Résultats : 21932 texte(s)
Détail
Liste
11051
s. p.
Errata du premier Volume de Juin.
Début :
Page 1276, ligne 25, le vieux Marquis de Rouvroy épousa en secondes nôces la fille de Jean [...]
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texteReconnaissance textuelle : Errata du premier Volume de Juin.
Errata du premier Volume de Juin.
Age 1276 ,ligne 25 , le vieux Marquis de Rouvroy
époufa en fecondes nôces la fille de Jean
Prevôt, Capitaine des Gardes du Maréchal de Boufflers
, & de Marie Claire Adam , à préſent ſa veuve
fans enfans . P. 1275 , I. 9. ce n'eſt pas le Marquis
de Goefbriant qui eft mort en 1736 , mais fa fenime
Rofalie de Châtillon,
Age 1276 ,ligne 25 , le vieux Marquis de Rouvroy
époufa en fecondes nôces la fille de Jean
Prevôt, Capitaine des Gardes du Maréchal de Boufflers
, & de Marie Claire Adam , à préſent ſa veuve
fans enfans . P. 1275 , I. 9. ce n'eſt pas le Marquis
de Goefbriant qui eft mort en 1736 , mais fa fenime
Rofalie de Châtillon,
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11052
s. p.
Errata de Juillet.
Début :
Page 1640, ligne 7 du bas, le Barques, l. les Barques. P. 1687, l. 18, Maître, l. Maîtres. [...]
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texteReconnaissance textuelle : Errata de Juillet.
Errata de fuillet.
PBaiques. P. 1687 , 1. 15 , Maitre ,deities.
PBaiques. P. 1687 , 1. 15 , Maitre ,deities.
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11053
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Page 1720, ligne 16, qni, lisez, qui. P. 1779, l. 15, danger, l. danger ? P. 1780, l. 7, Faculté [...]
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texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fautes à corriger dans ce Livre,
Age 1710 , ligne 16 , qni , lifez , qui . P. 1779 ,
1. 15 , danger , l . danger ? P. 1780 , l . 7 , Faculté
. Faculté , P. 1782 , 1. 20 , fuis , 1. fuis. P.
1783 , l. 12 , de S. A. R. Mad. la Ducheffe d'Orleans
ôtez ces mots , & mettez, du Roi , par M. Boudin
, Teret & Falconet . P. 1813,1 . 4 , faignée , l .
faignées. P. 1817 , 1. 2 , aprè , l. après . P. 1822 , 1 .
10 , Mémoire , ajoûtez , que. P. 1844 , l . 5 , ôtez la
virgule après tout . P. 1853 , 1. 6 du bas , Royame ,
J. Royaume. P. 1867 , l . 14 , qni , l. qui. P. 1884,1 .
10 , ôtez la virgule après invitées . P. 1897 , l . 20 ,
remporter , 1. de remporter. P. 1900 , l. 19 & 20 ,
Sanclues , I. Sangfues.
Age 1710 , ligne 16 , qni , lifez , qui . P. 1779 ,
1. 15 , danger , l . danger ? P. 1780 , l . 7 , Faculté
. Faculté , P. 1782 , 1. 20 , fuis , 1. fuis. P.
1783 , l. 12 , de S. A. R. Mad. la Ducheffe d'Orleans
ôtez ces mots , & mettez, du Roi , par M. Boudin
, Teret & Falconet . P. 1813,1 . 4 , faignée , l .
faignées. P. 1817 , 1. 2 , aprè , l. après . P. 1822 , 1 .
10 , Mémoire , ajoûtez , que. P. 1844 , l . 5 , ôtez la
virgule après tout . P. 1853 , 1. 6 du bas , Royame ,
J. Royaume. P. 1867 , l . 14 , qni , l. qui. P. 1884,1 .
10 , ôtez la virgule après invitées . P. 1897 , l . 20 ,
remporter , 1. de remporter. P. 1900 , l. 19 & 20 ,
Sanclues , I. Sangfues.
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11054
s. p.
« La Chanson notée doit regarder la page 1855 [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 1855 [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 1855 [...] »
La Chanjon notée doit regarder la page 1855
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11055
p. 212-213
MORT ET POMPE FUNEBRE.
Début :
LOUIS-ALEXANDRE JOSEPH-STANISLAS DE BOURBON, Prince de LAMBALLLE, Grand Veneur de [...]
Mots clefs :
Mort, Prince, Bourbon
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texteReconnaissance textuelle : MORT ET POMPE FUNEBRE.
MORT ET PPOOMMPPEE FUNEBRE.
LOUIS-ALEXANDR
JIS- ALEXANDRE JOSEPH-STANISLAS DE BOURBON
, Prince DE LAMBALLE , Grand Veneur de
France , Chevalier des Ordres du Roi , eft mort
´au château de Lucienne , auprès de Verfailles ,
le 6 mai , à huit heures & demie du matin , âgé
de vingt ans & huit mois , étant né le 6 feptembre
1747. Les facremens de l'égliſe lui avoient
été adminiftrés le 20 avril , à quatre heures aprèsmidi.
Il étoit fils de Louis-Jean- Marie de Bourbon
, Duc de Penthievre , de Châteauvillain &
de Rambouillet , Pair & Amiral de France , Chevalier
des Ordres du Roi & de la Teiſon d'Or ,
Lieutenant- Général des Armées de Sa Majefté ,
Gouverneur de la Province de Bretagne , Grand
Veneur de France , &c ; & de Marie - Félicité de
Modene , Ducheſſe de Penthievre , morte le 30
mai 1754 , & petit- fils de Louis-Alexandre de
Bourbon , Comte de Toulouſe , Prince légitimé
de France , auffi Duc de Penthievre , de Châteauvillain
& de Rambouillet , Pair , Amiral &
Grand Veneur de France , Chevalier des Ordres
du Roi , & de la Toifon d'Or , Lieutenant - Général
des Armées de Sa Majefté , & Gouverneur de
la Province de Bretagne , mort le premier décem
JUIN 1768 . 213
bre 1737. Le Prince de Lamballe avoit été marié
le 17 janvier 1767 , avec Marie-Thérèſe - Louiſe ,
fille du Prince de Carignan . On ne peut trop louer
les fentimens de piété & de réfignation , & le
courage que ce Prince a montrés dans fes longues
fouffrances , jufqu'aux derniers momens de fa vie.
Le 8 le convoi de ce Prince ayant été ordonné
fans cérémonie , eft parti de Lucienne vers les
onze heures & demie du foir . Le cortége étoit
compofé 1 ° . de trois carroffes , dans l'un defquels
étoit le corps du Prince défunt : dans le fecond le
Curé & le Vicaire de la paroiffe de Lucienne avec
un Aumônier , & dans le troisième le Marquis de
Beuffeville & le Vicomte de Caftellane , premiers
Ecuyers , portant la couronne ; 2 °. de deux Gentilshommes
à cheval ; 3° . de quatre Pages & d'un
Piqueur ; 4. d'un grand nombre de Valets de
Pied portant des flambeaux , & enfin de cent Pauvres
. Le convoi eſt arrivé à fix heures du matin à
Rambouillet , où le corps a été reçu par le Curé ;
le Vicaire & un grand nombre d'Eccléfiaftiques.
LOUIS-ALEXANDR
JIS- ALEXANDRE JOSEPH-STANISLAS DE BOURBON
, Prince DE LAMBALLE , Grand Veneur de
France , Chevalier des Ordres du Roi , eft mort
´au château de Lucienne , auprès de Verfailles ,
le 6 mai , à huit heures & demie du matin , âgé
de vingt ans & huit mois , étant né le 6 feptembre
1747. Les facremens de l'égliſe lui avoient
été adminiftrés le 20 avril , à quatre heures aprèsmidi.
Il étoit fils de Louis-Jean- Marie de Bourbon
, Duc de Penthievre , de Châteauvillain &
de Rambouillet , Pair & Amiral de France , Chevalier
des Ordres du Roi & de la Teiſon d'Or ,
Lieutenant- Général des Armées de Sa Majefté ,
Gouverneur de la Province de Bretagne , Grand
Veneur de France , &c ; & de Marie - Félicité de
Modene , Ducheſſe de Penthievre , morte le 30
mai 1754 , & petit- fils de Louis-Alexandre de
Bourbon , Comte de Toulouſe , Prince légitimé
de France , auffi Duc de Penthievre , de Châteauvillain
& de Rambouillet , Pair , Amiral &
Grand Veneur de France , Chevalier des Ordres
du Roi , & de la Toifon d'Or , Lieutenant - Général
des Armées de Sa Majefté , & Gouverneur de
la Province de Bretagne , mort le premier décem
JUIN 1768 . 213
bre 1737. Le Prince de Lamballe avoit été marié
le 17 janvier 1767 , avec Marie-Thérèſe - Louiſe ,
fille du Prince de Carignan . On ne peut trop louer
les fentimens de piété & de réfignation , & le
courage que ce Prince a montrés dans fes longues
fouffrances , jufqu'aux derniers momens de fa vie.
Le 8 le convoi de ce Prince ayant été ordonné
fans cérémonie , eft parti de Lucienne vers les
onze heures & demie du foir . Le cortége étoit
compofé 1 ° . de trois carroffes , dans l'un defquels
étoit le corps du Prince défunt : dans le fecond le
Curé & le Vicaire de la paroiffe de Lucienne avec
un Aumônier , & dans le troisième le Marquis de
Beuffeville & le Vicomte de Caftellane , premiers
Ecuyers , portant la couronne ; 2 °. de deux Gentilshommes
à cheval ; 3° . de quatre Pages & d'un
Piqueur ; 4. d'un grand nombre de Valets de
Pied portant des flambeaux , & enfin de cent Pauvres
. Le convoi eſt arrivé à fix heures du matin à
Rambouillet , où le corps a été reçu par le Curé ;
le Vicaire & un grand nombre d'Eccléfiaftiques.
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Résumé : MORT ET POMPE FUNEBRE.
Louis-Alexandre-Joseph-Stanislas de Bourbon, Prince de Lamballe, Grand Veneur de France et Chevalier des Ordres du Roi, est décédé au château de Lucienne, près de Versailles, le 6 mai à huit heures et demie du matin, à l'âge de vingt ans et huit mois. Né le 6 septembre 1747, il avait reçu les sacrements de l'Église le 20 avril à quatre heures de l'après-midi. Fils de Louis-Jean-Marie de Bourbon, Duc de Penthièvre, et de Marie-Félicité de Modène, Duchesse de Penthièvre, il était également petit-fils de Louis-Alexandre de Bourbon, Comte de Toulouse. Le Prince de Lamballe s'était marié le 17 janvier 1767 avec Marie-Thérèse-Louise, fille du Prince de Carignan. Il a montré une grande piété, résignation et courage face à ses souffrances jusqu'à sa mort. Le 8 mai, son convoi funéraire, composé de trois carrosses, des gentilshommes, pages, valets et pauvres, a quitté Lucienne pour Rambouillet, où le corps a été accueilli par le curé, le vicaire et plusieurs ecclésiastiques.
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11056
p. 1042-1044
STANCES SUR LA FIEVRE.
Début :
Monstre produit par les Enfers, [...]
Mots clefs :
Fléau, Fièvre, Corps, Brûlantes veines, Poison, Hiver, Froidure, Poumons
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texteReconnaissance textuelle : STANCES SUR LA FIEVRE.
STANCE S.
SUR LA FIEVRE.
Monstre produit par les Enfers ,
Triste fruit des amours d'une horrible Furie ,
Noir fleau , dont la barbarie ,
Se plaît à desoler tout ce vaste Univers ,
Contre toi je brûle d'écrire ,
( Muses , Phébus , je ne veux rien de vous , )
Le feu que sa rage m'inspire ,
Mieux que le Dieu des Vers , peut servir mon
conrroux,
Jusques à quand , Fievre maudite ,
Eprouverai -je encor tes brulantes fureurs ?
Je cede enfin à tes horreurs ,
N'est-il pas temps , helas ! que ton ardeur nie
quitte ?
Depuis qu'à mon débile corps ,
Tu fais sentir une guerre cruelle ;
Déja sur ces aimables bords ,
La saison du Printemps deux fois se renouvelle,
Sous mille divers changemens ;
A me persecuter toujours ingenieuse ;
Je
M A Y 1043
17318
Je vois ta malice odieuse ,
Se plaire à mépriser les plus cruels tourmens :
Tantôt, de même qu'en nos Plaines ,
Se précipite un Torrent furieux ,
Tuviens dans mes brulantes veines ,
Répandre ton poison en cent bouillons de feux .
Je te vois changeant de nature ,
Du plus affreux hyver emprunter les glaçons ;
Je ressens tes mortels frissons ,
Porter jusqu'en mon coeur une ardente froidure,
Au milieu même de l'Eté ,
Mon sang glacé , se fige dans ma veine
L'Air par mon soufle est infecté ,
;
Mes poumons oppressez le respirent à peine.
粥
Tantôt appaisant ses rigueurs ,
Tu caches dans mon sein le venin qui me tuë ,
Jusqu'en mon coeur il s'insinuë ,
J'y sens bien-tôt couler de mortelles langueurs ;
La pâleur , l'affreuse tristesse ,
Le noir chagrin , l'ennui , suivent tes pas ,
Enfin une prompte foiblesse ,
Me conduit à pas lents aux portes du trépas?
Ma foible raison offensée ,
Ciij Par
1044 MERCURE DE FRANCE
Par le poison brulant de tes noires fureurs ,
1
S'égare enfin dans les horreurs ,
Dont la sombre vapeur la tient embarassée ,
Je vois des Monstres odieux ,
Mille dangers, mille erreurs passageres ,
Souvent des transports furieux ,
Sont les tristes effets de tes noires chimeres.
$2
A qui pourrois-je avoir recours ?
J'implore en vain le fils du Dieu qui nous
éclaire ;
Ses herbes , son Art salutaire ;
Rien ne peut arrêter ton redoutable
cours
Si quelquefois
ta barbarie
,
Pour un moment semble se ralentir ,
Bien- tôt avec plus de furie ,
Ta renaissante ardeur vient se faire sentir.
Le mortel poison qui m'enflâme
Envenime pour moi les jeux et les plaisirs ;
Le dégout suit tous mes desirs ,
L'Amour même , l'Amour ne peut rien sur mon
ame
Ah ! c'est trop vivre sous ta Loi ;
Bien - tôt la mort doit être mon partage ,
Cruelle , je l'attends de toi ,
Mais je meurs trop content de voir périr ta rage,
*
Esculape.
R. D. R. de Dijon.
SUR LA FIEVRE.
Monstre produit par les Enfers ,
Triste fruit des amours d'une horrible Furie ,
Noir fleau , dont la barbarie ,
Se plaît à desoler tout ce vaste Univers ,
Contre toi je brûle d'écrire ,
( Muses , Phébus , je ne veux rien de vous , )
Le feu que sa rage m'inspire ,
Mieux que le Dieu des Vers , peut servir mon
conrroux,
Jusques à quand , Fievre maudite ,
Eprouverai -je encor tes brulantes fureurs ?
Je cede enfin à tes horreurs ,
N'est-il pas temps , helas ! que ton ardeur nie
quitte ?
Depuis qu'à mon débile corps ,
Tu fais sentir une guerre cruelle ;
Déja sur ces aimables bords ,
La saison du Printemps deux fois se renouvelle,
Sous mille divers changemens ;
A me persecuter toujours ingenieuse ;
Je
M A Y 1043
17318
Je vois ta malice odieuse ,
Se plaire à mépriser les plus cruels tourmens :
Tantôt, de même qu'en nos Plaines ,
Se précipite un Torrent furieux ,
Tuviens dans mes brulantes veines ,
Répandre ton poison en cent bouillons de feux .
Je te vois changeant de nature ,
Du plus affreux hyver emprunter les glaçons ;
Je ressens tes mortels frissons ,
Porter jusqu'en mon coeur une ardente froidure,
Au milieu même de l'Eté ,
Mon sang glacé , se fige dans ma veine
L'Air par mon soufle est infecté ,
;
Mes poumons oppressez le respirent à peine.
粥
Tantôt appaisant ses rigueurs ,
Tu caches dans mon sein le venin qui me tuë ,
Jusqu'en mon coeur il s'insinuë ,
J'y sens bien-tôt couler de mortelles langueurs ;
La pâleur , l'affreuse tristesse ,
Le noir chagrin , l'ennui , suivent tes pas ,
Enfin une prompte foiblesse ,
Me conduit à pas lents aux portes du trépas?
Ma foible raison offensée ,
Ciij Par
1044 MERCURE DE FRANCE
Par le poison brulant de tes noires fureurs ,
1
S'égare enfin dans les horreurs ,
Dont la sombre vapeur la tient embarassée ,
Je vois des Monstres odieux ,
Mille dangers, mille erreurs passageres ,
Souvent des transports furieux ,
Sont les tristes effets de tes noires chimeres.
$2
A qui pourrois-je avoir recours ?
J'implore en vain le fils du Dieu qui nous
éclaire ;
Ses herbes , son Art salutaire ;
Rien ne peut arrêter ton redoutable
cours
Si quelquefois
ta barbarie
,
Pour un moment semble se ralentir ,
Bien- tôt avec plus de furie ,
Ta renaissante ardeur vient se faire sentir.
Le mortel poison qui m'enflâme
Envenime pour moi les jeux et les plaisirs ;
Le dégout suit tous mes desirs ,
L'Amour même , l'Amour ne peut rien sur mon
ame
Ah ! c'est trop vivre sous ta Loi ;
Bien - tôt la mort doit être mon partage ,
Cruelle , je l'attends de toi ,
Mais je meurs trop content de voir périr ta rage,
*
Esculape.
R. D. R. de Dijon.
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Résumé : STANCES SUR LA FIEVRE.
Le texte décrit la fièvre comme un monstre issu des Enfers, source de souffrance continue. Le narrateur souffre d'alternances de chaleur intense et de froid glacial, accompagnées de douleurs et de faiblesse extrême. La fièvre perturbe également son esprit, provoquant des visions terrifiantes et des erreurs passagères. Malgré les soins des médecins, dont Esculape, la fièvre persiste et empoisonne les plaisirs et les désirs du narrateur. Ce dernier attend la mort comme une délivrance pour échapper à la rage de la fièvre.
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11057
p. 820-822
LA VIE du B. Vincent de Paul, en Tableaux &c.
Début :
Après la Béatification du B. Vincent de Paul, premier Instituteur [...]
Mots clefs :
Tableau, Béatification, Peindre
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texteReconnaissance textuelle : LA VIE du B. Vincent de Paul, en Tableaux &c.
LAVIE du B. Vincent de Paul ,
en Tableaux &c.
A
Près la Béatification du B. Vincent ·
de Paul , premier Instituteur de lá
Congrégation des Prêtres de la Mission de
S. Lazare , M. Bonnet , qui en est aujour
d'hui le Superieur General , homme d'un
mérite distingué , et rempli de zelé pour
la gloire du saint Fondateur, a entrepris
de faire peindre l'Histoire de sa vie en
plusieurs Tableaux placez dans le Chœur
et dans la Nefde l'Eglise de la Maison de
S. Lazare de Paris , par plusieurs Peintres
célebres.
Le premier et le plus grand de tous ces Tableaux se voit actuellement dans la Nef.
Il a été peint par le F. André , Parisien
Religieux Dominicain du Noviciat. Ce
Peintre s'est acquis une grande reputation
par quantité de beaux et pieux ouvrages
que les Curieux visitent avec empressement dans l'Eglise et dans l'interieur de
son Monastere.
Ce Tableau, qui est de 14 pieds de hau
teur, sur 1 de largeur, représente l'Apotheose du B. V. de Paul donnant sa béné
diction aux Superieurs Generaux qui l'ont.
suivi depuis l'Etablissement de la Maison,
et
AVRIL.. 173-28 821
et qui sont à genoux. On voit aussi dans
le fond du Tableau les Sœurs de la charité , dont le saint homme a été pareillement l'Instituteur , ayant à leur tête la
pieuse Mad. le Gras , qui a beaucoup contribué à cet Etablissement. Tout cela
frappe par son harmonie et par la beauté
de sa composition , aussi les Ĉonnoisseurs
Festiment parfaitement, Ce Tableau sera
seul dans la Nefoù il fait un effet mer
veilleux.
Le même Religieux a peint avec le même succès un autre Tableau , placé dans
le Chœur. On y voit representé le pieux.
Fondateur dans un fauteuil , prêchant aux
pauvres de l'Hôpital du nom deJesus, qu'il
a aussi fondé. Če second Tableau de dix
pieds de hauteur sur à 9 de largeur ,
n'est pas moins estimé que le précedent :
on y distingue sur tout un vrai naturel
dans les Figures.
9
Quatre autres Tableaux ayant les mêmes dimensions , et aussi placez dans le
Chœur , ont été peints par M. de Troy
dont le nom seul fait l'éloge de ses Ouvra
ges. Le premier represente le saint Homme, comme il fait la Mission étant Curé.
Le second exprime , par rapport au sulet
general , la mort du Roi Louis XIII. Let
Iiiij
troj.
822 MERCURE DE FRANCE
troisiéme la Conference des Ecclésiasti
ques. Et le quatrieme le Conseil de la Reine Mere , dans lequel le B. Fondateur est
représenté. Toutes les expressions de ces
Tableaux sont très nobles et d'un beau
pinceau ; on reconnoit par tout le célebre Auteur.
Du côté opposé , toûjours dans le
Chœur , est un cinquiéme Tableau , qui
représente le saint Missionnaire prêchant
aux Galeriens. C'étoit un de ses exercices
"favoris , et dont l'execution demandoit
une main aussi habile que celle de M.
Rhetou , qui n'a rien oublié pour exprimer d'une maniere parfaite cet Acte pénible et laborieux d'une charité consommée.
Ce Tableau est suivi d'un septiéme de
M. Baptiste ; et M. Galloche travaille actuellement au huitième et dernier.
en Tableaux &c.
A
Près la Béatification du B. Vincent ·
de Paul , premier Instituteur de lá
Congrégation des Prêtres de la Mission de
S. Lazare , M. Bonnet , qui en est aujour
d'hui le Superieur General , homme d'un
mérite distingué , et rempli de zelé pour
la gloire du saint Fondateur, a entrepris
de faire peindre l'Histoire de sa vie en
plusieurs Tableaux placez dans le Chœur
et dans la Nefde l'Eglise de la Maison de
S. Lazare de Paris , par plusieurs Peintres
célebres.
Le premier et le plus grand de tous ces Tableaux se voit actuellement dans la Nef.
Il a été peint par le F. André , Parisien
Religieux Dominicain du Noviciat. Ce
Peintre s'est acquis une grande reputation
par quantité de beaux et pieux ouvrages
que les Curieux visitent avec empressement dans l'Eglise et dans l'interieur de
son Monastere.
Ce Tableau, qui est de 14 pieds de hau
teur, sur 1 de largeur, représente l'Apotheose du B. V. de Paul donnant sa béné
diction aux Superieurs Generaux qui l'ont.
suivi depuis l'Etablissement de la Maison,
et
AVRIL.. 173-28 821
et qui sont à genoux. On voit aussi dans
le fond du Tableau les Sœurs de la charité , dont le saint homme a été pareillement l'Instituteur , ayant à leur tête la
pieuse Mad. le Gras , qui a beaucoup contribué à cet Etablissement. Tout cela
frappe par son harmonie et par la beauté
de sa composition , aussi les Ĉonnoisseurs
Festiment parfaitement, Ce Tableau sera
seul dans la Nefoù il fait un effet mer
veilleux.
Le même Religieux a peint avec le même succès un autre Tableau , placé dans
le Chœur. On y voit representé le pieux.
Fondateur dans un fauteuil , prêchant aux
pauvres de l'Hôpital du nom deJesus, qu'il
a aussi fondé. Če second Tableau de dix
pieds de hauteur sur à 9 de largeur ,
n'est pas moins estimé que le précedent :
on y distingue sur tout un vrai naturel
dans les Figures.
9
Quatre autres Tableaux ayant les mêmes dimensions , et aussi placez dans le
Chœur , ont été peints par M. de Troy
dont le nom seul fait l'éloge de ses Ouvra
ges. Le premier represente le saint Homme, comme il fait la Mission étant Curé.
Le second exprime , par rapport au sulet
general , la mort du Roi Louis XIII. Let
Iiiij
troj.
822 MERCURE DE FRANCE
troisiéme la Conference des Ecclésiasti
ques. Et le quatrieme le Conseil de la Reine Mere , dans lequel le B. Fondateur est
représenté. Toutes les expressions de ces
Tableaux sont très nobles et d'un beau
pinceau ; on reconnoit par tout le célebre Auteur.
Du côté opposé , toûjours dans le
Chœur , est un cinquiéme Tableau , qui
représente le saint Missionnaire prêchant
aux Galeriens. C'étoit un de ses exercices
"favoris , et dont l'execution demandoit
une main aussi habile que celle de M.
Rhetou , qui n'a rien oublié pour exprimer d'une maniere parfaite cet Acte pénible et laborieux d'une charité consommée.
Ce Tableau est suivi d'un septiéme de
M. Baptiste ; et M. Galloche travaille actuellement au huitième et dernier.
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Résumé : LA VIE du B. Vincent de Paul, en Tableaux &c.
Le texte relate la création de tableaux illustrant la vie du bienheureux Vincent de Paul, initiée par M. Bonnet, supérieur général de la Congrégation des Prêtres de la Mission de Saint-Lazare. Ces œuvres sont exposées dans l'église de la Maison de Saint-Lazare à Paris. Le premier tableau, situé dans la nef, représente Vincent de Paul bénissant ses successeurs et inclut les Sœurs de la charité dirigées par Madame Le Gras. Réalisé par le frère André, religieux dominicain, il mesure 14 pieds de hauteur sur 1 de largeur et est loué pour son harmonie et sa beauté. Un autre tableau du frère André montre Vincent de Paul prêchant aux pauvres de l'Hôpital du Nom de Jésus. M. de Troy a peint quatre tableaux supplémentaires : Vincent de Paul en tant que curé, la mort du roi Louis XIII, une conférence d'ecclésiastiques et un conseil de la reine mère. M. Rhetou a réalisé un tableau représentant Vincent de Paul prêchant aux galériens. Enfin, M. Baptiste et M. Galloche travaillent respectivement sur le septième et le huitième tableaux.
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11058
s. p.
TABLE.
Début :
I. PARTIE. Litterature. 3 Livres nouveaux. 19 Academies. 23 Découverte [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
II. PARTIE.
* Mort de tEmpereur. 1
Remarques. 17
Ceremonie. 11
Autre Ceremonier 15
'Empereursdelàfadifon£Au- -~
triche. îS' 8x
ErudititJn. 31if Nouvc/lessiAtemagnee 39 çf
Nouvelles du Nord. 46 ~-~
Zettre- écrite de l'jjle de Me, «-y
telin. 47y-
Zettred'Antigue. 53^ (}
Nouvelles d'Efpagne^51.??
Nouvelles de Flandre. 61 ià Morts..71,r*
Services pour fê8u.M0on.seoignHeur.
Elat del Troupes qui vont en
F.fpagneï Sii3
Marine. î6 cl !
Mpreftoutriotn..idde.eSemrmen.t.*î9k5'V?Çi
Journal de tout ce qui s'efâ^,.
poejfé a M'tdrid,depuis-le 10..01
Aoust\yio. jusquau 3. Décembre
de la même année.99
III. PARTIE.
Avanture amoureuse. 1
Chansons 71
Anonim.es. 83
Enigmes. 93
IV. PARTIE.
Application d'une Metamorphoie
aOvide, 1
R-equefte à Mr Efiienne
, Z/-
brtire. 9 .; i£<?ponfeci cette Reqftejle., 19
Suite des Pfeaumcs. 34.-
J&idle aOr. 37--
II. PARTIE.
* Mort de tEmpereur. 1
Remarques. 17
Ceremonie. 11
Autre Ceremonier 15
'Empereursdelàfadifon£Au- -~
triche. îS' 8x
ErudititJn. 31if Nouvc/lessiAtemagnee 39 çf
Nouvelles du Nord. 46 ~-~
Zettre- écrite de l'jjle de Me, «-y
telin. 47y-
Zettred'Antigue. 53^ (}
Nouvelles d'Efpagne^51.??
Nouvelles de Flandre. 61 ià Morts..71,r*
Services pour fê8u.M0on.seoignHeur.
Elat del Troupes qui vont en
F.fpagneï Sii3
Marine. î6 cl !
Mpreftoutriotn..idde.eSemrmen.t.*î9k5'V?Çi
Journal de tout ce qui s'efâ^,.
poejfé a M'tdrid,depuis-le 10..01
Aoust\yio. jusquau 3. Décembre
de la même année.99
III. PARTIE.
Avanture amoureuse. 1
Chansons 71
Anonim.es. 83
Enigmes. 93
IV. PARTIE.
Application d'une Metamorphoie
aOvide, 1
R-equefte à Mr Efiienne
, Z/-
brtire. 9 .; i£<?ponfeci cette Reqftejle., 19
Suite des Pfeaumcs. 34.-
J&idle aOr. 37--
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Résumé : TABLE.
Le document est divisé en plusieurs parties. La deuxième traite de la mort de l'empereur, des cérémonies funéraires, et des nouvelles de divers pays. Elle inclut aussi des informations sur les décès et les services pour le roi, ainsi que l'état des troupes en Espagne et de la marine. La troisième partie aborde des sujets légers comme des aventures amoureuses et des énigmes. La quatrième partie commence par une métamorphose d'Ovide et se termine par une pièce intitulée 'Jade d'or'.
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11059
p. 2326-2329
MORTS, NAISSANCES & Mariages.
Début :
M. Pierre Christophle Cadeau, Maître des Comptes, mourut à Paris, le 18. du [...]
Mots clefs :
Armée, Roi, Épouse, Lieutenant
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES & Mariages.
MORTS , NAISSANCES
& Mariages.
M.
Pierre Chriftophle Cadeau , Maître des
Comptes , mourut à Paris le r8 . dụ
mois dernier , âgé d'environ 70. ans,
>
Le
OCTOBRE . 1730.
2327
Le P. Jean Valbrune de Belair , Abbé de
Chancellade, & Superieur General des Chanoines
Reguliers de cette Congrégation , mourut dans
fon Abbaye le 27 du mois dernier, âgé de 78 ans,
en 1722. le Roi avoit nommé Coadjuteur de cette
Abbaye , le P. Ant. Gros de Belair.
M. Charles- Emanuel de la Vieuville , l'un des
Aumôniers du Roi & Abbé de l'Abbaye d'Abfie
Ordre de S. Benoît, Diocèſe de la Rochelle, mou
rut le 8 âgé de 51. ans .
M. Louis Tiberge , Abbé de S. Sauveur Dandre
, Diocèſe de Boulogne , Directeur du Seminaire
des Miffions Etrangeres , mourut le 9. Octobre
, âgé d'environ 80. ans. On peut dire que
c'étoit un des plus grands & des meilleurs fujets
qui ait été dans l'Etat Ecclefiaftique.
D. Julie Victoire de Rohan Chabot , Prieure
perpetuelle du Monaftere de Notre- Dame de
Lieffe , mourut le 10. agée de 42. ans .
Angelique Fabert , Veuve de François de Harcourt
, Marquis de Beuvron , Chevalier des Ordres
du Roi , Lieutenant General de fes Armées ,
& au Gouvernement de Normandie , & Gouverneur
du vieux Palais de Roiien , mourut le 12 .
de ce mois , âgée d'environ 82. ans . Elle étoit
yeuve en premieres noces du Marquis de Genlis.
Frere Alexandre Antoine de Foudras de Chateauthierri
, Bailli , Grand-Croix & Grand - Maréchal
de l'Ordre de , S. Jean de Jerufalem
Commandeur de la Commanderie de Levreuil
Abbé de Ham & Prieur de S. Marcel- lès - Chalons
, mourut le 13. dans la 67. année de fon
âge.
M. Charles Frederic Kadot , Comte de Seppeville
, Enfeigne de la feconde Compagnie des
Moufquetaires de la Garde du Roi , mourut
Paris le 14. âgé de 27. ans,
M
2328 MERCURE DE FRANCE
M. Jofeph Trudaine , Brigadier des Armées
du Roi , Capitaine Lieutenant de la Compagnie
des Gendarmes de Bretagne , Infpecteur de la
Gendarmerie , & Commandeur de l'Ordre Royal
& Militaire de S. Louis , eft mort depuis peu à
Oify , près d'Amiens , ágé de 58. ans.
Jacques de Metz , Brigadier des Armées du
Roi , ci-devant Meftre de Camp du Régiment de
Vexin , mourut à Paris le 19. de ce mois , âgé
de 47. ans.
Louis Armand du Pleffis , Marquis de Richelieu
, mourut à Paris le 22. dans la 77. année de
fon âge.
D. Henriette Bibienne de Franquetot de Coigny
, Epoufe de Jean Baptifte -Joachim Colbert ,
Marquis de Croiffy , &c. Confeiller d'Etat , Capitaine
des Gardes de la Porte , Meftre de Camp
du Regiment Royal Infanterie , accoucha le 25
Septembre, d'un fils , qui fut tenu fur les Fonts
& nommé Paul - Amaulry , par René-Amaulry de
Montboucher , Marquis de Bordage , &c. & par
D. Catherine-Pauline Colbert de Torfi , Epoufe
de Louis , Marquis du Pleffis - Chatillon & de
Nonant, Maréchal des Camps & Armées du Roy.
D. Marie Voifin , Epoufe de Louis - Thomas du
Bois de Fiennes , Marquis de Leuville, Maréchal
des Camps & Armées , Grand- Bailly du Païs &
Duché de Touraine , Chevalier de S. Louis , accoucha
le 2 Octobre , d'une fille , qui fut tenue
fur les Fonts , & nommé Antoinette - Magdelene
par Antoine-Pierre Comte de Beüil , Lieutenant
General des Armées du Roy , Chevalier de faint
Louis ; & par D. Renée - Magdelene de Rambouillet,
veuve de N.Trudaine , Conſeiller d'Etat
cy devant Prevôt des Marchands .
D. Anne de Caftevas de la Riviere , Epoufe de
Jean-
*
OCTOBRE. 1730. 2329
Jean- Baptifte Charon , Marquis de Menars, Bri
gadier des Armées du Roy,accoucha le 13. d'une
fille, qui fut nommée Charlotte- Loüife,par Louis
Augufte d'Albert Dailly , Duc de Chaulnes
Pair de France,Vidame d'Amiens , Commandant,
& cy- devant Capitaine - Lieutenant de la Compagnie
des Chevaux - Legers de la Garde du Roy,
Lieutenant General de fes Armées , & Chevalier
de fes Ordres , & par D. Diane - Charlotte de
Chaumont Guitri , Epoufe de Pierre de Cafteras,
Comte de la Riviere, Brigadier des Armées du Roi.
›
"
Le Roy a donné fon agrément au Mariage du
Comte de Taillebourg , fils unique du Prince de
Talmont , de la Maifon de la Trémoüille , avec
Mademoiselle Jablonouski , Palatine de Ruffie
coufine germaine du Roy Stanislas . Le Contrat en
fut figné le 12 de са mois par L.M.ainfi 'que part
le Roy Staniflas, & la Reine fon Epoufe. La célébratiou
a dûë s'en faire à Chambord le 29. Le Roi
a nommé le Comte de Taillebourg, Duc à Brevet.
Il porte à prefent le nom de Duc de Chatellereau.
On fera bien- aife d'apprendre que Charles
Houillie, Chercutier à la Porte de Paris, vis -à -vis
la Boucherie , à la Renommée , vend de tres-bon
Boudin , noir & blanc , des Andouilles fines , de
veritables Pieds à la fainte- Ménéhoud , & de pe
tites Langues de Moutons fourrées , fix fols piéce
, d'un gout exquis.
& Mariages.
M.
Pierre Chriftophle Cadeau , Maître des
Comptes , mourut à Paris le r8 . dụ
mois dernier , âgé d'environ 70. ans,
>
Le
OCTOBRE . 1730.
2327
Le P. Jean Valbrune de Belair , Abbé de
Chancellade, & Superieur General des Chanoines
Reguliers de cette Congrégation , mourut dans
fon Abbaye le 27 du mois dernier, âgé de 78 ans,
en 1722. le Roi avoit nommé Coadjuteur de cette
Abbaye , le P. Ant. Gros de Belair.
M. Charles- Emanuel de la Vieuville , l'un des
Aumôniers du Roi & Abbé de l'Abbaye d'Abfie
Ordre de S. Benoît, Diocèſe de la Rochelle, mou
rut le 8 âgé de 51. ans .
M. Louis Tiberge , Abbé de S. Sauveur Dandre
, Diocèſe de Boulogne , Directeur du Seminaire
des Miffions Etrangeres , mourut le 9. Octobre
, âgé d'environ 80. ans. On peut dire que
c'étoit un des plus grands & des meilleurs fujets
qui ait été dans l'Etat Ecclefiaftique.
D. Julie Victoire de Rohan Chabot , Prieure
perpetuelle du Monaftere de Notre- Dame de
Lieffe , mourut le 10. agée de 42. ans .
Angelique Fabert , Veuve de François de Harcourt
, Marquis de Beuvron , Chevalier des Ordres
du Roi , Lieutenant General de fes Armées ,
& au Gouvernement de Normandie , & Gouverneur
du vieux Palais de Roiien , mourut le 12 .
de ce mois , âgée d'environ 82. ans . Elle étoit
yeuve en premieres noces du Marquis de Genlis.
Frere Alexandre Antoine de Foudras de Chateauthierri
, Bailli , Grand-Croix & Grand - Maréchal
de l'Ordre de , S. Jean de Jerufalem
Commandeur de la Commanderie de Levreuil
Abbé de Ham & Prieur de S. Marcel- lès - Chalons
, mourut le 13. dans la 67. année de fon
âge.
M. Charles Frederic Kadot , Comte de Seppeville
, Enfeigne de la feconde Compagnie des
Moufquetaires de la Garde du Roi , mourut
Paris le 14. âgé de 27. ans,
M
2328 MERCURE DE FRANCE
M. Jofeph Trudaine , Brigadier des Armées
du Roi , Capitaine Lieutenant de la Compagnie
des Gendarmes de Bretagne , Infpecteur de la
Gendarmerie , & Commandeur de l'Ordre Royal
& Militaire de S. Louis , eft mort depuis peu à
Oify , près d'Amiens , ágé de 58. ans.
Jacques de Metz , Brigadier des Armées du
Roi , ci-devant Meftre de Camp du Régiment de
Vexin , mourut à Paris le 19. de ce mois , âgé
de 47. ans.
Louis Armand du Pleffis , Marquis de Richelieu
, mourut à Paris le 22. dans la 77. année de
fon âge.
D. Henriette Bibienne de Franquetot de Coigny
, Epoufe de Jean Baptifte -Joachim Colbert ,
Marquis de Croiffy , &c. Confeiller d'Etat , Capitaine
des Gardes de la Porte , Meftre de Camp
du Regiment Royal Infanterie , accoucha le 25
Septembre, d'un fils , qui fut tenu fur les Fonts
& nommé Paul - Amaulry , par René-Amaulry de
Montboucher , Marquis de Bordage , &c. & par
D. Catherine-Pauline Colbert de Torfi , Epoufe
de Louis , Marquis du Pleffis - Chatillon & de
Nonant, Maréchal des Camps & Armées du Roy.
D. Marie Voifin , Epoufe de Louis - Thomas du
Bois de Fiennes , Marquis de Leuville, Maréchal
des Camps & Armées , Grand- Bailly du Païs &
Duché de Touraine , Chevalier de S. Louis , accoucha
le 2 Octobre , d'une fille , qui fut tenue
fur les Fonts , & nommé Antoinette - Magdelene
par Antoine-Pierre Comte de Beüil , Lieutenant
General des Armées du Roy , Chevalier de faint
Louis ; & par D. Renée - Magdelene de Rambouillet,
veuve de N.Trudaine , Conſeiller d'Etat
cy devant Prevôt des Marchands .
D. Anne de Caftevas de la Riviere , Epoufe de
Jean-
*
OCTOBRE. 1730. 2329
Jean- Baptifte Charon , Marquis de Menars, Bri
gadier des Armées du Roy,accoucha le 13. d'une
fille, qui fut nommée Charlotte- Loüife,par Louis
Augufte d'Albert Dailly , Duc de Chaulnes
Pair de France,Vidame d'Amiens , Commandant,
& cy- devant Capitaine - Lieutenant de la Compagnie
des Chevaux - Legers de la Garde du Roy,
Lieutenant General de fes Armées , & Chevalier
de fes Ordres , & par D. Diane - Charlotte de
Chaumont Guitri , Epoufe de Pierre de Cafteras,
Comte de la Riviere, Brigadier des Armées du Roi.
›
"
Le Roy a donné fon agrément au Mariage du
Comte de Taillebourg , fils unique du Prince de
Talmont , de la Maifon de la Trémoüille , avec
Mademoiselle Jablonouski , Palatine de Ruffie
coufine germaine du Roy Stanislas . Le Contrat en
fut figné le 12 de са mois par L.M.ainfi 'que part
le Roy Staniflas, & la Reine fon Epoufe. La célébratiou
a dûë s'en faire à Chambord le 29. Le Roi
a nommé le Comte de Taillebourg, Duc à Brevet.
Il porte à prefent le nom de Duc de Chatellereau.
On fera bien- aife d'apprendre que Charles
Houillie, Chercutier à la Porte de Paris, vis -à -vis
la Boucherie , à la Renommée , vend de tres-bon
Boudin , noir & blanc , des Andouilles fines , de
veritables Pieds à la fainte- Ménéhoud , & de pe
tites Langues de Moutons fourrées , fix fols piéce
, d'un gout exquis.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES & Mariages.
En octobre 1730, plusieurs personnalités notables sont décédées. Parmi elles, Pierre Christophe Cadeau, Maître des Comptes, est mort à Paris à l'âge d'environ 70 ans. Le Père Jean Valbrune de Belair, Abbé de Chancellade et Supérieur Général des Chanoines Réguliers, est décédé à 78 ans. Charles-Emanuel de la Vieuville, Aumônier du Roi et Abbé de l'Abbaye d'Absie, est mort à 51 ans. Louis Tiberge, Abbé de Saint-Sauveur d'Andre et Directeur du Séminaire des Missions Étrangères, est décédé à environ 80 ans. Julie Victoire de Rohan Chabot, Prieure perpétuelle du Monastère de Notre-Dame de Lieffe, est morte à 42 ans. Angelique Fabert, veuve de François de Harcourt, Marquis de Beuvron, est décédée à environ 82 ans. Frère Alexandre Antoine de Foudras de Chateauthierri, Bailli et Grand-Croix de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, est mort à 67 ans. Charles Frédéric Kadot, Comte de Seppeville et Enseigne des Mousquetaires de la Garde du Roi, est décédé à 27 ans. Joseph Trudaine et Jacques de Metz, tous deux Brigadiers des Armées du Roi, sont morts respectivement à 58 et 47 ans. Louis Armand du Plessis, Marquis de Richelieu, est mort à 77 ans. Plusieurs naissances ont également été enregistrées. Henriette Bibienne de Franquetot de Coigny a accouché d'un fils nommé Paul-Amaulry. Marie Voisin, épouse de Louis-Thomas du Bois de Fiennes, Marquis de Leuville, a donné naissance à une fille nommée Antoinette-Magdelene. Anne de Castevas de la Riviere, épouse de Jean-Baptiste Charon, Marquis de Menars, a accouché d'une fille nommée Charlotte-Louise. Le Roi a approuvé le mariage entre le Comte de Taillebourg et Mademoiselle Jablonouski, Palatine de Ruffiec, cousine germaine du Roi Stanislas. Le contrat a été signé le 12 octobre et la cérémonie a eu lieu à Chambord le 29 octobre. À cette occasion, le Comte de Taillebourg a été nommé Duc à Brevet et porte désormais le titre de Duc de Châtellereau.
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11060
p. 406-410
ARRESTS NOTABLES.
Début :
ORDONNANCE DU ROY, du 15 Février 1734. portant reglement sur les Equipages, [...]
Mots clefs :
Sa Majesté, Officiers généraux, Armées, Vivandiers, Ordonnances, Chariot, Charrette, Régiment, Exécution, Équipages
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texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLES.
RDONNANCE DU ROY , du 15 Février
1734 portant reglement sur les Equipages ,
tant des Officiers generaux et particuliers , que
des Vivandiers qui serviront dans les Armées
de Sa Majesté
SA MAJESTE' étant informée des embarras
que le grand nombre de Chariots , Charrettes et
autres Voitures à rouës , cause dans les marches
d'armées ; et jugeant nécessaire d'y pourvoir , en
reglant les Equipages que pourront avoir les Officiers
generaux et particuliers qui y serviront :
Sa Majesté, en confirmant les Ordonnances rendues
par le feu Roy son bisayeul , les 1 Avril
1703. 25 Février et 1 Avril 1705 , et autres
rendues en conséquence , a ordonné et ordonne
ce qui suit :
ART. I. Il sera permis aux Generaux d'Armées
, d'avoir tel nombre de gros Equipages
qu'ils jugeront à propos . A l'égard des autres
Officiers desdites Armées , chaque Lieutenant
general ne pourra avoir que deux ou trois charettes
ou chariots ; chaque Maréchal de camp ,
une ou deux charettes ou un chariot ; et chaque
Brigadier , Colonel ou Mestre de camp, une
charette seulement.
>
II. Les Lieutenans - Colonels , Capitaines et autres
Officiers subalternes , ne pourront avoir aucun
gros Equipage , soit chariot , charrette
fourgon , surtout , ni aucune autre voiture
roues , telle qu'elle puisse être , à la réserve toutefois
de ceux qui , à cause de leurs infirmitez ,
ne
FEVRIER. 1734. 407
ne pourront supporter la fatigue du chevals
auquel cas S. M. trouve bon que le General leur
permette d'avoir une Chaise roulante. Laquelle
permission leur sera donnée par écrit .
III.Il pourra y avoir par chaque Bataillon une
charette ou un chariot pour un Vivandier , mais
sous condition expresse , que cette voiture sera
attelée de quatre bons chevaux.
IV. Un Régiment de Cavalerie ou de Dra
gons , soit de deux , ou trois Escadrons , pourra
aussi avoir à sa suite un Vivandier avec une
charette ou chariot , pour tout le Regiment ,
lequel Vivandier pourra camper avec lui ; et s'il
s'y trouve d'autres Vivandiers , ils ne pourront
point avoir de voitures à roues , mais seulement
des Chevaux de bast : A l'égard de tous les autres
Vivandiers qui auront des voitures à rouës,
ils seront obligez de camper au quartier du Roy
ou à celui des Officiers generaux de la droite ou
de la gauche , aux endroits qui leur seront marquez
par le Prevôt de l'armée , ou ses Officiers,
en tel nombre que lesdits Vivandiers puissent
être , pourvû que leurs voitures soient attelées
chacune de quatre bons cheaux. Il será en outre
permis à chaque Régiment de Cavalerie ou de
Dragons , et à chaque Regiment d'Infanterie ,
d'avoir un Boulanger avec une charette , attelée
pareillement de quatre bons chevaux.
V. Quand même les Régimens de Cavalerie,
Dragons ou Infanterie , n'auroient pas à leur
suite , de Vivandiers ou Boulangers avec des
charettes , il ne sera pas pour cela permis aux
Colonels , ou autres Officiers desdits Regimens,
d'avoir deux charettes à la place de celles desdits
Boulangers ou Vivandiers. Sa Majesté ne
permettant ces dernieres , que pour le besoin de
la subsistance de chaque Régiment.
VI.
48 MERCURE DE FRANCE
VI. Comme il pourra arriver que beaucoup
d'Officiers generaux auront des Marchands de
Vin à leur suite . Sa Majesté ordonne que lesdits
Marchands de Vin camperont avec les autres, ay
quartier où seront lesdits Officiers generaux,auxquels
Sa Majesté deffend de les faire loger avec
leurs Equipages.
VII. Deffend Sa Majesté très - expressément à
tous Officiers generaux , Colonels , et autres Officiers
de ses Arinées , de prendre et se servir
d'aucun chariot de Paysan , ni d'aucune charette
des vivres. Deffend pareillement aux Directeurs
des vivres, d'en donner aucune à qui que
ce puisse être.
VIII. Deffend pareillement Sa Majesté à qui
que ce soit , de donner une escorte armée à son
Equipage , ni d'y cavoyer aucun Soldat , à peine
d'interdiction contre le Commandant du Corps
dont sera ladite Escorte.
IX. Enjoint très expressément Sa Majesté à
ceux qui commanderont ses Armées en chef, de
tenir ponctuellement la main à l'exécution de ce
qui est cy - dessus explique de ses intentions , et
d'avoir soin de l'informer , sans aucun ménage◄
ment , de ceux qui y contreviendront ; déclarant,
Sa Majesté , qu'elle les fera rester dans une Place
voisine de la Frontiere pendant toute la Campagne
, sans leur permettre de servir à l'armée .
Mande et ordonne Sa Majesté aux Généraux
de sesdites Armées , à ses Lieutenans Generaux ,
Maréchaux de Camp , Intendans et autres Officiers
, soit Généraux ou Particuliers , employez
eu icelles , de s'employer et tenir la main, chacun
en ce qui les concernera, à l'exécution de la Presente.
Fait à Marly , &c.
ORDONFEVRIER
1734 409
ORDONNANCE DU ROY , du même jour,
qui surseoit pendant uois ans l'exécution des
Ordonnances , des 10 Mars 1729 et 25 Août
1733. concernant les Engagemens limitez .
SA MAJESTE' s'étant fait représenter ses
Ordonnances , des 10 Mars 1729 , et 25 Août
1733. par lesquelles Elle auroit , entre autres
choses , ordonné qu'il seroit délivré pendant
P'Hyver de chaque année , trois congez absolus
par Compagnie aux trois Soldats , Cavaliers ou
Dragons engagez pour un temps iimité , qui se
trouveroient par Pancienneté de leurs services ,
les premiers dans le cas de les obtenir. Et considérant
le préjudice que causeroit au bien de son
servide , dans une Guerre aussi vive que celle
qu'Elle se trouve obligée de soutenir , le grand
nombre de vieux Soldats , qu'on seroit tenu renvoyer
, en les remplaçant par des Soldats de recrue
, bien moins propres à soutenir les fatigues
et le service de campagne : Sa Majesté a sursis
et surseoit pendant trois ans , à compter du jour
de la Présente, l'exécution desdites Ordonnances,
des 10 Mars 1729. et 25 Août 1733. et en conséquence
a ordonné et ordonne qu'il ne sera
délivré aucun congé absolu , avant le 15 Février
1737 . à ceux dont les engagemens sont actuellement
expirez , ou qui expireront pendant
lesdites trois années ; l'intention de Sa Majesté
étant qu'à mesure que les temps ausquels ils auroient
été en droit d'obtenir lesdits congez , suivant
la disposition desdites Ordonnances , viendront
à échéoir pendant le cours de ladite surséance
, il leur soit payé à chacun par leur Capitaine
, la somme de 10 liv. pour raison de la prolongation
de leurs services ; et que lorsqu'après
l'expiration des trois ans de surséance , Sa Majesté
410 MERCURE DE FRANCE
jesté aura jugé à propos d'ordonner la délivrance
desdits congez , il ne puisse être rien repeté
du prix de l'enrollement à ceux qui auront outrepassé
de trois ans le temps auquel ils auroient
dû les obtenir.
Mande et ordonne Sa Majesté aux Gouverneurs
et ses Lieutenans Generaux en ses Provinces
et Armées , Intendans , Commissaires dépar
tis en icelles , Gouverneurs et Commandans de
ses Villes ee Places , Directeurs et Inspecteurs Generaux
sur ses Troupes , Colonels d'Infanterie
Mestres-de-Camp de Cavalerie et de Dragons ,
Commissaires ordinaires de ses Guerres,et à tous
autres ses Officiers , de tenir la main , chacun et
ainsi qu'il lui appartiendra , à l'exécution de la
Présente, et de la faire publier et afficher par tout
où besoin sera , à ce qu'aucun n'en ignore. Fait à
Marly, &c.
RDONNANCE DU ROY , du 15 Février
1734 portant reglement sur les Equipages ,
tant des Officiers generaux et particuliers , que
des Vivandiers qui serviront dans les Armées
de Sa Majesté
SA MAJESTE' étant informée des embarras
que le grand nombre de Chariots , Charrettes et
autres Voitures à rouës , cause dans les marches
d'armées ; et jugeant nécessaire d'y pourvoir , en
reglant les Equipages que pourront avoir les Officiers
generaux et particuliers qui y serviront :
Sa Majesté, en confirmant les Ordonnances rendues
par le feu Roy son bisayeul , les 1 Avril
1703. 25 Février et 1 Avril 1705 , et autres
rendues en conséquence , a ordonné et ordonne
ce qui suit :
ART. I. Il sera permis aux Generaux d'Armées
, d'avoir tel nombre de gros Equipages
qu'ils jugeront à propos . A l'égard des autres
Officiers desdites Armées , chaque Lieutenant
general ne pourra avoir que deux ou trois charettes
ou chariots ; chaque Maréchal de camp ,
une ou deux charettes ou un chariot ; et chaque
Brigadier , Colonel ou Mestre de camp, une
charette seulement.
>
II. Les Lieutenans - Colonels , Capitaines et autres
Officiers subalternes , ne pourront avoir aucun
gros Equipage , soit chariot , charrette
fourgon , surtout , ni aucune autre voiture
roues , telle qu'elle puisse être , à la réserve toutefois
de ceux qui , à cause de leurs infirmitez ,
ne
FEVRIER. 1734. 407
ne pourront supporter la fatigue du chevals
auquel cas S. M. trouve bon que le General leur
permette d'avoir une Chaise roulante. Laquelle
permission leur sera donnée par écrit .
III.Il pourra y avoir par chaque Bataillon une
charette ou un chariot pour un Vivandier , mais
sous condition expresse , que cette voiture sera
attelée de quatre bons chevaux.
IV. Un Régiment de Cavalerie ou de Dra
gons , soit de deux , ou trois Escadrons , pourra
aussi avoir à sa suite un Vivandier avec une
charette ou chariot , pour tout le Regiment ,
lequel Vivandier pourra camper avec lui ; et s'il
s'y trouve d'autres Vivandiers , ils ne pourront
point avoir de voitures à roues , mais seulement
des Chevaux de bast : A l'égard de tous les autres
Vivandiers qui auront des voitures à rouës,
ils seront obligez de camper au quartier du Roy
ou à celui des Officiers generaux de la droite ou
de la gauche , aux endroits qui leur seront marquez
par le Prevôt de l'armée , ou ses Officiers,
en tel nombre que lesdits Vivandiers puissent
être , pourvû que leurs voitures soient attelées
chacune de quatre bons cheaux. Il será en outre
permis à chaque Régiment de Cavalerie ou de
Dragons , et à chaque Regiment d'Infanterie ,
d'avoir un Boulanger avec une charette , attelée
pareillement de quatre bons chevaux.
V. Quand même les Régimens de Cavalerie,
Dragons ou Infanterie , n'auroient pas à leur
suite , de Vivandiers ou Boulangers avec des
charettes , il ne sera pas pour cela permis aux
Colonels , ou autres Officiers desdits Regimens,
d'avoir deux charettes à la place de celles desdits
Boulangers ou Vivandiers. Sa Majesté ne
permettant ces dernieres , que pour le besoin de
la subsistance de chaque Régiment.
VI.
48 MERCURE DE FRANCE
VI. Comme il pourra arriver que beaucoup
d'Officiers generaux auront des Marchands de
Vin à leur suite . Sa Majesté ordonne que lesdits
Marchands de Vin camperont avec les autres, ay
quartier où seront lesdits Officiers generaux,auxquels
Sa Majesté deffend de les faire loger avec
leurs Equipages.
VII. Deffend Sa Majesté très - expressément à
tous Officiers generaux , Colonels , et autres Officiers
de ses Arinées , de prendre et se servir
d'aucun chariot de Paysan , ni d'aucune charette
des vivres. Deffend pareillement aux Directeurs
des vivres, d'en donner aucune à qui que
ce puisse être.
VIII. Deffend pareillement Sa Majesté à qui
que ce soit , de donner une escorte armée à son
Equipage , ni d'y cavoyer aucun Soldat , à peine
d'interdiction contre le Commandant du Corps
dont sera ladite Escorte.
IX. Enjoint très expressément Sa Majesté à
ceux qui commanderont ses Armées en chef, de
tenir ponctuellement la main à l'exécution de ce
qui est cy - dessus explique de ses intentions , et
d'avoir soin de l'informer , sans aucun ménage◄
ment , de ceux qui y contreviendront ; déclarant,
Sa Majesté , qu'elle les fera rester dans une Place
voisine de la Frontiere pendant toute la Campagne
, sans leur permettre de servir à l'armée .
Mande et ordonne Sa Majesté aux Généraux
de sesdites Armées , à ses Lieutenans Generaux ,
Maréchaux de Camp , Intendans et autres Officiers
, soit Généraux ou Particuliers , employez
eu icelles , de s'employer et tenir la main, chacun
en ce qui les concernera, à l'exécution de la Presente.
Fait à Marly , &c.
ORDONFEVRIER
1734 409
ORDONNANCE DU ROY , du même jour,
qui surseoit pendant uois ans l'exécution des
Ordonnances , des 10 Mars 1729 et 25 Août
1733. concernant les Engagemens limitez .
SA MAJESTE' s'étant fait représenter ses
Ordonnances , des 10 Mars 1729 , et 25 Août
1733. par lesquelles Elle auroit , entre autres
choses , ordonné qu'il seroit délivré pendant
P'Hyver de chaque année , trois congez absolus
par Compagnie aux trois Soldats , Cavaliers ou
Dragons engagez pour un temps iimité , qui se
trouveroient par Pancienneté de leurs services ,
les premiers dans le cas de les obtenir. Et considérant
le préjudice que causeroit au bien de son
servide , dans une Guerre aussi vive que celle
qu'Elle se trouve obligée de soutenir , le grand
nombre de vieux Soldats , qu'on seroit tenu renvoyer
, en les remplaçant par des Soldats de recrue
, bien moins propres à soutenir les fatigues
et le service de campagne : Sa Majesté a sursis
et surseoit pendant trois ans , à compter du jour
de la Présente, l'exécution desdites Ordonnances,
des 10 Mars 1729. et 25 Août 1733. et en conséquence
a ordonné et ordonne qu'il ne sera
délivré aucun congé absolu , avant le 15 Février
1737 . à ceux dont les engagemens sont actuellement
expirez , ou qui expireront pendant
lesdites trois années ; l'intention de Sa Majesté
étant qu'à mesure que les temps ausquels ils auroient
été en droit d'obtenir lesdits congez , suivant
la disposition desdites Ordonnances , viendront
à échéoir pendant le cours de ladite surséance
, il leur soit payé à chacun par leur Capitaine
, la somme de 10 liv. pour raison de la prolongation
de leurs services ; et que lorsqu'après
l'expiration des trois ans de surséance , Sa Majesté
410 MERCURE DE FRANCE
jesté aura jugé à propos d'ordonner la délivrance
desdits congez , il ne puisse être rien repeté
du prix de l'enrollement à ceux qui auront outrepassé
de trois ans le temps auquel ils auroient
dû les obtenir.
Mande et ordonne Sa Majesté aux Gouverneurs
et ses Lieutenans Generaux en ses Provinces
et Armées , Intendans , Commissaires dépar
tis en icelles , Gouverneurs et Commandans de
ses Villes ee Places , Directeurs et Inspecteurs Generaux
sur ses Troupes , Colonels d'Infanterie
Mestres-de-Camp de Cavalerie et de Dragons ,
Commissaires ordinaires de ses Guerres,et à tous
autres ses Officiers , de tenir la main , chacun et
ainsi qu'il lui appartiendra , à l'exécution de la
Présente, et de la faire publier et afficher par tout
où besoin sera , à ce qu'aucun n'en ignore. Fait à
Marly, &c.
Fermer
Résumé : ARRESTS NOTABLES.
Le document expose deux ordonnances royales du 15 février 1734. La première ordonnance régule les équipages des officiers et des vivandiers dans les armées de Sa Majesté. Elle impose des limites au nombre de chariots et charrettes que peuvent posséder les officiers généraux et particuliers. Les officiers subalternes sont interdits d'avoir des gros équipages, sauf en cas d'infirmité. Les vivandiers et boulangers sont également régis par cette ordonnance. De plus, il est interdit d'utiliser des chariots de paysans et d'escorter les équipages de manière armée. La seconde ordonnance suspend pour trois ans l'application des ordonnances des 10 mars 1729 et 25 août 1733, qui concernent les congés absolus des soldats engagés pour une durée limitée. Cette suspension vise à éviter le renvoi de vieux soldats pendant une guerre active. Les soldats concernés recevront une compensation financière pour la prolongation de leurs services. Les deux ordonnances doivent être strictement exécutées par les officiers concernés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11061
p. 214-222
TRAITÉ de paix conclu entre sa Majesté le Roi de POLOGNE, Electeur de Saxe, & Sa Majesté le Roi de PRUSSE, au Château de Hubertzbourg, le 15 Février 1763.
Début :
Sa Majesté le Roi de Pologne, Electeur de Saxe, & Sa Majesté le Roi de Prusse, [...]
Mots clefs :
Roi de Pologne, Électeur de Saxe, Roi de Prusse, Guerre, Paix, États, Assemblée, Conseiller, Traité de paix, Articles, Voisinage, Amitié, Amnistie générale, Harmonie, Contributions, Troupes, Évacuation, Règlement, Officiers, Soldats, Artillerie, Fortifications, Obligation, Justice, Accords, Intérêts, Diète, Paiements
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TRAITÉ de paix conclu entre sa Majesté le Roi de POLOGNE, Electeur de Saxe, & Sa Majesté le Roi de PRUSSE, au Château de Hubertzbourg, le 15 Février 1763.
TRAITÉ de paix conclu entre Sa Majesté le Roi
de POLOGNE , Electeur de Saxe , & Sa Majesté
le Roi de PRUSSE , au Château de Hubertzbourg
,le 15 Février 1763 .
Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur de
Saxe , & Sa Majesté le Roi de Pruſſe , animés du
defir réciproque de mettre fin aux calamités de
la guerre , & de rétablir l'union , la bonne intelligence&
le bon voiſinage entre eux & leurs Etats
reſpectifs , ayant réfléchi ſur les moyens les plus
propres pour parvenir à un but ſi ſalutaire , & le
Prince Royal de Pologne & Electoral Héréditaire
de Saxe s'étant employé à concerter une aſſemblée
de Plénipotentiaires , qui fut ſuivie d'une négociation:
pour en avancer le ſuccès , & pour écarter
les retardemens que l'éloignement auroit pû faire
naître, Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur
de Saxe , a confié à Son Alteſſe Royale le ſoin d'y
ménager ſes intérêts : on eſt convenu de faire tenir
au château de Huberzbourg des conférences
depaix.
En conféquence de quoi Leurs Majeſtés ont
nommé & autoriſé des Plénipotentiaires , ſavoir :
Sa Majeſté le Roi de Pologne , Electeur de Saxe ,
le ſieur Thomas , Baron de Fritſch , ſon Conſeiller
Privé ; & Sa Majeſté le Roi de Pruſſe, le ſieur
Ewald- Frederic de Hertzberg , ſon conſeiller Privé
d'Ambaſſade, leſquels , après s'etre duement
communiqué & avoir échangé leurs pleins pouvoirs
en bonne forme, ont arrêté , conclu & figné
les Articles ſuivans d'un Traité de paix.
JUIN. 1763 . 215
ARTICLE I. Il y aura une paix ſolide , une
amitié ſincère & un bon voifinage entre S. M. le
Roi de Pologne , Electeur de Saxe , & S. M. le
Roi de Pruſie & leurs Héritiers , Etats , Pays &
Sujets : & en conféquence , il y aura une amnif
tie générale & un oubli éternel de tout ce qui eſt
arrivé entre les hautes Parties contractantes , à
l'occaſion de la préſente guerre , de quelque nature
que cela puiſſe avoir été , & il ne ſera point
demandé de dédommagement de part& d'autre ;
ſous quelque prétexte ou nom que ce puiſſe être ,
mais toutes les prétentions réciproques , occafionnées
par cette guerre , demeureront entiérement
éteintes , annullées & anéanties .
Les hautes Parties contractantes & leurs Héritiers
cultiveront à l'avenir entr'elles une bonne
harmonie & parfaite intelligence, en tâchant d'avancer
leurs intérêts réciproques , & d'écarter
tout ce qui pourroity nuire ou y donner la moindreatteinte
.
Sa Majeſté le Roi de Pruſſe promet en particulier
que , dans les occaſions qui ſe préſenteront de
pouvoir procurer des convenances à Sa Majefté
le Roi de Pologne , Electeur de Saxe , ou à la
Maiſon , ſans que ce ſoit aux dépens de Sadite
Majesté Pruſienne. Elle y contribuera avec le
plus grand zéle , & ſe concertera à cet effet avec
Sa Majesté Polonoiſe & avec leurs Amis communs
.
ART . II . Toutes les hoftilités ceſſeront entiérement
à compter du II Février incluſivement ;
&depűis le même jour Sa Majesté Pruſſienne fera
ceffer entiérement & pleinement toutes contributions
ordinaires & extraordinaires , toutes livraiſons
de proviſions de bouche , fourrages , chevaux
& autre bérail ou autres effets ; toutes demandes
216 MERCURE DE FRANCE.
1
de recrues , valets , travailleurs & voitures , &
généralement toutes fortes de preſtations , de
quelque nature & dénomination qu'elles puiffent
être , & fous quelque titre ou prétexte qu'elles
foient demandées & éxigées , comme auſſi toute
coupe de bois & autres endommagemens dans
tout l'Electorat de Saxe & toutes les parties &
dépendances , y compris la Haute & Balle- Luface.
Si les ordres que Sa Majeſté le Roi de Pruſſe a
donnés là-deſſus, n'étoient pas parvenus leditjour
en tous les endroits occupés par les Troupes de
Sa Majesté Pruſſienne , & que par cette raiſon ,
ou fous d'autres prétextes , il dût arriver qu'on
eût encore pris ou éxigé des caiſſes ou des Sujets
de Sa Majeſté Polonoiſe quelque argent ou quelque
autre preſtation de quelque nature ou valeur
qu'elle pût être , ou qu'on eût cauſé d'autres
dommages , Sa Majesté Pruſſienne fera reſtituer
ſans délai tout ce qui auroit été pris ou éxigé ,
& bonifier toutdommage & perte. En conféquence
de cette ceſſation générale de toute forte de
preſtations , Sa Majesté Pruſſienne renonce également
à tous les arrérages des contributions , livraiſons
& autres preſtations antérieurement demandées
& éxigées , & déclare que toutes les
prétentions y relatives ſeront & demeureront entiérement
éteintes , annullées & anéanties , de
forte qu'il n'en ſera jamais plus fait mention.
ART. III . Sa Majefté le Roi de Pruſſe promet
de commencer les diſpoſitions néceſſaires pour
une prompte évacuation de la Saxe , dès que le
préfent Traité ſera ſigné , & d'effectuer & achever
l'évacuation & la reſtitution de tous les Etats
& Pays , Villes , Places & Forts de S. M.Polonoiſe,
&généralement de toutes parties & dépen' ances
deldirs Etats que S. M. Polonoiſe a poſlédés avant
la
JUIN. 1763. 217
la préſente guerre , dans l'eſpace de trois ſemai
nes , à compter du jour de l'échange des ratificasions;
bien entendu que les Troupes de S. M.
l'Impératrice-Reine de Hongrie & de Bohême
évacueront toute la Saxe dans le même eſpace de
temps. Y
Dès le de Février , Sa Majeſté le Roi de
Pruffe fera nourrir ſes Troupes de ſes propres
magaſins ſans qu'elles foient à charge au pays ,
&on procédera inceſſamment au réglement des
routes que leſdites Troupes prendront en quittant
les Etats de Sa Majesté le Roi de Pologne ,
dans leſquelles elles ſeront conduites & logées
par les Commiſſaires nommés par Sa' Majeſté
Polonoile, qui auront pareillement ſoin des Vorfpanndont
les Troupes auront beſoin pour leurs
marches , &qui leur feront fournisgratuitement ,
à condition que ces Vorſpann ne feront obligés
depafler les frontières de Saxe , quejuſqu'au premier
gîte.
ART. IV. Sa Majesté le Roi de Pruſſe renverra
fans rançon & ſans délai tous lesGénéraux , Officiers
& Soldats de Sa Majesté le Roi de Pologne
, Electeur de Saxe , qui font encore priſonniers
de guerre , & les autres Sujets de Sa lite
Majesté Polonoiſe qui ne voudront pas reſter
dans le ſervice & dans les Etats de Sa Majeſté
Pruſſienne , bien entendu que chacun payera
préalablement les dettes qu'il aura contractées. I
Sadite Majeſté le Roi de Pruſſe rendra auffe
toute l'artillerie , appartenante à Sa Majeſté le
Roi de Pologne , qui ſe trouve encore en Saxe ,
&qui eft marquée aux armes de, Sadire Majesté
Polonoiſe.
En particulier les Villes de Léipfic , Torgau
&Wittemberg feront reftituées par rapport aux
K
218 MERCURE DE FRANCE.
fortifications , dans le même état où elles ſont à
préſent & avec l'artillerie qui s'y trouve marquée
aux armes de Sa Majesté Polonoife.
Sa Majesté Pruſſienne mettra auſſi en liberté
les otages& autres perſonnes qui ont été arrêtées
àl'occaſion de la préſente guerre , & fera rendre
tous les papiers qui appartiennent aux archives
de Sa Majeſté le Roi de Pologne , Electeur de
Saxe , ou aux autres bureaux du Pays , & à l'avenir
il n'en ſera rien allégué ou inféré contre
Sa Majeftéie Roi de Pologne , ni contre ſes Héritiers
& Etats.
ART . V. Le Traité de paix conclu à Dreſde le
25 Décembre 1745 eſt expreſſement renouvellé
&confirmé dans la meilleure forme & dans toute
fa teneur autant que le préſent Traité n'y dérogera
pas , & que les obligations y contenues ſeront
de nature à pouvoir encore avoir lieu .
ART . VI . Pour redreſſer réciproquement tous
les abus qui ſe ſont gliffés dans le commerce au
préjudice des Pays , Etats & Sujets reſpectifs des
hautesParties contractantes , on eft convenu que ,
d'abord après la paix conclue on nommera de
part & d'autre des Commiſlaires qui régleront
les affaires de Commerce fur des principes équitables
& réciproquement utiles.
ILferacaufli réciproquement adminiſtré bonne
& prompte juſtice à ceux des Sujets reſpectifs qui
aurontdesprocès&des prétentions liquides dans
1s Etats de l'une ou de l'autre Partie , & quand
il y en aura qui auront change ou voudrontencore
changer de domicile & paffer de la domination
de l'une fous celle de l'autre des hautes. Parties
contractantes , on ne leur fera point de difficulté
à cet égard.
ART. VII. Sa Majesté le Roi de Pruſſe conſent
1
JUIN. 1763 . 219
d'accéder & fera accéder ſes Sujets créanciers de
la Steuer de Saxe aux arrangemens qu'on prendra
inceſſamment par rapport aux intérêts à payer ,
& pour l'établiſſement d'un fonds d'amortiſſement
folide & durable ſans aucune préférence .
Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur de
Saxe , affure & promet d'un autre côté que ,
conformément auxdits arrangemens , tous les
Sujets de Sa Majeſté Pruſſienne , qui ont ou auront
des capitaux dans la Steuer de Saxe , recevront
leurs intérêts exactement , & que les capitaux
leur feront auſſi rembourſés en entier , ſans
la moindre réduction ni diminution , & dans un
eſpacede temps raiſonnable.
ART . VIII . L'échange de la Ville & du Péage
de Furstenberg & du Village de Schildlo contre
un equivalent an Land und Leuten , ſtipulé dans
l'Article VII de la paix de Dreſde , ayant rencontré
beaucoup de difficultés dans l'éxécution , on
eſt ultérieurement convenu que pour le faciliter
la Ville de Furstenberg , avec ſes dépendances ſituées
en-deçà de l'Oder , ne ſera pas compriſe
dans ce troc & reſtera à Sa Majesté Polonoiſe
mais que d'un autre côté Sadite Majesté le Roi
de Pologne , Électeur de Saxe , cédera à S. M.
Pruſſienne non- ſeulement le Péage de l'Oder ,
qu'Elle a perçu juſqu'ici à Furstenberg , & le
Village de Schildlo avec ſes appartenances au-delà
de l'Oder , maisauſſi généralement tout ce qu'Elle
a poſſédé juſqu'ici des bords & rives de l'Oder ,
tant du côté de la Luſace que de celui de la Marche
, de forte que la rivière de l'Oder faſſe la limite
territoriale , & que la ſupériorité des deux
rives & bords de l'Oder , & de tout ce qui eſt audelà
de l'Oder du côté de la Marche , appartienne
déſormais en entier & excluſivement à Sa Majeſté
le Roi de Pruſſe , ſes Succeſſeurs & Héritiers à
perpétuité. Kij
220 MERCURE DE FRANCE .
Il eſt auſſi convenu que l'équivalent à donner à
Sa Majefté Polonoiſe ne pourra être évalué qu'à
proportion du revenu réel qu'Elle a tiré juſqu'ici
des poffeflions qu'Elle cédera àSa Majesté Pruffienne
, en conféquence de quoi Sa Majesté Polonoiſe
ſe contentera d'un équivalent an Landund
Leuten , dont le revenu réel ſeroit égal au revenu
réel des poſſeſſions qu'Eile cédera à Sa Majeſté
Brufſienne.
Au reſte dans tous les autres points relatifs à cet
échange , l'Article VII de la paix de Dreſde ſera
éxactement obſervé & éxécuté.
ART. IX. Sa Majeſté le Roi de Pruffe accorde
à Sa Majeſté le Roi de Pologne , Electeur de
Saxe , le libre paſſage en tout temps par la Siléfie
en Pologne , & renouvelle en particulier ce
qui a été ſtipulé là- deſſus dans l'Article X du Traitéde
paix conclu à Dreſde en 1745 .
ART. X. Les hautes Parties contractantes ſe gas
rantiſſent réciproquement l'abſervation & l'éx
cution du préſent Traité de paix , & tâcheront
d'en obtenir la garantie des Puillances avec lefquellesElles
font en amitié.
ART . XI . Le préſent Traité de paix ſera ratifié
de part & d'autre , & les ratifications feront expédiées
en bonne & due forme ,& échangéesdans
F'eſpace de quinze jours , ou plutôt fi faire ſe
peut , àcompter du jour de leur ſignature.
En foi de quoi , les ſouſſignés Plénipotentiaires
de Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur de
Saxe, & de Sa Majesté le Roi de Pruſſe , en vertu
de leurs pleins pouvoirs , ont ſigné le préſent
Traité de paix , & y ont fait appoſer les cachets
de leurs armes.
Fait au Château de Hubertzbourg , le is Février
1763.
THOMAS, BARON DE FRITSCH .
( Signé ) EWALD-FREDERIC DE HERTZBERG .
JUI N. 1763 . 221
ARTICLES SÉPARÉS.
ART. I. On est convenu que dans les arrérages
ou autres preſtations arriérées , qui devront
ceffer du II Février 1763 , ne ſera pascompris ce
qui eſt encore dû fur les lettres de change & autres
engagemens par écrit , énoncés dans la ſpécification
ci -jointe ,que Sa Majeſté le Roide Pruſſe
ſe réſerve expreffément , & que Sa Majesté le Roi
dePologne promet de faire acquitter éxactement ,
&ſelon la teneur deſdites lettres de change &
autres engagemens par écrit donnés là-deſſus ,
ſans le moindre rabais ou défalcation , & dans
les monnoiesy promiſes.
ART. II . Pour ne laiſſer aucun doute ſur la
rrature& la ſolidité des arrangemens à prendre
fur les affaires de la Steuer , dont il a été fait
mention dans l'Article VII du Traité de paix ,
Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur de Saxe ,
déclare qu'Elle prendra des arrangemens pour
qu'aucun des créanciers de la Steuer ne perde
riende ſon capital.
Qu'il eſt impoſſible de leur payer les intérêts
arriérés après que tous les revenus du pays ont
été notoirement abſorbés par les calamités de
laguerre.
Que la même raiſon doit valoir pour l'année
préſente après toutes les charges auxquelles le
pays a déja été obligé de fournir.
Mais qu'à l'avenir Sa Majeſté prendra inceſſam.
ment avec les Etats de la Saxe , aſſemblés en
Diéte , les arrangemens néceſſaires pour établir
un fonds prélevable ſur les revenus les plus clairs
du pays , lequel ſera , 10. principalement employé
pour payer éxactement les intérêts qui ne
pourront pas être fixés au-deſſous de trois pour
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE .
cent , tout comme ils ne pourront pas paffer lefdits
trois pour cent. 2°. Que le reſte fera le fonds
d'amortiſſement pour l'acquit ſucceſſif des capitaux
, qui augmentera à proportion de l'acquit
des capitaux & de la diminution des intérêts , &
dont la diſtribution ſe fera annuellement par le
fort , ſans aucune préférence pour perſonne à
quelque titre que ce ſoit. 30. Que l'adminiſtration
dudit fonds total deſtiné au payement des
intérêts & au rembourſement des capitaux ſera
fixée en la ſuſmentionnée Diete prochaine des
Etats de Saxe , de façon qu'il s'y trouve pleine
sûreté , Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur
de Saxe , promettant de donner là-deſſus
toutes les aſſurances convenables.
ART. III. Il a été convenu & arrêté que les
titres employés ou omis de part & d'autre à
l'occaſion de la préſente négociation dans les
pleins pouvoirs & autres actes , ou partout ailleurs
, ne pourront être cités ou tirés à conféquence
, & qu'il ne pourra jamais en réſulter
aucun préjudice pour aucune des Parties intéreffées.
Les trois préſens Articles ſéparés auront la
même force que s'ils étoient mot à mot inférés
dans le Traité principal , & ils ſeront également
ratifiés des deux hautes Parties contractantes .
En foi de quoi les ſouſſignés , Plénipotentiaires
de Sa Majesté le Roi de Pologne , Électeur de
Saxe , & de Sa Majeſte le Roi de Pruſſe , ont
ſigné ces préſens Articles ſéparés , & y ont fait
appoſer les cachets de leurs armes.
• Fait au Château de Huberzbourg le is Février
1763.
THOMAS , BARON DE FRITSCH .
( Signé ) EWALD- FRÉDÉRIC DE HERTZBERG ,
de POLOGNE , Electeur de Saxe , & Sa Majesté
le Roi de PRUSSE , au Château de Hubertzbourg
,le 15 Février 1763 .
Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur de
Saxe , & Sa Majesté le Roi de Pruſſe , animés du
defir réciproque de mettre fin aux calamités de
la guerre , & de rétablir l'union , la bonne intelligence&
le bon voiſinage entre eux & leurs Etats
reſpectifs , ayant réfléchi ſur les moyens les plus
propres pour parvenir à un but ſi ſalutaire , & le
Prince Royal de Pologne & Electoral Héréditaire
de Saxe s'étant employé à concerter une aſſemblée
de Plénipotentiaires , qui fut ſuivie d'une négociation:
pour en avancer le ſuccès , & pour écarter
les retardemens que l'éloignement auroit pû faire
naître, Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur
de Saxe , a confié à Son Alteſſe Royale le ſoin d'y
ménager ſes intérêts : on eſt convenu de faire tenir
au château de Huberzbourg des conférences
depaix.
En conféquence de quoi Leurs Majeſtés ont
nommé & autoriſé des Plénipotentiaires , ſavoir :
Sa Majeſté le Roi de Pologne , Electeur de Saxe ,
le ſieur Thomas , Baron de Fritſch , ſon Conſeiller
Privé ; & Sa Majeſté le Roi de Pruſſe, le ſieur
Ewald- Frederic de Hertzberg , ſon conſeiller Privé
d'Ambaſſade, leſquels , après s'etre duement
communiqué & avoir échangé leurs pleins pouvoirs
en bonne forme, ont arrêté , conclu & figné
les Articles ſuivans d'un Traité de paix.
JUIN. 1763 . 215
ARTICLE I. Il y aura une paix ſolide , une
amitié ſincère & un bon voifinage entre S. M. le
Roi de Pologne , Electeur de Saxe , & S. M. le
Roi de Pruſie & leurs Héritiers , Etats , Pays &
Sujets : & en conféquence , il y aura une amnif
tie générale & un oubli éternel de tout ce qui eſt
arrivé entre les hautes Parties contractantes , à
l'occaſion de la préſente guerre , de quelque nature
que cela puiſſe avoir été , & il ne ſera point
demandé de dédommagement de part& d'autre ;
ſous quelque prétexte ou nom que ce puiſſe être ,
mais toutes les prétentions réciproques , occafionnées
par cette guerre , demeureront entiérement
éteintes , annullées & anéanties .
Les hautes Parties contractantes & leurs Héritiers
cultiveront à l'avenir entr'elles une bonne
harmonie & parfaite intelligence, en tâchant d'avancer
leurs intérêts réciproques , & d'écarter
tout ce qui pourroity nuire ou y donner la moindreatteinte
.
Sa Majeſté le Roi de Pruſſe promet en particulier
que , dans les occaſions qui ſe préſenteront de
pouvoir procurer des convenances à Sa Majefté
le Roi de Pologne , Electeur de Saxe , ou à la
Maiſon , ſans que ce ſoit aux dépens de Sadite
Majesté Pruſienne. Elle y contribuera avec le
plus grand zéle , & ſe concertera à cet effet avec
Sa Majesté Polonoiſe & avec leurs Amis communs
.
ART . II . Toutes les hoftilités ceſſeront entiérement
à compter du II Février incluſivement ;
&depűis le même jour Sa Majesté Pruſſienne fera
ceffer entiérement & pleinement toutes contributions
ordinaires & extraordinaires , toutes livraiſons
de proviſions de bouche , fourrages , chevaux
& autre bérail ou autres effets ; toutes demandes
216 MERCURE DE FRANCE.
1
de recrues , valets , travailleurs & voitures , &
généralement toutes fortes de preſtations , de
quelque nature & dénomination qu'elles puiffent
être , & fous quelque titre ou prétexte qu'elles
foient demandées & éxigées , comme auſſi toute
coupe de bois & autres endommagemens dans
tout l'Electorat de Saxe & toutes les parties &
dépendances , y compris la Haute & Balle- Luface.
Si les ordres que Sa Majeſté le Roi de Pruſſe a
donnés là-deſſus, n'étoient pas parvenus leditjour
en tous les endroits occupés par les Troupes de
Sa Majesté Pruſſienne , & que par cette raiſon ,
ou fous d'autres prétextes , il dût arriver qu'on
eût encore pris ou éxigé des caiſſes ou des Sujets
de Sa Majeſté Polonoiſe quelque argent ou quelque
autre preſtation de quelque nature ou valeur
qu'elle pût être , ou qu'on eût cauſé d'autres
dommages , Sa Majesté Pruſſienne fera reſtituer
ſans délai tout ce qui auroit été pris ou éxigé ,
& bonifier toutdommage & perte. En conféquence
de cette ceſſation générale de toute forte de
preſtations , Sa Majesté Pruſſienne renonce également
à tous les arrérages des contributions , livraiſons
& autres preſtations antérieurement demandées
& éxigées , & déclare que toutes les
prétentions y relatives ſeront & demeureront entiérement
éteintes , annullées & anéanties , de
forte qu'il n'en ſera jamais plus fait mention.
ART. III . Sa Majefté le Roi de Pruſſe promet
de commencer les diſpoſitions néceſſaires pour
une prompte évacuation de la Saxe , dès que le
préfent Traité ſera ſigné , & d'effectuer & achever
l'évacuation & la reſtitution de tous les Etats
& Pays , Villes , Places & Forts de S. M.Polonoiſe,
&généralement de toutes parties & dépen' ances
deldirs Etats que S. M. Polonoiſe a poſlédés avant
la
JUIN. 1763. 217
la préſente guerre , dans l'eſpace de trois ſemai
nes , à compter du jour de l'échange des ratificasions;
bien entendu que les Troupes de S. M.
l'Impératrice-Reine de Hongrie & de Bohême
évacueront toute la Saxe dans le même eſpace de
temps. Y
Dès le de Février , Sa Majeſté le Roi de
Pruffe fera nourrir ſes Troupes de ſes propres
magaſins ſans qu'elles foient à charge au pays ,
&on procédera inceſſamment au réglement des
routes que leſdites Troupes prendront en quittant
les Etats de Sa Majesté le Roi de Pologne ,
dans leſquelles elles ſeront conduites & logées
par les Commiſſaires nommés par Sa' Majeſté
Polonoile, qui auront pareillement ſoin des Vorfpanndont
les Troupes auront beſoin pour leurs
marches , &qui leur feront fournisgratuitement ,
à condition que ces Vorſpann ne feront obligés
depafler les frontières de Saxe , quejuſqu'au premier
gîte.
ART. IV. Sa Majesté le Roi de Pruſſe renverra
fans rançon & ſans délai tous lesGénéraux , Officiers
& Soldats de Sa Majesté le Roi de Pologne
, Electeur de Saxe , qui font encore priſonniers
de guerre , & les autres Sujets de Sa lite
Majesté Polonoiſe qui ne voudront pas reſter
dans le ſervice & dans les Etats de Sa Majeſté
Pruſſienne , bien entendu que chacun payera
préalablement les dettes qu'il aura contractées. I
Sadite Majeſté le Roi de Pruſſe rendra auffe
toute l'artillerie , appartenante à Sa Majeſté le
Roi de Pologne , qui ſe trouve encore en Saxe ,
&qui eft marquée aux armes de, Sadire Majesté
Polonoiſe.
En particulier les Villes de Léipfic , Torgau
&Wittemberg feront reftituées par rapport aux
K
218 MERCURE DE FRANCE.
fortifications , dans le même état où elles ſont à
préſent & avec l'artillerie qui s'y trouve marquée
aux armes de Sa Majesté Polonoife.
Sa Majesté Pruſſienne mettra auſſi en liberté
les otages& autres perſonnes qui ont été arrêtées
àl'occaſion de la préſente guerre , & fera rendre
tous les papiers qui appartiennent aux archives
de Sa Majeſté le Roi de Pologne , Electeur de
Saxe , ou aux autres bureaux du Pays , & à l'avenir
il n'en ſera rien allégué ou inféré contre
Sa Majeftéie Roi de Pologne , ni contre ſes Héritiers
& Etats.
ART . V. Le Traité de paix conclu à Dreſde le
25 Décembre 1745 eſt expreſſement renouvellé
&confirmé dans la meilleure forme & dans toute
fa teneur autant que le préſent Traité n'y dérogera
pas , & que les obligations y contenues ſeront
de nature à pouvoir encore avoir lieu .
ART . VI . Pour redreſſer réciproquement tous
les abus qui ſe ſont gliffés dans le commerce au
préjudice des Pays , Etats & Sujets reſpectifs des
hautesParties contractantes , on eft convenu que ,
d'abord après la paix conclue on nommera de
part & d'autre des Commiſlaires qui régleront
les affaires de Commerce fur des principes équitables
& réciproquement utiles.
ILferacaufli réciproquement adminiſtré bonne
& prompte juſtice à ceux des Sujets reſpectifs qui
aurontdesprocès&des prétentions liquides dans
1s Etats de l'une ou de l'autre Partie , & quand
il y en aura qui auront change ou voudrontencore
changer de domicile & paffer de la domination
de l'une fous celle de l'autre des hautes. Parties
contractantes , on ne leur fera point de difficulté
à cet égard.
ART. VII. Sa Majesté le Roi de Pruſſe conſent
1
JUIN. 1763 . 219
d'accéder & fera accéder ſes Sujets créanciers de
la Steuer de Saxe aux arrangemens qu'on prendra
inceſſamment par rapport aux intérêts à payer ,
& pour l'établiſſement d'un fonds d'amortiſſement
folide & durable ſans aucune préférence .
Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur de
Saxe , affure & promet d'un autre côté que ,
conformément auxdits arrangemens , tous les
Sujets de Sa Majeſté Pruſſienne , qui ont ou auront
des capitaux dans la Steuer de Saxe , recevront
leurs intérêts exactement , & que les capitaux
leur feront auſſi rembourſés en entier , ſans
la moindre réduction ni diminution , & dans un
eſpacede temps raiſonnable.
ART . VIII . L'échange de la Ville & du Péage
de Furstenberg & du Village de Schildlo contre
un equivalent an Land und Leuten , ſtipulé dans
l'Article VII de la paix de Dreſde , ayant rencontré
beaucoup de difficultés dans l'éxécution , on
eſt ultérieurement convenu que pour le faciliter
la Ville de Furstenberg , avec ſes dépendances ſituées
en-deçà de l'Oder , ne ſera pas compriſe
dans ce troc & reſtera à Sa Majesté Polonoiſe
mais que d'un autre côté Sadite Majesté le Roi
de Pologne , Électeur de Saxe , cédera à S. M.
Pruſſienne non- ſeulement le Péage de l'Oder ,
qu'Elle a perçu juſqu'ici à Furstenberg , & le
Village de Schildlo avec ſes appartenances au-delà
de l'Oder , maisauſſi généralement tout ce qu'Elle
a poſſédé juſqu'ici des bords & rives de l'Oder ,
tant du côté de la Luſace que de celui de la Marche
, de forte que la rivière de l'Oder faſſe la limite
territoriale , & que la ſupériorité des deux
rives & bords de l'Oder , & de tout ce qui eſt audelà
de l'Oder du côté de la Marche , appartienne
déſormais en entier & excluſivement à Sa Majeſté
le Roi de Pruſſe , ſes Succeſſeurs & Héritiers à
perpétuité. Kij
220 MERCURE DE FRANCE .
Il eſt auſſi convenu que l'équivalent à donner à
Sa Majefté Polonoiſe ne pourra être évalué qu'à
proportion du revenu réel qu'Elle a tiré juſqu'ici
des poffeflions qu'Elle cédera àSa Majesté Pruffienne
, en conféquence de quoi Sa Majesté Polonoiſe
ſe contentera d'un équivalent an Landund
Leuten , dont le revenu réel ſeroit égal au revenu
réel des poſſeſſions qu'Eile cédera à Sa Majeſté
Brufſienne.
Au reſte dans tous les autres points relatifs à cet
échange , l'Article VII de la paix de Dreſde ſera
éxactement obſervé & éxécuté.
ART. IX. Sa Majeſté le Roi de Pruffe accorde
à Sa Majeſté le Roi de Pologne , Electeur de
Saxe , le libre paſſage en tout temps par la Siléfie
en Pologne , & renouvelle en particulier ce
qui a été ſtipulé là- deſſus dans l'Article X du Traitéde
paix conclu à Dreſde en 1745 .
ART. X. Les hautes Parties contractantes ſe gas
rantiſſent réciproquement l'abſervation & l'éx
cution du préſent Traité de paix , & tâcheront
d'en obtenir la garantie des Puillances avec lefquellesElles
font en amitié.
ART . XI . Le préſent Traité de paix ſera ratifié
de part & d'autre , & les ratifications feront expédiées
en bonne & due forme ,& échangéesdans
F'eſpace de quinze jours , ou plutôt fi faire ſe
peut , àcompter du jour de leur ſignature.
En foi de quoi , les ſouſſignés Plénipotentiaires
de Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur de
Saxe, & de Sa Majesté le Roi de Pruſſe , en vertu
de leurs pleins pouvoirs , ont ſigné le préſent
Traité de paix , & y ont fait appoſer les cachets
de leurs armes.
Fait au Château de Hubertzbourg , le is Février
1763.
THOMAS, BARON DE FRITSCH .
( Signé ) EWALD-FREDERIC DE HERTZBERG .
JUI N. 1763 . 221
ARTICLES SÉPARÉS.
ART. I. On est convenu que dans les arrérages
ou autres preſtations arriérées , qui devront
ceffer du II Février 1763 , ne ſera pascompris ce
qui eſt encore dû fur les lettres de change & autres
engagemens par écrit , énoncés dans la ſpécification
ci -jointe ,que Sa Majeſté le Roide Pruſſe
ſe réſerve expreffément , & que Sa Majesté le Roi
dePologne promet de faire acquitter éxactement ,
&ſelon la teneur deſdites lettres de change &
autres engagemens par écrit donnés là-deſſus ,
ſans le moindre rabais ou défalcation , & dans
les monnoiesy promiſes.
ART. II . Pour ne laiſſer aucun doute ſur la
rrature& la ſolidité des arrangemens à prendre
fur les affaires de la Steuer , dont il a été fait
mention dans l'Article VII du Traité de paix ,
Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur de Saxe ,
déclare qu'Elle prendra des arrangemens pour
qu'aucun des créanciers de la Steuer ne perde
riende ſon capital.
Qu'il eſt impoſſible de leur payer les intérêts
arriérés après que tous les revenus du pays ont
été notoirement abſorbés par les calamités de
laguerre.
Que la même raiſon doit valoir pour l'année
préſente après toutes les charges auxquelles le
pays a déja été obligé de fournir.
Mais qu'à l'avenir Sa Majeſté prendra inceſſam.
ment avec les Etats de la Saxe , aſſemblés en
Diéte , les arrangemens néceſſaires pour établir
un fonds prélevable ſur les revenus les plus clairs
du pays , lequel ſera , 10. principalement employé
pour payer éxactement les intérêts qui ne
pourront pas être fixés au-deſſous de trois pour
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE .
cent , tout comme ils ne pourront pas paffer lefdits
trois pour cent. 2°. Que le reſte fera le fonds
d'amortiſſement pour l'acquit ſucceſſif des capitaux
, qui augmentera à proportion de l'acquit
des capitaux & de la diminution des intérêts , &
dont la diſtribution ſe fera annuellement par le
fort , ſans aucune préférence pour perſonne à
quelque titre que ce ſoit. 30. Que l'adminiſtration
dudit fonds total deſtiné au payement des
intérêts & au rembourſement des capitaux ſera
fixée en la ſuſmentionnée Diete prochaine des
Etats de Saxe , de façon qu'il s'y trouve pleine
sûreté , Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur
de Saxe , promettant de donner là-deſſus
toutes les aſſurances convenables.
ART. III. Il a été convenu & arrêté que les
titres employés ou omis de part & d'autre à
l'occaſion de la préſente négociation dans les
pleins pouvoirs & autres actes , ou partout ailleurs
, ne pourront être cités ou tirés à conféquence
, & qu'il ne pourra jamais en réſulter
aucun préjudice pour aucune des Parties intéreffées.
Les trois préſens Articles ſéparés auront la
même force que s'ils étoient mot à mot inférés
dans le Traité principal , & ils ſeront également
ratifiés des deux hautes Parties contractantes .
En foi de quoi les ſouſſignés , Plénipotentiaires
de Sa Majesté le Roi de Pologne , Électeur de
Saxe , & de Sa Majeſte le Roi de Pruſſe , ont
ſigné ces préſens Articles ſéparés , & y ont fait
appoſer les cachets de leurs armes.
• Fait au Château de Huberzbourg le is Février
1763.
THOMAS , BARON DE FRITSCH .
( Signé ) EWALD- FRÉDÉRIC DE HERTZBERG ,
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Résumé : TRAITÉ de paix conclu entre sa Majesté le Roi de POLOGNE, Electeur de Saxe, & Sa Majesté le Roi de PRUSSE, au Château de Hubertzbourg, le 15 Février 1763.
Le traité de paix de Hubertusbourg, signé le 15 février 1763 entre le Roi de Pologne, Électeur de Saxe, et le Roi de Prusse, vise à mettre fin aux conflits et à rétablir la paix et l'amitié entre les deux monarchies. Les points essentiels du traité incluent : 1. **Paix et amitié** : Une paix durable et une amitié sincère doivent prévaloir entre les deux souverains et leurs héritiers, avec une amnistie générale et un oubli des événements de la guerre. Aucune demande de dédommagement ne sera faite. 2. **Cessation des hostilités** : Toutes les hostilités doivent cesser à partir du 11 février 1763. La Prusse cessera toutes contributions et prestations en Saxe et restituera les sommes prises ou exigées. 3. **Évacuation de la Saxe** : La Prusse doit commencer les dispositions pour évacuer la Saxe dans les trois semaines suivant la ratification du traité. Les troupes prussiennes et celles de l'Impératrice-Reine de Hongrie et de Bohême doivent quitter la Saxe dans le même délai. 4. **Restitution des prisonniers et des biens** : La Prusse doit libérer sans rançon tous les prisonniers de guerre saxons et restituer l'artillerie saxonne. Les villes de Leipzig, Torgau et Wittenberg doivent être restituées avec leurs fortifications. 5. **Renouvellement des traités antérieurs** : Le traité de paix de Dresde de 1745 est renouvelé et confirmé, sauf en ce qui concerne les dispositions contraires au présent traité. 6. **Commerce et justice** : Des commissaires seront nommés pour régler les abus dans le commerce et administrer justice aux sujets des deux parties. Les sujets qui changent de domicile ne rencontreront pas de difficultés. 7. **Affaires de la Steuer** : La Prusse accepte les arrangements concernant les créanciers de la Steuer de Saxe, et la Saxe assure le remboursement des capitaux sans réduction. 8. **Échange territorial** : La ville de Fürstenberg reste à la Pologne, mais la Saxe cède le péage de l'Oder, le village de Schildlo et ses possessions sur les rives de l'Oder à la Prusse. Un équivalent en terres et en sujets sera donné à la Saxe. 9. **Passage en Silésie** : La Prusse accorde à la Pologne le libre passage en Silésie. 10. **Garantie du traité** : Les deux parties se garantissent réciproquement l'observation et l'exécution du traité et chercheront la garantie des puissances amies. Le traité doit être ratifié et les ratifications échangées dans les quinze jours suivant la signature.
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11062
p. 213
APPROBATION.
Début :
J'AI lu, par ordre de Monseigneur le Vice Chancelier, le Mercure du mois de juin 1768, [...]
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texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'AI lu , pár ordre de Monſeigneur le Vice-
Chancelier , le Mercure du mois de juin 1768 ,
& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'imprellion. A Paris , le 8 juin 1768. GUIROY.
J'AI lu , pár ordre de Monſeigneur le Vice-
Chancelier , le Mercure du mois de juin 1768 ,
& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'imprellion. A Paris , le 8 juin 1768. GUIROY.
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11063
s. p.
TABLE.
Début :
TABLE. PIECES FUGITIVES. Stances irregulieres, 1675 Suite de l'Histoire du Prince Jaloux, 1678 [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABL E.
IECES FUGITIVES. Stances irregulieres , 1675
Suite de l'Histoire du Prince Jaloux ,
1678
1705
1735
Epitalame ,
Defense d'un Trait historique de Lampride, 1709
Bouts-Rimez proposez ,
Conference entre les Plénipotentiaires Turcs et
Persans. Traduction d'une Relation, &c. 1736
Epigramme de Mile de la Vigne , sur M. Rous- seau ,
1756 Lettre au sujet de l'Eloge de l'humeur capri- cieuse ,
La Jeunesse , Cantate ,
Remarques sur les Médailles de Lucille ,
Enigme , Logogryphes , &c.
Nouvelles Litteraires des Beaux Arts , &c.
Journal du Regne d'Henry IV. &c.
Traité des Forces mouvantes , &c.
Deffense du Franc- Aleu , &c.
1757
1760.
1762
1768
1770
1772
1773 L'Anatomie generale du Cheval , &c. 1775
1776
1781
1782
1787 Coûtumes Generales de Bourbonno '. 1801
Nouveau Lexicon Medicum , &c. 1802 Lettre sur la Taille Laterale , &c. 1804
1806
1809
Bibliqtheque raisonnée , &c.
Recueil de Discours sur diverses matieres ,
Discours sur la Peinture , &c. JUMAW
Pendule pour le Roy de Sardaigne ,
Statuës antiques , trouvées en Provence ,
Autres Antiques , trouvées en Portugal , Rome ,
&c.
Nouvelles Estampes , &c.
1810.
1811
Jean-Paul Panini , Peintre Italien , reçû à l'Aca- démie de Paris ,
Chanson notéc
1813
1815
1816
Spectacles. L'Opera Comique , Pieces nouvelles ,
&C
Lettre de Mr de Voltaire sur la Tragédie de Zaire , 1828
Ballet des Sens , Entrée du Goût , 1843
Nouvelles Etrangeres , de Turquie , Perse , et Russie ,
1846
De Pologne , Journal du Camp de Villanova ,
&c. 1850
D'Allemagne, Entrevûë de l'Empereur et du Roy de Prusse ,
D'Italie et d'Espagne , Portugal , &c.
Seconde Lettre sur la Prise d'Oran ,
1856
1761
1866
France, Nouvelles de la Cour, de Paris, &c. 1974
·Ceremonie faite à S. Sulpice , &c.
Morts , Naissances , &c.
Arrêts Notables
IECES FUGITIVES. Stances irregulieres , 1675
Suite de l'Histoire du Prince Jaloux ,
1678
1705
1735
Epitalame ,
Defense d'un Trait historique de Lampride, 1709
Bouts-Rimez proposez ,
Conference entre les Plénipotentiaires Turcs et
Persans. Traduction d'une Relation, &c. 1736
Epigramme de Mile de la Vigne , sur M. Rous- seau ,
1756 Lettre au sujet de l'Eloge de l'humeur capri- cieuse ,
La Jeunesse , Cantate ,
Remarques sur les Médailles de Lucille ,
Enigme , Logogryphes , &c.
Nouvelles Litteraires des Beaux Arts , &c.
Journal du Regne d'Henry IV. &c.
Traité des Forces mouvantes , &c.
Deffense du Franc- Aleu , &c.
1757
1760.
1762
1768
1770
1772
1773 L'Anatomie generale du Cheval , &c. 1775
1776
1781
1782
1787 Coûtumes Generales de Bourbonno '. 1801
Nouveau Lexicon Medicum , &c. 1802 Lettre sur la Taille Laterale , &c. 1804
1806
1809
Bibliqtheque raisonnée , &c.
Recueil de Discours sur diverses matieres ,
Discours sur la Peinture , &c. JUMAW
Pendule pour le Roy de Sardaigne ,
Statuës antiques , trouvées en Provence ,
Autres Antiques , trouvées en Portugal , Rome ,
&c.
Nouvelles Estampes , &c.
1810.
1811
Jean-Paul Panini , Peintre Italien , reçû à l'Aca- démie de Paris ,
Chanson notéc
1813
1815
1816
Spectacles. L'Opera Comique , Pieces nouvelles ,
&C
Lettre de Mr de Voltaire sur la Tragédie de Zaire , 1828
Ballet des Sens , Entrée du Goût , 1843
Nouvelles Etrangeres , de Turquie , Perse , et Russie ,
1846
De Pologne , Journal du Camp de Villanova ,
&c. 1850
D'Allemagne, Entrevûë de l'Empereur et du Roy de Prusse ,
D'Italie et d'Espagne , Portugal , &c.
Seconde Lettre sur la Prise d'Oran ,
1856
1761
1866
France, Nouvelles de la Cour, de Paris, &c. 1974
·Ceremonie faite à S. Sulpice , &c.
Morts , Naissances , &c.
Arrêts Notables
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Résumé : TABLE.
Le document présente une liste chronologique d'œuvres et d'événements littéraires, artistiques et historiques s'étendant de 1675 à 1974. Parmi les œuvres notables figurent des recueils de poésie tels que 'IECES FUGITIVES' (1675) et 'Bouts-Rimez proposez' (1736). Il inclut également des traductions et des relations historiques comme 'Conference entre les Plénipotentiaires Turcs et Persans' (1736). Des écrits sur divers sujets sont mentionnés, tels que 'Traité des Forces mouvantes' (1757), 'L'Anatomie générale du Cheval' (1775), et 'Coûtumes Générales de Bourbonno'' (1801). Des œuvres littéraires et artistiques comme 'Lettre au sujet de l'Eloge de l'humeur capricieuse' (1756) et 'Journal du Regne d'Henry IV' (1756) sont également présentes. Le document fait référence à des événements contemporains, incluant des nouvelles étrangères de Turquie, Perse, Russie, Pologne, Allemagne, Italie, Espagne, et Portugal, ainsi que des nouvelles de la Cour et de Paris (1974). Des événements spécifiques comme 'Ceremonie faite à S. Sulpice' et des 'Arrêts Notables' sont également inclus.
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11064
s. p.
TABLE
Début :
Pieces Fugitives. L'Esperance, Ode, 199 Question importante, jugée au Parlement de Provence, 204 [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE
TABLE
199
Ieces Fugitives . L'Esperance , Ode ,
Question importante , jugée au Parlement de
Provence ,
Rondeau ,
204
212
Refléxions sur le nouveau Traité du Sublime, 213
Ode imitée d'Horace ,
Réplique au sujet d'une Inscription ,
Hero , Cantate ,
228
230
246
Médaille de l'Emper. Hadrien , Explication , 249
Ode ,
Dissertation sur les Enseignes Militaires ,
Les Coquillages , Idille ,
Huitiéme Lettre sur Oran et Ceuta ,
L'Amour et la Jalousie , Fable ,
Lettre au sujet d'un Lampe antique ,
258
261
285
292
299
300
Зіл
Enigme , Logogryphes , &c.
Nouvelles Litteraires , des Beaux Arts , &c. 314
Méthode pour apprendre l'Orthographe et la
Langue Françoise ,
Traité sur la Magie , le Sortilege ,
La Vie du Sultan Saladin , &c.
Bibliotheque Italique , & c.
217
ibid.
329
327
Observations sur les Arrêts remarquables du
Parlement de Toulouse ,.
332
Projet d'un Supplement pour la derniere Edition
de S. Jerôme , &c. 334
Livres nouveaux des Pays Etrangers , 338
Suite des Médailles du Roy , & c . 340
Etrennes , 341
Spectacles , Omphale , Extrait , 344
Extrait de la Tragédie de Gustave , 356
Nouvelles Etrangeres . Lettre de Constantinople
LYON
sur
BI
sur la nouvelle Révolution de Perse ,
De Pologne , & c.
360
375
D'Allemagne , Italie , Espagne et Portugal , 378
Grande Bretagne ,. 382
France , Nouvelles de la Cour , de Paris , & c . 383
Service solemnel pour le Roy de Sardaigne ;
Description du Catafalque , &c. 385
Rhume , Broüilards , & c. 392
Benefices donnez , 395
Morts et Mariages , 397
Maladie et Mort de Madame de France , 398
Arrêts Notables , 401
199
Ieces Fugitives . L'Esperance , Ode ,
Question importante , jugée au Parlement de
Provence ,
Rondeau ,
204
212
Refléxions sur le nouveau Traité du Sublime, 213
Ode imitée d'Horace ,
Réplique au sujet d'une Inscription ,
Hero , Cantate ,
228
230
246
Médaille de l'Emper. Hadrien , Explication , 249
Ode ,
Dissertation sur les Enseignes Militaires ,
Les Coquillages , Idille ,
Huitiéme Lettre sur Oran et Ceuta ,
L'Amour et la Jalousie , Fable ,
Lettre au sujet d'un Lampe antique ,
258
261
285
292
299
300
Зіл
Enigme , Logogryphes , &c.
Nouvelles Litteraires , des Beaux Arts , &c. 314
Méthode pour apprendre l'Orthographe et la
Langue Françoise ,
Traité sur la Magie , le Sortilege ,
La Vie du Sultan Saladin , &c.
Bibliotheque Italique , & c.
217
ibid.
329
327
Observations sur les Arrêts remarquables du
Parlement de Toulouse ,.
332
Projet d'un Supplement pour la derniere Edition
de S. Jerôme , &c. 334
Livres nouveaux des Pays Etrangers , 338
Suite des Médailles du Roy , & c . 340
Etrennes , 341
Spectacles , Omphale , Extrait , 344
Extrait de la Tragédie de Gustave , 356
Nouvelles Etrangeres . Lettre de Constantinople
LYON
sur
BI
sur la nouvelle Révolution de Perse ,
De Pologne , & c.
360
375
D'Allemagne , Italie , Espagne et Portugal , 378
Grande Bretagne ,. 382
France , Nouvelles de la Cour , de Paris , & c . 383
Service solemnel pour le Roy de Sardaigne ;
Description du Catafalque , &c. 385
Rhume , Broüilards , & c. 392
Benefices donnez , 395
Morts et Mariages , 397
Maladie et Mort de Madame de France , 398
Arrêts Notables , 401
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Résumé : TABLE
Le document présente une table des matières d'une publication, probablement une revue ou un recueil, couvrant divers sujets littéraires et historiques. Les sections incluent des poèmes tels que 'Ieces Fugitives', 'L'Esperance', 'Ode imitée d'Horace', et 'L'Amour et la Jalousie'. Des œuvres en prose comme 'Réflexions sur le nouveau Traité du Sublime', 'Dissertation sur les Enseignes Militaires', et 'Lettre au sujet d'un Lampe antique' sont également mentionnées. Le texte comprend des articles sur des sujets variés tels que 'Méthode pour apprendre l'Orthographe et la Langue Françoise', 'Traité sur la Magie, le Sortilege', et 'La Vie du Sultan Saladin'. Des sections dédiées aux nouvelles littéraires, aux beaux-arts, et aux observations sur les arrêts du Parlement de Toulouse sont présentes. Le document inclut aussi des nouvelles étrangères concernant la Perse, la Pologne, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, la Grande-Bretagne, et la France. Des événements spécifiques comme le service solennel pour le roi de Sardaigne et la maladie et mort de Madame de France sont rapportés. Enfin, des sections sur les bénéfices donnés, les morts et mariages, et les arrêts notables complètent la table des matières.
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11065
p. 187-189
« M. GAUTIER nous assure qu'il est l'inventeur de l'art d'imprimer les tableaux à [...] »
Début :
M. GAUTIER nous assure qu'il est l'inventeur de l'art d'imprimer les tableaux à [...]
Mots clefs :
Tableaux, Anatomie, Jacques Gautier d'Agoty, Couleurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. GAUTIER nous assure qu'il est l'inventeur de l'art d'imprimer les tableaux à [...] »
M. GAUTIER nous affure qu'il eft l'inventeur
de l'art d'imprimer les tableaux à
quatre cuivres. Les tentatives infructueufes
qui ont été faites pour y parvenir depuis
plus de foixante ans , prouvent les
difficultés qu'il y a de réuffit dans ce nouveau
genre de gravure. Son origine comme
celle de toutes les autres inventions ,
eſt priſe dans les ſources les plus anciennes;
c'eft des Manufactures d'indiennes de Marfeille
que M. Gautier a conçu l'idée de
frapper des tableaux , comme on frappe
des fleurs fur ces fortes de toiles peintes ,
& il prétend avoir réuffi par la raifon qu'il
poffede la théorie des couleurs. Ces fortes
de tableaux peuvent fervir à l'Hiftoire natarelle
, à l'Anatomie , ainfi qu'à l'ornement
des cabinets. Jean - Baptifte - André
188 MERCURE DE FRANCE..
Gautier fon fils aîné , tient déja le burin ,
& va le feconder dans fes entrepriſes. Il
annonce au public , fous la direction & la
touche de fon pere , deux tableaux dans ce
genre , dont l'un repréfente la Toilette du
Soir , d'apres Arnoldus Boonen ; & l'autre
le Magifter Hollandois & fa jeure Ecoliere ,
d'après Therbourk , tous deux tirés du cabinet
de M. le Comte de Vence , & préfentés
à M. le Marquis de Marigny , avec
l'approbation de plufieurs Académiciens.
M. Gautier nous promet après la fecon-
Cde édition de fon cours d'Anatomie auquel
uel il eft fcrupuleufement attaché , de
donner des fuites de tableaux de plusieurs
genres , & les fuites d'Hiftoire naturelle
qu'il ne difcontinue point.
·
Les deux tableaux que nous venons d'annoncer
font fur toile de buit , c'est- à - dire de
quinze pouces de haut fur douze de large.
Le prix eft de trois livres en feuilles , & quatre
livres collés fur toile & vernis .
M. Gautier avertit les amateurs d'Anatomie
, que l'homme en cire n'eft plus chez
lui. Ce morceau a été moulé fur un fujet
difféqué aux Invalides de Paris , & repréfentant
exactement les vifceres , les mufcles
, les vaiffeaux & les nerfs , comme la
nature même ; il eft beaucoup eftimé des
connoiffeurs dans ce genre , & a été vu
NOVEMBRE. 1755. 189
de bien des perfonnes qui en ont loué le
travail & l'exactitude. C'eſt afin que l'on
ne fe donne plus la peine de l'aller voir
chez lui qu'il donne cet avis ; cependant'
les perfonnes de diftinction aufquelles on
ne peut rien réfufer , apprendront chez
M. Gautier où il eft actuellement , & le'
nom de l'amateur qui en a fait l'acquifi-'
tion ; & fi quelque Seigneur veut avoir une
pareille figure , les moules étant encore
entiers , il aura la bonté d'avertir un an
d'avance. Le prix eft de fix mille livres ,
avec la fuite des parties détachées , en
cire également.
de l'art d'imprimer les tableaux à
quatre cuivres. Les tentatives infructueufes
qui ont été faites pour y parvenir depuis
plus de foixante ans , prouvent les
difficultés qu'il y a de réuffit dans ce nouveau
genre de gravure. Son origine comme
celle de toutes les autres inventions ,
eſt priſe dans les ſources les plus anciennes;
c'eft des Manufactures d'indiennes de Marfeille
que M. Gautier a conçu l'idée de
frapper des tableaux , comme on frappe
des fleurs fur ces fortes de toiles peintes ,
& il prétend avoir réuffi par la raifon qu'il
poffede la théorie des couleurs. Ces fortes
de tableaux peuvent fervir à l'Hiftoire natarelle
, à l'Anatomie , ainfi qu'à l'ornement
des cabinets. Jean - Baptifte - André
188 MERCURE DE FRANCE..
Gautier fon fils aîné , tient déja le burin ,
& va le feconder dans fes entrepriſes. Il
annonce au public , fous la direction & la
touche de fon pere , deux tableaux dans ce
genre , dont l'un repréfente la Toilette du
Soir , d'apres Arnoldus Boonen ; & l'autre
le Magifter Hollandois & fa jeure Ecoliere ,
d'après Therbourk , tous deux tirés du cabinet
de M. le Comte de Vence , & préfentés
à M. le Marquis de Marigny , avec
l'approbation de plufieurs Académiciens.
M. Gautier nous promet après la fecon-
Cde édition de fon cours d'Anatomie auquel
uel il eft fcrupuleufement attaché , de
donner des fuites de tableaux de plusieurs
genres , & les fuites d'Hiftoire naturelle
qu'il ne difcontinue point.
·
Les deux tableaux que nous venons d'annoncer
font fur toile de buit , c'est- à - dire de
quinze pouces de haut fur douze de large.
Le prix eft de trois livres en feuilles , & quatre
livres collés fur toile & vernis .
M. Gautier avertit les amateurs d'Anatomie
, que l'homme en cire n'eft plus chez
lui. Ce morceau a été moulé fur un fujet
difféqué aux Invalides de Paris , & repréfentant
exactement les vifceres , les mufcles
, les vaiffeaux & les nerfs , comme la
nature même ; il eft beaucoup eftimé des
connoiffeurs dans ce genre , & a été vu
NOVEMBRE. 1755. 189
de bien des perfonnes qui en ont loué le
travail & l'exactitude. C'eſt afin que l'on
ne fe donne plus la peine de l'aller voir
chez lui qu'il donne cet avis ; cependant'
les perfonnes de diftinction aufquelles on
ne peut rien réfufer , apprendront chez
M. Gautier où il eft actuellement , & le'
nom de l'amateur qui en a fait l'acquifi-'
tion ; & fi quelque Seigneur veut avoir une
pareille figure , les moules étant encore
entiers , il aura la bonté d'avertir un an
d'avance. Le prix eft de fix mille livres ,
avec la fuite des parties détachées , en
cire également.
Fermer
Résumé : « M. GAUTIER nous assure qu'il est l'inventeur de l'art d'imprimer les tableaux à [...] »
M. Gautier se présente comme l'inventeur de l'impression des tableaux à quatre cuivres, une technique inspirée par les manufactures d'indiennes de Marseille. Cette méthode permet de reproduire des tableaux comme on imprime des fleurs sur des toiles. Gautier attribue son succès à sa maîtrise de la théorie des couleurs. Ces impressions peuvent être utilisées pour l'histoire naturelle, l'anatomie ou l'ornementation de cabinets. Son fils, Jean-Baptiste-André Gautier, collabore avec lui et annonce deux tableaux : 'La Toilette du Soir' d'après Arnoldus Boonen et 'Le Magistre Hollandois et sa jeune Écolière' d'après Therbourk. Ces œuvres, tirées du cabinet de M. le Comte de Vence, ont été présentées à M. le Marquis de Marigny avec l'approbation de plusieurs académiciens. Après la seconde édition de son cours d'anatomie, Gautier prévoit de publier des suites de tableaux de divers genres et des suites d'histoire naturelle. Les deux tableaux annoncés sont sur toile de buit, mesurant quinze pouces de haut sur douze de large, et sont vendus trois livres en feuilles et quatre livres collés sur toile et vernis. Gautier informe également les amateurs d'anatomie que son modèle en cire de l'homme, moulé sur un sujet aux Invalides de Paris, a été acquis par un amateur. Il propose de reproduire le modèle pour ceux intéressés, à condition d'être averti un an à l'avance, pour un prix de six mille livres incluant la suite des parties détachées en cire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11066
p. 135-139
De Londres le 12 Février
Début :
Il est arrivé une affaire importante qui fait beaucoup de [...]
Mots clefs :
Colonel, Capitaine des gardes, Ministre, Visite, Arrêts, Gouvernement, Négociation, Abbé, Tsar, Saint-Petersbourg
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texteReconnaissance textuelle : De Londres le 12 Février
NOUVELLES
ETRANGERES
De Londres le 12 Février
Left arrivé une affaire imporqui
beaucoup
Mardi au foir affez tard , le Colonel
Blackney Capitaine aux Gardes , alla
avec un détachement de foixante
hommes alla fe pofter au tour de la
Maifon du Comte de Gyllembourg
Envoyé de Suede ; une heure aprés le
Major G. Wade alla fraper à la porte
de ce Miniftre ; eftant entré dáns fa
maifon avec le Colonel , il le trouva
écrivant des Dépeches , & luy ayant
expliqué le fujet de fa vifite , il fe faifit
des papiers qu'il trouva fur fa table
, & mit le Scellé fur les calfetes
où il y avoit d'autres papiers qu'il
fit tranfporter ; enfuite de quoy
Mij
136 LE NOUVEAU
ayant pris congé de ce Miniftre , il
laiffa dans fa maifon la Garde qu'on y
avoit mife , qui fut relevée le lendemain
Mercredy par vingt Grenadiers ;
ce jour là on arrêta le Chevalier Jacob
Bank Suedois de Nation & autre
fois membre du Parlement , de même
que M. Cefar ci-devant Tréforier
de la Marine , comme il n'y a
que le Roy & fon Confeil qui fçachent
le fecret de cette affaire , on
n'en parle jufqu'ici dans le Public, que
par des conjectures ; mais comme
fon apprend que quelques Miniftres
étrangers ont prefentés un Memoire
pour eftre informez des motifs de
l'arêtde cetEnvoyé, & que l'on ditque
la Cour leur en doit aujourd'hui faire
fçavoir les raifons ; on ne tardera pas
d'en eftre éclairci. Cependant il y a
diverfes circonstances qui font juger
que cette affaire eft des plus graves &
des plus importantes , plufieurs Meſfagers
d'Etat & autres Officiers font
en campagne pour arrêter diverles
perfonnes
; on a envoyé
des Ordres pour faire fermer les
Ports . On preffe l'équipement.de
MERCURE 137
l'Efcadre pour la Mer Baltique , &
pour trouver plus promptement des
Matelots . On a mis un Embargo
fur tous les Vaiffeaux ; on dit auffi
que M. Jakfon Refident de S. M. à
la Cour de Suede, a efté rappellé quelque
tems avant que cette affaire ait
éclaté.
Les papiers qu'on a faifi chez le
Miniftre de Suede , ont efté portez
au Bureau du premier Secretaire d'Etat
, où on travaille actuellement
à les examiner. Le bruit eft generalement
répandu , qu'on a fair des
découvertes de la derniere confequence,
qui n'interreflent pas moins
la Nation que le Gouvernement , &
on en dit tant de chofes & de fi furprenantes,
que tout le Public eft dans
L'impatience de voir ce qui fera publié
de la part de S. M. & communiqué
à Meffieurs les Miniftres touchant
cette affaire.
On vient d'apprendre que le
Comte de Gyllembourg a efté examiné
aujourd'hui , & que la Cour a
fait fçavoir aux Miniftres étrangers
Miij
38 LE
NOUVEAU
les raifons de fon arreft & de la faifie
de fes papiers . S. M. a auffi envoyé
Ordre à fes Miniftres dans les
Cours étrangeres d'en faire une pareille
notification.
On écrit de Peterbourg que le
21 & le 22 Novembre dernier , il
s'éleva un orage fi furieux à Revel.
en Livonie , que non feulement la
plus grande partie de la Flote Mofcovite
en avoit efté fort endommagée
, mais que le Port même avoit
efté prefque entierement detruit ; on
ne l'avoit mis à fa perfection que
Pan paflé, avec des dépenfes exceffives
.
Les Vaiffeaux , Antoine & la Fortune
, da premier rang ont coulez à
fond , fept autres du premier & du
fecond rang , fçavoir la Caterine
le Pultova , le Rafaël , le Gabriel ,.
le Michel , le Saladiel & la Perle
ont efté fracaffés ; cet accident mettoit
la Flotte du Czar hors d'état .
de fortirjen Met de long- tems , on
fait monter cette perte à plufieurs
millions.
MERCURE. 1399
M. l'Abbé Dubois eft de retour de
Hollande à Paris L. H. P.luy avoient
remis avant fon départ de la Haye
une Lettre de récreance pour le
Roytrés Chrétien , par laquelle on
temoigne l'extreme fatisfaction que:
L. H. P. ont eus de la conduite de ce
Miniftre dans tout le cours de fa negociation.
ETRANGERES
De Londres le 12 Février
Left arrivé une affaire imporqui
beaucoup
Mardi au foir affez tard , le Colonel
Blackney Capitaine aux Gardes , alla
avec un détachement de foixante
hommes alla fe pofter au tour de la
Maifon du Comte de Gyllembourg
Envoyé de Suede ; une heure aprés le
Major G. Wade alla fraper à la porte
de ce Miniftre ; eftant entré dáns fa
maifon avec le Colonel , il le trouva
écrivant des Dépeches , & luy ayant
expliqué le fujet de fa vifite , il fe faifit
des papiers qu'il trouva fur fa table
, & mit le Scellé fur les calfetes
où il y avoit d'autres papiers qu'il
fit tranfporter ; enfuite de quoy
Mij
136 LE NOUVEAU
ayant pris congé de ce Miniftre , il
laiffa dans fa maifon la Garde qu'on y
avoit mife , qui fut relevée le lendemain
Mercredy par vingt Grenadiers ;
ce jour là on arrêta le Chevalier Jacob
Bank Suedois de Nation & autre
fois membre du Parlement , de même
que M. Cefar ci-devant Tréforier
de la Marine , comme il n'y a
que le Roy & fon Confeil qui fçachent
le fecret de cette affaire , on
n'en parle jufqu'ici dans le Public, que
par des conjectures ; mais comme
fon apprend que quelques Miniftres
étrangers ont prefentés un Memoire
pour eftre informez des motifs de
l'arêtde cetEnvoyé, & que l'on ditque
la Cour leur en doit aujourd'hui faire
fçavoir les raifons ; on ne tardera pas
d'en eftre éclairci. Cependant il y a
diverfes circonstances qui font juger
que cette affaire eft des plus graves &
des plus importantes , plufieurs Meſfagers
d'Etat & autres Officiers font
en campagne pour arrêter diverles
perfonnes
; on a envoyé
des Ordres pour faire fermer les
Ports . On preffe l'équipement.de
MERCURE 137
l'Efcadre pour la Mer Baltique , &
pour trouver plus promptement des
Matelots . On a mis un Embargo
fur tous les Vaiffeaux ; on dit auffi
que M. Jakfon Refident de S. M. à
la Cour de Suede, a efté rappellé quelque
tems avant que cette affaire ait
éclaté.
Les papiers qu'on a faifi chez le
Miniftre de Suede , ont efté portez
au Bureau du premier Secretaire d'Etat
, où on travaille actuellement
à les examiner. Le bruit eft generalement
répandu , qu'on a fair des
découvertes de la derniere confequence,
qui n'interreflent pas moins
la Nation que le Gouvernement , &
on en dit tant de chofes & de fi furprenantes,
que tout le Public eft dans
L'impatience de voir ce qui fera publié
de la part de S. M. & communiqué
à Meffieurs les Miniftres touchant
cette affaire.
On vient d'apprendre que le
Comte de Gyllembourg a efté examiné
aujourd'hui , & que la Cour a
fait fçavoir aux Miniftres étrangers
Miij
38 LE
NOUVEAU
les raifons de fon arreft & de la faifie
de fes papiers . S. M. a auffi envoyé
Ordre à fes Miniftres dans les
Cours étrangeres d'en faire une pareille
notification.
On écrit de Peterbourg que le
21 & le 22 Novembre dernier , il
s'éleva un orage fi furieux à Revel.
en Livonie , que non feulement la
plus grande partie de la Flote Mofcovite
en avoit efté fort endommagée
, mais que le Port même avoit
efté prefque entierement detruit ; on
ne l'avoit mis à fa perfection que
Pan paflé, avec des dépenfes exceffives
.
Les Vaiffeaux , Antoine & la Fortune
, da premier rang ont coulez à
fond , fept autres du premier & du
fecond rang , fçavoir la Caterine
le Pultova , le Rafaël , le Gabriel ,.
le Michel , le Saladiel & la Perle
ont efté fracaffés ; cet accident mettoit
la Flotte du Czar hors d'état .
de fortirjen Met de long- tems , on
fait monter cette perte à plufieurs
millions.
MERCURE. 1399
M. l'Abbé Dubois eft de retour de
Hollande à Paris L. H. P.luy avoient
remis avant fon départ de la Haye
une Lettre de récreance pour le
Roytrés Chrétien , par laquelle on
temoigne l'extreme fatisfaction que:
L. H. P. ont eus de la conduite de ce
Miniftre dans tout le cours de fa negociation.
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11067
p. 405-411
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Le 30. Janvier, Dame Magdeleine Vanier, Veuve de M. Adrien [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS, NAISSANCES
et Mariages.
E30. Janvier , Dame Magdeleine Vanier
valier , Comte de Grignols , mourut à Paris ,
âgée de 80. áns.
François de Goulard , Marquis de Lescusson ,
Brigadier des Armées du Roy , Gouverneur de Riblemont , cy- devant Premier Sous- Lieutenant
de la seconde Compagnie des Mousquetaires de
la Garde du Roy , mourut à Parls le 31. âgés d'environ 106. ans.
D. Marguerite de Mechatin , Chanoinesse ,
Com-
6 MERCURE DE FRANCE
Comtesse de Remiremont , mourut le 2. Février,
âgée de 96. ans.
D. Agnès- Pauline Portail , veuve de Nicolas le
Machat de Pompadour , ancien Colonel d'Infan
rerie , Chevalier de S. Louis , mourut le 3. âgée
de 87. ans.
Charles - Jean Baptiste Fleuriau , Comte de
Morville , Chevalier de l'Ordre de la Toison
d'Or , Gouverneur et Grand - Bailly de Chartres,
et l'un des Quarante de l'Académie Françoise ,
mourut à Paris le 3. de ce mois ; dans la 46. année de son âge. Il étoit Ambassadeur du Roi en
Hollande , et Ambassadeur Plenipotentiaire de
S. M. au Congrès de Cambray , lorsqu'au mois
d'Avril 1722. il fut pourvû de la Charge de Scretaire d'Etat , dont feu M d'Armenonvile son
Pere , pour lors Garde des Seeaux de France ,
s'étoit démis en sa faveur. Au mois d'Août 172}
le Comte de Morville eut le département des Affaires Etrangeres , et devint Ministre d'Etat , er
forsque le 19. Août 1727. il avoit prié le Roi
d'accepter la démission de sa Charge, S.M pour
récompenser ses services , lui avoit accordé une
pension de 20000.
Gilbert d'Hostun de Gadagne , Comte de Verdun , Lieutenant de Roi de la Province du Forès ,
mourut à Paris le 5. de ce mois , dans la 78 année de son âge.
M. Gallot Mandat , Doyen des Conseillers
Clercs du Parlement , Prieur du Prieuré de SaintPierre Decéton , mourut le 6. âgé de 83. ans.
D. Louise-Therese Diane de Bautru de Nogent,
Epouse de Louis Chrétien Darçot , Cointe du
$ Empire, mourut le 6. âgée de 67 ans
D. Marie- Julie de Boorsm , veuve de Alexandre , Marquis de S. Ferveol Montauban , mourur le 10 âgée de 70, ans,
FEVRIER. 1732. ·407
Jean-Claude de la Poype de Vertrieux , Evêque
de Poitiers , est mort depuis peu dans son Diocèse. Il y a plusieurs années que l'Abbé de Foudras,
Comte de Lyon , a été nommé Coadjuteur de
l'Evêché de Poitiers.
Charles d'Hozier , Juge d'Armes de France
Génealogiste des Ecuries du Roy , Chevalier des
Ordres Militaires de S Maurice et de S. Lazare ,
mourut le 13. Fevrier , dans la 92. année de son
âge. Il étoit fils de Pierre d'Hozier , Conseiller
d'Etat , Chevalier de S. Michel , Juge d'Armes
de France , &c.
Jean- Baptiste de' Pomereu , Chevalier , Mar- quis de Riceys , Conseiller d'Etat , mourut le 13.
âgé de 76. ans ou environ.
M. Jean- Baptiste- Thomas Hue de Miromenil , Chanoine de l'Eglise de Paris , Abbé de
S: Urbain , Diocèse de Châlons, mourut le 20 de
ce mois , âgé de 64. ans ou environ.
La Princesse de Conty , seconde Doüairiere ,
Princesse du Sang , mourut à Paris le 22 de Fevrier , à 5. heures et demie du matin , âgée de
66, ans et 21. jours , étant née le premier Fevrier
1666. Cette Princesse , qui se nommoit MarieTherese , étoit fille d'Henry Jules de Bourbon,
Prince de Condé , Premier Prince du Sang , mort
le premier Avril 1709. et d'Anne de Baviere ,
morte le 23. Fevrier 1723. Elle avoit été mariée
le 29. Juin 1688. à François- Louis de Bourbon,
Prince de Conty, mort le 22. Fevrier 17094
qui avoit laissé de ce Mariage Louis Armand de
Bourbon, Prince de Conty, mort le 4. May 1727.
Marie- Anne de Bourbon Conty , premiere femmedu Duc de Bourbon , morte le 21. Mars 1720%-
et Mademoiselle de la Roche- sur-Yon.
⚫ D. Anne de Castras , Epouse de Michel-Jean Bap
408 MERCURE DE FRANCE
4
Baptiste Charon , Marquis de Menars , Earon de
Conflans , Brigadier des Armées du Roi , Gouverneur du Château de Blois &c , accoucha le 26
Decembre d'un fils qui fut nommé Charles- Armand , par Charles Armand de Gontaud , Dac
de Biron, Lieutenant General des Armées du Roi,
Gouverneur de Landau, et par D. Marie- Fran-›
çoise-Therese Charon de Menars de Rozieux.
D. Magdelaine- Catherine Carvel , Epouse de
Charles , Marquis de Loudetot , Brigadier des
Armées du Roi , Colonel du Regiment d'Artois,
Lieutenant de Roi en Picardie , accoucha le 29
d'une fille qui fut nommée Charlote-Magdelaine
par M. Charles- Arnaud de Pomponne , Abbé de
S. Medard de Soissons , Conseiller d'Etat ordinaire , Commandeur des Ordres du Roy &c. et、
par D. Marie Megret , Epoufe de Claude Pellot
Comte de Trevieres , Conseiller au Parlement.
D. Charlotte Rivié , Epouse de Marie du Fresnoy, Chevalier , Marquis de Fresnoy ; accoucha
le 11. de Janvier d'un fils , qui fut tenu sur les
Fonts par M: Thomas Rivié , Conseiller , Secretaire Honoraire du Roy , Baron de Chars ,
par Ď. Marie- Anne Deschiens de la Neuville ,
Epouse de M.Jean- Baptiste Marquis du Fresnoy.
et
D. Marguerite du Temple , Epouse de Barthe- lemi-Nicolas Huault , Seigneur de Bemuy , &c.
Conseiller au Parlement , accoucha le 1r. Jan- vier d'une fille , qui fut nommée Anne , par Pierre Molasque Couray , Chevalier de l'Ordre de
Portugal , Conseiller , Secretaire du Roy , &c. et
parD. Anne- Françoise Diolet , Epouse de Hu- gues de Monteilles, Capitaine d'Infanterie.
D. Louise Thoynard' , Epouse de M. Gilbert
Garpentier, Chevalier , Seigneur de Crecy &c ,. ac
FEVRIER. 1732. 409
accoucha le 22 de ce mois d'un fils qui fut tenu
sur les Fonts par Charles- François de Laubespine,
Chevalier, Seigneur Comte de Laubespine , Cousin du Seigneur de Crecy , et par D. Marie- Françoise de Beauvilliers de S.Aignan , Sœur du Duc
de S. Aignan, Chevalier des Ordres du Roy , Ambassadeur de S. M. à la Cour de Rome , et Mere
du Comte de Laubespine.
D. Marie- Anne Besnard , Epouse de Louis
Gabriel Bazin , Marquis de Besons , Mestre de
Campdu Régiment Dauphin Etranger, Cavalerie,,
Gouverneur des Ville et Citadelle de Cambray,
accoucha le 25. Janvier d'une fille , qui fut nommée Louise-Josephe , par Joseph- Antoine de
Menestrelle de Hauguel, Seigneur de S. Germain,
ancien Capitaine aux Gardes Françoises , et par
D. Louise Magdeleine le Blanc, veuve d'Esprit
Juvenal de Marville , des Ursins , Marquis de Trainel.
Dame Anne Cahouet de Beauvais , Epouse de
M. Germain-Louis de Chauvelin , Garde des
Sceaux de France , Ministre et Secretaire d'Etat ,
Président à Mortier au Parlement , accoucha le
25. Janvier d'une fille qui fut nommée Anne
Sabine Rosalie, par Henry Camille de Beringher,
Chevalier des Ordres et Premier Ecuyer du Roy,
Lieutenant General au Gouvernement de Bourgogne , et Gouverneur des Ville et Citadelle de
Châlons sur Saone , et par D. Marie- Catherine
Anne d'Estrées , veuve de Michel François le Tellier, Marquis de Courtenvaux, Capitaine - Colonel
de la Compagnie des Cent- Suisses de la Garde
ordinaire du Corps du Roy.
D. Jeanne Camus de Pontcarré , Epouse de
Louis- Christophe de la Rochefoucault de Lascaris Marquis d'Urfé , &c. Grand- Baillif de Forès,
Mestre
410 MERCURE DE FRANCE
Mestre de Camp de Cavalerie , accoucha le 174
Fevrier d'une fille, qui fut nommée Agnès-Marie,
Louis Hubert , Comte de Champagne , fils
de feu N.Hubert deChampagne, Comte de Villai .
ne et de D. Magdelaine de Champagne , épouſa le 11 Decembre D. Françoise Judith de Lopride ,
veuve de Jean-François Joubert , Comte de Châ teau-Morant , Lieutenant General des Armées du´
Roi, Grand- Croix de l'Ordre de S. Louis.
Charles-Philippe d'Albett , Duc.de Luynes et
de Chevreuse , Pair de France , veuf de Dame
Louise Jaqueline de Bourbon , Princesse de NeufChatel et de Valangin , Comtesse de Dunois &c.
épousa le 19 Janvier D. Marie Brulart , veuye de
Louis-Jofeph de Bethune, Marquis de Charost :
la célébration fut- faite par M. l'Archevêque de de Paris dans sa Chapelle.
Louis Cesar de la Beaume le Blanc de la ValHere , Duc de Vaujour , Gouverneur et Grand- Senechal en survivance de la Province de Bourbonnois , Colonnel d'Infanterie , fils de Charles.
François de la Beaume le Blanc de la Valliere
Duc de la Valliere , Pair de France , &c. Lieute.
tenant General des Armées du Roy , et de Dame Marie-Therese de Nouailles , épousa le 19. Fcvrier D. Anne Julie de Crussol , fille de Jean
Charles de Crussol , Duc d'Usez , Premier Pais
de France , Gouverneur de Saintonges , et d'Angoumois, Chevalier des Ordres du Roy , et de
D. Anne Marie-Marguerite de Bullion.
Adrien Maurice de Mairault , Ecuyer , Receveur des Décimes du Clergé , épousa le zo. Février Madlle Françoise- Catherine de Villiers, fille
de M. François Beluchau , Ecuyer , Seigneur de
Villiers , Gentilhomme ordinaire du Roy , ve .teran..
FEVRIER 1722. 411
>
Jean-Baptiste-Louis-Frederic de Roye de la Rochefoucault , Marquis de Roussy , Duc de
Damville , Lieutenant General des Galeres , fils
mineur de Louis de Roye de la Rochefoucault ,
Marquis de Roy , Lieutenant General des Galeres , en survivance , et de D. Marthe Du Casse
épousa le 28. du même mois D. Louise-Elizabeth de la Rochefoucault , fille mineure d'Alexandre
Duc de la Rochefoucault et de la Roche- Guyon,
Pair de France , Chevalier des Ordres du Roy
Grand- Maître de sa Garderobe , et de D. Elizabeth-Marie Loüise- Nicole de Bermond du Caylard de Noyras d'Amboise.
et Mariages.
E30. Janvier , Dame Magdeleine Vanier
valier , Comte de Grignols , mourut à Paris ,
âgée de 80. áns.
François de Goulard , Marquis de Lescusson ,
Brigadier des Armées du Roy , Gouverneur de Riblemont , cy- devant Premier Sous- Lieutenant
de la seconde Compagnie des Mousquetaires de
la Garde du Roy , mourut à Parls le 31. âgés d'environ 106. ans.
D. Marguerite de Mechatin , Chanoinesse ,
Com-
6 MERCURE DE FRANCE
Comtesse de Remiremont , mourut le 2. Février,
âgée de 96. ans.
D. Agnès- Pauline Portail , veuve de Nicolas le
Machat de Pompadour , ancien Colonel d'Infan
rerie , Chevalier de S. Louis , mourut le 3. âgée
de 87. ans.
Charles - Jean Baptiste Fleuriau , Comte de
Morville , Chevalier de l'Ordre de la Toison
d'Or , Gouverneur et Grand - Bailly de Chartres,
et l'un des Quarante de l'Académie Françoise ,
mourut à Paris le 3. de ce mois ; dans la 46. année de son âge. Il étoit Ambassadeur du Roi en
Hollande , et Ambassadeur Plenipotentiaire de
S. M. au Congrès de Cambray , lorsqu'au mois
d'Avril 1722. il fut pourvû de la Charge de Scretaire d'Etat , dont feu M d'Armenonvile son
Pere , pour lors Garde des Seeaux de France ,
s'étoit démis en sa faveur. Au mois d'Août 172}
le Comte de Morville eut le département des Affaires Etrangeres , et devint Ministre d'Etat , er
forsque le 19. Août 1727. il avoit prié le Roi
d'accepter la démission de sa Charge, S.M pour
récompenser ses services , lui avoit accordé une
pension de 20000.
Gilbert d'Hostun de Gadagne , Comte de Verdun , Lieutenant de Roi de la Province du Forès ,
mourut à Paris le 5. de ce mois , dans la 78 année de son âge.
M. Gallot Mandat , Doyen des Conseillers
Clercs du Parlement , Prieur du Prieuré de SaintPierre Decéton , mourut le 6. âgé de 83. ans.
D. Louise-Therese Diane de Bautru de Nogent,
Epouse de Louis Chrétien Darçot , Cointe du
$ Empire, mourut le 6. âgée de 67 ans
D. Marie- Julie de Boorsm , veuve de Alexandre , Marquis de S. Ferveol Montauban , mourur le 10 âgée de 70, ans,
FEVRIER. 1732. ·407
Jean-Claude de la Poype de Vertrieux , Evêque
de Poitiers , est mort depuis peu dans son Diocèse. Il y a plusieurs années que l'Abbé de Foudras,
Comte de Lyon , a été nommé Coadjuteur de
l'Evêché de Poitiers.
Charles d'Hozier , Juge d'Armes de France
Génealogiste des Ecuries du Roy , Chevalier des
Ordres Militaires de S Maurice et de S. Lazare ,
mourut le 13. Fevrier , dans la 92. année de son
âge. Il étoit fils de Pierre d'Hozier , Conseiller
d'Etat , Chevalier de S. Michel , Juge d'Armes
de France , &c.
Jean- Baptiste de' Pomereu , Chevalier , Mar- quis de Riceys , Conseiller d'Etat , mourut le 13.
âgé de 76. ans ou environ.
M. Jean- Baptiste- Thomas Hue de Miromenil , Chanoine de l'Eglise de Paris , Abbé de
S: Urbain , Diocèse de Châlons, mourut le 20 de
ce mois , âgé de 64. ans ou environ.
La Princesse de Conty , seconde Doüairiere ,
Princesse du Sang , mourut à Paris le 22 de Fevrier , à 5. heures et demie du matin , âgée de
66, ans et 21. jours , étant née le premier Fevrier
1666. Cette Princesse , qui se nommoit MarieTherese , étoit fille d'Henry Jules de Bourbon,
Prince de Condé , Premier Prince du Sang , mort
le premier Avril 1709. et d'Anne de Baviere ,
morte le 23. Fevrier 1723. Elle avoit été mariée
le 29. Juin 1688. à François- Louis de Bourbon,
Prince de Conty, mort le 22. Fevrier 17094
qui avoit laissé de ce Mariage Louis Armand de
Bourbon, Prince de Conty, mort le 4. May 1727.
