle,
Et l'Art , de son côté , vous favorisa fort ;
Je vous fais aujourd'hui Juge de leur querelle ,
C'est le moyen, je croi , qu'ils soient bien- tôt
d'accord .
Pesselier, de la Ferté sous-Foüars .
FABLE.
A Mile de N **
ENAé de ses progrès et fier de sés appas ;
On dit qu'un jour à la Nature ,
L'Art voulut disputer le pas ;
Qui de nous deux ( dit- il ) a de l'Architecture , ]
De l'ingénieuse Peinture
Et de l'agreable Sculpture ,
Reglé les operations.
C'est l'Art , sa science féconde
Do
380 MERCURE DE FRANCE
De nouvelles productions ,
Chaque jour enrichit le Monde.
Au corps le plus matériel ,
L'Art donne un air leger et d'agréables formes
Qu'on s'en tienne au contraire au simple naturel !
Que de confusion et que d'objets informes,
Que l'Art les mette en oeuvre : à peine ils son
polis
Que nous les trouvons embellis.
En un mot , sans cet Art en Beautez si fertile
Tout ce que parmi vous la Nature produit ,
Mortels , deviendroit inutile.
Ton amour propre te séduit ,
Dit la Nature ; ch ! quelle est ta folic,
De vouloir me donner la Loy ?
Mais , là , parlons de bonne foi ,
Ces chef- d'oeuvres fameux que ton orgueil public
Sçais -tu bien qu'ils ne sont jamais de bon alloi
Qu'autant qu'ils approchent de moi
Cette simplicite que ton affecterie ,
Contre moi tourne en raillerie ,
Mon cher , ne va pas t'y tromper ,
Il te faut du travail pour pouvoir l'attraper
Et souvent ta main l'estropie .
Je ris quand je vois l'Art me traiter en Rival ,
Il me semble voir la Copie ,
Se mocquer de l'Original .
ENMAY:
888 1734
ENVO r.
Vous, qui par un noble partage ,
Faites éclater à nos yeux
Le rare et brillant assemblage ,,
Des talens les plus précieux ;
Daignez , charmante Iris , en lisant cette Fable ,
L'honorer d'un regard affable ,
Jadis par ses naïvetez , }
Pleines de graces nouvelles ,
D'instructions et de beautez ,
La Fontaine auprès des Belles
S'ouvrit un favorable accès ;
Je travaille pour vous , comme il rimoit pour
elles ,
Peut-être , je l'avoue , avec moins de succès ,
Vous avez bien reçû des dons de la Nature ;
Mais il n'en est aucun ( tout en vous m'en assure)
Que l'Art n'ait aussi cultivé ;
Un petit differend entre eux s'est élevé ,
La Nature vous fit ce qui dépendit d'elle,
Et l'Art , de son côté , vous favorisa fort ;
Je vous fais aujourd'hui Juge de leur querelle ,
C'est le moyen, je croi , qu'ils soient bien- tôt
d'accord .
Pesselier, de la Ferté sous-Foüars .
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Résumé : LA NATURE ET L'ART. FABLE. A Mlle de N***.
Le texte présente une fable intitulée 'La Nature et l'Art'. Dans cette fable, l'Art et la Nature discutent de leurs mérites respectifs. L'Art se vante de ses contributions à l'architecture, la peinture et la sculpture, affirmant qu'il enrichit le monde de nouvelles productions et embellit les formes naturelles. La Nature critique l'orgueil de l'Art et souligne que ses chefs-d'œuvre ne valent que s'ils se rapprochent d'elle. Elle ajoute que l'Art nécessite beaucoup de travail et peut souvent déformer ses créations. La Nature se moque de l'Art, le comparant à une copie de l'original. Le texte se conclut par une dédicace à une personne nommée Iris, comparant l'auteur à La Fontaine et soulignant que tant la Nature que l'Art ont contribué aux talents de cette personne. L'auteur invite Iris à juger la querelle entre la Nature et l'Art pour qu'ils puissent s'accorder.
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7666
p. 903-910
DISSERTATION dans laquelle on expose les differences et les raisons des differences des trois Systêmes Chronologiques de Caton, de Verrius-Flaccus, ou des Fastes ou Marbres Capitolins, et de Varron, tant par rapport aux années de la Fondation de Rome, que par rapport à celles d'avant J. C. et où l'on démontre la verité du Systême de Caton.
Début :
PREMIERE PARTIE. Exposition des trois Systêmes. La véritable cause des [...]
Mots clefs :
Caton, Verrius Flaccus, Varron, Systèmes chronologiques, Années, Fastes, Rome, Fondation de Rome, Compte, Systèmes, Consulat
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texteReconnaissance textuelle : DISSERTATION dans laquelle on expose les differences et les raisons des differences des trois Systêmes Chronologiques de Caton, de Verrius-Flaccus, ou des Fastes ou Marbres Capitolins, et de Varron, tant par rapport aux années de la Fondation de Rome, que par rapport à celles d'avant J. C. et où l'on démontre la verité du Systême de Caton.
DISSERTATION dans laquelle
on expose les differences et les raisons des
differences des trois Systêmes Chronolo➡
giques de Calon , de Verrius-Flaccus , on
des Fastes on Marbres Capitolins , et de
Varron , tant par rapport aux années de
la Fondation de Rome , que par rapport
à celles d'avant J. G. et où l'on démontre
La verité du Systême de Caton,
L
PREMIERE PARTIE .
Exposition des trois Systêmes.
A véritable cause des differences qui
se trouvent entre Caton , Verrius
et Varron , tant par rapport aux années
de la Fondation de Rome , que par rap
port à celles de la Période Julienne
des
904 MERCURE DE FRANCE
des Olympiades , ou d'avant J. C. vient
1º. de ce que les Fastes ne donnent aux
sept Rois de Rome que 243. ans de durée
jusqu'au premier Consulat , qu'ils
mettent l'an de Rome 244. au lieu que
Caton et Varron , faisant durer ces Rois
244. ans pleins , placent par conséquent
le Consulat de Brutus et de Collatinus
l'an 245-
2º. Varron et les Fastes confondent
la troisième année du Decemvirat 305.
de Rome avec le Consulat de Valerius
et d'Horatius , que Caton distingue et
sépare de cette troisiéme année , et qu'il
met l'année suivante 306. R.
3°. Le même Varron et lesdits Fastes
inserent use premiere dictature de Papirius-
Cursor entre le Consulat de Camillus
et de Brutus Scéva 430. R. et celui
de Sulpicius Longus , et d'Æmilius-
Céretanus; une seconde dictature du même
Papirius , entre les Consulats de Mareius-
Rutilus et de Fabius - Rullianus. 2 ° .
444. R. et de Fabius Rullianus , 3 ° . et
Decius-Mus 445. enfin encore une dictature
de Valerius , entre les Consuls Livius-
Denter ou Dento et Æmilius -Paulus
451. et les Consuls Valerius- Corvus
ou Corvinus et Apuleius - Pansa 452.
De-là plusieurs contrarietez entre Var
ron
MA Y. 1734 . 909
ton , les Fastes et Caton , par rapport à
la supputation des années , quand on les
compte , soit depuis la Fondation de Rome
, soit dans la Période Julienne ou
avant J. C.
Et d'abord jusqu'à 243. de Rome inclusivement
, les trois Systêmes s'accordent ,
ou plutôt ne sont qu'un seul et même
Systême pour les années depuis la Fondation
de Rome ; mais les Fastes ont un
an et Varon deux ans plus que Caton
pour les années avant J. C. de sorte , par
exemple , que la premiere année de cette
Fondation étant , selon Caton , la 751.
elle est , selon les Fastes , la 752. et selon
Varron , le 753. La 243. étant la 509.
selon le même Caton , elle est la 510. ou
511. selon les deux autres Auteurs .
Mais en second lieu , la 2 44. derniere
de ces Rois ou de Tarquin le Superbe ,
selon Caton et Varron , est supprimée
par les Fastes ; ce qui est cause que jusqu'à
la 305. derniere année des Decemvirs
les Fastes comptent une année
de la Ville de Rome moins que Caton et
Varron , et des années avant J. C. deux
plus que Caton et tout autant que Varron
. Ainsi la 245. qui est celle de l'établissement
du Consulat , étant la 507.
avant J. C. selon Caton , est aussi la 245 .
D selon
306 MERCURE DE FRANCE
selon Varron ; la 244. seulement selon les
Fastes , mais elle est la 509. avant J. C.
tant selon les Fastes que selon Varron. La
même diversité entre les trois calculs subsiste
jusqu'à l'an 305. de Rome , ou la
suppression du Consulat de Valerius et
d'Horatius ( que les Fastes et Varron mettent
dans la même année 305. avec la
3. année du Decemvirat ) fait naître une
nouvelle difference .
Troisiémement donc , Varron à cette
année 305. perd uncannée de la Ville de
Rome , et les Fastes en perdent une seconde
année , mais ils gagnent chacun
une année avant J. C. je veux dire que
Varron compte un an moins que Caton
de la Fondation de Rome et trois ans
avant J. C. plus que lui , les Fastes
comptent des années depuis la Fondation,
deux moins que Caton et une moins
que Varrons et des années avant J. C.
trois toutes entieres comme Varron .
de plus que Caton . Par consequent voici
comme on doit arranger et calculer les
125. années suivantes jusqu'à la 430 .
,
Caton. Varron. Fastes.
R. A.C. R. A.C. R. A.C.
306. 446.
3.07. 445.
305. 449.
306. 448 .
304. 449.
305. 448;
Les
MAY. 1734 907
7
}
Les trois dictatures de 430. 444.´
451. supprimées par Caton , ou identifiées
avec les Consulats précedens , font
d'un côté croître les années de Rome >
et de l'autre diminuer les années avant
J. C. de trois années entieres dans la
Chronologie de Varron , et dans celle des
Fastes , ensorte qu'après cette augmentation
et cette diminution , tous les trois
Systêmes ont les mêmes années avant J.C.
et ne different que d'une ou deux années
pour celles de la Fondation de Rome depuis
cette année 451. au lieu qu'avan
l'année 244. ils étoient les mêmes quant
aux années de Rome et differoient sculemena
d'un ou deux ans , quant à celles
d'avant J. C.
En un mot , pour reprendre en abregé
tout ce que nous venons de dire , les trois
calculs de Varron , des Fastes et de Caton ,
sont, pour ainsi parler, accordants, quant
aux années de Rome , et discordants d'un
ou deux ans quant aux années d'avant
J. C. et cela depuis la premiere année de
Rome jusqu'à la 243. inclusivement ; ils
sont au contraire discordants d'un ou
deux ans , quant aux années de Rome
et accordants quant aux années d'avant
J. C. et cela depuis la 451. de Rome , selon
Caton , 452. années selon les Fastes ,
Dij es
908 MERCURE DE FRANCE
er 453. selon Varron , 301. avant J. C.
selon tous les trois , jusqu'à Auguste et
jusqu'à la fin des Consulats.
Depuis l'année 244. jusqu'à la 305.
inclusivement , Caton continuë à s'accorder
avec Varron pour le calcul des années
de Rome , et à differer de lui de
deux ans pour les années d'avant J. C.
mais il commence à compter un an de
plus que les Fastes , quant aux premieres ,
et deux ans de moins , quant aux dernic.
res. Les Fastes s'accordent aussi avec Varron
, quant à celles - cy , et ont un an de
inoins lui que quant à celle- là.
Depuis l'an 306. jusqu'à la 430. inclusivement
, Caton compte un an de plus
que Varron et deux plus que les Fastes
pour les années de Rome , mais il compte
trois ans moins que l'un et l'autre par
années d'avant J. C.
les
Depuis l'an 430. inclusivement jusqu'à
l'an 444. aussi inclusivement , Caton
compte autant d'années que Varron , et
une seulement plus que les Fastes pour
les années de Rome , et deux de moins
que l'un et l'autre pour les années d'a
vant J. C.
Depuis l'an 444. jusqu'à l'an 451. il
compte une année de moins que Varron
et autant que les Fastes , par rapport aux
années
MAY. 1734 909
années de Rome , et il compte aussi une
année de moins qu'eux deux par rapport.
aux années d'avant J. C.
Enfin depuis l'an 45 I. on voit regner
la même difference pour toute la suite ,
c'est- à- dire que , selon les trois Systêmes,
on compte toujours les mêmes années
avant J. C. et que Caton compte toujours
d'une maniere uniforme un an de Rome
moins que les Fastes et deux moins que
Varron.
Je n'ai si fort insisté sur cette explication
longue et détaillée des trois Systêmes
Chronologiques des années de la
Fondation deRome , que parce que les plus
Cavans, commeLenglet etDodwel même,
(qui nous a donné si au long et année par
année , une Table de Chronologie Romaine
dans le Denis d'Halicarnasse de Londres)
se sont trompez très -lourdement en
appliquant aux 45o. premieres années de
Rome la même difference qui se trouve
entre les 300. dernieres. Dans une matiere
aussi épineuse et aussi nécessaire pour
ceux qui se mêlent de Chronologie et
d'Histoire Komaine , j'ai pensé que la
longueur et la répétition étoient une vertu
plutôt qu'un deffaut , quand elles servoient
, comme ici , à éviter l'obscurité ,
la confusion et l'erreur .
Diij Afin
910 MERCURE DE FRANCE
Afin donc qu'on n'y retombe plus , je
ne ferai point difficulté de mettre sous les
yeux du dans la Table suivante , ce
que dans les Refléxions précedentes j'ai
exposé aux yeux de l'esprit.
corps
TABLE des Années de Rome ( R ) es
d'avant Jesus- Christ ( J. C. ) selon les
trois differentes supputations , de Caton ;
des Fastes et de Varron.
Caton .
R. J.C.
Fastes .
R. J. C.
Varron .
R. J.C.
I.
751 .
I.
752.
I. 753.
101. 651 .
ΙΟΙ IOI. 652. 101. 653.
201.
SSI .
201. 552. 201. 553.
243. 509. 243. Sio. 243. SII.
244. 508. 243 * SIO. 244. SIO.
305. 447. 304. 449. 305. 449.
306. 446.
406. 346.
304 449. 305 * 449:
404. 349. 405. 349.
430. 322. 428. 325. 429. 325.
430 * 322 . 429. 324. 430. 324.
444. 308. 443 . 310. 444 310.
444 * 308.
444. 309 . 445. 309.
451. 301. 45 !. 302. 452. 302.
451
*
301. 452 . 301. 453. 301.
551.
201 .
552.
201 . $53. 201 .
651 . ICI . 652. ΙΟΙ . 653. 101.
751 . I.
752.
I. 753. I.
752. 1.
753. I. 754.
La suite pout le prochain Mercure.
on expose les differences et les raisons des
differences des trois Systêmes Chronolo➡
giques de Calon , de Verrius-Flaccus , on
des Fastes on Marbres Capitolins , et de
Varron , tant par rapport aux années de
la Fondation de Rome , que par rapport
à celles d'avant J. G. et où l'on démontre
La verité du Systême de Caton,
L
PREMIERE PARTIE .
Exposition des trois Systêmes.
A véritable cause des differences qui
se trouvent entre Caton , Verrius
et Varron , tant par rapport aux années
de la Fondation de Rome , que par rap
port à celles de la Période Julienne
des
904 MERCURE DE FRANCE
des Olympiades , ou d'avant J. C. vient
1º. de ce que les Fastes ne donnent aux
sept Rois de Rome que 243. ans de durée
jusqu'au premier Consulat , qu'ils
mettent l'an de Rome 244. au lieu que
Caton et Varron , faisant durer ces Rois
244. ans pleins , placent par conséquent
le Consulat de Brutus et de Collatinus
l'an 245-
2º. Varron et les Fastes confondent
la troisième année du Decemvirat 305.
de Rome avec le Consulat de Valerius
et d'Horatius , que Caton distingue et
sépare de cette troisiéme année , et qu'il
met l'année suivante 306. R.
3°. Le même Varron et lesdits Fastes
inserent use premiere dictature de Papirius-
Cursor entre le Consulat de Camillus
et de Brutus Scéva 430. R. et celui
de Sulpicius Longus , et d'Æmilius-
Céretanus; une seconde dictature du même
Papirius , entre les Consulats de Mareius-
Rutilus et de Fabius - Rullianus. 2 ° .
444. R. et de Fabius Rullianus , 3 ° . et
Decius-Mus 445. enfin encore une dictature
de Valerius , entre les Consuls Livius-
Denter ou Dento et Æmilius -Paulus
451. et les Consuls Valerius- Corvus
ou Corvinus et Apuleius - Pansa 452.
De-là plusieurs contrarietez entre Var
ron
MA Y. 1734 . 909
ton , les Fastes et Caton , par rapport à
la supputation des années , quand on les
compte , soit depuis la Fondation de Rome
, soit dans la Période Julienne ou
avant J. C.
Et d'abord jusqu'à 243. de Rome inclusivement
, les trois Systêmes s'accordent ,
ou plutôt ne sont qu'un seul et même
Systême pour les années depuis la Fondation
de Rome ; mais les Fastes ont un
an et Varon deux ans plus que Caton
pour les années avant J. C. de sorte , par
exemple , que la premiere année de cette
Fondation étant , selon Caton , la 751.
elle est , selon les Fastes , la 752. et selon
Varron , le 753. La 243. étant la 509.
selon le même Caton , elle est la 510. ou
511. selon les deux autres Auteurs .
Mais en second lieu , la 2 44. derniere
de ces Rois ou de Tarquin le Superbe ,
selon Caton et Varron , est supprimée
par les Fastes ; ce qui est cause que jusqu'à
la 305. derniere année des Decemvirs
les Fastes comptent une année
de la Ville de Rome moins que Caton et
Varron , et des années avant J. C. deux
plus que Caton et tout autant que Varron
. Ainsi la 245. qui est celle de l'établissement
du Consulat , étant la 507.
avant J. C. selon Caton , est aussi la 245 .
D selon
306 MERCURE DE FRANCE
selon Varron ; la 244. seulement selon les
Fastes , mais elle est la 509. avant J. C.
tant selon les Fastes que selon Varron. La
même diversité entre les trois calculs subsiste
jusqu'à l'an 305. de Rome , ou la
suppression du Consulat de Valerius et
d'Horatius ( que les Fastes et Varron mettent
dans la même année 305. avec la
3. année du Decemvirat ) fait naître une
nouvelle difference .
Troisiémement donc , Varron à cette
année 305. perd uncannée de la Ville de
Rome , et les Fastes en perdent une seconde
année , mais ils gagnent chacun
une année avant J. C. je veux dire que
Varron compte un an moins que Caton
de la Fondation de Rome et trois ans
avant J. C. plus que lui , les Fastes
comptent des années depuis la Fondation,
deux moins que Caton et une moins
que Varrons et des années avant J. C.
trois toutes entieres comme Varron .
de plus que Caton . Par consequent voici
comme on doit arranger et calculer les
125. années suivantes jusqu'à la 430 .
,
Caton. Varron. Fastes.
R. A.C. R. A.C. R. A.C.
306. 446.
3.07. 445.
305. 449.
306. 448 .
304. 449.
305. 448;
Les
MAY. 1734 907
7
}
Les trois dictatures de 430. 444.´
451. supprimées par Caton , ou identifiées
avec les Consulats précedens , font
d'un côté croître les années de Rome >
et de l'autre diminuer les années avant
J. C. de trois années entieres dans la
Chronologie de Varron , et dans celle des
Fastes , ensorte qu'après cette augmentation
et cette diminution , tous les trois
Systêmes ont les mêmes années avant J.C.
et ne different que d'une ou deux années
pour celles de la Fondation de Rome depuis
cette année 451. au lieu qu'avan
l'année 244. ils étoient les mêmes quant
aux années de Rome et differoient sculemena
d'un ou deux ans , quant à celles
d'avant J. C.
En un mot , pour reprendre en abregé
tout ce que nous venons de dire , les trois
calculs de Varron , des Fastes et de Caton ,
sont, pour ainsi parler, accordants, quant
aux années de Rome , et discordants d'un
ou deux ans quant aux années d'avant
J. C. et cela depuis la premiere année de
Rome jusqu'à la 243. inclusivement ; ils
sont au contraire discordants d'un ou
deux ans , quant aux années de Rome
et accordants quant aux années d'avant
J. C. et cela depuis la 451. de Rome , selon
Caton , 452. années selon les Fastes ,
Dij es
908 MERCURE DE FRANCE
er 453. selon Varron , 301. avant J. C.
selon tous les trois , jusqu'à Auguste et
jusqu'à la fin des Consulats.
Depuis l'année 244. jusqu'à la 305.
inclusivement , Caton continuë à s'accorder
avec Varron pour le calcul des années
de Rome , et à differer de lui de
deux ans pour les années d'avant J. C.
mais il commence à compter un an de
plus que les Fastes , quant aux premieres ,
et deux ans de moins , quant aux dernic.
res. Les Fastes s'accordent aussi avec Varron
, quant à celles - cy , et ont un an de
inoins lui que quant à celle- là.
Depuis l'an 306. jusqu'à la 430. inclusivement
, Caton compte un an de plus
que Varron et deux plus que les Fastes
pour les années de Rome , mais il compte
trois ans moins que l'un et l'autre par
années d'avant J. C.
les
Depuis l'an 430. inclusivement jusqu'à
l'an 444. aussi inclusivement , Caton
compte autant d'années que Varron , et
une seulement plus que les Fastes pour
les années de Rome , et deux de moins
que l'un et l'autre pour les années d'a
vant J. C.
Depuis l'an 444. jusqu'à l'an 451. il
compte une année de moins que Varron
et autant que les Fastes , par rapport aux
années
MAY. 1734 909
années de Rome , et il compte aussi une
année de moins qu'eux deux par rapport.
aux années d'avant J. C.
Enfin depuis l'an 45 I. on voit regner
la même difference pour toute la suite ,
c'est- à- dire que , selon les trois Systêmes,
on compte toujours les mêmes années
avant J. C. et que Caton compte toujours
d'une maniere uniforme un an de Rome
moins que les Fastes et deux moins que
Varron.
Je n'ai si fort insisté sur cette explication
longue et détaillée des trois Systêmes
Chronologiques des années de la
Fondation deRome , que parce que les plus
Cavans, commeLenglet etDodwel même,
(qui nous a donné si au long et année par
année , une Table de Chronologie Romaine
dans le Denis d'Halicarnasse de Londres)
se sont trompez très -lourdement en
appliquant aux 45o. premieres années de
Rome la même difference qui se trouve
entre les 300. dernieres. Dans une matiere
aussi épineuse et aussi nécessaire pour
ceux qui se mêlent de Chronologie et
d'Histoire Komaine , j'ai pensé que la
longueur et la répétition étoient une vertu
plutôt qu'un deffaut , quand elles servoient
, comme ici , à éviter l'obscurité ,
la confusion et l'erreur .
Diij Afin
910 MERCURE DE FRANCE
Afin donc qu'on n'y retombe plus , je
ne ferai point difficulté de mettre sous les
yeux du dans la Table suivante , ce
que dans les Refléxions précedentes j'ai
exposé aux yeux de l'esprit.
corps
TABLE des Années de Rome ( R ) es
d'avant Jesus- Christ ( J. C. ) selon les
trois differentes supputations , de Caton ;
des Fastes et de Varron.
Caton .
R. J.C.
Fastes .
R. J. C.
Varron .
R. J.C.
I.
751 .
I.
752.
I. 753.
101. 651 .
ΙΟΙ IOI. 652. 101. 653.
201.
SSI .
201. 552. 201. 553.
243. 509. 243. Sio. 243. SII.
244. 508. 243 * SIO. 244. SIO.
305. 447. 304. 449. 305. 449.
306. 446.
406. 346.
304 449. 305 * 449:
404. 349. 405. 349.
430. 322. 428. 325. 429. 325.
430 * 322 . 429. 324. 430. 324.
444. 308. 443 . 310. 444 310.
444 * 308.
444. 309 . 445. 309.
451. 301. 45 !. 302. 452. 302.
451
*
301. 452 . 301. 453. 301.
551.
201 .
552.
201 . $53. 201 .
651 . ICI . 652. ΙΟΙ . 653. 101.
751 . I.
752.
I. 753. I.
752. 1.
753. I. 754.
La suite pout le prochain Mercure.
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Résumé : DISSERTATION dans laquelle on expose les differences et les raisons des differences des trois Systêmes Chronologiques de Caton, de Verrius-Flaccus, ou des Fastes ou Marbres Capitolins, et de Varron, tant par rapport aux années de la Fondation de Rome, que par rapport à celles d'avant J. C. et où l'on démontre la verité du Systême de Caton.
La dissertation compare les systèmes chronologiques de Caton, Verrius-Flaccus (les Fastes des Marbres Capitolins) et Varron, en se concentrant sur les différences concernant les années de la Fondation de Rome et celles avant J.-C. Les divergences principales sont les suivantes : Les Fastes attribuent 243 ans aux sept rois de Rome jusqu'au premier consulat, tandis que Caton et Varron leur attribuent 244 ans, plaçant ainsi le consulat de Brutus et Collatinus à l'année 245 de Rome. Varron et les Fastes confondent la troisième année du décemvirat avec le consulat de Valerius et Horatius, alors que Caton les distingue. Varron et les Fastes insèrent des dictatures supplémentaires entre certains consulats, ce qui crée des contradictions avec Caton. Jusqu'à l'année 243 de Rome, les trois systèmes s'accordent sur les années depuis la Fondation de Rome mais diffèrent d'un ou deux ans pour les années avant J.-C. Par exemple, la première année de la Fondation est 751 selon Caton, 752 selon les Fastes, et 753 selon Varron. Après l'année 244, les Fastes suppriment une année, ce qui modifie les calculs pour les années suivantes. Varron et les Fastes insèrent des dictatures supplémentaires, ce qui augmente les années de Rome et diminue les années avant J.-C. Après l'année 451, les trois systèmes s'accordent sur les années avant J.-C. mais diffèrent d'une ou deux années pour celles de la Fondation de Rome.
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7666
DISSERTATION dans laquelle on expose les differences et les raisons des differences des trois Systêmes Chronologiques de Caton, de Verrius-Flaccus, ou des Fastes ou Marbres Capitolins, et de Varron, tant par rapport aux années de la Fondation de Rome, que par rapport à celles d'avant J. C. et où l'on démontre la verité du Systême de Caton.
7667
p. 911
ENIGME.
Début :
Qu'ai-je fait aux Mortels pour en être traité [...]
Mots clefs :
Oie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Qu'ai -je fait aux Mortels pour en être traité
Avec si grande dureté ?
Loin de leur faire aucune peine
Je leur cause mille plaisirs ;
Et cependant tous leurs désirs ,
Vont à me démembrer . Une joye inhumaine ,
Pour comble de malheur , fait encor couronner
Celui qui le dernier a sçû me détrôner .
Hélas tous les ans on m'accable
De cette façon déplorable ,
Sans qu'aucun Prince ou Potentat
Prenne pitié de mon état .
Qu'ai -je fait aux Mortels pour en être traité
Avec si grande dureté ?
Loin de leur faire aucune peine
Je leur cause mille plaisirs ;
Et cependant tous leurs désirs ,
Vont à me démembrer . Une joye inhumaine ,
Pour comble de malheur , fait encor couronner
Celui qui le dernier a sçû me détrôner .
Hélas tous les ans on m'accable
De cette façon déplorable ,
Sans qu'aucun Prince ou Potentat
Prenne pitié de mon état .
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7668
p. 911-912
AUTRE.
Début :
Je marche sans changer de place, [...]
Mots clefs :
Horloge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
E marche sans changer de place ,
Et suis sans cesse en mouvement ,
Sans pour cela que je me lasse ,
Et je vais toujours rondement.
Tantôt legere et tantôt plus pesante ,
Suivant que j'ai le corps plus grand ou plus petit;
Il est certains lieux où je chante ,
Ailleurs je marche à petit bruit.
Sans parler je me fais entendre ,
Et fais mouvoir tous les humains ,
D iiij Je
12 MERCURE DE FRANCE
Je les conduis sans jamais les attendre ,
Reglant presque tous leurs desseins.
Partout où je suis je domine ,
Afin de mieux les commander;"
Là , tel par mon ordre chemine ,
Qui bien tôt va se reposer.
Un autre ici se met à table ,
Que je forcerai d'en sortir ;
Pour tel devoir indispensable ,
Dont je le ferai souvenir .
Sujets de l'amoureux Empire ,
Près de vous j'ai mon agrémentt ;
Plus d'un coeur après moi soupire ,
Comme maîtresse du moment
Où son tendre désir aspire ,
Et par la j'ai plus d'un Amant.
Là , c'est un Criminel qui tremble ;
Je puis précipiter son sort.
Un Peuple nombreux qui s'assemble ,
N'attend que moi pour
voir sa mort.
Ma démarche , Lecteur , est imprudente ou sage
Selon que l'on me fait aller ;
Mais c'est à toi de me regler ,
Puisque je suis ton propre ouvrage.
E marche sans changer de place ,
Et suis sans cesse en mouvement ,
Sans pour cela que je me lasse ,
Et je vais toujours rondement.
Tantôt legere et tantôt plus pesante ,
Suivant que j'ai le corps plus grand ou plus petit;
Il est certains lieux où je chante ,
Ailleurs je marche à petit bruit.
Sans parler je me fais entendre ,
Et fais mouvoir tous les humains ,
D iiij Je
12 MERCURE DE FRANCE
Je les conduis sans jamais les attendre ,
Reglant presque tous leurs desseins.
Partout où je suis je domine ,
Afin de mieux les commander;"
Là , tel par mon ordre chemine ,
Qui bien tôt va se reposer.
Un autre ici se met à table ,
Que je forcerai d'en sortir ;
Pour tel devoir indispensable ,
Dont je le ferai souvenir .
Sujets de l'amoureux Empire ,
Près de vous j'ai mon agrémentt ;
Plus d'un coeur après moi soupire ,
Comme maîtresse du moment
Où son tendre désir aspire ,
Et par la j'ai plus d'un Amant.
Là , c'est un Criminel qui tremble ;
Je puis précipiter son sort.
Un Peuple nombreux qui s'assemble ,
N'attend que moi pour
voir sa mort.
Ma démarche , Lecteur , est imprudente ou sage
Selon que l'on me fait aller ;
Mais c'est à toi de me regler ,
Puisque je suis ton propre ouvrage.
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7669
p. 913
LOGOGRYPHE.
Début :
Avec les quatre pieds qui font tout mon partage, [...]
Mots clefs :
Remi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
Vec les quatre pieds qui font tout mon
partage ,
Je vous nomme un saint Personnage.
Prenez encor mon tout , mais d'une autre façon;
Je forme au bout du Vers un agréable son.
Rognez; j'ouvre à vos yeux une Scêne tragique ,
Sur qui maint Voyageur éprouve un triste sort.
Remettez - moi comme j'étois d'abord ;
T'offre sans rien changer deux Notes de Musique
A. X. H.
Vec les quatre pieds qui font tout mon
partage ,
Je vous nomme un saint Personnage.
Prenez encor mon tout , mais d'une autre façon;
Je forme au bout du Vers un agréable son.
Rognez; j'ouvre à vos yeux une Scêne tragique ,
Sur qui maint Voyageur éprouve un triste sort.
Remettez - moi comme j'étois d'abord ;
T'offre sans rien changer deux Notes de Musique
A. X. H.
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7670
p. 913
AUTRE.
Début :
Voici mon tout ; tête, pieds et deux cous ; [...]
Mots clefs :
Coucou
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
Voici mon tout ; tête , pieds et deux cous
La tête aux pieds , et les pieds à la tête.
Vous qui croyez que je suis une bête ,
Peut-être aussi.vous- mêmes l'êtes- vous.
Voici mon tout ; tête , pieds et deux cous
La tête aux pieds , et les pieds à la tête.
Vous qui croyez que je suis une bête ,
Peut-être aussi.vous- mêmes l'êtes- vous.
Fermer
7671
p. 913
AUTRE.
Début :
Mon tout de quatre pieds, forme un vil animal, [...]
Mots clefs :
Porc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
On tout de quatre pieds , forme un vil
Manimal ,
Qui ne se plaît que dans l'ordure ;
En combinant , dans ma structure ,
On trouve un excellent métal ,
Qui des autres sur tout par son grand prix differeg
D v Un
914 MERCURE DE FRANCE
Un autre corps solide engendré de la terre
Un noble Instrument de Chasseur ,
>
Et pour finir, Lecteur, je nomme encor le Fleuve,
Où subit un Cocher une fatale épreuve .
On tout de quatre pieds , forme un vil
Manimal ,
Qui ne se plaît que dans l'ordure ;
En combinant , dans ma structure ,
On trouve un excellent métal ,
Qui des autres sur tout par son grand prix differeg
D v Un
914 MERCURE DE FRANCE
Un autre corps solide engendré de la terre
Un noble Instrument de Chasseur ,
>
Et pour finir, Lecteur, je nomme encor le Fleuve,
Où subit un Cocher une fatale épreuve .
Fermer
7672
p. *914-914
« L'Enigme du mois dernier a dû s'expliquer par le Poisson d'Avril ; et les [...] »
Début :
L'Enigme du mois dernier a dû s'expliquer par le Poisson d'Avril ; et les [...]
Mots clefs :
Poisson d'avril, Broche, Grange, Bourse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Enigme du mois dernier a dû s'expliquer par le Poisson d'Avril ; et les [...] »
L'Enigme du mois dernier a dû s'expliquer
par le Poisson d'Avril ; et les
Logogryphes par Broche , Bourse , Grange.
On trouve dans le premier , Broc , Roch ,
Roc , Bec , Echo , & c. Dans le deuxième ,
Ourse , Ours , Or , Buse et Ruse. Dans le
troisième , Gange , Ange , Age , Gage
Rage.
par le Poisson d'Avril ; et les
Logogryphes par Broche , Bourse , Grange.
On trouve dans le premier , Broc , Roch ,
Roc , Bec , Echo , & c. Dans le deuxième ,
Ourse , Ours , Or , Buse et Ruse. Dans le
troisième , Gange , Ange , Age , Gage
Rage.
Fermer
7673
p. 914-918
« INSTRUCTION sur le Jubilé de l'Eglise Primatiale de S. Jean de Lyon, [...] »
Début :
INSTRUCTION sur le Jubilé de l'Eglise Primatiale de S. Jean de Lyon, [...]
