Résultats : 13 texte(s)
Détail
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1
p. 2270
DANNEMARCK.
Début :
Le Roy ayant résolu de mettre sa Flotte sur le même pied que celle du Roy de Suede, a donné [...]
Mots clefs :
Danemark, Flotte
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texteReconnaissance textuelle : DANNEMARCK.
DANNEMARCK.
E Roy ayant résolu de mettre sa Flote sur le
même pied que celle du Royde Suede, a donné
des Ordres pour faire construire incessamment
Vaisseaux de Guerre de 60. 80. et 90. pieces de
Canon , de sorte que la Flote de S. M. Dan, sera
l'année prochaine de 42 Vaisseaux de ligne et de
22 Frégates , sans compter les autres Bâtimens
qu'on peut armer en guerre en cas de necessité.
E Roy ayant résolu de mettre sa Flote sur le
même pied que celle du Royde Suede, a donné
des Ordres pour faire construire incessamment
Vaisseaux de Guerre de 60. 80. et 90. pieces de
Canon , de sorte que la Flote de S. M. Dan, sera
l'année prochaine de 42 Vaisseaux de ligne et de
22 Frégates , sans compter les autres Bâtimens
qu'on peut armer en guerre en cas de necessité.
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2
p. 2253
DE TURQUIE ET DE PERSE.
Début :
On a appris que les Troupes du Roi de Perse avoient taillé en piéces un détachement [...]
Mots clefs :
Turquie, Perse, Constantinople, Chameaux
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texteReconnaissance textuelle : DE TURQUIE ET DE PERSE.
NOUVELLES ETRANGERES
DE TURQUIE ET DE PERSE.
O
Na appris que les Troupes du Roi de
Perse avoient taillé en piéces un détache--
ment de 4000. Turcs , servant d'escorte à un
Convoy de coo Chameaux qui portoient des .
vivres et des munitions de Guerre à Bagdat.
On apprend par les nouvelles de Constantinople qu'on voyoit dans cette Capitale une grande
disposition à une nouvelle révolte , que le peuple
étoit dans une grande consternation par rapport aux mouvemens séditieux des Janissaires ; que le
Grand Seigneur pour sa propre sûreté faisoit as- ·
sembler aux portes de la Ville une Armée de 30.
mille hommes , dans laquelle il n'y auroit aucun -
Janissaire.
Les dernieres Lettres confirment les premiers
avis , et ajoutent que le G. S. et le G. Viz. pour
prévenir l'effet du mécontentement général des Janissaires et de leurs menaces , avoient fait ,
étrangler en une nuit plus de 60. de ces sédi tieux.
DE TURQUIE ET DE PERSE.
O
Na appris que les Troupes du Roi de
Perse avoient taillé en piéces un détache--
ment de 4000. Turcs , servant d'escorte à un
Convoy de coo Chameaux qui portoient des .
vivres et des munitions de Guerre à Bagdat.
On apprend par les nouvelles de Constantinople qu'on voyoit dans cette Capitale une grande
disposition à une nouvelle révolte , que le peuple
étoit dans une grande consternation par rapport aux mouvemens séditieux des Janissaires ; que le
Grand Seigneur pour sa propre sûreté faisoit as- ·
sembler aux portes de la Ville une Armée de 30.
mille hommes , dans laquelle il n'y auroit aucun -
Janissaire.
Les dernieres Lettres confirment les premiers
avis , et ajoutent que le G. S. et le G. Viz. pour
prévenir l'effet du mécontentement général des Janissaires et de leurs menaces , avoient fait ,
étrangler en une nuit plus de 60. de ces sédi tieux.
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Résumé : DE TURQUIE ET DE PERSE.
En Perse, les troupes du roi ont vaincu 4 000 Turcs escortant 600 chameaux vers Bagdad. À Constantinople, une révolte menace, menée par les Janissaires. Le Grand Seigneur a rassemblé 30 000 hommes, excluant les Janissaires, et a fait exécuter plus de 60 d'entre eux pour prévenir les troubles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 2254-2258
EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople du mois de Juin 1732.
Début :
Voici ce que des gens qui passent pour bien instruits assûrent quant à la cause principale [...]
Mots clefs :
Roi de Perse, Sultan, Ali Pacha, Sérasker, Armée, Traité, Grand vizir, Topal Osman Pacha
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople du mois de Juin 1732.
EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople
du mois de Juin 1732.
Oici ce que des
Vinstruits assûlent quant à la causeprincipale
gens qui passent pour bien
de la déposition du G. Viz. Topal Osman Pa- cha , mettant à les
mauvais
offices le part
que
Kislar
-Aga
a pú lui
rendre
d'ailleurs
auprès
du
Sultan.
Topal- Osman , disent-ils , ne fut pas plutôt
appellé au Visiriat , qu'après avoir appaisé les
plaintes du peuple , et s'être acquis son affection
par le bon ordre qu'il rétablit dans la police , il
tourna tous ses soins et toute son application
trouver les moyens de terminer bientôt la
Guerre de Perse ; mais comme la distance des
lieux ne lui permettoit pas de pouvoir pro- fiter par lui-même des conjonctures favora
bles qui pourroient se présenter , s'il prenoit en
vie à Chah- Thamas , Roi de Perse , de demander la paix , il s'unit avec le Mufti Pasmadgiszade , pour insinuer de concert au G. S. qu'outre que cette Guerre étant tout- à- fait ruineuse à
PEmpire Sa Hautesse ne seroit jamais bien affermie sur le Trône qu'elle n'y mit fin .
Surquoi le Sultan leur ayant demandé quels
expédiens ils avoient à lui proposer pour y par venir. Le G. V. s'excusa d'abord de lui en indiquer aucun , dans la crainte , disoit- il , qu'il au
roit de se tromper , parce qu'ayant toujours ser- vi en Europe , il ne connoissoit point du tout la
Perse ; qu'il sçavoit seulement que les prédécesseurs de Sa Hautesse n'avoient jamais pû se conserver que très-peu des conquêtes qu'ils y avoient faites
OCTOBRE. 1732. 2255
faites , et qu'ayant reconnu par leur propre expérience , que ces contrées étoient le Cimetiere
des Turcs , ils avoient donné leur malediction
au pays et à ceux de leurs successeurs qui y por teroient la Guerre.
Après que Topal-Osman eut ainsi préparé l'esprit du G. S. le Mufti prenant la parole , dit
qu'Achmet , Pacha de Babilone , avoit toujours
montré beaucoup de capacité et d'attachement
l'Empire , et qu'ayant été élevé sous les yeux
d'Osman- Pacha , son pere , dont le zele s'étoit
pareillement signalé pendant 32 ans qu'il avoit
été Beglierbey de cette grande Province , il n'y
avoit personne qui connut mieux qu'Achmet , et
la Perse , et l'état où s'y trouvoient les affaires :
qu'ainsi il lui paroissoit ( ce qu'appuya le G. V.)
que S. H. n'avoit pas de meilleur parti à prendre
que celui de remettre entierement les interêts de
la Porte entre ses mains , en l'autorisant par des
pleins pouvoirs à traiter avec Schah Thamas ;
comme il le jugeroit le plus convenable , sans
s'amuser à contester sur le plus ou le moins de
pays à garder de ceux qu'on avoit conquis sur
Schah Thamas.
Le G. S. ayant goûté cet avis , fit expédier des
Plein-pouvoirs , effectivement si amples , que
S. H. s'y engageoit sans restriction à approuver
tout ce qu'Achmet régleroit. Il est à remarquer
qu'alors Tauris n'étoit pas encore pris , et que
Fayant été peu de tems après que ce Pacha eut
reçû ses Plein-pouvoirs , il se hâta de conclure
la paix avec les Persans , avant que la nouvelle
de cette derniere conquête eut pû arriver jusqu'à
la Porte , ou du moins qu'il eut pu en recevoir
de nouveaux ordres , dans la crainte qu'éblouie
par ce surcroît de victoires , elle n'en voulut tires
2256 MERCURE DE FRANCE
titer avantage , et n'étendit ses prétentions d'une
maniere à faire échouer le Traité qu'il médi
toit , et qu'il vouloit consommer promptement,
soit qu'il fut persuadé que l'Empire y trouveroit
son compte , soit qu'il eut des ordres secrets du
G. V. definir sans délai la Guerre à quelque prix
que ce fut.
,
Mais Ali Pacha , Seraskier de l'autre Armée
Turque , qui sur les informations que lui avoit
demandées Achmet, comme s'il n'eut voulu rien
conclure sans le consulter , et sans agir de concert
avec lui , avoit détaillé à son Collegue l'extrêmi
té où il venoit de réduire Schah Thamas par la
prise de Tauris , &c. apprenant tout d'un coupe
qu'au mépris de ses avis , ce Pacha avoit fait la
paix , en fut piqué au dernier point, Mortifié de
ce qu'on ne l'avoit pas employé dans cette négo¬
ciation , où il lui paroissoit si naturel qu'il fut
appellé; jaloux de ce qu'Achmet en recueilloit.
tout l'honneur , et ne pouvant se résoudre à
joiiir si peu des derniers succès de ses armes il.
écrivit à la Porte à l'occasion de ce Traité , que
lui et tous les Officiers de son Armée se confor→
meroient avec soumission aux volontez du G. S.….
mais qu'ils ne répondoient pas de trouver la mê
me obéissance dans les Soldats , qui bien loin
delà , commençoient déja à murmurer hautement sur la connoissance qu'ils avoient d'un
Traité , par lequel on restituoit Tauris et tous
les pays en- deçà de l'Araxe , dont ils ne s'é- toient rendus maîtres qu'au prix de leur sang
et qu'avec des travaux infinis ; que d'ailleurs on
ne pouvoit comprendre parmi ces Troupes pourquoi on avoit fait une paix si désavantageuse et
si peu honorable à l'Empire , dans le tems que
Schah Thamas étoit aux abois , et qu'il ne fai lois
OCTOBR E. 1732. 2257
Loit plus qu'une campagne pour envahir le reste de ses Etats.
Ce que mandoit Ali-Pacha étant venu à la connoissance du G. S. à l'insçû du G.V.les nouvelles.
dePerse arrivées le 2 Avril,portant d'ailleurs que la
Garnison et les habitans Turcs de Tauris s'étoient
révoltés, quand on avoit voulu évacuer cette place,,
S. H. craignit d'un côté d'indisposer les gens de
guerre contre Elle , et que leur rébellion ne devint contagieuse à tous ses Sujets , si elle paroissoit approuverla restitution de Tauris , et de l'au
tre elle appréhenda , comme on le lui representa.
fortement , de se deshonorer dans le monde , si
elle refusoit de ratifier ce qu'Achmet-Pacha n'avoit fait qu'en conséquence de l'autorité illimitée..
dont elle l'avoit revêtu.
Ces deux points si difficiles à concilier , furent
la matiere épineuse qui fut tant débattue dans ces.
Assemblées générales , convoquées au Serrail , et
dont les nouvelles publiques ont beaucoup parlé.. Tellement que le G. Sne trouva enfin d'autre.
moyen pour se tirer d'un pas si délicat , que de
déclarer en plein Conseil qu'on l'avoit séduit , en
le sollicitant d'envoyer des pouvoirs sans bornes à
Achmet , lesquels il n'auroit jamais signés , s'il
avoit pû prévoir que ce Pacha en eut fait un si mauvais usage ; mais que ce mal étoit sans re- mede , et que ne pouvant se rétracter sans blesser
Phonneur de la Majesté Imperiale , il étoit forcé
de confirmer ce que ses Plénipotentiaires avoient .
arrêté aux Conférences d'Hamadan.
Après bien des contestations , le plus grand nombre des avis s'étant enfin réüni à celui du
G. S. S. H. fit deux choses qui lui réussirent également. Premierement pour se disculper dans l'es
prit des Troupes et des Gens de Loi , qui n'étoient
2258 MERCURE DE FRANCE
J
J
toient pas moins opposés que la Soldatesque à
la ratification du Traité d'Achmet , elle déposa
d'abord le Mufti , et quelque tems après , Topal
Osman , comme une preuve qu'elle rejettoit sur
ces deux Ministres , la faute toute entiere que sa déference à leurs avis lui avoit fait commettre
et voulant donner par cette disgrace qui fut pourtant plus apparente que réelle , une espece de satisfaction aux mécontens de la paix ; en second
lieu , craignant que si le Seraskier Ali Pacha
restoit en Perse , il ne fomentat lui-même sous
main la disposition que les Soldats avoient à se
soulever , pour éluder l'éxécution du Traité fait
par Achmet , elle l'attira à Constantinople en le nommant G. V. et en lui ordonnant d'évacuer
Tauris , avant que de venir prendre les renes de
l'Empire , de sorte que cette évacuation se fit
sans autre obstacle ni inconvenient que celui de
la mutinerie de quelques séditieux , à sept ouhuit
des principaux , desquels Ali-Pacha ayant fait
couper la tête , le reste intimidé rentra dans le devoir.
du mois de Juin 1732.
Oici ce que des
Vinstruits assûlent quant à la causeprincipale
gens qui passent pour bien
de la déposition du G. Viz. Topal Osman Pa- cha , mettant à les
mauvais
offices le part
que
Kislar
-Aga
a pú lui
rendre
d'ailleurs
auprès
du
Sultan.
