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12601
p. 204-222
ARCHITECTURE. Suite des mémoires d'une Société de gens de Lettres publiés en l'année 2355.
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POUR suivre l'ordre des matieres plutôt que celui du livre, nous passerons [...]
Mots clefs :
Théâtre, Palais royal, Architecture, Opéra, Édifices, Architecture, Loges, Musique, Spectacle, Musiciens
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texteReconnaissance textuelle : ARCHITECTURE. Suite des mémoires d'une Société de gens de Lettres publiés en l'année 2355.
ARCHITECTURE.
Suite des mémoires d'une Société de
gens
Lettres publiés en l'année 2355.
Po
de
OUR fuivre l'ordre des matieres plu-
τότ que celui du livre , nous pafferons
au cinquième mémoire qui traite d'architecture.
M. Gainfay y donne ſes réflexions fur
l'ancien bâtiment qu'on nomme le Palais
Royal. C'étoit autrefois la principale demeure
des Ducs d'Orléans , avant qu'ils
euffent bâti ce fuperbe édifice qu'ils habitent
maintenant au centre de la ville , &
qui eft un des plus beaux morceaux d'architecture
qu'il y ait en Europe. L'ancien
Palais royal n'eft plus qu'une de leurs maifons
de plaifance ; comme il a toujours
été entretenu avec foin , il fe trouve vraifemblablement
à peu- près dans l'état dans
lequel il a été conftruit. L'architecture en
eft affez belle , & fon caractere prouve fon
ancienneté. Il eft plus lourd & moins recherché
que le Louvre , & les autres bâtitimens
confidérables qui nous reftent de
ces tems ; cependant , comme ce goût eft
folide & bon en foi , on ne peut pas douSEPTEMBRE
. 1755. 205
ter qu'il ne faille remonter , pour en fixer
la date avant le dix-huitiéme fiécle , dans
lequel on voit par le peu qui nous en refte ,
qu'à la réferve de quelques édifices , le
goût étoit dégénéré , meſquin , irrégulier ,
& fouvent même extravagant.
M. Gainfay fait ici une digreffion pour
prouver qu'on doit attribuer la deftruction
de la plupart des édifices du dix- huitiéme
fiécle , à ce que dans les fiécles fuivans où
le bon goût s'eft rétabli , ils furent trouvés
peu dignes de refter fur pied , & comme
tels abattus, afin de ne laiffer aucune trace
de ce tems de délire , honteux à une nation
qui a toujours été en poffeffion de
donner les exemples du goût à fes voifins ;
quoiqu'il en foit de ce fentiment , il eft
certain que M. Gainfay ne le prouve pas
fans réplique , puiſqu'on peut auffi- bien
donner pour raifon de cette deftruction le
tems qui s'eft écoulé jufqu'à nous , & que
d'ailleurs il n'eft pas vraisemblable que les
propriétaires des palais ou maifons qui
nous auroient pû fervir à connoître le
goût d'architecture de ce fiécle , fe foient
prêtés à faire de tels facrifices à la gloire
de leur nation , fans quelque intérêt particulier.
De plus fi cela s'étoit fait par une
confpiration générale , il n'en feroit rien
refté du tout , au lieu qu'avec un peu de
-4
206 MERCURE DE FRANCE.
recherches on en retrouve affez pour donner
lieu à des conjectures plus étendues.
M. Gainfay remarque très- judicieuſement
qu'on ne peut point attribuer à ce
fiécle corrompu une conftruction auffi réguliere
que les deux grandes cours du Palais
royal , que l'architecture cependant
n'en étant pas fi épurée que celle du Louvre
, il y a lieu de croire qu'elle a précédé ,
& qu'elle eft du quinziéme fiécle , avant
qu'on eût entierement trouvé le point de
perfection , mais lorsqu'on en étoit fort
proche. On voit dans la feconde cour une
chofe finguliere. Les étages d'en haut nẻ
font pas femblables dans les deux aîles.
Un côté eft décoré de croifées quarrées ,
de vafes , & un peu en arriere d'un petit
mur percé de petites croifées , & traité de
maniere qu'il forme un attique agréable
& fort élégant : l'autre côté préfente une
balustrade ornée de vafes , mais il fe trouve
enfuite un étage de bois , dont le mur
eft incliné en arriere , fans qu'on puiffe
deviner ce qui a empêché de le mettre à
plomb. A- t - on crû qu'il en pût réſulter
quelque agrément à l'oeil ? Il ne paroît pas
poffible de le penfer. L'apparence de folidité
exige que tous les murs portent per
pendiculairement les uns fur les autres .
Eft- ce quelque raifon de commodité intéSEPTEMBRE.
1755. 207
"
rieure ? On ne ſçauroit la concevoir ; il
paroît au contraire que l'intérieur en eft
gâté , & qu'il eft plus difficile de s'approcher
de ces croifées fans fe heurter par
l'inclinaifon qu'elles ont en haut ; d'ailleurs
cela donne aux appartemens un air ignoble
en les faifant paroître des greniers lambriffés.
Voilà de ces obfcurités que l'ancienneté
ne nous permet pas de pénétrer
& fur lefquelles on ne peut fonder aucunes
conjectures raifonnables. On voit par
d'anciennes eftampes qui repréfentent cet
édifice , que le toît defcendoit juſqu'au
pied de cet étage , & qu'il n'y avoit que
des croifées éloignées les unes des autres ,
qui fervoient à éclairer les greniers. Ces
croifées avançant en faillie fur un pignon
très-élevé & fort pointu , étoient défectueufes
, & laiffoient voir trop de toît ,
ainfi il a été néceffaire d'en former un
étage ; mais le côté décoré en attique a
l'avantage d'avoir confervé les anciennes
fenêtres qui font d'un goût conforme
celui de tout l'édifice , au lieu que l'autre
eft dans un goût entierement différent.
M. Gainfay entre enfuite dans un examen
fort détaillé fur l'architecture d'une
cour qui eft fur le côté de ce Palais : nous
fupprimerons cette partie de fon difcours
à caufe de fa longueur , & nous renvoye208
MERCURE DE FRANCE.
rons fur ce fujet à l'original . On y trouve
ra une critique fort judicieufe mêlée d'éloges
, également bien fondés , de ce morceau
d'architecture .
Nous pafferons à une des falles de ce
Palais , que M. Gainfay nomme la falle
des concerts. Quelques Aureurs ont prétendu
qu'autrefois cette falle a été la falle
de l'Opéra de Paris . M. Gainfay prouve
que ce fentiment eft infoutenable . Premierement
, elle est beaucoup trop petite
pour avoir pû contenir les citoyens d'une
ville telle que Paris , même dans ces temslà
. On ne peut pas y fuppofer , quelque
peu confidérable qu'elle fut alors , moins
d'un million d'habitans , quoique ce foit
bien peu en comparaifon de ce qu'elle en
renferme aujourd'hui ; toujours eft- il certain
que dans cette fuppofition , quelque
bornée qu'elle foit , il a dû y avoir cent
mille perfonnes allant habituellement à
l'Opéra. A moins qu'on ne veuille croire ,
comme font ceux qui foutiennent ce fentiment
, que la mufique de ce tems étant
fort fimple, & n'étant proprement que nos
chants d'églife , avec quelques accompa
gnemens auffi uniformes , elle n'infpiroit
pas alors ces fenfations délicieufes qu'elle
nous fait éprouver maintenant qu'elle eſt
portée à fa perfection. Ils en concluent
SEPTEMBRE. 1755. 209
qu'on n'avoit pas alors pour elle ce goût
vif qui nous détermine fi fortement , que
malgré la grandeur de nos théatres & la
quantité que nous en avons dans prefque
tous les quartiers de la ville , ils font néanmoins
toujours remplis ; conféquemment
que très - peu de perfonnes alloient au
fpectacle ; qu'à la réferve d'un très - petit
nombre qui s'étant habitués d'enfance à
goûter cette mufique , y trouvoient quelque
beauté , prefque perfonne ne s'en foucioit.
Que les étrangers même ne la pouvant
fouffrir n'y alloient point. Quoiqu'on
ne puiffe pas entierement rejetter ces faits ,
puifque la mufique de ces tems-là qui eſt
parvenue jufqu'à nous , femble en faire
la preuve néanmoins , à quelque point
qu'on diminue la quantité de gens qui aimoient
ces fpectacles , il eft certain qu'on
ne peut la réduire , jufqu'à croire que
cette falle ait pû les contenir.
M. Gainfay tire fa feconde preuve de la
forme de cette falle . Elle eft fort étroite &
fort longue , ce qui eft contradictoire à la
forme effentielle d'un théatre qui doit être
de forme circulaire ou approchante du
cercle dans toute l'étendue de la falle où
font les fpectateurs . En effet , comment
concevoir qu'un architecte ait pu bâtir un
théatre dont la principale loge eft la plus
210 MERCURE DE FRANCE.
éloignée . Peut -on fuppofer qu'il ait ignoté
qu'une falle de théatre doit ( quelque for
me qu'on y donne ) s'ouvrir en largeur ,
plutôt que s'enfoncer en profondeur. Il eſt
vrai que dans celui - ci les côtés s'élargiffent
un peu en s'étendant vers la partie qu'on
prétend être le théatre , mais c'eſt de fi
peu de chofe que cela eft inutile , & ne
fert qu'à y donner une forme défagréable ,
La loge principale a toujours du être celle du
fond , puifque c'eft vis-à- vis d'elle & pour
elle , que fe fait toujours le jeu du théatre ;
dans cette fuppofition , celle- ci feroit trop
loin , & l'on n'y pourroit pas bien entendre
, d'autant plus que le fon feroit intercepté
en chemin par l'obftacle qu'y apporteroit
le petit murmure qui s'enfuit néceffairement
de l'interpofition de plufieurs
perfonnes qu'on ne peut empêcher de fe
parler quelquefois à l'oreille : car on
prétend qu'il y avoit des fpectateurs af
fis dans cette partie qui eft au-devant
& qu'on nomme l'amphithéatre . On ne
fçait pas fi en effet l'ufage étoit alors
de mettre à tous les théatres cette partie
qu'on veut nommer ici amphithéatre.
Nos théatres ne contiennent plus rien
de femblable. De plus il n'y a que cinq
loges dans cette petite partie circulaire ,
qui ayent été placées , finon pour bien
SEPTEMBRE. 1755. 211
entendre du moins pour bien voir. Les loges
qui s'étendent fur les aîles font encore
plus malheureufes ; fi elles font plus à portée
d'entendre , elles le font bien moins
de voir. Le rang de devant ne voit qu'en
s'avançant avec effort , & celui de derriere
ne peut rien voir , ou fört difficilement ,
& en fe levant ou fe penchant au hazard
de tomber fur le rang de devant . On ne
peut s'imaginer qu'on louât des places
pour être affis , & que cependant on fe
tînt de bout. Si l'on confidere la partie
qu'ils nomment le théatre , on verra par
fon peu d'ouverture , qu'il n'eft pas poffible
qu'on y ait pû donner un fpectacle
fur- tout avec des choeurs , & l'on fçait
que les François en ont toujours joint à
leurs Opéra ; il faudroit que les perfonnages
de ces choeurs fuffent rangés de maniere
que le premier cachât en partie le
fecond , & ainfi fucceffivement des autres
; ce qui ne produiroit point de fpectacle
, donneroit un air d'arrangement
apprêté , & détruiróit l'illufion qu'ils nous
doivent faire en fe plaçant par petits groupes
inégaux & naturels . De l'ordre proceffionnal
qu'il faut néceffairement leur fuppofer
ici , il s'enfuit que les derniers qui
font au fond ne pourroient ni voir ni entendre
le claveffin. Comment pourroient-
›
1
212 MERCURE DE FRANCE.
ils donc fuivre une mefure exacte ? Quelques-
uns ont avancé ſur ce fujet une abfurdité
ridicule , ils ont prétendu qu'il y
avoit derriere les derniers de ces choeurs
des Muficiens qui les régloient en battant
la meſure avec des bâtons . Comment peuton
s'imaginer qu'on pût fouffrir un bruit
auffi indécent , tandis que les oreilles délicates
ont peine à fupporter celui que
fait le Muficien lorfqu'il touche fortement
le claveffin pour remettre quelqu'un
dans la´meſure ; ce qui eft extrêmement
rare , puifqu'on ne fouffre perfonne fur
nos théatres qui ne fçache très-bien la mufique
, du moins quant à la meſure . L'ouverture
de ce qu'ils appellent ici théatre ,
eft tellement étroite , qu'on ne peut pas
fuppofer qu'elle ait encore été divifée
en plufieurs parties , ainfi qu'il eft néceffaire
pour les à parte , dont les anciennes
piéces font remplies : Pouvons - nous
penfer qu'on ait négligé de l'illufion , &
choqué la vraiſemblance , au point de faire
dire ou chanter dans le même lieu des
paroles qu'un acteur préfent eft fuppofé
ne pas entendre , il a fallu du moins qu'il
y eut entre ces acteurs un obftacle , ou réel
ou en peinture , qui donnât lieu de croire
qu'ils pouvoient parler fans être entendus
que du fpectateur : mais où eft ici l'efpace
SEPTEM BRE. 1755. 213
néceffaire pour introduire ces obſtacles ?
Quelles fortes de décorations peut - on fuppofer
avoir été faites dans un lieu fi borné
on n'y peut imaginer qu'une fuite de
chaffis fort étroits fur lefquels on ne pourroit
rien peindre que les bords des objets
encore faudroit- il bien les mettre de fuite,
& que l'un ne débordât l'autre qu'autant
que la perfpective le permet , ce qui produiroit
néceffairement une ennuyeufe uniformité.
Point de ces fuyans fur les côtés ,
qui font des effets fi agréables fur nos
théatres. Point de ces chaffis avancés audedans
de la fcéne , & découpés de maniere
à laiffer voir par leurs ouvertures les
côtés qui continuent de fuir , & les toiles
qui fervent de .fond . Ici tout doit être
terminé par une feule toile. Une pareille
décoration ne feroit propre qu'à
repréſenter une rue étroite & fort longue ;
cependant on fçait qu'alors la peinture
brilloit en France , le plaifir qu'elle y caufoit
par fon excellence , a dû néceffairement
engager à faire de grands théatres
pour donner aux Peintres un lieu propre
à montrer l'étendue de leur génie , & pour
profiter du plaifir que caufe l'illufion
produite par les effets de ce bel art . On
fçait encore que les anciens François introduifoient
la danfe dans leurs Opéra.
214 MERCURE DE FRANCE.
Dans les piéces qui nous reftent d'eux , on
voit même qu'ils la lioient à l'action ,
quelquefois bien , le plus fouvent mal-àpropos
, quoique peut- être eût- il mieux
valu la renvoyer aux entr'actes , que de
forcer la vraisemblance , & la raiſon pour
la coudre à la piéce. Quoiqu'il en foit , il
paroît qu'ils avoient des ballets , & même
des ballets figurés, & repréſentans un fujer :
or , comment veut- on qu'on ait pû exécuter
de tels ballets dans un fi petit eſpace : Il y
auroit eû une confufion infupportable ,
ceux de devant auroient caché ceux de
derriere , tellement qu'on n'en auroit pas
pû voir nettement le deffein : D'ailleurs ,
il n'y pourroit pas tenir affez de danfeurs ,
même en fe touchant à rout inftant les
uns les autres pour former un ballet compofé
avec quelque génie. Il faudroit fuppofer
que la danfe alors ne fût que de
deux , trois , ou quatre perfonnes qui auroient
danfé enfemble , & par conféquent
très-breve : car un fi petit nombre de danfeurs
qui figureroient enſemble , ne pourroient
, s'ils danfoient long- tems , s'empêcher
de retomber dans les mêmes pas ,
& de répéter les mêmes, figures , ce qui
deviendroit ennuyeux , quelques excellens
qu'ils fuffent.
Cependant , en mefurant le tems que
SEPTEMBRE. 1755. 215
duroient leurs Opéra , qu'on fçait avoir
été , ainfi que de notre tems , d'environ
trois heures , on ne trouve pas que la mufique
en ait pû employer plus de la moitié
, encore en fuppofant qu'elle ait été
chantée d'une lenteur exceffive , le refte
doit avoir été occupé par la danſe .
Le parterre de cette falle eft d'une profondeur
dont on ne peut concevoir l'uſage
, fi la fuppofition que ce fût une falle
de théatre avoit lieu , les perfonnes affifes
aux trois où quatre premiers rangs n'auroient
rien vû que ce qui fe feroit paffé
au bord de la fcene , & auroient affez mal
entendu , quoique proche , parce que le
fon auroit paffé par- deffus leurs têtes . Suppoferoit-
on qu'ils euffent été de bout , &
peut-on croire que quelqu'un eût pû refter
dans une pofture fi fatigante durant
trois heures , expofé à la foule & au mouvement
tumultueux que caufe toujours un
nombre de perfonnes dans un lieu refferré,
pour entendre une mufique peu divertif
fante. On ne pourroit dans ce cas penfer
autre chofe , finon que ce lieu auroit été
abandonné à la livrée . M. Gainfay obſerve
encore que la décoration de cette falle
qui n'eft ornée d'aucune architecture , paroît
peu digne d'avoir été le lieu de fpectacle
d'une grande ville, Pas une colonne ,
216 MERCURE DE FRANCE.
pas même un feul pilaftre ! Trois petits
rangs de loges écrafées & foutenues par
des poteaux étroits , y font voir une économie
de terrein peu convénable dans un
édifice de cette importance . L'égalité de
ces deux rangs de loges n'annonce pas
plus de dignité dans ceux qui doivent occuper
le rang d'enbas que dans ceux qui
font au-deffus , & d'ailleurs c'eft un défaut
de goût dans un lieu qu'on auroit prétendu
décorer pour le public : car un des premiers
principes du goût eft d'éviter l'égalité
dans les principales maffes d'un édifice
, & d'y trouver toujours quelques parties
dominantes.
-
Il eft d'autant moins à croire que les
anciens François ayent conſtruit un théatre
femblable, qu'on fçait que dès ce temslà
tous les artiſtes , tant les Peintres que les
Muficiens voyageoient dans leur jeuneffe
en Italie pour fe former le goût : Or , il
eft impoffible qu'ils n'ayent pas vû le théatre
antique de Palladio qui eft vraiment
le modele d'un théatre parfait , foit pour
la commodité , foit pour la magnificence
de la décoration . C'eft de ce refpectable
monument que nous avons tité la perfection
que nous avons donnée à nos théatres
modernes ; à la vérité il n'eft pas poffible
de conftruire un théatre de telle
maniere
SEPTEMBRE . 1755. 217
maniere que tout le monde y foit également
bien placé. Néceffairement il y a
quelques loges ou autres places où l'on eft
forcé de regarder de côté , mais il n'eft
aucun plan qui remédie auffi- bien aux
inconvéniens , & qui place autant de perfonnes
avec avantage que celui de cet admirable
édifice antique ; il eft vrai que la
façade du théatre qui coupe cet ovale dans
fon plus grand diamétre , gâte la forme
totale de cet édifice , & le fait paroître à
demi - fait ; mais il eft aifé de fuppléer à ce
défaut comme nous avons fait dans nos
théatres modernes, C'eft de cet antique
que nous avons appris à décorer nos théatres
de cette belle colonnade qui y fait un
effet fi noble. M. Gainfay ne fçauroit fe
réfoudre à croire que les théatres des anciens
François ayent pû fe paffer d'un
ornement auffi magnifique qu'une colonnade
circulaire , & qui lui paroît y être
fi effentiellement néceffaire. Il faut le lire
pour concevoir avec quelle éloquence il
fait fentir la noble richeffe de cette décoration
; & en effet , il eft difficile d'imaginer
qu'on ait prétendu rendre un lieu
digne d'y recevoir le public & les étrangers
, fans l'enrichir de colonnes , ornement
le plus magnifique que l'architecture
ait jamais inventé.
K
21S MERCURE DE FRANCE.
M. Gainfay ajoute une réflexion qui paroît
évidente . Quand il feroit poffible ,
dit-il , que les François euffent rejetté cet
exemple de Palladio par le défaut de fçavoir
comment remédier au defagrément
de fon avant-fcene : du moins ils auroient
fuivis les théatres ordinaires de l'Italie ,
qui , quoique très- défectueux à bien des
égards , avoient , & plus de grandeur , &
une forme plus rélative à leur deftination ,
que celui qu'on nous propofe ici comme
ayant été le principal theatre d'une ville
telle que Paris. Les reftes de celui d'Argentina
à Rome , & de quelques autres en
Italie nous en offrent la preuve. La forme
en eft defagréable , parce que leur plan
reffemble à une raquette , ou à un oeuf
tronqué , & qu'elle produit plufieurs loges
, où il n'y a abfolument que le premier
rang qui puiffe voir & entendre. La décoration
eft de mauvais goût en ce que
toutes les loges , dont il y a fix rangs les uns
fur les autres , font égales , & femblent des
enfoncemens pratiqués dans des murs de
catacombes. La principale loge qu'on a prétendu
décorer , eſt toujours écrasée rélati-
-vement à fa largeur . L'économie d'eſpace
qui n'a permis de prendre que deux loges
pour fa hauteur , a empêché de lui donner
l'exhauffement qui lui convenoit.
SEPTEMBRE 1755, 219
Néamoins , ces théatres ont un air de
grandeur, même dans les plus petites villes ,
d'où M. Gainfay conclut , qu'on ne peut
pas fuppofer que les François ayent fuivi
un auffi mauvais plan que celui qu'on expofe
ici comme le théatre principal de Paris
, & qu'ayant fous les yeux ces modeles
, certainement ils ont donné à ces monumens
publics la dignité qui leur convient
; par conféquent on ne doit pas croire
que cette falle ait été un théatre. Il paroît
qu'on ne peut réfifter à l'évidence de fes
preuves. La derniere objection qu'il fait ,
eft abfolument décifive . On ne voit autour
de cette falle aucun portique , ce qui eft.
fi néceffaire à un théatre , qu'il feroit impoffible
qu'on en fortit , quelque petit
qu'il fût , fans courir à tout inftant rifque
de la vie. L'embarras que caufe la quantité
des équipages à la fortie des fpectacles
, a toujours rendu ces portiques d'une
néceffité indifpenfable , pour donner lieu
aux gens à pied de s'échapper par différens
chemins. Il remarque encore qu'il n'y
a qu'une feule porte d'une grandeur un
peu raifonnable , & qu'il feroit infenfé de
croire qu'on eût donné dans un pareil lieu
des fpectacles , où l'on emploie fouvent le
feu , & qui font fréquemment exposés au
hazard d'un incendie .
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
M. Gainfay paffe à l'explication de ce
qu'on doit penfer de cette falle . C'étoit ,
dit-il , la falle des concerts particuliers des
Princes de la Maiſon d'Orléans. La partie
qu'on a prétendu être un Amphitheatre ,
étoit le lieu où fe plaçoient les Muficiens.
Au commencement il n'y avoit point toutes
ces loges qui l'entourent maintenant ;
mais cette grande maifon s'étant augmentée
dans le dix-neuviéme fiécle , on fut
obligé de les conftruire pour y placer tous
les Officiers de cette maifon qui obrenoient
la faveur de pouvoir entendre des
concerts , où tout ce qu'il y avoit de plus
excellens chanteurs , tant Italiens que François
, exécutoient la plus belle mufique
connue dans ces tems- là. Dans la partie
qu'on prétend avoir été le théatre , étoit
placée une magnifique tribune , qui a été
détruite depuis ; ce lieu étant devenu inutile
lorfque ces Princes ont ceffé d'y demeurer.
On ne peut pas douter que cette
tribune n'ait été décorée de colonnes de
la plus belle architecture , les pilaftres de
fer travaillés , qu'on voit encore aux deux
côtés , en font une continuation fimple ,
& comme pour fervir de tranfition d'un
lieu magnifique aux loges deftinées pour
les Officiers de la maifon. La partie qui
eft au pied de cette tribune en enfonceSEPTEMBRE.
1755. 221
le
ment , & qu'on dit être l'orchestre des.
Muficiens de l'Opéra , eft proprement
lieu où fe plaçoient les Officiers dont les
Princes pouvoient avoir befoin le plus
fréquemment , afin d'être à portée de recevoir
immédiatement leurs ordres ; &
ce qu'on a nommé le parterre étoit le lieu
où le mettoit le plus bas domeftique , où
on avoit conftruit une rampe douce , afin
que ceux qui étoient les plus proches de
la tribune principale , ne puffent point incommoder.
Il pourroît paroître que ceux
qui étoient les derniers , étoient mal placés
pour voir , parce que ceux qui étoient
devant eux , étoient plus élevés ; mais il
faut confidérer qu'il n'eft queſtion ici que
d'entendre un concert , où les principaux
chanteurs fe mettent toujours fur le devant
de l'appui qui les fépare des auditeurs
, & que cet appui eft fort élevé audeffus
de l'auditoire ; mais ce qui confirme
& donne la derniere évidence à ce
qu'avance M. Gainfay dans ce mémoire ,
c'eft qu'il en déduit une raiſon fimple &
claire de l'evafement de cette falle en venant
vers la tribune, qui dans toute autre fuppofition
paroît fans fondement ; il confidere
l'amphithéatre , & qui eft véritablement
l'Orcheftre , comme un centre d'où partent
des rayons de fon ; fi les murs étoient pa-
1
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
ralleles , ces rayons les heurteroient fous
des angles qui pourroient les réfléchir , en
intercepter une partie rélativement à la
tribune principale , pour laquelle toute
cette falle eft conftruite , & par leur réflection
produire une cacophonie qui eft
l'effet naturel de toute voix réfléchie. Cette
douce inclinaiſon n'oppoſe pas un obftacle
affez direct pour brifer ces rayons ,
elle les oblige feulement à gliffer par un
angle très-obtus , & à fe réunir vers la tribune
pour y produire un plus grand effet
d'harmonie . Si elle étoit plus évafée , elle
fuivroit la direction droite du fon , & n'en
augmenteroit pas la force ; il ne faut pas
s'embarraffer des loges qui y font un
obftacle ; parce qu'elles n'y ont été miles
qu'après coup, & qu'elles ne doivent point
être reprochées à l'Architecte ingénieux ,
qui a imaginé cette forme très- propre
fon but. Il eft fâcheux que cette tribune
ait été détruite ; par elle nous aurions
juger s'il avoit autant de goût que de bon
fens .
C'eſt ainfi que M. Gainfay explique ce
qui nous refte de la falle des concerts du
Palais royal. Il eft difficile , après l'avoir
lû dans l'original , de réfiſter à la force de
fes preuves.
La fuite an Mercure fuivant.
Suite des mémoires d'une Société de
gens
Lettres publiés en l'année 2355.
Po
de
OUR fuivre l'ordre des matieres plu-
τότ que celui du livre , nous pafferons
au cinquième mémoire qui traite d'architecture.
M. Gainfay y donne ſes réflexions fur
l'ancien bâtiment qu'on nomme le Palais
Royal. C'étoit autrefois la principale demeure
des Ducs d'Orléans , avant qu'ils
euffent bâti ce fuperbe édifice qu'ils habitent
maintenant au centre de la ville , &
qui eft un des plus beaux morceaux d'architecture
qu'il y ait en Europe. L'ancien
Palais royal n'eft plus qu'une de leurs maifons
de plaifance ; comme il a toujours
été entretenu avec foin , il fe trouve vraifemblablement
à peu- près dans l'état dans
lequel il a été conftruit. L'architecture en
eft affez belle , & fon caractere prouve fon
ancienneté. Il eft plus lourd & moins recherché
que le Louvre , & les autres bâtitimens
confidérables qui nous reftent de
ces tems ; cependant , comme ce goût eft
folide & bon en foi , on ne peut pas douSEPTEMBRE
. 1755. 205
ter qu'il ne faille remonter , pour en fixer
la date avant le dix-huitiéme fiécle , dans
lequel on voit par le peu qui nous en refte ,
qu'à la réferve de quelques édifices , le
goût étoit dégénéré , meſquin , irrégulier ,
& fouvent même extravagant.
M. Gainfay fait ici une digreffion pour
prouver qu'on doit attribuer la deftruction
de la plupart des édifices du dix- huitiéme
fiécle , à ce que dans les fiécles fuivans où
le bon goût s'eft rétabli , ils furent trouvés
peu dignes de refter fur pied , & comme
tels abattus, afin de ne laiffer aucune trace
de ce tems de délire , honteux à une nation
qui a toujours été en poffeffion de
donner les exemples du goût à fes voifins ;
quoiqu'il en foit de ce fentiment , il eft
certain que M. Gainfay ne le prouve pas
fans réplique , puiſqu'on peut auffi- bien
donner pour raifon de cette deftruction le
tems qui s'eft écoulé jufqu'à nous , & que
d'ailleurs il n'eft pas vraisemblable que les
propriétaires des palais ou maifons qui
nous auroient pû fervir à connoître le
goût d'architecture de ce fiécle , fe foient
prêtés à faire de tels facrifices à la gloire
de leur nation , fans quelque intérêt particulier.
De plus fi cela s'étoit fait par une
confpiration générale , il n'en feroit rien
refté du tout , au lieu qu'avec un peu de
-4
206 MERCURE DE FRANCE.
recherches on en retrouve affez pour donner
lieu à des conjectures plus étendues.
M. Gainfay remarque très- judicieuſement
qu'on ne peut point attribuer à ce
fiécle corrompu une conftruction auffi réguliere
que les deux grandes cours du Palais
royal , que l'architecture cependant
n'en étant pas fi épurée que celle du Louvre
, il y a lieu de croire qu'elle a précédé ,
& qu'elle eft du quinziéme fiécle , avant
qu'on eût entierement trouvé le point de
perfection , mais lorsqu'on en étoit fort
proche. On voit dans la feconde cour une
chofe finguliere. Les étages d'en haut nẻ
font pas femblables dans les deux aîles.
Un côté eft décoré de croifées quarrées ,
de vafes , & un peu en arriere d'un petit
mur percé de petites croifées , & traité de
maniere qu'il forme un attique agréable
& fort élégant : l'autre côté préfente une
balustrade ornée de vafes , mais il fe trouve
enfuite un étage de bois , dont le mur
eft incliné en arriere , fans qu'on puiffe
deviner ce qui a empêché de le mettre à
plomb. A- t - on crû qu'il en pût réſulter
quelque agrément à l'oeil ? Il ne paroît pas
poffible de le penfer. L'apparence de folidité
exige que tous les murs portent per
pendiculairement les uns fur les autres .
Eft- ce quelque raifon de commodité intéSEPTEMBRE.
1755. 207
"
rieure ? On ne ſçauroit la concevoir ; il
paroît au contraire que l'intérieur en eft
gâté , & qu'il eft plus difficile de s'approcher
de ces croifées fans fe heurter par
l'inclinaifon qu'elles ont en haut ; d'ailleurs
cela donne aux appartemens un air ignoble
en les faifant paroître des greniers lambriffés.
Voilà de ces obfcurités que l'ancienneté
ne nous permet pas de pénétrer
& fur lefquelles on ne peut fonder aucunes
conjectures raifonnables. On voit par
d'anciennes eftampes qui repréfentent cet
édifice , que le toît defcendoit juſqu'au
pied de cet étage , & qu'il n'y avoit que
des croifées éloignées les unes des autres ,
qui fervoient à éclairer les greniers. Ces
croifées avançant en faillie fur un pignon
très-élevé & fort pointu , étoient défectueufes
, & laiffoient voir trop de toît ,
ainfi il a été néceffaire d'en former un
étage ; mais le côté décoré en attique a
l'avantage d'avoir confervé les anciennes
fenêtres qui font d'un goût conforme
celui de tout l'édifice , au lieu que l'autre
eft dans un goût entierement différent.
M. Gainfay entre enfuite dans un examen
fort détaillé fur l'architecture d'une
cour qui eft fur le côté de ce Palais : nous
fupprimerons cette partie de fon difcours
à caufe de fa longueur , & nous renvoye208
MERCURE DE FRANCE.
rons fur ce fujet à l'original . On y trouve
ra une critique fort judicieufe mêlée d'éloges
, également bien fondés , de ce morceau
d'architecture .
Nous pafferons à une des falles de ce
Palais , que M. Gainfay nomme la falle
des concerts. Quelques Aureurs ont prétendu
qu'autrefois cette falle a été la falle
de l'Opéra de Paris . M. Gainfay prouve
que ce fentiment eft infoutenable . Premierement
, elle est beaucoup trop petite
pour avoir pû contenir les citoyens d'une
ville telle que Paris , même dans ces temslà
. On ne peut pas y fuppofer , quelque
peu confidérable qu'elle fut alors , moins
d'un million d'habitans , quoique ce foit
bien peu en comparaifon de ce qu'elle en
renferme aujourd'hui ; toujours eft- il certain
que dans cette fuppofition , quelque
bornée qu'elle foit , il a dû y avoir cent
mille perfonnes allant habituellement à
l'Opéra. A moins qu'on ne veuille croire ,
comme font ceux qui foutiennent ce fentiment
, que la mufique de ce tems étant
fort fimple, & n'étant proprement que nos
chants d'églife , avec quelques accompa
gnemens auffi uniformes , elle n'infpiroit
pas alors ces fenfations délicieufes qu'elle
nous fait éprouver maintenant qu'elle eſt
portée à fa perfection. Ils en concluent
SEPTEMBRE. 1755. 209
qu'on n'avoit pas alors pour elle ce goût
vif qui nous détermine fi fortement , que
malgré la grandeur de nos théatres & la
quantité que nous en avons dans prefque
tous les quartiers de la ville , ils font néanmoins
toujours remplis ; conféquemment
que très - peu de perfonnes alloient au
fpectacle ; qu'à la réferve d'un très - petit
nombre qui s'étant habitués d'enfance à
goûter cette mufique , y trouvoient quelque
beauté , prefque perfonne ne s'en foucioit.
Que les étrangers même ne la pouvant
fouffrir n'y alloient point. Quoiqu'on
ne puiffe pas entierement rejetter ces faits ,
puifque la mufique de ces tems-là qui eſt
parvenue jufqu'à nous , femble en faire
la preuve néanmoins , à quelque point
qu'on diminue la quantité de gens qui aimoient
ces fpectacles , il eft certain qu'on
ne peut la réduire , jufqu'à croire que
cette falle ait pû les contenir.
M. Gainfay tire fa feconde preuve de la
forme de cette falle . Elle eft fort étroite &
fort longue , ce qui eft contradictoire à la
forme effentielle d'un théatre qui doit être
de forme circulaire ou approchante du
cercle dans toute l'étendue de la falle où
font les fpectateurs . En effet , comment
concevoir qu'un architecte ait pu bâtir un
théatre dont la principale loge eft la plus
210 MERCURE DE FRANCE.
éloignée . Peut -on fuppofer qu'il ait ignoté
qu'une falle de théatre doit ( quelque for
me qu'on y donne ) s'ouvrir en largeur ,
plutôt que s'enfoncer en profondeur. Il eſt
vrai que dans celui - ci les côtés s'élargiffent
un peu en s'étendant vers la partie qu'on
prétend être le théatre , mais c'eſt de fi
peu de chofe que cela eft inutile , & ne
fert qu'à y donner une forme défagréable ,
La loge principale a toujours du être celle du
fond , puifque c'eft vis-à- vis d'elle & pour
elle , que fe fait toujours le jeu du théatre ;
dans cette fuppofition , celle- ci feroit trop
loin , & l'on n'y pourroit pas bien entendre
, d'autant plus que le fon feroit intercepté
en chemin par l'obftacle qu'y apporteroit
le petit murmure qui s'enfuit néceffairement
de l'interpofition de plufieurs
perfonnes qu'on ne peut empêcher de fe
parler quelquefois à l'oreille : car on
prétend qu'il y avoit des fpectateurs af
fis dans cette partie qui eft au-devant
& qu'on nomme l'amphithéatre . On ne
fçait pas fi en effet l'ufage étoit alors
de mettre à tous les théatres cette partie
qu'on veut nommer ici amphithéatre.