Mots clefs :
Parlement, Jubilé de l'église primatiale de Saint-Jean de Lyon, Jardinier solitaire, Philosophie moderne, Traité de perspective, Vie des saints pères des déserts, Lettres édifiantes et curieuses, Traité de la communauté entre mari et femme, Vie des saints, Amours de Clitophon et de Leucippe, Plaidoyers de M. Erard, Histoire des conquêtes et découvertes des Portugais dans le nouveau monde, Phénix conjugal, Traité de chimie, Paysan parvenu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « INSTRUCTION sur le Jubilé de l'Eglise Primatiale de S. Jean de Lyon, [...] »
NSTRUCTION sur le Jubilé de l'E
Iglise Primatiale de S. Jean de Lyon ,
à l'occasion du concours de la Fête- Dieu
avec celle de la Nativité de S. Jean- Baptiste
, qui arrive le 24. de Juin de cette
année 1734. imprimée par ordre de
M. l'Archevêque. A Lyon , chez Pierre
Valfray , in 12. de 161. pages , et se trouve
à Paris , chez Antoine Chippier , Libraire
, rue du Foin.
LE
-M A Y. 1734.
915
LE JARDINIER SOLITAIRE , contenant
la Méthode de faire et cultiver un Jar-,
din Fruitier et Potager ; et plusieurs Experiences
nouvelles , avec des Refléxions
sur la culture des Arbres , cinquième
Edition , augmentée . Rue S. Jacques ,
chez le Mercier , fils , in 12. avec figu
res , 2. livres.
LA PHILOSOPHIE MODERNE , par Demandes
et par Réponses ; avec un Traité
de l'Art de persuader. Par M. de Lelevel
, Chez le même , 3. volumes in 12 .
4. livres ro. sols .
TRAITE DE PERSPECTIVE , où sont
contenus les fondemens de la Peinture ,
par le Pere Lamy , de l'Oratoire. Chez
le même , in 8. avec figures , 5. livres .
LES VIES DES SAINTS PERES DES DESERTS
, et de quelques Saintes , écrites
par des Peres de l'Eglise et autres anciens
Auteurs Ecclesiastiques , Grecs et
Latins. Traduites en François par M. Arnauld
d'Andilly. Nouv lle Edition . Chez
Louis Josse , rue S. Jacques , 1733. in 8 .
3. volumes .
LETTRES EDIFIANTES ET CURIEUSES ,
écrites
916 MERCURE DE FRANCE
&
écrites des Missions Etrangeres , par quel
ques Missionnaires de la Compagnie de
Jesus. XXIe Recueil , 1734. in 12. Chez
Nicolas le Clerc , rue de la vieille Bouclerie
, et chez le Mercier , ruë S. Jacques.
TRAITE' de la Communauté entre
Mary et Femme , avec un Traité des
Communautez ou Societez tacites ; par
Maître Denis le Brun , Avocat au Parlement
, Ouvrage posthume , donné d'abord
au Public par les soins de Louis
Hideux , Avocat au Parlement. Nouvelle
Edition , augmentée considerablement
de nouvelles Décisions et de Notes Critiques
, par Me .... et M .... Avocats
au Parlement. A Paris , chez Claude Robustel
, rue S. Jacques , 1733. in folio de
648. pages pour le Traité de la Communauté
entre Mary et Femme , et 58 .
pages pour le Traité des Communautez
ou Societez tacites .
LES VIES DES SAINTS pour tous les
jours de l'année , avec l'Histoire des Mysteres
de N. S. Nouvelle Edition , augmentée
à la fin de chaque Vie , de differentes
Pratiques et Prieres , tirées des
principales actions des Saints. Chez Lotin ;
rue S. Jacques , et Dessaint , ruë S. Jean
de Beauvais. 2. vol. in 4.
LES
MAY 1734 917
LES AMOURS de Clitophon et de Leucippe
, Traduction libre du Grec d'Achilles
Tatius, avec des Notes . Par le sieur
D.... D .... A Paris , rue de la Harpe ,
chez André- François le Breton , in 12.
J
PLAIDOYERS DE M. ERARD , Avocat
au Parlement , avec les Arrêts du Parlement
donnez en interpretation des Articles
282. et 283. de la Coûtume de
Paris , touchant les avantages indirects
faits par l'un des Conjoints à l'autre , et
un Extrait du Testament de la Dame
Marquise de Torcy , contenant un Legs
universel au profit de la Dame de la Tour,
Mere de son Mary , et les Factums de
M. Erard , pour les Heritiers de ladite
Dame de Torcy , qui ont obtenu cet
Arrêt. Seconde Edition . Chez Mesnier ,
ruë S. Severin et au Palais , au Soleil
d'or , 1734. in 8.
HISTOIRE des Conquêtes et Découverres
des Portuguais dans le nouveau Monde
, avec des figures en taille - douce . Par
le R. P. J. F. Lafitau , de la Compagnie
de Jesus. A Paris , chez Saugrain , Pere ,
Quay des Augustins , et J. B. Coignard .
fils , rue S. Jacques , 1733. Grande Edition
, in 4. 2. volumes ; petite, in 12
4. volumes.
18 MERCURE DE FRANCE
LE PHENIX CONJUGAL , Nouvelle
du Temps . A Paris , Quay des Augus→
tins , chez le Breton , fils , 1734. brochure
in 12. de 94. pages .
TRAITE DE CHIMIE , contenant l'a
maniere de préparer les Remedes qui
sont les plus en usage dans la pratique
de la Médecine. Par M. Malouin , Docteur-
Regent de la Faculté de Medecine
de Paris . Chez G. Cavelier , ruë S. Jacques
, an Lys d'or , 1734. in 12.
, LE PAYSAN PARVENU ou les Memoires
de M ... Par M. de Marivaux. Chez
Prault , pere , Quay de Gêvres , $ 734. in 12 .
Iglise Primatiale de S. Jean de Lyon ,
à l'occasion du concours de la Fête- Dieu
avec celle de la Nativité de S. Jean- Baptiste
, qui arrive le 24. de Juin de cette
année 1734. imprimée par ordre de
M. l'Archevêque. A Lyon , chez Pierre
Valfray , in 12. de 161. pages , et se trouve
à Paris , chez Antoine Chippier , Libraire
, rue du Foin.
LE
-M A Y. 1734.
915
LE JARDINIER SOLITAIRE , contenant
la Méthode de faire et cultiver un Jar-,
din Fruitier et Potager ; et plusieurs Experiences
nouvelles , avec des Refléxions
sur la culture des Arbres , cinquième
Edition , augmentée . Rue S. Jacques ,
chez le Mercier , fils , in 12. avec figu
res , 2. livres.
LA PHILOSOPHIE MODERNE , par Demandes
et par Réponses ; avec un Traité
de l'Art de persuader. Par M. de Lelevel
, Chez le même , 3. volumes in 12 .
4. livres ro. sols .
TRAITE DE PERSPECTIVE , où sont
contenus les fondemens de la Peinture ,
par le Pere Lamy , de l'Oratoire. Chez
le même , in 8. avec figures , 5. livres .
LES VIES DES SAINTS PERES DES DESERTS
, et de quelques Saintes , écrites
par des Peres de l'Eglise et autres anciens
Auteurs Ecclesiastiques , Grecs et
Latins. Traduites en François par M. Arnauld
d'Andilly. Nouv lle Edition . Chez
Louis Josse , rue S. Jacques , 1733. in 8 .
3. volumes .
LETTRES EDIFIANTES ET CURIEUSES ,
écrites
916 MERCURE DE FRANCE
&
écrites des Missions Etrangeres , par quel
ques Missionnaires de la Compagnie de
Jesus. XXIe Recueil , 1734. in 12. Chez
Nicolas le Clerc , rue de la vieille Bouclerie
, et chez le Mercier , ruë S. Jacques.
TRAITE' de la Communauté entre
Mary et Femme , avec un Traité des
Communautez ou Societez tacites ; par
Maître Denis le Brun , Avocat au Parlement
, Ouvrage posthume , donné d'abord
au Public par les soins de Louis
Hideux , Avocat au Parlement. Nouvelle
Edition , augmentée considerablement
de nouvelles Décisions et de Notes Critiques
, par Me .... et M .... Avocats
au Parlement. A Paris , chez Claude Robustel
, rue S. Jacques , 1733. in folio de
648. pages pour le Traité de la Communauté
entre Mary et Femme , et 58 .
pages pour le Traité des Communautez
ou Societez tacites .
LES VIES DES SAINTS pour tous les
jours de l'année , avec l'Histoire des Mysteres
de N. S. Nouvelle Edition , augmentée
à la fin de chaque Vie , de differentes
Pratiques et Prieres , tirées des
principales actions des Saints. Chez Lotin ;
rue S. Jacques , et Dessaint , ruë S. Jean
de Beauvais. 2. vol. in 4.
LES
MAY 1734 917
LES AMOURS de Clitophon et de Leucippe
, Traduction libre du Grec d'Achilles
Tatius, avec des Notes . Par le sieur
D.... D .... A Paris , rue de la Harpe ,
chez André- François le Breton , in 12.
J
PLAIDOYERS DE M. ERARD , Avocat
au Parlement , avec les Arrêts du Parlement
donnez en interpretation des Articles
282. et 283. de la Coûtume de
Paris , touchant les avantages indirects
faits par l'un des Conjoints à l'autre , et
un Extrait du Testament de la Dame
Marquise de Torcy , contenant un Legs
universel au profit de la Dame de la Tour,
Mere de son Mary , et les Factums de
M. Erard , pour les Heritiers de ladite
Dame de Torcy , qui ont obtenu cet
Arrêt. Seconde Edition . Chez Mesnier ,
ruë S. Severin et au Palais , au Soleil
d'or , 1734. in 8.
HISTOIRE des Conquêtes et Découverres
des Portuguais dans le nouveau Monde
, avec des figures en taille - douce . Par
le R. P. J. F. Lafitau , de la Compagnie
de Jesus. A Paris , chez Saugrain , Pere ,
Quay des Augustins , et J. B. Coignard .
fils , rue S. Jacques , 1733. Grande Edition
, in 4. 2. volumes ; petite, in 12
4. volumes.
18 MERCURE DE FRANCE
LE PHENIX CONJUGAL , Nouvelle
du Temps . A Paris , Quay des Augus→
tins , chez le Breton , fils , 1734. brochure
in 12. de 94. pages .
TRAITE DE CHIMIE , contenant l'a
maniere de préparer les Remedes qui
sont les plus en usage dans la pratique
de la Médecine. Par M. Malouin , Docteur-
Regent de la Faculté de Medecine
de Paris . Chez G. Cavelier , ruë S. Jacques
, an Lys d'or , 1734. in 12.
, LE PAYSAN PARVENU ou les Memoires
de M ... Par M. de Marivaux. Chez
Prault , pere , Quay de Gêvres , $ 734. in 12 .
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Résumé : « INSTRUCTION sur le Jubilé de l'Eglise Primatiale de S. Jean de Lyon, [...] »
Le document présente une liste d'ouvrages publiés en 1733 et 1734. Parmi les publications notables, figure une instruction sur le Jubilé de l'Église Primatiale de Saint-Jean de Lyon, à l'occasion de la Fête-Dieu et de la Nativité de Saint-Jean-Baptiste, imprimée par ordre de l'archevêque. Plusieurs autres ouvrages sont mentionnés, couvrant divers domaines. 'Le Jardinier Solitaire' est une méthode de jardinage fruitier et potager. 'La Philosophie Moderne' est un traité de l'art de persuader, écrit par M. de Lelevel. Le document liste également des traités sur la perspective, des vies des saints, des lettres édifiantes des missions étrangères, et des plaidoyers juridiques. Des œuvres littéraires comme 'Les Amours de Clitophon et de Leucippe' et 'Le Paysan Parvenu' sont également mentionnées. Les publications couvrent des domaines variés tels que l'agriculture, la philosophie, la religion, le droit, et la littérature.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7674
p. 918-926
Histoire Naturelle de l'Univers, &c. [titre d'après la table]
Début :
HISTOIRE NATURELLE de l'Univers, dans laquelle on raporte des raisons [...]
Mots clefs :
Terre, Système, Mer, Génération, Effets, Nature, Globe, Figures, Observations, Pierres
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texteReconnaissance textuelle : Histoire Naturelle de l'Univers, &c. [titre d'après la table]
HISTOIRE NATURELLE de l'Univers
, dans laquelle on raporte des raisons
Physiques des effets les plus extraordinaires
et les plus merveilleux de la
Nature. Enrichie de Figures en Tailledouce
. Par M. Colonne Gentilhomme
Romain , dédiée à M. le Duc de Richelieu.
A Paris , chez André Cailleau , Quay
des Augustins , à S. André 1734 .
,
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Paris
au sujet de ce Livre .
L'Ouvrage dont le titre seul a piqué
vôtre curiosité et que vous voulez que je
Vous
MAY. 1734. 919
vous fasse connoître particulierement
est divisé en deux volumes in 12. dont le
premier est de 404. pages , sans l'Epître
I'Avertissement et la Préface ; et le second
de 522 pages , chaque volume est subdivisé
en plusieurs Parties et les Parties
en Chapitres .
Dans la premiere Partie l'Auteur commence
par l'Histoire de ce qu'on a remarqué
jusques à présent de plus curieux
et de plus extraordinaire dans le Ciel ,
c'est- à dire la grandeur des Planetes, leurs
taches , leurs figures , leur éloignement
de la Terre, leurs mouvements différents ,
soit sur leur axe , soit autour du Soleil
et en combien de tems ces révolutions
arrivent . A tout cela est jointe une Table
d'observations , où l'on peut voir en un
coup d'oeil toutes celles qui ont été faites
par les plus habiles Astronomes de l'Europe
depuis près d'un siècle. On y parle
aussi des Etoiles fixes , et des changements
qui sont arrivez parmi ces Astres . On
traite dans le second Chapitre des Cometes
. Dans le troisiéme , des espaces lumineux
sans Etoiles. Dans le quatrième ,
´des Parelies , de l'Aurore Septentrionale,
et enfin dans cette premiere Partie , on
ajoute une Relation exacte de tout ce
qu'on a pû remarquer de plus curieux
dans le Ciel et dans l'Atmosphere .
920 MERCURE DE FRANCE
Seconde Partie. L'Auteur considere
d'abord le Globe de la Terre en general
les et sa composition . Il examine ce que
Anciens en connoissoient . S'ils avoient
quelque notion de l'Amerique, et si cette
nouvelle Partie du monde a quelque raport
à l'Isle Atlantique dont Platon a
parlé. Il fait ensuite la Description des
Pays nouvellement découverts , fixant le
temps de ces découvertes , et nommant .
les Personnes qui les ont faites. Il parle
dans le second Chapitre des Inégalitez de
la Terre ou des Montagnes : il examine
si elles ont été formées dès le commencement
du Monde , ou si elles croissent
par la végetation , comme son systême le
supose . C'est ce qu'il démontre par
expériences certaines , et sur des observations
que d'habiles Philosophes ont
faites avec toute l'exactitude possible . Il
fait encore historiquement la Description
des Montagnes les plus considerables
donnant la hauteur des plus élevées , et
parlant de la singularité de quelques - unes
par raport aux figures qu'elles représentent
, ou aux effets qu'elles produisent.
و
Dans le Chapitre 3. Il est parlé des
Plaines , et des Deserts sablonneux , ou
arides . Dans le Chapitre qui suit l'Auteur
fait voir qu'on ne peut pas connoître
CCBe
MA Y. 1734. 921
certains effets qui arrivent sur la superficie
de la terre , sans sçavoir auparavant
J'eau. Il
prouve que
son intérieur est rempli de feu et
d'eau . Il prouve que la Terre contient
beaucoup de feux dans ses entrailles , par
la quantité connuë de tous les Volcans
qui jettent du feu , dont il fait l'histoire .
Il ajoute à l'Historique , la cause et la
raison Physique de la continuation et de
la conservation de ces feux souterrains
et il prouve par des faits historiques
qu'ils sont la cause des Tremblements de
Terre.
>
>
Le Chapitre cinquiéme contient l'Histoire
des Eaux chaudes et leurs vertus.
La pénétration de l'Eau dans le sein de la
Terre , et la circulation de cet Element
font la matiere du Chapitre 6 , où il
prouve historiquement son systême par
fa quantité d'Eau qu'on trouve dans les
Mines les plus profondes , par les Lacs
les Fleuves et les Fontaines , qui se perdent
et qui reparoissent en d'autres endroits
dont il fait un dénombrement cu
rieux , auquel il ajoute la relation de plusieurs
Villes abimées par des Tremblements
de Terre , à la place desquelles
ont paru des Lacs très- considérables .
Dans le Chapitre 7 , il parle des differentes
Terres dont le Globe Terrestre est
com
22 MERCURE DE FRANCE
composé , et des propriétez singulieres
de quelques - unes. Le Chapitre 8. contient
différentes observations sur la fermentation
du Globe Terrestre , et particulierement
sur la Mer. Les changemens qui
arrivent ou qui sont arrivez au Globe de
la Terre , et de la Terre même avec les
Astres , fait le sujet du dernier Chapitre
de cette Partie.
La principale cause du changement qui
arrive dans les differentes Parties de ce
Globe , vient , selon l'Auteur , de ce que
les lieux secs deviennent insensiblement
l'eau oc- acqueux et que les endroits que
cupoit auparavant restent à sec ; ce qu'il
prouve par plusieurs endroits de la Terre,
où l'on voit visiblement aujourd'hui
que
l'eau de la Mer gagne peu à peu et en
même tems découvre , et laisse d'autres
Terres à sec , n'y ayant sur la Terre
qu'une certaine quantité d'eau pour couvrir
une certaine étenduë de Terre.
Troisiéme Partie. Avant que d'entrer
en matiere l'Auteur explique sommairement
la Fable Mystique de Jupiter
Neptune et Pluton , qui avoient divisé
entr'eux l'Empire de l'Univers . Il prétend
que les Anciens ont entendu par ces
trois Noms , le Regne Animal , où le
feu domine , le Regne Vegetal , où l'hu ♣
midité
MAY. 1734.
923
midité prédomine sur le feu ; et le Regne
Minéral , dans lequel le sel ou la Terrestreïté
l'emporte sur les autres Elements .
Suivant cette division il commence par
examiner le Royaume de Pluton , qui est
le Minéral , ou celui des corps qui ne
donnent aucun signe de vie , comme les
Pierres , les Métaux , & c.
>
Dans le premier Chapitre , où il a pour
objet le sel , soit de la Mer , soit de la
Terre , il parle d'abord de la maniere
qu'il se forme dans la Mer aussi bien
que tous les autres differents sels qui sont
produits par la nature en divers endroits.
Il parle ensuite de la génération du Nitre
ou Salpêtre. Il fait enfin une curieuse
Description des Mers , des Montagnes ,
des Terres et des Rivieres où les differents
sels se produisent.
Dans le Chapitre suivant il parle du
Sable. Il en examine la génération , et
après avoir fait la Description historique
de plusieurs sortes de Sables de couleurs
differentes , qui viennent en differents
lieux , il conclud par un examen
Physique de la maniere dont cela se peut
faire .
Chapitre 3. et 4. l'Auteur parle des
Pierres opaques et transparentes ; il fait
une narration curieuse des Pays et des
Mi924
MERCURE DE FRANCE
Mines d'où on les tire , et de quelle façon
les unes et les autres peuvent se produire.
Il raporte plusieurs particularitez
singulieres sur les Pierres opaques , telles
que sont les vertus attribuées à quelquesunes
pour la guerison de certaines Maladies
, ou pour produire certains effets &c.
L'Auteur fait aussi mention de certaines
Pierres , où la nature a peint des figures
d'Animaux , de Plantes &c. et il enseigne
comment on peut distinguer les naturelles
d'avec les artificielles , ou qui ont reçu
certaines empreintes par quelque accident.
Le Chapitre 5. renferme le systême de
l'Auteur sur l'Ayman ; ce systême a de
quoi satisfaire et doit engager à apuyer
ceux qui aiment la simplicité en matiere.
de systême. Il parle dans le Chapitre qui
suit du Magnetisme de plusieurs autres
Corps , qui produisent des effets extra
ordinaires.
La Génération avec l'histoire particu
liere des Metaux , finit cette troisiéme
Partie et le second volume . Non - seulement
l'Auteur fait voir de quelle maniere
ils se produisent et quels sont leurs principes
prochains avec la raison de leurs
differences; mais il raporte aussi des
ves de leur végetation , et beaucoup
proud'au
MAY.
17 34 925
d'autres particularitez curieuses qui regardent
le genre Métallique.
,
Comme le même Libraire donnera incessamment
la quatrième , cinquième
sixième et derniere Partie de cet Ouvrage
, en voici par avance un leger crayon.
Dans le quatrième , l'Auteur parle du
Flux et Reflux de la Mer en general , et
de celui de l'Euripe en particulier , il
parle aussi des Tempêtes , des Meteores
et des courants de la Mer , des Pluyes
ordinaires et extraordinaires ; on y trouve
aussi l'Histoire des Lacs , des Fontaines
et des Rivieres , qui ont quelque proprieté
extraordinaire , ce qui est suivi de
la génération des Vegetaux et de l'Histoire
des Plantes les plus rares et les plus curieuses
.
La cinquiéme Partie renferme la Génération
et l'Histoire des Animaux Qua--
drupedes, Volatiles et Aquatiques, l'Histoire
des Insectes et des petits Animaux
qui ne sont visibles que par le secours du
Microscope. Enfin après avoir parlé de
l'instinct , du discernement et du sentiment
des Animaux , cette cinquième
Partie finit par un Traité de l'Homme
consideré comme Animal et comme raisonnable.
Dans la sixième et derniere Partie
on
926 MERCURE DE FRANCE
و
on trouvera un systême general sur les
Vents,avec des observations particulieres
sur certains Vents tels
que sont ceux
qu'on nomme Alisez , Moussons, et autres.
qui souflent communément en certaines
Mers, et régulierement en certains .
Temps de l'Année.
·
Vous serez aussi bien aise de sçavoir
qu'on trouvera du même Auteur et chez
le même Libraire deux autres Livres curieux
, intitulés l'un les Principes de la
nature , suivant l'opinion des Anciens
Philosophes , avec un Abregé de leurs.
sentiments sur la composition des Corps,,
où l'on fait voir que toutes leurs opinions
sur ces Principes, peuvent se réduire aux
deux Sectes des Atomistes et des Académiciens
, deux volumes in 12. dont le
1 x est des livres , l'autre a pour titre
les Principes de la Nature , ou de la Génération
des Vegetaux , Animaux et Mineraux
un vol. in 12. 2 livres 10 sols ,
on peut y ajourer : Le nouveau Miroir de
la Fortune , ou Abregé de la Geomance ,
pour la récréation des personnes curieuses
de cette science , in 12. 1 liv . 4 sols.
, dans laquelle on raporte des raisons
Physiques des effets les plus extraordinaires
et les plus merveilleux de la
Nature. Enrichie de Figures en Tailledouce
. Par M. Colonne Gentilhomme
Romain , dédiée à M. le Duc de Richelieu.
A Paris , chez André Cailleau , Quay
des Augustins , à S. André 1734 .
,
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Paris
au sujet de ce Livre .
L'Ouvrage dont le titre seul a piqué
vôtre curiosité et que vous voulez que je
Vous
MAY. 1734. 919
vous fasse connoître particulierement
est divisé en deux volumes in 12. dont le
premier est de 404. pages , sans l'Epître
I'Avertissement et la Préface ; et le second
de 522 pages , chaque volume est subdivisé
en plusieurs Parties et les Parties
en Chapitres .
Dans la premiere Partie l'Auteur commence
par l'Histoire de ce qu'on a remarqué
jusques à présent de plus curieux
et de plus extraordinaire dans le Ciel ,
c'est- à dire la grandeur des Planetes, leurs
taches , leurs figures , leur éloignement
de la Terre, leurs mouvements différents ,
soit sur leur axe , soit autour du Soleil
et en combien de tems ces révolutions
arrivent . A tout cela est jointe une Table
d'observations , où l'on peut voir en un
coup d'oeil toutes celles qui ont été faites
par les plus habiles Astronomes de l'Europe
depuis près d'un siècle. On y parle
aussi des Etoiles fixes , et des changements
qui sont arrivez parmi ces Astres . On
traite dans le second Chapitre des Cometes
. Dans le troisiéme , des espaces lumineux
sans Etoiles. Dans le quatrième ,
´des Parelies , de l'Aurore Septentrionale,
et enfin dans cette premiere Partie , on
ajoute une Relation exacte de tout ce
qu'on a pû remarquer de plus curieux
dans le Ciel et dans l'Atmosphere .
920 MERCURE DE FRANCE
Seconde Partie. L'Auteur considere
d'abord le Globe de la Terre en general
les et sa composition . Il examine ce que
Anciens en connoissoient . S'ils avoient
quelque notion de l'Amerique, et si cette
nouvelle Partie du monde a quelque raport
à l'Isle Atlantique dont Platon a
parlé. Il fait ensuite la Description des
Pays nouvellement découverts , fixant le
temps de ces découvertes , et nommant .
les Personnes qui les ont faites. Il parle
dans le second Chapitre des Inégalitez de
la Terre ou des Montagnes : il examine
si elles ont été formées dès le commencement
du Monde , ou si elles croissent
par la végetation , comme son systême le
supose . C'est ce qu'il démontre par
expériences certaines , et sur des observations
que d'habiles Philosophes ont
faites avec toute l'exactitude possible . Il
fait encore historiquement la Description
des Montagnes les plus considerables
donnant la hauteur des plus élevées , et
parlant de la singularité de quelques - unes
par raport aux figures qu'elles représentent
, ou aux effets qu'elles produisent.
و
Dans le Chapitre 3. Il est parlé des
Plaines , et des Deserts sablonneux , ou
arides . Dans le Chapitre qui suit l'Auteur
fait voir qu'on ne peut pas connoître
CCBe
MA Y. 1734. 921
certains effets qui arrivent sur la superficie
de la terre , sans sçavoir auparavant
J'eau. Il
prouve que
son intérieur est rempli de feu et
d'eau . Il prouve que la Terre contient
beaucoup de feux dans ses entrailles , par
la quantité connuë de tous les Volcans
qui jettent du feu , dont il fait l'histoire .
Il ajoute à l'Historique , la cause et la
raison Physique de la continuation et de
la conservation de ces feux souterrains
et il prouve par des faits historiques
qu'ils sont la cause des Tremblements de
Terre.
>
>
Le Chapitre cinquiéme contient l'Histoire
des Eaux chaudes et leurs vertus.
La pénétration de l'Eau dans le sein de la
Terre , et la circulation de cet Element
font la matiere du Chapitre 6 , où il
prouve historiquement son systême par
fa quantité d'Eau qu'on trouve dans les
Mines les plus profondes , par les Lacs
les Fleuves et les Fontaines , qui se perdent
et qui reparoissent en d'autres endroits
dont il fait un dénombrement cu
rieux , auquel il ajoute la relation de plusieurs
Villes abimées par des Tremblements
de Terre , à la place desquelles
ont paru des Lacs très- considérables .
Dans le Chapitre 7 , il parle des differentes
Terres dont le Globe Terrestre est
com
22 MERCURE DE FRANCE
composé , et des propriétez singulieres
de quelques - unes. Le Chapitre 8. contient
différentes observations sur la fermentation
du Globe Terrestre , et particulierement
sur la Mer. Les changemens qui
arrivent ou qui sont arrivez au Globe de
la Terre , et de la Terre même avec les
Astres , fait le sujet du dernier Chapitre
de cette Partie.
La principale cause du changement qui
arrive dans les differentes Parties de ce
Globe , vient , selon l'Auteur , de ce que
les lieux secs deviennent insensiblement
l'eau oc- acqueux et que les endroits que
cupoit auparavant restent à sec ; ce qu'il
prouve par plusieurs endroits de la Terre,
où l'on voit visiblement aujourd'hui
que
l'eau de la Mer gagne peu à peu et en
même tems découvre , et laisse d'autres
Terres à sec , n'y ayant sur la Terre
qu'une certaine quantité d'eau pour couvrir
une certaine étenduë de Terre.
Troisiéme Partie. Avant que d'entrer
en matiere l'Auteur explique sommairement
la Fable Mystique de Jupiter
Neptune et Pluton , qui avoient divisé
entr'eux l'Empire de l'Univers . Il prétend
que les Anciens ont entendu par ces
trois Noms , le Regne Animal , où le
feu domine , le Regne Vegetal , où l'hu ♣
midité
MAY. 1734.
923
midité prédomine sur le feu ; et le Regne
Minéral , dans lequel le sel ou la Terrestreïté
l'emporte sur les autres Elements .
Suivant cette division il commence par
examiner le Royaume de Pluton , qui est
le Minéral , ou celui des corps qui ne
donnent aucun signe de vie , comme les
Pierres , les Métaux , & c.
>
Dans le premier Chapitre , où il a pour
objet le sel , soit de la Mer , soit de la
Terre , il parle d'abord de la maniere
qu'il se forme dans la Mer aussi bien
que tous les autres differents sels qui sont
produits par la nature en divers endroits.
Il parle ensuite de la génération du Nitre
ou Salpêtre. Il fait enfin une curieuse
Description des Mers , des Montagnes ,
des Terres et des Rivieres où les differents
sels se produisent.
Dans le Chapitre suivant il parle du
Sable. Il en examine la génération , et
après avoir fait la Description historique
de plusieurs sortes de Sables de couleurs
differentes , qui viennent en differents
lieux , il conclud par un examen
Physique de la maniere dont cela se peut
faire .
Chapitre 3. et 4. l'Auteur parle des
Pierres opaques et transparentes ; il fait
une narration curieuse des Pays et des
Mi924
MERCURE DE FRANCE
Mines d'où on les tire , et de quelle façon
les unes et les autres peuvent se produire.
Il raporte plusieurs particularitez
singulieres sur les Pierres opaques , telles
que sont les vertus attribuées à quelquesunes
pour la guerison de certaines Maladies
, ou pour produire certains effets &c.
L'Auteur fait aussi mention de certaines
Pierres , où la nature a peint des figures
d'Animaux , de Plantes &c. et il enseigne
comment on peut distinguer les naturelles
d'avec les artificielles , ou qui ont reçu
certaines empreintes par quelque accident.
Le Chapitre 5. renferme le systême de
l'Auteur sur l'Ayman ; ce systême a de
quoi satisfaire et doit engager à apuyer
ceux qui aiment la simplicité en matiere.
de systême. Il parle dans le Chapitre qui
suit du Magnetisme de plusieurs autres
Corps , qui produisent des effets extra
ordinaires.
La Génération avec l'histoire particu
liere des Metaux , finit cette troisiéme
Partie et le second volume . Non - seulement
l'Auteur fait voir de quelle maniere
ils se produisent et quels sont leurs principes
prochains avec la raison de leurs
differences; mais il raporte aussi des
ves de leur végetation , et beaucoup
proud'au
MAY.
17 34 925
d'autres particularitez curieuses qui regardent
le genre Métallique.
,
Comme le même Libraire donnera incessamment
la quatrième , cinquième
sixième et derniere Partie de cet Ouvrage
, en voici par avance un leger crayon.
Dans le quatrième , l'Auteur parle du
Flux et Reflux de la Mer en general , et
de celui de l'Euripe en particulier , il
parle aussi des Tempêtes , des Meteores
et des courants de la Mer , des Pluyes
ordinaires et extraordinaires ; on y trouve
aussi l'Histoire des Lacs , des Fontaines
et des Rivieres , qui ont quelque proprieté
extraordinaire , ce qui est suivi de
la génération des Vegetaux et de l'Histoire
des Plantes les plus rares et les plus curieuses
.
La cinquiéme Partie renferme la Génération
et l'Histoire des Animaux Qua--
drupedes, Volatiles et Aquatiques, l'Histoire
des Insectes et des petits Animaux
qui ne sont visibles que par le secours du
Microscope. Enfin après avoir parlé de
l'instinct , du discernement et du sentiment
des Animaux , cette cinquième
Partie finit par un Traité de l'Homme
consideré comme Animal et comme raisonnable.
Dans la sixième et derniere Partie
on
926 MERCURE DE FRANCE
و
on trouvera un systême general sur les
Vents,avec des observations particulieres
sur certains Vents tels
que sont ceux
qu'on nomme Alisez , Moussons, et autres.
qui souflent communément en certaines
Mers, et régulierement en certains .
Temps de l'Année.
·
Vous serez aussi bien aise de sçavoir
qu'on trouvera du même Auteur et chez
le même Libraire deux autres Livres curieux
, intitulés l'un les Principes de la
nature , suivant l'opinion des Anciens
Philosophes , avec un Abregé de leurs.
sentiments sur la composition des Corps,,
où l'on fait voir que toutes leurs opinions
sur ces Principes, peuvent se réduire aux
deux Sectes des Atomistes et des Académiciens
, deux volumes in 12. dont le
1 x est des livres , l'autre a pour titre
les Principes de la Nature , ou de la Génération
des Vegetaux , Animaux et Mineraux
un vol. in 12. 2 livres 10 sols ,
on peut y ajourer : Le nouveau Miroir de
la Fortune , ou Abregé de la Geomance ,
pour la récréation des personnes curieuses
de cette science , in 12. 1 liv . 4 sols.
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Résumé : Histoire Naturelle de l'Univers, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Histoire Naturelle de l'Univers' de M. Colonne, dédié à M. le Duc de Richelieu, est publié en 1734 à Paris. Il se compose de deux volumes, le premier contenant 404 pages et le second 522 pages, chacun subdivisé en parties et chapitres. La première partie explore les phénomènes célestes, incluant la grandeur des planètes, leurs taches, leurs mouvements, et les observations des astronomes européens. Elle aborde également les comètes, les espaces lumineux sans étoiles, les parhélies, et l'aurore boréale. La deuxième partie examine le globe terrestre, sa composition, et les connaissances des Anciens sur l'Amérique. Elle décrit les pays nouvellement découverts, les montagnes, les plaines, et les déserts. L'auteur discute des feux souterrains, des volcans, et des tremblements de terre. Il explore aussi les eaux chaudes, la circulation de l'eau dans la Terre, et les changements géologiques. La troisième partie commence par une explication de la fable mystique de Jupiter, Neptune et Pluton, représentant respectivement les règnes animal, végétal et minéral. Elle détaille la génération des sels, du sable, des pierres, et des métaux, ainsi que leurs propriétés et usages. Les parties suivantes, à paraître, traiteront du flux et reflux de la mer, des tempêtes, des végétaux, des animaux, et des vents. L'auteur a également publié d'autres ouvrages sur les principes de la nature et la géomancie.