Marie- Anne de Bourbon Conty , premiere femmedu Duc de Bourbon , morte le 21. Mars 1720%-
et Mademoiselle de la Roche- sur-Yon.
⚫ D. Anne de Castras , Epouse de Michel-Jean Bap
408 MERCURE DE FRANCE
4
Baptiste Charon , Marquis de Menars , Earon de
Conflans , Brigadier des Armées du Roi , Gouverneur du Château de Blois &c , accoucha le 26
Decembre d'un fils qui fut nommé Charles- Armand , par Charles Armand de Gontaud , Dac
de Biron, Lieutenant General des Armées du Roi,
Gouverneur de Landau, et par D. Marie- Fran-›
çoise-Therese Charon de Menars de Rozieux.
D. Magdelaine- Catherine Carvel , Epouse de
Charles , Marquis de Loudetot , Brigadier des
Armées du Roi , Colonel du Regiment d'Artois,
Lieutenant de Roi en Picardie , accoucha le 29
d'une fille qui fut nommée Charlote-Magdelaine
par M. Charles- Arnaud de Pomponne , Abbé de
S. Medard de Soissons , Conseiller d'Etat ordinaire , Commandeur des Ordres du Roy &c. et、
par D. Marie Megret , Epoufe de Claude Pellot
Comte de Trevieres , Conseiller au Parlement.
D. Charlotte Rivié , Epouse de Marie du Fresnoy, Chevalier , Marquis de Fresnoy ; accoucha
le 11. de Janvier d'un fils , qui fut tenu sur les
Fonts par M: Thomas Rivié , Conseiller , Secretaire Honoraire du Roy , Baron de Chars ,
par Ď. Marie- Anne Deschiens de la Neuville ,
Epouse de M.Jean- Baptiste Marquis du Fresnoy.
et
D. Marguerite du Temple , Epouse de Barthe- lemi-Nicolas Huault , Seigneur de Bemuy , &c.
Conseiller au Parlement , accoucha le 1r. Jan- vier d'une fille , qui fut nommée Anne , par Pierre Molasque Couray , Chevalier de l'Ordre de
Portugal , Conseiller , Secretaire du Roy , &c. et
parD. Anne- Françoise Diolet , Epouse de Hu- gues de Monteilles, Capitaine d'Infanterie.
D. Louise Thoynard' , Epouse de M. Gilbert
Garpentier, Chevalier , Seigneur de Crecy &c ,. ac
FEVRIER. 1732. 409
accoucha le 22 de ce mois d'un fils qui fut tenu
sur les Fonts par Charles- François de Laubespine,
Chevalier, Seigneur Comte de Laubespine , Cousin du Seigneur de Crecy , et par D. Marie- Françoise de Beauvilliers de S.Aignan , Sœur du Duc
de S. Aignan, Chevalier des Ordres du Roy , Ambassadeur de S. M. à la Cour de Rome , et Mere
du Comte de Laubespine.
D. Marie- Anne Besnard , Epouse de Louis
Gabriel Bazin , Marquis de Besons , Mestre de
Campdu Régiment Dauphin Etranger, Cavalerie,,
Gouverneur des Ville et Citadelle de Cambray,
accoucha le 25. Janvier d'une fille , qui fut nommée Louise-Josephe , par Joseph- Antoine de
Menestrelle de Hauguel, Seigneur de S. Germain,
ancien Capitaine aux Gardes Françoises , et par
D. Louise Magdeleine le Blanc, veuve d'Esprit
Juvenal de Marville , des Ursins , Marquis de Trainel.
Dame Anne Cahouet de Beauvais , Epouse de
M. Germain-Louis de Chauvelin , Garde des
Sceaux de France , Ministre et Secretaire d'Etat ,
Président à Mortier au Parlement , accoucha le
25. Janvier d'une fille qui fut nommée Anne
Sabine Rosalie, par Henry Camille de Beringher,
Chevalier des Ordres et Premier Ecuyer du Roy,
Lieutenant General au Gouvernement de Bourgogne , et Gouverneur des Ville et Citadelle de
Châlons sur Saone , et par D. Marie- Catherine
Anne d'Estrées , veuve de Michel François le Tellier, Marquis de Courtenvaux, Capitaine - Colonel
de la Compagnie des Cent- Suisses de la Garde
ordinaire du Corps du Roy.
D. Jeanne Camus de Pontcarré , Epouse de
Louis- Christophe de la Rochefoucault de Lascaris Marquis d'Urfé , &c. Grand- Baillif de Forès,
Mestre
410 MERCURE DE FRANCE
Mestre de Camp de Cavalerie , accoucha le 174
Fevrier d'une fille, qui fut nommée Agnès-Marie,
Louis Hubert , Comte de Champagne , fils
de feu N.Hubert deChampagne, Comte de Villai .
ne et de D. Magdelaine de Champagne , épouſa le 11 Decembre D. Françoise Judith de Lopride ,
veuve de Jean-François Joubert , Comte de Châ teau-Morant , Lieutenant General des Armées du´
Roi, Grand- Croix de l'Ordre de S. Louis.
Charles-Philippe d'Albett , Duc.de Luynes et
de Chevreuse , Pair de France , veuf de Dame
Louise Jaqueline de Bourbon , Princesse de NeufChatel et de Valangin , Comtesse de Dunois &c.
épousa le 19 Janvier D. Marie Brulart , veuye de
Louis-Jofeph de Bethune, Marquis de Charost :
la célébration fut- faite par M. l'Archevêque de de Paris dans sa Chapelle.
Louis Cesar de la Beaume le Blanc de la ValHere , Duc de Vaujour , Gouverneur et Grand- Senechal en survivance de la Province de Bourbonnois , Colonnel d'Infanterie , fils de Charles.
François de la Beaume le Blanc de la Valliere
Duc de la Valliere , Pair de France , &c. Lieute.
tenant General des Armées du Roy , et de Dame Marie-Therese de Nouailles , épousa le 19. Fcvrier D. Anne Julie de Crussol , fille de Jean
Charles de Crussol , Duc d'Usez , Premier Pais
de France , Gouverneur de Saintonges , et d'Angoumois, Chevalier des Ordres du Roy , et de
D. Anne Marie-Marguerite de Bullion.
Adrien Maurice de Mairault , Ecuyer , Receveur des Décimes du Clergé , épousa le zo. Février Madlle Françoise- Catherine de Villiers, fille
de M. François Beluchau , Ecuyer , Seigneur de
Villiers , Gentilhomme ordinaire du Roy , ve .teran..
FEVRIER 1722. 411
>
Jean-Baptiste-Louis-Frederic de Roye de la Rochefoucault , Marquis de Roussy , Duc de
Damville , Lieutenant General des Galeres , fils
mineur de Louis de Roye de la Rochefoucault ,
Marquis de Roy , Lieutenant General des Galeres , en survivance , et de D. Marthe Du Casse
épousa le 28. du même mois D. Louise-Elizabeth de la Rochefoucault , fille mineure d'Alexandre
Duc de la Rochefoucault et de la Roche- Guyon,
Pair de France , Chevalier des Ordres du Roy
Grand- Maître de sa Garderobe , et de D. Elizabeth-Marie Loüise- Nicole de Bermond du Caylard de Noyras d'Amboise.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En janvier et février 1732, plusieurs événements marquants ont été enregistrés, incluant des décès, des naissances et des mariages. Parmi les décès notables, Dame Magdeleine Vanier, Comtesse de Grignols, est décédée à Paris à l'âge de 80 ans. François de Goulard, Marquis de Lescusson et Brigadier des Armées du Roy, est mort à Paris à l'âge de 106 ans. D. Marguerite de Mechatin, Chanoinesse et Comtesse de Remiremont, a également décédé à l'âge de 96 ans. Charles-Jean-Baptiste Fleuriau, Comte de Morville et Ambassadeur du Roi, est mort à Paris à l'âge de 46 ans. Il avait été Secrétaire d'État et Ministre d'État avant de démissionner en 1727. Gilbert d'Hostun de Gadagne, Comte de Verdun et Lieutenant du Roi de la Province du Forez, est décédé à Paris à l'âge de 78 ans. La Princesse de Conty, seconde douairière et Princesse du Sang, est morte à Paris à l'âge de 66 ans et 21 jours. Plusieurs naissances ont également été mentionnées. D. Anne de Castras a accouché d'un fils nommé Charles-Armand. D. Magdelaine-Catherine Carvel a donné naissance à une fille nommée Charlote-Magdelaine. D. Louise Thoynard a accouché d'un fils. D. Marie-Anne Besnard a eu une fille nommée Louise-Josephe. D. Jeanne Camus de Pontcarré a donné naissance à une fille nommée Agnès-Marie. Concernant les mariages, Louis Hubert, Comte de Champagne, a épousé D. Françoise Judith de Lopride. Charles-Philippe d'Albett, Duc de Luynes, a épousé D. Marie Brulart. Louis Cesar de la Beaume le Blanc de la Valliere, Duc de Vaujour, a épousé D. Anne Julie de Crussol. Adrien Maurice de Mairault a épousé Mademoiselle Françoise-Catherine de Villiers. Jean-Baptiste-Louis-Frédéric de Roye de la Rochefoucault, Marquis de Roussy, a épousé D. Louise-Élisabeth de la Rochefoucault.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11068
p. 71-84
Lettre à Monsieur Buchet : Contenant la Traduction de quelques endroits d'un Livre Anglois intitulé : Le Causeur, ou les Veilles du sieur Isaac Bixerstaff.
Début :
MONSIEUR, Je vous envoye ce que vous m'avez demandé, [...]
Mots clefs :
Homme, Bien, Vie, Rire, Café, Traduction, Mort, Public, Mari, Amis, Anglais, Style, Neige, Ridicule
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre à Monsieur Buchet : Contenant la Traduction de quelques endroits d'un Livre Anglois intitulé : Le Causeur, ou les Veilles du sieur Isaac Bixerstaff.
Lettre à Monfieur Buchet :
Contenant la Traduction de quelques en
droits d'un Livre Anglois intitulé : Le
Caufeur , ou les Veilles du fieur Iſaac
Bixerſtaff.
MONSIEUR ,
Je vous envoye ce que vous m'avez de
mmandé , mais je crains que vous n'en foyés
pas auffi content que vous avés cru. Vous
allez trouver de longues phrafes , des expreffions
hazardées , & peut- être des Anglicifmes
Ce n'eft pas tout , la maniere
de penfer vous paroîtra même bizarre.
Vous ferez choqué de l'Original & de la
Traduction , à moins que vous ne vous
prêtiez à tout ce que je m'en vais vous
dire.
L'Auteur,qui eft M. le Chevalier Steele,
celui à qui nous devons le Spectateur,
fe donne ici pour un vieux Aftrologue
Devin de profeffion , de plus Jurifconfulte ,
& Medecin. Un homme de cette efpece
doit parler d'une maniere peu commune ;
il eft impoffible de s'éloigner de la façon
de vivre de la plufpart des hommes , fans
72 LE MERCURE
2-
s'éloigner de leur façon de parler.
Voila pour l'Auteur , voici pour moi
Le ftile du Caufeur , eft tiffu d'expreffions
fertes & chargées , avec des mots hazardez
même en Anglois , la plus libre de toutes
les Langues. Il ne faut pas auffi vous déguifer
que tout cela a trés-bien réuffi en
Angleterre , & que fi ma Traduction n'eſt
pas goûtée en France , ce ne fera pas une
veritable Traduction . Cependant , il a
fallu traduire & non pas compofer . C'est
pourquoi j'ai cru devoir prendre un ftile
approchant du fien. A l'égard des Anglicifmes
, s'il y en a , je voudrois qu'ils fuffent
des fautes heureufes , & qu'on pûr
furmonter la mauvaife honte qui nous empêche
de prendre chez nos voifins ce qui
nous accommode , dans le tems qu'ils fe
font un merite de s'approprier ce que nous.
avons à leur bienféance.
J'ai peut -être imité de certaines negligences
qu'on ne me paffera point ; mais je fuis
perfuadé que le fens ne fçauroit être trop à
fon aife dans nos paroles , & que la trop
grande exactitude le gêne fouvent .
2
Entrons maintenant dans les vûës de M.
Ifaac Bickerstaff: Vous fçaurez d'abord
qu'il paroiffoit une demie feuille de fes
Veilles , trois fois la femaine , & qu'on les
diftribuoit dans les Caffez comme les Ga-'
zettes .
Dés l'entrée de fon Ouvrage , il approu
ve
DE SEPTEMBRE. 73
ve beaucoup les Gazettes ; mais , ajoutet'il
, comme il y a plufieurs bons Citoyens
à qui le zele du bien public fait negliger
leurs affaires, pour aller raifonner fur celles.
de l'Etat , il femble que ces Journaux
devroient être faits pour eux preferablement:
aux autres . Et d'autant que ces Meffieurs
ont d'ordinaire beaucoup de zele & peu de
connoiffance , c'est une oeuvie également
charitable & neceffaire, que de leur fournir
de quoi penfer aprés avoir lu. C'eft le deffein
de ce Journal , qui traittera de toutes
les matieres qui me tomberont fous la main.
Il promet d'y en inferer pour le beau
Sexe , puifque c'eft en fon honneur qu'il
a pris le titre de Caufeur.
Enfuite il dit , que tous les articles de
Galanterie feront datez du Caffé de White:
Ceux qui regardent la Poëfie , du Caffé
de Will: Ceux d'érudition , du Caffé
Grec : Qu'à l'égard des Nouvelles étrangeres
& domeftiques , elles viendront du
Caffé de S. James ; & que tout ce qu'il
aura à dire fur d'autres matieres , fera daté
de fon appartement.
Il finit en badinant fur les frais qu'il eft
obligé de faire en liqueurs & en tabac
d'Elpagne , pour entretenir de bonnes
correfpondances dans tous ces Caffez ; &
fur le don de prédire les chofes futures ,
dont il n'ofe faire que trés peu d'ufage ,
peur d'offenfer fes Superieurs.
Septembre 1719.
de
G
$4
LE
MERCURE
Aprés cette petite préparation , il ne me
refte qu'une chofe à dire , c'eſt que je n'ai
pas prétendu vous donner ici les plus beaux
endroits ; ce font les premiers morceaux
détachez que j'ai trouvé en parcourant le
Livre , & même j'ai été obligé d'y retran
cher bien des chofes . Dans la fuite je
pourrai vous en envoyer d'autres .
Si l'on condamne l'Auteur fur ma Traduction
, on aura tort ; fi l'on approuve
P'un & l'autre , je n'y veux d'autre gloire
que celle de vous avoir fait plaifir , &
d'être reputé , Monfieur , V.T. H. &
T. O. ferviteur L ***
Au Caffé de White.
Une Dame inconnuë me fit l'autre jour
l'honneur de me venir voir. Elle paroiffoit
âgée d'environ trente ans ; brune , mais
trés agreable : La fanté brilloit fur fon
vifage , & fes yeux avoient une certaine
vivacité qui ne convenoit guéres , felon
moi , au ton plaintif dont elle commençoit
à me parler. Je ne fçai fi elle s'en apperçut
, mais tout à coup elle baiffa la vue &
me dit , Monfieur Bickerstaff, vous voyez
devant vous la plus malheureufe de toutes
les Femmes . Comme vous avez la reputa
tion d'être auffi grand Jurifconfulte qu'Af
trologue ou Medecin , je viens implorer
Nos confeils & votre fecours , pour me
DE SEPTEMBRE. -75
faire obtenir la caffation d'un Mariage qui
doit être nul par toutes les loix du monde.
Madame , répondis -je , fi vous attendez
quelque fecours de moi , ayez la bonté de
vous expliquer nettement fur tous vos
griefs . Je ne croyois pas , Monfieur , repliqua-
t'elle , qu'il fût befoin de la moitié
de votre fcience , pour deviner ce qui
peut porter une Femme à fe feparer de fon
Mari. Cela eft vrai , Madame , repartisje,
mais il n'eft pas ici queftion de deviner,
on n'établit pas un Procés fur des conjec
tures : Quand on fçauroit même tout ce
que vous avez à dire , cela ne vous avavanroit
de rien , à moins que vous ne le difiez
vous- même. Alors , fe cachant le vifage
de fon éventail , mon Mari , dit- elle , n'eft
pas plus Mari ( ici elle ne put retenir fes
larmes ) que les Italiens qui chantent à
l'Opera.
Madame , lui dis- je , les Loix peuvent
apporter du remede à vôtre affliction ;
mais envifagez les mortifications que vous
aurez à effuyer , fi vous la rendez publique.
Pourrez - vous foûtenir la rifée de toute
une Cour , les reflexions licentieufes
des Avocats , & fur tout les couleurs qu'on
donnera dans le monde à votre conduite ?
. Combien peu , dira-t'on , cette Dame
fçavoit moderer fes defirs ! J'allois continuer
, mais elle me dit avec quelque émotion
, Monfieur Bickerftaff , je vous ai
Gij
76 LE MERCURE
donné demie Guinée en entrant , afin de
fçavoir vôtre avis fur la maniere dont je
dois m'y prendre, pour obtenir un divorce,
& afin d'apprendre ce qui me doit arriver :
C'eft à vous de voir . Oh , Madame , interrompis-
je ! vous ferez fatisfaite dites
moi , s'il vous plaît , quel âge a vôtre Mari
Ila , répondit la belle affligée , cinquante
ans & il y en a quinze que nous
fommes mariez. Mais , Madame , lui disje
, il auroit fallu vous plaindre plûtôt ,
n'aviez-vous pas des Parens , des Parens , des Amis
aufquels vous puiffiez vous fier ? Helas ,
répondit- elle , il n'a été ainfi que depuis
quinze jours !
Je vous avoue que ma gravité fut démontée
à cette fois , & que je ne pus
m'empêcher de rite. Je lui dis que les
Loix ne pouvoient remedier à de tefs malheurs
; mais cela ne la fatisfit point ; elle
fortit en me difant qu'elle s'adrefferoit à
un jeune Legifte d'Oxford , qui a cent fois
plus de fçavoir que moi , & que toute ma
Famille enfemble. C'eft ainfi que j'ai
perdu ma Cliente. Cependant , fi cette ennuyeufe
narration pouvoit empêcher Paftorella
d'époufer un homme qui eft plus
vieux qu'elle de vingt ans , je confentirois
volontiers , & cela, pour le falut d'une belle
perfonne , que mon fçavoir fût decrié, &
qu'on reliât mes Prédictions avec l'Almamach
de Milan.
DE SEPTEMBRE. 77
Au Caffé de Will.
Je me fuis fouvent plaint ici des Lettres
de compliment. Les François ont cette
mauvaife maniere , & qui pis eft , ils rendent
public ce qui ne vaut rien en particu
lier. Ces complimens , qui ont paflé jufques
chez nous par contagion , ont rendu
les entretiens des Amis abfens de fort
рей
de profit & d'inftruction . C'eft pourquoi
j'ai toûjours demandé à mes Amis de m'écrire
de maniere à me faire fouhaiter d'être
avec eux , plûtôt que de me proteſter
qu'ils fouhaitent fort d'être avec moi. Par
ce moyen , j'ai un recueil de Lettres , de
la plupart des parties du monde , qui font,
pour ainfi dire , du cru du terroir , autant
que les plantes qui y croiffent. Un de
mes Amis qui voyageoit , m'en a écrit
plufieurs de cette efpece ; en voici une
entr'autres , qui ne me déplait pas trop .
"
Mon cher Monfieur ;
Je croy que voici la premiere fois qu'on
vous écrit de la moyenne Region de l'air :
pour ne pas vous tenir en fufpens , c'est du
Sommet de la plus haute Montagne de Suiffe,
fur laquelle je friffonne maintenant au milieu
des glaces & des neiges éternelles dont je
fuis environné. J'ai peine à ne pas dater
G
78
LE
MERCURE
ma Lettre du mois de Decembre , quoiqu'on
veuille me foutenir que c'eft ici le premier
Aouft . Mon encre gele au fort de la Canicule.
En recompenfe j'ai le plaifir de voir
divers Paifages de neige , quifont les plus
jolis du monde. Cette neige est aufi durable
que le marbre ; me voici fur un tas qui
s'éboula du tems de Charlemagne ou de Pepin
le bref, à ce qu'on
qu'on dit partradition.
Les Habitans ne font pas une des moindres
curiofitez du Païs . Dans leurjeuneffe ,
ils fe louent à leurs Voifins , & ceux qui
font à l'épreuve du mousquet jufqu'à cinquante
ans , reviennent avec l'argent qu'ils
ont gagné & les membres qu'ils ont de refte,
achever leurs jours parmi leurs Montagnes
natales. Un des Gentilshommes du lien , qui en a été quitte
pour
un oeil , m'a dit par
maniere
de vanterie
, qu'il y avoit
à prefent
Sept jambes
de bois dans fa Famille
, &
que depuis
fept generations
, on n'avoit
enterré
aucun
mâle
de fa branche
tout à la fois. Vous
trouverez
peut-être mon ftile
auffi
extraordinaire
que tout cela ; mais
Souvenez
- vous qu'il eft dit dans une de nos Comedies
, que les gens
qui parlent
fur les
nuages
, ne doivent
pas être affervi
à mettre
du fens dans leurs
difcours
. Je me croi en droit
d'ufer
du même
privilege
, moi qui
voy les nuages
au deßous
de moi. En quelque
lieu que je fois , je ferai toûjours
, &c.
DE SEPTEMBRE. 79
Je voudrois que dans un Païs où l'on a
des materiaux fi commodes , on érigeât
des Statues de neige à ces Heros mutilez
qui reviennent de la guerre. Ce feroit des
monumens qui pafferoient jufqu'à la poſte-
Fité la plus éloignée.
Au Caffé de Will.
M. Dactile a déployé fon éloquence ce
foir fur le talent de tourner les chofes en
ridicule. Il difoit trés juftement qu'il s'y
feucontroit d'ordinaire quelque chofe de
trop bas pour la focieté des honnêtes gens
à moins qu'on ne le modifiât felon les circonftances
des perfonnes , du tems & du
lieu. Un honnête homme , continua- t'il ,
doit fe fervir de ce talent comme de fon
épée , pour fa feule défeufe , & jamais offenfivement
, à moins que ce ne foit pour
dévoiler l'impofture & l'affectation . Mais
on a fi fort méconnu cette faculté , que le
burlefque dans lequel eft travefti Virgile ,
a paffé de nos jours pour de l'efprit , &
que les plus nobles penſées qui foient jamais
entrées dans le coeur de l'homme , ont été
miſes au niveau de la groffiereté & de la
bouffonnerie . Suivant les regles de la juftice
aucun homme ne devroit être tourné en ridicule
, à caufe de fes imperfections , s'il
ne veut se faire valoir par les qualitez qui
lui manquent. C'eft ainfi que les Poltrons
Giiij
LE MERCURE
qui fe cachent fous un air fier & infolent,
& les Pedans qui penſent montrer la profondeur
de leur fçavoir par une fombre
gravité , font également les dignes objets
de nôtre rifée : Non qu'ils foient en euxmêmes
ridicules par leur manque de coura
ge ou par la foibleffe de leur entendement ,
mais à caufe qu'ils femblent ne pas fentir
le rang qu'ils tiennent dans la vie , & qu'ils
fe placent malheureuſement avec ceux dont
le merite répand trop de jour fur leurs défauts.
Il faut obſerver d'un autre côté que le rire
êtant l'effet de la raiſon , on devroit chaffer
des honnêtes compagnies ceux qui rient
fans raifon.... Ha , ha , dit Guillaume
Truby , qui étoit auprés de nous , eft- ce
qu'on voudra me faire rire par regle & par
methode ? Voyez - vous , répondit Homphroy
Finet , c'est que vous êtes grandement
trompé : Vous pouvez à la verité
faire beaucoup de bruit , & perfonne ne
peut empêcher un Gentilhomme Anglois
de mouvoir fon vifage à fa fantaifie ; mais
fur ma parole , ce bruit que vous faites -là
en ouvrant la bouche , cette agitation d'ef
tomac que vous foulagez en vous tenant les
côtez tout cela n'eft point tire. Le rire
eft de plus grande importance que vous ne
penfez , & je vous dirai en fecret , que
vous n'avez ri de vôtre vie › que je crains
même que vous ne riez jamais , à moins
DE SEPTEMBRE.
de vous faire guérir de ces convulfions.
Truby nous quitta , & quand il fut à deux
pas de nous fort bien , dit-il , vous êtes
d'étranges perfonnes ; en même tems il fit
un autre éclat de rire.
Les Trubys font gens benevoles , ils
rient de gure amitié avec autant de plaifir
que ceux qui rient malicieufement .
Ainfi quand on les voit prendre la figure
d'un homme qui rit ; cela ne vient que de
cette bienveillance generale qui eft née
avec eux. Les Finets ne font que fourire
des chofes les plus plaifantes , & les fentent
bien plus vivement. Je fçai que La
Hargne enrage quand Truby luirit au nez;
mais queTruby eclate de rire en me voyant,
je connois que ce rire , ou fi vous voulez
ce bruit inanimé , qui en d'autres feroit
rire , ne vient que de l'abondante joye
qu'il a de me voir . Mais j'examinerai plus
au long cette matiere dans mon Traité de
fofcitation , du rire & du ridicule.
De mon Apartement.
, Il m'en a coûté bien des foins & des
meditations pour ranger les gens fous les
dénominations qui leur font propres , &
felon leurs caracteres refpectifs . Mon travail
, d'un côté , a eû un fuccés inefperé
& de l'autre , il a été fort negligé . Car ,
quoique j'aye beaucoup de Lecteurs , j'ai
82 LE MERCURE
trés peu de Profelytes. Il faut certaine
ment que cela vienne de la fauffe opinion
qu'on a que mes écrits font plûtôt deſtinez
à l'amufement , qu'à l'inftruction du Public.
J'ai commencé mes EEffflaayyss par décla
rer que je voulois reprefenter le genre humain
tout autrement qu'on n'a fait jufqu'ici
; & j'ai avancé que toute vie inutile
ne feroit plus appellée vie dans mes écrits .
Mais de peur que ma doctrine ne paroiſſe
frivole & fantalque aux gens non lettrez ,
& que ce ne foit peut- être la cauſe du peu
de progrés qu'elle a fait ; qu'on me permette
de developer l'antiquité & la fageffe de
ma premiere propofition , à fçavoir , que
tout homme fans merite , e un homme
mort. Cette notion eft auffi ancienne que
Pitagore. Dés qu'un de fes Difciples fe
laffoit d'étudier l'art de fe rendre utile
11
144471
aux hommes & qu'il abandonnoit fon
Ecole , pour aller vivre dans Poifiver
les autres Difciples le tenoient pour mort
on devoit faire fes funerailles, lui élever un
tombeau avec des infcriptions qui fiffent
fouvenir les compagnons qu'ils étoient
mortels comme lui . Je pourrois appuyer
cette doctrine par l'exemple même des Hebreux
, & par des autorités facrées que je
laiffe à mediter à mes lecteurs , ils pourront
voir aisément dans quel fens on applique
les termes de mort & de vivant aux
hommes, felon qu'ils font bons ou mauvais .
DE SEPTEMBRE. 83'
C'eft là-deffus que j'ai dreffé mon ſyſtême
de l'exiftence , que l'on va voir ici , à
l'ufage des vivans & des morts ; mais furtout
des derniers que j'exhorte à y faire
toute l'attention poffible , fupofé qu'ils
foient capables d'attention .
و
?
Au nombre des morts font compriſes .
toutes perfonnes de quelque rang ou quali
té qu'elles foient , qui employent la plus
grande partie de leur tems à manger & à
boire afin d'entretenir cette existence imaginaire
qu'ils nomment leur vie , ou à
decorer ces ombres , ces apparitions que
le vulgaire prend pour des vrais hommes
& de vraies femmes. En un mot quiconque
refide dans ce bas monde fans y avoir
des affaires , & qui ne fonge point à quel
propos il y a été envoyé , eft felon moi
bien & dûment trepaffe , & je fouhaite
qu'on l'eftime tel. Les vivans font ceux
feulement qui s'appliquent à fe perfec
tionner l'efprit & le coeur , encore ne leur
compterai-je pour moment de vie que ceux
qu'ils auront employez ainfi . Par là nous
trouverons que les plus longues vies ne
confiftent qu'en très peu de mois , & que
la plus grande partie de la Terre eft entierement
depeuplée. Selon ce Syftême ,
il y
a des gens qui font nez à l'âge de vingt
ans , d'autres à trente , d'autres à foixante ,
& d'autres environ une heure avant mou¬
rir. Bien plus nous en verrons des multi84
LE MERCURE
>
tudes qui meurent avant que de naître
nous verrons plufieurs morts fe fourer parmi
les vivans, & figurer aux yeux des ignorans
mieux que ceux qui font pleins de
vie & de fante. Cependant , comme il peut
y avoir beaucoup de bons fujets , payant
les taxes , & vivant paisiblement chez
eux , qui ne font pas encore nez ou qui
font morts depuis longtemps , j'exhorte les
premiers à venir au monde , & je laiffe
aux autres la voye de la refurrection . Je
dis ceci en partie pour l'amour d'une perfonne
qui a publié depuis peu un avertif
fement , dans lequel elle fe fert de certaines
expreffions qu'il n'eft pas de la bienfeance à
un Mort de proferer , c'eft mon défunt
ami Jean Partridge, qui conclut l'avertiffe
ment de fon Almanac pour l'année pro
chaine par la note fuivante.
D'autant qu'il a été induftrieufement repandu
dans le Public par le nommé Ifaac
Bickerstaff , & autres , pour prevenir le'
debit de cet Almanac, que Jean Patridge,
étoit mört , cecy eft pour informer Tes
bons Compatriotes qu'il eft encore en vie
& en fanté , & que ceux qui avoient faic
courir ce bruit, font des Fripons
Contenant la Traduction de quelques en
droits d'un Livre Anglois intitulé : Le
Caufeur , ou les Veilles du fieur Iſaac
Bixerſtaff.
MONSIEUR ,
Je vous envoye ce que vous m'avez de
mmandé , mais je crains que vous n'en foyés
pas auffi content que vous avés cru. Vous
allez trouver de longues phrafes , des expreffions
hazardées , & peut- être des Anglicifmes
Ce n'eft pas tout , la maniere
de penfer vous paroîtra même bizarre.
Vous ferez choqué de l'Original & de la
Traduction , à moins que vous ne vous
prêtiez à tout ce que je m'en vais vous
dire.
L'Auteur,qui eft M. le Chevalier Steele,
celui à qui nous devons le Spectateur,
fe donne ici pour un vieux Aftrologue
Devin de profeffion , de plus Jurifconfulte ,
& Medecin. Un homme de cette efpece
doit parler d'une maniere peu commune ;
il eft impoffible de s'éloigner de la façon
de vivre de la plufpart des hommes , fans
72 LE MERCURE
2-
s'éloigner de leur façon de parler.
Voila pour l'Auteur , voici pour moi
Le ftile du Caufeur , eft tiffu d'expreffions
fertes & chargées , avec des mots hazardez
même en Anglois , la plus libre de toutes
les Langues. Il ne faut pas auffi vous déguifer
que tout cela a trés-bien réuffi en
Angleterre , & que fi ma Traduction n'eſt
pas goûtée en France , ce ne fera pas une
veritable Traduction . Cependant , il a
fallu traduire & non pas compofer . C'est
pourquoi j'ai cru devoir prendre un ftile
approchant du fien. A l'égard des Anglicifmes
, s'il y en a , je voudrois qu'ils fuffent
des fautes heureufes , & qu'on pûr
furmonter la mauvaife honte qui nous empêche
de prendre chez nos voifins ce qui
nous accommode , dans le tems qu'ils fe
font un merite de s'approprier ce que nous.
avons à leur bienféance.
J'ai peut -être imité de certaines negligences
qu'on ne me paffera point ; mais je fuis
perfuadé que le fens ne fçauroit être trop à
fon aife dans nos paroles , & que la trop
grande exactitude le gêne fouvent .
2
Entrons maintenant dans les vûës de M.
Ifaac Bickerstaff: Vous fçaurez d'abord
qu'il paroiffoit une demie feuille de fes
Veilles , trois fois la femaine , & qu'on les
diftribuoit dans les Caffez comme les Ga-'
zettes .
Dés l'entrée de fon Ouvrage , il approu
ve
DE SEPTEMBRE. 73
ve beaucoup les Gazettes ; mais , ajoutet'il
, comme il y a plufieurs bons Citoyens
à qui le zele du bien public fait negliger
leurs affaires, pour aller raifonner fur celles.
de l'Etat , il femble que ces Journaux
devroient être faits pour eux preferablement:
aux autres . Et d'autant que ces Meffieurs
ont d'ordinaire beaucoup de zele & peu de
connoiffance , c'est une oeuvie également
charitable & neceffaire, que de leur fournir
de quoi penfer aprés avoir lu. C'eft le deffein
de ce Journal , qui traittera de toutes
les matieres qui me tomberont fous la main.
Il promet d'y en inferer pour le beau
Sexe , puifque c'eft en fon honneur qu'il
a pris le titre de Caufeur.
Enfuite il dit , que tous les articles de
Galanterie feront datez du Caffé de White:
Ceux qui regardent la Poëfie , du Caffé
de Will: Ceux d'érudition , du Caffé
Grec : Qu'à l'égard des Nouvelles étrangeres
& domeftiques , elles viendront du
Caffé de S. James ; & que tout ce qu'il
aura à dire fur d'autres matieres , fera daté
de fon appartement.
Il finit en badinant fur les frais qu'il eft
obligé de faire en liqueurs & en tabac
d'Elpagne , pour entretenir de bonnes
correfpondances dans tous ces Caffez ; &
fur le don de prédire les chofes futures ,
dont il n'ofe faire que trés peu d'ufage ,
peur d'offenfer fes Superieurs.
Septembre 1719.
de
G
$4
LE
MERCURE
Aprés cette petite préparation , il ne me
refte qu'une chofe à dire , c'eſt que je n'ai
pas prétendu vous donner ici les plus beaux
endroits ; ce font les premiers morceaux
détachez que j'ai trouvé en parcourant le
Livre , & même j'ai été obligé d'y retran
cher bien des chofes . Dans la fuite je
pourrai vous en envoyer d'autres .
Si l'on condamne l'Auteur fur ma Traduction
, on aura tort ; fi l'on approuve
P'un & l'autre , je n'y veux d'autre gloire
que celle de vous avoir fait plaifir , &
d'être reputé , Monfieur , V.T. H. &
T. O. ferviteur L ***
Au Caffé de White.
Une Dame inconnuë me fit l'autre jour
l'honneur de me venir voir. Elle paroiffoit
âgée d'environ trente ans ; brune , mais
trés agreable : La fanté brilloit fur fon
vifage , & fes yeux avoient une certaine
vivacité qui ne convenoit guéres , felon
moi , au ton plaintif dont elle commençoit
à me parler. Je ne fçai fi elle s'en apperçut
, mais tout à coup elle baiffa la vue &
me dit , Monfieur Bickerstaff, vous voyez
devant vous la plus malheureufe de toutes
les Femmes . Comme vous avez la reputa
tion d'être auffi grand Jurifconfulte qu'Af
trologue ou Medecin , je viens implorer
Nos confeils & votre fecours , pour me
DE SEPTEMBRE. -75
faire obtenir la caffation d'un Mariage qui
doit être nul par toutes les loix du monde.
Madame , répondis -je , fi vous attendez
quelque fecours de moi , ayez la bonté de
vous expliquer nettement fur tous vos
griefs . Je ne croyois pas , Monfieur , repliqua-
t'elle , qu'il fût befoin de la moitié
de votre fcience , pour deviner ce qui
peut porter une Femme à fe feparer de fon
Mari. Cela eft vrai , Madame , repartisje,
mais il n'eft pas ici queftion de deviner,
on n'établit pas un Procés fur des conjec
tures : Quand on fçauroit même tout ce
que vous avez à dire , cela ne vous avavanroit
de rien , à moins que vous ne le difiez
vous- même. Alors , fe cachant le vifage
de fon éventail , mon Mari , dit- elle , n'eft
pas plus Mari ( ici elle ne put retenir fes
larmes ) que les Italiens qui chantent à
l'Opera.
Madame , lui dis- je , les Loix peuvent
apporter du remede à vôtre affliction ;
mais envifagez les mortifications que vous
aurez à effuyer , fi vous la rendez publique.
Pourrez - vous foûtenir la rifée de toute
une Cour , les reflexions licentieufes
des Avocats , & fur tout les couleurs qu'on
donnera dans le monde à votre conduite ?
. Combien peu , dira-t'on , cette Dame
fçavoit moderer fes defirs ! J'allois continuer
, mais elle me dit avec quelque émotion
, Monfieur Bickerftaff , je vous ai
Gij
76 LE MERCURE
donné demie Guinée en entrant , afin de
fçavoir vôtre avis fur la maniere dont je
dois m'y prendre, pour obtenir un divorce,
& afin d'apprendre ce qui me doit arriver :
C'eft à vous de voir . Oh , Madame , interrompis-
je ! vous ferez fatisfaite dites
moi , s'il vous plaît , quel âge a vôtre Mari
Ila , répondit la belle affligée , cinquante
ans & il y en a quinze que nous
fommes mariez. Mais , Madame , lui disje
, il auroit fallu vous plaindre plûtôt ,
n'aviez-vous pas des Parens , des Parens , des Amis
aufquels vous puiffiez vous fier ? Helas ,
répondit- elle , il n'a été ainfi que depuis
quinze jours !
Je vous avoue que ma gravité fut démontée
à cette fois , & que je ne pus
m'empêcher de rite. Je lui dis que les
Loix ne pouvoient remedier à de tefs malheurs
; mais cela ne la fatisfit point ; elle
fortit en me difant qu'elle s'adrefferoit à
un jeune Legifte d'Oxford , qui a cent fois
plus de fçavoir que moi , & que toute ma
Famille enfemble. C'eft ainfi que j'ai
perdu ma Cliente. Cependant , fi cette ennuyeufe
narration pouvoit empêcher Paftorella
d'époufer un homme qui eft plus
vieux qu'elle de vingt ans , je confentirois
volontiers , & cela, pour le falut d'une belle
perfonne , que mon fçavoir fût decrié, &
qu'on reliât mes Prédictions avec l'Almamach
de Milan.
DE SEPTEMBRE. 77
Au Caffé de Will.
Je me fuis fouvent plaint ici des Lettres
de compliment. Les François ont cette
mauvaife maniere , & qui pis eft , ils rendent
public ce qui ne vaut rien en particu
lier. Ces complimens , qui ont paflé jufques
chez nous par contagion , ont rendu
les entretiens des Amis abfens de fort
рей
de profit & d'inftruction . C'eft pourquoi
j'ai toûjours demandé à mes Amis de m'écrire
de maniere à me faire fouhaiter d'être
avec eux , plûtôt que de me proteſter
qu'ils fouhaitent fort d'être avec moi. Par
ce moyen , j'ai un recueil de Lettres , de
la plupart des parties du monde , qui font,
pour ainfi dire , du cru du terroir , autant
que les plantes qui y croiffent. Un de
mes Amis qui voyageoit , m'en a écrit
plufieurs de cette efpece ; en voici une
entr'autres , qui ne me déplait pas trop .
"
Mon cher Monfieur ;
Je croy que voici la premiere fois qu'on
vous écrit de la moyenne Region de l'air :
pour ne pas vous tenir en fufpens , c'est du
Sommet de la plus haute Montagne de Suiffe,
fur laquelle je friffonne maintenant au milieu
des glaces & des neiges éternelles dont je
fuis environné. J'ai peine à ne pas dater
G
78
LE
MERCURE
ma Lettre du mois de Decembre , quoiqu'on
veuille me foutenir que c'eft ici le premier
Aouft . Mon encre gele au fort de la Canicule.
En recompenfe j'ai le plaifir de voir
divers Paifages de neige , quifont les plus
jolis du monde. Cette neige est aufi durable
que le marbre ; me voici fur un tas qui
s'éboula du tems de Charlemagne ou de Pepin
le bref, à ce qu'on
qu'on dit partradition.
Les Habitans ne font pas une des moindres
curiofitez du Païs . Dans leurjeuneffe ,
ils fe louent à leurs Voifins , & ceux qui
font à l'épreuve du mousquet jufqu'à cinquante
ans , reviennent avec l'argent qu'ils
ont gagné & les membres qu'ils ont de refte,
achever leurs jours parmi leurs Montagnes
natales. Un des Gentilshommes du lien , qui en a été quitte
pour
un oeil , m'a dit par
maniere
de vanterie
, qu'il y avoit
à prefent
Sept jambes
de bois dans fa Famille
, &
que depuis
fept generations
, on n'avoit
enterré
aucun
mâle
de fa branche
tout à la fois. Vous
trouverez
peut-être mon ftile
auffi
extraordinaire
que tout cela ; mais
Souvenez
- vous qu'il eft dit dans une de nos Comedies
, que les gens
qui parlent
fur les
nuages
, ne doivent
pas être affervi
à mettre
du fens dans leurs
difcours
. Je me croi en droit
d'ufer
du même
privilege
, moi qui
voy les nuages
au deßous
de moi. En quelque
lieu que je fois , je ferai toûjours
, &c.
DE SEPTEMBRE. 79
Je voudrois que dans un Païs où l'on a
des materiaux fi commodes , on érigeât
des Statues de neige à ces Heros mutilez
qui reviennent de la guerre. Ce feroit des
monumens qui pafferoient jufqu'à la poſte-
Fité la plus éloignée.
Au Caffé de Will.
M. Dactile a déployé fon éloquence ce
foir fur le talent de tourner les chofes en
ridicule. Il difoit trés juftement qu'il s'y
feucontroit d'ordinaire quelque chofe de
trop bas pour la focieté des honnêtes gens
à moins qu'on ne le modifiât felon les circonftances
des perfonnes , du tems & du
lieu. Un honnête homme , continua- t'il ,
doit fe fervir de ce talent comme de fon
épée , pour fa feule défeufe , & jamais offenfivement
, à moins que ce ne foit pour
dévoiler l'impofture & l'affectation . Mais
on a fi fort méconnu cette faculté , que le
burlefque dans lequel eft travefti Virgile ,
a paffé de nos jours pour de l'efprit , &
que les plus nobles penſées qui foient jamais
entrées dans le coeur de l'homme , ont été
miſes au niveau de la groffiereté & de la
bouffonnerie . Suivant les regles de la juftice
aucun homme ne devroit être tourné en ridicule
, à caufe de fes imperfections , s'il
ne veut se faire valoir par les qualitez qui
lui manquent. C'eft ainfi que les Poltrons
Giiij
LE MERCURE
qui fe cachent fous un air fier & infolent,
& les Pedans qui penſent montrer la profondeur
de leur fçavoir par une fombre
gravité , font également les dignes objets
de nôtre rifée : Non qu'ils foient en euxmêmes
ridicules par leur manque de coura
ge ou par la foibleffe de leur entendement ,
mais à caufe qu'ils femblent ne pas fentir
le rang qu'ils tiennent dans la vie , & qu'ils
fe placent malheureuſement avec ceux dont
le merite répand trop de jour fur leurs défauts.
Il faut obſerver d'un autre côté que le rire
êtant l'effet de la raiſon , on devroit chaffer
des honnêtes compagnies ceux qui rient
fans raifon.... Ha , ha , dit Guillaume
Truby , qui étoit auprés de nous , eft- ce
qu'on voudra me faire rire par regle & par
methode ? Voyez - vous , répondit Homphroy
Finet , c'est que vous êtes grandement
trompé : Vous pouvez à la verité
faire beaucoup de bruit , & perfonne ne
peut empêcher un Gentilhomme Anglois
de mouvoir fon vifage à fa fantaifie ; mais
fur ma parole , ce bruit que vous faites -là
en ouvrant la bouche , cette agitation d'ef
tomac que vous foulagez en vous tenant les
côtez tout cela n'eft point tire. Le rire
eft de plus grande importance que vous ne
penfez , & je vous dirai en fecret , que
vous n'avez ri de vôtre vie › que je crains
même que vous ne riez jamais , à moins
DE SEPTEMBRE.
de vous faire guérir de ces convulfions.
Truby nous quitta , & quand il fut à deux
pas de nous fort bien , dit-il , vous êtes
d'étranges perfonnes ; en même tems il fit
un autre éclat de rire.
Les Trubys font gens benevoles , ils
rient de gure amitié avec autant de plaifir
que ceux qui rient malicieufement .
Ainfi quand on les voit prendre la figure
d'un homme qui rit ; cela ne vient que de
cette bienveillance generale qui eft née
avec eux. Les Finets ne font que fourire
des chofes les plus plaifantes , & les fentent
bien plus vivement. Je fçai que La
Hargne enrage quand Truby luirit au nez;
mais queTruby eclate de rire en me voyant,
je connois que ce rire , ou fi vous voulez
ce bruit inanimé , qui en d'autres feroit
rire , ne vient que de l'abondante joye
qu'il a de me voir . Mais j'examinerai plus
au long cette matiere dans mon Traité de
fofcitation , du rire & du ridicule.
De mon Apartement.
, Il m'en a coûté bien des foins & des
meditations pour ranger les gens fous les
dénominations qui leur font propres , &
felon leurs caracteres refpectifs . Mon travail
, d'un côté , a eû un fuccés inefperé
& de l'autre , il a été fort negligé . Car ,
quoique j'aye beaucoup de Lecteurs , j'ai
82 LE MERCURE
trés peu de Profelytes. Il faut certaine
ment que cela vienne de la fauffe opinion
qu'on a que mes écrits font plûtôt deſtinez
à l'amufement , qu'à l'inftruction du Public.
J'ai commencé mes EEffflaayyss par décla
rer que je voulois reprefenter le genre humain
tout autrement qu'on n'a fait jufqu'ici
; & j'ai avancé que toute vie inutile
ne feroit plus appellée vie dans mes écrits .
Mais de peur que ma doctrine ne paroiſſe
frivole & fantalque aux gens non lettrez ,
& que ce ne foit peut- être la cauſe du peu
de progrés qu'elle a fait ; qu'on me permette
de developer l'antiquité & la fageffe de
ma premiere propofition , à fçavoir , que
tout homme fans merite , e un homme
mort. Cette notion eft auffi ancienne que
Pitagore. Dés qu'un de fes Difciples fe
laffoit d'étudier l'art de fe rendre utile
11
144471
aux hommes & qu'il abandonnoit fon
Ecole , pour aller vivre dans Poifiver
les autres Difciples le tenoient pour mort
on devoit faire fes funerailles, lui élever un
tombeau avec des infcriptions qui fiffent
fouvenir les compagnons qu'ils étoient
mortels comme lui . Je pourrois appuyer
cette doctrine par l'exemple même des Hebreux
, & par des autorités facrées que je
laiffe à mediter à mes lecteurs , ils pourront
voir aisément dans quel fens on applique
les termes de mort & de vivant aux
hommes, felon qu'ils font bons ou mauvais .
DE SEPTEMBRE. 83'
C'eft là-deffus que j'ai dreffé mon ſyſtême
de l'exiftence , que l'on va voir ici , à
l'ufage des vivans & des morts ; mais furtout
des derniers que j'exhorte à y faire
toute l'attention poffible , fupofé qu'ils
foient capables d'attention .
و
?
Au nombre des morts font compriſes .
toutes perfonnes de quelque rang ou quali
té qu'elles foient , qui employent la plus
grande partie de leur tems à manger & à
boire afin d'entretenir cette existence imaginaire
qu'ils nomment leur vie , ou à
decorer ces ombres , ces apparitions que
le vulgaire prend pour des vrais hommes
& de vraies femmes. En un mot quiconque
refide dans ce bas monde fans y avoir
des affaires , & qui ne fonge point à quel
propos il y a été envoyé , eft felon moi
bien & dûment trepaffe , & je fouhaite
qu'on l'eftime tel. Les vivans font ceux
feulement qui s'appliquent à fe perfec
tionner l'efprit & le coeur , encore ne leur
compterai-je pour moment de vie que ceux
qu'ils auront employez ainfi . Par là nous
trouverons que les plus longues vies ne
confiftent qu'en très peu de mois , & que
la plus grande partie de la Terre eft entierement
depeuplée. Selon ce Syftême ,
il y
a des gens qui font nez à l'âge de vingt
ans , d'autres à trente , d'autres à foixante ,
& d'autres environ une heure avant mou¬
rir. Bien plus nous en verrons des multi84
LE MERCURE
>
tudes qui meurent avant que de naître
nous verrons plufieurs morts fe fourer parmi
les vivans, & figurer aux yeux des ignorans
mieux que ceux qui font pleins de
vie & de fante. Cependant , comme il peut
y avoir beaucoup de bons fujets , payant
les taxes , & vivant paisiblement chez
eux , qui ne font pas encore nez ou qui
font morts depuis longtemps , j'exhorte les
premiers à venir au monde , & je laiffe
aux autres la voye de la refurrection . Je
dis ceci en partie pour l'amour d'une perfonne
qui a publié depuis peu un avertif
fement , dans lequel elle fe fert de certaines
expreffions qu'il n'eft pas de la bienfeance à
un Mort de proferer , c'eft mon défunt
ami Jean Partridge, qui conclut l'avertiffe
ment de fon Almanac pour l'année pro
chaine par la note fuivante.
D'autant qu'il a été induftrieufement repandu
dans le Public par le nommé Ifaac
Bickerstaff , & autres , pour prevenir le'
debit de cet Almanac, que Jean Patridge,
étoit mört , cecy eft pour informer Tes
bons Compatriotes qu'il eft encore en vie
& en fanté , & que ceux qui avoient faic
courir ce bruit, font des Fripons
Fermer
11069
p. 7-69
EXAMEN DES TRANSPOSITIONS PERMISES, Ou défenduës dans le stile Poëtique.
Début :
Quand je ne me serois pas engagé dans ma Dissertation précédente, [...]
Mots clefs :
Transpositions, Génitif, Ablatif, Datif, Pluriel, Singulier, Vers, Verbe, Phrases, Langue, Construction, Poésie, Règles, Style, Lecteur, Qualité, Observations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXAMEN DES TRANSPOSITIONS PERMISES, Ou défenduës dans le stile Poëtique.
EXAMEN
DES
TRANSPOSITIONS PERMISES ;
Ou défendues dans le ftile Poëtique.
Q
UAND je ne me ferois
pas engagé dans ma Differtation
précédente , à traitter
en détail, ce qui regar-
Tranfpofitions ; & à faire la
diftinction de celles qui font permiſes ,
& de celles qui ne le font pas ; c'eft
un point fi effentiel à mon fujet , que
de les
A iiij
LE MERCURE
je ne pourrois me difpenfer d'en parler.
termes
En effet , comme entre les Tranſpofitions
qui caractérisent le tour Poëtique
, par la fufpenfion qu'elles introduifent
dans la Phrafe , il y en a que.
la Langue admet , & d'autres qu'elle
rejette ; tout ce que j'ai dit jufqu'ici
, & de la fufpenfion & des tranfpofitions
, fe réduiroit aux
⚫d'une pure fpéculation ; fi je ne donnois
des régles fures , pour difcerner
celles qui font de mife , de celles qui ne
le font pas. Je fçai bien que l'uſage
qui eft le Grand Maître de la Langue,
femble les déterminer ; mais , outre
qu'il y a des Franfpofitions qui font
propres à la Poëfie & que la Profe ne
fouffre pas ; que l'ufage même qu'en
fait la Pocfie , n'eft pas bien certain ,.
bien déterminé & hors de toute conteſtation
, au moins à l'égard de quelques-
unes de ces Tranfpofitions ; ily
a lieu de douter , fi ce principe de l'ufage
,auquel on rapporte tout dans les bizarreries
prétendues de la Langue , ne
fuppofe pas lui -même un principe ultérieur
, & s'il n'eft pas fondé fur quelque
raifon.
DE DECEMBRE. 9
Pour moi , fi j'ofe dire ce que j'en
penfe , je fuis perfuadé que les irrégularitez
même les plus bizarres , en fait
de Langage , ont un principe caché que
peu de gens pénétrent ; mais , dont
tout le monde fuit l'impreffion fans le
connoître. C'eft une forte d'instinct
qui infpire toute une Nation ; & qui ,
quoi qu'à l'aveugle , conduit auffi
fûrement l'ignorant, que la raifon & la
régle dirigent l'Homme de Lettres &
le Grammairien. Pourquoi, entre deux
façons de parler , qui d'elles- mêmes
n'ont rien de vicieux , l'une eft - elle
admife & l'autre réprouvée ? On repond
que cela vient de l'ufage , qui
admet l'une & qui défavoue l'autre ,
& l'on feroit fcrupule de creufer plus
avant. Mais,comme de la maniere que
les Hommes font faits , toute une Nation
ne fe détermine pas à préférer une
expreffion à une autre , fans qu'il y ait
quelque raifon fourde de préférence ;
j'ofe dite , que fi on vouloit un peu
creufer en cette matière , on trouveroit
infailliblement ou dans le génie
de la Langue , ou dans le goût de la
Nation, le principe caché qui , fans
nous nous en appercevions › dé--
que
ΤΟ LE MERCURE
cide dans nous , de ce que nous devons
admettre en fait de Langage , & de ce
que nous devons réprouver.
Or , c'eft à ce principe que j'ai tâché
de remonter , non pas, pour régler
quelles font les Tranfpofitions dont
on peut ufer, & quelles font celles dont
on doit s'abstenir ; puifque , cela n'appartient
qu'à l'ufage : Mais , pour juftifier
l'ufage même dans celles qu'il a
permifes , comme dans celles qu'il a
condamnées. J'aurois pû m'en tenir à
faire un détail exact des differentes
inverfions qui font d'alloy dans la Poëfie
, & à les appuyer par des exemples
tirez de nos meilleurs Poëtes :
C'eftoit même , à peu prés , à quoi je
m'eftois borné d'abord . Le hazard,fans
que j'en euffe deffein , me mena plus
loin ; car , en lifant à quelques - uns
des mes amis , ce que j'avois jetté fur
le papier, touchant les Tranfpofitions,
& en ayant rapporté une qui , de mon
aveur,êtoit bonne ; mais , que j'avoüois
qui m'embarraffoit ; parce que je ne
trouvois pas qu'elle quadrât avec les
autres de même efpece , & que je ne
voyois pas d'ailleurs , ce qui pouvoit
la tirer hors de la régle; un d'eux,homDE
DECEMBRE. 1 11
me de beaucoup d'efprit * & qui fans
être Poëte , eft fort au fait fur la
Poëfie , me donna fur le champ le
dénouement que je cherchois >
en
me faifant remarquer , que ce qui
autorifoit cette Tranfpofition ; c'eftoit
qu'elle fe pouvoit faire fans ambiguité
& fans équivoque. Sa raifon qui me
parut décifive pour la difficulté dont
il s'agiffoit , me donna lieu d'enviſager
toutes les autres Tranfpofitions par
le même endroit . Je les examinai , &
les êtudiai de nouveau ; & à force de
les remanier & de les confronter enfemble
, je trouvai dans ce qu'on
m'avoit dit pour une , la clef de toutes
les autres , & le principe général &
déterminant , qui a fait admettre celles
qui font en ufage , & qui a fait exclure
celles qui n'y font pas.
C'est ce que je vais tâcher de développer
; & pour y parvenir , il faut
fuppofer d'abord , que les Tranfpofitions
ne peuvent rouler que fur deuxfortes
de termes qui font , pour ainfi
parler , le corps de la Phrafe ; c'est -àdire
ou furles noms , ou fur les verbes..
* M. l'Abbé de Pons.
1.2 LE MERCURE
Sur les noms , foit par rapport
d'autres noms dont ils dépendent ,
foit par rapport aux verbes , qu'ils
gouvernent ou dont ils font gouvernez
. Sur les verbes , par rapport à d'autres
verbes avec lefquels ils fe trouvent
liez par la conftruction.
A l'égard des Verbes , il n'y a point
de diftinction à faire entre les tems
differents ; préfent , paffé & fûtur ,
fur lefquels ils roulent. Car , comme
cela ne change rien à leur fignification
effentielle , dés qu'ils fouffrent
la tranfpofition dans un de
ces tems , ils la peuvent fouffrir dans
tous les autres . Il n'en est pas de même
des noms , par raport aux cas diffé
rens dont ils font compofez , & dont
les uns admettent la tranfpofition fans
reftriction ; & les autres ne s'y prêtent
qu'avec précaution , & qu'en certaines
fituations : Le Datif par exemple , le
tranfpofe tant qu'on veut , & prefque
fans aucune exception. Le Génitif &
l'Ablatif fe tranfpofent auffi le plus
fouvent , hors en quelques rencontres
particulieres. Le Nominatif aucontraire
, & l'Accufatif n'admettent la
ranfpofition qu'à certaines conditions,
DE DECEMBRE.
13
& ce dernier encore plus rarement que
l'autre. C'est ce que le Lecteur reconnoîtra
par lui-même ; lorfque j'entrerai
dans le détail des tranfpofitions ,
par rapport à ces différens cas. Je ne
mets point ici le Vocatif en ligne de
compte , parce que , n'ayant proprement
point de régime ny actif, ny
paffif , il eft abfolument indépendant .
Au refte , je crois qu'on ne trouvera
pas mauvais , qu'en parlant de tous
ces cas , je me régle fur i'Analogie latine:
11 ma paru que dans une matiére qui
ne regarde gueres que les gens de
Lettres , je devois en ufer ainfi , pour
leur plus grande commodité ; & je ne
difconviendrai pas que je n'aye û auffi
en cela , un peu égard à la mienne. La
différence de certains cas dans nôtre
Langue , eft fi peu marquée , que j'aurois
efté fort embaraffé à diftinguer
enplufieurs occafions , le Génitif de l'Ablatif.
Il m'a donc fallu , pour les fixer ,
avoir recours à la Méthode qu'on fuit
dans les
Déclinaifons de la Langue
Latine ; & fuivant ce plan , j'appelle
Nominatif, Génitif& c.ce qui dansnôtre
Langue , répond au Nominatif, Génitif
& autres cas des Latins. Détail de
14 LE MERCURE
Grammaire affez defagréable , mais fi
utile , que je me flate , qu'on voudra
bien l'excufer en faveur de la clarté
qu'il répandra fur tout ce que j'ai à
dire des tranfpofitions.
Ce fut dans la difcuffion de ces cas
différents , qu'ayant remarqué que des
cinq cas , à l'égard defquels la tranf
pofition pouvoit avoir lieu , le Datif
l'admettoit fans violence , & même
affés naturellement ; qu'à peu de chofe
prés , il en eftoit de mefme du Génitif
& de l'Ablatif mais qu'au contraire
, le Nominatif ne la fouffroit qu'à
peine , & feulement en certaines conjonctures
; & que l'Accufatif y répugnoit
prefque totalement ; je voulus démêler
d'où pouvoit venir tant de répugnance
dans les derniers , & tant de
facilité dans les premiers : Car , d'attribuer
cela à la bizarrerie de l'uſage ,
il me paroiffoit que c'eftoit éviter la
difficulté , & non pas la réfoudre. Je
me figurai donc qu'il falloit néceffairement
qu'il y ût dans quelques- uns
de ces cas , quelque chofe de particulier
qui ne fe trouvât pas dans les autres.
Sur cela , je me mis à les éxaminer
tous en détail , dans trois fortes de
"
DE DECEMBRE. IS
noms différens , tels que je les repréfente
içi.
SINGULIER.
Nominatif. L'homme.
Genitif.
La table. Le temple.
De l'homme, De la table. Du temple.
Datif. A l'homme. A la table . Au temple.
Accufatif. L'homme. La table. Lo temple.
Ablatif, De l'homme. De la table. Du temple.
Génitif.
PLURIER.
Nominatif. Les hommes. Les tables. Les temples.
Des hommes. Des tables. Des temples .
D'atif. Aux hommes, Aux tables. Aux temples.
Accufatif. Les hommes. Les tables. Les temples.
Ablatif. Des hommes. Des tables. Des temples.
Comme les noms dans nôtre Langue,
n'ont point d'infléxions différentes ,
ainfi que dans la latine , c'eſt l'article
feul qui y diftingue les cas. Or , je remarquai
qu'il n'y avoit que le Datif
qui ut un article particulier , lequel ne
lui fût commun avec aucun autre cas ;
c'eft l'article à ou au pour le fingulier ,
& aux pour le plurier. Auffi , remarquai-
je en mefme tems , que c'eftoit ,
comme onle verra dans la fuite , celui
de tous les cas , dont la tranſpoſition
16 LE MERCURE
.
êtoit la plus naturelle , & avoit le plus
d'agrêment & de douceur. Pour le
Génitif& l'Ablatif, je trouvai une entiére
conformité entr'eux ; de forte
que , quand ils concourent enfemble ,
ils femblent deux Génitifs de fuite ;
car , en difant : De l'Armée de Céfar
il paffa dans celle de Pompée ; cela fait
à peu prés le mefme effet , que fi on difoit
: Il eftoit le meilleur Soldat del'Armée
de Céfar. Sur quoi , je fis trois obfervations
; la premiere , que ce concours
de l'Ablatif & du Génitif êtoient
rares . La feconde › que comme ils figuroient
de la mefme maniére que
deux Génitifs ; ils devoient auffi obferver
la mefme régle ; & que par conféquent
, il ne pouvoit y avoir de tranfpofition
entr'eux , non plus qu'entre
deux Génitifs , à caufe de l'équivoque
qui en réfulteroit , comme je l'expliquerai
dans l'article de cette , tranfpofition
. Enfin , la troifiéme obfervation
que je fis , fut que partout ailleurs,
où il n'y avoit point lieu à une femblable
équivoque , le Génitif & l'Ablatif
pouvoient fe tranfpofer : De forte
qu'eftant d'eux- mêmes & de leur nature,
trés fufceptibles de tranfpofition ,
ce
DE DECEMBRE . 37
ce n'eftoit qu'accidentellement qu'ils
y répugnoient quelquefois, & toûjours ,
pour éviter l'ambiguité & l'équivoque ,
que cette tranfpofition y pourroit mettre..
Enfin , je trouvai entre le Nominatif
& l'Accufatif , une reffemblance plus
parfaite encore par fa fimplicité, qu'en
tre le Génitif & l'Ablatif ; car , ny l'un
my l'autren'ont d'articles : Reffemblance
d'ailleurs , bien autrement incommode
que dans les deux autres cas ; en ce
que fe trouvant prefque toûjours enfemble
par la conftitution de la phrafe,
où le verbe doit avoir fon Nomina
tif & fon cas , lequel pour le plus fouvent
, eft l'Accufatif ; il n'y avoit que
l'ordre de la marche entr'eux qui pût:
les caractériſer : De forte qu'on ne pouvoit
difcerner le Nominatif de l'Accufatif
, que parce que celui - là précé--
doit le verbe , & celui ci le fuivoit :
Car , fi on veut tranfpofer les termes
de cette phrafe ; Céfaraimoit la gloire
en difant ; la gloire aimoit Céfar ; on
prendra cela plûtôt pour un changement
de phrafe , que pour une tranf
pofition. La gloire paffera pour le Nominatif,
parce qu'elle eft devant le
B
18 LE MERCURE
verbe , & Céfar pour l'Accufatif , parce
qu'il eft aprés ; & perfonne ne
s'imaginera qu'on veuille dire dans
cette tranfpofition , que c'eft Céfar
qui aimoit la gloire , & non pas la gloire
qui aimoit Céfar .
De cette remarque je tirai deux conféquences.
La premiere , que la répugnance
que ces deux cas fembloient
avoir à la tranfpofition , ne venoit
que de la confufion inévitable que leur
uniformité cauferoit dans la phrafe ,
pour peu qu'on en troublât l'ordre naturel
: La feconde , que toutes les
fois qu'il n'y avoit point d'ambiguité
à craindre , on pouvoit tranfpofer ces
deux cas comme les autres ; & que c'êtoit
pour cela qu'il y avoit des occa-.
fions , où la tranfpofition du Nominatif,
loin de choquer , avoit un trés bon
effet.
Enfin , ramaffant tout ce que j'avois
fait d'obfervations , & confidérant
que le Datifne repugnoit prefque jamais
à la tranfpofition ; parce qu'ayant
marque particuliére dans fon article ,
l'inverfion à fon égard , ne pouvoit caufer
d'ambiguité : Que les autres cas ne
l'exclupient , que quand elle faifoir
fa
DE DECEMBRE. 19
un fens douteux & équivoque ; & que
hors delà , ils l'admettoient librement :
Que de mefme , comme on le verra
dans fon lieu , elle fe fouffroit entre
deux verbes , lorfqu'elle n'y apportoit
point d'embarras & de confufion ; je
tirai cette conféquence générale , dont
je fais la régle décifive , pour difcerner
les bonnes & les mauvaiſes tranfpofitions
Que toute inverfion de
phrafe eft permife & légitime , dés
qu'elle n'en altére point la clarté , &
qu'elle n'y cause ni confufion , ni équivoque
. Principe , d'autant plus folide
& plus fûr , qu'il eft fondé fur le génie
de la Langue françoife , dont le caractére
propre & particulier , eft la
clarté. La conftitution fimple & naturelle
de la phrafe , dans laquelle l'expreffion
fuit l'ordre de la perfée , nous
en eft une preuve. Nôtre Langue fe
preftera toujours fans répugnance aux /
tours les plus hardis , aux figures less
plus outrées , aux tranfpofitions les
plus extraordinaires , à toutes les libertez
, & aux défordres même de
la Poëfie , fi jofe parler ainfi ; mais
à cette condition , que fa clarté n'en
fouffrira point . Tant de beautés & d'ox-
Bij
20
LE MERCURE
nements qu'il vous plaisa; mais ny obfcurité
, ny confufion , ny équivoque.
La clarté eft un point , fur lequel elle
n'admet aucune compenfation , & elle
préférera toujours une fimplicité fans
embarras , à unfublime obfcur & fatigant
.
Ce principe êtant êtabli , il ne reſte
plus qu'à l'appliquer , & cette application
même en fera la preuve ; car , en
éxaminant fur cette régle , toutes les
tranfpofitions , tant bonnes que mauvaifes
, je ferai toucher au doigt : Que .
les premieres ne font permifes,que parce
qu'en donnant de la beauté à la phrafe
, elles n'en altérent point la clartés.
& que les autres ne font rejettées
que parce que , fous prétexte d'embellir
la phrafe , elles l'obfcurciffent .
Et comme , de toutes les tranfpofitions
, celle du Darif eft la plus naturelle
; c'est par elle auffi que je crois
devoir commencer , en l'éxaminant,
& par rapport aux verbes , & par rap
port aux noms , avec lefquels le Da
tif peut eftre tranfpofé.
DE DECEMBRE. 2x
EXAMEN
De la Tranfpofition du Datif.
Le Datif eft ordinairement régi par un
verbe qui le demande aprés lui : Comme
quand on dit . Tout confpire à mes
deffeins. On s'appofe à mes voeux. Déro- .
ber fa tête à un fardeau Voilà comment
on doit parler en profe , où l'on
place le verbe devant le cas qui en dépend
: En Vers , c'eft tout le contraire .
Le ftile poëtique éxige , qu'en renver..
-fant la phrafe , on tranſporte le cas devant
le verbe , & qu'on dife : A mes.
deffeins tout confpire. A mes voeux ons'oppofe.
A un fardeau dérober sa tête ::
Et c'eft ainfi qu'en uſe Racine.
A mesjuftes deffels je vois tout confpirer.
2. Ilfe plaint qu'à ſes voeux un autre ·
amour s'oppofe.
3 Chacun à ce fardeau vent dérober Sa
tête.
Tragédie de Mithridate..
A&t. III . Sc. I..
2. Act. II. Sc . VI
3 A&… III, Sc. I.
LE MERCURE
Ce n'eft pas à dire , que Racine luf
même fuive toûjours cette méthode ;
car , dans un autre endroit , il dit fansufer
de tranfpofition .
* Tu ne t'attendois pas fans doute à ce
Difcours.
Mais en cela mefme , il s'écarte de
fa pratique ordinaire ; & il eſt évident
qu'il feroit plus poëtique d'ufer de
tranfpofition, & de dire.
Sans doute à ce Difcours tu ne t'attendois
pas.
>
On peut donc établir , comme une
régle fûre , que le ftile poëtique exige
la Tranfpofition du datif, par rapport
aux verbes dont ce datif dépend.
Je ne prétends pas néantmoins qu'il ne
foit jamais permis de s'abftenir det ranfpofitions
tant à l'égard de ce cas ,
que des autres qui en font fufceptibles
car , ffuurr ccee ppiieedd , il faudroit
mettre dans un vers , toutes les tranfpofitions
qui pourroient y entrer : Ce
qui feroit le plus fouvent un trés mauvais
effet . Il y a du plus & du moins ,
des tempéraments à garder en tout
* Alte I. Sc. I.
DE DECEMBRE. 23
cela. C'eft de quoi je parlerai plus au
long dans la fuite , lorfque je traitterai
de l'ufage qu'on doit faire des tranf
pofitions. Mais quant à prefent , je
me borne à déterminer ce que le tour
de la Péëfie exige de lui- même , & à
quoi il faut s'affujettir , lorfqu'il n'y a
point de raifon légitime de s'en difpenfer..
Outre les Verbes qui gouvernent
des datifs , il y a auffi des adjectifs
, dont ces mêmes datifs dépendent..
Quelquefois , ces adjectifs font liez
à un verbe. Comme quand on dit . Cefils
fut cruel à fon Pere . Quelquefois ,ils
fe trouvent feuls & fans verbe , comme
fi on diſoit : Et par un trait fun? -
fte à fa gloire. Et quelquefois auffi , ils
font participes d'un verbe . C'eſt ainft.
qu'on dit. Soumis à mes loix , attaché
à fon devoir. Trois fituations , par rapport
aux quelles il faut confiderer la
Tranfpofition du datif.
Toutes les fois que l'adjectif fait
lui-même partie d'un verbe , ou qu'il
eit lié à un verbe , il peut-être regardé
comme verbe par rapport au datif
qui le fuit , & par confequent, la Tranf
14 LE MERCURE
pofition du Datif a lieu à fon égard
auffi naturellement qu'à l'égard des
verbes. En voici des exemples , donɛ
je forge le premier , parce que je n'en
trouve point fous ma main ; & je prie
le Lecteur d'agréer que j'en ufe de la
forte , lorfqu'ils me manqueront.
A fon Pere ce Fils fut toûjours trop
cruel.
Je fçay que de tout tems à mês ordres
foumis
Ilbait autant que moi nos communs
Ennemis.
Dans le premier exemple , l'Adjectif
eft joint à un verbe ; dans le fecond
, l'Adjectif eft participe , & la
Tranfpofition fait fort bien dans tous
les deux.
Mais , lorfque l'Adjectif est tour
feul , & qu'il n'eft point participe , il
eft difficile que la Tranfpofition ne
caufe de l'ambiguité dans la Phraſe.
S'il falloit dire , par exemple.
Mais , entreprise hélas ! · Trop fu-·
nefte à la gloire .
Er qu'on Tranfpofat ainfi.
1. Act. 11. Sc . 39 . Mais ,
DE
DECEMBRE.
25
Mais , entreprife hélas ! A fa gloire
funefte .