Nos théatres ne contiennent plus rien
de femblable. De plus il n'y a que cinq
loges dans cette petite partie circulaire ,
qui ayent été placées , finon pour bien
SEPTEMBRE. 1755. 211
entendre du moins pour bien voir. Les loges
qui s'étendent fur les aîles font encore
plus malheureufes ; fi elles font plus à portée
d'entendre , elles le font bien moins
de voir. Le rang de devant ne voit qu'en
s'avançant avec effort , & celui de derriere
ne peut rien voir , ou fört difficilement ,
& en fe levant ou fe penchant au hazard
de tomber fur le rang de devant . On ne
peut s'imaginer qu'on louât des places
pour être affis , & que cependant on fe
tînt de bout. Si l'on confidere la partie
qu'ils nomment le théatre , on verra par
fon peu d'ouverture , qu'il n'eft pas poffible
qu'on y ait pû donner un fpectacle
fur- tout avec des choeurs , & l'on fçait
que les François en ont toujours joint à
leurs Opéra ; il faudroit que les perfonnages
de ces choeurs fuffent rangés de maniere
que le premier cachât en partie le
fecond , & ainfi fucceffivement des autres
; ce qui ne produiroit point de fpectacle
, donneroit un air d'arrangement
apprêté , & détruiróit l'illufion qu'ils nous
doivent faire en fe plaçant par petits groupes
inégaux & naturels . De l'ordre proceffionnal
qu'il faut néceffairement leur fuppofer
ici , il s'enfuit que les derniers qui
font au fond ne pourroient ni voir ni entendre
le claveffin. Comment pourroient-
›
1
212 MERCURE DE FRANCE.
ils donc fuivre une mefure exacte ? Quelques-
uns ont avancé ſur ce fujet une abfurdité
ridicule , ils ont prétendu qu'il y
avoit derriere les derniers de ces choeurs
des Muficiens qui les régloient en battant
la meſure avec des bâtons . Comment peuton
s'imaginer qu'on pût fouffrir un bruit
auffi indécent , tandis que les oreilles délicates
ont peine à fupporter celui que
fait le Muficien lorfqu'il touche fortement
le claveffin pour remettre quelqu'un
dans la´meſure ; ce qui eft extrêmement
rare , puifqu'on ne fouffre perfonne fur
nos théatres qui ne fçache très-bien la mufique
, du moins quant à la meſure . L'ouverture
de ce qu'ils appellent ici théatre ,
eft tellement étroite , qu'on ne peut pas
fuppofer qu'elle ait encore été divifée
en plufieurs parties , ainfi qu'il eft néceffaire
pour les à parte , dont les anciennes
piéces font remplies : Pouvons - nous
penfer qu'on ait négligé de l'illufion , &
choqué la vraiſemblance , au point de faire
dire ou chanter dans le même lieu des
paroles qu'un acteur préfent eft fuppofé
ne pas entendre , il a fallu du moins qu'il
y eut entre ces acteurs un obftacle , ou réel
ou en peinture , qui donnât lieu de croire
qu'ils pouvoient parler fans être entendus
que du fpectateur : mais où eft ici l'efpace
SEPTEM BRE. 1755. 213
néceffaire pour introduire ces obſtacles ?
Quelles fortes de décorations peut - on fuppofer
avoir été faites dans un lieu fi borné
on n'y peut imaginer qu'une fuite de
chaffis fort étroits fur lefquels on ne pourroit
rien peindre que les bords des objets
encore faudroit- il bien les mettre de fuite,
& que l'un ne débordât l'autre qu'autant
que la perfpective le permet , ce qui produiroit
néceffairement une ennuyeufe uniformité.
Point de ces fuyans fur les côtés ,
qui font des effets fi agréables fur nos
théatres. Point de ces chaffis avancés audedans
de la fcéne , & découpés de maniere
à laiffer voir par leurs ouvertures les
côtés qui continuent de fuir , & les toiles
qui fervent de .fond . Ici tout doit être
terminé par une feule toile. Une pareille
décoration ne feroit propre qu'à
repréſenter une rue étroite & fort longue ;
cependant on fçait qu'alors la peinture
brilloit en France , le plaifir qu'elle y caufoit
par fon excellence , a dû néceffairement
engager à faire de grands théatres
pour donner aux Peintres un lieu propre
à montrer l'étendue de leur génie , & pour
profiter du plaifir que caufe l'illufion
produite par les effets de ce bel art . On
fçait encore que les anciens François introduifoient
la danfe dans leurs Opéra.
214 MERCURE DE FRANCE.
Dans les piéces qui nous reftent d'eux , on
voit même qu'ils la lioient à l'action ,
quelquefois bien , le plus fouvent mal-àpropos
, quoique peut- être eût- il mieux
valu la renvoyer aux entr'actes , que de
forcer la vraisemblance , & la raiſon pour
la coudre à la piéce. Quoiqu'il en foit , il
paroît qu'ils avoient des ballets , & même
des ballets figurés, & repréſentans un fujer :
or , comment veut- on qu'on ait pû exécuter
de tels ballets dans un fi petit eſpace : Il y
auroit eû une confufion infupportable ,
ceux de devant auroient caché ceux de
derriere , tellement qu'on n'en auroit pas
pû voir nettement le deffein : D'ailleurs ,
il n'y pourroit pas tenir affez de danfeurs ,
même en fe touchant à rout inftant les
uns les autres pour former un ballet compofé
avec quelque génie. Il faudroit fuppofer
que la danfe alors ne fût que de
deux , trois , ou quatre perfonnes qui auroient
danfé enfemble , & par conféquent
très-breve : car un fi petit nombre de danfeurs
qui figureroient enſemble , ne pourroient
, s'ils danfoient long- tems , s'empêcher
de retomber dans les mêmes pas ,
& de répéter les mêmes, figures , ce qui
deviendroit ennuyeux , quelques excellens
qu'ils fuffent.
Cependant , en mefurant le tems que
SEPTEMBRE. 1755. 215
duroient leurs Opéra , qu'on fçait avoir
été , ainfi que de notre tems , d'environ
trois heures , on ne trouve pas que la mufique
en ait pû employer plus de la moitié
, encore en fuppofant qu'elle ait été
chantée d'une lenteur exceffive , le refte
doit avoir été occupé par la danſe .
Le parterre de cette falle eft d'une profondeur
dont on ne peut concevoir l'uſage
, fi la fuppofition que ce fût une falle
de théatre avoit lieu , les perfonnes affifes
aux trois où quatre premiers rangs n'auroient
rien vû que ce qui fe feroit paffé
au bord de la fcene , & auroient affez mal
entendu , quoique proche , parce que le
fon auroit paffé par- deffus leurs têtes . Suppoferoit-
on qu'ils euffent été de bout , &
peut-on croire que quelqu'un eût pû refter
dans une pofture fi fatigante durant
trois heures , expofé à la foule & au mouvement
tumultueux que caufe toujours un
nombre de perfonnes dans un lieu refferré,
pour entendre une mufique peu divertif
fante. On ne pourroit dans ce cas penfer
autre chofe , finon que ce lieu auroit été
abandonné à la livrée . M. Gainfay obſerve
encore que la décoration de cette falle
qui n'eft ornée d'aucune architecture , paroît
peu digne d'avoir été le lieu de fpectacle
d'une grande ville, Pas une colonne ,
216 MERCURE DE FRANCE.
pas même un feul pilaftre ! Trois petits
rangs de loges écrafées & foutenues par
des poteaux étroits , y font voir une économie
de terrein peu convénable dans un
édifice de cette importance . L'égalité de
ces deux rangs de loges n'annonce pas
plus de dignité dans ceux qui doivent occuper
le rang d'enbas que dans ceux qui
font au-deffus , & d'ailleurs c'eft un défaut
de goût dans un lieu qu'on auroit prétendu
décorer pour le public : car un des premiers
principes du goût eft d'éviter l'égalité
dans les principales maffes d'un édifice
, & d'y trouver toujours quelques parties
dominantes.
-
Il eft d'autant moins à croire que les
anciens François ayent conſtruit un théatre
femblable, qu'on fçait que dès ce temslà
tous les artiſtes , tant les Peintres que les
Muficiens voyageoient dans leur jeuneffe
en Italie pour fe former le goût : Or , il
eft impoffible qu'ils n'ayent pas vû le théatre
antique de Palladio qui eft vraiment
le modele d'un théatre parfait , foit pour
la commodité , foit pour la magnificence
de la décoration . C'eft de ce refpectable
monument que nous avons tité la perfection
que nous avons donnée à nos théatres
modernes ; à la vérité il n'eft pas poffible
de conftruire un théatre de telle
maniere
SEPTEMBRE . 1755. 217
maniere que tout le monde y foit également
bien placé. Néceffairement il y a
quelques loges ou autres places où l'on eft
forcé de regarder de côté , mais il n'eft
aucun plan qui remédie auffi- bien aux
inconvéniens , & qui place autant de perfonnes
avec avantage que celui de cet admirable
édifice antique ; il eft vrai que la
façade du théatre qui coupe cet ovale dans
fon plus grand diamétre , gâte la forme
totale de cet édifice , & le fait paroître à
demi - fait ; mais il eft aifé de fuppléer à ce
défaut comme nous avons fait dans nos
théatres modernes, C'eft de cet antique
que nous avons appris à décorer nos théatres
de cette belle colonnade qui y fait un
effet fi noble. M. Gainfay ne fçauroit fe
réfoudre à croire que les théatres des anciens
François ayent pû fe paffer d'un
ornement auffi magnifique qu'une colonnade
circulaire , & qui lui paroît y être
fi effentiellement néceffaire. Il faut le lire
pour concevoir avec quelle éloquence il
fait fentir la noble richeffe de cette décoration
; & en effet , il eft difficile d'imaginer
qu'on ait prétendu rendre un lieu
digne d'y recevoir le public & les étrangers
, fans l'enrichir de colonnes , ornement
le plus magnifique que l'architecture
ait jamais inventé.
K
21S MERCURE DE FRANCE.
M. Gainfay ajoute une réflexion qui paroît
évidente . Quand il feroit poffible ,
dit-il , que les François euffent rejetté cet
exemple de Palladio par le défaut de fçavoir
comment remédier au defagrément
de fon avant-fcene : du moins ils auroient
fuivis les théatres ordinaires de l'Italie ,
qui , quoique très- défectueux à bien des
égards , avoient , & plus de grandeur , &
une forme plus rélative à leur deftination ,
que celui qu'on nous propofe ici comme
ayant été le principal theatre d'une ville
telle que Paris. Les reftes de celui d'Argentina
à Rome , & de quelques autres en
Italie nous en offrent la preuve. La forme
en eft defagréable , parce que leur plan
reffemble à une raquette , ou à un oeuf
tronqué , & qu'elle produit plufieurs loges
, où il n'y a abfolument que le premier
rang qui puiffe voir & entendre. La décoration
eft de mauvais goût en ce que
toutes les loges , dont il y a fix rangs les uns
fur les autres , font égales , & femblent des
enfoncemens pratiqués dans des murs de
catacombes. La principale loge qu'on a prétendu
décorer , eſt toujours écrasée rélati-
-vement à fa largeur . L'économie d'eſpace
qui n'a permis de prendre que deux loges
pour fa hauteur , a empêché de lui donner
l'exhauffement qui lui convenoit.
SEPTEMBRE 1755, 219
Néamoins , ces théatres ont un air de
grandeur, même dans les plus petites villes ,
d'où M. Gainfay conclut , qu'on ne peut
pas fuppofer que les François ayent fuivi
un auffi mauvais plan que celui qu'on expofe
ici comme le théatre principal de Paris
, & qu'ayant fous les yeux ces modeles
, certainement ils ont donné à ces monumens
publics la dignité qui leur convient
; par conféquent on ne doit pas croire
que cette falle ait été un théatre. Il paroît
qu'on ne peut réfifter à l'évidence de fes
preuves. La derniere objection qu'il fait ,
eft abfolument décifive . On ne voit autour
de cette falle aucun portique , ce qui eft.
fi néceffaire à un théatre , qu'il feroit impoffible
qu'on en fortit , quelque petit
qu'il fût , fans courir à tout inftant rifque
de la vie. L'embarras que caufe la quantité
des équipages à la fortie des fpectacles
, a toujours rendu ces portiques d'une
néceffité indifpenfable , pour donner lieu
aux gens à pied de s'échapper par différens
chemins. Il remarque encore qu'il n'y
a qu'une feule porte d'une grandeur un
peu raifonnable , & qu'il feroit infenfé de
croire qu'on eût donné dans un pareil lieu
des fpectacles , où l'on emploie fouvent le
feu , & qui font fréquemment exposés au
hazard d'un incendie .
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
M. Gainfay paffe à l'explication de ce
qu'on doit penfer de cette falle . C'étoit ,
dit-il , la falle des concerts particuliers des
Princes de la Maiſon d'Orléans. La partie
qu'on a prétendu être un Amphitheatre ,
étoit le lieu où fe plaçoient les Muficiens.
Au commencement il n'y avoit point toutes
ces loges qui l'entourent maintenant ;
mais cette grande maifon s'étant augmentée
dans le dix-neuviéme fiécle , on fut
obligé de les conftruire pour y placer tous
les Officiers de cette maifon qui obrenoient
la faveur de pouvoir entendre des
concerts , où tout ce qu'il y avoit de plus
excellens chanteurs , tant Italiens que François
, exécutoient la plus belle mufique
connue dans ces tems- là. Dans la partie
qu'on prétend avoir été le théatre , étoit
placée une magnifique tribune , qui a été
détruite depuis ; ce lieu étant devenu inutile
lorfque ces Princes ont ceffé d'y demeurer.
On ne peut pas douter que cette
tribune n'ait été décorée de colonnes de
la plus belle architecture , les pilaftres de
fer travaillés , qu'on voit encore aux deux
côtés , en font une continuation fimple ,
& comme pour fervir de tranfition d'un
lieu magnifique aux loges deftinées pour
les Officiers de la maifon. La partie qui
eft au pied de cette tribune en enfonceSEPTEMBRE.
1755. 221
le
ment , & qu'on dit être l'orchestre des.
Muficiens de l'Opéra , eft proprement
lieu où fe plaçoient les Officiers dont les
Princes pouvoient avoir befoin le plus
fréquemment , afin d'être à portée de recevoir
immédiatement leurs ordres ; &
ce qu'on a nommé le parterre étoit le lieu
où le mettoit le plus bas domeftique , où
on avoit conftruit une rampe douce , afin
que ceux qui étoient les plus proches de
la tribune principale , ne puffent point incommoder.
Il pourroît paroître que ceux
qui étoient les derniers , étoient mal placés
pour voir , parce que ceux qui étoient
devant eux , étoient plus élevés ; mais il
faut confidérer qu'il n'eft queſtion ici que
d'entendre un concert , où les principaux
chanteurs fe mettent toujours fur le devant
de l'appui qui les fépare des auditeurs
, & que cet appui eft fort élevé audeffus
de l'auditoire ; mais ce qui confirme
& donne la derniere évidence à ce
qu'avance M. Gainfay dans ce mémoire ,
c'eft qu'il en déduit une raiſon fimple &
claire de l'evafement de cette falle en venant
vers la tribune, qui dans toute autre fuppofition
paroît fans fondement ; il confidere
l'amphithéatre , & qui eft véritablement
l'Orcheftre , comme un centre d'où partent
des rayons de fon ; fi les murs étoient pa-
1
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
ralleles , ces rayons les heurteroient fous
des angles qui pourroient les réfléchir , en
intercepter une partie rélativement à la
tribune principale , pour laquelle toute
cette falle eft conftruite , & par leur réflection
produire une cacophonie qui eft
l'effet naturel de toute voix réfléchie. Cette
douce inclinaiſon n'oppoſe pas un obftacle
affez direct pour brifer ces rayons ,
elle les oblige feulement à gliffer par un
angle très-obtus , & à fe réunir vers la tribune
pour y produire un plus grand effet
d'harmonie . Si elle étoit plus évafée , elle
fuivroit la direction droite du fon , & n'en
augmenteroit pas la force ; il ne faut pas
s'embarraffer des loges qui y font un
obftacle ; parce qu'elles n'y ont été miles
qu'après coup, & qu'elles ne doivent point
être reprochées à l'Architecte ingénieux ,
qui a imaginé cette forme très- propre
fon but. Il eft fâcheux que cette tribune
ait été détruite ; par elle nous aurions
juger s'il avoit autant de goût que de bon
fens .
C'eſt ainfi que M. Gainfay explique ce
qui nous refte de la falle des concerts du
Palais royal. Il eft difficile , après l'avoir
lû dans l'original , de réfiſter à la force de
fes preuves.
La fuite an Mercure fuivant.
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Résumé : ARCHITECTURE. Suite des mémoires d'une Société de gens de Lettres publiés en l'année 2355.
Le texte est un extrait des mémoires d'une Société de gens de lettres, publié en 2355, qui traite de l'architecture, en particulier du Palais Royal. M. Gainfay analyse l'ancien bâtiment du Palais Royal, autrefois la principale demeure des Ducs d'Orléans, avant qu'ils ne construisent un nouvel édifice au centre de la ville. Cet ancien palais, bien entretenu, conserve son état d'origine et présente une architecture belle et solide, typique du quinzième siècle. L'auteur note que le goût architectural de cette époque est plus lourd et moins recherché que celui du Louvre, mais reste solide et bon. M. Gainfay discute également de la destruction des édifices du dix-huitième siècle, attribuée au mauvais goût de cette période. Il remarque que les deux grandes cours du Palais Royal montrent une construction régulière, précédant le point de perfection atteint au quinzième siècle. Il observe des différences architecturales entre les deux ailes de la seconde cour, sans pouvoir en expliquer les raisons. Le texte mentionne une salle du Palais Royal, appelée la salle des concerts, que certains auteurs ont prétendu être l'ancien Opéra de Paris. M. Gainfay réfute cette idée en soulignant que la salle est trop petite pour avoir accueilli un grand public et que sa forme étroite et longue est incompatible avec les exigences d'un théâtre. Il critique également l'agencement des loges et la disposition des choeurs, rendant improbable l'utilisation de cette salle pour des spectacles d'opéra. M. Gainfay observe que les anciens Français, connaissant les théâtres antiques italiens et le modèle de Palladio, n'auraient pas construit un théâtre aussi défectueux. Il compare ce théâtre à ceux d'Italie, qui, malgré leurs défauts, avaient plus de grandeur et une forme plus adaptée à leur fonction. La salle en question ne possède pas de portique, élément nécessaire pour la sécurité lors des sorties des spectacles. M. Gainfay conclut que cette salle était en réalité la salle des concerts particuliers des Princes de la Maison d'Orléans. La partie prétendue être un amphithéâtre était le lieu des musiciens. Les loges actuelles ont été ajoutées plus tard pour les officiers de la maison. La tribune, aujourd'hui détruite, était décorée de colonnes et de pilastres. La salle était conçue pour optimiser l'acoustique et la visibilité des concerts.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12602
p. 233
BENEFICES DONNÉS.
Début :
Le Roi a donné à l'Abbaye Réguliere & Elective de Marback, Ordre [...]
Mots clefs :
Abbaye, Dom Hergott, Diocèse de Bayeux, Dame de Baneville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNÉS.
BENEFICES DONNÉS.
Le Roi a donné l'Abbaye Réguliere & Elective
de Marback , Ordre de Saint Auguftin , Diocèfe
de Bafle , à Dom Hergott , Religieux de cette
Abbaye , & celle de Cordillon , Ordre de Saint
Benoît , Diocèfe de Bayeux , à la Dame de Banneville
, Religieufe dudit Ordre .
Le Roi a donné l'Abbaye Réguliere & Elective
de Marback , Ordre de Saint Auguftin , Diocèfe
de Bafle , à Dom Hergott , Religieux de cette
Abbaye , & celle de Cordillon , Ordre de Saint
Benoît , Diocèfe de Bayeux , à la Dame de Banneville
, Religieufe dudit Ordre .
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12603
p. 57
SUR le PORTRAIT de Madame de C***.
Début :
QUAND on regarde ce portrait ; [...]
Mots clefs :
Portrait, Attraits, Peintre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR le PORTRAIT de Madame de C***.
SUR le PORTRAIT de Madame de
QUAND
C *****.
UAND on regarde ce portrait ;
Frappé de tant d'attraits , on eft tenté de croire
Que le Peintre inventif en a toute la gloire ,
Et que le monde entier n'a rien de fi parfait .
Mais des que P'on vous voit Silvie ,
On rabat du prodige , & l'on juge en effet
Que tout l'art s'eft réduit à faire une copie.
QUAND
C *****.
UAND on regarde ce portrait ;
Frappé de tant d'attraits , on eft tenté de croire
Que le Peintre inventif en a toute la gloire ,
Et que le monde entier n'a rien de fi parfait .
Mais des que P'on vous voit Silvie ,
On rabat du prodige , & l'on juge en effet
Que tout l'art s'eft réduit à faire une copie.
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12604
p. 57-58
LE LOUP ET LA BREBIS, FABLE.
Début :
PAR des Chiens un Loup déchiré, [...]
Mots clefs :
Loup, Vivre, Brebis, Imposteur, Malfeiteur
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texteReconnaissance textuelle : LE LOUP ET LA BREBIS, FABLE.
LE LOUP ET LA BREBIS ,
FABLE.
PAR des Chiens un Loup déchiré ,
Au coin d'un bois languiffoit attéré ;
De vivre encor pourtant ii avoit grande envie ,
De coeur l'Animal étoit fain.
alle une Brebis : Bon ! Ah ! mia tant douce amie ,
Cy
58 MERCURE DEFRANCE .
Je meurs & de foif & de faim
De foiffurtout un peu d'eau , je vous prie.
Vous n'avez pas à faire un long chemin
Le fleuve eſt ici près , vous le fçavez : Eh ! vîte ,
Portez -moi dequoi boire , & puis facilement
Je trouverai dequoi manger.... Oh ! ſûrement,
Un Loup le peut nourrir de moi , quoique petite,
Repart la Brebiette en fuyant l'Impoſteur.
Il est trop dangereux d'aider un Malfaiteur .
Par M. GUICHARD.
FABLE.
PAR des Chiens un Loup déchiré ,
Au coin d'un bois languiffoit attéré ;
De vivre encor pourtant ii avoit grande envie ,
De coeur l'Animal étoit fain.
alle une Brebis : Bon ! Ah ! mia tant douce amie ,
Cy
58 MERCURE DEFRANCE .
Je meurs & de foif & de faim
De foiffurtout un peu d'eau , je vous prie.
Vous n'avez pas à faire un long chemin
Le fleuve eſt ici près , vous le fçavez : Eh ! vîte ,
Portez -moi dequoi boire , & puis facilement
Je trouverai dequoi manger.... Oh ! ſûrement,
Un Loup le peut nourrir de moi , quoique petite,
Repart la Brebiette en fuyant l'Impoſteur.
Il est trop dangereux d'aider un Malfaiteur .
Par M. GUICHARD.
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12605
p. 209-211
DE VERSAILLES, le 17 Janvier 1760, & jours suivans.
Début :
Sa Majesté a nommé le Comte de Polastron, ci-devant Colonel du Régiment de [...]
Mots clefs :
Nominations, Comte, Régiment, Comtesse, Famille royale, Roi, Maréchal, Marquis, Colonel, Ambassadeur, Sceau, Officiers, Chancellerie, Fête de la Purification de la Sainte Vierge, Chevaliers, Monseigneur le Dauphin, Duc, Prince, Abbaye, Abbé, Ordre, Diocèse, Vicaire
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texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 17 Janvier 1760, & jours suivans.
De VERSAILLES , le 17 Janvier 1760 , &
jours fuivans.
SA Majeſté a nommé le Comte de Polaſtron ,
ci- devant Colonel du Régiment de la Couronne ,
Infanterie , grand Sénéchal du Comté d'Armagnac
, & Gouverneur de la Ville d'Auch .
Le 6 , la Comteffe de Jumilhac eut l'honneur
d'être préſentée à leurs Majeftés & à la Famille
Royale.
Le Roi a nommé la Comteffe de Narbonne ,
ci-devant Dame du Palais de feue Madame Infante
, Ducheffe de Parme , pour accompagner
Madame .
Sa Majesté a difpofé du Régiment Royal de
Corfe , vacant par la mort du Comte de Vence ,
en faveur du Vicomte de Vence , Colonel réformé
à la fuite de ce Régiment.
Le 27 de ce mois , le Maréchal de Maillebois ,
prêta ferment entre les mains de Sa Majefté ,pour
le gouvernement d'Alface .
Sa Majefté a nommé , pour fon Ambaffadeur
extraordinaire auprès du Roi des Deux - Siciles ,
le Marquis de Durfort, actuellement Ambaffadeur
auprès de la République de Venife .
Le Comte de Bafchi , ci - devant Ambaffadeur
auprès du Roi de Portugal , remplacera le Marquis
de Durfort à Venife.
Sa Majefté a aufli nommé le Marquis de
210 MERCURE DE FRANCE.
Beauflet, fon Miniftre Plénipotentiaire auprès de
I'Electeur de Cologne .
Le 1 Février , le Roi tint le Sceau. Le même
jour , les Officiers de la Chancellerie de France ,
de fervice & en quartier , & deux Syndics des
Secrétaires du Roi , eurent l'honneur de remettre
à Sa Majefté , en la manière accoutumée &
fuivant l'ufage , les cierges de la Chandeleur . Ils
furent préſentés par le fieur de Brou , Doyen des
Confeillers d'État.
Le lendemain, fête de la Purification de la fainte
Vierge , les Chevaliers , Commandeurs & Offciers
de l'Ordre du S. Elprit , s'étant aſſemblés ,
vers les onze heures du matin dans le cabinet du
Roi , Sa Majesté tint chapitre , & admit au nombre
des Chevaliers , le Prince des Afturies, & l'Infant
Don Louis. Le Roi fortit enfuite de fon appartement
, pour fe rendre à la Chapelle . S. M.
étoit en manteau , avec le Collier de l'Ordre pardellus
. Les deux Huiffiers de la Chambre marchoient
devant Elle avec leurs maffes , & Elle
étoit précédée de Monfeigneur le Dauphin , du
Duc d'Orléans , du Prince de Condé , du Comte
de Clermont , du Prince de Conti , du Comte de
la Marche , du Comte d'Eu , du Duc de Penthiévre
, des Chevaliers , Commandeurs & Offciers
de l'Ordre. Le Roi affiſta à la Bénédiction
des Cierges & à la Proceflion qui fe fit dans la
Chapelle . La Grand-Meffe fut célébrée par l'Archevêque
de Narbonne, Prélat Commandeur. La
Reine , Madame la Dauphine , Madame, & Mefdame
Victoire , Sophie & Louife , étoient dans la
tribune.
Après la Meffe , S. M. fut reconduite à fon ap
partement en la manière accoutumée.
Le Roi a accordé l'Abbaye de Vezelai , Diocèſe
Autun , à l'Abbé Berthier , Doyen du Chapitre
FEVRIER. 1760. 211
de la même Abbaye , & ci- devant Vicaire- Géné
ral du Diocèſe de Troyes.
L'Abbaye d'Igny , Ordre de Citeaux , Diocèle
de Rheims , à l'Abbé de Puyfignieux , ancien
Vicaire - Général du Diocèfe de Lyon.
jours fuivans.
SA Majeſté a nommé le Comte de Polaſtron ,
ci- devant Colonel du Régiment de la Couronne ,
Infanterie , grand Sénéchal du Comté d'Armagnac
, & Gouverneur de la Ville d'Auch .
Le 6 , la Comteffe de Jumilhac eut l'honneur
d'être préſentée à leurs Majeftés & à la Famille
Royale.
Le Roi a nommé la Comteffe de Narbonne ,
ci-devant Dame du Palais de feue Madame Infante
, Ducheffe de Parme , pour accompagner
Madame .
Sa Majesté a difpofé du Régiment Royal de
Corfe , vacant par la mort du Comte de Vence ,
en faveur du Vicomte de Vence , Colonel réformé
à la fuite de ce Régiment.
Le 27 de ce mois , le Maréchal de Maillebois ,
prêta ferment entre les mains de Sa Majefté ,pour
le gouvernement d'Alface .
Sa Majefté a nommé , pour fon Ambaffadeur
extraordinaire auprès du Roi des Deux - Siciles ,
le Marquis de Durfort, actuellement Ambaffadeur
auprès de la République de Venife .
Le Comte de Bafchi , ci - devant Ambaffadeur
auprès du Roi de Portugal , remplacera le Marquis
de Durfort à Venife.
Sa Majefté a aufli nommé le Marquis de
210 MERCURE DE FRANCE.
Beauflet, fon Miniftre Plénipotentiaire auprès de
I'Electeur de Cologne .
Le 1 Février , le Roi tint le Sceau. Le même
jour , les Officiers de la Chancellerie de France ,
de fervice & en quartier , & deux Syndics des
Secrétaires du Roi , eurent l'honneur de remettre
à Sa Majefté , en la manière accoutumée &
fuivant l'ufage , les cierges de la Chandeleur . Ils
furent préſentés par le fieur de Brou , Doyen des
Confeillers d'État.
Le lendemain, fête de la Purification de la fainte
Vierge , les Chevaliers , Commandeurs & Offciers
de l'Ordre du S. Elprit , s'étant aſſemblés ,
vers les onze heures du matin dans le cabinet du
Roi , Sa Majesté tint chapitre , & admit au nombre
des Chevaliers , le Prince des Afturies, & l'Infant
Don Louis. Le Roi fortit enfuite de fon appartement
, pour fe rendre à la Chapelle . S. M.
étoit en manteau , avec le Collier de l'Ordre pardellus
. Les deux Huiffiers de la Chambre marchoient
devant Elle avec leurs maffes , & Elle
étoit précédée de Monfeigneur le Dauphin , du
Duc d'Orléans , du Prince de Condé , du Comte
de Clermont , du Prince de Conti , du Comte de
la Marche , du Comte d'Eu , du Duc de Penthiévre
, des Chevaliers , Commandeurs & Offciers
de l'Ordre. Le Roi affiſta à la Bénédiction
des Cierges & à la Proceflion qui fe fit dans la
Chapelle . La Grand-Meffe fut célébrée par l'Archevêque
de Narbonne, Prélat Commandeur. La
Reine , Madame la Dauphine , Madame, & Mefdame
Victoire , Sophie & Louife , étoient dans la
tribune.
Après la Meffe , S. M. fut reconduite à fon ap
partement en la manière accoutumée.
Le Roi a accordé l'Abbaye de Vezelai , Diocèſe
Autun , à l'Abbé Berthier , Doyen du Chapitre
FEVRIER. 1760. 211
de la même Abbaye , & ci- devant Vicaire- Géné
ral du Diocèſe de Troyes.
L'Abbaye d'Igny , Ordre de Citeaux , Diocèle
de Rheims , à l'Abbé de Puyfignieux , ancien
Vicaire - Général du Diocèfe de Lyon.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 17 Janvier 1760, & jours suivans.
En janvier 1760, plusieurs nominations et événements notables ont eu lieu à la cour de Versailles. Le 17 janvier, le Comte de Polastron a été nommé grand Sénéchal du Comté d'Armagnac et Gouverneur de la Ville d'Auch. Le 6 janvier, la Comtesse de Jumilhac a été présentée au Roi et à la Famille Royale. La Comtesse de Narbonne a été désignée pour accompagner Madame, succédant à son rôle précédent de Dame du Palais de la défunte Madame Infante, Duchesse de Parme. Le Régiment Royal de Corse a été attribué au Vicomte de Vence. Le 27 janvier, le Maréchal de Maillebois a prêté serment pour le gouvernement d'Alsace. Le Marquis de Durfort a été nommé Ambassadeur extraordinaire auprès du Roi des Deux-Siciles, remplaçant le Comte de Bashi, qui prendra sa place à Venise. Le Marquis de Beauflet a été nommé Ministre Plénipotentiaire auprès de l'Électeur de Cologne. Le 1er février, le Roi a tenu le Sceau et reçu les cierges de la Chandeleur des Officiers de la Chancellerie de France. Le lendemain, lors de la fête de la Purification de la Sainte Vierge, le Roi a tenu un chapitre de l'Ordre du Saint-Esprit, admettant le Prince des Asturies et l'Infant Don Louis parmi les Chevaliers. La Grand-Messe a été célébrée par l'Archevêque de Narbonne, en présence de la Reine et des princesses. Le Roi a également accordé l'Abbaye de Vezelay à l'Abbé Berthier et l'Abbaye d'Igny à l'Abbé de Puyfignieux.
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12606
p. 233-235
Mariage & Morts.
Début :
Messire N..... Marquis de Bréhant, Brigadier d'Infanterie, & Colonel du Régiment de [...]
Mots clefs :
Marquis de Bréhant, Mariage, Morts, Maison de Melun, Comte
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texteReconnaissance textuelle : Mariage & Morts.
Mariage & Morts.
M Effire N..... Marquis de Bréhant , Brigadier
d'Infanterie , & Colonel du Régiment de Picardie
, époufa le 17 Novembre au Château de
Bercy, Demoiselle N..... Tafchereau de Baudry
, fille de feu Meffire Gabriel - Talchereau de
Baudry , Confeiller d'Etat ordinaire , & Intendant
des Finances , mort le 22 Avril 1755. Le jour du
mariage le Régiment de Picardie donna à la Garnifon
de Valenciennes un fouper , qui fut fuivi
d'un bal auquel toute la Ville fut invitée.
Louis-Charles , Comte de la Mothe- Houdancourt
, Maréchal de France , Grand d'Espagne de
la premiere Claffe , Chevalier des Ordres du Roi ,
Chevalier d'honneur de la Reine &Gouverneur de
Gravelines , eft mort à Paris le 3 Novemb. âgé de
68 ans. Le Roi a difpofé de la charge de Chevalier
d'honneur de la Reine , vacante parfalnmort, en faveur
du Comte de Saulx-Tavannes , Lieutenant-
Général des Armées du Roi , Gouverneur du Châ
234 MERCURE DE FRANCE.
teau du Taureau en Baffe- Bretagne , & l'un des
Menins de Monfeigneur le Dauphin.
Le 27 Novembre , mourut dans fes terres de
Normandie , Louife- Elifabeth de Melun , Marquife
de Langheac ; elle avoit époufé en premieres
noces Alexandre - Théodofe , Comte de Melun,
Meftre de camp du régiment Royal , fon coufin
germain, mort en 1739 ; & en fecondes, Gilbert-
Allire , Marquis de Langheac : de ce mariage
elle laiffe trois filles ,& deux du premier , feu!
refte de la derniere branche de fon illuftre maifon
: ( 1 ) Charle- Alexandre-Albert de Melun , Vicomte
de Gand , grand pere de la Marquife
de Langheac , en étoit l'auteur. Il étoit fils puîné
de Guillaume de Melun , Prince d'Epinoi , &
d'Erneftine de Ligne-Aremberg , & avoit pour
frere 1°, Alexandre-Guillaume , Prince d'Epinoi ,
dont par la mort de fon petit-fils , Louis, créé Duc
de Joyeufe , tué par un cerf à Chantilli le 31 Juillet
1724 , tous les biens pafferent à fa foeur , Anne-
Julie-Adelaïde , Princeffe de Soubiſe . 2 °. François
- Philippe de Melun , Marquis de Richebourg
dont la poftérité mafculine s'eft pareillement
éteinte , par la mort de Philippe Marquis de
Kichebourg , Grand d'Efpagne de la premiere
claffe , & celle de Guillaume Comte de Beauffart,
auffi Grand d'Espagne , fes petits-fils . Le Vicomte
de Gand , par Renée de Rupiere fa femme
fut pere de trois fils ; Alexandre l'aîné , Marquis
de Melun , époufa Elifabeth de Rohan- Gué-
(1 ) Robert, Moine de S. Remi de Rheims , écrivant:
en 1089, dans fon Hiftoire d'Antioche , Contemporain
de Guillaume de Melun , dit le Charpentier
par fa valeur par fa force , le dit iſſu de race
royale
FEVRIER . 1756. 235
A
menée, dont une fille unique , Louife- Armande ,
mariée avec Gabriel Vicomte de Melun , le troifiéme
des freres de fon pere , mort en 1740 , Lieutenant
général des armées du Roi , Commandant
à Abbeville ; c'eft de ce mariage qu'étoit iffue
la Marquife de Langheac ; & fon premier mari ,
de celui de Charlotte de Monchy - Senarpont
avec Ambroise Comte de Melun , autre frere
de fon pere , & grand pere , tous trois fils du
Vicomte de Gand.
Marie - Louiſe - Victoire de Gramont , épouſe
d'Antoine Duc de Gramont , Pair de France
Souverain de Bidache , Brigadier d'Infanterie ,
Gouverneur & Lieutenant- Général de Navarre
& de Bearn , mourut à Paris le 11 de Janvier ,
âgée de trente-trois ans .
