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12851
p. 88
ENIGME.
Début :
Je suis, ami Lecteur, un être original : [...]
Mots clefs :
Lettre I
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
E fuis , ami Lecteur , un être original :
Je fais le bien , jamais le mal ;
Je me plais pourtant dans le vice ,
Et ne connois point la vertu .
C'eſt un malheur ; mais que veux-tu ?
Je fuis faite pour le caprice.
J'accompagne partout le Roi ,
Sans jamais fortir de la ville .
Je fers toujours l'orphelin , la pupille ;
Mais les tuteurs font des monftres pour moi.
Je fuis fenfible dans la peine ,
Encore plus dans le plaifir ;
Sans moi l'on ne sçauroit jouir
Ni porter d'amoureuſe chaîne.
Dans l'Univers je regne avec orgueil ,
Rien ne fçauroit éviter ma puiffance :
Mortel , j'affifte à la naiffance ,
Et l'on me retrouve au cercueil.
Jefon.
E fuis , ami Lecteur , un être original :
Je fais le bien , jamais le mal ;
Je me plais pourtant dans le vice ,
Et ne connois point la vertu .
C'eſt un malheur ; mais que veux-tu ?
Je fuis faite pour le caprice.
J'accompagne partout le Roi ,
Sans jamais fortir de la ville .
Je fers toujours l'orphelin , la pupille ;
Mais les tuteurs font des monftres pour moi.
Je fuis fenfible dans la peine ,
Encore plus dans le plaifir ;
Sans moi l'on ne sçauroit jouir
Ni porter d'amoureuſe chaîne.
Dans l'Univers je regne avec orgueil ,
Rien ne fçauroit éviter ma puiffance :
Mortel , j'affifte à la naiffance ,
Et l'on me retrouve au cercueil.
Jefon.
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12852
p. 100
Cinquiéme Edition des Principes généraux & ra[ison]nés de la Grammaire Française, [titre d'après la table]
Début :
On imprime actuellement la cinquiéme édition des Principes Généraux & raisonnés [...]
Mots clefs :
Grammaire française
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texteReconnaissance textuelle : Cinquiéme Edition des Principes généraux & ra[ison]nés de la Grammaire Française, [titre d'après la table]
On imprime actuellement la cinquiéme
édition des Principes Généraux & raisonnés
de la Grammaire françoise , par M. Reſtaut
Avocat au Parlement & aux Conſeils du Roi.
Cette édition ſera conſidérablement augmentée
, & l'Auteur y a ajouté un grand
nombre de nouvelles Obſervations qui ne
pouront que contribuer à rendre l'Ouvrage
plus parfait & plus utile au public. Il paroîtra
dans le courant du mois de Fevrier
prochain.
édition des Principes Généraux & raisonnés
de la Grammaire françoise , par M. Reſtaut
Avocat au Parlement & aux Conſeils du Roi.
Cette édition ſera conſidérablement augmentée
, & l'Auteur y a ajouté un grand
nombre de nouvelles Obſervations qui ne
pouront que contribuer à rendre l'Ouvrage
plus parfait & plus utile au public. Il paroîtra
dans le courant du mois de Fevrier
prochain.
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12853
p. 100
Almanach & Calendrier journalier, [titre d'après la table]
Début :
Le sieur Larcher Mathématicien donne avis au Public qu'il a mis au jour un Almanach [...]
Mots clefs :
Almanach, Calendrier
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texteReconnaissance textuelle : Almanach & Calendrier journalier, [titre d'après la table]
Le ſieur Larcher Mathématicien donne
avis au Public qu'il a mis au jour un Almanach
& Calendrier Journalier perpétuel &
univerſel , Ouvrage très utile & néceflaire
aux Magiſtrats gens de Juſtice , Ecclefiaftiques
, Praticiens , Hiſtoriens , Chronologiftes
, Curieux , & à toutes fortes de Perfonnes
, dédié à Monſeigneur le Comte de S.
Florentin Miniftre & Sécretaire d'Etat .
Il ſe vend à Paris , chez de Bas , au Palais
, vis - à - vis la Cour des Aydes , chez
David fils , Quay des Auguſtins à la defcente
du pont Saint Michel au Saint Efprit
, chez de Lormel , Quay des Auguſtins
à la deſcente du Pont Neuf, au Nom de
Jeſus , le prix eſt de 36 f, broché,
avis au Public qu'il a mis au jour un Almanach
& Calendrier Journalier perpétuel &
univerſel , Ouvrage très utile & néceflaire
aux Magiſtrats gens de Juſtice , Ecclefiaftiques
, Praticiens , Hiſtoriens , Chronologiftes
, Curieux , & à toutes fortes de Perfonnes
, dédié à Monſeigneur le Comte de S.
Florentin Miniftre & Sécretaire d'Etat .
Il ſe vend à Paris , chez de Bas , au Palais
, vis - à - vis la Cour des Aydes , chez
David fils , Quay des Auguſtins à la defcente
du pont Saint Michel au Saint Efprit
, chez de Lormel , Quay des Auguſtins
à la deſcente du Pont Neuf, au Nom de
Jeſus , le prix eſt de 36 f, broché,
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12854
p. 88-89
LOGOGRYPHE.
Début :
Un seul mot dans cinq pieds, sans y rien retrancher, [...]
Mots clefs :
Écran
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
UN feul mot dans cinq pieds , fans y rien retrancher
,
Vous en fournira cinq , fi vous fçavez chercher :
MARS. 1756. 89
Tranfpofez - les fi bien , qu'en prenant chaque
lettre ,
Vous commenciez celui que vous voulez connoître.
Le premier en hyver fert dans notre maiſon ,
Et devient inutile en toute autre faifon.
Vous portez le fecond : quoiqu'en votre ſtructure
Il foit effentiel , c'eft fouvent une injure .
Le troifiéme déplaît au goût , તàે l'odorat ;
On peut le rejetter fans être délicat .
Sur mer le quatriéme aide à vaincre l'orage .
C'eft dans ce feul endroit qu'on en peut faire
ufage .
Le dernier , cher Lecteur , eft peut - être fur vous ;
Car on le voit briller dans les plus beaux bijoux.
A Besançon ; par un Officier.
UN feul mot dans cinq pieds , fans y rien retrancher
,
Vous en fournira cinq , fi vous fçavez chercher :
MARS. 1756. 89
Tranfpofez - les fi bien , qu'en prenant chaque
lettre ,
Vous commenciez celui que vous voulez connoître.
Le premier en hyver fert dans notre maiſon ,
Et devient inutile en toute autre faifon.
Vous portez le fecond : quoiqu'en votre ſtructure
Il foit effentiel , c'eft fouvent une injure .
Le troifiéme déplaît au goût , તàે l'odorat ;
On peut le rejetter fans être délicat .
Sur mer le quatriéme aide à vaincre l'orage .
C'eft dans ce feul endroit qu'on en peut faire
ufage .
Le dernier , cher Lecteur , eft peut - être fur vous ;
Car on le voit briller dans les plus beaux bijoux.
A Besançon ; par un Officier.
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12855
p. 150-158
LETTRE de M. Louis, Professeur Royal de Chirurgie, à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure de France.
Début :
Vous avez eu la bonté, Monsieur de rendre dans le Mercure de Juin [...]
Mots clefs :
Auteur, Mémoire, Critique, Médecine, Philosophie, Opinions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Louis, Professeur Royal de Chirurgie, à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure de France.
LETTRE de M. Louis , Profeffeur
Royal de Chirurgie , à M. DE LA
PLACE , Auteur du Mercure de
France.
V ous avez eu la bonté , Monfieur
de rendre dans le Mercure de Juin
un compte avantageux d'un Mémoi
re que j'ai donné au Public fur une
queftion anatomique , relative à la Jurifprudence
, où j'établis les principes
pourdiftinguer, à l'infpection d'un corps
trouvé pendu , les fignes du fuicide d'avec
ceux de l'affaffinat. Ce Mémoire
eft vivement attaqué dans le Journal
SEPTEMBRE. 1763. 151
de Médecine du mois de Septembre ,
fous le nom d'un Bachelier de la Faculté.
On prétend que je ne me fuis
occupé que de détails inutiles ; que j'ai
foutenu des opinions hazardées , &
donné des principes dangereux , dont
on peut tirer de funeftes conféquences.
La troifiéme propofition eft remife à
l'Ordinaire prochain ; il n'eft queſtion
dans celui-ci , que des détails prétendus
inutiles , & des opinions qu'on dit hazardées.
J'efpére que l'Auteur du Journal
de Médecine qui a publié cette critique
par égard pour les perfonnes de
fon Corps qui l'en ont follicité , m'accordera
une place pour la défenfe de la
faine do& rine fur une queftion auffi
intéreffante . Je ne me refuferai pas
à
la recherche de la vérité ; c'eft un engagement
que je contracte volontiers
avec le Public par la voie du Mercure.
La difcuffion du fonds eft fpécia
lement du reffort du Journal de Médecine
mais qu'il me foit permis de
reprendre dans le vôtre la forme que
mes Cenfeurs ont donnée à leur critique
.
Ils ont manifeftement confondu l'oc
cafion qui m'a porté à écrire avec l'ob,
jet de mon Mémoire. Pour établir l'inu-
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
tilité de mes recherches & de mes expériences
, ils demandent fi l'affaire des
Calas en eft plus éclaircie ? Non ; difent
ils , & l'Auteur du Mémoire a
tout-à -fait perdu de vue cet objet principal.
-
Ma réponſe eft fimple. Cette affaire
n'a été , ni pû , ni dû être l'objet de
mon Mémoire. Quel homme feroit affez
imprudent & affez dépourvu de raiſon ,
pour ofer prononcer fur un cas particulier
, auffi grave que l'eft l'affaire de
Touloufe , jugé par un Parlement , &
foumis à la décifion du Confeil du Roi ,
qui pourra ordonner , ou ne pas ordonner
la révifion du procès ? C'eſt cependant
cette inutilité relative qu'on m'objecte
! on particularife mes réflexions
générales ,, ppoouurr chercher l'analogie qu'il
doit y avoir , dit-on , entre l'état de
la queftion & l'hiftoire des Calas. J'avoue
que fi l'on en appercevoit , ce
feroit contre mon intention ; & que j'ai
mis tout l'art dont j'ai été capable , à
empêcher qu'on ne pût faire la moindre
application des chofes que j'ai avancées
, à l'affaire particuliere qu'on me
reproche mal-à -propos de n'avoir point
approfondie.
Le premier point fur l'inutilité de mes
SEPTEMBRE. 1763. 153
"
recherches eft donc tout-à-fait déplacé ;
& ayant déclaré dès les premieres phrafes
de mon Mémoire , que je ne traitois
point de l'affaire des Calas &
qu'elle n'étoit que l'occafion qui m'avoit
porté à écrire fur cette matière
il n'y a ni juftice , ni raifon à me demander
en finiffant ce point .... que font
à l'affaire des Calas tous ces raifonnemens
pour engager à fecourir les pendus
fuicides ; cette difcuffion fur les
moral ou le phyfique de leur action ;;
ces avis publiés depuis 1740 , au fujet
des noyés ; l'éloge de la Philofophie
& des Arts ; la longue note où les filles
de Milet , Aulugelle & Tacite font éton
nés de fe rencontrer ? & c.?
TO
.
Vous voyez , Monfieur , ce que dans
cette tirade il y a d'étranger au fonds
de la queſtion. On jugera aifément de
l'infidélité de cette critique. L'on n'au ---
pas dû demander que fait à l'affaire
des Calas , l'éloge de la Philofophie :
& des Arts ; mais à quoi il fert dans un
Mémoire fur les pendus ?. Il fembleroit:
à cette question que perdant véritable--
ment mon objet de vue , je me fuiss
livré par une digreffion déplacée, à faire;
l'éloge de la Philofophie & des Arts . Riem
n'eft cependant fi peu fondé que co
G.V
154 MERCURE DE FRANCE.
reproche. J'ai dit , par occafion , que le
progrès de la Philofophie & des Arts
nous faifoit voir au profit de l'humanité ,
plufieurs objets , fous des afpects plus
raifonnables que nos pères ne les envifageoient.
C'est exactement là tout ce que
je dis ; & cette unique réfléxion fi fimple
& fi vraie , placée à propos , eft repréfentée
comme un chef d'inutilités
dans mon ouvrage : cela n'eft pas pardonnable.
Il faut de la bonne foi dans
la critique , & ſe reſpecter en imaginant
qu'il y a quelques Lecteurs judicieux
, capables de prendre la peine de
vérifier les points de conteftation. Les
filles de Milet qui fe font pendues
elles- mêmes , ne doivent pas être plus
étonnées de fe rencontrer avec Aulu-gelle
, dans mon Mémoire , que dans les
nuits attiques de cet Auteur ; & celui-ci
avec Tacite , dont j'ai crû devoir conferver
une expreffion bien énergique à
l'occafion du fuicide . Mais tout ceci eft
en note ; c'eſt la feule qu'il y ait dans
mon ouvrage ; & on ne peut pas dire
qu'elle ne foit pas amenée par le Texte.
Il faut que l'envie de contredire foit
bien forte , pour porter ceux qui en.
font tourmentés , à des objections auffi
farides L
SEPTEMBRE. 1763. 155
Paffons aux opinions qu'on dit hazar
dées. On foutient que les pendus meu
rent par fuffocation , faute d'air. J'ai
prétendu que la corde , fur-tout dans
ceux qui fe pendent eux-mêmes , n'agit
point du tout fur le conduit de l'air :
fur cela on fait deux interrogations....
Qui le mettroit à l'abri de la corde ?
Sur quelle partie de la corde agiroit-elle ?
Voici une réponse à ces deux queſtions :
rien ne met le conduit de l'air à l'abri de la
corde , & il n'a pas befoin d'abri , puifqu'elle
n'agit point fur lui. Elle porte
fous la machoire & fous l'occipital : elle
comprime principalement les veines jugulaires
, & les pendus meurent apoplectiques
& non pas fuffoqués. Pourquoi
taire que je me fuis autorifé du
fentiment de deux habiles Profeffeurs
en Médecine , Benedicti & Nymann.;
& me citer une autorité contraire , celle
de Garmann , Compilateur déraifannable
de touté efpéce d'inépties
dans un gros volume in-4°. de plus de
1500 pages , fous le titre de Miraculis
mortuorum , où l'on trouve le pour &
le contre , fans choix & fans difcerne
mentfur toutes les queftions qu'il traite ,
& parmi lesquelles il y en a de fort
ridicules. Entre des autorités de parcil
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
poids , il auroit fallu confulter l'expérience
, faire des effais & raiſonner conféquemment
fur les faits . On aime mieux
rappeller des cas particuliers mal obfervés
, que d'avoir recours aux grands
principes par lefquels on doit juger toutes
les conteftations fcientifiques.
1
a
Quel moyen de nier l'effet de la
compreffion des veines jugulaires par
l'impreffion de la corde fur un pendu ?
A ce fait fi fimple & fi clairement démontré
aux yeux même des moins inf
truits , on fubftitue une explication prétendue
phyfiologique , dont Garmann
dit-on , ouvert la voie , mais qu'Hebenfgreit
a développée. Or, cette explication
eft fi mauvaife , qu'elle feroit honte à
un Ecolier d'anatomie & de phyfiolologie
, & que l'Auteur de cette critique
eft forcé lui - même de l'abandonner
enfuite. L'avoir employée est une grande
Aiftraction de la part d'un homme qui
fe fait un mérite de reprocher des inutilités.
Il ne convient qu'avec une forte
de regret de ce qu'il trouve de favorable
à la vérité que je foutiens , dans
les autorités qu'il rapporte ; & il cherche
à donner du crédit aux erreurs pour
me les oppofer. C'est ce que je prouverai
par l'examen détaillé des faits qu'on
SEPTEMBRE. 1763. 157
m'objecte , & qu'il feroit trop long de
difcuter préfentement.
L'Auteur à l'occafion des apopléxies
citel'aphorifme d'Hippocrate quidit, qu'il
eft impoffible de guérir une forte apopléxie
, & qu'il eft difficile d'en guérir
une légère. Et il ajoute à une fauffe conféquence
qu'il tire de cette remarque
qu'on voit bien que ce n'eft pas d'Hippocrate
que je fais mon étude particu
lière.
Je pourrois repliquer qu'une injure n'eft
point une raifon , & que l'Auteur auroit
fans fe faire aucun tort , fup
pu,
primer cette perfonnalité.
Je pourrois lui dire, que les principaux
ouvrages d'Hippocrate étant fur la Chirurgie
, c'eft m'injurier gratuitement ,
que de vouloir faire croire que je ne me
fuis pas autant occupé que je l'aurois
dû , de la lecture de cet Auteur.
Je pourrois obferver encore , que
tout ce qu'Hippocrate a avancé , n'eft
pas confirmé par les faits : il croyoit , par
exemple , que les playes du corps de
la veffie étoient mortelles , & nous en
guériffons tous les jours. Et pour ne pas
dérouter le jeune Bachelier , & le tenir
fur fa citation , je pourrois lui promettre
qu'il apprendra par l'ufage , qu'il n'eſt
158 MERCURE DE FRANCE .
*
point du tout rare de voir des perfon
nes qui ont eu plufieurs attaques d'apopléxie
.
Mais je me contenterai de lui dire ,
ce dont peut-être il ne fe doute pas ,
qu'après une lecture d'Hippocrate , on
peut prendre une leçon utile dans Moliere
qui a relevé , pour le bien public , le
ridicule d'un Médecin qui foutenoit
opiniâtrément qu'un homme enterré
depuis deux jours n'étoit pas mort ;
parce qu'Hippocrate difoit expreffément
que la maladie dont il étoit attaqué , ne
fe terminoit qu'au quatorziéme ou au
vingt-uniéme jour ; & qu'il n'y en avoit
que fix que cet homme étoit malade.
Ce trait de morale s'applique tout
naturellement à ceux qui préférent l'autorité
des hommes à celle de la Nature
& de la Raifon.
J'ai l'honneur d'être , & c.
Royal de Chirurgie , à M. DE LA
PLACE , Auteur du Mercure de
France.
V ous avez eu la bonté , Monfieur
de rendre dans le Mercure de Juin
un compte avantageux d'un Mémoi
re que j'ai donné au Public fur une
queftion anatomique , relative à la Jurifprudence
, où j'établis les principes
pourdiftinguer, à l'infpection d'un corps
trouvé pendu , les fignes du fuicide d'avec
ceux de l'affaffinat. Ce Mémoire
eft vivement attaqué dans le Journal
SEPTEMBRE. 1763. 151
de Médecine du mois de Septembre ,
fous le nom d'un Bachelier de la Faculté.
On prétend que je ne me fuis
occupé que de détails inutiles ; que j'ai
foutenu des opinions hazardées , &
donné des principes dangereux , dont
on peut tirer de funeftes conféquences.
La troifiéme propofition eft remife à
l'Ordinaire prochain ; il n'eft queſtion
dans celui-ci , que des détails prétendus
inutiles , & des opinions qu'on dit hazardées.
J'efpére que l'Auteur du Journal
de Médecine qui a publié cette critique
par égard pour les perfonnes de
fon Corps qui l'en ont follicité , m'accordera
une place pour la défenfe de la
faine do& rine fur une queftion auffi
intéreffante . Je ne me refuferai pas
à
la recherche de la vérité ; c'eft un engagement
que je contracte volontiers
avec le Public par la voie du Mercure.
La difcuffion du fonds eft fpécia
lement du reffort du Journal de Médecine
mais qu'il me foit permis de
reprendre dans le vôtre la forme que
mes Cenfeurs ont donnée à leur critique
.
Ils ont manifeftement confondu l'oc
cafion qui m'a porté à écrire avec l'ob,
jet de mon Mémoire. Pour établir l'inu-
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
tilité de mes recherches & de mes expériences
, ils demandent fi l'affaire des
Calas en eft plus éclaircie ? Non ; difent
ils , & l'Auteur du Mémoire a
tout-à -fait perdu de vue cet objet principal.
-
Ma réponſe eft fimple. Cette affaire
n'a été , ni pû , ni dû être l'objet de
mon Mémoire. Quel homme feroit affez
imprudent & affez dépourvu de raiſon ,
pour ofer prononcer fur un cas particulier
, auffi grave que l'eft l'affaire de
Touloufe , jugé par un Parlement , &
foumis à la décifion du Confeil du Roi ,
qui pourra ordonner , ou ne pas ordonner
la révifion du procès ? C'eſt cependant
cette inutilité relative qu'on m'objecte
! on particularife mes réflexions
générales ,, ppoouurr chercher l'analogie qu'il
doit y avoir , dit-on , entre l'état de
la queftion & l'hiftoire des Calas. J'avoue
que fi l'on en appercevoit , ce
feroit contre mon intention ; & que j'ai
mis tout l'art dont j'ai été capable , à
empêcher qu'on ne pût faire la moindre
application des chofes que j'ai avancées
, à l'affaire particuliere qu'on me
reproche mal-à -propos de n'avoir point
approfondie.
Le premier point fur l'inutilité de mes
SEPTEMBRE. 1763. 153
"
recherches eft donc tout-à-fait déplacé ;
& ayant déclaré dès les premieres phrafes
de mon Mémoire , que je ne traitois
point de l'affaire des Calas &
qu'elle n'étoit que l'occafion qui m'avoit
porté à écrire fur cette matière
il n'y a ni juftice , ni raifon à me demander
en finiffant ce point .... que font
à l'affaire des Calas tous ces raifonnemens
pour engager à fecourir les pendus
fuicides ; cette difcuffion fur les
moral ou le phyfique de leur action ;;
ces avis publiés depuis 1740 , au fujet
des noyés ; l'éloge de la Philofophie
& des Arts ; la longue note où les filles
de Milet , Aulugelle & Tacite font éton
nés de fe rencontrer ? & c.?
TO
.
Vous voyez , Monfieur , ce que dans
cette tirade il y a d'étranger au fonds
de la queſtion. On jugera aifément de
l'infidélité de cette critique. L'on n'au ---
pas dû demander que fait à l'affaire
des Calas , l'éloge de la Philofophie :
& des Arts ; mais à quoi il fert dans un
Mémoire fur les pendus ?. Il fembleroit:
à cette question que perdant véritable--
ment mon objet de vue , je me fuiss
livré par une digreffion déplacée, à faire;
l'éloge de la Philofophie & des Arts . Riem
n'eft cependant fi peu fondé que co
G.V
154 MERCURE DE FRANCE.
reproche. J'ai dit , par occafion , que le
progrès de la Philofophie & des Arts
nous faifoit voir au profit de l'humanité ,
plufieurs objets , fous des afpects plus
raifonnables que nos pères ne les envifageoient.
C'est exactement là tout ce que
je dis ; & cette unique réfléxion fi fimple
& fi vraie , placée à propos , eft repréfentée
comme un chef d'inutilités
dans mon ouvrage : cela n'eft pas pardonnable.
Il faut de la bonne foi dans
la critique , & ſe reſpecter en imaginant
qu'il y a quelques Lecteurs judicieux
, capables de prendre la peine de
vérifier les points de conteftation. Les
filles de Milet qui fe font pendues
elles- mêmes , ne doivent pas être plus
étonnées de fe rencontrer avec Aulu-gelle
, dans mon Mémoire , que dans les
nuits attiques de cet Auteur ; & celui-ci
avec Tacite , dont j'ai crû devoir conferver
une expreffion bien énergique à
l'occafion du fuicide . Mais tout ceci eft
en note ; c'eſt la feule qu'il y ait dans
mon ouvrage ; & on ne peut pas dire
qu'elle ne foit pas amenée par le Texte.
Il faut que l'envie de contredire foit
bien forte , pour porter ceux qui en.
font tourmentés , à des objections auffi
farides L
SEPTEMBRE. 1763. 155
Paffons aux opinions qu'on dit hazar
dées. On foutient que les pendus meu
rent par fuffocation , faute d'air. J'ai
prétendu que la corde , fur-tout dans
ceux qui fe pendent eux-mêmes , n'agit
point du tout fur le conduit de l'air :
fur cela on fait deux interrogations....
Qui le mettroit à l'abri de la corde ?
Sur quelle partie de la corde agiroit-elle ?
Voici une réponse à ces deux queſtions :
rien ne met le conduit de l'air à l'abri de la
corde , & il n'a pas befoin d'abri , puifqu'elle
n'agit point fur lui. Elle porte
fous la machoire & fous l'occipital : elle
comprime principalement les veines jugulaires
, & les pendus meurent apoplectiques
& non pas fuffoqués. Pourquoi
taire que je me fuis autorifé du
fentiment de deux habiles Profeffeurs
en Médecine , Benedicti & Nymann.;
& me citer une autorité contraire , celle
de Garmann , Compilateur déraifannable
de touté efpéce d'inépties
dans un gros volume in-4°. de plus de
1500 pages , fous le titre de Miraculis
mortuorum , où l'on trouve le pour &
le contre , fans choix & fans difcerne
mentfur toutes les queftions qu'il traite ,
& parmi lesquelles il y en a de fort
ridicules. Entre des autorités de parcil
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
poids , il auroit fallu confulter l'expérience
, faire des effais & raiſonner conféquemment
fur les faits . On aime mieux
rappeller des cas particuliers mal obfervés
, que d'avoir recours aux grands
principes par lefquels on doit juger toutes
les conteftations fcientifiques.
1
a
Quel moyen de nier l'effet de la
compreffion des veines jugulaires par
l'impreffion de la corde fur un pendu ?
A ce fait fi fimple & fi clairement démontré
aux yeux même des moins inf
truits , on fubftitue une explication prétendue
phyfiologique , dont Garmann
dit-on , ouvert la voie , mais qu'Hebenfgreit
a développée. Or, cette explication
eft fi mauvaife , qu'elle feroit honte à
un Ecolier d'anatomie & de phyfiolologie
, & que l'Auteur de cette critique
eft forcé lui - même de l'abandonner
enfuite. L'avoir employée est une grande
Aiftraction de la part d'un homme qui
fe fait un mérite de reprocher des inutilités.
Il ne convient qu'avec une forte
de regret de ce qu'il trouve de favorable
à la vérité que je foutiens , dans
les autorités qu'il rapporte ; & il cherche
à donner du crédit aux erreurs pour
me les oppofer. C'est ce que je prouverai
par l'examen détaillé des faits qu'on
SEPTEMBRE. 1763. 157
m'objecte , & qu'il feroit trop long de
difcuter préfentement.
L'Auteur à l'occafion des apopléxies
citel'aphorifme d'Hippocrate quidit, qu'il
eft impoffible de guérir une forte apopléxie
, & qu'il eft difficile d'en guérir
une légère. Et il ajoute à une fauffe conféquence
qu'il tire de cette remarque
qu'on voit bien que ce n'eft pas d'Hippocrate
que je fais mon étude particu
lière.
Je pourrois repliquer qu'une injure n'eft
point une raifon , & que l'Auteur auroit
fans fe faire aucun tort , fup
pu,
primer cette perfonnalité.
Je pourrois lui dire, que les principaux
ouvrages d'Hippocrate étant fur la Chirurgie
, c'eft m'injurier gratuitement ,
que de vouloir faire croire que je ne me
fuis pas autant occupé que je l'aurois
dû , de la lecture de cet Auteur.
Je pourrois obferver encore , que
tout ce qu'Hippocrate a avancé , n'eft
pas confirmé par les faits : il croyoit , par
exemple , que les playes du corps de
la veffie étoient mortelles , & nous en
guériffons tous les jours. Et pour ne pas
dérouter le jeune Bachelier , & le tenir
fur fa citation , je pourrois lui promettre
qu'il apprendra par l'ufage , qu'il n'eſt
158 MERCURE DE FRANCE .
*
point du tout rare de voir des perfon
nes qui ont eu plufieurs attaques d'apopléxie
.
Mais je me contenterai de lui dire ,
ce dont peut-être il ne fe doute pas ,
qu'après une lecture d'Hippocrate , on
peut prendre une leçon utile dans Moliere
qui a relevé , pour le bien public , le
ridicule d'un Médecin qui foutenoit
opiniâtrément qu'un homme enterré
depuis deux jours n'étoit pas mort ;
parce qu'Hippocrate difoit expreffément
que la maladie dont il étoit attaqué , ne
fe terminoit qu'au quatorziéme ou au
vingt-uniéme jour ; & qu'il n'y en avoit
que fix que cet homme étoit malade.
Ce trait de morale s'applique tout
naturellement à ceux qui préférent l'autorité
des hommes à celle de la Nature
& de la Raifon.
J'ai l'honneur d'être , & c.
Fermer
12856
p. 176-188
EXTRAIT DE LA JEUNE INDIENNE, Comédie en un Acte & en vers, par M. DE CHAMFORT, représentée pour la première fois le 30 Avril 1764.
Début :
PERSONNAGES. ACTEURS. BETTI, Mlle Doligny. BELTON, M. Molé. MOWBRAI, Quaker, [...]
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT DE LA JEUNE INDIENNE, Comédie en un Acte & en vers, par M. DE CHAMFORT, représentée pour la première fois le 30 Avril 1764.
EXTRAIT DE LA JEUNE
INDIENNE, Comédie en un
Acte & en vers, par M. DE CHAMFORT,
représentée pour la première
fois le 30 Avril 1764.
PERSONNAGES. ACTEURS.
BETTI, Mlle Doligny.
BELTON, M. Molé. MOWBRAI, Quaker,
MYLFORD ,
LE NOTAIRE,
quitté ſon Père
de lAmérique Septentrionale.
M. Préville.
M. Dubois.
M. Dauberval.
La Scène eſt à charleſtown , Colonie Angloiſe
BELTON eſt un jeune homme que le deſir
imprudent de voyager avoit entraîné. Il avoit
établi a Boſton , pour s'em
barquer. Le vaiſſeau ſur lequel il étoit,
avoit
fait naufrage , il avoit été porté ſur les bords
-
-
|
| J U I N. 1764.
177
d'une Iſle ſauvage où il étoit prêt à périr. Un
ºVieillard & ſa fille étoient accourus, lui avoient
donné du ſecours ; l'un & l'autre, non contens
de lui avoir ſauvé la vie par leurs ſoins, l'a-
voient nourri de leur chaſſe , & pourvu à tous
ſes beſoins pendant quatre ans. Au bout de ce
terme, le Vieillard, Père de la jeune Indienne
( Betti ) étoit mort. L'ennui d'une fi longue re
traite, l'inquiétude de l'avenir , le ſouvenir de
ſon Père, l'eſpoir même d'être utile à ſon tour
à la jeune Beauté de qui il avoit reçu tant de
.bienfaits, tous ces motifs avoient déterminé Bel--
ton à tenter de franchir les mers. Il avoit enga
gé ſa jeune Compagne à partager les riſques de
cet imprudent projet. Après bien des dangers, .
dans le plus preſſant de tous , ils furent rencon
trés par un Vaiſſeau qui les reçut à bord & leut
ſauva la vie. Ce Vaiſſeau appartenoit à Mylford
& à ſon oncle Mowbrai , le Capitaine les avoit
amenés à Charleſlown où il y a trois jours qu'ils
ſont arrivés , lorique l'aétion du Drame com
IIlence.
.
Mylford, ancien ami de Belton, enchanté de
ſon retour , en ſe félicitant lui-même de cet heu--
reux événement, lui reproche l'abbatement dans
lequel il le voit plongé, & lui en demande la
cauſe. Belton, après avoir raconté à ſon ami ce
· qu'on vient de lire, attribue ſa triſteſſe aux re
mords d'avoir offenſé ſon Père, d'avoir rempli
ſa vieilleſſe d'amertume ; il ne pourra ſoutenir
ſa vue , cette idée l'accable. Mylfort le raſſure
contre ſes craintes par la force de l'amitié, &
même par celle de l'amour. Il retrace à ſa mé
moire que la jeune Arabelle lui avoit été promi
ſe autrefois , qu'il paroiſloit l'aimer
Belton con
§ ne peut voir Arabelle ſans éprouver
H V .
178 MERCURE DE FRANCE.
ce ſentiment. Mais l'hymen d'Arabelle étoit moins
le prix de l'amour qu'une ſuite de l'amitié du Père
de cette jeune perſonne avec le ſien. Il craint que
ſa conduite & le temps n'ayent détruit ce projet.Le
Père d'Arabelle eſt l'oncle de Mylford. Celui
ci le peint à ſon ami d'un caractère ſans fa
çon, d'une vertu ſévère, retranchant les com
plimens, en un mot tels que ſont les Quakres.Il
ui conſeille de le voir, & lui répond prèſque de
I'aveu d'Arabelle. Belton, ſeul, regrette d'avoir
enlevé la généreuſe & naïve Betti à ſes forêts.
Il regrette le bonheur dont il jouiſſoit en poſſé
dant ſon coeur.
Il fait des réfléxions ſur la
Pauvreté, & particulérement ſur le mépris qui
la ſuit.
L'intérêt même de la
tendre Betti
ſemble lui faire une néceſſité de lui manquer de
foi en épouſant Arabelle. Il eſpére que Betti lui
pardonnera quand elle connoîtra les mœurs &
les uſages de l'Europe. Mowbrai, l'oncle de Myl
ford, arrive. Les premiers complimens produi
ſent une Scène comique. Il trouve mauvais que
Belton le ſalue, qu'il n'ait pas ſon chapeau ſur
la tête ainfi que lui, & qu'il l'appelle Monſieur,
il n'eſt pas deux perſonnes, dit-il, ainſi il veut
qu'on lui parle en ſingulier, & qu'on le tutoye.
Belton avec un peu d'embarras cherche à ſe
prêter à la ſimplicité des Quakres. Il lui expoſe
ſes craintes ſur les ſentimens d'un Père dont il
s'accuſe d'avoir peut-être épuiſé
la patience.
Nous ne déroberons pas à nos Lecteurs la belle
réponſe du Quakre.
»Tu ne ſçais ce que c'eſt que l'âme paternelle,
» Dès qu'un enfant revient ſe ranger ſous notre
» aîle,
J
·
J U I N. 1764.
'
179
ss On n'examine plus s'il eſt coupable ou non ;
» Et l'aveu de l'erreur eſt l'inſtant du pardon. .
· Il reproche à ce jeune homme de frémir au mot
de miſére , & d'en être humilié. Cet honnête
Quakre a pprend , à Betton , la cauſe de l'intérêt
qu'il prend a lui & des motifs d'union qui l'enga
gent avec ſon Père. Deux de fés vaiſſeaux avoient
péri preſque au Pont. Un créancier inquiet alloit
·le mettre dans le cas d'une faillite indiſpenſable,
· lorſqu'il reçut un billet par lequel on lui deman
· doit en grace d'accepter cinquântè mille écus
pour faire face à ſes arrangemens, en ajoutant
que ſi la fortune un jour lui devenoit plus favora
ble on les reclameroit , mais qu'en attenfant, ce
même billet étoit la quittance de cette ſomme.
Un trait de bienfaiſance & de généroſité ſi ſingu
lier étoit du Père de Belton ; âinſi Mowbrai lui fait
voir qu'il ne fait que s'acquitter par l'hymen
de ſa fille. Belton eſt embarrafſé , il convient
que cet hymen eſt le ſeul moyen dè le remettre en
grâce avec ſon Père, Le Quakre, en finiſſant la
Scène a occaſion de lui faire encore la guerre,
ſur ſes habitudes de civilité. Il ſe plaint qce de
puis trois jouis qu'il vit dans la famille il ne ſe ſoit
pas formé & qu'il ſoit encore Po1 1. Mowbrai
s'informe qu'elle eſt cette jeune lndienne qui
accompagne Bclton, celui ci lui expoſe en peu
de mots ce qu'elle a fait pour lui; Mowbrai com
mence par la à s'intéreſſer pour Betti. Cette
fille tendre & ingénue cherche ſon ami Belton,
elle ſuccède au bon Quakfe, ſur la Scène. Elle
ſe plaint de ce que tout le monde l'environne ſans
ceſſe , & dés queſtions dont on l'accable & qu'elle
ne conçoit pas. La triſteſſe qu'elle reproche à Bel
ton , donne lieu à celui-ci de commencer à l'inſ
H vj
18o MERCURE DE FRANCE.
truire des mœurs & des uſages des nations qu'on
appelle policées. Betti a de la peine à prendre
quelqu'idée de la richeſſe & de la pauvreté. Elle
eſt fort étonnée que ce ſoit la poſſeſſion de l'or
qui procure l'une, & ſa privation qui ſoit l'in
digence Elle ſe raſſure en imaginant que puiſ
que l'or eſt néceſſaire au bonheur dans le Païs
de Belton , & qu'il n'en a pas, ceux de ſes
compatriotes qui en ont lui en donneront , &
qu'ils ne voudront pas voir un de leurs frères
malheureux. Belton, cherche à lui faire compren
dre que l'on ne veut dans la ſociété que ceux qui
peuvent y être utiles. La jeune Sauvage trouve
cela fort raiſonnable ; & comme elle imagine
qu'on n'eſt utile que par le travail , & qu'en
travaillant on eſt à l'abri de la pauvreté puiſqu'on
ſe procure le nécéſſaire, elle ne peut revenir de
la ſurpriſe qui lui cauſe un genre de pauvreté dont
elle n'a pas d'idée. C'eſt, dit Belton, de manquer
des choſes d'agrément Elle veut ſçavoir comment
on fair pour avoir de l'or.
B E L T o N.
» L'un le tient du hazard & tel autre d'un Père
» Du crime trop ſouvent il devient le ſalaire:
» Mais la vertu par fois a produit. , , .
B E T T I.
» Que dis-tu ?
» Avec de l'or ici vous payez la vertu !
Elle veut retourner dans ſes bois lorſqu'on lui
dit que ceux qui manquent d'or ſervent ceux
qui ſe poſſédent Ce qui l'indigne & l'étonne Plus
que tout le reſte, c'eſt qu'on laiſſe cet or en
tre les mains des méchans, à cauſe de l'uſage
|
-
-
-
·
A
-
J U I N. 1764.
18r
pernicieux qu'ils peuvent en faire. Elle revient à
l'idée d'utilité à la ſociété , elle demande ſi la
terre eſt fertile dans ce Pays. En ce cas, ce que les
habitans auroient de trop ,
il n'y auroit qu'à le
leur demander, elle croit qu'ils le donneroient
ſur le champ. Elle ſe promettoit de bien travaiſ
'ler; mais Belton l'inſtruit que dans ces climats
on épargne ces ſortes de travaux à ſon ſéxe. Elle
apprend avec joie que l'uſage les permet aux
hommes; & s'approchant de Belton avec tranſ
Port.
» Quoi donc ?
Belton eſt
».... Belton , embraſſe-moi.
B E L T O N.
, B E L T I.
· » Tu me rendras ce que j'ai fais pour toi.
forcé d'avouer avec douleur quils
ne pourroient prendre le parti du travail , ſans
s'expoſer l'un & l'autre au mépris. Mylford
vient trouver ſon ami Belton, pour lui appren
dre qu'il a vu Arabelle, la jeune Belti lui demane
de d'abord.
-
-
-
» Aimes-tu Belton ?
M Y L F O R D
B E L T I.
» Qu'il n'a point d'or ....
2 ) Oui,
qui s'apperçoit qu'elle a fâché Belton , lui dit :
-
» Bon , il vient de me dire
Belton eſt humilié de cet aveu ingénu. Myl
ford fait a ſon ami dest reproches généreux. Belti,
• Mais il t'offret ſon or, que ne le reçois-tu ?
182 MERCURE DE FRANCE.
à M Y L F O R D. ,
» Nous ne prendrons pas tou'.-
Belton veut inſtruire la jeune Sauvage & Iui
' faire comprendre que ſon amie ne pourroit don
ner de ſon or ſans ſe faire tort à lui même ,
& qu'en acceptant de tels offres de l'amitié, ſou
vent on s'en rend indigne & qu'on s'expoſe au
dédain. Betti ne peut entendre tout cela. Une au
tre circonſtance vient encore l'étonner. Mylford
veut parler à Belton en particulier. Betti ne con
çoit pas que ſon ami Belton puiſſe avoir des ſe
crets qu'elle doive ignorer; cependant ſur un ſi
gne de Belton elle ſe retire, mais en marquant
du dépit. Pendant ſon abſence, Mylſord informe
Belton qu'Arabelle conſent à l'hymen projetté.
Belton confie à ſon ami ſon amour pour Betti,
ce qu'il doit à cette tendre & malheureuſe fille.
· Mylford cherche en vain à calmer ſes remords
par l'idée du bien qu'il peut procurer à Betti
par ce mariage ; la préſence de celle-ci, '
t ren
tre, les renouvelle avec violence. Betti demande
avec chagrin à Belton s'il a encore quelques ſe
crets à lui cacher. Mylford apperçoit ſon oncle
Mowbrai, Betti gémit de ce que dans ce Pays,
on ne peut jouir en liberté de la préſence de ce
qu'on aime.
-
-
· » Ne faut-il pas (dit-elle à Belton ) ſortir encor
» pour celui-là ?}
» Moi, j'aime ce Vieillard, je reſte. .
Mowbrai apporte à Belton'la nouvelle de l'a-
veu de ſa fille, & que le Contrat eſt tout prêt,
Betti eſt ſi ingénue qu'elle en remercie le Vieil
ard , ne comprenant pas dequoi il s'agit , &
J
-
-
J U I N. 1764.
183
n'ayant en vue que le bien qu'il paroît qu'on
- veut faire à ſon Amant. Elle eſt quelque temps
à entendre parler de ce mariage ſans le ſoup--
çonner : mais dès que Mowbrai , répondant à
ſes queſtions , lui dit poſitivement , que dès ce
ce même jour ſa fille va devenir la femme de
Belton. Cette intéreſſante victime de la tendreſſe
donne l'eſſor à ſes reproches & à ſa douleur. Elle
eſt effrayée de voir trahir l'amour le plus ten
dre. Elle a entendu dire qu'il y a des loix qui
puniſſent les crimes, elle les invoque. Le bon
Quakre eſt étonné, attendri, il offre ſon appui,
mais ces loix que reclame Betti ne peuvent la
ſervir. Elle en eſt indignée ; avec quelle douleur
elle regrette ſon climat naturel. Elle demande
avec l'éloquence du cœur, quel eſt donc le gage,
l'appui de la fidélité?
Mo W B R A I répond.
» Des témoins ſûrs garans de l'honneur,
B E T T I , vivement.
» Oh ! j'èn ai. ...
M O W B R A I.
Quels ſont-ils ?
B E T T I.
»e Moi, le Ciel , & ſon cœur.
· M o W B R A I.
» Si par une promeſſe auguſte & ſolemnelle...
B E T T I.
» Il ma pr omis cent fois l'amour le plus fidéle'
M O W B R. A l,
» A t-il par un écrit ?
-
-
184 MERCURE DE FRANCE.
-
( à Belton.)
B E T T I.
» O Ciel ! quai-je entendu ?
» Quoi ! tu peux demander un écrit ? l'oſes-tu ?
• Un écrit ! Oui, j'en ai . ... les horreurs du
» naufrage,
» Mes ſoins dans un climat que tu nommes
» ſauvage,
» Les dangers que pour toij'ai mille fois courus ?
» Voilà mes titres. Viens puiſqu'ils ſont : mécon
>» nus,
» Dans le fond des forêts, Barbare, viens les lire ?
» Partout à chaque pas l'amour ſçut les écrire,
» Du ſommet des rochers, dans - nos antres dé
- » ſerts ,
» ſur le bord du rivage & ſur le bord des mers,
» Il me doit tout , c'eſt peu d'avoir ſauvé ta vie,
» Qu'un tigre ou que la faim t'auroit bien-tôt
>> 1'2V16ºs
» Mes travaux, mes périls t'ont ſauvé chaque
» jour,
» Entre mon Père & lui , partageant mon
3or3IIlOUlI • • • •
» Mon Père ! .... Ah ! je l'entends à ſon heure
» dernière ,
» Du moment où nos mains lui fermoient la
» paupiere.
» Nous dire : mes enfans, aimez-vous à jamais,
-
J U I N. 1764.
185
» Je t'entends lui repondre ! ouije te le promets...°
\
(ſe tournant vers le Quakre.)
» Tu t'attendris . .. .
tombe de ſon Père. & finit ainſi :
» Toi, cruel, vis ici parmi des malheureux ;
-
Belion à part, s'attendrit juſquaux larmes , le
Quakre lui dit de la trahir ſerois-tu bien capable ?
Betti continue dans fa douleur à reprocher à
ſon amant de l'avoir arrachée à ſa patrie. Elle
lui demande au moins de la renvoyer ſur la
,
| >> Ils te reſſemblent tous s'ils te ſouffrent chez eux.
Belton prononce tendrement le nom de Betti.
Ce nom,qu'elle a reçu de lui, donne lieu a de nou
veaux reproches. C'eſt Mowbrai lui - même qui
ſeconde les efforts de Betti ſur le cœur de fon
amant. Il n'y reſiſte plus, il tombe à ſes genoux ;
il eſt bientôt pardonné. Le Quakre, touché de ce
ſpectacle, invite ces jeunes gens à s'aimer & à
ne ſe ſéparer jamais. Il appelle pour faire venir le
Notaire. Betti demande quel eſt cet homme
là : Le Notaire a dreſſé un Contrat pour le ma
riage d'Arabelle
avec
Belton ; Mowbrai fait
effacer le nom de ſa fille pour mettre celui de
Betti. Le Notaire dit qu'il faut aſſigner une
dot a la future.
» Allons , mets : ſes vertus.
» Ses vertus.
-
- -
M O W B R A I , au Notaire.
-
L E N O T A I R E, laiſſant tomberla plume.
» Bon : tu railles , je croise
M O W B R A I
répéte.
186 MERCURE DE FRANCE.
-
» Allons donc, tu te mocques de mol
» Qui jamais auroit-vu? ....
M O W B R A l, avec impatience,
» Mets ſes vertus te dis-je ?
L E N O T A I R E.
» Tout de bon ! par ma foi ceci tient du prodige?
» N'ajoute-t-on plus rien ?
M O W B R A I.
» Eſt-il rien audeſſus ? . .. •
» Ajoute ſi tu veux, cinquante mille écus.
L E N O T A I R E,
« Cinquante mille écus, ſi tu veux : l'acceſſoire
» Vaut bien le principal, autant queje puis croire.
B E L T o N à B E T T I.
» Il nous comble de biens ! Ah , courons dans
-
» ſes bras.. ..
B E T T I.
» Ah ſurtout, bon vieillard, ne nous mépriſe $º
• pas,
M O W B R A I,-
» Que dit-elle ? ....
B. E T T I,
Ah !je ſçais que chez vous on mépriſe
· Quiconque en recevant des dons. ...
M O W7 B R A I,
.Autre ſotiſe 3
-
|
A-
»
:
.
J U I N. 1764.
Ou prend-elle cela ? Seroit-ce toi, Belton,
Qui peux la prévenir de cette illuſion ?
Eh bien ! c'eſt donc fini ? Que cela veut-il dire ?
B E L T O N.
Cr1re :
187
» De rougr des bienfaits ton âme a la foibleſſe.
» Puiſqu'avec le malheur tu confonds la baſſeſſe,
» Je dois te raſſurer , je ne te donne rien ;
» La ſomme eſt à ton père & je te rends ton bien.
Betti requiſe de ſigner, ne ſçait point écrire.
Son amant lui conduit la main. Enſuite à Belton,
Qu'au bonheur de tous deux vous venez de ſouſ
vous m'aſſurez l'objet qui m'avoit ſçu charmer.
B E T T I,
Quoi! ſans cet homme noir je n'aurois pu t'aimer?
-
-
au Notaire.
» Donne-moi cet écrit.
( Le Notaire. )
D'ailleurs que feriez-vous de ...
B E T T I,
|
II n'eſt pas néceſſaire..
Cet écrit doit toujours reſter chez le Notaire.
Le Notaire.
Ce que j'en ferois ?
S'il ceſſoit de m'aimer je le lui montrerois.
» Peſte le beau ſecret qu'a trouvé là Madame ?
188 MERCURE DE FRANCE.
Mowbrai termine la Piéce en ſe chargeant dt -
faire tout approuver au père de Belton. Betti ſelon
lui en eſt l'excuſe : il eſt aſſuré qu'en revoyant ſon
fils il oubliera tout, & que le conſoler c'eſt ſe
juſtifier.
N.B. Cette Piéce ſe trouve à Paris chez CAIzzEAv,
Libraire, rue S. Jacques, à S. André. Le prix eſt
de vingt-quatre ſols.
INDIENNE, Comédie en un
Acte & en vers, par M. DE CHAMFORT,
représentée pour la première
fois le 30 Avril 1764.
PERSONNAGES. ACTEURS.
BETTI, Mlle Doligny.
BELTON, M. Molé. MOWBRAI, Quaker,
MYLFORD ,
LE NOTAIRE,
quitté ſon Père
de lAmérique Septentrionale.
M. Préville.
M. Dubois.
M. Dauberval.
La Scène eſt à charleſtown , Colonie Angloiſe
BELTON eſt un jeune homme que le deſir
imprudent de voyager avoit entraîné. Il avoit
établi a Boſton , pour s'em
barquer. Le vaiſſeau ſur lequel il étoit,
avoit
fait naufrage , il avoit été porté ſur les bords
-
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| J U I N. 1764.
177
d'une Iſle ſauvage où il étoit prêt à périr. Un
ºVieillard & ſa fille étoient accourus, lui avoient
donné du ſecours ; l'un & l'autre, non contens
de lui avoir ſauvé la vie par leurs ſoins, l'a-
voient nourri de leur chaſſe , & pourvu à tous
ſes beſoins pendant quatre ans. Au bout de ce
terme, le Vieillard, Père de la jeune Indienne
( Betti ) étoit mort. L'ennui d'une fi longue re
traite, l'inquiétude de l'avenir , le ſouvenir de
ſon Père, l'eſpoir même d'être utile à ſon tour
à la jeune Beauté de qui il avoit reçu tant de
.bienfaits, tous ces motifs avoient déterminé Bel--
ton à tenter de franchir les mers. Il avoit enga
gé ſa jeune Compagne à partager les riſques de
cet imprudent projet. Après bien des dangers, .
dans le plus preſſant de tous , ils furent rencon
trés par un Vaiſſeau qui les reçut à bord & leut
ſauva la vie. Ce Vaiſſeau appartenoit à Mylford
& à ſon oncle Mowbrai , le Capitaine les avoit
amenés à Charleſlown où il y a trois jours qu'ils
ſont arrivés , lorique l'aétion du Drame com
IIlence.
.
Mylford, ancien ami de Belton, enchanté de
ſon retour , en ſe félicitant lui-même de cet heu--
reux événement, lui reproche l'abbatement dans
lequel il le voit plongé, & lui en demande la
cauſe. Belton, après avoir raconté à ſon ami ce
· qu'on vient de lire, attribue ſa triſteſſe aux re
mords d'avoir offenſé ſon Père, d'avoir rempli
ſa vieilleſſe d'amertume ; il ne pourra ſoutenir
ſa vue , cette idée l'accable. Mylfort le raſſure
contre ſes craintes par la force de l'amitié, &
même par celle de l'amour. Il retrace à ſa mé
moire que la jeune Arabelle lui avoit été promi
ſe autrefois , qu'il paroiſloit l'aimer
Belton con
§ ne peut voir Arabelle ſans éprouver
H V .
178 MERCURE DE FRANCE.
ce ſentiment. Mais l'hymen d'Arabelle étoit moins
le prix de l'amour qu'une ſuite de l'amitié du Père
de cette jeune perſonne avec le ſien. Il craint que
ſa conduite & le temps n'ayent détruit ce projet.Le
Père d'Arabelle eſt l'oncle de Mylford. Celui
ci le peint à ſon ami d'un caractère ſans fa
çon, d'une vertu ſévère, retranchant les com
plimens, en un mot tels que ſont les Quakres.Il
ui conſeille de le voir, & lui répond prèſque de
I'aveu d'Arabelle. Belton, ſeul, regrette d'avoir
enlevé la généreuſe & naïve Betti à ſes forêts.
Il regrette le bonheur dont il jouiſſoit en poſſé
dant ſon coeur.
Il fait des réfléxions ſur la
Pauvreté, & particulérement ſur le mépris qui
la ſuit.
L'intérêt même de la
tendre Betti
ſemble lui faire une néceſſité de lui manquer de
foi en épouſant Arabelle. Il eſpére que Betti lui
pardonnera quand elle connoîtra les mœurs &
les uſages de l'Europe. Mowbrai, l'oncle de Myl
ford, arrive. Les premiers complimens produi
ſent une Scène comique. Il trouve mauvais que
Belton le ſalue, qu'il n'ait pas ſon chapeau ſur
la tête ainfi que lui, & qu'il l'appelle Monſieur,
il n'eſt pas deux perſonnes, dit-il, ainſi il veut
qu'on lui parle en ſingulier, & qu'on le tutoye.
Belton avec un peu d'embarras cherche à ſe
prêter à la ſimplicité des Quakres. Il lui expoſe
ſes craintes ſur les ſentimens d'un Père dont il
s'accuſe d'avoir peut-être épuiſé
la patience.
Nous ne déroberons pas à nos Lecteurs la belle
réponſe du Quakre.
»Tu ne ſçais ce que c'eſt que l'âme paternelle,
» Dès qu'un enfant revient ſe ranger ſous notre
» aîle,
J
·
J U I N. 1764.
'
179
ss On n'examine plus s'il eſt coupable ou non ;
» Et l'aveu de l'erreur eſt l'inſtant du pardon. .
· Il reproche à ce jeune homme de frémir au mot
de miſére , & d'en être humilié. Cet honnête
Quakre a pprend , à Betton , la cauſe de l'intérêt
qu'il prend a lui & des motifs d'union qui l'enga
gent avec ſon Père. Deux de fés vaiſſeaux avoient
péri preſque au Pont. Un créancier inquiet alloit
·le mettre dans le cas d'une faillite indiſpenſable,
· lorſqu'il reçut un billet par lequel on lui deman
· doit en grace d'accepter cinquântè mille écus
pour faire face à ſes arrangemens, en ajoutant
que ſi la fortune un jour lui devenoit plus favora
ble on les reclameroit , mais qu'en attenfant, ce
même billet étoit la quittance de cette ſomme.
Un trait de bienfaiſance & de généroſité ſi ſingu
lier étoit du Père de Belton ; âinſi Mowbrai lui fait
voir qu'il ne fait que s'acquitter par l'hymen
de ſa fille. Belton eſt embarrafſé , il convient
que cet hymen eſt le ſeul moyen dè le remettre en
grâce avec ſon Père, Le Quakre, en finiſſant la
Scène a occaſion de lui faire encore la guerre,
ſur ſes habitudes de civilité. Il ſe plaint qce de
puis trois jouis qu'il vit dans la famille il ne ſe ſoit
pas formé & qu'il ſoit encore Po1 1. Mowbrai
s'informe qu'elle eſt cette jeune lndienne qui
accompagne Bclton, celui ci lui expoſe en peu
de mots ce qu'elle a fait pour lui; Mowbrai com
mence par la à s'intéreſſer pour Betti. Cette
fille tendre & ingénue cherche ſon ami Belton,
elle ſuccède au bon Quakfe, ſur la Scène. Elle
ſe plaint de ce que tout le monde l'environne ſans
ceſſe , & dés queſtions dont on l'accable & qu'elle
ne conçoit pas. La triſteſſe qu'elle reproche à Bel
ton , donne lieu à celui-ci de commencer à l'inſ
H vj
18o MERCURE DE FRANCE.
truire des mœurs & des uſages des nations qu'on
appelle policées. Betti a de la peine à prendre
quelqu'idée de la richeſſe & de la pauvreté. Elle
eſt fort étonnée que ce ſoit la poſſeſſion de l'or
qui procure l'une, & ſa privation qui ſoit l'in
digence Elle ſe raſſure en imaginant que puiſ
que l'or eſt néceſſaire au bonheur dans le Païs
de Belton , & qu'il n'en a pas, ceux de ſes
compatriotes qui en ont lui en donneront , &
qu'ils ne voudront pas voir un de leurs frères
malheureux. Belton, cherche à lui faire compren
dre que l'on ne veut dans la ſociété que ceux qui
peuvent y être utiles. La jeune Sauvage trouve
cela fort raiſonnable ; & comme elle imagine
qu'on n'eſt utile que par le travail , & qu'en
travaillant on eſt à l'abri de la pauvreté puiſqu'on
ſe procure le nécéſſaire, elle ne peut revenir de
la ſurpriſe qui lui cauſe un genre de pauvreté dont
elle n'a pas d'idée. C'eſt, dit Belton, de manquer
des choſes d'agrément Elle veut ſçavoir comment
on fair pour avoir de l'or.
