Résultats : 21932 texte(s)
Détail
Liste
12651
p. 64-66
AUTRE.
Début :
Mon ton, Lecteur, dépend de l'humeur de mon père. [...]
Mots clefs :
Préface
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
MON to
ON ton , Lecteur , dépend de l'humeur de
mon père.
Eft-il présomptuear ? tu me vois vaîne & fière ,
Avec grand étalage annoncer les talens.
Eft - il bumible of timide ? Afors humble moi.
même ,
SEPTEMBRE. 1763 . 63
J'implore en fa faveur tes regards indulgens.
Mais que fais-je ? Trop clair eft déja le Dilêmes
Paffons rapidement à la combinaiſon.
Sept membres , de mon corps forment la liaison
Veux-tu les défunir en prendre d'abord quatre
Tu verras un enclos vaſte , ſeigneurial ,
Agréable au Chaffeur , funeſte à l'animaî. :
Quatre autres vont t'offrir fur ce fanglant théatre,
Le plus léger d'entre eux , atteint du coup fatal :
Quatre encore, & tu vois (mais en langue latine )
Le nom d'une autre bête à la dent affaffine..
Combine encore , il fort de mon immenſe ſein
Un mot géographique & connu du Marin ; -
Un bien qui méconnoît le travail des charrues⚫
Uniquement fécond par le bienfait des nues :
Un métal fans éclat , néceſſaire tréſor
Moins brillant , mais , je crois , plus utile que l'or
Un antique inftrument & de chaffe & de guerre ,
Un nouvel inventé pour réduire en pouffière
Les feuilles d'une plante abondante en efprits ;
Ce bois , fource fertile & des vins & des ris :
Un poiffon fort commun , aliment du carême ,
Et plus rare , ce fruit , rond , confi & tout verd
Dont aux plus fins repas ce poiſſon eſt couvert ;
Une conjonction qu'un Tribunal fuprême
Voulut jadis profcrire , & qui toujours nous fert ;
L'endroit où, malgré nous , vont fe peindre d'euxmêmes
66 MERCURE DE FRANCE.
Les divers mouvemens qui troublent notre coeur .
Ce qu'on porte aux convois en figne de douleur ;
Un terme à double fens, qu'à deux arts on deſtine,
Appliquable a la fcène , & propre à la cuifine ,
Le nom latin d'un figne , annuelle maiſon
Que le foleil vifite en la froide faifon s
Des Moines aujourd'hui le prénom ordinaire 3
il eft tems de fe taire.
Deux notes de Mufique .....
Par M. L**** Abonné au Mercure
ALimoges , le 9 Août 1763 .
MON to
ON ton , Lecteur , dépend de l'humeur de
mon père.
Eft-il présomptuear ? tu me vois vaîne & fière ,
Avec grand étalage annoncer les talens.
Eft - il bumible of timide ? Afors humble moi.
même ,
SEPTEMBRE. 1763 . 63
J'implore en fa faveur tes regards indulgens.
Mais que fais-je ? Trop clair eft déja le Dilêmes
Paffons rapidement à la combinaiſon.
Sept membres , de mon corps forment la liaison
Veux-tu les défunir en prendre d'abord quatre
Tu verras un enclos vaſte , ſeigneurial ,
Agréable au Chaffeur , funeſte à l'animaî. :
Quatre autres vont t'offrir fur ce fanglant théatre,
Le plus léger d'entre eux , atteint du coup fatal :
Quatre encore, & tu vois (mais en langue latine )
Le nom d'une autre bête à la dent affaffine..
Combine encore , il fort de mon immenſe ſein
Un mot géographique & connu du Marin ; -
Un bien qui méconnoît le travail des charrues⚫
Uniquement fécond par le bienfait des nues :
Un métal fans éclat , néceſſaire tréſor
Moins brillant , mais , je crois , plus utile que l'or
Un antique inftrument & de chaffe & de guerre ,
Un nouvel inventé pour réduire en pouffière
Les feuilles d'une plante abondante en efprits ;
Ce bois , fource fertile & des vins & des ris :
Un poiffon fort commun , aliment du carême ,
Et plus rare , ce fruit , rond , confi & tout verd
Dont aux plus fins repas ce poiſſon eſt couvert ;
Une conjonction qu'un Tribunal fuprême
Voulut jadis profcrire , & qui toujours nous fert ;
L'endroit où, malgré nous , vont fe peindre d'euxmêmes
66 MERCURE DE FRANCE.
Les divers mouvemens qui troublent notre coeur .
Ce qu'on porte aux convois en figne de douleur ;
Un terme à double fens, qu'à deux arts on deſtine,
Appliquable a la fcène , & propre à la cuifine ,
Le nom latin d'un figne , annuelle maiſon
Que le foleil vifite en la froide faifon s
Des Moines aujourd'hui le prénom ordinaire 3
il eft tems de fe taire.
Deux notes de Mufique .....
Par M. L**** Abonné au Mercure
ALimoges , le 9 Août 1763 .
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12652
p. 299
APPROBATION.
Début :
J'Ai lû par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'Ai lû par ordre de Monfeigneur le
Chancelier, le Mercure de Décembre
1717, & j'ai crû que la lecture de cet
Ouvrage , continueroit d'eftre agréable
au Public . Fait à Paris , ce 31 Decembre
1717.
TERRASSON .
J'Ai lû par ordre de Monfeigneur le
Chancelier, le Mercure de Décembre
1717, & j'ai crû que la lecture de cet
Ouvrage , continueroit d'eftre agréable
au Public . Fait à Paris , ce 31 Decembre
1717.
TERRASSON .
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12654
p. 67
ROMANCE.
Début :
Adorable Philémire, [...]
Mots clefs :
Amour
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texteReconnaissance textuelle : ROMANCE.
ROMANCE.
ADORABLE Philémire ,
Tendre objet de mes amours ,
Pour toi feule je ſoupire ,
Tu fais mes plus heureux jours :~
Malgré le fort qui m'opprime ,
Ma tendreffe fe ranime ,
Je t'a forerai toujours ;
Ovi je t'aimerai toujours.
Si le deftin , trop barbare -
Me ravit mille faveurs ,
Si tous deux il nous fépare
Peut- il défunir nos coeurs ?
Notre flamme eft mutuelle .
Pour une chaine fi belle
L'amour n'a point de rigueurs ,
L'Amour n'a que des douceurs.
Les Paroles font de M. Belain , la Mufique
de M. Pinton , Serpent de S. Martin de Tours.
ADORABLE Philémire ,
Tendre objet de mes amours ,
Pour toi feule je ſoupire ,
Tu fais mes plus heureux jours :~
Malgré le fort qui m'opprime ,
Ma tendreffe fe ranime ,
Je t'a forerai toujours ;
Ovi je t'aimerai toujours.
Si le deftin , trop barbare -
Me ravit mille faveurs ,
Si tous deux il nous fépare
Peut- il défunir nos coeurs ?
Notre flamme eft mutuelle .
Pour une chaine fi belle
L'amour n'a point de rigueurs ,
L'Amour n'a que des douceurs.
Les Paroles font de M. Belain , la Mufique
de M. Pinton , Serpent de S. Martin de Tours.
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Résumé : ROMANCE.
L'auteur exprime son amour profond et constant pour Philémire, affirmant qu'elle est sa source de bonheur malgré les obstacles. Il se demande si le destin peut les séparer, mais croit en la force de leur amour pour surmonter toute adversité. L'amour est décrit comme doux et sans rigueur. Le poème est de M. Belain, la musique de M. Pinton, et interprété par le serpent de Saint-Martin-de-Tours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12655
p. 77-78
AUTRE.
Début :
Je suis un composé des différentes fleurs [...]
Mots clefs :
Guirlande
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
E ſuis un compoſe des différentes fleurs
Dont un berger couronne une aimable bergère
Quand , mollement couché ſur la fougère ,
11 l'entretient de ſes vives ardeurs .
Enfant de la ſimple nature ,
Aux fêtes du hameau ,
De la jeune Aglaé j'embellis la parure ,
A fes grâces j'ajoute un ornement nouveau.
Ami lecteur , décompoſons mon être ,
Je vous offre d'abord deux pronoms relatifs ;
Un médecin ; & fix infinitifs ;
Unpays d'Allemagne ; un arbrifſeau champêtre,
Une bru d'Ifaac ; un Duché dans l'Anjou ;
Deux élémens ; un port en Angleterre ,
Un feuve de l'Aſie ; en France une rivière ;
Un mal très - incommode ; une ville en Poitou ;
Neuf en France ; trois en Eſpagne ;
Une en Hongrie , une autre en Allemagne ;
Ce qu'il faut à l'oiſeau pour qu'il puiſſe voler ,
A l'homme pour parler ;
Diij
78 MERCURE DE FRANCE.
Deux notes de muſique ;
Un grand lac en Suede ; un pays d'Amérique ;
L'oppoſé de petit ; le contraire de doux ;
De plus une fureur qui nous pofléde tous ;
pe Cinq ifles ; un Royaume ;
Le ſouverain de l'homme ;
Ce que l'on craint de voir en ſon tonneau ;
Ce qui ne revient plus ; le contraſte de beau ;
La monture du bon Silene ;
:
Le ſynonime d'ordre ; un Saint ; un inſtrument ;
১
Un légume d'un goût piquant ;
Le premier jour de la ſemaine *
ز
Une monnoie égale à trois deniers ;
Ce dont le pauvre manque en ſes greniers ;
L'aſtre brillant qui nous éclaire
21150
Quand le ſoleil a fourni ſa carrière ;
T
Cequi ne vient jamais & ce qui vient trop tôt,
Un poiffon de la mer ; une terre ſtérile ;
Ce
De l'oifillon le domicile ;
que forme Thymen,
mot.
c'eſt là mon dernier
1,
* En comptant le dimanche le dernier.
MALSTRAL, étudiant à
Quimper.
E ſuis un compoſe des différentes fleurs
Dont un berger couronne une aimable bergère
Quand , mollement couché ſur la fougère ,
11 l'entretient de ſes vives ardeurs .
Enfant de la ſimple nature ,
Aux fêtes du hameau ,
De la jeune Aglaé j'embellis la parure ,
A fes grâces j'ajoute un ornement nouveau.
Ami lecteur , décompoſons mon être ,
Je vous offre d'abord deux pronoms relatifs ;
Un médecin ; & fix infinitifs ;
Unpays d'Allemagne ; un arbrifſeau champêtre,
Une bru d'Ifaac ; un Duché dans l'Anjou ;
Deux élémens ; un port en Angleterre ,
Un feuve de l'Aſie ; en France une rivière ;
Un mal très - incommode ; une ville en Poitou ;
Neuf en France ; trois en Eſpagne ;
Une en Hongrie , une autre en Allemagne ;
Ce qu'il faut à l'oiſeau pour qu'il puiſſe voler ,
A l'homme pour parler ;
Diij
78 MERCURE DE FRANCE.
Deux notes de muſique ;
Un grand lac en Suede ; un pays d'Amérique ;
L'oppoſé de petit ; le contraire de doux ;
De plus une fureur qui nous pofléde tous ;
pe Cinq ifles ; un Royaume ;
Le ſouverain de l'homme ;
Ce que l'on craint de voir en ſon tonneau ;
Ce qui ne revient plus ; le contraſte de beau ;
La monture du bon Silene ;
:
Le ſynonime d'ordre ; un Saint ; un inſtrument ;
১
Un légume d'un goût piquant ;
Le premier jour de la ſemaine *
ز
Une monnoie égale à trois deniers ;
Ce dont le pauvre manque en ſes greniers ;
L'aſtre brillant qui nous éclaire
21150
Quand le ſoleil a fourni ſa carrière ;
T
Cequi ne vient jamais & ce qui vient trop tôt,
Un poiffon de la mer ; une terre ſtérile ;
Ce
De l'oifillon le domicile ;
que forme Thymen,
mot.
c'eſt là mon dernier
1,
* En comptant le dimanche le dernier.
MALSTRAL, étudiant à
Quimper.
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12656
p. 299-[300]
TABLE DES MATIERES.
Début :
Avant-Propos. Examen des Transpositions permises ou défenduës dans le [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES MATIERES.
TABLE DES MATIERES.
A
Vant- Propos .
Examen des
Tranfpofitions permifes
ou défendues dans le ftilePoetique,
par le P. du C ,
Imma Conte ,
P. 7
73
レ
TABLE.
77
79
Fragment d'une Lettre de M.PAbbé
de C. à M. le Marq. de ..
Peur de Cupidon, Fable Anacr.à Mlle
Quinaut , par M. Fuselier ,
Diffection du Crane d'un petit Maît. 80
Anatomie du Coeur d'une Coquette , 87
Mem. du Sr de Villars concernant une
Eau de fa compofition qu'il qualifie
Remede Univerfel ,
Lettre d'une Dame fur la perfidie de
fon mari ,
Nouvelles Etrangeres ,
Deuxième Let . en Vers d'Héloïfe à
94
135
143
Abailard, par M. de Beauchamp, 168
Enigmes
Chanfon ,
183
184
185
Journal de Paris , qui commence par
l'Eloge de feu M. Santerre ,
Les Dieux Comédiens , 209
Fragment d'une Let . de M. Areskin
Confeiller Medecin , & non Chambellan
duCzar,àM ľ AbbéBignon215
Premiere Lifte du Bureau d'Adreſſe
de Rencontre , précédée d'un
Avant-propos , le tout envoyé à
l'Auteur du Mercure ,
236
Affaffinat de M. l'Abbé de Bonneuil,
207293
Morts.
Mariage..
Suplément au Journal de Paris,
Nouvelles div.rfes ,``
296
299
300
A
Vant- Propos .
Examen des
Tranfpofitions permifes
ou défendues dans le ftilePoetique,
par le P. du C ,
Imma Conte ,
P. 7
73
レ
TABLE.
77
79
Fragment d'une Lettre de M.PAbbé
de C. à M. le Marq. de ..
Peur de Cupidon, Fable Anacr.à Mlle
Quinaut , par M. Fuselier ,
Diffection du Crane d'un petit Maît. 80
Anatomie du Coeur d'une Coquette , 87
Mem. du Sr de Villars concernant une
Eau de fa compofition qu'il qualifie
Remede Univerfel ,
Lettre d'une Dame fur la perfidie de
fon mari ,
Nouvelles Etrangeres ,
Deuxième Let . en Vers d'Héloïfe à
94
135
143
Abailard, par M. de Beauchamp, 168
Enigmes
Chanfon ,
183
184
185
Journal de Paris , qui commence par
l'Eloge de feu M. Santerre ,
Les Dieux Comédiens , 209
Fragment d'une Let . de M. Areskin
Confeiller Medecin , & non Chambellan
duCzar,àM ľ AbbéBignon215
Premiere Lifte du Bureau d'Adreſſe
de Rencontre , précédée d'un
Avant-propos , le tout envoyé à
l'Auteur du Mercure ,
236
Affaffinat de M. l'Abbé de Bonneuil,
207293
Morts.
Mariage..
Suplément au Journal de Paris,
Nouvelles div.rfes ,``
296
299
300
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12657
p. 69-70
PREMIERE IDYLLE.
Début :
Vois-tu, Daphnis, comme le soleil dore déja le sommet des montagnes ? Entends-tu [...]
Mots clefs :
Daphnis, Bonheur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PREMIERE IDYLLE.
PREMIERE IDYLLE.
VOIS-TU,Daphnis, comme le foleil dore
déja le fommet des montagnes ? Entends
tu les oifeaux qui annoncent fon lever
par leurs chants ? Viens, il eft temps ;
allons à la cabane du vieux Philémon :
j'appris hier que fon fils étoit dans la
douleur. Le pauvre Milon ! ce n'eft pas
fans fujet : Philémon refufe de lui don
ner pour époufe la jeune Chloé cette
aimable bergère qu'il aime plus que fa
vie. Il mourra s'il ne l'obtient pas ; un
70 MERCURE DE FRANCE.
vil intérêt met obftacle à leur bonheur;
comme fi le bonheur étoit attaché aux
richeffes mais je le toucherai peut être,
car je lui dirai : Philemon , voyez votre
fils ; il périt comme une jeune plante
defféchée par l'ardeur brûlante de la ca
nicule. I périt n'aurez-vous point pitié
de lui ? Si ce vieillard eft infenfible à
ma plainte , je lui dirai : prenez dans
mon troupeau deux de mes plus belles
géniffes , je les donne à Chloé ; je réfervois
la plus graffe pour en faire un facrifice ;
mais le plus beau préfent qu'on puiffe
faire à la divinité , eft de rendre heureux
fes femblables.
O Daphnis! Philémon écoute ma
prière & accepte mon offre , que je ferai
›
prière
heureux ! Je rendrai la vie à Milon à
Chloé ils me devront leur bonheur ;
Chloé reprendra fa fraîcheur , fa beauté:
elle regarderaMilon avec attendriffement ,
elle ne prendra par la main , elle me
fourira , ils fe jetteront dans mes bras
leurs larmes me remercieront. O Daphnis¸
quel homme fera plus heureux que moi !
Je verrai ces tendres époux fe courronner
de fleurs , danfer à l'ombre des coudriers.
Je les verrai..... O Daphnis ! ne ferai-je
pas bien dédommagé de la pertedemes
génifles ?
VOIS-TU,Daphnis, comme le foleil dore
déja le fommet des montagnes ? Entends
tu les oifeaux qui annoncent fon lever
par leurs chants ? Viens, il eft temps ;
allons à la cabane du vieux Philémon :
j'appris hier que fon fils étoit dans la
douleur. Le pauvre Milon ! ce n'eft pas
fans fujet : Philémon refufe de lui don
ner pour époufe la jeune Chloé cette
aimable bergère qu'il aime plus que fa
vie. Il mourra s'il ne l'obtient pas ; un
70 MERCURE DE FRANCE.
vil intérêt met obftacle à leur bonheur;
comme fi le bonheur étoit attaché aux
richeffes mais je le toucherai peut être,
car je lui dirai : Philemon , voyez votre
fils ; il périt comme une jeune plante
defféchée par l'ardeur brûlante de la ca
nicule. I périt n'aurez-vous point pitié
de lui ? Si ce vieillard eft infenfible à
ma plainte , je lui dirai : prenez dans
mon troupeau deux de mes plus belles
géniffes , je les donne à Chloé ; je réfervois
la plus graffe pour en faire un facrifice ;
mais le plus beau préfent qu'on puiffe
faire à la divinité , eft de rendre heureux
fes femblables.
O Daphnis! Philémon écoute ma
prière & accepte mon offre , que je ferai
›
prière
heureux ! Je rendrai la vie à Milon à
Chloé ils me devront leur bonheur ;
Chloé reprendra fa fraîcheur , fa beauté:
elle regarderaMilon avec attendriffement ,
elle ne prendra par la main , elle me
fourira , ils fe jetteront dans mes bras
leurs larmes me remercieront. O Daphnis¸
quel homme fera plus heureux que moi !
Je verrai ces tendres époux fe courronner
de fleurs , danfer à l'ombre des coudriers.
Je les verrai..... O Daphnis ! ne ferai-je
pas bien dédommagé de la pertedemes
génifles ?
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12658
p. 55-58
ÉNIGME.
Début :
Je n'ai qu'un seul appartement, [...]
Mots clefs :
Colimaçon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ÉNIGME.
ÉNIGME.
E n'ai qu'un ſeul appartement ,
Sans apparence & fans dorure ,
Où m'a fixé l'Auteur de la nature ;
Civ
56 MERCURE DE FRANCE.
Et je m'y trouve Jez commodément.
Jen'aijamais fait cas d'une riche parure ,
Et la peau qui me couvre eſt mon ſeul ornement ,
Comme elle est mon ſeul vêtement.
En effet , à quoibon ces brillantes richeſſes
Qu'aux dépens de leur vie achettent les humains ?
De la fortune à peine ils ont eu les carefles ,
Qu'elle s'échappe de leurs mains.
Hola, Monfieur le moraliſte ;
Ce métier ne vous va pas bien .
C'eſt tout au plus l'emploi d'un docte Janſéniſte.
J'ai tort , Meffieurs, &grand tort, j'en convien.
Un animal , un vil reptile , un rien ,
Suivroit, pour nous prêcher, le bon ſens àla piſte ,
De la raiſon ſeroit panégyriſte ,
Et nous donneroit des leçons ;
Nous prend- on pour des poliflons ?
Eh! non , Meſſieurs , je vous aflure.
Parrant , modérez vos eſprits .
Orje retourne à mon logis ,
Dontje viens ci deſſus d'eſquiſſer la peinture.
Mes bons Meffieurs , premierement
Le pourtouren eſt ſimple &de forme ſpirale ;
On n'y voit pas d'entablement ,
De corniche , ni d'aſtragale ;
Point de fenêtre ni d'auvent ;
Point de foyer , pas un ameublement.
Qu'en ferois -je au ſurplus ? il n'eſt point d'intervalle
DÉCEMBRE. 1775 . $7
Dans l'intérieur du bâtiment ,
Que mon corps , blanc ou gris , n'occupe exacte.
ment.
La porte ou bien l'entrée eſt un peu circulaire ,
Mais plus large que n'eſt mon étroit logement.
Que vas-tu dire , téméraire ?
Hé ! Meſſieurs , allons doucement !
Attendez encore un moment.
Avant de décider , il eſt très- néceſſaire ,
(Ceci ſoit dit pourtant ſans vousdéplaire )
Que vous me connoiſſiez , & même entierement ,
C'eſt là le vrai moyen d'en juger ſainement :
Car je n'ai pas tout dit , & j'ai d'autres merveilles
A faire entendre à vos oreilles.
Sans pieds ni main , moi-même j'ai conſtruit
Le palais que j'habite , ou plutôt le réduit ,
Compagnon de tous mes voyages ,
Où je ſuis à l'abri des vents & des orages :
Mais dès que j'apperçois s'approcher à grands pas
La noire ſaiſon des frimats ,
Sur moi j'ai très-grand ſoin de bien fermer ma
porte ,
Puis je m'enfonce dans un trou.
Tenir un tel propos ! mais il faut être fou .
Ce n'eſt pas tout , Meſſieurs , avec moi je n'emporte
Pas la moindre proviſion .
Et de quoi vis-tu donc pendant la ſaiſon morte ?
Cv
58 MERCURE DE FRANCE.
Ma foi , je n'en fais rien : au reſte , peu m'importe.
Il ſuffit qu'au printemps je ſors de ma priſon ,
Et qu'alors vigoureux j'enleve ma maiſon.
Par M. Vincent , Curé de Quincey.
E n'ai qu'un ſeul appartement ,
Sans apparence & fans dorure ,
Où m'a fixé l'Auteur de la nature ;
Civ
56 MERCURE DE FRANCE.
Et je m'y trouve Jez commodément.
Jen'aijamais fait cas d'une riche parure ,
Et la peau qui me couvre eſt mon ſeul ornement ,
Comme elle est mon ſeul vêtement.
En effet , à quoibon ces brillantes richeſſes
Qu'aux dépens de leur vie achettent les humains ?
De la fortune à peine ils ont eu les carefles ,
Qu'elle s'échappe de leurs mains.
Hola, Monfieur le moraliſte ;
Ce métier ne vous va pas bien .
C'eſt tout au plus l'emploi d'un docte Janſéniſte.
J'ai tort , Meffieurs, &grand tort, j'en convien.
Un animal , un vil reptile , un rien ,
Suivroit, pour nous prêcher, le bon ſens àla piſte ,
De la raiſon ſeroit panégyriſte ,
Et nous donneroit des leçons ;
Nous prend- on pour des poliflons ?
Eh! non , Meſſieurs , je vous aflure.
Parrant , modérez vos eſprits .
Orje retourne à mon logis ,
Dontje viens ci deſſus d'eſquiſſer la peinture.
Mes bons Meffieurs , premierement
Le pourtouren eſt ſimple &de forme ſpirale ;
On n'y voit pas d'entablement ,
De corniche , ni d'aſtragale ;
Point de fenêtre ni d'auvent ;
Point de foyer , pas un ameublement.
Qu'en ferois -je au ſurplus ? il n'eſt point d'intervalle
DÉCEMBRE. 1775 . $7
Dans l'intérieur du bâtiment ,
Que mon corps , blanc ou gris , n'occupe exacte.
ment.
La porte ou bien l'entrée eſt un peu circulaire ,
Mais plus large que n'eſt mon étroit logement.
Que vas-tu dire , téméraire ?
Hé ! Meſſieurs , allons doucement !
Attendez encore un moment.
Avant de décider , il eſt très- néceſſaire ,
(Ceci ſoit dit pourtant ſans vousdéplaire )
Que vous me connoiſſiez , & même entierement ,
C'eſt là le vrai moyen d'en juger ſainement :
Car je n'ai pas tout dit , & j'ai d'autres merveilles
A faire entendre à vos oreilles.
Sans pieds ni main , moi-même j'ai conſtruit
Le palais que j'habite , ou plutôt le réduit ,
Compagnon de tous mes voyages ,
Où je ſuis à l'abri des vents & des orages :
Mais dès que j'apperçois s'approcher à grands pas
La noire ſaiſon des frimats ,
Sur moi j'ai très-grand ſoin de bien fermer ma
porte ,
Puis je m'enfonce dans un trou.
Tenir un tel propos ! mais il faut être fou .
Ce n'eſt pas tout , Meſſieurs , avec moi je n'emporte
Pas la moindre proviſion .
Et de quoi vis-tu donc pendant la ſaiſon morte ?
Cv
58 MERCURE DE FRANCE.
Ma foi , je n'en fais rien : au reſte , peu m'importe.
Il ſuffit qu'au printemps je ſors de ma priſon ,
Et qu'alors vigoureux j'enleve ma maiſon.
Par M. Vincent , Curé de Quincey.
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12659
p. 89-93
LETTRE à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure, sur le Poëme d'OLIVIER.
Début :
IL parut l'année dernière, Monsieur, une brochure en deux volumes, sous le [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure, sur le Poëme d'OLIVIER.
LETTRE à M. DE LA PLACE,
Auteur du Mercure, sur le Poëme d'OLIVIER.
IL parut l'année dernière, Monsieur,
une brochure en deux volumes, sous le
titre d'Olivier, que le Public a lu avec
beaucoup de plaiſir ; dont différens
Journaux ont fait de longs extraits,
& de grands éloges : on a blâmé l'Au
teur de l'avoir intitulé Poéme : je penſe
qu'on a eu raiſon ; il faut qu'il y ait une
diſtinction
eſſentielle entre l'Iliade ,
l'Enéide, le Paradis perdu , la Hen
riade & tout autre ouvrage dont le
fond n'aura point aſſez de vérité:& dont
l'éxécution n'aura pas la majeſté con
venable : ce ſont là, à ce que je penſe,
les caractères de l'Epopée. Mais fi l'on
a cru que le titre de Roman auroit mieux
convenu au Livre dont nous parlons,
j'eſtime que l'erreur n'eſt pas moins
groſſière , c'eſt un titre trop générique ,
même en ajoutant au titre de Roman
l'épithéte de poëtique : ce qui caractèri
ſeroit au plus les Ouvrages de Scudery,
la Calprenede, Deſmarets,&c. J'oſerois
9o MERCURE DE FRANCE.
ouvrir un autre avis , & inſinuer que
le titre de Fable ſeroit beaucoup mieux
appliqué : il eſt vrai que le Public ha
bitué à penſer que, dans tout ouvrage
ainſi dénommé , les animaux doivent
être les principaux Acteurs, que la
Fable doit être un récit court & ſerré,
d'une action ſimple terminée par une
moralité , pourroit encore n'être pas
ſatisfait. Mais je perſiſterois toujours
dans mon opinion, & je rangerois dans
la même claſſe & ſous le même titre,
la Jéruſalem délivrée , quoique le fond
cn ſoit un peu hiſtorique ; l'Arioſte,
Roland l'amoureux, le Bertholde , Ri
chardet, & toutes autres prod ,ctions
qui nous ſont venues d'Italie ſous le
titre faſtueux de Poëmes.
Olivier, ſelon moi , Monſieur, ne le
céde à aucuns de ces prétendus chefs
d'œuvres; quelques-uns ont peut-être de
l'avantage ſur lui en quelque partie;mais
nul ne réuſſit au point où eſt parvenu
celui-ci. La fraîcheur, le brillant, la for
ce dans le coloris ; la vivacité, le feu , la
variété,la vérité dans les images: à la ſage
économie qui en oppoſe les effets les
uns aux autres, ajoutez la touche, les
nuances, & la correction dans les ca
ractères : la fertilité & le naturel dans
J U I N. 1764.
c)1
les inventions, le piquant dans la plai
ſanterie, qui, après tant d'ouvrages d'un
ſel & d'un goût ſi différens , nous a
convaincu, qu'on peut quelque ſoit la
corruption prétendue du fiécle, amuſer
innocemment le Lecteur ſans danger
pour ſa religion, ni pour ſes mœurs ,
& allier une morale ſage aux plus bruſ
ques incartades de l'imagination; & vous
conviendrez que ce badinage vaut ceux
dont s'honore étonnément l'Italie ; &
que, monſtre pour monftre, peut-être,
il vaut mieux. Je n'en dirai pas davan
tage pour ne pas répéter ce qu'en ont
dit les Journaux : je viens au point qui
nous touche nous autres Bouguignons,
que l'amour de la patrie rend ſenſibles
à tout ce qui peut la maintenir dans ſon
éclat : ſoit modeſtie, ſoit politique, l'Au
teur n'a pas mis ſon nom à la tête de
l'ouvrage : mais on ſçait qu'il a pris naiſ
ſance à Dijon d'une famille très-ancien
ne, à qui même quelques titres du treizié
me ſiécle donnent déjà une ſorte de no
bleſſe : honorée depuis de charges de
Magiſtratures & alliée à d'anciennes
familles nobles du Païs : l'exacte probité
qui les a preſque tous affectés, & l'amour
des lettres où quelques-uns ſe ſont reſ
traints ſans autre ambition que de les
92 MERCURE DE FRANCE.
cultiver, ne leur a pas permis d'en ſuivre
hors de leur Patrie les récompenſes. Il
n'eſt pas le premier d'entre eux qui ait
acquis quelque célébrité ſur le Parnaſſe.
La Bibliothèque des Auteurs de Bourgo
gne fait mention d'un de ſes grands-on
· cles (a) qui,en ſe délaſſant des fatigues du
| Barreau & de la Magiſtrature dans une
Cour Souveraine,donna au , Public en
1641 quelques poëſies dans un ſtyle un
peu Gaulois , mais eſtimées dans le
temps. Celui-cº, (b) dans ſa première
jeuneſſe, s'eſt fait connoître du Public
par quelques Ouvrages d'imaginaticn
& de critique, qui donnoient lieu d'en
bien eſpérer. Des vues différentes de
ſes Ancêtres l'ont entraîné dans d'autres
occupations plus utiles à l'Etat , mais
† pénibles , qui ne lui permettoient
e cultiver les Lettres , que dans des
temps & des momens très-courts , &
par forme d'amuſemens.
Ses amis ont entre les mains un re
cueil de Fables dont la plupart ne dé
, pareroient pas celui de la Fontaine :
mais l'on peut juger par l'Ouvrage, qui
eſt le ſujet de ma lettre , qu'il n'a ja
( a) Jean Caſotte, Avocat, Echevin de la
Ville de Dijon, Conſeiller à la Table de Marbre,
( b ) V. la France Littéraire, 1759 & 176 ;.
J U I N. 1764.
.
93
mais perdu de vue l'envie de s'inſtruire.
Il y fait preuve, quoique ſans affecta
tion , d'une grande multiplicité de con
noiſſances, de beaucoup de goût; il
nous laiſſe à regretter, Monſieur, qu'il
| n'en faſſe pas davantage pour ſa réputa
tion. Qu'il ſe montre à découvert ſur
la Scène ; qu'il vienne ſe joindre aux
Pirons, aux Buffons , aux Rameaux,
ces Athlétes, ces Hercules qui combat
tent encore pour l'honneur des Muſes
Françoiſes & de la réputation Dijon
noiſe. Nous cherchons en vain de
puis longtemps à côté d'eux & au-deſ
ſous d'eux les demi-Dieux qui pour
' roient les remplacer.
-
J'ai l'honneur d'être, &c.
M. D. G. C. A. G. A. L. T. D. M.
Auteur du Mercure, sur le Poëme d'OLIVIER.
IL parut l'année dernière, Monsieur,
une brochure en deux volumes, sous le
titre d'Olivier, que le Public a lu avec
beaucoup de plaiſir ; dont différens
Journaux ont fait de longs extraits,
& de grands éloges : on a blâmé l'Au
teur de l'avoir intitulé Poéme : je penſe
qu'on a eu raiſon ; il faut qu'il y ait une
diſtinction
eſſentielle entre l'Iliade ,
l'Enéide, le Paradis perdu , la Hen
riade & tout autre ouvrage dont le
fond n'aura point aſſez de vérité:& dont
l'éxécution n'aura pas la majeſté con
venable : ce ſont là, à ce que je penſe,
les caractères de l'Epopée. Mais fi l'on
a cru que le titre de Roman auroit mieux
convenu au Livre dont nous parlons,
j'eſtime que l'erreur n'eſt pas moins
groſſière , c'eſt un titre trop générique ,
même en ajoutant au titre de Roman
l'épithéte de poëtique : ce qui caractèri
ſeroit au plus les Ouvrages de Scudery,
la Calprenede, Deſmarets,&c. J'oſerois
9o MERCURE DE FRANCE.
ouvrir un autre avis , & inſinuer que
le titre de Fable ſeroit beaucoup mieux
appliqué : il eſt vrai que le Public ha
bitué à penſer que, dans tout ouvrage
ainſi dénommé , les animaux doivent
être les principaux Acteurs, que la
Fable doit être un récit court & ſerré,
d'une action ſimple terminée par une
moralité , pourroit encore n'être pas
ſatisfait. Mais je perſiſterois toujours
dans mon opinion, & je rangerois dans
la même claſſe & ſous le même titre,
la Jéruſalem délivrée , quoique le fond
cn ſoit un peu hiſtorique ; l'Arioſte,
Roland l'amoureux, le Bertholde , Ri
chardet, & toutes autres prod ,ctions
qui nous ſont venues d'Italie ſous le
titre faſtueux de Poëmes.
Olivier, ſelon moi , Monſieur, ne le
céde à aucuns de ces prétendus chefs
d'œuvres; quelques-uns ont peut-être de
l'avantage ſur lui en quelque partie;mais
nul ne réuſſit au point où eſt parvenu
celui-ci. La fraîcheur, le brillant, la for
ce dans le coloris ; la vivacité, le feu , la
variété,la vérité dans les images: à la ſage
économie qui en oppoſe les effets les
uns aux autres, ajoutez la touche, les
nuances, & la correction dans les ca
ractères : la fertilité & le naturel dans
J U I N. 1764.
c)1
les inventions, le piquant dans la plai
ſanterie, qui, après tant d'ouvrages d'un
ſel & d'un goût ſi différens , nous a
convaincu, qu'on peut quelque ſoit la
corruption prétendue du fiécle, amuſer
innocemment le Lecteur ſans danger
pour ſa religion, ni pour ſes mœurs ,
& allier une morale ſage aux plus bruſ
ques incartades de l'imagination; & vous
conviendrez que ce badinage vaut ceux
dont s'honore étonnément l'Italie ; &
que, monſtre pour monftre, peut-être,
il vaut mieux. Je n'en dirai pas davan
tage pour ne pas répéter ce qu'en ont
dit les Journaux : je viens au point qui
nous touche nous autres Bouguignons,
que l'amour de la patrie rend ſenſibles
à tout ce qui peut la maintenir dans ſon
éclat : ſoit modeſtie, ſoit politique, l'Au
teur n'a pas mis ſon nom à la tête de
l'ouvrage : mais on ſçait qu'il a pris naiſ
ſance à Dijon d'une famille très-ancien
ne, à qui même quelques titres du treizié
me ſiécle donnent déjà une ſorte de no
bleſſe : honorée depuis de charges de
Magiſtratures & alliée à d'anciennes
familles nobles du Païs : l'exacte probité
qui les a preſque tous affectés, & l'amour
des lettres où quelques-uns ſe ſont reſ
traints ſans autre ambition que de les
92 MERCURE DE FRANCE.
cultiver, ne leur a pas permis d'en ſuivre
hors de leur Patrie les récompenſes. Il
n'eſt pas le premier d'entre eux qui ait
acquis quelque célébrité ſur le Parnaſſe.
La Bibliothèque des Auteurs de Bourgo
gne fait mention d'un de ſes grands-on
· cles (a) qui,en ſe délaſſant des fatigues du
| Barreau & de la Magiſtrature dans une
Cour Souveraine,donna au , Public en
1641 quelques poëſies dans un ſtyle un
peu Gaulois , mais eſtimées dans le
temps. Celui-cº, (b) dans ſa première
jeuneſſe, s'eſt fait connoître du Public
par quelques Ouvrages d'imaginaticn
& de critique, qui donnoient lieu d'en
bien eſpérer. Des vues différentes de
ſes Ancêtres l'ont entraîné dans d'autres
occupations plus utiles à l'Etat , mais
† pénibles , qui ne lui permettoient
e cultiver les Lettres , que dans des
temps & des momens très-courts , &
par forme d'amuſemens.
Ses amis ont entre les mains un re
cueil de Fables dont la plupart ne dé
, pareroient pas celui de la Fontaine :
mais l'on peut juger par l'Ouvrage, qui
eſt le ſujet de ma lettre , qu'il n'a ja
( a) Jean Caſotte, Avocat, Echevin de la
Ville de Dijon, Conſeiller à la Table de Marbre,
( b ) V. la France Littéraire, 1759 & 176 ;.
J U I N. 1764.
.
93
mais perdu de vue l'envie de s'inſtruire.
Il y fait preuve, quoique ſans affecta
tion , d'une grande multiplicité de con
noiſſances, de beaucoup de goût; il
nous laiſſe à regretter, Monſieur, qu'il
| n'en faſſe pas davantage pour ſa réputa
tion. Qu'il ſe montre à découvert ſur
la Scène ; qu'il vienne ſe joindre aux
Pirons, aux Buffons , aux Rameaux,
ces Athlétes, ces Hercules qui combat
tent encore pour l'honneur des Muſes
Françoiſes & de la réputation Dijon
noiſe. Nous cherchons en vain de
puis longtemps à côté d'eux & au-deſ
ſous d'eux les demi-Dieux qui pour
' roient les remplacer.
-
J'ai l'honneur d'être, &c.
M. D. G. C. A. G. A. L. T. D. M.
Fermer
12660
p. 217-224
SUITE de la Liste de la Vaisselle portée à la Monnoie de Paris.
Début :
Du 2 Janvier 1760. Messieurs m.o.g. Les Dames de la Croix, rue S. Honoré 6 2 6 [...]
Mots clefs :
Vaisselle, Monnaie, Liste, Comtesse, Comte, Abbaye, Madame, Lieutenant, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Liste de la Vaisselle portée à la Monnoie de Paris.
SUITE de la Lifte de la Vaiffelle portée
à la Monnoie de Paris.
Meffieurs
Du 2 Janvier 1760 .
Les Dames de la Croix , rue S. Honoré.
De Vaujoye , Receveur du Domaine
de Verſailles .
Le Marquis de Laigues .
Thiroux , Maître des Requêtes.
Chenu , Marchand Epicier.
Ribert , Bourgeois de Paris.
Daudafne , Avocat.
De Saint Jullien , Receveur général
du Clergé. ( Second Envoi. )
De Perfan , Maître des Requêtes,
Du 4 Janvier.
De Saint Jullien , Receveur général
du Clergé. ( Troisième Article . )
MM .Joly de Fleury , frères ; Avocat
gén. & Procureur général.
Les Prêtres de la Doctrine Chrét. de
la Maiſon de Saint Jullien .
Loir , Marchand Orfévre.
Les Peres Jéfuites de la Maiſon
Trofeffe.
Lés Dames du Bon Pasteur , du
Fauxbourg S. Germain .
Mlle Aubron , en or , 3 on. I g. 24 g.
m.o.g.
6 2
20 5 3
35 2 }
8174
30 4 3
26112
S I
57 6
21476
414 6 2
2
208
17 I 6
2 4
291 3
I
S
7525-5-6
K
218 MERCURE DE FRANCE
Suite du 4 Janvier.
Madame Cottin , épouse du Direct .
de la Compagnie des Indes ,
en or , 4 onc . 4 gr. 6 g.
La Veuve Datte.
1.0.g.
6 6
53236
Du s Janvier.
Roberdeau , Bourgeois.
Madame la Préſidence Chauvelin .
Meffieurs
Le Marquis de Voyer d'Argenſon .
De Bonnaire , Confeiller au Grand
Confeil .
Madame la Marquiſe de Roye.
Des 6 & 7 Janvier.
Rouillé de Roiffy , Conſeiller honor .
au Parlement .
La Fabrique de Garges , Comté
d'Arnouville .
Du 8 Janvier.
Les Bénédictins de Provins.
Lefévre , Agent de Change.
La Maison de Sorbonne .
m. o. g..
49 3
42 7 S
303 3
39563
172 4 6
2016 3
331 62
97 I
716 I 4
35 7.0-
***
Is 5 2
114 7 I
IO I O
176 4 3
Dů 9 Janvier.
Meld, de l'Abbaye S , Antoine. IOS 3 4
Les Bénédictins de Saint Pere , de
Chartres.
2952
FEVRIER. 1760. 219
Meffieurs
Suite du 9 Janvier.
Thierry , Directeur du Tabac.
Les Bénédictins Anglois
La Paroille de Moret , près Fonrainebleau.
Blondel de Gagny , Tréforier gén .
de la Caiffe des Amortiifemens.
L'Abbé de la Porte.
Les Prémontrés de l'Abbaye de
m . o. g.
I I • G
49 S 2
37 3 4
1ƒ6 1 6
3660
Bellozane , en Bray. 4256
4687 2
Du 10 Janvier.
Vielle , Bourgeois de Paris. 16 6 3
Gervaife , Noraire . 36 3 I
Les Dames Religieufes de S. Dominique
, de Montargis.
Bofcheron , Marchand de Dentelles,
16 54
374 2
107 2 7
Du Janvier.
Liége , Apothicaire du Roi. 64 I 4 %
Fremin , Maître des Comptes.
126 I S
190 3 L
Du 12 Janvier.
Bergeret , Receveur général.
160 6 0
Coudot , Bourgeois de S. Germain.
Vaudive , Greffier au Grand Confeil.
Du 13 Janvier.
Gaudin , Secrétaire du Roi.
822
19 0 1
138
206 0 3
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 14 Janvier.
De Lorme , Bourgeois de Paris.
Mlle Dubois .
Allut, Secrétaire du Roi.
Les Religieufes Annonciades.
Madame Boulle , Veuve du Payeur
des rentes.
.m. o.
40 5 6
80 4 7
129 6 5
154 4 2
ISI S
420 7 I
Du 15 Janvier.
De la Bardouliere , Lieutenant
aux Gardes.
Le Séminaire de S. Sulpice.
Morlac de Montour , ci -dev . Doyen
de Mrs les Maîtres des Requêtes.
Foulon , Intendant de la guerre.
De Fontette , Intendant de Caen ,
( Second Article. )
Du 16 Janvier.
Le Marquis de Chabonnois.
853
41 4 3
144 3 I
8554
Nicolas Bazin , Marchand.
Du 17 Janvier,
Rouleau , Bourgeois de Paris.
Duvivier , Recev. des Confignations
de l'Arfenal.
Madame Mailluet , Marchande,
Le Marquis de Cany.
Elmaugard d'Arioche.
Les Dames de la Vilitation ,
rue
du
Bacq.
19 2 4
2994 S i
2532
206 2
274
18 6
O
42 7 S
46 I G
441 3 7
603 S
33 6 3
1
FEVRIER. 1760 . 221
Suite du 17 Janvier.
Meffieurs
Poujand , Directeur des Fermes .
Les Dames du Prieuré de Haute
Brières , Diocèle de Chartres.
Les Religieufes de Sainte Marie de
Chartres.
(
m. og
47 4 3
68.22
225 2
782 3w.
Du 18 Janvier.
Ribes , Banquier. 77 I
Saulnier , Bourgeois de Paris.
9672
Pagnon , Ecuyer. 742 4
Mufnier de Pleine , Auditeur des
Comptes.
27 3 4
188 $ 7
Du 19 Janvier.
Chomel , ancien Evêque d'Orange . 49 07
Morin , Secrétaire du Roi.
88 54
137 6 3
Des 20 & 21 Janvier.
Le Comte , Conſeiller de l'Election de
Paris , & Subdélégué de M. l'Intendant.
Dibon , Chirurgien Major des Cent-
Suiffes.
Madame la Comteffe de Kerdrain .
Bourgeois , Chirurgien Accoucheur.
L'Abbaye de Saint Denis .
11 3 51
22 7 4
-100 6 7
8625
15226
Checieu , Avocat au Parlement.
Salior , ancien Tapiffier du Roi,
Jobert , chargé de la diftribution du
Mercure de France.
96351
104 I 2
2 4
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 22 Janvier.
Les Religieux de l'Abbaye de Preuilly ,
Ordre de Citeaux .
Le Marquis de Moutier.
Le Comte de Chateauneuf de Randan .
Madame la Préfidente d'Aligre, Douairiere
; & Madame de S. Fargeau ,
auffi Douairiere.
Des mêmes. ( Second Article . )
Blanchart de Guénégaud , Secrétaire
Interprête du Roi.
La Paroiffe de Seaux du Maine .
Madame Fourcoual , Bourgeoife de
Paris.
Erembert , Marchand de Paris .
Le Commandeur Bocheron.
m.
37 3 S
40 6 0
49 4 S
341 I 2
44
43 I I
15 57
9056
15 35
2547
,664 I I
Du 23 Janvier.
Tonnellier , Marchand . ΙΟ
Les Chanoines Réguliers de S. Jeanles-
Sens.
Les Céleftins de Sens.
119 6 4
36 6
Les Pénitens de Sens.
Le Chevalier de Racoins , Capitaine
de Dragons , Régim . Dauphin.
S 41
26222
433 7
Du 24 Janvier.