Topal- Osman , disent-ils , ne fut pas plutôt
appellé au Visiriat , qu'après avoir appaisé les
plaintes du peuple , et s'être acquis son affection
par le bon ordre qu'il rétablit dans la police , il
tourna tous ses soins et toute son application
trouver les moyens de terminer bientôt la
Guerre de Perse ; mais comme la distance des
lieux ne lui permettoit pas de pouvoir pro- fiter par lui-même des conjonctures favora
bles qui pourroient se présenter , s'il prenoit en
vie à Chah- Thamas , Roi de Perse , de demander la paix , il s'unit avec le Mufti Pasmadgiszade , pour insinuer de concert au G. S. qu'outre que cette Guerre étant tout- à- fait ruineuse à
PEmpire Sa Hautesse ne seroit jamais bien affermie sur le Trône qu'elle n'y mit fin .
Surquoi le Sultan leur ayant demandé quels
expédiens ils avoient à lui proposer pour y par venir. Le G. V. s'excusa d'abord de lui en indiquer aucun , dans la crainte , disoit- il , qu'il au
roit de se tromper , parce qu'ayant toujours ser- vi en Europe , il ne connoissoit point du tout la
Perse ; qu'il sçavoit seulement que les prédécesseurs de Sa Hautesse n'avoient jamais pû se conserver que très-peu des conquêtes qu'ils y avoient faites
OCTOBRE. 1732. 2255
faites , et qu'ayant reconnu par leur propre expérience , que ces contrées étoient le Cimetiere
des Turcs , ils avoient donné leur malediction
au pays et à ceux de leurs successeurs qui y por teroient la Guerre.
Après que Topal-Osman eut ainsi préparé l'esprit du G. S. le Mufti prenant la parole , dit
qu'Achmet , Pacha de Babilone , avoit toujours
montré beaucoup de capacité et d'attachement
l'Empire , et qu'ayant été élevé sous les yeux
d'Osman- Pacha , son pere , dont le zele s'étoit
pareillement signalé pendant 32 ans qu'il avoit
été Beglierbey de cette grande Province , il n'y
avoit personne qui connut mieux qu'Achmet , et
la Perse , et l'état où s'y trouvoient les affaires :
qu'ainsi il lui paroissoit ( ce qu'appuya le G. V.)
que S. H. n'avoit pas de meilleur parti à prendre
que celui de remettre entierement les interêts de
la Porte entre ses mains , en l'autorisant par des
pleins pouvoirs à traiter avec Schah Thamas ;
comme il le jugeroit le plus convenable , sans
s'amuser à contester sur le plus ou le moins de
pays à garder de ceux qu'on avoit conquis sur
Schah Thamas.
Le G. S. ayant goûté cet avis , fit expédier des
Plein-pouvoirs , effectivement si amples , que
S. H. s'y engageoit sans restriction à approuver
tout ce qu'Achmet régleroit. Il est à remarquer
qu'alors Tauris n'étoit pas encore pris , et que
Fayant été peu de tems après que ce Pacha eut
reçû ses Plein-pouvoirs , il se hâta de conclure
la paix avec les Persans , avant que la nouvelle
de cette derniere conquête eut pû arriver jusqu'à
la Porte , ou du moins qu'il eut pu en recevoir
de nouveaux ordres , dans la crainte qu'éblouie
par ce surcroît de victoires , elle n'en voulut tires
2256 MERCURE DE FRANCE
titer avantage , et n'étendit ses prétentions d'une
maniere à faire échouer le Traité qu'il médi
toit , et qu'il vouloit consommer promptement,
soit qu'il fut persuadé que l'Empire y trouveroit
son compte , soit qu'il eut des ordres secrets du
G. V. definir sans délai la Guerre à quelque prix
que ce fut.
,
Mais Ali Pacha , Seraskier de l'autre Armée
Turque , qui sur les informations que lui avoit
demandées Achmet, comme s'il n'eut voulu rien
conclure sans le consulter , et sans agir de concert
avec lui , avoit détaillé à son Collegue l'extrêmi
té où il venoit de réduire Schah Thamas par la
prise de Tauris , &c. apprenant tout d'un coupe
qu'au mépris de ses avis , ce Pacha avoit fait la
paix , en fut piqué au dernier point, Mortifié de
ce qu'on ne l'avoit pas employé dans cette négo¬
ciation , où il lui paroissoit si naturel qu'il fut
appellé; jaloux de ce qu'Achmet en recueilloit.
tout l'honneur , et ne pouvant se résoudre à
joiiir si peu des derniers succès de ses armes il.
écrivit à la Porte à l'occasion de ce Traité , que
lui et tous les Officiers de son Armée se confor→
meroient avec soumission aux volontez du G. S.….
mais qu'ils ne répondoient pas de trouver la mê
me obéissance dans les Soldats , qui bien loin
delà , commençoient déja à murmurer hautement sur la connoissance qu'ils avoient d'un
Traité , par lequel on restituoit Tauris et tous
les pays en- deçà de l'Araxe , dont ils ne s'é- toient rendus maîtres qu'au prix de leur sang
et qu'avec des travaux infinis ; que d'ailleurs on
ne pouvoit comprendre parmi ces Troupes pourquoi on avoit fait une paix si désavantageuse et
si peu honorable à l'Empire , dans le tems que
Schah Thamas étoit aux abois , et qu'il ne fai lois
OCTOBR E. 1732. 2257
Loit plus qu'une campagne pour envahir le reste de ses Etats.
Ce que mandoit Ali-Pacha étant venu à la connoissance du G. S. à l'insçû du G.V.les nouvelles.
dePerse arrivées le 2 Avril,portant d'ailleurs que la
Garnison et les habitans Turcs de Tauris s'étoient
révoltés, quand on avoit voulu évacuer cette place,,
S. H. craignit d'un côté d'indisposer les gens de
guerre contre Elle , et que leur rébellion ne devint contagieuse à tous ses Sujets , si elle paroissoit approuverla restitution de Tauris , et de l'au
tre elle appréhenda , comme on le lui representa.
fortement , de se deshonorer dans le monde , si
elle refusoit de ratifier ce qu'Achmet-Pacha n'avoit fait qu'en conséquence de l'autorité illimitée..
dont elle l'avoit revêtu.
Ces deux points si difficiles à concilier , furent
la matiere épineuse qui fut tant débattue dans ces.
Assemblées générales , convoquées au Serrail , et
dont les nouvelles publiques ont beaucoup parlé.. Tellement que le G. Sne trouva enfin d'autre.
moyen pour se tirer d'un pas si délicat , que de
déclarer en plein Conseil qu'on l'avoit séduit , en
le sollicitant d'envoyer des pouvoirs sans bornes à
Achmet , lesquels il n'auroit jamais signés , s'il
avoit pû prévoir que ce Pacha en eut fait un si mauvais usage ; mais que ce mal étoit sans re- mede , et que ne pouvant se rétracter sans blesser
Phonneur de la Majesté Imperiale , il étoit forcé
de confirmer ce que ses Plénipotentiaires avoient .
arrêté aux Conférences d'Hamadan.
Après bien des contestations , le plus grand nombre des avis s'étant enfin réüni à celui du
G. S. S. H. fit deux choses qui lui réussirent également. Premierement pour se disculper dans l'es
prit des Troupes et des Gens de Loi , qui n'étoient
2258 MERCURE DE FRANCE
J
J
toient pas moins opposés que la Soldatesque à
la ratification du Traité d'Achmet , elle déposa
d'abord le Mufti , et quelque tems après , Topal
Osman , comme une preuve qu'elle rejettoit sur
ces deux Ministres , la faute toute entiere que sa déference à leurs avis lui avoit fait commettre
et voulant donner par cette disgrace qui fut pourtant plus apparente que réelle , une espece de satisfaction aux mécontens de la paix ; en second
lieu , craignant que si le Seraskier Ali Pacha
restoit en Perse , il ne fomentat lui-même sous
main la disposition que les Soldats avoient à se
soulever , pour éluder l'éxécution du Traité fait
par Achmet , elle l'attira à Constantinople en le nommant G. V. et en lui ordonnant d'évacuer
Tauris , avant que de venir prendre les renes de
l'Empire , de sorte que cette évacuation se fit
sans autre obstacle ni inconvenient que celui de
la mutinerie de quelques séditieux , à sept ouhuit
des principaux , desquels Ali-Pacha ayant fait
couper la tête , le reste intimidé rentra dans le devoir.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople du mois de Juin 1732.
En juin 1732, la déposition du Grand Vizir Topal Osman Pacha est attribuée à l'influence du Kislar Aga auprès du Sultan. Topal Osman avait récemment apaisé les plaintes du peuple et rétabli l'ordre, puis s'était concentré sur la fin de la guerre de Perse. Il s'était allié avec le Mufti Pasmadgiszade pour convaincre le Sultan de mettre fin à cette guerre coûteuse. Conscient de son manque de connaissance de la Perse, Topal Osman suggéra de confier les négociations à Achmet Pacha de Babilone, reconnu pour ses compétences et sa loyauté envers l'Empire. Le Sultan accorda à Achmet les pleins pouvoirs pour négocier avec le Shah Thamas. Achmet parvint à conclure rapidement la paix avec les Persans, avant même que la nouvelle de la prise de Tauris n'arrive à Constantinople. Il craignait que de nouvelles victoires n'entravent les négociations. Cependant, Ali Pacha, Seraskier de l'autre armée turque, s'opposa à cette paix, la jugeant désavantageuse et peu honorable. Il exprima ses réserves au Sultan, qui redoutait une rébellion des troupes et une déshonoration internationale. Après des débats, le Sultan décida de confirmer le traité, blâmant Topal Osman et le Mufti pour leur conseil. Il les déposa pour apaiser les mécontents et rappela Ali Pacha à Constantinople afin d'éviter toute mutinerie. Ali Pacha évacua Tauris sans rencontrer de résistance majeure, réprimant quelques séditieux pour rétablir l'ordre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 2258-2259
RUSSIE.
Début :
Le Canal de Ladoga, auquel on a fait cette année des réparations considérables, est présentement [...]
Mots clefs :
Russie, Canal de Ladoga, Réparations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
E Canal de Ladoga , auquel on a fait cette
année des réparations considérables , est présentement dans sa perfection ; ila 104, verstes
de long , 70. pieds de large , et ro. à 12. pieds
de profondeur. La Czarine qui l'a visité deux
fois cette année , a donné des ordres pour yfaire
placer deux piramides ; l'une dans l'endroit où ceCanal entre dans le Lac qui lui donne son nom
et l'autre près de Schlusselbourg , où il se décharge dans la Riviere de Neva.
E Canal de Ladoga , auquel on a fait cette
année des réparations considérables , est présentement dans sa perfection ; ila 104, verstes
de long , 70. pieds de large , et ro. à 12. pieds
de profondeur. La Czarine qui l'a visité deux
fois cette année , a donné des ordres pour yfaire
placer deux piramides ; l'une dans l'endroit où ceCanal entre dans le Lac qui lui donne son nom
et l'autre près de Schlusselbourg , où il se décharge dans la Riviere de Neva.
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5
p. 2259-2267
POLOGNE. SUITE du Journal du Camp de Villa-Nova.
Début :
Le 11 Août, tous les mouvemens militaires du Camp furent suspendus; ce spectacle [...]
Mots clefs :
Pologne, Camp de Villanova, Compagnies, Klingenberg, Signal, Armée, Cavalerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE. SUITE du Journal du Camp de Villa-Nova.
POLOGNE.
SUITE du Journal du Camp de
Villa-Nova.
E r Août , tous les mouvemens militaires
Ldu Camp furent suspendus. ; ce spectacle
pompeux et guerrier recommença le lendemain
par l'éxercice des Lanciers. Ils s'assemblerent au
nombre de neuf Compagnies, ou demi Escadrons
à la tête de leur Camp , et vinrent ensuite se
ranger à deux de hauteur devant le centre de
' Infanterie. Le Major Général Klingenberg.
commandoit cette Troupe , qui étoit en cuirasse
avec des Casques à aîles , et armée de Lances
garnies de flammes ; les Casques des Officiers
étoient ornés de plumes.
Au premier signal , les neufCompagnies se mi- rent en mouvement , et marcherent vers le Fa
villon sur trois colonnes. Les trois Compagnies
du centre formerent la colonne du centre , et les
trois Compagnies de chaque aîle , celles de la
droite et de la gauche : chaque Compagnie mar- choit par neuf, les Timbales et Trompettes étant
à la tête de la colonne du centre, i
Les colonnes étant arrivées à une certaine dis
tance , les Compagnies marcherent par trois jusqu'à une place marquée , où au deuxième signal ,
Les Compagnies de chaque colonne ayant fait la
conversion à gauche par Brigades , les colonnes
formerent trois lignes à deux de hauteur , qui
marcherent en même tems enavant.
Au troisiéme signal , les trois lignes firent demi tour à droite , et au quatrième signal , la
Compa
2260 MERCURE DE FRANCE
•
Compagnie du centre de chaque ligne ayant
marché so pas en avant , les trois lignes se mirent en mouvement dans cet ordre , et marche.
rent jusqu'à ce que celle du centre se trouvarsur
la ligne du Pavillon qu'elles avoient à gauche où elles firent alte.*
Au cinquiéme signal, chaque Compagnie ayant
fait un quart de conversion à gauche , elles se
retrouverent sur trois lignes , faisant face au Pavillon ; et au sixième signal , elles se remirent comme elles étoient , par une conversion
àdroite.