B E L T o N.
» L'un le tient du hazard & tel autre d'un Père
» Du crime trop ſouvent il devient le ſalaire:
» Mais la vertu par fois a produit. , , .
B E T T I.
» Que dis-tu ?
» Avec de l'or ici vous payez la vertu !
Elle veut retourner dans ſes bois lorſqu'on lui
dit que ceux qui manquent d'or ſervent ceux
qui ſe poſſédent Ce qui l'indigne & l'étonne Plus
que tout le reſte, c'eſt qu'on laiſſe cet or en
tre les mains des méchans, à cauſe de l'uſage
|
-
-
-
·
A
-
J U I N. 1764.
18r
pernicieux qu'ils peuvent en faire. Elle revient à
l'idée d'utilité à la ſociété , elle demande ſi la
terre eſt fertile dans ce Pays. En ce cas, ce que les
habitans auroient de trop ,
il n'y auroit qu'à le
leur demander, elle croit qu'ils le donneroient
ſur le champ. Elle ſe promettoit de bien travaiſ
'ler; mais Belton l'inſtruit que dans ces climats
on épargne ces ſortes de travaux à ſon ſéxe. Elle
apprend avec joie que l'uſage les permet aux
hommes; & s'approchant de Belton avec tranſ
Port.
» Quoi donc ?
Belton eſt
».... Belton , embraſſe-moi.
B E L T O N.
, B E L T I.
· » Tu me rendras ce que j'ai fais pour toi.
forcé d'avouer avec douleur quils
ne pourroient prendre le parti du travail , ſans
s'expoſer l'un & l'autre au mépris. Mylford
vient trouver ſon ami Belton, pour lui appren
dre qu'il a vu Arabelle, la jeune Belti lui demane
de d'abord.
-
-
-
» Aimes-tu Belton ?
M Y L F O R D
B E L T I.
» Qu'il n'a point d'or ....
2 ) Oui,
qui s'apperçoit qu'elle a fâché Belton , lui dit :
-
» Bon , il vient de me dire
Belton eſt humilié de cet aveu ingénu. Myl
ford fait a ſon ami dest reproches généreux. Belti,
• Mais il t'offret ſon or, que ne le reçois-tu ?
182 MERCURE DE FRANCE.
à M Y L F O R D. ,
» Nous ne prendrons pas tou'.-
Belton veut inſtruire la jeune Sauvage & Iui
' faire comprendre que ſon amie ne pourroit don
ner de ſon or ſans ſe faire tort à lui même ,
& qu'en acceptant de tels offres de l'amitié, ſou
vent on s'en rend indigne & qu'on s'expoſe au
dédain. Betti ne peut entendre tout cela. Une au
tre circonſtance vient encore l'étonner. Mylford
veut parler à Belton en particulier. Betti ne con
çoit pas que ſon ami Belton puiſſe avoir des ſe
crets qu'elle doive ignorer; cependant ſur un ſi
gne de Belton elle ſe retire, mais en marquant
du dépit. Pendant ſon abſence, Mylſord informe
Belton qu'Arabelle conſent à l'hymen projetté.
Belton confie à ſon ami ſon amour pour Betti,
ce qu'il doit à cette tendre & malheureuſe fille.
· Mylford cherche en vain à calmer ſes remords
par l'idée du bien qu'il peut procurer à Betti
par ce mariage ; la préſence de celle-ci, '
t ren
tre, les renouvelle avec violence. Betti demande
avec chagrin à Belton s'il a encore quelques ſe
crets à lui cacher. Mylford apperçoit ſon oncle
Mowbrai, Betti gémit de ce que dans ce Pays,
on ne peut jouir en liberté de la préſence de ce
qu'on aime.
-
-
· » Ne faut-il pas (dit-elle à Belton ) ſortir encor
» pour celui-là ?}
» Moi, j'aime ce Vieillard, je reſte. .
Mowbrai apporte à Belton'la nouvelle de l'a-
veu de ſa fille, & que le Contrat eſt tout prêt,
Betti eſt ſi ingénue qu'elle en remercie le Vieil
ard , ne comprenant pas dequoi il s'agit , &
J
-
-
J U I N. 1764.
183
n'ayant en vue que le bien qu'il paroît qu'on
- veut faire à ſon Amant. Elle eſt quelque temps
à entendre parler de ce mariage ſans le ſoup--
çonner : mais dès que Mowbrai , répondant à
ſes queſtions , lui dit poſitivement , que dès ce
ce même jour ſa fille va devenir la femme de
Belton. Cette intéreſſante victime de la tendreſſe
donne l'eſſor à ſes reproches & à ſa douleur. Elle
eſt effrayée de voir trahir l'amour le plus ten
dre. Elle a entendu dire qu'il y a des loix qui
puniſſent les crimes, elle les invoque. Le bon
Quakre eſt étonné, attendri, il offre ſon appui,
mais ces loix que reclame Betti ne peuvent la
ſervir. Elle en eſt indignée ; avec quelle douleur
elle regrette ſon climat naturel. Elle demande
avec l'éloquence du cœur, quel eſt donc le gage,
l'appui de la fidélité?
Mo W B R A I répond.
» Des témoins ſûrs garans de l'honneur,
B E T T I , vivement.
» Oh ! j'èn ai. ...
M O W B R A I.
Quels ſont-ils ?
B E T T I.
»e Moi, le Ciel , & ſon cœur.
· M o W B R A I.
» Si par une promeſſe auguſte & ſolemnelle...
B E T T I.
» Il ma pr omis cent fois l'amour le plus fidéle'
M O W B R. A l,
» A t-il par un écrit ?
-
-
184 MERCURE DE FRANCE.
-
( à Belton.)
B E T T I.
» O Ciel ! quai-je entendu ?
» Quoi ! tu peux demander un écrit ? l'oſes-tu ?
• Un écrit ! Oui, j'en ai . ... les horreurs du
» naufrage,
» Mes ſoins dans un climat que tu nommes
» ſauvage,
» Les dangers que pour toij'ai mille fois courus ?
» Voilà mes titres. Viens puiſqu'ils ſont : mécon
>» nus,
» Dans le fond des forêts, Barbare, viens les lire ?
» Partout à chaque pas l'amour ſçut les écrire,
» Du ſommet des rochers, dans - nos antres dé
- » ſerts ,
» ſur le bord du rivage & ſur le bord des mers,
» Il me doit tout , c'eſt peu d'avoir ſauvé ta vie,
» Qu'un tigre ou que la faim t'auroit bien-tôt
>> 1'2V16ºs
» Mes travaux, mes périls t'ont ſauvé chaque
» jour,
» Entre mon Père & lui , partageant mon
3or3IIlOUlI • • • •
» Mon Père ! .... Ah ! je l'entends à ſon heure
» dernière ,
» Du moment où nos mains lui fermoient la
» paupiere.
» Nous dire : mes enfans, aimez-vous à jamais,
-
J U I N. 1764.
185
» Je t'entends lui repondre ! ouije te le promets...°
\
(ſe tournant vers le Quakre.)
» Tu t'attendris . .. .
tombe de ſon Père. & finit ainſi :
» Toi, cruel, vis ici parmi des malheureux ;
-
Belion à part, s'attendrit juſquaux larmes , le
Quakre lui dit de la trahir ſerois-tu bien capable ?
Betti continue dans fa douleur à reprocher à
ſon amant de l'avoir arrachée à ſa patrie. Elle
lui demande au moins de la renvoyer ſur la
,
| >> Ils te reſſemblent tous s'ils te ſouffrent chez eux.
Belton prononce tendrement le nom de Betti.
Ce nom,qu'elle a reçu de lui, donne lieu a de nou
veaux reproches. C'eſt Mowbrai lui - même qui
ſeconde les efforts de Betti ſur le cœur de fon
amant. Il n'y reſiſte plus, il tombe à ſes genoux ;
il eſt bientôt pardonné. Le Quakre, touché de ce
ſpectacle, invite ces jeunes gens à s'aimer & à
ne ſe ſéparer jamais. Il appelle pour faire venir le
Notaire. Betti demande quel eſt cet homme
là : Le Notaire a dreſſé un Contrat pour le ma
riage d'Arabelle
avec
Belton ; Mowbrai fait
effacer le nom de ſa fille pour mettre celui de
Betti. Le Notaire dit qu'il faut aſſigner une
dot a la future.
» Allons , mets : ſes vertus.
» Ses vertus.
-
- -
M O W B R A I , au Notaire.
-
L E N O T A I R E, laiſſant tomberla plume.
» Bon : tu railles , je croise
M O W B R A I
répéte.
186 MERCURE DE FRANCE.
-
» Allons donc, tu te mocques de mol
» Qui jamais auroit-vu? ....
M O W B R A l, avec impatience,
» Mets ſes vertus te dis-je ?
L E N O T A I R E.
» Tout de bon ! par ma foi ceci tient du prodige?
» N'ajoute-t-on plus rien ?
M O W B R A I.
» Eſt-il rien audeſſus ? . .. •
» Ajoute ſi tu veux, cinquante mille écus.
L E N O T A I R E,
« Cinquante mille écus, ſi tu veux : l'acceſſoire
» Vaut bien le principal, autant queje puis croire.
B E L T o N à B E T T I.
» Il nous comble de biens ! Ah , courons dans
-
» ſes bras.. ..
B E T T I.
» Ah ſurtout, bon vieillard, ne nous mépriſe $º
• pas,
M O W B R A I,-
» Que dit-elle ? ....
B. E T T I,
Ah !je ſçais que chez vous on mépriſe
· Quiconque en recevant des dons. ...
M O W7 B R A I,
.Autre ſotiſe 3
-
|
A-
»
:
.
J U I N. 1764.
Ou prend-elle cela ? Seroit-ce toi, Belton,
Qui peux la prévenir de cette illuſion ?
Eh bien ! c'eſt donc fini ? Que cela veut-il dire ?
B E L T O N.
Cr1re :
187
» De rougr des bienfaits ton âme a la foibleſſe.
» Puiſqu'avec le malheur tu confonds la baſſeſſe,
» Je dois te raſſurer , je ne te donne rien ;
» La ſomme eſt à ton père & je te rends ton bien.
Betti requiſe de ſigner, ne ſçait point écrire.
Son amant lui conduit la main. Enſuite à Belton,
Qu'au bonheur de tous deux vous venez de ſouſ
vous m'aſſurez l'objet qui m'avoit ſçu charmer.
B E T T I,
Quoi! ſans cet homme noir je n'aurois pu t'aimer?
-
-
au Notaire.
» Donne-moi cet écrit.
( Le Notaire. )
D'ailleurs que feriez-vous de ...
B E T T I,
|
II n'eſt pas néceſſaire..
Cet écrit doit toujours reſter chez le Notaire.
Le Notaire.
Ce que j'en ferois ?
S'il ceſſoit de m'aimer je le lui montrerois.
» Peſte le beau ſecret qu'a trouvé là Madame ?
188 MERCURE DE FRANCE.
Mowbrai termine la Piéce en ſe chargeant dt -
faire tout approuver au père de Belton. Betti ſelon
lui en eſt l'excuſe : il eſt aſſuré qu'en revoyant ſon
fils il oubliera tout, & que le conſoler c'eſt ſe
juſtifier.
N.B. Cette Piéce ſe trouve à Paris chez CAIzzEAv,
Libraire, rue S. Jacques, à S. André. Le prix eſt
de vingt-quatre ſols.
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12857
p. 65
LOGOGRYPHE.
Début :
Quoiqu'ami des humains, Ce n'est que dans leurs maux [...]
Mots clefs :
Apothicaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE .
QUOIQU'AMI des humains , Ce n'eft que dans
leurs maux
Que je puis efpérer d'accroître ma fortune :
Mais tel eft mon deſtin , ma préſence importune
Car fitôt qu'on me voit , on me tourne le dos.
A ces traits , cher Lecteur , peux- tu me reconnoître
S'ils ne fuffifent pas , mes onze pieds diffous
Offriront à tes yeux , ce que je fuis peut- être.
Cherche donc avec foin , décompofe mon être.
Tu verras ce métal qui fait tant de jaloux;
Un élément fubtil ; une Nymphe indifcrette;
Qui fecha de douleur , victime de l'amour ;
Le premier des Mortels , que l'on voit à la Cour
Ce qui gagne fouvent l'implacable foubrette ;
Ce qu'un fage Pilote évite prudemment ;
Un endroit élevé , féjour de l'éloquence ;
Uné cité fameufe ; un ancien inftrument
Que l'on voit aujourd'hui très à la mode en France
L'ornement d'un Pontife ; une tendre beauté
Qui foumit à fes loix le maître du tonnèrre ;
Un fleuve d'Italie ; un féjour fortuné ;
Un attribut du Dieu que l'on chante à Cythère ,
Des eaux un habitant ; l'inſtrument d'un chaffeurs
Un péché capital qui tient de la fureur.
Mais c'eft affez , Lecteur , tu dois me reconnoître ;
Prends foin que près de toi, je ne vienne à paroître
QUOIQU'AMI des humains , Ce n'eft que dans
leurs maux
Que je puis efpérer d'accroître ma fortune :
Mais tel eft mon deſtin , ma préſence importune
Car fitôt qu'on me voit , on me tourne le dos.
A ces traits , cher Lecteur , peux- tu me reconnoître
S'ils ne fuffifent pas , mes onze pieds diffous
Offriront à tes yeux , ce que je fuis peut- être.
Cherche donc avec foin , décompofe mon être.
Tu verras ce métal qui fait tant de jaloux;
Un élément fubtil ; une Nymphe indifcrette;
Qui fecha de douleur , victime de l'amour ;
Le premier des Mortels , que l'on voit à la Cour
Ce qui gagne fouvent l'implacable foubrette ;
Ce qu'un fage Pilote évite prudemment ;
Un endroit élevé , féjour de l'éloquence ;
Uné cité fameufe ; un ancien inftrument
Que l'on voit aujourd'hui très à la mode en France
L'ornement d'un Pontife ; une tendre beauté
Qui foumit à fes loix le maître du tonnèrre ;
Un fleuve d'Italie ; un féjour fortuné ;
Un attribut du Dieu que l'on chante à Cythère ,
Des eaux un habitant ; l'inſtrument d'un chaffeurs
Un péché capital qui tient de la fureur.
Mais c'eft affez , Lecteur , tu dois me reconnoître ;
Prends foin que près de toi, je ne vienne à paroître
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12858
p. 101-102
Discours sur la manoeuvre des Vaisseaux, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
DISCOURS sur la Manoeuvre des Vaisseaux prononcé à l'Ecole Militaire le 17 [...]
Mots clefs :
Manoeuvre, Navigation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours sur la manoeuvre des Vaisseaux, Extrait, [titre d'après la table]
DISCOURS ſur la Manoeuvre des Vaifſeaux
prononcé à l'Ecole Militaire le 17
Novembre 1744 par M. SAVERIEN Ingenieur
& Profeffeur d'Hydrographie en cette
Ecole , à l'ouverture de ſes Leçons publiques
ſur cette partie eſſentielle de la Navigation.
A Paris chez d'Houry pere & fils ,
1744 in 4 ° . 17. pages .
La Manoeuvre eſt une partie des plus efſentielles
de la Navigation. C'eſt par cet art
que l'on ſçait donner avec intelligence par
les voiles & le gouvernail , les mouvemens
propres pour faire avec célérité une évolution
navale , que l'on évite quelquefois un
danger imprévu , que l'on prend le deſſus
du vent , pourdonner la chaſſe à un vaiſſeau
ennemi ; enfin qu'un navire foible échape
à force de voiles & par une manoeuvre bien
dirigée à la pourſuite d'un ennemi plus fort
& moins habile.
M. S. s'eſt propoſé dans ſon Diſcours de
montrer quelle a été l'origine de la Manoeuvre
, quels ont été les progrès de cet Art
& quels font les avantages qu'il procure.
Ce plan eſt fort judicieux & traité avec
gout. L'Orateur ne pouvoit choiſir une matiere
plus convenable. On ne ſçauroit trop
répéter aux jeunes gens qui ſe deſtinent
à la guerre , que leur métier ne confifte pas
foulement à eſſuyer des coups de fufil , que
E iij
101 MERCURE DE FRANCE.
c'eſt un Art qui exige des connoiffances &
des réfléxions , & qu'on ne peut y réuffir
que par une application conſtante.
prononcé à l'Ecole Militaire le 17
Novembre 1744 par M. SAVERIEN Ingenieur
& Profeffeur d'Hydrographie en cette
Ecole , à l'ouverture de ſes Leçons publiques
ſur cette partie eſſentielle de la Navigation.
A Paris chez d'Houry pere & fils ,
1744 in 4 ° . 17. pages .
La Manoeuvre eſt une partie des plus efſentielles
de la Navigation. C'eſt par cet art
que l'on ſçait donner avec intelligence par
les voiles & le gouvernail , les mouvemens
propres pour faire avec célérité une évolution
navale , que l'on évite quelquefois un
danger imprévu , que l'on prend le deſſus
du vent , pourdonner la chaſſe à un vaiſſeau
ennemi ; enfin qu'un navire foible échape
à force de voiles & par une manoeuvre bien
dirigée à la pourſuite d'un ennemi plus fort
& moins habile.
M. S. s'eſt propoſé dans ſon Diſcours de
montrer quelle a été l'origine de la Manoeuvre
, quels ont été les progrès de cet Art
& quels font les avantages qu'il procure.
Ce plan eſt fort judicieux & traité avec
gout. L'Orateur ne pouvoit choiſir une matiere
plus convenable. On ne ſçauroit trop
répéter aux jeunes gens qui ſe deſtinent
à la guerre , que leur métier ne confifte pas
foulement à eſſuyer des coups de fufil , que
E iij
101 MERCURE DE FRANCE.
c'eſt un Art qui exige des connoiffances &
des réfléxions , & qu'on ne peut y réuffir
que par une application conſtante.
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12859
p. 89-90
« Voici les quatre premiers vers d'un troisiéme Logogryphe que l'Auteur nous [...] »
Début :
Voici les quatre premiers vers d'un troisiéme Logogryphe que l'Auteur nous [...]
Mots clefs :
Logogriphe, Règles, Vers, Nom, Licence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Voici les quatre premiers vers d'un troisiéme Logogryphe que l'Auteur nous [...] »
Voici les quatre premiers vers d'un
troifiéme Logogryphe que l'Auteur nous
difpenfera d'inférer dans notre recueil.
Quatorze lettres en cinq membres renfermées
Me font une des villes les plus renommées.
Capitale d'un Empire Puiffant
Connue des anciens fous un nom différent.
Nous les citons exprès pour faire voir
à quel point on porte aujourd'hui l'oubli
des regles , & pour juftifier les plaintes
que nous avons faites à ce fujet dans le
fecond volume de Janvier . Nous fçavons
qu'une Enigme ou qu'unLogogryphe n'exi
90 MERCURE
DE FRANCE
.
pomgent
pas une exactitude
fcrupuleuſe
, mais
on doit au moins obferver la mefure . Souvent
on n'eft pas plus régulier pour des
piéces d'un gente plus élevé. On y rime
an hafard une profe des plus familieres
, & l'on lui donne fiérement
le nom de
Stances , quelquefois
même le titre
peux d'Ode. Le pis eft encore que cette
licence regne jufques dans des ouvrages
où brille d'ailleurs le vrai talent de la poéfie.
Nous fçavons qu'aux yeux de la raifon
une rime fauffe , ou une fyllabe de
trop ou de moins , font une petite taché , mais enfin c'en eft une ; & l'on eft d'autant
plus faché de la trouver dans de jolis
vers , qu'ils font faits
pour
& pour fervir de modele.
troifiéme Logogryphe que l'Auteur nous
difpenfera d'inférer dans notre recueil.
Quatorze lettres en cinq membres renfermées
Me font une des villes les plus renommées.
Capitale d'un Empire Puiffant
Connue des anciens fous un nom différent.
Nous les citons exprès pour faire voir
à quel point on porte aujourd'hui l'oubli
des regles , & pour juftifier les plaintes
que nous avons faites à ce fujet dans le
fecond volume de Janvier . Nous fçavons
qu'une Enigme ou qu'unLogogryphe n'exi
90 MERCURE
DE FRANCE
.
pomgent
pas une exactitude
fcrupuleuſe
, mais
on doit au moins obferver la mefure . Souvent
on n'eft pas plus régulier pour des
piéces d'un gente plus élevé. On y rime
an hafard une profe des plus familieres
, & l'on lui donne fiérement
le nom de
Stances , quelquefois
même le titre
peux d'Ode. Le pis eft encore que cette
licence regne jufques dans des ouvrages
où brille d'ailleurs le vrai talent de la poéfie.
Nous fçavons qu'aux yeux de la raifon
une rime fauffe , ou une fyllabe de
trop ou de moins , font une petite taché , mais enfin c'en eft une ; & l'on eft d'autant
plus faché de la trouver dans de jolis
vers , qu'ils font faits
pour
& pour fervir de modele.
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Résumé : « Voici les quatre premiers vers d'un troisiéme Logogryphe que l'Auteur nous [...] »
Le texte traite d'un logogryphe, un jeu littéraire composé de quatre vers, contenant quatorze lettres réparties en cinq mots. Ce logogryphe fait référence à une ville célèbre, capitale d'un puissant empire, connue des anciens sous un nom différent. L'auteur utilise cet exemple pour illustrer l'oubli des règles de la versification et justifier des critiques précédentes. Bien que les énigmes et logogryphes n'exigent pas une exactitude rigoureuse, il est essentiel de respecter la mesure. Le texte déplore également l'absence de régularité dans la rime, même dans des œuvres poétiques de qualité, où des rimes incorrectes ou des erreurs de syllabes sont fréquentes. Cette liberté est regrettable, surtout dans des œuvres servant de modèle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12860
p. 102
Traité Moral de la Charité Chrétienne, [titre d'après la table]
Début :
DE LA CHARITÉ CHRETIENNE envers le Prochain, & des diverses oeuvres [...]
Mots clefs :
Traité moral
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Traité Moral de la Charité Chrétienne, [titre d'après la table]
DE LA CHARITE' CHRETIENNE
envers le Prochain , & des diverſes oeuvres
de Mifericorde , Traité Moral , traduit de
l'Italien de M. MURATORI par M. DE
VERGY. Paris , 1745. 2 volumes in - 12 ,
chez Robuſtel , Imprimeur- Libraire
de la Calendre , près le Palais .
د
1
1
rue 1
Cet Ouvrage parut ily a quelques années
en Italie , & y fut reçu avec beaucoup d'applaudiſſemens.
L'Auteur Italien jouit d'une
grande réputation , & tient un rang diftingué
dans la République des Lettres.
fur
Le Traducteur François aſſure dans ſa
Préface que M. Muratori peſe tout au poids
du Sanctuaire ; qu'il n'avance rien qui ne ſoit
fondé sur la parole de Jesus-Christ
l'Evangile, qui n'ait étéenseigné par lesApotres
, & confirmé par l'exemple des plus
grands Saints , & qui ue soit appuyésur l'autorité
des Peres , &des plus celebres Théologiens
des Ecoles Catholiques.
Cet Expoſé fait l'éloge complet de cet
Ouvrage , dont nous rendrons un compte,
plus détaillé à nos Lecteurs dans un autre
volume,
envers le Prochain , & des diverſes oeuvres
de Mifericorde , Traité Moral , traduit de
l'Italien de M. MURATORI par M. DE
VERGY. Paris , 1745. 2 volumes in - 12 ,
chez Robuſtel , Imprimeur- Libraire
de la Calendre , près le Palais .
د
1
1
rue 1
Cet Ouvrage parut ily a quelques années
en Italie , & y fut reçu avec beaucoup d'applaudiſſemens.
L'Auteur Italien jouit d'une
grande réputation , & tient un rang diftingué
dans la République des Lettres.
fur
Le Traducteur François aſſure dans ſa
Préface que M. Muratori peſe tout au poids
du Sanctuaire ; qu'il n'avance rien qui ne ſoit
fondé sur la parole de Jesus-Christ
l'Evangile, qui n'ait étéenseigné par lesApotres
, & confirmé par l'exemple des plus
grands Saints , & qui ue soit appuyésur l'autorité
des Peres , &des plus celebres Théologiens
des Ecoles Catholiques.
Cet Expoſé fait l'éloge complet de cet
Ouvrage , dont nous rendrons un compte,
plus détaillé à nos Lecteurs dans un autre
volume,
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12861
p. 66-67
AUTRE.
Début :
Je sers à la magnificence ; [...]
Mots clefs :
Tapisserie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
E fers à la magnificence ;
F'embellis un féjour où régne l'opulence ;
A la Cour , à la Ville , on me trouve ailément
A la Campage rarement ;
Et jufque dans la rue
Deux fois , par chacun an , on m'expofe à la vucă
Je puis me partager en dix pieds feulement ;
En ma diffection on trouve un élément ;
Le nom de l'artifan , qui me met en uſage ;
Celui d'un autre & fon friand ouvrages
Un nom qu'on ne donne qu'au Roi ;
Un Dieu qui fut jadis une affez groffe bête
Un oifeau fort criard & qui nous rompt la tête $
Un crime puni par la loi ;
Une ancienne Ville en Provence';
Une autre qui n'a pas d'égale dans la France
Ce qu'il faut faire quand on doit ;
Aux avaresfurtout ce qui fait de la peine
Le nom du raviffeur d'Hélene ;
Un vafe dans lequel on boit ;
Ce qu'on donne au foldat à certains jours de mar
che;
Le lieu duquel fort le lait de la vaches
Un des fept péchés capitaux ;
Un fléau redoutable ; un état monarchiques
gloire et mesplaisirs aimable Dieu de
la tendresse , A- mour, cherti -
ran de mon coeur, laisse moi someiller
sans ceße , ou réalise mon bonheur.
Air, avec Accompag ? deGuitarre.
12
04
L'autre jour un songe agréable
02
04
SI- ris
me peignoit mon
Sen.
Tircis
sible à mes soupirs ; mais un réveil
impitoiable, finit en un instant ma
MAR S. 1761 .
Un écumeur de mer ; deux notes de Mufique ;
Une Ville où l'on prend de minérales eaux ;
Celai duquel on tient la vie ,
En Latin ainſi qu'en François
Le comparatifde mauvais ;
Le figne de la moquerie 3
Je t'offre encor le nom de cet adroit archer ,
Par qui le père d'Alexandre
Perdit un oeil, le nom d'une Ville de Flandre :
Mais c'en eft trop , Lecteur , c'eſt à toi de cherchera
E fers à la magnificence ;
F'embellis un féjour où régne l'opulence ;
A la Cour , à la Ville , on me trouve ailément
A la Campage rarement ;
Et jufque dans la rue
Deux fois , par chacun an , on m'expofe à la vucă
Je puis me partager en dix pieds feulement ;
En ma diffection on trouve un élément ;
Le nom de l'artifan , qui me met en uſage ;
Celui d'un autre & fon friand ouvrages
Un nom qu'on ne donne qu'au Roi ;
Un Dieu qui fut jadis une affez groffe bête
Un oifeau fort criard & qui nous rompt la tête $
Un crime puni par la loi ;
Une ancienne Ville en Provence';
Une autre qui n'a pas d'égale dans la France
Ce qu'il faut faire quand on doit ;
Aux avaresfurtout ce qui fait de la peine
Le nom du raviffeur d'Hélene ;
Un vafe dans lequel on boit ;
Ce qu'on donne au foldat à certains jours de mar
che;
Le lieu duquel fort le lait de la vaches
Un des fept péchés capitaux ;
Un fléau redoutable ; un état monarchiques
gloire et mesplaisirs aimable Dieu de
la tendresse , A- mour, cherti -
ran de mon coeur, laisse moi someiller
sans ceße , ou réalise mon bonheur.
Air, avec Accompag ? deGuitarre.
12
04
L'autre jour un songe agréable
02
04
SI- ris
me peignoit mon
Sen.
Tircis
sible à mes soupirs ; mais un réveil
impitoiable, finit en un instant ma
MAR S. 1761 .
Un écumeur de mer ; deux notes de Mufique ;
Une Ville où l'on prend de minérales eaux ;
Celai duquel on tient la vie ,
En Latin ainſi qu'en François
Le comparatifde mauvais ;
Le figne de la moquerie 3
Je t'offre encor le nom de cet adroit archer ,
Par qui le père d'Alexandre
Perdit un oeil, le nom d'une Ville de Flandre :
Mais c'en eft trop , Lecteur , c'eſt à toi de cherchera
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12862
p. 103-104
Seconde Edition du Dictionnaire Militaire, [titre d'après la table]
Début :
David jeune Libraire Quay des Augustins au Saint Esprit, vient de mettre en [...]
Mots clefs :
Militaires, Artillerie, Garde
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Seconde Edition du Dictionnaire Militaire, [titre d'après la table]
David le jeune Libraire Quay des Auguſtins
au Saint Eſprit , vient de mettre en
vente une ſeconde édition du Dictionaire
Militaire en deux volumes in 12 6 liv .
L'Auteur de cet Ouvrage ( c'eſt M. Delachenaye
) déja connu par plufieurs autres , a
entierement refondu la premiere édition
dans celui- ci , où les jeunes Militaires trouveront
l'arrangement de tous les termes ,
qui regardent la Tactique , le Génie , l'Artillerie
la Marine , la ſubſiſtance des
Troupes , & des détails hiſtoriques ſur l'origine
& la nature des différentes eſpéces ,
tant d'offices Militaires anciens & modernes ,
que des Armes , qui ont été en uſage dans
les differens tems de la Monarchie.
د
Ce Dictionaire eſt encore orné de la
Liſte de ceux qui ont occupé les premieres
charges Militaires. Par exemple ſous les noms
de Grand Sénéchal , de Connétable , de Maréchal
de France , de Porte - Oriflame , de
Grand maître des Arbaletriers , de Grand
maître d'Artillerie , d'Amiral , de Colonel
Général de l'Infanterie , de Colonel Général
de la Cavalerie , on trouve le nom des
Seigneurs , qui ont été ſucceſſivement jufques
à aujourd'hui revétus de ces charges.
Aux Articles de Gardes du Corps , Gendarmes
de la Garde , Chevaux Legers
Mouſquetaires du Roy , Grenadiers à che-
Enj
104 MERCURE DE FRANCE.
val , Gendarmes ,Gardes Françoiſes , Gardes
Suiſſes . On trouve auſſi la Liſte de ceux
qui ont commandé ces differentes compagnies
, &les deux Régimens , deſtinés à la
Garde de nos Rois.
Un plus ample détail fur ce Dictionnaire
ſeroit inutile. L'Officier d'Infanterie , de Cavalerie
, de Genie , d'Artillerie , de Marine,
& les Employés dans les vivres, chacun,comme
le dit l'Auteur dans ſa Préface, ytrouvera
tout ce qui eſt de ſon metier , les anciens
Officiers , ceux même qui n'ont pas pris le
parti des armes , & les jeunes gens qui y
ſont deſtinés , peuvent s'y inſtruire , & s'y
amuſer agréablement.
au Saint Eſprit , vient de mettre en
vente une ſeconde édition du Dictionaire
Militaire en deux volumes in 12 6 liv .
L'Auteur de cet Ouvrage ( c'eſt M. Delachenaye
) déja connu par plufieurs autres , a
entierement refondu la premiere édition
dans celui- ci , où les jeunes Militaires trouveront
l'arrangement de tous les termes ,
qui regardent la Tactique , le Génie , l'Artillerie
la Marine , la ſubſiſtance des
Troupes , & des détails hiſtoriques ſur l'origine
& la nature des différentes eſpéces ,
tant d'offices Militaires anciens & modernes ,
que des Armes , qui ont été en uſage dans
les differens tems de la Monarchie.
د
Ce Dictionaire eſt encore orné de la
Liſte de ceux qui ont occupé les premieres
charges Militaires. Par exemple ſous les noms
de Grand Sénéchal , de Connétable , de Maréchal
de France , de Porte - Oriflame , de
Grand maître des Arbaletriers , de Grand
maître d'Artillerie , d'Amiral , de Colonel
Général de l'Infanterie , de Colonel Général
de la Cavalerie , on trouve le nom des
Seigneurs , qui ont été ſucceſſivement jufques
à aujourd'hui revétus de ces charges.
Aux Articles de Gardes du Corps , Gendarmes
de la Garde , Chevaux Legers
Mouſquetaires du Roy , Grenadiers à che-
Enj
104 MERCURE DE FRANCE.
val , Gendarmes ,Gardes Françoiſes , Gardes
Suiſſes . On trouve auſſi la Liſte de ceux
qui ont commandé ces differentes compagnies
, &les deux Régimens , deſtinés à la
Garde de nos Rois.
Un plus ample détail fur ce Dictionnaire
ſeroit inutile. L'Officier d'Infanterie , de Cavalerie
, de Genie , d'Artillerie , de Marine,
& les Employés dans les vivres, chacun,comme
le dit l'Auteur dans ſa Préface, ytrouvera
tout ce qui eſt de ſon metier , les anciens
Officiers , ceux même qui n'ont pas pris le
parti des armes , & les jeunes gens qui y
ſont deſtinés , peuvent s'y inſtruire , & s'y
amuſer agréablement.
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12863
p. 104-105
Traité des subsistances Militaires, [titre d'après la table]
Début :
LE TRAITÉ des Subsistances Militaires que M. Dupré d'Aulnay, Commissaire des [...]
Mots clefs :
Service des vivres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Traité des subsistances Militaires, [titre d'après la table]
LE TRAITE' des Subſiſtances Militaires que
M. Dupré d'Aulnay , Commiſſaire des
Guerres ancien Directeur Général des
vivres , a donné au Public a été reçû
très favorablement par rapport aux principes
qu'il a établis après trente années
d'experiences fur une matiere ſi interefſante
pour le ſervice du Roi.
د
CeTraité eſt regardé comme très utile pour
la fureté du ſervice des Troupes , & pour
les Munitionnaires & leurs Employés , auxquels
il preſcrit les regles d'une bonne adminiſtration
dans toutes les parties des entrepriſes
des vivres , des fourages , de la viande ,
DECEMBRE. 1744. 105
des Hôpitaux & des équipages. Il contient
des inftructions très - circonstanciées pour
chaque forte d'Employés ; il découvre les
voyes détournées & illicites que les Entrepreneurs
& leurs Commis ont mis en uſage
pour ſe procurer des bénéfices indirects.
Les Intendans & les Commiſſaires des
Guerres trouveront dans ce que l'Auteur a
tracé , les moyens de prévenir & remedier à
ces abus. Les Majors des Régimens y trouveront
auſſi des obſervations utiles aux
details dont ils font chargés .
Ce Traité dedié à M. le Comte Dargenfon
Miniſtre & Sécretaire d'Etat
au département de la Guerre , forme
un volume in quarto , il eſt enrichi de
vignettes , & de pluſieurs plans relatifs au
ſervice des vivres à l'armée. Il ſe vend chez
Prault le Pere ſous le Quai de Geſvres .
M. Dupré d'Aulnay , Commiſſaire des
Guerres ancien Directeur Général des
vivres , a donné au Public a été reçû
très favorablement par rapport aux principes
qu'il a établis après trente années
d'experiences fur une matiere ſi interefſante
pour le ſervice du Roi.
د
CeTraité eſt regardé comme très utile pour
la fureté du ſervice des Troupes , & pour
les Munitionnaires & leurs Employés , auxquels
il preſcrit les regles d'une bonne adminiſtration
dans toutes les parties des entrepriſes
des vivres , des fourages , de la viande ,
DECEMBRE. 1744. 105
des Hôpitaux & des équipages. Il contient
des inftructions très - circonstanciées pour
chaque forte d'Employés ; il découvre les
voyes détournées & illicites que les Entrepreneurs
& leurs Commis ont mis en uſage
pour ſe procurer des bénéfices indirects.
Les Intendans & les Commiſſaires des
Guerres trouveront dans ce que l'Auteur a
tracé , les moyens de prévenir & remedier à
ces abus. Les Majors des Régimens y trouveront
auſſi des obſervations utiles aux
details dont ils font chargés .
Ce Traité dedié à M. le Comte Dargenfon
Miniſtre & Sécretaire d'Etat
au département de la Guerre , forme
un volume in quarto , il eſt enrichi de
vignettes , & de pluſieurs plans relatifs au
ſervice des vivres à l'armée. Il ſe vend chez
Prault le Pere ſous le Quai de Geſvres .
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12864
p. 105-109
Histoire Générale d'Allemagne par le R. P. Barre in 4o. 10 vol.
Début :
On nous promet incessament une Histoire Générale d'Allemagne avant & depuis l'établissement [...]
Mots clefs :
Ouvrage, Allemagne, Histoire, Empire, Projet, Cartes géographiques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire Générale d'Allemagne par le R. P. Barre in 4o. 10 vol.
Histoire Générale d'Allemagne par le R. P.
Barre in 40. 10 vol.
On nous promet inceſſament une Hiſtoire
Générale d'Allemagne avant & depuis l'établiſſement
de l'Empire juſqu'à l'Empereur
à préſent regnant , enrichie de notes hiftoriques
, & critiques , de differtations ſur les
points importans , de Généalogies des plus
il luftres maiſons . & de Cartes Géographiques
avec des vignettes & autres Gravures
Ev
106 MERCURE DE FRANCE.
en taille douce 10 vol. in 48. à Paris chez
Charles-Jean-Baptiste Deleſpine , & Jean-
Thomas Heriffant, Libraires, ruë S. Jacques.
Cet ouvrage eſt un morceau d'autant plus
intéreſſant que juſqu'à préſent nous n'avons
encore rien eu de fatisfaiſant fur cette matiere
; car on ne doit point regarder comme
Hiſtoire d'Allemagne , ce que Heiff nous a
donné. Son ouvrage eſt ſi informe , & fi peu
exact , qu'il ne peut être d'aucune utilité. Ce
n'eſt pas cependant qu'on ait manqué de
fecours pour traiter un ſujet ſi important ;
Il y a des ſources abondantes d'où l'on peut
tirer les connoiffances néceſſaires pour réuffir.
Mais cette même abondance a fans
doute rebuté juſqu'à preſent ceux qui auroient
pû tenter cette entrepriſe avec un
certain fuccès. En effet il faut convenir que
la multitude des Auteurs qu'on est obligé de
lire , & la quantité des receuils qu'il eſt néceſſairede
conſulter ſur un ſujet ſi vaſte font
autant d'obstacles effrayans qu'il n'eſt pas
facile de ſurmonter.
Le P. Barre Chanoine Régulier a eû
le courage de vaincre toutes les difficultés .
Ilalu , dit-il dans ſon projet, tous les Ecrivans
qui ont parlé de l'Allemagne en quelque
langue qu'ils ayent écrit : il a examiné attentivement
les immenfes recueils deMeſſieurs
Leibnitz , Luniz , Lidewig , Muratori , Græ-
1
DECEMBRE . 1744. 167
vius ,& toutes les autres collections qui ont
paru depuis celle de Jean Hervage publiée
en 1552. on voit qu'il a fallu du tems pour
une lecture de cette étendue , auffi lui at'elle
couté près de vingt-ans d'un travail
affidu dont il va enfin receuillir le fruit. S'il
regne dans le corps de l'ouvrage autant d'exactitude
, d'élegance &de préciſion que dans le
projet , il eſt à préſumer que les lecteurs les
plus difficiles auront lieu d'être contents.
On voit par le ſeul titre , que cet Auteur
prétend donner beaucoup d'étendue à ſon
Hiſtoire : le projet annonce qu'il doit remonter
juſqu'aux tems les plus reculés , & porter
la lumiere dans les tenebres méme de
l'antiquité , pour nous faire connoître la
premiere origine des Peuples Allemans.
Ces recherches plairont beaucoup fans
doute à nos Sçavans , peut-être auſſi ſeront-
elles du gout de ceux même qui ne
cherchent qu'à amuſer leur curiofité. Mais de
quelque façon que les commencemens ſoient
traités , je crois qu'on trouvera bien plusd'agremens
lorſqu'on ſera parvenu au tems de
Charlemagne , on verra le détail des differens
évenemens qui ont agité l'Empire ſous le
Regne de ce Prince , les révolutions qui
arriverent après ſa mort , les diviſions entre
les Princes d'Allemagne , & les ſecouffes
violentes qui ébranlent à diverſes repriſes le
Evj
108 MERCURE DE FRANCE.
corps de l'Empire , l'établiſſement de ſon
gouvernement tel que nous le voyons aujourd'hui
; les intérêts des differentes maiſons
qui ont poffedé cette couronne , & les mouvemens
qu'ils ont occaſionnés dans l'Empire.
Tout cela forme la matiere d'un long &
penible ouvrage dont l'exécution ſemble
exiger de la part du Public beaucoup de
reconnoiffance pour le ſavant Auteur qui
s'eſt chargé de cetravail difficile.
Si les Libraires tiennent la parole qu'ils
donnent à la fin du projet par rapport au
materiel de l'ouvrage , je veux dire le papier
& l'impreffion , on peut affurer que cette
Hiſtoire ſera une des plus belles éditions que
nous ayons eues depuis long-tems ; & peutêtreune
des moins couteuſes pour ceux qui
veulent s'en aſſurer davance des exemplaires.
Cet ouvrage de dix vol. in-4.. dont chaque
volume contiendra 750 pages & plus , ne
reviendra qu'à 72 liv. en feuilles dont on
paye 36 liv. en ſouſcrivant & les 36 liv.
reſtant en recevant les 10 vol. le prix eft
modique ent oi-même , mais il l'eſt biendavantage
ſi l'on fait reflexion que les volumes
déja confidérables par la matiere qui y eſt
traitée , feront enrichis de vignettes
Cartes Géographiques , de Plans de Batailles ,
en un mot de tous les agremens que lamain
d'un Artiſte habile & intelligent peut préter
de
DECEMBRE. 1744. 109
àune ouvrage pour la perfection duquel on
n'a voulu rien épargner.
Barre in 40. 10 vol.
On nous promet inceſſament une Hiſtoire
Générale d'Allemagne avant & depuis l'établiſſement
de l'Empire juſqu'à l'Empereur
à préſent regnant , enrichie de notes hiftoriques
, & critiques , de differtations ſur les
points importans , de Généalogies des plus
il luftres maiſons . & de Cartes Géographiques
avec des vignettes & autres Gravures
Ev
106 MERCURE DE FRANCE.
en taille douce 10 vol. in 48. à Paris chez
Charles-Jean-Baptiste Deleſpine , & Jean-
Thomas Heriffant, Libraires, ruë S. Jacques.
Cet ouvrage eſt un morceau d'autant plus
intéreſſant que juſqu'à préſent nous n'avons
encore rien eu de fatisfaiſant fur cette matiere
; car on ne doit point regarder comme
Hiſtoire d'Allemagne , ce que Heiff nous a
donné. Son ouvrage eſt ſi informe , & fi peu
exact , qu'il ne peut être d'aucune utilité. Ce
n'eſt pas cependant qu'on ait manqué de
fecours pour traiter un ſujet ſi important ;
Il y a des ſources abondantes d'où l'on peut
tirer les connoiffances néceſſaires pour réuffir.
Mais cette même abondance a fans
doute rebuté juſqu'à preſent ceux qui auroient
pû tenter cette entrepriſe avec un
certain fuccès. En effet il faut convenir que
la multitude des Auteurs qu'on est obligé de
lire , & la quantité des receuils qu'il eſt néceſſairede
conſulter ſur un ſujet ſi vaſte font
autant d'obstacles effrayans qu'il n'eſt pas
facile de ſurmonter.
Le P. Barre Chanoine Régulier a eû
le courage de vaincre toutes les difficultés .
Ilalu , dit-il dans ſon projet, tous les Ecrivans
qui ont parlé de l'Allemagne en quelque
langue qu'ils ayent écrit : il a examiné attentivement
les immenfes recueils deMeſſieurs
Leibnitz , Luniz , Lidewig , Muratori , Græ-
1
DECEMBRE . 1744. 167
vius ,& toutes les autres collections qui ont
paru depuis celle de Jean Hervage publiée
en 1552. on voit qu'il a fallu du tems pour
une lecture de cette étendue , auffi lui at'elle
couté près de vingt-ans d'un travail
affidu dont il va enfin receuillir le fruit. S'il
regne dans le corps de l'ouvrage autant d'exactitude
, d'élegance &de préciſion que dans le
projet , il eſt à préſumer que les lecteurs les
plus difficiles auront lieu d'être contents.
On voit par le ſeul titre , que cet Auteur
prétend donner beaucoup d'étendue à ſon
Hiſtoire : le projet annonce qu'il doit remonter
juſqu'aux tems les plus reculés , & porter
la lumiere dans les tenebres méme de
l'antiquité , pour nous faire connoître la
premiere origine des Peuples Allemans.
Ces recherches plairont beaucoup fans
doute à nos Sçavans , peut-être auſſi ſeront-
elles du gout de ceux même qui ne
cherchent qu'à amuſer leur curiofité. Mais de
quelque façon que les commencemens ſoient
traités , je crois qu'on trouvera bien plusd'agremens
lorſqu'on ſera parvenu au tems de
Charlemagne , on verra le détail des differens
évenemens qui ont agité l'Empire ſous le
Regne de ce Prince , les révolutions qui
arriverent après ſa mort , les diviſions entre
les Princes d'Allemagne , & les ſecouffes
violentes qui ébranlent à diverſes repriſes le
Evj
108 MERCURE DE FRANCE.
corps de l'Empire , l'établiſſement de ſon
gouvernement tel que nous le voyons aujourd'hui
; les intérêts des differentes maiſons
qui ont poffedé cette couronne , & les mouvemens
qu'ils ont occaſionnés dans l'Empire.
Tout cela forme la matiere d'un long &
penible ouvrage dont l'exécution ſemble
exiger de la part du Public beaucoup de
reconnoiffance pour le ſavant Auteur qui
s'eſt chargé de cetravail difficile.
Si les Libraires tiennent la parole qu'ils
donnent à la fin du projet par rapport au
materiel de l'ouvrage , je veux dire le papier
& l'impreffion , on peut affurer que cette
Hiſtoire ſera une des plus belles éditions que
nous ayons eues depuis long-tems ; & peutêtreune
des moins couteuſes pour ceux qui
veulent s'en aſſurer davance des exemplaires.
Cet ouvrage de dix vol. in-4.. dont chaque
volume contiendra 750 pages & plus , ne
reviendra qu'à 72 liv. en feuilles dont on
paye 36 liv. en ſouſcrivant & les 36 liv.
reſtant en recevant les 10 vol. le prix eft
modique ent oi-même , mais il l'eſt biendavantage
ſi l'on fait reflexion que les volumes
déja confidérables par la matiere qui y eſt
traitée , feront enrichis de vignettes
Cartes Géographiques , de Plans de Batailles ,
en un mot de tous les agremens que lamain
d'un Artiſte habile & intelligent peut préter
de
DECEMBRE. 1744. 109
àune ouvrage pour la perfection duquel on
n'a voulu rien épargner.
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12865
p. 109-115
LES ELEMENTS de la Medecine pratique &c. par M. Bouillet, correspondant de l'Academie Royale des Sciences &c. A Beziers 1744.
Début :
C'est aux gens versés dans la connoissance de la Medecine qu'il appartient de juger du [...]
Mots clefs :
Maladies, Médecine, Pratique, Hippocrate, Règles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES ELEMENTS de la Medecine pratique &c. par M. Bouillet, correspondant de l'Academie Royale des Sciences &c. A Beziers 1744.
LES ELEMENS de la Medecine pratique
&c. par M. Bouillet , correspondant de
l'Academie Royale des Sciences &c. A
Beziers 1744.
C'eſt aux gens verſés dans la connoiſſance
de la Medecine qu'il appartient de juger du
mérite de ce livre , & c'eſt d'après eux que
nous dirons que M. Bouillet a fait au Public
un préſent d'un grand prix , en lui donnant
cesElemens de Medecine.
L'Auteur a emprunté d'Hyppocrate les
regles fondamentales de la Pratique , & les
premiers principes de la Théorie. C'eſt une
choſe remarquable,qu'Hyppocrate & Galien
font encore les oracles de la Medecine :
ils font les ſeuls parmi les anciens Phyſiciens ,
dont la réputation ait refifté à l'injure des
tems , les autres ont été obligés de ceder leur
autorité à de nouveaux venus dont les
fiftèmes ont été renverſés à leur tour pardes
Sçavans plus modernes. C'eſt ainſi que Defcartes
après avoir araché le ſceptre de la Phi
loſophie des mains d'Ariftote a été lui
même ſuplanté par Neuton , dont ſuivant les
apparences le regne ne ſera pas éternel .
M.Bouillet commence pardonner d'après
fro MERCURE DE FRANC
1
Hyppocrateune idée de la Medecine , & des
devoirs effentiels auxquels cet Art oblig:
ceux qui en font profeſſion.
On voit par les efforts que fait Hyppo.
crate pour relever l'excellence de fon art,
que de ſon tems il y avoit déja des incrédules
en Medecine. M. Bouillet fait enfuite
l'énumeration des maladies qui ſe préſentent
le plus ſouvent. Il indique les voies par lefquelles
ces maladies ont coutume de ſe terminer
: il raporte les regles générales qu'Hyppocrate
a propofées , ſoit pour conferver la
ſanté , ſoit pour traiter les maladies ; c'eſt là
deſſus que roule la premiere partie des
Elemens.
Ce ne font là que des notions générales
& préliminaires , & qui ſuppoſent même un
grand nombre d'autres connoiſſances ; mais
elles ſuffiront fans doute à un jeune Medecin
qui ſçait l'Anatomie , la Matiere Medicale ,
& toutes les autres parties des Inſtitutions
qu'on enſeigne dans les Univerſités . D'ailleurs
M. Bouillet ne prétend pas renfermer toute
la Medecine dans fon livre , ni diſpenſer
ceux qu'il inſtruit de ſe donner la peine de
conſulter les Auteurs qui ont traité expreffement
toutes ces matieres & qui ont été
indiqués dans ces élemens.
Dans la ſeconde partie , on donne une
idée génerale de l'economie animale , & des
DECEMBRE. 1744. 111
cauſes des maladies d'après M. Helvetius
On a inferé une diſſertation de M. Stahl fur
la Theorie & la pratique des maladies les
plus ordinaires à chaque âge. Ce font encore
des notions génerales ; un jeune Medecin
•doit en être inſtruit , s'il veut être en état de
penetrer les cauſes d'une infinité de cas particuliers
, & d'y aporter les remedes convenables.
C'eſt dans les deux Auteurs que l'on
vient de citer , & dans pluſieurs autres que
M. B. indique à la fin de cette ſeconde
partie , que les jeunes étudians doivent
prendre des vues qui embraſſent le traitement
de toutes les maladies pour tous les
âges , pour tous les ſexes & pour tous les
climats du monde.
On trouve dans la troiſieme partie une
expoſition des maladies qui arriverent en
Grece pendant quelques années du tems
d'Hyppocrate , & de celles qui furent les
plus communes à Paris du tems de M.
Baillon , ſçavant Medecin de l'Ecole de
Paris , qui vivoit vers la fin du ſeiziéme
fiécle.
On voit d'abord que malgré la diſtance
des tems , & la diférence des climats , les
mêmes maladies ont preſque toujours regné ;
on voit auſſi dansHyppocrate les efforts que la
nature abandonnée à elle même,ou fans autre
ſecours , que celui d'un régime convenable ,
112 MERCURE DE FRANCE.
faiſoit dans des tems déterminés , pour ſe
delivrer des maladies dont elle étoit accablée ,
d'où l'on doit inferer les regles qu'il faut
ſuivre pour l'aider en pareilcas ; & c'eft ce
que fit ſans doute Hyppocrate. Enfin on voit
dans Ballonius (c'eſt le nom latiniſé de M.
Baillon ) les efforts que faiſoit de ſon tems
laMedecine , pour ſe mettre ſur les pas de la
nôtre , pour en imiter les démarches , &
pour établir des regles ſures de pratique.
Si l'on joint à ce que rapporte M. B.
d'Hyppocrate , & de Ballonius , les autres
Auteurs qu'il a indiqués à la fin de cette
partie , ou du moins ce que nous ont donné
Riviere , Sydenham & Chirac , on prendra
une notion aſſez étendue de la Medecine
pratique depuis fon infancejuſqu'au point où
elle eſt parvenue aujourd'hui. M. Bouillet
appelle ce point, lepoint de perfection
doit excuſer un ſi ſcavant homme dètre un
peu prevenu en faveur de fon art.
,
& on
Juſqu'à préſent M. B. n'a paru que comme
un compilateur , qui conſacre à l'utilité publique
des veilles penibles & des recherches
laborieuſes. It devient auteur dans la quatriéme
partie qui eſt la plus étendue , & n'eſt
pas la moins curieaſe de ſon livre. Il expoſe
les maladies qui ont été les plus communes
dans la ville de Befiers depuis 1730. julqu'en
1742, & il rapporte la maniere dont
DECEMBRE. 1744. IFZ
elles ont été traitées. Il parle d'abord de la
temperature du climat de Befiers , & après
avoir donné une idée générale des maladies
qui y font les plus frequentes , & des cauſes
évidentes , qui ont paru avoir le plus de part
dans la production de ces maladies , il
déſcend dans un détail peu intereſſant peutêtre
pour des gens qui ne cherchent en lifant
que l'avantage de connoître ſuperficiellement
la matiere qu'ils étudient , & de pouvoir en
paroître inſtruits ſans l'avoir aprofondie
mais qui est néceſſaire pour de jeunes Medecins
; les faits & les exemples inſtruiſent
mieux & en moins de tems que les préceptes ,
fur tout quand on a une teinture des principes.
Quelle obligation les jeunes Medecins
n'ont- ils pas à M. B. qui leur prête ainſi 12
ans d'expérience ! quel dommage que cet
habile Obfervateur n'ait pas paru furun
Theâtre où il auroit pû multiplier davantage
ſes utiles obſervations ! S'il eſt un moyen
pour avancer la Medecine , c'eſt ſans doute
celui que M. Bouillet a pris. Mais malheureuſement
les Medecins occupés de leur fortune
plus que de leurArt , pratiquent la
Medecine plus-tôt qu'ils ne la cultivent. Ils
dédaignent d'employer à s'inſtruire
éclairer le Public , un tems précieux que
les Particuliers payent au poids de l'or. Cependant
ſi Meſſieurs Silva , Dumoulins ,
Vernuage avoient suivi la methodedeî\k
Bouilletjfi ces sçavans Medecins avoient con.
servé l'histoire du grand nombre de cas singuliers
dont ils ont été témoins,s'ils avoient"
joints à ce détail leurs judicieuses reflexions
sur les ressemblances qu'ils ont trouvées entre 4 des maladies fort différentes entr'elles
,
sur
les differences qu'on remarque entre des
maladies qui paroissentd'ailleurssemblables
quels , avantages le Public ne retirerait-il pas
de ces collections ?
Après avoir rendu justice à l'étendue des
connoissances de M. Bouillet, & au mérite
de son Ouvrage,nous lui demanderons
la permission d'être d'un avis contraire au
sien sur l'unité de la pratique qu'il voudroit
introduire dans tous les climats de la terre.
Il prévoitdit - il , que la mode&le préjugé
s'y oposeront:mais ce ne fera ni la mode ni
le préjugé, ce fera la raison & l'expérience
Celse l'a dit dans la préface de son livre
de Medicinâ
,
differe pro naturâ locorum
généra medicinoe&aliud opus ejJè J('lnil. aliud
in «y£gypto, aliud in Galliis.
Le traitement doit même être différent
suivant la différence des conditions, parce
que la différente façon de vivre produit
nécessairement des constitutions très peu
semblables.Qui doute qu'il ne faille traiter un
Paysan robustle autrement qu'un Courtifan
extenué par les excès? Au reste nousn'aurions
pas osé combattre Je sentimentde
M. Bouillet, & il auroit été une autorité
pour nous, si nous n'avions eu à lui oposer
le suffrage de Celse qui est un Adversaire
digne delui
&c. par M. Bouillet , correspondant de
l'Academie Royale des Sciences &c. A
Beziers 1744.