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7675
p. 926-928
Causes celebres et interessantes, [titre d'après la table]
Début :
CAUSES CELEBRES et interessantes, avec les jugemens qui les ont décidées, recüeillies [...]
Mots clefs :
Causes, Innocent condamné, Mariage, Juges, Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Causes celebres et interessantes, [titre d'après la table]
CAUSES CELEBRES et interessantes , avec
les jugemens qui les ont décidées , recueillies
par M .... Avocat au Parlement
tom.
MA Y. 1734
927
tomes III . et IV. in 12. de 480. pages
chacun . A Paris , ruë S. Jacques , chez
la Veuve de Laune et Guill. Cavelier , et
au Palais chez Théodore le Gras et Jean de
Neuilly. M. DCC. XXXIV .
L'Auteur de ce Livre encouragé par le
succès qu'ont eu les deux premiers volumes
, vient d'en donner au Public un
troisième et un quatrième . Il n'a rien oublié
pour exciter la curiosité , soit par le
choix des causes , soit en sacrifiant le fatras
de la Procedure pour préserver de
l'ennui , soit en rappellant d'autres matieres
curieuses à propos des sujets qu'il
traite. On peut dire que c'est par- là qu'il
a réüssi à faire lire par les Dames même
un Livre de Jurisprudence ; car il y a telle
cause dans ce Livre , laquelle , quoique
conforme à la verité, est plus belle qu'e
belle Fable. Ainsi cet Ouvrage instruit et
divertit tout ensemble , l'Auteur ayant
toujours eu soin de joindre l'agréable à
Putile.
L'affaire toute extraordinaire de la Piwardiere
, celle de Beau - Sergent et de
Madelaine Jollivet , de la Belle Epiciere ,
de le Brun ou de l'Innocent Condamné ,
et plusieurs Testamens singuliers, font là
matiere du troiséme tome.
Le quatriéme contient l'Histoire Tragique
$
928 MERCURE DE FRANCE
gique de Madame Tiquet et les Causes "
suivantes ; la Legataire présumée indigne,
les Juges de Mante , ou les Juges Prévaricataires
punis, la Cause de Dieu , ou Societé
contractée avec Dieu , par un Marchand
, executée ; Injures et Voyes de
fait , ou Insulte faite par la Marquise de
T. à la Dame de L. punie ; le Mariage
mal assorti , le Mariage avorté , les Faux
Hermaphrodites , Different entre un Bailly
et le Procureur du Roi du même Siege ,'
et l'Innocent Condamné , autre que le
Brun.
les jugemens qui les ont décidées , recueillies
par M .... Avocat au Parlement
tom.
MA Y. 1734
927
tomes III . et IV. in 12. de 480. pages
chacun . A Paris , ruë S. Jacques , chez
la Veuve de Laune et Guill. Cavelier , et
au Palais chez Théodore le Gras et Jean de
Neuilly. M. DCC. XXXIV .
L'Auteur de ce Livre encouragé par le
succès qu'ont eu les deux premiers volumes
, vient d'en donner au Public un
troisième et un quatrième . Il n'a rien oublié
pour exciter la curiosité , soit par le
choix des causes , soit en sacrifiant le fatras
de la Procedure pour préserver de
l'ennui , soit en rappellant d'autres matieres
curieuses à propos des sujets qu'il
traite. On peut dire que c'est par- là qu'il
a réüssi à faire lire par les Dames même
un Livre de Jurisprudence ; car il y a telle
cause dans ce Livre , laquelle , quoique
conforme à la verité, est plus belle qu'e
belle Fable. Ainsi cet Ouvrage instruit et
divertit tout ensemble , l'Auteur ayant
toujours eu soin de joindre l'agréable à
Putile.
L'affaire toute extraordinaire de la Piwardiere
, celle de Beau - Sergent et de
Madelaine Jollivet , de la Belle Epiciere ,
de le Brun ou de l'Innocent Condamné ,
et plusieurs Testamens singuliers, font là
matiere du troiséme tome.
Le quatriéme contient l'Histoire Tragique
$
928 MERCURE DE FRANCE
gique de Madame Tiquet et les Causes "
suivantes ; la Legataire présumée indigne,
les Juges de Mante , ou les Juges Prévaricataires
punis, la Cause de Dieu , ou Societé
contractée avec Dieu , par un Marchand
, executée ; Injures et Voyes de
fait , ou Insulte faite par la Marquise de
T. à la Dame de L. punie ; le Mariage
mal assorti , le Mariage avorté , les Faux
Hermaphrodites , Different entre un Bailly
et le Procureur du Roi du même Siege ,'
et l'Innocent Condamné , autre que le
Brun.
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Résumé : Causes celebres et interessantes, [titre d'après la table]
Le texte décrit une œuvre intitulée 'CAUSES CELEBRES et intéressantes, avec les jugements qui les ont décidées', rédigée par un avocat au Parlement. Les tomes III et IV, publiés en 1734, comptent chacun 480 pages et sont disponibles à Paris. L'auteur, stimulé par le succès des deux premiers volumes, a choisi des causes remarquables et évité les détails procéduraux pour rendre l'ouvrage accessible et captivant, même pour les dames. Le troisième tome aborde l'affaire de la Piwardiere, de Beau-Sergent et Madeleine Jollivet, de la Belle Épicerie, de Le Brun ou de l'Innocent Condamné, ainsi que plusieurs testaments singuliers. Le quatrième tome inclut l'Histoire Tragique de Madame Tiquet, la Légataire présumée indigne, les Juges de Mante ou les Juges Prévaricateurs punis, la Cause de Dieu, les Injures et Voies de fait, le Mariage mal assorti, le Mariage avorté, les Faux Hermaphrodites, un différend entre un Bailli et le Procureur du Roi, et une autre affaire d'Innocent Condamné. L'ouvrage vise à allier instruction et divertissement, rendant les sujets juridiques agréables et utiles.
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7676
p. 928-931
« LA PHISIQUE SACRÉE, ou Histoire naturelle de la Bible, traduite de M. Jean-Jacques [...] »
Début :
LA PHISIQUE SACRÉE, ou Histoire naturelle de la Bible, traduite de M. Jean-Jacques [...]
Mots clefs :
Docteur en médecine, Cheval, Physique sacrée, Histoire des rois de Pologne, Vérités capitales de la religion, Fragments des poésies de Sappho, Art de monter à cheval, Nouvelles découvertes en médecine, Histoire critique de Manichée et du Manichéisme
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texteReconnaissance textuelle : « LA PHISIQUE SACRÉE, ou Histoire naturelle de la Bible, traduite de M. Jean-Jacques [...] »
LA PHISIQUE SACRE'E , ou Histoire na
nurelle de la Bible , traduite de M. Jean-
Jacques Scheuchzer , Docteur en Medecine
, Professeur en Mathematiques à Zurich
, et Membre de la Societé Royale
d'Angleterre , et des Académies de Vien
ne et de Berlin , enrichie de plus de 700 .
figures en tailles- douces , par les soins de
Jean André Pfeffel Graveur de Sa Majesté
Imperiale, divisée en huit volumes.
A Amsterdam , chez Mortier , & c . et se
vend àParis , Quay des Augustins , chez
Rollin Fils.
-
HISTOIRE DES ROIS DE POLOGNE , et du
Gouvernement de ce Royaume , où l'on
trouve
M A Y. 929 1734.
trouve un détail très circonstancié de tout ,
ce qui s'est passé de plus remarquable
sous le regne de Frederic Auguste, et pendant
les deux derniers Interregnes , par
M *** A Amfterdam , chez François
PHonoré 1733. in 12. 4. vol . et se trouve
à Paris , chez Giffey , ruë de la Vieille
Bouclerie , et Ofmont ruë S. Jacques.
LES VERITES CAPITALES DE LA RELIGION ,
établies par la raison et pat l'Ecriture
Sainte , avec un abregé des Loix Morales
en forme de Catechisme ; Par Jacques
- Plantier , 1733. in 8. A Geneve , & c. et
se vend à Paris , chez Chaubert .
FRAGMENS des Poësies de Sapho ;
et les éloges qu'en ont fait les Auteurs
anciens Grecs et Latins , avec les notes
de divers Sçavans . Edition nouvelle , par
M. Jean Christien Volff, Professeur au
College de Hambourg , augmentée par
l'Editeur de la vie de Sappho et de trois
tables. A Hambourg , sous l'indication
de Londres , chez Abraham Vandenhoek ,
1733. in 4. 253. pages , sans la Preface
la vie de Sapho et les tables. Cet Ou
vrage eft en Latin,
L'ART DE MONTER A CHEVAL , ON Des-
E cription
930 MERCURE DE FRANCE
cription du Manége moderne dans sa perfection
, expliqué par les leçons necessaires
, et representé par des figures exactes
depuis l'assiete de l'homme à cheval jusqu'à
l'arrêt , accompagné aussi de divers
mords pour bien brider les chevaux ;
écrit et dessiné par le Baron d'Eisemberg
et gravé par B. Picard: A la Haye , chez
Pierre Gosse,et J. Neaulme 1733 , in fol.56 .
pages , avec pareil nombre de Planches .
NOUVELLES DECOUVERTES EN MEDECINE,
ou ancienne Medecine developpée , par
M.de Marconnay, Docteur en Medecine;
nouvelle édition , avec une methode pour
guerir les malades par les voyes de la
transpiration et de l'évacuation. A la
Haye , chez Pierre Gosse , & J: Neaulme Į
1734. in 12, environ 300. pages,
HISTOIRE CRITIQUE de Manichée et du
Manicheisme , par M. de Beaufobre ., 1 ,
vol . in 4. A Amsterdam , chez J. Frederia
Bernard M. DCC. XXXIV. pp. 594. sans
la Préface et la Table, Ce livre se trouve
chez Montalan , Libraire , Quay des Augustins
, avec quelques autres livres nou¬
veaux dont voici les titres.
J. LAUNOII Opera omnia X. vol. fol.
Geneva 1733.
H;
MAY. 1734. 931
H. NORISII Cardinalis opera IV. vol.
fol. Verone 1732.
*
CEREMONIES Religieuses des Peuples
Idolâtres de Picart XLV. vol . fol. à
Amsterdam , 1733 .
›
REMARQUES de Tindal sur l'Histoire
d'Angleterre de Rapin Toyras , II . vol.
in 4. La Haye , 1733 .
nurelle de la Bible , traduite de M. Jean-
Jacques Scheuchzer , Docteur en Medecine
, Professeur en Mathematiques à Zurich
, et Membre de la Societé Royale
d'Angleterre , et des Académies de Vien
ne et de Berlin , enrichie de plus de 700 .
figures en tailles- douces , par les soins de
Jean André Pfeffel Graveur de Sa Majesté
Imperiale, divisée en huit volumes.
A Amsterdam , chez Mortier , & c . et se
vend àParis , Quay des Augustins , chez
Rollin Fils.
-
HISTOIRE DES ROIS DE POLOGNE , et du
Gouvernement de ce Royaume , où l'on
trouve
M A Y. 929 1734.
trouve un détail très circonstancié de tout ,
ce qui s'est passé de plus remarquable
sous le regne de Frederic Auguste, et pendant
les deux derniers Interregnes , par
M *** A Amfterdam , chez François
PHonoré 1733. in 12. 4. vol . et se trouve
à Paris , chez Giffey , ruë de la Vieille
Bouclerie , et Ofmont ruë S. Jacques.
LES VERITES CAPITALES DE LA RELIGION ,
établies par la raison et pat l'Ecriture
Sainte , avec un abregé des Loix Morales
en forme de Catechisme ; Par Jacques
- Plantier , 1733. in 8. A Geneve , & c. et
se vend à Paris , chez Chaubert .
FRAGMENS des Poësies de Sapho ;
et les éloges qu'en ont fait les Auteurs
anciens Grecs et Latins , avec les notes
de divers Sçavans . Edition nouvelle , par
M. Jean Christien Volff, Professeur au
College de Hambourg , augmentée par
l'Editeur de la vie de Sappho et de trois
tables. A Hambourg , sous l'indication
de Londres , chez Abraham Vandenhoek ,
1733. in 4. 253. pages , sans la Preface
la vie de Sapho et les tables. Cet Ou
vrage eft en Latin,
L'ART DE MONTER A CHEVAL , ON Des-
E cription
930 MERCURE DE FRANCE
cription du Manége moderne dans sa perfection
, expliqué par les leçons necessaires
, et representé par des figures exactes
depuis l'assiete de l'homme à cheval jusqu'à
l'arrêt , accompagné aussi de divers
mords pour bien brider les chevaux ;
écrit et dessiné par le Baron d'Eisemberg
et gravé par B. Picard: A la Haye , chez
Pierre Gosse,et J. Neaulme 1733 , in fol.56 .
pages , avec pareil nombre de Planches .
NOUVELLES DECOUVERTES EN MEDECINE,
ou ancienne Medecine developpée , par
M.de Marconnay, Docteur en Medecine;
nouvelle édition , avec une methode pour
guerir les malades par les voyes de la
transpiration et de l'évacuation. A la
Haye , chez Pierre Gosse , & J: Neaulme Į
1734. in 12, environ 300. pages,
HISTOIRE CRITIQUE de Manichée et du
Manicheisme , par M. de Beaufobre ., 1 ,
vol . in 4. A Amsterdam , chez J. Frederia
Bernard M. DCC. XXXIV. pp. 594. sans
la Préface et la Table, Ce livre se trouve
chez Montalan , Libraire , Quay des Augustins
, avec quelques autres livres nou¬
veaux dont voici les titres.
J. LAUNOII Opera omnia X. vol. fol.
Geneva 1733.
H;
MAY. 1734. 931
H. NORISII Cardinalis opera IV. vol.
fol. Verone 1732.
*
CEREMONIES Religieuses des Peuples
Idolâtres de Picart XLV. vol . fol. à
Amsterdam , 1733 .
›
REMARQUES de Tindal sur l'Histoire
d'Angleterre de Rapin Toyras , II . vol.
in 4. La Haye , 1733 .
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Résumé : « LA PHISIQUE SACRÉE, ou Histoire naturelle de la Bible, traduite de M. Jean-Jacques [...] »
Le document recense diverses publications parues entre 1733 et 1734. Parmi elles, 'La Physique Sacrée' est une traduction de Jean-Jacques Scheuchzer, enrichie de plus de 700 figures et divisée en huit volumes. 'Histoire des Rois de Pologne' relate les événements marquants sous le règne de Frédéric Auguste et les deux derniers interrègnes. 'Les Vérités Capitales de la Religion' de Jacques Plantier établit les vérités religieuses par la raison et l'Écriture Sainte. 'Fragments des Poésies de Sapho' est une édition augmentée par Jean Christien Volff, incluant des éloges d'auteurs anciens et des notes de savants. 'L'Art de Monter à Cheval' du Baron d'Eisemberg explique les techniques d'équitation avec des illustrations. 'Nouvelles Découvertes en Médecine' de M. de Marconnay propose une méthode pour soigner les malades par la transpiration et l'évacuation. 'Histoire Critique de Maniché' de M. de Beaufobre explore le manichéisme. D'autres ouvrages mentionnés incluent les œuvres de J. Launoii, H. Norisii Cardinalis, les 'Cérémonies Religieuses des Peuples Idolâtres' de Picart, et les 'Remarques de Tindal' sur l'histoire d'Angleterre de Rapin Thoyras. Ces publications sont disponibles chez divers libraires à Amsterdam, Paris, La Haye, Genève et Hambourg.
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7677
p. 931
Les Avantages des Ecoles publiques, &c. [titre d'après la table]
Début :
LES AVANTAGES des Ecoles publiques sur les particulieres, démontrés dans une [...]
Mots clefs :
Écoles publiques, Écoles particulières, Mémoires de Trévoux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Les Avantages des Ecoles publiques, &c. [titre d'après la table]
LES AVANTAGES des Ecoles publiques
sur les particulieres , démontrés dans une
Lettre par Ottavio Piceno. A Florence et
à Palerme , chez Falicella & Gramignani¸
1728. in 12 de 138. pagss.
Cet Ouvrage est en Italien , et comme
hors de la portée de la plûpart des Lecteurs
, par l'éloignement des lieux où il a
été imprimé ; nous en indiquons un bon
Extrait dans les Memoires de Trévoux
du mois de Mars , page 413 .
sur les particulieres , démontrés dans une
Lettre par Ottavio Piceno. A Florence et
à Palerme , chez Falicella & Gramignani¸
1728. in 12 de 138. pagss.
Cet Ouvrage est en Italien , et comme
hors de la portée de la plûpart des Lecteurs
, par l'éloignement des lieux où il a
été imprimé ; nous en indiquons un bon
Extrait dans les Memoires de Trévoux
du mois de Mars , page 413 .
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7678
p. 931-932
« NOUVELLE CLASSE DES MALADIES, dans un ordre semblable à celui des Botanistes, [...] »
Début :
NOUVELLE CLASSE DES MALADIES, dans un ordre semblable à celui des Botanistes, [...]
Mots clefs :
Nouvelle classe des maladies
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texteReconnaissance textuelle : « NOUVELLE CLASSE DES MALADIES, dans un ordre semblable à celui des Botanistes, [...] »
NOUVELLE CLASSE DES MALADIES , dans
un ordre semblable à celui des Botanistes,
comprenant les genres et especes
de toutes
les Maladies , avec leurs signes et leurs
indications. Par Sauvages de la Croix ,
Docteur en Medecine de la Faculté dé
Montpellier et correspondant de la
Societé Royale des Sciences. A Avignon ,
che7 B. d'Avanville , Imprimeur , près la
•
E ij Place
932 MERCURE DE FRANCE
Place S. Didier , 1733. vol. in 12 ,pp . 450 .
un ordre semblable à celui des Botanistes,
comprenant les genres et especes
de toutes
les Maladies , avec leurs signes et leurs
indications. Par Sauvages de la Croix ,
Docteur en Medecine de la Faculté dé
Montpellier et correspondant de la
Societé Royale des Sciences. A Avignon ,
che7 B. d'Avanville , Imprimeur , près la
•
E ij Place
932 MERCURE DE FRANCE
Place S. Didier , 1733. vol. in 12 ,pp . 450 .
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7679
p. 932-933
« La treiziéme et la quatorziéme Partie de Cent Nouvelles Nouvelles de Madame de Gomez paroissent [...] »
Début :
La treiziéme et la quatorziéme Partie de Cent Nouvelles Nouvelles de Madame de Gomez paroissent [...]
Mots clefs :
Traduction, Cent nouvelles nouvelles, Histoire universelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La treiziéme et la quatorziéme Partie de Cent Nouvelles Nouvelles de Madame de Gomez paroissent [...] »
La treiziéme et la quatorziéme Partie de Cent
Nouvelles Nouvelles de Madame de Gomez paroissent
chez Mauduit, Quay des Auguftins.
La quinziéme paroîtra au commencement du
mois prochain.
L'on distribue à Paris chez les principaux Libraires
des Souscriptions pour la Traduction.
Faançois
MA Y. 1734; 933
Françoise de l'Histoire Universelle de M. de Thou,
qui se publiera incessamment à Londres , en seize
volumes in 4. les Exemplaires seront livrés au
mois de Juillet prochain , francs de port. Quoique
l'on connoisse le merite de cet Ouvrage qui
n'a jamais paru entier en François , il ne sera
pas inutile de dire que cette nouvelle Traduction
contiendra toutes les singularités , les illustrations
et les preuves qui rendent si recommandable l'Edition
latine, qui vient aussi d'être publiée à Londres
.
Nouvelles Nouvelles de Madame de Gomez paroissent
chez Mauduit, Quay des Auguftins.
La quinziéme paroîtra au commencement du
mois prochain.
L'on distribue à Paris chez les principaux Libraires
des Souscriptions pour la Traduction.
Faançois
MA Y. 1734; 933
Françoise de l'Histoire Universelle de M. de Thou,
qui se publiera incessamment à Londres , en seize
volumes in 4. les Exemplaires seront livrés au
mois de Juillet prochain , francs de port. Quoique
l'on connoisse le merite de cet Ouvrage qui
n'a jamais paru entier en François , il ne sera
pas inutile de dire que cette nouvelle Traduction
contiendra toutes les singularités , les illustrations
et les preuves qui rendent si recommandable l'Edition
latine, qui vient aussi d'être publiée à Londres
.
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Résumé : « La treiziéme et la quatorziéme Partie de Cent Nouvelles Nouvelles de Madame de Gomez paroissent [...] »
Les treizième et quatorzième parties des 'Nouvelles Nouvelles de Madame de Gomez' paraîtront chez Mauduit. La quinzième partie est prévue pour le mois suivant. À Paris, des souscriptions pour la traduction de l'œuvre sont disponibles chez les principaux libraires. Une traduction de l''Histoire Universelle' de Jacques Auguste de Thou, en seize volumes, sera publiée à Londres en juillet. Cette traduction inclut les particularités et illustrations de l'édition latine.
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7680
p. 933-934
Lettres de la Marquise de Sévigné, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le Recueil des Lettres de Mad. la Marquise de Sevigné à Mad. la Comtesse de Grignant sa Fille, [...]
Mots clefs :
Recueil, Marquise de Sévigné, Ordre, Lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettres de la Marquise de Sévigné, &c. [titre d'après la table]
Le Recueil des Lettres de Mad. la Marquise de
Sevigné à Mad . la Comtesse de Grignant sa Fille,
avec son Portrait en taille - douce, se vend actuellement
chez Simart Libraire , rae S. Jacques , au
Dauphin , 4. vol . in 12. 1734.
:
L'impression de ces Lettres a été faite avec beaucoup
de soin ; l'ordre des dattes y est exactement
observé, en sorte que lesfaits se répondent les uns
aux autres. Dans la Préface on a montré par
des preuves incontestables le peu de cas qu'on
doit faire de la miserable compilation publiée
sous ce titre Lettres de Mad. Rabutin- Chantal,
Marquise de Sevigné , &c. quoiqu'elle ait été
réimprimée en bien des endroits , on s'est contenté
d'indiquer les Editions faites à Rouen et à
la Haye en 1726. parce que celles qui ont paru
ensuite ne sont que de mauvaises copies de ces
deux là. Afin
que le public ne coure plus risque
d'être trompé , nous croyons devoir l'avertir
que l'Edition publiée en 1733. sans nom de
Ville ni d'Imprimeur , 3. vol . in 12. est encore
plus defectueuse que les autres , et qu'on y a encore
plus brouillé l'ordre des Lettres si necessaire
pour l'intelligence des faits . Cet avis n'est
E iij pas
-
934 MERCURE DE FRANCE
pas inutile , puisque cette monstrueuse Edition
a été vendue comme étant le recueil que nous
annonçons dans cet article.
Sevigné à Mad . la Comtesse de Grignant sa Fille,
avec son Portrait en taille - douce, se vend actuellement
chez Simart Libraire , rae S. Jacques , au
Dauphin , 4. vol . in 12. 1734.
:
L'impression de ces Lettres a été faite avec beaucoup
de soin ; l'ordre des dattes y est exactement
observé, en sorte que lesfaits se répondent les uns
aux autres. Dans la Préface on a montré par
des preuves incontestables le peu de cas qu'on
doit faire de la miserable compilation publiée
sous ce titre Lettres de Mad. Rabutin- Chantal,
Marquise de Sevigné , &c. quoiqu'elle ait été
réimprimée en bien des endroits , on s'est contenté
d'indiquer les Editions faites à Rouen et à
la Haye en 1726. parce que celles qui ont paru
ensuite ne sont que de mauvaises copies de ces
deux là. Afin
que le public ne coure plus risque
d'être trompé , nous croyons devoir l'avertir
que l'Edition publiée en 1733. sans nom de
Ville ni d'Imprimeur , 3. vol . in 12. est encore
plus defectueuse que les autres , et qu'on y a encore
plus brouillé l'ordre des Lettres si necessaire
pour l'intelligence des faits . Cet avis n'est
E iij pas
-
934 MERCURE DE FRANCE
pas inutile , puisque cette monstrueuse Edition
a été vendue comme étant le recueil que nous
annonçons dans cet article.
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Résumé : Lettres de la Marquise de Sévigné, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente le 'Recueil des Lettres de Mad. la Marquise de Sévigné à Mad. la Comtesse de Grignan sa Fille', édité par Simart Libraire, rue Saint-Jacques, au Dauphin. Cette édition, publiée en 1734, est imprimée avec soin et respecte l'ordre chronologique des lettres, facilitant ainsi la compréhension des faits décrits. La préface critique une compilation précédente intitulée 'Lettres de Mad. Rabutin-Chantal, Marquise de Sévigné', réimprimée à Rouen et à La Haye en 1726, et dénonce les éditions ultérieures comme étant des copies de mauvaise qualité. Le texte met en garde contre une édition publiée en 1733 sans nom de ville ni d'imprimeur, jugée encore plus défectueuse et désordonnée. Cet avertissement est nécessaire car cette édition a été vendue à tort comme étant le recueil annoncé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7681
p. 934-936
Assemblées publiques des Académies des Sciences et Belles-Lettres, [titre d'après la table]
Début :
Le Mercredi 5. Mai l'Académie Royale des Sciences tint son Assemblée publique, à laquelle [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Académie royale des inscriptions et belles-lettres, Assemblée, Séance, Mémoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Assemblées publiques des Académies des Sciences et Belles-Lettres, [titre d'après la table]
Le Mercredi 5. Mai l'Académie Royale des
Sciences tint son Assemblée publique , à laquelle
IAbbé Bignon présida.
M. de Fontenelle ouvrit la séance par la lecture
du Jugement de l'Académie , sur les Piéces
envoyées pour le Prix double de cette année qui
étoit de sooo. livres , à cause qu'il ne fut point
donné en 1732. Il déclara que ce Prix avoit été
accordé par égale portion à deux Piéces dont les
Auteurs sont M. Jean Bernoulli , Professeur de
Mathematiques à Bafle , et M. Nicolas Bernoulli
son Fils ,qui vient de quitter la place de Professeur
de Mathematiques de Petersbourg.
Ensuite M. d'Onz- en- Brai- lut la Description
et les usages d'une Machine qui marque continuellement
sur un papier ; non - seulement les
vents qu'il a fait , et à quelle heure chacun a
commencé et fini , mais aussi leurs differentes.
vitesses, ou forces relatives .
M. de Reaumur lut après cela un Memoire sur
les congellations.
M. Morand lut une Dissertation sur les pores
de toutes les parties interieures du corps humain ..
M. Duhamel finit la séance par la lecture d'un
Memoire qui contient les differentes tentatives
qu'il a faites , et un de ses Amis , aussi - bien que
M. Grosse , chacun separément , pour découvrir
une liqueur que les Chimistes appellent liqueur
Etherée ; il finit ce Memoire en rapportant plusieurs
manieres sûres dont M. Grosse se sert
pour trouver cette liqueur.
On donnera des Extraits de tous ces Memoires.
L&
MAY 1734.
935
Le Vendredi 7. Mai l'Académie Royale des
Inscriptions et des BellesLettres,tint aussi une Assemblée
publique ; M. le Cardinal de Polignac y
présida. M. de Boze, Secretaire perpetuel , décla
ra d'abord que la Piéce composée par l'Abbé le
Boeuf, sur le Sujet proposé par l'Académie dans
l'Assemblée du 14. d'Avril 1733. avoit remporté
le Prix . Cet Abbé present à l'Assemblée s'avança
et eut l'honneur de recevoir des mains de S. É .
une très - belle Medaille d'or , de la valeur de 400.
livres . La Tête du Roi couronnée de Laurier ,
avec la Legende ordinaire : LUDOVICUS REX
CHRISTIANISSIMUS , paroît d'un côté sur cette
Medaille , et sur le Revers on lit cette Inscription
dans une Couronne de Laurier : PRÆMIUM
IN REGIA INSCRIPTIONUM ET HUMANIORUM
LITTERARUM ACADEMIA CONSTITUTUM. ANNO
M. DCC. XXXIII.
>
M. l'Abbé le Boeuf qui a remporté ce Prix
étoit déja connu des Gens de Lettres par plusieurs
Ecrits sur les Antiquités , la Géographie , et
P'Histoire de France , et par la grande connoissance
qu'il a des anciens Monumens.
M. de Boze ouvrit la séance par un très-bel
éloge de feu M. de Gondrin Dantin , Evêque et
Duc de Langres , Académicien honoraire .
M. l'Abbé Banier lut ensuite une Dissertation
sur l'étude de fa Mythologie.
M. l'Abbé Sallier lut un Discours Historique
et Critique sur les Poësies de Charles Duc d'Orleans
, sous le Regne du Roi Charles VII . dont
le Recueil est manuscrit dans la Bibliotheque de
S. M.
M. Fourmont l'aîné parla ensuite sur les Annales
Chinoises , de leur ancienneté , de leur autenticité,
et de leur conservation.
E iiij M.
936
MERCURE DE FRANCE
M. l'Abbé Souchay termina la séance par la
lecture qu'il fit de ses recherches Historiques sur
Mecenas.
Un peu avant l'ouverture on avoit distribué
le Programe suivant.
Sciences tint son Assemblée publique , à laquelle
IAbbé Bignon présida.
M. de Fontenelle ouvrit la séance par la lecture
du Jugement de l'Académie , sur les Piéces
envoyées pour le Prix double de cette année qui
étoit de sooo. livres , à cause qu'il ne fut point
donné en 1732. Il déclara que ce Prix avoit été
accordé par égale portion à deux Piéces dont les
Auteurs sont M. Jean Bernoulli , Professeur de
Mathematiques à Bafle , et M. Nicolas Bernoulli
son Fils ,qui vient de quitter la place de Professeur
de Mathematiques de Petersbourg.
Ensuite M. d'Onz- en- Brai- lut la Description
et les usages d'une Machine qui marque continuellement
sur un papier ; non - seulement les
vents qu'il a fait , et à quelle heure chacun a
commencé et fini , mais aussi leurs differentes.
vitesses, ou forces relatives .
M. de Reaumur lut après cela un Memoire sur
les congellations.
M. Morand lut une Dissertation sur les pores
de toutes les parties interieures du corps humain ..
M. Duhamel finit la séance par la lecture d'un
Memoire qui contient les differentes tentatives
qu'il a faites , et un de ses Amis , aussi - bien que
M. Grosse , chacun separément , pour découvrir
une liqueur que les Chimistes appellent liqueur
Etherée ; il finit ce Memoire en rapportant plusieurs
manieres sûres dont M. Grosse se sert
pour trouver cette liqueur.
On donnera des Extraits de tous ces Memoires.
L&
MAY 1734.
935
Le Vendredi 7. Mai l'Académie Royale des
Inscriptions et des BellesLettres,tint aussi une Assemblée
publique ; M. le Cardinal de Polignac y
présida. M. de Boze, Secretaire perpetuel , décla
ra d'abord que la Piéce composée par l'Abbé le
Boeuf, sur le Sujet proposé par l'Académie dans
l'Assemblée du 14. d'Avril 1733. avoit remporté
le Prix . Cet Abbé present à l'Assemblée s'avança
et eut l'honneur de recevoir des mains de S. É .
une très - belle Medaille d'or , de la valeur de 400.
livres . La Tête du Roi couronnée de Laurier ,
avec la Legende ordinaire : LUDOVICUS REX
CHRISTIANISSIMUS , paroît d'un côté sur cette
Medaille , et sur le Revers on lit cette Inscription
dans une Couronne de Laurier : PRÆMIUM
IN REGIA INSCRIPTIONUM ET HUMANIORUM
LITTERARUM ACADEMIA CONSTITUTUM. ANNO
M. DCC. XXXIII.
>
M. l'Abbé le Boeuf qui a remporté ce Prix
étoit déja connu des Gens de Lettres par plusieurs
Ecrits sur les Antiquités , la Géographie , et
P'Histoire de France , et par la grande connoissance
qu'il a des anciens Monumens.
M. de Boze ouvrit la séance par un très-bel
éloge de feu M. de Gondrin Dantin , Evêque et
Duc de Langres , Académicien honoraire .
M. l'Abbé Banier lut ensuite une Dissertation
sur l'étude de fa Mythologie.
M. l'Abbé Sallier lut un Discours Historique
et Critique sur les Poësies de Charles Duc d'Orleans
, sous le Regne du Roi Charles VII . dont
le Recueil est manuscrit dans la Bibliotheque de
S. M.
M. Fourmont l'aîné parla ensuite sur les Annales
Chinoises , de leur ancienneté , de leur autenticité,
et de leur conservation.
E iiij M.
936
MERCURE DE FRANCE
M. l'Abbé Souchay termina la séance par la
lecture qu'il fit de ses recherches Historiques sur
Mecenas.
Un peu avant l'ouverture on avoit distribué
le Programe suivant.
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Résumé : Assemblées publiques des Académies des Sciences et Belles-Lettres, [titre d'après la table]
Le 5 mai 1734, l'Académie Royale des Sciences tint une assemblée publique présidée par l'Abbé Bignon. M. de Fontenelle annonça l'attribution du prix double de 5000 livres à deux œuvres : celle de M. Jean Bernoulli, professeur de mathématiques à Bâle, et celle de son fils M. Nicolas Bernoulli, ancien professeur à Petersbourg. M. d'Onz-en-Brai décrivit une machine enregistrant les vents, leurs vitesses et durées. M. de Reaumur présenta un mémoire sur les congélations, M. Morand discuta des pores des parties internes du corps humain, et M. Duhamel rapporta des tentatives pour découvrir la liqueur éthérée, avec l'aide de M. Grosse. Le 7 mai 1734, l'Académie Royale des Inscriptions et des Belles-Lettres organisa également une assemblée publique, présidée par le Cardinal de Polignac. M. de Boze annonça que l'Abbé le Boeuf avait remporté le prix pour une pièce sur un sujet proposé en avril 1733, recevant une médaille d'or de 400 livres. L'Abbé le Boeuf était reconnu pour ses écrits sur les antiquités, la géographie et l'histoire de France. M. de Boze rendit hommage à M. de Gondrin Dantin, évêque de Langres. L'Abbé Banier parla de la mythologie, l'Abbé Sallier des poésies de Charles d'Orléans, M. Fourmont des annales chinoises, et l'Abbé Souchay des recherches historiques sur Mécène.