- Meffire Louis Antoine du Fos , Marquis de
Mery , eft mort le 12 au château de la Taule en
Picardie , dans fa cinquante - fixième année.
Meffire Henri , Comte de Bukeley , Chevalier
des Ordres de Sa Majefté , & Lieutenant - Général
de les armées , eft mort en cette ville le 14 .
Dame Jeanne-Thérefe- Pélagie d'Albert , veuve
de Meffire Louis de Guilhelm de Caftelnau de
Clermont Lodeve , Marquis de Seffac , Maître de
la Garde-robe du Roi , eft morte en cette ville le
14,dans la quatre-vingt-uniéme année de fon âge.
Geneviève de Gontant-Biron , veuve de Louis
"Duc de Gramont , Pair de France , Lieutenant-
Général des armées du Roi , Gouverneur & Lieutenant
- Général de Navarre & de Bearn , & Colonel
du Régiment des Gardes Françoifes , mourut
à Paris le is , agée de cinquante- neuf ans.
Le Pere Jean- Baptifte Radominski , Confeffeur
de la Reine , eft mort à Verſailles le 18 , âgé de
foixante- dix ans. Il étoit de la Compagnie de Jefus,,
& Polonois de Nation..
M Effire N..... Marquis de Bréhant , Brigadier
d'Infanterie , & Colonel du Régiment de Picardie
, époufa le 17 Novembre au Château de
Bercy, Demoiselle N..... Tafchereau de Baudry
, fille de feu Meffire Gabriel - Talchereau de
Baudry , Confeiller d'Etat ordinaire , & Intendant
des Finances , mort le 22 Avril 1755. Le jour du
mariage le Régiment de Picardie donna à la Garnifon
de Valenciennes un fouper , qui fut fuivi
d'un bal auquel toute la Ville fut invitée.
Louis-Charles , Comte de la Mothe- Houdancourt
, Maréchal de France , Grand d'Espagne de
la premiere Claffe , Chevalier des Ordres du Roi ,
Chevalier d'honneur de la Reine &Gouverneur de
Gravelines , eft mort à Paris le 3 Novemb. âgé de
68 ans. Le Roi a difpofé de la charge de Chevalier
d'honneur de la Reine , vacante parfalnmort, en faveur
du Comte de Saulx-Tavannes , Lieutenant-
Général des Armées du Roi , Gouverneur du Châ
234 MERCURE DE FRANCE.
teau du Taureau en Baffe- Bretagne , & l'un des
Menins de Monfeigneur le Dauphin.
Le 27 Novembre , mourut dans fes terres de
Normandie , Louife- Elifabeth de Melun , Marquife
de Langheac ; elle avoit époufé en premieres
noces Alexandre - Théodofe , Comte de Melun,
Meftre de camp du régiment Royal , fon coufin
germain, mort en 1739 ; & en fecondes, Gilbert-
Allire , Marquis de Langheac : de ce mariage
elle laiffe trois filles ,& deux du premier , feu!
refte de la derniere branche de fon illuftre maifon
: ( 1 ) Charle- Alexandre-Albert de Melun , Vicomte
de Gand , grand pere de la Marquife
de Langheac , en étoit l'auteur. Il étoit fils puîné
de Guillaume de Melun , Prince d'Epinoi , &
d'Erneftine de Ligne-Aremberg , & avoit pour
frere 1°, Alexandre-Guillaume , Prince d'Epinoi ,
dont par la mort de fon petit-fils , Louis, créé Duc
de Joyeufe , tué par un cerf à Chantilli le 31 Juillet
1724 , tous les biens pafferent à fa foeur , Anne-
Julie-Adelaïde , Princeffe de Soubiſe . 2 °. François
- Philippe de Melun , Marquis de Richebourg
dont la poftérité mafculine s'eft pareillement
éteinte , par la mort de Philippe Marquis de
Kichebourg , Grand d'Efpagne de la premiere
claffe , & celle de Guillaume Comte de Beauffart,
auffi Grand d'Espagne , fes petits-fils . Le Vicomte
de Gand , par Renée de Rupiere fa femme
fut pere de trois fils ; Alexandre l'aîné , Marquis
de Melun , époufa Elifabeth de Rohan- Gué-
(1 ) Robert, Moine de S. Remi de Rheims , écrivant:
en 1089, dans fon Hiftoire d'Antioche , Contemporain
de Guillaume de Melun , dit le Charpentier
par fa valeur par fa force , le dit iſſu de race
royale
FEVRIER . 1756. 235
A
menée, dont une fille unique , Louife- Armande ,
mariée avec Gabriel Vicomte de Melun , le troifiéme
des freres de fon pere , mort en 1740 , Lieutenant
général des armées du Roi , Commandant
à Abbeville ; c'eft de ce mariage qu'étoit iffue
la Marquife de Langheac ; & fon premier mari ,
de celui de Charlotte de Monchy - Senarpont
avec Ambroise Comte de Melun , autre frere
de fon pere , & grand pere , tous trois fils du
Vicomte de Gand.
Marie - Louiſe - Victoire de Gramont , épouſe
d'Antoine Duc de Gramont , Pair de France
Souverain de Bidache , Brigadier d'Infanterie ,
Gouverneur & Lieutenant- Général de Navarre
& de Bearn , mourut à Paris le 11 de Janvier ,
âgée de trente-trois ans .
- Meffire Louis Antoine du Fos , Marquis de
Mery , eft mort le 12 au château de la Taule en
Picardie , dans fa cinquante - fixième année.
Meffire Henri , Comte de Bukeley , Chevalier
des Ordres de Sa Majefté , & Lieutenant - Général
de les armées , eft mort en cette ville le 14 .
Dame Jeanne-Thérefe- Pélagie d'Albert , veuve
de Meffire Louis de Guilhelm de Caftelnau de
Clermont Lodeve , Marquis de Seffac , Maître de
la Garde-robe du Roi , eft morte en cette ville le
14,dans la quatre-vingt-uniéme année de fon âge.
Geneviève de Gontant-Biron , veuve de Louis
"Duc de Gramont , Pair de France , Lieutenant-
Général des armées du Roi , Gouverneur & Lieutenant
- Général de Navarre & de Bearn , & Colonel
du Régiment des Gardes Françoifes , mourut
à Paris le is , agée de cinquante- neuf ans.
Le Pere Jean- Baptifte Radominski , Confeffeur
de la Reine , eft mort à Verſailles le 18 , âgé de
foixante- dix ans. Il étoit de la Compagnie de Jefus,,
& Polonois de Nation..
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Résumé : Mariage & Morts.
Le texte relate divers événements de mariage et de décès au sein de la noblesse française. Le 17 novembre, le Marquis de Bréhant, Brigadier d'Infanterie et Colonel du Régiment de Picardie, a épousé Demoiselle Tafchereau de Baudry au Château de Bercy. Le Régiment de Picardie a célébré cet événement par un souper et un bal à la garnison de Valenciennes et à la ville. Le père de la mariée, Gabriel Tafchereau de Baudry, Conseiller d'État et Intendant des Finances, est décédé le 22 avril 1755. Louis-Charles, Comte de la Mothe-Houdancourt, Maréchal de France et Gouverneur de Gravelines, est mort à Paris le 3 novembre à l'âge de 68 ans. Sa charge de Chevalier d'honneur de la Reine a été attribuée au Comte de Saulx-Tavannes. Louise-Élisabeth de Melun, Marquise de Langheac, est décédée le 27 novembre dans ses terres de Normandie. Elle avait épousé en premières noces Alexandre-Théodose, Comte de Melun, et en secondes noces Gilbert-Alire, Marquis de Langheac. Elle laisse trois filles de son second mariage et deux du premier, étant la dernière de la branche de sa famille. Plusieurs autres décès notables ont été enregistrés en janvier. Marie-Louise-Victoire de Gramont, épouse d'Antoine Duc de Gramont, est morte à Paris le 11 janvier à l'âge de trente-trois ans. Louis Antoine du Fos, Marquis de Mery, est décédé le 12 janvier à l'âge de cinquante-six ans. Henri, Comte de Bukeley, Lieutenant-Général des armées, est mort le 14 janvier. Jeanne-Thérèse-Pélagie d'Albert, veuve de Louis de Guilhelm de Castelnau de Clermont Lodeve, est décédée le 14 janvier à l'âge de quatre-vingt-un ans. Geneviève de Gontaut-Biron, veuve de Louis Duc de Gramont, est morte à Paris le 11 janvier à l'âge de cinquante-neuf ans. Le Père Jean-Baptiste Radominski, confesseur de la Reine, est décédé à Versailles le 18 janvier à l'âge de soixante-dix ans.
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12607
p. 7-22
SUITE DU MANUSCRIT Arabe, traduit par M. Jacques, Marchand Evantailliste, rue Mouffetar.
Début :
UN Ours d'une grandeur prodigieuse se lança un jour sur moi ; mais loin de [...]
Mots clefs :
Fils, Eritzine, Calife, Bornéo, Roi, Parelin, Palais, Génie, Prince, Courage, Époux, Toupie, Diamant, Sylphe, Ours, Magicien, Bagdad
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texteReconnaissance textuelle : SUITE DU MANUSCRIT Arabe, traduit par M. Jacques, Marchand Evantailliste, rue Mouffetar.
SUITE DU MANUSCRIT
Arabe , traduit par M. Jacques , Marchand
Evantailliste , rue Mouffetar .
U
N Ours d'une grandeur prodigieuſe
ſe lança un jour ſur moi; mais loin de
me faire aucun mal , il ſe contenta d'arracher
mon fils de mes bras , & l'emporta
en fuyant d'une courſe précipitée. Parelin
courut après le raviffeur un épieu à la main.
Je voulois le ſuivre , mais la frayeur m'avoit
oté la force de marcher , & d'ailleurs Parelin
& l'ours couroient avec tant de viteſſe,
qu'il m'eût été impofſible de les atteindre.
J'attendis le dénouement de cette avanture
avec la plus vive inquiétude. Chaque inſtant
redoubloit mes allarmes , & la nuit qui
arriva ſans que j'euſſe revû ni mon mari ni
mon fils , mit le comble à ma déſolation .
Je ne doutai plus que l'inſtant fatal prédit
par le Silphe ne fut enfin arrivé , & que
nous ne futlions ſéparés pour jamais. J'attendis
pluſieurs jours auſſi vainement : enfin
ayant perdu toute eſperance , je réſolus de
me donner la mort. J'allois me précipiter
dans une fontaine qui couloit au milieu du
و
Aiiij
• MERCURE DE FRANCE.
bois : je ſentis que quelqu'un me retenoir,
je me retournai ,& je vis le Silphe qui m'arrêtoit.
Eritzine , me dit-il , ſubiſſez votre
fort ſans murmurer , c'eſt le ſeul moyen
d'obtenir le pardon de votre déſobéiſſance.
Ranimez votre courage , vous en aurez encore
beſoin long-tems , mais peut-être quelque
jour vous ferez heureuſe. Je reverrai
Parelin , m'écriai-je : Ah ! dites-moi s'il vit,
&quel eft fon fort. Il vit , répondit le Silphe,
mais il n'eſt plusde Parelinpour vous.
S'il eſt ainfi , repris-je , qu'ai-je beſoin de
la vie ? C'eſt l'arrêt du deſtin , continua le
Silphe , & vous attenteriez à vos jours ſans
fuccès.
Vous pouvez juger enquel écat me laifferent
ces dernieres paroles du Silphe; il eſt
inutile de vous ennuyer du détail de mes
chagrins daus la Forêt. J'y paffai un an à
faire retentir les antres les plus fourds de
mes gemiſſemens; je demandois mon époux
&mon fils aux arbres , aux rochers, à toute
la nature.
Je n'avois point encore vû de créature
humaine dans ce defert , mais la ſolitude
m'étoit chere , & toute ſociété m'auroit embarraſſée.
Les premiers hommes que j'y apperçus
furent des Matelots qui venoient
faire de l'eau à la fontaine qui étoit au milien
dubois. J'étois trop malheureuſe pour
DECEMBRE. 1744. 9
avoir rien à redouter ; ainſi je ne me détournai
pas de mon chemin pour les éviter :
mais dès qu'ils m'apperçurent , ils me faifirent
, & m'emmenerent à leur bord. J'étois
affez tranquille , & la captivité m'affligeoit
peu ; mais mon courage m'abandonna
à la vue du Capitaine du Vaiſſeau. C'étoit
le même Sideni à qui ma mere m'avoit déja
livrée par une trahiſon ſi cruelle. Ce barbare
déſeſperant de pouvoir rien obtenir par
la douceur , en vint d'abord aux dernieres
extrémités ; il eut lieu de s'en repentir , &
fut déconcerté du courage avec lequel je le
reçus. Je rendis long - tems ſes efforts inutiles
, & pluſieurs bleſſures que je lui fis le
punirent de ſa brutalité. Ma réſiſtance changea
fon amour en rage ; furieux de voir fon
fang couler , il tira ſon poignard , m'en
frappa , & me jetta dans lamer.
Ma perte paroiſſoit afſſurée: mais leCiel étoit
tropjalouxde me punir , pour finir ſitôt mes
fouffrances. Un Dauphin me porta juſqu'au
rivage. Une vieille femme , qui s'y trouvoit
alors meprit dans ſes bras , & me tranſporta
dans ſa petite cabane,qui n'étoit pas éloignée.
J'avois perdu connoiffance , &je n'ai ſcu ce
détail que par la vieille charitable qui me
fecourut; quelques ſimples qu'elle appliqua
fur ma playe , la guérirent en peu de jours.
Elle n'oublia rien de ce qu'elle crut propre
Av
IO MERCURE DE FRANCE.
à me confoler , & tant de bonté & d'huma
nité auroient remis le calme dans mon ame ,
ſi quelque choſe eût pû le faire. Elle m'enſeigna
la demeure d'un Magicien , qui , difoit-
elle , me donneroit un reméde à mes
maux , s'il y en avoit un poffible. Je comptois
peu ſur un pareil fecours. Cependant je
partis pour aller trouver le Magicien avec la
même précipitation que ſi j'euſſe eſperé quelque
choſe de ſes foins. Dès qu'il m'apperçut :
Princeſſe , me dit-il , je ſçais le ſujet qui vous
amene ; ſi vous avez le courage d'aller chercher
la Toupie de Diamant du Roi des Génies
, vous verrez finir vos malheurs. Il m'apprit
alors que cette Toupie lumineuſe étoit
dans un lieu inacceſſible , que la difficulté
d'en approcher , quoique très-conſidérable ,
étoit cependant le moindre des dangers que
j'aurois à effuyer ; que pluſieurs monftres
défendoient l'accès du lieu où étoit le tréfor.
Je vous donnerai le moyen , continua le Magicien
, de ſurmonter tous ces obſtacles,pourvũ
que de votre côté vous ayez affez de force
pour fortir victorieuſe de la derniere épreuve.
Quelque choſe qu'on vous diſe , il ne faut
ni parler ni tourner la tête , & avancer toujours
versla Toupie lumineuſe. Prenez , me
dit-il , ce poinçon d'or , il vous ouvrira le
paſſage au travers des rochers qui entourent
le lieu où eſt la Toupie de diamant ,& yous
DECEMBRE. 1744. 11
garantira des monſtrés qui la défendent . Le
Magicien m'enſeigna enſuite le chemin que
je devois prendre , la route étoit fort longue
, &j'ai conſumé un an à la ſuivre ; enfin
après des fatigues incroyables j'arrivai aux
rochers qu'on m'avoit indiques ; à peine euje
frappé la roche avec le poinçon , qu'elle
s'ouvrit pour me laiſſer paſſer ,& ſe referma
aufli-tôt.
Je me trouvai dans une campagne délicieuſe
, au bout de laquelle paroiſſoit un palais
ſuperbe. Dès que j'approchai ,je fus attaquée
par une infinité de bêtes feroces..
Mais le poinçon d'or les diſſipa ſans peine
, & j'entrai victorieuſe dans le palais .
Je vis qu'au fond d'une galerie à perte de
vûe , étoit une Table d'or , ſur laquelle étoit
poſée laToupie de diamant; mille voix m'appelloient
, & ne réuſſiffoient ni à me faire
répondre ni à me faire tourner la tête. Je
crus entendre le Silphe qui me crioit que je
prenois unmauvais chemin , & que je devois
retourner en arriere. Au lieu de répondre ,
je tenois les yeux fixés ſur le diamant que
je venois chercher , & cette vùe me rafſuroit
contre tous les preſtiges. Mais j'eus à foutenir
les combats les plus rudes, lorſque
j'entendis la voix de mon époux & celle de
mon fils , ils pouſſoient des cris lamentables ,
& ſe plaignoient qu'on les livroit à des ſup
Avj
12 MERCURE DE FRANCE.
plices cruels , parce que j'allois ravir laTou
pie de diamant. Leurs cris perçoient mon
coeur; & quelque prévenue que je fuffe fur
la nature de ce preſtige , je fus tentée cent
fois de tourner la tête ou de leur répondre.
J'eus pourtant aſſez de courage pour obferver
la condition preſcrite. J'avançai ſans
m'arrêter , ſans détourner la tête , ſans répondre
, mais non ſans verſer bien des larmes.
Dès que je fus prèsde la Table laToupievintd'elle-
même ſe placer dans ma main,
&je lus ces mots gravés ſur la Table d'or:
Ton courage a réparé ta premiere foibleſſe,
tu mérites d'être heureuſe , & tu le feras.
Emporte la Toupie de diamant , elle eſt à
toi ,&prends le chemin de Bagdad, c'eſt-là
que tu ſçauras ton fort. Je fortis au pa
lais plus tranquille que je n'y étois entrée,
un filence profond avoit fuccedé à ce tumulte
des voix,qui m'avoient affaillie d'abordi
Le poinçon d'or rouvrit la roche ,& je
pris la route de Bagdad. J'abordai hier à ce
Caravanſerail ,, où au lieu du bonheur que
j'attendois , j'ai trouvé mon plus dangereux
ennemi; mais fans doute leCiel ne m'apas
trompée : puiſqu'il m'a procuré l'honneur
d'embraſſer les genoux du Souverain Commandeurdes
Croyans , il m'a miſe du moins
à l'abri de toute injustice..
DECEMBRE. 1744.
Le Calife qui s'étoit d'abord intéreſſé
pour Eritzine prévenu par ſa beauté ſeule ,
lui offrit ,dès qu'il la connut mieux , tous les
fecours que ſa puiſſance le mettoit en état
d'offrir; que ne puis-je , lui diſoit-il , vous
aider à retrouver votre amant ; mais du
moins je punirai le Barbare qui a voulu
vous deshonnorer. Le Calife ordonna qu'on -
traînât à l'inſtant Sideni au ſuplice. Il ſe
diſpoſoit à conduire Eritzine à ſon Palais
lorſqu'on entendit un grand bruit à la porte
du Caravanſerail.
L'hôte avoit renvoyé avec brutalité des
gens qui venoient demander un logement
pour la nuit. Ils avoient répondu à ſes injures
, & des injures on en étoit venu aux
coups. Le Calife envoya Giafar pour apaifer
le défordre ,& commanda en même tems
que l'on préparât le plus bel apartement du
Palais pour Eritzine. Giafar revint un moment
après ; tout avoit été apaiſé par l'arri
vée du maître de ces gens qui avoient excité
le tumulte. Ils apartenoient au Roi de
Borneo , ce Prince arrivoit à Bagdad , &
entrant dans la ville à une heure fi indue , il
avoit voulu coucher dans un Caravanſerail
la premiere nuit , & remettre au lendemain
à ſaluer le Calife. Sans doute , ajouta Giafar
, qui inſtruiſoit le Calife de toutes ces
circonstances , l'intention de votre Majefté
14 MERCURE DE FRANCE.
n'eſt pas que ce Prince couche dans un Caravanferail
. Le Calife ordonna à Mefrour
de conduire Eritzine au Palais & alla trouver
le Roi de Borneo auquel il ſe plaignit
obligeamment du deſſein qu'il avoit eu. Ils
retournerent tous au Palais du Calife où ils
paſſerent la nuit,
Le Calife impatient d'apprendre le ſujet
du voyage du Roi de Borneo , palla dès
le matin dans l'apartement de ce Prince. II
le trouva trifte & inquiet. Je ſuis venu ici ,
dit le Roi de Borneo , avec des eſpérances
qui ſe changent en inquiétudes depuis que
l'inſtant aproche , où elles doivent le véri
fier. Je ſuis Souverain d'un Royaume florifſant;
mais ce n'eſt pas l'éclat du trône qui
fait le bonheur , les Rois ne font heureux
ou malheureux qu'en qualité d'hommes , &
non en qualité de Rois , & par des cauſes
qui leur font communes avec le reſte de
leurs ſujets : fans cela la Nature ſeroit trop
injuſte.
J'ai eu un fils unique , fruit de mon union
avec une épouſe charmante ; mais ce fils
fi cher que j'aimois autant que ſa mere
me fut enlevé dès le berceau. J'ai toujours
foupçonné de cet enlevement , un miferable
qui ſçavoit un peu de magie , que j'avois
fait punir , qui avoit juré de s'en vanger
, & qui difparut dans lemême tems où
DECEMBRE. 1744. 15
Borje
perdis mon fils. Je n'épargnai aucuns
foins pour retrouver l'un & l'autre ; mes
foins furent inutiles. Lorſque le Roi de
neo mourut fans poſtérité , je montai au
trône où ma naiſſance m'appelloit. Je
pleurois encore mon fils , quoique je l'euffe
perdu depuis pluſieurs années. Je renouvellai
mes recherches avec plus d'ardeur que
jamais , & auſſi peu de ſuccès. Mais du
moins le perfide Abdelec tomba entre mes
mains ; la force des tourmens lui fit avouer
qu'il étoit le raviſſeur de mon fils ; mais il
n'étoit plus en ſa puiſſance ; il s'étoit échapé
de chez lui depuis environ 3 ans. Je fis
punir le coupable , & je pris le parti de
parcourir moi-même les Royaumes voiſins,
après avoir confié l'adminiſtration du mien
à mon épouſe. J'ai commencé mes courſes
par Bagdad, heureux ſi le Ciel prend pitié
de mes peines & daigne les abreger.
Voilà , Seigneur , continua le Roi de
Borneo le ſujet de mon voyage , de ma trifteffe
, & de mes inquiétudes. Le Calife offrit
généreuſement à ce Prince de le ſeconder
dans une recherche ſi juſte. Il fit appeller
tous ſes Vifirs & leur ordonna ſous peinede
la vie de lui donner dans huit jours des nou
velles du fils de Borneo. Giafar eſſaya quel
ques remontrances ſur l'impoſſibilité d'exé
cuter cet ordre,
16 MERCURE DE FRANCE.
S'ilne paroît dans huit jours,reprit le Calife
en colere , vous périrez tous ,& toimalheureux
, dit-il à Giafar , ſi tu oſes repliquer
encore , je te ferai étrangler à l'inſtant par
les Muets. Les Viſirs s'en retournerent fort
conſternés. Le Calife ordonna une partie
de chaffe pour amufer Eritzine & le Roi de
Borneo.
Le Roi de Borneo à qui cette Princeſſe
fut préſentée , fut auſſi ébloui de ſa beauté
que le Calife l'avoit été , & prit le même
intérêt à fon fort, Les deux Monarques ne
la quitterent point pendant la chaffe , &
veilloient fur elle avec une attention inquiéte.
Un orage affreux diſperſa tous lesChafſeurs
. Eritzine , le Calife , & le Roi deBorneo
furent obligés de chercher un abri dans
une caverne qu'ils trouverent au milieu de
laforêt.
Eritzine tira la Toupie lumineuſe pour
guider leurs pas dans cet antre obfcur à la
faveur de la clarté que ce Taliſman répandroit.
La caverne fut en effet auſſi éclairée
que ſi l'on eût vu luire le ſoleil le plus brillant.
Ils aperçurent à la faveur de cette luz
miere une grande porte d'or qui étoit au
fondde la caverne. Ils n'avoient pas encore
eu le tems d'aſſeoir leurs conjectures ſur le
ſpectacle qui les frappoit , lorſque la TouDECEMBRE.
1744 17
pie dediamans échapa des mains d'Eritzine
qui fit de vains efforts pour la retenir , &
s'élanca d'elle-même contre la porte d'or.
A peine elle l'eut frapée que la porte
s'ouvrit , & laiſſa voir un Palais ſuperbe , où
tous les tréſors des Fées &des Génies paroifſoient
raſſemblés. Une troupe de Génies de
tous les élémens entouroit un trône d'éméraudes
ſurlequel étoit aſſis un Vieillard ref
pectable. Le Palais retentiſſoit d'une harmonie
flateuſe , qui répandoit un doux calme
ſur les ſens. Le Vieillard ſe leva de
ſon trône , dès qu'il vît entrer les deux Princes
& Eritzine : après avoir ſalué les deux
Monarques , il ſe jetta dans les bras de la
Princeſſe : Ma fille , lui dit- il , embraſſez
votre pere : vos malheurs ſont finis. C'étoit
eneffet le pere d'Eritzine , qui après ſa mort,
débarafſfé de l'enveloppe périſſable de fon
ame , avoit été , pour prix de ſa ſcience &
de ſes vertus , reçu au rang des Génies immortels
qui commandent aux efprits élémentaires.
Après que la vivacité des premiers
embraſſemens fut rallentie , le Génie apprit
àſa fille , qu'obligé par le Deſtin à la punir
de ſa défobéiſſance , il l'avoit du moins fecourue
dans ſes malheurs ; que c'étoit lui
qui lui avoit envoyé le Silphe qui l'avoit
ſervie , la Vieille &- le Magicien, Prince
18 MERCURE DE FRANCE.
ajouta t- il s'adreſſant au Calife , tout mon
pouvoir ne fuffiroit pas pour m'acquitter
envers vous des ſecours généreux que vous
offriez à ma fille : Je ſçai que la gloire eſt
ce qui vous touche le plus , la vôtre brillera
dans tous les âges , & votre nom célébré
par des Hiſtoriens dignes de vous , ira à
l'immortalité avec leurs ouvrages. Le Roi
de Borneo ne me trouvera pas ingrat ; je
vais lui rendre ſon fils. Il le reveira couronné
par la Victoire ; mais pour prix d'un
ſi grand ſervice , je lui demande de le donner
pour époux à ma fille.
Un bruit éclatant de trompette annonça
alors l'arrivée du Prince de Borneo. La Prin -
cefle tourna la tête & fit un cri de joye en
reconnoiffant Parelin. C'eſt vous , s'écria-telle
, en ſe jettant dans ſes bras; c'eſt vous ,
cher Epoux que je retrouve. Elle ne put en
dire davantage ; la voix étoit étouffée par
fes tranſports , & quand elle auroit pû parler,
elle n'auroit pas trouvé de termes pour les
exprimer.
La joye d'avoir retrouvé un époux qu'elle
adoroit , ne l'empêcha pas de fonger à fon
fils. Elle le demanda; il parut plus brillant
que la plus belle aurore. Telle étoit la figure
de cet aimable enfant que Parelin y retrouvoit
tous les traits de fa mere , & qu'E
DECEMBRE. 1744. 19
ritzine voyoit en lui le portrait de Parelin;
car elle ne s'étoit point encore accoutumée
à le nommer autrement , & elle voulut qu'il
conſervât toujours ce nom ſous lequel il
avoit commencé à lui être cher. Le Roi
de Borneo prodiguoit tour à tour ſes carefſes
à ſon fils , à Eritzine & à leur aimable
enfant. Eritzine étoit ſi enyvrée du plaifir
de revoir Parelin , qu'elle avoit peu
d'empreſſement d'apprendre parquel miracle
ce bonheur arrivoit. Le Roi de Borneo
fut plus curieux , & demanda à ſon fils ce
qui lui étoit arrivé depuis ſa féparation d'avec
Eritzine ; car il avoit apris du Calife toutes
les avantures de cette Princeſſe .
Je ſuivis juſqu'à la nuit , dit Parelin , l'Ours
qui emportoit mon fils. Je fus fort étonné
de voir au milieu de l'obſcurité la forêt
éclairée par une lumiere brillante. L'Ours
fuioit du côté d'où partoit la clarté , je le
ſuivis , & je découvris le Palais où nous
fommes. L'Ours y entra , j'entrai ſans héſiter
après lui ; il alla remettre mon fils au
Génie qui étoit aſſis ſur le trône. Ah Seigneur
, lui dis-je en me profternant à ſes
pieds , ferez-vous affez barbare pour faire
mon malheur & celui d'une épouſe adorable
? Le Génie ſourit & me dit qu'il falloit
que les arrêts du Deſtin s'accompliſſent. Le
fon de ſa voix, ſes traits qui me paroiffoient
20 MERCURE DE FRANCE .
abſolument les mêmes que ceux de votre
pere me rempliſſoient d'un juſte étonnement.
Je ne ſçavois que penſer de ce que
je voyois. Il s'apperçut de mon embarras.
Parelin , me dit-il en m'embraſſant , oui je
fuis Eritzin , le pere de celle que tu adores,
& je veux être le tien. Il m'aprit qu'inſtruit
plus poſitivement après ſa mort de ce qu'il
n'avoit auparavant découvert que fort confuſément
ſur votre fort & fur le mien , notre
amour lui avoit paru digne d'être heureux ,
que ma naiſſance n'étoit pas indigne d'Eritzine
, puiſque je devois le jour au Roi de
Borneo ; que le perfide Abdelec m'avoit
enlevé , & que ſéduit par quelques graces
qu'il avoit ru voir en moi , il m'avoit fait
paffer pour fon fils. Le Génie ajouta que
quoiqu'aalloorrss il eût défiré notre mariage, la
loi du Deftin l'avoit forcé d'éprouver fi
Eritzine exécuteroit ſes dernieres volontés.
Que n'avez-vous eu moins de pitié de moi,
dit Parelin à Eritzine , vous vous ſeriez épargnéebiendes
peines. Je ne regrette pas ma
complaiſance, interrompit-elle , ſi elle vous
a prouvé l'excès de mon amour. C'eſt le
Genie, continua le Prince de Borneo , qui a
empêché l'effet des Philtres d'Abdelec. A
l'égard de votre mere , elle eſt morte de
douleur en aprenant mon évaſion. Ainfi je
ſuis reſté dans ce Palais que le Génie tranf
DECEMBRE. 1944. 24
porte à ſon gré dans tous les lieux de l'U
nivers. J'y trouvois tous les plaiſirs , mais
votre abſence raſſemble toutes les peines
Le Génie me diſoit que je ne méritois pas
d'être puni , que vous ſeule aviez déſobéi ,
mais il me racontoit ce que vous fouffriez,
&portoit à mon coeur les coups les plus
terribles , étoit - ce là m'épargner ? Il m'a
envoyé détrôner l'Ufurpateur qui régnoit à
Céilan: une armée de Silphes , ſous la figure
d'hommes , & marchoit fous mes ordres ,
m'a aiſément rendu maître de l'Empire ; mais
que m'importoit de conquérir un grand
Royaume , vous ſeule me fuffifiez. Je retrouve
mon pere , mon épouſe , & mon fils ,
voilà tous les biens dont mon coeur ſçait
jouir , & les ſeuls qui puiſſent me rendre
heureux.
Pardonnez - moi , ma fille , dit alors le
Génie, les peines que j'ai été contraint de
vous cauſer ; vos plaiſirs vous en paroîtront
plus doux. J'ai ſouffert autant que vous ;
je nevousperdois pas de vue , mais il m'étoit
défendu de paroître à vos yeux. Le Génie
en diſant ees mots ferroit dans ſes bras ſa
fille &Parelin. Le Rei de Borneo l'imitoit,
Tous verſoient des larmes de joye , & le
Calife étonné , attendri de ce qu'il voyoit,
partageoit leurs larmes & leurs plaiſirs . Le
Géniedonna à ce Prince une caffette pleine
22 MERCURE DE FRANCE.
des plus beaux Diamans , & le fit recon
duire à Bagdad par quatre Silphes , qu'il
avoit à perpétuité à ſon ſervice. Il tranſporta
auffitôt fon Palais dans l'ifle dc Céilan. Eritzine
& Parelin furent couronnés avec l'applaudiſſement
de tous leurs Sujets. La félicité
pure dont jouiſſoient ces époux fortunés
, fut pour eux un nouveau motif de travailler
au bonheur de leurs peuples. Ils auroient
voulu les rendre auſſi heureux qu'ils
l'étoient eux-mêmes. Leur gouvernement
fut le modele de celui des Princes qui les
ſuivirent , leur amour inaltérable celui de
tous les coeurs ſenſibles , & leur bonheur
l'objet des deſirs de tous les amans. Après
avoir fourni leur carriere , la mort leur en
ouvrit une nouvelle. Ils furent reçus , ainſi
que leur pere , parmi les Génies , & l'immortalité
qu'on leur accordoit ne leur parut
flateuſe , que parce qu'elle leur donnoit le
moien de s'aimer à jamais.
Arabe , traduit par M. Jacques , Marchand
Evantailliste , rue Mouffetar .
U
N Ours d'une grandeur prodigieuſe
ſe lança un jour ſur moi; mais loin de
me faire aucun mal , il ſe contenta d'arracher
mon fils de mes bras , & l'emporta
en fuyant d'une courſe précipitée. Parelin
courut après le raviffeur un épieu à la main.
Je voulois le ſuivre , mais la frayeur m'avoit
oté la force de marcher , & d'ailleurs Parelin
& l'ours couroient avec tant de viteſſe,
qu'il m'eût été impofſible de les atteindre.
J'attendis le dénouement de cette avanture
avec la plus vive inquiétude. Chaque inſtant
redoubloit mes allarmes , & la nuit qui
arriva ſans que j'euſſe revû ni mon mari ni
mon fils , mit le comble à ma déſolation .
Je ne doutai plus que l'inſtant fatal prédit
par le Silphe ne fut enfin arrivé , & que
nous ne futlions ſéparés pour jamais. J'attendis
pluſieurs jours auſſi vainement : enfin
ayant perdu toute eſperance , je réſolus de
me donner la mort. J'allois me précipiter
dans une fontaine qui couloit au milieu du
و
Aiiij
• MERCURE DE FRANCE.
bois : je ſentis que quelqu'un me retenoir,
je me retournai ,& je vis le Silphe qui m'arrêtoit.
Eritzine , me dit-il , ſubiſſez votre
fort ſans murmurer , c'eſt le ſeul moyen
d'obtenir le pardon de votre déſobéiſſance.
Ranimez votre courage , vous en aurez encore
beſoin long-tems , mais peut-être quelque
jour vous ferez heureuſe. Je reverrai
Parelin , m'écriai-je : Ah ! dites-moi s'il vit,
&quel eft fon fort. Il vit , répondit le Silphe,
mais il n'eſt plusde Parelinpour vous.
S'il eſt ainfi , repris-je , qu'ai-je beſoin de
la vie ? C'eſt l'arrêt du deſtin , continua le
Silphe , & vous attenteriez à vos jours ſans
fuccès.
Vous pouvez juger enquel écat me laifferent
ces dernieres paroles du Silphe; il eſt
inutile de vous ennuyer du détail de mes
chagrins daus la Forêt. J'y paffai un an à
faire retentir les antres les plus fourds de
mes gemiſſemens; je demandois mon époux
&mon fils aux arbres , aux rochers, à toute
la nature.
Je n'avois point encore vû de créature
humaine dans ce defert , mais la ſolitude
m'étoit chere , & toute ſociété m'auroit embarraſſée.
Les premiers hommes que j'y apperçus
furent des Matelots qui venoient
faire de l'eau à la fontaine qui étoit au milien
dubois. J'étois trop malheureuſe pour
DECEMBRE. 1744. 9
avoir rien à redouter ; ainſi je ne me détournai
pas de mon chemin pour les éviter :
mais dès qu'ils m'apperçurent , ils me faifirent
, & m'emmenerent à leur bord. J'étois
affez tranquille , & la captivité m'affligeoit
peu ; mais mon courage m'abandonna
à la vue du Capitaine du Vaiſſeau. C'étoit
le même Sideni à qui ma mere m'avoit déja
livrée par une trahiſon ſi cruelle. Ce barbare
déſeſperant de pouvoir rien obtenir par
la douceur , en vint d'abord aux dernieres
extrémités ; il eut lieu de s'en repentir , &
fut déconcerté du courage avec lequel je le
reçus. Je rendis long - tems ſes efforts inutiles
, & pluſieurs bleſſures que je lui fis le
punirent de ſa brutalité. Ma réſiſtance changea
fon amour en rage ; furieux de voir fon
fang couler , il tira ſon poignard , m'en
frappa , & me jetta dans lamer.