C'eſt aux gens verſés dans la connoiſſance
de la Medecine qu'il appartient de juger du
mérite de ce livre , & c'eſt d'après eux que
nous dirons que M. Bouillet a fait au Public
un préſent d'un grand prix , en lui donnant
cesElemens de Medecine.
L'Auteur a emprunté d'Hyppocrate les
regles fondamentales de la Pratique , & les
premiers principes de la Théorie. C'eſt une
choſe remarquable,qu'Hyppocrate & Galien
font encore les oracles de la Medecine :
ils font les ſeuls parmi les anciens Phyſiciens ,
dont la réputation ait refifté à l'injure des
tems , les autres ont été obligés de ceder leur
autorité à de nouveaux venus dont les
fiftèmes ont été renverſés à leur tour pardes
Sçavans plus modernes. C'eſt ainſi que Defcartes
après avoir araché le ſceptre de la Phi
loſophie des mains d'Ariftote a été lui
même ſuplanté par Neuton , dont ſuivant les
apparences le regne ne ſera pas éternel .
M.Bouillet commence pardonner d'après
fro MERCURE DE FRANC
1
Hyppocrateune idée de la Medecine , & des
devoirs effentiels auxquels cet Art oblig:
ceux qui en font profeſſion.
On voit par les efforts que fait Hyppo.
crate pour relever l'excellence de fon art,
que de ſon tems il y avoit déja des incrédules
en Medecine. M. Bouillet fait enfuite
l'énumeration des maladies qui ſe préſentent
le plus ſouvent. Il indique les voies par lefquelles
ces maladies ont coutume de ſe terminer
: il raporte les regles générales qu'Hyppocrate
a propofées , ſoit pour conferver la
ſanté , ſoit pour traiter les maladies ; c'eſt là
deſſus que roule la premiere partie des
Elemens.
Ce ne font là que des notions générales
& préliminaires , & qui ſuppoſent même un
grand nombre d'autres connoiſſances ; mais
elles ſuffiront fans doute à un jeune Medecin
qui ſçait l'Anatomie , la Matiere Medicale ,
& toutes les autres parties des Inſtitutions
qu'on enſeigne dans les Univerſités . D'ailleurs
M. Bouillet ne prétend pas renfermer toute
la Medecine dans fon livre , ni diſpenſer
ceux qu'il inſtruit de ſe donner la peine de
conſulter les Auteurs qui ont traité expreffement
toutes ces matieres & qui ont été
indiqués dans ces élemens.
Dans la ſeconde partie , on donne une
idée génerale de l'economie animale , & des
DECEMBRE. 1744. 111
cauſes des maladies d'après M. Helvetius
On a inferé une diſſertation de M. Stahl fur
la Theorie & la pratique des maladies les
plus ordinaires à chaque âge. Ce font encore
des notions génerales ; un jeune Medecin
•doit en être inſtruit , s'il veut être en état de
penetrer les cauſes d'une infinité de cas particuliers
, & d'y aporter les remedes convenables.
C'eſt dans les deux Auteurs que l'on
vient de citer , & dans pluſieurs autres que
M. B. indique à la fin de cette ſeconde
partie , que les jeunes étudians doivent
prendre des vues qui embraſſent le traitement
de toutes les maladies pour tous les
âges , pour tous les ſexes & pour tous les
climats du monde.
On trouve dans la troiſieme partie une
expoſition des maladies qui arriverent en
Grece pendant quelques années du tems
d'Hyppocrate , & de celles qui furent les
plus communes à Paris du tems de M.
Baillon , ſçavant Medecin de l'Ecole de
Paris , qui vivoit vers la fin du ſeiziéme
fiécle.
On voit d'abord que malgré la diſtance
des tems , & la diférence des climats , les
mêmes maladies ont preſque toujours regné ;
on voit auſſi dansHyppocrate les efforts que la
nature abandonnée à elle même,ou fans autre
ſecours , que celui d'un régime convenable ,
112 MERCURE DE FRANCE.
faiſoit dans des tems déterminés , pour ſe
delivrer des maladies dont elle étoit accablée ,
d'où l'on doit inferer les regles qu'il faut
ſuivre pour l'aider en pareilcas ; & c'eft ce
que fit ſans doute Hyppocrate. Enfin on voit
dans Ballonius (c'eſt le nom latiniſé de M.
Baillon ) les efforts que faiſoit de ſon tems
laMedecine , pour ſe mettre ſur les pas de la
nôtre , pour en imiter les démarches , &
pour établir des regles ſures de pratique.
Si l'on joint à ce que rapporte M. B.
d'Hyppocrate , & de Ballonius , les autres
Auteurs qu'il a indiqués à la fin de cette
partie , ou du moins ce que nous ont donné
Riviere , Sydenham & Chirac , on prendra
une notion aſſez étendue de la Medecine
pratique depuis fon infancejuſqu'au point où
elle eſt parvenue aujourd'hui. M. Bouillet
appelle ce point, lepoint de perfection
doit excuſer un ſi ſcavant homme dètre un
peu prevenu en faveur de fon art.
,
& on
Juſqu'à préſent M. B. n'a paru que comme
un compilateur , qui conſacre à l'utilité publique
des veilles penibles & des recherches
laborieuſes. It devient auteur dans la quatriéme
partie qui eſt la plus étendue , & n'eſt
pas la moins curieaſe de ſon livre. Il expoſe
les maladies qui ont été les plus communes
dans la ville de Befiers depuis 1730. julqu'en
1742, & il rapporte la maniere dont
DECEMBRE. 1744. IFZ
elles ont été traitées. Il parle d'abord de la
temperature du climat de Befiers , & après
avoir donné une idée générale des maladies
qui y font les plus frequentes , & des cauſes
évidentes , qui ont paru avoir le plus de part
dans la production de ces maladies , il
déſcend dans un détail peu intereſſant peutêtre
pour des gens qui ne cherchent en lifant
que l'avantage de connoître ſuperficiellement
la matiere qu'ils étudient , & de pouvoir en
paroître inſtruits ſans l'avoir aprofondie
mais qui est néceſſaire pour de jeunes Medecins
; les faits & les exemples inſtruiſent
mieux & en moins de tems que les préceptes ,
fur tout quand on a une teinture des principes.
Quelle obligation les jeunes Medecins
n'ont- ils pas à M. B. qui leur prête ainſi 12
ans d'expérience ! quel dommage que cet
habile Obfervateur n'ait pas paru furun
Theâtre où il auroit pû multiplier davantage
ſes utiles obſervations ! S'il eſt un moyen
pour avancer la Medecine , c'eſt ſans doute
celui que M. Bouillet a pris. Mais malheureuſement
les Medecins occupés de leur fortune
plus que de leurArt , pratiquent la
Medecine plus-tôt qu'ils ne la cultivent. Ils
dédaignent d'employer à s'inſtruire
éclairer le Public , un tems précieux que
les Particuliers payent au poids de l'or. Cependant
ſi Meſſieurs Silva , Dumoulins ,
Vernuage avoient suivi la methodedeî\k
Bouilletjfi ces sçavans Medecins avoient con.
servé l'histoire du grand nombre de cas singuliers
dont ils ont été témoins,s'ils avoient"
joints à ce détail leurs judicieuses reflexions
sur les ressemblances qu'ils ont trouvées entre 4 des maladies fort différentes entr'elles
,
sur
les differences qu'on remarque entre des
maladies qui paroissentd'ailleurssemblables
quels , avantages le Public ne retirerait-il pas
de ces collections ?
Après avoir rendu justice à l'étendue des
connoissances de M. Bouillet, & au mérite
de son Ouvrage,nous lui demanderons
la permission d'être d'un avis contraire au
sien sur l'unité de la pratique qu'il voudroit
introduire dans tous les climats de la terre.
Il prévoitdit - il , que la mode&le préjugé
s'y oposeront:mais ce ne fera ni la mode ni
le préjugé, ce fera la raison & l'expérience
Celse l'a dit dans la préface de son livre
de Medicinâ
,
differe pro naturâ locorum
généra medicinoe&aliud opus ejJè J('lnil. aliud
in «y£gypto, aliud in Galliis.
Le traitement doit même être différent
suivant la différence des conditions, parce
que la différente façon de vivre produit
nécessairement des constitutions très peu
semblables.Qui doute qu'il ne faille traiter un
Paysan robustle autrement qu'un Courtifan
extenué par les excès? Au reste nousn'aurions
pas osé combattre Je sentimentde
M. Bouillet, & il auroit été une autorité
pour nous, si nous n'avions eu à lui oposer
le suffrage de Celse qui est un Adversaire
digne delui
Fermer
12866
p. 159-166
AVIS de la Société des CONCILIATEURS, sur le Mémoire de M. de PARCIEUX, pour conduire l'Eau de l'YVETTE à Paris.
Début :
APRÉS la lecture d'une Description de la Place de LOUIS XV, insérée [...]
Mots clefs :
Eaux , Rivière, Goût, Faveur, Mémoire, Seine
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texteReconnaissance textuelle : AVIS de la Société des CONCILIATEURS, sur le Mémoire de M. de PARCIEUX, pour conduire l'Eau de l'YVETTE à Paris.
AVIS de la Société des CONCILIATEURS
, fur le Mémoire de M. de
PARCIEUX , pour conduire l'Eau
de l'YVETTE à Paris.
APRÉS la lecture d'une Deſcription
"
de la Place de LOUIS XV , inférée
dans le précédent Mercure on s'eft
demandé d'où l'on pourroit tirer l'eau
néceffaire aux deux Fontaines qui doi-,
vent entrer dans la décoration de cette
Place ?
Les différens moyens qui ont été difcu
tés pour remplir cet objet , n'ayant préfenté
que des difficultés & des dépenfes
confidérables ; un de nos Affociés , qui
a des connoiffances fur l'Hydrauilque ,
avança que l'exécution du Projet conté
nu dans le Mémoire de M. de Parcieux
en procurant à la Ville de Paris mille
douze cens pouces d'eau , qui pourroient
160 MERCURE DE FRANCE.
être diftribués dans tous les quartiers ,
rempliroit facilement les vues de magnificence
& d'agrément que l'on s'eft
propofées pour la Place de Louis XV
en y projettant la conftruction de ces
deux Fontaines..
On applaudiffoit unanimement à cette
idée , lorfqu'un d'entre nous , que
la
fortune a mis en état de fatisfaire fon inclination
bienfaifante & patriotique ,
repréfenta qu'il auroit déja fait des offres
de contribution pour fa part dans une
entrepriſe auffi importante au bien public
, fi quelques perfonnes ne l'avoient
affuré avoir goûté l'eau de l'Yvette
puifée dans les endroits où cette petite
rivière eft le plus limpide , & lui avoir
toujours trouvé un goût de vâfe & de
marais , qui en rendoit la boiffon un peu
défagréable.
On voit bien , repliqua celui qui avoit
parlé du projet de M. de Parcieux , que
ceux qui ont fait ce rapport ne connoif
fent guères que l'eau qu'on boit à Pa
ris , fans avoir même fait attention comment
elle contracte ce même goût de
vâfe quand la Seine eft fort baffe &
comment elle le perd. Il n'y a pas
ajouta- t- il , une feule des petites rivières
ou des ruiffeaux qui forment la Sei
>
SEPTEMBRE. 1763. 161
ne , fi ce n'eft peut-être dans les Pays
de hautes montagnes , qui n'ait ce mê
me goût de vâfe , & il eft prèfqu'impoffible
que cela foit autrement. Les lits des
petites rivières font pleins d'obftacles à
leur courant , lors même que les eaux
font les plus fortes. Ces obftacles font
les chauffées des étangs , les retenues des
réfervoirs , vanages & biez de moulins ;
des racines & branches d'arbres coupés
ou renversés ; des touffes de rofeaux, de
joncs & autres herbes aquatiques qui
croiffent abondamment. Pendant le
printemps & l'été les eaux de ces riviè
res arrofent les Prés , y féjournent ou
du moins y coulent fort lentement ,
d'où il arrive qu'elles contractent le
goût des herbages qu'elles lavent , &
entraînent avec elles le limon qui s'y eft
formé pendant l'hyver par les herbes
pourries & les feuilles tombées . A la
fin de Septembre & en Octobre on fait
rouir les chanvres & le lin , dans les
ruiffeaux ou da ns des trous voifins, d'où
l'eau paffe avec une partie de ce qu'elle
enlévé de ces chanvres dans ces ruiffeaux
, & de là dans les petites rivières ,
où il fe fait dépôt de ces matières ;
qui contribue encore au mauvais goût
de ces eaux . On ne peut donc , conti162
MERCURE DE FRANCE.
nua le défenfeur des eaux de l'Yvette
faire aucun reproche à cette rivière, qui
ne foit applicable à toutes celles de la
même claffe , & qu'elles mériteront par
des caufes prèfque néceffaires. Mais
pour avoir prouvé l'efpéce de néceffité
d'une mauvaife faveur aux eaux de l'Yvette
, ce ne feroit pas avoir prouvé
qu'on dût en trouver l'ufage moins dé
fagréable. Rien ne feroit fi raifonnable
que cette objection , repliqua notre Af
focié , fi ce mauvais goût étoit effentiellement
inhérent à cette eau , & s'il
n'y avoit pas des moyens certains pour
le lui faire perdre avant qu'elle fût arrivée
dans la Ville .
N'admettez- vous pas comme conftant
que l'eau de la Seine , avant que d'être
chargée des immondices de Paris , eft la
plus pure, en même temps la plus falubre
dont on puiffe boire ? Si l'on a bien lû
l'examen chymique de MM. Hellot &
Maquer, imprimé à la fin du Mémoire
de M. de Parcieux , on a dû fè convaincre
par tous les réfultats des épreuves de
ces deux fçavans Académiciens fur
l'eau de l'Yvette , qu'elle eft dans une
exacte parité à l'eau de la Seine quant
aux qualités effentielles. Ce qui donne
encore plus de poids à cette affertion , eft
SEPTEMBRE. 1763. -163
lefoin fcrupuleux avec lequel on apperçoit
qu'a été fait cet examen . Or fi les
qualités conftitutives des eaux de l'Yvette
font les mêmes que celles des eaux
de la Seine , ou entiérement homogénes
, il ne s'agit donc , pour rendre les
premieres auffi agréables & auffifalubres ,
que de les dé pouiller de la faveur accidentelle
qu'ellesauront contractée. Il faut
pour cela obferver par quels moyens
toutes les petites rivières qui forment la
Seine & qui ont la même faveur marécageufe
que l'on reproche à l'Yvette ,
la perdent dans le lit de cette grande
rivière . On ne peut douter que ce ne
foit en coulant alors plus librement &
dans un lit plus propre que leur canal
originaire ; & que par le mouvement de
la furface au fond & du fond à la furface
, les parties étrangères qui donnoient
cette faveur à l'eau font diffipées
ou par l'évaporation ou par la difperfion.
Et comme ce nouveau lit eft
garanti des dépôts limoneux , entraînés
par la force du courant , ces eaux le
font auffi du goût marécageux qu'elles
ne devoient qu'à ces dépôts. Si l'Art
peut facilement procurer le même
moyen d'épurement à l'Yvette , que la
Nature fournit à toutes les petites ri164
MERCURE DE FRANCE.
vières qui fe jettent dans les grandes , on
ne pourra plus douter raifonnablement
que fes eaux ne deviennent d'un auffi .
bon ufage que celles de la Seine ..
Pour s'affurer de ce changement avan-.
tageux dans les eaux de l'Yvette , il faut
obferver que par des expériences réïtérées
, & que chacun eft en état de faire
par foi- même , on eft certain que cette
eau expofée à l'air dans des vâfes propres,
perd fon goût marécageux en moins.
de quatre ou cinq jours ; que l'on opérera
encore plutôt cet effet en la battant
dans des bouteilles , avec l'attention
de donner de temps en temps paffage
à l'air extérieur en levant le doigt qui
les couvrira. Il en résulte donc néceffairement
, que le mouvement & même le
feul dépôt dans un vâfe propre , avec le
libre contact de l'air , fuffifent pour enlever
de cette eau les parties vafeufes
qui occafionnent la mauvaiſe faveur. Il
eft démontré que le projet de M. de
Parcieux fur la manière de faire parvenir
cette rivière à Paris réunit éminemment
ces deux moyens. En effet , cette
rivière dérivée de fon lit naturel à fept
lieues de Paris , & coulant dans un canal
, qu'à très -peu de frais on pourra
conferver dans une netteté parfaite , à
SEPTEMBRE. 1763 . 165
la faveur de fon mouvement & du contact
de l'air , aurara perdu la faveur marécageufe
avant que d'être parvenue à
moitié de la diftance que parcourera ce
canal , puifqu'il fuffiroit même pour
cela , avec plus de temps , du feul dé.
pôt de ces eaux dans un récipient net.
On ne pourra en douter , fi l'on fait
attention à ce qui fe pratique pour
l'épurement des eaux chargées de parties
minérales les plus divifées & les
plus intimement amalgamées avec le
fluide .
Non feulement donc l'eau de l'Yvette
fera purgée de fes parties étrangères
dans ce canal , comme elle le feroit dans
une grande rivière , mais encore elle
y fera bien plus fùrement garantie de
contracter jamais aucune faveur défagréable;
parce que ce nouveau canal fera
toujours plus propre qu'aucun lit de
rivière , quelque rapide qu'en foit le
courant ; & que les herbes aquatiques ne
pourront y prendre naiffance , quand
même on ne le nettoyeroit que tous
les deux ou trois ans. Ainfi la Capitale
trouvera dans cette nouvelle rivière
dont elle fera enrichie , l'eau la plus pure,
la plus faine & la meilleure qu'on puiffe
d efirer.
166 MERCURE DE FRANCE .
on
En cédant à des raifons fi convaincantes
& qui ont la force de démonftration
, tous les avis de la Société fe
font réunis à convenir de l'extrême utilité
dont feroit l'exécution du projet
contenu dans le Mémoire de M. de Parcieux
; & rejettant toutes les objections
vagues & fans fondement qu'on pourroit
oppofer à une fi belle entreprife ,
s'eft unanimement arrêté à faire des
voeux pour jouir le plus promptement
poffible des avantages qui en réfulteroient
pour la commodité , la falubri
té & l'embelliffement de la Capitale.
Heureux fans doute ceux qui pourront
immortalifer leur mémoire d'âge en âge
parmileurs concitoyens , en contribuant
à un fi beau Monument de bienfaifance
& fi digne de concourir à la décoration
d'une Place qui portera toujours
le nom du Monarque BIEN - AIME !
, fur le Mémoire de M. de
PARCIEUX , pour conduire l'Eau
de l'YVETTE à Paris.
APRÉS la lecture d'une Deſcription
"
de la Place de LOUIS XV , inférée
dans le précédent Mercure on s'eft
demandé d'où l'on pourroit tirer l'eau
néceffaire aux deux Fontaines qui doi-,
vent entrer dans la décoration de cette
Place ?
Les différens moyens qui ont été difcu
tés pour remplir cet objet , n'ayant préfenté
que des difficultés & des dépenfes
confidérables ; un de nos Affociés , qui
a des connoiffances fur l'Hydrauilque ,
avança que l'exécution du Projet conté
nu dans le Mémoire de M. de Parcieux
en procurant à la Ville de Paris mille
douze cens pouces d'eau , qui pourroient
160 MERCURE DE FRANCE.
être diftribués dans tous les quartiers ,
rempliroit facilement les vues de magnificence
& d'agrément que l'on s'eft
propofées pour la Place de Louis XV
en y projettant la conftruction de ces
deux Fontaines..
On applaudiffoit unanimement à cette
idée , lorfqu'un d'entre nous , que
la
fortune a mis en état de fatisfaire fon inclination
bienfaifante & patriotique ,
repréfenta qu'il auroit déja fait des offres
de contribution pour fa part dans une
entrepriſe auffi importante au bien public
, fi quelques perfonnes ne l'avoient
affuré avoir goûté l'eau de l'Yvette
puifée dans les endroits où cette petite
rivière eft le plus limpide , & lui avoir
toujours trouvé un goût de vâfe & de
marais , qui en rendoit la boiffon un peu
défagréable.
On voit bien , repliqua celui qui avoit
parlé du projet de M. de Parcieux , que
ceux qui ont fait ce rapport ne connoif
fent guères que l'eau qu'on boit à Pa
ris , fans avoir même fait attention comment
elle contracte ce même goût de
vâfe quand la Seine eft fort baffe &
comment elle le perd. Il n'y a pas
ajouta- t- il , une feule des petites rivières
ou des ruiffeaux qui forment la Sei
>
SEPTEMBRE. 1763. 161
ne , fi ce n'eft peut-être dans les Pays
de hautes montagnes , qui n'ait ce mê
me goût de vâfe , & il eft prèfqu'impoffible
que cela foit autrement. Les lits des
petites rivières font pleins d'obftacles à
leur courant , lors même que les eaux
font les plus fortes. Ces obftacles font
les chauffées des étangs , les retenues des
réfervoirs , vanages & biez de moulins ;
des racines & branches d'arbres coupés
ou renversés ; des touffes de rofeaux, de
joncs & autres herbes aquatiques qui
croiffent abondamment. Pendant le
printemps & l'été les eaux de ces riviè
res arrofent les Prés , y féjournent ou
du moins y coulent fort lentement ,
d'où il arrive qu'elles contractent le
goût des herbages qu'elles lavent , &
entraînent avec elles le limon qui s'y eft
formé pendant l'hyver par les herbes
pourries & les feuilles tombées . A la
fin de Septembre & en Octobre on fait
rouir les chanvres & le lin , dans les
ruiffeaux ou da ns des trous voifins, d'où
l'eau paffe avec une partie de ce qu'elle
enlévé de ces chanvres dans ces ruiffeaux
, & de là dans les petites rivières ,
où il fe fait dépôt de ces matières ;
qui contribue encore au mauvais goût
de ces eaux . On ne peut donc , conti162
MERCURE DE FRANCE.
nua le défenfeur des eaux de l'Yvette
faire aucun reproche à cette rivière, qui
ne foit applicable à toutes celles de la
même claffe , & qu'elles mériteront par
des caufes prèfque néceffaires. Mais
pour avoir prouvé l'efpéce de néceffité
d'une mauvaife faveur aux eaux de l'Yvette
, ce ne feroit pas avoir prouvé
qu'on dût en trouver l'ufage moins dé
fagréable. Rien ne feroit fi raifonnable
que cette objection , repliqua notre Af
focié , fi ce mauvais goût étoit effentiellement
inhérent à cette eau , & s'il
n'y avoit pas des moyens certains pour
le lui faire perdre avant qu'elle fût arrivée
dans la Ville .
N'admettez- vous pas comme conftant
que l'eau de la Seine , avant que d'être
chargée des immondices de Paris , eft la
plus pure, en même temps la plus falubre
dont on puiffe boire ? Si l'on a bien lû
l'examen chymique de MM. Hellot &
Maquer, imprimé à la fin du Mémoire
de M. de Parcieux , on a dû fè convaincre
par tous les réfultats des épreuves de
ces deux fçavans Académiciens fur
l'eau de l'Yvette , qu'elle eft dans une
exacte parité à l'eau de la Seine quant
aux qualités effentielles. Ce qui donne
encore plus de poids à cette affertion , eft
SEPTEMBRE. 1763. -163
lefoin fcrupuleux avec lequel on apperçoit
qu'a été fait cet examen . Or fi les
qualités conftitutives des eaux de l'Yvette
font les mêmes que celles des eaux
de la Seine , ou entiérement homogénes
, il ne s'agit donc , pour rendre les
premieres auffi agréables & auffifalubres ,
que de les dé pouiller de la faveur accidentelle
qu'ellesauront contractée. Il faut
pour cela obferver par quels moyens
toutes les petites rivières qui forment la
Seine & qui ont la même faveur marécageufe
que l'on reproche à l'Yvette ,
la perdent dans le lit de cette grande
rivière . On ne peut douter que ce ne
foit en coulant alors plus librement &
dans un lit plus propre que leur canal
originaire ; & que par le mouvement de
la furface au fond & du fond à la furface
, les parties étrangères qui donnoient
cette faveur à l'eau font diffipées
ou par l'évaporation ou par la difperfion.
Et comme ce nouveau lit eft
garanti des dépôts limoneux , entraînés
par la force du courant , ces eaux le
font auffi du goût marécageux qu'elles
ne devoient qu'à ces dépôts. Si l'Art
peut facilement procurer le même
moyen d'épurement à l'Yvette , que la
Nature fournit à toutes les petites ri164
MERCURE DE FRANCE.
vières qui fe jettent dans les grandes , on
ne pourra plus douter raifonnablement
que fes eaux ne deviennent d'un auffi .
bon ufage que celles de la Seine ..
Pour s'affurer de ce changement avan-.
tageux dans les eaux de l'Yvette , il faut
obferver que par des expériences réïtérées
, & que chacun eft en état de faire
par foi- même , on eft certain que cette
eau expofée à l'air dans des vâfes propres,
perd fon goût marécageux en moins.
de quatre ou cinq jours ; que l'on opérera
encore plutôt cet effet en la battant
dans des bouteilles , avec l'attention
de donner de temps en temps paffage
à l'air extérieur en levant le doigt qui
les couvrira. Il en résulte donc néceffairement
, que le mouvement & même le
feul dépôt dans un vâfe propre , avec le
libre contact de l'air , fuffifent pour enlever
de cette eau les parties vafeufes
qui occafionnent la mauvaiſe faveur. Il
eft démontré que le projet de M. de
Parcieux fur la manière de faire parvenir
cette rivière à Paris réunit éminemment
ces deux moyens. En effet , cette
rivière dérivée de fon lit naturel à fept
lieues de Paris , & coulant dans un canal
, qu'à très -peu de frais on pourra
conferver dans une netteté parfaite , à
SEPTEMBRE. 1763 . 165
la faveur de fon mouvement & du contact
de l'air , aurara perdu la faveur marécageufe
avant que d'être parvenue à
moitié de la diftance que parcourera ce
canal , puifqu'il fuffiroit même pour
cela , avec plus de temps , du feul dé.
pôt de ces eaux dans un récipient net.
On ne pourra en douter , fi l'on fait
attention à ce qui fe pratique pour
l'épurement des eaux chargées de parties
minérales les plus divifées & les
plus intimement amalgamées avec le
fluide .
Non feulement donc l'eau de l'Yvette
fera purgée de fes parties étrangères
dans ce canal , comme elle le feroit dans
une grande rivière , mais encore elle
y fera bien plus fùrement garantie de
contracter jamais aucune faveur défagréable;
parce que ce nouveau canal fera
toujours plus propre qu'aucun lit de
rivière , quelque rapide qu'en foit le
courant ; & que les herbes aquatiques ne
pourront y prendre naiffance , quand
même on ne le nettoyeroit que tous
les deux ou trois ans. Ainfi la Capitale
trouvera dans cette nouvelle rivière
dont elle fera enrichie , l'eau la plus pure,
la plus faine & la meilleure qu'on puiffe
d efirer.
166 MERCURE DE FRANCE .
on
En cédant à des raifons fi convaincantes
& qui ont la force de démonftration
, tous les avis de la Société fe
font réunis à convenir de l'extrême utilité
dont feroit l'exécution du projet
contenu dans le Mémoire de M. de Parcieux
; & rejettant toutes les objections
vagues & fans fondement qu'on pourroit
oppofer à une fi belle entreprife ,
s'eft unanimement arrêté à faire des
voeux pour jouir le plus promptement
poffible des avantages qui en réfulteroient
pour la commodité , la falubri
té & l'embelliffement de la Capitale.
Heureux fans doute ceux qui pourront
immortalifer leur mémoire d'âge en âge
parmileurs concitoyens , en contribuant
à un fi beau Monument de bienfaifance
& fi digne de concourir à la décoration
d'une Place qui portera toujours
le nom du Monarque BIEN - AIME !
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12867
p. 165-171
OPERA.
Début :
L'ACADEMIE royale de Musique donna sur son théâtre le 13 Août, la première [...]
Mots clefs :
Musique, Ballet, Théâtre, Prologue, Intermède, Public, Dieu, Voix, Entrée
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texteReconnaissance textuelle : OPERA.
OPERA.
L'ACADEM
'ACADEMIE royale de Mufique donna
fur fon théâtre le 13 Août , la première
repréſentation de Fragemens compofés
du Prologue des Fêtes de Thalie , de l'acte
de la Femme , troifième entrée du même
ballet (paroles de feuM . de la Fond , Mufique
de M. Mouret ) & du Devin du Vil-
Lage , interméde en un acte ; paroles &
mufique de M. J. J. Rouffeau. Cet Intermede
fut exécuté pour la première fois à
Fontainebleau , devant le Roi , les 18 &
24 Octobre 1752 , & à Paris fur le théâtre
de l'Opéra le premier Mars 1753. Il a
été repris depuis & joué plufieurs fois.
Dans le prologue des Fêtes de Thalie ,
le rôle de Melpomène a été fort bien chanté
& avec une très - belle voix , dès le premier
jour , par Mlle DUPLAN , en l'abfence
de Mlle RIVIERE . La premiere a
continué de chanter dans ce prologue tant
qu'il a été au théâtre , elle y a toujouts
été applaudie avec juftice . Le grand volume
de voix de Mlle DUPLAN a été d'autant
plus agréable au Public dans cet Opéra ,
qu'elle y a perpétuellement fait remar
166 MERCURE DE FRANCE .
quer une jufteffe dans le chant , dont elle
n'avoit pas encore acquis l'habitude auparavant.
Mlle DuBois chantoit le rôle
de Thalie ; il feroit fuperflu de répéter ici
les éloges dus à fa voix & à fes talens. Le
rôle d'Appollon étoit exécuté par M. Du-
RAND.
Dans le ballet de ce prologue , Mlle
PESLIN danfoit les pas feuls. Nous faififfons
cette occafion pour rendre juftice
aux talens & à la légèreté de cette danſeuſe,
que le Public voit de plus en plus avec
plaifir . Mlle JUSTINE (connue fous le
nom de Mlle ROBE ) danfoit avec M. LEGER
dans ce même ballet.
M. & Mlle LARRIVE'E ont fort bien
joué , & avec beaucoup de mérite , dans
l'acte de la femme , le rôles de Dorante
& de Callifte , mari & femme. Celui de
Dorine , fuivante de Callifte , a été fort
agréablement rendu par Mlle DURANCI.
Le rôle de Zerbin , par M. DURAND.
Beaucoup de fpectateurs font fort aifes
de retrouver dans le ballet de cet acte
les anciens caractères des maſques qui faifoient
autrefois l'agrément & la gaieté de
nos Bals. Nous donnons , pour nos lecteurs
abfens de la ville , une lifte de ceux qui
'exécutent ces divers caractères.
1
SEPTEMBRE 1765. 167
POLICHINELLE , M. Faɣ.
DAME GIGOGNE , Mlle PAGÈS.
PERTALON , M. TRUPTI.
VÉNILIENE , Mlle SAINT- MARTIN.
ARLEQUIN , M. BEATE.
ARLEQUINE , Mlle VERNIER.
MEZETIN , M. ALLARD.
MEZETINE , Mlle ADELAIDE.
SCARAMOUCHE , M. RIVIERE.
SCARAMOUCHETTE , Mlle GODOT .
PIERROT , M. Léger.
PIERRETTE , Mlle PETITOT.
n
ESPAGNOLS , M. LANI 1 , M. LANI 2 .
ESPAGNOLETTES, Mlles SI ANE & DOROTHÉE.
FRANÇOIS en Dominos , MM. HENRI & Rivet.
FRANÇOISES , Miles JULIE & MIMI.
Cette entrée de maſques eft confidérablement
embellie par les pas feuls qu'exécute
Mlle LANI ( époufe du fieur GELIN) ,
en habit oriental . M. VESTRIS , à la françoife
, danfe le ménuet dans la même entrée
. Mile GUIMARD a danfé avec M.
VESTRIS dans les premières repréfentations
à la place de Mlle VESTRIS , abfente
par indifpofition .
On connoît fi généralement combien
tous les rôles du Devin du Village font
168 MERCURE DE FRACNE.
agréables , qu'on fe fera aifément une idée
de la manière dont ils font rendus par les
genres de talent de chaque Acteur . Le
mérite de la voix de M. LE GROS eft actuellement
affez répandu pour laiffer préfumer
l'effet qu'elle produit dans le rôle
de Colin ; cet Acteur , fur - tout , ayant acquis,
pour ainfi dire , à chaque repréfentatjon
, de nouveaux moyens pour le rendre
du côté du jeu avec l'agrément dont
il eft fufceptible.Mlle DURANCI , habituellement
bonne Comédienne dans plufieurs
genres , remplit parfaitement le rôle de
Colette . Toutes les graces de la naïveté paftorale
font exprimées par elle dans un
point deprécifion qui ne laiffe rien à défirer
, fans donner lieu aux reproches de la
moindre caricature. Le rôle du Devin eft
rendu avec la même perfection par M.
GELIN , qui a fait voir avec quelque furprife
qu'une belle & grande voix & l'habitude
journalière du genre héroïque , ne
font pas toujours obftacle à la fineffe d'une
forte de comique, peut -être difficile à faifir
auffi bien , par ceux qui font le plus fréquemment
exercés dans ce genre.
Le divertiffement de cet intermède
qui étoit très-foible en mufique , d'un genre
infipide , & qui ne fourniffoit rien aux
ballets , a été ingénieufement refait & arrangé
.
SEPTEMBRE 1765. 165
rangé . Les ballets font devenus charmans ,
d'une gaieté piquante & dirigée avec beaucoup
de goût. M. GARDEL & Mlle Gui-
MARDY danfent avec diftinction. Rien ne
préfente un enſemble auffi vif , auffi brillant
, & ne réunit tant de talens aimables
qu'en Pas de quatre Paftres , exécutés par
MM. LANI & D'AUBERVAL
, par Miles
ALLARD
& PESLIN.
Le fuccès de ces fragmens parut
chanceler en quelques parties à la première
repréſentation. Il y avoit une mauvaife
volonté marquée dans une petite
portion du Public , qui excitoit du tumulte
& du bruit fous les plus légers prétextes ;
abus encore trop fréquent dans les fpectacles
d'une nation policée , & dans un
fiécle qui prétend aux fublimes clartés du
goût & de la philofophie . Malgré les frivoles
efforts de cette cabale , le fecond acte
reçut des applaudiffemens en beaucoup
d'endroits qui le méritoient , & l'intermède
du Devin du Village fit l'effet qu'il
devoit faire , c'est- à - dire , un très - grand
plaifir. A la feconde repréfentation , les
applaudiffemens furent univerfels , & ils
fe font foutenus depuis , ainfi que le concours
des fpectateurs ; ce qui prouve mieux
que toute autre chofe , que ce fpectacle a
éré goûté.
H
$70 MERCURE DE FRANCE.
Comme on s'eſt
apperçu que le prologue
des Fêtes de Thalie plaifoit moins que
les autres actes à un grand nombre de
fpectateurs , on s'eft hâté d'y fubftituer
l'acte de Bacchus & Hégémone, Entrée des
Amours de Tempé ; il vient d'être remis au
théâtre pour la première fois le 23 Août. La
Mufique de cet acte eft de M. DAU VERGNE
, Surintendant de la Mufique du Roi.
On a donné dans le temps l'extrait du
poëme des Amours de Tempé ; nous nous
contenterons de rappeller fuccinctement le
fujet de l'acte qu'on vient de joindre aux
nouveaux fragmens.
Bacchus voit Hégémone, Prêtreffe de l'Amour
, dans la vallée de Tempé. Ce Dieu ,
enchanté des attraits de cette Prêtrefle ,
ordonne à fa fuite de quitter les armes ,
& d'annoncer fes bienfaits par la voix des
plaifirs. Hégémone , en chantant une espéce
d'hymne à l'Amonr , lui demande d'épargner
fon coeur ; elle ne peut cependant
fe déguifer fes fecrets fentimens pour un
jeune étranger , perfonnage fous lequel
s'eft caché le Vainqueur de l'Inde . Bacchus
vient & s'annonce par une fête
vive & brillante que formentles Egypans ,
les Satyres & les Bacchantes de fa fuite.
Hégémone ne peut réfifter aux tranſports
& aux troubles qu'excitent en elle les myf-
>
SEPTEMBRE 1765. 171
tères du Dieu . Il céde à fes volontés , &
après avoir fait retirer fa fuite , il déclare
fa paffion à la belle Prêtreffe. Elle lui reproche
de s'expliquer en vainqueur , plus.
jaloux de plaire que difpofé à aimer . Bacchus
protefte qu'il feroit prêt à lui facrifier
fa liberté , s'il dépendoit encore de lui de
la reprendre. La Prêtreffe , qui n'a vu aux
autels de fon Dieu que des amans en pleurs
& qui n'a entendu que des murmures ,
étonnée de la différence qu'elle remarque
dans la façon d'aimer de Bacchus , lui demande
, qui de lui ou de ces amans aiment
fincéremement ? Bacchus , par des
images agréables prifes dans la nature ,
prouve à fon amante , déja perfuadée par
fon coeur , que la joie & les plaifirs font
inféparables de l'amour. Hégémone fe rend ,
& le Dieu fe manifefte en faifant changer
le lieu de la fcène en côteaux fertils
chargés de fes dons les plus précieux . La
fuité de Bacchus , réunie aux habitans de
Tempé , termine cet agréable divertiffement
par un ballet général . M. LE GROS
chante dans cet acte le rôle de Bacchus
à la grande fatisfaction du Public , & fans
doute à la fienne , puifqu'il y plait généralement
, & que tout l'éclat & le charme
de fa voix ont occafion de fe developper
dans les morceaux agréables & brillans
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
dont ce rôle eft rempli . Mlle L'ARRIVÉE
eft très-bien anffi dans le rôle d'Hégémone
& fort applaudie . M. DURAND chante le
rôle de Silene,
Les ballets , de la compofition de M.
LAVAL , font du plus agréable effet. M.
LEGER , Mlle JUSTINE , M. ROGIER danfent
dans la première entrée des Egypans
& des Bacchantes , fur des airs marqués
au coin de l'Auteur des Bacchanales de
Lavinie. Il y a un Pas de deux entre
M. D'AUBERVAL & Mlle ALLARD,
La mufique de ce Pas , le brillant de
fon exécution , le rendent charmant ;
chaque jour on l'applaudit avec une efpéce
de fureur , & l'on croit toujours ne l'avoir
pas affez applaudi .
Cet acte eut dès la premiere fois un fuc
cès décidé ; il foutient fort bien celui de
tout le fpectacle des Fragmens , & fair
honneur à l'Auteur de la mufique.
Depuis qu'on a mis Bacchus & Hégémone
à la place du prologue , Mlle Du-
BOIS a pris le rôle de Callifte dans l'acte du
bal, qu'elle chante fort bien , & où elle
reçoit beaucoup d'applaudiffemens , quoi-
Mile L'ARRIVE'E l'eût très-bien rem →
que
pli auparavant,
L'ACADEM
'ACADEMIE royale de Mufique donna
fur fon théâtre le 13 Août , la première
repréſentation de Fragemens compofés
du Prologue des Fêtes de Thalie , de l'acte
de la Femme , troifième entrée du même
ballet (paroles de feuM . de la Fond , Mufique
de M. Mouret ) & du Devin du Vil-
Lage , interméde en un acte ; paroles &
mufique de M. J. J. Rouffeau. Cet Intermede
fut exécuté pour la première fois à
Fontainebleau , devant le Roi , les 18 &
24 Octobre 1752 , & à Paris fur le théâtre
de l'Opéra le premier Mars 1753. Il a
été repris depuis & joué plufieurs fois.
Dans le prologue des Fêtes de Thalie ,
le rôle de Melpomène a été fort bien chanté
& avec une très - belle voix , dès le premier
jour , par Mlle DUPLAN , en l'abfence
de Mlle RIVIERE . La premiere a
continué de chanter dans ce prologue tant
qu'il a été au théâtre , elle y a toujouts
été applaudie avec juftice . Le grand volume
de voix de Mlle DUPLAN a été d'autant
plus agréable au Public dans cet Opéra ,
qu'elle y a perpétuellement fait remar
166 MERCURE DE FRANCE .
quer une jufteffe dans le chant , dont elle
n'avoit pas encore acquis l'habitude auparavant.
Mlle DuBois chantoit le rôle
de Thalie ; il feroit fuperflu de répéter ici
les éloges dus à fa voix & à fes talens. Le
rôle d'Appollon étoit exécuté par M. Du-
RAND.
Dans le ballet de ce prologue , Mlle
PESLIN danfoit les pas feuls. Nous faififfons
cette occafion pour rendre juftice
aux talens & à la légèreté de cette danſeuſe,
que le Public voit de plus en plus avec
plaifir . Mlle JUSTINE (connue fous le
nom de Mlle ROBE ) danfoit avec M. LEGER
dans ce même ballet.
M. & Mlle LARRIVE'E ont fort bien
joué , & avec beaucoup de mérite , dans
l'acte de la femme , le rôles de Dorante
& de Callifte , mari & femme. Celui de
Dorine , fuivante de Callifte , a été fort
agréablement rendu par Mlle DURANCI.
Le rôle de Zerbin , par M. DURAND.
Beaucoup de fpectateurs font fort aifes
de retrouver dans le ballet de cet acte
les anciens caractères des maſques qui faifoient
autrefois l'agrément & la gaieté de
nos Bals. Nous donnons , pour nos lecteurs
abfens de la ville , une lifte de ceux qui
'exécutent ces divers caractères.
1
SEPTEMBRE 1765. 167
POLICHINELLE , M. Faɣ.
DAME GIGOGNE , Mlle PAGÈS.
PERTALON , M. TRUPTI.
VÉNILIENE , Mlle SAINT- MARTIN.
ARLEQUIN , M. BEATE.
ARLEQUINE , Mlle VERNIER.
MEZETIN , M. ALLARD.
MEZETINE , Mlle ADELAIDE.
SCARAMOUCHE , M. RIVIERE.
SCARAMOUCHETTE , Mlle GODOT .
PIERROT , M. Léger.
PIERRETTE , Mlle PETITOT.
n
ESPAGNOLS , M. LANI 1 , M. LANI 2 .
ESPAGNOLETTES, Mlles SI ANE & DOROTHÉE.
FRANÇOIS en Dominos , MM. HENRI & Rivet.
FRANÇOISES , Miles JULIE & MIMI.
Cette entrée de maſques eft confidérablement
embellie par les pas feuls qu'exécute
Mlle LANI ( époufe du fieur GELIN) ,
en habit oriental . M. VESTRIS , à la françoife
, danfe le ménuet dans la même entrée
. Mile GUIMARD a danfé avec M.
VESTRIS dans les premières repréfentations
à la place de Mlle VESTRIS , abfente
par indifpofition .
On connoît fi généralement combien
tous les rôles du Devin du Village font
168 MERCURE DE FRACNE.
agréables , qu'on fe fera aifément une idée
de la manière dont ils font rendus par les
genres de talent de chaque Acteur . Le
mérite de la voix de M. LE GROS eft actuellement
affez répandu pour laiffer préfumer
l'effet qu'elle produit dans le rôle
de Colin ; cet Acteur , fur - tout , ayant acquis,
pour ainfi dire , à chaque repréfentatjon
, de nouveaux moyens pour le rendre
du côté du jeu avec l'agrément dont
il eft fufceptible.Mlle DURANCI , habituellement
bonne Comédienne dans plufieurs
genres , remplit parfaitement le rôle de
Colette . Toutes les graces de la naïveté paftorale
font exprimées par elle dans un
point deprécifion qui ne laiffe rien à défirer
, fans donner lieu aux reproches de la
moindre caricature. Le rôle du Devin eft
rendu avec la même perfection par M.
GELIN , qui a fait voir avec quelque furprife
qu'une belle & grande voix & l'habitude
journalière du genre héroïque , ne
font pas toujours obftacle à la fineffe d'une
forte de comique, peut -être difficile à faifir
auffi bien , par ceux qui font le plus fréquemment
exercés dans ce genre.
Le divertiffement de cet intermède
qui étoit très-foible en mufique , d'un genre
infipide , & qui ne fourniffoit rien aux
ballets , a été ingénieufement refait & arrangé
.
SEPTEMBRE 1765. 165
rangé . Les ballets font devenus charmans ,
d'une gaieté piquante & dirigée avec beaucoup
de goût. M. GARDEL & Mlle Gui-
MARDY danfent avec diftinction. Rien ne
préfente un enſemble auffi vif , auffi brillant
, & ne réunit tant de talens aimables
qu'en Pas de quatre Paftres , exécutés par
MM. LANI & D'AUBERVAL
, par Miles
ALLARD
& PESLIN.
Le fuccès de ces fragmens parut
chanceler en quelques parties à la première
repréſentation. Il y avoit une mauvaife
volonté marquée dans une petite
portion du Public , qui excitoit du tumulte
& du bruit fous les plus légers prétextes ;
abus encore trop fréquent dans les fpectacles
d'une nation policée , & dans un
fiécle qui prétend aux fublimes clartés du
goût & de la philofophie . Malgré les frivoles
efforts de cette cabale , le fecond acte
reçut des applaudiffemens en beaucoup
d'endroits qui le méritoient , & l'intermède
du Devin du Village fit l'effet qu'il
devoit faire , c'est- à - dire , un très - grand
plaifir. A la feconde repréfentation , les
applaudiffemens furent univerfels , & ils
fe font foutenus depuis , ainfi que le concours
des fpectateurs ; ce qui prouve mieux
que toute autre chofe , que ce fpectacle a
éré goûté.
H
$70 MERCURE DE FRANCE.
Comme on s'eſt
apperçu que le prologue
des Fêtes de Thalie plaifoit moins que
les autres actes à un grand nombre de
fpectateurs , on s'eft hâté d'y fubftituer
l'acte de Bacchus & Hégémone, Entrée des
Amours de Tempé ; il vient d'être remis au
théâtre pour la première fois le 23 Août. La
Mufique de cet acte eft de M. DAU VERGNE
, Surintendant de la Mufique du Roi.
On a donné dans le temps l'extrait du
poëme des Amours de Tempé ; nous nous
contenterons de rappeller fuccinctement le
fujet de l'acte qu'on vient de joindre aux
nouveaux fragmens.
Bacchus voit Hégémone, Prêtreffe de l'Amour
, dans la vallée de Tempé. Ce Dieu ,
enchanté des attraits de cette Prêtrefle ,
ordonne à fa fuite de quitter les armes ,
& d'annoncer fes bienfaits par la voix des
plaifirs. Hégémone , en chantant une espéce
d'hymne à l'Amonr , lui demande d'épargner
fon coeur ; elle ne peut cependant
fe déguifer fes fecrets fentimens pour un
jeune étranger , perfonnage fous lequel
s'eft caché le Vainqueur de l'Inde . Bacchus
vient & s'annonce par une fête
vive & brillante que formentles Egypans ,
les Satyres & les Bacchantes de fa fuite.
Hégémone ne peut réfifter aux tranſports
& aux troubles qu'excitent en elle les myf-
>
SEPTEMBRE 1765. 171
tères du Dieu . Il céde à fes volontés , &
après avoir fait retirer fa fuite , il déclare
fa paffion à la belle Prêtreffe. Elle lui reproche
de s'expliquer en vainqueur , plus.
jaloux de plaire que difpofé à aimer . Bacchus
protefte qu'il feroit prêt à lui facrifier
fa liberté , s'il dépendoit encore de lui de
la reprendre. La Prêtreffe , qui n'a vu aux
autels de fon Dieu que des amans en pleurs
& qui n'a entendu que des murmures ,
étonnée de la différence qu'elle remarque
dans la façon d'aimer de Bacchus , lui demande
, qui de lui ou de ces amans aiment
fincéremement ? Bacchus , par des
images agréables prifes dans la nature ,
prouve à fon amante , déja perfuadée par
fon coeur , que la joie & les plaifirs font
inféparables de l'amour. Hégémone fe rend ,
& le Dieu fe manifefte en faifant changer
le lieu de la fcène en côteaux fertils
chargés de fes dons les plus précieux . La
fuité de Bacchus , réunie aux habitans de
Tempé , termine cet agréable divertiffement
par un ballet général . M. LE GROS
chante dans cet acte le rôle de Bacchus
à la grande fatisfaction du Public , & fans
doute à la fienne , puifqu'il y plait généralement
, & que tout l'éclat & le charme
de fa voix ont occafion de fe developper
dans les morceaux agréables & brillans
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
dont ce rôle eft rempli . Mlle L'ARRIVÉE
eft très-bien anffi dans le rôle d'Hégémone
& fort applaudie . M. DURAND chante le
rôle de Silene,
Les ballets , de la compofition de M.
LAVAL , font du plus agréable effet. M.
LEGER , Mlle JUSTINE , M. ROGIER danfent
dans la première entrée des Egypans
& des Bacchantes , fur des airs marqués
au coin de l'Auteur des Bacchanales de
Lavinie. Il y a un Pas de deux entre
M. D'AUBERVAL & Mlle ALLARD,
La mufique de ce Pas , le brillant de
fon exécution , le rendent charmant ;
chaque jour on l'applaudit avec une efpéce
de fureur , & l'on croit toujours ne l'avoir
pas affez applaudi .
Cet acte eut dès la premiere fois un fuc
cès décidé ; il foutient fort bien celui de
tout le fpectacle des Fragmens , & fair
honneur à l'Auteur de la mufique.
Depuis qu'on a mis Bacchus & Hégémone
à la place du prologue , Mlle Du-
BOIS a pris le rôle de Callifte dans l'acte du
bal, qu'elle chante fort bien , & où elle
reçoit beaucoup d'applaudiffemens , quoi-
Mile L'ARRIVE'E l'eût très-bien rem →
que
pli auparavant,
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Résumé : OPERA.
Le 13 août, l'Académie Royale de Musique présenta plusieurs fragments d'œuvres musicales, dont le prologue des 'Fêtes de Thalie', un acte intitulé 'La Femme' et un intermède appelé 'Le Devin du Village'. Ce dernier avait déjà été joué à Fontainebleau en octobre 1752 et à Paris en mars 1753. Lors de cette représentation, Mlle Duplan interpréta Melpomène, Mlle Dubois chanta Thalie, et M. Durand joua Apollon dans le prologue des 'Fêtes de Thalie'. Dans 'La Femme', M. et Mlle Larrivée incarnèrent Dorante et Calliste, et Mlle Duranci joua Dorine. Le 'Devin du Village' reçut des éloges pour les performances de M. Le Gros, Mlle Duranci et M. Gelin. Le 23 août, le programme changea : le prologue des 'Fêtes de Thalie' fut remplacé par l'acte 'Bacchus et Hégémone' et l'entrée des 'Amours de Tempé', avec une musique composée par M. Dauvergne. Cet acte raconte la rencontre entre Bacchus et Hégémone, prêtresse de l'Amour, dans la vallée de Tempé. Bacchus, charmé par Hégémone, lui ordonne de quitter les armes et d'annoncer ses bienfaits par la voix des plaisirs. Après une fête, Hégémone cède aux avances de Bacchus. Les rôles principaux furent interprétés par M. Le Gros, Mlle L'Arrivée et M. Durand. Les ballets, composés par M. Laval, furent particulièrement appréciés. L'acte rencontra un grand succès dès sa première représentation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12868
p. 164
« Le portrait de M. de Voltaire a été si bien reçu du Public que cela a engagé un [...] »
Début :
Le portrait de M. de Voltaire a été si bien reçu du Public que cela a engagé un [...]
Mots clefs :
Portrait, M. de Voltaire, M. Rousseau
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texteReconnaissance textuelle : « Le portrait de M. de Voltaire a été si bien reçu du Public que cela a engagé un [...] »
Le portrait de M. de Voltaire a été li
bien reçu du Public que cela a engagé un
Artifte , qui avoit defiiné depuis peu celui
de M. Rouffeau, à le mettre au jour , en
le faifant graver pour pendant de celui de
M. de Voltaire. On le trouvera , comme
l'autre , chez Auvray , Doreur , rue Saint
Jacques , vis - à - vis Saint Yves , & il ſe
vendra le même prix , 3 liv . en feuille .
bien reçu du Public que cela a engagé un
Artifte , qui avoit defiiné depuis peu celui
de M. Rouffeau, à le mettre au jour , en
le faifant graver pour pendant de celui de
M. de Voltaire. On le trouvera , comme
l'autre , chez Auvray , Doreur , rue Saint
Jacques , vis - à - vis Saint Yves , & il ſe
vendra le même prix , 3 liv . en feuille .
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12869
p. 188-193
REMARQUES.
Début :
LE Sujet de cette Piéce philosophique & intéressante se trouve dans le [...]
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texteReconnaissance textuelle : REMARQUES.
REMARQUES.
LE Sujet de cette Piéce philosophique
& intéressante se trouve dans le
Spectateur Anglois. Il avoit déja donné
lieu à quelques ouvrages de poèſie, en
tr'autres à cette Lettre de Zeila , par M.
Dorat, qui a eu tant de ſuccès , & fait
verſer tant de larmes parmi les âmes ſen
ſibles. Nous devons ſçavoir gré à M.
de Chamfort d'avoir mis cette aventure
au théâtre : il ne doit pas être fort affecté
des reproches d'imitation qui lui ont été
faits aſſez indiſcrettement dans des écrits
publics. Tous les ſujets, & ſur-tout les
ſujets philoſophiques , ont néceſſaire
ment des rapports les uns avec les autres.
Ces rapports du fond, en entraînent d'iné
vitables quelquefois dans quelques par
ties des modifications de détail du même
ſujet. La critique éclairée & judicieuſe
ne confond point les parités avec le pla
l
J U I N. 1764:
189
lºgiat. L'œil de l'Artiſte ou du Connoiſ
#ſeur diſtingue très bien l'un de l'autre.
* Deux deſſeins d'Académie quoique faits
d'après le même modéle & dans la même
poſition ; mais ſous des aſpects diffé- .
rens. Quoiqu'il y ait des parties du mo
déle communes en apparence aux divers
aſpects ; ce n'eſt imitation ni dans l'un
ni dans l'autre ouvrage, que pour les
yeux vulgaires ou inappliqués. Telle
eſt à-peu-près la nature dans la morale.
L'humanité ne peut être conſidérée, &
par conſéquent exprimée que dans un
· cettain cercle de ſituations , & ce cercle
n'eſt pas illimité, à beaucoup près, pour
les poſitions primitives ; mais c'eſt dans
| les points de vue, que ſe trouvent les
occaſions de varier. S'il faut que l'Artiſte
les cherche & les étudie , il faut auſſi
| que l'examinateur ſçache les diſtinguer.
·
Ainſi il n'y a rien d'étonnant que dans la
Piéce dont il s'agit, le fond du Sujet étant
d'une part une jeune Sauvage d'un na
turel heureux , ſortant des ſeules mains
de la nature, & d'autre part un jeune
homme élevé dans de bons principes ,
égaré peut-être par le feu de la jeuneſſe,
mais imbu des préjugés communs à tou
tes les nations policées. Il n'eſt pas éton
nant, dis-je, il ſeroit même impoſſible,
º
19o MERCURE DE FRANCE.
& contre la vérité naturelle , qu'il n !
eût pas des rapports dans certaines par
ties de cet Ouvrage avec ceux qui ont
eu pour objet une poſition ſemblable
par quelque face. Ce n'eſt donc point
Arlequin ſauvage ; ce ne ſont point tous
les autres Ouvrages ſur des Sujets pa
reils : c'eſt un petit Drame très-bien écrit;
penſé & vu philoſophiquement, où l'on
a ſaiſi des aſpects particuliers de
cette
même ſituation de l'humanité , toujours
curieuſe à voir , toujours utile à préſen
ter en contraſte avec les avantages & les
abus de la nature civiliſée. Bien loin
de chercher à déprimer les premiers ſuc
cès de pareils Auteurs, il eſt utile peut
être pour l'honneur de notre Scène de
les encourager à l'entrée d'une carrière
difficile , où les riſques ne ſont pas tou
jours en raiſon égale avec les avantages.
L'action de ces ſortes de Drames ne
peut être que d'une petite étendue : celle
de la jeune Indienne paroît ſuffiſante,
& le dénoûment en eſt d'autant plus
heureux, que le ſoit des perſonnages
de l'action y devient entiérement diffé
rent de celui qui avoit paru ſe préparer
dans l'expoſition.