Rezard , Bourgeois. 27 2 6
Bonin.' S1 7 4
Madame la Marquife de Neufchelles ,
& M. le Marquis de Quigné , fon
petit- fils.
Le Cointe d'Ofmont.
100 6 7
60 6 31
FEVRIER. 1760 . 223
1
Meffieurs
Suite du 24 Janvier.
Teiraffe de Loffedat , Fermier du Roi.
Les Bénédictins , de l'Abbaye de
Thiron.
Lorillier , Intéreffé dans les affaires
m. o.g
24 65
79 74
du Roi.
3105.
376 62
De Saint-Mars , Avocat.
Le Comte de Fennelon.
Du 25 Janvier.
Macquer , Chef de Fruiterie du Roi.
De Corberon , ancien Préfident du
Confeil fouverain d'Alface.
114 1 7
8350
32-751
33 161
264 3
Du 26 Janvier.
Le Comte de Billy.
19271
d'Etampes.
$7 4 *
La Congrégation de Notre-Dame
L'Abbaye de Morigny, près Etampes.
La Paroiffe Notre- Dame d'Etampes.
Du 28 Janvier.
Les Filles Hofpitalières du Fauxb.
S. Marcel , rue de l'Arbalêtre.
Madame l'Abbeffe de Gomer- Fontaine
, en Vexin- François .
Madame de Laborde , Bourgeoife
de Paris.
Jourdain , Bourgeois.
Jourdain , Bourgeois , & Conforts.
Les Dames de l'Abbaye aux Bois.
19. 4 4
30 40
126 7 S
1367
୨
583 2
6862
70 7 4
27 3 I
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 28 Janvier.
Meffieurs
m.o.g.
Les Bernardins de l'Abbaye de Chailly. 39 1 6
Les Bernardins de l'Abbaye de Barbour .
Du 29 Janvier.
Les Bénédictins de Provins.
L'Abbaye de S. Jacques , de Provins.
Le Chapitre de Notre- Dame de Prov.
Foreft , Bourgeois.
83 2 7
370 7 7
32 02
101 2 4
35 24
30 4 2
67
199 I 4
Du 30 Janvier.
Madame la Comtelle d'Egmont ,
Douairiere... 219 3 I
Dumoufleaux , Payeur des rentes. 114 2 3
D'Agueffeau, l'aîné , Confeiller d'Etat
ordin . & au Confeil du Commerce . 238 10 !
Mégref de la Boullay , Officier des
Chaffes.
Lalouette , Marchand de Gallons.
Franget , Orfévre.
Le Comte d'Egmont
.
"
972
753
5404
179 6 I
823 17
à la Monnoie de Paris.
Meffieurs
Du 2 Janvier 1760 .
Les Dames de la Croix , rue S. Honoré.
De Vaujoye , Receveur du Domaine
de Verſailles .
Le Marquis de Laigues .
Thiroux , Maître des Requêtes.
Chenu , Marchand Epicier.
Ribert , Bourgeois de Paris.
Daudafne , Avocat.
De Saint Jullien , Receveur général
du Clergé. ( Second Envoi. )
De Perfan , Maître des Requêtes,
Du 4 Janvier.
De Saint Jullien , Receveur général
du Clergé. ( Troisième Article . )
MM .Joly de Fleury , frères ; Avocat
gén. & Procureur général.
Les Prêtres de la Doctrine Chrét. de
la Maiſon de Saint Jullien .
Loir , Marchand Orfévre.
Les Peres Jéfuites de la Maiſon
Trofeffe.
Lés Dames du Bon Pasteur , du
Fauxbourg S. Germain .
Mlle Aubron , en or , 3 on. I g. 24 g.
m.o.g.
6 2
20 5 3
35 2 }
8174
30 4 3
26112
S I
57 6
21476
414 6 2
2
208
17 I 6
2 4
291 3
I
S
7525-5-6
K
218 MERCURE DE FRANCE
Suite du 4 Janvier.
Madame Cottin , épouse du Direct .
de la Compagnie des Indes ,
en or , 4 onc . 4 gr. 6 g.
La Veuve Datte.
1.0.g.
6 6
53236
Du s Janvier.
Roberdeau , Bourgeois.
Madame la Préſidence Chauvelin .
Meffieurs
Le Marquis de Voyer d'Argenſon .
De Bonnaire , Confeiller au Grand
Confeil .
Madame la Marquiſe de Roye.
Des 6 & 7 Janvier.
Rouillé de Roiffy , Conſeiller honor .
au Parlement .
La Fabrique de Garges , Comté
d'Arnouville .
Du 8 Janvier.
Les Bénédictins de Provins.
Lefévre , Agent de Change.
La Maison de Sorbonne .
m. o. g..
49 3
42 7 S
303 3
39563
172 4 6
2016 3
331 62
97 I
716 I 4
35 7.0-
***
Is 5 2
114 7 I
IO I O
176 4 3
Dů 9 Janvier.
Meld, de l'Abbaye S , Antoine. IOS 3 4
Les Bénédictins de Saint Pere , de
Chartres.
2952
FEVRIER. 1760. 219
Meffieurs
Suite du 9 Janvier.
Thierry , Directeur du Tabac.
Les Bénédictins Anglois
La Paroille de Moret , près Fonrainebleau.
Blondel de Gagny , Tréforier gén .
de la Caiffe des Amortiifemens.
L'Abbé de la Porte.
Les Prémontrés de l'Abbaye de
m . o. g.
I I • G
49 S 2
37 3 4
1ƒ6 1 6
3660
Bellozane , en Bray. 4256
4687 2
Du 10 Janvier.
Vielle , Bourgeois de Paris. 16 6 3
Gervaife , Noraire . 36 3 I
Les Dames Religieufes de S. Dominique
, de Montargis.
Bofcheron , Marchand de Dentelles,
16 54
374 2
107 2 7
Du Janvier.
Liége , Apothicaire du Roi. 64 I 4 %
Fremin , Maître des Comptes.
126 I S
190 3 L
Du 12 Janvier.
Bergeret , Receveur général.
160 6 0
Coudot , Bourgeois de S. Germain.
Vaudive , Greffier au Grand Confeil.
Du 13 Janvier.
Gaudin , Secrétaire du Roi.
822
19 0 1
138
206 0 3
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 14 Janvier.
De Lorme , Bourgeois de Paris.
Mlle Dubois .
Allut, Secrétaire du Roi.
Les Religieufes Annonciades.
Madame Boulle , Veuve du Payeur
des rentes.
.m. o.
40 5 6
80 4 7
129 6 5
154 4 2
ISI S
420 7 I
Du 15 Janvier.
De la Bardouliere , Lieutenant
aux Gardes.
Le Séminaire de S. Sulpice.
Morlac de Montour , ci -dev . Doyen
de Mrs les Maîtres des Requêtes.
Foulon , Intendant de la guerre.
De Fontette , Intendant de Caen ,
( Second Article. )
Du 16 Janvier.
Le Marquis de Chabonnois.
853
41 4 3
144 3 I
8554
Nicolas Bazin , Marchand.
Du 17 Janvier,
Rouleau , Bourgeois de Paris.
Duvivier , Recev. des Confignations
de l'Arfenal.
Madame Mailluet , Marchande,
Le Marquis de Cany.
Elmaugard d'Arioche.
Les Dames de la Vilitation ,
rue
du
Bacq.
19 2 4
2994 S i
2532
206 2
274
18 6
O
42 7 S
46 I G
441 3 7
603 S
33 6 3
1
FEVRIER. 1760 . 221
Suite du 17 Janvier.
Meffieurs
Poujand , Directeur des Fermes .
Les Dames du Prieuré de Haute
Brières , Diocèle de Chartres.
Les Religieufes de Sainte Marie de
Chartres.
(
m. og
47 4 3
68.22
225 2
782 3w.
Du 18 Janvier.
Ribes , Banquier. 77 I
Saulnier , Bourgeois de Paris.
9672
Pagnon , Ecuyer. 742 4
Mufnier de Pleine , Auditeur des
Comptes.
27 3 4
188 $ 7
Du 19 Janvier.
Chomel , ancien Evêque d'Orange . 49 07
Morin , Secrétaire du Roi.
88 54
137 6 3
Des 20 & 21 Janvier.
Le Comte , Conſeiller de l'Election de
Paris , & Subdélégué de M. l'Intendant.
Dibon , Chirurgien Major des Cent-
Suiffes.
Madame la Comteffe de Kerdrain .
Bourgeois , Chirurgien Accoucheur.
L'Abbaye de Saint Denis .
11 3 51
22 7 4
-100 6 7
8625
15226
Checieu , Avocat au Parlement.
Salior , ancien Tapiffier du Roi,
Jobert , chargé de la diftribution du
Mercure de France.
96351
104 I 2
2 4
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 22 Janvier.
Les Religieux de l'Abbaye de Preuilly ,
Ordre de Citeaux .
Le Marquis de Moutier.
Le Comte de Chateauneuf de Randan .
Madame la Préfidente d'Aligre, Douairiere
; & Madame de S. Fargeau ,
auffi Douairiere.
Des mêmes. ( Second Article . )
Blanchart de Guénégaud , Secrétaire
Interprête du Roi.
La Paroiffe de Seaux du Maine .
Madame Fourcoual , Bourgeoife de
Paris.
Erembert , Marchand de Paris .
Le Commandeur Bocheron.
m.
37 3 S
40 6 0
49 4 S
341 I 2
44
43 I I
15 57
9056
15 35
2547
,664 I I
Du 23 Janvier.
Tonnellier , Marchand . ΙΟ
Les Chanoines Réguliers de S. Jeanles-
Sens.
Les Céleftins de Sens.
119 6 4
36 6
Les Pénitens de Sens.
Le Chevalier de Racoins , Capitaine
de Dragons , Régim . Dauphin.
S 41
26222
433 7
Du 24 Janvier.
Rezard , Bourgeois. 27 2 6
Bonin.' S1 7 4
Madame la Marquife de Neufchelles ,
& M. le Marquis de Quigné , fon
petit- fils.
Le Cointe d'Ofmont.
100 6 7
60 6 31
FEVRIER. 1760 . 223
1
Meffieurs
Suite du 24 Janvier.
Teiraffe de Loffedat , Fermier du Roi.
Les Bénédictins , de l'Abbaye de
Thiron.
Lorillier , Intéreffé dans les affaires
m. o.g
24 65
79 74
du Roi.
3105.
376 62
De Saint-Mars , Avocat.
Le Comte de Fennelon.
Du 25 Janvier.
Macquer , Chef de Fruiterie du Roi.
De Corberon , ancien Préfident du
Confeil fouverain d'Alface.
114 1 7
8350
32-751
33 161
264 3
Du 26 Janvier.
Le Comte de Billy.
19271
d'Etampes.
$7 4 *
La Congrégation de Notre-Dame
L'Abbaye de Morigny, près Etampes.
La Paroiffe Notre- Dame d'Etampes.
Du 28 Janvier.
Les Filles Hofpitalières du Fauxb.
S. Marcel , rue de l'Arbalêtre.
Madame l'Abbeffe de Gomer- Fontaine
, en Vexin- François .
Madame de Laborde , Bourgeoife
de Paris.
Jourdain , Bourgeois.
Jourdain , Bourgeois , & Conforts.
Les Dames de l'Abbaye aux Bois.
19. 4 4
30 40
126 7 S
1367
୨
583 2
6862
70 7 4
27 3 I
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 28 Janvier.
Meffieurs
m.o.g.
Les Bernardins de l'Abbaye de Chailly. 39 1 6
Les Bernardins de l'Abbaye de Barbour .
Du 29 Janvier.
Les Bénédictins de Provins.
L'Abbaye de S. Jacques , de Provins.
Le Chapitre de Notre- Dame de Prov.
Foreft , Bourgeois.
83 2 7
370 7 7
32 02
101 2 4
35 24
30 4 2
67
199 I 4
Du 30 Janvier.
Madame la Comtelle d'Egmont ,
Douairiere... 219 3 I
Dumoufleaux , Payeur des rentes. 114 2 3
D'Agueffeau, l'aîné , Confeiller d'Etat
ordin . & au Confeil du Commerce . 238 10 !
Mégref de la Boullay , Officier des
Chaffes.
Lalouette , Marchand de Gallons.
Franget , Orfévre.
Le Comte d'Egmont
.
"
972
753
5404
179 6 I
823 17
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Résumé : SUITE de la Liste de la Vaisselle portée à la Monnoie de Paris.
Le document présente une liste de personnes et d'institutions ayant effectué des dépôts à la Monnoie de Paris entre le 2 janvier et le 30 janvier 1760. Les contributeurs incluent des nobles, des ecclésiastiques, des marchands, des fonctionnaires et des institutions religieuses. Parmi les notables mentionnés figurent des dames de la Croix, le marquis de Laigues, Thiroux, maître des requêtes, et plusieurs receveurs généraux. Les dépôts sont détaillés avec des mentions de montants en onces, grains et livres tournois. Les institutions religieuses telles que les bénédictins, les jésuites, et les prémontrés apparaissent fréquemment. Le texte mentionne également des directeurs, des avocats, des bourgeois, et des marchands, illustrant une diversité de contributeurs. Les dépôts sont enregistrés quotidiennement, avec des mises à jour régulières des montants et des noms des contributeurs.
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12661
p. 202-204
PAYS-BAS.
Début :
La Réponse que M. le Comte d'Affry, a remise le 14 du mois dernier aux [...]
Mots clefs :
La Haye, Comte d'Affry, États généraux, Neutralité, Impératrice Reine de Hongrie et Bohême
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PAYS-BAS.
PAYS- BAS.
DE LA HAYE , le 16 Juillet .
La Réponse que M. le Comte d'Affry , a
remife le 14 du mois dernier aux Etats Géné
taux , fur leur réfolution du 25 Mai , a été
AOUST. 1756. 203
rendue publique . Elle eft conçue en ces termes :
» HAUTS ET PUISSANS SEIGNEURS , la réfolu-
» tion que les Etats Généraux des Provinces-
» Unies ont prife , &c , a confirmé S. M. dans
>> l'opinion qu'Elle avoit déja de la fageffe & de
l'équité de leurs délibérations . Le Roi a vu
» avec plaisir , dans cette réfolution , da Décla
» ration que les Etats Généraux ont faite , que
» comme Leurs Hautes Puiffances n'ont pris juf-
» qu'à préfent aucune part , ni aux troubles &
» différends touchant les Poffeffions Américaines
ni à leurs fuites , & ne s'en font mêlées ni direc-
» tement ni indirectement ; qu ' Elles n'ont auffi au-
» cunement intention d'y prendre part , ni aux fuites
qui en pourront résulter , mais qu'Elles ont au
» contraire résolu d'obferver à cet égard une exacte
» neutralité ; le tout , fans préjudicier aux Al-
» liances que la République a contractées , aux-
» quelles L. H. P. ne prétendent déroger. S. M.
s pour témoigner aux Etats Généraux le gré
» qu'Elle leur fçait de la conduite qu'ils ont
» tenue dans cette occafion , & pour leur donner
» une nouvelle preuve du véritable intérêt qu'-
» Elle prend à leur repos & à leur fûreté , leur
» déclare de fon côté , de la maniere la plus précife
, que le territoire de la République fera à
» l'abri de toutes les menaces & infultes de la
» part des forces de S. M. Quant aux Pays- Bas
» Autrichiens , le Roi renouvelle volontiers aux
>> Provinces- Unies les affurances qu'il a déja don-
» nées à cet égard à l'Impératrice Reine de Hon-
>> grie & de Bohême , par l'Acte ou Conventions
» de Neutralité , qui a été figné à Verfailles le
» premier Mai dernier , & dont S. M. a fait re-
>> mettre Copie à L. H. P. Le Roi contri&ta di-
» rectement avec Elles un femblable engage
I vjs
204 MERCURE DE FRANCE.
» ment en 1733 , parce que S. M. étant alors en
» guerre avec le Souverain des Pays - Bas Autri-
» chiens , toute correfpondance entre Elle & ce
» Prince étoit interrompue . Mais le Roi vivant
» heureulement dans la plus parfaite intelligence
» avec l'Impératrice Reine de Hongrie & de Bo-
» héme , & voulant refferier de plus en plus ,
» ( comme il vient de le faire , ) les liens de l'a-
» mitié & de l'alliance , qui les réuniffent dans
un fyltême uniforme de defirs & de vues pou
» le repos & le bonheur de l'Europe , c'étoit
» avec S. M. Imp . qu'il convenoit de tranfiger fur
» le fort d'un pays qui lui appartient . Cependant
» un des principaux motifs qui a déterminé le
» Roi à ftipuler expreffément la Neutralité des
» Pays - Bas Autrichiens , & qui lui a été commun
» avec l'impératrice Reine , a été de procurer
» aux Provinces Unies la fûreté qu'elles défi-
» roient avec raifon , par rapport à leur territoire
& à leur voifinage . Le Roi juftifiera
» toujours , par les fentimens pour les Etats
» Généraux , la confiance qu'ils continuent de
» lui témoigner , & S. M. profitera de toutes les
>> occafions qui la mettront à portée de leur
» marquer fon amitié fincere , & fa conftante
» difpofition à leur en faire éprouver les effets les
» plus utiles & les plus agréables » . •
La femme du nommé Jacob- Van- Hulft accoucha
le 8 de trois fils , dont la Princeffe Gouvernante
a été mareine , & dont l'aîné a été nom
mé Anne.
DE LA HAYE , le 16 Juillet .
La Réponse que M. le Comte d'Affry , a
remife le 14 du mois dernier aux Etats Géné
taux , fur leur réfolution du 25 Mai , a été
AOUST. 1756. 203
rendue publique . Elle eft conçue en ces termes :
» HAUTS ET PUISSANS SEIGNEURS , la réfolu-
» tion que les Etats Généraux des Provinces-
» Unies ont prife , &c , a confirmé S. M. dans
>> l'opinion qu'Elle avoit déja de la fageffe & de
l'équité de leurs délibérations . Le Roi a vu
» avec plaisir , dans cette réfolution , da Décla
» ration que les Etats Généraux ont faite , que
» comme Leurs Hautes Puiffances n'ont pris juf-
» qu'à préfent aucune part , ni aux troubles &
» différends touchant les Poffeffions Américaines
ni à leurs fuites , & ne s'en font mêlées ni direc-
» tement ni indirectement ; qu ' Elles n'ont auffi au-
» cunement intention d'y prendre part , ni aux fuites
qui en pourront résulter , mais qu'Elles ont au
» contraire résolu d'obferver à cet égard une exacte
» neutralité ; le tout , fans préjudicier aux Al-
» liances que la République a contractées , aux-
» quelles L. H. P. ne prétendent déroger. S. M.
s pour témoigner aux Etats Généraux le gré
» qu'Elle leur fçait de la conduite qu'ils ont
» tenue dans cette occafion , & pour leur donner
» une nouvelle preuve du véritable intérêt qu'-
» Elle prend à leur repos & à leur fûreté , leur
» déclare de fon côté , de la maniere la plus précife
, que le territoire de la République fera à
» l'abri de toutes les menaces & infultes de la
» part des forces de S. M. Quant aux Pays- Bas
» Autrichiens , le Roi renouvelle volontiers aux
>> Provinces- Unies les affurances qu'il a déja don-
» nées à cet égard à l'Impératrice Reine de Hon-
>> grie & de Bohême , par l'Acte ou Conventions
» de Neutralité , qui a été figné à Verfailles le
» premier Mai dernier , & dont S. M. a fait re-
>> mettre Copie à L. H. P. Le Roi contri&ta di-
» rectement avec Elles un femblable engage
I vjs
204 MERCURE DE FRANCE.
» ment en 1733 , parce que S. M. étant alors en
» guerre avec le Souverain des Pays - Bas Autri-
» chiens , toute correfpondance entre Elle & ce
» Prince étoit interrompue . Mais le Roi vivant
» heureulement dans la plus parfaite intelligence
» avec l'Impératrice Reine de Hongrie & de Bo-
» héme , & voulant refferier de plus en plus ,
» ( comme il vient de le faire , ) les liens de l'a-
» mitié & de l'alliance , qui les réuniffent dans
un fyltême uniforme de defirs & de vues pou
» le repos & le bonheur de l'Europe , c'étoit
» avec S. M. Imp . qu'il convenoit de tranfiger fur
» le fort d'un pays qui lui appartient . Cependant
» un des principaux motifs qui a déterminé le
» Roi à ftipuler expreffément la Neutralité des
» Pays - Bas Autrichiens , & qui lui a été commun
» avec l'impératrice Reine , a été de procurer
» aux Provinces Unies la fûreté qu'elles défi-
» roient avec raifon , par rapport à leur territoire
& à leur voifinage . Le Roi juftifiera
» toujours , par les fentimens pour les Etats
» Généraux , la confiance qu'ils continuent de
» lui témoigner , & S. M. profitera de toutes les
>> occafions qui la mettront à portée de leur
» marquer fon amitié fincere , & fa conftante
» difpofition à leur en faire éprouver les effets les
» plus utiles & les plus agréables » . •
La femme du nommé Jacob- Van- Hulft accoucha
le 8 de trois fils , dont la Princeffe Gouvernante
a été mareine , & dont l'aîné a été nom
mé Anne.
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Résumé : PAYS-BAS.
Le 16 juillet 1756, le Comte d'Affry a rendu publique la réponse du roi de France aux États Généraux des Provinces-Unies. Cette réponse approuve la neutralité des Provinces-Unies concernant les troubles américains. Le roi assure la protection du territoire des Provinces-Unies contre toute menace française. Il renouvelle également les assurances de neutralité envers l'impératrice Reine de Hongrie et de Bohême, conformément à l'Acte de Neutralité signé à Versailles le 1er mai précédent. Le roi exprime son désir de renforcer les liens d'amitié et d'alliance avec l'impératrice pour la stabilité de l'Europe. La neutralité des Pays-Bas autrichiens vise à garantir la sécurité des Provinces-Unies. Le roi réitère sa confiance et son soutien aux États Généraux. Par ailleurs, la femme de Jacob-Van-Hulft a donné naissance à trois fils le 8 août, dont l'aîné a été nommé Anne, avec la princesse gouvernante comme marraine.
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12662
p. 66-68
ROMANCE.
Début :
DÉFIEZ-VOUS sans cesse, [...]
Mots clefs :
Amour, Bergère, Romance, Malheur, Raison, Tendre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ROMANCE.
ROMANCE.
DiPIZ-VOUS fans ceffe ,
Bergères , de l'Amour ;
Ce Dieu flatte, careffe ,
Et bleffe tour-à-tour.
D'une jeune Bergère
Ecoutez le malheur ,
Si c'en eft un de plaire
Et de donner fon coeur.
Les fleurs & la verdure
Renaiffoient dans nos champs }
L'onde par fon murmure
Annonçoit le Printemps ;
Romance .
ᎠᎦ
Deffie's
vous sans cesse
cesse Bergère de l'a.-
= mour, Ce Dieu flatte
ca - resse Et blesse
W
tour a
tour: D'une jeune ber -ge-1
W
Ecoutes le malheur , Si c'en est un de
plaire Et de donner son oeoeur.
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
SEPTEMBRE. 1763 .
Philomèle fredonne.
L'âme dans ſes beaux jours
Aux langueurs s'abandonne ,
C'eſt le temps des amours.
La fenfible Climène ,
La fleur de ce hameau ,'
Un matin dans la plaine
Conduifoit fon troupeau,
Elle y trouva Clitandre ,
Rougit & foupira ;
Elle avoit le coeur tendre à
Clitandre en profita.
L'Amour dès leur enfance
Avoit uni leurs coeurs ,
Tous deux de la conſtance
Ils goûtoient les douceurs .
Ainfi tendre & fidèle ,
Le Berger amoureux
Demandoit à fa Belle ,
Qu'elle comblât fes voeux.
Ufons de la jeuneſſe ,
Livrons-nous au plaifir ,
Le temps coule fans ceffe ,
Il éteint le defir ,
La vieilleffe pefante ,
Yers nous vient à pas lents:
68 MERCURE DE FRANCE.
Croyez- moi , chère Amante ,
Les plaifirs n'ont qu'un temps.
La Bergère interdite
Ecoute ces chanſons .
A répandre elle héfie ,
Et cède à ces doux fons,
Son âme fatisfaite ,
S'ouvre au feu du defir.
La Raifon eft muette
A la voix du plaiſir.
La Bergère timide
Defire , & n'ofe pass
L'Amour qui la déci
Termine fes combats .
Pour finir fon euvrage ,
Il faifit un rofeau ,
Puis au fond d'un bocag●
Il chaffe fon troupeau.
Climène en fuit la traee ,
Et dit à fon Amant ,
Ne me fais point de grace !
Un regard la dément .
Le trop rofé Clitandre
S'en rapporte à fes yeux.
L'Amour qui fçait entendre
Mérite d'être heureux.
DiPIZ-VOUS fans ceffe ,
Bergères , de l'Amour ;
Ce Dieu flatte, careffe ,
Et bleffe tour-à-tour.
D'une jeune Bergère
Ecoutez le malheur ,
Si c'en eft un de plaire
Et de donner fon coeur.
Les fleurs & la verdure
Renaiffoient dans nos champs }
L'onde par fon murmure
Annonçoit le Printemps ;
Romance .
ᎠᎦ
Deffie's
vous sans cesse
cesse Bergère de l'a.-
= mour, Ce Dieu flatte
ca - resse Et blesse
W
tour a
tour: D'une jeune ber -ge-1
W
Ecoutes le malheur , Si c'en est un de
plaire Et de donner son oeoeur.
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
SEPTEMBRE. 1763 .
Philomèle fredonne.
L'âme dans ſes beaux jours
Aux langueurs s'abandonne ,
C'eſt le temps des amours.
La fenfible Climène ,
La fleur de ce hameau ,'
Un matin dans la plaine
Conduifoit fon troupeau,
Elle y trouva Clitandre ,
Rougit & foupira ;
Elle avoit le coeur tendre à
Clitandre en profita.
L'Amour dès leur enfance
Avoit uni leurs coeurs ,
Tous deux de la conſtance
Ils goûtoient les douceurs .
Ainfi tendre & fidèle ,
Le Berger amoureux
Demandoit à fa Belle ,
Qu'elle comblât fes voeux.
Ufons de la jeuneſſe ,
Livrons-nous au plaifir ,
Le temps coule fans ceffe ,
Il éteint le defir ,
La vieilleffe pefante ,
Yers nous vient à pas lents:
68 MERCURE DE FRANCE.
Croyez- moi , chère Amante ,
Les plaifirs n'ont qu'un temps.
La Bergère interdite
Ecoute ces chanſons .
A répandre elle héfie ,
Et cède à ces doux fons,
Son âme fatisfaite ,
S'ouvre au feu du defir.
La Raifon eft muette
A la voix du plaiſir.
La Bergère timide
Defire , & n'ofe pass
L'Amour qui la déci
Termine fes combats .
Pour finir fon euvrage ,
Il faifit un rofeau ,
Puis au fond d'un bocag●
Il chaffe fon troupeau.
Climène en fuit la traee ,
Et dit à fon Amant ,
Ne me fais point de grace !
Un regard la dément .
Le trop rofé Clitandre
S'en rapporte à fes yeux.
L'Amour qui fçait entendre
Mérite d'être heureux.
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12663
p. 250-256
« Le 4 Avril, M. le Marquis de Paulmy, Secretaire d'Etat au [...] »
Début :
Le 4 Avril, M. le Marquis de Paulmy, Secretaire d'Etat au [...]
Mots clefs :
Sa Majesté, Nominations, Arrêt du Conseil d'État, Pensions, Duchesse de Mazarin, Marais, Culture de la terre, Académies, Clergé, Ouragan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 4 Avril, M. le Marquis de Paulmy, Secretaire d'Etat au [...] »
LE 4 Avril , M. le Marquis de Pauliny , Secretaire
d'Etat au Département de la Guerre ,
furvivance de M. le Comte d'Argenfon , & Chancelier
de l'Ordre Royal & Militaire de Saint
Louis , préfenta au Roi les Commandeurs & Of
ficiers de l'Ordre , & les Bourfes de Jettons , ainfi
qu'il eft d'ufage.
Madame la Marquife de Choifeul & Madame
la Comteffe d'Efpiés furent préfentées le même
jour à Leurs Majeftés & à la Famille Royale.
Ce même jour , M. le Marquis de Monteil partit
pour le rendre à Bonn , en qualité de Miniftre
Plénipotentiaire du Roi près de l'Electeur de Cologne,
1
M.le Duc d'Orléans ayant invité le fieur Tronshin
, célebre Profeffeur de Médecine à Geneve
de fe rendre à Paris , pour inoculer la petite vérole
à M. le Duc de Chartres & à Mademoiſelle , cette
opération s'est faite au Palais Royal , le 25 du
mois dernier , après la préparation néceflaire
fans incifion , au moyen d'un léger véficatoire. Le
fuccès a répondu aux efpérances de M. le Duc &
de Madame la Ducheffe d'Orléans, & aux voeux de
toute la France .
Sur ce qui a été repréfenté au Roi , que plufieurs
terreins en marais & inondés , feroient propres
à produire de la Garance , & que quelques
perfonnes s'offroient à faire les frais néceffaires
pour cultiver cette plante qu'on eft obligé de tirer
MA I. 1756. 25T
par
des pays étrangers , & pour deffécher lesdits marais
, s'il lui plaifoit les faire jouir de quelques
exemptions & privileges , nommément de ceux
qui font attribués par l'Edit de 1607, ainfi que
la Déclaration de 1641 , & autres réglemens
fubféquens , à ceux qui font le defféchement des
marais incultes , Sa Majefté a ordonné que les particuliers
, qui voudroient entreprendre de cultiver
des plantations de Garance dans des marais &
autres lieux de pareille nature , ne pourroient
pendant vingt années , à compter du jour que les
defféchemens & défrichemens auront été commencés
, être impofés à la taille , eux ni ceux
qui feroient employés à ladite exploitation , pour
raifon de la propriété ou du profit à faire fur l'exploitation
des terres cultivées en Garance. Au cas
dans lequel ils feroient d'ailleurs impofables
pour leurs autres biens , facultés & exploitations ,
ils feront taxés d'office par l'Intendant & Commiffaire
départi . Veut de plus Sa Majefté qu'il leur
foit permis de tenir , tant à Paris que dans les autres
Villes & Lieux du Royaume , des magafins
de Garance provenant de leurs exploitations , &
de la vendre , foit en gros , foit en détail , fans
qu'ils puiffent être troublés ni inquiétés. Sa Majefté
évoque à Elle & à fon Confeil tous les procès
, différends & conteftations ; que ceux qui entreprendront
la culture defdites Garances pourront
avoirs, ou en demandant ou en défendant ,
pendant le cours de cinq années , pour raifon de
leurs entreprifes & des privileges à eux accordés .
Conféquemment Elle les renvoie, pardevant les In--
tendans & Commiffaires départis , pour être jugés
par eux en premiere inftance , fauf l'appel aus
Confeil.
22
Parsun Arrêt du Confeil d'Etat , l'Ordre de
Lvj
252 MERCURE DE FRANCE.
Malte , en payant la fomme de deux cens cine
quante mille livres par forme de don gratuit , eft
déchargé de l'exécution de l'Edit du mois de Mai:
1749 , portant établiffement du Vingtieme. Lef
dites deux cens cinquante mille livres feront
payées en cinq années , à raiſon de cinquante
mille livres chaque paiement , dont le premier
fera fait au mois d'Octobre prochain , & ainfi
d'année en année, jafqu'à l'entier acquittement de
la fomme totale. Entend Sa Majefté , que les penfions
établies & conftituées par les familles en faveur
des Chevaliers & Freres Novices , & les biens
'dont la jouiffance leur aura été abandonnée pour
le paiement , ou qui leur tiendront lieu defdites
penfions alimentaires , foient exemts de toute retenue
ou impofition du Vingtieme. Au cas que les
propriétaires , fermiers ou admodiateurs , mé
Tayers , locataires , receveurs , procureurs & autres
faifant valoir les biens chargés defdites penfions
, ayent été compris dans les rôles de ladite
impofition du Vingtieme , pour la totalité du produit
des biens dont ils jouiffent , fans aucune déduction
pour raifon des penfions dont ils font
chargés ; ils obtiendront , en repréſentant au. Prevôt
des Marchands & aux Intendans les titres enbonne
& due forme conftitutifs de ces penfions ,
les modérations du Vingtieme des fommes dont
ils feront tenus envers lefdits Chevaliers & Freres
Novices.
L'Académie Royale des Sciences ayant élu lefeur
Pingré , Chanoine Régulier & Bibliothécai
re de l'Abbaye de Sainte Geneviève , & le fieur
de Belidor , Colonel d'Infanterie , pour remplis
la place d'Affocié Libre qu'occupoit le feu fieur de
Gamaches dans cette Compagnie , le Roi informé
du mérite & des talens de l'un & de l'autre , les a
{
MAI. 1756. 253
nommés tous les deux. En même tems , Sa Majefté
a réglé que la premiere place , qui viendroir
à vaquer dans la Claffe des Affociés Libres , ne
feroit point remplie.
M. d'Alembert , de l'Académie Françoiſe & de
celle des Sciences , vient d'être nommé par cette
derniere Académie , Penfionnaire furnuméraire.
Le même Académicien vient auffi d'être élu extraordinairement
, à la recommandation du Pape ,
Affocié étranger de l'Inftitut de Bologne.
On apprend de Marfeille , que le Navire la
Sainte Elizabeth , Capitaine Jean-Jofeph Portail,
a eu , en revenant de Smirne , deux combats à
foutenir contre deux Bâtimens Anglois.
M. le Duc de Gefvres , Premier Gentilhomme
de la Chambre du Roi , & Gouverneur de Paris ,
& M. le Comte d'Argenſon , Miniftre & Secretaire
d'Etat , accompagnés de M. de Bernage ,, Prevôt
des Marchands, & de M. Stocard, Premier Echevin,
préfenterent le 8 à Sa Majeſté , avec M. le Marquis
de Marigny , Directeur & Ordonnateur Général
des Bâtimens , Arts & Manufactures , le Modele
en relief de la Place que la Ville fait conftruire
pour la Statue équestre du Roi. M. le Marquis de
Marigni conduifit enfuite le Roi au Modele de
P'Ecole Militaire. Sa Majefté donna des marques
de fa fatisfaction de l'un & de l'autre.
Le 9 Avril , à l'occaſion de la mort de la Princeffe
Douairiere de Rohan , le Prince de Condé ,
accompagné du Chevalier de Rohan & du Duc de
Duras , falua en long manteau de deuil leurs Ma
jeftés & la Famille Royale . La Princeffe de Guémené
, la Princeffe de Rohan , la Comteffe de
Marfan , la jeune Princeffe de Soubize , la Ducheffe
de Duras , la Ducheffe de Mazarin & la Ducheffe
de Chaulnes , saquitterent l'après- midi du
même cérémonial
254 MERCURE DE FRANCE.
Le Roi a accordé les Entrées de la Chambre
à l'Evêque de Chartres , Premier Aumônier
de la Reine , & frere de M. le Duc de Fleury .
La mort de Madame la Maréchal de Maillebois
laiffant une place vacante parmi les Dames nommées
pour accompagner Madame , le Roi en a
difpofé en faveur de Madame la Ducheffe de
Mazarin.
Sur la démiffion que M. le Duc de Bethune a
donné de fa place de Capitaine des Gardes du
Corps , Sa Majefté y a nommé M. le Duc de Mirpoix.
3 à
On a été informé par un courier , qui arriva le
14 Avril , de Rome , que le s le Pape avoit fait la
Promotion des Cardinaux pour les Couronnes. Les
nouveaux Membres du Sacré College font , M. de
Saulx de Tavannes , Archevêque de Rouen , à la
nomination du Roi l'Evêque de Conftance ,
la nomination de l'Empereur ; l'Archevêque de
Vienne en Autriche , à la nomination de l'Impératrice
Reine de Bohême & de Hongrie ; l'Archevêque
de Seville , à la nomination du Roi d'Efpagnes
M. de Luynes , Archevêque de Sens , à la
nomination du Chevalier de Saint Georges ; PA
chevêque de Turin , à la nomination du Roi de
Sardaigne ; Don François Saldanha de Gama ,
Principal de la Patriarchale de Lifbonne , à la
nomination du Roi de Portugal , M. dec Gêvre
Evêque de Beauvais , à la nomination du Roi de
Pologne Electeurs de Saxe ; & le fieur Archinto
Gouverneur de Rome
Le 13 Avril , à neuf heures & demie du
matin, Madame la Princeffe de Condé accoucha
heureufement d'un Prince , que le Roi a nommé
Duc de Bourbon. 1
Un Arrêt du Confeil d'Etat fixe à cinq livres da
MA I. 1756. 255
cent pefant les droits d'entrée dans le Royaume
fur les clous moyens & petits , venans de l'étran
ger, & à cinquante fols , auffi du cent pefant , les
droits fur les gros clous , dont le milliers en nombre
fera du poids de deux cens cinquante livres poidsde
marc..
Le premier tirage de la troifieme Loterie
Royale s'eft fait le 7 & les cinq jours fuivans . Le
principal Lot eſt échu au numéro 21959 ,
fecond au numéro 2378.
"
& le
Le Jeudi Saint , l'Evêque de Nantes ayant fait
PAbfoute, & le Roi ayant entendu le Sermon de la
Cêne de M. l'Abbé Bon , Théologal de la Cathédrale
d'Autun , Sa Majesté a lavé les pieds à douze
Pauvres , & les a fervis à table . M. le Prince de
Condé, Grand Maître de la Maiſon du Roi ,, étoit
à la tête des Maîtres d'Hôtel , & il précédoit le
fervice , dont les plats ont été portés par Monfei
gneur leDauphin , M. le Comte de Clermont, M. le
Prince de Conty, M. le Comte de la Marche , M. let
Comte d'Eu , M. le Duc de Penthievre , & par les
principaux Officiers de Sa Majefté .
La Reine entendit le Sermon de la Cêne , de M.
l'Abbé d'Efpiard , Chanoine de l'Eglife Métropo
litaine de Befançon , Confeiller- Clerc au Parle
ment de la même. Ville , & Prédicateur ordinaire
de Sa Majefté . L'Evêque de Nantes fit enfuite l'Abfoute
, après laquelle la Reine lava les pieds à
douze pauvres filles , que Sa Majefté fervit à table.
M.le Marquis de Chalmazel, premier Maître d'Hôtel
de la Reine , précéda le fervice . Les plats furent
portés par Madame la Dauphine , par Madame
, par Madame Sophie , par les Dames du Pa
lais , & par plufieurs autres Dames de la Cour.
M. de Sechelles ayant demandé la permiffion
de remettre la place de Contrôleur Général des
256 MERCURE DE FRANCE.
Finances à M. Peirenc de Moras , que le Roi lui
avoit donné pour adjoint , Sa Majefté y a confenti
; mais en même temps Elle a témoigné défiter
que ce Miniftre continuât d'affifter auConfeil .
Selon les avis reçus de Clermont en Auvergne
il s'y éleva le 18 après-midi un vent violent . Vers
les cinq heures du foir , il devint fi terrible , que
perfonne n'ofoit fortir de chez foi , & chacun
craignoit en même tems d'être enfeveli fous les
ruines de fa maifon . I renverfa plufieurs Bâtimens
& déracina une grande quantité des plus gros
arbres. Toutes les vitres des maiſons ont été caf
fées , prefque toutes les tuiles des toits emportées ,
& la plupart des cheminées abattues . Il y a eu un
homme tué dans la Ville . A.Riom , une Religieufe
du Monaftere de Notre- Dame a eu le même fort.
Plufieurs perfonnes ont été bleffées dangereufement.
Cet ouragan ne s'eft heureufement fait fendans
l'étendue de trois ou quatre lieues . Sa
que
durée n'a guere excédé deux heures .
tir
Sa Majefté a honoré de Lettres de Nobleffe M.
Dulattier , premier Chirurgien de la Reine.
Le 22 Avril , les Actions de la Compagnie des
Indes étoient à quatorze cens quatre-vingt - dixfept
livres ies Billets de la feconde Loterie
Royale , à fept cens trente -fix . Ceux de la premiere
& de la troifieme Loterie n'avoient point .
de prix fixe.
d'Etat au Département de la Guerre ,
furvivance de M. le Comte d'Argenfon , & Chancelier
de l'Ordre Royal & Militaire de Saint
Louis , préfenta au Roi les Commandeurs & Of
ficiers de l'Ordre , & les Bourfes de Jettons , ainfi
qu'il eft d'ufage.
Madame la Marquife de Choifeul & Madame
la Comteffe d'Efpiés furent préfentées le même
jour à Leurs Majeftés & à la Famille Royale.
Ce même jour , M. le Marquis de Monteil partit
pour le rendre à Bonn , en qualité de Miniftre
Plénipotentiaire du Roi près de l'Electeur de Cologne,
1
M.le Duc d'Orléans ayant invité le fieur Tronshin
, célebre Profeffeur de Médecine à Geneve
de fe rendre à Paris , pour inoculer la petite vérole
à M. le Duc de Chartres & à Mademoiſelle , cette
opération s'est faite au Palais Royal , le 25 du
mois dernier , après la préparation néceflaire
fans incifion , au moyen d'un léger véficatoire. Le
fuccès a répondu aux efpérances de M. le Duc &
de Madame la Ducheffe d'Orléans, & aux voeux de
toute la France .
Sur ce qui a été repréfenté au Roi , que plufieurs
terreins en marais & inondés , feroient propres
à produire de la Garance , & que quelques
perfonnes s'offroient à faire les frais néceffaires
pour cultiver cette plante qu'on eft obligé de tirer
MA I. 1756. 25T
par
des pays étrangers , & pour deffécher lesdits marais
, s'il lui plaifoit les faire jouir de quelques
exemptions & privileges , nommément de ceux
qui font attribués par l'Edit de 1607, ainfi que
la Déclaration de 1641 , & autres réglemens
fubféquens , à ceux qui font le defféchement des
marais incultes , Sa Majefté a ordonné que les particuliers
, qui voudroient entreprendre de cultiver
des plantations de Garance dans des marais &
autres lieux de pareille nature , ne pourroient
pendant vingt années , à compter du jour que les
defféchemens & défrichemens auront été commencés
, être impofés à la taille , eux ni ceux
qui feroient employés à ladite exploitation , pour
raifon de la propriété ou du profit à faire fur l'exploitation
des terres cultivées en Garance. Au cas
dans lequel ils feroient d'ailleurs impofables
pour leurs autres biens , facultés & exploitations ,
ils feront taxés d'office par l'Intendant & Commiffaire
départi . Veut de plus Sa Majefté qu'il leur
foit permis de tenir , tant à Paris que dans les autres
Villes & Lieux du Royaume , des magafins
de Garance provenant de leurs exploitations , &
de la vendre , foit en gros , foit en détail , fans
qu'ils puiffent être troublés ni inquiétés. Sa Majefté
évoque à Elle & à fon Confeil tous les procès
, différends & conteftations ; que ceux qui entreprendront
la culture defdites Garances pourront
avoirs, ou en demandant ou en défendant ,
pendant le cours de cinq années , pour raifon de
leurs entreprifes & des privileges à eux accordés .
Conféquemment Elle les renvoie, pardevant les In--
tendans & Commiffaires départis , pour être jugés
par eux en premiere inftance , fauf l'appel aus
Confeil.
22
Parsun Arrêt du Confeil d'Etat , l'Ordre de
Lvj
252 MERCURE DE FRANCE.
Malte , en payant la fomme de deux cens cine
quante mille livres par forme de don gratuit , eft
déchargé de l'exécution de l'Edit du mois de Mai:
1749 , portant établiffement du Vingtieme. Lef
dites deux cens cinquante mille livres feront
payées en cinq années , à raiſon de cinquante
mille livres chaque paiement , dont le premier
fera fait au mois d'Octobre prochain , & ainfi
d'année en année, jafqu'à l'entier acquittement de
la fomme totale. Entend Sa Majefté , que les penfions
établies & conftituées par les familles en faveur
des Chevaliers & Freres Novices , & les biens
'dont la jouiffance leur aura été abandonnée pour
le paiement , ou qui leur tiendront lieu defdites
penfions alimentaires , foient exemts de toute retenue
ou impofition du Vingtieme. Au cas que les
propriétaires , fermiers ou admodiateurs , mé
Tayers , locataires , receveurs , procureurs & autres
faifant valoir les biens chargés defdites penfions
, ayent été compris dans les rôles de ladite
impofition du Vingtieme , pour la totalité du produit
des biens dont ils jouiffent , fans aucune déduction
pour raifon des penfions dont ils font
chargés ; ils obtiendront , en repréſentant au. Prevôt
des Marchands & aux Intendans les titres enbonne
& due forme conftitutifs de ces penfions ,
les modérations du Vingtieme des fommes dont
ils feront tenus envers lefdits Chevaliers & Freres
Novices.
L'Académie Royale des Sciences ayant élu lefeur
Pingré , Chanoine Régulier & Bibliothécai
re de l'Abbaye de Sainte Geneviève , & le fieur
de Belidor , Colonel d'Infanterie , pour remplis
la place d'Affocié Libre qu'occupoit le feu fieur de
Gamaches dans cette Compagnie , le Roi informé
du mérite & des talens de l'un & de l'autre , les a
{
MAI. 1756. 253
nommés tous les deux. En même tems , Sa Majefté
a réglé que la premiere place , qui viendroir
à vaquer dans la Claffe des Affociés Libres , ne
feroit point remplie.
M. d'Alembert , de l'Académie Françoiſe & de
celle des Sciences , vient d'être nommé par cette
derniere Académie , Penfionnaire furnuméraire.
Le même Académicien vient auffi d'être élu extraordinairement
, à la recommandation du Pape ,
Affocié étranger de l'Inftitut de Bologne.
On apprend de Marfeille , que le Navire la
Sainte Elizabeth , Capitaine Jean-Jofeph Portail,
a eu , en revenant de Smirne , deux combats à
foutenir contre deux Bâtimens Anglois.