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7682
p. 936
PRIX LITTERAIRE fondé dans l'Académie Royale des Inscriptions et Belles Lettres.
Début :
Le Sujet que l'Académie Royale des Inscriptions et Belles Lettres donne à traiter, pour [...]
Mots clefs :
Prix, Concours, Ouvrages, Connaissances géographiques, Alexandre le Grand
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texteReconnaissance textuelle : PRIX LITTERAIRE fondé dans l'Académie Royale des Inscriptions et Belles Lettres.
PRIX LITTERAIRE fondé dans l'Académie
Royale des Inscriptions et Belles Lettres..
E Sujet que l'Académie Royale des Inscrip-
Ltions et Belles Lettres donne à traiter , pour
le concours au Prix qu'elle distribuera l'année prochaine
1735. est de fçavoir jusqu'où les Anciens
avoient porté leurs
connoissances Géographiques
, au tems de la mort d'Alexandre le Grand.
Le Prix sera toujours une Médaille d'Or , de la
valeur de quatre cent livres.
Toutes personnes , de quelques pays et condition
qu'elles soient , excepté celles qui composent ladite
Académie , seront admises à concourir pour ce prix,
et leurs Ouvrages pourront être êtrits en François
ou en Latin à leur choix. Ilfaudra seulement les
borner à une heure de lecture au plus.´
3
Les Auteurs mettront simplement une Devised
leurs Ouvrages ; mais pour se faire connoître , ils y
joindront , dans un papier cacheté et écrit de leur
propre main , leurs noms , demeure et qualités ,
ce papier ne sera ouvert qu'après
l'adjudication du
Prix.
et .
Les Piéces ,
affranchies de tous ports , feront remises
entre les mains du Secretaire de l'Académie
avant le premier
Decembre 1734.
On déclarera dans
l'Assemblée publique d'après
Pâques la Piéce qui aura remporté le Prix , et ony
indiquera ensuite le sujet que
l'Académie aura déterminépour
le concours de l'année suivante.
Royale des Inscriptions et Belles Lettres..
E Sujet que l'Académie Royale des Inscrip-
Ltions et Belles Lettres donne à traiter , pour
le concours au Prix qu'elle distribuera l'année prochaine
1735. est de fçavoir jusqu'où les Anciens
avoient porté leurs
connoissances Géographiques
, au tems de la mort d'Alexandre le Grand.
Le Prix sera toujours une Médaille d'Or , de la
valeur de quatre cent livres.
Toutes personnes , de quelques pays et condition
qu'elles soient , excepté celles qui composent ladite
Académie , seront admises à concourir pour ce prix,
et leurs Ouvrages pourront être êtrits en François
ou en Latin à leur choix. Ilfaudra seulement les
borner à une heure de lecture au plus.´
3
Les Auteurs mettront simplement une Devised
leurs Ouvrages ; mais pour se faire connoître , ils y
joindront , dans un papier cacheté et écrit de leur
propre main , leurs noms , demeure et qualités ,
ce papier ne sera ouvert qu'après
l'adjudication du
Prix.
et .
Les Piéces ,
affranchies de tous ports , feront remises
entre les mains du Secretaire de l'Académie
avant le premier
Decembre 1734.
On déclarera dans
l'Assemblée publique d'après
Pâques la Piéce qui aura remporté le Prix , et ony
indiquera ensuite le sujet que
l'Académie aura déterminépour
le concours de l'année suivante.
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Résumé : PRIX LITTERAIRE fondé dans l'Académie Royale des Inscriptions et Belles Lettres.
En 1735, l'Académie Royale des Inscriptions et Belles Lettres organise un concours littéraire portant sur les connaissances géographiques des Anciens au moment de la mort d'Alexandre le Grand. Le prix est une médaille d'or valorisée à quatre cents livres. Le concours est ouvert à tous, sauf aux membres de l'Académie, et les œuvres peuvent être rédigées en français ou en latin. Elles ne doivent pas excéder une heure de lecture. Les participants doivent inclure une devise sur leur ouvrage et fournir leurs nom, adresse et qualités dans un papier cacheté. Les soumissions doivent être envoyées au secrétaire de l'Académie avant le 1er décembre 1734. Le lauréat sera annoncé lors de l'assemblée publique après Pâques, où le sujet du concours suivant sera également révélé.
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7683
p. 937
These de Chirurgie, [titre d'après la table]
Début :
Le 30. Mars dernier, on soutint dans les Ecoles de la Faculté de Medecine, une These de Chirurgie, [...]
Mots clefs :
Faculté de médecine, Thèse, Médecin, Chicoyneau, Chirurgie
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texteReconnaissance textuelle : These de Chirurgie, [titre d'après la table]
Le 30. Mars dernier , on soutint dans les Ecoles
de la Faculté de Medecine , une These de Chirurgie
, dont la Question étoit t An dubio in
hepatis abcessu , pramittenda incidendi loci perforatio
? Sçavoir , si lorsqu'on soupçonne un abcès au
foye , il faut y faire la ponction avant que de
l'ouvrir.
La These étoit dédiée à M. Chicoineau , Premier
Medecin du Roy , qui assista à l'Acte en
Robbe de Conseiller d'Etat. Il fut complimenté
par M. le Thieullier , qui en étoit le Président
et M. le P. Medecin répondit par un Discours
fort éloquent. Il y eut un grand concours, plusieurs
personnes de qualité s'y trouverent , et
l'Assemblée fut aussi illustre que nombreuse .
de la Faculté de Medecine , une These de Chirurgie
, dont la Question étoit t An dubio in
hepatis abcessu , pramittenda incidendi loci perforatio
? Sçavoir , si lorsqu'on soupçonne un abcès au
foye , il faut y faire la ponction avant que de
l'ouvrir.
La These étoit dédiée à M. Chicoineau , Premier
Medecin du Roy , qui assista à l'Acte en
Robbe de Conseiller d'Etat. Il fut complimenté
par M. le Thieullier , qui en étoit le Président
et M. le P. Medecin répondit par un Discours
fort éloquent. Il y eut un grand concours, plusieurs
personnes de qualité s'y trouverent , et
l'Assemblée fut aussi illustre que nombreuse .
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Résumé : These de Chirurgie, [titre d'après la table]
Le 30 mars, une thèse de chirurgie a été présentée à la Faculté de Médecine. Elle portait sur la nécessité de pratiquer une ponction en cas de suspicion d'abcès au foie. La thèse était dédiée à M. Chicoineau, Premier Médecin du Roi, présent en robe de Conseiller d'État. M. le Thieullier a présidé la séance et a complimenté M. Chicoineau, qui a répondu par un discours. L'événement a rassemblé de nombreuses personnalités.
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7684
p. 937-938
Prix de la Societé des Arts, [titre d'après la table]
Début :
Le départ du Comte de Clermont pour l'Armée, ne lui ayant pas permis d'indiquer à la [...]
Mots clefs :
Société des arts, Mémoires, Rentrée publique, Comte de Clermont
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texteReconnaissance textuelle : Prix de la Societé des Arts, [titre d'après la table]
Le départ du Comte de Clermont pour l'Armée
, ne lui ayant pas permis d'indiquer à la
Societé des Arts , un jour pour la Rentrée publique
, S. A. S. a souhaité que cette Rentrée fût
differée jusques après son retour . Pour se conformer
à ses intentions , la Societé a remis cette
premiere Rentrée publique au Dimanche d'après
la S. Martin de la presente année 1734.
Comme la Societé des Arts n'a reçû aucun
nouveau Mémoire pour concourir aux Prix depuis
son dernier Avertissement , inseré dans le
Mercure du mois de Janvier dernier , elle se
trouve forcée à differer la distribution de ces mêmes
Prix jusqu'après la S. Martin . Elle recevra
les Mémoires qui lui seront addressez jusqu'à
la fin du mois de Juillet prochain. Les Auteurs
pourront choisir où l'un des cinq Sujets proposez
par le Programine publié en l'année 1733 .
ou tel autre Sujet qu'ils jugeront à propos , pourvû
qu'ils tendent à la perfection des Arts , des
E v Ma38
MERCURE DE FRANCE
Manufactures ou de quelque Métier. Si les Mémoires
, pour être entendus , ont besoin du secours
de quelques figures , les Auteurs y en joindront
qui soient exactement dessinées . Ils ne mettront
point leurs noms au bas des Memoires ,
mais seulement une marque , une devise ou un
cachet qui puisse les distinguer et les faire reconnoître.
Ils adresseront les Paquets qui renfermeront
leurs Memoires à M. Hynault , Avocat
en Parlement , Secretaire de la Societé des Arts ,
rue des Postes , proche l'ancienne Estrapade ; et les
ports des Paquets seront acquittez jusqu'à Paris ..
, ne lui ayant pas permis d'indiquer à la
Societé des Arts , un jour pour la Rentrée publique
, S. A. S. a souhaité que cette Rentrée fût
differée jusques après son retour . Pour se conformer
à ses intentions , la Societé a remis cette
premiere Rentrée publique au Dimanche d'après
la S. Martin de la presente année 1734.
Comme la Societé des Arts n'a reçû aucun
nouveau Mémoire pour concourir aux Prix depuis
son dernier Avertissement , inseré dans le
Mercure du mois de Janvier dernier , elle se
trouve forcée à differer la distribution de ces mêmes
Prix jusqu'après la S. Martin . Elle recevra
les Mémoires qui lui seront addressez jusqu'à
la fin du mois de Juillet prochain. Les Auteurs
pourront choisir où l'un des cinq Sujets proposez
par le Programine publié en l'année 1733 .
ou tel autre Sujet qu'ils jugeront à propos , pourvû
qu'ils tendent à la perfection des Arts , des
E v Ma38
MERCURE DE FRANCE
Manufactures ou de quelque Métier. Si les Mémoires
, pour être entendus , ont besoin du secours
de quelques figures , les Auteurs y en joindront
qui soient exactement dessinées . Ils ne mettront
point leurs noms au bas des Memoires ,
mais seulement une marque , une devise ou un
cachet qui puisse les distinguer et les faire reconnoître.
Ils adresseront les Paquets qui renfermeront
leurs Memoires à M. Hynault , Avocat
en Parlement , Secretaire de la Societé des Arts ,
rue des Postes , proche l'ancienne Estrapade ; et les
ports des Paquets seront acquittez jusqu'à Paris ..
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Résumé : Prix de la Societé des Arts, [titre d'après la table]
Le Comte de Clermont, en partant pour l'Armée, a reporté la rentrée publique de la Société des Arts à son retour, fixant la date au dimanche suivant la Saint-Martin de l'année 1734. La distribution des prix, initialement prévue après le dernier avertissement publié dans le Mercure de janvier, est également reportée à après la Saint-Martin. Les mémoires pour concourir aux prix peuvent être soumis jusqu'à la fin du mois de juillet. Les auteurs peuvent choisir parmi les cinq sujets proposés en 1733 ou proposer un autre sujet pertinent pour les arts, manufactures ou métiers. Les mémoires nécessitant des figures doivent inclure des dessins exacts. Les auteurs ne signeront pas leurs noms mais utiliseront une marque, devise ou cachet distinctif. Les mémoires doivent être envoyés à M. Hynault, avocat au Parlement et secrétaire de la Société des Arts, rue des Postes, près de l'ancienne Estrapade, avec les frais de port acquittés jusqu'à Paris.
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7685
p. 938
« On apprend de Madrid, que le 16. du mois dernier, les Académiciens de l'Académie [...] »
Début :
On apprend de Madrid, que le 16. du mois dernier, les Académiciens de l'Académie [...]
Mots clefs :
Audience, Pape, Académie royale espagnole, Dictionnaire de la langue castillane, Bullaire romain, Statue du gladiateur
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texteReconnaissance textuelle : « On apprend de Madrid, que le 16. du mois dernier, les Académiciens de l'Académie [...] »
On apprend de Madrid , que le 16. du
mois dernier , les Académiciens de l'Académie
Royale Espagnole , ayant à leur tête le
Marquis de Villena , Directeur de leur Compagnie
, eurent Audience de Leurs Majestez , à qui
ils présenterent le quatriéme Tome du Dictionnaire
de la Langue Castillane. La même Académie
fut admise le lendemain à l'Audience du
Frince et de la Princesse des Asturies , et à celles,
des Infans Don Philippe et Don Louis , et des
Infantes Dona Marie - Thereze et Dona Marie-
Antoinette Ferdinande..
On écrit de Rome , qu'on a commencé sur la
fin du moir dernier , à distribuer le 8e Tome du
Bullaire Romain ce Volume contient 208..
Constitutions du feu Pape Innocent XI.
;
Sa Sainteté a fait achever la celebre Statuë du
Gladiateur , qui étoit dans le Palais de la Prinaesse
de Piombino , morte il y a quelque temps ;;
le Pape doit la faire placer dans le Capitole ..
mois dernier , les Académiciens de l'Académie
Royale Espagnole , ayant à leur tête le
Marquis de Villena , Directeur de leur Compagnie
, eurent Audience de Leurs Majestez , à qui
ils présenterent le quatriéme Tome du Dictionnaire
de la Langue Castillane. La même Académie
fut admise le lendemain à l'Audience du
Frince et de la Princesse des Asturies , et à celles,
des Infans Don Philippe et Don Louis , et des
Infantes Dona Marie - Thereze et Dona Marie-
Antoinette Ferdinande..
On écrit de Rome , qu'on a commencé sur la
fin du moir dernier , à distribuer le 8e Tome du
Bullaire Romain ce Volume contient 208..
Constitutions du feu Pape Innocent XI.
;
Sa Sainteté a fait achever la celebre Statuë du
Gladiateur , qui étoit dans le Palais de la Prinaesse
de Piombino , morte il y a quelque temps ;;
le Pape doit la faire placer dans le Capitole ..
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Résumé : « On apprend de Madrid, que le 16. du mois dernier, les Académiciens de l'Académie [...] »
Le 16 du mois dernier, les Académiciens de l'Académie Royale Espagnole ont présenté à Madrid le quatrième tome du Dictionnaire de la Langue Castillane au roi et à la reine. Ils ont également été reçus par le Prince et la Princesse des Asturies, ainsi que par les Infants et les Infantes. À Rome, la distribution du huitième tome du Bullaire Romain, contenant 208 constitutions du pape Innocent XI, a commencé. Le pape a fait achever la statue du Gladiateur pour le Capitole.
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7686
p. 938-939
Morts d'Hommes Illustres, [titre d'après la table]
Début :
M. Bronod, Avocat au Conseil, Sous-Doyen de sa Compagnie, est mort à Paris le 4. Avril [...]
Mots clefs :
Claude Bronod, Talents, Moeurs
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texteReconnaissance textuelle : Morts d'Hommes Illustres, [titre d'après la table]
M.Bronod , Avocat au Conseil , Sous- Doyen
de
MAY. 1734. 939
"
de sa Compagnie , est mort à Paris le 4. Avril
1734. âgé de 83. ans. C'étoit un homme celebre,
recommandable par ses talens , respectable par
ses vertus . Toute sa vie a été partagée entre les
devoirs de son état et le culte qu'il devoit à Dieu .
Rempli de ces deux objets , il sçut toujours mépriser
les vains et stériles amusemens du Monde.
Il chercha et il trouva ses plaisirs dans l'innocence
de ses moeurs , dans le continuel exercice
de sa Profession , dans l'éducation de ses enfans ;
sources uniques et presque ignorées , du veritable
bonheur. Il a joui de la récompense attachée à
une conduite si pure et si chrétienne . Il a été
honoré et respecté du Public. Sa Famille estimée
et avantageusement établie , a fait l'ornement et
les délices de sa vieillesse. Il est mort enfin regretté
de tous les honnêtes gens , et comblé de
tous les Eloges que peuvent mériter les Talens
soutenus des moeurs.
de
MAY. 1734. 939
"
de sa Compagnie , est mort à Paris le 4. Avril
1734. âgé de 83. ans. C'étoit un homme celebre,
recommandable par ses talens , respectable par
ses vertus . Toute sa vie a été partagée entre les
devoirs de son état et le culte qu'il devoit à Dieu .
Rempli de ces deux objets , il sçut toujours mépriser
les vains et stériles amusemens du Monde.
Il chercha et il trouva ses plaisirs dans l'innocence
de ses moeurs , dans le continuel exercice
de sa Profession , dans l'éducation de ses enfans ;
sources uniques et presque ignorées , du veritable
bonheur. Il a joui de la récompense attachée à
une conduite si pure et si chrétienne . Il a été
honoré et respecté du Public. Sa Famille estimée
et avantageusement établie , a fait l'ornement et
les délices de sa vieillesse. Il est mort enfin regretté
de tous les honnêtes gens , et comblé de
tous les Eloges que peuvent mériter les Talens
soutenus des moeurs.
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Résumé : Morts d'Hommes Illustres, [titre d'après la table]
M. Bronod, avocat et sous-doyen, est décédé à Paris le 4 avril 1734 à 83 ans. Respecté pour ses talents et vertus, il a dédié sa vie à ses devoirs professionnels et à sa foi. Il trouvait son bonheur dans l'innocence, sa profession et l'éducation de ses enfants. Sa conduite pure lui a valu des honneurs et le respect du public. Sa famille lui a apporté joie durant sa vieillesse. Il est mort regretté et couvert d'éloges.
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7687
p. 939-940
Le Château de Milan, Tableau présenté au Roy, [titre d'après la table]
Début :
Le 3. de ce mois, le sieur de Grovembroeck, de l'Académie Royale de Peinture, présenta au [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Château de Milan, Tableau présenté au Roy, [titre d'après la table]
Le 3. de ce mois, le sieur de Grovembroeck ,
de l'Académie Royale de Peinture , présenta au
Roy un petit Tableau de sa composition , sur
cuivre , de 12. pouces de large sur 9. de haut ,
réprésentant l'Evacuation du Château.de Milan.
On y voit la Garnison Allemande marcher entre
deux files des Gardes du Roy de Sardaigne , er
une très - grande quantité d'autres figures de tout
âge et de tout sexe , qui dans leur petitesse , nonseulement
ne se confondent point , mais on distingue
dans chaque tête son vrai caractere . Ce
petit espace paroît très vaste et sans la moindre
confusion ; la perspective , la gradation des differens
plans , les jours et les ombres y sont ema
ployez très - heureusement. Le Roi , qui , comme
Pon sçait a beaucoup de goût et d'amour pour
Evj; les>
940 MERCURE DE FRANCE
les Beaux - Art , reçût très- favorablement ce Tableau
, et S. M. en parut si contente qu'elle l'a
fait placer dans son Cabinet.
M. Grevenbroeck, natif de Milan et originaire
de Roterdam , issu d'une Famille noble et distinguée
en Hollande, qui y a possedé de grands biens,
s'est adonné dès sa jeunesse à la Peinture , et il
y a fait de grands progrès , son principal talent
est pour les Marines et vûës de Païsages , dans la
maniere du Breugle de Velours.
de l'Académie Royale de Peinture , présenta au
Roy un petit Tableau de sa composition , sur
cuivre , de 12. pouces de large sur 9. de haut ,
réprésentant l'Evacuation du Château.de Milan.
On y voit la Garnison Allemande marcher entre
deux files des Gardes du Roy de Sardaigne , er
une très - grande quantité d'autres figures de tout
âge et de tout sexe , qui dans leur petitesse , nonseulement
ne se confondent point , mais on distingue
dans chaque tête son vrai caractere . Ce
petit espace paroît très vaste et sans la moindre
confusion ; la perspective , la gradation des differens
plans , les jours et les ombres y sont ema
ployez très - heureusement. Le Roi , qui , comme
Pon sçait a beaucoup de goût et d'amour pour
Evj; les>
940 MERCURE DE FRANCE
les Beaux - Art , reçût très- favorablement ce Tableau
, et S. M. en parut si contente qu'elle l'a
fait placer dans son Cabinet.
M. Grevenbroeck, natif de Milan et originaire
de Roterdam , issu d'une Famille noble et distinguée
en Hollande, qui y a possedé de grands biens,
s'est adonné dès sa jeunesse à la Peinture , et il
y a fait de grands progrès , son principal talent
est pour les Marines et vûës de Païsages , dans la
maniere du Breugle de Velours.
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Résumé : Le Château de Milan, Tableau présenté au Roy, [titre d'après la table]
Le 3 du mois, le sieur de Grovembroeck, membre de l'Académie Royale de Peinture, présenta au roi un tableau représentant l'évacuation du Château de Milan. Cette œuvre, réalisée sur cuivre et mesurant 12 pouces de large sur 9 de haut, montrait la garnison allemande marchant entre deux files des Gardes du Roy de Sardaigne, ainsi que diverses figures de tous âges et sexes, chacune distincte et caractérisée par un véritable caractère. Malgré la petite taille des figures, l'espace semblait vaste et sans confusion grâce à une perspective bien employée, une gradation des plans, et un usage judicieux des jours et des ombres. Le roi, connu pour son goût et son amour pour les Beaux-Arts, reçut favorablement ce tableau et le fit placer dans son cabinet. M. Grevenbroeck, natif de Milan et originaire de Rotterdam, issu d'une famille noble et distinguée en Hollande, s'est adonné à la peinture dès sa jeunesse et a fait de grands progrès, notamment dans les marines et les vues de paysages, à la manière de Breughel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7688
p. 940-942
Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
Le sieur Cochin, de l'Académie Royale de Peinture, vient de graver deux Tableaux de Watteau, [...]
Mots clefs :
Nouvelles estampes, Tableaux, Estampe, Théâtre, Originaux, Cochin, Filloeul, Joullain
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Le sieur Cochin , de l'Académie Royale de
Peinture, vient de graver deux Tableaux de Watdes
plus terminez qu'il ait faits , l'un représente
l'Amour au Théatre François , et l'autre ,
l'Amour au Théatre Italien , du Cabinet de M. de
Rosnel . Ils sont gravez de la même grandeur des
Originaux er au miroir , pour que toutes les actions
soient à droite , comme dans les Tableaux ,
Ces Estampes se vendent à Paris , chez la veuve
Chereau , sue S. Jacques , et chez Gautrot ,
Quay de la Mégisserie.
Il paroît deux nouvelles Estampes , gravées par
le sieur Moyreau , d'après Wauvermans , la premiere
intitulée , la Buvette des Chasseurs , où l'on
voit dans un beau Paysage , un Equipage de
Chasse , des Chevaux et des Chiens dans l'eau ,
&c. Cette Estampe est de la même grandeur du
Tableau Original , qui a 19. pouces de large sur
15. de haut.
La deuxième Estampe, intitulée la Fontaine des
Chasseurs , est moins grande , mais d'une composition
plus heureuse et plus picquante. Ce charmant
Tableau est dans le fameux Cabinet de la
Comtesse de Verrue , et il est bien digne d'y
être.
MAY. 1734 941
.
Ces Estampes se veadent chez le Graveur , rue
Galande , vis - à - vis S. Blaise . Ces deux derniers
Morceaux terminent une suite de 12. Pieces, gra.
vées par le même Auteur, d'après le même Maître.
Il paroît aussi depuis peu deux nouvelles Estampes
, gravées par le sieur Filloul , chez lequel
elles se vendent , ruë Bordet à l'Hôtel de Vendosme
, près sainte Geneviève. Elles sont faites
d'après deux Tableaux du sieur Pater , qui a traité
deux Sujets tirez de la Fontaine , les Voeux
indiscrets et la Courtisanne Amoureuse.
Le même Auteur à gravé au trait seulement
d'après les Desseins Originaux de Watteau , une
suite de 27. Planches , qu'on vend chez lui sous
ce titre : Livre de differens caracteres de têtes , ¿c.
Le sieur Joullain , vient de mettre au jour deux
Chasses qu'il a gravées , l'une de Loup et l'autre
de Sanglier , d'après M. Desportes , dont les Tableaux
Originaux sont dans le Château de Virginie
, appartenant à M. Glucq , à qui ces Estampes
sont dédiées ; l'Auteur les donne au
Public en conséquence du Privilege qu'il en a obtenu
.
Le même Auteur a aussi gravé un fort beau
Portrait de M. Desportes en Chasseur , six figures
de la Comédie Italienne , d'après feu M. Gillot
, 84 autres figures de Théatre , d'après le
même ; trois Estampes intitulées , les Agrémens
de la Campagne ; le Concert Pastoral , et la Récréation
Champêtre , d'après M. Lancret. Le tout
se vend chez le sieur Gautrot , Marchands d'Estampes
, sur le Quay de la Mégisserie , à la Ville
de Rome , où l'on trouve aussi toutes sortes
d'i sta npes anciennes et modernes.
Il
942 MERCURE DE FRANCE
Il paroît encore une très -belle Estampe , gra
vée en hauteur par M. Larmessin , d'après un
Portrait en pied du sieur Vanloo , Peintre de
l'Académie Royale de Peinture . On lit au bas ,
à côté des Ecussons accolez . CATHERINE OPALINSKA
, REINE DE POLOGNE.
Cette Estampe se vend chez N. de Larmessin , Gra
veur du Roy , ruë des Noyers .
Peinture, vient de graver deux Tableaux de Watdes
plus terminez qu'il ait faits , l'un représente
l'Amour au Théatre François , et l'autre ,
l'Amour au Théatre Italien , du Cabinet de M. de
Rosnel . Ils sont gravez de la même grandeur des
Originaux er au miroir , pour que toutes les actions
soient à droite , comme dans les Tableaux ,
Ces Estampes se vendent à Paris , chez la veuve
Chereau , sue S. Jacques , et chez Gautrot ,
Quay de la Mégisserie.
Il paroît deux nouvelles Estampes , gravées par
le sieur Moyreau , d'après Wauvermans , la premiere
intitulée , la Buvette des Chasseurs , où l'on
voit dans un beau Paysage , un Equipage de
Chasse , des Chevaux et des Chiens dans l'eau ,
&c. Cette Estampe est de la même grandeur du
Tableau Original , qui a 19. pouces de large sur
15. de haut.
La deuxième Estampe, intitulée la Fontaine des
Chasseurs , est moins grande , mais d'une composition
plus heureuse et plus picquante. Ce charmant
Tableau est dans le fameux Cabinet de la
Comtesse de Verrue , et il est bien digne d'y
être.
MAY. 1734 941
.
Ces Estampes se veadent chez le Graveur , rue
Galande , vis - à - vis S. Blaise . Ces deux derniers
Morceaux terminent une suite de 12. Pieces, gra.
vées par le même Auteur, d'après le même Maître.
Il paroît aussi depuis peu deux nouvelles Estampes
, gravées par le sieur Filloul , chez lequel
elles se vendent , ruë Bordet à l'Hôtel de Vendosme
, près sainte Geneviève. Elles sont faites
d'après deux Tableaux du sieur Pater , qui a traité
deux Sujets tirez de la Fontaine , les Voeux
indiscrets et la Courtisanne Amoureuse.
Le même Auteur à gravé au trait seulement
d'après les Desseins Originaux de Watteau , une
suite de 27. Planches , qu'on vend chez lui sous
ce titre : Livre de differens caracteres de têtes , ¿c.
Le sieur Joullain , vient de mettre au jour deux
Chasses qu'il a gravées , l'une de Loup et l'autre
de Sanglier , d'après M. Desportes , dont les Tableaux
Originaux sont dans le Château de Virginie
, appartenant à M. Glucq , à qui ces Estampes
sont dédiées ; l'Auteur les donne au
Public en conséquence du Privilege qu'il en a obtenu
.
Le même Auteur a aussi gravé un fort beau
Portrait de M. Desportes en Chasseur , six figures
de la Comédie Italienne , d'après feu M. Gillot
, 84 autres figures de Théatre , d'après le
même ; trois Estampes intitulées , les Agrémens
de la Campagne ; le Concert Pastoral , et la Récréation
Champêtre , d'après M. Lancret. Le tout
se vend chez le sieur Gautrot , Marchands d'Estampes
, sur le Quay de la Mégisserie , à la Ville
de Rome , où l'on trouve aussi toutes sortes
d'i sta npes anciennes et modernes.
Il
942 MERCURE DE FRANCE
Il paroît encore une très -belle Estampe , gra
vée en hauteur par M. Larmessin , d'après un
Portrait en pied du sieur Vanloo , Peintre de
l'Académie Royale de Peinture . On lit au bas ,
à côté des Ecussons accolez . CATHERINE OPALINSKA
, REINE DE POLOGNE.
Cette Estampe se vend chez N. de Larmessin , Gra
veur du Roy , ruë des Noyers .
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Résumé : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Le texte présente plusieurs gravures et estampes récemment réalisées par divers artistes. Le sieur Cochin, membre de l'Académie Royale de Peinture, a gravé deux tableaux de Watteau : 'L'Amour au Théâtre Français' et 'L'Amour au Théâtre Italien', appartenant au Cabinet de M. de Rosnel. Ces estampes sont vendues à Paris chez la veuve Chereau et chez Gautrot. Moyreau a gravé deux estampes d'après Wauvermans : 'La Buvette des Chasseurs' et 'La Fontaine des Chasseurs', cette dernière étant particulièrement remarquée pour sa composition. Ces œuvres se vendent chez le graveur, rue Galande. Filloul a gravé deux estampes d'après les tableaux du sieur Pater, inspirés de la Fontaine : 'Les Voeux indiscrets' et 'La Courtisanne Amoureuse'. Joullain a mis au jour deux chasses, 'Loup' et 'Sanglier', d'après Desportes, ainsi que plusieurs autres œuvres, dont un portrait de Desportes et des figures de la comédie italienne. Larmessin a gravé un portrait en pied du sieur Vanloo, représentant Catherine Opalinska, Reine de Pologne. Ces estampes sont disponibles chez leurs respectifs graveurs et marchands.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7689
p. 942-943
AVIS aux Personnes curieuses d'excellens Tableaux, &c.
Début :
Il y en a un actuellement à vendre au petit Hôtel de S. Poüange, ruë neuve des Petits Champt [sic], [...]
Mots clefs :
Tableaux, Dents, Broderies de Constantinople, Sieur Durand, Opiat, Gencives
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texteReconnaissance textuelle : AVIS aux Personnes curieuses d'excellens Tableaux, &c.
AVIS aux Personnes curieuses d'excellens
Tableaux , & c.
Il y en a un actuellement à vendre au petit Hôtel
de S. Poüange , ruë neuve des Petits Champt ,
Original de Vendick , représentant un sujet de pieté,
composé de treize fignres grandes comme Nature..
Cette Piece a dix pieds de haut sur sept et demi delarge
, et a été trouvée admirable partous les Connoisseurs
qui l'ont déja vûë.
Le sieur Porlier , de la Societé des Arts , demeure
présentement au Caffé qui fait le coin de la rue
des Nonaindieres , au bout du Pont Marie à Paris.
Il continue avec succès les Broderies de Constanti
nople , et blanchit , par un secret à lui particulier ;
toutes les Etoffes brodées , brochées en or , argent et
en Soye , auxquelles il conserve les couleurs , fausse
ou fine. Il ne se sert point de Calendre; on peut
avoir recours à lui pour toutes ces sortes d'Etoffes
qui auront été mal blanchies Il dessine aussi pour
toute sorte de Broderie dans le goût des Indes.
L'altération qui vient aux dents , selon le sieur
Durand , ne procede que de la carie on de l'ébranlement.
La premiere entame et fait une perforation
douloureuse , qui jette dans la nécessité de les faire
arrar
MAY. 173 . 943
arracher ; l'autre moins sensible , mais d'un plus
grand progrès , est engendrée par l'exhalaison des
mauvais levains de l'estomach . Cette vapeur qui
s'éleve et qui se condense , fait le tartre qui attaque
Les dents par le pied et prend peu à pen la place des
gencives qui sont leurs bases . Il ne faut point s'étonner
si la négligence ou l'inattention fait que les
personnes , quoique fort jeunes , perdent leurs dents.
Quand elles branlent et que la gencive est rangée,
on est obligé de les faire tirer ; et en effet si elles
sont sorties de leurs alveoles , il n'y a plus de remede,
mais hors ce cas, le sieur Durand, reçû à S.Côme, a
joint à son experience et à sa dexterité pour tout ce
qui concerne son Art,la découverte d'un Opiat trèssalutaire
, puisqu'en rendant et conservant l'émail
des dents , elle produit la régeneration des gencives
et les deffend contre le tartre , entretenant leur blancheur,
leur beauté et leur assiette naturelle . Il n'y a
dit- il, ni abscès ni chancres qui résistent à la vertu
de cet Opiat ; il dissout même le sang grossier , dont
Les gencives sont souvent.abreuvées et qui cause
d'ordinaire de petits abscès entre deux dents ; ensorte
qu'on croit avoir une dent gâtée , on la fait tirer
at au lieu d'une on en perd deux , comme ledit sieur
Durand l'a vu arriver plusieurs fois . D'ailleurs cet
Opiat nourrit la gencive et l'empêche de se retirer ,
fortifiant la dent la plus vacillante , il est aussi un
préservatif des maux de dents et empêche que l'on
ne sente de la bouche.
Les Pots d'Opiat rouge , dit des Sultannes , sont
de trois livres et de six livres , il se transporte dans .
les Provinces les plus éloignées ; on donne par écrit
la maniere de s'en servir. Le sieur Durand sort le:
matin , et l'après midi on le trouve chez lui , rue
S. Honoré, vis-à- vis la Croix du Traboir , à la
Coupe d'or , avec Tableau..
Tableaux , & c.
Il y en a un actuellement à vendre au petit Hôtel
de S. Poüange , ruë neuve des Petits Champt ,
Original de Vendick , représentant un sujet de pieté,
composé de treize fignres grandes comme Nature..
Cette Piece a dix pieds de haut sur sept et demi delarge
, et a été trouvée admirable partous les Connoisseurs
qui l'ont déja vûë.
Le sieur Porlier , de la Societé des Arts , demeure
présentement au Caffé qui fait le coin de la rue
des Nonaindieres , au bout du Pont Marie à Paris.
Il continue avec succès les Broderies de Constanti
nople , et blanchit , par un secret à lui particulier ;
toutes les Etoffes brodées , brochées en or , argent et
en Soye , auxquelles il conserve les couleurs , fausse
ou fine. Il ne se sert point de Calendre; on peut
avoir recours à lui pour toutes ces sortes d'Etoffes
qui auront été mal blanchies Il dessine aussi pour
toute sorte de Broderie dans le goût des Indes.