Comme la Piéce eſt imprimée, & que
bien des Lecteurs, plus en état encore
-
J U I N. 1764.
19t
d'en mieux juger que nous, le ſeront
de connoître l'ouvrage par eux-mêmes ,
nous ne ferons que parcourir ſuper
ficiellement les caractères. Celui de Bet
ti eſt toujours intéreſſant & en même
temps toujours agréable ; elle affecte
par une naïveté gaie dont la nuance
aimable éfface de l'imagination ce que
le malheur porte avec ſoi de ſombre,
& ne laiſſe place qu'à un attendriſſement
doux & paiſible qui émeut l'âme ſans la
fatiguer. Belton
eſt un mêlange de
vertus & de foibleſſes , de ſentimens
honnêtes & d'égaremens , de fautes
& de repentirs, de lumières & de pré
jugés, eſclave de l'opiniondes hommes,
martyre des ſacrifices quelle lui arrache.
Il céde enfin au ſentiment & à la nature.
Ce caractère eſt l'image de l'humanité en
général. On reproche au Quakre Mow
brai, de reſſembler aux autres Quakres
ou à des Anglois a-peu-près de mêmes
mœurs & de même caractère que ceux
de cette ſecte , & qu'on a déjà vus
ſur notre ſcène. Singulier reproche !
Croit on en impoſer par de telles dé
couvertes ? Croit on montrer bien de
la profondeur dans la connoiſſance de la
Poètique, par de pareilles remarques ?
Que ſeroit-ce qu'un perſonnage annoncé
192 MERCURE DE FRANCE.
pour être d'une ſecte , où les prin
cipes & les actions qui en réſultent ſont
généralement connus pour être com
muns à tous ceux qui la profeſſent , &
qui cependant ne reſſembleroit à au
cun d'eux ? Tant de Gaſconsqui ont été
vus & revus dans nos Comédies, ſont
ils donc d'un comique bien plus agréa
ble à l'eſprit , & bien plus variés que
l'aſpérité vertueuſe d'un honnête Qua
kre, qui contraſte avec les mœurs d'une
ſociété plus polie, mais plus vicieuſe &
ſouvent plus ſoumiſe à l'erreur par la
force de l'habitude ou par celle des pré
jugés? Que l'on imagine que tel perſon
nage du même caractère, qu'on a vu
dans une Pièce, auroit dit, auroit fait
les mêmes choſes que Mowbrai dans les
mêmes circonſtances où il ſe trouve
· avec la jeune Indienne , & que ſur-cela
on établiſſe une imitation , même une
ſorte de plagiat : cela paroît d'une injuſ
tice contre laquelle doit reclamer la
ſaine critique.
En total le Public a déja
l'Ouvrage ſur ces
par le
juſtifié
petites chicanes ,
plaiſir qu'ont fait
les repré
ſentations. Nous , ne craignons
pas
d'avancer que la lecture ne ſera pas
moins favorable , & qu'on approuvera
l'invitation
*
J U I N. 1764.
193
l'invitation que nous réïtérons à l'Au
teur de travailler à mériter les mêmes
ſuffrages dans des ouvrages plus étendus
& plus importans, au riſque de s'expo
ſer aux traits de la critique.
LE Sujet de cette Piéce philosophique
& intéressante se trouve dans le
Spectateur Anglois. Il avoit déja donné
lieu à quelques ouvrages de poèſie, en
tr'autres à cette Lettre de Zeila , par M.
Dorat, qui a eu tant de ſuccès , & fait
verſer tant de larmes parmi les âmes ſen
ſibles. Nous devons ſçavoir gré à M.
de Chamfort d'avoir mis cette aventure
au théâtre : il ne doit pas être fort affecté
des reproches d'imitation qui lui ont été
faits aſſez indiſcrettement dans des écrits
publics. Tous les ſujets, & ſur-tout les
ſujets philoſophiques , ont néceſſaire
ment des rapports les uns avec les autres.
Ces rapports du fond, en entraînent d'iné
vitables quelquefois dans quelques par
ties des modifications de détail du même
ſujet. La critique éclairée & judicieuſe
ne confond point les parités avec le pla
l
J U I N. 1764:
189
lºgiat. L'œil de l'Artiſte ou du Connoiſ
#ſeur diſtingue très bien l'un de l'autre.
* Deux deſſeins d'Académie quoique faits
d'après le même modéle & dans la même
poſition ; mais ſous des aſpects diffé- .
rens. Quoiqu'il y ait des parties du mo
déle communes en apparence aux divers
aſpects ; ce n'eſt imitation ni dans l'un
ni dans l'autre ouvrage, que pour les
yeux vulgaires ou inappliqués. Telle
eſt à-peu-près la nature dans la morale.
L'humanité ne peut être conſidérée, &
par conſéquent exprimée que dans un
· cettain cercle de ſituations , & ce cercle
n'eſt pas illimité, à beaucoup près, pour
les poſitions primitives ; mais c'eſt dans
| les points de vue, que ſe trouvent les
occaſions de varier. S'il faut que l'Artiſte
les cherche & les étudie , il faut auſſi
| que l'examinateur ſçache les diſtinguer.
·
Ainſi il n'y a rien d'étonnant que dans la
Piéce dont il s'agit, le fond du Sujet étant
d'une part une jeune Sauvage d'un na
turel heureux , ſortant des ſeules mains
de la nature, & d'autre part un jeune
homme élevé dans de bons principes ,
égaré peut-être par le feu de la jeuneſſe,
mais imbu des préjugés communs à tou
tes les nations policées. Il n'eſt pas éton
nant, dis-je, il ſeroit même impoſſible,
º
19o MERCURE DE FRANCE.
& contre la vérité naturelle , qu'il n !
eût pas des rapports dans certaines par
ties de cet Ouvrage avec ceux qui ont
eu pour objet une poſition ſemblable
par quelque face. Ce n'eſt donc point
Arlequin ſauvage ; ce ne ſont point tous
les autres Ouvrages ſur des Sujets pa
reils : c'eſt un petit Drame très-bien écrit;
penſé & vu philoſophiquement, où l'on
a ſaiſi des aſpects particuliers de
cette
même ſituation de l'humanité , toujours
curieuſe à voir , toujours utile à préſen
ter en contraſte avec les avantages & les
abus de la nature civiliſée. Bien loin
de chercher à déprimer les premiers ſuc
cès de pareils Auteurs, il eſt utile peut
être pour l'honneur de notre Scène de
les encourager à l'entrée d'une carrière
difficile , où les riſques ne ſont pas tou
jours en raiſon égale avec les avantages.
L'action de ces ſortes de Drames ne
peut être que d'une petite étendue : celle
de la jeune Indienne paroît ſuffiſante,
& le dénoûment en eſt d'autant plus
heureux, que le ſoit des perſonnages
de l'action y devient entiérement diffé
rent de celui qui avoit paru ſe préparer
dans l'expoſition.
Comme la Piéce eſt imprimée, & que
bien des Lecteurs, plus en état encore
-
J U I N. 1764.
19t
d'en mieux juger que nous, le ſeront
de connoître l'ouvrage par eux-mêmes ,
nous ne ferons que parcourir ſuper
ficiellement les caractères. Celui de Bet
ti eſt toujours intéreſſant & en même
temps toujours agréable ; elle affecte
par une naïveté gaie dont la nuance
aimable éfface de l'imagination ce que
le malheur porte avec ſoi de ſombre,
& ne laiſſe place qu'à un attendriſſement
doux & paiſible qui émeut l'âme ſans la
fatiguer. Belton
eſt un mêlange de
vertus & de foibleſſes , de ſentimens
honnêtes & d'égaremens , de fautes
& de repentirs, de lumières & de pré
jugés, eſclave de l'opiniondes hommes,
martyre des ſacrifices quelle lui arrache.
Il céde enfin au ſentiment & à la nature.
Ce caractère eſt l'image de l'humanité en
général. On reproche au Quakre Mow
brai, de reſſembler aux autres Quakres
ou à des Anglois a-peu-près de mêmes
mœurs & de même caractère que ceux
de cette ſecte , & qu'on a déjà vus
ſur notre ſcène. Singulier reproche !
Croit on en impoſer par de telles dé
couvertes ? Croit on montrer bien de
la profondeur dans la connoiſſance de la
Poètique, par de pareilles remarques ?
Que ſeroit-ce qu'un perſonnage annoncé
192 MERCURE DE FRANCE.
pour être d'une ſecte , où les prin
cipes & les actions qui en réſultent ſont
généralement connus pour être com
muns à tous ceux qui la profeſſent , &
qui cependant ne reſſembleroit à au
cun d'eux ? Tant de Gaſconsqui ont été
vus & revus dans nos Comédies, ſont
ils donc d'un comique bien plus agréa
ble à l'eſprit , & bien plus variés que
l'aſpérité vertueuſe d'un honnête Qua
kre, qui contraſte avec les mœurs d'une
ſociété plus polie, mais plus vicieuſe &
ſouvent plus ſoumiſe à l'erreur par la
force de l'habitude ou par celle des pré
jugés? Que l'on imagine que tel perſon
nage du même caractère, qu'on a vu
dans une Pièce, auroit dit, auroit fait
les mêmes choſes que Mowbrai dans les
mêmes circonſtances où il ſe trouve
· avec la jeune Indienne , & que ſur-cela
on établiſſe une imitation , même une
ſorte de plagiat : cela paroît d'une injuſ
tice contre laquelle doit reclamer la
ſaine critique.
En total le Public a déja
l'Ouvrage ſur ces
par le
juſtifié
petites chicanes ,
plaiſir qu'ont fait
les repré
ſentations. Nous , ne craignons
pas
d'avancer que la lecture ne ſera pas
moins favorable , & qu'on approuvera
l'invitation
*
J U I N. 1764.
193
l'invitation que nous réïtérons à l'Au
teur de travailler à mériter les mêmes
ſuffrages dans des ouvrages plus étendus
& plus importans, au riſque de s'expo
ſer aux traits de la critique.
Fermer
12870
p. 115-121
OEuvres Physiques & Géographiques, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
SIMON le jeune, Imprimeur, qui a du zéle & du talent, vient de mettre au jour [...]
Mots clefs :
Système, Recueil, Thalès, Dissertations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : OEuvres Physiques & Géographiques, Extrait, [titre d'après la table]
SIMON le jeune, Imprimeur, qui a du
zélé & du talent, vient de mettre au jour.
les OEuvres Physïques & Géographiques du
M. Pierquin Bachelier en Theologie & Curé
de Chastel en Champagne avec la vie deFAH-*
teur 1vol. in 12.
On apprend par la vie de l'Auteur que M.
Pierquin étoits un Curé de Campagne qui
employoit à composer des dissertations Physiques,
le tems que lui laissoient les soins
de son ministere, il a joué jusqu'en1732
un grand rôle dans les Journaux deVerdun
& de Trévoux, & il a mêmefiguré
quelquefois avec distinction dans le Mercure
de France.
Le premier morceau de ce recueil porte
le titre d'Astronomie de Thalès.
M. Pierquin trouvant des difficultés insolubles
dans tous les sistêmesmodernes, a formé
le dessein de ressusciter celui de Thalés ;.
entreprisequi exigeoitun courage qu'on ne
peut allezlouer. Thalés est le premier des
Grecsqui ait connu l'Astronomie, il a,k
116 MERCURE DEFRANCE ,
premier predit les Eclipſes de Soleil , il a
montré aux hommes à diriger la Navigation
par les Etoiles , il eſt le Fondateur de
la ſecte Ionique , il a eu long-tems des Admirateurs
& des Sectaires ; mais comme enfin
tout paſſe de mode , ſon ſiſtème étoit
tombé depuis bien des fiécles dans un difcredit
dont il ne ſe ſeroit jamais relevé ſans
les efforts de M. Pierquin.
il ſuffit d'avoir lu Diogene - Laerce
pour ſçavoir que ſuivant le ſiſteme de ce
Philofophe l'eau eſt le principe de l'Univers.
M. Pierquin n'eſt point un Diſciple
enthouſiaſte , qui embratſe aveuglement
les opinions de fon Maître , & qui donne
pour raiſon Magiſter dixit , il a vu judicieufement
qu'il y avoit beaucoup de choſes à
corriger au ſiſteme de Thales ,& il y a
travaillé avec application,
30
Cependant il eſt des reformes que M.
Pierquin auroit défirées ardemment& qu'il
n'a pu faire , il ſeroit à ſouhaiter , dit-il ,
» que les parties du Ciel n'euſſent point été
fouillées par tant de noms profanes , &
>> qu'on pût avec ſuccès tracer ſur le globe
» céleste les Images des Saints du vieux &
» du nouveau Testament , mais leal eſt
ſans remede.
30
Le grand nombre de changemens que
M. Pierquin a fait au ſiſteme qu'il reffufcite
DECEMBRE. 1744. 11
peuvent l'en faire regarder à bondroit comme
le Créateur , c'eſt ſur-tout le talent de
l'invention qui brille chez M. Pierquin ; s'il
paroît avoir emprunté de Deſcartes l'idée
des tourbillons , on voit bientôt par l'uſage
qu'il en fait , qu'il n'eſt ni Plagiaire ni Copifte.
ود
ככ
Il ſuppoſe à la vérité untourbillon qu'il
appelle » general parce qu'il renferme la
matiere dont tous les corps doivent être
>> compoſés , & même les trois élemens & la
>> fource de tous les étres materiels ; c'eſt -
à - dire une poudre ſubtile , des boules
étherées & une multitude inombrable de
>> parties branchuës.
06
Voilà les trois Elemensde Deſcartes , mais
M. Pierquin ne doit qu'à lui - meme le tourbillon
general , les parties branchuës font
pouffées vers la circonférence du tourbillon
general& ellesy forment cette croute immen-
Se quise nomme Firmament , croute d'une epaifſeur
extrême , puiſque les montagnes celestes ,
s'y tiennent toutes par le pied , & que néanmoins
elles ſubſiſtent depuis tant de fiecles , fans
qu'elles foit effondrée en quelque endroit du
moins sensible.
Nous ne nous étendrons pas davantage
fur le ſiſteme de M. P. , on peut dire à la
louange que quoiqu'il ait été publié en 1937
par parties dans les Journaux de Verdun ,
18 MERCURE DE FRANCE.
cependant aucun des Neutoniens n'a oſé attaquer
M. Pierquin , qui eſt mort maître du
champ de battaille & fans avoir été
entamé par l'ennemi.
On trouve à la ſuite un abrégé de Géographie
très-fuccint& peut-être trop . Bien !
des Lecteurs ne ſe contenteront pas de ſçavoir
pour toute inſtruction , ſur l'Angleterre
par exemple , qu'on ne voit point de Loups
dans cette Ifle ; qu'il y a beaucoup de Chevaux
en Dannemark ; que Malthe produit
des Roſes d'une odeur raviffante , & que
la Candie donne des citrons gros comme la
tête d'un homme .
Pluſieurs Differtations inſerées dans ce Recueil
, repondent parfaitement à l'idée que
le Lecteur doit s'être forméede la capacité
de M. Pierquín.
L'aurore Boreale du 19 Octobre 1726
parut à notre Auteur un objet digne de ſes
recherches ; il enrichit au mois de Janvier
fuivant le Journal de Verdun d'une Differtation
ſur ce ſujet , mais on ne laiſſa pas
cette fois M. Pierquinjouir tranquillement
de ſa gloire : le P. Emanuel de Viviers Capucin
entra en lice , M. Pierquin ſe défendit
avec courage; cette querelle occafionna
trois Differtations de part & d'autre ,
-toutes les fix font imprimées dans ce recuei ,
DECEMBRE. 1744 . my
nous n'entreprendrons point de décider cette
importante queſtion , ni de juger de la conteſtation
que l'Auteur eut après avec M.
Capperon ancienDoyen de ſaint Maxent ,
ſur la formation des pierres precieuſes ,
camayeux & coquillages. Suivant la coutume
des Sçavans , les deux Adverſaires ſe traiterent
comme font les Heros d'Homere ,
&ornerent de doctes injures leurs raiſonnemens
profonds , & ténébreux.
?
Nous nous hâtons de paſſer à une des
plus curieuſes Differtations de ce Recueil ,
elle roule ſur l'évocation des Morts , l'Auteur
prouve très - bien que la Nécromantie eſt
un art déteſtable ; que le Diable n'a point
- le pouvoir de faire apparoître les Morts
& que c'eſt à des ſecrets pareils à celui de
la Lanterne magique qu'on doit attribuer
tous les tours de paſſe paſſe des Devins.
On trouve à ce propos une explication trèsbien
détaillée de cette Lanterne magique ,
c'étoit ici ſa vraie place , cette Differtation
eſt ſuivie d'une autre qui n'eſt pas moins intéreſſante
ſur les Lutins & les Farfadets,
M. Pierquin qui a examiné les faits avec
- attention , convient qu'il a paru des Fantômes
ſur la terre avant la venie de J. C,
mais il pretend qu'il n'en eſt plus queſtion
depuis la prédication de l'Evangile ; il prous
:
:
+
120 MERCURE DE FRANCE.
ve très-bien que les Contes que l'on fait au
ſujet des Eſprits folets , fantômes &c. doivent
être mis au rang des Fables.
ce
>>Notre imagination , dit-il , ne peut ſe
>> repreſenter toutes les douleurs que fouffrent
les Anges malheureux , cependant
>> des Diables qui font mille fingeries ne
donnent - ils pas à comprendre que la
>> vengeance du Seigneur ne les accable pas
toujours. Ainſi lesDemons ne peuvent s'é-
১১
>> riger en Efprits folets.
...
L'Auteur n'eſt pas plus credule ſur le Sabat
, nous apprenons de lui , qu'il n'y en a
point. >> Mais que certains Sorciers pour
20 courir avec plus de viteſſe ſans laffitude ,
» ſe frotent avec un onguent compoſée d'a-
>> xonge humaine , de Mandragore pulveri-
> ſée , de jus d'Ache , de Pavots , de Panets
>> ſauvages & de quelques autres herbes
>> ſemblables , mais que bien loin d'être en-
>> levés par la cheminée &de courir en l'air
ככ
,
fur un manche à balai , ils s'endorment. >>>
M. Pierquin ne croit pas non plus que les
Sorciers & les Magiciens puiſſent changer la
figure naturelle des autres hommes , cette
erreur eſt doctement & foigneufement refutée.
On trouve encore dans ce recueil , plufieurs
autres Diſſertations auſſi curieuſes.Telle
eſt celle où l'on explique pourquoi le cocq
chan
DECEMBRE. 1744. 121
chante le matin , nous exhortons les Lecteurs
à lire ces choſes dans le livre mente.
zélé & du talent, vient de mettre au jour.
les OEuvres Physïques & Géographiques du
M. Pierquin Bachelier en Theologie & Curé
de Chastel en Champagne avec la vie deFAH-*
teur 1vol. in 12.
On apprend par la vie de l'Auteur que M.
Pierquin étoits un Curé de Campagne qui
employoit à composer des dissertations Physiques,
le tems que lui laissoient les soins
de son ministere, il a joué jusqu'en1732
un grand rôle dans les Journaux deVerdun
& de Trévoux, & il a mêmefiguré
quelquefois avec distinction dans le Mercure
de France.
Le premier morceau de ce recueil porte
le titre d'Astronomie de Thalès.
M. Pierquin trouvant des difficultés insolubles
dans tous les sistêmesmodernes, a formé
le dessein de ressusciter celui de Thalés ;.
entreprisequi exigeoitun courage qu'on ne
peut allezlouer. Thalés est le premier des
Grecsqui ait connu l'Astronomie, il a,k
116 MERCURE DEFRANCE ,
premier predit les Eclipſes de Soleil , il a
montré aux hommes à diriger la Navigation
par les Etoiles , il eſt le Fondateur de
la ſecte Ionique , il a eu long-tems des Admirateurs
& des Sectaires ; mais comme enfin
tout paſſe de mode , ſon ſiſtème étoit
tombé depuis bien des fiécles dans un difcredit
dont il ne ſe ſeroit jamais relevé ſans
les efforts de M. Pierquin.
il ſuffit d'avoir lu Diogene - Laerce
pour ſçavoir que ſuivant le ſiſteme de ce
Philofophe l'eau eſt le principe de l'Univers.
M. Pierquin n'eſt point un Diſciple
enthouſiaſte , qui embratſe aveuglement
les opinions de fon Maître , & qui donne
pour raiſon Magiſter dixit , il a vu judicieufement
qu'il y avoit beaucoup de choſes à
corriger au ſiſteme de Thales ,& il y a
travaillé avec application,
30
Cependant il eſt des reformes que M.
Pierquin auroit défirées ardemment& qu'il
n'a pu faire , il ſeroit à ſouhaiter , dit-il ,
» que les parties du Ciel n'euſſent point été
fouillées par tant de noms profanes , &
>> qu'on pût avec ſuccès tracer ſur le globe
» céleste les Images des Saints du vieux &
» du nouveau Testament , mais leal eſt
ſans remede.
30
Le grand nombre de changemens que
M. Pierquin a fait au ſiſteme qu'il reffufcite
DECEMBRE. 1744. 11
peuvent l'en faire regarder à bondroit comme
le Créateur , c'eſt ſur-tout le talent de
l'invention qui brille chez M. Pierquin ; s'il
paroît avoir emprunté de Deſcartes l'idée
des tourbillons , on voit bientôt par l'uſage
qu'il en fait , qu'il n'eſt ni Plagiaire ni Copifte.
ود
ככ
Il ſuppoſe à la vérité untourbillon qu'il
appelle » general parce qu'il renferme la
matiere dont tous les corps doivent être
>> compoſés , & même les trois élemens & la
>> fource de tous les étres materiels ; c'eſt -
à - dire une poudre ſubtile , des boules
étherées & une multitude inombrable de
>> parties branchuës.
06
Voilà les trois Elemensde Deſcartes , mais
M. Pierquin ne doit qu'à lui - meme le tourbillon
general , les parties branchuës font
pouffées vers la circonférence du tourbillon
general& ellesy forment cette croute immen-
Se quise nomme Firmament , croute d'une epaifſeur
extrême , puiſque les montagnes celestes ,
s'y tiennent toutes par le pied , & que néanmoins
elles ſubſiſtent depuis tant de fiecles , fans
qu'elles foit effondrée en quelque endroit du
moins sensible.
Nous ne nous étendrons pas davantage
fur le ſiſteme de M. P. , on peut dire à la
louange que quoiqu'il ait été publié en 1937
par parties dans les Journaux de Verdun ,
18 MERCURE DE FRANCE.
cependant aucun des Neutoniens n'a oſé attaquer
M. Pierquin , qui eſt mort maître du
champ de battaille & fans avoir été
entamé par l'ennemi.
On trouve à la ſuite un abrégé de Géographie
très-fuccint& peut-être trop . Bien !
des Lecteurs ne ſe contenteront pas de ſçavoir
pour toute inſtruction , ſur l'Angleterre
par exemple , qu'on ne voit point de Loups
dans cette Ifle ; qu'il y a beaucoup de Chevaux
en Dannemark ; que Malthe produit
des Roſes d'une odeur raviffante , & que
la Candie donne des citrons gros comme la
tête d'un homme .
Pluſieurs Differtations inſerées dans ce Recueil
, repondent parfaitement à l'idée que
le Lecteur doit s'être forméede la capacité
de M. Pierquín.
L'aurore Boreale du 19 Octobre 1726
parut à notre Auteur un objet digne de ſes
recherches ; il enrichit au mois de Janvier
fuivant le Journal de Verdun d'une Differtation
ſur ce ſujet , mais on ne laiſſa pas
cette fois M. Pierquinjouir tranquillement
de ſa gloire : le P. Emanuel de Viviers Capucin
entra en lice , M. Pierquin ſe défendit
avec courage; cette querelle occafionna
trois Differtations de part & d'autre ,
-toutes les fix font imprimées dans ce recuei ,
DECEMBRE. 1744 . my
nous n'entreprendrons point de décider cette
importante queſtion , ni de juger de la conteſtation
que l'Auteur eut après avec M.
Capperon ancienDoyen de ſaint Maxent ,
ſur la formation des pierres precieuſes ,
camayeux & coquillages. Suivant la coutume
des Sçavans , les deux Adverſaires ſe traiterent
comme font les Heros d'Homere ,
&ornerent de doctes injures leurs raiſonnemens
profonds , & ténébreux.
?
Nous nous hâtons de paſſer à une des
plus curieuſes Differtations de ce Recueil ,
elle roule ſur l'évocation des Morts , l'Auteur
prouve très - bien que la Nécromantie eſt
un art déteſtable ; que le Diable n'a point
- le pouvoir de faire apparoître les Morts
& que c'eſt à des ſecrets pareils à celui de
la Lanterne magique qu'on doit attribuer
tous les tours de paſſe paſſe des Devins.
On trouve à ce propos une explication trèsbien
détaillée de cette Lanterne magique ,
c'étoit ici ſa vraie place , cette Differtation
eſt ſuivie d'une autre qui n'eſt pas moins intéreſſante
ſur les Lutins & les Farfadets,
M. Pierquin qui a examiné les faits avec
- attention , convient qu'il a paru des Fantômes
ſur la terre avant la venie de J. C,
mais il pretend qu'il n'en eſt plus queſtion
depuis la prédication de l'Evangile ; il prous
:
:
+
120 MERCURE DE FRANCE.
ve très-bien que les Contes que l'on fait au
ſujet des Eſprits folets , fantômes &c. doivent
être mis au rang des Fables.
ce
>>Notre imagination , dit-il , ne peut ſe
>> repreſenter toutes les douleurs que fouffrent
les Anges malheureux , cependant
>> des Diables qui font mille fingeries ne
donnent - ils pas à comprendre que la
>> vengeance du Seigneur ne les accable pas
toujours. Ainſi lesDemons ne peuvent s'é-
১১
>> riger en Efprits folets.
...
L'Auteur n'eſt pas plus credule ſur le Sabat
, nous apprenons de lui , qu'il n'y en a
point. >> Mais que certains Sorciers pour
20 courir avec plus de viteſſe ſans laffitude ,
» ſe frotent avec un onguent compoſée d'a-
>> xonge humaine , de Mandragore pulveri-
> ſée , de jus d'Ache , de Pavots , de Panets
>> ſauvages & de quelques autres herbes
>> ſemblables , mais que bien loin d'être en-
>> levés par la cheminée &de courir en l'air
ככ
,
fur un manche à balai , ils s'endorment. >>>
M. Pierquin ne croit pas non plus que les
Sorciers & les Magiciens puiſſent changer la
figure naturelle des autres hommes , cette
erreur eſt doctement & foigneufement refutée.
On trouve encore dans ce recueil , plufieurs
autres Diſſertations auſſi curieuſes.Telle
eſt celle où l'on explique pourquoi le cocq
chan
DECEMBRE. 1744. 121
chante le matin , nous exhortons les Lecteurs
à lire ces choſes dans le livre mente.
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12871
p. 166-171
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
Début :
J'AI lû, Monsieur, avec étonnement dans votre Mercure d'Août 1763, une [...]
Mots clefs :
Chirurgie, Lithotome, Anonyme, Méthode, Académie royale de chirurgie, Lettre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à l'Auteur du Mercure.
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
J'AI lù , Monfieur , avec étonnement
ΑΙ
dans votre, Mercure d'Août 1763 , une
Lettre Anonyme fous le titre d'un Etudiant
en Chirurgie , à M... Chirurgien
de Province .
SEPTEMBRE. 1763. 167
On ne peut douter à la lecture de
cette Lettre qu'elle ne foit effectivement
l'ouvrage d'un Etudiant peu au fait de
ce qui s'eft paffé en Chirurgie fur la
Taille ; il répéte ici ce qui eft écrit dans
tous les ouvrages de Chirurgie , fur les
dangers des inftrumens à refforts , &
ce qui eft avoué de tout le monde en
général ; mais dont l'application ne
peut être faite au Lithotome caché du
Frère Cofme , dans lequel le reffort fur
lequel il veut faire illufion , ne fert uniquement
qu'à renfermer & contenir la
lame dans fa guaine & non à diriger
l'inftrument , qui ne reconnoît en opérant
abfolument , d'autre puiffance que
celle de la main de l'Opérateur.
Cet Etudiant ignore auffi que le Frère
Cofme ne s'eft jamais annoncé comme
l'Auteur d'une méthode précisément
nouvelle ; il s'eft borné à prouver qu'il
exécute avec fon Lithotome caché, la
taille latérale du Frère . Jacques plus
furement & plus exactement qu'on ne
l'avoit faite jufqu'à lui.
Il nous renvoye encore aux Mémoires
de l'Académie Royale de Chirurgie , où
il prétend que nous trouverons des preuyes
démonftratives de réfutation. Je puis
lui annoncer que le Frère Cofme va
168 MERCURE DE FRANCE.
prouver auffi clair que le jour , que la
plupart des faits rapportés dans ces
Mémoires , touchant fa Taille , font ou
faux ou dénaturés ; & que les épreuves
qui y font rapportées , & qui fervent
de bafe à la théorie qu'on y donne
ont été faites avec la plus grande maladreffe
, ou la plus mauvaiſe volonté.
Je puis encore lui apprendre que le
Lithotome caché eft entierement adopté
à Vienne , & je le renvoye pour cet
effet à la fixiéme partie des ouvrages de
M. de Haën , où il en trouvera l'éloge,
avec celui de fes fuccès entre les mains
de M. Cambon , Confeiller , premier
Chirurgien de S. A. R. la Princeſſe de
Lorraine. S'il aime à s'inftruire d'une
matière dont il fe plaît tant à parler ,
il pourra y trouver des renfeignemens
utiles fur le nombre des cures faites avec
cet inftrument à Vienne , à Bruxelles ,
à Gand , à Tournay , à Maubeuge , à
Lifle , à Reims , à Metz , à Troyes ,
à Rouen , à la Rochelle , à Saintes ,
à Tours , à Bourges , à Toulon , à Mar
feille , à Romans , à Grenoble , à Lyon ,
à Châlons , à Louisbourg en Canada ,
au Fort Royal de la Martinique , & c.
& c. & c.
Quant à moi , Monfieur , qu'il dit
_voir
SEPTEMBRE. 1763. 169
voir fouvent , j'aurois pu lui apprendre,
s'il l'eût defiré , l'ufage avantageux que
je fais da Lithotome caché , & que j'en
dois faire journellement. Je lui aurois
prouvé qu'un Lithotomifte célébre , a
taillé quarante - cinq perfonnes de fuite
fans qu'il en foit morte aucune . M. Cambon
en a opéré près de cent , dont il
n'eft mort qu'une feule ; que j'avois
fait auffi avec cet inftrument quatrevingt-
neuf tailles depuis 1757 , toutes .
heureuſes , excepté trois dont les Sujets
font morts de caufes étrangères à l'opération
. Je puis lui donner tous les détails
, âges , noms , demeures , ainfi que
le temps de l'opération . Oferois -je ici
lui demander , quand les Adverfaires du
Lithotome caché , pourront citer autant
d'heureuſes tailles , fur un auffi grand
nombre de Pierreux , opérés par leurs
méthodes , & avec leurs inftrumens ?
En attendant qu'il y parvienne , il demeurera
demontré , que la méthode qu'il
préconife doit être profcrite de la bonne
Chirurgie , fuivant les principes où le
Frère Cofme établit la néceffité de l'incifion
fuffifante , pour éviter autant
qu'il eft poffible , la contufion & le déchirement
; caufes les plus ordinaires de
la mort des Taillés.
H
,
*
170 MERCURE DE FRANCE.
Si ces réfléxions ne paroiffent pas
affez décifives , pour la réfutation de
la méthode de l'Anonyme , qu'il mette
en parallèle les fuccès qu'il allégue avec
ceux que je lui oppoſe.
M. Morand , Chirurgien très - diſtingué
a donné une lifte des tailles faites
à l'Hôpital de la Charité depuis , 1720 ,
jufqu'en 1727 ; on y voit un peu plus
du tiers des Taillés devenir les victimes
des méthodes vantées par ce même
Anonyme. On doit bientôt rendre publique
la lifte des tailles faites à cet Hô
pital , depuis la même année 1720 ,
inclufivement jufqu'à la préfente année
1763 , il lui fera facile , ainfi qu'à tout
le monde , de fe convaincre , fi ceux
qui ont adopté le Lithotome caché du
Frère Cofme , à l'exclufion de tout
autre , l'ont fait par prévention , & fi
leur confiance dans cet admirable inf
trument , eft bien ou mal placée.
Je l'affure auffi que l'apologie que
l'on a faite de moi , & que je trouve
exceffive , a été abfolument à mon inf
çu. Je n'ai jamais mandié les éloges ,
mais j'ai fait & je ferai toujours les plus
grands efforts pour les mériter. Je n'ai
pû qu'être furpris de la façon avec la
quelle cet Anonyme me défigne. J'ai
SEPTEMBRE. 1763. 171
gagné la place que j'occupe dans un
concours public , ordonné par un Arrêt
du Parlement ; j'y ai été m intenu par
un autre Arrêt de cette même Cour ;
cela s'appelle - t-il entrer dans une place
par hazard ? Et l'Indécence de cette
expreffion ne prouve-t- elle pas quelles
font les paffions qui animent celui qui
la profére ? Mon feul crime vis - à - vis de
certains Chirurgiens eft d'être le neveu
du Frère Cofme , mais j'en fais ma
gloire & mon bonheur .
J'ai l'honneur d'être , &c.
BASEILLAC , gagnant Maítrife à la Charité.
J'AI lù , Monfieur , avec étonnement
ΑΙ
dans votre, Mercure d'Août 1763 , une
Lettre Anonyme fous le titre d'un Etudiant
en Chirurgie , à M... Chirurgien
de Province .
SEPTEMBRE. 1763. 167
On ne peut douter à la lecture de
cette Lettre qu'elle ne foit effectivement
l'ouvrage d'un Etudiant peu au fait de
ce qui s'eft paffé en Chirurgie fur la
Taille ; il répéte ici ce qui eft écrit dans
tous les ouvrages de Chirurgie , fur les
dangers des inftrumens à refforts , &
ce qui eft avoué de tout le monde en
général ; mais dont l'application ne
peut être faite au Lithotome caché du
Frère Cofme , dans lequel le reffort fur
lequel il veut faire illufion , ne fert uniquement
qu'à renfermer & contenir la
lame dans fa guaine & non à diriger
l'inftrument , qui ne reconnoît en opérant
abfolument , d'autre puiffance que
celle de la main de l'Opérateur.
Cet Etudiant ignore auffi que le Frère
Cofme ne s'eft jamais annoncé comme
l'Auteur d'une méthode précisément
nouvelle ; il s'eft borné à prouver qu'il
exécute avec fon Lithotome caché, la
taille latérale du Frère . Jacques plus
furement & plus exactement qu'on ne
l'avoit faite jufqu'à lui.
Il nous renvoye encore aux Mémoires
de l'Académie Royale de Chirurgie , où
il prétend que nous trouverons des preuyes
démonftratives de réfutation. Je puis
lui annoncer que le Frère Cofme va
168 MERCURE DE FRANCE.
prouver auffi clair que le jour , que la
plupart des faits rapportés dans ces
Mémoires , touchant fa Taille , font ou
faux ou dénaturés ; & que les épreuves
qui y font rapportées , & qui fervent
de bafe à la théorie qu'on y donne
ont été faites avec la plus grande maladreffe
, ou la plus mauvaiſe volonté.
Je puis encore lui apprendre que le
Lithotome caché eft entierement adopté
à Vienne , & je le renvoye pour cet
effet à la fixiéme partie des ouvrages de
M. de Haën , où il en trouvera l'éloge,
avec celui de fes fuccès entre les mains
de M. Cambon , Confeiller , premier
Chirurgien de S. A. R. la Princeſſe de
Lorraine. S'il aime à s'inftruire d'une
matière dont il fe plaît tant à parler ,
il pourra y trouver des renfeignemens
utiles fur le nombre des cures faites avec
cet inftrument à Vienne , à Bruxelles ,
à Gand , à Tournay , à Maubeuge , à
Lifle , à Reims , à Metz , à Troyes ,
à Rouen , à la Rochelle , à Saintes ,
à Tours , à Bourges , à Toulon , à Mar
feille , à Romans , à Grenoble , à Lyon ,
à Châlons , à Louisbourg en Canada ,
au Fort Royal de la Martinique , & c.
& c. & c.
Quant à moi , Monfieur , qu'il dit
_voir
SEPTEMBRE. 1763. 169
voir fouvent , j'aurois pu lui apprendre,
s'il l'eût defiré , l'ufage avantageux que
je fais da Lithotome caché , & que j'en
dois faire journellement. Je lui aurois
prouvé qu'un Lithotomifte célébre , a
taillé quarante - cinq perfonnes de fuite
fans qu'il en foit morte aucune . M. Cambon
en a opéré près de cent , dont il
n'eft mort qu'une feule ; que j'avois
fait auffi avec cet inftrument quatrevingt-
neuf tailles depuis 1757 , toutes .
heureuſes , excepté trois dont les Sujets
font morts de caufes étrangères à l'opération
. Je puis lui donner tous les détails
, âges , noms , demeures , ainfi que
le temps de l'opération . Oferois -je ici
lui demander , quand les Adverfaires du
Lithotome caché , pourront citer autant
d'heureuſes tailles , fur un auffi grand
nombre de Pierreux , opérés par leurs
méthodes , & avec leurs inftrumens ?
En attendant qu'il y parvienne , il demeurera
demontré , que la méthode qu'il
préconife doit être profcrite de la bonne
Chirurgie , fuivant les principes où le
Frère Cofme établit la néceffité de l'incifion
fuffifante , pour éviter autant
qu'il eft poffible , la contufion & le déchirement
; caufes les plus ordinaires de
la mort des Taillés.
H
,
*
170 MERCURE DE FRANCE.
Si ces réfléxions ne paroiffent pas
affez décifives , pour la réfutation de
la méthode de l'Anonyme , qu'il mette
en parallèle les fuccès qu'il allégue avec
ceux que je lui oppoſe.
M. Morand , Chirurgien très - diſtingué
a donné une lifte des tailles faites
à l'Hôpital de la Charité depuis , 1720 ,
jufqu'en 1727 ; on y voit un peu plus
du tiers des Taillés devenir les victimes
des méthodes vantées par ce même
Anonyme. On doit bientôt rendre publique
la lifte des tailles faites à cet Hô
pital , depuis la même année 1720 ,
inclufivement jufqu'à la préfente année
1763 , il lui fera facile , ainfi qu'à tout
le monde , de fe convaincre , fi ceux
qui ont adopté le Lithotome caché du
Frère Cofme , à l'exclufion de tout
autre , l'ont fait par prévention , & fi
leur confiance dans cet admirable inf
trument , eft bien ou mal placée.
Je l'affure auffi que l'apologie que
l'on a faite de moi , & que je trouve
exceffive , a été abfolument à mon inf
çu. Je n'ai jamais mandié les éloges ,
mais j'ai fait & je ferai toujours les plus
grands efforts pour les mériter. Je n'ai
pû qu'être furpris de la façon avec la
quelle cet Anonyme me défigne. J'ai
SEPTEMBRE. 1763. 171
gagné la place que j'occupe dans un
concours public , ordonné par un Arrêt
du Parlement ; j'y ai été m intenu par
un autre Arrêt de cette même Cour ;
cela s'appelle - t-il entrer dans une place
par hazard ? Et l'Indécence de cette
expreffion ne prouve-t- elle pas quelles
font les paffions qui animent celui qui
la profére ? Mon feul crime vis - à - vis de
certains Chirurgiens eft d'être le neveu
du Frère Cofme , mais j'en fais ma
gloire & mon bonheur .
J'ai l'honneur d'être , &c.
BASEILLAC , gagnant Maítrife à la Charité.
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12872
p. 193
« N. B. On donnera dans les Mercures du mois prochain l'état actuel des deux Comédies, ainsi [...] »
Début :
N. B. On donnera dans les Mercures du mois prochain l'état actuel des deux Comédies, ainsi [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « N. B. On donnera dans les Mercures du mois prochain l'état actuel des deux Comédies, ainsi [...] »
N. B. On donnera dans les Mercures du mois
prochain l'état actuel des deux Comédies, ainsi
que l'on a fait l'année dernière. En attendant,
nous informerons nos Lecteurs que Mlles DoLI
GNI & LUzz1 , ci-devant aux appointemens , ont
été reçues & partagent proportionnellement avec
les autres Comédiens ordinaires du Ro1 , ainſi que
M. BoURET.
prochain l'état actuel des deux Comédies, ainsi
que l'on a fait l'année dernière. En attendant,
nous informerons nos Lecteurs que Mlles DoLI
GNI & LUzz1 , ci-devant aux appointemens , ont
été reçues & partagent proportionnellement avec
les autres Comédiens ordinaires du Ro1 , ainſi que
M. BoURET.
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12873
p. 181-182
AUTRES GRAVURES.
Début :
L'APPROCHE du Camp, & les Soldats en repos, estampes très-bien gravées d'après [...]
Mots clefs :
Gravures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRES GRAVURES.
AUTRES GRAVURES.
L'APPROCHE du Camp , & les Soldats
en repos , eſtampes très- bien gravées d'après
Dietricy , par C. le Vaffeur ; fe trouvent
chez l'Auteur , rue des Mathurins
vis-à- vis celle des Maçons.
>
LE Bacha en promenade promenade , d'après P.
Metay & gravée par l'Empereur ; ainfi
que le Petit Napolitain de M. Greuze
gravé par F. P. Ingout , fe vendent chez
L'Empereur , Graveur du Roi , rue & porte
Saint Jacques , au- deffus du petit Marché,
LE Public eft averti que le portrait de
M. de Voltaire & celui de M. Rouſſeau
182 MERCURE DE FRANCE .
de Genève qui fert de pendant au premier
, gravés tous les deux par M. Michel ,
d'après les deffeins qui font dans le cabinet
de M. le Marquis de Villette , font
préfentement entre les mains de M. Duret ,
Graveur , rue du Fouare , qui , pour en
procurer plus facilement l'acquifition , a
réduit le prix de ces deux portraits à 15
fols pièce , qui , auparavant fe vendoient
chacun 3 livres.
L'APPROCHE du Camp , & les Soldats
en repos , eſtampes très- bien gravées d'après
Dietricy , par C. le Vaffeur ; fe trouvent
chez l'Auteur , rue des Mathurins
vis-à- vis celle des Maçons.
>
LE Bacha en promenade promenade , d'après P.
Metay & gravée par l'Empereur ; ainfi
que le Petit Napolitain de M. Greuze
gravé par F. P. Ingout , fe vendent chez
L'Empereur , Graveur du Roi , rue & porte
Saint Jacques , au- deffus du petit Marché,
LE Public eft averti que le portrait de
M. de Voltaire & celui de M. Rouſſeau
182 MERCURE DE FRANCE .
de Genève qui fert de pendant au premier
, gravés tous les deux par M. Michel ,
d'après les deffeins qui font dans le cabinet
de M. le Marquis de Villette , font
préfentement entre les mains de M. Duret ,
Graveur , rue du Fouare , qui , pour en
procurer plus facilement l'acquifition , a
réduit le prix de ces deux portraits à 15
fols pièce , qui , auparavant fe vendoient
chacun 3 livres.
Fermer
Résumé : AUTRES GRAVURES.
Le texte décrit plusieurs gravures à vendre. 'L'APPROCHE du Camp' par C. le Vaffeur est disponible chez l'auteur, rue des Mathurins. 'LE Bacha en promenade' et 'le Petit Napolitain' sont vendus chez l'Empereur, rue Saint-Jacques. Les portraits de Voltaire et Rousseau, gravés par M. Michel, sont chez M. Duret, rue du Four, à 15 sols chacun.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
12874
p. 193-195
COMÉDIE ITALIENNE.
Début :
IL n'y a point eu de Nouveautés sur ce Théâtre dans le genre d'Opéra-Comique, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMÉDIE ITALIENNE.
COMÉDIE ITALIENNE.
IL n'y a point eu de Nouveautés sur
ce Théâtre dans le genre d'Opéra-Comique,
ou Comédies mêlées d'Ariettes.
Dans celui de la Comédie Italienne , le
célebre M. GoLDoNI a donné Camille
Aubergiſte & la Dupe vengée. Cette der
nière Piéce a été interrompue après la
2°. repréſentation , par une maladie
grave de M. DE HEssE , ancien Ac
teur dont les talens multipliés & variès
ont été ſi longtemps & ſont encore très
utiles à ce Théâtre en divers genres. Il
joue dans cette nouvelle Piéce un rôle
comique , dans lequel il * ºººº
^
\
194 MERCURE DE FRANCE.
être remplacé. On a lieu
d'eſpérer
ue ſon rétabliſſement, auquel le Pu
blic ſera ſenſible , rendra aux Ama
teurs de la bonne Comédie Italienne ,
une Piéce qu'ils avoient paru recevoir
favorablement.
Mlle BEAUPRÉ , dont le début avoit
eu un grand ſuccès cet hyver, a obtenu
le déſiſtement d'uneCour étrangère,pour
laquelle elle étoit engagée. Cette Actrice
a reparu aveca pplaudiſſemens dans les
rôles de Jenni, de la Laitiere & d'Anneta.
Mlle FAvART , qui rend hommage
aux talens parce qu'elle en a afſez
- pour ne leur pas porter envie , s'eſt
défait des rôles qui demandent une jeu
neſſe trop marquée. Elle garde ceux
d'Amoureuſes de caractère en chef,
dans la Comédie proprement dite, &
dans la Comédie à Ariettes. Elle jouera
ceux de Mères dans les deux mêmes gen
res de Piéces , alternativement avec
Mlles BoGN oLI , DESGLANDS &
BERARD. On ne doute pas que le Pu
blic, qui ſait toujours gré des formes
différentes que l'on prend pour lui plaire,
n'accorde à Mlle FAVART dans ce nou
vel emploi , les ſuffrages dont il l'ho
nore conſtamment depuis qu'elle eſt au
Théâtre. Cette Actriçe a joué ayec beau
-
J U I N. 1764.
195
coup d'applaudiſſemens la mère dans le
Médecin d'amour. Cela doit engager ſon
mari, Auteur de tant de jolis †
ges , à donner encore de nouvelles pro
ductions d'un talent qui a preſque tou
jours été couronné par les ſuccès les
plus flatteurs.
M. RocHARD , Acteur de ce Théâ
tre depuis plus de vingt ans, en poſſeſ
ſion des premiers rôles, & qui joignoit
beaucoup d'intelligence à la pratique
du jeu , ainſi qu'à beaucoup de goût
dans l'art du chant, a demandé & ob
tenu ſa retraite. C'eſt une perte pour
un très-grand nombre d'Amateurs éclai
rés de ce Théâtre , qui le regrettent dans
tous les rôles où il jouoit : ce qui n'em
êche pas cependant d'applaudir avec
juſtice les talens & le zéle de ceux qui
le remplacent.
IL n'y a point eu de Nouveautés sur
ce Théâtre dans le genre d'Opéra-Comique,
ou Comédies mêlées d'Ariettes.
Dans celui de la Comédie Italienne , le
célebre M. GoLDoNI a donné Camille
Aubergiſte & la Dupe vengée. Cette der
nière Piéce a été interrompue après la
2°. repréſentation , par une maladie
grave de M. DE HEssE , ancien Ac
teur dont les talens multipliés & variès
ont été ſi longtemps & ſont encore très
utiles à ce Théâtre en divers genres. Il
joue dans cette nouvelle Piéce un rôle
comique , dans lequel il * ºººº
^
\
194 MERCURE DE FRANCE.
être remplacé. On a lieu
d'eſpérer
ue ſon rétabliſſement, auquel le Pu
blic ſera ſenſible , rendra aux Ama
teurs de la bonne Comédie Italienne ,
une Piéce qu'ils avoient paru recevoir
favorablement.
Mlle BEAUPRÉ , dont le début avoit
eu un grand ſuccès cet hyver, a obtenu
le déſiſtement d'uneCour étrangère,pour
laquelle elle étoit engagée. Cette Actrice
a reparu aveca pplaudiſſemens dans les
rôles de Jenni, de la Laitiere & d'Anneta.
Mlle FAvART , qui rend hommage
aux talens parce qu'elle en a afſez
- pour ne leur pas porter envie , s'eſt
défait des rôles qui demandent une jeu
neſſe trop marquée. Elle garde ceux
d'Amoureuſes de caractère en chef,
dans la Comédie proprement dite, &
dans la Comédie à Ariettes. Elle jouera
ceux de Mères dans les deux mêmes gen
res de Piéces , alternativement avec
Mlles BoGN oLI , DESGLANDS &
BERARD. On ne doute pas que le Pu
blic, qui ſait toujours gré des formes
différentes que l'on prend pour lui plaire,
n'accorde à Mlle FAVART dans ce nou
vel emploi , les ſuffrages dont il l'ho
nore conſtamment depuis qu'elle eſt au
Théâtre. Cette Actriçe a joué ayec beau
-
J U I N. 1764.
195
coup d'applaudiſſemens la mère dans le
Médecin d'amour. Cela doit engager ſon
mari, Auteur de tant de jolis †
ges , à donner encore de nouvelles pro
ductions d'un talent qui a preſque tou
jours été couronné par les ſuccès les
plus flatteurs.
M. RocHARD , Acteur de ce Théâ
tre depuis plus de vingt ans, en poſſeſ
ſion des premiers rôles, & qui joignoit
beaucoup d'intelligence à la pratique
du jeu , ainſi qu'à beaucoup de goût
dans l'art du chant, a demandé & ob
tenu ſa retraite. C'eſt une perte pour
un très-grand nombre d'Amateurs éclai
rés de ce Théâtre , qui le regrettent dans
tous les rôles où il jouoit : ce qui n'em
êche pas cependant d'applaudir avec
juſtice les talens & le zéle de ceux qui
le remplacent.
Fermer
12875
p. 121-122
Voyages & Avantures du Comte de ** & de son fils, [titre d'après la table]
Début :
LES VOYAGES & Avantures du Comte de *** & de son Fils, en trois volumes, [...]
Mots clefs :
Fils, Père
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Voyages & Avantures du Comte de ** & de son fils, [titre d'après la table]
LES VOYAGES & Avantures du Comte
de *** & de ſon Fils , en trois volumes ,
imprimé en Hollande , à Amſterdam chés
Pierre Marteau , ſe vendent à Paris chés
Barrois , Quai des Auguftins.
On ne donnera point un Extrait de cet
Ouvrage , qui étant un tiſſu d'évenemens enchaînés
& relatifs les uns aux autres , perdroit
infiniment à être découfu. Je crois qu'il ſuffira
pour en donner une idée avantageuſe ,
dedéclarer le deſſein de l'Editeur, expliqué
dans ſa Préface , & pour ne le point alterer
nous nous fervons de ſes termes.
د
>> De tous les Livres que l'on préſente au
>> Public , aucuns ne paroiſſent être reçus avec
>> plus d'empreſſement, que ceux qui joignant
>> l'utile à l'agréable , peuvent inſtruire en
>> amuſant . Celui-ci dont j'ai fait une lecture
attentive , m'a paru être de ce nombre.
C'eſt un Pere qui ramaſſant ſur un Fils uni-
> que toute ſa tendreſſe , ne croit ſe devoir
>> repoſer que ſur lui ſeul du ſoin de ſon in-
20 ſtruction , & il y eſt déterminé par un éve-
„ nement qui lui fait comprendre que les
» ſoins du Gouverneur le plus habile & le
>> plus zelé , ne peuvent guéres ſuppléer à
F
1
122 MERCURE DE FRANCE.
>> ceux d'un Pere d'autant plus intereffé à
perfection d'un fils tendrement cheri ,
כ כ
סכ qu'il eſpere de revivre glorieuſement en
»lui.
On étale enſuite les inconveniens d'une
éducation étrangere ; on pourroit combattre
auſſi l'éducation paternelle , & prouver aufli
clairement que la jeuneſſe eſt quelquefois
plus mal élevée par ſes Parens que par les
Précepteurs. Notre Voyageur Philofophe n'ignore
pas ces difſtinctions , mais il eſt affranchi
des préjugés du ſang , & il gouverne fon
fils , gouverné lui-même par la raifon .
>>II lui donne des leçons dictées par l'hon-
>> neur , la Religion , la probité , &par la
>> vertu elle-même. Mais il y a encore une
>> autre forte d'inſtruction qu'il ne néglige
>> pas , & elle nous vient de la force de l'e-
>> xemple . Rien n'eſt plus capable de nous
סכ animer à la pratique de la ſageſſe , & de
>> nous détourner du vice , que la vue des
>> récompenfes ou des châtimens dont les
>> uns & les autres font ordinairement fuivis.
Il eſt témoin pendant ſon voyage d'un
>> grand nombre d'avantures , dont le dé-
>> nouement eſt ou le triomphe de la vertu
>> ou la punition du vice .
Le Lecteur jugera fi ce plan ſenſé eſt parfaitement
executé,
de *** & de ſon Fils , en trois volumes ,
imprimé en Hollande , à Amſterdam chés
Pierre Marteau , ſe vendent à Paris chés
Barrois , Quai des Auguftins.
On ne donnera point un Extrait de cet
Ouvrage , qui étant un tiſſu d'évenemens enchaînés
& relatifs les uns aux autres , perdroit
infiniment à être découfu. Je crois qu'il ſuffira
pour en donner une idée avantageuſe ,
dedéclarer le deſſein de l'Editeur, expliqué
dans ſa Préface , & pour ne le point alterer
nous nous fervons de ſes termes.
د
>> De tous les Livres que l'on préſente au
>> Public , aucuns ne paroiſſent être reçus avec
>> plus d'empreſſement, que ceux qui joignant
>> l'utile à l'agréable , peuvent inſtruire en
>> amuſant . Celui-ci dont j'ai fait une lecture
attentive , m'a paru être de ce nombre.
C'eſt un Pere qui ramaſſant ſur un Fils uni-
> que toute ſa tendreſſe , ne croit ſe devoir
>> repoſer que ſur lui ſeul du ſoin de ſon in-
20 ſtruction , & il y eſt déterminé par un éve-
„ nement qui lui fait comprendre que les
» ſoins du Gouverneur le plus habile & le
>> plus zelé , ne peuvent guéres ſuppléer à
F
1
122 MERCURE DE FRANCE.
>> ceux d'un Pere d'autant plus intereffé à
perfection d'un fils tendrement cheri ,
כ כ
סכ qu'il eſpere de revivre glorieuſement en
»lui.
On étale enſuite les inconveniens d'une
éducation étrangere ; on pourroit combattre
auſſi l'éducation paternelle , & prouver aufli
clairement que la jeuneſſe eſt quelquefois
plus mal élevée par ſes Parens que par les
Précepteurs. Notre Voyageur Philofophe n'ignore
pas ces difſtinctions , mais il eſt affranchi
des préjugés du ſang , & il gouverne fon
fils , gouverné lui-même par la raifon .
>>II lui donne des leçons dictées par l'hon-
>> neur , la Religion , la probité , &par la
>> vertu elle-même. Mais il y a encore une
>> autre forte d'inſtruction qu'il ne néglige
>> pas , & elle nous vient de la force de l'e-
>> xemple . Rien n'eſt plus capable de nous
סכ animer à la pratique de la ſageſſe , & de
>> nous détourner du vice , que la vue des
>> récompenfes ou des châtimens dont les
>> uns & les autres font ordinairement fuivis.
Il eſt témoin pendant ſon voyage d'un
>> grand nombre d'avantures , dont le dé-
>> nouement eſt ou le triomphe de la vertu
>> ou la punition du vice .
Le Lecteur jugera fi ce plan ſenſé eſt parfaitement
executé,
Fermer
12876
p. 195-200
« Le 24 Février, l'Académie Royale de Peinture & de Sculpture tint [...] »
Début :
Le 24 Février, l'Académie Royale de Peinture & de Sculpture tint [...]