M. le Duc de Gefvres , Premier Gentilhomme
de la Chambre du Roi , & Gouverneur de Paris ,
& M. le Comte d'Argenſon , Miniftre & Secretaire
d'Etat , accompagnés de M. de Bernage ,, Prevôt
des Marchands, & de M. Stocard, Premier Echevin,
préfenterent le 8 à Sa Majeſté , avec M. le Marquis
de Marigny , Directeur & Ordonnateur Général
des Bâtimens , Arts & Manufactures , le Modele
en relief de la Place que la Ville fait conftruire
pour la Statue équestre du Roi. M. le Marquis de
Marigni conduifit enfuite le Roi au Modele de
P'Ecole Militaire. Sa Majefté donna des marques
de fa fatisfaction de l'un & de l'autre.
Le 9 Avril , à l'occaſion de la mort de la Princeffe
Douairiere de Rohan , le Prince de Condé ,
accompagné du Chevalier de Rohan & du Duc de
Duras , falua en long manteau de deuil leurs Ma
jeftés & la Famille Royale . La Princeffe de Guémené
, la Princeffe de Rohan , la Comteffe de
Marfan , la jeune Princeffe de Soubize , la Ducheffe
de Duras , la Ducheffe de Mazarin & la Ducheffe
de Chaulnes , saquitterent l'après- midi du
même cérémonial
254 MERCURE DE FRANCE.
Le Roi a accordé les Entrées de la Chambre
à l'Evêque de Chartres , Premier Aumônier
de la Reine , & frere de M. le Duc de Fleury .
La mort de Madame la Maréchal de Maillebois
laiffant une place vacante parmi les Dames nommées
pour accompagner Madame , le Roi en a
difpofé en faveur de Madame la Ducheffe de
Mazarin.
Sur la démiffion que M. le Duc de Bethune a
donné de fa place de Capitaine des Gardes du
Corps , Sa Majefté y a nommé M. le Duc de Mirpoix.
3 à
On a été informé par un courier , qui arriva le
14 Avril , de Rome , que le s le Pape avoit fait la
Promotion des Cardinaux pour les Couronnes. Les
nouveaux Membres du Sacré College font , M. de
Saulx de Tavannes , Archevêque de Rouen , à la
nomination du Roi l'Evêque de Conftance ,
la nomination de l'Empereur ; l'Archevêque de
Vienne en Autriche , à la nomination de l'Impératrice
Reine de Bohême & de Hongrie ; l'Archevêque
de Seville , à la nomination du Roi d'Efpagnes
M. de Luynes , Archevêque de Sens , à la
nomination du Chevalier de Saint Georges ; PA
chevêque de Turin , à la nomination du Roi de
Sardaigne ; Don François Saldanha de Gama ,
Principal de la Patriarchale de Lifbonne , à la
nomination du Roi de Portugal , M. dec Gêvre
Evêque de Beauvais , à la nomination du Roi de
Pologne Electeurs de Saxe ; & le fieur Archinto
Gouverneur de Rome
Le 13 Avril , à neuf heures & demie du
matin, Madame la Princeffe de Condé accoucha
heureufement d'un Prince , que le Roi a nommé
Duc de Bourbon. 1
Un Arrêt du Confeil d'Etat fixe à cinq livres da
MA I. 1756. 255
cent pefant les droits d'entrée dans le Royaume
fur les clous moyens & petits , venans de l'étran
ger, & à cinquante fols , auffi du cent pefant , les
droits fur les gros clous , dont le milliers en nombre
fera du poids de deux cens cinquante livres poidsde
marc..
Le premier tirage de la troifieme Loterie
Royale s'eft fait le 7 & les cinq jours fuivans . Le
principal Lot eſt échu au numéro 21959 ,
fecond au numéro 2378.
"
& le
Le Jeudi Saint , l'Evêque de Nantes ayant fait
PAbfoute, & le Roi ayant entendu le Sermon de la
Cêne de M. l'Abbé Bon , Théologal de la Cathédrale
d'Autun , Sa Majesté a lavé les pieds à douze
Pauvres , & les a fervis à table . M. le Prince de
Condé, Grand Maître de la Maiſon du Roi ,, étoit
à la tête des Maîtres d'Hôtel , & il précédoit le
fervice , dont les plats ont été portés par Monfei
gneur leDauphin , M. le Comte de Clermont, M. le
Prince de Conty, M. le Comte de la Marche , M. let
Comte d'Eu , M. le Duc de Penthievre , & par les
principaux Officiers de Sa Majefté .
La Reine entendit le Sermon de la Cêne , de M.
l'Abbé d'Efpiard , Chanoine de l'Eglife Métropo
litaine de Befançon , Confeiller- Clerc au Parle
ment de la même. Ville , & Prédicateur ordinaire
de Sa Majefté . L'Evêque de Nantes fit enfuite l'Abfoute
, après laquelle la Reine lava les pieds à
douze pauvres filles , que Sa Majefté fervit à table.
M.le Marquis de Chalmazel, premier Maître d'Hôtel
de la Reine , précéda le fervice . Les plats furent
portés par Madame la Dauphine , par Madame
, par Madame Sophie , par les Dames du Pa
lais , & par plufieurs autres Dames de la Cour.
M. de Sechelles ayant demandé la permiffion
de remettre la place de Contrôleur Général des
256 MERCURE DE FRANCE.
Finances à M. Peirenc de Moras , que le Roi lui
avoit donné pour adjoint , Sa Majefté y a confenti
; mais en même temps Elle a témoigné défiter
que ce Miniftre continuât d'affifter auConfeil .
Selon les avis reçus de Clermont en Auvergne
il s'y éleva le 18 après-midi un vent violent . Vers
les cinq heures du foir , il devint fi terrible , que
perfonne n'ofoit fortir de chez foi , & chacun
craignoit en même tems d'être enfeveli fous les
ruines de fa maifon . I renverfa plufieurs Bâtimens
& déracina une grande quantité des plus gros
arbres. Toutes les vitres des maiſons ont été caf
fées , prefque toutes les tuiles des toits emportées ,
& la plupart des cheminées abattues . Il y a eu un
homme tué dans la Ville . A.Riom , une Religieufe
du Monaftere de Notre- Dame a eu le même fort.
Plufieurs perfonnes ont été bleffées dangereufement.
Cet ouragan ne s'eft heureufement fait fendans
l'étendue de trois ou quatre lieues . Sa
que
durée n'a guere excédé deux heures .
tir
Sa Majefté a honoré de Lettres de Nobleffe M.
Dulattier , premier Chirurgien de la Reine.
Le 22 Avril , les Actions de la Compagnie des
Indes étoient à quatorze cens quatre-vingt - dixfept
livres ies Billets de la feconde Loterie
Royale , à fept cens trente -fix . Ceux de la premiere
& de la troifieme Loterie n'avoient point .
de prix fixe.
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Résumé : « Le 4 Avril, M. le Marquis de Paulmy, Secretaire d'Etat au [...] »
Le 4 avril, le Marquis de Pauliny présenta au Roi les Commandeurs et Officiers de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, ainsi que les Bourdes de Jettons. Madame la Marquise de Choiseul et Madame la Comtesse d'Espiès furent également présentées au Roi et à la Famille Royale. Le Marquis de Monteil fut envoyé à Bonn en tant que Ministre Plénipotentiaire du Roi près de l'Électeur de Cologne. Le Duc d'Orléans fit venir le professeur de médecine Tronshin à Paris pour inoculer la petite vérole au Duc de Chartres et à Mademoiselle, opération réussie au Palais Royal le 25 du mois précédent. Le Roi accorda des exemptions fiscales pour vingt ans aux particuliers cultivant la garance dans des marais, ainsi que la permission de vendre cette plante sans être inquiétés. Il suspendit également les procès liés à cette culture pour cinq ans. Un arrêt du Conseil d'État exempta Malte du Vingtième en échange d'un paiement de 250 000 livres sur cinq ans et exempta les pensions des Chevaliers de Malte de cette imposition. L'Académie Royale des Sciences élut Pingré et Belidor comme Associés Libres, nommés par le Roi. D'Alembert fut nommé Pensionnaire surnuméraire et Associé étranger de l'Institut de Bologne. Le navire Sainte Elizabeth eut deux combats contre des bâtiments anglais. Le Duc de Gesvres et le Comte d'Argenson présentèrent au Roi le modèle de la Place pour la Statue équestre du Roi et celui de l'École Militaire. Le 9 avril, le Prince de Condé et plusieurs princesses saluèrent le Roi et la Famille Royale à l'occasion de la mort de la Princesse Douairière de Rohan. Le Roi accorda l'Entrée de la Chambre à l'Évêque de Chartres et nomma la Duchesse de Mazarin pour accompagner Madame, remplaçant la Maréchale de Maillebois. Le Duc de Mirpoix fut nommé Capitaine des Gardes du Corps. Le Pape promit plusieurs nouveaux cardinaux, dont l'Archevêque de Rouen à la nomination du Roi. Le 13 avril, la Princesse de Condé accoucha d'un prince, nommé Duc de Bourbon par le Roi. Un arrêt du Conseil d'État fixa les droits d'entrée pour les clous étrangers. La troisième Loterie Royale eut lieu du 7 au 12 avril. Le Jeudi Saint, le Roi et la Reine lavèrent les pieds de douze pauvres. Un violent ouragan frappa Clermont en Auvergne, causant des dégâts et des victimes. Le Roi anoblit Dulattier, premier Chirurgien de la Reine. Le 22 avril, les actions de la Compagnie des Indes étaient à 1 497 livres et les billets de la seconde Loterie Royale à 736 livres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12664
p. 71-72
SECONDE IDYLLE.
Début :
Nous ne vivons qu'un instant ; nous n'avons qu'un moment pour jouir ; heureux [...]
Mots clefs :
Coeur, Moment, Bonheur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SECONDE IDYLLE.
SECONDE IDYLL E.
Nous ne vivons qu'un inftant ; nous
n'avons qu'un moment pour jouir ; heu
reux celui qui peut dire , j'ai vécu ! Cette
onde quis'échappe & qui fuit , ce nuage
qui n'eft jamais un moment àla même
place , ces feuilles que le moindre vent
agite , & qui n'ont qu'un printemps , tout
m'annonce que chaque chofe a fa révo
lution , & qu'il faut que tout finife :
moi même j'aurai une fin; que devien
drai-je , lorfqu'en apparence je ne ferai
plus ? .... Ainfi raifonnoit Amintas , &
dans l'agitation de fes penfées , il parloit
affez haut pour être entendu ; lorfque
Ménalque , caché derrière un faule , l'in
terrompit. Amintas , lui dit-il , à quoi
te fert d'entretenir dans ton efprit des
idées fombres & triftes ? Que te ferviroit
il de favoir ce que nous ferons un jour?
Tâchons, ômon ami! d'être bienfaifans ,
juftes , honnêtes & compatiffans , & laif
fons à la Divinité le foin de difpofer de
nous.
Mais l'homme n'eft pas fait pour vi
vre feul , ainfi l'a voulu la nature. O fi
jamais j'étois affez heureux pour trouver
une compagne fuivant mon cœur , rien
2 MERCURE DE FRANCE.
ne manqueroit à ma félicité. Sans ceffe
occupé d'elle , je fentirois que mon bon
heur croît avec le fien : elle m'aideroit
auffi à faire celui de tout ce qui m'en
vironne ; alors je ferois heureux du bon
heur de tous je fentirois doubler mon
être. Bientôt, recevant dans mes bras les
gages de fon amour, je promettrois à la
face du Ciel , d'adoucir par tous les
foins fuggérés par la bienfaifance & par
l'amour paternel , les maux attachés à la
condition de l'enfant que je mouillerai
de mes larmes.
C'eft ainfique , paffant tranquillement
mes jours , loin des foucis cuifans , des
peines cruelles qui dévorent les malheu
reux mortels , j'attends fans inquiétude
la fin de mon exiftence. Lorfque le
terme en fera venu , j'oferai dire : ô toi
qui me donnas un cœur fenfible , Étre
bienfaifant, je te falue ! c'eft le plusbeau
préfent que tu aies pu me faire , je t'en
remercie ; il m'a appris à fentir qu'il
n'y avoit rien de bon que toi , rien de
bon que ce que tu avois ordonné; en te
contemplant, je ne ferai que réaliſet le
fublime modèle de perfection que mon
imagination avoit gravé dans mon cœur.
Nous ne vivons qu'un inftant ; nous
n'avons qu'un moment pour jouir ; heu
reux celui qui peut dire , j'ai vécu ! Cette
onde quis'échappe & qui fuit , ce nuage
qui n'eft jamais un moment àla même
place , ces feuilles que le moindre vent
agite , & qui n'ont qu'un printemps , tout
m'annonce que chaque chofe a fa révo
lution , & qu'il faut que tout finife :
moi même j'aurai une fin; que devien
drai-je , lorfqu'en apparence je ne ferai
plus ? .... Ainfi raifonnoit Amintas , &
dans l'agitation de fes penfées , il parloit
affez haut pour être entendu ; lorfque
Ménalque , caché derrière un faule , l'in
terrompit. Amintas , lui dit-il , à quoi
te fert d'entretenir dans ton efprit des
idées fombres & triftes ? Que te ferviroit
il de favoir ce que nous ferons un jour?
Tâchons, ômon ami! d'être bienfaifans ,
juftes , honnêtes & compatiffans , & laif
fons à la Divinité le foin de difpofer de
nous.
Mais l'homme n'eft pas fait pour vi
vre feul , ainfi l'a voulu la nature. O fi
jamais j'étois affez heureux pour trouver
une compagne fuivant mon cœur , rien
2 MERCURE DE FRANCE.
ne manqueroit à ma félicité. Sans ceffe
occupé d'elle , je fentirois que mon bon
heur croît avec le fien : elle m'aideroit
auffi à faire celui de tout ce qui m'en
vironne ; alors je ferois heureux du bon
heur de tous je fentirois doubler mon
être. Bientôt, recevant dans mes bras les
gages de fon amour, je promettrois à la
face du Ciel , d'adoucir par tous les
foins fuggérés par la bienfaifance & par
l'amour paternel , les maux attachés à la
condition de l'enfant que je mouillerai
de mes larmes.
C'eft ainfique , paffant tranquillement
mes jours , loin des foucis cuifans , des
peines cruelles qui dévorent les malheu
reux mortels , j'attends fans inquiétude
la fin de mon exiftence. Lorfque le
terme en fera venu , j'oferai dire : ô toi
qui me donnas un cœur fenfible , Étre
bienfaifant, je te falue ! c'eft le plusbeau
préfent que tu aies pu me faire , je t'en
remercie ; il m'a appris à fentir qu'il
n'y avoit rien de bon que toi , rien de
bon que ce que tu avois ordonné; en te
contemplant, je ne ferai que réaliſet le
fublime modèle de perfection que mon
imagination avoit gravé dans mon cœur.
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12665
p. 58-59
AUTRE. A Mademoiselle T.... RENARD.
Début :
Avec une petite tête [...]
Mots clefs :
Toton
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE. A Mademoiselle T.... RENARD.
AUTRE.
AMademoiselle T.... RENARD.
AVEC une petite tête
Je n'ai qu'un pied , & ces deux ne ſont qu'un ;
Je vais à volonté , mais moi ſeul je m'arrête:
C'eſt un fort connu de chacun .
Entre une longue ou breve
Je prens l'effor ,
Puis un inſtant après je creve ,
Pour renaître & mourir encor .
Agoniſant , celui qui me donna naiflance
Eſt attentif ainſi que toute l'aſſiſtance ;
Mort , il les faut voir s'enquérir
Commentj'ai bien voulu mourir ;
De bien des gens je trompe ou je flatte l'attente ,
Et leur fort eſt écrit dans mon dernier moment.
Tel en rit , tel en pleure ; un autre ſe contente
D'exécuter mon teſtament:
: Car après ma mort je commande ,
Et le plus ſouvent je demande.
DÉCEMBRE . 1775- 59
Quand on ſe ſert de moi j'ai bien peu de repos ,
Je ſuis ſi maigre auſſi queje n'ai que les os .
ParM. Gazilfils.
AMademoiselle T.... RENARD.
AVEC une petite tête
Je n'ai qu'un pied , & ces deux ne ſont qu'un ;
Je vais à volonté , mais moi ſeul je m'arrête:
C'eſt un fort connu de chacun .
Entre une longue ou breve
Je prens l'effor ,
Puis un inſtant après je creve ,
Pour renaître & mourir encor .
Agoniſant , celui qui me donna naiflance
Eſt attentif ainſi que toute l'aſſiſtance ;
Mort , il les faut voir s'enquérir
Commentj'ai bien voulu mourir ;
De bien des gens je trompe ou je flatte l'attente ,
Et leur fort eſt écrit dans mon dernier moment.
Tel en rit , tel en pleure ; un autre ſe contente
D'exécuter mon teſtament:
: Car après ma mort je commande ,
Et le plus ſouvent je demande.
DÉCEMBRE . 1775- 59
Quand on ſe ſert de moi j'ai bien peu de repos ,
Je ſuis ſi maigre auſſi queje n'ai que les os .
ParM. Gazilfils.
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12666
p. 73
ENIGMES.
Début :
Je suis dans mon vrai sens une conjonction, [...]
Mots clefs :
Mais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGMES.
ENIGMES.
E fuis dans mon vrai fens une conjonction ,
Tu me tiens , cher Lecteur , fi je dis caufative :
N'importe.... de mon corps l'exacte inverfion
D'un Royaume Indien t'offre la perspective.
Par M. FORESTIER , Avocat à Cuffet.
E fuis dans mon vrai fens une conjonction ,
Tu me tiens , cher Lecteur , fi je dis caufative :
N'importe.... de mon corps l'exacte inverfion
D'un Royaume Indien t'offre la perspective.
Par M. FORESTIER , Avocat à Cuffet.
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12667
p. 59-60
LOGOGRYPHE.
Début :
On n'est pas, pour porter le même nom, parent ; [...]
Mots clefs :
Carte géographique
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPΗ Ε.
Οn n'eſt pas, pour porter lemême nom, parent;
Dans une foire il eſt des ânes , plus de cent ,
Qui s'appellent Martin & qui ne ſont pas freres :
Mais ce ne font pas là , dira-t- on , vos affaires .
Soit, je viens donc à mon objet
Et pafle tout de tuite au fait.
Nous ſommes deux qui nous nommons de
même :
L'une , de petitefle extrême ,
Quel'art imagina pour ſoulager l'ennui ,
Eſt fort à la mode aujourd'hui ;
Elle enrichit les uns des dépouilles des autres ;
Et rendant ces derniers plus gueux que les Apôtres
,
Elle les fait aller , ſans âne, ni cheval ,
Sur un triſte grabat mourir à l'Hôpital.
Pour moi d'humeur à cela bien contraire ,
Etd'un tout autre caractere ,
Şans vider le gouflet , j'orne & remplis l'esprit
De quiconque pour guide auprès de lui me prit.
:
Cvj
60 MERCURE DE FRANCE.
Et quand tous deux nous ſommes face à face ,
Jele fais voyager ſans fortir de ſa place ,
Et lui fais parcourir d'immenſes régions ,
Différentes de moeurs & de religions .
Mais foyons debon compte , & fans faire la fiere ,
Je conviens qu'avec la premiere ,
Ayant même origine , elle & moi ſommes foeurs
Qu'au berceau nous avons eu les mêmes Auteurs :
Mais nos emplois ont wis bien de la différence
Entre nous deux ; j'ai donné dans la ſcience ,
Et ma petite foeur dans la frivolité ,
Dans les hafards & la futilité.
Cinq pieds font toute ma machine :
Mais tu me tiens déjà , Lecteur , je m'imagine.
Je t'offre une arme en uſage autrefois ;
Un certain animal qui me ronge par fois ;
Ce qui très-aifément s'apperçoit ſur la neige ;
Liaiſon du diſcours qu'on apprend au College;
Synonyme d'eſpece ; & morceau dans le corps ,
Qui , lorſqu'il s'enfle , empêche d'aller fort.
ARennes Par M. de L. G.
Οn n'eſt pas, pour porter lemême nom, parent;
Dans une foire il eſt des ânes , plus de cent ,
Qui s'appellent Martin & qui ne ſont pas freres :
Mais ce ne font pas là , dira-t- on , vos affaires .
Soit, je viens donc à mon objet
Et pafle tout de tuite au fait.
Nous ſommes deux qui nous nommons de
même :
L'une , de petitefle extrême ,
Quel'art imagina pour ſoulager l'ennui ,
Eſt fort à la mode aujourd'hui ;
Elle enrichit les uns des dépouilles des autres ;
Et rendant ces derniers plus gueux que les Apôtres
,
Elle les fait aller , ſans âne, ni cheval ,
Sur un triſte grabat mourir à l'Hôpital.
Pour moi d'humeur à cela bien contraire ,
Etd'un tout autre caractere ,
Şans vider le gouflet , j'orne & remplis l'esprit
De quiconque pour guide auprès de lui me prit.
:
Cvj
60 MERCURE DE FRANCE.
Et quand tous deux nous ſommes face à face ,
Jele fais voyager ſans fortir de ſa place ,
Et lui fais parcourir d'immenſes régions ,
Différentes de moeurs & de religions .
Mais foyons debon compte , & fans faire la fiere ,
Je conviens qu'avec la premiere ,
Ayant même origine , elle & moi ſommes foeurs
Qu'au berceau nous avons eu les mêmes Auteurs :
Mais nos emplois ont wis bien de la différence
Entre nous deux ; j'ai donné dans la ſcience ,
Et ma petite foeur dans la frivolité ,
Dans les hafards & la futilité.
Cinq pieds font toute ma machine :
Mais tu me tiens déjà , Lecteur , je m'imagine.
Je t'offre une arme en uſage autrefois ;
Un certain animal qui me ronge par fois ;
Ce qui très-aifément s'apperçoit ſur la neige ;
Liaiſon du diſcours qu'on apprend au College;
Synonyme d'eſpece ; & morceau dans le corps ,
Qui , lorſqu'il s'enfle , empêche d'aller fort.
ARennes Par M. de L. G.
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12668
p. 93-104
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
MÉMOIRES sur les Matières domaniales, ou Traité du Domaine, Ouvrage [...]
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texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
MÉMOIRES sur les Matières domaniales,
ou Traité du Domaine, Ouvrage
poſthume de feu M. le Fevre de laPlanche,
Avocat du Roi au Bureau des Finan
ccs, ordinaire en la Chambre du Do
maine ; avec une Préface & des Notes
de l'Editeur.A Paris, chez Deſaint &
o4 MERCURE DE FRANCE.
Saillant , rue S. Jean de Beauvais , &
chez Vincent , rue S. Severin ; avec
Approbation & Privilége du Roi, 1764,
Tome premier in-4°.
Voici le premier Tome d'un Ouvra
ge qui ſera ſuivi de deux autres volu
mes que l'on imprime préſentement,
& qui ſeront délivrés dans le courant
de l'année. Le prix total eſt de 3o liv.
c'eſt-à-dire de 1o liv. chaque volume
en feuille. Les Libraires reçoivent 15
livres en délivrant le premier volume,
& donnent leur engagement de remet
tre à la fin de l'année, pour pareilie
ſomme, les Tomes 2. & 3. Aucun Au
teur n'avoit encore donné ſur les Ma
tières Domaniales des ſecours qui ré
pondiſſent aux deſirs des Juriſconſultes ;
on a lieu de croire par conſéquent que
ce Livre recevra de leur part un ac
cueil favorable. Il contient une érudi
tion abondante; & l'Editeur y a joint
une Préface & des Notes dans leſquel
les il s'eſt propoſé de ſuppléer à ce qui
manquoit pour donner à l'Ouvrage
§ la perfection dont il eſt ſuſcep
tlble.
| INsTRUCTIoNs pour les jeunes Da
mes qui entrent dans le monde ; ſe mar
J U I N. 1764.
95
rient ; leurs devoirs dans cet état & en
vers leurs enfans ; pour ſervir de ſui e
, au magazin des adoleſcentes ; par Ma
dame Leprince de Beaumont ; à Lon
dres , chez Jean Nourſe , libraire du
Roi ; & à Paris , chez Deſaint & Sail
|
lant , rue S. Jean de Beauvais , vis-à-
vis le K ol'ége ; 1764 ; quatre volumes
in-12. petit fcrmat.
·
Madame Leprince de Beaumont tra
vaille depuis douze ans a inſtruire les
enfans & les adoleſcentes ; & tout le
monde ſçait le ſuccès de ſes I ivres auſ
quels elle a toujours donné le titre de
· Magazin. Celui ci qui eſt fait dans le
· même goût, nourroit être intitulé le Ma
gaſin des filles à marier , & ne mérite
pas moins oue les précédens , l'ac
·cueil favorable du Public.
.
, LETTREs d'un A8ionnaire ſur le
Commerce de la Con p gnie des In
des ; à Avignon , 17b4 ; Brochure in
12. de 64 pages.
-
,-
,
-
Ces Lettres traitent 1 °. de l'utilité du
Commerce de la Cempagnie des In
des. 2°. Du parti qu'ont pris quelques
A8tionnaires d'en demander la diſſolu
tion. 3°. De la queſtion s'il ne ſeroit pas
plus avantageux de rendre le Commer
/
-
-
96 MERCURE DE FRANCE.
ce libre, que d'en accorder le privilége
excluſif à une Compagnie. 4°: Sur la
poſſibilité de remonter ce commerce
pour le rendre avantageux à l'Etat &
utile aux citoyens.
LEs Métamorphoſes, Poëme héroï
comique , traduit de l'Allemand de
M. Zacharie. A Paris , chez Four
nier, Libraire , rue de Hurepoix , à
la Providence , 1764; brochure in-12 ,
petit format.
On lit dans la Préface, que le Poëme
dont on donne la traduction, eſt le coup
d'eſſai d'un Auteur que l'Allemagne
met au nombre de ceux qui lui font le
· plus d'honneur. M. Zacharie avoit à
peine dix-huit ans , lorſqu'il publia ces
Métamorphoſes ; & elles furent reçues
avec un applaudiſſement univerſel. C'eſt
une ſatyre enjouée & délicate contre les
Coquettes & les Petits-Maîtres. L'Au
teur a ſçu y répandre le badinage le plus
ingénieux, des alluſions hardies, mais
qui plaiſent par leur vérité , & un co
mique riant, que reléve le contraſte ſin
gulier de ſes comparaiſons.
· LETTRE de Valcour, Officier Fran
gois, à Zetla, jeune Sauvage eſclave à
Conſtantinople ,
(
|
l
J U I N. 1764..
97
Conſtantinople, précédée d'une Lettre
à Madame ***. en France ; 1764, bro
chure in-8°. de 24 p. avec deux petites
vignettes, chez Cailleau , Libraire, rue
Saint Jacques.
-
Nous avons annoncé dans un de nos
Mercures précédens une Lettre de Zéila à
Valcour, par M. Dorat. Un jeune Au
teur qui n'écrit pas encore en proſe &
en vers auſſi-bien que M Dorat, a fait
une réponſe à cette Lettre : mais il n'é-
gale ſon modèle ni par le mérite litté
raire, ni par la dépenſe faite pour l'exé
cution typographique.
PRoSPEcTUs de trois Ouvrages pro
poſés par ſouſcription, dont l'un eſt in
titulé Guide du Commerce : le ſecond ,
Meppemondes , ou Tables pour trouver
la correſpondance des poids , des au
nages & des meſures de continence, qui
ſont en uſage dans l'Europe, l'Aſie ,
l'Afrique & l'Amérique. Le troiſiéme ,
l'Arithmétique démontrée, opérée & ex
pliquée, par M. G*** de L***, né
gociant à Nantes, avec approbation &
privilége du Roi. Le premier formera
deux volumes, l'un in folio & l'autre
in-4°. Le ſecond ſera un volume in-8°,
ainſi que le troiſiéme.
E
93 MERCURE DE FRANCE.
| On aura une connoiſſance exacte de
ce que contiennent ces trois Ouvrages,
en liſant le Proſpectus qui ſe diſtribue à
Paris chez Deſpilly, Libraire , rue S.
Jacques, à la Croix d'or; & à Nantes,
chez la veuve Vatar, haute grande rue.
Nous dirons ſeulement ici, qu'ils nous
paroiſſent devoir intéreſſer tous les Com
merçans,les Banquiers & les Financiers :
ils liront dans le Proſpectus les condi
tions propoſées aux Souſcripteurs, le
prix des Livres, & le tems où ils pour
.ront être délivrés , &c.
HIsToIRE de la Maiſon de Montmo
rency, par M. Déſormeaux ; à Paris ,
. chez Deſaint & Saillant, Libraires, rue
S. Jean de Beauvais, & chez Ducheſne,
rue S. Jacques , 1764, avec approba
tion & privilége du Roi, cinq volumes
, In - I 2.
En attendant que nous faſſions un
ou pluſieurs extraits de cette Hiſtoire
curieuſe , intéreſſante & bien écrite,
nous ne ferons qu'indiquer aujourd'hui
ce que contient chacun des volumes
dont elle eſt compoſée. Le premier ren
ferme la Généalogie de la Maiſon de
Montntcrency, & ſon Hiſtoire depuis
l'année 96o , juſqu'en 1531. Le ſe
cond, la vie du Connétable Anne , &
-
, J U I N. 1764:
99
celle de François, Maréchal de France,
depuis 1494, juſqu'en 1579. Le troi
ſiéme, la Vie de Henri I, Connétable
de France , celle de Charles , Duc d'Am
ville, grand Amiral de France, & celle
de Henri II , Duc de Montmorenci ,
depuis 1 547, juſqu'en 1632. Le qua
· triéme, la Vie de François-Henri de
Montmorenci , Maréchal , Duc de
Luxembourg, depuis 1628 , juſqu'en
1679. Le cinquiéme, la ſuite de cette
-Vie, juſqu'en 1695.
DE l'exportation & de l'inportation
des grains , Mémoire lû à la Société
-Royale d'Agriculture de Soiſſons, par
M. Dupont, l'un des Aſſociés , avec
cette épigraphe : fluunt imbres , naſci
turaurum. F. Q. A Soiſſons, & ſe trouve
à Paris , chez P. G. Simon , Imprimeur
du Parlement, rue de la Harpe, à l'Her
cule ; avec approbation & privilége du
Roi, 1764; brochure in-8°. de 175
pages.
Il s'agit de prouver les avantages im
menſes que la Nation trouveroit dans
la liberté générale, abſolue & irrévo
cable du commerce extérieur des grains.
Cet écrit nous paroît auſſi ſolide & auſſi
convainquant, que nous le trouvons
E ij
1oo MERCURE DE FRANCE,
clair , précis & méthodique. Par-tout
l'Auteur s'y montre comme un citoyen
zélé, dont toutes les vues n'ont pour
objet que le bien public.
HIsToIRE d'Angleterre, depuis la
deſcente de Jules-Céſar, juſqu'au Trai
té d'Aix-la-Chapelle en 1748, par M.
T. Smolett, M. D. traduite de l'Anglois
par M. Targe, Correſpondant de l'Aca
démie Royale de Marine, & Profeſſeur
de Mathématique à l'Ecole Royale mili
taire; à Orléans, chez J. Rouzeau-Mon- .
taut, & à Paris , chez Deſaint & Sail
lant, rue S. Jean de Beauvais, & chez
Deſpilly , rue S. Jacques, dix-neuf vo
lumes in-12 , avec approbation & pri
vilége du Roi.
On a rendu compte dans le Mercure
du mois de Décembre 176o des quatre
premiers volumes de cet Ouvrage, ce
qu'on auroit continué de faire, ſi on en
avoit eu plutôt la ſuite : il a eu le ſuccès
le plus étonnant dans ſa langue origi
nale. Après pluſieurs éditions qui ont
conſommé plus de dou7e mille exem
plaires , les Libraires de Londres en
annoncent deux nouvelles ſous diffé
rens formats. Cette Hiſtoire eſt la ſeule
qui conduiſe les événemens juſqu'à
J U I N. 1764.
- IO I
notre temps. On continuera à la don
ner pour le prix de quarante-huit livres
reliée, juſqu'à la fin de la préſente an
née , après lequel temps elle ſe vendra
trois livres le volume. On en trouve
des exemplaires à Lyon , chez Bruiſet
Ponthus , & à Rouen , chez la veuve
Dumeſnil.
VIE de Michel de L'Hôpital, Chan
celier de France , à Londres, chez Da
vid Wilſon , & à Paris, chez Debure,
pere, quai des Auguſtins, à l'image S.
Paul , avec permiſſion, 1764, un vol.
in-12. prix , 2 liv. 8 ſols broché.
A juger par l'impreſſion qu'a fait ſur
nous la lecture de cet Ouvrage, nous
croyons qu'on le lira avec le † grand
intérêt. L'Auteur nous repréſente le
Chancelier de L'Hôpital comme un des
perſonnages les plus eſtimables qu'ait
roduit la Nation. Le bien public fut
† qui occupa tous les inſtans de ſa
vie; & pour rendre ſes concitoyens plus
heureux, il ne voulut que les rendre
plus raiſonnables. C'eſt ſous ce point de
vue que l'Hiſtorien enviſage ſon Héros ;
& les détails qu'il offre à ſes Lecteurs
ſont également curieux & inſtructifs.
E iij
',
no2 MERCURE DE FRANCE.
D1ssERTATION adreſſée à nos Sei
gneurs les Evêques, où les jeunes Ex
Jéſuites prouvent qu'ils peuvent en hon
rieur & en ſûreté de conſcience, prêter
les ſermens que les Parlemens exigent
d'eux, brochure in-12 de ſoixante-huit
pages, dont on trouve quelques exem
plaires à Lyon, chez les Libraires aſſo
ciés, & à Paris chez Bauche, quai des
Auguſtins , 1764.
On expoſe d'abord la formule du ſer
ment; on la partage enſuite en pluſieurs
articles ; on fait voir qu'il n'y en a aucun
que les jeunes Jéſuites , c'eſt-à-dire,
ceux qui n'ont pas fait les derniers vœux,
ne puiſſent ſigner. On propoſe les diffé
rentes objections que l'on peut faire
contre cette opinion ; & il nous a paru
qu'on les réfutoit aſſez bien.
RÉFLExIoNs générales ſur l'iſle de
Minorque, ſur ſon climat, ſur la ma
nière de vivre de ſes habitans , & ſur
les maladies qui y regnent , par M.
Claude-François Paſſerat de la Cha
pelle , Conſeiller du Roi, Medecin ci
devant de l'Armée de France dans cette
iſle, Aſſocié-Correſpondant de la So
ciété Royale des Sciences de Montpel
lier , à Paris, chez la veuve d'Houry ,
J U I N. 1764.
: c3
Imprimeur-Libraire de Mgr le Duc d'Or
léans, rue S. Severin, près la rue S.
Jacques , avec approbation & permiſ
fion , 1764 , brochure in-12 de 139
pages.
-
A
L'Auteur n'avoit d'abord fait ces ob
ſervations que pour ſa propre inſtruc
· tion ; mais les avantages qu'il en retira
pour fa pratique, lui perſuaderent qu'el
les pourroient être utiles à ceux qui lui
· ſuccéderoient dans la place qu'il occu
poit. Il les rédigea donc par écrit : il y
joignit les réfléxions qu'il avoit faites
ſur les maladies qui lui avoient paru
régner plus particuliérement dans ce
pays, & dépendre de l'expoſition des
lieux, de la nature du ſol & de la ma
nière de vivre de ſes habitans. Il forma
de tout cela l'Ouvrage que nous an
nonçons, & que nous croyons très
utile.
TARIF de la réduction des mon
noies de France & de Lorraine; à Nan
cy, chez Charlot, fils, Imprimeur des
Cours Souveraines , rue S. Nicolas ,
1763 , & à Paris, chez Brocas & Hum
blot, rue S. Jacques , au ChefS. Jean,
petit in-32 de 4o pages.
Ce Livret peut convenir aux Négo
E iv
1o4 MERCURE DE FRANCE.
cians de France qui ſont dans le cas de
faire le commerce avec les Lorrains.
DIssERTATIoN ſur les dépôts du
ſinus maxillaire , par M. Bourdet, Den
tiſte du Roi , Chirurgien ordinaire ,
Opérateur de Sa Majeſté, &c. A Paris,
de l'imprimerie de Jean-Thomas Hériſ
ſant, Imprimeur du Cabinet du Roi,
avec approbation & permiſſion, 1764,
brochure in-12 de quarante-huit†
M. Sue ,
Chirurgien & Cenſeur
Royal, dit dans ſon Approbation , que
l'Ecrit de M. Bourdet , ſon confrère ,
contient pluſieurs obſervations qui lui
ont paru intéreſſantes & utiles au Pu
blic. Nous nous en tenons à cette déci
ſion d'un homme de l'Art.
MÉMOIRES sur les Matières domaniales,
ou Traité du Domaine, Ouvrage
poſthume de feu M. le Fevre de laPlanche,
Avocat du Roi au Bureau des Finan
ccs, ordinaire en la Chambre du Do
maine ; avec une Préface & des Notes
de l'Editeur.A Paris, chez Deſaint &
o4 MERCURE DE FRANCE.
Saillant , rue S. Jean de Beauvais , &
chez Vincent , rue S. Severin ; avec
Approbation & Privilége du Roi, 1764,
Tome premier in-4°.
Voici le premier Tome d'un Ouvra
ge qui ſera ſuivi de deux autres volu
mes que l'on imprime préſentement,
& qui ſeront délivrés dans le courant
de l'année. Le prix total eſt de 3o liv.
c'eſt-à-dire de 1o liv. chaque volume
en feuille. Les Libraires reçoivent 15
livres en délivrant le premier volume,
& donnent leur engagement de remet
tre à la fin de l'année, pour pareilie
ſomme, les Tomes 2. & 3. Aucun Au
teur n'avoit encore donné ſur les Ma
tières Domaniales des ſecours qui ré
pondiſſent aux deſirs des Juriſconſultes ;
on a lieu de croire par conſéquent que
ce Livre recevra de leur part un ac
cueil favorable. Il contient une érudi
tion abondante; & l'Editeur y a joint
une Préface & des Notes dans leſquel
les il s'eſt propoſé de ſuppléer à ce qui
manquoit pour donner à l'Ouvrage
§ la perfection dont il eſt ſuſcep
tlble.
| INsTRUCTIoNs pour les jeunes Da
mes qui entrent dans le monde ; ſe mar
J U I N. 1764.
95
rient ; leurs devoirs dans cet état & en
vers leurs enfans ; pour ſervir de ſui e
, au magazin des adoleſcentes ; par Ma
dame Leprince de Beaumont ; à Lon
dres , chez Jean Nourſe , libraire du
Roi ; & à Paris , chez Deſaint & Sail
|
lant , rue S. Jean de Beauvais , vis-à-
vis le K ol'ége ; 1764 ; quatre volumes
in-12. petit fcrmat.
·
Madame Leprince de Beaumont tra
vaille depuis douze ans a inſtruire les
enfans & les adoleſcentes ; & tout le
monde ſçait le ſuccès de ſes I ivres auſ
quels elle a toujours donné le titre de
· Magazin. Celui ci qui eſt fait dans le
· même goût, nourroit être intitulé le Ma
gaſin des filles à marier , & ne mérite
pas moins oue les précédens , l'ac
·cueil favorable du Public.
.
, LETTREs d'un A8ionnaire ſur le
Commerce de la Con p gnie des In
des ; à Avignon , 17b4 ; Brochure in
12. de 64 pages.
-
,-
,
-
Ces Lettres traitent 1 °. de l'utilité du
Commerce de la Cempagnie des In
des. 2°. Du parti qu'ont pris quelques
A8tionnaires d'en demander la diſſolu
tion. 3°. De la queſtion s'il ne ſeroit pas
plus avantageux de rendre le Commer
/
-
-
96 MERCURE DE FRANCE.
ce libre, que d'en accorder le privilége
excluſif à une Compagnie. 4°: Sur la
poſſibilité de remonter ce commerce
pour le rendre avantageux à l'Etat &
utile aux citoyens.
LEs Métamorphoſes, Poëme héroï
comique , traduit de l'Allemand de
M. Zacharie. A Paris , chez Four
nier, Libraire , rue de Hurepoix , à
la Providence , 1764; brochure in-12 ,
petit format.
On lit dans la Préface, que le Poëme
dont on donne la traduction, eſt le coup
d'eſſai d'un Auteur que l'Allemagne
met au nombre de ceux qui lui font le
· plus d'honneur. M. Zacharie avoit à
peine dix-huit ans , lorſqu'il publia ces
Métamorphoſes ; & elles furent reçues
avec un applaudiſſement univerſel. C'eſt
une ſatyre enjouée & délicate contre les
Coquettes & les Petits-Maîtres. L'Au
teur a ſçu y répandre le badinage le plus
ingénieux, des alluſions hardies, mais
qui plaiſent par leur vérité , & un co
mique riant, que reléve le contraſte ſin
gulier de ſes comparaiſons.
· LETTRE de Valcour, Officier Fran
gois, à Zetla, jeune Sauvage eſclave à
Conſtantinople ,
(
|
l
J U I N. 1764..
97
Conſtantinople, précédée d'une Lettre
à Madame ***. en France ; 1764, bro
chure in-8°. de 24 p. avec deux petites
vignettes, chez Cailleau , Libraire, rue
Saint Jacques.
-
Nous avons annoncé dans un de nos
Mercures précédens une Lettre de Zéila à
Valcour, par M. Dorat. Un jeune Au
teur qui n'écrit pas encore en proſe &
en vers auſſi-bien que M Dorat, a fait
une réponſe à cette Lettre : mais il n'é-
gale ſon modèle ni par le mérite litté
raire, ni par la dépenſe faite pour l'exé
cution typographique.
PRoSPEcTUs de trois Ouvrages pro
poſés par ſouſcription, dont l'un eſt in
titulé Guide du Commerce : le ſecond ,
Meppemondes , ou Tables pour trouver
la correſpondance des poids , des au
nages & des meſures de continence, qui
ſont en uſage dans l'Europe, l'Aſie ,
l'Afrique & l'Amérique. Le troiſiéme ,
l'Arithmétique démontrée, opérée & ex
pliquée, par M. G*** de L***, né
gociant à Nantes, avec approbation &
privilége du Roi. Le premier formera
deux volumes, l'un in folio & l'autre
in-4°. Le ſecond ſera un volume in-8°,
ainſi que le troiſiéme.
E
93 MERCURE DE FRANCE.
| On aura une connoiſſance exacte de
ce que contiennent ces trois Ouvrages,
en liſant le Proſpectus qui ſe diſtribue à
Paris chez Deſpilly, Libraire , rue S.
Jacques, à la Croix d'or; & à Nantes,
chez la veuve Vatar, haute grande rue.
Nous dirons ſeulement ici, qu'ils nous
paroiſſent devoir intéreſſer tous les Com
merçans,les Banquiers & les Financiers :
ils liront dans le Proſpectus les condi
tions propoſées aux Souſcripteurs, le
prix des Livres, & le tems où ils pour
.ront être délivrés , &c.
HIsToIRE de la Maiſon de Montmo
rency, par M. Déſormeaux ; à Paris ,
. chez Deſaint & Saillant, Libraires, rue
S. Jean de Beauvais, & chez Ducheſne,
rue S. Jacques , 1764, avec approba
tion & privilége du Roi, cinq volumes
, In - I 2.
En attendant que nous faſſions un
ou pluſieurs extraits de cette Hiſtoire
curieuſe , intéreſſante & bien écrite,
nous ne ferons qu'indiquer aujourd'hui
ce que contient chacun des volumes
dont elle eſt compoſée. Le premier ren
ferme la Généalogie de la Maiſon de
Montntcrency, & ſon Hiſtoire depuis
l'année 96o , juſqu'en 1531. Le ſe
cond, la vie du Connétable Anne , &
-
, J U I N. 1764:
99
celle de François, Maréchal de France,
depuis 1494, juſqu'en 1579. Le troi
ſiéme, la Vie de Henri I, Connétable
de France , celle de Charles , Duc d'Am
ville, grand Amiral de France, & celle
de Henri II , Duc de Montmorenci ,
depuis 1 547, juſqu'en 1632. Le qua
· triéme, la Vie de François-Henri de
Montmorenci , Maréchal , Duc de
Luxembourg, depuis 1628 , juſqu'en
1679. Le cinquiéme, la ſuite de cette
-Vie, juſqu'en 1695.
DE l'exportation & de l'inportation
des grains , Mémoire lû à la Société
-Royale d'Agriculture de Soiſſons, par
M. Dupont, l'un des Aſſociés , avec
cette épigraphe : fluunt imbres , naſci
turaurum. F. Q. A Soiſſons, & ſe trouve
à Paris , chez P. G. Simon , Imprimeur
du Parlement, rue de la Harpe, à l'Her
cule ; avec approbation & privilége du
Roi, 1764; brochure in-8°. de 175
pages.
Il s'agit de prouver les avantages im
menſes que la Nation trouveroit dans
la liberté générale, abſolue & irrévo
cable du commerce extérieur des grains.
Cet écrit nous paroît auſſi ſolide & auſſi
convainquant, que nous le trouvons
E ij
1oo MERCURE DE FRANCE,
clair , précis & méthodique. Par-tout
l'Auteur s'y montre comme un citoyen
zélé, dont toutes les vues n'ont pour
objet que le bien public.
HIsToIRE d'Angleterre, depuis la
deſcente de Jules-Céſar, juſqu'au Trai
té d'Aix-la-Chapelle en 1748, par M.
T. Smolett, M. D. traduite de l'Anglois
par M. Targe, Correſpondant de l'Aca
démie Royale de Marine, & Profeſſeur
de Mathématique à l'Ecole Royale mili
taire; à Orléans, chez J. Rouzeau-Mon- .
taut, & à Paris , chez Deſaint & Sail
lant, rue S. Jean de Beauvais, & chez
Deſpilly , rue S. Jacques, dix-neuf vo
lumes in-12 , avec approbation & pri
vilége du Roi.
On a rendu compte dans le Mercure
du mois de Décembre 176o des quatre
premiers volumes de cet Ouvrage, ce
qu'on auroit continué de faire, ſi on en
avoit eu plutôt la ſuite : il a eu le ſuccès
le plus étonnant dans ſa langue origi
nale. Après pluſieurs éditions qui ont
conſommé plus de dou7e mille exem
plaires , les Libraires de Londres en
annoncent deux nouvelles ſous diffé
rens formats. Cette Hiſtoire eſt la ſeule
qui conduiſe les événemens juſqu'à
J U I N. 1764.