Ma perte paroiſſoit afſſurée: mais leCiel étoit
tropjalouxde me punir , pour finir ſitôt mes
fouffrances. Un Dauphin me porta juſqu'au
rivage. Une vieille femme , qui s'y trouvoit
alors meprit dans ſes bras , & me tranſporta
dans ſa petite cabane,qui n'étoit pas éloignée.
J'avois perdu connoiffance , &je n'ai ſcu ce
détail que par la vieille charitable qui me
fecourut; quelques ſimples qu'elle appliqua
fur ma playe , la guérirent en peu de jours.
Elle n'oublia rien de ce qu'elle crut propre
Av
IO MERCURE DE FRANCE.
à me confoler , & tant de bonté & d'huma
nité auroient remis le calme dans mon ame ,
ſi quelque choſe eût pû le faire. Elle m'enſeigna
la demeure d'un Magicien , qui , difoit-
elle , me donneroit un reméde à mes
maux , s'il y en avoit un poffible. Je comptois
peu ſur un pareil fecours. Cependant je
partis pour aller trouver le Magicien avec la
même précipitation que ſi j'euſſe eſperé quelque
choſe de ſes foins. Dès qu'il m'apperçut :
Princeſſe , me dit-il , je ſçais le ſujet qui vous
amene ; ſi vous avez le courage d'aller chercher
la Toupie de Diamant du Roi des Génies
, vous verrez finir vos malheurs. Il m'apprit
alors que cette Toupie lumineuſe étoit
dans un lieu inacceſſible , que la difficulté
d'en approcher , quoique très-conſidérable ,
étoit cependant le moindre des dangers que
j'aurois à effuyer ; que pluſieurs monftres
défendoient l'accès du lieu où étoit le tréfor.
Je vous donnerai le moyen , continua le Magicien
, de ſurmonter tous ces obſtacles,pourvũ
que de votre côté vous ayez affez de force
pour fortir victorieuſe de la derniere épreuve.
Quelque choſe qu'on vous diſe , il ne faut
ni parler ni tourner la tête , & avancer toujours
versla Toupie lumineuſe. Prenez , me
dit-il , ce poinçon d'or , il vous ouvrira le
paſſage au travers des rochers qui entourent
le lieu où eſt la Toupie de diamant ,& yous
DECEMBRE. 1744. 11
garantira des monſtrés qui la défendent . Le
Magicien m'enſeigna enſuite le chemin que
je devois prendre , la route étoit fort longue
, &j'ai conſumé un an à la ſuivre ; enfin
après des fatigues incroyables j'arrivai aux
rochers qu'on m'avoit indiques ; à peine euje
frappé la roche avec le poinçon , qu'elle
s'ouvrit pour me laiſſer paſſer ,& ſe referma
aufli-tôt.
Je me trouvai dans une campagne délicieuſe
, au bout de laquelle paroiſſoit un palais
ſuperbe. Dès que j'approchai ,je fus attaquée
par une infinité de bêtes feroces..
Mais le poinçon d'or les diſſipa ſans peine
, & j'entrai victorieuſe dans le palais .
Je vis qu'au fond d'une galerie à perte de
vûe , étoit une Table d'or , ſur laquelle étoit
poſée laToupie de diamant; mille voix m'appelloient
, & ne réuſſiffoient ni à me faire
répondre ni à me faire tourner la tête. Je
crus entendre le Silphe qui me crioit que je
prenois unmauvais chemin , & que je devois
retourner en arriere. Au lieu de répondre ,
je tenois les yeux fixés ſur le diamant que
je venois chercher , & cette vùe me rafſuroit
contre tous les preſtiges. Mais j'eus à foutenir
les combats les plus rudes, lorſque
j'entendis la voix de mon époux & celle de
mon fils , ils pouſſoient des cris lamentables ,
& ſe plaignoient qu'on les livroit à des ſup
Avj
12 MERCURE DE FRANCE.
plices cruels , parce que j'allois ravir laTou
pie de diamant. Leurs cris perçoient mon
coeur; & quelque prévenue que je fuffe fur
la nature de ce preſtige , je fus tentée cent
fois de tourner la tête ou de leur répondre.
J'eus pourtant aſſez de courage pour obferver
la condition preſcrite. J'avançai ſans
m'arrêter , ſans détourner la tête , ſans répondre
, mais non ſans verſer bien des larmes.
Dès que je fus prèsde la Table laToupievintd'elle-
même ſe placer dans ma main,
&je lus ces mots gravés ſur la Table d'or:
Ton courage a réparé ta premiere foibleſſe,
tu mérites d'être heureuſe , & tu le feras.
Emporte la Toupie de diamant , elle eſt à
toi ,&prends le chemin de Bagdad, c'eſt-là
que tu ſçauras ton fort. Je fortis au pa
lais plus tranquille que je n'y étois entrée,
un filence profond avoit fuccedé à ce tumulte
des voix,qui m'avoient affaillie d'abordi
Le poinçon d'or rouvrit la roche ,& je
pris la route de Bagdad. J'abordai hier à ce
Caravanſerail ,, où au lieu du bonheur que
j'attendois , j'ai trouvé mon plus dangereux
ennemi; mais fans doute leCiel ne m'apas
trompée : puiſqu'il m'a procuré l'honneur
d'embraſſer les genoux du Souverain Commandeurdes
Croyans , il m'a miſe du moins
à l'abri de toute injustice..
DECEMBRE. 1744.
Le Calife qui s'étoit d'abord intéreſſé
pour Eritzine prévenu par ſa beauté ſeule ,
lui offrit ,dès qu'il la connut mieux , tous les
fecours que ſa puiſſance le mettoit en état
d'offrir; que ne puis-je , lui diſoit-il , vous
aider à retrouver votre amant ; mais du
moins je punirai le Barbare qui a voulu
vous deshonnorer. Le Calife ordonna qu'on -
traînât à l'inſtant Sideni au ſuplice. Il ſe
diſpoſoit à conduire Eritzine à ſon Palais
lorſqu'on entendit un grand bruit à la porte
du Caravanſerail.
L'hôte avoit renvoyé avec brutalité des
gens qui venoient demander un logement
pour la nuit. Ils avoient répondu à ſes injures
, & des injures on en étoit venu aux
coups. Le Calife envoya Giafar pour apaifer
le défordre ,& commanda en même tems
que l'on préparât le plus bel apartement du
Palais pour Eritzine. Giafar revint un moment
après ; tout avoit été apaiſé par l'arri
vée du maître de ces gens qui avoient excité
le tumulte. Ils apartenoient au Roi de
Borneo , ce Prince arrivoit à Bagdad , &
entrant dans la ville à une heure fi indue , il
avoit voulu coucher dans un Caravanſerail
la premiere nuit , & remettre au lendemain
à ſaluer le Calife. Sans doute , ajouta Giafar
, qui inſtruiſoit le Calife de toutes ces
circonstances , l'intention de votre Majefté
14 MERCURE DE FRANCE.
n'eſt pas que ce Prince couche dans un Caravanferail
. Le Calife ordonna à Mefrour
de conduire Eritzine au Palais & alla trouver
le Roi de Borneo auquel il ſe plaignit
obligeamment du deſſein qu'il avoit eu. Ils
retournerent tous au Palais du Calife où ils
paſſerent la nuit,
Le Calife impatient d'apprendre le ſujet
du voyage du Roi de Borneo , palla dès
le matin dans l'apartement de ce Prince. II
le trouva trifte & inquiet. Je ſuis venu ici ,
dit le Roi de Borneo , avec des eſpérances
qui ſe changent en inquiétudes depuis que
l'inſtant aproche , où elles doivent le véri
fier. Je ſuis Souverain d'un Royaume florifſant;
mais ce n'eſt pas l'éclat du trône qui
fait le bonheur , les Rois ne font heureux
ou malheureux qu'en qualité d'hommes , &
non en qualité de Rois , & par des cauſes
qui leur font communes avec le reſte de
leurs ſujets : fans cela la Nature ſeroit trop
injuſte.
J'ai eu un fils unique , fruit de mon union
avec une épouſe charmante ; mais ce fils
fi cher que j'aimois autant que ſa mere
me fut enlevé dès le berceau. J'ai toujours
foupçonné de cet enlevement , un miferable
qui ſçavoit un peu de magie , que j'avois
fait punir , qui avoit juré de s'en vanger
, & qui difparut dans lemême tems où
DECEMBRE. 1744. 15
Borje
perdis mon fils. Je n'épargnai aucuns
foins pour retrouver l'un & l'autre ; mes
foins furent inutiles. Lorſque le Roi de
neo mourut fans poſtérité , je montai au
trône où ma naiſſance m'appelloit. Je
pleurois encore mon fils , quoique je l'euffe
perdu depuis pluſieurs années. Je renouvellai
mes recherches avec plus d'ardeur que
jamais , & auſſi peu de ſuccès. Mais du
moins le perfide Abdelec tomba entre mes
mains ; la force des tourmens lui fit avouer
qu'il étoit le raviſſeur de mon fils ; mais il
n'étoit plus en ſa puiſſance ; il s'étoit échapé
de chez lui depuis environ 3 ans. Je fis
punir le coupable , & je pris le parti de
parcourir moi-même les Royaumes voiſins,
après avoir confié l'adminiſtration du mien
à mon épouſe. J'ai commencé mes courſes
par Bagdad, heureux ſi le Ciel prend pitié
de mes peines & daigne les abreger.
Voilà , Seigneur , continua le Roi de
Borneo le ſujet de mon voyage , de ma trifteffe
, & de mes inquiétudes. Le Calife offrit
généreuſement à ce Prince de le ſeconder
dans une recherche ſi juſte. Il fit appeller
tous ſes Vifirs & leur ordonna ſous peinede
la vie de lui donner dans huit jours des nou
velles du fils de Borneo. Giafar eſſaya quel
ques remontrances ſur l'impoſſibilité d'exé
cuter cet ordre,
16 MERCURE DE FRANCE.
S'ilne paroît dans huit jours,reprit le Calife
en colere , vous périrez tous ,& toimalheureux
, dit-il à Giafar , ſi tu oſes repliquer
encore , je te ferai étrangler à l'inſtant par
les Muets. Les Viſirs s'en retournerent fort
conſternés. Le Calife ordonna une partie
de chaffe pour amufer Eritzine & le Roi de
Borneo.
Le Roi de Borneo à qui cette Princeſſe
fut préſentée , fut auſſi ébloui de ſa beauté
que le Calife l'avoit été , & prit le même
intérêt à fon fort, Les deux Monarques ne
la quitterent point pendant la chaffe , &
veilloient fur elle avec une attention inquiéte.
Un orage affreux diſperſa tous lesChafſeurs
. Eritzine , le Calife , & le Roi deBorneo
furent obligés de chercher un abri dans
une caverne qu'ils trouverent au milieu de
laforêt.
Eritzine tira la Toupie lumineuſe pour
guider leurs pas dans cet antre obfcur à la
faveur de la clarté que ce Taliſman répandroit.
La caverne fut en effet auſſi éclairée
que ſi l'on eût vu luire le ſoleil le plus brillant.
Ils aperçurent à la faveur de cette luz
miere une grande porte d'or qui étoit au
fondde la caverne. Ils n'avoient pas encore
eu le tems d'aſſeoir leurs conjectures ſur le
ſpectacle qui les frappoit , lorſque la TouDECEMBRE.
1744 17
pie dediamans échapa des mains d'Eritzine
qui fit de vains efforts pour la retenir , &
s'élanca d'elle-même contre la porte d'or.
A peine elle l'eut frapée que la porte
s'ouvrit , & laiſſa voir un Palais ſuperbe , où
tous les tréſors des Fées &des Génies paroifſoient
raſſemblés. Une troupe de Génies de
tous les élémens entouroit un trône d'éméraudes
ſurlequel étoit aſſis un Vieillard ref
pectable. Le Palais retentiſſoit d'une harmonie
flateuſe , qui répandoit un doux calme
ſur les ſens. Le Vieillard ſe leva de
ſon trône , dès qu'il vît entrer les deux Princes
& Eritzine : après avoir ſalué les deux
Monarques , il ſe jetta dans les bras de la
Princeſſe : Ma fille , lui dit- il , embraſſez
votre pere : vos malheurs ſont finis. C'étoit
eneffet le pere d'Eritzine , qui après ſa mort,
débarafſfé de l'enveloppe périſſable de fon
ame , avoit été , pour prix de ſa ſcience &
de ſes vertus , reçu au rang des Génies immortels
qui commandent aux efprits élémentaires.
Après que la vivacité des premiers
embraſſemens fut rallentie , le Génie apprit
àſa fille , qu'obligé par le Deſtin à la punir
de ſa défobéiſſance , il l'avoit du moins fecourue
dans ſes malheurs ; que c'étoit lui
qui lui avoit envoyé le Silphe qui l'avoit
ſervie , la Vieille &- le Magicien, Prince
18 MERCURE DE FRANCE.
ajouta t- il s'adreſſant au Calife , tout mon
pouvoir ne fuffiroit pas pour m'acquitter
envers vous des ſecours généreux que vous
offriez à ma fille : Je ſçai que la gloire eſt
ce qui vous touche le plus , la vôtre brillera
dans tous les âges , & votre nom célébré
par des Hiſtoriens dignes de vous , ira à
l'immortalité avec leurs ouvrages. Le Roi
de Borneo ne me trouvera pas ingrat ; je
vais lui rendre ſon fils. Il le reveira couronné
par la Victoire ; mais pour prix d'un
ſi grand ſervice , je lui demande de le donner
pour époux à ma fille.
Un bruit éclatant de trompette annonça
alors l'arrivée du Prince de Borneo. La Prin -
cefle tourna la tête & fit un cri de joye en
reconnoiffant Parelin. C'eſt vous , s'écria-telle
, en ſe jettant dans ſes bras; c'eſt vous ,
cher Epoux que je retrouve. Elle ne put en
dire davantage ; la voix étoit étouffée par
fes tranſports , & quand elle auroit pû parler,
elle n'auroit pas trouvé de termes pour les
exprimer.
La joye d'avoir retrouvé un époux qu'elle
adoroit , ne l'empêcha pas de fonger à fon
fils. Elle le demanda; il parut plus brillant
que la plus belle aurore. Telle étoit la figure
de cet aimable enfant que Parelin y retrouvoit
tous les traits de fa mere , & qu'E
DECEMBRE. 1744. 19
ritzine voyoit en lui le portrait de Parelin;
car elle ne s'étoit point encore accoutumée
à le nommer autrement , & elle voulut qu'il
conſervât toujours ce nom ſous lequel il
avoit commencé à lui être cher. Le Roi
de Borneo prodiguoit tour à tour ſes carefſes
à ſon fils , à Eritzine & à leur aimable
enfant. Eritzine étoit ſi enyvrée du plaifir
de revoir Parelin , qu'elle avoit peu
d'empreſſement d'apprendre parquel miracle
ce bonheur arrivoit. Le Roi de Borneo
fut plus curieux , & demanda à ſon fils ce
qui lui étoit arrivé depuis ſa féparation d'avec
Eritzine ; car il avoit apris du Calife toutes
les avantures de cette Princeſſe .
Je ſuivis juſqu'à la nuit , dit Parelin , l'Ours
qui emportoit mon fils. Je fus fort étonné
de voir au milieu de l'obſcurité la forêt
éclairée par une lumiere brillante. L'Ours
fuioit du côté d'où partoit la clarté , je le
ſuivis , & je découvris le Palais où nous
fommes. L'Ours y entra , j'entrai ſans héſiter
après lui ; il alla remettre mon fils au
Génie qui étoit aſſis ſur le trône. Ah Seigneur
, lui dis-je en me profternant à ſes
pieds , ferez-vous affez barbare pour faire
mon malheur & celui d'une épouſe adorable
? Le Génie ſourit & me dit qu'il falloit
que les arrêts du Deſtin s'accompliſſent. Le
fon de ſa voix, ſes traits qui me paroiffoient
20 MERCURE DE FRANCE .
abſolument les mêmes que ceux de votre
pere me rempliſſoient d'un juſte étonnement.
Je ne ſçavois que penſer de ce que
je voyois. Il s'apperçut de mon embarras.
Parelin , me dit-il en m'embraſſant , oui je
fuis Eritzin , le pere de celle que tu adores,
& je veux être le tien. Il m'aprit qu'inſtruit
plus poſitivement après ſa mort de ce qu'il
n'avoit auparavant découvert que fort confuſément
ſur votre fort & fur le mien , notre
amour lui avoit paru digne d'être heureux ,
que ma naiſſance n'étoit pas indigne d'Eritzine
, puiſque je devois le jour au Roi de
Borneo ; que le perfide Abdelec m'avoit
enlevé , & que ſéduit par quelques graces
qu'il avoit ru voir en moi , il m'avoit fait
paffer pour fon fils. Le Génie ajouta que
quoiqu'aalloorrss il eût défiré notre mariage, la
loi du Deftin l'avoit forcé d'éprouver fi
Eritzine exécuteroit ſes dernieres volontés.
Que n'avez-vous eu moins de pitié de moi,
dit Parelin à Eritzine , vous vous ſeriez épargnéebiendes
peines. Je ne regrette pas ma
complaiſance, interrompit-elle , ſi elle vous
a prouvé l'excès de mon amour. C'eſt le
Genie, continua le Prince de Borneo , qui a
empêché l'effet des Philtres d'Abdelec. A
l'égard de votre mere , elle eſt morte de
douleur en aprenant mon évaſion. Ainfi je
ſuis reſté dans ce Palais que le Génie tranf
DECEMBRE. 1944. 24
porte à ſon gré dans tous les lieux de l'U
nivers. J'y trouvois tous les plaiſirs , mais
votre abſence raſſemble toutes les peines
Le Génie me diſoit que je ne méritois pas
d'être puni , que vous ſeule aviez déſobéi ,
mais il me racontoit ce que vous fouffriez,
&portoit à mon coeur les coups les plus
terribles , étoit - ce là m'épargner ? Il m'a
envoyé détrôner l'Ufurpateur qui régnoit à
Céilan: une armée de Silphes , ſous la figure
d'hommes , & marchoit fous mes ordres ,
m'a aiſément rendu maître de l'Empire ; mais
que m'importoit de conquérir un grand
Royaume , vous ſeule me fuffifiez. Je retrouve
mon pere , mon épouſe , & mon fils ,
voilà tous les biens dont mon coeur ſçait
jouir , & les ſeuls qui puiſſent me rendre
heureux.
Pardonnez - moi , ma fille , dit alors le
Génie, les peines que j'ai été contraint de
vous cauſer ; vos plaiſirs vous en paroîtront
plus doux. J'ai ſouffert autant que vous ;
je nevousperdois pas de vue , mais il m'étoit
défendu de paroître à vos yeux. Le Génie
en diſant ees mots ferroit dans ſes bras ſa
fille &Parelin. Le Rei de Borneo l'imitoit,
Tous verſoient des larmes de joye , & le
Calife étonné , attendri de ce qu'il voyoit,
partageoit leurs larmes & leurs plaiſirs . Le
Géniedonna à ce Prince une caffette pleine
22 MERCURE DE FRANCE.
des plus beaux Diamans , & le fit recon
duire à Bagdad par quatre Silphes , qu'il
avoit à perpétuité à ſon ſervice. Il tranſporta
auffitôt fon Palais dans l'ifle dc Céilan. Eritzine
& Parelin furent couronnés avec l'applaudiſſement
de tous leurs Sujets. La félicité
pure dont jouiſſoient ces époux fortunés
, fut pour eux un nouveau motif de travailler
au bonheur de leurs peuples. Ils auroient
voulu les rendre auſſi heureux qu'ils
l'étoient eux-mêmes. Leur gouvernement
fut le modele de celui des Princes qui les
ſuivirent , leur amour inaltérable celui de
tous les coeurs ſenſibles , & leur bonheur
l'objet des deſirs de tous les amans. Après
avoir fourni leur carriere , la mort leur en
ouvrit une nouvelle. Ils furent reçus , ainſi
que leur pere , parmi les Génies , & l'immortalité
qu'on leur accordoit ne leur parut
flateuſe , que parce qu'elle leur donnoit le
moien de s'aimer à jamais.
Fermer
12608
p. 210-211
AVIS.
Début :
La Manufacture des Miroirs de Réflection, & des Glaces courbées, [...]
Mots clefs :
Manufacture, Miroirs, Glaces, Effets d'optique, Image, Rayons, Sphère, Loupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
A MANUFACTURE des Miroirs de Réflection ,
& des Glaces courbées , établie par Arrêt du Confeil
, vient de former fon entrepôt , pour la com
modité des Curieux , dans la rue des Prouvaires ,
la premiere porte - cochère à gauche , en entrant
par la rue S. Honoré .
Ces Miroirs font feuls tous les effets des Optiques
ordinaires , en leur repréfentant des Estampes
enluminées ou des Tableaux . Ils ont de plus , la
propriété de faire voir l'image d'un objet entre
leur furface & cet objet , enforte qu'un homme
touche avec fa main l'image de la main , voit un
bouquet ou une petite ftatue en l'air entre le miroir
& lui , voit revenir jufqu'à lui l'image de fon
épée nue , & c.
On fçait auffi que les rayons folaires réunis en
leurs foyers , donnent le feu le plus actif & le plus
violent , par le moyen duquel on peut fondre ,
calciner , analyſer tous les corps de la nature qui
rétiftent au feu commun ; enfin , en tenant, une
bougie commune à leur foyer , ils portent à plus
de , o pieds , une clarté figrande , qu'on peut lire
à cette distance pendant la nuit la plus obfcure.
On peut dans cette Manufacture faire courber
des Glaces ou Verres en toutes formes & grandeurs
, pour garnir des Croifées courbes , des Bibliothéques,
des Encoignures , &c. On peut même
les avoir étamées dans ces diverfes formes , s'il eft
néceflaire.
*
MAI. 1760.
21F
On y fait auffi des Louppes à l'eau , compofées
de deux Glaces courbées en portion de fphère,
& tellement travaillées , qu'elles tiennent l'eau
entr'elles , fans monture ni mnaſtic : elles peuvent
ainfi être fucceffivement remplies des diverfes
liqueurs dont on veut comparer la réfraction. La
poffibilité de faire ces Louppes de toutes grandeurs
, jointe à leur parfaite tranfparence , leur
donne fur celles de verre folide des avantages
qu'il feroir fuperflu de détailler.
On trouve de plus dans cette Manufacture des
Cryftaux de Pendules auffi réguliers & auffi beaux
que ceux d'Angleterre ; & comme il y en a plus
3000 tout faits , les Horlogers peuvent les
avoit fur le champ ; ce qui ne leur étoit pas poffible
avant cet établiffement ..
Enfin , les Curieux & les Artiftes font invités à
faire part de leurs idées fur les différentes applications
que l'on peut faire de cette manière de courber
& d'éta mer les Glaces : ils trouveront dans ce
nouvel établiffement toute la docilité & toutes
les facilités poffibles.
A MANUFACTURE des Miroirs de Réflection ,
& des Glaces courbées , établie par Arrêt du Confeil
, vient de former fon entrepôt , pour la com
modité des Curieux , dans la rue des Prouvaires ,
la premiere porte - cochère à gauche , en entrant
par la rue S. Honoré .
Ces Miroirs font feuls tous les effets des Optiques
ordinaires , en leur repréfentant des Estampes
enluminées ou des Tableaux . Ils ont de plus , la
propriété de faire voir l'image d'un objet entre
leur furface & cet objet , enforte qu'un homme
touche avec fa main l'image de la main , voit un
bouquet ou une petite ftatue en l'air entre le miroir
& lui , voit revenir jufqu'à lui l'image de fon
épée nue , & c.
On fçait auffi que les rayons folaires réunis en
leurs foyers , donnent le feu le plus actif & le plus
violent , par le moyen duquel on peut fondre ,
calciner , analyſer tous les corps de la nature qui
rétiftent au feu commun ; enfin , en tenant, une
bougie commune à leur foyer , ils portent à plus
de , o pieds , une clarté figrande , qu'on peut lire
à cette distance pendant la nuit la plus obfcure.
On peut dans cette Manufacture faire courber
des Glaces ou Verres en toutes formes & grandeurs
, pour garnir des Croifées courbes , des Bibliothéques,
des Encoignures , &c. On peut même
les avoir étamées dans ces diverfes formes , s'il eft
néceflaire.
*
MAI. 1760.
21F
On y fait auffi des Louppes à l'eau , compofées
de deux Glaces courbées en portion de fphère,
& tellement travaillées , qu'elles tiennent l'eau
entr'elles , fans monture ni mnaſtic : elles peuvent
ainfi être fucceffivement remplies des diverfes
liqueurs dont on veut comparer la réfraction. La
poffibilité de faire ces Louppes de toutes grandeurs
, jointe à leur parfaite tranfparence , leur
donne fur celles de verre folide des avantages
qu'il feroir fuperflu de détailler.
On trouve de plus dans cette Manufacture des
Cryftaux de Pendules auffi réguliers & auffi beaux
que ceux d'Angleterre ; & comme il y en a plus
3000 tout faits , les Horlogers peuvent les
avoit fur le champ ; ce qui ne leur étoit pas poffible
avant cet établiffement ..
Enfin , les Curieux & les Artiftes font invités à
faire part de leurs idées fur les différentes applications
que l'on peut faire de cette manière de courber
& d'éta mer les Glaces : ils trouveront dans ce
nouvel établiffement toute la docilité & toutes
les facilités poffibles.
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Résumé : AVIS.
L'avis annonce la création d'une manufacture de miroirs de réflexion et de glaces courbées, située rue des Prouvaires, première porte cochère à gauche en entrant par la rue Saint-Honoré. Ces miroirs permettent de reproduire des estampes ou des tableaux et de voir l'image d'un objet entre la surface du miroir et l'objet lui-même. Ils concentrent également les rayons solaires pour produire un feu actif capable de fondre, calciner ou analyser divers corps naturels. De plus, ils projettent une lumière suffisante pour lire à plus de dix pieds de distance pendant la nuit. La manufacture propose des glaces courbées pour garnir des croisées, bibliothèques ou encoignures, et peut les fournir étamées. Elle fabrique également des loupes à l'eau composées de deux glaces courbées, permettant de comparer la réfraction de différents liquides. La manufacture produit aussi des cristaux de pendules réguliers et beaux, disponibles en grande quantité pour les horlogers. Les curieux et les artisans sont invités à partager leurs idées sur les applications possibles des glaces courbées et étamées, et trouveront toute la coopération nécessaire dans cet établissement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12609
p. 58-61
CONTRE L'INFIDÉLITÉ.
Début :
SI ton cœur n'aime point encore, [...]
Mots clefs :
Cœur, Amour, Infidélité, Sourire, Conquête, Muse, Libertinage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONTRE L'INFIDÉLITÉ.
CONTRE L'INFIDÉLITÉ.
S₁I ton coeur n'aime point encore ,
Il eft à la veille d'aimer :
S'il aime , l'objet qu'il adore
De plus en plus doit l'enflammer.
Thémire n'a fait que te plaire :
Tu n'as cédé qu'à fes attraits ;
Sa victoire n'eft point entière ;
Ses triomphes font imparfaits.
Il faut de nouvelles armes
par
Qu'elle augmente encor tes ardeurs ;
L'Amour attire par les charmes :
11 enchaîne par les faveurs.
Après ce qu'elle vient de faire ,
SEPTEMBRE . 1763. 59
Qu'une Amanté déja fi chère
A de nouveaux droits fur ton coeur !
Elle a toujours les mêmes graces , `
Toujours ce fourire enchanteur ;
Les jeux toujours fuivent les traces :
De plus , elle a fait ton bonheur .
Viens lui rendre un nouvel hommage :
Dans un plus amoureux langage
Viens faire parler ta langueur.
Que vois-je ? tu fuis , infidelle :
Thémire à tes yeux n'eſt plus belle :
Ta flamme eft changée en froideur 25
A les pieds l'amour te rappelle:
En vain to méprifes fes cris.
9 :
Que dis-je ? un autre objet t'arrêtez
D'Ifmène ton coeur eft épris :
Tu la touches , tu l'attendris :
}
A fe rendre Ifmène s'apprête ;
Bientôt tous tes voeux font remplis , A
Mais cette nouvelle conquête , gin I
11
Afon tour perd auffi fon prix.VIET
Life paroît , & la remplace II
Life confent à tes defirs :
Pour elle alors , plus de foupirs ;
De ton coeur un autre la chaffe.
Ainfi de Beautés en Beautés ,
Tu promenes
ton inconſtance :
Toujours tes infidélités
2011
T
02
i mu a
C vj
60 MERCURE DE FRANCE.
Sont le prix de leur confiance.
Mais qu'entens-je ? O comble d'horreur I
C'eft peu que ton coeur foit coupable ;
Ta bouche , au crime de ton coeur ,
En ajoute un plus déteſtable.
Au lieu de couvrir leur erreur
De la nuit d'un profond filence ,
Tu te fais un indigne honneur
Vil féducteur de l'innocence ,
De leur avoir ravi le leur.
>
Ingrat ! en quittant res maîtreffes ,
Ne trahis point la volupté ;
Et refpecte au moins des foiblefes
Qui firent ta félicité.
Du tendre amour entends les plaintes:"}
Voi fur les flâmes prèſqu'éteintes
Tomber un délug e de pleurs...
Mais quoi? tu ris de les douleurs ,
A chaque inftant ton coeur volage
Lui prépare un nouvel outrage::: J. I
Tu braves fon autorité..
Il n'eft point, ta Divinité ;
Ton Dieu , c'eſt le libertinage.
Séxe charmant dont en ces vers
Ma Muſe pourſuit la vengeance
Contre le crime & l'infolence
1
D'un ingrat qui brifant vos fers,"
Au mépris des noeuds les plus chers
SEPTEMBRE . 1763.
Ofe encore ajouter l'offenſe ;
Jafqu'ici dans l'indifférence
J'ai vu s'écouler tous nres jours 3
Enfin chaque choſe a ſon cours ,
Et je fens que pour moi s'avance
L'inftant marqué par les Amours.
Qui que tu fois , objet aimable ,
Qui dois me ranger fous leurs loix ,
A mes yeux charmés une fois
Tu feras toujours adorable ;
Et lorfqu'enfin l'Amour vainqueur '
Défarmant pour moi ra rigueur ,
A mes voeux te rendra docile,
Bien loin que ta bonté facile , '
Eteigtrema conftante ardeus,
Tu verras ton amant fidéle
Brûler d'une flamme nouvelle ,
A chaque nouvelle faveur.
Tu feras la feule maîtreſſet: MANU A и
´Tù deiferas juſqu'au tombeaupjor 25q nov
Sans que pour un objet snowvenligsЯ
L'amour témoin de ma promenerjudu
Dans mon coeur d'une autre tendrelle
Allume jamais le flambeau .
Parle Nouveau Venu au Parnaffe .
S₁I ton coeur n'aime point encore ,
Il eft à la veille d'aimer :
S'il aime , l'objet qu'il adore
De plus en plus doit l'enflammer.
Thémire n'a fait que te plaire :
Tu n'as cédé qu'à fes attraits ;
Sa victoire n'eft point entière ;
Ses triomphes font imparfaits.
Il faut de nouvelles armes
par
Qu'elle augmente encor tes ardeurs ;
L'Amour attire par les charmes :
11 enchaîne par les faveurs.
Après ce qu'elle vient de faire ,
SEPTEMBRE . 1763. 59
Qu'une Amanté déja fi chère
A de nouveaux droits fur ton coeur !
Elle a toujours les mêmes graces , `
Toujours ce fourire enchanteur ;
Les jeux toujours fuivent les traces :
De plus , elle a fait ton bonheur .
Viens lui rendre un nouvel hommage :
Dans un plus amoureux langage
Viens faire parler ta langueur.
Que vois-je ? tu fuis , infidelle :
Thémire à tes yeux n'eſt plus belle :
Ta flamme eft changée en froideur 25
A les pieds l'amour te rappelle:
En vain to méprifes fes cris.
9 :
Que dis-je ? un autre objet t'arrêtez
D'Ifmène ton coeur eft épris :
Tu la touches , tu l'attendris :
}
A fe rendre Ifmène s'apprête ;
Bientôt tous tes voeux font remplis , A
Mais cette nouvelle conquête , gin I
11
Afon tour perd auffi fon prix.VIET
Life paroît , & la remplace II
Life confent à tes defirs :
Pour elle alors , plus de foupirs ;
De ton coeur un autre la chaffe.
Ainfi de Beautés en Beautés ,
Tu promenes
ton inconſtance :
Toujours tes infidélités
2011
T
02
i mu a
C vj
60 MERCURE DE FRANCE.
Sont le prix de leur confiance.
Mais qu'entens-je ? O comble d'horreur I
C'eft peu que ton coeur foit coupable ;
Ta bouche , au crime de ton coeur ,
En ajoute un plus déteſtable.
Au lieu de couvrir leur erreur
De la nuit d'un profond filence ,
Tu te fais un indigne honneur
Vil féducteur de l'innocence ,
De leur avoir ravi le leur.
>
Ingrat ! en quittant res maîtreffes ,
Ne trahis point la volupté ;
Et refpecte au moins des foiblefes
Qui firent ta félicité.
Du tendre amour entends les plaintes:"}
Voi fur les flâmes prèſqu'éteintes
Tomber un délug e de pleurs...
Mais quoi? tu ris de les douleurs ,
A chaque inftant ton coeur volage
Lui prépare un nouvel outrage::: J. I
Tu braves fon autorité..
Il n'eft point, ta Divinité ;
Ton Dieu , c'eſt le libertinage.
Séxe charmant dont en ces vers
Ma Muſe pourſuit la vengeance
Contre le crime & l'infolence
1
D'un ingrat qui brifant vos fers,"
Au mépris des noeuds les plus chers
SEPTEMBRE . 1763.
Ofe encore ajouter l'offenſe ;
Jafqu'ici dans l'indifférence
J'ai vu s'écouler tous nres jours 3
Enfin chaque choſe a ſon cours ,
Et je fens que pour moi s'avance
L'inftant marqué par les Amours.
Qui que tu fois , objet aimable ,
Qui dois me ranger fous leurs loix ,
A mes yeux charmés une fois
Tu feras toujours adorable ;
Et lorfqu'enfin l'Amour vainqueur '
Défarmant pour moi ra rigueur ,
A mes voeux te rendra docile,
Bien loin que ta bonté facile , '
Eteigtrema conftante ardeus,
Tu verras ton amant fidéle
Brûler d'une flamme nouvelle ,
A chaque nouvelle faveur.
Tu feras la feule maîtreſſet: MANU A и
´Tù deiferas juſqu'au tombeaupjor 25q nov
Sans que pour un objet snowvenligsЯ
L'amour témoin de ma promenerjudu
Dans mon coeur d'une autre tendrelle
Allume jamais le flambeau .
Parle Nouveau Venu au Parnaffe .
Fermer
12610
p. 195
DU NORD.
Début :
On a fait ici la découverte d'une des plus horribles conspirations [...]
Mots clefs :
Stockholm, Conspiration , Liberté des États, Sécurité retrouvée, Commémoration annuelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DU NORD.
DE STOCKHOLM , le 2 Juillet.
ON a fait ici la découverte d'une des plus hora
ribles confpirations qui aient été formées contre
la liberté des Etats. Elle devoit éclater la nuit du
22 au 23 du mois dernier ; mais , par les bonnes
mefures qu'on a prifes , on en a prévenu
F'exécution , & la tranquillité eft actuellement affurée
. Les Etats ont fait chanter le 27 un Te Deum
avec pompe dans toutes les Eglifes de la Ville
pour remercier Dieu d'avoir préfervé la Suede
d'un auffi grand danger . Ils ont ordonné que tous
les ans on célébreroit cet événement , de la même
façon , le jour de Saint Jean , pour confacrer
à perpétuité cette grace du Ciel & leur reconnoiffance.
DE STOCKHOLM , le 2 Juillet.