Mots clefs :
Académie royale de peinture et de sculpture, Assemblée, Ouvrages, Régiments, Gardes françaises, Services, Honneur, Officiers, Soldats, Ordonnance, Compagnies, Bataillons, Capitaines, Soldes, Uniforme, Règlement, Commandant, Loterie de l'école royale militaire, Loterie de l'Hôtel-de-ville, Tirage, Numéros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 24 Février, l'Académie Royale de Peinture & de Sculpture tint [...] »
L, 24 Février, l'Académie Royale de Peinture ,
& de Sculpture tint une Aſſem blée & reçut au
nombre des Aggrégés le ſieur Prince, Peintre
de l'Impératrice de Ruſſie, connu par différens
Onvrages qui lui ont acquis de la r lutation
I ij -
196 MERCURE DE FRANCE.
|
dans cette Cour , ainſi que dans celle de
Vienne & de Warſovie. Il a préſenté a l'Aca
démie quatre Tableaux & plufieurs deſſeins qui
ont mérité les ſuffrages de tous les Membres.
Le ſieur Briſſon, dc l'Académie Royale des
Sciences , commencera , le 14 de ce mois, un
cours de phyſique expérimentale , dans la Salie
des Machines au Collége de Navarre, & le
continuera les Lundis, Mercredis & Vendredis
de chaque ſemaine.
Sa Majeſté voulant donner au Régiment des
Gardes Françoiſes des marques de la ſatisfac
tion qu'Elle a des ſervices diſtingués que ce
Corps a rendus dans tous les temps & dans tou
tes les circonſtances , & lui régler en même
temps un traitement qui réponde à l'honneur
qu'il a d'être affecté d'une manière particulière
à la garde de ſa Perſonne, a réſolu de lui fi
xer une conſtitution ſolide & invariable, & d'ac
corder, tant aux Officiers qu'aux Soldats une
· augmentation de traitement. En conſéquence,
Sà Majeſté a rendu une Ordonnance, en date
du 29 Janvier dernier, ſuivant laquelle ce Ré
· giment continuera d'être compoſé de trois com
pagnies de Grenadiers & de trente compagnies de
Fuſiliers, leſquelles formeront ſix bataillons,
compoſé chacun d'une demie-compagnie de Gre
nadiers & de cinq compagnies de Fuſiliers.Chaque
compagnie de Grenadiers ſera commandée en
tout temps par un Capitaine , deux Lieutenans,
deux Sous-Lieutenans, & deux Enſeignes à Pique ;
& compoſée de quatre Sergens, d'un Sergent
d'Armes, d'un Sergent-Fourrier, de huit Capo
raux, d'un Caporal Aide-Fourrier, d'un Caporal
Aide-Magaſinier , de huit Appointés, d'un Ap
pointé-Aide-Magaſinier , d'un Appointé-Chirur
gien, de quatre-vingt Grenadiers & de quatre
J U I N. 1764. 1q7
Tambours. Chaque compagnie de Fuſiliers ſera
commandée en tout temps par un Capitaine, un
Lieutenant, deux Sous-Lieutenans, un Enſeigne
à Picque & une Enſeigne à Drapeau, & compoſée
en temps de paix, de quatre Sergens, d'un Sér
gent-d'Armes, d'un Sergent-Fourier, de huit Ca
poraux, d'un Caporal-Porte-Drapeau , d'un Ca
poral-Magaſinier , d'un Caporal-aide-Fourrier ,
d'un Caporal-Canonnier, de huit Appointés, d'un
Appointé-Aide-Magaſinier, d'un Appointé-Chi
rurgien , de denx Appointés-Apprentifs Canon
niers, de ſoixante - ſeize Fuſiliers & de quatre
Tambours: l'Etat-Major ſera compoſé d'un Colo
nel, d'un Lieutenant-Colonel, d'un Major, de
ſept Aides-Major , de ſept Sous-Aides Major, de
deux Sergens d'Ordre, dun Tambour-Major, de
deux Sous-Tambours-Majors, de deux Commiſ
ſaires, d'un Maréchal-des-Logis, d'un Aumônier,
de deux Chirurgiens Majors, d'un Prevôt, d'un
Lieutenant de Prévôt, d'un Greffier, d'un Juge-Au
diteur des Bandes, d'un Médecin, d'un Aide-Mé
decin, d'un Apothicaire, de douze Archers, d'un
Exécuteur & de ſeize Muſiciens.La même Ordon
nance aſſigne les fonctions de chacun des Officiers
& Bas-Officiers, & porte divers Réglemens ſur le
choix des Sergens & autres. Le terme des engage
mens ſera fixé à huit ans. Les Soldats qui, après
avoir ſetvi ſeize ans, ſe retireront chez eux & non
ailleurs, y toucheront la moitié de leur ſolde,
indépendamment d'un habit de l'uniforme qui
leur ſera délivré tous les huit ans : ceux qui
auront ſervi vingt-quatre ans auront le choix, ou
d'être reçus à l'Hôtel des Invalides ou de ſe retirer
chez eux & non ailleurs, avec leur ſolde entiere &
il leur ſera délivré tous les ſix ans un habit de l'uniforme.
Les appointemens & ſolde ſeront payés à
I iij
r98 MERCURE DE FRANCE.
fp
l'avenir aux Officiers & Soldats de la maniere ſui
vante. CoMPAGNIE DE GRENADIERs. Capitaine,
12 , ooo , liv. par an en tout temps ; Lieutenant ,
4, ooo : Sous-Lieutenant, 2 , ooo ; Enſeigne, r ,
zoe ; Sergent d'Armes, 85o ; Sergent-Fourrier ,
75 o ; Sergent, 6oo ; Caporal , 2 16 , Appointé,
Aide-Magafinier & Chirurgien, 19 3 ; Tambour,
2 1 6 ; Grenadiers, 18o. CoMPAGNIEs DE FUs1
LIERs. Capitaine, 11 ooo liv. Lieutenant, 3 , ooo ;
premier Sous-Lieutenant, 1 , 5oo; ſecond Sous
Lieutenant, 1 , 2oe ; Enſeigne à Pique, 8oo ;
Fnſeigne à Drapeau, 66o ;Sergent d'Armes, 8oo,
Sergent Fourrier, 7oo; Sergent, 54o ; Caporal,
Porte-Drapeau, Magaſinier , Aide-Fourrier &
Canonnier, 198 ; Appointé, Aide-Magaſinier,
Chirurgien & Apprentif-Canonnier, 18o ; Tam
bour, 193; Fuſilier, 162. ETAT-MAJoR. Colonel,
7o, coe liv. Lieutenant-Colonel, indépendam
ment de ſes appointemens de Capitaine, 11,75o ;
Major, 18, ooo ; premier Aide-Major, 5 , eoo ;
Aide Major,4 , 5oo; Sous-Aide-Major, 2 , 5oo,
Capitaine-Appointé, 1, 5oo; Sergent d'Ordre, 1,
2 oc;Tambour-Major, 8oo Sous-Tambour Major,
36o. Aumônier, 1 , ooo; Chirurgien Major, 1, ooo
Commifſaire des Guerres ayant la Police, 1 o,
287 ; ſecond Commiſſaire, 6 , 35 o ; Maréchal
des-Logis, 3 , ooo , Prevôt, 3 , 639 , Lieutenant
de Prevôt, 8oo , Greffier, 45 ° ; Juge-Auditeur
des Bandes, 6oo ; Archer, zoo , Exécuteur, 1 5o ;
Médecin, 8oo, Aide-Médecin, 5co; Apothicaire,
6oo ; Muſicien , 1 , 5oo. Les Capitaines ſeront à
l'avenir déchargés du ſoin de faire des recrues :
l'Etat-Major en ſera chargé pour toutes les com
pagnies moyennant 12oliv. par homme,les hom
mes ne ſeront agréés qu'autant qu'ils auront
moins de vingt-cinq ans & cinq pieds quatre pou
ces de taille , & qu'ils produiront un certificat
J U I N. 1764. 199
de bonnes moeurs & de domicile : ils prêteront
ſerment entre les mains du Major à la tête du Ré
giment en bataille ſur les Drapeaux qui ſeront
réunis à cet effet: là ils jureront d'obéir aux or
dre de leurs Officiers & Bas-Officiers, de ne jamais
déſerter, de ne jamais quitter leurs Drapeaux ſous
quelque prétexte que ce ſoit, & étant particuliere
ment deſtinés à l'honneur de garder Sa Majeſté,
ils promettront de la fervir avec zéle & fidélité,
& de veiller à ſa conſervation au péril de leur vie
Le Colonel ſeul ſera chargé de donner les congés
abſolus. Au moyen du nouveau traitement, les
penſions d'ancienneté & les gratifications atta
chées aux charges ſeront ſupprimées. En temps
de guerre ſeulement, la ſomme de 4 , ooo liv.
continuera d'être payée au Commandant du
Régiment, lorſqu'il fera la campagne en qualité
de Commandant de la brigade , ainſi que la ſom
me de, 1 , 5oo liv. à chacun de quatre Capitaines
Appointés dans la colonne des Capitaines. Le Ré
giment ſera caſerné dans trois ou ſix corps de
caſernes. A commencer du 1 Avril prochain , jour
fixé pour la nouvelle compoſition, les Capitaines
ſeront déchargés du ſoin des logemens dans les
différens quartiers de Paris : le Colonel en de
meurera ſeul chargé, ainſi que de la Police & de
la diſcipline des caſernes & de l'habillement &
uniforme du Régiment. Le Roi donne au Colonel
ſeul le pouvoir d'accorder aux Soldats de leur
compagnie la permiſſion de travailler dans Paris,
de ſe marier & de s'abſenter par congé ou autre
ment : le Régiment continuera de jouir de tous
ſes anciens Priviléges & prérogatives.
Le trente - huitiéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel de Ville s'eſt fait le 24 Mars, en la
manière accoutumée. Le lot de cinquante mille
I iv .
2oo MERCURE DE FRANCE.
livres eſt échu au numéro 13765, celui de vingr
mille livres au numéro 13 573 , & les deux de
dix mille livres aux numéres 1891 & 12 694.
Le 5 du même mois , on a tiré la Loterie
de l'Ecole Royale Militaire, les numéros ſortis
de la roue de fortune ſont 48 , 5 , 3o , 46, 36,
& de Sculpture tint une Aſſem blée & reçut au
nombre des Aggrégés le ſieur Prince, Peintre
de l'Impératrice de Ruſſie, connu par différens
Onvrages qui lui ont acquis de la r lutation
I ij -
196 MERCURE DE FRANCE.
|
dans cette Cour , ainſi que dans celle de
Vienne & de Warſovie. Il a préſenté a l'Aca
démie quatre Tableaux & plufieurs deſſeins qui
ont mérité les ſuffrages de tous les Membres.
Le ſieur Briſſon, dc l'Académie Royale des
Sciences , commencera , le 14 de ce mois, un
cours de phyſique expérimentale , dans la Salie
des Machines au Collége de Navarre, & le
continuera les Lundis, Mercredis & Vendredis
de chaque ſemaine.
Sa Majeſté voulant donner au Régiment des
Gardes Françoiſes des marques de la ſatisfac
tion qu'Elle a des ſervices diſtingués que ce
Corps a rendus dans tous les temps & dans tou
tes les circonſtances , & lui régler en même
temps un traitement qui réponde à l'honneur
qu'il a d'être affecté d'une manière particulière
à la garde de ſa Perſonne, a réſolu de lui fi
xer une conſtitution ſolide & invariable, & d'ac
corder, tant aux Officiers qu'aux Soldats une
· augmentation de traitement. En conſéquence,
Sà Majeſté a rendu une Ordonnance, en date
du 29 Janvier dernier, ſuivant laquelle ce Ré
· giment continuera d'être compoſé de trois com
pagnies de Grenadiers & de trente compagnies de
Fuſiliers, leſquelles formeront ſix bataillons,
compoſé chacun d'une demie-compagnie de Gre
nadiers & de cinq compagnies de Fuſiliers.Chaque
compagnie de Grenadiers ſera commandée en
tout temps par un Capitaine , deux Lieutenans,
deux Sous-Lieutenans, & deux Enſeignes à Pique ;
& compoſée de quatre Sergens, d'un Sergent
d'Armes, d'un Sergent-Fourrier, de huit Capo
raux, d'un Caporal Aide-Fourrier, d'un Caporal
Aide-Magaſinier , de huit Appointés, d'un Ap
pointé-Aide-Magaſinier , d'un Appointé-Chirur
gien, de quatre-vingt Grenadiers & de quatre
J U I N. 1764. 1q7
Tambours. Chaque compagnie de Fuſiliers ſera
commandée en tout temps par un Capitaine, un
Lieutenant, deux Sous-Lieutenans, un Enſeigne
à Picque & une Enſeigne à Drapeau, & compoſée
en temps de paix, de quatre Sergens, d'un Sér
gent-d'Armes, d'un Sergent-Fourier, de huit Ca
poraux, d'un Caporal-Porte-Drapeau , d'un Ca
poral-Magaſinier , d'un Caporal-aide-Fourrier ,
d'un Caporal-Canonnier, de huit Appointés, d'un
Appointé-Aide-Magaſinier, d'un Appointé-Chi
rurgien , de denx Appointés-Apprentifs Canon
niers, de ſoixante - ſeize Fuſiliers & de quatre
Tambours: l'Etat-Major ſera compoſé d'un Colo
nel, d'un Lieutenant-Colonel, d'un Major, de
ſept Aides-Major , de ſept Sous-Aides Major, de
deux Sergens d'Ordre, dun Tambour-Major, de
deux Sous-Tambours-Majors, de deux Commiſ
ſaires, d'un Maréchal-des-Logis, d'un Aumônier,
de deux Chirurgiens Majors, d'un Prevôt, d'un
Lieutenant de Prévôt, d'un Greffier, d'un Juge-Au
diteur des Bandes, d'un Médecin, d'un Aide-Mé
decin, d'un Apothicaire, de douze Archers, d'un
Exécuteur & de ſeize Muſiciens.La même Ordon
nance aſſigne les fonctions de chacun des Officiers
& Bas-Officiers, & porte divers Réglemens ſur le
choix des Sergens & autres. Le terme des engage
mens ſera fixé à huit ans. Les Soldats qui, après
avoir ſetvi ſeize ans, ſe retireront chez eux & non
ailleurs, y toucheront la moitié de leur ſolde,
indépendamment d'un habit de l'uniforme qui
leur ſera délivré tous les huit ans : ceux qui
auront ſervi vingt-quatre ans auront le choix, ou
d'être reçus à l'Hôtel des Invalides ou de ſe retirer
chez eux & non ailleurs, avec leur ſolde entiere &
il leur ſera délivré tous les ſix ans un habit de l'uniforme.
Les appointemens & ſolde ſeront payés à
I iij
r98 MERCURE DE FRANCE.
fp
l'avenir aux Officiers & Soldats de la maniere ſui
vante. CoMPAGNIE DE GRENADIERs. Capitaine,
12 , ooo , liv. par an en tout temps ; Lieutenant ,
4, ooo : Sous-Lieutenant, 2 , ooo ; Enſeigne, r ,
zoe ; Sergent d'Armes, 85o ; Sergent-Fourrier ,
75 o ; Sergent, 6oo ; Caporal , 2 16 , Appointé,
Aide-Magafinier & Chirurgien, 19 3 ; Tambour,
2 1 6 ; Grenadiers, 18o. CoMPAGNIEs DE FUs1
LIERs. Capitaine, 11 ooo liv. Lieutenant, 3 , ooo ;
premier Sous-Lieutenant, 1 , 5oo; ſecond Sous
Lieutenant, 1 , 2oe ; Enſeigne à Pique, 8oo ;
Fnſeigne à Drapeau, 66o ;Sergent d'Armes, 8oo,
Sergent Fourrier, 7oo; Sergent, 54o ; Caporal,
Porte-Drapeau, Magaſinier , Aide-Fourrier &
Canonnier, 198 ; Appointé, Aide-Magaſinier,
Chirurgien & Apprentif-Canonnier, 18o ; Tam
bour, 193; Fuſilier, 162. ETAT-MAJoR. Colonel,
7o, coe liv. Lieutenant-Colonel, indépendam
ment de ſes appointemens de Capitaine, 11,75o ;
Major, 18, ooo ; premier Aide-Major, 5 , eoo ;
Aide Major,4 , 5oo; Sous-Aide-Major, 2 , 5oo,
Capitaine-Appointé, 1, 5oo; Sergent d'Ordre, 1,
2 oc;Tambour-Major, 8oo Sous-Tambour Major,
36o. Aumônier, 1 , ooo; Chirurgien Major, 1, ooo
Commifſaire des Guerres ayant la Police, 1 o,
287 ; ſecond Commiſſaire, 6 , 35 o ; Maréchal
des-Logis, 3 , ooo , Prevôt, 3 , 639 , Lieutenant
de Prevôt, 8oo , Greffier, 45 ° ; Juge-Auditeur
des Bandes, 6oo ; Archer, zoo , Exécuteur, 1 5o ;
Médecin, 8oo, Aide-Médecin, 5co; Apothicaire,
6oo ; Muſicien , 1 , 5oo. Les Capitaines ſeront à
l'avenir déchargés du ſoin de faire des recrues :
l'Etat-Major en ſera chargé pour toutes les com
pagnies moyennant 12oliv. par homme,les hom
mes ne ſeront agréés qu'autant qu'ils auront
moins de vingt-cinq ans & cinq pieds quatre pou
ces de taille , & qu'ils produiront un certificat
J U I N. 1764. 199
de bonnes moeurs & de domicile : ils prêteront
ſerment entre les mains du Major à la tête du Ré
giment en bataille ſur les Drapeaux qui ſeront
réunis à cet effet: là ils jureront d'obéir aux or
dre de leurs Officiers & Bas-Officiers, de ne jamais
déſerter, de ne jamais quitter leurs Drapeaux ſous
quelque prétexte que ce ſoit, & étant particuliere
ment deſtinés à l'honneur de garder Sa Majeſté,
ils promettront de la fervir avec zéle & fidélité,
& de veiller à ſa conſervation au péril de leur vie
Le Colonel ſeul ſera chargé de donner les congés
abſolus. Au moyen du nouveau traitement, les
penſions d'ancienneté & les gratifications atta
chées aux charges ſeront ſupprimées. En temps
de guerre ſeulement, la ſomme de 4 , ooo liv.
continuera d'être payée au Commandant du
Régiment, lorſqu'il fera la campagne en qualité
de Commandant de la brigade , ainſi que la ſom
me de, 1 , 5oo liv. à chacun de quatre Capitaines
Appointés dans la colonne des Capitaines. Le Ré
giment ſera caſerné dans trois ou ſix corps de
caſernes. A commencer du 1 Avril prochain , jour
fixé pour la nouvelle compoſition, les Capitaines
ſeront déchargés du ſoin des logemens dans les
différens quartiers de Paris : le Colonel en de
meurera ſeul chargé, ainſi que de la Police & de
la diſcipline des caſernes & de l'habillement &
uniforme du Régiment. Le Roi donne au Colonel
ſeul le pouvoir d'accorder aux Soldats de leur
compagnie la permiſſion de travailler dans Paris,
de ſe marier & de s'abſenter par congé ou autre
ment : le Régiment continuera de jouir de tous
ſes anciens Priviléges & prérogatives.
Le trente - huitiéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel de Ville s'eſt fait le 24 Mars, en la
manière accoutumée. Le lot de cinquante mille
I iv .
2oo MERCURE DE FRANCE.
livres eſt échu au numéro 13765, celui de vingr
mille livres au numéro 13 573 , & les deux de
dix mille livres aux numéres 1891 & 12 694.
Le 5 du même mois , on a tiré la Loterie
de l'Ecole Royale Militaire, les numéros ſortis
de la roue de fortune ſont 48 , 5 , 3o , 46, 36,
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Résumé : « Le 24 Février, l'Académie Royale de Peinture & de Sculpture tint [...] »
Le 24 février, l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture a accueilli le sieur Prince, peintre de l'Impératrice de Russie, parmi les agrégés. Il a présenté quatre tableaux et plusieurs dessins, appréciés par les membres de l'Académie. Le sieur Brisson, de l'Académie Royale des Sciences, débutera un cours de physique expérimentale le 14 du mois suivant, les lundis, mercredis et vendredis au Collège de Navarre. Sa Majesté a exprimé sa satisfaction envers le Régiment des Gardes Françaises pour ses services distingués. Elle a décidé d'accorder une augmentation de traitement aux officiers et soldats, et a rendu une ordonnance le 29 janvier pour réorganiser le régiment. Ce dernier sera composé de trois compagnies de grenadiers et de trente compagnies de fusiliers, formant six bataillons. L'ordonnance précise la composition et les fonctions de chaque grade, ainsi que les conditions de service et les retraites. Les soldats ayant servi seize ans recevront la moitié de leur solde s'ils se retirent chez eux, tandis que ceux ayant servi vingt-quatre ans pourront choisir entre l'Hôtel des Invalides ou une retraite avec solde complète. Les traitements des officiers et soldats sont détaillés, et les capitaines seront déchargés du recrutement, remplacé par l'État-Major. Les nouvelles recrues devront avoir moins de vingt-cinq ans et une taille minimale de cinq pieds quatre pouces, avec un certificat de bonnes mœurs et de domicile. Le régiment continuera de jouir de ses anciens privilèges et prérogatives. Le 24 mars, le trente-huitième tirage de la Loterie de l'Hôtel de Ville a attribué un lot de cinquante mille livres au numéro 13765, un lot de vingt mille livres au numéro 13573, et deux lots de dix mille livres aux numéros 1891 et 12694. Le 5 mars, la Loterie de l'École Royale Militaire a également eu lieu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12877
p. 126-130
« DISCOURS sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes, pour servir de réponse [...] »
Début :
DISCOURS sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes, pour servir de réponse [...]
Mots clefs :
M. Rousseau, Société, Hommes, Inégalité, Homme, Mal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « DISCOURS sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes, pour servir de réponse [...] »
DISCOURS fur l'origine de l'inégalité
parmi les hommes , pour fervir de réponfe
au Difcours que M. Rouffeau , Citoyen de
Geneve , a publié fur le même fujer ; par
M. Jean de Caftillon , Profeſſeur en Philofophie
& Mathématique à Utrecht , &
Membre des Académies royales de Londres
, Berlin & Gottingue , &c. imprimé
à Amfterdam , & fe trouve à Paris , chez
Duchefne , rue S. Jacques , au Temple du
Goût. Prix 3 liv. 12 fols , broché .
Il nous a paru que la raifon & la fageffe
fe faifoient fentir dans ce Livre eſtimable.
Les hommes y font examinés dans
leur origine , & portés immédiatement
après les premiers momens de leur enfance
dans la fphere des vices & des vertus ,
c'eft- à - dire fur le théâtre naturel de leurs
actions. Le mal & le bien qu'ils font &
qu'ils peuvent faire , y eſt pefé par la main
équitable de la philofophie , & la conclufion
eft qu'ils méritent plus d'eftime que
de mépris . Le fyftême de l'Auteur eft que
de tout temps l'homme fut , & annonça ce
qu'il devoit être. Il agit , penſa , diſtingua
& inventa. Selon lui , les premiers
DECEMBRE. 1756. 127
Arts touchent aux premiers hommes. Les
premiers befoins firent naître les premieres
idées. Ce raifonnement eſt tout fimple ; en
l'étendant , en paffant de l'examen du
principe à l'examen de l'effet , on voit éclorre
la fociété mais cette fociété formée at'elle
été un bien en elle -même pour les
hommes fi enclins à abufer du bien & du
mieux ? Oui , fans doute : le mal qu'elle a
fait naître ne doit être reproché qu'à
l'homme lui -même ; c'eft lui qui a corrompu
par fes inclinations vicieufes la
fource des avantages qu'elle renfermoit
dans fon fein : mais cet abus du bien &
du mieux n'a détruit que des parties d'un
tout inestimable & inépuifable. Celles que
la nature , la raiſon & la juſtice ont fauvées
du naufrage , fe perfectionnent tous les
jours, & fe feront fentir à jamais. « Où ſont,
» dit-il , ces Brigans qui infeftoient toute
» la terre , & qui exerçoient le courage
» des Hercules & des Théfés ? Où font
» ces Pyrates ( 1 ) qui rendoient la mer plus
dangereufe par leurs armes qu'elle ne
par fes tempêtes Les malheureux
qui éprouvent la fureur des vents & des
" ondes , trouvent des mains fecourables
"fur ces bords , où ils ne rencontroient
» que des mains avides de rapine & de
(1) Ils revivent encore de nos jours , dira M. R.
و ر
» l'eft "
"
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
و د
ود
» carnage. On parcourt tout le globe plus
fûrement qu'autrefois une Province. Les
» meres juſtement glorieufes de leur fé-
» condité , ne craignent plus que les ordres
» d'un époux dénaturé , les privent de leur
»fruit. Au lieu d'enfans expofés aux bêtes
féroces , & de vieillards livrés à leur
» mifere & à leur caducité , on voit par-
» tout des azyles où l'enfance abandonnée
» & la vieilleſſe indigente trouvent des
»peres tendres & éclairés , & des fils
riches & bienfaifans ; des maiſons to
jours prêtes à recevoir les Citoyens languiffans
, pour les rendre à la patrie
» fains & robuftes. Aux marais & aux
glaçons ont fuccédé des Villes magnifi
" ques & peuplées. L'abondance a pris la
place de la ftérilité , qui régnoit fur pref
» que toute la terre. Les hommes menent
» une vie douce & heureufe par les foins
» d'un petit nombre de conducteurs. Il ne
» s'éleve plus de Tyrans dans les Républi
"ques. On ne voit plus fur le trône les
» Nérons & les Caligulas , & bientôt
» l'homme & la fociété feront ce qu'ils
ور
ور
ور
20
و د
ود
peuvent & ce qu'ils doivent être . La
» bonne foi réglera le commerce : l'utilité
» publique dirigera les Arts & les Sciences :
» le Guerrier préférera le falut de fa patrie
» à fa gloire : le Magiftrat , la République
0
C
E
DECEMBRE . 1756 . 129
"
»
"3
"
"
» à fes intérêts ; le peuple , l'utilité com-
» mune à fes avantages . Je vois le mérite
feul faire & maintenir la Nobleffe . Qui-
» conque dégénere , déroge , & ne déroge
» que parce qu'il dégénere. La grandeur
» la plus élevée , la fcience la plus fubli-
» me , les talens les plus rares , eftiment la
» vertu même en guenille , parce que tous
» font vertueux , & ils le font parce qu'ils
refpectent tous la Religion , non pas
» ce fantôme pointilleux qui s'allarme pour
» un Dogme de pure fpéculation , qui per-
» fécute pour un mot mal interprété , mais
» cette fille des Cieux , qui ne refpire que
» le bonheur des hommes & l'avantage
de la fociété , & qui ne reconnoît pour
» fes Miniftres que ceux qui éclairent les
» hommes par leur doctrine , qui les corrigent
par leur exemple , qui mettent
» leur honneur dans la vertu , leur richeffe
dans la modération , leur ambition dans
l'humilité , & c. Nous rendriens un
compte plus exact de cet Ouvrage , fans les
limites étroites où nous fommes obligés
de nous renfermer. Peut -être y trouverat'on
les hommes vus avec autant d'indulgence
, & traités avec autant de faveur
qu'ils ont paru jugés avec févérité dans
celui de M. Rouffeau . Quoi qu'il en foit ,
nous nous bornons à dire que tout le Livre
33
و و
"
ود ע
F'v
130 MERCURE DE FRANCE .
APA
de M. Caftillon porte fur ce « que l'homme
fans fociété eft un être de raifon , qu'on
» peut examiner uniquement pour découvrir
ce que l'homme fe doit à lui -même ;
qu'un de fes premiers devoirs eft de fon-
» der la fociété ; qu'elle exige l'inégalité
» de Souverain & de fujets , de grands &
» de petits diftingués par l'autorité &
ور
"
ود
par la puiffance
; qu'elle
admet
l'inégalité » de nobles
& d'ignobles
; qu'elle
donne » néceſſairement
naiſſance
à l'inégalité
de » riches
& de pauvres
; que le mérite
doit » régler le choix des perfonnes
qu'on
éleve » à la puiffance
, qu'on diftingue
par la
و د
33
»
Nobleffe , qu'on affocie au Gouverne-
» ment ; que toutes ces inégalités autorifées
par le droit naturel , fans qu'il y en
ait une feule autorifée par le feul droit
pofitif, font juftes en elles-mêmes & injuftes
dans leur abus ; que le genre hu-
» main eft auffi heureux que le permet fon
» état préfent , quoique fon bonheur puiffe
» croître à l'infini. »
parmi les hommes , pour fervir de réponfe
au Difcours que M. Rouffeau , Citoyen de
Geneve , a publié fur le même fujer ; par
M. Jean de Caftillon , Profeſſeur en Philofophie
& Mathématique à Utrecht , &
Membre des Académies royales de Londres
, Berlin & Gottingue , &c. imprimé
à Amfterdam , & fe trouve à Paris , chez
Duchefne , rue S. Jacques , au Temple du
Goût. Prix 3 liv. 12 fols , broché .
Il nous a paru que la raifon & la fageffe
fe faifoient fentir dans ce Livre eſtimable.
Les hommes y font examinés dans
leur origine , & portés immédiatement
après les premiers momens de leur enfance
dans la fphere des vices & des vertus ,
c'eft- à - dire fur le théâtre naturel de leurs
actions. Le mal & le bien qu'ils font &
qu'ils peuvent faire , y eſt pefé par la main
équitable de la philofophie , & la conclufion
eft qu'ils méritent plus d'eftime que
de mépris . Le fyftême de l'Auteur eft que
de tout temps l'homme fut , & annonça ce
qu'il devoit être. Il agit , penſa , diſtingua
& inventa. Selon lui , les premiers
DECEMBRE. 1756. 127
Arts touchent aux premiers hommes. Les
premiers befoins firent naître les premieres
idées. Ce raifonnement eſt tout fimple ; en
l'étendant , en paffant de l'examen du
principe à l'examen de l'effet , on voit éclorre
la fociété mais cette fociété formée at'elle
été un bien en elle -même pour les
hommes fi enclins à abufer du bien & du
mieux ? Oui , fans doute : le mal qu'elle a
fait naître ne doit être reproché qu'à
l'homme lui -même ; c'eft lui qui a corrompu
par fes inclinations vicieufes la
fource des avantages qu'elle renfermoit
dans fon fein : mais cet abus du bien &
du mieux n'a détruit que des parties d'un
tout inestimable & inépuifable. Celles que
la nature , la raiſon & la juſtice ont fauvées
du naufrage , fe perfectionnent tous les
jours, & fe feront fentir à jamais. « Où ſont,
» dit-il , ces Brigans qui infeftoient toute
» la terre , & qui exerçoient le courage
» des Hercules & des Théfés ? Où font
» ces Pyrates ( 1 ) qui rendoient la mer plus
dangereufe par leurs armes qu'elle ne
par fes tempêtes Les malheureux
qui éprouvent la fureur des vents & des
" ondes , trouvent des mains fecourables
"fur ces bords , où ils ne rencontroient
» que des mains avides de rapine & de
(1) Ils revivent encore de nos jours , dira M. R.
و ر
» l'eft "
"
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
و د
ود
» carnage. On parcourt tout le globe plus
fûrement qu'autrefois une Province. Les
» meres juſtement glorieufes de leur fé-
» condité , ne craignent plus que les ordres
» d'un époux dénaturé , les privent de leur
»fruit. Au lieu d'enfans expofés aux bêtes
féroces , & de vieillards livrés à leur
» mifere & à leur caducité , on voit par-
» tout des azyles où l'enfance abandonnée
» & la vieilleſſe indigente trouvent des
»peres tendres & éclairés , & des fils
riches & bienfaifans ; des maiſons to
jours prêtes à recevoir les Citoyens languiffans
, pour les rendre à la patrie
» fains & robuftes. Aux marais & aux
glaçons ont fuccédé des Villes magnifi
" ques & peuplées. L'abondance a pris la
place de la ftérilité , qui régnoit fur pref
» que toute la terre. Les hommes menent
» une vie douce & heureufe par les foins
» d'un petit nombre de conducteurs. Il ne
» s'éleve plus de Tyrans dans les Républi
"ques. On ne voit plus fur le trône les
» Nérons & les Caligulas , & bientôt
» l'homme & la fociété feront ce qu'ils
ور
ور
ور
20
و د
ود
peuvent & ce qu'ils doivent être . La
» bonne foi réglera le commerce : l'utilité
» publique dirigera les Arts & les Sciences :
» le Guerrier préférera le falut de fa patrie
» à fa gloire : le Magiftrat , la République
0
C
E
DECEMBRE . 1756 . 129
"
»
"3
"
"
» à fes intérêts ; le peuple , l'utilité com-
» mune à fes avantages . Je vois le mérite
feul faire & maintenir la Nobleffe . Qui-
» conque dégénere , déroge , & ne déroge
» que parce qu'il dégénere. La grandeur
» la plus élevée , la fcience la plus fubli-
» me , les talens les plus rares , eftiment la
» vertu même en guenille , parce que tous
» font vertueux , & ils le font parce qu'ils
refpectent tous la Religion , non pas
» ce fantôme pointilleux qui s'allarme pour
» un Dogme de pure fpéculation , qui per-
» fécute pour un mot mal interprété , mais
» cette fille des Cieux , qui ne refpire que
» le bonheur des hommes & l'avantage
de la fociété , & qui ne reconnoît pour
» fes Miniftres que ceux qui éclairent les
» hommes par leur doctrine , qui les corrigent
par leur exemple , qui mettent
» leur honneur dans la vertu , leur richeffe
dans la modération , leur ambition dans
l'humilité , & c. Nous rendriens un
compte plus exact de cet Ouvrage , fans les
limites étroites où nous fommes obligés
de nous renfermer. Peut -être y trouverat'on
les hommes vus avec autant d'indulgence
, & traités avec autant de faveur
qu'ils ont paru jugés avec févérité dans
celui de M. Rouffeau . Quoi qu'il en foit ,
nous nous bornons à dire que tout le Livre
33
و و
"
ود ע
F'v
130 MERCURE DE FRANCE .
APA
de M. Caftillon porte fur ce « que l'homme
fans fociété eft un être de raifon , qu'on
» peut examiner uniquement pour découvrir
ce que l'homme fe doit à lui -même ;
qu'un de fes premiers devoirs eft de fon-
» der la fociété ; qu'elle exige l'inégalité
» de Souverain & de fujets , de grands &
» de petits diftingués par l'autorité &
ور
"
ود
par la puiffance
; qu'elle
admet
l'inégalité » de nobles
& d'ignobles
; qu'elle
donne » néceſſairement
naiſſance
à l'inégalité
de » riches
& de pauvres
; que le mérite
doit » régler le choix des perfonnes
qu'on
éleve » à la puiffance
, qu'on diftingue
par la
و د
33
»
Nobleffe , qu'on affocie au Gouverne-
» ment ; que toutes ces inégalités autorifées
par le droit naturel , fans qu'il y en
ait une feule autorifée par le feul droit
pofitif, font juftes en elles-mêmes & injuftes
dans leur abus ; que le genre hu-
» main eft auffi heureux que le permet fon
» état préfent , quoique fon bonheur puiffe
» croître à l'infini. »
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Résumé : « DISCOURS sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes, pour servir de réponse [...] »
Jean de Castillon critique le 'Discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes' de Jean-Jacques Rousseau tout en approuvant sa vision de la nature humaine. Selon Castillon, les hommes méritent estime plutôt que mépris. Il valide l'idée que l'homme a toujours agi, pensé et inventé, ce qui a conduit à la formation de la société. Cependant, il critique l'abus des bienfaits sociaux, qui ont corrompu les avantages initiaux. Castillon reconnaît les progrès apportés par la société, tels que la sécurité, la protection des faibles et l'abondance. Il espère que la vertu, la bonne foi et l'utilité publique guideront les actions humaines et que la noblesse sera basée sur le mérite. Il conclut que Rousseau montre que l'homme, sans société, est un être de raison et que la société nécessite des inégalités justes, bien que celles-ci puissent être abusées. Le texte aborde également les concepts de justice et de bonheur humain, affirmant que certaines actions sont justes en elles-mêmes mais injustes lorsqu'elles sont abusives. Il note que le bonheur humain peut augmenter indéfiniment selon son état présent.
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12878
p. 189-192
ALLEMAGNE.
Début :
Tous les avis qu'on reçoit de la Poméranie Citérieure & en [...]
Mots clefs :
Hambourg, Feld-maréchal, Troupes suédoises, Berlin, Général Haddick, Avancée militaire, Garnison, Naumbourg, Maréchal, Leipzig, Roi de Prusse, Ennemis, Otages, Rançon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE HAMBOURG , le 13 Octobre,
Tous les avis qu'on reçoit de la Pomeranie Citérieure
& en particulier de Stralfund , marquent
que le Feld. Maréchal Urgern de Sternberg eft arrivé
le 8 à Anclam , que les troupes Suédoifes fe
font emparées d'un magafin confidérable dans la
Marche-Uckeraine , petite province limitrophe ,
qu'elles y levent des contributions , & qu'elles fe
raffemblent du côté de Stettin pour en faire le
fége.
L'interruption des lettres de Breflau qui mang
quent ici depuis quelques jours , fait croire que
cette Ville eft bloquée , ou du moins ferrée de
très-près par les Troupes Impériales.
DE BERLIN , le 19 Octobre.
Dès qu'on eut appris que le Général Haddick
Savançoit vers la Sprée avec fon corps de Huffards
, de Croates & de Pandoures , l'allarme fe,
répandit auffitôt partout , & la plupart des habi
tans établis dans les Fauxbourgs , s'enfuirent avec
ce qu'ils purent emporter. Le 16 dans l'après- cinée
, une troupe de Huffards ennemis parut dans
les Fauxbourgs de Strablau & de Copenick. Avants
190 MERCURE DE FRANCE.
hier 17 vers le midi , le Général Haddick lui-même
, à la tête d'un corps d'environ fix mille hommes
de troupes légeres , entra dans la Ville par
la rive gauche de la Sprée . La garnifon prit d'abord
les armes ; mais l'ennemi ayant culbuté
deux bataillons , le refte prit la fuite , & fe renferma
dans la Fortereffe de Spandau , où la Reine
s'étoit retirée pendant le combat . Le Général
Haddick demanda cinq cens mille écus de
contribution : après en avoir reçu une partie , il
fe retira avec fon détachement , & emmena quatre
cens prifonniers .
DE NAUMBOURG , le 26 Octobre.
L'armée combinée , dont le quartier général eft
ici , ſe diſpoſe à pouffer vigoureufement les Pruffiens.
Le 24 , le Prince de Saxe- Hildburghasfen
envoya un Trompette au Major Général Haulfen
, Commandant pour le Roi de Pruffe à Leipfick
, avec une lettre par laquelle il le fommoit
d'évacuer cette Ville. On garda le Trompette cinq
ou fix heures , & la réponſe qu'il rapporta , fut
un refus formel de quitter Léipfick. Deux heures
après , on fit partir un autre Trompette pour rétérer
la fommation . Celui- ci fut renvoyé fur le
champ , avec la confirmation du premier refus.
Le lendemain , le Prince de Sare - Hildburghaufen
envoya fommer pour la troifieme fois le Commandant
Pruffien de lui remettre la Place , aur
offres de laiffer retirer librement fes troupes , &
cette troisieme fommation fut rejettée comme les
deux autres. On apprit de plus que ce même jour
25 au matin , le Maréchal Keith , chargé de la
défenſe de cette Ville , avoit mandé les principaux
Magiftrats , & leur avoit tenu ce difcours : « Je
DECEMBRE . 1757. 191
vous ai fait venir , Meffieurs , pour vous ap
» prendre que M. le Prince de Saxe-Hildburg-
» hauſen , m'a envoyé une fommation de lui re-
>> mettre la Ville , à quoi je ne fuis nullement dif
pofé. Il ménage en cas de refus d'en venir à des
» extrêmités : il me donnera donc l'exemple pour
» en agir de même , & ce fera à lui qu'il faudra
imputer les malheurs auxquels votre Ville fera
» expofée. Si vous voulez les prévenir , je vous
» confeille d'aller le trouver , & de l'engager à
» ménager la Ville par rapport à vous & à vos
» Bourgeois , parce qu'au premier avis que je re
» cevrai que les troupes de l'Empire & de France
» s'avancent ici pour m'attaquer , je commence-
» rai par brûler les Fauxbours , & fi cela ne fuffic
>> pas pour obliger l'ennemi à fe défifter de fon en-
» trepriſe , j'irai plus loin , & la Ville même
ne fera pas égargnée. Je ne m'y porterai qu'a
vec le plus grand regret ; mais ce fera la feule
> extrêmité qui m'aura forcé de prendre ce partia
DE LEIPSICK , le 27 Octobre.
Le Roi de Pruffe , en quittant cette Ville , y a
laiffé le Maréchal Keith avec environ cinq à fix
mille hommes. On a eu avis que ce Prince étoit
le 23 à Krachwitz , terre du Comte de Brulh
fituée fur l'Elfter . Cette terre , ainfi que tous les
lieux où a paffé larmée ennemie , a , dit- on , été
pillée , ravagée , détruite , & ces excès font attribués
principalement aux troupes du Prince
d'Anhalt- Deffau . Plufieurs lettres de la Luface
marquent , que les Pruffiens ont forcé les payfans
du plat pays de leur apporter leurs charrues , leurs
Réaux & les autres inftrumens d'Agriculture , &
qu'ils les ont tous brûlés.
192 MERCURE DE FRANCE.
Suivant la convention du 15 de ce mois , arrêtée
par le Roi de Pruffe en perfonne , les ôtages retenus
à Magdebourg , devoient être renvoyés auffitôt
que les Négocians de cette Ville auroient four.
ni des lettres de change pour la fomme de foixante-
quinze mille écus . On ne veut plus aujour
d'hui rendre ces ôrages , que toute la fomme ne
foit réellement acquittée , & l'éxécution militaire,
qui devoit ceffer , continue arbitrairement dans
les plus riches maifons . Les Négocians ont pris le
parti d'envoyer à Berlin traiter avec le Banquier
de la Cour pour acheter leur tranquillité à quelque
prix que ce foit.
Le 19 , les Pruffiens ont pris tout l'argent qui
a pu fe trouver dans les caiffes.
On a conduit ici les Magiftrats de Naumbourg,
que le Roi de Pruffe a fait enlever , pour s'affurer
le paiement des cent cinquante mille écus qu'il s
Exigés de cette Ville,
DE HAMBOURG , le 13 Octobre,
Tous les avis qu'on reçoit de la Pomeranie Citérieure
& en particulier de Stralfund , marquent
que le Feld. Maréchal Urgern de Sternberg eft arrivé
le 8 à Anclam , que les troupes Suédoifes fe
font emparées d'un magafin confidérable dans la
Marche-Uckeraine , petite province limitrophe ,
qu'elles y levent des contributions , & qu'elles fe
raffemblent du côté de Stettin pour en faire le
fége.
L'interruption des lettres de Breflau qui mang
quent ici depuis quelques jours , fait croire que
cette Ville eft bloquée , ou du moins ferrée de
très-près par les Troupes Impériales.
DE BERLIN , le 19 Octobre.
Dès qu'on eut appris que le Général Haddick
Savançoit vers la Sprée avec fon corps de Huffards
, de Croates & de Pandoures , l'allarme fe,
répandit auffitôt partout , & la plupart des habi
tans établis dans les Fauxbourgs , s'enfuirent avec
ce qu'ils purent emporter. Le 16 dans l'après- cinée
, une troupe de Huffards ennemis parut dans
les Fauxbourgs de Strablau & de Copenick. Avants
190 MERCURE DE FRANCE.
hier 17 vers le midi , le Général Haddick lui-même
, à la tête d'un corps d'environ fix mille hommes
de troupes légeres , entra dans la Ville par
la rive gauche de la Sprée . La garnifon prit d'abord
les armes ; mais l'ennemi ayant culbuté
deux bataillons , le refte prit la fuite , & fe renferma
dans la Fortereffe de Spandau , où la Reine
s'étoit retirée pendant le combat . Le Général
Haddick demanda cinq cens mille écus de
contribution : après en avoir reçu une partie , il
fe retira avec fon détachement , & emmena quatre
cens prifonniers .
DE NAUMBOURG , le 26 Octobre.
L'armée combinée , dont le quartier général eft
ici , ſe diſpoſe à pouffer vigoureufement les Pruffiens.
Le 24 , le Prince de Saxe- Hildburghasfen
envoya un Trompette au Major Général Haulfen
, Commandant pour le Roi de Pruffe à Leipfick
, avec une lettre par laquelle il le fommoit
d'évacuer cette Ville. On garda le Trompette cinq
ou fix heures , & la réponſe qu'il rapporta , fut
un refus formel de quitter Léipfick. Deux heures
après , on fit partir un autre Trompette pour rétérer
la fommation . Celui- ci fut renvoyé fur le
champ , avec la confirmation du premier refus.
Le lendemain , le Prince de Sare - Hildburghaufen
envoya fommer pour la troifieme fois le Commandant
Pruffien de lui remettre la Place , aur
offres de laiffer retirer librement fes troupes , &
cette troisieme fommation fut rejettée comme les
deux autres. On apprit de plus que ce même jour
25 au matin , le Maréchal Keith , chargé de la
défenſe de cette Ville , avoit mandé les principaux
Magiftrats , & leur avoit tenu ce difcours : « Je
DECEMBRE . 1757. 191
vous ai fait venir , Meffieurs , pour vous ap
» prendre que M. le Prince de Saxe-Hildburg-
» hauſen , m'a envoyé une fommation de lui re-
>> mettre la Ville , à quoi je ne fuis nullement dif
pofé. Il ménage en cas de refus d'en venir à des
» extrêmités : il me donnera donc l'exemple pour
» en agir de même , & ce fera à lui qu'il faudra
imputer les malheurs auxquels votre Ville fera
» expofée. Si vous voulez les prévenir , je vous
» confeille d'aller le trouver , & de l'engager à
» ménager la Ville par rapport à vous & à vos
» Bourgeois , parce qu'au premier avis que je re
» cevrai que les troupes de l'Empire & de France
» s'avancent ici pour m'attaquer , je commence-
» rai par brûler les Fauxbours , & fi cela ne fuffic
>> pas pour obliger l'ennemi à fe défifter de fon en-
» trepriſe , j'irai plus loin , & la Ville même
ne fera pas égargnée. Je ne m'y porterai qu'a
vec le plus grand regret ; mais ce fera la feule
> extrêmité qui m'aura forcé de prendre ce partia
DE LEIPSICK , le 27 Octobre.
Le Roi de Pruffe , en quittant cette Ville , y a
laiffé le Maréchal Keith avec environ cinq à fix
mille hommes. On a eu avis que ce Prince étoit
le 23 à Krachwitz , terre du Comte de Brulh
fituée fur l'Elfter . Cette terre , ainfi que tous les
lieux où a paffé larmée ennemie , a , dit- on , été
pillée , ravagée , détruite , & ces excès font attribués
principalement aux troupes du Prince
d'Anhalt- Deffau . Plufieurs lettres de la Luface
marquent , que les Pruffiens ont forcé les payfans
du plat pays de leur apporter leurs charrues , leurs
Réaux & les autres inftrumens d'Agriculture , &
qu'ils les ont tous brûlés.
192 MERCURE DE FRANCE.
Suivant la convention du 15 de ce mois , arrêtée
par le Roi de Pruffe en perfonne , les ôtages retenus
à Magdebourg , devoient être renvoyés auffitôt
que les Négocians de cette Ville auroient four.
ni des lettres de change pour la fomme de foixante-
quinze mille écus . On ne veut plus aujour
d'hui rendre ces ôrages , que toute la fomme ne
foit réellement acquittée , & l'éxécution militaire,
qui devoit ceffer , continue arbitrairement dans
les plus riches maifons . Les Négocians ont pris le
parti d'envoyer à Berlin traiter avec le Banquier
de la Cour pour acheter leur tranquillité à quelque
prix que ce foit.
Le 19 , les Pruffiens ont pris tout l'argent qui
a pu fe trouver dans les caiffes.
On a conduit ici les Magiftrats de Naumbourg,
que le Roi de Pruffe a fait enlever , pour s'affurer
le paiement des cent cinquante mille écus qu'il s
Exigés de cette Ville,
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Résumé : ALLEMAGNE.
En octobre 1757, plusieurs événements militaires et politiques marquent l'Allemagne. À Hambourg, le 13 octobre, des rapports signalent l'arrivée du feld-maréchal Urgern de Sternberg à Anclam et la prise de contrôle de la Marche-Uckeraine par les troupes suédoises, qui se rassemblent près de Stettin. À Berlin, le 19 octobre, la ville est alarmée par l'approche du général Haddick. Après avoir vaincu la garnison, Haddick prend la ville et exige une contribution de 500 000 écus avant de se retirer avec des prisonniers. À Naumbourg, le 26 octobre, l'armée combinée se prépare à attaquer les Prussiens. Le prince de Saxe-Hildburghausen somme le commandant prussien à Leipzig d'évacuer la ville, mais ses demandes sont refusées. Le maréchal Keith, chargé de la défense de Leipzig, menace de brûler la ville en cas d'attaque. Le 27 octobre, le roi de Prusse laisse le maréchal Keith à Leipzig avec environ 5 000 hommes. Les troupes prussiennes pillent et ravagent les régions traversées, notamment celles du prince d'Anhalt-Dessau. Malgré le paiement partiel des rançons exigées, les otages retenus à Magdebourg ne sont pas libérés. Les Prussiens continuent de prélever des contributions et de piller les richesses des villes et des campagnes.
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12879
p. 171-178
GRAVURE. ESTAMPE NOUVELLE.
Début :
RIEN dans la Peinture de plus difficile à traiter que l'Allégorie ; rien en même [...]
Mots clefs :
Tableau, Graveur, Estampe, Cabinet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE. ESTAMPE NOUVELLE.
GRAVURE.
ESTAMPE NOUVELLE.
RIE
IEN dans la Peinture de plus difficile
à traiter que l'Allégorie ; rien en même i
temps ne fait plus d'honneur à un Artifte,
que lorsqu'il l'exécute d'une façon fupérieure.
Mais pour atteindre à ce but , il
ne fuffit point de joindre à l'élégance du
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
deffein les charmes du Coloris : il faut
encore un efprit exercé de bonne heure
à l'étude des bons Auteurs & enrichi de
leurs dépouilles ; afin que la noble fimplicité
ou l'élévation de la penſée ainfi
que fa délicateffe répondent à l'excellence
de l'exécution.
Il eſt dans le monde fçavant des fignes
de convention qui forment comme
l'Alphabet de l'idiome qu'on y parle. Le
Néologifme en eft également profcrit
ainfi que des autres langues ; & avec
d'autant plus de raiſon qu'on doit craindre
en s'abandonnant à des nouveautés
dans ce genre , de tomber dans un jargon
barbare,dont l'obſcurité pour l'ordinaire
eft le fruit. En effet , fi l'on ne parle
que pour être entendu , la clarté doit
être la baze du Difcours & furtout de
l'Allégorie .
Telle est celle dont le célébre le Brun
s'eft fervi , pour exprimer d'une façon
auffi élégante qu'ingénieufe , une jeune
mariée quifixe l'Amour.
On voit d'abord par la réunion de la
lumière fur l'objet principal du Tableau
une jeune perfonne dont la beauté & la
décence forment l'enfemble . Elle eft
affife fur l'herbe tenant l'Amour incliné
fur fes genoux & lui coupe les aîles, tanSEPTEMBRE.
1763. 173
dis que pour l'aider , Minerve lui lie les
mains derrière le dos avec fa ceinture :
le Dieu volage ne paroît fe prêter qu'à
regret à cette opération qui limite fa
liberté.
Derrière le Grouppe on apperçoit
l'Hymenfous la figure d'un enfant qui, le
flambeau élevé d'un air triomphant, femble
infulter l'Amour par un fourire mocqueur.
A côté de lui eft une corne d'abondance
, remplie de fruits. Plus loin
& fur fa droite les armes de l'Amour lui
font offertes en holocaufte . Ainfi plus
de traits décochés à la dérobée.
Des Arbres foutiennent au-deffus de
la nouvelle Mariée une espéce de tente
de Drap d'or qui défigne la condition
des époux , comme le Mouton qu'on
voit à côté d'elle , marque la douceur de
fon caractère. A fes pieds on voit une
pomme d'or avec l'Infcription : à la plus
belle:
Sobre dans le choix des caractères fymboliques
, le Brun arendu fa penſée avec
une précifion & une netteté qui ne laiſſe
rien à defirer au Spectateur. Il n'eft pas
jufqu'à l'Ecureuil qu'on voit fur la corne
d'abondance , fe jouer parmi les fruits ,
qui ne défigne adroitement pour qui le
Brun a peint ce Tableau . On fçait qu'il
H iij
174 MERCURE DE FRANCE .
l'a exécuté pour la famille de M. Fouquet ,
Sur-Intendant des Finances , à qui appartenoit
la Maiſon , où il fait partie des
ornemens qui décorent la cheminée
d'un Cabinet.
On peut dire que c'eft un des plus
beaux ouvrages de cet Artiſtec élébre. Le
Coloris en eft frais , & peut - être même
n'a-t- il jamais auffi bien peint . Les caracères
y font rendus avec une fineffe
& une naïveté qui le font fortir de l'idée
générale qu'il s'étoit formée des paffions.
Ce Tableau dont on ne donne qu'une
foible idée , mérite certainement l'attention
des Amateurs.
M. DemarcenayDeghuy, vient de le gråver
après en avoir tiré une copie pour fa
propre fatisfaction . C'eft la dix-huitième
Planche de fon OEuvre. Il a mis pareille .
ment au jour deux autres Planches fous
les No.dix-neuf& vingt,dont la première
repréfente un jeune Seigneur d'une trèsbelle
figure , d'après un des plus beaux
Portraits qu'ait peints l'illuftre Vandeick.
Il eft dans le Cabinet de M. Aved , Peintre
du Roi. Quant à l'autre , c'eſt une
belle tête de vieillard du meilleur temps
du fameux Rembrandt, Ces deux morceaux
font pendans .
On trouve ces Eftampes chez l'Auteur,
SEPTEMBRE. 1763. 175
quai de Conti , la deuxième porte cochère
après la rue Guénégaud.
Et chez M. Wille , Graveur du Roi ,
quai des Auguftins ,à côté de l'Hôtel d'Auvergne.
Le furplus de l'Euvre de l'Auteur ,
confifte dans les morceaux fuivans : le
Teftament d'Eudamidas , d'après l'une
des plus belles compofitions du Pouffin.
Ce Tableau appartient , dit-on , actuellement
à Sa Majefté le Roi de Dannemarc ;
M. Demarcenay en a fait pareillement
une Copie ainfi que de la plupart des Tableaux
qu'il a gravés.
Une Bataille d'après Parocel le père ,
de même grandeur que la précédente
Planche .
Un Pavfage d'après Rembrandt , qui
eft un commencement d'orage.
Un clair de Lune d'après M. Vernet.
Un autre Payfage d'après Vanuden.tous
trois de même grandeur.
Le Portrait de l'ami des hommes , d'après
M. Aved
Tobie recouvrant la vue , d'après Rembrandt
, beau Tableau du Cabinet de
M. le Marquis de Voyer.
Deux Portraits qui repréfentent une
nouvelle Mariée , conduite parfon époux,
qu'on foupçonne de la maifon de Naf-
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
fau , d'après Rembrandt ; le Portrait de
Rembrandt , d'après lui & celui du Tintoret
, également d'après lui : ils font
endants .
La Bohémienne difant la bonne fortune
, d'après Tenieres.
Trois Têtes de même grandeur l'une
d'après Rembrandt , l'autre d'après M.
Greuze , & la troiſième d'après M. Peronneau
, & deux autres petites Planches.
Le fieur BEAUVARLET , Graveur du
Roi , demeurant rue S. Jacques , visà-
vis de celle des Mathurins , vient de
mettre au jour la quatriéme & dernière
Eftampe qu'il a gravée d'après les Tableaux
admirables de Luc Jordans.
Ces Tableaux appartiennent à M.
Colins , Peintre , demeurant quai de la
Mégifferie , à Paris , chez lequel on
pourra les voir & s'en procurer l'acquifition.
Deux ont de hauteur ſept
pieds fur onze pieds trois pouces de
large , & les deux autres font de fix
pieds quatre pouces de haut fur neuf
de large . La derniere Eftampe qui paroît
, repréſente le Triomphe de Galathée.
Nous ne craignons pas d'affurer
que ce Morceau eft digne des éloges &
de l'admiration des Connoiffeurs ;
il juftifie & comble les flatteuſes efpérances
que le fieur Beauvarlet avoit
SEPTEMBRE. 1763.