- IO I
notre temps. On continuera à la don
ner pour le prix de quarante-huit livres
reliée, juſqu'à la fin de la préſente an
née , après lequel temps elle ſe vendra
trois livres le volume. On en trouve
des exemplaires à Lyon , chez Bruiſet
Ponthus , & à Rouen , chez la veuve
Dumeſnil.
VIE de Michel de L'Hôpital, Chan
celier de France , à Londres, chez Da
vid Wilſon , & à Paris, chez Debure,
pere, quai des Auguſtins, à l'image S.
Paul , avec permiſſion, 1764, un vol.
in-12. prix , 2 liv. 8 ſols broché.
A juger par l'impreſſion qu'a fait ſur
nous la lecture de cet Ouvrage, nous
croyons qu'on le lira avec le † grand
intérêt. L'Auteur nous repréſente le
Chancelier de L'Hôpital comme un des
perſonnages les plus eſtimables qu'ait
roduit la Nation. Le bien public fut
† qui occupa tous les inſtans de ſa
vie; & pour rendre ſes concitoyens plus
heureux, il ne voulut que les rendre
plus raiſonnables. C'eſt ſous ce point de
vue que l'Hiſtorien enviſage ſon Héros ;
& les détails qu'il offre à ſes Lecteurs
ſont également curieux & inſtructifs.
E iij
',
no2 MERCURE DE FRANCE.
D1ssERTATION adreſſée à nos Sei
gneurs les Evêques, où les jeunes Ex
Jéſuites prouvent qu'ils peuvent en hon
rieur & en ſûreté de conſcience, prêter
les ſermens que les Parlemens exigent
d'eux, brochure in-12 de ſoixante-huit
pages, dont on trouve quelques exem
plaires à Lyon, chez les Libraires aſſo
ciés, & à Paris chez Bauche, quai des
Auguſtins , 1764.
On expoſe d'abord la formule du ſer
ment; on la partage enſuite en pluſieurs
articles ; on fait voir qu'il n'y en a aucun
que les jeunes Jéſuites , c'eſt-à-dire,
ceux qui n'ont pas fait les derniers vœux,
ne puiſſent ſigner. On propoſe les diffé
rentes objections que l'on peut faire
contre cette opinion ; & il nous a paru
qu'on les réfutoit aſſez bien.
RÉFLExIoNs générales ſur l'iſle de
Minorque, ſur ſon climat, ſur la ma
nière de vivre de ſes habitans , & ſur
les maladies qui y regnent , par M.
Claude-François Paſſerat de la Cha
pelle , Conſeiller du Roi, Medecin ci
devant de l'Armée de France dans cette
iſle, Aſſocié-Correſpondant de la So
ciété Royale des Sciences de Montpel
lier , à Paris, chez la veuve d'Houry ,
J U I N. 1764.
: c3
Imprimeur-Libraire de Mgr le Duc d'Or
léans, rue S. Severin, près la rue S.
Jacques , avec approbation & permiſ
fion , 1764 , brochure in-12 de 139
pages.
-
A
L'Auteur n'avoit d'abord fait ces ob
ſervations que pour ſa propre inſtruc
· tion ; mais les avantages qu'il en retira
pour fa pratique, lui perſuaderent qu'el
les pourroient être utiles à ceux qui lui
· ſuccéderoient dans la place qu'il occu
poit. Il les rédigea donc par écrit : il y
joignit les réfléxions qu'il avoit faites
ſur les maladies qui lui avoient paru
régner plus particuliérement dans ce
pays, & dépendre de l'expoſition des
lieux, de la nature du ſol & de la ma
nière de vivre de ſes habitans. Il forma
de tout cela l'Ouvrage que nous an
nonçons, & que nous croyons très
utile.
TARIF de la réduction des mon
noies de France & de Lorraine; à Nan
cy, chez Charlot, fils, Imprimeur des
Cours Souveraines , rue S. Nicolas ,
1763 , & à Paris, chez Brocas & Hum
blot, rue S. Jacques , au ChefS. Jean,
petit in-32 de 4o pages.
Ce Livret peut convenir aux Négo
E iv
1o4 MERCURE DE FRANCE.
cians de France qui ſont dans le cas de
faire le commerce avec les Lorrains.
DIssERTATIoN ſur les dépôts du
ſinus maxillaire , par M. Bourdet, Den
tiſte du Roi , Chirurgien ordinaire ,
Opérateur de Sa Majeſté, &c. A Paris,
de l'imprimerie de Jean-Thomas Hériſ
ſant, Imprimeur du Cabinet du Roi,
avec approbation & permiſſion, 1764,
brochure in-12 de quarante-huit†
M. Sue ,
Chirurgien & Cenſeur
Royal, dit dans ſon Approbation , que
l'Ecrit de M. Bourdet , ſon confrère ,
contient pluſieurs obſervations qui lui
ont paru intéreſſantes & utiles au Pu
blic. Nous nous en tenons à cette déci
ſion d'un homme de l'Art.
Fermer
12669
p. 205-217
RELATION HISTORIQUE De la Prise de l'Isle de Minorque, & principalement des Port-Mahon & Fort Saint-Philippe; envoyée par un Officier de l'Armée.
Début :
Je crois avant que d'entrer dans le détail du Siege du Fort [...]
Mots clefs :
Île de Minorque, Port Mahon, Fort Saint-Philippe, Siège, Garnison, Grenadiers, Attaque, Description historique, Description géographique, Anglais
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texteReconnaissance textuelle : RELATION HISTORIQUE De la Prise de l'Isle de Minorque, & principalement des Port-Mahon & Fort Saint-Philippe; envoyée par un Officier de l'Armée.
RELATION HISTORIQUE
De la Prife de l'Iſle de Minorque , & principalement
des Port-Mahon & Fort Saint-
Philippe ; envoyée par un Officier de l'Armée.
Du Fort S. Philippe , le 30 Juin 1756.
JEE crois avant que d'entrer dans le détail du
Siege du Fort Saint- Philippe , devoir donner une
idée fuccincte, géographique & hiftorique de cette
In e.
L'Ile Minorque fituée dans la Méditerrannée ,
placée précisément au quatrieme degré de latitu
de , à foixante- dix lieues de Marfeille , & à quinze
des côtes de l'Afrique , faifoit anciennement partie
des Iles appellées Baléares , du nom d'un
Grec nommé Baléus , qui fut le premier qui en
fit la découverte .
Sa fituation eft oblongue ; elle a dix- huit lieues
de longueur fur- neuf dans fa plus grande largeur.
Son climat eft fort fain , l'air paffablement tempé
ré il y egne cependant des chaleurs infupporta.
bles pendant les mois de Mai , Juin , Juiller
& Août le refte de l'année est un printemps
continuel : rarement y voit - on de la gelée . Son
local n'eft pas montagneux , quoiqu'affez inégal
206 MERCURE DE FRANCE .
Le terrein produit de tout ce qui est néceffaire
à la vie , furtout de très- bon gibier , d'excellent
mufcat : tous les fruits y font délicieux .
L'Ille eft divifée en cinq territoires, dont chacun
porte le nom de la Ville principale ou Chef-lieu.
Le premier eft Ciutadella qui peut avoir aux
environs de 7 à 8 mille Habitans. Anciennement
les Gouverneurs faifoient leur réfidence encerre
Ville , où on compte actuellement juſqu'à 600
maifons. Le fecond territoire eft Ferrorias , qui
a tout au plus douze cens Habitans: Marcadal
eft le troifieme , dont le nombre d'Habitans ne
paffe pas dix-huit cens. Aleyor eft le quatrieme ,
& eft plus confidérable ; auffi peut- il fournir près
de cinq mille Habitans . Mahon eft le cinquieme
& . dernier territoire. La Ville de Mahon eft la
Capitale de toute l'Ifle : c'eft la réfidence du
Gouverneur & des Corps de Juftice : fon beau
Port & le voisinage du Fort Saint- Philippe , la
rendent infiniment plus confidérable : elle peut
compter au nombre de vingt mille Habitans.
Ily a dans l'Ile deux ports capables de recevoir
les plus gros Vaiffeaux le Port Fornelle , & le
Port Mahon ; il y a encore plufieurs Cales où les
Bâtimens Marchands peuvent mouiller.
2
L'entrée du Port Mahon eft défendue à l'Ouest
par le Fort S. Philippe , & à l'Eft par le Fort
Philippet. Je me tais fur le refte de l'ifle , parce
qu'il n'y a rien qui mérite votre attention .
Comme les Habitans de l'Ifle font originaired'Efpagne
, la Religion Catholique s'y eft confervée.
C'étoit le Gouverneur Anglois qui nommoit
aux Bénéfices , fuivant un article du Traité
d'Utrecht.
Les Cartaginois furent anciennement les Maî→
tres des Illes Baléares , dont l'Ile Minorque faifoit.
AOUST. 1756. 207
partie. Après la feconde guerre Punique , les
Romains en devinrent les Poffeffeurs j'ufqu'à
Pinondation des Goths & Vandales , vers l'an
421. Ceux - ci les conferverent jufqu'au huitieme
fiecle , que les Sarrazins en firent la conquête.
Minorque fut foumiſe à ces derniers , jufqu'à l'an
1210 qu'ils perdirent la fameuſe Bataille de Loza ,
où il périt deux cens mille Maures . Les Minorcains
refterent jufqu'en 1287 dans une espece d'indépendance
, en payant feulement un tribut annuel
aux différens Princes d'Efpagne qui les proté
geoient. Les naturels du Pays fe trouvoient dès ce
temps confondus avec un refte de Sarrazins : la
Religion Mahométane y étoit la dominante. Les
Minorcains voulant s'affranchir du tribut qu'ils
payoient à l'Espagne, attirerent dans leur Ifle quantité
de Barbares de l'Afrique , leurs voifins : mais
Alphonfe , Roi d'Arragon , ayant eu vent du complot,
fit une defcente dans l'Ifle, avec une armée qui
mit tout à feu & à fang , contraignit le gros des
Habitans de ferenfermer dans laFortereffe du Mont
Sainte- Agatte , les affiégea , les prit , La plûpart
périrent par les armes : quelques-uns furent envoyés
en Afrique , & d'autres ne fauverent leur vie qu'en
perdant leur liberté , c'est- à- dire , qu'ils devinrentefclaves
des Espagnols , qui s'établirent dans l'Ile
fous la protection des Rois d'Efpagne . Les Princes
d'Efpagne ont confervé une autorité fouveraine
dans l'ifle Minorque , jufqu'en 1708 que les
Anglois formerent le deffein de s'en rendre les
maîtres.
En effet le 14 Décembre , le Général Comte de
Stenhope y débarqua avec trois mille hommes ,
42 pieces de canon & 15 mortiers. Les troupes
qui étoient répandues dans les différens quartiers .
de l'Ile , fe renfermerent dans les Forts Fornelle
208 MERCURE DE FRANCE.
& Saint-Philippe . Les premieres opérations des An
glois furent d'attaquer Fornelle , qu'ils prirent ea
deux jours. Auffi - tôt après cette réduction , ils
dirigerent leurs forces contre le Fort S. Philippe ,
qui ne tint que quinze jours : la Garnifon compofée
de François & d'Elpagnols , fut renvoyée
partie en France , partie en Espagne. Dès ce moment
les Anglois s'établirent dans Minorque , &
la poffeffion leur en a été affurée par le Traité de
Paix conclu à Utrecht , le 13 Juillet 1713. Ils en
ont été les maîtres pendant 48 ans. Ils le feroient
encore , fi leur pyraterie n'eût obligé notre glorieux
Monarque à punir l'infulte que cette Nation
3
ne ceffe de faire depuis deux ans au Pavillon François.
Il vous paroîtra fingulier , Monfieur , que nous
ayons été fi long - teins à nous rendre les maîtres
de cette Place , pendant que des Anglois en
avoient fait la conquête en moins de trois femaines.
Votre furpriſe ceffera quand vous ferez
inftruit des travaux immenfes que cette nation
a fait au Fort S. Philippe , dont la dépenſe ſe
monte à plus de cent millions , c'eſt - à - dire , plus
que toute l'ile ne peut valoir , fi on en excepte
toutefois la grande reffource dont elle étoit pour
le Commerce des Anglois au Levant.
Voici à peu près la defcription du Fort S. Philippe
, & vous conviendrez , avec toute l'Europe
, qu'il n'a pas fallu moins de prudence que de
courage & de fermeté , pour triompher de tous
les obftacles qui fe rencontroient à chaque pas.
Il est conftruit fur une langue de terre qui
avance dans la mer. Quatre baftions , autant de
courtines , environnés d'un large & profond foffé ,
taillés dans le roc vif , font le principal corps
de la Place : les ouvrages extérieurs , qui font ea
A O UST. 1756. 209
très-grand nombre , s'étendent jufqu'aux rivages
des deux côtés de la langue de terre : les mines
y font abondantes & fi bien diftribuées , qu'elles
fe communiquent au moyen de différens fouterreins.
Les fouterreins font immenfes , & fourniffent
des logemens fuffifans pour une garnifon
des plus confidérables , à l'abri des bombes
& du canon , & dont les approches font minées
& contreminées : avant que de parvenir à
pouvoir battre en breche , il faut s'emparer des
forts de Malbourough , de S. Charles , de Strugen
, d'Orgil & de la Reine , qui entourent les
grands ouvrages du Fort , & fe communiquent
aux autres au moyen des chemins couverts taillés
dans le roc ; enfin le Plan qui vient d'en être
levé, & que vous trouverez fans doute à Paris ( 1 ) ,
vous fuffira pour juger par vous - même des
Ouvrages immenfes que les Anglois y ont faits
depuis qu'ils en étoient en poffeffion . Ajoutez
à tous ces ouvrages trois fontaines intariffables ,
& une citerne,contenant de l'eau pour fix mois
à une garnifon de quatre mille hommes , à l'épreuve
de tout accident : ces avantages font
d'une reffource encore au deffus de toutes les
fortifications.
Quoique les Gazettes vous aient pu inftruire
de toutes nos opérations juſqu'au jour de l'atta
que
des Forts , dont nous nous fommes rendus les
maîtres l'épée à la main , vous ne trouverez pas
mauvais que je vous en donne un détail abrégé.
Notre Flotte , aux ordres de M. le Marquis de la
Galiffoniere , partit de Toulon le 8 Avril M. le
Maréchal de Richelieu monta le Foudroyant avec
(1 ) Ilfe trouve chez le fieur Beaurain & chez
Je fieur le Rouge.
210 MERCURE DE FRANCE.
1
M. de la Galiffoniere. Nous arrivâmes â Ciutaš
della le jour de Pâques 18 du mois , après avois
effuyé quelques coups de vent qui retarderent
notre marche , & féparerent quelques vaiffeaux
de l'Efcadre. Le premier foin de M. le Maréchal
fut de faire chanter le Te Deum dans l'Eglife Collégiale
de la Ville , en action de graces de notre
heureux abordage . Les 18 , 19 , & 20 furent employés
au débarquement des troupes & de l'artil
lerie , fans aucune oppofition de la part des Anglois
; ceux- ci s'étant retirés , aux premieres nouvelles
de notre eſcadre , dans le Fort S. Philippe ,
après y avoir fait entrer tout ce qui pouvoit leur
-être néceffaire pour une longue réfiftance , &
avoir commis les hoftilités les plus fâcheufes, tant
fur les habitans que fur les beftiaux qu'ils ne purent
emmener avec eux.
Le 20 notre armée fe mit en marche par deux
chemins pour fe rendre à Mahon . Vingt - quatre
Compagnies de Grenadiers , & la Brigade de
Royal tinrent la gauche fous les ordres de ' MM.
Damefnil & de Monteynard , pendant que le gros
de l'armée marchoit à droite pour former Pinveftiffement
du Fort S. Philippe. Le 22 nous entrames
dans Mahon aux acclamations du Peuple ,
qui commençoit à nous regarder comme fes Libérateurs
.
Il n'eft pas poffible de vous exprimer les peines
& les travaux qu'il a fallu faire pour conduire notre
artillerie de Ciutadella ici , par lá précaution que
les Anglois avoient eue de rendre toutes les avenues
impraticables.
M. le Maréchal de Richelieu fit conftruire les
premieres batteries fur le Mont des Signaux , une
des pieces de canons , une de mortiers pareils en
nombre , qui commencerent à tirer dès le 8 Mai.
A O UST. 1756. 211
Le7, le Fauxbourg de la Ravale ( 1 ) fut occupé par
un détachement de 100 Volontaires , quatre compagnies
de Grenadiers & fix piquets , aux ordres
du Comte de Briqueville , avec 600 Travailleurs
pour y former des épaulemens , & y établir des
batteries.
Le 10 , M. le Marquis de Roquépine fe rendit
avec douze cens hommes , pour occuper les dehors
du Fort Malbourough.
Les 11 & 12 furent employés à conftruire les
batteries de droite , de gauche & du centre du
Fauxbourg de la Ravale la batterie des mortiers
commença à tirer dès la nuit du 12 au 13.
Le 17 ,
12
la batterie de canons de la droite fe
trouva en état de tirer.
Le 18 , M. Dupinay , qui commandoit la batterie
de la gauche , fut tué , & M. le Prince de
Wirtemberg légérement bleffé.
Le 19 , l'Efcadre Angloife ayant paru à la hauteur
de l'Ile pour attaquer la nôtre qui fermoit
l'embouchure du Port- Mahon , notre Général envoya
à M. le Marquis de la Galiffoniere un renfort
de 13 piquets . Notre Chef d'Efcadre fit toules
opérations néceffaires pour empêcher toute
communication avec les Affiégés .
Le 20 , une bombe des ennemis ayant mis le
feu à une de nos batteries , la Garnifon du Fort
S. Philippe animée par la préfence de l'Eſcadre
Angloife , fit une fortie confidérable : mais nos
(1), Ce Fauxbourg doit avoir un autre_nom :
le mot Arrabal fignifie un Fauxbourg , en Langue
Espagnole , & c'eft fans doute par erreur que nos
Officiers, qui les premiers ont entendu nommer aux
Habitans de l'Ifle Minorque ce Fauxbourg Arrabal
Pont écrit la Ravalle.
212 MERCURE DE FRANCE.
Grenadiers l'obligerent de rentrer avec autant de
précipitation que de perte.
Les 21 & 22 furent employés à réparer nos
batteries , que le feu violent des ennemis avoient
prefque démontées.
Le foir même du 22 , notre armée fit des
réjouiffances à l'occafion de l'avantage que
notre Efcadre avoit remporté fur celle des
Anglois. ( Vous avez fans doute vu la Rélation
de ce Combat Naval , dans lequel on ne fçauroit
trop exalter la bonne manovre de M. le Marquis
de la Galiffoniere , qui obligea l'Amiral Byng de
fe retirer avec beaucoup de dommages ) .
Le feu des Ennemis devint fi fort, que nous fûmes
obligés d'abandonner le Fauxbourg de la Ravale`,
dont toutes les maifons ont été renversées par
l'artillerie du Fort , ce qui obligea M. le Maréchal
de Richelieu à changer le plan général de fon attaque
fur le Fort Philippe.
Il fallut employer plufieurs jours pour le tranfport
de terre , pour élever de nouvelles batteries
dont le feu ne put commencer que le s Jain.
Dès ce moment le feu fuccefif de nos batteries
de temps une grande partie des travaux
extérieurs de la Place.
ruina en peu
On commença dès le 15 à déblayer les maifons
où l'on avoit réfolu d'établir une nouvelle batterie
de 12 pieces de canons en avant du Fauxbourg
de la Ravale , afin de détruire entiérement la Redoute
de la Reine & la lunette de Ken , & de bat.
tre la contre-garde de l'ouvrage à cornes ; ce qui
fit des merveilles .
Nous avons eu depuis ce temps là 84 pieces de
canons de 24 livres de balles , & 22 mortiers dif
tribués dans douze batteries . Elles n'ont point dif
continué de battre depuis le 16 Juin. La plupar
A OUST. 1756. 213
ne fervoient qu'à demonter les batteries ennemies.
Il ne falloit pas moins aux Affiégés que les
250 pieces de canons & les 40 mortiers qu'ils
avoient , pour faire la défenfe qu'on a éprouvée
jufqu'à la fin. Ce grand nombre de pieces leur
donnoit la facilité de remplacer celles que nous
leur démontions tous les jours.
Voici le détail de l'attaque qui mit nos En
nemis à la raiſon , & qui fera naître dans le coeur
des bons Francois , la joie qu'une longue réſiſtan
ce avoit fans doute altéréë.
>
M. le Maréchal ayant jugé qu'il étoit indifpenfable
d'accélérer l'attaque des ouvrages exté
rieurs , & voulant la favorifer en occupant
l'Ennemi dans plufieurs points de fa défenſe , ordonna
pour le 27 une attaque qui fut diviſée en
quatre points principaux .
M. le Marquis de Laval , de tranchée , fut
chargé de l'attaque de la gauche , divifée fur les
Forts de Strugen & d'Orgil , fur la Redoute de
la Reine , & fur celle de Ken : il avoit à fes ordres
16 Compagnies de Grenadiers , & quatre
Bataillons pour foutenir l'attaque .
Il avoit fous lui M. le Marquis de Monti &
M. de Briqueville , Colonel , dont le Régiment
étoit Chef de tranchée : Royal-Comtois étoit le
deuxieme Régiment.
M. de Monti fut deftiné à attaquer Strugen &
Orgil , à la tête des Compagnies de Grenadiers
de Royal-Comtois , Vermandois , Nice & Rochefort
, & de deux piquets foutenus par le premier
Bataillon de Royal - Comtois.
M. de Briqueville devoit fe porter fur Ken &
le chemin couvert , entre cet ouvrage & celui de
la Reine , à la tête de cinq Compagnies de Grenadiers
de Briqueville , Medoc & Cambis , & de
deux piquets.
214 MERCURE DE FRANCE:
M. de Sade , Lieutenant-Colonel de Brique
ville , devoit attaquer la Redoute de la Reine à la
tête de quatre Compagnies de Grenadiers d'Haynaut
, Cambis & Soiffonnois.
Il y avoit à la fuite de chacune de ces trois attaques
, deux Ingénieurs & 150 Travailleurs , un
Officier du Corps Royal & dix Canonniers , une
Brigade de Mineurs , & un détachement de 60
Volontaires portant dix échelles.
L'attaque du centre étoit dirigée ſur la Redoute
de l'Ouest & la Lunette Caroline , & commandée
par M. le Prince de Bauveau. Il y avoit à fes ordres
deux Brigadiers avec lefquels il devoit foutenir
la tranchée en cas de befoin.
La premiere attaque de la droite commandée
par M. le Comte de Lannion , é.oit dirigée fur le
Fort de Malboroug Il avoit à fes ordres la Brigade
de Royal & le Régiment de Bretagne , aina
que M. de Roquépine qui , à la tête de 400 Volontaires
& de roo Grenadiers , devoit débarquer
dans la Cale de S. Etienne , pour delà marcher
au Fort de S. Charles . On devoit avoir pour cet
effet 100 Chaloupes de l'Eſcadre : mais comme
elles ne purent arriver à temps , on y fuppléa par
celles qu'on put raffembler dans la journée.
La feconde attaque de la droite , aux ordres de
M. le Marquis de Monteynar , commandant la
Brigade de Royal - la Marine & Talaru , avoit
pour objet de s'emparer de la Lunette de Sud-
Ouest , de longer la Langue de S. Etienne , qui
eft entre la Place & le Fort Malboroug ; de fe
communiquer avec l'attaque du Fort S. Charles ,
& de couper la communication du Fort Malboroug
avec le Fort de S. Philippe.
En même temps que toutes ces attaques ſe faifoient
, M. de Beaumanoir , Lieutenant- Colonel ,
A O UST. 1756. 215
commandant à la Tour des Signaux , devoit avec
fon détachement partir dans les Chaloupes de la
Cale , qui eft entre le Fort Saint- Philippe & la
Tour des Signaux , pour venir favorifer l'attaque
de M. de Monti , & tâcher de fe gliffer dans le
chemin couvert , entre la demi-lune & le Fort
d'Orgil.
M. de Fortouval , Capitaine d'Haynaut , de
voit avec 100 hommes de détachement débarquer
au pied de la grande batterie des Ennemis , du
côté du Pont.
A.dix heures du foir , toutes nos batteries ayant
ceffé , le fignal de l'attaque fut donné par un
coup de canon & quatre bombes tirées de la Tour
des Signaux.
M. de Monti déboucha fur Strugen & Orgil ,
& fucceffivement MM . de Briqueville & de Sade
fe porterent avec vivacité fur leur point d'attaque
de Ken & de la Reine .
Nos troupes marcherent avec la plus grande
valeur , & après un feu très-vif , très-long & trèsmeurtrier
, elles parvinrent à s'emparer de Strugen
, d'Orgil, & du Fort de la Reine. Les Ennenis
firent jouer quatre fourneaux qui nous ont
coûté environ so hommes .
On travailla fur le champ au logement de
cette partie , qui étoit la principale attaque ,
pendant que les autres faifoient leur diverfion.
L'ardeur des Grenadiers que commandoit M.
de Bricqueville les ayant emportés , ils fe jetterent
fur la Redoute de la Reine , au lieu de fe
porter fur Ken qu'ils devoient attaquer .
M. le Prince de Bauveau ayant fait marcher
les Grenadiers de Vermandois & 100 hommes
de chaque Brigade fur la Redoute Caroline , &
les Grenadiers de Royal-Italien , avec 1oo hom216
MERCURE DE FRANCE.
mes de cette Brigade , à la Redoute de l'Oueſt ;
il s'empara du chemin couvert , & y fit enclouer
douze pieces de canon le logement y étant
impraticable , parce que la Redoute de Ken
n'étoit pas prife , & qu'il ne pouvoit dans la
nuit affurer fa communication , il fe contenta
de faire couper les paliffades , de faire brifer
les affûts , & de foutenir quelque temps cette
attaque qui favorifoit la principale.
Elle fut faite avec la plus grande intelligence
& la plus grande valeur.
Les attaques de MM. de Lannion & de Mon
teynard , dépendant prefque du fuccès du For
s. Charles , ils attendoient le fignal que devoir
faire M. de Roquépine ; mais les Ennemis s'étant
apperçus de beaucoup de mouvemens dans
cette partie , par les manoeuvres que les Chaloupes
avoient été obligées de faire , ſe tinrent
fur leurs gardes , & ne permirent pas à M. de
Roquépine de faire le débarquement qu'il avoit
tenté , & qui ne pouvoit réuffir que par une
furpriſe.
>
Pendant ce temps - là M. de Lannion fit inquiéter
le Fort Malborough . La divifion de tous
ces feux & la combinaifon de toutes ces attaques
, donnerent le temps à celles de la gauche
d'aflurer fon fuccés, de facon qu'à la pointe
du jour nous pumes établir 400 hommes dans
le Fort de la Reine , & 200 dans Strugen &
Orgil.
M. le Maréchal s'étoit placé au centre des attaques
de la gauche , & avoit avec lui MM . de Maillebois
, du Mefnil , & le Prince de Wirtemberg.
Il a donné pendant toute l'action les confeils
néceffaires au fuccès de l'attaque , dans lefquels
on n'a pu s'empêcher d'admirer les difpofitions
A O
UST.
1756.
217
tions de notre Général & les prodiges de notre
Infanterie.
M. de Lannion a eu une légere contufion à
' épaule , & M. le Marquis de S. Tropès , Aide
de Camp de M. de Maillebois , a été
légérement
bleffé au visage .
A cinq heures du matin on a demandé réciproquement
une fufpenfion d'armes pour retirer
les morts , & elle a été accordée. Nous
avons eu environ 25 Officiers de tués ou bleffés ,
& 400 Soldats..
· M. de Huetton , le Lieutenant de Vaiffeau
qui
commandoit les Chaloupes de l'attaque du
Fort S. Charles , a été tué.
On doit le fuccès de
l'attaque , de la gau
che furtout , à la bonne
conduite de M. de
Monti , qui a fuivi avec la plus grande valeur
& la plus grande fermeté les
difpofitions qu'avoit
faites M. de Laval.
On a pris beaucoup de mortiers & de canons
dans les Forts de Strugen , d'Orgil & de la Reine.
On a fait quinze
prifonniers , du nombre deſquels
eft le fecond
Commandant des Ennemis qui fai
foit le détail de la défenſe.
Le 28 , à deux heures après-midi , trois Députés
de la Place
demanderent à parler à notre
Général. Le réſultat de cette
conférence étoit
qui leur fut accordé vingt- quatre heures pour
dreffer les articles de
Capitulation : on leur accorda
jufqu'à huit heures du foir. Il en revint
un à l'heure marquée , qui apporta à M. le Maréchal
un projet d'articles ,
auxquels il fut ré
pondu le lendemain matin.
De la Prife de l'Iſle de Minorque , & principalement
des Port-Mahon & Fort Saint-
Philippe ; envoyée par un Officier de l'Armée.
Du Fort S. Philippe , le 30 Juin 1756.
JEE crois avant que d'entrer dans le détail du
Siege du Fort Saint- Philippe , devoir donner une
idée fuccincte, géographique & hiftorique de cette
In e.
L'Ile Minorque fituée dans la Méditerrannée ,
placée précisément au quatrieme degré de latitu
de , à foixante- dix lieues de Marfeille , & à quinze
des côtes de l'Afrique , faifoit anciennement partie
des Iles appellées Baléares , du nom d'un
Grec nommé Baléus , qui fut le premier qui en
fit la découverte .
Sa fituation eft oblongue ; elle a dix- huit lieues
de longueur fur- neuf dans fa plus grande largeur.
Son climat eft fort fain , l'air paffablement tempé
ré il y egne cependant des chaleurs infupporta.
bles pendant les mois de Mai , Juin , Juiller
& Août le refte de l'année est un printemps
continuel : rarement y voit - on de la gelée . Son
local n'eft pas montagneux , quoiqu'affez inégal
206 MERCURE DE FRANCE .
Le terrein produit de tout ce qui est néceffaire
à la vie , furtout de très- bon gibier , d'excellent
mufcat : tous les fruits y font délicieux .
L'Ille eft divifée en cinq territoires, dont chacun
porte le nom de la Ville principale ou Chef-lieu.
Le premier eft Ciutadella qui peut avoir aux
environs de 7 à 8 mille Habitans. Anciennement
les Gouverneurs faifoient leur réfidence encerre
Ville , où on compte actuellement juſqu'à 600
maifons. Le fecond territoire eft Ferrorias , qui
a tout au plus douze cens Habitans: Marcadal
eft le troifieme , dont le nombre d'Habitans ne
paffe pas dix-huit cens. Aleyor eft le quatrieme ,
& eft plus confidérable ; auffi peut- il fournir près
de cinq mille Habitans . Mahon eft le cinquieme
& . dernier territoire. La Ville de Mahon eft la
Capitale de toute l'Ifle : c'eft la réfidence du
Gouverneur & des Corps de Juftice : fon beau
Port & le voisinage du Fort Saint- Philippe , la
rendent infiniment plus confidérable : elle peut
compter au nombre de vingt mille Habitans.
Ily a dans l'Ile deux ports capables de recevoir
les plus gros Vaiffeaux le Port Fornelle , & le
Port Mahon ; il y a encore plufieurs Cales où les
Bâtimens Marchands peuvent mouiller.
2
L'entrée du Port Mahon eft défendue à l'Ouest
par le Fort S. Philippe , & à l'Eft par le Fort
Philippet. Je me tais fur le refte de l'ifle , parce
qu'il n'y a rien qui mérite votre attention .
Comme les Habitans de l'Ifle font originaired'Efpagne
, la Religion Catholique s'y eft confervée.
C'étoit le Gouverneur Anglois qui nommoit
aux Bénéfices , fuivant un article du Traité
d'Utrecht.
Les Cartaginois furent anciennement les Maî→
tres des Illes Baléares , dont l'Ile Minorque faifoit.
AOUST. 1756. 207
partie. Après la feconde guerre Punique , les
Romains en devinrent les Poffeffeurs j'ufqu'à
Pinondation des Goths & Vandales , vers l'an
421. Ceux - ci les conferverent jufqu'au huitieme
fiecle , que les Sarrazins en firent la conquête.
Minorque fut foumiſe à ces derniers , jufqu'à l'an
1210 qu'ils perdirent la fameuſe Bataille de Loza ,
où il périt deux cens mille Maures . Les Minorcains
refterent jufqu'en 1287 dans une espece d'indépendance
, en payant feulement un tribut annuel
aux différens Princes d'Efpagne qui les proté
geoient. Les naturels du Pays fe trouvoient dès ce
temps confondus avec un refte de Sarrazins : la
Religion Mahométane y étoit la dominante. Les
Minorcains voulant s'affranchir du tribut qu'ils
payoient à l'Espagne, attirerent dans leur Ifle quantité
de Barbares de l'Afrique , leurs voifins : mais
Alphonfe , Roi d'Arragon , ayant eu vent du complot,
fit une defcente dans l'Ifle, avec une armée qui
mit tout à feu & à fang , contraignit le gros des
Habitans de ferenfermer dans laFortereffe du Mont
Sainte- Agatte , les affiégea , les prit , La plûpart
périrent par les armes : quelques-uns furent envoyés
en Afrique , & d'autres ne fauverent leur vie qu'en
perdant leur liberté , c'est- à- dire , qu'ils devinrentefclaves
des Espagnols , qui s'établirent dans l'Ile
fous la protection des Rois d'Efpagne . Les Princes
d'Efpagne ont confervé une autorité fouveraine
dans l'ifle Minorque , jufqu'en 1708 que les
Anglois formerent le deffein de s'en rendre les
maîtres.
En effet le 14 Décembre , le Général Comte de
Stenhope y débarqua avec trois mille hommes ,
42 pieces de canon & 15 mortiers. Les troupes
qui étoient répandues dans les différens quartiers .
de l'Ile , fe renfermerent dans les Forts Fornelle
208 MERCURE DE FRANCE.
& Saint-Philippe . Les premieres opérations des An
glois furent d'attaquer Fornelle , qu'ils prirent ea
deux jours. Auffi - tôt après cette réduction , ils
dirigerent leurs forces contre le Fort S. Philippe ,
qui ne tint que quinze jours : la Garnifon compofée
de François & d'Elpagnols , fut renvoyée
partie en France , partie en Espagne. Dès ce moment
les Anglois s'établirent dans Minorque , &
la poffeffion leur en a été affurée par le Traité de
Paix conclu à Utrecht , le 13 Juillet 1713. Ils en
ont été les maîtres pendant 48 ans. Ils le feroient
encore , fi leur pyraterie n'eût obligé notre glorieux
Monarque à punir l'infulte que cette Nation
3
ne ceffe de faire depuis deux ans au Pavillon François.
Il vous paroîtra fingulier , Monfieur , que nous
ayons été fi long - teins à nous rendre les maîtres
de cette Place , pendant que des Anglois en
avoient fait la conquête en moins de trois femaines.
Votre furpriſe ceffera quand vous ferez
inftruit des travaux immenfes que cette nation
a fait au Fort S. Philippe , dont la dépenſe ſe
monte à plus de cent millions , c'eſt - à - dire , plus
que toute l'ile ne peut valoir , fi on en excepte
toutefois la grande reffource dont elle étoit pour
le Commerce des Anglois au Levant.
Voici à peu près la defcription du Fort S. Philippe
, & vous conviendrez , avec toute l'Europe
, qu'il n'a pas fallu moins de prudence que de
courage & de fermeté , pour triompher de tous
les obftacles qui fe rencontroient à chaque pas.
Il est conftruit fur une langue de terre qui
avance dans la mer. Quatre baftions , autant de
courtines , environnés d'un large & profond foffé ,
taillés dans le roc vif , font le principal corps
de la Place : les ouvrages extérieurs , qui font ea
A O UST. 1756. 209
très-grand nombre , s'étendent jufqu'aux rivages
des deux côtés de la langue de terre : les mines
y font abondantes & fi bien diftribuées , qu'elles
fe communiquent au moyen de différens fouterreins.
Les fouterreins font immenfes , & fourniffent
des logemens fuffifans pour une garnifon
des plus confidérables , à l'abri des bombes
& du canon , & dont les approches font minées
& contreminées : avant que de parvenir à
pouvoir battre en breche , il faut s'emparer des
forts de Malbourough , de S. Charles , de Strugen
, d'Orgil & de la Reine , qui entourent les
grands ouvrages du Fort , & fe communiquent
aux autres au moyen des chemins couverts taillés
dans le roc ; enfin le Plan qui vient d'en être
levé, & que vous trouverez fans doute à Paris ( 1 ) ,
vous fuffira pour juger par vous - même des
Ouvrages immenfes que les Anglois y ont faits
depuis qu'ils en étoient en poffeffion . Ajoutez
à tous ces ouvrages trois fontaines intariffables ,
& une citerne,contenant de l'eau pour fix mois
à une garnifon de quatre mille hommes , à l'épreuve
de tout accident : ces avantages font
d'une reffource encore au deffus de toutes les
fortifications.
Quoique les Gazettes vous aient pu inftruire
de toutes nos opérations juſqu'au jour de l'atta
que
des Forts , dont nous nous fommes rendus les
maîtres l'épée à la main , vous ne trouverez pas
mauvais que je vous en donne un détail abrégé.
Notre Flotte , aux ordres de M. le Marquis de la
Galiffoniere , partit de Toulon le 8 Avril M. le
Maréchal de Richelieu monta le Foudroyant avec
(1 ) Ilfe trouve chez le fieur Beaurain & chez
Je fieur le Rouge.
210 MERCURE DE FRANCE.
1
M. de la Galiffoniere. Nous arrivâmes â Ciutaš
della le jour de Pâques 18 du mois , après avois
effuyé quelques coups de vent qui retarderent
notre marche , & féparerent quelques vaiffeaux
de l'Efcadre. Le premier foin de M. le Maréchal
fut de faire chanter le Te Deum dans l'Eglife Collégiale
de la Ville , en action de graces de notre
heureux abordage . Les 18 , 19 , & 20 furent employés
au débarquement des troupes & de l'artil
lerie , fans aucune oppofition de la part des Anglois
; ceux- ci s'étant retirés , aux premieres nouvelles
de notre eſcadre , dans le Fort S. Philippe ,
après y avoir fait entrer tout ce qui pouvoit leur
-être néceffaire pour une longue réfiftance , &
avoir commis les hoftilités les plus fâcheufes, tant
fur les habitans que fur les beftiaux qu'ils ne purent
emmener avec eux.
Le 20 notre armée fe mit en marche par deux
chemins pour fe rendre à Mahon . Vingt - quatre
Compagnies de Grenadiers , & la Brigade de
Royal tinrent la gauche fous les ordres de ' MM.
Damefnil & de Monteynard , pendant que le gros
de l'armée marchoit à droite pour former Pinveftiffement
du Fort S. Philippe. Le 22 nous entrames
dans Mahon aux acclamations du Peuple ,
qui commençoit à nous regarder comme fes Libérateurs
.
Il n'eft pas poffible de vous exprimer les peines
& les travaux qu'il a fallu faire pour conduire notre
artillerie de Ciutadella ici , par lá précaution que
les Anglois avoient eue de rendre toutes les avenues
impraticables.
M. le Maréchal de Richelieu fit conftruire les
premieres batteries fur le Mont des Signaux , une
des pieces de canons , une de mortiers pareils en
nombre , qui commencerent à tirer dès le 8 Mai.
A O UST. 1756. 211
Le7, le Fauxbourg de la Ravale ( 1 ) fut occupé par
un détachement de 100 Volontaires , quatre compagnies
de Grenadiers & fix piquets , aux ordres
du Comte de Briqueville , avec 600 Travailleurs
pour y former des épaulemens , & y établir des
batteries.
Le 10 , M. le Marquis de Roquépine fe rendit
avec douze cens hommes , pour occuper les dehors
du Fort Malbourough.
Les 11 & 12 furent employés à conftruire les
batteries de droite , de gauche & du centre du
Fauxbourg de la Ravale la batterie des mortiers
commença à tirer dès la nuit du 12 au 13.
Le 17 ,
12
la batterie de canons de la droite fe
trouva en état de tirer.
Le 18 , M. Dupinay , qui commandoit la batterie
de la gauche , fut tué , & M. le Prince de
Wirtemberg légérement bleffé.
Le 19 , l'Efcadre Angloife ayant paru à la hauteur
de l'Ile pour attaquer la nôtre qui fermoit
l'embouchure du Port- Mahon , notre Général envoya
à M. le Marquis de la Galiffoniere un renfort
de 13 piquets . Notre Chef d'Efcadre fit toules
opérations néceffaires pour empêcher toute
communication avec les Affiégés .
Le 20 , une bombe des ennemis ayant mis le
feu à une de nos batteries , la Garnifon du Fort
S. Philippe animée par la préfence de l'Eſcadre
Angloife , fit une fortie confidérable : mais nos
(1), Ce Fauxbourg doit avoir un autre_nom :
le mot Arrabal fignifie un Fauxbourg , en Langue
Espagnole , & c'eft fans doute par erreur que nos
Officiers, qui les premiers ont entendu nommer aux
Habitans de l'Ifle Minorque ce Fauxbourg Arrabal
Pont écrit la Ravalle.
212 MERCURE DE FRANCE.
Grenadiers l'obligerent de rentrer avec autant de
précipitation que de perte.
Les 21 & 22 furent employés à réparer nos
batteries , que le feu violent des ennemis avoient
prefque démontées.
Le foir même du 22 , notre armée fit des
réjouiffances à l'occafion de l'avantage que
notre Efcadre avoit remporté fur celle des
Anglois. ( Vous avez fans doute vu la Rélation
de ce Combat Naval , dans lequel on ne fçauroit
trop exalter la bonne manovre de M. le Marquis
de la Galiffoniere , qui obligea l'Amiral Byng de
fe retirer avec beaucoup de dommages ) .
Le feu des Ennemis devint fi fort, que nous fûmes
obligés d'abandonner le Fauxbourg de la Ravale`,
dont toutes les maifons ont été renversées par
l'artillerie du Fort , ce qui obligea M. le Maréchal
de Richelieu à changer le plan général de fon attaque
fur le Fort Philippe.
Il fallut employer plufieurs jours pour le tranfport
de terre , pour élever de nouvelles batteries
dont le feu ne put commencer que le s Jain.
Dès ce moment le feu fuccefif de nos batteries
de temps une grande partie des travaux
extérieurs de la Place.
ruina en peu
On commença dès le 15 à déblayer les maifons
où l'on avoit réfolu d'établir une nouvelle batterie
de 12 pieces de canons en avant du Fauxbourg
de la Ravale , afin de détruire entiérement la Redoute
de la Reine & la lunette de Ken , & de bat.
tre la contre-garde de l'ouvrage à cornes ; ce qui
fit des merveilles .
Nous avons eu depuis ce temps là 84 pieces de
canons de 24 livres de balles , & 22 mortiers dif
tribués dans douze batteries . Elles n'ont point dif
continué de battre depuis le 16 Juin. La plupar
A OUST. 1756. 213
ne fervoient qu'à demonter les batteries ennemies.
Il ne falloit pas moins aux Affiégés que les
250 pieces de canons & les 40 mortiers qu'ils
avoient , pour faire la défenfe qu'on a éprouvée
jufqu'à la fin. Ce grand nombre de pieces leur
donnoit la facilité de remplacer celles que nous
leur démontions tous les jours.
Voici le détail de l'attaque qui mit nos En
nemis à la raiſon , & qui fera naître dans le coeur
des bons Francois , la joie qu'une longue réſiſtan
ce avoit fans doute altéréë.
>
M. le Maréchal ayant jugé qu'il étoit indifpenfable
d'accélérer l'attaque des ouvrages exté
rieurs , & voulant la favorifer en occupant
l'Ennemi dans plufieurs points de fa défenſe , ordonna
pour le 27 une attaque qui fut diviſée en
quatre points principaux .
M. le Marquis de Laval , de tranchée , fut
chargé de l'attaque de la gauche , divifée fur les
Forts de Strugen & d'Orgil , fur la Redoute de
la Reine , & fur celle de Ken : il avoit à fes ordres
16 Compagnies de Grenadiers , & quatre
Bataillons pour foutenir l'attaque .
Il avoit fous lui M. le Marquis de Monti &
M. de Briqueville , Colonel , dont le Régiment
étoit Chef de tranchée : Royal-Comtois étoit le
deuxieme Régiment.
M. de Monti fut deftiné à attaquer Strugen &
Orgil , à la tête des Compagnies de Grenadiers
de Royal-Comtois , Vermandois , Nice & Rochefort
, & de deux piquets foutenus par le premier
Bataillon de Royal - Comtois.
M. de Briqueville devoit fe porter fur Ken &
le chemin couvert , entre cet ouvrage & celui de
la Reine , à la tête de cinq Compagnies de Grenadiers
de Briqueville , Medoc & Cambis , & de
deux piquets.
214 MERCURE DE FRANCE:
M. de Sade , Lieutenant-Colonel de Brique
ville , devoit attaquer la Redoute de la Reine à la
tête de quatre Compagnies de Grenadiers d'Haynaut
, Cambis & Soiffonnois.
Il y avoit à la fuite de chacune de ces trois attaques
, deux Ingénieurs & 150 Travailleurs , un
Officier du Corps Royal & dix Canonniers , une
Brigade de Mineurs , & un détachement de 60
Volontaires portant dix échelles.
L'attaque du centre étoit dirigée ſur la Redoute
de l'Ouest & la Lunette Caroline , & commandée
par M. le Prince de Bauveau. Il y avoit à fes ordres
deux Brigadiers avec lefquels il devoit foutenir
la tranchée en cas de befoin.
La premiere attaque de la droite commandée
par M. le Comte de Lannion , é.oit dirigée fur le
Fort de Malboroug Il avoit à fes ordres la Brigade
de Royal & le Régiment de Bretagne , aina
que M. de Roquépine qui , à la tête de 400 Volontaires
& de roo Grenadiers , devoit débarquer
dans la Cale de S. Etienne , pour delà marcher
au Fort de S. Charles . On devoit avoir pour cet
effet 100 Chaloupes de l'Eſcadre : mais comme
elles ne purent arriver à temps , on y fuppléa par
celles qu'on put raffembler dans la journée.