Au septiéme signal, les Compagnies se mirent
sur deux lignes : la seconde , ayant fait un demi
tour à droite , elles marcherent en avant jusqu'ài
une certaine distance , se tournant le dos ; ayant ensuite fait demi tour à droite , elles se trouve
rent vis-à-vis l'une de l'autre pour la charge.
Au huitiéme signal , les deux lignes marche→
rent l'une contre-l'autre, les Lances baissées, s'entrepasserent dans les intervalles , firent defnit
tour à droite , se chargerent de nouveau , et s'é-*
tant remises sur leur premier terrain , elles se
chargerent encore une fois.
;
- Au neuviéme signal , les deux lignes marche rent l'une contre l'autre la deuxième ayant
rempli les intervalles de la premiere , elles s'ar rêterent et se mirent en état de faire la conversion sur le centre ; ce qui s'éxécuta au dixiéme³
signal ; et au onziéme signal , la droite ayant fait le demi tour sur la Place , les neuf Compagnies parurent sur une ligne , faisant face au Pa→→ villon. ซี เ
Au douziéme signal , les cinq Compagnies
ayant marché so pas en avant , les Lanciers se
trouverent- sur-deux lignes. Et au treiziéme si→→
gnal ,
OCTOBRE. 1732. 2261
gnal , la premiere ligne marcha au grand trot vers le Pavillon , comme pour charger , baissa
les lances , et ayant fait demi tour à droite , passa dans les intervalles de la seconde , qui avançoit
pour faire la même manœuvre : chaque ligne la
fit deux fois , après quoi la seconde étant ren
ée dans la premiere , les Officiers de toute la
ne saluerent en même-tems le Roi , et on
Daissa les Etendarts et les Lances. Les Lanciers
ayant mis ensuite leurs Lances dans les PorteLances , et tiré l'épée , ils passerent devant le
Pavillon , et par une marche en échelle elles re
tournerent au Camp.
Le sur-lendemain , 14 Août , toute l'Armée
fit divers mouvemens , et après qu'elle eut été
en bataille quelques tems,à la tête du Camp , sur
une seule ligne , P'Infanterie par une contremarche à gauche et à droite vers le centre , se
joignit sans laisser d'intervalle entre les bataillons ; la Cavalerie par les mêmes contre- marches se joignit aux aîles de l'Infanterie : celle- ci partagea ensuite ses bataillons en deux ; le Colonel et les deux Majors se mettant avec deux drapeaux à la tête du premier demi- bataillon , et
le Lieutenant, Colonel et les deux Aides- Majors
avec deux Drapeaux à la tête du deuxième. Les
Compagnies deRutowski et de Promnitz formoient un demi bataillon derriere celui du
Centre.
La Cavalerie se partagea aussi par Compa
gnies ou demi-Escadrons. Toutes les premieres
Compagnies de chaque Escadron , et chaque
premier demi bataillon , avec les deux du centre,
ayant marché cent pas en avant , l'Armée se
forma sur deux lignes , le demi- bataillon de
Lutowski , ayant marché en avant pour occuPS
2262 MERCURE DE FRANCE
per le terrain que les deux du centre venoient de
quitter.
L'Armée étant en bataille , et le signal donné du Pavillon , elle se mit en marche sur treize
colonnes ; sçavoir , 8. de Cavalerie , et 5. d'Infanterie , qui s'avancerent vers le Pavillon jusqu'à une certaine distance. Chaque colonne de
Cavalerie étoit composée de deux Compagnies de
la premiere ligne , et de deux de la seconde.
Chaque colonne d'Infanterie de quatre demi
bataillons de la premiere ligne , et de deux de la
seconde , excepté la colonne du centre , qui n'avoit que les deux demi-bataillons de Frise et celui
de Rutowski et de Promnitz : le Régimentai- re et le Comte de Denhoff marchoient à la tête
de cette derniere , et les autres Généraux étoient
distribués aux autres colonnes.
Au deuxième signal , l'Armée se remit sur
deux lignes , les têtes des colonnes restant , et
les suites par des contre- marches à droite et à
gauche , venant se remettre dans l'ordre où elles
étoient avant que de partir de la tête du
Camp.
Au troisiéme signal , le feu coulant commença à la droite de la premiere ligne , et finit à la droite de la seconde ; et au quatriéme signal , les
deux lignes formerent le premier ordre de bataille mêlé , ce qui s'éxécuta de la maniere suivante: les quatre Compagnies de la droite et de
la gauche de la Cavalerie de l'une et de l'autre
ligne , resterent en place , aussi bien que les
quatre demi-bataillons du centre de la premiere
ligne , et les trois du centre de la seconde , mais
les quatre Compagnies de Cavalerie qui joigroient la droite et la gauche de l'Infanterie de Pune et de l'autre ligne , ayant marché 20 pas
-
en
OCTOBRE. 1732. 2263
en avant , firent une contre-marche à droite et á
gauche pour se former à la tête des trois bataillons de la droite et de la gauche de l'une et de
l'autre ligne. Ceux- ci firent en même tems leur contre-marche pour occnper le terrain que la Cavalerie qui les joignoit , venoit de quitter , et
toute l'Infanterie aussi -bien que les aîles de Ca
valerie de l'une et de l'autre ligne , ayant aussi
marché 20 pas en avant , toute l'Armée se trou
va en ordre de bataille mêlé d'Infanterie et de
Cavalerie.
L'Armée étant ainsi rangée , on ordonna le
signal pour le feu , qui se fit ainsi : la premiere,
Compagnie qui fermoit l'aîle droite de la premiere ligne , et celle qui fermoit l'aîle gauche , tirerent en même-tems : le feu continua ainsi par
une troupe de la droite et une de la gauche de la
premiere ligne en venant vers le centre , et suivit
par le centre de la seconde ligne en s'étendant vers les aîles..
Le feu étant fini , on donna le cinquiéme signal pour faire le second ordre de bataille mêlé
qui s'éxécuta ainsi : les quatre Brigades d'Infan
terie de la droite et de la gauche de l'une et de
Pautre ligne , et les deux bataillons de la droite
et de la gauche de chaque Brigade , par une contre-marche changerent de place avec les deux
Compagnies de Cavalerie , qui les joignoient , de
sorte que l'Armée se trouva aux aîles de deux
Compagnies de Cavalerie , avec un demi- Bataillon , et un Corps d'Infanterie au centre de chaque ligne.
Au sixième signal , le feu de chaine commença par les demi-Escadrons de la droite de la pre- miere ligne , et étant venu à la droite de la se
conde ligne, il recommença par demi batail- Lons
1
1
' ,
54 MERCURE DE FRANCE
ons de la droite de la premiere jusqu'à la droite
de la seconde.
Au septième signal , l'Arméese remit dans son
ordre de bataille non-mêlé , par les mêmes con- tre- marches , dont chaque Troupe s'étoit servie
pour se mettre en ordre mêlé ; ensuite l'Infanterie de la premiere ligne fit feu sur la Place par divisions , et ayant fait demi-tour à droite , se
retira par les intervalles de la seconde , et se forma derriere ; les deux lignes- firent successivement
cette manœuvre jusqu'au Camp , en continuant
leur feu , et la Cavalerie de chaque ligne se retira en même-tems que l'Infanterie.
Le 16. Août on fit l'attaque d'un retranchement qui s'étendoit depuis la hauteur de la gauche du Pavillon du Roi , jusqu'à cent pas vers la tête du Camp. Les quatre Compagnies de Gre- nadiers Rutowski , Promnitz , Denhoff et Flemming , bordoient le retranchement dans les intervalles de cinq Batteries de quatre piéces de Canon chacune , outre lesquelles on en avoit
placé huit plus petites sur les aîles du Retranchement.
Au premier signal , la Cavalerie de la droite ,
rangée par Compagnies , et commandée par le
Major-Général Klingnberg , se mit en marche
sur deux colonnes pour venir soutenir le Retran- chement , et se forma derriere l'Infanterie sur
deux lignes ; la premiere , composée des quatre Escadrons de Nassau, étoit à cent pas du Retranchement ; et la deuxième , composée des quatre Escadrons de Grenadiers de Gotha , étoit à 80.
pas derriere la premiere , dès qu'elles furent rangées , le Major- Général fit mettre pied à terre
aux Grenadiers de Gotha , qui vinrent renforcerLe
OCTOBRE. 1732. 2265
JeRetranchement où le Lieutenant- ColonelFranckenberg commandoit.
Pendant cette manœuvre , les huit Escadrons
de la gauche vinrent se former sur deux lignes ,
à l'extrêmité de la gauche de la Place d'Armes ,
qui étoit la face opposée à celle du Retranchement , et resterent dans l'inaction jusqu'à l'attaque du Quarré.
Pendant que la Cavalerie se rangeoit ainsi ,
toute l'Infanterie , partagée comme le jour des
divers mouvemens de l'Armée ,
marcha par divisions sur sept colonnes , formant une Phalange qui pouvoit faire face de tous côtez , figurée
en lozange ; et lorsqu'elle fut arrivée à une certaine distance , elle fit alte.
Au deuxième signal toutes les divisions ayant fait la Conversion à droite, la phalange parut sur
sept lignes , faisant face au Retranchement :
deux Compagnies de Grenadiers rangées en trois divisions faisoient la pointe de l'attaque.
Au troisiéme signal , la Phalange marcha vers
le Retranchement ; et quand elle fut à deux cent
pas , les Batteries qui le défendoient , commencerent à tirer , et furent servies avec tant de
promptitude , que chaque piéce tiroit au moins
cinq coups par minute , de sorte que le feu se
soutint pendant toute l'attaque avec la même vivacité. La Phalange étant arrivée à cinquante pas
du Retranchement , l'Infanterie qui attaquoit et
-celle qui défendoit , commencerent leur fen
chaque ligne de la Phalange faisant le sien en
-même-tems demi- divisions ; et dès qu'une
ligne avoit tiré , toutes les divisions qui la com
posoient se coupoient par le milieu pour se retirer par les intervalles de toute la Phalange , et se
reformerent sur le terrain qu'elles avoient occupé H avant
par
266 MERCURE DE FRANCE
avant l'attaque , ce qui fut répeté une seconde
fois la Phalange étant ensuite- retournée à son
premier terrain , on distribua 96 Piques à cha- demi-Bataillon , et pendant ce tems là les
Grenadiers de Gotha remonterent à cheval.
que
Au quatriéme signal , la Phalange se rompit
et forma un grand quarré autour d'un petit , le
premier rang de chaque quarré étant garni de
Piques ; la Cavalerie qui étoit derriere le Retranchement , en sortit par les deux extrêmitez
et vint se former sur deux lignes devant le Retranchement , au moyen de quoi le Quarré se trouva entre la Cavalerie de la droite et de la
gauche , rangée sur deux lignes,
9
Au cinquième signal , la premiere ligne de la
Cavalerie de la gauche , chargea le Quarré par
la face et les angles qui étoient de leur côté , et
se retira par les intervalles de la deuxième ligne
ayant été repoussée par le feu du Quarré , les
Grenades et les Piques que les Piquiers tenoient
présentées. La deuxième ligne fit la même manoeuvre; ce qui fut pareillement éxécuté par la
Cavalerie de la droite , et répeté plusieurs fois
par l'un et par l'autre chaque Troupe de Cavalerie faisoit deux charges ; après quoi le Quarré fut attaqué par la Cavalerie des aîles tout
la fois.
Au sixième signál , l'Infanterie se mit en marche pour rentrer dans le Camp , en conservant
toujours son Quarré. Elle fut attaquée pendant
sa retraite par la Cavalerie ; le feu , pour repousser ces attaques , se faisoit par rangs. L'Armée ,
en faisant cette manceuvre , arriva à la tête du
Camp , où chaque Corps se forma sur la Place
d'Armes , et rentra.
Le 17 , le Roi donna dans son Pavillon un magnifique
OCTOBRE. 1732. 2267
gnifique Souper , suivi d'un Bal , à tout ce qu'il
y avoit de Seigneurs et de Dames.
Le 18. jour destiné pour la séparation de l'Armée , les Trouples plierent leurs Tentes , et s'étant mises en bataille à la tête du Camp , le Roi
fit tirer la grande Batterie qui étoit au bas du Pavillon de S. M. pour leur donner le signal de
leur séparation. L'Artillerie de campagne y répondit , et l'on fit ensuite le feu coulant , ce qui fut éxécuté une seconde fois ; et à la troisiéme
fois , la grande Batterie fit une salve de ses 18.
piéces l'Armée y répondit par une salve générale avec toute son Artillerie ; après quoi toute
l'Armée se mit en marche sur cinq colonnes
chaque aîle de Cavalerie en formoit une. Les
Grenadiers détachez qui formoient deux Batail
lons , étoient rentrez dans leurs Régimens. Les
colonnes d'Infanterie de la droite et de la gauche étoient composées de trois Bataillons chacune ; celle du centre avoit le Régiment de Frise
à la tête , qui étoit suivi de l'Artillerie de campagne , et elle étoit fermée par les deux Compagnies de Grenadiers de Lublin et de Compenhau- son. L'Armée se rendit dans cet ordre au nouveau Camp qu'elle devoit occuper sur la hauteur , à la droite et à la gauche du Pavillon ,
le 20 Août , le Roi ayant quitté son Pavillon
pour retourner à Warsovie , les Régimens du
Camp se mirent en marche pour retourner dans
leurs anciens Quartiers. On a appris depuis que
ces Troupes sont arrivées à leurs Garnisons, fort satisfaites des liberalitez du Roi de Pologne , qui
a fait de forts beaux présens aux Officiers , et
donné à chaque Soldat deux mois de solde audeà de leur paye ordinaire.