Cette
Tranfpofition ne
vaudroit
rien , parce qu'on pourroir douter , fi
l'Adjectif, funefte , fe
rapporteroit à entreprife
, ou à gloire ; & que felon le
principe général des
tranfpofitions ,
on n'en doit point ufer , dés qu'elles
peuvent apporter la moindre obfcurité
au fens de la Phrafe . Toutes les
précédentes ne font bonnes , que parce
qu'elles n'en altérent en rien la
clarté , de forte même , quefi en gare
dant la
tranfpofition dans ce dernier
Vers , on pouvoit le tourner , de maniere
qu'il n'y ût lieu à aucune équivoque
; comme fi on diſoit ,
Mais , à fa gloire hélas ! Entreprife
funeйte.
la
Tranfpofition feroit
beaucoup plus
tolerable.
Cependant ,
comme dans
ces termes , à fa gloire , l'article à ,
qui n'eft point encore
déterminé , peut
paffer pour
prépofition , & avoir le
même fens que ,
ad ejus
gloriam en
C Décembre
1717.
26 LE MERCURE
latin ; c'eſt-à- dire , marquer un Accufatif
; comme fi on difoit : A fagloi
re il faut que je le publie ; l'efprit
fouffre dans l'incertitude où il eft , fi
l'article , à , eft ici un article ou une
prépofition ; & fi c'eft un Datif ou un
Accufatif qu'il lui annonce : Or , il ne
faut jamais que l'efprit travaille pour
deviner ce qu'on lui expofe . Quelque
belle que fut une tranfpofition , on
doit toûjours la facrifier en faveur de
la clarté ; ou plûtôt, elle n'eft plus recevable
, dés qu'elle péche contre ce
principe .
C'eft de la fufpenfion que la Poëfie
demande , & non de l'incertitude ;
deux impreffions qu'il ne faut point
confondre. L'incertitude renferme la
fufpenfion, & en corrompt l'agrêment
par la peine , & la perplexité qu'elle
y porte ; mais , la fufpenfion ne fuppofe
point l'incertitude . Son idée aucontraire,
ne nous préfente qu'une attente
agréable de ce qu'elle nous annonce ,
& qu'elle nous met par avance à portée,
de deviner au moins en partie. Par
exemple , dans le Vers fuivant.
DE DECEMBRE : 27
1 Aux offres des Romains , ma Mere
ouvrit les yeux .
Il y a de la fufpenfion , mais , il
n'y a point d'incertitude ; parce que la
particule aux , marque évidemment un
article & non, une prépofition: Et quand
ily auroit , à l'offre des Romains , ce
feroit la même chofe , comme on peut
le voir dans le Vers qui fuit .
2 A mille coups mortels contre eux
me devouer.
Cette particule , à , détermine abfolument
le Datif , & annonce le verbe
qui demande ce cas : De forte que ,
quand ce verbe arrive , l'efprit qui
êtoit demeuré en fufpens , durant le
premier hémiftiche , elt enfin content
& fatisfait ; parce qu'il trouve ce qu'on
lui avoit annoncé , & ce qu'il s'êtoit
promis. Au lieu que , quand il ne fçait fi
la particule , à , eft article ou prépofition
; & fi elle prépare à un Datif
1 A&t. 1. Sc. I.
a Act. 1. So. I..
Cij
18 LE MERCURE
ou à un Accufatif , comme dans ces
termes ci - deffus , à fa gloire ; il fouffre ,
il peine , il n'ofe prendre de parti entre
le Datif & l'Accufatif ; ou , s'il le
prend , il rifque à fe voir obligé de
revenir fur fes pas ; chofe defagréable
pour nôtre efprit , & mortifiante
pour notre vanité. Toute erreur nous
humilie ; & comme nous n'aimons pas
à être humiliez , nous voulons toujours
du mal à ceux qui ont donné occafion
à nôtre humiliation : Nous cherchons
à nous difculper à leurs dépens ;
& fur ce point , comme dans toutes
les chofes où nous avons quelque tort ,
nous nous en prenons toûjours plus
volontiers à autrui , qu'à nous mêmes.
Or , rien n'eft plus facheux , &
plus imprudent à un Auteur , que de
mettre fon Lecteur , c'eft à - dire fon
juge , contre lui. Enfin , ce qui fait auprés
de nous le merire de la fufpenfion
, & le defagrêment de l'incertitu
de eſt fondé fur la bonne opinion
que nous avons de nôtre intelligence.
Nous voulons deviner , ce qui eft
la chofe du monde qui bleffe le plus
nôtre efprit ; mais , nous ne voulons
pas nous tromper ; ce qui est la cho-
?
•
DE DECEMBRE 29
que
fe du monde qui l'humilie le plus : Or,
par tout où il y a du doute & de l'in
certitude , il faut , ou que l'efprit s'arrête
tout - court , ou qu'il s'expofe &
fe mêprendre S'il eft obligé de s'arrêter
, c'eft un aveu de fon peu de pénétration
; s'il paffe outre , c'eft précipitation
& imprudence ; deux partis
qui bleffent prefque également fon orgueil
, & dont il fçait toûjours mauvais
gré , à ceux qui ne lui laiffentfur
cela le choix. Au lieu que, quand
il n'y a que de la fufpenfion ; il a le
plaifir pur de pouvoir deviner , fans
courir rifque de fe tromper. Peut - être,
trouvera- t-on que je me fuis trop êtendu
fur ce point ; mais , dans une matiere
fi mince d'elle-même , je ne crois
pas devoir rejetter , ce qui peut en
quelque forte, en corriger la fécheref
fe ; fur-tout , quand ce font des réfléxions
que mon fujet me fournit de lui
même : Et d'ailleurs,il eft bon que,par
le rapport fécret que des minuties de
Grammaire ont à notre amour propre ,
nous ayons occafion de connoître jufqu'où
s'étend fa tyrannie .
Voilà à peu près , à quoi fe réduit la
Tranfpofition du Datif , à l'égard des
Ciij
20 LE MERCURE
verbes & des Adjectifs dont il peut
dépendre.
Mais , comme il peut encore fe trouver
en concurrence avec d'autres cas;il
eft à propos d'éxaminer qui font ceux ,
à l'égard defquels il admet la tranſpofition
, & ceux avec qui il la comporte
moins. Ce qu'on peut dire en général
; c'eft que , quand la tranfpofition
fouffre de la difficulté , cela vient
moins de la part du Datif, que de celle
des autres cas avec lefquels il fe
trouve lié . De lui-même , il s'y prête
toûjours affez volontiers.
où il
Voici pourtant une rencontre ,
paroît autant de réſiſtance de fa part
à la tranfpofition , qu'il peut y en
avoir du côté du Genitif : Car , fuppofons
qu'on veüille tranfpofer ces
deux cas dans le Vers fuivant ,
Au plus grand des Héros , j'ofe le
comparer.
Il faudra dire .
Des Héros au plus grand , j'oſe le
comparer.
Tranfpofition qui paroît fonner mal,
& qui même , n'eft pas néceffaire dans
DE DECEMBRE.
31
ce Vers , où il y en a déja une . Mais ,
ce qui rend ce Vers rude , ce n'eft pas
la multiplicité des tranfpofitions ; c'eſt
la qualité de l'une des deux ; je veux
dire , celle du Genitif & du Datif qui
y repugnent également . Le Genitif prémierement
, à caufe de l'article , des
qui devient alors équivoque entre
lui & l'Ablatif. Car , on ne fçait , fi cet
hémiftiche, des Romains au plus grand ,
annonce une fimple comparaifon , ou
une efpéce de gradation , comme du
petit au grand : En fecond lieu , du côté
du Datif , on doute fi la particule
an , eft un article , ou une prépofition ;
fi elle défigne un Datif , ou un Acfatif.
Et ce qui femble prouver que
l'incongruité de la tranfpofition vient
de là en partie ; c'eft que fi on change
le Nominatif en Datif , & qu'on
dife ,
Des Héros le plus grand fe fit
voir à nos узих .
la Tranfpofition fera bonne.
J'ai dit que ce qui donnoit de la
rudeffe au Vers , n'êtoit pas la multi-
Des Héros au plus grand,j'ofe le com
parer.
2
32 LE MERCURE
plicité de tranfpofitions qu'il renfer
me , mais , la qualité de l'une de ces
tranfpofitions : C'est ce qu'il faut que
j'explique , quoi que cela regarde
proprement l'ufage & le ménagement
des tranfpofitions , dont j'ai deffein de
traitter à part; mais, pour ne point laiffer
le Lecteur dans l'embarras , je
crois devoir par avance, en toucher ici
quelque chofe.
En quoi donc , eft- ce que la qualité
d'une des tranfpofitions dans ce dernier
Vers , en caufe la rudeffe ? C'eſt
en ce qu'une de ces tranfpofitions eft
double ; c'eſt à - dire , en ce que le même
cas ett tranfpofé deux fois , l'une
avec un autre cas , & l'autre avec fon
verbe. Car , quoique la Phrafe Poëtique
exige des tranfpofitions , elle
ne les admet néantmoins , comme
nous l'avons remarqué qu'autant
qu'elles n'embarraffent point trop la
Phrafe Or , la Phrafe ne peut manquer
d'être embarraffée , dés qu'un terme
qui a de la liaiſon avec deux autres ,
eft tranfpofé à l'égard de tous les deux ;
& c'est ce qui arrive dans ce Vers.
,
Des Héros au plus grand , j'ofe le
comparer.
H
D
ta
D
DE DECEMBRE.
33
Au plus grand , qui eft un Datif,
eft déja tranfpofé , par rapport à fon
verbe qu'il précede ; car, dans l'ordre
naturel, il devroit le fuivre , & on dévroit
dire , comparer au plus grand. On
le tranfpofe encore à l'égard du Genitif
qu'il régit ; puifqu'au lieu de dire.
Au plus grand des Héros , on dit , des
Héros au plus grand. Voilà donc , le
même cas tranfpofé deux fois : De forte
qu'il faut que l'efprit faffe deux
opérations fur le même terme , pour
démêler le vrai fens que cette duplicité
de tranfpofition obfcurcit. Ce
n'eft plus un plaifir , tel que celui de
la fufpenfion ; c'est une peine & une
efpéce de torture , dont nôtre délicateffe
ne s'accommode pas.
,
D'où vient que dans la feconde maniere
de tourner ce même Vers en
changeant le Datif en Nominatif ; &
en difant ,
Des Héros le plus grand fe fit
voir à nos yeux .
la tranfpofition eft de mife ? C'eft
qu'alors , le même mot n'eft tranfpofé
qu'une fois .
14 LE MERCURE
Et pour prouver encore plus fenfiblement
, que la dureté de l'autre
Vers , des Héros au plus grand & c.
ne vient point de ce qu'il y a deux
tranfpofitions ; mais , de ce que l'une
des deux eft double ; c'est - à-dire , que
le même terme y eft tranfpofé deux
fois ; je vais citer un Vers de Racine ,
auffi compliqué qu'il puiffe y en avoir ,
par la multitude des termes differents.
qui le compofent , & qui forment
deux tranfpofitions ; fans que pourtant
, la beauté du Vers , ny la clarté
de la Phrafe en fouffrent. Le voici.
› De mon Pere à la Reyne il conte
la difgrace.
Il y a dans ce Vers un Nominatif,
il ; un Génitif , de mon Pere ; un Datif
; à la Reyne ; un Accufatif ; la difgrace
; un verbe , conta. Il s'y trouve
de plus deux tranfpofitions , mais ,
toutes deux fimples ; c'eft- à- dire, qu'il
n'y a aucun terme qui foit tranfpofe
deux fois. Le Genitif l'ett, par rapport
à l'Accufatif; de mon Pere la difgrace,
1 Att . 1. Sc . I
DE DECEMBRE.
35
au lieu de dire , la difgrace de mon
Pere. Le Datif l'eft , par rapport au
verbe qui le gouverne , à la Reyne il
conta au lieu de dire il conta à la
Reyne. Ainfi, cela ne fait point d'embarras
; cela n'altere point la clarté de
la Phrafe ; & dés lors , felon nôtre
principe , les tranfpofitions font bonnes.
Ce n'est donc point la multiplicité
des tranfpofitions , mais , leur
qualité qui peut nuire à la beauté du
Vers. Paffons aux autres cas avec lef
quels le Datif peut fe rencontrer.
Il fe trouve quelquefois deux Datifs
enfemble , comme dans ce Vers.
Aux Gaulois , aux Romains , fa
valeur fut fatale.
Mais , ces deux Datifs n'ayant point
de dépendance l'un de l'autre , il ne
peut y avoir entre eux de tranfpofition.
L'arrangement en eft purement
arbitraire : On peut mettre le premier
ou le dernier , celui des deux qu'on
juge à propos ; & c'eft dans certe occafion
que , comme dit Dom Japhet.
Il n'importe guere.
Que Pafcal foit devant , on Pafcal
foit derriere.
36
LEMERCURE
,,
On peut dire la même chofe du
Datif , par rapport au Nominatif &
à l'Accufatif , parce que , quoiqu'ils
fe trouvent enſemble dans une même
Phrafe c'eft fans dépendance l'un
de l'autre , & par conféquent , fans
qu'il puiffe y avoir de tranfpofition.
Il n'en faut point d'autre exemple ,
que le dernier Vers que j'ai cité de
Racine .
De mon Pere à la Reyne il conta
la difgrace.
Car dans ce Vers , le Datif , à la
Reyne , ne dépend que du verbe , il
conta ; & n'a point de rapport , ny au
Genitif , de mon Pere , ny à l'Accufatif
, difgrace.
Il ne refte que l'Ablatif, avec lequel
le Datif puiffe fe rencontrer ; mais , ny
le Datif, ny aucun autre cas ne peut
être lié avec l'Ablatif , qui ne dépend
que des verbes ,comme on l'expliquera
en fon lieu. Dans le Vers fuivant de
Defpreaux ,
De Paris au Perou , du Japon jufqu'à
Rome.
Sat. VIII.
DE DECEMBRE. 37
il faut prendre garde que
la particule
, as , n'eft point article , mais ,
prépofition ; & qu'elle ne défigne pas
un Datif, mais , un Accufatif. Ainfi,
cela ne regarde point la tranfpofition
du Datif , à laquelle nous nous bornons
dans cet article , & que je crois
avoir examinée, felon toutes les fitua
tions que ce cas peut avoir.
Or , de tout ce que j'ai dit jufqu'ici
fur la tranfpofition du Datif, je tire
trois conféquences.
La 1 : Que de lui-même , il ne répugne
prefque jamais à la tranfpofition
, & que , quand elle ne fe peut fai
re ce n'eft gueres de fon côté que l'affaire
manque
.
an ,
La 2 : Que la feule occafion où il
paroît ne la pas fouffrir fi commodé
ment , eft quand , la particule , à , ou ,
qui fait fon article déterminant
fe
peut prendre pour une prépofition,
& former par là une équivoque , comme
quand on dit : J'ofe le dire à fa
gloire.
La 3 Que quand , par la nature
des autres cas avec lesquels il concourt,
la tranfpofition ne peut le pratiquer ;
elle ne fe trouve exclufe, qu'à raifon
38
LE MERCURE
de l'équivoque & de l'ambiguité
qu'elle introduiroit dans la Phrafe .
Conféquences , qui toutes trois , quadrent
avec le principe général que j'ai
êtabli fur les tranfpofitions & en
même tems , en font la preuve ; fçavoir.
Que toute tranfpofition eft permife, des
qu'elle peut fefairefans altérer la elarté
de la Phrafe ..
Jufqu'à prefent , je n'ai envifagé la
tranfpofition du Datif , que dans ce
qu'elle a d'effentiel , & uniquement
pour régler , quand elle pouvoit avoir
lieu. Mais comme , quelque naturelle
& quelque douce qu'elle foit par
elle -même , elle peut avoir plus ou
moins de beauté , felon la maniere
dont on la pratique , il ne fera pas hors
propos
de faire fur cela quelques de
remarques .
La principale , & celle qui renferme
toutes les autres , & qui eft géné- ,
rale pour tous les cas , eft que plus
ils font éloignez du mot , auquel ils
font liez & dont ils dépendent ; &
plus auffi , la tranfpofition a de douceur.
Ainfi , quand les deux termes , entre
lefquels fe fair la tranfpofition , fe
trouvent dans le même hémiftiche ,
DE DECEMBRE. 39
elle eft moins douce ,que quand ils font
dans deux hémiftiches differents . C'eſt
ce qu'on peut voir dans les exemples
fuivants.
1Je fçay que de tout tems à mes ordres
foûmis.
Il bait autant que moi &c.
2 Un coeur que fon devoir à moi feul
affervit.
La tranfpofition du Datif eſt ſi naturelle
, que même pratiquée de la
forte , elle n'a rien de bien rude
mais , elle feroit encore plus agréable ,
fi les deux termes rélatifs fe trouvoient
dans deux hémiftiches differents
, en tournant ces vers de la maniere
qui fuit.
Et je fçay qu'à mes loix fon coeur
toujours foûmis .
Ce grand coeur qu'à moi feul fon
devoir affervit.
Enfin , fuivant le principe que j'ai
avancé , la tranfpofition s'adoucit toû-
1 A &t . 2. Sc. ; .
A&t . 2. Sc. 5.
40 LE MERCURE
jours , à proportion de l'éloignement
qui fe trouve entre les termes rélatifs
qui la compofent : Je vais en apporter
des exemples , où comme par
gradation , ils s'éloignent toûjours de
plus en plus.
Quand je fçûs qu'à fon lit Monime
réfervée .
2 Qu'aux offres des Romains , ma
Mere ouvrit les yeux.
que
Et fe pourroit-il bien qu'à mon reffentiment
3
?
Mon Amour indifcret eût livré.
mon Amant ?
On voit dans ces trois exemples ,
le Datif s'éloigne toûjours de plus
en plus , du verbe dont il dépend :
Que même au dernier , ils font l'un
& l'autre dans deux Vers differents ;
& que la tranfpofition n'en a que plus
de grace . C'est ce que je ferai obferver
dans les autres , comme dans celle-
ci , de laquelle je paffe immédiatement
à la tranfpofition du Génitif ,
1 A &t . 1. Sc . I.
2 Ibid.
3 Act. 4. Sc. I.
DE DECEMBRE. 41
& à celle de l'Ablatif , comme
êtant les plus naturelles , aprés celle
du Datif. La conformité & la reffemblance
que ces deux cas ont entre eux,
m'engage à les traitter enfemble ; &
je le ferai de maniere , que loin que
cela y mette de la confufion , ils fe
donneront au contraire du jour l'un à
l'autre .
EXAMEN
DE LA TRANSPOSITION
Du Génitif& de l'Ablatif.
> Me
Comme le Génitif & l'Ablatif one
tous deux le même article , & qu'on
dit également à l'un & à l'autre
l'homme , de la table , du temple. Il
faut d'abord donner un moyen de les
diftinguer. Or , voici le diftinctif de
de l'un & de l'autre.
Le Génitif eft toûjours gouverné par
un nom , foit fubftantif , foit adjectif :
En voici des éxemples.
*
De fes feintes bontez j'ai connu la
contrainte .
Att. IV. Sc. 2.
D
42 LEMERCURE
J'ay honte de me voir fi peu digne
de unus.
Seigneur , de mes malheurs ce ſont-là
les plus doux.
Dans le premier éxemple , le Génitif
eft gouverné par un fubitantif.
Dans le fecond , par un adjectif : Et
dans le troifiéme ,
par un fuperlatif,
qui eft auffi une forte d'adjectif.
L'Ablatifeft toûjours gouverné par
un verbe ; & toutes les fois qu'un nom ,
qui a l'article commun au Génitif & à
l'Ablatif , eft régi par un verbe , il le
faut tenir pour un Ablatif. Exemple:
1. Allés de fes fureurs fongez à vous
garder.
2. Et même de monfortje ne pourrois
me plaindre.
Je n'éxamine point ici fcrupuleufement
, fi en rigueur de Grammaire , il
n'y a pas des noms qui gouvernent
l'Ablatif, & des verbes qui gouvernent
le Génitif ; & fi quand on dir , digne d'ar
A&t. III. Sc. I.
* Act. I. Sc. II.
1. A&t. IV . Sc . I.
2. Ibid. Sc. IV.
DE DECEMBRE.
43
mour , ou je me souviens de vous i
amour eft à l'Ablatif dans le premier,
& de vous , au Génitif dans le fecond.
Que ce foit Ablatifou Génitif , je n'envilage
ces mots que par rapport
aux autres avec qui ils font liez ; &
tout ce queje me propofe , c'eft d'expliquer
comment, on doit en ufer pour
tranfpofition , à l'égard d'un cas qui
a, des , du , ou des, pour article : Et comme
ce cas défigné par un de ces articles,
eft tantôt joint à un verbe , & tantôt
joint à un nom ; je l'appelle Génitif,
quand il eft joint à un nom ; & Ablatif
, quand il eft joint à un verbe.
la
Je dois auffi faire obferver qu'il y a
des Ablatifs régis par une prépofition
telle que, dans ,fans , par , avec , & c : Mais ,
comme , je traiterai à part de la tranfpofition
des noms , qui font régis par
une prépofition , quelque foit cette
prépofition , & quelque cas qu'elle demande
; je renvoye là les Ablatifs de
cette nature & ne traitte dans l'article
préfent , que de ceux qui font
gouvernez immédiatement par un
verbe.
Il s'agit donc de fçavoir , fi à l'égard
du Génitif joint à un nom , & d'un
Dij
44 LE MERCURE
Ablatifjoint à un verbe , on peut ufer
de Tranfpofition ; & fi au lieu de dire ;
balancer le deftin des Romains , honorer
d'un titre funefte ; on peut dire ; des
Romains balancer le deftin , d'un titre
funefte honorer. Je répons qu'oüi : En
voici des exemples de Racine . D'abord
pour le Génitif.
i Qui des Romains toûjours balançant
le deftin. *
2 Du Palais à ces mots , il leur
ouvre les portes.
En voici d'autres pour l'Ablatif.
3 Quand d'un titre funefte on me
vint honorer.
4 Que de tant d'Ennemis vous
puiffiez vous défendre.
Les deux premiers exemples ,font pour
la tranfpofition du Génitif : A l'égard
d'un nom Subitantif , en voici'd'autres,
pour fa tranfpofition , avec un nonr
Adjectif.
. A&t. II. Sc. III.
2. Act. V. Sc. IV
3 .
A&t. V. Sc. II.
4. Ibid. Sc. dern
DE DECEMBRE.
45
1 Vous faffe des Romains , dévenir
l'alliée .
2 Seigneur , de mes malheurs ce font
là les plus doux .
Telle eft la régle générale pour le Génitif
& l'Ablatif , qui tous deux admettent
la tranfpofition , avec le terme
dont ils dépendent . Il ne reste plus
qu'à faire les obfervations qui peuvent
être particuliéres au Génitif , par rap
port aux autres cas , avec lefquels il
fe rencontrer. Car , comme l'Ablatif,
felon que nous l'avons expliqué
, ne dépend que des verbes ; il ne
peut concourir avec les noms .
peut
De tous les cas , le Nominatif &
l'Accufatif font ceux avec lesquels la
tranfpofition du Génitif , fe fait le plus
commodément , & le plus gracieuſement.
La raiſon de cela eft, que le Nominatif
, & l'Accufatif n'ayant point
d'article ; on ne peut les confondre
avec le Génitif. Auffi , le Génitif ne fe
trouve-t-il jamais tranfpofé plus fiéquemment
, qu'avec ces deux cas . Les
1. A &t. III. Sc. V.
2. Act . I. Sc. II.
46 LE MERCURE
exemples en fourmillent dans tous les
Livres de Poëfie : Je me contente d'en
rapporter un pour le Nominatif, & un
autre pour l'Accufatif.
1 D'un Heros tel que vous,c'est là
l'effort füpréme.
2 D'un Rival infolent , arrêter les
complots.
Il y a feulement , à l'égard de ces
deux cas joints avec le Génitif,une précaution
à prendre dans leur tranfpofition
; c'eft d'arranger tellement les
termes , que quand dans le mefme
Vers , il fe trouve deux Nominatifs ,
eu bien un Nominatif &iun Acccufatif
avec le Génitif ; on ne puiffe douter
auquel des deux le Génitif fe rapporte
. C'est à quoi Racine femble n'avoir
pas fait affez d'attention dans le Vers
fuivant.
* Le Parthe des Romains comme moi la
terreur.
Voilà deux Nominatifs : Le Parthe
1. At. II. Sc. VI.
2. Ibid . Sc . V.
* AT. III. Sc. I.
DE DECEMBRE. 47
1
la terreur : Et l'on peut douter fi,
c'est le Parthe des Romains , ou la
terreur des Romains. Je fçay que quand
le Vers eft achevé , on voit bien auquel
des deux le Génitif, des Romains,
fe rapporte , parce que le fens le détermine
; mais , cela fait toujours d'abord
quelque peine : J'ajouterai que ,
quand mefine au lieu d'un fecond Nominatif
, on mettroit un Accufatif,
en tournant le Vers de la maniére qui
fuit 2
Le Parthe des Romains , redoutoit la
terreur.
la mefme équivoque refteroit toûjours.
L'embarras eftoit de tourner autrement
le Vers ; car , de dire ,
Des Romains comme moi le Parthe la
terreur.
l'équivoque ût efté encore plus
grande ; parce que , comme moi ”, fe
rapporteroit alors bien plus naturellement
aux Romains , qu'à la terreur ;
outre que les deux Nominatifs joints
de fi prés , font un mauvais effet : On
pouvoit encore l'arranger ainfi..
48 LE MERCURE
+
Le Parthe comme moi des Romains la
terreur.
Ou bien .
Comme moi des Romains le Farthe la
terreur.
Mais , cette derniére maniére a encore
le défagrêment des deux Nominatifs
qui fe fuivent. La précédente vaut
mieux ; & je crois que Racine ne l'a
rejettée , qu'à caufe de la proximité
des deux mots qui forment la tranfpofition
du Génitif : Ce qui rend cette
tranfpofition plus rude , comme nous
l'avons déja fait remarquer au fajer du
Datif . Mais , j'aimerois mieux encore
m'expofer à cette rudeffe , pardeffus
laquelle Racine paffe quelquefois ,
que de mettre rien d'équivoque ou
d'obfcur dans le Vers. Pour celui- ci ,
il eft impoffible, en confervant la rime,
de la terreur , & la tranfpofition du
Génitif, d'en faire un Vers bien parfait
; & j'aurois autant aimé me paffer
de tranfpofition dans ce Vers , & dire.
Le Parthe comme moi la terreur des
Komains.
Cet éxemple du moins ,nous fait voir,
comDE
DECEMBRE. 49
ond
paile
COMP
dire
Combien Racine jugeoit la tranfpolition
effentielle au Vers ; puifqu'il en
a voulu abfolament mettre une dans
celui - ci , aux dépens même de la clarté
; mais , je m'en tiens à mon principe
: Que la tranfpofition n'eft de mife
, qu'autant qu'elle ne jette point
d'embarras, ni d'obſcurité dans la phra-
Le.
Au refte , on trouve dans ces Vers
de Racine , une preuve de ce que j'ai
infinué dans ma définition du tour poëtique
, qui eſt ; qu'il y a des tranfpcitions
, qui , quoique reçûës dans la
Langue , en forcent quelquefois la
conftruction . Car , la tranfpofition du
Génitifavec le Nominatif, en difant ,
des Romains la terreur , au lieu de dire
la terreur des Romains ; elt une tranf
pofition très permiſe & de fort bon
alloy ; mais , toute permife qu'elle eft
d'elle-même , elle force ici la conftruction
, à caufe de la concurrence
des deux Nominatifs ; & par là , elle
déchoit de fon prix .
Autre éxemple de tranfpofition ,
où la conftruction eft forcée : C'est dans
ce Vers du mefme Auteur.
Décembre 1717.
E
LE MERCURE
*
Lafoy de tous les coeurs eft pour moi
difparuë.
C'eftici une tranfpofition d'Ablatif ,
& d'elle-même elle eft bonne ; car ,
fi on change le terme de foy , qui ne
peut pas entrer dans le Vers , de la maniére
qu'il le faut tourner ; & qu'on
fubftitue à ſa place celui de crainte ,
on pourra conftruire le Vers de la maniére
fuivante , & il fera bon.
De tous les coeurs la crainte eft pour moi
difparuë.
Ce n'est donc point du côté de la
tranfpofition que péche ce Vers : Tout
le défaut n'en vient, que de la maniére
dont cette tranfpofition eft tournée ,
& de l'arrangement qu'on donne à la
phrafe. Car, comme le Génitif & l'Ablatif
font entièrement conformes , &
qu'il n'y a que le terme auquel on les
lie , qui détermine le nom à l'un ou
l'autre de ces deux cas ; on prend d'abord
cet hémistiche : La foy de tous les
coeurs , par une conftruction de Génitif;
& cependant , de tous les coeurs ne
dépend point du Nominatif , la foy
* A&t. III. Sc. IV.
,
DE DECEMBRE. SI
>
mais du verbe, eft difparuë , & c'eft une
conſtruction d'Ablatif: Ainfi , cela fait
une équivoque qui met l'efprit en défaut
; car , fur le premier hémistiche
ils'attend à une conftruction de Génitif
, & s'arrange fur cela ; & quand il
eft au bout du vers , il trouve qu'il a
efté furpris , & eft obligé de changer
d'idée. C'eft une espéce de bévûë dont
il fe prend à l'Auteur du Vers,& il n'a
pas tout-à- fait tort . Ce qui a engagé
Racine à tourner fon vers de la forte
c'est qu'en confervant les termes qui
le compofent , il ne pouvoit le tourner
autrement , car , l'arrangement naturel
ût efté celui - ci .
[parue.
Four moi de tous les coeurs la foi eft dif-
Mais , la foy eft , font deux termes
qui ne peuvent fe fuivre en Vers ; à
caufe de la rencontre des deux voyelles
. Il n'y avoit donc d'autre parti à
préndre , que celui de changer le Vers,
fi on vouloit le rendre correct ; & c'eft
ce qu'il me paroît qu'on doit toûjours
faire en femblable occafion.
.
Le feu Abbé Regnier des Marais
Sécretaire de l'Académie Françoiſe
nous a donné en cette matiére, un éxemple
qui ne fçauroit trop eftre imité. Je
E ij
52
LE MERCURE
le rapporte d'autant plus volontiers
en cet endroit , qu'il tombe fur un
défaut pareil à celui que nous venons
de relever dans Racine ; c'eſt- à-dire ,
fur une équivoque produite par l'incertitude
où l'on eft , du terme auquel
doit fe rapporter un Génitif , qui , par fa
conftruction , peut dépendre de deux
termes différents. Voici donc le fait.
L'Abbé Regnier traduifit en 1655 , la
fameufe Scéne du Paftor fido , qui commence
par ce Vers : 0 Mirtillo , Mirtillo
, animamia . Cette Traduction , qui
ût beaucoup de fuccés en ce tems- là ,
& qui eft encore fort eftimée aujourd'hui
, avoit esté attribuée durant long.
tems, à la célèbre Comteffe de la Suzë ,
fous le nom de laquelle elle avoit prefque
toûjours parû ; jufqu'à ce que
l'Abbé Regnier la revendiqua publiquement
, en imprimant fes Poëfies ,
peu d'années avant fa mort. Or , dans
cette Piece , aprés les quatorze premiers
Vers , voici comme il fait parler
Amarillis .
* Du Ciel pour nous trop rigoureux ,
Par quel ordre injufte & barbare ,
Faut- il que le fort nous fepare?
Poëfies franç. de M. l'Ab, Regnier
Des Marais. P. 2
DE DECEMBRE. $3
L'équivoque dans ces Vers, confifte
en ce que le mot , du Ciel , eftant tranf
pofé , on ne fçait d'abord à quoi il
faut le rapporter ; fi c'eft à ce nom ,
erdre injufte & barbare , où fi c'eſt à
à ce verbe , nous fépare ; puifque, dans
la conftruction , il peut fe rapporter
également à l'un & à l'autre ; & qu'il
peut eftre ou Génitif, en
au nom ; ou Ablatif , en fe
rapportant
au verbe : De forte que ce n'eft qu'aprés
avoir examiné le fens de la phraſe ,
qu'on démêle enfin , que c'est au nom
qu'il doit fe rapporter , & que par conféquent
, c'eft un Génitif.
en fe
rapportant
Apparemment , que l'Abbé Regnier
fentit lui-même l'inconvénient de
cette équivoque ; & ce fut pour y remédier
, qu'entre plufieurs changemens
qu'il fit de cette Scene , dans une
feconde Traduction qu'il nous a donnée
à la fuite de la premiere , il fupprima
totalement le premier Vers ; &
par ce retranchement , il fupprima auffi
l'équivoque , fe contentant de dire :
* Par quel ordre injufte & barbare,
Faut- il que le Ciel nous fépare ?
* Ibid .
Pag. s.
E iij
54 LE MERCURE
Ce changement eftoit abfolument
néceffaire ; mais auffi , eftoit- ce pref
que le feul qu'il fallût faire felon moi,
à la premiere Traduction . Je ne fçay ,
fi l'habitude & la prévention ne me féduifent
point , en faveur de cette premiere
façon , à laquelle je fuis accoûtumé
depuis plus de trente ans ;
mais , je ne puis m'empêcher de la
préférer de beaucoup à la fuivante ,
quoique faite dans un âge plus mûr , &
de la même main que la premiere : Il
me femble du moins , en n'envifage ant
cette Scéne que du côté de la verfification
, & mettant à part ce qui en
fait le fujet ; que je me fçaurois bon
gré d'avoir fait la premiere Tradution
, & que je ne me foucierois pas
d'avoir fait la feconde . On fent dans
celle- ci , non feulement le Phlegme ,
mais même la pefanteur de l'âge , &
la féchereffe , ou la fervitude d'une veine
que l'Art gourmande & maîtriſe ,
& qui ne coule plus librement : Dans
l'autre au contraire , ce qu'il peut quelquefois
y avoir de lâche , eft compenfé
, & en quelque forte rectifié par un
hûreux naturel ; rien , je ne dis pas,
qui y foit forcé ou contraint,mais même
DE DECEMBRE.
qui y paroiffe recherché ou étudié ,
foit dans les expreffions , foit dans les
tours ; & cependant , tours & expreffions
qui femblent faites, pour les fentimens
dont ils font les organes , & qui
ont quelque chofe d'auffi tendre &
d'auffi naturel que les penfées. Tout
y coule de fource ; un ftile aifé , intéreffant
, nourri , moëlleux ; & qui porte
avec lui , non feulement le feu & la
légereté , mais encore , l'embonpoint
& le coloris de la jeuneffe . Enfin , quand
je lis la premiere Traduction , je fuis
tenté de croire,que c'eft Amarillis qui
y parle elle-même : Mais , je ne reconnois
que l'Abbé Regnier dans la
feconde.
Je ne dirai rien ici de la tranfpofition
du Génitif avec le Datif ; parce
que j'en ai parlé , en traitant de la
tranfpofition du Datif même. Refte
donc à traiter de celle de l'Ablatif avec
le Génitif ; laquelle , comme il eſt viſible
, ne peut avoir lieu ; à caufe de
l'équivoque qu'elle cauferoit infailliblement.
Un exemple rendra la choſe
plus fenfible. Racine dit ,
* Mais , des fureurs du Roy, que puis -je
enfin juger ?
* Act. 2. Sc. 6. E iiij
56 LE MERCURE
Le terme , de fureurs , eſt un Ablatif,
eftant gouverné par le verbe, juger. Le
terme , de Roy , eft un Génitif régi par
celui de fureurs. Si , outre la tranfpofition
de l'Ablatif ou du verbe , on veut
encore en faire une , entre l'Ablatif &
le Génitif qu'il gouverne , cela fera
pis qu'une équivoque ; car , le fens de
la phrafe fera totalement changé.
Mais , du Roy des fureurs , que puis- je
enfin juger?
Ce n'eft plus une tranfpofition , c'eft
un changement de cas , qui produit
le changement du fens de la phrafe..
L'Ablatif devient Génitif, & le Génitif
devient Ablatif : Ce n'eft plus des
fureurs du Roy qu'on juge , c'eft du
Roy des fureurs . Inconvénient d'autant
plus infurmontable, qu'il vient de l'uniformité
qui fe trouve entre le Génitif
& l'Ablatif : De forte que tant qu'ils
auront le même article , la tranfpofition
fera toûjours impraticable entr'eux .
Je dis la même chofe de deux Génitifs
qui fe fuivent , & dont l'un dépend
de l'autre ; puifque , changeant
en Génitif,l'Ablatif du Vers précédent,
le même inconvénient refte toûjours ,
comme on va voir.
DE DECEMBRE.
57
Gead
Mais , des fureurs du Roy, fuis-je toujours
l'objet ?
Le terme,defureurs , qui ettoit Ablatif
dans le Vers précédent , devient
Génitif dans celui - ci ; cependant , l'équivoque
, ou plûtôt le contre-fens
n'en refte pas moins fenfible. Car , de
dire ,
Mais , du Roy des fureurs , que puis - je
enfin juger ?
Ou de dire ,
Mais , du Roy des fureurs, fuis-je toû
jours l'objet ?
· C'eft,par rapport au contre-fens , toutà-
fait la même chofe .
Je n'ai rien à dire ici de l'Ablatif,
par rapport aux autres cas . Premierement
, parce que ne dépendant jamais
que d'un verbe , felon la définition que
j'en ai donnée , il ne peut eftre gouverné
par un nom , en quelque cas que
ce foit : Secondement , parce que fi ,
fans eftre gouverné d'aucun nom , il
en gouverne quelqu'un lui-même , il ne
peut le 'gouverner qu'au Génitif ; &
nous venons de traiter ce point en
montrant,pourquoi la tranfpofition ne
pouvoit fe pratiquer entre le Génitif &
I'Ablatif.
,
,
18
LE
MERCURE
Ainfi , aprés avoir déterminé ce qu'il
y a d'effentiel , pour la tranfpofition de
ces deux cas , il ne refte qu'à dire un
mot ,de ce qui peut la rendre plus ou
moins douce.
Sur quoi , il faut obferver d'abord ,
que la remarque qu'on a faite au fujet
de la tranfpofition du Datif , a lieu
rout de même , à l'égard de celles du
Génitif & de l'Ablatif ; c'eſt- à- dire ,
que plus les termes tranfpofez feront
éloignez l'un de l'autre , plus la tranfpofition
aura de douceur. L'on peut
même ajoûter , que c'eft un ménage- .
ment , d'autant plus néceffaire à ces
dernieres tranfpofitions , qu'elles font
moins naturelles que celles du Datif.
Car, dans celle - ci , on peut abfolument
renfermer les deux termes tranfpofez
dans le même hémiftiche , fans que
cette proximité rende la tranfpofition
bien rude ; comme en font foy les exemples
qu'on a rapportez , & d'où font
tirez ces deux hémiſtiches .
A mes ordresfoûmis.
A moi feul afervit.
Au lieu que dans la tranfpofition du
DE DECEMBRE. 12
Génitif & de l'Ablatif , ce voifinage
feroit un trés mauvais effet ; comme ,
fi au lieu de dire ,
1. Qui de Rome toûjours balançant le
deftin.
on difoit
.
Qui toûjours balançant de Rome le
deftin.
Autre exemple en ce genre, pourl'Ablatif.
Si , au lieu de tourner le vers
fuivant , comme l'a tourné Racine ,
2 De ce trouble fatal, par où dois-je -
fortir ?
on rapprochoit le Génitif , trouble ,
du verbe , fortir , qui le gouverne ,
& qu'on dît
Et par où dois-je enfin de ce trou
ble fortir.
Cela auroit quelque chofe de choquant
& de fort dur.
Le mieux eft donc , d'éloigner , autant
que la conftruction de la Phrafe
peut fouffrir le , tant le Génitif que
1 Act. 2. Sc. 3.
2 Act. g. Sc. s.
60 LE MERCURE
l'Ablatif , du verbe ou du nom avec
lequel ils font liés. Voici des exemples
de l'un & de l'autre , qui vont
par gradation , comme nous avons fait
à l'égard du Datif. Et prémierement,
pour le Génitif.
1 Vangeoit de tous les Roys , la querelle
commune .
2 Il fant d'un fuppliant emprunter
le vifage .
3 D'un Rival infolent arrêter les
complots.
Quelquefois , le Génitif eft dans un ·
Vers , & le nom qui le gouverne , ne
paroît qu'au vers fuivant.
Je ne m'attendois pas que de nôtre
hymenée,
4Je diffe vor fi tard arriver la
journée .
On pourroit même encore , & les
Vers n'en auroient que plus de nơbleffe
, mettre le Génitif au commen-
1 A &t . 1. Sc . I.
2 A&t. 3. Sc. I.
3 A&t. 2. Sc. 3.
4 Act. 2. Sc. 4.
DE DECEMBRE. 61
cement du premier Vers ; & renvo
yer à la fin du fecond , le nom qui
le gouverne : Tel eft cet exemple que
j'ajufte exprés.
De l'hymen malheureux où j'étois
deftinée ,
J'attendois malgré moy , la fatale
journée.
Voici d'autres exemples pour l'Ablatif
, qui vont auffi par gradation.
1 Et même de mon fort , je ne pourrois
me plaindre.
2 Que de tant d'Ennemis vous puisfiez
vous défendre .
On peut encore de ce dernier Vers ,
en faire deux , où l'Ablatif foit au
commencement du premier , & le verbe
, à la fin du fecond.
Quand, de tant d'Ennemis tout prêts
vous furprendre
à >
Vous pourriez efpérer , Seigneur , de
vous défendre .
Ces exemples fuffifent
1. A &t. 4. Sc. 4.
2 Act.5. Sc. dern.
pour faire
62 LE MERCURE
connoître , combien l'éloignement des
termes , qui font rélatifs l'un à l'autre,
adoucit ces deux tranfpofitions .
Je crois pourtant devoir faire fur
cela une obfervation : J'ai recherché
d'où venoit , que dans les tranfpofitions
, tant du Datif , dont nous avons
déja traité , que du Génitif & de l'Ablatif,
fur lesquelles nous fommes à préfent
; plus les termes , du renversement
defquels fe forme la tranfpofition , fe
trouvoient éloignez l'un de l'autre , &
plus la tranfpofition avoit de grace.
Le fait eft für , comme on l'a pu voir .
par les exemples ; & cependant, il femble
, que plus , des termes rélatifs font
prés l'un de l'autre , & mieux ils devroient
compatir enfemble.
Surquoy , il m'a paru que l'éloignement
eftoit moins le Principe , que l'occafion
de ce bon effet ; & que la grace ,
qu'il donne à la tranfpofition , ne venoit
pas préciſement , de ce que les termes
tranfpofez eftoient féparez l'un de
l'autre , mais de ce que , par cette féparation
, ils facilitoient l'arrangement
naturel de la conftruction du refte de
la phrafe. Je m'explique.
DE DECEMBRE. 63
›
gou- Un Génitif, par exemple , eft
verné par un nom , & ce nom réciproquement,
eft lié à un verbe dont il eft,
ou le Nominatif , & ou plus fouvent
encore le cas. Suppofons cette phraſe ,
pour rendre cela plus fenfible . Il m'annonça
l'amour & les deffeins du Roy.
Dans cette phrafe , annoncer , eft le
verbe amour & les deffeins , voilà
l'Accufatif ou le cas du verbe . Du Roy,
voilà le Génitif qui ne dépend que de
l'Accufatif, l'amour & les deffeins.
On veut faire un Vers de cette phraſe ;
& pour y donner le tour poëtique
on y ménage la tranfpofition du Génitif
avec l'Accufatifdont il dépend ; c'eft· àdire
, qu'au lieu de mettre l'amour &
les deffeins du Roy ; on met , du Roy
l'amour & les deffeins . Voilà la tranf
pofition faite . Mais , comme toute
tranfpofition eft un dérangement de
l'ordre naturel , & qu'il ne fe fait point
fans quelque forte de violence ; il eft
fûr que, fi à cette premiere violence ,
on en ajoûte une feconde , le dérangement
en fera d'autant plus defagréable.
Or, c'est ce qui arrive ,quand les termes
tranfpofez fe touchent , comme
dans ce vers de Racine.
64 LE MERCURE
1. M'annoncérent du Roy l'amour &
les deffeins.
La premiere efpéce de violence eft
vifible ; c'eft la tranfpofition du cas du
verbe, & du Génitif que ce cas gouverne.
Mais , où eft la feconde ? Elle confifte
en ce que ce Génitif fépare du
verbe,le cas que ce mefme verbe gouverne
, & qui le devroit fuivre immé
diatement. C'est-à-dire, qu'il ne ſe contente
pas de déranger l'Accufatif , par
raport àlui-même, il le dérange encore
par rapport à fon verbe. C'est ce qu'on
voit dans levers de Racine que j'ai cité,
où le Génitif qui eft ce terme , du Roy,
fe met entre le verbe , annoncer &
l'Accufatif qui devroit le fuivre , l'amour&
les deffeins : Dérangement, dont
le verbe feroit en droit de fe plaindre,
& de demander raifon au Génitif. Il
vous plaît de vous déplacer, & de changer
de pofte avec l'Accufatif que je
dois avoir à ma fuite . A la bonne- heure ,
pourvû que je n'en fouffre point ; mais ,
vous venez vous jetter à la traverſe ,
& couper ma marche , en me féparant
de mon Accufatif , qui dans l'ordre naturel
, doit me fuivre immédiatement ,
1. Alt. 1. Sc. I.
2
&
DE DECEMBRE. 65
& dont rien ne m'oblige ici de me féparer
: En cela,je fuis lézé , & vous me
faites tort. Tant de tranfpofitions que
vous voudrez ; mais à condition , que
ce'ne foit pas à mon préjudice. Il me
femble que ce verbe a raifon de fe
plaindre ; & comme on doit juſtice à
tout le monde , il faut la lui rendre .
Comment cela ? En réformant le Vers
& rapprochant le verbe de fon Accufatif
; mais , comme cela ne ſe peur
faire avec le terme , annoncérent ; à
caufe de la cèfure à laquelle il n'eft
pas propre , je le change en celui d'annonça
, &je dis ,
Et du Roy m'annonça l'amour & les
deffeins .
Comme le Génitif , du Roy , dans ce
Vers,eft plus éloigné de l'Accufatif qui
le régit , qu'il ne l'eft dans celui de
Racine ; on croit d'abord , que c'eft
cet éloignement qui adoucit la tranfpofition
; mais dans le vrai , l'adouciffement
ne vient , que de ce qu'en s'éloignant
davantage , il laiffe au verbe
fa place naturelle , & ne trouble en
rien fa conftruction .
On pourra m'objecter , que
même Vers , de la maniére que je l'aj
Décembre 1717. F
dans ce
66 LE MERCURE
tourné , la céfure eft moins marquée
que dans celui de Racine. J'en conviendrai,
fi l'on veut ; mais , je répons
à cela , que je préférerai toûjours la
clarté de la phrafe , à la beauté de la
céfure ; comme la raifon , à la rime.
Je n'apporte point d'autre exemple
fur ce dérangement ; parce que , celui
que j'ai allégué , par rapport à l'Accufatif
, peut s'appliquer & au Nominatif
& au Datif, quand ces deux cas
fe trouvent dans un même Vers avec
le Génitif. Il fuffit feulement d'êtablic
pour Maxime certaine en ce genre ;
que comme , toute tranfpofition cauſe
toûjours un dérangement dans la conftruction
naturelle de la phrafe ; moins
on la trouble , & on la dérange d'ailleurs
; & mieux la tranſpoſition en eſt
reçûë.
Aprés tout , je ne voudrois pas nier
abfolumen , que l'éloignement des deux
termes relatifs ne contribuât par luimême
à adoucir leur tranfpofition.
Car , quoi qu'il femble , comme je me
le fuis objecté , que plus , deux termes
de cette espéce font près l'un de l'autre
, &plus ils doivent convenir entre
eux : Cela eſt vrai , quand ces termes
DE DECEMBRE. 67
font dans leur fituation naturelle ; mais,
quand ils font déplacez , ce n'eft plus
la même chofe . Au contraire , il paroît
qu'alors , ce que ce déplacement peut
avoir de rude , s'affoiblit & s'adoucit
à proportion de leur éloignement . Il en
eft , comme de deux couleurs contraires
,dont l'oppofition eft d'autant moins
fenfible , qu'elles font plus éloignées
l'une de l'autre. Le milieu quiles fépare
, ett une forte de dégradation qui
fert à faciliter leur accord.
Ce qui me le fait juger ain , par
rapport aux tranfpofitions , c'eft la re
marque que j'ai faite , fur- tout à l'égard
de celle du Génitif ; qu'une épithéte
ajoûtée à l'un des fubftantifs tranfpofez
, adouciffoit infiniment la tranſpofition
. Je vais en apporter des exem
ples , qui feront connoître infenfiblement
, quelle différence il y a pour la
douceur dans le même Vers , lorfque
les fubftantifs tranfpofez font dénuez
d'épithetes , & lorfqu'ils en font revêtus.
Suppofons donc d'abord ce Vers ,
fans épithètes.
J'y penfe , & de ce jour le fouvenir
m'afflige.
On fent que le choc de ces deux
68 LE MERCURE
Subftantifs, qui fe heurtent immédiate
ment , de cejour le fouvenir , a quelque
chofe de rude : Joignons une Epithéte
au premier , & le Vers perdra beaucoup
de fa dureté. En voici la preuve.
De ce jour malhûreux le fouvenir
m'aflige.
L'Epithéte eft jointe ici au premier
Subitantif , mais , quand elle ne le feroit
qu'au fecond , elle ne laifferoit
pas de produire à peu prés, le même
effet :On pourra en juger par ce Vers
de Racine .
*Etquede mon devoirEsclave infortunée.
Ce Vers en effet, n'a rien de choquant ;
mais , il auroit encore plus de douceur ,
fi,outre l'Epithéte jointe au fecond Subftantif,
on en ajoûtoit encore une au
premier , en difant ,
De ce cruel devoir Efclave infortunée.
Et peut - être , feroit- il plus doux encore
, fi cette nouvelle Epithéte féparoit
les deux Subftantifs , & qu'on dît :
D'un devoir odieux Efclave infortunée .
Car,quoiqu'il y ait plus de fufpenfion ,
quand l'Epithété précéde fon Subftan
tif, on doit toujours facrifier cet agrêment
, en faveur de tout ce qui peut
* Act. II. Sc. G.
DE DECEM BRE. 69
adoucir la tranfpofition . C'est par oú
je finirai ce qui regarde celle- cy , pour
paffer à celle du Nominatif & de l'Accufatif
, dont il nous refte à parler.
DES
TRANSPOSITIONS PERMISES ;
Ou défendues dans le ftile Poëtique.
Q
UAND je ne me ferois
pas engagé dans ma Differtation
précédente , à traitter
en détail, ce qui regar-
Tranfpofitions ; & à faire la
diftinction de celles qui font permiſes ,
& de celles qui ne le font pas ; c'eft
un point fi effentiel à mon fujet , que
de les
A iiij
LE MERCURE
je ne pourrois me difpenfer d'en parler.
termes
En effet , comme entre les Tranſpofitions
qui caractérisent le tour Poëtique
, par la fufpenfion qu'elles introduifent
dans la Phrafe , il y en a que.
la Langue admet , & d'autres qu'elle
rejette ; tout ce que j'ai dit jufqu'ici
, & de la fufpenfion & des tranfpofitions
, fe réduiroit aux
⚫d'une pure fpéculation ; fi je ne donnois
des régles fures , pour difcerner
celles qui font de mife , de celles qui ne
le font pas. Je fçai bien que l'uſage
qui eft le Grand Maître de la Langue,
femble les déterminer ; mais , outre
qu'il y a des Franfpofitions qui font
propres à la Poëfie & que la Profe ne
fouffre pas ; que l'ufage même qu'en
fait la Pocfie , n'eft pas bien certain ,.
bien déterminé & hors de toute conteſtation
, au moins à l'égard de quelques-
unes de ces Tranfpofitions ; ily
a lieu de douter , fi ce principe de l'ufage
,auquel on rapporte tout dans les bizarreries
prétendues de la Langue , ne
fuppofe pas lui -même un principe ultérieur
, & s'il n'eft pas fondé fur quelque
raifon.
DE DECEMBRE. 9
Pour moi , fi j'ofe dire ce que j'en
penfe , je fuis perfuadé que les irrégularitez
même les plus bizarres , en fait
de Langage , ont un principe caché que
peu de gens pénétrent ; mais , dont
tout le monde fuit l'impreffion fans le
connoître. C'eft une forte d'instinct
qui infpire toute une Nation ; & qui ,
quoi qu'à l'aveugle , conduit auffi
fûrement l'ignorant, que la raifon & la
régle dirigent l'Homme de Lettres &
le Grammairien. Pourquoi, entre deux
façons de parler , qui d'elles- mêmes
n'ont rien de vicieux , l'une eft - elle
admife & l'autre réprouvée ? On repond
que cela vient de l'ufage , qui
admet l'une & qui défavoue l'autre ,
& l'on feroit fcrupule de creufer plus
avant. Mais,comme de la maniere que
les Hommes font faits , toute une Nation
ne fe détermine pas à préférer une
expreffion à une autre , fans qu'il y ait
quelque raifon fourde de préférence ;
j'ofe dite , que fi on vouloit un peu
creufer en cette matière , on trouveroit
infailliblement ou dans le génie
de la Langue , ou dans le goût de la
Nation, le principe caché qui , fans
nous nous en appercevions › dé--
que
ΤΟ LE MERCURE
cide dans nous , de ce que nous devons
admettre en fait de Langage , & de ce
que nous devons réprouver.
Or , c'eft à ce principe que j'ai tâché
de remonter , non pas, pour régler
quelles font les Tranfpofitions dont
on peut ufer, & quelles font celles dont
on doit s'abstenir ; puifque , cela n'appartient
qu'à l'ufage : Mais , pour juftifier
l'ufage même dans celles qu'il a
permifes , comme dans celles qu'il a
condamnées. J'aurois pû m'en tenir à
faire un détail exact des differentes
inverfions qui font d'alloy dans la Poëfie
, & à les appuyer par des exemples
tirez de nos meilleurs Poëtes :
C'eftoit même , à peu prés , à quoi je
m'eftois borné d'abord . Le hazard,fans
que j'en euffe deffein , me mena plus
loin ; car , en lifant à quelques - uns
des mes amis , ce que j'avois jetté fur
le papier, touchant les Tranfpofitions,
& en ayant rapporté une qui , de mon
aveur,êtoit bonne ; mais , que j'avoüois
qui m'embarraffoit ; parce que je ne
trouvois pas qu'elle quadrât avec les
autres de même efpece , & que je ne
voyois pas d'ailleurs , ce qui pouvoit
la tirer hors de la régle; un d'eux,homDE
DECEMBRE. 1 11
me de beaucoup d'efprit * & qui fans
être Poëte , eft fort au fait fur la
Poëfie , me donna fur le champ le
dénouement que je cherchois >
en
me faifant remarquer , que ce qui
autorifoit cette Tranfpofition ; c'eftoit
qu'elle fe pouvoit faire fans ambiguité
& fans équivoque. Sa raifon qui me
parut décifive pour la difficulté dont
il s'agiffoit , me donna lieu d'enviſager
toutes les autres Tranfpofitions par
le même endroit . Je les examinai , &
les êtudiai de nouveau ; & à force de
les remanier & de les confronter enfemble
, je trouvai dans ce qu'on
m'avoit dit pour une , la clef de toutes
les autres , & le principe général &
déterminant , qui a fait admettre celles
qui font en ufage , & qui a fait exclure
celles qui n'y font pas.
C'est ce que je vais tâcher de développer
; & pour y parvenir , il faut
fuppofer d'abord , que les Tranfpofitions
ne peuvent rouler que fur deuxfortes
de termes qui font , pour ainfi
parler , le corps de la Phrafe ; c'est -àdire
ou furles noms , ou fur les verbes..
* M. l'Abbé de Pons.
1.2 LE MERCURE
Sur les noms , foit par rapport
d'autres noms dont ils dépendent ,
foit par rapport aux verbes , qu'ils
gouvernent ou dont ils font gouvernez
. Sur les verbes , par rapport à d'autres
verbes avec lefquels ils fe trouvent
liez par la conftruction.
A l'égard des Verbes , il n'y a point
de diftinction à faire entre les tems
differents ; préfent , paffé & fûtur ,
fur lefquels ils roulent. Car , comme
cela ne change rien à leur fignification
effentielle , dés qu'ils fouffrent
la tranfpofition dans un de
ces tems , ils la peuvent fouffrir dans
tous les autres . Il n'en est pas de même
des noms , par raport aux cas diffé
rens dont ils font compofez , & dont
les uns admettent la tranfpofition fans
reftriction ; & les autres ne s'y prêtent
qu'avec précaution , & qu'en certaines
fituations : Le Datif par exemple , le
tranfpofe tant qu'on veut , & prefque
fans aucune exception. Le Génitif &
l'Ablatif fe tranfpofent auffi le plus
fouvent , hors en quelques rencontres
particulieres. Le Nominatif aucontraire
, & l'Accufatif n'admettent la
ranfpofition qu'à certaines conditions,
DE DECEMBRE.
13
& ce dernier encore plus rarement que
l'autre. C'est ce que le Lecteur reconnoîtra
par lui-même ; lorfque j'entrerai
dans le détail des tranfpofitions ,
par rapport à ces différens cas. Je ne
mets point ici le Vocatif en ligne de
compte , parce que , n'ayant proprement
point de régime ny actif, ny
paffif , il eft abfolument indépendant .
Au refte , je crois qu'on ne trouvera
pas mauvais , qu'en parlant de tous
ces cas , je me régle fur i'Analogie latine:
11 ma paru que dans une matiére qui
ne regarde gueres que les gens de
Lettres , je devois en ufer ainfi , pour
leur plus grande commodité ; & je ne
difconviendrai pas que je n'aye û auffi
en cela , un peu égard à la mienne. La
différence de certains cas dans nôtre
Langue , eft fi peu marquée , que j'aurois
efté fort embaraffé à diftinguer
enplufieurs occafions , le Génitif de l'Ablatif.
Il m'a donc fallu , pour les fixer ,
avoir recours à la Méthode qu'on fuit
dans les
Déclinaifons de la Langue
Latine ; & fuivant ce plan , j'appelle
Nominatif, Génitif& c.ce qui dansnôtre
Langue , répond au Nominatif, Génitif
& autres cas des Latins. Détail de
14 LE MERCURE
Grammaire affez defagréable , mais fi
utile , que je me flate , qu'on voudra
bien l'excufer en faveur de la clarté
qu'il répandra fur tout ce que j'ai à
dire des tranfpofitions.
Ce fut dans la difcuffion de ces cas
différents , qu'ayant remarqué que des
cinq cas , à l'égard defquels la tranf
pofition pouvoit avoir lieu , le Datif
l'admettoit fans violence , & même
affés naturellement ; qu'à peu de chofe
prés , il en eftoit de mefme du Génitif
& de l'Ablatif mais qu'au contraire
, le Nominatif ne la fouffroit qu'à
peine , & feulement en certaines conjonctures
; & que l'Accufatif y répugnoit
prefque totalement ; je voulus démêler
d'où pouvoit venir tant de répugnance
dans les derniers , & tant de
facilité dans les premiers : Car , d'attribuer
cela à la bizarrerie de l'uſage ,
il me paroiffoit que c'eftoit éviter la
difficulté , & non pas la réfoudre. Je
me figurai donc qu'il falloit néceffairement
qu'il y ût dans quelques- uns
de ces cas , quelque chofe de particulier
qui ne fe trouvât pas dans les autres.
Sur cela , je me mis à les éxaminer
tous en détail , dans trois fortes de
"
DE DECEMBRE. IS
noms différens , tels que je les repréfente
içi.
SINGULIER.
Nominatif. L'homme.
Genitif.
La table. Le temple.
De l'homme, De la table. Du temple.
Datif. A l'homme. A la table . Au temple.
Accufatif. L'homme. La table. Lo temple.
Ablatif, De l'homme. De la table. Du temple.
Génitif.
PLURIER.
Nominatif. Les hommes. Les tables. Les temples.
Des hommes. Des tables. Des temples .
D'atif. Aux hommes, Aux tables. Aux temples.
Accufatif. Les hommes. Les tables. Les temples.
Ablatif. Des hommes. Des tables. Des temples.
Comme les noms dans nôtre Langue,
n'ont point d'infléxions différentes ,
ainfi que dans la latine , c'eſt l'article
feul qui y diftingue les cas. Or , je remarquai
qu'il n'y avoit que le Datif
qui ut un article particulier , lequel ne
lui fût commun avec aucun autre cas ;
c'eft l'article à ou au pour le fingulier ,
& aux pour le plurier. Auffi , remarquai-
je en mefme tems , que c'eftoit ,
comme onle verra dans la fuite , celui
de tous les cas , dont la tranſpoſition
16 LE MERCURE
.
êtoit la plus naturelle , & avoit le plus
d'agrêment & de douceur. Pour le
Génitif& l'Ablatif, je trouvai une entiére
conformité entr'eux ; de forte
que , quand ils concourent enfemble ,
ils femblent deux Génitifs de fuite ;
car , en difant : De l'Armée de Céfar
il paffa dans celle de Pompée ; cela fait
à peu prés le mefme effet , que fi on difoit
: Il eftoit le meilleur Soldat del'Armée
de Céfar. Sur quoi , je fis trois obfervations
; la premiere , que ce concours
de l'Ablatif & du Génitif êtoient
rares . La feconde › que comme ils figuroient
de la mefme maniére que
deux Génitifs ; ils devoient auffi obferver
la mefme régle ; & que par conféquent
, il ne pouvoit y avoir de tranfpofition
entr'eux , non plus qu'entre
deux Génitifs , à caufe de l'équivoque
qui en réfulteroit , comme je l'expliquerai
dans l'article de cette , tranfpofition
. Enfin , la troifiéme obfervation
que je fis , fut que partout ailleurs,
où il n'y avoit point lieu à une femblable
équivoque , le Génitif & l'Ablatif
pouvoient fe tranfpofer : De forte
qu'eftant d'eux- mêmes & de leur nature,
trés fufceptibles de tranfpofition ,
ce
DE DECEMBRE . 37
ce n'eftoit qu'accidentellement qu'ils
y répugnoient quelquefois, & toûjours ,
pour éviter l'ambiguité & l'équivoque ,
que cette tranfpofition y pourroit mettre..
Enfin , je trouvai entre le Nominatif
& l'Accufatif , une reffemblance plus
parfaite encore par fa fimplicité, qu'en
tre le Génitif & l'Ablatif ; car , ny l'un
my l'autren'ont d'articles : Reffemblance
d'ailleurs , bien autrement incommode
que dans les deux autres cas ; en ce
que fe trouvant prefque toûjours enfemble
par la conftitution de la phrafe,
où le verbe doit avoir fon Nomina
tif & fon cas , lequel pour le plus fouvent
, eft l'Accufatif ; il n'y avoit que
l'ordre de la marche entr'eux qui pût:
les caractériſer : De forte qu'on ne pouvoit
difcerner le Nominatif de l'Accufatif
, que parce que celui - là précé--
doit le verbe , & celui ci le fuivoit :
Car , fi on veut tranfpofer les termes
de cette phrafe ; Céfaraimoit la gloire
en difant ; la gloire aimoit Céfar ; on
prendra cela plûtôt pour un changement
de phrafe , que pour une tranf
pofition. La gloire paffera pour le Nominatif,
parce qu'elle eft devant le
B
18 LE MERCURE
verbe , & Céfar pour l'Accufatif , parce
qu'il eft aprés ; & perfonne ne
s'imaginera qu'on veuille dire dans
cette tranfpofition , que c'eft Céfar
qui aimoit la gloire , & non pas la gloire
qui aimoit Céfar .
De cette remarque je tirai deux conféquences.
La premiere , que la répugnance
que ces deux cas fembloient
avoir à la tranfpofition , ne venoit
que de la confufion inévitable que leur
uniformité cauferoit dans la phrafe ,
pour peu qu'on en troublât l'ordre naturel
: La feconde , que toutes les
fois qu'il n'y avoit point d'ambiguité
à craindre , on pouvoit tranfpofer ces
deux cas comme les autres ; & que c'êtoit
pour cela qu'il y avoit des occa-.
fions , où la tranfpofition du Nominatif,
loin de choquer , avoit un trés bon
effet.
Enfin , ramaffant tout ce que j'avois
fait d'obfervations , & confidérant
que le Datifne repugnoit prefque jamais
à la tranfpofition ; parce qu'ayant
marque particuliére dans fon article ,
l'inverfion à fon égard , ne pouvoit caufer
d'ambiguité : Que les autres cas ne
l'exclupient , que quand elle faifoir
fa
DE DECEMBRE. 19
un fens douteux & équivoque ; & que
hors delà , ils l'admettoient librement :
Que de mefme , comme on le verra
dans fon lieu , elle fe fouffroit entre
deux verbes , lorfqu'elle n'y apportoit
point d'embarras & de confufion ; je
tirai cette conféquence générale , dont
je fais la régle décifive , pour difcerner
les bonnes & les mauvaiſes tranfpofitions
Que toute inverfion de
phrafe eft permife & légitime , dés
qu'elle n'en altére point la clarté , &
qu'elle n'y cause ni confufion , ni équivoque
. Principe , d'autant plus folide
& plus fûr , qu'il eft fondé fur le génie
de la Langue françoife , dont le caractére
propre & particulier , eft la
clarté. La conftitution fimple & naturelle
de la phrafe , dans laquelle l'expreffion
fuit l'ordre de la perfée , nous
en eft une preuve. Nôtre Langue fe
preftera toujours fans répugnance aux /
tours les plus hardis , aux figures less
plus outrées , aux tranfpofitions les
plus extraordinaires , à toutes les libertez
, & aux défordres même de
la Poëfie , fi jofe parler ainfi ; mais
à cette condition , que fa clarté n'en
fouffrira point . Tant de beautés & d'ox-
Bij
20
LE MERCURE
nements qu'il vous plaisa; mais ny obfcurité
, ny confufion , ny équivoque.
La clarté eft un point , fur lequel elle
n'admet aucune compenfation , & elle
préférera toujours une fimplicité fans
embarras , à unfublime obfcur & fatigant
.
Ce principe êtant êtabli , il ne reſte
plus qu'à l'appliquer , & cette application
même en fera la preuve ; car , en
éxaminant fur cette régle , toutes les
tranfpofitions , tant bonnes que mauvaifes
, je ferai toucher au doigt : Que .
les premieres ne font permifes,que parce
qu'en donnant de la beauté à la phrafe
, elles n'en altérent point la clartés.
& que les autres ne font rejettées
que parce que , fous prétexte d'embellir
la phrafe , elles l'obfcurciffent .
Et comme , de toutes les tranfpofitions
, celle du Darif eft la plus naturelle
; c'est par elle auffi que je crois
devoir commencer , en l'éxaminant,
& par rapport aux verbes , & par rap
port aux noms , avec lefquels le Da
tif peut eftre tranfpofé.
DE DECEMBRE. 2x
EXAMEN
De la Tranfpofition du Datif.
Le Datif eft ordinairement régi par un
verbe qui le demande aprés lui : Comme
quand on dit . Tout confpire à mes
deffeins. On s'appofe à mes voeux. Déro- .
ber fa tête à un fardeau Voilà comment
on doit parler en profe , où l'on
place le verbe devant le cas qui en dépend
: En Vers , c'eft tout le contraire .
Le ftile poëtique éxige , qu'en renver..
-fant la phrafe , on tranſporte le cas devant
le verbe , & qu'on dife : A mes.
deffeins tout confpire. A mes voeux ons'oppofe.
A un fardeau dérober sa tête ::
Et c'eft ainfi qu'en uſe Racine.
A mesjuftes deffels je vois tout confpirer.
2. Ilfe plaint qu'à ſes voeux un autre ·
amour s'oppofe.
3 Chacun à ce fardeau vent dérober Sa
tête.
Tragédie de Mithridate..
A&t. III . Sc. I..
2. Act. II. Sc . VI
3 A&… III, Sc. I.
LE MERCURE
Ce n'eft pas à dire , que Racine luf
même fuive toûjours cette méthode ;
car , dans un autre endroit , il dit fansufer
de tranfpofition .
* Tu ne t'attendois pas fans doute à ce
Difcours.
Mais en cela mefme , il s'écarte de
fa pratique ordinaire ; & il eſt évident
qu'il feroit plus poëtique d'ufer de
tranfpofition, & de dire.
Sans doute à ce Difcours tu ne t'attendois
pas.
>
On peut donc établir , comme une
régle fûre , que le ftile poëtique exige
la Tranfpofition du datif, par rapport
aux verbes dont ce datif dépend.
Je ne prétends pas néantmoins qu'il ne
foit jamais permis de s'abftenir det ranfpofitions
tant à l'égard de ce cas ,
que des autres qui en font fufceptibles
car , ffuurr ccee ppiieedd , il faudroit
mettre dans un vers , toutes les tranfpofitions
qui pourroient y entrer : Ce
qui feroit le plus fouvent un trés mauvais
effet . Il y a du plus & du moins ,
des tempéraments à garder en tout
* Alte I. Sc. I.
DE DECEMBRE. 23
cela. C'eft de quoi je parlerai plus au
long dans la fuite , lorfque je traitterai
de l'ufage qu'on doit faire des tranf
pofitions. Mais quant à prefent , je
me borne à déterminer ce que le tour
de la Péëfie exige de lui- même , & à
quoi il faut s'affujettir , lorfqu'il n'y a
point de raifon légitime de s'en difpenfer..
Outre les Verbes qui gouvernent
des datifs , il y a auffi des adjectifs
, dont ces mêmes datifs dépendent..
Quelquefois , ces adjectifs font liez
à un verbe. Comme quand on dit . Cefils
fut cruel à fon Pere . Quelquefois ,ils
fe trouvent feuls & fans verbe , comme
fi on diſoit : Et par un trait fun? -
fte à fa gloire. Et quelquefois auffi , ils
font participes d'un verbe . C'eſt ainft.
qu'on dit. Soumis à mes loix , attaché
à fon devoir. Trois fituations , par rapport
aux quelles il faut confiderer la
Tranfpofition du datif.
Toutes les fois que l'adjectif fait
lui-même partie d'un verbe , ou qu'il
eit lié à un verbe , il peut-être regardé
comme verbe par rapport au datif
qui le fuit , & par confequent, la Tranf
14 LE MERCURE
pofition du Datif a lieu à fon égard
auffi naturellement qu'à l'égard des
verbes. En voici des exemples , donɛ
je forge le premier , parce que je n'en
trouve point fous ma main ; & je prie
le Lecteur d'agréer que j'en ufe de la
forte , lorfqu'ils me manqueront.
A fon Pere ce Fils fut toûjours trop
cruel.
Je fçay que de tout tems à mês ordres
foumis
Ilbait autant que moi nos communs
Ennemis.
Dans le premier exemple , l'Adjectif
eft joint à un verbe ; dans le fecond
, l'Adjectif eft participe , & la
Tranfpofition fait fort bien dans tous
les deux.
Mais , lorfque l'Adjectif est tour
feul , & qu'il n'eft point participe , il
eft difficile que la Tranfpofition ne
caufe de l'ambiguité dans la Phraſe.
S'il falloit dire , par exemple.