La feconde attaque de la droite , aux ordres de
M. le Marquis de Monteynar , commandant la
Brigade de Royal - la Marine & Talaru , avoit
pour objet de s'emparer de la Lunette de Sud-
Ouest , de longer la Langue de S. Etienne , qui
eft entre la Place & le Fort Malboroug ; de fe
communiquer avec l'attaque du Fort S. Charles ,
& de couper la communication du Fort Malboroug
avec le Fort de S. Philippe.
En même temps que toutes ces attaques ſe faifoient
, M. de Beaumanoir , Lieutenant- Colonel ,
A O UST. 1756. 215
commandant à la Tour des Signaux , devoit avec
fon détachement partir dans les Chaloupes de la
Cale , qui eft entre le Fort Saint- Philippe & la
Tour des Signaux , pour venir favorifer l'attaque
de M. de Monti , & tâcher de fe gliffer dans le
chemin couvert , entre la demi-lune & le Fort
d'Orgil.
M. de Fortouval , Capitaine d'Haynaut , de
voit avec 100 hommes de détachement débarquer
au pied de la grande batterie des Ennemis , du
côté du Pont.
A.dix heures du foir , toutes nos batteries ayant
ceffé , le fignal de l'attaque fut donné par un
coup de canon & quatre bombes tirées de la Tour
des Signaux.
M. de Monti déboucha fur Strugen & Orgil ,
& fucceffivement MM . de Briqueville & de Sade
fe porterent avec vivacité fur leur point d'attaque
de Ken & de la Reine .
Nos troupes marcherent avec la plus grande
valeur , & après un feu très-vif , très-long & trèsmeurtrier
, elles parvinrent à s'emparer de Strugen
, d'Orgil, & du Fort de la Reine. Les Ennenis
firent jouer quatre fourneaux qui nous ont
coûté environ so hommes .
On travailla fur le champ au logement de
cette partie , qui étoit la principale attaque ,
pendant que les autres faifoient leur diverfion.
L'ardeur des Grenadiers que commandoit M.
de Bricqueville les ayant emportés , ils fe jetterent
fur la Redoute de la Reine , au lieu de fe
porter fur Ken qu'ils devoient attaquer .
M. le Prince de Bauveau ayant fait marcher
les Grenadiers de Vermandois & 100 hommes
de chaque Brigade fur la Redoute Caroline , &
les Grenadiers de Royal-Italien , avec 1oo hom216
MERCURE DE FRANCE.
mes de cette Brigade , à la Redoute de l'Oueſt ;
il s'empara du chemin couvert , & y fit enclouer
douze pieces de canon le logement y étant
impraticable , parce que la Redoute de Ken
n'étoit pas prife , & qu'il ne pouvoit dans la
nuit affurer fa communication , il fe contenta
de faire couper les paliffades , de faire brifer
les affûts , & de foutenir quelque temps cette
attaque qui favorifoit la principale.
Elle fut faite avec la plus grande intelligence
& la plus grande valeur.
Les attaques de MM. de Lannion & de Mon
teynard , dépendant prefque du fuccès du For
s. Charles , ils attendoient le fignal que devoir
faire M. de Roquépine ; mais les Ennemis s'étant
apperçus de beaucoup de mouvemens dans
cette partie , par les manoeuvres que les Chaloupes
avoient été obligées de faire , ſe tinrent
fur leurs gardes , & ne permirent pas à M. de
Roquépine de faire le débarquement qu'il avoit
tenté , & qui ne pouvoit réuffir que par une
furpriſe.
>
Pendant ce temps - là M. de Lannion fit inquiéter
le Fort Malborough . La divifion de tous
ces feux & la combinaifon de toutes ces attaques
, donnerent le temps à celles de la gauche
d'aflurer fon fuccés, de facon qu'à la pointe
du jour nous pumes établir 400 hommes dans
le Fort de la Reine , & 200 dans Strugen &
Orgil.
M. le Maréchal s'étoit placé au centre des attaques
de la gauche , & avoit avec lui MM . de Maillebois
, du Mefnil , & le Prince de Wirtemberg.
Il a donné pendant toute l'action les confeils
néceffaires au fuccès de l'attaque , dans lefquels
on n'a pu s'empêcher d'admirer les difpofitions
A O
UST.
1756.
217
tions de notre Général & les prodiges de notre
Infanterie.
M. de Lannion a eu une légere contufion à
' épaule , & M. le Marquis de S. Tropès , Aide
de Camp de M. de Maillebois , a été
légérement
bleffé au visage .
A cinq heures du matin on a demandé réciproquement
une fufpenfion d'armes pour retirer
les morts , & elle a été accordée. Nous
avons eu environ 25 Officiers de tués ou bleffés ,
& 400 Soldats..
· M. de Huetton , le Lieutenant de Vaiffeau
qui
commandoit les Chaloupes de l'attaque du
Fort S. Charles , a été tué.
On doit le fuccès de
l'attaque , de la gau
che furtout , à la bonne
conduite de M. de
Monti , qui a fuivi avec la plus grande valeur
& la plus grande fermeté les
difpofitions qu'avoit
faites M. de Laval.
On a pris beaucoup de mortiers & de canons
dans les Forts de Strugen , d'Orgil & de la Reine.
On a fait quinze
prifonniers , du nombre deſquels
eft le fecond
Commandant des Ennemis qui fai
foit le détail de la défenſe.
Le 28 , à deux heures après-midi , trois Députés
de la Place
demanderent à parler à notre
Général. Le réſultat de cette
conférence étoit
qui leur fut accordé vingt- quatre heures pour
dreffer les articles de
Capitulation : on leur accorda
jufqu'à huit heures du foir. Il en revint
un à l'heure marquée , qui apporta à M. le Maréchal
un projet d'articles ,
auxquels il fut ré
pondu le lendemain matin.
Fermer
Résumé : RELATION HISTORIQUE De la Prise de l'Isle de Minorque, & principalement des Port-Mahon & Fort Saint-Philippe; envoyée par un Officier de l'Armée.
En 1756, les forces françaises, sous le commandement du maréchal de Richelieu et de M. de La Galissonnière, prirent l'île de Minorque, située en Méditerranée et faisant partie des Baléares. Minorque, dotée d'un climat tempéré avec des chaleurs intenses en été, est divisée en cinq territoires, dont Mahon est la capitale et le principal port. L'île a été sous la domination de diverses civilisations, notamment les Carthaginois, les Romains, les Goths, les Vandales, les Sarrazins, et les Espagnols, avant de passer sous contrôle britannique en 1708. Les Britanniques avaient renforcé le Fort Saint-Philippe après l'avoir pris en 1708. En 1756, les Français débarquèrent à Ciutadella et marchèrent vers Mahon. Après plusieurs semaines de siège et de bombardements intensifs, ils prirent le Fort Saint-Philippe le 30 juin 1756. Le texte détaille les opérations militaires, les mouvements des troupes et les batailles navales qui précédèrent cette prise. L'attaque française, planifiée pour le 27 juin, fut divisée en quatre points principaux. Le Marquis de Laval dirigea l'attaque de la gauche, ciblant plusieurs forts et redoutes avec 16 compagnies de grenadiers et quatre bataillons. Le Prince de Bauveau attaqua la Redoute de l'Ouest et la Lunette Caroline. Le Comte de Lannion et le Marquis de Monteynar dirigèrent les attaques de la droite, ciblant respectivement le Fort de Malborough et la Lunette de Sud-Ouest. L'attaque débuta à dix heures du soir après un signal donné par un coup de canon et des bombes. Les troupes prirent plusieurs forts après un combat intense. Les ennemis firent exploser des fourneaux, causant des pertes. Les attaques de la droite dépendaient de la prise du Fort Saint-Charles, mais les ennemis empêchèrent le débarquement de M. de Roquépine. À la pointe du jour, des hommes furent établis dans les forts conquis. Les pertes françaises inclurent environ 25 officiers tués ou blessés et 400 soldats. Le succès de l'attaque fut attribué à la conduite de M. de Monti. Des mortiers, des canons et quinze prisonniers, dont le second commandant ennemi, furent capturés. Le 28 juin, des députés de la place demandèrent un délai de vingt-quatre heures pour négocier la capitulation, accordé jusqu'à huit heures du soir.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12670
p. 74
AUTRE.
Début :
On tire de mon être une étoffe légère ; [...]
Mots clefs :
Lin
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
ON tire de mon être une étoffe légère ;
C'eft fur-tout en été que je fuis de faifon.
Retourne- moi , Lecteur. ... fur une autre hémifphère
,
Par mes débordemens , j'enrichis le colon.
Par le même.
ON tire de mon être une étoffe légère ;
C'eft fur-tout en été que je fuis de faifon.
Retourne- moi , Lecteur. ... fur une autre hémifphère
,
Par mes débordemens , j'enrichis le colon.
Par le même.
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12671
p. 74-75
LOGOGRYPHES.
Début :
Souvent de la société [...]
Mots clefs :
Vertige
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHES.
LOGO GRYPHE S..
SOUVEN OUVENT de la fociété
Je trouble la douce harmonie :
Et , pour dire la vérité ,
Je tiens beaucoup de la folie.
Souvent , par mon illufion ,
A ce qui vaut la préférence
On donne , hélas ! l'exclufion
Sous la plus frivole apparence.
Malheur au débile cerveau
Que je couvre de mon nuage ;
Pour l'ordinaire mon bandeau-
Des plus grands maux eft le préfage:
MARS 1769 . 75
Lorsque j'ai deux membres de moins ,
J'enfante alors mille preftiges :
Par moi ( plus encor par les foins }
Qu'un Hiftrion fait de prodiges !
Enfin , quel contrafte eft le mien ?
Sur mes quatre pieds de derrière'
La tendre fleur a fon foutien ;
Et ma tête lui fait la guerre.
·
Par M. F. d'Amiens.
SOUVEN OUVENT de la fociété
Je trouble la douce harmonie :
Et , pour dire la vérité ,
Je tiens beaucoup de la folie.
Souvent , par mon illufion ,
A ce qui vaut la préférence
On donne , hélas ! l'exclufion
Sous la plus frivole apparence.
Malheur au débile cerveau
Que je couvre de mon nuage ;
Pour l'ordinaire mon bandeau-
Des plus grands maux eft le préfage:
MARS 1769 . 75
Lorsque j'ai deux membres de moins ,
J'enfante alors mille preftiges :
Par moi ( plus encor par les foins }
Qu'un Hiftrion fait de prodiges !
Enfin , quel contrafte eft le mien ?
Sur mes quatre pieds de derrière'
La tendre fleur a fon foutien ;
Et ma tête lui fait la guerre.
·
Par M. F. d'Amiens.
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12672
p. 60-61
AUTRE.
Début :
Adam se trouvoit seul, je l'occupois peut-être, [...]
Mots clefs :
Rêve
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
ADAM ſe trouvoit ſeul, jel'occupois peut-être ,
Alors qu'à la moitié le Seigneur donna l'être ;
DÉCEMBRE. 1775 . 61
En retranchant mon chef , auſſi- tôt tu la vois
Cettecompagne aimable , & maintenant je crois
Quemon nom ſe ſait tout de ſuite ;
Quoiqu'à me définir je ne ſois vraiment rien :
Mais enfin ne vas pas ſi vîte ,
Rêve , mon cher Lecteur , & ma foi tu me tiens .
ParM. le Clerc de la Mothe , Chev. de
St Louis.
ADAM ſe trouvoit ſeul, jel'occupois peut-être ,
Alors qu'à la moitié le Seigneur donna l'être ;
DÉCEMBRE. 1775 . 61
En retranchant mon chef , auſſi- tôt tu la vois
Cettecompagne aimable , & maintenant je crois
Quemon nom ſe ſait tout de ſuite ;
Quoiqu'à me définir je ne ſois vraiment rien :
Mais enfin ne vas pas ſi vîte ,
Rêve , mon cher Lecteur , & ma foi tu me tiens .
ParM. le Clerc de la Mothe , Chev. de
St Louis.
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12673
p. 75-76
AUTRE.
Début :
Malgré ma brutale figure, [...]
Mots clefs :
Cimeterre
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
MALGRÉ ma brutale figure ,
On ne m'en eftime pas moins :
Pour être vengé d'une injure ,
On peut s'en fier à mes foins .
Dans les tranfports de ma colère
Je fuis un être dangereux ;
Et de la Parque meurtrière.
Le cifeau n'eft pas plus affreux .
Ma queue , au fein de la nature ,
Offre au contraire mille appas ;
Et jufqu'à notre nourriture ,
Sans elle , nous ne l'aurions pas.
Dij
76 MERCURE DE FRANCE ,
Quant à ma tête , ſa ſtature
Du cédre égale la hauteur ,
Et même , de fa chevelure ,
Souvent furpaffe la longueur.
Par le même,
MALGRÉ ma brutale figure ,
On ne m'en eftime pas moins :
Pour être vengé d'une injure ,
On peut s'en fier à mes foins .
Dans les tranfports de ma colère
Je fuis un être dangereux ;
Et de la Parque meurtrière.
Le cifeau n'eft pas plus affreux .
Ma queue , au fein de la nature ,
Offre au contraire mille appas ;
Et jufqu'à notre nourriture ,
Sans elle , nous ne l'aurions pas.
Dij
76 MERCURE DE FRANCE ,
Quant à ma tête , ſa ſtature
Du cédre égale la hauteur ,
Et même , de fa chevelure ,
Souvent furpaffe la longueur.
Par le même,
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12674
p. 69-81
LETTRE sur L'ANDRIENNE de TÉRENCE, adressée à M. L. D. Associé de l'Académie de LA ROCHELLE.
Début :
EST-IL bien vrai, Monsieur, comme le prétend M. Marmontel dans la seconde [...]
Mots clefs :
Scène, Comique, Poème, Genre, Autorité, Caractère, Sentiments
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE sur L'ANDRIENNE de TÉRENCE, adressée à M. L. D. Associé de l'Académie de LA ROCHELLE.
LETTRE fur L'ANDRIENNE de
TÉRENCE , adreffée à M. L. D.
Affocié de l'Académie de LA ROCHELLE,
ESTST-IL bien vrai , Monfieur , comme
le prétend M. Marmontel dans la feconde
partie de fa Poëtique , » qu'il faut n'avoir
jamais lû les Anciens , pour attribuer
» à notre fiécle l'origine du Comique at
» tendriffant , & qu'il eft furprenant que
» cette erreur ait pu fubfifter un inſtant
» chez une Nation accoutumée à voir
» jouer l'Adrienne de Terence , où l'on
» pleure , dès le premier Acte , & c.
Je fçais que quelques Auteurs , dont
je refpecte l'autorité , ont cru voir égaÍement
chez les Anciens le germe du Comique
Larmoyant ; mais comme je me
flatte d'avoir combattu folidement ce fyf
tême dans un écrit qui vient d'être im170
MERCURE DE FRANCE .
7
primé (a) , je ne retournerai point fur
mes traces , & je me bornerai à difcuter
ici l'affertion qui regarde particulièrement
l'Andrienne.
Avant que d'entrer en matière , il eſt à
propos de remarquer qu'il réfulte néceffairement
des expreffions de M.Marmontel
, que cette Comédie fait pleurer nonfeulementdès
lepremier Acte, mais encore
dans tous les A&tes fuivans. Ce n'eft
point ici une chicane de mots. C'eſt
donner fimplement aux paroles de l'Auteur
, le fens qu'elles préfentent naturellement.
Tout le monde a lû Térence & connoît
l'Andrienne ; ainfi tout le monde
eft en état de juger , fi ce Poëme peut
véritablement avoir été la fource où l'on
a puifé le Comique plaintif , tel qu'il
existe depuis trente ans parmi nous. Il
feroit donc inutile d'en faire une exacte
analyfe ; il fuffira d'en parcourir quelques .
endroits qui fembleroient peut- être au
premier coup -d'oeil pouvoir favorifer le
fentiment de M. Marmontel.
D'abord je dois dire que l'expreffion
(a) Dans le troifiéme recueil de l'Académie de
la Rochelle , chez Légier , Imprimeur de l'Académaie,
& qui fe trouve à Paris chez Mérigot , pere.
SEPTEMBRE. 1763. 71
de genre attendriffant , eft trop générale ,
qu'elle ne défigne point fuffi amment
la maniere l'armoyante dont la Chauffée
eft linventeur , & que je n'ai jamais prétendu
attaquer que cette manière- là
dont en effet je ne trouve aucun veftige
dans la Comédie du Poëte latin.
J
Dès fix Scènes qui compofent le premier
Acte , il y en a quatre qui fe paffent
entre Simon , père de Pamphile , Sofie
affranchi de Simon , & Davus , valet de
Pamphile. Or , certainement ces trois
Perfonnages , foit par leur caractère , ſoit
par leurs difcours , ne font ni plaintifs ni
attendriffans . La cinquiéme Scène eft
entre Arquilis & Myfis , l'une fervante
& l'autre garde , ou plutôt confidente de
Glycérion , Héroïne invifible de la Piéce.
Voici un échantillon des propos de
Myfis.
» Mon Dieu ! Arquilis , il y a mille ans
» que je vous entends ; vous voulez que
» j'amène Lesbie ; cependant , il eft cer-
» tain qu'elle eft fujette à boire , qu'elle
» eft imprudente , & quelle n'eft pas ce , &
» qu'il faut , pour qu'on puiffe lui con-
, fier fûrement une femme à fa premiere
groffeffe; je l'aménerai pourtant . Voyez
» un peu l'importunité de cette vieille :
72 MERCURE DE FRANCE.
» & tout cela parce qu'elles ont accoutu
» mé de boire enſemble , &c. (b)
Ce n'eft pas affùrément dans les Scènes
de cette eſpéce qu'on trouvera de l'analogie
entre les caracteres des perfonnages
de l'Andrienne & ceux du nouveau
Comique ; mais parcourons la Scène
fixiéme , nous y découvrirons fans doute
la véritable origine du Comique qui
fait pleurer , puifque c'étoit fi je l'ofe
dire , l'Egide dont fe couvroit la Chauffée
, pour parer les traits de fes critiques.
La moitié de cette Scène eft remplie
des plaintes de Pamphile , contre fon
père , qui veut le marier malgré lui à la
fille de Chrémès , fon ancien ami : il demande
enfuite à Myfis , ce que fait fa
Maîtreffe. Myfis répond , ce qu'elle fait?
elle eſt en travail , laborat è dolore. Je
conviens fans peine que Pamphile raconte
ici d'une maniere très - touchante
, les dernieres paroles que lui a dites en
mourant Chryfis , ami de Clycérion , &
que ce Tableau eft véritablement trèspathétique.
Mais pour quel ordre de
Spectateurs ?
Quand on voudroit fuppofer qu'il
; ( b) Traduction de Madame Dacier.
étoit
SEPTEMBRE. 1763.
73
étoit dans les moeurs Grecques , de s'intéreffer
aux avantures des filles protégées
par les Prêtreffes de Vénus , chez
lefquelles la jeuneffe d'Athènes alloit
fouper & payoit fon écot ; ( c ) dans les
nôtres , quel intérêt peut - on prendre
au fort d'une courtisane que fa confidente
, qui mériteroit un autre nom ,
nous repréfente à la fuite de fes galanteries
, dans les douleurs actuelles de l'enfantement
? Que Pamphile follement
amoureux faffe paroître dans cette occafion
le plus vif attendriffement ; qu'il
foit furieux de douleur ; tous ces mouvemens
font dans la nature ; mais que des
fpectateurs tranquilles & indifférens
foient affez vivement pénétrés pour verfer
des pleurs , cela n'eft point dans l'ordre
des chofes , & je ne connoîs que les
Auditeurs , dans la claffe de Pamphile ,
qui puiffent en pareille circonftance , répandre
véritablement des larmes.
Le deuxième A&te ne fournit aucune
fituation qui tende au plus léger attendriffement.
Il fuffit de le lire , pour s'en
convaincre ; d'ailleurs , il faut des femmes
pour attendrir ; deux beaux yeux en
pleurs ont de puiffans charmes ; c'eſt-là
(c ) Acte 1. Scène L
D
74 MERCURE DE FRANCE.
le vrai mobile du larmoyant deMélanide ,
mais l'Andrienne n'en a point,
On trouve dans la première Scène du
troifiéme Acte , une pofition à la Grecque
, qui feroit parmi nous d'une indécence
infoutenable Glycérion toujours
en travail , s'écrie derriere le Théâtre ,
Junon , Déeffe Tutélaire des accouchemens
, fecourez-moi , je vous prie ! Juno
Lucina , fer opem , ferva me , obfecro,
Croyez-vous , Monfieur , que le parterre
de Rome ait été beaucoup plus attendri
par cette lamentable invocation , que
nous le fûmes nous-mêmes en 1733, lorfqu'une
très-jolie Actrice de la Foire S.
Laurent, preffée par de pareilles douleurs,
fut forcée d'abandonner la Scène pour
implorer Lucine à fon tour ? Je puis vous
affurer , qu'au lieu d'y voir répandre des
larmes , on entendit parmi ceux des Spectateurs
qui étoient inftruits du fecret de
Péclipfe , (d) des éclats d'un rire immodéré
, qui ne marquoient pas affurément
de fenfibilité douloureufe pour la
velle Glycérion.
nous
La deuxième Scène du quatriéme Afte
offre encore Pamphile , jurant par les
.I
(d) Elle repréfentoit les perfonnages de la Lune
dans l'Opéra de Boiſfy intitulé , la nuit d'Etés
SEPTEMBRE. 1763. 75
-Dieux , de ne jamais abandonner fa maitreffe
& proteftant que la mort feule
pourra la lui ravir. Mais cette fituation
d'un jeune homme amoureux à la rage ,
fût -elle cent fois répétée , ne peut donner
, ni au corps entier du Poëme , ni
aux Scènes particulières , ce caractère
vraiment pitoyable qui attendrit jufqu'aux
larmes. A l'égard des Scènes , le
fait eft prouvé; nous en avons au Théâtre
François , & particulièrement à l'Opéra
d'un coloris encore plus tendre , qui
n'ont jamais fait pleurer perfonne ; &
quant au corps du Poëme , ce ne font
pas deux ou trois morceaux ifolés , graves
ou enjoués , Comiques ou plaintifs qui
peuvent déterminer fon efpéce diftinctive
; c'eft la nature des Sujets qui y font
traités ; c'eft le ton des principaux perfonnages
& fur-tout l'enfemble des fituations
& des fentimens qui y dominent
, qui font feuls capables par leur
réunion de lui imprimer fon véritable
caractère .
Si quelques Scènes ifolées pouvoient
fixer le genre d'une Comédie ; l'Andrienne,
à ce prix , pourroit être mife au nombre
des Pièces les plus rifibles . En effet
nous n'avons peut- être pas de meilleur
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
Comique de fituation , que deux endroits
de ce même A&te que je vais vous
rappeller. Dans le premier qui forme la
quatriéme Scène , Davus paroît , portant
un enfant dans fes bras , & dit à
Myfis de le prendre & de le mettre
elle-même devant la porte de Pamphile.
Après une légère réfiftance , Myfis obéit ,
refte feule , & Davus difparoît. Dans
l'inftant même arrive le vieux Chrémès.
Sa furpriſe & fon dépit font extrêmes ,
de trouver un enfant expofé à la porte
de fon gendre futur. Il interroge Myfis ,
pour fçavoir fi c'eft elle qui a mis là cet
enfant. Myfis , toute interdite , ne fçait
que répondre & cherche des yeux Ďavus
qu'elle ne retrouve point. Cependant
il revient comme par hazard , & affecte
de méconnoître Myfis , qu'il traite en
avanturiere ; ce qui donne lieu à une difpute
entreux , remplie de traits vraiment
comiques. Je ne fçais point réſiſter à
l'envie de vous en tranfcrire ici , une
partie.
MYSIS , appercevant DAVUS.
Pourquoi , je te prie , m'as-tu laiffée
içi toute feule ?
DAVUS.
Ho , ho ! quelle hiftoire eft- ce donc,
SEPTEMBRE. 1763
77
que ceci ? Dis-moi un peu , Myfis
dou eft cet enfant , & qui l'a apporté ici ?
MY SIS.
Es -tu en ton bon fens de me faire
cette demande
DAVUS.
A qui la pourrois- je donc faire , puif
que je ne vois ici que toi ?
MY SIS..
Tu es fou , n'eft-ce pas toi même qui
las mis là ?
DAVUS.
Si tu me dis un feul mot que pour répondre
à ce que je te demanderai .....
prends- y garde .
MYSIS
Tu me menaces ?
DAVUS.
D'où eft donc cet enfant ? (bas) , dis◄
le fans myſtère.
MY SI'S.
De chez vous.
DAVUS:
Ha , ha , ha ! mais faut-il s'étonner
qu'une femme foit impudente ? Nous
jugez-vous fi propres à être vos dupes ? ..
en un mot , hate - toi vite de m'ôter cet
enfant de cette porte . ( Bas ) , demeure.
MYSIS.
Que les Dieux t'abîment pour la
fraieur que tu me fais ! Diij
78 MERCURE DE FRANCE .
DAVUS.
Eft - ce à toi que je parte , ou non ?
MYSIS.
Que veux- tu ?
DAVUS.
Quoi tu me demandes ? Dis -moi de
qui eft l'enfant que tu as mis là ? Parle ?
MYSIS.
Eft- ce que tu ne le fçais pas ?
1
DAVUS.
Mon Dieu ! laiffé là ce que je fçai ,
& me dis ce que je te demande & c. &c.
Le furplus de la Scène eft dans le
même goût. L'arrivée d'un certain Criton
de l'ifle d'Andros , vraie machine de
dénouement , termine cet Acte.
En vain chercheroit- on dans le cinquiéme
quelqu'indice du ton pitoyable
ou même fimplement attendriffant ; on
n'y trouvera ni événement ni caractères
qui ayent la moindre tendance au genre
larmoyant. L'homme d'Andros y reparoît
dans la Scène cinquiéme & léve par
fes récits , tous les obftacles qui s'oppofoient
au mariage de Glycérion , qui
eft enfin reconnue Athénienne & fille
de Chrémès. C'eſt ainfi que fe dénoue çe
Poëme célébre , où l'on voit fans doute
des peintures admirables qui appartiennent
à tous les âges , à tous les
SEPTEMBRE. 1763 . 79
fiécles & a toutes les nations , mais où
il me paroît impoffible d'entrevoir des
objets capables d'arracher des larmes
hi dès le premier Acte , ni même dans
aucun de ceux dont ce Poëme eft compofé.
Je devrois peut- être ici oppofer autorité
à autorité , & citer les Auteurs
qui ont nié formellement que les Anciens
ayent pû fournir des modéles au
larmoyant comique ; mais je me contenterai
de rapporter le fentiment de
M. l'Abbé de la Porte , dans fes obfervations
fur la Littérature moderne ( e ) ;
il eft fi perfuadé que Thalie n'a jamais
fait verfer de larmes dans Rome ou
dans Athénes , & il croit cette vérité fi
évidente , qu'on peut , dit-il , le difpenfer
d'en rapporter des preuves.
Enfin je demande qu'on relife Teren
ce ; j'ofe affurer que le Lecteur qui feroit
né avec l'âme la moins fenfible
n'hésitera pas un moment à fe décider
fur la nature des fentimens de joie ou
de trifteffe qu'il devra éprouver, à moins
qu'il ne reffemble à ce Financier ftupide
, qui demandoit , dans une fête
s'il avoit du plaifir ?
( e ) Tom. I. art. 4. 1750.
D iv
80 MERCURE DE FRANCE.
Quant à moi je déclare que le nou
vel examen que j'ai fait de l'Andrienne
m'a de plus en plus confirmé dans ma
première idée , & que mon aveuglement
eft tel
Quejefuis en danger de n'enjamais guérir.
·
Loin d'y trouver le germe du genre
plaintif & attendriffant , j'y ai vû au
contraire un affez grand nombre de
Scènes du genre le plus bouffon . La
pofition de la fage- femme qui s'enivre;
les cris indécens d'une fille qui accouche
, prèfque publiquement , & l'expofition
rifible d'un enfant nouvellement
né & c. tous ces objets paroîtront toujours
& à tout le monde , infiniment
plus propres à remplir le fond d'un
Opéra-Comique , qu'à être traités fur
un théâtre où la décence doit préfider.
Si je n'avois fait attention qu'à l'Auteur
de la nouvelle Poëtique , &aux applaudiffemens
qu'il a fi fouvent mérités
fans doute que la plume me feroit tombée
des mains ; mais la vérité m'eft
chère ; & comme les ouvrages de M.
Marmontel prouvent , en mille endroits,
qu'il l'aime auffi , j'ofe me flatter qu'il
ne trouvera pas mauvais que jaye lutté
contre fes fentimens dans cette lettre ,
SEPTEMBRE. 1763. 81
"
après avoir eu le courage de combattre
dans ma differtation ceux de Meffieurs
de Fontenelle & de Voltaire..
J'ai l'honneur d'être , & c.
Ala Rochelle , lê 15 Juin 1763 .
TÉRENCE , adreffée à M. L. D.
Affocié de l'Académie de LA ROCHELLE,
ESTST-IL bien vrai , Monfieur , comme
le prétend M. Marmontel dans la feconde
partie de fa Poëtique , » qu'il faut n'avoir
jamais lû les Anciens , pour attribuer
» à notre fiécle l'origine du Comique at
» tendriffant , & qu'il eft furprenant que
» cette erreur ait pu fubfifter un inſtant
» chez une Nation accoutumée à voir
» jouer l'Adrienne de Terence , où l'on
» pleure , dès le premier Acte , & c.
Je fçais que quelques Auteurs , dont
je refpecte l'autorité , ont cru voir égaÍement
chez les Anciens le germe du Comique
Larmoyant ; mais comme je me
flatte d'avoir combattu folidement ce fyf
tême dans un écrit qui vient d'être im170
MERCURE DE FRANCE .
7
primé (a) , je ne retournerai point fur
mes traces , & je me bornerai à difcuter
ici l'affertion qui regarde particulièrement
l'Andrienne.
Avant que d'entrer en matière , il eſt à
propos de remarquer qu'il réfulte néceffairement
des expreffions de M.Marmontel
, que cette Comédie fait pleurer nonfeulementdès
lepremier Acte, mais encore
dans tous les A&tes fuivans. Ce n'eft
point ici une chicane de mots. C'eſt
donner fimplement aux paroles de l'Auteur
, le fens qu'elles préfentent naturellement.
Tout le monde a lû Térence & connoît
l'Andrienne ; ainfi tout le monde
eft en état de juger , fi ce Poëme peut
véritablement avoir été la fource où l'on
a puifé le Comique plaintif , tel qu'il
existe depuis trente ans parmi nous. Il
feroit donc inutile d'en faire une exacte
analyfe ; il fuffira d'en parcourir quelques .
endroits qui fembleroient peut- être au
premier coup -d'oeil pouvoir favorifer le
fentiment de M. Marmontel.
D'abord je dois dire que l'expreffion
(a) Dans le troifiéme recueil de l'Académie de
la Rochelle , chez Légier , Imprimeur de l'Académaie,
& qui fe trouve à Paris chez Mérigot , pere.
SEPTEMBRE. 1763. 71
de genre attendriffant , eft trop générale ,
qu'elle ne défigne point fuffi amment
la maniere l'armoyante dont la Chauffée
eft linventeur , & que je n'ai jamais prétendu
attaquer que cette manière- là
dont en effet je ne trouve aucun veftige
dans la Comédie du Poëte latin.
J
Dès fix Scènes qui compofent le premier
Acte , il y en a quatre qui fe paffent
entre Simon , père de Pamphile , Sofie
affranchi de Simon , & Davus , valet de
Pamphile. Or , certainement ces trois
Perfonnages , foit par leur caractère , ſoit
par leurs difcours , ne font ni plaintifs ni
attendriffans . La cinquiéme Scène eft
entre Arquilis & Myfis , l'une fervante
& l'autre garde , ou plutôt confidente de
Glycérion , Héroïne invifible de la Piéce.
Voici un échantillon des propos de
Myfis.
» Mon Dieu ! Arquilis , il y a mille ans
» que je vous entends ; vous voulez que
» j'amène Lesbie ; cependant , il eft cer-
» tain qu'elle eft fujette à boire , qu'elle
» eft imprudente , & quelle n'eft pas ce , &
» qu'il faut , pour qu'on puiffe lui con-
, fier fûrement une femme à fa premiere
groffeffe; je l'aménerai pourtant . Voyez
» un peu l'importunité de cette vieille :
72 MERCURE DE FRANCE.
» & tout cela parce qu'elles ont accoutu
» mé de boire enſemble , &c. (b)
Ce n'eft pas affùrément dans les Scènes
de cette eſpéce qu'on trouvera de l'analogie
entre les caracteres des perfonnages
de l'Andrienne & ceux du nouveau
Comique ; mais parcourons la Scène
fixiéme , nous y découvrirons fans doute
la véritable origine du Comique qui
fait pleurer , puifque c'étoit fi je l'ofe
dire , l'Egide dont fe couvroit la Chauffée
, pour parer les traits de fes critiques.
La moitié de cette Scène eft remplie
des plaintes de Pamphile , contre fon
père , qui veut le marier malgré lui à la
fille de Chrémès , fon ancien ami : il demande
enfuite à Myfis , ce que fait fa
Maîtreffe. Myfis répond , ce qu'elle fait?
elle eſt en travail , laborat è dolore. Je
conviens fans peine que Pamphile raconte
ici d'une maniere très - touchante
, les dernieres paroles que lui a dites en
mourant Chryfis , ami de Clycérion , &
que ce Tableau eft véritablement trèspathétique.
Mais pour quel ordre de
Spectateurs ?
Quand on voudroit fuppofer qu'il
; ( b) Traduction de Madame Dacier.
étoit
SEPTEMBRE. 1763.
73
étoit dans les moeurs Grecques , de s'intéreffer
aux avantures des filles protégées
par les Prêtreffes de Vénus , chez
lefquelles la jeuneffe d'Athènes alloit
fouper & payoit fon écot ; ( c ) dans les
nôtres , quel intérêt peut - on prendre
au fort d'une courtisane que fa confidente
, qui mériteroit un autre nom ,
nous repréfente à la fuite de fes galanteries
, dans les douleurs actuelles de l'enfantement
? Que Pamphile follement
amoureux faffe paroître dans cette occafion
le plus vif attendriffement ; qu'il
foit furieux de douleur ; tous ces mouvemens
font dans la nature ; mais que des
fpectateurs tranquilles & indifférens
foient affez vivement pénétrés pour verfer
des pleurs , cela n'eft point dans l'ordre
des chofes , & je ne connoîs que les
Auditeurs , dans la claffe de Pamphile ,
qui puiffent en pareille circonftance , répandre
véritablement des larmes.
Le deuxième A&te ne fournit aucune
fituation qui tende au plus léger attendriffement.
Il fuffit de le lire , pour s'en
convaincre ; d'ailleurs , il faut des femmes
pour attendrir ; deux beaux yeux en
pleurs ont de puiffans charmes ; c'eſt-là
(c ) Acte 1. Scène L
D
74 MERCURE DE FRANCE.
le vrai mobile du larmoyant deMélanide ,
mais l'Andrienne n'en a point,
On trouve dans la première Scène du
troifiéme Acte , une pofition à la Grecque
, qui feroit parmi nous d'une indécence
infoutenable Glycérion toujours
en travail , s'écrie derriere le Théâtre ,
Junon , Déeffe Tutélaire des accouchemens
, fecourez-moi , je vous prie ! Juno
Lucina , fer opem , ferva me , obfecro,
Croyez-vous , Monfieur , que le parterre
de Rome ait été beaucoup plus attendri
par cette lamentable invocation , que
nous le fûmes nous-mêmes en 1733, lorfqu'une
très-jolie Actrice de la Foire S.
Laurent, preffée par de pareilles douleurs,
fut forcée d'abandonner la Scène pour
implorer Lucine à fon tour ? Je puis vous
affurer , qu'au lieu d'y voir répandre des
larmes , on entendit parmi ceux des Spectateurs
qui étoient inftruits du fecret de
Péclipfe , (d) des éclats d'un rire immodéré
, qui ne marquoient pas affurément
de fenfibilité douloureufe pour la
velle Glycérion.
nous
La deuxième Scène du quatriéme Afte
offre encore Pamphile , jurant par les
.I
(d) Elle repréfentoit les perfonnages de la Lune
dans l'Opéra de Boiſfy intitulé , la nuit d'Etés
SEPTEMBRE. 1763. 75
-Dieux , de ne jamais abandonner fa maitreffe
& proteftant que la mort feule
pourra la lui ravir. Mais cette fituation
d'un jeune homme amoureux à la rage ,
fût -elle cent fois répétée , ne peut donner
, ni au corps entier du Poëme , ni
aux Scènes particulières , ce caractère
vraiment pitoyable qui attendrit jufqu'aux
larmes. A l'égard des Scènes , le
fait eft prouvé; nous en avons au Théâtre
François , & particulièrement à l'Opéra
d'un coloris encore plus tendre , qui
n'ont jamais fait pleurer perfonne ; &
quant au corps du Poëme , ce ne font
pas deux ou trois morceaux ifolés , graves
ou enjoués , Comiques ou plaintifs qui
peuvent déterminer fon efpéce diftinctive
; c'eft la nature des Sujets qui y font
traités ; c'eft le ton des principaux perfonnages
& fur-tout l'enfemble des fituations
& des fentimens qui y dominent
, qui font feuls capables par leur
réunion de lui imprimer fon véritable
caractère .
Si quelques Scènes ifolées pouvoient
fixer le genre d'une Comédie ; l'Andrienne,
à ce prix , pourroit être mife au nombre
des Pièces les plus rifibles . En effet
nous n'avons peut- être pas de meilleur
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
Comique de fituation , que deux endroits
de ce même A&te que je vais vous
rappeller. Dans le premier qui forme la
quatriéme Scène , Davus paroît , portant
un enfant dans fes bras , & dit à
Myfis de le prendre & de le mettre
elle-même devant la porte de Pamphile.
Après une légère réfiftance , Myfis obéit ,
refte feule , & Davus difparoît. Dans
l'inftant même arrive le vieux Chrémès.
Sa furpriſe & fon dépit font extrêmes ,
de trouver un enfant expofé à la porte
de fon gendre futur. Il interroge Myfis ,
pour fçavoir fi c'eft elle qui a mis là cet
enfant. Myfis , toute interdite , ne fçait
que répondre & cherche des yeux Ďavus
qu'elle ne retrouve point. Cependant
il revient comme par hazard , & affecte
de méconnoître Myfis , qu'il traite en
avanturiere ; ce qui donne lieu à une difpute
entreux , remplie de traits vraiment
comiques. Je ne fçais point réſiſter à
l'envie de vous en tranfcrire ici , une
partie.
MYSIS , appercevant DAVUS.
Pourquoi , je te prie , m'as-tu laiffée
içi toute feule ?
DAVUS.
Ho , ho ! quelle hiftoire eft- ce donc,
SEPTEMBRE. 1763
77
que ceci ? Dis-moi un peu , Myfis
dou eft cet enfant , & qui l'a apporté ici ?
MY SIS.
Es -tu en ton bon fens de me faire
cette demande
DAVUS.
A qui la pourrois- je donc faire , puif
que je ne vois ici que toi ?
MY SIS..
Tu es fou , n'eft-ce pas toi même qui
las mis là ?
DAVUS.
Si tu me dis un feul mot que pour répondre
à ce que je te demanderai .....
prends- y garde .
MYSIS
Tu me menaces ?
DAVUS.
D'où eft donc cet enfant ? (bas) , dis◄
le fans myſtère.
MY SI'S.
De chez vous.
DAVUS:
Ha , ha , ha ! mais faut-il s'étonner
qu'une femme foit impudente ? Nous
jugez-vous fi propres à être vos dupes ? ..
en un mot , hate - toi vite de m'ôter cet
enfant de cette porte . ( Bas ) , demeure.
MYSIS.
Que les Dieux t'abîment pour la
fraieur que tu me fais ! Diij
78 MERCURE DE FRANCE .
DAVUS.
Eft - ce à toi que je parte , ou non ?
MYSIS.
Que veux- tu ?
DAVUS.
Quoi tu me demandes ? Dis -moi de
qui eft l'enfant que tu as mis là ? Parle ?
MYSIS.
Eft- ce que tu ne le fçais pas ?
1
DAVUS.
Mon Dieu ! laiffé là ce que je fçai ,
& me dis ce que je te demande & c. &c.
Le furplus de la Scène eft dans le
même goût. L'arrivée d'un certain Criton
de l'ifle d'Andros , vraie machine de
dénouement , termine cet Acte.
En vain chercheroit- on dans le cinquiéme
quelqu'indice du ton pitoyable
ou même fimplement attendriffant ; on
n'y trouvera ni événement ni caractères
qui ayent la moindre tendance au genre
larmoyant. L'homme d'Andros y reparoît
dans la Scène cinquiéme & léve par
fes récits , tous les obftacles qui s'oppofoient
au mariage de Glycérion , qui
eft enfin reconnue Athénienne & fille
de Chrémès. C'eſt ainfi que fe dénoue çe
Poëme célébre , où l'on voit fans doute
des peintures admirables qui appartiennent
à tous les âges , à tous les
SEPTEMBRE. 1763 . 79
fiécles & a toutes les nations , mais où
il me paroît impoffible d'entrevoir des
objets capables d'arracher des larmes
hi dès le premier Acte , ni même dans
aucun de ceux dont ce Poëme eft compofé.
Je devrois peut- être ici oppofer autorité
à autorité , & citer les Auteurs
qui ont nié formellement que les Anciens
ayent pû fournir des modéles au
larmoyant comique ; mais je me contenterai
de rapporter le fentiment de
M. l'Abbé de la Porte , dans fes obfervations
fur la Littérature moderne ( e ) ;
il eft fi perfuadé que Thalie n'a jamais
fait verfer de larmes dans Rome ou
dans Athénes , & il croit cette vérité fi
évidente , qu'on peut , dit-il , le difpenfer
d'en rapporter des preuves.
Enfin je demande qu'on relife Teren
ce ; j'ofe affurer que le Lecteur qui feroit
né avec l'âme la moins fenfible
n'hésitera pas un moment à fe décider
fur la nature des fentimens de joie ou
de trifteffe qu'il devra éprouver, à moins
qu'il ne reffemble à ce Financier ftupide
, qui demandoit , dans une fête
s'il avoit du plaifir ?
( e ) Tom. I. art. 4. 1750.
D iv
80 MERCURE DE FRANCE.
Quant à moi je déclare que le nou
vel examen que j'ai fait de l'Andrienne
m'a de plus en plus confirmé dans ma
première idée , & que mon aveuglement
eft tel
Quejefuis en danger de n'enjamais guérir.
·
Loin d'y trouver le germe du genre
plaintif & attendriffant , j'y ai vû au
contraire un affez grand nombre de
Scènes du genre le plus bouffon . La
pofition de la fage- femme qui s'enivre;
les cris indécens d'une fille qui accouche
, prèfque publiquement , & l'expofition
rifible d'un enfant nouvellement
né & c. tous ces objets paroîtront toujours
& à tout le monde , infiniment
plus propres à remplir le fond d'un
Opéra-Comique , qu'à être traités fur
un théâtre où la décence doit préfider.
Si je n'avois fait attention qu'à l'Auteur
de la nouvelle Poëtique , &aux applaudiffemens
qu'il a fi fouvent mérités
fans doute que la plume me feroit tombée
des mains ; mais la vérité m'eft
chère ; & comme les ouvrages de M.
Marmontel prouvent , en mille endroits,
qu'il l'aime auffi , j'ofe me flatter qu'il
ne trouvera pas mauvais que jaye lutté
contre fes fentimens dans cette lettre ,
SEPTEMBRE. 1763. 81
"
après avoir eu le courage de combattre
dans ma differtation ceux de Meffieurs
de Fontenelle & de Voltaire..
J'ai l'honneur d'être , & c.
Ala Rochelle , lê 15 Juin 1763 .
Fermer
12675
p. 256
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye de Bonnefont, Ordre de Cîteaux, [...]
Mots clefs :
Abbayes, Diocèses, Ordre de Cîteaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS..
SA Majefté a donné l'Abbaye de Bonnefont ,
Ordre de Cîteaux , Diocefe de Cominges , à l'Abbé
de Meyere , Vicaire Général de l'Evêché de
Laon , & l'Abbaye Réguliere du Pin , même Or--
dre , Dioceſe de Poitiers , à Dom Rouleau
Religieux de cer . Ordre , & Abbé de la Colombe.
SA Majefté a donné l'Abbaye de Bonnefont ,
Ordre de Cîteaux , Diocefe de Cominges , à l'Abbé
de Meyere , Vicaire Général de l'Evêché de
Laon , & l'Abbaye Réguliere du Pin , même Or--
dre , Dioceſe de Poitiers , à Dom Rouleau
Religieux de cer . Ordre , & Abbé de la Colombe.
Fermer
12677
p. 63-64
ENIGME.
Début :
De ma puissance on n'a que trop de preuves ; [...]
Mots clefs :
Mouvement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Dx ma puiffance on n'a que trop de preuvesà
MERCURE DE FRANCE.
Je tombe partout fous les fens.
Il n'eft fans moi ruiffeaux ni fleuves ,
Je fuis le vrai père des vents.
Les Rois , fans mon fecours , n'affemblent point
d'Armées ;
Je régle le cours des années ;
Je vais , je viens , & ne chomme jamais.
L'Art , vrai finge de la Nature ,
Voudroit m'atteindre en ceci : mais ,
En vain il met à la torture
Ses régles , fes jeux , les refforts ;
Il a fait jufqu'ici d'inutiles éfforts.
Dx ma puiffance on n'a que trop de preuvesà
MERCURE DE FRANCE.
Je tombe partout fous les fens.
Il n'eft fans moi ruiffeaux ni fleuves ,
Je fuis le vrai père des vents.
Les Rois , fans mon fecours , n'affemblent point
d'Armées ;
Je régle le cours des années ;
Je vais , je viens , & ne chomme jamais.
L'Art , vrai finge de la Nature ,
Voudroit m'atteindre en ceci : mais ,
En vain il met à la torture
Ses régles , fes jeux , les refforts ;
Il a fait jufqu'ici d'inutiles éfforts.