SUITE du Journal du Camp de
Villa-Nova.
E r Août , tous les mouvemens militaires
Ldu Camp furent suspendus. ; ce spectacle
pompeux et guerrier recommença le lendemain
par l'éxercice des Lanciers. Ils s'assemblerent au
nombre de neuf Compagnies, ou demi Escadrons
à la tête de leur Camp , et vinrent ensuite se
ranger à deux de hauteur devant le centre de
' Infanterie. Le Major Général Klingenberg.
commandoit cette Troupe , qui étoit en cuirasse
avec des Casques à aîles , et armée de Lances
garnies de flammes ; les Casques des Officiers
étoient ornés de plumes.
Au premier signal , les neufCompagnies se mi- rent en mouvement , et marcherent vers le Fa
villon sur trois colonnes. Les trois Compagnies
du centre formerent la colonne du centre , et les
trois Compagnies de chaque aîle , celles de la
droite et de la gauche : chaque Compagnie mar- choit par neuf, les Timbales et Trompettes étant
à la tête de la colonne du centre, i
Les colonnes étant arrivées à une certaine dis
tance , les Compagnies marcherent par trois jusqu'à une place marquée , où au deuxième signal ,
Les Compagnies de chaque colonne ayant fait la
conversion à gauche par Brigades , les colonnes
formerent trois lignes à deux de hauteur , qui
marcherent en même tems enavant.
Au troisiéme signal , les trois lignes firent demi tour à droite , et au quatrième signal , la
Compa
2260 MERCURE DE FRANCE
•
Compagnie du centre de chaque ligne ayant
marché so pas en avant , les trois lignes se mirent en mouvement dans cet ordre , et marche.
rent jusqu'à ce que celle du centre se trouvarsur
la ligne du Pavillon qu'elles avoient à gauche où elles firent alte.*
Au cinquiéme signal, chaque Compagnie ayant
fait un quart de conversion à gauche , elles se
retrouverent sur trois lignes , faisant face au Pavillon ; et au sixième signal , elles se remirent comme elles étoient , par une conversion
àdroite.
Au septiéme signal, les Compagnies se mirent
sur deux lignes : la seconde , ayant fait un demi
tour à droite , elles marcherent en avant jusqu'ài
une certaine distance , se tournant le dos ; ayant ensuite fait demi tour à droite , elles se trouve
rent vis-à-vis l'une de l'autre pour la charge.
Au huitiéme signal , les deux lignes marche→
rent l'une contre-l'autre, les Lances baissées, s'entrepasserent dans les intervalles , firent defnit
tour à droite , se chargerent de nouveau , et s'é-*
tant remises sur leur premier terrain , elles se
chargerent encore une fois.
;
- Au neuviéme signal , les deux lignes marche rent l'une contre l'autre la deuxième ayant
rempli les intervalles de la premiere , elles s'ar rêterent et se mirent en état de faire la conversion sur le centre ; ce qui s'éxécuta au dixiéme³
signal ; et au onziéme signal , la droite ayant fait le demi tour sur la Place , les neuf Compagnies parurent sur une ligne , faisant face au Pa→→ villon. ซี เ
Au douziéme signal , les cinq Compagnies
ayant marché so pas en avant , les Lanciers se
trouverent- sur-deux lignes. Et au treiziéme si→→
gnal ,
OCTOBRE. 1732. 2261
gnal , la premiere ligne marcha au grand trot vers le Pavillon , comme pour charger , baissa
les lances , et ayant fait demi tour à droite , passa dans les intervalles de la seconde , qui avançoit
pour faire la même manœuvre : chaque ligne la
fit deux fois , après quoi la seconde étant ren
ée dans la premiere , les Officiers de toute la
ne saluerent en même-tems le Roi , et on
Daissa les Etendarts et les Lances. Les Lanciers
ayant mis ensuite leurs Lances dans les PorteLances , et tiré l'épée , ils passerent devant le
Pavillon , et par une marche en échelle elles re
tournerent au Camp.
Le sur-lendemain , 14 Août , toute l'Armée
fit divers mouvemens , et après qu'elle eut été
en bataille quelques tems,à la tête du Camp , sur
une seule ligne , P'Infanterie par une contremarche à gauche et à droite vers le centre , se
joignit sans laisser d'intervalle entre les bataillons ; la Cavalerie par les mêmes contre- marches se joignit aux aîles de l'Infanterie : celle- ci partagea ensuite ses bataillons en deux ; le Colonel et les deux Majors se mettant avec deux drapeaux à la tête du premier demi- bataillon , et
le Lieutenant, Colonel et les deux Aides- Majors
avec deux Drapeaux à la tête du deuxième. Les
Compagnies deRutowski et de Promnitz formoient un demi bataillon derriere celui du
Centre.
La Cavalerie se partagea aussi par Compa
gnies ou demi-Escadrons. Toutes les premieres
Compagnies de chaque Escadron , et chaque
premier demi bataillon , avec les deux du centre,
ayant marché cent pas en avant , l'Armée se
forma sur deux lignes , le demi- bataillon de
Lutowski , ayant marché en avant pour occuPS
2262 MERCURE DE FRANCE
per le terrain que les deux du centre venoient de
quitter.
L'Armée étant en bataille , et le signal donné du Pavillon , elle se mit en marche sur treize
colonnes ; sçavoir , 8. de Cavalerie , et 5. d'Infanterie , qui s'avancerent vers le Pavillon jusqu'à une certaine distance. Chaque colonne de
Cavalerie étoit composée de deux Compagnies de
la premiere ligne , et de deux de la seconde.
Chaque colonne d'Infanterie de quatre demi
bataillons de la premiere ligne , et de deux de la
seconde , excepté la colonne du centre , qui n'avoit que les deux demi-bataillons de Frise et celui
de Rutowski et de Promnitz : le Régimentai- re et le Comte de Denhoff marchoient à la tête
de cette derniere , et les autres Généraux étoient
distribués aux autres colonnes.
Au deuxième signal , l'Armée se remit sur
deux lignes , les têtes des colonnes restant , et
les suites par des contre- marches à droite et à
gauche , venant se remettre dans l'ordre où elles
étoient avant que de partir de la tête du
Camp.
Au troisiéme signal , le feu coulant commença à la droite de la premiere ligne , et finit à la droite de la seconde ; et au quatriéme signal , les
deux lignes formerent le premier ordre de bataille mêlé , ce qui s'éxécuta de la maniere suivante: les quatre Compagnies de la droite et de
la gauche de la Cavalerie de l'une et de l'autre
ligne , resterent en place , aussi bien que les
quatre demi-bataillons du centre de la premiere
ligne , et les trois du centre de la seconde , mais
les quatre Compagnies de Cavalerie qui joigroient la droite et la gauche de l'Infanterie de Pune et de l'autre ligne , ayant marché 20 pas
-
en
OCTOBRE. 1732. 2263
en avant , firent une contre-marche à droite et á
gauche pour se former à la tête des trois bataillons de la droite et de la gauche de l'une et de
l'autre ligne. Ceux- ci firent en même tems leur contre-marche pour occnper le terrain que la Cavalerie qui les joignoit , venoit de quitter , et
toute l'Infanterie aussi -bien que les aîles de Ca
valerie de l'une et de l'autre ligne , ayant aussi
marché 20 pas en avant , toute l'Armée se trou
va en ordre de bataille mêlé d'Infanterie et de
Cavalerie.
L'Armée étant ainsi rangée , on ordonna le
signal pour le feu , qui se fit ainsi : la premiere,
Compagnie qui fermoit l'aîle droite de la premiere ligne , et celle qui fermoit l'aîle gauche , tirerent en même-tems : le feu continua ainsi par
une troupe de la droite et une de la gauche de la
premiere ligne en venant vers le centre , et suivit
par le centre de la seconde ligne en s'étendant vers les aîles..
Le feu étant fini , on donna le cinquiéme signal pour faire le second ordre de bataille mêlé
qui s'éxécuta ainsi : les quatre Brigades d'Infan
terie de la droite et de la gauche de l'une et de
Pautre ligne , et les deux bataillons de la droite
et de la gauche de chaque Brigade , par une contre-marche changerent de place avec les deux
Compagnies de Cavalerie , qui les joignoient , de
sorte que l'Armée se trouva aux aîles de deux
Compagnies de Cavalerie , avec un demi- Bataillon , et un Corps d'Infanterie au centre de chaque ligne.
Au sixième signal , le feu de chaine commença par les demi-Escadrons de la droite de la pre- miere ligne , et étant venu à la droite de la se
conde ligne, il recommença par demi batail- Lons
1
1
' ,
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ons de la droite de la premiere jusqu'à la droite
de la seconde.
Au septième signal , l'Arméese remit dans son
ordre de bataille non-mêlé , par les mêmes con- tre- marches , dont chaque Troupe s'étoit servie
pour se mettre en ordre mêlé ; ensuite l'Infanterie de la premiere ligne fit feu sur la Place par divisions , et ayant fait demi-tour à droite , se
retira par les intervalles de la seconde , et se forma derriere ; les deux lignes- firent successivement
cette manœuvre jusqu'au Camp , en continuant
leur feu , et la Cavalerie de chaque ligne se retira en même-tems que l'Infanterie.
Le 16. Août on fit l'attaque d'un retranchement qui s'étendoit depuis la hauteur de la gauche du Pavillon du Roi , jusqu'à cent pas vers la tête du Camp. Les quatre Compagnies de Gre- nadiers Rutowski , Promnitz , Denhoff et Flemming , bordoient le retranchement dans les intervalles de cinq Batteries de quatre piéces de Canon chacune , outre lesquelles on en avoit
placé huit plus petites sur les aîles du Retranchement.
Au premier signal , la Cavalerie de la droite ,
rangée par Compagnies , et commandée par le
Major-Général Klingnberg , se mit en marche
sur deux colonnes pour venir soutenir le Retran- chement , et se forma derriere l'Infanterie sur
deux lignes ; la premiere , composée des quatre Escadrons de Nassau, étoit à cent pas du Retranchement ; et la deuxième , composée des quatre Escadrons de Grenadiers de Gotha , étoit à 80.
pas derriere la premiere , dès qu'elles furent rangées , le Major- Général fit mettre pied à terre
aux Grenadiers de Gotha , qui vinrent renforcerLe
OCTOBRE. 1732. 2265
JeRetranchement où le Lieutenant- ColonelFranckenberg commandoit.
Pendant cette manœuvre , les huit Escadrons
de la gauche vinrent se former sur deux lignes ,
à l'extrêmité de la gauche de la Place d'Armes ,
qui étoit la face opposée à celle du Retranchement , et resterent dans l'inaction jusqu'à l'attaque du Quarré.
Pendant que la Cavalerie se rangeoit ainsi ,
toute l'Infanterie , partagée comme le jour des
divers mouvemens de l'Armée ,
marcha par divisions sur sept colonnes , formant une Phalange qui pouvoit faire face de tous côtez , figurée
en lozange ; et lorsqu'elle fut arrivée à une certaine distance , elle fit alte.
Au deuxième signal toutes les divisions ayant fait la Conversion à droite, la phalange parut sur
sept lignes , faisant face au Retranchement :
deux Compagnies de Grenadiers rangées en trois divisions faisoient la pointe de l'attaque.
Au troisiéme signal , la Phalange marcha vers
le Retranchement ; et quand elle fut à deux cent
pas , les Batteries qui le défendoient , commencerent à tirer , et furent servies avec tant de
promptitude , que chaque piéce tiroit au moins
cinq coups par minute , de sorte que le feu se
soutint pendant toute l'attaque avec la même vivacité. La Phalange étant arrivée à cinquante pas
du Retranchement , l'Infanterie qui attaquoit et
-celle qui défendoit , commencerent leur fen
chaque ligne de la Phalange faisant le sien en
-même-tems demi- divisions ; et dès qu'une
ligne avoit tiré , toutes les divisions qui la com
posoient se coupoient par le milieu pour se retirer par les intervalles de toute la Phalange , et se
reformerent sur le terrain qu'elles avoient occupé H avant
par
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avant l'attaque , ce qui fut répeté une seconde
fois la Phalange étant ensuite- retournée à son
premier terrain , on distribua 96 Piques à cha- demi-Bataillon , et pendant ce tems là les
Grenadiers de Gotha remonterent à cheval.
que
Au quatriéme signal , la Phalange se rompit
et forma un grand quarré autour d'un petit , le
premier rang de chaque quarré étant garni de
Piques ; la Cavalerie qui étoit derriere le Retranchement , en sortit par les deux extrêmitez
et vint se former sur deux lignes devant le Retranchement , au moyen de quoi le Quarré se trouva entre la Cavalerie de la droite et de la
gauche , rangée sur deux lignes,
9
Au cinquième signal , la premiere ligne de la
Cavalerie de la gauche , chargea le Quarré par
la face et les angles qui étoient de leur côté , et
se retira par les intervalles de la deuxième ligne
ayant été repoussée par le feu du Quarré , les
Grenades et les Piques que les Piquiers tenoient
présentées. La deuxième ligne fit la même manoeuvre; ce qui fut pareillement éxécuté par la
Cavalerie de la droite , et répeté plusieurs fois
par l'un et par l'autre chaque Troupe de Cavalerie faisoit deux charges ; après quoi le Quarré fut attaqué par la Cavalerie des aîles tout
la fois.