Mais , entreprise hélas ! · Trop fu-·
nefte à la gloire .
Er qu'on Tranfpofat ainfi.
1. Act. 11. Sc . 39 . Mais ,
DE
DECEMBRE.
25
Mais , entreprife hélas ! A fa gloire
funefte .
Cette
Tranfpofition ne
vaudroit
rien , parce qu'on pourroir douter , fi
l'Adjectif, funefte , fe
rapporteroit à entreprife
, ou à gloire ; & que felon le
principe général des
tranfpofitions ,
on n'en doit point ufer , dés qu'elles
peuvent apporter la moindre obfcurité
au fens de la Phrafe . Toutes les
précédentes ne font bonnes , que parce
qu'elles n'en altérent en rien la
clarté , de forte même , quefi en gare
dant la
tranfpofition dans ce dernier
Vers , on pouvoit le tourner , de maniere
qu'il n'y ût lieu à aucune équivoque
; comme fi on diſoit ,
Mais , à fa gloire hélas ! Entreprife
funeйte.
la
Tranfpofition feroit
beaucoup plus
tolerable.
Cependant ,
comme dans
ces termes , à fa gloire , l'article à ,
qui n'eft point encore
déterminé , peut
paffer pour
prépofition , & avoir le
même fens que ,
ad ejus
gloriam en
C Décembre
1717.
26 LE MERCURE
latin ; c'eſt-à- dire , marquer un Accufatif
; comme fi on difoit : A fagloi
re il faut que je le publie ; l'efprit
fouffre dans l'incertitude où il eft , fi
l'article , à , eft ici un article ou une
prépofition ; & fi c'eft un Datif ou un
Accufatif qu'il lui annonce : Or , il ne
faut jamais que l'efprit travaille pour
deviner ce qu'on lui expofe . Quelque
belle que fut une tranfpofition , on
doit toûjours la facrifier en faveur de
la clarté ; ou plûtôt, elle n'eft plus recevable
, dés qu'elle péche contre ce
principe .
C'eft de la fufpenfion que la Poëfie
demande , & non de l'incertitude ;
deux impreffions qu'il ne faut point
confondre. L'incertitude renferme la
fufpenfion, & en corrompt l'agrêment
par la peine , & la perplexité qu'elle
y porte ; mais , la fufpenfion ne fuppofe
point l'incertitude . Son idée aucontraire,
ne nous préfente qu'une attente
agréable de ce qu'elle nous annonce ,
& qu'elle nous met par avance à portée,
de deviner au moins en partie. Par
exemple , dans le Vers fuivant.
DE DECEMBRE : 27
1 Aux offres des Romains , ma Mere
ouvrit les yeux .
Il y a de la fufpenfion , mais , il
n'y a point d'incertitude ; parce que la
particule aux , marque évidemment un
article & non, une prépofition: Et quand
ily auroit , à l'offre des Romains , ce
feroit la même chofe , comme on peut
le voir dans le Vers qui fuit .
2 A mille coups mortels contre eux
me devouer.
Cette particule , à , détermine abfolument
le Datif , & annonce le verbe
qui demande ce cas : De forte que ,
quand ce verbe arrive , l'efprit qui
êtoit demeuré en fufpens , durant le
premier hémiftiche , elt enfin content
& fatisfait ; parce qu'il trouve ce qu'on
lui avoit annoncé , & ce qu'il s'êtoit
promis. Au lieu que , quand il ne fçait fi
la particule , à , eft article ou prépofition
; & fi elle prépare à un Datif
1 A&t. 1. Sc. I.
a Act. 1. So. I..
Cij
18 LE MERCURE
ou à un Accufatif , comme dans ces
termes ci - deffus , à fa gloire ; il fouffre ,
il peine , il n'ofe prendre de parti entre
le Datif & l'Accufatif ; ou , s'il le
prend , il rifque à fe voir obligé de
revenir fur fes pas ; chofe defagréable
pour nôtre efprit , & mortifiante
pour notre vanité. Toute erreur nous
humilie ; & comme nous n'aimons pas
à être humiliez , nous voulons toujours
du mal à ceux qui ont donné occafion
à nôtre humiliation : Nous cherchons
à nous difculper à leurs dépens ;
& fur ce point , comme dans toutes
les chofes où nous avons quelque tort ,
nous nous en prenons toûjours plus
volontiers à autrui , qu'à nous mêmes.
Or , rien n'eft plus facheux , &
plus imprudent à un Auteur , que de
mettre fon Lecteur , c'eft à - dire fon
juge , contre lui. Enfin , ce qui fait auprés
de nous le merire de la fufpenfion
, & le defagrêment de l'incertitu
de eſt fondé fur la bonne opinion
que nous avons de nôtre intelligence.
Nous voulons deviner , ce qui eft
la chofe du monde qui bleffe le plus
nôtre efprit ; mais , nous ne voulons
pas nous tromper ; ce qui est la cho-
?
•
DE DECEMBRE 29
que
fe du monde qui l'humilie le plus : Or,
par tout où il y a du doute & de l'in
certitude , il faut , ou que l'efprit s'arrête
tout - court , ou qu'il s'expofe &
fe mêprendre S'il eft obligé de s'arrêter
, c'eft un aveu de fon peu de pénétration
; s'il paffe outre , c'eft précipitation
& imprudence ; deux partis
qui bleffent prefque également fon orgueil
, & dont il fçait toûjours mauvais
gré , à ceux qui ne lui laiffentfur
cela le choix. Au lieu que, quand
il n'y a que de la fufpenfion ; il a le
plaifir pur de pouvoir deviner , fans
courir rifque de fe tromper. Peut - être,
trouvera- t-on que je me fuis trop êtendu
fur ce point ; mais , dans une matiere
fi mince d'elle-même , je ne crois
pas devoir rejetter , ce qui peut en
quelque forte, en corriger la fécheref
fe ; fur-tout , quand ce font des réfléxions
que mon fujet me fournit de lui
même : Et d'ailleurs,il eft bon que,par
le rapport fécret que des minuties de
Grammaire ont à notre amour propre ,
nous ayons occafion de connoître jufqu'où
s'étend fa tyrannie .
Voilà à peu près , à quoi fe réduit la
Tranfpofition du Datif , à l'égard des
Ciij
20 LE MERCURE
verbes & des Adjectifs dont il peut
dépendre.
Mais , comme il peut encore fe trouver
en concurrence avec d'autres cas;il
eft à propos d'éxaminer qui font ceux ,
à l'égard defquels il admet la tranſpofition
, & ceux avec qui il la comporte
moins. Ce qu'on peut dire en général
; c'eft que , quand la tranfpofition
fouffre de la difficulté , cela vient
moins de la part du Datif, que de celle
des autres cas avec lefquels il fe
trouve lié . De lui-même , il s'y prête
toûjours affez volontiers.
où il
Voici pourtant une rencontre ,
paroît autant de réſiſtance de fa part
à la tranfpofition , qu'il peut y en
avoir du côté du Genitif : Car , fuppofons
qu'on veüille tranfpofer ces
deux cas dans le Vers fuivant ,
Au plus grand des Héros , j'ofe le
comparer.
Il faudra dire .
Des Héros au plus grand , j'oſe le
comparer.
Tranfpofition qui paroît fonner mal,
& qui même , n'eft pas néceffaire dans
DE DECEMBRE.
31
ce Vers , où il y en a déja une . Mais ,
ce qui rend ce Vers rude , ce n'eft pas
la multiplicité des tranfpofitions ; c'eſt
la qualité de l'une des deux ; je veux
dire , celle du Genitif & du Datif qui
y repugnent également . Le Genitif prémierement
, à caufe de l'article , des
qui devient alors équivoque entre
lui & l'Ablatif. Car , on ne fçait , fi cet
hémiftiche, des Romains au plus grand ,
annonce une fimple comparaifon , ou
une efpéce de gradation , comme du
petit au grand : En fecond lieu , du côté
du Datif , on doute fi la particule
an , eft un article , ou une prépofition ;
fi elle défigne un Datif , ou un Acfatif.
Et ce qui femble prouver que
l'incongruité de la tranfpofition vient
de là en partie ; c'eft que fi on change
le Nominatif en Datif , & qu'on
dife ,
Des Héros le plus grand fe fit
voir à nos узих .
la Tranfpofition fera bonne.
J'ai dit que ce qui donnoit de la
rudeffe au Vers , n'êtoit pas la multi-
Des Héros au plus grand,j'ofe le com
parer.
2
32 LE MERCURE
plicité de tranfpofitions qu'il renfer
me , mais , la qualité de l'une de ces
tranfpofitions : C'est ce qu'il faut que
j'explique , quoi que cela regarde
proprement l'ufage & le ménagement
des tranfpofitions , dont j'ai deffein de
traitter à part; mais, pour ne point laiffer
le Lecteur dans l'embarras , je
crois devoir par avance, en toucher ici
quelque chofe.
En quoi donc , eft- ce que la qualité
d'une des tranfpofitions dans ce dernier
Vers , en caufe la rudeffe ? C'eſt
en ce qu'une de ces tranfpofitions eft
double ; c'eſt à - dire , en ce que le même
cas ett tranfpofé deux fois , l'une
avec un autre cas , & l'autre avec fon
verbe. Car , quoique la Phrafe Poëtique
exige des tranfpofitions , elle
ne les admet néantmoins , comme
nous l'avons remarqué qu'autant
qu'elles n'embarraffent point trop la
Phrafe Or , la Phrafe ne peut manquer
d'être embarraffée , dés qu'un terme
qui a de la liaiſon avec deux autres ,
eft tranfpofé à l'égard de tous les deux ;
& c'est ce qui arrive dans ce Vers.
,
Des Héros au plus grand , j'ofe le
comparer.
H
D
ta
D
DE DECEMBRE.
33
Au plus grand , qui eft un Datif,
eft déja tranfpofé , par rapport à fon
verbe qu'il précede ; car, dans l'ordre
naturel, il devroit le fuivre , & on dévroit
dire , comparer au plus grand. On
le tranfpofe encore à l'égard du Genitif
qu'il régit ; puifqu'au lieu de dire.
Au plus grand des Héros , on dit , des
Héros au plus grand. Voilà donc , le
même cas tranfpofé deux fois : De forte
qu'il faut que l'efprit faffe deux
opérations fur le même terme , pour
démêler le vrai fens que cette duplicité
de tranfpofition obfcurcit. Ce
n'eft plus un plaifir , tel que celui de
la fufpenfion ; c'est une peine & une
efpéce de torture , dont nôtre délicateffe
ne s'accommode pas.
,
D'où vient que dans la feconde maniere
de tourner ce même Vers en
changeant le Datif en Nominatif ; &
en difant ,
Des Héros le plus grand fe fit
voir à nos yeux .
la tranfpofition eft de mife ? C'eft
qu'alors , le même mot n'eft tranfpofé
qu'une fois .
14 LE MERCURE
Et pour prouver encore plus fenfiblement
, que la dureté de l'autre
Vers , des Héros au plus grand & c.
ne vient point de ce qu'il y a deux
tranfpofitions ; mais , de ce que l'une
des deux eft double ; c'est - à-dire , que
le même terme y eft tranfpofé deux
fois ; je vais citer un Vers de Racine ,
auffi compliqué qu'il puiffe y en avoir ,
par la multitude des termes differents.
qui le compofent , & qui forment
deux tranfpofitions ; fans que pourtant
, la beauté du Vers , ny la clarté
de la Phrafe en fouffrent. Le voici.
› De mon Pere à la Reyne il conte
la difgrace.
Il y a dans ce Vers un Nominatif,
il ; un Génitif , de mon Pere ; un Datif
; à la Reyne ; un Accufatif ; la difgrace
; un verbe , conta. Il s'y trouve
de plus deux tranfpofitions , mais ,
toutes deux fimples ; c'eft- à- dire, qu'il
n'y a aucun terme qui foit tranfpofe
deux fois. Le Genitif l'ett, par rapport
à l'Accufatif; de mon Pere la difgrace,
1 Att . 1. Sc . I
DE DECEMBRE.
35
au lieu de dire , la difgrace de mon
Pere. Le Datif l'eft , par rapport au
verbe qui le gouverne , à la Reyne il
conta au lieu de dire il conta à la
Reyne. Ainfi, cela ne fait point d'embarras
; cela n'altere point la clarté de
la Phrafe ; & dés lors , felon nôtre
principe , les tranfpofitions font bonnes.
Ce n'est donc point la multiplicité
des tranfpofitions , mais , leur
qualité qui peut nuire à la beauté du
Vers. Paffons aux autres cas avec lef
quels le Datif peut fe rencontrer.
Il fe trouve quelquefois deux Datifs
enfemble , comme dans ce Vers.
Aux Gaulois , aux Romains , fa
valeur fut fatale.
Mais , ces deux Datifs n'ayant point
de dépendance l'un de l'autre , il ne
peut y avoir entre eux de tranfpofition.
L'arrangement en eft purement
arbitraire : On peut mettre le premier
ou le dernier , celui des deux qu'on
juge à propos ; & c'eft dans certe occafion
que , comme dit Dom Japhet.
Il n'importe guere.
Que Pafcal foit devant , on Pafcal
foit derriere.
36
LEMERCURE
,,
On peut dire la même chofe du
Datif , par rapport au Nominatif &
à l'Accufatif , parce que , quoiqu'ils
fe trouvent enſemble dans une même
Phrafe c'eft fans dépendance l'un
de l'autre , & par conféquent , fans
qu'il puiffe y avoir de tranfpofition.
Il n'en faut point d'autre exemple ,
que le dernier Vers que j'ai cité de
Racine .
De mon Pere à la Reyne il conta
la difgrace.
Car dans ce Vers , le Datif , à la
Reyne , ne dépend que du verbe , il
conta ; & n'a point de rapport , ny au
Genitif , de mon Pere , ny à l'Accufatif
, difgrace.
Il ne refte que l'Ablatif, avec lequel
le Datif puiffe fe rencontrer ; mais , ny
le Datif, ny aucun autre cas ne peut
être lié avec l'Ablatif , qui ne dépend
que des verbes ,comme on l'expliquera
en fon lieu. Dans le Vers fuivant de
Defpreaux ,
De Paris au Perou , du Japon jufqu'à
Rome.
Sat. VIII.
DE DECEMBRE. 37
il faut prendre garde que
la particule
, as , n'eft point article , mais ,
prépofition ; & qu'elle ne défigne pas
un Datif, mais , un Accufatif. Ainfi,
cela ne regarde point la tranfpofition
du Datif , à laquelle nous nous bornons
dans cet article , & que je crois
avoir examinée, felon toutes les fitua
tions que ce cas peut avoir.
Or , de tout ce que j'ai dit jufqu'ici
fur la tranfpofition du Datif, je tire
trois conféquences.
La 1 : Que de lui-même , il ne répugne
prefque jamais à la tranfpofition
, & que , quand elle ne fe peut fai
re ce n'eft gueres de fon côté que l'affaire
manque
.
an ,
La 2 : Que la feule occafion où il
paroît ne la pas fouffrir fi commodé
ment , eft quand , la particule , à , ou ,
qui fait fon article déterminant
fe
peut prendre pour une prépofition,
& former par là une équivoque , comme
quand on dit : J'ofe le dire à fa
gloire.
La 3 Que quand , par la nature
des autres cas avec lesquels il concourt,
la tranfpofition ne peut le pratiquer ;
elle ne fe trouve exclufe, qu'à raifon
38
LE MERCURE
de l'équivoque & de l'ambiguité
qu'elle introduiroit dans la Phrafe .
Conféquences , qui toutes trois , quadrent
avec le principe général que j'ai
êtabli fur les tranfpofitions & en
même tems , en font la preuve ; fçavoir.
Que toute tranfpofition eft permife, des
qu'elle peut fefairefans altérer la elarté
de la Phrafe ..
Jufqu'à prefent , je n'ai envifagé la
tranfpofition du Datif , que dans ce
qu'elle a d'effentiel , & uniquement
pour régler , quand elle pouvoit avoir
lieu. Mais comme , quelque naturelle
& quelque douce qu'elle foit par
elle -même , elle peut avoir plus ou
moins de beauté , felon la maniere
dont on la pratique , il ne fera pas hors
propos
de faire fur cela quelques de
remarques .
La principale , & celle qui renferme
toutes les autres , & qui eft géné- ,
rale pour tous les cas , eft que plus
ils font éloignez du mot , auquel ils
font liez & dont ils dépendent ; &
plus auffi , la tranfpofition a de douceur.
Ainfi , quand les deux termes , entre
lefquels fe fair la tranfpofition , fe
trouvent dans le même hémiftiche ,
DE DECEMBRE. 39
elle eft moins douce ,que quand ils font
dans deux hémiftiches differents . C'eſt
ce qu'on peut voir dans les exemples
fuivants.
1Je fçay que de tout tems à mes ordres
foûmis.
Il bait autant que moi &c.
2 Un coeur que fon devoir à moi feul
affervit.
La tranfpofition du Datif eſt ſi naturelle
, que même pratiquée de la
forte , elle n'a rien de bien rude
mais , elle feroit encore plus agréable ,
fi les deux termes rélatifs fe trouvoient
dans deux hémiftiches differents
, en tournant ces vers de la maniere
qui fuit.
Et je fçay qu'à mes loix fon coeur
toujours foûmis .
Ce grand coeur qu'à moi feul fon
devoir affervit.
Enfin , fuivant le principe que j'ai
avancé , la tranfpofition s'adoucit toû-
1 A &t . 2. Sc. ; .
A&t . 2. Sc. 5.
40 LE MERCURE
jours , à proportion de l'éloignement
qui fe trouve entre les termes rélatifs
qui la compofent : Je vais en apporter
des exemples , où comme par
gradation , ils s'éloignent toûjours de
plus en plus.
Quand je fçûs qu'à fon lit Monime
réfervée .
2 Qu'aux offres des Romains , ma
Mere ouvrit les yeux.
que
Et fe pourroit-il bien qu'à mon reffentiment
3
?
Mon Amour indifcret eût livré.
mon Amant ?
On voit dans ces trois exemples ,
le Datif s'éloigne toûjours de plus
en plus , du verbe dont il dépend :
Que même au dernier , ils font l'un
& l'autre dans deux Vers differents ;
& que la tranfpofition n'en a que plus
de grace . C'est ce que je ferai obferver
dans les autres , comme dans celle-
ci , de laquelle je paffe immédiatement
à la tranfpofition du Génitif ,
1 A &t . 1. Sc . I.
2 Ibid.
3 Act. 4. Sc. I.
DE DECEMBRE. 41
& à celle de l'Ablatif , comme
êtant les plus naturelles , aprés celle
du Datif. La conformité & la reffemblance
que ces deux cas ont entre eux,
m'engage à les traitter enfemble ; &
je le ferai de maniere , que loin que
cela y mette de la confufion , ils fe
donneront au contraire du jour l'un à
l'autre .
EXAMEN
DE LA TRANSPOSITION
Du Génitif& de l'Ablatif.
> Me
Comme le Génitif & l'Ablatif one
tous deux le même article , & qu'on
dit également à l'un & à l'autre
l'homme , de la table , du temple. Il
faut d'abord donner un moyen de les
diftinguer. Or , voici le diftinctif de
de l'un & de l'autre.
Le Génitif eft toûjours gouverné par
un nom , foit fubftantif , foit adjectif :
En voici des éxemples.
*
De fes feintes bontez j'ai connu la
contrainte .
Att. IV. Sc. 2.
D
42 LEMERCURE
J'ay honte de me voir fi peu digne
de unus.
Seigneur , de mes malheurs ce ſont-là
les plus doux.
Dans le premier éxemple , le Génitif
eft gouverné par un fubitantif.
Dans le fecond , par un adjectif : Et
dans le troifiéme ,
par un fuperlatif,
qui eft auffi une forte d'adjectif.
L'Ablatifeft toûjours gouverné par
un verbe ; & toutes les fois qu'un nom ,
qui a l'article commun au Génitif & à
l'Ablatif , eft régi par un verbe , il le
faut tenir pour un Ablatif. Exemple:
1. Allés de fes fureurs fongez à vous
garder.
2. Et même de monfortje ne pourrois
me plaindre.
Je n'éxamine point ici fcrupuleufement
, fi en rigueur de Grammaire , il
n'y a pas des noms qui gouvernent
l'Ablatif, & des verbes qui gouvernent
le Génitif ; & fi quand on dir , digne d'ar
A&t. III. Sc. I.
* Act. I. Sc. II.
1. A&t. IV . Sc . I.
2. Ibid. Sc. IV.
DE DECEMBRE.
43
mour , ou je me souviens de vous i
amour eft à l'Ablatif dans le premier,
& de vous , au Génitif dans le fecond.
Que ce foit Ablatifou Génitif , je n'envilage
ces mots que par rapport
aux autres avec qui ils font liez ; &
tout ce queje me propofe , c'eft d'expliquer
comment, on doit en ufer pour
tranfpofition , à l'égard d'un cas qui
a, des , du , ou des, pour article : Et comme
ce cas défigné par un de ces articles,
eft tantôt joint à un verbe , & tantôt
joint à un nom ; je l'appelle Génitif,
quand il eft joint à un nom ; & Ablatif
, quand il eft joint à un verbe.
la
Je dois auffi faire obferver qu'il y a
des Ablatifs régis par une prépofition
telle que, dans ,fans , par , avec , & c : Mais ,
comme , je traiterai à part de la tranfpofition
des noms , qui font régis par
une prépofition , quelque foit cette
prépofition , & quelque cas qu'elle demande
; je renvoye là les Ablatifs de
cette nature & ne traitte dans l'article
préfent , que de ceux qui font
gouvernez immédiatement par un
verbe.
Il s'agit donc de fçavoir , fi à l'égard
du Génitif joint à un nom , & d'un
Dij
44 LE MERCURE
Ablatifjoint à un verbe , on peut ufer
de Tranfpofition ; & fi au lieu de dire ;
balancer le deftin des Romains , honorer
d'un titre funefte ; on peut dire ; des
Romains balancer le deftin , d'un titre
funefte honorer. Je répons qu'oüi : En
voici des exemples de Racine . D'abord
pour le Génitif.
i Qui des Romains toûjours balançant
le deftin. *
2 Du Palais à ces mots , il leur
ouvre les portes.
En voici d'autres pour l'Ablatif.
3 Quand d'un titre funefte on me
vint honorer.
4 Que de tant d'Ennemis vous
puiffiez vous défendre.
Les deux premiers exemples ,font pour
la tranfpofition du Génitif : A l'égard
d'un nom Subitantif , en voici'd'autres,
pour fa tranfpofition , avec un nonr
Adjectif.
. A&t. II. Sc. III.
2. Act. V. Sc. IV
3 .
A&t. V. Sc. II.
4. Ibid. Sc. dern
DE DECEMBRE.
45
1 Vous faffe des Romains , dévenir
l'alliée .
2 Seigneur , de mes malheurs ce font
là les plus doux .
Telle eft la régle générale pour le Génitif
& l'Ablatif , qui tous deux admettent
la tranfpofition , avec le terme
dont ils dépendent . Il ne reste plus
qu'à faire les obfervations qui peuvent
être particuliéres au Génitif , par rap
port aux autres cas , avec lefquels il
fe rencontrer. Car , comme l'Ablatif,
felon que nous l'avons expliqué
, ne dépend que des verbes ; il ne
peut concourir avec les noms .
peut
De tous les cas , le Nominatif &
l'Accufatif font ceux avec lesquels la
tranfpofition du Génitif , fe fait le plus
commodément , & le plus gracieuſement.
La raiſon de cela eft, que le Nominatif
, & l'Accufatif n'ayant point
d'article ; on ne peut les confondre
avec le Génitif. Auffi , le Génitif ne fe
trouve-t-il jamais tranfpofé plus fiéquemment
, qu'avec ces deux cas . Les
1. A &t. III. Sc. V.
2. Act . I. Sc. II.
46 LE MERCURE
exemples en fourmillent dans tous les
Livres de Poëfie : Je me contente d'en
rapporter un pour le Nominatif, & un
autre pour l'Accufatif.
1 D'un Heros tel que vous,c'est là
l'effort füpréme.
2 D'un Rival infolent , arrêter les
complots.
Il y a feulement , à l'égard de ces
deux cas joints avec le Génitif,une précaution
à prendre dans leur tranfpofition
; c'eft d'arranger tellement les
termes , que quand dans le mefme
Vers , il fe trouve deux Nominatifs ,
eu bien un Nominatif &iun Acccufatif
avec le Génitif ; on ne puiffe douter
auquel des deux le Génitif fe rapporte
. C'est à quoi Racine femble n'avoir
pas fait affez d'attention dans le Vers
fuivant.
* Le Parthe des Romains comme moi la
terreur.
Voilà deux Nominatifs : Le Parthe
1. At. II. Sc. VI.
2. Ibid . Sc . V.
* AT. III. Sc. I.
DE DECEMBRE. 47
1
la terreur : Et l'on peut douter fi,
c'est le Parthe des Romains , ou la
terreur des Romains. Je fçay que quand
le Vers eft achevé , on voit bien auquel
des deux le Génitif, des Romains,
fe rapporte , parce que le fens le détermine
; mais , cela fait toujours d'abord
quelque peine : J'ajouterai que ,
quand mefine au lieu d'un fecond Nominatif
, on mettroit un Accufatif,
en tournant le Vers de la maniére qui
fuit 2
Le Parthe des Romains , redoutoit la
terreur.
la mefme équivoque refteroit toûjours.
L'embarras eftoit de tourner autrement
le Vers ; car , de dire ,
Des Romains comme moi le Parthe la
terreur.
l'équivoque ût efté encore plus
grande ; parce que , comme moi ”, fe
rapporteroit alors bien plus naturellement
aux Romains , qu'à la terreur ;
outre que les deux Nominatifs joints
de fi prés , font un mauvais effet : On
pouvoit encore l'arranger ainfi..
48 LE MERCURE
+
Le Parthe comme moi des Romains la
terreur.
Ou bien .
Comme moi des Romains le Farthe la
terreur.
Mais , cette derniére maniére a encore
le défagrêment des deux Nominatifs
qui fe fuivent. La précédente vaut
mieux ; & je crois que Racine ne l'a
rejettée , qu'à caufe de la proximité
des deux mots qui forment la tranfpofition
du Génitif : Ce qui rend cette
tranfpofition plus rude , comme nous
l'avons déja fait remarquer au fajer du
Datif . Mais , j'aimerois mieux encore
m'expofer à cette rudeffe , pardeffus
laquelle Racine paffe quelquefois ,
que de mettre rien d'équivoque ou
d'obfcur dans le Vers. Pour celui- ci ,
il eft impoffible, en confervant la rime,
de la terreur , & la tranfpofition du
Génitif, d'en faire un Vers bien parfait
; & j'aurois autant aimé me paffer
de tranfpofition dans ce Vers , & dire.
Le Parthe comme moi la terreur des
Komains.
Cet éxemple du moins ,nous fait voir,
comDE
DECEMBRE. 49
ond
paile
COMP
dire
Combien Racine jugeoit la tranfpolition
effentielle au Vers ; puifqu'il en
a voulu abfolament mettre une dans
celui - ci , aux dépens même de la clarté
; mais , je m'en tiens à mon principe
: Que la tranfpofition n'eft de mife
, qu'autant qu'elle ne jette point
d'embarras, ni d'obſcurité dans la phra-
Le.
Au refte , on trouve dans ces Vers
de Racine , une preuve de ce que j'ai
infinué dans ma définition du tour poëtique
, qui eſt ; qu'il y a des tranfpcitions
, qui , quoique reçûës dans la
Langue , en forcent quelquefois la
conftruction . Car , la tranfpofition du
Génitifavec le Nominatif, en difant ,
des Romains la terreur , au lieu de dire
la terreur des Romains ; elt une tranf
pofition très permiſe & de fort bon
alloy ; mais , toute permife qu'elle eft
d'elle-même , elle force ici la conftruction
, à caufe de la concurrence
des deux Nominatifs ; & par là , elle
déchoit de fon prix .
Autre éxemple de tranfpofition ,
où la conftruction eft forcée : C'est dans
ce Vers du mefme Auteur.
Décembre 1717.
E
LE MERCURE
*
Lafoy de tous les coeurs eft pour moi
difparuë.
C'eftici une tranfpofition d'Ablatif ,
& d'elle-même elle eft bonne ; car ,
fi on change le terme de foy , qui ne
peut pas entrer dans le Vers , de la maniére
qu'il le faut tourner ; & qu'on
fubftitue à ſa place celui de crainte ,
on pourra conftruire le Vers de la maniére
fuivante , & il fera bon.
De tous les coeurs la crainte eft pour moi
difparuë.
Ce n'est donc point du côté de la
tranfpofition que péche ce Vers : Tout
le défaut n'en vient, que de la maniére
dont cette tranfpofition eft tournée ,
& de l'arrangement qu'on donne à la
phrafe. Car, comme le Génitif & l'Ablatif
font entièrement conformes , &
qu'il n'y a que le terme auquel on les
lie , qui détermine le nom à l'un ou
l'autre de ces deux cas ; on prend d'abord
cet hémistiche : La foy de tous les
coeurs , par une conftruction de Génitif;
& cependant , de tous les coeurs ne
dépend point du Nominatif , la foy
* A&t. III. Sc. IV.
,
DE DECEMBRE. SI
>
mais du verbe, eft difparuë , & c'eft une
conſtruction d'Ablatif: Ainfi , cela fait
une équivoque qui met l'efprit en défaut
; car , fur le premier hémistiche
ils'attend à une conftruction de Génitif
, & s'arrange fur cela ; & quand il
eft au bout du vers , il trouve qu'il a
efté furpris , & eft obligé de changer
d'idée. C'eft une espéce de bévûë dont
il fe prend à l'Auteur du Vers,& il n'a
pas tout-à- fait tort . Ce qui a engagé
Racine à tourner fon vers de la forte
c'est qu'en confervant les termes qui
le compofent , il ne pouvoit le tourner
autrement , car , l'arrangement naturel
ût efté celui - ci .
[parue.
Four moi de tous les coeurs la foi eft dif-
Mais , la foy eft , font deux termes
qui ne peuvent fe fuivre en Vers ; à
caufe de la rencontre des deux voyelles
. Il n'y avoit donc d'autre parti à
préndre , que celui de changer le Vers,
fi on vouloit le rendre correct ; & c'eft
ce qu'il me paroît qu'on doit toûjours
faire en femblable occafion.
.
Le feu Abbé Regnier des Marais
Sécretaire de l'Académie Françoiſe
nous a donné en cette matiére, un éxemple
qui ne fçauroit trop eftre imité. Je
E ij
52
LE MERCURE
le rapporte d'autant plus volontiers
en cet endroit , qu'il tombe fur un
défaut pareil à celui que nous venons
de relever dans Racine ; c'eſt- à-dire ,
fur une équivoque produite par l'incertitude
où l'on eft , du terme auquel
doit fe rapporter un Génitif , qui , par fa
conftruction , peut dépendre de deux
termes différents. Voici donc le fait.
L'Abbé Regnier traduifit en 1655 , la
fameufe Scéne du Paftor fido , qui commence
par ce Vers : 0 Mirtillo , Mirtillo
, animamia . Cette Traduction , qui
ût beaucoup de fuccés en ce tems- là ,
& qui eft encore fort eftimée aujourd'hui
, avoit esté attribuée durant long.
tems, à la célèbre Comteffe de la Suzë ,
fous le nom de laquelle elle avoit prefque
toûjours parû ; jufqu'à ce que
l'Abbé Regnier la revendiqua publiquement
, en imprimant fes Poëfies ,
peu d'années avant fa mort. Or , dans
cette Piece , aprés les quatorze premiers
Vers , voici comme il fait parler
Amarillis .
* Du Ciel pour nous trop rigoureux ,
Par quel ordre injufte & barbare ,
Faut- il que le fort nous fepare?
Poëfies franç. de M. l'Ab, Regnier
Des Marais. P. 2
DE DECEMBRE. $3
L'équivoque dans ces Vers, confifte
en ce que le mot , du Ciel , eftant tranf
pofé , on ne fçait d'abord à quoi il
faut le rapporter ; fi c'eft à ce nom ,
erdre injufte & barbare , où fi c'eſt à
à ce verbe , nous fépare ; puifque, dans
la conftruction , il peut fe rapporter
également à l'un & à l'autre ; & qu'il
peut eftre ou Génitif, en
au nom ; ou Ablatif , en fe
rapportant
au verbe : De forte que ce n'eft qu'aprés
avoir examiné le fens de la phraſe ,
qu'on démêle enfin , que c'est au nom
qu'il doit fe rapporter , & que par conféquent
, c'eft un Génitif.
en fe
rapportant
Apparemment , que l'Abbé Regnier
fentit lui-même l'inconvénient de
cette équivoque ; & ce fut pour y remédier
, qu'entre plufieurs changemens
qu'il fit de cette Scene , dans une
feconde Traduction qu'il nous a donnée
à la fuite de la premiere , il fupprima
totalement le premier Vers ; &
par ce retranchement , il fupprima auffi
l'équivoque , fe contentant de dire :
* Par quel ordre injufte & barbare,
Faut- il que le Ciel nous fépare ?
* Ibid .
Pag. s.
E iij
54 LE MERCURE
Ce changement eftoit abfolument
néceffaire ; mais auffi , eftoit- ce pref
que le feul qu'il fallût faire felon moi,
à la premiere Traduction . Je ne fçay ,
fi l'habitude & la prévention ne me féduifent
point , en faveur de cette premiere
façon , à laquelle je fuis accoûtumé
depuis plus de trente ans ;
mais , je ne puis m'empêcher de la
préférer de beaucoup à la fuivante ,
quoique faite dans un âge plus mûr , &
de la même main que la premiere : Il
me femble du moins , en n'envifage ant
cette Scéne que du côté de la verfification
, & mettant à part ce qui en
fait le fujet ; que je me fçaurois bon
gré d'avoir fait la premiere Tradution
, & que je ne me foucierois pas
d'avoir fait la feconde . On fent dans
celle- ci , non feulement le Phlegme ,
mais même la pefanteur de l'âge , &
la féchereffe , ou la fervitude d'une veine
que l'Art gourmande & maîtriſe ,
& qui ne coule plus librement : Dans
l'autre au contraire , ce qu'il peut quelquefois
y avoir de lâche , eft compenfé
, & en quelque forte rectifié par un
hûreux naturel ; rien , je ne dis pas,
qui y foit forcé ou contraint,mais même
DE DECEMBRE.
qui y paroiffe recherché ou étudié ,
foit dans les expreffions , foit dans les
tours ; & cependant , tours & expreffions
qui femblent faites, pour les fentimens
dont ils font les organes , & qui
ont quelque chofe d'auffi tendre &
d'auffi naturel que les penfées. Tout
y coule de fource ; un ftile aifé , intéreffant
, nourri , moëlleux ; & qui porte
avec lui , non feulement le feu & la
légereté , mais encore , l'embonpoint
& le coloris de la jeuneffe . Enfin , quand
je lis la premiere Traduction , je fuis
tenté de croire,que c'eft Amarillis qui
y parle elle-même : Mais , je ne reconnois
que l'Abbé Regnier dans la
feconde.
Je ne dirai rien ici de la tranfpofition
du Génitif avec le Datif ; parce
que j'en ai parlé , en traitant de la
tranfpofition du Datif même. Refte
donc à traiter de celle de l'Ablatif avec
le Génitif ; laquelle , comme il eſt viſible
, ne peut avoir lieu ; à caufe de
l'équivoque qu'elle cauferoit infailliblement.
Un exemple rendra la choſe
plus fenfible. Racine dit ,
* Mais , des fureurs du Roy, que puis -je
enfin juger ?
* Act. 2. Sc. 6. E iiij
56 LE MERCURE
Le terme , de fureurs , eſt un Ablatif,
eftant gouverné par le verbe, juger. Le
terme , de Roy , eft un Génitif régi par
celui de fureurs. Si , outre la tranfpofition
de l'Ablatif ou du verbe , on veut
encore en faire une , entre l'Ablatif &
le Génitif qu'il gouverne , cela fera
pis qu'une équivoque ; car , le fens de
la phrafe fera totalement changé.
Mais , du Roy des fureurs , que puis- je
enfin juger?
Ce n'eft plus une tranfpofition , c'eft
un changement de cas , qui produit
le changement du fens de la phrafe..
L'Ablatif devient Génitif, & le Génitif
devient Ablatif : Ce n'eft plus des
fureurs du Roy qu'on juge , c'eft du
Roy des fureurs . Inconvénient d'autant
plus infurmontable, qu'il vient de l'uniformité
qui fe trouve entre le Génitif
& l'Ablatif : De forte que tant qu'ils
auront le même article , la tranfpofition
fera toûjours impraticable entr'eux .
Je dis la même chofe de deux Génitifs
qui fe fuivent , & dont l'un dépend
de l'autre ; puifque , changeant
en Génitif,l'Ablatif du Vers précédent,
le même inconvénient refte toûjours ,
comme on va voir.
DE DECEMBRE.
57
Gead
Mais , des fureurs du Roy, fuis-je toujours
l'objet ?
Le terme,defureurs , qui ettoit Ablatif
dans le Vers précédent , devient
Génitif dans celui - ci ; cependant , l'équivoque
, ou plûtôt le contre-fens
n'en refte pas moins fenfible. Car , de
dire ,
Mais , du Roy des fureurs , que puis - je
enfin juger ?
Ou de dire ,
Mais , du Roy des fureurs, fuis-je toû
jours l'objet ?
· C'eft,par rapport au contre-fens , toutà-
fait la même chofe .
Je n'ai rien à dire ici de l'Ablatif,
par rapport aux autres cas . Premierement
, parce que ne dépendant jamais
que d'un verbe , felon la définition que
j'en ai donnée , il ne peut eftre gouverné
par un nom , en quelque cas que
ce foit : Secondement , parce que fi ,
fans eftre gouverné d'aucun nom , il
en gouverne quelqu'un lui-même , il ne
peut le 'gouverner qu'au Génitif ; &
nous venons de traiter ce point en
montrant,pourquoi la tranfpofition ne
pouvoit fe pratiquer entre le Génitif &
I'Ablatif.
,
,
18
LE
MERCURE
Ainfi , aprés avoir déterminé ce qu'il
y a d'effentiel , pour la tranfpofition de
ces deux cas , il ne refte qu'à dire un
mot ,de ce qui peut la rendre plus ou
moins douce.
Sur quoi , il faut obferver d'abord ,
que la remarque qu'on a faite au fujet
de la tranfpofition du Datif , a lieu
rout de même , à l'égard de celles du
Génitif & de l'Ablatif ; c'eſt- à- dire ,
que plus les termes tranfpofez feront
éloignez l'un de l'autre , plus la tranfpofition
aura de douceur. L'on peut
même ajoûter , que c'eft un ménage- .
ment , d'autant plus néceffaire à ces
dernieres tranfpofitions , qu'elles font
moins naturelles que celles du Datif.
Car, dans celle - ci , on peut abfolument
renfermer les deux termes tranfpofez
dans le même hémiftiche , fans que
cette proximité rende la tranfpofition
bien rude ; comme en font foy les exemples
qu'on a rapportez , & d'où font
tirez ces deux hémiſtiches .
A mes ordresfoûmis.
A moi feul afervit.
Au lieu que dans la tranfpofition du
DE DECEMBRE. 12
Génitif & de l'Ablatif , ce voifinage
feroit un trés mauvais effet ; comme ,
fi au lieu de dire ,
1. Qui de Rome toûjours balançant le
deftin.
on difoit
.
Qui toûjours balançant de Rome le
deftin.
Autre exemple en ce genre, pourl'Ablatif.
Si , au lieu de tourner le vers
fuivant , comme l'a tourné Racine ,
2 De ce trouble fatal, par où dois-je -
fortir ?
on rapprochoit le Génitif , trouble ,
du verbe , fortir , qui le gouverne ,
& qu'on dît
Et par où dois-je enfin de ce trou
ble fortir.
Cela auroit quelque chofe de choquant
& de fort dur.
Le mieux eft donc , d'éloigner , autant
que la conftruction de la Phrafe
peut fouffrir le , tant le Génitif que
1 Act. 2. Sc. 3.
2 Act. g. Sc. s.
60 LE MERCURE
l'Ablatif , du verbe ou du nom avec
lequel ils font liés. Voici des exemples
de l'un & de l'autre , qui vont
par gradation , comme nous avons fait
à l'égard du Datif. Et prémierement,
pour le Génitif.
1 Vangeoit de tous les Roys , la querelle
commune .
2 Il fant d'un fuppliant emprunter
le vifage .
3 D'un Rival infolent arrêter les
complots.
Quelquefois , le Génitif eft dans un ·
Vers , & le nom qui le gouverne , ne
paroît qu'au vers fuivant.
Je ne m'attendois pas que de nôtre
hymenée,
4Je diffe vor fi tard arriver la
journée .
On pourroit même encore , & les
Vers n'en auroient que plus de nơbleffe
, mettre le Génitif au commen-
1 A &t . 1. Sc . I.
2 A&t. 3. Sc. I.
3 A&t. 2. Sc. 3.
4 Act. 2. Sc. 4.
DE DECEMBRE. 61
cement du premier Vers ; & renvo
yer à la fin du fecond , le nom qui
le gouverne : Tel eft cet exemple que
j'ajufte exprés.
De l'hymen malheureux où j'étois
deftinée ,
J'attendois malgré moy , la fatale
journée.
Voici d'autres exemples pour l'Ablatif
, qui vont auffi par gradation.
1 Et même de mon fort , je ne pourrois
me plaindre.
2 Que de tant d'Ennemis vous puisfiez
vous défendre .
On peut encore de ce dernier Vers ,
en faire deux , où l'Ablatif foit au
commencement du premier , & le verbe
, à la fin du fecond.
Quand, de tant d'Ennemis tout prêts
vous furprendre
à >
Vous pourriez efpérer , Seigneur , de
vous défendre .
Ces exemples fuffifent
1. A &t. 4. Sc. 4.
2 Act.5. Sc. dern.
pour faire
62 LE MERCURE
connoître , combien l'éloignement des
termes , qui font rélatifs l'un à l'autre,
adoucit ces deux tranfpofitions .
Je crois pourtant devoir faire fur
cela une obfervation : J'ai recherché
d'où venoit , que dans les tranfpofitions
, tant du Datif , dont nous avons
déja traité , que du Génitif & de l'Ablatif,
fur lesquelles nous fommes à préfent
; plus les termes , du renversement
defquels fe forme la tranfpofition , fe
trouvoient éloignez l'un de l'autre , &
plus la tranfpofition avoit de grace.
Le fait eft für , comme on l'a pu voir .
par les exemples ; & cependant, il femble
, que plus , des termes rélatifs font
prés l'un de l'autre , & mieux ils devroient
compatir enfemble.
Surquoy , il m'a paru que l'éloignement
eftoit moins le Principe , que l'occafion
de ce bon effet ; & que la grace ,
qu'il donne à la tranfpofition , ne venoit
pas préciſement , de ce que les termes
tranfpofez eftoient féparez l'un de
l'autre , mais de ce que , par cette féparation
, ils facilitoient l'arrangement
naturel de la conftruction du refte de
la phrafe. Je m'explique.
DE DECEMBRE. 63
›
gou- Un Génitif, par exemple , eft
verné par un nom , & ce nom réciproquement,
eft lié à un verbe dont il eft,
ou le Nominatif , & ou plus fouvent
encore le cas. Suppofons cette phraſe ,
pour rendre cela plus fenfible . Il m'annonça
l'amour & les deffeins du Roy.
Dans cette phrafe , annoncer , eft le
verbe amour & les deffeins , voilà
l'Accufatif ou le cas du verbe . Du Roy,
voilà le Génitif qui ne dépend que de
l'Accufatif, l'amour & les deffeins.
On veut faire un Vers de cette phraſe ;
& pour y donner le tour poëtique
on y ménage la tranfpofition du Génitif
avec l'Accufatifdont il dépend ; c'eft· àdire
, qu'au lieu de mettre l'amour &
les deffeins du Roy ; on met , du Roy
l'amour & les deffeins . Voilà la tranf
pofition faite . Mais , comme toute
tranfpofition eft un dérangement de
l'ordre naturel , & qu'il ne fe fait point
fans quelque forte de violence ; il eft
fûr que, fi à cette premiere violence ,
on en ajoûte une feconde , le dérangement
en fera d'autant plus defagréable.
Or, c'est ce qui arrive ,quand les termes
tranfpofez fe touchent , comme
dans ce vers de Racine.
64 LE MERCURE
1. M'annoncérent du Roy l'amour &
les deffeins.
La premiere efpéce de violence eft
vifible ; c'eft la tranfpofition du cas du
verbe, & du Génitif que ce cas gouverne.
Mais , où eft la feconde ? Elle confifte
en ce que ce Génitif fépare du
verbe,le cas que ce mefme verbe gouverne
, & qui le devroit fuivre immé
diatement. C'est-à-dire, qu'il ne ſe contente
pas de déranger l'Accufatif , par
raport àlui-même, il le dérange encore
par rapport à fon verbe. C'est ce qu'on
voit dans levers de Racine que j'ai cité,
où le Génitif qui eft ce terme , du Roy,
fe met entre le verbe , annoncer &
l'Accufatif qui devroit le fuivre , l'amour&
les deffeins : Dérangement, dont
le verbe feroit en droit de fe plaindre,
& de demander raifon au Génitif. Il
vous plaît de vous déplacer, & de changer
de pofte avec l'Accufatif que je
dois avoir à ma fuite . A la bonne- heure ,
pourvû que je n'en fouffre point ; mais ,
vous venez vous jetter à la traverſe ,
& couper ma marche , en me féparant
de mon Accufatif , qui dans l'ordre naturel
, doit me fuivre immédiatement ,
1. Alt. 1. Sc. I.
2
&
DE DECEMBRE. 65
& dont rien ne m'oblige ici de me féparer
: En cela,je fuis lézé , & vous me
faites tort. Tant de tranfpofitions que
vous voudrez ; mais à condition , que
ce'ne foit pas à mon préjudice. Il me
femble que ce verbe a raifon de fe
plaindre ; & comme on doit juſtice à
tout le monde , il faut la lui rendre .
Comment cela ? En réformant le Vers
& rapprochant le verbe de fon Accufatif
; mais , comme cela ne ſe peur
faire avec le terme , annoncérent ; à
caufe de la cèfure à laquelle il n'eft
pas propre , je le change en celui d'annonça
, &je dis ,
Et du Roy m'annonça l'amour & les
deffeins .
Comme le Génitif , du Roy , dans ce
Vers,eft plus éloigné de l'Accufatif qui
le régit , qu'il ne l'eft dans celui de
Racine ; on croit d'abord , que c'eft
cet éloignement qui adoucit la tranfpofition
; mais dans le vrai , l'adouciffement
ne vient , que de ce qu'en s'éloignant
davantage , il laiffe au verbe
fa place naturelle , & ne trouble en
rien fa conftruction .
On pourra m'objecter , que
même Vers , de la maniére que je l'aj
Décembre 1717. F
dans ce
66 LE MERCURE
tourné , la céfure eft moins marquée
que dans celui de Racine. J'en conviendrai,
fi l'on veut ; mais , je répons
à cela , que je préférerai toûjours la
clarté de la phrafe , à la beauté de la
céfure ; comme la raifon , à la rime.
Je n'apporte point d'autre exemple
fur ce dérangement ; parce que , celui
que j'ai allégué , par rapport à l'Accufatif
, peut s'appliquer & au Nominatif
& au Datif, quand ces deux cas
fe trouvent dans un même Vers avec
le Génitif. Il fuffit feulement d'êtablic
pour Maxime certaine en ce genre ;
que comme , toute tranfpofition cauſe
toûjours un dérangement dans la conftruction
naturelle de la phrafe ; moins
on la trouble , & on la dérange d'ailleurs
; & mieux la tranſpoſition en eſt
reçûë.
Aprés tout , je ne voudrois pas nier
abfolumen , que l'éloignement des deux
termes relatifs ne contribuât par luimême
à adoucir leur tranfpofition.
Car , quoi qu'il femble , comme je me
le fuis objecté , que plus , deux termes
de cette espéce font près l'un de l'autre
, &plus ils doivent convenir entre
eux : Cela eſt vrai , quand ces termes
DE DECEMBRE. 67
font dans leur fituation naturelle ; mais,
quand ils font déplacez , ce n'eft plus
la même chofe . Au contraire , il paroît
qu'alors , ce que ce déplacement peut
avoir de rude , s'affoiblit & s'adoucit
à proportion de leur éloignement . Il en
eft , comme de deux couleurs contraires
,dont l'oppofition eft d'autant moins
fenfible , qu'elles font plus éloignées
l'une de l'autre. Le milieu quiles fépare
, ett une forte de dégradation qui
fert à faciliter leur accord.
Ce qui me le fait juger ain , par
rapport aux tranfpofitions , c'eft la re
marque que j'ai faite , fur- tout à l'égard
de celle du Génitif ; qu'une épithéte
ajoûtée à l'un des fubftantifs tranfpofez
, adouciffoit infiniment la tranſpofition
. Je vais en apporter des exem
ples , qui feront connoître infenfiblement
, quelle différence il y a pour la
douceur dans le même Vers , lorfque
les fubftantifs tranfpofez font dénuez
d'épithetes , & lorfqu'ils en font revêtus.
Suppofons donc d'abord ce Vers ,
fans épithètes.
J'y penfe , & de ce jour le fouvenir
m'afflige.
On fent que le choc de ces deux
68 LE MERCURE
Subftantifs, qui fe heurtent immédiate
ment , de cejour le fouvenir , a quelque
chofe de rude : Joignons une Epithéte
au premier , & le Vers perdra beaucoup
de fa dureté. En voici la preuve.
De ce jour malhûreux le fouvenir
m'aflige.
L'Epithéte eft jointe ici au premier
Subitantif , mais , quand elle ne le feroit
qu'au fecond , elle ne laifferoit
pas de produire à peu prés, le même
effet :On pourra en juger par ce Vers
de Racine .
*Etquede mon devoirEsclave infortunée.
Ce Vers en effet, n'a rien de choquant ;
mais , il auroit encore plus de douceur ,
fi,outre l'Epithéte jointe au fecond Subftantif,
on en ajoûtoit encore une au
premier , en difant ,
De ce cruel devoir Efclave infortunée.
Et peut - être , feroit- il plus doux encore
, fi cette nouvelle Epithéte féparoit
les deux Subftantifs , & qu'on dît :
D'un devoir odieux Efclave infortunée .
Car,quoiqu'il y ait plus de fufpenfion ,
quand l'Epithété précéde fon Subftan
tif, on doit toujours facrifier cet agrêment
, en faveur de tout ce qui peut
* Act. II. Sc. G.
DE DECEM BRE. 69
adoucir la tranfpofition . C'est par oú
je finirai ce qui regarde celle- cy , pour
paffer à celle du Nominatif & de l'Accufatif
, dont il nous refte à parler.
Fermer
11070
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE générale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, vis-à vis [...]
Mots clefs :
Paquets, Paris, Libraires, Poste
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VI S.
L'MORES,Commisan Mercatofrour
' ADRESSE générale eft à Monfieur
"
à vis la Comédie Françoife , à Paris. Ceux qui
pour leur commodité voudront remettre leurs
Paquets cachetés aux Libraires qui vendent le
Mercure , à Paris , peuvent fe fervir de cette
voye pour les faire tenir.
On prie très- inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toûjours pratiqué , afin d'épargner , à nous le
déplaifir de les rebuter , & à ceux qui les
envoyent , celui , non-feulement de ne voir
pas
paroître leurs Ouvrages , mais même de les perdre
, s'ils n'en ont pas gardé de copie.
Les Libraires des Provinces des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir leMercure de France de la premiere main ,
&plus promptement , n'auront qu'à donner leurs
adreffes à M. Moreau , qui aura foin de faire
leurs Paquets fans perte de tems , & de lesfaire
porter fur l'heure à la Pofte , ou aux Meſſage
ries qu'on lui indiquera.
PRIX XXX . SOLS
L'MORES,Commisan Mercatofrour
' ADRESSE générale eft à Monfieur
"
à vis la Comédie Françoife , à Paris. Ceux qui
pour leur commodité voudront remettre leurs
Paquets cachetés aux Libraires qui vendent le
Mercure , à Paris , peuvent fe fervir de cette
voye pour les faire tenir.
On prie très- inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toûjours pratiqué , afin d'épargner , à nous le
déplaifir de les rebuter , & à ceux qui les
envoyent , celui , non-feulement de ne voir
pas
paroître leurs Ouvrages , mais même de les perdre
, s'ils n'en ont pas gardé de copie.
Les Libraires des Provinces des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir leMercure de France de la premiere main ,
&plus promptement , n'auront qu'à donner leurs
adreffes à M. Moreau , qui aura foin de faire
leurs Paquets fans perte de tems , & de lesfaire
porter fur l'heure à la Pofte , ou aux Meſſage
ries qu'on lui indiquera.
PRIX XXX . SOLS
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11071
s. p.
Errata de Janvier.
Début :
Page 42. ligne 19. vers le Soleil l'espace de deux heures, lisez, vers le Soleil deux [...]
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texteReconnaissance textuelle : Errata de Janvier.
Errata de Fanvier,
Age 42. ligne 19. vers le Soleil l'espace de
deux heures , lisez , vers le Soleil deux
heures.
P. 60. 1. 20. à la rame , l. à la lame.
P. 171. 1.9 . Pont S. Maxent , l. Pont S. Maxence,
Age 42. ligne 19. vers le Soleil l'espace de
deux heures , lisez , vers le Soleil deux
heures.
P. 60. 1. 20. à la rame , l. à la lame.
P. 171. 1.9 . Pont S. Maxent , l. Pont S. Maxence,
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11072
s. p.
Errata de Juillet.
Début :
PAGE 1635. ligne 8. d'Oran, ôtez ce mot. P. 1645 l. 17. tardif, l. tardoit. [...]
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texteReconnaissance textuelle : Errata de Juillet.
Errata de Juillet.
Age 1635. ligne 8. d'Oran , ôtez ce mot.
P16431. 17. tardif , l. tardoit.
P. 1648. l . 12. Meuville , L. Neuville.
Age 1635. ligne 8. d'Oran , ôtez ce mot.
P16431. 17. tardif , l. tardoit.
P. 1648. l . 12. Meuville , L. Neuville.
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11073
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
PAGE 1689. l. 22. fit la place, lisez , fit place. P. 1707. l. 8. brillent, l. brûlent. [...]
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texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fautes à corriger dans ce Livre.
1877
1882
1885
Age 1689. 1. 22. fit la place , liscz , fit place.
PageP. 1707. 1. 8. brillent , l. brûlent.
P. 1745. 1. 27. Capitaine , 1. Capitale.
P. 1748. l. s . Coni , l. Com.
P. 1773. 1. 11. 1706. l. 1606.
P. 1786. l. 17. Ouvrages , 1. Euvres ,
P. 1794. l. 17. sont , 1. font
P. 1822. 1. 2. du bas , gar , l . grace.
P. 1825. 1. 20. m'y , l . n'y.
P. 1848. l. 32. 20000. lisez 200000.
P. 1850. 1. 29. Nanokin , I. Nankin.
P. 1852. 1. 30. après sitôt , l. après qu'on cut.
1. Arno.
1877
1882
1885
Age 1689. 1. 22. fit la place , liscz , fit place.
PageP. 1707. 1. 8. brillent , l. brûlent.
P. 1745. 1. 27. Capitaine , 1. Capitale.
P. 1748. l. s . Coni , l. Com.
P. 1773. 1. 11. 1706. l. 1606.
P. 1786. l. 17. Ouvrages , 1. Euvres ,
P. 1794. l. 17. sont , 1. font
P. 1822. 1. 2. du bas , gar , l . grace.
P. 1825. 1. 20. m'y , l . n'y.
P. 1848. l. 32. 20000. lisez 200000.
P. 1850. 1. 29. Nanokin , I. Nankin.
P. 1852. 1. 30. après sitôt , l. après qu'on cut.
1. Arno.
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Résumé : Fautes à corriger dans ce Livre.
Le document liste des corrections à apporter dans un livre. Parmi elles, 'fit la place, liscz, fit place' (page 1689, ligne 22), 'brillent' remplacé par 'brûlent' (page 1707, ligne 8), et 'Capitaine' par 'Capitale' (page 1745, ligne 27). D'autres corrections concernent des dates, des mots ou des chiffres, comme '1706' remplacé par '1606' (page 1773) et '20000' corrigé en '200000' (page 1848, ligne 32). Le terme 'Arno' est mentionné sans précision sur la correction.
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11074
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Page 253. ligne 21. adoptat, lisez. adopta. P. 289. l. 3. avec, l. avez. [...]
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Fautes à corriger dans ce Livre.
Page
Age 253. ligne 21. adoptat , lisez , adopta;
P. 289. 1.3 . avec , l. avez.
P. 299. ligne derniere , fort , l. fut.
P. 301. 1. 8. coup du pied , l . coup de pied,
P. 35.20. Ce , L. Frederic,
Page
Age 253. ligne 21. adoptat , lisez , adopta;
P. 289. 1.3 . avec , l. avez.
P. 299. ligne derniere , fort , l. fut.
P. 301. 1. 8. coup du pied , l . coup de pied,
P. 35.20. Ce , L. Frederic,
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11075
s. p.
« La Chanson notée doit regarder la page 1815. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 1815. [...]
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La Chanson notée doit regarder la page 1815.
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11076
p. 822-823
CONTE.
Début :
Un vieillard qui, sur ses vieux jours, [...]
Mots clefs :
Vieillard, Jeune femme, Cornes
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texteReconnaissance textuelle : CONTE.
CONTE.
UNViellard qui , sur ses vieux jours ;
Voulant recommencer le métier des Amours,
Fit l'insigne folie
De prendre à soixante ans femmejeune et jolie ,
Trouva dans son chemin par hazard un Meunier.
Bon jour , ami, dit-il , au bon pere l'ânier ;
Dans
AVRIL 1732.
823
Dans quel endroit du corps , sçais-tu par avan
ture
Quel'Asne a la peau la plus dure ?
Ouy, Monsieur , reprit- il , d'un air railleur et
prompt ,
" Je vous apprens que c'eſt au front.
Il eft certaine expérience
Qui prouve assez ce que j'avance .
Mirez-vous , et voyez , si vous êtes sensé ,
Que vos cornes au front n'ont point encor
percé
A
D'AUTEFEUILLE.
UNViellard qui , sur ses vieux jours ;
Voulant recommencer le métier des Amours,
Fit l'insigne folie
De prendre à soixante ans femmejeune et jolie ,
Trouva dans son chemin par hazard un Meunier.
Bon jour , ami, dit-il , au bon pere l'ânier ;
Dans
AVRIL 1732.
823
Dans quel endroit du corps , sçais-tu par avan
ture
Quel'Asne a la peau la plus dure ?
Ouy, Monsieur , reprit- il , d'un air railleur et
prompt ,
" Je vous apprens que c'eſt au front.
Il eft certaine expérience
Qui prouve assez ce que j'avance .
Mirez-vous , et voyez , si vous êtes sensé ,
Que vos cornes au front n'ont point encor
percé
A
D'AUTEFEUILLE.
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Résumé : CONTE.
Dans 'Le Vieillard amoureux', un vieillard décide de se remarier avec une jeune femme. En chemin, il rencontre un meunier qui, de manière railleuse, lui répond que la peau de l'âne est la plus dure au front, faisant allusion aux cornes que le vieillard pourrait porter. La fable est datée d'avril 1732 et attribuée à D'Autefeuille.
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11077
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
ARTICLE PREMIER. PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE. TRADUCTION [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE,
TRA RADUCTION libre de la quinzième ode
ADUCT
d'Horace.
ALLEGORIE à Mlle *** .
AUTRE pièce fur le même fujet,
LE Printemps. Stances.
Pages
8
10
II
LETTRE fur la ftatue de l'Irmen- Sul , ancienne
divinité des Germains .
STANCES à Mile A ***.
14
17
"PIRRHA , à Babet . Fables de feu M. de Senant. 18
LE Lion reconnoiffant. A la même.
LE Lys & la Violette .
19
2.9
LETTRE à M. de la Place , fur l'abus du mot
coeur. 25
RÉPONSE à la lettre inférée dans le Mercure du
mois d'avril 1768 , page 16. « Savoir fi les
» malheurs d'autrui font un motifde confolation
» pour les malheureux ? »
AUTRE réponſe à la même lettre.
27
-79
AUTRE réponse à la queftion propofée dans le
premier Mercure d'avril ; « Les malheurs d'au,
trui font- ils un motifde confolation pour les
››› malheureux ??s
VERS à Mile Si. •
MADRIGAL à deux nouveaux Marićs.
SECONDE lettre de M. V *** , à Milady
Concernant les funérailles de Crommel.
33
44
45
***
46
JUIN 1768. 215
SUR le tombeau du Cardinal de Fleury , fait par
M. Lemoine.
EPIGRAMME Contre une Dame affez jolie.
LF Retour du Printemps . Idylle.
QUATRAIN.
53
SA
55
57
.57
ELGARROTE masbiendado , y Alcalde de Zala
mea. Le Tourniquet bien appliqué , & le Juge
de Zalamea , comédie de Calderon.
EPIGRAMMES fur différens fujets . 85 , 86 , 87
Air L'amour m'a fait la peinture , &c. lbid,
A-M. Flipart , fur une marine gravée d'après
M. Vernet.
:
RECEPTION d'une nouvelle Mufe.
88
Ibid.
A M. Saurin , de l'Académie Françoiſe , fur fa
tragédie bourgeoife .
LE Lion & le Serpent. Fable,
ENIGMES.
LOGOGRYPHE.
CHANSON galante,
89
20
92
94
96
97
ARTICLE II. NOUVELLES LITTÉRAIRES .
LETTRE à M. de la Place , auteur du Mercure ,
fur un pallage d'Horace.
L'ISLE Merveilleufe , poëme en trois chants
traduit du grec , fuivi d'Alphonfe , ou de
Alcide Espagnol , conte très-moral .
MEDECINE rurale & pratique , tirée uniquement
des plantes ufuelles de la France , appliquées
aux différentes maladies qui règnent dans les
campagnes , & c.
102
117
LETTRE de M. d'Arnaud , Confeiller d'Ambaffade
de la Cour de Saxe , & c. 121
Les Plaitirs de l'Esprit , ode qui a remporté le
prix de l'Académie de Pau en l'année 1768 , 139
ANNONCES de Livres , 738
216 MERCURE DE FRANCE.
ARTICLE III . SCIENCES ET BELLES LETTRES.
ACADÉMIE S.
ACADÉMIE des Belles - Lettres , Sciences & Arts
de Marſeille . ISS
DISCOURS prononcé par M. de Clugny , Maître
des Requêtes , Confeiller honoraire au Parlement
de Bourgogne , &c. lors de fa réception
en l'Académie des Sciences , Arts & Belles-
Lettres de Dijon , en qualité d'Académicien
honoraire.
AGRICULTURE.
157
LETTRE à M. de la Place , auteur du Mercure ,
fur la façon de conſerver le bled.
ARTICLE IV. BEAUX - ARTS.
ARTS UTILES . CHIRURGIE.
OBSERVATION fur un enfant nouveau né.
ARTS AGRÉABLES.
163
166
GRAVURE . 170
MUSIQUE. 171
ARTICLE V. SPECTACLES.
OPÉRA. 174
COMÉDIE Françoiſe.
193
LETTRE à MM. D. D. 195
COMÉDIE Italienne . 197
CONCERT Spirituel . 206
MORT & pompe funèbre.
212
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE,
TRA RADUCTION libre de la quinzième ode
ADUCT
d'Horace.
ALLEGORIE à Mlle *** .
AUTRE pièce fur le même fujet,
LE Printemps. Stances.
Pages
8
10
II
LETTRE fur la ftatue de l'Irmen- Sul , ancienne
divinité des Germains .
STANCES à Mile A ***.
14
17
"PIRRHA , à Babet . Fables de feu M. de Senant. 18
LE Lion reconnoiffant. A la même.
LE Lys & la Violette .
19
2.9
LETTRE à M. de la Place , fur l'abus du mot
coeur. 25
RÉPONSE à la lettre inférée dans le Mercure du
mois d'avril 1768 , page 16. « Savoir fi les
» malheurs d'autrui font un motifde confolation
» pour les malheureux ? »
AUTRE réponſe à la même lettre.
27
-79
AUTRE réponse à la queftion propofée dans le
premier Mercure d'avril ; « Les malheurs d'au,
trui font- ils un motifde confolation pour les
››› malheureux ??s
VERS à Mile Si. •
MADRIGAL à deux nouveaux Marićs.
SECONDE lettre de M. V *** , à Milady
Concernant les funérailles de Crommel.
33
44
45
***
46
JUIN 1768. 215
SUR le tombeau du Cardinal de Fleury , fait par
M. Lemoine.
EPIGRAMME Contre une Dame affez jolie.
LF Retour du Printemps . Idylle.
QUATRAIN.
53
SA
55
57
.57
ELGARROTE masbiendado , y Alcalde de Zala
mea. Le Tourniquet bien appliqué , & le Juge
de Zalamea , comédie de Calderon.
EPIGRAMMES fur différens fujets . 85 , 86 , 87
Air L'amour m'a fait la peinture , &c. lbid,
A-M. Flipart , fur une marine gravée d'après
M. Vernet.
:
RECEPTION d'une nouvelle Mufe.
88
Ibid.
A M. Saurin , de l'Académie Françoiſe , fur fa
tragédie bourgeoife .
LE Lion & le Serpent. Fable,
ENIGMES.
LOGOGRYPHE.
CHANSON galante,
89
20
92
94
96
97
ARTICLE II. NOUVELLES LITTÉRAIRES .
LETTRE à M. de la Place , auteur du Mercure ,
fur un pallage d'Horace.
L'ISLE Merveilleufe , poëme en trois chants
traduit du grec , fuivi d'Alphonfe , ou de
Alcide Espagnol , conte très-moral .
MEDECINE rurale & pratique , tirée uniquement
des plantes ufuelles de la France , appliquées
aux différentes maladies qui règnent dans les
campagnes , & c.
102
117
LETTRE de M. d'Arnaud , Confeiller d'Ambaffade
de la Cour de Saxe , & c. 121
Les Plaitirs de l'Esprit , ode qui a remporté le
prix de l'Académie de Pau en l'année 1768 , 139
ANNONCES de Livres , 738
216 MERCURE DE FRANCE.
ARTICLE III . SCIENCES ET BELLES LETTRES.
ACADÉMIE S.
ACADÉMIE des Belles - Lettres , Sciences & Arts
de Marſeille . ISS
DISCOURS prononcé par M. de Clugny , Maître
des Requêtes , Confeiller honoraire au Parlement
de Bourgogne , &c. lors de fa réception
en l'Académie des Sciences , Arts & Belles-
Lettres de Dijon , en qualité d'Académicien
honoraire.
AGRICULTURE.
157
LETTRE à M. de la Place , auteur du Mercure ,
fur la façon de conſerver le bled.
ARTICLE IV. BEAUX - ARTS.
ARTS UTILES . CHIRURGIE.
OBSERVATION fur un enfant nouveau né.
ARTS AGRÉABLES.
163
166
GRAVURE . 170
MUSIQUE. 171
ARTICLE V. SPECTACLES.
OPÉRA. 174
COMÉDIE Françoiſe.
193
LETTRE à MM. D. D. 195
COMÉDIE Italienne . 197
CONCERT Spirituel . 206
MORT & pompe funèbre.
212
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document est une table des articles d'une publication littéraire ou d'un recueil de textes divers, organisée en cinq sections principales. L'Article Premier rassemble diverses pièces littéraires telles que des poèmes, des lettres, des fables et des épigrammes. On y trouve des traductions libres de la quinzième ode d'Horace, des stances dédiées à des personnes spécifiques, des fables de M. de Senant, et des réponses à des questions posées dans le Mercure. Des textes sur les abus linguistiques, les funérailles de Crommel, et des épitaphes sont également présents. L'Article II traite des nouvelles littéraires, incluant une lettre à M. de la Place sur un passage d'Horace, des traductions de poèmes grecs, un traité de médecine rurale, et une lettre de M. d'Arnaud, suivi d'annonces de livres. L'Article III aborde les sciences et les belles-lettres, avec des mentions de l'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon et de Marseille, un discours de M. de Clugny, et une lettre sur la conservation du blé. L'Article IV explore les beaux-arts, divisés en arts utiles et arts agréables, avec des observations chirurgicales, des gravures et de la musique. Enfin, l'Article V se concentre sur les spectacles, incluant des sections sur l'opéra, la comédie française et italienne, les concerts spirituels, ainsi que des informations sur des décès et des pompes funèbres.
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11078
p. 210-215
MORTS.
Début :
Le 29 Août mourut en Forès dans la quatre-vingt-uniéme année de son âge, Claude de [...]
Mots clefs :
Seigneur, Marquis, Comte, Maison de Bourbon, Châteaugay
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
E 29 Août mourut en Forès dans la quatre-
Ling >
la Queille , Comte de Ronchevol- Pramenou , Seigneur
de la Mure , Fougeres , Ornal , la Gardette ,
le Poyet , &c. Il étoit fils puîné de Claude de la
Queille , Marquis de Châteaugai , Baron de Vendat
, Seigneur de Sabazat , Florac , &c ; & d'Anne
de Ronchevol , Dame de Pramenou , héritiere de
fa Maiſon , l'une des plus anciennes du pays de
Forès , d'où elle paffa en Beaujolais vers l'an
1310. Le Comte de Ronchevol-Pramenou avoit
éré appellé à la fubftitution de tous les biens de
fa mere , à la charge d'en porter le nom & les
armes. De fon mariage fait en 1707 avec Anne-
Jofephe de Chabannes , fille de Gilbert de Chabannes
, Comte de Pionzac , & d'Anne-Françoife
de Lutzelbourg , il laifle pour-fille unique Gilberte
de la Queille , dite de Ronchevol -Pramenou ,
mariée en 1733 à Gilbert - Allire , Comte de Lan.
gheac , Brigadier des armées du Roi , Meftre de
camp du Regiment de Conti , Cavalerie , dont
trois garçons. Voyez la page 317 , cinquiéme partie
des Tablettes historiques.
La Maiſon de la Queille , la Queuille , ou la
Cueille , a toujours tenu rang parmi les plus
grandes de la province d'Auvergne , par fon ancienneté
, fes grands biens & fes alliances . Elle
tire fon origine de celle de Rochefort au Montd'or
, dont elle a ceffé de joindre le nom à celui
de la Queille vers l'an 1350. La terre de Rochefort
a paflé depuis aux Comtes d'Auvergne & à la
FEVRIER. 1755
2FF
maifon de Bourbon , & eft actuellement poffédée
par M. le Marquis de Chabannes- Curton .
Aymon, Seigneur de Rochefort & de la Queille,
vivoit en 1220. On lui donne pour femme Marie
de la Tour , fille de Bertrand , Seigneur de la Tour.
Il fut pere de Bertrand de Rochefort , Seigneur
de la Queille , marié en 1250 à Alix de Plaignes
Dame de Ronchely & de Monceaux . Leur fils Ber
nard , qui vivoit encore en 1299, fut pere de Jean
de Rochefort , Seigneur de la Queille, qui époufa
une Dame nommée Jeanne , que l'on croit de
la maiſon de Comborn. De ce mariage nâquit Antoine
de Rochefort , Seigneur de la Queille , allié
en 1310 avec Anne de Pierre- Buffiere - Châteauneuf.