ON a fait ici la découverte d'une des plus hora
ribles confpirations qui aient été formées contre
la liberté des Etats. Elle devoit éclater la nuit du
22 au 23 du mois dernier ; mais , par les bonnes
mefures qu'on a prifes , on en a prévenu
F'exécution , & la tranquillité eft actuellement affurée
. Les Etats ont fait chanter le 27 un Te Deum
avec pompe dans toutes les Eglifes de la Ville
pour remercier Dieu d'avoir préfervé la Suede
d'un auffi grand danger . Ils ont ordonné que tous
les ans on célébreroit cet événement , de la même
façon , le jour de Saint Jean , pour confacrer
à perpétuité cette grace du Ciel & leur reconnoiffance.
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Résumé : DU NORD.
À Stockholm, le 2 juillet, une conspiration contre la liberté des États a été découverte. Prévue pour le 22 au 23 juin, elle a été empêchée par des mesures préventives. La tranquillité est rétablie. En remerciement, un Te Deum solennel a été ordonné le 27 juin. Cet événement sera célébré annuellement à la Saint-Jean.
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12611
p. 195-196
ALLEMAGNE.
Début :
Un paysan, en labourant son champ dans la Seigneurie de [...]
Mots clefs :
Vienne, Hambourg, Coffre de fer, Trouvaille, Pièces d'or, Incendie, Dégâts, Croden
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE..
DE VIENNE , le 30 Juin.
Un paylan , en labourant fon champ dans la
Seigneurie de Corinsh en Moravie , a trouvé dans
la terre un coffre de fer , rempli d'efpeces d'or.
On conjecture qu'elles ont été enterrées en cet
endroit , lorfque Charles XII , Roi de Suede , porta
la terreur de fes armes dans l'Empire...
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
DE HAMBOURG , le 9 Juillet.
Ce matin , il y a eu un grand incendie dans
cette Ville . La Manufacture des toiles de coton
peintes , & plufieurs autres maiſons , ont été la
proie des flammes. On mande de Croden que ce
Bourg a été prefqu'entiérement confumé par le
feu duCiel,
DE VIENNE , le 30 Juin.
Un paylan , en labourant fon champ dans la
Seigneurie de Corinsh en Moravie , a trouvé dans
la terre un coffre de fer , rempli d'efpeces d'or.
On conjecture qu'elles ont été enterrées en cet
endroit , lorfque Charles XII , Roi de Suede , porta
la terreur de fes armes dans l'Empire...
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
DE HAMBOURG , le 9 Juillet.
Ce matin , il y a eu un grand incendie dans
cette Ville . La Manufacture des toiles de coton
peintes , & plufieurs autres maiſons , ont été la
proie des flammes. On mande de Croden que ce
Bourg a été prefqu'entiérement confumé par le
feu duCiel,
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Résumé : ALLEMAGNE.
En Moravie, un paysan a trouvé un coffre de fer rempli de pièces d'or en labourant son champ. Ces pièces datent de l'invasion de Charles XII, roi de Suède. À Hambourg, un incendie a détruit la Manufacture des toiles de coton peintes et plusieurs maisons. Le bourg de Croden a été presque entièrement brûlé par un feu naturel.
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12612
p. 63-64
ENIGME.
Début :
D'une sçavante main chef d'oeuvre ingénieux, [...]
Mots clefs :
Orgue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
UNB fçavante, main chef d'oeuvre ingénieuxay..
Je fuis grand ou petit, comme il plaît à mon père
Je plais à tout le monde , & les plus curieuz
3
64 MERCURE DE FRANCE .
Trouvent toujours chez moi de quoi le fatisfaire
J'abonde en ce qu'il faut pour produire une voix :
Bouches , langues , gofiers, & l'union intime
De mes refforts cachés peut produire à la fois
Différens fons au gré de celui qui m'anime.
Je fuis comme il lui plaît , aigu , doux , enfureur,-
D'autres fois en tonnant j'imprime la terreur .
Tantôt changeant de ton , je chante mieux qu'Or
phée.
Toujours le même , enfin je ſuis un vrai Prothées
Et cependant , Lecteur , ôte- moi le fecours
De ce terrible Dieu qui régne en Æolie ,
Je deviens inutile ainfi qu'un corps fans vie ,
Et je ... mais j'en dis trop , tu me vois tous
les jours.
P. C. F.
UNB fçavante, main chef d'oeuvre ingénieuxay..
Je fuis grand ou petit, comme il plaît à mon père
Je plais à tout le monde , & les plus curieuz
3
64 MERCURE DE FRANCE .
Trouvent toujours chez moi de quoi le fatisfaire
J'abonde en ce qu'il faut pour produire une voix :
Bouches , langues , gofiers, & l'union intime
De mes refforts cachés peut produire à la fois
Différens fons au gré de celui qui m'anime.
Je fuis comme il lui plaît , aigu , doux , enfureur,-
D'autres fois en tonnant j'imprime la terreur .
Tantôt changeant de ton , je chante mieux qu'Or
phée.
Toujours le même , enfin je ſuis un vrai Prothées
Et cependant , Lecteur , ôte- moi le fecours
De ce terrible Dieu qui régne en Æolie ,
Je deviens inutile ainfi qu'un corps fans vie ,
Et je ... mais j'en dis trop , tu me vois tous
les jours.
P. C. F.
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12613
p. 211-212
De l'Armée, à Giessen, le 8 Janvier.
Début :
L'Armée aux ordres du Maréchal de Broglie, décampa d'ici le 5 du mois dernier. [...]
Mots clefs :
Armée, Duc de Broglie, Baron, Prince Ferdinand , Camp, Reddition, Attaque, Défense, Ennemis, Postes militaires, Troupes, Alliés, Prisonniers de guerre, Retraite, Garnison, Marquis, Quartier d'hiver
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texteReconnaissance textuelle : De l'Armée, à Giessen, le 8 Janvier.
De l'Armée , à Gieffen , le 8 Janvier.
L'Armée aux ordres du Maréchal de Broglie ,
décampa d'ici les du mois dernier . Ce même
jour , le Baron du Blaifel fut fommé de fe rendre
par un Aide-de- Camp du Prince Ferdinand . Sur
fon refus , le Prince prit fes mefures pour l'invef
tiffement de Gieffen . Le 7 , à trois heures après
midi , un ſecond Aide-de- Camp du Prince demanda
à parler au Baron du Blaifel . Il lui propofa
de te rendre , & lui offrit les conditions les
plus honorables. Mais le Baron répondit , qu'il
étoit dans la Place pour la défendre. Ily a trenta
ans , ajouta - t- il que je fers le Roi , & quelque
temps que je fuis guéri de la peur. Quand le Prince .
voudra , nous commencerons.
Le 21 , le Baron du Blaifel reçut ordre du Maréchal
de Broglie de faire attaquer , le lendemain
avant le jour, le poſte de Klein Linnes , pour que
cette diverfion favorifât l'attaque que l'armée , de- .
voit faire à Langgon . Le 22 , à deux heures du
matin , Klein-Linnes fut attaqué très-vivement
& avec avantage. Pendant ce temps- là le Maréchal
de Broglie fit attaquer , avec fuccès , par fes
troupes légères les portes de Langgon & de Sich
Le 25 , le Baron de Blaifel , ayant eu avis que
les ennemis repaffoient la Lohn , envoya un détachement
à Wifek. Les troupes qui gardoient ce
pofte,s'enfuirent avec précipitation ,à fon approche..
On trouva dans le village une grande quantité
d'échelles , de crochets de fer & de cordes , que
le détachement enleva . Pendant la nuit du 27 au
212 MERCURE DE FRANCE.
28 , le Maréchal de Broglie , qui étoit arrivé ici ,
fit donner différentes alertes à l'ennemi ; ce qui
obligea le Prince Ferdinand , de faire fortir toutes
Les troupes de leurs cantonnemens , & de les
ranger en bataille fur les hauteurs de Kleyberg &
de Hezchelheim . Après s'étre ainfi affuré que toutes
les troupes desAlliés étoient dans leur ancienne
pofition , le Maréchal reprit la route de Friedberg.
Les fages difpofitions qu'il a faites , ont rétabli
notre communication avec fon Armée .
On a appris du 10 , que les troupes qui avoient
été placées dans la Ville de Dillenbourg , depuis
que nous nous en étions rendus maîtres , y ont été
attaquées par un corps des Ennemis , de huit à
neuf mille hommes , aux ordres du Baron Vengenheim
; & qu'après une défenſe opiniâtre de
notre part, la garnifon a été obligée de ſe rendre
prifonnière de guerre On a perdu , dans cette
occafion , le fieur Paravicini , Brigadier , Officier
d'un mérite diftingué & généralement regretté .
Suite du Journal de l'Armée .
La retraite du Prince Ferdinand , de l'autre côté
de Marburge , au- delà de la rivière d'Ohin , à
déterminé le Maréchal de Broglie à prendre fes
quartiers d'hyver. Il a établi fon quartier général, à
Francfort. On a laiffé dans Gieffen une garnifon
confidérable : le Baron du Blaifel , Maréchal de
Camp , eft refté dans cette place pour y commander.
Les troupes aux ordres du Marquis de Muy
& du Marquis de Voyer , ont repris la route de
Cologne , pour aller occuper les quartiers d'hyver
qui leur font deſtinés fur le Rhin & la Meuſe ,
où elles feront aux ordres du chevalier de Muy.
Le corps des Saxons & les troupes de Wirtemberg
hyverneront fur le haut Mein.Le Comte de Luface,
prendra fon quartier dans Wurtzbourg.
Depuis que ces quartiers d'hyver ont été pris ,
il ne s'eft rien paffé de remarquable.
L'Armée aux ordres du Maréchal de Broglie ,
décampa d'ici les du mois dernier . Ce même
jour , le Baron du Blaifel fut fommé de fe rendre
par un Aide-de- Camp du Prince Ferdinand . Sur
fon refus , le Prince prit fes mefures pour l'invef
tiffement de Gieffen . Le 7 , à trois heures après
midi , un ſecond Aide-de- Camp du Prince demanda
à parler au Baron du Blaifel . Il lui propofa
de te rendre , & lui offrit les conditions les
plus honorables. Mais le Baron répondit , qu'il
étoit dans la Place pour la défendre. Ily a trenta
ans , ajouta - t- il que je fers le Roi , & quelque
temps que je fuis guéri de la peur. Quand le Prince .
voudra , nous commencerons.
Le 21 , le Baron du Blaifel reçut ordre du Maréchal
de Broglie de faire attaquer , le lendemain
avant le jour, le poſte de Klein Linnes , pour que
cette diverfion favorifât l'attaque que l'armée , de- .
voit faire à Langgon . Le 22 , à deux heures du
matin , Klein-Linnes fut attaqué très-vivement
& avec avantage. Pendant ce temps- là le Maréchal
de Broglie fit attaquer , avec fuccès , par fes
troupes légères les portes de Langgon & de Sich
Le 25 , le Baron de Blaifel , ayant eu avis que
les ennemis repaffoient la Lohn , envoya un détachement
à Wifek. Les troupes qui gardoient ce
pofte,s'enfuirent avec précipitation ,à fon approche..
On trouva dans le village une grande quantité
d'échelles , de crochets de fer & de cordes , que
le détachement enleva . Pendant la nuit du 27 au
212 MERCURE DE FRANCE.
28 , le Maréchal de Broglie , qui étoit arrivé ici ,
fit donner différentes alertes à l'ennemi ; ce qui
obligea le Prince Ferdinand , de faire fortir toutes
Les troupes de leurs cantonnemens , & de les
ranger en bataille fur les hauteurs de Kleyberg &
de Hezchelheim . Après s'étre ainfi affuré que toutes
les troupes desAlliés étoient dans leur ancienne
pofition , le Maréchal reprit la route de Friedberg.
Les fages difpofitions qu'il a faites , ont rétabli
notre communication avec fon Armée .
On a appris du 10 , que les troupes qui avoient
été placées dans la Ville de Dillenbourg , depuis
que nous nous en étions rendus maîtres , y ont été
attaquées par un corps des Ennemis , de huit à
neuf mille hommes , aux ordres du Baron Vengenheim
; & qu'après une défenſe opiniâtre de
notre part, la garnifon a été obligée de ſe rendre
prifonnière de guerre On a perdu , dans cette
occafion , le fieur Paravicini , Brigadier , Officier
d'un mérite diftingué & généralement regretté .
Suite du Journal de l'Armée .
La retraite du Prince Ferdinand , de l'autre côté
de Marburge , au- delà de la rivière d'Ohin , à
déterminé le Maréchal de Broglie à prendre fes
quartiers d'hyver. Il a établi fon quartier général, à
Francfort. On a laiffé dans Gieffen une garnifon
confidérable : le Baron du Blaifel , Maréchal de
Camp , eft refté dans cette place pour y commander.
Les troupes aux ordres du Marquis de Muy
& du Marquis de Voyer , ont repris la route de
Cologne , pour aller occuper les quartiers d'hyver
qui leur font deſtinés fur le Rhin & la Meuſe ,
où elles feront aux ordres du chevalier de Muy.
Le corps des Saxons & les troupes de Wirtemberg
hyverneront fur le haut Mein.Le Comte de Luface,
prendra fon quartier dans Wurtzbourg.
Depuis que ces quartiers d'hyver ont été pris ,
il ne s'eft rien paffé de remarquable.
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Résumé : De l'Armée, à Giessen, le 8 Janvier.
Du 7 au 28 janvier, plusieurs actions militaires furent menées par les forces du Maréchal de Broglie et du Baron du Blaifel. Le 8 janvier, l'armée du Maréchal de Broglie quitta Gieffen, tandis que le Baron du Blaifel refusa deux sommations de se rendre. Le 22 janvier, le Baron attaqua et prit le poste de Klein Linnes, soutenant ainsi l'assaut sur Langgon, où le Maréchal de Broglie réussit également à prendre les portes de Langgon et de Sich. Le 25 janvier, un détachement du Baron du Blaifel repoussa des troupes ennemies à Wifek. La nuit du 27 au 28 janvier, le Maréchal de Broglie alerta l'ennemi, forçant le Prince Ferdinand à ranger ses troupes en bataille, avant de reprendre la route de Friedberg. Parallèlement, le 10 janvier, les troupes à Dillenbourg furent attaquées par le Baron Vengenheim et se rendirent prisonnières de guerre. La retraite du Prince Ferdinand au-delà de la rivière d'Ohin amena le Maréchal de Broglie à établir ses quartiers d'hiver à Francfort. Des garnisons furent laissées à Gieffen, sur le Rhin et la Meuse, et sur le haut Mein, sans événements remarquables par la suite.
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12614
p. 211-213
Instruction pour l'usage d'un Emplâtre propre à guérir les vapeurs des femmes & filles.
Début :
Comme il y a quantité de personnes du séxe, qui sont sujettes à dérangement de matrice, [...]
Mots clefs :
Matrice, Vapeurs, Maladie, Emplâtre, Menstruation, Guérison, Certificat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Instruction pour l'usage d'un Emplâtre propre à guérir les vapeurs des femmes & filles.
INSTRUCTION pour l'ufage d'un Emplâtre propre
à guérirles vapeurs des femmes & filles.
Comme il y a quantité de perfonnes du féxe ,
qui font fujettes à un dérangement de matrice ,
que l'on nomme vulgairement vapeurs , & que
cette maladie ne peut le traiter par la voye ordinaire
de la médecine , qu'avec un fuccès très-incertain
, & pour ainſi dire fort rare. Le Sieur Pitara
eftlefeul qui ait trouvé le fecret de les guerir
, par le moyen d'un Emplâtre qu'il diftribue
depuis environ neuf ans qu'il en a le privilége
du Roi.
Le nombre de Lettres & certificats qui lui ont
.3
212 MERCURE DE FRANCE.
été envoyés de toutes parts , prouve l'effet qu'il
produit chaque jour.
Il s'agit de faire connoître la nature de cette
maladie , occafionnée ordinairement par trois
différentes caufes.
La premiere , par un retard de Régles .
La feconde , par une peur .
La troifiéme , parun chagrin & des inquiétudes.
Les perfonnes attaquées de cette maladie ,furvenue
par une de ces trois caufes , peuvent fe fervir
dudit Emplâtre , que l'on applique fur le
nombril, lequel doit y refter juſqu'à ce qu'il tombe
de lui-même.
Quoique le premier Emplâtre puiffe opérer la
guérifon , comme il eſt arrivé très - fouvent ; il
confeille cependant de le répéter trois à quatre
fois , parce qu'il eft à préfumer que dans le cours
de trois à quatre Emplâtres , qui durent 7 à 9
mois , elles doivent être entierement guéries ,
comme l'expérience lui a fait connoître.
elt Le motif qui l'engage à le faire continuer ,
le changement qui arrive chaque mois aux femmes
& filles ; ce qui leur occafionne des révolutions.
Ledit Emplâtre peut fe conferver dix ans , &
peut s'envoyer dans une lettre .
Ledit Emplâtre a encore la vertu , en l'appli
quant au même endroit , de conferver le fruit
d'une femme enceinte qui n'a jamais pû le porter
julqu'au tems , à moins qu'il n'arrive en accident
dont elle feroit dangereufement bleſſée.
Le fieur Pittara a reçu un Certificat d'une Dame
de diftinction de Paris , qui étoit à fa quatrième
fauffe couche l'ufage dudit Emplâtre lui a confervé
le fruit de fa cinquième groffelle , & a continué
depuis à accoucher dans fon temps. Plufieurs
autres , qui ont été dans le même cas , ont
éprouvé le même effet.
MAI. 1760. 213
Il avertit que celles qui fe ferviront dudit Em
plâtre , ne pourront faire . ufage de Gaffé à l'eau ,
ni de liqueurs , & ne fe feront laigner ni purger, à
moins qu'une autre maladie les y oblige : auquel
cas , elles laifferont toujours ledit Emplâtre jufqu'à
ce qu'il tombe.
On obferve auffi que cet Emplâtre eft encore
propre pour les femmes qui doivent perdre leurs
régles ; dans lequel tems elles fouffrent beaucoup.
Et par l'expérience qui a été faite, en pareil cas, de
l'afage de ce reméde, les perfonnes ont été exemptes
des maux que la fuppreffion des régles occafionne
toujours.
En 175.1 8.1752 , le fieur Pitara a été annoncé
dans le Mercure du mois d'Octobre.
Le 24 Juillet 1752 , ika été annoncé dans les
petites affiches, avec un Certificat tout au long de
la fufdite Dame de Paris .
Le 30 Mars 1753 , dans la Gazette d'Hollande .
Le 14 Septembre , dans la Gazette d'Avignon..
Le 10 Janvier 1754 , répété dans les petites
nouvelles , avec différentes preuves de l'efficacité
de fon reméde.
à guérirles vapeurs des femmes & filles.
Comme il y a quantité de perfonnes du féxe ,
qui font fujettes à un dérangement de matrice ,
que l'on nomme vulgairement vapeurs , & que
cette maladie ne peut le traiter par la voye ordinaire
de la médecine , qu'avec un fuccès très-incertain
, & pour ainſi dire fort rare. Le Sieur Pitara
eftlefeul qui ait trouvé le fecret de les guerir
, par le moyen d'un Emplâtre qu'il diftribue
depuis environ neuf ans qu'il en a le privilége
du Roi.
Le nombre de Lettres & certificats qui lui ont
.3
212 MERCURE DE FRANCE.
été envoyés de toutes parts , prouve l'effet qu'il
produit chaque jour.
Il s'agit de faire connoître la nature de cette
maladie , occafionnée ordinairement par trois
différentes caufes.
La premiere , par un retard de Régles .
La feconde , par une peur .
La troifiéme , parun chagrin & des inquiétudes.
Les perfonnes attaquées de cette maladie ,furvenue
par une de ces trois caufes , peuvent fe fervir
dudit Emplâtre , que l'on applique fur le
nombril, lequel doit y refter juſqu'à ce qu'il tombe
de lui-même.
Quoique le premier Emplâtre puiffe opérer la
guérifon , comme il eſt arrivé très - fouvent ; il
confeille cependant de le répéter trois à quatre
fois , parce qu'il eft à préfumer que dans le cours
de trois à quatre Emplâtres , qui durent 7 à 9
mois , elles doivent être entierement guéries ,
comme l'expérience lui a fait connoître.
elt Le motif qui l'engage à le faire continuer ,
le changement qui arrive chaque mois aux femmes
& filles ; ce qui leur occafionne des révolutions.
Ledit Emplâtre peut fe conferver dix ans , &
peut s'envoyer dans une lettre .
Ledit Emplâtre a encore la vertu , en l'appli
quant au même endroit , de conferver le fruit
d'une femme enceinte qui n'a jamais pû le porter
julqu'au tems , à moins qu'il n'arrive en accident
dont elle feroit dangereufement bleſſée.
Le fieur Pittara a reçu un Certificat d'une Dame
de diftinction de Paris , qui étoit à fa quatrième
fauffe couche l'ufage dudit Emplâtre lui a confervé
le fruit de fa cinquième groffelle , & a continué
depuis à accoucher dans fon temps. Plufieurs
autres , qui ont été dans le même cas , ont
éprouvé le même effet.
MAI. 1760. 213
Il avertit que celles qui fe ferviront dudit Em
plâtre , ne pourront faire . ufage de Gaffé à l'eau ,
ni de liqueurs , & ne fe feront laigner ni purger, à
moins qu'une autre maladie les y oblige : auquel
cas , elles laifferont toujours ledit Emplâtre jufqu'à
ce qu'il tombe.
On obferve auffi que cet Emplâtre eft encore
propre pour les femmes qui doivent perdre leurs
régles ; dans lequel tems elles fouffrent beaucoup.
Et par l'expérience qui a été faite, en pareil cas, de
l'afage de ce reméde, les perfonnes ont été exemptes
des maux que la fuppreffion des régles occafionne
toujours.
En 175.1 8.1752 , le fieur Pitara a été annoncé
dans le Mercure du mois d'Octobre.
Le 24 Juillet 1752 , ika été annoncé dans les
petites affiches, avec un Certificat tout au long de
la fufdite Dame de Paris .
Le 30 Mars 1753 , dans la Gazette d'Hollande .
Le 14 Septembre , dans la Gazette d'Avignon..
Le 10 Janvier 1754 , répété dans les petites
nouvelles , avec différentes preuves de l'efficacité
de fon reméde.
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Résumé : Instruction pour l'usage d'un Emplâtre propre à guérir les vapeurs des femmes & filles.
Le document décrit un emplâtre conçu par le Sieur Pitara pour traiter les 'vapeurs' chez les femmes et les filles, un trouble de la matrice causé par un retard de règles, une peur ou un chagrin. Cet emplâtre, bénéficiant d'un privilège royal depuis environ neuf ans, est appliqué sur le nombril et reste en place jusqu'à ce qu'il tombe de lui-même. Bien qu'un seul emplâtre puisse suffire, il est recommandé de l'utiliser trois à quatre fois sur une période de sept à neuf mois pour une guérison complète. L'emplâtre peut également prévenir les fausses couches et soulager les douleurs liées à la suppression des règles. Les utilisatrices doivent éviter les lavements, les liqueurs et les purges sauf en cas de nécessité médicale. Plusieurs annonces publiques de l'emplâtre entre 1752 et 1754 attestent de son efficacité.
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12615
p. 236
AVIS
Début :
Bechique souverain, ou syrop pectoral approuvé par Brevet du 24 Août [...]
Mots clefs :
Sirop béchique, Sirop pectoral, Maladies de poitrine, Humeurs engorgées, Guérison, Dame veuve Mouton
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS
AVIS
BEchique fouverain , ou fyrop pectoral approuvé
par Brevet du 24 Août 1750 , pour les maladies
de poitrine , comme rhume , toux invétérées
, oppreffion , foiblefle de poitrine , & afthme
humide. Ce Béchique ayant la propriété de fondre
& d'atténuer les humeurs engorgées dans le
poumon , d'adoucir l'acrimonie de la lymphe en
tant que balfamique , & rétablir les forces abattues
, en rappellant peu- à- peu l'appétit & le fommeil
, comme parfait reftaurant , produit des effets
fi rapides dans les maladies énoncées , que la bouteille
taxée à fix livres , fcellée & étiquêtée à l'ordinaire
, eft fuffifante pour en procurer toute
P'efficacité avec fuccès.
Il ne le débite que chez la Dame veuve Mouton
, Marchande Apothicaire de Paris , rue faint
Denis , à côté de la rue Thevenot , vis - à- vis le
Roi François.
BEchique fouverain , ou fyrop pectoral approuvé
par Brevet du 24 Août 1750 , pour les maladies
de poitrine , comme rhume , toux invétérées
, oppreffion , foiblefle de poitrine , & afthme
humide. Ce Béchique ayant la propriété de fondre
& d'atténuer les humeurs engorgées dans le
poumon , d'adoucir l'acrimonie de la lymphe en
tant que balfamique , & rétablir les forces abattues
, en rappellant peu- à- peu l'appétit & le fommeil
, comme parfait reftaurant , produit des effets
fi rapides dans les maladies énoncées , que la bouteille
taxée à fix livres , fcellée & étiquêtée à l'ordinaire
, eft fuffifante pour en procurer toute
P'efficacité avec fuccès.
Il ne le débite que chez la Dame veuve Mouton
, Marchande Apothicaire de Paris , rue faint
Denis , à côté de la rue Thevenot , vis - à- vis le
Roi François.
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Résumé : AVIS
Le médicament 'Béchique fouverain' ou 'fyrop pectoral', approuvé en 1750, traite les maladies de poitrine comme le rhume, la toux et l'asthme. Il fond les humeurs pulmonaires, adoucit la lymphe et restaure les forces. Une bouteille, six livres, est suffisante. Disponible chez la Dame veuve Mouton, apothicaire à Paris, rue Saint-Denis.
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12616
p. 236-237
AUTRE.
Début :
La veuve du sieur Bunon, Dentiste des Enfants de France, donne avis qu'elle [...]
Mots clefs :
Remèdes, Veuve Bunon, Élixir anti-scorbutique, Soins, Dents, Gencives, Eau souveraine, Opiate, Poudre de corail
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LA veuve du fieur Bunon , Dentiste des Enfans
de France , donne avis qu'elle débite journellement
chez elle , rue fainte Avoye , au coin de
la rue de Braque , chez M. Georget fon frere ,
Chirurgien , les remedes de feu fon mari , dont
elle a feule la compofition , & qu'elle a toujours
préparés elle -même .
Sçavoir ;
1º. Un Elixir anti-fcorbutique qui affermit les
dents , diffipe le gonflement & l'inflammation
FEVRIER. 1756 . 237
des gencives , les fortifie , les fait recroître , diffipe
& prévient toutes les afflictions fcorbutiques ,
& appaiſe la douleur des dents .
20. Une eau appellée Souveraine , qui affermit
auffi les dents , rétablit les gencives , en diffipe
toutes tumeurs , chancres & boutons qui viennent
auffi à la langue , à l'intérieur des levres
& des joues en fe rinçant la bouche de quelques
gouttes dans de l'eau tous les jours , & elle la
rend fraîche & fans odeur , & en éloigne les
corruptions ; elle calme la douleur des dents.
3º. Un Opiat pour affermir & blanchir les
dents , diffiper le fang épais & groffier des gencives
, qui les rend tendres & moliaffes , & caufe
de l'odeur à la bouche.
4°. Une poudre de corail pour blanchir les
dents & les entretenir ; elle empêche que le limon
ne fe forme en tartre , & qu'il ne corrompe
les gencives , & elle les conferve fermes & bonnes
; de forte qu'elle peut fuffire pour les perfonnes
qui ont foin de leurs dents , fans qu'ilfoit
néceffaire de les faire nettoyer.
Les plus petites bouteilles d'Elixir font d'une
livre dix fols.
Les plus petites bouteilles d'eau Souveraine
font d'une livre quatre fols , mais plus grandes
que celles de l'Elixir .
Les petits pots d'Opiate font d'une livre dix fols.
Les boîtes de poudre de Corail font d'une liv.
quatre fols.
LA veuve du fieur Bunon , Dentiste des Enfans
de France , donne avis qu'elle débite journellement
chez elle , rue fainte Avoye , au coin de
la rue de Braque , chez M. Georget fon frere ,
Chirurgien , les remedes de feu fon mari , dont
elle a feule la compofition , & qu'elle a toujours
préparés elle -même .
Sçavoir ;
1º. Un Elixir anti-fcorbutique qui affermit les
dents , diffipe le gonflement & l'inflammation
FEVRIER. 1756 . 237
des gencives , les fortifie , les fait recroître , diffipe
& prévient toutes les afflictions fcorbutiques ,
& appaiſe la douleur des dents .
20. Une eau appellée Souveraine , qui affermit
auffi les dents , rétablit les gencives , en diffipe
toutes tumeurs , chancres & boutons qui viennent
auffi à la langue , à l'intérieur des levres
& des joues en fe rinçant la bouche de quelques
gouttes dans de l'eau tous les jours , & elle la
rend fraîche & fans odeur , & en éloigne les
corruptions ; elle calme la douleur des dents.
3º. Un Opiat pour affermir & blanchir les
dents , diffiper le fang épais & groffier des gencives
, qui les rend tendres & moliaffes , & caufe
de l'odeur à la bouche.
4°. Une poudre de corail pour blanchir les
dents & les entretenir ; elle empêche que le limon
ne fe forme en tartre , & qu'il ne corrompe
les gencives , & elle les conferve fermes & bonnes
; de forte qu'elle peut fuffire pour les perfonnes
qui ont foin de leurs dents , fans qu'ilfoit
néceffaire de les faire nettoyer.
Les plus petites bouteilles d'Elixir font d'une
livre dix fols.
Les plus petites bouteilles d'eau Souveraine
font d'une livre quatre fols , mais plus grandes
que celles de l'Elixir .
Les petits pots d'Opiate font d'une livre dix fols.
Les boîtes de poudre de Corail font d'une liv.
quatre fols.
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Résumé : AUTRE.
La veuve du dentiste Bunon, spécialiste des enfants en France, vend quotidiennement les remèdes de son défunt mari, qu'elle prépare elle-même. Ces remèdes incluent un élixir antiscorbutique qui renforce les dents, dissout les gonflements et les inflammations des gencives, les fortifie, les fait repousser, prévient les affections scorbutiques et apaise la douleur dentaire. Une eau souveraine renforce également les dents, rétablit les gencives, dissout les tumeurs, les chancres et les boutons dans la bouche, et rafraîchit l'haleine. Un opiat renforce et blanchit les dents, dissout le sang épais et grossier des gencives, et élimine les mauvaises odeurs. Une poudre de corail blanchit et entretient les dents, prévient la formation de tartre et conserve les gencives en bonne santé. Les prix des produits sont les suivants : les plus petites bouteilles d'élixir coûtent une livre dix sols, les bouteilles d'eau souveraine une livre quatre sols, les petits pots d'opiat une livre dix sols, et les boîtes de poudre de corail une livre quatre sols.
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12617
p. 64-65
AUTRE.
Début :
J'ai longtemps soutenu ma mère, [...]
Mots clefs :
Plume
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
AI longtemps foutenu ma mère , ΑΙ
Qui m'a perdue en fe fauvant ;
J'ai des foeurs à foilon fans avoir eu de frère ,
Ni rien qui paroiffe vivant .
Mes foeurs & moi pourtant nous faisons des querelles
Qu'on craint autant que les duels ;
Les traits que nous lançons, s'ils ne font
tels ,
Engendrent des haines mortelles.
pas morDECEMBRE.
1764 . 65
Fières comme des Amazones ,
Nous nous attaquons aux Etats ,
Et fans ménager les Couronnes ,
Frondons Edits & Magiftrats.
C'eft nous qui rempliffons ou qui vuidons la
bourfe ;
Qui faifons revivre les morts ,
Et dont il faut fouvent fendre & fouiller le corps
Pour mettre fin à notre courſe .
AI longtemps foutenu ma mère , ΑΙ
Qui m'a perdue en fe fauvant ;
J'ai des foeurs à foilon fans avoir eu de frère ,
Ni rien qui paroiffe vivant .
Mes foeurs & moi pourtant nous faisons des querelles
Qu'on craint autant que les duels ;
Les traits que nous lançons, s'ils ne font
tels ,
Engendrent des haines mortelles.
pas morDECEMBRE.
1764 . 65
Fières comme des Amazones ,
Nous nous attaquons aux Etats ,
Et fans ménager les Couronnes ,
Frondons Edits & Magiftrats.
C'eft nous qui rempliffons ou qui vuidons la
bourfe ;
Qui faifons revivre les morts ,
Et dont il faut fouvent fendre & fouiller le corps
Pour mettre fin à notre courſe .
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12618
p. 196-198
ESPAGNE.
Début :
Depuis trois semaines on n'a entendu ici aucun bruit souterrein, ni senti [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Barcelone, Tempête, Maladies, Elvas, Essaim de sauterelles, Ravages des champs, Don Antoine Barcelos, Galiotes, Combats sur mer
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 7 Juin.
Depuis trois ſemaines on n'a entendu ici aucun
bruit fouterrein , ni fenti aucune feçouffe . Mais
le 29 Juin on en éprouva une à quatre lieues de
cette Ville dans les environs des montagnes de
Cintra. Il y eut le 24 du même mois , & les deux
jours fuivans , une horrible tempête . Ce ne fur
qu'avec beaucoup de peine qu'on empêcha les
Tentes de la Famille Royale , d'être emportées
par le vent . Le 30 Leurs Majeftés partirent avec
les Infans Don Pedre & Don Antoine , pour Salvaterra
.
Les maladies font de grands ravages dans la
Province d'Alentejo .
La ville d'Elvas & ſes environs , non feulement
ont partagé tous les défaftres communs au refte
du Royaume , mais encore ont éprouvé un féau
particulier. Le ciel fe couvrit fubitement , il y a
quelques jours , d'un nuage fi épais , que la lumière
du foleil en fut prefque toralement éclipfée . Bientôt
ce nuage defcendit jufqu'à terre , & l'on s'apperçut
qu'il n'étoit autre chofe qu'une multitude
infinie de fauterelles . Elles fe répandirent en un
inftant dans toute la campagne ; & il y en avoit
A O UST. 1756. 197
'dans plufieurs endroits jufqu'à la hauteur de deux
palmes. En vain les païfans eurent- ils recours à
tous les moyens poffibles , pour exterminer ces.
infectes. Il en paroiffoit le lendemain un plus
grand nombre , qu'on n'en avoit détruit la veille .
Les champs n'en ont été délivrés , qu'après avoir
été entiérement ravagés. Une partie de ces animaux
voraces eft allée ſe précipiter dans la Guadiana
& dans d'autres rivieres : une autre partie eft
venue fondre fur cette Ville , & s'ils n'y ont pas
caufé le même dommage qu'à la campagne , ils y
ont caufé beaucoup d'incommodité.
DE BARCELONE , le 27 Juin .
Don Antoine Barcelos , Commandant le Cha
bec le Courier de Mayorque , étant parti d'ici
pour Palma , découvrit le 13 de ce mois , entre
deux & trois heures du matin , fur la pointe de
Lio- Liobnegat , deux Galiotes Barbareſques , qui
avoient les voiles ferrées. Dès que les Galiotes
l'apperçurent , elles mirent leurs voiles au vent ,
& s'aidant en même- tems de leurs rames , elles
vinrent fur lui . Lorfqu'elles furent à deux portées
de canon , elles reconnurent à la manceuvre
que le Chabec n'étoit pas un Navire Marchand.
Elles revirerent de bord , dans le deffein de
prendre la fuite. Don Barcelo gagna le vent. Un
calme qui furvint , facilita à l'un des Corfaires
le moyen de dériver fur le Chabec. Les Elpagnols
préfenterent la proue à l'ennemi , qui eut
fon éperon & fa vergue de trinquet rompus . Cet
accident ne le rebuta point . Quelques-uns de fes
gens fauterent avec intrépidité dans le Chabec ,
mais ils furent fur le champ maſſacrés. Tous
ceux qui les fuivirent , eurent le même fort ; &
I j
198 MERCURE DE FRANCE.
les autres furent obligés de fe rendre. La Galiote
étoit armée de deux canons & de douze
pierriers . Il y avoit à bord vingt-quatre Turcs &
quarante-cinq Maures. Cinquante & un hommes
de cet équipage ont été tués à l'abordage ; &
douze , du nombre defquels eft le Capitaine nommé
Ali , ont été bleffés. Perfonne n'a été tué du
côté des Eſpagnols , & ils n'ont eu de bleffés que
leur Contre-Maître & cinq Matelots. Le fuccès de
ce combat fait d'autant plus d'honneur à Don Barcelos
, que fon équipage n'étoit compofé que
de quarante-quatre hommes , y compris huit
Mouffes. On a fçu par le Capitaine Ali , que
la Galiote dont on s'eft emparé , appartenoit au
Bey d'Alger. L'autre Galiote , qui a pris la fuite
pendant l'action , eft plus forte que celle- ci ea
équipage.