177
fait concevoir de lui , par les trois premieres
intitulées l'Enlèvement d'Europe
, celui des Sabines & le Jugement
de Paris ; elles lui ont mérité l'honneur
d'être reçu de l'Académie Royale ..
Il a mis dans la dernière Eftampe ,
que nous annonçons, la même vigueur, la
même force , la même pureté & la même
correction que l'on trouve avec tant de
plaifir dans les trois autres ; il a fçu rendre
les Clairs- obfcurs du Tableau avec:
une dégradation fi harmonieufe , qu'on
n'en peut être qu'agréablement étonné..
Rien enfin de plus heureux ni de plus
beau que cette Eftampe , tant pour l'ef
fet que pour l'entente ; on pourroit:
même dire pour la Couleur..
que
On la trouve , ainfi les trois premières
, chez l'Auteur , rue S. Jacques
vis-à -vis de celle des Mathurins ..
و د
LES BOULES DE SAVON , d'après
le Tableau original de Miéris , par N..
Ponce. Se trouvent à Paris , chez M..
Etienne Feffart , Graveur du Roi , de
fa Bibliothéque , & de l'Académie
Royale de Parme , rue de Richelieu.
CARTES GÉOGRAPHIQUES..
TERRA SANTA TABULA , èfcrip
1
H. v.
178 MERCURE DE FRANCE:
,
turæ facræ , Flavii Jofephi , Eufebit
& divi Hieronymi innumerisque aliorum
hiftoricorum commentatorum
Geographorum , viatorum , five veterum
, five recentium , Romanorum ,
Græcorum , Arabum , & c. teftimoniis
& relationibus delineata : Opus Pofhumum
Guillelmi de l'Ifle , Primarii
Regis Geographi , ex archivo Geogra
phico Rei navalis gallicæ ere &tum &
editum à Jofepho - Nicolao de l'Ifle ,
auctoris fratre , Rei navalis Aftronomo
Geographo . Anno 1763. Sub aufpiciis
Illuft . DD. ducis de Choifeul , fummi
rei Navalis & bellica adminiftri.
CARTE DE L'ISLE DE FRANCE
levée géométriquement par M. l'Abbé
de la Caille , de l'Académie Royale des
Sciences , en 1753. A Paris , chez Lattré
, Graveur , rue S. Jacques , près la
Fontaine S. Severin , à la Ville de Bordeaux
.
ESTAMPE NOUVELLE.
RIE
IEN dans la Peinture de plus difficile
à traiter que l'Allégorie ; rien en même i
temps ne fait plus d'honneur à un Artifte,
que lorsqu'il l'exécute d'une façon fupérieure.
Mais pour atteindre à ce but , il
ne fuffit point de joindre à l'élégance du
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
deffein les charmes du Coloris : il faut
encore un efprit exercé de bonne heure
à l'étude des bons Auteurs & enrichi de
leurs dépouilles ; afin que la noble fimplicité
ou l'élévation de la penſée ainfi
que fa délicateffe répondent à l'excellence
de l'exécution.
Il eſt dans le monde fçavant des fignes
de convention qui forment comme
l'Alphabet de l'idiome qu'on y parle. Le
Néologifme en eft également profcrit
ainfi que des autres langues ; & avec
d'autant plus de raiſon qu'on doit craindre
en s'abandonnant à des nouveautés
dans ce genre , de tomber dans un jargon
barbare,dont l'obſcurité pour l'ordinaire
eft le fruit. En effet , fi l'on ne parle
que pour être entendu , la clarté doit
être la baze du Difcours & furtout de
l'Allégorie .
Telle est celle dont le célébre le Brun
s'eft fervi , pour exprimer d'une façon
auffi élégante qu'ingénieufe , une jeune
mariée quifixe l'Amour.
On voit d'abord par la réunion de la
lumière fur l'objet principal du Tableau
une jeune perfonne dont la beauté & la
décence forment l'enfemble . Elle eft
affife fur l'herbe tenant l'Amour incliné
fur fes genoux & lui coupe les aîles, tanSEPTEMBRE.
1763. 173
dis que pour l'aider , Minerve lui lie les
mains derrière le dos avec fa ceinture :
le Dieu volage ne paroît fe prêter qu'à
regret à cette opération qui limite fa
liberté.
Derrière le Grouppe on apperçoit
l'Hymenfous la figure d'un enfant qui, le
flambeau élevé d'un air triomphant, femble
infulter l'Amour par un fourire mocqueur.
A côté de lui eft une corne d'abondance
, remplie de fruits. Plus loin
& fur fa droite les armes de l'Amour lui
font offertes en holocaufte . Ainfi plus
de traits décochés à la dérobée.
Des Arbres foutiennent au-deffus de
la nouvelle Mariée une espéce de tente
de Drap d'or qui défigne la condition
des époux , comme le Mouton qu'on
voit à côté d'elle , marque la douceur de
fon caractère. A fes pieds on voit une
pomme d'or avec l'Infcription : à la plus
belle:
Sobre dans le choix des caractères fymboliques
, le Brun arendu fa penſée avec
une précifion & une netteté qui ne laiſſe
rien à defirer au Spectateur. Il n'eft pas
jufqu'à l'Ecureuil qu'on voit fur la corne
d'abondance , fe jouer parmi les fruits ,
qui ne défigne adroitement pour qui le
Brun a peint ce Tableau . On fçait qu'il
H iij
174 MERCURE DE FRANCE .
l'a exécuté pour la famille de M. Fouquet ,
Sur-Intendant des Finances , à qui appartenoit
la Maiſon , où il fait partie des
ornemens qui décorent la cheminée
d'un Cabinet.
On peut dire que c'eft un des plus
beaux ouvrages de cet Artiſtec élébre. Le
Coloris en eft frais , & peut - être même
n'a-t- il jamais auffi bien peint . Les caracères
y font rendus avec une fineffe
& une naïveté qui le font fortir de l'idée
générale qu'il s'étoit formée des paffions.
Ce Tableau dont on ne donne qu'une
foible idée , mérite certainement l'attention
des Amateurs.
M. DemarcenayDeghuy, vient de le gråver
après en avoir tiré une copie pour fa
propre fatisfaction . C'eft la dix-huitième
Planche de fon OEuvre. Il a mis pareille .
ment au jour deux autres Planches fous
les No.dix-neuf& vingt,dont la première
repréfente un jeune Seigneur d'une trèsbelle
figure , d'après un des plus beaux
Portraits qu'ait peints l'illuftre Vandeick.
Il eft dans le Cabinet de M. Aved , Peintre
du Roi. Quant à l'autre , c'eſt une
belle tête de vieillard du meilleur temps
du fameux Rembrandt, Ces deux morceaux
font pendans .
On trouve ces Eftampes chez l'Auteur,
SEPTEMBRE. 1763. 175
quai de Conti , la deuxième porte cochère
après la rue Guénégaud.
Et chez M. Wille , Graveur du Roi ,
quai des Auguftins ,à côté de l'Hôtel d'Auvergne.
Le furplus de l'Euvre de l'Auteur ,
confifte dans les morceaux fuivans : le
Teftament d'Eudamidas , d'après l'une
des plus belles compofitions du Pouffin.
Ce Tableau appartient , dit-on , actuellement
à Sa Majefté le Roi de Dannemarc ;
M. Demarcenay en a fait pareillement
une Copie ainfi que de la plupart des Tableaux
qu'il a gravés.
Une Bataille d'après Parocel le père ,
de même grandeur que la précédente
Planche .
Un Pavfage d'après Rembrandt , qui
eft un commencement d'orage.
Un clair de Lune d'après M. Vernet.
Un autre Payfage d'après Vanuden.tous
trois de même grandeur.
Le Portrait de l'ami des hommes , d'après
M. Aved
Tobie recouvrant la vue , d'après Rembrandt
, beau Tableau du Cabinet de
M. le Marquis de Voyer.
Deux Portraits qui repréfentent une
nouvelle Mariée , conduite parfon époux,
qu'on foupçonne de la maifon de Naf-
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
fau , d'après Rembrandt ; le Portrait de
Rembrandt , d'après lui & celui du Tintoret
, également d'après lui : ils font
endants .
La Bohémienne difant la bonne fortune
, d'après Tenieres.
Trois Têtes de même grandeur l'une
d'après Rembrandt , l'autre d'après M.
Greuze , & la troiſième d'après M. Peronneau
, & deux autres petites Planches.
Le fieur BEAUVARLET , Graveur du
Roi , demeurant rue S. Jacques , visà-
vis de celle des Mathurins , vient de
mettre au jour la quatriéme & dernière
Eftampe qu'il a gravée d'après les Tableaux
admirables de Luc Jordans.
Ces Tableaux appartiennent à M.
Colins , Peintre , demeurant quai de la
Mégifferie , à Paris , chez lequel on
pourra les voir & s'en procurer l'acquifition.
Deux ont de hauteur ſept
pieds fur onze pieds trois pouces de
large , & les deux autres font de fix
pieds quatre pouces de haut fur neuf
de large . La derniere Eftampe qui paroît
, repréſente le Triomphe de Galathée.
Nous ne craignons pas d'affurer
que ce Morceau eft digne des éloges &
de l'admiration des Connoiffeurs ;
il juftifie & comble les flatteuſes efpérances
que le fieur Beauvarlet avoit
SEPTEMBRE. 1763.
177
fait concevoir de lui , par les trois premieres
intitulées l'Enlèvement d'Europe
, celui des Sabines & le Jugement
de Paris ; elles lui ont mérité l'honneur
d'être reçu de l'Académie Royale ..
Il a mis dans la dernière Eftampe ,
que nous annonçons, la même vigueur, la
même force , la même pureté & la même
correction que l'on trouve avec tant de
plaifir dans les trois autres ; il a fçu rendre
les Clairs- obfcurs du Tableau avec:
une dégradation fi harmonieufe , qu'on
n'en peut être qu'agréablement étonné..
Rien enfin de plus heureux ni de plus
beau que cette Eftampe , tant pour l'ef
fet que pour l'entente ; on pourroit:
même dire pour la Couleur..
que
On la trouve , ainfi les trois premières
, chez l'Auteur , rue S. Jacques
vis-à -vis de celle des Mathurins ..
و د
LES BOULES DE SAVON , d'après
le Tableau original de Miéris , par N..
Ponce. Se trouvent à Paris , chez M..
Etienne Feffart , Graveur du Roi , de
fa Bibliothéque , & de l'Académie
Royale de Parme , rue de Richelieu.
CARTES GÉOGRAPHIQUES..
TERRA SANTA TABULA , èfcrip
1
H. v.
178 MERCURE DE FRANCE:
,
turæ facræ , Flavii Jofephi , Eufebit
& divi Hieronymi innumerisque aliorum
hiftoricorum commentatorum
Geographorum , viatorum , five veterum
, five recentium , Romanorum ,
Græcorum , Arabum , & c. teftimoniis
& relationibus delineata : Opus Pofhumum
Guillelmi de l'Ifle , Primarii
Regis Geographi , ex archivo Geogra
phico Rei navalis gallicæ ere &tum &
editum à Jofepho - Nicolao de l'Ifle ,
auctoris fratre , Rei navalis Aftronomo
Geographo . Anno 1763. Sub aufpiciis
Illuft . DD. ducis de Choifeul , fummi
rei Navalis & bellica adminiftri.
CARTE DE L'ISLE DE FRANCE
levée géométriquement par M. l'Abbé
de la Caille , de l'Académie Royale des
Sciences , en 1753. A Paris , chez Lattré
, Graveur , rue S. Jacques , près la
Fontaine S. Severin , à la Ville de Bordeaux
.
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12880
p. 123-130
Journal de Henri III, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
JOURNAL DE HENRY III, Roi de France & de Pologne, ou Memoires pour [...]
Mots clefs :
Henri III, Journal, Roi, Volume, Règne, Remarques, Henri IV, Pierre de L'Estoile
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texteReconnaissance textuelle : Journal de Henri III, Extrait, [titre d'après la table]
JOURNAL DE HENRY III , Roide
France & de Pologne , ou Memoires pour
ſervir à l'Hiſtoire de France , par M. Pierre
de l'Etoille. Nouvelle Edition , accompagnée
de Remarques Hiſtoriques , & des Pieces
manufcrites les plus curieuſes de ce Regne.
in- 8 . à la Haye, & fe trouvent à Paris chés la
Veuve Gandouin , Quai des Auguſtins à la
Belle Image. 5 vol.
Le Journal du Roi Henry III. eſt un
Ouvrage fi connu & fi eſtimé pour l'Hiſtoire
du XVI. fiécle , qu'il eſt inutile d'en retracer
ici l'éloge , il ſuffit de faire connoître
ce qu'il y a de curieux & de fingulier dans
cette nouvelle Edition , & ce qui la diftingue
des autres. Les anciennes ne contenoient
qu'un Extrait du véritable Journal
du Roi Henry III. dont le Regne agité
par les plus étranges factions , fut enfin
terminé par la plus triſte cataftrophe.
Cet Extrait avoit été fait par M. Servin , Avocat
Général au Parlement de Paris , ſous les
Régnes de Henri III. & de Henri IV. C'eſt
ce qu'on a imprimé juſqu'ici dans plus de
20 Editions qui en ont paru depuis l'an 1620,
mais ce Journal paroît ici ſous une forme
plus exacte & plus complette qu'on ne l'avoit
eu.
Le nouvel Editeur de ce Livre ne s'eſt
pas contenté de l'Extrait de M. Servin, dont
Fij
124 MERCURE DE FRANCE ,
le travail , quoique bon , étoit fort imparfait
en comparaiſon de l'Original. Cet Original
contient les Mémoires de M. de l'Etoille
, Audiencier en la Grande Chancellerie
du Palais , mort en 1611. Nous ſommes
redevables de la publication de cet Ouvrage
aux foins de M. Jean Godefroy , qui
eſt mort en 1732 Procureur du Roi au
Bureau des Finances de Lille, & Garde des
Archives des Comtes de Flandres. Ce fut en
1719 que cet habile & vertueux Citoyen
fit paroître ce Journal ſous le titre de Mémoires
pour ſervir à l'Hiſtoire de France ,
par M. de l'Etoille , in- 8. 2 volumes. On
ne publie aujourd'hui que la partie qui regarde
le Régne de Henri III , celle qui
traite du Régne de Henri IV a été de nouveau
publiée en 1741 en 4 volumes in-8 .
mais beaucoup plus complette , que ne l'avoit
eu M. Godefroy. On y voit d'amples
remarques & des Pieces fort curieuſes. Par
ce moyen nous avons les Mémoires de M.
de l'Etoille preſque auſſi entiers qu'il les
ayoit faits lui-méme .
Voici ce qui ſe trouve de plus remarquable
dans cette nouvelle Edition. Celui
qui en a pris foin ne s'eſt pas contenté de
publier l'Ouvragetel qu'il eſt ſorti des mains
du premier Auteur, il s'eſt encore charge
de le revoir ſur les differentes Editions , &
DECEMBRE. 1744. 125
fur quelques Manufcrits du tems. Des remarques
utiles & intereffantes accompagnent
le Journal & font placées immédiatement
fous le Texte. Cette partie forme le premier
& la moitié du ſecond volume de cette
Collection. Cependant comme les Mémoires
de M. de l'Etoille commencent à l'an
1515 , & marchent fort rapidement juſqu'à
l'an 1574 , que mourut le Roi Charles IX
frere & prédéceſſeur de Henri III , le nouvel
Editeur a cru pouvoir ſemer legerement
ſur cette partie préliminaire quelques notes
& y joindre même quelques Pieces. La
premiere regarde le Régne de François I;
c'eſt une Lettre fort curieuſe , où ce Prince
fait à Madame Louiſe de Savoye ſa Mere,
une Relation fort exacte de la fameuſe Ba
taille de Marignan. Les autres Monumens de
ce Volume traitent de la fatale Journée de la
Saint Barthelemy en 1572 , & le volume
finit par la Tragédie de l'Amiral de Coligny
, morceau rare & fingulier qui ſeul ſe
vendoit plus cher qu'on ne fait les cinq
Volumes de cette Collection .
Le ſecond volume qui renferme la ſuite
du Journal , eſt accompagné de notes
plus abondantes. Il eſt vrai que l'année
1587 & les fuivantes , furent des tems de
criſe où ſe paſſerent les plus étranges révolutions
de ce Regne , cette partie eſt ſui-
Fiij
26 MERCURE DE FRANCE.
,
vie de cinq piéces affés curieuſes.; outre le
Diſcours merveilleux fur atherine de Medicis
, Satyre aigre & mordicante qui reparoît
ici décorée de quelques obſervations
où ſe trouve encore la Bibliotheque de Madame
de Montpenſier , dont les remarques
qui font de M. Godefroy ne font pas moins
de plaifir que les Titres ingenieux des Livres
qu'on yannonce , ces prétendus Livres
dévelopent l'Hiſtoire ſecrette de ces tems
orageux , mais le morceau le plus curieux
de ce volume , eſtun Journal d'un Ligueur ,
tiré des Manufcrits de la Bibliotheque de
Sa Majefté. Il s'étend depuis le 24 Decembre
1588 , juſqu'au dernier Avril 1589 ;
ce Journal mérite l'attention des Amateurs ,
par le fanatiſme de la Ligue qu'on y voit
regner , & qui ſeroit peut-être incroyable ,
ſi l'on ne ſçavoit par d'autresMonumens
juſqu'où les peuples abuſés & ſéduits font
capables de porter leurs extravagances.
Le troiſieme-volume de cette Collection ,
contient 49 piéces qui ſervent de preuves
aux faits les plus eſſentiels du Journal, Elles
font toutes extrémement curieuſes & fingulieres
, & tout au plus y en avoit -il 8 ou
9 , qui euſſent déja paru , les 40 autres
font tirées des Manufcrits authentiques ,
foit de la Bibliotheque du Roi , foit de celle
de l'Abbaye Royale de faint Germain des
DECEMBRE. 1744 127
Près , foit enfin des Manufcrits de M. Dupuis,
poffedés aujourd'hui par M.Joli de Fleuri,
Procureur Général du Parlement,qui ſe fait
un plaiſir de les communiquer généreuſement
au Sçavans. Ce que l'on diftingue le
plus parmi tous ces Monumens , font quel
ques Traités d'Alliance avec le Grand Seigneur
, par leſquels le Roi Henri III. obtient
des avantages conſidérables pour le
Commerce de la Nation Françoiſe dans
les Echelles du Levant : le Journal des premiers
Etats de Blois en 1576 par le Duc
de Nevers , la mort de Henri I. Prince de
Condé , empoisonné en 1588 , la Relation
de la mort des Guiſes , fur la fin de la
même année , ne font pas les endroits les
moins inſtructifs de ce volume , qui finit
par la Guiſiade de Pierre Matthieu , & qui
n'étoit ni moins rare ni moins recherchée que
celle de l'Admiral de Coligni.
Le quatriéme volume renferme des piéces
d'un tout autre genre. La deſcription de
l'Ifle des Hermaphrodites eſt une Satyre
affés ingenieuſe du Regne de Henri III. Il
y paroît avec ſes Favorisdans des ſituations
peu avantageuſes. Les autres Monumens qui
rempliffent ce volume,regardent le Roi Henri
IV.; toutes ces pieces accompagnoient les
dernieres Editions du Journal de Henri III.
Teile est l'Hiftoire des amours du grand Al-
Fiuj
428 MERCURE DE FRANCE.
candre, les Lettres à Madame de Beaufort &
à la Marquiſe de Verneuil;l'ingénieuſe apologie
de cegrand Roi , le Divorce Satyrique ,
piece dont les faits paroiſſent portés audelà
des juſtes bornes de l'Hiſtoire , qui ne
ſe permet pas autant de médiſance ; enfin
on y voit le Recueil des paroles remarquables
de ce Prince , petit Ouvrage dont
nous ſommes redevables à M. de Perefixe ,
qui avant que d'être Archevêque de Paris ,
fut Precepteur du feu Roi Louis XIV. On
a cru devoir mettre ce Recueil dans cette
Collection , parce qu'il manque dans la plûpart
des Editions de la vie de Henri IV. , qui
paſſe ſous le nom de M. de Perefixe , il faut
avouer cependant que dans cette Edition
on a augmenté ce Recueil de quelques actions
d'éclat qui font honneur à ce Prince ,
& comme on a joint aux Lettres de Henri
IV. dix-neuf Lettres de ce Prince qui n'avoient
point encore paru , & qui font copiées
ſur les Originaux , on les a rangées
toutes dans l'ordre Chronologique.
Enfin le cinquiéme volume de cette nouvelle
Edition renferme une piéce connue depuis
long-tems. C'eſt la Confeffion Catholique
de Sanci. D'aubigné , qui en eſt l'Auteur
, y a donné carriere à fon imagination&
à fon eſprit Satyrique. Nicolas de
Harlay Sancy , qui eſt le but de cette SaDECEMBRE,
1744 129
tyre valoit infiniment mieux que D'aubigné ,
il n'ya point de comparaiſon à faire, ce dernier
avoit beaucoup d'eſprit,mais peu de prudence
& de retenuë , il plaifoit pour quelques
momens par ſes vivacités & ſon feu , au lieu
que Sancy avoit beaucoup de fens & de
jugement , c'étoit veritablement un grand
homme d'Etat , & qui a rendu des ſervices
eſſentiels aux Rois Henri III. & Henri IV.
Il étoit ſage & difcret , & a fouffert ſes difgraces
en vrai Philoſophe , & s'il eſt permis
dedire ce qu'on penſe d'un pareil Ouvrage
, il eſt moins eſtimé par lui-même que
par les ſçavantes & curieuſes remarques dont
il a été illuſtré par M. le Duchat , célebre
Refugié François à Berlin ; ce Sçavant y
developpe par l'Hiſtoire beaucoup de faits
finguliers de ces tems orageux , mais dans
cette Edition l'on a joint aux remarques de
Mrs. le Duchat & Godefroy quelques obſervations
particulieres , qui ne font aucun
tort à cet Ouvrage.
Enfin on peut dire que l'Edition nouvelle
du Journal de Henri III. que l'on annonce
ici , eſt la plus complette & la plus
curieuſe que nous ayons de cet Ouvrage ,
il ſeroit à ſouhaiter que les beaux Monumens
de notre Hiſtoire fufſent auſſi bien
éclaircis , c'eſt une juſtice que l'on ne ſçauroit
s'empêcher de rendre à l'Editeur .
Fv
130 MERCURE DE FRANCE. 4
Le Libraire de fon côté a pris ſoin de
ſa reputation , car on peut affurer qu'il n'y
a guere d'Ouvrage plus magnifiquement
imprimés. La veuve Gandouin , Libraire
près l'Egliſe des Grands Auguſtins , chés
qui l'on trouve cette nouvelle Edition , a
reçû pareillement d'Hollande le Journal de
Henri IV. in- 8 °. en 4 volumes , accompagné
de remarques très inſtructives & de
piéces fort curieuſes ſur le Regne de ce
Grand Roi.
France & de Pologne , ou Memoires pour
ſervir à l'Hiſtoire de France , par M. Pierre
de l'Etoille. Nouvelle Edition , accompagnée
de Remarques Hiſtoriques , & des Pieces
manufcrites les plus curieuſes de ce Regne.
in- 8 . à la Haye, & fe trouvent à Paris chés la
Veuve Gandouin , Quai des Auguſtins à la
Belle Image. 5 vol.
Le Journal du Roi Henry III. eſt un
Ouvrage fi connu & fi eſtimé pour l'Hiſtoire
du XVI. fiécle , qu'il eſt inutile d'en retracer
ici l'éloge , il ſuffit de faire connoître
ce qu'il y a de curieux & de fingulier dans
cette nouvelle Edition , & ce qui la diftingue
des autres. Les anciennes ne contenoient
qu'un Extrait du véritable Journal
du Roi Henry III. dont le Regne agité
par les plus étranges factions , fut enfin
terminé par la plus triſte cataftrophe.
Cet Extrait avoit été fait par M. Servin , Avocat
Général au Parlement de Paris , ſous les
Régnes de Henri III. & de Henri IV. C'eſt
ce qu'on a imprimé juſqu'ici dans plus de
20 Editions qui en ont paru depuis l'an 1620,
mais ce Journal paroît ici ſous une forme
plus exacte & plus complette qu'on ne l'avoit
eu.
Le nouvel Editeur de ce Livre ne s'eſt
pas contenté de l'Extrait de M. Servin, dont
Fij
124 MERCURE DE FRANCE ,
le travail , quoique bon , étoit fort imparfait
en comparaiſon de l'Original. Cet Original
contient les Mémoires de M. de l'Etoille
, Audiencier en la Grande Chancellerie
du Palais , mort en 1611. Nous ſommes
redevables de la publication de cet Ouvrage
aux foins de M. Jean Godefroy , qui
eſt mort en 1732 Procureur du Roi au
Bureau des Finances de Lille, & Garde des
Archives des Comtes de Flandres. Ce fut en
1719 que cet habile & vertueux Citoyen
fit paroître ce Journal ſous le titre de Mémoires
pour ſervir à l'Hiſtoire de France ,
par M. de l'Etoille , in- 8. 2 volumes. On
ne publie aujourd'hui que la partie qui regarde
le Régne de Henri III , celle qui
traite du Régne de Henri IV a été de nouveau
publiée en 1741 en 4 volumes in-8 .
mais beaucoup plus complette , que ne l'avoit
eu M. Godefroy. On y voit d'amples
remarques & des Pieces fort curieuſes. Par
ce moyen nous avons les Mémoires de M.
de l'Etoille preſque auſſi entiers qu'il les
ayoit faits lui-méme .
Voici ce qui ſe trouve de plus remarquable
dans cette nouvelle Edition. Celui
qui en a pris foin ne s'eſt pas contenté de
publier l'Ouvragetel qu'il eſt ſorti des mains
du premier Auteur, il s'eſt encore charge
de le revoir ſur les differentes Editions , &
DECEMBRE. 1744. 125
fur quelques Manufcrits du tems. Des remarques
utiles & intereffantes accompagnent
le Journal & font placées immédiatement
fous le Texte. Cette partie forme le premier
& la moitié du ſecond volume de cette
Collection. Cependant comme les Mémoires
de M. de l'Etoille commencent à l'an
1515 , & marchent fort rapidement juſqu'à
l'an 1574 , que mourut le Roi Charles IX
frere & prédéceſſeur de Henri III , le nouvel
Editeur a cru pouvoir ſemer legerement
ſur cette partie préliminaire quelques notes
& y joindre même quelques Pieces. La
premiere regarde le Régne de François I;
c'eſt une Lettre fort curieuſe , où ce Prince
fait à Madame Louiſe de Savoye ſa Mere,
une Relation fort exacte de la fameuſe Ba
taille de Marignan. Les autres Monumens de
ce Volume traitent de la fatale Journée de la
Saint Barthelemy en 1572 , & le volume
finit par la Tragédie de l'Amiral de Coligny
, morceau rare & fingulier qui ſeul ſe
vendoit plus cher qu'on ne fait les cinq
Volumes de cette Collection .
Le ſecond volume qui renferme la ſuite
du Journal , eſt accompagné de notes
plus abondantes. Il eſt vrai que l'année
1587 & les fuivantes , furent des tems de
criſe où ſe paſſerent les plus étranges révolutions
de ce Regne , cette partie eſt ſui-
Fiij
26 MERCURE DE FRANCE.
,
vie de cinq piéces affés curieuſes.; outre le
Diſcours merveilleux fur atherine de Medicis
, Satyre aigre & mordicante qui reparoît
ici décorée de quelques obſervations
où ſe trouve encore la Bibliotheque de Madame
de Montpenſier , dont les remarques
qui font de M. Godefroy ne font pas moins
de plaifir que les Titres ingenieux des Livres
qu'on yannonce , ces prétendus Livres
dévelopent l'Hiſtoire ſecrette de ces tems
orageux , mais le morceau le plus curieux
de ce volume , eſtun Journal d'un Ligueur ,
tiré des Manufcrits de la Bibliotheque de
Sa Majefté. Il s'étend depuis le 24 Decembre
1588 , juſqu'au dernier Avril 1589 ;
ce Journal mérite l'attention des Amateurs ,
par le fanatiſme de la Ligue qu'on y voit
regner , & qui ſeroit peut-être incroyable ,
ſi l'on ne ſçavoit par d'autresMonumens
juſqu'où les peuples abuſés & ſéduits font
capables de porter leurs extravagances.
Le troiſieme-volume de cette Collection ,
contient 49 piéces qui ſervent de preuves
aux faits les plus eſſentiels du Journal, Elles
font toutes extrémement curieuſes & fingulieres
, & tout au plus y en avoit -il 8 ou
9 , qui euſſent déja paru , les 40 autres
font tirées des Manufcrits authentiques ,
foit de la Bibliotheque du Roi , foit de celle
de l'Abbaye Royale de faint Germain des
DECEMBRE. 1744 127
Près , foit enfin des Manufcrits de M. Dupuis,
poffedés aujourd'hui par M.Joli de Fleuri,
Procureur Général du Parlement,qui ſe fait
un plaiſir de les communiquer généreuſement
au Sçavans. Ce que l'on diftingue le
plus parmi tous ces Monumens , font quel
ques Traités d'Alliance avec le Grand Seigneur
, par leſquels le Roi Henri III. obtient
des avantages conſidérables pour le
Commerce de la Nation Françoiſe dans
les Echelles du Levant : le Journal des premiers
Etats de Blois en 1576 par le Duc
de Nevers , la mort de Henri I. Prince de
Condé , empoisonné en 1588 , la Relation
de la mort des Guiſes , fur la fin de la
même année , ne font pas les endroits les
moins inſtructifs de ce volume , qui finit
par la Guiſiade de Pierre Matthieu , & qui
n'étoit ni moins rare ni moins recherchée que
celle de l'Admiral de Coligni.
Le quatriéme volume renferme des piéces
d'un tout autre genre. La deſcription de
l'Ifle des Hermaphrodites eſt une Satyre
affés ingenieuſe du Regne de Henri III. Il
y paroît avec ſes Favorisdans des ſituations
peu avantageuſes. Les autres Monumens qui
rempliffent ce volume,regardent le Roi Henri
IV.; toutes ces pieces accompagnoient les
dernieres Editions du Journal de Henri III.
Teile est l'Hiftoire des amours du grand Al-
Fiuj
428 MERCURE DE FRANCE.
candre, les Lettres à Madame de Beaufort &
à la Marquiſe de Verneuil;l'ingénieuſe apologie
de cegrand Roi , le Divorce Satyrique ,
piece dont les faits paroiſſent portés audelà
des juſtes bornes de l'Hiſtoire , qui ne
ſe permet pas autant de médiſance ; enfin
on y voit le Recueil des paroles remarquables
de ce Prince , petit Ouvrage dont
nous ſommes redevables à M. de Perefixe ,
qui avant que d'être Archevêque de Paris ,
fut Precepteur du feu Roi Louis XIV. On
a cru devoir mettre ce Recueil dans cette
Collection , parce qu'il manque dans la plûpart
des Editions de la vie de Henri IV. , qui
paſſe ſous le nom de M. de Perefixe , il faut
avouer cependant que dans cette Edition
on a augmenté ce Recueil de quelques actions
d'éclat qui font honneur à ce Prince ,
& comme on a joint aux Lettres de Henri
IV. dix-neuf Lettres de ce Prince qui n'avoient
point encore paru , & qui font copiées
ſur les Originaux , on les a rangées
toutes dans l'ordre Chronologique.
Enfin le cinquiéme volume de cette nouvelle
Edition renferme une piéce connue depuis
long-tems. C'eſt la Confeffion Catholique
de Sanci. D'aubigné , qui en eſt l'Auteur
, y a donné carriere à fon imagination&
à fon eſprit Satyrique. Nicolas de
Harlay Sancy , qui eſt le but de cette SaDECEMBRE,
1744 129
tyre valoit infiniment mieux que D'aubigné ,
il n'ya point de comparaiſon à faire, ce dernier
avoit beaucoup d'eſprit,mais peu de prudence
& de retenuë , il plaifoit pour quelques
momens par ſes vivacités & ſon feu , au lieu
que Sancy avoit beaucoup de fens & de
jugement , c'étoit veritablement un grand
homme d'Etat , & qui a rendu des ſervices
eſſentiels aux Rois Henri III. & Henri IV.
Il étoit ſage & difcret , & a fouffert ſes difgraces
en vrai Philoſophe , & s'il eſt permis
dedire ce qu'on penſe d'un pareil Ouvrage
, il eſt moins eſtimé par lui-même que
par les ſçavantes & curieuſes remarques dont
il a été illuſtré par M. le Duchat , célebre
Refugié François à Berlin ; ce Sçavant y
developpe par l'Hiſtoire beaucoup de faits
finguliers de ces tems orageux , mais dans
cette Edition l'on a joint aux remarques de
Mrs. le Duchat & Godefroy quelques obſervations
particulieres , qui ne font aucun
tort à cet Ouvrage.
Enfin on peut dire que l'Edition nouvelle
du Journal de Henri III. que l'on annonce
ici , eſt la plus complette & la plus
curieuſe que nous ayons de cet Ouvrage ,
il ſeroit à ſouhaiter que les beaux Monumens
de notre Hiſtoire fufſent auſſi bien
éclaircis , c'eſt une juſtice que l'on ne ſçauroit
s'empêcher de rendre à l'Editeur .
Fv
130 MERCURE DE FRANCE. 4
Le Libraire de fon côté a pris ſoin de
ſa reputation , car on peut affurer qu'il n'y
a guere d'Ouvrage plus magnifiquement
imprimés. La veuve Gandouin , Libraire
près l'Egliſe des Grands Auguſtins , chés
qui l'on trouve cette nouvelle Edition , a
reçû pareillement d'Hollande le Journal de
Henri IV. in- 8 °. en 4 volumes , accompagné
de remarques très inſtructives & de
piéces fort curieuſes ſur le Regne de ce
Grand Roi.
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12881
p. 200
NAISSANCE.
Début :
La Duchesse de la Trimouille accoucha, le Samedi 24 Mars, [...]
Mots clefs :
Accouchement, Duchesse, Fils, Prince
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NAISSANCE.
N A I S S A N C E.
La Ducheſſe de la Trimouille accoucha, le
Samedi 24 Mars, d'un fils qui portera le nom
de Prince de Tarente.
La Ducheſſe de la Trimouille accoucha, le
Samedi 24 Mars, d'un fils qui portera le nom
de Prince de Tarente.
Fermer
12882
p. 200
MARIAGE.
Début :
Le Comte de Barral a épousé, le 16 de ce mois, Demoiselle de la Motte, [...]
Mots clefs :
Comte, Demoiselle, Bénédiction nuptiale, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
M A R I A G E.
Le Comte de Barral a épouſé, le 16 de ce
mois, Demoiielle de la Motte, petite fille du
Marquis de la Motte Lieutenant - Général des
Armées du Roi La Bénédiction Nuptiale leur
a été donnée , dans l'Egliſe Paroiſſiale de S.
Paul, par l'Evêque de Troyes, Oncle du Comte de
Barral.
Le Comte de Barral a épouſé, le 16 de ce
mois, Demoiielle de la Motte, petite fille du
Marquis de la Motte Lieutenant - Général des
Armées du Roi La Bénédiction Nuptiale leur
a été donnée , dans l'Egliſe Paroiſſiale de S.
Paul, par l'Evêque de Troyes, Oncle du Comte de
Barral.
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12883
p. 200-202
MORTS.
Début :
Le sieur de Barcos, Chanoine Honoraire de l'Église de Paris, & Abbé [...]
Mots clefs :
Chanoine, Abbé, Comte, Marquis, Lieutenant, Chevalier, Maréchal de camp, Épouse, Décès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
M O R T S.
Le ſieur de Barcos, Chanoine Honoraire de
l'Egliſe de Paris , & Abbé Commendataire de
l'Abbaye de S. Jacques, Ordre de S. Auguſtin,
Diocèſe de Béziers , eſt mort en cette Ville,.
le 26 Février, dans la quatre-vingt-cinquiéme
année de ſon âge.
Marie, Comte de Borio, Chevalier de l'Or
dre de Chriſt , qui a été ſucceſſivement char
gé des Affaires de la Cour de Rome , & Mi
niſtre des deux derniers Ducs de Guaſtalla, au
près du Roi , eſt mort en cette Ville le 27
Février, dans la quatre-vingt-troiſiéme année de
fon âge.
ca§-Louis-Joachim, Marquis de Caſtellier
J U I N. 1764. 2.c ) I
Dumeſnil , Lieutenant-Général des Armées du
Roi, Grand-Croix de l'Ordre Royal & Militaire
, de S. Louis, Inſpecteur Général de la Cavalerie
& des Dragons, Gouverneur de Brouage , Lieu
tenant-Général & Commandant pour Sa Majeſté
de la Province de Dauphiné, eſt mort le 1 Mars
dans la ſoixante-quatriéme année de ſon âge.
François-Frédéric de Boullenc , Marquis de
S. Remi, ancien Exempt des Gardes du Corps
du Roi, Meſtre de Camp, eſt mort à Soiſſons, le
27 Février, âgé de ſoixante-quatre ans.
Le Comte de Romecourt, Maréchal de Camp
& Gouverneur de la Citadelle de Cambrai , eſt
mort à Vaſſy le 5 Mars , dans la quatre-vingt
ſixiéme année de ſon âge.
Maximilien-Joſeph de Vernaſſal, Colonel du
Régiment Royal-Etranger, Cavalerie, eſt mort
en cette Ville, le 2o Février,
Jean-François de Boyer, Chevalier de Maillac
Tauriac , ci-devant Aide-Maréchal-Général des
Logis de la Cavalerie & Major du Régiment des
Cuiraſſiers du Roi, eſt mort le 13 Février dans
ſa.Terre de S. Urſice en Languedoc , âgé de ſoi--
xante-dix-ſept ans. -
| Marguerite-Guillemette Allemant de Mont
martin , épouſe de Claude-Guillaume Teſtu,
Marquis de Balincourt, Maréchal de France,,eſt
morte en cette Ville, le 17 Mars, dans la ſoi
xante-quinziéme année de ſon âge.
Marie-Geneviéve le Tonnellier de Charmeaux,
Veuve du Marquis de Chiffreville, Lieutenant
Général des Armées du Roi, eſt morte en cette
Ville, le 1o Mars , âgée de cinquante-huit ans.
Marthe de Kerſulguen, Veuve de Jean-Bap
tiſte-Pierre-Joſeph , Marquis de Lannion, Ma
réchal des Camps & Armées du Roi, eſt morte
I v
2o2 MERCURE DE FRANCE.
le 17 Mars à Guincamp en Bretagne, âgée de
ſoixante-dix-ſept ans.
Marie Arthemiſe de Choiſeul, épouſe de Char
les de Buſſy , Marquis de Caſtelnau , Brigadier
des Armées du Roi, eſt morte en cette Ville, le
5 Mars, âgée de vingt ans.
Marie Geneviéve de Watteville , épouſe de
Marie Marguerite-François Firmin des Friches,
Comte Doria , eſt morte en cette Ville, le 1o
· Marse
Le ſieur de Barcos, Chanoine Honoraire de
l'Egliſe de Paris , & Abbé Commendataire de
l'Abbaye de S. Jacques, Ordre de S. Auguſtin,
Diocèſe de Béziers , eſt mort en cette Ville,.
le 26 Février, dans la quatre-vingt-cinquiéme
année de ſon âge.
Marie, Comte de Borio, Chevalier de l'Or
dre de Chriſt , qui a été ſucceſſivement char
gé des Affaires de la Cour de Rome , & Mi
niſtre des deux derniers Ducs de Guaſtalla, au
près du Roi , eſt mort en cette Ville le 27
Février, dans la quatre-vingt-troiſiéme année de
fon âge.
ca§-Louis-Joachim, Marquis de Caſtellier
J U I N. 1764. 2.c ) I
Dumeſnil , Lieutenant-Général des Armées du
Roi, Grand-Croix de l'Ordre Royal & Militaire
, de S. Louis, Inſpecteur Général de la Cavalerie
& des Dragons, Gouverneur de Brouage , Lieu
tenant-Général & Commandant pour Sa Majeſté
de la Province de Dauphiné, eſt mort le 1 Mars
dans la ſoixante-quatriéme année de ſon âge.
François-Frédéric de Boullenc , Marquis de
S. Remi, ancien Exempt des Gardes du Corps
du Roi, Meſtre de Camp, eſt mort à Soiſſons, le
27 Février, âgé de ſoixante-quatre ans.
Le Comte de Romecourt, Maréchal de Camp
& Gouverneur de la Citadelle de Cambrai , eſt
mort à Vaſſy le 5 Mars , dans la quatre-vingt
ſixiéme année de ſon âge.
Maximilien-Joſeph de Vernaſſal, Colonel du
Régiment Royal-Etranger, Cavalerie, eſt mort
en cette Ville, le 2o Février,
Jean-François de Boyer, Chevalier de Maillac
Tauriac , ci-devant Aide-Maréchal-Général des
Logis de la Cavalerie & Major du Régiment des
Cuiraſſiers du Roi, eſt mort le 13 Février dans
ſa.Terre de S. Urſice en Languedoc , âgé de ſoi--
xante-dix-ſept ans. -
| Marguerite-Guillemette Allemant de Mont
martin , épouſe de Claude-Guillaume Teſtu,
Marquis de Balincourt, Maréchal de France,,eſt
morte en cette Ville, le 17 Mars, dans la ſoi
xante-quinziéme année de ſon âge.
Marie-Geneviéve le Tonnellier de Charmeaux,
Veuve du Marquis de Chiffreville, Lieutenant
Général des Armées du Roi, eſt morte en cette
Ville, le 1o Mars , âgée de cinquante-huit ans.
Marthe de Kerſulguen, Veuve de Jean-Bap
tiſte-Pierre-Joſeph , Marquis de Lannion, Ma
réchal des Camps & Armées du Roi, eſt morte
I v
2o2 MERCURE DE FRANCE.
le 17 Mars à Guincamp en Bretagne, âgée de
ſoixante-dix-ſept ans.
Marie Arthemiſe de Choiſeul, épouſe de Char
les de Buſſy , Marquis de Caſtelnau , Brigadier
des Armées du Roi, eſt morte en cette Ville, le
5 Mars, âgée de vingt ans.
Marie Geneviéve de Watteville , épouſe de
Marie Marguerite-François Firmin des Friches,
Comte Doria , eſt morte en cette Ville, le 1o
· Marse
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Résumé : MORTS.
En février et mars 1764, plusieurs personnalités notables sont décédées. Le sieur de Barcos, Chanoine Honoraire de l'Église de Paris et Abbé Commendataire de l'Abbaye de Saint-Jacques à Béziers, est mort le 26 février à 85 ans. Marie, Comte de Borio, Chevalier de l'Ordre de Christ et ancien ministre des Ducs de Guastalla, est décédé le 27 février à 83 ans. Louis-Joachim, Marquis de Castellier, Lieutenant-Général des Armées du Roi et Gouverneur du Dauphiné, est mort le 1 mars à 64 ans. François-Frédéric de Boullenc, Marquis de Saint-Remi et ancien Exempt des Gardes du Corps du Roi, est décédé à Soissons le 27 février à 64 ans. Le Comte de Romecourt, Maréchal de Camp et Gouverneur de la Citadelle de Cambrai, est mort à Vassy le 5 mars à 86 ans. Maximilien-Joseph de Vernassal, Colonel du Régiment Royal-Étranger de Cavalerie, est décédé le 20 février. Jean-François de Boyer, Chevalier de Maillac Tauriac et ancien Aide-Maréchal-Général des Logis de la Cavalerie, est mort le 13 février à 97 ans. Marguerite-Guillemette Allemant de Montmartin, épouse du Marquis de Balincourt, est décédée le 17 mars à 65 ans. Marie-Geneviève le Tonnellier de Charmeaux, veuve du Marquis de Chiffreville, est morte le 10 mars à 58 ans. Marthe de Kersulguen, veuve du Marquis de Lannion, est décédée à Guincamp en Bretagne le 17 mars à 77 ans. Marie Arthemise de Choiseul, épouse du Marquis de Castelnau, est morte le 5 mars à 20 ans. Marie Geneviève de Watteville, épouse du Comte Doria, est décédée le 10 mars.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12884
p. 192-195
« Cette Ville affligée de tant de maux, sembloit goûter enfin quelque calme ; [...] »
Début :
Cette Ville affligée de tant de maux, sembloit goûter enfin quelque calme ; [...]
Mots clefs :
Espagne, Lisbonne, Tremblement de terre, Secousses violentes, Dégâts, Mer, Victimes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Cette Ville affligée de tant de maux, sembloit goûter enfin quelque calme ; [...] »
DE LISBONNE , le 1 Octobre.
Cette Ville affligée de tant de maux , fembloit
goûter enfin quelque calme ; les fecouffes de la
terre étoient moins fréquentes ; on commençoit
à refpirer, lorfqu'on a reçu le détail de l'horrible
bouleversement caufé dans quelques- unes de nos
Ifles par un nouveau tremblement de terre . Le 9
Juillet dernier à onze heures quarante-cinq minu◄
tes de la nuit , une fecouffe affreuſe , dont la durée
fut d'environ deux minutes , fut reffentie dans
la plupart des Açores. Toutes les maifons de l'lfle
d'Angra furent violemment ébranlées . L'impul
fion du tremblement qui d'abord étoit verticale ,
devint bientôt horifontale , & fuivit la direction
de l'Ouest à l'Et. Pendant ces deux minutes , ļa
SPETS
DECEMBRE. 1757.
195
ferre fut agitée d'une telle force , que fi la fecouffe
eût duré quelques inftans de plus , tous les bâtimens
s'écrouloient , étoient engloutis . Le 10 vers
les dix heures du matin , il y eut une nouvelle fecouffe
, qui reprit à4 heures après midi , avec autant
de violence que la veille ; mais dont la durée
fut plus courte. Dans l'Ile Saint - Georges , à 12
lieues d'Angra , la terre trembla le même jour &
aux mêmes heures ; mais la fecouffe fut fi furieufe,
que 1043 perfonnes furent écraſées fous les
ruines des maifons. La frayeur des habitans redoubla
le 10 au matin , à la vue de dix -huit nouvelle
Ifles qui s'éleverent à la diſtance de cent
braffes & au Nord de l'Ifle. Aux Fayans des Vimes
, la même ſecouffe renverfa tous les édifices ;
on n'y reconnoît plus ni maiſons , ni temples ,
ni rues : on ne voit que des décombres & des
monceaux de pierres. La terre en quelque endroits
s'eft détachée du fol , & a roulé dans la mer. On
voit encore des langues de terre éloignées du rivage
, & entourées d'eau , conferver leur forme
avec tout ce qu'elles contenoient. Sur une de ces
Illes flotantes , eft une maison entourée d'arbres ,
qui n'eft point du tout endommagée . Monte- Formofo
, fitué à P'Eſt - Sud- Eſt de cette Ifle , s'eft
féparé en deux parties : l'une a croulé dans la
Mer , & fe trouve éloignée de l'autre de près de
cent braffes. Depuis la pointe de l'Eft de l'ile de
Topo , jufqu'au Bourg de la Caletha , on ne voit
encore que des ruines ; aucun bâtiment n'a réfifté.
La terre s'eft même ouverte en plufieurs endroits,
& un terrein de près d'un quart de lieue d'étendue
s'eft précipité dans la Mer. Quelques montagnes
ont changé de place ; d'autres ont entièrement
difparu , en forte que la
communication entre
Quelque- unes de ces Illes , qui étoit impraticable
I
194 MERCURE DE FRANCE.
autrefois par l'à plomb ou l'efcarpement des ro
chers , eft maintenant libre ; une plaine a fuccédé
aux montagnes. Une partie du village de Norte-
Grande s'eft auffi ſéparée du refte , & a été former
une Iſle nouvelle à la diſtance de 1 so braffes . Tous
les habitans de ces Ifles , confternés , remplis de
terreur , vivent dans les bois , & l'épouvante les
fuit partout , la terre toujours agitée leur montrant
de tous côtés des tombeaux. D'énormes
maffes de pierre fe détachent continuellement des
rochers ; il s'eft ouvert de toutes parts des gouffres
profonds qui les engloutiffent , & l'on voit
prefque tous les jours des rochers entiers s'affaiffer
, ou s'anéantir. L'Ifle du Pic a foiblement fenti
ces diverfes fecouffes , fi ce n'eft dans la partie
qui répond à l'Ile Saint- Georges. Ce quartier a
beaucoup fouffert , & onze perfonnes y ont péri.
Le jour de la premiere fecoufle , la Mer étoit dans
une agitation extraordinaire : les flots entrerent
avec fureur dans l'Ile Saint - Georges , en fuivant la
direction de l'Oueſt à l'Eft ; dans l'Ile du Pic ,
leur direction fut de l'Eſt à l'Oueft , & du Sud à
l'Queſt dans l'Ifle Gracieuſe. L'ifle du Fayal n'a
éprouvé qu'une légere fecouffe , & le mouvement
de la Mer y a été prefqu'infenfible. Dans les lies
de Saint-Michel & de Sainte-Marie , on a fenti
feulement l'effet d'une fecouffe ordinaire : les
Inles des Fleurs & du Corbeau ont été ſeules entiérement
exemptes du malheur général.
On apprend par un Vaiffeau qui vient d'arriver
du Cap Verd , qu'au mois d'Avril dernier , un
Volcan de l'Ifle du Feu , qui vomiffoit fans ceffe
des flammes , s'eft fubitement affaiffé , & que le
village Dos Mofteiros a été enseveli fous les
débris du mont. Les habitans ayant été avertis de
l'événement par plufieurs fignes, fe font heureu
DECEMBRE. 1757.
195
fement fauvés. Deux Bergers feulement ont perda
la vie avec leurs troupeaux .
Cette Ville affligée de tant de maux , fembloit
goûter enfin quelque calme ; les fecouffes de la
terre étoient moins fréquentes ; on commençoit
à refpirer, lorfqu'on a reçu le détail de l'horrible
bouleversement caufé dans quelques- unes de nos
Ifles par un nouveau tremblement de terre . Le 9
Juillet dernier à onze heures quarante-cinq minu◄
tes de la nuit , une fecouffe affreuſe , dont la durée
fut d'environ deux minutes , fut reffentie dans
la plupart des Açores. Toutes les maifons de l'lfle
d'Angra furent violemment ébranlées . L'impul
fion du tremblement qui d'abord étoit verticale ,
devint bientôt horifontale , & fuivit la direction
de l'Ouest à l'Et. Pendant ces deux minutes , ļa
SPETS
DECEMBRE. 1757.
195
ferre fut agitée d'une telle force , que fi la fecouffe
eût duré quelques inftans de plus , tous les bâtimens
s'écrouloient , étoient engloutis . Le 10 vers
les dix heures du matin , il y eut une nouvelle fecouffe
, qui reprit à4 heures après midi , avec autant
de violence que la veille ; mais dont la durée
fut plus courte. Dans l'Ile Saint - Georges , à 12
lieues d'Angra , la terre trembla le même jour &
aux mêmes heures ; mais la fecouffe fut fi furieufe,
que 1043 perfonnes furent écraſées fous les
ruines des maifons. La frayeur des habitans redoubla
le 10 au matin , à la vue de dix -huit nouvelle
Ifles qui s'éleverent à la diſtance de cent
braffes & au Nord de l'Ifle. Aux Fayans des Vimes
, la même ſecouffe renverfa tous les édifices ;
on n'y reconnoît plus ni maiſons , ni temples ,
ni rues : on ne voit que des décombres & des
monceaux de pierres. La terre en quelque endroits
s'eft détachée du fol , & a roulé dans la mer. On
voit encore des langues de terre éloignées du rivage
, & entourées d'eau , conferver leur forme
avec tout ce qu'elles contenoient. Sur une de ces
Illes flotantes , eft une maison entourée d'arbres ,
qui n'eft point du tout endommagée . Monte- Formofo
, fitué à P'Eſt - Sud- Eſt de cette Ifle , s'eft
féparé en deux parties : l'une a croulé dans la
Mer , & fe trouve éloignée de l'autre de près de
cent braffes. Depuis la pointe de l'Eft de l'ile de
Topo , jufqu'au Bourg de la Caletha , on ne voit
encore que des ruines ; aucun bâtiment n'a réfifté.
La terre s'eft même ouverte en plufieurs endroits,
& un terrein de près d'un quart de lieue d'étendue
s'eft précipité dans la Mer. Quelques montagnes
ont changé de place ; d'autres ont entièrement
difparu , en forte que la
communication entre
Quelque- unes de ces Illes , qui étoit impraticable
I
194 MERCURE DE FRANCE.
autrefois par l'à plomb ou l'efcarpement des ro
chers , eft maintenant libre ; une plaine a fuccédé
aux montagnes. Une partie du village de Norte-
Grande s'eft auffi ſéparée du refte , & a été former
une Iſle nouvelle à la diſtance de 1 so braffes . Tous
les habitans de ces Ifles , confternés , remplis de
terreur , vivent dans les bois , & l'épouvante les
fuit partout , la terre toujours agitée leur montrant
de tous côtés des tombeaux. D'énormes
maffes de pierre fe détachent continuellement des
rochers ; il s'eft ouvert de toutes parts des gouffres
profonds qui les engloutiffent , & l'on voit
prefque tous les jours des rochers entiers s'affaiffer
, ou s'anéantir. L'Ifle du Pic a foiblement fenti
ces diverfes fecouffes , fi ce n'eft dans la partie
qui répond à l'Ile Saint- Georges. Ce quartier a
beaucoup fouffert , & onze perfonnes y ont péri.
Le jour de la premiere fecoufle , la Mer étoit dans
une agitation extraordinaire : les flots entrerent
avec fureur dans l'Ile Saint - Georges , en fuivant la
direction de l'Oueſt à l'Eft ; dans l'Ile du Pic ,
leur direction fut de l'Eſt à l'Oueft , & du Sud à
l'Queſt dans l'Ifle Gracieuſe. L'ifle du Fayal n'a
éprouvé qu'une légere fecouffe , & le mouvement
de la Mer y a été prefqu'infenfible. Dans les lies
de Saint-Michel & de Sainte-Marie , on a fenti
feulement l'effet d'une fecouffe ordinaire : les
Inles des Fleurs & du Corbeau ont été ſeules entiérement
exemptes du malheur général.
On apprend par un Vaiffeau qui vient d'arriver
du Cap Verd , qu'au mois d'Avril dernier , un
Volcan de l'Ifle du Feu , qui vomiffoit fans ceffe
des flammes , s'eft fubitement affaiffé , & que le
village Dos Mofteiros a été enseveli fous les
débris du mont. Les habitans ayant été avertis de
l'événement par plufieurs fignes, fe font heureu
DECEMBRE. 1757.
195
fement fauvés. Deux Bergers feulement ont perda
la vie avec leurs troupeaux .
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Résumé : « Cette Ville affligée de tant de maux, sembloit goûter enfin quelque calme ; [...] »
Le 9 juillet, Lisbonne, déjà affectée par des tremblements de terre, subit un nouveau séisme à 23h45, qui dura environ deux minutes et toucha principalement les Açores. À Angra, toutes les maisons furent ébranlées par une secousse initialement verticale puis horizontale, allant de l'ouest à l'est. La violence du tremblement menaça de détruire tous les bâtiments. Le 10 juillet, deux nouvelles secousses eurent lieu à 10h et 16h, avec une intensité similaire mais une durée plus courte. À l'île Saint-Georges, 1043 personnes périrent sous les décombres. La terreur des habitants augmenta à la vue de nouvelles îles émergées au nord de l'île. Aux Fayals des Vimes, tous les édifices furent détruits. La terre se détacha en plusieurs endroits, formant des langues de terre flottantes. Monte Formoso se scinda en deux parties, l'une s'effondrant dans la mer. Entre la pointe est de l'île de Topo et le bourg de la Calheta, seuls des ruines étaient visibles. Des montagnes changèrent de place ou disparurent, modifiant la topographie des îles. Les habitants, terrifiés, vivaient dans les bois, évitant les zones instables. L'île du Pic ressentit faiblement les secousses, sauf dans la partie proche de l'île Saint-Georges, où onze personnes périrent. La mer fut également agitée, avec des directions variées selon les îles. Les îles de Saint-Michel et de Sainte-Marie subirent une secousse ordinaire, tandis que les îles des Fleurs et du Corbeau furent épargnées. Par ailleurs, un volcan à l'île du Feu s'effondra en avril, ensevelissant le village Dos Mosteiros, mais les habitants furent sauvés grâce à des signes avant-coureurs.