Au sixième signál , l'Infanterie se mit en marche pour rentrer dans le Camp , en conservant
toujours son Quarré. Elle fut attaquée pendant
sa retraite par la Cavalerie ; le feu , pour repousser ces attaques , se faisoit par rangs. L'Armée ,
en faisant cette manceuvre , arriva à la tête du
Camp , où chaque Corps se forma sur la Place
d'Armes , et rentra.
Le 17 , le Roi donna dans son Pavillon un magnifique
OCTOBRE. 1732. 2267
gnifique Souper , suivi d'un Bal , à tout ce qu'il
y avoit de Seigneurs et de Dames.
Le 18. jour destiné pour la séparation de l'Armée , les Trouples plierent leurs Tentes , et s'étant mises en bataille à la tête du Camp , le Roi
fit tirer la grande Batterie qui étoit au bas du Pavillon de S. M. pour leur donner le signal de
leur séparation. L'Artillerie de campagne y répondit , et l'on fit ensuite le feu coulant , ce qui fut éxécuté une seconde fois ; et à la troisiéme
fois , la grande Batterie fit une salve de ses 18.
piéces l'Armée y répondit par une salve générale avec toute son Artillerie ; après quoi toute
l'Armée se mit en marche sur cinq colonnes
chaque aîle de Cavalerie en formoit une. Les
Grenadiers détachez qui formoient deux Batail
lons , étoient rentrez dans leurs Régimens. Les
colonnes d'Infanterie de la droite et de la gauche étoient composées de trois Bataillons chacune ; celle du centre avoit le Régiment de Frise
à la tête , qui étoit suivi de l'Artillerie de campagne , et elle étoit fermée par les deux Compagnies de Grenadiers de Lublin et de Compenhau- son. L'Armée se rendit dans cet ordre au nouveau Camp qu'elle devoit occuper sur la hauteur , à la droite et à la gauche du Pavillon ,
le 20 Août , le Roi ayant quitté son Pavillon
pour retourner à Warsovie , les Régimens du
Camp se mirent en marche pour retourner dans
leurs anciens Quartiers. On a appris depuis que
ces Troupes sont arrivées à leurs Garnisons, fort satisfaites des liberalitez du Roi de Pologne , qui
a fait de forts beaux présens aux Officiers , et
donné à chaque Soldat deux mois de solde audeà de leur paye ordinaire.
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Résumé : POLOGNE. SUITE du Journal du Camp de Villa-Nova.
En août 1732, au camp de Villa-Nova en Pologne, plusieurs mouvements militaires significatifs ont été observés. Le 1er août, les exercices des lanciers furent suspendus puis repris le lendemain. Neuf compagnies de lanciers, sous le commandement du Major Général Klingenberg, exécutèrent diverses manœuvres, incluant des marches en colonnes et en lignes, des conversions et des charges simulées. Les lanciers étaient équipés de cuirasses, de casques à ailes et de lances garnies de flammes. Le 14 août, toute l'armée effectua divers mouvements. L'infanterie et la cavalerie se rejoignirent pour former deux lignes, et l'armée se mit en marche sur treize colonnes. Des exercices de tir furent réalisés, suivis de manœuvres de bataille mêlée entre l'infanterie et la cavalerie. Le 16 août, une attaque simulée d'un retranchement fut organisée. La cavalerie et l'infanterie exécutèrent des manœuvres coordonnées, incluant des charges de cavalerie et des tirs d'artillerie. L'infanterie forma une phalange en lozange pour l'attaque et se transforma ensuite en carrés pour repousser les charges de cavalerie. Le 17 août, le roi offrit un somptueux souper suivi d'un bal dans son pavillon, auquel assistèrent de nombreux seigneurs et dames. Par la suite, le texte décrit la séparation d'une armée et son départ du camp. Le jour de la séparation, les troupes plient leurs tentes et se mettent en bataille. Le roi donna le signal de départ en faisant tirer la grande batterie, suivie par l'artillerie de campagne et un feu coulant. Après trois salves, l'armée se mit en marche en cinq colonnes, chaque aile de cavalerie formant une colonne. Les grenadiers détachés rejoignirent leurs régiments. Les colonnes d'infanterie de droite et de gauche étaient composées de trois bataillons chacune, tandis que la colonne du centre était menée par le régiment de Frise, suivi par l'artillerie de campagne et fermé par les compagnies de grenadiers de Lublin et de Compenhagen. L'armée se dirigea vers un nouveau camp. Le 20 août, après le départ du roi pour Varsovie, les régiments retournèrent à leurs anciens quartiers. Les troupes étaient satisfaites des libéralités du roi de Pologne, qui avait offert de beaux présents aux officiers et deux mois de solde supplémentaires à chaque soldat.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 2267-2268
Entré du Marquis de Monti, Ambassadeur de France à Warsovie, [titre d'après la table]
Début :
Le Marquis de Monti, Ambassadeur de France, fit le 19 Septembre son Entrée publique à Warsovie [...]
Mots clefs :
Marquis de Monti, Ambassadeur de France, Varsovie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Entré du Marquis de Monti, Ambassadeur de France à Warsovie, [titre d'après la table]
Le Marquis de Minti, Ambassadeur de France,
Hij -fit
168 MERCURE DE FRANCE
fit le 19 Septembre son Entrée publique à War- sovie , ayant été reçu hors des Portes de la Ville,
par le Prince de Lubowirski, Palatin de Cracovie,
qui l'accompagna. La Marche de cette Entrée se
fit dans l'ordre suivant. Un détachement du Régiment du General Méer , Cavalerie , avec ses
Timbales et Trompettes , précédoient plusieurs
Ecuyers et Palefreniers conduisant les Chevaux
de main des Sénateurs. Ils étoient suivis de 600
Cavaliers Polonois , de 84 Carosses à , 6 Chevaux,
que les Grands Officiers de la Couronne et du
Duché de Lithuanie avoient envoyé pour lui
faire cortege , et du Carosse du Roy, dans lequel
étoient le Marquis de Monti et le Palatin de Cracovie assis vis - à-vis de lui. Ce Carosse étoit précédé des Pages de l'Ambassadeur, de ses Ecuyers,
de sa Livrée et de ses Carosses. Un second déta
chement du Régiment de Méer fermoit la marche. On avoit mis en Haye,et sous les Armes dans
toutes les rues de son passage , trois Regimens de
Dragons, le Regiment d'Infanterie du Grand Maréchal , et celui des Gardes de la Couronne.
Le 21 , le Marquis de Monti cut sa premiere
Audience publique du Roy, le 22, il donna un re- pas de plus de 155 couverts, aux Sénateurs et aux
autres Seigneurs Polonois qui sont à Varsovie
après le tepas il y eut un Bal , qui dura jusqu'à heures du matin.
Toutes les Séances de
Hij -fit
168 MERCURE DE FRANCE
fit le 19 Septembre son Entrée publique à War- sovie , ayant été reçu hors des Portes de la Ville,
par le Prince de Lubowirski, Palatin de Cracovie,
qui l'accompagna. La Marche de cette Entrée se
fit dans l'ordre suivant. Un détachement du Régiment du General Méer , Cavalerie , avec ses
Timbales et Trompettes , précédoient plusieurs
Ecuyers et Palefreniers conduisant les Chevaux
de main des Sénateurs. Ils étoient suivis de 600
Cavaliers Polonois , de 84 Carosses à , 6 Chevaux,
que les Grands Officiers de la Couronne et du
Duché de Lithuanie avoient envoyé pour lui
faire cortege , et du Carosse du Roy, dans lequel
étoient le Marquis de Monti et le Palatin de Cracovie assis vis - à-vis de lui. Ce Carosse étoit précédé des Pages de l'Ambassadeur, de ses Ecuyers,
de sa Livrée et de ses Carosses. Un second déta
chement du Régiment de Méer fermoit la marche. On avoit mis en Haye,et sous les Armes dans
toutes les rues de son passage , trois Regimens de
Dragons, le Regiment d'Infanterie du Grand Maréchal , et celui des Gardes de la Couronne.
Le 21 , le Marquis de Monti cut sa premiere
Audience publique du Roy, le 22, il donna un re- pas de plus de 155 couverts, aux Sénateurs et aux
autres Seigneurs Polonois qui sont à Varsovie
après le tepas il y eut un Bal , qui dura jusqu'à heures du matin.
Toutes les Séances de
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Résumé : Entré du Marquis de Monti, Ambassadeur de France à Warsovie, [titre d'après la table]
Le Marquis de Minti, Ambassadeur de France, fit son entrée publique à Varsovie le 19 septembre. Il fut accueilli par le Prince de Lubowirski, Palatin de Cracovie, qui l'accompagna. La procession inclut un détachement du Régiment du Général Méer, des écuyers, des palefreniers, 600 cavaliers polonais, 84 carrosses à six chevaux envoyés par les grands officiers de la Couronne et du Duché de Lithuanie, ainsi que le carrosse du roi avec le Marquis de Monti et le Palatin de Cracovie. Trois régiments de dragons et deux régiments d'infanterie assurèrent la sécurité. Le 21 septembre, le Marquis de Monti eut sa première audience publique avec le roi. Le 22 septembre, il organisa un repas pour plus de 155 convives, incluant des sénateurs et autres seigneurs polonais, suivi d'un bal jusqu'à quatre heures du matin.
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7
p. 2268-2270
Diete Generale de Pologne, &c. [titre d'après la table]
Début :
Toutes les Séances de la Diéte Générale se sont passées en contestations, quoiqu'il y ait beaucoup [...]
Mots clefs :
Diète générale, Protestation, Lituanie, Négociations, Pologne
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texteReconnaissance textuelle : Diete Generale de Pologne, &c. [titre d'après la table]
Toutes les Séances de la Diéte Générale se sont
passées en contestations, quoiqu'il y ait beaucoup
de Nonces disposez à entrer dans les vûes du Roy
pour le bien du Royaume. Quelques uns prétendent que les Ordres de l'Etat se trouvant assemblez , le Roy peut disposer des Charges vacantes
de la Couronne, d'autres soutiennent le contraire
et proposent une Diette à Cheyal ou une Confédération.
Le
OCTOBRE. 1732. 2269
Le 27, il y eut un Nonce qui se leva et qui
protesta, sans donner aucune raison de sa pro- festation.
L'Acte de Protestation remis par les Nonces du
Duché de Lithuanie , porte en substance que ce
qui les a déterminez à protester contre la Diette
suivant leurs instructions ; n'est pas un dessein
formé de s'opposer aux intentions de S. M. mais
parce que dans la Diette convoquée extraordinairement pour 15 jours , il se trouve compris dans
cette quinzaine trois jours qui appartiennent
auterme ordinaire de la Diette Generale , qui se
lon l'alternative établie par les Constitutionrs de
P'Etat , doit se tenir à Grodno. Ils prétendent
d'ailleurs qu'il n'y a aucune necessité d'assembler
une Diette extraordinaire puisque le Royaume
est sans Guerre , et que l'on ne doit se servir de
ce remede que dans les cas de danger évident ;
non contents de protester contre la tenue de la
Diette , ils ont protesté aussi d'avance contre
tout ce que pourroit décider le Conseil d'Etat ow
des Sénateurs , sur des affaires qui demandent let
consentement unanime des Députez des deux Ná- tions.
Le 30 , il y eut plusieurs Négociations entre
les Sénateurs et les Nonces , au sujet de la nomination aux Charges vacantes de la Couronne
mais le nombre des opposans s'étant augmenté
jusqu'à 1zo.le Regent de la Couronne fit en leur
nom une protestation contre cette Nomination
et l'on ne doute pas que les Nonces ne se séparent le z de ce mois , qui est le dernier des quinze jours , sans que cette affaire soit terminée.
Les Commissaires du Roy et de la République ,
nommez pour conférer avec les Ministres Etrangers, ont fait remettre au Ministre du Roy de
Hiij Prusse,
2270 MERCURE DE FRANCE
Prusse, comme Marquis de Brandebourg , un
Mémoire, contenant les articles suivans : Qu'on
continuera les Négociations commencées l'année
derniere , au sujet du Titre de Roy que la République n'a pas encore accordé au Roy de Prusse;
que les Commissaires rendront à ce Ministre
Plénipotentiaire les mêmes honneurs qu'ils ontrendu à ses Prédecesseurs , et qu'ils lui donneront le Titre d'Excellence ; qu'on observera de
même à l'égard du Résident de Brandebourg
zout t ce qui a été observé avec ses Prédecesseurs ,
passées en contestations, quoiqu'il y ait beaucoup
de Nonces disposez à entrer dans les vûes du Roy
pour le bien du Royaume. Quelques uns prétendent que les Ordres de l'Etat se trouvant assemblez , le Roy peut disposer des Charges vacantes
de la Couronne, d'autres soutiennent le contraire
et proposent une Diette à Cheyal ou une Confédération.
Le
OCTOBRE. 1732. 2269
Le 27, il y eut un Nonce qui se leva et qui
protesta, sans donner aucune raison de sa pro- festation.