Fermer
12679
p. 79
A PHRYNÉ. LOGOGRYPHE.
Début :
Sans moi, blonde Phryné, seriez-vous aussi belle, [...]
Mots clefs :
Sourire
12680
p. 75
ENIGME.
Début :
Charme de la prairie, agréable ruisseau, [...]
Mots clefs :
Diamant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
CHARME
•
HARME de la prairie , agréable ruiſſeau ,
Votre eau n'égale point mon eau brillante &pure.
Je dois beaucoup à l'Art ; vous , tout à la Nature.
Souvent vous vous troublez; je refte toujours beau
Ainfi que vous , j'ai plus d'un frere ,
Et je puis avec eux former une rivière
Inacceffible au froid le plus mordant ;
Mais qui , trop rapide en fa courſe ,
Fait par fois oublier ſa ſource,
On peut la voir auffi rouler tranquillement
Entre des Monts couverts de neige ;
Mais fur les bords fleuris on trouve plus d'un piége
Où le plus fin va donner fottement.
CHARME
•
HARME de la prairie , agréable ruiſſeau ,
Votre eau n'égale point mon eau brillante &pure.
Je dois beaucoup à l'Art ; vous , tout à la Nature.
Souvent vous vous troublez; je refte toujours beau
Ainfi que vous , j'ai plus d'un frere ,
Et je puis avec eux former une rivière
Inacceffible au froid le plus mordant ;
Mais qui , trop rapide en fa courſe ,
Fait par fois oublier ſa ſource,
On peut la voir auffi rouler tranquillement
Entre des Monts couverts de neige ;
Mais fur les bords fleuris on trouve plus d'un piége
Où le plus fin va donner fottement.
Fermer
12681
p. 64-65
AUTRE.
Début :
Sans rien changer, sous divers sens, [...]
Mots clefs :
Son
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
SANS rien changer , fous divers ſens ,
Mon nom t'offre , Lecteur , trois êtres différens.
D'abord je fuis un corps , mais un corps peu folide .
Change le fens , je ne fuis plus qu'un ſon :
Change encor , je ſuis un pronom .
Sous le premier afpect , tout bon friand décide
Que l'on me doit féparer de ma foeur ;
Mais fuivant le fort qui me guide ,
Je ſuis ou ne fuis pas pour lui de non-valeur.
Car fi , fubtilement , je me métamorphofe
Dans le quadrupède & l'oifeau ;
Si je viens quelquefois , fous un air tout nouveau
Le régaler : comment fe fait la choſe ?
SEPTEMBRE. 17617 હેતુ
Oh ! par ma foi , je n'en dis rien:
Mais le friand s'en trouve bien.
SANS rien changer , fous divers ſens ,
Mon nom t'offre , Lecteur , trois êtres différens.
D'abord je fuis un corps , mais un corps peu folide .
Change le fens , je ne fuis plus qu'un ſon :
Change encor , je ſuis un pronom .
Sous le premier afpect , tout bon friand décide
Que l'on me doit féparer de ma foeur ;
Mais fuivant le fort qui me guide ,
Je ſuis ou ne fuis pas pour lui de non-valeur.
Car fi , fubtilement , je me métamorphofe
Dans le quadrupède & l'oifeau ;
Si je viens quelquefois , fous un air tout nouveau
Le régaler : comment fe fait la choſe ?
SEPTEMBRE. 17617 હેતુ
Oh ! par ma foi , je n'en dis rien:
Mais le friand s'en trouve bien.
Fermer
12682
p. 257-261
MORTS.
Début :
Joseph de Mailly, Marquis de Mailly-Hancourt, mourut le 7 Décembre dernier [...]
Mots clefs :
Morts, Marquis, Seigneur, Chevalier, Maison de Lostanges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
Correction pour le premier volume de Janvier
1756.
L'articlefuivant ayant été donné peu exactement
dans le premier volume de Janvier, on le répétera ici
en entier.
Jofeph de Mailly , Marquis de Mailly-Haucourt
, mourut le 7 Décembre dernier au Château
de la Roche d'Evaux , dans le Maine , âgé de 75
ans . Il avoit été Page de la Petite Ecurie , enfuite
Moufquetaire Gris , d'où il paffa dans le Régiment
du Roi , qu'il ne quitta après plufieurs campagnes
que pour le marier en 1704 , à N.... de la Riviere
d'Evaux , de laquelle il a eu fix enfans , defquels
deux font morts en bas- âge,un étant Chevalier de
Malte , deux autres font morts plus âgés , l'un
Chevalier de Malte , & l'autre Eccléfiaftique . Lès
deux qui reftent font le Comte de Mailly , Lieutenant
Général des Armées du Roi , Infpecteur de
Cavalerie , & Demoiſelle Marie- Jofephe- Magdeleine
de Mailly domiciliée à Paris depuis plufieurs
années.
Correction pour le second volume de Janvier
1756.
p. 231 , lig. 21, aujourd'hui Préſident du Parlement,
effacez aujourd'hui , & lifez Préfident du Parlement
de Paris , mort à Soiffons le 29 Avril 1754
lequel avoit époufé le 25 Novembre 1729 , 1729 , &c.
2
Meffire Louis - Antoine- Charles de Saint
Simon , appellé le Chevalier de Courtomer
Chevalier de l'Ordre de Saint Jean de Jéruſalem,.
eft mort au Château de la Motte - Fouqué en
258 MERCURE DE FRANCE.
Normandie , âgé de vingt-un ans. Il étoit fils de
feu Meffire Gui- Antoine de Saint Simon , Marquis
de Courtomer, Meftre de Camp de Cavalerie,
& Capitaine des Gardes de feue Madame la Ducheffe
de Berri .
Meffire Jean-Louis de Loflanges , Marquis de
Beduer, Comte de Corn , Goudon, & c . Seigneur de
Sainte Neboule , Saint Laurens , Camboufie , Patron
de Liflac , eft mort le 27 Décembre dans fon
Château de Beduer en Querci , & a été inhumé le
lendemain dans l'Eglife du Monaftere des Religieufes
de Liffac. Il ne laiffe pas d'enfans de Marie
Pulcherie - Anaftafie de Foucaud - d'Alzon
Dame de Jonnac , Mandens , &c . fon épouse
qu'il a inftituée héritiere de tous fes biens , à la
charge de les rendre à fon choix à un Loftanges.
-
·
>
La Maiſon de Loftanges tire fon nom du Châ
teau de Loftanges , dans le Bas-Limofin , où elle
étoit confidérable dès le douzieme fiecle. La branche
des Marquis de Beduer eft fortie de celle de
Saint Alvaire , laquelle avoit été formée par
Jean-Aimar de Loftanges , Chevalier , qui époufa
le 27 Septembre 1446 , Antoinette de Vayrines ,
dite de Limeuil , Dame de Saint - Alvaire en Périgord
, de laquelle il eut entr'autres , Jean , dit
Janicor de Loftanges , Seigneur de Saint - Alvaire ,
allié par contrat , du 3 Janvier 1508 , à Marie
fille de Jean de Salagnac , Seigneur de la Motte-
Fenelon , Maître d'Hôtel ordinaire du Roi , & de
Catherine de Lauzieres-Themines. De ce mariage
fortirent, entr'autres , Bertrand , dont nous allons
parler ; & François , Auteur de la branche des Seigneurs
de Palliez en Saintonge.
Bertrand de Loftanges , Seigneur de Saint- Alvaire
, fut pere par Marie de Montberon de Hugues
, Seigneur de Saint - Alvaire , Chevalier de
ΜΑΙ . 1796. 259
l'ordre du Roi , Gentilhomme de la Chambre ,
Capitaine de cinquante hommes d'Armes de fes
Ordonnances , marié à Galiotte de Gourdon de
Genouillac , fille de Jean , Baron de Vaillac , Chevalier
de l'ordre du Roi , Gouverneur du Château-
Trompette , &c ; & de Jeanne le Brun , Dame
de Boiffet. Il eut de certe alliance , 1º . Jean-
Louis , qui a continué la branche de Saint- Alvaire.
2. Louis-François , qui a formé celle des
Marquis de Beduer , que nous rapporterons enfuite.
.
Jean-Louis de Loftanges , Baron de Saint - Alvaire
, fut allié à Elifabeth , fille de Jacques de
Cruffol , Duc d'Uzès , Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roi , & de Françoile de Clermont-
Tonnerre. Il eut de ce mariage , entr'autres , Emmanuel-
Galliot de Loftanges , Marquis de Saint-
Alvaire , Sénéchal , & Gouverneur de Querci ,
qui de fa femme Claude - Simonne Eberard de
Saint-Sulpice , Dame du Vigan , a eu, entr'autres,
Louis de Loftanges qui fuit : Emmanuel , dit le
Comte de Saint-Alvaire , Gouverneur & Sénéchal
de Querci ; Louis , Seigneur d'Uffel ; & François ,
dit le Chevalier de Saint- Alvaire .
Louis de Loftanges , Marquis de Saint- Alvaire
, Baron du Vigan , Sénéchal & Gouverneur de
Querci , Chevalier de Saint Louis , perdit un ceil
à la Bataille de Senef , & fut noyé dans la Dordogne
en Décembre 1705. Il avoit épousé Roſe ,
fille de Louis , Marquis de Cadrieu , & de Marie
de Saint- Nectaire de Veyrieres , de laquelle il a eu ,
entr'autres , Armand - Louis - Claude - Simon de
Loftanges , Marquis de Sainte Alvaire , Sénéchal
& Gouverneur de Querci , allié en 1719 à Marie
de Larmandie de Longua. Leurs enfans font ,
1º. Armand - Louis - Marie , Marquis de Lof
tanges , Meftre de Camp du Régiment des Cui
260 MERCURE DE FRANCE..
raffiers du Roi , premier Ecuyer de Madame Adelaïde
, marié le 8 Mai 1754 , à Marie -Elizabeth-
Charlotte-Pauline de Galucci de l'Hôpital. Voyez
le Mercure du mois de Juin 1754 , fecond volume
pag. 197.
2º. Alexandre- Rofe de Loftanges , Marquis de
Cadrieu , né le 18 Octobre 1723 , Capitaine de
Dragons.
A
3. N ... de Loftanges , dit le Vicomte de
Saint - Alvaire , né en 1733 .
4°. Marie-Julie de Loftanges.
5º , 6º & 7°. Trois autres filles.
Louis-François de Loftanges , fecond fils de
Flugues , Seigneur de Saint- Alvaire & de Galiotte
de Gourdon de Genouillac , fut Colonel d'un Régiment
d'Infanterie dans les Armées des Rois Henri
IV & Louis XIII . II forma la branche des
Marquis de Beduer. Il époufa , 19. Jeanne de Luzech
, veuve & donataire de Jean de Narbonnez
Baron de Puillaunez & de Beduer , de laquelle il
n'eut point d'enfans. 2 ° Jeanne de Marqueyssac,
yeuve de N.... de Saint Aftier , Seigneur de Borie
, dont vint , entr'autres , Jean- Louis de Loftanges
, Comte de Beduer , Capitaine Commandant
le Régiment de Candale Cavalerie , député
de la Nobleffe de Guyenne , puis de celle de
Périgord. Il fut marié à Françoiſe de Gourdon de
Genouillac , fille de Jean , Seigneur de Reillac ,
& en eut deux fils , Francois- Louis qui fuit , &
Jean - Marguerit de Loftanges , Auteur de la
Branche de Cuxac , qui fera rapportée.
François-Louis -de Loftanges , Comte de Beduer
, qui mourut en 1692 , eut de fa femme
Marie-Renée Menardeau , entr'autres Louis- Henri
& Laurent de Loftanges. Louis - Henri- de
Loftanges , Comte de Beduer , fut marié à Fran
soife du Mont de laquelle il eut
>
MA I. 1756.
261
1. Louis de Loftanges , Marquis de Beduer ,
mort en Septembre 1746 , fans enfans de N..
du Maine du Bourg , petite fille du Maréchal du
Bourg , actuellement vivante.
..
20. Jean Louis , qui donne lieu à cet article ,
3°. Renée de Loſtanges , aujourd'hui Prieure de
Liffac.
Laurent de Loftanges , frere de Louis- Henri ,
a laiffé un fils nommé Louis de Loftanges , Seigneur
de Jarmons , Cornette de Cavaleriiee ,, àà préfent
Chefde la Branche de Beduer.
-
Jean Marguerit de Loftanges , fecond fils de
Jean-Louis, Comte de Beduer ; & de Françoife de
Gourdon de Genouillac , fut Marquis de Felains ,
Seigneur de Cufac ou Cuxac , en Rouergue , &
mourut en 1691. Il avoit épousé Marguerite de
Corn-d'Ampare dont il eut , entr'autres enfans ,
Jean-François de Loftanges , Seigneur de Cuxac ,
marié le 10 Août 1711 , à Françoiſe de la Mothe.
La Maifon de Loftanges porte pour Armes
d'argent au Lion de gueules courronné , accompagné
de cinq étoiles de même en orle.
Meffire François- Edouard le Gras de Vauberfey,
Chevalier , Seigneur de Montgenot , Lieute
nant des Maréchaux de France au département de
Champagne & de Brie , eft mort le 7 Mars dans
fon Château de Montgenot en Champagne , âgé
de 54 ans. Il avoit époufé le 11 Septembre dernier
Demoiſelle Marie Claire de Relongue - de la
Louptiere.
Correction pour le premier volume de Janvier
1756.
L'articlefuivant ayant été donné peu exactement
dans le premier volume de Janvier, on le répétera ici
en entier.
Jofeph de Mailly , Marquis de Mailly-Haucourt
, mourut le 7 Décembre dernier au Château
de la Roche d'Evaux , dans le Maine , âgé de 75
ans . Il avoit été Page de la Petite Ecurie , enfuite
Moufquetaire Gris , d'où il paffa dans le Régiment
du Roi , qu'il ne quitta après plufieurs campagnes
que pour le marier en 1704 , à N.... de la Riviere
d'Evaux , de laquelle il a eu fix enfans , defquels
deux font morts en bas- âge,un étant Chevalier de
Malte , deux autres font morts plus âgés , l'un
Chevalier de Malte , & l'autre Eccléfiaftique . Lès
deux qui reftent font le Comte de Mailly , Lieutenant
Général des Armées du Roi , Infpecteur de
Cavalerie , & Demoiſelle Marie- Jofephe- Magdeleine
de Mailly domiciliée à Paris depuis plufieurs
années.
Correction pour le second volume de Janvier
1756.
p. 231 , lig. 21, aujourd'hui Préſident du Parlement,
effacez aujourd'hui , & lifez Préfident du Parlement
de Paris , mort à Soiffons le 29 Avril 1754
lequel avoit époufé le 25 Novembre 1729 , 1729 , &c.
2
Meffire Louis - Antoine- Charles de Saint
Simon , appellé le Chevalier de Courtomer
Chevalier de l'Ordre de Saint Jean de Jéruſalem,.
eft mort au Château de la Motte - Fouqué en
258 MERCURE DE FRANCE.
Normandie , âgé de vingt-un ans. Il étoit fils de
feu Meffire Gui- Antoine de Saint Simon , Marquis
de Courtomer, Meftre de Camp de Cavalerie,
& Capitaine des Gardes de feue Madame la Ducheffe
de Berri .
Meffire Jean-Louis de Loflanges , Marquis de
Beduer, Comte de Corn , Goudon, & c . Seigneur de
Sainte Neboule , Saint Laurens , Camboufie , Patron
de Liflac , eft mort le 27 Décembre dans fon
Château de Beduer en Querci , & a été inhumé le
lendemain dans l'Eglife du Monaftere des Religieufes
de Liffac. Il ne laiffe pas d'enfans de Marie
Pulcherie - Anaftafie de Foucaud - d'Alzon
Dame de Jonnac , Mandens , &c . fon épouse
qu'il a inftituée héritiere de tous fes biens , à la
charge de les rendre à fon choix à un Loftanges.
-
·
>
La Maiſon de Loftanges tire fon nom du Châ
teau de Loftanges , dans le Bas-Limofin , où elle
étoit confidérable dès le douzieme fiecle. La branche
des Marquis de Beduer eft fortie de celle de
Saint Alvaire , laquelle avoit été formée par
Jean-Aimar de Loftanges , Chevalier , qui époufa
le 27 Septembre 1446 , Antoinette de Vayrines ,
dite de Limeuil , Dame de Saint - Alvaire en Périgord
, de laquelle il eut entr'autres , Jean , dit
Janicor de Loftanges , Seigneur de Saint - Alvaire ,
allié par contrat , du 3 Janvier 1508 , à Marie
fille de Jean de Salagnac , Seigneur de la Motte-
Fenelon , Maître d'Hôtel ordinaire du Roi , & de
Catherine de Lauzieres-Themines. De ce mariage
fortirent, entr'autres , Bertrand , dont nous allons
parler ; & François , Auteur de la branche des Seigneurs
de Palliez en Saintonge.
Bertrand de Loftanges , Seigneur de Saint- Alvaire
, fut pere par Marie de Montberon de Hugues
, Seigneur de Saint - Alvaire , Chevalier de
ΜΑΙ . 1796. 259
l'ordre du Roi , Gentilhomme de la Chambre ,
Capitaine de cinquante hommes d'Armes de fes
Ordonnances , marié à Galiotte de Gourdon de
Genouillac , fille de Jean , Baron de Vaillac , Chevalier
de l'ordre du Roi , Gouverneur du Château-
Trompette , &c ; & de Jeanne le Brun , Dame
de Boiffet. Il eut de certe alliance , 1º . Jean-
Louis , qui a continué la branche de Saint- Alvaire.
2. Louis-François , qui a formé celle des
Marquis de Beduer , que nous rapporterons enfuite.
.
Jean-Louis de Loftanges , Baron de Saint - Alvaire
, fut allié à Elifabeth , fille de Jacques de
Cruffol , Duc d'Uzès , Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roi , & de Françoile de Clermont-
Tonnerre. Il eut de ce mariage , entr'autres , Emmanuel-
Galliot de Loftanges , Marquis de Saint-
Alvaire , Sénéchal , & Gouverneur de Querci ,
qui de fa femme Claude - Simonne Eberard de
Saint-Sulpice , Dame du Vigan , a eu, entr'autres,
Louis de Loftanges qui fuit : Emmanuel , dit le
Comte de Saint-Alvaire , Gouverneur & Sénéchal
de Querci ; Louis , Seigneur d'Uffel ; & François ,
dit le Chevalier de Saint- Alvaire .
Louis de Loftanges , Marquis de Saint- Alvaire
, Baron du Vigan , Sénéchal & Gouverneur de
Querci , Chevalier de Saint Louis , perdit un ceil
à la Bataille de Senef , & fut noyé dans la Dordogne
en Décembre 1705. Il avoit épousé Roſe ,
fille de Louis , Marquis de Cadrieu , & de Marie
de Saint- Nectaire de Veyrieres , de laquelle il a eu ,
entr'autres , Armand - Louis - Claude - Simon de
Loftanges , Marquis de Sainte Alvaire , Sénéchal
& Gouverneur de Querci , allié en 1719 à Marie
de Larmandie de Longua. Leurs enfans font ,
1º. Armand - Louis - Marie , Marquis de Lof
tanges , Meftre de Camp du Régiment des Cui
260 MERCURE DE FRANCE..
raffiers du Roi , premier Ecuyer de Madame Adelaïde
, marié le 8 Mai 1754 , à Marie -Elizabeth-
Charlotte-Pauline de Galucci de l'Hôpital. Voyez
le Mercure du mois de Juin 1754 , fecond volume
pag. 197.
2º. Alexandre- Rofe de Loftanges , Marquis de
Cadrieu , né le 18 Octobre 1723 , Capitaine de
Dragons.
A
3. N ... de Loftanges , dit le Vicomte de
Saint - Alvaire , né en 1733 .
4°. Marie-Julie de Loftanges.
5º , 6º & 7°. Trois autres filles.
Louis-François de Loftanges , fecond fils de
Flugues , Seigneur de Saint- Alvaire & de Galiotte
de Gourdon de Genouillac , fut Colonel d'un Régiment
d'Infanterie dans les Armées des Rois Henri
IV & Louis XIII . II forma la branche des
Marquis de Beduer. Il époufa , 19. Jeanne de Luzech
, veuve & donataire de Jean de Narbonnez
Baron de Puillaunez & de Beduer , de laquelle il
n'eut point d'enfans. 2 ° Jeanne de Marqueyssac,
yeuve de N.... de Saint Aftier , Seigneur de Borie
, dont vint , entr'autres , Jean- Louis de Loftanges
, Comte de Beduer , Capitaine Commandant
le Régiment de Candale Cavalerie , député
de la Nobleffe de Guyenne , puis de celle de
Périgord. Il fut marié à Françoiſe de Gourdon de
Genouillac , fille de Jean , Seigneur de Reillac ,
& en eut deux fils , Francois- Louis qui fuit , &
Jean - Marguerit de Loftanges , Auteur de la
Branche de Cuxac , qui fera rapportée.
François-Louis -de Loftanges , Comte de Beduer
, qui mourut en 1692 , eut de fa femme
Marie-Renée Menardeau , entr'autres Louis- Henri
& Laurent de Loftanges. Louis - Henri- de
Loftanges , Comte de Beduer , fut marié à Fran
soife du Mont de laquelle il eut
>
MA I. 1756.
261
1. Louis de Loftanges , Marquis de Beduer ,
mort en Septembre 1746 , fans enfans de N..
du Maine du Bourg , petite fille du Maréchal du
Bourg , actuellement vivante.
..
20. Jean Louis , qui donne lieu à cet article ,
3°. Renée de Loſtanges , aujourd'hui Prieure de
Liffac.
Laurent de Loftanges , frere de Louis- Henri ,
a laiffé un fils nommé Louis de Loftanges , Seigneur
de Jarmons , Cornette de Cavaleriiee ,, àà préfent
Chefde la Branche de Beduer.
-
Jean Marguerit de Loftanges , fecond fils de
Jean-Louis, Comte de Beduer ; & de Françoife de
Gourdon de Genouillac , fut Marquis de Felains ,
Seigneur de Cufac ou Cuxac , en Rouergue , &
mourut en 1691. Il avoit épousé Marguerite de
Corn-d'Ampare dont il eut , entr'autres enfans ,
Jean-François de Loftanges , Seigneur de Cuxac ,
marié le 10 Août 1711 , à Françoiſe de la Mothe.
La Maifon de Loftanges porte pour Armes
d'argent au Lion de gueules courronné , accompagné
de cinq étoiles de même en orle.
Meffire François- Edouard le Gras de Vauberfey,
Chevalier , Seigneur de Montgenot , Lieute
nant des Maréchaux de France au département de
Champagne & de Brie , eft mort le 7 Mars dans
fon Château de Montgenot en Champagne , âgé
de 54 ans. Il avoit époufé le 11 Septembre dernier
Demoiſelle Marie Claire de Relongue - de la
Louptiere.
Fermer
Résumé : MORTS.
En 1756, plusieurs décès et corrections de généalogie ont été enregistrés. Joseph de Mailly, Marquis de Mailly-Haucourt, est décédé le 7 décembre 1755 au Château de la Roche d'Evaux à l'âge de 75 ans. Il a occupé divers postes militaires et a eu six enfants. Deux sont décédés en bas âge, deux sont Chevaliers de Malte, un est ecclésiastique, et deux survivants sont le Comte de Mailly et Demoiselle Marie-Josèphe-Madeleine de Mailly. Le texte mentionne également des corrections pour le second volume de janvier 1756. Louis-Antoine-Charles de Saint Simon, Chevalier de Courtomer, est décédé à l'âge de 21 ans au Château de la Motte-Fouqué en Normandie. Jean-Louis de Loflanges, Marquis de Beduer, est décédé le 27 décembre 1755 dans son Château de Beduer en Quercy et a été inhumé le lendemain. Il n'a laissé aucun enfant et a institué son épouse héritière de tous ses biens. La Maison de Loflanges, tirant son nom du Château de Loflanges en Bas-Limousin, est mentionnée comme étant considérable dès le douzième siècle. Le texte détaille la généalogie des Marquis de Beduer, incluant plusieurs générations et alliances matrimoniales. François-Édouard le Gras de Vauberfey, Chevalier et Seigneur de Montgenot, est décédé le 7 mars 1756 à l'âge de 54 ans dans son Château de Montgenot en Champagne. Il avait épousé Demoiselle Marie Claire de Relongue-de-la-Louptiere.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12683
p. 23-29
ODE Tirée du Pseaume 67 Exurgat Deus, & dissipentur inimici ejus, & fugiant qui oderunt eum à facie ejus.
Début :
C'est de tous les Psaumes celui dont le sens littéral a le plus embarrassé les / Dieu se leve : tombez, Roi, Temple, Autel, Idole. [...]
Mots clefs :
Dieu, Seigneur, Roi, Rois, Gloire, Voix, Lieux, Terre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE Tirée du Pseaume 67 Exurgat Deus, & dissipentur inimici ejus, & fugiant qui oderunt eum à facie ejus.
ODE
Tirée du Pſeaume 67 Exurgat Deus ,
diſſipentur inimici ejus , & fugiant qui
oderunt eum à facie ejus.
جرم
'Eſt de tous les Pſeaumes celui dont le
le plus embarraflé les
Interprêtes, Pluſieurs ont cru qu'il fut compoſé
par David pour être chantéependant
la cérémonie de la tranſlation de l'Arche
dans la ville de Jérusalem. Leur ſentiment
eſt fondé ſur ce qu'il paroît par le dixiéme
Chapitre des Nombres, que lorſqu'on élevoit
l'Arche pour la transferer d'un lieu dans un
autre , on chantoit les premiers mots de ce
Pſeaume. Cumque elevaretur Arca , dicebat
Moyses,SurgeDomine , & diſſipentur inimici
tui , &fugiant qui oderunt te àfacie tuâ. Mais
le ſens ſpirituel de çe Cantique regarde inconteſtablement
la Réſurrection & l'Afcenfion
du Fils de Dieu , la deſtruction de l'idolâtrie
, & le triomphe de l'Eglife. Le Cardinal
Bellarmin trouvoit ce Preaume admirable
par les figures , les métaphores , &les
deſcriptions Poëtiques dont il eſt rempli.
On peut dire en effet après leP. Hardouin,
24 MERCURE DE FRANCE.
1
qui l'a traduit un peu fingulierement , que
c'eſt un chef-d'oeuvre de la PoëſieHébraïque,
&l'undesplus beaux Pſeaumes de David.
Dieu ſe leve : tombez , Roi , Temple , Autel
Idolę.
Au feude ſes regards , au ſon de ſa parole
Les Philiftins ont fui,
Tel le vent dans les airs chaſſe au loin la fumée
Telunbrafier ardent voit la cire enflamée
Bouillonner devant lui.
Chantez vos faintes conquêtes ,
Iſraël , dans vos feftins ,
Offrez d'innocentes fêtes
A l'Auteur de vos deſtins ,
Jonchez de fleurs ſon paſſage ,
Votre gloire eſt ſon ouvrage ,
Et le Seigneur eſt ſon nom.
Son bras venge vos allarmes
Dans le ſang & dans les larmes
Des familles d'Aſcalon .
Ils n'ont på ſoutenir ſa face étincelante.
Du timide orphelin , de la veuve tremblante
Il protege les droits.
Dufond du Sanctuaire il nous parleà touteheure :
Il aime à raffembler dans la même demeure
Ceux qui ſuivent ſes loix.
1
وا
* 11
1
DECEMBRE. 1744.
Il brife , il met en pouſſiere
Lejoug terrible & les fers
Qu'il forgea dans ſa colere
Pour ſes enfans les plus chers.
Il délivre ces rebelles
Qui chez des Rois infidéles
Mouroient noyés dans les pleurs a
Ou traînoient leur vie affreuſe
Dans la priſon tenebreuſe
De leurs barbares vainqueurs.
お楽
Souverain d'Iſraël , Dieu vengeur , Dieu ſuprême
Loin des rives du Nil tu conduiſois toi- même
Nos ayeux effrayés :
Parmi les eaux du Ciel , les éclairs & la foudre ,
Le Mont de Sinaï prêt à tomber en poudre
Chancela ſous tes pieds.
De l'humide ſein des nuës
Le painque tu fis pleuvoir
Anos tribus éperduës
Rendit la vie & l'eſpoir ;
Tu veilles ſur ma Patrie
Comme ſur ſa bergerie
Veille un Pasteur diligent ,
Et ta Divine Puiſſance
Répand avec abondance
Ses bienfaits ſur l'indigent,
B
26 MERCURE DE FRANCE,
Sur l'abîme desflots , ſur l'aîle des tempêtes
Le Seigneur fait voler la voix de ſes Prophetes
Aux lieux les plus lointains ;
Son peuple bien-aimé vaincra toute la terre ,
Et les Sceptres conquis par le droit de la guerre
Pafferont dans ſes mains,
Ses moindres efforts terraſffent
Ses ennemis furieux ;
Des périls qui le menacent
Il fort toujours glorieux.
Roi de la terre & de l'onde
Il éblouira le monde
De ſa nouvelle ſplendeur.
Ainſi du haut des montagnes
La neige dans les campagnes
Répand fa vive blancheur.
O monts délicieux ! ô fertile heritage !
Lieux cheris du Seigneur , vous êtes l'heureux gage
De ſon fidéle amour.
Demeure des faux Dieux , montagnes étrangeres ,
Vous n'êtes point l'azile où le Dieu de nos Peres
A fixé ſon ſéjour.
Sion , quelle auguſte fête !
Quels tranſports vont éclater !
Juiqu'à ton fuperte faite
:
1
1
DECEMBRE. 1744. 27
Le char de Dieu va monter.
Pour célébrer ſes louanges
Je vois accourir les Anges ,
Pénétrés d'un faint effroi.hdt
Sa gloire fut moins brillante
Sur la montagne brulante
Où ſa main grava ſa loi
Seigneur , tu vas régner au ſeinde nos Provinces:
Tu reviens entouré de Peuples&de Princes,
Chargés de fers peſans .
L'Idolâtre a fremi quand il tavû paroître ,
Et quoiqu'il n'oſe encore t'avouer pour ſonMaître,
Il t'offre des préfens .
Ce Dieu , fi grand , fi terrible ,
Anos voixdaigne accourir ;
Sabonté toujours viſible
Se plaît à nous fecourir.
Prodigue de récompenſes ,
Malgré toutes nos offenfes
Il eſt lent dans ſa fureur , وک
Mais les carreaux qu'il apprête ,
Tôt ou tard briſent la tête
Del'impie&du pécheur".
Dieu m'a dit : De Bazan pourquoi crains-tu le
pieges?
Bij
28 MER CURE DE FRANCE.
La mer engloutira ces mortels facrileges
Dans fon horrible flanc:
Tu fouleras aux pieds leurs veines déchirées ,
Et les chiens tremperont leurs langues altérées
Dans les flots de leur fang.
Les ennemis de ſa gloire
Sont vaincus de toutes parts :
La pompe de ſa victoire
Frappe leurs derniers regards.
Nos Chefs enflamés de zèle
Chantent la force immortelle
Du Dieu qui ſauva leurs jours ,
Et nos filles triomphantes
Mêlent leurs voix éclatantes
Au fonbruyantdes tambours.
Béniſſez le Seigneur , béniſſez votre Maître.
Defcendans de Jacob , ruiſſeaux que firent naître
Les ſources d'Ifraël .
Vous , jeune Benjamin,& vous Tribus guerrieres,
Nepthali , Zabulon , Juda , Roi de vos freres ,
Adorez l'Eternel .
Rempli , Seigneur , lapromeſſe
Que tu fis à nos Ayeux ;
Que les Rois viennent ſans ceffe
Te rendre hommage en ces lieux ,
DECEMBRE 1744 29
Dompte l'animal ſauvage
Qui contre nous plein de rage
S'élance de ſes Marais.
Pour éviter ta pourſuite
Qu'il cherche envain dans ſa fuite
Les roſeaux les plus épais .
Diſſipe des méchans la fureur conjurée ;
Nous verrons accourir dans ta Ville facrée
Les Envoyés des Rois .
Chantez le Dieu vivant , Royaumes de la terre.
Vous entendez ces bruits , ces éclats de tonnerre ;
:
C'eſt le cri de ſa voix.
O Ciel !
慈溪
vaſte étendue !
Les attributs de ton Dieu
Sur les Aftres , dans la nuë
Sont écrits en traits de feu.
Les Saints que fon ordre employe
Sont les heros qu'il envoye
Pour conquérir l'Univers .
Sa clémence vons appelle ,
• Nations ; que votre zêle
Serve le Dieu que je fers.
Tirée du Pſeaume 67 Exurgat Deus ,
diſſipentur inimici ejus , & fugiant qui
oderunt eum à facie ejus.
جرم
'Eſt de tous les Pſeaumes celui dont le
le plus embarraflé les
Interprêtes, Pluſieurs ont cru qu'il fut compoſé
par David pour être chantéependant
la cérémonie de la tranſlation de l'Arche
dans la ville de Jérusalem. Leur ſentiment
eſt fondé ſur ce qu'il paroît par le dixiéme
Chapitre des Nombres, que lorſqu'on élevoit
l'Arche pour la transferer d'un lieu dans un
autre , on chantoit les premiers mots de ce
Pſeaume. Cumque elevaretur Arca , dicebat
Moyses,SurgeDomine , & diſſipentur inimici
tui , &fugiant qui oderunt te àfacie tuâ. Mais
le ſens ſpirituel de çe Cantique regarde inconteſtablement
la Réſurrection & l'Afcenfion
du Fils de Dieu , la deſtruction de l'idolâtrie
, & le triomphe de l'Eglife. Le Cardinal
Bellarmin trouvoit ce Preaume admirable
par les figures , les métaphores , &les
deſcriptions Poëtiques dont il eſt rempli.
On peut dire en effet après leP. Hardouin,
24 MERCURE DE FRANCE.
1
qui l'a traduit un peu fingulierement , que
c'eſt un chef-d'oeuvre de la PoëſieHébraïque,
&l'undesplus beaux Pſeaumes de David.
Dieu ſe leve : tombez , Roi , Temple , Autel
Idolę.
Au feude ſes regards , au ſon de ſa parole
Les Philiftins ont fui,
Tel le vent dans les airs chaſſe au loin la fumée
Telunbrafier ardent voit la cire enflamée
Bouillonner devant lui.
Chantez vos faintes conquêtes ,
Iſraël , dans vos feftins ,
Offrez d'innocentes fêtes
A l'Auteur de vos deſtins ,
Jonchez de fleurs ſon paſſage ,
Votre gloire eſt ſon ouvrage ,
Et le Seigneur eſt ſon nom.
Son bras venge vos allarmes
Dans le ſang & dans les larmes
Des familles d'Aſcalon .
Ils n'ont på ſoutenir ſa face étincelante.
Du timide orphelin , de la veuve tremblante
Il protege les droits.
Dufond du Sanctuaire il nous parleà touteheure :
Il aime à raffembler dans la même demeure
Ceux qui ſuivent ſes loix.
1
وا
* 11
1
DECEMBRE. 1744.
Il brife , il met en pouſſiere
Lejoug terrible & les fers
Qu'il forgea dans ſa colere
Pour ſes enfans les plus chers.
Il délivre ces rebelles
Qui chez des Rois infidéles
Mouroient noyés dans les pleurs a
Ou traînoient leur vie affreuſe
Dans la priſon tenebreuſe
De leurs barbares vainqueurs.
お楽
Souverain d'Iſraël , Dieu vengeur , Dieu ſuprême
Loin des rives du Nil tu conduiſois toi- même
Nos ayeux effrayés :
Parmi les eaux du Ciel , les éclairs & la foudre ,
Le Mont de Sinaï prêt à tomber en poudre
Chancela ſous tes pieds.
De l'humide ſein des nuës
Le painque tu fis pleuvoir
Anos tribus éperduës
Rendit la vie & l'eſpoir ;
Tu veilles ſur ma Patrie
Comme ſur ſa bergerie
Veille un Pasteur diligent ,
Et ta Divine Puiſſance
Répand avec abondance
Ses bienfaits ſur l'indigent,
B
26 MERCURE DE FRANCE,
Sur l'abîme desflots , ſur l'aîle des tempêtes
Le Seigneur fait voler la voix de ſes Prophetes
Aux lieux les plus lointains ;
Son peuple bien-aimé vaincra toute la terre ,
Et les Sceptres conquis par le droit de la guerre
Pafferont dans ſes mains,
Ses moindres efforts terraſffent
Ses ennemis furieux ;
Des périls qui le menacent
Il fort toujours glorieux.
Roi de la terre & de l'onde
Il éblouira le monde
De ſa nouvelle ſplendeur.
Ainſi du haut des montagnes
La neige dans les campagnes
Répand fa vive blancheur.
O monts délicieux ! ô fertile heritage !
Lieux cheris du Seigneur , vous êtes l'heureux gage
De ſon fidéle amour.
Demeure des faux Dieux , montagnes étrangeres ,
Vous n'êtes point l'azile où le Dieu de nos Peres
A fixé ſon ſéjour.
Sion , quelle auguſte fête !
Quels tranſports vont éclater !
Juiqu'à ton fuperte faite
:
1
1
DECEMBRE. 1744. 27
Le char de Dieu va monter.
Pour célébrer ſes louanges
Je vois accourir les Anges ,
Pénétrés d'un faint effroi.hdt
Sa gloire fut moins brillante
Sur la montagne brulante
Où ſa main grava ſa loi
Seigneur , tu vas régner au ſeinde nos Provinces:
Tu reviens entouré de Peuples&de Princes,
Chargés de fers peſans .
L'Idolâtre a fremi quand il tavû paroître ,
Et quoiqu'il n'oſe encore t'avouer pour ſonMaître,
Il t'offre des préfens .
Ce Dieu , fi grand , fi terrible ,
Anos voixdaigne accourir ;
Sabonté toujours viſible
Se plaît à nous fecourir.
Prodigue de récompenſes ,
Malgré toutes nos offenfes
Il eſt lent dans ſa fureur , وک
Mais les carreaux qu'il apprête ,
Tôt ou tard briſent la tête
Del'impie&du pécheur".
Dieu m'a dit : De Bazan pourquoi crains-tu le
pieges?
Bij
28 MER CURE DE FRANCE.
La mer engloutira ces mortels facrileges
Dans fon horrible flanc:
Tu fouleras aux pieds leurs veines déchirées ,
Et les chiens tremperont leurs langues altérées
Dans les flots de leur fang.
Les ennemis de ſa gloire
Sont vaincus de toutes parts :
La pompe de ſa victoire
Frappe leurs derniers regards.
Nos Chefs enflamés de zèle
Chantent la force immortelle
Du Dieu qui ſauva leurs jours ,
Et nos filles triomphantes
Mêlent leurs voix éclatantes
Au fonbruyantdes tambours.
Béniſſez le Seigneur , béniſſez votre Maître.
Defcendans de Jacob , ruiſſeaux que firent naître
Les ſources d'Ifraël .
Vous , jeune Benjamin,& vous Tribus guerrieres,
Nepthali , Zabulon , Juda , Roi de vos freres ,
Adorez l'Eternel .
Rempli , Seigneur , lapromeſſe
Que tu fis à nos Ayeux ;
Que les Rois viennent ſans ceffe
Te rendre hommage en ces lieux ,
DECEMBRE 1744 29
Dompte l'animal ſauvage
Qui contre nous plein de rage
S'élance de ſes Marais.
Pour éviter ta pourſuite
Qu'il cherche envain dans ſa fuite
Les roſeaux les plus épais .
Diſſipe des méchans la fureur conjurée ;
Nous verrons accourir dans ta Ville facrée
Les Envoyés des Rois .
Chantez le Dieu vivant , Royaumes de la terre.
Vous entendez ces bruits , ces éclats de tonnerre ;
:
C'eſt le cri de ſa voix.
O Ciel !
慈溪
vaſte étendue !
Les attributs de ton Dieu
Sur les Aftres , dans la nuë
Sont écrits en traits de feu.
Les Saints que fon ordre employe
Sont les heros qu'il envoye
Pour conquérir l'Univers .
Sa clémence vons appelle ,
• Nations ; que votre zêle
Serve le Dieu que je fers.
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12684
p. 225-249
ÉTAT De la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
Début :
ROUEN. Du 11 au 17 Novembre 1759. Messieurs m. o. g. d. Feydeau de [...]
Mots clefs :
Vaisselle, Monnaies, Province, Rouen, Lyon, La Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Dijon, Perpignan, Orléans, Reims, Nantes, Grenoble, Aix, Rennes, Bourges, Caen, Tours, Strasbourg, Lille, Pau, Troyes, Poitiers, Besançon, Limoges, Amiens, Riom
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texteReconnaissance textuelle : ÉTAT De la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
ÉTAT
DE la Vaiffelle portée aux Monnoies
des Villes de Province.
ROUEN.
Du 11 au 17 Novembre 1759.
Meffieurs
Feydeau de Brou , Intendant de
Rouen .
De Miromenil , Prem . Président .
De Blanville , Major du Régiment
de Bretagne.
Dailly , Secrétaire de M. l'Intendant.
Le Duc de Bouillon.
Sevrey, Directeur du Vingtième.
De Marchis , Receveur des Tailles.
L'Abbé Dandigné , Aumônier de
la Reine.
Carré , pere , ancien Commiffaire
de la Monnoie.
De la Londe , Contrôleur de la
Monnoie.
De Valliquierville , Prem. Préfid .
de la Chambre des Comptes .
Fremont , Juge - Garde de la
Monnoie.
De Baude , Rentième de M. l'Archevêque.
m.
o . g. d.
J
244 I 12
337 2 6
50 16 12
33 7
436 6 15
4 3 6
98 7
49 6
24 5
8 3 12
255 712
6
39 6 6
1587 1 $ 12
K v
226 MERCURE DE FRANCE .
LYON.
Du 10 au 24 Novembre 1759 .
Meffieurs
L'Archevêque de Lyon.
De Lamichodiere , Intendant.
Pupil , Prem . Préſident de la Cour
des Monnoies.
De Quuifon.
De Fleurieu , Préfident.
De la Verpiliere , Major.
MM. Auriol , freres , Banquiers.
Croppet de Variflan.
De Rochebaron , Commandant.
Madaine la Comtelle de Grolée.
Aniffon .
Adine.
Dellervo , Confeiller.
Desfours , Confeiller.
Les Recteurs de la Charité.
Les Recteurs de l'Hôpital.
Le Comte de Lhopital.
Gayot d'Auffere .
m . o . g.
509 6 18
341 7 18
2.6 18
60
3
189 4 6
155 4 3
1285
107 4
642
125
181 I 12
61 2 12
74 3 15
67 2
*
258 5 12
138 3 9
191 3.18
622 16
Les R. P. Jéfuites du Grand College . 428 2 15
Flachat , Prevôt des Marchands.
De la Verpiliere , Major.
Les Comtes de Lyon.
Cannac.
Quinfon , Tréforier de France.
MM . Duc , freres.
Siran .
Mogniat , Tréforier de France,
Mogniat , Confeiller.
177 7
109 4 18
916 2 6
244 7
677
- 3
S
79 4 14
31 472
19.6 6
229 2 21
- Geneve.
355 18
FEVRIER. 1760. 227
Meffieurs
Suite de Lyon,
Les Cuftodes de Sainte Croix.
De Sugny , Confeiller .
De Morainval.
Les R. P. Jéfuites , du fecond
Collége,
MM . Hubert , freres.
Les R. P. Jéfuites de Saint Jofeph.
Les R. P. Minimes.
Gras , Tréforier de France .
Crupiffon , Prêtre .
Morin , Secrétaire du Roi.
Einguerlin , Suiffe.
Gayot d'Aufferre.
Fitler , Négociant Suiffe .
Scherb , Négociant Suiffe.
Madame Meuricoffre.
Meuricoffre.
La Chapelle des Marchands.
Giraud , Tréforier de l'Hôpital.
m. o. g.
54 0 18
532
49 I
39 4
16 2 12
38 1 9
90 $ 15
37 4
582 B
552 8
?
33 7 4
66 6 18
19 7 21
20 18
16 O 3
17 7 18
595
34 1 13
6605 I
LA ROCHELLE.
Du 10 Novembre au Décembre 1759.
Meffieurs
Baillon , Intendant .
Le Comte de Vence , Maréchalde-
Camp.
Bonnaventure , Lieutenant de Roi.
Bonnermort , Receveur des Fermes
du Roi.
Froger de la Rigaudiere , Capitaine
général des Gardes- Côtes.
m. o. g.
290 4 18.
52
50 2.12
48 6.18
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de la Rochelle .
De Ruis Embito , Intendant de la
Marine à Rochefort.
De Fetilly , Chevalier d'honneur
du Bureau des Finances .
L'Evêque de Luçon.
Rouffy de Lazeneuve , Doyen du
Chapitre .
Beraudin , ancien Lieutenant gén.
de l'Amirauté .
L'Evêque de la Rochelle.
Frefneau, ancien Ingénieur du Roi,
m. o. g.
37 I 6
47 I 12
95512
8 4
18 I
260 4 12
II 6 6
BORDEA U X.
Du 23 Novembre au 10 Décembre 1759-
Meffieurs
L'Evêque de Condom .
Le Marquis de Tourny, Intendant
de Guienne .
Le Comte de Langeron , Commandant
de Guienne.
De Tourny ( Second Article . )
Le Marquis de Montferrant.
Le Maréchal de Richelieu , Gouverneur.
Robert, Directeur des Aydes de
Barbefieux.
L'Evêque de Baras.
Le Berton , Premier Préfid . du
Parlement.
Le Préfident Lalanne.
m . o . g.
577 15
337 4 18
184 7
24 2 18
66
946 I 18
24 6 18
786
328 2 18
80 18
FEVRIER. 1760 . 229
Meffieurs
Suite de Bordeaux.
Le Président de Gafq.
Madame Charot Dupleffis.
L'Evêque d'Agen .
m . 0. g.
190 6 IZ
42 6 18
191 2 9
TOULOUSE.
Du 17 Novembre au 10 Décembre
Meffieurs
Lacoré , Intendant de Montauban.
Riquet , Procureur général .
Maniban , Premier Préfident.