Elle fut mere de Girard , Seigneur de la
Queille , Gouverneur du Dauphiné d'Auvergne ,
& Chambellan de Pierre I du nom , Duc de Bour
bon. Girard de la Queille fut allié avec Jeanne de
Murol , fille de Jean de Murol & d'Alix de la Rochebriant.
De cette alliance fortit Guillaume ,
gneur de la Queille, Capitaine de Gendarmes , mari
de Jeanne-Habeau d'Apchon , & pere de Bertrand
Seigneur de la Queille , Capitaine de Gendarmes, &
Chambellan du Duc de Berry, Celui- ci époufa Alix
Drap , fille de Guillaume Drap , Seigneur de Châ
teauneuf. Elle fe remaria à Girard de Rochefort
Seigneur de Saint-Marc , & vivoit en 1377, ayant
eu de fon premier mari , Pierre , Seigneur de la
Queille & de Châteauneuf , allié avec Marguerite
de Montmorin , décédée le & Octobre 1415. Elle:
étoit fille de Geofroi de Montmorin & de Daufine
de Thenieres. Leur fils Jacques , Seigneur de.
Ja Quelle & de Châteauneuf, Capitaine de Gendarmes
, Chambellan du Duc de Bourbon , épouſa
Louife de Giac , fille de Pierre de Giac & de Jeanac
de Naillac , & arriere- petite-fille de Pierre de
Sei212
MERCURE DE FRANCE.
Giac , Chancelier de France. Elle apporta à fon
mari les terres de Giac & de Châteaugai , & fur
mere de Charles , Seigneur de la Queille , de Chateauneuf
, de Châteaugai , de Giac , & c. qui n'eut
point d'enfans de fa feconde femme Marie de Levi
, & en laiffa deux de fa premiere , Anne de Bellenave
; fçavoir , François & Guillaume de la
Queille : l'aîné eut en partage la terre de la Queille
& les deux tiers des biens de fa maiſon . Il fut marié
deux fois : 1 ° . avec Marguerite de Castelnau
de Bretenoux . 2 °. Avec Anne de Rohan , fille de
Henri de Rohan , Seigneur d'Efpinai en Bretagne.
Il n'eut de ces deux mariages que trois filles ; deux
du premier , & une du fecond ; fçavoir , 1º . Jacqueline
de la Queille , Dame de Châteaubrun ;
alliée à Robert Stuart , Comte de Lenox , Seigneur
d'Aubigni , Maréchal de France . 2º Françoife
de la Queille , mariée à Jacques Ricard de
Genouillac , dit Galiot , Seigneur d'Acier , grand
Ecuyer & grand Maître de l'Artillerie de France.
3°. Catherine de la Queille , Dame de la Queille
& de Châteauneuf , époufa le 3 Decembre 1535
Marc de Beaufort - Montboiffier , Comte d'Alais
Marquis de Canillac.
Guillaume de la Queille eut en partage Florac
des biens paternels , & Giac & Châteaugai avec
les autres terres portées par fa grande mere Louiſe
de Giac. Il continua la pofterité maſculine de ſa
maifon par fon alliance avec Marie de Damas ,
fille de Jean de Damas , Seigneur de Marcilly , &
d'Anne de Digoine. Il fut pere de Jean de la
Queille I du nom Baron de Florac & de Châ →
teaugai , &c. Celui- ci époufa Ifabelle de Bourbon-
Buffet , de laquelle nâquit Jean de la Queille II
du nom , Baron de Florac , de Châteaugai , &c ,
Capitaine de cinquante hommes d'armes , Gou
>
ปี
FEVRIER . 1755. 213
verneur & Lieutenant général pour le Roi & la
Reine Marguerite , des Comtés d'Auvergne & de
Clermont , & Séné, hal d'Auvergne . Il époufa en
1553 Anne d'Efcars - Lavauguyon , fecorde fille
de François d'Efcirs , Seigneur de Lavauguyon , &
d'Iſabeau de Bourbon - Carenci . Elle fut mere de
Jean de la Queille III du nom , Baron de Florac ,
de Chateaugai , & c , qui étant devenu veuf fans
enfans de Claude de la Tour- Murat , fe remaria le
24 Nov. 1608 à Simone de Saix , fille de Claude de
Saix , Seigneur de Rivoire , & de Diane de Seneret.
De ce mariage nâquirent un fils & deux filles ; fçavoir
, Helene & Jeanne . La premiere fut mar ée en
Août 1639 à Jean - Louis ,Comte de Bourbon - Buffet;
l'autre époula Antoine- Claude d'Eberard de Saint-
Sulpice. Leur frere Guillaume de la Queille , Seigneur
de Florac , de Châteaugai , de Vendat , &c. ,
Capitaine de Chevaux - Legers , époufa Anne de
Gadagne , fille de Claude de Gadagne , Maréchal
de camp
& d'Eleonore de Coligni. Il en eut
Claude de la Queille , Seigneur de Florac , de Châteaugai
, &c , allié avec Marie de Ronchevol , héritiere
de Pramenou , fille aînée de François de Ron ..
chevol , Seigneur de Pramenou , & de Benigne de
Damas - la - Biftie . De ce mariage nâquirent deux
garçons , dont le dernier a donné lieu à cet article
.
L'aîné Anne-Gilbert de la Queille , Marquis
de Châteaugai , Lieutenant général au Duché de
Bourgogne , Gouverneur de Bourbon - Lanci ,
épouſa Marie - Jofephe , Dame d'Amanzé , fille
aînée de Louis , Vicomte d'Amanzé , & de Marie-
Louife Falconis , Le Marquis de Châteaugai eft
par ce mariage fſubſtitué au nom & armes d'Amanzé.
Son fils Louis - Gilbert - Gafpard de la
Queille de Châteaugai , Comte d'Amanzé , Bri214
MERCURE DE FRANCE.
gadier des armées du Roi , Colonel du Régiment
de Nice , a époufé en Août 1741 Louife- Jacqueline
de Laftic- Saint- Jal , fille de Jean -Claude de
Laftic- Saint -Jal , & de Marie - Marguerite Bazin
de Bezons. Il en a deux enfans.
Il a pour foeurs ,
1. N.
de la Queille
de Châteaugai
, mariée à Jacques - Philippe - Sebaftien
le Prêtre , Comte de Vauban , Maréchal
de camp , Lieutenant général en Franche-Comté.
2º. Anne- Louiſe de la Queille , mariée le 15
Avril 1741 , à Jofeph-Louis-Dominique de Cambis
, Marquis de Velleron.
Les armes de la Queille font de fable à la croix
d'or engrêlée , que le Comte d'Amanzé écartelle
avec celles d'Amanzé. Le Comte de Pramenou
chargeoit la croix en coeur d'un aigle éployé de
gueules , membré & becqué d'azur.
Demoiſelle Henriette - Mechtilde Van-Holt ,
née à s'Heerenberg dans les Pays-Bas le 28 Août
1664 , mourut à Paris le 28 Septembre 1754 , âgée
de quatre-vingt-dix ans. Elle étoit tante de Barthelemi
de Vanolles , ci -devant Intendant d'Alface
, & aujourd'hui Confeiller d'Etat , dont le pere
Jacques- Hartger Van-Holt , Grand - Audiencier
de France , & Tréforier Général ancien de la
Marine , obtint au mois d'Octobre 1696 des lettres
de mutation de fon nom de Van- Holt en celui
de Vanolles ; & au mois d'Août 1704 des lettres
de naturalité. Guillaume Van-Holt ( pere de
ce Jacques Hartger , & d'Henriette-Mechtilde qui
donne lieu à cet article ) Gentilhomme originaire
de-Dotekum fur les confins de la Gueldre Hollandoife
, Seigneur de Bleck & de Biltien , Co-feigneur
de Liefferinck , étoit d'une famille patricienne
, connue dès l'an 1448 en la perfonne de
FEVRIER. 1755. 215
Jean Van-Holt , Maître d'Hôtel , ou Majordome
d'Arnoul , Duc de Gueldre , qui le fit le 10 Novembre
de cette année là , grand Tréforier de fon
Duché de Gueldre , du Comté de Zutphen & de la
Seigneurie de Cuyck. L'article de cette famille
dreffé fur les titres originaux & d'après les Hiſtoriens
de Gueldre les plus eftimés , eft traité avec
étendue dans le quatrieme registre de la Nobleſſe
de France , où l'on renvoye le Lecteur. Ses armes
font d'argent , à fept annelets defable , pofés trois ,
trois un.
E 29 Août mourut en Forès dans la quatre-
Ling >
la Queille , Comte de Ronchevol- Pramenou , Seigneur
de la Mure , Fougeres , Ornal , la Gardette ,
le Poyet , &c. Il étoit fils puîné de Claude de la
Queille , Marquis de Châteaugai , Baron de Vendat
, Seigneur de Sabazat , Florac , &c ; & d'Anne
de Ronchevol , Dame de Pramenou , héritiere de
fa Maiſon , l'une des plus anciennes du pays de
Forès , d'où elle paffa en Beaujolais vers l'an
1310. Le Comte de Ronchevol-Pramenou avoit
éré appellé à la fubftitution de tous les biens de
fa mere , à la charge d'en porter le nom & les
armes. De fon mariage fait en 1707 avec Anne-
Jofephe de Chabannes , fille de Gilbert de Chabannes
, Comte de Pionzac , & d'Anne-Françoife
de Lutzelbourg , il laifle pour-fille unique Gilberte
de la Queille , dite de Ronchevol -Pramenou ,
mariée en 1733 à Gilbert - Allire , Comte de Lan.
gheac , Brigadier des armées du Roi , Meftre de
camp du Regiment de Conti , Cavalerie , dont
trois garçons. Voyez la page 317 , cinquiéme partie
des Tablettes historiques.
La Maiſon de la Queille , la Queuille , ou la
Cueille , a toujours tenu rang parmi les plus
grandes de la province d'Auvergne , par fon ancienneté
, fes grands biens & fes alliances . Elle
tire fon origine de celle de Rochefort au Montd'or
, dont elle a ceffé de joindre le nom à celui
de la Queille vers l'an 1350. La terre de Rochefort
a paflé depuis aux Comtes d'Auvergne & à la
FEVRIER. 1755
2FF
maifon de Bourbon , & eft actuellement poffédée
par M. le Marquis de Chabannes- Curton .
Aymon, Seigneur de Rochefort & de la Queille,
vivoit en 1220. On lui donne pour femme Marie
de la Tour , fille de Bertrand , Seigneur de la Tour.
Il fut pere de Bertrand de Rochefort , Seigneur
de la Queille , marié en 1250 à Alix de Plaignes
Dame de Ronchely & de Monceaux . Leur fils Ber
nard , qui vivoit encore en 1299, fut pere de Jean
de Rochefort , Seigneur de la Queille, qui époufa
une Dame nommée Jeanne , que l'on croit de
la maiſon de Comborn. De ce mariage nâquit Antoine
de Rochefort , Seigneur de la Queille , allié
en 1310 avec Anne de Pierre- Buffiere - Châteauneuf.
Elle fut mere de Girard , Seigneur de la
Queille , Gouverneur du Dauphiné d'Auvergne ,
& Chambellan de Pierre I du nom , Duc de Bour
bon. Girard de la Queille fut allié avec Jeanne de
Murol , fille de Jean de Murol & d'Alix de la Rochebriant.
De cette alliance fortit Guillaume ,
gneur de la Queille, Capitaine de Gendarmes , mari
de Jeanne-Habeau d'Apchon , & pere de Bertrand
Seigneur de la Queille , Capitaine de Gendarmes, &
Chambellan du Duc de Berry, Celui- ci époufa Alix
Drap , fille de Guillaume Drap , Seigneur de Châ
teauneuf. Elle fe remaria à Girard de Rochefort
Seigneur de Saint-Marc , & vivoit en 1377, ayant
eu de fon premier mari , Pierre , Seigneur de la
Queille & de Châteauneuf , allié avec Marguerite
de Montmorin , décédée le & Octobre 1415. Elle:
étoit fille de Geofroi de Montmorin & de Daufine
de Thenieres. Leur fils Jacques , Seigneur de.
Ja Quelle & de Châteauneuf, Capitaine de Gendarmes
, Chambellan du Duc de Bourbon , épouſa
Louife de Giac , fille de Pierre de Giac & de Jeanac
de Naillac , & arriere- petite-fille de Pierre de
Sei212
MERCURE DE FRANCE.
Giac , Chancelier de France. Elle apporta à fon
mari les terres de Giac & de Châteaugai , & fur
mere de Charles , Seigneur de la Queille , de Chateauneuf
, de Châteaugai , de Giac , & c. qui n'eut
point d'enfans de fa feconde femme Marie de Levi
, & en laiffa deux de fa premiere , Anne de Bellenave
; fçavoir , François & Guillaume de la
Queille : l'aîné eut en partage la terre de la Queille
& les deux tiers des biens de fa maiſon . Il fut marié
deux fois : 1 ° . avec Marguerite de Castelnau
de Bretenoux . 2 °. Avec Anne de Rohan , fille de
Henri de Rohan , Seigneur d'Efpinai en Bretagne.
Il n'eut de ces deux mariages que trois filles ; deux
du premier , & une du fecond ; fçavoir , 1º . Jacqueline
de la Queille , Dame de Châteaubrun ;
alliée à Robert Stuart , Comte de Lenox , Seigneur
d'Aubigni , Maréchal de France . 2º Françoife
de la Queille , mariée à Jacques Ricard de
Genouillac , dit Galiot , Seigneur d'Acier , grand
Ecuyer & grand Maître de l'Artillerie de France.
3°. Catherine de la Queille , Dame de la Queille
& de Châteauneuf , époufa le 3 Decembre 1535
Marc de Beaufort - Montboiffier , Comte d'Alais
Marquis de Canillac.
Guillaume de la Queille eut en partage Florac
des biens paternels , & Giac & Châteaugai avec
les autres terres portées par fa grande mere Louiſe
de Giac. Il continua la pofterité maſculine de ſa
maifon par fon alliance avec Marie de Damas ,
fille de Jean de Damas , Seigneur de Marcilly , &
d'Anne de Digoine. Il fut pere de Jean de la
Queille I du nom Baron de Florac & de Châ →
teaugai , &c. Celui- ci époufa Ifabelle de Bourbon-
Buffet , de laquelle nâquit Jean de la Queille II
du nom , Baron de Florac , de Châteaugai , &c ,
Capitaine de cinquante hommes d'armes , Gou
>
ปี
FEVRIER . 1755. 213
verneur & Lieutenant général pour le Roi & la
Reine Marguerite , des Comtés d'Auvergne & de
Clermont , & Séné, hal d'Auvergne . Il époufa en
1553 Anne d'Efcars - Lavauguyon , fecorde fille
de François d'Efcirs , Seigneur de Lavauguyon , &
d'Iſabeau de Bourbon - Carenci . Elle fut mere de
Jean de la Queille III du nom , Baron de Florac ,
de Chateaugai , & c , qui étant devenu veuf fans
enfans de Claude de la Tour- Murat , fe remaria le
24 Nov. 1608 à Simone de Saix , fille de Claude de
Saix , Seigneur de Rivoire , & de Diane de Seneret.
De ce mariage nâquirent un fils & deux filles ; fçavoir
, Helene & Jeanne . La premiere fut mar ée en
Août 1639 à Jean - Louis ,Comte de Bourbon - Buffet;
l'autre époula Antoine- Claude d'Eberard de Saint-
Sulpice. Leur frere Guillaume de la Queille , Seigneur
de Florac , de Châteaugai , de Vendat , &c. ,
Capitaine de Chevaux - Legers , époufa Anne de
Gadagne , fille de Claude de Gadagne , Maréchal
de camp
& d'Eleonore de Coligni. Il en eut
Claude de la Queille , Seigneur de Florac , de Châteaugai
, &c , allié avec Marie de Ronchevol , héritiere
de Pramenou , fille aînée de François de Ron ..
chevol , Seigneur de Pramenou , & de Benigne de
Damas - la - Biftie . De ce mariage nâquirent deux
garçons , dont le dernier a donné lieu à cet article
.
L'aîné Anne-Gilbert de la Queille , Marquis
de Châteaugai , Lieutenant général au Duché de
Bourgogne , Gouverneur de Bourbon - Lanci ,
épouſa Marie - Jofephe , Dame d'Amanzé , fille
aînée de Louis , Vicomte d'Amanzé , & de Marie-
Louife Falconis , Le Marquis de Châteaugai eft
par ce mariage fſubſtitué au nom & armes d'Amanzé.
Son fils Louis - Gilbert - Gafpard de la
Queille de Châteaugai , Comte d'Amanzé , Bri214
MERCURE DE FRANCE.
gadier des armées du Roi , Colonel du Régiment
de Nice , a époufé en Août 1741 Louife- Jacqueline
de Laftic- Saint- Jal , fille de Jean -Claude de
Laftic- Saint -Jal , & de Marie - Marguerite Bazin
de Bezons. Il en a deux enfans.
Il a pour foeurs ,
1. N.
de la Queille
de Châteaugai
, mariée à Jacques - Philippe - Sebaftien
le Prêtre , Comte de Vauban , Maréchal
de camp , Lieutenant général en Franche-Comté.
2º. Anne- Louiſe de la Queille , mariée le 15
Avril 1741 , à Jofeph-Louis-Dominique de Cambis
, Marquis de Velleron.
Les armes de la Queille font de fable à la croix
d'or engrêlée , que le Comte d'Amanzé écartelle
avec celles d'Amanzé. Le Comte de Pramenou
chargeoit la croix en coeur d'un aigle éployé de
gueules , membré & becqué d'azur.
Demoiſelle Henriette - Mechtilde Van-Holt ,
née à s'Heerenberg dans les Pays-Bas le 28 Août
1664 , mourut à Paris le 28 Septembre 1754 , âgée
de quatre-vingt-dix ans. Elle étoit tante de Barthelemi
de Vanolles , ci -devant Intendant d'Alface
, & aujourd'hui Confeiller d'Etat , dont le pere
Jacques- Hartger Van-Holt , Grand - Audiencier
de France , & Tréforier Général ancien de la
Marine , obtint au mois d'Octobre 1696 des lettres
de mutation de fon nom de Van- Holt en celui
de Vanolles ; & au mois d'Août 1704 des lettres
de naturalité. Guillaume Van-Holt ( pere de
ce Jacques Hartger , & d'Henriette-Mechtilde qui
donne lieu à cet article ) Gentilhomme originaire
de-Dotekum fur les confins de la Gueldre Hollandoife
, Seigneur de Bleck & de Biltien , Co-feigneur
de Liefferinck , étoit d'une famille patricienne
, connue dès l'an 1448 en la perfonne de
FEVRIER. 1755. 215
Jean Van-Holt , Maître d'Hôtel , ou Majordome
d'Arnoul , Duc de Gueldre , qui le fit le 10 Novembre
de cette année là , grand Tréforier de fon
Duché de Gueldre , du Comté de Zutphen & de la
Seigneurie de Cuyck. L'article de cette famille
dreffé fur les titres originaux & d'après les Hiſtoriens
de Gueldre les plus eftimés , eft traité avec
étendue dans le quatrieme registre de la Nobleſſe
de France , où l'on renvoye le Lecteur. Ses armes
font d'argent , à fept annelets defable , pofés trois ,
trois un.
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Résumé : MORTS.
Le 29 août, le Comte de Ronchevol-Pramenou, Seigneur de plusieurs domaines, décéda à Forès dans la Quéille. Il était le fils puîné de Claude de la Quéille, Marquis de Châteaugai, et d'Anne de Ronchevol, Dame de Pramenou. Cette dernière appartenait à une des plus anciennes maisons du pays de Forès, installée en Beaujolais vers 1310. Le Comte avait hérité de tous les biens de sa mère, à condition de porter son nom et ses armes. En 1707, il épousa Anne-Josèphe de Chabannes, fille de Gilbert de Chabannes, Comte de Pionzac. De cette union naquit une fille unique, Gilberte de la Quéille, mariée en 1733 à Gilbert-Alire, Comte de Langheac. La Maison de la Quéille, connue aussi sous les noms de la Queuille ou la Cueille, est l'une des plus grandes familles de la province d'Auvergne en raison de son ancienneté, de ses vastes biens et de ses alliances. Elle tire son origine de la Maison de Rochefort au Montd'or, dont elle a cessé de joindre le nom vers 1350. La terre de Rochefort passa ensuite aux Comtes d'Auvergne et à la Maison de Bourbon, et est actuellement possédée par le Marquis de Chabannes-Curton. Aymon, Seigneur de Rochefort et de la Quéille, vivait en 1220. Il épousa Marie de la Tour. Leur fils Bertrand de Rochefort épousa Alix de Plaignes. Leur fils Bernard eut un fils nommé Jean de Rochefort, qui épousa Jeanne de Comborn. De cette union naquit Antoine de Rochefort, allié en 1310 avec Anne de Pierre-Buffiere-Châteauneuf. Leur fils Girard, Seigneur de la Quéille, fut Gouverneur du Dauphiné d'Auvergne et Chambellan de Pierre I, Duc de Bourbon. Girard épousa Jeanne de Murol. Leur fils Guillaume, Seigneur de la Quéille, fut Capitaine de Gendarmes et épousa Jeanne-Habeau d'Apchon. Leur fils Bertrand, Seigneur de la Quéille, fut également Capitaine de Gendarmes et Chambellan du Duc de Berry. Il épousa Alix Drap. Leur fils Pierre, Seigneur de la Quéille et de Châteauneuf, épousa Marguerite de Montmorin. Leur fils Jacques, Seigneur de la Quéille et de Châteauneuf, épousa Louise de Giac. Elle apporta à son mari les terres de Giac et de Châteaugai et fut mère de Charles, Seigneur de la Quéille, de Châteauneuf, de Châteaugai, de Giac. Charles eut deux fils de sa première femme Anne de Bellenave : François et Guillaume de la Quéille. François hérita de la terre de la Quéille et des deux tiers des biens de la maison. Il épousa Marguerite de Castelnau de Bretenoux et Anne de Rohan. Ils eurent trois filles : Jacqueline, Françoise et Catherine de la Quéille. Guillaume de la Quéille hérita de Florac et des terres apportées par sa grand-mère Louise de Giac. Il épousa Marie de Damas. Leur fils Jean de la Quéille, Baron de Florac et de Châteaugai, épousa Isabelle de Bourbon.
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11079
p. 1892-1901
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Le 7. Juillet, Henry-Louis Colomne du Lac, de Parthenay, en Poitou, [...]
Mots clefs :
Roi, Paris, Seigneur, Lieutenant, Maison, Henri-Louis Colonne du Lac, Marie Geneviève Amyot, Jacques Geoffroy, Marie Megret, Jacques d'Illiers de Balsac d'Entragues, Catherine-Henriette Feydeau, César-Antoine de La Luzerne, Marie-Élisabeth de Lamoignon de Blancmesnil, Alexandre-Maximilien Balthazar Dominique de Gand-Vilain de Merode de Montmorency
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS , NAISSANCES
LE
et Mariages .
E 7. Juillet , Henry- Louis Colomne
u Lac , de Parthenay , en Poitou
Docteur en Theologie , Doyen de l'Eglise
Royale et Collegiale de S. Marcel
les Paris , nommé en 1732. à l'Abbaye
de Landais , Ordre de Cîteaux , Diocèse
de Bourges , mourut en sa maison Déconale
, agé de 80. ans 3. mois. Il étoit
fort curieux et amateur de Fleurs , et
it en cultivoit des plus belles et des plus
rares dans son Jardin à Paris.
Le 25. Juillet , D. Marie - Anne Leoward,
Epouse de M. Daniel Chardon ,
Conseiller en la Cour des Aydes de Paris
, mourut après une longue maladie ,
laissant un fils unique , âgé de deux ans
et demi.
AOUST. 1733 . 1893
Le 27. Juillet , D. Marie Genevieve
Anyot , Epouse de M. Paul Emile de
Braque , Chevalier , Seigreur. du Luat ,
er du Fief de Domont , scis à S. Brice ,
Sarcelles et environs , et fille de Benoît-
Jean- François Amyot , Seigneur d'Inville
, Conseiller en la Cour des Aydes.
de Paris , et de D. Marguerite Yvonnet
mourut à Paris , âgée de 33. ans , et fut
inhumée le lendemain à la Me cy , liew
de la sépulture de la famille de Braque ,
qui étoit déja considerable sous le Regne
de Philippe de Valois , dans le 14.
siecle , et c'est d'elle que la rue de Braque
tire son nom. La Marquise de Braque
, qui vient de mourir , avoit éte marite
le 12. Juin 1724 et n'a laissé que
des filles .
Le 28. Juillet, Jacques Gerffy, Ecuyer,
Seigneur de Coiffy , Nozry er S Etienne,
autrefois Lieutenant au Régiment des
Gardes Françoises , mourut à Paris tout
sub tement en sortand dîner , âgé d' nviron
60. ans et sans avoir ét ' marié ,
laisant pour heritier Marc - Antoine
Geoffroy de Coiffy , Abbé Commardataire
de l'Abbaye de Cercanç ux riocèse
de Sens , et D. Anne Geoffroy
de Coiffy , veuve de Henry Pa ot . Seigncur
du Bouchet , Secretaire du Roy ,
mort
1894 MERCURE DE FRANCE
mort le 4. Octobre 1713. ses frere et
soeur.
D. Marie Megret , fille de François
Nicolas Megret , Seigneur de Passy , Conseiller-
Secretaire du Roy , Maison Couronne
de France et de ses Finances , et
Grand- Audiencier de France , et de Marguerite
Beaucousin , Epouse de Claude
Pellot , Comte de Tréviers , Seigneur des
grand et petit Deffand , Port - David ,
Saillencourt , &c. Conseiller au Parlement
de Paris , avec lequel elle avoit été
marié le 29. Avril 1726. mourut d'une
maladie de poitrine à la Campagne au
commencement du mois d'Août 1733-
laissant deux fils en bas âge.
Jacques d'Iliers de Balsac d'Entragues?
appellé le Marquis d'Illiers , Maréchal
des Camps et Armées du Roy , et Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis ,
qui s'étoit retiré depuis 2. ans dans la
Maison des Prêtres de l'Oratoire à Notre-
Dame des Vertus , y mourut vers le
commencement de ce mois , âgé d'environ
65. ans , sans avoir été marié . Il avoit
été autrefois successivement Guidon des
Gendarmes Flamans , en 1689. Enseigne
des Gendarmes de Bourgogne , en 1690.
Sous-Lieutenant des Chevaux - Legers de
Berry , en 1693. et enfin Capitaine Lieutenant
A O UST. 1732. 1895
tenant de cette Compagnie en 1703. II
fut fait Brigadier le 10. Février 1754.
et Maréchal de Camp le 20. Mars 1709 .
Il avoit eu pour freres pui nez , Henry
Comte d'Illers , Capitaine de Vaisseau
du Roy , mort au Pont S. E prit , en
revenant de Toulon , le 26. Novembre
1727. qui avoit épousé la fille de Marcellin
Florent de Selles , Trésorier general
de la Marine , dont il n'a laissé qu'une
fille en bas âge ; et le Chevalier d'Illiers ,
tué à la bataille de Ramilles en 1706.
Ils étoient tous trois fils de Henry d'Illiers
de Balsac, Seigneur de Chantemesle,
Beaumont , la Grange , &c. Sous - Lieutenant
de la Compagnie des Chevaux-
Legers de la Garde du Roy , tué au Combat
de Senefen 1674. et de Louise- Magdeleine
de Grimouville,
Le 20. Août , D. Catherine Henriette
Feydeau , Epouse d'Arnaud - Paul de Fieubet
, Mestre de Camp de Cavalerie , et
Enseigne des Gendarmes de la Garde ordinaire
du Roy , accoucha d'une fille ,
son second enfant , qui fut nommée par
M. Pierre Gilbert , Seigneur de Voisins ,
Premier Avocat General au Parlement
de Paris , son oncle paternel , à cause de
D. Anne-Louise de Fieubet , sa femme i
ct
1896 MERCURE DE FRANCE
,
et par D. Catherine Croiset , veuve de
M. Guillaume Briconnet , Comte d'Auteüil
vivant Président en la troisiéme
Chambre des Enquêtes du Parlement de
Paris sa grande - tante maternelle , et
sceur de D. Marie Louise Croiset , veuve
de M. Henry Feydeau , Seigneur de Calende
, vivant , aussi Président aux Enquêtes
du même Parlement, Ayeule maternelle
de l'Enfant.
و
Le 3. Août , fut celebré à Malesherbes
en Gâtinois , le Mariage de César - An
toine de la Luzerne , Comte de Beusseville
Seigneur de Moulin - Chapelle
Houllebec , & c. Mestre de Camp du Régiment
de Cavalerie des Curassiers du
Roy , et Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , veuf de Germaine Françoise
de la Vieuville , morte le 19. Décembre
17 29. à l'âge de 22. ans ; avec Dlle Ma
rie - Elisabeth de Lamoignon de Blancménil
, née le 10. Mars 1716. fille aînée
de Guillaume de Lamoignon , Seigneur
de Blancménil , du Bourget , de Malesherbes
, &c . Président au Parlement de
Paris , et de D. Anne Elizabeth Roujault,
sa seconde femme. La Maison de la Luzerne
est une des plus anciennes de la
Province de Normandie , étant connuë
par
AOUS T. 1733. 1897
par titres dès la fin du 13. siecle. Elle
porte pour Armes d'azur à la Croix
d'or encrée , chargée de 5. Coquilles de guenles.
Le nouveau Marié est fils aîné de
Gui-Cesar de la Luzerne , marquis de
Beusseville , Baron de Garencieres , et de
Beaudemont , Seigneur de Lorcy et de
Courteville , Capitaine des Côtes de la
Mer en Normandie , cy - devant Cornette
des Chevaux -Legers de la Garde du Roy,
et de deffunte D. Magdeleine- Françoise.
de Pommerciil , Dame de Moulins- Chapelle
, morte le 12. May 1725. Il avoit
eu de sa premiere femme un fils unique ,
nommé Cesar- François de la Luzerne ,
né le 16. Décembre 1729. mais cet enfant
mourut le 15. Août 1732.
Le 10. Août , Alexandre- Maximilien-
Balthasar Dominique de Gand - Villain
de Merode et de Montmorency , Comte
de Middelbourg , Colonel du Régiment
de la Marine depuis 1716. et auparavant
de celui des Landes en 1704. Brigadier
des Armées du Roy , du premier
Février 1719. et Gouverneur de la
Ville de Bouchain , depuis 1724. frere
puîné de Louis de Gand- Villain de Merode
de Montmorency , Prince d'Isenghien
et de Masmimes , Lieutenant General
des Armées du Roy , du 8. Mars
1728.
I'
900 MERCURE DE FRANCE
1718. Chevalier des Ordres de S. M. du
3. Juin 1724. Lieutenant general en la
Province d'Artois , du mois d'Août 1724.
et Gouverneur de la Ville et Cité d'Arras
, depuis 17 : 5 . et fils de Jean - Alphonse
de Gand . Villain de Merode de Montmorency
, Prince d'Isenghien et de Masmimes
, mort le 6. May 1687. à l'âge
de 30. ans , et de Marie- Therese de Crevant
d'Humieres , morte le 19. Août 1732.
âgée de 79. ans , fut marié dans la
Chapelle des hauts- Thermes , au bout
des Champs Elizées , avec la Dile de la
Rochefoucault , âgée de 16. à 17. ans ,
fille unique de feu Barthelemi de Roye
de la Rochefoucault , dit le Marquis de
la Roch foucault , Lieutenant General
des Armées du Roy , ancien Capitaine-
Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes
Flamans , Capitaine des Gardes
du Corps de deffunts le Duc et la Duchesse
de Berry , mort le 3. Novembre
1724. à lâge de 51. ans , et de D. Pauline
Marguerite Prondre , sa veuve. La Maison
de Villain , surnommée de Gand , est
une des grandes et premieres Maisons
de Flandres . Elle remonte son origine ,
aux anciens Comtes et Chastelains de
Gand. On en trouve la généalogie dans
le Dictionnaire Historique , Editions de
1725.
A O UST. 1901 1733 .
1725. et 1732. sous le nom de Gand .
Celle de la Maison de la Rochefoucault
est rapportée dans le 4. tome des Grands
Officiers de la Couronne , de la derniere
Edition , page 418 .
Nous remettons au mois prochain à parler
du Mariage de M. le Marquis de
Mirepoix , avec Mdeumoiselle Bernard de
Rieux et de la magnifique Fête
M. Bernard , Comte de Coubert , á donné:
à cette occasion .
LE
et Mariages .
E 7. Juillet , Henry- Louis Colomne
u Lac , de Parthenay , en Poitou
Docteur en Theologie , Doyen de l'Eglise
Royale et Collegiale de S. Marcel
les Paris , nommé en 1732. à l'Abbaye
de Landais , Ordre de Cîteaux , Diocèse
de Bourges , mourut en sa maison Déconale
, agé de 80. ans 3. mois. Il étoit
fort curieux et amateur de Fleurs , et
it en cultivoit des plus belles et des plus
rares dans son Jardin à Paris.
Le 25. Juillet , D. Marie - Anne Leoward,
Epouse de M. Daniel Chardon ,
Conseiller en la Cour des Aydes de Paris
, mourut après une longue maladie ,
laissant un fils unique , âgé de deux ans
et demi.
AOUST. 1733 . 1893
Le 27. Juillet , D. Marie Genevieve
Anyot , Epouse de M. Paul Emile de
Braque , Chevalier , Seigreur. du Luat ,
er du Fief de Domont , scis à S. Brice ,
Sarcelles et environs , et fille de Benoît-
Jean- François Amyot , Seigneur d'Inville
, Conseiller en la Cour des Aydes.
de Paris , et de D. Marguerite Yvonnet
mourut à Paris , âgée de 33. ans , et fut
inhumée le lendemain à la Me cy , liew
de la sépulture de la famille de Braque ,
qui étoit déja considerable sous le Regne
de Philippe de Valois , dans le 14.
siecle , et c'est d'elle que la rue de Braque
tire son nom. La Marquise de Braque
, qui vient de mourir , avoit éte marite
le 12. Juin 1724 et n'a laissé que
des filles .
Le 28. Juillet, Jacques Gerffy, Ecuyer,
Seigneur de Coiffy , Nozry er S Etienne,
autrefois Lieutenant au Régiment des
Gardes Françoises , mourut à Paris tout
sub tement en sortand dîner , âgé d' nviron
60. ans et sans avoir ét ' marié ,
laisant pour heritier Marc - Antoine
Geoffroy de Coiffy , Abbé Commardataire
de l'Abbaye de Cercanç ux riocèse
de Sens , et D. Anne Geoffroy
de Coiffy , veuve de Henry Pa ot . Seigncur
du Bouchet , Secretaire du Roy ,
mort
1894 MERCURE DE FRANCE
mort le 4. Octobre 1713. ses frere et
soeur.
D. Marie Megret , fille de François
Nicolas Megret , Seigneur de Passy , Conseiller-
Secretaire du Roy , Maison Couronne
de France et de ses Finances , et
Grand- Audiencier de France , et de Marguerite
Beaucousin , Epouse de Claude
Pellot , Comte de Tréviers , Seigneur des
grand et petit Deffand , Port - David ,
Saillencourt , &c. Conseiller au Parlement
de Paris , avec lequel elle avoit été
marié le 29. Avril 1726. mourut d'une
maladie de poitrine à la Campagne au
commencement du mois d'Août 1733-
laissant deux fils en bas âge.
Jacques d'Iliers de Balsac d'Entragues?
appellé le Marquis d'Illiers , Maréchal
des Camps et Armées du Roy , et Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis ,
qui s'étoit retiré depuis 2. ans dans la
Maison des Prêtres de l'Oratoire à Notre-
Dame des Vertus , y mourut vers le
commencement de ce mois , âgé d'environ
65. ans , sans avoir été marié . Il avoit
été autrefois successivement Guidon des
Gendarmes Flamans , en 1689. Enseigne
des Gendarmes de Bourgogne , en 1690.
Sous-Lieutenant des Chevaux - Legers de
Berry , en 1693. et enfin Capitaine Lieutenant
A O UST. 1732. 1895
tenant de cette Compagnie en 1703. II
fut fait Brigadier le 10. Février 1754.
et Maréchal de Camp le 20. Mars 1709 .
Il avoit eu pour freres pui nez , Henry
Comte d'Illers , Capitaine de Vaisseau
du Roy , mort au Pont S. E prit , en
revenant de Toulon , le 26. Novembre
1727. qui avoit épousé la fille de Marcellin
Florent de Selles , Trésorier general
de la Marine , dont il n'a laissé qu'une
fille en bas âge ; et le Chevalier d'Illiers ,
tué à la bataille de Ramilles en 1706.
Ils étoient tous trois fils de Henry d'Illiers
de Balsac, Seigneur de Chantemesle,
Beaumont , la Grange , &c. Sous - Lieutenant
de la Compagnie des Chevaux-
Legers de la Garde du Roy , tué au Combat
de Senefen 1674. et de Louise- Magdeleine
de Grimouville,
Le 20. Août , D. Catherine Henriette
Feydeau , Epouse d'Arnaud - Paul de Fieubet
, Mestre de Camp de Cavalerie , et
Enseigne des Gendarmes de la Garde ordinaire
du Roy , accoucha d'une fille ,
son second enfant , qui fut nommée par
M. Pierre Gilbert , Seigneur de Voisins ,
Premier Avocat General au Parlement
de Paris , son oncle paternel , à cause de
D. Anne-Louise de Fieubet , sa femme i
ct
1896 MERCURE DE FRANCE
,
et par D. Catherine Croiset , veuve de
M. Guillaume Briconnet , Comte d'Auteüil
vivant Président en la troisiéme
Chambre des Enquêtes du Parlement de
Paris sa grande - tante maternelle , et
sceur de D. Marie Louise Croiset , veuve
de M. Henry Feydeau , Seigneur de Calende
, vivant , aussi Président aux Enquêtes
du même Parlement, Ayeule maternelle
de l'Enfant.
و
Le 3. Août , fut celebré à Malesherbes
en Gâtinois , le Mariage de César - An
toine de la Luzerne , Comte de Beusseville
Seigneur de Moulin - Chapelle
Houllebec , & c. Mestre de Camp du Régiment
de Cavalerie des Curassiers du
Roy , et Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , veuf de Germaine Françoise
de la Vieuville , morte le 19. Décembre
17 29. à l'âge de 22. ans ; avec Dlle Ma
rie - Elisabeth de Lamoignon de Blancménil
, née le 10. Mars 1716. fille aînée
de Guillaume de Lamoignon , Seigneur
de Blancménil , du Bourget , de Malesherbes
, &c . Président au Parlement de
Paris , et de D. Anne Elizabeth Roujault,
sa seconde femme. La Maison de la Luzerne
est une des plus anciennes de la
Province de Normandie , étant connuë
par
AOUS T. 1733. 1897
par titres dès la fin du 13. siecle. Elle
porte pour Armes d'azur à la Croix
d'or encrée , chargée de 5. Coquilles de guenles.
Le nouveau Marié est fils aîné de
Gui-Cesar de la Luzerne , marquis de
Beusseville , Baron de Garencieres , et de
Beaudemont , Seigneur de Lorcy et de
Courteville , Capitaine des Côtes de la
Mer en Normandie , cy - devant Cornette
des Chevaux -Legers de la Garde du Roy,
et de deffunte D. Magdeleine- Françoise.
de Pommerciil , Dame de Moulins- Chapelle
, morte le 12. May 1725. Il avoit
eu de sa premiere femme un fils unique ,
nommé Cesar- François de la Luzerne ,
né le 16. Décembre 1729. mais cet enfant
mourut le 15. Août 1732.
Le 10. Août , Alexandre- Maximilien-
Balthasar Dominique de Gand - Villain
de Merode et de Montmorency , Comte
de Middelbourg , Colonel du Régiment
de la Marine depuis 1716. et auparavant
de celui des Landes en 1704. Brigadier
des Armées du Roy , du premier
Février 1719. et Gouverneur de la
Ville de Bouchain , depuis 1724. frere
puîné de Louis de Gand- Villain de Merode
de Montmorency , Prince d'Isenghien
et de Masmimes , Lieutenant General
des Armées du Roy , du 8. Mars
1728.
I'
900 MERCURE DE FRANCE
1718. Chevalier des Ordres de S. M. du
3. Juin 1724. Lieutenant general en la
Province d'Artois , du mois d'Août 1724.
et Gouverneur de la Ville et Cité d'Arras
, depuis 17 : 5 . et fils de Jean - Alphonse
de Gand . Villain de Merode de Montmorency
, Prince d'Isenghien et de Masmimes
, mort le 6. May 1687. à l'âge
de 30. ans , et de Marie- Therese de Crevant
d'Humieres , morte le 19. Août 1732.
âgée de 79. ans , fut marié dans la
Chapelle des hauts- Thermes , au bout
des Champs Elizées , avec la Dile de la
Rochefoucault , âgée de 16. à 17. ans ,
fille unique de feu Barthelemi de Roye
de la Rochefoucault , dit le Marquis de
la Roch foucault , Lieutenant General
des Armées du Roy , ancien Capitaine-
Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes
Flamans , Capitaine des Gardes
du Corps de deffunts le Duc et la Duchesse
de Berry , mort le 3. Novembre
1724. à lâge de 51. ans , et de D. Pauline
Marguerite Prondre , sa veuve. La Maison
de Villain , surnommée de Gand , est
une des grandes et premieres Maisons
de Flandres . Elle remonte son origine ,
aux anciens Comtes et Chastelains de
Gand. On en trouve la généalogie dans
le Dictionnaire Historique , Editions de
1725.
A O UST. 1901 1733 .
1725. et 1732. sous le nom de Gand .
Celle de la Maison de la Rochefoucault
est rapportée dans le 4. tome des Grands
Officiers de la Couronne , de la derniere
Edition , page 418 .
Nous remettons au mois prochain à parler
du Mariage de M. le Marquis de
Mirepoix , avec Mdeumoiselle Bernard de
Rieux et de la magnifique Fête
M. Bernard , Comte de Coubert , á donné:
à cette occasion .
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Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En juillet 1733, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Henry-Louis Colomne, docteur en théologie et doyen de l'église royale de Saint-Marcel à Paris, est décédé à l'âge de 80 ans. Passionné de fleurs, il cultivait des espèces rares dans son jardin parisien. Marie-Anne Leoward, épouse de Daniel Chardon, conseiller à la Cour des Aides de Paris, est morte après une longue maladie, laissant un fils de deux ans et demi. Marie Geneviève Amyot, épouse de Paul Émile de Braque, est décédée à Paris à l'âge de 33 ans et a été inhumée à la Madeleine. Jacques Gerffy, écuyer et seigneur de Coiffy, est mort subitement à Paris à l'âge d'environ 60 ans. Marie Megret, épouse de Claude Pellot, comte de Tréviers, est décédée d'une maladie de poitrine au début du mois d'août, laissant deux fils en bas âge. Jacques d'Illiers de Balsac d'Entragues, maréchal des camps et armées du roi, est mort à l'âge d'environ 65 ans. En août 1733, Catherine Henriette Feydeau, épouse d'Arnaud-Paul de Fieubet, a accouché d'une fille. Le 3 août, César-Antoine de la Luzerne, comte de Beusseville, s'est marié avec Marie-Elisabeth de Lamoignon de Blancménil à Malesherbes. Le 10 août, Alexandre-Maximilien-Balthasar Dominique de Gand-Villain de Merode et de Montmorency, comte de Middelbourg, s'est marié avec la fille de Barthélemi de Roye de la Rochefoucault.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11080
p. 16-23
L'AMOUR que les Princes doivent aux Arts. POEME. A S. A. S. Mgr le Prince de ***. Dignum laude virum Musa vetat mori.
Début :
PRINCE, Ami des Talens qu'ignore le vulgaire, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'AMOUR que les Princes doivent aux Arts. POEME. A S. A. S. Mgr le Prince de ***. Dignum laude virum Musa vetat mori.
L'AMOUR que les Princes doivent
aux Arts.
POEME.
A S. A. S. Mgr le Prince de ***.
Dignum laude virum Musa vetat mori.
PRINCE, Ami des Talens qu'ignore le vulgaire,
Qu'eſtiment les Grands Rois, & que ton œil
éclaire,
Toujours ta main prodigue en ſecours gênéreux,.
S'applaudit des bienfaits qu'elle répand ſur eux.
Ces préſens d'un Héros chercherent mon en--
fance,
Et mes foibles talens te durent la naiſſance,
Quand la Parque, frappant un père entre mes
bras,,
* M. le Brun, Auteur de ce Poème , n'avoit
que dix-neuf ans, lorſqu'il le compoſa.
M A I. 1764.
Força les yeux d'un fils à pleurer ſon trépas,
Déja le glaive en main, les yeux étincelans,
17
Tu le pleuras toi-même... ô touchantes allarmes!
Un Héros ſans rougir peut répandre des larmes.
Mars agitoit ſon caſque & ſes drapeaux ſanglans :
La Diſcorde, à ſes cris, rallumant ſon tonnerre,
Gronde & briſe en fureur les portes de la Guerre.
Bellone cependant ſur les rives du Var,
T'appelloit aux combats, & préparoit ton char.
Le Var courba ſous toi ſon onde & ſa fortune ;
Vainement Albion s'en plaignit à Neptune.
Quelle fut ſa douleur, ta gloire & mes tranſports !
| Content de t'admirer, je me taiſois alors,
Que mon zéle indigné de cet obſcur hommage,
Brûloit de s'élancer loin des bornes de l'âge !
A peine, ſoutenu de quatorze Printemps
Il hâtoit le ſecours du Génie & des Temps.
Mais en vain j'implorois la Lyre des Orphées ;
Mars ne ſuſpend jamais ſa lance & ſes trophées
A ce frêle arbriſſeau, jouet des Aquilons ;
C'eſt l'Orme impérieux, fier tyran des Vallons,
Qui, ºui ce noble poids, voit courber ſon feuil
age ,
-
-
Quand # las & ſanglant , y cherche un doux
ombrage.
Trop ſouvent le Poëte, effroi de ſon Héros,
A ſes lauriers brillans mêle d'obſcars pavots.
Quelle Muſe eût oſé, follement intrépide,.
Sur les Alpes en feu ſuivre ton vol rapide ?
---
.
-
:
·
-
13 MERCURE DE FRANCE:
Leurs cimes, où Bellone a fondé tes autels,
Te portoient en triomphe, au ſein des immor
tels.
Aux rayons de ta gloire échauffant mon génie,
Du langage des Dieux j'eſſayois l'harmonie :
A l'ombre des lauriers que moiſſonna ton bras,
Virgile m'apprenoit à chanter les combats.
Mais pour un Alexandre il falloit un Apelle,
Et l'Aigle ſeul entend la foudre qui l'appelle.
Ce Dieu qui d'un regard honora mon berceau,
De mes tremblantes mains vit tomber ſon pin
683Uld
Tel qu'un jeune Nocher, dont la Barque timide
Attend que les Zéphirs ouvrent la pleine humide ;
Son œil épouvanté s'égare au ſein des Mers ;
Il compte les rochers dont les flots ſont couverts :
Sa barque n'oſe encor tenter ces Mers profondes,
Et conſulte long temps ſes voiles & les ondes.
Où tel ſur ſon rocher, l'Aigle, en ſes premiers
jeux ,
Craint de toucher l'Olympe aux ſommets ora
geux ;
-
-
Bientôt, s'il veut du Ciel tenter les vaſtes plaines,
Il déploye en tremblant ſes aîles incertaines,
Et prêt à s'élancer juſqu'au Thrône des ri-ax,
Il balance ſon vol, & meſure les Cieux.
Ainſi, trop jeune encor, je n'oſois me réſoudre
A toucher aux lauriers où repoſoit ta foudre,
Enfin le noble eſpoir d'éclater à tes yeux ,
M A I.
1764.
Eleva juſqu'à toi mon vol ambitieux ;
Je te vis raſſurer mes timides accens,
lone :
19
Et pour chanter des faits que vantera l'Hiſtoire,
Mon Apollon monta ſur ton char de Victoire.
Et ſourire à la main qui t'offroit mon encens.
Un enfant des neuf Sœurs plait aux Fils de Bel
Qui combat pour la Gloire, eſtime qui la donne.
Eſt-ce à d'obſcurs mortels dans l'opprobre nourris.
D'aimer ces Arts brillans dont l'honneur eſt le
prix ?
C'eſt aux Rois tels qu'Auguſte à chérir un Virgile;
Le Ciel doit un Homére aux exploits d'un Achille ;
C'eſt le droit des Héros; & les hommes fameux
Connoiſſent ſeulslle prix des grands hommes com
Il]8 8UlXe
Grand Prince, aux mêmes Arts tu dois la même
eſtime ;
Et ces Arts te devoient leur tribut légitime.
Les Muſes pour te ſuivre ont quitté l'Hélicon ;
Que ta Cour déſormais ſoit leur ſacré vallon.
Rends-leur ce, temps heureux, où les Arts &
Bellone
Ceints des mêmes lauriers , environnoient le
Thrône.
Sur l'Univers ſoumis Rome étendant ſes loix,
Marchoit, la foudre en main , ſur la tête des
Rois :
-
Les Muſes commandoient à la Reine du Monde ;
2o MERCURE DE FRANCE.
En demi-Dieux alors que Rome étoit féconde !
De la Thrace & du Pinde encenſez les travaux ,
O François ! des Romains ſoyez deux fois rivauv,
Un grand homme eſt aux yeux de tout Mo.'.el
qui penſe,
-
Bien au-deſſus des Rois qu'un vil flatteur encenſe.
qu'un bienfait du hazard doit cauſer peu d'or--
gueil !
L'eſprit ſeul nous dérobe au néant du cercueil !
En vain des Conquérans, pour ravager la Terre,
Ont oſé des Dieux même émprunter le tonnerre ;-
Des céleſtes fureurs implacables torrens,
Ils couvroient l'Univers de leurs flots dévorans.
Sur des bords inconnus égarant la victoire,
Leur vol a fatigué les aîles de la Gloire.
Ils cherchoient d'autres Cieux & des mondes nou
Veaux ;
-
Mais aux bornes du Monde ils trouvent leurs tom
beaux,
Guerriers ! qu'avez vous-fait de ces vaſtes conquê
teS ?
Vos foudres allumés éclatent ſur vos têtes.
Calliope oublia de vous rendre immortels,
Phantômes impuiſſans, tombez de vos Autels !
Pouſſière ambitieuſe au néant échappée,
La Mort ſouffle, la Mort vous a vu diſſipée ;
Dans l'abîme dès temps vous diſparoiſſez tous ;
Et leurs gouffres muets ſe referment ſur vous.
Vos noms vivroient encor , ſi la main des 0r
phées
-
M A I. 1764.
Eût au-deſſus des temps élevé vos trcphées :
Des enfans d'Apollon vous méprifiez la voix,
Et l'oubli dévorant engloutit vos exploits.*
Il fut encor des Rois, dont l'oiſive molleſſe
Sous des lambris dorés un encens faſtueux
Enivra de ces Rois l'orgueil voluptueux,
Et du flambeau des Arts l'éclatante lumière
Fatiguoit de leurs yeux la débile paupière:
A leur ſervNe Cour languiſſoient inconnus.
2LI
Goûta des vrais plaiſirs l'amorce enchantereſſe ;
Les timides talens dans l'ombre retenus
Quelquefois, abaiſſant leur fierté ſourcilleuſe,
S'ils prêtent d'un regard la faveur orgueilleuſe,
Des talensingénus ils font rougir le front ;
Et leur plus doux bienfait n'eſt qu'un utile affront
De ces Rois cependant la ſtupide indolence
Applaudit aux diſcours de l'altière ignorance »
Dans l'éternel oubli tombés à leur réveil,
Leur régne ténébreux ne fut qu'un long ſommeil.
Perfides Courtiſans ! votre coupable adreſſe
De ces Rois malheureux égaroit la foibleſſe : -
Sons doute vous diſiez que les fils d'Apollon]
N'oſent franchir les bords du ſtérile Hélicon.
Frémiſſez , vils Mortels; les enfans d'Uranie
Embraſſent l'Univers dans leur vaſte génie :
* Que de ſiécles obſcurs ont précédé ceux de
Lovis XIV & de Lov1s XV ! La gloire des
Arts nous défend d'oublier ce Monument élevé ſous
nos yeux au célébre CRÉBILLoN , par l'ordre de
ſon Roi.
.
22 MERCURE DE FRANCE.
Bientôt leur vol échappe à vos timides yeux :
Vous rampez ſur la Terre, ils planent dans les
Cieux.
-
Des globes éternels, ils meſurent la courſe,
Et des feux du tonnerre ont pénétré la ſource ;
Leur voix rendoit jadis les Arrêts du Deſtin ;
L'âme de Jupiter repoſe dans leur ſein.
-
Vous dont l'orgueil inſulte à ceseſprits ſublimes ;
D'un éternel affront vous ſerez les victimes ;
La honte doit payer vos mépris inſolens.
Prince, tu connois mieux l'empire des Talens :
Tu ſçais qu'un Favori des Filles de Mémoire
-
Conſacre dans ſes vers, ou la honte, ou la gloire :
Plus d'un Roi par nos chants eſt devenu fameux, *
Notre gloirejamais n'a rien emprunté d'eux.
En vain de notre ſort un Souverain décide ; "
Son éxil dans le Pont n'avilit point Ovide. . , .
Des enfans d'Apollon, Héros,ſoyez jaloux ;
Céſarfit tout pour lui, Virgile toutpour vous
Muſe de Frédéric, inſtruiſez les Monarques ;
Triomphez de l'orgueil , de l'envie & des Parquesi
Du Héros de Nervinde, ô toi, rival heureux!
Prête aux Arts qu'il aimoit un appui généreux.
Sous des noms différens une même Déeſſe,
* Ces Vers ſi connus , & ſ dignes de l'être,ſont du
Roi de Pruſſe, dans l'Epitre à ſon Eſprit, où ce
grand Prince défend la Poéſie avec tant de nobleſſe
contre les reprochesvulgaires.
M A I. 1764.
23
Te guide vers l'Olympe & m'entraîne au Permeſſe;
Pallas armoit ton bras de la foudre des Rois,
Et Minerve en riant m'inſpire quelquefois.
Propice à mes efforts, tu daigneras peut-être
Favoriſer des chants que ta gloire a fait naître ;
Et les entendre encor, dans ce Temple de Mars,
Où le Goût, ſur tes pas, doit raſſembler les Arts.
Puiſſé-je, dans ces lieux, te conſacrant ma vie,
Fouler d'un pied vainqueur les ſerpens de l'Envie ;
Monſtre impur, dont le ſouffle infectant les Autels*
Empoiſonne l'encens qu'on offre aux Immortels.*
Sans doute il frémiroit qu'une Plume ſçavante
Eût tracé de ta gloire une image vivante.
En vain ſes cris jaloux veulent trouble
2s chants
Et leur murmure aigurend mes
us touchans.
Croaſſez, vils corbeaux, aux fanges du Parnaſſe ;
Du Cygne des Thébains j'oſe imiter l'audace.
Peut-être on te dira que le nombre des ans
Peut trahir de mon vol les efforts impuiſſans.
Ris de ces vains diſcours : dans les âmes bien nées,
Tu comptes les talens, & non pas les années.
De Mars & des Neuf-Soeurs les Fils audacieux
Vont s'aſſeoir, en naiſſant , à la table des Dieux :
Quand Mars de ſes lauriers honora ton courage,
Charmé de ta valeur , il oublia ton âge.
* L'Envie ne conſiſte pas, comme les Cotins ont
intérêt de le croire , à reprendre les mauvais Auteurs,
mais à blâmer injuſtement les bons,
aux Arts.
POEME.
A S. A. S. Mgr le Prince de ***.
Dignum laude virum Musa vetat mori.
PRINCE, Ami des Talens qu'ignore le vulgaire,
Qu'eſtiment les Grands Rois, & que ton œil
éclaire,
Toujours ta main prodigue en ſecours gênéreux,.
S'applaudit des bienfaits qu'elle répand ſur eux.
Ces préſens d'un Héros chercherent mon en--
fance,
Et mes foibles talens te durent la naiſſance,
Quand la Parque, frappant un père entre mes
bras,,
* M. le Brun, Auteur de ce Poème , n'avoit
que dix-neuf ans, lorſqu'il le compoſa.
M A I. 1764.
Força les yeux d'un fils à pleurer ſon trépas,
Déja le glaive en main, les yeux étincelans,
17
Tu le pleuras toi-même... ô touchantes allarmes!
Un Héros ſans rougir peut répandre des larmes.
Mars agitoit ſon caſque & ſes drapeaux ſanglans :
La Diſcorde, à ſes cris, rallumant ſon tonnerre,
Gronde & briſe en fureur les portes de la Guerre.
Bellone cependant ſur les rives du Var,
T'appelloit aux combats, & préparoit ton char.
Le Var courba ſous toi ſon onde & ſa fortune ;
Vainement Albion s'en plaignit à Neptune.
Quelle fut ſa douleur, ta gloire & mes tranſports !
| Content de t'admirer, je me taiſois alors,
Que mon zéle indigné de cet obſcur hommage,
Brûloit de s'élancer loin des bornes de l'âge !
A peine, ſoutenu de quatorze Printemps
Il hâtoit le ſecours du Génie & des Temps.
Mais en vain j'implorois la Lyre des Orphées ;
Mars ne ſuſpend jamais ſa lance & ſes trophées
A ce frêle arbriſſeau, jouet des Aquilons ;
C'eſt l'Orme impérieux, fier tyran des Vallons,
Qui, ºui ce noble poids, voit courber ſon feuil
age ,
-
-
Quand # las & ſanglant , y cherche un doux
ombrage.
Trop ſouvent le Poëte, effroi de ſon Héros,
A ſes lauriers brillans mêle d'obſcars pavots.
Quelle Muſe eût oſé, follement intrépide,.
Sur les Alpes en feu ſuivre ton vol rapide ?
---
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13 MERCURE DE FRANCE:
Leurs cimes, où Bellone a fondé tes autels,
Te portoient en triomphe, au ſein des immor
tels.
Aux rayons de ta gloire échauffant mon génie,
Du langage des Dieux j'eſſayois l'harmonie :
A l'ombre des lauriers que moiſſonna ton bras,
Virgile m'apprenoit à chanter les combats.
Mais pour un Alexandre il falloit un Apelle,
Et l'Aigle ſeul entend la foudre qui l'appelle.
Ce Dieu qui d'un regard honora mon berceau,
De mes tremblantes mains vit tomber ſon pin
683Uld
Tel qu'un jeune Nocher, dont la Barque timide
Attend que les Zéphirs ouvrent la pleine humide ;
Son œil épouvanté s'égare au ſein des Mers ;
Il compte les rochers dont les flots ſont couverts :
Sa barque n'oſe encor tenter ces Mers profondes,
Et conſulte long temps ſes voiles & les ondes.
Où tel ſur ſon rocher, l'Aigle, en ſes premiers
jeux ,
Craint de toucher l'Olympe aux ſommets ora
geux ;
-
-
Bientôt, s'il veut du Ciel tenter les vaſtes plaines,
Il déploye en tremblant ſes aîles incertaines,
Et prêt à s'élancer juſqu'au Thrône des ri-ax,
Il balance ſon vol, & meſure les Cieux.
Ainſi, trop jeune encor, je n'oſois me réſoudre
A toucher aux lauriers où repoſoit ta foudre,
Enfin le noble eſpoir d'éclater à tes yeux ,
M A I.
1764.
Eleva juſqu'à toi mon vol ambitieux ;
Je te vis raſſurer mes timides accens,
lone :
19
Et pour chanter des faits que vantera l'Hiſtoire,
Mon Apollon monta ſur ton char de Victoire.
Et ſourire à la main qui t'offroit mon encens.
Un enfant des neuf Sœurs plait aux Fils de Bel
Qui combat pour la Gloire, eſtime qui la donne.
Eſt-ce à d'obſcurs mortels dans l'opprobre nourris.
D'aimer ces Arts brillans dont l'honneur eſt le
prix ?
C'eſt aux Rois tels qu'Auguſte à chérir un Virgile;
Le Ciel doit un Homére aux exploits d'un Achille ;
C'eſt le droit des Héros; & les hommes fameux
Connoiſſent ſeulslle prix des grands hommes com
Il]8 8UlXe
Grand Prince, aux mêmes Arts tu dois la même
eſtime ;
Et ces Arts te devoient leur tribut légitime.
Les Muſes pour te ſuivre ont quitté l'Hélicon ;
Que ta Cour déſormais ſoit leur ſacré vallon.
Rends-leur ce, temps heureux, où les Arts &
Bellone
Ceints des mêmes lauriers , environnoient le
Thrône.
Sur l'Univers ſoumis Rome étendant ſes loix,
Marchoit, la foudre en main , ſur la tête des
Rois :
-
Les Muſes commandoient à la Reine du Monde ;
2o MERCURE DE FRANCE.
En demi-Dieux alors que Rome étoit féconde !
De la Thrace & du Pinde encenſez les travaux ,
O François ! des Romains ſoyez deux fois rivauv,
Un grand homme eſt aux yeux de tout Mo.'.el
qui penſe,
-
Bien au-deſſus des Rois qu'un vil flatteur encenſe.
qu'un bienfait du hazard doit cauſer peu d'or--
gueil !
L'eſprit ſeul nous dérobe au néant du cercueil !
En vain des Conquérans, pour ravager la Terre,
Ont oſé des Dieux même émprunter le tonnerre ;-
Des céleſtes fureurs implacables torrens,
Ils couvroient l'Univers de leurs flots dévorans.
Sur des bords inconnus égarant la victoire,
Leur vol a fatigué les aîles de la Gloire.
Ils cherchoient d'autres Cieux & des mondes nou
Veaux ;
-
Mais aux bornes du Monde ils trouvent leurs tom
beaux,
Guerriers ! qu'avez vous-fait de ces vaſtes conquê
teS ?
Vos foudres allumés éclatent ſur vos têtes.
Calliope oublia de vous rendre immortels,
Phantômes impuiſſans, tombez de vos Autels !
Pouſſière ambitieuſe au néant échappée,
La Mort ſouffle, la Mort vous a vu diſſipée ;
Dans l'abîme dès temps vous diſparoiſſez tous ;
Et leurs gouffres muets ſe referment ſur vous.
Vos noms vivroient encor , ſi la main des 0r
phées
-
M A I. 1764.
Eût au-deſſus des temps élevé vos trcphées :
Des enfans d'Apollon vous méprifiez la voix,
Et l'oubli dévorant engloutit vos exploits.*
Il fut encor des Rois, dont l'oiſive molleſſe
Sous des lambris dorés un encens faſtueux
Enivra de ces Rois l'orgueil voluptueux,
Et du flambeau des Arts l'éclatante lumière
Fatiguoit de leurs yeux la débile paupière:
A leur ſervNe Cour languiſſoient inconnus.
2LI
Goûta des vrais plaiſirs l'amorce enchantereſſe ;
Les timides talens dans l'ombre retenus
Quelquefois, abaiſſant leur fierté ſourcilleuſe,
S'ils prêtent d'un regard la faveur orgueilleuſe,
Des talensingénus ils font rougir le front ;
Et leur plus doux bienfait n'eſt qu'un utile affront
De ces Rois cependant la ſtupide indolence
Applaudit aux diſcours de l'altière ignorance »
Dans l'éternel oubli tombés à leur réveil,
Leur régne ténébreux ne fut qu'un long ſommeil.
Perfides Courtiſans ! votre coupable adreſſe
De ces Rois malheureux égaroit la foibleſſe : -
Sons doute vous diſiez que les fils d'Apollon]
N'oſent franchir les bords du ſtérile Hélicon.
Frémiſſez , vils Mortels; les enfans d'Uranie
Embraſſent l'Univers dans leur vaſte génie :
* Que de ſiécles obſcurs ont précédé ceux de
Lovis XIV & de Lov1s XV ! La gloire des
Arts nous défend d'oublier ce Monument élevé ſous
nos yeux au célébre CRÉBILLoN , par l'ordre de
ſon Roi.
.
22 MERCURE DE FRANCE.
Bientôt leur vol échappe à vos timides yeux :
Vous rampez ſur la Terre, ils planent dans les
Cieux.
-
Des globes éternels, ils meſurent la courſe,
Et des feux du tonnerre ont pénétré la ſource ;
Leur voix rendoit jadis les Arrêts du Deſtin ;
L'âme de Jupiter repoſe dans leur ſein.
-
Vous dont l'orgueil inſulte à ceseſprits ſublimes ;
D'un éternel affront vous ſerez les victimes ;
La honte doit payer vos mépris inſolens.
Prince, tu connois mieux l'empire des Talens :
Tu ſçais qu'un Favori des Filles de Mémoire
-
Conſacre dans ſes vers, ou la honte, ou la gloire :
Plus d'un Roi par nos chants eſt devenu fameux, *
Notre gloirejamais n'a rien emprunté d'eux.
En vain de notre ſort un Souverain décide ; "
Son éxil dans le Pont n'avilit point Ovide. . , .
Des enfans d'Apollon, Héros,ſoyez jaloux ;
Céſarfit tout pour lui, Virgile toutpour vous
Muſe de Frédéric, inſtruiſez les Monarques ;
Triomphez de l'orgueil , de l'envie & des Parquesi
Du Héros de Nervinde, ô toi, rival heureux!
Prête aux Arts qu'il aimoit un appui généreux.
Sous des noms différens une même Déeſſe,
* Ces Vers ſi connus , & ſ dignes de l'être,ſont du
Roi de Pruſſe, dans l'Epitre à ſon Eſprit, où ce
grand Prince défend la Poéſie avec tant de nobleſſe
contre les reprochesvulgaires.
M A I. 1764.
23
Te guide vers l'Olympe & m'entraîne au Permeſſe;
Pallas armoit ton bras de la foudre des Rois,
Et Minerve en riant m'inſpire quelquefois.
Propice à mes efforts, tu daigneras peut-être
Favoriſer des chants que ta gloire a fait naître ;
Et les entendre encor, dans ce Temple de Mars,
Où le Goût, ſur tes pas, doit raſſembler les Arts.
Puiſſé-je, dans ces lieux, te conſacrant ma vie,
Fouler d'un pied vainqueur les ſerpens de l'Envie ;
Monſtre impur, dont le ſouffle infectant les Autels*
Empoiſonne l'encens qu'on offre aux Immortels.*
Sans doute il frémiroit qu'une Plume ſçavante
Eût tracé de ta gloire une image vivante.
En vain ſes cris jaloux veulent trouble
2s chants
Et leur murmure aigurend mes
us touchans.
Croaſſez, vils corbeaux, aux fanges du Parnaſſe ;
Du Cygne des Thébains j'oſe imiter l'audace.
Peut-être on te dira que le nombre des ans
Peut trahir de mon vol les efforts impuiſſans.
Ris de ces vains diſcours : dans les âmes bien nées,
Tu comptes les talens, & non pas les années.
De Mars & des Neuf-Soeurs les Fils audacieux
Vont s'aſſeoir, en naiſſant , à la table des Dieux :
Quand Mars de ſes lauriers honora ton courage,
Charmé de ta valeur , il oublia ton âge.
* L'Envie ne conſiſte pas, comme les Cotins ont
intérêt de le croire , à reprendre les mauvais Auteurs,
mais à blâmer injuſtement les bons,
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11081
p. 2329-2330
ARRESTS,
Début :
EDIT du Roy, portant rétablissement des Charges & Offices sur les Ports, Quays, [...]
Mots clefs :
Arrêts, Édits, Ordonnances
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS,
ARRESTS ,
DIT du Roy , portant rétabliffement des
Echarges & Offices fur les Ports ,Quays,
Chantiers , Halles 2, Foires , Places & Marchez de
K La
9
2330 MERCURE DE FRANCE
Ville & Fauxbourgs de Paris , avec le Tarif des
droits attribuez aufdites Charges & Offices , arrêtez
au Confeil le 13. Juin 1730. Donné à
Verfailles au mois de Juin 1730. Regiſtré en
Parlement le 31. Aouſt ſuivant.
ORDONNANCE du Roy du 29. Juillet,
portant que les Chanceliers des Confulats de la
Nation Françoife dans les Pays étrangers , feront
choifis & nommez à l'avenir par Sa Majefté.
ARREST du 29. Août, qui permet aux Etats
'de Languedoc l'établiffement d'une Loterie pour
le Remboursement des dettes de ladite Province ,
laquelle a été ouverte du jour de la publication
de l'Arrêt , aux claufes & conditions qui y font
plus au long expliquées . Les Receveurs de cette
Loterie font , fçavoir :
A Paris, M. l'Amoureux , Caiffier des Etats de
Jadite Province , rue S. Honoré , attenant les
Jacobins.
A Toulouse , M. Marguerit. Caiffiers defdits
A Montpellier M. Vaquier. S Etats .
DIT du Roy , portant rétabliffement des
Echarges & Offices fur les Ports ,Quays,
Chantiers , Halles 2, Foires , Places & Marchez de
K La
9
2330 MERCURE DE FRANCE
Ville & Fauxbourgs de Paris , avec le Tarif des
droits attribuez aufdites Charges & Offices , arrêtez
au Confeil le 13. Juin 1730. Donné à
Verfailles au mois de Juin 1730. Regiſtré en
Parlement le 31. Aouſt ſuivant.
ORDONNANCE du Roy du 29. Juillet,
portant que les Chanceliers des Confulats de la
Nation Françoife dans les Pays étrangers , feront
choifis & nommez à l'avenir par Sa Majefté.
ARREST du 29. Août, qui permet aux Etats
'de Languedoc l'établiffement d'une Loterie pour
le Remboursement des dettes de ladite Province ,
laquelle a été ouverte du jour de la publication
de l'Arrêt , aux claufes & conditions qui y font
plus au long expliquées . Les Receveurs de cette
Loterie font , fçavoir :
A Paris, M. l'Amoureux , Caiffier des Etats de
Jadite Province , rue S. Honoré , attenant les
Jacobins.
A Toulouse , M. Marguerit. Caiffiers defdits
A Montpellier M. Vaquier. S Etats .
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Résumé : ARRESTS,
En 1730, plusieurs arrêtés et ordonnances royaux ont été publiés. Le 13 juin, un arrêté rétablit les charges et offices liés aux ports, quais, chantiers, halles, foires, places et marchés de Paris et ses faubourgs, et fixe le tarif des droits associés. Cet arrêté a été enregistré au Parlement le 31 août. Le 29 juillet, un autre arrêté stipule que les chanceliers des consulats de la nation française à l'étranger seront désormais choisis et nommés par le roi. Le 29 août, un arrêté autorise les États de Languedoc à organiser une loterie pour rembourser les dettes de la province. Cette loterie a été ouverte le jour de la publication de l'arrêt. Les receveurs de la loterie sont situés à Paris, Toulouse et Montpellier.
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11082
p. 189-191
GRAVURE.
Début :
L'Académie Royale de peinture & de sculpture, agréa au mois de Septembre [...]