L'Acte de Protestation remis par les Nonces du
Duché de Lithuanie , porte en substance que ce
qui les a déterminez à protester contre la Diette
suivant leurs instructions ; n'est pas un dessein
formé de s'opposer aux intentions de S. M. mais
parce que dans la Diette convoquée extraordinairement pour 15 jours , il se trouve compris dans
cette quinzaine trois jours qui appartiennent
auterme ordinaire de la Diette Generale , qui se
lon l'alternative établie par les Constitutionrs de
P'Etat , doit se tenir à Grodno. Ils prétendent
d'ailleurs qu'il n'y a aucune necessité d'assembler
une Diette extraordinaire puisque le Royaume
est sans Guerre , et que l'on ne doit se servir de
ce remede que dans les cas de danger évident ;
non contents de protester contre la tenue de la
Diette , ils ont protesté aussi d'avance contre
tout ce que pourroit décider le Conseil d'Etat ow
des Sénateurs , sur des affaires qui demandent let
consentement unanime des Députez des deux Ná- tions.
Le 30 , il y eut plusieurs Négociations entre
les Sénateurs et les Nonces , au sujet de la nomination aux Charges vacantes de la Couronne
mais le nombre des opposans s'étant augmenté
jusqu'à 1zo.le Regent de la Couronne fit en leur
nom une protestation contre cette Nomination
et l'on ne doute pas que les Nonces ne se séparent le z de ce mois , qui est le dernier des quinze jours , sans que cette affaire soit terminée.
Les Commissaires du Roy et de la République ,
nommez pour conférer avec les Ministres Etrangers, ont fait remettre au Ministre du Roy de
Hiij Prusse,
2270 MERCURE DE FRANCE
Prusse, comme Marquis de Brandebourg , un
Mémoire, contenant les articles suivans : Qu'on
continuera les Négociations commencées l'année
derniere , au sujet du Titre de Roy que la République n'a pas encore accordé au Roy de Prusse;
que les Commissaires rendront à ce Ministre
Plénipotentiaire les mêmes honneurs qu'ils ontrendu à ses Prédecesseurs , et qu'ils lui donneront le Titre d'Excellence ; qu'on observera de
même à l'égard du Résident de Brandebourg
zout t ce qui a été observé avec ses Prédecesseurs ,
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Résumé : Diete Generale de Pologne, &c. [titre d'après la table]
En octobre 1732, les séances de la Diète Générale furent marquées par des contestations malgré le soutien de nombreux nonces au roi. Les débats portaient sur la gestion des charges vacantes de la Couronne. Le 27 octobre, un nonce protesta sans raison explicite, et les nonces de Lituanie remirent un acte de protestation contre l'inclusion de trois jours de la Diète ordinaire dans la période de la Diète extraordinaire. Ils s'opposaient également à toute décision du Conseil d'État sans consentement unanime des députés des deux nations. Le 30 octobre, des négociations sur la nomination aux charges vacantes échouèrent en raison de l'augmentation des opposants. Par ailleurs, les commissaires du roi et de la République remirent un mémoire au ministre du roi de Prusse, stipulant la continuation des négociations sur le titre de roi et le maintien des honneurs accordés aux prédécesseurs du ministre et du résident de Brandebourg.
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8
p. 2270-2272
ALLEMAGNE.
Début :
Le bruit court à Vienne que l'Empereur a refusé d'entendre les nouvelles Représentations [...]
Mots clefs :
Allemagne, Commission impériale, Boeufs, Pluie, Marchandises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
E bruit court à Vienne que l'Empereur a re
fusé d'entendre les nouvelles Représentations
que le Marquis Palavicini , Envoïé de la Répu blique de Génes , vouloit lui faire de la part de
cette République , et que S. M. Imp. lui a fait
dire qu'elle ne lui accorderoit d'Audience que
quand il viendroit pour lui apprendre que la République avoit satisfait à toutes les conditions
du Traité conclu entre Elle et les Peuples de
' Isle de Corse ´et qu'elle auroit fait mettre
OCTOBRE. 1722. 227
un liberté les quatre Chefs de cette Nation.
Leurs Majestez Impériales arriverent à Vienne
en parfaite santé de leur voyage de Lieutz , &c.
le 7 de ce mois.
On apprend de Demitz que le Duc Charles
Léopold avoit fait remettre aux Commissaires
Subdelegués de la CommissionImpériale une protestation de nullité contre tous les Réglemens que
l'Empereur pourroit faire publier par rapport aux affaires du Duché de Meckelbourg. On a vû de→
puis un Décret de S. M. I. qui porte en substan
ce que le Duc Chrétien-Louis de Meckelbourg Schwerin son frere , sera confirmé et établi Administrateur du Duché ; qu'on lui donnera pour
Adjoints quatre Conseillers qui seront nommés
par le Roi d'Angleterre comme Electeur d'Hanover , par le Roi de Prusse comme Electeur de
Brandebourg , par le Roi de Suede comme Duc
de Pomeranic , et par le Duc de Brunswick Wol
fembutel ; tous les quatre en qualité de Directeurs du Cercle de la Basse Saxe ; qu'on mettra
dans Domitz une Garnison de Troupes de ce
Cercle ; qu'on réglera les revenus annuels des
deux Princes de Meckelbourg , et que la Nobles
se du Duché sera rétablie dans la jouissance de
ses anciens Privileges et prérogatives.
Les Etats de Hongrie ont fait présent au Duc
de Lorraine , avant son départ de Presbourg pour
Bude , &c. de cent Bœufs , de mille Moutons
de cent mesures de vin de Tockoy , et d'une
grande quantité d'autres vins de Hongrie.
·
On mande de Francfort que le 29 Septembre on avoit essuyé à Wertheim un orage terrible
qu'il y étoit tombé une pluye si abondante qu'en moins de deux heures la Riviere de Tauber étoit sortie de son lit , et qu'elle avoit empor Hij té
2272 MERCURE DE FRANCE
té le Pont de Bateaux de cette Ville , l'Hôpital
P'Eglise voisine et toutes les maisons du Faubourg ; que les eaux de cette Riviere qui tom→
bent dans le Mein,l'avoient aussi enflée si considerablement , qu'il s'étoit répandu dans les Magazins bas de Francfort , où il avoit endommagé
une grande quantité de Marchandises , et , et qu'une des Arches du Pont avoit été emportée.
E bruit court à Vienne que l'Empereur a re
fusé d'entendre les nouvelles Représentations
que le Marquis Palavicini , Envoïé de la Répu blique de Génes , vouloit lui faire de la part de
cette République , et que S. M. Imp. lui a fait
dire qu'elle ne lui accorderoit d'Audience que
quand il viendroit pour lui apprendre que la République avoit satisfait à toutes les conditions
du Traité conclu entre Elle et les Peuples de
' Isle de Corse ´et qu'elle auroit fait mettre
OCTOBRE. 1722. 227
un liberté les quatre Chefs de cette Nation.
Leurs Majestez Impériales arriverent à Vienne
en parfaite santé de leur voyage de Lieutz , &c.
le 7 de ce mois.
On apprend de Demitz que le Duc Charles
Léopold avoit fait remettre aux Commissaires
Subdelegués de la CommissionImpériale une protestation de nullité contre tous les Réglemens que
l'Empereur pourroit faire publier par rapport aux affaires du Duché de Meckelbourg. On a vû de→
puis un Décret de S. M. I. qui porte en substan
ce que le Duc Chrétien-Louis de Meckelbourg Schwerin son frere , sera confirmé et établi Administrateur du Duché ; qu'on lui donnera pour
Adjoints quatre Conseillers qui seront nommés
par le Roi d'Angleterre comme Electeur d'Hanover , par le Roi de Prusse comme Electeur de
Brandebourg , par le Roi de Suede comme Duc
de Pomeranic , et par le Duc de Brunswick Wol
fembutel ; tous les quatre en qualité de Directeurs du Cercle de la Basse Saxe ; qu'on mettra
dans Domitz une Garnison de Troupes de ce
Cercle ; qu'on réglera les revenus annuels des
deux Princes de Meckelbourg , et que la Nobles
se du Duché sera rétablie dans la jouissance de
ses anciens Privileges et prérogatives.
Les Etats de Hongrie ont fait présent au Duc
de Lorraine , avant son départ de Presbourg pour
Bude , &c. de cent Bœufs , de mille Moutons
de cent mesures de vin de Tockoy , et d'une
grande quantité d'autres vins de Hongrie.
·
On mande de Francfort que le 29 Septembre on avoit essuyé à Wertheim un orage terrible
qu'il y étoit tombé une pluye si abondante qu'en moins de deux heures la Riviere de Tauber étoit sortie de son lit , et qu'elle avoit empor Hij té
2272 MERCURE DE FRANCE
té le Pont de Bateaux de cette Ville , l'Hôpital
P'Eglise voisine et toutes les maisons du Faubourg ; que les eaux de cette Riviere qui tom→
bent dans le Mein,l'avoient aussi enflée si considerablement , qu'il s'étoit répandu dans les Magazins bas de Francfort , où il avoit endommagé
une grande quantité de Marchandises , et , et qu'une des Arches du Pont avoit été emportée.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En octobre 1722, à Vienne, l'empereur a refusé de recevoir le Marquis Palavicini, envoyé de la République de Gênes, jusqu'à ce que Gênes respecte les conditions du traité avec les habitants de l'île de Corse et libère quatre chefs corses. Les souverains impériaux sont arrivés à Vienne le 7 octobre après un voyage depuis Lieutz. À Demitz, le Duc Charles Léopold a protesté contre les règlements impériaux concernant le Duché de Mecklembourg. Un décret impérial a nommé le Duc Chrétien-Louis de Mecklembourg-Schwerin administrateur du duché, assisté par quatre conseillers désignés par les rois d'Angleterre, de Prusse, de Suède et le Duc de Brunswick-Wolfenbüttel. Une garnison du Cercle de Basse-Saxe a été installée à Demitz, et la noblesse du duché a récupéré ses privilèges. Les États de Hongrie ont fourni des provisions et des vins au Duc de Lorraine avant son départ de Presbourg. À Francfort, un orage a causé des inondations, endommageant des biens et détruisant une arche du pont.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 2272-2274
ITALIE.
Début :
Dans le Consistoire que le Pape tint le 3. Septembre, le Cardinal Ottoboni préconisa [...]
Mots clefs :
Cardinal Ottoboni, Congrégation, Chanoines réguliers, Traité, Criminels
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
Ans le Consistoire que le Pape tint le 3.
Septembre , le Cardinal Ottoboni préconisa
F'Abbé de Souillac pour l'Evêché de Lodeve , et
l'Abbé le Mercier pour l'Abbaye de S. Jacques
de Provins ; et à la fin du Consistoire , S. S. accorda le Pallium pour l'Archevêque Titulaire de
Naxivan en Amérique , pour l'Archevêque de
Mayence , et pour le nouvel Evêque d'Autun.
La Congrégation de Non Nullis a donné quinze jours au Cardinal Coscia pour rédiger le Mémoire qu'il veut publier pour sa défense : l'Avocat
Toppi ayant refusé d'y travailler avec lui , il a
été obligé de faire venir deux Jurisconsultes Napolitains.
>
On a appris que le Roi de Portugal avoit donné ordre au Gouverneur de la premiere Villefrontiere de son Royaume , par laquelle M. Ca- valieri nouveau Nonce du Pape , passera , de
déclarer à ce Prélat que l'entrée du pays lui étoit
interdite , à moins qu'il ne voulut à son arrivée
à Lisbonne rendre la premiere visite à l'Archevêque et au Patriarche de cette Ville.. 1
Sur les differends de la Cour de Rome avec la
Cour de Turin , on apprend que le Roi de Sardaigne a fait publier une Déclaration par laquelle
OCTOBRE. 1732. 2273 * ! p6 il est ordonné à tous ses Sujets , qui à l'occasion
de ces différends , ont quitté leur pays pour se
retirer dans l'Etat Ecclésiastique , de revenir dans
deux mois , à peine de punition corporelle , et de
confiscation de leurs biens.
Les Chanoines Réguliers de l'Eglise de Sainte
Marie dans le Montferrat , ayant fait démolir
quelques anciens Bâtimens de leur maison , ont
trouvé dans une chambre, dont la porté étoit mus rée deux cercueils de plomb , où étoient les
Corps des Papes Alexandre VI. et Sixte II. dont.
on ignoroit le lieu de la sépulture..
On mande en dernier lieu de Rome , que le
premier de ce mois , le Pape avoit tenu un Con
sistoire , dans lequel il avoit fait Cardinaux
M. Aquaviva , Majordome de S. S. et M. Mosca ,
Clerc de la Chambre , et Chanoine de l'Eglise de S. Pierre.
La réponse de l'Empereur à la République de Genes , au sujet du retardement de l'éxécution du
dernier Traité fait avec les habitans de l'Isle de
Corse , porte en substance que S. M. I. éxige
que la République fasse partir incessamment
pour Milan les quatre Chefs des mécontens
qu'elle retient prisonniers qu'elle renvoye dans
leurs familles les otages que les mécontens ont
remis à la Bastia pour sûreté de leur parole , et
qu'elle fasse jouir les peuples de l'Isle de toutes
fes conditions stipulées par le Traité qui a été
fait sous la garantie de l'Empereur.