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12885
p. 202
SERVICE.
Début :
Les Religieux de la Merci, au Marais, célébrérent, le 14 Mars, [...]
Mots clefs :
Religieux, Célébration, Ordre, Dame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SERVICE.
S E R V I C E.
Les Religieux de la Merci, au Marais, célé
brérent, le 14 Mars, un Service Solemnel pour
le Père Chriſtophe-Emmanuel de Ximenès, Gé
néral de l'Ordre Royal & Militaire de Notre
Dame de la Merci , Rédemption des Captifs ,.
Docteur en l'Univerſité d'Alcala & Henarez en
la nouvelle Caſtille , Profeſſeur de l'Ecole de S.
Thomas, & Théologien de Sa Majeſté Catholi
que, mort à Madrid le 26 Janvier dernier.
Les Religieux de la Merci, au Marais, célé
brérent, le 14 Mars, un Service Solemnel pour
le Père Chriſtophe-Emmanuel de Ximenès, Gé
néral de l'Ordre Royal & Militaire de Notre
Dame de la Merci , Rédemption des Captifs ,.
Docteur en l'Univerſité d'Alcala & Henarez en
la nouvelle Caſtille , Profeſſeur de l'Ecole de S.
Thomas, & Théologien de Sa Majeſté Catholi
que, mort à Madrid le 26 Janvier dernier.
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12886
p. 202-205
DESCRIPTION de la Fête donnée à Madrid par le Marquis d'Ossun, Ambassadeur du Roi auprès de Sa Majesté Catholique, à l'occasion du Mariage de l'Infante Marie-Louise avec l'Archiduc Leopold.
Début :
Sa Majesté Catholique ayant fixé au 24 le jour de cette fête, [...]
Mots clefs :
Mariage, Ambassadeur, Dieu, Amour, Madrid, Marquis, Ballet, Table, Fête, Palais, Temple
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texteReconnaissance textuelle : DESCRIPTION de la Fête donnée à Madrid par le Marquis d'Ossun, Ambassadeur du Roi auprès de Sa Majesté Catholique, à l'occasion du Mariage de l'Infante Marie-Louise avec l'Archiduc Leopold.
DEscRIPTIoN de la Fête donnée à Madrid par
le Marquis d'OssvN , Ambaſſadeur du RoI
auprès de Sa Majeſté Catholique, à l'occaſion
du Mariage de l'Infante Marie-Louiſe avec
l'Archiduc LEoPoED.
Sa Majeſté Catholique ayant fixé au 24 lejour de
cette fête, les Grands & Grandes d'Eſpagne , les
Ambaſſadeurs & les Miniſtres Etrangers, ainſi que
phuſieurs autres perſonnes de la première diſ
tinction, qui y avoient été invitées, ſe rendirent
. vers les ſix heures du ſoir à l'Hôtel de l'Ambaſſa
deur : la façade de la maiſon étoit illuminée , un
grand nombre de flambeaux éclairoit la rue à
droite & à gauche & conduiſoit, d'un côté, à
e
- J U I N. 1764. 2o3
une maiſon qui étoit deſtinée à recevoir les Pages
des Dames & où l'on devoit,ſelon l'uſage du Pays,
leur diſtribuer des confitures & des rafraîchiſſe
mens, & de l'autre, à de grandes Salles préparées
pour les gens de livrée. La † fut reçue
Par l'Ambaſſadeur & par la Ducheſſe de Medina
Sidonia qui s'étoit chargée de faire les honneurs
de la fête; les Dames & les Cavaliers furent con
duits dans les appartemens qui leur étoient deſ--
tinés , &, quoique ſéparés les uns des autres, ſelon
le cérémonial Eſpagnol , les Cavaliers avoient la
liberté de voir les Dames & de cauſer avec elles ,
la ſéparation n'étant formée que par des canapés
que perſonne n'avoit l'indiſcrétion de franchir.
Tous ces appartemens étoient magnifiquement
meublés & bien éclairés. A huit heures, le refreſco
( le rafraîchiſſement ) fut ſervi par ſoixante-dix
Pages richement habillés; après ce ſervice, qui ſe
fit avec autant d'ordre que de magnificence & pro
fuſion, on préſenta à toute la compagnie le Livre
de la Comédie qu'on alloit exécuter. Alors quatre
portes, qui juſqu'à ce moment avoient été maſ
quées & qui donnoient ſur le jardin, préſenterent .
aux yeux des ſpectateurs au lieu de ce jardin une
magnifique Salle de Spectacle : les bancs des Da--
mes étoient diſpoſés autour de la Salle ſur trois
rangs en forme d'Amphithéâtre, & ceux des Ca
valiers étoient placés dans le Parterre. La Piéce
commença par un Prologue relatif à l'objet de
la fête. Le Théâtre repréſentoit le Veſtibule du
Palais des Dieux, Apollon & Mars paroiſſent ſur
la ſcène & forment le projet de changer la face
de l'Europe en uniſſant enſemble l'Eſpagne, l'Al
lemagne, l'Italie & la France, Vénus & Minerve
decendent dans un char & leur annoncent la réu--
mion de l'Hymen & de l'Amour : en ce moment.
L vj.
2o4 MERCURE DE FRANCE.
la porte du Palais des Dieux s'ouvre & laiſſe voir
dans l'intérieur ſur un piédeſtal les portraits de
l'Archiduc & de l'Infante dans un médaillon ſou
tenu par des Amours.Vénus fait l'éloge du Princes
Minerve fait l'eloge de la Princeſſe, dans lequel
ſe trouve naturellement amené celui de ſon au
guſte Père & de la Reine-Mere. Apollon & Mars
applaudiſſent au choix des Dieux qui ont prévenu
le leur & ordonnent aux Plaiſirs d'aller annoncer
cet Hymen à la Terre. Enfin, Apollon invite les
Muſes à célébrer le jour où les Dieux ſe ſont ainſi
réunis pour le bonheur du monde. Ce Prologue,
terminé par un Ballet qui répondoit à la grandeur
du Sujet, fut ſuivi d'un Intermé de intitulé : la
Valleé du Plaiſir, où l'on voyoit la peinture de
l'Amour vertueux & tranquille; des Bergers & des
Bergères y faiſoient des voeux pour le bonheur
des auguſtes époux qui étoient l'objet de leurs
fêtes : l'interméde finit par un Ballet Paſtoral,
après lequel on repréſenta le Futeur Amoureux,
Cpéra-Comique, traduit du François en Eſpagnol.
A cette Comédie ſuccéda un autre Interméde que
les Eſpagnols appellent Fin de la fieſta : il fut
terminé par un Ballet de Hongrois & de Citoyen
nes de Madrid , connues ſous le nom de Majas :
la décoration repréſentoit exactement la façade
illuminée de l'Hôtel de l'Ambaſſadeur. Le Specta
de dura environ trois heures. On en ſortit après
minuit & l'on monta à l'appartement d'enhaut
uniquement deſtiné pour le ſouper qui fut ſervi
à une table de cent vingt-quatre couverts, placée
dans une Salle qui formoit un jardin orné de
berceaux fleuris entre leſquels étoient peints,
d'eſpace en eſpace des thermes en marbre blanc
& des ſtatues de grandeur naturelle : à l'un des
bouts de la Salle § repréſenté le coucher du
t
J U I N. 1764. 2o5
Soleil , & à l'autre le lever de la Lune. Sur cette
table étoit auſſi figuré en ſucre le Temple de
l'Hymen au milieu d'un parterre d'orangers,en
trecoupé de fontaines & terminé par des pavillons
de la plus belle Architecture. De cette grande
Salle on paſſoit dans une autre richement meu
blée où étoit le dais du Roi de France & dans
laquelle on avoit placé une table de quatre vingt
dix couverts : elle étoit ornée des portraits de la
Famille Royale, entre chacun deſquels étoit une
guirlande courante de gaze d'or , d'argent & de
fleurs. Comme le nombre des convives étoit de
près de ſept cens perſonnes, parmi leſquelles on
comptoit environ cent cinquante Dames , on
dreſſa ſur le champ pluſieurs tables dans les piéces
d'en-bas : il y avoit auſſi ſur le Théâtre dèux
tables de ſoixante couverts chacune, pour les
Comédiens & les Muſiciens. Après le ſervice, on
en dreſſa d'autres pour ſoixante-dix Pages & pour
plus de cent Valets de Chambre. Le ſouper fini,
on deſendit à la Salle du Bal qui repréſentoit le
Temple de l'Hymen. Sur la face extérieure d'un
Autel placé dans le fond on voyoit le mariage de
Pſyché & de l'Amour, & à côté de l'Autel , ſur
les deux aîles de la Salle, quatre ſtatues de gran
deur naturelle, l'Hymen & l'Amour, le Plaiſir
& la Pudeur. Le Bal s'ouvrit vers les deux heures
du matin & dura juſqu'à neuf heures. On ſervit
alors une table de quatre-vingt couverts pour
les perſonnes qui étoient reſtées juſqu'à ce mo
ment. L'Ambaſſadeur & la Ducheſſe de Medina
Sidonia ne négligerent rien pour rendre cette
fête agréable ;ils furent ſecondés par le Comte
d'Egmont, le Marquis de Confians & le Marquis
de Crillon, qui ſe trouvoient alors à Madrid.
le Marquis d'OssvN , Ambaſſadeur du RoI
auprès de Sa Majeſté Catholique, à l'occaſion
du Mariage de l'Infante Marie-Louiſe avec
l'Archiduc LEoPoED.
Sa Majeſté Catholique ayant fixé au 24 lejour de
cette fête, les Grands & Grandes d'Eſpagne , les
Ambaſſadeurs & les Miniſtres Etrangers, ainſi que
phuſieurs autres perſonnes de la première diſ
tinction, qui y avoient été invitées, ſe rendirent
. vers les ſix heures du ſoir à l'Hôtel de l'Ambaſſa
deur : la façade de la maiſon étoit illuminée , un
grand nombre de flambeaux éclairoit la rue à
droite & à gauche & conduiſoit, d'un côté, à
e
- J U I N. 1764. 2o3
une maiſon qui étoit deſtinée à recevoir les Pages
des Dames & où l'on devoit,ſelon l'uſage du Pays,
leur diſtribuer des confitures & des rafraîchiſſe
mens, & de l'autre, à de grandes Salles préparées
pour les gens de livrée. La † fut reçue
Par l'Ambaſſadeur & par la Ducheſſe de Medina
Sidonia qui s'étoit chargée de faire les honneurs
de la fête; les Dames & les Cavaliers furent con
duits dans les appartemens qui leur étoient deſ--
tinés , &, quoique ſéparés les uns des autres, ſelon
le cérémonial Eſpagnol , les Cavaliers avoient la
liberté de voir les Dames & de cauſer avec elles ,
la ſéparation n'étant formée que par des canapés
que perſonne n'avoit l'indiſcrétion de franchir.
Tous ces appartemens étoient magnifiquement
meublés & bien éclairés. A huit heures, le refreſco
( le rafraîchiſſement ) fut ſervi par ſoixante-dix
Pages richement habillés; après ce ſervice, qui ſe
fit avec autant d'ordre que de magnificence & pro
fuſion, on préſenta à toute la compagnie le Livre
de la Comédie qu'on alloit exécuter. Alors quatre
portes, qui juſqu'à ce moment avoient été maſ
quées & qui donnoient ſur le jardin, préſenterent .
aux yeux des ſpectateurs au lieu de ce jardin une
magnifique Salle de Spectacle : les bancs des Da--
mes étoient diſpoſés autour de la Salle ſur trois
rangs en forme d'Amphithéâtre, & ceux des Ca
valiers étoient placés dans le Parterre. La Piéce
commença par un Prologue relatif à l'objet de
la fête. Le Théâtre repréſentoit le Veſtibule du
Palais des Dieux, Apollon & Mars paroiſſent ſur
la ſcène & forment le projet de changer la face
de l'Europe en uniſſant enſemble l'Eſpagne, l'Al
lemagne, l'Italie & la France, Vénus & Minerve
decendent dans un char & leur annoncent la réu--
mion de l'Hymen & de l'Amour : en ce moment.
L vj.
2o4 MERCURE DE FRANCE.
la porte du Palais des Dieux s'ouvre & laiſſe voir
dans l'intérieur ſur un piédeſtal les portraits de
l'Archiduc & de l'Infante dans un médaillon ſou
tenu par des Amours.Vénus fait l'éloge du Princes
Minerve fait l'eloge de la Princeſſe, dans lequel
ſe trouve naturellement amené celui de ſon au
guſte Père & de la Reine-Mere. Apollon & Mars
applaudiſſent au choix des Dieux qui ont prévenu
le leur & ordonnent aux Plaiſirs d'aller annoncer
cet Hymen à la Terre. Enfin, Apollon invite les
Muſes à célébrer le jour où les Dieux ſe ſont ainſi
réunis pour le bonheur du monde. Ce Prologue,
terminé par un Ballet qui répondoit à la grandeur
du Sujet, fut ſuivi d'un Intermé de intitulé : la
Valleé du Plaiſir, où l'on voyoit la peinture de
l'Amour vertueux & tranquille; des Bergers & des
Bergères y faiſoient des voeux pour le bonheur
des auguſtes époux qui étoient l'objet de leurs
fêtes : l'interméde finit par un Ballet Paſtoral,
après lequel on repréſenta le Futeur Amoureux,
Cpéra-Comique, traduit du François en Eſpagnol.
A cette Comédie ſuccéda un autre Interméde que
les Eſpagnols appellent Fin de la fieſta : il fut
terminé par un Ballet de Hongrois & de Citoyen
nes de Madrid , connues ſous le nom de Majas :
la décoration repréſentoit exactement la façade
illuminée de l'Hôtel de l'Ambaſſadeur. Le Specta
de dura environ trois heures. On en ſortit après
minuit & l'on monta à l'appartement d'enhaut
uniquement deſtiné pour le ſouper qui fut ſervi
à une table de cent vingt-quatre couverts, placée
dans une Salle qui formoit un jardin orné de
berceaux fleuris entre leſquels étoient peints,
d'eſpace en eſpace des thermes en marbre blanc
& des ſtatues de grandeur naturelle : à l'un des
bouts de la Salle § repréſenté le coucher du
t
J U I N. 1764. 2o5
Soleil , & à l'autre le lever de la Lune. Sur cette
table étoit auſſi figuré en ſucre le Temple de
l'Hymen au milieu d'un parterre d'orangers,en
trecoupé de fontaines & terminé par des pavillons
de la plus belle Architecture. De cette grande
Salle on paſſoit dans une autre richement meu
blée où étoit le dais du Roi de France & dans
laquelle on avoit placé une table de quatre vingt
dix couverts : elle étoit ornée des portraits de la
Famille Royale, entre chacun deſquels étoit une
guirlande courante de gaze d'or , d'argent & de
fleurs. Comme le nombre des convives étoit de
près de ſept cens perſonnes, parmi leſquelles on
comptoit environ cent cinquante Dames , on
dreſſa ſur le champ pluſieurs tables dans les piéces
d'en-bas : il y avoit auſſi ſur le Théâtre dèux
tables de ſoixante couverts chacune, pour les
Comédiens & les Muſiciens. Après le ſervice, on
en dreſſa d'autres pour ſoixante-dix Pages & pour
plus de cent Valets de Chambre. Le ſouper fini,
on deſendit à la Salle du Bal qui repréſentoit le
Temple de l'Hymen. Sur la face extérieure d'un
Autel placé dans le fond on voyoit le mariage de
Pſyché & de l'Amour, & à côté de l'Autel , ſur
les deux aîles de la Salle, quatre ſtatues de gran
deur naturelle, l'Hymen & l'Amour, le Plaiſir
& la Pudeur. Le Bal s'ouvrit vers les deux heures
du matin & dura juſqu'à neuf heures. On ſervit
alors une table de quatre-vingt couverts pour
les perſonnes qui étoient reſtées juſqu'à ce mo
ment. L'Ambaſſadeur & la Ducheſſe de Medina
Sidonia ne négligerent rien pour rendre cette
fête agréable ;ils furent ſecondés par le Comte
d'Egmont, le Marquis de Confians & le Marquis
de Crillon, qui ſe trouvoient alors à Madrid.
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Résumé : DESCRIPTION de la Fête donnée à Madrid par le Marquis d'Ossun, Ambassadeur du Roi auprès de Sa Majesté Catholique, à l'occasion du Mariage de l'Infante Marie-Louise avec l'Archiduc Leopold.
Le 24 juin 1764, le Marquis d'Ossun, Ambassadeur du Roi auprès de Sa Majesté Catholique, organisa une fête somptueuse à Madrid pour célébrer le mariage de l'Infante Marie-Louise avec l'Archiduc Léopold. La fête se déroula à l'hôtel de l'Ambassadeur, dont la façade et la rue étaient illuminées par de nombreux flambeaux. Les invités, comprenant les Grands d'Espagne, les Ambassadeurs et les Ministres Étrangers, furent accueillis par l'Ambassadeur et la Duchesse de Medina Sidonia. Les appartements étaient magnifiquement meublés et bien éclairés, permettant aux invités de se voir et de converser tout en respectant le cérémonial espagnol. À huit heures, un rafraîchissement fut servi par soixante-dix Pages richement habillés. Ensuite, une pièce de théâtre fut présentée, débutant par un prologue relatant l'union de l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie et la France. La pièce fut suivie d'intermèdes et d'un opéra-comique traduit en espagnol, le spectacle durant environ trois heures. Après minuit, les invités montèrent à l'appartement supérieur pour le souper, servi à une table de cent vingt-quatre couverts dans une salle décorée de berceaux fleuris et de statues. Une autre salle, ornée des portraits de la Famille Royale, accueillit une table de quatre-vingt-dix couverts. Plusieurs tables supplémentaires furent dressées pour les convives, les comédiens, les musiciens, les Pages et les Valets de Chambre. Le bal, représentant le Temple de l'Hymen, débuta à deux heures du matin et se poursuivit jusqu'à neuf heures. Une table de quatre-vingt couverts fut ensuite servie pour les personnes restées jusqu'à ce moment. L'Ambassadeur et la Duchesse de Medina Sidonia, aidés par le Comte d'Egmont, le Marquis de Confians et le Marquis de Crillon, veillèrent à rendre la fête agréable.
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12887
p. *195-195
GRANDE BRETAGNE.
Début :
La démission du Duc de Cumberland qui a quitté tous ses emplois, est une [...]
Mots clefs :
Londres, Duc de Cumberland, Démission, Navire, Île des Barbades
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le 30 Octobre.
La démiffion du Duc de Cumberland qui a
quitté tous fes emplois , eft une chofe réglée. Ce
Prince a même déclaré qu'il ne reparoîtroit à la
tête des armées du Roi , que dans les cas d'invafion
ou de rébellion . Sa place de Colonel du premier
régiment des Gardes à pied , a été donnée
au Prince Edouard , qui doit être inceflamment
déclaré Duc de Gloceftre . Le Général Ligonier &
par interim le commandement en chef de toutes
les troupes.
"
Le Vaiffeau du Roi le Winchester , venant d'Antigoa
, a rapporté qu'il y avoit eu le 29 Août
dernier une forte ſecouffe de tremblement de terre
dans l'Ifle des Barbades , qui avoit caufé peu de
dommage , & quelle avoit été fuivie d'une violente
tempête , qu'on a fentie dans les Illes fous
le vent.
DE LONDRES , le 30 Octobre.
La démiffion du Duc de Cumberland qui a
quitté tous fes emplois , eft une chofe réglée. Ce
Prince a même déclaré qu'il ne reparoîtroit à la
tête des armées du Roi , que dans les cas d'invafion
ou de rébellion . Sa place de Colonel du premier
régiment des Gardes à pied , a été donnée
au Prince Edouard , qui doit être inceflamment
déclaré Duc de Gloceftre . Le Général Ligonier &
par interim le commandement en chef de toutes
les troupes.
"
Le Vaiffeau du Roi le Winchester , venant d'Antigoa
, a rapporté qu'il y avoit eu le 29 Août
dernier une forte ſecouffe de tremblement de terre
dans l'Ifle des Barbades , qui avoit caufé peu de
dommage , & quelle avoit été fuivie d'une violente
tempête , qu'on a fentie dans les Illes fous
le vent.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 30 octobre, le Duc de Cumberland a démissionné de ses postes à Londres. Il ne reprendra le commandement qu'en cas d'invasion ou de rébellion. Le Prince Edouard, futur Duc de Gloucester, devient Colonel du premier régiment des Gardes à pied. Le Général Ligonier assure l'intérim. Un tremblement de terre a frappé les Barbades le 29 août, suivi d'une tempête dans les îles sous le vent.
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12888
p. 195-202
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
La Cornette des Chevaux-Légers de la Garde ordinaire du Roi, revint ici [...]
Mots clefs :
Roi, Comte, Duc, Audience, Madame la Dauphine, Comte d'Artois, Officier, Corsaires, Marchandises, Officiers, Accouchement, Nominations, Serment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LAJA Cornette des Chevaux- Légers de la Garde
ordinaire du Roi , revint ici d'Arpajon le 19
d'Octobre. Comme la Compagnie , qui ne fert
que par quartiers , eft rarement raffembleé , les
Chevaux- Légers ont faifi le moment de leur réu
Lij
196 MERCURE DE FRANCE.
nion , pour célébrer en corps l'augufte naiſſance
de Monfeigneur le Comte d'Artois . Le Duc de
Chaulnes , leur Commandant , eft Gouverneur
de cette Province nouveau motif pour faire éclater
leur joie dans cette heureufe occafion. Ils devoient
fe féparer , après avoir porté leurs étendards
au Roi ; ils n'ont eu par conféquent que deux
fois vingt-quatre heures , pour faire leurs prépa
ratifs , ainfi que pour inviter la Cour , la Ville ,
& tous les corps de la maiſon du Roi.
Le fête commença le 21 , à dix heures du foir,
par un feu d'artifice , qui fut tiré dans l'avenue de
Sceaux , vis-à- vis de l'Hôtel des Chevaux-Légers ,
& dont l'exécution fut parfaite. Toutes les perfonnes
invitées le rendirent enfuite au bal , paré
& malqué. La façade & la cour de l'Hôtel étolent
très-bien illuminées. La falle où l'on danſoit , a
105 pieds de longueur fur 36 de large. Elle étoit
ornée richement , & avec autant d'art que de
goût : elle étoit éclairée par un grand nombre de
luftres & de girandoles. Les fonds oppofés de cette
falle , qui dans toute leur étendue , étoient gare
nis de grandes glaces , en multipliant les objets ,
formoient un fpectacle charmant. La Comteffe
de Marfan , Gouvernante des Enfans de France ,
s'étant excufée d'ouvrir le bal , la jeune Princeffe
de Soubife , fa niece , danfa le premier menuer
avec le Marquis d'Efquelbec , premier Enfeigne
de la compagnie. Le Bal dura jufqu'à huit heures
du matin. Il y eut la plus nombreuſe affemblée ,
& l'on y diftribua avec profufion toutes fortes de
rafraîchiffemens. Le bon ordre qui a régné dans
cette fête , joint à la politeffe & aux attentions
des Chevaux- Légers , n'en a pas fait le moindre
agrément.
La naifance de Monfeigneur le Comte d'Are
DECEMBRE. 1757: 197
tois exigeant des peuples , dont elle affure le
bonheur , un nouveau tribut de reconnoiffance ,
le Roi écrivit le 9 d'Octobre à M. l'Archevêque de
Paris , pour faire rendre à Dieu dans la Capitale
de folemnelles actions de graces. En conféquence,
le Dimanche 13 , le Te Deum fut chanté dans
P'Eglife Métropolitaine , & M. l'Archevêque de
Paris y officia . M. le Chancelier accompagné de
plufieurs Confeillers d'etat & Maîtres des Requê
tes , le parlement , la Chambre des Comptes , la
Cour des Aydes & le Corps de Ville , y affifterent
après y avoir été invités de la part du Roi par M.
Defgranges , Maîtres des Cérémonies .
Le même jour , M. le Prevôt des Marchands
& les Echevins firent tirer dans la place de l'Hôtel
de Ville un feu d'artifice , décoré relativement à
l'objet de l'alegreffe publique. La façade de
l'Hôtel de Ville fut enfuite illuminée par des filets
de terrines, qui régnoient le long des entablemens,
& par des luftres formés de lanternes de verre.
Des ifs portant chacun plus de cent cinquante lu
mieres , entouroient la place .
L'Hôtel du Duc de Chevreufe , nommé au Gou
vernement de Paris , fut orné d'une magnifique
décoration en architecture , éclairée avec un
goût infini. Il y eut auffi des illuminations à l'Hôtel
du Prevôt des Marchands , aux maiſons des
Echevins , & à celles des principaux Officiers du
corps de Ville.
Aux quatre coins de la place de l'Hôtel de
Ville , ainfi qu'à celle de Louis XV , étoient des
fontaines de vin , qui coulerent une partie de la
nuit. On y diftribuoit du pain & des viandes au
peuple , & on avoit placé des orqueftres dans tous
les endroits où fe faifoient ces diftributions .
La cloche de l'Hôtel de ville fonna pendan
I iij
498 MERCURE DE FRANCE.
Toute la journée en tocfin . Il y eut quatre falves
d'artillerie ; la premiere à cinq heures du matin ,
la feconde à midi , la troifieme pendant le Te
Deum , & la derniere avant le feu d'artifice.
Le 24 , le corps de Ville alla à l'Eglife paroif-
Hale de Saint Jeanen Greve , pour rendre les actions
de graces particulieres , & il affifta au Te
Deam qu'il fit chanter en mufique. Ce même
jour , l'Hôtel de Ville , P'Hôtel du Prevôt des
Marchands , les maiſons des Echevins & des principaux
Officiers du corps de Ville , furent illuminés
de nouveau .
Le Roi a difpofé du commandement en Chef
de la province de Languedoc , vacant par la mort
de M. le Maréchal Duc de Mirepoix , en faveur
de M. le Maréchal de Thomond .
Le 3 Novembre , M. le Comte de Sartirane ,
'Ambaffadeur du Roi de Sardaigne , eut une audience
particuliere du Roi , dans laquelle il complimenta
Sa Majefté , au nom du Roi fon Maître,
fur l'heureux accouchement de Madame la Dauphine
, & fur l'heureufe naiffance de Monftigneur
le Comte d'Artois. Cet Ambafladeur fut
enfuite admis à l'audience de la Reine , de Monfeigneur
le Dauphin , & de Madame la Dauphine.
M. Bertin , latendant de Lyon , a été nommé
Lieutenant-Général de Police , à la place de M.
Berryer.
Le Roi a nommé M. le Marquis du Mefnil ,
Lieutenant Général de fes armées , Infpecteur Général
de la Cavalerie & des Dragons , au Gouver
nement de Brouage , vacant par la mort de M. le
Maréchal Duc de Mirepoix.
Sa Majesté a auffi accordé à M. le Comte de
Montazet , Brigadier de fes armées , Mestre de
Camp réformé à la fuite du Régiment de Dragons
DECEMBRE. 1757. 199
d'Orléans , & Gouverneur du Fort de Scarpe ,
l'Expectative d'une place de Commandeur dans
P'Ordre Militaire de Saint Louis , avec la permiffion
d'en porter dès - à - préfent les honneurs.
Les 27 & 28 d'Octobre , on a reffenti au Havre
deux fecouffes de tremblemens de terre. La
premiere a duré trois minutes , & l'autre deux.
Les habitans effrayés, font fortis de leurs maiſons
pour fe retirer fur la place, Ces mêmes ſecouffes
Te font auffi fait fentir à la même heure au Pontl'Evêque
, fur la rive gauche de la Seine.
Le 6 de Novembre , M. le Chevalier Archinto
arriva ici de Parme , pour complimenter le Roi ,
de la part de l'Infant Duc de Parme , fur la naiffance
de Monfeigneur le Comte d'Artois.
Le Roi a nommé à l'Intendance de Lyon M. de
la Michodiere , Intendant d'Auvergne ; & M.
Bernard de Ballainvilliers , Maître des Requêtes ,
à celle d'Auvergne.
Sa Majefté a tenu le Sceau pour la feizieme &
dix-feptieme fois.
Le même jour , M. le Prince de Beauvau prêta
ferment entre les mains du Roi pour la charge
de Capitaine des Gardes , & Sa Majefté reçut celui
de l'Evêque de Senez.
Le Roi accorda ce même jour un brevet d'honneur
à Madame la Comteffe de Lillebonne , &
elle prit en conféquence le Tabouret chez la
Reine.
Sa Majesté a donné à M. le Comte de Talaru ,
Sous-Lieutenant des Gendarmes de Flandres ,
l'Aide-Majorité de la Gendarmerie , vacante par
la promotion du Vicomte de Sabran , à la Majo
rité de ce corps,
Les entrées de la Chambre ont été accordées
par le Roi à M. le Chevalier Archinto , Gentil-
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
homme de la Chambre de l'infant Duc de Parme
Le is , M. Erizzo , Ambaſſadeur de la Répu
blique de Venife , eut une audience particuliere
du Roi,dans laquelle il complimenta Sa Majesté au
nom de la République , fur l'heureux accouchement
de Madame la Dauphine , & fur la naiſſance
de Monfeigneur le Comte d'Artois . Cet Ambaffadeur
fut conduit à cette audience par M. de la
Live , introducteur des Ambafladeurs .
M. le Baron de Lichtinſtein , Miniftre Plénipotentiaire
du Duc de Saxe- Gotha , eut le même
jour une audience de Madame la Dauphine. Il y
fut conduit ainfi qu'à celles de Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , de Monfeigneur le Duc de
Berry , & de Monſeigneur le Comte de Provence
, par le même Introducteur .
M. de Bompar , Chefd'Eſcadre des Armées Navales
, à fon retour de la Martinique , où il a réfidé
pendant fept ans en qualité de Gouverneur
Général des Inles du Vent , a été préfenté au Roi,
Sa Majefté lui a accordé une penfion de trois mille
livres fur le Tréfor Royal , avec le Cordon rouge
honoraire.
L'ouverture du Parlement fe fit le r2 de ce
mois avec les cérémonies ordinaires , par une
Mefle folemnelle . Elle fut célébrée par M. l'Abbé
de Sailly , Chantre de la Sainte Chapelle , & Aumônier
de Madame la Dauphine . M. Mollé ,
premier Préfident , ayant été reçu & inftallé par
M. Pelletier de Rofambo , Préfident du Parlement
, y affifta avec toutes les Chambres.
Il y a eu le 5 Novembre une action entre l'armés
commandée par M. le Prince de Soubife & celle
du Roi de Pruffe : la premiere ayant été obligée de
faire fa retraite , elle s'eft retirée à Freyburg ,
d'où elle a repaffé l'Unftrutt , & ſe raffemble der
DECEMBRE. 1757 : 201
riere cette riviere . M. le Maréchal Duc de Richelieu
, à qui M. le Prince de Soubife avoit dépêché
un Officier après l'action , s'eft mis en marche à
la tête de foixante bataillons & de foixante- quatre
efcadrons , pour fe porter fur Duderſtatt , où il
fera à portée de recevoir & de foutenir l'armée de
M. le Prince de Soubife , s'il eft néceffaire.
Nous retardons la lifte des Officiers tués ou
bleffés , pour la donner plus exacte le mois pro
chain.
Le Corfaire Anglois le Hancelot , de Jerzey ;
armé de 10 canons , & de 70 hommes d'équipage ,
a été pris par les Vaiffeaux du Roi l'Entreprenant
& le Dragon , qui l'ont fait conduire à Brest.
Les fieurs Bart , Capitaine de Brûlot , & Juin ,
Lieutenant de Frégate , commandant les Frégates
du Roi la Valeur & la Mignonne , fe font rendus
maîtres des Navires Anglois l'Induftrie , l'Eclair
la Marie-Sara & la Satisfaction. Ces quatre bâtimens
, qui alloient de Sunderland à Rotterdam ,
chacun avec un chargement de charbon de terre
étoient tous armés de quelques canons , & ils font
arrivés à Dunkerque.
Le Corfaire le Vengeur , de ce Port , ya remis
Pôtage d'une rançon de 290 guinées , moyennant
laquelle il a relâché un Navire Anglois ,
dont il s'étoit emparé .
On mande de la Rochelle , que le Navire le Titon
l'Africain , de Bordeaux , venant de Saint-
Domingue , a enlevé le Navire Anglois le Thos
mas , de Londres dont la cargaiſon eft compo
fée de 500 barrils de poudre , de so caiffes d'armes
, de toiles , de foieries , & d'autres muni
tions & marchandiſes.
Une Lettre du Capitaine Robert , comman
1 v
202 MERCURE DE FRANCE.
dant la Frégate la Comteffe de la Serre , datée de
20 Octobre dernier , marque qu'il eft arrivé à
Bergue en Norwege, & qu'il y a conduit fept prifes
Angloifes ; que fix de ces prifes font chargés
de chanvre , de lin & de fer , la feptieme , d'uce
petite partie de chanvre & de bois , & qu'il en
attendoit une huitieme qu'il a laiffée au Nord
d'Ifland , le mauvais temps l'ayant obligé de s'en
féparer. Cette derniere eft un Senaw du port de
220 tonneaux , armé de 14 canons , & de 36
hommes d'équipage , qui vient de la Virginie , fa
cargaison confifte en 380 boucauts de tabac.
LAJA Cornette des Chevaux- Légers de la Garde
ordinaire du Roi , revint ici d'Arpajon le 19
d'Octobre. Comme la Compagnie , qui ne fert
que par quartiers , eft rarement raffembleé , les
Chevaux- Légers ont faifi le moment de leur réu
Lij
196 MERCURE DE FRANCE.
nion , pour célébrer en corps l'augufte naiſſance
de Monfeigneur le Comte d'Artois . Le Duc de
Chaulnes , leur Commandant , eft Gouverneur
de cette Province nouveau motif pour faire éclater
leur joie dans cette heureufe occafion. Ils devoient
fe féparer , après avoir porté leurs étendards
au Roi ; ils n'ont eu par conféquent que deux
fois vingt-quatre heures , pour faire leurs prépa
ratifs , ainfi que pour inviter la Cour , la Ville ,
& tous les corps de la maiſon du Roi.
Le fête commença le 21 , à dix heures du foir,
par un feu d'artifice , qui fut tiré dans l'avenue de
Sceaux , vis-à- vis de l'Hôtel des Chevaux-Légers ,
& dont l'exécution fut parfaite. Toutes les perfonnes
invitées le rendirent enfuite au bal , paré
& malqué. La façade & la cour de l'Hôtel étolent
très-bien illuminées. La falle où l'on danſoit , a
105 pieds de longueur fur 36 de large. Elle étoit
ornée richement , & avec autant d'art que de
goût : elle étoit éclairée par un grand nombre de
luftres & de girandoles. Les fonds oppofés de cette
falle , qui dans toute leur étendue , étoient gare
nis de grandes glaces , en multipliant les objets ,
formoient un fpectacle charmant. La Comteffe
de Marfan , Gouvernante des Enfans de France ,
s'étant excufée d'ouvrir le bal , la jeune Princeffe
de Soubife , fa niece , danfa le premier menuer
avec le Marquis d'Efquelbec , premier Enfeigne
de la compagnie. Le Bal dura jufqu'à huit heures
du matin. Il y eut la plus nombreuſe affemblée ,
& l'on y diftribua avec profufion toutes fortes de
rafraîchiffemens. Le bon ordre qui a régné dans
cette fête , joint à la politeffe & aux attentions
des Chevaux- Légers , n'en a pas fait le moindre
agrément.
La naifance de Monfeigneur le Comte d'Are
DECEMBRE. 1757: 197
tois exigeant des peuples , dont elle affure le
bonheur , un nouveau tribut de reconnoiffance ,
le Roi écrivit le 9 d'Octobre à M. l'Archevêque de
Paris , pour faire rendre à Dieu dans la Capitale
de folemnelles actions de graces. En conféquence,
le Dimanche 13 , le Te Deum fut chanté dans
P'Eglife Métropolitaine , & M. l'Archevêque de
Paris y officia . M. le Chancelier accompagné de
plufieurs Confeillers d'etat & Maîtres des Requê
tes , le parlement , la Chambre des Comptes , la
Cour des Aydes & le Corps de Ville , y affifterent
après y avoir été invités de la part du Roi par M.
Defgranges , Maîtres des Cérémonies .
Le même jour , M. le Prevôt des Marchands
& les Echevins firent tirer dans la place de l'Hôtel
de Ville un feu d'artifice , décoré relativement à
l'objet de l'alegreffe publique. La façade de
l'Hôtel de Ville fut enfuite illuminée par des filets
de terrines, qui régnoient le long des entablemens,
& par des luftres formés de lanternes de verre.
Des ifs portant chacun plus de cent cinquante lu
mieres , entouroient la place .
L'Hôtel du Duc de Chevreufe , nommé au Gou
vernement de Paris , fut orné d'une magnifique
décoration en architecture , éclairée avec un
goût infini. Il y eut auffi des illuminations à l'Hôtel
du Prevôt des Marchands , aux maiſons des
Echevins , & à celles des principaux Officiers du
corps de Ville.
Aux quatre coins de la place de l'Hôtel de
Ville , ainfi qu'à celle de Louis XV , étoient des
fontaines de vin , qui coulerent une partie de la
nuit. On y diftribuoit du pain & des viandes au
peuple , & on avoit placé des orqueftres dans tous
les endroits où fe faifoient ces diftributions .
La cloche de l'Hôtel de ville fonna pendan
I iij
498 MERCURE DE FRANCE.
Toute la journée en tocfin . Il y eut quatre falves
d'artillerie ; la premiere à cinq heures du matin ,
la feconde à midi , la troifieme pendant le Te
Deum , & la derniere avant le feu d'artifice.
Le 24 , le corps de Ville alla à l'Eglife paroif-
Hale de Saint Jeanen Greve , pour rendre les actions
de graces particulieres , & il affifta au Te
Deam qu'il fit chanter en mufique. Ce même
jour , l'Hôtel de Ville , P'Hôtel du Prevôt des
Marchands , les maiſons des Echevins & des principaux
Officiers du corps de Ville , furent illuminés
de nouveau .
Le Roi a difpofé du commandement en Chef
de la province de Languedoc , vacant par la mort
de M. le Maréchal Duc de Mirepoix , en faveur
de M. le Maréchal de Thomond .
Le 3 Novembre , M. le Comte de Sartirane ,
'Ambaffadeur du Roi de Sardaigne , eut une audience
particuliere du Roi , dans laquelle il complimenta
Sa Majefté , au nom du Roi fon Maître,
fur l'heureux accouchement de Madame la Dauphine
, & fur l'heureufe naiffance de Monftigneur
le Comte d'Artois. Cet Ambafladeur fut
enfuite admis à l'audience de la Reine , de Monfeigneur
le Dauphin , & de Madame la Dauphine.
M. Bertin , latendant de Lyon , a été nommé
Lieutenant-Général de Police , à la place de M.
Berryer.
Le Roi a nommé M. le Marquis du Mefnil ,
Lieutenant Général de fes armées , Infpecteur Général
de la Cavalerie & des Dragons , au Gouver
nement de Brouage , vacant par la mort de M. le
Maréchal Duc de Mirepoix.
Sa Majesté a auffi accordé à M. le Comte de
Montazet , Brigadier de fes armées , Mestre de
Camp réformé à la fuite du Régiment de Dragons
DECEMBRE. 1757. 199
d'Orléans , & Gouverneur du Fort de Scarpe ,
l'Expectative d'une place de Commandeur dans
P'Ordre Militaire de Saint Louis , avec la permiffion
d'en porter dès - à - préfent les honneurs.
Les 27 & 28 d'Octobre , on a reffenti au Havre
deux fecouffes de tremblemens de terre. La
premiere a duré trois minutes , & l'autre deux.
Les habitans effrayés, font fortis de leurs maiſons
pour fe retirer fur la place, Ces mêmes ſecouffes
Te font auffi fait fentir à la même heure au Pontl'Evêque
, fur la rive gauche de la Seine.
Le 6 de Novembre , M. le Chevalier Archinto
arriva ici de Parme , pour complimenter le Roi ,
de la part de l'Infant Duc de Parme , fur la naiffance
de Monfeigneur le Comte d'Artois.
Le Roi a nommé à l'Intendance de Lyon M. de
la Michodiere , Intendant d'Auvergne ; & M.
Bernard de Ballainvilliers , Maître des Requêtes ,
à celle d'Auvergne.
Sa Majefté a tenu le Sceau pour la feizieme &
dix-feptieme fois.
Le même jour , M. le Prince de Beauvau prêta
ferment entre les mains du Roi pour la charge
de Capitaine des Gardes , & Sa Majefté reçut celui
de l'Evêque de Senez.
Le Roi accorda ce même jour un brevet d'honneur
à Madame la Comteffe de Lillebonne , &
elle prit en conféquence le Tabouret chez la
Reine.
Sa Majesté a donné à M. le Comte de Talaru ,
Sous-Lieutenant des Gendarmes de Flandres ,
l'Aide-Majorité de la Gendarmerie , vacante par
la promotion du Vicomte de Sabran , à la Majo
rité de ce corps,
Les entrées de la Chambre ont été accordées
par le Roi à M. le Chevalier Archinto , Gentil-
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
homme de la Chambre de l'infant Duc de Parme
Le is , M. Erizzo , Ambaſſadeur de la Répu
blique de Venife , eut une audience particuliere
du Roi,dans laquelle il complimenta Sa Majesté au
nom de la République , fur l'heureux accouchement
de Madame la Dauphine , & fur la naiſſance
de Monfeigneur le Comte d'Artois . Cet Ambaffadeur
fut conduit à cette audience par M. de la
Live , introducteur des Ambafladeurs .
M. le Baron de Lichtinſtein , Miniftre Plénipotentiaire
du Duc de Saxe- Gotha , eut le même
jour une audience de Madame la Dauphine. Il y
fut conduit ainfi qu'à celles de Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , de Monfeigneur le Duc de
Berry , & de Monſeigneur le Comte de Provence
, par le même Introducteur .
M. de Bompar , Chefd'Eſcadre des Armées Navales
, à fon retour de la Martinique , où il a réfidé
pendant fept ans en qualité de Gouverneur
Général des Inles du Vent , a été préfenté au Roi,
Sa Majefté lui a accordé une penfion de trois mille
livres fur le Tréfor Royal , avec le Cordon rouge
honoraire.
L'ouverture du Parlement fe fit le r2 de ce
mois avec les cérémonies ordinaires , par une
Mefle folemnelle . Elle fut célébrée par M. l'Abbé
de Sailly , Chantre de la Sainte Chapelle , & Aumônier
de Madame la Dauphine . M. Mollé ,
premier Préfident , ayant été reçu & inftallé par
M. Pelletier de Rofambo , Préfident du Parlement
, y affifta avec toutes les Chambres.
Il y a eu le 5 Novembre une action entre l'armés
commandée par M. le Prince de Soubife & celle
du Roi de Pruffe : la premiere ayant été obligée de
faire fa retraite , elle s'eft retirée à Freyburg ,
d'où elle a repaffé l'Unftrutt , & ſe raffemble der
DECEMBRE. 1757 : 201
riere cette riviere . M. le Maréchal Duc de Richelieu
, à qui M. le Prince de Soubife avoit dépêché
un Officier après l'action , s'eft mis en marche à
la tête de foixante bataillons & de foixante- quatre
efcadrons , pour fe porter fur Duderſtatt , où il
fera à portée de recevoir & de foutenir l'armée de
M. le Prince de Soubife , s'il eft néceffaire.
Nous retardons la lifte des Officiers tués ou
bleffés , pour la donner plus exacte le mois pro
chain.
Le Corfaire Anglois le Hancelot , de Jerzey ;
armé de 10 canons , & de 70 hommes d'équipage ,
a été pris par les Vaiffeaux du Roi l'Entreprenant
& le Dragon , qui l'ont fait conduire à Brest.
Les fieurs Bart , Capitaine de Brûlot , & Juin ,
Lieutenant de Frégate , commandant les Frégates
du Roi la Valeur & la Mignonne , fe font rendus
maîtres des Navires Anglois l'Induftrie , l'Eclair
la Marie-Sara & la Satisfaction. Ces quatre bâtimens
, qui alloient de Sunderland à Rotterdam ,
chacun avec un chargement de charbon de terre
étoient tous armés de quelques canons , & ils font
arrivés à Dunkerque.
Le Corfaire le Vengeur , de ce Port , ya remis
Pôtage d'une rançon de 290 guinées , moyennant
laquelle il a relâché un Navire Anglois ,
dont il s'étoit emparé .
On mande de la Rochelle , que le Navire le Titon
l'Africain , de Bordeaux , venant de Saint-
Domingue , a enlevé le Navire Anglois le Thos
mas , de Londres dont la cargaiſon eft compo
fée de 500 barrils de poudre , de so caiffes d'armes
, de toiles , de foieries , & d'autres muni
tions & marchandiſes.
Une Lettre du Capitaine Robert , comman
1 v
202 MERCURE DE FRANCE.
dant la Frégate la Comteffe de la Serre , datée de
20 Octobre dernier , marque qu'il eft arrivé à
Bergue en Norwege, & qu'il y a conduit fept prifes
Angloifes ; que fix de ces prifes font chargés
de chanvre , de lin & de fer , la feptieme , d'uce
petite partie de chanvre & de bois , & qu'il en
attendoit une huitieme qu'il a laiffée au Nord
d'Ifland , le mauvais temps l'ayant obligé de s'en
féparer. Cette derniere eft un Senaw du port de
220 tonneaux , armé de 14 canons , & de 36
hommes d'équipage , qui vient de la Virginie , fa
cargaison confifte en 380 boucauts de tabac.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En octobre et novembre 1757, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour de France. Le 21 octobre, la Compagnie des Chevaux-Légers de la Garde du Roi a célébré la naissance du Comte d'Artois par une fête organisée par le Duc de Chaulnes, commandant de la compagnie et nouvellement nommé gouverneur de province. Cette célébration, qui a réuni une nombreuse assemblée, comprenait un feu d'artifice et un bal, et s'est déroulée dans un ordre exemplaire. Le Roi a également ordonné des actions de grâce pour la naissance du Comte d'Artois. Le 13 octobre, un Te Deum a été chanté à la cathédrale de Paris en présence de hautes autorités, suivi d'un feu d'artifice et d'illuminations à l'Hôtel de Ville. Des distributions de nourriture et de boissons ont été faites au peuple, et des salves d'artillerie ont marqué les moments clés de la journée. Plusieurs nominations et promotions ont été annoncées, notamment celle de M. Bertin comme Lieutenant-Général de Police et de M. le Marquis du Mésnil comme Lieutenant Général des armées et Inspecteur Général de la Cavalerie. Le Roi a également accordé des distinctions honorifiques à plusieurs personnes, dont le Comte de Montazet et la Comtesse de Lillebonne. Sur le plan diplomatique et militaire, des audiences ont été accordées à des ambassadeurs étrangers pour féliciter le Roi sur la naissance du Comte d'Artois. Des actions militaires en Allemagne impliquant le Prince de Soubise et le Roi de Prusse ont été rapportées, ainsi que des prises maritimes par des navires français contre des corsaires anglais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12889
p. 130-133
AVIS AU PUBLIC Touchant le Livre intitulé : la Sainte Bible, en Latin & en François, avec l'explication du Sens Littéral & du Sens Spirituel, tirée des Saints Peres & des Auteurs Ecclesiastiques. Par M. le Maître de Saci, in-Octavo 32. volumes. Qui se vend à Paris chés Guillaume Desprez, & Pierre-Guillaume Cavelier, ruë S. Jacques, à S. Prosper & aux trois Vertus.
Début :
Nous n'avons pas besoin de faire l'éloge de cet Ouvrage, tout le monde le connoît, [...]
Mots clefs :
Volumes, Exemplaires, Public, Libraires, Prix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS AU PUBLIC Touchant le Livre intitulé : la Sainte Bible, en Latin & en François, avec l'explication du Sens Littéral & du Sens Spirituel, tirée des Saints Peres & des Auteurs Ecclesiastiques. Par M. le Maître de Saci, in-Octavo 32. volumes. Qui se vend à Paris chés Guillaume Desprez, & Pierre-Guillaume Cavelier, ruë S. Jacques, à S. Prosper & aux trois Vertus.
AVISAU PUBLIC
Touchant le Livre intitulé : la Sainte Bible;
en Latin & en François , avec l'explication
du Sens Littéral du Sens Spirituel , tirée
des Saints Peres & des Auteurs Ecclefiaftiques.
Par M. le Maître de Saci , in-Octavo
32. volumes .
Qui ſe vend à Paris chés Guillaume Defprez
& Pierre-Guillaume Cavelier , ruë S.
Jacques , à S. Profper & aux trois Vertus,
Nous n'avons pas beſoin de faire l'éloge
de cet Ouvrage, tout le monde le connoit,
l'eftime & l'a toujours recherché avec empreſſement.
On ſçait qu'outre la Tradition
de Ecriture Sainte , il contient des notes
préciſes qui en éclairciffent la lettre , & des
Explications morales tirées des Peres & des
meilleurs Commentateurs, M. le Maitre de
DECEMBRE. 1744. 131
Saci , à qui l'on eſt redevable d'un travail ſi
néceſſaire , avoit toutes les qualités requiſes
pour le bien exécuter.
L'avidité avec laquelle le Clergé comme
le peuple s'eſt fourni de cet Ouvrage , l'a
rendu rare , & c'eſt avec regret que n'en
ayant plus qu'un très-petit nombre d'exemplaires
complets , nous nous trouvons à la
veille de ne pouvoir plus fatisfaire à l'empreſſement
du Public , & de voir demeurer
comme inutiles beaucoup de volumes détachés
qui nous reſtent encore.
Pour remedier à ce double inconvenient ,
nons avons cru pouvoir propoſer au Public
de réimprimer les volumes qui nous manquent
pour former un nombre de 500
exemplaires complets , & pour en faciliter
au Public l'acquiſition , nous offrons une diminution
du prix ordinaire de ce Livre qui
eft de 150 liv. que nous réduiſons à 90 liv.
en feuilles , en faveur de ceux qui voudront
s'en aſſurer des exemplaires.
Ce prix modique que nous fixons ſera
payé dans les termes & aux conditions fuivantes.
Les Libraires ont commencé à recevoir
les aſſurances au mois de Novembre dernier..
On a payé alors 18 liv. pour chaque
exemplaire que l'ona afſuré , & dont les
Libraires ont donné une reconnoiffance..
FY
132 MERCURE DE FRANCE.
Au premier Mars 1745 , ceux qui auront
aſſuré donneront encore 18 liv , & on leur
délivrera alors les huit premiers volumes qui
contiennent
La Genefe.
L'Exode & le Levitique .
Les Nombre & le Deuteronome.
Josué, les Juges & Ruth.
Les 4 Livres des Rois , 2 volumes.
Les Paralipomenes , Esdras
Tobie , Judith & Esther.
Néhémias.
Au mois de Janvier 1746, il ſera payé
pareille ſomme de 18 liv. & on livrera les
volumes ſuivans.
Job .
Les Pseaumes en 3 volumes .
Les Proverbes de Salomon.
L'Ecleſiaſte & la Sagesse.
Le Cantique des Cantiques.
L'Ecclésiastique.
Au mois de Juillet 1746 il ſera encore
payé 18 liv. & on recevra les volumes fuivans.
ISaïe.
Jeremie & Baruch.
Ezechiel .
Daniel & les Machabées .
Les douze petits Prophetes.
Saint Mathieu & Saint Marc en 2 vol.
Saint Luc & Saint Jean en 2 volumes,
DECEMBRE. 1744. 153
Enfin au mois de Janvier 1747 , il fera
payé pour la derniere fois 18 liv. & on recevra
le reſte de la Bible , qui contient.
Les Actes des Apôtres.
Les Epures de Saint Paul en 4 volumes..
Les Epures Catholiques.
L'Apocalypse.
Les Libraires ne recevront ces afſu--
rances que juſqu'au dernier Fevrier 1745 .
よ
Ceux qui auront aſſuré leſdits Exemplaires
feront tenus de les faire retirer dans les
tems marqués ou le total au plutard
dans le mois de Juillet 1747 , paffé lequel
tems leurs avances feront perdues pour
eux , & ils ne feront plus admis à repeter
leurs Exemplaires , ou ce qui en reſteroit de
volumes à fournir , ſans laquelle conditio.n
cet avantage n'auroit pas été propofé.
و Ce nombre d'Exemplaires consommé
les Libraires vendront ſans remiſe cette Bi
ble 150 liv. reliée , qui eſt le prix ordinaire.
Touchant le Livre intitulé : la Sainte Bible;
en Latin & en François , avec l'explication
du Sens Littéral du Sens Spirituel , tirée
des Saints Peres & des Auteurs Ecclefiaftiques.
Par M. le Maître de Saci , in-Octavo
32. volumes .
Qui ſe vend à Paris chés Guillaume Defprez
& Pierre-Guillaume Cavelier , ruë S.
Jacques , à S. Profper & aux trois Vertus,
Nous n'avons pas beſoin de faire l'éloge
de cet Ouvrage, tout le monde le connoit,
l'eftime & l'a toujours recherché avec empreſſement.
On ſçait qu'outre la Tradition
de Ecriture Sainte , il contient des notes
préciſes qui en éclairciffent la lettre , & des
Explications morales tirées des Peres & des
meilleurs Commentateurs, M. le Maitre de
DECEMBRE. 1744. 131
Saci , à qui l'on eſt redevable d'un travail ſi
néceſſaire , avoit toutes les qualités requiſes
pour le bien exécuter.
L'avidité avec laquelle le Clergé comme
le peuple s'eſt fourni de cet Ouvrage , l'a
rendu rare , & c'eſt avec regret que n'en
ayant plus qu'un très-petit nombre d'exemplaires
complets , nous nous trouvons à la
veille de ne pouvoir plus fatisfaire à l'empreſſement
du Public , & de voir demeurer
comme inutiles beaucoup de volumes détachés
qui nous reſtent encore.
Pour remedier à ce double inconvenient ,
nons avons cru pouvoir propoſer au Public
de réimprimer les volumes qui nous manquent
pour former un nombre de 500
exemplaires complets , & pour en faciliter
au Public l'acquiſition , nous offrons une diminution
du prix ordinaire de ce Livre qui
eft de 150 liv. que nous réduiſons à 90 liv.
en feuilles , en faveur de ceux qui voudront
s'en aſſurer des exemplaires.
Ce prix modique que nous fixons ſera
payé dans les termes & aux conditions fuivantes.
Les Libraires ont commencé à recevoir
les aſſurances au mois de Novembre dernier..
On a payé alors 18 liv. pour chaque
exemplaire que l'ona afſuré , & dont les
Libraires ont donné une reconnoiffance..
FY
132 MERCURE DE FRANCE.
Au premier Mars 1745 , ceux qui auront
aſſuré donneront encore 18 liv , & on leur
délivrera alors les huit premiers volumes qui
contiennent
La Genefe.
L'Exode & le Levitique .
Les Nombre & le Deuteronome.
Josué, les Juges & Ruth.
Les 4 Livres des Rois , 2 volumes.
Les Paralipomenes , Esdras
Tobie , Judith & Esther.
Néhémias.
Au mois de Janvier 1746, il ſera payé
pareille ſomme de 18 liv. & on livrera les
volumes ſuivans.
Job .
Les Pseaumes en 3 volumes .
Les Proverbes de Salomon.
L'Ecleſiaſte & la Sagesse.
Le Cantique des Cantiques.
L'Ecclésiastique.
Au mois de Juillet 1746 il ſera encore
payé 18 liv. & on recevra les volumes fuivans.
ISaïe.
Jeremie & Baruch.
Ezechiel .
Daniel & les Machabées .
Les douze petits Prophetes.
Saint Mathieu & Saint Marc en 2 vol.
Saint Luc & Saint Jean en 2 volumes,
DECEMBRE. 1744. 153
Enfin au mois de Janvier 1747 , il fera
payé pour la derniere fois 18 liv. & on recevra
le reſte de la Bible , qui contient.
Les Actes des Apôtres.