L'Evêque de Montauban.
Loffieux , Officier des Vailleaux.
Le Maréchal de Lautrec.
L'Evêque de Lombés .
L'Abbé Coftos .
De Boiffy.
L'Archevêque d'Auch."
Laborde , Receveur des Domaines
d'Auch.
Comminiant , Tréforier de France.
Le Comte de Marfan.
Defclaux , Tréforier de France .
L'Evêque de Comminges.
De Bartal , Evêque de Caftres.
1759.
m. o. g.
987
335 7
220
253 4 12
22 4 12
833
69 I " -3
11 3 18
7 I
6526
SIS 12
212 I
2033
2951
982 18
1
230 MERCURE DE FRANCE.
MONTPELLIER.
Du 12 au 29 Novembre 1759 .
Meffieurs
De Saint-Prieft , Intendant.
m. o.g
347 4 12
Pitot , Ingénieur , Chevalier de
Saint Michel.
L'Evêque de Nimes.
Mazade , Tréforier général de la
Province .
Journet , Avocat .
Le Baron de Sauve.
Reynaud , Gouverneur de Frontignan.
Salzes , Confeiller à la Cour
des Ayles .
Madame de Salzes.
Le Comte du Cayla , Lieuten . gén .
Boucaud , Préfident à la Cour des
Aydes.
Valat , Tréforier de l'Hôpital gén.
"
de Paris.
Morel , Chanoine de la Cathédrale.
Huart , Directeur des Fermes .
Defpioch , Tréforier de France.
Le Syndic du Collège des Jéfuites.
L'Evêque de Montpellier.
236
123
I 12
424 6
173 712
54 6
56 6
76 6
64 4
Ι
115
753
41 4
72 6
169
80 12
39 2
114
2050 4
FEVRIER. 1760 . 231
DIJON .
Du 12 Novembre au 4 Décembre 1759
Meffieurs
Le Comte de Tavannes, Commandant
en Bourgogne.
De la Marche , Premier Préfident
du Parlement .
Joly de Fleury , Intendant.
De Clugny , Confeiller au Parlem .
m. o. g.
400 7
186 0 12
292 0 5
& Intend. de l'Ifle S. Domingue. 141 2
D'Ogny , Tréforier des Etats de -
Bourgogne.
De la Marche Second Article . )
Joly de Fleury . Second Article. )
Marlor , Maire de Dijon .
le Comte de Tavanne . ( Second Art : 】
De Buffon , Intendant du Jardin
du Roi.
= L'Evêque de Dijon.
Potier , Commiffaire de la Marine
à Auxonne.
De Champrenault , Commandant
de la Ville de Dijon .
220 6 12
274 6
18 2
17 6 12
4 4
96
100 4
25 4
24 2 18
3I
1737 § 7
PERPIGNAN.
Du 15 Novembre au 6 Décembre 1759 .
Meffieurs
De Saint- Affricque , Commiſſaire.
De Bon , Intendant .
m. o. g.
825 6
51 6 12
232 MERCURE DE FRANCE
Meffieurs
Suite de Perpignan.
Canclaux , Tréforier des troupes.
Gonfalye , Procureur au Confeil .
Befombes , Receveur des impofitions.
L'Evêque de Perpignan.
le Comte de Ros.
Duffaut.
le Marquis d'Aguilard.
le Baron de Sournia.
le Marquis de Saint Marfal.
Gonfalve , premier Conful.
Le Préfident de Madaillon.
56 3
m. o. g.
23.4 IL
54 6
57 I
21 3 21
135 2
141
20 4
135 I 12
6 3
4 I 18
Defprés , Confeiller.
749
De Sallele , Confeiller.
7 15
Arnaud , faifant la recette des impofitions.
16
3 14
Hugues.
le Commandant de Cahors .
Du même.
217
86 3 о
6 S 12
8377 1
6
ORLEANS.
19 Du 9 Novembre au 31 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
Phelipet , Secrétaire du Roi.
Le Noir , Directeur des Aydes .
Laurent , Directeur du Vingtiéme.
L'Abbé Colbert, Doyen de Sainte-
Croix.
168 I o
53
31 4 18
53.7.12
De Laage de Meux , Receveur des
Tailles.
53218
FEVRIER. 1760´´ 233
Suite d'Orléans .
Meffieurs
Determont , Evêque de Blois . ( En
deux envois . )
De Montaran, Chanoine , Chancelier
de l'Univerfité .
De Barentin , Intendant.-
MM. du Chapitre de S. Pierre.
Leroi Secrétaire de l'Intendance .
Les R. P. Auguftins.
Les Bénédictins de Bonne-nouvelle .
m. o. g.
91 I
31 7 6
77 3
6 I
22 5
65
52 6
MM. du Chap. de l'Eglife d'Orléans. 268 6
976 2 6
RHEIMS.
Du 9 au 29 Novembre 1759 .
Meffieurs
Clicquot , Directeur de la Monnoye.
Meliand , Intendant de Soillons.
Le Gendre , Ingénieur des ponts &
chauffées.
D'Armancy , Receveur général de
la Champagne.
Colleau , Commiffaire du Confeil à
Rheims.
L'Abbé Cazotte , Chanoine.
m . 0.
g.
43
228
27 2
38 5
6
SI 6 9
145 15
De Choifeuil , Evêque de Châalons . 221 3 12
L'Abbé Parchape , de Vinay , Prevôt
de l'Eglife de Rheims.
Carralet de Rofay , Doyen de l'Egliſe
de Soiffons .
Madame Fillion , veuve de M.le Doux ,
Secrétaire du Roi.
21 3
585 12
289 1 21
134 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Rheims.
m . o.
Le Maire,Seigneur d'Huifel, à Soiffons. 109 2
De Verneuil , Capitaine au Regiment
de Piemont. 49
Bellons , Direct . des Aides à Soiffons . 18 1 12 ,
Rogier , Préfident à Rheims .
Bauduin , Receveur des gabelles à
Châalons.
Hoccart , Grand Baillif d'épée à
Châalons.
113 7
179
40
Gargam , Diacre de l'Eglife de Châalons 81 6 12
Bourgogne , Juge Conful à Rheims. 117 4 18
NANTES.
1834 3 f
Du 13 Novembre au 6 Décembre 1759.
Meffieurs
L'Evêque de Nantes.
Premion , Maire.
De Bellabre , Préfident Sénéchal.
De Gallifon , Ellayeur.
De la Rive , Changeur.
Libault, Secrétaire du Roi.
Portier , Négociant.
Michel Portier , ancien Conful.
Le Cour de Painboeuf.
Le Comte de Menou .
Barre , Avocat général .
Le Comte de Rochefort.
De Lorre de Clifton,
Becdelievre , premier Préſident à
la Chambre des Comptes.
Madame la veuve Mangin.
29 6
m. o. go
249 6 II
59 3 6
65 18
12 0 18
68 6 9.
3
9
29 0
521
2 2
150 6
48 2 13 13
58 1 1 3
7 4 11 13
´375 6 22 14
$ 7 16 12
FEVRIER. 1760. 235
GRENOBLE.
le Chevalier de Marcieux , Brigadier
des armées .
Du 11 au 29 Décembre 1759:
11 .
Meffieurs
De la Porte , Intend . du Dauphiné , 321 0
L'Evêque de Grenoble.
le Comte de Marcieux , Command.
en Dauphiné.
De Funelet , Confeiller au Parlem ,
le Comte de S. André.
Bourfet , Maréchal - de- camp.
153 6
373 6
33 12
28 4
37 6
74 7
39 I IZ
60 7 O
$7 4 12
De Gantés , Maréchal de-camp.
la Marquife de Puifigneux.
le Comte des Adriets .
de Chaponay , Second Préſident.
de Moydien , Procureur général au
Parlement.
Rouveyre de l'Etang , Subdélegué
1 à Valence
Levet , Préſident de la Commiſſion
÷ du Confeil, à Valence.
Bachaffon , Procureur en la Maréchauffée
de Valence.
Du Perrau , Major de Valence.
de Marquis de Montignard , Lieutenant
général
L'Evêque de Dye.
Defquers , Commiſſaire ordonnateur
des guerres, en Dauphiné.
De Rofting.
100.4
32 6
354
5631
49.7 12
55 7
66 7
117 6 0
23 4 21
176 I 2
236 MERCURE DE FRANCE.
A IX.
Du 15 au 29 Novembre 1759.
Mereurs
De la Tour , premier Préſident ,
Intendant.
le Duc de Villars, Gouverneur.
De Montclar , Procureur gén.
Palteau , Tréforier de France.
De Brancas , Archevêque d'Aix,
Gautier du Poet , Confeiller au
Parlement.
George de Roux , Marquis de
Breue , de Marſeille.
Dourfin , Conf. au Parlement.
Jaubert , Recev. de la Viguerie.
le Chev. de Fireau de la Barte.
m.no, g.
437 7 IS
3686 15
97 4 12
92 5 6
448.7 19
110
746 I
28 7. 3
3
23 7 12
18 650
Le Marq. de Pille , Gouv . de Marſeille. 64 6
Trupheme , Commiffaire Provincial
des Guerres.
De la Tour. ( Deuxième envoi. )
De Broglie , Confeiller Doyen à la
Cour des Comptes.
Les Jéfuites.
Bourquet , Confeiller au Parlement.
Villeneuve , Comman. de la Citadelle
de Marſeille.
André de Barrique, Confeiller Notaire
au Parlement.
Maunier fils .
Fortis , Confeiller au Parlement.
Blacas, Marquis d'Aups , premier Confeiller
d'Aix.
Meyronnet Château- Neuf, Confeiller
au Parlement.
106 7
9
77 5.21
.
24 S 12
28
12
31 1 12
148 4 12
152 5 18
6715
22 f 12
3406
50 4 18
FEVRIER. 1760. 237
Meffieurs
Suite d'Aix.
m. o. g:
34 4 6
18
De Fenelon , Maréchal- de-Camp .
De Lille , Secrét . du Roi à Marſeille . 191 5
.e Marquis Delpinoufe , Préfident au
Parlement.
Romegas , Lieut. Gén . en la Sénéch. de
Provence .
87 7
14
De Perole , Avoc. Gen. au Parlement. 59 4
L'Abbé d'Aupede , ancien Aumônier
du Roi
Avon de Cadenet.
II S
8 2
RENNES.
Du 14
Novembre au
3
Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
4 12
Intendant. 4:9 6 12
L'Abbé de la Pomerais , Chanoine. 24
le Bret ,
L'Hôtel des Ventes de l'Orient. 526 7 3 Q
· Godheu , Directeur de la Compagnie
à l'Orient.
De Grand- Ville- Loquet , Seigneur
de Fougeray..
De la Chatre , Gouv. de S. Malo .
Dacofta , pour la Compagnie des
Indes.
De Bagallon.
1896-13 12
308 3 3 18
156
127
10 12
I
3 o
So 3 10 12
238 MERCURE DE FRANCE.
BOURGES.
Du 10 Novembre au 31 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
Dodard , Intendant.
le Blanc de Marnavalle .
Le même.
l'Evêque de Bourges.
6473
236.3 11
5167
54 S
37 22
2336
de S. Leger , & Madame de Vouet.
de Vie , grand- Prévôt du Berty.
Deferennes & des Taupaux , d'Ilfoudun . 33 7 1
de Marpon , Chanoine de la Cathédrale
de Bourges.
Madaudier , Elu à Bourges.
Duret , Receveur Général des Gabelles
à Bourges.
Goyer , Rec. des Tailles de Bourges.
Le Marquis de Lancômes.
2325
25 7
20 7 4
27 22
58 67
CAEN.
657 75
Du
Meffieurs
19 Novembre , au 10 Décembre.
De Neuville , de Saint Henry , Directeur
Gén . des Fermes du Roi.
De Fontelle , Intendant. "
La Marquife de Fontenay ,
Le Duc d'Harcourt.
m. 0. g.
199 I 2
J
216 7 I
43 2 2
Houfel , Directeur des Poftes à Caen . ' 44 7 I
Le Marquis de Saint Germain.
Le Comte de Oilliamſon .
Turgot , de Saint Clair, Confeiller
197 6 4
105 27
3852
FEVRIER. 1760 . 239
Meffieurs
Suite de Caen.
au Parlement de Paris.
De Fontelle , Intendant de Caen.
m. o. g.
220 3
178 or
L'Evêque de Saint Pons. 236 6
Le Marquis de Malherbe. 118
71
Les Religieux de l'Abbaye de Saint
Etienne de Caen. 147 4
L'Evêque de Bayeux. 375 5
2123 3 I
TOURS.
Du 16 Novembre au 31 Décembre 17.59.
Meffieurs
L'Archevêque de Tours.
Le Comte de Vaudreuil , Lieutenant
des armées navales.
m. o. g.
215 0
25.0
Mad. la Duch . de Fleury , Douariere. 112 o
Le Marquis de Beaumont.
De Vermage , Médecin à Paris .
De Lefcalopier , Intendant de la Généralité
de Tours.
Le même. ( Second envoi. )
Plus, un lingot d'or , provenant de
bijoux fondus.
De Chamnigny , Recev. des Aydes
à Tours.
De Gizeux , ancien Maître des Cérémonies.
De Lanau , Tréforier de France à
Tours.
Palas , Chanoine.
2
I
32
50 4 2
20 7 6 2.
I
14
394 42
21.4 2
2.
29 7 4
105 1 S
Τ
15 3
II I
73
I
2
240 MERCURE DE FRANCE
Suite de Tours.
Meffieurs
Mignon.
Le Marquis de Mailly.
Le Comte de Mailly , fils .
Les Religieux du Louroux , Ordre de
Citeaux, un lingot d'or de 6 onces
7 gros,
m. o. g.
26 4
127 2
14 6
775
25 4 7
I 195 4 4
MET Z.
Du 9 au 20 Novembre 1759.
Meffieurs
m . 0. g.
L'Intendant. 154 7 4
De la Serre , Lieutenant de Roi, 114 3 2
De Villemont , Tréforier.
108 2 5
De la Croix , Lieutenant de Police . 10 4 7
26 2
De Magenville , Primier de la Cathéd. 48 6 6
Ferrand , Commiffaire Provincial . 43 3 7
De la Croix , Greffier en chef du Parl .
De la Salle , Directeur des vivres.
Suby , Notaire.
Patieau de Vaumerange , Commiffaire
des guerres .
Perrain de Bui .
Pichon, Commiffaire des guerres.
De Montholon , premier Préfident.
De Caftel.
Carriére , premier Préſident du Bureau
des Finances..
141 4 3
14 52
376
39 72
47 4 0
424 2
68 6 3
62.4736
971 7 2
STRASBOURG. TRA
FEVRIER. 1760.
241
STRASBOURG.
Du 8 Novembre , au 16 dudit.
Meffieurs
De Lucé , Intendant.
Bentabol , Directeur des fourrages .
De Lutzelbourg d'Altroff.
m. o. g.
368 2
$7
aos
107 0 10
Gayot , Intendant de l'armée.
Gayot de Bellombre.
Brunck , Receveur des Finances.
69 7 12
3623 3
109 6
Maréchal Grosjean , Secret. de l'Intend. 46 6 18
De Regemorte , Prêteur Royal.
81 3
Deneft , Directeur des vivres.
528 12
Roulin , Subdélegué général , Secretaire
de l'Intendance.
382 6
1
Pons , Secrétaire du Roi .
De Monconfeil , Lieutenant général
&
Commandant de la Province.
Hermanny & Dieterich.
D'Armeville , Lieutenant de Roi ,
Commandant à Schleftatt.
Terrain , Receveur des Finances .
Noblat ,
Commiffaire des guerres , &
7224 22
153 I 19
109 6
9
127 S
58 0
62
Subdélegué à Belfort.
47 2 10
Meffieurs
LILLE.
Du 10 au 21 Novembre.
L'Intendant du Hainaut.
Daubert , premier Préfident du Farlement
de Flandre.
m. o. ga
331 3
2023 6
L
242 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite de Lille.
D'Arment , Major de ladite Ville.
De Ran fault , Directeur du Grenier
à fel.
De Bonneguife , Evêque d'Arras.
Dronquier , freres , Négocians .
l'Evêque d'Arras .
Vanderweken , Confeiller-Juge ,
Garde de la Monnoye.
Picaut Desjannaux , Préfid . à Mortier.
Defwatines , Bailli des Etats.
Daubert , premier Préfident .
Lécolier , Avocat à S. Amand ,
De Page , Lieutenant de Roi.
Le Camus , Lieut. de Roi de la Citad.
Le Procureur du Roi , Syndic.
m. 0. 5.
23
43 3 I
242 I 4
365 1 5
26 0 6
55 6
215
0 6
77 S I
61.7 3
If I 4
550 I
41 7 I
86 0 2
l'Efpagnol , Confeil. honor. des Etats . 43 0
l'Espagnol de Grimbry , Confeiller des
Etats .
de Liefdart , Confeiller du Roi.
S
2106
5760
de Boiſmorel , Lieut . Col. d'Infanterie . 17 3 0
de Vauderlinde, Ecuyer , Sr de la Falque . 88 4 4
PAU.
Du 20 Novembre au 4 Décembre 1759.
Messieurs
d'Etigny , Intendant .
m. o. g.
836490
fe Baron du Pau , Préfident à Mortier
du Parlement.
Bourdier de Beauregard , Directeur
du Domaine,
143 6
72
FEVRIER. 1760 . 243
Messieurs
Suite de Pau .
S. Martin , Tréforier de l'extraordinaire
des Guerres.
l'Evêque de Tarbe .
de S. Saudens , Confeiller au Parlement.
le Marquis de Cafaux , Procureur-
Général au Parlement.
le Marquis de Fraclieu.
l'Evêque d'Oléron .
le Marquis de Montlezun , en Bigore.
Damou , Lieut. de Roi à Bayonne.
le Baron de Caplane .
l'Evêque de Lax.
m. o. g.
4 200
875 17
59 3 30
148 13 0
98 2 1 I
131 II I
14 2 3 0
142 6 25
4 3 14
14 4 I
TROY E S.
Du 13 Novembre au 24 Décembre 1759.
Messieurs
l'Abbé Gouault.
de Corbigny.
Madame la veuve Flobert.
Flobert.
Jean Berthelin.
m. o. g.
103 6 22 12
57 322 O
39 4 10
40 2 IS
12
109 I 13 12
de Troyes.
Berthelin.
de Clairvaux.
Mefdames de N. D. des Preys.
de Larivoue.
24 I ISI
18 4 3
427 3 3
31°17
10 6 3 12
Lij
244 MERCURE DE FRANCE.
POITIERS.
Du 26 Novembre au 29 Décembre 1759.
Meffieurs
De Bloflac , Intendant.
Fumée , Abbé de Sainte Radegonde.
l'Abbaye de S. Cyprien , Ordre de
S.Benoît.
le Marq de Peruffe , Colonel du Rég.
de Normandie.
De la Roche , Directeur des Aides.
m. o. g.
237 6 21
179 $ 12
36 4 12
257
86 21
BESANÇON .
Du 14 Novembre au 19 Décembre 1759.
Meffieurs
de Boyennes.
de Marival .
de Richemont.
de la Fuente .
de Beaufremont .
Michotay.
de Choifeuil.
Michotay.
m. o. g.
458 7
3636
IS I .
6 7 12
66 0 12
259 3 17
244 Ο
8 2 18
le Duc de Randans. 225 7 о
de Vinet .
27 I 12
de Beaufremont.
Dumenil
de Monier.
du Chélat.
Rouffel.
d'Audelange .
Langloix.
37 7
107 3
535
126.3
6
10 6 12
31 0 13
2.9 I 21
FEVRIER. 1760. 245
LIMOGES.
Du 9 Novembre au 29 Décembre 1759.
ہ و
Meffieurs
m. o. g.
8955
Pajot de Marcheval , Intendant.
Martin de la Baſtide , ancien Préfident.
de Remond de Villevignon , Maréchal de
Camp , Commandant d'Angoulême.
de Bônie , Marquis de l'Avergne..
d'Autichamp , Evêque de Tulle.
Simon , Curé de S. Pierre.
33 4.4
18 4 2
48 0 3
8055
64 I
AMIENS.
277
Du 8 Novembre 1759 , au 25 Janvier 1760.
Meffieurs
d'Invau , Intendant de Picardie.
de Gand fils .
de Gand pere.
Buchere Receveur des Gabelles à
>
Amiens.
m. o g.
37 31 2
de la Maiſon Rouge , Receveur du Grenier
à Sel.
Dincourt de Frechemour , ancien
Capitaine au Régiment de Poitou .
Brion , Commillaire des guerres à
Abbeville.
Langlois de Courcette.
Champion , Secrétaire du Roi,
906
17 67
38361
2
2507
50 5 2
49 3 £
209 3 4
104 6 I
Liij
246 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite d'Amiens .
Langlois , Ingénieur des Fortifications
de Picardie .
l'Abbé de Maiſon , Chantre de la
Cathédrale d'Abbeville.
le Marquis de Wargemon , Enfeigne
des Gendarmes de la Garde .
Morel de Bonneril
m . o. g.
3150
40 6 7
74 73
17 5 3
le Comte de Rume B: fieux . 64 67
Ancellet , Directeur des Cartes. 30 27
Madame la Veuve de Varenne.
15 30
60
8 00
74 75
Mily, Juge- Conful .
Madame de Villevielle .
de Sevelinges.
le Camus , Secrétaire de l'Intendant.
Samuel Vaurobois .
Abraham Vorobais , père .
Abraham Vaurobais , fils
de Mondard , Directeur Général des
Fermes.
Scellier , ancien Changeur , à Montdidier
.
Bourrée, Recev . des Tailles à Abbeville.
Gouffier , Maréchal de Camp.
Madame la veuve Poujal , & fon fils.
Madame la veuve Cornet.
L'Abbaye Royale de Saint Riquer.
27 66
997 z
100 6 2
180 0 0
297 f
15 13
103 2 2
66 3 4
60 32
I
5543
254 0 7
Dufrene , Conf. au Bailliage d'Amiens. 5 o 6
Renouard , Receveur des Tailles.
De Bonnaire , Brigadier des armées
du Roi.
De Trouville.
Lincoùr , Maire.
De Donqueur.
24 4 3.
Z
25232
227 I
32 I 41
57 101
6
FEVRIER. 1760 . 247
Messieurs
Suite d'Amiens .
Madame la veuve Cornet.
Madame la veuve de Querieux .
Joron , Adminiftrateur de l'Hôpital.
Cornet , Négociant à Amiens.
m . o . g.
II I I
น
[
2674 2
28
61 04
L'Abbaye de Valoir , Ordre de Citeaux. 87 7 4
Goubet , Receveur du Tabac à Amiens. 47 5 4
De Lievreville , Direct. du Vingtiéme. 22 0 3
De Verville , Receveur des Tailles.
D'Hedenville.
De Pleffelle.
Debonnaire.
42 7 7
34 2 2
27 45
12 2 3
I De Monfure , Capitaine de Cavalerie . 7 2 1
De Lamotte Tonard .
Madame la veuve de Court.
De Verant , Receveur des Tailles à
Montdidier.
Dauvunghin , de Boulogne.
L'Abbaye de Sumer.
Neret , Receveur des Fermes de Saint
Quentin.
286
61 4 9
68 0 7
43 6 I
22021
57 33
Σ
Cottin , Négociant à Saint Quentin 4+ 1
Fromager , Négociant .
Fizeux , de Saint Quentin .
Fizeux , Négociant à Saint Quentin.
De Villechelle , Subdélegué.
De Vic , de Saint Quentin.
Ofanne , & Mademoiſelle fa foeur.
De Modône , Doyen du Choeur de
Saint Quentin .
La veuve Samuel & fils.
9547
77 I ▸
14 1 4
t
1343 2
11 I 4
48 0 3 2
109 o fi
46 3 4
Brillac.
18
5
Liv
248 MERCURE DE FRANCE.
Suite d'Amiens.
Meffieurs
Madame l'Abbeffe de Paraclet ,
d'Amiens.
L'Abbaye du Gard , Ordre de Cîteaux.
L'Abbaye de Saint Vallery.
l'Abbaye de Beaupré , Ordre de
Cîteaux
De Mouchy de Sully.
le Comte de Mouchy.
De Beauwroy , Lieutenant de Roi.
De la Chauffée , Major de Montreuil.
Heuzé de Filbert , du même lieu.
Du Puis , du même lieu.
De Bloc , du même lieu .
Madame Dheuzé , du même lieu.
De Charnneux de la Valliére , idem.
De la Fontaine , du même lieu .
Theilier , Juge- Garde de la Monnoye.
l'Abbaye de Villancour.
Pirlot , Directeur de la Monnoye.
m .
0. gr
43 541
10 7 S!
16 7 4
17 4 7
61 5
637
2
3
62
14436
7 6
57
33 2
54 2.
14 2
S
17 2 I
70 .
90 24
so
RIOM.
Du 10 au 25 Novembre 1759.
Meffieurs
m. o.
g..
De Balenvilliers. 2.4 I I
2
Le Normant. III 6
l'Abbé de Vienne. 173 4
l'Evêque de Clermont. 153 7
Du Lac. 534
le Marquis de Monboiffier.
834
FEVRIER. 1760. 249
Meffieurs
De Chazerat .
Suite de Riom .
le Marquis Defpnichal.
la Cointelle de Pagna .
Guerin.
m. 0. g.
229 4
81 7
18 0
96 7 5.
1146 5 3
DE la Vaiffelle portée aux Monnoies
des Villes de Province.
ROUEN.
Du 11 au 17 Novembre 1759.
Meffieurs
Feydeau de Brou , Intendant de
Rouen .
De Miromenil , Prem . Président .
De Blanville , Major du Régiment
de Bretagne.
Dailly , Secrétaire de M. l'Intendant.
Le Duc de Bouillon.
Sevrey, Directeur du Vingtième.
De Marchis , Receveur des Tailles.
L'Abbé Dandigné , Aumônier de
la Reine.
Carré , pere , ancien Commiffaire
de la Monnoie.
De la Londe , Contrôleur de la
Monnoie.
De Valliquierville , Prem. Préfid .
de la Chambre des Comptes .
Fremont , Juge - Garde de la
Monnoie.
De Baude , Rentième de M. l'Archevêque.
m.
o . g. d.
J
244 I 12
337 2 6
50 16 12
33 7
436 6 15
4 3 6
98 7
49 6
24 5
8 3 12
255 712
6
39 6 6
1587 1 $ 12
K v
226 MERCURE DE FRANCE .
LYON.
Du 10 au 24 Novembre 1759 .
Meffieurs
L'Archevêque de Lyon.
De Lamichodiere , Intendant.
Pupil , Prem . Préſident de la Cour
des Monnoies.
De Quuifon.
De Fleurieu , Préfident.
De la Verpiliere , Major.
MM. Auriol , freres , Banquiers.
Croppet de Variflan.
De Rochebaron , Commandant.
Madaine la Comtelle de Grolée.
Aniffon .
Adine.
Dellervo , Confeiller.
Desfours , Confeiller.
Les Recteurs de la Charité.
Les Recteurs de l'Hôpital.
Le Comte de Lhopital.
Gayot d'Auffere .
m . o . g.
509 6 18
341 7 18
2.6 18
60
3
189 4 6
155 4 3
1285
107 4
642
125
181 I 12
61 2 12
74 3 15
67 2
*
258 5 12
138 3 9
191 3.18
622 16
Les R. P. Jéfuites du Grand College . 428 2 15
Flachat , Prevôt des Marchands.
De la Verpiliere , Major.
Les Comtes de Lyon.
Cannac.
Quinfon , Tréforier de France.
MM . Duc , freres.
Siran .
Mogniat , Tréforier de France,
Mogniat , Confeiller.
177 7
109 4 18
916 2 6
244 7
677
- 3
S
79 4 14
31 472
19.6 6
229 2 21
- Geneve.
355 18
FEVRIER. 1760. 227
Meffieurs
Suite de Lyon,
Les Cuftodes de Sainte Croix.
De Sugny , Confeiller .
De Morainval.
Les R. P. Jéfuites , du fecond
Collége,
MM . Hubert , freres.
Les R. P. Jéfuites de Saint Jofeph.
Les R. P. Minimes.
Gras , Tréforier de France .
Crupiffon , Prêtre .
Morin , Secrétaire du Roi.
Einguerlin , Suiffe.
Gayot d'Aufferre.
Fitler , Négociant Suiffe .
Scherb , Négociant Suiffe.
Madame Meuricoffre.
Meuricoffre.
La Chapelle des Marchands.
Giraud , Tréforier de l'Hôpital.
m. o. g.
54 0 18
532
49 I
39 4
16 2 12
38 1 9
90 $ 15
37 4
582 B
552 8
?
33 7 4
66 6 18
19 7 21
20 18
16 O 3
17 7 18
595
34 1 13
6605 I
LA ROCHELLE.
Du 10 Novembre au Décembre 1759.
Meffieurs
Baillon , Intendant .
Le Comte de Vence , Maréchalde-
Camp.
Bonnaventure , Lieutenant de Roi.
Bonnermort , Receveur des Fermes
du Roi.
Froger de la Rigaudiere , Capitaine
général des Gardes- Côtes.
m. o. g.
290 4 18.
52
50 2.12
48 6.18
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de la Rochelle .
De Ruis Embito , Intendant de la
Marine à Rochefort.
De Fetilly , Chevalier d'honneur
du Bureau des Finances .
L'Evêque de Luçon.
Rouffy de Lazeneuve , Doyen du
Chapitre .
Beraudin , ancien Lieutenant gén.
de l'Amirauté .
L'Evêque de la Rochelle.
Frefneau, ancien Ingénieur du Roi,
m. o. g.
37 I 6
47 I 12
95512
8 4
18 I
260 4 12
II 6 6
BORDEA U X.
Du 23 Novembre au 10 Décembre 1759-
Meffieurs
L'Evêque de Condom .
Le Marquis de Tourny, Intendant
de Guienne .
Le Comte de Langeron , Commandant
de Guienne.
De Tourny ( Second Article . )
Le Marquis de Montferrant.
Le Maréchal de Richelieu , Gouverneur.
Robert, Directeur des Aydes de
Barbefieux.
L'Evêque de Baras.
Le Berton , Premier Préfid . du
Parlement.
Le Préfident Lalanne.
m . o . g.
577 15
337 4 18
184 7
24 2 18
66
946 I 18
24 6 18
786
328 2 18
80 18
FEVRIER. 1760 . 229
Meffieurs
Suite de Bordeaux.
Le Président de Gafq.
Madame Charot Dupleffis.
L'Evêque d'Agen .
m . 0. g.
190 6 IZ
42 6 18
191 2 9
TOULOUSE.
Du 17 Novembre au 10 Décembre
Meffieurs
Lacoré , Intendant de Montauban.
Riquet , Procureur général .
Maniban , Premier Préfident.
L'Evêque de Montauban.
Loffieux , Officier des Vailleaux.
Le Maréchal de Lautrec.
L'Evêque de Lombés .
L'Abbé Coftos .
De Boiffy.
L'Archevêque d'Auch."
Laborde , Receveur des Domaines
d'Auch.
Comminiant , Tréforier de France.
Le Comte de Marfan.
Defclaux , Tréforier de France .
L'Evêque de Comminges.
De Bartal , Evêque de Caftres.
1759.
m. o. g.
987
335 7
220
253 4 12
22 4 12
833
69 I " -3
11 3 18
7 I
6526
SIS 12
212 I
2033
2951
982 18
1
230 MERCURE DE FRANCE.
MONTPELLIER.
Du 12 au 29 Novembre 1759 .
Meffieurs
De Saint-Prieft , Intendant.
m. o.g
347 4 12
Pitot , Ingénieur , Chevalier de
Saint Michel.
L'Evêque de Nimes.
Mazade , Tréforier général de la
Province .
Journet , Avocat .
Le Baron de Sauve.
Reynaud , Gouverneur de Frontignan.
Salzes , Confeiller à la Cour
des Ayles .
Madame de Salzes.
Le Comte du Cayla , Lieuten . gén .
Boucaud , Préfident à la Cour des
Aydes.
Valat , Tréforier de l'Hôpital gén.
"
de Paris.
Morel , Chanoine de la Cathédrale.
Huart , Directeur des Fermes .
Defpioch , Tréforier de France.
Le Syndic du Collège des Jéfuites.
L'Evêque de Montpellier.
236
123
I 12
424 6
173 712
54 6
56 6
76 6
64 4
Ι
115
753
41 4
72 6
169
80 12
39 2
114
2050 4
FEVRIER. 1760 . 231
DIJON .
Du 12 Novembre au 4 Décembre 1759
Meffieurs
Le Comte de Tavannes, Commandant
en Bourgogne.
De la Marche , Premier Préfident
du Parlement .
Joly de Fleury , Intendant.
De Clugny , Confeiller au Parlem .
m. o. g.
400 7
186 0 12
292 0 5
& Intend. de l'Ifle S. Domingue. 141 2
D'Ogny , Tréforier des Etats de -
Bourgogne.
De la Marche Second Article . )
Joly de Fleury . Second Article. )
Marlor , Maire de Dijon .
le Comte de Tavanne . ( Second Art : 】
De Buffon , Intendant du Jardin
du Roi.
= L'Evêque de Dijon.
Potier , Commiffaire de la Marine
à Auxonne.
De Champrenault , Commandant
de la Ville de Dijon .
220 6 12
274 6
18 2
17 6 12
4 4
96
100 4
25 4
24 2 18
3I
1737 § 7
PERPIGNAN.
Du 15 Novembre au 6 Décembre 1759 .
Meffieurs
De Saint- Affricque , Commiſſaire.
De Bon , Intendant .
m. o. g.
825 6
51 6 12
232 MERCURE DE FRANCE
Meffieurs
Suite de Perpignan.
Canclaux , Tréforier des troupes.
Gonfalye , Procureur au Confeil .
Befombes , Receveur des impofitions.
L'Evêque de Perpignan.
le Comte de Ros.
Duffaut.
le Marquis d'Aguilard.
le Baron de Sournia.
le Marquis de Saint Marfal.
Gonfalve , premier Conful.
Le Préfident de Madaillon.
56 3
m. o. g.
23.4 IL
54 6
57 I
21 3 21
135 2
141
20 4
135 I 12
6 3
4 I 18
Defprés , Confeiller.
749
De Sallele , Confeiller.
7 15
Arnaud , faifant la recette des impofitions.
16
3 14
Hugues.
le Commandant de Cahors .
Du même.
217
86 3 о
6 S 12
8377 1
6
ORLEANS.
19 Du 9 Novembre au 31 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
Phelipet , Secrétaire du Roi.
Le Noir , Directeur des Aydes .
Laurent , Directeur du Vingtiéme.
L'Abbé Colbert, Doyen de Sainte-
Croix.
168 I o
53
31 4 18
53.7.12
De Laage de Meux , Receveur des
Tailles.
53218
FEVRIER. 1760´´ 233
Suite d'Orléans .
Meffieurs
Determont , Evêque de Blois . ( En
deux envois . )
De Montaran, Chanoine , Chancelier
de l'Univerfité .
De Barentin , Intendant.-
MM. du Chapitre de S. Pierre.
Leroi Secrétaire de l'Intendance .
Les R. P. Auguftins.
Les Bénédictins de Bonne-nouvelle .
m. o. g.
91 I
31 7 6
77 3
6 I
22 5
65
52 6
MM. du Chap. de l'Eglife d'Orléans. 268 6
976 2 6
RHEIMS.
Du 9 au 29 Novembre 1759 .
Meffieurs
Clicquot , Directeur de la Monnoye.
Meliand , Intendant de Soillons.
Le Gendre , Ingénieur des ponts &
chauffées.
D'Armancy , Receveur général de
la Champagne.
Colleau , Commiffaire du Confeil à
Rheims.
L'Abbé Cazotte , Chanoine.
m . 0.
g.
43
228
27 2
38 5
6
SI 6 9
145 15
De Choifeuil , Evêque de Châalons . 221 3 12
L'Abbé Parchape , de Vinay , Prevôt
de l'Eglife de Rheims.
Carralet de Rofay , Doyen de l'Egliſe
de Soiffons .
Madame Fillion , veuve de M.le Doux ,
Secrétaire du Roi.
21 3
585 12
289 1 21
134 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Rheims.
m . o.
Le Maire,Seigneur d'Huifel, à Soiffons. 109 2
De Verneuil , Capitaine au Regiment
de Piemont. 49
Bellons , Direct . des Aides à Soiffons . 18 1 12 ,
Rogier , Préfident à Rheims .
Bauduin , Receveur des gabelles à
Châalons.
Hoccart , Grand Baillif d'épée à
Châalons.
113 7
179
40
Gargam , Diacre de l'Eglife de Châalons 81 6 12
Bourgogne , Juge Conful à Rheims. 117 4 18
NANTES.
1834 3 f
Du 13 Novembre au 6 Décembre 1759.
Meffieurs
L'Evêque de Nantes.
Premion , Maire.
De Bellabre , Préfident Sénéchal.
De Gallifon , Ellayeur.
De la Rive , Changeur.
Libault, Secrétaire du Roi.
Portier , Négociant.
Michel Portier , ancien Conful.
Le Cour de Painboeuf.
Le Comte de Menou .
Barre , Avocat général .
Le Comte de Rochefort.
De Lorre de Clifton,
Becdelievre , premier Préſident à
la Chambre des Comptes.
Madame la veuve Mangin.
29 6
m. o. go
249 6 II
59 3 6
65 18
12 0 18
68 6 9.
3
9
29 0
521
2 2
150 6
48 2 13 13
58 1 1 3
7 4 11 13
´375 6 22 14
$ 7 16 12
FEVRIER. 1760. 235
GRENOBLE.
le Chevalier de Marcieux , Brigadier
des armées .
Du 11 au 29 Décembre 1759:
11 .
Meffieurs
De la Porte , Intend . du Dauphiné , 321 0
L'Evêque de Grenoble.
le Comte de Marcieux , Command.
en Dauphiné.
De Funelet , Confeiller au Parlem ,
le Comte de S. André.
Bourfet , Maréchal - de- camp.
153 6
373 6
33 12
28 4
37 6
74 7
39 I IZ
60 7 O
$7 4 12
De Gantés , Maréchal de-camp.
la Marquife de Puifigneux.
le Comte des Adriets .
de Chaponay , Second Préſident.
de Moydien , Procureur général au
Parlement.
Rouveyre de l'Etang , Subdélegué
1 à Valence
Levet , Préſident de la Commiſſion
÷ du Confeil, à Valence.
Bachaffon , Procureur en la Maréchauffée
de Valence.
Du Perrau , Major de Valence.
de Marquis de Montignard , Lieutenant
général
L'Evêque de Dye.
Defquers , Commiſſaire ordonnateur
des guerres, en Dauphiné.
De Rofting.
100.4
32 6
354
5631
49.7 12
55 7
66 7
117 6 0
23 4 21
176 I 2
236 MERCURE DE FRANCE.
A IX.
Du 15 au 29 Novembre 1759.
Mereurs
De la Tour , premier Préſident ,
Intendant.
le Duc de Villars, Gouverneur.
De Montclar , Procureur gén.
Palteau , Tréforier de France.
De Brancas , Archevêque d'Aix,
Gautier du Poet , Confeiller au
Parlement.
George de Roux , Marquis de
Breue , de Marſeille.
Dourfin , Conf. au Parlement.
Jaubert , Recev. de la Viguerie.
le Chev. de Fireau de la Barte.
m.no, g.
437 7 IS
3686 15
97 4 12
92 5 6
448.7 19
110
746 I
28 7. 3
3
23 7 12
18 650
Le Marq. de Pille , Gouv . de Marſeille. 64 6
Trupheme , Commiffaire Provincial
des Guerres.
De la Tour. ( Deuxième envoi. )
De Broglie , Confeiller Doyen à la
Cour des Comptes.
Les Jéfuites.
Bourquet , Confeiller au Parlement.
Villeneuve , Comman. de la Citadelle
de Marſeille.
André de Barrique, Confeiller Notaire
au Parlement.
Maunier fils .
Fortis , Confeiller au Parlement.
Blacas, Marquis d'Aups , premier Confeiller
d'Aix.
Meyronnet Château- Neuf, Confeiller
au Parlement.
106 7
9
77 5.21
.
24 S 12
28
12
31 1 12
148 4 12
152 5 18
6715
22 f 12
3406
50 4 18
FEVRIER. 1760. 237
Meffieurs
Suite d'Aix.
m. o. g:
34 4 6
18
De Fenelon , Maréchal- de-Camp .
De Lille , Secrét . du Roi à Marſeille . 191 5
.e Marquis Delpinoufe , Préfident au
Parlement.
Romegas , Lieut. Gén . en la Sénéch. de
Provence .
87 7
14
De Perole , Avoc. Gen. au Parlement. 59 4
L'Abbé d'Aupede , ancien Aumônier
du Roi
Avon de Cadenet.
II S
8 2
RENNES.
Du 14
Novembre au
3
Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
4 12
Intendant. 4:9 6 12
L'Abbé de la Pomerais , Chanoine. 24
le Bret ,
L'Hôtel des Ventes de l'Orient. 526 7 3 Q
· Godheu , Directeur de la Compagnie
à l'Orient.
De Grand- Ville- Loquet , Seigneur
de Fougeray..
De la Chatre , Gouv. de S. Malo .
Dacofta , pour la Compagnie des
Indes.
De Bagallon.
1896-13 12
308 3 3 18
156
127
10 12
I
3 o
So 3 10 12
238 MERCURE DE FRANCE.
BOURGES.
Du 10 Novembre au 31 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
Dodard , Intendant.
le Blanc de Marnavalle .
Le même.
l'Evêque de Bourges.
6473
236.3 11
5167
54 S
37 22
2336
de S. Leger , & Madame de Vouet.
de Vie , grand- Prévôt du Berty.
Deferennes & des Taupaux , d'Ilfoudun . 33 7 1
de Marpon , Chanoine de la Cathédrale
de Bourges.
Madaudier , Elu à Bourges.
Duret , Receveur Général des Gabelles
à Bourges.
Goyer , Rec. des Tailles de Bourges.
Le Marquis de Lancômes.
2325
25 7
20 7 4
27 22
58 67
CAEN.
657 75
Du
Meffieurs
19 Novembre , au 10 Décembre.
De Neuville , de Saint Henry , Directeur
Gén . des Fermes du Roi.
De Fontelle , Intendant. "
La Marquife de Fontenay ,
Le Duc d'Harcourt.
m. 0. g.
199 I 2
J
216 7 I
43 2 2
Houfel , Directeur des Poftes à Caen . ' 44 7 I
Le Marquis de Saint Germain.
Le Comte de Oilliamſon .
Turgot , de Saint Clair, Confeiller
197 6 4
105 27
3852
FEVRIER. 1760 . 239
Meffieurs
Suite de Caen.
au Parlement de Paris.
De Fontelle , Intendant de Caen.
m. o. g.
220 3
178 or
L'Evêque de Saint Pons. 236 6
Le Marquis de Malherbe. 118
71
Les Religieux de l'Abbaye de Saint
Etienne de Caen. 147 4
L'Evêque de Bayeux. 375 5
2123 3 I
TOURS.
Du 16 Novembre au 31 Décembre 17.59.
Meffieurs
L'Archevêque de Tours.
Le Comte de Vaudreuil , Lieutenant
des armées navales.
m. o. g.
215 0
25.0
Mad. la Duch . de Fleury , Douariere. 112 o
Le Marquis de Beaumont.
De Vermage , Médecin à Paris .
De Lefcalopier , Intendant de la Généralité
de Tours.
Le même. ( Second envoi. )
Plus, un lingot d'or , provenant de
bijoux fondus.
De Chamnigny , Recev. des Aydes
à Tours.
De Gizeux , ancien Maître des Cérémonies.
De Lanau , Tréforier de France à
Tours.
Palas , Chanoine.
2
I
32
50 4 2
20 7 6 2.
I
14
394 42
21.4 2
2.
29 7 4
105 1 S
Τ
15 3
II I
73
I
2
240 MERCURE DE FRANCE
Suite de Tours.
Meffieurs
Mignon.
Le Marquis de Mailly.
Le Comte de Mailly , fils .
Les Religieux du Louroux , Ordre de
Citeaux, un lingot d'or de 6 onces
7 gros,
m. o. g.
26 4
127 2
14 6
775
25 4 7
I 195 4 4
MET Z.
Du 9 au 20 Novembre 1759.
Meffieurs
m . 0. g.
L'Intendant. 154 7 4
De la Serre , Lieutenant de Roi, 114 3 2
De Villemont , Tréforier.
108 2 5
De la Croix , Lieutenant de Police . 10 4 7
26 2
De Magenville , Primier de la Cathéd. 48 6 6
Ferrand , Commiffaire Provincial . 43 3 7
De la Croix , Greffier en chef du Parl .
De la Salle , Directeur des vivres.
Suby , Notaire.
Patieau de Vaumerange , Commiffaire
des guerres .
Perrain de Bui .
Pichon, Commiffaire des guerres.
De Montholon , premier Préfident.
De Caftel.
Carriére , premier Préſident du Bureau
des Finances..
141 4 3
14 52
376
39 72
47 4 0
424 2
68 6 3
62.4736
971 7 2
STRASBOURG. TRA
FEVRIER. 1760.
241
STRASBOURG.
Du 8 Novembre , au 16 dudit.
Meffieurs
De Lucé , Intendant.
Bentabol , Directeur des fourrages .
De Lutzelbourg d'Altroff.
m. o. g.
368 2
$7
aos
107 0 10
Gayot , Intendant de l'armée.
Gayot de Bellombre.
Brunck , Receveur des Finances.
69 7 12
3623 3
109 6
Maréchal Grosjean , Secret. de l'Intend. 46 6 18
De Regemorte , Prêteur Royal.
81 3
Deneft , Directeur des vivres.
528 12
Roulin , Subdélegué général , Secretaire
de l'Intendance.
382 6
1
Pons , Secrétaire du Roi .
De Monconfeil , Lieutenant général
&
Commandant de la Province.
Hermanny & Dieterich.
D'Armeville , Lieutenant de Roi ,
Commandant à Schleftatt.
Terrain , Receveur des Finances .