L'altération qui vient aux dents , selon le sieur
Durand , ne procede que de la carie on de l'ébranlement.
La premiere entame et fait une perforation
douloureuse , qui jette dans la nécessité de les faire
arrar
MAY. 173 . 943
arracher ; l'autre moins sensible , mais d'un plus
grand progrès , est engendrée par l'exhalaison des
mauvais levains de l'estomach . Cette vapeur qui
s'éleve et qui se condense , fait le tartre qui attaque
Les dents par le pied et prend peu à pen la place des
gencives qui sont leurs bases . Il ne faut point s'étonner
si la négligence ou l'inattention fait que les
personnes , quoique fort jeunes , perdent leurs dents.
Quand elles branlent et que la gencive est rangée,
on est obligé de les faire tirer ; et en effet si elles
sont sorties de leurs alveoles , il n'y a plus de remede,
mais hors ce cas, le sieur Durand, reçû à S.Côme, a
joint à son experience et à sa dexterité pour tout ce
qui concerne son Art,la découverte d'un Opiat trèssalutaire
, puisqu'en rendant et conservant l'émail
des dents , elle produit la régeneration des gencives
et les deffend contre le tartre , entretenant leur blancheur,
leur beauté et leur assiette naturelle . Il n'y a
dit- il, ni abscès ni chancres qui résistent à la vertu
de cet Opiat ; il dissout même le sang grossier , dont
Les gencives sont souvent.abreuvées et qui cause
d'ordinaire de petits abscès entre deux dents ; ensorte
qu'on croit avoir une dent gâtée , on la fait tirer
at au lieu d'une on en perd deux , comme ledit sieur
Durand l'a vu arriver plusieurs fois . D'ailleurs cet
Opiat nourrit la gencive et l'empêche de se retirer ,
fortifiant la dent la plus vacillante , il est aussi un
préservatif des maux de dents et empêche que l'on
ne sente de la bouche.
Les Pots d'Opiat rouge , dit des Sultannes , sont
de trois livres et de six livres , il se transporte dans .
les Provinces les plus éloignées ; on donne par écrit
la maniere de s'en servir. Le sieur Durand sort le:
matin , et l'après midi on le trouve chez lui , rue
S. Honoré, vis-à- vis la Croix du Traboir , à la
Coupe d'or , avec Tableau..
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Résumé : AVIS aux Personnes curieuses d'excellens Tableaux, &c.
L'avis concerne la vente d'un tableau original de Vendick, représentant un sujet de piété avec treize figures grandeur nature. Cette œuvre, mesurant dix pieds de haut sur sept pieds et demi de large, a été jugée admirable par les connaisseurs. Le sieur Porlier, membre de la Société des Arts, réside au Café au coin de la rue des Nonaindières, au bout du Pont Marie à Paris. Il excelle dans les broderies à la manière de Constantinople et blanchit les étoffes brodées en or, argent et soie sans altérer les couleurs. Il propose également ses services pour les étoffes mal blanchies et dessine des broderies au goût des Indes. Le texte aborde également les problèmes dentaires. Selon le sieur Durand, les altérations dentaires proviennent de la carie ou de l'ébranlement. La carie cause des perforations douloureuses nécessitant l'extraction des dents, tandis que l'ébranlement, moins douloureux mais progressif, est dû aux exhalaisons des mauvais levains de l'estomac, formant du tartre qui attaque les dents. Durand, reçu à Saint-Côme, a découvert un opiat salutaire qui régénère les gencives, prévient le tartre et conserve la blancheur des dents. Cet opiat dissout également le sang grossier causant des abscès et prévient les maux de dents. Les pots d'opiat rouge, appelés des Sultannes, sont disponibles en poids de trois et six livres et peuvent être expédiés dans les provinces éloignées. Durand est joignable le matin et l'après-midi à son domicile rue Saint-Honoré, vis-à-vis la Croix du Traboir, à la Coupe d'or.
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7690
p. 948-958
LA GRONDEUSE, Comédie nouvelle, représentée par les Comédiens François, le Jeudy 11. Fév. 1734. Extrait.
Début :
ACTEURS. Aminte, veuve, la Dlle Quinault. Cléante, Amant d'Aminte, [...]
Mots clefs :
Cléante, Aminte, Oronte, Dorine, Frère, Caractère, Temps, Grondeuse, Maîtresse, Maître
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texteReconnaissance textuelle : LA GRONDEUSE, Comédie nouvelle, représentée par les Comédiens François, le Jeudy 11. Fév. 1734. Extrait.
LA GRONDEUSE , Comédie
nouvelle , représentée par les Comédiens
François, le Jendy 11.Fév.1734.Extrait .
ACTEURS.
Aminte , veuve ,
Cléante
la Dlle Quinault.
Amant d'Aminte , le sieur
Grandval.
Dorine , Suivante d'Aminte , la Dlle
Dangeville.
M.
MAY. 1734. 949
M. Oronte , beau- frere d'Aminte , le sieur
Duchemin.
Dartimont , Voyageur , autre beau-frere,
le sieur Armand.
Le Candidat , jeune Medecin , fils d'O- ›
le sieur Dangeville: ronte ,
Crispin, Valet de Cleante , le Sr Poisson .
M. Double- Croche , Musicien , le sieur
le Grand.
La Scêne est dans la Maison d'Aminte.
Cette Piece , qui est de l'Auteur du
Rendez - vous , n'a pas eû le sort qu'elle
méritoit ; mais malgré son peu de réus
site , es Connoisseurs lui ont rendu justice
. L'Auteur y a soutenu , autant qu'il
est possible , le caractere principal ; il
est vrai que ce même caractere a parû
avec tant d'avantage dans le premier
Acte du Grondeur de M. Palapra , qu'il
étoit difficile d'y ajoûter de nouveaux
traits.. On a fait à sa Comédie le même
reproche qu'on fait encore tous les jours
aux deux derniers Actes du Grondeur ,
dont nous venons de parler ; c'est de
n'avoir pas toujours fourni à son principal
Acteur des occasions de gronder
injustement ; on verra le méme inconvenient
dans l'Extrait que nous allons
donner de la Grondeuse. Au reste pour
ne
950 MERCURE DE FRANCE
ne point enfraindre la loi que nous nous
les
sommes prescrite , nous ne serons que
échos des jugemens que le Public a portez
sur cet ingenieux Ouvrage.
pour
Oronte , beau- frere d'Aminte , ouvre la
Scêne avec Cleante , Amant de cette Veuve
. Elle est encore aimable et jeune , mais
par malheur Cléante elle a un défaut;
c'est d'être grondeuse. Oronte a beau
lui dire qu'il lui a dit cent fois lui - même
que les défauts qui ne sont que des
vices d'humeur , doivent se pardonner ;
il soutient toûjours qu'il y a quelque
chose de plus dans le coeur d'Aminte et
que sa mauvaise humeur part d'un fond
d'indifference et de mépris qu'elle a conçus
pour lui. L'Auteur a pris soin d'établir
dans cette premiere Scêne à quel
coin doit être marqué le veritable caractere
de Grondeur ou de Grondeuse ; on
le voit par ce fragment . C'est Oronte
qui parle.
Ce qu'il y a de certain , c'est que vous
•prenez pour mépris et indifference , une humeur
altiere et mutine qu'elle a eûë toute
sa vie. Cléante.
J'y suis trop interessé pour pouvoir m'y
tromper.
Oronte.
Enfin vous l'avez vûë et aimée avant
qu'elle
MAY. 1734.
951
2
qu'elle fut mariée à feu mon frere ; ne grondoit-
elle pas alors ?
Cleante .
Assurément on forçoit son inclination .
Oronte.
Mariée , tout le monde sçait ....
Cléante.
Peut-on vivre en paix avec un homme
qu'on épouse ?
Oronte.
Mais depuis qu'elle est veuve !
Cléante.
Ah ! le veuvage est un état si triste.
Oronte.
Il a réponse à tout.
Cléante.
Vous ne la verrez tranquille et contente
que quand l'ingrate sera unie à quelqu'un
qui lui plaise. Je m'étois flatté d'être ce
quelqu'un , mais les traitemens que j'ai reçûs
m'ont assez prouvé le contraire,
L'Auteur fait bien voir par ce morceau
de Dialogue , que sí le caractere dominant
de sa Piece n'est pas à la rigueur tel
qu'il devroit être , ce n'est pas faute de
l'avoir bien connu ; passons à l'action .
Oronte fait entendre à Cléante qu'il
veut absolument le réconcilier avec
Aminte ; il lui dit qu'en qualité de parent
du deffunt , il doit la presser
de se
remarier
952 MERCURE DE FRANCE
le
remarier avantageusement ; qu'il doit la
voir pour lui en faire la proposition ,
accompagné de son frere , vieux Voyaguur
, et de son fils le Candidat ; une
petite difficulté l'arrête ; c'est que par
Testament de son frere , Mary d'Aminte
, il est obligé de faire dix mille francs
de rente à Aminte , tant qu'elle ne se
remariera pas , et qu'en lui insinuant de
se marier , il lui deviendra suspect d'interêt.
Cléante lui répond qu'il n'a qu'à
lui offrir de lui continuer cette rente ,
même en se mariant , et que par un Acte
secret il s'engagera , lui Cléante , à lui
en tenir compte. Cette premiere difficulté
étant levée , Oronte s'en va pour
mettre en execution ce qu'il vient de
promettre à Cléante.
Crispin , Valet de Cléante , vient lui
dire qu'Aminte , chez qui il l'avoit envoyé
pour sçavoir si elle étoit visible ,
ne veut pas le voir. Dorine , vient lui confirmer
ce prétendu refus , en lui disant
pourtant qu'il peut entrer s'il veut ; mais
qu'il feroit mieux de revenir dans une
demie heure, parce que sa Maîtresse lui a
parû surprise qu'on vint chez elle si matin.
Cléante picqué , se retire.
Crispin s'amuse quelque temps avec
Dorine , qu'il plaint d'être au service.
d'une
MAY. 1734. 953.
d'une Maîtresse dont l'humeur est si difficile
Dorinc lui répond qu'il y a des
dédommagemens , et que si sa Maîtresse
gronde , elle paye bien et récompense
encore mieux ; elle le prie de se retirer ,
attendu qu'Aminte est intraitable sur
tout ce qui a l'air de galanterie et de rendez-
vous .
Aminte vient et demande à Dorine
d'un ton grondeur , pourquoi Cléante
ne paroît point; Dorine lui répond qu'elle
lui a dit de sa part de revenir dans un
autre temps ; de ma part ! lui dit sa Maîtresse
; la pauvre Suivante n'ose la contredire
absolument , et la laisse s'exhaler
en reproches par cette tirade : Ce sont
tous les jours nouvelles sottises. Sans juges
ment, sans adresse , sans sçavoir ; dans tout
ce qu'elle fait et dans tout ce qu'elle dit , il
semble qu'elle prenne plaisir à me desesperer.
J'excuse sans cesse ; sans cesse je pardonne
, et l'on me regarde encore comme une
femme difficile à contenter. Renvoyer Cléante!
me soutenir que c'est par mon ordre ! a
t'on jamais fait une plus lourde faute ? Et
après l'avoirfaite , l'a- t'on jamais appuyée
d'une plus grande effronterie ? Oh ! je vous
avoue qu'ilfaut bien prendre sur soi pour
souffrir sans rien dire de pareilles bévues.
Si toutes les Scénes de cette Piece,
F avoient
954 MERCURE DE FRANCE
avoient la valeur intrinseque de celle
cy , on ne pourroit pas disconvenir que
le caractere de Grondeuse ne fût parfaitement
rempli ; c'est là gronder veritablement
, quand on n'en a pas lieu ; puisque
Dorine n'a fait qu'executer ses ordres
en renvoyant son Amant , on pourroit
dire qu'elle nie d'avoir donné un
pareil ordre , et que sur ce fondement
elle a raison de gronder ; mais ne seroitce
pas llaa rreennddrree' trop déraisonnable que
de lui faire avouer qu'elle ne gronde
que pour le plaisir de gronder ; il est dif
ficile de tenir un juste milieu entre deux
extrémitez également vicieuses. Crispin
sort pour aller faire revenir son Maître ;
en l'attendant Aminte continuë à quereller
Dorine d'une maniere assez analogue
au caractere que l'Auteur lui a
donné .
Cléante revient ; il essuye de temps en
temps quelques traits de la mauvaise humeur
où Dorine a mis sa Maîtresse ; pour
achever de chagriner Aminte, M. Double-
Croche , son Maître à chanter , arrive ;
elle trouve très- mauvais qu'il ait si mal
pris son temps ; Cléante , pour appuyer
le reproche qu'elle fait au Musicien , lui
dit de se retirer ; Aminte est très choquée
de l'air d'autorité que Cléante ose
prendre
MAY. 1734. 955
prendre chez elle . Cléante voyant qu'il
commence à lui déplaire , prend congé
d'elles où allez- vous donc ? lui dit- elle ,
vous prenez un travers ; Cleante lui dit en
se retirant qu'il vient de se souvenir d'avoir
donné une parole qui l'oblige à la
quitter.
La Scéne suivante qui se passe entre
Aminte et son Maître à chanter est des
plus plaisantes ; il veut chanter malgré
elle , fondé sur le droit que sa Profession
lui donne ; elle ne veut ni chanter ni
l'entendre chanter ; il ne lais e pas d'aller
son train ; chaque mot qu'il chante est
accompagné d'une injure qui lui sert ,
pour ainsi dire , de basse - continuë ;
Double - Croche , se retire aussi mécontent
de son Ecoliere , qu'elle l'est de son
Maître.
·
Enfin , pour achever de pousser à bout
la patience d'Aminte , Oronte vient , suivi
de son frere et de son fils ; cette Scéne .
a parû d'autant moins à sa place , que
la Grondeuse y est la femme du monde
la plus patiente ; on pousse le désagrément
de cette Scéne délibérative , jusqu'à
citer des passages Latins pour appuyer
ce qu'on veut prouver , comme
Aminte s'est long- temps contrainte , elle
lâche la bonde à sa colere avec plus
Fij d'im
956 MERCURE DE FRANCE
d'impétuosité et dit à ces fastidieux harangueurs
: Ah ! je ne puis plus tenir à tant
d'impertinences ; non , non , c'est trop me
contraindre , je suis bien bonne d'écouter les
rêveries d'un radoteur , d'un imbécile et
d'un Invalide. Elle se retire après avoir
lâché ces obligeantes épithetes .
que
Cléante vient , Oronte lui dit qu'il
avoit bien raison, quand il lui soutenoit
que sa belle- soeur n'avoit pour lui qu'in
difference et que mépris ; les trois Orateurs
disgraciez s'en vont ; Cléante ne
doute plus des dispositions d'Aminte à
son égard. Pour le confirmer dans cette
croyance , Dorine vient lui dire qu'elle
n'a jamais vû sa Maîtresse dans une si
grande colere , l'indignation , ajoûte - t'elle,
peinte sur son visage , elle a mis la main
à la plume , et au milieu des plaintes et des
invectives , elle a tracé ce Billet qu'elle m'a
chargée de vous remettre, Cléante ne veut
pas recevoir le Billet , il le croit trop outrageant
pour son amour ; Crispin le reçoit
pour lui , en disant : je pourrois m'en
servir auprès de mon Maître , son amour a
quelque chose de périodique. Son Maître
étoit déja sorti quand il dir cela à Dorine ;
ils sont bien surpris tous deux de le voir
revenir avec Aminte , qui ne sçait pourquoi
il l'évite ; Cléante lui fait des re
proches
MAY . 1734.
957
proches auxquels elle ne comprend rien ,
après le Billet obligeant qu'elle vient de
lui faire remettre par Dorine ; elle lui
demande s'il a lû ce qu'elle lui a écrits
il lui dit qu'il n'a eû garde de lire des
injures ; Crispin dit à part : auroit- elle fait
le Billet tendre exprès pour se ménager une
occasion de gronder. Il donne ce Billet à
Cléante , qui y lit ce qui suit :
La proposition que l'on m'a faite de me
continuer ma pension me donne un soupçon
bien extraordinaire. Si ce que j'imagine est
vrai , vous ne méritez guere l'estime et l'in
clination qu'on a pour vous . Ceux qui m'ont
parlé sur ee ton ont trop peu de generosité ,
pour que je ne voye pas les arrangemens que
vous avez pris avec eux. Comment osezvous
me croire interessée , moi qui vous sacrifierois
tous les biens ? D'où partent des
sentimens si bizares après les assurances
que vous avez de mon coeur , et après m'avoir
déterminée à un second hymen, qui me
seroit odieux avec tout autre qu'avec vous ?
Cléante se jette à ses pieds pour lui
demander pardon ; mais l'Auteur lui fait
reprendre ici son caractere ; elle veut continuer
d'être fâchée ; elle lui dit en le
quittant qu'elle avoit pris soin de mander
le Notaire chez elle ; mais qu'elle
veut lui laisser le temps de refléchir sur
Fiij
ce
958 MERCURE DE FRANCE
ce qu'il doit faire ; Cléante la suit et ne
balance plus à l'épouser; J'aime, dit- il , et
je suis aimé , il faut ceder à ma destinée ,
quand il m'en cotteroit un peu de
repos...
Au reste , tous les Connoisseurs conviennent
que cette petite Comédie est
remplie de traits ingénieux , et l'on peut
juger de l'élegance du stile par les petits
morceaux que nous avons citez .
nouvelle , représentée par les Comédiens
François, le Jendy 11.Fév.1734.Extrait .
ACTEURS.
Aminte , veuve ,
Cléante
la Dlle Quinault.
Amant d'Aminte , le sieur
Grandval.
Dorine , Suivante d'Aminte , la Dlle
Dangeville.
M.
MAY. 1734. 949
M. Oronte , beau- frere d'Aminte , le sieur
Duchemin.
Dartimont , Voyageur , autre beau-frere,
le sieur Armand.
Le Candidat , jeune Medecin , fils d'O- ›
le sieur Dangeville: ronte ,
Crispin, Valet de Cleante , le Sr Poisson .
M. Double- Croche , Musicien , le sieur
le Grand.
La Scêne est dans la Maison d'Aminte.
Cette Piece , qui est de l'Auteur du
Rendez - vous , n'a pas eû le sort qu'elle
méritoit ; mais malgré son peu de réus
site , es Connoisseurs lui ont rendu justice
. L'Auteur y a soutenu , autant qu'il
est possible , le caractere principal ; il
est vrai que ce même caractere a parû
avec tant d'avantage dans le premier
Acte du Grondeur de M. Palapra , qu'il
étoit difficile d'y ajoûter de nouveaux
traits.. On a fait à sa Comédie le même
reproche qu'on fait encore tous les jours
aux deux derniers Actes du Grondeur ,
dont nous venons de parler ; c'est de
n'avoir pas toujours fourni à son principal
Acteur des occasions de gronder
injustement ; on verra le méme inconvenient
dans l'Extrait que nous allons
donner de la Grondeuse. Au reste pour
ne
950 MERCURE DE FRANCE
ne point enfraindre la loi que nous nous
les
sommes prescrite , nous ne serons que
échos des jugemens que le Public a portez
sur cet ingenieux Ouvrage.
pour
Oronte , beau- frere d'Aminte , ouvre la
Scêne avec Cleante , Amant de cette Veuve
. Elle est encore aimable et jeune , mais
par malheur Cléante elle a un défaut;
c'est d'être grondeuse. Oronte a beau
lui dire qu'il lui a dit cent fois lui - même
que les défauts qui ne sont que des
vices d'humeur , doivent se pardonner ;
il soutient toûjours qu'il y a quelque
chose de plus dans le coeur d'Aminte et
que sa mauvaise humeur part d'un fond
d'indifference et de mépris qu'elle a conçus
pour lui. L'Auteur a pris soin d'établir
dans cette premiere Scêne à quel
coin doit être marqué le veritable caractere
de Grondeur ou de Grondeuse ; on
le voit par ce fragment . C'est Oronte
qui parle.
Ce qu'il y a de certain , c'est que vous
•prenez pour mépris et indifference , une humeur
altiere et mutine qu'elle a eûë toute
sa vie. Cléante.
J'y suis trop interessé pour pouvoir m'y
tromper.
Oronte.
Enfin vous l'avez vûë et aimée avant
qu'elle
MAY. 1734.
951
2
qu'elle fut mariée à feu mon frere ; ne grondoit-
elle pas alors ?
Cleante .
Assurément on forçoit son inclination .
Oronte.
Mariée , tout le monde sçait ....
Cléante.
Peut-on vivre en paix avec un homme
qu'on épouse ?
Oronte.
Mais depuis qu'elle est veuve !
Cléante.
Ah ! le veuvage est un état si triste.
Oronte.
Il a réponse à tout.
Cléante.
Vous ne la verrez tranquille et contente
que quand l'ingrate sera unie à quelqu'un
qui lui plaise. Je m'étois flatté d'être ce
quelqu'un , mais les traitemens que j'ai reçûs
m'ont assez prouvé le contraire,
L'Auteur fait bien voir par ce morceau
de Dialogue , que sí le caractere dominant
de sa Piece n'est pas à la rigueur tel
qu'il devroit être , ce n'est pas faute de
l'avoir bien connu ; passons à l'action .
Oronte fait entendre à Cléante qu'il
veut absolument le réconcilier avec
Aminte ; il lui dit qu'en qualité de parent
du deffunt , il doit la presser
de se
remarier
952 MERCURE DE FRANCE
le
remarier avantageusement ; qu'il doit la
voir pour lui en faire la proposition ,
accompagné de son frere , vieux Voyaguur
, et de son fils le Candidat ; une
petite difficulté l'arrête ; c'est que par
Testament de son frere , Mary d'Aminte
, il est obligé de faire dix mille francs
de rente à Aminte , tant qu'elle ne se
remariera pas , et qu'en lui insinuant de
se marier , il lui deviendra suspect d'interêt.
Cléante lui répond qu'il n'a qu'à
lui offrir de lui continuer cette rente ,
même en se mariant , et que par un Acte
secret il s'engagera , lui Cléante , à lui
en tenir compte. Cette premiere difficulté
étant levée , Oronte s'en va pour
mettre en execution ce qu'il vient de
promettre à Cléante.
Crispin , Valet de Cléante , vient lui
dire qu'Aminte , chez qui il l'avoit envoyé
pour sçavoir si elle étoit visible ,
ne veut pas le voir. Dorine , vient lui confirmer
ce prétendu refus , en lui disant
pourtant qu'il peut entrer s'il veut ; mais
qu'il feroit mieux de revenir dans une
demie heure, parce que sa Maîtresse lui a
parû surprise qu'on vint chez elle si matin.
Cléante picqué , se retire.
Crispin s'amuse quelque temps avec
Dorine , qu'il plaint d'être au service.
d'une
MAY. 1734. 953.
d'une Maîtresse dont l'humeur est si difficile
Dorinc lui répond qu'il y a des
dédommagemens , et que si sa Maîtresse
gronde , elle paye bien et récompense
encore mieux ; elle le prie de se retirer ,
attendu qu'Aminte est intraitable sur
tout ce qui a l'air de galanterie et de rendez-
vous .
Aminte vient et demande à Dorine
d'un ton grondeur , pourquoi Cléante
ne paroît point; Dorine lui répond qu'elle
lui a dit de sa part de revenir dans un
autre temps ; de ma part ! lui dit sa Maîtresse
; la pauvre Suivante n'ose la contredire
absolument , et la laisse s'exhaler
en reproches par cette tirade : Ce sont
tous les jours nouvelles sottises. Sans juges
ment, sans adresse , sans sçavoir ; dans tout
ce qu'elle fait et dans tout ce qu'elle dit , il
semble qu'elle prenne plaisir à me desesperer.
J'excuse sans cesse ; sans cesse je pardonne
, et l'on me regarde encore comme une
femme difficile à contenter. Renvoyer Cléante!
me soutenir que c'est par mon ordre ! a
t'on jamais fait une plus lourde faute ? Et
après l'avoirfaite , l'a- t'on jamais appuyée
d'une plus grande effronterie ? Oh ! je vous
avoue qu'ilfaut bien prendre sur soi pour
souffrir sans rien dire de pareilles bévues.
Si toutes les Scénes de cette Piece,
F avoient
954 MERCURE DE FRANCE
avoient la valeur intrinseque de celle
cy , on ne pourroit pas disconvenir que
le caractere de Grondeuse ne fût parfaitement
rempli ; c'est là gronder veritablement
, quand on n'en a pas lieu ; puisque
Dorine n'a fait qu'executer ses ordres
en renvoyant son Amant , on pourroit
dire qu'elle nie d'avoir donné un
pareil ordre , et que sur ce fondement
elle a raison de gronder ; mais ne seroitce
pas llaa rreennddrree' trop déraisonnable que
de lui faire avouer qu'elle ne gronde
que pour le plaisir de gronder ; il est dif
ficile de tenir un juste milieu entre deux
extrémitez également vicieuses. Crispin
sort pour aller faire revenir son Maître ;
en l'attendant Aminte continuë à quereller
Dorine d'une maniere assez analogue
au caractere que l'Auteur lui a
donné .
Cléante revient ; il essuye de temps en
temps quelques traits de la mauvaise humeur
où Dorine a mis sa Maîtresse ; pour
achever de chagriner Aminte, M. Double-
Croche , son Maître à chanter , arrive ;
elle trouve très- mauvais qu'il ait si mal
pris son temps ; Cléante , pour appuyer
le reproche qu'elle fait au Musicien , lui
dit de se retirer ; Aminte est très choquée
de l'air d'autorité que Cléante ose
prendre
MAY. 1734. 955
prendre chez elle . Cléante voyant qu'il
commence à lui déplaire , prend congé
d'elles où allez- vous donc ? lui dit- elle ,
vous prenez un travers ; Cleante lui dit en
se retirant qu'il vient de se souvenir d'avoir
donné une parole qui l'oblige à la
quitter.
La Scéne suivante qui se passe entre
Aminte et son Maître à chanter est des
plus plaisantes ; il veut chanter malgré
elle , fondé sur le droit que sa Profession
lui donne ; elle ne veut ni chanter ni
l'entendre chanter ; il ne lais e pas d'aller
son train ; chaque mot qu'il chante est
accompagné d'une injure qui lui sert ,
pour ainsi dire , de basse - continuë ;
Double - Croche , se retire aussi mécontent
de son Ecoliere , qu'elle l'est de son
Maître.
·
Enfin , pour achever de pousser à bout
la patience d'Aminte , Oronte vient , suivi
de son frere et de son fils ; cette Scéne .
a parû d'autant moins à sa place , que
la Grondeuse y est la femme du monde
la plus patiente ; on pousse le désagrément
de cette Scéne délibérative , jusqu'à
citer des passages Latins pour appuyer
ce qu'on veut prouver , comme
Aminte s'est long- temps contrainte , elle
lâche la bonde à sa colere avec plus
Fij d'im
956 MERCURE DE FRANCE
d'impétuosité et dit à ces fastidieux harangueurs
: Ah ! je ne puis plus tenir à tant
d'impertinences ; non , non , c'est trop me
contraindre , je suis bien bonne d'écouter les
rêveries d'un radoteur , d'un imbécile et
d'un Invalide. Elle se retire après avoir
lâché ces obligeantes épithetes .
que
Cléante vient , Oronte lui dit qu'il
avoit bien raison, quand il lui soutenoit
que sa belle- soeur n'avoit pour lui qu'in
difference et que mépris ; les trois Orateurs
disgraciez s'en vont ; Cléante ne
doute plus des dispositions d'Aminte à
son égard. Pour le confirmer dans cette
croyance , Dorine vient lui dire qu'elle
n'a jamais vû sa Maîtresse dans une si
grande colere , l'indignation , ajoûte - t'elle,
peinte sur son visage , elle a mis la main
à la plume , et au milieu des plaintes et des
invectives , elle a tracé ce Billet qu'elle m'a
chargée de vous remettre, Cléante ne veut
pas recevoir le Billet , il le croit trop outrageant
pour son amour ; Crispin le reçoit
pour lui , en disant : je pourrois m'en
servir auprès de mon Maître , son amour a
quelque chose de périodique. Son Maître
étoit déja sorti quand il dir cela à Dorine ;
ils sont bien surpris tous deux de le voir
revenir avec Aminte , qui ne sçait pourquoi
il l'évite ; Cléante lui fait des re
proches
MAY . 1734.
957
proches auxquels elle ne comprend rien ,
après le Billet obligeant qu'elle vient de
lui faire remettre par Dorine ; elle lui
demande s'il a lû ce qu'elle lui a écrits
il lui dit qu'il n'a eû garde de lire des
injures ; Crispin dit à part : auroit- elle fait
le Billet tendre exprès pour se ménager une
occasion de gronder. Il donne ce Billet à
Cléante , qui y lit ce qui suit :
La proposition que l'on m'a faite de me
continuer ma pension me donne un soupçon
bien extraordinaire. Si ce que j'imagine est
vrai , vous ne méritez guere l'estime et l'in
clination qu'on a pour vous . Ceux qui m'ont
parlé sur ee ton ont trop peu de generosité ,
pour que je ne voye pas les arrangemens que
vous avez pris avec eux. Comment osezvous
me croire interessée , moi qui vous sacrifierois
tous les biens ? D'où partent des
sentimens si bizares après les assurances
que vous avez de mon coeur , et après m'avoir
déterminée à un second hymen, qui me
seroit odieux avec tout autre qu'avec vous ?
Cléante se jette à ses pieds pour lui
demander pardon ; mais l'Auteur lui fait
reprendre ici son caractere ; elle veut continuer
d'être fâchée ; elle lui dit en le
quittant qu'elle avoit pris soin de mander
le Notaire chez elle ; mais qu'elle
veut lui laisser le temps de refléchir sur
Fiij
ce
958 MERCURE DE FRANCE
ce qu'il doit faire ; Cléante la suit et ne
balance plus à l'épouser; J'aime, dit- il , et
je suis aimé , il faut ceder à ma destinée ,
quand il m'en cotteroit un peu de
repos...
Au reste , tous les Connoisseurs conviennent
que cette petite Comédie est
remplie de traits ingénieux , et l'on peut
juger de l'élegance du stile par les petits
morceaux que nous avons citez .
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Résumé : LA GRONDEUSE, Comédie nouvelle, représentée par les Comédiens François, le Jeudy 11. Fév. 1734. Extrait.
La pièce 'La Grondeuse' est une comédie jouée par les Comédiens Français le 11 février 1734. Elle met en scène Aminte, une jeune veuve aimable mais au caractère difficile, et Cléante, son amant. La pièce commence avec Oronte, le beau-frère d'Aminte, qui discute avec Cléante des défauts d'Aminte, qu'il attribue à une indifférence et un mépris envers Cléante. Aminte, malgré son amour pour Cléante, manifeste une humeur altière et mutine. Oronte souhaite réconcilier Cléante et Aminte et propose de lui trouver un nouveau mari. Cependant, un testament oblige à verser une rente à Aminte tant qu'elle ne se remarie pas. Cléante suggère de continuer cette rente par un acte secret. Oronte part alors mettre en œuvre cette proposition. Pendant ce temps, Crispin, valet de Cléante, et Dorine, suivante d'Aminte, échangent sur le caractère difficile de leur maîtresse. Aminte, mécontente, reproche à Dorine d'avoir renvoyé Cléante. Cléante revient et essuie les reproches d'Aminte, qui se montre de plus en plus irritable. La situation se complique avec l'arrivée de M. Double-Croche, le maître à chanter d'Aminte, et des beaux-frères d'Aminte, qui tentent de la convaincre de se remarier. Aminte finit par exploser de colère contre ses visiteurs et se retire. Cléante, après avoir reçu un billet d'Aminte, se jette à ses pieds pour lui demander pardon. Aminte, reprenant son caractère grondeur, lui laisse le temps de réfléchir avant de l'épouser. La pièce se termine sur la décision de Cléante d'accepter son destin et d'épouser Aminte. Les connaisseurs reconnaissent l'ingéniosité des traits de la pièce et l'élégance de son style.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7691
p. 958
La Nouveauté, Comédie, [titre d'après la table]
Début :
Le 18 de ce mois, on remit au Theatre François la petite Comédie du feu sieur [...]
Mots clefs :
Nouveauté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : La Nouveauté, Comédie, [titre d'après la table]
Le 18 de ce mois , on remit au Theatre
François la petite Comédie du feu sieur
le Grand , Comédien , intitulée la Nouveauté
, laquelle fit beaucoup de plaisir.
On y voit une Scéne très originale et très
bien exécutée , entre le Sr Dufresne et la
Dile Quinaut sa soeur. C'est un essai pour
le projet d'un Opera sans paroles ; dans
le fragment dont il s'agit ici , on exprime
le sujet par l'action et le chant , en nom
mant seulement toutes les notes . Nous
avons parlé de cette Piéce au mois de
Janvier 17.7. pag. 14c.
François la petite Comédie du feu sieur
le Grand , Comédien , intitulée la Nouveauté
, laquelle fit beaucoup de plaisir.
On y voit une Scéne très originale et très
bien exécutée , entre le Sr Dufresne et la
Dile Quinaut sa soeur. C'est un essai pour
le projet d'un Opera sans paroles ; dans
le fragment dont il s'agit ici , on exprime
le sujet par l'action et le chant , en nom
mant seulement toutes les notes . Nous
avons parlé de cette Piéce au mois de
Janvier 17.7. pag. 14c.
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Résumé : La Nouveauté, Comédie, [titre d'après la table]
Le 18 du mois, la pièce 'La Nouveauté' de Le Grand a été jouée au Théâtre François. Elle a été bien accueillie par le public. La scène la plus remarquable, interprétée par Dufresne et sa sœur, la Dile Quinaut, est un opéra sans paroles. Les notes sont nommées à la place des mots. La pièce avait déjà été mentionnée en janvier 1777.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7692
p. 958-959
Nouvelle Actrice, [titre d'après la table]
Début :
Le 19, on représenta la Tragédie de Britannicus et les Folies amoureuses. La Dlle [...]
Mots clefs :
Comédie, Tragédie, Iphigénie, Britannicus, Mademoiselle Connell
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle Actrice, [titre d'après la table]
Le 19 , on représenta la Tragédie de
Britannicus et les Folies amoureuses .LaDlle
Conel , jeune personne fort bien faite
pleine d'agremens , qui a déja joué quantité
de Rôles en Bourgeoisie , mais qui
n'étoit jamais montée sur aucun Theatre
public , fut fort aplaudie dans le rôle de
Junie et dans celui d'Agathe.