Les Epures de Saint Paul en 4 volumes..
Les Epures Catholiques.
L'Apocalypse.
Les Libraires ne recevront ces afſu--
rances que juſqu'au dernier Fevrier 1745 .
よ
Ceux qui auront aſſuré leſdits Exemplaires
feront tenus de les faire retirer dans les
tems marqués ou le total au plutard
dans le mois de Juillet 1747 , paffé lequel
tems leurs avances feront perdues pour
eux , & ils ne feront plus admis à repeter
leurs Exemplaires , ou ce qui en reſteroit de
volumes à fournir , ſans laquelle conditio.n
cet avantage n'auroit pas été propofé.
و Ce nombre d'Exemplaires consommé
les Libraires vendront ſans remiſe cette Bi
ble 150 liv. reliée , qui eſt le prix ordinaire.
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12889
AVIS AU PUBLIC Touchant le Livre intitulé : la Sainte Bible, en Latin & en François, avec l'explication du Sens Littéral & du Sens Spirituel, tirée des Saints Peres & des Auteurs Ecclesiastiques. Par M. le Maître de Saci, in-Octavo 32. volumes. Qui se vend à Paris chés Guillaume Desprez, & Pierre-Guillaume Cavelier, ruë S. Jacques, à S. Prosper & aux trois Vertus.
12890
p. 179
ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE.
Début :
ON continue toujours les Concerts François, les Vendredis de chaque Semaine [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Concerts français
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE.
ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE .
O N continue toujours les Concerts
François, les Vendredis de chaque Semaine
; ce qui aura lieu jufqu'après le
voyage de la Cour à Fontainebleau.
O N continue toujours les Concerts
François, les Vendredis de chaque Semaine
; ce qui aura lieu jufqu'après le
voyage de la Cour à Fontainebleau.
Fermer
12891
p. 205-206
« Le premier du mois d'Avril, la Marquise de Grasse, épouse du Marquis [...] »
Début :
Le premier du mois d'Avril, la Marquise de Grasse, épouse du Marquis [...]
Mots clefs :
Marquise , Capitaine, Comtesse, Maréchal, Chevalier, Décès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le premier du mois d'Avril, la Marquise de Grasse, épouse du Marquis [...] »
LE premier du mois d'Avril, la Marquiſe de
2io6 MERCURE DE FRANCE.
Graſſe, épouſe du Marquis de Graſſe, Capitaine
au Régiment des Gardes-Françoiſes, fut préſen
rée au Roi & à la Famille Royale,par la Comteſſe
de Carcado ſa tante. - -
GABRIEL-Claude Charton Deſmauguins, an
cien Maréchal des Logis, des Gendarmes de la
Garde , avec Brévet de Meſtre de Camp , eſt
mort à Bourbon-l'Archambault , âgé de 83 ans.
Il avoit reçu ſes trois enfans Chevaliers de S.
Eouis , dont deux ſont Brigadiers dans les Gen
darmes de la Garde , & l'autre Capitaine de
Grenadiers dans le Régiment de Flandre.
La ſuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
2io6 MERCURE DE FRANCE.
Graſſe, épouſe du Marquis de Graſſe, Capitaine
au Régiment des Gardes-Françoiſes, fut préſen
rée au Roi & à la Famille Royale,par la Comteſſe
de Carcado ſa tante. - -
GABRIEL-Claude Charton Deſmauguins, an
cien Maréchal des Logis, des Gendarmes de la
Garde , avec Brévet de Meſtre de Camp , eſt
mort à Bourbon-l'Archambault , âgé de 83 ans.
Il avoit reçu ſes trois enfans Chevaliers de S.
Eouis , dont deux ſont Brigadiers dans les Gen
darmes de la Garde , & l'autre Capitaine de
Grenadiers dans le Régiment de Flandre.
La ſuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
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Résumé : « Le premier du mois d'Avril, la Marquise de Grasse, épouse du Marquis [...] »
Le 1er avril, la Marquise de Grasse a été présentée au Roi et à la Famille Royale par la Comtesse de Carcado. Gabriel-Claude Charton Desmauguins, ancien Maréchal des Logis des Gendarmes de la Garde, est décédé à 83 ans. Ses trois fils sont Chevaliers de Saint-Louis, dont deux sont Brigadiers et le troisième est Capitaine de Grenadiers. La suite des Nouvelles Politiques paraîtra dans le prochain Mercure de France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12892
p. 179-180
COMÉDIE FRANÇOISE.
Début :
LE Lundi, premier Août, on a représenté pour la première fois la Présomption [...]
Mots clefs :
Comédie française, Comédie en vers, Amateurs, Actrice, Talent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMÉDIE FRANÇOISE.
COMÉDIE FRANÇOISE,
*
LE Lundi , premier Août , on a repréfenté
pour la première fois la Préſomption
à la mode, Comédie en vers en cinq
Actes , qui n'a eu que cette feule repréfentation.
Nous n'avons à rendre compte d'aucune
autre Nouveauté fur ce Théâtre , mais
d'un événement au moins auffi intéref-
-fant pour les Amateurs,que feroit la première
repréſentation de l'ouvrage le plus
impatiemment attendu ; c'eft le rétablif
fement de la fanté de Mademoifelle Clairon
& le plaifir univerfel des Specta-
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
teurs de la voir reparoître fur la Scène..
Elle a joué les huit , dix & treize Août
dans Zelmire; elle a continuédans Cinna,
Rodogune , &c. On trouveroit avec raifon
une prolixité fuperflue à nous- étendre
fur l'efpèce de raviffement avec.
lequel cette célébre Actrice a été reçue
du Public ; il n'eft aucun de nos Lecteurs
qui ne doive le fuppofer , les uns
d'après leur propre fentiment , les autres :
d'apres la réputation de ce fublime talent ..
*
LE Lundi , premier Août , on a repréfenté
pour la première fois la Préſomption
à la mode, Comédie en vers en cinq
Actes , qui n'a eu que cette feule repréfentation.
Nous n'avons à rendre compte d'aucune
autre Nouveauté fur ce Théâtre , mais
d'un événement au moins auffi intéref-
-fant pour les Amateurs,que feroit la première
repréſentation de l'ouvrage le plus
impatiemment attendu ; c'eft le rétablif
fement de la fanté de Mademoifelle Clairon
& le plaifir univerfel des Specta-
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
teurs de la voir reparoître fur la Scène..
Elle a joué les huit , dix & treize Août
dans Zelmire; elle a continuédans Cinna,
Rodogune , &c. On trouveroit avec raifon
une prolixité fuperflue à nous- étendre
fur l'efpèce de raviffement avec.
lequel cette célébre Actrice a été reçue
du Public ; il n'eft aucun de nos Lecteurs
qui ne doive le fuppofer , les uns
d'après leur propre fentiment , les autres :
d'apres la réputation de ce fublime talent ..
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12893
p. 206-208
AVIS DIVERS.
Début :
Les personnes qui par état emploient du vinaigre distillé, bien [...]
Mots clefs :
Vinaigre, Distillateur, Fourneau, Nouveautés, Vinaigre romain, Soins dentaires, Blanchiment, Peau, Odeurs, Qualités
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS DIVERS.
A V I S D I V E R S;.
L e s perſonnes qui par état emploient duº
vinaigrediſtilſé, bien déflegmé ſoit pou faire
des ſels ou autres compoſitions, ſont averties par
le Sieur MAILLE, Vinaigrier diſtillateur, que par
la nouvelle conſtruction d'un fourneau qu'il a
†faire cette diſtilation dans des
vaiſſeaux de grais, le met à portée de vendre ce
vinaigre d'une qualité beaucoup ſuperieure ;l'Au
teur n'a pas ſeulément fixé ſon attention à per
fèctionner cette qualité de vinaigre , mais à
prévenir les dangers que peut occaſionner ce
lui qui ſe diſtille chez différens Particuliers dans
des vaiſſeaux de cuivre. Son vinaigre romain ,-
pour la conſervation de la bouche, ſe diſtribue
toujours avec le plus heureux ſuccès tant dans
les Cours Etrangeres qu'à celle de France. L'Au
teur donne avis que différens Particuliers flattés
4
J U I N. 1764. 2o7
par l'eſpoir du gain, ſe mêlent de le contrefaire &
trompent les perſonnes à qui ils le vendent : ce
que l'on peut éviter en s'adreſſant directement
à lui. Ce vinaigre blanchit les dents, empêche
qu'elles ne ſe carient & en arrête le progrès,.
les raffermit dans leurs alvéoles,prévient l'haleine
forte & rafraîchit les lévres. L'Auteur vend auſſi
différens vinaigres pour blanchir la peau, guérir
les dartres farineuſes , les boutons , noircir les
cheveux roux ou blancs ainſi que les ſourcils, ôter
les taches de rouſſeur & maſques de couches,
& le véritable vinaigre des quatre voleurs, pré
ſervatif de tout air contagieux, & généralement
toutes ſortes de vinaigres tant à l'uſage des bains
que de la table au nombre de deux cent ſortes..
L'on diſtribue toujours en ſon magazin à Séve
près Paris, le nouveau Caſſis blanc, pour aider
à la digeſtion des alimens , le nouveau ratafia»
des Sultannes , le Courier de Cythère & générale
ment toutes ſortes de liqueurs & eaux d'odeurs
tant Françoiſes qu'Etrangères. L'on s'adreſſera
pour les vinaigres au Sieur MAILLE, rue Saint :
André des Arcs, la troiſiéme Porte Cochere à
droite en entrant par le Pont Saint Michel entre :
la rue Mâcon , & la rue Haute - Feuille , de
l'autre côté , à Paris , & pour le Caſſis, ratafia°
& autres liqueurs & odeurs, en ſon magazin à
Séve près Paris, route de la Cour. Le prix des
moindres bouteilles pour les dents ou autres pro
priétés eſt de 3 liv. le Caſſis blanc 4 liv. la pinte,
le ratafia des Sultanes 6 liv. la pinte, & 8 liv. .
le Courier de Cythères Les perſonnes qui vou
dront emporter de ces ſortes de vinaigres aux
Iles, dont l'uſage eſt ſi nécéſſaire, peuvent le faire
ſans craindre que le temps ni l'éloignement du
Iranſport, puiſſent altérer leuts qualités.. Ledit
2oS MERCURE DE FRANCE.
Sieur MAILLE fait les envois au deſir des per
ſonnes en remettant l'argent par la Poſte franc
de port ainſi que les lettres & envoie en même
temps la manière de s'en ſervir, avec une Liſte
générale de ſes vinaigres & leurs prix.
L e s perſonnes qui par état emploient duº
vinaigrediſtilſé, bien déflegmé ſoit pou faire
des ſels ou autres compoſitions, ſont averties par
le Sieur MAILLE, Vinaigrier diſtillateur, que par
la nouvelle conſtruction d'un fourneau qu'il a
†faire cette diſtilation dans des
vaiſſeaux de grais, le met à portée de vendre ce
vinaigre d'une qualité beaucoup ſuperieure ;l'Au
teur n'a pas ſeulément fixé ſon attention à per
fèctionner cette qualité de vinaigre , mais à
prévenir les dangers que peut occaſionner ce
lui qui ſe diſtille chez différens Particuliers dans
des vaiſſeaux de cuivre. Son vinaigre romain ,-
pour la conſervation de la bouche, ſe diſtribue
toujours avec le plus heureux ſuccès tant dans
les Cours Etrangeres qu'à celle de France. L'Au
teur donne avis que différens Particuliers flattés
4
J U I N. 1764. 2o7
par l'eſpoir du gain, ſe mêlent de le contrefaire &
trompent les perſonnes à qui ils le vendent : ce
que l'on peut éviter en s'adreſſant directement
à lui. Ce vinaigre blanchit les dents, empêche
qu'elles ne ſe carient & en arrête le progrès,.
les raffermit dans leurs alvéoles,prévient l'haleine
forte & rafraîchit les lévres. L'Auteur vend auſſi
différens vinaigres pour blanchir la peau, guérir
les dartres farineuſes , les boutons , noircir les
cheveux roux ou blancs ainſi que les ſourcils, ôter
les taches de rouſſeur & maſques de couches,
& le véritable vinaigre des quatre voleurs, pré
ſervatif de tout air contagieux, & généralement
toutes ſortes de vinaigres tant à l'uſage des bains
que de la table au nombre de deux cent ſortes..
L'on diſtribue toujours en ſon magazin à Séve
près Paris, le nouveau Caſſis blanc, pour aider
à la digeſtion des alimens , le nouveau ratafia»
des Sultannes , le Courier de Cythère & générale
ment toutes ſortes de liqueurs & eaux d'odeurs
tant Françoiſes qu'Etrangères. L'on s'adreſſera
pour les vinaigres au Sieur MAILLE, rue Saint :
André des Arcs, la troiſiéme Porte Cochere à
droite en entrant par le Pont Saint Michel entre :
la rue Mâcon , & la rue Haute - Feuille , de
l'autre côté , à Paris , & pour le Caſſis, ratafia°
& autres liqueurs & odeurs, en ſon magazin à
Séve près Paris, route de la Cour. Le prix des
moindres bouteilles pour les dents ou autres pro
priétés eſt de 3 liv. le Caſſis blanc 4 liv. la pinte,
le ratafia des Sultanes 6 liv. la pinte, & 8 liv. .
le Courier de Cythères Les perſonnes qui vou
dront emporter de ces ſortes de vinaigres aux
Iles, dont l'uſage eſt ſi nécéſſaire, peuvent le faire
ſans craindre que le temps ni l'éloignement du
Iranſport, puiſſent altérer leuts qualités.. Ledit
2oS MERCURE DE FRANCE.
Sieur MAILLE fait les envois au deſir des per
ſonnes en remettant l'argent par la Poſte franc
de port ainſi que les lettres & envoie en même
temps la manière de s'en ſervir, avec une Liſte
générale de ſes vinaigres & leurs prix.
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Résumé : AVIS DIVERS.
Le Sieur MAILLE, vinaigrier distillateur, publie un avis le 4 juin 1764 annonçant une nouvelle méthode de distillation du vinaigre dans des vaisseaux de grais, améliorant ainsi la qualité du produit. Il met en garde contre les dangers de la distillation dans des vaisseaux de cuivre et contre les contrefaçons de son vinaigre romain, reconnu pour ses bienfaits sur la bouche et distribué dans diverses cours. MAILLE propose divers types de vinaigres, notamment pour blanchir les dents, prévenir les caries, raffermir les dents, prévenir l'haleine forte, et rafraîchir les lèvres. Il offre également des vinaigres pour blanchir la peau, guérir les dartres farineuses, les boutons, noircir les cheveux roux ou blancs, ôter les taches de rousseur et les masques de couches, ainsi que le vinaigre des quatre voleurs, préservatif contre les airs contagieux. Il propose plus de deux cents sortes de vinaigres pour divers usages, y compris les bains et la table. MAILLE distribue également des liqueurs et eaux d'odeurs, telles que le nouveau Cassis blanc, le ratafia des Sultannes, et le Courier de Cythère, disponibles dans son magasin à Sèvres près de Paris. Les prix varient, par exemple, les moindres bouteilles pour les dents coûtent 3 livres, le Cassis blanc 4 livres la pinte, le ratafia des Sultanes 6 livres la pinte, et le Courier de Cythères 8 livres. MAILLE assure l'envoi des produits par la poste, franc de port, et fournit des instructions d'utilisation ainsi qu'une liste des vinaigres et leurs prix.
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12894
p. 180-187
COMEDIE ITALIENNE.
Début :
LE 8 Août on a donné la seiziéme & dernière représentation des Fêtes de la Paix [...]
Mots clefs :
Musique, Honneur, Scène, Procureur, Comédie
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texteReconnaissance textuelle : COMEDIE ITALIENNE.
COMEDIE ITALIENNE..
LEE 8 Août on a donné la feiziéme
& dernière repréfentation des Fêtes de la
Paix. Nous avons rendu compte par Extrait,
dans les précédens Mercures, de cet
agréable divertiffement de M. Favart.
Ilyavoit ajouté depuis , des Scènes d'un
genre de Comique très - vif & très-gai ,
d'autant plus faites pour le fuccès , qu'elles
ont eu , qu'elles étoient convenables
au Site de la Scène , & paroiffoient naturellement
amenées par les Fêtes populai
res , à l'occafion defquelles cette Piéce a
été composée & repréfentée. Voici une
idée des nouvelles Scènes.
SEPTEMBRE. 1763. 187
Jacot , artifan groffier , appaife les reproches de
Javotte , la femme , dans un Duo contradictoire ,
en lui difant que fa befogne aujourd'hui eft de bien
boire :
» Ce n'eft pas à tes dépens: ( dit Jacot en chantant
» Monfieur le Prevôt des Marchands
Qui ne fe moque pas
des g
s gens ,
Veut qu'on boive & qu'on danfe ,
» Il nous baille du vin pour çà ,,
» Et des Violons de l'Opéra
La , la , la , la , la , &c..
Javotte, qui n'a pas d'éloignement pour lė vir
& pour la joie , fe prête facil ment à cette idée..
Jacot a ramallé des gros & des petits écus , que,
dit- il , des Meffieurs dorés jet : oient à la douzaine..
Cette abondance réjouit fort Javotte , & lui
donne bacoup l'amitié pour (on Mari ; elle lui
demande bien des petits préfens pour fon ajuſtement
; Jacot s'en effraye il n'aura plus rien pour
lui . Sa femme le ratfure , en lui ditant qu'un ma--
ri qui a une femme aimable ne doit fe plaindre
de rien . qu'il faut être brave à Paris , qu'il le de--
mande à ces Bourgeois..
» Femme fur le bon pied fait honneur aux Marisè .
A quoi Jacot répond pas toujours , pas toujours.. :
Il vient un Chanfonnier avec fon Tableau qu'
fait voir , & dont il détaille les Sujets . Il invitoit
àvenir écouter & acheter fes Chanſons ; nous rap
182 MERCURE DE FRANCE.
porterons une de ces Chanfons , pour faire voir
comment par le choix & l'arrangement des paroles,
on peut le prêter à la vérité de l'image en Mufique.
» Voyez fur ce Cabriolet ,
» Ce Petit Fringant à plumet ș
» Qui roule fans dire gare , gare ,
» En faiſant clic-clac , claquer fon fouet,
C Au milieu d'une bagare.
» Il perce,
» Traverſe ,
>> Renverfe
>>> La foule ;
» Il roule ,
» Il paffe ,
» Caſſe ,
» Fracaffe,
» La glace ,
» D'un vis-à -vis.
» Arrête , arrête , M. le Marquis ,
Marchand du quartier S. Denis ;
V' là l'zaventures ›
Lure , lure , lure , lure ,
V' là l'zaventures
De Paris.
7
Cerefrein fert à plufieurs couplers d'une critique
gaye & fans fiel . Jacot & Javotte forment avec
le Chanfonnier un trio pour marchander & achejer
fes Chanfons.
A cette Scène fuccéde celle d'un Procureur & de
fa femme qui veulent prendre place fur un
SEPTEMBRE. 1763.
183
Echaffaut, pour mieux jouir du coup d'oeil de la Pla
ce. Javotte en embarraffe l'entrée , la Procureufe s'en
plaint avec cette hauteur qu'une Bourgeoile affecte
pour les gens du Peuple. La Loueufe de chaife dit
qu'elle va appeller un Suiffe pour faire faire paffage.
La querelle s'engage entre Javote , la Procureuſe, le
Procureur & le Suiffe ; dans cette Scène ou le Jargon
Poitlardeft très-bien imité, Javotte n'épargne pas
tous les farcalmes que fouvent les Gens de ſon eſpèce
mployent lorsque l'efprit naturel eft échauffé par
un peu de colère . La Procureufe quitte la partie
pour aller s'évanouir , & Javotte triomphante s'égaye
fur le compte du Procureur. C'eft après
cette Scène que l'on avoit replacé celle du faux
Abbé & de la petite Bourgeoife précieuſe , que
nous avons tranfcrite prèſqu'en entier dans le volume
où nous avons rendu compte des Fêtes de la
Paix.
La Mufique de ces Scènes a fait le plus grand
plaifir.
On a continué fur ce même Théâtre
avec un fuccès très - foutenu , les deux
Chaffeurs & la Laitière,Fables dialoguées
mêlées d'Ariettes .
Le bon goût qui a infpiré l'idée de
mettre au Théâtre ces deux jolies Fables
du plus naïf & du plus élégant de
nos Poëtes , femble avoir conduit auffi
l'Auteur de ce Drame à ne point charger
ce fujet d'épifodes & d'intrigues
étrangères à fon texte ; il n'a fait que le
mettre en action de la manière la plus
naturelle , & qui en devient par-là trèsagréable
.
184 MERCURE DE FRANCE.
Nous ne donnerons qu'une très- légere
idée feulement du moyen qu'a
pris
pris l'Auteur Dramatique , pour réunir
les actions de ces deux Fables en une..
Colas & Guillot font des Payfans fort pau
vres , qui le font affociés pour tuer l'Ours dont
ils comptent vendre la peau. L'un d'eux a dejà
emprunté du vin fur le prix qu'ils croyent en
retirer , & l'autre l'aide à le boire. Ils s'impatientent
de ne pas voir paroître cet Ours , en
fe promettant chacun l'honneur de le mettre à
bas . Mais aux approches de l'Animal ils ſont
toujours faifis de frayeur , & chacun prend des
prétextes pour fe dérober au danger . Pendant
que Colas eft à la quête de l'Ours , Guillot , qui
fe plaint de la maladreffe de fon Camarade
qui leur a fait manquer cette proie , s'amuſe à
fumer. Il apperçoit une femme , c'eſt Perrette
la Laitiére , qui va vendre ſon lait au marché.
Il lui conte fleurette ; mais Perrette le dédaigne
à cause de la mifére où elle le voit. Elle fait
l'énumération de tout ce que lui vaudra fon lait :
dans le projet économique qu'elle détaille elle
aura des poulets ; de l'argent des poulets , des
brebis , les brebis , en multipliant , feront un
troupeau des produits du troupeau des vaches
& des chevaux &c. Guillot fe vante auffi de
l'argent qui lui reviendra de l'Ours , Perrette
s'en moque , parce qu'il ne tient pas l'Ours &
qu'elle tient fon lait ; fur quoi elle quitte le
pauvre Chaffeur pour continuer fa route. Enfin
Colas revient pouſuivi par l'Ours ; Guillot fe
fauve fur un arbre ; Colas , tombe par terre &
fait le mort. Voilà l'Ours manqué deux fois .
Colas , qui a penſé en être la victime , s'eft fauvé
SEPTEMBRE. 1763 . 185
>
fur une mazure où il s'eft endormi . Guillot def
cendu de fon arbre , ne fçait où eft fon camarade
; parce qu'il a cherché à s'éloigner du voifimage
de cet Ours. La petite Laitiére a renversé
fon pot & répandu tout le lait qu'il contenoit ;
elle revient , en pleurant fon malheur. Guillot de
fon côté dans fon défeſpoir ne voit plus d'autre
parti pour lui que de fe pendre avec fon Baudrier
qui doit lui fervir de licol . En voulant
l'attacher pour cela à la mafure les coups qu'il
donne pour y enfoncer un morceau de bois la
font tomber , & Colas tombe avec la mafure. Les
trois Perfonnages de l'action fe trouvant enſemble
, déplorent leur défaftre. Guillot preffe la
Laitiere de l'époufer au moins par charité , &
ne fût-ce que pour garder les moutons . Perrette
eft devenue moins fière , & tous trois reconnoiffent
qu'il ne faut pas trop compter fur des efpérances
mal fondées. Colas leur dit que l'Ours
lui a parlé. On le preffe de rapporter ce qu'il
lui a dit . c'eſt une leçon qu'il n'oubliera jamais.
Cette leçon eft la moralité de la Fable qui établit
les refreins d'un joli Vaudeville par lequel .
cette Piéce eft terminée..
Colas chante le premier Couplet .
» J'étois gifant à cette place ,
» Et je tremblois de tout mon coeur
» Pour aujourd'hui je te fais grace ,
» M'a-t- il dit , calme ta frayeur.
» Mais va- t- en dire à ton Confrère
» Qu'un fol eſpoir trompe toujours &
» Et ne vendez la peau de l'Ours
» Qu'après l'avoir couché par terre..
"
186 MERCURE DE FRANCE.
·
Dans le nombre des autres Couples
Perrette chante celui- ci :
Sur la vertu la plus auftère ,
Un Epoux fonde fon bonheur ;
Il croit que fa femme préfére
Aux faux plaifirs fon cher honneur.
Pauvres Maris n'y comptez guère ,
Un Amant s'empare du coeur ;
La tête
tourne , & par malheur
Voila le por au lait par terre.
Les paroles de cette Piéce font de M.
ANSEAUME. La Mufique,de M. DUNI,
eft applaudie avec d'autant plus de juftice
, qu'elle a le fuffrage du fentiment naturel
. On retrouve particuliérement dans
cet Ouvrage le caractère de chant par
lequel cet Auteur , Italien de Nation ,
s'étoit annoncé dans fes premiers Ouvrages,
qui confifte en une jufteffe d'expreffion
& des grâces plus analogues au
caractère de notre langue , que dans la
Mufique imitatrice du genre Italien que
plufieurs Muficiens François ont affecté
d'adopter.
Le To, on a donné la première fepréfentation
des Deux Talens , Comédie
en 2 Actes mêlée d'Ariettes , par M.
SEPTEMBRE. 1763. 187
BASTIDE . Cette Piéce n'a eu que deux
repréſentations , elle a été fufpendue ,
& l'on attend la repriſe pour en rendre
compte.
N. B. La Piéce des Deux Chaffeurs & la Laitière
par M. Anfeaume , Mufique de M. Dani ,
fe vend chez Duchefne , rue S. Jacques , 24 f
avec la Mufique.
LEE 8 Août on a donné la feiziéme
& dernière repréfentation des Fêtes de la
Paix. Nous avons rendu compte par Extrait,
dans les précédens Mercures, de cet
agréable divertiffement de M. Favart.
Ilyavoit ajouté depuis , des Scènes d'un
genre de Comique très - vif & très-gai ,
d'autant plus faites pour le fuccès , qu'elles
ont eu , qu'elles étoient convenables
au Site de la Scène , & paroiffoient naturellement
amenées par les Fêtes populai
res , à l'occafion defquelles cette Piéce a
été composée & repréfentée. Voici une
idée des nouvelles Scènes.
SEPTEMBRE. 1763. 187
Jacot , artifan groffier , appaife les reproches de
Javotte , la femme , dans un Duo contradictoire ,
en lui difant que fa befogne aujourd'hui eft de bien
boire :
» Ce n'eft pas à tes dépens: ( dit Jacot en chantant
» Monfieur le Prevôt des Marchands
Qui ne fe moque pas
des g
s gens ,
Veut qu'on boive & qu'on danfe ,
» Il nous baille du vin pour çà ,,
» Et des Violons de l'Opéra
La , la , la , la , la , &c..
Javotte, qui n'a pas d'éloignement pour lė vir
& pour la joie , fe prête facil ment à cette idée..
Jacot a ramallé des gros & des petits écus , que,
dit- il , des Meffieurs dorés jet : oient à la douzaine..
Cette abondance réjouit fort Javotte , & lui
donne bacoup l'amitié pour (on Mari ; elle lui
demande bien des petits préfens pour fon ajuſtement
; Jacot s'en effraye il n'aura plus rien pour
lui . Sa femme le ratfure , en lui ditant qu'un ma--
ri qui a une femme aimable ne doit fe plaindre
de rien . qu'il faut être brave à Paris , qu'il le de--
mande à ces Bourgeois..
» Femme fur le bon pied fait honneur aux Marisè .
A quoi Jacot répond pas toujours , pas toujours.. :
Il vient un Chanfonnier avec fon Tableau qu'
fait voir , & dont il détaille les Sujets . Il invitoit
àvenir écouter & acheter fes Chanſons ; nous rap
182 MERCURE DE FRANCE.
porterons une de ces Chanfons , pour faire voir
comment par le choix & l'arrangement des paroles,
on peut le prêter à la vérité de l'image en Mufique.
» Voyez fur ce Cabriolet ,
» Ce Petit Fringant à plumet ș
» Qui roule fans dire gare , gare ,
» En faiſant clic-clac , claquer fon fouet,
C Au milieu d'une bagare.
» Il perce,
» Traverſe ,
>> Renverfe
>>> La foule ;
» Il roule ,
» Il paffe ,
» Caſſe ,
» Fracaffe,
» La glace ,
» D'un vis-à -vis.
» Arrête , arrête , M. le Marquis ,
Marchand du quartier S. Denis ;
V' là l'zaventures ›
Lure , lure , lure , lure ,
V' là l'zaventures
De Paris.
7
Cerefrein fert à plufieurs couplers d'une critique
gaye & fans fiel . Jacot & Javotte forment avec
le Chanfonnier un trio pour marchander & achejer
fes Chanfons.
A cette Scène fuccéde celle d'un Procureur & de
fa femme qui veulent prendre place fur un
SEPTEMBRE. 1763.
183
Echaffaut, pour mieux jouir du coup d'oeil de la Pla
ce. Javotte en embarraffe l'entrée , la Procureufe s'en
plaint avec cette hauteur qu'une Bourgeoile affecte
pour les gens du Peuple. La Loueufe de chaife dit
qu'elle va appeller un Suiffe pour faire faire paffage.
La querelle s'engage entre Javote , la Procureuſe, le
Procureur & le Suiffe ; dans cette Scène ou le Jargon
Poitlardeft très-bien imité, Javotte n'épargne pas
tous les farcalmes que fouvent les Gens de ſon eſpèce
mployent lorsque l'efprit naturel eft échauffé par
un peu de colère . La Procureufe quitte la partie
pour aller s'évanouir , & Javotte triomphante s'égaye
fur le compte du Procureur. C'eft après
cette Scène que l'on avoit replacé celle du faux
Abbé & de la petite Bourgeoife précieuſe , que
nous avons tranfcrite prèſqu'en entier dans le volume
où nous avons rendu compte des Fêtes de la
Paix.
La Mufique de ces Scènes a fait le plus grand
plaifir.
On a continué fur ce même Théâtre
avec un fuccès très - foutenu , les deux
Chaffeurs & la Laitière,Fables dialoguées
mêlées d'Ariettes .
Le bon goût qui a infpiré l'idée de
mettre au Théâtre ces deux jolies Fables
du plus naïf & du plus élégant de
nos Poëtes , femble avoir conduit auffi
l'Auteur de ce Drame à ne point charger
ce fujet d'épifodes & d'intrigues
étrangères à fon texte ; il n'a fait que le
mettre en action de la manière la plus
naturelle , & qui en devient par-là trèsagréable
.
184 MERCURE DE FRANCE.
Nous ne donnerons qu'une très- légere
idée feulement du moyen qu'a
pris
pris l'Auteur Dramatique , pour réunir
les actions de ces deux Fables en une..
Colas & Guillot font des Payfans fort pau
vres , qui le font affociés pour tuer l'Ours dont
ils comptent vendre la peau. L'un d'eux a dejà
emprunté du vin fur le prix qu'ils croyent en
retirer , & l'autre l'aide à le boire. Ils s'impatientent
de ne pas voir paroître cet Ours , en
fe promettant chacun l'honneur de le mettre à
bas . Mais aux approches de l'Animal ils ſont
toujours faifis de frayeur , & chacun prend des
prétextes pour fe dérober au danger . Pendant
que Colas eft à la quête de l'Ours , Guillot , qui
fe plaint de la maladreffe de fon Camarade
qui leur a fait manquer cette proie , s'amuſe à
fumer. Il apperçoit une femme , c'eſt Perrette
la Laitiére , qui va vendre ſon lait au marché.
Il lui conte fleurette ; mais Perrette le dédaigne
à cause de la mifére où elle le voit. Elle fait
l'énumération de tout ce que lui vaudra fon lait :
dans le projet économique qu'elle détaille elle
aura des poulets ; de l'argent des poulets , des
brebis , les brebis , en multipliant , feront un
troupeau des produits du troupeau des vaches
& des chevaux &c. Guillot fe vante auffi de
l'argent qui lui reviendra de l'Ours , Perrette
s'en moque , parce qu'il ne tient pas l'Ours &
qu'elle tient fon lait ; fur quoi elle quitte le
pauvre Chaffeur pour continuer fa route. Enfin
Colas revient pouſuivi par l'Ours ; Guillot fe
fauve fur un arbre ; Colas , tombe par terre &
fait le mort. Voilà l'Ours manqué deux fois .
Colas , qui a penſé en être la victime , s'eft fauvé
SEPTEMBRE. 1763 . 185
>
fur une mazure où il s'eft endormi . Guillot def
cendu de fon arbre , ne fçait où eft fon camarade
; parce qu'il a cherché à s'éloigner du voifimage
de cet Ours. La petite Laitiére a renversé
fon pot & répandu tout le lait qu'il contenoit ;
elle revient , en pleurant fon malheur. Guillot de
fon côté dans fon défeſpoir ne voit plus d'autre
parti pour lui que de fe pendre avec fon Baudrier
qui doit lui fervir de licol . En voulant
l'attacher pour cela à la mafure les coups qu'il
donne pour y enfoncer un morceau de bois la
font tomber , & Colas tombe avec la mafure. Les
trois Perfonnages de l'action fe trouvant enſemble
, déplorent leur défaftre. Guillot preffe la
Laitiere de l'époufer au moins par charité , &
ne fût-ce que pour garder les moutons . Perrette
eft devenue moins fière , & tous trois reconnoiffent
qu'il ne faut pas trop compter fur des efpérances
mal fondées. Colas leur dit que l'Ours
lui a parlé. On le preffe de rapporter ce qu'il
lui a dit . c'eſt une leçon qu'il n'oubliera jamais.
Cette leçon eft la moralité de la Fable qui établit
les refreins d'un joli Vaudeville par lequel .
cette Piéce eft terminée..
Colas chante le premier Couplet .
» J'étois gifant à cette place ,
» Et je tremblois de tout mon coeur
» Pour aujourd'hui je te fais grace ,
» M'a-t- il dit , calme ta frayeur.
» Mais va- t- en dire à ton Confrère
» Qu'un fol eſpoir trompe toujours &
» Et ne vendez la peau de l'Ours
» Qu'après l'avoir couché par terre..
"
186 MERCURE DE FRANCE.
·
Dans le nombre des autres Couples
Perrette chante celui- ci :
Sur la vertu la plus auftère ,
Un Epoux fonde fon bonheur ;
Il croit que fa femme préfére
Aux faux plaifirs fon cher honneur.
Pauvres Maris n'y comptez guère ,
Un Amant s'empare du coeur ;
La tête
tourne , & par malheur
Voila le por au lait par terre.
Les paroles de cette Piéce font de M.
ANSEAUME. La Mufique,de M. DUNI,
eft applaudie avec d'autant plus de juftice
, qu'elle a le fuffrage du fentiment naturel
. On retrouve particuliérement dans
cet Ouvrage le caractère de chant par
lequel cet Auteur , Italien de Nation ,
s'étoit annoncé dans fes premiers Ouvrages,
qui confifte en une jufteffe d'expreffion
& des grâces plus analogues au
caractère de notre langue , que dans la
Mufique imitatrice du genre Italien que
plufieurs Muficiens François ont affecté
d'adopter.
Le To, on a donné la première fepréfentation
des Deux Talens , Comédie
en 2 Actes mêlée d'Ariettes , par M.
SEPTEMBRE. 1763. 187
BASTIDE . Cette Piéce n'a eu que deux
repréſentations , elle a été fufpendue ,
& l'on attend la repriſe pour en rendre
compte.
N. B. La Piéce des Deux Chaffeurs & la Laitière
par M. Anfeaume , Mufique de M. Dani ,
fe vend chez Duchefne , rue S. Jacques , 24 f
avec la Mufique.
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12895
p. 133
Nouvelle Disposition de l'Ecriture Sainte, [titre d'après la table]
Début :
Les mêmes Libraires viennent de réimprimer une petite Brochure in-octavo intitulée : [...]
Mots clefs :
Brochure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle Disposition de l'Ecriture Sainte, [titre d'après la table]
Les mêmes Libraires viennent de réimprimer
une petite Brochure in- octavo intitulée :
Nouvelle Diſpoſition de l'Ecriture Sainte
miſe dans un ordre perpétuel pour la lire
toute entiere chaque année , commodément.
& avec fruit ; à laquelle on a ajoûté une Table
des Semaines errantes avec les Fêtes
mobiles , qui commence en l'année 1745.
& qui ne finit qu'en 1776. Cette Brochure
fe vend 10 fols.
une petite Brochure in- octavo intitulée :
Nouvelle Diſpoſition de l'Ecriture Sainte
miſe dans un ordre perpétuel pour la lire
toute entiere chaque année , commodément.
& avec fruit ; à laquelle on a ajoûté une Table
des Semaines errantes avec les Fêtes
mobiles , qui commence en l'année 1745.
& qui ne finit qu'en 1776. Cette Brochure
fe vend 10 fols.
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12896
p. 134
Cantatilles du sieur Lemaire, [titre d'après la table]
Début :
Le sieur Lemaire, Maître de Musique à Paris, donnera au Public, au commencement [...]
Mots clefs :
Symphonie, Cantatille, Basse-taille
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texteReconnaissance textuelle : Cantatilles du sieur Lemaire, [titre d'après la table]
Le ſieur Lemaire , Maître de Muſique à
Paris , donnera au Public , au commencement
du mois de Janvier prochain trois
Cantatilles Nouvelles , fous les Fitres de la
Victoire en Duo pour un Deffus & une
Bafle-Taille , avec ſymphonie, prix trente-fixfols.
La reconnoiſſance , Cantatille pour un
Deffus , avec ſymphonie. Prix vingt-quatrefols.
Les Fêtes champêtres , Cantatille pourune
Baffe-Taille avec accompagnement de
Muſette , Flute , Violons , & Haut bois. C'eſt
la fixiéme Muſette du même Auteur , Prix ,
vingt-quatre-fols.
,
On trouve chés lui 5 autres Cantatil'es
àvingt-quatre-fols piéte. Fanfare ou Concert
de Chambre , pour les Trompettes Timballe,
Violons, Flute,Haut-bois &Baffon, les
trois parties ſéparées quarante-huit fols . Deux
Recueils d'Airs , à trois livres pièce. Six Livres
de Motets à trente-fols pièce.
Tous ces Ouvrages ſe vendent chés l'Auteur
, ruê S. André des Arts , vis à vis la
ruë Gît le - coeur , chés un Vitrier, chés Bllard
, Pere & fils , ruë S. Jean de Beauvais
chés Madame Boivin , ruë S. Honore , à la
Regle d'Or , le fieur Leclerc , rue du Roule,
àla croix d'Or . A Lyon , chés le fieur Debretonne
, ruë Merciere , & à Roüen , chés
le ſieur Henfe , ruë du Sac
Paris , donnera au Public , au commencement
du mois de Janvier prochain trois
Cantatilles Nouvelles , fous les Fitres de la
Victoire en Duo pour un Deffus & une
Bafle-Taille , avec ſymphonie, prix trente-fixfols.
La reconnoiſſance , Cantatille pour un
Deffus , avec ſymphonie. Prix vingt-quatrefols.
Les Fêtes champêtres , Cantatille pourune
Baffe-Taille avec accompagnement de
Muſette , Flute , Violons , & Haut bois. C'eſt
la fixiéme Muſette du même Auteur , Prix ,
vingt-quatre-fols.
,
On trouve chés lui 5 autres Cantatil'es
àvingt-quatre-fols piéte. Fanfare ou Concert
de Chambre , pour les Trompettes Timballe,
Violons, Flute,Haut-bois &Baffon, les
trois parties ſéparées quarante-huit fols . Deux
Recueils d'Airs , à trois livres pièce. Six Livres
de Motets à trente-fols pièce.
Tous ces Ouvrages ſe vendent chés l'Auteur
, ruê S. André des Arts , vis à vis la
ruë Gît le - coeur , chés un Vitrier, chés Bllard
, Pere & fils , ruë S. Jean de Beauvais
chés Madame Boivin , ruë S. Honore , à la
Regle d'Or , le fieur Leclerc , rue du Roule,
àla croix d'Or . A Lyon , chés le fieur Debretonne
, ruë Merciere , & à Roüen , chés
le ſieur Henfe , ruë du Sac
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12897
p. 208-209
Reméde pour les maux de dents, &c.
Début :
Il y a à Paris, comme on l'a dit ci-devant, dans les Volumes de Septembre [...]
Mots clefs :
Remède, Dents, Douleurs, Symptômes, Topique, Guérison, Approbation, Gencives, Voyage
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texteReconnaissance textuelle : Reméde pour les maux de dents, &c.
Reméde pour les maux de dents, &c.
IL y a à Paris,comme on l'a dit ci-devant, dans
les Volumes de Septembre 1762 , en Mai 176 3,
un nouveau reméde , pour la conſervation des
dents, tant ſaines que gâtées, ſans qu'elles faſ
ſent jamais aucun mal ni douleur , & ſans qu'il
faille les faire arracher quelque gâtées qu'elles
foient.
C'eſt un Topique, de la compoſition du Sieur
David, demeurant à Paris, rue & a l'Hôtel Ste
Anne, Butte S. Roch, au troiſiéme. -
Ce Topique s'applique le ſoir en ſe couchant,
ſur l'artére temporal du côté de la douleur ; il ne
fait aucun dommage ni marque à la peau; il tom
be de lui - même, & on eſt guéri pour la vie
des maux de dents, des fluxions qui en provien
nent, des maux de tête, migraine , & rhume de
cerveau ſans qu'il entre rien dans la bouche ni
dans le corps. -
Ce reméde qui eſt approuvé par MM. les
Doyens de la Faculté de Médecine , acquiert
tous les jours des preuves ſans équivoque de ſon
efficacité ; il n'y en eut jamais de plus doux, puiſ
qu'il guérit en dormant.
Tout le monde ſçait, que les maux de dents
prennent dans tous les momens de la journée, &
que l'on ne peut pas toujours s'aller coucher, pour
que l'on puiſſe vaquer à ſes affaires en attendant
ce moment; le Sieur David , a de l'Eau ſpirie
J U I N. 1764. , 25g
rueuſe d'une nouvelle compoſition, qui eſt in -
coruptible , très-agréable au goût & à l'odorat,
qui fait paſſer, dans la minute, les douleurs de
dents les plus vives, guérit les gencives gonfiées,
fait tranſpirer les ſéroſités, raffermit les dents
qui branlent , empêche le commencement & la
continuation de la carie, prévient les humeurs
ſcorbutiques, guérit radicalement de cette ma
ladie, & généralement de tous les maux qui vien
ment dans la bouche.
· MM. les Marins ainſi que beaucoup de voya
geurs , tant par terre que par mer, en font
proviſion ainſi que des topiques, & ſont certains
de faire leurs voyages, ſans avoir jamais aucun
mal aux dents ni a la bouche, & ceux qui ſe
fervent de cette eau, fans être incommodé, ont
toujours les gencives & les dents ſaines ; il y a des
bouteilles à 24 ſols, à y livres, & à 6 livres, &
les topiques à 24 ſols chaque ; il donne un im
primé de la manière de ſe ſervir de tous les deux,
& il en fournit dans toutes les Provinces & hors du
Royaume.
IL y a à Paris,comme on l'a dit ci-devant, dans
les Volumes de Septembre 1762 , en Mai 176 3,
un nouveau reméde , pour la conſervation des
dents, tant ſaines que gâtées, ſans qu'elles faſ
ſent jamais aucun mal ni douleur , & ſans qu'il
faille les faire arracher quelque gâtées qu'elles
foient.
C'eſt un Topique, de la compoſition du Sieur
David, demeurant à Paris, rue & a l'Hôtel Ste
Anne, Butte S. Roch, au troiſiéme. -
Ce Topique s'applique le ſoir en ſe couchant,
ſur l'artére temporal du côté de la douleur ; il ne
fait aucun dommage ni marque à la peau; il tom
be de lui - même, & on eſt guéri pour la vie
des maux de dents, des fluxions qui en provien
nent, des maux de tête, migraine , & rhume de
cerveau ſans qu'il entre rien dans la bouche ni
dans le corps. -
Ce reméde qui eſt approuvé par MM. les
Doyens de la Faculté de Médecine , acquiert
tous les jours des preuves ſans équivoque de ſon
efficacité ; il n'y en eut jamais de plus doux, puiſ
qu'il guérit en dormant.
Tout le monde ſçait, que les maux de dents
prennent dans tous les momens de la journée, &
que l'on ne peut pas toujours s'aller coucher, pour
que l'on puiſſe vaquer à ſes affaires en attendant
ce moment; le Sieur David , a de l'Eau ſpirie
J U I N. 1764. , 25g
rueuſe d'une nouvelle compoſition, qui eſt in -
coruptible , très-agréable au goût & à l'odorat,
qui fait paſſer, dans la minute, les douleurs de
dents les plus vives, guérit les gencives gonfiées,
fait tranſpirer les ſéroſités, raffermit les dents
qui branlent , empêche le commencement & la
continuation de la carie, prévient les humeurs
ſcorbutiques, guérit radicalement de cette ma
ladie, & généralement de tous les maux qui vien
ment dans la bouche.
· MM. les Marins ainſi que beaucoup de voya
geurs , tant par terre que par mer, en font
proviſion ainſi que des topiques, & ſont certains
de faire leurs voyages, ſans avoir jamais aucun
mal aux dents ni a la bouche, & ceux qui ſe
fervent de cette eau, fans être incommodé, ont
toujours les gencives & les dents ſaines ; il y a des
bouteilles à 24 ſols, à y livres, & à 6 livres, &
les topiques à 24 ſols chaque ; il donne un im
primé de la manière de ſe ſervir de tous les deux,
& il en fournit dans toutes les Provinces & hors du
Royaume.
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Résumé : Reméde pour les maux de dents, &c.
Le texte décrit deux remèdes pour les maux de dents proposés par le Sieur David à Paris. Le premier est un topique appliqué le soir sur l'artère temporale du côté douloureux. Il guérit les maux de dents, les fluxions, les maux de tête, la migraine et le rhume de cerveau sans nécessiter d'ingestion. Approuvé par les Doyens de la Faculté de Médecine, ce remède est efficace et doux, agissant pendant le sommeil. Le second remède est une eau spirituelle incorruptible, agréable au goût et à l'odorat, qui soulage instantanément les douleurs dentaires, guérit les gencives gonflées, raffermit les dents qui branlent et prévient la carie. Les marins et voyageurs utilisent ce remède pour éviter les maux de dents pendant leurs voyages. Les produits sont disponibles en bouteilles et topiques à des prix variés, avec des instructions d'utilisation fournies par le Sieur David, qui livre dans toutes les provinces et hors du royaume.
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12898
p. 135
Recueil d'Airs par le sieur Blavet, [titre d'après la table]
Début :
RECUEIL de Piéces, petits Airs, Brunettes, Menuets &c. accommodés à la Flute [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique
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texteReconnaissance textuelle : Recueil d'Airs par le sieur Blavet, [titre d'après la table]
RECEUIL de Piéces , petits Airs , Brunettes
, Menuets &c.accommodés à la Flute
Traverſiére avec des Doubles & Variations
par M. Blavet , Ordinaire de la Muſique
de la Chambre du Roi , de S. A. S. le
Comte de Clermont & de l'Académie
Royale de Muſique , le tout receuilli & mis
en ordre par M. ſe vend 6 liv. en
blanc à Paris chés M. Blavet , au Palais Abbatial
de S. Germain des Prés , chés Madame
Boivin ruë S. Honoré, à la regle d'Or , & chés
M. le Clerc , rue du Roule , à la Croix d'Or.
, Menuets &c.accommodés à la Flute
Traverſiére avec des Doubles & Variations
par M. Blavet , Ordinaire de la Muſique
de la Chambre du Roi , de S. A. S. le
Comte de Clermont & de l'Académie
Royale de Muſique , le tout receuilli & mis
en ordre par M. ſe vend 6 liv. en
blanc à Paris chés M. Blavet , au Palais Abbatial
de S. Germain des Prés , chés Madame
Boivin ruë S. Honoré, à la regle d'Or , & chés
M. le Clerc , rue du Roule , à la Croix d'Or.
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12899
p. 209-210
« Le Public est prévenu que les personnes qui composoient ci-devant avec les Sieurs [...] »
Début :
Le Public est prévenu que les personnes qui composoient ci-devant avec les Sieurs [...]
Mots clefs :
Société d'agence, Retrait, Directeur, Harmonie
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texteReconnaissance textuelle : « Le Public est prévenu que les personnes qui composoient ci-devant avec les Sieurs [...] »
LE Public eſt prévenu que les perſonnes qui
eompoſoient ci-devant avec les Sieurs MoRE &
BoNAvENTURE, la Société d' Agence, ſe ſont ſé
parées de ces derniers, le 3o du mois de Mars
1764 , & c.
Le ſieur DE NEUvE-EGLIsE qui étoit du nom
bre de ces perſonnes retirées de la Société d'Agence,
a l'honneur d'obſerver au Public à cette
orcaſion , qu'il n'a point été DIREcTEUR de la
dite Société ; c'eſt-a-dire , CoMMIs , mais bien
Aſſocié chargé de la Direction de cette entrepri
ſe , ainſi qu'il appert par l'Article 7 de la Déli
béation du 24 Octobre 1763 ; qu'il n'a jamais
2ro MERCURE DE FRANCE.
été cautionné par aucun de ſes Co-aſſociés , &
qu'il a abandonné ſon intérêt en ladite aſſocia
tion , vu le peu d'harmonie, d'intelligence , &c.
de ceux qui l'ont qualifié à la page 2 1 1 du Mer
eure de Mai 1764 , de leur DIREcTEUR & de
leur PRETE-NoM.
eompoſoient ci-devant avec les Sieurs MoRE &
BoNAvENTURE, la Société d' Agence, ſe ſont ſé
parées de ces derniers, le 3o du mois de Mars
1764 , & c.
Le ſieur DE NEUvE-EGLIsE qui étoit du nom
bre de ces perſonnes retirées de la Société d'Agence,
a l'honneur d'obſerver au Public à cette
orcaſion , qu'il n'a point été DIREcTEUR de la
dite Société ; c'eſt-a-dire , CoMMIs , mais bien
Aſſocié chargé de la Direction de cette entrepri
ſe , ainſi qu'il appert par l'Article 7 de la Déli
béation du 24 Octobre 1763 ; qu'il n'a jamais
2ro MERCURE DE FRANCE.
été cautionné par aucun de ſes Co-aſſociés , &
qu'il a abandonné ſon intérêt en ladite aſſocia
tion , vu le peu d'harmonie, d'intelligence , &c.
de ceux qui l'ont qualifié à la page 2 1 1 du Mer
eure de Mai 1764 , de leur DIREcTEUR & de
leur PRETE-NoM.
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Résumé : « Le Public est prévenu que les personnes qui composoient ci-devant avec les Sieurs [...] »
Le 30 mars 1764, les associés de la Société d'Agence se sont séparés des sieurs MORE et BONAVENTURE. Le sieur DE NEUVE-ÉGLISE a clarifié qu'il était associé chargé de la direction, non directeur. Il a quitté la société en raison du manque d'harmonie entre les membres. Le Mercure de mai 1764 l'a incorrectement qualifié de directeur et prête-nom.
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12900
p. 135-137
PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences de Berlin pour l'année 1745.
Début :
LE ROI de Prusse, toujours attentif à c qui peut procurer l'avancement des Sciences [...]
Mots clefs :
Prix, Académie, Devise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences de Berlin pour l'année 1745.
PRIX proposé par l'Académie Royale des
Sciences de Berlin pour l'année 1745 .
LE ROI de Pruſſe , toujours attentif à
ce qui peut procurer l'avancement des Sciences
& des Arts , ayant augmenté conſidérablement
les Privileges de l'Académie Royale
de Berlin , & l'ayant miſe en état d'affigner
des récompenfes aux Sçavans qui ſe diftin--
gueront par des découvertes curieuſes & intéreſſantes
:
L'Académie pour répondre aux intentions
& aux ordres de Sa Majeſté Pruffienne
propoſe un Prix de cinquante Ducats
en faveur de celui qui réuffira le mieux à
expliquer la véritable cauſe de l'Electricité
1
136 MERCURE DE FRANCE.
des Corps , & de tous les Phenoménes qu'on
y a découverts juſqu'à préſent.
,
,
Le Prix ſe diſtribuera dans l'Aſſemblée
générale de l'Académie , qui ſe tiendra
le 31 May 1745 jour anniverſaire de
l'avenement du Roi au Trône. Les Sçavans
de toutes les Nations font invites
de travailler ſur la matiere. Il leur ſera libre
d'écrire en Latin , en Allemand ou en
François , pourvû que le caractere ſoit bien
liſible , fur-tout quand il y aura des Calculs
Algebriques. Pour obvier à tout inconvenient
on les prie de ne pas mettre leur
nom mais ſeulement une Deviſe aux
Pieces qu'ils fourniront , en y joignant , s'ils
le jugent à propos , un Billet cacheré , qui
contiendra avec la Deviſe de la Piece , le
nom , les qualités & l'adreſſe de l'Auteur.
Ce Billet ne ſera point ouvert , à moins que
la Piece n'ait remporté le Prix. Les Pieces
ſeront reçues juſqu'au Avril 1745 incluſivement
, elles feront adreffées ou remifes
affranchies de port à M. FABER ,
Tréſorier de l'Académie qui en donnera fon
Récepiſſé , où la Deviſe qui ſe trouvera au
bas de la Piece , fera marquée , avec le Numero
felon l'ordre dans lequel elle aura éte
préſentée.
Après que la Piece qui aura remporté le
Prix aura été proclamée dans l'Affemb.ce
DECEMBRE. 1744. 137
générale du 31 Mai 1745 , le Tréſorier
de l'Académie délivrera le Prix , ſoit à l'Auteur
même , ſoit à celui qui ſe trouvera
muni d'un Récepiffé , ou d'une Procuration
de ſa part.
Sciences de Berlin pour l'année 1745 .
LE ROI de Pruſſe , toujours attentif à
ce qui peut procurer l'avancement des Sciences
& des Arts , ayant augmenté conſidérablement
les Privileges de l'Académie Royale
de Berlin , & l'ayant miſe en état d'affigner
des récompenfes aux Sçavans qui ſe diftin--
gueront par des découvertes curieuſes & intéreſſantes
:
L'Académie pour répondre aux intentions
& aux ordres de Sa Majeſté Pruffienne
propoſe un Prix de cinquante Ducats
en faveur de celui qui réuffira le mieux à
expliquer la véritable cauſe de l'Electricité
1
136 MERCURE DE FRANCE.
des Corps , & de tous les Phenoménes qu'on
y a découverts juſqu'à préſent.
,
,
Le Prix ſe diſtribuera dans l'Aſſemblée
générale de l'Académie , qui ſe tiendra
le 31 May 1745 jour anniverſaire de
l'avenement du Roi au Trône. Les Sçavans
de toutes les Nations font invites
de travailler ſur la matiere. Il leur ſera libre
d'écrire en Latin , en Allemand ou en
François , pourvû que le caractere ſoit bien
liſible , fur-tout quand il y aura des Calculs
Algebriques. Pour obvier à tout inconvenient
on les prie de ne pas mettre leur
nom mais ſeulement une Deviſe aux
Pieces qu'ils fourniront , en y joignant , s'ils
le jugent à propos , un Billet cacheré , qui
contiendra avec la Deviſe de la Piece , le
nom , les qualités & l'adreſſe de l'Auteur.
Ce Billet ne ſera point ouvert , à moins que
la Piece n'ait remporté le Prix. Les Pieces
ſeront reçues juſqu'au Avril 1745 incluſivement
, elles feront adreffées ou remifes
affranchies de port à M. FABER ,
Tréſorier de l'Académie qui en donnera fon
Récepiſſé , où la Deviſe qui ſe trouvera au
bas de la Piece , fera marquée , avec le Numero
felon l'ordre dans lequel elle aura éte
préſentée.
Après que la Piece qui aura remporté le
Prix aura été proclamée dans l'Affemb.ce
DECEMBRE. 1744. 137
générale du 31 Mai 1745 , le Tréſorier
de l'Académie délivrera le Prix , ſoit à l'Auteur
même , ſoit à celui qui ſe trouvera
muni d'un Récepiffé , ou d'une Procuration
de ſa part.
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