DE LISBONNE , le 7 Juin.
Depuis trois ſemaines on n'a entendu ici aucun
bruit fouterrein , ni fenti aucune feçouffe . Mais
le 29 Juin on en éprouva une à quatre lieues de
cette Ville dans les environs des montagnes de
Cintra. Il y eut le 24 du même mois , & les deux
jours fuivans , une horrible tempête . Ce ne fur
qu'avec beaucoup de peine qu'on empêcha les
Tentes de la Famille Royale , d'être emportées
par le vent . Le 30 Leurs Majeftés partirent avec
les Infans Don Pedre & Don Antoine , pour Salvaterra
.
Les maladies font de grands ravages dans la
Province d'Alentejo .
La ville d'Elvas & ſes environs , non feulement
ont partagé tous les défaftres communs au refte
du Royaume , mais encore ont éprouvé un féau
particulier. Le ciel fe couvrit fubitement , il y a
quelques jours , d'un nuage fi épais , que la lumière
du foleil en fut prefque toralement éclipfée . Bientôt
ce nuage defcendit jufqu'à terre , & l'on s'apperçut
qu'il n'étoit autre chofe qu'une multitude
infinie de fauterelles . Elles fe répandirent en un
inftant dans toute la campagne ; & il y en avoit
A O UST. 1756. 197
'dans plufieurs endroits jufqu'à la hauteur de deux
palmes. En vain les païfans eurent- ils recours à
tous les moyens poffibles , pour exterminer ces.
infectes. Il en paroiffoit le lendemain un plus
grand nombre , qu'on n'en avoit détruit la veille .
Les champs n'en ont été délivrés , qu'après avoir
été entiérement ravagés. Une partie de ces animaux
voraces eft allée ſe précipiter dans la Guadiana
& dans d'autres rivieres : une autre partie eft
venue fondre fur cette Ville , & s'ils n'y ont pas
caufé le même dommage qu'à la campagne , ils y
ont caufé beaucoup d'incommodité.
DE BARCELONE , le 27 Juin .
Don Antoine Barcelos , Commandant le Cha
bec le Courier de Mayorque , étant parti d'ici
pour Palma , découvrit le 13 de ce mois , entre
deux & trois heures du matin , fur la pointe de
Lio- Liobnegat , deux Galiotes Barbareſques , qui
avoient les voiles ferrées. Dès que les Galiotes
l'apperçurent , elles mirent leurs voiles au vent ,
& s'aidant en même- tems de leurs rames , elles
vinrent fur lui . Lorfqu'elles furent à deux portées
de canon , elles reconnurent à la manceuvre
que le Chabec n'étoit pas un Navire Marchand.
Elles revirerent de bord , dans le deffein de
prendre la fuite. Don Barcelo gagna le vent. Un
calme qui furvint , facilita à l'un des Corfaires
le moyen de dériver fur le Chabec. Les Elpagnols
préfenterent la proue à l'ennemi , qui eut
fon éperon & fa vergue de trinquet rompus . Cet
accident ne le rebuta point . Quelques-uns de fes
gens fauterent avec intrépidité dans le Chabec ,
mais ils furent fur le champ maſſacrés. Tous
ceux qui les fuivirent , eurent le même fort ; &
I j
198 MERCURE DE FRANCE.
les autres furent obligés de fe rendre. La Galiote
étoit armée de deux canons & de douze
pierriers . Il y avoit à bord vingt-quatre Turcs &
quarante-cinq Maures. Cinquante & un hommes
de cet équipage ont été tués à l'abordage ; &
douze , du nombre defquels eft le Capitaine nommé
Ali , ont été bleffés. Perfonne n'a été tué du
côté des Eſpagnols , & ils n'ont eu de bleffés que
leur Contre-Maître & cinq Matelots. Le fuccès de
ce combat fait d'autant plus d'honneur à Don Barcelos
, que fon équipage n'étoit compofé que
de quarante-quatre hommes , y compris huit
Mouffes. On a fçu par le Capitaine Ali , que
la Galiote dont on s'eft emparé , appartenoit au
Bey d'Alger. L'autre Galiote , qui a pris la fuite
pendant l'action , eft plus forte que celle- ci ea
équipage.
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Résumé : ESPAGNE.
En juin 1756, plusieurs événements marquants se sont produits en Espagne et ses environs. À Lisbonne, après trois semaines de tranquillité, une secousse sismique a été ressentie près des montagnes de Cintra le 29 juin. Une violente tempête a également frappé la région du 24 au 26 juin, mettant en danger les tentes de la famille royale, qui a quitté Lisbonne pour Salvaterra le 30 juin. La province d'Alentejo était touchée par des maladies. À Elvas, un nuage de sauterelles a causé des ravages malgré les efforts pour les exterminer, envahissant les champs et atteignant la ville. À Barcelone, le 27 juin, Don Antoine Barcelos, commandant le chébec le Courier de Mayorque, a affronté deux galiotes barbaresques près de Lio-Liobnegat. Après un combat acharné, les Espagnols ont capturé une galiote, tuant 51 membres de l'équipage ennemi et en blessant 12, sans perte de leur côté. La galiote capturée appartenait au Bey d'Alger. L'équipage espagnol, composé de 44 hommes, a été salué pour son courage.
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12619
p. 213
AVIS aux Souscripteurs du Dictionnaire universel des Sciences Ecclésiastiques.
Début :
Le Sieur Jombert, Imprimeur-Libraire du Roi, rue Dauphine, à Paris, [...]
Mots clefs :
Imprimeur libraire, Dictionnaire des Sciences Ecclésiastiques, Impression, Souscripteurs, Brochure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS aux Souscripteurs du Dictionnaire universel des Sciences Ecclésiastiques.
Avis aux. Souferipteurs du Dictionnaire univerfel
des Sciences Eccléfiaftiques,
Le Sieur Jombert , Imprimeur- Libraire du Roi,
rue Dauphine, à Paris, commencera à délivrer les
deux premiers volumes , en feuilles , du Dictionnaire
des Sciences Eccléfiaftiques , dans les premiers:
jours du mois de Mai . Ceux des Soufcripteurs qui
jugeront à propos de fe procurer ces deux volu
mes brochés pourront les lui demanden , en lui
en payant la brochure : mais il ne fe chargera
point de les faire relier , l'impreffion étant ene
core trop fraiche .
des Sciences Eccléfiaftiques,
Le Sieur Jombert , Imprimeur- Libraire du Roi,
rue Dauphine, à Paris, commencera à délivrer les
deux premiers volumes , en feuilles , du Dictionnaire
des Sciences Eccléfiaftiques , dans les premiers:
jours du mois de Mai . Ceux des Soufcripteurs qui
jugeront à propos de fe procurer ces deux volu
mes brochés pourront les lui demanden , en lui
en payant la brochure : mais il ne fe chargera
point de les faire relier , l'impreffion étant ene
core trop fraiche .
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Résumé : AVIS aux Souscripteurs du Dictionnaire universel des Sciences Ecclésiastiques.
Le Sieur Jombert, Imprimeur-Libraire du Roi, annonce la publication du 'Dictionnaire des Sciences Ecclésiastiques'. Les deux premiers volumes seront disponibles en feuilles dès mai. Les souscripteurs peuvent les acheter brochés en les demandant à Jombert, mais la reliure ne sera pas assurée par lui.
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12620
p. 245
DU LEVANT.
Début :
Il y eut hier en cette Ville un nouvel incendie : [...]
Mots clefs :
Constantinople, Incendie, Secours
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU LEVANT.
DU LEVANT.
DE CONSTANTINOPLE , le 1 Mars.
IL y eut hier en cette ville un nouvel incendie
huit cens maifons ont été réduites en cendres.
Pendant tout le tems qu'a duré l'embraſement
le Grand Vifir a été à cheval , pour faire
fecours partout où il étoit néceffaire.
DE CONSTANTINOPLE , le 1 Mars.
IL y eut hier en cette ville un nouvel incendie
huit cens maifons ont été réduites en cendres.
Pendant tout le tems qu'a duré l'embraſement
le Grand Vifir a été à cheval , pour faire
fecours partout où il étoit néceffaire.
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12621
p. 245
DU NORD.
Début :
On a reçu avis qu'à Romdehlem, situé à environ vingt [...]
Mots clefs :
Copenhague, Effondrement d'une montagne, Inondations, Morts, Dégâts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DU NOR D.
DE COPPENHAGUE, le 17 Mars.
On a reçu avis qu'à Romdehlem , fitué à environ
vingt lieues de Drontheim , une montagne
très haute s'étoit écroulée. Par cet accident , le
cours d'une riviere , qui a près de deux lieues de
large , a été interrompu , & toutes les campagnes
voifines ont été inondées. Il a péri trente
perfonnes & un grand nombre de beftiaux . Les
eaux ont renversé plufieurs maiſons.
DE COPPENHAGUE, le 17 Mars.
On a reçu avis qu'à Romdehlem , fitué à environ
vingt lieues de Drontheim , une montagne
très haute s'étoit écroulée. Par cet accident , le
cours d'une riviere , qui a près de deux lieues de
large , a été interrompu , & toutes les campagnes
voifines ont été inondées. Il a péri trente
perfonnes & un grand nombre de beftiaux . Les
eaux ont renversé plufieurs maiſons.
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12622
p. 65-66
LOGOGRYPHE.
Début :
Quoiqu'en divers pays je naisse en même-temps, [...]
Mots clefs :
Carême
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGO GRYPH E.
QUOIQU'EN divers
pays je naiffe en mêmetemps
,
Dans la feule Judée on met mon origine.
Je fuis d'extraction divine ,
Et dois pourtant mon être à mes propres enfans
Dont le nombre moins quatre eſt égal à cinquante.
Pour réprimer l'avidité ſanglante
D'un Peuple immolateur d'animaux innocens ,
Six de mes fils , encor qu'illégitimes ,
Ne font pas moins que leurs frères ardens
A fouftraire au couteau quantité de victimes .
Par l'atteinte d'un farcofage ,
Avec mon dernier fils je reçois le trépas .
A ce portrait , Lecteur, ne me connois - tu pas ?
Dans fix traits cherche mon image .
Par cinq , je fais de faintes onctions
66. MERCURE DE FRANCE.
Et fuis doux entremets , dont aux repas on uſè :
De plus , fils a loptif d'une troupe recluſe ,
Mon nom jadis donnoit trois notions ,
D'un bois , d'un vers , d'un mont connu d'Elie
Par quatre , en moi l'âme eft unie ;
Je fuis aux champs un amas d'eau ;
Des familles la , fouche ; un aîle de bateau ș
Et fous un nom d'Evangélifte ,
Je fuis des fruits preffés ce qui folide éxiſte :
D'autre part , aux combats j'attaque & je défends ;
Je fuis double faveur au goût deſagréable ,
Et les terres partage au pays des Normans.
Par trois enfin , route eft chez moi peu ſtable ; -
Je fais mouvoir tous les êtres vivans ,
Et dans les airs lance un trait redoutable
Mais c'eft affez de ce tableau ,
Lecteur , pour que tu me devines :
A me fuivre toujours fi pourtant tu t'obtines ,
Crains d'en altérer ton cerveau .
DE PIVAL..
QUOIQU'EN divers
pays je naiffe en mêmetemps
,
Dans la feule Judée on met mon origine.
Je fuis d'extraction divine ,
Et dois pourtant mon être à mes propres enfans
Dont le nombre moins quatre eſt égal à cinquante.
Pour réprimer l'avidité ſanglante
D'un Peuple immolateur d'animaux innocens ,
Six de mes fils , encor qu'illégitimes ,
Ne font pas moins que leurs frères ardens
A fouftraire au couteau quantité de victimes .
Par l'atteinte d'un farcofage ,
Avec mon dernier fils je reçois le trépas .
A ce portrait , Lecteur, ne me connois - tu pas ?
Dans fix traits cherche mon image .
Par cinq , je fais de faintes onctions
66. MERCURE DE FRANCE.
Et fuis doux entremets , dont aux repas on uſè :
De plus , fils a loptif d'une troupe recluſe ,
Mon nom jadis donnoit trois notions ,
D'un bois , d'un vers , d'un mont connu d'Elie
Par quatre , en moi l'âme eft unie ;
Je fuis aux champs un amas d'eau ;
Des familles la , fouche ; un aîle de bateau ș
Et fous un nom d'Evangélifte ,
Je fuis des fruits preffés ce qui folide éxiſte :
D'autre part , aux combats j'attaque & je défends ;
Je fuis double faveur au goût deſagréable ,
Et les terres partage au pays des Normans.
Par trois enfin , route eft chez moi peu ſtable ; -
Je fais mouvoir tous les êtres vivans ,
Et dans les airs lance un trait redoutable
Mais c'eft affez de ce tableau ,
Lecteur , pour que tu me devines :
A me fuivre toujours fi pourtant tu t'obtines ,
Crains d'en altérer ton cerveau .
DE PIVAL..
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12623
p. 245-246
ALLEMAGNE.
Début :
Le 26 du mois dernier, le Duc de Nivernois prit congé du Roi. [...]
Mots clefs :
Berlin, Duc de Nivernois, Présent du roi, Académie royale des sciences et belles-lettres, Élection, Chapitre Minden, Croix d'or
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE BERLIN , le 9 Avril.
Le 26 du mois dernier , le Duc de Nivernois
prit congé du Roi . Sa Majesté a fait préfent à ce
Seigneur de fon portrait enrichi de diamans , d'une
Liij
246 MERCURE DE FRANCE.
tabatiere faite de deux pierres précieufes , &
d'une bague de grand prix.
L'Académie Royale des Sciences & Belles - Lettres
, dans la Séance qu'elle tint le premier de ce
mois , élut l'Eveque de Breflaw & l'Abbé de Prades
, pour Académiciens Honoraires.
Sa Majefté a accordé aux Chanoines du Chapitre
de Minden le droit de porter une Croix d'Or
émaillée de blanc , fur laquelle eft l'Aigle Noir
de Pruffe au milieu d'une Etoile furmontée d'une
Couronne. On voit au revers un Chiffre compofé
des Lettres P. & G. qui défignent Saint Pierre
& Saint Georges , Patrons du Chapitre. Cette
Croix eſt attachée à un ruban céladon .
DE BERLIN , le 9 Avril.
Le 26 du mois dernier , le Duc de Nivernois
prit congé du Roi . Sa Majesté a fait préfent à ce
Seigneur de fon portrait enrichi de diamans , d'une
Liij
246 MERCURE DE FRANCE.
tabatiere faite de deux pierres précieufes , &
d'une bague de grand prix.
L'Académie Royale des Sciences & Belles - Lettres
, dans la Séance qu'elle tint le premier de ce
mois , élut l'Eveque de Breflaw & l'Abbé de Prades
, pour Académiciens Honoraires.
Sa Majefté a accordé aux Chanoines du Chapitre
de Minden le droit de porter une Croix d'Or
émaillée de blanc , fur laquelle eft l'Aigle Noir
de Pruffe au milieu d'une Etoile furmontée d'une
Couronne. On voit au revers un Chiffre compofé
des Lettres P. & G. qui défignent Saint Pierre
& Saint Georges , Patrons du Chapitre. Cette
Croix eſt attachée à un ruban céladon .
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 26 mars, le Duc de Nivernois reçut du Roi d'Allemagne un portrait orné de diamants, une tabatière et une bague. Le 1er avril, l'Académie Royale élut l'Évêque de Breslau et l'Abbé de Prades Académiciens Honoraires. Le Roi accorda aux Chanoines de Minden une Croix d'Or émaillée, ornée de l'Aigle Noir et attachée à un ruban céladon.
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12624
p. 213-216
DE PARIS, le 19 Janvier 1760, & jours suivans.
Début :
Le 15 de ce mois, on fit dans l'Eglise Métropolitaine de cette Ville, [...]
Mots clefs :
Service religieux, Repos de l'âme, Roi d'Espagne, Madame, Cérémonies, Église, Décorations, Autel, Oraison funèbre, Marbre, Voûte, Colonne, Lumières, Registres publics, Décès, Mariages, Baptêmes, Tremblement de terre, Secousses, Vaisseaux, Combat, Loterie de l'école royale militaire, Tirage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 19 Janvier 1760, & jours suivans.
De PARIS , le 19 Janvier 1760 , &jours fuivans .
Le 1s de ce mois , on fit dans l'Eglife Métropolitaine
de cette Ville , un Service folemnel , par
ordre du Roi , pour le repos de l'ame de Ferdinand
, VI du nom , Roi d'Espagne , & de Marie-
Madelaine de Portugal , Reine d'Espagne , fon
époufe . Sa Majefté avoit nommé pour le grand
deuil du Roi d'Eſpagne, Monfeigneur le Dauphin ,
le Duc d'Orléans , le Prince de Condé ; & pour
celui de la Reine d'Espagne , Madame la Dauphine
, Madame , & Madame Victoire . Ces Princes
& Princeffes s'étant rendus à l'Archevêché , où
le Marquis de Dreux, Grand Maître des Cérémonies
, & le fieur de Nantouillet , Maître des Cérémonies
en furvivance , allerent les prendre ,
lorfque tout fut prêt. Ils les conduifirent à l'Eglife ;
ils entrèrent par la grande porte , & furent pla
cés dans les hautes Italles , à droite & à gauche.
Plusieurs Archevêques & Evêques affiftèrent à
cette cérémonie , ainfi que le Parlement , la
Chambre des Comptes , la Cour des Aides , l'Univerfité
, & le Corps de Ville. L'Archevêque de
Paris y officia pontificalement. L'Evêque de Vence
prononça l'Oraifon funèbre.
Le portail de l'Eglife étoit tendu en noir , avec
trois lès de velours, chargés d'écuffons , entre lelquels
étoient placés trois cartels chargés des
armes & des chiffres du Roi & de la Reine d'ELpagne
Le pourtour du choeur , étoit décoré d'un ordre
Ionique , en pilaftres & arcades , furmonté d'un
entablement , dont la frife étoit femée de fleursde-
lys d'or. Cette architecture étoit figurée en
marbre antique, & tous les ornemens étoient
dorés. Ses arcades étoient garnies de rideaux
noirs , rayés d'hermine , retroulés avec des cordons
treffés en or. Au-deffus de l'entablement ,
214 MERCURE DE FRANCE.
étoit un attique , orné à l'aplomb des arcades ,
de grands écullons aux armes d'Espagne , foutenus
par des lions , entourés de palmes & de guirlandes
en or , accompagnés de chiffres du Roi &
de la Rei e d'Espagne , fur un fond d'azur , groupés
de branches de cyprès.
L'Autel , élevé de plufieurs marches , étoit au
pied d'une niche , en marbre blanc. Le fond de
la niche étoit rempli par le fymbole de la Divinité
, entouré de nuages & de grands rayons dorés.
Au haut de l'attique , terminé en fronton, un
grand dais étoit placé en baldaquin , avec des
rideaux pendans & retrouffés , rayés d'hermine.
Le Catafalque , placé à l'entrée du choeur , étoit
fur un plan quarré long. Aux quatre angles, s'élevoient
quatre focles ,; d'où partoient , quatre
corps folides . Deux colonnes , d'ordre Ionique ,
étoient engagées dans chacun de ces corps , &
portoient un entablement pareil à celui de l'architecture
du choeur. Les deux petites faces de ce monument
, étoient difpofées en arcades . Les deux
grands côtés étoient terminés , quarrément , par
la plate-bande de l'entablement . Les colonnes de
verd antique , avoient leurs bafes & leurs chapiteaux
en or. Les corps folides étoient en marbre
jaune antique , avec des encadremens renfoncés ,
chargés de trophées militaires , & de médaillons
en or , liés par des guirlandes de lauriers.
Une pyramide de brêche violette, portée par un
piédeſtal de même marbre , terminoit le monument.
Sur les quatre faces de ce piédeſtal, étoient
les Ecuffons d'Eſpagne en relief, fupportés par
deux lions ; & fur les faces de la pyramide , des
Ecuffons d'Anjou , en or.
Sous la voute du Catafalque , fur une eſtrade
élevée de fix marches , pofoit un focle de verd
campan , chargé fur fes faces de bas-reliefs & de
agures de marbre en ronde boffe. Au-deffus du foFEVRIER
. 1760. 215
cle & fur les griffes de lion , étoit un farcophage
de porphire , couvert d'un drap mortuaire en or,
chargé des écuffons d'Eſpagne en broderie d'or ,
avec deux couronnes voilées d'un crêpe .
Le Catafalque étoit couvert d'un grand poêle à
quatre rideaux pendans & retrouflés , noirs , &
rayés d'hermine.
Toute cette décoration étoit dans le goût antique.
Ses ornemens , étoient du meilleur choix.
Leur éclat étoit relevé par le grand nombre &
par l'heureufe difpofition des lumieres. Il y avoit
beaucoup de richeffe dans les détails , beaucoup
de nobleſſe & de magnificence dans l'enfemble.
Cette pompe funèbre , ordonnée de la part de
Sa Majesté , par le Duc de Duras , Pair de France ,
premier Gentilhomme de la Chambre du Roi ,
a été dirigée par le fieur de la Ferté , Intendant
des Menus- plaifirs du Roi , fur les deffeins du fieur
Michel Ange Slodtz , Deffinateur ordinaire de la
Chambre & du Cabinet de Sa Majeſté .
Suivant les regiftres publics des Eglifes Paroiffiales
de cette Ville , il eft mort , pendant le cours
de l'année derniére , 18446 perfonnes ; il s'y eſt
fait 4059 mariages ; il y a eu 19058 baptêmes ; &
le nombre des enfans trouvés monte à 5 264.
Le 20 Janvier, on a reſſenti ici , à dix heures & un
quart du foir , une légère ſecoufle de tremblement
de terre ; mais elle a été fi peu fenfible , que trèspeu
de perfonnes s'en font apperçues . On l'a reffentie
plus diftinctement , à Verlailles. On a appris
depuis, que ce tremblement de terre a été fenti
à Amfterdam , à Leyde & à Utrecht. Les lettres
de Bruxelles & de Cologne , parlent de quelques
fecoufles qui le précédèrent le 19. Il a été affez
violent dans ces deux Villes . Suivant les lettres de
Cologne , on a reffenti une nouvelle fecouffe le
21 , vers les quatre heures du matin. A Peronne,
les fecouffes du 20 au foir, durerent deux ou trois
216 MERCURE DE FRANCE.
minutes , & effrayerent plufieurs perfonnes , qui
fortirent précipitamment de leurs maifons , de
crainte d'être écralées fur leurs ruines. On a ap .
pris auffi , que le 22 de Décembre , la fecouffe di
tremblement de terre s'étoit faite fentir dans la
Norwege & dans le Duché de Holſtein . Cette fecoulle
a été précédée , en divers , endroits par un
violent coup de tonnerre.L'ébranlement a été confidérable,
à Hadersleben. Dans quelques villes, routes
les tuilles ont été jettées par terre. Cet accident
n'a pas eu d'autres fuites.
Le 1 Février , le fieur Gigot , Recteur de l'Uni-¸
verfité , accompagné des Doyens des quatre Facultés
& des Procureurs des Nations , ſe rendit à Verfailles
; & fuivant l'ancien ufage, il préſenta un
cierge au Roi , à la Reine , à Monfeigneur le Dauphin
, à Madame la Dauphine , & à Monfeigneur
le Duc de Bourgogne.
Le mêmejour, le Pere Aubert, Docteur de Sorbonne
, & Commandeur de l'Ordre de Notre
Dame de la Mercy , Rédemption des Captifs, accompagné
de trois Religieux de cet Ordre , eut
l'honneur de préfenter à la Reine un cierge , en
hommage & en reconnoillance de leur établiſſement
à Paris , par la feue Reine Marie de Médicis.
On a reçu avis de Toulon , que les vaiffeaux &
les frégates , qui étoient à Cadix depuis le combat
du fieur de la Clue , font rentrés dans le premier
de ces deux ports , au nombre de cinq vaiſſeaux &
trois frégates. Ils étoient fortis de Cadix immédiatement
après la tempête qui avoit difperfé l'Efcadre
Angloife.
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Militaire
, s'eft fait le s de Février , en la manière
accoutumée. Les Numéros fortis de la roue de
fortune font 39 , 30 , 64 , 28 , 56. Le prochain
tirage fe fera le 6 du mois de Mars.
Le 1s de ce mois , on fit dans l'Eglife Métropolitaine
de cette Ville , un Service folemnel , par
ordre du Roi , pour le repos de l'ame de Ferdinand
, VI du nom , Roi d'Espagne , & de Marie-
Madelaine de Portugal , Reine d'Espagne , fon
époufe . Sa Majefté avoit nommé pour le grand
deuil du Roi d'Eſpagne, Monfeigneur le Dauphin ,
le Duc d'Orléans , le Prince de Condé ; & pour
celui de la Reine d'Espagne , Madame la Dauphine
, Madame , & Madame Victoire . Ces Princes
& Princeffes s'étant rendus à l'Archevêché , où
le Marquis de Dreux, Grand Maître des Cérémonies
, & le fieur de Nantouillet , Maître des Cérémonies
en furvivance , allerent les prendre ,
lorfque tout fut prêt. Ils les conduifirent à l'Eglife ;
ils entrèrent par la grande porte , & furent pla
cés dans les hautes Italles , à droite & à gauche.
Plusieurs Archevêques & Evêques affiftèrent à
cette cérémonie , ainfi que le Parlement , la
Chambre des Comptes , la Cour des Aides , l'Univerfité
, & le Corps de Ville. L'Archevêque de
Paris y officia pontificalement. L'Evêque de Vence
prononça l'Oraifon funèbre.
Le portail de l'Eglife étoit tendu en noir , avec
trois lès de velours, chargés d'écuffons , entre lelquels
étoient placés trois cartels chargés des
armes & des chiffres du Roi & de la Reine d'ELpagne
Le pourtour du choeur , étoit décoré d'un ordre
Ionique , en pilaftres & arcades , furmonté d'un
entablement , dont la frife étoit femée de fleursde-
lys d'or. Cette architecture étoit figurée en
marbre antique, & tous les ornemens étoient
dorés. Ses arcades étoient garnies de rideaux
noirs , rayés d'hermine , retroulés avec des cordons
treffés en or. Au-deffus de l'entablement ,
214 MERCURE DE FRANCE.
étoit un attique , orné à l'aplomb des arcades ,
de grands écullons aux armes d'Espagne , foutenus
par des lions , entourés de palmes & de guirlandes
en or , accompagnés de chiffres du Roi &
de la Rei e d'Espagne , fur un fond d'azur , groupés
de branches de cyprès.
L'Autel , élevé de plufieurs marches , étoit au
pied d'une niche , en marbre blanc. Le fond de
la niche étoit rempli par le fymbole de la Divinité
, entouré de nuages & de grands rayons dorés.
Au haut de l'attique , terminé en fronton, un
grand dais étoit placé en baldaquin , avec des
rideaux pendans & retrouffés , rayés d'hermine.
Le Catafalque , placé à l'entrée du choeur , étoit
fur un plan quarré long. Aux quatre angles, s'élevoient
quatre focles ,; d'où partoient , quatre
corps folides . Deux colonnes , d'ordre Ionique ,
étoient engagées dans chacun de ces corps , &
portoient un entablement pareil à celui de l'architecture
du choeur. Les deux petites faces de ce monument
, étoient difpofées en arcades . Les deux
grands côtés étoient terminés , quarrément , par
la plate-bande de l'entablement . Les colonnes de
verd antique , avoient leurs bafes & leurs chapiteaux
en or. Les corps folides étoient en marbre
jaune antique , avec des encadremens renfoncés ,
chargés de trophées militaires , & de médaillons
en or , liés par des guirlandes de lauriers.
Une pyramide de brêche violette, portée par un
piédeſtal de même marbre , terminoit le monument.
Sur les quatre faces de ce piédeſtal, étoient
les Ecuffons d'Eſpagne en relief, fupportés par
deux lions ; & fur les faces de la pyramide , des
Ecuffons d'Anjou , en or.
Sous la voute du Catafalque , fur une eſtrade
élevée de fix marches , pofoit un focle de verd
campan , chargé fur fes faces de bas-reliefs & de
agures de marbre en ronde boffe. Au-deffus du foFEVRIER
. 1760. 215
cle & fur les griffes de lion , étoit un farcophage
de porphire , couvert d'un drap mortuaire en or,
chargé des écuffons d'Eſpagne en broderie d'or ,
avec deux couronnes voilées d'un crêpe .
Le Catafalque étoit couvert d'un grand poêle à
quatre rideaux pendans & retrouflés , noirs , &
rayés d'hermine.
Toute cette décoration étoit dans le goût antique.
Ses ornemens , étoient du meilleur choix.
Leur éclat étoit relevé par le grand nombre &
par l'heureufe difpofition des lumieres. Il y avoit
beaucoup de richeffe dans les détails , beaucoup
de nobleſſe & de magnificence dans l'enfemble.
Cette pompe funèbre , ordonnée de la part de
Sa Majesté , par le Duc de Duras , Pair de France ,
premier Gentilhomme de la Chambre du Roi ,
a été dirigée par le fieur de la Ferté , Intendant
des Menus- plaifirs du Roi , fur les deffeins du fieur
Michel Ange Slodtz , Deffinateur ordinaire de la
Chambre & du Cabinet de Sa Majeſté .
Suivant les regiftres publics des Eglifes Paroiffiales
de cette Ville , il eft mort , pendant le cours
de l'année derniére , 18446 perfonnes ; il s'y eſt
fait 4059 mariages ; il y a eu 19058 baptêmes ; &
le nombre des enfans trouvés monte à 5 264.
Le 20 Janvier, on a reſſenti ici , à dix heures & un
quart du foir , une légère ſecoufle de tremblement
de terre ; mais elle a été fi peu fenfible , que trèspeu
de perfonnes s'en font apperçues . On l'a reffentie
plus diftinctement , à Verlailles. On a appris
depuis, que ce tremblement de terre a été fenti
à Amfterdam , à Leyde & à Utrecht. Les lettres
de Bruxelles & de Cologne , parlent de quelques
fecoufles qui le précédèrent le 19. Il a été affez
violent dans ces deux Villes . Suivant les lettres de
Cologne , on a reffenti une nouvelle fecouffe le
21 , vers les quatre heures du matin. A Peronne,
les fecouffes du 20 au foir, durerent deux ou trois
216 MERCURE DE FRANCE.
minutes , & effrayerent plufieurs perfonnes , qui
fortirent précipitamment de leurs maifons , de
crainte d'être écralées fur leurs ruines. On a ap .
pris auffi , que le 22 de Décembre , la fecouffe di
tremblement de terre s'étoit faite fentir dans la
Norwege & dans le Duché de Holſtein . Cette fecoulle
a été précédée , en divers , endroits par un
violent coup de tonnerre.L'ébranlement a été confidérable,
à Hadersleben. Dans quelques villes, routes
les tuilles ont été jettées par terre. Cet accident
n'a pas eu d'autres fuites.
Le 1 Février , le fieur Gigot , Recteur de l'Uni-¸
verfité , accompagné des Doyens des quatre Facultés
& des Procureurs des Nations , ſe rendit à Verfailles
; & fuivant l'ancien ufage, il préſenta un
cierge au Roi , à la Reine , à Monfeigneur le Dauphin
, à Madame la Dauphine , & à Monfeigneur
le Duc de Bourgogne.
Le mêmejour, le Pere Aubert, Docteur de Sorbonne
, & Commandeur de l'Ordre de Notre
Dame de la Mercy , Rédemption des Captifs, accompagné
de trois Religieux de cet Ordre , eut
l'honneur de préfenter à la Reine un cierge , en
hommage & en reconnoillance de leur établiſſement
à Paris , par la feue Reine Marie de Médicis.
On a reçu avis de Toulon , que les vaiffeaux &
les frégates , qui étoient à Cadix depuis le combat
du fieur de la Clue , font rentrés dans le premier
de ces deux ports , au nombre de cinq vaiſſeaux &
trois frégates. Ils étoient fortis de Cadix immédiatement
après la tempête qui avoit difperfé l'Efcadre
Angloife.
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Militaire
, s'eft fait le s de Février , en la manière
accoutumée. Les Numéros fortis de la roue de
fortune font 39 , 30 , 64 , 28 , 56. Le prochain
tirage fe fera le 6 du mois de Mars.
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Résumé : DE PARIS, le 19 Janvier 1760, & jours suivans.
Le 1er janvier 1760, un service solennel fut organisé dans l'église métropolitaine de Paris pour honorer la mémoire de Ferdinand VI, roi d'Espagne, et de Marie-Madeleine de Portugal, reine d'Espagne. Ce service fut ordonné par le roi de France, qui désigna le Dauphin, le Duc d'Orléans et le Prince de Condé pour le grand deuil du roi d'Espagne, et Madame la Dauphine, Madame et Madame Victoire pour celui de la reine d'Espagne. Les princes et princesses furent conduits à l'église par le Marquis de Dreux et le sieur de Nantouillet. La cérémonie fut assistée par plusieurs archevêques, évêques, ainsi que par le Parlement, la Chambre des Comptes, la Cour des Aides, l'Université et le Corps de Ville. L'archevêque de Paris officia pontificalement, et l'évêque de Vence prononça l'oraison funèbre. L'église était somptueusement décorée : le portail était tendu de noir avec des écussons, le chœur orné d'un ordre ionique en pilastres et arcades, et un catafalque richement décoré. La décoration, dirigée par le sieur de la Ferté et conçue par Michel Ange Slodtz, était dans le goût antique et d'une grande magnificence. Les registres publics des églises paroissiales de Paris indiquèrent 18 446 décès, 4 059 mariages, 19 058 baptêmes et 5 264 enfants trouvés pour l'année précédente. Le 20 janvier, une légère secousse de tremblement de terre fut ressentie à Paris, plus distinctement à Versailles, et signalée à Amsterdam, Leyde, Utrecht, Bruxelles et Cologne. Des secousses furent également ressenties en Norvège et dans le Duché de Holstein. Le 1er février, le sieur Gigot, recteur de l'Université, présenta un cierge au roi, à la reine et à d'autres membres de la famille royale à Versailles. Le même jour, le Père Aubert présenta un cierge à la reine en reconnaissance de l'établissement de l'Ordre de Notre Dame de la Mercy à Paris. Des nouvelles de Toulon indiquèrent le retour de vaisseaux et de frégates à Cadix après une tempête. Enfin, le tirage de la loterie de l'École Royale Militaire eut lieu le 6 février, avec les numéros 39, 30, 64, 28 et 56.
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12625
p. 62
« LE mot de la première Énigme du Mercure d'Août est le Bâillement. Celui [...] »
Début :
LE mot de la première Énigme du Mercure d'Août est le Bâillement. Celui [...]
Mots clefs :
Bâillement, Cœur, Lecteur, Lecture, Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LE mot de la première Énigme du Mercure d'Août est le Bâillement. Celui [...] »
LE
E mot de la première Enigme du
Mercure d'Août eft le Baillement. Celui
de la feconde eft Coeur. Celui du premier
Logogryphe eft Lecteur , dont
l'Anagramme eft Lecture. La décompofition
du mot eft tu , ut , cure , cur
rue , et , tuer , lute , cruel, ruel, Luc ,
cul. Celui du fecond Logogryphe eft
Mercure , où l'on trouve mur rue mère
, ere , ruer , meur , erre meure Ré ,
Cure Créme
mer , crême.
› cure , rue ,
E mot de la première Enigme du
Mercure d'Août eft le Baillement. Celui
de la feconde eft Coeur. Celui du premier
Logogryphe eft Lecteur , dont
l'Anagramme eft Lecture. La décompofition
du mot eft tu , ut , cure , cur
rue , et , tuer , lute , cruel, ruel, Luc ,
cul. Celui du fecond Logogryphe eft
Mercure , où l'on trouve mur rue mère
, ere , ruer , meur , erre meure Ré ,
Cure Créme
mer , crême.
› cure , rue ,
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12626
p. 74
ÉNIGME.
Début :
Qui peut me regarder sans rire ?.. [...]
Mots clefs :
Arlequin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ÉNIGME.