Noblat ,
Commiffaire des guerres , &
7224 22
153 I 19
109 6
9
127 S
58 0
62
Subdélegué à Belfort.
47 2 10
Meffieurs
LILLE.
Du 10 au 21 Novembre.
L'Intendant du Hainaut.
Daubert , premier Préfident du Farlement
de Flandre.
m. o. ga
331 3
2023 6
L
242 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite de Lille.
D'Arment , Major de ladite Ville.
De Ran fault , Directeur du Grenier
à fel.
De Bonneguife , Evêque d'Arras.
Dronquier , freres , Négocians .
l'Evêque d'Arras .
Vanderweken , Confeiller-Juge ,
Garde de la Monnoye.
Picaut Desjannaux , Préfid . à Mortier.
Defwatines , Bailli des Etats.
Daubert , premier Préfident .
Lécolier , Avocat à S. Amand ,
De Page , Lieutenant de Roi.
Le Camus , Lieut. de Roi de la Citad.
Le Procureur du Roi , Syndic.
m. 0. 5.
23
43 3 I
242 I 4
365 1 5
26 0 6
55 6
215
0 6
77 S I
61.7 3
If I 4
550 I
41 7 I
86 0 2
l'Efpagnol , Confeil. honor. des Etats . 43 0
l'Espagnol de Grimbry , Confeiller des
Etats .
de Liefdart , Confeiller du Roi.
S
2106
5760
de Boiſmorel , Lieut . Col. d'Infanterie . 17 3 0
de Vauderlinde, Ecuyer , Sr de la Falque . 88 4 4
PAU.
Du 20 Novembre au 4 Décembre 1759.
Messieurs
d'Etigny , Intendant .
m. o. g.
836490
fe Baron du Pau , Préfident à Mortier
du Parlement.
Bourdier de Beauregard , Directeur
du Domaine,
143 6
72
FEVRIER. 1760 . 243
Messieurs
Suite de Pau .
S. Martin , Tréforier de l'extraordinaire
des Guerres.
l'Evêque de Tarbe .
de S. Saudens , Confeiller au Parlement.
le Marquis de Cafaux , Procureur-
Général au Parlement.
le Marquis de Fraclieu.
l'Evêque d'Oléron .
le Marquis de Montlezun , en Bigore.
Damou , Lieut. de Roi à Bayonne.
le Baron de Caplane .
l'Evêque de Lax.
m. o. g.
4 200
875 17
59 3 30
148 13 0
98 2 1 I
131 II I
14 2 3 0
142 6 25
4 3 14
14 4 I
TROY E S.
Du 13 Novembre au 24 Décembre 1759.
Messieurs
l'Abbé Gouault.
de Corbigny.
Madame la veuve Flobert.
Flobert.
Jean Berthelin.
m. o. g.
103 6 22 12
57 322 O
39 4 10
40 2 IS
12
109 I 13 12
de Troyes.
Berthelin.
de Clairvaux.
Mefdames de N. D. des Preys.
de Larivoue.
24 I ISI
18 4 3
427 3 3
31°17
10 6 3 12
Lij
244 MERCURE DE FRANCE.
POITIERS.
Du 26 Novembre au 29 Décembre 1759.
Meffieurs
De Bloflac , Intendant.
Fumée , Abbé de Sainte Radegonde.
l'Abbaye de S. Cyprien , Ordre de
S.Benoît.
le Marq de Peruffe , Colonel du Rég.
de Normandie.
De la Roche , Directeur des Aides.
m. o. g.
237 6 21
179 $ 12
36 4 12
257
86 21
BESANÇON .
Du 14 Novembre au 19 Décembre 1759.
Meffieurs
de Boyennes.
de Marival .
de Richemont.
de la Fuente .
de Beaufremont .
Michotay.
de Choifeuil.
Michotay.
m. o. g.
458 7
3636
IS I .
6 7 12
66 0 12
259 3 17
244 Ο
8 2 18
le Duc de Randans. 225 7 о
de Vinet .
27 I 12
de Beaufremont.
Dumenil
de Monier.
du Chélat.
Rouffel.
d'Audelange .
Langloix.
37 7
107 3
535
126.3
6
10 6 12
31 0 13
2.9 I 21
FEVRIER. 1760. 245
LIMOGES.
Du 9 Novembre au 29 Décembre 1759.
ہ و
Meffieurs
m. o. g.
8955
Pajot de Marcheval , Intendant.
Martin de la Baſtide , ancien Préfident.
de Remond de Villevignon , Maréchal de
Camp , Commandant d'Angoulême.
de Bônie , Marquis de l'Avergne..
d'Autichamp , Evêque de Tulle.
Simon , Curé de S. Pierre.
33 4.4
18 4 2
48 0 3
8055
64 I
AMIENS.
277
Du 8 Novembre 1759 , au 25 Janvier 1760.
Meffieurs
d'Invau , Intendant de Picardie.
de Gand fils .
de Gand pere.
Buchere Receveur des Gabelles à
>
Amiens.
m. o g.
37 31 2
de la Maiſon Rouge , Receveur du Grenier
à Sel.
Dincourt de Frechemour , ancien
Capitaine au Régiment de Poitou .
Brion , Commillaire des guerres à
Abbeville.
Langlois de Courcette.
Champion , Secrétaire du Roi,
906
17 67
38361
2
2507
50 5 2
49 3 £
209 3 4
104 6 I
Liij
246 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite d'Amiens .
Langlois , Ingénieur des Fortifications
de Picardie .
l'Abbé de Maiſon , Chantre de la
Cathédrale d'Abbeville.
le Marquis de Wargemon , Enfeigne
des Gendarmes de la Garde .
Morel de Bonneril
m . o. g.
3150
40 6 7
74 73
17 5 3
le Comte de Rume B: fieux . 64 67
Ancellet , Directeur des Cartes. 30 27
Madame la Veuve de Varenne.
15 30
60
8 00
74 75
Mily, Juge- Conful .
Madame de Villevielle .
de Sevelinges.
le Camus , Secrétaire de l'Intendant.
Samuel Vaurobois .
Abraham Vorobais , père .
Abraham Vaurobais , fils
de Mondard , Directeur Général des
Fermes.
Scellier , ancien Changeur , à Montdidier
.
Bourrée, Recev . des Tailles à Abbeville.
Gouffier , Maréchal de Camp.
Madame la veuve Poujal , & fon fils.
Madame la veuve Cornet.
L'Abbaye Royale de Saint Riquer.
27 66
997 z
100 6 2
180 0 0
297 f
15 13
103 2 2
66 3 4
60 32
I
5543
254 0 7
Dufrene , Conf. au Bailliage d'Amiens. 5 o 6
Renouard , Receveur des Tailles.
De Bonnaire , Brigadier des armées
du Roi.
De Trouville.
Lincoùr , Maire.
De Donqueur.
24 4 3.
Z
25232
227 I
32 I 41
57 101
6
FEVRIER. 1760 . 247
Messieurs
Suite d'Amiens .
Madame la veuve Cornet.
Madame la veuve de Querieux .
Joron , Adminiftrateur de l'Hôpital.
Cornet , Négociant à Amiens.
m . o . g.
II I I
น
[
2674 2
28
61 04
L'Abbaye de Valoir , Ordre de Citeaux. 87 7 4
Goubet , Receveur du Tabac à Amiens. 47 5 4
De Lievreville , Direct. du Vingtiéme. 22 0 3
De Verville , Receveur des Tailles.
D'Hedenville.
De Pleffelle.
Debonnaire.
42 7 7
34 2 2
27 45
12 2 3
I De Monfure , Capitaine de Cavalerie . 7 2 1
De Lamotte Tonard .
Madame la veuve de Court.
De Verant , Receveur des Tailles à
Montdidier.
Dauvunghin , de Boulogne.
L'Abbaye de Sumer.
Neret , Receveur des Fermes de Saint
Quentin.
286
61 4 9
68 0 7
43 6 I
22021
57 33
Σ
Cottin , Négociant à Saint Quentin 4+ 1
Fromager , Négociant .
Fizeux , de Saint Quentin .
Fizeux , Négociant à Saint Quentin.
De Villechelle , Subdélegué.
De Vic , de Saint Quentin.
Ofanne , & Mademoiſelle fa foeur.
De Modône , Doyen du Choeur de
Saint Quentin .
La veuve Samuel & fils.
9547
77 I ▸
14 1 4
t
1343 2
11 I 4
48 0 3 2
109 o fi
46 3 4
Brillac.
18
5
Liv
248 MERCURE DE FRANCE.
Suite d'Amiens.
Meffieurs
Madame l'Abbeffe de Paraclet ,
d'Amiens.
L'Abbaye du Gard , Ordre de Cîteaux.
L'Abbaye de Saint Vallery.
l'Abbaye de Beaupré , Ordre de
Cîteaux
De Mouchy de Sully.
le Comte de Mouchy.
De Beauwroy , Lieutenant de Roi.
De la Chauffée , Major de Montreuil.
Heuzé de Filbert , du même lieu.
Du Puis , du même lieu.
De Bloc , du même lieu .
Madame Dheuzé , du même lieu.
De Charnneux de la Valliére , idem.
De la Fontaine , du même lieu .
Theilier , Juge- Garde de la Monnoye.
l'Abbaye de Villancour.
Pirlot , Directeur de la Monnoye.
m .
0. gr
43 541
10 7 S!
16 7 4
17 4 7
61 5
637
2
3
62
14436
7 6
57
33 2
54 2.
14 2
S
17 2 I
70 .
90 24
so
RIOM.
Du 10 au 25 Novembre 1759.
Meffieurs
m. o.
g..
De Balenvilliers. 2.4 I I
2
Le Normant. III 6
l'Abbé de Vienne. 173 4
l'Evêque de Clermont. 153 7
Du Lac. 534
le Marquis de Monboiffier.
834
FEVRIER. 1760. 249
Meffieurs
De Chazerat .
Suite de Riom .
le Marquis Defpnichal.
la Cointelle de Pagna .
Guerin.
m. 0. g.
229 4
81 7
18 0
96 7 5.
1146 5 3
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Résumé : ÉTAT De la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
Le document présente un état des contributions en vaisselle apportées aux monnoies des villes de province entre novembre 1759 et février 1760. Il énumère les noms et les titres des personnes ayant effectué ces dons dans diverses villes françaises, ainsi que les montants correspondants en livres, sous et deniers. Les villes mentionnées incluent Rouen, Lyon, La Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Dijon, Perpignan, Orléans, Reims, Nantes, Grenoble, Aix, Rennes, Bourges, Caen et Tours. Chaque section du document commence par la période concernée et les noms des individus, souvent des dignitaires, des intendants, des présidents, des évêques et autres notables, accompagnés des montants en monnaie apportés. Par exemple, à Rouen, des contributions ont été faites par des personnes telles que des intendants et des présidents. À Lyon, des dignitaires et des évêques ont apporté des montants variés. Les contributions proviennent également de villes comme La Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Dijon, Perpignan, Orléans, Reims, Nantes, Grenoble, Aix, Rennes, Bourges, Caen et Tours. Le document se termine par la date de février 1760. Les montants des contributions varient considérablement, reflétant l'importance et la générosité des contributeurs. Les contributions sont souvent accompagnées de la mention 'm. o. g.' et des montants en livres, sous et deniers. Ce document offre un aperçu des dons financiers effectués par des personnalités influentes dans diverses régions de la France à la fin de l'année 1759 et au début de l'année 1760.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12685
p. 65
LOGOGRYPHE.
Début :
Il n'est point pour moi de mystere ; [...]
Mots clefs :
Généalogie
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
Iz n'est point pour moi de myſtere ; L
Je lis dans les fiécles paflés :
J'établis la Nobleffe, & fais qu'on la révére :
Les honneurs tels qu'ils font , par mes foins font
tracés.
Lecteur , veux tu bien me connoître ;
Je marche fur dix pieds ; décompoſes mon être ?
Tu trouveras dans moi ce Troyen généreux
Qui ravit à la flâme & fon père & les Dieux ;
Ce qui commande aux Rois , quoique leur propre
ouvrage ;
Un Prophéte fameux objet de notre hommage ;
Un fleuve en Egypte vanté ;
Le plus grand ennemi de la fincérité ;
Une fille d'Atlas , & deux fils de Neptune ;
Ce qu'Ovide employa pour peindre l'infortune ;
Un Athlete célébre ; un Météore aqueux ;
Deux mots latins ; une heſpéride ;
Deux animaux ; l'un fier , l'autre ſtupide
Un frimat trifte & rigoureux ;
Enfin j'offre un Pays en yvoire fertile :
Déja tu tiens mon nom ; rien de moins difficile
Iz n'est point pour moi de myſtere ; L
Je lis dans les fiécles paflés :
J'établis la Nobleffe, & fais qu'on la révére :
Les honneurs tels qu'ils font , par mes foins font
tracés.
Lecteur , veux tu bien me connoître ;
Je marche fur dix pieds ; décompoſes mon être ?
Tu trouveras dans moi ce Troyen généreux
Qui ravit à la flâme & fon père & les Dieux ;
Ce qui commande aux Rois , quoique leur propre
ouvrage ;
Un Prophéte fameux objet de notre hommage ;
Un fleuve en Egypte vanté ;
Le plus grand ennemi de la fincérité ;
Une fille d'Atlas , & deux fils de Neptune ;
Ce qu'Ovide employa pour peindre l'infortune ;
Un Athlete célébre ; un Météore aqueux ;
Deux mots latins ; une heſpéride ;
Deux animaux ; l'un fier , l'autre ſtupide
Un frimat trifte & rigoureux ;
Enfin j'offre un Pays en yvoire fertile :
Déja tu tiens mon nom ; rien de moins difficile
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12687
p. 7[8]
ENIGME EN LOGOGRYPHE.
Début :
Sous quatre sens divers que l'on me considere ; [...]
Mots clefs :
Mortier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME EN LOGOGRYPHE.
ENIGME EN LOGOGRYPHE.
Sous quatre fens divers que l'on me confidere
Inftrument redouté des vengeances des Rois .
Refpectable ornement des Miniftres des Lois ,
A la plus chétive chaumiere 2
Comme au plus fuperbe palais ,
Je fuis chofe très- néceffaire.
Me reconnoiffez - vous , lecteur , à tous ces traits ?
Allez donc me chercher chés votre Apoticaire .
Sous quatre fens divers que l'on me confidere
Inftrument redouté des vengeances des Rois .
Refpectable ornement des Miniftres des Lois ,
A la plus chétive chaumiere 2
Comme au plus fuperbe palais ,
Je fuis chofe très- néceffaire.
Me reconnoiffez - vous , lecteur , à tous ces traits ?
Allez donc me chercher chés votre Apoticaire .
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12689
p. 7[8]
AUTRE.
Début :
Jadis dans les combats j'étois d'un grand usage ; [...]
Mots clefs :
Écu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE
Adis dans les combats j'étois d'un grand uſages.
Je fuis également couru
Et par les fots & par le fage ;
Qu'on me coupe la tête , il me refte le cân
Adis dans les combats j'étois d'un grand uſages.
Je fuis également couru
Et par les fots & par le fage ;
Qu'on me coupe la tête , il me refte le cân
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12690
p. 76-77
LOGOGRYPHE.
Début :
Nous sommes trois. Nos noms, d'un même lit enfans, [...]
Mots clefs :
Prote
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
ous fommes trois. Nos noms , d'un même
lit enfans ,
Sont compofés des mêmes élémens ,
Et naiffent de deux fons époux de trois confonnes.
Laillons-les un moment , & parlons des perfonnes.
Depuis trois Siécles environ ,
La mienne en un réduit fecrettement s'applique
A corriger Virgile & Cicéron .
Mon frere n'eft qu'un être abſtrait , métaphyſique ;
Ceft le titre fçavant de plus d'une façon
Que de déraisonner penfe avoir la raiſon.
Quant à ma foeur , elle eſt tout corps , toute phyfique.
Mais non , j'ai tort , fon fort le plus fouvent
C'eſt d'être un vuide , un eſpace , un néant.
Quand j'enlève à mon nom fon premier carac-
-tère
J'ai le nom d'une Cour où l'on crie en Latin ,
Le nom d'un Tribunal augufte & fouverain:
Mais du nom de ma foeur & du nom de mon frere
Otez la voyelle légère ,
Par qui la France entend des fons féminifés ;
Lifez enfuite , ou même délifez :
L'ordre à rebours, comme l'ordre ordinaire ,
Vous donnera deux mots , l'un de l'autre l'envers;
25
THE NEW YORK
PUBLIC LIBRARY.
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS.
Lentem .
Le Ruisseau .
Ruisseau qui baignes cette plaine,
Guitarre
je te ressemble en bien des traits
Toujours même penchant m'entraine
Le mien ne changera jamais.
Gravépar M Charpentie. ImpriméparTournelle
MARS. 1759. 97
+
L'unindique un Sauveur qu'en fes malheurs divers
Croit juſtement avoir Liſbonne :
L'autre nous dit ce que dans l'Univers
Trop fottement ne croit avoir perfonne.
ous fommes trois. Nos noms , d'un même
lit enfans ,
Sont compofés des mêmes élémens ,
Et naiffent de deux fons époux de trois confonnes.
Laillons-les un moment , & parlons des perfonnes.
Depuis trois Siécles environ ,
La mienne en un réduit fecrettement s'applique
A corriger Virgile & Cicéron .
Mon frere n'eft qu'un être abſtrait , métaphyſique ;
Ceft le titre fçavant de plus d'une façon
Que de déraisonner penfe avoir la raiſon.
Quant à ma foeur , elle eſt tout corps , toute phyfique.
Mais non , j'ai tort , fon fort le plus fouvent
C'eſt d'être un vuide , un eſpace , un néant.
Quand j'enlève à mon nom fon premier carac-
-tère
J'ai le nom d'une Cour où l'on crie en Latin ,
Le nom d'un Tribunal augufte & fouverain:
Mais du nom de ma foeur & du nom de mon frere
Otez la voyelle légère ,
Par qui la France entend des fons féminifés ;
Lifez enfuite , ou même délifez :
L'ordre à rebours, comme l'ordre ordinaire ,
Vous donnera deux mots , l'un de l'autre l'envers;
25
THE NEW YORK
PUBLIC LIBRARY.
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS.
Lentem .
Le Ruisseau .
Ruisseau qui baignes cette plaine,
Guitarre
je te ressemble en bien des traits
Toujours même penchant m'entraine
Le mien ne changera jamais.
Gravépar M Charpentie. ImpriméparTournelle
MARS. 1759. 97
+
L'unindique un Sauveur qu'en fes malheurs divers
Croit juſtement avoir Liſbonne :
L'autre nous dit ce que dans l'Univers
Trop fottement ne croit avoir perfonne.
Fermer
12691
p. 55
ENIGME.
Début :
Toujours noire comme un Démon, [...]
Mots clefs :
Bourse à cheveux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
T OUJOURS noiré comme un Démon ,
Tantôt grande & tantôt petite ;
Utile au Roi dans ma façon ,
Juges par-là de mon mérite.
Si je blanchis je ne vaux rien
On me méprife , on m'abandonne ,
Du laquais je deviens le bien.
Mais je vois que cela t'étonne ! -
Tu feras donc bien plus furpris :
La Fleur refuſe mon ſervice.
Combien voit-on de favoris ,
Qui fans contracter un feul vice ,
Déchus de leur autorité ,
Encourent la même diſgrâce !
Méprifés dans l'adverfité ,
A leurs défauts qui feroit grâce ?
Par Madame A. M.T.
T OUJOURS noiré comme un Démon ,
Tantôt grande & tantôt petite ;
Utile au Roi dans ma façon ,
Juges par-là de mon mérite.
Si je blanchis je ne vaux rien
On me méprife , on m'abandonne ,
Du laquais je deviens le bien.
Mais je vois que cela t'étonne ! -
Tu feras donc bien plus furpris :
La Fleur refuſe mon ſervice.
Combien voit-on de favoris ,
Qui fans contracter un feul vice ,
Déchus de leur autorité ,
Encourent la même diſgrâce !
Méprifés dans l'adverfité ,
A leurs défauts qui feroit grâce ?
Par Madame A. M.T.
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12692
p. 79
AUTRE.
Début :
On vous annonce une maison [...]
Mots clefs :
Fiacre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
ON vous annonce une mailoni
A louer en toute faifon :
-
Elle a deux pattes , trois fenêtres ,
Du logement pour quatre Maîtres ,
Même pour cinq en un befoin ;
Ecurie & greniet au foin ;
Elle eft danssin quartier qui pourroit ne pas plaire,
En tout cas le proprietaire
Avec ceftains mots qui font peur ,
Et fa baguette d'enchanteur
Enlevera maifon , meubles & locataire ,
Et fera tant qu'il les mettra
En tel endroit que l'on voudra.
On connoît cet hôtel célebre
A fon écriteau fingulier ,
Pris dans Barêine & dans l'Algebre ,
Et l'on trouve au Calendrier
Son nom , & celui du forcier .
ON vous annonce une mailoni
A louer en toute faifon :
-
Elle a deux pattes , trois fenêtres ,
Du logement pour quatre Maîtres ,
Même pour cinq en un befoin ;
Ecurie & greniet au foin ;
Elle eft danssin quartier qui pourroit ne pas plaire,
En tout cas le proprietaire
Avec ceftains mots qui font peur ,
Et fa baguette d'enchanteur
Enlevera maifon , meubles & locataire ,
Et fera tant qu'il les mettra
En tel endroit que l'on voudra.
On connoît cet hôtel célebre
A fon écriteau fingulier ,
Pris dans Barêine & dans l'Algebre ,
Et l'on trouve au Calendrier
Son nom , & celui du forcier .
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12693
p. 55-56
AUTRE.
Début :
Nécessaire aux foibles humains, [...]
Mots clefs :
Lettre A
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
NÉCESSAIRE aux foibles humains ,
Qui me doivent leur éxiſtance ,
J'affifte à leur trépas , ainſi qu'à leur naiſſance ,
Civ
36 MERCURE DE FRANCE.
Et je fuis toujours dans leurs mains .
On peut me voir auffi dans le carnage ,
Me mêler parmi les Soldats ,
Secondant la valeur , animant le courage ,
Courir ainfi qu'eux au trépas.
Des plus auguftes Rois , je fers à la puiffance ;
Je puis fans vanité , m'allier à leur Sang.
Chez les Américains , je tiens le premier rang ,
Lefecond dans Madrid , & le troifiéme en France :
M a gloire cependant fe perd dans le néant.
Je précéde l'Amour ,fans moi pour luipoint d'armes
;
Et quoique toujours dans les larmes ,
Je fers également & l'Amante & l'Amant.
NÉCESSAIRE aux foibles humains ,
Qui me doivent leur éxiſtance ,
J'affifte à leur trépas , ainſi qu'à leur naiſſance ,
Civ
36 MERCURE DE FRANCE.
Et je fuis toujours dans leurs mains .
On peut me voir auffi dans le carnage ,
Me mêler parmi les Soldats ,
Secondant la valeur , animant le courage ,
Courir ainfi qu'eux au trépas.
Des plus auguftes Rois , je fers à la puiffance ;
Je puis fans vanité , m'allier à leur Sang.
Chez les Américains , je tiens le premier rang ,
Lefecond dans Madrid , & le troifiéme en France :
M a gloire cependant fe perd dans le néant.
Je précéde l'Amour ,fans moi pour luipoint d'armes
;
Et quoique toujours dans les larmes ,
Je fers également & l'Amante & l'Amant.
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12694
p. 223-225
COMEDIE FRANÇOISE.
Début :
Le 23 Juillet, les Comédiens François remirent pour la premiere fois Marius [...]
Mots clefs :
Comédie-Française, Comédiens-Français, Tragédie, Rôle, Actrice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMEDIE FRANÇOISE.
COMEDIE FRANÇOISE.
E 23 Juillet , les Comédiens François
remirent pour la premiere fois Marius
, Tragédie de M. de Caux. Cette piece
n'avoit point été jouée depuis fa nouveauté
en 1716. Elle a de grandes beautés.
J'oferois prefque dire que le rôle du vieux
Marius eft frappé au coin du grand Corneille
. Celui d'Arisbe a été rendu fupérieurement
par Mlle Clairon , qui embellit
tout ce quelle joue.
Le Dimanche 27 du même mois , la
nouvelle Actrice , Mlle Mezieres , a repréfenté
Camille dans les Horaces , avec
l'approbation générale , qui dit plus aujourd'hui
que l'applaudiffement du Parterre.
L'applaudiffement eft fouvent acheté
, au lieu que l'approbation est toujours
libre , & ne s'accorde qu'au talent par le
public connoiffeur , qui feul l'apprécie.
Ses arrêts font moins bruians, mais ils font
les feuls qui décident . Le fuccès & le mé-
Kiiij
224 MERCURE DE FRANCE.
rite théatral de Mlle Mezieres ne font donc
plus douteux. Ce troifiéme rôle a convaincu
les plus incrédules. Elle l'a joué
avec autant d'ame que d'intelligence , &
s'eft furpaffée dans l'imprécation du quatriéme
acte. C'eft dans les grands morceaux
qu'un Acteur fe développe. Quoiqu'on
en dife , ils ne fervent que le vrai
talent , ils font toujours l'écueil de la médiocrité.
L'Actrice nouvelle n'eſt point
bornée au férieux , elle n'a pas moins réuffi
dans le comique. Elle le rend avec d'autant
plus d'efprit , qu'elle ne copie perfonne
, & qu'elle exprime également bien
les caracteres oppofés. Elle a joué l'Amoureuse
dans le Florentin , avec une fineffe
qui eft à elle ; & Lucinde dans l'Oracle
, avec une naïveté fpirituelle , qui
n'eft pas montrée ; il ne lui manque que
l'ufage & le ton du théatre de Paris.
Le fieur Raucourt qui a été reçu pour
un an à l'effai , a repréſenté le vieil Horace
d'une maniere à mériter de plus en
plus l'encouragement du public.
Le 20 Août, les mêmes Comédiens ont
donné la premiere repréſentation de l'Orphelin
de la Chine , Tragédie nouvelle de
M. de Voltaire .
Toute la France y étoit , & le plus grand
nombre l'a applaudie. Ceux qui la jugent
SEPTEMBRE . 1755. 225
avec le plus de rigueur , font forcés de convenir
que les détails en font admirables.
Si la gloire de ce Poëte célébre pouvoit
croître , elle feroit comblée par ce nouveau
triomphe. Il eft vrai que Mlle Clairon doit
le partager ; on peut dire que le talent de
l'Actrice difpute de force avec le génie dé
l'Auteur. M. de Voltaire eft né ponr faire
de beaux vers , & Mlle Clairon eft faite
pour les dire. Heureufement pour la piéce
elle y joue le meilleur rôle. Je ne crois pas
que l'onpuiffe mettre au théatre un caractere
plus intéreffant que celui d'Idamé qu'elle
repréfente. Son héroïfime eft dans la nature,
Celui de fon mari fort de l'humanité.
Il eſt le modele des fujets , mais il en remplit
les devoirs aux dépens de ceux de pere
& d'époux . Il veut facrifier fon fils dans
le berceau , malgré les cris du fang , & il
exhorte fa femme à vivre pour regner avec
le tyran dont elle eft aimée. Idamé au contraire,
mere auffi tendre qu'époufe parfaite,
défend les jours de fon fils au péril des fiens ,
& propofe à fon mari un parti plus noble
& plus convénable , c'eft de mourir tous
deux d'une mort libre par le fecours d'un
poignard qu'elle lui préfente. Nous aurons
le tems de parler plus au long de cette Tragédie
, dont vraisemblablement la réuffite
ne fera point paffagere.
E 23 Juillet , les Comédiens François
remirent pour la premiere fois Marius
, Tragédie de M. de Caux. Cette piece
n'avoit point été jouée depuis fa nouveauté
en 1716. Elle a de grandes beautés.
J'oferois prefque dire que le rôle du vieux
Marius eft frappé au coin du grand Corneille
. Celui d'Arisbe a été rendu fupérieurement
par Mlle Clairon , qui embellit
tout ce quelle joue.
Le Dimanche 27 du même mois , la
nouvelle Actrice , Mlle Mezieres , a repréfenté
Camille dans les Horaces , avec
l'approbation générale , qui dit plus aujourd'hui
que l'applaudiffement du Parterre.
L'applaudiffement eft fouvent acheté
, au lieu que l'approbation est toujours
libre , & ne s'accorde qu'au talent par le
public connoiffeur , qui feul l'apprécie.
Ses arrêts font moins bruians, mais ils font
les feuls qui décident . Le fuccès & le mé-
Kiiij
224 MERCURE DE FRANCE.
rite théatral de Mlle Mezieres ne font donc
plus douteux. Ce troifiéme rôle a convaincu
les plus incrédules. Elle l'a joué
avec autant d'ame que d'intelligence , &
s'eft furpaffée dans l'imprécation du quatriéme
acte. C'eft dans les grands morceaux
qu'un Acteur fe développe. Quoiqu'on
en dife , ils ne fervent que le vrai
talent , ils font toujours l'écueil de la médiocrité.
L'Actrice nouvelle n'eſt point
bornée au férieux , elle n'a pas moins réuffi
dans le comique. Elle le rend avec d'autant
plus d'efprit , qu'elle ne copie perfonne
, & qu'elle exprime également bien
les caracteres oppofés. Elle a joué l'Amoureuse
dans le Florentin , avec une fineffe
qui eft à elle ; & Lucinde dans l'Oracle
, avec une naïveté fpirituelle , qui
n'eft pas montrée ; il ne lui manque que
l'ufage & le ton du théatre de Paris.
Le fieur Raucourt qui a été reçu pour
un an à l'effai , a repréſenté le vieil Horace
d'une maniere à mériter de plus en
plus l'encouragement du public.
Le 20 Août, les mêmes Comédiens ont
donné la premiere repréſentation de l'Orphelin
de la Chine , Tragédie nouvelle de
M. de Voltaire .
Toute la France y étoit , & le plus grand
nombre l'a applaudie. Ceux qui la jugent
SEPTEMBRE . 1755. 225
avec le plus de rigueur , font forcés de convenir
que les détails en font admirables.
Si la gloire de ce Poëte célébre pouvoit
croître , elle feroit comblée par ce nouveau
triomphe. Il eft vrai que Mlle Clairon doit
le partager ; on peut dire que le talent de
l'Actrice difpute de force avec le génie dé
l'Auteur. M. de Voltaire eft né ponr faire
de beaux vers , & Mlle Clairon eft faite
pour les dire. Heureufement pour la piéce
elle y joue le meilleur rôle. Je ne crois pas
que l'onpuiffe mettre au théatre un caractere
plus intéreffant que celui d'Idamé qu'elle
repréfente. Son héroïfime eft dans la nature,
Celui de fon mari fort de l'humanité.
Il eſt le modele des fujets , mais il en remplit
les devoirs aux dépens de ceux de pere
& d'époux . Il veut facrifier fon fils dans
le berceau , malgré les cris du fang , & il
exhorte fa femme à vivre pour regner avec
le tyran dont elle eft aimée. Idamé au contraire,
mere auffi tendre qu'époufe parfaite,
défend les jours de fon fils au péril des fiens ,
& propofe à fon mari un parti plus noble
& plus convénable , c'eft de mourir tous
deux d'une mort libre par le fecours d'un
poignard qu'elle lui préfente. Nous aurons
le tems de parler plus au long de cette Tragédie
, dont vraisemblablement la réuffite
ne fera point paffagere.
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Résumé : COMEDIE FRANÇOISE.
En juillet 1755, les Comédiens Français reprirent la tragédie 'Marius' de M. de Caux, absente des scènes depuis 1716. Le rôle du vieux Marius fut comparé aux œuvres de Corneille. Mlle Clairon interpréta Arisbe avec maestria. Le 27 juillet, Mlle Mézières joua Camille dans 'Les Horaces' et reçut une approbation générale, démontrant ainsi son talent, tant dans les rôles tragiques que comiques, comme l'Amoureuse dans 'Le Florentin' et Lucinde dans 'L'Oracle'. Le sieur Raucourt, nouvellement engagé, interpréta le vieil Horace avec succès. Le 20 août, les Comédiens Français présentèrent 'L'Orphelin de la Chine' de Voltaire, acclamée par le public et les critiques. Mlle Clairon incarna Idamé, un personnage héroïque et touchant, et la tragédie fut saluée pour ses détails admirables et le talent de ses interprètes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
12695
p. 66-67
AUTRE. à Mlle D***, à Paris.
Début :
Vif, languissant, tendre, doux ou sévere, [...]
Mots clefs :
Regard
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE. à Mlle D***, à Paris.
AUTR E.
à Mlle D✶✶✶ à Paris.
VIF , languiffant , tendre , doux ou févere ;
Ꮩ
Charmant en vous , en d'autres éffronté ,
J'ufe de mes droits fans myſtère.
Cependant il en fait quelquefois la beauté ;
Mais belle Iris , je hais l'obſcurité,
Et ces droits ne font beaux qu'au jour , qu'à la
lumiere.
De mes fix pieds , avec facilité ,
On pourra , fi l'on veut , extraire
Pour les Vaiffeaux un lieu de fureté ;
Un cri quelquefois falutaire
A l'homme ivre , au Badaut dans la rue arrêté ;
Contre toute furpriſe un poſte néceſſaire ;
Cet espace de Temps qui , dans la primauté ,
Des plaifirs , des amours , des jeux eft le repaire ,
Et qui dans fon hyver , languiffant , rebuté ,
De bien des maux devient le tributaire ;
Le premier Fondateur d'an Ordre refpecté
Religieux & Militaire ;
Du Languedoc une Cité ;
Un autre de Bohême ; un excès de colere ,
Ou ce mal furieux , terrible & fanguinaire
Partout justement redouté.
Iris , après ce trait il eft temps de me taire;
Je ne me fuis que trop manifefté.
THE NEW YORK
PUBLIC LIBRARY.
ASTOR , LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS.
2
Dieux ! Thémire est plus belle Au
jourd'hui
que ja mais! Le titre d'infi...
- delle Prete donc des at traits ? A
mour si de son
+
•
crime Tu ne les point
van
-ge; Dois -je être ta victi me Moi
qui suis outrage. ?
Grave
par Me Charpentie.
Imprimé par Tournelle .
SEPTEMBRE . 1761 .
67
ENVÓ I.
A Imable Iris , je n'en fais pas myſtere :
Animé par l'efprit , les graces , la beauté ,
Ce mot a tant d'attraits & tant d'autorité ,
Qu'un feul de votre part eft tout ce que j'eſpére
Je l'attens de votre bonté ;
Jugez s'il doit me fatisfaire !
Par lui l'Auteur fera flatté' ,
Et l'Ouvrage , affuré de plaire.
Par M. DES MARAIS du CHAMBON, en Limousin
à Mlle D✶✶✶ à Paris.
VIF , languiffant , tendre , doux ou févere ;
Ꮩ
Charmant en vous , en d'autres éffronté ,
J'ufe de mes droits fans myſtère.
Cependant il en fait quelquefois la beauté ;
Mais belle Iris , je hais l'obſcurité,
Et ces droits ne font beaux qu'au jour , qu'à la
lumiere.
De mes fix pieds , avec facilité ,
On pourra , fi l'on veut , extraire
Pour les Vaiffeaux un lieu de fureté ;
Un cri quelquefois falutaire
A l'homme ivre , au Badaut dans la rue arrêté ;
Contre toute furpriſe un poſte néceſſaire ;
Cet espace de Temps qui , dans la primauté ,
Des plaifirs , des amours , des jeux eft le repaire ,
Et qui dans fon hyver , languiffant , rebuté ,
De bien des maux devient le tributaire ;
Le premier Fondateur d'an Ordre refpecté
Religieux & Militaire ;
Du Languedoc une Cité ;
Un autre de Bohême ; un excès de colere ,
Ou ce mal furieux , terrible & fanguinaire
Partout justement redouté.
Iris , après ce trait il eft temps de me taire;
Je ne me fuis que trop manifefté.
THE NEW YORK
PUBLIC LIBRARY.
ASTOR , LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS.
2
Dieux ! Thémire est plus belle Au
jourd'hui
que ja mais! Le titre d'infi...
- delle Prete donc des at traits ? A
mour si de son
+
•
crime Tu ne les point
van
-ge; Dois -je être ta victi me Moi
qui suis outrage. ?
Grave
par Me Charpentie.
Imprimé par Tournelle .
SEPTEMBRE . 1761 .
67
ENVÓ I.
A Imable Iris , je n'en fais pas myſtere :
Animé par l'efprit , les graces , la beauté ,
Ce mot a tant d'attraits & tant d'autorité ,
Qu'un feul de votre part eft tout ce que j'eſpére
Je l'attens de votre bonté ;
Jugez s'il doit me fatisfaire !
Par lui l'Auteur fera flatté' ,
Et l'Ouvrage , affuré de plaire.
Par M. DES MARAIS du CHAMBON, en Limousin
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12696
p. 56-57
LOGOGRYPHE.
Début :
Quand j'ai beaucoup reçu l'on me fait beaucoup rendre ; [...]
Mots clefs :
Grange
12697
p. 261
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du mois de Mai, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'A
Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chance
lier , le Mercure du mois de Mai , & je n'y
ai rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion,
A Paris , ce 29 Avril 1756.
GUIROY,
J'A
Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chance
lier , le Mercure du mois de Mai , & je n'y
ai rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion,
A Paris , ce 29 Avril 1756.
GUIROY,
Fermer
12698
p. 77
AUTRE.
Début :
Ma tête à bas ; de grand je deviens fort petit, [...]
Mots clefs :
Boeuf
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
a tête à bas ; dé grand je deviens fort petit ,
Et je n'ai plus ni piés ni pates.
De fçavoir qui je ſuis , Lecteur , ſi tu te flates ,
Tu crois avoir beaucoup d'eſprit.
a tête à bas ; dé grand je deviens fort petit ,
Et je n'ai plus ni piés ni pates.
De fçavoir qui je ſuis , Lecteur , ſi tu te flates ,
Tu crois avoir beaucoup d'eſprit.
Fermer
12699
p. 57-59
AUTRE.
Début :
Mon nom seul, dans l'âme du Sage, [...]
Mots clefs :
Fanatisme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
MOND Ó N nom feul , dans l'âme du Sage ,
Imprimé une juſte terreur.
Sous un mafque impofant , exerçant ma fureur ,
Des malheurs les plus grands je retrace l'image :
Enfin je fuis un monftre affreux .
Dans la main de celui qui lance le Tonnerre ,
Sâchez -le , habitans de la terre ,
Il n'eft fléau plus dangereux .
Rien ne peut échapper à ma jalouſe rage;
Cv
58 MERCURE DE FRANCE
Un aveugle tranfport fait mon unique loi ,.
Et fouvent j'entraîne avec moi
La mort, le fang & le carnage.
Que dis-je , il eft peu de climats ,
Où ma déteftable manie ,
N'ait excité le peuple à d'étranges combats
Témoins , & l'Europe & l'Afic.
Du fang , comme de l'amitié ,
J'étouffe le cri reſpectable ;
Quelquefois même fans pitié ,
Pour l'objet le plus cher , je fuis inexorable.
Fuis donc , me dites-vous , Lecteur ,
Monftre garde- toi de paroître:
Tu ne me remplis que d'horreur ,
Et je commence à te connoître.
Hé bien , foit ; achevez. Dans la combinaiſon
Dès neufpieds feulement qui compoſent mon être,
Vous trouverez d'abord ce qu'en une maiſon
On apperçoit bientôt quand on déplaît au Maîtres
Dans l'Inde , un Royaume fameux ;
De plus , une douce monture ;
Un nom commun aux Bienheureux ;
L'espéce humaine en mignature ;
L'arrière- petit-fils du plus fage des Rois 5.
Le mont d'où l'Eternel , dans l'éclat redoutable
De la gloire , aux Hébreux voulut dicter les loix
Un Héréfiarque exécrable ;
Du bien , l'ennemi furieux
Toujours amans, toujours aimes : Surlafoi
W
W
d'une tendre amie Vous n'êtes jamais allar =
W
- més: Parmi vous la plus courte absence
Finitpar le pluspromptretour , Toujours la
vive impatienceVous prete l'aile de l'amour.
Gravepar M Charpentie.
Imprimépar Tournelle
Louré.
8
Que d'une felicite pure Vousjouis
W
-sés dans vos plaisirs, Bergers dont la sim
W
-ple.nature Forme et remplit tous les de=
= sirsjamais lafortune volage Ne corrompt
W
de sidoux transports: L'amour seul obtient
votre hommage, C'est le Dieu de tous vostre
Majeur. W
-sors . Sans trouble vous passes
W
la vi
DECEMBRE. 1760 12
Une Rivière en Franconie ;
Chez les Juifs un nom odieux -
Du Monde une belle parties
Un membre du corps ; un fléau
De l'Egypte jadis , la Ville capitale
Ce qui refte de l'homme , en entrant au tombeau
L'Office dont l'heure fatale
Fait gémir le Chanoine , & l'arrache au repos
De Noé l'un des fils; une étoffe eftimable ;
Et pour finir tous ces propos , "
Chez les gens de bon goût , un être infupporabler
Par M.l'Abbé RIMBER F.
MOND Ó N nom feul , dans l'âme du Sage ,
Imprimé une juſte terreur.
Sous un mafque impofant , exerçant ma fureur ,
Des malheurs les plus grands je retrace l'image :
Enfin je fuis un monftre affreux .
Dans la main de celui qui lance le Tonnerre ,
Sâchez -le , habitans de la terre ,
Il n'eft fléau plus dangereux .
Rien ne peut échapper à ma jalouſe rage;
Cv
58 MERCURE DE FRANCE
Un aveugle tranfport fait mon unique loi ,.
Et fouvent j'entraîne avec moi
La mort, le fang & le carnage.
Que dis-je , il eft peu de climats ,
Où ma déteftable manie ,
N'ait excité le peuple à d'étranges combats
Témoins , & l'Europe & l'Afic.
Du fang , comme de l'amitié ,
J'étouffe le cri reſpectable ;
Quelquefois même fans pitié ,
Pour l'objet le plus cher , je fuis inexorable.
Fuis donc , me dites-vous , Lecteur ,
Monftre garde- toi de paroître:
Tu ne me remplis que d'horreur ,
Et je commence à te connoître.
Hé bien , foit ; achevez. Dans la combinaiſon
Dès neufpieds feulement qui compoſent mon être,
Vous trouverez d'abord ce qu'en une maiſon
On apperçoit bientôt quand on déplaît au Maîtres
Dans l'Inde , un Royaume fameux ;
De plus , une douce monture ;
Un nom commun aux Bienheureux ;
L'espéce humaine en mignature ;
L'arrière- petit-fils du plus fage des Rois 5.
Le mont d'où l'Eternel , dans l'éclat redoutable
De la gloire , aux Hébreux voulut dicter les loix
Un Héréfiarque exécrable ;
Du bien , l'ennemi furieux
Toujours amans, toujours aimes : Surlafoi
W
W
d'une tendre amie Vous n'êtes jamais allar =
W
- més: Parmi vous la plus courte absence
Finitpar le pluspromptretour , Toujours la
vive impatienceVous prete l'aile de l'amour.
Gravepar M Charpentie.
Imprimépar Tournelle
Louré.
8
Que d'une felicite pure Vousjouis
W
-sés dans vos plaisirs, Bergers dont la sim
W
-ple.nature Forme et remplit tous les de=
= sirsjamais lafortune volage Ne corrompt
W
de sidoux transports: L'amour seul obtient
votre hommage, C'est le Dieu de tous vostre
Majeur. W
-sors . Sans trouble vous passes
W
la vi
DECEMBRE. 1760 12
Une Rivière en Franconie ;
Chez les Juifs un nom odieux -
Du Monde une belle parties
Un membre du corps ; un fléau
De l'Egypte jadis , la Ville capitale
Ce qui refte de l'homme , en entrant au tombeau
L'Office dont l'heure fatale
Fait gémir le Chanoine , & l'arrache au repos
De Noé l'un des fils; une étoffe eftimable ;
Et pour finir tous ces propos , "
Chez les gens de bon goût , un être infupporabler
Par M.l'Abbé RIMBER F.
Fermer
12700
p. 262
ERRATA. Pour le premier Volume du mois d'Avril.
Début :
Page 44, ligne derniere, que vous me donnerez de baiser en ce jour, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ERRATA. Pour le premier Volume du mois d'Avril.
ERRATA.
Pour le premier Volume du mois d'Avril.
Page 44 , ligne derniere, que vous me donnerez
de baifer en ce jour , lifez , de baiſers en ce jour.
Page 72 , ligne 2 , toujous fufpendue , lifex ,
toujours.
Même page , ligne 19, de gente différent
lifex , de genre différent.
Page 93 , lig. 24 , Leg , réveil , rive , lif. rivé.
Pour le fecond Volume d'Avril.
Page 16 , ligne 3 , mais il n'en étoient plus, lifex ,
mais ils n'en étoient plus.
Page 31 , lig. 18 , depuis que loin de la barriere ,
lifez , depuis que loin de la banniere.
Page 192 & 193 , lig. 18 & lig. 3 , M. Profper ,
Muficien du Roi de Sardaigne , lifez , M.
Prover , &c.
Pour le premier Volume du mois d'Avril.
Page 44 , ligne derniere, que vous me donnerez
de baifer en ce jour , lifez , de baiſers en ce jour.
Page 72 , ligne 2 , toujous fufpendue , lifex ,
toujours.
Même page , ligne 19, de gente différent
lifex , de genre différent.
Page 93 , lig. 24 , Leg , réveil , rive , lif. rivé.
Pour le fecond Volume d'Avril.
Page 16 , ligne 3 , mais il n'en étoient plus, lifex ,
mais ils n'en étoient plus.
Page 31 , lig. 18 , depuis que loin de la barriere ,
lifez , depuis que loin de la banniere.
Page 192 & 193 , lig. 18 & lig. 3 , M. Profper ,
Muficien du Roi de Sardaigne , lifez , M.
Prover , &c.
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Résumé : ERRATA. Pour le premier Volume du mois d'Avril.
Le document liste les corrections typographiques pour les premiers et seconds volumes d'avril. Pour le premier volume, les corrections concernent les pages 44, 72 et 93. Pour le second volume, elles concernent les pages 16, 31, 192 et 193.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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