Mots clefs :
Peintre, Graveur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
' Académie Royale de peinture & de
dernier le fieur Jean- George Will , Graveur .
Les progrès rapides qu'il a faits dans cet
art difficile , juftifient de plus en plus l'eftime
& l'amitié dont feu M. Rigaud l'avoit
honoré.
Ce grand Peintre jugeoit par les foins
qu'il lui voyoit prendre à fon ouvrage ,
qu'il parviendroit un jour au dégré de
perfection dont il vient de nous donner des
preuves dans les trois morceaux qui lui
190 MERCURE DE FRANCE.
ont mérité le fuffrage unanime de l'Académie
& les applaudiffemens du public ,
lors de leur expofition au fallon.
Les véritables amateurs en ce genre ont
remarqué avec plaifir que par la coupe
hardie de fon burin , fes eftampes n'ont
rien qui fente la fatigue , que les travaux
en font purs & variés , & qu'ils rendent
avec fidélité les caracteres particuliers des
tableaux qu'il a repréfentés ; ce qui eft un
point des plus effentiels de la gravure.
On croit voir dans la Cléopâtre de Netfcher
, la vigueur , la richeffe & furtout le
féduifant des fatins où ce peintre excelloit.
Par le magnifique portrait de M. le
Comte de Saint-Florentin , on reconnoit
dans les objets principaux , comme dans
les acceffoires , tout le fçavoir & toute
Pintelligence qui diftinguent avec tant
d'avantage l'illuftre Tocqué .
Dans celui du fieur Maffé que ce Graveur
vient de finir d'après le même Peintre,
les travaux font plus larges , plus fermes
& plus convenables à la fimplicité du fujet
, qui n'a d'autres richeffes que la beauté
de l'ordonnance , & celle des tons que
le graveur a parfaitement rendus . Čes
fortes de beautés naïves , méritent aux
yeux des connoiffeurs une diftinction particuliere.
Le célebre M. Piron , par fix vers
NOVEMBRE. 1755. 191
qu'il a mis au bas du portrait de M. Maffé,
n'a pas voulu qu'on pût voir cet Artiſte ,
fans fe reffouvenir que c'eft à fes foins &
à fon intelligence que nous devons la fuperbe
collection de la Gallerie de Verfailles
.
Le fieur Will vient d'achever auffi dans
le même tems & avec le même fuccès , une
planche d'après un tableau de Gerard Dow,
repréfentant la mere de ce Peintre en vieille
devideufe ( 1 ) : les qualités éminentes
du fimple , du vrai & du beau fini , qui
diftinguent ce maître fameux, ne pouvoient
jamais être rendues avec plus d'art & plus
de précifion. C'eft fur la vérité de cet expofé
que nous annonçons au Public avec
confiance , que le fieur Will vient de mettre
au jour ces deux dernieres Planches.
Sa demeure eft fur le quai des Auguftins ,
à côté de l'Hôtel d'Auvergne.
(1 ) Ce tableau eft du cabinet de M. le Comte
de Vence , ainsi que la Cléopâtre de Netfcher.
' Académie Royale de peinture & de
dernier le fieur Jean- George Will , Graveur .
Les progrès rapides qu'il a faits dans cet
art difficile , juftifient de plus en plus l'eftime
& l'amitié dont feu M. Rigaud l'avoit
honoré.
Ce grand Peintre jugeoit par les foins
qu'il lui voyoit prendre à fon ouvrage ,
qu'il parviendroit un jour au dégré de
perfection dont il vient de nous donner des
preuves dans les trois morceaux qui lui
190 MERCURE DE FRANCE.
ont mérité le fuffrage unanime de l'Académie
& les applaudiffemens du public ,
lors de leur expofition au fallon.
Les véritables amateurs en ce genre ont
remarqué avec plaifir que par la coupe
hardie de fon burin , fes eftampes n'ont
rien qui fente la fatigue , que les travaux
en font purs & variés , & qu'ils rendent
avec fidélité les caracteres particuliers des
tableaux qu'il a repréfentés ; ce qui eft un
point des plus effentiels de la gravure.
On croit voir dans la Cléopâtre de Netfcher
, la vigueur , la richeffe & furtout le
féduifant des fatins où ce peintre excelloit.
Par le magnifique portrait de M. le
Comte de Saint-Florentin , on reconnoit
dans les objets principaux , comme dans
les acceffoires , tout le fçavoir & toute
Pintelligence qui diftinguent avec tant
d'avantage l'illuftre Tocqué .
Dans celui du fieur Maffé que ce Graveur
vient de finir d'après le même Peintre,
les travaux font plus larges , plus fermes
& plus convenables à la fimplicité du fujet
, qui n'a d'autres richeffes que la beauté
de l'ordonnance , & celle des tons que
le graveur a parfaitement rendus . Čes
fortes de beautés naïves , méritent aux
yeux des connoiffeurs une diftinction particuliere.
Le célebre M. Piron , par fix vers
NOVEMBRE. 1755. 191
qu'il a mis au bas du portrait de M. Maffé,
n'a pas voulu qu'on pût voir cet Artiſte ,
fans fe reffouvenir que c'eft à fes foins &
à fon intelligence que nous devons la fuperbe
collection de la Gallerie de Verfailles
.
Le fieur Will vient d'achever auffi dans
le même tems & avec le même fuccès , une
planche d'après un tableau de Gerard Dow,
repréfentant la mere de ce Peintre en vieille
devideufe ( 1 ) : les qualités éminentes
du fimple , du vrai & du beau fini , qui
diftinguent ce maître fameux, ne pouvoient
jamais être rendues avec plus d'art & plus
de précifion. C'eft fur la vérité de cet expofé
que nous annonçons au Public avec
confiance , que le fieur Will vient de mettre
au jour ces deux dernieres Planches.
Sa demeure eft fur le quai des Auguftins ,
à côté de l'Hôtel d'Auvergne.
(1 ) Ce tableau eft du cabinet de M. le Comte
de Vence , ainsi que la Cléopâtre de Netfcher.
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Résumé : GRAVURE.
Jean-George Will est un graveur reconnu pour ses progrès rapides dans l'art de la gravure. Il a été soutenu par le défunt peintre Rigaud, qui voyait en lui un potentiel pour atteindre la perfection. Will a récemment exposé trois œuvres à l'Académie Royale de peinture et de sculpture, recevant l'unanimité des suffrages académiques et les applaudissements du public. Ses gravures sont appréciées pour leur coupe hardie, leur pureté, leur variété et leur fidélité aux tableaux originaux. Parmi ses œuvres notables, on trouve la gravure de 'Cléopâtre de Nestor', le portrait du Comte de Saint-Florentin et celui de M. Massé, salué pour ses traits larges et fermes. Le célèbre M. Piron a souligné l'importance de Will dans la création de la collection de la Galerie de Versailles. Will a également achevé une planche d'après un tableau de Gerard Dow, représentant la mère du peintre en vieille dévoteuse. Le texte se conclut par l'annonce de la mise au jour de deux nouvelles planches par Will, dont la demeure est située sur le quai des Augustins, à côté de l'Hôtel d'Auvergne.
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11083
p. 823-825
EXTRAIT d'une Lettre, écrite de Rennes, au sujet d'une nouvelle Pompe, pour la plus prompte extinction des Incendies.
Début :
Après avoir travaillé long-temps à la construction de [...]
Mots clefs :
Pompes à incendie, Mécanique, Charpentes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre, écrite de Rennes, au sujet d'une nouvelle Pompe, pour la plus prompte extinction des Incendies.
EXTRAITd'une Lettre , écrite de Rennes, ·
au sujet d'une nouvelle Pompé , pour·la
plus prompte extinction des Incendies.
Près avoir travaillé long- temps à la
construction de plusieurs morceaux
de Mécanique , aussi nouveaux que reconnus utiles dans la pratique ; je me
suis appliqué à construire une Pompe aspirante , et foulante sans Balancier , capable d'éteindre en peu de minutes les
flames de quelque Incendie que ce soit ,
en la maniant adroitement. Elle est por
tative , et un seul homme peut la faire
mouvoir. Feu mon Frere , Officier des
Milices Bourgeoises , qui s'employà utile
Iy
ment
1
824 MERCURE DE FRANCE.
ment lors de l'Incendie general de cetre
Ville , vint à bout par ce moyen,
de sauver entierement son quartier.Ce qui a été
depuis suivi de plusieurs autres experien
ces aussi heureuses , que j'ai faites moimême.La premiere,chez M. de Ligouyer,
Conseiller de ce Parlement ; et tout récemment à la Maison du sieur Perrineau,
près de l'Intendance, où un feu violent s'é
toit pris dans une Cheminée , adhérante
à une Charpente qui joignoit celle de
mon Presbitere. Trois injections de ma.
Pompe l'éteignirent tout- à-fait ; ce qui
fut fait en presense du sieur Abbeille, Ingenieur de la Ville , logé dans la même
maison , lequel admira cette machine et
son succès.
Beaucoup de personnes s'en sont éga- lement servies , avec le même succès ,
pour éteindre des Incendies cachez, dont
il y avoit beaucoup à craindre , et qui
n'ont point cu de suite.
Si cette Pompe , d'autant plus à considerer qu'elle n'est point chargée de res
sorts , construite avec art , dans la simplicité de l'hydraulique , est agréée du public , j'en ferai tenir à Paris , à Padresse
qu'on trouvera bon de me donner. La façon de s'en servir est aussi très-simple ;
la jonction étroite du peu de ressorts quila
AVRIL 1732. 825
a composent , est d'ailleurs à l'épreuves
de l'eau et impenetrable à l'air. Le corps
de la Machine est d'un Métail sonnant et
leger.
Cependant on distribuera de ces Pompes , à Rennes , chez le sieur Bolleret ,
Marchand Planneur, ruë de la Frocassiere,.
lequel donnera en même temps une Instruction imprimée sur la maniere de s'en servir. Leur prix,à Rennes, sera de liv.
et à Paris , de 18 liv. le port compris. J'ai
plusieurs autres Machines et Ouvrages de..
Mécanique , également utiles, que je communiquerai en temps et lieu.
Mon adresse est à M. Bouros , Vicaire
perpetuel de S. Jean , lez Rennes , à son
Presbitere , près l'Intendance.
ARennes en Bretagne ,
lele 2929:1
Fe
vrier 1731.
au sujet d'une nouvelle Pompé , pour·la
plus prompte extinction des Incendies.
Près avoir travaillé long- temps à la
construction de plusieurs morceaux
de Mécanique , aussi nouveaux que reconnus utiles dans la pratique ; je me
suis appliqué à construire une Pompe aspirante , et foulante sans Balancier , capable d'éteindre en peu de minutes les
flames de quelque Incendie que ce soit ,
en la maniant adroitement. Elle est por
tative , et un seul homme peut la faire
mouvoir. Feu mon Frere , Officier des
Milices Bourgeoises , qui s'employà utile
Iy
ment
1
824 MERCURE DE FRANCE.
ment lors de l'Incendie general de cetre
Ville , vint à bout par ce moyen,
de sauver entierement son quartier.Ce qui a été
depuis suivi de plusieurs autres experien
ces aussi heureuses , que j'ai faites moimême.La premiere,chez M. de Ligouyer,
Conseiller de ce Parlement ; et tout récemment à la Maison du sieur Perrineau,
près de l'Intendance, où un feu violent s'é
toit pris dans une Cheminée , adhérante
à une Charpente qui joignoit celle de
mon Presbitere. Trois injections de ma.
Pompe l'éteignirent tout- à-fait ; ce qui
fut fait en presense du sieur Abbeille, Ingenieur de la Ville , logé dans la même
maison , lequel admira cette machine et
son succès.
Beaucoup de personnes s'en sont éga- lement servies , avec le même succès ,
pour éteindre des Incendies cachez, dont
il y avoit beaucoup à craindre , et qui
n'ont point cu de suite.
Si cette Pompe , d'autant plus à considerer qu'elle n'est point chargée de res
sorts , construite avec art , dans la simplicité de l'hydraulique , est agréée du public , j'en ferai tenir à Paris , à Padresse
qu'on trouvera bon de me donner. La façon de s'en servir est aussi très-simple ;
la jonction étroite du peu de ressorts quila
AVRIL 1732. 825
a composent , est d'ailleurs à l'épreuves
de l'eau et impenetrable à l'air. Le corps
de la Machine est d'un Métail sonnant et
leger.
Cependant on distribuera de ces Pompes , à Rennes , chez le sieur Bolleret ,
Marchand Planneur, ruë de la Frocassiere,.
lequel donnera en même temps une Instruction imprimée sur la maniere de s'en servir. Leur prix,à Rennes, sera de liv.
et à Paris , de 18 liv. le port compris. J'ai
plusieurs autres Machines et Ouvrages de..
Mécanique , également utiles, que je communiquerai en temps et lieu.
Mon adresse est à M. Bouros , Vicaire
perpetuel de S. Jean , lez Rennes , à son
Presbitere , près l'Intendance.
ARennes en Bretagne ,
lele 2929:1
Fe
vrier 1731.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre, écrite de Rennes, au sujet d'une nouvelle Pompe, pour la plus prompte extinction des Incendies.
L'auteur d'une lettre présente une pompe aspirante et foulante sans balancier, conçue pour éteindre rapidement les incendies. Cette pompe, portable et manœuvrable par une seule personne, a démontré son efficacité lors de plusieurs interventions, notamment à Rennes chez M. de Ligouyer et chez le sieur Perrineau. Le sieur Abbeille, ingénieur de la ville, a admiré son succès. La pompe est simple à utiliser, robuste et composée de peu de ressorts étanches à l'eau et à l'air. Son prix est de 16 livres à Rennes et 18 livres à Paris, port inclus. L'auteur propose de distribuer la pompe à Rennes chez le sieur Bolleret, qui fournira une instruction imprimée pour son utilisation. Il mentionne également d'autres machines et ouvrages mécaniques utiles qu'il pourrait communiquer ultérieurement. Pour plus d'informations, l'auteur peut être contacté à l'adresse de M. Bouros, vicaire perpétuel de Saint-Jean, près l'Intendance à Rennes.
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11084
p. 1931-1935
LES Progrès de la Comédie, sous le Regne de LOUIS LE GRAND. ODE.
Début :
LAISSE tomber ce masque, ô divine THALIE ; [...]
Mots clefs :
Louis, Gloire, Yeux, Molière, Grèce, Heureux, Avare, Comédie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES Progrès de la Comédie, sous le Regne de LOUIS LE GRAND. ODE.
LES Progrès de la Comédie , fous le Regne
de LOUIS LE GRAN D.
L
OD E.
AISSE tomber ce mafque , ô divine
THALIS ;
Ton front pour le triomphe eft déja
couronné ,
Et derriere ton char , par P'humaine folic
Je vois l'Univers enchaîné .
Par tes rians attraits des Mortels adorée ,
Par de fages leçons à jamais révérée ,
1
A ij
Parois ,
1932 MERCURE DE FRANCE.
Parois ; tout fléchit fous tes Loix ;
Si le plus grand des Dieux te donna la naiffance ,
Tes rapides progrès , ta gloire , & ta puiſſance
Sont les dons du plus grand des Rois.
+34
Quels Cyniques appas t'avoit prêté la Gréce !
Tu les vis , & ton front rougit de tant d'excès.
La pudeur diffipa cette honteufe yvreffey
Mais le tems borna tes fuccès .
Au mépris de ton nom , l'Ignorance groffiere
Sur les vils brodequins rampa dans la pouffiere ,
Du peuple amulant les regards :
Louis te fait renaître , & fçait venger ta gloire ;
Louis , qui remporta les fruits de la victoire ,
La Paix , l'Abondance , & les Arts,
**
Ton éclat a banni l'aveugle barbarie ;
L'Ordre , le Vrai , le Goût , rétabliffent tes droits
La décence , les moeurs , la fine raillerie ,
Donnent des charmes à ta voix.
Mais quels nobles accords ont frappé mon oreille ?
MELPOMENE eft jalouſe , & t'enleve Corneille ;
Par toi Moliere eft infpiré.
Dignes du premier rang , où l'un & l'autre aſpire ;
A l'envi , du Théatre ils partagent l'empire ,
De nos Ancêtres ignoré .
Dans
SEPTEMBRE. 1744. 1933
Dans un étroit efpace , & dans un champ fterile ,
Le Comique jadis épuifa fes travaux.
Quels modéles heureux & la Cour & la Ville
Offrent à fes riches tableaux !
C'eft ainfi que la Terre , ouvrant fon fein avare
Prodigua des tréfors , ignorés du Barbare ,
A nos talens induftrieux .
Prends ton Pinceau , Moliere , & d'une main fçavante
Exprime de nos moeurs la Peinture vivante ;
Rends nous rifibles à nos yeux.
*3 *X
Trace dans l'Etourdi la fougueufe imprudence ;
La Jeuneffe indifcrette , & le fourbe intérêt ;
Surmonte par degrés l'Envie & l'Ignorance ;
Qu'elles t'admirent à regret !
Diffame pour toujours la fade Précieuſe ,
La Sçavante au ton fier , la Prude impérieufe ,
La Coquette aux yeux féduifans :
Peins du fombre jaloux les foupçons , les fupplices ,
D'un fexe déguisé les fubtils artifices ,
Et les faux airs des Courtifans.
炒菜
C'eft peu ; donne à ta Mufe un effor digne d'elle ;
Rends dans un feul tableau mille tableaux divers ;
Fais de ton Misantrope un fi parfait modéle ,
Qu'il foit l'amour de l'Univers .
A iij Par
1934 MERCURE DE FRANCE.
Par quel heureux contrafte , enfant de ton génie,
As-tu fait de ce tout adorer l'harmonie ,
En tendant les ris férieux ?
Ces objets oppofés , dont tå bile s'enflâme ,'
Enchantent la Raifon , & ne portent dans l'Ame
Que des plaifirs dignes des Dieux .
32
Riche de ces tréfors , que la France idolâtre ,
Et qui feront envie à la Pofterité ,
Ira- t'il dépouiller le fterile Théatre
De la fuperbe Antiquité ?
Tout eft neuffous fa main , tout renaît de ſes veilles.
Les déferts à ſa voix font féconds en merveilles ; '
La Beauté germe , & reproduit :
L'Avare qu'il retrace , eft il le même Avare ?
De quels divins attraits , belle Alcmene , il te pare
Jupiter même en eſt ſéduit ..
Rival de Rofcius , de Plaute , & de Menandre,
Seul tu fçais encherir fur leur Art fi vanté ;
Dans cette aimable Ecole , où tu te fais entendre ,
Que de grace , & de nouveauté !
Quel Comique , avant toi , joüa fans retenuë
L'Art douteux , dont l'abus impunément nous tuë ,
Nous égorgeant avec froideur ?
Le Citoyen d'Athéne apprit-il de THALIE ,
A
SEPTEMBRE. 1744. 1935
A fur le fol excès du Bourgeois qui s'oublie ,
Singe & duppe de la Grandeur ?
Qu'on eût acquis de gloire & ravi le Parterre ,
Si de traits enjoüés armant la Vérité ,
Aux Dandins de la Gréce on avoit fait la Guerre ,
Et ri d'un fot de qualité !
Quel Mime eût mieux atteint l'Art fortuné de plaire,
Qu'un Malade expirant d'un mal imaginaire ,
Aux yeux des Romains expofé ?
Eh ! Rome auroit peut - être applaudi fans fcrupule
Au bizarre Scapin , dont le fac ridicule
Sur notre Scéne eft mépriſé .
Xxxx
Quoi ! ta gloire effaça la Gréce & l'Italie ;
Siécle heureux de Louis , &, déja tu n'es plus !
Ramene tes beaux jours , immortelle THALIE ;
Calme nos regrets fuperAus..
Nos voeux font exaucés ; ton flambeau ſe rallume ;
Tes fucceffeurs , Moliere , héritent de ta plume ;
Tu fembles revivre à nos yeux :
Brueis, de l'Ifle & Renard t'ont choisi pour modéle
Marivaux , la Chauffée , épris du même zéle ,
Eternifent encor nos jeux.
de LOUIS LE GRAN D.
L
OD E.
AISSE tomber ce mafque , ô divine
THALIS ;
Ton front pour le triomphe eft déja
couronné ,
Et derriere ton char , par P'humaine folic
Je vois l'Univers enchaîné .
Par tes rians attraits des Mortels adorée ,
Par de fages leçons à jamais révérée ,
1
A ij
Parois ,
1932 MERCURE DE FRANCE.
Parois ; tout fléchit fous tes Loix ;
Si le plus grand des Dieux te donna la naiffance ,
Tes rapides progrès , ta gloire , & ta puiſſance
Sont les dons du plus grand des Rois.
+34
Quels Cyniques appas t'avoit prêté la Gréce !
Tu les vis , & ton front rougit de tant d'excès.
La pudeur diffipa cette honteufe yvreffey
Mais le tems borna tes fuccès .
Au mépris de ton nom , l'Ignorance groffiere
Sur les vils brodequins rampa dans la pouffiere ,
Du peuple amulant les regards :
Louis te fait renaître , & fçait venger ta gloire ;
Louis , qui remporta les fruits de la victoire ,
La Paix , l'Abondance , & les Arts,
**
Ton éclat a banni l'aveugle barbarie ;
L'Ordre , le Vrai , le Goût , rétabliffent tes droits
La décence , les moeurs , la fine raillerie ,
Donnent des charmes à ta voix.
Mais quels nobles accords ont frappé mon oreille ?
MELPOMENE eft jalouſe , & t'enleve Corneille ;
Par toi Moliere eft infpiré.
Dignes du premier rang , où l'un & l'autre aſpire ;
A l'envi , du Théatre ils partagent l'empire ,
De nos Ancêtres ignoré .
Dans
SEPTEMBRE. 1744. 1933
Dans un étroit efpace , & dans un champ fterile ,
Le Comique jadis épuifa fes travaux.
Quels modéles heureux & la Cour & la Ville
Offrent à fes riches tableaux !
C'eft ainfi que la Terre , ouvrant fon fein avare
Prodigua des tréfors , ignorés du Barbare ,
A nos talens induftrieux .
Prends ton Pinceau , Moliere , & d'une main fçavante
Exprime de nos moeurs la Peinture vivante ;
Rends nous rifibles à nos yeux.
*3 *X
Trace dans l'Etourdi la fougueufe imprudence ;
La Jeuneffe indifcrette , & le fourbe intérêt ;
Surmonte par degrés l'Envie & l'Ignorance ;
Qu'elles t'admirent à regret !
Diffame pour toujours la fade Précieuſe ,
La Sçavante au ton fier , la Prude impérieufe ,
La Coquette aux yeux féduifans :
Peins du fombre jaloux les foupçons , les fupplices ,
D'un fexe déguisé les fubtils artifices ,
Et les faux airs des Courtifans.
炒菜
C'eft peu ; donne à ta Mufe un effor digne d'elle ;
Rends dans un feul tableau mille tableaux divers ;
Fais de ton Misantrope un fi parfait modéle ,
Qu'il foit l'amour de l'Univers .
A iij Par
1934 MERCURE DE FRANCE.
Par quel heureux contrafte , enfant de ton génie,
As-tu fait de ce tout adorer l'harmonie ,
En tendant les ris férieux ?
Ces objets oppofés , dont tå bile s'enflâme ,'
Enchantent la Raifon , & ne portent dans l'Ame
Que des plaifirs dignes des Dieux .
32
Riche de ces tréfors , que la France idolâtre ,
Et qui feront envie à la Pofterité ,
Ira- t'il dépouiller le fterile Théatre
De la fuperbe Antiquité ?
Tout eft neuffous fa main , tout renaît de ſes veilles.
Les déferts à ſa voix font féconds en merveilles ; '
La Beauté germe , & reproduit :
L'Avare qu'il retrace , eft il le même Avare ?
De quels divins attraits , belle Alcmene , il te pare
Jupiter même en eſt ſéduit ..
Rival de Rofcius , de Plaute , & de Menandre,
Seul tu fçais encherir fur leur Art fi vanté ;
Dans cette aimable Ecole , où tu te fais entendre ,
Que de grace , & de nouveauté !
Quel Comique , avant toi , joüa fans retenuë
L'Art douteux , dont l'abus impunément nous tuë ,
Nous égorgeant avec froideur ?
Le Citoyen d'Athéne apprit-il de THALIE ,
A
SEPTEMBRE. 1744. 1935
A fur le fol excès du Bourgeois qui s'oublie ,
Singe & duppe de la Grandeur ?
Qu'on eût acquis de gloire & ravi le Parterre ,
Si de traits enjoüés armant la Vérité ,
Aux Dandins de la Gréce on avoit fait la Guerre ,
Et ri d'un fot de qualité !
Quel Mime eût mieux atteint l'Art fortuné de plaire,
Qu'un Malade expirant d'un mal imaginaire ,
Aux yeux des Romains expofé ?
Eh ! Rome auroit peut - être applaudi fans fcrupule
Au bizarre Scapin , dont le fac ridicule
Sur notre Scéne eft mépriſé .
Xxxx
Quoi ! ta gloire effaça la Gréce & l'Italie ;
Siécle heureux de Louis , &, déja tu n'es plus !
Ramene tes beaux jours , immortelle THALIE ;
Calme nos regrets fuperAus..
Nos voeux font exaucés ; ton flambeau ſe rallume ;
Tes fucceffeurs , Moliere , héritent de ta plume ;
Tu fembles revivre à nos yeux :
Brueis, de l'Ifle & Renard t'ont choisi pour modéle
Marivaux , la Chauffée , épris du même zéle ,
Eternifent encor nos jeux.
Fermer
11085
p. 1045-1053
LETTRE DE M. le B. Chanoine et Sous-Chantre d'Auxerre, à M. de la Roque ; au sujet d'une Inscription Romaine, découverte le 10. May 1731. proche de cette Ville.
Début :
J'ai déjà fait remarquer dans un petit livre imprimé, il y a huit ans, que nôtre [...]
Mots clefs :
Lettre, Inscription romaine, Basilique, Sépultures, Chanoine régulier, Inscription païenne, Tombeau, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE DE M. le B. Chanoine et Sous-Chantre d'Auxerre, à M. de la Roque ; au sujet d'une Inscription Romaine, découverte le 10. May 1731. proche de cette Ville.
LETTRE de M. le B. Chanoine et Sous-
Chantre d'Auxerre , à M. de la Roque ;
au sujet d'une Inscription Romaine , découverte
le 10. May 1731. proche de
cette Ville.
J'Ay déja fait remarquer dans un petit
livre imprimé , il y a huit ans , que nôtre
Ville étoit originairement fort petite ,
et qu'elle n'est devenuë grande, et du circuit
d'environ une lieue ; que par l'accroissement
des Bourgs , qui se sont formés
autour des Monastéres et des Eglises
que la pieté des Evéques fonda autour des
anciens murs. Entre- autres Eglises , nous
avons au Septentrion de nôtre Ville , la
Basilique de S. Germain , dont le contour
souterrain est rempli de tous côtés de sépultures
de Chrétiens , qui se faisoient inhumer
au déhors de cette Eglise par devotion
envers ce grand Evêque , le second de
toute la France qui ait été le plus fameux
en miracles aprés le celebre S. Martin , et
dont aucunDiocese de France ne peut ignorer
les vertus et les merveilles , à moins
qu'il ne soit tout -à - coup privé des connoissances
les plus communes. Nous avons
C iiij ensuite
1046 MERCURE DE FRANCE
•
ensuite au midi , un Bourg surnommé de
Saint-Amatre , que son éloignement du
quartier de la Cité, n'a fait renfermer encore
que dans nos murs construits au douziéme
siècle. Quiconque connoît S. Germain
Gouverneur pour les Romains dans
la Gaule Celtique , ne peut manquer de
connoître celui qui lui confera la tonsure.
C'est S. Amateur. Il fût inhumé dans le
lieu où il avoit livré la guerre au reste
des Payens , et où quelques- uns de ses
prédecesseurs avoient été pareillement
inhumés , poury attirer le concours des
fideles à la place des dévotions précédentes
de l'Idolâtric. On trouve que ce lieu fût
appellé Autricum , ou bien Mons Autricus.
Il y a une prairie au bas : ce qui sert à appuyer
la pensée sur l'origine des noms locaux
, où la syilabe au est contenuë , que
M. Huet , ancien Evêque d'Avranches , a
avancée , et qui a été suivie depuis par
M. l'Abbé des Thuilleries : et c'est , selon
que je le prouve ailleurs , vers cette prairie
qu'ont existé les commencemens des
Villes Payennes , dont a été depuis formé
Auxerre Chrétien . Le côteau qui fait face
à cette prairie vers l'Occident , n'est pas
moins rempli de tombeaux de pierre , que
celui du Bourg Septentrional de Saint Germain.
Mais il est arrivé à presque tous ces
tombeaux
MAY. 173 P. 1047
tombeaux, tant à ceux de Saint - Germain'
qu'à ceux de Saint Amatre , la même chose
qu'à ceux que de nos jours l'on a trouvés
à Paris autour de l'Eglise de Saint- Germain
des Prez , et que l'on a vû rompre
pour faire place à des fondations de bâtimens.
L'éloignement des temps ayant fait
perdre la mémoire des personnes inhumées
dans ces lieux , la necessité de bâtir
ou de cultiver , a été cause que dépuis
plusieurs siecles , ce qui servoit de cimetière
est devenu un lieu profane ; c'està-
dire, qu'il a été changé ou en jardin , ou
en vigne , ou bien en place publique ; desorte
qu'on n'a plus fait aucun cas des
morts qui pouvoient y réposer. Il en est
arrivé de même en plusieurs Villes. Le
besoin où Monsieur Carouge , Chanoine
régulier , Prieur et Seigneur de Saint- Amatre
lez- Auxerre , a été de se fermer de
murs , parceque toutes les anciennes murailles
et bâtimens de son Monastere furent
démolis dans le temps fâcheux de la Ligue ,
qui causa des maux extrêmes en ce payscy
, l'a obligé de faire curer toutes les anciennes
fondations d'édifices , de ramasser
toutes les démolitions , et de lever tous
les obstacles au plan de bâtir qu'il s'est
formé. Entre le grand nombre de tombeaux
qui se présenterent l'an passé sous
C v
la
1048 MERCURE DE FRANCE
la main des ouvriers , on n'en a trouvé
qu'un seul , où il y eût une inscription.
Elle me parût être du moyen âge , et un
peu frivole , parcequ'elle n'est que commencée
: cependant je n'ai pas laissé d'en
dire un mot à un sçavant Antiquaire Ecclesiastique
, dans une lettre que je lui ai
adressée surdifferentes matieres , le dixième
jour du mois dernier. Mais hier matin nous
nous sommes trouvés plus riches , et nous
avons éprouvé la verité de ce qui arrive
souvent à Rome , qu'en levant un tombeau
de Chrétien , on rencontre en dedans
ou en déhors une Inscription Payenne .
Celle que nous avons trouvée , est au déhors
d'un tombeau : mais il n'est pas difficile
de juger par ce qu'elle contient , que
l'inscription n'a pas été faite pour le tombeau
, et qu'elle est beauconp plus ancienne
que le tombeau même. Cette pierre
étoit un gros bloc de la hauteur d'un pied
dix pouces , large de quatre pieds et demi
sur deux pieds six pouces de travers. Il
ya apparence qu'il y avoit un sacrifice representé
à l'une des deux faces , qui n'ont
que deux pieds et demi ; on y voit encore
sur les bords de la rainure qui y régnoit
une moitié de tête de Belier d'un côté , et
de l'autre comme une moitié de roue avec
des restes de rayons . Si l'on n'y apperçoit
pas
MAY. 1731. 1049
pas davantage de sculpture , c'est que la
pierre fût creusée dépuis , et vuidée pour
servir à former les deux tiers d'un sépulchre
à commencer par le côté de la tête ,
ensorte que ce reste de sepulture dont je
viens de parler , est du côté qui devoit
être réuni à un autre bloc creusé, et destiné
pour contenir les pieds du défunt . Mais
comme toute l'inscription ne s'est pas trouvée
dans le superflu que l'ouvrier du sépulchre
a cru devoir ôter , on y lit heureusement
sur le haut d'une des deux fácès
les plus larges , ces deux lignes trés bien
gravées, et en caractéres romains trés beaux
et de la hauteur d'un pouce et demi .
PRO SALUTE DOMINORUM. V. S. L. M.
DEDICAVIT MODESTO ET PROBO CÓS.
Il n'y a pas à hésiter dans la date de cette
inscription : elle est sûrement de l'année
228. de Jesus- Christ , puisque c'est à
cette année que se rapporte selon les Fastes
le Consulat de Modeste et de Probus . C'étoit
en partie la sixième et septième année
de l'Empire d'Alexandre Severe , et la
trentiéme avant que nôtre premier Evêque
S. Pelerin fût envoyé dans les Gaules ;
mais ne pouvoit-on pas en tirer quelque
avantage pour l'éclaircissement de l'his-
C vj toire
1050 MERCURE DE FRANCE
toire de cet empereur ? On paroît embarrassé
à assurer positivement que ce fût l'an
228.qu'Alexandre Sevére s'associa Ovindus
Camillus. On croit que la médaille rapportée
par
Occon
, n'est pas suffisante pour
prouver le temps du départ de ces deux
Princes contre les Barbares , et l'on dit
qu'il faudroit qu'il y eut clairement sur
cette médaille Profectio Augg. au plurier ,
et non simplement Profectio Aug. qui ne
veut dire que Profectio Augusti. Vôtre inscription
s'exprime nettement au Plurier ,
ainsi que vous le voyez : et l'on ne peut
guére entendre Dominorum , d'autres que
d'Alexandre , et de Camillus qui étoit regardé
comme un nouveau César depuis
l'honneur qu'Alexandre lui avoit fait de
l'associer à l'Empire. J'ai donc dans la
sée , que cette Pierre vient d'un Autel
érigé en mémoire de quelque Taurobole ,
ou de quelque Criobole , cerémonie qui
avoit marqué le zéle des habitans de nos
cantons , pour la prosperité de ces deux
Princes. Les Tailleurs de pierre réconnoissent
dans ce bloc le grain de la pierre du
pays , c'est à dire d'une carriere qui est à
quatre ou cinq lieües d'icy , et y auroit- il
apparence qu'une pierre qui pesoit bien
trois ou quatre muids de vin avant qu'elle
fût cavée , eût été apportée icy d'une aupentre
MAY . 1731. 1051
>
tre Ville trés éloignée ? Quoiqu'il en soit
le reste d'inscription qu'elle contient
peut servir non seulement à confirmer ce
que l'on apprend par la Médaille d'Occo ,
mais il appuye encore le raisonnement ,
par lequel Lampride , auteur de la vie
d'Alexandre , réfute l'opinion populaire ,
qui attribuoit à Trajan l'association de ce
Camillus. Lampride après avoir rappor
té le fait , ajoûte que ni Fabius Marcellinus
, ni Aurelius Verus , ni Statius Valens
dont il avoit les écrits sous les yeux , n'attribuoient
l'élevation de Camillus à Trajan
; et qu'au contraire Septimius, Acholius
et Encolpius , écrivains de la vie d'Alexandre
Severe , disoient de lui le fait singulier
de cette association subite , et im.
prevue , et de cette expedition militaire
qu'ils firent en commun contre les Barba
res. Je ne vous retracerai pas icy ce que
Lampride rapporte de cette guerre. On a
des preuves que ce fût contre les Allemans
qu'Alexandre et Camillus partirent l'an
228. ce qui est curieux à lire , et qu'-
Alexandre partit à pied, invitant son nouvel
associé d'en faire de même , Camillus
qui n'étoit point accoutumé , comme
Alexandre , à cette voiture , se trouva trés
fatigué au bout de cinq mille pas , c'est-àdire
, aprés avoir fait deux lieues ou envi .
ron.
A
1052 MERCURE DE FRANCE
ron. Alexandre lui fit donner un cheval ,
qu'il ne pût supportet que pendant deux
journées , parcequ'il étoit d'un temperament
trés delicat ; enfin le chariot ne lui
convint pas davantage , et il fût obligé de
renoncer au métier de la guerre , sans cependant
abandonner sesprétentions à l'Empire.
On voit par là que la santé de cet associé
avoit un peu plus besoin des voeux du
peuple envers les Dieux , que celle d'Alexandre
, qui étoit robuste et vigoureuse:
mais on ne les separa point dans la ceremonie
qui fût faite à Auxerre à leur intention
, et les voeux furent portés également
pour la santé de ces deux Maîtres
pro falute Dominorum .
Si vous, ou vos amis, avez une autre explication
à donner à nôtre inscription , qui
ne fait que commencer à voir le jour , je
ne m'y oppose aucunement ; je l'attendrai
avec plaisir , principalement celle qui sera
donnée des quatre lettres initiales de la
premiere ligne , sur lesquelles je laisse à
d'autres à deviner ce qu'elles signifient.
Je ne vous parle point d'une autre inscription
aussi trouvée avant hier au même
lieu , parcequ'elle est encore plus mutilée
que la précedente . Elle est egalement
d'un trés-beau'caractére Romain, et on y lit
lecommencement du mot de LUPERC alia
PeutMAY.
1731. 1053
Peut-être trouvera- t- on dans la suite les
autres morceaux de ces inscriptions ; en
ce cas je ne manquerai pas de vous en donner
avis , étant &c.
A Auxerre ce 11. May 1731.
Chantre d'Auxerre , à M. de la Roque ;
au sujet d'une Inscription Romaine , découverte
le 10. May 1731. proche de
cette Ville.
J'Ay déja fait remarquer dans un petit
livre imprimé , il y a huit ans , que nôtre
Ville étoit originairement fort petite ,
et qu'elle n'est devenuë grande, et du circuit
d'environ une lieue ; que par l'accroissement
des Bourgs , qui se sont formés
autour des Monastéres et des Eglises
que la pieté des Evéques fonda autour des
anciens murs. Entre- autres Eglises , nous
avons au Septentrion de nôtre Ville , la
Basilique de S. Germain , dont le contour
souterrain est rempli de tous côtés de sépultures
de Chrétiens , qui se faisoient inhumer
au déhors de cette Eglise par devotion
envers ce grand Evêque , le second de
toute la France qui ait été le plus fameux
en miracles aprés le celebre S. Martin , et
dont aucunDiocese de France ne peut ignorer
les vertus et les merveilles , à moins
qu'il ne soit tout -à - coup privé des connoissances
les plus communes. Nous avons
C iiij ensuite
1046 MERCURE DE FRANCE
•
ensuite au midi , un Bourg surnommé de
Saint-Amatre , que son éloignement du
quartier de la Cité, n'a fait renfermer encore
que dans nos murs construits au douziéme
siècle. Quiconque connoît S. Germain
Gouverneur pour les Romains dans
la Gaule Celtique , ne peut manquer de
connoître celui qui lui confera la tonsure.
C'est S. Amateur. Il fût inhumé dans le
lieu où il avoit livré la guerre au reste
des Payens , et où quelques- uns de ses
prédecesseurs avoient été pareillement
inhumés , poury attirer le concours des
fideles à la place des dévotions précédentes
de l'Idolâtric. On trouve que ce lieu fût
appellé Autricum , ou bien Mons Autricus.
Il y a une prairie au bas : ce qui sert à appuyer
la pensée sur l'origine des noms locaux
, où la syilabe au est contenuë , que
M. Huet , ancien Evêque d'Avranches , a
avancée , et qui a été suivie depuis par
M. l'Abbé des Thuilleries : et c'est , selon
que je le prouve ailleurs , vers cette prairie
qu'ont existé les commencemens des
Villes Payennes , dont a été depuis formé
Auxerre Chrétien . Le côteau qui fait face
à cette prairie vers l'Occident , n'est pas
moins rempli de tombeaux de pierre , que
celui du Bourg Septentrional de Saint Germain.
Mais il est arrivé à presque tous ces
tombeaux
MAY. 173 P. 1047
tombeaux, tant à ceux de Saint - Germain'
qu'à ceux de Saint Amatre , la même chose
qu'à ceux que de nos jours l'on a trouvés
à Paris autour de l'Eglise de Saint- Germain
des Prez , et que l'on a vû rompre
pour faire place à des fondations de bâtimens.
L'éloignement des temps ayant fait
perdre la mémoire des personnes inhumées
dans ces lieux , la necessité de bâtir
ou de cultiver , a été cause que dépuis
plusieurs siecles , ce qui servoit de cimetière
est devenu un lieu profane ; c'està-
dire, qu'il a été changé ou en jardin , ou
en vigne , ou bien en place publique ; desorte
qu'on n'a plus fait aucun cas des
morts qui pouvoient y réposer. Il en est
arrivé de même en plusieurs Villes. Le
besoin où Monsieur Carouge , Chanoine
régulier , Prieur et Seigneur de Saint- Amatre
lez- Auxerre , a été de se fermer de
murs , parceque toutes les anciennes murailles
et bâtimens de son Monastere furent
démolis dans le temps fâcheux de la Ligue ,
qui causa des maux extrêmes en ce payscy
, l'a obligé de faire curer toutes les anciennes
fondations d'édifices , de ramasser
toutes les démolitions , et de lever tous
les obstacles au plan de bâtir qu'il s'est
formé. Entre le grand nombre de tombeaux
qui se présenterent l'an passé sous
C v
la
1048 MERCURE DE FRANCE
la main des ouvriers , on n'en a trouvé
qu'un seul , où il y eût une inscription.
Elle me parût être du moyen âge , et un
peu frivole , parcequ'elle n'est que commencée
: cependant je n'ai pas laissé d'en
dire un mot à un sçavant Antiquaire Ecclesiastique
, dans une lettre que je lui ai
adressée surdifferentes matieres , le dixième
jour du mois dernier. Mais hier matin nous
nous sommes trouvés plus riches , et nous
avons éprouvé la verité de ce qui arrive
souvent à Rome , qu'en levant un tombeau
de Chrétien , on rencontre en dedans
ou en déhors une Inscription Payenne .
Celle que nous avons trouvée , est au déhors
d'un tombeau : mais il n'est pas difficile
de juger par ce qu'elle contient , que
l'inscription n'a pas été faite pour le tombeau
, et qu'elle est beauconp plus ancienne
que le tombeau même. Cette pierre
étoit un gros bloc de la hauteur d'un pied
dix pouces , large de quatre pieds et demi
sur deux pieds six pouces de travers. Il
ya apparence qu'il y avoit un sacrifice representé
à l'une des deux faces , qui n'ont
que deux pieds et demi ; on y voit encore
sur les bords de la rainure qui y régnoit
une moitié de tête de Belier d'un côté , et
de l'autre comme une moitié de roue avec
des restes de rayons . Si l'on n'y apperçoit
pas
MAY. 1731. 1049
pas davantage de sculpture , c'est que la
pierre fût creusée dépuis , et vuidée pour
servir à former les deux tiers d'un sépulchre
à commencer par le côté de la tête ,
ensorte que ce reste de sepulture dont je
viens de parler , est du côté qui devoit
être réuni à un autre bloc creusé, et destiné
pour contenir les pieds du défunt . Mais
comme toute l'inscription ne s'est pas trouvée
dans le superflu que l'ouvrier du sépulchre
a cru devoir ôter , on y lit heureusement
sur le haut d'une des deux fácès
les plus larges , ces deux lignes trés bien
gravées, et en caractéres romains trés beaux
et de la hauteur d'un pouce et demi .
PRO SALUTE DOMINORUM. V. S. L. M.
DEDICAVIT MODESTO ET PROBO CÓS.
Il n'y a pas à hésiter dans la date de cette
inscription : elle est sûrement de l'année
228. de Jesus- Christ , puisque c'est à
cette année que se rapporte selon les Fastes
le Consulat de Modeste et de Probus . C'étoit
en partie la sixième et septième année
de l'Empire d'Alexandre Severe , et la
trentiéme avant que nôtre premier Evêque
S. Pelerin fût envoyé dans les Gaules ;
mais ne pouvoit-on pas en tirer quelque
avantage pour l'éclaircissement de l'his-
C vj toire
1050 MERCURE DE FRANCE
toire de cet empereur ? On paroît embarrassé
à assurer positivement que ce fût l'an
228.qu'Alexandre Sevére s'associa Ovindus
Camillus. On croit que la médaille rapportée
par
Occon
, n'est pas suffisante pour
prouver le temps du départ de ces deux
Princes contre les Barbares , et l'on dit
qu'il faudroit qu'il y eut clairement sur
cette médaille Profectio Augg. au plurier ,
et non simplement Profectio Aug. qui ne
veut dire que Profectio Augusti. Vôtre inscription
s'exprime nettement au Plurier ,
ainsi que vous le voyez : et l'on ne peut
guére entendre Dominorum , d'autres que
d'Alexandre , et de Camillus qui étoit regardé
comme un nouveau César depuis
l'honneur qu'Alexandre lui avoit fait de
l'associer à l'Empire. J'ai donc dans la
sée , que cette Pierre vient d'un Autel
érigé en mémoire de quelque Taurobole ,
ou de quelque Criobole , cerémonie qui
avoit marqué le zéle des habitans de nos
cantons , pour la prosperité de ces deux
Princes. Les Tailleurs de pierre réconnoissent
dans ce bloc le grain de la pierre du
pays , c'est à dire d'une carriere qui est à
quatre ou cinq lieües d'icy , et y auroit- il
apparence qu'une pierre qui pesoit bien
trois ou quatre muids de vin avant qu'elle
fût cavée , eût été apportée icy d'une aupentre
MAY . 1731. 1051
>
tre Ville trés éloignée ? Quoiqu'il en soit
le reste d'inscription qu'elle contient
peut servir non seulement à confirmer ce
que l'on apprend par la Médaille d'Occo ,
mais il appuye encore le raisonnement ,
par lequel Lampride , auteur de la vie
d'Alexandre , réfute l'opinion populaire ,
qui attribuoit à Trajan l'association de ce
Camillus. Lampride après avoir rappor
té le fait , ajoûte que ni Fabius Marcellinus
, ni Aurelius Verus , ni Statius Valens
dont il avoit les écrits sous les yeux , n'attribuoient
l'élevation de Camillus à Trajan
; et qu'au contraire Septimius, Acholius
et Encolpius , écrivains de la vie d'Alexandre
Severe , disoient de lui le fait singulier
de cette association subite , et im.
prevue , et de cette expedition militaire
qu'ils firent en commun contre les Barba
res. Je ne vous retracerai pas icy ce que
Lampride rapporte de cette guerre. On a
des preuves que ce fût contre les Allemans
qu'Alexandre et Camillus partirent l'an
228. ce qui est curieux à lire , et qu'-
Alexandre partit à pied, invitant son nouvel
associé d'en faire de même , Camillus
qui n'étoit point accoutumé , comme
Alexandre , à cette voiture , se trouva trés
fatigué au bout de cinq mille pas , c'est-àdire
, aprés avoir fait deux lieues ou envi .
ron.
A
1052 MERCURE DE FRANCE
ron. Alexandre lui fit donner un cheval ,
qu'il ne pût supportet que pendant deux
journées , parcequ'il étoit d'un temperament
trés delicat ; enfin le chariot ne lui
convint pas davantage , et il fût obligé de
renoncer au métier de la guerre , sans cependant
abandonner sesprétentions à l'Empire.
On voit par là que la santé de cet associé
avoit un peu plus besoin des voeux du
peuple envers les Dieux , que celle d'Alexandre
, qui étoit robuste et vigoureuse:
mais on ne les separa point dans la ceremonie
qui fût faite à Auxerre à leur intention
, et les voeux furent portés également
pour la santé de ces deux Maîtres
pro falute Dominorum .
Si vous, ou vos amis, avez une autre explication
à donner à nôtre inscription , qui
ne fait que commencer à voir le jour , je
ne m'y oppose aucunement ; je l'attendrai
avec plaisir , principalement celle qui sera
donnée des quatre lettres initiales de la
premiere ligne , sur lesquelles je laisse à
d'autres à deviner ce qu'elles signifient.
Je ne vous parle point d'une autre inscription
aussi trouvée avant hier au même
lieu , parcequ'elle est encore plus mutilée
que la précedente . Elle est egalement
d'un trés-beau'caractére Romain, et on y lit
lecommencement du mot de LUPERC alia
PeutMAY.
1731. 1053
Peut-être trouvera- t- on dans la suite les
autres morceaux de ces inscriptions ; en
ce cas je ne manquerai pas de vous en donner
avis , étant &c.
A Auxerre ce 11. May 1731.
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Résumé : LETTRE DE M. le B. Chanoine et Sous-Chantre d'Auxerre, à M. de la Roque ; au sujet d'une Inscription Romaine, découverte le 10. May 1731. proche de cette Ville.
Le 11 mai 1731, un chanoine et sous-chantre d'Auxerre adresse une lettre à M. de la Roque pour relater la découverte d'une inscription romaine près d'Auxerre, le 10 mai 1731. L'auteur décrit la croissance de la ville d'Auxerre, initialement petite, qui s'est agrandie grâce à l'expansion des bourgs autour des monastères et des églises fondées par les évêques. Parmi ces églises, la basilique de Saint-Germain au nord et le bourg de Saint-Amatre au sud sont particulièrement notables. Saint-Germain et Saint-Amatre étaient des figures importantes dans l'histoire chrétienne de la région. L'inscription découverte est gravée sur un bloc de pierre utilisé pour un sépulcre. Elle contient les lignes 'PRO SALUTE DOMINORUM. V. S. L. M. DEDICAVIT MODESTO ET PROBO CÓS.' et date de l'année 228 après J.-C., correspondant au consulat de Modeste et Probus. Cette inscription est liée à une cérémonie en l'honneur des empereurs Alexandre Sévère et Ovindus Camillus, associés à l'Empire. La pierre provient probablement d'une carrière locale et pourrait confirmer des événements historiques relatifs à Alexandre Sévère et Camillus. L'auteur invite M. de la Roque à partager d'autres interprétations de l'inscription et mentionne une autre inscription mutilée trouvée au même endroit.
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11086
p. 1902
APPROBATION.
Début :
J'ay lû par ordre de Monseigneur le Garde des Sceaux, le Mercure de France du Mois [...]
11087
p. 216
« De l'Imprimerie de LOUIS CELLOT, rue Dauphine. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de LOUIS CELLOT, rue Dauphine. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de LOUIS CELLOT, rue Dauphine. [...] »
De l'Imprimerie de LOUIS CELLOT, rue Dauphine
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11088
p. 438-439
ENIGME.
Début :
Je vous envoye une Enigme nouvelle, elle est de Mr Tremaile. / Des suposts de Themis instrument necessaire, [...]
Mots clefs :
Plume
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Je vous envoye une Enigme
nouvelle , elle eft de Mr Tremaile.
DE
ENIGME.
Es fupofts de Themis inftrument
neceffaire ,
Si l'on mefaitfervir à tromper quel
•quefois,
Sans moy peut- on regler furement
une affaire ,
Etfauver de l'oubli les actions (des
Rois ?
260
GALANT
439
S
Le Seile des Anciens ne m'eftpas
Ada comparable
,
Je l'ay fait rejetter. Plufque par
tout ailleurs
Je fuis chez le Batave excellente ,
admirable
Et ma vieilleffe plait à tous les
connoiffeurs.
2
L'Art exige toûjours qu'on m'ou¿
vre & qu'on me fende ;
Par là fous mes deux becs fe forment
de beaux traits
Lorfqu'on fait me guider : autrement
qu'on s'attende
A n'y voir que
des corps durs ,grof
fiers & mal-faits .
nouvelle , elle eft de Mr Tremaile.
DE
ENIGME.
Es fupofts de Themis inftrument
neceffaire ,
Si l'on mefaitfervir à tromper quel
•quefois,
Sans moy peut- on regler furement
une affaire ,
Etfauver de l'oubli les actions (des
Rois ?
260
GALANT
439
S
Le Seile des Anciens ne m'eftpas
Ada comparable
,
Je l'ay fait rejetter. Plufque par
tout ailleurs
Je fuis chez le Batave excellente ,
admirable
Et ma vieilleffe plait à tous les
connoiffeurs.
2
L'Art exige toûjours qu'on m'ou¿
vre & qu'on me fende ;
Par là fous mes deux becs fe forment
de beaux traits
Lorfqu'on fait me guider : autrement
qu'on s'attende
A n'y voir que
des corps durs ,grof
fiers & mal-faits .
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11089
p. 410-[412]
TABLE
Début :
Pieces Fugitives. Ode imitée d'Horace, 199 Eloge de Mad. de Bethune d'Orval, Abbesse, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE
TABLE
Ieces Fugitives. Ode imitée d'Horace , 199
Eloge de Mad. de Bethune d'Orval , Abbesse
, &c .
L'heureux Astrologue , Conte ,
203
209
Lettre touchant l'origine du Proverbe , li Chanteor
, & c ,
Epitre à Mile de Malcrais ,
Lettre sur la circulation de la Séve ,
L'Hyver , Sonnet ,
Lettre sur l'Existence des Points inégaux,
Les . Saisons , Dialogue en Vers ,
Eloge de l'Abbé Le Grand ,
Sur la mort d'un Serin , à Milė , ...
210
219
222
233
234
239
244
250
Refléxions sur la Sagesse ; sçavoir si la Richesse
ou la Pauvreté , &c₂
254
70
Les Fourmis , Idylle ;
269
Médailles Komames , nouvellement découver–
tcs , 232
Le Chesne et l'Ormeau , Fable , 277
Eloge de l'Abbe de Longuerue , 279
Aux Plaiteurs , Rondeau , 284
285
293
Lettre sur ks Pendules à Cadran mobile ,
Enigmes , Logogryphes , & c.
NOUVELLES LITTERAIRES des Beaux Arts , 299
Histoire de Languedoc ,
301
Pensées Critiques sur les Mathématiques , 307
Lettre sur un Ouvrage Historique et nouveau ,
Tarif des Marchands , & c.
314
317
Supplement à la Collation des Conciles du P.
Labbe , & c.
Les Dons des Enfans de Latone , & c.
318
322
Nouvelle reception faite à l'Academie Françoise
,
336
Prix de l'Academie de Marseille , Programme ,
348
Lettres sur le Bureu Typographique , et sur l'Education
des Enfans ,
Morts illustres ,
Estampes nouvelles ,
342
346
339
Chanson notée , 350
Spectacles , Tragedie Chinoise
351
Parodie sur la Sarabande d'Issé ,
1366
Comedie à l'Arcenal , Prologue &c. 368
Nouvelles Etrangeres , de Pologne & c. 379
Lettre du Nonce Apostolique au Roi de Pologne,
380
D'Allemagne , Italie et Angleterre , 382
Morts des Pays Etrangers ,
383
Armée d'Italie , Ibid.
Lettre écrite de Cosme , 384
France, Nouvelles de la Cour, de Paris &c. 388
Pain- Beni rendu , &c . Vers ,
Morts , Naissances , Mariages ,
394
359
Arrests Notables , Ordonnances Militaires , 404
Ieces Fugitives. Ode imitée d'Horace , 199
Eloge de Mad. de Bethune d'Orval , Abbesse
, &c .
L'heureux Astrologue , Conte ,
203
209
Lettre touchant l'origine du Proverbe , li Chanteor
, & c ,
Epitre à Mile de Malcrais ,
Lettre sur la circulation de la Séve ,
L'Hyver , Sonnet ,
Lettre sur l'Existence des Points inégaux,
Les . Saisons , Dialogue en Vers ,
Eloge de l'Abbé Le Grand ,
Sur la mort d'un Serin , à Milė , ...
210
219
222
233
234
239
244
250
Refléxions sur la Sagesse ; sçavoir si la Richesse
ou la Pauvreté , &c₂
254
70
Les Fourmis , Idylle ;
269
Médailles Komames , nouvellement découver–
tcs , 232
Le Chesne et l'Ormeau , Fable , 277
Eloge de l'Abbe de Longuerue , 279
Aux Plaiteurs , Rondeau , 284
285
293
Lettre sur ks Pendules à Cadran mobile ,
Enigmes , Logogryphes , & c.
NOUVELLES LITTERAIRES des Beaux Arts , 299
Histoire de Languedoc ,
301
Pensées Critiques sur les Mathématiques , 307
Lettre sur un Ouvrage Historique et nouveau ,
Tarif des Marchands , & c.
314
317
Supplement à la Collation des Conciles du P.
Labbe , & c.
Les Dons des Enfans de Latone , & c.
318
322
Nouvelle reception faite à l'Academie Françoise
,
336
Prix de l'Academie de Marseille , Programme ,
348
Lettres sur le Bureu Typographique , et sur l'Education
des Enfans ,
Morts illustres ,
Estampes nouvelles ,
342
346
339
Chanson notée , 350
Spectacles , Tragedie Chinoise
351
Parodie sur la Sarabande d'Issé ,
1366
Comedie à l'Arcenal , Prologue &c. 368
Nouvelles Etrangeres , de Pologne & c. 379
Lettre du Nonce Apostolique au Roi de Pologne,
380
D'Allemagne , Italie et Angleterre , 382
Morts des Pays Etrangers ,
383
Armée d'Italie , Ibid.
Lettre écrite de Cosme , 384
France, Nouvelles de la Cour, de Paris &c. 388
Pain- Beni rendu , &c . Vers ,
Morts , Naissances , Mariages ,
394
359
Arrests Notables , Ordonnances Militaires , 404
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Résumé : TABLE
Le document recense diverses œuvres littéraires et articles, incluant poèmes, lettres, fables, dialogues, élégies, contes et réflexions philosophiques. Parmi les titres notables figurent 'Ieces Fugitives', une ode imitée d'Horace, des éloges de personnalités comme Madame de Bethune d'Orval et l'Abbé Le Grand, ainsi que des lettres sur des sujets variés tels que l'origine d'un proverbe et la circulation de la sève. Il mentionne aussi des dialogues en vers sur les saisons, des idylles comme 'Les Fourmis', et des fables telles que 'Le Chesne et l'Ormeau'. Le document comprend également des réflexions sur la sagesse et la richesse, des énigmes, des logogryphes, et des nouvelles littéraires sur les beaux-arts. Des sections sont consacrées à l'histoire du Languedoc, aux pensées critiques sur les mathématiques, et à des lettres sur divers ouvrages historiques. Enfin, il traite de nouvelles étrangères, de spectacles, de parodies, d'événements notables en France, et d'arrestations et ordonnances militaires.
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11090
p. 2330
TABLE.
Début :
Pieces Fugitives. Sonnet & Ode Anacréontique, 2115 Cinquiéme Lettre sur l'usage des Cartes pour [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
leces Fugitives. Sonnet & Ode Anacreon
Plectique,
2115
Cinquiéme Lettre fur l'ufage des Cartes pour
P'Effai du Rudiment-pratique de la Langue Latine
, & c.
Epitre à l'Evêque de Grenoble ,
2117
2142
Réponſe du P. Texte à la Lettre du P. Sollier , fur
la Vie de S. Barthelemi de Bragance , &c. 2147
Ode fur la Naiffance du Duc d'Anjou , 2163
Lettre en Profe & en Vers fur un Songe, & c. 2168
Les Jardins de S. Martin , Ode ,
2181
Lettre fur quelques reftes de la Fête de Bacchus 3
2185
Le veritable Amour perdu &facile à retrouver 2192
La veritable cauſe de la perte du parfait Amour ,
2193
Réponse à la Lettre de M. G. Barrez , au fujet de
l'uſage interieur de l'Eau de vie ,
L'Ombre de Petrarque , ou la Sorgue, Cantate ,
Refléxions ,
Enigme , Logogryphe ,
2195
2202
2205
2211
Nouvelles Litteraires des Beaux Arts , Panegyrique
de S. Auguftin ,
? Memoires pour
Illuftres , & c.
2215
fervir à l'Hiftoire des Hommes
2225
Réponse du Soufleur de la Comedie de Rouen , a
la Lettre , & c . 2232
Principes generaux & raiſonnez de la Grammaire
Françoife , &c.
Rituel du Diocèfe de Blois , & c.
2237
2242
Recueil des Reglemens concernant les Manufactures
, & c. 2245
Theſe dédiée à la Reine à Arles , &c. 2248
Ecole de Cavalerie , & c.
2250
Salufte avec des Notes , &c. 2255
Paranymphes aux Ecoles de Medecine , &c . 2257
Reception de M. Malouin de Caën , dans la Faculté
de Medecine de Paris , 2261
Nouvelles Broderies à la maniere de Turquie, 2265
Chanfon notée & Vaudeville , 2270
Spectacles. Le Caprice d'Erato , & c. 2273
Nouvelles Etrangeres , de Turquie , &c.
2279
De Ruffie , 2280
Dannemarc , Allemagne & Italie , 2282
Ordonnance du Pape , &c . 2288
Harangues au Roi , à la Reine de Sardaigne & au
Duc de Savoye , 2295
D'Espagne & Grande Bretagne , 2294
Morts , Mariages des Pais Etrangers , 2226
Sacrifice d'Iphigenie , Tableau prefenté au Roi ,
2299
Réjouiffance fur la Naiffance du Duc d'Anjou ,
&c. 2301
2303
Jeu de l'Anguille fur la Seine , & c.
Lettre des Penfionnaires des Jefuites au fujer de
la Naiffance du Duc d'Anjou , 2307
Modes nouvel. & anciennes,Eftampe gravée, 2 3 1 r
Bouquet ,
Morts , Naiffances ,
Arrêts ,
2325
2326
2329
leces Fugitives. Sonnet & Ode Anacreon
Plectique,
2115
Cinquiéme Lettre fur l'ufage des Cartes pour
P'Effai du Rudiment-pratique de la Langue Latine
, & c.
Epitre à l'Evêque de Grenoble ,
2117
2142
Réponſe du P. Texte à la Lettre du P. Sollier , fur
la Vie de S. Barthelemi de Bragance , &c. 2147
Ode fur la Naiffance du Duc d'Anjou , 2163
Lettre en Profe & en Vers fur un Songe, & c. 2168
Les Jardins de S. Martin , Ode ,
2181
Lettre fur quelques reftes de la Fête de Bacchus 3
2185
Le veritable Amour perdu &facile à retrouver 2192
La veritable cauſe de la perte du parfait Amour ,
2193
Réponse à la Lettre de M. G. Barrez , au fujet de
l'uſage interieur de l'Eau de vie ,
L'Ombre de Petrarque , ou la Sorgue, Cantate ,
Refléxions ,
Enigme , Logogryphe ,
2195
2202
2205
2211
Nouvelles Litteraires des Beaux Arts , Panegyrique
de S. Auguftin ,
? Memoires pour
Illuftres , & c.
2215
fervir à l'Hiftoire des Hommes
2225
Réponse du Soufleur de la Comedie de Rouen , a
la Lettre , & c . 2232
Principes generaux & raiſonnez de la Grammaire
Françoife , &c.
Rituel du Diocèfe de Blois , & c.
2237
2242
Recueil des Reglemens concernant les Manufactures
, & c. 2245
Theſe dédiée à la Reine à Arles , &c. 2248
Ecole de Cavalerie , & c.
2250
Salufte avec des Notes , &c. 2255
Paranymphes aux Ecoles de Medecine , &c . 2257
Reception de M. Malouin de Caën , dans la Faculté
de Medecine de Paris , 2261
Nouvelles Broderies à la maniere de Turquie, 2265
Chanfon notée & Vaudeville , 2270
Spectacles. Le Caprice d'Erato , & c. 2273
Nouvelles Etrangeres , de Turquie , &c.
2279
De Ruffie , 2280
Dannemarc , Allemagne & Italie , 2282
Ordonnance du Pape , &c . 2288
Harangues au Roi , à la Reine de Sardaigne & au
Duc de Savoye , 2295
D'Espagne & Grande Bretagne , 2294
Morts , Mariages des Pais Etrangers , 2226
Sacrifice d'Iphigenie , Tableau prefenté au Roi ,
2299
Réjouiffance fur la Naiffance du Duc d'Anjou ,
&c. 2301
2303
Jeu de l'Anguille fur la Seine , & c.
Lettre des Penfionnaires des Jefuites au fujer de
la Naiffance du Duc d'Anjou , 2307
Modes nouvel. & anciennes,Eftampe gravée, 2 3 1 r
Bouquet ,
Morts , Naiffances ,
Arrêts ,
2325
2326
2329
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Résumé : TABLE.
Le document recense diverses œuvres littéraires et événements historiques. Parmi les œuvres littéraires figurent des poèmes comme 'Les Fugitives' et 'Les Jardins de S. Martin', ainsi que des lettres, des odes, des épîtres et des réponses à des correspondances. Notamment, 'Réponse du P. Texte à la Lettre du P. Sollier' et 'Lettre en Prose & en Vers sur un Songe' sont mentionnées. Le document inclut aussi des écrits sur des sujets variés, tels que l'usage des cartes pour l'apprentissage du latin et des réflexions sur l'amour. Des œuvres musicales et théâtrales comme 'L'Ombre de Petrarque' et 'Le Caprice d'Erato' sont également listées. Le document mentionne des événements historiques et des nouvelles littéraires, tels que des panégyriques, des mémoires et des nouvelles des beaux-arts. Des informations sur des événements politiques et sociaux sont présentes, comme des harangues au roi, des ordonnances du pape et des nouvelles étrangères concernant la Turquie, le Danemark, l'Allemagne et l'Italie. Enfin, des événements marquants tels que des naissances, des mariages et des décès sont notés, ainsi que des spectacles et des jeux populaires.
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11091
p. 416-423
MORTS, NAISSANCES & Mariages.
Début :
N ... l'Heritier, Ecuyer, mourut à Paris le 17. Janvier. Il étoit fils de N. l'Heritier, [...]
Mots clefs :
Roi, Veuve, Seigneur, Chevalier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES & Mariages.
MORTS, NAISSANCES
IN ... PHeriiier, Ecuyer, mourut à Parij
ìe 17. Janvier. Il étoit fils de N. Ì' Héritier,
Historiographe du Roi, lequel a beaucoup tr»T
vaillé fur notre Histoire , & frère de Mlu rHéritier,
dont, les talens &»les Ouvrages font
SÍlez connus. II étoit orni de toutes les vertu?
qui forment l'honnête homme; sçachant beau
coup & ne faisant point parade de son sçavoir.
Les Mathématiques faifoient son étude favo+
rite, mais il ne laiíîbit pas de cultiver les Mu.*
ses , & il réiislìssoit en Poésie , par un talens
qui est comme héréditaire dans fa famille-
Le if. du même mois , Darne Marie- Claire
d'Estaing , veuve du Marquis de Montboistìer .
mourut en son Château de Clas en Auvergne,
âgée de 70. ans.
■ Dame Anne-Louise de Bragelorgne , veuve
de M. Pierre Gruyn , Chevalier , Seigneur de
Valgiand, Lacelle, &c. décéda le 30. Janvkir
âgée de S r, ans.
Jacques- Michel Baudry, Procureur Gène-*
r-al de la Chambre des Comptes de Blois , mou
rut à Blois le premier Février, âgé de So ans- II
laisse plusieurs enfans , dont l'aîné est pourvû
de la même Charge de son pei e.
Le i. François Gueret , Président de la
Chambre des Comptes de Blois, mourut , âgé
S r. ans , universellement regretté. C'est à ses
travaux que la Chambre des Comptes de Blois
•est redevable de son établissemen: à l'instar de
& Mariages,
Dainç
£É V R I E R. i7?Q. 4tr
Came Geneviève de Seve , veuve d'Antoine
Genou, Chevalier, Seigneur deGuibcrville
, Conseiller au Grand Conseil , mourut le;
t. du même mois , âgé de yt- ans environ.
Henry Fages, Abbé de la Cour- Dieu, Or
dre de Cîteaux , Diocèse d'Orléans , cy-devane
Controlleur des Finances de feuë son Alteffç
Royale M. le Duc d'Orléans , mourut à Mont
pellier le iï de ce mois , âgé de 89. ans.
Le même jour, François Hector de la Tour
Montauban , Comte de la Chaux . Maréchal
des Camps & Armées- du Roi, Chevalier d»
S. Louis, Gentilhomme de la Chambre du Duc
d'Orléans , premier Prince du Sang', mourut ,;
âgé d'environ r f. ans.
Adélaïde- Loùise de Damas de Thianges,-
yeuve de Louis Conti Sforce , Duc de Segny ,
k d'Onano , Comte de Sainte- Fleur , Chevavalier
des Ordres du Roi , mort le 7. Mari
, i6ír. mourut le 5. âgée de 76- ans. fille
étoic Dame d'Honneur de S. A. R. Madame
h Duchesse d'Orléans.
Le 4. Dame Catherine Guyot , veuve de
M. Joseph Dorât .Chevalier , Seigneur de la,
Barre, mourut, âgée de 6j ans.
.' Philippe de S. Martin de Boslàye , Cheva-
. lier de l'Ordre de S. Louis , Brigadier des Ar
mées du Roi , & Lieutenant Colonel du Régi-'
ment de Yivarets , mourut le de ce mois ,
âgé d'environ 8co ans.
Jacques- François de Johanne de la Carre .
fcíarquisde Saumery .Gouverneur des Iflesde
sainte Marguerite 6í de S. Honorât , Capitaîne-
Goaverneur des Château & Chasses deChambord.&
Grand Bailiy de Biois, mourut àChambord
le 8.de ce mois, d ans fa - année.Il avoiç
fcr ri fous M. de Ttirenne , &étoic Mestre -de:
Camp
4i 8 MERCURE DE FRANCE.
Camp de.Cavalerie au Combat d'Àltenhe
^premier Áoût ií7j-)ily eutl'épaulc & la cuisse
çassée, ce qui l'ayant empêché de pouvoir con
tinues de servir à la guerre ; le feu ,Roi , de
glorieuse mémoire, qui connoislot son mérite, í
ifL sagesse , son désintéressement & ses autres
qualicez personnelles,, le choisit en i688.pour
être Sous- Gouverneur des Enfans de Francç,
attaché à la personne de M. le Duc de Bou
logne. S. ML fut si contente de la manière
dont il se comporta dans cette Charge im
portante., qu'elle lui donna une nouvelle mar
que de ion estime & de la satisfaction qu'elle
5 voit de ses services, en 1c nommant dans son
Codicile , Sous-Gouverneur du Roy , heureu
sement régnant. II a soutenu dans ce glorieux
emploi la réputation qu'il s'étojt déja acquise , ;j
6 il vient de terminer fa vie exempte de tout
icproche , par une mort également chrétienne,
II avoit épousé par contrat du n. Novem
bre i6i6. Marguerite-Charlotte de Montlezun
de Besmaus, fille de François de Montlezun,
Chevalier , Seigneur de Besinaus , Piffons ,
Pommeufc , Lumigny , &c. Gouverneur pour
le Roi du Château de la Bastille. De ce Ma
riage font sortis, Jean-Baptiste, Marquis de
Saumery, Seigneur <4e la Boussaye , Maréchal
des Camps & Armées de S. M. cy - devant j
Çous- Gouverneur de S. M. Cornette desChe- il
yaux Legers de la Garde, Envoyé Extraordi- •
uaire du Roi près du feu Electeur de Bavière,
mort le r. May 171c âgé de 48. ans, laúlànc
de son Mariage avec Matie-Magdelaine Bé
nigne de Luffé, deux filles en bas âge, dont
l'une est morte en 1719.
François- Jean-Baptiste, Marquis de Saunie
rs > Comte de ÇíumeroUes , Maréchal des
Camps ,
ÍSartìps & Armées de S. M. cy-devant Envoyé
ììxtraordi.naire à la Cour de 1 Electeur de Ba
vière , à présent Gouverneur des Isles Sainte
Marguerite & de S. Honorât , Capitaine- Gou
verneur des Château & Chaííes de Chamboid.