MAY. 1734. 959
Ĺë 20 , on joù la Comédie du Philo
sophe marié,dont le Sr de Montmenil templit
le principal rôle avec aplaudissement,
à la place du Sr Quinaut , qui a de nouveau
quitté la Comédie."
Le 24 la nouvelle Actrice fut encore
fort aplaudie dans la Tragédie d'Iphigenie
et dans la Comédie du Florentin. Elle oüa
dans la premiere le rôle d'Iphigenie, cesse
dans l'autre celui d'Hortense.
Britannicus et les Folies amoureuses .LaDlle
Conel , jeune personne fort bien faite
pleine d'agremens , qui a déja joué quantité
de Rôles en Bourgeoisie , mais qui
n'étoit jamais montée sur aucun Theatre
public , fut fort aplaudie dans le rôle de
Junie et dans celui d'Agathe.
MAY. 1734. 959
Ĺë 20 , on joù la Comédie du Philo
sophe marié,dont le Sr de Montmenil templit
le principal rôle avec aplaudissement,
à la place du Sr Quinaut , qui a de nouveau
quitté la Comédie."
Le 24 la nouvelle Actrice fut encore
fort aplaudie dans la Tragédie d'Iphigenie
et dans la Comédie du Florentin. Elle oüa
dans la premiere le rôle d'Iphigenie, cesse
dans l'autre celui d'Hortense.
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Résumé : Nouvelle Actrice, [titre d'après la table]
Du 19 au 24 mai 1734, plusieurs pièces furent représentées. Mademoiselle Conel fut applaudie pour ses rôles de Junie dans 'Britannicus', d'Agathe dans 'Les Folies amoureuses', d'Iphigénie dans 'Iphigénie' et d'Hortense dans 'Le Florentin'. Le 20 mai, Monsieur de Montmenil joua le rôle principal dans 'Le Philosophe marié'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7693
p. 959-960
« Le 4 May, l'Académie Royale de Musique fit l'ouverture du Theatre par la [...] »
Début :
Le 4 May, l'Académie Royale de Musique fit l'ouverture du Theatre par la [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Omphale, Hippolyte et Aricie, Ballet des Éléments, Timon le misanthrope
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 4 May, l'Académie Royale de Musique fit l'ouverture du Theatre par la [...] »
Le 4 May , l'Académie Royale de Musique
fit l'ouverture du Theatre par la
Pastoraled' Issé,qu'on revoit toujours avec
plaisir.
Le 13 ,
on donna par extraordinaire
pour la capitation
des Acteurs , l'Opéra
d'Ophale
, qu'on avoit repris l'année
dernière au mois de Janv.er. Cette Piéce
fut suivie d'une des Entrées du Billet des
Sens , qui a pour titre la Vue , dans la
quelle les Dlies le Maure et Petitpas
joüerent les rôles de l'Amour et de Zephire
avec beaucoup
d'aplaudissement
.
Après quelques Représentations d'Hy
polite et Arici , on remit au Theatre la
Jeudi 27 de ce mois , le Ballet des Elemens
de la composition de M. Destouches . Le
Poëme est de M. Roy. Il fut très aplaudi .
Fiiij
Le
so MERCURE DE FRANCE
Le 3 May , les Comédiens Italiens firent
l'ouverture de leur Theatre par la
Comédie de Timon le Misantrope , ornéc
de Chants et de Danses . Cette Piéce fut
précédée du compliment qu'on fait ordinairement
à la Rentrée du Théatre , qui
fut prononcé avec aplaudissement par le
Sr Thomassin dont le public aime le
badinage.
fit l'ouverture du Theatre par la
Pastoraled' Issé,qu'on revoit toujours avec
plaisir.
Le 13 ,
on donna par extraordinaire
pour la capitation
des Acteurs , l'Opéra
d'Ophale
, qu'on avoit repris l'année
dernière au mois de Janv.er. Cette Piéce
fut suivie d'une des Entrées du Billet des
Sens , qui a pour titre la Vue , dans la
quelle les Dlies le Maure et Petitpas
joüerent les rôles de l'Amour et de Zephire
avec beaucoup
d'aplaudissement
.
Après quelques Représentations d'Hy
polite et Arici , on remit au Theatre la
Jeudi 27 de ce mois , le Ballet des Elemens
de la composition de M. Destouches . Le
Poëme est de M. Roy. Il fut très aplaudi .
Fiiij
Le
so MERCURE DE FRANCE
Le 3 May , les Comédiens Italiens firent
l'ouverture de leur Theatre par la
Comédie de Timon le Misantrope , ornéc
de Chants et de Danses . Cette Piéce fut
précédée du compliment qu'on fait ordinairement
à la Rentrée du Théatre , qui
fut prononcé avec aplaudissement par le
Sr Thomassin dont le public aime le
badinage.
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Résumé : « Le 4 May, l'Académie Royale de Musique fit l'ouverture du Theatre par la [...] »
Le 4 mai, l'Académie Royale de Musique débuta sa saison avec la pastorale 'Issé', saluée par le public. Le 13 mai, l'opéra 'Ophale' fut joué exceptionnellement pour la capitation des acteurs. Cette pièce, déjà représentée en janvier précédent, fut suivie d'une entrée du 'Billet des Sens' intitulée 'la Vue', avec les acteurs Dlies le Maure et Petitpas dans les rôles de l'Amour et de Zéphire. Après quelques représentations d''Hypolite et Arici', le ballet 'Les Éléments', composé par M. Destouches et avec un poème de M. Roy, fut remis au théâtre le 27 mai et reçut des applaudissements enthousiastes. Le 3 mai, les Comédiens Italiens commencèrent leur saison avec la comédie 'Timon le Misantrope', enrichie de chants et de danses. Cette pièce fut précédée d'un compliment de rentrée prononcé par le sieur Thomassin, apprécié pour son badinage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7694
p. 960-967
EXTRAIT de la Comédie de l'Apologie du siécle, ou Momus corrigé, représenté au Theatre Italien le premier Avril.
Début :
Tout le monde convient que l'ironie n'a jamais été employée avec plus de finesse [...]
Mots clefs :
Momus, Ironie, Génie du siècle, Philinte, Actrice, Esprit, Candeur, Vertus, Modestie , Constance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT de la Comédie de l'Apologie du siécle, ou Momus corrigé, représenté au Theatre Italien le premier Avril.
EXTRAIT de la Comédie de l'Apolo
gie du siècle , on Momus corrigé , représenté
au Theatre Italien le premier
Avril.
Tout le monde convient que l'ironie
n'a jamais été employée avec plus de fidans
cette Piéce ; en voici les
nesse que
Acteurs.
Momus ,
Une Actrice ;
Philinte
L'indifferent ;
Le Génie du siécle,
Terpsicore
›
le sieur Romagnesi.
la Dlle Belmont.
le sieur Ricoboni.
le sieur Dominique.
la Dlle Silvia.
la Dlle Roland.
Momus ouvre la Scéne , un bouquet à
la main , au lieu de Marote : une Actrice
le suit , et lui témoigne la surprise où son
nouvel attribut la jette ; et comme ce censeur
des Hommes & des Dieux lui dit
qu'il
MAY. 1734. 961
qu'il est corrigé et qu'au lieu de tout
blâmer , il veut tout loüer , elle lui répond
:
Allons , Seigneur ; vous vous mocquez de moi ;
On sçait que vous aimez à rire ;
Et l'encens de Momus est un trait de Satyre.
Momus persiste dans son hipocrisie
on le peut voir dans cette tirade , qui
lui tient lieu d'attestation.
Depuis qu'en bien tout le monde est changé ,
Scachez que je suis corrigé ;
De la douceur que je respire ,
Ces fleurs sont un garant qu'on ne peut contre
dire :
La Critique est hors de saison
Et le siécle vit de façon ,
Qu'il ne convient plus d'en médire
Il fait voir tant d'esprit , de candeur , de raison,
Qu'en dépit qu'on en ait il faut bien qu'on l'ad
mire.
Plein de sagesse , exemt d'abus ,
De ridicules , d'injustices
Il m'oblige à changer d'humeur & d'attributs
A l'avenir je ne dois plus
Faire la Satyre des vices
Que par l'éloge de vertus .
Cette résolution de Momus fait trembler
l'Actrice , et l'oblige à lui répondre.
FV
Mais
262 MERCURE DE FRANCES
Mais jamais au panegirique
Ces lieux ne furent consacrez ;
Et de tout temps sur la Critique
Nos revenus sont assurez ;
Sans elle serviteur au Theatre italique.
A cette Actrice succede Philinte , lo
plus mordicant de tous les hommes.
Momus le blâme malignement de l'implacable
haine qu'il a concuë contre tout
le genre humain ; pour prouver la mali
gnité de Momus , il n'y a qu'à jetter les
yeux sur ce fragment de Dialogue :
Philinte .
Pour m'enseigner cet art où vous semblez primer
Apprenez moi d'abord comment je dois nommer
Une frippone , une coquette ,
Dont la bouche me jure un amour sans égal
Et qui l'instant d'après me trahit en cachette
Et favorise mon Rival &
Momus.
Mais on l'appelle une femme ordinaire &
Philinte .
Et l'Ami déloyal qui m'enleve la Belle ;
Et qui m'emprunte mon argent
Pour triompher de l'infidelle ,
Comment l'appelle- t'ondans ce siécle charmane
MoMA
Ÿ . 1734. 963
Momus.
Un Ami foible et que l'amour emporte ;
On doit avoir pitié d'un homme de la sorte,
Philinte.
Momus est bien compatissant.
Et de quelle façon est - ce qu'il qualifie
Un Procureur avide et qui sans modestie
De toutes mains reçoit double valeur
Et qui me vend à ma Partie ?
Momus.
Mais , je l'appelle un Procureur.
Après avoir fait passer en revûë plu
sieurs autres professions , voici par quel
trait Momus finit ses prétendus correctifss
Philinte .
Pour finir en un mot : comment est- ce qu'om
nomme
L'animal vicieux , esclave des plaisiss
Qui manque
à tous ses devoirs.
Momus.
Phomme & c.
Cet Extrait passeroit les bornes que
nous nous sommes pre crites , si nous
mettions tous les traits aillants qui ‹ ortent
de cette Piece. Nous finirons par
F vj que34
MERCURE DE FRANCE
quelques traits des deux plus bellesScenes ,
la premiere est entre Momus et un Indifferent
de profession , qui ne veut ni blamer
, ni admirer . Voici comme il parle à
la fin de sa Scene :
Que l'on possede un mince , ou bien un grand.
génie ,
Je ne méprise pas , mais je n'admire point.
Un malheureux , à qui la nature cruelle
A même refusé sa plus simple faveur ,
En est assez puni par la douleur mortelle
Que lui cause en secret cet excès de rigueur
Qui l'avilit à ses yeux, même
Sans que j'aille ajouter encor à son maiheur,
En l'accablant du poids de mon mépris extrême,
En le perçant d'un ris mocqueur.
Un triomphe si bas et qu'on obtient sans peine
Deshonore l'esprit et fair outrage au coeur
Alors , plus la victoire est pleine ,
Plus son éclat honteux dégrade le vainqueur
Quant à celui sur qui le sort propice
A liberalement versé
Tous les dons séducteurs qu'accorde son caprice
N'en est - il pas assez recompensé ,
Par ces mêmes présents de son étoile heureuse
Et la comparaison fatteuse
Qu'il fait de son mérite avec celui d'autrui ?
Il ne le sent que trop ce mérite suprême ,
Et nous pouvons nous reposer sur lui
Du
MAY.
964
1734.
Du soin de s'applaudir lui même.
La derniere Scene dont on vient de
parler , est entre le Génie du siécle & Momus
; voici le portrait que ce Génie fait
de lui-même :
Du siécle en moi vous voyez le Génie ;
Remplissant l'Univers de nouvelles clartez,
J'ai des vieux préjugez banni la tyrannic ,
De nos Ayeux bornez corrigé les abus
D'une constance ridicule
Affranchi les Amours qui ne soupirent plus ,
Degagé l'amitié des devoirs superflus ,
La probité du poids d'un vain scrupule
Et j'ai créé d'autres vertus .
Momus lui répond d'un ton ironique a
Cette reforme est des plus belles
On fait tout ce qu'on veut , quand on a de l'èsprit
;
Mais les vieilles vertus n'ont donc plus de crédits
Le Génie.
Non ; j'ai sur leur rüine établi les nouvelles
Ces controleuses éternelles ,
Etoient dures à vivre et d'un sot entretien.
Momus.
De m'avertir vous faites bien ;
Car j'aurois dans mon ignorance ,
Loüié
966 MERCURE DE FRANCE
Loué bêtement la constance :
La candeur , la fi lelité ,
La modestie et la franchise
La bonne foi , l'integrité
Le Génie.
Vous auriez fait une insigne méprise.
Apprenez qu'aujourd'hui la candeur est sottise
La constance fadeur , ou défaut d'agréments ,
La modestie un vice des plus grands ,
Qui par la crainte qu'elle excite ;
Ote la grace , étouffe les talents ,
Et fait souvent un sot d'un homme de merite
La bonne foi produit les plus petits Esprits,
Qui n'osant s'écarter de la marche commune ,
Ne font jamais un pas vers la fortune ;
L'integrité , des Gens durs , impolis ,
Sur qui ne peuvent rien les Parens , les Amis ,
Et qui refusent tout aux Dames ;
La franchise des Etourdis ,
Et la fidelité fait les plus sottes femmes..
Il fiur avouer que l'Auteur a tour
Isprit du monde ; mais il est quelque
fois dangereux d'n trop voir et tout
le monde convient que le siécle dont il
prétend fire l'apo ogie , n'est pas mieux
traité dans cette Piéce qui dans Srprise
de la haine ; le Lecteur en pourra juger
en
MAY. 1734. 967
en examinant certe derniere tirade. Voici
le Vaudeville qui termine l'Ouvrage :
Regardons en beau le Monde ,
Trop poli pour qu'on le fronde
Approuvons également :
Qu'on pardonne , ou qu'on se vange
L'un est juste , et l'autre est grand
Tout est digne de loüange.
Qu'à sa guise chacun aime ;
Ne b'âmons aucun systême ,
On doit suivre son penchant ;
C'est sagesse , quand on change .
Vertu , quand on est constant,
Tout est digne de loüange.
Cette Piéce qui est de la composition de
M. de Boissy, a été reçûe très favorablement
du Public ; elle est parfaitement
bien représentée.
gie du siècle , on Momus corrigé , représenté
au Theatre Italien le premier
Avril.
Tout le monde convient que l'ironie
n'a jamais été employée avec plus de fidans
cette Piéce ; en voici les
nesse que
Acteurs.
Momus ,
Une Actrice ;
Philinte
L'indifferent ;
Le Génie du siécle,
Terpsicore
›
le sieur Romagnesi.
la Dlle Belmont.
le sieur Ricoboni.
le sieur Dominique.
la Dlle Silvia.
la Dlle Roland.
Momus ouvre la Scéne , un bouquet à
la main , au lieu de Marote : une Actrice
le suit , et lui témoigne la surprise où son
nouvel attribut la jette ; et comme ce censeur
des Hommes & des Dieux lui dit
qu'il
MAY. 1734. 961
qu'il est corrigé et qu'au lieu de tout
blâmer , il veut tout loüer , elle lui répond
:
Allons , Seigneur ; vous vous mocquez de moi ;
On sçait que vous aimez à rire ;
Et l'encens de Momus est un trait de Satyre.
Momus persiste dans son hipocrisie
on le peut voir dans cette tirade , qui
lui tient lieu d'attestation.
Depuis qu'en bien tout le monde est changé ,
Scachez que je suis corrigé ;
De la douceur que je respire ,
Ces fleurs sont un garant qu'on ne peut contre
dire :
La Critique est hors de saison
Et le siécle vit de façon ,
Qu'il ne convient plus d'en médire
Il fait voir tant d'esprit , de candeur , de raison,
Qu'en dépit qu'on en ait il faut bien qu'on l'ad
mire.
Plein de sagesse , exemt d'abus ,
De ridicules , d'injustices
Il m'oblige à changer d'humeur & d'attributs
A l'avenir je ne dois plus
Faire la Satyre des vices
Que par l'éloge de vertus .
Cette résolution de Momus fait trembler
l'Actrice , et l'oblige à lui répondre.
FV
Mais
262 MERCURE DE FRANCES
Mais jamais au panegirique
Ces lieux ne furent consacrez ;
Et de tout temps sur la Critique
Nos revenus sont assurez ;
Sans elle serviteur au Theatre italique.
A cette Actrice succede Philinte , lo
plus mordicant de tous les hommes.
Momus le blâme malignement de l'implacable
haine qu'il a concuë contre tout
le genre humain ; pour prouver la mali
gnité de Momus , il n'y a qu'à jetter les
yeux sur ce fragment de Dialogue :
Philinte .
Pour m'enseigner cet art où vous semblez primer
Apprenez moi d'abord comment je dois nommer
Une frippone , une coquette ,
Dont la bouche me jure un amour sans égal
Et qui l'instant d'après me trahit en cachette
Et favorise mon Rival &
Momus.
Mais on l'appelle une femme ordinaire &
Philinte .
Et l'Ami déloyal qui m'enleve la Belle ;
Et qui m'emprunte mon argent
Pour triompher de l'infidelle ,
Comment l'appelle- t'ondans ce siécle charmane
MoMA
Ÿ . 1734. 963
Momus.
Un Ami foible et que l'amour emporte ;
On doit avoir pitié d'un homme de la sorte,
Philinte.
Momus est bien compatissant.
Et de quelle façon est - ce qu'il qualifie
Un Procureur avide et qui sans modestie
De toutes mains reçoit double valeur
Et qui me vend à ma Partie ?
Momus.
Mais , je l'appelle un Procureur.
Après avoir fait passer en revûë plu
sieurs autres professions , voici par quel
trait Momus finit ses prétendus correctifss
Philinte .
Pour finir en un mot : comment est- ce qu'om
nomme
L'animal vicieux , esclave des plaisiss
Qui manque
à tous ses devoirs.
Momus.
Phomme & c.
Cet Extrait passeroit les bornes que
nous nous sommes pre crites , si nous
mettions tous les traits aillants qui ‹ ortent
de cette Piece. Nous finirons par
F vj que34
MERCURE DE FRANCE
quelques traits des deux plus bellesScenes ,
la premiere est entre Momus et un Indifferent
de profession , qui ne veut ni blamer
, ni admirer . Voici comme il parle à
la fin de sa Scene :
Que l'on possede un mince , ou bien un grand.
génie ,
Je ne méprise pas , mais je n'admire point.
Un malheureux , à qui la nature cruelle
A même refusé sa plus simple faveur ,
En est assez puni par la douleur mortelle
Que lui cause en secret cet excès de rigueur
Qui l'avilit à ses yeux, même
Sans que j'aille ajouter encor à son maiheur,
En l'accablant du poids de mon mépris extrême,
En le perçant d'un ris mocqueur.
Un triomphe si bas et qu'on obtient sans peine
Deshonore l'esprit et fair outrage au coeur
Alors , plus la victoire est pleine ,
Plus son éclat honteux dégrade le vainqueur
Quant à celui sur qui le sort propice
A liberalement versé
Tous les dons séducteurs qu'accorde son caprice
N'en est - il pas assez recompensé ,
Par ces mêmes présents de son étoile heureuse
Et la comparaison fatteuse
Qu'il fait de son mérite avec celui d'autrui ?
Il ne le sent que trop ce mérite suprême ,
Et nous pouvons nous reposer sur lui
Du
MAY.
964
1734.
Du soin de s'applaudir lui même.
La derniere Scene dont on vient de
parler , est entre le Génie du siécle & Momus
; voici le portrait que ce Génie fait
de lui-même :
Du siécle en moi vous voyez le Génie ;
Remplissant l'Univers de nouvelles clartez,
J'ai des vieux préjugez banni la tyrannic ,
De nos Ayeux bornez corrigé les abus
D'une constance ridicule
Affranchi les Amours qui ne soupirent plus ,
Degagé l'amitié des devoirs superflus ,
La probité du poids d'un vain scrupule
Et j'ai créé d'autres vertus .
Momus lui répond d'un ton ironique a
Cette reforme est des plus belles
On fait tout ce qu'on veut , quand on a de l'èsprit
;
Mais les vieilles vertus n'ont donc plus de crédits
Le Génie.
Non ; j'ai sur leur rüine établi les nouvelles
Ces controleuses éternelles ,
Etoient dures à vivre et d'un sot entretien.
Momus.
De m'avertir vous faites bien ;
Car j'aurois dans mon ignorance ,
Loüié
966 MERCURE DE FRANCE
Loué bêtement la constance :
La candeur , la fi lelité ,
La modestie et la franchise
La bonne foi , l'integrité
Le Génie.
Vous auriez fait une insigne méprise.
Apprenez qu'aujourd'hui la candeur est sottise
La constance fadeur , ou défaut d'agréments ,
La modestie un vice des plus grands ,
Qui par la crainte qu'elle excite ;
Ote la grace , étouffe les talents ,
Et fait souvent un sot d'un homme de merite
La bonne foi produit les plus petits Esprits,
Qui n'osant s'écarter de la marche commune ,
Ne font jamais un pas vers la fortune ;
L'integrité , des Gens durs , impolis ,
Sur qui ne peuvent rien les Parens , les Amis ,
Et qui refusent tout aux Dames ;
La franchise des Etourdis ,
Et la fidelité fait les plus sottes femmes..
Il fiur avouer que l'Auteur a tour
Isprit du monde ; mais il est quelque
fois dangereux d'n trop voir et tout
le monde convient que le siécle dont il
prétend fire l'apo ogie , n'est pas mieux
traité dans cette Piéce qui dans Srprise
de la haine ; le Lecteur en pourra juger
en
MAY. 1734. 967
en examinant certe derniere tirade. Voici
le Vaudeville qui termine l'Ouvrage :
Regardons en beau le Monde ,
Trop poli pour qu'on le fronde
Approuvons également :
Qu'on pardonne , ou qu'on se vange
L'un est juste , et l'autre est grand
Tout est digne de loüange.
Qu'à sa guise chacun aime ;
Ne b'âmons aucun systême ,
On doit suivre son penchant ;
C'est sagesse , quand on change .
Vertu , quand on est constant,
Tout est digne de loüange.
Cette Piéce qui est de la composition de
M. de Boissy, a été reçûe très favorablement
du Public ; elle est parfaitement
bien représentée.
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Résumé : EXTRAIT de la Comédie de l'Apologie du siécle, ou Momus corrigé, représenté au Theatre Italien le premier Avril.
L'extrait de la Comédie de l'Apolo, intitulée 'Momus corrigé', a été représenté au Théâtre Italien le 1er avril. La pièce est appréciée pour son ironie et son utilisation fidèle de ce ton. Les rôles principaux sont interprétés par Momus, joué par une actrice, Philinte par le sieur Ricoboni, et le Génie du siècle par le sieur Dominique. Momus, tenant un bouquet à la place de la marotte, annonce qu'il est corrigé et souhaite louer plutôt que blâmer, ce qui surprend une actrice. Momus persiste dans son hypocrisie, affirmant que le siècle est plein d'esprit, de candeur et de raison, ce qui justifie son changement d'attitude. L'actrice réagit en soulignant que le théâtre italien repose sur la critique. Philinte, décrit comme le plus mordant des hommes, est blâmé par Momus pour sa haine implacable envers le genre humain. Momus utilise des dialogues pour illustrer sa vision des vices et des vertus du siècle. Une scène notable oppose Momus à un Indifférent, qui refuse de blâmer ou d'admirer, préférant éviter le mépris et le ris moqueur. La pièce se termine par une scène entre le Génie du siècle et Momus. Le Génie décrit les nouvelles vertus qu'il a créées, remplaçant les anciennes. Momus répond ironiquement, soulignant que les vieilles vertus n'ont plus de crédit. Le Génie explique que la candeur, la constance, la modestie, la bonne foi, l'intégrité et la franchise sont désormais perçues négativement. La pièce, composée par M. de Boissy, a été bien reçue par le public et est parfaitement représentée.
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7695
p. 968
RUSSIE.
Début :
Le Roy de Suede a chargé son Ministre à la Cour de Petersbourg, de déclarer à la Czarine, [...]
Mots clefs :
Suède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
E Roy de Suede a chargé son Ministre à la
Cour de Petersbourg , de déclarer à la Czarine
, qui lui avoit fait témoigner quelque inquiétude
au sujet de la Flore qu'il fait équiper ,
que toutes les Puissances du Nord préparant des
Armements considerables , il s'est cru dans la
necessité de suivre leur exemple , et qu'il est résolu
de soutenir la liberté du commerce dans la
Mer Baltique contre tous ceux qui entrepren
dront d'y mettre obstacle.
La plupart des Seigneurs et des Gentilshommes
qui possedent des Terres dans les Provinces
cedées par la Suede au feu Czar Pierre I. ont
demandé à Sa Majesté Czarienne la permission
de se rendre à Stokholm , pour y assister à l'Assemblée
des Etats du Royaume de Suede..
E Roy de Suede a chargé son Ministre à la
Cour de Petersbourg , de déclarer à la Czarine
, qui lui avoit fait témoigner quelque inquiétude
au sujet de la Flore qu'il fait équiper ,
que toutes les Puissances du Nord préparant des
Armements considerables , il s'est cru dans la
necessité de suivre leur exemple , et qu'il est résolu
de soutenir la liberté du commerce dans la
Mer Baltique contre tous ceux qui entrepren
dront d'y mettre obstacle.
La plupart des Seigneurs et des Gentilshommes
qui possedent des Terres dans les Provinces
cedées par la Suede au feu Czar Pierre I. ont
demandé à Sa Majesté Czarienne la permission
de se rendre à Stokholm , pour y assister à l'Assemblée
des Etats du Royaume de Suede..
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Résumé : RUSSIE.
Le roi de Suède a chargé son ministre à Petersbourg de rassurer la czarine sur l'armement de la flotte suédoise, la Flore, en raison des préparatifs militaires des autres puissances du Nord et pour protéger le commerce en mer Baltique. Parallèlement, des seigneurs suédois ont demandé à la czarine la permission de se rendre à Stockholm pour l'Assemblée des États.
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7696
p. 968-970
POLOGNE.
Début :
Selon diverses Lettres de Dantzick, les Ennemis ont attaqué le poste du Ohre que le Capitaine [...]
Mots clefs :
Troupes, Gdańsk, Comte de Munich, Lettres, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
Elon diverses Lettres de Dantzick , les Enne.
S mis ont attaqué le poste du Obre que le Ga-
"'
pitaine Fraissinet gardoit avec soo Soldats de la
Garnison et ils s'en sont emparez après avoir
perdu 600 homines , du nombre desquels sont
un Colonel , un Lieutenant Colonel et & autres
Officiers . Le Capitaine Fraissinet reçut en cette
occasion plusieurs blessures dont il est mort
deux jours après à Dantzick , étant également
regretté du Roy , des Troupes et de tous les ha
bitants-
>
Le
MAY 1734: 959
"
Le Comte de Munich a fait faire de nouvelles
propositions aux habitants de cette Ville , pour
les engager à se soumettre aux volontez de la
Czarine , et à abandonner le parti du Roy pour
suivre celui de l'Electeur de Saxe mais ils les
ont rejettées avec toute la fermeté qu'on avoit
lieu d'attendre de leur zele pour Sa Majesté , et
de leur attachement pour l'honneur de la liberté
de la Nation ; ils montrent même toujours plus
d'ardeur à se défendre jusqu'à la derniere extremité
, et à tout sacrifier pour éviter le joug auquel
on veut les asservir.
Nouvelles menaces furent encore reçûes à Dantzick
le27du mois dernier, apportées par unOfficier
et contenuës dans une Lettre adressée aux Magistrats
par le Comte de Munich , portant que cc
General a ordre de la Czarine de commencer
le bombardement de la Ville aussi-tôt que l'artillerie
qu'on attend sera arrivée , et de ne le
cesser que lorsque les habitants se seront rendus
à discretion , ou que la Ville aura été emportée
d'assaut , et que les Etrangers , Négociants ou
autres qui se trouvent dans la Ville , et qui vou
dront se garantir du peril dont elle est menaçée,
auront jusqu'à un certain tems la liberté d'en
sortir et de se retirer , soit par eau à Elbing
soit par terre au Camp des Assiegeants , pour se
rendre où ils jugeront à propos.
Le General Moscovite ajoute dans cette Lettre
que si quelques Troupes Etrangeres tentent un
débarquement pour venir au secours de la Ville,
il fera raser non seulement les Fauxbourgs , mais
encore toutes les habitations qui se trouvent dans
les environs ,afin d'ôter à ces Troupes les moyens.
de s'y établir. Toutes ces menaces de la pars
des Ennemis n'ont pas fait plus d'impression sur.
975 MERCURE DE FRANCE
Les habitants que les autres moyens auxquels le
Comte de Munich a eû recours pour ébranler
leur filelité , et pour les engiger à reconnoître
P'Electeur de Saxe.
Le premier May , un Détachement de la Gar
nison fit un: sortie , et attaqua avec tant de valeur
le poste de Schiedlitz , occupé par les Enne
mis , qu'on s'en seroit rendu maître , si le Comte
de Munich n'eût porté ses principales forces de
ce côté pour obliger les Polonois de se retirer . Les
Moscovites ont Р rda en cette occasion quelques
Officiers de distinction , du nombre desquels est
M Hrmann , M. Brown , Major General dans
leurs Troupes , y a reçu une blessure dange▾
reuse .
Les dernieres Lettres de Dantzick dattées du
10 de ce mois , marquent que la nuit précedente
les Moscovites avoint tenté d'emporter par esca
la de le Fort de Hagelsberg , mais qu'ils n'avoient
pû réussir dans ce dessein, les troupes qui étoient
dans ce Fort s'étant défenduës avec beaucoup de
valeur. Ces Lettres ajoûtent que le Roy de Pologne
ayant été averti de l'attaque de ce Fort, avoit
fait sortir de la Ville des Troupes pour charger
les Assiégeans qui furent obligez de prendre la
fuite après un combat de cinq heures , dans lequel
ils ont perdu beaucoup de monde , et plusieurs
de leurs principaux Officiers. On a apris par
quelques Lettres venues en même temps , que les
Troupes Françoises étoient arrivées à Dantzick,
et que le ro elles avoient commencé à débar◄
quer.
Elon diverses Lettres de Dantzick , les Enne.
S mis ont attaqué le poste du Obre que le Ga-
"'
pitaine Fraissinet gardoit avec soo Soldats de la
Garnison et ils s'en sont emparez après avoir
perdu 600 homines , du nombre desquels sont
un Colonel , un Lieutenant Colonel et & autres
Officiers . Le Capitaine Fraissinet reçut en cette
occasion plusieurs blessures dont il est mort
deux jours après à Dantzick , étant également
regretté du Roy , des Troupes et de tous les ha
bitants-
>
Le
MAY 1734: 959
"
Le Comte de Munich a fait faire de nouvelles
propositions aux habitants de cette Ville , pour
les engager à se soumettre aux volontez de la
Czarine , et à abandonner le parti du Roy pour
suivre celui de l'Electeur de Saxe mais ils les
ont rejettées avec toute la fermeté qu'on avoit
lieu d'attendre de leur zele pour Sa Majesté , et
de leur attachement pour l'honneur de la liberté
de la Nation ; ils montrent même toujours plus
d'ardeur à se défendre jusqu'à la derniere extremité
, et à tout sacrifier pour éviter le joug auquel
on veut les asservir.
Nouvelles menaces furent encore reçûes à Dantzick
le27du mois dernier, apportées par unOfficier
et contenuës dans une Lettre adressée aux Magistrats
par le Comte de Munich , portant que cc
General a ordre de la Czarine de commencer
le bombardement de la Ville aussi-tôt que l'artillerie
qu'on attend sera arrivée , et de ne le
cesser que lorsque les habitants se seront rendus
à discretion , ou que la Ville aura été emportée
d'assaut , et que les Etrangers , Négociants ou
autres qui se trouvent dans la Ville , et qui vou
dront se garantir du peril dont elle est menaçée,
auront jusqu'à un certain tems la liberté d'en
sortir et de se retirer , soit par eau à Elbing
soit par terre au Camp des Assiegeants , pour se
rendre où ils jugeront à propos.
Le General Moscovite ajoute dans cette Lettre
que si quelques Troupes Etrangeres tentent un
débarquement pour venir au secours de la Ville,
il fera raser non seulement les Fauxbourgs , mais
encore toutes les habitations qui se trouvent dans
les environs ,afin d'ôter à ces Troupes les moyens.
de s'y établir. Toutes ces menaces de la pars
des Ennemis n'ont pas fait plus d'impression sur.
975 MERCURE DE FRANCE
Les habitants que les autres moyens auxquels le
Comte de Munich a eû recours pour ébranler
leur filelité , et pour les engiger à reconnoître
P'Electeur de Saxe.
Le premier May , un Détachement de la Gar
nison fit un: sortie , et attaqua avec tant de valeur
le poste de Schiedlitz , occupé par les Enne
mis , qu'on s'en seroit rendu maître , si le Comte
de Munich n'eût porté ses principales forces de
ce côté pour obliger les Polonois de se retirer . Les
Moscovites ont Р rda en cette occasion quelques
Officiers de distinction , du nombre desquels est
M Hrmann , M. Brown , Major General dans
leurs Troupes , y a reçu une blessure dange▾
reuse .
Les dernieres Lettres de Dantzick dattées du
10 de ce mois , marquent que la nuit précedente
les Moscovites avoint tenté d'emporter par esca
la de le Fort de Hagelsberg , mais qu'ils n'avoient
pû réussir dans ce dessein, les troupes qui étoient
dans ce Fort s'étant défenduës avec beaucoup de
valeur. Ces Lettres ajoûtent que le Roy de Pologne
ayant été averti de l'attaque de ce Fort, avoit
fait sortir de la Ville des Troupes pour charger
les Assiégeans qui furent obligez de prendre la
fuite après un combat de cinq heures , dans lequel
ils ont perdu beaucoup de monde , et plusieurs
de leurs principaux Officiers. On a apris par
quelques Lettres venues en même temps , que les
Troupes Françoises étoient arrivées à Dantzick,
et que le ro elles avoient commencé à débar◄
quer.
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Résumé : POLOGNE.