On a appris en dernier lieu que le Gouverneur
de Milan a reçu ordre d'envoyer un détaches ment de Cavalerie au-devant desisquatre Chefs des
mécontens de l'Isle de Corse que la République
de Genes doit mettre en liberté 3 .16 1
On écrit.de Naples que le Président de Cosen Hv Za
2274 MERCURE DE FRANCE
za , dans la Calabre ulterieure , avoit été tué par un Gentilhomme dans la Salle de son Tribunal ;
que ce Gentilhomme s'étant sauvé , s'étoit mis
depuis à la tête de 6 ou 700. hommes qui commtttoient de grands désordres dans la Province que le Comte d'Harrach et le Général Caraffe
avoient envoyé un Détachement de Cavalerie
après cette troupe de Brigands , mais que jusqu'à
présént on n'avoit pû les attaquer avec su- reté.
Le Comte d'Harrach a fait arrêter et conduire.
au Château de S. Elme le Duc de Minutillo, qu'on
accuse d'avoir fait assassiner, à prix d'argent, un
Gentilhomme qui fut tué il y a près d'un an sur
le Fief d'Orta. Les assassins qui s'étoient refugiés
dans l'Eglise Cathedrale d'Aversa , en ont été
enlevés par ordre du Viceroy , qui a prétendu que
les Eglises ne devoient point servir d'azile pour de tels criminels.
Ans le Consistoire que le Pape tint le 3.
Septembre , le Cardinal Ottoboni préconisa
F'Abbé de Souillac pour l'Evêché de Lodeve , et
l'Abbé le Mercier pour l'Abbaye de S. Jacques
de Provins ; et à la fin du Consistoire , S. S. accorda le Pallium pour l'Archevêque Titulaire de
Naxivan en Amérique , pour l'Archevêque de
Mayence , et pour le nouvel Evêque d'Autun.
La Congrégation de Non Nullis a donné quinze jours au Cardinal Coscia pour rédiger le Mémoire qu'il veut publier pour sa défense : l'Avocat
Toppi ayant refusé d'y travailler avec lui , il a
été obligé de faire venir deux Jurisconsultes Napolitains.
>
On a appris que le Roi de Portugal avoit donné ordre au Gouverneur de la premiere Villefrontiere de son Royaume , par laquelle M. Ca- valieri nouveau Nonce du Pape , passera , de
déclarer à ce Prélat que l'entrée du pays lui étoit
interdite , à moins qu'il ne voulut à son arrivée
à Lisbonne rendre la premiere visite à l'Archevêque et au Patriarche de cette Ville.. 1
Sur les differends de la Cour de Rome avec la
Cour de Turin , on apprend que le Roi de Sardaigne a fait publier une Déclaration par laquelle
OCTOBRE. 1732. 2273 * ! p6 il est ordonné à tous ses Sujets , qui à l'occasion
de ces différends , ont quitté leur pays pour se
retirer dans l'Etat Ecclésiastique , de revenir dans
deux mois , à peine de punition corporelle , et de
confiscation de leurs biens.
Les Chanoines Réguliers de l'Eglise de Sainte
Marie dans le Montferrat , ayant fait démolir
quelques anciens Bâtimens de leur maison , ont
trouvé dans une chambre, dont la porté étoit mus rée deux cercueils de plomb , où étoient les
Corps des Papes Alexandre VI. et Sixte II. dont.
on ignoroit le lieu de la sépulture..
On mande en dernier lieu de Rome , que le
premier de ce mois , le Pape avoit tenu un Con
sistoire , dans lequel il avoit fait Cardinaux
M. Aquaviva , Majordome de S. S. et M. Mosca ,
Clerc de la Chambre , et Chanoine de l'Eglise de S. Pierre.
La réponse de l'Empereur à la République de Genes , au sujet du retardement de l'éxécution du
dernier Traité fait avec les habitans de l'Isle de
Corse , porte en substance que S. M. I. éxige
que la République fasse partir incessamment
pour Milan les quatre Chefs des mécontens
qu'elle retient prisonniers qu'elle renvoye dans
leurs familles les otages que les mécontens ont
remis à la Bastia pour sûreté de leur parole , et
qu'elle fasse jouir les peuples de l'Isle de toutes
fes conditions stipulées par le Traité qui a été
fait sous la garantie de l'Empereur.
On a appris en dernier lieu que le Gouverneur
de Milan a reçu ordre d'envoyer un détaches ment de Cavalerie au-devant desisquatre Chefs des
mécontens de l'Isle de Corse que la République
de Genes doit mettre en liberté 3 .16 1
On écrit.de Naples que le Président de Cosen Hv Za
2274 MERCURE DE FRANCE
za , dans la Calabre ulterieure , avoit été tué par un Gentilhomme dans la Salle de son Tribunal ;
que ce Gentilhomme s'étant sauvé , s'étoit mis
depuis à la tête de 6 ou 700. hommes qui commtttoient de grands désordres dans la Province que le Comte d'Harrach et le Général Caraffe
avoient envoyé un Détachement de Cavalerie
après cette troupe de Brigands , mais que jusqu'à
présént on n'avoit pû les attaquer avec su- reté.
Le Comte d'Harrach a fait arrêter et conduire.
au Château de S. Elme le Duc de Minutillo, qu'on
accuse d'avoir fait assassiner, à prix d'argent, un
Gentilhomme qui fut tué il y a près d'un an sur
le Fief d'Orta. Les assassins qui s'étoient refugiés
dans l'Eglise Cathedrale d'Aversa , en ont été
enlevés par ordre du Viceroy , qui a prétendu que
les Eglises ne devoient point servir d'azile pour de tels criminels.
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Résumé : ITALIE.
En septembre 1732, le Pape tint un consistoire où le Cardinal Ottoboni proposa l'Abbé de Souillac pour l'Évêché de Lodève et l'Abbé le Mercier pour l'Abbaye de Saint-Jacques de Provins. Le Pape accorda également le pallium à plusieurs prélats, dont l'Archevêque titulaire de Naxivan en Amérique, l'Archevêque de Mayence et le nouvel Évêque d'Autun. La Congrégation de Non Nullis accorda quinze jours au Cardinal Coscia pour rédiger un mémoire de défense après le refus de l'avocat Toppi. Le Roi de Portugal interdit l'entrée de son pays au nouveau Nonce du Pape, M. Cavalieri, sauf s'il rendait visite à l'Archevêque et au Patriarche de Lisbonne. En octobre, le Roi de Sardaigne ordonna à ses sujets réfugiés dans l'État Ecclésiastique de revenir sous peine de punition corporelle et de confiscation de biens. À Sainte-Marie dans le Montferrat, des Chanoines Réguliers découvrirent les cercueils des Papes Alexandre VI et Sixte II. À Rome, le Pape créa cardinaux M. Aquaviva et M. Mosca. L'Empereur répondit à la République de Gênes concernant le retard dans l'exécution du traité avec les habitants de Corse, exigeant la libération des chefs mécontents. À Naples, le Président de Cosenza fut tué par un gentilhomme, qui se réfugia ensuite à la tête d'une troupe de brigands. Le Duc de Minutillo fut arrêté pour complicité dans un assassinat, et les assassins réfugiés dans une cathédrale furent enlevés sur ordre du Viceroy.
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10
p. 2274-2276
ESPAGNE.
Début :
Le Roi a donné des ordres pour faire lever deux nouveaux Régimens et les Recruës nécessaires [...]
Mots clefs :
Espagne, Tempête, Provisions, Vaisseaux, Siège de Ceuta, Hôpital
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
E Roi a donné des ordres pour faire lever
deux nouveaux Régimens et les Recruës né
cessaires pour ceux qui ont servi cette année sux la Côte d'Afrique.
On écrit de Madrid que la nuit du sau 6 Septembre il y eut une tempête terrible du côté
de l'Escurial ; le Tonnere étant tombé sur ce
magnifique Couvent , mit le feu à la charpente
de la couverture du côté du Nord. Comme on
ne s'en apperçut que deux heures après , l'embra
sement étoit déja si considérable , que tous les
secours qu'on apporta pour éteindre le feu , furent inutiles ; il se communiqua au centre de ce
Monastere , du côté du Palais du Roi ; il détruisic
1
la
་
•
OCTOBRE. 1732. 2275
la Tour , embrasa l'Appartement du Patriarche et
le quartier des Chapelains , avec tant de violence qu'on ne pouvoit en approcher pour l'éteindre. Les Religieux se mirent en priere pour implorer le secours divin , et ils y porterent ensui te le S. Sacrement en procession : aussi-tôt que
le Prieur eut donné la bénédiction , on s'apperçût que les flammes faisoient moins de progrès ;
et leur violence s'étant ralentie , on acheva de
les éteindre : cependant le dommage que cet incendie a causé , est très-considérable , et on se- ra obligé de rebâtir à neuf tout ce que le feu a
attaqué , parce que toutes les pierres sont cal cinées.
Les Gouverneurs de Cadix , de Cartagene
d'Alicante et de Barcelone , ont ordre de rassembler des provisions dans les Magazins de ces
Villes , et le bruit court qu'on doit y armer
dans peu une Escadre de vingt-quatre vaisseaux
de Guerre.
Les derniers Vaisseaux richement chargez , arrivez en dernier lieu des Indes à Cadix , ont ap
porté pour le Roi une Perle d'une très-grande beauté , estimée 7500. Piastres.
Des Lettres de Tetouan portent , que le Roi
de Maroc paroissoit avoir abandonné son projet
de faire le Siége de Ceuta ; que ses Troupes qui
s'étoient approchées de cette Place , s'étoient retirées depuis un mois dans les Montagnes , et
qu'on ne doutoit pas que ce Prince ne fit ressentir au Duc de Riperda les effets de son indignation à l'occasion de cette entreprise dont il lui
avoit promis la réussite , en lui faisant accroire
qu'il avoit des intelligences dans la Ville .
Le 29 Septembre , l'Evêque de Laren fit la
sérémonie de la Dédicace de la nouvelle Eglise
Hvj de
2275 MENUURE DE ΓΙΑΝVUE
de l'Hôpital que les Prêtres de la Congrégation
de S. Pierre , natifs de Madrid , ont fait bâtir.
pour nourrir , habiller et inhumer les pauvres
Prêtres , tant Espagnols qu'Etrangers , qui auront
besoin du secours de cet Hôpital
E Roi a donné des ordres pour faire lever
deux nouveaux Régimens et les Recruës né
cessaires pour ceux qui ont servi cette année sux la Côte d'Afrique.
On écrit de Madrid que la nuit du sau 6 Septembre il y eut une tempête terrible du côté
de l'Escurial ; le Tonnere étant tombé sur ce
magnifique Couvent , mit le feu à la charpente
de la couverture du côté du Nord. Comme on
ne s'en apperçut que deux heures après , l'embra
sement étoit déja si considérable , que tous les
secours qu'on apporta pour éteindre le feu , furent inutiles ; il se communiqua au centre de ce
Monastere , du côté du Palais du Roi ; il détruisic
1
la
་
•
OCTOBRE. 1732. 2275
la Tour , embrasa l'Appartement du Patriarche et
le quartier des Chapelains , avec tant de violence qu'on ne pouvoit en approcher pour l'éteindre. Les Religieux se mirent en priere pour implorer le secours divin , et ils y porterent ensui te le S. Sacrement en procession : aussi-tôt que
le Prieur eut donné la bénédiction , on s'apperçût que les flammes faisoient moins de progrès ;
et leur violence s'étant ralentie , on acheva de
les éteindre : cependant le dommage que cet incendie a causé , est très-considérable , et on se- ra obligé de rebâtir à neuf tout ce que le feu a
attaqué , parce que toutes les pierres sont cal cinées.
Les Gouverneurs de Cadix , de Cartagene
d'Alicante et de Barcelone , ont ordre de rassembler des provisions dans les Magazins de ces
Villes , et le bruit court qu'on doit y armer
dans peu une Escadre de vingt-quatre vaisseaux
de Guerre.
Les derniers Vaisseaux richement chargez , arrivez en dernier lieu des Indes à Cadix , ont ap
porté pour le Roi une Perle d'une très-grande beauté , estimée 7500. Piastres.
Des Lettres de Tetouan portent , que le Roi
de Maroc paroissoit avoir abandonné son projet
de faire le Siége de Ceuta ; que ses Troupes qui
s'étoient approchées de cette Place , s'étoient retirées depuis un mois dans les Montagnes , et
qu'on ne doutoit pas que ce Prince ne fit ressentir au Duc de Riperda les effets de son indignation à l'occasion de cette entreprise dont il lui
avoit promis la réussite , en lui faisant accroire
qu'il avoit des intelligences dans la Ville .
Le 29 Septembre , l'Evêque de Laren fit la
sérémonie de la Dédicace de la nouvelle Eglise
Hvj de
2275 MENUURE DE ΓΙΑΝVUE
de l'Hôpital que les Prêtres de la Congrégation
de S. Pierre , natifs de Madrid , ont fait bâtir.
pour nourrir , habiller et inhumer les pauvres
Prêtres , tant Espagnols qu'Etrangers , qui auront
besoin du secours de cet Hôpital
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Résumé : ESPAGNE.