ÉNIGME.
.. UI peut me regarder ſans rire ?
Je ſuis blanc , rouge , noir , & de toute couleur ;
Je change également & d'eſprit & d'humeur ;
Je ſuis bon , j'aime la ſatyre ;
Je ſuis véridique & menteur ; 1
د
Je fais louer ; je ſais médire ;
Je ſuis grave & plaiſant ; miſantrope & flateur ;
Honnête homme aujourd'hui , & demain grand
1
voleur ;
Je ris dans un inftant , dans l'autre je foupire ;
Et quand je gémis c'eſt d'un ton ,
A faire éclater un Caton..
Mais c'eſt de mes talens dire trop peu de choſes !
Lecteur , je ſuis de tout métier ;
Avocat , Juge , Financier ;
J'ai l'art de devenir , par mes métamorphofes ,
De docteur charlatan , de foldat officier ;
De philoſophe maltotier ;
De valet ſeigneur de village :
Mais , n'en diſons pas davantage ;
Malgré tous mes déguiſemens ,
Je ſuis connu de toi ; cependant ( je le gage )
Où tu me vois , dans aucun temps ,
Tu ne m'apperçus le viſage.
Par un Officier D... G....
.. UI peut me regarder ſans rire ?
Je ſuis blanc , rouge , noir , & de toute couleur ;
Je change également & d'eſprit & d'humeur ;
Je ſuis bon , j'aime la ſatyre ;
Je ſuis véridique & menteur ; 1
د
Je fais louer ; je ſais médire ;
Je ſuis grave & plaiſant ; miſantrope & flateur ;
Honnête homme aujourd'hui , & demain grand
1
voleur ;
Je ris dans un inftant , dans l'autre je foupire ;
Et quand je gémis c'eſt d'un ton ,
A faire éclater un Caton..
Mais c'eſt de mes talens dire trop peu de choſes !
Lecteur , je ſuis de tout métier ;
Avocat , Juge , Financier ;
J'ai l'art de devenir , par mes métamorphofes ,
De docteur charlatan , de foldat officier ;
De philoſophe maltotier ;
De valet ſeigneur de village :
Mais , n'en diſons pas davantage ;
Malgré tous mes déguiſemens ,
Je ſuis connu de toi ; cependant ( je le gage )
Où tu me vois , dans aucun temps ,
Tu ne m'apperçus le viſage.
Par un Officier D... G....
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12627
p. 198
ITALIE.
Début :
Deux Galiotes du Roi ont amenées dans ce port deux prises Algériennes, [...]
Mots clefs :
Naples, Galiotes, Combats sur mer, Mers de Sardaigne, Victoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
DE NAPLES , le 22 Juin.
Deux Galiotes du Roi ont amenées dans ce port
deux prifes Algériennes , dont elles fe font emparées
après un long combat dans les mers de
Sardaigne. On a fait fur ces Bâtimens deux cens
vingt efclaves . Les Barbarefques ont eu cent hommes
tués dans cette action. Il n'y a eu du côté des
Napolitains que onze hommes tués , & trente
bleffés.
DE NAPLES , le 22 Juin.
Deux Galiotes du Roi ont amenées dans ce port
deux prifes Algériennes , dont elles fe font emparées
après un long combat dans les mers de
Sardaigne. On a fait fur ces Bâtimens deux cens
vingt efclaves . Les Barbarefques ont eu cent hommes
tués dans cette action. Il n'y a eu du côté des
Napolitains que onze hommes tués , & trente
bleffés.
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12629
p. 62
ENIGME.
Début :
Un Astre des plus éclatans, [...]
Mots clefs :
Fer à cheval
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME
13
J
I
UN Aftre des plus éclatans , 19. T
Non
pas toujours , mais en de certains temps ,
Repréſente affez ma figure ;
Je fuis de matière très- dure
Etl'on me fait avec grand bruit.
Je conferve ce que je couvre ;
Et mon utilité dont chacun eſt inftruit,
ત્
Par- tout me donne entrée , & même dans le
#
Louvre
13
J
I
UN Aftre des plus éclatans , 19. T
Non
pas toujours , mais en de certains temps ,
Repréſente affez ma figure ;
Je fuis de matière très- dure
Etl'on me fait avec grand bruit.
Je conferve ce que je couvre ;
Et mon utilité dont chacun eſt inftruit,
ત્
Par- tout me donne entrée , & même dans le
#
Louvre
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12630
p. 238
ERRATA. pour le second Volume de Janvier.
Début :
Page 21, lig. 19, au lieu de enfaite, lis. en Suisse. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ERRATA. pour le second Volume de Janvier.
ERRAT A.
pour le fecond Volume de Janvier.
Page 11 , lig. 19 , au lieu de enfuite , lis. en
Suiffe .
Page 81 , lig. 16 , un Enigme , lif. une Enigme.
Pag. 91 , Poéfies del Signor Abbate Pietro Metaltafio
, lif. Poéfie del Signor , &c.
Page 101 ,lig. 9 , l'heure du pafla- , lif. du paflage
.
Page 180 , lig. 21 , au lieu de c'est tout , lis. c'eft
tout dire.
Page 188 , lig. 18 , au lieu de paroiffent , lif.
paroiffoient obfcures.
Page 189 , lig. 11 , au lieu de Saturne , lif. Juturne
.
Page 215 , lig. 12 , un cartouche en forme de médailles
, lif en forme de médaillon.
pour le fecond Volume de Janvier.
Page 11 , lig. 19 , au lieu de enfuite , lis. en
Suiffe .
Page 81 , lig. 16 , un Enigme , lif. une Enigme.
Pag. 91 , Poéfies del Signor Abbate Pietro Metaltafio
, lif. Poéfie del Signor , &c.
Page 101 ,lig. 9 , l'heure du pafla- , lif. du paflage
.
Page 180 , lig. 21 , au lieu de c'est tout , lis. c'eft
tout dire.
Page 188 , lig. 18 , au lieu de paroiffent , lif.
paroiffoient obfcures.
Page 189 , lig. 11 , au lieu de Saturne , lif. Juturne
.
Page 215 , lig. 12 , un cartouche en forme de médailles
, lif en forme de médaillon.
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Résumé : ERRATA. pour le second Volume de Janvier.
Le document liste des corrections pour le deuxième volume d'un ouvrage publié en janvier. Les erreurs concernent plusieurs pages. Par exemple, 'enfuite' doit devenir 'en suiffe' à la page 11, et 'un Enigme' doit être 'une Enigme' à la page 81. D'autres corrections incluent des modifications de titres et de termes spécifiques.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12631
p. 214
Fautes à corriger, à quelques exemplaires de ce Volume.
Début :
Page 74, après les deux premiers vers du Vaudeville, ajoutez celui-ci : [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger, à quelques exemplaires de ce Volume.
Faute à corriger, à quelques exemplaires de
ce Volume.
Page 74 , après les deux premiers vers du
Vaudeville , ajoutez celui - ci :
Par le reſpect , témoigner fon ardeur.
ce Volume.
Page 74 , après les deux premiers vers du
Vaudeville , ajoutez celui - ci :
Par le reſpect , témoigner fon ardeur.
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12632
p. 238
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du mois [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
AP PROBATION.
Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier
, le Mercure du mois de Février , & je n'y
ai rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion.
A Paris , ce 29 Janvier 1756.
GUIROY.
Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier
, le Mercure du mois de Février , & je n'y
ai rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion.
A Paris , ce 29 Janvier 1756.
GUIROY.
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12633
p. 214
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du mois [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
>
'Ai lu, par ordre de Monfeigneur le Chancelier ,
le Mercure du mois de Mai 1760 & je n'y ai
rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion.
A Paris , ce 30 Avril 1760. GUIROY.
>
'Ai lu, par ordre de Monfeigneur le Chancelier ,
le Mercure du mois de Mai 1760 & je n'y ai
rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion.
A Paris , ce 30 Avril 1760. GUIROY.
Fermer
12634
p. 246-247
ESPAGNE.
Début :
Don Ascensio Mendez, Prêtre, né à Coïmbre en Portugal, mourut [...]
Mots clefs :
Madrid, Don Ascensio Mendez, Lisbonne, Victimes du tremblement de terre, Projet de reconstruction, Secousses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE MADRID , le 6 Avril.
Don Afcenfio Mendez , Prêtre , né à Coïmbre
en Portugal , mourut ici le 24 du mois dernier ,
âgé de cent deux ans , quatre mois & vingt- fix
jours. Cette année , il traverfoit encore à pied
une partie de la Ville tous les matins , pour aller
dire la Meffe à l'Hôpital Général , & jamais il ne
s'eft fervi de lunettes,
DE LISBONNE , le 3 Mars.
La plupart des habitans de cette Capitale , à qui
il reste encore dans leurs maifons quelque partie
habitable , viennent l'occuper pendant le jour. Ils
retournent le foir à la campagne , pour y cou
cher fous des Tentes . Suivant le plan fur lequel
on fe propofe de rebâtir Lifbonne , fa nouvelle enceinte
fera confidérablement plus grande que l'ancienne
, tant parce que les rues feront plus lar
M A I. 1756. 247
3
ges , que parce que les maiſons n'auront que deux
étages.
La fécurité , dont on commençoit à jouir ici ,
n'a pas duré long - tems . Avant - hier on effuya
une nouvelle fecouffe de tremblement de terre ,
plus violente que toutes celles qui s'étoient fait
fentir depuis le 21 Décembre.
DE MADRID , le 6 Avril.
Don Afcenfio Mendez , Prêtre , né à Coïmbre
en Portugal , mourut ici le 24 du mois dernier ,
âgé de cent deux ans , quatre mois & vingt- fix
jours. Cette année , il traverfoit encore à pied
une partie de la Ville tous les matins , pour aller
dire la Meffe à l'Hôpital Général , & jamais il ne
s'eft fervi de lunettes,
DE LISBONNE , le 3 Mars.
La plupart des habitans de cette Capitale , à qui
il reste encore dans leurs maifons quelque partie
habitable , viennent l'occuper pendant le jour. Ils
retournent le foir à la campagne , pour y cou
cher fous des Tentes . Suivant le plan fur lequel
on fe propofe de rebâtir Lifbonne , fa nouvelle enceinte
fera confidérablement plus grande que l'ancienne
, tant parce que les rues feront plus lar
M A I. 1756. 247
3
ges , que parce que les maiſons n'auront que deux
étages.
La fécurité , dont on commençoit à jouir ici ,
n'a pas duré long - tems . Avant - hier on effuya
une nouvelle fecouffe de tremblement de terre ,
plus violente que toutes celles qui s'étoient fait
fentir depuis le 21 Décembre.
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Résumé : ESPAGNE.
Le texte décrit deux événements distincts en Espagne et au Portugal. À Madrid, le 6 avril, il est rapporté que Don Afcenfio Mendez, un prêtre né à Coïmbre au Portugal, est décédé le 24 mars à l'âge de 102 ans, 4 mois et 26 jours. Malgré son grand âge, il se rendait à pied chaque matin à l'Hôpital Général pour dire la messe et n'utilisait jamais de lunettes. À Lisbonne, le 3 mars, il est mentionné que les habitants de la capitale, dont les maisons sont encore habitables, les occupent pendant la journée et retournent camper dans des tentes à la campagne pour dormir. La reconstruction de Lisbonne prévoit une nouvelle enceinte plus grande que l'ancienne, avec des rues plus larges et des maisons à deux étages seulement. Cependant, la sécurité récemment retrouvée a été perturbée par un violent tremblement de terre survenu deux jours avant la date du rapport, plus puissant que ceux ressentis depuis le 21 décembre précédent.
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12635
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Pieces Fugitives en Vers et en Prose. ARTICLE PREMIER. Portrait de Mlle B*** [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
ARTICLE PREMIER.
PORTRAIT • ORTRAIT de Mlle B ***
Daphné & Coridon , Eglogue.
Epître , à M. le Comte de ***,
Pages
9
II
Lettres & Mémoires de Mlle de Gondreville
& du Comte de S. Fargeol. Seconde Partie. 15
Scène cinquiéme, du premier Acte du Caton ,
d'Adillon. 61
MA I. 1760. 215
Madrigal.
Vers , à Madame Dori... de Gol ... pour être
mis au bas de fon Portrait.
Les Talens de l'Eſprit , Poëme.
Les Amours à la mode , Vaudeville.
Vers ,fur la mort de M. Thurot.
63
64
65
74
75
76
qui a donné au
79
81
82 &83
84
Epître Familiere , à M. ***** , Curé de S. **
Portrait de Mlle de B**** , fille de Madame
la Marquife de B ****
Public les Bagatelles amufantes.
Enigmes.
Logogryphes.
Chanfon .
›
ART. II. NOUVELLES LITTÉRAIRES .
Lettre de M. de Grace , à l'Auteur Anonyme
d'un Livre intitulé , Culte des Dieux Fétiches
&c.
Extrait , de la Logique des Dames.
Recherche critique , fur l'origine des Mafques
, Par un Sçavant de Province.
Mémoire hiftorique , fur le Mercure de
France .
Annonce des Livres nouveaux .
85
106
119
127
131 & fuiv.
ART. III. SCIENCES ET BELLES-LETTRES .
ACADÉMIE S.
Extrait de la Séance publique de l'Académie
des Belles- Lettres de Caën.
MATHÉMATIQUES .
Extrait de la lettre de M. Thomin , Ingénieur
en Optique de la Reine , &c.
141
145
216 MERCURE DE FRANCE
GÉOMÉTRIE.
Deſcription de l'Ellipfe, par le moyen du cercle
, par M. Jean-Antoine Glenat.
ART. IV. BEAUX - ARTS .
ANTS AGRÉABLES..
PEINTURE.
Réponse de M. C ** , à des obfervations d'Amateurs
, inférées dans l'Obſervateur Littéraire.
ARTS UTILES.
Deſcription d'une Pendule à Secondes , qui
marque le temps moyen & le temps vrai
146
252
& c.
163
Muſique. 176
ART. V. SPECTACLES.
Opéra. 178
Comédie Françoife..
179
Comédie Italienne.
183 &fuiv.
Concert Spirituel. 196
Mariage & Morts.
Avis.
ART. VI. Nouvelles Politiques.
201
203 & fuiv.
210 &fuiv.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
ARTICLE PREMIER.
PORTRAIT • ORTRAIT de Mlle B ***
Daphné & Coridon , Eglogue.
Epître , à M. le Comte de ***,
Pages
9
II
Lettres & Mémoires de Mlle de Gondreville
& du Comte de S. Fargeol. Seconde Partie. 15
Scène cinquiéme, du premier Acte du Caton ,
d'Adillon. 61
MA I. 1760. 215
Madrigal.
Vers , à Madame Dori... de Gol ... pour être
mis au bas de fon Portrait.
Les Talens de l'Eſprit , Poëme.
Les Amours à la mode , Vaudeville.
Vers ,fur la mort de M. Thurot.
63
64
65
74
75
76
qui a donné au
79
81
82 &83
84
Epître Familiere , à M. ***** , Curé de S. **
Portrait de Mlle de B**** , fille de Madame
la Marquife de B ****
Public les Bagatelles amufantes.
Enigmes.
Logogryphes.
Chanfon .
›
ART. II. NOUVELLES LITTÉRAIRES .
Lettre de M. de Grace , à l'Auteur Anonyme
d'un Livre intitulé , Culte des Dieux Fétiches
&c.
Extrait , de la Logique des Dames.
Recherche critique , fur l'origine des Mafques
, Par un Sçavant de Province.
Mémoire hiftorique , fur le Mercure de
France .
Annonce des Livres nouveaux .
85
106
119
127
131 & fuiv.
ART. III. SCIENCES ET BELLES-LETTRES .
ACADÉMIE S.
Extrait de la Séance publique de l'Académie
des Belles- Lettres de Caën.
MATHÉMATIQUES .
Extrait de la lettre de M. Thomin , Ingénieur
en Optique de la Reine , &c.
141
145
216 MERCURE DE FRANCE
GÉOMÉTRIE.
Deſcription de l'Ellipfe, par le moyen du cercle
, par M. Jean-Antoine Glenat.
ART. IV. BEAUX - ARTS .
ANTS AGRÉABLES..
PEINTURE.
Réponse de M. C ** , à des obfervations d'Amateurs
, inférées dans l'Obſervateur Littéraire.
ARTS UTILES.
Deſcription d'une Pendule à Secondes , qui
marque le temps moyen & le temps vrai
146
252
& c.
163
Muſique. 176
ART. V. SPECTACLES.
Opéra. 178
Comédie Françoife..
179
Comédie Italienne.
183 &fuiv.
Concert Spirituel. 196
Mariage & Morts.
Avis.
ART. VI. Nouvelles Politiques.
201
203 & fuiv.
210 &fuiv.
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication structurée en six sections. La première, 'Pièces fugitives en vers et en prose', inclut divers poèmes et écrits littéraires tels qu'un 'Portrait de Mlle B ***', une 'Églogue' intitulée 'Daphné & Coridon', et une 'Épître' dédiée à M. le Comte de ***. La deuxième section, 'Nouvelles littéraires', comprend des lettres, des extraits de livres, et des annonces de nouvelles publications. La troisième section, 'Sciences et Belles-Lettres', inclut des extraits de séances académiques et des descriptions scientifiques. La quatrième section, 'Beaux-Arts', traite de la peinture, de la musique et d'objets d'art. La cinquième section, 'Spectacles', liste les événements culturels et les annonces de mariages et de décès. Enfin, la sixième section, 'Nouvelles Politiques', présente des informations politiques diverses.
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12636
p. 296-298
ARTICLE DES MORTS.
Début :
Dame Marie de Comans d'Astrie veuve de Mre Jean Roüillé Comte [...]
Mots clefs :
Comte, Conseiller d'État, Dame, Décès, Veuve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE DES MORTS.
ARTICLE DES MORTS.
Ame Marie de Comans d'Aftrie
veuve de MreJean RoüilléComte
de Meflay , Confeiller d'Etat ordinaie
mourut le 30. Novembre 1717 :
Elle eftoit fille de Thomas , de Commans
d'Aftrie , Maitre d'Hôtel ordinaire
du Roy , & de Jeanne Forger ,
& elle a eu pour enfans, feu Jean Baptifte
Rouillé , Comte de Melay
Confeiller au Parlement , mort de-
>
puis peu , laiffant pour fils unique de
fon mariage avec feue Anne Catherine
de la Briffe , Anne Jean Rouillé , Comte
de Mellay , Confeiller au Parlement ,
Marie-Anne Rouillé , mariée le 21 .
Decembre
1677 , avec Charles Denis
de Bullion , Marquis de Gallardon ,
Prevoft de Paris , & Gouverneur
des Provinces du Maine , Perche , &
Comté de Laval , morte le 29. Seprembre
1714 , Marguerite
Therefe-
Rouillé , Marieé 1les . May 1687 ,
avec Jean- Baptifte-François de Noail -
les , Marquis de Noailles , &de MorrDE
DECEMBRE. 297
telar Lieutenant General au Gouverne
nent de la Haute Auvergne , &
Marechal des Camps & Armeés du
Roy , 29. leo. Mars 1702 , à Jean
Armand du Pleffis de Vignerod Duc
de Richelieu , Pair de France Chevalier
des ordres du Roy , & Elifabeth
Rouillé , Marieé le 2. Septembre
1683 à Etienne Jean Bouchet Marq. de
Leffart , alors Confeiller au Parlement
de Metz , depuis Maître des Requê→
tes & Confeiller d'Etat.
Mre Pierre de Bragelongne Préfident
honoraire aux Enquestes du Parlement
de Bretagne , où il avoit esté receu dés
l'an 1683 , mourut les Nov. 1717 , il
eftoit fils de Pierre de Bragelongne
Treforier General de l'ordinaire des
uerres , & deClaude delaCour: Il avoit
époufé Marie de Gaumont , foeur de
Mr de Gaumont à préfent Maiftre des
des Requeſtes , & de ce Mariage il ne
luy eftoit resté que Marie Catherine
de Braguelongne , Marieé, en 1709
à Michel Chauvin , Confeiller au Parlement
& Conf. aux Req. du Palais,
mort peu de temps aprésfon Mariage.
Meffire Eftienne Baudouin , Con--
feillier Honoraire de la Grande
Chambré du Parlement de Paris ,
mourut le se Decembre àAthis âgé de
198 LE MERCURE
3 ans , fans eftre marié.
Dame Louife Diane Dauvet des Ma
refts veuve de Mre Gafpard de Caftille
Marquis de Monjeu Baron de
Dracy, mourut le 7. Decembre , laiffant
pour fille unique Marie Louife Chriftine
de Caftille , marieé avec Anne
Marie Jofeph de Lorraine Prince de
Harcourt Madame de Caftille eftoit
Tante de Mr le Comte des Maretts
Grand Fauconier de France .
De Angelique Bellier de Plabuiffon
femme de Mre Ifidore Lotin Chevalier
Seigneur de Charny , Confeiller Honoraire
au Grand Confeil mourut le 10:
Decembre
Ame Marie de Comans d'Aftrie
veuve de MreJean RoüilléComte
de Meflay , Confeiller d'Etat ordinaie
mourut le 30. Novembre 1717 :
Elle eftoit fille de Thomas , de Commans
d'Aftrie , Maitre d'Hôtel ordinaire
du Roy , & de Jeanne Forger ,
& elle a eu pour enfans, feu Jean Baptifte
Rouillé , Comte de Melay
Confeiller au Parlement , mort de-
>
puis peu , laiffant pour fils unique de
fon mariage avec feue Anne Catherine
de la Briffe , Anne Jean Rouillé , Comte
de Mellay , Confeiller au Parlement ,
Marie-Anne Rouillé , mariée le 21 .
Decembre
1677 , avec Charles Denis
de Bullion , Marquis de Gallardon ,
Prevoft de Paris , & Gouverneur
des Provinces du Maine , Perche , &
Comté de Laval , morte le 29. Seprembre
1714 , Marguerite
Therefe-
Rouillé , Marieé 1les . May 1687 ,
avec Jean- Baptifte-François de Noail -
les , Marquis de Noailles , &de MorrDE
DECEMBRE. 297
telar Lieutenant General au Gouverne
nent de la Haute Auvergne , &
Marechal des Camps & Armeés du
Roy , 29. leo. Mars 1702 , à Jean
Armand du Pleffis de Vignerod Duc
de Richelieu , Pair de France Chevalier
des ordres du Roy , & Elifabeth
Rouillé , Marieé le 2. Septembre
1683 à Etienne Jean Bouchet Marq. de
Leffart , alors Confeiller au Parlement
de Metz , depuis Maître des Requê→
tes & Confeiller d'Etat.
Mre Pierre de Bragelongne Préfident
honoraire aux Enquestes du Parlement
de Bretagne , où il avoit esté receu dés
l'an 1683 , mourut les Nov. 1717 , il
eftoit fils de Pierre de Bragelongne
Treforier General de l'ordinaire des
uerres , & deClaude delaCour: Il avoit
époufé Marie de Gaumont , foeur de
Mr de Gaumont à préfent Maiftre des
des Requeſtes , & de ce Mariage il ne
luy eftoit resté que Marie Catherine
de Braguelongne , Marieé, en 1709
à Michel Chauvin , Confeiller au Parlement
& Conf. aux Req. du Palais,
mort peu de temps aprésfon Mariage.
Meffire Eftienne Baudouin , Con--
feillier Honoraire de la Grande
Chambré du Parlement de Paris ,
mourut le se Decembre àAthis âgé de
198 LE MERCURE
3 ans , fans eftre marié.
Dame Louife Diane Dauvet des Ma
refts veuve de Mre Gafpard de Caftille
Marquis de Monjeu Baron de
Dracy, mourut le 7. Decembre , laiffant
pour fille unique Marie Louife Chriftine
de Caftille , marieé avec Anne
Marie Jofeph de Lorraine Prince de
Harcourt Madame de Caftille eftoit
Tante de Mr le Comte des Maretts
Grand Fauconier de France .
De Angelique Bellier de Plabuiffon
femme de Mre Ifidore Lotin Chevalier
Seigneur de Charny , Confeiller Honoraire
au Grand Confeil mourut le 10:
Decembre
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12637
p. 198-202
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
Selon les lettres de Gibraltar, l'Amiral Byng y est arrivé le 21 du mois dernier, [...]
Mots clefs :
Londres, Amiral Byng, Gibraltar, Combats sur mer, Vaisseaux français, Conseil de guerre, Difficultés, Mécontentement du peuple
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le 12 Juillet.
Selon les lettres de Gibraltar , l'Amiral Byng
y est arrivé le 21 du mois dernier , & fe difpofoit
à en repartir pour l'Ile Minorque. L'Amiral
ADUST. 1756. 199
Hawke eften route fur la Frégate l'Antelope ,
de cinquante canons , pour prendre le commandement
de l'Efcadre à la place de l'Amiral Byng.
Al auta fous fes ordres les Contre-Amiraux Weft
& Saunders. On a appris que le Chef d'Eſcadre
Howe étoit arrivé à l'Ifle de Garneſey avec ſon
Efcadre , & avec les Bâtimens de tranfport fur
lefquels le Régiment de Bockland s'eft embarqué.
Plufieurs Navires ayant à bord deux Régimens
deftinés à renforcer la Garnifon de Gibraltar ,
font partis de Plymouth le 25 du mois dernier ,
fous l'escorte de quelques Vaiffeaux de guerre.
Quatre Vaiffeaux de l'Efcadre de l'Amiral Boſcawen
, qui ont été endommagés dans leurs mâts
& dans leurs agrets , font rentrés dans ce dernier
Port , afin de s'y radouber. Ils feront remplacés
par cinq Vaiffeaux , qui feront voile aux
ordres de l'Amiral Moſtyn.
Les Commiffaires de l'Amirauté ont fait publier
la Lettre , par laquelle l'Amiral Byng leur a
rendu compte du combat naval du 20 Mai , &
dont voici le contenu : « Ayant appareillé le 8 ,
» de Gibraltar j'arrivai le 19 à la hauteur de Port-
Mahon. Le Vaiffeau le Phoenix m'avoit joint
deux jours auparavant. Le vent étoit calme , &
j'eus d'abord connoiffance de la Flotte Françoife.
Il étoit cinq heures du foir avant que j'euffe
pu former ma ligne , & eftimer la manoeuvre
» de l'ennemi , dont je ne pus apprécier la force.
Les François s'approcherent de nous en ligne
» formée ; mais fur les fept heures ils revirerent ,
» ce qui me fit juger qu'ils avoient intention de
> gagner le vent fur moi dans la nuit. Comme il
étoit tard , je revirai auffi pour conferver le
-> vent de terre. Le temps s'étant enfuite brouillé ,
nous fumes forcés de nous éloigner à près de
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
» cinq lieues de la côte. Vers les onze heures nous
» avançâmes de nouveau ; mais nous ne découvrî-
» mes rien de l'ennemi , à l'exception de deux
» Tartanes , qui étoient à peu de diftance de no-
» tre arriere-garde. J'ordonnai au Vaiffeau la
» Princeffe Louise de courir fur l'une , & je fis au
» Contre-Amiral un fignal de détacher quelques
» Bâtimens , pour donner la chaffe à l'autre . Les
Vaiffeaux la Princeſſe Louiſe , la Défiance & le
Capitaine , s'éloignerent beaucoup de nous , &
la Défiance s'empara d'une de ces Tartanes , à
» bord de laquelle étoient deux des treize Piquets ,
» que le Maréchal Duc de Richelieu avoit envoyés
la veille au Marquis de la Galiffoniere. Le
» Phénix s'offrit à fervir de brulot . Le lendemain
» 20 , nous découvrîmes du haut des mâts la Flotte
Françoife. Je fis revenir les Vaiffeaux que j'avois
» détachés. Quand ils furent à moi , je virai l'en-
» nemi , & je formai ma ligne. Je remarquai que
>> les François faifoient tous leurs efforts pour
» gagner le vent. Ils le gagnerent effectivements
» mais le vent ayant changé prefqu'auffi tôt , ils
» perdirent cet avantage. Ils avoient douze Vaiffeaux
de ligne & quatre Frégates. Dès que j'eus
remarqué que notre arriere-garde étoit de la
» longueur de notre avant -garde , nous virâmes
» enſemble , & je fis fortir de la ligne le Vaiffeau
» le Deptfort , afin que nous fuffions égaux en
» nombre. A deux heures je donnai le fignal du
>> combat , & fuivant, une méthode que j'ai tou-
» jours reconnue fort jufte , j'ordonnai que chaque
Vaiffeau s'attachât à combattre celui qui
» lui tomberoit en partage. Je dois témoigner la
» parfaite fatisfaction que j'ai de la valeur avec
» laquelle le Contre- Amiral Weſt donna l'exemple
, en fondant fur le Vaiffeau qu'il devoit
A O UST. 1756. 201
attaquer. Le combat fut engagé par l'avant-
» garde de l'Eſcadre Françoife , qui attaqua notre
>> arriere garde. Je fis force de voiles contre le
» Vaiffeau qui étoit vis- a - vis de moi , & j'en ef-
» fuyai un feu très -violent . Dès le commencement
» l'Intrépide eut fon grand mâts entiérement brifé
» & fes cordages coupés ; ce qui le mit hors d'état
» de fe gouverner , & le fit donner contre le Vaiffeau
le plus proche , qui fut , ainfi que quelques-
>> autres , dans la néceffité de fe retirer. J'en fis
» de même pour quelques minutes , afin qu'ils ne
>> tombaffent pas fur moi. Je ne le fis cependant
» qu'après avoir fait quitter la ligne à l'ennemi.
» Son centre ne fut plus attaqué , & pendant un
» peu de temps la divifion du Contre- Amiral refta
» à découvert . Pendant cet intervalle les ennemis.
» nous cauferent un grand dommage dans nos
» manoeuvres. Quoique je ferraffe de près le Con-
» tre- Amiral , je trouvai que je ne pouvois plus
» ferrer l'Eſcadre Françoiſe . Il étoit alors fix heu-
>> res du foir. Par le mouvement que fit cette Ef-
» cadre , je jugeai qu'elle vouloit former une nou
» velle ligne. Je fis un fignal pour manoeuvrer ,
» deforte que je puffe me mettre entre la division
du Contre -Amiral & l'ennemi , & couvrir l'Intrépide
, dont j'avois apperçu le mauvais état.
» A huit heures du foir , après avoir fait d'inutiles
>> tentatives pour entamer l'arriere- garde de l'Ef-
» cadre du Roi Très -Chrétien , & après avoir raf-
>> femb.é les Vaiffeaux de l'Efcadre Anglo :fe le
» plus promptement que je pus , je pris le parti
» de me retirer. Nous étions pour lors à dix ou
>> onze lieues de Port - Mahon , & il fe trouvoit à
» notre N. N. Oueft. J'envoyai des Vaiffeaux àla
» découverte de l'Intrépide & du Chesterfield , qui
» vinrent me rejoindre le lendemain . Les Vaif-
>
1
Iv
202 MERCURE DE FRANCE..
feaux le Capitaine & la Défiance n'ayant pas été
» moins maltraités que l'Intrépide , je jugeai à
» propos dans une pareille fituation de tenir un
>> Confeil de guerre , avant d'aller de nouveau
chercher l'ennemi . Je fis inviter le Générał
>> Stuart , le Lord Effingham , le Lord Robert
>> Bertie , & le Colonel Cornwallis , de fe rendre fur
» mon bord. Le parti de la retraite fut unanime
ment jugé indifpenfable Les Vaiffeaux le Ramillies
, le Culloden , la Revenche , le Trident , le
» Kingften & le Deptford , n'ont fait aucune perte.
Il y a eu trois hommes tués & fept bleffés , fur
» le Buckingham ; fix tués & trente bleffés , fur
» le Capitaine ; un tué & quatorze bleffés , fur
» le Lancaftre ; neuf tués & trente - neuf bleffés ,
»fur l'Intrépide ; quatre tués & treize bleffés , fur
ע
la Princeffe- Louife , fix tués & vingt bleffés ,
» fur le Portland ; quatorze tués & quarante-cinq
» bleffés , fur la Défiance. Le Sr Andrews, qui com-
» mandoit ce dern er Bâtiment , a été tué , & j'ai
» confié le commandement dudit Vaiffeau au
» Capitaine Hervey , qui montoit le Phoenix »
Quoiqu'il ne paroiffe point que la conduite de
P'Amiral Bing foit répréhenfible , le peuple eft
fort irrité contre lui . Cet Amiral a été brûlé en
effigie dans quelques Bourgs. Un magnifique
Château , qu'il a fait conftruire , a couru rifque
d'être pillé & réduit en cendres.
DE LONDRES , le 12 Juillet.
Selon les lettres de Gibraltar , l'Amiral Byng
y est arrivé le 21 du mois dernier , & fe difpofoit
à en repartir pour l'Ile Minorque. L'Amiral
ADUST. 1756. 199
Hawke eften route fur la Frégate l'Antelope ,
de cinquante canons , pour prendre le commandement
de l'Efcadre à la place de l'Amiral Byng.
Al auta fous fes ordres les Contre-Amiraux Weft
& Saunders. On a appris que le Chef d'Eſcadre
Howe étoit arrivé à l'Ifle de Garneſey avec ſon
Efcadre , & avec les Bâtimens de tranfport fur
lefquels le Régiment de Bockland s'eft embarqué.
Plufieurs Navires ayant à bord deux Régimens
deftinés à renforcer la Garnifon de Gibraltar ,
font partis de Plymouth le 25 du mois dernier ,
fous l'escorte de quelques Vaiffeaux de guerre.
Quatre Vaiffeaux de l'Efcadre de l'Amiral Boſcawen
, qui ont été endommagés dans leurs mâts
& dans leurs agrets , font rentrés dans ce dernier
Port , afin de s'y radouber. Ils feront remplacés
par cinq Vaiffeaux , qui feront voile aux
ordres de l'Amiral Moſtyn.
Les Commiffaires de l'Amirauté ont fait publier
la Lettre , par laquelle l'Amiral Byng leur a
rendu compte du combat naval du 20 Mai , &
dont voici le contenu : « Ayant appareillé le 8 ,
» de Gibraltar j'arrivai le 19 à la hauteur de Port-
Mahon. Le Vaiffeau le Phoenix m'avoit joint
deux jours auparavant. Le vent étoit calme , &
j'eus d'abord connoiffance de la Flotte Françoife.
Il étoit cinq heures du foir avant que j'euffe
pu former ma ligne , & eftimer la manoeuvre
» de l'ennemi , dont je ne pus apprécier la force.
Les François s'approcherent de nous en ligne
» formée ; mais fur les fept heures ils revirerent ,
» ce qui me fit juger qu'ils avoient intention de
> gagner le vent fur moi dans la nuit. Comme il
étoit tard , je revirai auffi pour conferver le
-> vent de terre. Le temps s'étant enfuite brouillé ,
nous fumes forcés de nous éloigner à près de
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
» cinq lieues de la côte. Vers les onze heures nous
» avançâmes de nouveau ; mais nous ne découvrî-
» mes rien de l'ennemi , à l'exception de deux
» Tartanes , qui étoient à peu de diftance de no-
» tre arriere-garde. J'ordonnai au Vaiffeau la
» Princeffe Louise de courir fur l'une , & je fis au
» Contre-Amiral un fignal de détacher quelques
» Bâtimens , pour donner la chaffe à l'autre . Les
Vaiffeaux la Princeſſe Louiſe , la Défiance & le
Capitaine , s'éloignerent beaucoup de nous , &
la Défiance s'empara d'une de ces Tartanes , à
» bord de laquelle étoient deux des treize Piquets ,
» que le Maréchal Duc de Richelieu avoit envoyés
la veille au Marquis de la Galiffoniere. Le
» Phénix s'offrit à fervir de brulot . Le lendemain
» 20 , nous découvrîmes du haut des mâts la Flotte
Françoife. Je fis revenir les Vaiffeaux que j'avois
» détachés. Quand ils furent à moi , je virai l'en-
» nemi , & je formai ma ligne. Je remarquai que
>> les François faifoient tous leurs efforts pour
» gagner le vent. Ils le gagnerent effectivements
» mais le vent ayant changé prefqu'auffi tôt , ils
» perdirent cet avantage. Ils avoient douze Vaiffeaux
de ligne & quatre Frégates. Dès que j'eus
remarqué que notre arriere-garde étoit de la
» longueur de notre avant -garde , nous virâmes
» enſemble , & je fis fortir de la ligne le Vaiffeau
» le Deptfort , afin que nous fuffions égaux en
» nombre. A deux heures je donnai le fignal du
>> combat , & fuivant, une méthode que j'ai tou-
» jours reconnue fort jufte , j'ordonnai que chaque
Vaiffeau s'attachât à combattre celui qui
» lui tomberoit en partage. Je dois témoigner la
» parfaite fatisfaction que j'ai de la valeur avec
» laquelle le Contre- Amiral Weſt donna l'exemple
, en fondant fur le Vaiffeau qu'il devoit
A O UST. 1756. 201
attaquer. Le combat fut engagé par l'avant-
» garde de l'Eſcadre Françoife , qui attaqua notre
>> arriere garde. Je fis force de voiles contre le
» Vaiffeau qui étoit vis- a - vis de moi , & j'en ef-
» fuyai un feu très -violent . Dès le commencement
» l'Intrépide eut fon grand mâts entiérement brifé
» & fes cordages coupés ; ce qui le mit hors d'état
» de fe gouverner , & le fit donner contre le Vaiffeau
le plus proche , qui fut , ainfi que quelques-
>> autres , dans la néceffité de fe retirer. J'en fis
» de même pour quelques minutes , afin qu'ils ne
>> tombaffent pas fur moi. Je ne le fis cependant
» qu'après avoir fait quitter la ligne à l'ennemi.