En mai 1734, à Dantzick, les forces ennemies ont attaqué et pris un poste défendu par le capitaine Fraissinet et ses soldats. Fraissinet a été mortellement blessé et est décédé deux jours plus tard. Le roi, les troupes et les habitants ont déploré sa perte. Le comte de Munich a proposé aux habitants de Dantzick de se soumettre à la czarine et d'abandonner le roi de Pologne pour l'électeur de Saxe, mais ils ont refusé. Le comte a menacé de bombarder la ville et de raser les environs si des troupes étrangères tentaient de secourir Dantzick. Malgré ces menaces, les habitants ont maintenu leur détermination. Le 1er mai, un détachement de la garnison a attaqué un poste ennemi à Schiedlitz, mais a dû se retirer face aux renforts ennemis. Les Moscovites ont subi des pertes, dont le major général Brown, blessé. Le 10 mai, les Moscovites ont tenté sans succès de prendre le fort de Hagelsberg. Les troupes polonaises, renforcées par les Français, ont repoussé les assiégeants après un combat de cinq heures.
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7697
p. 970-972
ALLEMAGNE.
Début :
L'Empereur, en conséquence de la résolution prise dans la Diette de Ratisbonne, à la [...]
Mots clefs :
Empire, Allemagne, Décret, Forces de l'Empire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
'Empereur , en conséquence de la résolution
prise dans la Diette de Ratisbonne , à la
Pluralité des voix , d'unir les forces de l'Empire
MAY. 1734. 971
,
à celles de S. M. I. contre les Rois de France es
de Sardaigne , a fait publier un Decret par lequel
il est ordonné à tous les sujets de l'Empire , qui
servent dans les Troupes Françoises et l'iémontoises
, de retourner incessamment en Allemagne
, sous peine de perare leurs biens , et même
d'être punis de mort , s'ils sont pris en portant
les armes . S. M. I. ajoute dans ce Decret que
tous les Electeurs , Princes et autres Etats de
l'Empire , qui refuseront de concourir à la défence
commune , qui fourniront aux Puissances
avec lesquelles on est en Guerre , des recrues ,
des Chevaux , des munitions , ou d'autres se-
Cours ou qui affoibliront les forces de l'Empire
en attaquant quelque Electeur ou Prince d'Allemagne
pour faire diversion , seront traitez comme
Ennemis , qu'on procedera contr'eux selon toute
la rigueur des Constitutions , et qu'is seront
privez de tous les Fiefs qu'ils tiennent de l'Empire
, ou des Benefices qu'ils y possedent ; que
les Seigneurs , les Gentilshommes et autres qui
contreviendront au présent Decret , seront déclarez
traîtres à la Patrie , et poursuivis comme
tels par les Tribunaux dont ils seront justiciables;
que s'ils sont absents , ils seront exécutez en effigie
, que leurs descendants ne pourront porter les
Armes de leurs familles ni jouir d'aucun droit
de la Noblesse , et qu'ils seront incapables de
posseder des terres , des charges et des Benefices
de l'Empire qu'il ne sera permis à qui que ce
soit de faire sortir d'Allemagne des grains , des
Chevaux , ni aucune autre marchandise , ni d'y
en faire entrer aucune qui vienne des Pays de la
Domination des Rois de France et de Sardaigne;
que tout commerce avec ces Pays sera interrompu
; qu'aucune personnel, née sujette des Souverains
$72 MERCURE DE FRANCE
7
rains qui font la Guerre à l'Empire , ne pourra
être reçue dans les Convents ou Communautez
ni dans aucun autre Maison sous quelque prétexte
qu'on puisse alléguer et de quelque sexe
qu'elle soit , et que celles qui se trouvent actuel
lement en Allemagne seront obligées d'en sortir
dans un terme prescrit.
'Empereur , en conséquence de la résolution
prise dans la Diette de Ratisbonne , à la
Pluralité des voix , d'unir les forces de l'Empire
MAY. 1734. 971
,
à celles de S. M. I. contre les Rois de France es
de Sardaigne , a fait publier un Decret par lequel
il est ordonné à tous les sujets de l'Empire , qui
servent dans les Troupes Françoises et l'iémontoises
, de retourner incessamment en Allemagne
, sous peine de perare leurs biens , et même
d'être punis de mort , s'ils sont pris en portant
les armes . S. M. I. ajoute dans ce Decret que
tous les Electeurs , Princes et autres Etats de
l'Empire , qui refuseront de concourir à la défence
commune , qui fourniront aux Puissances
avec lesquelles on est en Guerre , des recrues ,
des Chevaux , des munitions , ou d'autres se-
Cours ou qui affoibliront les forces de l'Empire
en attaquant quelque Electeur ou Prince d'Allemagne
pour faire diversion , seront traitez comme
Ennemis , qu'on procedera contr'eux selon toute
la rigueur des Constitutions , et qu'is seront
privez de tous les Fiefs qu'ils tiennent de l'Empire
, ou des Benefices qu'ils y possedent ; que
les Seigneurs , les Gentilshommes et autres qui
contreviendront au présent Decret , seront déclarez
traîtres à la Patrie , et poursuivis comme
tels par les Tribunaux dont ils seront justiciables;
que s'ils sont absents , ils seront exécutez en effigie
, que leurs descendants ne pourront porter les
Armes de leurs familles ni jouir d'aucun droit
de la Noblesse , et qu'ils seront incapables de
posseder des terres , des charges et des Benefices
de l'Empire qu'il ne sera permis à qui que ce
soit de faire sortir d'Allemagne des grains , des
Chevaux , ni aucune autre marchandise , ni d'y
en faire entrer aucune qui vienne des Pays de la
Domination des Rois de France et de Sardaigne;
que tout commerce avec ces Pays sera interrompu
; qu'aucune personnel, née sujette des Souverains
$72 MERCURE DE FRANCE
7
rains qui font la Guerre à l'Empire , ne pourra
être reçue dans les Convents ou Communautez
ni dans aucun autre Maison sous quelque prétexte
qu'on puisse alléguer et de quelque sexe
qu'elle soit , et que celles qui se trouvent actuel
lement en Allemagne seront obligées d'en sortir
dans un terme prescrit.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En mai 1734, l'empereur d'Allemagne a publié un décret suite à une résolution adoptée à la Diète de Ratisbonne. Ce décret impose aux sujets de l'Empire servant dans les troupes françaises et sardes de retourner en Allemagne, sous peine de confiscation de leurs biens et de la peine de mort s'ils sont pris en armes. Les électeurs, princes et autres États de l'Empire refusant de contribuer à la défense commune ou aidant les puissances ennemies seront traités comme des ennemis. Ils perdront leurs fiefs et bénéfices, et leurs descendants seront privés de leurs droits nobles. Le décret interdit également l'exportation et l'importation de marchandises avec les pays ennemis, interrompt tout commerce avec eux, et interdit l'accueil de personnes nées sous les souverains en guerre avec l'Empire dans les couvents ou autres maisons. Les personnes concernées devront quitter l'Allemagne dans un délai prescrit.
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7698
p. 972-979
EXTRAIT du Protocole de la Diete de l'Empire, contenant les raisons alleguées par les Ministres de Baviere, pour s'opposer à la Déclaration de guerre contre la France.
Début :
Quelque déplorable que soit la Guerre actuellement allumée entre Sa Majesté Imperiale et la [...]
Mots clefs :
Saint Empire romain, Guerre, États, Cercles, Défense, Déclaration de guerre, Couronne, France, Commission, Pologne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Protocole de la Diete de l'Empire, contenant les raisons alleguées par les Ministres de Baviere, pour s'opposer à la Déclaration de guerre contre la France.
EXTRAIT du Protocole de la Diete
de l'Empire , contenant les raisons alleguées
par les Ministres de Baviere ,
pour s'opposer à la Déclaration de
guerre contre la France.
Velque déplorable que soit la Guerre actuelle
Y
ment allumée entre Sa Majesté Imperiale et l'a
Couronne de France , il est néanmoins évident
même par la Déclaration qu'il a plû à S. M. Imp.
de faire à l'Empire au commencement de son Deeret
de Commission , ainsi que par la Piece intitulée,
Motifs de Résolution du Roy , jointe audit De
eret , que la présente Guerre survenue entre ces deux
Hautes-Puissances, prénd sa source dans l'affaire de
Election d'un Roy de Pologne, mais que quelque
soit l'affaire de cette Election , et quelque fondé et
incontestable qne puisse être tout ce qu'on a publié
touchant les intrigues pratiquées à ce sujet , ( car il
ne s'agit pas ici d'entrer dans aucune discussion par
rapport à l'agresseur , ni dans aucun examen par
rapport aux Traitez précedemment faits à l'insc
de l'Empire , avec des Puissances Etrangeres ) il
est toujours certain que l'Empire n'ayant ni allian.
ce ni engagement special avec le Royaume de Pologne
, doit regarder cette affaire én quelque façon
comme étrangere, et à laquelle il n'est point oblige
de prendre part. Il s'agit donc présentement de dé
liberer
MAY. 1734. 973
liberer si , vu les motifs representez par S. M. Im.
ala Diete , l'Empire doit generalement consentirà
une Déclaration de Guerre contre la France.
Les Loix de l'Empire établissent suffisamment
ce qu'il convient de faire pour sa deffense , en cas
de quelque attaque ennemie , personne ne l'ignore ;
mais comme le Saint Empire Romain est en paix
avec toutes les Puissances étrangeres , et que la
Couronne de France même, après s'être emparée du ..
Fort de Kell , afait déclarer par écrit le 14. Octobre
dernier à tous les Electeurs , Frinces et Etats
du Saint Empire Romain , par M. Blondel , son
Ministre,ainsi qu'il paroît par la Piece annexée au
Decret Imperial de Commission , qu'elle n'a rien
plus à coeur que de maintenir la Paix avec l'Empire
et d'observer les Traitez , sans vouloirfaire des
conquêtes , promettant en consequence de rendre ce
Fort de Kell ; on ne voit pas que l'Empire puisse
avoir aucune raison suffisante d'entrer en guerre ;
d'ailleurs c'est une chose notoire aux Electeurs ,
Princes et Etats , que pendant le peu d'années de
Paix dont on a joui , l'Empire , et en particulier les
Cercles , qui durant la derniere Guerre et tant d'au
tres qui l'ont précedée , se sont trouvez les plus èxposez
aux attaques ennemies , et n'ont pû éviter les
degâts et la destruction qui accompagnent toujours
les Armes , ne se sont pas encore assez bien rétablis
des pertes qu'ils ont soufertes , pour qu'on les expose
de nouveau aux mêmes inconveniens , et cela pour
une affaire étrangere à laquelle ils n'ont aucune
part , et pour qu'on exige d'eux qu'ils contribuent
aux frais d'une guerre qui durera peut -être plu
sieurs années ; car si l'on considere avec attention
les suites onereuses d'une rupture , on trouvera ,
l'experience nous le montre, que lorsqu'elle est entamée,
il est bien difficile d'en prévoir les évenemens et
dejuger de sa durée.
"
et
Après
974 MERCURE DE FRANCE
>
Apr's cela quelqu'heureuse que pût être cette
Guerre , et quand meme on pourroit obliger la Partie
adverse à consentir à une Paix durable et avantageuse
, la méme experience nous fait voir que
toute l'utilité qui en resultera aux Etats du Saint
Empire Romain , sera qu'on leur rende leurs Pays
mais désolez , et dans un état plus triste encore que
celui où leurs Sujets et leurs Pays se trouvent actuellement
sans pouvoir esperer aucun agrandissement
, puisqu'on a vu que tous les efforts qu'on a
faits jusqu'à pretent pour cela , ont toujours été infructueux.
C'est pourquoi , et dautant S. M. I.
par son Decret de Commission , a non seulement recommandé
le fait aux Etats , mais que méme elle
demande gracieusement leur conseil et avis , ilparoit
qu'on doit murement déliberer si avant que de
parler d'aucune Déclaration de Guerre , il ne seroit
pas con enable la Diette songeat aux moyens
d'éviter un aussigrand mal qu'est une Guerre offensive
; il paroit que c'est l'unique moyen de conserver
la tranquillitéparmi les Etats de l'Empire et de
les mettre en état de mieux servir S. MI. et la
Patrie
que
que
que
>
Aussi-tôt S. A. E. de Baviere comme
Membre du Cercle de Suabe, en vertu des Terres et
Seigneuries qu'elle y possede , eût appris que ce Cercle
et les autres Cercles associez devoient s'assembler
, elle donna ordre de leur representer la necessité
qu'il y avoit de mettre promptement leurs Pays
dans un état convenable de deffense , sans préjudice
de qui que ce fut.
C'est un pareil état de deffense conformement aux
résolutions prises dans l'Assemblée desdits Cercles
que S. A. E. souhaite de la part des Electeurs
Princes et Etats de l'Empire , et elle le regarde
comme un point si necessaire et si important dans la
circons
MAY 1724. 975
sirconstance présente des affaires , que bien loin de
vouloir s'en élo gner iant soit peu , elle est disposée ,
en conformité de sa Naissance et ae son devoir ,
contribuer de tout son pouvoir à tout ce qui peut
tendre à la conservation du Sant Empire Romain
en general, et de chaqueEtat en particulier,mais elle
croit qu'il faut éviter toute offense et qu'il est bien
piur convenable de songer un quement à la defense
et à la conservation dudit Saint Empire Romain et
de ses Etass particuliers .
I •. Parce que toute personne qui voudra se donner
la peine d'examiner sans partialité et sans prévention
la source et la cause de la presente Guerre
, verra facilement en consequence des raisons al.
leguées ci- dessus , qu'elle ne peut originairement regarder
en aucune maniere le Saint Empire Romain,
puisque les Hautes Parties Belligerantes ont pour
principal motif le soin de vanger reciproquement leur
honneur qu'elles croyent offensé.
·
>
2 Farce qu'on ne sçauroit conseiller ni approuver
que pour une cause étrangere , à laquelle le
Saint Empire Romain n'a aucune part , on veüil-
Le prizer de la douce Paix rétablie en dernier lieu
et acquise aux dépens de tant de sang répandu , et
qu'on cherche à l'engager dans une nouvelle Guerre
onereuse , dont l'is në et la durée sont si incertaines
et dont tout le poids tomberoit sur ces Cercles , qui
par leur situation se trouvent les plus exposés au danger
, et par consequent à une ruine inévitable sans
Pavoir meritée Les Pactes entre la très - Illustre
Maison Archiducale de l'Empereur et la Couronne
de Pologne , subsistent depuis plusieurs années ,
ayant été établis sous le gouvernement de l'Archiduc
Albert et du Roi Casimir , et confirmés dernie➡
rement par 1 En pereur Leopold,de glorieuse memoi-
Fe ; ils ont pour objet la défense mutuelle de leurs
Royaumes ,
976 MERCURE DE FRANCE
Royaumes , ainsi que de leur Commerce ; mais ce
n'est pas en qualité d'Empereurs et du consentement
de l'Empire , que les Princes de la Maison d'Autriche
ont contracté ces Alliances ; ils ne l'ontfait
que pour leur propre interêt , et à cause de la proximité
de leurs Terres et Provinces , par consequent
Le Saint Empire. Romain n'y a aucune part.
3°. Comme Sa Majeste Imperiale , pendant son
glorieux Regne , a donnéplusieurs preuves éclatantes
du desir qu'elle a de maintenir et de conserver
le repos et le salut du Saint Empire Romain , et
que de tout tems on a regardé la tranquillité genevale
comme le bien le plus desirable , Elle peut d'autant
moins trouver mauvais que les Etats se
mettent simplement dans un état de défense , qu'elle
a tout lieu d'avoir une entiere confiance dans le
Saint Empire Romain , et qu'elle n'ignore pas les
tristes suites que la Guerre entraîne après elle . Il est
d'ailleurs à remarquer que d'autres Puissances
quoiqu'étroitement unies et alliées avec Š. M. I.
auxquelles on aura sans doute communiqué tout ce
qui s'est passé dans l'affaire de Pologne , et qui par
consequent n'ignorent pas laquelle des deux Hautes
Parties doit être considerée comme l'Agresseur dans
la presente Guerre , n'ont pas encore jusqu'à present
jugé à propos de se déclarer contre la France ,
soit par le desir de conserver quelques uns de leurs
Etats et Sujets , ou pour d'autres raisons , quoique
quelques unes de ces Puissances se mettent sur
leurs gardes , ce n'est apparemment que pour mieux
maintenir et conserver la tranquillité.
Si le Saint Empire Romain se trouvoit frustré de
Passistance de ces Puissances, le poids de la presente
Guerre lui seroit difficile à supporter , et le danger
plus grand et plus évident sur tout si S. M. I.
alloit retirer en tout ou en partie , les Troupes qu'elle
a fur
MAY. 1734
977
vaisur
le Rhin pour les envoyer à la défense de ses
autres Etatt et qu'elle laissat aux Cercles le soin de
la défense de l'Empire. Cette crainte n'est pas
neni chimerique , elle est fondée sur l'experience de
se qui s'est passé pendant la derniere Guerre , où
P'on a vu les Troupes Imperiales quitter le Rhin , et
les Cercles seuls obligés de défendre leurs Terres ,
leur grand préjudice , et à la ruine de leurs Pays.
Deplus , les Actes de l'Empire font foi que d'un
côté les Etats ne voulurent pas dans la derniere
Guerre s'engager avant que les deux Puissances
Maritimes se fussent alliés avec Sa Majesté Imperiale
; et que d'un autre côté , aussi- tôt que lesdites
Puissances se furent separées de la grande Alliance
, les mêmes Etats jugerent à propos d'accepter
les conditions du Traité de Rastadt , donnant
par-1
-là clairement à connoître combien il leur étoit
impossible de continuer la Guerre sans la concurrence
des Puissances Maritimes. C'est pourquoi le
Saint Empire Romain , et en particulier les Cercles
les plus exposés , qui certainement ne se sont pas encore
rétablis des pertes souffertes , feroient bien de
senger à épargner et ménager leurs forces chancellantes
pour des occasions plus importantes qui pourroient
survenir , et qui dépendent de la viciffitude
des choses , sans quoi on pourroit bien s'en repentir ,
mais peut-être trop tard.
4°. La Couronnede France ne peut trouver mau
vais que l'Empire employe pour sa défense tous les
moyens necessaires et conformes au droit naturel ;
puisque dans la Déclaration qu'elle a fait faire par
son Ministre , et qui se trouve attachée au Decret
Imperial de Commission ci - desus mentionné , Elle
promet solemnellement sous la Foi publique qu'elle
se prêtera à tout ce qui peut maintenir la tranquil-
Jité du SaintEmpire Romain : Or , rien n'y pens
G plus
978 MERCURE DE FRANCE
plus contribuer qu'un Etat convenable de défense ?
d'ailleurs cette même Couronne У déclare qu'elle
fera bonifier , si cela n'a étéfait , les Contributions
qu'elle a été obligée d'exiger sur les Terres de l'Empire
, et qu'elle fera restituer le Fort de Kehl dont
elle s'est emparée , ou qu'elle le fera garder par des
Troupes Neutres jusqu'à la Paix , afin que le Saint
Empire Romain n'en prenne aucun ombrage.
›
Pour toutes les raisons alleguées ci- dessus , S. A.
E. quelque affectionnée et fidele qu'elle soit à S. M.
I. ne sçauroit conformément à son devoir conseiller
que le Saint Empire Remain doive s'engager
dans une Guerre generale si dangereuse et si ruineuse
, qui occasionnera dans la suite l'effusion de
tant de sang Chrétien et la désolation des Terres
qui pourront être foulées autant par les Troupes qui
viendront à son secours que par celles des Ennemis.
Elle espere au contraire , que S. M. I. qui a donné
tant de preuves de son amour pour la Justice et la
Paix , voudra bien en consequence de cet amour
et vú les presentes circonstances dangereuses approuver,
ainsi qu'on vient de le proposer , que le Saint
Empire Romain se mette dans un état naturel et
convenable de défense , et qu'elle regardera d'un
oil favorable tout ce qui a été allegué à ce sujet ,
comme provenant d'un coeur sincere et affectionné
pour le bien de la Patrie. S. A. E. souhaite de
plus , conformément aux Loix établies par la Paix
de Vestphalie , que les Etats de l'Empire , avani
que de prendre les Armes , tentent les voyes d'ac
commodement au moyen d'une mediation generale
du Saint Empire Romain , ainsi que cela s'est pratiqué
ci-devant , sous le Regne des Predecesseurs de
S. M. I. et en particulier en l'année 1673. on
pourroit peut-être par ce moyen terminer le tout à
Pamiable. Mais si cette proposition , quoique fondée
5267
MAY. 1734. 9-9
ser les Loix fondamental es du Traité de Paix n'est
point acceptée , S. A. E. de Baviere persiste toujours
dans son opinion , que dans la situation presente
des affaires il ne convient pas au Saint Empire
Romain de donner occasion à de nouvelles hostilités
de la part de la France ; et quoiqu'on doive
s'attendre que cette Couronne maintiendra la déclaration
faite par M. Blondel , son Miniftre , et
que conformément à ses promesses , Elle ne troublera
pas la paix et la tranquillité de l'Empire , à
moins qu'elle n'y soit provoquée. S. A. E. croit
néanmoins que le Saint Empire en general et chaque
Etat en particulier , doivent conformement à ce
qui a été résolu dans l'Assemblée des Cercles associés
, se mettre en bon état de se défendre , sans préjudice
de qui que ce soit. Ulteriora reservando.
de l'Empire , contenant les raisons alleguées
par les Ministres de Baviere ,
pour s'opposer à la Déclaration de
guerre contre la France.
Velque déplorable que soit la Guerre actuelle
Y
ment allumée entre Sa Majesté Imperiale et l'a
Couronne de France , il est néanmoins évident
même par la Déclaration qu'il a plû à S. M. Imp.
de faire à l'Empire au commencement de son Deeret
de Commission , ainsi que par la Piece intitulée,
Motifs de Résolution du Roy , jointe audit De
eret , que la présente Guerre survenue entre ces deux
Hautes-Puissances, prénd sa source dans l'affaire de
Election d'un Roy de Pologne, mais que quelque
soit l'affaire de cette Election , et quelque fondé et
incontestable qne puisse être tout ce qu'on a publié
touchant les intrigues pratiquées à ce sujet , ( car il
ne s'agit pas ici d'entrer dans aucune discussion par
rapport à l'agresseur , ni dans aucun examen par
rapport aux Traitez précedemment faits à l'insc
de l'Empire , avec des Puissances Etrangeres ) il
est toujours certain que l'Empire n'ayant ni allian.
ce ni engagement special avec le Royaume de Pologne
, doit regarder cette affaire én quelque façon
comme étrangere, et à laquelle il n'est point oblige
de prendre part. Il s'agit donc présentement de dé
liberer
MAY. 1734. 973
liberer si , vu les motifs representez par S. M. Im.
ala Diete , l'Empire doit generalement consentirà
une Déclaration de Guerre contre la France.
Les Loix de l'Empire établissent suffisamment
ce qu'il convient de faire pour sa deffense , en cas
de quelque attaque ennemie , personne ne l'ignore ;
mais comme le Saint Empire Romain est en paix
avec toutes les Puissances étrangeres , et que la
Couronne de France même, après s'être emparée du ..
Fort de Kell , afait déclarer par écrit le 14. Octobre
dernier à tous les Electeurs , Frinces et Etats
du Saint Empire Romain , par M. Blondel , son
Ministre,ainsi qu'il paroît par la Piece annexée au
Decret Imperial de Commission , qu'elle n'a rien
plus à coeur que de maintenir la Paix avec l'Empire
et d'observer les Traitez , sans vouloirfaire des
conquêtes , promettant en consequence de rendre ce
Fort de Kell ; on ne voit pas que l'Empire puisse
avoir aucune raison suffisante d'entrer en guerre ;
d'ailleurs c'est une chose notoire aux Electeurs ,
Princes et Etats , que pendant le peu d'années de
Paix dont on a joui , l'Empire , et en particulier les
Cercles , qui durant la derniere Guerre et tant d'au
tres qui l'ont précedée , se sont trouvez les plus èxposez
aux attaques ennemies , et n'ont pû éviter les
degâts et la destruction qui accompagnent toujours
les Armes , ne se sont pas encore assez bien rétablis
des pertes qu'ils ont soufertes , pour qu'on les expose
de nouveau aux mêmes inconveniens , et cela pour
une affaire étrangere à laquelle ils n'ont aucune
part , et pour qu'on exige d'eux qu'ils contribuent
aux frais d'une guerre qui durera peut -être plu
sieurs années ; car si l'on considere avec attention
les suites onereuses d'une rupture , on trouvera ,
l'experience nous le montre, que lorsqu'elle est entamée,
il est bien difficile d'en prévoir les évenemens et
dejuger de sa durée.
"
et
Après
974 MERCURE DE FRANCE
>
Apr's cela quelqu'heureuse que pût être cette
Guerre , et quand meme on pourroit obliger la Partie
adverse à consentir à une Paix durable et avantageuse
, la méme experience nous fait voir que
toute l'utilité qui en resultera aux Etats du Saint
Empire Romain , sera qu'on leur rende leurs Pays
mais désolez , et dans un état plus triste encore que
celui où leurs Sujets et leurs Pays se trouvent actuellement
sans pouvoir esperer aucun agrandissement
, puisqu'on a vu que tous les efforts qu'on a
faits jusqu'à pretent pour cela , ont toujours été infructueux.
C'est pourquoi , et dautant S. M. I.
par son Decret de Commission , a non seulement recommandé
le fait aux Etats , mais que méme elle
demande gracieusement leur conseil et avis , ilparoit
qu'on doit murement déliberer si avant que de
parler d'aucune Déclaration de Guerre , il ne seroit
pas con enable la Diette songeat aux moyens
d'éviter un aussigrand mal qu'est une Guerre offensive
; il paroit que c'est l'unique moyen de conserver
la tranquillitéparmi les Etats de l'Empire et de
les mettre en état de mieux servir S. MI. et la
Patrie
que
que
que
>
Aussi-tôt S. A. E. de Baviere comme
Membre du Cercle de Suabe, en vertu des Terres et
Seigneuries qu'elle y possede , eût appris que ce Cercle
et les autres Cercles associez devoient s'assembler
, elle donna ordre de leur representer la necessité
qu'il y avoit de mettre promptement leurs Pays
dans un état convenable de deffense , sans préjudice
de qui que ce fut.
C'est un pareil état de deffense conformement aux
résolutions prises dans l'Assemblée desdits Cercles
que S. A. E. souhaite de la part des Electeurs
Princes et Etats de l'Empire , et elle le regarde
comme un point si necessaire et si important dans la
circons
MAY 1724. 975
sirconstance présente des affaires , que bien loin de
vouloir s'en élo gner iant soit peu , elle est disposée ,
en conformité de sa Naissance et ae son devoir ,
contribuer de tout son pouvoir à tout ce qui peut
tendre à la conservation du Sant Empire Romain
en general, et de chaqueEtat en particulier,mais elle
croit qu'il faut éviter toute offense et qu'il est bien
piur convenable de songer un quement à la defense
et à la conservation dudit Saint Empire Romain et
de ses Etass particuliers .
I •. Parce que toute personne qui voudra se donner
la peine d'examiner sans partialité et sans prévention
la source et la cause de la presente Guerre
, verra facilement en consequence des raisons al.
leguées ci- dessus , qu'elle ne peut originairement regarder
en aucune maniere le Saint Empire Romain,
puisque les Hautes Parties Belligerantes ont pour
principal motif le soin de vanger reciproquement leur
honneur qu'elles croyent offensé.
·
>
2 Farce qu'on ne sçauroit conseiller ni approuver
que pour une cause étrangere , à laquelle le
Saint Empire Romain n'a aucune part , on veüil-
Le prizer de la douce Paix rétablie en dernier lieu
et acquise aux dépens de tant de sang répandu , et
qu'on cherche à l'engager dans une nouvelle Guerre
onereuse , dont l'is në et la durée sont si incertaines
et dont tout le poids tomberoit sur ces Cercles , qui
par leur situation se trouvent les plus exposés au danger
, et par consequent à une ruine inévitable sans
Pavoir meritée Les Pactes entre la très - Illustre
Maison Archiducale de l'Empereur et la Couronne
de Pologne , subsistent depuis plusieurs années ,
ayant été établis sous le gouvernement de l'Archiduc
Albert et du Roi Casimir , et confirmés dernie➡
rement par 1 En pereur Leopold,de glorieuse memoi-
Fe ; ils ont pour objet la défense mutuelle de leurs
Royaumes ,
976 MERCURE DE FRANCE
Royaumes , ainsi que de leur Commerce ; mais ce
n'est pas en qualité d'Empereurs et du consentement
de l'Empire , que les Princes de la Maison d'Autriche
ont contracté ces Alliances ; ils ne l'ontfait
que pour leur propre interêt , et à cause de la proximité
de leurs Terres et Provinces , par consequent
Le Saint Empire. Romain n'y a aucune part.
3°. Comme Sa Majeste Imperiale , pendant son
glorieux Regne , a donnéplusieurs preuves éclatantes
du desir qu'elle a de maintenir et de conserver
le repos et le salut du Saint Empire Romain , et
que de tout tems on a regardé la tranquillité genevale
comme le bien le plus desirable , Elle peut d'autant
moins trouver mauvais que les Etats se
mettent simplement dans un état de défense , qu'elle
a tout lieu d'avoir une entiere confiance dans le
Saint Empire Romain , et qu'elle n'ignore pas les
tristes suites que la Guerre entraîne après elle . Il est
d'ailleurs à remarquer que d'autres Puissances
quoiqu'étroitement unies et alliées avec Š. M. I.
auxquelles on aura sans doute communiqué tout ce
qui s'est passé dans l'affaire de Pologne , et qui par
consequent n'ignorent pas laquelle des deux Hautes
Parties doit être considerée comme l'Agresseur dans
la presente Guerre , n'ont pas encore jusqu'à present
jugé à propos de se déclarer contre la France ,
soit par le desir de conserver quelques uns de leurs
Etats et Sujets , ou pour d'autres raisons , quoique
quelques unes de ces Puissances se mettent sur
leurs gardes , ce n'est apparemment que pour mieux
maintenir et conserver la tranquillité.
Si le Saint Empire Romain se trouvoit frustré de
Passistance de ces Puissances, le poids de la presente
Guerre lui seroit difficile à supporter , et le danger
plus grand et plus évident sur tout si S. M. I.
alloit retirer en tout ou en partie , les Troupes qu'elle
a fur
MAY. 1734
977
vaisur
le Rhin pour les envoyer à la défense de ses
autres Etatt et qu'elle laissat aux Cercles le soin de
la défense de l'Empire. Cette crainte n'est pas
neni chimerique , elle est fondée sur l'experience de
se qui s'est passé pendant la derniere Guerre , où
P'on a vu les Troupes Imperiales quitter le Rhin , et
les Cercles seuls obligés de défendre leurs Terres ,
leur grand préjudice , et à la ruine de leurs Pays.
Deplus , les Actes de l'Empire font foi que d'un
côté les Etats ne voulurent pas dans la derniere
Guerre s'engager avant que les deux Puissances
Maritimes se fussent alliés avec Sa Majesté Imperiale
; et que d'un autre côté , aussi- tôt que lesdites
Puissances se furent separées de la grande Alliance
, les mêmes Etats jugerent à propos d'accepter
les conditions du Traité de Rastadt , donnant
par-1
-là clairement à connoître combien il leur étoit
impossible de continuer la Guerre sans la concurrence
des Puissances Maritimes. C'est pourquoi le
Saint Empire Romain , et en particulier les Cercles
les plus exposés , qui certainement ne se sont pas encore
rétablis des pertes souffertes , feroient bien de
senger à épargner et ménager leurs forces chancellantes
pour des occasions plus importantes qui pourroient
survenir , et qui dépendent de la viciffitude
des choses , sans quoi on pourroit bien s'en repentir ,
mais peut-être trop tard.
4°. La Couronnede France ne peut trouver mau
vais que l'Empire employe pour sa défense tous les
moyens necessaires et conformes au droit naturel ;
puisque dans la Déclaration qu'elle a fait faire par
son Ministre , et qui se trouve attachée au Decret
Imperial de Commission ci - desus mentionné , Elle
promet solemnellement sous la Foi publique qu'elle
se prêtera à tout ce qui peut maintenir la tranquil-
Jité du SaintEmpire Romain : Or , rien n'y pens
G plus
978 MERCURE DE FRANCE
plus contribuer qu'un Etat convenable de défense ?
d'ailleurs cette même Couronne У déclare qu'elle
fera bonifier , si cela n'a étéfait , les Contributions
qu'elle a été obligée d'exiger sur les Terres de l'Empire
, et qu'elle fera restituer le Fort de Kehl dont
elle s'est emparée , ou qu'elle le fera garder par des
Troupes Neutres jusqu'à la Paix , afin que le Saint
Empire Romain n'en prenne aucun ombrage.
›
Pour toutes les raisons alleguées ci- dessus , S. A.
E. quelque affectionnée et fidele qu'elle soit à S. M.
I. ne sçauroit conformément à son devoir conseiller
que le Saint Empire Remain doive s'engager
dans une Guerre generale si dangereuse et si ruineuse
, qui occasionnera dans la suite l'effusion de
tant de sang Chrétien et la désolation des Terres
qui pourront être foulées autant par les Troupes qui
viendront à son secours que par celles des Ennemis.
Elle espere au contraire , que S. M. I. qui a donné
tant de preuves de son amour pour la Justice et la
Paix , voudra bien en consequence de cet amour
et vú les presentes circonstances dangereuses approuver,
ainsi qu'on vient de le proposer , que le Saint
Empire Romain se mette dans un état naturel et
convenable de défense , et qu'elle regardera d'un
oil favorable tout ce qui a été allegué à ce sujet ,
comme provenant d'un coeur sincere et affectionné
pour le bien de la Patrie. S. A. E. souhaite de
plus , conformément aux Loix établies par la Paix
de Vestphalie , que les Etats de l'Empire , avani
que de prendre les Armes , tentent les voyes d'ac
commodement au moyen d'une mediation generale
du Saint Empire Romain , ainsi que cela s'est pratiqué
ci-devant , sous le Regne des Predecesseurs de
S. M. I. et en particulier en l'année 1673. on
pourroit peut-être par ce moyen terminer le tout à
Pamiable. Mais si cette proposition , quoique fondée
5267
MAY. 1734. 9-9
ser les Loix fondamental es du Traité de Paix n'est
point acceptée , S. A. E. de Baviere persiste toujours
dans son opinion , que dans la situation presente
des affaires il ne convient pas au Saint Empire
Romain de donner occasion à de nouvelles hostilités
de la part de la France ; et quoiqu'on doive
s'attendre que cette Couronne maintiendra la déclaration
faite par M. Blondel , son Miniftre , et
que conformément à ses promesses , Elle ne troublera
pas la paix et la tranquillité de l'Empire , à
moins qu'elle n'y soit provoquée. S. A. E. croit
néanmoins que le Saint Empire en general et chaque
Etat en particulier , doivent conformement à ce
qui a été résolu dans l'Assemblée des Cercles associés
, se mettre en bon état de se défendre , sans préjudice
de qui que ce soit. Ulteriora reservando.