En Espagne, le roi a ordonné la levée de deux nouveaux régiments et le recrutement de soldats ayant servi sur la côte d'Afrique. Le 6 septembre, une tempête à l'Escurial a provoqué un incendie majeur au couvent, détruisant la tour, l'appartement du patriarche et le quartier des chapelains. Les flammes ont été maîtrisées après une procession avec le Saint-Sacrement, mais les dégâts nécessitent une reconstruction complète. Les gouverneurs de Cadix, Carthagène, Alicante et Barcelone ont reçu l'ordre de rassembler des provisions, et une escadre de vingt-quatre vaisseaux de guerre doit être armée prochainement. Des vaisseaux des Indes ont apporté au roi une perle estimée à 7500 piastres. Des lettres de Tétouan indiquent que le roi du Maroc a abandonné son projet de siège de Ceuta, et ses troupes se sont retirées dans les montagnes. Le duc de Riperda pourrait subir la colère du roi du Maroc pour cette entreprise. Le 29 septembre, l'évêque de Laren a dédié une nouvelle église de l'hôpital construit par les Prêtres de la Congrégation de Saint-Pierre à Madrid, destiné à nourrir, habiller et inhumer les pauvres prêtres, espagnols et étrangers.
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11
p. 2276
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On apprend de Londres que les Directeurs de la Compagnie d'Afrique avoient reçû [...]
Mots clefs :
Grande-Bretagne, Londres, Animaux, Dettes de la nation
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
ON apprend de Londres que les Directeurs de la Compagnie d'Afrique avoient reçû
plusieurs animaux du pays , entr'autres un jeune
Lion , un Loup des Deserts , une Autruche de sept pieds et demi de haut et deux Oiseaux
Royaux , ou couronnez.
›
Il paroit par le dernier Etat des dettes de la
Nation qu'on a rendu public , qu'elles montoient
le 31 Décembre dernier à 48 millions , 985..
mille 438 liv. sterling.
Le Roi d'Angleterre étant arrivé d'Hanover à
Helleroetsluys en Hollande le 27Septembre, y
fut retenu par les vents contraires jusqu'au 5 de
ce mois que S. M. s'embarqua et partit avec un vent favorable. Elle aborda heureusement le 7.
en Angleterre , et arrivé vers les cinq heures du soir à Kinsington.
HOLLAN
ON apprend de Londres que les Directeurs de la Compagnie d'Afrique avoient reçû
plusieurs animaux du pays , entr'autres un jeune
Lion , un Loup des Deserts , une Autruche de sept pieds et demi de haut et deux Oiseaux
Royaux , ou couronnez.
›
Il paroit par le dernier Etat des dettes de la
Nation qu'on a rendu public , qu'elles montoient
le 31 Décembre dernier à 48 millions , 985..
mille 438 liv. sterling.
Le Roi d'Angleterre étant arrivé d'Hanover à
Helleroetsluys en Hollande le 27Septembre, y
fut retenu par les vents contraires jusqu'au 5 de
ce mois que S. M. s'embarqua et partit avec un vent favorable. Elle aborda heureusement le 7.
en Angleterre , et arrivé vers les cinq heures du soir à Kinsington.
HOLLAN
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
À Londres, la Compagnie d'Afrique a reçu des animaux exotiques, dont un lion, un loup, une autruche et deux oiseaux royaux. La dette nationale britannique était de 48 millions 985 mille 438 livres sterling au 31 décembre précédent. En Hollande, le roi d'Angleterre est arrivé le 27 septembre et a accosté en Angleterre le 7 octobre.
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12
p. 2276-2277
HOLLANDE, PAÏS-BAS.
Début :
Les Troupes Hollandoises, et à la solde des Etats Généraux qui sont campées dans la [...]
Mots clefs :
Pays-Bas, Hollande, Bataille générale
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texteReconnaissance textuelle : HOLLANDE, PAÏS-BAS.
HOLLANDE, PAÏS-BAS.
Es Troupes Hollandoises , et à la solde des
Généraux campées la
Plaine d'Oosterhent , s'occuperent le 6 et le 9.
Septembre à applanir les hauteurs , combler les
ornieres de la bruyere , &c. quelques jours après
la Cavallerie et l'Infanterie passerent en revûe
devant le Comte de Hompsech , Général en chef,
et le 25. les Troupes se rendirent sur quatre co lom-
OCTOBRE. 173. 227777
fomnes au Camp nouvellement tracé entre les
cinq Chesnes et Raye , et s'y mirent en ordre de
bataille. Elles s'avancerent au premier signal les
unes contre les autres , et firent tous les mouvemens convenables à une bataille générale.. L'Infanterie fit un feu continuel , tant dans ses attaques que dans ses retraites. La Cavalerie ne tira
point , &c. Ces Troupes se sont séparées le premier dde ce mois pour retourner dans leurs Gar- nisons.
Es Troupes Hollandoises , et à la solde des
Généraux campées la
Plaine d'Oosterhent , s'occuperent le 6 et le 9.
Septembre à applanir les hauteurs , combler les
ornieres de la bruyere , &c. quelques jours après
la Cavallerie et l'Infanterie passerent en revûe
devant le Comte de Hompsech , Général en chef,
et le 25. les Troupes se rendirent sur quatre co lom-
OCTOBRE. 173. 227777
fomnes au Camp nouvellement tracé entre les
cinq Chesnes et Raye , et s'y mirent en ordre de
bataille. Elles s'avancerent au premier signal les
unes contre les autres , et firent tous les mouvemens convenables à une bataille générale.. L'Infanterie fit un feu continuel , tant dans ses attaques que dans ses retraites. La Cavalerie ne tira
point , &c. Ces Troupes se sont séparées le premier dde ce mois pour retourner dans leurs Gar- nisons.
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Résumé : HOLLANDE, PAÏS-BAS.
En septembre 1733, les troupes hollandaises ont préparé le terrain à Oosterhent. Le 25 octobre, elles se sont déplacées entre les cinq Chênes et Raye pour simuler une bataille. L'infanterie a effectué des mouvements d'attaque et de retraite, tandis que la cavalerie n'a pas tiré. Les troupes se sont séparées le 1er novembre pour retourner dans leurs garnisons.
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13
p. 2277-2278
MORTS, NAISSANCES et Mariages des Pays Etrangers.
Début :
La Duchesse Jeanne-Madeleine-Louise d'Holstem Sleswich, de la branche de Wissembourg, [...]
Mots clefs :
Pays étrangers, Neustadt, Hongrie, Bruxelles, Gênes
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages des Pays Etrangers.
MORTS , NAISSANCES
et Mariages des Pays Etrangers.
L
A Duchesse Jeanne-Madeleine-Louise d'Holstem Sleswich, de la branche de Wissembourg,.
mourut à Neustadt le 3. Aout , âgée de 65. ans.
Le Cardinal Essurick Czaki de Keresztzek ,.
Archeveque de Colocza en Hongrie , Eveque du
Grand Varadin et Conseiller ordinaire au Conseil
d'Etat de l'Empereur , mourut le 28. d, Aout dans
une de ses Terres , dans la 60. année de son âge ,,
étant né le 10. Octobre 1672. Il avoit été nommé Cardinal dans la promotion que le Pape Cle--
ment XI. fit le 12 Juillet 1717. mais ayant été reservé in petto , il ne fut declaré que le 1. Octobre suivant. Il avoit reçu le Chapeau dans le Consistoire du 21 du même mois, il avoit été nommé:
pour être de laCongregation des Evêques et Réguliers de celle de Propaganda Fide , et de celles de l'indice et des Indulgences.
L'Abbé Vidania , Chapelain Honoraire du
Royaume de Naples , y mourut au commence- ment
2278 MERCURE DE FRANCE
ment du mois dernier , âgé de 110. ans.
On apprend de Bruxelles que la Comtesse
d'Harrach , Epouse du nouveau Grand- Maître de
la Maison de l'Archiduchesse , descendant le
Rhin pour se rendre à Cologne , y accoucha le 2
de ce mois de deux enfans mâles qui se portent
très-bien , ainsi que leur mere qu'on a transportée à Cologne , où elle demeurera jusqu'au 20.
du mois prochain.
La femme d'un Bourgeois de Glocester , nom
mé Jean Sedwel de Shealinh , accoucha le 4 Oc
tobre de trois garçons qui furent baptisez le même jour , et nommez Abraham Isaac et
Jacob.
>
Cinq jours auparavant , l'Epouse du Chevalier
Guillaume Harvey de Sudbury , accoucha de
trois filles qui furent nommées l'Amour , la Paix et l'Unité.
On apprend de Rothembourg que la jeune
Princesse de Hesse-Rheinfelds qui doit épouser
le Prince Louis de Carignan , se préparoit à
partir pour se rendre à la Cour du Roi de Sardaigne, où la cérémonie de ce Mariage doit se faire incessamment.
Et on mande de Genes que le Prince Eugene
de Soissons , Neveu du Prince Eugene de Savoye,
y étoit arrivé de Turin , qu'il devoit s'embarquer à la Spezzia sur les Galeres du Roi de Sardaigne , pour se rendre à Massa auprès de la
jeune Duchesse de ce nom , qu'il doit ép
et Mariages des Pays Etrangers.
L
A Duchesse Jeanne-Madeleine-Louise d'Holstem Sleswich, de la branche de Wissembourg,.
mourut à Neustadt le 3. Aout , âgée de 65. ans.
Le Cardinal Essurick Czaki de Keresztzek ,.
Archeveque de Colocza en Hongrie , Eveque du
Grand Varadin et Conseiller ordinaire au Conseil
d'Etat de l'Empereur , mourut le 28. d, Aout dans
une de ses Terres , dans la 60. année de son âge ,,
étant né le 10. Octobre 1672. Il avoit été nommé Cardinal dans la promotion que le Pape Cle--
ment XI. fit le 12 Juillet 1717. mais ayant été reservé in petto , il ne fut declaré que le 1. Octobre suivant. Il avoit reçu le Chapeau dans le Consistoire du 21 du même mois, il avoit été nommé:
pour être de laCongregation des Evêques et Réguliers de celle de Propaganda Fide , et de celles de l'indice et des Indulgences.
L'Abbé Vidania , Chapelain Honoraire du
Royaume de Naples , y mourut au commence- ment
2278 MERCURE DE FRANCE
ment du mois dernier , âgé de 110. ans.
On apprend de Bruxelles que la Comtesse
d'Harrach , Epouse du nouveau Grand- Maître de
la Maison de l'Archiduchesse , descendant le
Rhin pour se rendre à Cologne , y accoucha le 2
de ce mois de deux enfans mâles qui se portent
très-bien , ainsi que leur mere qu'on a transportée à Cologne , où elle demeurera jusqu'au 20.
du mois prochain.
La femme d'un Bourgeois de Glocester , nom
mé Jean Sedwel de Shealinh , accoucha le 4 Oc
tobre de trois garçons qui furent baptisez le même jour , et nommez Abraham Isaac et
Jacob.
>
Cinq jours auparavant , l'Epouse du Chevalier
Guillaume Harvey de Sudbury , accoucha de
trois filles qui furent nommées l'Amour , la Paix et l'Unité.
On apprend de Rothembourg que la jeune
Princesse de Hesse-Rheinfelds qui doit épouser
le Prince Louis de Carignan , se préparoit à
partir pour se rendre à la Cour du Roi de Sardaigne, où la cérémonie de ce Mariage doit se faire incessamment.
Et on mande de Genes que le Prince Eugene
de Soissons , Neveu du Prince Eugene de Savoye,
y étoit arrivé de Turin , qu'il devoit s'embarquer à la Spezzia sur les Galeres du Roi de Sardaigne , pour se rendre à Massa auprès de la
jeune Duchesse de ce nom , qu'il doit ép
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Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages des Pays Etrangers.
Le texte relate divers événements concernant des naissances, décès et mariages dans des pays étrangers. La Duchesse Jeanne-Madeleine-Louise d'Holstein-Sleswich est décédée à Neustadt le 3 août à l'âge de 65 ans. Le Cardinal Essurick Czaki de Keresztzek, Archevêque de Colocza en Hongrie, Évêque du Grand Varadin et Conseiller ordinaire au Conseil d'État de l'Empereur, est mort le 28 août à l'âge de 60 ans. Né le 10 octobre 1672, il avait été nommé Cardinal par le Pape Clément XI le 12 juillet 1717 et déclaré le 1er octobre suivant. Il avait également été nommé membre de plusieurs congrégations pontificales. L'Abbé Vidania, Chapelain Honoraire du Royaume de Naples, est décédé au début du mois précédent à l'âge de 110 ans. La Comtesse d'Harrach, épouse du nouveau Grand-Maître de la Maison de l'Archiduchesse, a accouché de deux garçons le 2 octobre en descendant le Rhin vers Cologne. La femme d'un bourgeois de Glocester, Jean Sedwel de Shealinh, a donné naissance à trois garçons le 4 octobre, baptisés Abraham, Isaac et Jacob. Cinq jours plus tôt, l'épouse du Chevalier Guillaume Harvey de Sudbury a accouché de trois filles, nommées l'Amour, la Paix et l'Unité. La Princesse de Hesse-Rheinfelds, destinée à épouser le Prince Louis de Carignan, se préparait à partir pour la Cour du Roi de Sardaigne. Le Prince Eugène de Soissons, neveu du Prince Eugène de Savoie, est arrivé à Gênes en provenance de Turin pour se rendre à Massa auprès de la jeune Duchesse de Massa, qu'il doit épouser.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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