Jacques , Chevalier de S. Jean de Jérusalem,
Alexandre, Docteur en Théologie de la Fa
culté de Paris , Evêque de Ríeux , sacré le 17.
Mars 1710. Georges , Seigneur de Piffons , Co
lonel d'Infanterie.
Nous nvons déja parlé de la Maison de Jo*
hanne Saumery , dans le Mercure du mois de
May* 1716. pag. ioíS. & suivantes, à l'occafion
du décès du Marquis de Saumery , fils aîné de
celui dont nous annonçons ì présent la mort.
Frère Gabriel de Calonne de Courtebourne ,
Chevalier Profès de l'Ordre de Sè Jean de Jé
rusalem , Commandeur de 4a Commandefie
de Fontaines- sous-Mondidier , cy-devanc
Capitaine d'une des Galères du Roy & de*
Cardes de l'Etendart , mourut à Marseille le
S. de ce mois , dans ía 71' année de son âge.
il étoit frère de Louis-Jacques de Calonne ,
Marquis de Courtebourne , Lieutenant- Gene
ral des Armées du Roi . Directeur Gênerai de
la Cavalerie, Lieutenant pour S. M. au Pays
d'Artois , & Gouverneur de Hefdin, mort en
en 170s. & d'Anne de Calonne de Courtebour
ne > veuve de François le Tonnelier- Breteúil t
Marquis de Fontenay-Tresigny , Sire de Ville*
bert, Baron de Boitron, &c. Conseiller d'E*
tat Ordinaire, & Intendant des Finances.
Le Marquis de Courtebourne a laissé de "son
mariage avec Anne de Gérard, Jacques de
Calonne, Marquis de Courttbourne , Mesire
de Camp de Cavalerie, Capitaine-Lieutenant
des Gendarmes de U Reine, & Lieutenant peur
K S.
**b MERCURE DE FRANCE.
S. M. au Pays d'Artois , & Anne 4ç Calôntíè
de Courtebourne » veuve de François le Tontielier-
Breteùil , Marquis de Fontenay-Tresigny
, &c. Conseiller d'Etat Órdinaire i &c est
mere de François Victor le Tonnelier- BreteùiU
Marquis de Fontenay-Tresigny , Sire de Villebert,
Baron de Boitron, &c. Commandeur
des Ordres du Roi , Chancelier de la Reine*
cy- devant Secrétaire d'Etat, & de, Charles-
Louis Auguste le Tonnelier- Breteùil , Evêque
de Rennes , Abbé de Ghaulnes , Prieur de
Reiiil j Grand- Maître de la Chapelle de S. M.
L' ancienneté de la Maison de Calonne Cour
tebourne est si connue, qu'il a paru inutile
d'entrer dans le détail de la Généalogie de
cette Maison.
Charles- Jean- Louis de Faucon , Marquis
de Ris , Maître de la Garderobe de feu son
Altesse Royale, Monsieur, Frère unique du
du Roi Louis XIV. mourut en cette Yille le
S. âgé de sS.ans-.
Dame Catherine de Lossanges de Bedver i
Abbesse de l' Abbaye de Rieunette > Ordre de
Cîteaux» Diocèse de Carcaflonne.y mou
lut le 9. de ce mois , âgée de 6;. ans.
Le io- de ce mois , M. Jean Denis » Che>
valier , Seigneur d'Origni , premier Ecuyer de
S. A. S. Madame-la Princesse de Conti , troi
sième Douairière , mourut âgé de 90. ans , ou
«nviron.
Le 1 r. Gabriel de la Porte , Doyen du Par
lement, mourut en la 81. année de son âge.
Pierre Thomas Barthélemy le Boulanger ,
Seigneur de Boisfremont, Maître ordinaire en
la Chambre des Comptes de Normandie,mourut
le 13. âgé de 44. ans.
Jean Marie Rangoni, Chevalier» Marquis
de
• jH? V R I E R. i7?o. 41^
fJff^Rangoni > & de Ramparto , Seigneur de
Stufione &é de Cailelvetro , Comte de Leviz-,
zano & de Guinta , Envoíé Extraordinaire de
, S, A. S. le Duc de Modene auprès de S. M,
T. C. & son Plénipotentiaire au Congrès de
Soiíibns , mourut le ir. Février âgé de ^7.
ans.
M. Charles Louis Lailemand, Comte de
Levignan , deceda le 18. Février âgé de 73. ans
un mois î,f. jours.
Le 13. Dame Anne Marie Magdelaine de
Beringhen , Abbesse du Pré, Ordre de saint
Benoist, Diocèse du Mans , y mourut dans 1»
47. année de ion âge.
La huit du 17.' au 18 , mourut à Paris Jo
seph François Ancezune , Duc deCaderousse,
âgé de Sf. ans.
Le nommé Nicolas Prezau > natif de Troyes
en Champagne > est mort depuis peu à Paris ,
fur la Paroisse S. Roch , âgé de 109. ans. Oa
assure qu'il étoit Soldat dans le Régiment des
Gardes Françoises , lors de la naissance du feH
Roi, & qui fut du nombre de ceux qui allè
rent au Louvre , à ce sujet, faire une décharge
sous les fenestres de l'Appartenaenr, de Louis.
XIII. »
Le 19. Janvier D. Jeanne Catherine Coustard,
Epouse de M. Basile-Claude Henry Anjorrant
, Chevalier , Conseiller au Parlement,
accoucha d'une fille qui fut tenue sur les fonts
par M. Guillaume Julien Le Douhre > \?on-
. seillcr du Roi , Maître ordinaire en fa Cham
bre des Comptes , & Doien de cette Cham
bre > & par Dame Geneviève LeMayre , veuve
de M. Claude Dubois , Chevalier. Seigneur
de Courceriers »Deíbordeaux , &c.
K ij Dame
4% i M ERCURE DE VK^Kë^J
Dame Marie- Anne de Matignon , Epoufë'Mp
Heriíy-Fiançois , Marquis de Grave , Barons
de Lattés , &c» Mestre de Camp de Cavalerie , V
accoucha le 31. Janvier d'une fille , qui suc ]
tenue fur les fonts ,& nommée M.arie-Anne-
Eleonor, par Jacques-François-Leonor Gri»
maldi , Duc de V&lentinois & d'Etouteville ,
Pair de France , Sire de Matignon , Comte de
Torigny» 8fC Lieutenant General de la Pro
vince de Normandie, &c. & par Daine Anne-
Elisabeth Gruel de la frette, Epouse d'Ar
mand Monpar deC*umont , Duc de la Force»
Pair de France, &c.
Le Comte du Rumain , de la Province de
Bretagne , Guidon de Gendarmerie & ,Weilre
de Camp de Cavalerie » a épousé > le mois de
Janvier dernier , D. N. ... de Mslnouë , fille
de N de Malnòuë ,& veuve d'unPrest»
dent du Parlement de Bretagne.
Claude-Gustave-Chretien , Marquis des Sal
les, Capitaine de Câvalerie , Gouverneur de
la Ville & du Château de Vaucouleurs , fils de
François , Comte des Salles , Marquis de
Buquevillé, Conseiller d'Etat d« S. A. R. de
Lorraine , premier Capitaine de ses Gardes du
Corps , Gouverneur de Pont-à- Mousson . &
Conservateur dts Privilèges át l'Université 1
& de D. Catherine de ïiquelrnont , épousa le
6. Février D. Adélaïde-Candide- Louise-Macie
de B/ancaj de Viîlárs , fille de Louis-Antoine
de Brancas , Duc de Villars • Pair de France ,
Chevalier des Ordres du Roi , &c, & de D.
Angélique Frefnih de Moras.
M. Thomas- Jacques- François Charpentier,
Ecuyer , Seigneur d'Enrrery , Espiez, Grizy ,
Valangouja , Ruç , Bei val , Thuville , LeVtílí'ers
FEVRIER. 1730. 4*1
ljerr,:"&c. Capitaine de Cavalerie au Regiíinent
Roïal Etranger, épousa le jj, de te
mois Dlle Madelaine- Angélique de Rioult de
Curzay, fille de M. Séraphin de Rioul , Cheva
lier, Seigneur de Curzay, Lieutenant pour
Sa Majelie' en Poitou , &. de Dame Thereze-
I Elizabeth Blondot-
IN ... PHeriiier, Ecuyer, mourut à Parij
ìe 17. Janvier. Il étoit fils de N. Ì' Héritier,
Historiographe du Roi, lequel a beaucoup tr»T
vaillé fur notre Histoire , & frère de Mlu rHéritier,
dont, les talens &»les Ouvrages font
SÍlez connus. II étoit orni de toutes les vertu?
qui forment l'honnête homme; sçachant beau
coup & ne faisant point parade de son sçavoir.
Les Mathématiques faifoient son étude favo+
rite, mais il ne laiíîbit pas de cultiver les Mu.*
ses , & il réiislìssoit en Poésie , par un talens
qui est comme héréditaire dans fa famille-
Le if. du même mois , Darne Marie- Claire
d'Estaing , veuve du Marquis de Montboistìer .
mourut en son Château de Clas en Auvergne,
âgée de 70. ans.
■ Dame Anne-Louise de Bragelorgne , veuve
de M. Pierre Gruyn , Chevalier , Seigneur de
Valgiand, Lacelle, &c. décéda le 30. Janvkir
âgée de S r, ans.
Jacques- Michel Baudry, Procureur Gène-*
r-al de la Chambre des Comptes de Blois , mou
rut à Blois le premier Février, âgé de So ans- II
laisse plusieurs enfans , dont l'aîné est pourvû
de la même Charge de son pei e.
Le i. François Gueret , Président de la
Chambre des Comptes de Blois, mourut , âgé
S r. ans , universellement regretté. C'est à ses
travaux que la Chambre des Comptes de Blois
•est redevable de son établissemen: à l'instar de
& Mariages,
Dainç
£É V R I E R. i7?Q. 4tr
Came Geneviève de Seve , veuve d'Antoine
Genou, Chevalier, Seigneur deGuibcrville
, Conseiller au Grand Conseil , mourut le;
t. du même mois , âgé de yt- ans environ.
Henry Fages, Abbé de la Cour- Dieu, Or
dre de Cîteaux , Diocèse d'Orléans , cy-devane
Controlleur des Finances de feuë son Alteffç
Royale M. le Duc d'Orléans , mourut à Mont
pellier le iï de ce mois , âgé de 89. ans.
Le même jour, François Hector de la Tour
Montauban , Comte de la Chaux . Maréchal
des Camps & Armées- du Roi, Chevalier d»
S. Louis, Gentilhomme de la Chambre du Duc
d'Orléans , premier Prince du Sang', mourut ,;
âgé d'environ r f. ans.
Adélaïde- Loùise de Damas de Thianges,-
yeuve de Louis Conti Sforce , Duc de Segny ,
k d'Onano , Comte de Sainte- Fleur , Chevavalier
des Ordres du Roi , mort le 7. Mari
, i6ír. mourut le 5. âgée de 76- ans. fille
étoic Dame d'Honneur de S. A. R. Madame
h Duchesse d'Orléans.
Le 4. Dame Catherine Guyot , veuve de
M. Joseph Dorât .Chevalier , Seigneur de la,
Barre, mourut, âgée de 6j ans.
.' Philippe de S. Martin de Boslàye , Cheva-
. lier de l'Ordre de S. Louis , Brigadier des Ar
mées du Roi , & Lieutenant Colonel du Régi-'
ment de Yivarets , mourut le de ce mois ,
âgé d'environ 8co ans.
Jacques- François de Johanne de la Carre .
fcíarquisde Saumery .Gouverneur des Iflesde
sainte Marguerite 6í de S. Honorât , Capitaîne-
Goaverneur des Château & Chasses deChambord.&
Grand Bailiy de Biois, mourut àChambord
le 8.de ce mois, d ans fa - année.Il avoiç
fcr ri fous M. de Ttirenne , &étoic Mestre -de:
Camp
4i 8 MERCURE DE FRANCE.
Camp de.Cavalerie au Combat d'Àltenhe
^premier Áoût ií7j-)ily eutl'épaulc & la cuisse
çassée, ce qui l'ayant empêché de pouvoir con
tinues de servir à la guerre ; le feu ,Roi , de
glorieuse mémoire, qui connoislot son mérite, í
ifL sagesse , son désintéressement & ses autres
qualicez personnelles,, le choisit en i688.pour
être Sous- Gouverneur des Enfans de Francç,
attaché à la personne de M. le Duc de Bou
logne. S. ML fut si contente de la manière
dont il se comporta dans cette Charge im
portante., qu'elle lui donna une nouvelle mar
que de ion estime & de la satisfaction qu'elle
5 voit de ses services, en 1c nommant dans son
Codicile , Sous-Gouverneur du Roy , heureu
sement régnant. II a soutenu dans ce glorieux
emploi la réputation qu'il s'étojt déja acquise , ;j
6 il vient de terminer fa vie exempte de tout
icproche , par une mort également chrétienne,
II avoit épousé par contrat du n. Novem
bre i6i6. Marguerite-Charlotte de Montlezun
de Besmaus, fille de François de Montlezun,
Chevalier , Seigneur de Besinaus , Piffons ,
Pommeufc , Lumigny , &c. Gouverneur pour
le Roi du Château de la Bastille. De ce Ma
riage font sortis, Jean-Baptiste, Marquis de
Saumery, Seigneur <4e la Boussaye , Maréchal
des Camps & Armées de S. M. cy - devant j
Çous- Gouverneur de S. M. Cornette desChe- il
yaux Legers de la Garde, Envoyé Extraordi- •
uaire du Roi près du feu Electeur de Bavière,
mort le r. May 171c âgé de 48. ans, laúlànc
de son Mariage avec Matie-Magdelaine Bé
nigne de Luffé, deux filles en bas âge, dont
l'une est morte en 1719.
François- Jean-Baptiste, Marquis de Saunie
rs > Comte de ÇíumeroUes , Maréchal des
Camps ,
ÍSartìps & Armées de S. M. cy-devant Envoyé
ììxtraordi.naire à la Cour de 1 Electeur de Ba
vière , à présent Gouverneur des Isles Sainte
Marguerite & de S. Honorât , Capitaine- Gou
verneur des Château & Chaííes de Chamboid.
Jacques , Chevalier de S. Jean de Jérusalem,
Alexandre, Docteur en Théologie de la Fa
culté de Paris , Evêque de Ríeux , sacré le 17.
Mars 1710. Georges , Seigneur de Piffons , Co
lonel d'Infanterie.
Nous nvons déja parlé de la Maison de Jo*
hanne Saumery , dans le Mercure du mois de
May* 1716. pag. ioíS. & suivantes, à l'occafion
du décès du Marquis de Saumery , fils aîné de
celui dont nous annonçons ì présent la mort.
Frère Gabriel de Calonne de Courtebourne ,
Chevalier Profès de l'Ordre de Sè Jean de Jé
rusalem , Commandeur de 4a Commandefie
de Fontaines- sous-Mondidier , cy-devanc
Capitaine d'une des Galères du Roy & de*
Cardes de l'Etendart , mourut à Marseille le
S. de ce mois , dans ía 71' année de son âge.
il étoit frère de Louis-Jacques de Calonne ,
Marquis de Courtebourne , Lieutenant- Gene
ral des Armées du Roi . Directeur Gênerai de
la Cavalerie, Lieutenant pour S. M. au Pays
d'Artois , & Gouverneur de Hefdin, mort en
en 170s. & d'Anne de Calonne de Courtebour
ne > veuve de François le Tonnelier- Breteúil t
Marquis de Fontenay-Tresigny , Sire de Ville*
bert, Baron de Boitron, &c. Conseiller d'E*
tat Ordinaire, & Intendant des Finances.
Le Marquis de Courtebourne a laissé de "son
mariage avec Anne de Gérard, Jacques de
Calonne, Marquis de Courttbourne , Mesire
de Camp de Cavalerie, Capitaine-Lieutenant
des Gendarmes de U Reine, & Lieutenant peur
K S.
**b MERCURE DE FRANCE.
S. M. au Pays d'Artois , & Anne 4ç Calôntíè
de Courtebourne » veuve de François le Tontielier-
Breteùil , Marquis de Fontenay-Tresigny
, &c. Conseiller d'Etat Órdinaire i &c est
mere de François Victor le Tonnelier- BreteùiU
Marquis de Fontenay-Tresigny , Sire de Villebert,
Baron de Boitron, &c. Commandeur
des Ordres du Roi , Chancelier de la Reine*
cy- devant Secrétaire d'Etat, & de, Charles-
Louis Auguste le Tonnelier- Breteùil , Evêque
de Rennes , Abbé de Ghaulnes , Prieur de
Reiiil j Grand- Maître de la Chapelle de S. M.
L' ancienneté de la Maison de Calonne Cour
tebourne est si connue, qu'il a paru inutile
d'entrer dans le détail de la Généalogie de
cette Maison.
Charles- Jean- Louis de Faucon , Marquis
de Ris , Maître de la Garderobe de feu son
Altesse Royale, Monsieur, Frère unique du
du Roi Louis XIV. mourut en cette Yille le
S. âgé de sS.ans-.
Dame Catherine de Lossanges de Bedver i
Abbesse de l' Abbaye de Rieunette > Ordre de
Cîteaux» Diocèse de Carcaflonne.y mou
lut le 9. de ce mois , âgée de 6;. ans.
Le io- de ce mois , M. Jean Denis » Che>
valier , Seigneur d'Origni , premier Ecuyer de
S. A. S. Madame-la Princesse de Conti , troi
sième Douairière , mourut âgé de 90. ans , ou
«nviron.
Le 1 r. Gabriel de la Porte , Doyen du Par
lement, mourut en la 81. année de son âge.
Pierre Thomas Barthélemy le Boulanger ,
Seigneur de Boisfremont, Maître ordinaire en
la Chambre des Comptes de Normandie,mourut
le 13. âgé de 44. ans.
Jean Marie Rangoni, Chevalier» Marquis
de
• jH? V R I E R. i7?o. 41^
fJff^Rangoni > & de Ramparto , Seigneur de
Stufione &é de Cailelvetro , Comte de Leviz-,
zano & de Guinta , Envoíé Extraordinaire de
, S, A. S. le Duc de Modene auprès de S. M,
T. C. & son Plénipotentiaire au Congrès de
Soiíibns , mourut le ir. Février âgé de ^7.
ans.
M. Charles Louis Lailemand, Comte de
Levignan , deceda le 18. Février âgé de 73. ans
un mois î,f. jours.
Le 13. Dame Anne Marie Magdelaine de
Beringhen , Abbesse du Pré, Ordre de saint
Benoist, Diocèse du Mans , y mourut dans 1»
47. année de ion âge.
La huit du 17.' au 18 , mourut à Paris Jo
seph François Ancezune , Duc deCaderousse,
âgé de Sf. ans.
Le nommé Nicolas Prezau > natif de Troyes
en Champagne > est mort depuis peu à Paris ,
fur la Paroisse S. Roch , âgé de 109. ans. Oa
assure qu'il étoit Soldat dans le Régiment des
Gardes Françoises , lors de la naissance du feH
Roi, & qui fut du nombre de ceux qui allè
rent au Louvre , à ce sujet, faire une décharge
sous les fenestres de l'Appartenaenr, de Louis.
XIII. »
Le 19. Janvier D. Jeanne Catherine Coustard,
Epouse de M. Basile-Claude Henry Anjorrant
, Chevalier , Conseiller au Parlement,
accoucha d'une fille qui fut tenue sur les fonts
par M. Guillaume Julien Le Douhre > \?on-
. seillcr du Roi , Maître ordinaire en fa Cham
bre des Comptes , & Doien de cette Cham
bre > & par Dame Geneviève LeMayre , veuve
de M. Claude Dubois , Chevalier. Seigneur
de Courceriers »Deíbordeaux , &c.
K ij Dame
4% i M ERCURE DE VK^Kë^J
Dame Marie- Anne de Matignon , Epoufë'Mp
Heriíy-Fiançois , Marquis de Grave , Barons
de Lattés , &c» Mestre de Camp de Cavalerie , V
accoucha le 31. Janvier d'une fille , qui suc ]
tenue fur les fonts ,& nommée M.arie-Anne-
Eleonor, par Jacques-François-Leonor Gri»
maldi , Duc de V&lentinois & d'Etouteville ,
Pair de France , Sire de Matignon , Comte de
Torigny» 8fC Lieutenant General de la Pro
vince de Normandie, &c. & par Daine Anne-
Elisabeth Gruel de la frette, Epouse d'Ar
mand Monpar deC*umont , Duc de la Force»
Pair de France, &c.
Le Comte du Rumain , de la Province de
Bretagne , Guidon de Gendarmerie & ,Weilre
de Camp de Cavalerie » a épousé > le mois de
Janvier dernier , D. N. ... de Mslnouë , fille
de N de Malnòuë ,& veuve d'unPrest»
dent du Parlement de Bretagne.
Claude-Gustave-Chretien , Marquis des Sal
les, Capitaine de Câvalerie , Gouverneur de
la Ville & du Château de Vaucouleurs , fils de
François , Comte des Salles , Marquis de
Buquevillé, Conseiller d'Etat d« S. A. R. de
Lorraine , premier Capitaine de ses Gardes du
Corps , Gouverneur de Pont-à- Mousson . &
Conservateur dts Privilèges át l'Université 1
& de D. Catherine de ïiquelrnont , épousa le
6. Février D. Adélaïde-Candide- Louise-Macie
de B/ancaj de Viîlárs , fille de Louis-Antoine
de Brancas , Duc de Villars • Pair de France ,
Chevalier des Ordres du Roi , &c, & de D.
Angélique Frefnih de Moras.
M. Thomas- Jacques- François Charpentier,
Ecuyer , Seigneur d'Enrrery , Espiez, Grizy ,
Valangouja , Ruç , Bei val , Thuville , LeVtílí'ers
FEVRIER. 1730. 4*1
ljerr,:"&c. Capitaine de Cavalerie au Regiíinent
Roïal Etranger, épousa le jj, de te
mois Dlle Madelaine- Angélique de Rioult de
Curzay, fille de M. Séraphin de Rioul , Cheva
lier, Seigneur de Curzay, Lieutenant pour
Sa Majelie' en Poitou , &. de Dame Thereze-
I Elizabeth Blondot-
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Résumé : MORTS, NAISSANCES & Mariages.
En janvier et février 1730, plusieurs décès et naissances notables ont été enregistrés. Parmi les décès, PHeriiier, écuyer et fils de l'historiographe du Roi, est décédé à Paris le 17 janvier. Connu pour ses talents en mathématiques et en poésie, il laisse un vide dans ces domaines. Marie-Claire d'Estaing, veuve du Marquis de Montboissier, est morte à l'âge de 70 ans le même mois. Anne-Louise de Bragelorgne, veuve de Pierre Gruyn, est décédée le 30 janvier à l'âge de 85 ans. Jacques-Michel Baudry, procureur général de la Chambre des Comptes de Blois, est mort le 1er février à l'âge de 50 ans, laissant plusieurs enfants. François Gueret, président de la Chambre des Comptes de Blois, est décédé le même jour à l'âge de 81 ans. D'autres personnalités ont également perdu la vie, notamment Geneviève de Seve, veuve d'Antoine Genou, Henri Fages, abbé de la Cour-Dieu, François Hector de la Tour Montauban, maréchal des camps et armées du Roi, Adélaïde-Louise de Damas de Thianges, veuve de Louis Conti Sforce, Catherine Guyot, veuve de Joseph Dorât, Philippe de Saint-Martin de Boslaye, chevalier de l'Ordre de Saint-Louis, et Jacques-François de Johanne de la Carre, marquis de Saumery. En parallèle, plusieurs naissances ont été enregistrées. La fille de Jeanne Catherine Coustard et Basile-Claude Henry Anjorrant est née le 19 janvier. Marie-Anne de Matignon, épouse d'Henri-François, marquis de Grave, a accouché d'une fille le 31 janvier. Des mariages ont également été célébrés. Le Comte du Rumain a épousé une fille de la famille de Malnouë. Claude-Gustave-Christien, marquis des Salles, a uni sa vie à Adélaïde-Candide-Louise-Macie de Blancas de Villars. Thomas-Jacques-François Charpentier a épousé Madeleine-Angélique de Rioult de Curzay.
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11092
p. 139-140
A Rome le 2 Fevrier.
Début :
Le Comte Lamberg qui paroissoit n'estre venu à Rome, que pour [...]
Mots clefs :
Comte Lamberg, Empereur, Princes, Grand Duc, Chapelle, Pape, Chant, Cérémonies, Roi du Portugal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Rome le 2 Fevrier.
A Rome le a Fevrier.
Le Comte Lamberg qui paroifloit :
n'eftre venu à Rome , que pour donner
part au nom de l'Empereur, de la
conquefte de Themefvvar , avoit de
plus, commiffion de demander au S.
•Pere de l'argent pour la Guerre con..
tre les Infideles ; il en voudroit exi-.
ger 400 mille écus Romains , outre
trois mille piftoles pour fon voyage;
on a peine à croite , qu'on puiffe
trouver une fomme auffi confiderable
, attendu les malheurs & la pauvreté
du patrimoine de faint Pierre.
L'Empereura taxé auffi les Princes
d'Italie comme le Grand Duc , les
14.0 LE
NOUVEA
Ducs de Parme , de Modene , la Ré.
publique de Genes , & autres Sou .
verains de la Bote , à fournir inceffamment
leur
contingent.
Le Roy de Portugal ayant trouvé,
fur la relation fidelle qu'on lui a
envoyée de la chapelle du Pape
qu'il manquoit encore quelque chofe
à la fienne , pour la parfaite reffemblance;
& croyant qu'il eftoit eflentiel
d'avoir des Muficiens , adinftar,
de ceux du Pape , a fait choisir douze
jeunes gens de fes fujets pour les faire
paffer en Italie , afin d'y apprendre
la Mufique , & s'y
perfectionner
dans le goût du chant Romain, avant .
que de les conduire à Rome ; on les
a debarqué à Venife où on leur a.
fait l'operation ; elle s'eft faite li heureufement
, qu'aucun des douze n'en.
eft mort , puifqu'ils font arrivez icy
en bonne fanté ; on a joint à cette
jeuneffe 15 ou 20 autres Portugais
pour apprendre les ceremonies.
Le Comte Lamberg qui paroifloit :
n'eftre venu à Rome , que pour donner
part au nom de l'Empereur, de la
conquefte de Themefvvar , avoit de
plus, commiffion de demander au S.
•Pere de l'argent pour la Guerre con..
tre les Infideles ; il en voudroit exi-.
ger 400 mille écus Romains , outre
trois mille piftoles pour fon voyage;
on a peine à croite , qu'on puiffe
trouver une fomme auffi confiderable
, attendu les malheurs & la pauvreté
du patrimoine de faint Pierre.
L'Empereura taxé auffi les Princes
d'Italie comme le Grand Duc , les
14.0 LE
NOUVEA
Ducs de Parme , de Modene , la Ré.
publique de Genes , & autres Sou .
verains de la Bote , à fournir inceffamment
leur
contingent.
Le Roy de Portugal ayant trouvé,
fur la relation fidelle qu'on lui a
envoyée de la chapelle du Pape
qu'il manquoit encore quelque chofe
à la fienne , pour la parfaite reffemblance;
& croyant qu'il eftoit eflentiel
d'avoir des Muficiens , adinftar,
de ceux du Pape , a fait choisir douze
jeunes gens de fes fujets pour les faire
paffer en Italie , afin d'y apprendre
la Mufique , & s'y
perfectionner
dans le goût du chant Romain, avant .
que de les conduire à Rome ; on les
a debarqué à Venife où on leur a.
fait l'operation ; elle s'eft faite li heureufement
, qu'aucun des douze n'en.
eft mort , puifqu'ils font arrivez icy
en bonne fanté ; on a joint à cette
jeuneffe 15 ou 20 autres Portugais
pour apprendre les ceremonies.
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11093
p. 191-192
A Monsieur le Comte de V.... sur l'Estampe gravée d'après Gerard Dow, par M. Will. HUITAIN.
Début :
Je désirois & Marot & Rousseau [...]
Mots clefs :
Estampe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Monsieur le Comte de V.... sur l'Estampe gravée d'après Gerard Dow, par M. Will. HUITAIN.
A Monfieur le Comte de V.... fur l'Estampe
gravée d'après Gerard Dow , par M.Will.
JE
HUITAIN.
E défirois & Marot & Rouffeau ,
En un dixain , s'ils étoient en ma place ,
192 MERCURE DE FRANCE.
De vous payer , Comte , le beau morceau
Que je poffede en bordure & fous glace.
Moi , pauvret , donc , que veut- on que je faffe ?
Je n'y fçais rien , fors d'avouer tout net ,
Qu'au grand jamais le clinquant du Parnaffe
Ne vaudra l'or de votre cabinet .
gravée d'après Gerard Dow , par M.Will.
JE
HUITAIN.
E défirois & Marot & Rouffeau ,
En un dixain , s'ils étoient en ma place ,
192 MERCURE DE FRANCE.
De vous payer , Comte , le beau morceau
Que je poffede en bordure & fous glace.
Moi , pauvret , donc , que veut- on que je faffe ?
Je n'y fçais rien , fors d'avouer tout net ,
Qu'au grand jamais le clinquant du Parnaffe
Ne vaudra l'or de votre cabinet .
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11094
s. p.
TABLE.
Début :
Pieces Fugitives. Idille, 1691 Troisiéme Lettre sur la Biblioteque des Enfans, 1696 [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
P
Ieces Fugitives. Idille 1691
Troifiéme Lettre fur la Biblioteque des Enfans
,
Le Moucheron qui picque Lycoris , & c.
Réponſe fur la qualité de l'Eau de vie ,
Bouquet , &c.
1696
1718
172 1
1730
Lettie fur l'ufage interieur de l'Eau de vie , 1732
Epitre fur le retour d'un Voyage , 1739
Suite des Memoires fur la Ville d'Eu , &c. 1742
Les Miracles , Ode , 1752
Fête & Chaffe de S. Hubert à Entrevaux , 1756
A la Déeffe Lucine , Vers , 1757
Couplets , &c. 1768
Réponse à la Queftion , fi la gloire des Orateurs
eft préferable à celle des Poëtes ,
Epitre en Vers à Me
1773
1881
Lettre fur une Infcription de la Fontaine de Juvifi
, &c .
Divers Morceaux de Poëfie , &c.
Enigme , Logogryphe ,
1783
1786
1791
1793
NOUVELLES LITTERAIRES . A&a Eruditorum,
& c.
L'Art d'enfeigner le Latin aux enfans en les divertiffant
& fans qu'ils s'en apperçoivent, 1816
Recueil de Têtes de Caracteres de Leonard de
Vinci , 1818
Lettre fur la Taille de la Pierre, dite à l'Angloife,
1826
Lettre fur une Machine finguliere , 1829
Air noté , & c. 1832
Spectacles. Tragedie d'Abfalon , Ibid.
La Réunion forcée, Comédie , &c.
La Tragédie de Maurice , &c. & Ballet , 1856
Les
1852
1864
1869
Les deux Suivantes , Comédie ,
Nouvelles Etrangeres . D'Afrique , Turquie &
Perfe ,
De Ruffie , Pologne , Suede & Allemagne , 1870
1872 D'Italie , Grande Bretagne & Pays - Bas ,
France, Nouvelles de la Cour , de Paris, &c . 1881
Extrait d'une Lettre écrite de Metz ,
1888
1890 Prife de Bonnet de Docteur ,
Ordonnance de l'Archevêque de Paris , portant
révocation de toutes les Permiffions, &C. 1892
Mandement du même,fur la groffeffe de la Reine,
1894
Autre fur le même fujet du Grand-Prieur de l'Ab-
Morts , Naiffances , & c .
1895 baye S. Germain ,
1896 ..
Mort de la Ducheffe de Brunfwick , 1897
Naiflance du Duc d'Anjou , 1900
P
Ieces Fugitives. Idille 1691
Troifiéme Lettre fur la Biblioteque des Enfans
,
Le Moucheron qui picque Lycoris , & c.
Réponſe fur la qualité de l'Eau de vie ,
Bouquet , &c.
1696
1718
172 1
1730
Lettie fur l'ufage interieur de l'Eau de vie , 1732
Epitre fur le retour d'un Voyage , 1739
Suite des Memoires fur la Ville d'Eu , &c. 1742
Les Miracles , Ode , 1752
Fête & Chaffe de S. Hubert à Entrevaux , 1756
A la Déeffe Lucine , Vers , 1757
Couplets , &c. 1768
Réponse à la Queftion , fi la gloire des Orateurs
eft préferable à celle des Poëtes ,
Epitre en Vers à Me
1773
1881
Lettre fur une Infcription de la Fontaine de Juvifi
, &c .
Divers Morceaux de Poëfie , &c.
Enigme , Logogryphe ,
1783
1786
1791
1793
NOUVELLES LITTERAIRES . A&a Eruditorum,
& c.
L'Art d'enfeigner le Latin aux enfans en les divertiffant
& fans qu'ils s'en apperçoivent, 1816
Recueil de Têtes de Caracteres de Leonard de
Vinci , 1818
Lettre fur la Taille de la Pierre, dite à l'Angloife,
1826
Lettre fur une Machine finguliere , 1829
Air noté , & c. 1832
Spectacles. Tragedie d'Abfalon , Ibid.
La Réunion forcée, Comédie , &c.
La Tragédie de Maurice , &c. & Ballet , 1856
Les
1852
1864
1869
Les deux Suivantes , Comédie ,
Nouvelles Etrangeres . D'Afrique , Turquie &
Perfe ,
De Ruffie , Pologne , Suede & Allemagne , 1870
1872 D'Italie , Grande Bretagne & Pays - Bas ,
France, Nouvelles de la Cour , de Paris, &c . 1881
Extrait d'une Lettre écrite de Metz ,
1888
1890 Prife de Bonnet de Docteur ,
Ordonnance de l'Archevêque de Paris , portant
révocation de toutes les Permiffions, &C. 1892
Mandement du même,fur la groffeffe de la Reine,
1894
Autre fur le même fujet du Grand-Prieur de l'Ab-
Morts , Naiffances , & c .
1895 baye S. Germain ,
1896 ..
Mort de la Ducheffe de Brunfwick , 1897
Naiflance du Duc d'Anjou , 1900
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Résumé : TABLE.
Le document présente une liste chronologique d'œuvres littéraires et d'événements historiques entre 1691 et 1900. Les entrées incluent des poèmes, des lettres, des mémoires, des pièces de théâtre, des nouvelles et des documents administratifs. Parmi les œuvres notables figurent 'Idille' (1691), 'Réponse fur la qualité de l'Eau de vie' (1696), 'Epitre fur le retour d'un Voyage' (1739), 'Les Miracles' (1752) et 'La Tragédie de Maurice' (1856). Le texte mentionne également des publications sur divers sujets, comme l'enseignement du latin aux enfants (1816) et des recueils de caractères de Léonard de Vinci (1818). Des nouvelles étrangères provenant de l'Afrique, de la Turquie et de l'Italie sont également rapportées. Des événements marquants incluent la mort de la Duchesse de Brunswick (1897) et la naissance du Duc d'Anjou (1900). Le document comprend aussi des ordonnances et mandements de l'Archevêque de Paris et du Grand-Prieur de l'Abbaye Saint-Germain.
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11096
p. 439-440
ENIGME.
Début :
Je vous envoye une Enigme nouvelle. / Quoique je ne sois rien, je sçay donner des loix [...]
Mots clefs :
Mode
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Je vous envoye une Enigme
nouvelle.
Oo iiij
440 MERCURE
۱
ENIGME.
Quoique jene fois rien ,jefçay dona
ner des loix
Aufage , auferieux , au fol , à la
coquette
Et souvent le caprice , arbitre de
mon choix ,
M'affujetit tout à lafois ,
Et la Princeſſe &la griſette.
Dem'obéir onne peut s'exempter,
Sans paßerpour un ridicule,
Etcelui qui plasy recule
Est à la fin contraint de ſe laiſſfer
dompter.
nouvelle.
Oo iiij
440 MERCURE
۱
ENIGME.
Quoique jene fois rien ,jefçay dona
ner des loix
Aufage , auferieux , au fol , à la
coquette
Et souvent le caprice , arbitre de
mon choix ,
M'affujetit tout à lafois ,
Et la Princeſſe &la griſette.
Dem'obéir onne peut s'exempter,
Sans paßerpour un ridicule,
Etcelui qui plasy recule
Est à la fin contraint de ſe laiſſfer
dompter.
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11097
p. 825-826
BOUTS RIMEZ, Proposez dans le Mercure de Decembre dernier.
Début :
Le bon homme Lucas boira jusqu'à la Mort, [...]
Mots clefs :
Boire, Gobelets
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texteReconnaissance textuelle : BOUTS RIMEZ, Proposez dans le Mercure de Decembre dernier.
BOUTS RIMEZ,
Proposez dans le Mercure de Decembre
dernier.
Lebon homme Lucas boira jusqu'à la Mort¸´,
Il n'aime pas plus l'eau que l'aspect d'une Biere;`
Pour le vin seul il païe et l'entrée et le
1 vj
Port 7
Est
826 MERCURE DE FRANCE
Et sa cave est profonde autant qu'une Carrière.
Il y va tous les jours lorsque sa femme Sort ,
Jouer des Gobelets , sans sac ni Gibeciere ;
Aprés quoi notre ami chancele , tombe et Dort ,
D'un somme plus profond que ne faisoit Moliere
Sa Moitié quelquefois descend d'un air Hagard ,
Pour troubler le repos du fortuné Vieillard ,
Et de cent maudissons , lui fait longue Apostophe.
Mat ,
Mais Lucas de sa main , lui presentant le Plat,
Lui donne sur la jouë un rude échec et
Puis reboit et redort , sans autre Catastrophe.
Proposez dans le Mercure de Decembre
dernier.
Lebon homme Lucas boira jusqu'à la Mort¸´,
Il n'aime pas plus l'eau que l'aspect d'une Biere;`
Pour le vin seul il païe et l'entrée et le
1 vj
Port 7
Est
826 MERCURE DE FRANCE
Et sa cave est profonde autant qu'une Carrière.
Il y va tous les jours lorsque sa femme Sort ,
Jouer des Gobelets , sans sac ni Gibeciere ;
Aprés quoi notre ami chancele , tombe et Dort ,
D'un somme plus profond que ne faisoit Moliere
Sa Moitié quelquefois descend d'un air Hagard ,
Pour troubler le repos du fortuné Vieillard ,
Et de cent maudissons , lui fait longue Apostophe.
Mat ,
Mais Lucas de sa main , lui presentant le Plat,
Lui donne sur la jouë un rude échec et
Puis reboit et redort , sans autre Catastrophe.
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Résumé : BOUTS RIMEZ, Proposez dans le Mercure de Decembre dernier.
Lucas, passionné par le vin, boit jusqu'à l'ivresse quotidienne dans sa cave profonde. Il ne prend jamais d'argent avec lui. Sa femme le réveille parfois avec des reproches, mais il la frappe et continue de boire.
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11098
p. 2247-2249
ESPAGNE.
Début :
Le Comte de Charni, Lieutenant General des Armées du Roy, qui doit commander les [...]
Mots clefs :
Comte, Escadre anglaise, Frégates
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE,
E Comte de Charni , Lieutenant General des
Larmos du Roy,qui doit commander les
6000. Espagnols qu'on transportera en Italie
est arrivé de son Gouvernement de Ceuta , et Sa
M. lui a fait remettre ses instructions.
L'Escadre Angloise, commandée par le Vice-
Amiral Wager , et qui est composée de 12. Vaisseaux
de guerre et de trois Fregates , est arrivée
dans la Baye de Cadix , avec quelques autres Vaisseaux
Anglois qui venoient de Gibraltar.
Quelques Vaisseaux Espagnols de l'Escadre du
Comte de Clavijo , ayant pris il y a quelque
temps le Vaisseau le S. Charles de Gibraltar , qui
avoit à bord des Maures allant d'Alger à Tetuan
avec des Marchandises ; le Roy a envoyé des ordres
pour faire rendre ce Vaisseau et tous les Passagers
qui étoient dessus.
S. M. Catholique a accordé en même temps à
la Compagnie de la Mer du Sud la restitution
d'une somme considerable qu'on lui avoit saisie
pendant les derniers troubles.
Les Regimens que le Roy a nommez pour
être transportez en Italie , sont ceux de Castille ,
de Lombardie , de Naples et de Bourgogne , de
deux Bataillons chacun , un Regiment Suisse ,
I iiij
aussi
2248 MERCURE DE FRANCE
aussi de deux Bataillons , et le Regiment de Ba
tavia Dragons ; de trois Escadrons , faisant ensemble
dix Bataillons et trois Escadrons. Le
Comte de Charny , Lieutenant General et Commandant
, aura sous lui en qualité de Marêchaux
de Camp , le Marquis de Pozzoblanco , le Marquis
de Châteaufort , le Duc de Castro Pinhano
et le Marquis de Torre Major,
Le Comte de Sant - Estevan , Chevalier des Ordres
du Roy Très- Chrétien , et Grand Ecuyer
du Prince des Asturies , a été nommé par le Roy
' Espagne pour accompagner l'Infant Don Carles
en Italie , où il demeurera auprès de ce Prince
pendant sa Minorité , en qualité de son Gouver
neur. Sa Charge de Grand Ecuyer du Prince des
Asturies lui est conservée, i
On écrit de Seville , que M. de Patino alla le
25. Août dîner avec l'Amiral Wager , il vit trois
Vaisseaux Anglois dont il fut trés- content ; le
-lendemain il mena ce General voir sa Garaca ; il
lui donna à dîner à bord de la Galice , Vaisseau
de 70. Canons , et il lui en fit voir trois d'Espagne
de 80. 70. et 64. que les Anglois trouverent
Trés-beaux .
*
La Flotte d'Espagne doit être composée de
25. Vaisseaux , sçavoir , 11. de Cadiz , 8. du
-Ferol , qu'on attend à chaque instant , et 6. qui
sont à Cartagene , grands et petits , et tout doit
être prêt pour le 15. Septembre , qu'on se rendra
à Barcelone , où se doit faire l'Embarquement
des 6000. Espagnols
Le Marquis Mary a les honneurs de Capitaine
General , pour être en grade égal avec l'Amiral
Anglois , et il a fait arborer Pavillon quarré au
grand mast du Vaissau la Sainte Isabelle de 80.
Canons. Il est décidé que les Anglois n'aurout
que
SEPTEMBRE. 1731. 2249
que douze Vaisseaux et trois Fregates. Ils sont
partis le 27. pour Gibraltar , où ils embarquent
deux Bataillons , n'ayant amené aucunes troupes
d'Angleterre .
E Comte de Charni , Lieutenant General des
Larmos du Roy,qui doit commander les
6000. Espagnols qu'on transportera en Italie
est arrivé de son Gouvernement de Ceuta , et Sa
M. lui a fait remettre ses instructions.
L'Escadre Angloise, commandée par le Vice-
Amiral Wager , et qui est composée de 12. Vaisseaux
de guerre et de trois Fregates , est arrivée
dans la Baye de Cadix , avec quelques autres Vaisseaux
Anglois qui venoient de Gibraltar.
Quelques Vaisseaux Espagnols de l'Escadre du
Comte de Clavijo , ayant pris il y a quelque
temps le Vaisseau le S. Charles de Gibraltar , qui
avoit à bord des Maures allant d'Alger à Tetuan
avec des Marchandises ; le Roy a envoyé des ordres
pour faire rendre ce Vaisseau et tous les Passagers
qui étoient dessus.
S. M. Catholique a accordé en même temps à
la Compagnie de la Mer du Sud la restitution
d'une somme considerable qu'on lui avoit saisie
pendant les derniers troubles.
Les Regimens que le Roy a nommez pour
être transportez en Italie , sont ceux de Castille ,
de Lombardie , de Naples et de Bourgogne , de
deux Bataillons chacun , un Regiment Suisse ,
I iiij
aussi
2248 MERCURE DE FRANCE
aussi de deux Bataillons , et le Regiment de Ba
tavia Dragons ; de trois Escadrons , faisant ensemble
dix Bataillons et trois Escadrons. Le
Comte de Charny , Lieutenant General et Commandant
, aura sous lui en qualité de Marêchaux
de Camp , le Marquis de Pozzoblanco , le Marquis
de Châteaufort , le Duc de Castro Pinhano
et le Marquis de Torre Major,
Le Comte de Sant - Estevan , Chevalier des Ordres
du Roy Très- Chrétien , et Grand Ecuyer
du Prince des Asturies , a été nommé par le Roy
' Espagne pour accompagner l'Infant Don Carles
en Italie , où il demeurera auprès de ce Prince
pendant sa Minorité , en qualité de son Gouver
neur. Sa Charge de Grand Ecuyer du Prince des
Asturies lui est conservée, i
On écrit de Seville , que M. de Patino alla le
25. Août dîner avec l'Amiral Wager , il vit trois
Vaisseaux Anglois dont il fut trés- content ; le
-lendemain il mena ce General voir sa Garaca ; il
lui donna à dîner à bord de la Galice , Vaisseau
de 70. Canons , et il lui en fit voir trois d'Espagne
de 80. 70. et 64. que les Anglois trouverent
Trés-beaux .
*
La Flotte d'Espagne doit être composée de
25. Vaisseaux , sçavoir , 11. de Cadiz , 8. du
-Ferol , qu'on attend à chaque instant , et 6. qui
sont à Cartagene , grands et petits , et tout doit
être prêt pour le 15. Septembre , qu'on se rendra
à Barcelone , où se doit faire l'Embarquement
des 6000. Espagnols
Le Marquis Mary a les honneurs de Capitaine
General , pour être en grade égal avec l'Amiral
Anglois , et il a fait arborer Pavillon quarré au
grand mast du Vaissau la Sainte Isabelle de 80.
Canons. Il est décidé que les Anglois n'aurout
que
SEPTEMBRE. 1731. 2249
que douze Vaisseaux et trois Fregates. Ils sont
partis le 27. pour Gibraltar , où ils embarquent
deux Bataillons , n'ayant amené aucunes troupes
d'Angleterre .
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Résumé : ESPAGNE.
En 1731, l'Espagne prépare une expédition militaire en Italie. Le Comte de Charny, Lieutenant Général, doit commander 6000 soldats espagnols, incluant les régiments de Castille, Lombardie, Naples, Bourgogne, un régiment suisse et les Batavia Dragons. L'escadre anglaise, dirigée par le Vice-Amiral Wager, composée de 12 vaisseaux de guerre et trois frégates, est arrivée à Cadix. Des vaisseaux espagnols ont capturé le 'S. Charles' à Gibraltar, transportant des Maures et des marchandises entre Alger et Tétouan. Le roi a ordonné la restitution du vaisseau et des passagers. Il a également autorisé la restitution d'une somme saisie par la Compagnie de la Mer du Sud. Le Comte de Charny sera assisté par plusieurs maréchaux de camp, dont le Marquis de Pozzoblanco et le Duc de Castro Pinhano. Le Comte de Sant-Estevan accompagnera l'Infant Don Carles en Italie et servira de gouverneur pendant sa minorité. À Séville, M. de Patino a rencontré l'Amiral Wager et lui a montré plusieurs vaisseaux espagnols. La flotte espagnole, composée de 25 vaisseaux, doit être prête pour le 15 septembre et se rendre à Barcelone pour l'embarquement des troupes. Le Marquis Mary a reçu les honneurs de Capitaine Général pour être en grade égal avec l'Amiral anglais. Les Anglais n'auront que douze vaisseaux et trois frégates, et ils ont embarqué deux bataillons à Gibraltar sans troupes supplémentaires d'Angleterre.
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11099
p. 2041-2047
MORTS, NAISSANCES,
Début :
Le 23. du mois dernier, M. François Grillet de Brissac, Lieutenant des [...]
Mots clefs :
Épouse, Dame, Chevalier, Conseiller, Régiment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES,
MORTS , NAISSANCES
E 23. du mois dernier , M. François
Grillet de Brissac , Lieutenant des
Gardes du Corps et Brigadier des Armées.
du Roi , mourut dans un âge avancé.
Dame Marie - Jeanne - Charlotte de
Maupeou , veuve en premieres Nôces de
M.Leon de Fontlebon ,Seigneur de Vitrac-
Montembeuf,Lieutenant au Regiment des
Gardes Françoises, et au jour de son décèds
épouse de M. Michel - Gabriel- Raphaël de
Beauvais , Baron de Gentilly , Capitaine
des Gardes de la Porte de feu Monseigneur
le Duc de Berry , mourut le 25. Juillet ,
âgée de 49. ans.
Dame Elizabeth- Therese le Rebours
veuve de M. Michel Chamillard , Ministre
d'Etat , et qui avoit été Controlleur
General des Finances , Secretaire d'Etat
avec le département de la guerre , Grand-
Trésorier et Commandeur des Ordres
du Roi , mourut en son Château de la
Suze au Maine le 26. du mois dernier
âgée d'environ 74. ans.
Dame Claude- Geneviève Cheriere
yeuve de Lancelot Turpin Crissé , Com-
IC
2042 MERCURE DE FRANCE
te de Sansay , Brigadier des Armées du
Roi , Colonel du Régiment d'Infanterie
de son nom mourut le 28. Juillet en
son Château d'Erouville en Beauce , âgée
de 48. ans.
و
Louis Comte du Bourg , petit-fils du
Maréchal de ce nom , Mestre de Camp ,
mourut à Strasbourg le premier de ce
mois.
Olivier Jegou de Querville , Docteur
en Théologie de la Faculté de Paris , Evê
que et Comte de Tréguier , mourut dans
son Diocèse , le 2. Août. Il avoit été sacréle
30. Octobre 1697.
Dime Paule de Clermont-Tonnerre de
Chafle , Abbesse de l'Abbaye Royale de
Villiers , Ordre de Cîteaux , Diocèse de
Sens , mourut le 2. Août , âgée de 63. ans..
La Dame des Bertons de Crillon , qu'elle
avoit demandé pour sa Coadjutrice , lui
succede:
Alexandre Dezouches , Seigneur de la
Lande , & c . Chevalier de S. Louis Lieutenant
de Roi de la Ville d'Arras , mou
rut le 2. Août , âgé de 48. ans.
M. de S. Yves , Chirurgien , celebre
Oculiste de S. Côme , est mort à Paris le 3 .
Août , âgé de 66. ans , après avoir exercé
sa Profession avec beaucoup de talens , et
s'être acquis la réputation qu'il méritoit .
laisse
A O UST. 1731. 2043
pour
laisse un Eleve de son nom qui travailloit
sous lui depuis seize ans , et sur lequel
il se reposoit depuis plusieurs années
toutes les Operations que ses infirmitez
ne lui permettoient pas de faire. Il occupe
le même Appartement , Place du
Palais Royal , ruë S. Thomas du Louvre.
Guillaume le Noir , Secretaire du Roi ,
Receveur General des Finances d'Alençon
, et l'un des Fermiers Generaux de
S. M. mourut le 4. Août , âgé de 48. ans ..
Gaspard- Pierre de Fieubet , Chevalier
Seigneur de Vincüil , fils de Louis - Gaspard
de Fieubet , Conseiller au Parlement,
mourut le s . Août , âgé de 17. ans , 3 .
mois.
Jean -Pierre d'Argouges de Ranes , Chevalier
, Marquis de la Chapelle - la- Reine,
Doy n du Conseil d'Etat , mourut à Paris
le 7. de ce mois , dans la 86. année
de son âge.
Le même jour , Dame Loüise Elizabeth
de Marcillac , Epouse de M. Joseph Hennequin
de Charmont , cy devant Secretaire
de la Chambre et Cabinet du Roi ,,
Secretair des Commandemens de Monseigneur
le Dauphin , et Ambassadeur du
Roi auprès de la République de Venise ,
mourut au Château de Charmont en
Champagne, dans la 62. année de son âge
Le
T044 MERCURE DE FRANCE
·
@
Le 12. Alexandre de Rochechouart ;
Marquis de Jars , Capitaine des Gardes
du Corps de la Reine, seconde Doüairiere
d'Espagne , mourut au Château de Meudon
, de la petite verole , âgé de 53. ans.
Henri , Comte de Saulx de Tavannes
ey-devant Mestre de Camp , Lieutenant
du Régiment d'Orleans, Cavalerie , mourut
à Paris le 13. de ce mois , dans la 74 .
année de son âge.
M. François de Montholon , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis , Commandeur
de celui de S. Lazare , Mestre
de Camp de Cavalerie , ancien Cornette
de la seconde Compagnie des Mousquetaires
de la Garde du Roi , mourut à
S. Germain en Laye le 13 , de ce mois ,
dans un âge avancé. Il étoit petit - fils et
arriere - petit - fils de deux Gardes des
Sceaux de France du même nom .
Le même jour , Dame Anne- Marie-
Barbe Deville , Epouse de Anne Leon de
Montmorency , Chef du nom et Armes
de la Maison , premier Baron Chrétien en
France , Enseigne des Gendarmes de Berry
, Seigneur de Courtalin-Bois - Buffenle
Plessis- d'Arque , le Poilay , le Vernay ,;
des deux Modave , de Biemrcé , de Banderelle
, de Fermée , Termoiyne. , &c.
mourut âgée de 18 ans 7. mois .
L
La
A O UST. 1731. 2045
2.
Le 19. François de la Forest , d'Armaillé
, Chevalier , Baron de Craon , Seigneur
de la Forest d'Armaillé , & c. Conseiller
de la Grand'Chambre du Parle--
ment , mourut âgé d'environ 88. ans .
Dame Françoise Robert , Epouse de
M. François Moreau , Chevalier , Conseiller
du Roi en ses Conseils d'Etat et
Privez , Honoraire en sa Cour de Parlement
, et Procureur de Sa Majesté au
Châtelet de Paris , accoucha d'un fils
qui est le 14me enfant qu'elle a eû depuis
17. ans et demi de mariage , dont il lui
reste encore six garçons et deux filles ; il
fut baptisé le même jour sur les six heures
du soir , en l'Eglise de S.Mery sa Paroisse ,
et nommé Charles-François , par Charles-
François de Vintimille des Comtes de
Marseille , Comte du Luc , Marquis des
Arcs , la Marthe , &c. Chevalier et Commandeur
de tous les Ordres de S. M. son-
Conseiller d'État ordinaire d'Epée , Gouverneur
des Isles de Porquerolles et Lingoustier
, Lieutenant de Roi en Proven
ce , et par Dame Anne-Victoire de La-:
moignon , Epouse de M. René- Charles
de Maupeou , Conseiller du Roi en tous.
ses Conseils , Président de son Parlelement
, Seigneur de Noisy, Vicomte de
Bruyeres , Marquis de Morangue , &G
2046 MERCURE DE FRANCE
Dame V ctoire Guillard , Epouse 'de
Jean Baptiste-Martin Dartaguette- Biron ,
Baron Daguerre , &c. accoucha le 16.
*Juillet d'une fille , qui fut tenuë sur les
Fonts par Jean - Baptiste Guillard , Seigneur
de la Vacherie , Chambellan de
feu M. le Duc de Berry , Gouverneur
d'Arras , et par D. Louise , Adelaïde Herault
, fille de M. Herault , Lieutenant
General de Police .
D. Emilie de Mailly du Brüeil , Epouse
de Jean- François de Creil , Marquis de
Nancré , &c. Brigadier des Armées du
Roi , Capitaine Commandant des Grenadiers
à Cheval , accoucha le premier
Août d'une fille , qui fut nommée Louise
Felicité- Emilie ,, par Louis Gabriël des
Acres , Comte de Laigle , Colonel du.
Regiment d'Anguien , et par D. Bonne-
Felicité Bernard , fille de Samuel Bernard,
Comte de Coubeot , Conseiller d'Etat .
Dame. Louise Thevenin de Coursan ,
Epouse de Jean - Zacharie de la Faurie ,
Baron de Villandreult , Président à la
Cour des Aydes , accoucha le 8. Août
d'une fille qui fut nommée Anne Jeanne,
par Jean Thevenin , Baron de Thorci ,
Conseiller au Parlement , et par D. Anne
Thevenin de Coursan , fille de feu Jean
Thevenin , Baron de Coursan , Maître
des Requêtes.
A O UST. 1731. 2047
1
Dame Jeanne- Françoise Gardien , Epou
se de François - Elie de Chastenay , Che
valier , Marquis de Lanty , Lieutenant-
Colonel du Mestre de Camp General
Cavalerie , Chevalier de l'Ordre Royal et
Militaire de S. Louis , accoucha le 9 .
Août d'un fils , qui fut baptisé le 10. ,à
la Paroisse de S. Eustache , et tenu par
Alexis- Magdelaine Rosalie , Comte de
Chatillon , Chevalier des Ordres du Roi ,
Maréchal de Camp des Armées de S. M.
et Mestre de Camp General de la Cavalerie
Legere de France , et par Dame
Françoise de Pressigny , Epouse de M. le
Président de Nassigny.
D. Anne - Marie - Barbe Deville , Epousé
d'Anne Leon de Montmorency , accoucha
le 11. Août d'un fils , qui fut nommé
Anne Léon , par Léon de Montmorency,
et par D. Anne Barbe de Besser , veuve
de Charles- Joseph de Courcelles.
D. Magdelaine- Angelique de Neuville
de Villeroy , Epouse de Joseph Marie ,
Duc de Boufflers , Pair de France , &c.
accoucha le 17. d'un fils , qui fut nommé
Charles- Joseph , par Nicolas de Neuville
, Duc de Villeroy , Pair de France ,
Capitaine des Gardes du Corps du Roi ,
&c. et par Dame Catherine - Charlotte de
Grammont , Maréchale de Boufflers , & c.
E 23. du mois dernier , M. François
Grillet de Brissac , Lieutenant des
Gardes du Corps et Brigadier des Armées.
du Roi , mourut dans un âge avancé.
Dame Marie - Jeanne - Charlotte de
Maupeou , veuve en premieres Nôces de
M.Leon de Fontlebon ,Seigneur de Vitrac-
Montembeuf,Lieutenant au Regiment des
Gardes Françoises, et au jour de son décèds
épouse de M. Michel - Gabriel- Raphaël de
Beauvais , Baron de Gentilly , Capitaine
des Gardes de la Porte de feu Monseigneur
le Duc de Berry , mourut le 25. Juillet ,
âgée de 49. ans.
Dame Elizabeth- Therese le Rebours
veuve de M. Michel Chamillard , Ministre
d'Etat , et qui avoit été Controlleur
General des Finances , Secretaire d'Etat
avec le département de la guerre , Grand-
Trésorier et Commandeur des Ordres
du Roi , mourut en son Château de la
Suze au Maine le 26. du mois dernier
âgée d'environ 74. ans.
Dame Claude- Geneviève Cheriere
yeuve de Lancelot Turpin Crissé , Com-
IC
2042 MERCURE DE FRANCE
te de Sansay , Brigadier des Armées du
Roi , Colonel du Régiment d'Infanterie
de son nom mourut le 28. Juillet en
son Château d'Erouville en Beauce , âgée
de 48. ans.
و
Louis Comte du Bourg , petit-fils du
Maréchal de ce nom , Mestre de Camp ,
mourut à Strasbourg le premier de ce
mois.
Olivier Jegou de Querville , Docteur
en Théologie de la Faculté de Paris , Evê
que et Comte de Tréguier , mourut dans
son Diocèse , le 2. Août. Il avoit été sacréle
30. Octobre 1697.
Dime Paule de Clermont-Tonnerre de
Chafle , Abbesse de l'Abbaye Royale de
Villiers , Ordre de Cîteaux , Diocèse de
Sens , mourut le 2. Août , âgée de 63. ans..
La Dame des Bertons de Crillon , qu'elle
avoit demandé pour sa Coadjutrice , lui
succede:
Alexandre Dezouches , Seigneur de la
Lande , & c . Chevalier de S. Louis Lieutenant
de Roi de la Ville d'Arras , mou
rut le 2. Août , âgé de 48. ans.
M. de S. Yves , Chirurgien , celebre
Oculiste de S. Côme , est mort à Paris le 3 .
Août , âgé de 66. ans , après avoir exercé
sa Profession avec beaucoup de talens , et
s'être acquis la réputation qu'il méritoit .
laisse
A O UST. 1731. 2043
pour
laisse un Eleve de son nom qui travailloit
sous lui depuis seize ans , et sur lequel
il se reposoit depuis plusieurs années
toutes les Operations que ses infirmitez
ne lui permettoient pas de faire. Il occupe
le même Appartement , Place du
Palais Royal , ruë S. Thomas du Louvre.
Guillaume le Noir , Secretaire du Roi ,
Receveur General des Finances d'Alençon
, et l'un des Fermiers Generaux de
S. M. mourut le 4. Août , âgé de 48. ans ..
Gaspard- Pierre de Fieubet , Chevalier
Seigneur de Vincüil , fils de Louis - Gaspard
de Fieubet , Conseiller au Parlement,
mourut le s . Août , âgé de 17. ans , 3 .
mois.
Jean -Pierre d'Argouges de Ranes , Chevalier
, Marquis de la Chapelle - la- Reine,
Doy n du Conseil d'Etat , mourut à Paris
le 7. de ce mois , dans la 86. année
de son âge.
Le même jour , Dame Loüise Elizabeth
de Marcillac , Epouse de M. Joseph Hennequin
de Charmont , cy devant Secretaire
de la Chambre et Cabinet du Roi ,,
Secretair des Commandemens de Monseigneur
le Dauphin , et Ambassadeur du
Roi auprès de la République de Venise ,
mourut au Château de Charmont en
Champagne, dans la 62. année de son âge
Le
T044 MERCURE DE FRANCE
·
@
Le 12. Alexandre de Rochechouart ;
Marquis de Jars , Capitaine des Gardes
du Corps de la Reine, seconde Doüairiere
d'Espagne , mourut au Château de Meudon
, de la petite verole , âgé de 53. ans.
Henri , Comte de Saulx de Tavannes
ey-devant Mestre de Camp , Lieutenant
du Régiment d'Orleans, Cavalerie , mourut
à Paris le 13. de ce mois , dans la 74 .
année de son âge.
M. François de Montholon , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis , Commandeur
de celui de S. Lazare , Mestre
de Camp de Cavalerie , ancien Cornette
de la seconde Compagnie des Mousquetaires
de la Garde du Roi , mourut à
S. Germain en Laye le 13 , de ce mois ,
dans un âge avancé. Il étoit petit - fils et
arriere - petit - fils de deux Gardes des
Sceaux de France du même nom .
Le même jour , Dame Anne- Marie-
Barbe Deville , Epouse de Anne Leon de
Montmorency , Chef du nom et Armes
de la Maison , premier Baron Chrétien en
France , Enseigne des Gendarmes de Berry
, Seigneur de Courtalin-Bois - Buffenle
Plessis- d'Arque , le Poilay , le Vernay ,;
des deux Modave , de Biemrcé , de Banderelle
, de Fermée , Termoiyne. , &c.
mourut âgée de 18 ans 7. mois .
L
La
A O UST. 1731. 2045
2.
Le 19. François de la Forest , d'Armaillé
, Chevalier , Baron de Craon , Seigneur
de la Forest d'Armaillé , & c. Conseiller
de la Grand'Chambre du Parle--
ment , mourut âgé d'environ 88. ans .
Dame Françoise Robert , Epouse de
M. François Moreau , Chevalier , Conseiller
du Roi en ses Conseils d'Etat et
Privez , Honoraire en sa Cour de Parlement
, et Procureur de Sa Majesté au
Châtelet de Paris , accoucha d'un fils
qui est le 14me enfant qu'elle a eû depuis
17. ans et demi de mariage , dont il lui
reste encore six garçons et deux filles ; il
fut baptisé le même jour sur les six heures
du soir , en l'Eglise de S.Mery sa Paroisse ,
et nommé Charles-François , par Charles-
François de Vintimille des Comtes de
Marseille , Comte du Luc , Marquis des
Arcs , la Marthe , &c. Chevalier et Commandeur
de tous les Ordres de S. M. son-
Conseiller d'État ordinaire d'Epée , Gouverneur
des Isles de Porquerolles et Lingoustier
, Lieutenant de Roi en Proven
ce , et par Dame Anne-Victoire de La-:
moignon , Epouse de M. René- Charles
de Maupeou , Conseiller du Roi en tous.
ses Conseils , Président de son Parlelement
, Seigneur de Noisy, Vicomte de
Bruyeres , Marquis de Morangue , &G
2046 MERCURE DE FRANCE
Dame V ctoire Guillard , Epouse 'de
Jean Baptiste-Martin Dartaguette- Biron ,
Baron Daguerre , &c. accoucha le 16.
*Juillet d'une fille , qui fut tenuë sur les
Fonts par Jean - Baptiste Guillard , Seigneur
de la Vacherie , Chambellan de
feu M. le Duc de Berry , Gouverneur
d'Arras , et par D. Louise , Adelaïde Herault
, fille de M. Herault , Lieutenant
General de Police .
D. Emilie de Mailly du Brüeil , Epouse
de Jean- François de Creil , Marquis de
Nancré , &c. Brigadier des Armées du
Roi , Capitaine Commandant des Grenadiers
à Cheval , accoucha le premier
Août d'une fille , qui fut nommée Louise
Felicité- Emilie ,, par Louis Gabriël des
Acres , Comte de Laigle , Colonel du.
Regiment d'Anguien , et par D. Bonne-
Felicité Bernard , fille de Samuel Bernard,
Comte de Coubeot , Conseiller d'Etat .
Dame. Louise Thevenin de Coursan ,
Epouse de Jean - Zacharie de la Faurie ,
Baron de Villandreult , Président à la
Cour des Aydes , accoucha le 8. Août
d'une fille qui fut nommée Anne Jeanne,
par Jean Thevenin , Baron de Thorci ,
Conseiller au Parlement , et par D. Anne
Thevenin de Coursan , fille de feu Jean
Thevenin , Baron de Coursan , Maître
des Requêtes.
A O UST. 1731. 2047
1
Dame Jeanne- Françoise Gardien , Epou
se de François - Elie de Chastenay , Che
valier , Marquis de Lanty , Lieutenant-
Colonel du Mestre de Camp General
Cavalerie , Chevalier de l'Ordre Royal et
Militaire de S. Louis , accoucha le 9 .
Août d'un fils , qui fut baptisé le 10. ,à
la Paroisse de S. Eustache , et tenu par
Alexis- Magdelaine Rosalie , Comte de
Chatillon , Chevalier des Ordres du Roi ,
Maréchal de Camp des Armées de S. M.
et Mestre de Camp General de la Cavalerie
Legere de France , et par Dame
Françoise de Pressigny , Epouse de M. le
Président de Nassigny.
D. Anne - Marie - Barbe Deville , Epousé
d'Anne Leon de Montmorency , accoucha
le 11. Août d'un fils , qui fut nommé
Anne Léon , par Léon de Montmorency,
et par D. Anne Barbe de Besser , veuve
de Charles- Joseph de Courcelles.
D. Magdelaine- Angelique de Neuville
de Villeroy , Epouse de Joseph Marie ,
Duc de Boufflers , Pair de France , &c.
accoucha le 17. d'un fils , qui fut nommé
Charles- Joseph , par Nicolas de Neuville
, Duc de Villeroy , Pair de France ,
Capitaine des Gardes du Corps du Roi ,
&c. et par Dame Catherine - Charlotte de
Grammont , Maréchale de Boufflers , & c.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES,
En juillet et août 1731, plusieurs décès et naissances notables ont été enregistrés. Parmi les décès, M. François Grillet de Brissac, Lieutenant des Gardes du Corps et Brigadier des Armées du Roi, est décédé à un âge avancé le 23 juillet. Dame Marie-Jeanne-Charlotte de Maupeou, veuve de M. Léon de Fontlebon et épouse de M. Michel-Gabriel-Raphaël de Beauvais, est décédée le 25 juillet à l'âge de 49 ans. Dame Élisabeth-Thérèse Le Rebours, veuve de M. Michel Chamillard, Ministre d'État et ancien Contrôleur Général des Finances, est décédée le 26 juillet à environ 74 ans. Dame Claude-Geneviève Chérière, veuve de Lancelot Turpin Crissé, est décédée le 28 juillet à 48 ans. Louis Comte du Bourg, petit-fils du Maréchal de ce nom, est décédé à Strasbourg le 1er août. Olivier Jegou de Querville, Évêque et Comte de Tréguier, est décédé le 2 août. Dame Paule de Clermont-Tonnerre de Chafle, Abbesse de l'Abbaye Royale de Villiers, est décédée le 2 août à 63 ans. Alexandre Dezouches, Seigneur de la Lande et Lieutenant du Roi de la Ville d'Arras, est décédé le 2 août à 48 ans. M. de Saint-Yves, chirurgien et oculiste célèbre, est décédé à Paris le 3 août à 66 ans. Guillaume Le Noir, Secrétaire du Roi et Receveur Général des Finances d'Alençon, est décédé le 4 août à 48 ans. Gaspard-Pierre de Fieubet, Chevalier et Seigneur de Vincüil, est décédé le 5 août à 17 ans et 3 mois. Jean-Pierre d'Argouges de Ranes, Chevalier et Marquis de la Chapelle-la-Reine, est décédé à Paris le 7 août à 86 ans. Le même jour, Dame Louise Élisabeth de Marcillac, épouse de M. Joseph Hennequin de Charmont, est décédée à 62 ans. Alexandre de Rochechouart, Marquis de Jars et Capitaine des Gardes du Corps de la Reine, est décédé le 12 août à 53 ans. Henri, Comte de Saulx de Tavannes, ancien Mestre de Camp, est décédé à Paris le 13 août à 74 ans. M. François de Montholon, Chevalier de l'Ordre Militaire de Saint-Louis et Mestre de Camp de Cavalerie, est décédé à Saint-Germain-en-Laye le 13 août à un âge avancé. Le même jour, Dame Anne-Marie-Barbe Deville, épouse de Anne Léon de Montmorency, est décédée à 18 ans et 7 mois. François de la Forest d'Armaillé, Chevalier et Conseiller de la Grand'Chambre du Parlement, est décédé à environ 88 ans le 19 août. Pour les naissances, Dame Françoise Robert, épouse de M. François Moreau, a accouché d'un fils baptisé Charles-François le 19 août. Dame Victoire Guillard, épouse de Jean-Baptiste-Martin Dartaguette-Biron, a accouché d'une fille le 16 juillet. Dame Émilie de Mailly du Brüeil, épouse de Jean-François de Creil, a accouché d'une fille nommée Louise Félicité-Émilie le 1er août. Dame Louise Thevenin de Coursan, épouse de Jean-Zacharie de la Faurie, a accouché d'une fille nommée Anne Jeanne le 8 août. Dame Jeanne-Françoise Gardien, épouse de François-Élie de Chastenay, a accouché d'un fils baptisé le 10 août. Dame Anne-Marie-Barbe Deville, épouse de Anne Léon de Montmorency, a accouché d'un fils nommé Anne Léon le 11 août. Dame Madeleine-Angélique de Neuville de Villeroy, épouse de Joseph Marie, Duc de Boufflers, a accouché d'un fils nommé Charles-Joseph le 17 août.
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