» Son centre ne fut plus attaqué , & pendant un
» peu de temps la divifion du Contre- Amiral refta
» à découvert . Pendant cet intervalle les ennemis.
» nous cauferent un grand dommage dans nos
» manoeuvres. Quoique je ferraffe de près le Con-
» tre- Amiral , je trouvai que je ne pouvois plus
» ferrer l'Eſcadre Françoiſe . Il étoit alors fix heu-
>> res du foir. Par le mouvement que fit cette Ef-
» cadre , je jugeai qu'elle vouloit former une nou
» velle ligne. Je fis un fignal pour manoeuvrer ,
» deforte que je puffe me mettre entre la division
du Contre -Amiral & l'ennemi , & couvrir l'Intrépide
, dont j'avois apperçu le mauvais état.
» A huit heures du foir , après avoir fait d'inutiles
>> tentatives pour entamer l'arriere- garde de l'Ef-
» cadre du Roi Très -Chrétien , & après avoir raf-
>> femb.é les Vaiffeaux de l'Efcadre Anglo :fe le
» plus promptement que je pus , je pris le parti
» de me retirer. Nous étions pour lors à dix ou
>> onze lieues de Port - Mahon , & il fe trouvoit à
» notre N. N. Oueft. J'envoyai des Vaiffeaux àla
» découverte de l'Intrépide & du Chesterfield , qui
» vinrent me rejoindre le lendemain . Les Vaif-
>
1
Iv
202 MERCURE DE FRANCE..
feaux le Capitaine & la Défiance n'ayant pas été
» moins maltraités que l'Intrépide , je jugeai à
» propos dans une pareille fituation de tenir un
>> Confeil de guerre , avant d'aller de nouveau
chercher l'ennemi . Je fis inviter le Générał
>> Stuart , le Lord Effingham , le Lord Robert
>> Bertie , & le Colonel Cornwallis , de fe rendre fur
» mon bord. Le parti de la retraite fut unanime
ment jugé indifpenfable Les Vaiffeaux le Ramillies
, le Culloden , la Revenche , le Trident , le
» Kingften & le Deptford , n'ont fait aucune perte.
Il y a eu trois hommes tués & fept bleffés , fur
» le Buckingham ; fix tués & trente bleffés , fur
» le Capitaine ; un tué & quatorze bleffés , fur
» le Lancaftre ; neuf tués & trente - neuf bleffés ,
»fur l'Intrépide ; quatre tués & treize bleffés , fur
ע
la Princeffe- Louife , fix tués & vingt bleffés ,
» fur le Portland ; quatorze tués & quarante-cinq
» bleffés , fur la Défiance. Le Sr Andrews, qui com-
» mandoit ce dern er Bâtiment , a été tué , & j'ai
» confié le commandement dudit Vaiffeau au
» Capitaine Hervey , qui montoit le Phoenix »
Quoiqu'il ne paroiffe point que la conduite de
P'Amiral Bing foit répréhenfible , le peuple eft
fort irrité contre lui . Cet Amiral a été brûlé en
effigie dans quelques Bourgs. Un magnifique
Château , qu'il a fait conftruire , a couru rifque
d'être pillé & réduit en cendres.
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
En juillet 1756, plusieurs mouvements navals et événements militaires impliquant la Grande-Bretagne ont eu lieu. L'Amiral Byng est arrivé à Gibraltar le 21 juin et se préparait à partir pour l'île de Minorque. L'Amiral Hawke a pris le commandement de l'escadre à la place de Byng, avec les Contre-Amiraux West et Saunders sous ses ordres. Le Chef d'Escadre Howe est arrivé à l'île de Guernesey avec son escadre et des bâtiments de transport transportant le Régiment de Bockland. Plusieurs navires, escortés par des vaisseaux de guerre, ont quitté Plymouth pour renforcer la garnison de Gibraltar. Quatre vaisseaux de l'escadre de l'Amiral Boscawen, endommagés, sont rentrés à Plymouth pour réparations et seront remplacés par cinq autres vaisseaux sous les ordres de l'Amiral Mostyn. Les Commissaires de l'Amirauté ont publié la lettre de l'Amiral Byng décrivant le combat naval du 20 mai. Byng a appareillé de Gibraltar le 8 mai et a rencontré la flotte française près de Port-Mahon. Le combat a eu lieu le 20 mai, avec des pertes notables sur plusieurs vaisseaux britanniques. Byng a décidé de se retirer après des tentatives infructueuses pour engager l'arrière-garde de la flotte française. Un conseil de guerre a été tenu à bord de son vaisseau, et la retraite a été jugée indispensable. Malgré une conduite jugée non répréhensible, Byng a été brûlé en effigie dans certains bourgs, et son château a failli être pillé.
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12638
p. 75
AUTRE.
Début :
Je ne suis ni maison, ni ville, ni village, [...]
Mots clefs :
Galère
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
JEE
ne ſuis ni maiſon , ni ville , ni village ,
J'ai pourtant nombre d'habitans
Qui ſe ſuccédent d'âge en âge
: Sans qu'il naiſſe jamais d'enfans,
On a grand fſoin de ma parure ;
L'or , les couleurs & la ſculpture
Rendent mes dehors très- brillans ;
:
Mais en dedans ce n'eſt la même choſe ,
J'ai de petits compartimens
On très - rudement on repoſe ,
Froidement en hiver , en été chaudement.
Sans meubles , fans nul agrément ,
Au bonheur chez moi tout s'oppoſe ;
Maigre cuifine , & travaux fatigans ,
Affaiſonnés des plus durs châtimens ,
C'eſt le lot de ceux que je porte.
J'ai quantité de pieds , mais ils font impotants,
Sans le ſecours d'une main forte.**
Lecteur , cherche à me deviner ,
Mas garde-toi de m'habiter.
JEE
ne ſuis ni maiſon , ni ville , ni village ,
J'ai pourtant nombre d'habitans
Qui ſe ſuccédent d'âge en âge
: Sans qu'il naiſſe jamais d'enfans,
On a grand fſoin de ma parure ;
L'or , les couleurs & la ſculpture
Rendent mes dehors très- brillans ;
:
Mais en dedans ce n'eſt la même choſe ,
J'ai de petits compartimens
On très - rudement on repoſe ,
Froidement en hiver , en été chaudement.
Sans meubles , fans nul agrément ,
Au bonheur chez moi tout s'oppoſe ;
Maigre cuifine , & travaux fatigans ,
Affaiſonnés des plus durs châtimens ,
C'eſt le lot de ceux que je porte.
J'ai quantité de pieds , mais ils font impotants,
Sans le ſecours d'une main forte.**
Lecteur , cherche à me deviner ,
Mas garde-toi de m'habiter.
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12639
p. 63
AUTRE.
Début :
Je n'ai pour toute parure, [...]
Mots clefs :
Pain de sucre
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
Je n'ai pour toute parure ,
Qu'un habit ou gris , ou bleus
Et je change de figure ;
Quand je paffe par le feu.
On me donne mille coups ,
Et puis après on me fèrre;
Lorſque je fuis en pouffière ,
Je m'échappe par des trous.
On m'ajuste , l'on m'apprête ;
Je fuis de fort bon aloi.
Pour faire une grande fête ,
Il faut recourir à moi.
LOGO GRYPH E.
J
Je n'ai pour toute parure ,
Qu'un habit ou gris , ou bleus
Et je change de figure ;
Quand je paffe par le feu.
On me donne mille coups ,
Et puis après on me fèrre;
Lorſque je fuis en pouffière ,
Je m'échappe par des trous.
On m'ajuste , l'on m'apprête ;
Je fuis de fort bon aloi.
Pour faire une grande fête ,
Il faut recourir à moi.
LOGO GRYPH E.
J
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12640
p. 239-240
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Etrennes d'un Berger [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
page s
9
Trennes d'an Berger à fa Bergere ,
Les Graces de l'Ingénuité , Nouvelle ,
La Souche & le Marronnier ' , Fable ,
Etrennes à M. de Fontenelle de l'Académic Françoife
,
50
52
Examen de la Surdité & de la Cécité , par un
Sourd →
Portrait du Roi ,
Vers à M. D*** , par M. de Baſtide
53
70
72
Differtation du même Auteur fur les égards qu'u
ne femme doit à un galant homme qui lui
fait une déclaration d'amour 75
91
Vers d'un garçon Perruquier à fes pratiques , 89
Les Songes , Tirade chantante ,
Lettre adreffée à l'Auteur du portrait de l'honnêre
homme , 97
Mot de l'Enigme & du Logogryphe du fecond
volume de Janvier ,
Enigme & Logogryphe ,
Chanfon ,
99
ibid.
102
ART. II. NOUVELLES LITTÉRAIRES.
Séance publique de l'Académie des Belles- Lettres
de Montauban , 103
Extraits , précis ou indications des Livres nouveaux
,
Lettre au fujet de Meffieurs Guis & Guys
122
131
Lettre d'un Profeffeur de l'Univerfité de Paris , à
M. de Saint-foix ,
Réponse de M. de Saint-foix ,
133
136
240
Réponse de Dom Pelletier à la lettre qui lui a été
adreflée dans le premier Mercure de Décembre
,
Lettre de M. de Chevrier à Dom Pelletier ,
137
141
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Grammaire . Obfervations fur les différens fons
de la lettre T , avec les moyens de les fixer , 145
Médailles ,
Phyfique . Lettre fur le tremblement de terre
arrivé à Lisbonne ,
148
149
Hiftoire naturelle. Anecdote finguliere au fujet
d'un Lion marin , 163
`Médecine. Mémoire au fujet de l'héméralopie, par
M. Fournier , Médecin de l'Hôtel - Dieu de
Montpellier ,
168
Chirurgie . Lettre au Frere Côme , au fujet de fon
Lithotome caché ,
174
Séance publique de l'Académie des Sciences , &
Belles- Lettres de Dijon ,
Mufique.
ART. IV. BEAUX ARTS.
180
199
Peinture. Explication de deux Tableaux allégoriques
, par M. Gofmond de Vernon ,
Gravure.
200
207
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoiſe .
209
Comédie Italienne. ibid.
Avis au fujet de l'Opéra , ibid.
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
211
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
219
Bénéfices donnés ,
233
Mariage , & Morts ,
ibid.
Avis. 236
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
page s
9
Trennes d'an Berger à fa Bergere ,
Les Graces de l'Ingénuité , Nouvelle ,
La Souche & le Marronnier ' , Fable ,
Etrennes à M. de Fontenelle de l'Académic Françoife
,
50
52
Examen de la Surdité & de la Cécité , par un
Sourd →
Portrait du Roi ,
Vers à M. D*** , par M. de Baſtide
53
70
72
Differtation du même Auteur fur les égards qu'u
ne femme doit à un galant homme qui lui
fait une déclaration d'amour 75
91
Vers d'un garçon Perruquier à fes pratiques , 89
Les Songes , Tirade chantante ,
Lettre adreffée à l'Auteur du portrait de l'honnêre
homme , 97
Mot de l'Enigme & du Logogryphe du fecond
volume de Janvier ,
Enigme & Logogryphe ,
Chanfon ,
99
ibid.
102
ART. II. NOUVELLES LITTÉRAIRES.
Séance publique de l'Académie des Belles- Lettres
de Montauban , 103
Extraits , précis ou indications des Livres nouveaux
,
Lettre au fujet de Meffieurs Guis & Guys
122
131
Lettre d'un Profeffeur de l'Univerfité de Paris , à
M. de Saint-foix ,
Réponse de M. de Saint-foix ,
133
136
240
Réponse de Dom Pelletier à la lettre qui lui a été
adreflée dans le premier Mercure de Décembre
,
Lettre de M. de Chevrier à Dom Pelletier ,
137
141
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Grammaire . Obfervations fur les différens fons
de la lettre T , avec les moyens de les fixer , 145
Médailles ,
Phyfique . Lettre fur le tremblement de terre
arrivé à Lisbonne ,
148
149
Hiftoire naturelle. Anecdote finguliere au fujet
d'un Lion marin , 163
`Médecine. Mémoire au fujet de l'héméralopie, par
M. Fournier , Médecin de l'Hôtel - Dieu de
Montpellier ,
168
Chirurgie . Lettre au Frere Côme , au fujet de fon
Lithotome caché ,
174
Séance publique de l'Académie des Sciences , &
Belles- Lettres de Dijon ,
Mufique.
ART. IV. BEAUX ARTS.
180
199
Peinture. Explication de deux Tableaux allégoriques
, par M. Gofmond de Vernon ,
Gravure.
200
207
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoiſe .
209
Comédie Italienne. ibid.
Avis au fujet de l'Opéra , ibid.
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
211
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
219
Bénéfices donnés ,
233
Mariage , & Morts ,
ibid.
Avis. 236
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication structurée en six sections principales. L'article premier répertorie des pièces fugitives en vers et en prose, telles que des poèmes, des fables, des lettres et des dissertations. Parmi les œuvres citées figurent 'Trennes d'an Berger à fa Bergere', 'La Souche & le Marronnier', ainsi que des vers dédiés à des personnalités comme M. de Fontenelle. L'article II aborde les nouvelles littéraires, incluant des séances de l'Académie des Belles-Lettres de Montauban, des extraits de livres récents et des correspondances entre professeurs et auteurs. L'article III explore les sciences et les belles-lettres, avec des sections sur la grammaire, les médailles, la physique, l'histoire naturelle, la médecine et la chirurgie. Des sujets spécifiques comme le tremblement de terre de Lisbonne et l'héméralopie sont également traités. L'article IV se concentre sur les beaux-arts, notamment la peinture et la gravure. L'article V évoque les spectacles, incluant la comédie française et italienne, ainsi que des avis sur l'opéra. Enfin, l'article VI présente des nouvelles étrangères, des nouvelles de la cour et de Paris, ainsi que des annonces de bénéfices, mariages et décès.
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12641
p. 247-248
ITALIE.
Début :
On écrit de Malte, que pendant le cours de Février on y a [...]
Mots clefs :
Rome, Secousses, Comte de Stainville, Ambassadeur extraordinaire, Gentilhommes, Cardinal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
DE ROME, le 3 Avril.
On écrit de Malte , que pendant le cours de
Février on y a fenti deux fecouffes de tremblement
de terre , mais qu'elles ont cauſé peu
dommage.
de
Le 28 Mars , M. le Comte de Stainville, Ambaf
fadeur Extraordinaire du Roi de France , s'étant
rendu au Palais de la Chambre Apoftolique hors
de la porte du Peuple , tous les Miniftres Etrangers
, ainfi que les Cardinaux , les Princes , les
principaux Prélats & autres perfonnes de diftinction
, envoyerent dans leurs carroffes de céré~
monie leurs Gentilshommes , pour le complimenter.
Cet Ambaffadeur , accompagné du Cardinal
Portocarrero , & des Abbés de Canillac &
de Berulle , Auditeurs de Rote , le premier pour
la France , le fecond pour l'Eſpagne , monta enfuite
dans un carroffe de parade , que Te Cardinal
Valenti Gonzaga , Camerlingue du Saint Siege ,
& Secretaire d'Etat , lui avoit envoyé , & il fit en
cette Capitale fon Entrée publique. L'ordre fuivant
fut obfervé dans la marche : deux Poftillons ; deux
Couriers ; deux Trompettes ; fix Fourgons couverts
de houffes aux Armes de l'Ambaffadeur ;
Liv
248 MERCURE DE FRANCE.
1
>
fix chevaux de felle avec de riches caparaçons ;
trente- huit Eftafiers ; deux Suiffes à cheval ;
vingt-quatre Officiers ; un Ecuyer & un Sous-
Ecuyer. Aux deux côtés du carroffe , dans lequel
étoit l'Ambaffadeur , marchoient fes huit Pages à
cheval. Cette entrée , non feulement par la magnificence
de la Livrée de M. le Comte de Stainville
mais encore par le grand nombre des équipages
qui accompagnerent le cortége , a fourni à cette
Ville un fpectable des plus pompeux. Lorſque
l'Ambaffadeur fut arrivé au Palais de France , il
y fit diftribuer une grande abondance de rafraîchiffemens.
Quelque temps après , il fe rendit
avec fes carroffes & fa fuite au Palais du Quirinał ,
où il eut fa premiere audience publique du Pape.
M. le Comte de Stainville , après cette audience à
laquelle il fut conduit par le Cardinal Portocarrero,
rendit vifite au Cardinal Camerlingue . Il retourna
enfuite au Palais de France . Il y trouva les préfens
que Sa Sainteté y avoit fait porter , & qui
confiftoient en trente fix corbeilles , remplies de
rafraîchiffemens de diverfes efpeces.
DE ROME, le 3 Avril.
On écrit de Malte , que pendant le cours de
Février on y a fenti deux fecouffes de tremblement
de terre , mais qu'elles ont cauſé peu
dommage.
de
Le 28 Mars , M. le Comte de Stainville, Ambaf
fadeur Extraordinaire du Roi de France , s'étant
rendu au Palais de la Chambre Apoftolique hors
de la porte du Peuple , tous les Miniftres Etrangers
, ainfi que les Cardinaux , les Princes , les
principaux Prélats & autres perfonnes de diftinction
, envoyerent dans leurs carroffes de céré~
monie leurs Gentilshommes , pour le complimenter.
Cet Ambaffadeur , accompagné du Cardinal
Portocarrero , & des Abbés de Canillac &
de Berulle , Auditeurs de Rote , le premier pour
la France , le fecond pour l'Eſpagne , monta enfuite
dans un carroffe de parade , que Te Cardinal
Valenti Gonzaga , Camerlingue du Saint Siege ,
& Secretaire d'Etat , lui avoit envoyé , & il fit en
cette Capitale fon Entrée publique. L'ordre fuivant
fut obfervé dans la marche : deux Poftillons ; deux
Couriers ; deux Trompettes ; fix Fourgons couverts
de houffes aux Armes de l'Ambaffadeur ;
Liv
248 MERCURE DE FRANCE.
1
>
fix chevaux de felle avec de riches caparaçons ;
trente- huit Eftafiers ; deux Suiffes à cheval ;
vingt-quatre Officiers ; un Ecuyer & un Sous-
Ecuyer. Aux deux côtés du carroffe , dans lequel
étoit l'Ambaffadeur , marchoient fes huit Pages à
cheval. Cette entrée , non feulement par la magnificence
de la Livrée de M. le Comte de Stainville
mais encore par le grand nombre des équipages
qui accompagnerent le cortége , a fourni à cette
Ville un fpectable des plus pompeux. Lorſque
l'Ambaffadeur fut arrivé au Palais de France , il
y fit diftribuer une grande abondance de rafraîchiffemens.
Quelque temps après , il fe rendit
avec fes carroffes & fa fuite au Palais du Quirinał ,
où il eut fa premiere audience publique du Pape.
M. le Comte de Stainville , après cette audience à
laquelle il fut conduit par le Cardinal Portocarrero,
rendit vifite au Cardinal Camerlingue . Il retourna
enfuite au Palais de France . Il y trouva les préfens
que Sa Sainteté y avoit fait porter , & qui
confiftoient en trente fix corbeilles , remplies de
rafraîchiffemens de diverfes efpeces.
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Résumé : ITALIE.
En février, deux secousses sismiques ont été enregistrées à Malte, causant peu de dommages. Le 28 mars, le comte de Stainville, ambassadeur extraordinaire du roi de France, a effectué une entrée solennelle à Rome. Accompagné du cardinal Portocarrero et des abbés de Canillac et de Bérulle, il a été transporté dans un carrosse de parade fourni par le cardinal Valenti Gonzaga. Le cortège comprenait divers membres, dont des postillons, des courriers, des trompettes, des fourgons, des chevaux de selle, des estafiers, des suisses, des officiers et des pages. Cette entrée, marquée par la magnificence de la livrée de l'ambassadeur et le grand nombre d'équipages, a offert un spectacle pompeux à la ville. À son arrivée au Palais de France, l'ambassadeur a distribué des rafraîchissements. Il s'est ensuite rendu au Palais du Quirinal pour sa première audience publique avec le pape, accompagné du cardinal Portocarrero. Après cette audience, il a rendu visite au cardinal camerlingue avant de retourner au Palais de France, où il a trouvé des présents du pape, consistant en trente-six corbeilles de rafraîchissements variés.
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12642
p. 63-64
LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis de nature femelle ; [...]
Mots clefs :
Lampe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGO GRYPH E.
J
E fuis de nature femelle ;
Mon empire eft plus grand aux lieux où les frimats
Font contre les humains une guerre éternelle;
Les vents me caufent le trépas.
Divife mes cinq pieds , Lecteur , tu trouveras
D'abord cette éffence immortelle ,
I
64 MERCURE DE FRANCE.
Dont l'être parmi nous cauſe tant de débats ;
Un inftrument de mort dès longtemps en ufage
Chez une fière Nation ;
Ce qu'un jour de dévotion
Un pefant Marguillier , bourfoufflant fon vilage,
Porte avec grande attention ;
Une figure du Blaſon ;
Un terme bien aimé des Faiſeurs de tapage,
Si cependant , malgré ces éclairciffemens ,
Lecteur , pour me trouver tu fens quelques tour
mens ;
J'ajoute pour t'aider , rivale de la Lune,
Nous brillons dans le même temps ;
Souvent failamière importune
Nuit à mes rayons languiffans s
Mais quandje fuis multipliće ,
Ma rivale eft humiliée ,
J'efface fon éclat au moins quelques inftans.`
Cher Lecteur , je te fers peut être
Adieu , Phoebus s'enfuit , & je m'en vais paroître.
J
E fuis de nature femelle ;
Mon empire eft plus grand aux lieux où les frimats
Font contre les humains une guerre éternelle;
Les vents me caufent le trépas.
Divife mes cinq pieds , Lecteur , tu trouveras
D'abord cette éffence immortelle ,
I
64 MERCURE DE FRANCE.
Dont l'être parmi nous cauſe tant de débats ;
Un inftrument de mort dès longtemps en ufage
Chez une fière Nation ;
Ce qu'un jour de dévotion
Un pefant Marguillier , bourfoufflant fon vilage,
Porte avec grande attention ;
Une figure du Blaſon ;
Un terme bien aimé des Faiſeurs de tapage,
Si cependant , malgré ces éclairciffemens ,
Lecteur , pour me trouver tu fens quelques tour
mens ;
J'ajoute pour t'aider , rivale de la Lune,
Nous brillons dans le même temps ;
Souvent failamière importune
Nuit à mes rayons languiffans s
Mais quandje fuis multipliće ,
Ma rivale eft humiliée ,
J'efface fon éclat au moins quelques inftans.`
Cher Lecteur , je te fers peut être
Adieu , Phoebus s'enfuit , & je m'en vais paroître.
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12643
p. 298
MARIAGES.
Début :
Le 23 Decembre, Messire Pierre-Jean Romanet, Conseiller au Parlement, a [...]
Mots clefs :
Messire, Conseiller au Parlement, Blessure, Mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Le 23 Decembre, Meffire Pierre- Jean
Romaner , Confeiller au Parlement , a
époufe Dfelle M.Charlo . d'Eftrades, fille
de Mre Godefroi Louis Com.d'Eftrades
Gén.des Arm du Roi, Maire perpétuel , &
Gouv.delaVillede Bordeaux , quieftmort
de fes bleffures la derniere Campagne
de Hongrie ; & de Dame Charlotte le
Normand.
Le 23 Decembre, Meffire Pierre- Jean
Romaner , Confeiller au Parlement , a
époufe Dfelle M.Charlo . d'Eftrades, fille
de Mre Godefroi Louis Com.d'Eftrades
Gén.des Arm du Roi, Maire perpétuel , &
Gouv.delaVillede Bordeaux , quieftmort
de fes bleffures la derniere Campagne
de Hongrie ; & de Dame Charlotte le
Normand.
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12644
p. 240
« La Chanson notée doit regarder la Page 102. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la Page 102. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la Page 102. [...] »
La Chanson notée doit regarder la Page 101.
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12645
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 84. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 84. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 84. [...] »
La Chanfon notée , doit regarder la
page 84.
page 84.
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12646
p. 240
« De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch , A. JOMBERS .
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12647
p. 216
« De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, ruë & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, ruë & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, ruë & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY,
ruë & vis -à- vis la Comédie Françoiſe.
ruë & vis -à- vis la Comédie Françoiſe.
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12648
p. 76-77
LOGOGRYPHE. A Mlle SYL... D'H... par M. D..
Début :
Bien que je sois d'une pauvre structure, [...]
Mots clefs :
Bouteille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE. A Mlle SYL... D'H... par M. D..
LOGOGRYPH Ε.
Mile SYL... D'H... par M. D...
BIEN IEN que je fois d'une pauvre ſtructure ,
Perſonne encor ne s'eſt mocqué de moi ;
Et , ſans avoir tes yeux ni ta figure ,
Aimable Iris , j'ai plus d'amis que toi.
Pour deux chanſons qu'on fait à ta louange ,
Ala mienne il s'en fait , ma foi , plus de deux
cents.
Neuf membres font mon tout &, lorſqu'on les
dérange ,
On trouve un des cinq de nos ſens ;
Un prophête fameux ; un illuſtre ſaint homme ;
Un remède uſité dont Molière ſe rit ,
Et qui ne fut jamais celui du ſage Pomme * ;
Une ſaiſon que Cérès embellit ;
Un bien réel de trop peu de durée ;
Un morceau de ton nez ; ce qu'à la guerre on a ;
Le féminin de lui ; le maſculin de la ;
Ce que Life ſe croit lorſqu'elle est bien parée ;
Un titre qu'au butor on ne peut pas nier ;
Ce qu'à ſes poſtillons un courier dit ſans ceſſe ;
Le mobile d'un jeu qui n'eſt pas roturier ;
La figure du monde ; une limphe traîtreſſe ;
*Médecin.
JUIN 1767 . 77
Un Dieu qui trop ſouvent au matelot fait peurs
Une très -belle fleur ; un miroir adorable ;
Ce qu'on cherche à gagner aux dépens de la table.
C'en eſt allez , devine- moi , Lecteur.
Mile SYL... D'H... par M. D...
BIEN IEN que je fois d'une pauvre ſtructure ,
Perſonne encor ne s'eſt mocqué de moi ;
Et , ſans avoir tes yeux ni ta figure ,
Aimable Iris , j'ai plus d'amis que toi.
Pour deux chanſons qu'on fait à ta louange ,
Ala mienne il s'en fait , ma foi , plus de deux
cents.
Neuf membres font mon tout &, lorſqu'on les
dérange ,
On trouve un des cinq de nos ſens ;
Un prophête fameux ; un illuſtre ſaint homme ;
Un remède uſité dont Molière ſe rit ,
Et qui ne fut jamais celui du ſage Pomme * ;
Une ſaiſon que Cérès embellit ;
Un bien réel de trop peu de durée ;
Un morceau de ton nez ; ce qu'à la guerre on a ;
Le féminin de lui ; le maſculin de la ;
Ce que Life ſe croit lorſqu'elle est bien parée ;
Un titre qu'au butor on ne peut pas nier ;
Ce qu'à ſes poſtillons un courier dit ſans ceſſe ;
Le mobile d'un jeu qui n'eſt pas roturier ;
La figure du monde ; une limphe traîtreſſe ;
*Médecin.
JUIN 1767 . 77
Un Dieu qui trop ſouvent au matelot fait peurs
Une très -belle fleur ; un miroir adorable ;
Ce qu'on cherche à gagner aux dépens de la table.
C'en eſt allez , devine- moi , Lecteur.
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12649
p. 248-249
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
Le 6, le Lord Marie, les Aldermans & les Scheriffs, [...]
Mots clefs :
Londres, Adresse au roi, Allégeance au roi, Lord Marie, Shérifs, Aldermans, Thomas Pownall, Gouverneur de la Nouvelle Angleterre, Régiments, Amérique
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE - BRETAGNE.
DE LONDRES , le 15 Avril.
Le 6, le Lord Marie , les Aldermans & les Scheriffs
, préfenterent au Roi une Adreſſe , par laquelle
ils affurerent Sa Majefté , qu'ils facrifieroient
leurs biens & leurs vies pour la défenſe de
fa Perfonne & de fon Gouvernement. Le Roi répondit
: Je vous remercie des marques que vous
me donnez de votre zele & de votre affection , &
je me repose fermement ſur vos promeffes. La Ville
de Londres peut toujours compter fur ma bienveil
MA I. 1756. 249
Lance fur ma protection. Le Corps des Négocians
de cette Capitale , & le Scheriff du Duché
d'Yorck , ont préfenté auffi des Adreffes à Sa Majeſté.
Le fieur Thomas Pownall vient d'être nommé
Gouverneur de la Nouvelle Angleterre , à la place
du fieur Shirley. Une partie des troupes deftinées
pour l'Acadie eft déja embarquée à Plymouth. On
fe propofe d'envoyer une fomme confidérable en
Amérique. Les , les Amiraux Byng & Weft firent
voile de Spitéad avec dix Vaiffeaux de guerre
pour la Méditerranée. Le Chef d'Efcadre Keppel
les fuivit le même jour avec 4 Vaiffeaux . Le Gouvernement
a donné ordre de couler à fond tous les
Bâtimens de Pêcheur , qui ont été pris fur les
François Le nombre des troupes Hanovériennes
qui doivent paffer dans la Grande - Bretagne , fera
de neuf mille hommes d'Infanterie , neuf cens de
Cavalerie , & trois cens du Corps d'Artillerie Gn
a tiré de l'Arcenal de la Tour quarante pieces decanon
, pour les tranſporter à Portſmouth . Sui
vant les nouvelles de Saffron - Walden , le 18 du
mois dernier à dix heures du matin , on y entendit
tout à coup un bruit extraordinaire . Peu après,
il tomba une grande quantité de grêle , dont la
plupart des grains avoient jufqu'à trois pouces &
demi de circonférence .
La Cour a ordonné de reftituer le Vaiſſeau
François , dont le Vaiffeau de guerre l'Expérience
s'eft emparé à peu de diſtance de Cadix,
DE LONDRES , le 15 Avril.
Le 6, le Lord Marie , les Aldermans & les Scheriffs
, préfenterent au Roi une Adreſſe , par laquelle
ils affurerent Sa Majefté , qu'ils facrifieroient
leurs biens & leurs vies pour la défenſe de
fa Perfonne & de fon Gouvernement. Le Roi répondit
: Je vous remercie des marques que vous
me donnez de votre zele & de votre affection , &
je me repose fermement ſur vos promeffes. La Ville
de Londres peut toujours compter fur ma bienveil
MA I. 1756. 249
Lance fur ma protection. Le Corps des Négocians
de cette Capitale , & le Scheriff du Duché
d'Yorck , ont préfenté auffi des Adreffes à Sa Majeſté.
Le fieur Thomas Pownall vient d'être nommé
Gouverneur de la Nouvelle Angleterre , à la place
du fieur Shirley. Une partie des troupes deftinées
pour l'Acadie eft déja embarquée à Plymouth. On
fe propofe d'envoyer une fomme confidérable en
Amérique. Les , les Amiraux Byng & Weft firent
voile de Spitéad avec dix Vaiffeaux de guerre
pour la Méditerranée. Le Chef d'Efcadre Keppel
les fuivit le même jour avec 4 Vaiffeaux . Le Gouvernement
a donné ordre de couler à fond tous les
Bâtimens de Pêcheur , qui ont été pris fur les
François Le nombre des troupes Hanovériennes
qui doivent paffer dans la Grande - Bretagne , fera
de neuf mille hommes d'Infanterie , neuf cens de
Cavalerie , & trois cens du Corps d'Artillerie Gn
a tiré de l'Arcenal de la Tour quarante pieces decanon
, pour les tranſporter à Portſmouth . Sui
vant les nouvelles de Saffron - Walden , le 18 du
mois dernier à dix heures du matin , on y entendit
tout à coup un bruit extraordinaire . Peu après,
il tomba une grande quantité de grêle , dont la
plupart des grains avoient jufqu'à trois pouces &
demi de circonférence .
La Cour a ordonné de reftituer le Vaiſſeau
François , dont le Vaiffeau de guerre l'Expérience
s'eft emparé à peu de diſtance de Cadix,
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
Le 6 avril, les autorités de Londres, incluant le Lord Maire, les Aldermen et les Sheriffs, ont exprimé leur dévouement à défendre le roi et son gouvernement, même au prix de leurs biens et de leurs vies. Le roi a remercié et affirmé sa confiance en leur soutien. Les négociants de Londres et le Sheriff du Duché d'York ont également présenté des adresses similaires. Thomas Pownall a été nommé gouverneur de la Nouvelle Angleterre, succédant à Shirley. Des troupes pour l'Acadie ont été embarquées à Plymouth, et des renforts pour l'Amérique sont prévus. Les amiraux Byng et West, ainsi que le chef d'escadre Keppel, ont pris la mer vers la Méditerranée avec des vaisseaux de guerre. Le gouvernement a ordonné de couler les bateaux de pêche français capturés et a préparé des troupes hanovriennes pour la Grande-Bretagne, incluant de l'infanterie, de la cavalerie et de l'artillerie. Des canons ont été transférés de la Tour de Londres à Portsmouth. À Saffron-Walden, un phénomène météorologique inhabituel avec une chute de grêle de grande taille a été observé. La Cour a ordonné la restitution d'un vaisseau français capturé par le navire de guerre l'Expérience près de Cadix.
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12650
p. 298-299
NOUVELLES DIVERSES.
Début :
Le Nonce du pape a êté obligé de sortir de Naples, par Ordre [...]
Mots clefs :
Nonce du Pape, Cardinal, Prince de Galles, Honneurs, Seigneur
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES DIVERSES.
NOUVELLES DIVERSES.
E Nonce du Pape a êté obligé de
fortir de Naples , par Ordre de
P'Empereur en 24 heures , & de tout
PEtat en 48 : Le Cardinal Nuzzi eft
DE DECEMBRE. 299
mort , il laiffe un troifiéme Chapeau
vacant.
Le Prince de Galles qui s'étoit retiré
avec la Princeffe fon époufe chez le
Comte de Grantham , eft rentré en
grace avec S. Majefté : Le different que
ce Prince avoit û avec le Duc de Neucaftle
, au fujet du Batême du jeune
Prince , ayant êté terminé à l'amiable.
Le Prince Ragotski a êté reçû à Conftantinople
, avec les mêmes honneurs
qu'on auroit pû rendre au Grand Seigneur
même."
E Nonce du Pape a êté obligé de
fortir de Naples , par Ordre de
P'Empereur en 24 heures , & de tout
PEtat en 48 : Le Cardinal Nuzzi eft
DE DECEMBRE. 299
mort , il laiffe un troifiéme Chapeau
vacant.
Le Prince de Galles qui s'étoit retiré
avec la Princeffe fon époufe chez le
Comte de Grantham , eft rentré en
grace avec S. Majefté : Le different que
ce Prince avoit û avec le Duc de Neucaftle
, au fujet du Batême du jeune
Prince , ayant êté terminé à l'amiable.
Le Prince Ragotski a êté reçû à Conftantinople
, avec les mêmes honneurs
qu'on auroit pû rendre au Grand Seigneur
même."
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