Fermer
Résumé : EXTRAIT du Protocole de la Diete de l'Empire, contenant les raisons alleguées par les Ministres de Baviere, pour s'opposer à la Déclaration de guerre contre la France.
Le Protocole de la Diète de l'Empire présente les arguments des ministres de Bavière contre une déclaration de guerre contre la France. La guerre en cours entre l'Empire et la France résulte de l'élection d'un roi de Pologne, mais l'Empire n'a ni alliance ni engagement spécifique avec la Pologne, considérant donc cette affaire comme étrangère. Les ministres soulignent que l'Empire est en paix avec toutes les puissances étrangères et que la France a exprimé son désir de maintenir la paix et de respecter les traités, notamment en promettant de rendre le fort de Kehl. Les ministres estiment que l'Empire n'a aucune raison suffisante d'entrer en guerre, surtout que les États de l'Empire n'ont pas encore récupéré des pertes précédentes. Ils soulignent également que les conséquences d'une guerre sont incertaines et coûteuses. La Bavière recommande donc de se préparer à la défense sans provoquer de nouvelles hostilités et de chercher des voies d'accommodement par une médiation générale. Elle espère que l'Empereur approuvera cette position, visant à préserver la tranquillité au sein de l'Empire. Par ailleurs, une résolution adoptée lors de l'Assemblée des Cercles associés prévoit de se mettre en état de défense sans causer de préjudice à quiconque. La phrase 'Ulteriora reservando' indique que des points supplémentaires sont réservés pour une discussion ou une décision ultérieure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7699
p. 979-980
ITALIE.
Début :
Le 9. Avril, le Comte Zaluschi, Ministre du Roi de Pologne à Rome, eut Audience du Pape, [...]
Mots clefs :
Pologne, Rome, Pape, Théologiens, Élection, Électeur de Saxe, Corse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
Le 9. Avril , le Comte Zaluschi , Ministre da
Roi de Pologne à Rome , eut Audience du Pape ,
à qui il demanda de la part de Sa Majesté Polonoise
, qu'on procedât contre les quatre Théologiens
qui ont approuvé et signé le faux Bref que
les Partisans de l'Electeur de Saxe avoient fait
répandre dans la Pologne , avant la prétendue
Election de ce Prince , et par lequel le Pape étoit
supposé délier les Evêques Polonois du serment
qu'ils avoient fait dans la Diete generale de Convocation
.
Le bruit court que le Pape a cité par un Bref
l'Evêque de Cracovie pour venir rendre compte
à Rome de sa conduite , au sujet de la prétendue
Election et du Couronnement de l'Electeur de
Saxe , mais on ne sçait pas encore les résolutions
que SaSainteté a prises par rapport aux quatre
Gij Théo980
MERCURE DE FRANCE
Théologiens , sur le procedé desquels le Roi de ·
Pologne demande satisfaction.
Il est défendu à Rome,sous des peines très- rigoureuses
par un Edit qu'on y a publié depuis peu , à
toutes personnes de quelque condition qu'elles
soient, de parler peu respectueusement d'aucun
Prince à l'occasion de la Guerre , et de former
des Assemblées tumultueuses.
On écrit de Genes que le Gouvernement a
donné ordre de faire de nouvelles levées qu'il destine
pour l'Ile de Corse , où on a été obligé d'envoyer
depuis peu un renfort de 3000. hommes
pour s'opposer aux progrès des Rebelles , dont
le nombre augmente tous les jours , et d'où on a
reçû avis que la Garnison de Corse , étant convenue
avec leurs Chefs de leur rendre cette Place
, si elle n'étoit pas secouruë dans un tems prescrit
, en étoit sortie après ce terme expiré; que le
Commandant et quatre autres Officiers avoient
eu seuls la liberté d'emporter leurs armes , et
qu'ils avoient été conduits , ainsi que le reste de
la Garnison , à San - Pelegrino,
Le 9. Avril , le Comte Zaluschi , Ministre da
Roi de Pologne à Rome , eut Audience du Pape ,
à qui il demanda de la part de Sa Majesté Polonoise
, qu'on procedât contre les quatre Théologiens
qui ont approuvé et signé le faux Bref que
les Partisans de l'Electeur de Saxe avoient fait
répandre dans la Pologne , avant la prétendue
Election de ce Prince , et par lequel le Pape étoit
supposé délier les Evêques Polonois du serment
qu'ils avoient fait dans la Diete generale de Convocation
.
Le bruit court que le Pape a cité par un Bref
l'Evêque de Cracovie pour venir rendre compte
à Rome de sa conduite , au sujet de la prétendue
Election et du Couronnement de l'Electeur de
Saxe , mais on ne sçait pas encore les résolutions
que SaSainteté a prises par rapport aux quatre
Gij Théo980
MERCURE DE FRANCE
Théologiens , sur le procedé desquels le Roi de ·
Pologne demande satisfaction.
Il est défendu à Rome,sous des peines très- rigoureuses
par un Edit qu'on y a publié depuis peu , à
toutes personnes de quelque condition qu'elles
soient, de parler peu respectueusement d'aucun
Prince à l'occasion de la Guerre , et de former
des Assemblées tumultueuses.
On écrit de Genes que le Gouvernement a
donné ordre de faire de nouvelles levées qu'il destine
pour l'Ile de Corse , où on a été obligé d'envoyer
depuis peu un renfort de 3000. hommes
pour s'opposer aux progrès des Rebelles , dont
le nombre augmente tous les jours , et d'où on a
reçû avis que la Garnison de Corse , étant convenue
avec leurs Chefs de leur rendre cette Place
, si elle n'étoit pas secouruë dans un tems prescrit
, en étoit sortie après ce terme expiré; que le
Commandant et quatre autres Officiers avoient
eu seuls la liberté d'emporter leurs armes , et
qu'ils avoient été conduits , ainsi que le reste de
la Garnison , à San - Pelegrino,
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Résumé : ITALIE.
Le 9 avril, le Comte Zaluschi, Ministre du Roi de Pologne à Rome, a rencontré le Pape pour demander son intervention contre quatre théologiens ayant approuvé et signé un faux bref en Pologne. Ce document prétendait que le Pape déliait les évêques polonais de leur serment lors de la Diète générale de Convocation. Des rumeurs évoquent une convocation de l'évêque de Cracovie pour expliquer sa conduite concernant l'élection et le couronnement de l'Électeur de Saxe, mais les décisions concernant les théologiens restent inconnues. À Rome, un édit récent interdit les propos irrespectueux sur les princes en lien avec la guerre et les rassemblements tumultueux, sous peine de sanctions sévères. De Gênes, des nouvelles rapportent l'ordre de lever de nouvelles troupes pour la Corse, où 3000 hommes ont été envoyés pour contrer les rebelles. La garnison de Corse a été transférée à San-Pélegrino, sauf le commandant et quatre officiers qui ont pu emporter leurs armes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7700
p. 980-987
Nouvelles de Naples et de Sicile.
Début :
L'Infant Don Carlos a fait publier et afficher sur les frontieres du Royaume de Naples le [...]
Mots clefs :
Naples, Infant Don Carlos, Troupes, Sicile, Prince, Guerre, Pardon général, Hommes, Peuples, Royaumes, Empereur, Comte Visconti, Dieu, Armées
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Naples et de Sicile.
Nouvelles de Naples et de Sicile.
'Infant Don Carlos a fait publier et afficher
sur les frontieres du Royaume de Naples le
Decret suivant.
DON CARLOS , Par la grace de Dieu , Infant
d'Espagne , Duc de Parme , de Plaisance et
de Castro , &c. Grand Prince de Toscane et Generalissime
des Armées de Sa Majesté Catholi
que en Italie.
Le Roi , mon très- cher et honoré Pere , par
sa Lettre du 27. Fevrier dernier , écrite dans le
Palais Royal du Pardo , me mande ce qui suit,
ΜΟΝ
MAY.
981 1734.
MON CHER ET BIEN AIME' FILS.
•
>
Vos interêts inséparables de la dignité de ma
Couronne , et ceux de mes fideles Alliez , m'ont déterminez
à envoyer des Troupes dans la Lombardie
afin d'executer de concert avec leurs Armées
les justes Entreprises ausquelles on les a destinées
; mais dautant qu'à l'occasion de la presente
Guerre , les clameurs des Peuplet de Naples et de Sicile
, excessivement violentés , opprimés et tirannisés
depuis tant d'années par
le gouvernement Allemand
, ont pénetré mon coeur Royal , et que j'ai
toujours eu pour ces Peuples un amour Paternel
me ressouvenant fort bien de leurs démonstration's
de joye et de leurs acclamattons unanimées lorsqu'is
me reçûrent autrefois à Naples , et qu'ils consenti
rent à admettre mes Troupes en Sicile. Excité par
une compassion si naturelle , j'ai préferé à toute autre
expedition celle de délivrer de leurs maux insupportables
ces Peuples opprimés , en employant
avecgenerosité , pour leur prompt soulagement , les
forces qu'il a plu à Dieu de me confier , d'autant
plus que je considere qu'avant que leurs volontés
fussent en quelque façon captivées , leur zele répondoit
parfaitement à mes desirs et que ce n'a été
qu'après avoir été séduits ou par des insinuations
trompeuses , ou par des esperances chimeriques , ou
par la crainie des menaces violentes , qu'ils ont tous
été contraints de dissimuler leur propre inclination
en adoptant des operations très - contraires
leur fidelité. Dans cette persuasion j'ai toujours regardé
avec mépris , et comme des actes involontaires
ou forcés , tout ce qu'ils ont fait , soit en general
, soit en particulier , puisqu'ils y ont été excités
par mes ennemis , et je l'ai mis en oubli comme
s'il ne s'étoitjamais rien passé à ce sujet , ne dou-
Giij tant
>
>
982 MERCURE DE FRANCE
tant point qu'aussi- tôt qu'ils se verront en état Pagir
librement selon leurs desirs , ils ne me donnent
les mêmes preuves de leur parfait devoüement , da
leur loyauté , et de leur zele qu'ils m'ont donné cidevant.
Incité par de si justes motifs , j'ai pris là
resolution de vous y envoyer en personne , et en
qualité de Generalissime de mes Armées , pour recouvrer
ces Royaumes , malgré le risque où pourroit
être votre précieuse santé dans un si long voyage
, afin que par votre Royale et aimable présence,
vous puissiez confirmer en mon nom l'Amnistie et le
Pardon general ou particulier , que mon amour Paternel
m'engage à accorder à un chacun , de quelque
Nation qui soit , et donner à tous en mêmetems
les sûretés les plus authentiques . Vous confirmerez
en outre, vous étendre et augmenterêz , nonseulement
les Privileges dont ces Peuples jouissent a
present , mais encore vous les déchargere de toutes
sortes d'Impôts , et particulierement de ceux qui ne
doivent leur invention et leur établissement qu'à l'avidité
insatialle du Gouvernement Allemand ; et
tout cela afin que le monde soit convaincu que mon
juste et unique but est de rétablir deux Illustres
Royaumes, qui ont si bien merité de la Monarchie,
et de les faire encore jouir de leur ancienne felicité ,
réputation et dignité , et qu'on ne croye pas que ce
soit pas aucun autre interêt que j'ai entrepris de recouvrer
ces Royaumes . Et afin que le contenu de la
Presente soit notoire à tous je vous ordonne de le
rendre Public et Manifeste , dans la forme que vous
jugerez la plus convenable Dieu vous conserve
mon cher et bien aimé Fils , aussi long- tems que je
le desire. Moi le Roi , DON JOSEPH PATINO .
En vertu du pouvoir qu'il a plu à Sa Majesté,
par un effet de son amour Paternel de me donner,
ct
MAY. 1734. 983
et afin que les Sujets ci- dessus mentionnés des
deux Royaumes de Naples et de Sicile ,ces Peuples
si cheris du Roi mon Pere , et dont Sa Majesté
s'est toujours les souvenue avec tant d'estime et
d'affection , en soient dûëment et amplement informés
, je leur déclare ,et je les assûre tous et un
chacun , que l'Indult et le Pardon general et particulier
que Sa Majesté m'a ordonné d'accorder ,
et que j'accorde sur l'assûrance de son sacré et
souverain Nom , comprend toutes sortes de délits
, motifs ou démonstrations sans aucune restriction
, le tout restant enseveli dans un éternel
oubli, que la confirmation de leurs Privileges
comprend et s'étend aux Loix et aux Coutumes
tant Civiles que Criminelles , et même aux
Ecclesiastiques , sans qu'il soit permis d'y établir
aucun nouveau Tribunal , ou Procedures.
Que la louable et juste pratique de conferer les
Benefices et les Pensions sera continuée dans la
forme qui s'y observe ,actuellement ; et que toutes
les impositions et Charges établies par le
Gouvernement tyrannique des Allemands seront
abolis dès à present , lesquelles graces seront
conformes au clement et benin coeur de Sa Majesté
Et afin que ceci soit notoire , j'ai ordonné
qu'on expedie en Langue Espagnole et Italienne
la Présente signée de notre main , scellée
de notre sceau Royal , et contresignée par notre
Secretaire d'Etat , et qu'on l'affiche aux lieux ordinaires.
Fait à Civita Castellana le 14. Mars
1734. CHARLES , Don Joseph-Joachin de Montealegre.
:
Les divers avis du Royaume de Naples portent,
que l'infant Don Carlos , qui est toujours
Aversa , avoit détaché le Marquis de Las - Minas
G iiij
er
1984 MERCURE DE FRANCE
et le Duc de Castro Pignano , avec 34. Compa
gnies de Grenadiers et 2300. hommes de Cavalerie
, du nombre desquels sont les Carabiniers,
pour suivre le Viceroi , lequel accompagné du
Prince Caraffe , Grand Maréchal du Royaume ,
et du Prince de Belmonte Pignatelli , General de
la Cavalerie, s'est retiré dans la Poüille avec près
de sooo . hommes . Ces avis ajoûtent que le Com
te de Charni avoit le Commandement des Troupes
qui assiegent les Châteaux de Naples ; que
le Comte de Marsillac avoit marché pour s'emparer
de celui de Baya , et qu'on formoit en même-
tems le Siege de Gaëtte et de Capouë .
Les quatre Galeres que l'Empereur avoit fait .
équiper dans le Port de Naples , sont sorties de
ce Port, et se sont sauvés à la faveur d'un grand
calme qui a empêché l'Escadre Espagnole des'opposer
à leur fuite.
Les Lettres de la fin d'Avril marquent , que
l'Infant Don Carlos avoit continué le Juge de la
Cour de la Vicairerie à Naples , et l'Elû du Peuple
dans l'exercice de leurs Emplois, et qu'il avoit
laissé aux Habitans le soin de garder la Ville.
Ces mêmes Lettres portent que ce Prince a fait
signifier aux Troupes qui sont dans les Châteaux,
et aux Garnisons de Gaette , et de Capouë, qu'on
ne leur donnoit pour se rendre qu'un petit nom →
bre de jours , après lesquels il ne leur sera accordé
aucune Capitulation.
Ces Lettres ajoutent que le nouveau Vaisseau
de Guerre que le Comte Visconti, ci - devant Vi
ceroi du Royaume , avoit fait construire par or
dre de l'Empereur , étant sorti du Port le 19. du
mois passé pour faire voile vers la Sicile , avoit
été attaqué par quelques vaisseaux de l'Escadre
Espagnole qui l'avoient coulé à fond.
L'Infans
MAY. 1734. 985
et
L'Infant Don Carlos a déclaré le Comte de
Charny , Lieutenant General du Royaume ; il a
nommé en même- tems VicairesGeneraux le Prince
de la Rochella ,pour la Calabre Ulterieure , le
Marquis de Forcardi, pour la Calabre Citerieure;
le Duc d'Andria,pour la Principauté de Bari ,
pour la Capitanate et le Comté de Melfi , le
Marquis Doria , pour la Principauté de Lezze ;
le Duc de Sentiti , pour la Bazilicate ; le Frince
de Monte-Mileto , pour la Principauté Ulterieure
; le Duc Lorenzano , pour la Citerieure , le
Duc de Sora , pour l'Abruzze Ulterieure , et le
Prince d'Isciscane pour l'autre partie de l'Abruze.
Le 24. du mois passé la Garnison du Châreau
S. Elme demanda à capîtuler , mais comme
elle ne s'est point rendue dans le tems qui
lui avoit été prescrit , les Officiers et les Soldats
qui la composoient ont été faits prisonniers de
Guerre ; celle du Château Neuf , qui ne peut tenir
encore long-tems , subira le même sort.
On a reçû avis de Baye que le Comte Marsil
lae , aprés un Siege qui n'avoit duré que quelques
jours s'en étoit emparé , et que la Garnison
et les Habitans s'étoient rendus à discretion
Les Troupes qu'on avoit envoyées pour suivre
le Comte Visconti l'ont joint dans les environs
d'Otrante , et elles n'ont pu encore l'attaquer
parce qu'il s'est retiré dans des bois où il est dif
ficile de le forcer ; mais on croit qu'il ne pourra
pas y demeurer long-tems , et qu'il sera obligé
de sortir du Royaume.
On a appris par des Lettres de Messine , qu'on
voit vû passer à la hauteur de Salerne à les
quatre Galeres Imperiales qui sortirent ily
quelque temps du Port de Naples , dont on viene
Gy
D
986 MERCURE DE FRANCE
de parler , et on conjecture qu'elles sont allées
à Messine.
On écrit de Sicile , que les Habitans ont refusé
de payer un subside de 13c0000. ducats
que le Comte de Sastago , Viceroy de cette Isle ,
leur a demandé de la part de l'Empereur , et que
les menaces qu'il leur a faites de les contraindre à
payer cette somme , y ont excité un soulevement
presque general.
L'ouverture de la breche faite par une batterie
de 8. Canons et de 2. Mortiers , qu'on avoit
dressée contre le Château de l'Euf , se trouva le
premier de ce mois , au matin , assez grande pour
que 30 hommes pussent y passer de front , et
le Commandant de ce Château , voyant qu'on se
disposoit à l'emporter d'assaut , fit battre la chamade
, mais on n'a voulu lui accorder aucune caputulation
, et il a été fait prisonnier de guerre ,
ainsi que la Garnison , qui étoit composée de
300. hommes.
Les Villes de Gaëtte et de Capoüe sont tou
jours bloquées , et l'on n'attend que l'arrivée de
la grosse Artillerie pour ouvrir la Tranchée
devant ces deux Places. Cinq Vaisseaux de
l'Escadre Epagnole , qui croisent sur les Côtes de
Naples , sont allez dans la Mer Adriatique, pour
empêcher le transport des Troupes que l'Empereur
pourroit envoyer ici de Trieste.
Le Comte Visconti ayant été joint par quel
ques Troupes que le Viceroy de Sicile lui a envoyées
, s'est jetté dans Otrante , et le Duc de
Castro Pignano a demandé un renfort d'Infanterie
pour l'y assieger.
5oo . des Soldats Imperiaux , qui ont été faits
prisonniers de guerre , ont pris parti dans les
Troupes de S. M. Catholique , et l'Infant Don
Carl
MAY. 1734. 987
"
Carlos leur a fait distribuer de l'argent.
Les derniers avis de Naples , portent qu'une
partie du Détachement des Troupes Espagnoles
qui avoit suivi le Comte Visconti dans la Pouille,
avoit enveloppé 300. Soldats Imperiaux , qui
n'avoient pu faire assez de diligence pour entrer
avec lui dans Otrante , et qu'ils avoient été faits
prisonniers de guerre.
Selon les mêmes avis , le Prince Della Torella
a fait lever dans ses Terres 800. hommes de Milice
pour le Service de S. M. Catholique .
'Infant Don Carlos a fait publier et afficher
sur les frontieres du Royaume de Naples le
Decret suivant.
DON CARLOS , Par la grace de Dieu , Infant
d'Espagne , Duc de Parme , de Plaisance et
de Castro , &c. Grand Prince de Toscane et Generalissime
des Armées de Sa Majesté Catholi
que en Italie.
Le Roi , mon très- cher et honoré Pere , par
sa Lettre du 27. Fevrier dernier , écrite dans le
Palais Royal du Pardo , me mande ce qui suit,
ΜΟΝ
MAY.
981 1734.
MON CHER ET BIEN AIME' FILS.
•
>
Vos interêts inséparables de la dignité de ma
Couronne , et ceux de mes fideles Alliez , m'ont déterminez
à envoyer des Troupes dans la Lombardie
afin d'executer de concert avec leurs Armées
les justes Entreprises ausquelles on les a destinées
; mais dautant qu'à l'occasion de la presente
Guerre , les clameurs des Peuplet de Naples et de Sicile
, excessivement violentés , opprimés et tirannisés
depuis tant d'années par
le gouvernement Allemand
, ont pénetré mon coeur Royal , et que j'ai
toujours eu pour ces Peuples un amour Paternel
me ressouvenant fort bien de leurs démonstration's
de joye et de leurs acclamattons unanimées lorsqu'is
me reçûrent autrefois à Naples , et qu'ils consenti
rent à admettre mes Troupes en Sicile. Excité par
une compassion si naturelle , j'ai préferé à toute autre
expedition celle de délivrer de leurs maux insupportables
ces Peuples opprimés , en employant
avecgenerosité , pour leur prompt soulagement , les
forces qu'il a plu à Dieu de me confier , d'autant
plus que je considere qu'avant que leurs volontés
fussent en quelque façon captivées , leur zele répondoit
parfaitement à mes desirs et que ce n'a été
qu'après avoir été séduits ou par des insinuations
trompeuses , ou par des esperances chimeriques , ou
par la crainie des menaces violentes , qu'ils ont tous
été contraints de dissimuler leur propre inclination
en adoptant des operations très - contraires
leur fidelité. Dans cette persuasion j'ai toujours regardé
avec mépris , et comme des actes involontaires
ou forcés , tout ce qu'ils ont fait , soit en general
, soit en particulier , puisqu'ils y ont été excités
par mes ennemis , et je l'ai mis en oubli comme
s'il ne s'étoitjamais rien passé à ce sujet , ne dou-
Giij tant
>
>
982 MERCURE DE FRANCE
tant point qu'aussi- tôt qu'ils se verront en état Pagir
librement selon leurs desirs , ils ne me donnent
les mêmes preuves de leur parfait devoüement , da
leur loyauté , et de leur zele qu'ils m'ont donné cidevant.
Incité par de si justes motifs , j'ai pris là
resolution de vous y envoyer en personne , et en
qualité de Generalissime de mes Armées , pour recouvrer
ces Royaumes , malgré le risque où pourroit
être votre précieuse santé dans un si long voyage
, afin que par votre Royale et aimable présence,
vous puissiez confirmer en mon nom l'Amnistie et le
Pardon general ou particulier , que mon amour Paternel
m'engage à accorder à un chacun , de quelque
Nation qui soit , et donner à tous en mêmetems
les sûretés les plus authentiques . Vous confirmerez
en outre, vous étendre et augmenterêz , nonseulement
les Privileges dont ces Peuples jouissent a
present , mais encore vous les déchargere de toutes
sortes d'Impôts , et particulierement de ceux qui ne
doivent leur invention et leur établissement qu'à l'avidité
insatialle du Gouvernement Allemand ; et
tout cela afin que le monde soit convaincu que mon
juste et unique but est de rétablir deux Illustres
Royaumes, qui ont si bien merité de la Monarchie,
et de les faire encore jouir de leur ancienne felicité ,
réputation et dignité , et qu'on ne croye pas que ce
soit pas aucun autre interêt que j'ai entrepris de recouvrer
ces Royaumes . Et afin que le contenu de la
Presente soit notoire à tous je vous ordonne de le
rendre Public et Manifeste , dans la forme que vous
jugerez la plus convenable Dieu vous conserve
mon cher et bien aimé Fils , aussi long- tems que je
le desire. Moi le Roi , DON JOSEPH PATINO .
En vertu du pouvoir qu'il a plu à Sa Majesté,
par un effet de son amour Paternel de me donner,
ct
MAY. 1734. 983
et afin que les Sujets ci- dessus mentionnés des
deux Royaumes de Naples et de Sicile ,ces Peuples
si cheris du Roi mon Pere , et dont Sa Majesté
s'est toujours les souvenue avec tant d'estime et
d'affection , en soient dûëment et amplement informés
, je leur déclare ,et je les assûre tous et un
chacun , que l'Indult et le Pardon general et particulier
que Sa Majesté m'a ordonné d'accorder ,
et que j'accorde sur l'assûrance de son sacré et
souverain Nom , comprend toutes sortes de délits
, motifs ou démonstrations sans aucune restriction
, le tout restant enseveli dans un éternel
oubli, que la confirmation de leurs Privileges
comprend et s'étend aux Loix et aux Coutumes
tant Civiles que Criminelles , et même aux
Ecclesiastiques , sans qu'il soit permis d'y établir
aucun nouveau Tribunal , ou Procedures.
Que la louable et juste pratique de conferer les
Benefices et les Pensions sera continuée dans la
forme qui s'y observe ,actuellement ; et que toutes
les impositions et Charges établies par le
Gouvernement tyrannique des Allemands seront
abolis dès à present , lesquelles graces seront
conformes au clement et benin coeur de Sa Majesté
Et afin que ceci soit notoire , j'ai ordonné
qu'on expedie en Langue Espagnole et Italienne
la Présente signée de notre main , scellée
de notre sceau Royal , et contresignée par notre
Secretaire d'Etat , et qu'on l'affiche aux lieux ordinaires.
Fait à Civita Castellana le 14. Mars
1734. CHARLES , Don Joseph-Joachin de Montealegre.
:
Les divers avis du Royaume de Naples portent,
que l'infant Don Carlos , qui est toujours
Aversa , avoit détaché le Marquis de Las - Minas
G iiij
er
1984 MERCURE DE FRANCE
et le Duc de Castro Pignano , avec 34. Compa
gnies de Grenadiers et 2300. hommes de Cavalerie
, du nombre desquels sont les Carabiniers,
pour suivre le Viceroi , lequel accompagné du
Prince Caraffe , Grand Maréchal du Royaume ,
et du Prince de Belmonte Pignatelli , General de
la Cavalerie, s'est retiré dans la Poüille avec près
de sooo . hommes . Ces avis ajoûtent que le Com
te de Charni avoit le Commandement des Troupes
qui assiegent les Châteaux de Naples ; que
le Comte de Marsillac avoit marché pour s'emparer
de celui de Baya , et qu'on formoit en même-
tems le Siege de Gaëtte et de Capouë .
Les quatre Galeres que l'Empereur avoit fait .
équiper dans le Port de Naples , sont sorties de
ce Port, et se sont sauvés à la faveur d'un grand
calme qui a empêché l'Escadre Espagnole des'opposer
à leur fuite.
Les Lettres de la fin d'Avril marquent , que
l'Infant Don Carlos avoit continué le Juge de la
Cour de la Vicairerie à Naples , et l'Elû du Peuple
dans l'exercice de leurs Emplois, et qu'il avoit
laissé aux Habitans le soin de garder la Ville.
Ces mêmes Lettres portent que ce Prince a fait
signifier aux Troupes qui sont dans les Châteaux,
et aux Garnisons de Gaette , et de Capouë, qu'on
ne leur donnoit pour se rendre qu'un petit nom →
bre de jours , après lesquels il ne leur sera accordé
aucune Capitulation.
Ces Lettres ajoutent que le nouveau Vaisseau
de Guerre que le Comte Visconti, ci - devant Vi
ceroi du Royaume , avoit fait construire par or
dre de l'Empereur , étant sorti du Port le 19. du
mois passé pour faire voile vers la Sicile , avoit
été attaqué par quelques vaisseaux de l'Escadre
Espagnole qui l'avoient coulé à fond.
L'Infans
MAY. 1734. 985
et
L'Infant Don Carlos a déclaré le Comte de
Charny , Lieutenant General du Royaume ; il a
nommé en même- tems VicairesGeneraux le Prince
de la Rochella ,pour la Calabre Ulterieure , le
Marquis de Forcardi, pour la Calabre Citerieure;
le Duc d'Andria,pour la Principauté de Bari ,
pour la Capitanate et le Comté de Melfi , le
Marquis Doria , pour la Principauté de Lezze ;
le Duc de Sentiti , pour la Bazilicate ; le Frince
de Monte-Mileto , pour la Principauté Ulterieure
; le Duc Lorenzano , pour la Citerieure , le
Duc de Sora , pour l'Abruzze Ulterieure , et le
Prince d'Isciscane pour l'autre partie de l'Abruze.
Le 24. du mois passé la Garnison du Châreau
S. Elme demanda à capîtuler , mais comme
elle ne s'est point rendue dans le tems qui
lui avoit été prescrit , les Officiers et les Soldats
qui la composoient ont été faits prisonniers de
Guerre ; celle du Château Neuf , qui ne peut tenir
encore long-tems , subira le même sort.
On a reçû avis de Baye que le Comte Marsil
lae , aprés un Siege qui n'avoit duré que quelques
jours s'en étoit emparé , et que la Garnison
et les Habitans s'étoient rendus à discretion
Les Troupes qu'on avoit envoyées pour suivre
le Comte Visconti l'ont joint dans les environs
d'Otrante , et elles n'ont pu encore l'attaquer
parce qu'il s'est retiré dans des bois où il est dif
ficile de le forcer ; mais on croit qu'il ne pourra
pas y demeurer long-tems , et qu'il sera obligé
de sortir du Royaume.
On a appris par des Lettres de Messine , qu'on
voit vû passer à la hauteur de Salerne à les
quatre Galeres Imperiales qui sortirent ily
quelque temps du Port de Naples , dont on viene
Gy
D
986 MERCURE DE FRANCE
de parler , et on conjecture qu'elles sont allées
à Messine.
On écrit de Sicile , que les Habitans ont refusé
de payer un subside de 13c0000. ducats
que le Comte de Sastago , Viceroy de cette Isle ,
leur a demandé de la part de l'Empereur , et que
les menaces qu'il leur a faites de les contraindre à
payer cette somme , y ont excité un soulevement
presque general.
L'ouverture de la breche faite par une batterie
de 8. Canons et de 2. Mortiers , qu'on avoit
dressée contre le Château de l'Euf , se trouva le
premier de ce mois , au matin , assez grande pour
que 30 hommes pussent y passer de front , et
le Commandant de ce Château , voyant qu'on se
disposoit à l'emporter d'assaut , fit battre la chamade
, mais on n'a voulu lui accorder aucune caputulation
, et il a été fait prisonnier de guerre ,
ainsi que la Garnison , qui étoit composée de
300. hommes.
Les Villes de Gaëtte et de Capoüe sont tou
jours bloquées , et l'on n'attend que l'arrivée de
la grosse Artillerie pour ouvrir la Tranchée
devant ces deux Places. Cinq Vaisseaux de
l'Escadre Epagnole , qui croisent sur les Côtes de
Naples , sont allez dans la Mer Adriatique, pour
empêcher le transport des Troupes que l'Empereur
pourroit envoyer ici de Trieste.
Le Comte Visconti ayant été joint par quel
ques Troupes que le Viceroy de Sicile lui a envoyées
, s'est jetté dans Otrante , et le Duc de
Castro Pignano a demandé un renfort d'Infanterie
pour l'y assieger.
5oo . des Soldats Imperiaux , qui ont été faits
prisonniers de guerre , ont pris parti dans les
Troupes de S. M. Catholique , et l'Infant Don
Carl
MAY. 1734. 987
"
Carlos leur a fait distribuer de l'argent.
Les derniers avis de Naples , portent qu'une
partie du Détachement des Troupes Espagnoles
qui avoit suivi le Comte Visconti dans la Pouille,
avoit enveloppé 300. Soldats Imperiaux , qui
n'avoient pu faire assez de diligence pour entrer
avec lui dans Otrante , et qu'ils avoient été faits
prisonniers de guerre.
Selon les mêmes avis , le Prince Della Torella
a fait lever dans ses Terres 800. hommes de Milice
pour le Service de S. M. Catholique .
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Résumé : Nouvelles de Naples et de Sicile.
Le texte décrit les actions et déclarations de l'Infant Don Carlos, fils du roi d'Espagne, concernant les royaumes de Naples et de Sicile. Le roi d'Espagne, motivé par les souffrances des peuples napolitains et siciliens sous le gouvernement allemand, a décidé d'envoyer des troupes pour les libérer. Don Carlos, en tant que généralissime des armées, est chargé de récupérer ces royaumes, de confirmer une amnistie générale, de restaurer les privilèges des peuples et d'abolir les impôts imposés par le gouvernement allemand. Les nouvelles de Naples indiquent que Don Carlos a détaché plusieurs officiers et troupes pour suivre le vice-roi, qui s'est retiré en Pouille. Les galères impériales ont pu s'échapper grâce à un calme marin. Don Carlos a maintenu les juges et élus du peuple dans leurs fonctions et a donné un délai limité aux troupes dans les châteaux pour se rendre. Il a également nommé plusieurs lieutenants généraux et vicaires pour différentes régions des royaumes. Les garnisons des châteaux de Naples et de Baïa se sont rendues. Les troupes impériales, dirigées par le Comte Visconti, sont en difficulté et cherchent à quitter le royaume. Les habitants de Sicile ont refusé de payer un subside demandé par le vice-roi, provoquant un soulèvement. Les villes de Gaëtte et de Capoue sont bloquées en attendant l'arrivée de l'artillerie. Les vaisseaux espagnols patrouillent pour empêcher l'arrivée de renforts impériaux. Plusieurs soldats impériaux ont été faits prisonniers et ont rejoint les troupes espagnoles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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